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Les Echos - 16 04 2018

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Maison d’Épargne et de Valeur
dnca-investments.com
// NOTRE SUPPLÉMENT
L’ESSENTIEL
TRUDEAU À PARIS : CLIMAT
ET COMMERCE AU MENU
Dans une interview aux « Echos »,
le Premier ministre canadien se
félicite des premiers effets positifs
du traité de libre-échange Ceta.
// P. 8
SIBYLE VEIL DANS L’ARÈNE
DE RADIO FRANCE
Elle a été choisie par le CSA pour succéder à Mathieu Gallet. Sibyle Veil
prend ses fonctions de présidente du
groupe public ce lundi. Portrait.
// ENQUÊTE P. 11
ENTREPRISES
& MARCHÉS
LES GÉANTS DE LA DÉFENSE
SE PRESSENT EN INDE
L’Inde a lancé une demande d’information pour l’achat de 110 avions de
chasse. Tous les géants de la
défense sont sur les rangs. // P. 15
CDISCOUNT SE LANCE DANS
LA LOCATION LONGUE DURÉE
Ce service sera disponible sur un
millier de produits, dont les téléviseurs ou les téléphones, dévoile
aux « Echos » Emmanuel Grenier,
président de Cdiscount. // P. 18
LA FIN DES COMMISSAIRES
AUX COMPTES DANS LES PME
Le gouvernement a décidé de supprimer l’obligation imposée aux
petites et moyennes entreprises de
certifier leurs comptes. // P. 25
DAVID SCHIMMER À LA TÊTE
DE LA BOURSE DE LONDRES
Le LSE recrute son nouveau patron
chez Goldman Sachs. La gestion
des conséquences du Brexit sera
son premier chantier. // P. 26
CARNET // P. 29
LE QUOTIDIEN DE L'ÉCONOMIE // LUNDI 16 AVRIL 2018 // LESECHOS.FR
Retraites :
la réforme
Macron
est lancée
l Les premières discussions avec les syndicats
et le patronat débutent aujourd’hui.
l Le gouvernement veut un régime universel
pour corriger les injustices du système actuel.
D
estiné à aboutir à un projet de loi à l’été 2019,
l’immense chantier de la réforme des retraites entre dans sa phase active. Le HautCommissariat à la réforme des retraites, que dirige
Jean-Pierre Delevoye, vient d’envoyer un premier
document aux partenaires sociaux. Il dresse un état
des lieux sévère du système actuel. La juxtaposition
des 42 régimes en vigueur aujourd’hui est un frein à
la mobilité professionnelle et génère d’importantes
inégalités. D’où la nécessité de le réformer en profondeur, comme l’a promis Emmanuel Macron
pendant la campagne présidentielle. A partir de ce
lundi, Jean-Paul Delevoye va rencontrer les représentants des grandes organisations patronales et
syndicales, déjà consultés sur le calendrier et la
méthode depuis décembre. Et jeudi il s’exprimera,
ainsi que la ministre en charge du dossier, Agnès
Buzyn, lors d’un colloque organisé au Sénat. A l’origine, il était prévu que le chef de l’Etat lance le chantier avec un grand discours inaugural. Mais l’Elysée
a préféré un démarrage plus discret, pour ne pas
ouvrir un nouveau front social, alors que la SNCF est
en proie aux grèves et que les foyers de mécontentement se multiplient. // PAGE 2
Les fermetures d’agences
bancaires s’accélèrent
BANQUE Face à la digitalisation du secteur, la baisse du nom-
Philippe Lopez/AFP
bre de points de vente en France va s’intensifier d’ici à 2020.
SNCF L’avenir
des gares au cœur
de la réforme // P. 14
C’est un changement radical qui se dessine pour les
banques françaises, confrontées depuis quelques
années à une véritable déferlante numérique. En
réaction, elles ont commencé à fermer ou à regrouper certaines de leurs agences traditionnelles. Ce
mouvement n’est pas propre à la France. Mais il a été
beaucoup plus lent que chez nos voisins, en particulier dans les pays nordiques, au Royaume-Uni et
aux Pays-Bas, où ces restructurations sont intenses.
Le phénomène n’en est qu’à ses débuts et devrait
même s’accélérer. C’est la conclusion d’une projec-
tion réalisée par le cabinet Sia Partners. Après avoir
passé au crible les stratégies des établissements en
Europe, il table sur la fermeture de 12,6 % des points
de vente des banques françaises d’ici à fin 2020. Soit
une multiplication par quatre du rythme de fermetures d’agences observé entre 2012 et 2016. Les banques très présentes en Ile-de-France, notamment
BNP Paribas, Société Générale et LCL, risquent
d’être les plus touchées.
Muriel Pénicaud, ministre du Travail. Photo Jacques Demarthon/AFP
Le gouvernement va encore réduire
les emplois aidés l’an prochain
110e ANNÉE
30PAGES
Antilles Réunion 3,70 €. Guyane-St Martin
4,80 €. Belgique 3, 20 €. Espagne 4 €.
Grande-Bretagne 3£40. Grèce 3,70 €. Italie
4 €. Luxembourg 3,40 €. Maroc 28 DH. Suisse
5 , 4 0 F S . Tu n i s i e 4 , 5 T N D. Z o n e C FA
2.800 CFA.
REPRÉSAILLES Les trois puissances qui ont opéré des raids punitifs
samedi matin sur des sites d’armes chimiques syriens espèrent revenir
dans le jeu diplomatique et contribuer à débloquer le processus de sortie
de crise. Lundi, l’ONU devrait débattre du projet de résolution qui a été
mis sur la table dès samedi par Washington, Londres et Paris. Mais la
bonne volonté de la Russie, qui a réagi avec virulence à l’attaque occidentale, reste très incertaine, d’autant que l’administration américaine a
annoncé dimanche de nouvelles sanctions contre Moscou. // PAGES 6-7
ET LE REGARD SUR LE MONDE DE DOMINIQUE MOÏSI PAGE 9
Données :
un risque
de réputation
mortel
Point de vue
d’Elodie Granger, Grégoire
Lucas et Rubin Sfadj
Qu’il s’agisse des mots de passe des
utilisateurs de Yahoo!, des courriers
électroniques des employés de Sony,
des informations laissées par les utilisateurs de Facebook ou de la géolocalisation des passagers d’Uber, une
faute de gestion des données personnelles peut impacter la vie privée des
individus au point de briser des carrières, des ménages, voire des vies
entières. C’est un risque de réputation mortel pour les entreprises
et leurs patrons. // PAGE 10
Le départ de
Martin Sorrell
sonne la fin
d’une époque
pour WPP
Grant Thornton accompagne les
organisations dynamiques et libère
leur potentiel de croissance.
ISSN0153.4831
NUMÉRO 22677
Syrie : après les frappes,
le bras de fer s’intensifie
// PAGE 23 ET L’ÉDITORIAL
DE GUILLAUME MAUJEAN PAGE 9
Audit et Conseil en France et
dans le monde.
www.grantthornton.fr
ECPAD/AFP
Distribution
Amazon, le rouleau
compresseur
Ces suppressions seront contrebalancées par de
fortes créations d’emplois dans le secteur marchand.
EMPLOI La cure d’amaigrissement va se poursuivre pour les contrats aidés. Après les avoir
réduits de 320.000 à 200.000 en 2018, le gouvernement est décidé à encore les diminuer
d’envion 25.000 l’an prochain. C’est ce qui ressort du programme de stabilité transmis en fin
de semaine dernière par l’exécutif à nos partenaires européens. // PAGE 4
PUBLICITÉ « Le roi Sorrell » est tombé.
Trente-trois ans de règne ininterrompu
viennent brutalement de prendre fin
pour celui qui a hissé WPP au rang de
numéro un mondial de la communication. Samedi soir, le groupe a annoncé
que « Sir Martin Sorrell a démissionné de
ses fonctions de chief executive officer de
WPP avec effet immédiat ». Ce départ
intervient deux semaines après l’ouverture d’une enquête interne par WPP sur
un « comportement inapproprié » du
dirigeant historique du groupe. Roberto
Quarta, actuel « chairman », de WPP,
devient « chairman exécutif » en attendant la nomination d’un nouveau
patron. // PAGE 19
Le départ de Martin Sorrell de WPP
semble être le fruit d’une bataille
successorale « shakespearienne ».
Photo Justin Tallis/AFP
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02 //
Lundi 16 avril 2018 Les Echos
FRANCE
Un mécontentement
en mal de débouchés
Wauquiez et Mélenchon multiplient les critiques
contre Macron, en délicatesse avec une partie de
l’opinion. Sans parvenir à en retirer les fruits.
LE FAIT
DU JOUR
POLITIQUE
Stéphane
Dupont
A
vant le feu croisé des
questions d’Edwy
Plenel et Jean-Jacques
Bourdin à la télévision, le feu
croisé des critiques de Jean-Luc
Mélenchon et Laurent
Wauquiez dans la presse.
Emmanuel Macron a dû faire
face, ce week-end, aux diatribes
de deux de ses principaux
opposants dans le « JDD », les
deux hommes rivalisant de
formules chocs et d’attaques ad
hominem dans l’espoir de se
poser en premier
contradicteur du chef de l’Etat.
Pour le président de LR,
Emmanuel Macron « ne
comprend pas la France » et sa
politique est
un « illusionnisme ». Pour
le leader des Insoumis, il
jette « de l’huile sur le feu » de la
contestation sociale et est
engagé dans une « dérive
autoritaire » : « La chienlit c’est
Macron. » Une surenchère
verbale dont ces deux
responsables politiques sont
devenus coutumiers, mais qui,
pour l’instant, n’a guère produit
les effets escomptés.
Jean-Luc Mélenchon n’a fait
descendre que 6.000
personnes dans la rue, selon la
police, samedi, à Marseille
pour dire « stop à Macron ».
Quand Laurent Wauquiez est
considéré comme à peine
meilleur opposant que Nicolas
Dupont-Aignan dans un
sondage Ifop pour le « JDD ».
A l’évidence, ni l’un ni l’autre ne
parviennent à surfer sur les
mouvements sociaux du
moment et à transformer en
capital politique le
mécontentement d’une bonne
partie de la population. Un an
bientôt après son entrée à
l’Elysée, Emmanuel Macron est
jugé plutôt sévèrement dans
l’opinion, un Français sur deux
(44%) trouvant son
action « décevante » , dans un
sondage Elabe pour BFMTV.
Mais ses rivaux déclarés n’en
profitent guère.
Parce que Emmanuel Macron
laisse peu d’espace au patron
de LR, contraint de se
radicaliser pour exister, au
risque de se marginaliser. Le
chef de l’Etat braconne sur les
terres de la droite, en affichant
fermeté et autorité sur la SNCF,
les universités ou Notre-Damedes-Landes, ou en tendant la
main aux catholiques.
Et parce que Jean-Luc
Mélenchon suscite la méfiance
des syndicats, qu’il a tenté
d’éclipser à l’automne dernier
sur la réforme du Code du
travail et la défiance des autres
forces de gauche qu’il entend
supplanter. Fait révélateur,
aucun leader politique,
hormis... Philippe Poutou, n’a
répondu à son invitation à
venir manifester samedi sur le
Vieux-Port.
Jean-Luc Mélenchon comme
Laurent Wauquiez restent
cantonnés aujourd’hui à leur
camp politique sans parvenir à
être vus comme une alternative
crédible à Emmanuel Macron.
C’est sa grande chance. n
Réforme des retraites : les
grands travaux commencent
l Le haut-commissaire à la réforme des retraites a envoyé la semaine passée
aux partenaires sociaux un bilan du système actuel et des enjeux.
l Les rencontres avec les syndicats et le patronat débutent lundi.
SOCIAL
Solveig Godeluck
@Solwii
« Vers un système universel de
retraite, principaux constats sur le
système actuel, enjeux du système
cible. » Tel est l’intitulé du bref
document du Haut-Commissariat à
la réforme des retraites que les partenaires sociaux viennent de recevoir. Ce n’est pas encore un vrai programme de travail, mais c’est le
premier coup de pioche officiel du
vaste chantier de la refonte des
retraites.
Pendant la deuxième quinzaine
d’avril, l’équipe de Jean-Paul Delevoye va rencontrer les grandes
organisations syndicales et patronales, déjà consultées sur le calendrier et la méthode depuis décem-
b r e . I l s vo n t e n f i n avo i r u n e
discussion de fond sur le fameux
système universel qu’Emmanuel
Macron a promis de mettre en
place.
Alors que syndicats et patronat
s’inquiétaient de la dérive du calendrier de la réforme, censée aboutir à
un projet de loi d’ici à l’été 2019, le
chef de l’Etat a discrètement donné
son feu vert au démarrage des travaux. Il l’a décidé lors de son rendezvous avec le haut-commissaire, le
30 mars. A l’origine, le chef de l’Etat
devait prononcer un discours inaugural. Mais il a préféré ne pas ouvrir
un nouveau front social, alors que la
SNCF est en proie aux grèves.
Jean-Paul Delevoye et la ministre
chargée de cet épineux dossier,
Agnès Buzyn, doivent s’exprimer
jeudi lors d’un colloque sur la
réforme des retraites organisé de
longue date par le Sénat. Une rencontre à laquelle participeront
notamment les anciens ministres
Marisol Touraine (PS) et Eric
Woerth (LR), Raymond Soubie,
l’ex-conseiller social de Nicolas
Sarkozy, et l’ancien numéro un de la
CGT Bernard Thibault. Ce sera
l’occasion pour le gouvernement de
faire passer des messages sur la
méthode, le dialogue.
Retraite par points
ou en comptes notionnels
« Le haut-commissaire souhaite laisser beaucoup de questions ouvertes », selon une source proche de la
concertation. Le chef de l’Etat n’a
pas encore tranché, notamment
entre l’instauration d’un système de
retraite par points ou en comptes
notionnels. Elles seront abordées
avec les partenaires sociaux au
cours de rencontres bilatérales
séquencées par thèmes tout au long
de l’année, mais aussi avec les think
tanks et l’ensemble de la société
civile. Les premiers rendez-vous
commencent ce lundi.
Du côté des partenaires sociaux,
on est satisfait d’entrer enfin dans le
vif du sujet, même si certains syndicats espéraient un peu que, le calendrier filant, la réforme serait reportée. Le sujet électrise tout le monde,
mais pas pour les mêmes raisons.
Le Medef se fixe pour objectif de
décaler l’âge effectif du départ à la
retraite. Les syndicats craignent
que l’on fasse fondre les droits, donc
maigrir la répartition, pour instiller
une dose de capitalisation. « Et les
13,8 points de PIB sur les retraites, on
les garde ? Je l’ai demandé à JeanPaul Delevoye en décembre, mais je
n’ai pas encore eu de réponse »,
s’inquiète Philippe Pihet, le négociateur de FO. Le gouvernement ayant
prévu de grosses économies sur les
dépenses des administrations de
Sécurité sociale durant le quinquennat, la question est posée. n
en bref
Martinez « souhaite » un 1er mai
unitaire et « va le proposer »
SOCIAL La CGT « souhaite » un 1er mai unitaire avec toutes les
organisations syndicales et « va (le) proposer » lors de la « réunion la semaine prochaine des cinq secrétaires généraux » des principales centrales syndicales, a déclaré dimanche Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT sur le plateau du « Grand Jury »
RTL-Le Figaro-LCI. « On doit pouvoir trouver un terrain d’entente
sur un certain nombre de revendications et le 1er mai pourrait être
une occasion d’exprimer non seulement la solidarité à ceux qui luttent mais de proposer des alternatives », a-t-il expliqué.
Législatives partielles :
le sortant battu à Wallis et Futuna
POLITIQUE Le député sortant de Wallis et Futuna, Napole Polu-
tele (UDI, Agir et indépendants) a été battu par son adversaire,
Sylvain Brial (divers gauche), lors de l’élection législative partielle de dimanche. Napole Polutele, dont l’élection avait été
annulée en raison de l’invalidation d’une soixantaine de suffrages, était soutenu par la majorité à l’assemblée territoriale et
investi par l’UDI. Il n’a recueilli que 3.428 voix (48,39%) contre
3.656 (51,61%) pour son seul adversaire.
RETROUVEZ NICOLAS BARRÉ
LE DIRECTEUR DE LA RÉDACTION DES ECHOS
DANS LE JOURNAL DE 8H D’EUROPE MATIN
PRÉSENTÉ PAR PATRICK COHEN
#E1Matin
Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire à la réforme des retraites, va rencontrer les grandes organisations syndicales et patronales.
La réforme est censée aboutir à un projet de loi d’ici à l’été 2019. Photo Hamilton/Pool/SIPA
Les injustices auxquelles l’exécutif veut s’attaquer
Le Haut-Commissariat
à la réforme des retraites
pointe une hétérogénéité
du système qui nuit
à la mobilité professionnelle et des dispositifs
de solidarité peu lisibles,
aux effets inégaux.
C’est un bon résumé des travers du
système de retraite français. Le
Haut-Commissariat à la réforme
des retraites vient de transmettre
aux partenaires sociaux un document qui met en lumière les principales injustices nées de la juxtaposition de 42 régimes différents.
Le système n’est pas adapté à la
mobilité professionnelle, critique le
haut-commissariat. Chaque assuré
cotise en moyenne à 3,1 régimes différents durant sa carrière, en comptant les retraites de base, complémentaire et additionnelle, et un
tiers des Français cotisent à au
moins 4 régimes. Les règles de cal-
cul des droits étant différentes entre
régimes, certains y perdent.
Ainsi, à salaire et durée de carrière égaux, mieux vaut effectuer la
première moitié de sa carrière dans
le privé et la deuxième dans la fonction publique que le contraire.
Quelqu’un qui débute au SMIC et
termine à 1,5 SMIC touchera
1.151 euros de pension dans le premier cas, et 1.074 dans le deuxième
cas. Car dans la fonction publique,
on calcule les droits en fonction du
salaire des six derniers mois, et non
des vingt-cinq meilleures années.
Rendre la solidarité plus
lisible et moins inégale
Autre injustice flagrante : un assuré
qui cotise en une année 4.000 euros
à la Cipav (professions libérales) et
2.000 euros au régime général
(salariés) ne valide que trois trimestres, contre quatre trimestres si toutes ces cotisations avaient atterri au
régime général .Comme l’a souligné
le Conseil d’orientation des retraites
(COR) dans ses travaux récents, le
système est très redistributif, puisque les écarts de revenus entre
actifs sont plus faibles qu’entre pensionnés. Mais la tuyauterie pour
parvenir à ce résultat est incroyablement compliquée. Et parfois, les
dispositifs solidaires ne sont pas de
taille face aux effets anti-redistributifs du cœur du système. Ainsi, les
femmes, les chômeurs, les petits
salaires souffrent plus que les
autres des réformes qui ont allongé
la durée d’assurance à bientôt quarante-trois ans et étiré la période de
référence pour le calcul des droits à
vingt-cinq ans.
De plus, les assurés ne bénéficient pas tous autant de la solidarité, accuse le haut-commissariat.
Une salariée du privé qui a deux
enfants aura droit à quatre ans de
majoration de durée d’assurance et
pourra partir plus tôt à la retraite. Si
elle avait été fonctionnaire, elle
n’aurait eu qu’un an de majoration,
et aurait pu partir au même
moment, mais avec une décote de
15 % sur sa pension. Les mêmes
injustices se retrouvent en matière
de réversion, encore plus flagrantes
pour les concubins par rapport aux
mariés.
Le courrier du haut-commissariat a été accueilli fraîchement par
certains syndicats. « Le constat de ce
qui ne marche pas est objectif. Mais
on dirait que le gouvernement découvre le sujet ! », raille Philippe Pihet,
qui va négocier la réforme au nom
du syndicat FO.
« Ce n’est pas le système actuel qui
est en cause, mais les réformes des
retraites, qui ont changé les paramètres de calcul et creusé les injustices ! », dénonce Mijo Isabey, à la
CGT, en citant la règle des vingtcinq meilleures années ou l’allongement de la durée de cotisation. Le
but affiché est certes d’avoir un système plus juste, mais « un régime en
annuités peut être plus redistributif
et solidaire qu’un régime par
points », estime-t-elle. — S. G.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FRANCE // 03
Les Echos Lundi 16 avril 2018
LE GRAND RENDEZ-VOUS // Europe 1 - CNews - « Les Echos »
Valls : il est « important
d’être à l’écoute des syndicats »
Bachar Al Assad d’avoir mené des
attaques chimiques.
« J’approuve totalement les frappes en Syrie. Nous avons perdu beaucoup de temps, mais face aux agissements du régime criminel de Bachar
Al Assad, il fallait agir », a affirmé
l’ancien Premier ministre. Selon lui,
« l’avertissement est désormais clair
pour la Syrie et ses alliés, dont la Russie ».
Invité du « Grand
Rendez-vous »,
Manuel Valls
a soutenu la décision
du président
de la République
d’organiser des frappes ciblées en Syrie.
« Trop de personnes dans
les fichiers S »
Alors que la grève des cheminots se
poursuit, l’ancien Premier ministre
a estimé « important d’être à l’écoute
des syndicats dont nous avons besoin
pour réformer ». « La fonction publique et les fonctionnaires sont la
colonne vertébrale de notre Etat. Je
demande humblement aux syndicats
de comprendre la détermination du
gouvernement […], qui a raison de
mener cette réforme. »
Interrogé sur le discours
d’Emmanuel Macron devant la
Conférence des évêques de France,
Manuel Valls a d’abord voulu saluer
« un discours de très haute tenue »,
avant d’ajouter « ne pas comprendre » les propos du président de la
République sur le lien rompu avec
l’Eglise catholique. « Je ne nie pas le
lien entre le christianisme et la France
dans l’histoire de notre pays, mais il
n’y a plus de lien aujourd’hui. »
Eric Frotier de Bagneux
Lamia Barbot
@LamiaBarbot
Pour l’ancien Premier ministre, « la fonction publique
et les fonctionnaires sont la colonne vertébrale de notre Etat ».
L’ancien Premier ministre a rappelé son opposition à l’abandon du
projet d’aéroport à Notre-Damedes-Landes, mais a toutefois précisé
qu’il ne fallait pas « céder d’un pouce
et aller au bout pour imposer l’ordre
républicain » face aux zadistes
maintenant que la décision a été
prise. « L’opération de maintien de
l’ordre est très compliquée, car, en
face, il y a des groupes extrêmement
violents », a souligné le député de
l’Essonne. Enfin, Manuel Valls a
affirmé soutenir la réduction de la
vitesse de 90 à 80 kilomètres-heure
sur les routes secondaires. « Le gouvernement a raison d’être inflexible.
Tout ce qui permet de faire baisser le
nombre de morts sur les routes est
une bonne mesure, même si c’est
impopulaire. »
« Ne rien faire en Syrie, c’était
signer notre impuissance. » Manuel
Valls a apporté dimanche matin son
soutien à la décision de la France,
des Etats-Unis et du Royaume-Uni
de procéder à des frappes ciblées en
Syrie pour punir le régime de
Alors que la classe politique française est divisée sur la décision prise
par le président de la République de
frapper le régime syrien, Manuel
Valls s’est dit « très choqué par la
réaction d’une partie de la droite française et indigné par les positions de
Jean-Luc Mélenchon ». « Il y a un
parti poutinien, un parti russe, incontestablement, dans la droite française
et il y a une vision de cette extrême
gauche qui me semble totalement
erronée », a affirmé le député apparenté LREM de l’Essonne.
Enfin, concernant les risques terroristes pesant sur la France,
l’ancien Premier ministre estime
que « le président de la République et
le gouvernement ne sous-estiment
pas la menace terroriste qui est toujours présente en France ». Selon lui,
il y aurait « trop de personnes dans les
fichiers S », ce qui nécessite « un travail pour mieux distinguer la dangerosité des individus ». n
en bref
PS: Olivier Faure présente une équipe
resserrée et paritaire
POLITIQUE Le Conseil national du PS a approuvé dimanche la
composition de sa nouvelle direction, renouvelée, paritaire et
resserrée, conformément à l’engagement pris par le nouveau
premier secrétaire, Olivier Faure. Le député de Seine-et-Marne
s’est entouré d’un secrétariat national composé de 24 membres,
douze hommes et douze femmes (contre 80 dans la précédente
direction). Tous l’ont soutenu dans sa course pour prendre la
tête du PS. Ont été désignés porte-parole le député des Landes
Boris Vallaud (également en charge de l’Europe), âgé de 42 ans,
et Gabrielle Siry (également en charge de la formation et du
renouvellement), 32 ans, qui fut candidate en juin 2017 dans la
cinquième circonscription des Français de l’étranger.
44 % des Français jugent l’action
de d’Emmanuel Macron décevante
SONDAGE Près d’un an après son élection, 44% des Français
jugent l’action d’Emmanuel Macron décevante et 36% estiment
qu’il est trop tôt pour se prononcer, selon un sondage Elabe pour
BFMTV publié dimanche. Pour deux tiers des Français, la politique menée est plutôt en faveur des plus aisés. La volonté de
réformer (35%) et détermination (32%) sont les premières qualités d’Emmanuel Macron selon les Français. Un manque
d’écoute (32%) et une déconnexion des réalités quotidiennes
(31%) sont parmi les principales critiques envers Emmanuel
Macron. La hausse de la CSG est la réforme la plus marquante
depuis le début du quinquennat, mais aussi la plus impopulaire.
Les créations d’entreprises
ont continué d’accélérer en mars
CONJONCTURE Les créations d’entreprises ont progressé de
0,5 % en mars, après 0,4 % le mois précédent, soutenues par les
créations d’entreprises classiques et celle des microentreprises,
a indiqué vendredi l’Insee. Les créations d’entreprises classiques ont rebondi de 0,4 % (après une hausse de 1,4 % en février),
tandis que les immatriculations de microentrepreneurs ont
rebondi de 0,8 %, après s’être repliées de 1 % le mois dernier, a
précisé l’institut. Le nombre cumulé, en données brutes,
d’entreprises créées au cours des 12 derniers mois « continue
d’accélérer », avec une progression de 9,9 % en mars, après 9,4 %
en février et 7,6 % en janvier.
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04 // FRANCE
Lundi 16 avril 2018 Les Echos
Le gouvernement veut une nouvelle
baisse des contrats aidés en 2019
l Le gouvernement a transmis la semaine dernière son programme de stabilité à ses partenaires européens.
l Il table sur une forte dynamique de l’emploi marchand en France dans les années à venir.
EMPLOI
Renaud Honoré
@r_honore
Une forte dynamique de l’emploi
marchand, à peine contrebalancée
par la baisse des emplois aidés. Cette
description déjà entendue pour 2017
et 2018 vaudra aussi pour 2019. C’est
ce qui ressort du programme de stabilité pour les années 2018-2022 que
le gouvernement a présenté en fin de
semaine dernière à l’Assemblée
nationale. Dans ce document destiné à être envoyé aux partenaires
européens, il est notamment confirmé que l’exécutif n’entend pas
s’arrêter en chemin sur la cure
d’amaigrissement des contrats
aidés.
Ainsi l’emploi non marchand
devrait reculer de 25.000 postes en
2019 « du fait d’une nouvelle réduction des enveloppes de contrats aidés
sur l’année », est-il écrit dans le texte.
En 2018, une première coupe importante avait déjà été réalisée dans ces
emplois aidés (faisant passer leur
nombre de 320.000 à 200.000). Cela
devrait provoquer une contraction
de l’emploi non marchand en 2018
d’environ 25.000 postes, soit un
niveau similaire à celui attendu en
2019.
La prévision d’emploi
« est cohérente »
Si le gouvernement continue dans
cette voie, c’est qu’il estime que
la dynamique générale de l’emploi
devrait permettre de contrebalancer ces effets négatifs. Les nouvelles
prévisions contenues dans le programme de stabilité parlent ainsi de
l’augmentation de 225.000 postes
en moyenne annuelle l’an prochain
dans l’emploi marchand, niveau
très proche de celui attendu en 2018
(+250.000 postes) et de celui enregistré en 2017 (+240.000 postes). Si
l’on remonte à l’année 2015, qui marquait le démarrage sur le front de
l’emploi après trois années de destruction d’emplois, ce sont donc
théoriquement plus de 1 million
d’emplois qui pourraient être créés
en cinq ans d’ici à la fin de l’année
2019.
Cette forte dynamique n’est pas
jugée irréaliste par le Haut Conseil
des finances publiques (HCFP).
Même si le soutien à l’emploi doit
être moins fort cette année que l’an
dernier (avec l’extinction totale de la
prime à l’embauche et la baisse du
taux de CICE), l’autorité indépendante estime, dans un avis rendu
vendredi, que la prévision d’emplois
« est cohérente avec le niveau très
élevé de l’indicateur du climat de
l’emploi dans les enquêtes de conjoncture de l’Insee ». La tendance devrait
rester similaire l’an prochain malgré une croissance moins forte
qu’attendu, le gouvernement
tablant sur les effets de « la bascule
du CICE en allégements de charges »
pour soutenir l’emploi.
Cette embellie devrait en tout cas
avoir des effets très positifs sur les
comptes publics. Le programme de
stabilité table ainsi, grâce à la baisse
du chômage, sur « un retour à l’équilibre de l’Unédic dès 2019 », alors
qu’un léger déficit était encore prévu
il y a quelques mois. D’une façon
plus générale, ce sont l’ensemble
des comptes sociaux qui vont profiter de rentrées de cotisations abondantes.
Le gouvernement table désormais sur une croissance de la masse
salariale du secteur privé de 3,9 % en
2018, alors que la hausse initialement prévue en septembre dernier
était de 3,1 %. Cette hausse des recettes doit contribuer à gonfler l’excédent des comptes sociaux, attendus
à 0,7 % du PIB. n
Bercy table sur une amélioration sensible
de la compétitivité
Le gouvernement anticipe
une progression plus rapide
des exportations que des
importations d’ici à 2022.
La politique de l’offre
pourrait bien commencer
à porter ses fruits.
Guillaume de Calignon
@gcalignon
L’alignement des planètes devrait
se poursuivre pour l’économie française. Le gouvernement a dévoilé
vendredi son scénario macroéconomique jusqu’en 2022 et ce dernier fait apparaître une croissance
de 2 % en 2018, puis de 1,9 % en 2019.
La prévision de 2018, jugée « réaliste » par le Haut Conseil des finances publiques, est largement soutenue par la consommation des
ménages et l’investissement des
entreprises.
La croissance de long terme de
l’économie hexagonale est estimée
par Bercy à 1,25 % par an. Si l’on en
croit le gouvernement, la croissance devrait donc être supérieure
à ce chiffre trois années de suite,
entre 2017 et 2019, le Haut Conseil
des finances publiques considérant
que la prévision de l’an prochain
« est atteignable ».
Deux points de ce « programme
de stabilité » méritent qu’on s’y
arrête. D’abord, selon l’exécutif, la
compétitivité devrait sensiblement
s’améliorer puisque, d’ici à la fin du
quinquennat, les exportations progresseraient plus vite que les
importations et la contribution du
commerce extérieur à la croissance
serait chaque année positive, sauf
l’an prochain où elle sera nulle.
L’économie française n’a pas réalisé une telle performance depuis le
milieu des années 1990, lors de la
fameuse période de « désinflation
compétitive ». C’est en creux ce que
dit le haut conseil quand il estime
que « le scénario retenu d’une croissance effective demeurant continûment supérieure à la croissance
potentielle jusqu’en 2022 est optimiste ».
Mais une telle amélioration est
possible. Selon l’Observatoire français des conjonctures économiques
(OFCE), entre 2013 et 2016, grâce
aux allégements de charges et au
crédit d’impôt pour la compétitivité
et l’emploi (CICE), la marge des
entreprises exportatrices a grimpé
de 5,7 points pour atteindre 38,5 %
de la valeur ajoutée, un record
depuis les années 1970. Les exportateurs français pourraient utiliser
cette manne pour baisser leur prix,
ou mieux, investir pour monter en
gamme et prendre des parts de
marché. C’est la logique de la politique de l’offre menée par François
Hollande et c’est aussi l’espoir du
gouvernement actuel.
Une moindre hausse
des prix l’an prochain
Ensuite, pour Bercy, tout comme
d’ailleurs pour la Banque de France,
les prix devraient grimper moins
vite en 2019 qu’en 2018. Pourtant, si
la croissance reste élevée, les créations d’emplois seront fortes. Le
chômage devrait donc baisser, les
salaires augmenter et les prix grimper plus vite. Le gouvernement fait
l’hypothèse que la hausse du prix
du pétrole – le baril est passé en un
an de 45 à 72 dollars – prendra fin,
expliquant ainsi le tassement de
l’inflation de 1,4 % en 2018 à 1,2 % en
2019.
« Si les taux d’utilisation des capacités de production et les difficultés de
recrutement s’établissent début 2018
nettement au-dessus de leur
moyenne de long terme, l’inflation
sous-jacente reste encore très basse et
ne témoigne pas de signes de tensions », reconnaît d’ailleurs le haut
conseil. D’ici à 2022, le gouvernement n’anticipe pas une inflation
au-dessus de 1,75 % par an, c’est-àdire en dessous de l’objectif de la
Banque centrale européenne. Difficile alors de penser que les tensions
inflationnistes n’apparaîtront pas
au cours de ce cycle économique. n
1,4 %
D’INFLATION
attendue en 2018. Le tassement
devrait se poursuivre en 2019
avec une inflation attendue
à 1,2 %.
Les présidents d’université s’inquiètent du manque de moyens
ENSEIGNEMENT
La Conférence des
présidents d’université
émet « un doute » sur
la capacité à accueillir
tous les étudiants.
Marie-Christine Corbier
@mccorbier
SUR
DOMINIQUE SEUX
DANS « L’ÉDITO ÉCO »
À 7H45
DU LUNDI AU VENDREDI
« Des agitateurs professionnels »,
« des professionnels du désordre » :
c’est ainsi qu’Emmanuel Macron a
qualifié, jeudi, sur TF1, ceux qui bloquent les universités. Mais au-delà
de ceux qui bloquent avec des arrière-pensées politiques, il y a aussi
« des étudiants qui, légitimement,
expriment leur opinion », souligne
Gilles Roussel, qui dirige la Conférence des présidents d’université
(CPU).
Ces derniers ont soutenu la
réforme de l’entrée dans l’enseignement supérieur conduite par le gouvernement depuis ses débuts. Gilles
Roussel a même coutume de dire
qu’Emmanuel Macron s’est inspiré
des projets de la CPU. Face à la contestation, qui reste limitée – une
dizaine d’universités perturbées et
quatre fermées (Montpellier-III,
Toulouse-II, Paris-VIII et Rennes-II)
–, certains tentent de dédramatiser,
comme Frédéric Dardel, président
de Paris-Descartes. Il indique
que Parcoursup n’a pas provoqué
d’augmentation spectaculaire du
nombre de vœux et que la plupart
dent. Car, pour certains, il faut
affronter leurs enseignants-chercheurs. Dans une tribune publiée
par franceinfo, plus de 400 d’entre
eux ont dénoncé une « réforme
absurde » qui instaure une « sélection hypocrite ». Selon le SnesupFSU, 70 départements d’universités
se sont engagés à ne pas classer les
dossiers des lycéens. Les enseignants-chercheurs hostiles à la
réforme, comme ceux de Tolbiac,
dénoncent aussi « des années de coupes budgétaires qui obligent la communauté universitaire à travailler
dans des conditions indignes ».
Elèves modèles
Une AG à Lille-II. Le gouvernement a déjà financé 19.000 nouvelles places sur les 22.000 promises. Photo Philippe Huguen/AFP
des lycéens qui ont postulé dans son
université devraient avoir satisfaction, à l’exception de quelques filières. Gilles Roussel appelle, lui, les
présidents d’université à se « faire
entendre » et « à ne pas laisser les
seuls opposants […] propager des contre-vérités » sur la réforme.
Mais monter au créneau pour
défendre la réforme n’est pas évi-
A écouter Patrick Gilli, à la tête de
l’université – bloquée – de Montpellier-III, le manque de moyens a
nourri les inquiétudes. Pour ne « pas
susciter des craintes excessives, il fallait que les moyens soient à la hauteur
des ambitions, louables, déclarait-il
récemment à “Midi Libre”. Nous avions mis quelques modérations dans
l’adhésion à cette loi ».
La ministre de l’Enseignement
supérieur, Frédérique Vidal, rappelle, elle, que « 65 millions d’euros
ont été mis sur la table, uniquement
pour l’entrée à l’université ». « Jamais
un effort identique n’a été fait », a-telle insisté, vendredi, sur France Culture. Le gouvernement a déjà
financé 19.000 nouvelles places, sur
les 22.000 promises durant le débat
parlementaire. Certaines universités font figure d’élèves modèles,
comme celle de Cergy-Pontoise, qui
a prévu des parcours adaptés pour
toutes ses composantes. Mais beaucoup ne pourront pas proposer les
remises à niveau attendues. « Cela
ne plaira pas à la ministre [Frédérique Vidal, NDLR], mais je ne pourrai
pas [le faire] pour chaque filière »,
affirme Frédéric Dardel.
« La vraie question est de savoir si
la loi qui permet une répartition [des
étudiants] permettra de les accueillir
tous, renchérit Gilles Roussel. Nous
sommes attachés à accueillir tous les
étudiants dans les universités. Et là, il
y a un doute. Il y a peut-être quelque
chose à faire du point de vue des
moyens. » n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FRANCE // 05
Les Echos Lundi 16 avril 2018
L’emploi à domicile
a continué
de reculer l’an passé
EMPLOI
En 2017, le nombre
de particuliers
employeurs a
diminué de 0,7 %.
Guillaume de Calignon
@gcalignon
C’est un mouvement à rebours
de l’accélération de la croissance. Doucement mais sûrement, l’emploi à domicile
s’effrite, alors que les créations
d’emplois ont globalement été
fortes l’an passé. Selon l’Agence
centrale des organismes de
Sécurité sociale (Acoss), en 2017,
le nombre de particuliers
employeurs a diminué de 0,7 %.
A la fin de l’année dernière,
2,77 millions de Français déclaraient avoir employé un salarié.
C’est 18.000 de moins qu’en 2016,
et 210.00 de moins qu’il y a cinq
ans. Le nombre d’assistantes
maternelles est aussi en recul.
En revanche, le nombre de Français faisant garder leurs enfants
à domicile a, lui, progressé de
3,5 %, un rythme comparable à
celui de l’année précédente.
Les résultats sont sensiblement les mêmes en ce qui concerne le volume d’heures déclarées par les employeurs. Il a en
effet baissé de 0,9 % en 2017. En
moyenne, un employé à domicile travaille 146 heures par trimestre. Mais il existe des différences importantes selon le type
de travail. Ainsi, une assistante
m a t e r n e l l e a t r ava i l l é e n
moyenne 332 heures au quatrième trimestre, et les
employés hors garde d’enfant,
56 heures.
« Sur un an, le repli du volume
horaire déclaré de l’emploi à
domicile concerne encore la quasitotalité des régions », à l’exception
de la Corse et, surtout, de l’Ile-deFrance, note l’Acoss. Pour la
garde d’enfant, en revanche, le
volume horaire a augmenté de
2 %. Cela s’explique en partie par
2,77 millions
de Français
déclaraient avoir
employé un salarié.
le geste de la majorité précédente, qui a augmenté la déduction des cotisations sociales, passée de 75 centimes à 2 euros par
heure travaillée.
La masse salariale nette des
employés à domicile a, elle, augmenté l’an passé de 0,8 %. Cela
s’explique par la progression du
salaire moyen par tête de 1,5 %,
et même de 1,8 % pour les assistantes maternelles. Visiblement, le coup de pouce fiscal
aux particuliers employeurs,
c’est-à-dire la généralisation du
crédit d’impôt sur l’emploi à
domicile, entré en vigueur l’an
passé, n’a pas servi à embaucher
plus de personnes mais à les
payer un peu mieux. n
Représentation du personnel :
les salariés moins impliqués
sentation du personnel par le fait
que leur établissement n’y est pas
assujetti. 8 % expliquent même
qu’ils n’ont pas organisé d’élection
car « la direction ne l’a pas jugé utile »,
et 25 % invoquent l’absence de
« demande des salariés ». Reste que,
dans un cas sur deux, l’absence de
représentation est due à une
« carence de candidatures lors des
dernières élections du personnel ».
DIALOGUE SOCIAL
Les candidats pour
occuper des fonctions
dans les instances
représentatives du
personnel sont difficiles à trouver.
Le taux de participation aux élections
professionnelles
baisse, montre
une étude du
ministère du Travail.
Manque de moyens
Leïla de Comarmond
@leiladeco
En fusionnant toutes les instances
du personnel sauf les délégués syndicaux, la réforme du Code du travail va rebattre les cartes de la représentation des salariés dans les
entreprises et conduire à de nouvelles élections professionnelles partout d’ici à la fin 2019. Alors que
démarre ce vaste mouvement, une
étude de la Direction de la recherche
du ministère du Travail (Dares)
dresse un intéressant état des lieux.
Elle repose sur l’édition 2017 de
l’enquête « Relations professionnelles et négociations d’entreprise »
réalisée tous les six ans auprès de
4.400 dirigeants et 2.900 représentants des salariés, ainsi qu’auprès de
30.000 salariés d’établissements
d’au moins 10 salariés.
Cette étude, réalisée par Fabrice
Romans, montre que 67 % des établissements de l’échantillon étaient
couverts l’an dernier par au moins
une instance représentative du personnel. Ce taux cache cependant de
fortes disparités. La quasi-totalité
des établissements de 100 salariés et
plus était couverte, contre moins
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LES ECHOS
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d’un sur deux entre 10 et 49 salariés.
Et ce alors même qu’il y a une obligation pour ces petits employeurs
aussi d’organiser des élections professionnelles.
Pas moins de 17 % des représentants de la direction interrogés justifient pourtant l’absence de repré-
Cette difficulté à trouver des candidats, près d’un représentant du personnel sur deux l’identifie aussi,
jugeant qu’il n’y a « pas assez de candidats pour occuper leurs fonctions ».
Parmi eux, 37 % invoquent les difficultés de concilier travail et fonctions représentatives et un tiers la
« peur des représailles de la part de la
direction ». Le manque de moyens et
d’écoute de la direction est aussi évoqué. Mais le motif le plus cité – il l’est
par 6 représentants du personnel
sur 10 – est l’« individualisme, [le]
désintérêt des salariés ».
Ce désintérêt, on en trouve aussi
la trace dans l’évolution de la participation aux élections professionnelles. La proportion de salariés qui au
cours des trois dernières années ont
voté à des élections professionnelles
a baissé de 6 points par rapport à la
précédente enquête, réalisée en 2011.
Les deux tiers de ce recul résultent
du fait que moins de salariés travaillent dans des établissements où
de tels scrutins ont lieu. Mais un tiers
du repli s’explique par une baisse du
taux de participation aux élections
professionnelles là où il y en a. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
06 //
Lundi 16 avril 2018 Les Echos
MONDE
en
chiffres
ZONE EURO : HAUSSE DU
SURPLUS COMMERCIAL
ALLEMAGNE : INFLATION
À 1,6 % EN MARS
L’excédent commercial
(18,9 milliards d’euros)
a fortement augmenté en
février par rapport à janvier
(3,3 milliards) et, dans une
moindre mesure, par
rapport à la même période
de l’an dernier (16,1 milliards
en février 2017), selon
Eurostat. En données CVS,
l’excédent est de 21 milliards
d’euros en février.
Le taux d’inflation en
Allemagne s’est bien élevé
à 1,6 % en mars sur un an,
progressant par rapport
à février, selon des chiffres
définitifs publiés vendredi
par Destatis. L’inflation
allemande, qui avait reculé
en février à 1,4 %, a été
poussée en mars par les prix
de l’alimentation (+2,9 % sur
un an après +1,1 % en février).
–2,7 %
LES EXPORTATIONS
CHINOISES EN MARS
Les exportations chinoises
ont reculé le mois dernier
de 2,7 % sur un an, après
un bond de 44,5 % en février,
créant un déficit commercial
inattendu de 4,98 milliards
de dollars. Les importations
ont crû de 14,4 %.
