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112.Краткий курс лекций по лексикологии французского языка

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Copyright ОАО «ЦКБ «БИБКОМ» & ООО «Aгентство Kнига-Cервис»
МИНИСТЕРСТВО ОБРАЗОВАНИЯ И НАУКИ РФ
ФЕДЕРАЛЬНОЕ ГОСУДАРСТВЕННОЕ
БЮДЖЕТНОЕ ОБРАЗОВАТЕЛЬНОЕ УЧРЕЖДЕНИЕ
ВЫСШЕГО ПРОФЕССИОНАЛЬНОГО ОБРАЗОВАНИЯ
«ВОРОНЕЖСКИЙ ГОСУДАРСТВЕННЫЙ
УНИВЕРСИТЕТ»
О.Б. Полянчук
КРАТКИЙ КУРС ЛЕКЦИЙ
ПО ЛЕКСИКОЛОГИИ
ФРАНЦУЗСКОГО ЯЗЫКА
Учебное пособие для вузов
Издательско-полиграфический центр
Воронежского государственного университета
2012
Copyright ОАО «ЦКБ «БИБКОМ» & ООО «Aгентство Kнига-Cервис»
Утверждено научно-методическим советом факультета РГФ 16 октября
2012 г., протокол № 8
Научный редактор канд. пед. наук, доцент Л.Г. Кузьмина
Рецензент д-р филол. наук, профессор В.В. Корнева
Учебное пособие подготовлено на кафедре французской филологии
факультета романо-германской филологии Воронежского государственного
университета.
Рекомендуется для студентов 2–3-го курсов для лекционных и практических занятий по лексикологии французского языка факультета РГФ.
Для специальностей: 031201 − Теория и методика преподавания
иностранных языков и культур; 031202 − Перевод и переводоведение
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ПОЯСНИТЕЛЬНАЯ ЗАПИСКА
Учебное пособие «Краткий курс лекций по лексикологии
французского языка» составлено на кафедре французской филологии ВГУ.
Оно предназначено для студентов языковых вузов и факультетов. Целью
настоящего пособия является оптимизация познавательной деятельности
студентов и формирование у них таких компетенций, как владение
наследием отечественной и зарубежной научной мысли, владение системой
лингвистических знаний, в частности знание лексических закономерностей
функционирования французского языка. В задачи пособия входит также
развитие у студентов умения обработки лексикографической информации,
овладение ими методами когнитивного моделирования. Пособие «Краткий
курс лекций по лексикологии французского языка» раскрывает системный
характер французской лексики, источники ее обогащения и развития. В
пособии раскрывается взаимосвязь динамики и статики лексической
системы языка.
Пособие написано на французском языке.
Учебное пособие включает основные разделы курса лексикологии
французского языка (10 тем). Содержание тем раскрыто в сжатой,
доступной для студентов форме. Учебный материал разделен на подпункты,
четко обозначающие ключевые моменты проблематики. Основные термины
курса лексикологии выделены полужирным шрифтом, что облегчает
запоминание терминологического минимума. Все теоретические положения
подкрепляются современным языковым материалом. Каждая тема
сопровождается практическими заданиями, что предполагает контроль
практического применения полученных теоретических знаний.
Пособие может быть использовано на лекционных и практических
занятиях по лексикологии французского языка.
Оно составлено с учетом программ, подготовленных на кафедре
французской филологи ВГУ и утвержденных научно-методическим советом
факультета РГФ (Воронеж, 2012).
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Thème №1. Objet d’étude de la lexicologie. La lexicologie
comme science.
Problèmes à étudier:
1. Histoire de la lexicologie.
2. Etude systémique du vocabulaire.
3. Liens de la lexicologie avec d’autres sciences.
4. Aspects de la lexicologie. Sources du vocabulaire français.
1. Chaque langue a sa structure. La théorie de la langue examine la langue
sous ses trois aspects (grammatical, phonétique et lexical). Les philosophes grecs
travaillaient dans ce domaine, mais ils n’étudiaient que la grammaire. On a
commencé à étudier la lexicologie au commencement du 19-ème siècle.
La lexicologie est une science étudiant le vocabulaire. Ainsi, le vocabulaire
de la langue représente une série ouverte, tandis ce qui les éléments de la
phonétique et de la grammaire représentent une série fermée. Cela s’explique par
ce que la phonologie et la grammaire ont affaire à un nombre bien limité d’objets
d’étude, tandis que la lexicologie étudie le lexique qui contient une grande
quantité d’unités et qui sont soumises à des changements et au renouvellement à
chaque étape du développement de la langue.
La lexicologie comme science visant le vocabulaire de la langue a apparu
au 18-ème siècle dans les travaux des encyclopédistes Dalambert et Diderot. Ils
considèrent les significations lexicales du mot, les problèmes de la formation des
mots et de l’étymologie. Au 19-ème siècle A. Darmesteter décrit commemt
apparaissent et disparaissent les mots. Mais il était influencé par la conception
biologique de Schleiher. La linguistique est considérée comme science naturelle.
M. Bréal s’est prononcé contre cette conception. Mais dans ses œuvres le
vocabulaire a été considéré comme un simple catalogue, sans notion du système.
Le problème de la systématisation a été soulevé par F. de Saussure,
représentant de l’école sociologique qui considère la langue comme phénomène
social. Son élève A. Meillet a continué sa recherche. Une grande contribution à
l’étude de la lexicologie a été faite par F. Brunot, A. Dauzat, M. Cohen, J.
Marouzeau, Ch. Bally qui ont étudié le lien entre différents aspects de la structure
de la langue, les problèmes de la synonymie, de la phraséologie. Egalement une
grande contribution aux problèmes de la lexicologie a été faite par A. Martinet, P.
Guiraud, O. Duchachek qui ont élaboré la théorie des champs sémantiques.
La structure de la sémantique, les méthodes d’étude du vocabulaire et
surtout de la signification sont étudiés par A. Greimas, G. Mounin et d’autres.
Dans notre pays la lexicologie est étudiée par V.V. Vinogradov, A.J. Smirnitzkij,
R.A. Boudagov, M.D. Stépanova, V.G. Gak, A.G. Nazarijan, E.S. Koubrijakova,
N.M. Chanskij, N.N. Lopatnikova et beaucoup d’autres savants qui ont élaboré la
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théorie de la lexicaulogie, aussi bien que les nouvelles méthodes d’étude du
lexique.
2. La lexicologie étudie le vocabulaire de la langue, les mots et leurs
équivalents qui forment le système lexical.
De ce point de vue l’étude de la lexicologie peut être considérée sous deux
aspects:
1. La lexicologie descriptive ou synchronique qui étudie le lexique à un
moment donné.
2. La lexicologie historique ou diachronique, l’étude de l’évolution du
système lexical.
Nous procédons à l’étude synchronique, mais elle est basée sur l’étude
diachronique. Il faut les combiner, mais pas confondre. Par exemple, pour
comprendre la différence entre les homonyms louer (1) et louer (2), il faut
s’adresser à la diachronie et apprendre que louer (1) provient du mot latin
laudare “хвалить” et louer (2) remonte au mot latin locare “снимать, брать
напрокат”.
L’approche systémique aux phénomènes de la langue a été proposée par le
savant suisse F. de Saussure dans son “Cours de linguistique générale” [Saussure
1978: 26] a déterminé la langue comme “un système où tout se tient”, c’est-à-dire
un système dont tous les éléments s’interdépendent et sont soumis aux lois
générales. Mais d’abord plusieurs linguistes même en utilisant l’approche
systémique à la langue se bornaient à étudier le côté matériel de la langue: la
grammaire et la phonétique.
De nos jours le vocabulaire est considéré comme un système qui représente
un complexe de régularités formant des oppositions: mots motivés − non motivés,
mots polysémiques – mots monosémiques, mots synonymiques – mots non
synonymiques. À l’intérieur de ce système il y a des sous-systèmes. Il faut tenir
compte des relations qui existent à l’intérieur du système et celles qui existent
entre les unités de ce système et les unités des autres niveaux (morphologique,
syntaxique) [Щерба 2004]. Les relations dans le cadre du niveau lexical sont
subdivisées en relations paradigmatiques et relations syntagmatiques. Selon la
définition de O.S. Akhmanova, les relations paradigmatiques englobent les
relations entre les unités des systèmes qui sont réunies dans notre mémoire et liés
par les relations d’opposition [Ахманова 2004]. Par exemple, les relations entre
les members des séries antonymiques: jour – nuit, petit – grand; entre les
members des champs sémantiques (notion de parenté: père, mere etc.), les verbes
du movement (aller, marcher).
Leur contenu est déterminé non seulement par leur lien avec la réalité, mais
aussi par les relations entre eux. Les relations paradigmatiques s’établissent entre
deux unités qui peuvent figurer dans un même contexte, mais qui s’excluent dans
ce contexte (les mots polysémiques, par exemple, prendre une tasse de café et
prendre une douche).
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Les relations syntagmatiques se réalisent dans l’énoncé, c’est-à-dire les
significations des mots diffèrent conformément à leur position par rapport aux
autres mots. Par exemple, l’adjectif pauvre change de sens selon sa place par
rapport au nom: pauvre homme “несчастный человек” et homme pauvre
“бедный человек”.
Il faut tenir compte du développement de la langue et de son caractère
dialectique. La lexicologie c’est une science qui étudie le vocabulaire en tant que
système se trouvant en développement. Le système du lexique est très mobile, il
se trouve dans un état du développement dialectique. Des éléments du système
tombent en désuétude, d’autres apparaissent. Par exemple, le verbe résoudre est
remplacé par le verbe solutionner.
F. de Saussure pose aussi le problème du signe linguistique qui représente
l’unité du signifiant et du signifié. Le signifié – c’est le côté idéal du signe
linguistique, le signifiant – c’est son côté matériel. Le signifiant est étudié par la
phonétique et la grammaire, tandis ce que le signifié est étudié par la lexicologie.
Comme il existe un lien inséparable entre le signifiant et le signifié, il existe aussi
un lien étroit entre la lexicologie, la grammaire et la phonétique.
3. La lexicologie est liée avec plusieurs sciences.
Lien avec la grammaire.
Toutes les deux étudient le mot. Tous les mots du vocabulaire se
repartissent en classes lexico-grammaticales: par exemple, au singulier le mot la
bonté signifie “доброта”, au pluriel les bontés signifie “лакомства”. Nous
voyons que le changement de la catégorie lexico-grammaticale est accompagné
du changement du sens lexical.
Un mot peut perdre ses valeurs lexicales et devenir un moyen purement
grammatical. Se mettre (valeur lexicale) – se mettre à (valeur grammaticale). Le
mot latin homo a donné homme et on a perdu la valeur lexicale et il est devenu un
élément de grammaire (pronom indéfini).Cela prouve le lien qu’ il existe entre la
grammaire et la lexicologie.
La formation des mots est étudiée à la fois par la grammaire et la
lexicologie. Tous les mots dérivés changent leurs significations lexicales. Par
exemple, commencer “начать” - recommencer “начать заново”.
Lien avec la syntaxe.
La lexicologie se rattache à la syntaxe. Toutes les deux s’intéressent au
problème des groupements phraséologiques stables et passagers (libres). Tourner
la tête (à) qqn “вскружить голову” (groupement phraséologique stable) –
tourner la tête “обернуться” −(groupements phraséologiques libre).
Lien avec l’histoire de la société.
La lexicologie est aussi liée à l’histoire de la societé parce que le
vocabulaire reflète toutes les transformations sociales. Le linguiste français
Matoret prétend que la lexicologie est une science sociologique. Par exemple,
avec l’invasion du territoire de la France par les tribus germaniques plusieurs
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mots nouveaux ont apparu dans la langue, bien que la langue romane se soit
conservée (par exemple, guerre). C’étaient surtout des mots, liés à la guerre,
parce que ces tribus étaient belliqueuses.
Lien avec la phonétique.
Il y a plusieurs problèmes qui présentent l’intérêt pour les deux sciences.
Le problème de l’accent, par exemple. En dehors du contexte tous les mots sont
accentués (la dernière syllable), mais dans le contexte cet accent affaiblit en se
remplaçant par celui du syntagme, du groupe rythmique. Le problème de la
longueur du mot est aussi illustratif. Les mots plus courts (mono- et bisyllabes)
sont plus anciens et plus polysémiques que les mots polysyllabes.
Lien avec l’histoire de la langue .
La lexicologie est liée avec l’histoire de la langue. Pour comprendre la
signification du mot, l’évolution du sens du mot, il faut voir son origine, suivre
son développement au cours de son histoire. C’est le principe historique. On doit
tenir compte de la diachronie. Par exemple, dérouler signifiait d’abord déveloper
un rouleau de papier, à present ce sens a changé: exposer en details. Le sens
dérivé s’explique par le sens propre.
Lien avec la stylistique.
La lexicologie est liée avec la stylistique. Toutes les deux ont affaire aux
styles différents: style professionnel, style des affaires, style parlé, officiel ou
scientifique. Par exemple, dans les séries synonymiques on peut trouver les
synonymes appartenants aux styles fonctionnels différents: soldat – soudard,
chien – toutou, travail – besogne, manger – bouffer.
D’autre part, la lexicologie étudie le vocabulaire du point de vue des
moyens de l’enrichissement qui existent dans la langue (pied d’une montagne –
une métaphore linguistique), tandis que la stylistique étudie les moyens
d’expression: la métaphore de l’auteur qui est originale (stylistique). Donc, toute
les deux s’intéressent à la métaphore.
4. La lexicologie étudie les problèmes suivants: théorie du mot, sources de
l’enrichissement du vocabulaire, motivation, polysémie, antonymie, formation
des mots, phraséologie, emprunts, méthodes d’études du lexique et d’autres.
Les mots du vocabulaire se subdivisent en trois groupes d’après leur
source:
1.
Les mots d’origine latine (testa – tête), celtique (chêne, bouleau),
germanique (guerre, garder, marcher, danser).
2.
Les mots d’origine française (refaire, alunir, métissage).
3.
Les emprunts (valse, tramway, colonne).
La tâche de la lexicilogie est d'étudier le vocabulaire avec ses lois, ses
liens, son développement et ses régularités.
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Devoirs d’autocontrôle.
1.
Classer les principes de l’étude systémique du vocabulaire.
2.
Quelles sont les sciences liées à la lexicologie? Trouvez des
exemples pour illustrer ces liens.
3.
Expliquez la différence entre la métaphore linguistique et la
métaphore stylistique.
4.
Enumérez les objectifs et les aspects de la lexicologie.
Thème №2. Théorie du mot. Théorie de la nomination. La
motivation.
Problèmes à étudier:
1. Le problème de la définition du mot et des limites du mot.
2. Rapports entre le dénoté, la notion et le côté acoustique d’un mot.
3. Théorie de la nomination. La motivation. Doublets étymologiques.
1.
La définition du mot représente beaucoup de difficultés, ce qui
s’explique par le suivant:
1) Il est difficile de tracer les limites entre le mot et le morphème;
2) La possibilité de caractériser le mot sous différents aspects;
3) Les particularités des mots dans les langues différentes;
Dans la linguistique d’aujourd’hui on voit se manifester trois courants dans
la définition du mot:
1)
On considère le mot plutôt du point de vue philosophique,
psychologique;
2)
On s’appuie sur un des aspects (morphologique, phonétique,
fonctionnel);
3)
On s’appuie sur la définition du mot, valable pour une langue
concrète.
Pour définir le mot il faut tenir compte de ses rapports avec la notion, des
particularités grammaticales, phonétiques et sémantiques du mot. Certains
linguistes estiment qu’on ne peut pas donner une définition, car dans chaque
langue les mots ont leurs particularités (Scherba, Péterson). Il y a des linguistes
qui ne tiennent compte que d’un seul côté du mot. Par exemple, Bühler
n’envisage que le côté phonétique du mot, Fortounatov – la signification lexicale,
Sépir − le côté grammatical. Les définitions des linguistes français Meillet et
Dauzat peuvent s’appliquer au mot et au groupe de mots et même à la
proposition. Il existe un grand nombre de définitions, mais pas une n’est
généralement admise. Si l’on analyse toutes les définitions du mot, on peut
arriver à la conclusion que tous les savants tombent d’accord que le mot – c’est
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l’unité de la forme phonique et du sens. Cette unité est reconnue par une
communauté linguistique. Le mot c’est l’unité minimale de la langue, ayant
chacune sa forme grammaticale approprieé [Левковская 1963, Будагов 2000,
Marouzeau 1950].
Le mot remplit plusieurs fonctions dans la langue:
1.
La fonction nominative. Elle consiste à nommer les objects de la
réalité.
2.
La fonction rationnelle qui consiste en ce que le mot se rapporte à la
notion.
3.
La fonction expressive, fonction d’exprimer l’attitude du sujet
parlant envers ce qu’il dit. Par exemple, le mot collaborationniste remplit trois
fonctions à la fois. La fonction expressive sert à transmettre des nuances
péjoratives. Il y a des mots qui exécutent la fonction nominative et expressive:
Anne – Nana, Nanette. La seule fonction expressive est remplie par les
interjections.
Un des problèmes difficiles de la théorie du mot c’est le problème des
limites du mot. D’une part, il faut le délimiter du morphème, d’autre part – du
groupement de mots.
Critères, permettant de délimiter le mot.
Mot et morphème.
a)
Les mots peuvent changer de place dans la phrase, les morphèmes ne
sont pas autonomes. Par exemple, Il marche. Marche - t - il?
b)
On peut intercaler un autre mot entre les mots. Par exemple, Je vous
donne ce livre. Je vous le donne.
c)
Contrairement au morphème, le mot est remplacé par un autre mot.
Par exemple, Paul dessine. Il dessine.
d)
Le mot est une unité significative, tandis que le morphème n’a pas de
sens à lui.
e)
Le morphème n’a pas de fonction syntaxique.
Mot et groupement de mots.
Le mot est caractérisé par une intégrité sémantique et formelle. L’intégrité
sémantique est aussi propre aux groupes de mots. Par exemple, boîte aux letters.
L’intégrité formelle revêt un caractère spécial pour chaque langue: critères
phonétiques, graphiques, morphologiques et syntaxiques. Par exemple, machine –
outil, presse – papier. L’absence de l’intégrité formelle est caractéristique pour
les groupement de mots. Par exemple, une machine à laver – des machines à
laver.
2.
Pour traiter cette question il faut savoir que le point de départ c’est la
réalité objective, parce qu’il existe un lien indissoluble entre la pensée humaine et
la langue. Pas de concept sans mots, la pensée se réalise dans la matière sonore.
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Le triangle sémantique illustre le mieux les rapports qui existent entre la notion,
l’objet (le dénoté) et la forme acoustique du mot.
notion
b
objet [dénoté]
c
a
forme acoustique du mot
Considérons les trois aspects de rapports illustrés par le triangle.
Objet – notion.
