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La Libre Belgique 67 2017

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BRUXELLES/BRABANT - MERCREDI 8 MARS 2017 - www.lalibre.be
IMAGINE FILM DISTRIBUTION
Spécial Journée
internationale
des femmes
“Noces”, le film
belge sur la tragédie
du mariage forcé
Le plan qui scinde la Belgique
sans toucher à la Constitution
Deux députés flamands (ex-N-VA) affirment dans un livre présenté ce mercredi
que la Flandre pourrait gagner en autonomie sans l’accord des francophones.
p.10
La SNCB sabre
dans les avantages
de ses administrateurs
Belgique p.9
Quotidien européen – Belgique 1,60 € – France 2,60 € – Luxembourg 1,60 €Tél.: 02/744.44.44
134e année – n° 67
HHHHHH
© S.A. IPM 2017. Toute représentation ou reproduction, même partielle, de la présente publication, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation préalable et écrite de l'éditeur ou de ses ayants droit.
LA PERSONNALITÉ
n International pp.20-21
La Tunisie craint de voir
revenir ses djihadistes
Julia Cagé
Madame Economie de Benoît Hamon.
J
THOMAS PADILLA/MAXPPP/BELGAIMAGE
Ils sont entre 3 500 et 5 500 Tuni­
siens à s’être engagés dans le dji­
had. Le pouvoir et la population
craignent de voir revenir un gros
contingent de ses combattants.
n Planète pp.28-29
Qui seront les
animaux du futur?
La jeune économiste s’est
engagé avec Agathe, sa
sœur jumelle, et Thomas
Piketty, son mari, aux
côtés de Benoît Hamon.
Des biologistes de l’UCL se sont
amusés à imaginer les animaux
peuplant la Terre dans un million
d’années. Les invertébrés de­
vraient nous survivre…
n Culture pp.44-45
Paris en grande pompe
JOHANNA DE TESSIÈRES
La Semaine de la mode se clôturait
ce mardi à Paris, en grande pompe,
avec Chanel au Grand Palais et
Vuitton au Louvre. Ou comment
les marques de mode conquièrent
leur marché à coups d’images
chocs.
ulia Cagé est l’épouse de l’éco­
nomiste Thomas Piketty. Voilà,
c’est dit. Car la jeune femme,
qui ne renie rien, déteste qu’on
la cantonne à cette étiquette
maritale… bien trop réductrice.
A 33 ans, la jeune femme, indisso­
ciable de sa sœur jumelle Agathe,
peut se targuer d’un CV particu­
lièrement bien fourni.
Les deux sœurs ont grandi sous le
soleil de Marseille avant de dépo­
ser leurs bagages, ensemble,
comme toujours, à l’École nor­
male supérieure, le saint des
saints. Agathe, diplômée de l’ENA,
a conseillé Najat Vallaud­Belka­
cem, la ministre socialiste de
l’Education nationale,
Julia, elle, a poussé les portes de la
prestigieuse université d’Harvard
pour son doctorat. Elle est
aujourd’hui enseignante­cher­
cheuse à Sciences­Po.
Après avoir soutenu la campagne
de François Hollande en 2012,
elle a rejoint l’équipe de Benoît
Hamon, qui comptait déjà Tho­
mas Piketty dans ses rangs. Sa
sœur jumelle Agathe est aussi
dans le coup, puisqu’elle est se­
crétaire générale de la campagne
du socialiste. Julia, elle, a coiffé la
casquette de “Madame Réforme
économique” du candidat Hamon
qui veut introduire le “revenu
universel d’existence”. Un projet
ambitieux et particulièrement
clivant que le candidat a remanié.
Une relecture, sous la dictée de
Julia Cagé, à en croire plusieurs de
ses proches. Une refonte qui doit
aboutir à un projet moins coûteux
mais toujours ambitieux. “Il ne
coûtera pas 400 milliards comme je
l’entends, à tort, partout”, a expli­
qué ces dernières semaines Julia
Cagé dans différents médias
hexagonaux. Car c’est à elle que
revient désormais la tâche d’ex­
pliquer le financement de ce
projet à un électorat français
moyennement réceptif à ce pro­
jet.
Julia Cagé enseigne encore en
anglais, un cours sur l’avenir des
médias. Son vrai dada : le lien
entre information et démocratie.
En février 2015, elle a publié un
ouvrage intitué : “Sauver les mé­
dias. Capitalisme. Financement
participatif et démocratie”. Un
ouvrage qui a reçu le Prix spécial
du jury des Assises du journa­
lisme en 2016.
Avec sa sœur jumelle, elle a créé le
think tank “Carte sur table”. Un
aréopage de 150 personnes bien
ancré à gauche et dont les mem­
bres ne peuvent avoir plus de 35
ans.
H. Le.
| duBus |
n Ripostes pp.50-51
Le casque de vélo obligatoire pour les jeunes?
En France, le casque de vélo sera
obligatoire pour les enfants de
moins de 12 ans à partir de ce
22 mars. La Belgique doit­elle
aussi suivre cette piste ?
Contacts .................................................... p.63
Débats ................................................ pp.50-53
Jeux .................................................... pp.62-63
Marchés .............................................. pp.34-37
Météo/Loterie ............................................ p.63
Nécrologies ............................................... p.60
Région ................................................ pp.16-18
Sports ................................................ pp.38-42
Télévision ........................................... pp.54-58
2
La Libre Belgique - mercredi 8 mars 2017
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LA POLÉMIQUE
Dans l’histoire de Ben Carson, les esclaves sont des “immigrés”
Les propos du secrétaire américain du Logement sur l’histoire de l’esclavagisme aux Etats-Unis provoquent un tollé.
SUSAN WALSH/AP
T
el président, tel ministre.
Autant Donald Trump aime­t­il
remanier la réalité, autant Ben
Carson, en charge du Logement,
semble tenté de réécrire l’histoire.
Ce lundi, dans un discours portant
sur l’Amérique comme “terre de
rêves et d’opportunités”, cet ancien
chirurgien a déclaré : “Il y a eu
d’autres immigrés qui sont venus ici
au fond des navires négriers, qui ont
même travaillé plus longtemps et plus
dur et pour moins. Mais eux avaient
aussi le rêve qu’un jour leurs fils, leurs
filles, leurs petits­fils, leurs petites­filles,
leurs arrière­petits­fils, leurs arrière­
petites­filles puissent trouver la ri­
chesse et le bonheur sur cette terre.”
Ainsi, dans l’histoire de M. Carson –
qui est lui­même Afro­Américain –,
les esclaves ne seraient­ils que des
immigrés mus par “le rêve améri­
cain”. Qui auraient entrepris ce
voyage pour le bien de leur descen­
dance. Et qui auraient été payés
moins, mais payés quand même.
N’en croyant pas ses oreilles, la
NAACP, grande organisation de
défense des droits des Noirs, s’est
empressée de se demander sur
Twitter : “Des immigrés ???” L’actrice
Whoopi Goldberg a invité Ben
Carson à regarder la mini­série
américaine “Roots” qui dresse le
portait d’une famille d’esclaves
afro­américains sur trois généra­
tions. Et le Anne Frank Center USA
n’a eu d’autre choix que de donner
une leçon de mémoire au secrétaire
du Logement : “Non, Monsieur Car­
son, les esclaves n’ont pas immigré en
Amérique. Ils ont été amenés ici vio­
lemment, contre leur volonté, et ont
vécu ici privés de liberté.”
Qu’une telle précision soit encore
nécessaire, pour un ministre qui
plus est, a de quoi surprendre. Mais
que Ben Carson soit l’auteur d’une
telle ineptie ne devrait plus faire
lever un seul sourcil. Car d’après ce
même Républicain, les pyramides
ont été construites par Joseph pour
y garder des graines, la théorie de
l’évolution est une invention satani­
que et le Big Bang n’est qu’un
“conte de fées” – pour endormir ses
enfants, quoi de mieux que la lec­
ture d’une théorie scientifique
désignant une gigantesque explo­
sion à l’origine de l’expansion de
l’univers. Si le secrétaire du Loge­
ment n’a pas l’habitude de mettre
de l’eau dans son vin, il a, cette fois,
essayé de calmer la polémique en
précisant que, pour lui, un immigré
est “une personne qui vient vivre de
façon permanente dans un pays
étranger” et qu’il peut donc exister
des “immigrés involontaires”. Avant
de concéder, enfin, sur Facebook,
que les “immigrés et les esclaves ont
vécu des expériences totalement diffé­
rentes”.
M.U.
Chanel décolle. C’est un
moment fort de la Fashion
Week que beaucoup ne
manqueraient sous aucun
prétexte (lire également
pp. 44-45). Si la collection
Chanel est à chaque fois tant
attendue, son show l’est sans
doute tout autant. Pour ce
défilé automne-hiver 20172018, Karl Lagerfeld a
imaginé un décor grandiose.
Le thème : la conquête de
l’espace. Sous la verrière du
prestigieux Grand Palais, les
mannequins ont défilé après
le décollage d’une fusée
depuis le “centre de
lancement n°5”. Un show
futuriste qui s’inscrit dans le
contexte actuel dans
l’Hexagone puisque les
Français suivent en ce
moment les aventures de leur
compatriote Thomas Pesquet
à bord de la Station spatiale
internationale. A voir sur
LaLibre.be
mercredi 8 mars 2017 - La Libre Belgique
3
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Enseignement
Les différences garçons-filles
perdurent dans les écoles.
n Elles témoignent d’une absence
de réflexion sur la mixité scolaire.
n Spontanément, il n’y a pas
d’égalité dans la cour de récré:
les garçons occupent le centre.
n
L’école ne
réfléchit pas
assez à la mixité
Q
uand la mixité dans les écoles s’est généralisée
dans les années 70, la seule question que l’on s’est
vraiment posée fut celle de savoir où on allait
mettre les toilettes des garçons et celles des filles.
La réflexion s’est arrêtée là”, raconte Jean­Pierre
Degives, conseiller au service d’études du
Segec, le secrétariat de l’enseignement catholique. Et
que constate­t­on aujourd’hui? “Que l’on n’a pas suffi­
samment pensé la didactique et la pédagogie en fonction de
cette mixité”, poursuit­il en observant notamment les
différences de résultats entre les filles et les garçons.
Présidente de la commission enseignement du Conseil
des femmes francophones de Belgique, Nadine Plateau
part d’un autre constat : celui de l’existence des stéréoty­
pes garçons­filles qui perdurent à l’école. Mais en défini­
tive, elle ne dit pas autre chose que son confrère. “A l’épo­
que, on a cru que la mixité allait résoudre tous les problèmes,
et que tout le monde serait mis sur un pied
d’égalité parce que tout le monde ferait la
même chose dans une même classe. On n’a
ni suffisamment pensé les différences, ni
réinterrogé les stéréotypes filles­garçons qui
ont perduré malgré cette mixité.”
Pour Pierre Degives, comme pour Na­
dine Plateau, il existe donc un “impensé”
en Communauté française autour de la
cohabitation garçons­filles à l’école,
même si des initiatives sont prises sur le
terrain (voir ci­contre). Le Pacte pour un enseignement
d’excellence, qui aborde peu cette question, en serait
d’ailleurs le témoignage, regrette Nadine Plateau. Et
cette absence de réflexion induirait plusieurs consé­
quences.
de meilleurs résultats dans le primaire comme dans le
secondaire. Début mars, les derniers chiffres concernant
les expulsions venaient appuyer l’existence de ces ini­
quités de genre, en mentionnant que les garçons étaient
près de quatre fois plus souvent exclus de leur école que
les filles. Les causes qui expliquent de telles différences
sont multiples et discutées : on évoque souvent une plus
grande appétence des filles pour la lecture, des différen­
ces de comportements ou d’engagement vis­à­vis de
l’école… Quoi qu’il en soit, l’école semble moins apte à
faire réussir les garçons.
Mais la deuxième conséquence de cette absence de ré­
flexion sur la mixité est l’incapacité à prendre la ques­
tion dans sa globalité, estime Nadine Plateau. “Il faudrait
analyser plus finement ces résultats. On se rendrait compte
que certains profs évaluent plus sévèrement un garçon car
ils placent plus d’attentes ou d’espérances en lui. De plus, ces
résultats n’incitent pas à étudier tous les à­
côtés, comme le fait que les garçons mono­
polisent souvent la parole en classe, et qu’il
existe dans le chef des profs ou des parents
des traitements différenciés entre les gar­
çons et les filles. En conseil de classe par
exemple, on imagine parfois l’avenir des
enfants en fonction de leur milieu social ou
de leur genre. Malheureusement, de tels
phénomènes sont peu étudiés.”
Globalement,
les filles ont
de meilleurs
résultats
que les garçons.
De meilleurs résultats pour les filles
La première conséquence est la différence de résultats
entre les garçons et les filles, note Jean­Pierre Degives.
Globalement, comme le rappelait en 2015 le bureau de
consultance McKinsey en s’appuyant sur les résultats
des évaluations externes, les filles souffrent moins du re­
tard scolaire que les garçons. Elles obtiennent d’ailleurs
4
Une question de société
Qu’il existe un manque d’études sur ces sujets, Ber­
nard De Vos, le délégué général aux droits de l’enfant, en
convient. Mais il insiste pour que l’on n’aborde pas la
question des iniquités simplement en fonction du genre
de l’élève. “On ne peut réduire un enfant à une seule appar­
tenance.” Il insiste enfin pour que cette réflexion per­
mette surtout de réinterroger le fonctionnement et les
stéréotypes de la société en général. La question de l’éga­
lité entre les hommes et les femmes est avant tout une
question de société, conclut­il en substance. Et l’école ne
fait que reproduire un phénomène de société.
BdO
Sans régulation de l’espace, les jeux restent sté
Personnel enseignant
Trop de profs femmes ?
Evolution. Lentement mais sûrement, le
métier d’enseignant se féminise. En
maternel, 97 % des instituteurs sont des
femmes, précisent les indicateurs de
l’enseignement de 2015. Dans le
primaire, 82%. Dans le secondaire, 63%.
Conséquences. Est-ce trop ? Faudrait-il
rétablir une plus grande parité au sein du
personnel enseignant? Depuis une
dizaine d’années, la question se pose en
France ou en Grande-Bretagne. Pour JeanPierre Degives, cette évolution a en tout
cas une incidence sur l’apprentissage des
élèves. “Cela a une influence particulière
pour les garçons adolescents. A cet âge, ils
s’expriment moins facilement par la parole
que les filles. Il est bon qu’ils puissent
aussi être confrontés à un prof masculin
avec lequel ils se sentiront plus proches
sous certains aspects.” Mais cela aurait
aussi une incidence sur les jeunes filles.
“Il est important qu’elles puissent aussi
rencontrer un référent masculin. Cela peut
notamment éviter un effet de surprise
dommageable lorsque plus tard, dans le
monde professionnel par exemple, elles
seront confrontées à une autorité
masculine.”
La Libre Belgique - mercredi 8 mars 2017
© S.A. IPM 2017. Toute représentation ou reproduction, même partielle, de la présente publication, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation préalable et écrite de l'éditeur ou de ses ayants droit.
JOHANNA DE TESSIÈRES
réotypés dans les cours de récré. Les petits garçons ont tendance à occuper le centre, les petites filles le reste… Même si ce n’est pas le cas partout et tout le temps.
Spontanément, les “petits mâles dominants” envahissent
la cour de récré. Et les petites filles longent les murs…
L’
égalité dans la cour de récré? Pas
vraiment. “Si on ne régule pas l’es­
pace, les garçons jouent au centre et les
petites filles longent les murs”, constate
Bruno Humbeeck, psychopédagogue, res­
ponsable d’une Recherche­action de
l’équipe des Sciences de la famille de
l’Université de Mons sur les violences visi­
bles et invisibles en éducation scolaire. “Le
phénomène s’observe dès les maternelles:
sans rééquilibrage des espaces récréatifs, la
cour est complètement envahie par les petits
mâles dominants.” En primaire, c’est le foot
qui mobilise l’espace. Et le foot, ça con­
cerne surtout les garçons. Pas tous: ceux
qui shootent trop mal sont exclus…
D’où l’idée d’adapter la cour de récré en
réservant à chaque type d’activité un lieu
clairement circonscrit. Le projet de
l’UMons, soutenu par la Fédération Wal­
lonie­Bruxelles, a démarré il y a un an et
demi et concerne déjà plus de 500 écoles.
L’espace de récré est divisé en trois zones,
distinctes, avec des règles spécifiques:
jeux avec ballon; autres activités; coin
calme. Un peu de peinture au sol suffit
pour les délimiter.
Simple mais efficace. La redistribution
de l’espace fait émerger de nouveaux jeux,
des enfants lisent dans le coin zen, gar­
çons et filles se poursuivent dans des
“éperviers” réinventés… La modification
des aires de jeux s’accompagne de la mise
en place d’espaces de parole pour évoquer
les conflits, régulés par les professeurs. “Et
là, les petites filles, qui sont plus empathi­
ques, retrouvent une possibilité d’expression
beaucoup plus grande”, poursuit Bruno
Humbeeck. Pas pour des raisons naturel­
les, mais culturelles: “Tant qu’on ne don­
nera des poupées qu’aux filles –les garçons
reçoivent des grues et des camions–, c’est
chez elles qu’on actionnera des réactions em­
pathiques.”
“Le foot tue les récrés!”
Le directeur de cette école fondamen­
tale du Brabant wallon a l’habitude de
surveiller les récrés. Dans la cour des pe­
tits, il n’y a pas de zones déterminées.
“Quand les garçons se mettent à crier et à se
courir après, c’est clair que tous les autres se
bougent!”
Ce directeur se dit convaincu de la né­
cessité d’instaurer une régulation de la
cour des grands. “Le foot tue les récrés! Cela
amène la violence verbale, et parfois plus, et
des exclusions, et pas seulement des filles… Les
petits ne jouent pas avec les grands. En inter­
disant le foot, on ferait un pas en avant pour
la question du genre, mais on réglerait aussi
beaucoup d’autres problèmes”, dit­il.
“Les filles
entre elles,
ça se chamaille;
les garçons,
ça se tape dessus.”
Bruno Humbeeck
Pour ce directeur, bien qu’on
constate certaines évolutions,
il reste un phénomène “genré”
dans les cours d’école.
Changements
Le Conseil des enfants s’est saisi de la
question. Depuis deux ans, en primaire, on
ne joue plus au foot pendant les “petites
récrés”. Il est aussi banni le vendredi. Les
amateurs ont droit à du foot un midi par
semaine, par niveau. “On a vu un grand
changement, assure le directeur. Ça n’a pas
tout réglé mais il y a une autre dynamique de
groupe. Il y a moins d’exclusions et les enfants
jouent à autre chose.” Ensemble ou pas, se­
lon les âges. “En troisième et quatrième pri­
maires, on a les bandes, de filles ou de gar­
çons: on ne se mélange pas.” Mais il y a une
chose qui ne change pas, un phénomène
qui reste “genré”: “Les filles entre elles, ça se
chamaille. Les garçons, ça se tape dessus.”
Annick Hovine
mercredi 8 mars 2017 - La Libre Belgique
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Dernier round
pour le Pacte
n Le groupe central qui
chapeaute le Pacte d’excellence
s’est réuni “au finish” ce mardi.
Rassurer les syndicats
L’objectif de cet ultime tour de table
– qui n’était pas terminé à l’heure de
boucler cette édition – était celui de fi­
naliser un avis définitif sur les réfor­
mes à appliquer à l’école francophone.
Un avis qui sera envoyé au gouverne­
ment de la Fédération Wallonie­
Bruxelles.
Le défi, que se devait cependant de
relever le groupe central avant de rédi­
ger ses conclusions, était de rassurer les
syndicats. Le mois dernier, en effet,
ceux­ci, après avoir consulté leurs affi­
liés, avaient adressé un “non, mais” au
Pacte. Ils se disaient prêts à poursuivre
les négociations si et seulement si plu­
sieurs de leurs revendications étaient
prises en considérations.
Au menu de ces revendications, trois
points sortaient principalement du lot.
Les syndicats voulaient ainsi que soit
revue la charge globale de travail des
enseignants. Ils exigeaient par exemple
que les heures passées en conseil de
classe soient intégrées au nombre
d’heures qui devront être consacrées
au travail collectif.
Une deuxième exigence était que soit
éclairci le système d’évaluation des en­
seignants. Et surtout les sanctions qui
pourraient en découler.
Ils attendaient enfin, à l’instar
d’autres acteurs, un phasage plus pré­
cis de la réforme, et une évaluation
budgétaire, pour qu’elle n’engendre
pas, entre autres conséquences,
d’éventuelles pertes d’emploi.
Vers un “oui mais”
Ce mardi soir, l’heure était encore au
suspense. Les syndicats claqueraient­
ils ou non définitivement la porte du
Pacte ? Difficile à prévoir. Ils semblent
vouloir autant ménager leurs affiliés
(très sceptiques face au Pacte) que mé­
nager leur image à l’extérieur (un non
définitif serait mal considéré, tant une
réforme de l’enseignement est vue
comme indispensable).
Deux scénarios circulaient hier soir.
Le premier est optimiste : les syndicats
transforment leur “non mais” du mois
dernier en un prudent “oui mais” qui
permettrait d’avancer dans la réforme.
Le second l’est moins : faute d’accord,
ils renvoient la balle au gouvernement,
en demandant de trancher les désac­
cords survenus au groupe central.
BdO
6
AMELIE-BENOIST/BSIP/REPORTERS
A
près deux ans de discussions,
d’évaluations et de négociations,
le groupe central qui chapeaute
le Pacte pour un enseignement d’ex­
cellence se rassemblait “au finish” et
pour la dernière fois ce mardi.
Est-il normal que l’emploi des puéricultrices dépende essentiellement des programmes de résorption du chômage ?
Pourquoi il y a trop peu de places
d’accueil pour la petite enfance
n Les initiatives atypiques
ne sont pas assez aidées,
avance notamment le
sociologue Alain Dubois.
P
our les jeunes parents, trou­
ver une place en crèche, c’est
un parcours d’obstacles. L’ac­
cueil de la petite enfance reste un
point délicat en Belgique franco­
phone. “Même si, quantitative­
ment, la situation s’est améliorée,
l’offre reste insuffisante. C’est parti­
culièrement vrai à Bruxelles, où la
création de nouvelles places permet
de maintenir le taux de couverture.
Mais on galope derrière la natalité.
On a mal anticipé”, indique Alain
Dubois, sociologue, ex­adminis­
trateur délégué du Centre d’ex­
pertises et de ressources pour
l’enfance (Cere). Cette ASBL fon­
dée en 2006 travaille sur des pro­
jets visant à promouvoir l’égalité
entre les enfants.
Dans une étude en forme de bi­
lan pour les 10 ans de l’ASBL,
Alain Dubois identifie les causes
qui expliquent que l’offre reste
insuffisante. Ainsi, les acteurs aty­
piques ne sont pas assez soutenus,
dit Alain Dubois. “Ceux qui créent
des structures novatrices, en parti­
culier dans les quartiers difficiles, ne
sont pas suffisamment reconnus et
aidés”, explique le sociologue.
“Il faudrait réfléchir à l’envers”
Exemple : Les amis d’Aladdin, à
Schaerbeek. Cette ASBL a été fon­
dée dans l’optique d’accueillir et
d’accompagner les familles. On y
trouve un accueil des 0­3 ans
dont les parents sont en insertion
sociale ou professionnelle, une
halte­garderie, des tables de con­
versation… “Ce milieu d’accueil, qui
ne rentre pas dans la case ‘crèche’ de
l’Office de la naissance et de l’en­
fance (ONE) cumule des réponses à
des besoins différents mais elle doit
mobiliser des moyens alternatifs
pour se financer. C’est un peu stu­
pide.”
De telles structures doivent jon­
gler avec les points APE (aides à la
promotion de l’emploi) du Fo­
rem, les ACS (agents contractuels
subventionnés à Bruxelles), des
partenariats… Au
prix d’une préca­
rité et d’une incer­
titude pour l’ave­
nir. “Ne faudrait­il
pas réfléchir à l’en­
vers et créer un ca­
dre à partir de ce
qui existe sur le ter­
rain ?”
Les villes wal­
lonnes et bruxel­
loises
hésitent,
comme Genève ou Lyon, à déve­
lopper un réseau d’accueil vrai­
ment diversifié, regrette le cher­
cheur. La complexité institution­
nelle et l’impécuniosité de la
Communauté française n’aident
pas : on fait appel aux Régions
pour financer les infrastructures
et l’emploi. Mais est­il acceptable
que l’emploi des puéricultrices
dépende autant des programmes
de résorption du chômage ? “Po­
ser la question, c’est y répondre.”
Autre problème identifié par le
chercheur : la rigidité de la régle­
mentation appliquée par l’ONE.
Bonne chance à une entreprise de
titres­services qui veut aider ses
aides ménagères à trouver une
place en milieu d’accueil ! “Le plan
Sema (pour Synergies Employeurs­
Milieux d’Accueil) est un échec. Il
n’existe pas une place dans un mi­
lieu d’accueil ONE. Cela ne marche
pas parce que ce n’est pas flexible.” A
l’inverse, cela fonctionne avec
Kind en Gezin, plus pragmatique
et plus souple.
Gros hic avec l’ONE
Le gros hic avec l’ONE ? “C’est le
même organisme
qui autorise, con­
trôle, agrée, sub­
ventionne et con­
seille le gouverne­
ment
sur
la
législation qu’il de­
vra ensuite appli­
quer.”
Cet office ne
pourra plus long­
temps cumuler
tous les rôles, es­
time le sociologue.
Il manque, enfin, un décret spé­
cifique de la Fédération Wallonie­
Bruxelles relatif à l’accueil de la
petite enfance. “Il faut cesser de
confondre l’organisme de référence
(l’ONE) et l’objectif politique, soit le
droit à un accueil diversifié pour
toutes les familles et tous les en­
fants.” Voici en tout cas matière à
réflexion pour la ministre CDH de
l’Enfance, Alda Greoli.
An.H.
La
réglementation
appliquée
par l’Office
de la naissance
et de l’enfance
est très rigide.
La Libre Belgique - mercredi 8 mars 2017
© S.A. IPM 2017. Toute représentation ou reproduction, même partielle, de la présente publication, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation préalable et écrite de l'éditeur ou de ses ayants droit.
© S.A. IPM 2017. Toute représentation ou reproduction, même partielle, de la présente publication, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation préalable et écrite de l'éditeur ou de ses ayants droit.
Kubla (MR) et le commissaire Vandewalle
se sont bien parlé au sujet de Mme Chodiev
Que s’est­il passé à la police de Waterloo fin des années 90,
début 2000 ? Le Comité P (qui contrôle la police) va rendre
un rapport ce mercredi à la commission d’enquête parle­
mentaire sur le Kazakhgate. Selon nos informations, il y est
précisé que le bourgmestre de Waterloo, Serge Kubla (MR),
et le commissaire de la police locale, Michel Vandewalle, se
sont bien parlés au sujet du cas Chodieva, l’épouse du
milliardaire Patokh Chodiev, au cœur du Kazakhgate. Pour
diverses raisons, Mme Chodieva n’est jamais parvenue à
devenir belge, contrairement à son mari. Les avis rendus
par la police de Waterloo à son sujet ont toujours été néga­
tifs. Tous, sauf un. Celui rédigé par Michel Vandewalle.
Serge Kubla et le couple Chodiev sont voisins. Y a­t­il eu
pression politique de la part du bourgmestre sur le com­
missaire ? Selon le rapport du comité P, Michel Vandewalle
jure que non. M. Kubla sera entendu ce mercredi par la
commission d’enquête.
Cumuleo tacle la proposition du MR
Dans nos éditions de mardi, le député libéral Gautier
Calomne expliquait le contenu des propositions de loi que
son parti a déposées à la Chambre en vue de plus de trans­
parence dans la vie publique. Pour rappel, le MR propose
de créer un site web sur le modèle du site privé Cumuleo
mais géré par la Cour des comptes. Les citoyens pourraient
y connaître l’éventail des mandats détenus par l’ensemble
des mandataires publics et les rémunérations qui s’y rap­
portent. Ce site, affirmait le député libéral, aurait l’avantage
d’être contrôlé, sans erreur, et actualisé en permanence par
une autorité publique.
Evidemment, ces propos ont fait bondir Christophe Van
Gheluwe, le responsable du site Cumuleo. Il s’est senti
attaqué par le MR et a tenu à défendre Cumuleo, son
“bébé” : “Il y a eu quelques erreurs détectées dans les listes des
mandataires, reconnaît­il, mais ces erreurs trouvent toujours
leur source dans les déclarations des mandataires publiées au
‘Moniteur’. C’est donc du côté des mandataires et/ou de la Cour
des comptes qu’il faut travailler pour améliorer la qualité des
données publiées.”
Unia conteste les chiffres de Zuhal Demir
Selon Unia, la secrétaire d’Etat à l’Egalité des chances Zuhal
Demir (N­VA) utilise des chiffres erronés concernant la
répartition des plaintes pour discrimination entre la Flan­
dre et la Wallonie. Ce ne sont pas 80 %, mais 39 %, des
plaintes qui viennent du Sud du pays. “Un Unia flamand ne
serait pas nécessairement plus cher, si le centre est rendu plus
efficace par sa régionalisation”, a estimé, mardi, Zuhal De­
mir, soulignant que 80 % des plaintes venaient de Wallonie.
C’est donc faux. Si 80 % des plaintes sont introduites via
Bruxelles et la Wallonie, c’est parce que le numéro de
téléphone gratuit et le site internet sont enregistrés comme
“Bruxelles”. Eh oui, les apparences sont trompeuses !
Plus de vols de nuit d’ici 2019 à Zaventem ?
Quatorze associations de riverains de Bruxelles, du Brabant
flamand et du Brabant wallon ont plaidé, ensemble, pour la
suppression en deux temps et d’ici 2019 des vols de nuit de
et vers l’aéroport national de Zaventem. L’espoir fait vivre.
Jacqueline Galant attend un enfant
Signe des temps, c’est via Facebook que Jacqueline Galant
(MR) a annoncé qu’elle était enceinte. La naissance est
prévue cet été. L’ex­ministre de la Mobilité, âgée de 43 ans,
explique avoir toujours aspiré à ce bonheur mais n’avoir
pas pu le concrétiser à “cause de ses nombreuses occupa­
tions politiques”. Sa démission en avril 2016 lui a donc
donné le temps qui lui manquait.
8
Francken n’est pas obligé
de délivrer des visas
n L’arrêt rendu mardi
par la Cour de justice européenne
soulage le gouvernement.
T
heo Francken (N­VA), secrétaire
d’Etat à l’Asile et à la Migration est
“soulagé”. Mardi, peu avant 10h, la
Cour de justice de l’Union européenne
rendait un arrêt favorable à la Belgique
dans l’affaire relative à l’octroi de visas hu­
manitaires à une famille syrienne d’Alep.
Elle estime en effet que les Etats membres
ne sont pas obligés d’accorder des visas
humanitaires à des personnes qui souhai­
tent demander l’asile sur leur territoire.
Cette décision donne raison à Theo Franc­
ken. Selon lui, accorder un visa à cette fa­
mille constituerait un “précédent dange­
reux” qui aurait fait perdre à la Belgique “le
contrôle de ses frontières” et aurait “détruit
la politique migratoire
européenne”.
européen. La Belgique n’est donc pas dans
l’obligation de fournir des visas humani­
taires aux familles qui en font la demande.
“Le droit de l’Union fixe uniquement les pro­
cédures et conditions de délivrance des visas
pour les transits ou les séjours prévus sur le
territoire des Etats membres d’une durée
maximale de 90 jours. Or, la famille syrienne
a présenté des demandes de visas pour rai­
sons humanitaires dans l’intention de de­
mander l’asile en Belgique et donc un permis
de séjour qui n’est pas limité à 90 jours”,
peut­on lire dans le communiqué.
3
Les
conséquences
Avec ce dossier, c’est la création d’une
voie d’accès légale au territoire européen
qui se jouait. En effet, si la décision n’avait
pas été en faveur de la Belgique, notre gou­
vernement ainsi que ceux des autres Etats
membres risquaient de
devoir fournir des visas
de courts séjours à toutes
Le dossier
personnes
qui
en
auraient fait la demande
Le 12 octobre 2016, un
dans les consulats et am­
couple syrien d’Alep et
bassades du monde en­
ses trois enfants mineurs
tier, ouvrant la voie à une
de confession orthodoxe
migration légale et sans
ont déposé une demande
danger pour ces candi­
de visa de court séjour
dats à l’asile.
(moins de 90 jours) à
La décision étant en fa­
l’ambassade de Bey­
veur de la Belgique, la
routh, au Liban. Ils sou­
délivrance des visas reste
haitent se rendre en Bel­
donc du ressort des Etats
gique de façon légale et
et plus particulièrement,
sûre afin d’y introduire
en Belgique, du secré­
une demande d’asile. De
taire d’Etat, qui conserve
confession chrétienne
son pouvoir discrétion­
orthodoxe, ils disent être
naire. Toutefois, les de­
menacés de persécution
mandeurs demeurent li­
en raison de leurs
bres d’introduire une de­
croyances
religieuses.
mande de visa de court
Theo Francken (N-VA)
Secrétaire d’Etat à l’Asile et à la
Malheureusement pour
séjour sur la base de leur
Migration
eux, leur demande est
droit national et l’Etat est
rejetée par l’Office des
tenu de les analyser au
étrangers. L’instance es­
cas par cas, comme
time qu’en sollicitant un visa de courte du­ c’était le cas auparavant.
rée pour introduire une demande d’asile
Le secrétaire d’Etat s’est dit soulagé de la
en Belgique, la famille syrienne a manifes­ décision prise par les juges. “C’est une déci­
tement l’intention d’y séjourner plus de 90 sion d’une juridiction du plus haut niveau qui
jours.
a décidé qu’on ne peut pas obliger et forcer un
La famille syrienne a alors contesté le re­ gouvernement à fournir un visa humanitaire
fus de l’Office devant le Conseil du conten­ à des personnes qui souhaitent demander
tieux des étrangers (CCE), qui a porté en d’asile”, a­t­il déclaré lors d’une conférence
urgence, en décembre, le dossier devant la de presse.
Cour de justice européenne, en la saisis­
Les associations de défense des droits de
sant d’une question préjudicielle relative à l’homme et des étrangers ainsi que l’avocat
l’interprétation restrictive du code des vi­ de la famille estiment que la décision de
sas en Belgique. Le code des visas prévoit justice est “très décevante”. Il s’agit pour
qu’un visa soit délivré lorsqu’un Etat eux “d’un signal inquiétant lancé à l’Union
membre l’“estime” nécessaire.
européenne et à ses Etats membres qui ne ces­
sent d’accroître les contrôles aux frontières et
La décision
de restreindre l’accès au territoire aux mi­
de la Cour
grants et aux réfugiés. Une occasion histori­
que manquée de réaffirmer les valeurs de
Les magistrats de la Cour ont suivi le rai­ l’Union européenne basées sur les droits fon­
sonnement de l’Etat belge : ils estiment damentaux.”
que l’affaire relève du droit belge et non
L.V.
1
“On ne peut pas
obliger et forcer
un gouvernement
à fournir des visas
humanitaires
dans le but
de demander l’asile.”
DIEFFEMBACQ/BELGA
LA JOURNÉE
2
La Libre Belgique - mercredi 8 mars 2017
© S.A. IPM 2017. Toute représentation ou reproduction, même partielle, de la présente publication, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation préalable et écrite de l'éditeur ou de ses ayants droit.
Jannie Haek (SP.A)
L’actuel directeur général de la Loterie est l’ancien CEO
de la SNCB Holding et l’ex-chef de cabinet de Vande
Lanotte. Il figure parmi les administrateurs honoraires
de l’entreprise ferroviaire et a droit à un libre-parcours.
LALMAND/BELGA
LEFOUR/BELGA
COLLET/BELGA
Edmée De Groeve (PS)
L’ancienne présidente de la SNCB avait été
condamnée pour avoir rentré en double les mêmes
notes de frais. Mais elle est administratrice honoraire
de la SNCB et a donc droit à un libre-parcours…
Laurence Bovy (PS)
La patronne de Vivaqua et ex-chef de cab’ de Laurette
Onkelinx a droit à la gratuité des transports en
première classe. Jean-Paul Philippot (RTBF), son
compagnon, y a droit aussi, du coup.
Après avoir fraudé à la SNCB,
Edmée De Groeve peut voyager à l’œil
n La SNCB a réduit
les avantages pour ses
administrateurs, mais…
D
ans la répartition du grand gâteau
public, il y a plus à plaindre que les
membres du conseil d’adminis­
tration (CA) de la SNCB. Pour y siéger, ils
reçoivent chacun entre 20 000 et
30000 euros brut par an. Ces sommes
sont constituées d’un fixe de
13600 euros, auquel s’ajoute un varia­
ble constitué de jetons de présence
(500 euros par réunion, tout de même).
Ça, c’est pour les administrateurs “de
base”. Le président du CA, le reynder­
sien Jean­Claude Fontinoy, touche un
revenu fixe de près de 40000 euros par
an, auquel s’ajoutent les jetons de pré­
sence versés à chaque réunion
(500 euros). Le président du CA perçoit
en outre une indemnité annuelle pour
frais de fonctionnement de 2400 euros
et dispose d’une voiture de service.
Plus que 4 tickets internationaux
Comme il s’agit des chemins de fer,
tout ce petit monde jouit en plus d’un
abonnement en première classe en li­
bre­parcours. Les conjoints des admi­
nistrateurs bénéficient également d’un
libre­parcours en “première” sur le ré­
seau SNCB. En outre, les membres du
CA et leur conjoint jouissaient de billets
gratuits à la demande pour tous les pays
de l’Union européenne. Ce dernier
avantage appartient toutefois au passé.
Dans le contexte actuel de transpa­
rence dans les rémunérations publi­
ques, le ministre fédéral de la Mobilité,
François Bellot (MR), avait demandé fin
janvier à la SNCB d’établir le cadastre
des avantages accordés à ses adminis­
trateurs. Manifestement, la gratuité des
voyages pour des destinations en Eu­
rope a choqué en haut lieu : ce petit ca­
deau vient d’être revu à la baisse.
En effet, lors de sa séance du 24 fé­
vrier, le CA de l’entreprise publique a
décidé de limiter cette gratuité à quatre
trajets simples par an – Thalys ou
Eurostar– pour l’administrateur et/ou
son ou sa partenaire. Selon un docu­
ment interne, il s’agissait d’aligner les
avantages des administrateurs sur ceux
du personnel contractuel de la société
ferroviaire.
Tous ces avantages –réduits désor­
mais– en matière de transport sont éga­
lement valables pour les anciens admi­
nistrateurs de la SNCB qui ont dix ans
d’ancienneté. Autrement dit, Edmée De
Groeve (PS) bénéficie en théorie de cet
avantage (sauf en ce qui concerne les
voyages au niveau européen) malgré sa
condamnation en première instance,
en 2013, à quinze mois de prison avec
sursis pour abus de biens sociaux, faux,
détournements et escroquerie. Cette
proche d’Elio Di Rupo s’était fait rem­
bourser deux fois des frais de restau­
La SNCB vient de
décider de
limiter la gratuité
des voyages dans
toute l’Europe à
quatre trajets par
an (Thalys ou
Eurostar) pour
l’administrateur
et son ou sa
partenaire.
rants ou encore des frais de déplace­
ments auprès de l’aéroport de Charle­
roi et de la SNCB (2500 euros par mois
en moyenne) dont elle était présidente.