FRAPPES EN SYRIE
Un bras de fer diplomatique s’engage
après les raids occidentaux en Syrie
l Paris a annoncé des initiatives à l’ONU avec Washington et Londres.
l Mais il est loin d’être sûr que Moscou, conforté par la timidité des frappes occidentales, fasse pression sur Damas.
Yves Bourdillon
@yvesbourdillon
Washington, Londres et Paris veulent croire que leurs raids a minima
en Syrie, samedi, vont faire prendre
conscience à Moscou de la nécessité de sortir de l’impasse. Ces raids
de trois membres permanents du
Conseil de sécurité de l’ONU et principales puissances de l’Otan sont
censés convaincre Moscou
« qu’après la riposte militaire […],
nous devons joindre nos efforts pour
promouvoir un processus politique
en Syrie », a estimé dimanche le
ministre français des Affaires
étrangères, Jean-Yves Le Drian.
Washington, Londres et Paris, qui
estimaient impensable de ne pas
riposter au raid mené par Damas
avec, selon eux, des armes chimiques illégales contre la ville rebelle
de Douma il y a dix jours, ont toutefois pris soin de tendre la main à la
Russie. Jean-Yves Le Drian dit espérer que « Moscou fasse pression sur
Damas » et a ajouté : « Nous allons
prendre des initiatives dès lundi au
Conseil de sécurité de l’ONU à New
York, à Bruxelles lors de la réunion des
ministres des Affaires étrangères. » Et
l’Elysée a déclaré samedi soir que « le
Conseil de sécurité des Nations unies
doit maintenant reprendre, dans
l’unité, l’initiative sur les volets politique, chimique et humanitaire en
Syrie ». Doit être discuté, à partir de
ce lundi, un projet de résolution de
Washington, Londres et Paris, qui
prévoit un nouveau mécanisme
d’enquête sur l’emploi d’armes chimiques. Le mandat du précédent
avait expiré fin 2017 à la suite de plusieurs veto russes.
Moscou maître du jeu
Mais croire que Moscou va renoncer à son appui inconditionnel à
Damas dans la reconquête de la
Syrie, dont il contrôle désormais la
moitié du territoire, est sans doute
faire preuve d’un optimisme
appuyé. D’autant que loin de calmer
le jeu, l’ambassadrice américaine à
l’ONU Nikki Haley laissait entrevoir
dimanche soir que de nouvelles
sanctions contre des entreprises
russes qui équipent le régime
d’Assad seraient annoncées lundi.
La Russie estime vraisemblablement que le rapport de forces politique et militaire lui est favorable. En
voulant éviter toute escalade, les
Occidentaux ont dû limiter leurs
raids à des cibles où n’étaient pas
déployés des soldats russes. L’attaque occidentale s’est donc bornée à
La droite française
se désolidarise
Un débat sans vote sera
organisé lundi au
Parlement après la décision
d’Emmanuel Macron,
très critiquée en France,
de se joindre
aux bombardements.
L’ambiance s’annonce tendue. Les
parlementaires français débattront, sans voter, ce lundi à partir de
17 heures de l’opération militaire
menée contre la Syrie, a annoncé
dimanche le président de l’Assemblée nationale, François de Rugy,
a p r è s avo i r é t é r e ç u c o m m e
d’autres responsables politiques,
par le Premier ministre, Edouard
Philippe. Ce dernier « pourra présenter les opérations, mais également les initiatives diplomatiques de
la France », a-t-il indiqué. Et surtout
répondre aux très nombreuses critiques qui se sont fait entendre
depuis samedi dans les rangs des
oppositions, notamment à droite.
Absence de stratégie
Si La République En marche, l’UDI,
le PS, des personnalités comme
Alain Juppé, Xavier Bertrand ou
Manuel Valls ont apporté leur soutien aux bombardements, les dirigeants des Républicains s’en sont,
eux, totalement désolidarisés. Loin
de toute « union sacrée », comme
c’est souvent le cas en matière de
défense ou de politique étrangère
en France. Dans une interview au
« JDD », Laurent Wauquiez a dit ne
pas croire à « l’utilité de frappes
punitives ». « Frapper pour frapper,
pour donner le sentiment de faire
quelque chose, sans qu’il y ait une
quelconque stratégie derrière, je n’en
comprends ni l’utilité ni le sens. La
priorité du président à l’international doit être de lutter contre les
islamistes », a-t-il estimé. Samedi le
président du groupe LR au Sénat,
Bruno Retailleau, avait été tout
aussi sévère. « Ajouter la guerre à la
guerre n’a jamais fait avancer la paix.
Cette démonstration de force ponctuelle risque d’alimenter le terrorisme », avait-il jugé.
Moins étonnant, La France
insoumise et le Front national ont
aussi vertement critiqué les bombardements. Jean-Luc Mélenchon
a dit dimanche au Premier ministre
son « désaccord complet avec cette
opération » et souligné « le risque
énorme pris d’un embrasement
général dans la mesure où [la zone
est] un nid de serpents ». Il a fustigé
« l’état d’isolement de la France » et
« l’arrogance monarchique »
d’Emmanuel Macron. Samedi,
Marine Le Pen avait estimé que
« ces frappes contre la Syrie nous
engagent dans une voie aux conséquences imprévisibles et potentiellement dramatiques. La France perd à
nouveau une occasion d’apparaître
sur la scène internationale comme
une puissance indépendante et
d’équilibre dans le monde ». — S. D.
Le 14 avril, le lendemain des frappes des Etats-Unis, de la France et du Royaume-Uni, un soldat syrien photographie les ruines du Centre
d’études et de recherches scientifiques de Barzeh, au nord de Damas. Photo Louai Beshara/AFP
une salve de 110 missiles de croisière
qui n’a fait aucune victime, sur trois
bases, dont deux auraient été évacuées au préalable. Moscou n’a, de
son côté, pas activé son système de
défense anti-aérien S300, « confirmant sa disposition à s’accommoder
d’une frappe occidentale concertée
qui sauve les apparences », estime
Hasni Abidi, directeur du Centre
d’études et de recherche sur le
monde arabe et méditerranéen.
Mais le Kremlin continue de
nier l’existence même de l’attaque
chimique sur Douma, cautionnant donc implicitement la tactique de Damas. Moscou s’attache
en outre depuis des mois à courtcircuiter l’ONU, préférant le processus dit d’Astana, des discussions avec seulement Téhéran et
Ankara. Un processus toutefois
dans l’impasse lui aussi. Sur le
théâtre d’opérations, les raids
occidentaux ne dissuaderont
vraisemblablement pas Damas de
poursuivre son offensive. Ils
auraient en fait envoyé à Bachar
Al Assad le message suivant : « Tu
n’as pas le droit de mener des attaques chimiques, mais pour tout le
reste, c’est bon, vas-y », estime
auprès de l’AFP Faysal Itani, chercheur du think tank Atlantic
Council à Washington. Le régime
syrien, qui a déclaré samedi avoir
achevé la reconquête de la région
de la Ghouta, aux portes de
Damas, pourrait s’attaquer bientôt à la région de Deraa, berceau
de la rébellion de 2011.
Nouvelles ripostes
Avec sa tactique habituelle, bombardements massifs appuyés par
L’Iran dans le viseur des pays
arabes
Le roi Salman d’Arabie saoudite a condamné dimanche
le comportement de l’Iran en ouvrant le sommet de la Ligue
arabe. « Nous renouvelons notre condamnation des actes
terroristes commis par l’Iran dans la région arabe et nous
rejetons son ingérence dans les affaires internes des pays
arabes », a déclaré le souverain à Dhahran, où se tient
le sommet. Il s’est gardé toutefois d’évoquer les frappes
aériennes contre la Syrie, qui ne font pas l’unanimité au sein
de l’organisation. L’Irak et le Liban s’y sont dits opposés.
l’aviation russe, combats au sol et
négociations séparées avec les groupes rebelles pour organiser leur
repli. Oserait-il pour cela employer à
nouveau des armes chimiques ? Les
Occidentaux ont prévenu que cela
entraînerait de nouvelles ripostes.
Un scénario qui selon le président
russe Vladimir Poutine mènerait les
relations internationales « au
chaos ».
Le bras de fer diplomatique
entre l’Ouest, dont les raids ont
été salués exceptionnellement
p ar l a Tu rq u i e, et l a Ru s si e,
appuyée par la Chine, dépendra
aussi des résultats de l’enquête de
l’Organisation pour l’interdiction
des armes chimiques (OAIC),
dont une mission est arrivée
dimanche à Douma. Une enquête
difficile, une semaine après les
faits, dans une zone que des unités syriennes et russes ont eu le
temps de nettoyer. n
La doctrine bien peu lisible de Trump en Syrie
Elsa Conesa
@ElsaConesa
— Bureau de New York
ANALYSE
e bombarderai l’Etat islamique comme un dingue, vite et
bien », assurait le candidat
Trump en 2016, évoquant un « plan
secret » et promettant néanmoins de
réduire ses engagements internationaux pour faire passer « l’Amérique
d’abord». Sa victoire n’a pas rendu sa
doctrine dans la région beaucoup
plus lisible. Et les frappes de samedi,
quoique annoncées par une tempête de tweets, n’ont guère apporté
de clarification.
Jusqu’à la semaine dernière, son
administration indiquait en effet
vouloir renforcer la présence américaine en Syrie, à la fois pour achever
l’offensive contre l’Etat islamique et
pour éviter de laisser la main à l’Iran
dans la région. En début d’année,
Washington prévoyait ainsi de créer
une nouvelle force transfrontalière
de 30.000 combattants, dont des
Kurdes, sur le territoire syrien. Puis,
fin mars, quelques jours avant l’attaque chimique du 7 avril à
Douma, Trump annonçait que les
Etats-Unis quitteraient « très bientôt » la Syrie, signifiant son peu
d’intérêt pour la guerre civile qui
déchire le pays depuis sept ans.
« Maintenant, il faut laisser les autres
s’en occuper, concluait-il. Nous allons
rentrer chez nous, là où nous devrions
être, là où nous voulons être ». Un an
presque jour pour jour après avoir
ordonné un premier raid contre une
base impliquée dans une attaque
J
chimique, le président américain se
dit désormais prêt à « répondre
jusqu’à ce que le régime syrien cesse
d’utiliser des armes chimiques ». Tout
en promettant prudemment de limiter l’engagement de ses troupes, avec
des frappes ciblées, destinées à
empêcher l’utilisation d’armes chimiques plutôt qu’à mettre fin au
conflit. « L’Amérique ne cherche pas à
rester indéfiniment en Syrie, a-t-il
expliqué vendredi. Le sang américain
ne pourra pas à lui seul apporter la
paix et la sécurité au Moyen-Orient. »
En réalité, Trump peine à concilier des intentions qui sont
contradictoires. S’il veut faire une
démonstration de la fermeté américaine, il reste au fond convaincu que
l’engagement du pays au MoyenOrient depuis le 11 septembre 2001
n’a été qu’un immense gâchis. A
l’image de l’opinion publique,
fatiguée que les Etats-Unis jouent
les pompiers sur la scène internationale, mais qui reste très sensible
aux images d’enfants victimes
d’attaques chimiques largement
diffusées dans la presse.
Les frappes ont ainsi reçu un
accueil mitigé aux Etats-Unis.
Certains élus les ont jugées inefficaces, voire illégales – elles ont été décidées sans l’aval du Congrès. Les ONG
ont pointé la contradiction avec une
politique d’immigration qui refuse
l’entrée du territoire américain aux
réfugiés syriens. Trump a, quant à
lui, salué les frappes par un tweet
triomphant, se félicitant pour
cet t e « mi s s i on accom p li e ! »
Oubliant au passage que la formule,
utilisée sous George Bush après la
chute de Saddam Hussein, était
ensuite devenue le symbole du
fiasco de l’intervention en Irak. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
MONDE // 07
Les Echos Lundi 16 avril 2018
Quelle légalité
à l’intervention
des alliés ?
Les forces militaires
américaines, françaises
et britanniques sont
intervenues sans mandat
spécifique.
Virginie Robert
@virginierg
Pour user de la force, selon la
Charte des Nations unies, il faut
avoir été attaqué ou obtenir l’aval
du Conseil de sécurité. Le veto
certain des Russes rendait cette
voie impossible. Washington,
Londres et Paris ont donc justifié
les frappes sur des sites de recherche, de production et de stockage
d’armes chimiques à Damas et
Homs par la violation de plusieurs
résolutions passées par le Conseil
de sécurité.
En produisant et en utilisant
des armes chimiques, le régime
syrien aurait ainsi contrevenu aux
résolutions 2.118, 2.209 et 2.235,
ainsi qu’au Protocole de Genève de
1925 et à la Convention sur l’interdiction des armes chimiques de
1993, ratifiée par la Syrie en 2013.
La résolution 2.118, votée en 2013,
est particulièrement mise en
avant parce qu’elle autorise le
recours au chapitre 7 de la Charte
des Nations unies et, donc, à
l’emploi de la force en cas de
violation de l’interdiction de développer des gaz toxiques et d’y
recourir.
En principe, un mécanisme
conjoint d’enquête des Nations
unies et de l’Organisation pour
l’interdiction des armes
chimiques (OIAC) est habilité
pour enquêter et identifier « les
personnes, entités, groupes ou gouvernements » à l’origine d’attaques
chimiques en Syrie. Mais ce mécanisme n’a pu être renouvelé à la
suite d’un veto russe le 16 novembre dernier. Plutôt que de laisser
une attaque sans réponse et alors
que le régime syrien a reconquis la
plus grande partie de son territoire, France, Etats-Unis et Grande-Bretagne ont décidé d’agir. « La
banalisation de l’emploi d’armes
chimiques est une menace pour la
sécurité collective », explique-t-on
à l’Elysée. Dans un rapport distri-
bué samedi matin à la presse par
la présidence de la République, on
y souligne que le régime syrien a
préservé un programme chimique clandestin depuis 2013.
Depuis le 4 avril 2017, il y aurait eu
44 allégations d’attaques chimiques en Syrie. Les ser vices
français ont pu en corroborer 11.
Dans le cas présent, l’attaque de
Douma du 6 et 7 avril, il n’y a pas, à
ce jour, d’échantillons chimiques
analysés. Les éléments de preuve
tiennent aux récits, photos, vidéos
et aux témoignages de personnel
médical. Les Français « estiment
avec un haut niveau de confiance
qu’elles sont le fait du régime
syrien ».
Terroriser
les populations
Dans son intervention télévisée,
Theresa May explique que des
« barrels bombs », ces bombes
équipées de TNT, un explosif très
puissant, et remplis de morceaux
de métal, ont été utilisées pour disperser les gaz. Un hélicoptère du
régime a survolé la Douma dans la
soirée du 7 avril et des renseignements obtenus par les services
britanniques indiquent que des
officiers militaires syriens ont eu
recours à du chlore. « L’opposition
n’a pas d’hélicoptère et ne fait pas
usage de “barrel bombs” », a
appuyé Theresa May. A Paris, on
souligne qu’il y a eu deux frappes
successives. L’une avec du chlore
qui a fait peu de victimes létales et
l’autre qui serait un composé de
chlore avec un autre agent chimique et « qui a tué très vite ».
L’inter vention de l’armée
syrienne aurait eu pour objet de
déloger des combattants et de
punir et terroriser les populations
des zones tenues par les rebelles
au régime. Elle était en train de
négocier la reddition de trois groupes (Ahrar al Cham, Faïlaq al Rahmane et Jaïch al Islam), avec
moins de résultat pour le troisième. Les attaques chimiques
– ainsi que les bombardements
appuyés par les forces russes –
auraient alors repris le 6 avril
après une pause due au lancement des négociations mi-mars. n
Moscou gronde mais n’annonce
pas de représailles
En position de force sur
le terrain en Syrie, la Russie
ne parle pas de réplique
militaire. Pour le moment.
Benjamin Quénelle
— Correspondant à Moscou
Au-delà de la rhétorique de guerre,
quelle sera in fine la réaction de
Moscou après les frappes occidentales en Syrie ? Le chef du Kremlin,
Vladimir Poutine, est resté flou
samedi dans sa première réaction,
alors qu’une large part de la communauté internationale exprimait
de son côté des réactions favorables
à l’initiative occidentale de samedi.
« La Russie dénonce avec la plus
grande fermeté l’attaque sur la Syrie
où des militaires russes aident le gouvernement légitime à lutter contre le
terrorisme », a déclaré le président
qui, peu habitué à réagir à chaud, n’a
cette fois pas tardé à s’exprimer. Mais
seulement par la voie indirecte d’un
simple communiqué. « Par leurs
actions, les Etats-Unis aggravent
encore la catastrophe humanitaire en
Syrie, apportent des souffrances à la
population civile, favorisent les terroristes, qui tourmentent depuis sept
ans le peuple syrien, et provoquent
une nouvelle vague de réfugiés », fustige le communiqué présidentiel,
sans mentionner nommément la
participation franco-britannique
dans les frappes de cette nuit.
« Un scénario préconçu »
Qualifiant d’« incident imaginaire »
l’attaque chimique dans la Ghouta
orientale imputée au régime de
Bachar Al Assad, Vladimir Poutine
qualifie l’intervention occidentale
d’« acte d’agression contre un Etat
souverain à l’avant-garde de la lutte
antiterroriste ». Bref, des mots durs.
Mais pas d’indication sur de possibles répliques russes. « Une fois de
plus, on nous menace. Nous avons
prévenu que de telles actions ne resteraient pas sans conséquences », a
pourtant vite prévenu Anatoli Antonov, l’ambassadeur de Russie aux
Etats-Unis, dénonçant « un scénario
préconçu » et précisant qu’« insulter
le président de la Russie est inacceptable et inadmissible ». Parmi les voix
autorisées autour du Kremlin, le ton
est vindicatif. Mais sans détail sur la
nature de potentielles représailles
pourtant évoquées en Russie avant
Samedi, Vladimir Poutine a dénoncé un « acte d’agression contre
un Etat souverain à l’avant-garde de la lutte antiterroriste ».
Photo Vasily Maximov/AFP
même les frappes occidentales. « Il
faut être anormal pour attaquer la
capitale de la Syrie juste au moment
où elle avait une chance d’avenir pacifique », a protesté Maria Zakharova,
porte-parole du ministère des Affaires étrangères, accusant les médias
occidentaux de porter une certaine
responsabilité dans les frappes
après avoir publié des informations
à ses yeux erronées sur l’arsenal
chimique de Bachar Al Assad.
« Un crime de guerre a été commis ! » a pareillement déclaré
Andreï Krassov, vice-président du
comité de Défense de la Douma, la
Chambre basse du Parlement russe.
« Un scandale absolu, une violation
flagrante du droit international, un
pas vers un conflit à grande échelle…
Cela ne peut en aucun cas bien finir »,
s’est écrié Vladimir Djabarov,
vice-président du Conseil de la Fédération, la Chambre haute. La Russie
n’a cependant pas réussi à faire
condamner par l’ONU les frappes
occidentales. Le Conseil de sécurité
a rejeté samedi par 8 voix et 4 abstentions le projet de résolution mis
sur la table par Moscou.
La « hotline » russo-américaine
reste en service
Après avoir sauvé le régime de
Bachar Al Assad sur le point de
s’effondrer en 2015, avec l’envoi en
deux ans de 48.000 militaires, 2.000
conseillers et 2 millions de tonnes de
provisions militaires, le Kremlin est
aujourd’hui en position de force sur
le terrain militaire syrien. « Mais la
réplique de Moscou devrait en rester
aux mots, sans directe confrontation
armée. Au Kremlin, ils sont durs mais
pas fous… », a confié aux « Echos »
Andreï Kolesnikov, historien et
expert en relations internationales
au Centre Carnegie à Moscou. La
Russie devrait rester d’autant plus
mesurée dans sa réaction que les
trois cibles visées cette nuit par
l’alliance occidentale, l’une près de
Damas et les deux autres dans le centre de la Syrie, ont été soigneusement
choisies afin d’éviter de toucher les
forces russes. Moscou a d’ailleurs
confirmé qu’aucune des frappes
n’avait atteint les abords de ses bases,
aériennes et navales. Alors que,
samedi encore, le Kremlin rappelait
que la « hotline » russo-américaine,
censée éviter tout incident aérien audessus de la Syrie, restait en service,
son état-major espérait recevoir à
l’avance de Washington le détail des
cibles. Cela n’a pas été le cas. Mais, a
précisé l’armée russe, elle n’a pas utilisé lors de l’attaque ses propres systèmes de défense antiaérienne en Syrie.
Elle assure pourtant qu’un « nombre significatif » de missiles occidentaux ont été interceptés (71 sur 103,
selon son décompte). Par le régime
syrien, donc. Une information à
prendre avec d’autant plus de précaution que la défense antiaérienne
de l’armée syrienne est sans doute
incapable de réussir seule de telles
interventions sophistiquées. Réelle
ou simple coup de bluff, l’annonce
rappelle néanmoins à elle seule le
risque d’escalade. n
Vendredi 20 avril
Israël craint de perdre sa marge
de manœuvre pour contrer Téhéran
Jérusalem veut stopper
l’influence iranienne en
Syrie sans risquer de clash
avec Moscou. Et aurait
préféré que Washington
reconsidère son choix de
retirer ses troupes de Syrie.
Nathalie Hamou
— Correspondante à Tel-Aviv
« Je soutiens pleinement la décision
du président Trump de réagir face à
l’usage d’armes chimiques en Syrie,
et Israël se réjouit des participations
française et britannique. » C’est en
ces termes mesurés que Benyamin
Netanyahu a commenté, dimanche
15 avril, en Conseil des ministres, les
frappes ciblées menées par la coalition. D’un côté, Jérusalem ne peut
qu’approuver l’opération qui représente un « avertissement important
lancé à l’axe du mal composé de la
Syrie, de l’Iran et du Hezbollah ». De
l’autre, Israël a conscience que ces
représailles ne répondent pas
directement à ses défis sécuritaires.
Les frappes ciblées ont davantage
visé à détruire des entrepôts
d’armes chimiques qu’à menacer
frontalement le régime de Bachar
Al Assad ou à contrecarrer la
volonté iranienne de s’implanter
durablement en Syrie.
Pour l’Etat juif, la priorité reste
d’empêcher que la Syrie ne se transforme en nouveau Liban. C’est pour
minimiser ce risque que l’armée
israélienne a mené une attaque, le
9 avril, sur la base aérienne T4 du
régime syrien. Tout comme elle
avait mené un autre raid aérien, le
10 février, sur le territoire syrien,
après avoir abattu un drone iranien
au-dessus de son territoire. Un
engin qui, a révélé Tsahal, vendredi
13 avril, « transportait des explosifs et
visait à mener une attaque ». De sorte
que l’incidence pour Jérusalem des
dernières frappes militaires sur
D a m a s r i s q u e d ’ê t r e d ’ u n e
d’ampleur limitée, voire de lui compliquer la tâche. Déjà les nouveaux
contours du théâtre syrien ont placé
Israël dans une situation délicate,
l’obligeant à miser sur la dissuasion
à l’égard de Téhéran tout en s’efforçant de ne pas heurter Moscou,
l’allié du régime d’Assad et de l’Iran.
L’axe Moscou-TéhéranAnkara
L’Etat hébreu a été extrêmemnt déçu
par la décision du président américain de retirer, dans les mois à venir,
ses forces spéciales (2.000 soldats)
de Syrie. Et ce, d’autant que l’axe
Moscou-Téhéran-Ankara, consolidé lors du dernier sommet turc
dédié à la Syrie, gêne Israël dans la
défense de ses « lignes rouges » audelà d’un rayon de 50 kilomètres à
partir de sa frontière sur les hauteurs
du Golan. Or l’intervention « chirurgicale » du week-end ne devrait pas
changer cette donne. Car l’hypothèse d’un réengagement futur des
Etats-Unis en Syrie ne semble pas se
profiler à l’horizon… Surtout, Jérusalem s’inquiète du fait que les tensions
entre Washington et Moscou, exacerbées par la crise syrienne, ne
réduisent sa liberté de manœuvre,
délicate pour défendre ses intérêts
sécuritaires dans la région.
Qu’il s’agisse d’arrêter les convois
d’armes de Syrie vers le Hezbollah
libanais ou de combattre les forces
iraniennes fidèles au régime
d’Assad, Israël pourrait se confronter sur le terrain à un risque croissant de clash avec Moscou. Sans parler du risque d’escalade régionale si
le Kremlin décidait d’approvisionner la Syrie en batteries de missiles
antiaériens plus sophistiqués. En
revanche, pointe le spécialiste du
Moyen-Orient de l’université de TelAviv Eyal Zisser, la riposte de la coalition à l’attaque chimique imputée au
régime syrien « pourrait avoir pour
effet de renforcer la volonté américaine de réviser l’accord nucléaire iranien ». Dans le meilleur des cas. n
Un an de Macron(isme)
l’heure du bilan
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
08 // MONDE
Lundi 16 avril 2018 Les Echos
INTERVIEW // JUSTIN TRUDEAU Premier ministre canadien
Pour Justin Trudeau,
« le Canada demeure un
ardent défenseur de l’ordre
économique mondial
basé sur les règles ».
Climat et commerce
au menu de la visite de
Justin Trudeau à Paris
passer dans toutes nos discussions.
Nous sommes en accord avec
Emmanuel Macron, qui a fait
preuve de beaucoup de leadership
sur cet enjeu-là.
l Après Lima, le Premier ministre canadien est arrivé
dimanche à Paris pour une visite officielle lundi et mardi.
l Dans une interview aux « Echos », il se félicite des premiers effets positifs du traité de libre-échange Ceta.
Après votre rencontre ce lundi
avec Emmanuel Macron,
quel message porterez-vous
mardi devant l’Assemblée
nationale française ?
C’est un grand honneur de m’adresser à l’Assemblée nationale. Mais
aussi une surprise étant donné
l’amitié profonde et intense qui
existe depuis longtemps entre le
Canada et la France, car aucun Premier ministre canadien n’avait eu
cet honneur, ce privilège avant moi.
C’est une occasion importante pour
parler non seulement de nos valeurs
partagées, de nos atomes crochus,
mais aussi du travail que nous allons
faire ensemble dans les années à
venir sur nos grandes priorités. Sur
le changement climatique, la
France, avec la COP21, a pris un leadership avec la participation du
Canada. Nous prenons nos responsabilités très au sérieux. Au G7, présidé cette année par le Canada, nous
avançons aussi des mesures comme
celles nécessaires pour nettoyer les
océans des déchets plastique. Je vais
aussi défendre l’idée du « commerce
progressiste » pour que le libreéchange et la croissance économique profitent à tous.
« On ne peut pas tout
changer dans nos
économies du jour
au lendemain. »
Avec Emmanuel Macron, représentez-vous un renouvellement
de la classe politique ?
Si l’on regarde les similarités entre sa
campagne politique et la mienne,
nous avons, tous les deux, cherché à
rassembler, non pas à miser sur de
vieux jeux de division et d’attaques
personnelles. Nous avons mis
l’accent sur la croissance pour tous.
Nous sommes totalement alignés
sur ces questions, mais aussi sur les
autres enjeux, que ce soit l’engagement positif envers le monde, que ce
soit les changements climatiques,
que ce soit l’ordre international, que
ce soit le travail pour la paix et la
sécurité. C’est toujours un grand
plaisir de travailler avec Emmanuel.
Le Canada parviendra-t-il
à atteindre les objectifs
de l’Accord de Paris de 2015 sur le
réchauffement climatique ?
Nous allons atteindre les cibles de
l’Accord de Paris sur le climat. C’est
essentiel. Au Canada, on parle
désormais de plan concret. A partir
du 1er janvier 2019, il y aura ainsi une
tarification sur le carbone. Nous
sommes en train d’adopter des
mesures pour protéger nos océans
et pour développer nos ressources
de façon responsable et limitée.
Mais il est important d’augmenter
nos ambitions. A chaque mesure
prise, on doit rechercher comment
préparer les prochaines étapes. Visà-vis des Etats-Unis, au niveau fédéral, le président américain a fait un
pas en arrière par rapport à Paris.
Nous continuons cependant à travailler avec lui, là où il existe des ter-
Photo Sean Kilpatrick/AP/Sipa
Propos recueillis par
Jacques Hubert-Rodier
@jhrodier
rains d’entente. Mais nous travaillons avec les entreprises, les
milieux d’affaires, les membres du
Congrès, les gouverneurs, et avant
tout avec les maires des grandes villes américaines.
droite, qui n’aiment pas l’idée d’une
taxation sur le carbone. Mais la
grande majorité des Canadiens
comprend qu’il faut être responsable par rapport aux générations
futures.
Au Canada, les écologistes vous
reprochent d’avoir ouvert la voie
à la construction du pipeline
Keystone. Et l’élargissement de
l’oléoduc Trans Mountain
menace de faire éclater une crise
constitutionnelle entre l’Alberta
et la Colombie-Britannique…
Pour atteindre les objectifs de
l’Accord de Paris, l’Alberta, où se
trouvent nos principales ressources
pétrolières, a mis une limite absolue
sur les émissions de gaz à effet de
serre. Parce que nous avons pu
démontrer que l’on appuierait le
nouvel oléoduc qui doit atteindre de
nouveaux marchés vers l’Asie. Les
Canadiens et les gens à travers le
monde savent que l’on ne peut plus
faire un choix entre ce qui est bon
pour l’environnement et ce qui est
bon pour l’économie. Il faut faire les
deux en même temps et, surtout, il
faut financer la transition vers la
réduction de l’utilisation de produits
pétroliers. On ne peut pas tout changer dans nos économies du jour au
lendemain. Il est certain que des
gens de gauche, des écologistes sont
préoccupés, mais aussi des gens de
Comment allez-vous, au G7,
plaider pour votre objectif d’égalité des genres ?
La première chose est de faire comprendre que l’égalité des genres, ce
n’est pas simplement faire la bonne
chose, morale ou éthique, mais que
c’est aussi une façon de reconnaître
que c’est bon pour l’économie, pour
la croissance. Au G7, notre ambassadrice à Paris, Isabelle Hudon, et
Melinda Gates, qui sont les coprésidentes d’un Conseil consultatif sur
« Mettre la pression
sur la Chine
pourrait conduire
à des changements
positifs. »
l’égalité des sexes, auront comme
responsabilité de suivre nos discussions, nos propositions pour s’assurer que l’on garde toujours une perspective par rapport à l’égalité des
genres. On ne peut plus mettre cet
enjeu-là dans un silo à part : cela doit
Avez-vous bon espoir que
l’accord de libre-échange entre le
Canada et l’Union européenne
soit ratifié par les 27 ?
Le Ceta (« Accord économique et
commercial global entre le Canada
et l’Union européenne ») peut être
un exemple de comment on peut
protéger les intérêts et les préoccupations de nos citoyens tout en
créant de la croissance économique.
Il est sûr qu’il y a toujours des inquiétudes. Au Canada, nous avons pu
rassurer nos producteurs de fromage. Le commerce international
progressiste est une bonne chose
p our des pays qui, comme le
Canada, la France et les autres pays
de l’Union européenne, partagent
des préoccupations communes.
Depuis son entrée en vigueur à 90 %,
en septembre, à titre provisoire, on
enregistre déjà des résultats positifs
dans le commerce entre nos deux
pays, dans les investissements canadiens en France et vice versa.
Pouvez-vous vous entendre
sur le commerce international
avec Donald Trump ?
Il est certain que le Canada demeure
un ardent défenseur de l’ordre économique mondial basé sur les
règles. Le Canada dépend étroitement du commerce mondial et a
toujours su en profiter. Parce que
nous avions plus de ressources que
de population pour les consommer.
Et cela depuis des siècles. Pour nous,
les discours protectionnistes du président Donald Trump sont une préoccupation.
Donald Trump a-t-il raison de
faire peur à la Chine pour l’obliger à ouvrir ses marchés ?
Je pense que la Chine doit se rendre
compte que certaines pratiques ne
sont pas alignées avec les intérêts de
la communauté internationale.
Pour l’acier et l’aluminium, nous
avons dû faire face aux pratiques
chinoises. Nous avons des approches différentes de celles de l’administration américaine, mais nous
comprenons que parfois, mettre la
pression, cela peut conduire à des
changements positifs. n
L’Asie prudente sur le retour
des Etats-Unis dans le TPP
ALLIANCE
Les pays membres
du Partenariat transpacifique ne veulent
pas être instrumentalisés par Donald
Trump dans son bras
de fer avec la Chine.
Yann Rousseau
@yannsan
— Correspondant à Tokyo
En janvier 2017, Donald Trump avait
traumatisé ses partenaires en Asie
en décidant de retirer les Etats-Unis
du Partenariat transpacifique (TPP)
que Washington et onze autres
nations avaient négocié pendant
huit ans. Si l’accord prévoyait des
baisses de tarifs douaniers, il définissait surtout des normes sociales
et politiques libérales permettant de
faire émerger une grande alliance
d’inspiration anti-chinoise. Dépitées, plusieurs capitales ont depuis
tenté de convaincre Washington de
revenir dans ce pacte mais elles ont
prévenu qu’elles n’accepteraient pas
à un retour à n’importe quelle condition.Au fil du week-end, les pays
membres du TPP, qui comprend le
Japon, l’Australie, le Vietnam, Singapour ou encore le Mexique, ont
ainsi accueilli avec une retenue
polie la dernière offre de Donald
Trump. Le président américain
avait demandé, en fin de semaine, à
son administration d’étudier une
relance des négociations avec les
pays qui ont finalement entériné le
pacte sans les Etats-Unis.
L’accord définissait
surtout des normes
sociales et politiques
libérales.
Alors que le Premier ministre
japonais, Shinzo Abe, doit retrouver
ce mardi Donald Trump à Mar-aLago, son porte-parole a rappelé
que « l’accord était comme une sculpture de verre ». « Il serait extrêmement
difficile d’en renégocier certaines parties », a insisté Yoshihide Suga, qui
ne veut pas que Washington se serve
d’une renégociation pour exiger des
concessions plus douloureuses que
celles déjà signées. Dans un tweet,
Donald Trump a d’ailleurs clairement rappelé qu’il n’était pas satisfait de l’équilibre des échanges avec
le Japon. « Il nous a fait très mal sur le
plan commercial pendant des
années ! », a lâché le dirigeant, qui
souhaiterait ouvrir les marchés
agricoles nippons aux produits
américains. En Australie, le ministre du Commerce, Steve Ciobo, a
expliqué que les Etats-Unis seraient
« les bienvenus à la table de négociations » mais que l’accord signé ne
serait pas bouleversé juste pour « les
calmer ». « Une renégociation prendrait non seulement beaucoup de
temps mais modifierait l’équilibre des
bénéfices des différents participants »,
a prévenu, de son côté, Mustapha
Mohamed, le ministre malaisien du
Commerce.
Un contexte délicat
Si la plupart des pays de la zone sont,
à terme, favorables à un retour du
géant américain car il offrirait de
nouvelles perspectives à leurs
exportateurs et ancrerait l’influence
de la première puissance mondiale
dans la région, ils ne veulent pas se
retrouver enrôlés dans un bras de
fer politique avec Pékin, leur autre
grand partenaire. Ils s’étonnent
d’ailleurs que Donald Trump ait
évoqué le TPP en pleine poussée des
tensions commerciales avec la
Chine, qui vient de voir son excédent
commercial avec les Etats-Unis bondir de 19,4 % sur un an au premier
trimestre. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 09
Les Echos Lundi 16 avril 2018
idées&débats
L’ÉDITORIAL DES « ÉCHOS »
La fin d’un âge d’or
bancaire
Un soldat des forces syriennes fidèles au régime de Damas dans les ruines de la Ghouta orientale. Photo Louai Beshara/AFP
LE REGARD
SUR LE MONDE
de Dominique Moïsi
Syrie : trop tard et trop peu
En avoir fait si peu, après des utilisations répétées d’armes
chimiques par un régime cruel et cynique, n’est pas glorieux.
Mais n’avoir rien fait aurait été bien pire. Le coût de l’inaction
et de l’indifférence était tout simplement inacceptable.
E
n matière d’interventions, militaires
comme humanitaires, il existe des cycles.
Les massacres intervenus dans l’Afrique
des Grands Lacs en 1994 ont joué un rôle décisif, à
la fin des années 1990, dans la décision américaine d’intervenir au Kosovo. Tout comme, sans
doute, l’impact émotionnel du film de Spielberg
« La Liste de Schindler ». Je me souviens encore
d’un entretien que j’ai eu à l’époque à Washington, quelques jours avant que l’intervention n’ait
lieu, avec un haut responsable américain. « Ici, on
n’aime pas que des gens soient mis de force dans des
trains en Europe : cela évoque de trop mauvais souvenirs », me disait-il.
Les concepts de « responsabilité de protéger »
et du « devoir d’intervenir » se sont nourris du
sentiment de culpabilité devant les massacres
intervenus sans réactions de notre part.
A l’inverse, on peut dire que les populations
syriennes ont payé de manière tragique le prix,
depuis 2011, de la malheureuse intervention occidentale en Irak en 2003. Parce qu’il n’y avait pas
(ou plus) d’armes de destruction massive en Irak,
parce que les conséquences de l’intervention
furent catastrophiques tant sur un plan humanitaire que sur un plan stratégique, les populations
civiles syriennes se sont retrouvées seules, ou
presque seules, face à l’usage disproportionné et
illégal de la force. En septembre 2013, ce sont les
deux pays engagés dix ans plus tôt dans la guerre
en Irak qui reculèrent au dernier moment, alors
même qu’une ligne rouge venait d’être franchie
de manière spectaculaire.
Barack Obama, en particulier, ne voulait pas
prendre le risque d’engager l’Amérique dans une
nouvelle guerre, lui qui avait été élu sur un programme de réformes à l’intérieur et de prudence
et de mesure à l’extérieur. Le tournant pris en
2013 fut parfaitement compris par nos adversaires en Syrie. Le régime de Bachar Al Assad était
sauvé, ses soutiens, la Russie et l’Iran, désormais
victorieux par défaut.
Nous avons fait semblant de frapper
Les frappes intervenues en Syrie dans la nuit de
vendredi à samedi n’ont pas modifié cet état de
choses. Elles l’ont plutôt confirmé. On serait presque tenté de dire que nous avons fait semblant de
frapper et que nos adversaires ont fait semblant
de protester. Mais pouvait-il en être autrement ?
Intervenant trop tard, nous ne pouvions que faire
trop peu. Rétablir à ce stade un véritable tabou
sur l’utilisation des armes chimiques constituait
un risque que nous n’étions pas prêts à prendre.
Et pour quel résultat ? La messe n’était-elle pas
déjà dite ?
Le régime de Damas est vainqueur, Daech est
défait en Syrie et en Irak, et Moscou et Téhéran
consolident leur influence. L’Etat d’Israël n’a
qu’une seule obsession, prévenir la montée en
puissance de l’Iran. Qu’importe que les populations syriennes se sentent abandonnées à leur
sort et trahies par la communauté internationale
qui n’a plus – comme pendant la Seconde Guerre
mondiale – le privilège de l’ignorance. A un peu
plus de quatre heures d’avion de Paris on peut
impunément (ou presque) gazer des peuples
Le processus décisionnel
américain est devenu
terrifiant.
En moins d’une semaine,
le président de la première
puissance militaire au monde
est passé par toutes
les nuances de la confusion.
dont le seul crime est de se trouver au mauvais
endroit – leur propre pays – au mauvais moment.
En avoir fait si peu, après des utilisations répétées d’armes chimiques par un régime cruel et
cynique, n’est pas glorieux. Mais n’avoir rien fait
aurait été bien pire. Le coût de l’inaction et de
l’indifférence – se cachant derrière de petits calculs politiques ou des visions stratégiques dangereuses et fausses – était tout simplement inacceptable. « Tout ça, pour ça », sommes-nous
pourtant tentés de dire, hésitant entre le lâche
soulagement et la fierté légitime devant le professionnalisme et le courage de nos militaires.
Au lendemain de frappes qui ne resteront pas
dans l’histoire, plusieurs leçons s’imposent à
nous. La première est que le processus décision-
nel américain est devenu terrifiant. En moins
d’une semaine le président de la première puissance militaire au monde est passé par toutes les
nuances de la confusion : « Je retire mes troupes…
j’envoie mes missiles si beaux et si intelligents… je
me donne le temps de la réflexion… vous n’avez pas
compris ce que je voulais dire. »
La seconde leçon est que face à la situation
syrienne, comme hier lors de la crise libyenne, le
grand absent a été l’Europe, et plus précisément,
le couple franco-allemand. En 2018, en matière
de sécurité et de défense, tout se passe comme si
le Brexit n’était pas sur le point d’avoir lieu. La
relation bilatérale entre Paris et Londres est toujours plus étroite que celle entre Paris et Berlin.
L’Allemagne peut soutenir verbalement l’action
de la coalition occidentale, il ne lui viendrait pas à
l’esprit de s’y joindre. Il n’y a toujours que deux
pays en Europe qui se considèrent comme des
« puissances » au sens classique du terme : la
France et la Grande-Bretagne. L’une est dans
l’Union européenne, l’autre s’apprête à en sortir.
Enfin, dénoncer le suivisme de la France face
aux Etats-Unis n’a tout simplement pas de sens.
En 2018, c’est Paris qui semble donner le « la » en
matière de détermination, de cohérence et de
rationalité. Tout comme c’était le cas en 2013, au
lendemain du premier franchissement de la
ligne rouge par le régime de Damas.
La France vient d’intervenir (modestement)
en Syrie, non pas pour courtiser l’Amérique mais
pour fixer des limites à un régime et à ses alliés. Et
ce tout en étant parfaitement consciente du
divorce qui pouvait exister entre les objectifs
poursuivis et les moyens utilisés.
Nous ne devons pas être fiers de ce que nous
avons fait, mais nous pourrions être honteux de
notre passivité si nous avions fait le pari de l’inaction. Pourtant, à l’heure de la recherche d’une
solution politique, les lignes de force ne sont pas
en train de changer. Le régime en place – en dépit
de ses crimes – est incontournable. Ses alliés iraniens et russes ont renforcé leur présence et leur
influence dans la région. Et la Turquie regarde
avec un mélange d’appétit et d’appréhension les
développements intervenant à ses frontières.
(
Lire nos informations
Pages 6-7
On ne peut se mettre en travers d’une lame
de fond. Mais on peut essayer de s’y
préparer. Voire, si l’on est habile, de surfer
sur la vague. Les banques françaises doivent
faire face, depuis quelques années, à une
véritable déferlante numérique. Les services
qu’elles étaient longtemps les seules à
proposer
sont désormais offerts par une
Par Guillaume
multitude d’acteurs, des nouveaux géants
Maujean
digitaux (Apple, PayPal, Google, etc.) aux
start-up de la finance. Les barrières
C’est un
réglementaires sont devenues poreuses. Les
immense
clients ont changé leurs habitudes. Ils
effectuent eux-mêmes les opérations les
chantier
plus simples, souvent depuis leurs
sur le plan
smartphones, veulent des conseillers
stratégique accessibles en permanence, recourent de
plus en plus à des plates-formes non
comme
bancaires… C’est un changement radical
sur le plan
pour le secteur, tenu d’accélérer sa
humain.
transformation s’il ne veut pas devenir la
sidérurgie du XXIe siècle.
Ce qui est en train de se passer autour des traditionnelles agences
bancaires suffit à l’illustrer. Jusqu’au milieu des années 2000, les
grands établissements ne cessaient d’en ouvrir de nouvelles,
comme on plante un drapeau pour conquérir un territoire. Il n’était
pas rare alors de trouver cinq enseignes sur la même place. La
vague digitale progressant, les clients se sont mis à déserter les
agences. Les banques ont dû complètement revoir leurs plans et
commencer à baisser les rideaux. Crédit Agricole, BNP Paribas,
Société Générale… Personne n’y a échappé. Le mouvement n’est pas
propre à la France. Mais il a été beaucoup plus lent que chez nos
grands voisins. Et l’étude de Sia Partners que publient « Les Echos »
le montre bien : il va falloir accélérer la cadence. L’Hexagone
recensait encore quelque 40.000 agences il y a dix ans. Elles
pourraient n’être plus que 32.000 en 2020. Comme si les Caisses
d’Epargne et les Banques Populaires étaient rayées de la carte.