La notion c’est une abstraction qui part de la réalité objective, une
généralisation. La notion c’est un reflet généralisé des objets extérieurs. Elle
reflète non seulement les formes externes, mais la substance même des choses
qu’on a réussi à posséder par la voie de l’abstraction logique. C’est un problème
philosophique et psycologique qui est lié avec la théorie de la réflexion. La
réflexion de l’objet dans notre conscience se fait en deux étapes (deux niveaux de
la réflexion). Le premier niveau (ou degré) est propre aux hommes et aux
animaux. Il comprend à son tour trois étapes: la sensation, la perception et la
représentation. La sensation sert de base à la perception et à la représentation. La
perception c’est ce que nous avons quand nous percevons l’objet. Par exemple,
quand je touche cette table et je la voie, je la perçois. Si je sors de la classe, je
peux me représenter cette table à l’aide de la mémoire, sans sa présence. C’est la
représentation. La sensation, la perception et la représentation – c’est le premier
degré. Le premier degré ne nous donne que l’image extérieure des choses,
l’essence des faits et des choses, leurs liens, les lois de la réalité ne pouvant pas
être connues à l’aide des sens de l’homme. Mais quand l’on généralise ce qu’on a
reçu à l’aide des perceptions, des sensations et des représentations, on forme des
notions. La notion comprend les traits essentiels des objets et néglige les
particularités éventuelles: par exemple, table – toutes les tables: grandes, petites,
rondes. Alors, la notion est une abstraction, une généralisation. Le mot est lié
avec la notion. Le mot table correspond à toutes les tables. Sans spécifier les
traits d’une table quelconque. La notion c’est le résultat du prosessus de
l’abstraction. C’est le deuxième degré de connaissance qui n’est propre qu’aux
hommes.
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Il existe quelque types de notions. La faculté de généraliser est propre aux
mots, mais elle comporte des degrés différents:
1. les notions peuvent être abstraites et concrètes: la beauté – la table,
écrire – influer.
2. le même mot peut designer:
a) un concept général: l’eau est un liquide (notion scientifique).
b) une notion particulière: apportez – moi de l’eau (notion quotidienne).
c) un objet individuel: L’eau de l’Escaut est noire.
Le mot et la notion constituent une unité dialectique, ce qui ne veut pas
dire identité. Il n’y a pas de notion sans mot, mais il y a des mots qui ne
sont pas liés à la notion. Les noms propres désignent des objets individuels,
ils ne sont pas liés à la notion. Le degrés de la généralisation est minimale:
Pierre, Charles. Les interjections, ells aussi, ne sont pas liées à la notion:
Oh! Hélas!
3. une même notion peut être exprimée par plusieurs mots (synonymie):
enfant, gamin, bambin, marmot, môme, garcon.
4. le même mot peut être lié à plusieurs notions (polysémie): bouche (du
métro, d’un pistolet).
Dans les cas 3 et 4 nous sommes en présence de l’asymétrie de la forme et
du sens.
Notion − forme acoustique du mot.
Dans ce cas nous sommes en présence du problème lié au signe
linguistique. Ce terme a été proposé par Ferdinand de Saussure qui a déterminé le
signe linguistique comme l’unité du signifiant (forme sonore) et du signifié (côté
idéal, sens). Il s’agit des rapports entre la forme et le contenu qui représentent un
lien dialectique. Ils sont liés comme “le verso et le recto d’une feuille de papier”
[Saussure 1978: 31]. Le signifiant – c’est une envelope sonore à laquelle on
reconnaît le sens du mot. Le lien entre le signifiant et le signifié s’est formé au
cours des siècles, ce qui veut dire que c’est un lien naturel, non arbitraire. Mais
on ne peut pas considérer les mots comme signes de n’importe quel code. Si les
signes d’un code sont tout à fait arbitraires, conventionnels (les signaux rouges et
verts pour la circulation), les mots ne surgissent pas en résultat d’une convention.
Le mot se forme indépendamment du désir de quelque personne, il change au
cours des siècles selon les lois de la langue. Ce n’est pas un acte autoritaire. Il y a
une différence du signe linguistique avec les autres signes:
1.
Son caractère universel: il sert à décrire tous les domaines de
l’activité humaine.
2.
Il n’est pas artificiel, il se crée au cours des siècles.
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3.
L’existence de plusieurs niveaux dans le cadre du signe linguistique:
phonétique, grammatical, lexical.
4.
Sa productivité.
5.
Son caractère expressif et émotionnel.
Si nous revenons à l’image du triangle sémantique, nous pourrons voir, en
nous basant sur tout ce qui vient d’être dit, que la forme acoustique du mot est
liée au dénoté par l’intermédiaire de la notion.
3. Forme acoustique du mot − objet (théorie de la nomination).
Les rapports entre l’objet et la forme acoustique du mot peuvent être
étudiés dans deux directions:
1. En partant de l’objet vers sa forme phonique.
2. En partant de la forme phonique vers l’objet.
Le premier aspect d’étude constitue l’objet de la branche de la lexicologie
qui s’appelle l’onomaséologie (ou théorie de la nomination), le deuxième aspect
représente l’étude sémaséologique. Dans ce châpitre nous allons étudier le
premier aspect.
La théorie de la nomination pose au centre de ses intérêts la question:
comment les objets reçoivent-ils leurs noms? Depuis longtemps, dès l’apparition
de la linguistique les savants se posaient la question sur le rapport de la structure
phonique du mot avec l’objet qu’il désigne. Il y avait des opinions que l’aspect
sonore du mot reflétait les qualités (les propriétés) des objets. Aujourd’hui il est
tout à fait évident que les sons, la structure phonique du mot ne peuvent pas
refléter les propriétés de l’objet nommé. Si la structure phonique du mot reflétait
les propriétés de l’objet, les mots de toutes les langues sonneraient de la même
manière. Si les sons лошадь, собака appartiennent à l’objet, qu’est-ce que
viennent faire ici les mots cheval, chien etc ? Quand on donne un nom à un objet
on s’appuie sur quelque particularité connue de cet objet, sur ce qui existe déjà.
Cette particularité devient “un représentant” de cet objet. La particularité choisie
comme base de dénomination n’est pas nécessairement essentielle. Voilà
pourquoi il arrive que chaque peuple choisit différentes particularités. Par
exemple, prise au courant – розетка, портной – порты, tailleur – tailler, стол
– стоять, table – planche, летучая мышь – chauve-souris, снегирь(рус) –
зимовка (серб.) –pivoine(фр.). A. Darmesteter souligne: “Le nom n’a pour
fonction de définir la chose mais seulement d’en éveiller l’image. Et à cet effet le
moindre signe, le plus imparfait, le plus incomplet suffit, du moment qu’il est
établi entre les gens parlant la même langue, qu’ un rapport existe entre le signe
et la chose signifiée” [Darmesteter 1979].
La forme phonique du mot ne reflète pas les qualités de l’objet, il n’y a pas
de liens organiques entre eux. Mais quand le mot apparaît (au moment de son
apparition) le mot caractérise en quelque mesure sous un certain angle la chose
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signifiée, parce que la dénomination est basée sur une des particularités de la
chose.
La première signification, celle qui est propre au mot au moment de son
apparition est appelée signification étymologique [Sauvageot 1964]. Du point de
vue d’aujourd’hui nous voyons des mots où nous pouvons distinguer les traces de
la particularité qui leur avait donné son nom et un autre groupe, ceux où cette
particularité est oubliée. Le mot robinet provient du nom propre robin (surnom
des moutons, les robinets étant souvent ornés d’une tête de mouton). Alors, un
mot dont le sens s’explique par sa forme, par sa structure, par ses éléments
composants – c’est un mot motivé. Si la signification lexicale d’un mot peut être
expliquée et comprise à l’aide de sa signification étymologique, le mot est motivé
par sa forme, sa structure. Si le mot a gardé sa signification étymologique et
l’image ou la particularité sur laquelle se base la dénomination est vivante, alors
on dit que le mot est motivé, ou, ce qui revient au même, qu’il possède sa forme
interne qui est transparente.
La motivation peut-être:
1.
Naturelle ou phonétique (absolue). Ces mots sont représentés par les
onomatopées – imitations des bruits: cou-cou, brouhaha. Leur sens est expliqué
par la réalité. Selon V.G. Gak cette motivation n’est pas tout à fait absolue. Pour
le prouver il cite les onomatopées différentes qui transmettent l’aboiement d’un
chien dans les langues différentes. Par exemple, wau-wau (allem.), bow-bow
(angl), oua-oua(fr.), bu-bu (ital.). [Гак 1977].
2.
Relative ou intralinguistique. Ce type se subdivise en deux groupes:
a) la motivation morphologique, quand le mot est motivé par les
éléments qui le composent. Ce sont les mots à structure morphologique
transparente. Par exemple, chanteur, feuillage, travailleur, vendeur.
b) la motivation sémantique. le sens dérivé s’explique par le sens
propre. Le bras de l’homme – le bras d’un fauteuil, le pied de ’homme – le pied
d’une montagne.
Parfois la forme interne des mots des langues différentes exprimant la
même chose peut être la même: le bras d’un fauteuil “ручка кресла”, le pied
d’une table “ножка стола”, la dent d’une peigne “зубец расчески”. Les faits de
la similitude des formes internes apparaissent à cause des mêmes associations
psychologiques chez les différents peuples. Dans d’autres cas la forme interne
des mots des langues différentes n’est pas la même, elle revêt un caractère
national. Портной - tailleur, ручка сковороды – la queue d’une poêle, шляпка
гвоздя – la tête d’un clou, рукав реки – le bras d’un fleuve. La particularité qui a
donné son nom à l’objet s’appelle l’indice de la nomination. Elle peut être
oubliée, peut tomber en désuétude, c’est-à-dire on oublie la motivation des mots.
Cet oubli est causé par l’emploi du mot, les changements phonétiques et
sémantiques. Par exemple, le mot moineau était motivé par le mot moine (il y
avait l’association avec un petit moine à cause de la couleur grise de son habit).
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Mais avec le temps le rapport avec cette image s’est effacé, la motivation s’est
oubliée. Ce processus s’appelle la démotivation.
La motivation est superflue dès que le mot devient unité. Au cours du
développement sémantique des mots, ils perdent leur motivation. C’est un
processus constant. Les mots anciens ne sont pas motivés (eau, faire, chaise). Les
néologismes sont toujours motivés (спутник, dénucléarisé). Les mots
polysémiques ne sont pas motivés, tandis que les mots monosémiques le sont. Le
mot motivé sert de base pour la formation des mots nouveaux. La démotivation a
lieu sous l’influence des facteurs différents parmi lesquels il faut citer
premièrement le phénomène de l’étymologie populaire. Ce phénomène est dû à
la formation de deux mots français différents à la base du même mot latin. Par
exemple, le mot latin causa s’est développé par la voie dite “populaire” (avec
tous les changements phonétiques qui se produisaient au cours de l’histoire du
mot), en donnant le mot français chose. Plus tard les français, sous l’influence des
nécessités du développement de la langue dite “savante”, ont dû emprunter
encore une forme du même mot latin – cause. Alors, nous avons deux mots
différents, le mot chose, étant nommé mot populaire et le mot cause – mot
savant. Ces mots ont reçu le nom de doublets éymologiques. Citons quelques
exemples encore: directum – droit, direct ; auscultare – écouter, ausculter ;
pumbicare – plomb, plonger.
Les divergences entre les doublets peuvent être tellement prononcées que
le lien phonétique et surtout sémantique entre eux peut se rompre. Ce phénomène
a donné à certains savants l’idée qu’on ne peut pas considérer les doublets
comme des mots motivés. Par exemple, A. Sauvageot, en se basant sur cette idée,
prétend que le vocabulaire français en somme n’est pas motivé, car sa partie
considérable est représentée par les doublets [A.Sauvageot 1964]. V.G.Gak
avance un point de vue contraire. Il estime que le degrés de la motivation des
mots peut s’expliquer par le niveau de l’instruction des gens et comme nous
pouvons, en utilisant le dictionnaire étymologique, reconstituer la parenté des
mots – doublets, ces derniers deviennent pour nous motivés [Гак 1998]. Cela
veut dire que de cette façon le vocabulaire français peut être considéré comme
motivé. Par exemple, un rouge-gorge – un oiseau qui a une gorge rouge, un
tournesol – une plante qui tourne sa “tête” vers le soleil, un tremble – un arbre
dont les feuilles tremblent, un perce-neige – une fleur qui pousse en émergeant de
la neige.
Le peuple tend à rapprocher les mots dont la forme interne est opaque pour
les rendre plus clairs. On attribue au mot une signification ou une motivation
toute neuve. Si l’on oublie la forme interne du mot, on assosie ce mot avec
d’autres qui sonnent pareillement et qui ont la signification proche. Ce fait est
appelé “étymologie populaire”. Comme on voit, l’étymologie populaire consiste
en déformation des mots inconnus. Elle est consacrée par l’usage, favorisée par
une vague ressemblance avec un mot mieux connu. Le peuple l’utilise pour
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assimiler l’inconnu. Les faits de l’étymologie populaire se trouvent surtout dans
le langage populaire, surtout dans celui des hommes illitrés. Par exemple,
полуклиника, спинжак, полувер, подскриптум, contre-danse.
Devoirs d’autocontrôle.
1.
Classez les difficultés de la définition du mot.
2.
Précisez les critères, permettant de résoudre le problème des limites
du mot.
3.
Classez la série d’unités proposées en deux groupes:
les mots:
les groupes de mots:
chemin de fer, fer à repasser, gratte-ciel, pomme de terre, boîte aux letters,
basse-cour, machine à laver, gendarme, pied-de-poule, bonhomme.
4.
Distribuez les mots ci-dessous en trois groupes:
À
motivation
À
motivation
Non - motivés
sémantique
morphologique
une tête, des lunettes, une queue, un robinet, un bateau-mouche, un
cordonnier, rallumer, désorienter, l’oeil, une violette.
5.
Trouvez l’indice de motivation des mots russes et français suivants.
Précisez la différence (si elle existe) de l’indice de la nomination.
franchise, tendresse, décoller “взлететь”, décoller “отклеить”, fourchette,
mariage, claquement, menottes, bétonnage, frigidaire, fourneau, murette,
montagnard, politicailler, noireaud, carrelage.
любовь, снегирь, переделать, котик (морской), домик, человечишко,
надстройка, обеспечить, обезденежить, проплыть, придумать, устроить,
отдать, свекровь, калина, домина.
6.
Quelle est la base de la formation des mots ci-dessous? Comment
ont-ils été formés? Quels verbes correspondent à ces noms?
Grognement m, couinement m, miaulement m, aboiement m, meuglement
m, beuglement m, hénissement m, coassement m, crissement m, gloussement m,
ronronnement m, bourdonnement m, jappement m, vrombissement m.
7. Trouvez le doublet étymologique à chaque mot:
1.
2.
3.
4.
5.
6.
7.
écouter
oeuvre
parole
humeur
droit
signe
eau
a. parabole
b. rigide
c. cathédrale
d. simien
e. ausculter
f. direct
g. cause
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8. chose
h. vocable
9. voyelle
i. capuche
10.chapeau
j. aquarium
11.chaire
k. opéra
12.raide
l. humour
8. Déterminer l’indice de la motivation pour les mots:
le bras (d’un fleuve)
un tailleur
recommencer
un verdier
le Coeur (de la ville)
Thème №3. La signification lexicale. Structure de la
signification lexicale.
Problèmes à étudier:
1.
La définition de la signification lexicale. L’unité minimale de la
lexicologie.
2.
La macrostructure de la signification lexicale.
3.
La microstructure de la signification lexicale. L’analyse sémique
(componentielle) de la signification lexicale.
1.
Le terme “signification” provient du mot grec “signe”. La branche de
la lexicologie qui étudie la signification s’appelle la sémantique. Ce terme est
introduit par M. Bréal qui a écrit en 1897 le livre “Essai de sémantique”. Selon
Bréal, la sémantique est la branche de la lexicologie qui étudie les lois qui
régissent le changement de la signification. C’est-à-dire ce n’était que l’étude
diachronique. Ferdinand de Saussure fonde l’étude de la sémantique sur
l’approche systémique.
Le problème de la définition de la signification lexicale n’est pas encore
résolu. Ce problème est très difficile. Il existe plusieurs définitions, faites à partir
des points de vues différents. Mais actuellement tous les savants acceptent que la
signification du mot est un tout dialectique qui comprend plusieurs components,
c’est-à-dire c’est un ensemble complexe qui peut être décomposé (le signifié
selon F. De Saussure). Nous pouvons nous baser sur la définition de V.A.
Zvéguintzev: “Значение слова – это сложное по своему составу образование,
членящееся на составные элементы, значение не является предельной
единицей семасиологии” (Звегинцев 1957).
Il faut tenir compte de la différence entre la signification lexicale et
grammaticale.
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La signification grammaticale se manifeste comme signification
supplémentaire à la signification lexicale et exprime les rapports entre les mots
qui peuvent être de différente nature (rapports de temps, de personne, rapports
entre les membres de la proposition etc.).
Le même mot peut avoir quelques significations grammaticales. Par
exemple, les amis (masculin, pluriel), ils sont entrés (pluriel, 3-ème personne,
passé composé).
La signification grammaticale – est une signification générale, c’est-à-dire
commune à toute une classe lexico-grammaticale. La signification lexicale est
individuelle.
La signification grammaticale est formellement exprimée, elle a ses
marques (singulier – pluriel, masculin – féminin). La signification lexicale n’a
pas de marques d’expression formelle (elle est plutôt idéale).
La signification grammaticale est obligatoire pour tous les mots de la
classe lexico-grammaticale, la signification lexicale est propre seulement au
lexème en question.
Il faut également tenir compte des rapports entre la signification lexicale et
la notion.
La signification lexicale est un lien historique entre la forme phonique du
mot et la réflexion de l’objet dans notre conscience par l’intermédiaire de la
notion. La signification lexicale est un contenu idéal rattaché à la forme
phonique.
La signification lexicale est liée à la notion, mais ce n’est pas la même
chose.
La signification lexicale est une catégorie linguistique, la notion c’est une
catégorie logique. Aussi, la signification lexicale comporte des éléments
expressifs (garçon – pas d’éléments expressifs et gamin – il y a des éléments
expressifs, la sympathie); elle comporte l’usage traditionnel des mots qui fait
partie de la structure sémantique (gravement – grièvement – même notion, mais
le premier est employé plus fréquemment). Les concepts sont propres à tous les
hommes, tandis que les significations lexicales sont nationales.
Si nous revenons au triangle sémantique nous pouvons voir que la
signification lexicale apparaît quand la notion reçoit sa forme verbale (se
verbalise). La notion, comme nous l’avons vu, c’est la réflexion du dénoté dans
notre conscience. Cette réflexion se fait dans deux plans: dans le plan du contenu
et dans le plan de l’expression. Aussi la signification lexicale s’exprime - t - elle
dans deux dimensions, elle aussi. Cela aboutit à ce que l’unité minimale de la
lexicologie a double face. La réflexion du dénoté dans le plan du contenu forme
le sémème, c’est-à-dire le noyau de la signification d’un mot. Dans le plan de
l’expression c’est le lexème qui correspond au sémème. Le lexème c’est l’unité
minimale de la lexicologie, il sert d’indice de son étude systémique. Le
dictionnaire des termes linguistiques de Rosental définit le lexème de la manière
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suivante: “Лексема – словарная единица, рассматриваемая во всей
совокупности своих соотносительных и взаимосвязанных друг с другом
форм и значений, слово как структурный элемент языка”[Розенталь 1976].
Parmi les facteurs qui influent la signification lexicale on peut citer:
1.
La signification grammaticale. Par exemple, diner (verbe) – diner
(susbst.): le sens change sous l’influence de la signification grammaticale.
2.
Le contexte conditionné par l’usage. On dit une minute, pas en ce
moment.
3.
Liens lexicaux avec d’autres mots. Par exemple, casser, briser,
rompre– c’est la même notion, mais l’emploi des mots est différent: casser la
croûte, casser une chaise, une tasse, briser la glace, rompre le silence. Il s’agit
de la distribution du mot (c’est-à-dire, de ces liens syntagmatiques).