En 2015, elle avait bénéficié d’une tran­
saction pénale dans ce dossier.
Précisons que si Edmée De Groeve a
toujours bien droit à la gratuité de la
première classe partout sur le réseau
belge, elle n’a jamais demandé son li­
bre­parcours, comme on nous le con­
firme au sein du CA.
Bovy, Haek, Schouppe…
Autre cas : celui de Laurence Bovy,
l’ancienne cheffe de cabinet de Laurette
Onkelinx lorsqu’elle était vice­Pre­
mière ministre. Désignée fin 2016 di­
rectrice générale du distributeur d’eau
bruxellois Vivaqua, elle est également
reprise dans la liste des administrateurs
honoraires de la SNCB et a droit à la gra­
tuité des transports en Belgique et dans
l’Union européenne. Son compagnon –
qui n’est autre que le patron de la RTBF,
Jean­Paul Philippot – en bénéficie donc
lui aussi potentiellement.
Parmi les autres administrateurs ho­
noraires, on trouve aussi Jannie Haek
(SP.A), l’ancien patron de la SNCB hol­
ding et actuel dirigeant de la Loterie na­
tionale. Ou encore Etienne Schouppe
(CD&V), ancien administrateur­délé­
gué de la SNCB et ancien secrétaire
d’Etat en charge de la Mobilité du gou­
vernement Leterme I.
Frédéric Chardon
mercredi 8 mars 2017 - La Libre Belgique
9
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La Flandre peut gagner en autonomie
sans l’accord des francophones
Quelques exemples
n C’est ce qu’affirment
les députés Vuye et Wouters
dans leur nouveau livre.
Une Constitution
souvent malmenée
1831. Le 2 août 1831, 12 jours
après son intronisation, Léopold Ier
viole déjà la Constitution. Face aux
intimidations de l’armée orangiste,
le Roi demande l’aide de l’armée
française, mais sans avoir reçu
l’aval du Parlement, comme l’exige
pourtant l’article 185 de la
Constitution. Pis, c’est Joseph
Lebeau qui contresigne son acte.
Or, l’intéressé n’a pas le pouvoir de
le faire parce qu’il n’est plus
ministre à ce moment-là.
E
1914-1918. Le Parlement ne
peut se réunir en raison l’invasion
allemande. Avec un exécutif en
exil, Albert Ier gouverne la Belgique
(en fait, les 50 communes encore
libres) à coup d’arrêtés-lois. La
Cour de cassation légitimera la
procédure après coup, à la fin de
la guerre, invoquant le “cas de
force majeure”, notamment le fait
que les textes n’avaient pas été
publiés au “Moniteur belge”.
1919. Le Parlement adopte le
La saga des conflits d’intérêts
Un cas typique: les conflits d’inté­
rêts. En novembre 2007, la majorité
flamande vote en commission, à la
Chambre, une proposition de loi
scindant l’arrondissement électoral
de Bruxelles­Hal­Vilvorde (BHV).
Pour éviter qu’un vote n’inter­
vienne en séance plénière, les fran­
cophones agitent, via le Parlement
de la Communauté française, le con­
flit d’intérêts. La procédure gèle le
dossier pendant 120 jours afin de
donner du temps à la concertation.
En vain. La crise communautaire est
trop profonde. Les nombreux parle­
ments francophones du pays vont
alors, tour à tour, activer le conflit
d’intérêts. Une solution sera trouvée
dans le cadre de la sixième réforme
de l’Etat. Quatre ans plus tard…
“Il y a eu un abus de droit”, estime
Hendrik Vuye, par ailleurs profes­
seur de droit constitutionnel. Tout
cela, dit­il, est “un problème d’inter­
prétation”. “La loi ne dit pas ce qui est
autorisé ou non. Il aurait été parfaite­
ment possible d’inscrire une disposi­
tion dans le règlement de la Chambre
et du Sénat (la technique a servi à
10
suffrage universel pour les
hommes. Le hic, c’est qu’en raison
de la Première Guerre mondiale et
de l’impossibilité d’organiser des
élections dans les délais, les
mandats des députés sont échus.
ALEXIS HAULOT
mprunter la voie de l’autono­
mie flamande est une question
de “volonté politique”, pas de
prescrits constitutionnels. C’est en
substance le message des députés
nationalistes flamands Hendrik
Vuye et Veerle Wouters dans leur
dernier livre “Sleutels tot ontgren­
deling” (Les clés du déverrouillage),
qu’ils présentent ce mercredi.
Les verrous – “les super­verrous”
même – auxquels les élus du groupe
“Vuye&Wouters” (ex­N­VA) font ré­
férence, ce sont ces mécanismes que
prévoit le droit belge pour empêcher
la majorité (flamande) d’imposer ses
vues à la minorité (francophone). Ils
citent: sonnette d’alarme, conflits
d’intérêts, lois spéciales… Mais, “la si­
tuation n’est pas désespérée, écrivent­
ils. On peut encore déverrouiller les
verrous. […] Une Belgique verrouillée
n’est pas une fatalité juridique, mais
bien un choix politique conscient.”
Les deux parlementaires, indépen­
dantistes flamands, reprennent une
série d’exemples montrant que la
Constitution belge a été contournée
à de multiples reprises au cours de
l’histoire de la Belgique (lire ci­con­
tre). Plus fondamentalement, ils ex­
pliquent comment, en toute légalité,
outrepasser les fameux verrous.
Hendrik Vuye et Veerle Wouters présentent ce mercredi leur nouveau livre,
“Sleutels tot ontgrendeling” (Les clés du déverrouillage).
d’autres occasions, NdlR) en indi­
quant que l’on ne tient compte que du
premier conflit d’intérêts. Et en 120
jours, c’était réglé, on pouvait voter la
scission de BHV.” En
2007, il existait sans
doute une majorité
flamande prête à aller
dans cette direction,
“mais les partis ne le
savaient pas… C’est une
honte !”
appelle la “défédéralisation provi­
soire”. Cela pourrait s’appliquer au
dossier des numéros Inami des fu­
turs médecins.
“On veut en finir
avec les mauvaises
excuses,
résume
Veerle
Wouters.
Dire, par exemple,
que sans majorité
des deux tiers, on ne
peut rien faire, c’est
faux.” Même l’indé­
La double majorité
pendance de la
Veerle Wouters
Dans un autre regis­
Flandre, décidée
Députée fédérale.
tre, les lois spéciales et
unilatéralement
la double majorité né­
par le Parlement
cessaire pour les modifier (majorité flamand, est envisageable en vertu
des 2/3 du Parlement et majorité de l’autodétermination des peuples.
simple dans chaque groupe linguis­
Si les deux élus reconnaissent que,
tique), peuvent être contournées, di­ aujourd’hui, il n’y a pas de majorité
sent les auteurs. La technique: créer claire en Flandre pour défendre une
des comités ministériels – un fran­ nouvelle réforme de l’Etat, “il faut
cophone, un néerlandophone – au convaincre, conclut M. Vuye. Car
sein du gouvernement pour gérer sans nouvelles institutions, le renou­
des compétences fédérales de ma­ veau politique ne sera pas possible.”
nière distincte. C’est que ce qu’on
Antoine Clevers
“Dire que sans
majorité des deux
tiers, on ne peut
rien faire,
c’est faux.”
Années 50. La Belgique adhère
peu à peu à des institutions
internationales (Ceca, Euratom,
CEE…) en méconnaissance de la
Constitution puisque celle-ci ne
prévoyait pas la possibilité d’un
transfert de compétences vers un
niveau international. Il faudra
attendre 1970 pour qu’on ajoute
un article 34 à la Constitution
allant en ce sens.
A partir de 1970. La
modification de la Constitution
suit une procédure bien établie.
Une liste des articles à réviser doit
d’abord être fixée; il y a ensuite
des élections; et seul le nouveau
Parlement peut procéder aux
modifications. Pourtant, la sixième
réforme de l’Etat – via un artifice
juridique – a modifié des articles
qui n’étaient pas repris dans la
fameuse liste. Pour les réformes de
1970, 1980, 1988-1989 ou 1993,
une série de “créations”, à la base
du fédéralisme, n’apparaissaient
pas non plus dans la liste. On
pense aux communautés
culturelles, aux Régions ou au
conseil des ministres paritaire.
La Libre Belgique - mercredi 8 mars 2017
© S.A. IPM 2017. Toute représentation ou reproduction, même partielle, de la présente publication, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation préalable et écrite de l'éditeur ou de ses ayants droit.
La nouvelle coupole
de la mémoire sur pied
Le Ceta vu par Magnette
n Le projet de loi créant le War Heritage
Institute est abordé ce mercredi à la Chambre.
n Le Premier wallon livre sa version
de l’histoire. Charles Michel, lui,
l’associe à Trump et à Le Pen.
C
M
ardi matin, c’est à Bruxelles et non à
Namur que le ministre­Président,
pourtant wallon, Paul Magnette (PS)
avait choisi de présenter son dernier
ouvrage consacré au Ceta – du nom
de ce projet d’accord de libre­
échange entre l’Europe et le Canada
que la Wallonie a mis à mal fin de
l’an dernier. Une histoire qui n’est
pas finie mais qui, actuellement
connaît une évidente accalmie.
“Ceta. Quand l’Europe déraille” est
la version de Paul Magnette des évé­
nements, tels qu’il les a vécus jus­
qu’aux deux semaines de tornade
médiatique qui propulseront le Carolo sur le
devant de la scène européenne (surtout) et in­
ternationale (un peu).
Un récit qui a donc le mérite de retracer le
processus amenant les Wallons, le gouverne­
ment fédéral, l’Union européenne et le Ca­
D.R.
mery, a rassemblé 10600 si­
gnatures.
A la veille du débat parle­
mentaire, le ministre­prési­
dent bruxellois, Rudi Ver­
voort (PS) a rappelé au mi­
nistre fédéral de la Défense,
le N­VA Steven Vandeput,
que “la Région de Bruxelles­
Capitale accordait une im­
portance cruciale au fait que
le site du Cinquantenaire
reste le site muséal principal
et central en Belgique et qu’il
soit trans­
Dépeçage
formé en mu­
Depuis la
sée de pointe
fin
2016,
à vocation
d’aucuns
internatio­
voient der­
nale”.
rière ce pro­
Le direc­
jet une vo­
teur
du
lonté N­VA
MRA, le gé­
de dépecer
néral Oger
cette partie
Pochet, a re­
Les obusiers en révision mis les faits à
essentielle
du
patri­ Les roues en bois les soutenant plat pour “La
moine natio­ étaient devenues un vrai danger. Libre”. En
nal. Avec la
rappelant,
crainte de voir se vider le d’abord, élément essentiel
musée de l’Armée (MRA) au que tous les objets militaires
profit de projets soutenus actuellement fédéraux le
par la Flandre à Brasschaat resteront comme le prévoit
et Leopoldsburg, évidem­ la loi. En nous amenant dans
ment en quête de pièces ra­ toutes les salles du MRA, il a
res, de “topstukken” selon aussi voulu couper les ailes
un décret flamand qui pré­ du canard annonçant un
voit que des trésors cultu­ dépeçage : la rénovation se
rels pourraient être régiona­ poursuivra avec l’aménage­
lisés. Cela a débouché sur ment de nouveaux espaces
une pétition de 500 signatu­ permanents sur la Grande
res pour classer les collec­ Guerre et d’expos temporai­
tions du MRA et sur une se­ res sur le raid de Dieppe, sur
conde qui, sous l’égide d’un l’après­Première Guerre.
Comité Tervueren­Montgo­
Christian Laporte
DIMITRA GOUNARI
e mercredi, la commis­
sion de la Défense de la
Chambre examine le
projet de loi réorganisant les
structures du devoir de mé­
moire avec la création an­
noncée du War Heritage
Institute, une coupole qui
réunira le musée de l’Ar­
mée, l’ex­Institut des vété­
rans­INIG, le mémorial de
Breendonk et les sites du
Pôle historique de la Dé­
fense.
nada à jouer un jeu bizarre au cours duquel la
crédibilité de l’Union européenne était en
danger. C’est la vision des choses de Magnette
qui est présentée ici. C’est la loi du genre.
D’autres intervenants en auront sans doute
une interprétation différente. En marge de la
présentation de son ouvrage, Magnette a
d’ailleurs précisé une nouvelle fois que si les
“19 engagements que nous avons obtenu lors des
négociations ne sont pas rencontrés, nous ne ra­
tifierons pas le Ceta”. Il sous­entendra
aussi que le fédéral ne semble pas
pressé d’aboutir.
Projet isolationniste
Hasard ou pas, un peu plus tard
dans la journée, invité à s’exprimer
au Cercle Chapel, le Premier minis­
tre Charles Michel (MR) a, selon
l’agence Belga, rapproché la saga du
Ceta avec le projet isolationniste du
président américain Donald Trump
qu’il rejette. Il a également précisé que cette
manière de contester les traités commerciaux
était également la stratégie de la présidente
du FN, Marine Le Pen en France. Entre ces
deux­là, c’est un courant alternatif qui passe.
S.Ta.
La polémique
Les canons seront réparés à Brasschaat,
sûrement pas annexés par la Flandre
Restauration. En ces temps où on prête des intentions de
désossage du patrimoine national aux ministres N-VA, celui de la
Défense en tête, la nouvelle a pu choquer les amoureux du musée
de l’Armée ! Après le départ d’un C119 à Melsbroek et l’annonce
que des blindés de la collection vont rejoindre Bastogne (ce qui
n’a heurté personne en Belgique francophone !), la disparition de
deux fameux obusiers de 1923 qui, telles les sentinelles sur les
bords de l’Yser autour du roi Albert, protégeaient l’entrée du
Musée, s’est vite muée en nouveau rapt nationaliste flamand. Cela
aurait été fait “en stoumelings” entre chien et loup, le 28 février.
En fait, le déménagement débuta dès l’après-midi, comme l’y
constata un collègue de “La Libre”. Et puis, si ces canons sont
partis, ce n’est pas pour devenir des “topstukken” du musée de
Brasschaat mais parce qu’ils nécessitent une sérieuse révision,
étant devenus un réel danger pour les visiteurs qui les
chevauchaient ou s’y reposaient. La direction du MRA les a
retirés. Par sécurité, pas sur ordre de Steven Vandeput. C.Le
mercredi 8 mars 2017 - La Libre Belgique
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Les télécoms et l’Horeca
provoquent la surinflation
n L’Observatoire des prix
a planché sur les causes
de la surinflation en Belgique.
E
ntre 2008 et 2016, l’inflation to­
tale en Belgique s’élevait en
moyenne à 1,5% contre 1,1% dans
nos principaux pays voisins. Ainsi, la
différence d’inflation totale cumulée a
atteint 3,6 points de pourcentage, ce
qui est dû pour 45% à l’évolution défa­
vorable des prix des services en Belgi­
que.” Ce n’est pas la conclusion mais
bien le constat de départ qui a con­
duit l’Observatoire des prix à mener
son enquête sur les causes de ce
qu’on pourrait appeler la “surinfla­
tion à la belge”.
12
Au fil de la période analysée, la Bel­ évolution. Leur inflation spécifique est
gique affiche un taux d’inflation tou­ de 2,9 % contre 1,9 % pour le panel de
jours plus élevé que ses voisins di­ référence. Et ce poids est d’autant plus
rects, l’Allemagne, la France et les conséquent que ce secteur représente
Pays­Bas. Une constante, régulière­ 15% du panier des services.” En cause,
ment dénoncée par la Banque natio­ des marges très basses dans un sec­
nale notamment et qui a conduit le teur très concurrentiel et des coûts
ministre de l’Economie, Kris Peeters, (de personnel notamment) en
à solliciter une en­
hausse. Cela se traduit
quête de la part de
par une hausse des
l’administration.
prix de vente. Et ce
“Vu la part qu’il re­
n’est pas un hasard si
Inflation en 2017
présente dans l’évolu­
une “surchauffe” in­
Le Bureau fédéral du plan
tion de l’inflation, nous
tervient depuis 2016,
prévoit désormais un taux
nous sommes donc fo­
année de l’apparition
d’inflation annuel de 2,2 % en
calisés sur le secteur des
de la “caisse blanche”.
2017, contre 2,1 % en février.
services, explique Pe­
“Easy Switch”
ter Van Herreweghe
de l’Observatoire. Et nous avons rapi­
Autre secteur épinglé: les télécoms.
dement constaté que les restaurants et “La situation est différente car dans ce
cafés sont à l’origine de 39 % de cette cas­ci, on note une baisse de prix des
2,2%
services mais ce recul est nettement
plus lent que dans les pays voisins: en 8
ans, ils ont baissé en moyenne annuelle
de ­0,8 % en Belgique et de ­2,4 % à
l’étranger”, souligne l’expert. En
cause ici, principalement les “offres
conjointes”, les packages pour les­
quels la concurrence joue moins en
raison de la disparité des offres (dé­
bit, nombre de chaînes télé…).
Cela incite le ministre à plaider
pour plus de transparence, à se mon­
trer probablement plus vigilant pour
l’ensemble des secteurs concernés et
à promouvoir l’“Easy Switch” qui,
via un arrêté royal attendu en juillet,
devra faciliter la tâche du consom­
mateur qui souhaite changer d’opé­
rateur télécoms, comme on l’a fait
pour le gaz et l’électricité.
Yves Cavalier
La Libre Belgique - mercredi 8 mars 2017
© S.A. IPM 2017. Toute représentation ou reproduction, même partielle, de la présente publication, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation préalable et écrite de l'éditeur ou de ses ayants droit.
Voilà le paiement
mobile sans contact
n BNP Paribas Fortis
propose depuis hier de payer
avec l’application Android Pay.
L
vent disposer d’un smartphone Android
et, dans un premier temps, être titulaires
d’une carte de crédit Visa ou Mastercard
(l’application sera disponible pour les titu­
laires d’une carte Bancontact dans le cou­
rant du mois de mai). Il leur suffit de char­
ger l’application dans le Google Play Store,
de mentionner la ou les cartes de crédit
qu’ils veulent associer à Android Pay et de
s’identifier ensuite auprès de leur banque.
Ils peuvent alors effectuer des paiements
sans contact via un terminal ou même sur
des sites d’e­commerce.
DEMOULIN
es clients de BNP Paribas Fortis, Fintro
et Hello bank! ne doivent plus sortir
leur carte de crédit pour régler un
achat: leur smartphone s’est depuis hier
mué en véritable portefeuille numérique.
Pour cela, il leur suffit d’approcher ledit
smartphone d’un terminal doté de la tech­
nologie de paiement sans contact, que ce Garanties de sécurité
soit en Belgique (85000 terminaux sont
Dans le commerce, comme chez Carre­
déjà compatibles) ou ailleurs dans le four dans la grande distribution, il suffit de
monde.
glisser son smartphone près du terminal
Il n’est donc besoin de carte bancaire en de paiement pour effectuer la transaction.
plastique ni même
Pour les mon­
de code secret pour
tants supérieurs à
les
transactions
25 euros, les
n’excédant pas les
clients doivent in­
25 euros. “C’est très
troduire le code
rapide pour le client
pin sur l’écran du
et le commerçant”,
smartphone.
souligne Anthony
Pour
l’e­com­
Belpaire, Industry
merce, les utilisa­
Head of Google Be­
teurs d’Android
lux.
Pay pourront vali­
Cette première
der une com­
pour le marché
mande chez Deli­
belge est le fruit de
veroo, par exem­
la
collaboration
ple, en appuyant
entre BNP Paribas
sur l’icône repré­
Fortis et Google,
sentant Android
qui permet de pro­
Pay.
Un simple “tap”
poser l’application
La facilité n’est
Android Pay de BNP Paribas Fortis est la première banque belge pas proposée au
à proposer le paiement mobile sans contact.
Google.
détriment de la sé­
Cette première
curité. Pour pou­
permet aussi à la Belgique d’être dans le voir télécharger l’application, il faut instal­
peloton de tête des pays à la pointe de cette ler une protection d’accès au smartphone.
innovation. En Europe, la Belgique est le 4e Pour toute transaction supérieure à
pays à proposer cette solution de paiement 25 euros, le smartphone doit obligatoire­
(après l’Irlande, la Grande­Bretagne et la ment être déverrouillé. Enfin, les données
Pologne) et à peine le 10e à l’échelle mon­ propres aux cartes bancaires ne sont pas
diale. “On repart un peu de l’avant en termes stockées sur le smartphone. Les éventuel­
d’innovation”, estime à ce sujet Thierry les utilisations frauduleuses en cas de vol
Geerts, Country Manager pour Google en ou de perte sont couvertes dans les mêmes
Belgique.
conditions que le vol ou la perte d’une
Le principe est simple: les clients de BNP carte bancaire classique.
Paribas Fortis, Fintro et Hello bank! doi­
P.D.-D.
Épinglé
Le mouvement est lancé dans les banques
KBC-CBC et Belfius vont suivre. Max Jadot, CEO, ne boudait pas son plaisir de pouvoir
annoncer que BNP Paribas Fortis “est la première banque belge capable d’offrir Android Pay”.
Longtemps en retard d’une bonne guerre en matière de paiement sans contact – il a fallu
attendre le printemps 2015 pour qu’une première banque belge, en l’occurrence KBC, lance la
carte sans contact – la Belgique met désormais les bouchées doubles. BNP Paribas Fortis avait
à peine annoncé le lancement d’Android Pay que KBC et CBC diffusaient un communiqué
annonçant que leurs clients “profiteront bientôt du confort” de paiement offert par cette
application. Belfius Banque a pour sa part fait le choix de développer son propre produit avec
Visa. A l’inverse de la solution Android Pay, le paiement sans contact avec smartphone sera
intégré dans l’application mobile de la banque. Au-delà de l’effet d’annonce fin février, les
clients de Belfius doivent encore patienter quelques semaines avant de pouvoir payer avec le
sans contact. Bancontact proposera aussi une telle solution dans les mois à venir. P.D.-D.
mercredi 8 mars 2017 - La Libre Belgique
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© S.A. IPM 2017. Toute représentation ou reproduction, même partielle, de la présente publication, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation préalable et écrite de l'éditeur ou de ses ayants droit.
Les gros travaux des copr
seront plus facilement dé
sécurité ou de salubrité.
Ce qui a incité le ministre à
agir, c’est le constat que les
propriétaires qui occupent
eux­mêmes leur apparte­
ment sont souvent disposés à
investir davantage que les
propriétaires
qui mettent
leur apparte­
ment en loca­
tion.
Il arriverait
régulièrement
que les occu­
pants souhai­
tant rénover
les
parties
communes es­
suient un refus de la part des
bailleurs, moins prompts à
délier le cordon de leur
bourse. L’assouplissement de
la règle de la majorité au sein
de l’assemblée générale pour­
rait permettre de débloquer
ce type de situation.
Le groupe de travail pro­
pose aussi la possibilité de dé­
signer un administrateur
provisoire dans des cas limi­
tés.
Pour éviter que les copro­
n Les règles
de majorité devraient
être assouplies.
L
es règles en matière de
copropriété pourraient
bientôt connaître de
nouvelles modifications.
Le ministre de la Justice,
Koens Geens (CD&V), a
chargé un groupe de travail
rassemblant des profession­
nels de la matière, de faire des
propositions afin, notam­
ment, de permettre de facili­
ter les travaux de rénovation
importants d’un immeuble.
priétaires ne doivent débour­
ser d’un seul coup le montant
total d’un gros investisse­
ment, une contribution obli­
gatoire au fonds de réserve
devrait être instaurée, sug­
gère encore le groupe de tra­
vail. Le syndic
devrait
par
ailleurs pouvoir
prendre
des
mesures judi­
ciaires ou extra­
judiciaires
à
l’égard d’un co­
propriétaire
mauvais
payeur.
Les
copropriétaires
ne défendent
pas tous
les mêmes
intérêts.
Occupants et bailleurs
Actuellement, une majorité
des 3/4 est nécessaire pour
décider de chantiers impor­
tants. Elle pourrait être ré­
duite à deux tiers.
Sous conditions strictes,
l’unanimité pourrait être
remplacée par une majorité
des 4/5 lorsqu’il est néces­
saire de reconstruire un im­
meuble pour des raisons de
Qui paie, décide
Autre recommandation qui
fera du bruit : se basant sur le
principe “qui paie, décide”, le
groupe de travail propose que
les copropriétaires qui sup­
portent tous les frais de cer­
taines parties communes
soient les seuls à décider.
Ainsi, par exemple, celui qui
habite au rez­de­chaussée et
ne contribue pas aux frais de
l’ascenseur ne sera pas asso­
cié aux décisions relatives à la
Serge Litvine reprend “Odette en
française, près de Florenville)
en un hôtel de charme avec
restaurant (dont il est toujours
propriétaire) avant d’ouvrir
l’adresse bruxelloise située au
cœur du quartier (à succès) du
Châtelain.
“On va garder l’esprit de la
maison, le bar feutré, le restau­
rant et les chambres d’hôtel”,
précise Tatiana Litvine. Le
nom aussi. Et l’ancienne gé­
rante qui reprend du service.
Pas de gros travaux au menu
n L’hôtel-restaurant
bruxellois s’ajoute aux
Villas “Lorraine”, “in
the Sky” et “Emily”.
14
La Villa Lorraine et les autres…
C’est en 2010 que Serge Li­
tvine a concrétisé sa passion
pour la gastronomie en rache­
tant La Villa Lorraine.
Deux ans auparavant, il avait
D.R.
E
t une belle adresse
bruxelloise de plus pour
Serge Litvine ! Le proprié­
taire de La Villa Lorraine vient
en effet de racheter “Odette en
Ville”. “Une magnifique maison,
explique d’emblée Tatiana Li­
tvine, fille de Serge Litvine, en
charge de la communication
et des événements. Une très
belle enseigne, dans la même li­
gnée que ce que nous faisons à
La Villa Lorraine, La Villa Emily
ou La Villa in the Sky.” Et puis,
“Odette en ville” “était en
faillite depuis l’été dernier” et
avait gardé portes closes après
la fermeture du mois d’août.
Serge Litvine a racheté la mai­
son à Didier Thiry qui avait
transformé le bistrot “Odette”,
situé à Williers (en Gaume
mais du rafraîchissement. Le
restaurant rouvrira le 26 avril,
avec à la direction de la cui­
sine, Vladimir Litvine, fils de
Serge. Les 8 chambres seront,
elles, accessibles à partir du
24 mai.
“Odette en ville”: allure chic, cosy et glamour.
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opriétés
cidés
rénovation de l’engin.
Le groupe de travail sug­
gère enfin que ce soit le
bailleur, et non plus le syn­
dic, qui doive informer le
locataire des décisions pri­
ses par l’assemblée géné­
rale; que les tâches du syn­
dic soient plus clairement
décrites; que les statuts
d’une copropriété soient
dissociés des textes législa­
tifs, de sorte qu’il ne faille
plus les adapter chaque
fois que la loi change.
Toutes ces propositions
doivent encore suivre leur
parcours législatif mais le
ministre souhaite aboutir
d’ici la fin de l’année.
Interrogé par nos soins,
Marc Ajzenman, syndic
blanchi sous le harnais, ac­
cueillait
favorablement
l’idée d’assouplir la règle
de la majorité mais insis­
tait sur la nécessité de ne
pas multiplier les formules
en fonction de la nature
des travaux, ce qui rendrait
très ardue la gestion d’un
immeuble.
J.-C.M.
EN BREF
Bandes de motards
Trente-quatre “No Surrender” interpellés
Trente-quatre personnes ont été interpellées, mardi, dans
la foulée de 61 perquisitions menées à travers le pays par
plusieurs polices judiciaires fédérales. L’opération s’est
déroulée dans le cadre d’un dossier de trafic d’armes et de
tentatives d’assassinat lié à la bande de motards des “No
Surrender”. Les policiers ont aussi procédé à la saisie
d’armes à feu, de munitions, d’une grenade, d’un gilet
pare-balles et de 5000 euros. (Belga)
Judiciaire
Wim Delvoye
s’en tire bien
L’artiste Wim Delvoye a
obtenu, en appel, la
suspension du prononcé de
la condamnation, après
avoir été condamné, en
première instance, à 6 mois
de prison avec sursis et à
une amende de 2750 euros.
Delvoye souhaitait
restaurer son château de
Melle mais ne détenait pas
toutes les autorisations.
Lors d’un contrôle effectué
par deux fonctionnaires et
une policière, l’artiste les
avait traités de tous les
noms. (Belga)
13
Millions de Belges
en 2060
Selon le Bureau du Plan,
la Belgique passera de
11,3 millions d’habitants en
2016 à 13 millions en 2060,
soit une hausse moyenne de
40000 habitants par an,
contre 50000 au cours
des 30 dernières années.
La population de la Région
de Bruxelles-Capitale
(+28 % d’ici 2060) croîtra
deux fois plus vite que celle
des autres Régions (+14 %).
On comptera une personne
de 67 ans et plus pour 2,5
âgées entre 18 et 66 ans,
alors qu’on en comptait une
pour quatre en 2016. (Belga)
ville”
revendu les gaufres Mil­
camps, entreprise qu’il
avait dirigée pendant une
vingtaine d’années.
Après La Villa Lorraine,
dédoublée en restaurant
gastronomique (1 étoile
Michelin) et brasserie, il a
repris, en 2014, ce qui allait
devenir La Villa in the Sky,
au sommet de l’IT Tower,
avenue Louise (2 étoiles) et,
un an plus tard, l’exploita­
tion et le fonds de com­
merce d’Emily Ristorante
by Degand à son ami Pierre
Degand, rebaptisé La Villa
Emily (1 étoile). La même
année, il a racheté 50 % du
Sea Grill à Yves Mattagne (2
étoiles). Serge Litvine a
aussi développé La Villa
Lorraine­Traiteur à Uccle
(2011), Lasne (2013), Ixel­
les (2016) et vise Stockel. “Il
faut trouver l’emplace­
ment…”, précise Tatiana Li­
tvine. Une chose est sûre :
l’aventure n’est pas finie !
A.Ma.
mercredi 8 mars 2017 - La Libre Belgique
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/
Une nouvelle
voirie pour
Merbraine
Braine-l’Alleud La majorité
brainoise dit ne pas avoir le
choix : il faut gérer l’avenir…
L
e tracé d’une nouvelle voirie de
liaison entre l’avenue Blücher et
l’avenue Victor Hugo et la création
d’un rond­point à la jonction de la rue
du Charron et l’avenue Victor Hugo ont
été soumis au vote par le collège, lundi
soir au conseil communal de Brai­
ne­l’Alleud. Il s’agit d’une première
étape pour la mise en œuvre d’un lotis­
sement à Merbraine, après l’approba­
tion du plan communal d’aménage­
ment l’an dernier.
C’est donc bien
un lotissement
d’un bon millier
d’habitants en plus
qui se profile.
Un projet controversé : depuis près de
vingt ans, le promoteur multiplie les
projets sur cette zone, ainsi que les
échecs. Mais d’après le bourgmestre
Vincent Scourneau, “on était arrivé au
bout du bout”, avec des menaces d’action
en justice pour faire respecter les droits
du propriétaire qui veut réaliser son ter­
rain en zone constructible.
Derrière le vote sur les voiries, c’est
donc bien un lotissement d’un bon mil­
lier d’habitants en plus qui se profile…
“On reste cohérent avec le malaise qui est
le nôtre à propos de l’urbanisation de cette
zone”, a indiqué Olivier Vanham au nom
des Intérêts brainois (IB). “Tous ceux qui
passent par là le matin savent que la zone
est déjà très engorgée. Il ne faut pas blo­
quer complètement cette importante en­
trée ou sortie de Braine­l’Alleud. Nous som­
mes très inquiets. On parle de 600 voitures
en plus, comment allons­nous les gérer ?”
Des navetteurs floués
depuis deux ans
Profondsart La gare ayant
été déplacée, un tarif réduit
devrait être appliqué.
I
l y a un peu plus de deux ans
aujourd’hui, l’arrêt de Pro­
fondsart sur la Ligne 161 re­
liant Ottignies à Bruxelles a été
déplacé dans le cadre des travaux
du RER, le rapprochant de la capi­
tale à hauteur de 800 mètres. Un
événement qui n’avait pas
d’autres conséquences que de
faire marcher un peu plus les na­
vetteurs de la SNCB.
Jusqu’à la polémique née il y a
quelques jours suite à l’initiative
de Bastian Petter, un habitant de
Profondsart­Limal. Celui qui est
aussi coprésident du groupe Ecolo
Wavre a eu l’idée de recalculer la
distance entre la gare wavrienne
et celle de Boitsfort, la première
station SNCB de la Région bruxel­
loise. Et désormais, la gare de Pro­
fondsart se retrouverait à 14,6 ki­
lomètres de celle de Boitsfort. “Les
voyageurs qui montent dans le
train à Profondsart à destination de
Bruxelles ont donc droit à la Key
Card, précise Bastian Petter. C’est
la première bonne nouvelle depuis le
début des travaux du RER !”
Une économie de 4,60 €
Cette fameuse Key Card permet
en effet aux navetteurs de profiter
de tarifs préférentiels à condition
qu’ils embarquent dans une gare
située à moins de 15 kilomètres
de la gare bruxelloise la plus pro­
che. Ceux embarquant depuis
Profondsart devraient bénéficier
de ces réductions. “L’aller­simple
Profondsart­Bruxelles coûte 4,40€.
Or, la Key Card est une carte de 10
trajets pour 21 €. Si on fait le calcul,
ça fait une économie de 4,60€ par
jour pour un aller­retour ! Avoir la
possibilité de bénéficier de ce tarif,
c’est une excellente nouvelle pour les
habitants de Profondsart, Rofessart,
Limal, Froidmont et Rixensart. Ce
sont de sérieuses économies en pers­
pective.”
Problème, aucun changement
de tarif n’est survenu depuis jan­
vier 2015 et le déplacement de la
gare de Profondsart. Aujourd’hui,
les écolos réclament à la SNCB – si
pas de rembourser les navetteurs
lésés – au moins d’actualiser les
distances, de manière à ce que les
navetteurs embarquant à Pro­
fondsart puissent bénéficier des
tarifs “auxquels ils ont droit”.
Une gare déjà discriminée
Le député fédéral Ecolo Marcel
Cheron a d’ailleurs posté une
question au ministre de la Mo­
blité François Bellot. Sa réponse
devrait être connue prochaine­
ment. “Cette Key Card est un bon
moyen de revaloriser la gare de Pro­
fondsart dont les voyageurs et les ri­
verains ont beaucoup souffert des
travaux – toujours inachevés – du
RER, précise Marcel Cheron. Mal­
gré qu’elle se trouve sur une des li­
gnes principales du Royaume, c’est
une gare que le bourgmestre en titre
de Wavre (NdlR : le Premier mi­
nistre Charles Michel) ne devrait
pourtant pas discriminer. C’est
d’ailleurs tout à fait dommage
qu’elle ne bénéficie toujours que
d’un train par heure.”
Y.N.
Épinglé
“Si les navetteurs
entrent dans les
conditions, ils y
auront droit”
Recalcul. Au sein de la SNCB,
on dénonce la démarche quelque
peu cavalière du groupe Ecolo,
lequel a envoyé un communiqué
de presse sans même attendre la
réponse du ministre Bellot, lors
de la commission de
l’infrastructure et des
communications. Toujours est-il
que les services techniques de la
SNCB devraient être
prochainement amenés à évaluer
la situation. “Effectivement, la
gare de Profondsart a bougé,
confie Thierry Ney, le porteparole de la SNCB. Nous allons
recalculer les distances et, s’il
s’avère que les navetteurs
embarquant à Profondsart peuvent
bénéficier de certaines conditions,
ils y auront droit.”
Pour Vincent Scourneau, le temps de
s’opposer comme le fait IB est révolu. A
présent, il faut tenir compte de la situa­
tion, de l’inévitable urbanisation an­
noncée pour l’avenir, et gérer cela au
mieux. “Il faut trouver les meilleures solu­
tions : on peut s’obstiner à dire non mais à
un moment, on doit se mettre autour de la
table et réfléchir, a répondu le maïeur brai­
nois. On va devoir s’adapter, c’est comme
ça.” Le bourgmestre a plutôt encouragé
IB à contacter les ministres CDH à la Ré­
gion, pour qu’ils s’intéressent aux soucis
de mobilité dans cette zone où les voi­
ries principales sont régionales. La
liaison entre la chaussée de Bruxelles et
la chaussée de Charleroi semble avoir
disparu des intentions régionales…
V.F.
16
D.R.
Le temps de s’opposer est révolu
Bastian Petter a fait le calcul. La gare de Profondsart est à moins de 15 km de celle de Boitsfort.
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L’Art déco sous toutes
ses formes
Bruxelles Philippe
Leblanc exposera
lors du Banad festival.
DEMOULIN
C
La Maison Philippe Linssen est une véritable institution du centre-ville depuis 119 ans.
Le plus vieux magasin
de perruques contraint
de fermer
Bruxelles-Ville Le piétonnier
a fait baisser la clientèle de
la Maison Philippe Linssen.
C’
est une véritable institution qui
s’apprête à fermer ses portes
dans le centre­ville. Après 119
ans d’existence, le célèbre magasin de
perruques Maison Philippe Linssen va
mettre la clé sous le paillasson à la fin du
mois d’avril.
Ce spécialiste en vente et fabrication
de perruques est implanté au nu­
méro 144 du boulevard Anspach depuis
1898. Il s’agissait initialement d’un sa­
lon de coiffure avant que le commerce
ne soit réaffecté en magasin de perru­
ques. “C’est dommage de voir ce com­
merce fermer. La façade est très typique de
l’époque et les produits proposés sont uni­
ques”, explique Stéphanie, une riveraine
du centre­ville qui passe tous les jours
devant ce commerce particulier. “J’aime
m’arrêter devant la vitrine et observer
toutes ces perruques plus originales les
unes que les autres. Ce commerce est diffé­
rent des autres et donne le sourire.”
La Maison Philippe Linssen est l’un
des derniers témoins du XIXe siècle en­
core existant sur le boulevard Anspach,
et amuse les nombreux touristes qui
passent devant. Mais au fil du temps, ce
boulevard s’est considérablement
transformé et le magasin se situe désor­
mais entre des magasins d’impressions
et de télécommunication.
Travaux devant le magasin depuis un an
La gérante pointe du doigt le piéton­
nier qui a, selon elle, eu un impact néga­
tif sur la fréquentation de son com­
merce. “Le piétonnier n’a certainement
pas aidé les choses, explique Mariette
Moreau, la gérante. Des travaux sont en­
trepris devant le magasin depuis l’année
dernière et cette situation a engendré une
perte de places de stationnement. Les gens
prennent moins de plaisir à se rendre dans
le centre­ville.”