Cette rationalisation est inévitable, elle n’est pas forcément
mortifère. C’est un immense chantier sur le plan stratégique
comme sur le plan humain. Il s’accompagne de réorganisations
massives, de redistribution des rôles, de gros efforts de formation,
de suppressions de postes et d’échelons stratégiques.
Des agences peuvent se regrouper, élargir leurs horaires
d’ouverture, se spécialiser par métiers, par types de clientèle ou par
moments de vie. Beaucoup de clients ont encore besoin d’être
accompagnés de visu pour signer un crédit immobilier, souscrire
une assurance-vie ou gérer les conséquences financières d’un
décès ou d’un divorce. L’âge d’or des agences bancaires est révolu.
Mais elles peuvent encore se réinventer.
(
Lire nos informations
Page 23
DANS LA PRESSE
ÉTRANGÈRE
L’Allemagne devient un pays cool
L’Allemagne est en train de
•changer
socialement devenant
un pays cool, ouvert et diversifié, estime « The Economist »,
qui consacre à la première puissance européenne un dossier.
Pour l’hebdomadaire, la politique de la « porte ouverte »
d’Angela Merkel qui a permis à
1,2 million d’exilés en 2015-2016
de s’installer sur le sol allemand,
a apporté le « plus grand changement ». Cette décision, ajoute
le journal, « a
confirmé la transformation d’une
Allemagne autrefois homogène en
un melting-pot », un creuset
pour différentes cultures. Une
révolution pour un pays qui jusqu’à 2000 n’accordait pas la
citoyenneté à ceux qui n’avaient
pas d’ancêtres allemands. En
outre, cette société, autrefois
patriarcale, devient plus
ouverte aux femmes : 70 % des
femmes en âge de travailler
occupent un emploi contre
58 % il y a quinze ans. Les Allemands également divorcent
plus souvent et se marient de
moins en moins. Même des
entreprises du Mittelstand
(PME) adoptent l’intelligence
artificielle. Et l’Allemagne commence à projeter des forces
militaires à l’extérieur au Mali,
en Afghanistan et en Lituanie
pour redevenir un « pays normal ». Une normalisation qui
conduit Berlin à jouer un rôle
dans les efforts de développement de l’Afrique. Tout cela
bouleverse la société alors que
l’ère Merkel est en train de toucher à sa fin, écrit « The Economist ». Cette
évolution pose
une question :
celle de la success i o n d ’A n g e l a
Merkel dont le style lisse et la
réactivité ont correspondu à
une époque. « Mais, affirme
“The Economist”, une nouvelle
Allemagne exige un nouveau
type de chancelier : actif à l’intérieur, ambitieux à l’extérieur et
avec les qualités nécessaires pour
atteindre ces objectifs. » En tout
cas, il ne faut pas sous-estimer
« la nouvelle Allemagne » et sa
capacité à se réinventer. « The
Economist » donne l’impression de reprendre le slogan des
« enragés » de 1968 : « Douze
ans, ça suffit ! » —J. H.-R.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
10 // IDEES & DEBATS
Lundi 16 avril 2018 Les Echos
art&culture
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sur les grands enjeux internationaux »
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5. La rencontre Trump-Kim Jong-un compromise faute d’avion ?
LE POINT
DE VUE
d’Elodie Granger, Grégoire
Lucas et Rubin Sfadj
L
a multinationale japonaise Sony,
le spécialiste américain du crédit
Equifax, l’opérateur britannique
de télécoms TalkTalk, la licorne Uber, la
chaîne de magasins Target, le site de
rencontres Ashley Madison… Ces
entreprises qui évoluent dans des univers différents ont toutes un point commun : leurs dirigeants ont été remerciés
à la suite d’une fuite de données personnelles. Aujourd’hui, c’est Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, qui est
sur la sellette.
Le départ d’un patron n’est pas la pire
des conséquences imaginables en cas
de scandale : Verizon a suspendu son
rachat de Yahoo! suite à l’annonce du
piratage de la totalité des comptes utilisateurs de cette dernière entreprise.
Une suspension dont la levée a coïncidé… avec le départ de la CEO de
Yahoo!, Marissa Mayer.
Qu’il s’agisse des mots de passe des
utilisateurs de Yahoo!, des courriers
électroniques des employés de Sony,
des cartes bancaires des clients de TalkTalk et de Target, de la géolocalisation
des passagers d’Uber ou encore des
préférences sexuelles des abonnés
d’Ashley Madison, une faute de gestion
des données personnelles peut impacter la vie privée des individus au point de
briser des carrières, des ménages, voire
des vies entières. Parce que nous leur
confions des informations sensibles sur
notre identité, notre patrimoine, nos
habitudes les plus intimes – en un mot,
sur notre vie –, les entreprises ne peuvent plus traiter ces données comme de
LE POINT
DE VUE
de Nathalie Dupuis-Hepner
et Raphaële Rabatel
E
t de un (2008). Et de deux (2012).
Et de trois… Paris 2024 ! Il aura
fallu de la persévérance pour
obtenir les Jeux Olympiques (JO) d’été et
les faire revenir en France, un siècle plus
tard. Pour faire gagner Paris, le comité de
candidature a réussi à mobiliser les différents acteurs dans un large partenariat
public (ville, région, Etat) et privé (les
entreprises). Avec pour objectif ultime
que chacun se passionne pour les Jeux.
Mais l’essai reste à transformer. Tout
ce qui faisait les fondements du sponsoring d’événements de cette envergure
doit être revu de fond en comble.
Ainsi, les pro-JO pourront convaincre
définitivement les contempteurs, en
alléguant le dynamisme économique,
sociétal et culturel qui rejaillit sur le
pays organisateur.
Pourquoi une entreprise déclare-telle sa flamme aux Jeux, financés à
coups de milliards ? Pour s’exposer à
une visibilité sans équivalent. Avec
4 milliards de téléspectateurs, les Jeux
(la marque sportive la plus puissante)
sont un média de masse universel ! Pour
s’associer à ses valeurs d’excellence,
d’amitié et de respect, gravées dans la
charte de l’olympisme, avec l’émotion en
partage et l’international comme terrain
de jeu. « Parce que le sport est un formidable générateur de confiance » (Dominique
Mahé, président de la Maif). C’est aussi
l’opportunité de bénéficier de l’énergie et
de l’attractivité du pays d’accueil, de
choyer ses clients et ses prestataires privilégiés, voire de se rapprocher de prospects inaccessibles. Difficiles à chiffrer,
Données : un risque de
réputation mortel pour
les chefs d’entreprise
simples flux de mégaoctets circulant
dans leurs systèmes informatiques.
L’Europe s’est saisie du sujet. A partir
du 25 mai prochain, l’entrée en vigueur
du règlement général sur la protection
des données personnelles (RGPD) contraindra toutes les organisations traitant des données personnelles de résidents européens à maîtriser l’impact de
leurs traitements de données sur la vie
privée des personnes.
Le risque zéro n’existe
pas, mais une entreprise
sera jugée sur sa capacité
à être transparente
en cas de fuite
ou de perte de données.
Côté systèmes d’information, elles
devront s’assurer que les informations
personnelles sur leurs employés, leurs
clients ou encore sur leurs utilisateurs
sont collectées, stockées et transmises
de façon sécurisée et confidentielle. Visà-vis du public et de ses représentants,
la conformité au RGPD passe nécessairement par une prise de conscience
d’ordre éthique. L’entreprise soucieuse
de sa réputation doit apprendre à faire
respecter ses engagements à tous les
échelons de son organisation et à en
démontrer l’application non seulement
au quotidien mais surtout en cas d’incident : perte de données, piratage ou
encore exploitation malveillante.
Les sanctions sont à la hauteur des
enjeux. Une entreprise fautive d’avoir
mal sécurisé les données de ses utilisateurs, de ne pas respecter les droits de
ces derniers ou encore de garder secrète
une fuite de données personnelles
pourra se voir infliger une amende
allant jusqu’à 20 millions d’euros ou 4 %
de son chiffre d’affaires – le plus élevé de
ces deux montants…
On le voit, la sécurisation des données constitue aujourd’hui un enjeu clef
pour les entreprises. Ces dernières ont
aujourd’hui la responsabilité de garantir à l’ensemble des parties prenantes
dont elles détiennent des données
qu’elles mettent tout en œuvre pour les
sécuriser. Bien sûr le risque zéro n’existe
pas, mais une entreprise sera jugée à la
fois sur les mesures qu’elle aura mises
en place pour sécuriser au maximum
ces informations et sur sa capacité à
être transparente en cas de fuite ou de
perte de données. Le RGPD doit donc
mobiliser personnellement les plus
hauts dirigeants tant son impact sur la
réputation de leurs entreprises mais
aussi, in fine, sur leur gouvernance et
leurs comptes est considérable. Une
évidence peut-être pour certains, mais
que tous doivent impérativement partager et appliquer : le droit à l’erreur
n’existe pas et il y va de la préservation
des entreprises.
Du village olympique
modèle de smart city
au transport propre, Paris
2024 ouvre la voie à des JO
verts et utiles pour tous.
S’il est parisien, il se réjouira que la
Seine lui soit rendue pour s’y baigner.
Mais il risque d’être agacé de travailler
dans une ville monopolisée par les Jeux.
S’il est collaborateur du sponsor, il
pourra trouver que c’est cher payé et se
sentir à la fois lésé (le budget consacré
aux Jeux ne lui profitera pas en augmentation salariale, ni pour le financement
d’une salle de sport) et exclu, parce qu’il
regardera l’événement à la télévision.
Comme tout le monde.
Il est temps d’apprendre à jouer sur
toutes les surfaces et avec tous les
joueurs. La Coupe du monde 1998 l’a
montré : le succès repose sur l’engagement des organisateurs, les records des
Philippe Noisette
@philippenoisett
DANSE
A moins qu’il ne faille chercher du côté des films
d’Hofesh Shechter
d’horreur américains avec
Ce printemps chorégraphiParis, Théâtre de la Ville force clowns maléfiques !
que sera placé sous le signe
théâtre des Abbesses
D’ailleurs, une des sections
d’Hofesh Shechter, une
(01 42 74 22 77),
de ce programme reprend
des stars de la création
jusqu’au 20 avril.
la chorégraphie « Clowns »
actuelle. Alors qu’il fait
qu’Hofesh Shechter créa en
répéter les solistes du Ballet de l’Opéra de
2016 avec le Nederlands Dans Theater.
Paris – auxquels il a confié une ancienne
Peu à peu, le ballet prend une tournure
chorégraphie, « The Art of Not Looking
plus grave avec chute au sol et tir du bout
Back » –, Shechter électrise le théâtre des
des doigts. L’innocence n’est plus de mise.
Abbesses avec « Show », conçu pour sa
Le chorégraphe dit avoir été marqué par
troupe junior. Soit huit interprètes à l’énerl’esprit de compétition du millier de dangie folle qui se glissent dans la gestuelle
seurs venus à l’audition de Shechter II. L’évidu maître : décharge d’adrénaline permadence est là : « Show » doit beaucoup à la
nente, mouvements des bras tout en onduqualité de ces garçons et filles. Robinson,
lation et emprunts aux danses traditionnelEmma, Natalia, Adam, Neal, Zunnur,
les. Ici une tarentelle d’Italie, là un
Juliette et Riley méritent chacun d’être cités
(faux) pas de bourrée plus classique.
dans ces lignes. Ils sont le futur. A la fois
La musique électronique fait le reste
complices sur scène et forts dans des passaavec juste une citation de Corelli.
ges individuels, les membres de Shechter II
dégagent une sérénité surprenante pour
Tournure plus grave
des « débutants ».
Surtout Hofesh Shechter a l’art de créer des
Le finale de la chorégraphie n’en est pas
atmosphères, parfois un rien oppressantes.
vraiment un, jouant avec les saluts – à répéDans « Show », c’est une nappe de fumitition – et les nerfs du spectateur. On aurait
gène et des loupiotes de cirque, le tout conaimé un peu moins de facilité de la part
jugué à des costumes superbes passant du
de Shechter. Mais le bonheur de découvrir
clair aux notes de couleur. Le cirque de
ces talents bruts de la danse fait passer
Picasso est une possible influence visuelle.
beaucoup de choses. n
Show
Elodie Granger est présidente
d’Anyon, Grégoire Lucas est associé
d’Image Sept et Rubin Sfadj
est cofondateur de Proposition 47.
Et si les JO 2024
réinventaient
le sponsoring sportif ?
les retombées économiques et d’image
brillent néanmoins telles les médailles
du sponsor.
Et le citoyen ordinaire, comment
s’y retrouve-t-il dans cette course au
podium ? Le partenaire espère l’emporter dans un tourbillon d’orgueil national
et faire grandir le sentiment d’appartenance de ses salariés. (« La Poste contribuera à rassembler et fédérer les Français
autour des valeurs olympiques », Philippe Wahl, président).
« Show » devant
champions, mais surtout sur l’adhésion
du grand public. L’émergence d’une
conscience citoyenne aiguë impose aux
Jeux l’exemplarité en termes d’écoresponsabilité, avec l’appui de partenaires
durablement compatibles. A l’instar des
Internationaux de Strasbourg, premier
tournoi de tennis labellisé écoresponsable en France. Du village olympique
modèle de smart city au transport propre, en passant par une alimentation
saine et des finances éthiques (contrôlées par la Cour des comptes), Paris 2024
ouvre la voie à l’ère de JO sobres, verts,
utiles pour tous et pour les territoires.
L’élévation du niveau de jeu constitue
la prochaine étape pour s’engager collectivement dans des partenariats plus vertueux et plus sociétaux. A l’image des
athlètes, il reste six ans pour se préparer
sur le plan des infrastructures (physiquement) et des services (mentalement)
et être prêts le jour J. Au-delà du feu des
projecteurs, il s’agira par exemple
d’approfondir les passerelles entre le
sport (sens du collectif et du dépassement individuel) et l’entreprise (mobilisation de toutes les forces internes pour
répondre à un appel d’offres à la dernière
minute) afin de s’enrichir mutuellement.
Dans cette perspective, le but décisif à
marquer sera de rendre plus cohérentes
les démarches de sponsoring, de mécénat et de responsabilité sociétale (RSE).
Nathalie Dupuis-Hepner
et Raphaële Rabatel sont membres
des Company Doctors, réseau
de consultants en entreprise.
La troupe junior de Shechter se glisse dans la gestuelle du maître
avec une énergie folle. Photo Simona Boccedi
Requiem vénézuélien
Philippe Chevilley
@pchevilley
ROMAN
Dans une interview récoltée par la journaliste américaine, une femme d’ori« Les Derniers Jours du
d’Alberto Barrera Tyszka,
gine modeste explique
Commandant » d’Alberto
Gallimard, 22 euros
comment Chávez a rendu
Barrera Tyszka n’est ni un
leur fierté aux pauvres :
récit journalistique sur la mort de Chávez,
« C’est le seul qui a parlé de nous […]. Chávez
ni une ode lyrique au leader disparu, ni un
m’a appris à ne pas être moi et à ne pas
pamphlet… C’est un roman, un vrai : la
avoir honte. »
chronique sensible d’un moment crucial
de l’histoire du Venezuela (2011-2013), à
L’arme de l’éloquence
travers une poignée de personnages à la
Mais pour le reste, le tableau qu’il dresse
fois hauts en couleur et touchants : Sanadu leader révolutionnaire n’est guère
bria, un cancérologue à la retraite ; Fredy,
reluisant – surtout lors de sa maladie
un journaliste sans emploi, sa femme
(imputée of-course au grand ennemi améTatiana et leur fils Rodrigo, menacés
ricain). Quand vient son agonie, Chávez
d’expulsion par le retour d’exil de leur propasse du statut de combattant à celui de
priétaire Andreina ; Maria, une petite fille
saint ou de dieu. Le climat de religiosité
de neuf ans et sa mère paranoïaque ;
dans le pays est surréaliste. La révolution
Madeleine, une journaliste américaine en
bolivarienne apparaît alors plus que
mal de scoops, etc. Pro-, anti-Chávez ou
jamais comme une illusion lyrique, proapolitiques, tous se débattent comme ils
duite par le charisme de Chávez, autrepeuvent dans une ville de Caracas anxioment dit par son éloquence (entre deux
gène, bégayant sa révolution socialiste,
chimiothérapies, ce dernier utilise ses deralors que le commandant suprême soigne
nières forces pour prononcer un discours
son cancer entre le Venezuela et Cuba.
de neuf heures). Le lecteur français comAvec ses épisodes brefs, ses multiples
prendra mieux la fascination qu’il exerce
connexions et rebondissements drolatiencore sur le leader des insoumis Jeanques ou tragiques, le roman a un côté
Luc Mélenchon.
« page-turner » assumé, sauf qu’aucune
Ce roman au fond assez désespéré offre
action, aucun minidrame ne sont gratuits.
de beaux moments de tendresse, comme
A travers les déboires de nos héros se révèl’amour-amitié qui se noue via Internet
lent les difficultés économiques et sociales
entre Maria et Hugo. Ecrit dans un style vif,
du Venezuela, la bureaucratie et la corrup« Les Derniers Jours du Commandant »
tion ambiante, la violence des gangs irrénous font appréhender sans filtre, mais
ductible, l’assistance pesante du pays frère
avec recul et humanité, l’échec d’une révocubain… L’écrivain évite la caricature.
lution bâtie sur la seule force des mots. n
Les Derniers Jours
du Commandant
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 11
Les Echos Lundi 16 avril 2018
enquête
Nathalie Silbert
@natsilbert
et Fabienne Schmitt
@FabienneSchmitt
lui, pris, du retard. Très vite, dans sa carrière, Sibyle Veil a fait le choix des responsabilités opérationnelles. C’est même la raison pour laquelle elle a quitté le
« Château » (l’Elysée), pour rejoindre
l’AP-HP, selon l’ancienne directrice générale de l’institution Mireille Faugère, qui l’a
nommée à la tête d’une petite direction du
pilotage et de la stratégie, à la surprise de
certains.
A ce poste, Sibyle Veil gère des projets qui
doivent améliorer le fonctionnement quotidien du service hospitalier. « Ce qui l’intéressait, c’était de passer d’une idée stratégique à la mise en œuvre opérationnelle. Très
I
Promotion Senghor
Il est vrai qu’au sein de la fameuse promotion Senghor de l’ENA, elle faisait partie du
groupe d’amis que fréquentait alors
Emmanuel Macron. Dans cette petite
bande, on trouve Eléonore von Bardeleben,
actuellement en poste à la Cour de justice
de l’Union européenne, ou Gaspard Gantzer, le futur conseiller en communication
de François Hollande à l’Elysée. Ou encore
des noms qui ont émergé depuis l’arrivée
d’Emmanuel Macron : Aurélien Lechevallier, devenu conseiller diplomatique du
président ; Mathias Vicherat, actuel directeur général adjoint du groupe SNCF ; Frédéric Mauger, nommé à la tête du Crédit
Municipal. Par ailleurs, son mari, Sébastien Veil, petit-fils de Simone et Antoine
Veil, qu’elle a aussi rencontré sur les bancs
de l’ENA, a rallié pendant quelques mois la
campagne du futur président.
Mais bien connaître le chef de l’Etat suffit-il pour être nommée présidente de
Radio France ? En réalité, ces affirmations
selon lesquelles ses prétendues accointances avec la « macronie » lui auraient servi
de rampe de lancement pour Radio France
semblent assez injustes. Sibyle Veil représente l’archétype de la haute fonctionnaire
et est un pur produit de l’élite républicaine… Après l’ENA, elle a rejoint le Conseil
« Il n’y a aucune forme
de contestation de
Sibyle Veil, Mais on l’a
juste jamais entendu
parler de radio
en deux ans et demi… »
Sibyle Veil, nouvelle
cheffe d’orchestre
de Radio France
PORTRAIT // Choisie par le Conseil supérieur de l’audiovisuel, l’ultra favorite de l’élection prend ses fonctions de présidente du groupe ce lundi. Cette énarque, passée par l’Elysée
sous Nicolas Sarkozy et l’AP-HP, va devoir conduire la transformation de l’entreprise dans une période qui s’annonce agitée
pour l’audiovisuel public.
UN CONNAISSEUR
DU GROUPE PUBLIC
Romain Gaillard/RÉA
l y a trois ans, elle ne connaissait pas le
secteur de l’audiovisuel. La voici propulsée présidente de Radio France. En
nommant Sibyle Veil, quarante ans, qui
occupait depuis 2015 le fauteuil de directrice déléguée chargée des opérations et
des finances, le Conseil supérieur de
l’audiovisuel (CSA) a fait le choix de la continuité. Malgré les multiples incertitudes
entourant le poste en raison des réformes à
venir dans l’audiovisuel public, la seule
femme candidate, donnée favorite depuis
le départ, n’a pas hésité une seconde à se
présenter pour succéder à Mathieu Gallet,
écarté de Radio France après sa condamnation pour « favoritisme ». C’est Laurence
Bloch, la directrice de France Inter, qui, la
première, lui a mis cette idée en tête. Dans
la foulée, tous les directeurs de la Maison
ronde l’ont soutenue.
Gardera-t-elle sa place si le gouvernement crée un holding pour chapeauter France Télévisions, Radio France,
Arte, etc., avec à la tête un président auquel
le dirigeant de chacune des entreprises
devra rendre des comptes ? Et qu’adviendra-t-il de leur mandat si l’Etat retire au
CSA son pouvoir de nomination des présidents de l’audiovisuel public, comme il l’a
annoncé ? Qu’importe, Sibyle Veil aime les
défis. Personne n’a vraiment vu venir cette
grande blonde aux yeux bleus, « sérieuse »,
« très normée », « très classique », dit-on le
plus souvent d’elle.
Depuis quelques semaines, les mauvaises langues, surprises par sa candidature à
Radio France (France Inter, France Culture,
France Bleu, Le Mouv’…), racontaient dans
le Tout-Paris de l’audiovisuel que l’élection
était jouée d’avance. Sibyle Veil a en effet le
« malheur » d’être issue de la même promotion qu’Emmanuel Macron à l’ENA, ce
qui fait « jaser » le petit milieu parisien des
médias. Pour beaucoup, sa supposée proximité avec le chef de l’Etat en faisait la favorite pour la Maison ronde. D’ailleurs, « plusieurs candidats, pourtant légitimes, ne se
sont pas présentés quand elle a fait acte de
candidature, estimant que les jeux étaient
faits », raconte l’un d’eux, qui compte parmi
les probables déçus… Mais pour elle, cela a
au contraire été une raison de se demander
si elle devait postuler, la seule d’ailleurs.
Sibyle Veil : « J’ai toujours préféré la complexité du changement au confort des situations établies. »
d’Etat. Une vraie technocrate certes, mais
qui, à tous les postes qu’elle a occupés – conseillère technique à l’Elysée quand Nicolas
Sarkozy était président, directrice du pilotage de la transformation de l’Assistance
publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) –, a
témoigné d’un vrai sens du service public.
« Elle et son mari,
c’est Monsieur
et Madame Parfait. »
UN PROCHE DE LA FAMILLE VEIL
La « dame », élevée à Dijon, est plutôt
d’un naturel réservé et « bien sous tous rapports ». Ses amis louent une « grande
humanité ». « Elle est très attentive aux
autres », note Gaspard Gantzer. Si, à l’ENA,
elle se montre déjà « méthodique, organisée », « ce n’était pas une polarde : elle aimait
le cinéma, la musique », se souvient Mathias
Vicherat, qui a été le témoin de mariage du
couple et parrain de leur troisième enfant.
« Elle et son mari, c’est Monsieur et Madame
Parfait, sourit un proche de la “grande”
famille Veil. Sébastien était premier en tout !
A eux deux, ils ont un air des Le Quesnoy
dans “La vie est un long fleuve tranquille”. » Leurs enfants ? Bérénice, Hector,
Virgile qui, tout jeunes, sont embarqués à
l’Opéra afin de leur donner le goût de cette
passion partagée par leurs parents…
Contrairement à ses camarades Gaspard
Gantzer ou Mathias Vicherat qui, à la sortie
de l’école, se sont immédiatement positionnés à gauche sur l’échiquier politique, c’est
à droite que démarre la carrière de Sibyle
Veil. Après un passage au Conseil d’Etat,
elle s’engage, en effet, comme son mari,
dans la campagne pour l’élection présidentielle de Nicolas Sarkozy. Ce dernier élu, le
couple rejoint l’équipe de Raymond Soubie,
alors conseiller auprès du président… très
lié à Simone et Antoine Veil. « Sibyle est
quelqu’un de très intelligent et très réfléchi.
Elle a une grande maîtrise d’elle-même »,
commente le président des sociétés de conseil Alixio et Taddeo, qui a gardé le contact
avec elle et son mari. Rattachée à Bertrand
Martinot, alors conseiller social et
aujourd’hui directeur adjoint de la région
Ile-de-France, « elle s’occupait des questions
de solidarité : lutte contre l’exclusion, handicap… », précise ce dernier, qui a gardé
l’image d’une personne « méticuleuse et
dotée d’un très grand sens politique sous couvert d’une grande humilité ».
Quand elle débarque à Radio France en
juillet 2015, la maison qui sort d’une grève
de vingt-huit jours est à feu et à sang. Pourtant, Sibyle Veil acquiert très vite une légitimité. Elle aurait eu mille occasions de croiser son PDG, Mathieu Gallet, tous deux
fréquentant des cercles communs, mais
c’est le chasseur de têtes, Egon Zehnder, qui
propose au patron de la Maison ronde la
candidature de l’énarque, qui cherche à
quitter l’AP-HP, après l’arrivée de Martin
Hirsh à la tête de l’institution. Tous deux ne
s’entendent pas. « Elle avait envie de découvrir de l’intérieur des univers qui lui plaisaient de l’extérieur, ceux de la culture et de la
musique », observe le compositeur et pianiste Karol Beffa, ami du couple.
Les mains dans le cambouis
Après le départ de sa numéro deux Catherine Sueur, avec qui il était en conflit,
Mathieu Gallet décide de scinder le poste et
cherche, pour prendre la direction des opérations créée dans la foulée, un profil complémentaire de ceux qui cohabitent déjà au
sein de son comité exécutif. Quand il rencontre Sibyle Veil, il est séduit par ses qualités humaines, sa modestie par rapport à
une entreprise et un secteur qu’elle ne connaissait pas. « Elle fait preuve d’une réelle
écoute et d’une vraie capacité d’adaptation »,
dit-il aussi. En interne, Sibyle Veil n’a pas
été épargnée par les critiques sexistes tout
comme sa prédécesseure : les « il avait une
brune de gauche, il prend une blonde de
droite » ont fusé… Mais là où elle fait la différence, dès son arrivée, c’est qu’elle met les
mains dans le cambouis. C’est ce qui
l’anime, aussi étonnant soit-il par rapport à
son CV et à son côté « grande famille »… A
son arrivée à Radio France, elle profitera
ainsi de l’été pour faire le tour des services
« jusqu’aux serruriers » afin de comprendre le fonctionnement de l’entreprise. Non
contente d’assurer les finances et le pilotage de l’épineux chantier de réhabilitation
de la Maison de la radio, elle réclame
d’emblée la présidence du CHSCT, fait
rare… « Il n’y avait pas de comptabilité analytique à Radio France, elle a tout bâti en un
an », salue Mathieu Gallet. Sous son impulsion, les comptes se sont d’ailleurs améliorés, même si le chantier de rénovation a,
concrète, très précise, elle avait le doigté pour
embarquer les gens avec elle », se remémore
Mireille Faugère.
Restée proche de la quadra, cette dernière l’a d’ailleurs encouragée à poser sa
candidature pour la présidence de Radio
France. « Elle avait très envie de le faire. » Là,
elle va devoir défendre les intérêts de la
Maison ronde lors de la réforme de l’audiovisuel public voulue par le gouvernement.
Parmi les sujets sensibles, la recherche de
synergies avec France Télévisions, le rapprochement entre France 3 et France Bleu
étant le nœud central de ce grand projet.
Le défi du numérique
« Il n’y a aucune forme de contestation de
Sibyle Veil, Mais on l’a juste jamais entendu
parler de radio en deux ans et demi…, ironise un fin connaisseur du group e
public. Elle ne connaît rien aux antennes et
c’est un handicap majeur quand on est président. » « La seule mission d’un patron de
Radio France, c’est de donner une vision à
l’entreprise et de savoir s’entourer de gens
compétents », tempère Valeria Emanuele,
secrétaire nationale du SNJ de Radio
France. Après tout, c’est ce qu’avait fait
Mathieu Gallet en choisissant un professionnel de la radio, Frédéric Schlesinger,
pour s’occuper des antennes… Quant à
Sibyle Veil, il ne faut pas croire qu’elle ne se
mêlera pas des stations, c’est plutôt le
genre de personnalité à être une présidente de plein exercice...
Une lourde tâche attend la nouvelle présidente. Si la Maison aligne aujourd’hui de
bonnes audiences sur toutes ses antennes,
elle va devoir profondément transformer
l’entreprise et ses métiers pour les adapter
au numérique. En particulier l’outil de production, le nerf de la guerre. « J’ai toujours
préféré la complexité du changement au confort des situations établies », a-t-elle assuré
lors de son audition devant le CSA. Mais en
aura-t-elle la latitude, alors que le gouvernement envisage des coupes massives dans
les budgets de l’audiovisuel public ?
Promettant de porter la radio « vers le
haut », elle a indiqué vouloir jouer la carte
de la jeunesse et de la proximité. « Elle a
écrit dans son projet ce que le gouvernement
voulait entendre, elle ne sera sans doute pas
une grande rebelle », observe Valeria Emanuele. « Je veillerai à l’indépendance de
Radio France », a martelé Sibyle Veil devant
l’autorité de régulation qualifiant ce sujet
d’« essentiel ». A partir de ce lundi, elle
devra le démontrer : la femme de l’ombre
sera dans l’arène de l’audiovisuel. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
12 //
Lundi 16 avril 2018Les Echos
,
Budget de l’Etat 2018 : 386,3 milliards d’euros // PIB 2017 : 2.283,6 milliards d’euros courants //
Plafond Sécurité sociale : 3.311 euros/mois à partir du 01-01-2018 // SMIC horaire : 9,88 euros
à partir du 01-01-2018 // Capitalisation boursière de Paris : 1.547,84 milliards d’euros (au 10-01-2018)
// Indice des prix (base 100 en 2015) : 101,85 en décembre 2017 // Taux de chômage (BIT) : 9,4 %
au 3e trimestre 2017 // Dette publique : 2.226,1 milliards d’euros au 3e trimestre 2017
Les chiffres
de l'économie
EN FRANCE
À L’ÉTRANGER
LOI ASILE- IMMIGRATION
UN MILLIER DE MANIFESTANTS
PRÈS DE L’ASSEMBLÉE
MALI ATTAQUE CONTRE LE
CAMP DE L’ONU À TOMBOUCTOU
« Une quinzaine » d’assaillants ont été
tués lors de l’attaque qui visait à
« prendre le contrôle » du « Super
Camp » de l’ONU et de la force française Barkhane, samedi, à Tombouctou, dans le nord du Mali, selon les
autorités françaises. Un Casque bleu
a été tué et de nombreux blessés sont
à déplorer dans les rangs des Casques
bleus et des militaires français. Il
s’agit d’une « attaque sans précédent
contre la Minusma », a relevé une
source sécuritaire étrangère.
Un millier de personnes se sont rassemblées dimanche près de l’Assemblée à Paris pour dénoncer le projet
de loi controversé immigration et
asile, à la veille de son examen par les
députés ce lundi dans l’hémicycle.
L a n c é e à l ’ i n i ti a t i ve d u B u r e a u
d’accueil et d’accompagnement des
migrants, cette manifestation a été
rejointe par une cinquantaine d’organisations.
NOTRE-DAME-DES-LANDES DE
NOUVEAUX AFFRONTEMENTS EN
MARGE D’UN RASSEMBLEMENT
Quelques centaines de milliers de
Catalans ont manifesté, dimanche, à
Barcelone, pour protester contre la
détention de neuf figures de l’indépendantisme accusées de « rébellion » et
réclamer l’ouverture d’un dialogue
politique. La police a comptabilisé
« 315.000 participants » sur la grande
avenue Parallel, résonnant du slogan :
« Nous voulons que vous rentriez à la
maison », un message aux dirigeants
indépendantistes placés depuis des
mois en détention provisoire.
MONTÉNÉGRO
UN PROEUROPÉEN FAVORI
DE LA PRÉSIDENTIELLE
MONTPELLIER 17 GARDES À VUE
APRÈS LA MANIFESTATION
CONTRE LE GOUVERNEMENT
Dix-sept personnes étaient encore en
garde à vue dimanche, au lendemain
de la manifestation de « convergence
des luttes » organisée à Montpellier
lors de laquelle la police avait procédé à 51 interpellations. Cette manifestation, qui a rassemblé entre 1.000
et 2.000 personnes, a été le théâtre
d’affrontements entre certains manifestants et les forces de l’ordre.
PARIS L’ARCHEVÊQUE AUPETIT
EN VISITE DANS UN CAMPEMENT
DE MIGRANTS
L’archevêque de Paris, Mgr Michel
Aupetit, s’est rendu dimanche matin
à la rencontre de migrants installés
dans un imposant campement près
de la porte de la Villette, dans le nordest de la capitale, en signe de fraternité et d’ « écoute ». « C’est une attention aux frères, c’est notre foi », a
expliqué l’archevêque.
La cinquième édition de la course The Color Run s’est tenue dimanche à Paris. Depuis le village de départ, sur le parvis de
l’Hôtel de Ville, les participants ont longé les bords de Seine jusqu’au Trocadéro. Chaque kilomètre du parcours de 5 km
correspond à une « zone de couleur » où des bénévoles lancent de la poudre colorée 100 % naturelle (et comestible) à base de
fécule de maïs sur les participants. The Color Run, organisée par l’enseigne Sephora, a vu le jour aux Etats-Unis en 2012.
Savo Prelevic/AFP
CIRCULATION LES MOTARDS EN
COLÈRE CONTRE LES 80 KM/H
Plusieurs centaines de motards se sont
rassemblés dimanche à Paris pour
protester contre la limitation de la
vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires, mesure très controversée qui
entrera en vigueur au 1er juillet. Avant
de partir en cortège en direction du
périphérique parisien, les manifestants se sont retrouvés devant l’esplanade du château de Vincennes, au
milieu de pancartes « Non à la dictature autophobe » ou « Motards en
colère ».
Cinquième édition de la course The Color Run à Paris
CATALOGNE MANIFESTATION
GÉANTE À BARCELONE
Charly Triballeau/AFP
Un rassemblement pacifique de soutien aux occupants expulsés a eu lieu
dimanche sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, dans un calme relatif, après de nouveaux heurts survenus le matin entre 300 manifestants
et les forces de l’ordre. Selon une estimation des gendarmes, environ
3.000 à 4.000 personnes étaient présentes sur place.
LA PHOTO DU JOUR
Le dirigeant historique du Monténégro, Milo Djukanovic, briguait,
dimanche, la présidence de ce petit
pays des Balkans candidat à l’Union
européenne, moins de deux ans
après avoir annoncé son retrait du
pouvoir. Milo Djukanovic, qui depuis
1991 a conduit son pays à l’indépendance et l’a fait adhérer à l’Otan,
apparaît comme l’immense favori de
ce scrutin qu’il pourrait remporter
dès le premier tour.
ALGÉRIE VERS UN CINQUIÈME
MANDAT POUR BOUTEFLIKA
Le Premier ministre algérien, Ahmed
Ouyahia, a émis le souhait que le président Abdelaziz Bouteflika brigue un
5e mandat en avril 2019. Les spéculations vont bon train sur une nouvelle
candidature du président Bouteflika, 81
ans, au pouvoir depuis 1999 et très affaibli depuis cinq ans par les séquelles d’un
accident vasculaire cérébral (AVC).
HONGRIE ORBAN CONSERVE SA
SUPER MAJORITÉ AU PARLEMENT
Le Premier ministre hongrois, Viktor
Orban, a retrouvé sa majorité des deux
tiers au Parlement lors des législatives
du 8 avril, selon les résultats définitifs
publiés dimanche. Ces derniers, qui
incluent le vote des Hongrois de
l’étranger, donnent au Fidesz et à ses
alliés démocrates-chrétiens 133 sièges
sur 199, loin devant le Jobbik, 26 sièges,
et les socialistes, 20 sièges.
Photo : Christophe Simon/AFP
ON EN PARLE À WASHINGTON
Le combat continue entre Trump et Comey
L’ancien directeur du FBI publie ses Mémoires, dans lesquels il revient
sur ses quelques mois de collaboration avec le président américain.
D
’u n c ô t é , u n « c h e f
mafieux sans éthique ».
De l’autre, une « boule
visqueuse à qui on ne peut pas
faire confiance ». Le combat à
distance entre Donald Trump
et James Comey a repris de plus
belle, alors que l’ancien patron
du FBI publie ses Mémoires,
mardi. Le président américain
n’a pas vraiment apprécié les
premiers extraits de « A Higher
Loyalty : Truth, Lies and Leadership », le livre de Comey
dont le « New York Times » s’est
procuré un exemplaire avant
sa sortie. Il faut dire que la description n’est pas très élogieuse.
Travailler avec lui a rappelé à
James Comey l’époque où il
débutait, en tant que procureur
à New York, et qu’il était confronté au milieu. « Le cercle
silencieux qui acquiesce. Le boss
qui fait le jour et la nuit. Les serments de fidélité. La vision du
monde selon laquelle tous sont
contre nous. Le mensonge généralisé, qu’il soit petit ou gros, au
service d’une sorte de code de
loyauté qui place l’organisation
au-dessus de la moralité et de la
vérité », décrit-il.
Comey raconte notamment
comment Donald Trump, tout
juste élu à la Maison-Blanche,
insiste pour qu’il enquête sur les
rumeurs concernant l’existence
d’une vidéo, où on le verrait avec
des prostituées russes, dans des
postures fâcheuses. Des
rumeurs nées d’un rapport britannique et dont la véracité n’a
jamais été prouvée. Au cours
d’un dîner, Trump lui demande
de jurer sa loyauté, puis lui con-
fie qu’il p ense ouvrir une
enquête « démontrant que ce
sont des mensonges », au cas où
« il y aurait même une chance sur
100 que Melania y croit ». Quelques mois plus tard, Comey sera
limogé.
Des tweets vengeurs
Le livre inquiète l’entourage du
président, trois mois après la
sortie de celui de Michael Wolff,
« Fire and Fury », qui avait déjà
égratigné son image. Les républicains ont même créé un site
dénonçant les « mensonges » de
Comey et mettant en avant ceux
qui l’ont critiqué par le passé, y
compris les démocrates.
Donald Trump, enfin, n’a pas
résisté à l’envie de lancer quelques tweets vengeurs. Pour lui,
la « boule visqueuse à qui on ne
peut pas faire confiance » est un
« menteur reconnu », qui a « fait
fuiter des informations classées », un « faible » qui a « menti
au Congrès sous serment ».
« Pour moi, ça a été un honneur
de le virer ! »
Cela n’empêchera pas James
Comey de parler – et sans doute
de répondre à ces propos. Son
plan média est déjà réglé. Il commence par une grande interview sur ABC, prévue dimanche
soir, puis se prolongera par la
tournée de tous les talk-shows
cette semaine. Le livre, déjà en
tête des préventes sur Amazon,
devrait s’arracher. Pas sûr en
revanche que les pages consacrées à la carrière de Comey –
une grande majorité – passionnent beaucoup les lecteurs…
— N. Ra.
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TPE / PM E
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Lundi 16 avril 2018
www.lesechos.fr
DEVISES EUR/GBP 0,8646 EUR/JPY 1,3249 EUR/CHF 1,1872 GBP/USD 1,4256 USD/JPY 1,0749 USD/CHF 0,9632 TAUX EONIA -0,365 LIFFE EURIBOR 3 MOIS -0,329 OAT 10 ANS 0,752 T-BONDS 10 ANS 2,7881
INDUSTRIE & SERVICES
TRANSPORT
DERNIÈRE HEURE
L’avenir des gares, l’autre bataille
de la réforme ferroviaire. // P. 14
FNAC Darty
va accueillir
des corners
Google
Sanjay Kanojia/AFP
DÉFENSE
Combat de géants pour le contrat
de 110 avions de chasse indiens.
Martine Robert
@martiRD
// P. 15
VOLKSWAGEN
La réorganisation du géant pose
question en Allemagne.
// P. 15 ET « CRIBLE » P. 30
PÉTROLE
Les chiffres fous de Saudi Aramco.
// P. 16
PALAIS DE JUSTICE DE PARIS
L’enjeu d’Internet en vol, outre le plaisir du passager, permettra aussi de transférer les millions de données générées
par les avions en vol, qui alimenteront les algorithmes des nouveaux services de maintenance prédictive. Photo Shutterstock
Un PPP sans histoires. // P. 17
L’accès à Internet va devenir
une réalité sur les vols européens
CDISCOUNT
Emmanuel Grenier,président
« Cdiscount lance la location
longue durée sur 1.000 produits ».
// P. 18
Damien Grenon
HIGH-TECH & MÉDIAS
AACC ET AGENCE BABEL
Laurent Habib, président
« Les marques sont face
à une question de survie,
il est urgent de riposter ». // P. 20
START-UP
INNOVATION
Une jeune pousse du Ghana sacrée
au Seedstars Summit. // P. 21
PME & RÉGIONS
HAUTS-DE-FRANCE
Mégaprojet de serre tropicale près
de Berck-sur-Mer. // P. 22
FINANCE & MARCHÉS
AGENCES BANCAIRES
Le rythme des fermetures doit
quadrupler en France. // P. 23
Inmarsat et son partenaire
Deutsche Telekom
peuvent commencer
à commercialiser leur
nouvelle offre d’Internet
haut débit EAN pour
les vols intra-européens.
Bruno Trévidic
@BrunoTrevidic
Se connecter à Internet en avion, en haut
débit et, qui plus est, sur un vol intra-européen sera bientôt possible. Après deux ans
de formalités et de préparatifs techniques,
Inmarsat et Deutsche Telekom ont obtenu
le feu vert de l’Arcep (Autorité de régulation
des communications électroniques et des
postes) pour lancer leur offre d’Internet en
vol, EAN. Le système devrait entrer en service commercial dans le courant de l’été sur
les appareils de British Airways, puis sur
ceux des autres filiales du groupe IAG :
Vueling, Aer Lingus et Level. D’autres compagnies européennes devraient suivre au
cours des prochains mois. Air France mais
aussi easyJet font partie des prospects
d’Inmarsat.
De quoi permettre à l’Europe de rattraper
son retard sur les Etats-Unis en matière de
connectivité en vol. Jusqu’à présent, l’offre
Internet des compagnies européennes se
limite en effet aux vols long-courriers, avec
des débits plutôt modestes et des interruptions fréquentes. Le réseau EAN (European
Aviation Network) est le premier en Europe
à utiliser, en plus du satellite, un réseau de
balises terrestres – 350 au total dans les 28
pays de l’Union ainsi qu’en Suisse et en Norvège, dont 50 en France – permettant
d’offrir une connexion Internet en vol
comme à la maison.
Du haut débit comme à la maison
« Notre réseau est parfaitement opérationnel
et délivre un débit équivalent à celui d’une
connexion Internet à la maison, soit entre 60
et 75 Mbps, contre 1 à 2 Mbps sur les systèmes
actuellement proposés sur les vols long-courriers », explique Philip Balaam, directeur de
la branche aviation d’Inmarsat. De quoi
permettre les mêmes usages qu’au sol
(vidéo à la demande, télécommerce,
retransmission TV). Mais aussi de quoi passer d’une économie de pénurie, où l’accès à
Internet est rare et cher, à une utilisation
beaucoup plus large, y compris sur des avions court-courriers et régionaux.