2. La macrostructure de la signification lexicale.
Les composants de la signification lexicale se trouvent en relations bien
déterminées et forment le structure de la signification lexicale. Cela veut dire que
la signification lexicale n’est pas homogène. On distingue trois macrocomposants
de la signification lexicale:
1. Le component dénotatif.
Selon le point de vue de Z.N.Lévite et de la majorité des savants, le mot
exprime l’objet de la réalité d’une façon indirecte [Левит 1979]. Le mot – est le
signe qui comporte le signifié et le signifiant. Le processus de la nomination
s’effectue par l’intermédiaire du signifié. L’objet représenté est nommé le dénoté
(le référent). Le signe est lié au dénoté par l’intermédiaire de la notion exprimée
dans la signification du mot. La signification qui apparaît grâce à la référence du
signe au dénoté s’appelle la signification dénotative. Le component dénotatif –
est le component principal de la signification, il transmet l’information la plus
importante, liée à la réflexion de la réalité extralinguistique. Par exemple, faible –
qui manqué de force.
2.
Le component connotatif.
La signification qui exprime l’attitude du sujet parlant à ce qu’il dit
s’appelle la signification connotative. Par exemple, écrivailler – écrire mal,
rimasser – rimer mal, une oie – une fille stupide.
Le component connotatif peut être appréciatif (exprimer l’attitude du sujet
parlant) et expressif (exprimer les émotions du sujet parlant).
3.
Le component empirique. C’est une image généralisante de l’objet
perçu par les sens. Ce sont des descriptions, des détails. Les mots abstraits n’ont
pas de component empirique. Par contre, les mots concrets possèdent cet élément.
Par exemple, lilas – arbuste originaire du Moyen-Orient cultivé pour ses grappes
de fleurs mauves ou blanches, odorantes; rouge – qui a la couleur du sang, du
feu, des coquelicots.
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Chacun des components analysés peut prédominer dans l’ensemble de la
signification lexicale. Par exemple, le component dénotatif est toujours présent
(surtout dans les sens propres, voire, significations de base), car chaque lexème
est lié à l’objet de la réalité (le dénoté). Mais aux sens figurés le component
connotatif peut être plus expressif que le component dénotatif. Le component
empirique, à son tour, est primordial dans les mots qui nomment les objets de la
vie quotidienne: les couleurs, les odeurs, les bruits.
Tous les macrocomposants de la signification ont un caractère systémique:
tous ceux qui parlent la même langue les perçoivent de la même manière.
3.
La microstructure de la signification lexicale.
Au niveau de la microstrucrure on distingue les microcomposants de la
signification lexicale. Ce sont les composants minimaux qui s’appellent les
sèmes. Les sèmes ont été classés par A.J.Greimas, B.Pottier, V.G.Gak [Greimas
1966, Pottier 1964, Гак 1977]. La possibilité de les classer c’est la prevue du
caractère structuré de la signification lexicale. Ces savants prétendent que l’unité
formellement indécomposable (une auto) est sémantiquement décomposable en
unités de signification, qu’on appelle généralement traits pertinents (sèmes):
auto: véhicule + traction par moteur + quatre roues + transport des personnes.
Les définitions sont prises des dictionnaires de langue. Il existe plusieurs
types de sèmes. V.G.Gak et B.Pottier diffèrent:
1. L’archisème (A);
2. Les sèmes différentiels (S1, S2 etc.);
3. Les sèmes potentiels (Sp).
L’archisème – est un sème noyau qui reflète les particularités qui sont
propres à toutes les classes des objets. Pour le mot auto l’archisème est véhicule –
“средство транспорта”.
Les sèmes différentiels constituent le noyau de la signification, le diffèrent
des autres mots. Par exemple, pour le mot l’autobus nous pouvons trouver les
sèmes différentiels suivants: mouvement sur terre, sans rails, à moteur.
Les sèmes potentiels reflètent des particularités des objets qui ne sont pas
essentielles pour distinguer les objets. Ce sont les caractéristiques avec lesquelles
l’esprit associe les objets et qui sont cachés, implicites dans le concept qui est à la
base de la signification. Mais dans un contexte spécial ces sèmes peuvent surgir,
devenir sèmes – noyaux et s’expliciter. Par exemple, pour l’autobus – c’est
l’inconfort, la bousculade.
Les sèmes potentiels jouent un très grand rôle dans la formation des
significations métaphoriques. Au sens propre ils ne sont pas accentués. Par
exemple, la queue “очередь”, le chien “жадный человек”.
Pour analyser la signification lexicale on procède à deux types d’analyse
componentielle (sémique): l’analyse sémique minimale et l’analyse sémique
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complète. L’analyse sémique minimale se fait quand il faut analyser un ou
plusieurs sens d’un mot (polysémie), mettre en relief le mécanisme de l’évolution
sémantique, étudier les components du sens plus détaillement. Pour atteindre ce
but il faut faire la procédure suivante:
1. Ecrire la(les) définition(s) du mot en utilisant un dictionnaire de langue.
2. Définir l’archisème.
3. Définir les sèmes différentiels à la base des définitions.
4. Composer le schéma de la signification.
Par exemple, le mot une girouette a le sens propre plaque de métal, qui, en
tournant autour d’un axe vertical placé au sommet d’un édifice, indique, par son
orientation, la direction du vent.
A – instrument;
S1 – (manière de fonctionner) – en tournant autour d’un axe vertical;
S2 – (lieu) – au sommet d’un edifice;
S3 – (fonction) – indique par son orientation la direction du vent;
Le schéma de la signification se présente comme:
A + S1 + S2 + S3;
L’analyse sémique complète a pour but d’analyser plusieurs mots
(synonymes, groupes lexico-sémantiques), d’étudier les divergences de leurs
significations. L’analyse sémique complète se base sur l’analyse sémique
minimale, elle la précise, l’élargit, permet de nuancer les sèmes.
Pour procéder à l’analyse sémique complète il faut suivre la procédure
suivante:
1. Faire l’analyse minimale des mots en question.
2. Faire l’inventaire de tous les sèmes de tous les sens analysés.
3. Marquer par un “+” la présence des sèmes des mots analysés par un “-”
– l’absence des sèmes en question.
Pour illustrer ces étapes d’analyse, nous présentons l’étude des verbes du
mouvement.
Les verbes du mouvement:
direction L’éloignement, Le moyen L’intensité L’expressivité
le
de
du
de l’action
rapprochement locomotion mouvement
Marcher
+
Aller
+
Mener
+
+ [rappr.]
Emmener
+ [eloign.]
Voler
+
+
Courir
+
+
Grimper
+
+
+
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L’ensemble de sèmes donne au mot un caractère spécifique. La formule
sémique permet de différencier les mots, par exemple, de différencier les
homonymes et les mots polysémiques.
Devoirs d’autocontrôle.
1. Précisez la différence entre la signification lexicale et la signification
grammaticale.
2. Donnez la définition de la signification lexicale en tant que structure.
3. Donnez la définition de la signification lexicale, vu ses liens avec la
notion.
4. Quelle est l’unité minimale de la lexicologie?
5. Nommez les éléments de la macrostructure de la signification lexicale.
6. Groupez les éléments sémantiques de la signification, vu leur
appartenance à la micro- ou macrostructure (en 2 colonnes): component
empirique, sème différentiel, sème potentiel, archisème, component
connotatif.
7. Soulignez les mots, où prédomine le component connotatif: un livre, un
débrouillard, un gamin, une fillette, une maison, admirer, rencontrer,
une université, un fanfaron, une pie (femme bavarde), une ruelle, un
printemps, aigre, une pierre.
8. Relevez l’archisème des séries de mots suivants:
- professeur, enseignant, maître, instituteur;
- éléphant, tigre, lièvre, chien;
- veste, jupe, pantalon, maillot de bain;
- tramway, car, voiture, trolleybus.
9. Faites l’analyse componentielle minimales des mots suivants: bouton,
chaîne, queue, tabouret, renard, éclair, ours, tulipe, viande, main,
voiture, racine.
Thème № 4. L’évolution sémantique. La polysémie. La
structure sémique d’un mot polysémique.
Problèmes à étudier:
1.
2.
3.
4.
L’évolution sémantique et son rôle dans l’enrichissement du vocabulaire.
La polysémie et la monosémie.
Structure sémantique d’un mot polysémique.
Types de variantes lexico-sémantiques.
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1. L’évolution sémantique des mots est un aspect très sensible aux
changements du sens. La sémantique étudie non seulement la signification du
mot, mais aussi elle considère les significations du point de vue de leur
changement et de leur développement. Il existe:
1. Le changement du sens: le sens nouveau élémine le sens primitif.
Étonner signifiait d’abord frapper du coup de tonnerre. Après le sens surprendre
s’est développé en remplaçant le sens primitif;
2. Le développement du sens: le sens nouveau apparaît, mais le sens
primitif reste. Errer signifiait aller à l’aventure. Le sens dérivé s’est développé –
se tromper. Les deux sont restés dans la langue.
L’évolution sémantique est une des voies de l’enrichissement du
vocabulaire. Le processsus de l’évolution sémantique a ses causes, ses
mécanismes et ses resultants.
2. Le résultat de l’évolution sémantique – c’est la polysémie. Au cours de
son développement un mot peut recevoir plusieurs significations. Dans ce cas
nous sommes en présence de la polysémie. Ce terme appartient à M. Bréal [Bréal
1897]. S’il s’agît de la polysémie, le signe se rapporte à plusieurs dénotés.
La polysémie c’est la faculté d’un mot de prendre divers sens et de se
maintenir dans la langue avec tous ces sens à une époque donnée. C’est la
synchronie dans la diachronie.
La cause de la polysémie réside au besoin de nommer un objet nouveau,
mais cet objet ressemble à un autre, c’est pourquoi le mot ancien reste, lui aussi.
La deuxième signification est liée d’abord avec la première, c’est-à-dire, elle est
motivée. Les mots français sont plutôt polysémiques, les mots russes se forment
de préférence avec des moyens morphologiques.
La polysémie reflète la faculté de généraliser de notre pensée.
Le mot peut avoir plusieurs significations quand il désigne plusieurs objets
liés entre eux. Par exemple, le mot toilette signifie: 1.Une petite toile, serviette de
toile; 2. Une petite table garnie de cette toile et tout ce qui sert à la parure; 3.
Parure, habillement; 4 .Action de se nettoyer, se vêtir.
La polysémie est surtout propre aux mots français, car le système
flexionnel est faible. La polysémie est surtout propre aux verbes et aux
substantifs. Le verbe prendre a plus de 60 acceptions, les noms tête, main – plus
de 40.
Après le verbe et le nom vient l’adjectif, puis les mots-outils.
La polysémie est propre à beaucoup de mots, mais elle ne provoque pas de
confusion, car le mot est polysémique au niveau de la langue-système, mais il
reste monosémique au niveau de la parole. La monosémie et la polysémie
forment une unité dialectique. La monosémie du mot au niveau de la parole est
crée par le contexte qui actualise le mot dans la parole. Par exemple, le mot
berger signifie: 1. Homme qui garde le troupeau − «пастух»; 2. Chien qui garde
le troupeau − «овчарка» (le sème commun est “qui garde le troupeau”). C’est
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le contexte qui rend clair de quelle acception du mot il s’agit: Le berger a aboyé
en sentant le loup.
Le contexte est compris comme les conditions, la situation qui permettent
d’actualiser le mot, de voir sa signification dans chaque cas concret
[Колшанский 2002]. Dans le contexte le mot a une de ses significations.
Les mots polysémiques ont leurs traits particuliers.
1. Ce sont des mots anciens qui appartiennent au fond hériditaire (le
vocabulaire français vers le IX siècle): jour, glace, homme, pierre.
2. Ils sont immotivés, leur forme a changé.
3. Ce sont des mono- ou bisyllabes.
4. Ils donnent peu de dérivés, car leur forme phonique ne s’apprête pas à
celà.
5. En revanche, ils sont productifs en ce qui concerne la formation des
locutions phraséologiques: coup de pied de l’âne − « низкая месть
труса».
6. La fréquence de leur emploi est très grande parce qu’ils se rapportent à
plusieurs notions.
7. Ils dépendent beaucoup du contexte.
Les mots monosémiques ont tous les caractéristiques contraires. Les mots
monosémiques constituent 45% du vocabulaire français. Ils sont d’origine
française: bésogner, lâcher. Ce sont également des emprunts au latin (périmer),
au grec, à l’anglais (magazine), à l’italien (baldaquin). La plupart des mots
monosémiques sont d’origine récente (16-20 siècles). Beaucoup d’eux sont
motivés morphologiquement: machinisation, militariser.
Ces mots sont pollysyllabes, ils n’entrent pas dans des locutions
phraséologiques. Leur emploi est assez rare. Les mots qui représentent les
espèces sont plutôt monosémiques. Par exemple, le mot arbre est polysémique,
les mots bouleau, tremble, chaîne sont monosémiques.
Les mots monosémiques sont:
1. Des emprunts au moment de leur apparition dans la langue. Par exemple,
spoutnik.
2. Des termes techniques et scientifiques, car la polysémie du terme
empêche sa compréhension. Par exemple, gravitation, dénucléarisation.
3. Structure sémique d’un mot polysémique.
Les acceptions d’un mot ne sont pas isolées. Elles sont liées par des
rapports étroits. Elles sont liées par l’existence des sèmes communs dans toutes
les significations. Z.N. Lévite détermine la polysémie comme l’existence dans le
cadre de la structure sémantique d’un mot de quelques significations groupées
autour d’un noyau sémantique (sème commun) [Левит 1979].
Ce sème est nommé l’invariante, tandis ce que pour chaque signification
d’un mot polysémique est employé le terme variante lexico-sémantique,
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introduit par A.I. Smirnitsky [Смирницкий 1956]. La variante lexico-sémantique
représente un sémème; l’ensemble de sémèmes donne un sémantème.
Dans la structure sémique du mot berger on peut représenter l’invariante
(le sème commun) comme «qui garde le troupeau».
L’existence de l’invariante c’est la cause obligatoire pour la polysémie,
autrement elle va se désagréger.
Par exemple, violon “скрипка” et violon “скрипач” sont polysémiques
(sème commun), mais voler et voler sont homonymiques. Outre ce critère il y a le
critère suivant: c’est le critère de l’existence des dérivés. Les dérivés des
homonymes sont différents: voler “красть” – volerie, voleur, volereau, vol,
envol. Les rapports entre les variantes lexico-sémantiques peuvent être différents,
elles peuvent être liées d’une façon directe et indirecte.
4. Types de variantes lexico-sémantiques.
Les significations ne sont pas égales. On peut les classer conformément à
leur étude dans la synchronie et la diachronie. Du point de vue diachronique on
distingue le sens primitif (ou étymologique) et le sens dérivé.
Le sens primitif – c’est le sens avec lequel le mot a apparu dans la langue:
bouche – “щека”.
Les sens dérivés représentent toutes les acceptions qui se sont développées
au cours des siècles.
Par exemple, bouche – 1. “Рот”; 2. “Едок”; 3. “Отверстие”; 4. “Дуло”;
5. “Устье”.
Le sens étymologique peut être oublié et c’est seulement l’analyse
historique qui peut le révéler.
Dans le plan de l’analyse synchronique l’académicien Vinogradov a
élaboré la classification qui distingue le sens propre et le sens dérivé. Le sens
propre – c’est le sens qui ne peut être ramené à aucun autre à une époque donnée.
Il n’est pas motivé.
Les sens dérivés sont ceux qui s’expliquent par le sens propre et qui
peuvent être réduits au sens propre: tête d’un homme – sens propre, tête d’un clou
– sens dérivé.
Le sens propre peut ne pas coïncider avec le sens étymologique: tête
“голова” (sens propre) – testa “горшок” (sens étymologique).
Le sens propre est une catégorie historique, parce qu’à l’époque donnée le
sens propre peut être oublié, alors un des sens dérivés devient propre. Par
exemple, le verbe marcher avait le sens primitif piétiner.
Le plan synchronique distingue la signification principale et secondaire
du mot.
La signification principale est celle qui est la plus usitée à une époque qui
sert de base à toutes les autres significations secondaires qui est à la base du
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développement ultérieur du mot. Elle existe hors du contexte, tandis que le sens
secondaire dépend du contexte.
La signification principale coïncide avec le sens propre dans la plupart des
cas: table, crayon.
Mais il y a des cas où elle ne coïncide pas avec le sens propre, mais elle
coïncide avec le sens dérivé. Travailler – signification principale – “работать”,
sens propre − “мучить”; ravir – sens propre − “похищать”, sens principale −
“восхищать”.
C’était la classification d’après le rôle des mots comme moyens de
communication.
D’après l’interdépendance des significations on distingue les significations
libres et phraséologiquement liées.
On appelle sens libre toute signification qui se groupe librement avec
d’autres mots selon les lois de la grammaire: lire un livre.
La faculté de s’employer de ces mots dépend de la notion exprimée par eux
et leurs combinaisons avec d’autres notions: une table de bois, de marbre, mais
pas une table de feu car ça n’a aucun lien à la réalité. L’emploi de ces mots n’est
pas entravé par l’usage, ne dépend pas du système de la langue.
Ce n’est pas la réalité qui empêche l’agencement des mots, mais l’usage,
quand on parle des significations liées. La faculté de ces notions de se combiner
avec d’autres dépend des causes intralinguistique: cтрах берёт, досада берёт,
тоска берёт, mais pas радость берёт.
Les significations liées peuvent dépendre de la construction syntaxique
déterminée. Ce sont des notions phraséologiquement liées. C’est un lapin! −
«Молодец!».
D’après le but de l’énnoncé on distingue le sens direct qui sert à
dénommer (clef) et le sens figuré qui donne plus de vivacité, donne une idée
imagée (industrie - clef).
Les acceptions du mot dépendent non seulement des catégories lexicales,
mais aussi des catégories grammaticales et des constructions syntaxiques:
1. De la rection des verbes. Tenir qch − “держать”, tenir à qch −
“дорожить”, tenir de − “походить на кого-либо”.
2. De la place de l’adjectif. Homme pauvre – pauvre homme.
3. De la construction syntaxique. Éclair – une visite éclair “быстрый
визит”.
4 .De la catégorie du nombre.
La signification d’un mot polysémique n’est pas isolée, elles
s’interdépendent, se superposent.
Il faut distinguer la polysémie de la largeur du sens. Dans ct cas un mot
embrasse plusieurs notions. À chaque sémème d’un mot polysémique correspond
une notion à part, tandis que la signification large embrasse beaucoup d’objets de
la même notion. Par exemple: aller – 1. Je vais au cinéma; 2. Cette robe te va;
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3. Comment – vas- tu? (polysémie) ; aller – par avion, à Odessa, au
cinéma (la largeur du sens, il s’agit de la même notion – le movement dans
l’espace).
Devoirs d’autocontrôle.
1. Entourez les caractéristiques qui conviennent pour décrire un mot
polysémique.
a) Il est polysyllable.
b) Il fait partie des locutions phraséologiques.
c) Il représente un terme.
d) Il est ancien.
e) Il est capable de donner beaucoup de dérivés.
f) Il dépend beaucoup du contexte.
2. Nommez les traits différentiels, permettant de distinguer la signification
lexicale et la signification grammaticale.
3. Disposer les notions ci-dessous en ordre croissant: sémème, sème,
sémantème.
4. Trouver le sème commun pour les variantes lexico-sémantiques des
mots suivants (consultez le dictionnaire et faites l’analyse sémique):
tête, nez, bras, queue, bec, visage, filer, errer, feuille, girouette, coeur,
chaîne.
5. Déterminez les types de variantes lexico-sémantiques des mots
polysémiques ci-dessous:
Travailler:
1) torturer;
2) faire souffrir, tourmenter;
3) préoccuper;
4) pop. battre, malmener;
5) agir d’une manière suivie avec plus ou moins d’effort, pour
obtenir un résultat utile;
Nez:
1) partie saillante du visage, située dans son axe, entre le front et la
lèvre supérieure et qui abrite l’organe de l’odorat;
2) face, figure, visage;
3) odorat;
4) partie saillante située à l’avant;
5) techn. morceau de zinc conique soudé à un tuyau de décente.