Résultat : la clientèle qui s’est toujours
montrée fidèle se rend de moins en
moins dans le pentagone et la gérante
n’a pas eu d’autre choix que de fermer.
“Nous fermons définitivement le magasin
entre le 15 et le 30 avril prochain. Le ma­
gasin existe depuis plus de cent ans, mais
vu l’emplacement, les repreneurs ne se
bousculent pas au portillon”, ajoute Ma­
riette Moreau. Le commerce est donc en
liquidation totale et propose ses articles
à moins 50 %.
Contacté, le cabinet du bourgmestre
Yvan Mayeur (PS) n’a pas souhaité com­
menter cette fermeture et nous a ren­
voyé vers Marion Lesmesre (MR), l’éche­
vine en charge du Commerce, qui
n’était, elle, pas disponible.
A.F.
e samedi marquera le
coup d’envoi du Banad
(Brussels Art nouveau &
Art déco) festival, qui se tiendra
les week­ends compris entre le
11 et le 26 mars dans la capi­
tale. Cette année, l’événement
ouvrira plus de 50 lieux au pu­
blic dont l’atelier de l’artiste
bruxellois Philippe Leblanc,
passionné par l’Art déco.
“Je suis architecte de formation.
J’ai essayé la peinture pendant un
moment mais je suis vite revenu à
la sculpture et aux objets en trois
dimensions. J’ai toujours adoré
l’Art déco, qui s’est développé en­
tre les deux guerres, ainsi que
l’Art nouveau et le modernisme”,
confie l’homme aux deux cas­
quettes, qui nous reçoit dans
son habitation à Etterbeek. “Si
je pouvais arrêter l’architecture
et me consacrer entièrement à
l’art, je le ferais.”
Ces samedi 11 et dimanche
12 mars, l’artiste exposera une
partie de ses œuvres dans la
coupole du palais de la Folle
Chanson, situé au coin du bou­
levard Général Jacques et l’ave­
nue de la Folle Chanson. “J’y ex­
poserai ce qu’on peut appeler un
calendrier, fait de pièces ovales
colorées qui tournent en spirale.
Chaque pièce aura, sur une face,
une couleur représentant un jour
de la semaine et de l’autre côté,
un miroir. Ce qui signifie que les
visiteurs n’auront pas la même
vision du calendrier vu d’en haut
ou d’en bas”, explique l’artiste,
qui peaufine les derniers détails
de son œuvre dans son atelier.
Le Bruxellois, qui investit ac­
tuellement l’hôtel Métropole
avec son exposition “Lights and
Motion” n’en est donc pas à son
coup d’essai. “Outre Bruxelles,
j’ai déjà eu l’occasion d’exposer à
New York, à Paris ou encore Mi­
lan. Au mois de mai, j’exposerai
en Italie, dans le cadre de la Bien­
nale de Venise”, se réjouit l’ar­
chitecte.
Malgré ses nombreux voya­
ges, Philippe Leblanc reste sous
le charme de la capitale : “C’est
une ville très hétéroclite, très colo­
rée et où il est possible d’entendre
cinq langues en cinq minutes. Ça
m’étonne toujours”, conclut­il.
S.N.
Fermeture
Institution de la dentelle
Bruxelles. Une autre institution va
fermer ses portes le 21 mars:
Rubbrecht, le dernier magasin de
dentelles faites à la main et implanté
Grand-Place depuis 1957. “Ma mère,
propriétaire du magasin, va prendre sa
retraite et je vais me concentrer sur la
production en ligne, explique Eline
Rubbrecht. Seule, je ne peux assurer une
qualité de service suffisante dans le
magasin et un suivi à la production. Mais
cette fermeture n’est pas due à une baisse
de la fréquentation.” A.F.
mercredi 8 mars 2017 - La Libre Belgique
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/
Namur gagne le trophée Romeyer
Schaerbeek
Un tram déraille
et se retrouve
sur le trottoir
Wavre L’Ipes de Wavre
décroche la quatrième place
d’un concours très serré.
Un tram de la ligne 7 a
déraillé mardi vers 13h sur
le boulevard Lambermont,
une partie du convoi se
retrouvant sur le trottoir de
l’arrêt Princesse Elisabeth
où ne se trouvait
heureusement personne. Le
tram était vide au moment
de l’accident et rentrait au
dépôt. Les causes restent à
déterminer. A.F.
LAMBERT
C
haud devant ! Branle­bas de
combat inhabituel, hier, dans les
installations de l’Ipes à Wavre
pour la 13e édition du prestigieux
Trophée Romeyer, du nom du grand
chef cuisinier belge. Les cuisiniers en
herbe proviennent de Namur (2 éco­
les), Uccle, Anderlecht, Tournai et du
Brabant wallon. “Chaque école pré­
sente une équipe composée de trois étu­
diants, encadrés par un professionnel
en activité”, explique la députée pro­
vinciale Isabelle Kibassa­Maliba.
En cuisine, les élèves sont coachés
par le chef cuisinier. Il doit être un
non étoilé et choisi dans la province
de l’école représentée. Ensemble, ils
décident de trois recettes basées sur
un menu imposé par le Baron Pierre
Romeyer. Cette année, les élèves ont
dû sublimer une sole limande en en­
trée, une joue de veau en plat et un
gâteau aux framboises, fruits de la
passion ou chocolat comme dessert.
“En cuisine, les équipes ont été notées se­
lon une grille de critères : la rigueur, la
précision, la communication, la qualité
de la relation cuisiniers­chef, le travail
L’équipe du Brabant wallon aux fourneaux avant le coup de feu.
en équipe, etc.”, souligne Gaetan Bous­
man, administrateur d’Euro­Toques
et secrétaire du concours.
Dans la salle adjacente, le jury s’est
installé et a dégusté chaque plat. Le
goût et la présentation sont passés au
peigne fin.
Autour du président du jury, le Ba­
ron Romeyer, ont siégé des représen­
tants d’Euro­Toques, du Brabant
wallon, de sponsors et de la presse
spécialisée. Trois jurys distincts ont
été composés, un pour l’entrée, le
plat et le dessert. Chaque membre a
octroyé une série de points pour cha­
que plat. Et dans l’après­midi, un
huissier de justice a fait le compte.
Avec, au final, la victoire de l’école
hôtelière provinciale de Namur et la
4e place de l’Ipes de Wavre. “Le con­
cours a été très serré, confie Gaetan
Bousman. Les quatres premières écoles
se tiennent en 5 %.”
Gatien Lambert
Quatre mois de travaux
avenue de la Liberté
Koekelberg Création d’une bande de bus et
d’un site franchissable pour les vélos.
L
e tronçon de l’avenue de la Liberté situé entre les
avenues Seghers et Panthéon est en pleine trans­
formation. Ce réaménagement vise à l’améliora­
tion de l’exploitation des transports publics par la
création d’une bande réservée aux bus et d’un site spé­
cial franchissable pour les vélos dans chaque sens de
l’avenue ainsi que par la mise aux normes des arrêts
notamment vis­à­vis des personnes à mobilité réduite.
La première phase des travaux, qui a débuté le 27 fé­
vrier, se concentre sur la rénovation du réseau
d’égouttage par Vivaqua. Cette opération devrait se
terminer à la fin avril. S’ensuivront les travaux de ré­
novation des trottoirs, de la voirie et d’une demi­
berme centrale par Bruxelles Mobilité en mai et juin.
“Le projet entend avoir un impact sur la qualité de l’es­
pace public, notamment par les matériaux choisis et par le
fait que la demande de permis d’urbanisme porte égale­
ment sur le renouvellement des arbres situés en berme
centrale et qui présentent un état sanitaire préoccupant”,
fait savoir Bruxelles Espaces publics dans un commu­
niqué. Lors de ces deux phases, la circulation automo­
bile est interdite avenue de la Liberté, du côté des nu­
méros pairs y compris le stationnement sur une demi­
largeur de berme. Une déviation locale a été mise en
place via la rue Jules Besme.
S. N.
18
EN BREF
Bruxelles-Ville
Début du chantier sur
le boulevard Poincaré
“La règle est simple, plus on
donne de place aux cyclistes,
plus le nombre de cyclistes
augmente.” Pascal Smet
(SP.A), ministre bruxellois de
la Mobilité et des Travaux
publics, reste fidèle à ses
propos. La création d’une
piste cyclable implantée du
côté du trottoir, surélevée,
bidirectionnelle et d’une
largeur de 2,5 m a débuté
boulevard Poincaré. Ce n’est
que la première phase, la
piste devant relier la Porte de
Ninove et l’esplanade de
l’Europe. D’ici 2020, la
Région souhaite atteindre les
80 km de pistes. L.D.
20
minutes de concert
La Stib et le métro bruxellois
participent à l’édition 2017 du
Klarafestival. Les cinq artistes
du Saint Georges Quintet se
produiront dans le métro ce
9 mars de 17h à 19h, à raison
de prestations de 20 minutes.
Chaumont-Gistoux
Enquête sur
le commerce
Les autorités communales
ont lancé une enquête sur le
développement commercial
de l’entité afin de recueillir
les avis des Chaumontois et
autres personnes qui
viennent y faire leurs
courses, afin de mettre en
place une stratégie adéquate
de développement et de
soutien aux commerces.
Cette enquête est disponible
sur le site de la commune
mais aussi en version papier
en divers lieux.
La Libre Belgique - mercredi 8 mars 2017
© S.A. IPM 2017. Toute représentation ou reproduction, même partielle, de la présente publication, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation préalable et écrite de l'éditeur ou de ses ayants droit.
© S.A. IPM 2017. Toute représentation ou reproduction, même partielle, de la présente publication, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation préalable et écrite de l'éditeur ou de ses ayants droit.
Tunisie
Le président tunisien avait annoncé
que son pays ne pouvait accueillir
les présumés terroristes tunisiens.
n En 2015, un rapport des Nations
unies estimait leur nombre à 5500.
n La frontière demeure très poreuse
avec la Libye voisine.
n
À savoir
Sur les 3000 à 4000 Tunisiens partis en Syrie
et en Irak, 500 sont revenus et 400 ont été arrêtés,
selon les chiffres donnés par les autorités tunisiennes,
afin d’évaluer la menace terroriste dans le pays.
La Tunisie a subi le 7 mars 2016 des attaques
simultanées sans précédent à Ben Guerdane. Celles-ci
ont été attribuées au groupe Etat islamique (EI).
L’histoire du terrorisme tunisien est ancienne. Dans
les années 80, les Tunisiens étaient nombreux à se
battre en Afghanistan. Deux d’entre eux ont assassiné
le commandant Massoud le 9 septembre 2001.
La Tunisie
craint les revenants
du djihad
Reportage Mathieu Galtier
Correspondance à Tunis
L
a Tunisie a peur de ses revenants. Non pas
des fantômes de l’ancien régime – pas en­
core – mais des combattants qui ont rejoint
des groupes terroristes. En 2015, un rap­
port des Nations unies estimait leur nom­
bre à au moins 5500, répartis surtout en Syrie,
Irak et Libye.
Le ministère de l’Intérieur tunisien les dénom­
bre à un peu moins de 3000. Si ces données sont
difficilement vérifiables, il reste deux faits : les Tu­
nisiens forment le gros des troupes djihadistes
étrangères et le phénomène n’est pas récent. De­
puis quelques semaines cependant, le sujet est sur
toutes les lèvres. C’est le président, Béji Caïd Es­
sebsi, qui a lancé la polémique lors de son séjour
en France début décembre, déclarant que le pays
ne pourrait pas accueillir les présumés terroristes
car les prisons sont surchargées. L’attentat de Ber­
lin du 19 décembre, commis par le Tunisien Anis
Amri, a ajouté de l’huile sur le feu.
“Pas la poubelle de l’Allemagne”
A l’appel d’un collectif ayant pour slogan “Non
aux retours des terroristes”, deux manifestations
ont déjà eu lieu à Tunis. Le 8 janvier, un tout petit
millier de personnes s’est réuni avenue Bourguiba,
principale artère du centre­ville. Dans la langue de
Goethe, on pouvait y lire : “Angela Merkel, la Tuni­
sie n’est pas la poubelle de l’Allemagne.”
Elégant manteau et chapeau assorti pour l’une et
20
maquillage sophistiqué pour l’autre, Sayda Hédri
et Aida Bousselmi n’ont pas l’habitude de battre le
pavé, pourtant, leur verbe est tranchant : “Ils ne
sont plus tunisiens ! Ils ont choisi de prêter allégeance
au drapeau noir de l’Etat islamique, c’est eux­mêmes
qui ont décidé de trahir la Tunisie. Qu’ils soient jugés
où ils sont.” Ces deux dames chics venues de Bi­
zerte, à 70km au nord de Tunis, ne sont pas hosti­
les à créer des apatrides (ce qui
est proscrit par l’article 25 de la
Constitution), brandissant la
peur d’“années noires” tunisien­
nes, comme a pu connaître l’Al­
gérie dans les années 90.
Pour les manifestants, Anis
Amri, tout comme Mohamed La­
houaiej Bouhlel, l’auteur tuni­
sien de l’attentat de Nice, sont
d’abord les enfants monstrueux
de l’Europe, où ils se sont radica­
lisés. Un discours relayé par le
chef de l’Etat, le 12 janvier, qui a
affirmé que “la Tunisie n’est pas le
premier exportateur de terroristes
au monde” devant des étudiants
de l’Institut d’études politiques
de Paris. Le Syndicat national des
forces de sécurité intérieure
brandit, lui, la menace d’une “somalisation” de la
Tunisie en cas de retour de ces combattants.
péen de Florence, Mohamed Limam considère le
non­retour des terroristes comme juridiquement
inenvisageable. La révision de l’article 25 (“Aucun
citoyen ne peut être déchu de la nationalité tuni­
sienne, ni être exilé ou extradé, ni empêché de re­
venir dans son pays”) est impossible car le pays n’a
toujours pas de Cour constitutionnelle, seule ins­
tance capable d’entériner une telle modification.
Mais pour l’expert, le pro­
blème est surtout dans la loi
contre le terrorisme de 2015.
Elle s’appuie sur le concept de
“criminalité transnationale”,
qui est un “non­sens car les ju­
ges n’ont pas de compétence uni­
verselle pour juger un acte com­
mis hors des frontières”,
s’alarme Mohamed Limam.
Pour lui, la seule solution serait
que ces Tunisiens soient jugés
par la Cour pénale internatio­
nale (CPI), à condition que le
Parlement achève la procédure
de ratification du traité de
Rome qui instaure la CPI…
Depuis son bureau de chef du
groupe parlementaire de Ni­
daa Tounes, le parti présiden­
tiel, Soufien Toubal balaie ces arguments juridi­
ques. Il promet que sa formation déposera pro­
chainement une proposition de loi pour
empêcher le retour des djihadistes et permettre la
déchéance de nationalité. Devant “ces bombes à re­
Anis Amri,
tout comme
Mohamed
Lahouaiej Bouhlel,
l’auteur tunisien
de l’attentat
de Nice,
sont d’abord
les enfants
monstrueux
de l’Europe.
Un retour inévitable
Chercheur associé à l’Institut universitaire euro­
La Libre Belgique - mercredi 8 mars 2017
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FRANCOIS GLORIES/REPORTERS/STARFACE
C’est un ressortissant tunisien qui avait commis l’attentat du 14 juillet à Nice. La Tunisie craint de voir revenir sur son territoire les terroristes qui ont combattu au nom de l’EI.
tardement”, l’élu préfère le pragmatisme sécuritaire
aux libertés, même fondamentales.
Bien que député du Front populaire, parti d’oppo­
sition classé à gauche, Mongi Rahoui est quasiment
sur la même ligne. “Organiser le retour des djihadistes
revient à légitimer leur départ, c’est impensable.” L’élu a
toute confiance envers les forces de sécurité pour ar­
rêter les “quelques centaines” de Tunisiens prêts à
commettre un attentat s’ils venaient à rentrer clan­
destinement sur le territoire. Une confiance qui n’est
pas partagée par tous. Esma Hamzaoui, ancienne mi­
litante de Nidaa Tounes, craint la “wahhabisation de
[son] pays car [elle le sent] basculer”, c’est pour ça
qu’elle refuse le retour des “Tunisiens en foyers de ten­
sion”, selon l’expression consacrée par l’administra­
tion.
En 2015, après les attaques du Bardo et de Sousse,
le gouvernement a lancé un “système d’obstacles”
composé d’eau et de sable pour sécuriser la frontière
d’environ 460km avec la Libye, d’où les terroristes
avaient reçu un entraînement. Aujourd’hui, seule la
première phase de 200km est achevée. La seconde
n’a pas encore commencé. “Cette question est le pre­
mier test pour la démocratie tunisienne”, met en garde
Emna Ennaifer, directrice de programmes au Centre
pour l’étude de l’islam et la démocratie (CSID). “Sous
les précédents régimes, le problème était réglé par la tor­
ture. Il faut une autre approche.”
Le CSID est sur le point de lancer un projet s’inspi­
rant de la méthode canadienne développée au “Cen­
tre de prévention de la radicalisation menant à la
violence”. Il s’agit de repérer les “revenants” suscep­
tibles de passer à l’acte. Si ceux qui sont partis rejet­
tent la démocratie, ils ne sont pas tous des terroristes
en puissance. “Il est important de bien différencier les
types de salafistes, quiétistes ou violents, pour cerner les
vrais comportements à risque”, met en garde Emna
Ennaifer. Mohamed Iqbel Ben Rejeb, président de
Ratta (Rescue Association of Tunisians Trapped
Abroad), estime que les familles doivent aussi profi­
ter d’un suivi, notamment psychologique car “elles
sont souvent stigmatisées par le voisi­
nage et l’administration alors qu’elles
n’ont rien fait”. L’activiste se désole de
l’absence de stratégie des autorités en
ce sens.
Rupture des liens entre Tunis et Damas
droit de prêcher librement.” Walid Bennani plaide
pour un retour des terroristes afin de les interroger
avant de les mettre en prison, isolés des détenus de
droits commun pour “éviter la contagion”.
Mais la rupture de la coopération sécuritaire entre
la Tunisie et la Syrie, où se trouve la majorité des
combattants tunisiens, complique ce scénario. “Pour
juger quelqu’un, il faut des faits précis”, souligne Ridha
Raddaoui, du Centre tunisien de re­
cherches et d’études sur le terro­
risme. “C’est impossible dans le cas de
la Syrie.” Pour lui, il suffirait qu’un
prévenu nie les faits pour être relâ­
ché. Lotfi Azzouz, directeur de la sec­
tion Tunisie d’Amnesty Internatio­
nal, insiste sur la question sociale. “Le
Président a raison quand il dit que les
prisons sont surchargées. La première
mesure à prendre serait peut­être de ré­
former le code pénal, trop répressif”,
analyse­t­il. Il met en garde contre un
autre clivage à venir : le sort des fem­
mes et des enfants.
La plupart des femmes n’ont pas
combattu, certaines ont même été victimes en ser­
vant de “femmes de réconfort”. Comment les trai­
ter ? Les bébés nés là­bas sont un véritable casse­tête
administratif. La loi permet à la mère tunisienne de
transmettre sa nationalité à son enfant. “Mais il existe
un risque que l’administration bloque cette procédure
par représailles”, craint le défenseur des droits de
l’homme.
@ Libération
La seule
solution serait
que ces
Tunisiens
soient jugés
par la Cour
pénale
internationale
(CPI).
Distinguer les formes d’islamisme,
aider les futurs revenants et leurs fa­
milles ne sont pas la priorité des par­
tisans de la ligne dure. Ces derniers
assimilent volontiers Ennahdha, parti
islamo­conservateur appartenant à la
coalition majoritaire, et terrorisme.
“C’est eux qui, durant la troïka (gouver­
nement de coalition entre 2011
et 2014, NdlR), ont incité les jeunes à partir en Syrie.
Maintenant, ils leur promettent le pardon, c’est scanda­
leux”, s’indigne Abdulwahab Maiza, professeur
d’histoire.
Walid Bennani, député Ennahdha de Kasserine, ré­
gion d’où de nombreux combattants sont originai­
res, défend son parti. “Au début de la troïka, Ansar al­
Charia n’était pas sur la lise des groupes terroristes,
leurs chefs [dont Abou Iyadh, NdlR] avaient donc le
mercredi 8 mars 2017 - La Libre Belgique
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Un hebdo
britannique qui
aime l’Europe
Royaume-Uni “The New
European” est né au lendemain
du Brexit et ça marche pour lui.
Tristan de Bourbon
Correspondant à Londres
T
he New European”, c’est la surprise
médiatique au Royaume­Uni, un
journal lancé début juillet 2016 pour
quatre numéros et qui poursuit sa route.
“Me promenant le lendemain du référendum
dans Londres, j’ai été choqué par l’atmos­
phère étrange qui y régnait”, raconte Matt
Kelly, son responsable. “Les gens se rassem­
blaient après avoir eu l’impression d’avoir
perdu quelque chose ou quelqu’un. Une nou­
velle communauté voyait le jour par­delà les
clivages politiques traditionnels.”
Directeur du contenu au sein du groupe
de médias Archant, spécialiste de la presse
municipale et régionale, il propose immé­
diatement à sa direction l’idée d’un heb­
domadaire destiné aux 48% d’électeurs
ayant voté pour le maintien dans l’Union
européenne. “Vingt­quatre heures plus tard,
le plan d’affaires était établi, dix jours après
le référendum le premier numéro était bou­
clé et il était dans les kiosques le 8 juillet”, se
souvient l’ancien responsable du numéri­
que au “Daily Mirror”.
La mise en place d’une équipe fixe, très
réduite, au siège social du groupe à
Norwich (deux responsables de l’actua­
lité, un rédacteur et deux éditeurs), en
plus de la contribution de nombreux jour­
nalistes pigistes, permet au “New Euro­
pean” d’être rentable avec la vente d’envi­
ron 12000 exemplaires. Il fera bien
mieux: il en écoulera 40000 avec son pre­
mier numéro.
Le combat des jeunes
Chypre De part et d’autre de la zone
tampon, certains préparent
la réunification par le dialogue.
Reportage Angélique Kourounis
Envoyée spéciale à Nicosie
C’
est aussi simple que cela. On pousse, et on entre.
Pourquoi est­ce que je ne pourrais pas prendre
mon café ici? Avant, nos parents et grands­pa­
rents venaient pique­niquer ici, le dimanche! Pourquoi
est­ce qu’on ne pourrait plus le faire?”
Orestis Pringitis, jeune Chypriote grec d’une tren­
taine d’années, a littéralement pété les plombs. La
veille, les pourparlers intercommunautaires, en
vue de la réunification de l’île, ont été interrompus,
de façon inattendue, alors qu’ils étaient vraiment
porteurs d’espoirs. “J’en ai marre. Ça ne peut plus du­
rer. Je le fais pour moi, pour ce pays. On doit agir. Les
discussions ne mènent nulle part.”
Malgré la présence policière, il joint le geste à la
parole. Il s’arrache les mains sur les barbelés, qui
marquent le début de la zone tampon entre le nord
et le sud de Nicosie, fait tomber les grillages devant
les yeux médusés de la police qui, elle, ne peut en
aucun cas entrer dans cette zone, et marche,
comme si de rien n’était, dans cet espace, qui relève
de la seule compétence de l’Onu.
Séance de tai-chi en zone tampon
A quelques mètres de là, de l’autre côté des barbe­
lés, les Chypriotes turcs surveillent la scène sans
broncher. Auparavant, Orestis avait vidé les sacs de
sable des fenêtres d’un café, le “Spitfire”, emmuré
depuis les premiers affrontements de 1963. Signe
qui ne trompe pas, aucune balle n’est tirée, aucune
insulte n’a fusé, aucune pierre n’a volé. Mieux,
Orestis est rejoint, quelques minutes plus tard, par
son ami Chypriote turc, Tarik Tekman, professeur
de tai­chi, pour une séance de tai­chi en pleine zone
tampon, qui marquera les annales du pays.
Il n’en a pas toujours été ainsi. En août 1996, deux
jeunes Chypriotes grecs qui avaient tenté la même
chose, ont été tués. Tassos Isaak a été abattu de trois
balles lorsqu’il a tenté d’arracher le drapeau chy­
priote turc et Solomos Solomou battu à mort par la
police et l’armée chypriote turque lorsque sa moto
s’est retrouvée piégée dans la “buffer zone”, après
un raid de protestation de l’Union des motards chy­
priotes, allemands et grecs. Depuis, leurs photos
marquent l’entrée de la zone tampon au Ledra Pa­
lace, le seul passage possible entre les deux commu­
nautés pendant plus de 30 ans. “Ce temps­là est fini”,
explique Katia, photographe chypriote grecque, “les
négociations sont difficiles, mais ils ne nous tirent plus
dessus.”
C’est justement dans cette zone­là, souvenir d’un
temps qui semble révolu, bordée de barbelés et de
sacs de sable, que s’est ouvert la seule Maison bi­
communautaire du pays. Une sorte de café, avec
ateliers, qui, pour Christiana Xenofontos, étu­
diante, reste “le plus bel” endroit de Chypre. “Ici on
n’est ni Chypriotes grecs ni Chypriotes turcs, on est
juste Chypriotes. Je peux venir boire un café, discuter
avec les autres, ceux de l’autre côté, sans problème. On
est en terrain neutre.” Ses amis, réunis avec elle, pour
préparer une émission radio bicommunautaire, ac­
quiescent. “Ici, renchérit Ali Furkhan Cetiner, Chy­
priote turc de Famagouste, même ceux qui n’ont pas
de papiers, ou qui ne se sentent pas à l’aise à aller dans
le sud, peuvent venir rencontrer l’autre. Ici on s’habi­
tue à être ensemble. On parle de l’avenir, pas du passé.
On voit qu’il n’y a aucune différence entre nous.”
A l’étage au­dessus, les uns apprennent la langue
de l’autre, les danses du pays, qui sont les mêmes,
pour les deux communautés. On fait de la musique
ensemble et on se rend compte que ces frontières,
ouvertes en 2004, ne peuvent plus se fermer. “C’est
impossible”, lâche Merkhan Hant, qui travaille, en
tant que chercheur, dans cette maison bicommu­
nautaire: “La rivière ne peut pas aller en arrière.
Même si les pourparlers s’interrompent, nous, on con­
tinue de se voir. Christiana est comme ma sœur. Je ne
pourrais plus l’ignorer.”
Décalage horaire
Pour autant, personne ne se voile la face. Tout le
monde sait que ceux et celles qui viennent dans ce
café sont, dans les deux communautés, minoritai­
res. “La question n’est pas de savoir si, ici, dans la zone
tampon, dans ce café, les choses avancent”, martèle
Un second référendum?
22
Pavlo Kulyk, le banquier deve
Ukraine Envoyé au front dans le Donbass,
le jeune Ukrainien de l’Ouest s’est tourné
vers la peinture pour éviter de sombrer.
Sébastien Gobert
Envoyé spécial dans le Donbass et à Lviv
I
l fallait trouver quelque chose à faire. Pour occu­
per les longues nuits à la caserne, pour faire abs­
traction du vacarme des bombardements… J’ai
commencé à peindre, et je ne me suis pas arrêté de­
puis.” Il y a encore quelques mois, Pavlo Kulyk
n’avait rien d’un artiste. Il était banquier à Lviv,
dans l’ouest de l’Ukraine. Enrôlé dans l’armée
ukrainienne en 2015, il s’est retrouvé mobilisé
FACEBOOK
Aujourd’hui, l’hebdomadaire de 48 pa­
ges veut “être la vitrine d’exposition des dé­
bats autour du Brexit”, poursuit Matt Kelly.
Ses contributeurs sont réunis par plu­
sieurs volontés communes: “L’organisa­
tion d’un second référendum une fois que les
termes du Brexit seront connus, et tant que
possible le maintien dans le marché unique et
l’union douanière”, indique­t­il.
Le numéro de cette semaine traite direc­
tement de l’Europe à travers l’enjeu du
vote de ce mardi à la Chambre des Lords
sur le projet de loi sur l’article 50 ou le
programme européen du Parti travailliste.
Il aborde également des thématiques plus
larges comme un reportage sur “l’inhu­
manité” de la politique migratoire britan­
nique à travers les cas de résidents de lon­
gue date expulsés du jour au lendemain
ou une analyse sur la xénophobie d’une
partie de la presse nationale. Un mix qui a
trouvé son lectorat: après avoir plongé
pendant l’été dernier, les ventes sont re­
montées et sont désormais stabilisées
autour de 22000 exemplaires.
Pavlo Kulyk
Peintre ukrainien sur le front.
La Libre Belgique - mercredi 8 mars 2017
© S.A. IPM 2017. Toute représentation ou reproduction, même partielle, de la présente publication, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation préalable et écrite de l'éditeur ou de ses ayants droit.
D.R.
pour une île unie
Sur les murs de Nicosie, écrits en rose, les mots “Fédération maintenant”.
Tout le monde sait
que ceux et celles
qui viennent dans
ce café sont, dans
les deux communautés,
minoritaires.
Mekthan, “la question est de savoir, si dans le pays les
choses avancent. Et là, quand chacun d’entre nous ren­
tre chez lui, chez elle, dans sa zone, on se rend compte,
qu’à force de travailler dans cette Maison, de côtoyer
tout le temps l’autre, on vit dans une bulle”. Détail qui
a son importance, Chypriotes grecs et turcs ne vi­
vent pas la même heure : “Je pars de chez moi à
9 heures”, indique Mektahn, “et une heure plus tard
j’arrive ici, toujours à 9 heures. Le soir j’arrive plus
tard que les autres à la maison. Je suis constamment
décalé.” Il n’en a pas toujours été ainsi, mais récem­
ment, le président turc, Tayyip Recep Erdogan, a décidé
que la Turquie n’adopterait pas l’heure d’hiver. Chypre
nord, qui vit sous la perfusion financière d’Ankara, a
bien été obligé de s’aligner. “C‘est tout le problème de ce
pays”, conclut Mekthan. “Les citoyens des deux commu­
nautés ont toujours été en avance sur les décisions de leur
gouvernement. Nous, on veut tous une solution, mais ils sont
incapables de la trouver.” Justement, histoire d’enfoncer le
clou, le lendemain de l’action coup­de­poing d’Orestis,
on pouvait voir sur les murs de Nicosie écrit en rose, “Fé­
dération maintenant”.
nu soldat, peint pour échapper à la guerre
sur la ligne de front du Donbass, dans l’est du
pays, au sein du bataillon “Donbass Oukraina”.
Une thérapie personnelle
Entre ses tours de garde et ses missions sur le
front, “Barclay”, de son nom de guerre, a réalisé
des dizaines de tableaux. Sur ses toiles, aucun lien
avec la guerre. Au contraire, ce sont des couleurs
vives, des fruits, des fleurs, des formes biscornues
nées de son imagination. “Ici, il faut penser à autre
chose, sinon on risque de tomber dans la dépression,
ou l’alcoolisme.” Le conflit du Donbass, qui a causé
plus de 10 000 morts selon l’Onu, achève son troi­
sième hiver. Dans cette guerre d’attrition, les mil­
liers de soldats, mobilisés de part et d’autre, sont
pris à partie dans des échauffourées quotidiennes,
sans perspective d’évolution (encore moins de ré­
solution) du conflit.
“C’est très dur psychologiquement”, témoigne Pa­
vlo Kulyk. “On peut vite avoir l’impression de perdre
son temps, et se démotiver. Sans oublier les horribles
scènes de guerre auxquelles on ne peut pas échapper…
La peinture a été pour moi une sorte de thérapie par
l’art.”
Une thérapie qui ne porte “aucun message” vis­
à­vis de la guerre, mais qu’il inscrit néanmoins
dans le contexte de son engagement. “Barclay” a
ainsi organisé plusieurs galeries d’art sur diffé­
rentes positions de la ligne de front. Il s’agissait
d’organiser des distractions pour ses camarades,
mais aussi de ramener une vie culturelle dans la
région. “La guerre est aussi le résultat d’un manque
d’arts et de socialisation dans un espace culturel
commun. Si je peux changer cela à mon humble ni­
veau, c’est déjà beaucoup.” A son niveau, et au­delà.
Le travail de Pavlo Kulyk est largement relayé
par les médias ukrainiens et les réseaux sociaux.
Les tableaux voyagent, eux aussi. A 1 000 kilomè­
tres de là, dans sa ville natale de Lviv, Pavlo Kulyk
fait l’objet d’expositions dans les facultés de l’uni­
versité polytechnique de la ville. “Pavlo est une
fierté pour nous”, se félicite la professeure Janna
Myna. “Nous voulons montrer qu’il y a diverses ma­
nières de défendre et représenter son pays”, expli­
que­t­elle devant un parterre d’étudiants. Parmi
eux, certains sont appelés à être mobilisés à l’est,
tôt ou tard.
La fierté des enseignants est partagée par Vasyl,
le père de Pavlo, invité à cette présentation. “Les
créations de mon fils prouvent que, pour tous ces
combattants, il y a quelque chose de la vie normale
qui perdure. De la créativité, des émotions… Ils ne sont
pas tous devenus que des machines de guerre. Cela
nous laisse espérer pour l’avenir.”
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Les Malaisiens
pris en otages
par Pyongyang
Deux femmes inculpées
Les autorités malaisiennes ont in­
culpé deux jeunes femmes – une Viet­
namienne et une Indonésienne – pour
avoir répandu un neurotoxique violent,
le VX, sur le visage de Kim Jong­Nam,
provoquant sa mort dans les minutes
qui ont suivi. Ces autorités sont néan­
moins convaincues que la Corée du
Nord est le commanditaire de l’assassi­
nat, et ont vainement cherché à inter­
roger deux ressortissants nord­coréens
en poste à Kuala Lumpur: un diplomate
de l’ambassade et un représentant de la
compagnie aérienne Koryo. Elles ont
par ailleurs refusé de restituer le corps
du défunt à l’ambassade et ont résisté
aux pressions que celle­ci a exercées
pour qu’on ne procède pas à l’autopsie,
qui devait révéler l’emploi du VX. Elles
ont dû néanmoins relâcher, faute de
preuves, un suspect nord­coréen, Ri
Jong­Chol, qui a prétendu ensuite avoir
été soudoyé pour fournir un faux té­
moignage accablant son pays.
N’ayant pas obtenu de Pyongyang les
excuses exigées, la Malaisie s’est résolue
à expulser l’ambassadeur Kang Chol, au
risque de déclencher une crise diplo­
matique majeure. “La Corée du Nord
doit apprendre à respecter les autres
pays”, a commenté le vice­Premier mi­
nistre Ahmad Zahid Hamidi. En procé­
dant lundi à quatre nouveaux tirs de
missiles, le régime communiste semble
avoir choisi de s’en tenir à sa méthode
de dialogue habituelle.
Ph.P.
24
BRENDAN SMIALOWSKI/AFP
I
l semble loin le temps où une uni­
versité de Kuala Lumpur décernait
un doctorat honoris causa à Kim
Jong­Un pour saluer “ses efforts inlassa­
bles pour l’éducation et le bien­être de son
peuple”. La Malaisie songeait alors –
c’était en 2013 – à soigner ses bonnes
relations avec la Corée du Nord, dont
elle était devenue un des rares parte­
naires économiques. Trois semaines
après l’assassinat, le 13 février, à l’aéro­
port international de Kuala Lumpur, de
Kim Jong­Nam, le demi­frère en dis­
grâce du dictateur Kim Jong­Un, ces re­
lations sont à leur nadir.
Après l’expulsion, la veille, de l’am­
bassadeur de Corée du Nord en Malai­
sie, Pyongyang a contre­attaqué mardi
en signifiant aux diplomates et ressor­
tissants malaisiens en Corée du Nord
qu’il leur était interdit de quitter le ter­
ritoire jusqu’à nouvel ordre. Si ceux­ci
restent libres de vivre et travailler
comme auparavant, selon un commu­
niqué de l’agence officielle de presse, la
mesure revient à les prendre en otages
du bras de fer engagé entre les deux
pays. La Malaisie a réagi en interdisant à
son tour aux diplomates nord­coréens
de quitter le pays – le millier de tra­
vailleurs nord­coréens dans les mines
et sur les chantiers malaisiens ne sem­
blent, en revanche, pas visés.
Les Républicains ne veulent plus de l’Obamacare, mais ils ne veulent pas non plus d’un remplacement qui coûterait plus
Les Républicains essaient de
leurs électeurs, sans être sûrs
Etats-Unis La réforme de l’Obamacare
est lancée, mais d’aucuns redoutent que
ce soit pour faire moins bien et plus cher.
Eclairage Philippe Paquet
n’y a pas de consensus, en revanche, sur la solution de
rechange. Fruits de difficiles compromis, les projets
présentés aujourd’hui sont déjà critiqués à la fois par
ceux qui redoutent leur impact sur les finances publi­
ques, et par ceux qui craignent que des millions
d’Américains perdent leur couverture médicale dans
l’aventure.
Un démantèlement sans précédent
T
andis que Donald Trump relance son projet de
Malgré ses défauts, l’Obamacare a permis à vingt
contrôle renforcé aux frontières avec une ver­ millions d’Américains dépourvus d’assurance­mala­
sion à peine édulcorée de son décret contro­ die d’en obtenir une. C’est un progrès sans précédent
versé du 27 janvier, les élus républicains avancent, depuis l’introduction des deux grands programmes
quant à eux, dans la concrétisation
Medicaid (pour les citoyens les plus
d’une autre promesse majeure de la
démunis) et Medicare (pour les se­
campagne présidentielle: l’abroga­
niors) sous la présidence de Lyndon
tion de la réforme de l’assurance­
Johnson dans les années 1960. C’est
Républicains prudents
maladie introduite en 2010 par les
aussi la première fois dans l’histoire
Ce sont désormais 66 % des
Démocrates et surnommée “Oba­
des Etats­Unis qu’un programme so­
Républicains, contre 55 % en
macare”. Deux projets de lois com­
cial de cette envergure est démantelé
janvier, qui, selon un sondage
plémentaires ont été dévoilés lundi CNN/ORC publié mardi, estiment après être entré en vigueur et avoir
par deux commissions de la Cham­
profité à autant de bénéficiaires.
que l’Obamacare ne doit pas
bre des représentants et seront dé­
Beaucoup d’élus républicains hési­
être abrogé tant qu’un plan de
battus dans les prochains jours.
remplacement n’est pas adopté. tent par conséquent à s’engager sur un
Bien que les Républicains dispo­
terrain miné. On votera dans moins de
sent d’une majorité tant à la Chambre qu’au Sénat, deux ans pour renouveler toute la Chambre et un tiers
l’adoption de ces projets est loin d’aller de soi et le du Sénat: une erreur dans un domaine aussi sensible
débat s’annonce houleux. Si un accord de principe que la santé serait lourde de conséquences pour les
existe sur la nécessité de remplacer l’Obamacare, il parlementaires américains. Aussi les propositions dé­
66 %
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WikiLeaks publie de nouveaux
documents secrets de la CIA
Etats-Unis La CIA aurait perdu le
contrôle de certains outils de piratage.