Reste à savoir à quel prix. « Le modèle économique de l’Internet en vol – qui paie et combien – n’est pas encore figé, reconnaît Philip
Balaam. Certaines compagnies vont l’offrir
gratuitement et d’autres vont le faire payer…
C’est une question de culture et de différenciation. Mais je pense que le modèle évoluera,
comme dans l’hôtellerie, vers la gratuité au
moins partielle. »
D’autant que l’enjeu d’Internet en vol ne
se limite pas au plaisir du passager. Le
réseau EAN permettra aussi de transférer
les millions de données générées par les avions en vol, dont les compagnies et les avionneurs ont besoin pour alimenter les algor i t h m e s d e s n o u ve a u x s e r v i c e s d e
maintenance prédictive. En prévenant ainsi
les pannes et en optimisant l’utilisation des
avions, les compagnies peuvent espérer
réaliser d’énormes économies, qui justifieraient, à elles seules, l’investissement. n
ET L’ÉDITORIAL
DE GUILLAUME MAUJEAN P. 9
BANQUE
Wells Fargo menacé d’une amende
de 1 milliard de dollars.
// P. 24 ET « CRIBLE » P. 30
AUDIT
Le gouvernement va supprimer
les commissaires aux comptes
dans les PME. // P. 25
Alors qu’Amazon
débarque en France
avec Alexa ou Apple
avec l’HomePod,
« FNAC Darty a décidé de
développer une relation
forte avec Google,
acteur incontournable
du monde digital »,
Alors qu’Amazon débarque en
France avec Alexa ou Apple avec
l’HomePod, « FNAC Darty a décidé de
développer une relation forte avec Google, acteur incontournable du monde
digital », confie-t-on au sein du groupe,
confirmant une information du « Journal du dimanche ». « Indéniablement,
ces assistants personnels comporteront
de plus en plus de fonctionnalités et le
consommateur aura besoin de services
et d’explications autour de ces offres ; il
est essentiel aussi pour Google d’avoir
désormais une présence en magasin. »
60 % de croissance
Systèmes de stockage automatisés
BOURSE DE LONDRES
Un nouveau patron recruté
chez Goldman Sachs. // P. 26
LES ÉCHOS BUSINESS
CARNET // P. 29
SUR
DANS
« LA CHRONIQUE
BOURSE »
À 12H ET 17H35
DU LUNDI AU VENDREDI
La bataille des assistants personnels
connectés débouche sur des coopérations inédites. Ainsi après une première collaboration de quelques
semaines pendant lesquelles FNAC
Darty avait obtenu de Google l’exclusivité de la vente de ses enceintes intelligentes Google Home, les deux partenaires récidivent de manière durable.
L’intégralité des magasins du groupe
FNAC Darty va d’ici à fin juin accueillir
des espaces « expérientiels » de 10 à
50 mètres carrés présentant l’Assistant
Google et son écosystème, à commencer par un corner dans la boutique
Paris Saint-Lazare dans les prochains
jours. Les produits Google seront également mis en avant sur les sites Internet du groupe de distribution, au sein
des catégories de produits embarquant
ces services (son, téléphonie, Internet,
photo…). FNAC Darty sera enfin l’un
des partenaires privilégiés de Google
pour ses lancements de produits, à travers des opérations promotionnelles.
0 810 18 19 20
Service gratuit + prix d'un appel local
www.mecalux.fr
Les clients FNAC et Darty seront parmi
les premiers à pouvoir tester l’achat à la
voix de livres, vidéos, musiques, ou
jouets sur leurs téléphones compatibles. En quelques échanges vocaux,
l’internaute choisira son article et
après confirmation sur son téléphone
via l’application Assistant Google,
paiera avec son compte FNAC avant
d’identifier le point de vente le plus proche où récupérer sa commande le lendemain. De même il suffira d’utiliser le
« Bouton Darty » sur son assistant pour
obtenir immédiatement une aide à
l’utilisation d’un article ou à son dépannage.
C’est dire si le marché des enceintes
connectées, encore étroit en France,
devrait se développer rapidement : en
2017, le chiffre d’affaires s’élevait à
22 millions d’euros pour 250.000 pièces achetées ; on attend quatre fois plus
de ventes cette année. Dans le monde, il
devrait croître de 60 %, selon la Consumer Technology Association, après
une hausse de 279 % des achats enregistrés l’an dernier. n
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Lundi 16 avril 2018 Les Echos
INDUSTRIE
&SERVICES L’avenir des gares, l’autre bataille
de la réforme ferroviaire
l Dans la perspective de l’ouverture à la concurrence, deux visions s’opposent
sur la meilleure manière d’exploiter les 3.000 gares françaises.
l Certains acteurs du dossier estiment qu’une indépendance trop marquée
pourrait recréer des difficultés d’exploitation.
à suivre
Charly Triballeau/AFP
TRANSPORT
Bras de fer entre Coca-Cola
et les magasins E.Leclerc sur les prix
DISTRIBUTION Un différend oppose les centres E.Leclerc à
Coca-Cola. Les hausses de prix demandées par la société américaine ont été refusées par les acheteurs d’E.Leclerc. « Les
demandes de Coca ne reposaient ni sur la hausse du cours du plastique [...] ni sur celle des cours du sucre », a expliqué MichelEdouard Leclerc. « En dépit de nos efforts au cours de plusieurs
mois de négociations, nous n’avons pas trouvé d’accord équilibré,
à ce jour, avec la centrale de référencement du groupement
E.Leclerc », a confirmé le porte-parole de Coca-Cola en Europe.
General Motors va supprimer
1.500 postes dans une usine de l’Ohio
AUTOMOBILE General Motors (GM) va supprimer 1.500 emplois
pour s’adapter à la baisse de la demande pour les berlines et citadines aux Etats-Unis. Ce plan concerne l’usine de Lordstown,
dans l’Ohio, où GM produit la Chevrolet Cruze, une berline dont
les ventes ont plongé de 32 % en quatre ans. Le site emploie près
de 3.000 salariés. Selon GM, les Américains délaissent les « petites » voitures au profit des « grosses » (SUV, camionnettes à plateau et crossovers).
GE inscrit une charge de 4,2 milliards
de dollars au premier trimestre
INDUSTRIE General Electric a inscrit une charge exceptionnelle de
4,2 milliards de dollars dans ses comptes du premier trimestre. La
décision fait suite à l’adoption par GE de nouvelles règles comptables.
Ce qui l’a conduit à revoir ses prévisions, avec désormais un bénéfice
par action ajusté en recul de 13 % pour 2016 et de 17 % pour 2017. Ce qui
correspond aux estimations annoncées fin février. Cette méthode
fait suite à une enquête de la Securities and Exchange Commission.
Manifestations
à Berlin contre
les loyers chers
v
SPORT Les promoteurs de la
IMMOBILIER Entre 10.000 et
25.000 personnes, selon la police
et les organisateurs, ont manifesté
samedi à Berlin pour dénoncer la
« folie des loyers » dans les grandes villes d’Allemagne, où le prix
de l’immobilier grimpe en flèche
(+20,5 % entre 2016 et 2017 à Berlin). Une manifestation à l’appel
de plus de 250 associations, pour
réclamer une plus forte régulation. Selon la fondation HansBöckler, il manque 1,9 million de
logements abordables en Allemagne, dont 310.000 à Berlin.
Les echos
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Pendant que les syndicats de la
SNCF mobilisent les cheminots
contre la réforme du gouvernement, une autre bataille, plus discrète, se joue au sein du groupe
public : la place future, et surtout le
degré d’autonomie, qui sera allouée
à Gares & Connexions, l’entité chargée, comme son nom l’indique, de
gérer les quelque 3.000 gares du
pays.
Dans l’organigramme actuel de
la SNCF, Gares & Connexions est
partie intégrante de SNCF Mobilités, l’établissement public chargé de
faire circuler les trains. Une situation acceptable tant que la SNCF
était en monopole, mais qui ne l’est
plus aujourd’hui, avec l’arrivée programmée de concurrents. Cette
trop grande proximité avec l’opérateur historique peut laisser craindre un traitement inéquitable des
nouveaux entrants en reléguant,
par exemple, leurs guichets de
vente de billets dans un coin obscur
du deuxième sous-sol.
Afin de garantir l’indépendance
de Gares & Connexions, plusieurs
schémas étaient sur la table. Le gouvernement a tranché en faisant
vo t e r l a s e m a i n e d e r n i è r e à
l’Assemblée un amendement qui
rattache cette entité à SNCF Réseau,
le gestionnaire des infrastructures
ferroviaires. Cette décision a été
citée à plusieurs reprises par l’exécutif ces derniers jours comme une
illustration des bénéfices d’une
SNCF « plus intégrée », l’un des
objectifs de la réforme ferroviaire.
« Nous allons regrouper tous ceux
qui gèrent les gares, les quais, les panneaux, aujourd’hui très éclatés, au
sein d’une même entité, pour qu’à la
fin, on ait un vrai chef de gare ! », a
ainsi souligné la ministre des
Transports, Elisabeth Borne.
Actuellement, le patrimoine des gares (comme ici la gare Saint-Lazare) est divisé entre SNCF Réseau,
propriétaire des quais, et le reste du bâtiment, exploité par Gares & Connexions. Photo Philippe Lopez/AFP
Aujourd’hui en effet, le patrimoine des gares est divisé en deux :
SNCF Réseau est propriétaire des
quais, tandis que le reste du bâtiment est exploité par Gares & Connexions, logé donc chez SNCF Mobilités. Ce qui complexifie la gestion
(avec, par exemple, deux contrats
distincts pour les panneaux publicitaires), la planification des travaux et
les décisions d’investissement. Le
rattachement de Gares & Connexions à SNCF Réseau doit mettre
un terme à ces complications. Reste
à définir selon quelles modalités, ce
qui donne lieu à une lutte
d’influence feutrée mais vigoureuse.
Deux conceptions
Deux options sont sur la table : la
mise en place d’une nouvelle direction au sein de SNCF Réseau, ou
bien la création d’une filiale contrôlée à 100 %. Le sujet est toujours en
cours d’arbitrage, indiquait le
ministère des Transports, il y a une
dizaine de jours.
Selon plusieurs sources, le scénario d’une filiale tient la corde. Dans
ce schéma, la réunification du patri-
« Nous allons
regrouper tous ceux
qui gèrent les gares,
les quais,
les panneaux au sein
d’une même entité,
pour qu’à la fin, on ait
un vrai chef de gare ! »
ELISABETH BORNE
Ministre des Transports
moine des gares se ferait par
l’apport des actifs de SNCF Réseau, à
savoir les quais, à Gares & Connexions. Mais deux conceptions
s’opposent sur le degré d’autonomie
dont devrait disposer cette filiale.
Certains acteurs du dossier estiment qu’une indépendance trop
marquée pourrait recréer des difficultés d’exploitation. D’autres affirment, au contraire, que Gares &
Connexions doit conserver une
identité propre et la latitude de gérer
ses investissements, et ce afin de
poursuivre la politique de valorisation des grandes gares entamée avec
celle de Saint-Lazare à Paris.
Des chantiers de grande
ampleur, pour améliorer l’accueil
du public mais aussi augmenter le
nombre de commerces, ont en effet
été lancés à Austerlitz, à la gare du
Nord, ou encore à Rennes et Nantes.
Les redevances perçues au titre de
ces concessions devraient rapporter à Gares & Connexions 210 millions d’euros cette année (sur
1,65 milliard de chiffre d’affaires) et
250 millions en 2022. Des fonds qui
financent la rénovation des plus
petites gares, plaidait la SNCF
l’année dernière. Cependant, ces
opérations de valorisation se font
de plus en plus avec l’aide de partenaires privés, et la future gouvernance ne doit pas les effrayer.
Pour l’heure, Patrick Ropert, le
patron de l’activité, reste silencieux.
« Peu importe le rattachement,
l’enjeu, c’est le développement », a-t-il
toutefois glissé à des journalistes il y
a quelques jours. n
Premières dissonances dans les discours syndicaux
Shutterstock
Formule 1 ont dévoilé vendredi un
partenariat avec le géant chinois
de l’Internet Tencent, qui va renforcer la diffusion de ce sport sur
les supp orts numériques en
Chine. La F1 renforce ainsi sa présence dans un pays clef pour la
croissance à long terme de ses
fans. WeChat, la messagerie multifonction de Tencent, compte
plus de 1 milliard d’utilisateurs.
Après CCTV, deux accords ont
également été signés avec Guangdong TV et Shanghai TV.
dpa/Carsten Koall/AFP
La F1 conclut
un accord
avec Tencent
Lionel Steinmann
@lionelSteinmann
Le patron de la CFDT a relevé
vendredi des « avancées »
dans la position du gouvernement. Sa fédération des
cheminots appelle toutefois
à amplifier la grève.
Le front syndical à la SNCF, jusqu’à
présent uni, commence à laisser filtrer des premiers signes de divergences. Il existait certes déjà une différence d’approche entre SUD-rail,
d’une part, et la CGT, l’Unsa et la
CFDT, d’autre part, mais elle ne
porte que sur la stratégie à mettre
en place pour faire reculer le gouvernement : SUD pousse depuis le
début pour une grève illimitée classique, alors que les trois autres s’en
tiennent à la « grève à épisodes »
(deux jours d’arrêt de travail tous les
cinq jours), qui doit leur permettre
de tenir jusqu’à la fin juin.
Sur la lecture de la réforme ferroviaire, en revanche, le rejet restait
unanime et sans faille. Depuis vendredi toutefois, la CFDT fait entendre sa différence. Sur RTL, le secrétaire général de la confédération,
Laurent Berger, a relevé des concessions faites par l’exécutif : « Les cheminots CFDT ont reçu hier un courrier de la ministre qui montrait que,
sur les questions de l’ouverture à la
concurrence, il y avait eu quelques
avancées, avec la prise en compte de
quelques amendements » portés par
le syndicat.
de nouveaux acquis », la CFDT
appelle au contraire les cheminots
« à amplifier la grève ». Mais la tonalité a tout de même évolué par rapport au précédent tract, qui jugeait
« stérile » la « longue série de concertation avec le gouvernement ». Un
militant justifie : « Ce n’est pas notre
position qui évolue, c’est celle du gouvernement qui bouge un peu ! Nous
resterons dans la proposition et dans
l’action jusqu’à ce que l’on obtienne
les résultats escomptés. »
Dans le même temps, la participa-
« Ce sont de premiers gestes et ça
montre que la méthode des cheminots CFDT est la bonne », a estimé le
leader cédétiste, lequel a toutefois
souligné qu’« il y a évidemment
d’autres sujets à aborder » et que « la
CFDT n’a pas à elle toute seule la clef
de la sortie de crise ». Sa fédération
des cheminots, qui campait jusqu’alors sur une ligne dure, a elle
aussi légèrement infléchi son discours. « La stratégie de la CFDT commence à porter ses fruits ! » se félicite-t-elle dans son dernier tract, en
listant les avancées obtenues sur les
modalités de mise en concurrence
de la SNCF.
Engranger
de nouveaux acquis
« Le frémissement vers l’ouverture
d’une véritable négociation montre
que la stratégie de propositions de la
CFDT, couplée à l’usage de la grève,
est la plus efficace pour combler les
manques très importants de cette
réforme mal conçue et mal préparée
par ses initiateurs », avance le syndicat. On reste encore très loin d’une
sortie du conflit. « Pour engranger
La mobilisation
du personnel roulant,
même en recul, reste
très élevée, avec 66 %
de conducteurs
en grève.
tion au mouvement de grève semble
s’éroder peu à peu. Selon les chiffres
communiqués par la direction, le
taux de participation au mouvement était de 22,5 % vendredi 13 en
milieu de matinée, contre 24,9 % le
9 avril et 29,7 % le 4 avril. La mobilisation du personnel roulant, même
en recul, reste toutefois très élevée,
avec 66 % de conducteurs en grève
(contre 75 % le 9 avril). Les syndicats
estiment que ces chiffres minorent
l’ampleur de la mobilisation. — L. S.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 15
Les Echos Lundi 16 avril 2018
Combat de géants pour le contrat
de 110 avions de chasse indiens
l Très offensifs, les groupes de défense américains vont tenter de détrôner leurs homologues russes et européens.
l 85 % de ces avions devront être construits en Inde.
DÉFENSE
Marjorie Cessac
— Correspondante à New Delhi
« Notre rêve est de faire naître un écosystème dans lequel puissent s’épanouir les entrepreneurs innovants de
l’industrie de la défense ». Narendra
Modi inaugurait jeudi dernier
DefExpo 2018, un Salon de l’armement près de Chennai. L’occasion
pour le Premier ministre indien de
rappeler l’un des impératifs de son
mandat : bâtir une industrie de la
défense indépendante.
Premier importateur d’armes au
monde, l’Inde, qui doit compter
avec l’expansionnisme chinois à ses
frontières et les menaces du Pakistan, veut rattraper son retard en
développant, avec l’aide des étrangers, sa propre technologie. L’objectif, selon Modi, est de « produire en
Inde, produire pour l’Inde et de faire
en sorte que le monde soit également
approvisionné par l’Inde bien plus
qu’avant ». Un leitmotiv qu’ont intégré les constructeurs mondiaux.
Pour glaner des contrats, ils savent
qu’ils doivent désormais partager
leur savoir-faire avec des partenaires indiens. Et que des milliards de
dollars sont à la clef.
Pour renouveler sa flotte obsolète,
composée de MiG-21 russes, New
Delhi vient en effet de lancer
un « request for information », la
première étape dans le processus
d’appel d’offres portant sur 110 avions
de chasse (date limite le 6 juillet). Ce
contrat potentiel, le plus gros du
moment, pourrait dépasser les
15 milliards de dollars. Mais, made
in India oblige, 85 % de ces avions
– qui seront aux trois quarts monoplaces – devront être construits en
Inde. Et 15 % devront être prêts à
voler immédiatement.
Rahul Gandhi, le leader de l’opposition, a fait de ce contrat l’un des
symboles les plus choquants de la
corruption du gouvernement.
Des besoins importants
Les géants
dans la compétition
A n’en pas douter, cette demande
d’informations va mobiliser les
géants du secteur. A commencer
par les Américains. Parmi eux,
Boeing a fait une entrée remarquée
dans la course la semaine dernière.
Le groupe a dévoilé qu’il s’était allié
à Hindustan Aeronautics Ltd
(HAL) et à Mahindra Defence
Systems, en vue de produire ses
F/A-18 Super Hornet en Inde. Son
rival, Lockheed Martin, avait déjà
pris les devants en s’associant, dès
juin dernier, à Tata Advanced Systems. Il s’est également dit prêt à
relocaliser la production de l’avion
F-16 sur le sous-continent.
Le Sukhoi Su-30MKI, avion de combat russe construit sous licence en Inde. Photo Sanjay Kanojia/AFP
Les Américains auront néanmoins maille à partir avec les compétiteurs russes – Russian Aircraft Corporation MiG – et
européens. Eurofighter pourrait
être en lice avec son avion
Typhoon. Le suédois Saab également. Dès septembre 2017,
celui-ci s’est engagé à fabriquer
son Gripen en Inde avec Adani.
Enfin, il faudra sans doute aussi
« L’Inde a déjà
investi 300 millions
de dollars dans le
programme FGFA. »
BHARAT KARNAD
Professeur au Centre
for Policy Research
compter sur Dassault. En 2016, le
français a remporté un contrat
portant sur la vente de 36 Rafale
(7,87 milliards euros) et a entamé,
depuis, la construction à Nasik
d’une société commune avec
Reliance, son partenaire indien.
Ombre au tableau, le Rafale souffre en Inde d’une mauvaise publicité. Alors que la campagne électorale pour 2019 bat son plein,
Quoi qu’il en soit, le gouvernement
dit vouloir aller vite. « L’armée de
l’air plaide pour qu’un accord intergouvernemental soit conclu afin que
l’achat se fasse dans les plus brefs
délais », insiste Ashminder Singh
Bahal, ancien officier de l’armée de
l’air, précisant que « cette dernière a
besoin de 44 ou 45 escadrons d’avions comprenant environ 25 % de
technologie dernier cri, 50 % de la
technologie moyenne et 25 % de technologie datée ». Actuellement, « elle
ne compte que 31 ou 32 escadrons,
car les avancées du LCA Tejas et du
FGFA (Soukhoï/HAL) – des avions
indigènes – ont été retardées ».
Difficile de savoir qui aura la préférence du gouvernement. Même si
« les Russes pourraient avoir leurs
chances », estime Bharat Karnad,
professeur au Centre for Policy
Research, en rappelant que « l’Inde
a déjà investi 300 millions de dollars
dans le programme FGFA ». Des
assurances auraient, selon lui, été
données en ce sens par la ministre
de la Défense indienne lors de sa
récente visite à Moscou. n
L’aéronautique française cherche à prendre pied en Inde
Le Gifas a fait carton plein
avec une mission Inde qui
se déroule ce week-end.
Nombre d’entreprises
françaises cherchent des
partenaires en Inde.
Anne Bauer
@annebauerbrux
Dans la foulée du contrat obtenu
par Dassault p our 36 avions
Rafale, l’intérêt de l’industrie
aéronautique française pour
l’Inde va croissant. Vendredi, les
représentants d’une soixantaine
de sociétés françaises de l’aéro-
nautique et de l’espace sont partis
pour une mission de cinq jours
organisée par le Gifas, présidée
par le patron de Dassault Aviation, Eric Trappier.
L’un des enjeux est de tirer parti
de la volonté du gouvernement de
Narendra Modi d’accélérer le
« Make in India ». Le contrat oblige
le constructeur à offrir 50 % du
montant du contrat en offset, c’està-dire en compensation industrielle. Dans ce cadre, Dassault
investit avec son partenaire indien
Reliance dans une usine à Nagpur,
dans l’Etat du Maharashtra, qui
devrait livrer dès la fin de l’année
des premières pièces de l’avion
d’affaires Falcon 2000.
Partenariat avec Reliance
Dassault et Reliance ont annoncé
un investissement de 100 millions
d’euros. Thales a aussi noué un
partenariat avec Reliance pour
créer une société capable
d’assembler et de maintenir des
capteurs de guerre électroniques,
tandis que Safran a annoncé, lors
de la visite du président Macron
en Inde, la création d’une usine de
Safran Electrical & Power (ex-Labinal) à Hyderabad. Elle fabriquera les premiers harnais du
moteur LEAP made in India. Une
décision qui s’inscrit dans le méga
contrat remporté auprès de la
compagnie indienne SpiceJet, qui
a choisi, pour sa commande de
155 Boeing 737-MAX, des moteurs
Leap-1B fabriqués par CFM International, la coentreprise de Safran
et GE.
Dassault a fait le tour des fournisseurs en France pour les convaincre de l’intérêt de l’Inde et, qui
sait, Nagpur pourrait devenir à
terme une sorte de hub de l’aéronautique française en Inde. « Les
Américains déplacent une partie de
leur production au Mexique, pour-
La réorganisation de Volkswagen
pose question en Allemagne
AUTOMOBILE
Herbert Diess,
le nouveau patron
du géant allemand,
détiendra plus
de pouvoir que
son prédécesseur.
Pauline Houédé
@Pauline_H
Le départ de Matthias Müller
s’accompagne chez Volkswagen
d’une refonte de son organisation
qui renforce considérablement le
pouvoir du nouveau chef de Wolfsburg, Herbert Diess.
Le nouveau président du directoire conserve non seulement la tête
de la marque Volkswagen, qu’il
dirige depuis 2015, mais contrôle
également les deux autres marques
grand public du groupe, Seat
et Skoda, ainsi que les véhicules utilitaires Volkswagen, l’ensemble étant
réuni dans une nouvelle entité baptisée « Volume » qui lui est confiée.
Les deux autres hommes forts du
groupe, Rupert Stadler et Oliver
Herbert Diess était déjà à la tête de la marque Volkswagen.
Photo Odd Andersen/AFP
Blume, jusqu’ici respectivement à la
tête d’Audi et de Porsche, dirigent les
deux autres nouveaux pôles de
marques automobiles, baptisés
« Premium » (Audi) et « Super premium » (Porsche, Bentley, Bugatti,
Lamborghini).
« Pas une révolution »
Les trois dirigeants obtiennent en
plus des responsabilités transversales à l’échelle du géant allemand :
Herbert Diess récupère la R&D, les
deux autres, la distribution et la
production. La Chine, premier
marché du groupe, sera gérée de
façon séparée.
« C’est une évolution, pas une
révolution », a souligné vendredi
Herbert Diess lors de sa première conférence de presse en
tant que patron du groupe de
642.000 employés. L’objectif de
cette refonte : rendre le constructeur plus efficace face aux nouveaux
défis, avec l’arrivée du véhicule électrique et de la voiture autonome.
Ferdinand Dudenhöffer, expert
automobile de l’université de Duisbourg, y voit surtout un retour à
l’ancienne structure très centralisée
de Volkswagen qui a caractérisé le
règne du prédécesseur de Matthias
Müller, Martin Winterkorn, contraint à la démission en plein « dieselgate » en 2015. « Une personne,
Herbert Diess, rassemble toutes les
marques autour de lui. C’est un bon
manager, mais quand une seule personne décide, cela renforce le risque de
voir apparaître des scandales », poursuit l’expert, rappelant que Matthias
Müller avait justement donné
davantage d’indépendance aux différentes marques. « Herbert Diess ne
simplifie pas le groupe, il rajoute un
niveau managérial supplémentaire »,
note-t-il. Interrogé vendredi, Herbert Diess s’est défendu, soulignant
qu’il allait nommer un directeur
opérationnel pour l’aider.
« Volkswagen est un géant avec
douze marques différentes, il est bon
de le simplifier un peu, estime quant
à lui Jürgen Pieper, expert automobile chez la banque Metzler. Il est
p a r fo i s n é c e s s a i re d’ a vo i r d e
l’influence, Matthias Müller n’avait
pas assez de pouvoir ».
(
Lire « Crible »
Page 30
quoi les Français ne le feraient pas
en Inde », remarque Eric Trappier.
Premier marché mondial
dans la défense
Première importatrice au monde
d’armement, l’Inde vient de clôturer le Salon DefExpo à Chennai.
Pour la première fois, le Premier
ministre du pays s’y est rendu. Histoire de marquer sa volonté de
voir l’industrie nationale prendre
la relève des importations. Son
but ? Augmenter la production
domestique de 80 % d’ici à 2025.
Les industriels du monde
entier étaient présents. Le mar-
ché indien de la défense est alléchant, avec un investissement
estimé à plus de 600 milliards de
dollars sur huit ans. Le gouvernement encourage les partenariats
industriels avec des étrangers et
pourrait même relever à 74 % le
seuil de détention par les étrangers des coentreprises de
défense. L’armée indienne est
encore équipée à 68 % avec du
matériel russe, même si, depuis
deux ans, New Delhi a ouvert
grandes ses portes aux importations américaines, nouveau fournisseur pour ce pays longtemps
« non-aligné ». n
en bref
ArcelorMittal propose à Bruxelles
de céder cinq sites pour racheter Ilva
SIDÉRURGIE Le fabricant d’acier ArcelorMittal, qui souhaite
racheter l’italien Ilva, se dit prêt à se séparer des sites de Piombino (Italie), de Galati (Roumanie), de Skopje (Macédoine),
d’Ostrava (République tchèque), de Dudelange (Luxembourg)
et à fermer plusieurs lignes à Liège (Belgique) pour obtenir le
feu vert des autorités antitrust. Le seul site de Galati emploie
6.200 salariés. La France n’est pas directement concernée. La
Commission aurait demandé à ArcelorMittal de céder l’équivalent de 3 millions de tonnes pour donner son accord à l’acquisition d’Ilva, dont la capacité maximale de production avoisine les
10 millions de tonnes annuels. Si la manœuvre se concrétise, le
groupe se recentrera largement sur l’Europe de l’Ouest. Un
comité central d’entreprise exceptionnel se tiendra mardi au
Luxembourg.
ACS remporte un contrat ferroviaire
de 775 millions d’euros à Toronto
CONSTRUCTION Le géant de la construction espagnol ACS a
annoncé, dimanche, un contrat de 775 millions d’euros pour la
construction et l’entretien d’une nouvelle ligne de chemins de
fer à Toronto, la plus grande ville du Canada. ACS construira
cette voie de 11 kilomètre dans le nord de la ville en prenant la
tête d’un consortium comprenant deux de ses filiales, Dragados
Canada et ACS Infrastructure Canada (Iridium), ainsi que deux
sociétés locales, Aecon et Dufferin/CRH Group. La construction pourrait commencer au troisième trimestre de 2018. Le
contrat passé avec le gouvernement de la province d’Ontario
inclut aussi la construction de garages pour réparer et abriter
les trains.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
16 // INDUSTRIE & SERVICES
Football :
les clubs français
dans le rouge
en 2016-2017
SPORT
Les clubs tricolores
ont accusé une
perte collective de
101 millions d’euros.
Le football professionnel français n’a pas tardé à redevenir
déficitaire. Franchement déficitaire même… Globalement sortis du rouge au terme de la saison 2015-2016, avec un résultat
net positif de 2,9 millions
d’euros, les clubs de Ligue 1 et de
Ligue 2 ont en effet accusé une
perte collective avoisinant
101,3 millions pour la saison
2016-2017, selon le dernier rapport de la DNCG, le « gendarme
financier » du foot tricolore,
publié vendredi.
La L1 a enregistré, à elle seule,
un déficit de 93,4 millions
d’euros, à comparer à un gain de
20,5 millions en 2015-2016. Cette
brutale détérioration s’explique
principalement par une
balance négative en matière de
transferts. Mais pas seulement.
Ce résultat négatif du foot
« pro » « n’est pas une surprise et
ce n’est pas une mauvaise nouvelle », a ainsi analysé le directeur général exécutif de la Ligue
de football professionnel (LFP),
Didier Quillot, lors de la présentation du dernier rapport
annuel de la DNCG, et d’ajouter : « Nos clubs sont passés à
l’achat et c’est une preuve de confiance. » Cette saison 2016-2017
a été notamment marquée,
a-t-il rappelé, par un énième
recrutement du PSG « made in
Doha » avec l’arrivée de l’Allemand Julian Draxler moyennant 38 millions d’euros, et par
le retour à l’Olympique de Marseille de Dimitri Payet pour
30 millions, dans le cadre de
l’ambitieux projet de club de
son nouveau propriétaire, le
milliardaire américain Frank
McCourt. « Les fondamentaux
vont dans le bon sens », a même
estimé Didier Quillot, soulignant que la perte d’exploitation – hors transferts de
joueurs – cumulée de la L1 et de
la L2 s’est réduite de 53 millions
d ’e u r o s e n 2 0 1 6 - 2 0 1 7 , à
333,5 millions, pour un total de
produits de 1,86 milliard
(+ 10,3 %), la perte opérationnelle étant de 275,8 millions
pour la seule L1, réduite de 13 %,
pour un total de produits de
1,64 milliard (+ 11 %). Ce déficit
hors transferts des clubs n’en
reste pas moins colossal.
Interrogé sur les perspectives
pour la saison en cours, dans sa
dernière ligne droite (le championnat se termine courant
mai), Didier Quillot a d’ailleurs
admis ne pas s’attendre à un
résultat « à l’équilibre ». Un tel
objectif n’est « pas inatteignable », a-t-il cependant ajouté,
observant : « Si on gagne 50 millions par an [l’amélioration du
résultat d’exploitation total hors
transferts, NDLR], dans cinq ou
six ans, on est à l’équilibre. »
Le plus gros déficit
pour l’OM
Pour ce faire, il table sur l’augmentation des recettes des clubs
avec une valorisation accrue de
l e u r s d r o i t s T V, e t s u r d e
meilleures performances dans
les compétitions européennes,
d’où plus de revenus distribués
par l’UEFA. Des éléments susceptibles d’attirer de nouveaux
investisseurs.
Cela étant, ce panorama général ne doit pas masquer
l’extrême hétérogénéité du foot
« pro ». Si l’on se penche sur la
seule L1, 13 clubs étaient ainsi
bénéficiaires en 2016-2017,
4 étant en revanche très déficitaires – l’OM (–42,4 millio
ns), Lille (– 40,5 millions), le PSG
(–18,8 millions), Bordeaux
(–14,5 millions) – au lieu d’un
seul lors de la saison précédente.
De même, le PSG a généré à
lui seul un peu moins d’un tiers
de ses recettes, l’équivalent des
13 plus petits budgets… — C. P.
Lundi 16 avril 2018 Les Echos
Pétrole : les chiffres fous
de Saudi Aramco
ÉNERGIE
La prochaine introduction en Bourse de la
compagnie nationale
saoudienne permet
de lever le voile sur
ses performances.
Le géant saoudien
est le groupe
le plus profitable
de la planète.
Véronique Le Billon
@VLeBillon
Le 6 mars 1938, depuis ses
1.400 mètres de profondeur, le puits
Dammam numéro 7 faisait jaillir
les premiers barils de pétrole qui
allaient faire la fortune de l’Arabie
saoudite. Quatre-vingts ans plus
tard, l’ambition de Riyad de mettre
en bourse 5 % du capital de la compagnie nationale Saudi Aramco est
l’occasion, pour la première fois, de
mettre des chiffres sur l’héritage du
« puits de la prospérité ».
Alors que l’Etat saoudien valorise
Saudi Aramco jusqu’à 2.000 milliards de dollars, c’est d’abord un
profit record que mettent en
lumière les données collectées par
l’agence Bloomberg : 33,8 milliards
de dollars de résultat net pour le
premier semestre 2017.
Saudi Aramco est certes le premier producteur mondial de
pétrole, avec quelque 10 millions de
barils produits par jour (mb/j), mais
sa performance dépasse de très loin
celle des majors étrangères.
Ainsi, les profits cumulés de cinq
grands du secteur (Exxon, Shell,
Chevron, Total et BP) ont tutoyé les
26 milliards de dollars sur la même
période l’an dernier, alors qu’ils pro-
Au premier semestre l’an dernier, la compagnie nationale saoudienne a enregistré un résultat net
de 33,8 milliards de dollars, selon Bloomberg. Photo Christopher Morris/VII/Redux-RÉA
duisent ensemble davantage
(4 millions de barils par jour pour le
seul Exxon l’an dernier).
Profitabilité record
Cette profitabilité record fluctue
évidemment au gré des cours du
pétrole : au premier semestre 2016,
le résultat net se limitait à 7,2 milliards de dollars, fragilisant le budget du royaume dépendant presque
exclusivement de la manne pétrolière. Mais la rentabilité est aussi
favorisée par des coûts de production structurellement bas, avec un
pétrole facile à extraire, notamment à partir du gigantesque
champ qui se situe sous les pieds de
Saudi Aramco, dans le désert qui
borde la côte est du royaume.
Ainsi, les coûts de production se
sont limités à 7,9 milliards de dollars au premier semestre l’an der-
nier, note Bloomberg, qui évalue le
coût de production à moins de
4 dollars le baril.
Aujourd’hui propriété exclusive
de l’Etat saoudien, Saudi Aramco
lui a versé, selon Bloomberg, 13 milliards de dollars de dividendes au
premier semestre l’an dernier. Mais
l’entreprise s’est aussi auparavant
acquittée d’un taux d’imposition
sur les revenus et de royalties, selon
un barème progressif. Leur assiette
10
MILLIONS DE BARILS
La production de pétrole,
par jour, de Saudi Aramco,
ce qui en fait, de très loin,
le premier producteur mondial.
a été récemment élargie au-delà des
seules exportations, afin de limiter
les subventions coûteuses aux carburants et à la production d’électricité.
Saudi Aramco s’est engagé
depuis plusieurs années dans un
programme d’investissement,
notamment pour se développer
dans le raffinage et la pétrochimie.
« La diversification ajoute de la
valeur à chaque baril de brut que
nous produisons », expliquait, de
passage à Paris la semaine dernière,
le PDG de l’entreprise, Amin Nasser, aux « Echos ».
Saudi Aramco, qui vient ainsi
d’annoncer la construction (en partenariat) d’une immense raffinerie
en Inde, a investi près de 15 milliards
de dollars au premier semestre l’an
dernier, davantage que nombre de
majors étrangères. n
Joa accélère son développement dans
les casinos avec l’appui de Blackstone
LOISIRS
Le numéro trois
français enchaîne
deux opérations
de croissance externe
en France.
Et confirme son
ambition européenne.
Christophe Palierse
@cpalierse
en bref
Trois fournisseurs d’électricité
assignés par les consommateurs
ÉNERGIE L’association de consommateurs CLCV a assigné en
justice trois fournisseurs d’électricité, Cdiscount, Total Spring
(Total) et Engie pour « pratiques commerciales trompeuses ».
Elle estime que ces sociétés promettent des rabais plus avantageux que le montant réel des économies. Selon la CLCV, ces
publicités ne sont pas assez précises. Elles ne mentionnent pas
que le rabais concerne uniquement la part variable, c’est-à-dire
la consommation d’électricité, et non la part fixe (abonnement,
taxes…), confirmant des informations du « Parisien ». Des
reproches contestés par les trois opérateurs, qui s’estiment
transparents. Le marché de l’électricité a été libéralisé il y a plus
de dix ans. EDF conserve une position dominante, mais 18 % des
foyers se sont tournés vers d’autres fournisseurs, dont l’offre en
moyenne est inférieure de 10 % au tarif réglementé.
Le groupe Joa poursuit tambour
battant son développement, fort du
soutien de son nouveau et puissant
actionnaire majoritaire, Blackstone. Le numéro trois français des
casinos, dont le géant américain du
capital-investissement a repris
environ 90 % du capital en octobre
dernier, s’apprête ainsi à finaliser
l’acquisition de son vingt-quatrième établissement. Après
l’achat, courant mars, de son vingttroisième, l’hôtel-casino de Mandelieu-La Napoule (06), un 4 étoiles de
213 chambres à l’enseigne Pullman,
Joa s’apprête à conclure dans les
prochains jours celui du casino de
Gujan-Mestras (33).
Situé sur le bassin d’Arcachon,
cet établissement complétera le
maillage territorial de Joa selon
« une stratégie de clusters régionaux », explique le président du
groupe, Laurent Lassiaz. « GujanMestras complétera notre dispositif
sur la partie sud de la côte atlantique
avec nos casinos de Saint-Paul-lèsDax et Saint-Jean-de-Luz », précise-
L’acquisition récente de l’hôtel-casino de Mandelieu-La Napoule (06) constitue, pour le groupe Joa,
la plus grosse opération de croissance externe. Photo Stefan Kraus
t-il. Joa ne compte pas en rester là.
Le groupe travaille notamment à
l’ouverture d’un club de jeu à Paris
et à son développement à l’international, malgré l’échec d’une tentative de rachat de l’opérateur néerlandais JVH Gaming &
Entertainment, un gros morceau
avec ses 65 casinos aux Pays-Bas.
Joa regarde aussi l’Europe du Sud,
qualifiée de « marché cible » par son
président.
« Nos actionnaires ont la volonté
de soutenir le groupe dès qu’il y a une
affaire intéressante », souligne Laurent Lassiaz. En témoigne l’achat,
auprès de Chequers Capital, de
l’hôtel-casino de Mandelieu-La
Napoule. Si son montant reste
confidentiel, c’est « la plus grosse »
opération de croissance externe du
groupe, assure le dirigeant. Ce
volontarisme, partagé avec les
actionnaires, découle aussi de la
bonne santé de l’entreprise.
Acteur du divertissement
Joa a terminé son exercice 20162017 (clos au 31 octobre) avec un
excédent brut d’exploitation de
34,3 millions d’euros, en hausse de
9,5 % sur un an, pour un chiffre
d’affaires de 238 millions (+ 5 %).
Avec le rétablissement du secteur
des casinos, confirmé ces deux dernières années, Joa tire profit d’une
stratégie offensive qui en fait plus
largement un acteur du monde du
divertissement.
Outre le jeu, l’une des composantes de son offre, un soin tout particulier est porté à la restauration et à
des loisirs complémentaires (bowling, cinéma, discothèque…) afin
« Nos actionnaires
ont la volonté
de soutenir
le groupe dès
qu’il y a une affaire
intéressante. »
LAURENT LASSIAZ
Président du groupe
d’attirer une nouvelle clientèle de
non-initiés au black jack et autres
jeux de casino. S’y ajoute un souci
de modernité dans le design des
derniers casinos construits,
comme à Montrond-les-Bains (42)
ou à La Seyne-sur-Mer (83). n
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INDUSTRIE & SERVICES // 17
Les Echos Lundi 16 avril 2018
Palais de
justice de
Paris : un PPP
sans histoires
Le vélo électrique
dépasse le scooter
DEUX-ROUES
Les ventes de vélos
électriques ont
presque doublé l’an
dernier en France.
Environ 255.000 VAE
ont trouvé preneur.
l Le nouveau Palais de justice
de Paris ouvre ses portes ce lundi.
l Le bâtiment s’est imposé
sans encombre dans le ciel de Paris.
IMMOBILIER
Catherine Sabbah
@csabbah
Tous ses chiffres sont énormes :
le nouveau Palais de justice de Paris,
construit dans le 17e arrondissement
en lisière de Clichy (Hauts-de-Seine),
va fonctionner comme une petite
ville de 9.000 personnes. Il leur faudra trouver leur chemin dans les
5.000 mètres carrés de la salle des
pas perdus ; choisir la bonne parmi
les 92 salles d’audience… Le chantier
de cet immeuble de 160 mètres
de haut a mobilisé quelque
2.000 ouvriers pour monter
55.000 mètres carrés de façades et
utilisé 135.000 tonnes de béton.
D’après le rapport de la Cour des
comptes de 2017, le coût de ce partenariat public privé (PPP) est tout
autant exorbitant : un investissement de 725 millions d’euros, dont le
coût de financement revient à
643 millions. Il en faudra encore 960
à la société de projet Arelia pour le
faire fonctionner jusqu’en 2044. Le
bâtiment, construit par Bouygues
Bâtiment Ile-de-France, sera alors
remis à l’Etat. Il aura fallu bien des
allers et retours pour choisir le site
des Batignolles. Pourtant, après ces
hésitations, cette tour conçue par
l’architecte italien Renzo Piano,
bleutée, plantée de terrasses qui
deviendront peut-être de petites
forêts, est apparue calmement dans
le ciel de Paris. Sans réelle opposition contre sa hauteur, ni contre le
montage immobilier : l’Etat versera
un loyer pendant trente ans pour
son exploitation et son entretien.
L’action des avocats, qui a tout de
même arrêté le chantier près de huit
mois en 2014, avait surtout pour
objectif de bloquer le déménagement hors de l’île de la Cité. Finalement, les avocats auront leur maison au pied de la tour.
Au cours des huit ans qu’a duré le
projet (dont quarante mois de chantier), d’autres constructions, publiques et privées, ont fait couler une
encre plus acide : la Philharmonie,
dans le parc de la Villette, pour son
coût et les vicissitudes de son chantier ; la tour Triangle, porte de Ver-
Julien Dupont-Calbo
@jdupontcalbo
Le nouveau Palais de justice de Paris. Photo Pierre-Yves Brunaud
sailles, dont l’idée remonte à 2009,
bataille toujours contre des recours ;
les tours Hermitage, à la Défense,
sont dans les limbes depuis dix ans…
De quoi, selon Thierry Roulet, directeur général adjoint de Bouygues
Bâtiment Ile-de-France, justifier le
choix de la procédure des PPP, qui
« permettent de livrer des bâtiments
dans les délais et dans l’épure financière prévue ». Et de citer, en exemple,
le ministère de la Défense, à Balard,
ou la Seine Musicale à Boulogne.
Surveiller chaque détail
Aux architectes, dont beaucoup
sont opposés à ce type de contrat
qui briderait leur créativité, Bernard Plattner, l’associé de Renzo
Piano chargé du chantier, répond
qu’il faut résister, se montrer exigeant, surveiller chaque détail, participer au choix des matériaux en
discutant directement avec les
fabricants, et suivre minutieusement le chantier. « S’imposer
comme un partenaire égal, un bâtisseur au même titre que l’entreprise,
cela fait partie du métier », dit-il.