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Thème №5. Les causes et les mécanismes de l’évolution
sémantique.
Problèmes à étudier:
1. Les causes extralinguistiques de l’évolution sémantique.
2. Les causes linguistiques (intralinguistiques) de l’évolution sémantique.
Les causes affectives de l’évolution sémantique.
3. Les mécanismes de l’évolution sémantique.
1. Les causes extralinguistiques de l’évolution sémantique.
Depuis longtemps les linguistes essayaient de classer les changements
sémantiques et d’en trouver les causes. A.Darmesteter dans la “Vie des mots”
donne une classification logique [Darmesteter 1979]. L’avantage de cette
classification consiste en sa simplicité qui embrasse tous les procédés de
l’évolution sémantique.
M. Bréal donne une classification psychologique, bassée sur les lois
intellectuelles de la langue [Bréal 1897]. Elle cherche à trouver les causes, mais
ne peut pas embrasser tous les procédés de l’évolution sémantique. A. Meillet
(école sociologique) a proposé trois types de causes: linguistiques; sociales et
historiques [Meillet 1926, Тархова 1972: 24]. De nos jours on distingue trois
types de causes de l’évolution sémantique:
1. Les causes extralinguistiques (historiques, sociales).
2. Les causes linguistiques.
3. Les causes affectives.
Les causes extralinguistiques.
Causes historiques.
Le développement de la vie sociale, les progrès de la science, de la culture
peuvent entraîner des changements dans la structure sémantique des mots. Par
exemple, le sens propre du mot maquis était: 1. Terrain couvert de broussailles et
d’arbrisseaux − “кустарник на Корсике”. 2. Bandits corsicains
−“корсиканские бандиты”. Les sens dérivés se sont formés sous l’influence des
causes historiques (les bandits corsicains se cachaient dans le maquis). 3. Lieu
des détachements des partisans − “место партизанских отрядов”. 4. Partisan −
“партизан”.
Le mot grève(m) signifiait plage de sable et de gravier. Depuis 1806 le
mot désigne une place au bord de la Seine où avaient lieu les exécutions des
criminels. Au 19-ème siècle le mot grève commence à signifier cesser de
travailler pour la défense des intérêts communs, car les ouvriers ont arêté leur
travail pour venir revendiquer leurs droits sur la place de Grève.
Le progrès de l’industrie se voit si nous considérons l’exemple du mot
librairie qui désignait au Moyen Age la bibliothèque et maintenant le magazin où
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l’on vend des livres. Cela s’explique parce ce qu’on vendait les livres dans la
bibliothèque, mais après on a séparé la vente et l’emprunt des livres. A. Meillet a
souligné que l’emploi d’un mot par tel out tel groupe social influe beaucoup la
signification [Meillet 1926]. Par exemple, le mot opération signifie selon la
situation, dans laquelle il tombe dans la société (selon le milieu social où il
s’emploie), tantôt une tactique militaire, tantôt une intervention chirurgicale,
tantôt un déplacement des échecs.
Les changements sémantiques peuvent être conditionnés par le changement
de l’emploi de la chose nommée. Par exemple, le mot plume ne voulait dire
qu’une plume d’oiseau. Ensuite on l’a prise pour l’écriture , le mot signifie une
plume de fer et après – toute sorte de stylo.
2. Les causes linguistiques (intralinguistiques) de l’évolution
sémantique.
Le sens du mot est influencé par les facteurs qui relèvent du système de la
langue; de sa structure phonétique, syntaxique et sémantique.
Causes phonétiques.
Beaucoup de mots ont changé de sens en supplatant les unités lexicales
dont le volume phonétique s’était réduit. Apis-apem “пчела” a été remplacé par
abeille emprunté au provençal qui a perdu son sens diminutif. Le sens peut
changer sous l’influence de l’analogie phonétique, la ressemblance formelle des
mots. Par exemple, le mot plantureux – étym. plenitatem (plein) signifiait
d’abord plein, mais comme sa forme interne ressemble à une plante, le mot a reçu
le sens plein de plantes.
Les causes syntaxiques sont déterminées par l’influence des autres mots. Il
s’agit des rapports syntagmatiques. A.Darmesteter reconnaît le phénomène de la
“contagion syntaxique.”[Darmesteter 1979]. Rien, pas, point n’étaient pas
négatifs étymologiquement. Pas signifiait “шаг”, point − “стежок”. Ces mots
s’employaient souvent dans les phrases négatives, mais la langue populaire
omettait “ne”: je couds point, je sais rien, en donnant à ces mots une valeur
négative (dans ce cas – c’est l’influence de “ne”).
Un autre exemple de l’influence de la syntaxe c’est le principe de
l’économie de la parole (ellypse). Une ville capitale –une capitale. Il s’agit de
l’ellypse du substantif qui a passé ses sèmes à l’adjectif: un lait fromage − le
fromage, un diamant brillant − un brillant, un papier (journal) − un journal.
Causes sémantiques.
En dehors des phrases les mots peuvent s’influencer de divers façons. C’est
l’influence des rapports paradigmatiques. Par exemple, l’influence réciproque des
mots appartenant à une même famille étymologique. Il s’agit de la loi de Sperber:
la loi du passage du changement du sens sur tous les mots de la même famille.
Par exemple, un habit signifiait: 1.Etat; 2.Costume, vêtement.
Le sens du verbe habiller a changé sous l’influence du mot habit.
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Citons encore un exemple: les perles orientales sont belles, car oriental est
toujours brilliant, orient par analogie reçoit le sens analogue; l’orient d’une perle
– l’irisation qui donne à la perle ses reflects chatoyants et comme vivants
[A.Darmesteter 1979].
Causes affectives de l’évolution sémantique.
Elles ne jouent pas un si grand rôle que les causes linguistiques. Les
savants estiment qu’il faut étudier d’abord les causes linguistiques et historiques,
mais les causes psychiques jouent aussi un grand rôle [Будагов]. Il y a des mots
qui comportent l’affectivité, d’autres commencent à l’exprimer dans une certaine
situation. Ils acquièrent l’affectivité dans le contexte. Employés souvent dans une
situation où ils expriment des sentiments, ils peuvent changer de sens. Par
exemple, un grivois – un soldat allemand en service en France; un soldat (sous
l’influence des moeurs militaires) signifiait une personne entreprenante, légère,
libre; C’est pourquoi le sens actuel du mot grivois est scabreux, léger
“скабрезный, легкомысленный”. De même vulgaire veut dire commun à tous,
trivial.
Toutes les trois ces causes peuvent agir ensemble. Parfois il est difficile de
séparer l’influence des facteurs. Par exemple, dans le cas de pas, point, rien outre
le facteur linguistique, il y a le facteur affectif qui influence l’évolution
sémantique: renforcer l’idée de la négation.
3. Les mécanismes de l’évolution sémantique.
Toute évolution du sens se produit d’abord au niveau de la parole, puis
passe dans la langue où elle s’effectue d’après les mécanismes bien déterminés.
Du point de vue logico-psychologique l’évolution du sens présente quelques
types différents. De nos jours la classification des logiciens reste vivante:
Elle comprend:
1. La restriction du sens.
2. L’extention du sens.
3 L’amélioration du sens.
4. La péjoration du sens.
5. La métaphore.
6. La métonymie.
7. L’hyperbole et la litote.
8. Les tabous et les euphémismes.
1. On distingue la restriction du sens – un phénomène, quand un mot
commence à se spécialiser à designer moins d’objets. C’est la spécialisation de la
notion exprimée.
Le mot marchand signifiait d’abord le vendeur et l’acheteur. Ensuite – le
vendeur seulement. C’est la disparition de la structure sémique d’un mot d’un ou
de plusieurs sèmes. Ainsi le mot roman signifiait d’abord toute oeuvre littéraire,
après – une espèce d’oeuvre; poison – ce qu’on boit, après – boisson qui tue;
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viande – nourriture en général, après – nourriture de chair des animaux;
labourer – travailler, puis – travailler la terre.
C’est la réduction de la fonction nominative d’un mot qui de
l’expression de la notion de genre passe à l’expression de la notion d’espèce.
On peut illustrer schématiquement ce mécanisme de la manière suivante,
en s’appuyant sur l’analyse sémique:
1.A + S1 + S2;
2.A + S1 + S2 + S3.
2. L’extention du sens a lieu quand un mot reçoit une plus grande liberté
en ce qui concerne sa fonction nominative. Le mot à une signification spéciale
perd quelques particularités concrètes et commence à désigner quelque chose de
plus large (parfois de plus abstrait). Il perd des sèmes supplémentaires. Par
exemple, un panier -1. Un sac pour le pain;2. Un sac en général. Arriver –1.
Atteindre le rivage; 2. Approcher. Triompher – 1. Passer sous l’arc de triomphe;
2. Fêter sa victoire.
Il s’agit de l’élimination d’un sème concret. Ces deux types de l’évolution
du sens sont liés au passage d’un mot d’une sphère de l’activité humaine à une
autre. Le mécanisme de la restructuration du sémème se représente à l’aide de la
formule sémique suivante:
1. A + S1 + S2;
2. A + S1.
3. La dégradation du sens et l’amélioration du sens. La degradation
consiste en ce que le mot avec le sens primitif neutre sous l’influence du milieu
social commence à s’employer avec une nuance péjorative: collaboration,
bourgeois, garce.
Parmi les causes qui entraînent la dégradation du sens et l’amélioration du
sens on peut nommer des causes affectives, par exemple, l’attitude raciste envers
certains peuples des classes dirigentes. Bohémien devient synonyme de fripon.
Beaucoup d’emprunts à l’étranger sont dégradés. Par exemple, une rosse (cheval
en italien) devient mauvais cheval “кляча” en français. Une palabre (parole en
espagnol) devient discours long et ennuyeux en français.
Il existe le processus opposé: les mots peuvent améliorer leur sens,
s’ennoblir. C’est moins fréquent: d’abord le sens est neutre, puis il devient
favorable: réussir signifiait d’abord un bon et un mauvais résultat, maintenant –
seulement un bon résultat.
4. La métaphore - est le mécanisme sémantique le plus répandu. Le mot
provient du grec “transfert”. C’est la nomination d’un objet par le nom d’un autre
en vertue de leur similitude. La ressemblance est à la base de la métaphore qui est
due à l’existence de quelques traits communs des objets. Par exemple, la bouche
du métro. La métaphore est souvent à la base de la formation des nouvelles
acceptions des mots polysémiques.
À la base du mécanisme sémique de la métaphorisation se trouve:
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1. Le changement de l’archisème.
2.Le croisement de sèmes: le sème potentiel devient différentiel.
Par exemple, hérisson – 1. Petit mammifère insectivore, au corps recouvert
de piquants lisses en temps normal, mais qui peuvent se dresser;
A1[animal] + S1[insectivore] + S2[recouvert des piquants] + S3[possibilité des piquants de s’activer, se dresser] +
S4p[difficile à contacter];
2. Personne d’un caractère difficile;
A2 – [personne] + S4[difficile à contacter].
Le sens métaphorique des mots s’use facilement; alors le mot n’est plus
senti comme une métaphore. C’est seulement le sens étymologique qui permet de
le révéler [Лопатникова].
Il faut distinguer la métaphore stylistique et la métaphore linguistique.
La première a pour but de produire un effet stylistique (les yeux des
maisons), tandis que la métaphore linguistique sert à nommer (bec de gaz, bouche
du métro). Ce n’est pas un emploi individuel ou original. Dans la plupart des
métaphores linguistiques le sens métaphorique est plus ou moins effacé, tandis
que dans les métaphores stylistiques il est ressenti: une riante campagne
(métaphore stylistique).
Les savants distinguent quelques types de métaphore:
1. Le transfert des noms des objets inanimés sur les parties du corps des
animaux ou des personnes: épine dorsale, colonne vertébrale [Ullmann 1959].
2. Des parties du corps humain sur les objets inanimés: tête de l’épingle,
oeil d’une aiguille, bec d’une bouilloire.
3. Des noms des animaux sur les objets inanimés: chêvre “подъемный
кран”, chien “спусковой крючок, курок”.
4. Métaphores, basées sur les associations liées aux sensations: chaud
“пылкий”, doux “нежный”.
N.N. Lopatnikova distingue les métaphores qui aparaîssent, quand on
désigne l’homme par le nom d’un objet quelconque (une scie, une perche de fille)
ou quand on désigne l’homme par le nom d’un animal [Лопатникова 2001]. On
prend des traits des animaux qui leur sont caractéristiques: l’oiseau − pour
designer la stupidité, le pigeon − pour l’envie de paraître beau, le chacal − pour
une personne lâche, le chien − pour une personne avare, l’hirondelle − pour
l’individu de passage, le lapin − pour une personne énergique, le mule − pour
une personne têtue, le requin − pour un homme d’affaire, le serpent − pour une
personne ingrate, le tourtereau − pour un amant, époux jeune et tendre.
5. La métonymie.
Selon A. Darmesteter la métonymie “embrasse deux notions rapprochées
l’une de l’autre par un rapport constant” [Darmesteter 1979]. À la base de la
métonymie se trouve également le transfert du sens, les rapports de contiguïté. Il
ne s’agit pas de similitude, par la métonymie on désigne un objet tout à fait
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différent de l’objet antérieurement désigné. Du point de vue de l’analyse sémique
nous sommes en présence du mécanisme suivant:
L’archisème du premier sémème devient sème différentiel dans le
deuxième;
Cuir – 1. Matière d’une certaine qualité; 2. Vêtement de cuir;
A1 [matière] + S1 [d’une certaine qualité]; A2 [vêtement] + S2 [matière] + S1 [d’une certaine qualité].
Les types de métonymie sont différents:
1. On prend la partie pour le tout. Par exemple, une mauvaise langue, une
vieille moustache, un coeur d’or (l’homme au lieu de l’être humain).
2. On prend le tout pour la partie. Le singulier pour le pluriel et au
contraire. Il faut protéger l’animal (au lieu de les animaux). C’est la synecdoque.
3. Parfois les vêtements, les instruments de musique donnent les noms aux
hommes: un tambour, un violon, un talon rouge (gentilhomme de 17 siècle).
4. On prend le contenant pour le contenu et au contraire. La ville était sur
pied, toute la maison, manger une assiette.
5. On prend la matière pour la chose fabriquée. Le verre, les caoutchoucs,
le carton.
6. On prend le producteur pour le produit. Par exemple, les auteurs pour
leurs oeuvres: un Molière, un délicieux Corot.
7. On prend le lieu pour le produit. Du camembert, du Bordeaux.
8. On prend l’instrument pour le produit. La presse.
9. On prend la dénomination de l’objet, quand un objet se trouve sous un
autre. Un bureau – de bur (sorte de drap qui couvrait la table).
10. Les termes du sens abstrait reçoivent le sens concret. Ameublement:
action de meubler – ensemble des meubles; sortie, entrée.
11. Action → son résultat: fonte “плавка” – “чугун”.
12. Action → personne qui l’accomplit: aide “помощь” – “помощник”.
La métonymie et la métaphore sont propres au français plus qu’au russe,
car le russe préfère des moyens morphologiques pour l’enrichissment du
vocabulaire.
6. L’hyperbole – s’emploie quand on veut exagérer. Il est fréquent dans
les formules de politesse: être ravi. La gêne était autrefois torture puis grâce à
l’hyperbole il signifie timidité. L’hyperbole est oubliée.
La litote – est une diminution. Il est intelligent – il n’est pas bête. On veut
faire entendre le plus, mais on dit moins: il n’a pas inventé la poudre – il est bête.
Les tabous et les euphémismes.
Les euphémismes apparaissent quand une personne ne veut pas prononcer
tel out el mot pour telle ou telle raison. On ne veut pas que tel out tel mot évoque
quelque association, c’est pourquoi on essaie d’éviter ce mot. Ici il ne s’agit plus
de motiver le mot, mais, au contraire de briser une association. Au lieu de mentir
on emploie – déformer la vérité (c’est moins choquant).
On forme les euphémismes:
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1. Par l’abréviation (dans les jurons), c’est une s…. (salope).
2. Par la substitution avec des mots qui ont le sens différent, mais sonnent
pareillement: un mari qui porte des cornes – il part voyager en Cornouaille
(ancien pays en Bretagne).
3. Par un terme étranger qui choque moins: WC – lieux d’aisances.
4. Des périphrases: il n’a pas inventé la poudre − il est bête.
5. Des tournures négatives: il ne dit pas la vérité au lieu de il ment.
6. Des antiphrases: c’est joli! − au lieu de ça ne va pas.
Les tabous – c’est l’interdiction d’employer certains mots pour des raisons
différentes: les noms des animaux le renard, l’épervier sont remplacés par les
paysans (car ces animaux sont dangereux pour leur volaille) par la bête, ça: – ça
a emporté trois poules cette nuit.
Dévoirs d’autocontrôle:
1. Enumérez les causes extralinguistiques et linguistiques de l’évolution
sémantique.
2. Distribuez en deux colonnes les causes de l’évolution sémantique:
causes extralinguistiques
causes linguistiques
3.
4.
5.
6.
la “contagion syntaxique”, l’influence d’une révolution, la concurrence
vitale, l’ellypse, une découverte technique, la loi de Sperber.
Expliquez les causes de l’évolution du sens des mots suivants: code,
esprit, style, talent.
Enumérez les mécanismes de l’évolution sémantique.
Continuez les phrases ci-dessous:
1. Les mécanismes où l’archisème ne change pas sont …
2. Le croisement de sèmes a lieu quand il s’agit de …
3. Il s’agit de la restriction de la fonction nominative d’un mot s’il est
question de …
4. L’archisème passe dans le rang des sèmes différenciels dans le cas de
…
5. Il s’agit de l’élargissement de la fonction nominative d’un mot....
6. Le sens devient pire quand il s’agit de …
Groupez les lexèmes, en se basant sur le mécanisme de leur évolution
sémantique:
Restriction du Extention
du Métaphore
Métonymie
sens
sens
roman, viande, poison, panier, assiette (de soupe), camembert, étonner,
scie (femme ennuyeuse), racine (du mal), toile, chaîne (de montagnes),
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vert (membre du parti écologiste), arène (de la lutte), ravir (enchanter),
charme, bec (de gaz), démarrer (commencer), girouette, pondre.
7. Réunissez à l’aide des aiguilles les phrases suivantes:
extension du sens
augmentation de la quantité de sèmes
restriction du sens
diminution de la quantité de sèmes.
8. En utilisant le dictionnaire, faites l’analyse sémique des sens propres et
dérivés et déterminez par quel procédé sont formés les sémèmes
suivants: un renard, une girouette, une toile, un bourgeois, un bouton,
une racine, un violon (celui qui joue du violon), une moustache (vieille
moustache), un officier, le charme, la gêne, ravir.
Thème №6. La structuration du vocabulaire. La théorie des
champs sémantiques.
Problèmes à étudier:
1. La notion du champ sémantique.
2. La structure du champ sémantique, son caractère hiérarchique.
1. La langue est un système où tous s’interdépend. Les éléments lexicaux,
les mots et leurs significations sont liés des rapports multiples et variés. Celà
s’explique par ce que les mots peuvent entrer en connection les uns avec les
autres et former des microsystèmes qui se basent sur l’identité ou la similitude de
leurs formes, leurs significations, leur appartenance à telle ou telle classe lexicogrammaticale.