L
e site WikiLeaks a annoncé mardi une
nouvelle série de publications de docu­
ments confidentiels provenant du centre
de cyber­renseignement de la CIA, l’agence
américaine située à Langley (Virginie).
Selon WikiLeaks, la CIA aurait “récemment
perdu le contrôle de la majorité de son arsenal
de piratage, notamment de ses virus, chevaux de
Troie, malware… et de documents associés”. Les
documents révéleraient tout un éventail de
moyens utilisés par l’agence de renseigne­
ment pour transformer des téléviseurs, ou
autres appareils intelligents, en microphones
espions et contrôlables à distance. La CIA
aurait aussi tenté d’infiltrer des logiciels et
produits américains, tels que l’iPhone ou les
plateformes Android de Google, et Windows
de Microsoft. Les applications de messagerie
WhatsApp, Signal et Telegram feraient égale­
ment partie des cibles de l’agence.
A l’origine de cette nouvelle fuite de docu­
ments publiés par la plateforme de Julien As­
sange, “d’anciens pirates du gouvernement
américain et sous­traitants”, dont l’un d’eux
aurait “fourni à WikiLeaks une portion de l’ar­
chive”. Controversé pour ses liens supposés
avec certains gouvernements comme celui de
la Russie, et un manque de discernement
dans ses révélations, Wikileaks déclare tou­
jours interroger “la légitimité de la CIA à dé­
ployer de tels moyens de piratage et le problème
de ses moyens de surveillance des citoyens”.
Wikileaks a déjà annoncé de nouvelles pu­
blications dans les semaines à venir. Au total,
le site disposerait de plus de 8700 docu­
ments.
Des milliers de pages dont l’authenticité n’a
toutefois pas encore été officiellement confir­
mée mais qui pourraient bien ébranler la CIA,
et faire réagir le président Donald Trump. Ce
dernier a récemment accusé l’administration
Obama de l’avoir mis sur écoute pendant la
campagne pour l’élection présidentielle.
A.W.-H. (st.)
cher au gouvernement et priverait les électeurs de soins abordables.
soigner
d’y parvenir
sormais sur la table sont­elles assez éloignées des change­
ments radicaux réclamés de façon véhémente par les conser­
vateurs durant la campagne présidentielle.
Des garanties pour les plus démunis
C’est ainsi que le nouveau plan prévoit de maintenir l’ins­
cription des enfants sur l’assurance de leurs parents jusqu’à
l’âge de 26 ans. Il sera également interdit aux assureurs de
rompre un contrat ou de majorer la prime en cas de patholo­
gies existantes. Si la souscription d’une assurance ne sera
plus obligatoire (comme elle l’était avec l’Obamacare), les
auteurs de la future loi entendent dissuader les Américains
de se passer de couverture médicale en permettant aux assu­
reurs d’augmenter d’au maximum 30% les cotisations de
ceux qui auraient temporairement renoncé à leur assurance.
Enfin, pour aider les Américains à souscrire, les subsides fé­
déraux seront remplacés par des crédits d’impôts liés à l’âge
et au revenu.
L’impact sur les finances publiques n’a pas encore été chif­
fré, mais certains Républicains estiment d’ores et déjà qu’il
sera trop lourd, et d’autant plus que l’extension du pro­
gramme Medicaid aux frais de Washington sera sauvegardée
pour les trente et un Etats sur cinquante qui l’ont négociée
dans le cadre de l’Obamacare – ce qui répond au souhait de
61% des personnes interrogées dans un sondage publié
mardi par CNN. Malgré quoi, beaucoup d’analystes pensent
que les nouvelles dispositions protégeront moins bien les
Américains, des millions d’entre eux risquant par ailleurs de
perdre leur couverture actuelle.
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LUIS ROBAYO/AFP
Le graffiti tracé par cette jeune femme après le rejet d’une première version de l’accord de paix intra-colombien signifie : “Nous avons fait faux bond aux victimes.”
“J’ai subi tout ce qui est possible aux
mains de la guérilla et des paramilitaires”
Colombie Des victimes
de violences sexuelles
cherchent à obtenir réparation.
Reportage Laurence Mazure
Correspondante en Colombie
J’
ai fui la région du Chocó il y a
neuf ans, je vivais dans un lieu qui
était stratégique pour les déplace­
ments de la guérilla et celle­ci nous
a pris le peu que nous avions. J’ai subi
tout ce qui est possible et imaginable.
Aux mains de la guérilla. Des paramili­
taires, aussi. J’ai vu les gens autour de
moi être tués, j’ai dû fuir plusieurs fois,
pour arriver jusqu’ici. Mais mainte­
nant je ne pleure plus.”
Dénoncer les violeurs
Verai se lève et va réconforter Me­
lisa, qui assiste, avec une dizaine de
ses compagnes, à une réunion du
Cercle de soutien psychosocial pour
les femmes victimes de violences
sexuelles dans le cadre du conflit
armé. Deux chercheurs de la Fonda­
tion du cercle d’études sociales et po­
litiques de l’Université de la Javeriana
vont encadrer les différents mo­
ments de cette journée. Il s’agit
26
d’aider les femmes à parler de ce
qu’elles ont vécu, à démêler le sens
des différents regards que la société
porte sur elles, et à affronter les dé­
marches juridiques, qui doivent leur
permettre d’obtenir réparation.
Anna, elle aussi victime, aide tout le
monde à prendre place – il y a des en­
fants en bas âge et des jeunes filles
qui ont vécu les mêmes violences que
leurs mères. Etre là, un samedi matin,
dans cette maison un peu passe­par­
tout d’un quartier central de Bogota,
c’est déjà une victoire. Cela veut dire
qu’on a reconnu qu’on avait été vic­
time d’un crime de guerre (sans pres­
cription), qu’on pouvait en parler,
qu’on savait que les législations in­
ternationales et colombiennes recon­
naissaient le droit à des indemnisa­
tions et que, pour cela, il fallait porter
plainte, dénoncer les violeurs et as­
sassins – et se serrer les coudes pour
forcer l’Etat à respecter ses engage­
ments.
Luz Marina en lourd sur le cœur:
“Ma famille et moi, nous avons trois
victimes d’enlèvement et de tortures.
J’étais enceinte de 8 mois quand j’ai été
violée. Nous avons été déplacés plu­
sieurs fois. J’ai porté plainte pour tou­
cher les indemnisations – mais mainte­
nant, l’Unité des victimes du ministère
de la Justice dit qu’il n’y a pas de trace
de ma déposition; c’est terrible.”
Nubia, elle, est amère quant au
manque de place dans les formations
professionnelles, théoriquement ré­
servées aux femmes victimes, mais
qui sont souvent allouées à d’autres
personnes.
Les échanges et les moments de ré­
flexion vont ponctuer cette journée –
les conseils, aussi,
pour savoir quel re­
cours juridique met­
tre en œuvre lorsque
la bureaucratie en­
trave le droit à la jus­
tice.
Puis vient l’heure de
se quitter, et Anna in­
terpelle ses compa­
gnes : “N’oubliez pas !
La prochaine fois, ame­
nez au moins une autre
femme victime avec
vous, pour qu’elle aussi
puisse sortir de sa dou­
leur, pour accéder à la justice qui lui est
dûe!”
qui dépose les armes) ont fait irrup­
tion dans la maison parce que, depuis
son arrière­cour, ils pouvaient sur­
veiller une livraison d’armes. Alors
que la famille est enfermée dans une
chambre, Anna et sa sœur sont em­
menées dans la cuisine. Là, durant
une nuit entière, elles seront livrées
aux attouchements de plusieurs gué­
rilleros et “forcées de
faire des choses qu’elles
ne veulent pas faire”. A
l’aube, les guérilleros
menacent de tuer
toute la famille si elles
parlent à leurs parents
ou à la police.
Anna n’a pu com­
mencer à rompre
cette loi du silence
qu’en 2012. Fin 2014,
elle a enfin pu en par­
ler à son père, le vieil
homme en est mort
peu après, solidaire de
ses filles mais terrassé par la décou­
verte de leur calvaire. Anna a porté
plainte en juin 2015. Aujourd’hui,
elle aide d’autres femmes à dénoncer
ces crimes de guerre commis par des
guérilleros ou des paramilitaires. Et
pour cela, elle est régulièrement l’ob­
jet de menaces de mort: “Oser parler,
cela coûte terriblement cher.”
Sa vie a basculé
en 1988. Alors
que la famille
est enfermée
dans une
chambre, Anna
et sa sœur sont
emmenées
dans la cuisine.
Toute une nuit
Anna sait combien ce chemin peut
être long. Cette femme de 51 ans se
rappelle comment la vie de toute sa
famille a basculé un jour de 1988,
lorsque les Farc (guérilla marxiste
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EN BREF
France
Le Pen talonnée par Macron au premier tour
Les juges chargés de l’enquête visant François Fillon sont sur la
piste d’un prêt non déclaré de 50000 euros accordé en 2013 au
candidat par son ami Marc Ladreit de Lacharrière, propriétaire
de “La Revue des deux mondes” (qui avait déjà versé 100000 €
à Penelope Filon pour deux notes de lecture), écrit “Le Canard
enchaîné” dans son édition de mercredi. Selon le “Canard”,
François Fillon n’a pas déclaré ce prêt dans sa déclaration de
patrimoine. Son avocat, Me Lévy, a confirmé l’existence de ce
prêt qu’il a, dit-il, “oublié” de déclarer. “C’est un prêt qui a été
intégralement remboursé […] Il n’y a aucun sujet.” (AFP)
Emmanuel Macron (25,5%, +1,5%), en hausse sur la semaine, fait
jeu égal avec Marine Le Pen (26%, -1%), en légère baisse, au
1er tour de la présidentielle et creuse l’écart avec François Fillon
(19%, stable), selon un sondage Elabe diffusé ce mardi. Macron a
gagné 7 points dans ce baromètre en deux semaines. François
Fillon est désormais distancé, mais le candidat de la droite et du
centre a enrayé la baisse. A gauche, Benoît Hamon prend un léger
ascendant sur Jean-Luc Mélenchon, avec 13,5% (+1) d’intentions
de vote pour le candidat socialiste contre 12% (-0,5) à celui de La
France insoumise. (AFP)
20 %
des humains croient
les femmes inférieures
Près de 20% des personnes
interrogées dans 24 pays
pensent que les femmes sont
inférieures aux hommes
et qu’elles devraient rester
au foyer pour se consacrer
à leurs enfants, selon
un sondage mondial publié
par l’institut Ipsos Mori.
REPORTERS
France
Un prêt de 50000 euros “oublié” par Fillon
Russie
Une condamnée graciée
Le président Vladimir Poutine a gracié mardi
une femme condamnée pour trahison pour
avoir envoyé à un ami agent secret géorgien
un sms faisant état de mouvement de chars
russes vers la Géorgie lors de la courte guerre
entre les deux pays en 2008. La grâce
présidentielle est rare en Russie. Oxana
Sevastidi, 47 ans, avait été condamnée à
7 ans de détention en mars 2016. (AFP)
“La peine infligée
à l’accusé est trop
indulgente.”
Procureurs de Tsahal
Ils ont fait appel mardi d’une
peine de 18 mois de prison
infligée à un soldat ayant tué un
assaillant palestinien blessé au
sol. Les procureurs avaient
requis 3 à 5 ans de prison.
Asie
Un quart des Asiatiques a dû
verser un pot-de-vin en 2016
Un quart des personnes vivant en Asie
a dû payer un pot-de-vin pour accéder
à un service public lors de l’année écoulée,
selon l’ONG Transparency International
qui appelle les gouvernements à éliminer
ce fléau endémique. Pour ce rapport, l’ONG
basée à Berlin a interrogé plus de 20000
personnes dans 16 pays. (Belga)
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Sciences
Dossier réalisé par Sophie Devillers
À savoir
Où : “L’Expo Zoooooo les animaux du futur”, qui mêle art et science
est à voir à Louvain-la-Neuve, aux Halles universitaires.
Quand : Jusqu’au 14/04 et du 18/04 au 12/05 à Woluwe-St-Lambert
(Espace Arte-Fac) et du 17/05 au 15/06 à Mons, Ateliers des Fucam.
Comment : Des étudiants en biologie ont imaginé les “animaux du
futur”, que l’artiste Pierre-Yves Renkin a modelés en 3D. Gratuit.
Des biologistes ont imaginé
ce que seraient les animaux du futur.
n Et comment ils se seraient adaptés
à un environnement cataclysmique.
n Résultat dans une exposition
qui mêle art et science.
n
Les futurs maîtres d’une Terre
A
subissant la chute massive de météori­
tes qui modifie donc l’eau des océans,
des éruptions volcaniques en série cau­
sant un assombrissement mondial –
rien de fantaisiste, hélas, mais des évé­
nements qui se sont déjà passés dans
l’histoire de la Terre.
Ajoutons à cela l’effet de l’activité hu­
maine et du réchauffement climatique :
les océans connaissent une pollution
massive, le niveau des mers a tellement
monté que seuls les sommets des mon­
tagnes ne sont pas immergés…
Les invertébrés à la manœuvre
Qui a survécu à tout cela ? Pas nous, ni
les autres mammifères, estiment les
étudiants. Mais plutôt les invertébrés
(des animaux sans colonne vertébrale :
lombrics, araignées, cloportes, mou­
ches, calamars…).
Pour de bonnes raisons : “Dans l’his­
toire de la Terre, il y a déjà eu plusieurs
grosses extinctions. Et on estime que sur
toutes les espèces qui ont existé, 1 % ont
survécu, souligne Jean­François Rees.
Les invertébrés font partie des organismes
les moins exigeants. En termes de ressour­
ces, il consomment moins d’énergie que
les mammifères, par exemple, qui ont in­
venté le ‘chauffage interne’. Ils sont plus
tolérants à une gamme de paramètres
physico­chimiques (salinité, tempéra­
ture…) très rudes. Ils ont aussi une très
bonne capacité à se régénérer. A la fois au
niveau des organes, et puis au niveau de
la fécondité. Ils ne font pas un enfant par
an, mais 100000 par jour ! Par exemple,
la moule peut s’arrêter complètement de
respirer, et certains œufs d’invertébrés
UCL
quoi ressemblerait la Terre
dans un million d’années et
quels genres d’animaux la
peupleraient ? C’est cette
question, en forme de défi,
qu’a lancée le professeur Jean­François
Rees à ses étudiants en biologie, à l’UCL.
Dans leur travail, qui a abouti à une
exposition, les étudiants se sont mon­
trés plutôt pessimistes. La vision du
monde qu’ils offrent est plutôt cata­
clysmique : une terre qui change d’or­
bite et s’éloigne du Soleil, une planète
De gauche à droite, le stalcaque (“mâchoire d’acier”), le Luminescens canibalis et le Lombrium tuyaucuvrae, résultat de manipulation génétique. A voir à Louvain-la-Neuve.
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Evolution et changement du climat
Chouette. Et actuellement, les espèces s’adaptent-elles déjà aux
changements climatiques ? Difficile de faire le lien direct entre
sélection d’une mutation génétique par la nature et climat, selon le
Smithsonian Institute. Mais des espèces sont peut-être déjà en train
d’évoluer. Exemple : la chouette hulotte. En Finlande, où les hivers se
font plus doux, le nombre d’individus de la “version” brune de la
chouette a augmenté, face à la version blanche. Cela semble logique
que la sélection naturelle favorise le plumage brun : avec moins de
neige, les chouettes brunes se fondent mieux dans l’environnement,
leur donnant de meilleures chances de survivre et de se reproduire.
dévastée
peuvent survivre 100 ans ou 1000 ans
(NdlR : comme le triops, un crustacé
d’eau douce).”
Des ressources plus limitées, des
conditions plus dures, une terre peu
habitable seraient extrêmement dif­
ficiles à encaisser pour les vertébrés.
“Les invertébrés, eux, peuvent exploiter
des micro­habitats.” Ils ont donc de
bons arguments pour remporter la
compétition de la sélection natu­
relle. Car c’est bien ce qui se jouerait
dans de tels cataclysmes, puisque
l’évolution est en quelque sorte ré­
sultat du hasard (génération de for­
mes aléatoires par mutations généti­
ques), de l’environnement et de la
sélection.
Les plus adaptés à l’environnement,
ceux avec les meilleurs chances de
survivre aux prédateurs, auront plus
de chances de se reproduire et trans­
mettre leurs caractéristiques à la gé­
nération suivante. Place donc (voir
ci­dessous) à l’Augustus caoutchou­
tis ou au Luminiscens canibalis…
Mangeurs de pneu et avaleurs de radiation
V
oici “Augustus caoutchoutis”.
Ver de 35 à 50 cm de long, il
vit dans les décharges sous­
marines de pneus. Il digère le
caoutchouc grâce à des enzymes
prélevées dans les méduses qu’il
ingère. Car une pollution massive
durant le “pétrolifère supérieur” a
causé une raréfaction des proies,
comme l’indique sa “fiche scienti­
fique” rédigée avec un humour
pince­sans­rire par les étudiants.
Manger du caoutchouc ? Pas forcé­
ment absurde : on a découvert ré­
cemment que des vers de farine
pouvaient digérer le plastique… Et
la technique d’absorber un autre
“animal” pour être capable de di­
gérer une troisième “proie” est
aussi classique. L’être humain, par
exemple, n’a pas la capacité intrin­
sèque de digérer la cellulose, mais
des bactéries qu’il héberge dans
son système digestif le peuvent.
Créativité et rigueur
Et les substances toxiques dans
les pneus ? Pas de problème,
l’Augustus est très résistant, grâce
à un système excréteur éliminant
efficacement les métaux lourds.
Un peu comme… l’homme qui
peut lui aussi éliminer ainsi des
polluants. Parmi les créatures ima­
ginées par les biologistes de l’UCL,
il y a aussi le ver “Hediste radiopla­
tus”, capable de survivre à un envi­
ronnement saturé de radiations,
grâce à des capacités exceptionnel­
les de reconstruction de l’ADN. Là,
aussi, tous les êtres vivants possè­
dent un tel potentiel, plus ou
moins important. D’autres créatu­
res imaginées sont bioluminescen­
tes, ou peuvent se repérer grâce à
des signaux électriques – la techni­
que de poissons tropicaux dans
une eau turbide – sur une Terre as­
sombrie par des météorites.
Chez d’autres, la fantaisie prime
comme pour cette créature qui ne
se reproduit qu’à Halloween. Ou ce
ver “à la distribution géographique
très étroite” qui habite à la manière
d’un bernard­l’ermite, les boîtes
de conserves du restaurant univer­
sitaire, submergé par la montée
des mers… “Avec l’évolution et la sé­
lection naturelle, tout est possible,
sourit Jean­François Rees. Mais di­
sons que nos créatures sont peu pro­
bables ! C’est un exercice de style !
L’idée était que les étudiants soient ri­
goureux (NdlR : démontrer com­
ment ces animaux se sont adaptés
à un milieu, selon les règles de
l’évolution) et créatifs. Le but est que
la créativité soit une vraie compé­
tence. Pour affronter les gros problè­
mes environnementaux, il faudra des
scientifiques rigoureux et créatifs.
Pour que la Terre ne devienne pas
comme on l’a décrite ici, et que ces
animaux n’apparaissent jamais !”
Cerveaux
menacés
EN BREF
Santé Les produits
chimiques sont néfastes
pour le cerveau de l’enfant.
P
erturbateurs endocriniens,
bisphénol A, substances toxi­
ques dans les couches pour
bébés, glyphosate… les scandales
sanitaires liés aux substances chi­
miques présentes dans l’alimen­
tation et les produits de consom­
mation courante (jouets, meu­
bles, équipements électroniques,
vêtements…) se succèdent. Un
rapport de l’association britanni­
que Chem Trust publié ce mardi
jette un nouveau pavé dans la
mare: l’exposition à ces produits
peut porter atteinte au dévelop­
pement cérébral de l’enfant. Pour
Barbara Demeneix, professeure
et chercheuse au Museum d’his­
toire naturelle de Paris, auteure
du “Cerveau endommagé” (Odile
Jacob), il est temps d’agir.
Est-ce l’exposition répétée qui est
nocive pour le cerveau des enfants ?
Nous sommes tous exposés de
manière quotidienne à des centai­
nes de produits mais ce sont les
enfants et les femmes enceintes
qui sont les plus vulnérables. C’est
le mélange des substances qui est
très préoccupant car la concentra­
tion des produits est faible. L’expo­
sition continuelle à ces mélanges
de substances affecte le cerveau.
Quels types de problème peut-on observer ?
Des troubles de l’attention, des dé­
sordres de type autistique mais
aussi une baisse du QI de l’enfant.
Il est démontré que les femmes
enceintes très exposées aux pro­
duits perturbant l’hormone thy­
roïdienne ont des enfants au QI
plus bas. Cela affecte la structure
du cerveau et l’intelligence.
Faut-il, comme le préconise Chem
Trust, interdire des groupes de produits chimiques plutôt que les étudier au cas par cas ?
Le volume des substances produi­
tes par l’industrie chimique a aug­
menté de 300 fois depuis 1970. Il
faut mieux définir les critères,
connaître les substances et leurs
propriétés. Il est préférable de reti­
rer certaines catégories de pro­
duits chimiques du marché car il y
a des problèmes de “substitution
regrettable”. Un bon exemple est
le bisphénol A, remplacé par le
bisphénol S ou F, finalement aussi
néfastes. Si on avait écarté la caté­
gorie entière, la réglementation
aurait été plus efficace.
CdM
Spatial
Sentinel observe le
climat depuis le ciel
Une fusée Vega a décollé
depuis le Centre spatial
Kourou, en Guyane, mardi
dans la nuit, en emportant le
satellite Sentinel-2B, dans le
cadre du programme
européen d’observation de la
terre Copernicus. Sentinel-2B
est le quatrième satellite de
Copernicus. Ce programme
de l’Agence spatiale
européenne doit permettre à
l’Europe, en toute
indépendance, d’évaluer les
effets du changement
climatique sur notre planète.
France
Une avalanche
traverse une piste
à Tignes
Une avalanche a traversé
mardi matin une piste
ouverte de la station de
Tignes dans les Alpes
françaises. Mais sans faire de
victimes. “Plusieurs skieurs
ont été bousculés et pris en
charge par le personnel de la
station. Les secours ont
immédiatement été déployés.
A la suite des opérations de
recherche, aucune victime
n’est à déplorer”, a précisé la
station de Tignes.
1
rhinocéros abattu
dans un zoo
Un rhinocéros blanc a été
abattu par des braconniers
dans le zoo de Thoiry (à
50 km de Paris) dans la nuit
de lundi à mardi et l’une de
ses cornes, dont le prix peut
atteindre plusieurs dizaines
de milliers d’euros, a été sciée.
Environnement
Un nouveau label
pour jardiner sans
pesticide
Le premier label “Jardiner
sans pesticide” a été
décerné mardi à la pépinière
“Centre Floral” de Fosses-laVille (Namur) par le ministre
wallon de l’Environnement,
Carlo Di Antonio. Le label
est un gage de qualité pour
le jardinier et une
reconnaissance pour les
enseignes qui se mobilisent
en faveur d’un jardin sans
pesticide.
mercredi 8 mars 2017 - La Libre Belgique
29
© S.A. IPM 2017. Toute représentation ou reproduction, même partielle, de la présente publication, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation préalable et écrite de l'éditeur ou de ses ayants droit.
Entrepreneuriat féminin
La Belgique reste à la traîne sur le terrain
de la création d’entreprises par des femmes.
n Une (petite) évolution positive se fait jour
dans l’univers belge des start-up.
n Ségolène Martin en est un bel exemple.
n
REPORTERS
Le monde des start-up
se conjugue encore
très souvent au masculin
30
La Libre Belgique - mercredi 8 mars 2017
© S.A. IPM 2017. Toute représentation ou reproduction, même partielle, de la présente publication, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation préalable et écrite de l'éditeur ou de ses ayants droit.
Il faut lever les obstacles et en finir
avec les stéréotypes
L’
entrepreneuriat féminin, on en parle. De
plus en plus. Mais, dans les faits, il reste à
la traîne. Si on s’en tient aux indépen­
dants, une catégorie qui englobe de mul­
tiples statuts (professions libérales, free­
lances, starters, etc.), la proportion des femmes
tourne autour des 33­34%, soit un peu plus de
360000 personnes, contre plus de 65% d’indépen­
dants masculins. La Belgique détient aussi le triste
record du plus bas niveau de “starters” féminines
de l’Union européenne.
Le constat n’est pas neuf. Pour des raisons qui
tiennent à la fois de l’éducation, de l’implication
dans la vie de famille, de stéréotypes (la femme
aurait une plus forte aversion au risque, entend­on
souvent), d’inégalités salariales ou encore de sec­
teurs d’activité “cadenassés” de lon­
gue date par les hommes (comme la
construction ou l’industrie), les
femmes entreprennent moins. Et ce
n’est pas propre à la Belgique.
Le vent serait­il toutefois en train
de tourner sous l’effet des nouvelles
technologies, dont l’accès n’a jamais
été aussi aisé, et de l’essor d’une “gé­
nération Y” – ces jeunes nés entre la
fin des années 1980 et le tout début des années
2000 – qui retrouve, notamment à travers le phé­
nomène des start­up, le goût de lancer “leur” busi­
ness? C’est bien possible, même si le changement
peut apparaître encore timide.
nomie belge, explique­t­on chez Startit@kbc. Il faut
éliminer les obstacles et en finir avec les stéréotypes.
Les mentalités doivent changer dans le monde de l’en­
treprise.”
En collaboration avec le Club des Straffe Madam­
men, qui œuvre pour mettre davantage les fem­
mes en avant (que ce soit dans les médias, le
monde culturel ou encore celui de l’entreprise), le
réseau Startit@kbc lance, ce 8 mars, une campagne
visant à encourager les femmes à développer des
idées innovantes via la plateforme www.star­
tit.be(1). “Avec cette campagne, nous nous adressons
aux start­up mais aussi aux entrepreneuses déjà éta­
blies qui cherchent à s’étendre ou à évoluer. Nous
montrerons également aux mentors féminins com­
ment elles peuvent assister et conseiller les start­up”,
précise Katrien Dewijngaert.
Lancer
son propre
business
est redevenu
à la mode.
Un potentiel inexploité
En cette Journée internationale des femmes,
Startit@kbc – le plus grand réseau d’incubateurs,
présent en Flandre et à Bruxelles, créé par une
femme (Katrien Dewijngaert)– entend prendre les
devants pour féminiser davantage l’entrepreneu­
riat au sein de l’écosystème belge des start­up. “Il y
a là un potentiel énorme qui est inexploité pour l’éco­
Des performances supérieures
Sur la question spécifique des sté­
réotypes, les femmes actives dans
l’écosystème belge des start­up,
comme Karen Boers (directrice de
l’ASBL Startups.be) ou Ségolène
Martin (lire ci­dessous), insistent
sur la nécessité de mettre en avant
des personnalités ayant connu la réussite.
Des études montrent en effet que les start­up
technologiques fondées par des femmes réalisent
un chiffre d’affaires de 12% et un “retour sur inves­
tissement” (ROI) de 35% supérieur (voir notre in­
fographie). Et les entrepreneuses seraient 30%
moins nombreuses à faire faillite que les entrepre­
neurs… “Elles sont en effet mieux préparées et tra­
vaillent de manière plus rationnelle et calculée”,
dit­on chez Startit@kbc.
P.-F.L.
U (1) Les projets peuvent être proposés
jusqu’au 17 avril.
“La diversité est un atout pour les start-up”
D.R.
F
Ségolène Martin,
cofondatrice
et CEO de Kantify.
emme, jeune et fondatrice d’une start­up dans le domaine du numéri­
que. Et ce, sans avoir mené d’études scientifiques, et étant issue d’un
milieu où l’esprit d’entreprise n’était pas franchement de mise… Ségo­
lène Martin, 34 ans, démontre que l’univers des start­up n’est pas réservé
aux “geeks” de sexe masculin ! Française installée à Bruxelles depuis douze
ans, elle n’avait pas prévu de se lancer dans l’entrepreneuriat. Diplômée en
Affaires européennes de l’Institut des études politiques de Strasbourg, Sé­
golène Martin a débarqué dans la capitale de l’Europe, au milieu des années
2000, comme chargée de mission “Innovation” pour le compte de trois ré­
gions françaises auprès de l’Union européenne.
En 2015, elle décide de franchir le pas en devenant elle­même “innova­
trice”. “Mon premier projet a été Meetsies. C’était un peu le Airbnb des dîners or­
ganisés par des particuliers. Mais la concurrence était forte et on a pris la déci­
sion de changer complètement de projet.” Voici un an, Ségolène Martin se
lance, avec un associé, sur le projet Kantify. Un changement assez radical
puisqu’il s’agit d’une start­up technologique dont la mission est d’aider la
grande distribution “à débloquer la valeur des données que les retailers récol­
tent auprès de leurs clients grâce à des applications informatiques basées sur
l’intelligence artificielle”. Kantify a, par exemple, développé un logiciel per­
mettant de recommander le bon produit à la bonne personne au bon mo­
ment. “Ce n’était vraiment pas naturel, pour moi, de me lancer dans ce type de
business”, souligne Ségolène Martin. “J’ai dû surmonter certains obstacles.
Mais ce sont souvent des obstacles qu’on s’impose à soi­même. Il faut se lancer!”
Elle ne le regrette pas. Aujourd’hui incubée au sein du réseau Startit@kbc,
Kantify vient de recruter son premier employé. Une femme! “On trouve
trop peu de diversité dans les start­up, surtout technologiques. Or, je suis con­
vaincue que la diversité –de sexe, de culture, d’opinions…– est un atout fonda­
mental pour des entreprises qui innovent”, conclut­elle.
P.-F.L.
Épinglé
Lancement d’un appel à projets
Initiative. Willy Borsus, le ministre fédéral des Classes
moyennes, des Indépendants, des PME et de l’Agriculture a profité
de la journée d’hier pour lancer un appel à projets en faveur de
l’entrepreneuriat féminin. Les projets sélectionnés bénéficieront
d’une subvention d’une durée de trois ans: ils porteront sur des
thématiques comme la sensibilisation, la formation et l’éducation
dans le but de promouvoir l’esprit d’entreprise chez les femmes au
niveau national, régional ou local et valoriser l’image des femmes
entrepreneurs. Renseignements: http://economie.fgov.be
mercredi 8 mars 2017 - La Libre Belgique
31
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La Wallonie va
organiser des
“Startup Camp”
n L’accélération des start-up
wallonnes se fera désormais sous la
bannière de Startup Wallonia.
D
epuis l’adoption d’une stratégie numéri­
que (Digital Wallonia) en décem­
bre 2015, la Région wallonne s’est mise
en état de marche pour stimuler l’émergence
de start­up sur son territoire. Plusieurs initia­
tives ont déjà été adoptées en ce sens. On épin­
glera notamment la création de W.IN.G., un
fonds d’investissement public qui permet à de
jeunes pousses d’obtenir, de façon simple et
rapide, une aide financière dite d’amorçage.
Ce mercredi, une nouvelle initiative sera
lancée. Sous l’impulsion du ministre de l’Eco­
nomie, Jean­Claude Marcourt, en collabora­
tion étroite avec Creative Wallonia Engine et
des acteurs wallons de développement de
start­up (comme LeanSquare, Digital At­
traxion, Digital BW, Idelux…), un nouvel outil
va voir le jour : Startup Wallonia.
A l’instar de Digital Wallonia, ce nouvel outil
se présente comme un label chapeautant l’en­
semble des opérateurs actifs au sein des diffé­
rents écosystèmes wallons pour start­up. “Il
s’agit de rallier ces écosystèmes sous une même
bannière”, indique à “La Libre” Gaël Lambi­
non, porte­parole du ministre Marcourt.
“L’objectif est de simplifier et de créer une filière
intégrée, et complète, en faveur des start­up en
Wallonie.” Cette démarche de simplification et
de clarification a déjà été menée sur le terrain
des outils financiers (Wallonie Finance) et ce­
lui des outils d’animation économique (Wal­
lonie Entreprise). Elle est donc, à partir de ce
8 mars, étendue au monde des start­up, qui,
jusqu’ici, apparaissait fragmenté en termes de
territoires mais également de méthodologies
d’accompagnement des jeunes pousses.
Premier “camp” le 8 mai
Le coup d’envoi de la première concrétisa­
tion de Startup Wallonia sera donné dès ce
mercredi avec le lancement des inscriptions
–ouvertes jusqu’au 17 avril– au programme
d’accélération “Startup Camp”. Le premier
Startup Camp, qui débutera le 8 mai prochain
dans les différents écosystèmes wallons, met­
tra l’accent sur l’exécution des projets de
start­up. Et ce, sur une période de six semai­
nes.
Le Startup Camp, explique­t­on chez Crea­
tive Wallonia Engine, aspire à faire tester au
plus vite l’idée avec laquelle le porteur de pro­
jet a intégré le programme d’accélération afin
de la faire évoluer le plus rapidement possible.
“Plus les start­up réfléchissent, moins elles exécu­
tent. Dans un Startup Camp, vous concevrez et
testerez un prototype très rapidement.”
L’objectif du Startup Camp est double. Un:
contribuer à l’émergence d’entreprises inno­
vantes de qualité. Deux: transmettre les outils
et les méthodologies –conçus et intégrés par
Engine– aux différents opérateurs économi­
ques locaux, tels que les Centres européens
d’entreprises et d’innovation, les invests et les
hubs créatifs wallons.
Pierre-François Lovens
32
Des intempéries qui
n Année 2016 difficile pour le secteur de
l’assurance. Branches 21 et 23 marquées
par les taux bas et la volatilité.
L’
année 2016 aura été marquée par deux
événements majeurs pour le secteur belge
de l’assurance: les tragiques attentats du
22 mars (lire ci­contre) et les intempéries de mai
et juin, qui représentent une charge de, respecti­
vement, 136 millions et 305 millions d’euros
pour le secteur. Toutefois, la grêle de la Pente­
côté 2014 avait été nettement plus grave avec
une charge de sinistre de 656 millions d’euros.
Au­delà des chiffres qui ont été présentés hier
à l’occasion du rapport annuel d’Assuralia,
l’Union professionnelle des entreprises d’assu­
rance, voyons les grandes tendances qui tou­
chent autant celui qui souscrit à une RC auto
qu’à une branche 23.
1
Assurance
non-vie
En termes de RC auto, les assureurs sont con­
frontés à un coût de réparation en hausse. Et
cela en raison de la complexité technique crois­
sante des voitures. Le tarif horaire d’un garagiste
passe de 100 à plus de 130 € de 2007 à 2016. Le
tarif des voitures neuves est aussi en hausse ces
deux dernières années.
Côté innovation technique, notons le constat
d’accident électronique. Lors du Salon de l’auto,
Assuralia a lancé une application pour remplir le
Solvay en tête des dépôts
n La Belgique enregistre
une forte croissance des
dépôts de brevets.
L’
Office européen des bre­
vets (OEB) est un orga­
nisme basé à Munich
dont la fonction est d’octroyer
une protection intellectuelle
valable dans 38 pays.
L’année dernière, les entrepri­
ses et universités belges ont dé­
posé un nombre record de
2184 demandes de protection
auprès de cet organisme euro­
péen. Alors que la demande
mondiale de brevets auprès de
l’OEB a stagné en 2016, la Bel­
gique a enregistré une forte
croissance de 7 %. Seule la
Chine a dépassé notre pays avec
une progression de 24,8%.
Le fait de déposer une de­
mande de protection ne signifie
pas que l’entreprise recevra
automatiquement son brevet.
L’année passée, les entreprises
et universités belges ont obtenu
1114 brevets, ce qui représente
une croissance de 27,6%.
Au niveau belge, c’est Solvay
qui a déposé le plus grand nom­
bre de dossiers, devant Imec et
Agfa­Gevaert. Signalons que
notre pays se situe à la huitième
position des dépôts de brevets
par rapport à la population.
Signalons également que
Bosch est l’entreprise qui a ob­
tenu le plus grand nombre de
brevets l’année passée. A lui
seul, le groupe allemand a ob­
tenu plus de brevets que toutes
les entreprises belges.
L.Lam.
La Libre Belgique - mercredi 8 mars 2017
© S.A. IPM 2017. Toute représentation ou reproduction, même partielle, de la présente publication, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation préalable et écrite de l'éditeur ou de ses ayants droit.
ont coûté cher
constat d’accident sur un smartphone ou une
tablette et déclarer immédiatement l’accident.
La digitilisation fait d’ailleurs partie des nou­
veaux développements mis en avant hier par
Assuralia.
Côté assurance incendie et intempéries, no­
tons qu’Assurlia travaille conjointement avec
l’université KU Leuven à une grille d’évalua­
tion sectorielle. Il s’agit d’un questionnaire
que le candidat preneur d’assurance complète
à la souscription d’une nouvelle assurance
pour éviter une sous­assurance.
2
Assurance
vie
La fiscalité et les taux bas ont un impact “très
important” sur la branche 21, a expliqué le
président d’Assuralia, Hans De Cuyper, lors de
la conférence de presse. Le rendement garanti
pour la branche 21 oscille actuellement entre
0,5 à 1%, auquel il faut ajouter les participa­
tions bénéficiaires (de 1,8 à 3,25% en 2015 se­
lon les compagnies d’assurance).
Les produits à revenu garanti continuent à
être préférés aux fonds d’investissement
(branche 23) qui ont souffert du Brexit et de la
volatilité des marchés.
3
Solvabilité
et emploi
Assuralia se montre rassurant sur la solvabi­
lité. “Le secteur est bien capitalisé. La volatilité est
plus élevée mais on se trouve à un bon niveau”,
estime Hans De Cuyper. Le ratio était de
165,4% en septembre 2016. L’emploi est lui,
en baisse (­0,47 % à 22884 travailleurs) sur
fond de conjoncture plus difficile et de recher­
ches de gains en efficacité.
AvC
Épinglé
Charge de 136 millions d’euros
pour les attentats du 22 mars
Chiffres. Les tragiques attentats du 22 mars ont
entraîné une charge totale des sinistres
provisionnée par les assureurs membres de TRIP
(Terrorism Reinsurance&Insurance Pool) de
136 millions d’euros. Et cela pour 1 361 victimes
dont 1068 à Zaventem et 293 à Maelbeek, selon
les chiffres communiqués hier par Assuralia.
Loi belge de 2007. Hans De Cuyper, le
président de la fédération belge du secteur de
l’assurance, n’a pas manqué de souligner que la
Belgique bénéficie d’un “système unique pour
solidariser le risque”. La loi du 1er avril 2007
(adoptée à l’instigation des ministres Open VLD
Marc Verwilghen et Fienjte Moerman après une
série d’attentats dont ceux du 11 septembre
2001 à New York), prévoit que les assureurs
prennent en charge les dommages pour un
montant allant jusqu’à 300 millions d’euros. De
300 à 600 millions, la prise en charge se fait via
la réassurance sur les marchés internationaux.
Au-delà de 600 millions (et jusqu’à 1,2 milliard),
c’est l’Etat belge qui est en charge des
dommages. C’est la première fois qu’un
événement d’une telle ampleur a donné lieu à ce
mécanisme de solidarité.