Si ces procédures ont du plomb
dans l’aile, c’est pour des questions
financières que ni l’Etat ni les collectivités ne pourront résoudre en revenant à la classique commande publique. Les utilisateurs du bâtiment
n’ont pas attendu l’ouverture du
Palais pour le critiquer. « Nous allons
l’accompagner quelque temps, poursuit Bernard Plattner, il y aura sans
doute des ajustements. En PPP, vous
obtenez ce que vous avez acheté, et on
ne change rien en cours de route, ce qui
évite notamment les dérapages. »
Sauf cas de force majeure, comme la
décision d’accueillir le pôle antiterroriste, qui a obligé à repenser certains accès et à installer du verre
anti-bombe en façade. n
Alors que l’écosystème était en
roue libre depuis l’arrivée du
VTT, à la fin des années 1980, les
fabricants de petites reines
accélèrent à nouveau,
aiguillonnés par l’essor des
vélos à assistance électrique
(VAE) – et dans une moindre
mesure par la mode des nouvelles bicyclettes urbaines. « Les
industriels se développent à nouveau. Nous avons une très belle
autoroute devant nous », se félicite Jérôme Valentin, le président de l’Union sport & cycles,
la fédération professionnelle
du secteur.
L’an dernier, il s’est vendu
quelque 2,78 millions vélos
dans l’Hexagone, soit 0,2 % de
plus qu’en 2016. Mais c’est surtout en valeur que le gain est
conséquent : le marché a frisé
1,3 milliard d’euros, un saut de
9,8 % en un an. Le prix de vente
moyen a gagné 9 %, à 459 euros.
Il faut dire que l’étiquette
moyenne d’un VAE affiche
1.564 euros, contre 1.404 euros
p our un vélo de course et
396 euros pour un VTT. Un véritable jackpot, avec pas moins de
254.870 VAE qui ont trouvé preneur en 2017 (dont 35.640 VTT
à batterie). Soit 90 % de plus
qu’en 2016, bien plus que les
107.322 cyclomoteurs vendus et
à peine 20.000 unités de moins
que les ventes de scooters et de
motos cumulées ! Le marché
français du VAE pèse désormais 399 millions d’euros.
« Je pense qu’on vendra 1 million de vélos électriques en France
dans sept ans », s’enthousiasme
Jérôme Valentin, par ailleurs
patron de Cycleurope (Gitanes,
Peugeot, Bianchi…). En Allemagne, 720.000 VAE ont été écoulés en 2017. En Belgique, le VAE
truste déjà 45 % des ventes globales de vélo… « Le phénomène
est encore trop récent, nous
n’avons pas encore assez de recul
pour savoir si le VAE peut prendre des parts de marchés aux
petits scooters citadins. Mais c’est
possible », juge B enjamin
Hughet, le responsable France
du groupe néerlandais Accell.
« Speed bikes »
Quoi qu’il advienne, des batteries sont déjà largement installées sur les vélos urbains, les
vélos de loisirs et les VTT. Et elles
commencent à se placer sur les
cadres des vélos de course. Seul
bémol – il en faut bien un –, les
ventes de « speed bikes » – des
vélos électriques capables de
rouler à 45 kilomètres à
l’heure – restent confidentielles.
« Pour ces engins, il faut une assurance et une plaque d’immatriculation, c’est plus compliqué. Mais
il existe une demande », confie
Denis Briscadieu, le président de
CycleLab, un groupe qui contrôle plus d’une centaine de
magasins spécialisés. Encore
faudra-t-il déterminer si ces
machines-là sont des vélos. n
INTERVIEW // RENZO PIANO Architecte
« Une architecture donne à un concept
son expression bâtie »
Propos recueillis par C. S.
R
Jeudi 17 mai 2018 à 10h
à l'Espace Grande Arche
enzo Piano a commencé sa
carrière parisienne avec le
Centre Pompidou. quarante
ans après, il continue de forger la
modernité de la capitale avec le
Palais de justice.
Quels sont vos rapports avec
la justice ?
Ils sont bons! Il y a deux ans, mon
travail était exposé à Padoue, dans
l’un des premiers tribunaux, une
grande salle où des hommes
essaient de mettre d’accord les
autres. Au fond, une architecture
donne à un concept son expression
bâtie. Par exemple un hôpital est un
moment d’apnée entre les sciences
et les sciences humaines ; un musée,
un lieu où approcher silencieusement une œuvre de beauté ; une
salle de concert un endroit où l’on
savoure d’écouter avec les autres. La
justice?Je pense lumière, légèreté,
transparence. Un endroit où l’on
passe beaucoup de temps, souvent
dans des conditions de grande
anxiété. Il fallait l’alléger.
Vous avez donc travaillé avec
l’espace et la lumière comme
matière ?
Et aussi le verre et l’acier, le béton, le
bois ; il y a des moments où vous
construisez avec le désir des gens.
Le métier de bâtisseur est très pragmatique, mais c’est aussi un métier
d’art où l’on a à faire avec les émotions. Comment répondre aux
besoins d’une ville ? Quelqu’un, au
sommet de l’Etat a un moment eu le
courage de s’installer en bordure de
la ville, pour féconder la banlieue.
La forme de ce bâtiment
fait penser à trois marches,
faut-il y lire un symbole ?
Actionnaires de SUEZ, participez à
votre Assemblée Générale Mixte
La Grande Arche – 92044 Paris-La Défense
« Il faut trouver de la confiance chez son client, car nous ne sommes
jamais sûrs à 100 % de ce que nous faisons. » Photo Philippe Lopez/AFP
Non. Il s’agit d’un lieu public où l’on
reçoit des milliers de gens. Il fallait
un socle, 90 salles d’audience, une
petite ville de 9.000 personnes, et
puis d’autres fonctions, au-dessus.
Dans l’île de la Cité, le Palais est
bien sombre, mais on peut sortir…
Nous voulions offrir aussi des jard i n s e t p o u vo i r r e s t i t u e r u n
moment de liberté en sécurité.
L’immeuble de grande hauteur
« La justice ? Je pense
lumière, légèreté,
transparence dans
un lieu immense. »
subit aussi de très fortes contraintes : c’est une fine lame qu’il vaut
mieux découper, d’où ces « tailles
de guêpe » entre les grands blocs, là
où le bâtiment semble se resserrer,
il y a des espaces de rencontre.La
forme naît d’un mélange de contraintes. Le vent, la force de gravité
avec laquelle on flirte du matin au
soir. Et puis la fonctionnalité, la
sécurité, les coûts d’entretien, les
consommations d’énergies. Tout
devient source d’inspiration. Enfin
il faut donner une présence à ce
bâtiment dans le ciel de Paris. C’est
un gardien. Un soldat.
On a beaucoup dit que
le partenariat public privé
bridait le travail de l’architecte,
qu’en pensez-vous ?
Nous avions de très nombreux
interlocuteurs : Bouygues, l’Eppjp
(Etablissement public du Palais de
justice de Paris) et les magistrats. Ce
n’était pas la chose la plus facile de
traiter avec ces trois entités très fortes et compétentes. Il faut trouver
de la confiance chez son client, car
nous ne sommes jamais sûrs à
100 % de ce que nous faisons. Un
bon client n’est pas un client qui dit
« oui ». Lorsque nous avons conçu le
Centre Pompidou avec Richard
Rogers, nous étions fous, mais pas
bêtes. Et nous en avons apporté la
preuve depuis. Aujourd’hui nous
savons de quoi nous parlons, autant
que les trois partenaires avec lesquels nous avons travaillé.
a
L’intégralité de l’interview sur
lesechos.fr/
Pour participer à cette Assemblée, vous devez justifier de votre
qualité d'actionnaire à la date du mardi 15 mai 2018, à zéro
heure (heure de Paris). Avec VOTACCESS vous avez la possibilité
d'utiliser Internet pour demander votre carte d'admission à
l'Assemblée, donner pouvoir ou voter jusqu'au 16 mai à 15h.
RELATIONS ACTIONNAIRES
Pour toutes questions,
n'hésitez pas à nous contacter :
0 800 207 207
actionnaires@suez.com
17 mai : publication du 1er trimestre 2018
24 mai : mise en paiement du dividende (*)
26 juillet : publication du 1er semestre 2018
(*) sous réserve de l'approbation de l'Assemblée
Générale, dividende de 0,65 € par action, versé en
numéraire et détaché le 22 mai.
WWW.SUEZ.COM
L'Assemblée sera retransmise en direct
sur notre site internet. Vous pourrez
également retrouver sur ce site
l'intégralité des informations relatives à
l'Assemblée Générale, et notamment
les conditions de participation, l'ordre
du jour, les comptes annuels et le texte
des résolutions (rubrique Finance /
Assemblées Générales).
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18 // INDUSTRIE & SERVICES
Lundi 16 avril 2018 Les Echos
« Cdiscount lance la location longue
durée sur 1.000 produits »
l Le PDG de Cdiscount commente ses résultats trimestriels.
l Il explique que son site combine prix bas et nombreux services.
meubles, l’installation d’un pared o u c h e , vo i r e d ’u n e c u i s i n e
entière ! On parle beaucoup de la
qualité de service de nos concurrents, mais nous sommes les seuls
à proposer aussi la livraison des
gros produits dans la journée en
Ile-de-France ou à Lyon. Et nous
allons étendre la livraison en un
jour des petits produits de 6 à
8 grandes villes d’ici à fin 2018. Nos
colis prennent le TGV !
Le volume d’activité
de Cdiscount a progressé
de 13 % au premier trimestre,
mais de 6 % seulement
en organique. La croissance
du e-commerce se tasse-t-elle ?
Non. En revanche, les habitudes de
consommation évoluent et nous
nous y adaptons. Le Black Friday, en
novembre, est par exemple devenu
un rendez-vous important au détriment des soldes de janvier. Le début
d’année est très encourageant pour
Cdiscount. Nous continuons de
gagner des parts de marché et profitons d’un élargissement fort de
notre offre, en particulier dans la
maison, le jouet et les loisirs. De
plus, nous consolidons depuis
l’année passée les ventes high-tech
et de meubles des hypers du groupe
Casino, ce qui a un impact de 7 % de
croissance d’activité sur le trimestre. Ce qu’il faut noter, c’est que nous
avons dépassé la barre des 20 millions de visiteurs uniques par mois,
avec 8,6 millions de clients actifs,
que sur un an le nombre d’abonnés
à Cdiscount à volonté [la livraison
gratuite illimitée moyennant
29 euros par an, NDLR] a progressé
de 33 % et que le poids de la place de
marché sur nos ventes représente
désormais un tiers de l’activité de
Cdiscount. Bref, il n’y a que des raisons d’être optimiste pour 2018.
A quoi servent les corners
Cdiscount implantés
dans les Géant ?
Ces showrooms sont au nombre de
11 et seront 20 en juin. Sur 300 à
400 mètres carrés nous proposons
les dernières nouveautés high-tech,
nos meilleures promotions et également des produits de décoration
et des meubles. C’est une première
en hypermarché. En résumé, les
meilleures ventes de Cdiscount
Ludovic Marin/AFP
Propos recueillis
par Philippe Bertrand
@Bertra1Philippe
« Les meilleures ventes de Cdiscount sont disponibles en magasin
avec des prix Internet mis à jour quotidiennement. »
sont disponibles en magasin avec
des prix Internet mis à jour
quotidiennement. Les rayons des
Géant qui incluent ces showrooms
voient leurs ventes progresser
en moyenne de 25 %. C’est une
incontestable réussite.
« C’est l’ADN même
de Cdiscount de
démocratiser l’accès à
la consommation pour
tous les Français. »
Vous avez lancé il y a quelques
mois les crédits Coup de Pouce.
Comment cela fonctionne-t-il ?
C’est un service que l’on peut obtenir
en cinq minutes, grâce à notre partenaire Banque Casino, avec simplement une pièce d’identité et un RIB.
Nous en avons distribué plusieurs
dizaines de milliers. Nous avions
déjà lancé le paiement gratuit en
quatre fois. Et nous annonçons
aujourd’hui la location longue durée
sur 1.000 produits, comme les téléphones ou les téléviseurs. Avec la
revente du produit au bout de
24 mois, cela revient moins cher que
l’achat en une fois. D’une façon générale, sur ces offres, nous sommes
15 % moins chers que nos concurrents. C’est l’ADN même de Cdiscount de démocratiser l’accès à la
consommation pour tous les Français.
D’une façon générale,
vous multipliez les services ?
L’objectif est d’offrir une expérience
client totale en étant toujours les
moins chers. Le client peut se faire
livrer rapidement dans un point
relais à coût zéro. Mais nous pouvons aussi le livrer chez lui dans un
créneau de deux heures et même
installer le produit. Nous sommes
les seuls à proposer le montage des
En un an, la part
des marchands tiers de votre
place de marché qui font appel
au Cdiscount Fulfillment,
c’est-à-dire à tous vos services
dont l’expédition par vos soins,
a gagné 9 points à 20 %.
Comment ?
Nous avons beaucoup investi dans
la qualité de service offerte à nos
marchands. Et l’offre Fulfillment
leur donne accès aux abonnés Cdiscount à volonté, qui achètent quatre
fois plus. C’est un attrait considérable. Nous proposons également à
nos marchands, comme à nos fournisseurs et à des annonceurs, de
communiquer vers nos clients
grâce à notre régie 3W. La monétisation de notre audience via la régie
et par la marketplace est un élément majeur de notre rentabilité.
Le fait que Monoprix, qui
appartient à votre groupe,
passe un accord avec Amazon
pour la livraison express
alimentaire à Paris signifie-t-il
que Cdiscount abdique toute
ambition dans l’e-commerce
alimentaire ?
Cet accord s’inscrit dans le cadre de
la politique de partenariat du
groupe Casino et c’est une très
bonne nouvelle pour Monoprix.
Notre priorité a toujours été l’offre
non alimentaire. C’est ce qui nous a
d’ailleurs permis de devenir l’un des
seuls vrais concurrents qu’Amazon
possède dans un pays européen. n
Gipsy veut réenchanter
les magasins avec ses peluches
JOUET
La marque de peluches
lance les Squishimals,
de petits animaux
moelleux.
Gipsy mise sur
les concepts autour
de Pâques, Halloween,
ou la Saint-Valentin
pour désaisonnaliser
ses ventes.
Dominique Chapuis
dchapuis@lesechos.fr
Sa licorne musicale était en rupture
de stock à Noël. Après avoir été en
tête des ventes sur Amazon pendant quinze jours, la première marque française de peluches
Gipsy, espère avoir un autre succès
ce printemps avec les Squishimals.
Une gamme composée de 12 petits
animaux moelleux à collectionner.
Elle s’inspire d’un phénomène en
vogue au Japon et aux Etats-Unis, la
mousse à mémoire de forme. La
société a, elle, choisi d’utiliser des
fibres, et non de la mousse, pour
garnir ces petites peluches (vendues entre 5,90 et 9,90 euros).
« Nous avons senti un vrai engouement de nos clients distributeurs en
France et à l’export », affirme Sandra Callahan, la directrice générale
de Gipsy. Avec son mari, elle a
repris en 2002 l’entreprise familiale
basée dans le Calvados. Sur un marché difficile, son chiffre d’affaires a
progressé l’an dernier de 15 %, à
11,5 millions d’euros, avec 2 millions
de peluches produites par an.
Son père a racheté l’entreprise en
1989, alors qu’elle était au bord du
dépôt de bilan. A l’époque, la société
comptait encore deux sites de production, fermés par la suite. Lorsqu’ils reprennent Gipsy en 2002, les
nouveaux dirigeants ont l’idée de
créer un premier concept d’univers,
les oiseaux siffleurs.
De petits personnages sonores placés
dans un présentoir.
Gipsy imagine un arbre géant de
2 mètres abritant 240 piafs. Le projet a fait un carton, avec 800.000
pièces vendues en un an ! Gipsy a
imaginé onze autres concepts à la
suite. « Notre objectif était de désaisonnaliser l’activité, en créant des
événements en magasin, au-delà de
Noël, que ce soit à Pâques, pour la
Saint-Valentin ou Halloween »,
relève Stephen Callahan, le président de Gipsy.
Conquérir de nouveaux
circuits
Aujourd’hui la société ne réalise
plus que 50 % de ses ventes à Noël.
Quinze ans après, « ces oiseaux res-
tent un de nos best-sellers », note
Sandra Callahan.
Pour ses peluches classiques,
Gipsy a appliqué la même recette,
en créant un univers. Un moyen de
« réenchanter les points de vente ».
En 2016, la société a dessiné une
arche de Noé de près de 4 mètres
sur 2 mètres de hauteur, accueillant
tous ces animaux. Le succès de
cette approche lui a permis de
réduire de 45 à 10 % la part de ses
licences (Lapins Crétins, Pat’
Patrouille, Les Minions…), au succès plus aléatoire.
L’objectif de Gipsy est de conquérir de nouveaux circuits, comme les
animaleries et les lieux culturels en
plus de la grande distribution
(65 %), les spécialistes du jouet
(15 %) ou Internet. En 2018, il vise
une hausse de 5 à 10 % de son
chiffre d’affaires. n
Gipsy parie sur les Squishimals pour séduire
dès avril petits
et grands. Photo DR
marketing
Pour son bicentenaire,
la Caisse d’Epargne
revendique sa modernité
CÉLÉBRATION
Concilier intérêt général et
intérêts particuliers, opérer
selon un mode collaboratif
et coopératif… L’Ecureuil
souffle ses 200 bougies
en insistant sur la modernité
de son concept.
Véronique Richebois
@VRichebois
Avril, le mois des anniversaires… publicitaires. Alors que
Citroën vient de fêter, avec un
an d’avance, son centenaire, via
un grand film institutionnel, la
Caisse d’Epargne diffuse, de
façon quasi simultanée, une
campagne de marque pour ses
200 ans signée par l’agence Altmann + Pacreau. Tout comme
le constructeur automobile, la
Caisse d’Epargne est confrontée
à un défi cornélien : comment
communiquer sur le passé glorieux de la banque coopérative
créée en 1818, sans l’inonder par
avance de lauriers émus qui en
feraient tout, sauf la banque du
futur dans un univers où se
multiplient fintech et banques
digitales ?
sode, diffusé en ligne, a mis en
scène Denis Diderot, l’inventeur
de l’« Encyclopédie ». Il raconte,
en costume d’époque, les prémices de la création de la Caisse
d’Epargne et de son projet de sortir le peuple de la misère grâce à
l’épargne, sur le mode décomplexé d’un startuppeur vendant
un concept disruptif. S’ensuivent
Benjamin Franklin, Alphonse
de Lamartine, Edmond Rostand, Jules Verne…
Récit en slam
En parallèle, la Caisse d’Epargne
s’est offert, via un grand film de
90 secondes réalisé par Ivan
Grbovic, un voyage dans le
temps et l’industrialisation,
pour célébrer ses 200 ans. Même
si là aussi – les deux démarches
de communication ayant été
menées séparément – la banque
a choisi de créer des ruptures de
style et d’époque, afin d’éviter
l’écueil du récit épique narré au
premier degré. Tourné en planséquence et découpé en quatre
tableaux, le film est porté par un
personnage contemporain, en
jean et tee-shirt, qui se promène
dans le temps et narre l’histoire
de la Caisse d’Epargne sous
forme de slam. « Aujourd’hui, la
révolution digitale remplace la
Altmann + Pacreau
INTERVIEW // EMMANUEL GRENIER Président de Cdiscount
Avec l’agence Altmann + Pacreau, la Caisse d’Epargne
met en avant la modernité de son concept, en métissant
époques et styles.
Ce défi se complique du rapport ambivalent qu’entretiennent les Français avec l’argent,
partagés entre culpabilité et fascination. Tout comme il pâtit de
la manière dont le discours bancaire mettant en scène une relation « enchantée » avec le banquier (la saga animalière de la
Caisse d’Epargne, le banquier
chantant du Crédit Agricole…) a
dû effectuer une révolution culturelle expresse sous la pression
de la crise financière de 2008. La
violence de la vague de défiance
qui a suivi l’a contraint à se
recentrer sur le territoire des
valeurs – éthique, transparence,
proximité avec le client… – et de
la parole sociétale.
Startuppeur décomplexé
Afin de mener à bien son propre
discours d’anniversaire, la
Caisse d’Epargne (avec un budget de plus de 40 millions d’euros
nets en 2018) a opté alors pour
une communication globale,
métissant époques et styles. Du
côté « com branchée », option
Millennials, la Fédération nationale des Caisses d’Epargne
(FNCE) a commandé au youtubbeur Ugo Bimar une websérie en
huit épisodes, qui raconte « La
Fabuleuse Histoire » de la banque mutualiste. Le premier épi-
révolution industrielle. Mais une
chose reste indispensable : pour
continuer à aller de l’avant, il faudra toujours une banque utile »,
conclut le spot.
L’ « utile » d’abord
« Nous avons d’abord vu ce bicentenaire comme l’occasion de
nourrir notre plate-forme de
marque, en démontrant comment, depuis 1818, la Caisse
d’Epargne s’est construite autour
de la notion d’utilité », raconte
Laurent Buffard, directeur de la
communication de la Caisse
d’Epargne. « Mais le concept
même de la Caisse d’Epargne est
lui-même d’une incroyable
modernité », intervient Olivier
Altmann, président d’Altmann
+ Pacreau. Concilier intérêt
général et intérêts particuliers,
fonctionner selon un mode collaboratif et coopératif, mettre en
avant l’« utile » dans sa communication… « Toutes les valeurs
sociétales de la Caisse d’Epargne
sont en phase avec l’époque, sans
qu’elle ait besoin de courir après
des démonstrations technologiques. A partir de là, les choses
étaient simples pour cette campagne du bicentenaire : il suffisait de
montrer, comment, pendant ces
200 ans, la Caisse d’Epargne avait
tout fait pour être “utile”. » n
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Les Echos Lundi 16 avril 2018
HIGH-TECH
&MEDIAS
Telecom Italia :
le fonds activiste
SVM soutient Elliot
Shutterstock
DR
en
pixels
Le fonds activiste allemand
Shareholder Value Management
(SVM) a annoncé samedi qu’il avait
acquis plus de 1 % du capital de
Telecom Italia, avec la ferme
intention de soutenir Elliott.
Le fonds américain qui possède déjà
près de 10 % des titres de TIM a aussi
reçu l’appui de l’Asati, association
d’actionnaires minoritaires .
Netflix intégré dans
les offres de Comcast
Le numéro un du câble sur le
marché américain, va intégrer
Netflix dans ses offres de
télévision par abonnement. C’est
la première fois aux Etats-Unis
qu’un opérateur de télévision à
péage accepte d’inclure le
service de vidéo en streaming.
Netflix a conclu en mars
un accord similaire avec Sky
en Grande-Bretagne.
1
MILLIARD DE DOLLARS
Le Chinois Xiaomi envisagerait selon Bloomberg de
racheter GoPro qui accumule les difficultés. Sur la
base de transactions passées,
certains valorisent GoPro
à 1 milliard de dollars.
Personne ne commente
toutefois la rumeur.
WPP : le départ de Martin Sorrell sonne
la fin d’une époque
l Une succession non réglée, des émoluments faramineux, une trop grande lenteur à émerger d’un modèle de groupe
de communication traditionnel…
l Le départ du patron du leader mondial de la communication marque la rupture avec un monde ancien.
qu’elle ne découvre, « sonnée »,
l’embauche, la semaine dernière,
par WPP du cabinet juridique WilmerHale, souvent comparé au cabinet Kroll, spécialisé dans les enquêtes financières en tout genre.
COMMUNICATION
Véronique Richebois
@VRichebois
« Le roi Sorrell » est tombé. Trentetrois ans de règne ininterrompu
viennent de prendre fin brutalement pour celui qui avait transformé une fabrique de fil de fer, Wire
& Plastic Products (WPP), en
numéro un mondial de la communication, avec ses 202.000 collaborateurs répartis dans 112 pays et des
annonceurs tels qu’Unilever, Nestlé,
Procter & Gamble, HSBC, Ford…
gérés par ses filiales Ogilvy, Young &
Rubicam, Grey, JWT, GroupM,
Kantar Consulting… Samedi, à
23 h 22, le groupe a annoncé que
« Sir Martin Sorrell avait démissionné de ses fonctions de chief executive officer [directeur général,
NDLR] de WPP avec effet immédiat ».
Roberto Quarta, le « chairman », de
WPP, devient président exécutif jusqu’à la nomination d’un nouveau
directeur général. Il sera secondé
par Mark Read, patron du groupe
Wunderman et de WPP Digital, et
par Andrew Scott, directeur des
opérations en Europe.
Transitoire, cet organigramme
conçu en hâte pourrait déboucher –
en douceur – sur la nomination prochaine de Mark Read au titre de CEO.
WPP entendrait éviter que l’éviction
forcée de Martin Sorrell ne prenne
l’apparence d’un coup d’Etat de son
conseil d’administration. Même si ce
dernier n’a pas ménagé sa peine pour
obtenir ce résultat. Il n’empêche, l’expatron- fondateur de WPP, âgé de
soixante-treize ans et ne possédant
Des convoitises exacerbées
Martin Sorrell est débarqué alors que l’enquête interne de WPP n’est pas encore achevée.
Photo Justin Tallis/AFP
plus que 1,39 % du capital du groupe,
part à la retraite sans qu’aucune
charge n’ait été retenue contre lui… et
alors que l’enquête interne n’est pas
achevée. D’où les questions sans
réponses que se posent un certain
nombre d’« insiders ». Quelle est la
nature exacte des liens qu’entretient
Martin Sorrell avec Jared Kushner, le
33
ANS
Le règne de Martin Sorrell s’est
brutalement achevé après
33 ans aux commandes du
groupe de communication WPP.
gendre de Donald Trump, dont il est
fan. Quelles relations entretient-il
exactement avec le sulfureux cabinet Cambridge Analytica, au cœur,
ces dernières semaines, de la grave
crise de crédibilité traversée par
Facebook ? La concomitance entre
le « Facebookgate » et l’éviction de
Martin Sorrell aiguise les curiosités.
C’est dans ce climat de surprise et
de soupçon qu’ont pris fin deux
semaines de tension amorcées par
la révélation, le 3 avril, de l’existence
d’une enquête interne menée par
WPP sur un « comportement inapproprié de son CEO ». Un terme flou
que la communauté financière
anglo-saxonne interprète alors
comme un abus de bien social indélicat mais non dramatique. Avant
Comment le mythe a vacillé
En l’espace de cinquante
ans, Martin Sorrell,
petit-fils d’immigrant
anonyme, est parvenu à
devenir le leader mondial
de la communication,
acquérant fortune et titre.
Mais le mythe a vacillé.
La vie et le parcours de Martin Sorrell ont un petit goût de rêve américain, accompli sous les ors de l’exempire britannique. Rien n’était
gagné pour ce petit-fils d’immigrants russes et polonais d’origine
ashkénaze, né en février 1945, qui a
monté de toutes pièces son empire…
au point de s’arroger la place de
numéro un mondial de la communication en 2008, après avoir été
anobli par la reine en 2000. Un père
électricien, mais des études brillantes à Cambridge puis un MBA à Harvard… Il fait ses premiers pas
comme journaliste, devient consultant puis rejoint le leader mondial
du sponsoring sportif Mark McCormack et le distributeur alimentaire
James Gulliver Associates.
Les premières photos le montrent
timide, l’allure grisâtre d’un financier. On est loin du Martin Sorrell de
ces dernières années, looké, bronzé.
Tantôt businessman en vue militant
aux côtés de Richard Branson contre
le Brexit. Tantôt sarcastique lorsqu’après le rapprochement avorté de
Publicis et d’Omnicom en 2013, il
commente, impérial : « Restructurer le management de Publicis, c’est
un peu comme de changer la place
des transats sur le pont du Titanic ! »
Troisième frère Saatchi
A l’époque, Martin Sorrell peut se le
permettre : acquis en 1985, Wire &
Plastic Products, coquille vide mais
cotée en Bourse, lui a permis de se
placer au firmament des groupes
de communication. Et là, il a été à
bonne école. Directeur financier de
Saatchi & Saatchi, il a œuvré pour
son expansion au point d’être surnommé « le troisième frère Saatchi ». Sauf qu’il comprend qu’il
n’aura jamais le pouvoir. Il décide
alors de constituer un grand groupe
de communication. De préférence
en jetant son dévolu sur des grandes
enseignes anglo-saxonnes.
L’abordage commence en 1987 :
il lance un raid hostile sur le réseau
américain J. Walter Thompson
(JWT). Suivent une demi-douzaine
d’OPA sur, notamment, les américains Ogilvy & Mather et Young &
Rubicam (2000). Le premier, payé
trop cher dans un marché en chute,
lui a valu d’être qualifié d'« odieuse
petite m… » par David Ogilvy… avec
lequel il finira par se réconcilier. Au
passage, Sorrell frôle la faillite.
Mais au fil de ses acquisitions de la
moins heureuse (la centrale
d’achat Tempus CIA en 2001) aux
plus inspirées (le cabinet d’études
TNS-Sofres en 2008 qui démontre
son intérêt précoce pour la data), il
imprime une marque financière
aux entités de WPP.
Visionnaire
Il démontre aussi ses talents de
« dealmaker ». Mais surtout,
Martin Sorrell acquiert une réputation de visionnaire. En 2005, il
dénonce déjà le danger de la concurrence de Google, qu’il juge
comme son « ennemi véritable »
alors qu’Internet en est à ses balbutiements. Plus tard, ce sont les Gafa,
Google, mais aussi Facebook et surtout Amazon qu’il épingle. Redoutant sans jamais l’avouer la concurrence des cabinets de conseil, il
avait fusionné quatre de ses filiales
en janvier dernier sous le vocable de
Kantar Consulting. Mais là, il était
peut-être déjà tard… — V. R.
Plus profondément, le départ de
Martin Sorrell semble être le fruit
d’une bataille successorale « shakespearienne » qui n’aurait pas pris cette
intensité si ne s’était greffée la difficulté de WPP à faire évoluer son
modèle économique et sa stratégie.
Le géant doit désormais faire face,
comme ses concurrents, à un marché d’où surgissent des acteurs issus
d’univers très différents – Gafa, cabinets de conseil, tels Accenture,
Deloitte, et annonceurs de la grande
consommation – décidés à reprendre
la main sur leurs dépenses publicitaires en les contrôlant au maximum.
La publication des résultats
financiers de WPP en mars dernier
a démontré sa difficulté à s’adapter.
En 2017, le groupe a signé sa plus
mauvaise performance annuelle
depuis la crise financière, avec un
chiffre d’affaires en hausse de 6,1 %
(mais de seulement 1,6 % à taux de
change constant), à 15,26 milliards
de livres (17,3 milliards d’euros) et
un repli de son bénéfice opérationnel de 7,5 %. En l’espace d’un an,
l’action a perdu plus du tiers de sa
valeur, alors qu’en 2015 la rémunération du fondateur de WPP a culminé à quelque 70 millions de
livres, et à 40 millions en 2016. La
baisse de la valorisation du groupe,
tombée à 17,3 milliards d’euros, vendredi, pourrait exacerber la convoitise d’un cabinet de conseil tel
Accenture, prompt à y voir une
complémentarité de modèle exceptionnelle. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
20 // HIGH-TECH & MEDIAS
Lundi 16 avril 2018 Les Echos
INTERVIEW // LAURENT HABIB Président de l’Association des agences-conseils
en communication (AACC) et de l’agence Babel
« Les marques sont face à une question
de survie, il est urgent de riposter »
l Pour Laurent Habib, il est vital pour les entreprises d’avoir une réflexion
sur leurs actifs immatériels (marque, culture, capital humain).
l Il encourage les agences à construire une relation directe avec les consommateurs.
vocale va en réalité choisir la marque qu’il pousse dans une logique
publicitaire – celle qui paie le plus –
ou, pire, celle qu’il produit luimême, à l’image des piles d’Amazon.
Propos recueillis par
Véronique Richebois
@VRichebois
Vous êtes président du syndicat des agences de communication. A ce titre, comment
décryptez-vous les challenges
que doivent affronter les marques aujourd’hui ?
La transformation digitale a frappé
la plupart des grandes entreprises
européennes en fragilisant l’aval et
l’amont de leur modèle économique. Ce double affaiblissement a été
symbolisé par le secteur de l’hôtellerie avec, d’un côté, Booking, qui a
capté la relation avec le client, et
Airbnb, qui a proposé un modèle
économique alternatif sans capex
[total des dépenses d’investissement consacrées à l’achat d’équipement professionnel, NDLR], avec
une rentabilité extrêmement forte.
A partir de là, comment ont
riposté les marques les plus
concernées ?
Les entreprises se sont appuyées
sur des sociétés de consulting qui
ont essayé de réintroduire, par la
voie de la technologie, une maîtrise
de la relation client, avec ce qu’on a
appelé les plates-formes clients, et,
d’un autre côté, par l’intégration
stratégique de nouveaux modèles
de production, avec notamment
des alliances ou des rachats d’entreprises nativement digitales. Mais
tous ces groupes ont réfléchi avec
les mêmes consultants, se sont
appuyés sur les mêmes solutions
technologiques et convergent à présent vers le même type de propositions de valeur. Il y a quinze constructeurs automobiles qui disent
qu’ils sont devenus non pas des
constructeurs automobiles, mais
des « acteurs de la mobilité ». En
fait, on se retrouve avec de nouvelles concurrences, bien plus larges et
bien plus âpres, avec des discours,
qui sont tous identiques et une
grande indifférenciation aux yeux
des consommateurs.
« Avant, la bataille
était une bataille
de la préférence,
aujourd’hui,
c’est une bataille
pour l’existence. »
Comment décryptez-vous
cette évolution ?
Comme la seconde vague du tsunami digital. Notre économie est
largement dépendante aujourd’hui
du poids des marques, et nous organisons sans nous en rendre compte
un transfert massif de valeur vers
quelques acteurs qui vont préempter une part essentielle de la valeur
de notre économie, en s’imposant,
de fait, comme des barrages entre
les individus et les marques.
Laurent Habib. Photo Damien Grenon
Quelle stratégie prônez-vous ?
Dans un monde où la concurrence
va se jouer beaucoup sur l’image à la
fois de confiance et de modernité,
dans une économie où les marques
doivent incarner un projet clair et
partagé avec leurs consommateurs,
se pose la question de savoir comment elles vont se distinguer, affirmer leur culture, leur spécificité, leur
identité. Aujourd’hui, il est vital pour
les entreprises d’avoir une réflexion
sur leurs actifs immatériels (marque, culture, capital humain) et sur la
façon de les mobiliser dans leur
transformation. Et ça, c’est un rôle
majeur de la communication.
Vous pensez que cette situation des marques va s’aggraver
à cause de la généralisation
des interfaces vocales ?
Les interfaces vocales vont largement transformer et pervertir la
relation des consommateurs avec
les marques. Pourquoi ? Parce
qu’elles vont créer des nouveaux
automatismes, des nouvelles
façons de fonctionner, une nouvelle
révolution culturelle dans lesquels
vont prévaloir quatre choses : la
simplicité, la fonctionnalité, la rapidité et le prix. Et ces quatre facteurs
de décision vont amener très naturellement les consommateurs à
réduire la part donnée aux marques dans leur consommation. On
va accepter naturellement que la
décision appartienne largement
aux moteurs de recherche. Et toute
la difficulté, c’est que le moteur de
recherche derrière l’interface
Alors comment doivent-elles
riposter ?
Il y a urgence pour elles, compte
tenu de ces dangers, à préserver
leur indépendance à l’égard des plates-formes et à construire une relation directe, libre et voulue avec les
consommateurs. Il faut plus que
jamais construire et défendre une
part essentielle de la marque dans
la décision d’acquisition. Et il faut
donc renforcer la singularité du discours, de l’expérience et des contenus de marque. C’est une question
de survie et le combat a déjà commencé dans tous les secteurs de
l’économie. Avant, la bataille était
une bataille de la préférence,
aujourd’hui, c’est une bataille pour
l’existence. Le nouvel enjeu des
marques, c’est de continuer à exister. Cette bataille pour l’existence
des marques, c’est le nouveau
champ de la communication. n
Zuora réussit son entrée en Bourse
(Box, Zendesk, Symantec), des
médias (« Financial Times », « The
Guardian »…), des opérateurs téléphoniques, des fournisseurs d’énergie, et même des industriels,
comme Caterpillar. En France,
Zuora travaille par exemple avec
Schneider, la SNCF, Doctolib ou
Royal Canin, qui vend ses croquettes par abonnement.
LOGICIELS
Le spécialiste des
abonnements est
persuadé qu’il peut
imposer son modèle
à l’ensemble
de l’économie.
Il a déjà convaincu
les investisseurs.
Les données restent
au client
Nicolas Rauline
@nrauline
— Bureau de New York
Après Dropbox et Spotify ces derniers jours, c’est au tour de Zuora de
se frotter à la Bourse. Moins connue,
cette entreprise américaine n’en est
pourtant pas moins un acteur symbole de cette « économie de l’abonnement » et son parcours boursier
pourrait donner un bon aperçu de la
confiance des marchés dans les
sociétés technologiques, qui représentent 50 % de ses clients.
Créé par Tien Tzuo, un ancien de
Salesforce en 2006, Zuora accompagne les entreprises dans le recrutement et la gestion de leurs d’abonnés. La société propose ainsi des
outils logiciels, d’analyse des données ou encore de facturation. Lors
du dernier exercice fiscal, elle a
Tien Tzuo, le fondateur de Zuora, propose des logiciels d’analyse
de données pour faciliter la gestion des abonnés.
Photo Zuora
généré un chiffre d’affaires de
168 millions de dollars, pour une
perte nette de 47 millions.
De Symantec à Royal Canin
Elle a levé en Bourse 154 millions
de dollars, une opération qui la
valorisait 1,44 milliard de dollars
avant sa première cotation au Nasdaq, jeudi. Les investisseurs ont
montré de l’intérêt dans ce
modèle : le prix d’introduction a
été fixé à 14 dollars l’action, alors
que la fourchette initiale était comprise d’abord entre 9 et 11 dollars,
puis entre 11 et 13 dollars. Depuis,
l’appétit se confirme : le titre a
gagné 43 % le premier jour puis
3 % vendredi.
« Les réussites récentes des introductions en Bourse de Dropbox, Spotify et Zscaler ont montré que les
marchés comprenaient de mieux en
mieux le modèle de l’abonnement. Et
nous voulons prouver qu’il ne s’agit
pas d’un phénomène limité à la technologie, mais que toute l’économie
est touchée », explique Tien Tzuo.
Parmi ses clients, on trouve ainsi
des entreprises technologiques
« C’est un vrai tournant dans la
manière de vendre, dans la relation
client et dans l’économie générale »,
opine Tien Tzuo, qui cite l’exemple
du fabricant de guitares Fender, qui
propose un abonnement avec des
cours de guitare en vidéo, des
conseils… « 90 % des acheteurs abandonnent au bout d’un an, car c’est trop
dur. Si vous accompagnez le client
ainsi, et qu’il joue toujours au bout de
douze mois, il joue pour la vie. »
Le patron de Zuora ne craint pas,
en revanche, d’être affecté par les
inquiétudes sur la vie privée, même
si son activité repose sur l’analyse
des données. « C’est l’une des questions fondamentales de notre époque, qui devrait être régulée. Toutes
les données que nous utilisons
appartiennent à nos clients, nous les
stockons, mais nous ne les regardons
pas et elles sont effacées régulièrement », assure-t-il. n
Facebook accusé
d’avoir échoué
à stopper les discours
de haine en Birmanie
INTERNET
Les extrémistes
ont, selon plusieurs
associations, profité
des failles des
systèmes de contrôle
du réseau social
pour alimenter les
tensions ethniques.
Yann Rousseau
@yannsan
— Correspondant à Tokyo
Le 6 septembre 2017, en Birmanie, un message est apparu en
boucle sur les comptes Messenger de Facebook. Toujours la
même lettre. Brève. Elle annonçait que les « kalar », un terme
raciste pour désigner la minorité musulmane rohingya, préparaient un djihad dans le pays
pour l’anniversaire du 11 Septembre. La nouvelle s’est diffusée comme une traînée de poudre partout dans le pays où
Facebook, avec 27 millions de
comptes, incarne Internet.
« Pour beaucoup, c’est la seule
application », rappelle Victoire
Rio, une analyste digitale à Rangoun. « Elle est préinstallée et les
vendeurs ouvrent le compte Facebook de leurs clients quand ils
leur vendent un smartphone. »
La jeune femme a, elle, été alertée de la violence des messages
tout de même restés chez eux,
par peur. Dans des villages, les
enfants n’ont pas été envoyés à
l’école. Et des heurts anti-musulmans ont éclaté à Magway.
Un incident qui fait suite à de
multiples brutalités liées à la diffusion continue de messages de
haine sur la plate-forme depuis
l’éclatement de la crise ethnique
et religieuse qui a conduit près
de 1 million de Rohingyas à fuir
vers le Bangladesh.
A l’ONU, Marzuki Darusman,
l’avocat qui enquête sur un possible génocide contre cette
minorité, expliquait, en mars,
que les réseaux sociaux avaient
joué un « rôle déterminant »
dans la crise en laissant se diffuser ces attaques racistes. « En ce
qui concerne la Birmanie, le
réseau social, c’est Facebook »,
a-t-il martelé. Critiqué, Mark
Zuckerberg a d’abord estimé,
dans les médias américains, que
les systèmes d’alerte avaient
fonctionné, avant d’être interpellé par un collectif d’associations en Birmanie qui lui ont
rappelé, au contraire, l’échec de
ses contrôles.
Equipe de contrôleurs
Dans un mail personnel, le
patron de Facebook a finalement assuré la semaine dernière à ce mouvement, dont Victoire Rio est la porte-parole, qu’il
allait renforcer son système
d’alerte au sein de Messenger, et
Avec 27 millions de comptes, Facebook incarne Internet
en Birmanie. Photo Shutterstock
le 8 septembre par des activistes
birmans qui avaient aussi reçu
sur Messenger un texte tentant,
parallèlement, d’affoler les
musulmans en évoquant des
attaques d’extrémistes bouddhistes. Inquiète de la propagation éclair et de la montée des
inquiétudes à l’approche du
11 septembre dans une population sensible aux rumeurs, elle a
contacté directement une connaissance au siège de Facebook
pour demander une intervention. « Facebook n’a aucun système de contrôle dans le pays ni
aucune équipe permanente, et
Messenger n’a pas de bouton
d’alerte qui aurait permis de
signaler le problème », expliquet-elle. Il faudra attendre quatre
jours après l’apparition des premiers messages pour que le
géant américain intervienne et
mette fin à la diffusion du texte.
Le 11, beaucoup de gens sont
indiqué qu’il allait ajouter des
« douzaines » de contrôleurs
parlant birman, afin de prendre
en charge les signalements faits
par des utilisateurs. Mercredi,
lors de son audition au Sénat, le
dirigeant a laissé entendre que
ces mesures permettraient
d’identifier et de supprimer les
discours de haine dans les
vingt-quatre heures dans le
pays. « Si c’est vrai, c’est très
important », se réjouit Victoire
Rio, qui rappelle que seule l’Allemagne a jusqu’ici exigé, par une
loi de juin 2017, une élimination
dans des délais aussi brefs des
posts et messages racistes, illégaux ou calomnieux. Dans le
pays, Facebook a dû employer
plus de 1.200 personnes pour
effectuer ces contrôles. « Une
performance similaire serait cruciale pour la Birmanie où la
situation est beaucoup plus
grave », souffle l’activiste. n
Au Sri-Lanka, le gouvernement
ferme temporairement le réseau
Inquiet de la propagation de posts appelant à des représailles violentes contre les musulmans après le meurtre
d’un chauffeur bouddhiste, le gouvernement sri-lankais
a ordonné, le 7 mars dernier, la fermeture dans le pays
de Facebook pour une dizaine de jours. Pour justifier ces
sanctions, l’exécutif a expliqué que le réseau, qui ne
dispose d’aucune équipe au Sri Lanka, n’avait pas su
empêcher la diffusion pendant plusieurs jours des messages de haine qui ont alimenté des affrontements intercommunautaires. Après cette interdiction, des cadres
de Facebook se sont rendus à Colombo, où ils ont promis
de revoir leurs procédures de contrôle et d’accélérer la
suppression des posts jugés dangereux.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 21
Lundi 16 avril 2018 Les Echos
START
UP
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REBOND
LE BUZZ
Le petit monde des fintech est en
ébullition. Revolut, l’un de ses
fleurons serait en train de boucler un tour de table de 250 millions de dollars auprès de DST Global, selon les informations de Recode. Une levée qui valoriserait la
start-up américaine à 1,4 milliard de dollars,
qui permet d’effectuer des microtransactions sans payer de taxes. Elle est actuellement valorisée à 255 millions de dollars.