Saussure a commencé à étudier ces rapports entre les mots. Il parle des
séries associatives groupant les mots selon différents types de rapports. Si la
structuration est évidente au niveau lexical et grammatical dont les unités sont en
nombre fini et présentent des classes fermées, le lexique représente une série
ouverte reflétant les phénomènes extralinguistiques.
C’est pourquoi il est plus difficile de structurer le lexique que de créer le
système phonétique ou grammatical. Mais dans les ouvrages sur la structuration
du lexique nous trouvons les idées prouvant l’existence du système recouvrant
tout le système lexical.
Selon Saussure chaque mot peut servir de point de départ à autant de séries
associatives qu’il existe de rapports entre le mot en question et les autres mots.
Par exemple:
enseignement, enseignant, enseigner (communauté du radical; nous avons
une série basée sur l’étymologie);
enseignement, éducation, instruction (communauté basée sur l’affinité
sémantique);
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armement, enseignement, mouvement (communauté basée sur l’indice
formel).
Ch. Bally a avancé l’idée de champs associatifs qui a été développée par
les savants allemands Trier et Porzig. Ces savants estiment que le mot n’a pas de
signification qu’il la reçoit seulement dans le champs associatif qui, au niveau
mental, correspond au champ sémantique [Балли 2001, Стернин 2001].
Selon J. Dubois le système lexical est formé d’un ensemble d’unités
significatives dont les éléments composants se délimitent réciproquement et tirent
leur valeur de la position qu’ils occupent par rapport aux autres mots [Dubois
1994]. Le mot fait partie d’un groupe sémantique, il garde sa signification qui
dépend tout de même des autres éléments de ce groupe. On peut définir le champ
sémantique de la façon suivante. Le champ sémantique est un ensemble de mots
qui étant liés les uns aux autres par certains rapports sémantiques et se rapportant
à une notion générale forment une unité, un système, un tout. Ils ont le même
indice notionnel.
Selon J.Trier les champs sémantiques se fractionnent en des unités plus
petites, ces derniers – en des unités plus petites encore etc. Les champs
sémantiques ont une structure hiérarchisée. Ils embrassent toutes les unités
lexicales rattachées par des liens associatifs à un concept ou à un domaine de la
réalité. Par exemple: les personnes – lieux où ils habitent: Français, Italien;
professions: musiciens, ouvriers, comptables; âge: enfant, adulte, vieillard, bébé;
sexe: femme, homme; situation sociale: marié, divorcé, célibataire; liens de
parenté: mère, père, frère, beau-père.
Dans le champ sémantique il y a des mots qui occupent la position centrale
qui sont plus employés. C’est le noyau du champ sémantique. Ceux qui sont
moins employés se trouvent à la périphérie. Au noyau se trouve le lexique qui
exprime de la manière la plus évidente l’indice notionnel (âge, sexe, profession –
pour l’indice notionnel “personne”). Le lexique qui est plus ou moins éloigné de
l’indice notionnel se situe à la périphérie (lieux où habitent les gens).
En marge du champ sémantique se trouvent des argots, des mots à
caractère affectif. Par exemple, cabotin, barbouilleur.
Les champs sémantiques traversent tous les niveaux de la langue, tous les
styles. L’étude des champs sémantiques permet de connaître les rapports entre les
mots, de préciser les significations des mots , les règles de leur emploi , de
différencier les synonymes, les différentes acceptions des mots polysémiques. Le
champ sémantique embrasse plusieurs parties du discours.
Les limites du champ sémantique sont flottantes. Par exemple, l’indice
notionnel industrie – forme son propre champ sémantique «industrie» et comme
occupation d’un homme fait partie du champ sémantique «personne». Dans ce
cas le champ sémantique industrie et le champ sémantique personne se couvrent
industrie
personne
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Il s’agit de l’interférence des champs sémantiques. Le champ sémantique
embrasse plusieurs parties du discours.
2. A l’intérieur du champ sémantique nous pouvons trouver toutes les
espèces de rapports paradigmatiques. Les rapports paradigmatiques, selon
O.S.Akhmanova, englobent les relations entre les unités des systèmes qui sont
réunis dans notre mémoire et liées par les relations d’opposition [Aхманова
2004]. Ce sont les relations qui réunissent les mots d’après la similitude de leur
significations, la communauté de leur archisème (siège – chaise, fauteuil,
tabouret).
L’ensemble de mots réunis sur ce principe est nommé groupements
lexico-sémantiques. Il faut dire que le champ sémantique se fractionne en
groupements lexico-sémantiques, qui à leur tour se fractionnent en séries
lexicales (synonymiques, antonymiques, homonymiques, dérivationnelles) qui
sont dues aux relations paradigmatiques:
Vocabulaire
Champ sémantique
Groupement lexico-sémantique
Séries lexicales
Séries dérivationnelles
De cette façon nous pouvons constater la présence des rapports
hiérarchiques à l’intérieur du champ sémantique.
Les groupements lexico-sémantiques comportent les unités lexicales
rattachées par des rapports associatifs. Le principe est le même que pour les
champs sémantiques, mais à la différence des champs sémantiques les
groupements lexico-sémantiques embrassent les mots appartenant à une même
classe lexico-grammaticale (siège – chaise, fauteuil, tabouret sont les noms;
s’asseoir, s’affaisser, prendre place représentent une action et se rapportent aux
verbes).
Il existe des groupements lexico-sémantiques différents, par exemple, les
couleurs: blanc, rouge, noir, jaune, bleu, vert, brun. Tout les autres mots
dépendent d’eux, parce que toutes les autres couleurs sont formées de la
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combinaison des couleurs de base (rose, violet, mauve). À la périphérie se
trouvent les mots suivants: bleu-ciel, vert-amande, vert-anis, rose-poudre.
Il existe quelques types de groupements lexico-sémantiques:
1. Basés sur le principe physique ou logique. Par exemple, le principe de
gradation – arctique- glacial- froid- doux- tiède. C’est le groupe qu’on appelle
linéaire.
2. Représentant les acceptions d’un même mot polysémique.
3. On construit des groupements lexico-sémantiques sur les relations
hiérarchiques: végétal – plante – herbe – chiendent.
Les groupements lexico-sémantiques se fractionnent en séries lexicales qui
représentent les séries synonymiques, antonymiques et homonymiques. Les séries
lexicales, à leur tour, se fractionnent en séries dérivationnelles. Ce sont les mots
formés d’après le même modèle, c’est-à-dire, ayant le même thème de formation
et le même affixe formatif.
Les séries dérivationnelles sont organisées selon le principe de la parenté
de leurs signifiés et de leurs signifiants: [V + ment]N – résultat de l’action –
tremblement, jugement, mouvement.
Devoirs d’autocontrôle.
1. Caractérisez le notion du champ sémantique, montrez la différence
entre le champ sémantique et le champ associatif.
2. Décrivez la structure du champ sémantique. Prouvez l’existence des
rapports paradigmatiques à l’intérieur du champ sémantique.
3. Qu’est-ce que veut dire le terme “interférence” des champs
sémantiques?
4. Quel est le synonyme du terme “nom du champ”?
5. En utilisant un dictionnaire de langue, construisez les champs
sémantiques pour les notions: art, sport. Indiquez le noyau, la périphérie
et les marges du champ.
6. Trouvez le nom des champs pour les contextes ci-dessous:
Trouvez les groupes lexico-sémantiques, les séries lexicales et les séries
dérivationnelles.
a).
L'approximation du champ de gravitation ou de pesanteur uniforme n'est
cependant pas toujours valable, dans certains problèmes d'astronomie
notamment. Par exemple, dans le cas de la Lune, l'attraction
gravitationnelle s'applique plus fort aux parties de la Lune proche de la
Terre qu'aux parties plus éloignées, de sorte que le centre de gravité est en
réalité légèrement plus proche que le centre de masse. De plus, si le corps
en orbite n'est pas parfaitement symétrique par rapport à son axe de
rotation, la position du centre de gravité se déplace en permanence avec
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cette rotation. C'est la raison pour laquelle, outre les effets de marées
gravitationnelles, un corps en orbite tend à synchroniser sa vitesse de
rotation sur sa vitesse orbitale pour montrer sa face la plus sphérique.
C'est déjà le cas pour la Lune qui nous montre toujours la même face, et la
planète Mercure qui montre toujours la même face au Soleil. De plus, c'est
également la raison pour laquelle le relief de la face cachée de la Lune est
beaucoup plus important que celui de sa face visible. Très souvent en
mécanique, la dimension des corps étant faible devant la rotondité de la
terre, on considère un champ de gravité uniforme. Sous cette hypothèse, le
centre de gravité et le centre d'inertie sont confondus.
b).
Ce que je retiens, c'est d'abord une grande satisfaction d'être arrivée en
demi-finale. Je ne pensais vraiment pas y arriver, très honnêtement. De
très grandes émotions que j'ai vécues sur le court, que j'ai pu partager
avec mes proches. D'habitude, ces grandes émotions, je les partage plus
avec mon père qui est plus souvent là, avec moi. Avoir pu partager ça avec
mon frère, ma mère, mes grands parents, mon oncle, les gens que j'aime,
c'est aussi leur apporter du bonheur, c'est aussi une grande satisfaction.
Et puis, le fait qu'ici, en France, je puisse arriver à jouer bien et à être
soutenue par le public et ressentir tout cet amour derrière moi, c'est la plus
belle satisfaction et c'est ce qui me restera le plus d'ici.
Thème №7. Séries lexicales du vocabulaire français.
Problèmes à étudier:
1. Séries synonymiques. Classification des synonymes. Les sources de
la synonymie.
2. Les antonymes.
3. Les homonymes. Classification des homonymes.
1. Les synonymes jouent un très grand rôle dans le vocabulaire d’une
langue en reflétant les nuances spéciales d’une même notion. Ils créent la richesse
de la langue, diversifient ses aspects. La synonymie représente un des cas de
l’asymétrie du signe linguistique: nous sommes en présence de plusieurs
signifiants se rapportant au même signifié. La définition des synonymes présente
beaucoup de difficultés, car il y a beaucoup de critères différents de leur
identification.
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1) Critère basé sur la fonction nominative [Pеформфатский 2008,
Marouzeau 1950] – si un objet peut être nommé par plusieurs mots il est nommé
synonymique. Mais parfois on dit: Le chien aboie mais si l’on remplace le mot
chien par le mot animal (l’animal aboie), on verra que ce ne sont pas des
synonymes.
2) Critère d’existence du terme d’identification, c’est-à-dire, du terme
commun à toute la série synonymique. Faible – chétif, débile: faible est le terme
d’identification. Mais arme est le terme d’identification pour bombe, pistolet qui
ne sont pas synonymiques. Pour cour d’eau – fleuve, rivière, ruisseau, fleuve et
ruisseau ne sont pas synonymiques.
3) Critère d’interchangeabilité. Si les mots peuvent se substituer – ce sont
des synonymes [Ullman 1959, Sauvageot 1964]. Par exemple, chat et matou sont
des synonymes, ils sont interchangeable: le chat miaule – le matou miaule. Mais
on dit la nuit tous les chats sont gris; mais pas: la nuit tous les matous sont gris.
Alors, ce critère n’est pas suffisant, il relève des synonymes contextuels. Il est
plus important pour la stylistique.
4) Selon ce critère les synonymes doivent se rapporter aux mêmes notions
logiques [Гак 1977, Bally 1965]. À la base de ce critère on peut définir les
synonymes de la manière suivante: les synonymes seraient des vocables
différents pouvant éventuellement exprimer les notions identiques dans la parole
et tout au moins des notions proches dans la langue-système [Guiraud 1964].
Classification des synonymes.
Tous les synonymes se repartissent d’abord en deux groupes:
1.
Synonymes parfaits (absolus): ce sont des synonymes qui n’ont pas
pratiquement de différence, qui peuvent se remplacer dans n’importe quel
contexte. Leur quantité n’est pas nombreuse. Selon M. Lafaye [Тархова 1972:
170] les synonymes absolus sont superflus, car la langue repousse tout surcharge,
elle ne veut pas deux mots identiques. Les synonymes absolus se rencontrent
dans la terminologie spéciale: [e] caduc, muet, instable.
Z.M. Lévite dit qu’ils se rencontrent dans les argots: tête – boussole,
caboche, pêche, cafetière etc. [Левит 1979].
2. Selon M.Bréal la synonymie c’est la coexistence de deux mots, qui est
passagère car un des mots peut disparaître, ou son sens peut changer. Les
synonymes relatifs (approximatifs) ont des divergences. Leurs structures
sémiques sont pareilles: ils ont un noyau sémique commun et des sèmes qui les
différencient. Si cette différence touche le component dénotatif il s’agit des
synonymes sémantiques (ou idéographiques) [Duсhacek 1960, Балли 2001]. Ce
sont des synonymes qui marquent les nuances d’une même notion ou des notions
très proches. Par exemple, rougir, se colorer, devenir rouge, s’enflammer,
devenir écarlate, devenir cramoisi, presque violet. Mais la partie essentielle de
leur structure sémique coïncide, ce qui s’exprime dans l’existence du motdominante (terme d’identification). Par exemple, habitation (dominante) –
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domicile, logement, maison, résidence, garçonnière, gîte, pied-à-terre, hutte,
cabane, abri.
Les différences peuvent être:
1.
D’intensité: bonheur – félécité – béatitude.
2.
De manque de sème: manger – déjeuner.
Si la différence au niveau des sèmes consiste en élément connotatif on
distingue les synonymes stylistiques qui se subdivisent en:
a)
synonymes affectifs – qui servent à montrer l’attitude du sujet
parlant envers le sujet dont il parle. Par exemple, garçon – gamin, gosse
(sympathie), galopin (péjoratif); tomber amoureux – s’amouracher, s’enjuponner
(péjoratif).
b)
synonymes fonctionnels qui dépendent du caractère de l’énnoncé, du
milieu qui emploie ces mots (style des affaires, scientifique, officiel, parlé,
familier etc.): tête – boule, caboche, sorbonne.
Marouzeau parle de la nature sociale, de plusieurs synonymes [Marouzeau
1950]: langue littéraire: enlever, en dépit de; langue familière: ôter, malgré.
Il dit que pour montrer la quantité il y a toute une collection de
vulgarismes: une tapée, une flopée etc. Le degrès plus haut de l’instruction
prévoit: des tas de, une masse de. Le niveau encore plus haut donne: une foule de,
une quantité de; au niveau très cultivé ce sont des survivances de l’ancienne
langue: maint, force.
c)
synonymes contextuels qui sont des mots qui deviennent
synonymiques seulement dans un contexte déterminé. Par exemple, Carmen, une
gitana, une maîtresse, une bohémienne, une sorcière.
d)
synonymes à emploi linguistique différent. Leur emploi dépend des
conditions linguistiques: travaux – labeurs; travaux publiques, mais pas labeurs
publiques ou pas labeurs scientifiques.
Nous pouvons présenter la classification des synonymes avec le schéma cidessous:
Synonymes
absolus relatifs
idéographiques
stylistiques
affectifs fonctionnels contextuels
d’emploi
Il faut ajouter que la synonymie couvre plusieurs niveaux lexicaux. De
cette façon, les groupements phraséologiques peuvent être synonymiques. Par
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exemple, Cela date du roi Dagobert – cela date du temps que de la reine Berthe
filait; être hors des gonds − s’emporter comme une soupe au lait.
Il y a également des préfixes ou des suffixes synonymiques: in – dé – a –
mé – é; ien – eur – iste – ier; – tion – ment.
Les sources des synonymes:
1.
L’emprunt: palabrer, lunch, barman.
2.
La formation des mots: dépoussiérer, ce mot s’est formé avec le
préfixe dé et il est devenu synonyme de mot enlever la poussière; mont –
montagne.
3.
Les doublets étymologiques: approbateur – approbatifs, raide –
rigide.
4.
Le développement des sens figurés. Par exemple, s’éclipser
s’employait seulement quand il s’agissait du Soleil ou de la Lune. Plus tard il a
reçu le sens général et est devenu synonyme du mot disparaître.
Le rôle de la synonymie est très grand, elle permet de transmettre les
nuances très fines.
2. Les antonymes ce sont des mots qui ont un sens opposé, qui expriment
des notions contraires. Les antonymes doivent avoir des sèmes communs, car
sans communauté il n’y a pas d’antonymie (armer – désarmer). C’est la loi
dialectique de l’unité des contraires. Les mots antonymiques doivent se combiner
avec les mêmes mots. Il y a quelques types d’antonymes:
1.
Les antonymes qui excluent l’un l’autre. Ils s’appellent lexicaux
(absolus): guerre – paix, absence – présence.
2.
Les antonymes liés à des notions spatiales, ils désignent ce qui est
dirigé en sens inverse: le haut – le bas, entrer – sortir, l’ouest – l’est.
3.
Les oppositions qualitatives ou quantitatives: ami – ennemi, grand –
petit, beaucoup – peu.
4.
Les oppositions des mots signifiant des objets. Chaumière – palais,
rosse – coursier.
5.
Les dénominations des groupes sociaux opposés: riche – pauvre.
Leur emploi dépend de l’époque: aristocrate – plebéien, blanc – rouge.
L’antonymie − c’est une relation binaire.
Il y a des antonymes nommés grammaticaux qui sont formés à l’aide des
morphèmes préposés au sens négatif: juste – injuste, lisible – illisible, humain –
antihumain, accord – désaccord.
Parfois ils ne sont pas sémantiquement contraires: dire – médire.
Les rapports antonymiques jouent un grand rôle, car ils ont une
communauté du sens et complètent l’un l’autre.
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3. Le phénomène de l’homonymie est basé sur la similitude phonique de
deux ou plusieurs mots, ayant une structure sémantique absolument différente. Le
français est très riche en homonymes, car les mots latins ont subi beaucoup de
modifications phonétiques ce qui a abouti à une grande quantité de monosyllables
qui sont aptes à sonner pareillement.
Les pricipaux types d’homonymes sont:
1.
Du point de vue de leur forme on distingue:
a)
les homonymes absolus: quand les homonymes ne se distinguent
que par le sens sans aucun indice formel: goutte “капля”, goutte “подагра”.
b)
les homonymes partiels – quand outre la signification il y a des
indices formels: 1) le genre du mot – mousse (m) “юнга”, mousse (f) “мох” −
l’ortographe reste le même; 2) le genre et l’ortographe – couloir (m)“коридор” et
couloire “цедилка”, bal (m) “бал” – balle (f) “пуля”.
Les homonymes, qui s’écrivent de la même manière s’appellent les
homographes, les homonymes qui s’écrivent différemment , mais ont la même
forme phonique seulement s’appellent les homophones. Tous les homonymes
absolus sont homographes et homophones à la fois, les homonymes partiels ne
sont parfois que des homophones.
Du point de vue des relations entre les mots homonymiques on distingue
les homonymes d’après leur origine:
1.
Ch. Bally propose de parler des homonymes étymologiques [Bally
1965]. Ce sont les mots d’origine différente, mais qui ont la même forme grâce
aux changements phonétiques: louer – locare, louer – laudare.
Du point de vue sémantique on distingue:
1.
Les homonymes lexicaux.
Ce sont ceux qui appartiennent à la même partie du discours et ont les
mêmes catégories grammaticales: la date – la date, la chair – la chaire, le maître
– le mètre, mais le bal – la balle n’y font pas partie, car le genre est différent.
2.
Les homonymes grammaticaux.
Ce sont les homonymes qui possèdent des catégories grammaticales
différentes: bal – balle, boue, bout.
La différence se voit dans le contexte: aller au bal, jouer à la balle.
Parmi eux on distingue les homonymes:
a)
se rapportant à la même partie du discours.
b)
se rapportant aux parties du discours différentes: bond – bon, par –
part. La différence est évidente, car l’homonymie ne se présente que dans une
forme: part, mais nous partons.