Sur plusieurs années. Seize millions des
136 millions d’euros ont déjà été payés. Certains
paiements, en particulier en matière d’accidents
de travail, s’étalent sur plusieurs années. “Le
mécanisme fonctionne”, a poursuivi Hans De
Cuyper. Tout en soulignant qu’en France, rien
n’était prévu par le secteur. C’est l’Etat qui a pris
en charge l’indemnisation (30000 euros par
victime). AvC
de brevets en Belgique
EN BREF
Bourse
Ahold Delhaize quittera le Bel 20 le 20 mars
Les actions Ahold Delhaize et Elia disparaîtront de l’indice
Bel 20 à partir du 20 mars, a annoncé mardi Euronext. Les
deux titres seront remplacés par Aperam, société spécialisée
dans la production d’acier inoxydable en Bourse de Bruxelles
depuis le 16 février, et Sofina, société d’investissement.
L’action Delhaize était membre du Bel 20 depuis sa création
et quitte l’indice suite à sa fusion avec le néerlandais Ahold.
Presse
Mediahuis veut reprendre TMG: le conseil
d’entreprise de TMG va en justice
Le conseil d’entreprise central (CEC) de Telegraaf Media
Groep (TMG) conteste la décision de son conseil des
commissaires (CC) de soutenir l’offre de rachat faite par
Mediahuis, a écrit mardi soir le journal “De Telegraaf”. La
semaine dernière, le CEC de TMG a rappelé par lettre au
conseil des commissaires et au CA leur promesse de
considérer tous les offrants sur pied d’égalité. Mais le CC
n’en a pas tenu compte et a conclu ce week-end un deal
avec Mediahuis. Le CEC a décidé de saisir la chambre
commerciale de la cour d’appel d’Amsterdam. (Belga)
Social
Blokker: les négociations sociales patinent
Le 7 février, la chaîne Blokker annonçait une lourde
restructuration avec la fermeture de 69 magasins sur 190
en Belgique et la suppression de 302 emplois. Une
procédure Renault est ouverte depuis lors. Mardi, à l’issue
de la 3e rencontre entre les syndicats et la direction, Vicky
Hendrick (CGSLB) estimait que l’“on n’avance pas dans les
discussions. La direction ne nous donne que des réponses
générales.” Les syndicats n’ont pas pu obtenir des
informations telles que le chiffre d’affaires 2016 de
Blokker, celui de chaque magasin, la pyramide des âges et
les dates d’entrée en service du personnel. “Nous avons
demandé à voir l’expert comptable ou commercial de Blokker
afin d’avoir un échange réel”, signale la syndicaliste. I.L.
+0,4%
Le PIB
de la zone euro
Le produit intérieur
brut de la zone euro a
progressé de 0,4% au
quatrième trimestre de
2016 par rapport au
trimestre précédent, a
estimé mardi Eurostat.
En Belgique, la
croissance est estimée
à 0,5% lors des trois
derniers mois de
l’année par rapport au
trimestre précédent.
Endettement
La Belgique emprunte à des taux négatifs
La Belgique a emprunté 2,101 milliards d’euros via des
certificats de trésorerie, a annoncé l’Agence de la dette.
Elle a ainsi levé 0,65 milliard d’euros via des certificats à
trois mois, à un taux de -0,740 %, auquel s’est ajouté
1,451 milliard d’euros via des certificats à 12 mois à un
taux moyen de -0,621 %. (Belga)
mercredi 8 mars 2017 - La Libre Belgique
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AVIS DES
BROKERS
Changes
Bruxelles
Wall Street
Europe
Euro stable. La devise
Calme plat. Wall Street
Attentisme. Wall Street a
Le rouge domine. La
européenne se stabilisait face
au dollar mardi, dans un
marché optant depuis le début
de la semaine pour la
prudence en l’absence
d’indicateurs américains
majeurs et à deux jours d’une
décision monétaire en zone
euro. Vers 18h, l’euro valait
1,0576 dollar, contre 1,0582
dollar lundi soir. “Le marché
des changes peine toujours à
trouver une direction à court
terme, la plupart des grandes
devises restant cantonnées dans
des marges étroites face au
dollar”, a résumé Lee
Hardman, analyste chez Bank
of Tokyo-Mitsubishi UFJ. Il n’y
a aucune nouvelle de nature à
faire modifier leurs positions
aux cambistes, a abondé
Konstantinos Anthis, analyste
chez ADS. Les cambistes
gardent les yeux tournés vers
les USA où seront publiés
mercredi les données sur
l’emploi privé en février, et
vendredi le très important
rapport officiel mensuel sur
l’emploi et le chômage. (AFP)
indécise à l’ouverture, les
indices européens restaient
sur la défensive et
généralement en légère
baisse. Le Bel 20 ne reculait
finalement que de 0,08 % à
3 684,13 points avec un
partage équitable de ses
éléments entre hausses et
baisses. Les plus fortes
baisses revenaient à Ontex
(29,18) et Bekaert (45,73)
avec des reculs de 1,15 et
1,17 % devant Bpost (22,64),
négative de 1,09 %. AB
InBev (101,50) et Colruyt
(45,02) terminaient sur des
hausses de 0,05 et 0,18 %,
Ahold Delhaize (20,32)
restant négative de 0,61 %.
KBC (60,06) et ING (13,81)
gagnaient de justesse 0,27 et
0,22 %, Ageas (36,45) ayant
ramené sa perte à 0,05 %.
De son côté, Solvay (109,70)
gagnait finalement 0,05 %
alors que UCB (68,35) restait
négative de 0,65 %, Umicore
(49,16) et Nyrstar (6,13)
s’appréciant de 1,23 et
0,79 %. (Belga)
terminé en légère baisse
mardi, les investisseurs se
montrant attentistes à la fois
sur la politique du président
Donald Trump et sur la
politique monétaire
américaine : le Dow Jones a
perdu 0,14% et le Nasdaq
0,26 %. Selon les résultats
définitifs, l’indice vedette
Dow Jones Industrial
Average a cédé 29,58 points
à 20 924,76 points et le
Nasdaq, à dominante
technologique 15,25 points à
5 833,93 points. L’indice
élargi S&P 500 a reculé de
6,92 points, soit 0,29%, à
2 368,39 points. “Il y a de
fortes préoccupations sur ce
qui se passe avec M. Trump à
Washington”, a résumé Karl
Haeling, de Landesbank
Baden-Württemberg.
Toutefois, ce sont surtout les
mesures économiques qui se
font attendre à Wall Street,
celles-là même qui ont fait
bondir les marchés depuis
l’élection américaine début
novembre. (AFP)
majorité des places
boursières ont fini dans le
rouge ce mardi. Paris a perdu
0,35 %, Londres 0,15 % et
Amsterdam 0,14 %. En
revanche, Francfort a
progressé d’un petit 0,06 %.
Les investisseurs attendent la
réunion de la Banque centrale
européenne prévue jeudi. Si
les analystes tablent sur un
statu quo monétaire, le
rendez-vous sera scruté de
près à la recherche
d’indications potentielles sur
la poursuite de la politique
accommodante de la BCE.
Côté valeurs, Casino s’est
enfoncé (-5,59 % à
49,29 euros), lesté par des
perspectives 2017 inférieures
aux attentes. Iliad a gagné
1,16 % à 204,15 euros, dopé
par un bénéfice net en hausse
de 20,2 % en 2016, à
402,7 millions d’euros. Innate
Pharma s’est envolé (+6,78 %
à 11,03 euros), le marché
saluant des recettes
opérationnelles en forte
progression en 2016. (AFP)
TJP
UMICORE +1.23%
PROXIMUS +0.65%
GALAPAGOS +0.50%
FLLP
BEKAERT -1.17%
ONTEX GROUP -1.15%
BPOST -1.09%
Bois Sauvage (-0,5 % à
328,4 euros) a été remonté
de “réduire” vers
“conserver” chez Degroof
Petercam, avec un objectif
fixé à 340 euros. “La
performance opérationnelle
s’est améliorée dans les
principales participations,
avec de bons résultats dans
les activités chocolatières
alors que nous tablions sur
un exercice plus difficile.”
De son côté, KBC Securities
a confirmé son avis
“confirmer”, tout en
relevant son objectif de
300 vers 325 euros.
CFE (+2,2 % à 119,5 euros)
a été confirmé à “acheter”
chez ABN Amro, l’objectif
étant relevé de 106 vers
140 euros. “Cette révision
fait suite aux résultats
impressionnants de DEME
durant le second semestre,
et aux perspectives
optimistes données par la
direction à l’occasion de la
conférence avec les
analystes. Nous avons relevé
nos prévisions bénéficiaires
de 36 % pour 2017 et de
20 % pour les deux exercices
suivants.”
Ackermans&van Haaren
(+0,1 % à 138,7 euros) a vu
son objectif relevé de 125
vers 145 euros chez
Degroof Petercam
(“conserver”), également
suite à la rencontre avec la
direction de CFE. “Toutes les
divisions devraient toutefois
bien se comporter en 2017,
mais le cours actuel laisse
peu de potentiel haussier.”
RealDolmen (inchangé à
25,4 euros) a récemment
été confirmé à “acheter”
chez KBC Securities,
l’objectif grimpant de 29
vers 32 euros suite à la
publication des résultats en
ligne avec les attentes pour
le trimestre clôturé à la fin
décembre 2016. “Le groupe
devrait continuer à dégager
d’importants flux de
trésorerie durant les
prochaines années.” G.Se.
34
Fonds - Sicav - Branche 23
NOM
DU FONDS
Candriam Bds Em Dbt Loc Cur C
Candriam Bds Em Dbt Loc Cur D
Candriam Bds Emerging Mkts C
Candriam Bds Emerging Mkts D
Candriam Bds Euro C
Candriam Bds Euro D
Candriam Bds Euro Gov Inv. Gr C
Candriam Bds Euro Gov Inv. Gr D
Candriam Bds Euro High Yield C
Candriam Bds Euro High Yield D
Candriam Bds Euro Long Term C
Candriam Bds Euro Long Term D
Candriam Bds Euro Short Term C
Candriam Bds Euro Short Term D
Candriam Bds Europe Gov. Pl C
Candriam Bds Europe Gov. Pl D
Candriam Bds World Gov Plus C
Candriam Bds World Gov Plus D
Candriam Bonds Euro Converg C
Candriam Bonds Euro Converg D
Candriam Bonds Euro Govern C
Candriam Bonds Euro Govern D
Candriam Bonds International C
Candriam Bonds International D
Candriam Bonds USD C
Candriam Bonds USD D
Candriam Bonds USD Govern C
Candriam Bonds USD Govern D
Candriam Business Eq. Europe
Candriam Eq B Belgium C
Candriam Eq B Belgium D
Candriam Eq B Belgium L
Candriam Eq B BRIC C
Candriam Eq B BRIC D
Candriam Eq B BRIC L
Candriam Eq B China C
Candriam Eq B China D
Candriam Eq B China L
Candriam Eq B Emerg Europe C
JUR. DEV. DATE VALEUR
EA EUR
EA USD
EA USD
EA USD
EA EUR
EA EUR
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EA EUR
EA EUR
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03/03
03/03
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03/03
03/03
03/03
03/03
03/03
03/03
03/03
03/03
03/03
85.05
80.89
2 401.05
1 022.94
1 148.72
277.74
994.54
313.18
1 086.72
191.40
8 101.33
4 646.36
2 092.80
1 411.11
929.74
267.13
142.71
39.92
3 470.10
1 568.39
2 279.31
1 164.98
999.08
238.30
942.79
281.80
3 326.52
1 526.90
91.28
796.45
268.52
790.49
29.66
23.17
29.46
1 203.07
908.42
1 195.81
613.66
Candriam Eq B Emerg Europe D
Candriam Eq B Emerg Europe L
Candriam Eq B Eur Sm&Mid Cap C
Candriam Eq B Eur Sm&Mid Cap D
Candriam Eq B Eur.Conv.C
Candriam Eq B Eur.Conv.C
Candriam Eq B Eur.Conv.L
Candriam Eq B Gb Health Care C
Candriam Eq B Gb Health Care D
Candriam Eq B Gb Health Care L
Candriam Eq B Gb Industrials C
Candriam Eq B Gb Industrials D
Candriam Eq B Gb Industrials L
Candriam Eq B Gb Property C
Candriam Eq B Gb Property D
Candriam Eq B Gb Property L
Candriam Eq B Global Energy C
Candriam Eq B Global Energy D
Candriam Eq B Global Energy L
Candriam Eq B Global Finance C
Candriam Eq B Global Finance D
Candriam Eq B Global Finance L
Candriam Eq B Global Telecom C
Candriam Eq B Global Telecom D
Candriam Eq B Global Telecom L
Candriam Eq B Leading Brands L
Candriam Eq B Leading Brands-C
Candriam Eq B Leading Brands-D
Candriam Eq B Rob&Innov Tech C
Candriam Eq B Rob&Innov Tech D
Candriam Eq B Rob&Innov Tech L
Candriam Eq L Asia C
Candriam Eq L Asia D
Candriam Eq L Australia C
Candriam Eq L Australia D
Candriam Eq L Biotechnology C
Candriam Eq L Biotechnology D
Candriam Eq L Emerging Mkts C
Candriam Eq L Emerging Mkts D
Candriam Eq L Euro 50 C
Candriam Eq L Euro 50 D
Candriam Eq L Europe C
Candriam Eq L Europe D
Candriam Eq L Europe Innov. C
Candriam Eq L Europe Innov. D
Candriam Eq L Germany C
Candriam Eq L Germany D
Candriam Eq L Japan C
Candriam Eq L Japan D
BE EUR
BE EUR
BE EUR
BE EUR
BE EUR
BE EUR
BE EUR
BE USD
BE USD
BE USD
BE EUR
BE EUR
BE EUR
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BE EUR
BE EUR
BE EUR
BE EUR
BE EUR
BE EUR
BE EUR
BE EUR
BE EUR
BE EUR
BE EUR
BE EUR
BE EUR
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BE USD
BE USD
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EA USD
EA AUD
EA AUD
EA USD
EA USD
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EA EUR
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EA EUR
EA EUR
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EA JPY
EA JPY
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03/03
03/03
470.30
610.58
714.81
513.36
293.37
222.69
291.93
3 112.80
2 355.63
3 091.10
1 132.97
893.42
1 124.13
1 265.49
816.17
1 257.67
944.53
553.72
939.36
582.11
433.55
577.97
237.68
155.49
236.18
1 170.17
1 178.28
877.06
207.86
188.56
206.39
20.57
16.44
1 126.74
642.83
512.45
491.12
762.68
575.49
576.53
342.86
988.60
578.08
1 862.36
197.56
458.50
298.26
20 944.00
17 825.00
Candriam Eq L Sust. World C
Candriam Eq L Sust. World D
Candriam Eq L Switzerland C
Candriam Eq L Switzerland D
Candriam Eq L UK C
Candriam Eq L UK D
Candriam Quant Equities USA C
Candriam Quant Equities USA D
Candriam Sust. Eur Corp Bd C
Candriam Sust. Eur Corp Bd D
Candriam Sust. Eur Corp Bd L
Candriam Sust. Eur Sh T Bd C
Candriam Sust. Eur Sh T Bd D
Candriam Sustain. Euro Bonds C
Candriam Sustain. Euro Bonds D
Candriam Sustain. Europe C
Candriam Sustain. Europe D
Candriam Sustain. High (cap)
Candriam Sustain. High (dis)
Candriam Sustain. Medium (cap)
Candriam Sustain. Medium (dis)
Candriam Sustain. North Am C
Candriam Sustain. North Am D
Candriam Sustain. Pacific C
Candriam Sustain. Pacific D
Candriam Sustain. World Bd C
Candriam Sustain. World Bd D
Candriam Sustain. World C
Candriam Sustain. World D
Candriam Sustainable Low (cap)
Candriam Sustainable Low (dis)
Candriam Total Return II Bd C
Candriam Total Return II Bd D
DMM European Equities C
DMM European Equities D
DMM European Equities L
Belfius Fullinvest High C
Belfius Fullinvest High D
Belfius Fullinvest High L
Belfius Fullinvest Low C
EA EUR
EA EUR
EA CHF
EA CHF
EA GBP
EA GBP
EA USD
EA USD
BE EUR
BE EUR
BE EUR
BE EUR
BE EUR
BE EUR
BE EUR
BE EUR
BE EUR
BE EUR
BE EUR
BE EUR
BE EUR
BE USD
BE USD
BE JPY
BE JPY
BE EUR
BE EUR
BE EUR
BE EUR
BE EUR
BE EUR
EA EUR
EA EUR
BE EUR
BE EUR
BE EUR
BE
BE
BE
BE
EUR
EUR
EUR
EUR
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02/03
01/03
01/03
01/03
01/03
01/03
01/03
01/03
325.82
257.72
843.84
679.52
369.37
221.83
2 777.51
2 389.00
464.42
311.17
463.32
255.30
149.58
361.77
267.68
24.81
19.29
406.52
321.16
6.97
5.77
45.25
40.63
3 400.00
2 795.00
3 308.88
2 393.73
30.18
26.31
4.64
3.75
127.11
106.43
265.45
218.40
3 124.70
798.59
328.91
794.19
826.14
Belfius Fullinvest Low D
Belfius Fullinvest Low L
Belfius Fullinvest Medium C
Belfius Fullinvest Medium D
Belfius Fullinvest Medium L
Belfius Gbl Man.Vol.High C
Belfius Gbl Man.Vol.High D
Belfius Gbl Man.Vol.Low C
Belfius Gbl Man.Vol.Low.D.EUR
Belfius Gbl Man.Vol.Medium C
Belfius Gbl Man.Vol.Medium D
Belfius Pension Fd Bal Plus
Belfius Pension Fd High Equities
Belfius Pension Fund Low Equities
Belfius Plan Bonds C
Belfius Plan Equities
Belfius Plan High
Belfius Plan Low
Belfius Plan Medium
Belfius Ptf Cash Strategy FoF-C
Belfius Sel Ptfl Europe Yield
Belfius Sel Ptfl Wo Balanced40 C
Belfius Sel Ptfl Wo Balanced40 D
Belfius Sel Ptfl Wo Balanced60 C
Belfius Sel Ptfl Wo Balanced60 D
Belfius Sel Ptfl Wo Bonds C
Belfius Sel Ptfl Wo Bonds D
Belfius Sel Ptfl Wo Growth C
Belfius Sel Ptfl Wo Growth D
Belfius Sel Ptfl Wo Yield C Acc
Belfius Sel Ptfl Wo Yield C Inc
Atlas Real Estate EMU
Degroof Asymmetric Diversified A
DPAM Bds L Corporate EUR 2017 A
DPAM Bds L Corporate EUR 2019 A
DPAM Bds L Corporate EUR B
DPAM Bds L EMU Quants B
DPAM Bds L EUR 2017 B
DPAM Bds L EUR 2019 A
DPAM Bds L EUR 2021 F
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
01/03
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01/03
01/03
01/03
01/03
01/03
02/03
01/03
307.45
822.44
800.78
311.64
797.03
1 073.40
1 073.40
1 011.55
1 011.55
1 040.67
1 040.67
100.60
133.16
113.86
371.19
357.17
359.66
435.95
404.72
1 488.48
15.50
15.04
10.15
13.86
9.82
16.18
10.18
6.33
10.08
15.77
10.28
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
03/03
03/03
28/02
28/02
03/03
03/03
28/02
28/02
28/02
66.18
112.58
114.07
101.88
183.50
275.95
213.92
106.24
177.00
La Libre Belgique - mercredi 8 mars 2017
© S.A. IPM 2017. Toute représentation ou reproduction, même partielle, de la présente publication, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation préalable et écrite de l'éditeur ou de ses ayants droit.
DPAM Bds L EUR Selection A
DPAM Cap.B Bonds Euro Med.T
DPAM Cap.B Eq. Belgium B
DPAM Cap.B Eq. EMU Behav.Val B
DPAM Cap.B Eq. EMU Index B
DPAM Cap.B Eq. Europe Index B
DPAM Cap.B Eq. Japan Index B
DPAM Cap.B Eq. US Behav.Val B
DPAM Cap.B Eq. US Div B
DPAM Cap.B Eq. US Index B
DPAM Cap.B Eq.Wld ex J.E.U. B
DPAM Eq L Emerging MSCI Index B
DPAM Eq L EMU Dividend B
DPAM Eq L Europe Behavioral Val B
DPAM Glb Strategy L High A
DPAM Glb Strategy L High B
DPAM Glb Strategy L Low B
DPAM Glb Strategy L Lw A
DPAM Glb Strategy L Med Lw B
DPAM Glb Strategy L Med Lw F
DPAM Glb Strategy L Medium B
DPAM Glb Strategy L Medium B
DPAM GSt L Conservative Bal Sust B
DPAM Inv.B Bds Eur IG B
DPAM Inv.B Bds Eur ShTerm 1Y B
DPAM Inv.B Bonds Eur B
DPAM Inv.B Eq. Agrivalue B
DPAM Inv.B Eq. Belgium B
DPAM Inv.B Eq. Eur. Sm Caps B
DPAM Inv.B Eq. Europe B
DPAM Inv.B Eq. US Div B
DPAM Inv.B Eq. US Div B USD
DPAM Inv.B Eq. Wld Dividend B
DPAM Inv.B Eq. World Div B USD
DPAM Inv.B Eq. World Sustain B
DPAM Inv.B Equities Euroland B
DPAM Inv.B Equities World B
DPAM Inv.B Europe Dividend B
DPAM Inv.B Europe Sustain. B
DPAM Inv.B Real Estate EurDiv. B
DPAM Inv.B RealEstatEuropB
DPAM L Bds Em Mkt Sust B
DPAM L Bds EUR Corp HY B
DPAM L Bds EUR Gov 1-5 B
DPAM L Bds EUR Hgh Yld ST B
DPAM L Bds EUR Quality B
DPAM L Bds Gov Sust B
DPAM L Bds Higher Yield B
DPAM L Bds Univ Uncons B
DPAM L Eq. Opportunity B
DPAM L Glb Target Inc B
DPAM L Liquidity EUR&FRN B
DPAM L Patrimonial B
DPAM L Patrimonial Dyn Fd B
DPAM Money Mkt L Monetary EUR B
DPAM RDT-DBI Eq. EMU Div A
PAM L Balanced Medium Risk B
Select Eq Emerging Multi Mgmt - E
Select Eq Japan Multi Manag
Select Global TPF Flexible
BL American Sm Cies A-DIST-USD
BL American Sm Cies B
BL American Sm Cies B EUR Hdg
BL American Sm Cies BM
BL American Sm Cies BM EUR Hdg
BL American Sm Ciess AM
BL Bond Dollar A
BL Bond Dollar B
BL Bond Emerging Markets Dollar B
BL Bond Emerging Markets Euro A
BL Bond Emerging Markets Euro B
BL Bond Euro A
BL Bond Euro B
BL Emerging Markets A
BL Emerging Markets AM
BL Emerging Markets AR
BL Emerging Markets B
BL Emerging Markets BC
BL Emerging Markets BCM
BL Emerging Markets BM
BL Emerging Markets BR
BL Equities America A
BL Equities America AM
BL Equities America AR
BL Equities America B
BL Equities America B EUR Hdg
BL Equities America BM
BL Equities America BM EUR Hdg
BL Equities America BR
BL Equities Asia A
BL Equities Asia AM
BL Equities Asia AR
BL Equities Asia B
BL Equities Asia BC
BL Equities Asia BCM
BL Equities Asia BM
BL Equities Asia BR
BL Equities Div B CHF Hdg
BL Equities Div B USD Hdg
BL Equities Div BR CHF Hdg
BL Equities Dividend A
BL Equities Dividend AM
BL Equities Dividend AR
BL Equities Dividend B
BL Equities Dividend BM
BL Equities Dividend BM CHF Hdg
TABLEAU EXPLICATIF
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
USD
EUR
USD
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
USD
EUR
EUR
BE USD
LU USD
LU EUR
BE USD
BE EUR
BE USD
EA USD
EA USD
LU USD
EA EUR
EA EUR
EA EUR
EA EUR
EA EUR
BE EUR
EA EUR
EA EUR
EA USD
BE USD
BE EUR
EA EUR
EA USD
BE USD
EA USD
EA USD
EA EUR
BE USD
BE EUR
EA USD
EA USD
BE USD
EA USD
EA USD
EA EUR
BE EUR
BE USD
EA USD
LU CHF
EA USD
LU CHF
EA EUR
BE EUR
EA EUR
EA EUR
BE EUR
BE CHF
03/03 143.19
03/03 444.78
03/03 384.56
03/03
98.42
03/03 107.47
03/03
97.45
03/03 109.97
03/03 115.74
03/03 276.94
03/03 117.51
03/03 135.68
01/03 126.00
03/03 107.56
03/03
45.08
02/03
50.62
02/03
95.70
02/03
85.67
02/03
33.07
02/03
65.52
02/03
65.67
02/03 112.48
02/03
50.58
02/03 131.31
03/03
67.15
03/03 238.11
03/03
79.47
03/03 143.04
03/03 152.89
03/03 208.70
03/03 130.18
03/03 124.32
03/03 131.14
03/03 194.02
03/03 206.18
03/03 166.42
03/03 168.36
03/03 124.78
03/03 239.83
03/03 233.48
03/03 175.18
03/03 419.68
03/03 123.58
03/03 129.84
03/03 100.88
03/03 135.38
03/03 555.43
03/03 1 298.55
03/03 254.55
03/03 159.52
03/03 11 098.37
02/03 110.12
03/03 342.37
03/03 119.56
03/03 111.12
03/03 491.81
03/03
61.66
03/03 855.03
06/03
81.73
06/03 159.55
03/03 120.00
06/03
06/03
06/03
06/03
06/03
06/03
06/03
06/03
06/03
06/03
06/03
06/03
06/03
06/03
06/03
06/03
06/03
06/03
06/03
06/03
06/03
06/03
06/03
06/03
06/03
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JUR. forme juridique / BE fonds belge / EA fond étranger agréé / NA non agréé / DATE date de clôture du calcul en cours / VALEUR valeur net d’inventaire ou de rachat lorsque spécifié
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State Street Japan Index Eq Fd P
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KBC Life Neutral
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Contact pour insertion Henry Visart
Tél: (0021.2) 211.29.59 / Fax: (0021.2) 211.29.97
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mercredi 8 mars 2017 - La Libre Belgique
35
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COURS
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PRÉC.
COURS
MIN.
12 MOIS
INFO SUR DIVIDENDE
DIV. DEV.
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16-12-16
16-01-17
TITRE
PAYS MARCHÉ CLÔTURE
EURO
SPADEL
ST.GUDULE-PL. CERT
SUCRAF A & B
SV PATRIMONIA
TELENET GROUP
TER BEKE
TESSENDERLO
TEXAF (D)
THINK-MEDIA
THROMBOGENICS
TIGENIX (D)
TINC
TOTAL
TUBIZE (ATTR)
TUBIZE-FIN
U&I LEARNING (D)
UCB
UMICORE (D)
UNITRONICS
VAN DE VELDE
VASTNED RETAIL BEL
VGP
VIOHALCO
VISION IT (D)
VRANKEN-POMMERY
WAREHOUSES-SICAFI
WDP-SICAFI
WERELDHAV B SIR
WOL. EXTENS. CERT
WOL. SHOPPING CERT
ZENITEL
ZENOBE GRAMME CERT
ZETES INDUSTRIES
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
FR
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
FR
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
COURS
DIFF.
COURS
OUVERT
COURS
12 MOIS
VOLUME
MAX.
+0.37 122.45 122.45 122.45
2
+0.00 180.00 180.00 180.00
8
+7.50
2.15
2.15
2.00
250
-26.67
0.55
0.55
0.55
500
-0.04
54.45
54.63
54.01 106599
-0.53 160.00 160.00 158.05
605
+0.13
34.00
34.21
33.55
90455
+0.13
33.76
33.80
33.70
216
+0.00
0.05
0.05
0.05
19500
-1.09
3.30
3.32
3.26
15378
+4.05
0.75
0.78
0.74 2996134
+0.36
12.50
12.55
12.50
3657
-0.68
47.65
47.88
47.48 4975946
-6.98
0.40
0.43
0.40
50
-1.75
64.00
64.00
62.29
3191
-0.72
1.37
1.37
1.37
1500
-0.65
68.62
68.76
68.12 322372
+1.23
48.60
49.30
48.45 646527
+0.00
4.60
4.60
4.60
497
+2.39
54.25
55.59
54.15
12775
-0.48
52.00
52.00
51.51
1572
-6.37
77.40
77.40
73.02
1373
+2.72
1.73
1.76
1.73
7452
+5.26
2.48
2.60
2.48
1961
+1.76
22.99
23.19
22.75
2042
+0.00
63.00
63.00
63.00
200
-2.06
88.06
88.13
85.87
31574
+0.05 106.00 106.00 105.35
623
-0.85 644.50 644.50 644.50
10
-0.99 2 000.00 2 000.00 2 000.00
22
-0.59
1.67
1.68
1.67
4500
+1.89 154.90 154.90 154.90
79
+0.28
53.70
54.25
53.70
13212
125.00
185.00
2.30
0.85
55.31
159.60
36.39
35.40
0.05
3.88
1.22
12.96
49.50
0.46
64.07
1.38
75.28
58.89
4.75
68.60
59.84
96.66
1.92
25.49
65.70
92.64
122.60
660.00
2 119.99
1.82
160.47
54.75
PRÉC.
DF 122.45 122.00
SF 180.00 180.00
DF
2.15
2.00
SF
0.55
0.75
C
54.25
54.27
C 158.75 159.60
C
33.98
33.94
DF
33.70
33.66
DF
0.05
0.05
C
3.26
3.30
C
0.75
0.72
C
12.55
12.51
C
47.70
48.03
C
0.40
0.43
C
62.95
64.07
SF
1.37
1.38
C
68.35
68.80
C
49.16
48.56
C
4.60
4.60
C
55.29
54.00
C
51.75
52.00
C
73.03
78.00
C
1.74
1.69
SF
2.60
2.47
C
23.18
22.78
DF
63.00
63.00
C
86.19
88.00
C 106.00 105.95
SF 644.50 650.00
SF 2 000.00 2 020.00
DF
1.68
1.69
SF 154.90 152.03
C
54.25
54.10
EN %
MAX.
MIN.
INFO SUR DIVIDENDE
DIV. DEV.
DATE
MIN.
95.11 1.2400
145.00 8.0800
1.64
0.55 0.3000
38.15 7.9000
99.80 2.5000
27.71 1.3300
29.52 0.5750
0.01
2.50
0.64
11.01 0.2100
38.06 0.6100
0.40
49.10 0.5000
0.73
54.84 1.0600
41.15 0.6000
1.76
53.10 1.3500
50.90 2.7200
34.00 0.4100
0.98
- 0.1200
21.01 0.8000
60.02 3.0000
76.00 4.0000
98.51 4.9000
605.06 36.0300
1 745.00 73.9200
0.95 0.0000
122.02 1.7300
36.00 0.8000
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
24-06-15
09-02-15
11-08-09
03-05-13
11-06-15
06-06-13
18-05-16
01-12-16
20-03-17
05-05-16
04-05-15
23-08-16
22-11-16
05-05-15
13-01-14
25-09-09
13-07-16
09-12-15
28-04-16
18-04-16
22-06-15
22-06-15
02-02-05
25-03-15
19-12-16
Euronext Cours du 07.03.17
TITRE
CLÔTURE
COURS
DIFF.
EN %
COURS
OUVERT
MAX.
MIN.
VOLUME
MAX.
MIN.
DF
SF
SF
SF
SF
DF
C
SF
DF
C
11.80
2 869.03
15.00
0.25
0.21
0.01
2.08
72.50
13.52
2.55
12.00
2 968.99
14.25
0.23
0.27
0.01
2.07
73.00
13.50
2.50
-1.67
-3.37
+5.26
+8.70
-22.22
+0.00
+0.48
-0.68
+0.15
+2.00
11.80
2 869.03
15.00
0.25
0.21
0.01
2.08
72.50
13.52
2.55
11.80
2 869.03
15.00
0.25
0.21
0.01
2.08
72.50
13.52
2.55
11.80
2 869.03
15.00
0.25
0.21
0.01
2.05
72.50
13.52
2.55
16
1
50
10
4510
650
3250
6
33000
445
0.00
2 978.00
15.00
0.50
0.27
0.08
3.80
74.35
0.00
2.79
0.00
2 751.00
9.25
0.08
0.10
0.01
1.83
72.50
0.00
1.90
SF
SF
SF
SF
SF
SF
SF
SF
SF
SF
SF
SF
SF
SF
1.69
4.35
23.75
0.60
0.05
1.50
0.47
0.33
3.17
18.30
5.25
0.55
0.10
1.37
1.70
4.34
23.75
0.60
0.04
1.36
0.47
0.33
3.50
17.50
4.90
0.75
0.19
1.38
-0.59
+0.23
+0.00
+0.00
+25.00
+10.29
+0.00
+0.00
-9.43
+4.57
+7.14
-26.67
-47.37
-0.72
1.69
4.35
23.75
0.60
0.05
1.50
0.47
0.33
3.17
18.30
5.25
0.55
0.10
1.37
1.69
4.35
23.75
0.60
0.05
1.50
0.47
0.33
3.17
18.30
5.25
0.55
0.10
1.37
1.69
4.35
23.75
0.60
0.05
1.50
0.47
0.33
3.17
18.30
5.25
0.55
0.10
1.37
10
113
400
750
3812
665
555
250
3940
270
162
500
260
1500
1.80
4.35
23.75
0.60
0.10
1.60
0.49
0.88
4.40
18.30
8.00
0.85
0.10
1.38
1.69
4.10
18.50
0.60
0.02
0.90
0.47
0.27
3.17
16.50
4.80
0.55
0.10
0.73
PAYS
MARCHÉ
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
BE
EURO
PRÉC.
COURS
12 MOIS
INFO SUR DIVIDENDE
DIV.
DEV.
DATE
Alternext
CATALA
CO.BR.HA
EMAKINA GROUP
EUROPUBLIDIS
EVADIX
KKO INT WARRANT A
KKO INTERNATIONAL
PAIRI DAIZA
SETTLEMENTS
SOFTIMAT
16.6700
0.1100
2.0000
0.5000
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
USD
EUR
01-06-15
02-05-11
14-09-15
20-08-13
Marché Libre
EMD MUSIC
FLEXOS
FNG GROUP
ICE CONCEPT
IMMOPOOL
NEWTREE
OTC
PHARCO
PNS
REALCO
REIBEL
SV PATRIMONIA
TEAM KALORIK
U&I LEARNING
Capitaux échangés
Total général
Continu belge
Continu étranger
0.0400
0.5100
2.1200
0.1000
0.1000
0.3000
0.0800
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
EUR
01-08-08
19-06-07
13-05-08
18-01-16
24-11-14
22-07-15
11-08-09
22-06-07
Indice
Cours du jour
470213872.647
469992006.9470
221865.7000
Cours Précéd. Diff. en %
403622430.082
16.50
403275372.4820
16.54
347057.6000
-36.07
Cours de change
(000) EUR
Cours du jour
Cours Précéd. Diff. en %
BEL 20 ouverture
3690.81
3691.70
-0.02
BEL 20 cloture
3684.13
3687.06
-0.08
Matières premières
Billets de banques
Devise (en EUR)
COURONNE DANOISE
COURONNE NORVEGIENNE
COURONNE SUEDOISE
DOLLAR CANADIEN
DOLLAR US
FRANC SUISSE
LIVRE STERLING
YEN
0.2200
ISO
DKK
NOK
SEK
CAD
USD
CHF
GBP
JPY
Achat
7.1532
8.4642
8.9299
1.3767
1.0290
1.0431
0.8403
117.3300
07.03.2017
Vente
7.7441
9.2153
9.9352
1.4549
1.0758
1.0932
0.8783
122.4900
Or
Devise (en EUR)
10 $ US
10 Florins
20 $ US
20 Francs Tunisie
5 $ US
50 Ecus
Demi Souverain
Elisabeth II
Krugerrand
Lingot 1 Kg
Lingotin Once CPoR
Once (en $)
Reichmark
Souverain
Union latine
Prix moy.
640.00
227.90
1265.00
221.00
325.00
582.13
147.00
283.00
1235.00
37990.00
1210.00
1216.65
282.00
275.00
220.00
Préc.
640.00
228.00
1265.00
221.00
325.00
584.50
147.00
278.00
1240.00
37990.00
1215.00
1230.95
285.00
285.00
220.00
Aluminium Londres
(USD/t)
Argent N.Y.
($/ounce)
Brent Londres
(USD/lb)
Cuivre Bruxelles
(EUR/t)
Cuivre Londres
(USD/t)
Etain Londres
(USD/t)
Nickel Londres
(USD/t)
Plomb Londres
(USD/t)
Zinc Londres
(USD/t)
07-03-17
1867.00
06-03-17
1907.00
Var/H%
-2.10
17.54
17.84
-1.68
56.00
55.78
0.39
6110.00
6145.08
-0.57
5855.50
5909.00
-0.91
19210.00
19400.00
-0.98
10890.00
10880.00
0.09
2221.00
2247.00
-1.16
2729.00
2795.00
-2.36
Indices des prix à la consommation
2013
Période
I.S.
I.d.P.
Févr. 2017
105.06
104.67
Janv. 2017
104.65
104.28
Déc. 2016
104.05
103.54
Nov. 2016
103.97
103.41
Oct. 2016
103.86
103.34
Sept. 2016
103.68
103.04
Août 2016
103.97
103.26
Juil. 2016
103.93
103.31
Juin 2016
103.74
103.19
Mai 2016
103.77
103.08
Avr. 2016
103.53
102.75
Mars 2016
103.47
102.57
Févr. 2016
102.53
101.65
Janv. 2016
102.42
101.59
I.S. = Indice Santé - I.d.P. = Indice des Prix
2004
I.S.
126.88
126.39
125.66
125.56
125.43
125.21
125.56
125.52
125.29
125.32
125.03
124.96
123.83
123.69
1996
I.d.P.
128.12
127.64
126.73
126.57
126.49
126.12
126.39
126.45
126.30
126.17
125.77
125.55
124.42
124.35
I.S.
144.35
143.79
142.96
142.85
142.70
142.46
142.85
142.80
142.54
142.58
142.25
142.17
140.88
140.73
I.d.P.
147.24
146.69
145.65
145.47
145.37
144.95
145.26
145.33
145.16
145.00
144.54
144.29
142.99
142.91
1988
I.S.
174.04
173.36
172.37
172.24
172.05
171.76
172.24
172.17
171.86
171.91
171.51
171.41
169.85
169.67
1988
I.d.P.