6
MILLIONS D’EUROS
Singlespot vient d’effectuer un tour de table
auprès d’Iris Capital. Co-fondée en 2015 par
Thomas Opoczynski et Alexandre Fortoul,
la jeune pousse propose une solution
permettant aux distributeurs de mieux
connaître le comportement de leurs clients.
Fort d’un total de 6,9 milliards de dollars
levés depuis sa création, WeWork accélère son déploiement international avec
le rachat de Naked Hub, une start-up similaire à la
sienne, mais basée en Chine. Le montant de la transaction serait de 400 millions de dollars, selon
Bloomberg, dont la majorité serait sous la forme
d’actions. Cette acquisition renforce la présence de
WeWork en Chine où il possède déjà treize bâtiments répartis entre Shanghai, Pékin et Hong Kong.
Une jeune pousse du Ghana
sacrée au Seedstars Summit
l La 5e édition de la compétition des meilleures start-up des marchés
émergents se tenait en Suisse le jeudi 12 avril.
l AgroCenta a remporté un investissement de 500.000 dollars de Seedstars.
INNOVATION
Anaëlle Grondin
— A Lausanne
Après les Philippines en 2017, c’est
le Ghana qui a été consacré par le
Seedstars Summit, événement
dédié à l’innovation dans les marchés émergents, organisé depuis
cinq ans à Lausanne, en Suisse.
Jeudi soir, la start-up AgroCenta,
fondée en 2015 par Francis Obirikorang et Michael K. Ocansey dans ce
pays d’Afrique de l’Ouest, est celle
qui a remporté le plus de suffrages
au sein du jury. La société propose
une plate-forme permettant aux
petits producteurs de vendre leurs
produits en ligne directement à des
acheteurs, sans passer par des
intermédiaires, et d’accéder à un
service de transport routier pour
effectuer les livraisons.
L’idée est de permettre aux agriculteurs du Ghana d’accéder à un
marché plus large, allant au-delà de
leur communauté, et de ne pas vendre leurs produits à des prix trop
bas, explique Francis Obirikorang,
qui avait du mal à réaliser sa victoire
à l’issue d’un concours donnant lieu
à des pitchs plus inspirants les uns
que les autres, prononcés devant
1.200 entrepreneurs, investisseurs
et experts. Sa société fait également
parvenir aux agriculteurs locaux
des informations précieuses sur le
marché.
A l’heure actuelle, 10.000 petits
producteurs se sont déjà servis
d’AgroCenta. La start-up, qui avait
levé 250.000 dollars depuis sa création, a remporté à Lausanne un chèque de 500.000 dollars signé par la
société Seedstars, organisatrice de
l’événement, contre une participation dans la jeune pousse. Au cas où
certains en doutaient encore,
« l’Afrique est un endroit privilégié
pour l’innovation », a jugé bon de
rappeler l’entrepreneur Francis
Obirikorang, soulignant que les
technologies pouvaient parvenir à
« résoudre des problèmes de millions
de personnes » sur le continent.
Avec 560 millions de dollars levés
en 2017, les pépites tech africaines
bénéficient de plus en plus de fonds.
Leur potentiel, à l’image du continent, est effectivement gigantesque.
Des start-up innovantes
du monde entier
AgroCenta était en compétition
contre une soixantaine d’autres
start-up de marchés émergents
(venues d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine). Juste avant l’annonce du
grand gagnant, d’autres jeunes
sociétés prometteuses se sont vu
récompensées, plus modestement.
C’est le cas par exemple de l’entreprise kényane Solar Freeze, qui a
transformé des containers en
chambres froides fonctionnant
grâce à des panneaux solaires et des
mobiles, qui permettent de limiter
les pertes après récoltes des petits
exploitants.
La société CMED, venue du
Bangladesh, a elle aussi été saluée
pour sa plate-forme et ses appareils
connectés visant à surveiller son
état de santé (tension artérielle,
mesure de la glycémie, poids, etc.).
L’Argentine n’est pas en reste puisque la marketplace spécialisée dans
l’immobilier Alquilando s’est elle
aussi démarquée à Lausanne. « On
a tendance à penser que la génération
Y est fainéante. C’est totalement
faux », a commenté sur scène Pierre-Alain Masson, cofondateur de
Seedstars, aux côtés de jeunes
entrepreneurs pour la plupart.
L’an dernier, c’est Acudeen, qui
avait été couronné du grand prix.
La start-up philippine s’est attaquée
aux délais de paiement, en jouant le
rôle d’intermédiaire entre les PME
et les banques. « Ce qui réunit les
entrepreneurs des marchés émergents, c’est la volonté de faire bouger
les choses. Nous n’avons pas grandi
avec les privilèges des pays occidentaux. Chaque projet que nous
menons vise à maximiser l’impact
sur la société », déclarait alors le fondateur de cette pépite, Magellan
Fetallino. n
La start-up AgroCenta, fondée en 2015 par Francis Obirikorang et
Michael K. Ocansey dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, est celle qui
a remporté le plus de suffrages au sein du jury. Photo « Les Echos »
INTERVIEW // PIERRE-ALAIN MASSON Cofondateur de Seedstars
« Nous allons ouvrir un hub en Birmanie »
L
a société suisse qui organise le Seedstars Summit
est constamment à la
recherche de jeunes sociétés à
très fort potentiel sur les marchés
émergents. Mais la compétition
internationale de start-up représente seulement une partie de
l’activité de Seedstars. Elle multiplie les initiatives pour faire
émerger de nouvelles pépites et
c r o î t r e s e s r e ve n u s , c o m m e
l’explique son cofondateur Pierre-Alain Masson.
« Le Seedstars Summit
n’est que la partie visible de
l’iceberg », avez-vous déclaré
aux entrepreneurs lors
de cette 5e édition. Quelles sont
les activités que vous avez
développées récemment ?
L’événementiel nous permet de
créer notre réseau, qui représente aujourd’hui 70.000 personnes dans le monde (corporate,
entrepreneurs, incubateurs, etc.).
Nous voulons à présent avoir une
présence sur le terrain beaucoup
plus forte. C’est la raison pour
laquelle nous avons lancé une
dizaine de hubs, des espaces de
co -working et de co -living
ouverts toute l’année. Nous en
avons plusieurs en Afrique, nous
venons d’en ouvrir un en Colombie et nous allons en ouvrir un en
Birmanie, le premier en Asie.
Nous envisageons aussi le
Moyen-Orient et l’Europe de l’Est
ensuite. A partir de ces hubs,
nous lançons des programmes
d’accélération et des programmes de formations pratiques,
comme en Côte d’Ivoire, où une
centaine de jeunes y participent
cha que a nnée, o u enco re en
Egypte et au Nigeria. L’objectif est
d’être présent sur tous les territoires où nous organisons des compétitions de start-up avant la
grande finale à Lausanne.
Pierre-Alain Masson.
Photo Seedstars
Vous investissez aussi dans
certaines pépites des marchés
émergents que vous repérez,
notamment les lauréates
du Seedstars Summit…
Nous avons un fonds [doté de plusieurs dizaines de millions d’euros,
NDLR], grâce à l’appui de différents
investisseurs (family offices ou
encore entrepreneurs à succès),
comme Fabio Cannavale, cofondateur de Lastminute.com. Nous
sommes en train de lever encore
plus d’argent pour ce fonds qui suscite de plus en plus d’intérêt.
Aujourd’hui, nous avons investi
dans une vingtaine de start-up. Le
but est d’accélérer ce r ythme
d’investissement pour atteindre
entre 10 et 15 minimum par année.
Nos tickets vont de 50 à
500.000 dollars. Il y a ce que nous
investissons, mais il y a aussi ce que
tout notre réseau investit. Par
exemple, à la veille du Seedstars
Summit, nous avons organisé un
Investor Day avec près de 120 inves-
tisseurs, qui ont décidé de s’engager
pour environ 9 millions sur les
différentes start-up qui étaient dans
la salle. Nous coordonnons tout
cela. Sur les 200 alumni qui sont
passés par nos programmes, environ 100 millions de dollars ont été
levés ces cinq dernières années.
Seedstars est-il
une entreprise rentable ?
Nous sommes bénéficiaires depuis
la première année. Une partie de
nos revenus viennent des investissements. Il y a aussi tous les partenaires (corporate, gouvernements,
fondations) qui travaillent avec
nous, et les activités de co-working
classiques dans nos hubs.
Propos recueillis par A. G.
Karos veut ancrer le covoiturage dans les usages quotidiens
TRANSPORT
La start-up vient
de lever 4,2 millions
d’euros, notamment
auprès de Xavier Niel
et d’Aglaé Ventures.
Guillaume Bregeras
@gbregeras
Décidément, ce premier semestre
est propice pour les start-up du
covoiturage. La grève de la SNCF,
bien sûr, les aide beaucoup. Mais les
investisseurs aussi. Deux mois
après la levée de Klaxit (3 millions
d’euros), c’est Karos qui annonce un
tour de table de 4,2 millions d’euros,
réalisé auprès de plusieurs fonds
d’investissement et de business
angels, dont Xavier Niel.
Fondée par Olivier Binet et Tristan Croiset il y a quatre ans, la jeune
pousse enregistre une croissance
(8 % par semaine depuis dix-huit
mois) qui dépasse le cadre ponctuel
de l’actualité. « C’est un mouvement
de fond, détaille Olivier Binet.
Les jours de grève, l’activité double par
rapport aux jours normaux, mais
cela crée surtout une forme de
palier. » A titre d’exemple, 50 % des
nouveaux utilisateurs enregistrés la
journée du 22 mars continuent de
covoiturer. A la clef, selon la start-up,
un gain de temps moyen de 24 minutes en moyenne par trajet et la promesse d’économiser 82 euros par
mois s’ils sont assidus.
Convaincre les utilisateurs
Pour réaliser son ambition de
s’imposer comme une nouvelle brique du réseau de transport collectif à
part entière, Karos mise également
sur les entreprises et les collectivités.
Elle travaille déjà avec AccorHotels,
HEC ou l’Inria, dont les sièges sont
situés dans des zones difficiles
d’accès, et avec Bordeaux ou La Réunion. Deux typologies de clients qui
lui permettent de varier les sources
de revenus sans faire peser de pression publicitaire sur ses usagers,
comme le fait Waze par exemple. Un
choix en droite ligne avec quelques
règles dont s’est dotée la jeune pousse
pour démontrer son engagement
dans la préservation des données
qu’elle récolte auprès de ses usagers :
« Dès la création de Karos, nous avons
compris qu’il fallait aller plus loin que
les exigences de la CNIL. Et lorsque
RGPD est arrivé, nous étions déjà dans
les clous depuis longtemps. »
Reste désormais à convaincre les
utilisateurs, du côté des conducteurs comme des usagers. La course
est enclenchée, et l’environnement
concurrentiel s’est densifié. Avec
Klaxit, donc, mais aussi BlaBlaCar,
qui a lancé sa solution de covoiturage petite distance, OuiHop
(meilleure note sur Android et App
Store) ou Less, qui se positionne
davantage comme une alternative
aux VTC en centre urbain. Karos
semble avoir pris la main pour le
moment, avec 50 % de parts de marché en Ile-de-France, selon une
étude IDF Mobilités. Elle lorgne
aussi sur l’international avec un test
qui devrait avoir lieu dans une
grande capitale encore inconnue
durant les dix-huit prochains mois.
Et, en toile de fond, elle réaffirme la
ferme intention de continuer à surfer sur l’actualité pour inscrire le
covoiturage courte distance de
manière pérenne dans l’esprit des
usagers.
À NOTER
Les investisseurs
de cette levée de fonds :
Aster, Alto Invest,
Aglaé Ventures, Financière
Saint James, Xavier Niel,
Franck Le Ouay et Charles Egly.
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22 //
Lundi 16 avril 2018 Les Echos
en
direct
Enquête à la mairie
d’Alfortville
ÎLE-DE-FRANCE La Société
ÎLE-DE-FRANCE La mairie
d’Exploitation de la Tour Eiffel a
dû fermer l’accès du monument
au public vendredi dernier en
raison d’une grève du personnel
de sécurité. La CGT se justifie
par une « tentative d’intimidation » et trois mises à pied
d’agents de la part de l’agence de
sécurité Byblos, qui a repris le
marché depuis novembre.
Christophe Simon/AFP
PME
&REGIONS
Une grève paralyse
la tour Eiffel
d’Alfortville (Val-de-Marne),
tenue jusqu’en 2017 par le député
socialiste Luc Carvounas, a été
perquisitionnée jeudi dans une
affaire portant sur sa politique
de communication et de recrutement. Selon l’AFP, le parquet de
Créteil a expliqué avoir ouvert
une enquête préliminaire pour
effectuer des investigations
complémentaires, après un
rapport de la chambre régionale
des comptes dénonçant « de
nombreuses anomalies de gestion » dans la communication de
la ville, dont Luc Carvounas a été
maire de 2012 à 2017. Le candidat malheureux à la tête du Parti
socialiste se dit « complètement
serein » sur sa gestion municipale et souligne qu’Alfortville a
répondu publiquement « depuis
des mois » aux observations de la
chambre régionale des comptes.
HAUTS-DE-FRANCE
Tropicalia est
un projet de serre
géante lancé par un
ancien vétérinaire.
Un investissement
de 50 millions d’euros.
Nicole Buyse
— Correspondante à Lille
Près de 8.000 papillons en liberté,
des perroquets, toucans, colibris et
autres, des caïmans et quelques tortues mais aussi poissons et reptiles,
autant d’espèces qu’abritera Tropicalia, la plus grande serre tropicale
au monde, qui doit ouvrir en 2021,
non loin de Berck-sur-Mer, à Rang-
du-Fliers. Construite sous un dôme
haut de 35 mètres, elle offrira à ses
occupants une température de 26 à
28 degrés.
L’ambition de Cédric Guérin,
vétérinaire de profession à l’initiative du projet, est de recréer une
forêt tropicale. Installé à Montreuilsur-Mer, ce spécialiste des nouveaux animaux de compagnie a
gardé de son enfance en Afrique
équatoriale et en Guyane la passion
35
MÈTRES DE HAUTEUR
Construite sous un dôme
haut de 35 mètres, la serre
offrira à ses occupants une
température de 26 à 28 degrés.
des oiseaux et papillons de ces
régions. Rêve idéaliste ? Le projet
dessiné par le cabinet d’architectes
Coldefy & Associés est chiffré à
50 millions d’euros (42 pour le
dôme et le bâtiment et 8 millions
pour l’aménagement intérieur). La
société porteuse, Opale Tropical
Concept, a levé les 2 millions d’euros
nécessaires à l’obtention du permis
de construire (salaires, études,
autorisations…). Les 15 hectares ont
été réservés via un accord signé
avec l’aménageur avant leur acquisition après conclusion avec le pool
bancaire. Outre un emprunt, il est
prévu d’émettre une obligation via
une banque londonienne.
L’ambition était de démarrer les
travaux au premier trimestre 2018
et d’attirer 500.000 visiteurs dès la
première année. Outre une forêt
tropicale – avec caféiers, man-
Tropicalia
Mégaprojet de serre
tropicale près de
Berck-sur-Mer
Le dôme de la future serre de Tropicalia sera doté d’un système d’échangeur thermique.
guiers, cacaotiers, bananiers – Tropicalia devrait proposer une plage
pour raies et tortues, des bassins
tactiles, un circuit pédestre de
découverte botanique de plus d’un
kilomètre passant sous une cascade
de 25 mètres.
Avec en équipements annexes :
boutique, bar et restaurant, mais
aussi des salles de conférences, un
Boehringer Ingelheim va tripler sa capacité
de production de vaccins aviaires à Lyon
AUVERGNERHÔNE-ALPES
Le groupe de santé
animale Boehringer
Ingelheim investit
65 millions dans une
nouvelle unité de production de vaccins
inactivés à Saint-Priest.
Vincent Charbonnier
— Correspondant à Lyon
Les actionnaires se suivent, les
investissements aussi chez Boehringer Ingelheim, qui a repris les
activités de santé animale de Sanofi
en 2017. Le groupe allemand a
décidé d’investir 65 millions d’euros
dans un nouveau bâtiment de
5.700 mètres carrés sur son site
lyonnais de Saint-Priest. Les tra-
RÉUSSIR
vaux de terrassement ont déjà commencé. Ce projet dénommé
« F2IVE » (« formulation and filling
of inactivated vaccines extension »)
se déploie sur trois étages, dont
1.000 mètres carrés de salle blanche. La nouvelle unité de production comprendra deux lignes de formulation, une ligne de répartition
en flacons et une zone de répartition en poches. Cet investissement
qui générera la création nette de
42 emplois est principalement destiné à accompagner l’accroissement de la demande de vaccins
aviaires qui résulte de l’augmentation de la consommation de
volailles dans le monde. « Il fallait
trouver des capacités de production
additionnelles sur notre site de la
Porte des Alpes qui allait arriver à
saturation à horizon 2020 », explique Erick Lelouche, président de
Boehringer Ingelheim Santé Animale France. A terme, la capacité de
avec
SOYELLE :
DES ACCESSOIRES POUR
LA LINGERIE ET DES IDÉES
PÉTILLANTES
Créé en 1993, Soyelle est une entreprise familiale
spécialisée dans la distribution et le développement
d’accessoires pour la lingerie et de lessive spéciale
pour matières délicates. « Quand j’ai repris le
flambeau en octobre 2009, l’activité ne se portait
pas très bien », se souvient Nathalie Giry, dirigeante
de la société. « L’objectif consistait alors à redresser
l’entreprise, tout en élargissant la gamme de produits
pour séduire une clientèle plus large ». Un défi
de taille pour l’entrepreneure au parcours pour le
moins atypique. « Après avoir travaillé pendant de
nombreuses années dans le monde de la santé, et
production de vaccins inactivés
sera multipliée par trois. Ils seront
commercialisés partout dans le
monde à l’exception du marché
américain. Les premiers lots sortiront de la nouvelle unité de production au printemps 2020. « Un tel
investissement confirme les engagements pris lors du rachat par le
groupe allemand qui a la claire
volonté de placer la France, et notamment Lyon, au cœur de sa stratégie de
croissance sur le marché de la santé
animale », souligne Erick Lelouche.
Investissements
D’ici là, un autre chantier aura été
mené : le transfert du centre de
recherche et développement du site
lyonnais de Gerland à Saint-Priest.
200 personnes, essentiellement des
chercheurs, sont concernées par ce
déménagement qui sera effectif cet
été. 70 millions sont investis dans
ces nouvelles infrastructures de
R&D sur 14.500 mètres carrés.
Depuis sa création en 1995, le site de
la Porte des Alpes a fait l’objet
d’investissements réguliers, d’un
montant total de 350 millions en
vingt-deux ans. Une centaine de
personnes ont été recrutées l’an
dernier à Lyon pour les fonctions
support de la nouvelle entité. Fonctions qui étaient auparavant
mutualisées avec celles de Sanofi.
Le groupe Boehringer Ingelheim
emploie plus de la moitié de ses
effectifs français dans la région
lyonnaise, quelque 1.500 personnes
réparties sur cinq sites dans le Biodistrict de Lyon-Gerland, à Lentilly,
près de Lyon, où est installé son centre de répartition, de conditionnement et de stockage de vaccins, à
Saint-Vulbas, dans l’Ain, base de
son centre de recherche clinique
vétérinaire, et à Saint-Priest, qui
reste le principal site de production
de vaccins vétérinaires. n
l’offre digitale de la CCI Paris Ile-de-France
notamment dans le domaine de la cancérologie, j’ai
souhaité changer de métier », poursuit-elle. « Le fait
de reprendre Soyelle m’a ainsi permis de me réorienter,
tout en poursuivant mon engagement aux côtés des
femmes ». Une nouvelle aventure… et de nombreuses
pistes à explorer !
INTERNATIONAL ET DIGITAL
« Au-delà de l’envie de consolider l’activité sur le
marché français, j’avais pour ambition de développer
l’entreprise à l’international », précise Nathalie Giry.
« En quête de soutien, je me suis alors tournée vers la
CCI Paris Ile-de-France. J’ai eu la chance de tomber sur
une interlocutrice aussi adorable que compétente qui
m’a ouvert de nombreuses portes ». De quoi permettre
à la jeune chef d’entreprise de participer à des salons
professionnels et de rencontrer des experts disposant
d’une fine connaissance des différents marchés
Retrouvez les informations sur lesdigiteurs.fr - Projet co-financé par les fonds Européens
locaux. Un chantier important, aussitôt complété
par un second axe de développement. « Nous avons
récemment lancé la refonte intégrale de notre site
web », explique-t-elle. « À travers son dispositif Les
Digiteurs, la CCI nous a permis de faire un état des
lieux de l’ancien site, tout en dégageant des idées pour
optimiser son fonctionnement ». L’enjeu ? Retravailler
l’ergonomie et l’identité visuelle du portail, tout en
intégrant des procès automatisés facilitant notamment
la gestion des commandes. « La
mise en ligne du nouveau site
est prévue pour la mi-mai »,
conclut-elle. « Que ce soit pour
nos projets internationaux ou
encore pour le volet digital,
nos interlocuteurs auprès de
la CCI ont toujours été de bon Nathalie Giry
Dirigeante de Soyelle
conseil ! ».
auditorium et un espace scientifique.
Cuves enterrées
Le dôme, constitué de plusieurs
épaisseurs dont une en ETFE (éthylène tétrafluoroéthylène), produira
sa propre énergie. Grâce à une technique de Dalkia, via un échangeur
thermique, cette énergie chauffera
l’air, l’eau des bassins, mais aussi
une réserve accumulée dans des
cuves enterrées. « S’il y a surproduction, cette eau chaude pourra même
alimenter les cinq chambres d’hôte
prévues dans la serre, voire l’hôtel de
80-90 chambres qu’un des investiss e u rs a p ro g ra m m é d a n s u n e
deuxième phase du projet », explique Cédric Guérin. n
Pharmagest s’apprête
à équiper les chaînes
pharmaceutiques
italiennes
GRAND EST
Le groupe lorrain
rachète l’italien
Macrosoft.
Les solutions
de Pharmagest
Italia répondent
à l’évolution législative des officines
transalpines.
Pascale Braun
— Correspondante à Metz
Leader français de l’informatique officinale basé à Villers-lèsNancy (Meurthe-et-Moselle), le
groupe Pharmagest n’avait plus
développé sa branche pharmacie à l’export depuis son arrivée
sur les marchés belge et luxembourgeois voici dix ans. Il vient
d’acquérir 60 % du capital de
Macrosoft. Implantée sur trois
sites dans l’est de l’Italie, près de
Bologne et aux alentours de
Rome, la PME fondée par les
frères Mariani emploie 40 salariés pour 5,2 millions d’euros de
chiffre d’affaires en 2017.
Spécialiste depuis trois
décennies des solutions destinées aux grossistes répartiteurs
pharmaceutiques, Macrosoft,
renommé début mars Pharmagest Italia, ne s’est diversifié que
récemment dans les services
aux officines. Mais son logiciel
Sophia, qui permet la mise à
jour des commandes quotidiennes, est d’ores et déjà utilisé
par l’ensemble des 19.000 pharmaciens transalpins. Intégrant
la différence de tarification
selon les régions, la solution a
été développée durant le débat
sur l’ouverture du capital des
officines, actée cet été par le Parlement italien. « Nous disposons
ainsi d’un produit neuf et “natif”
parfaitement adapté au marché
italien et à ses évolutions imminentes, car les industries pharmaceutiques et les grossistes
répartiteurs ne vont pas tarder à
constituer des chaînes », souligne Denis Suplisson, directeur
de la division Europe de Pharmagest et membre du conseil
d’administration resserré de
Pharmagest Italia. Pharmagest,
qui emploie 900 salariés pour
147 millions d’euros de chiffre
d’affaires en 2017, a considérablement étoffé son offre de service aux patients au cours des
cinq dernières années.
Ouverture du capital
des officines
Le groupe coté en Bourse se
propose de déployer en Italie
ses dispositifs d’e-santé, de
détection, de prise en charge et
de suivi. Son acquisition transalpine le positionne parmi les
leaders européens de l’informatique officinale. La France
exclut l’ouverture du capital des
pharmacies à des intervenants
extérieurs, mais la question se
pose dans l’ensemble de l’Union
européenne. n
147
MILLIONS D’EUROS
Le chiffre d’affaires
de Pharmagest en 2017.
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// 23
Les Echos Lundi 16 avril 2018
FINANCE
&MARCHES
LES PRIX DU PÉTROLE AU PLUS
HAUT DEPUIS DÉCEMBRE 2014
Les prix du pétrole, soutenus par
la persistance de tensions au
Moyen-Orient et par la baisse des
réserves d’or noir dans le monde,
ont terminé vendredi à leur plus
haut niveau depuis décembre
2014. Le brent livraison en juin a
clôturé à 72,58 dollars sur l’ICE ;
le WTI, à New York, à 67,39 dollars. Sur la semaine, le prix du
brent a augmenté de 8,2% et celui
du WTI de 8,6%.
les
indices
Le rythme des fermetures d’agences
bancaires doit quadrupler en France
l La digitalisation du secteur va
aller de pair avec une accélération
des fermetures d’agence en France.
l Sia Partners estime que 12,6 %
des points de vente doivent baisser
leur rideau d’ici à 2020.
BANQUE
Sharon Wajsbrot
@Sharonwaj
Si les banques françaises ont commencé ces dernières années à fermer, voire à regrouper, certaines de
leurs agences, le phénomène n’en
est qu’à ses débuts. C’est la conclusion d’une projection réalisée par le
cabinet Sia Partners, qui, après avoir
passé au crible les stratégies des établissements en Europe, table sur la
fermeture de 12,6 % des points de
vente des banques françaises d’ici à
fin 2020, soit une multiplication par
quatre du rythme de fermetures
d’agences obser vé en France
entre 2012 et 2016. « On constate que
les fermetures d’agences ont été beaucoup plus modestes en France que
dans d’autres pays européens ces dernières années alors que la fréquentation a décliné partout, nous attendons
donc un phénomène de rattrapage en
France », explique Damien Schmitt,
senior manager chez Sia Partners.
La souscription digitale
va changer la donne
De fait, entre 2012 et 2016, les banques françaises ont fermé 3 % de
leurs agences contre 24 % pour les
acteurs espagnols, 12 % pour les
banques allemandes et 11 % pour les
établissements italiens. Ces différences tiennent beaucoup aux spécificités de chaque pays : l’Espagne
a été touchée plus fortement par la
crise et la densité de points de vente
des banques espagnoles est l’une
des plus importantes en Europe.
La France, par ailleurs, affiche
une grande dispersion de la création de richesse sur le territoire. De
quoi convaincre les banquiers de
laisser des points de vente disséminés un peu partout dans l’Hexagone. Mais la digitalisation devrait
rapidement changer la donne :
« Aujourd’hui de 80 % à 90 % de la
souscription de produits bancaires
sont réalisés dans les agences. Dans
deux ou trois ans, lorsque les banques
auront terminé la digitalisation de
leur parcours client, les volumes de
souscription en agence vont radicalement baisser », pointe Damien
Schmitt. Pour mémoire, BNP Paribas s’est fixé pour objectif de réaliser
50 % de ses souscriptions de produit de façon digitale d’ici à 2020.
Pour s’adapter, les banques françaises vont logiquement accélérer
la cadence des fermetures. Société
Générale a déjà commencé : en
n o v e m b r e d e r n i e r, i l a v a i t
annoncé une centaine de fermetures supplémentaires par rapport à
ses prévisions d’ici à 2020. « Il
devrait y avoir beaucoup de similitudes avec l’exemple allemand puisque
la création de richesse est aussi dispersée dans beaucoup de petites villes », estime Damien Schmitt.
Outre-Rhin, à la faveur des restructurations déjà menées, la densité
d’agences bancaires par million
d’habitants est tombée à 387, contre
549 en France, selon Sia Partners.
Pour continuer de réduire la voilure sans perdre de terrain face à la
concurrence, les banques devraient
renforcer la spécialisation de leurs
agences sur des produits, des clientèles spécifiques, voire sur des
horaires restreints, « dans certaines
zones géographiques cela permet de
garantir une présence commerciale
puisque la proximité reste le premier
vecteur d’acquisition de clients »,
indique Damien Schmitt.
Etat des lieux du secteur
Avec 3 % de fermetures d’agences enregistrés entre 2012 et 2016,
la France affiche le taux le plus faible au sein de l’Union européenne (hors Luxembourg). En moyenne, sur le Vieux Continent,
13 % des points de vente des groupes bancaires ont baissé leur
rideau. Ces restructurations se sont surtout concentrées dans les
banques des pays nordiques, du Royaume-Uni et des Pays-Bas.
Les établissements qui concentrent une forte présence en Ile-deFrance – entre autres banques BNP
Paribas, Société Générale et LCL –
risquent d’être les plus touchés :
« Cette région est beaucoup plus
exposée aux nouveaux acteurs et aux
usages digitaux », rappelle Damien
Schmitt. De fait, entre 2012 et 2016,
c’est BNP Paribas qui a fermé, proportionnellement, le plus de points
de vente en France, devant Société
Générale, puis LCL.
(
« Dans deux ou trois
ans, lorsque
les banques auront
terminé la digitalisation
de leur parcours client,
les volumes
de souscription
en agence vont
radicalement baisser. »
DAMIEN SCHMITT
Senior manager
chez Sia Partners
L’éditorial
de Guillaume Maujean
Page 9
Crédit Mutuel Arkéa veut faire du SAV
pour ses concurrents
Spécialiste des activités
B to B, la banque
veut s’imposer dans
la sous-traitance de l’accueil
téléphonique des assureurs
et des banquiers.
Avec l’accélération de la fermeture
des agences bancaires ou l’ouverture de celles-ci sur des plages
horaires plus réduites, le Crédit
Mutuel Arkéa veut croire à de nouvelles opportunités commerciales.
La banque de l’Ouest, spécialiste
des activités de sous-traitance bancaire, a en effet décidé de proposer
ses services pour traiter les appels
des clients vers les agences ou les
plates-formes téléphoniques des
banques et des assureurs, en marque blanche.
« La digitalisation crée un écart
entre les possibilités offertes par les
outils de banque en ligne et celles du
support client par téléphone qui
n’est disponible qu’aux horaires de
bureau et ne correspond plus aux
besoins des clients. Nous avions déjà
un centre d’appels dédié au support
client monétique dans notre filiale
Monext : il gérait les oppositions
aux cartes bancaires de grands
clients (Boursorama, Société Générale, RCI Banque, etc.). Nous avons
décidé de l’utiliser pour créer une
filiale capable de traiter plus globalement les besoins de support client
des banquiers et des assureurs lorsque leur support client est fermé ou
saturé », explique Tarak Achich,
directeur des activités B to B du
Crédit Mutuel Arkéa.
Baptisée « Nextalk », la nouvelle
filiale du Crédit Mutuel Arkéa se
propose de traiter les appels des
clients des banques et des assureurs
dans cinq langues, mais surtout 24 heures sur 24 et 7 jours sur
7 ! Une promesse que les banques
françaises ne peuvent pas tenir
aujourd’hui à leurs clients du fait de
la convention collective qui encadre
les horaires de travail des salariés
du secteur. Régie par celle du Syntec, qui regroupe les sociétés des
services informatiques, Nextalk
n’aura pas ses contraintes.
Avantage concurrentiel
Avec cet avantage concurrentiel,
Nextalk veut se positionner sur des
actes aussi divers que la prise de
rendez-vous en agence, l’ouverture
d’un compte ou la déclaration d’un
sinistre. Pour cela, les banques et
les assureurs devront lui ouvrir les
portes de leurs systèmes d’information. Certains ont déjà franchi le
pas, assure Tarak Achich : « On a eu
une première expérience de délégation de gestion de déclaration de
sinistre pour le compte d’un assureur. » — S. W.
4
À NOTER
Grâce à ses activités
de monétique, Nextalk
revendique déjà 10 millions
d’euros de chiffre d’affaires
par an pour environ 1 million
d’euros d’Ebitda.
Depuis 2012, les banques dites « commerciales » ont davantage
concentré leurs réseaux que les banques mutualistes. Dans les
années à venir, la tendance devrait se poursuivre : Sia Partners
anticipe la fermeture de 10 % des points de vente de Société Générale et de BNP Paribas et de 14 % chez LCL. En revanche, il table
sur 5 % pour les Caisses d’Epargne et les Banques Populaires.
Intesa Sanpaolo s’allie
avec Poste italiane
Les deux groupes fourniront
réciproquement des
produits et des services, avec
l’objectif d’augmenter l’offre
à une clientèle commune
de 48 millions de personnes.
Olivier Tosseri
@oliviertosseri
— Correspondant à Rome
De plus en plus d’agences ferment
dans le secteur bancaire italien, en
pleine phase de restructuration. Près
de 2.000 ces trois dernières années et
3.000 ces trois prochaines, d’après la
Fabi, le principal syndicat du secteur.
Pour continuer néanmoins à atteindre le maximum de clients sur
l’ensemble du territoire, la principale banque du pays, Intesa Sanpaolo, s’offre, en s’alliant avec Poste italiane, l’un des réseaux les plus
étendus sans dépenser un centime.
L’accord commercial noué avec
cette dernière, dont les détails seront
précisés dans les prochaines semaines, porte sur la distribution de certains produits d’assurance et de gestion d’actifs. Concrètement, il sera
possible de souscrire ces produits
ainsi que des crédits auprès d’Intesa
Sanpaolo via les plus de 12.000 guichets de Poste italiane. Les produits
de banque privée et de gestion
d’actifs seront gérés par Eurizon,
dont Intesa a l’intention de céder de
10 % à 20 % du capital à un éventuel
partenaire, comme il vient de le confirmer.
Réciproquement, dans les agences d’Intesa Sanpaolo, il sera possi-
ble d’utiliser les services et moyens
de paiement mis à la disposition par
Poste italiane. La plus grande partie
de l’épargne des Italiens dort sur les
comptes postaux de celle-ci. A eux
deux, les partenaires totalisent
48 millions de clients, dont 36 millions pour Poste, qui a annoncé vouloir gonfler son dividende et son
bénéfice via la création de nouveaux
produits d’assurance. Les analystes
ont jugé positivement l’accord commercial entre Intesa Sanpaolo et
Poste Italiane, estimant qu’il était
cohérent avec les objectifs fixés dans
leurs plans stratégiques respectifs.
Un réseau rationalisé
La banque dirigée par Carlo Messina
accentue par ailleurs sa stratégie de
présence capillaire sur le territoire,
comme en témoigne son rachat
d’ITB, rebaptisé « Banca 5 », la « banque des buralistes », de proximité,
car elle s’appuie sur un réseau de
22.000 buralistes. Cela lui permet de
rationaliser le sien, composé de
3.500 agences après la reprise des
656 implantations des banques
vénitiennes acquises l’an dernier.
L’opération Vivaldi, lancée en
décembre dernier, prévoyait ainsi la
fermeture de près de 400 agences.
Dans le même temps, les efforts de
réduction du coût du personnel se
sont intensifiés. Un accord conclu
avec les syndicats fin 2017 permettra
9.000 départs volontaires et la fermeture de 1.100 guichets, ainsi que
la fusion de 12 de ses filiales, Banco di
Napoli, CR Firenze, CR Veneto, Cariromagna ou encore Banca IMI. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
24 // FINANCE & MARCHES
Lundi 16 avril 2018 Les Echos
Wells Fargo menacé d’une amende
de 1 milliard de dollars
BANQUE
La réforme fiscale et
le retour de la volatilité
sur les marchés ont
dopé les résultats des
banques américaines
au premier trimestre.
Elsa Conesa
@ElsaConesa
— Bureau de New York
Un milliard. La banque américaine
Wells Fargo, poursuivie par plusieurs régulateurs pour avoir mis
en place un système de comptes fictifs destiné à doper ses revenus, a
confirmé vendredi qu’elle pourrait
solder une partie des litiges en
cours en s’acquittant de 1 milliard de
dollars. « Nous sommes encore en
train de discuter de ce sujet », a expliqué le patron de la banque, Tim
Sloan, précisant n’avoir pas encore
trouvé de terrain d’entente avec les
autorités et être « incapable de prédire l’issue » de ces discussions.
La maison américaine, qui s’est
longtemps distinguée dans l’industrie financière par le dynamisme de
son activité de banque de détail, a
admis, en septembre 2016, avoir
ouvert 3,5 millions de comptes fictifs ou non autorisés afin d’accroître
artificiellement les revenus de son
réseau d’agences. Malgré un accord
à 185 millions de dollars conclu avec
le Bureau de protection des consommateurs fin 2016, le scandale
n’a cessé depuis de s’étendre à
d’autres divisions de l’établissement, comme la gestion de fortune
ou les activités de crédit aux particuliers, qui font toutes l’objet
d’enquêtes parallèles. Un accord
permettrait à la banque, dont l’activité est désormais bridée par la Fed,
de mettre un terme aux poursuites
menées par deux régulateurs dans
les activités de crédit.
JPMorgan Chase a
dégagé des résultats
historiques, en hausse
de 35 % au cours des
trois premiers mois,
tandis que Citi a signé
son meilleur trimestre
depuis 2015.
Rentabilité à 15 %
L’issue des discussions avec les
régulateurs, qui devrait intervenir
rapidement, pourrait conduire la
banque à revoir ses comptes du premier trimestre, alors que ses concurrentes ont affiché des performances record en ce début d’année.
Son rival JPMorgan Chase a ainsi
dégagé des résultats historiques, en
hausse de 35 % au cours des trois
premiers mois, tandis que Citi a
signé son meilleur trimestre depuis
2015. Wells Fargo a de son côté enre-
gistré une modeste progression de
5 % de ses profits et une légère
baisse de ses revenus.
L’industrie a profité à plein des
effets de la réforme fiscale de
l’administration Trump, qui a
ramené le taux d’impôt sur les
sociétés de 35 à 21 % en fin d’année
dernière. Le taux d’impôt effectif
payé par JP Morgan est ainsi passé
de 22,7 à 18,3 %, et celui de Citi est
tombé de 31 à 24 %. Parallèlement,
les banques ont bénéficié du retour
de la volatilité sur les marchés,
moteur indispensable de leurs activités de trading, et qui leur avait fait
défaut l’an dernier. Chez JP Morgan,
les revenus du trading ont ainsi progressé de 13 %.
Le dynamisme de l’économie
américaine et le relèvement progressif des taux ont aussi contribué
à doper les résultats dans tous les
métiers. La rentabilité des fonds
propres a atteint 15 % chez JP Morgan et approche désormais les 10 %
chez Citi pour la première fois
depuis des années, contre respectivement 11 % et 7,4 % il y a un an.
Seule ombre au tableau : les provisions pour créances douteuses
qui continuent de grimper régulièrement et font craindre une surchauffe de l’activité de crédit. Au
premier trimestre, JP Morgan a mis
de côté 1,17 milliard de dollars, soit à
peu près autant qu’au cours des derniers trimestres. Citi fait de son côté
face à une augmentation des
défauts sur ses cartes de crédit, qui
ont atteint 5,2 % de son portefeuille.
(
Lire « Crible »
Page 30
AG2R La Mondiale en forme avant son mariage avec la Matmut
d’euros. Son ratio de Solvabilité II
s’est lui aussi amélioré, pour atteindre 224 % à fin décembre, contre
213 % un an plus tôt. « Le plan de
marche, c’est de gagner 10 points par
an », a précisé André Renaudin, son
directeur général.
Le chiffre d’affaires s’affiche toutefois en repli de 2,9 %, à 9,8 milliards
d’euros, sous le coup principalement d’une baisse de 21,5 % des cotisations en assurance-vie épargne.
AG2R La Mondiale explique avoir
continué à « serrer les boulons » sur
les fonds euros. Comme le reste du
marché, il essaie de contrecarrer
l’impact des taux bas en freinant les
versements sur ces supports qui
offrent la garantie du capital et sont
fortement investis en obligations.
Dans le même temps, AG2R La
Mondiale a réussi à convaincre les
épargnants d’aller davantage vers
les unités de compte (UC), qui présentent pour les assureurs l’avantage d’être moins consommateurs
ASSURANCE
Le premier groupe
de protection sociale
français a dégagé un
résultat net en hausse
de 13,2 % l’an dernier,
à 361 millions d’euros.
Laurent Thévenin
@laurentthevenin
Indicateurs financiers au vert
pour AG2R La Mondiale, en pleine
préparation de son rapprochement
avec la Matmut. Le premier groupe
de protection sociale français a
annoncé vendredi avoir dégagé un
résultat net de 361 millions d’euros
l’an dernier pour ses activités
d’assurance, en hausse de 13,2 % par
rapport à 2016. Il a aussi pu renforcer ses fonds propres, qui ont
dépassé la barre des 6 milliards
« Un tiers de
nos engagements
sont désormais
en UC, contre 20,6 %
en moyenne
pour le marché. »
ANDRÉ RENAUDIN
Directeur général
d’AG2R La Mondiale
de capitaux propres que les fonds
euros. « Un tiers de nos engagements
sont désormais en UC, contre 20,6 %
en moyenne pour le marché », a souligné André Renaudin.
En retraite supplémentaire, les
cotisations d’AG2R La Mondiale
ont en revanche fortement progressé (+29,4 %). C’est le cas aussi en
prévoyance (+11,7 %). A contrario, le
chiffre d’affaires en santé a reculé de
Les fonds d’infrastructures
en pleine euphorie
INVESTISSEMENT
Les fonds de
l’Hexagone ont plus de
20 milliards à déployer
dans les prochaines
années.
Au niveau mondial,
les levées atteignent
de nouveaux sommets.
Anne Drif
@Anndrif
En quelques semaines, le petit cercle
des fonds d’infrastructures, habitué
à vivre au rythme lent des grands
projets, a basculé dans l’effervescence. Rien qu’en France quatre
changements de contrôle sont sur
les rails : celui d’Aéroports de Paris,
de la Saur, d’Idex et celui des tours de
télécoms d’Altice, le groupe de
Patrick Drahi. Sans compter l’arri-
vée à maturité de nombreuses
concessions et cessions d’actifs plus
exotiques, comme les cliniques ou
maisons de retraite, auxquelles sont
désormais systématiquement invités ces fonds longs.
Envolée des prix
Moins exigeants en retour sur
investissement que les fonds classiques et, donc, capables de payer un
prix plus élevé, tout en restant
minoritaires, ces gérants d’infrastructures sont devenus la coqueluche des banques d’affaires dans les
processus d’enchères. Selon les derniers chiffres de France Invest, les
seuls fonds présents dans l’Hexagone ont plus de 20 milliards
d’euros à déployer dans les prochaines années. Au niveau mondial, les
capitaux levés par ces fonds ont
rejoint leur record l’an dernier à
65 milliards de dollars (contre moitié moins en moyenne historique),
selon Preqin. Leur « poudre sèche »
atteint plus de 150 milliards et
166 fonds sont déjà en train de lever
122 milliards de dollars supplémentaires.
Conséquence, l’envolée des prix
est devenue le principal problème
des acteurs du secteur. En France, le
dossier Idex, valorisé plus de 1 milliard d’euros, soulève les interrogations et certains craignent déjà que
la Saur, « lourdement restructurée à
cause du poids de sa dette il y a seulement cinq ans, retombe dans les
mêmes excès », souligne un banquier d’affaires. « Le marché de
l’infrastructure est très compétitif
sur les gros projets dits “core”,
comme les gestionnaires d’eau ou les
actifs régulés. Cet environnement
contraint à se différencier », constate
Stéphane Grandguillaume, associé
chez 3i, qui gère 4 milliards d’euros
dans cette classe d’actifs. Dix ans
après son premier véhicule, le
gérant britannique vient de lever
un nouveau fonds de 456 millions
d’euros à déployer en Europe, en
complément de sa plate-forme
2,4 %, après notamment la sortie de
la mutuelle Muta Santé du périmètre de combinaison.