3.
Les homonymes liés à la formation des mots.
Les mêmes suffixes s’ajoutent aux radicaux homonymiques: bourse
“стипендия” – boursier “стипендиат”; bourse “биржа” – boursier “биржевик”,
ou bien des morphèmes homonymes s’ajoutent au même radical: bouche –
boucher – bouchée; cheminot – chemineau.
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La dérivation impropre donne beaucoup de dérivés homonymiques: v.
garde –n. garde (m); v. aide – n.aide (m); v. dîner – n. dîner (m).
4.
Les homonymes sémantiques [Bally 1965].
Ce sont des homonymes dûs à la dislocation de la polysémie. Les
significations du même mot ont perdu tout lien entre eux (les sèmes communs ont
disparu) et il y a deux mots différents. Ce processus s’appelle la dégradation de la
polysémie. C’est un cas très difficile car il est difficile de dire si ce sont des
acceptions d’un mot polysémique ou des mots homonymiques. Par exemple, le
mot pièce signifie – 1. “Пьеса”; 2. “Комната”; 3. “Монета”; 4. “Заплатка”.
Il y a quelques critères de la différentiation de la polysémie et de
l’homonymie:
a). L’existence du sème commun. L’analyse sémique permet de dégager le
sème commun: la queue “хвост” et la queue “очередь” – le sème commun
persiste – longueur, consécution d’éléments. Le vol “полет” et le vol “кража” –
il n’y a pas de sème commun.
b). Le critère étymologique [Aбаев 1957]. On explique la différence par
l’étymologie.
c). Le critère dérivatif. Chaque mot doit avoir des dérivés différents. Класс
– классный, класс – классовый, vol – volerie – voléreau, vol – envol.
Il ne satisfait pas toujours car il y a des mots qui n’ont pas de dérivés.
d). Le critère distributionnel. Dans la parole les mots doivent s’agencer
avec des mots différents: état “государство” et état “состояние”. Le chef d’état
a intervenu à la télé; L’état de la nature préoccupe les autorités locales.
Pour conclure il faut dire que le problème de délimitation de la polysémie
et de l’homonymie n’est pas résolu, et qu’il est préférable de s’appuyer sur le
critère de l’existence du sème commun.
5.
Les emprunts comme source d’homonymie.
Le mot emprunté peut avoir la même forme phonique que le mot de la
langue en question: fête – d’origine latine, faîte “верхушка кровли” – emprunt
d’origine francique.
La langue tâche d’abolir les effets de l’homonymie pour éviter la
confusion. Pour cela on prononce parfois les consonnes finales: clef, sens, but.
Devoirs d’autocontrôle:
1. Prouvez l’importance de la synonymie dans la langue.
2. Faites la classification des synonymes.
3. Entourez les synonymes stylistiques dans les séries synonymiques cidessous:
beau, joli, admirable, super, giga;
maison, habitation, hutte, cabane, logement, pied-à-terre, gite;
ciel, fimament;
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voiture, teuf-teuf, auto, bagnole, clou, automobile.
4. Dites quel est le type de variations différencielles entre les synonymes
averter, informer, aviser, prévenir. Quelle nuance réalise chacun d’entre
eux?
1. Il me poussa du coude pour m’avertir de la présence du surveillant.
2. Nous avons écrit à nos amis pour les informer de notre arrivée.
3. Ne faites rien sans me prévenir.
4. Les gendarmes sont prévenus, ils vont arriver d’une minute à l’autre.
5. Ne voulez-vous pas m’informer de ce que vous allez entreprendre en cas
d’un conflit grave ?
6. Il pourrait vous arriver des désagréments, je vous en avertis d’avance.
7. Elle était avisée du mariage de son fils.
8. J’ai été avisé. Tant que je me tiendrais sur mes gardes, il ne pourrait rien
m’arriver.
b)
5. Précisez quel type de variation représentent les synonymes des séries cidessous:
1 ) livre m - volume m - bouquin m ; 2) stupéfiant m, drogue f, dope; 3) gai,
enjoué, rejoui, joyeux, jovial ; 4) devinette f, énigme f; charade f; 5)
apaiser, calmer, tranquilliser, rassérener, rassurer ; 6) policier m, détectif m,
poulet m, flic m, limier m, bourre f; 7) enfant m, bambin m, galopin m,
marmot m, gosse m ; 8) courage m ; héroïsme m ; témérité f, bravour f.
6. Vrai et véritable appartiennent à la même famille de mots. Sont-ils
synonymes ? Si oui, dites s'ils forment une paire de synonymes absolus,
interchangeables dans tous les contextes.
Argumentez. Mettez à la place des points l'adjectif approprié.
1.
Il a sans doute lu dans l’hebdomadaire, certains échos qui n’ont de
sens ... que pour les initiés.
2.
Un rayon de vive lumière, un rayon de la ... lumière des vivants
pénétra subitement en lui.
3.
Alors on rêvait du ... sucre, du café, d’habit en laine comme avant la
guerre.
4.
Il devint évident qu’il s’agissait d’une ... epidémie.
5.
Liselotte n’éprouvait aucun intérêt ... pour la clientèle dont elle avait
la charge.
6.
Que vos amis vous connaissent sous votre ... jour !
7.
Y a-t-il une phrase de ... dans la série de mensonges que vous me
racontez depuis ce matin ?
8.
Ce que je disais était déplorable, un ... mélodrame !
9.
Voici la ... raison de votre refus.
10. Ces temps-ci, les ... noms, il vaut mieux ne pas les connaître.
11. Bonaparte montrait une tranquillité qu’on pouvait croire, ... ou
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affectée.
12. Julien Sorel était un ... enfant du siècle.
7. Dans les séries ci-dessous relevez celles qui sont formées des
synonymes absolus, interchangeables, dans tous les contextes :
réclame f - publicité f; serveur m - garçon m (de restaurant) ; dédale m labyrinthe m ; glace f- miroir m ; subside m - subvention f - allocation f préstation f; stomatologiste m (stomatologue m) - dentiste m ; bougie f chandelle f - cierge m ; tableau m - peinture f, débrayage m - grève f; tank
m - char m - blindé m; : pige f (fam.) – berge f (pop.) ; loger - habiter crécher ; héberger - loger ; égarer - perdre; éplucher - peler — décortiquer;
croisée f - fenêtre f.
8. Distribuez les mots des séries synonymiques ci-dessous selon le schéma
de la classification des synonymes: laid, hideux, affreux, horrible, moche;
averse, crachin, ondée, deluge, grain, pluie;
Trouvez les termes d’identification.
9. Formez des antonymes morphologiques à partir des mots ci-dessous:
normal, joindre, attaquer, bienveillant, plaisir (m), argenté, boutonner,
compris, compression (f), flexible, connaître, avantage (m), patriotique,
fécond, symétrique, raisonnable, pesanteur (f), sécurité (f), accélération (f),
offensive (f), graisser, gracieux, gommer, délicat, expirer, embaucher,
branché, ressembler.
10. Signalez l’homonyme/les homonymes des mots en italique. Dites ce qu
'ils signifient, quel est le type de ces homonymes.
1.
Cliquez sur Vicône représentant la pièce choisie..
2.
C’est un fondu d’information.
3.
On voit sa fraise partout.
4.
II peut paraître dangereux de juger un pays sur sa mine, surtout
lorsqu’il se dissimule sous une housse..
5.
Au dernier cours nous avons analysé le texte lu.
6. Le bout de jardin avec nos dix salades et nos trois lapins s’est terminé.
11. Trouvez les homonymes pour les mots suivants:
mer, pain, goutte, ver, mousse.
Expliquez - les et définissez leur nature.
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Thème №8. La formation des mots.
Problèmes à étudier:
1. La théorie de la formation des mots. L’analyse formative et
morphémique. La motivation formative. Le modèle de formation des
mots.
2. Problème des familles de mots.
3. Les procédés de la formation des mots.
3.1. La dérivation propre et regressive.
3.2. La dérivation impropre.
3.3. La composition.
3.4. L’abréviation.
1. La formation des mots est une des sources de l’enrichissement du
vocabulaire. La formation des mots est liée à la grammaire et à la lexicologie.
Elle est liée à la lexicologie, parce qu’il s’agit des changements qui se produisent
dans le vocabulaire, à la grammaire – car tous les éléments formateurs sont liés
aux catégories grammaticales: il s’agit des changements de forme grammaticale.
Les mots nouveaux sont souvent formés par l’adjonction de morphèmes. Il y a
des morphèmes lexicaux (qui servent à former des mots nouveaux: défaire) et des
morphèmes grammaticaux (qui donnent une nouvelle forme aux mots existant
déjà). La formation des mots est liée à la structure morphologique des mots. Le
mot peut être composé de plusieurs morphèmes: le radical – c’est un élément
commun exprimant dans plusieurs mots un même sens général: march – marche
– marchand – marcher. Les affixes (préfixes, suffixes) sont des morphèmes qui
s’ajoutent au radical et indiquent des idées supplémentaires. Les affixes postposés
s’appellent suffixes (gréviste). Les affixes antéposés au radical s’appellent
préfixes – (remettre). Les flexions jouent un rôle grammatical: animal –
animaux.
D’après la structure morphologique des mots on distingue:
a) les mots simples (les radicaux);
b) les mots dérivés;
c) les mots composés.
Les mots simples servent de base pour la formation des dérivés. Le mot
simple ne se décompose pas en morphèmes: terre, soeur, grand etc. Les dérivés
sont des mots qui se laissent décomposer.
Pour que l’étude de la formation des mots soit bien structurée, il faut
délimiter les mots décomposables et les mots non décomposables. Pour le faire,
il faut distinguer l’analyse formative et l’analyse morphémique [Шанский
1968, Лопатникова 2001]. Ces deux types de l’analyse doivent être délimités en
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tant qu’éléments de synchronie et de diachronie. Auparavant l’analyse des
dérivés se bornait à l’étude des moyens de formation des mots: aux préfixes et
aux suffixes etc. Il s’agissait de voir la quantité et la qualité de morphèmes,
d’établir la composition morphémique des mots. C’était une analyse diachronique
qui ne faisait pas attention au système de la langue.
Ce type d’analyse s’appelle l’analyse morphémique. Ensuite, les savants
ont commencé à étudier la structure des dérivés de façon systémique. Dans la
synchronie on s’intéresse à la structure formative, c’est-à-dire aux modèles
d’après lesquels les mots sont formés. Par exemple, le mot décollage, chantage,
chômage sont formés d’après le même schéma. Ce schéma s’appelle le modèle
de formation. C’est une combinaison typique d’éléments formateurs ayant un
sens analogue. M.D. Stépanova détermine le modèle de la manière suivante:
“Словообразовательная модель – это структура, обладающая обобщенным
лексико-категориальным значением и способная наполняться различным
материалом” [Cтепанова 1968: 57]. Par exemple, supporter – supportable,
changer – changeable, varier – variable, sortir – sortable − [V + able] Adj.
Dérouter, dégraisser – [dé + N] V. Le modèle peut être productif (avoir
beaucoup de dérivés) ou ne pas être productif (ne pas former des mots nouveaux):
ce sont les mots de productivité ancienne. Donc, dans la synchronie on distingue
l’analyse formative liée à l’étude des modèles la formation, des significations des
affixes et des préfixes. C’est l’étude systémique de la formation des mots. Pour
dégager le modèle de formation il faut voir le thème de formation – c’est une
partie du mot à quelle s’applique un affixe servant à former ce mot. Par exemple,
pour décommander le théme de formation est commander.
Le thème de formation ne coïncide pas avec le radical. Par exemple, pour
le verbe détrôner le thème de formation est trône et le radical est trôn-.
Les éléments qui servent à former les mots nouveaux s’appellent les
éléments formateurs: dé-, in-, -eur, -iste, etc. Il faut distinguer les morphèmes
formateurs (dérivationnels) et les morphèmes grammaticaaux (qui ne changent
que la forme du mot). Compte tenu de cela, il faut savoir que dans le plan de
l’analyse morphémique nous distinguons: le radical, les affixes (porteurs du sens
grammatical), les flexions. Dans le plan de l’analyse formative on distingue le
thème de formation et les éléments formateurs. Par exemple, l’analyse
morphémique du mot atterrissage se présente comme – a-terr-iss-age. L’analyse
formative se prénte comme atterrir-age [V + age] N (-iss est un morphème
grammatical).
Dans le plan synchronique (l’analyse formative) on distingue les motsconstruits et les mots non-construits; dans le plan diachronique on distingue les
mots créés et non-créés [Лопатникова 2001].
1. Les mots créés sont des mots qui sont formés dans la langue d’après
quelque modèle. Par exemple, décomposer. Les mots non-créés sont des mots qui
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ne sont pas formés dans la langue (d’origine celtique, germanique, du latin
classique, les emprunts): bouleau, déclamer, guerre etc.
2. Les mots construits sont des mots qui ont une structure capable d’être
décomposée d’après un modèle à une époque donnée: représenter − [re +V]V.
Le mot créé peut ne pas être construit. Par exemple, dans le mot fourchette
– -ette n’est plus ressenti comme suffixe diminutif. Alors, c’est un mot nonconstruit (il ne se décompose pas d’après le modèle). Au contraire, le mot peut
être non-créé, mais être construit.
Dans le modèle le sens du mot n’est pas considéré comme somme des sens
du thème de formation et des éléments formateurs. Le sens des mots se
développe, et il arrive que le sens primitif du mot construit s’affaiblit et s’oublie.
Autrement dit, la motivation formative du mot se perd. Le problème de
motivation est lié avec la formation des mots, car c’est seulement le mot motivé
(qui peut être expliqué par le sens des éléments constituants) qui peut être
construit et décomposé d’après un modèle: dégraisser –. [dé +N]V.
Si le mot s’est démotivé, il n’est plus construit, à une étape donnée le mot
dérivé peut être considéré comme simple: dérouler, morceau, moineau. Ce
processus s’appelle la simplification. La simplification pose des problèmes pour
l’analyse formative.
Le but du savant – est de trouver les mots simplifiés et de les exclure de
l’analyse formative, au moins de les opposer aux mots construits.
Parmi les causes de la simplifications on peut citer:
1. Le changement du sens du mot: morceau, étonner.
2. L’effacement de l’image qui a été à la base du mot: l’oubli de la
motivation: moineau – petit moine.
3. Le changement de la forme sonore du mot dérivé (les mots cessent de
motiver l’un l’autre, car leurs formes sont différentes: droit – direct, victoire –
vaincre)
4. La disparition du mot simple qui était à la base du mot dérivé: lundi,
mardi – di = jour.
Il existe, outre la simplification, un autre processus qui rend difficile
l’analyse formative. C’est la décomposition – la répartition des morphèmes d’un
mot qui devient autre qu’ au moment de l’apparition du mot. Dans le mot
chevalerie le suffixe est –rie, mais en effet, il y en a deux –ier et –rie.
Comme la formation des mots est devenue une science à part, elle possède
son type de signification qui s’appelle la signification formative. La
signification formative est une signification généralisée, typique pour une série de
mots formés d’après le même modèle, à la différence de la signification lexicale
qui est individuelle. La signification formative se définit comme signification
reflétant les régularités générales des rapports entre le thème de formation et
l’élément formateur [Кубрякова 2002, 2004]. Par exemple, chanteur, danseur,
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maquilleur – personne qui accomplit l’action, exprimée par le thème de
formation.
2. Les radicaux des mots sont les plus importants, ils constituent le noyau
du vocabulaire. Les mots qui se rattachent au même radical s’appellent une
famille de mots: Terre, terrain, terrasse, terrestre, terrassier, terrien.
En russe les familles de mots sont homogènes et constituent une
communauté sémantique: строить, строитель, постройка, застройка,
пристройка, перестройка.
Les familles de mots français sont hétérogènes, de caractère mixte et
immotivé. Celà s’explique par l’existence de deux sources de la formation des
mots en français: les mots populaires et les mots savants (doublets
étymologiques). C’est pourquoi les mots sont éloignés les uns des autres. Cela
rend difficile l’identification des familles de mots. Il y a quelques critères de leurs
distinction.
1. Le principe génétique (étymologique). Les mots de la même famille
doivent remonter aux mêmes mots latins: vérité – vrai – verita, ae.
2. Le principe morphologique. Les mots de la même famille doivent avoir
au moins un morphème commun: prouver – preuve.
Ici nous avons affaire à des alternances phonétiques régulières:
eu – ou: boeuf – bouvier
ei – é: corneille – cornélier
ain – an: américain – américaniser
air – ar: secrétaire – secrétarial
3. Le principe sémantique. Les mots de la même famille possèdent une
communauté sémantique. La fin, définir, finance – dans deux premiers mots il
existe la communauté sémantique, mais pour le mot finance il n’y en a pas.
3.1. La dérivation propre représente l’affixation, qui se subdivise en
dérivation par suffixes et par préfixes.
La suffixation est la formation des mots par l’adjonction des suffixes. Les
traits typiques de la suffixation sont:
1. La signification des suffixes est abstraite. Ch. Bally affirme qu’autrefois
les suffixes étaient des mots indépendants: ment – de mentis (manière d’agir)
[Балли 2001].
2. Ils ont une valeur morphologique (déterminent le genre et la partie du
discours): action (f) – age (m).
3. Ils servent de transpositeurs d’une catégorie lexico-grammaticale à une
autre: porte – porteur.
Charles Bally et J. Marouzeau estiment que la suffixation n’est pas
productive (le suffixe forme un bloc avec le lexème de base, il est difficile de le
délimiter) [Bally 1965, Marouzeau 1950].
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J. Dubois, H. Mittérand estiment que la suffixation est en pleine vie
[Dubois 1962, Mittérand 1963]. La suffixation est répandue dans la publicité.
D’après leur origine les suffixes français se subdivisent en suffixes
populaires et suffixes savants.
Donc, les mots savants se forment d’après des modèles savants, les mots
populaires − d’après des modèles populaires.
Les suffixes populaires:
-aison floraison
-té beauté, conté
-eur chanteur
-ier plombier
-oir arrosoir
-ien gardien
-ois villageois
-eau lionceau
-esse tristesse
-age mariage
-ure allure
Les suffixes savants:
-isme laxisme
-iste illusioniste
-ité responsabilité
-sure mesure
-ature température
-aire propriétaire
-ateur animateur
Certains de ces suffixes sont alors doublets étymologiques:
-aison – ation
-ure – ature
-oir – atoire
-eur – ateur et d’autres.
Outres ces deux groupes de suffixes il faut mentionner les suffixes
empruntés:
-ard (germanique) bavard
-ing (anglais) living
-er (anglais) speaker
-esque (italien) bourlesque
-asque (italien) bourrasque
Dans la langue française il y a des suffixes synonymiques: -eur, -iste, -ier,et, -elet (les diminutifs – jardinet, enfantelet).
Il ne faut pas confondre les suffixes homonymiques: -eur (acteur) et -eur
(longueur).
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Les suffixes peuvent jouer également le rôle stylistique.
Parmi les suffixes les plus répandus dans la langue moderne on peut citer:
-ique− scientifique
-isme (courants politiques, sociaux etc) gauchisme, alcoolisme
-iste (représentants de ces courants) gauchiste, romaniste
-logue (personne qui s’occupe d’une science) cardiologue, météorologue
-age, -isation (terminologie) galvanisation,
-aille, -ouille, -ot, -asse (sens péjoratif dans l’emploi argotique) écrivailler,
vivoter, barbouiller, écrivasser.
La préfixation représente la formation des mots avec les préfixes. Les
savants la considèrent comme un des sous-types de l’affixation. Mais les
premiers romanistes comme F. Ditz, A. Darmesteter les considéraient comme des
mots composés. Ils se basent sur ce que les préfixes français remontent aux
prépositions latins. Mais leur faute est de confondre la diachronie et la
synchronie.