180.71
180.04
178.76
178.54
178.42
177.90
178.28
178.36
178.16
177.97
177.40
177.09
175.50
175.40
1981
244.47
243.56
241.83
241.52
241.36
240.66
241.17
241.29
241.01
240.75
239.98
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La Libre Belgique - mercredi 8 mars 2017
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Rendements
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Allemagne
Belgique
Japon
Royaume-Uni
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ACCOR
AIR LIQUIDE
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ALCATEL-LUCENT
ARCELORMITTAL
AXA
BNP PARIBAS ACT.A
BOUYGUES
CAP GEMINI
CARREFOUR
CREDIT AGRICOLE
DANONE
EIFFAGE
ENGIE
ESSILOR INTL.
KERING
KLEPIERRE
L'OREAL
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LEGRAND
LVMH
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NOKIA
ORANGE
PERNOD RICARD
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PUBLICIS GROUPE SA
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SAINT GOBAIN
SANOFI
SCHNEIDER ELECTRIC
SOCIETE GENERALE
SODEXO
SOLVAY
TECHNIPFMC
TF1
TOTAL
UNIBAIL-RODAMCO
VALEO
VEOLIA ENVIRON.
VINCI
VIVENDI
Bourses étrangères Cours du 07.03.17
EURO
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Euronext: Euronext 100
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Lisbonne: PSI 20
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Francfort
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Londres
Amsterdam Cours du 07.03.17
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EURO
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72.49
52.95
57.78
111.42
17.28
146.00
126.27
35.80
180.37
31.97
123.82
91.40
74.15
133.38
195.97
269.11
80.85
30.80
98.91
86.15
110.94
128.03
81.40
5.87
65.94
64.40
96.98
115.01
112.65
46.32
79.67
39.30
+0.02
-1.67
+0.03
+0.33
-0.45
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-0.08
-1.29
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+0.20
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-0.55
-0.36
-1.42
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Nokia Corp ADS
Norfolk Southern Corp
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Occidental Petroleum Corp
Oracle Corp
PepsiCo Inc
Petroleo Brasileiro S/A ADS
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Philip Morris International
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Procter & Gamble Co
QUALCOMM Incorporated
Ralph Lauren Corp
Raytheon Co
Red Hat Inc
Regions Financial Corp
Reynolds American Inc
Robert Half International Inc
Schlumberger Ltd
Southern Co
Sprint Corporation
Stanley Black & Decker
Target Corp
Teva Pharmaceutical Industries
Texas Instruments Incorporated
Tiffany & Co
Time Warner Inc
Toyota Motor Corp ADS
Twitter
Tyco International Ltd
U.S. Bancorp
Unisys Corp
United Parcel Service Inc Cl B
United Technologies Corp
UnitedHealth Group Inc
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Wal-Mart Stores
Walgreen Co
Walt Disney
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Xerox Corp
56.54
5.22
121.87
45.10
64.69
42.59
109.31
10.12
33.98
110.54
77.45
90.28
56.73
79.13
154.48
81.95
15.25
61.17
47.52
79.94
50.40
8.31
127.91
55.15
33.19
79.11
88.76
98.23
112.63
15.19
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55.00
13.82
105.63
112.26
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Adecco
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Julius Baer
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Richemont
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-0.25
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76.40
55.47
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65.33
29.30
30.80
98.91
86.15
15.95
25.02
44.74
73.84
64.40
96.98
115.01
46.69
112.65
46.32
79.67
42.66
141.42
28.75
44.50
1.85
2.56
16.67
98.73
42.59
67.57
44.15
26.80
62.17
42.89
2.07
82.99
77.45
1 736.46
56.73
79.13
81.95
61.17
47.52
66.87
78.66
76.18
48.28
7.46
139.76
5.13
40.70
127.91
8.79
56.20
29.29
2.44
248.64
33.19
35.27
70.93
88.76
41.32
30.10
13.82
11.00
105.63
83.66
91.33
76.79
19.91
175.38
99.46
58.76
45.73
2.75
+0.24
-0.78
+0.17
-1.42
+0.00
+6.40
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+0.22
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-0.55
-0.36
+0.21
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-0.45
+0.20
+2.78
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-1.71
+1.10
+0.01
-1.03
+0.75
-3.20
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+0.05
-2.36
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-0.11
-0.18
+0.44
-0.79
-2.58
-0.52
-0.47
-1.45
-0.04
+0.89
+0.27
-0.51
-0.85
-0.85
+0.62
+0.00
-1.05
-0.61
-0.17
-0.60
-1.27
-0.67
-0.33
+0.55
-0.09
-0.46
-0.58
+0.47
+0.09
+0.00
-0.22
-0.91
-0.09
+0.20
-0.54
Valeurs de croissance Cours du 07.03.17
Nasdaq
ACCENTURE CL A
ACTIVISION BLIZZARD
ADOBE SYSTEMS INCORPORATED
AKAMAI TECHNOLOGIES
ALCOA INC
ALPHABET A
ALTERA CORPORATION
AMAZON.COM
AMGEN INC
AON PLC
APACHE CORP
APOLLO GROUP
APPLE INC
APPLIED MATERIALS
AUTODESK
BAIDU
BED BATH & BEYOND INC
BEST BUY CO INC
BIOGEN IDEC INC
BLACKBERRY LIMITED
BOSTON SCIENTIFIC CORP
BROADCOM CORPORATION
C.H. ROBINSON WORLDWIDE
CA INC
CADENCE DESIGN SYSTEMS
CELGENE CORPORATION
CHECK POINT SOFTWARE TECHNOLOG
CHINA LIFE INSURANCE CO LTD AD
CHINA MOBILE ADS
CHIPOTLE MEXICAN GRILL
CINTAS CORPORATION
CISCO SYSTEMS
CITRIX SYSTEMS
COGNIZANT TECHNOLOGY SOLUTIONS
COMCAST CORPORATION
COSTCO WHOLESALE CORPORATION
DELL INC
DELTA AIR LINES
DENTSPLY INTERNATIONAL INC
DISCOVERY COMMUNICATIONS
DISH NETWORK CORPORATION
DREAMWORKS ANIMATION SKG
DUN & BRADSTREET CORP
EASTMAN CHEMICAL CO
EATON CORP PLC
EBAY INC
EDISON INTERNATIONAL
ELECTRONIC ARTS INC
ELI LILLY & CO
ERICSSON
ESTEE LAUDER COS. INC
EXPEDIA
EXPEDITORS INTERNATIONAL OF WA
EXPRESS SCRIPTS HOLDING COMPAN
FACEBOOK
FASTENAL COMPANY
FISERV
FLEXTRONICS INTERNATIONAL LTD
FOSSIL GROUP
GARMIN LTD
GILEAD SCIENCES
GROUPON
H.J. HEINZ COMPANY
HARLEY-DAVIDSON INC
HARMAN INTERNATIONAL INDUSTRIE
HASBRO
IAC/INTERACTIVECORP
INFOSYS LIMITED ADS
INTEL CORPORATION
INTUIT INC
INTUITIVE SURGICAL
INVESCO LIMITED
JUNIPER NETWORKS INC
KELLOGG CO
KIMBERLY-CLARK CORP
(USD)
124.10
48.06
119.98
63.30
35.81
831.90
53.96
845.93
177.39
115.53
51.27
9.99
139.49
36.97
82.07
173.74
39.01
44.55
291.00
6.78
24.48
54.67
78.94
31.98
31.24
122.07
98.69
15.20
54.67
404.81
118.27
34.20
79.89
57.84
37.41
167.00
13.86
47.62
62.55
27.75
63.97
40.97
107.14
78.93
71.57
33.47
79.25
88.31
82.70
6.42
82.77
122.40
56.05
67.38
137.26
51.37
116.95
16.51
16.97
51.51
69.01
4.07
72.49
57.78
111.42
97.19
50.66
15.02
35.80
125.40
730.15
31.97
28.14
74.15
133.38
+0.69
+0.52
-0.12
+0.38
-3.06
+0.52
+0.06
-0.08
-1.15
-0.16
-1.76
-0.05
+0.12
+0.27
-1.04
+0.25
-1.59
+1.49
-1.58
+0.15
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+0.33
-0.42
-2.56
+0.76
-1.17
-0.27
+0.96
+0.02
-1.67
-0.29
+0.03
+0.29
-1.68
-0.08
+0.16
+0.22
-2.52
-0.32
-0.09
+4.51
+0.01
-0.33
-0.75
-0.39
-0.53
-0.11
+1.34
-1.37
-1.00
+0.07
+0.76
-0.62
-3.81
-0.12
-1.63
-0.07
+1.44
-2.25
-0.50
-1.57
+0.49
+0.06
+0.35
-0.08
+0.15
-2.86
-0.99
+0.65
-0.56
-0.63
-0.71
-0.07
-0.08
-0.01
KLA-TENCOR CORPORATION
LAM RESEARCH CORPORATION
LAMAR ADVERTISING COMPANY
LEVEL 3 COMMUNICATIONS INC
LIBERTY GLOBAL PLC
LIBERTY INTERACTIVE CORPORATIO
LINEAR TECHNOLOGY CORPORATION
LOGITECH INTERNATIONAL S.A.
MACYS
MANPOWERGROUP
MARRIOTT INTERNATIONAL INC CL
MARVELL TECHNOLOGY GROUP LTD
MATTEL
MAXIM INTEGRATED PRODUCTS
MICROCHIP TECHNOLOGY INCORPORA
MICROSOFT CORPORATION
MOLSON COORS BREWING CO CL B
MONSANTO CO
MONSTER BEVERAGE CORPORATION
MOODYS CORP
MORGAN STANLEY
MOTOROLA SOLUTIONS
NETAPP
NETFLIX
NEWS CORPORATION
NIELSEN HOLDINGS PLC
NII HOLDINGS
NOVATEL WIRELESS
NUANCE COMMUNICATIONS
NVIDIA CORPORATION
ORACLE CORP
PACCAR INC
PATTERSON COMPANIES
PATTERSON-UTI ENERGY
PAYCHEX
PAYPAL HOLDINGS
PEABODY ENERGY CORP
PETSMART
PHILLIPS 66
PRICELINE.COM INCORPORATED
QUALCOMM INCORPORATED
RALPH LAUREN CORP
RED HAT INC
REYNOLDS AMERICAN INC
ROBERT HALF INTERNATIONAL INC
ROSS STORES
RYANAIR HOLDINGS PLC
SANDISK CORPORATION
SEAGATE TECHNOLOGY.
SEARS HOLDINGS CORPORATION
SIGMA-ALDRICH CORPORATION
SIRIUS XM RADIO INC
SOHU.COM INC
STANLEY BLACK & DECKER
STAPLES
STARBUCKS CORPORATION
SYMANTEC CORPORATION
TELLABS
TESLA MOTORS
TEVA PHARMACEUTICAL INDUSTRIES
THE GOODYEAR TIRE & RUBBER COM
THE NASDAQ OMX GROUP
TIFFANY & CO
TRIPADVISOR
TWENTY-FIRST CENTURY FOX
UNISYS CORP
UNITED ONLINE
UNITED PARCEL SERVICE INC CL B
VERISIGN
VERTEX PHARMACEUTICALS INCORPO
WESTERN DIGITAL CORPORATION
WESTERN UNION
WHIRLPOOL CORP
WYNN RESORTS
XILINX
YAHOO! INC
ZYNGA INC
mercredi 8 mars 2017 - La Libre Belgique
37
© S.A. IPM 2017. Toute représentation ou reproduction, même partielle, de la présente publication, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation préalable et écrite de l'éditeur ou de ses ayants droit.
Football
LIGUE DES CHAMPIONS
Résultats et programme des 8es de finale
Mardi 07/03
(20h45)
Arsenal (Ang) – Bayern Munich (All)
(1-5) 1-5
20e Walcott/ 55e Lewandowski sur pen., 68e Robben, 78e Costa,
80e, 85e Vidal
Naples (Ita) – Real Madrid (Esp)
(1-3) 1-3
24e Mertens/52e Ramos, 57e Mertens csc, 90e Morata
Mercredi 08/03
FC Barcelone (Esp) – Paris SG (Fra)
Dortmund (All) – Benfica (Por)
Mardi 14/03
Juventus (Ita) – FC Porto (Por)
Leicester (Ang) – Séville (Esp)
Mercredi 15/03
Atlético (Esp) – Leverkusen (All)
Monaco (Fra) – Manchester City (Ang)
Les Catalans sont persuadés
qu’ils peuvent signer ce soir
un exploit qui serait majuscule
face au PSG.
n Malgré un but de Mertens,
Naples s’est incliné hier soir à
Madrid. Arsenal a, de nouveau,
été humilié par le Bayern.
n
(20h45)
(0-4)
(0-1)
(20h45)
(2-0)
(1-2)
(20h45)
(4-2)
(5-3)
CHRISTOPHE SIMON/A FP
Barcelone
est prêt à entrer
en éruption
Lors du match aller, Thomas Meunier avait été si brillant que les spectateurs n’ont jamais vu Neymar dans ses œuvres.
38
La Libre Belgique - mercredi 8 mars 2017
© S.A. IPM 2017. Toute représentation ou reproduction, même partielle, de la présente publication, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation préalable et écrite de l'éditeur ou de ses ayants droit.
Barcelone – Paris Saint-Germain Mercredi 20h45
Naples – Real Madrid 1-3
Le Barça croit en sa remontada
Et pourtant,
Mertens...
C1 Personne. Sur les 58 équipes qui se sont inclinées 4-0 à
l’aller, aucune n’a réussi à renverser la vapeur dans toute
l’histoire des Coupes d’Europe. Seuls le Partizan Belgrade
et le Real Madrid étaient parvenus à effacer un débours de
quatre buts face aux Queens Park Rangers et à Mönchengladbach en 1984 et 1985. Mais Yougoslaves comme Espagnols avaient marqué à l’aller (6-2 et 5-1) avant de s’imposer 4-0.
L’heure, pour le Barça, n’est plus de regretter cette tête
sur le montant de Samuel Umtiti dans les ultimes instants,
mais bien de relever un défi incroyable. Immense. Colossal.
D’abord fataliste, la Catalogne a vu germer depuis cette débâcle historique le sentiment qu’une remontada est envisageable. “Evidemment que j’ai la foi”, a clamé Luis Enrique en
conférence de presse. “Nous devons être optimistes, nous le
sommes car un pro doit l’être. On va essayer d’avoir toutes les
circonstances positives en notre faveur. On peut marquer six
buts, on l’a déjà fait dans d’autres occasions et même plusieurs fois. Nous n’avons rien à perdre.”
Luis Suarez, qui avait précédé son entraîneur face aux médias, avait parfaitement résumé la situation : “Si une équipe peut bien renverser un
tel score, c’est le Barça. La tâche sera difficile, mais pas impossible.” Et ce pour trois
raisons:
pas marquer”, a fait remarquer sur ESPN Julian Draxler
avant d’ajouter. “Mais ce n’est pas si simple d’arrêter une
équipe comme Barcelone sur 180 minutes, on est certain
qu’elle va avoir des occasions, on ne peut pas l’arrêter pour
toujours.”
2
Tactiquement,
le Barça a changé
La déroute parisienne a mis en lumière le manque d’équilibre actuel du traditionnel 4-3-3 catalan encore en vigueur
lors du match d’après et la victoire poussive contre Leganes. Mais depuis le succès sur le terrain de l’Atletico Madrid
(1-2), le Barça s’avance dans un nouveau système, un 3-4-3
où Messi navigue à sa guise derrière le trio Suarez – Neymar – Rafinha qui prend la profondeur.
Cette animation augmente la liberté de l’Argentin tout en
le délestant du travail défensif sur un côté droit qui était devenu poreux, elle rééquilibre le noyau qui a plus d’assise
avec Sergi Roberto qui retrouve l’entrejeu où il a été formé.
“Ce système nous donne aussi de la supériorité au milieu de terrain”, a argumenté
Luis Enrique, un secteur de jeu où, plus
que dans tous les autres, la domination
parisienne avait été outrageuse à l’aller.
0
Mission impossible
1
La “MSN”
s’est réveillée
Sur les 58 équipes qui se sont
inclinées 4-0 à l’aller en Coupe
d’Europe, aucune n’a réussi à
renverser la vapeur.
Des fantômes. Plus que leurs coéquipiers, Lionel Messi, Suarez et Neymar ont
traversé le match aller comme des ombres. Un chiffre résume ce sentiment : la MSN n’a frappé qu’une fois au but au
Parc des Princes, un tir contré de Neymar.
Depuis, le redressement est spectaculaire. Sur les quinze
buts marqués par les Catalans en quatre matches, Messi en
a inscrit six, Suarez et Neymar deux chacun. L’Argentin enjolive son bilan de trois passes décisives, l’Uruguayen de
deux et le Brésilien d’une.
“Si les attaquants ne reçoivent pas le ballon, ils ne peuvent
3
Luis Enrique
les a piqués
Déroutant lorsqu’il était joueur, Luis Enrique l’est tout autant désormais qu’il est
entraîneur. L’annonce de son départ après la démonstration
contre Gijon a pris tout le monde de court. Mais, au-delà de
la surprise, légitime, les joueurs se retrouvent désormais
placés en première ligne. Impossible pour eux de se cacher
derrière leur coach, à eux d’assumer. Ce qui vaut notamment pour Lionel Messi dont les relations avec son futur exentraîneur se résument depuis plus d’un an à de simples
formules de politesse…
Jonathan Lange
Meunier : “Mon côté brésilien a surgi d’un coup”
T
homas Meunier espère repar­
tir du Camp Nou avec à la fois
la qualification en poche pour
les quarts de finale mais aussi un
maillot catalan. “A l’aller, j’ai repris
mes deux maillots. Il y en a un que je
fais signer en souvenir par toute
l’équipe et l’autre que je garde pour
moi. L’échange sera pour le retour
car je voulais le maillot original, le
blaugrana”, s’est amusé le Diable
dans un reportage à découvrir ce
mercredi soir sur Proximus
11+ avant que le joueur ne se re­
trouve une nouvelle fois dans la
zone de Neymar.
Comment se comporter face à
l’un des joueurs les plus à l’aise de la
planète en un contre un? “On se dit
serre­le, serre­le, mais en vérité, il est
trop vif. Il est petit et vif et moins
grand et un peu nonchalant, surtout
au démarrage. Donc je me dis que ça
va être compliqué, que je vais devoir
lui rentrer dedans. Il n’avait pas
beaucoup de ballons, je le sentais un
peu frustré, il allait à gauche, à droite.
Ce n’était pas top, il n’était pas dans
de bonnes conditions.”
“Le lendemain,
tu vas en ville.
Les gens
te remercient
comme si tu avais
fait quelque chose
pour eux.”
Thomas Meunier
Défenseur du PSG.
Des deux hommes, la lumière est
plus venue du défenseur auteur
d’un fabuleux raid pour permettre
aux siens d’inscrire un quatrième
but.
“Mon côté brésilien a surgi d’un
coup”, sourit le défenseur au mo­
ment de revenir sur cette action. “Je
suis sous pression. Ou je joue avec
mon gardien ou je tente quelque chose
car quand je reçois la balle, je vois un
trou immense au milieu. Je reçois la
balle et je fais 50 mètres sans même
être inquiété. Cela a été super positif
car cela a apporté le 4e but de Ca­
vani.”
Pour donner des contours histori­
ques à cette soirée. “C’était ahuris­
sant, on vient de mettre 4­0 au Barça
de la MSN”, explique le joueur au
moment de définir ce qu’il a res­
senti avant d’avouer : “Le lendemain,
tu vas en ville, les gens te remercient
comme si tu avais fait quelque chose
pour eux. Moi, je ne comprends pas
bien le délire. Mais cela leur a apporté
quelque chose, certains m’ont dit qu’il
n’avait plus vu cela depuis 15 ans.”
V.C.
C1 Un jour, peut-être, à l’instar de Diego Maradona,
le faciès de Dries Mertens ornera l’une des façades
de la ville de Naples. Là où l’Argentin a accédé au
rang de dieu vivant dont le culte est toujours aussi
intense, Mertens s’affiche comme l’un de ses disciples. Dans cette ville de tous les excès, Mertens a
porté un rêve, celui de faire tomber le Real. Il a
bien failli le transformer en réalité lors d’une première période incandescente où il a donné le ton
en frappant au bout de 37 secondes. Naples, avec
son pressing démoniaque, a asphyxié les Madrilènes, avec dans le premier rôle le Louvaniste qui a
fait exploser le stade San Paolo en concluant un
mouvement limpide initié par Insigne et Hamsik
(24e) avant de passer tout près d’un doublé qui
aurait été retentissant. Mais le montant de Navas a
repoussé sa frappe (37e).
Au plus fort de la tempête, les Madrilènes ne se
sont jamais affolés. Les grands matches appartiennent aux grands joueurs? Alors, si Mertens est un
grand, Ramos est, lui, un très grand. Le Real, qui
n’avait été dangereux que sur une frappe de Ronaldo sur le poteau de Reina, a pu compter sur tout
le savoir-faire de son défenseur dans les airs.
Sur deux corners, Ramos s’est élevé plus haut
que tout le monde pour égaliser (52e) puis donner
l’avantage aux siens avec la complicité de Mertens,
malheureux sur le coup en modifiant la trajectoire
d’un ballon devenu imparable pour Reina (57e).
Comme pour mieux symboliser la cruauté de cette
soirée conclue sur un but de Morata (90e+1), le but
a été attribué au Diable contre son camp.
Jo. L.
Arsenal – Bayern Munich 1-5
La deuxième
grosse claque
C1 La tâche s’annonçait très compliquée. Voire impossible. Laminé 5-1 à l’Allianz Arena il y a trois semaines, Arsenal n’avait, selon les statistiques,
qu’1,5% de chance de se qualifier pour le prochain
tour. Et, sans surprise, le miracle n’a pas eu lieu.
Les Gunners, empêtrés dans une spirale négative, sont une nouvelle fois retombés dans leurs
travers. Auteurs d’une première mi-temps convaincante, durant laquelle Theo Walcott avait ouvert le
score d’un angle fermé, ils ont ensuite pris l’eau
après la pause. Exactement comme à l’aller.
Et c’est une nouvelle fois la sortie de Koscielny
qui a précipité leur chute. Si en Bavière, le défenseur français était sorti blessé, provoquant la
faillite défensive des siens, il a cette fois été exclu
(sévèrement) pour une faute sur Lewandowski
dans la surface. Le Polonais s’est chargé de transformer le penalty, égalisant et mettant fin aux rêves de remontée des Londoniens avant que Robben, Costa puis Vidal, par deux fois, ne profitent
des boulevards laissés dans la défense pour fixer
le score à 1-5.
Arsène Wenger, qui coachait sans doute son dernier match européen sur le banc des Gunners, s’offre donc une sortie humiliante. L’Alsacien doit désormais réussir ses adieux en Premier League.
M.J.
mercredi 8 mars 2017 - La Libre Belgique
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Tennis Indian Wells démarre aujourd’hui
avec la Campinoise qui défiera une jeune
de 17 ans.
Pour Contador, tout
Entretien Carole Bouchard
Envoyée spéciale à Indian Wells (Californie)
K
irsten Flipkens débutera son tournoi face à
l’Américaine de 17 ans, Cici Bellis (56e mon­
diale). A la clé ? Un deuxième tour face à Gar­
bine Muguruza.
Quelles sont vos sensations en arrivant ici ?
J’ai eu des bons matches à Acapulco, pas forcément
dans le tennis mais mentalement c’était bien d’avoir
trois matches dans les jambes. J’avais bien joué en
Roumanie en Fed Cup. J’ai pris confiance là­bas. Avec
ce quart à Acapulco, je sens que j’évolue chaque se­
maine. On verra ici mais je me sens bien sur le terrain.
Comme beaucoup de joueurs et joueuses, vous semblez
ravie d’être dans le désert californien…
C’est un très beau tournoi, avec du soleil, plein de ter­
rains pour s’entraîner, un super hôtel, une piscine et
puis les gens sont très gentils. Il y aussi de très bons
restaurants, c’est très relax. Tommy Haas est le nou­
veau directeur, mais pour le moment je ne pense pas
qu’il y ait déjà eu des changements. Je pense qu’il a
beaucoup d’expérience comme joueur. Il sait ce qui
est important pour nous. Je me sens bien ici. Chaque
année c’est un plaisir de revenir. Le tableau, on verra…
Chaque semaine, c’est un supplice (rire). Tu sais
d’avance que ce ne sera pas facile de toute manière.
“J’ai fait mon programme
jusqu’à la deuxième semaine
d’avril donc je n’ai pas encore
décidé si je vais jouer
la Fed Cup ou pas.”
Kirsten Flipkens
Comment va votre poignet avec tous ces matches dernièrement ?
Pour le moment ça va, mais on verra si j’ai encore be­
soin d’une infiltration après Miami ou avant le gazon.
Après Indian Wells et Miami, il y aura la Fed Cup aussi : ça
fait un long tunnel…
J’ai fait mon programme jusqu’à la deuxième semaine
d’avril donc je n’ai pas encore décidé si je vais jouer la
Fed Cup ou pas. Cela dépendra de mon état de forme.
Chaque année, j’ai aussi des difficultés avec la prépara­
tion pour la terre battue. La Russie ce n’est pas l’idéal.
On dirait que, chaque année, on a de mauvais tirages :
on a été en Roumanie, en Hongrie, en Pologne, en Ser­
bie. C’est un peu dommage de ne pas jouer en Belgi­
que.
Maria Sharapova fera bientôt son retour à la compétition,
comment voyez-vous ça ?
Pfff! c’est une histoire avec beaucoup de doutes. C’est
difficile de juger si elle a fait une faute ou pas. Je pense
qu’elle a vraiment commis une faute. Elle dit que
non… C’est difficile de parler d’elle. Je pense que c’est
bien pour le tennis qu’elle revienne mais je ne sais pas
si avec les autres joueuses ça va bien se passer. Elle
n’était déjà pas la personne la plus facile… C’est bien
pour elle de revenir, mais des collègues penseront dif­
féremment.
40
c’est bien sûr le dernier week­end qui sera dé­
cisif.”
A la Ruta del Sol, le coureur de Trek­Se­
gafredo avait fini 3e du chrono, gagné par
Victor Campenaerts devant Valverde.
L’étape d’aujourd’hui devrait lui convenir
un peu plus encore puisque les trois der­
niers kilomètres sont en montée. “En An­
dalousie, le parcours du contre­la­montre
était dangereux, je n’avais pas pris de risque”,
Cyclisme A Paris-Nice,
l’Espagnol redevient optimiste
avant le chrono du Mont Brouilly.
Eric de Falleur
Envoyé spécial à Chalon-sur-Saône
A
lberto Contador a retrouvé son sou­
rire, ce mardi sur les routes de Bour­
gogne où le soleil a refait son appari­
tion après deux premiers jours dantes­
ques. “Ça va, la journée s’est bien passée”,
lançait­il à l’arrivée de la 3e étape enlevée
au sprint par l’inattendu Sam Bennett.
“Dans le final, il fallait surtout faire attention
aux chutes.”
Pour le Madrilène, distancé de 1:18 par
Démare, rien n’est perdu, contrairement à
Richie Porte, que l’on présentait comme
son principal adversaire, au départ de
l’épreuve. Dès ce mercredi, dans un con­
tre­la­montre qui doit vraiment lui conve­
nir, “El Pistolero” compte engager l’opéra­
tion grignotage. “Jusqu’ici, j’ai roulé sur la
défensive, admet­il. Pour garder toutes mes
chances de succès final, mais aussi sans vou­
loir prendre des risques fous dans les éven­
tails, dans la pluie. Je suis malgré tout satis­
fait.”
Contador avait pris froid le dernier jour
de la Ruta del Sol, qu’il a terminée en
deuxième position, à une seconde seule­
ment d’Alejandro Valverde. Il a même été
fiévreux plusieurs jours et il était encore
convalescent lorsqu’il s’est aligné au Tour
d’Abu Dhabi où il n’a pas joué un rôle ma­
jeur (15e au final). “Paris­Nice a toujours été
une course très spéciale pour moi, je l’ai ga­
gnée deux fois. Tout a commencé vraiment
pour moi sur cette course en 2007”, affirme
le coureur de Pinto. “Mais j’ai aussi eu des
déconvenues. Cette année, tout reste ouvert. Il
y a encore de bonnes étapes pour moi. On va
déjà y voir plus clair après le chrono, mais
AFP/PHILIPPE LOPEZ
Kirsten Flipkens :
“Je me sens bien ici”
Pour le Madrilène, distancé de 1:18 par Démare,
Les pieds sur terre à la Course des
n Greg Van Avermaet
ne s’attend pas à remporter
à nouveau le classement final.
I
l l’avait lui­même reconnu l’an passé,
Greg Van Avermaet. Il n’aurait pas ga­
gné le classement final de Tirreno­
Adriatico 2016 si la neige n’avait pas con­
traint le jury des commissaires à annuler
l’étape reine, celle dans laquelle les grim­
peurs comme Vincenzo Nibali, très déçu
il y a douze mois, auraient pu faire la dif­
férence. Mais le Belge avait eu le mérite
de savoir profiter de la situation et battre,
notamment, Peter Sagan.
“Cela reste une belle expérience d’être au
départ d’une telle course avec le dossard
numéro 1”, se réjouit le champion olym­
pique. “Je ne m’attends pas à gagner à nou­
veau le classement final. Sauf si la mauvaise
météo s’en mêle à nouveau et annule à nou­
veau l’étape reine.”
Samedi, au sommet du Terminillo. Sur
la journée décisive pour le classement gé­
néral, qui est souvent sujette aux caprices
des cieux. Il y a deux ans, Nairo Quintana
y avait conquis les bases de sa victoire fi­
nale en s’imposant sous la neige, dans
une étape qui aurait certainement été an­
nulée aujourd’hui, comme il existe dé­
sormais un protocole, à l’Union cycliste
internationale, par rapport aux condi­
tions météo extrêmes. “Je pars plus avec
l’idée d’aller remporter une victoire
d’étape”, ajoute Greg Van Avermaet. “Sur
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reste très ouvert
“Dès le premier jour,
je me suis senti bien ici.”
Alberto Contador
Au sujet de son équipe Trek
assure l’Espagnol qui a entamé chez Trek
un nouveau chapitre de sa carrière. “Dès le
premier jour, je me suis senti super bien ici”,
dit Contador qui avait souffert chez Tin­
koff. Après Paris­Nice, il disputera les
Tours de Catalogne et du pays Basque.
Puis, il entamera sa préparation spécifique
au Tour, avec, au milieu des stages et re­
connaissances, le Dauphiné. “Je peux ga­
gner le Tour, j’en suis persuadé”, conclut­il.
rien n’est perdu, contrairement à Richie Porte.
Deux Mers
une épreuve qui est une excellente prépara­
tion pour le Tour des Flandres et les classi­
ques belges. J’espère donc une course dure.”
Une excellente préparation, car après le
chrono par équipe d’ouverture, ce mer­
credi, les étapes seront corsées. Et lon­
gues. Le peloton devra se farcir plus de
200 kilomètres sur trois étapes. Dont
jeudi, avec 228 bornes au programme.
Sur une épreuve qui sourit quasiment
chaque année aux Belges depuis 2010,
quand Tom Boonen s’y était imposé,
après une très longue période de disette
pour nos compatriotes sur la Course des
Deux Mers. Philippe Gilbert y avait rem­
porté une étape en 2011, Omega Phar­
ma­Quick Step y avait dominé deux fois
le contre­la­montre par équipe d’ouver­
ture (en 2013 et 2014), avant que Jens
“Vandoorne n’est pas
le seul déçu”
Formule 1 Eric Boullier masque durement
l’ambiance tendue entre McLaren et Honda.
Olivier de Wilde
Envoyé spécial à Barcelone
D
ix­sept degrés au soleil, mais une ambiance très froide,
hier peu après 15h, sous l’auvent McLaren­Honda où Stof­
fel Vandoorne se tournait les pouces après un troisième
remplacement de groupe propulseur en cinq jours.
Franchement, cela commence à bien faire. Même si dans ce
cas­ci l’expression est plutôt mal choisie. Au point que, comme
la semaine dernière, Eric Boullier a été contraint de débuter son
point presse en réaffirmant sa confiance en Honda : “McLaren
possède un contrat à long terme avec le motoriste nippon et il est
hors de question de le casser.”
“Ils auraient mieux fait de virer les Japonais que Ron Dennis”,
commente un fan belge de la grande époque. Comme on serait
heureux si McLaren avait poursuivi sa collaboration avec Mer­
cedes.
Mais aujourd’hui, ils n’ont plus le choix. Et à moins que
Honda finisse par se faire “hara­kiri”, l’association de plus en
plus compliquée va perdurer. “A ce stade, nous ne sommes pas en­
core trop inquiets”, tente de faire croire le directeur sportif fran­
çais. “Le souci électrique ayant affecté le moteur a visiblement la
même origine que celui de la semaine dernière. Et il ne s’agissait pas
encore de l’évolution attendue.”
Cela signifie donc que la solution n’a pas été trouvée ? “De­
mandez à Honda…” Mais pour quand est prévue la prochaine
évolution du V6 Turbo ? “Demandez à Honda, nous ne sommes
pas motoristes. Normalement Melbourne.”
Le début de saison s’annonce compliqué ? “Au vu de ce qu’il se
passe ici, on peut craindre quelques changements de moteurs… Et
puis, chaque tour que l’on ne boucle pas nous retarde. Cela fait des
données en moins.” Pas évident de trouver les bons réglages en­
tre deux pannes : “Surtout quand vous rendez 15 à 20 km/h aux
autres en vitesse de pointe”, poursuit un Boullier commençant à
en avoir marre de cette situation : “Vous ne mettez pas assez
d’énergie dans les pneus, vous ne rentrez pas de bonnes infos quand
vous tournez à trois secondes…” Et les pilotes se découragent :
“Stoffel est déçu car on ne lui donne pas les moyens de se battre de­
vant. Mais on l’est tous. La pression est énorme. Sur Honda mais
aussi McLaren. On va surmonter ce mauvais départ. Cela doit finir
par marcher.”
Mais quand ? L’année prochaine ? Cela fait bientôt dix ans
chez McLaren que cela va marcher l’année prochaine…
| RÉSULTATS |
Debusschere ne s’impose sur une étape
en 2015, imité par Greg Van Avermaet
l’an passé.
Julien Gillebert
U Les étapes de Tirreno Mercredi : clm par
équipes à Lido di Camaiore (22,7 km).
Jeudi : Camaiore­Pomarance (229 km).
Vendredi : Monterotondo Marittimo­Mon­
talto di Castro (204 km). Samedi : Montalto
di Castro­Terminillo­Campoforogna
(187 km). Dimanche : Rieti­Fermo
(210 km). Lundi : Ascoli Piceno­Civitanova
Marche (159 km). Mardi : clm à San
Benedetto del Tronto (10 km).
U Les derniers vainqueurs : 2016: Van
Avermaet. 2015: Quintana (Col). 2014:
Contador (Esp). 2013 et 2012: Nibali (Ita)
AUTOMOBILISME
Essais à Barcelone
Massa (Williams-Merc.) 1:19.726
(168 tours); Ricciardo(Red Bull-Renault) 1:19.900 (89);... Vandoorne
(McLaren-Honda) 1:22.537 (80)
BASKET-BALL
Fiba Europe Cup
Quarts de finale aller
Usak Sportif (Tur) – Nanterre (Fra) Enisey (Rus) – Ostende Me. 13h10
Cibona (Cro) – Chalon (Fra) 18h30
Telekom (All) – Ironni (Isr) 19h30
La 3e étape : 1. S. Bennett (Irl/
BOH), les 190,0 km en 4h31.14
(42,030 km/h); 2. A. Kristoff
(Nor/KAT) à 0:00; 3. J. Degenkolb
(All/TFS) 0:00; Les Belges: 12. O.
Naesen (ALM) 0:00;... 32. P. Gilbert
(QST) 0:00;... Au général : 1. A.
Démare (Fra/FDJ) en 12h14 : 42; 2.
J. Alaphilippe (Fra/QST) à 0:06; 3.
A. Kristoff (Nor/KAT) 0:13; 4. P.
Gilbert (QST) 0:17;...
FOOTBALL
Angleterre
28e journée - Mercredi : Manchester City – Stoke City.
CYCLISME
Espagne
Paris-Nice
21e journée (match en retard).
Mercredi : La Corogne – Real Betis.
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Colsaerts reprend,
Detry souffle
marquer des points pour la Ryder Cup de 2018
qui le motive beaucoup…”
Après l’Inde, il partira s’entraîner à l’Ile
Maurice avec son coach Michel Vanmeer­
beek avant d’enchaîner les tournois habi­
tuels du circuit européen.
Thomas Detry, lui, s’apprête à savourer
icolas Colsaerts reprend, ce jeudi, le quelques jours de repos après un début de
chemin de la compétition à l’occasion saison qui lui a fait parcourir 98000 kilomè­
de l’India Open qui se dispute à New tres en avion en l’espace de deux mois. Le bi­
Delhi. Après un début
lan est très positif. Le
de saison mi­figue mi­
jeune rookie a vite
raisin,
le
joueur
trouvé ses marques
bruxellois
espère
sur l’European Tour.
trouver petit à petit la
Sur les six tournois
bonne carburation.
qu’il a disputés en
“Il sort de deux semai­
2017, il a passé cinq
nes
d’entraînement
fois le cut. C’est un si­
dans le Sud de la
gne qui ne trompe
France, où il a notam­
pas, a fortiori sur des
ment joué à Vidauban
parcours qu’il ne con­
et à Cannes Mougins.
naissait pas. En tout
Les sensations sont plu­
cas, il a déjà engrangé
tôt bonnes”, résume
140 000 euros de
son manager Vincent
prize money sur sa
Borremans.
saison et occupe la
Dans son for inté­
45e place à la Race to
rieur, Colsaerts, 34
Dubai. Après quel­
ans, espère toujours
ques jours d’entraî­
retrouver les plus
nement en Algarve, il
hauts sommets du
reprendra la compé­
Nicolas Colsaerts
golf mondial. Son an­
tition en avril, au Ma­
Présent à New Delhi, il sort de deux semaines
née 2016 a été très
roc. Il espère ensuite
d’entraînement en France.
positive et ses objec­
entrer dans les ta­
tifs ont été revus à la
bleaux des deux
hausse.
tournois chinois (Shenzhen International et
“Cette saison, il a pour ambition de renouer Volvo Open) avant d’enchaîner avec le calen­
avec la victoire dans un tournoi de l’European drier classique en Europe.
Tour, de terminer dans le Top 30 européen et de
Miguel Tasso
Golf Le Belgian Bomber participe
à l’Open d’Inde. Le rookie se repose
après deux mois très intenses.
NORBERT SCHMIDT/IMAGO/REPORTERS
N
L’AUTRE REGARD
La stratégie de la priorité nationale
Par Miguel Tasso
Il y a longtemps que le football a fait
tomber les frontières. La plupart des
grands clubs collectionnent, dans leur
noyau, les joueurs étrangers venus des
quatre coins du monde. Cela n’empêche
pas certains dirigeants de rester fidèles à
une forme de priorité nationale. Mehmet
Seyit Ozkan, le président du club turc de
Altinordu, a ainsi décidé de ne recruter
que des joueurs de son pays. “Même si
Lionel Messi me proposait gratuitement ses
services, je n’en voudrais pas”, a­t­il dé­
claré, histoire de marquer son territoire.