Discussions avec
La Mutuelle Générale
Interrogé sur l’avancement du projet avec la Matmut, AG2R La Mondiale a confirmé qu’il soumettra,
comme prévu, le dossier à ses
assemblées générales fin mai.
L’objectif réaffirmé est de parvenir à
la mise en place d’un nouveau
groupe prudentiel au 1er janvier
2019, qui unira deux acteurs très
complémentaires, la Matmut étant
avant tout un assureur-dommages.
Dans un secteur en pleine reconfiguration, AG2R La Mondiale
s’intéresse par ailleurs à un autre
dossier majeur. Il reconnaît la tenue
de discussions – révélées par « La
Lettre de l’assurance » – avec La
Mutuelle Générale, qui est en quête
d’un partenaire, sans que celles-ci
soient exclusives. n
ADP : Le Maire
précise son projet
Le changement de contrôle d’ADP est sur les rails. Photo Shutterstock
cotée. « Nous éviterons le marché des
larges actifs core pour nous concentrer sur des projets opérationnels,
comme les autoroutes, les infrastructures sociales, les télécoms et les
réseaux, qui dégagent un rendement
annuel récurrent de l’ordre de 8 à 9 %
et proposent un profil de risque maîtrisé », précise l’investisseur.
Pour ce nouveau fonds, 3i s’intéresse notamment à la vague des
projets développés en partenariat
public-privé (PPP) il y a six ans et
dont la phase de construction est
désormais achevée. « Un certain
nombre de constructeurs qui portent
ces projets sur leur bilan voudront
céder leur participation en France,
mais aussi en Italie, en Espagne, en
Allemagne et en Hollande. » Le véhicule a déjà investi dans 11 PPP, dont
9 en France, comme l’hôpital de
Saint-Nazaire ou des collèges en
Moselle. n
Auditionné dans le cadre de la
commission d’enquête sur les
investissements étrangers, le
ministre de l’Economie exclut
une descente pure et simple
de l’Etat au capital d’ADP. « La
solution de facilité qui consisterait à réduire notre participation de 50,6 % à 40 %, 30 %, ou
20 % donnerait un droit
d’exploitation illimitée en position majoritaire » aux actionnaires privés. « Cette option-là,
je l’ai exclue, car elle reviendrait
à donner une infrastructure
à des acteurs privés pour une
durée illimitée. » C’est le cas de
l’aéroport d’Heathrow à Londres, a-t-il rappelé. « Ce que
nous envisageons et qui est
soumis à l’arbitrage du Premier
ministre et du président de la
République est un système où
l’Etat reprendrait la possession
de l’ensemble d’ADP et le proposerait en concession [dans une
autre audition, il avait évoqué
une durée d’exploitation de 70
à 90 ans. NDLR] avec le maintien d’une régulation forte des
pouvoirs publics. »
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 25
Les Echos Lundi 16 avril 2018
Le gouvernement va supprimer les
commissaires aux comptes dans les PME
consister à réfléchir à de nouveaux
services que pourraient rendre les
commissaires aux comptes. Pistes
possibles : des certifications liées à
la RSE (responsabilité sociale et
environnementale), à la cybersécurité, ou à la lutte contre la corruption, dans les grands groupes.
AUDIT
Le gouvernement va
relever les seuils
français d’audit légal
au niveau des seuils
européens.
Il mettra en place une
commission présidée
par Patrick de Cambourg, président de
l’ANC, pour accompagner la réforme.
A Bercy, on est
convaincu qu’une
partie des missions
obligatoires va se
transformer en
mission contractuelle.
Une très bonne nouvelle pour les
PME, une bataille perdue pour les
commissaires aux comptes. Selon
nos informations, le gouvernement
a décidé de supprimer l’obligation
imposée aux petites et moyennes
entreprises de certifier leurs comptes. Concrètement, les ministres de
l’Economie et de la Justice vont relever les seuils déclenchant l’obligation de nommer un commissaire
aux comptes au niveau du seuil
européen, dans le but de s’aligner
sur la réglementation de l’Union. La
réforme européenne de l’audit en
2016 a fixé à 8 millions d’euros de
chiffre d’affaires le seuil d’audit
légal obligatoire ; il est, aujourd’hui,
de 3,1 millions d’euros en France.
Pour les entreprises concernées,
cela représenterait une économie
moyenne de 5.500 euros par an,
selon les travaux de l’Inspection
générale des finances (IGF). Une
économie loin d’être négligeable
pour les plus petites structures. La
Shutterstock
Laurence Boisseau
@boisseaul
Pour les entreprises concernées, cela représenterait une économie moyenne de 5.500 euros par an.
nouvelle sera évidemment beaucoup moins bien perçue par les professionnels du chiffre. Mi-mars,
Jean Bouquot, le président de la
Compagnie nationale des commissaires aux comptes (CNCC) et porteparole de la profession, voulait
encore croire qu’il disposait d’une
marge de manœuvre dans les discussions avec les ministères. Il espérait qu’une simple simplification des
seuils suffirait : selon la structure
juridique de la société – SARL ou
SAS –, ces derniers sont différents.
L’impact de cette mesure sera
lourd pour les « CAC ». La profession
perdrait un quart de ses mandats,
soit 620 millions d’euros de chiffre
d’affaires, selon le rapport de l’IGF.
Les commissaires aux comptes met-
tent en avant que cette réforme
entraînerait un plan social de 6.000
à 7.000 emplois salariés et toucherait 3.500 professionnels qui exercent de 75 à 100 % de leur activité
dans les mandats concernés par
cette mesure.
Création d’une commission
A Bercy, on est convaincu qu’une
partie des missions obligatoires va
se transformer en mission contractuelle (volontaire). Et de citer
l’exemple du Royaume-Uni. En
2004, quand le pays a relevé les
seuils d’audit légal, 40 % des PME
ont conservé leurs commissaires
aux comptes. Pour autant, le gouvernement a bien conscience qu’il
faut accompagner les profession-
nels du chiffre. Il va donc mettre en
place une commission, chargée
d’identifier de nouvelles missions.
Cette commission sera présidée par
Patrick de Cambourg, président
depuis 2015 de l’ANC (Autorité des
normes comptables), chargée de
débattre et de fixer les règles de la
comptabilité française et de prendre position sur les normes internationales IFRS.
Patrick de Cambourg a passé
trente ans chez Mazars, dont il a été
président du conseil de gérance et
du conseil de surveillance. Cette
commission comprendra aussi un
commissaire aux comptes d’un
petit cabinet, un ou deux représentants des entreprises et un du secteur public. Sa feuille de route va
Autre point de la mission, aider
les professionnels les plus touchés à
se reconvertir. Une des solutions
pourrait consister à enrichir la mission d’expertise comptable pour les
petites structures. Une très grande
majorité de ces commissaires aux
comptes sont aussi experts-comptables. En termes de calendrier, les
mandats actuels ne seront pas touchés. Les nouvelles règles s’appliqueront d’ici à trois ans en moyenne.
Cette réforme s’inscrit dans le
cadre de la loi Pacte, soit le plan
d’action pour la croissance et la
transformation des entreprises, et
fait suite au rapport rendu début
mars par l’IGF, missionnée par
Bercy et la chancellerie pour mesurer l’impact sur la société de la suppression des commissaires aux
comptes dans les PME. Elle participe aussi de la volonté du gouvernement d’arrêter toute surtransposition des textes européens, la loi
française étant plus dure que la loi
de l’Union. n
En cause, les anticipations de hausse des
taux et la concurrence
de l’e-commerce.
4
À NOTER
Invest Securities, sur les
26 entreprises cotées à Paris,
n’est à l’achat que sur 9 d’entre
elles et neutre sur 16 autres.
Pierrick Fay
@pierrickfay
C’est un réflexe quasi automatique.
Lorsque les investisseurs anticipent
des hausses de taux obligataires, les
valeurs immobilières cèdent du terrain. Cela s’est encore vérifié cette
année. Ainsi, l’indice Euronext IEIF
REIT Europe perd 2,97 %, quand
l’indice CAC 40 est quasi stable. Sur
cet indice européen, 31 des
41 valeurs sont d’ailleurs en baisse,
dont les foncières françaises : Mercialys chute de 15,9 %, Klépierre de
6,7 %, Unibail-Rodamco de 9,1 %,
Gecina de 7,7 % et Foncière des
Régions de 5,7 %.
Pourquoi un tel dérapage ?
D’abord parce que le secteur restait
sur quatre années de croissance,
soutenu par l’action de la Banque
centrale européenne (BCE), qui a
poussé les taux d’intérêt de la zone
euro à des niveaux historiquement
bas. Or, les temps changent, constate Benoît Faure-Jarrosson, chez
Invest Securities, « les taux d’intérêt
sont le facteur numéro un influençant la valorisation des actifs immobiliers. Cela a un impact sur le compte
des résultats des foncières, car elles
utilisent la dette ». Mathématiquement, note l’analyste, une remontée
des taux d’intérêt de 100 points de
base entraîne une sous-perfor-
GOUVERNANCE Laurence D.
Fink, patron de BlackRock, le
numéro un mondial de la gestion d’actifs, va percevoir au
titre de 2017, une rémunération de 27,7 millions de dollars. Cette dernière comprend
un fixe de 900.000 dollars, un
variable de 10 millions de dollars et des actions de performance pour 16,6 millions. A la
fin du premier trimestre, le
montant des actifs gérés par
BlackRock s’élevait à 6,3 milliards de dollars.
L’aluminium
signe sa meilleure
semaine depuis
trente ans
sur le LME
MATIÈRES PREMIÈRES Le
cours de l’aluminium s’est
envolé de 13 % la semaine dernière – du jamais-vu depuis
1987 –, atteignant des
records, après la décision des
Etats-Unis de placer Rusal, le
géant producteur russe, sur
liste noire. Ce geste a provoqué une ruée sur le métal coté
sur le LME à Londres, les traders craignant des ruptures
d’approvisionnement. Rusal
produit 6 % de l’aluminium
consommé dans le monde,
qui sert à l’industrie automob i l e , à l ’a é r o n a u t i q u e ,
comme aux fabricants de
canettes.
GESTION Les fonds actions
en mesure de maintenir leurs dividendes à court terme. Pour autant,
Invest Securities reconnaît que le
marché « est en train de se transformer en rente stable et non plus en
rente de croissance. Les investisseurs
s’interrogent donc sur la valeur à leur
accorder, sachant que sur ce marché
les entreprises n’ont pas besoin de
grossir pour survivre ».
Le secteur des foncières souffre en Bourse
depuis le début
de l’année.
Le patron de
BlackRock va
toucher un salaire
de 27,7 millions
de dollars
Les investisseurs
retrouvent
le goût du risque
La remontée annoncée des taux obligataires
pèse sur les valeurs foncières cotées
VALEURS
IMMOBILIÈRES
en bref
ont de nouveau la faveur des
investisseurs, relève une
étude de Bank of AmericaMerrill Lynch Global
Research. En une semaine, au
11 avril, la catégorie affiche
une collecte nette de 7 milliards de dollars, marquée par
un retour sur les fonds dédiés
aux actions américaines
(+5,5 milliards de dollars) et
un engouement confirmé
pour ceux en valeurs japonaises (+2,5 milliards de dollars)
et émergentes (+2,8 milliards
de dollars). En revanche, les
fonds actions européennes
ont subi les rachats hebdomadaires les plus élevés depuis
juillet 2016 avec des sorties
nettes de 5,2 milliards de dollars sur la semaine.
AVIS FINANCIERS
mance de l’immobilier coté de 16 %.
Le flux de nouvelles sur les taux risque donc de peser sur les cours,
entre les trois hausses de taux de la
Fed et la fin proche du programme
d’achat d’actifs de la BCE.
Surcapacité en Europe
Un autre facteur pèse aussi sur le secteur : le développement de l’e-commerce en France, qui n’épargne pas
les foncières présentes dans les centres commerciaux. La fréquentation
des centres commerciaux a ainsi
chuté de 10,1 % depuis 2009, alors
que le chiffre d’affaires des commerçants a plongé de 8,5 % depuis 2007.
De quoi peser sur la croissance des
foncières, même si les « retail
parks », mélangeant expérience
shopping, activités de loisirs et de
restauration « résistent mieux à la
concurrence d’Internet sur les prix ».
Mais, pour Invest Securities, la
sanction est sévère alors que les fondamentaux restent solides. Les
taux de vacance sont très bas à
La remontée attendue
des taux pourrait
toutefois fragiliser
les foncières de
bureaux alors que
les prix parisiens sont
très élevés.
Paris, en première couronne, alors
que l’amélioration de l’emploi en
Ile-de-France soutient la demande
de locaux, notamment de petites
surfaces avec la forte création de
start-up. Les perspectives semblent
solides pour 2018. Sur les 11 foncières ayant donné des indications sur
l’année, 10 étaient positives.
Par ailleurs, insiste Benoît FaureJarrosson, « les marchés agissent par
anticipation. Le taux à 10 ans français
n’a pas augmenté tant que cela
(14 points de base seulement depuis le
point bas de décembre), alors que les
foncières ont déjà réagi en Bourse ».
Selon lui, « il faudrait que le coût de la
dette monte jusqu’à 3,5 % pour avoir
un impact sur le résultat opérationnel. Car, si les taux montent, c’est qu’il
y a de l’inflation et la hausse des loyers
compensera donc la hausse du coût
de la dette ». En effet, les foncières
ont allongé la maturité de leur dette
à plus de six ans, contre 4,7 ans en
2011. « Si les taux remontent, il y aura
donc un délai avant que cela n’ait un
impact sur les résultats. » Invest
Securities estime aussi que, pour se
protéger de la remontée des taux,
ces entreprises vont moins s’endetter et se concentrer sur leur bonne
notation de crédit.
La remontée attendue des taux
pourrait toutefois fragiliser les foncières de bureaux alors que les prix
parisiens sont très élevés. Cela
pourrait notamment peser sur leur
ANR (actif net réévalué), critère
important pour les investisseurs.
Enfin, malgré la remontée attendue
des taux, ces sociétés devraient être
Résultats annuels
2017
Compte de résultat simplifié (données auditées):
(en millions d’euros)
Chiffre d’affaires
Au 31/12/ 2017 Au 31/12/ 2016 Variation
450,3
382,1
+68,2
EBITDA
22,9
9,3
+13,6
Résultat Opérationnel Courant
14,5
(0,1)
+14,6
Résultat net
18,0
(10,1)
+28,1
• Forte amélioration de la performance du Groupe portée par la hausse des cours
des métaux et par de très bons niveaux de production qui ont compensé les
arrêts de maintenance.
• Nouvelle progression de la rentabilité des segments Plomb et Zinc, stabilité du
segment Plastique à l’équilibre, recul de la perte du segment Métaux Spéciaux.
• Résultat Opérationnel Courant de 14,5 M€ et Résultat net de 18,0 M€, positifs et
en croissance d’un semestre sur l’autre en 2017.
• Hausse de l’endettement principalement pour financer les investissements
industriels et suite à des conversions de provisions en dettes.
• Poursuite des travaux de construction du four de réduction conformément au
planning, mise en service prévue à la fin du premier semestre 2018.
Consultez l’intégralité du communiqué de presse sur www.recylex.fr
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
26 // FINANCE & MARCHES
Lundi 16 avril 2018 Les Echos
La Bourse de Londres recrute son
nouveau patron chez Goldman Sachs
« Cela semble
indiquer que le LSE
accordera moins
d’importance
à l’Europe
continentale. »
BOURSE
David Schwimmer
prendra la tête du LSE
Group en août.
Parmi les chantiers de
ce banquier d’affaires,
la gestion des conséquences du Brexit.
UN ACTEUR
DU MARCHÉ PARISIEN
Guillaume Benoit
@gb_eco
Enfin ! Il aura fallu près de cinq
mois à la Bourse de Londres pour
recruter son nouveau patron, en la
personne de David Schwimmer. A
quarante-neuf ans, ce banquier
d’affaires est, selon un bon connaisseur du marché, « un pur produit
Goldman Sachs ». Il a en effet effectué toute sa carrière au sein de la
banque américaine, après deux ans
passés comme collaborateur au
sein du cabinet d’avocats Davis
Polk & Wardwell.
Chez Goldman Sachs, il a notamment suivi de près le secteur des
infrastructures de marché, participant au rachat de la plate-forme
électronique Archipelago
Exchange par le New York Stock
Exchange en 2005. Il a exercé également les fonctions de chef de cabinet pour Lloyd Blankfein, avant que
ce dernier ne prenne les rênes de la
banque, puis a accédé à la codirection des activités moscovites.
Depuis 2010, il intervenait dans le
secteur des métaux et des activités
minières. « David est un leader avec
une grande expérience du secteur des
infrastructures de marchés financiers, auquel il a été étroitement associé durant sa carrière en banque
d’investissement, ainsi qu’une expérience des marchés de capitaux à la
fois dans les marchés développés et les
marchés émergents. Il est reconnu
pour son intellect et son approche collaborative tant avec les clients qu’avec
ses collègues », a déclaré le président
du LSE Group, Donald Brydon.
Rétablir un climat serein
Un profil qui pourrait donner des
indications sur un virage stratégique du London Stock Exchange
compliquées avec TCI, ce qui explique
la durée particulièrement longue du
processus de recrutement », témoigne un observateur.
Les méandres du Brexit
David Schwimmer, quarante-neuf ans, est « un pur produit Goldman Sachs ». Photo LSE
Group. « Alors que son prédécesseur,
Xavier Rolet, était français, David
Schwimmer est un Américain avec
une forte expérience de la Russie, souligne un acteur de marché parisien.
Cela semble indiquer que le LSE
accordera moins d’importance à
l’Europe continentale. » La Bourse
de Londres pourrait, en effet, aller
chercher ses relais de croissance
aux Etats-Unis et en Asie, des pays
où son implantation est réduite. « Ce
sera indispensable si la Bourse de
Londres veut faire sa place parmi les
grandes », explique le bon connaisseur du marché. Surtout après
l’échec de la fusion avec Deutsche
Börse l’an dernier. L’expérience du
nouveau patron dans les fusions-acquisitions a été particulièrement
remarquée. « La nomination de
David Schwimmer va permettre au
LSE de continuer à regarder des
opportunités de croissance externe »,
notent ainsi les analystes d’UBS.
Le développement ne devrait
toutefois pas être la priorité absolue
du directeur général. Il va d’abord
devoir rétablir un climat plus serein
au sein du LSE. Le départ de son
prédécesseur s’est fait dans un
cadre de conflit ouvert avec Donald
Brydon, aux effets dévastateurs.
D’autant qu’il a été envenimé par le
fonds activiste TCI, qui avait pris fait
et cause pour Xavier Rolet. Une
situation qui pourrait expliquer le
choix d’un dirigeant externe,
n’appartenant à aucun des deux
camps. « Plusieurs candidats
auraient renoncé, car ils ne souhaitaient pas avoir à gérer les relations
Autre chantier d’envergure, guider
la Bourse de Londres dans les méandres du Brexit. Le départ de l’Union
risque, en effet, de couper la City du
marché financier unique européen.
Et menace l’une des activités phares
du groupe : la compensation, un
traitement sécurisé des transactions. Surtout celle des dérivés de
taux libellés en euros, un marché où
LCH, filiale de la Bourse de Londres,
est en situation de quasi-monopole.
Cette activité est menacée par l’évolution en cours de la réglementation
européenne, qui vise à rapatrier la
compensation en zone euro. Et par
les ambitions de la Bourse de Francfort, qui a lancé une offre dans ce
domaine. Sans oublier Paris, qui
aimerait jouer sa carte. Il devra aussi
poursuivre l’intense lobbying mené
par son prédécesseur en vue
d’accueillir l’« introduction en
Bourse du siècle », celle du pétrolier
saoudien Aramco. Riyad a exprimé
sa volonté de le faire coter sur une
place internationale, citant Londres,
New York ou Hong Kong. La plus
grande incertitude plane
aujourd’hui autour de ce projet.
Il devra enfin sortir de l’ombre
d’un prédécesseur reconnu, Xavier
Rolet, qui, durant ses huit années et
demie de direction générale, a multiplié par six le cours de l’action du
London Stock Exchange. Ce dernier
va rejoindre le conseil d’administration du géant russe de produits fertilisants, PhosAgro. n
La banque centrale de Hong Kong
intervient pour soutenir sa monnaie
nuer, sans pour autant dégénérer
en crise. En effet, la devise de Hong
Kong est arrimée au dollar, mais les
taux d’intérêt entre les deux pays
divergent fortement au bénéfice
des Etats-Unis. Cet écart est le plus
fort en dix ans compte tenu de la
remontée des taux outre-Atlantique. Cette abondance de liquidités
pénalise le dollar de Hong Kong.
Les opérateurs empruntent dès lors
cette devise et la vendent pour acheter des dollars, dont les taux d’intérêt sont plus rémunérateurs.
DEVISES
La banque centrale est
intervenue en achetant
pour 816 millions de
dollars de Hong Kong.
Sa devise étant tombée
au plus bas depuis
2005.
C’est une première depuis 2005. La
Hong Kong Monetary Authority
(HKMA), la banque centrale de
Hong Kong, est intervenue pour
stopper la chute de sa devise. Celle-ci peut évoluer entre 7,75 et
7,85 dollars de Hong Kong pour un
dollar américain. Une bande de
fluctuation étroite qui lie Hong
Kong au dollar depuis 2005 et
implique que le pays intervienne
quand elle menace de voler en
éclats sous l’effet de la spéculation
des marchés. Les autorités monétaires ont acheté, jeudi, pour
816 millions de dollars de Hong
Kong, soit 104 millions de dollars,
selon leur communiqué. Pour certaines banques, ce montant était en
réalité supérieur, 3,2 milliards de
dollars de Hong Kong (415 millions
de dollars), selon Nomura.
La HKMA dispose de volumineuses réserves de change pour défen-
« Samedi noir »
La devise de Hong
Kong est arrimée au
dollar, mais les taux
d’intérêt entre les
deux pays divergent
fortement au bénéfice
des Etats-Unis.
dre sa monnaie contre la spéculation. Elles étaient de 440 milliards
de dollars américains à la fin du
mois de mars. En guise d’avertissement aux marchés, le directeur
général de la banque centrale, Norman Chan, a réitéré son engagement à soutenir sa devise. La HKMA
est « parfaitement capable de maintenir la stabilité du dollar de Hong
Kong et de gérer de larges flux de capitaux », a-t-il déclaré dans un communiqué de presse, en ajoutant, de
manière plus surprenante, « il n’y a
aucune raison d’être préoccupé ».
Pourtant, les marchés jugent que
la pression sur la devise va conti-
Pour Hong Kong, l’arrimage au billet
vert est un engagement de long
terme. En 1983, le pays avait établi un
arrimage au billet vert à un cours de
7,80 dollars de Hong Kong. Une décision qui faisait suite au « samedi
noir », le 24 septembre 1983, quand
la devise chuta à un plus bas de
9,60 dollars de Hong Kong pour un
billet vert, du fait des craintes des
marchés et milieux économiques
d’une rétrocession de l’île à la Chine,
qui fut annoncée l’année suivante.
Cette crise financière est restée dans
toutes les mémoires. Elle fit sortir le
pays des changes flottants par la
petite porte. En 2005, il établit une
bande de fluctuation de 7,75 à
7,85 dollars de Hong Kong pour un
dollar, aujourd’hui sous pression.
— N. A.-K.
LA SÉANCE DU 13 AVRIL 2018
Légère
progression
du CAC 40
sur la semaine
un contexte géopoliti•queDans
incertain et extrêmement
tendu, la Bourse de Paris a fini
proche de l’équilibre, vendredi.
Le CAC 40 a grapillé 0,11 % et clôturé à 5.315,02 points, dans un
volume d’échanges de 3,1 milliards d’euros. Sur la semaine, il
a progressé de 1,07 %. Les opérateurs ont évité de se positionner
à la veille du week-end, alors
que les Etats-Unis et ses alliés
ont lancé samedi matin des
frappes militaires en Syrie, en
représailles à l’attaque chimique présumée près de Damas.
A Londres, l’indice FTSE 100 a
pris 0,09 %, freiné par l’appréciation de la livre ; tandis que le
DAX a gagné 0,22 %.
Du côté des valeurs, Klépierre (+3,60 %) a renoncé à
racheter son concurrent britannique Hammerson, tandis
qu’Eramet (+6,71 %) a profité
de la progression des cours du
nickel.
ArcelorMittal (+1,12 % ) a
proposé à la Commission européenne de céder des actifs en
Europe pour lever les réticences sur son projet d’acquisition
de l’italien Ilva.
Vinci a pris 2,48 %, le trafic
passagers de ses 36 aéroports
ayant grimpé de 11,6 % au premier trimestre. Pierre et
Vacances a pris 6,03 %, fort
d’un chiffre d’affaires en hausse
de 6,5 % au premier semestre.
Virbac a cédé 2,16 %, pénalisé
par un chiffre d’affaires en recul
de 3,1 % au premier trimestre.
La semaine du 16 au 20 avril
sera marquée par la publication de nombreux résultats
d’entreprises au premier trimestre, notamment aux EtatsUnis.
L’OPÉRATION DU JOUR
Le Qatar lève 12 milliards
de dollars d’obligations
Retour réussi sur le marché
•obligataire
international pour le
Qatar. Doha, qui n’avait pas sollicité les investisseurs étrangers
depuis deux ans, a levé jeudi
12 milliards de dollars, obtenant
le record en termes de montant
pour un pays émergent cette
année. Surtout, il dépasse de un
milliard le montant levé par son
rival saoudien la veille. Idem
pour la demande des investisseurs, qui a atteint 53 milliards
de dollars, contre 52 milliards
pour l’opération saoudienne.
Même si Riyad s’en défend, sa
venue sur le marché, juste avant
Doha, avait été interprétée par
certains observateurs comme
une tentative de couper l’herbe
sous le pied des Qataris. Le Qatar
est soumis à un blocus de la part
de ses voisins du Golfe depuis
l’été dernier. Pour séduire les
investisseurs, Doha, pourtant
mieux noté que Riyad, a proposé
des rendements relativement
proches de ceux de l’Arabie
saoudite. Il s’est financé à 10 ans à
170 points de base au-dessus des
t a u x a m é r i c a i n s (c o n t r e
175 points pour Riyad).
en bref
Un nouveau patron à la tête de Dexia
BANQUE Gilles Denoyel va devenir le président de la banque
franco-belge Dexia sous réserve de l’approbation des actionnaires à l’issue de l’assemblée générale du 16 mai, selon le journal
« L’Echo ». Il succédera à Robert de Metz, administrateur chez
Dexia depuis 2009, président du conseil d’administration
depuis 2012. Gilles Denoyel a débuté sa carrière en 1981 comme
inspecteur des finances. Il a ensuite intégré le groupe CCF dans
les années 1990, où il a contribué à mener à bien la fusion avec
HSBC en 2000. Il sera employé d’HSBC jusqu’en 2016.
Fraude au bitcoin : un Britannique
extradé du Maroc vers les Etats-Unis
RÉGULATION Les autorités américaines ont obtenu l’extradi-
tion du Maroc vers les Etats-Unis d’un ressortissant britannique
accusé d’escroquerie au bitcoin. Renwick Haddow est accusé
d’avoir escroqué des investisseurs entre novembre 2014 et juin
2017 en utilisant une fausse plate-forme d’échanges de monnaie
virtuelle bitcoin, Bitcoin Store.
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FINANCE & MARCHES // 27
Les Echos Lundi 16 avril 2018
euronext
séAncE du 13 - 04 - 2018
CaC 40 : 5315,02 (0,11 %) neXt 20 : 11690,23 (0,64 %)
CaC larGe 60 : 5894,18 (0,17 %)
CaC all-tradaBle : 4189,66 (0,18 %)
Date De ProroGation : 25 aVril
CAC 40
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ost
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a
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A : indicateur acompte, solde ou total du dividende. BPA : bénfice par action. PER : price earning ratio. les plus hauts et plus bas ajustés sont sur l’année
civile. les valeurs classées par ordre alphabétique sont regroupées en trois classes de capitalisation signalées par les lettres a pour les capitalisations
supérieures à 1 milliard d’euros, B pour les capitalisations comprises entre 1 milliard d’euros et 150 millions d’euros et c pour les capitalisations inférieures
à 150 millions d’euros. L : valeurs de l’indice cacnext20. R : valeurs de l’indice caclarge60. G : valeurs de l’indice cacmid60. g : valeurs de l’indice
cacsmall. les bénéfices par action : source facset Jcf estimates. mise en ligne intégrale des informations réglementées sur www.lesechos-comfi.fr
24/05/17 3,25
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bpa
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ost
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bpa
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20,26
1,89
Valeurs françaIses
ouv
vol.
nb titres
clot
% Veil % an
bpa
+ haut % mois + haut an per
+ bas % 52 s. + bas an rDt
B 8,115
8,12
34551
8,19
40.789.901
8,11
B 6,88
6,88
82769
6,94
fr0004040608
20/07/17 0,25 58.051.067
6,86
aBiVaX (abvX) g
B 7,44
7,33
4263
7,44
fr0012333284
9.898.829
7,33
acantHe DeV. (acan) g
c 0,614
0,612
2700
0,614
fr0000064602
08/02/18 0,3 147.125.260
0,606
actia GrouP (ati) g
c 7,84
7,85
3375
7,87
fr0000076655
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7,81
aDocia (aDoc) g
B 15,08
14,88
6108
15,08
fr0011184241
6.910.753
14,8
aéroPorts De Paris (aDp) G
a 180
179,9
47682
182,6
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a 8,756
8,596
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8,556
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51
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51,2
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50
alD (alD)
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13,84
53269
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B 31,3
30,8
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31,3
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30,8
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36,99
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altamir (lta) g
B 13,38
13,48
18534
13,58
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altarea (alta) g
a 212
214
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215
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212
alten (ate) G
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altran tecHnoloGies (alt) G a 12,5
12,61
868106
12,65
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amPlituDe surG. (ampli) g
3,72
3,74
2074
3,74
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B 20,65
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21,2
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15,2
310
15,4
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15,2
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c 14,84
14,92
3069
14,92
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6.651.515
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28
oPa 24/11/17
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28,75
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28
atari (ata)
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19,3
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20
fr0011040500
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19,3
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81,15
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B 35,45
35,25
23122
35,55
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21,05
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1380
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1395
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carmila (carm)
c 24,55
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casino (co) LR
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41,57
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3,095
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cGG (cGG) g
c 1,73
1,757
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fr0013181864
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c 24,1
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13/09/17 0,25 23.330.597
24
cHristian Dior (cDi)
a 345,6
344,5
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16299
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fr0000130403
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fr0010557264
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clot
+ haut
+ bas
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14,225
14,12
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139,9
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20,55
20,35
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18,59
18,13
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21
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7,8
+ 9,55
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+ 5,32
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+ 8,19
37,37
+ 35,92 32,79
+ 0,75 - 11,55
-10,13
16,1
- 5,67 12,7
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+ 3,88 216,5
+ 18,89 184,2
+ 0,32 + 12,77
+ 0,06 84,5
+ 13,5
69,5
+ 1,12 + 0,86
- 0,14
13,681
- 7,74
11,63
+ 0,54 + 5,65
-11,58
4,4
- 6,5
2,94
- 0,88 - 7,18
+ 0,61 77,66
+ 18,4
61,32
+ 0,48 - 4,9
- 6,32 23,7
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- 1,3 + 3,4
- 2,56 16,4
+ 38,18
14,1
+ 0,77 + 62,15
-20,75
1,576
- 9,14
0,65
- 0,05 + 6,3
+ 0,19 110,7
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+ 1,91
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+ 6,19
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- 8,94 33,05
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-14,38
0,948
+227,5
0,367
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+12,84 43,3
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+ 31,47
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+ 0,78 + 85,71
- 9,09
0,477
+333,33
0,21
+ 1,58 - 15,35
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+ 0,06 - 11,47
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+122,7
11
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- 2,2
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4,1
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+12,25 347,5
+ 53,97 291,6
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Date Détach. coupon / Div
cie Du camBoDGe (cbDG)
1,91
1,08
1,18
1,62
0,68
4,82
1,27
1,9
3,36
1,71
1,9
3,57
0,55
1,12
2,07
1,3
4,25
0,81
2,26
0,45
1,28
2,61
0,83
3,75
1,04
0,46
a
clot
% Veil % an
bpa
+ haut % mois + haut an per
+ bas % 52 s. + bas an rDt
/110418
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c 0,893
1319662
fr0004026714
393.573.788
cnP assurances (cnp) GR
a 20,98
558151
fr0000120222
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coFace (cofa) g
a 10,12
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colas (re)
a 178,6
835
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a 1610
6142
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B 39,24
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B 7,32
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4487
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eutelsat com. (etl) LG
a 17,765
465246
fr0010221234
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1304
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256
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0,1
1,96
4,21
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ost
isin / Devise / Date Détach. / Div
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Valeurs françaIses
ouv
vol.
nb titres
1,612
4354
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B 25,15
2171
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c 0,254
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2297
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08/07/14 0,06 765.157.113
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3264
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26,5
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1576
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B 16,56
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c
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+ haut
+ bas
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16,88
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a 79,6
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150
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c 2,415
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fr0000065484
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23,8
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B 34
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3133
34
fr0004156297
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a 34,6
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c3
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B 134
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134,4
fr0000054694
03/07/14 0,1 9.548.741
134
netGem (ntG) g
c 2,36
2,41
13114
2,41
fr0004154060
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a 41,21
41,98
262330
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fr0000044448
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41,05
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a 51,45
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73409
52,3
fr0010112524
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51,45
nicoX (coX)
B 9,04
8,985
35140
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B 8,62
8,58
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8,62
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17000
10,24
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103,35
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46
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B 389
389
c.i.P.
2
389
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B
/121016
c.D.V. nom.
fr0000045619
rotHscHilD & co (roth)
a 31,3
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18541
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a 59,3
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fr0013269123
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58,8
% Veil % an
bpa
% mois + haut an per
% 52 s. + bas an rDt
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2,08
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+20,82 95
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1
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8,31
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41,9
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2,18
srD suite
Valeurs françaIses
Valeurs mnémo / info /
ouv
ost
vol.
isin / Devise / Date Détach. / Div nb titres
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+ haut
+ bas
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La cote a changé.
Vous pouvez retrouver
les Bourses internationales
sur http://investir.lesechos.fr
1,29
52,19
4
3,45
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
28 // FINANCE & MARCHES
Lundi 16 avril 2018 Les Echos
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ouv
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b 14,8
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c
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c103
103
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c
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b
passat
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c
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c
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177
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c
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c
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c
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tipiak
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c 35,2
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celyad
cnova nv
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euronext
fedon
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montea cva
nokiaR
rentabiliweb gpg
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rolinco
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abbvie
agta record
bras. ouest afr.
brass. cameroun
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cfoa
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diageo
lilly and co
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gds rusal
geneurog
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5
Taux eT changes
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var.
veille
en %
var.
année
en %
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1,2326
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real
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a
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13-04-2018
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128
101
3,18
2,15
52,8
8,06
46,8
23,4
+ 1,59
+ 1,27
- 2,94
- 1,12
+ 1,26
- 0,85
1
528
1
5060
22160
1038
1432
298
109
1,65
33,5 + 0,3
24,8 - 0,4
3,17 + 4,28
8138
539
7806
0,91
65,2 - 1,81
4,22 + 0,24
0,344
43,6 + 1,63
9,02 + 0,22
13,75 + 5,36
8,46 + 0,48
45,7 + 2,93
150
- 0,66
47,4 - 0,21
5748
14255
1
1462
951
4556
615
799
365
1793
1,04
70
54,4
5,8 - 0,34
5384
7450
414
2,24
7,3 - 7,6
11,7
3,8 + 0,53
7,28 + 0,28
8,2 - 1,44
7,04 + 1,44
43607
757
998
27533
2419
4368
57
34 + 0,89
24,6
30,8 + 1,32
96,8 - 2,81
1157
20
732
1336
2,1
219
- 4,37
5311
2,3
57,6 + 1,05
1,31
21,1 - 1,86
540
93
- 0,64
4,375+ 3,31
5,54 + 1,47
2,07 - 1,43
0,414
15
1,91 + 0,53
841
5794
360
3
296
322472
64110
3556
17600
1
1278
MaTières preMières
MéTaux précieux
MéTaux non Ferreux
MéTaux sTraTégiQues
paris
OR (euros cPror/*cours hebdo)
13/04
12/04
COURS PriMe Prec.
lingot
34500
0
34280
10 florins
213
2,05
213
5 dollars*
292
12,55
292
10 dollars
587
13,13
587
20 dollars
1140
9,82
1130
5 roubles*
0
-100
0
50 pesos
1306
0,95
1306
latine
204
1,84
204
napoleon
204,7
2,19
205,6
1/2 napoleon* 113,7
13,53
109,9
souverain eli i* 266,4
5,49
266,4
souverain
262,9
4,1
262,9
1/2 souverain* 135
6,91
135
suisse
203,7
1,69
201,1
tunisienne*
205
2,34
205
mark*
261
5,66
261
krugerrand
1138
6,05
1138
lingotin 500grs 18090
4,87
18120
lingotin 250grs 9050
4,93
9060
lingotin 100grs 3610
4,64
3630
argent c3e (euro Par kilo) (csFaNMP)
516,98
520,84
cuivre (girm):
Londres
(eN dollars)
palladium (euro Par kilo) (csFaNMP)
Fix1
25 491
24 841
Fix2
25 731
24 922
cathodes : 5718 a coMPter du 13/04/
autres demi produits cuivreux :
base cuivre
651,59 dePuis le 13/04
base laMiNé laitoN 1 titre 554,17 dePuis le 13/04
base laMiNé laitoN 70/30
563,03 dePuis le 13/04
base laMiNé laitoN 85/15
607,31 dePuis le 13/04
base laMiNé broNze 94/6
740,12 dePuis le 13/04
base laMiNé broNze 94/4
710,61 dePuis le 13/04
London MeTaL exchange
13/04
12/04
alliage d`alumin. (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
1860-1870
1870-1880
11920
aluminium (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
2219,5-2220,5
2211-2212
1345225
cash
3 Mois
stocks
London BuLLion MarKeT
13/04
12/04
argent (eN ceNts Par oz)
Fixage
1 662
1 644
etain (en $ par tonne)
1 351
palladium (eN dollars Par oNce troy)
955
955
platine (eN dollars Par oNce troy)
926
931
neW YorK
argent (eN ceNts Par oNce)
settleMeNt
13/04
Mai 18
16,65
Juil. 18
16,71
sePt. 18
16,78
déc. 18
16,92
JaNv. 19
16,85
or (eN dollars Par oNce)
settleMeNt
settleMeNt
12/04
16,45
16,5
16,61
16,75
16,84
settleMeNt
13/04
avr. 18
1345,8
aout 18
1354,1
déc. 18
1367,6
avr. 19
1380
déc. 19
1407,6
platine (eN dollars Par oNce)
settleMeNt
avr. 18
Juil. 18
oct. 18
JaNv. 19
avr. 19
13/04
926
932,1
937,5
947
936
12/04
1334,6
1343,7
1356,7
1369
1398,8
settleMeNt
12/04
928,9
931,6
937
944,8
0
2251-2253
2243-2245
1250775
cuivre (en $ par tonne)
platine (euro Par kilo) (csFaNMP)
Fix1
24 318
24 087
Fix2
24 244
24 218
or (eN dollars Par oz)
Fix
1 341
1860-1870
1870-1880
12040
cash
3 Mois
vol.
6755-6756
6787-6788
362700
20990-21000
20875-20900
1980
6930-6930,5
6967-6969
366725
21150-21175
21050-21100
2005
13580-13585
13645-13650
314946
éLecTriciTé
ice
(eN gbP Par MWh)
clôture
13/04
base
40,69
PoiNte
46,28
ice futures
(eN gbP Par MWh)
clôture
13730-13740
13775-13800
315834
plomb (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
2332-2333
2331-2332
129325
2387-2388
2388-2389
129100
Zinc (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
3113-3115
3112-3113
196475
3236-3236,5
3240-3241
199025
neW YorK
cuivre (en cents par lb)
settleMeNt settleMeNt
avr. 18
Mai 18
JuiN 18
Juil. 18
13/04
3,06
3,07
3,08
3,09
12/04
3,06
3,06
3,07
3,08
vol
85
77740
339
10746
base Jul 18
base dec 18
PoiNte May 18
PoiNte Jul 18
13/04
48,41
54,8
52,1
51,75
etain (en dollars par tonne)
settleMeNt settleMeNt
Jou r
13/04
20980
12/04
20980
vol
clôture
12/04
40,69
46,28
clôture
12/04
48,41
54,8
52,1
51,75
vol
364004
192492
vol
clôture
clôture
vol
vol
13/04
12/04
Mai 18
642,5
636,5
81970
JuiN 18
637,25
630,75
82243
Juil. 18
632,75
626,25
41294
Nov. 18
623,75
617,75
5821
Fév. 19
615,5
610,25
1089
new york nymex wti (eN $ Par baril)
Mai 18
JuiN 18
Juil. 18
sePt. 18
Mars 10
13/04
67,65
67,53
67,2
65,78
56,98
clôture
12/04
67,08
66,95
66,58
65,4
56,98
407,5
379,5
403,5
375,5
singapour
gasoliNe 97
gas oil
Fuel oil (180)
Fuel oil (380)
83,15
83,5
429
397
82
82,06
426
394
éMission co2
nymex emissions (eN euros Par toNNe)
clôture
sPot
13/04
13,15
clôture
12/04
13,15
vol
12/04
20,95
21,35
21,45
gaz naTureL
clôture
vol
13/04
12/04
JuiN 18
2,78
2,72
Juil. 18
2,82
2,76
aout 18 2,83
2,79
powernext gas spot
clôture
vol
13626
920
108
2
12/04
20,04
20,04
19,83
vol
vol
coTon
new york (cont. n°2 - cents par lb)
settleMeNt settleMeNt
Mai 18
Juil. 18
Déc. 18
12/04
83,85
83,11
78,86
13/04
12,11
12,13
12,21
12,46
13,64
clôture
12/04
12,04
0
12,14
12,4
13,59
vol
55589
64588
14200
4761
clôture
vol
13/04
12/04
Mai 18
1735
1726
Juil. 18
1764
1756
sePt. 18
1775
1770
déc. 18
1775
1769
Mars 19 1765
1759
new york (eN $ Par toNNe)
Mai 18
sePt. 18
déc. 18
Mai 19
Mai 19
4119
7874
3631
3524
1458
13/04
2554
2595
2607
2603
2603
12/04
2538
2592
2598
2601
2601
vol
6904
6424
2187
123
123
15536
16630
3171
settleMeNt settleMeNt
13/04
524,3
510,5
494,9
12/04
524,3
510,5
494,9
vol
settleMeNt settleMeNt
vol
settleMeNt settleMeNt
vol
13/04
12/04
Mai 18
165
165,5
16571
sePt. 18
169
169,5
6957
déc. 18
172,5
172,75
1719
blé à chicago (eN ceNts Par boisseau)
13/04
12/04
Mai 18
473
481
sePt. 18
510
516,75
déc. 18
533
540
mais à paris (eN euros Par toNNe)
settleMeNt settleMeNt
vol
settleMeNt settleMeNt
vol
13/04
12/04
Mai 18
13,13
12,89
Juil. 18
13,11
12,93
sePt. 18
12,17
12,17
avoine à chicago
(eN ceNts Par boisseau)
settleMeNt settleMeNt
13/04
117,5
121,65
124,95
128,45
12/04
117,7
121,8
125,1
128,65
settleMeNt settleMeNt
vol
32367
9767
4205
1162
new york (coNt. No2 - eN ceNts Par lb)
settleMeNt settleMeNt
Jou r
12/04
112,45
115,7
vol
264
210
52
settleMeNt settleMeNt
13/04
146,5
147,25
146,5
vol
12/04
146,6
147,35
146,5
91
35
139
veau vivaNt - bresil - brl :
143.4
le 12/04//18
betail vivaNt - cMe - usd :
1.1575
le 12/04//18
betail d'eNgrais - cMe - usd : 1.38875
le 12/04//18
Porc Maigre - cMe - usd :
0.543
le 12/04//18
Porc FraNce e - eur :
1.5
indices
13/04
rJ crb
13/04
726
378
191
BeTaiLs
vol
13/04
12/04
Mai 18
1712
1716
10486
Juil. 18
1736
1742
10720
Nov. 18
1733
1728
310
JaNv. 19 1740
1730
58
Mars 19 1750
1739
26
new york-arabica (en cents par lb)
Mai 18
sePt. 18
déc. 18
Mars 19
717
71
58
settleMeNt settleMeNt
Mai 18
Juil. 18
Nov. 18
clôture
vol
13/04
12/04
Mai 18
385,75
388,5
152006
Juil. 18
394
397
129460
sePt. 18
400,75
403,75
14695
riZ à chicago (eN ceNts Par lb)
caFé
clôture
102
2
4
13/04
12/04
JuiN 18
165,5
166,25
aout 18 169,75
170,75
Nov. 18
168,25
168,5
mais à chicago (eN ceNts Par
boisseau)
Prix indicatif de l'organisation internationale du
café (cents us/livre) :
Prix composé : 112.49
Moyenne quinze derniers jours : 205.461
jus d’orange
chicago (eN $ Par 1000 bdFt)
blé de meunerie n°2 à paris
(eN euros Par toNNe)
13/04
12/04
Mai 18
235
238,75
Juil. 18
242
245
sePt. 18
249
250
blé fourrager à londres
(eN £ Par toNNe)
vol
Bois
Mai 18
Juil. 18
sePt. 18
Mai 18
JuiN 18
Juil. 18
oct. 18
Mars 19
clôture
londres-robusta (en $ par tonne)
19,95
iNdice cotlook a : 93,05, le 13/04//18
13/04
84,08
83,53
78,86
clôture
settleMeNt settleMeNt
nymex ( eN $ Par Mbtu)
13/04
Mai 2018 20,01
JuiN 2018 19,95
Juillet 2018
vol
4532
1230
442
187
111
Prix indicatif de l'organisation internationale du
cacao (dollars/tonne) : le 11/04/
Prix indicatif : 2538,9
londres (eN £ Par toNNe)
settleMeNt settleMeNt
clôture
clôture
cacao
uranium nymex (en $ par lb)
13/04
20,95
21,35
21,45
clôture
13/04
12/04
aout 18 339,9
337
oct. 18
336,5
334
déc. 18
340,9
338,4
Mars 19 348
344,8
Mai 19
351,8
348,5
new york (eN ceNts Par lb)
vol
uraniuM
aout 18
déc. 18
JaNv. 19
céréaLes
12,49 cts/lb
londres (eN dollars Par toNNe)
610
fuel
Fuel oil (hs 180)
Fuel oil (hs 380)
settleMeNt settleMeNt
13/04
12/04
Jour
72,82
72,02
Juil. 18
72,12
71,4
129082
aout 18 71,53
70,85
68940
londres-gaZole (eN $ Par toNNe)
clôture
sucre
london daily price:
clôture
produiTs péTroLiers
clôture
produiTs péTroLiers
rotterdam
(barges - Fob) (eN $ Par toNNe)
gas oil 0.1% sul.