La fonction des préfixes est différente de celle des suffixes:
1. Ils ont une nuance concrète (pas abstraite). Grâce à la corrélation avec
les prépositions: s’appuyer contre – contredire, non-agression.
2. Ils ne jouent pas de rôle morphologique (ne caractérisent pas une partie
du discours) − défaire – désanchatement.
3. Ils ne servent pas de transpositeurs : faire – défaire, possible –
impossible.
D’après leur origine on distingue les préfixes savants et populaires.
Il y a des préfixes - doublets:
pro – pour projeter – pourvoir
dis – dé
dissocier – débarquer
inter – entre international – entreprise
Les préfixes populaires sont plus usités. Parmi les préfixes les plus
répandus dans la langue moderne on peut mentionner:
anti- (du grec, terminologie savante et politique) antiaméricain, antirouille
para- (emprunt à l’italien; sens de “protection”) parapluie, paravent
co-, syn- (unification) coopération, synérgie
anté-, post-, trans- (rapports de temps et d’espace) antéposition, postposé,
transaction
dé-, in-, mé-, contre- (action contraire, négation, privation) dégraisser,
déplaire, médire, contre-révolutionnaire
extra-,super, ultra, (la haute qualité : s’emploient dans la publicité) ultra
doux, superactif, extrafin
re- (répétition de l’action) recommencer, retracer.
Souvent le même préfixe peut être présenté sous des formes différentes: in, il-, ir-, im-, ce qui est dû aux changements phonétiques, ce sont les variantes du
préfixe. Parfois le même préfixe peut avoir plusieurs significations: défaire –
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action contraire, dérouter – éloignement, dégraisser – privation. Il s’agit alors de
la polysémie du préfixe. Il existe également la synonymie préfixale. Par exemple,
les préfixes négatifs sont synonymiques: dé-, in-, mé-, contre-, é-, anti-, a-.
Dans la langue française il y a encore un procédé de dérivation des mots
qui s’appelle la parasynthèse. Il s’agit de la formation des mots à l’aide d’un
préfixe et d’un suffixe à la fois. Par exemple, désodoriser.
La dérivation regressive – c’est la formation des mots par le
retranchement d’un morphème: oublier – oubli, adresser – adresse.
3.2. La dérivation impropre – c’est la transposition, quand un mot passe
d’une catégorie lexico-grammaticale à une autre. Le mot reçoit une fonction
nouvelle qui n’est pas liée au changement de la forme. Elle se fait sans recourir
aux affixes: – dîner – le dîner, beau – le beau.
D’abord c’est le changement de la fonction syntaxique du mot :
Dans cette salle il y a beaucoup de tables. 2. Beaucoup sont appelés à
prendre part.
Puis il s’emploi avec les marques d’une autre partie du discours. Autrefois
ce processus était répandu.
Il existe quelques types de dérivation impropre :
1. La substantivation : grâce à l’article n’importe quel mot devient
substantif:
a). Infinitif → Nom: le plaisir, le loisir.
Ce modèle a été productif en ancien français, mais pas aujourd’hui.
b). Adjectif → Nom. Les adjectifs qui désignent les qualités morales
deviennent noms: le fou, le vieux.
On forme également les notions abstraites: froid – le froid, les couleurs: le
bleu “комбинезон”.
c). Participe → Nom: un étudiant, le passé, un militant, la dictée.
d). Groupements de mots → Nom: un je ne sais quoi, les on dit, les qu’en
dira-t-on.
2. L’adjectivation consiste à faire passer des participes présents, des noms
aux adjectifs :
une rose – une robe rose
une amie – une dame amie
blessé – un soldat blessé
pressé – un pas pressé.
Parfois l’orthographe peut changer: fabriquant − fabricant.
3. L’adverbialisation.
a). Il y a une série d’adjectifs monosyllabes qui s’emploient comme
adverbes: faux (chanter faux)
net (s’arrêter net)
haut (parler haut)
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b) Il y a les prépositions qui s’emploient comme adverbes: trop de silence
autour.
4. La formation des verbes. Il faut ajouter la désinence au substantif et aux
adjectifs : patron – patronner, blanc – blanchir.
Les substantifs donnent les verbes du 1er groupe, les adjectifs – du 2-ème
groupe.
La grammaticalisation – c’est un procédé sémantique qui consiste en
passage des mots indépendants à la catégorie des mots-outils ou des morphèmes :
casa – chez, homo – homme.
C’est un processus lent qui dure des siècles.
3.3. Les mots composés ce sont des mots qui représentent l’unité de deux
radicaux. Le problème qui se pose est de les délimiter des locutions
phraséologiques. Il y a deux critères:
1.
Le critère sémantique [Guiraud 1964]. L’union de deux mots donne
une idée nouvelle qui n’apparaît pas dans les locutions phraséologiques. Elle
s’appelle l’intégrité sémantique.
2.
Le critère formel [Смирницкий 1956]. Les mots composés
possèdent l’intégrité formelle qui se manifeste à quelques niveaux:
a)
phonétique: il y a une différence de prononciation entre les éléments
des mots composés et des mots indépendants: vinaigre et vin aigre.
b)
morphologique: il s’agit de la non-conformité de la structure
morphologique du mot composé avec celle du groupement de mots gendarmes et
gens d’armes.
Il n’y a qu’une marque formelle du pluriel pour les mots composés.
c)
syntaxique: il n’y a pas de rapports syntaxiques entre les parties des
mots composés: le rouge-gorge−une robe rouge.
Dans le premier cas il s’agit du mot composé qui représente un terme de la
proposition, dans le deuxième cas nous sommes en présence des rapports
syntaxiques: sujet (ou complément d’objet) – complément attributif.
d)
graphique. Les radicaux grecs sont réunies par la voyelle copule:
radiodiffusion, lexicologie.
Les traits particuliers des mots composés:
1. Ils gardent les vestiges de l’ancienne syntaxe.
2. Aucun élément ne peut être infercalé entre les racines: un laisser-passer
− je ne vous laisse pas passer.
3. Ils se forment d’après les modèles suivants:
N+N – oiseau – mouche, wagon – lit
Adj+N – gentihomme
N+Adj – sang-froid
N+de+N – eau-de-vie
Adv+N – arrière-plan
Pr+N – sans-souci
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V+N – brise-glace
Adj+O+Adj – franco-indien.
3.4. L’abréviation forme une couche de mots spéciale du point de vue
stylistique. Les mots abrégés appartiennent au langage familier. Ils peuvent
pénétrer dans la langue commune: métro, vélo, sténo.
Ce sont les variantes des mots, car le sens reste le même. Une sorte
spéciale d’abréviations s’appelle les sigles, mots formés des initiales des mots
composants: ONU, CGT, PJB, VIP, TGV.
Il existe encore un type d’abréviation qui s’appelle le téléscopage: il s’agit
de le fusion du début d’un mot et de la deuxième partie d’un autre:
eurovision (de télévision et européenne)
altiport (de port et altitude)
motel (de hôtel et moto)
Devoirs d’autocontrôle:
1. Définissez la différence entre l’analyse morphémique et l’analyse
formative.
2. Faites l’analyse formative et morphémique des mots suivants :
Analyse formative
Analyse morphémique
Déraillement
Bétonnage
Dégraissage
Inadorable
Souterrain
3. Analysez les mots ci-dessous: a) du point de vue de l’analyse formative ; b)
du point de vue de l’analyse morphémique; Précisez les cas où la
décomposition du mot dérivé est la même pour l’analyse morphémique et
formative.
débloquer, déblocage, alunissage, gratte-ciel, égalité, interchangeable,
décollage, immoraliste, dépouillement, superproduction, insolent,
antirouille, anticommunisme, superluxueux, inimitable, irrespectueux,
respectueux, antiraciste, systémique, immobile, mollesse, impuissance,
reparler, rapiècement, superposition, hypersensibilité.
4. Indiquez les procédés à l’aide desquels sont formés les dérivés suivants:
aristocratie, antibrouillard, maisonnette, presse-papier, (le) devoir, motel,
refaire, bulgare, décafeïné, délicatesse, grandeur, thermonucléaire,
alunissage.
5. Mettez dans la colonne gauche les dérivés où les affixes peuvent être
nommés éléments formateurs, et dans la colonne droite – les dérivés dont
les affixes ne servent pas d’éléments formateurs:
Eléments formateurs
─
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détacher, silhouette, découpeur, découper, entraînement, allegresse,
enivrer, enivrement, ennoblissement, enregistreur, inflexibilité, inflexible,
appauvrissement, applaudissement.
6. Trouvez les mots, formés avec les préfixes ci-dessous:
semi- (lat.) – hémi- (grec); bi- (lat.) – di- (grec); anté- (lat.) – pro- (lat.) –
pro- (grec); co- (m) – syn- (grec); super- (lat.) – épi- (grec); post- (lat.) –
méta- (grec); aqua- (lat.) – hydro- (grec); multi-, pluri- (lat.) – poly- (grec).
7. D’après quels modèles sont formés les mots ci-dessous: architype, téléfilm,
redoubler, décoller, dépressuration, entretenir, illégal, amoral, découpage,
blancheur, électoraliste, glissade, mangeaille, mécénariat, douceâtre,
vivoter, embellir, extradur, ensoleillé, emmener, dégraisser, dépécer,
approcher, édenté, incolore, rétroviseur, intoxiquer, garagiste, chanteur,
mangeur.
Formez les significations formatives pour chaque dérivé.
Trouvez les cas de la polysémie ou de la synonymie affixales.
8. En analysant les exemples ci-dessous, établissez leur appartenance à tel ou
tel modèle de formation:
ultrasensible, grisoumètre m, tête-à-queue m, franc-jeu m, troposphère m,
technopole m, taille-crayon m, plate-forme, en-cas, contre-terroriste m,
non-dit m, ultra-court, crève - de-faim m, plateau-repas m, en-dehors m,
allume-cigare m, contre- productif, chez-soi m, ci-présent, technostructure
f, thermodurcissable, ci-inclus, contre-braquer, non-aligné, outreatlantique, contre-société, plus-value f, gyrophare f, thermonucléaire,
parler-vrai m, moins-dit m.
9. Définissez le procédé de la formation des mots ci-dessous:
1.
Elle a l’air d’une héroïne en se faisant applaudir par des sous-stars.
2.
On distingue la culture et la contre-culture qui ne les inspiraient
jamais.
3.
Aux yeux du sous-continent, Sonia incarne toutes les femmes
modèles.
4.
Un moine se met dans l’état de non-pensée.
5.
Nous voulons que l’Europe soit le premier éco-continent de la
planète.
6.
Et ceux qui croient aux fantômes agacent plus encore, et ceux qui
propagent cette croyance méritent de finir comme marque-page séché
dans un grimoire.
10. a) Nommez les sigles que vous connaissez et déchiffrez-les.
Que désignent les sigles ci-dessous?
C.N.R.S.; R.T.L.; P.M.I.; P.M.E.; S.A.M.U.; E.N.A.; C.A.P. E.S.; B.d.;
S.N.S.F; J.O.; T.V.A.; I.N.S.E.E.; K.O.; T.G.V.; R.T.T.; I.U.T.;A.F.P.;
P.N.B.;A.N.P.E.;U.E.;C.N.R.S.;I.E.P.;V.I.P.; OVNI ;
OS; O.R.T.F.
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b)
Quels sont les dérivés des sigles ci-dessous ? Que signifient-ils ?
E.N.A.; C.A.P.E.S.; C.G.T.; P-DG.; W.- C.; O.N.U.; S.M.I.C.;OVNI.
Thème №9. La phraséologie.
Problèmes à étudier:
1. Les traits distinctifs des phraséologismes.
2. La classification des phraséologismes.
3. Les particularités des locutions phraséologiques.
1. La phraséologie c’est une brache de lexicologie qui est un peu à part, car
elle n’étudie pas les mots, mais fixe pour son objet les groupements de mots
stables, des constructions syntaxiques qui sont des équivalents des mots. Dans
chaque langue il existe des groupements de mots passagers et stables. Les
groupements de mots passagers se forment d’après des lois de la syntaxe, ce sont
des mots qui se combinent librement au moment de la parole. Les mots,
composant des groupements phraséologiques passagers, peuvent se combiner
librement avec d’autres mots. Ils gardent leur sens, et le sens du groupement de
mots passagers peut être considéré comme ensemble des sens des mots
composants.
Les groupements de mots stables existent dans la langue tout faits. On ne
les forme pas au moment de la parole, on les reproduit. Les éléments des
groupements de mots stables ont perdu leur indépendance. Les groupements
stables expriment une seule idée, leurs éléments expriment une idée unique, ils
sont considérés dans leur unité indissoluble. Ainsi, tenir la tête – «держать
голову» est un groupement de mots libre; tenir tête à quelqu’un − «оказывать
сопротивление» – un groupement de mots stable.
Les groupements stables ont pour base les groupements libres qui, étant
fréquemment employés, ont perdu leur autonomie et ont reçu leur caractère
imagé.
Certains linguistes ont des problèmes en ce qui concerne la délimitation
des groupements stables et des groupements passagers car les critères sont très
variés. Certains linguistes ne reconnaissent que l’existence des groupements
stables (Nyrop, Sechehaye).
Les locutions phraséologiques se distinguent des groupements de mots
libres conformément à trois indices [Bally 1965, Guiraud 1964, Назарян 1976,
Шанский 1968]:
1. Unité de forme et de sens.
2. Ecart de la norme grammaticale.
3. Valeurs métaphoriques particulières.
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1.
L’unité de forme et de sens des locutions phraséologiques se
manifeste dans ce que, du point de vue sémantique et structural, elles sont
indissolubles, elles forment une unité: rompre les chiens; ni peu, ni prou. Leurs
composants sont si étroitement liés que le sens de la locution phraséologique ne
s’explique pas à partir des sens des éléments composants: courir comme un
dératé (courir très vite), manger la grenouille (dépenser l’argent de l’autrui).
Dans ce cas il s’agit du caractère idiomatique de la locution phraséologique
(идиоматичность). Son degrès peut être plus ou moins élevé. Par exemple, dans
la locution phraséologique changer de disque (changer le sujet de la
conversation) le degrès du caractère idiomatique est plus bas que dans la locution
phraséologique rompre les chiens (faire cesser la conversation indésirable).
Les locutions phraséologiques représentent une unité syntaxique: elles
jouent le rôle d’un terme de la proposition: cela coûte les yeux de la tête (très
cher) est un complément circonstanciel de quantité. Il est alors évident qu’il est
impossible de remplacer un composant de la locution phraséologique par un
synonyme, mais on remplace toute la locution par un mot, qui est synonymique à
toute la locution. Par exemple, prendre ses jambes à son coup – fuir. Ce mot
s’appelle terme d’identification [Bally].
2.
L’écart de la norme grammaticale prévoit la présence dans la
locution phraséologique d’un archaïsme grammatical ou lexical. L’archaïsme
lexical c’est un mot vieilli, qui ne s’emploie plus indépendamment, mais il se
conserve dans les locutions phraséologiques idiomatiques. Par exemple, se tenir
coi, avoir maille à partir avec.
L’archaïsme grammatical représente les vestiges de l’ancienne grammaire,
il ne correspond pas à la norme de la langue actuelle (par exemple, l’absence de
l’article, les vestiges de l’ancienne déclinaison): avoir peur (absence de l’article),
c’est la que gît le lièvre(l’ordre des mots).
3.
Le caractère métaphorique des locutions phraséologiques c’est leur
particularité typique. Cela est lié avec ce qu’à la base des locutions
phraséologiques se trouvent toujours les groupements de mots libres. Il se produit
le processus suivant: quelque sème peu important résultant de la fusion des sens
des éléments composants devient base du processus de croisement de sèmes (voir
thème №4), ce qui crée l’effet métaphorique de la locution phraséologique. Par
exemple: tenir tête (groupement de mots libre) donne le sens idiomatique
métaphorique à la locution phraséologique tenir tête à quelqu’un.
2. On peut classer les phraséologismes à partir des critères différents.
1) D’après leur origine. On distingue les locutions phraséologiques
d’origine française (poser un lapin à quelqu’un, faire Charlemagne) et les
locutions phraséologiques empruntés (guerre froide).
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2) D’après leur structure grammaticale on distingue les locutions
phraséologiques substantivales (une oie blanche), adjectivales (dur à la détente),
verbales (être près de ses sous), adverbiales (à la vas et je te pousse).
3) D’après le critère communicatif on distingue les locutions
phraséologiques communicatives et non-communicatives. Les premières
comportent des rapports de prédicativité, par exemple, la fin couronne l’oeuvre,
qui va à la chasse perd sa place. Les secondes ne servent qu’à nommer: la corne
d’abondance.
4). D’après le critère sémantique. Cette classification est la plus importante
pour la lexicologie. Ch. Bally a élaboré la classification des locutions
phraséologiques [Bally 1965]. Sa classification est basée sur le critère
sémantique. Il ne prend pas en considération les particularités grammaticales des
locutions phraséologiques.
Il distingue trois catégories:
1.
Groupements de mots libres.
2.
Séries phraséologiques (la cohésion des termes n’est que relative, ce
sont les groupements relativement libres).
3.
Unités phraséologiques où la cohésion est absolue.
V.V.Vinogradov a développé l’idée de Ch. Bally. Sa classification s’appuie
sur celle de Ch.Bally, mais il s’y est ajouté le degré de la cohésion sémantique
des éléments [Виноградов 1965]. Il distingue:
1. Les groupements soudés – les soudures (фразеологические сращения).
2. Les ensembles phraséologiques (фразеологические единства).
3. Les combinaisons phraséologiques (фразеологические сочетания).
Les soudures – sont des groupements dont le sens est conventionnel
(comme des mots non-motivés). Leur sens ne peut pas être expliqué par celui des
mots composants: croquer les marmots, avoir du pif, faire long feu, rompre les
chiens. C’est l’histoire qui permet d’expliquer leur sens:
Ne pas être dans son assiette – est basé sur l’oubli de l’image qui était à la
base (assiette – manière d’être).
Mettre au violon −sur l’épisode oublié quand on mettait le serf dans une
chambre isolée avec un violon pour le punir).
Avoir maille à partir avec quelqu’un – sur l’idée de partager l’argent avec
quelqu’un.
Poser un lapin à quelqu’un – il s’agit des trucs d’un prestidigitateur.
Parfois les soudures contiennent des archaïsmes grammaticaux et des
archaïsmes lexicaux: à la queue leu leu (à la queue du loup); absence de l’article
– archaïsme grammatical, leu − archaïsme lexical. Lans la locution
phraséologique avoir maille à partir avec quelqu’un, maille, partir sont des
archaïsmes lexicaux: maille voulait dire monnaie, partir − partager.
Les ensembles phraséologiques sont des unités phraséologiques motivées
qui peuvent être comprises à partir des significations des mots composants, pris
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au sens figuré. Le sens est compréhensible. Sauter aux yeux, avoir la langue bien
pendue, prendre quelqu’un la main dans le sac.
Cette motivation est relative. Les soudures et les combinaisons
phraséologiques appartiennent au vocabulaire. Ils sont des équivalents des mots.
Les combinaisons phraséologiques sont des groupements relativement
libres. Les combinaisons phraséologiques ne jouent pas le rôle des membres de la
proposition. Un des leurs composants a une signification phraséologique liée et
l’autre est libre. La signification liée est entravée par l’usage, l’emploi. Par
exemple, rompre les liens d’amitié, mais pas déchirer ou casser.
Les combinaisons phraséologiques devenues imagées peuvent être
considérées comme soudures ou ensembles phraséologiques (rompre la paille
avec quelqu’un – se brouiller).