Altinordu évolue actuellement en D2 et
espère gravir les échelons sans recourir
au moindre transfert étranger. Il s’ins­
pire, quelque part, de l’exemple de l’Ath­
letic Bilbao qui pousse le bouchon bien
42
plus loin encore en n’acceptant dans son
effectif que des joueurs nés au pays Bas­
que. Une politique anachronique qui
n’empêche pas le club de San Mames de
jouer en Liga depuis sa création en 1928
et de défier régulièrement le Barça et le
Real dont les noyaux sont peuplés
d’étoiles exotiques. L’histoire nous dira
quel destin attend Altinordu. Et si sa
politique inspire d’autres clubs. En Belgi­
que, la tendance n’est visiblement pas la
même. On compte sur les doigts d’une
seule main les joueurs belges dans la
plupart des équipes de D1. Et faut­il
rappeler qu’on compte également sur les
doigts d’une seule main les joueurs évo­
luant en Belgique au sein des Diables
Rouges !
EN BREF
Judo
Nikiforov privé de compétition ?
Imbroglio autour de Toma Nikiforov ! Le
Bruxellois risque d’être privé de compétition, ce
dimanche, à Bakou, à la suite d’un problème de
visa. “J’ai appris ce mardi après-midi que c’était
annulé pour une raison administrative…”
confirmait Toma, vers 17h. “Je devais m’envoler,
ce mercredi matin, à destination d’Istanbul, puis de
Bakou, avec Cédric Taymans. Mais c’est reporté à
dimanche, jour où je devais combattre. Après la
compétition, je prendrai part au stage. En fait, à
deux stages ! Une semaine en Azerbaïdjan et une
autre au Kazakhstan.” Pas de Grand Chelem, donc,
pour le vainqueur du Grand Prix de Düsseldorf ?
La menace est réelle, mais le DT francophone, lui,
n’a pas dit son dernier mot. G.B.
Basket-ball
Ostende : dans l’enfer de Sibérie
La déception des Ostendais était grande lorsqu’ils
ont appris le nom de leur prochain adversaire en
quart de finale de FIBA Europe Cup. Non pas
spécialement pour la renommée de l’équipe mais
bien pour sa situation géographique. Pas moins
de 6500 km séparent la Belgique du BC Enisey
Krasnoyarsk, club bâti au beau milieu de la
Sibérie, à quelques encablures de la Mongolie.
Les quintuples champions de Belgique en titre
passeront moins de temps là-bas que dans les
transports puisqu’il leur faudra au total près de
35 heures pour effectuer le trajet aller-retour.
Partis lundi matin d’Ostende, Dario Gjergja et sa
bande sont arrivés à destination le lendemain
après sept heures de vol, six heures de transit à
Moscou et trois heures de bus. S.H.
280
Les fans mauves se rendant à Chypre
Ce matin, Anderlecht prend l’avion pour Chypre.
Adrien Trebel – pas qualifié pour la Ligue Europa –
n’est pas du voyage. Il est remplacé par Dennis
Appiah, qui fait son retour, et Diego Capel.
Obradovic (entorse) est bel et bien présent. Le Serbe
ne s’est pas encore entraîné mais devrait être apte à
jouer. Tielemans, devenu papa dimanche, s’est
entraîné cette semaine et prend l’avion. 280
supporters accompagnent leur équipe à Chypre. Les
supporters chypriotes ne sont pas des anges.
Athlétisme
JO 1988: Ria Van Landeghem n’était
pas positive
Il aura fallu que le dossier soit confié à l’expertise
du Pr. Van Eenoo pour que toute la lumière soit
faite sur le cas de Ria Van Landeghem, la
marathonienne belge contrôlée positive en 1988
(quatre ans après sa 21e place à Los Angeles) et
exclue des JO de Séoul : la voici innocentée sur le
fond après l’avoir été sur la forme dans les mois
qui suivirent la mesure d’exclusion. “Un
acquittement en raison d’une faute de procédure ne
pourra jamais me satisfaire”, avait-elle déclaré à
l’époque. Dans un communiqué diffusé ce mardi, le
COIB, qui avait rayé l’intéressée de ses listes de
sélection pendant deux ans malgré l’acquittement,
lui présente ses excuses. “J’ai retrouvé mon honneur
presque 30 ans après un contrôle positif erroné”,
souligne l’ancienne athlète, âgée de 57 ans. L.M.
La Libre Belgique - mercredi 8 mars 2017
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Mode
C’est la fin de la Fashion
Week qui se tenait à Paris
depuis mardi passé.
n Au dernier jour, on a vu
défiler Chanel sous les voûtes
forgées du Grand Palais.
n La mode automne-hiver
2017-2018 ajuste le tir,
entre séduction du marché,
“revival” et créativité.
n
Chanel à la conquête
de l’espace
Récit Aurore Vaucelle
Photographies Johanna de Tessières
Envoyées spéciales à Paris
pour changer. Car la mode ne peut décidément
pas toujours tout analyser du monde dans le­
quel elle évolue. On s’explique : on a beau voir
défiler la mode de l’automne­hiver 2017­
2018, on a beau être propulsé dans un an au
moins, ce n’est pas pour autant que les desi­
gners sont devenus des devins. Ce n’est pas
pour cela que ce que l’on voit sur le podium
sera la mode de l’an prochain. Tout au plus, les
maisons et leurs designers cherchent à donner
une note. Et encore, la mode est une matière
qui se digère, et bien peu d’objets présentés tels
quels sur le podium en mars 2017 seront dans
la rue le semestre prochain. La question est
toujours la même, donc. Qui de l’oeuf ou de la
poule : les créateurs ou la rue ? La rue ou les de­
signers ? Qui des deux mène l’autre finale­
ment ? On n’est pas prêt de trancher la ques­
tion de manière scientifique, surtout quand les
créateurs décident de piocher dans les archives
de ce qui a charmé une fois déjà le grand public.
D
ans un calendrier qui compte 100 dé­
filés et autant de présentations et hap­
penings, les marques de mode tirent
leur épingle du jeu en inventant un
cadre neuf pour leur nouvelle collec­
tion, bien qu’il arrive parfois qu’un épiphéno­
mène prenne désespérément toute la place
(cf. épinglé).
La maison Chanel passait son examen de pas­
sage devant la presse et les acheteurs ce mardi,
dernier jour de la Fashion Week, se partageant
la vedette avec l’autre maison star du jour,
Vuitton.
Les grands groupes du luxe mondialisé rivali­
sent de moyens pour créer l’image qui fera la
différence : Vuitton se paie le Louvre le soir, et
Chanel le Grand Palais en matinée. Et la tenta­
tion est grande pour la maison française aux
deux C entrelacés de faire de la verrière du
Grand Palais sa vitrine marketing. On avait déjà
été invité au supermarché Chanel, à une manif’
(une rue de Paris avait été rentrée à l’intérieur
du Grand Palais). On avait déjà été assise dans
un champ de fleurs et un champ d’éoliennes.
L’an dernier, on avait vu la métaphore du conti­
nuel flux d’informations traverser le data cen­
ter Chanel.
Qui mène la danse de la mode ?
Cette fois­ci, et on l’apprécie, on est revenu
avec quelque chose de moins réaliste, volontai­
rement plus allégorique; un peu de fiction,
44
Comment voyait-on le futur dans le passé ?
Chanel se paierait-il le culot de faire sauter la
capsule du Grand Palais? Non pas tout à fait.
La fusée, finalement comme un amusant jouet
se repliera à la fin du show sans faire sauter le
toit du Grand Palais.
En fait, et ça peut paraître insolite, la maison
Chanel donnait à voir le futur tel qu’il se voyait
hier. De quoi perdre son latin, pourrait­on dire
à brûle­pourpoint. Pour une fois, la convoca­
tion du passé est sans phare, le show cite à plus
d’un titre la période les sixties, qui a marqué et
la mode, et les moeurs, et une certaine vision
des frontières du monde – conquête spatiale à
l’appui. C’est donc ainsi qu’on était invité à pé­
nétrer, tout simplement, sur une rampe de lan­
cement. La n°5 évidemment.
Au centre, la fusée Chanel a des petits airs de
celle utilisée par Tintin en 1954 pour aller sur
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la lune. Les filles Chanel qui débarquent depuis
un sas ovoïde, grande bouche du passé, sont les
incarnations de l’idéal féminin des sixties : on a
nommé B.B.
Nous voilà donc propulsé dans un monde fu­
turiste dans lequel toutes les femmes ont le
cheveu laqué en banane der­
rière un bandeau, le trait de
khôl au­dessus des yeux et les
sourcils soulignés. Ces peintu­
res oculaires rappellent les
grands yeux de Twiggie, la
mannequin vedette des sixties
ou plus encore le regard fou
des protagonistes licencieux
du “Orange Mécanique” de
Kubrick. La licence, tiens, tiens
tiens… Celle justement que les
sixties secouent d’un grand
coup de hanches pour faire
bouger la société sclérosée
post­fifties.
Le passé, c’était mieux ?
portent des sacs qui ressemblent à Wall­E, le
petit homme vert de Pixar; leurs mises sont
faites de matières techniques et de boucliers
d’alu (qui copient l’esprit de la couverture de
survie). Les cols de leurs robes sont prêts à re­
cevoir des casques aquariums de cosmonau­
tes. A leurs pieds, des bottes
chaussettes (attention, pas
des moon boots), clin d’œil
au futuriste de la mode, An­
dré Courrèges.
Et puisqu’on va dans les
étoiles, autant que ça brille,
alors tout est à paillettes. Et
parce qu’il n’est pas ques­
tion d’entraver la marche
vers la liberté que mène le
2e sexe dans ces sixties agi­
tées, les jupes Chanel se rac­
courcissent (hou la la, on
voit le genou. Voilà qui ne
plairait guère à Gabrielle
Chanel), voire même se
meuvent en pantalons et
bermudas.
Et si le show tend à mon­
trer le conquête féminine de
ses droits (les sixties, c’est aussi cela), on pen­
sera aussi ici in fine à une métaphore de la
conquête des marchés qui est au cœur de la
question de la concurrence, quand on parle
du marché de la mode.
On a beau voir
défiler la mode de
l’automne­hiver
2017­2018, ce
n’est pas pour cela
que les designers
sont devenus des
dieux. Tout au
plus, les maisons
et leurs créateurs
cherchent à
donner une note
D’un pas cadencé, sur une
bande­son qui remplit le
Grand Palais, en l’occurence la
voix languissante de Brigitte Bardot qui chante
“Contact” de Serge Gainsbourg, on voit une ri­
bambelle de mini BB habillées en mode futu­
riste – le futur tel qu’on se le figurait il y 50 ans.
Au rythme d’une musique psychédélique,
support aux paroles de la jolie extraterrestre
BB (“ une météorite m’a transpercé le cœur/
vous, sur Terre, vous avez des docteurs”), les
mannequins énoncent toute une époque. Elles
U Jeudi : reportage en images dans le musée du
Épinglé
Comment marquer les esprits ?
Likes. Comment avoir la primeur sur Twitter? Au pays
du “like” ou du “partage” qu’annonceurs et médias
appellent de leurs vœux, l’image qui ressortira du flot de
photos prises tous azimuts vaut de l’or. Ce qui fait la
différence, désormais, c’est moins l’exploration d’une
tendance, ou la création d’une mode à suivre. Le ton
donné, cela compte désormais moins que l’endroit où il
fallait être, ou l’info qu’il aura fallu ne pas manquer. On
voit par exemple comme le défilé d’Haider Ackermann
aura été masqué par la présence de l’une de ses
invitées, la jeune rappeuse Nicki Minaj. La jeune femme
assise au premier rang a fait le show à elle toute seule,
vêtue d’un short ultracourt mais surtout d’une veste
Mugler asymétrique, asymétrie dont elle avait décidé de
faire un usage personnalisé : rien dans la zone où il n’a
plus de tissu ! En substance, cela signifiait de se balader,
dans la vraie vie, un sein à l’air et l’autre habillé. La
photo “instagrammée” de la jeune “influenceuse” a
parcouru le monde entier, likée des centaines de milliers
de fois et abondamment commentée au grand bonheur,
on imagine, des marques qu’elle avait choisie de porter
ce jour-là. La créatrice belge Véronique Leroy citée par
la rappeuse sur “Instagram” (car elle arborait des
souliers de la marque) aura sans doute vu ses ventes en
ligne grimper. Une gloire liée aux réseaux sociaux qui,
tout de même, rend perplexe. Car s’il est une chose
avérée, c’est bien le profond manque de style de Nicki
Minaj, qui se contente d’arborer sans ordre les pièces
des marques dont elle est abreuvée. Sans doute ce qu’on
appelle une victime de la mode. A.V
Louvre pour le défiléVuitton avec des images
exclusives à “La Libre”.
mercredi 8 mars 2017 - La Libre Belgique
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Entre les lignes
de l’extrême droite
EN LIBRAIRIE
Chère Ijeawele
(ou un manifeste
pour une éducation
féministe)
Débat Le film “Chez nous” dépeint
les ficelles de l’extrême droite, celle
qui menace aujourd’hui la France.
Par Geneviève Simon
D
REPORTERS/LEEMAGE
ans le cadre de la collaboration avec la Fédé­
ration Wallonie­Bruxelles, le groupe IPM
(“La Libre Belgique”, “La Dernière Heure”) a
organisé lundi une soirée­débat autour de la
montée des populismes en Europe. Pour intro­
duire ce brûlant sujet, le film “Chez nous” du réa­
lisateur belge Lucas Delvaux a été diffusé au cen­
tre culturel d’Uccle.
“Ce n’est pas un film de militant. Il montre com­
ment fonctionne le Front national et la fonction so­
ciale qu’il remplit.” Pour Jean Quatremer, journa­
liste spécialiste des questions européennes et
correspondant de “Libération” à Bruxelles, le
portrait du parti nationaliste français dressé par
Lucas Belvaux fait mouche grâce à lecture à plu­
sieurs échelles.
46
“La démagogie est
un danger mortel
pour la
démocratie.”
BORTELS
guerite Capelle, Gallimard, 78 pp., env.
8,50 €
Le système, source de ses propres maux
Pourquoi autant de citoyens européens sont­ils
aujourd’hui attirés par ces démagogues? Jean
Quatremer s’étonne du succès de l’extrême
droite, d’autant plus sur un continent aussi riche
que l’Europe et où l’accès à l’information n’a ja­
mais été aussi loin. “Ce continent fait envie au reste
du monde. La zone des Vingt­huit est sans doute, sur
la planète, la plus égalitaire qui soit. Aujourd’hui, il
vaut mieux être chômeur en Belgi­
Le vrai visage de l’extrême droite
que que travailleur à l’usine en
Premièrement, parce qu’il réus­
Chine. Et pourtant, une partie de la
sit à disséquer la mécanique lepé­
population se sent exclue par le sys­
niste, celle qui va chercher ses
tème politique.”
candidats dans “la France pro­
De ce débat, il ressort une idée
fonde” et qui lui a permis de grim­
forte : le système, cet éternel fau­
per dans les sondages. “Le FN est
tif, toujours honni par les extrê­
Jean Quatremer
un parti de promotion sociale.
mes, est la source de ses propres
Journaliste à “Libération”.
Aujourd’hui, les cadres des grands
maux. Composé de trois grands
partis de gouvernement – que ce
responsables, il faudra qu’il se re­
soit les socialistes ou les républicains – sont issus de mette en question pour contrecarrer les noirs
Sciences­Po ou de l’ENA. Le Front national, au con­ desseins de l’extrême droite. Un, les citoyens, qui
traire, va chercher des gens qui, jusqu’ici, n’avaient ne s’informent pas assez. Deux, les médias, qui
pas accès au pouvoir. Ils vont chercher des bouchers, n’informent pas toujours. Trois, les partis politi­
des épiciers, le médecin du village, le notaire, etc. ques classiques, qui sont coupés des réalités. Car
pour les mettre en tête de gondole et les insérer dans le risque qui plane aujourd’hui sur la France et le
le système. Et ça, c’est passionnant: le FN ne fonc­ Vieux continent est que les peuples européens
tionne pas comme une machine néonazie, il a une fa­ choisissent de dénoncer un système plutôt que
çade.”
de le modifier. En d’autres mots : “On sombre dans
Deuxièmement, parce que derrière cette cou­ la déraison pour se venger”.
che de bienfaisance nationale incarnée à l’écran
Sarah Freres
Ecrivaine reconnue (“L’hibiscus pour­
pre”, “Americanah”) traduite en
trente langues, féministe revendi­
quée, Chimamanda Ngozi Adichie
s’est faite un nom dans la lutte pour
l’égalité entre les sexes. Après “Nous
sommes tous des féministes” (2015),
tiré d’une conférence dont la vidéo a
fait le buzz sur Youtube, les éditions
Gallimard publient un autre texte
militant de la Nigériane : “Chère
Ijeawele – ou un manifeste pour une
éducation féministe”. Ecrit à la de­
mande d’une jeune mère et amie, ce
texte vivifiant égrène quinze conseils
que son auteure, devenue mère elle
aussi après les avoir couchés sur le
papier, tentera à son tour de respec­
ter. Non dénué d’ironie, lucide, ce
manifeste se nourrit de souvenirs et
de situations vécues.
“Etre féministe, c’est comme être en­
ceinte. Tu l’es ou tu ne l’es pas. Tu crois à
l’égalité pleine et entière entre les hom­
mes et les femmes ou tu n’y crois pas.”
Celle qui avoue que le sexisme la met
plus en colère que le racisme – l’exis­
tence de ce dernier n’étant plus à
“prouver” dans son entourage, au
contraire du sexisme – alterne mises
en garde et recommandations. Elle
appelle ainsi son amie à être une
personne pleine et entière (et pas
seulement une mère), à se méfier du
“féminisme light” (qui émet des
conditions à l’égalité entre hommes
et femmes), à apprendre à sa fille à
lire, à aimer les livres, à questionner
les mots, à ne pas se soucier de plaire.
La manière de parler de l’apparence
physique mais aussi de sexe, importe
également. Tout comme la nécessité
de prendre conscience que les “rôles
de genre” n’ont aucun sens, que le
mariage n’est pas un accomplisse­
ment, et que les opprimés ne sont pas
des saints. Au­delà de sa visée – mo­
deler une éducation différente à
l’intention des enfants, ce texte est à
mettre entre toutes les mains. Toutes.
U Traduit de l’anglais (Nigeria) par Mar­
par André Dussolier, se camoufle le vrai visage de
l’assoiffée extrême droite. “Derrière cette façade
respectable, il y a les nazis, les identitaires. Ce sont
des démagogues : ils fournissent des solutions sim­
ples à des problèmes complexes”, frappe Jean Qua­
tremer. Son explication résonne comme une par­
tie d’échec: à l’avant, les pions, les Monsieur et
Madame Tout­le­monde que l’on pousse en avant
et à l’arrière, les pièces maîtresses, les vrais durs,
ceux qui poursuivent le pouvoir et n’ont aucune
intention de le laisser filer. “On n’a jamais vu un
parti d’extrême droite, une fois qu’il a conquis le
pouvoir, le rendre volontairement. Ça n’existe pas!”
Pour Jean Quatremer, les citoyens sont les premiers responsables de la montée des extrêmes.
La Libre Belgique - mercredi 8 mars 2017
© S.A. IPM 2017. Toute représentation ou reproduction, même partielle, de la présente publication, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation préalable et écrite de l'éditeur ou de ses ayants droit.
Tahar Rahim, le prophète international
partie de mon intimité, je suis sin­
cère. Si j’ai bien fait mon travail,
mes émotions à l’écran sont proches
de celles que j’ai dans la vie. On
construit avec la matière qu’on est,
mais parfois les émotions ne passent
pas par les tiroirs habituels.
Ça m’est arrivé alors que j’interpré­
tais Judas dans le prochain film de
Garth Davis (NdlR: réalisateur de
“Lion”, en salles actuellement). Je
ne suis pas allé chercher dans mes
tiroirs personnels car je n’ai rien de
Jésus et je n’ai pas d’enfant.”
Le Japonais Kiyoshi Kurosawa,
l’Australien Garth Davis, le Chi­
nois Lou Ye (“Love and Bruises”),
l’Allemand d’origine turque Fatih
Akin (“The Cut”), le Britannique
Kevin Macdonald (“The Eagle”),
l’Iranien Asghar Farhadi (“Le
Passé”) et même le Belge Joachim
Lafosse (“A perdre la raison”):
cette filmographie internationale
est­elle le fruit du hasard ? “Je crois
que c’est ma nature. Si je n’avais pas
réussi dans ce métier; j’avais prévu
avec un ami, de prendre mon sac et
de voyager à travers le monde. Je
viens des quartiers populaires, des
cités. Ma tour, c’était le monde. Il y
avait des gens de toutes les origines.
J’ai grandi dans un grand échange
culturel et cela m’anime encore
aujourd’hui. Etre capable d’accepter
sa culture, celle de l’autre, et de les
mélanger, c’est la plus grande ri­
chesse de l’être humain. Il y a à ap­
prendre partout.”
Cinéma L’acteur d’Audiard
est aujourd’hui celui
de Kiyoshi Kurosawa.
Rencontre Fernand Denis
J
usqu’à la fin de ses jours, Tahar
Rahim sera “Le prophète” de
Jacques Audiard. Mais comme
Audrey Tautou ne s’est pas
laissée enfermer en Amélie Pou­
lain, Tahar Rahim a su dessiner
un parcours dont on distingue
bien les deux lignes de force, sept
ans après le film qui lui a valu
deux Césars, du meilleur espoir et
du meilleur acteur, simultané­
ment.
Deux lignes de force
Japonais, australien, iranien, belge
“Quand cela arrive, c’est magi­
que”, s’émerveille ce jeune
homme débordant de sympathie.
“Ce n’était pas cela que j’interpré­
tais, on m’a volé quelque chose qui
fonctionne. Mais je ne pense pas que
cela m’enlève une énergie vitale.
Tout dépend de la relation avec le
réalisateur. On n’enlève rien, on
donne ses émotions. Le spectateur
peut voir comment je suis lorsque je
suis amoureux, lorsque je suis fâché.
Quand j’arrive à être vrai avec moi­
même quand je joue, je donne une
Gourmet, un mec mortel
HENNY GARFUNKEL/REDUX/REPORTERS
La première, ce jeune homme
de 35 ans à l’œil pétillant et au
sourire chaleureux ne s’est pas
laissé piéger dans son rôle originel
de délinquant. Il veut tout jouer,
un chirurgien dans “Réparer les
vivants” de Katell Quillévéré
comme le père Noël dans la comé­
die charmante d’Alexandre Cof­
fre.
La deuxième saute aux yeux au
premier coup d’œil à sa filmogra­
phie: sa dimension internatio­
nale. Ainsi, son film de sortie cette
semaine. “Le Secret de la chambre
noire” est l’œuvre du fameux réa­
lisateur japonais Kiyoshi Kuro­
sawa. L’auteur de l’inoubliable
“Shokuzaï” s’est fait une spécialité
du film de fantômes nippons,
bien différents de leurs cousins
écossais. Et tourner en France n’y
a rien changé.
Tahar Rahim incarne l’assistant
d’un photographe (Olivier Gour­
met) dont les clichés sont stupé­
fiants grâce à son appareil : un da­
guerréotype de taille humaine.
Toutefois, celui­ci contraint le
modèle – la fille du photographe –
à des pauses immobiles dépassant
l’heure. Elle en sort épuisée,
comme vidée de sa substance. Ta­
har Rahim éprouve­t­il parfois
cette sensation après une longue
exposition devant la caméra ?
“Si j’ai bien fait mon travail, mes émotions à l’écran sont proches de celles que j’ai dans la vie”.
“Je viens des quartiers populaires. Ma tour, c’était le
monde. Il y avait des gens de toutes les origines. J’ai
grandi dans un grand échange culturel et cela m’anime
encore aujourd’hui. Etre capable d’accepter sa culture,
celle de l’autre, et de les mélanger, c’est la plus grande
richesse de l’être humain. Il y a à apprendre partout.”
Tahar Rahim
Acteur dans “Le secret de la chambre noire”, de Kiyoshi Kurosawa.
Et que retient­il de son expé­
rience avec un réalisateur japo­
nais, est­il différent des autres?
“Kiyoshi Kurosawa est très différent
mais ce n’est pas une question de
nationalité. C’est un cinéaste de
genre, le fantastique. Sa direction
d’acteurs est physique: on va du
point A au point B, en passant cher­
cher un objet au point C. En revan­
che, il ne précise pas de dimension
émotionnelle ou sensitive. Il aime
voir ses acteurs donner vie à ses per­
sonnages devant lui. Quand on a du
mal à le trouver, cela peut devenir
flippant. Mais l’expérimentation,
c’est excitant aussi. Avec lui, j’ai ex­
périmenté – en toute humilité –
d’être le créateur du personnage.
Cela demande d’avoir une vision
globale, un fil rouge pour rester co­
hérent quant à l’évolution du per­
sonnage. Et, je n’étais pas tout seul,
je jouais avec Olivier Gourmet. On
se connaissait déjà par le jeu mais
aussi humainement. Il n’y a rien de
mieux que de se faire confiance
quand on est acteur. Et Olivier est
un mec mortel, avec lui, il n’y a pas
d’ego, pas de parano, c’est simple.”
U Lire la critique du “Secret de la
chambre noire” en page 5 de “La
Libre Culture” du 8 mars.
mercredi 8 mars 2017 - La Libre Belgique
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La fin
du modèle
iTunes
Décès d’Alberto Zedda,
spécialiste de Rossini
Musique En 2016,
le streaming a poussé
les ventes de musique
dans le vert en Belgique.
Opéra Le chef d’orchestre
italien avait 89 ans.
Il œuvra en Belgique.
6,9%
La croissance en 2016
Pour la deuxième année
consécutive, les ventes de
musique en Belgique sont
dans le vert.
Même si les ventes sur support
physique restent majoritaires
chez nous (environ 54% dont 47%
de CD, 5% de vinyles et 1,5% de
DVD musicaux), la tornade du
streaming semble partie pour tout
emporter sur son passage. Et ce
n’est pas le modèle révolution­
naire de l’iTunes Music Store qui,
à l’aube des années 2000, a permis
à Apple de bouleverser l’industrie
musicale qui y résistera. En effet,
les ventes de musique par télé­
chargement ne cessent de reculer,
plus que pour tout autre type de
support. Elles plafonnent sous les
13% en 2016, là où l’écoute en
streaming représente 33% de la
musique achetée. La fin du mo­
dèle iTunes aura été aussi subite
que son ascension voici une quin­
zaine d’années. En deux ans, le
streaming, encore honni par les
plus grands artistes voici quelques
mois pour des questions de rétri­
bution (Taylor Swift, Prince de son
vivant) et toujours boycotté par
d’autres (Jean­Jacques Goldman
et Francis Cabrel notamment)
s’est imposé comme le nouvel el­
dorado de l’industrie musicale.
Charles Van Dievort
48
O
n a appris hier le décès
d’Alberto Zedda, un des
plus grands spécialistes
de l’œuvre de Rossini. D’allure
chétive et si ridé que certains
chanteurs le surnommaient af­
fectueusement “Maître Yoda”, il
était encore animé d’une éner­
gie incroyable, comme ont pu
souvent s’en rendre compte les
mélomanes belges : invité régu­
lier de l’Orchestre royal de Wal­
lonie (ORW) du temps de Jean­
Louis Grinda, il était devenu le
pilier rossinien de l’Opéra fla­
mand depuis l’arrivée d’Aviel
Kahn.
Trois femmes clés
Né le 2 janvier 1928 à Milan
dans une famille d’origine
sarde, avec un père petit em­
ployé, devenu guide de monta­
gne par passion des sommets,
Zedda aimait à dire qu’il devait
à trois femmes de l’avoir orienté
vers la musique.
Sa mère, d’abord, convaincue
que la culture était un moteur
pouvant faire avancer tout indi­
vidu. Sa sœur aînée, ensuite,
pour laquelle la famille avait
acheté un piano sur lequel il al­
lait jouer et composer, pastic­
ciare comme il le disait. Et enfin
sa première petite amie, une
adolescente de milieu plus aisé,
contré le compositeur Luciano
Berio, dont il créa plusieurs
œuvres, mais aussi le chef
Claudio Abbado ou le pianiste
Maurizio Pollini : membres du
Parti communiste italien, ils al­
laient œuvrer ensemble pour
faire entrer la musique classi­
que dans les usines. Et Abbado
et Pollini – comme chef ! – al­
laient retrouver Zedda dans les
années 80 pour les premières
éditions du festival Rossini de
Pesaro.
C’est
que,
amené à tra­
vailler sur “Le
barbier de Sé­
ville”, Zedda
s’était mis à re­
chercher la vo­
lonté du com­
positeur dans
les manuscrits
originaux,
œuvrant pour
les éditions cri­
tiques et réha­
bilitant au pas­
sage
Rossini
comme auteur
d’opéra seria.
A Pesaro, Zedda fut longtemps
le directeur artistique de l’om­
bre avant d’en prendre le titre
officiellement, et de diriger, cha­
que été, une académie du chant
rossinien qui allait révéler des
talents comme Olga Peretyatko
ou Anne­Catherine Gillet. Il
laisse chez Naxos quelques en­
registrements marquants, sur­
tout d’opéras de Rossini.
N.B.
Invité régulier
de l’ORW
du temps
de Jean­Louis
Grinda,
Alberto Zedda
était devenu
le pilier
rossinien
de l’Opéra
flamand.
Assistant de Stravinski
Il y avait notamment assisté
Igor Stravinsky en 1951 pour la
création du “Rake’s Progress”,
et c’est avec “Petrouchka” qu’il
avait gagné en 1957 le premier
concours de direction d’orches­
tre de la RAI.
Au Conservatoire, il avait ren­
ALBERTO MORANTE/EFE/BELGAIMAGE
L’
embellie constatée en 2015
a été confirmée en 2016 : les
ventes de musique sont
dans le vert en Belgique, en crois­
sance de 6,9 %, indiquent les chif­
fres de la Belgian Entertainment
Association Music (BEA Music).
Sans surprise, c’est le streaming
(l’écoute de musique en ligne) qui
a dopé le marché l’an dernier.
Dans sa version payante, il a pro­
gressé de 64,3%. Et ce n’est pas
fini, espère le secteur. “Le pic de
musique payante en streaming est
loin d’être atteint et, comparé à
d’autres pays, comme chez nos voi­
sins des Pays­Bas ou en Suède, il
existe encore un grand potentiel de
croissance en Belgique”, fait savoir
Olivier Maeterlinck au nom de
BEA Music.
qu’il ne pouvait rencontrer que
dans des salles de concert, et
qui lui avait ainsi donné le goût
de la musique.
Champion d’échec, passionné
de littérature classique et de
philosophie, Zedda avait failli
entreprendre une thèse sur
Heidegger avant d’entrer tardi­
vement au Conservatoire de
Milan en classe d’orgue – la
seule dont la direction avait
bien voulu ouvrir les portes à
cet élève trop
âgé. Parce que,
justement, elle
ne comptait plus
aucun élève et
était menacée de
fermeture.
Le titulaire de
la classe d’orgue
était le chef d’or­
chestre
Alceo
Galliera, qui lui
avait mis le pied
à l’étrier : Zedda
se forma ainsi
aussi
auprès
d’Antonino
Votto, ou de
Carlo Maria Giu­
lini, et se mit à fréquenter in­
tensivement la Scala.
Alberto Zedda dirigeant un orchestre à Oviedo en Espagne, en avril 2013.
La Libre Belgique - mercredi 8 mars 2017
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Un Monteverdi
piquant
EN BREF
PONTET/TH. CHAMPS ELYSÉS
Opéra Villazon et Kozena têtes d’affiche du
“Retour d’Ulysse”. Anne-Catherine Gillet,
formidable Minerve en embuscade.
“Le retour d’Ulysse”
Magdalena Kožená et
Rolando Villazón.
Nicolas Blanmont
Envoyé spécial à Paris
E
videmment, les opéras de Monteverdi ne quittent
jamais vraiment l’affiche des salles lyriques. Et par­
ticulièrement cette année, puisqu’on commémore
les 450 ans de la naissance du grand compositeur italien.
Mais, dans le contexte politique actuel, monter à Paris
un opéra qui conte l’attente de Pénélope pendant que
son mari court le monde ne manque pas de piquant.
Dans le “Ritorno d’Ulisse in patria” donné au Théâtre
des Champs­Elysées, il n’y a certes aucune référence à
l’affaire Fillon : mais la metteuse en scène Mariame Clé­
ment (une habituée de l’Opéra flamand) ne se prive pas
d’actualiser l’Odyssée, pas toujours de façon convain­
cante d’ailleurs. Les dieux sont dans un “bar de
l’Olympe” à boire et jouer aux fléchettes, Neptune a l’al­
lure de Capitaine Igloo, Iro est un obèse mangeant des
hamburgers en bermuda, des phylactères de BD tom­
bent des cintres avec des onomatopées, Eumée ramasse
des déchets sur le sol et, dans le palais d’Ithaque, il y a un
distributeur de canettes. Autant de perturbations puéri­
les et inutiles, d’autant que, pour le reste, Clément réus­
sit une belle direction d’acteurs et excelle à faire ressen­
tir la lassitude triste de Pénélope, la force d’Ulysse ou la
jeunesse de Télémaque.
Bluffante
Dans la fosse, Emmanuelle Haïm dirige son Concert
d’Astrée, avec un continuo large et bien varié. Il n’y a
peut­être pas chez la cheffe française toute la souplesse
et l’inventivité foisonnante d’un Jacobs dans cette musi­
que, et on sent une certaine fatigue au troisième acte
mais, hormis quelques imprécisions des vents çà et là,
l’ensemble tient bien la route. En tête d’affiche, deux
stars du disque. Magdalena Kozena est une Pénélope
émouvante, pure et puissante à la fois, d’une intonation
très sûre et riche en nuances. Rolando Villazon, ex­ténor
romantique reconverti dans le classicisme et le baroque,
campe un étonnant Ulysse, généreux, attachant, mais en
déclin vocal progressif au fur et à mesure de la soirée.
Le spectacle vaut aussi par la qualité de ses seconds rô­
les, parmi lesquels Kresimir Spicer (formidable Eumée),
Mathias Vidal (Télémaque), Isabelle Druet (lauréate du
Reine Elisabeth en 2008, ici en Mélantho) ou la soprano
belge Anne­Catherine Gillet, vocalement et scénique­
ment bluffante en Amour (du prologue), puis en Mi­
nerve blonde platine.
U Paris, Théâtre des Champs­Elysées, les 9 et 13 mars.
Diffusion lundi 13 mars à 19h30 sur CultureBox et Medici
TV, et le 26 mars à 20h sur France Musique. Une version de
concert du “Ritorno d’Ulisse” sera donnée à Bruxelles (Bozar)
les 14 et 16 mars sous la direction de René Jacobs et avec
une autre distribution.
Musique
IAM à Esperanzah!
Alors que la légende du hip
hop marseillais vient de
publier “Revolution”, son
huitième album en bientôt
trente ans de carrière, voilà
que le groupe annonce les
escales de sa prochaine
tournée estivale. Toujours
emmené par son grand et
charismatique leader
Akhenaton, IAM foulera le sol
belge du côté de Floreffe et
offre ainsi l’exclusivité au
festival Esperanzah!, dont il
sera la tête d’affiche le
samedi 5 août. (Infos &
tickets: www.esperanzah.be)
Commémoration
Bruxelles et les 50 ans
de Mai 68
Pour célébrer les 50 ans de
Mai 68, de nombreuses
institutions culturelles
bruxelloises s’empareront de
la contestation en 2018. Dixneuf partenaires proposeront
des activités thématiques de
janvier à septembre, dans
des lieux culturels et de
l’espace public, annonce
l’échevinat de la Culture
bruxellois. Les institutions
participantes, dont le Théâtre
de Poche, le Théâtre royal du
Parc, le KVS, la Maison du
Roi ou encore les événements
Hopla ! et Nuit blanche
interrogeront le concept de
contestation et ce qu’il
signifie aujourdhui. (Belga)
Musique
George Michael
est décédé de mort
naturelle
Le décès du chanteur
britannique est dû à des
causes naturelles, confirmait
mardi le médecin légiste en
charge de son dossier.
Georgios Kyriacos
Panayiotou – de son vrai nom
– mourait le 25 décembre
dernier à l’âge de 53 ans dans
sa maison de la région
d’Oxford, des suites d’une
maladie du coeur doublée de
troubles hépatiques. Il aura
fallu deux autopsies pour
parvenir à cette conclusion.
George Michael avait connu
le succès avec le groupe
Wham ! et signé avec lui des
tubes légendaires tels que
“Wake Me Up Before You GoGo”, “Last Christmas” ou
“Careless Whisper”.
mercredi 8 mars 2017 - La Libre Belgique
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/
Le casque de vélo obligatoire po
CHRISTOPHE BORTELS
Oui
n Etant donné le risque
élevé que courent les cyclistes dans le trafic, l’IBSR
plaide pour une obligation
du port du casque pour les
jeunes de moins de quatorze ans.
Benoit Godart
Porte-parole de l’Institut belge
pour la sécurité routière (IBSR).
L’IBSR a mené une enquête pour connaître l’opinion
des Belges sur une éventuelle obligation du port du
casque pour les jeunes cyclistes. Quels sont les résultats obtenus?
Six Belges sur dix sont en faveur d’une obligation
du port du casque pour les jeunes de moins de 14
ans. Les Wallons (74%) et les Bruxellois (68%)
sont toutefois davantage favorables à une telle
obligation que les Flamands (50%). Cette enquête
a aussi montré que la moitié des personnes inter­
rogées soutiennent une obligation généralisée du
casque pour tous les cyclistes. Là encore, les Wal­
lons (67%) et les Bruxellois (61%) sont davantage
favorables à une telle obligation que les Flamands
(40%).
Comment expliquez-vous les divergences d’opinion
entre les habitants du Nord et du Sud?
Il y a un lien direct entre le sentiment de sécurité
et l’adhésion à certaines mesures. En d’autres ter­
mes, comme il y a beaucoup plus d’infrastructures
adaptées au vélo au Nord du pays, dont des pistes
cyclables séparées de la chaussée, les Flamands se
sentent plus en sécurité que les Wallons. Et ces
derniers sont donc davantage enclins à réclamer
plus de mesures pour se protéger.
L’IBSR plaide-t-elle pour une obligation du port du
casque?
Etant donné le risque élevé que courent les cyclis­
tes dans le trafic, l’IBSR recommande fortement
son utilisation systématique par tous les deux­
roues. Mais pour les enfants jusqu’à 14 ans, l’IBSR
plaide effectivement pour une obligation.
Pourquoi ?
On est en train de réaliser une étude dans les hô­
pitaux. Et cette étude montre que pour un tiers
des cyclistes hospitalisés (32%), le diagnostic prin­
cipal concerne une lésion à la tête ou au cerveau.
Pour ce qui est des enfants de moins de 14 ans, il
s’agit de plus d’un cas sur deux (53%)! On a aussi
de temps en temps des contacts, notamment dans
le cadre de cette étude, avec des chirurgiens et des
urgentistes. Lesquels nous disent que le plus sou­
vent, les blessures d’enfants tombés à vélo
50
auraient facilement pu être évitées si ces enfants
avaient porté un casque. En effet, on entend sou­
vent que le risque de blessure à la tête est réduit
de 70% par le port du casque.
Selon vous, il n’y a donc pas de doute: l’obligation
pour les jeunes du port du casque est une bonne mesure à tous points de vue?
Si, en Europe, douze pays, et bientôt treize avec la
France, ont adopté cette mesure, c’est indéniable
qu’elle est bénéfique. Et il est donc logique pour
un institut comme le nôtre de se prononcer pour
l’obligation du port du casque pour les enfants.
Certaines associations, comme le Gracq, ne sont cependant pas de votre avis…
Un argument souvent évoqué par les associations
contre l’obligation du port du casque est le fait
que celle­ci risque de décourager la pratique du
vélo. Pourtant, aucune étude fiable ne montre que
l’imposition du casque pour les enfants a des ef­
fets dissuasifs à long terme sur la pratique du vélo.
A Bruxelles, les comptages repris dans l’Observa­
toire du vélo montrent que sept enfants sur dix
portent déjà le casque, alors que la pratique du
vélo est en plein essor depuis des années.
Au-delà de certaines associations qui ne partagent
pas votre avis, il y a aussi un blogueur qui tacle l’IBSR
(voir ci-contre). Selon lui, vous voudriez induire l’idée
que rouler à vélo est dangereux, et ce pour privilégier
le lobby automobile. Que répondez-vous à cela?
J’ai vite regardé ce blog, il y a beaucoup de contre­
vérités. Ce n’est par exemple pas vraiment nou­
veau que l’IBSR se montre en faveur de l’obliga­
tion du port du casque pour les jeunes, puisque
déjà en 2014, nous adoptions cette position. Puis,
ce qui est dommage, c’est que ce genre de cyclistes
qui adopte des positions extrêmes n’envisage pas
que nous puissions plaider et pour l’obligation du
port du casque de vélo et pour l’amélioration des
infrastructures dévolues aux cyclistes. Nous vi­
sons bien une approche globale de la sécurité rou­
tière.
Seul impliqué dans 90 % des cas
Si le casque présente un intérêt parfois
limité en cas de collision entre un cycliste
et un véhicule motorisé, il est vraiment
efficace en cas de chute. Or, une étude de
l’IBSR montre que 90 % des cyclistes admis
aux urgences des hôpitaux sont victimes
d’un accident où ils sont les seuls
impliqués.
L’IBSR dispose d’un laboratoire dans
lequel les casques de vélo pour enfants
sont testés. Pour voir l’impact d’un choc à
20 km/h sur un casque, il suffit de suivre le
lien suivant : https://youtu.be/aR-cIq-ewtM
Entretien: Baptiste Erpicum
La Libre Belgique - mercredi 8 mars 2017
© S.A. IPM 2017. Toute représentation ou reproduction, même partielle, de la présente publication, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation préalable et écrite de l'éditeur ou de ses ayants droit.
ur les jeunes ?
Contexte
En France, le casque de vélo sera obligatoire pour les enfants de moins de
12 ans à partir du 22 mars. Douze autres pays européens ont déjà imposé
une telle mesure aux jeunes. La Belgique doit-elle suivre cette piste?
n Recommander le casque,
oui. L’imposer, non. C’est une
fausse bonne idée portée par
le lobby automobile qui veut
donner une image négative
et dangereuse du vélo et, par
là, déresponsabiliser les
conducteurs de voitures.
DR
Non
Florine Cuignet
Gracq – Les cyclistes
quotidiens ASBL
Que pensez-vous d’une loi qui obligerait le port du
casque à vélo?
C’est une fausse bonne idée. Un port du casque gé­
néralisé et obligatoire ne va pas augmenter – il
n’existe aucune preuve scientifique – la sécurité
routière des cyclistes de tous les jours. Par contre,
cette sécurité (pour tous: autos, motos, vélos et
piétons) pourra s’améliorer si la vitesse en milieu
urbain est limitée à 30 km/h. Les études ne man­
quent pas, mais, bizarrement, on n’entend pas
l’IBSR ou le ministre de la Mobilité pour rendre
obligatoire cette limite de vitesse.
ANDIA/REPORTERS
Pourquoi viser les cyclistes, ici jeunes, avec l’obligation de porter un casque?
En commençant par les enfants, c’est la technique
du pied dans la porte. Nous préférons que les pa­
rents, en connaissance de cause, décident.
“Et si la campagne de l’IBSR
n’était qu’un pion avancé
par l’industrie automobile
pour servir ses intérêts?”
Zinne[bi]ke, cycliste à Bruxelles,
blogueur anonyme
D’apès Zinne[bi]ke, l’IBSR ne pose pas un
diagnostic neutre. En août 2016, l’ASBL a été
transformée en SCRL-SFS, une société coopérative.
Son capital fixe est détenu à 60% par le Royal
automobile club de Belgique, une association dont
la mission est de “favoriser le développement et
la diffusion de la locomotion automobile”.
Plusieurs pays ont rendu le port du casque obligatoire.
Les résultats ne vous convainquent pas?
Non, parce qu’on y assiste à une réduction des cy­
clistes. En imposant cette contrainte pour le cycliste
et en donnant du vélo l’image d’une activité poten­
tiellement dangereuse, le casque obligatoire consti­
tue un frein majeur à la pratique quotidienne du
vélo et donc à la croissance du nombre de cyclistes.
Or, il est prouvé que les conditions de sécurité rou­
tière s’améliorent avec l’augmentation du nombre
de cyclistes: on appelle cela “la sécurité par le nom­
bre”. Les automobilistes s’attendent à voir des cy­
clistes et s’habituent à les côtoyer. Les pays qui affi­
chent les taux les plus élevés de mobilité à vélo, en­
registrent un taux de mortalité cycliste des plus
faibles. C’est le cas des Pays­Bas et du Danemark, où
le port du casque – peu répandu – est non obliga­
toire mais où les autorités ont investi massivement
dans des infrastructures sûres pour les vélos. Quand
les déplacements à vélo sont encouragés, des retom­
bées significatives en matière de santé sont aussi
constatées. En France, les coûts liés à la sédentarité
sont évalués à 10 milliards d’euros, ce qui dépasse
de très loin les coûts liés à l’accidentologie des vélos.
La pratique du vélo n’induit-elle pas davantage de
traumatismes crâniens?
Les cyclistes quotidiens ne sont proportionnelle­
ment pas plus victimes de blessures à la tête que
les automobilistes ou les piétons. Si l’objectif est de
réduire ce type de blessure, pourquoi ne pas obli­
ger les automobilistes et les piétons de porter aussi
un casque?
Selon l’Institut belge pour la sécurité routière (IBSR),
90% des cyclistes admis aux urgences sont victimes
dans un accident où ils sont seuls impliqués.
Soyons vigilants et gare à l’intox. Les données four­
nies par les hôpitaux sur les accidents des cyclistes
ne font pas la distinction entre le cycliste “utili­
taire” – qui se rend à son travail ou au magasin du
coin – et le cycliste sportif – amateur de vibrations
en VTT ou de vitesse en vélo de course le diman­
che. Ces deux profils sont très différents et nécessi­
tent dans le chef du deuxième une prise de risque
et des équipements adaptés. Dans ses analyses et
recommandations, l’IBSR assimile­t­il un automo­
biliste à un pilote de rallye, même amateur?
Que pensez-vous de cette campagne visant à rendre
obligatoire le port du casque par les jeunes, portée par
l’IBSR, coopérative détenue à 60% par le Royal automobile club de Belgique (voir encadré)?
Je ne me prononce pas sur l’IBSR. Mais, dans de
nombreux pays, on constate que le plus gros sou­
tien à l’obligation du port du casque est le lobby
automobile. Parce que c’est plus facile de dire aux
cyclistes “Protégez­vous, c’est dangereux de faire
du vélo” plutôt que de dire “Ce sont les voitures –
et le comportement de leur conducteur – qui re­
présentent un danger pour les vélos”. Le tour de
force de ce lobbying est de déplacer la dangerosité
de l’auto au vélo, en collant à ce dernier une image
négative. Voilà pourquoi ce lobby teste et commu­
nique autant sur les casques. Maintenant, nous ne
sommes pas contre le casque: nous sommes contre
l’obligation de le porter. Cela doit rester un choix
personnel. Nous le recommandons d’ailleurs pour
des publics particuliers comme les enfants, les per­
sonnes âgées, dont le sens de l’équilibre n’est pas
optimal, et les cyclistes sportifs.
Entretien: Thierry Boutte
mercredi 8 mars 2017 - La Libre Belgique
51
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Opinion
Soixante ans
plus tard
Collectif d’associations
féminines
n En Belgique, les femmes actives gagnent
toujours 21% de moins que les hommes sur
une base annuelle. Et ce, 60 ans après le
traité de Rome, qui a pourtant consacré
l’égalité salariale.
E
ntre février et avril, un peu
partout dans le monde, des
organisations de femmes et
de travailleuses “célèbrent”
l’“Equal Pay Day” (Journée de
l’égalité salariale), dont la date
est calculée en fonction de
l’écart salarial, variable
d’un pays à l’autre (16%
en moyenne en Europe).
C’est un peu comme si les
femmes avaient travaillé
“gratuitement” jusque­là, et
commençaient seulement à
être rémunérées.
Il est important de faire la
distinction entre l’écart
sur la base des salaires
horaires
bruts
moyens et celui sur
la base des salaires
annuels
bruts
moyens. Ainsi, se­
lon le rapport
2016 sur l’écart sa­
larial (1), l’écart sala­
rial est de 8% sur une
base horaire en Belgi­
que. Or, 47,4% seraient
dus à des facteurs objec­
tivement observés: sec­
teur d’activité, type de
contrat de travail, niveau
d’éducation… 52,6% de cet
écart restent inexpliqués et
peuvent être la conséquence
d’une discrimination.
En salaire annuel, l’écart salarial
est de 21%. Il résulte en particulier de
la répartition inégale de la durée du
travail entre hommes et femmes : le
travail à temps partiel est beau­
coup plus répandu chez les fem­
mes (9% des hommes contre 44%
des femmes) (2).
Rien de sexiste, vraiment?
Cette réalité différente faisait
pourtant écrire dans ces mêmes
pages à Arnaud Dorsimont, assis­
tant en économie à l’Université
Saint­Louis à Bruxelles (9/1/2017),
que “les différences salariales sont sou­
vent interprétées comme une discrimi­
nation sexiste, mais les données écono­
miques montrent que d’autres éléments
entrent en jeu.” Lesquels? “Les femmes
investissent, de manière voulue ou su­
bie, moins de temps sur le marché du
travail”, poursuivait Dorsimont. “Plus
que la discrimination sexuelle arbi­
traire, ce sont ces différences d’investis­
sement en capital humain qui expli­
quent pour partie les différences sala­
riales entre hommes et femmes.”
52
En cette
Journée
mondiale des
femmes, nous, or­
ganisations de femmes, considérons
ces propos maladroits et rappelons
que la tendance continue à la réduc­
tion des écarts salariaux reste trop
lente. Ainsi, l’écart salarial sur une
base horaire a dimi­
nué ces dernières
années de 11 % (en
2008) à 8%. Mais l’écart salarial en
base annuelle stagne ou régresse en­
core plus lentement (23% en 2008).
Cela témoi­
gne d’une vision
stéréotypée d’une so­
ciété incapable de s’organiser de fa­
çon à donner aux hommes et aux
femmes les mêmes chances d’exer­
cer un job correspondant à leurs as­
La Libre Belgique - mercredi 8 mars 2017
© S.A. IPM 2017. Toute représentation ou reproduction, même partielle, de la présente publication, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation préalable et écrite de l'éditeur ou de ses ayants droit.
pirations et compétences.
En premier lieu, les femmes su­
bissent une double ségrégation sur
le marché du travail. D’abord, la
“ségrégation horizontale”: elles oc­
cupent en moyenne plus fréquem­
ment des professions moins valori­
sables, dans de plus petites entre­
prises, avec des conditions
contractuelles plus précaires, etc.
Ensuite, les femmes subissent une
“ségrégation verticale”: elles ont
moins accès aux formations et aux
promotions, et donc aux fonctions
de niveau supérieur. Selon les bilans
sociaux et les rapports d’entrepri­
ses publiés par la Banque nationale
de Belgique, les employeurs inves­
tissent 40% de moins dans la for­
mation des femmes.
Les écarts de salaires se creusent
encore avec les avan­
tages extralégaux (3)
(voitures de fonction,
pensions
complé­
mentaires, options
sur actions…), les­
quels sont plutôt oc­
troyés dans des sec­
teurs
majoritaire­
ment masculins. En
englobant les avanta­
ges
extrasalariaux
dans le calcul, l’écart
salarial sur une base
annuelle
atteint
27% (4).
La durée du travail,
le temps partiel, ont
également une inci­
dence
importante
sur l’écart salarial.
D’une part, évidemment, parce que
les travailleurs travaillent moins
d’heures; d’autre part, parce que les
emplois à temps partiel sont offerts
dans des secteurs fortement fémi­
nisés (agences de voyage, restaura­
tion, activités immobilières, etc.) à
salaires plus faibles. Soulignons
également que les conditions de
travail des femmes à temps partiel
font appel à des régimes de flexibi­
lité accrus de réforme en réforme (5),
de non­reconnaissance des heures
supplémentaires et donc de refus
des majorations de salaires qui vont
de pair.
Enfin, il est à relever certaines ca­
ractéristiques personnelles. L’écart
salarial sur une base horaire se
creuse à partir de 35 ans, âge où le
salaire des femmes commence à
stagner. Le fait d’avoir des enfants
influence négativement le salaire
des femmes, alors que, pour les
hommes, le fait d’être en couple et
père de famille influence positive­
ment le salaire.
jour de blagues ou propos à conno­
tation sexuelle et même un tiers,
d’une situation où la carrière pro­
fessionnelle d’une femme a été frei­
née parce qu’elle avait des enfants.
Conclusion de l’Iweps: “Certaines
inégalités entre les femmes et les hom­
mes reposent en réalité sur des repré­
sentations stéréotypées fortement an­
crées chez certains citoyens.” Les nier
ne permettra jamais de s’attaquer
aux racines du problème, ni de
mettre en place les mesures qui
s’imposent, du choix des études au
développement des crèches, en
passant par la lutte contre les discri­
minations. Ce qui nécessiterait,
d’abord, le respect strict de la loi re­
lative à la lutte contre l’écart salarial
du 22 avril 2012 (modifiée le
13 juillet 2013) afin d’avoir une
transparence totale
sur la formation des
salaires, voire la ré­
daction et la mise en
place d’un véritable
plan d’action national
de lutte contre l’écart
salarial, porté par
l’ensemble des ni­
veaux de pouvoir,
comme c’est le cas
pour le plan d’action
national de lutte con­
tre les violences faites
aux femmes.
Tout ceci n’aurait­il rien à voir
avec le sexisme? Le monde du tra­
vail n’y échappe en tout cas pas. Se­
lon le Baromètre social consacré à la
discrimination liée au genre, réalisé
en 2016 par l’Iweps (Institut wallon
de l’étude, la prospective et la statis­
tique), près d’un citoyen actif sur
deux déclare avoir été témoin un
Quarante jours
sans viande à l’aide
des agriculteurs
n La contre-communication des filières de productions
animales et leur lobbying politique constant nient la réalité.
Dominic Hofbauer
Chargé d’éducation, Gaia.
L
signataires : Dorothée
Klein, présidente des
femmes CD, et Dona­
tienne Portugaels,
vice­présidente. Magdeleine Willame,
présidente du Conseil de l’égalité des
chances entre les hommes et les fem­
mes. Reine Marcelis, présidente de
Synergie Wallonie. Daisy Herman,
secrétaire générale de ACRF­Femmes
en milieu rural. Dominique Devos,
présidente du Comité de liaison des
femmes. Isabella Lenarduzzi, directrice
de JUMP. Hafida Bachir, présidente de
Vie féminine. Marcela de la Peña
Valdivia, coordinatrice de la Marche
mondiale de femmes (Belgique). Patri­
cia Biard, présidente des femmes CSC.
ancée le 1er mars dernier, l’opération “40 jours sans viande” a
provoqué une contre-communication indignée de la part des filières de productions animales. Si les
syndicats agricoles et leurs ministres de tutelle poussent quelques
éleveurs de bovins en plein air devant les caméras pour illustrer l’importance accordée par la profession
au bien-être des animaux et au respect de l’environnement, leur stratégie s’effondre devant la simple réalité chiffrée.
Vedettes de la communication
gouvernementale, les bovins chouchoutés des prairies ardennaises ne
représentent ainsi que 0,44 % des
42 millions d’animaux abattus chaque année dans les abattoirs wallons, tandis que les poulets et les cochons comptent pour 99,5 % des
abattages et composent l’essentiel
de la viande consommée en Wallonie (1).
En Belgique, l’élevage de ces animaux est majoritairement hors-sol
et intensif : environ 80 % des poulets grandissent à un rythme accéléré dans des bâtiments industriels
et plus de 90 % des cochons sont détenus entassés sur un sol bétonné.
U (1) Etabli annuellement par l’Insti­
Charge inversée de l’accusation
tut pour l’égalité des femmes et des
hommes (IEFH), le SPF Emploi, Travail
et Concertation sociale, le Bureau du
Plan et le SPF Economie, chiffres 2013.
Aussi, en plus de leur lobbying
politique constant, de leur omniprésence dans la publicité, des
émissions de cuisine et jusqu’aux
bancs des écoles, que faut-il penser
quand les promoteurs permanents
de l’alimentation carnée inversent
la charge de l’accusation, et qualifient de liberticide et totalitaire
une simple initiative volontaire de
manger autrement quelques semaines dans l’année ? Lorsque, en
amalgamant les éleveurs et toutes
les autres professions agricoles,
l’initiative
www.jesuisagriculteur.be tente d’entraîner l’ensemble
du monde agricole (dont les productions végétales) dans un discours global de victimisation ? Lorsqu’un amateur de viande se trouve
réduit à invoquer Montesquieu
pour défendre dans une tribune sa
Nous,
organisations
féminines,
réclamons
un véritable
plan d’action
national
de lutte
contre l’écart
salarial.
Pour un plan d’action national
OPINION
U L’ensemble des
U (2) Source : Statbel, “Enquête sur les
forces de travail”.
U (3) Voir “Avis du Comité de liaison
des Femmes sur l’Égalité de rémuné­
rations entre hommes et femmes”,
mai 2006.
U (4) Étude de SD Worx, citée dans
“Les femmes ont très peu de voitures
de société” (“Le Soir”, 25 juin 2015).
U (5) Voir la loi sur le travail faisable
et maniable récemment votée (fé­
vrier 2017) et l’avis 151 du Conseil
de l’égalite entre les hommes et les
femmes du 9 décembre 2016.
liberté de manger des animaux ?
Car à mesure que le public découvre les réalités sordides de l’industrie des élevages et des abattoirs, la
légitimité de mettre à mort des animaux pour produire une nourriture
dont personne n’a réellement besoin
fait l’objet d’un questionnement
croissant. Assurément, sur la question de la viande, l’unanimité se délite, le monopole des promoteurs de
l’animation carnée s’ouvre à des opinions plurielles, et des approches
diverses peuvent s’exprimer. Il faut
le prendre comme le signe d’une démocratie en bonne santé.
Notons enfin que l’œuvre de Montesquieu est vaste, et qu’on ne saurait mieux choisir ses références : “Je
mettrais bien en question si les hommes ont gagné à la coutume de manger de la chair des animaux. Je suis
persuadé que la santé des hommes en
a diminué. La viande a eu besoin
d’être apprêtée; il a fallu augmenter
la salure et les ragoûts, d’ailleurs il
faut que les pâturages s’emploient à
nourrir des animaux qui doivent ensuite nourrir l’homme. Or, si l’homme
se nourrissait du fruit de la terre, de
la première main, le même pays nourrirait beaucoup plus d’hommes”
(“Mes Pensées”).
Pas question de renoncer au plaisir
Les quarante jours sans viande
sont proposés jusqu’au 15 avril.
Parce que se nourrir sans viande
n’est pas renoncer au plaisir, parce
que le talent de nos agriculteurs et
de nos restaurateurs est multiple,
parce que les produits de nos maraîchers, céréaliers, vignerons ou brasseurs composent une cuisine savoureuse au fil des saisons : je participe !
U Titre et introduction sont de la
rédaction. Titre original : “Jours sans
viande : je participe pour aider les
agriculteurs wallons !”
U (1) Statistiques du SPF Economie
pour 2015 : http://economie.fgov.be/
fr/statistiques/chiffres/economie/
agriculture/transformation/animaux/
mercredi 8 mars 2017 - La Libre Belgique
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22 mars 2016 : ils témoignent
Commémorations Des témoins directs
racontent les attentats du 22 mars sur
RTL-TVI (19h45) et sur La Une (19h55).
P
rès de deux semaines avant les premières
commémorations officielles, la RTBF et RTL
reviennent sur les attentats islamistes com­
mis le 22 mars 2016 à Bruxelles. Les deux chaînes
de télévision proposent essentiellement des récits
de rescapés et de témoins directs pour évoquer la
nécessité absolue de “se reconstruire”.
Parmi les documents les plus aboutis (et les
moins intrusifs), citons le numéro spécial du ma­
gazine judiciaire “Devoir d’enquête” réalisé par
Sylvie Chevalier et intitulé Ondes de choc.
L’après 22 mars 2016HH (La Une, 19h55).
La présentatrice du mensuel, Malika Attar, ren­
contre non seulement des victimes et leurs pro­
ches mais aussi des ambulanciers, des infirmiers,
des agents de sécurité, des médecins, des poli­
ciers, de simples passants présents ce jour­là.
Entre expertise professionnelle et ressenti per­
sonnel, la journaliste interroge également le pro­
cureur fédéral, Frédéric Van Leeuw, le directeur
du service d’identification des victimes, Christian
Decobecq ainsi que Jean­Marie Brabant, à la tête
de la zone de police Montgomery aujourd’hui re­
traité.
PHILIPPE BUISSIN / IMAGELLAN
Trois mercredis de commémorations
Malika Attar se rend dans le métro pour évoquer les attentats survenus le 22 mars 2016 à Bruxelles.
“C’était mon dernier jour de stage. […] Ma journée a débuté
normalement. […] Je me souviens de la première victime que les
pompiers ont sortie de la bouche de métro. […] Je ne me suis jamais
dit qu’on m’enverrait pendant mon stage sur le lieu d’une
explosion où je verrais plein de morts, de victimes, de sang, de cris.”
Un jeune ambulancier secouriste
Il avait 22 ans. C’était son dernier jour de formation auprès du service incendie de l’hôpital Saint-Pierre.
54
Sur RTL­TVI (19h45), “Victimes des attentats,
un an après” (dont nous n’avons malheureuse­
ment pu voir qu’un extrait) sera présenté ce soir
par Luc Gilson.
A l’image de Malika Attar, l’animateur partira à
la rencontre de “ceux qui ont été meurtris dans leur
chair ou ont perdu un être aimé”, dit­il. “Les caméras
les ont suivis depuis le 22 mars dernier. Nous assiste­
rons à leur long parcours de reconstruction physique
et mentale, leurs difficultés administratives et finan­
cières, leur combat quotidien pour tenter de retrou­
ver une place dans notre société.”
Rappelons enfin que les deux chaînes seront
présentes tous les mercredis soir jusqu’au
22 mars pour commémorer les attentats. La se­
maine prochaine, François De Brigode et Justine
Katz retraceront les faits survenus il y a (presque)
un an, à travers des témoignages et trois reporta­
ges, “fruits d’investigations menées durant plusieurs
mois”, annonce la RTBF par voie de communiqué.
Sur RTL­TVI, Christophe Deborsu recevra, en pla­
teau, les “témoins du drame, les victimes, des héros,
des sauveteurs, des experts et le Premier ministre
Charles Michel”.
Le mercredi 22 mars 2017, enfin, la RTBF et la
Ville de Bruxelles organiseront une soirée spéciale
afin de rendre hommage aux victimes et leurs fa­
milles ainsi qu’aux services de secours et de sécu­
rité. En direct télé et streaming web, depuis la
salle du Cirque royal et la place de la Bourse, des
artistes belges et internationaux s’exprimeront en
musique et en poésie. Cette soirée sera également
diffusée sur TV5 Monde et proposée à la diffusion
au réseau de l’Union européenne de radio­télévi­
sion (UER). RTL­TVI offrira quant à elle un nu­
méro spécial de “Reporters” réalisé par Michaël
Miraglia. “Durant plusieurs mois, une équipe a en­
quêté sur la trajectoire des terroristes dont le passage
à l’acte trouve son origine quelques mois plus tôt à
Paris avec les attaques en terrasses et au Bataclan.”
Au.M.
La Libre Belgique - mercredi 8 mars 2017
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P
our ouvrir une soirée consa­
crée aux droits des femmes
ce mercredi, ce documen­
taire réalisé par Olivier Jourdain
aborde un sujet intime avec un re­
gard inhabituel. Au Rwanda, une
légende raconte que L’eau sa­
créeHHH a été découverte par
une reine qui a trouvé le plaisir
avec son amant et aurait fait jaillir
le lac Kivu. De là est né le mythe
du “Kunyara”, pratique sexuelle
qui mène à l’éja­
culation féminine.
Intrigué
par
cette légende lors
d’un séjour au
Rwanda, le réali­
sateur a voulu en
savoir plus. Il est
alors parti à la ren­
contre des hom­
mes et femmes du
pays, guidé par
Vestine, sexologue
et animatrice ra­
dio très à l’aise
avec le sujet. En­
semble, ils partent à la découverte
de la sexualité rwandaise et de ses
secrets. A travers plusieurs ren­
contres et confidences, le docu­
mentaire nous apprend que ce
peuple a hérité d’une manière de
faire l’amour où le plaisir féminin
est central. Là où le film est parti­
culièrement intéressant, c’est
lorsqu’il interroge sur la diffé­
rence de points de vue entre les
Il est donc question de transmis­
sion et de paroles sans tabou dans
ce documentaire très savoureux
tant par sa forme agréable que par
cette légèreté apportée par l’extra­
vagance de Vestine, engagée pour
libérer les femmes de ce sujet in­
time, et les rires de ceux qui
l’écoutent. Par les témoignages
d’hommes et de femmes à propos
de la sexualité et de cette eau sa­
crée, le public occidental se voit
offrir l’occasion de
découvrir le pays
des mille collines
via la découverte
d’une de ses tradi­
tions rarement ra­
contée. Le sujet de
cet héritage mys­
térieux est délica­
tement amené par
le biais de l’émis­
sion animée par
Vestine dont des
extraits sont diffu­
sés tout au long du
documentaire.
Une façon de briser directement
le côté intime et gênant du sujet et
de découvrir une facette joviale et
spontanée de la population rwan­
daise.
Bien que l’on parle de sexualité
et de transmission, le thème qui se
cache derrière le sujet de l’eau sa­
crée est la femme et son amour
pour son mari, car elle est prête à
prendre des médicaments pour
Intrigué
par la légende
et les mystères
du “Kunyara”
lors d’un séjour
au Rwanda,
le réalisateur
a voulu
en savoir plus.
Programmation
spéciale
A suivre également,
ce soir sur La Trois
10h25. “Zoom arrière” revisite
quelques reportages consacrés
aux ouvrières de la FN de
Herstal et des gaufreries
“Champagne” à Moustier-surSambre, toutes en grève pour
améliorer leurs conditions
d’existence.
11h30. C’était en 2006,
Le 3 avril 2002, en
Argentine, Marita
Veron se rend à un
rendez­vous médical.
Elle n’est plus jamais
rentrée chez elle. Un
documentaire, proposé
ce soir à 22h sur La
Une, raconte le combat de Susana
Trimarco pour retrouver sa fille enlevée
par des réseaux mafieux de la traite des
êtres humains. Ce combat contre l’escla­
vagisme sexuel a fait d’elle une héroïne
en Argentine.
| LIBRE PARCOURS |
Edmond Blattchen recevait
Benoite Groult dans “Noms de
dieux”. Ecrivaine et féministe
française, elle a marqué de son
empreinte la littérature féminine
contemporaine.
22h25. Le documentaire
“Evelyne Axell, la Vénus aux
plastiques” dresse le portrait
d’une artiste féministe
profondément libre. Peintre
belge de talent trop tôt disparue,
Evelyne Axell est décédée à l’âge
de 37 ans. Elle laisse une œuvre
hors du commun marquée
notamment par le pop art.
PARAMOUNT PICTURES FRANCE
Beaucoup d’humour
avoir cette eau et le satisfaire. C’est
avec beaucoup de respect pour le
pays et ses traditions qu’Olivier
Jourdain dévoile cette tradition
secrète. Il propose un regard origi­
nal et touchant sur le mystère du
“Kunyara” et le débat qu’il suscite
dans la société rwandaise actuelle.
LL
En 2016, France 3 a
lancé une collection
dont la vocation est de
mettre en lumière des
hommes et des fem­
mes qui tentent de
sauvegarder des espè­
ces vulnérables et
dont l’habitat est menacé. Ce soir, dès
20h55, Muriel Robin suit donc Cha­
nee en République démocratique du
Congo pour sensibiliser le public aux
bonobos. Un film réalisé par Guy
Beauché et Jérôme Korkikian.
PATHÉ DISTRIBUTION
deux générations: les femmes
s’inquiètent pour leur couple si el­
les n’ont plus cette eau tandis que
les jeunes filles s’échangent des
astuces pour l’obtenir.
REPORTERS / STARFACE
Docu Les mystères d’une
pratique sexuelle rwandaise
se dévoilent. La Trois, 21h20.
SAUL MARTINEZ/EFE/BELGAIMAGE
Parler du plaisir féminin,
sans tabou
| GENSINFO |
**** Obligatoire *** Recommandé
** Conseillé * Facultatif ° Déconseillé
*** SLUMDOG MILLIONAIRE
de Danny Boyle et Loveleen Tandan (EtatsUnis/Grande-Bretagne, 2008). Avec Dev Patel,
Freida Pinto.
France 4, 21 h 00
1. Drame. Sans succomber à l’exotisme, mais
sans bouder son plaisir de filmer l’Inde fantasmatique, du Taj Mahal à la gare Victoria de
Bombay, le réalisateur se “réapproprie” le suspense calculé du jeu télévisé qui rythme son
récit qu’il dope avec de brusques montées
d’adrénaline.
** NO COUNTRY FOR OLD MEN
d’Ethan et Joel Coen (Etats-Unis, 2007). Avec
Tommy Lee Jones, Javier Bardem.
NEMLESS PRODUCTIONS
La Deux, 22 h 50
Femmes, hommes et adolescents discutent librement de sexualité pendant leur bain.
2. Thriller. Les frères Coen ont retrouvé leur
forme originelle à sang pour sang, humour noir
et violent, en adaptant le roman homonyme de
Cormac McCarthy. Soit, dans un Texas mythologique, une course-poursuite métaphysique
entre un cow-boy ayant trouvé une mallette
bourrée de 2 millions de dollars, un ange exterminateur déterminé à récupérer le pactole et
un vieux shérif dépassé par tant de sang, tant
de violence.
mercredi 8 mars 2017 - La Libre Belgique
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REPORTERS / BSIP
RADIO Accompagner un enfant difficile à l’école
58
Quelle pédagogie les
professeurs adoptent-ils face à
un élève perturbateur?
Comment l’aider dans sa
scolarité? Comment arriver à
comprendre qui se cache
derrière ce caractère difficile?
Alexandra Volckaert, docteur
en psychologie et
neuropsychologue à l’UCL et
Marine Houssa, également
docteur en psychologie,
tentent d’apporter des
éléments de réponse.
La Première, 11h.
La Libre Belgique - mercredi 8 mars 2017
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5 chiffres
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95593
55872
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1702,20
413,20
29,10
14,20
5,00
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2283
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ÉDITO
n Belgique
Enseignement | Le Pacte d’excellence aborde peu les questions
liées à la mixité. Pour plusieurs
acteurs, il s’agit d’une absence qui
témoigne du peu de réflexion que
la Communauté française mène sur
ce sujet. Upp.4-5
Enseignement | Le groupe central
du Pacte pour un enseignement
d’excellence se réunissait une
dernière fois mardi pour conjuguer
les exigences et les attentes des
différents acteurs de l’école. Up.6
SNCB | La SNCB a réduit les avantages “en nature” octroyés à ses
administrateurs. Mais certaines
choses bizarres subsistent. Par
exemple, Edmée De Groeve (PS),
condamnée pour avoir grugé la
SNCB, a droit à un libre-parcours
en première classe sur tout le
réseau belge. Up.9
bre. Au musée royal de l’Armée, on
dément toutes les rumeurs catastrophistes. Et on précise que les
canons partis à Brasschaat y seront
en fait rénovés. Up.11
l’Economie, Jean-Claude Marcourt,
lance Startup Wallonia. Avec, à la
clé, des programmes d’accélération
intégrés au sein des écosystèmes
wallons. Up.32
Ceta | Le ministre-Président wallon, Paul Magnette (PS), présentait
mardi matin à Bruxelles son dernier ouvrage consacré à la saga
wallonne sur le Ceta qui s’est
déroulée durant l’automne 2016.
Up.11
Assurance | Les attentats terroristes du 22 mars 2016 à Bruxelles
ont entraîné une charge provisionnée de 136 millions d’euros pour
les assureurs, a indiqué mardi
Assuralia, l’Union professionnelle
des entreprises d’assurances, lors
de la présentation de son rapport
annuel. Environ 16 millions d’euros
ont déjà été versés aux victimes. Upp.32-33
Horeca | Serge Litvine a racheté
l’hôtel-restaurant “Odette en ville”,
situé dans le quartier du Châtelain
à Bruxelles. La famille Litvine est
déjà propriétaire de quelques
belles enseignes bruxelloises,
comme “La Villa Lorraine” ou “La
Villa in the Sky”. Upp.14-15
n International
France | Les derniers sondages
montrent que Macron talonne
Le Pen au premier tour. Fillon reste
stable mais à belle distance. Up.27
JACQUES COLLET/BELGA
Etats-Unis | Les députés républicains ont préparé deux projets de
loi pour remplacer l’Obamacare,
mais d’aucuns craignent que cette
nouvelle formule d’assurance-maladie soit finalement plus chère et
moins performante. Upp.24-25
Politique | Dans leur nouveau livre
(“Sleutels tot ontgrendeling”), les
députés nationalistes flamands
Veerle Wouters et Hendrik Vuye
expliquent que la Flandre peut
acquérir davantage d’autonomie
sans l’accord de francophone. Et en
toute légalité. Up.10
Musée de l’Armée | Le War Heritage Institute débarque à la Cham-
| MÉTÉO |
Aujourd'hui
Min 3°C - Max 11°C
Météo complète P. 63
64
Corée du Nord | Le régime communiste nord-coréen a pris en otages
les diplomates et ressortissants
malaisiens sur son territoire pour
tenter de bloquer l’enquête sur
l’assassinat, en Malaisie, le 13 février, du demi-frère en disgrâce du
dictateur Kim Jong-Un. Up.24
n Économie
Start-up | Le ministre wallon de
Brevets | La Belgique a enregistré
une croissance de 7 % du nombre
de demandes de brevets déposées
en 2016 auprès de l’Office européen des brevets. Upp.32-33
n Sports
Football | Le Real Madrid et le
Bayern Munich se sont qualifiés
pour les quarts de finale de la
Ligue des champions en battant
respectivement Naples et Arsenal.
Upp.38-39
Cyclisme | L’Irlandais Sam Bennett
(Bora-Hansgrohe) a remporté la
3e étape de Paris-Nice (WorldTour),
disputée entre Chablis et Chalonsur-Saône, mardi. Up.40
Formule 1 | Stoffel Vandoorne n’a
pas passé une journée de test très
concluante à Barcelone. Up.41
n Culture
Musique | Le célèbre chef d’orchestre italien Alberto Zedda est mort
à l’âge de 89 ans. Spécialiste de
l’oeuvre de Rossini, il avait aussi
travaillé avec l’ORW et l’Opéra
flamand. Up.48
Par Francis Van de Woestyne
La femme est
l’avenir de l’homme
La Journée internationale des femmes, que
l’on célèbre ce 8 mars, ne devrait pas exis­
ter. Si des esprits bien intentionnés ont
estimé nécessaire de la créer, c’est bien
qu’ils pensaient, à raison, que les droits des
femmes n’étaient pas suffisamment proté­
gés. Comme s’il s’agissait d’une “espèce”
en péril. Le 8 mars est la Journée des fem­
mes: cela signifie­t­il, a contrario, que les
364 autres jours de l’année sont les jour­
nées “des hommes”? Peut­être.
Sans porter de jugement hâtif et définitif
sur certaines coutumes, il est indéniable
que les droits des femmes, dans certaines
régions du monde, sont totalement ba­
foués. Il est des pays dans lesquels elles ne
peuvent toujours pas voter ni conduire.
Dans d’autres, leur rang est celui d’escla­
ves. Même si, dans ces pays, le statut de la
femme est jugé conforme à la règle, il ne
peut que susciter notre révolte, notre
colère.
Dans nos sociétés occidentales, l’égalité
entre hommes et femmes est inscrite dans
les textes fondamentaux. Mais qui peut
dire que cette égalité est parfaitement
respectée? Toutes les études démontrent
qu’il y a toujours, à travail égal, d’inexpli­
cables, d’injustifiables différences de sa­
laire. Et dans nos vies, il faut encore et
toujours constater, regretter, que la femme
supporte, souvent davantage que
l’homme, des charges familiales plus im­
portantes. Et cela, même quand elle exerce
un métier tout aussi prenant que celui de
son mari ou de son conjoint.
L’égalité des droits doit donc rester un
combat quotidien. Des femmes. Mais aussi
surtout des hommes. Pour qu’un jour, on
puisse supprimer cette Journée des fem­
mes au motif qu’elles auraient conquis
tous les droits qui leur reviennent.
Le poète a toujours raison. Terminons par
ces quelques vers si justes de Louis Aragon:
“L’avenir de l’homme est la femme
Elle est la couleur de son Ame
Elle est sa rumeur et son bruit
Et sans Elle, il n’est qu’un blasphème.”
| INDICES |
L BEL 20 L Dow Jones L CAC 40 L EuroStoxx50 L Euro/Dollar
3684,13
20924,76
4955,00
3385,12
1,06
-0,08
-0,14
-0,35
-0,07
-0,15
La Libre Belgique - Bruxelles – Belgique 1,60 € – France 2,60 € – Luxembourg 1,60 € – Tél.: 02/744.44.44 – mercredi 8 mars 2017 – 134e année – n° 67 – HHHHHH
© S.A. IPM 2017. Toute représentation ou reproduction, même partielle, de la présente publication, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans autorisation préalable et écrite de l'éditeur ou de ses ayants droit.
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