Selon P. Guiraud il faut distinguer deux types de groupements de mots.
1. Locutions phraséologiques proprement dites.
2. Unités analytiques (les mots analytiques).
Entre ces deux types il y a beaucoup de commun:
1.
Une certaine stabilité qui consiste en ce que les locutions ne sont pas
créées au moment de la parole, ils existent dans la langue comme des mots. Ils
ont une fonction nominative – servent à nommer.
2.
Absence de l’intégrité formelle (раздельнооформленность)
consiste en ce qu’on peut intercaler un élément entre les parties composantes (la
négation, l’inversion, l’ordre des mots):. perdre la tête, ne pas perdre la tête,
prendre fuite, la fuite qu’il a prise.
3.
Un sens unitaire, avoir peur – craindre.
Elles se distinguent par:
a). Les unités analytiques sont formées d’après un modèle: avoir peur,
avoir soif (le même modèle).
b). Ces unités possèdent une communauté sémantique: homme d’état,
homme d’affaire, homme de lettres. Homme joue le le rôle du suffixe d’agent.
c). Les locutions phraséologiques n’ont pas de modèle. Même si la
structure est la même il n’y a pas de transparence sémantique: rompre les chiens
(cesser une conversation indésirable), tondre un oeuf (économiser), prendre la
mouche (s’emporter).
d). Les locutions phraséologiques possèdent un caractère idiomatique et les
unités analytiques ne le possèdent pas: avoir peur, homme d’état, faire peur – le
sens dépend de chaque élément.
e). La fonction nominative est essentielle pour les unités analytiques:.
industrie- clef, femme de chambre.
Pour les locutions phraséologiques la fonction nominative n’est pas
essentielle. Ici c’est la fonction expressive qui prédomine (rompre les chiens).
f). Les locutions phraséologiques gardent leur caractère imagé, tandis que
celui des unités analytiques s’est effacé: monter sur ses ergots (se faire valoir),
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recevoir une douche (être réprimandé) sont imagées, tandis que avoir faim, jeter
un regard ne le sont pas.
f). Les locutions phraséologiques peuvent avoir comme homonymes des
groupements de mots libres. Un coup de foudre – 1) удар грома; 2) любовь с
первого взгляда; tendre la perche à qqn – 1) подать шест; 2) подать руку
помощи.
Les unités analytiques n’ont pas d’homonymes.
3. Les locutions phraséologiques ont leurs particularités:
1. Ainsi que les mots, les phraséologismes peuvent être polysémiques, cette
polysémie est très répandue. Rendre la main – 1) отпустить поводья; 2)
выпустить из рук управление; 3) дать волю; 4) умерить претензии; 5
уступить место.
2. La synonymie est aussi propre aux locutions phraséologiques. Par
exemple, se mettre en colère - prendre la mouche, s’emporter comme une soupe
au lait, être hors des gonds.
Les synonymes phraséologiques peuvent être:
1.
sémantiques qui ajoutent des nuances supplémentaires: de quantité,
d’intensité, nuances contextuelles). Par exemple, manger sur le pouce (vite),
casser la croûte (peu), entrer en colère (entrer en rage) – intensité, avoir le trac
(avoir peur avant l’entrée en scène) – nuance contextuelle.
2.
stylistico-fonctionnels: avoir de la chance (neutre), avoir de la veine
(fam.).
3.
stylistico-émotionnels (d’après le degrès du caractère imagé):
prendre sur le fait et prendre la main dans le sac.
Il faut distinguer les synonymes et les variantes phraséologiques des
locutions phraséologiques qui se distinguent par un élément, mais qui ont la
même signification et qui sont basées sur la même image. S’il y a différence de
sens, nous sommes en présence des synonymes, dans le cas contraire – ce sont
des variantes. Par exemple, jeter (mettre, abattre ) cartes sur table – ne pas
cacher ses intentions.
Dans les variantes on peut omettre les mots: aimer comme une prunelle de
ses yeux, aimer comme ses yeux.
Il y a parfois des variantes grammaticales: tondre un oeuf, tondre sur un
oeuf.
Quant à l’origine des locutions phraséologiques, elle peut être différente.
D’habitude, se sont les groupements libres dont la signification est devenue
expressive. Puis ils sont devenus stables. Dans la langue française il y a beaucoup
de locutions phraséologiques qui sont venues du domaine de la chasse: lever le
lièvre; chasser deux lièvres à la fois; rompre les chiens; de la langue artistique:
jouer le premier violon; des événements historiques: pour le roi de Prusse.
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Devoirs d’autocontrôle:
1. Donnez la définition de la locution phraséologique. Nommez les indices
permettant de différencier les locutions phraséologiques et les
groupements de mots libres.
2. Quel est le sens des phraséologismes ci-dessous? Sont-ils motivés ou
non? Si oui, dites quelle est leur motivation.
La corne d’abondance ; faire la barbe à qqn ; donner carte blanche;
revenir bredouille ; le jeu ne vaut pas la chandelle ; monter sur ses
grands chevaux ; faire chou blanc ; être né coiffé ; avoir coiffé sainte
Cathérine ; faire le diable à quatre; se mettre le doigt dans l’œil ; donner
du fil à retordre ; graisser la patte à qqn ; c’est le hic ; pleurer comme
une Madeleine ; vendre la mèche ; Paris vaut bien une messe ; après
moi le déluge ; manger de la vache enragée ; mentir comme des
arracheurs de dents ; tomber dans les pommes ; être dans les temps ;
faire long feu ; damer le pion à qqn.
3. Remplacez les locutions phraséologiques par un mot-synonyme.
1. Tous ces samedis passés à donner des coups de main dans la
boutique de mon père étaient très enrichissants.
2. Mon frère se retira à l’anglaise juste au moment où moi-même
m’apprêtais à quitter la salle.
3. Je me mettrai en quatre pour trouver un nouveau job dès lundi.
4. Elle m’a littéralement mis sur la paille.
5. Les combattants de feu se sont précipités en masse dans les escaliers.
6. Novacek s’apprêtait à tourner les talons.
7. Les défenseurs ne disposent plus guère d’autres porte de sortie.
8. Il avait un œil qui disait merde à Vautre.
9. Depuis quand les familles vendent-elles la mèche ?
10. Même son de cloche chez certains diplomates français en poste au
Pakistan.
4. Trouvez des locutions ou des mots antonymiques des phraséologismes:
1) abattre de l’aile ; 2) travailler comme un nègre ; 3) être en bonnes
termes ; 4) à grands pas ; 5) être tout oreille ; 6) fermer les oreilles ; 7)
ne rien avoir dans le ventre ; 8) c’est dans tes cordes ; 9) mettre fin ; 10)
revenir sur ses pas ; 11) mettre à la porte.
5. a) Les locutions peuvent être :
1) motivées, on peut déduire le sens globale de la locution du sens de
ses composants;
2) immotivées, quand le sens ne découle pas des composants ;
3) à signification phraséologiquement liée. L’alliance des mots est
traditionnelle, fixée par l’usage ;
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4) à valeur expressive, motivée ou immotivée, basée sur le jeu de mots,
des calambours, proverbes.
b) Classez les locutions suivant ces critères:
Que je sois pendu si je mens ; pleurer comme une fontaine ; léger
comme un éléphant ; prendre en grippe ; abandonner la partie ; rendre
compte ; il ne faut pas réveiller le chat qui dort ; crever de rire ;
quadriller une ville ; prendre en compte ; ne pas avoir un poil de sec ;
prendre à rebrousse poil; faire une bourde ; rire comme une baleine ;
s’y prendre comme des manches ; prendre qqn de court ; payer rubis
sur l’ongle ; depuis belle lurette ; mettre au pas ; jouer un mauvais tour
; en avoir sa claque.
6. Distribuez les groupements de mots suivants en trois groupes, en vous
basant sur la classification de V.V.Vinogradov. Marquez les archaïsmes
grammaticaux et lexicaux.
Les groupements soudés
Les ensembles
phraséologiques
Les
combinaisons
phraséologiques
changer de disque, une belle main, croquer des marmots, mettre au violon,
blesser les convenances, avoir maille à partir avec qqn, engager la
conversation, prendre en faute, être muet comme une carpe, à son gré, sans
coup férir, laver la tête à qqn.
7.
Faites entrer dans les locutions phraséologiques les mots ci-dessous:
maille, peu, leu, coi, insu, férir, merci, hors, noise, assiette, pas, poudre,
belle.
Expliquez ces locutions, donnez leur synonymes lexicaux ou
phraséologiques (si possible).
Thème №10. Les emprunts.
Problèmes à étudier:
1. La définition des emprunts.
2. La classification des emprunts d’après l’élément emprunté.
3. La classification des emprunts d’après la source.
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1. Outre les sources internes de l’enrichissement du vocabulaire (évolution
du sens, formation des mots) il existe la source externe – les emprunts. Les
peuples entrent en contacts divers, ce qui a pour conséquence les emprunts. Ch.
Bally dit que l’emprunt est le témoignage des échanges culturels. La quantité
d’emprunts est expliquée par l’influence de la radio, de la télévision, de la presse,
de l’internet. Les notions (ou les objets nouveaux) pénètrent dans la langue avec
le vocable nouveau. Ce vocable est toujours lié au concept. Mais il y a des cas
quand l’objet est connu par le peuple, mais les mots qui existent ne peuvent pas
satisfaire le peuple. Dans ce cas il emprunte. Par exemple, le mot illitré ne suffit
pas, alors ont recourt à l’emprunt à l’italien: analphabétisme.
On appelle emprunts uniquement les mots et les éléments des mots, pris
par le français à des langues étrangères, ainsi qu’aux langues des minorités
nationales habitant le terretoire de la France qui sont introduits après l’époque de
la formation du français comme langue indépendante (vers le 9-ème siècle).
2. On peut classer les emprunts, en se basant sur les critères différents. Du
point de vue de l’élément emprunté on distingue:
1. L’emprunt lexical – quand on prend le mot tout entier en recevant un
objet nouveau ou une notion inconnue jusque - là par le peuple. Par
exemple, colibri – de la mer de Caraïbes, kangourou – de l’Australie,
tomate – de Mexique, soya – de Manchourie.
2. L’emprunt morphologique. Ce sont les emprunts affixaux (surtout
suffixaux). Par exemple, -aud, -ard – sont des suffixes d’origine
germanique; -ing – d’origine anglaise; -esque – de l’italien; -tion – du
latin.
3. L’emprunt sémantique représente le cas où on prend à l’étranger des
significations nouvelles qui s’ajoutent aux sens anciens des mots
traditionnels. Convention, parlement ont pris le sens politique à
l’anglais.
4. Une façon particulière d’emprunter est celle d’adopter non seulement le
sens, mais aussi la forme interne du vocable étranger. Ce type
d’emprunt s’appelle les calques. Par exemple, gratte-ciel – sky-scraper
(angl.); plan quinquennal – пятилетний план (russe); journée-travail
– трудодень (russe); choux-fleur – cavolfiore (it.).
Ce ne sont pas tous les mots empruntés qui coïncident avec ceux de la
langue donneuse. Au moment de sa pénétration dans la langue le mot est
monosémique. On choisit une des significations du mot polysémique de la langue
donneuse. Par exemple, le mot chauffeur signifiait en français:1) кочегар, 2)
водитель. Le russe prend la deuxième signification. Le mot russe совет a
beaucoup de significations, mais en français il n’a qu’une signification (structure
administrative).
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Dans la langue il existe les faux emprunts. Ce sont les mots qui ont la
forme des emprunts, mais la signification est autre. Par exemple, speaker – le
président du parlement (angl.), mais en français le sens est celui qui parle à la
radio; recordsman – regisseur du son (angl.), mais le françis donne à ce mot le
sens celui qui bat les records.
L’emprunt peut être direct ou indirect selon qu’il se fait directement d’une
langue à une autre ou par l’intermédiaire d’une autre langue. Par exemple, le mot
hussard est venu en français par la chaîne suivante: l’hongrois – l’allemand – le
français.
De la même manière les mots caravane, orange sont entrés en français par
l’intermédiaire du persan et de l’arabe.
Il arrive qu’un ancien mot français, étant emprunté par une langue
étrangère, est de nouveau emprunté par le français avec un sens nouveau. Par
exemple, le mot sport signifiait en anglais jeu, amusement. L’ayant emprunté, le
français lui a contribué le sens compétition, jeu sportif. Ce sens a été réemprunté
par l’anglais. De même le mot français ensemble, pris par le russe, lui a donné le
sens groupe d’acteurs, musiciens. Ce sens est pris à présent par le français. J.
Deroy les appelle “emprunts aller - retour” [Deroy 1956].
D’après le degrès de l’adaptation des emprunts on distingue:
1. Les xénismes: mots à faible adaptation qui figurent comme des mots
étrangers: izba, vendetta.
2. Les mots qui ne se distinguent plus des mots français: bouledogue.
On peut classer les emprunts d’après la source de leur apparition. Elle
remonte à l’origine des mots empruntés. Chaque période du développement du
français est caractérisée par le nombre et la qualité des emprunts car cela dépend
de l’histoire des rapports culturels avec d’ autres pays à une époque donnée, des
guerres et des autres facteurs extralinguistiques. On va en parler en ordre
chronologique.
1)
les emprunts aux langues classiques. L’emprunt au latin a commencé
à l’époque de la formation du français et continue jusqu’à nos jours. Les
emprunts pénètrent par les oeuvres des écrivains classiques latins, traduits en
français. Ils se rapportent d’habitude au vocabulaire de l’église ou de la
jurisprudence: église, contrat, autorité.
Quand aux emprunts aux langues grecques, beaucoup ont pénétré par
l’intermédiaire du latin: église, école, golfe, plat.
Pourtant il existe des emprunts directs au grec. Ce sont des termes
spéciaux: mélodie, hygiène, agronomie. Au 16-ème siècle à l’époque de la
Renaissance de la culture et de l’art antique, de la science, l’influence du latin et
du grec se fait sentir. Les auteurs empruntaient pour combler les lacunes de la
langue maternelle:
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Latin
Explication
Assimiler
Exister
Social
Structure
Déclarer
Grec
Hypothèse
Sympathie
Politique
Aristocratie
Thème
Démocratie
On constate à cette époque un grand nombre d’affixes empruntés: -ation, ité, -ible, -isme, contre- etc.
2)
les emprunts aux langues orientales. Les mots empruntés à l’arabe
sont des noms concrets désignant les produits et les objets d’orient, car ces mots
étaient empruntés avec des objets arabes: animal, coton, jupe, girafe etc.
Ce sont encore des mots liés au développement des mathématiques:
algèbre, chiffre.
3)
les emprunts aux langues romanes. Avant tout, c’était l’italien.
Pendant la période de la Renaissance, le capitalisme se développait. Les arts ont
trouvé leur essor, ce qui s’est refleté sur la langue. Le français a emprunté
beaucoup de mots se rapportant à l’art. Par exemple, les termes de l’architecture:
mosaïque, arcade, pilastre, façade; les termes littéraires: madrigal, sonet,
burlesque; beaucoup de termes d’arts tels que: musique, danse, ballet, fugue,
violon, choeur, compositeur; l’art militaire: bastion, canon, cartouche; termes de
commerce et d’industrie: banque, banqueroute, crédit, carton, parfum; les mots
de la vie de tous les jours: appartement, cabinet, cadre, parasol, bizarre.
Au 16-ème, 17-ème, 18-ème siècles on voit apparaître l’emprunt à
l’espagnol. Ce sont les termes militaires, artistiques et littéraires: casque,
camarade, flotille, cabaret, romance, sérénade.
On voit également des mots coloniaux d’origine arabe: tabac, maïs, cacao,
chocolat qui sont entrés dans la langue française par l’intermédiaire de
l’espagnol. En somme, l’espagnol a donné environ 300 mots. On trouve aussi des
emprunts du portugais au 16 -ème et 17 -ème siècles, liés aux produits exotiques:
acajou, bambou, mandarin (du malais), banane (d’un dialecte de Guinée).
4)
les emprunts aux langues germaniques. Au 16-ème siècle les
mercénaires allemands étaient employés à l’armeé française. Les relations
commerciales et culturelles plus régulières se sont fixées.
Les termes de guerre ont apparu: sabre, bivouac, halte. On voit aussi les
termes de musique et de danse: accordéon, valse; des noms des objets et des
produits vulgarisés par les allemands – des termes de la vie quotidienne: was ist
das? – vasistas, loustic (gai).
L’influence anglaise c’est prononcée au 18-ème – 19-ème siècles. Celà
s’explique par l’intérêt au régime parlementaire, l’influence de la littérature et de
la philosophie anglaise.
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Ce sont avant tout les termes politiques: vote, budget, ordre du jour (sur le
modèle order of the day), boycotter, interview, leader.
On trouve aussi les termes techniques et industriels: rail, tramway,
travelling, pipe-line; les termes,liés aux sports: boxe, sportswoman, skating etc.
Puis, une vraie anglomanie atteint la langue française. Celà est expliqué par
la mode. On trouve les mots, tels que look, gin, rock, barman, sandwich, spleen,
star, five-o-clock, sweater, gangster, manager, superviser etc. Il y a également
l’emploi abusif des radicaux savants latins et grecs. L’emprunt n’est pas utile
quand son emploi est dicté par la mode et s’il ne sert pas les buts de
l’enrichissement de la langue. Il faut l’ utiliser dans une mesure raisonnable.
Au 18-ème siècle commencent les emprunts du russe: archine, boyard,
samovar, vodka. Après la révolution d’octobre on voit apparaître: komsomol,
Soviet, oudarnik, lunik par adjonction du suffixe - ik par analogue avec spoutnik.
On voit aussi beaucoup de calques: plan quinquennal, émulation socialiste.
Le mot collectif a reçu le sens russe de groupe de personnes.
Il faut ajouter que la globalisation joue le rôle de catalyseur en ce qui
concerne les emprunts.
Devoirs d’autocontrôle:
1. Classer les emprunts en trois groupes: d’après l’élément emprunté, d’après la
source, d’après le degrés de l’adaptation.
2. Précisez l’origine et le sens des noms des vêtements suivants:
amazone
boléro
basquine
casaquin
camisole
cardigan
jupe
-shirt
jumper
pull
robe
redingote
sweat-shirt
twin-set
3. Datez les emprunts ci-dessous. De quelles langues viennent-ils ?
Nomenclature f, racket m, sherpa m, berge f (pop.), ergonomie f, lobby m,
marina f, berline f, boucan m, bungalow m, bunker m, maestro m, kraft m,
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culpabiliser, cicérone m, zénith m, calmar m, plaquer qqn, esbroufer, butin m,
yacht m, cabas m, numéro m, canaille f, tokamak m, liman m, ouest m.
4. Nombreux sont les emprunts qui font partie du fonds international. Les
internationalismes enrichissent les vocabulaires terminologiques. Quelles
terminologies ont été complétées par les emprunts ci-dessous ? Que
signifient-ils ? Y a-t-il parmi ces vocables des termes internationaux ou ceux
qui possèdent des équivalents français ?
Glamour m
scanner m
challanger m
manager m
gag m
surf m
listning m
lifting m
casting m
remake m
flipper
pressing m
script m
cliring m
handicap m
single m
singleton m
clon m
doping m
prompteur m
prime time m
stress m
drone m
budget m
cockpit m
traveling m
demping m
booster m
jet m
5. Distribuez les emprunts en trois groupes:
anglais
allemands
romans
maestro, sonate, accordéon, boogie-woogie, gravure, cartouche, bastion,
scénario, twist, contredanse, pudding, danse, star, sport, ballet, comédie,
mosaïque.
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