615,5
13/04
12/04
Nord da 20,27
20,1
powernext gas futures
londres-brent (eN $ Par baril)
clôture
KuaLa LuMpur
12/04
antimoine 99,65% (par tonne)
8450
8450
bismuth 99,99% (par lb)
5,15
5,15
cadmium 99,95% (par lb)
1,45
1,45
cobalt (cathodes) 99,80% (par lb)
44
44
eponge de titane 99,60% (par kg)
7,65
7,65
ferro manganese (hc) (par tonne)
1125
1125
ferro molybdene (par kg)
29,75
29,75
germanium (par kg)
1750
1750
selenium 99,50% (par lb)
23,5
23,5
silicium (par tonne)
2250
2250
nickel (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
13/04
vol
112.45
204,02
12/04
203,4
reuters coM. 2302,66
2313,09
Moodys coM. 6116,04
6116,04
or iNdustriel 35224
35342
lMex
3351,3
3326,1
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHÉS // 29
Les Echos Lundi 16 avril 2018
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
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LU0130728842 Pictet-emerging euroPe
334,34 13/04
code isin
désignation
des valeurs
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
code isin
désignation
des valeurs
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
620,86 13/04
552,37 13/04
LU0144509717 Pictet-euroPean sust. eq.
246,76 13/04
LU0128467544 Pictet-gloBal emerg.deBt
372,34 13/04
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13/04
dernier
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en euros**
mont.
date
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de Genève (France) SA
Tél. 04 72 07 31 50
bcgef.fr/fonds
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dernier
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en euros**
mont. date
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val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
classification
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
classification
désignation
des valeurs
classification
code isin
classification
sicav//fcp
97,71 12/04
148,73 12/04
Valeur unitaire hors frais : valeur de la part ou de l’action hors droits d’entrée ou de sortie éventuels. Les SICAV éligibles au PEA sont signalées par un astérisque *. Le pictogramme P indique la cotation d’un FCP.
Classification des OPCVM : actions françaises (AF), actions de la zone EURO (AE), actions internationales (AI), monétaires EURO (ME), monétaires à vocation internationale (MI), obligations et autres titres de créances libellés en EURO (OE), obligations et autres titres de créances internationaux (OI), sicav luxembourgeoises (LX), diversifiés (DI), garantis ou assortis d’une protection (GP). ** : en euros ou dans la devise indiquée dans la colonne «DéSIGnAtIOn DES VALEURS».
carnet
fr
stratégique. Après avoir réalisé, en mars, deux
acquisitions en une semaine, la petite société est
désormais le troisième acteur mondial du secteur, derrière Vodafone et l’indien Tata Communications. « Il aime ce métier de négoce international, qui demande une certaine finesse », décrypte
Vivek Badrinath, le PDG de Vodafone pour l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie Pacifique et qui fut
son patron chez Orange, quand Alexandre
Pébereau était lui-même numéro un des activités « wholesale » de l’opérateur français (4 % du
chiffre d’affaires total aujourd’hui). « Or, justement, c’est quelqu’un de très rigoureux sur le plan
financier : c’est même sa marque de fabrique. Face
à un tableau de chiffres, il n’a pas peur ! »
Alexandre
Pébereau
se fait un prénom
dans les télécoms
Son grand-père a été fonctionnaire pendant
quarante-cinq ans et termina sa carrière comme
conservateur des hypothèques. Son père, lui, est
devenu, après Polytechnique et l’ENA, l’un des
plus grands banquiers français. Dans la généalogie des Pébereau, la fonction publique a toujours
occupé une place à part. Alexandre Pébereau,
54 ans, aurait pu tomber dedans tout petit… s’il
n’avait pas pris un chemin diamétralement
opposé. Devenir un grand commis de l’Etat ?
L’aîné des quatre enfants de Michel Pébereau
jure n’y avoir jamais pensé. Arrivé un peu par
hasard dans le monde des télécoms, grâce à
Jean-Marie Messier qui, en 2001, l’avait envoyé à
Rabat pour diriger les 14.000 salariés de Maroc
Telecom, l’opérateur historique du royaume,
c’est finalement dans cette industrie qu’il s’est
fait un prénom. « Dans les télécoms, personne ne
me parle de mon père », dit-il, en avalant une gorgée de café. « JMM », Thierry Breton, Vincent
Bolloré… Au cours de sa carrière, Alexandre
Pébereau a croisé tous les patrons, ou presque,
du capitalisme français. Mais c’est avec le milliardaire armoricain, son « mentor », qu’il a le
plus « accroché ». C’est avec Vincent Bolloré qu’il
découvre l’Afrique et le monde du transport
maritime, au sein de la compagnie Delmas, qui
venait tout juste de tomber dans son escarcelle.
ENTREPRISES
BIOGEN FRANCE
Martin Dubuc
est nommé PDG.
Martin Dubuc, 38 ans, est diplômé
de l’Ecole française d’électronique
et d’informatique (Efrei). Il a
d’abord occupé divers postes de
direction chez Pfizer et Merck & Co
dans le marketing, la stratégie et
l’innovation au niveau européen et
mondial. En 2014, il a intégré Aptus
Health en tant que directeur général
Tofane
par Raphaël Balenieri
@RBalenieri
Pourtant, avant que Michel Pébereau ne place
son fils sur le chemin du dirigeant breton, c’est
aux Etats-Unis que le jeune Pébereau a commencé sa vie professionnelle. Là encore, le
besoin de se différencier ? « Je suis le premier de
ma famille à avoir étudié à l’étranger », dit-il en se
remémorant ses quatre années passées au pays
de l’Oncle Sam. Nous sommes en 1988. Mitterrand vient d’être réélu. Alexandre Pébereau,
lui, sort tout juste de l’ESCP. Après un stage à Philadelphie chez Saint-Gobain dans le cadre de sa
« coopé », il débarque à New York. Et dire qu’il
aurait pu atterrir au Cameroun ! Alexandre
Pébereau suit alors un MBA, en parallèle de son
poste de contrôleur de gestion chez Nu-Swift,
spécialisé dans l’entretien des immeubles de la
Grosse Pomme. « La société s’occupait de tout, de
la maintenance des ascenseurs jusqu’à l’extermination des cafards. Détrompez-vous, à New York,
c’est un énorme marché ! »
Depuis, l’international ne l’a jamais vraiment
quitté. Aujourd’hui, Alexandre Pébereau est le
PDG de Tofane, sa start-up des télécoms. Fondé
en 2017, Tofane propose des services de communications internationales (transport de voix,
SMS, données mobiles…) aux opérateurs qui, de
plus en plus, cèdent à des prestataires externes
cette activité de « grossiste », souvent jugée non
international. Il avait rejoint Biogen
en 2016 en tant que vice-président
senior innovation client et excellence opérationnelle monde.
THALES
Jöel Barre
est nommé représentant de
l’Etat au conseil d’administration
Joël Barre, 63 ans, ancien élève de
l’Ecole polytechnique, ingénieur
général de classe exceptionnelle de
l’armement, a débuté en 1979, à la
Délégation générale pour l’arme-
Lecture décalée
Il n’est pas pour autant un financier pur jus. Ceux
qui le connaissent évoquent d’ailleurs son
« regard original », sa « lecture un peu décalée ». Et
son envie d’aller vite. « Après Orange, il a voulu
évoluer. Il a pris son sac à dos et il a monté Tofane. Il
fallait quand même oser », dit encore Vivek Badrinath. « Il a toujours eu cette fibre entrepreneuriale.
Il veut vivre pleinement cette nouvelle aventure,
témoigne Jacques Rossi, ancien directeur général du groupe Bolloré. Il a en lui une double
dimension, financière et industrielle. Quand il était
chez Delmas, il faisait de la finance, mais pas seulement. Il avait sous sa responsabilité des milliers de
conteneurs, il n’avait aucun droit à l’erreur. »
Marié à une architecte, père de quatre enfants,
Alexandre Pébereau a gardé des liens forts avec
l’ESCP Europe. En 2005, il a créé la fondation de
l’école, qui distribue des bourses censées diversifier le recrutement des élèves. « Il est relié à l’ESCP
Europe par une sorte de cordon ombilical. Le fait
que nous ayons 40 % d’étudiants étrangers
résonne avec sa propre expérience, sa conception
de ce que doit être l’enseignement supérieur »,
explique Brynhild Dumas, la déléguée générale
de la fondation de l’école. « Il connaît bien le business et il décroche son téléphone. Pour nous, c’est
un ambassadeur précieux. » Dans une autre vie,
peut-être se serait-il épanoui au Quai d’Orsay. n
ment. Il a travaillé jusqu’en 1987 sur
le programme de missile air-sol
moyenne portée puis sur le programme de satellites d’observation
optique Helios, qu’il a dirigé dès
1991. Il a été nommé en 1995 adjoint
au chef du service technique des
systèmes stratégiques et spatiaux,
puis, en 1997, architecte du système
de forces commandement, communication, conduite et renseignement, avant de devenir directeur
des programmes au Centre national d’études spatiales. En 2001, il a
rejoint la Snecma et devient, en
2002, directeur général de la division moteurs spatiaux. Retour au
CNES en 2012, comme directeur
général délégué. Depuis 2017, il était
délégué général pour l’armement.
GECINA
Laurent Bataille
est nommé directeur technique.
Laurent Bataille, 55 ans, ancien
élève de Polytech Lille, a commencé
sa carrière chez Bouygues. Il rejoindra ensuite Auchan, travaillant
notamment au sein des directions
DISPARITION
André Lerond
La société Paredes a perdu son
capitaine. A 87 ans, André
Lerond, qui présidait le conseil
d’administration de cette PME,
numéro deux de l’hygiène professionnelle en France, est
décédé brutalement le 8 avril
dernier. Cet ancien capitaine de
l’équipe de France de football en
avait repris les rênes avec son
épouse en 1962. Grâce au très
innovant distributeur d’essuiemains à coupe automatique,
André Lerond, alors directeur
général, avait développé Paredes
en France et en Italie. Il était
« humble dans les victoires et
digne dans la défaite », a déclaré
François Thuilleur, l’actuel directeur général de cette société de
650 salariés. Né fin 1930 au Havre
et très tôt orphelin, André
Lerond, élevé par son grandpère, avait débuté le football à
10 ans. A la mort de son aïeul, il se
technique et immobilière du
groupe. En 2011, il a intégré le groupe
Carrefour en tant que directeur des
actifs avant d’occuper la fonction de
directeur technique France.
ÉCOLE
ÉCOLE NATIONALE SUPÉRIEURE
DES BEAUX-ARTS
Eléonore Ladreit
de Lacharrière
sera présidente du conseil
d’administration de l’école.
Eléonore Ladreit de Lacharrière,
38 ans, diplômée de l’université
Paris-Dauphine et de l’Essec, est
depuis 2007 déléguée générale de la
Fondation culture et diversité
(Fimalac). Elle est administratrice
de Fimalac depuis 2010, de l’Ecole
nationale supérieure d’architecture
de Marne-la-Vallée depuis 2014 et de
la Commission nationale française
pour l’Unesco depuis 2017. Elle est
membre du Haut Conseil de l’éducation artistique et culturelle depuis
l’an dernier, et préside l’Etablissement public du musée Rodin depuis
2013. Auparavant, elle avait notamment travaillé chez PlaNet Finance.
DR
PORTRAIT
destine au métier de comptable,
mais rejoint d’abord l’AS Cannes
puis l’Olympique Lyonnais
en 1951 et 1952, et se voit sélectionné en équipe de France A en
1957. Il a vécu 31 sélections en
équipe de France, entre 1957
et 1963, dont dix comme capitaine, participant notamment à
la Coupe du monde de football
1958 en Suède. En 1961, il est élu
meilleur joueur du Championnat de France de première division. En 1962, à la demande de
son beau-père, il avait tout arrêté
pour reprendre les rênes de
l’entreprise familiale Paredes.
— L. N’K.
ILS SONT NÉS
UN 16 AVRIL
Catherine Allégret,
actrice, 72 ans.
Ellen Barkin, actrice, 64 ans.
Benoît XVI, né Joseph Alois
Ratzinger, ancien souverain
pontife de l’Eglise catholique
romaine, 91 ans.
Michel Blanc, acteur, 66 ans.
Philippe Carlier, senior VP
technology & industry
de Vallourec, 53 ans.
Catherine Colonna, ancienne
ministre, ex-ambassadrice de
France à Rome, 62 ans.
Philippe-Emmanuel Daussy,
ex-PDG d’Escota, 65 ans.
Michel Denisot, directeur de
la rédaction de « Vanity Fair »,
ex-président du PSG, 73 ans.
Margrethe II, reine du
Danemark, 78 ans.
Hubert Mongon, délégué
général de l’UIMM, 56 ans.
Chantal Parpex, ex-présidente
d’Innovation Capital, senior
advisor chez LBO, 71 ans.
, Envoyez vos nominations à
carnetlesechos@nomination.fr
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Lundi 16 avril 2018
` SUR LE WEB WWW.LESECHOS.FR
L’or et l’argent
JP Morgan affiche une rentabilité record,
sans réussir à convaincre Wall Street.
« Les Echos »
+ L’INVITÉ
DES « ÉCHOS »
Franck Annese
PDG de So Press
DADA Le groupe So Press, éditeur notamment de « Society »
Tout ce qui brille n’est pas d’or. JP Morgan affiche au premier trimestre
une rentabilité de ses fonds propres largement supérieure au sommet
enregistré juste avant la crise financière – 15 % contre 13 % en 2007 –, bien
aidé par la réforme fiscale de Donald Trump. Et pourtant, malgré tout
cet argent qui se retrouvera en bonne partie dans la poche des actionnaires,
Wall Street s’est vite empressé de diminuer la voilure boursière, fidèle
à son idée fixe de ne saluer que les publications exceptionnellement
bonnes. Comme ses rivales Wells Fargo et Citigroup, la banque de Jamie
Dimon ne lui a apporté aucune bonne surprise du côté de la production
de crédit ou du trading de taux, changes et devises, tout en servant
une bonne performance dans le négoce des actions. Elle a profité
de la remontée des taux d’intérêt et de la confiance des épargnants
outre-Atlantique, mais pas plus que prévu. Le sentiment aurait même
été plus froid, en raison de la baisse de 7 % des revenus de sa banque
de financement, si elle n’avait pas expliqué disposer d’un très bon
« pipeline » en la matière. Quant à l’assouplissement de la réglementation envisagé par les régulateurs, Wall Street le sait à double tranchant.
Même JP Morgan n’avait pas vu venir la dureté de la crise du crédit il y a dix
ans. Au pire de la dépression de 2009, son action ne se payait pas beaucoup
plus que la moitié de l’actif net par action. Elle peut conserver mais non
accentuer sa cote actuelle, trois fois plus flatteuse (1,6 fois).
et de « So Foot », a annoncé le lancement de « Dada »,
un magazine consacré au monde hippique. Franck Annese
explique que « c’est un milieu que nous connaissions mal. Nous
nous y sommes intéressés et nous nous sommes rendu compte
qu’il y avait énormément d’histoires à raconter, encore plus que
dans le football ou dans le vélo, dans lesquels nous sommes déjà
implantés. Nous avons envie de raconter les coulisses
de ce monde un peu fou », ajoute le directeur de la rédaction
de ce trimestriel « haut de gamme », comme il le définit.
CULTURE MAGAZINE « Nous avons une culture du format long
depuis le début. Au moment où nous nous sommes lancés,
nous étions à contre-courant. Internet commençait à prendre
de l’ampleur et les médias ont pris peur. Ils se sont dit qu’il
fallait faire très vite », raconte le patron de So Press. Avant
d’ajouter : « Nous avons pris le chemin complètement inverse. »
PRESSE PAPIER Après « Dada », So Press prévoit la sortie
d’un magazine consacré à la mode masculine. Le groupe
continue de miser sur la presse papier. « Nous arrivons
à équilibrer nos activités presse. Il n’y a pas de raison qu’on
arrête », confie le PDG de So Press, dont le chiffre d’affaires
sur la presse est « d’à peu près 10 millions d’euros ». « La presse
papier telle que nous la faisons va perdurer, croit Franck
Annese, il y a une partie qui va forcément s’effondrer. La presse
papier est devenue un média de luxe, un média très urbain, il y
a de moins en moins de points de vente. Structurellement, il y a
une baisse, même pour nous, mais ce n’est pas dramatique. »
Interview réalisée par Fabienne Schmitt
LES ENTREPRISES CITÉES
Cycleurope 17
Dassault 15
Deutsche Börse 26
Eurofighter 15
Facebook 20
Gipsy 18
Intesa Sanpaolo 23
JPMorgan Chase 24
Karos 21
Klépierre 26
LCL 23
Lockheed Martin 15
London Stock
Exchange Group 26
Pharmagest 22
Pullman 16
Radio France 11
Saab 15
Safran 15
SNCF 14
Société Générale 23
Thales 15
Tropicalia 22
Virbac 26
Volkswagen 15
Wells Fargo 24
Zuora 20
AVIS FINANCIERS
Recyclex 25
Suez 17
Vicat 19
Les Echos est une publication du
PRINCIPAL ASSOCIÉ UFIPAR (LVMH)
PRÉSIDENT-DIRECTEUR GÉNÉRAL Pierre Louette
DIRECTEUR GÉNÉRAL DÉLÉGUÉ Christophe Victor
DIRECTEUR DÉLÉGUÉ Bernard Villeneuve
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Edité par Les Echos, SAS au capital de 794.240 euros RCS 582 071 437
10, boulevard de Grenelle, CS10817, 75738 Paris Cedex 15 Tél. : 01 87 39 70 00.
www.lessechos.fr
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LES ECHOS EXECUTIVES
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IMPRESSION L’Imprimerie (Tremblay-en-France), Midi Libre (Montpellier).
TIRAGE DU 13 AVRIL 2018 : 125.750 exemplaires
Origine du papier : Belgique. Taux de fibres recyclées : 100%.
Ce journal est imprimé sur du papier porteur de l’Ecolabel européen
sous le numéro FI/37/002. Eutrophisation : Ptot 0.013kg/tonne de papier
Membre de OJD-Diffusion contrôle CPPAP : 0421 c 83015. Toute reproduction, même partielle,
est interdite sans l’autorisation expresse de l’éditeur (loi du 11 mars 1957)
Ce numéro comporte un 3e cahier de 8 pages « Les Echos Executives »
Un de perdu, Diess retrouvé
En deux ans et demi de « dieselgate »,
Volkswagen n’a pas amélioré sa gouvernance.
Charles Quint parlait allemand à son cheval. Mais lorsque le Kronprinz
de l’automobile européenne, Volkswagen, s’adresse à ses actionnaires,
ceux-ci ont le sentiment d’être la cinquième roue du carrosse. Une fois
de plus, la foule boursière a regardé en spectatrice la révolution de palais
chez le fabricant de la voiture du peuple, toujours ébahie devant l’étonnant
attelage familialo-syndicalo-public qui y fait et défait les rois. Un de perdu
(Matthias Müller, le patron sortant qui a nettoyé les écuries d’Augias
du « dieselgate » depuis trente mois), Diess retrouvé ! Le professionnalisme
du numéro deux nommé président du directoire, Herbert Diess, un exBMW qui n’est pas éclaboussé par le scandale des émissions polluantes, est
salué par les analystes financiers. Mais la faible surperformance de l’action
préférentielle (sans droit de vote) – 1,1 point par rapport à l’indice sectoriel
en deux séances – pourtant fortement décotée – de 50 % comparé à Renault
et de 25 % par rapport à Daimler – signe la défiance des gérants à l’égard
d’une gouvernance défaillante. Le consensus à l’allemande est poussé très
loin en faisant cohabiter le « cost-killer » en chef avec un syndicaliste au
directoire. A moins qu’il ne soit là que pour passer le polish sur le périmètre
du groupe, sans vraiment remettre les mains dans le cambouis des coûts.
EN VUE
a L’intégralité de l’émission sur lesechos.fr/invitedesechos
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Crédit Mutuel Arkéa 23
CycleLab 17
crible
A
David Schwimmer
vec le Brexit, c’est par ici la sortie.
Jusque-là, Xavier Rolet, le directeur général de la Bourse de
Londres – cocorico, un Français ! –, avait
un bilan impeccable. A 58 ans, il pouvait
se targuer de neuf ans d’un mandat bien
rempli. Pied au plancher sur les acquisitions, il a fait bondir l’action du LSE (London Stock Exchange) de plus de 500 %. La
valeur de l’entreprise est passée de
800 millions à 14 milliards de livres. Jusqu’à ce que le Brexit (à l’encontre duquel il
avait dit son désaccord) vienne faire
échouer ce qui devait être son
chef-d’œuvre, la fusion avec Deutsche
Börse. A l’issue d’une bagarre évoquant
davantage la hargne des chiffonniers que
le flegme britannique, le Français a dû
partir. En choisissant pour lui succéder
un banquier de chez Goldman Sachs, les
actionnaires montrent leur intention de
voir poursuivie la politique d’acquisitions.
A 49 ans, l’Américain David Schwimmer,
diplômé de Yale, a tout fait dans la finance
en général et, en particulier, chez Goldman Sachs, où il a passé l’essentiel de sa
carrière. Récemment, il traitait du marché des métaux. Proche du patron Lloyd
Blankfein, il fut son chef de cabinet. Il a
également été coresponsable des activités
en Russie. Il pourra parler du pays avec
Rolet, annoncé au conseil d’administration de l’entreprise de fertilisants russe
PhosAgro. Schwimmer, lui, récolte un
beau salaire de 1,1 million de dollars,
adjoint d’un bonus pouvant le tripler.
Pour ce prix, l’impétrant devra accomplir
une tâche alourdie par le contexte du
Brexit, dans une ambiance également
rendue plus lourde par les conditions du
départ de son prédécesseur. Etre l’homonyme de l’acteur vedette de la série
« Friends » l’y aidera peut-être. Pas sûr.
(
Lire nos informations
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CHAQUE MOIS,
CONNAISSANCE
DES ARTS
FAIT DE VOUS
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LUNDI 16 AVRIL 2018 // SUPPLÉMENT GRATUIT AU NUMÉRO 22677 | ISSN 0.153.4831 | NE PEUT ÊTRE VENDU SÉPARÉMENT
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COMMERCIAL l DIGITAL l DIRECTION GÉNÉRALE l FINANCE l JURIDIQUE l MARKETING l RH
SANTÉ
Comment
protéger
les données
des patients
À LIRE P. 07
Amazon : les rouages
d’une machine de guerre
La plate-forme logistique d’Amazon, à Saran, près d’Orléans. Avec bientôt six sites de distribution en France, le géant américain est en mesure d’irriguer les principales villes françaises, mais aussi les pays du Benelux,
l’Italie, l’Espagne, ou encore l’Allemagne. Photo Reuters
MANAGEMENT
Mécanique logistique hors-norme, alliances
avec les distributeurs, guerre des prix
savamment organisée, management
exigeant… Pour étendre son emprise sur
le marché français, le géant du e-commerce
a mis en place une stratégie à toute épreuve.
La rédaction des « Echos Executives »
R
égulièrement épinglé pour ses
pratiques d’optimisation fiscale
et les conditions de travail
réputées difficiles dans ses entrepôts,
Amazon a tout d’une machine de
guerre. Avec son chiffre d’affaires
mondial de 178 milliards de dollars en
2017, en progression de 31 % sur un an,
le géant du e-commerce a placé les
besoins, actuels et futurs, des consommateurs au cœur de sa stratégie
pour bâtir, puis étendre son empire.
Dans son plan de développement, la
France occupe une place de choix. En y
installant cinq et, bientôt, six sites de
distribution, Amazon profite de son
emplacement géographique, « barycentrique » selon ses termes, pour irriguer
les principales villes françaises, mais
aussi les pays du Benelux, l’Italie,
l’Espagne, ou encore l’Allemagne.
La précision d’un horloger
Son système logistique, dopé à l’innovation et nourri par de puissants algorithmes maison est en mesure d’optimiser
les déplacements des préparateurs de
commande dans ses entrepôts ou de
choisir automatiquement le transporteur
le plus rapide pour livrer un colis. Il est
tout entier tourné vers la qualité de
service rendu au client final. Objectif : le
livrer le plus rapidement avec, si possible, la précision d’un horloger. D’où la
logique de plus en plus prégnante de
l’américain de développer son propre
service de livraison, voire nouer des
alliances avec des distributeurs physiques, comme Monoprix, pour profiter de
la force de leur réseau, élargir encore la
gamme de produits proposés et accroître
la cohorte de ses abonnés Prime, clef de
voûte de son programme de fidélisation.
Cette mécanique parfaitement huilée
vient assurer la livraison de ventes en
constante augmentation, tirées par une
politique des prix ultra-agressive. Là
encore, la technologie est mise à contribution. L’algorithme passe en revue les
offres concurrentes pour afficher les
produits Amazon aux prix les plus bas
du marché. Et, pour offrir une gamme
toujours plus étoffée, l’entreprise de
Seattle n’a de cesse de faire grandir sa
marketplace, qui regroupe des revendeurs eux aussi encouragés à casser
leurs prix. Ces e-commerçants, répartis
dans le monde entier, se livrent à leur
tour une guerre commerciale sans
merci pour faire remonter leurs produits en haut de la sélection.
Pour gérer une telle organisation,
Amazon recrute : le groupe devrait
porter le nombre de CDI en France à
7.500 d’ici à la fin de l’année. Et mise
sur une culture d’entreprise jugée
exigeante, voire militaire, par bon
nombre de salariés dans les entrepôts.
Pour compenser la charge de travail,
le géant du commerce en ligne s’efforce
de recréer un univers bon enfant.
Un management loin de satisfaire tout
le monde. Décryptage. n
L' ÉDITO de Muriel Jasor
La bizarrerie,
technique de négociation
L
a SNCF, Air France, les
universités… Pas facile
de sortir d’un statu quo pour faire
avancer des négociations. Omniprésente
dans nos vies professionnelle et
personnelle, la négociation repose
sur un certain nombre de règles. La
première d’entre elles est que négocier
ne s’improvise pas. S’asseoir à la table
des négociations nécessite une sérieuse
préparation, de la souplesse d’esprit et
surtout une bonne connaissance de soi
et de l’autre en face, car jamais rien ne se
passe comme prévu. Autant donc ajouter
une bonne dose de sang-froid, car, le plus
souvent, c’est la peur qui fait tout échouer.
Les messages sont capitaux, mais
l’important réside dans la qualité des
rapports entre les partenaires. Mais
que faire quand les interlocuteurs restent
campés sur leur position et que toute
évolution semble impossible ? « Recourir
aux solutions bizarres », lit-on dans
l’ouvrage sur la négociation des experts
en management et stratégie Patrice Stern
et Jean Mouton. Autrement dit, créer
une situation nouvelle à laquelle le camp
d’en face n’est pas préparé.
Plus précisément, l’idée serait d’aller
sur le terrain de la partie opposée,
après en avoir finement analysé
les contours, et de lui redonner
temporairement du pouvoir. Une
concession susceptible, par la suite,
d’être échangée contre un avantage.
Cette technique de négociation
s’inspire des compétitions de judo,
où on déstabilise l’adversaire avant
d’engager la prise qui va le faire tomber.
Les experts en management,
qui l’assimilent aussi à la stratégie
de non-violence de Gandhi, la jugent
redoutablement efficace en situation
de blocage absolu. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
02 // A LA UNE
Lundi 16 avril 2018 Les Echos
… Amazon : les rouages d’un rouleau compresseur
SOIGNEZ VOTRE
SUPPLY CHAIN,
C’EST STRATÉGIQUE !
echo.st/m318369
La logistique, levier de conquête d’Amazon
Pour livrer ses clients toujours plus rapidement,
tout en leur garantissant une haute qualité de service,
le géant du e-commerce a bâti un système de distribution
et de livraison hors-norme sur le territoire français.
Vincent Bouquet
vbouquet@lesechos.fr
Lorsqu’on les interroge sur le cas Amazon, les experts en logistique sont unanimes : l’américain s’est imposé comme un
modèle en la matière. Alors que le mar-
ché du e-commerce français s’était, au fil
des années, habitué à un standard de
livraison à J + 2, Amazon est venu bousculer cette règle tacite en proposant à ses
clients une livraison à J + 1, voire, pour
certaines catégories de produits et aires
géographiques, une livraison dans les
heures qui suivent la commande.
Comme Apple en son temps, avec son
iPhone et son écosystème d’applications
lié, le géant du e-commerce a réussi à
créer un nouveau besoin chez les consommateurs, celui de l’ultra-rapidité.
Un maillage du territoire
Pour y parvenir, l’américain a progressivement maillé le territoire français
de ses entrepôts. Après s’être implanté
à Saran, dans le Loiret, en 2007,
il a essaimé à Montélimar dans la Drôme,
à Sevrey en Saône-et-Loire, à LauwinPlanque dans le Nord et, beaucoup plus
récemment, à Boves dans la Somme. En
tout, avec l’entrepôt parisien de 3.500 m²
dédié à son offre Prime Now et le mégasite de distribution de 142.000 m² qui
ouvrira d’ici à la fin de l’année à Brétignysur-Orge dans l’Essonne, Amazon disposera bientôt de près de 500.000 m² de
surface de stockage, « un chiffre colossal
quand on sait qu’un entrepôt standard
couvre habituellement entre 6 et
12.000 m² », commente François Rochet,
associé du cabinet de conseil en supply
chain management Diagma.
Les algorithmes aux commandes
Pour gérer les 250 millions de références
disponibles sur son site, dont la moitié est
fournie par sa marketplace, Amazon a
assigné des spécialités à ses différents
pôles de distribution où sont stockés
plus de 45 millions d’articles. A Sevrey,
les vêtements et chaussures, à LauwinPlanque, Montélimar et Saran, les produits communs, et à Boves, les articles
de grande taille. Tous fonctionnent selon
le même principe : « Quand la commande
tombe, on s’assure que le produit soit prêt
à partir sur un quai au maximum
deux heures plus tard », explique Ronan
Bolé, directeur des opérations France
d’Amazon et président d’Amazon France
Logistique. Dès le clic final du client,
le système, nourri à partir d’algorithmes
maison, sait quel chemin précis
empruntera le colis.
A l’intérieur des entrepôts se niche une
mécanique de pointe. Au prix de conditions de travail régulièrement montrées
du doigt, les préparateurs de commande, guidés eux aussi par de puissants algorithmes, s’affairent. Sur certains sites, comme ceux de LauwinPlanque et Saran, ils sont désormais
assistés par un système de « pick
towers » qui augmente la productivité et
optimise l’espace de stockage. Au lieu de
« Quand la commande
tombe, on s’assure que
le produit soit prêt à partir
sur un quai au maximum
deux heures plus tard. »
RONAN BOLÉ
Directeur des opérations
France d’Amazon
déambuler dans l’entrepôt pour ranger
ou prélever des articles, ils sont cantonnés dans une zone de travail d’environ
100 m², prêts à réceptionner des bacs
qui, grâce à des convoyeurs grimpant
sur trois étages, circulent automatiquement d’un endroit à l’autre.
Dès l’ouverture de son entrepôt de Brétigny-sur-Orge, Amazon franchira un cap
supplémentaire. Pour la première fois
en France, le stockage et le prélèvement
des articles seront uniquement réalisés
par des robots chargés de transporter
des armoires amovibles. Au nombre de
2.000, ils communiqueront entre eux
pour organiser un savant ballet. Au-delà
de certaines opérations de maintenance,
les collaborateurs, assignés à des postes
fixes, n’auront plus qu’à réceptionner les
articles et à mettre la touche finale à la
préparation des commandes. Là encore,
l’objectif est double : gagner en rapidité
et supprimer les allées pour augmenter
la capacité de stockage de l’entrepôt. « Nous pourrons ainsi être encore
plus réactifs à la demande de nos clients
en ayant plus de stocks disponibles et en
livrant plus vite », prévoit Ronan Bolé.
Une logique d’intégration
Reste le fameux dernier kilomètre,
crucial pour tout bon e-commerçant. « Aujourd’hui, pour choisir le
transporteur qui acheminera le colis,
Amazon fonctionne avec un système
comparable à un appel d’offres, explique
Franck Journo, fondateur du cabinet de
conseil en e-logistique Néo 26. En fonction du type de produit, de son poids, des
points d’enlèvement et de livraison qui,
assemblés, dessinent un contexte de
commande, le système choisit automatiquement le transporteur le plus adéquat
parmi son large panel de prestataires. »
En complément, « pour améliorer sa
qualité de service et pouvoir proposer la
livraison le dimanche ou le jour même, que
peu de transporteurs pratiquent », poursuit Franck Journo, l’américain déploie
peu à peu son propre réseau de distribution. En plus de ses deux centres de tri à
Saran et Lauwin-Planque – bientôt
accompagnés, selon certaines rumeurs
insistantes qu’Amazon se refuse pour
l’heure à confirmer, d’un troisième à
Senlis dans l’Oise, où un bâtiment logistique est en train de sortir de terre –, il
multiplie les ouvertures d’agence de
livraison aujourd’hui au nombre de sept
(Sainghin-en-Mélantois, Bonneuil-surMarne, Le Blanc-Mesnil, Strasbourg,
Saint-Priest, Toulouse et Bouc-Bel-Air).
Se dessine alors une logique d’intégration
qui, après avoir bouleversé le monde du
e-commerce, pourrait bien chambouler
une partie du secteur des transports. n
Des alliances pour se rapprocher des clients
En nouant un partenariat avec Monoprix, le géant
du e-commerce poursuit sa stratégie de rapprochement
avec les distributeurs physiques. Objectif : s’appuyer
sur leurs réseaux pour améliorer sa granularité.
A
mazon aura finalement choisi
Monoprix comme allié.
Annoncé à la fin du mois de
mars, le partenariat aux contours
encore flous entre le géant du e-commerce et l’enseigne du groupe Casino
devrait, dans les prochains mois, permettre aux membres du programme
Prime d’accéder à une boutique virtuelle
où des milliers de produits alimentaires
sélectionnés par Monoprix, de ses marques de distributeur – Monoprix, Monoprix Gourmet, Monoprix Bio, La Beauté
Monoprix – aux produits frais, en passant par « des exclusivités », seront
disponibles. Dans un premier temps, le
service ne sera proposé qu’à Paris, selon
Régis Schultz, le président de Monoprix,
et deux magasins seulement seront
chargés de préparer les commandes,
dont la livraison sera gérée par Amazon.
Un dispositif qui pourra être « complété
ou non en fonction du nombre de commandes et de clients », avait précisé le
patron de l’enseigne lors de la conférence de presse de lancement.
Présentée comme « unique » par le président du groupe Casino, Jean-Charles
Naouri, cette alliance n’est en vérité
qu’une étape supplémentaire dans le
rapprochement qu’Amazon opère,
depuis plusieurs mois, avec les distributeurs physiques. Via la plate-forme
Prime Now, il est d’ores et déjà possible,
pour les membres du programme Amazon Prime habitant à Paris et dans
21 communes environnantes, de commander des produits livrables en une
heure sur les boutiques virtuelles de
Bio c’ Bon, Fauchon, Lavinia ou encore
Truffaut. Avec les articles proposés par
Amazon lui-même grâce à son entrepôt
parisien dédié, ce sont près de
30.000 références qui s’offrent
aujourd’hui aux clients.
« Test & learn »
Interrogé sur ces différentes alliances,
le directeur des opérations France
d’Amazon et président d’Amazon Logistique France, Ronan Bolé, se montre
peu disert. « A un moment, il faut évidemment que nous nous rapprochions
de nos clients », évacue-t-il. En réalité,
la stratégie d’Amazon est claire : en se
convertissant au « ship-to-store »,
l’e-commerçant veut améliorer sa granularité. « La logique sous-jacente est la
même qu’avec l’acquisition de l’enseigne
bio Whole Foods, analyse Olivier
Dubouis, associé du cabinet de conseil
en supply chain management
Diagma. Pour être capable de toucher
toujours plus de consommateurs,
Amazon s’appuie sur le réseau physique
de ses alliés, qui constitue leur force,
en lui appliquant une couche logistique
dans laquelle il excelle. » Et contre
laquelle peu d’acteurs traditionnels
peuvent aujourd’hui rivaliser.
Dans ce rapprochement avec le monde
du retail, le géant américain procède,
comme pour toutes ses innovations
stratégiques, selon la logique du « test &
learn ». « En nouant d’abord différentes
alliances avec des enseignes de taille
modeste sur un périmètre limité, Amazon
a testé sa capacité logistique à livrer en
une ou deux heures, tout en respectant la
chaîne du froid, ce qui était nouveau pour
lui, analyse Bruno Sanlaville, fondateur
du cabinet de conseil en stratégie du
dernier kilomètre Business Stratégie
Conseils. Maintenant que ce système est
rodé, qu’il a pu appréhender les contraintes du marché de l’alimentaire et ses
interactions spécifiques, il peut passer
la vitesse supérieure. »
Est-ce à dire que, dans les prochains
mois, cette offre combinée entre Amazon
Dans les prochains mois, des milliers de produits alimentaires sélectionnés
par Monoprix seront proposés en ligne et livrés à domicile par Amazon,
sur Paris et sa proche banlieue dans un premier temps. Photo Denis Allard/RÉA
et Monoprix pourrait sortir de Paris et
toucher toutes les villes où l’enseigne est
présente ? « Pour que ce système fonctionne, il faut une offre et un besoin, une
zone très densément peuplée et un fort
pouvoir d’achat. Cela est vrai à Paris, mais
pas encore dans toutes les villes françaises », explique Bruno Sanlaville. De là
à ce qu’Amazon, habitué à raisonner
sur le long terme, ambitionne de créer
un nouveau besoin chez les consommateurs, il n’y a pourtant qu’un pas. — V. B.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
83 %
Les Echos Lundi 16 avril 2018
A LA UNE // 03
LE NOMBRE
D’ENTREPRISES
QUI FIXENT
LEURS PRIX SANS
MÉTHODOLOGIE
echo.st/m211252
Pour proposer des prix les plus bas du marché, Amazon a développé un algorithme qui scanne en temps réel les offres concurrentes.
Photo Andrew Harrer/Bloomberg
Le géant américain
a bâti sa réputation
de casseur de prix du Web
grâce à une machinerie
bien huilée.
Florent Vairet
@florentvairet
Valérie Landrieu
@ValLandrieu
A
vec plus de 24 millions de
visiteurs uniques par mois,
Amazon est le site d’e-commerce le plus visité par les internautes
français, et ce depuis 2011, comme en
témoigne le classement publié par
Médiamétrie et la Fevad. Les clients
viennent y chercher une large gamme
de produits, une logistique reconnue
mais aussi des prix réputés les plus
attractifs. Le géant américain en a fait
son combat. Aujourd’hui plus que
jamais, il continue de se fixer pour
objectif d’être le plus compétitif par
rapport à ses concurrents stratégiques,
les français Cdiscount, Rueducommerce.com ou encore la FNAC.
Méthode.
1 L’atout algorithme
Pour s’assurer de proposer en permanence les prix les plus bas du marché,
Amazon a développé un algorithme qui
scanne en temps réel les offres concurrentes. Lorsqu’une valeur inférieure
est détectée, le prix du produit Amazon
est automatiquement ajusté. La stratégie consiste à travailler avec de grandes
marques, sur une sélection réduite,
afin de proposer les meilleurs prix
sur les produits d’appel.
2 Action sur les marges
« Amazon est capable d’être très agressif
sur les prix pour certaines catégories clefs
– les produits électroniques, les jeux vidéo
et les biens culturels –, mais aussi pour
écouler des stocks », explique Olivier
Salomon, managing director au sein du
bureau parisien d’AlixPartners. Bénéficiant d’un effet d’échelle, l’enseigne peut
en outre appliquer de plus fortes marges
sur des catégories de produits moins
exposées à la pression de la concurrence. « C’est une stratégie de conquête :
Amazon se tient prêt à réduire drastiquement les marges dans certains cas pour
être sûr de capter et fidéliser la clientèle,
Une culture à la fois
exigeante et festive
L’entreprise affiche une culture
d’entreprise aux valeurs fortes.
Trop peut-être…
Camille Marchais
W
ork hard, have fun, make history » :
Jeff Bezos, le président d’Amazon,
aime enjoindre à ses troupes de
travailler d’arrache-pied, s’éclater et ainsi
marquer une page d’histoire. En réponse
aux conditions de travail, connues pour être
difficiles, l’entreprise affiche une culture
fondée sur un certain nombre de valeurs
et la création de moments festifs.
Chez Amazon, les managers possèdent leur
propre table de la loi. Ce ne sont pas dix, mais
quatorze piliers du leadership qui fondent
l’identité culturelle du géant du commerce en
ligne. Anne-Marie Husser, DRH France de la
société, juge leur application unique : « En vingtsept ans de carrière, Amazon est la seule entreprise où j’ai vu des principes de leadership aussi
ancrés dans nos mécanismes. » Cela s’illustrerait
dès l’entretien d’embauche. « Je m’assure que
le principe de l’ownership par exemple [le sentiment d’appartenance, NDLR] est important
pour la recrue », précise la DRH.
Chasse aux œufs dans l’entrepôt
Placer le niveau d’exigence toujours plus haut,
avoir l’obsession client, être attentif au détail…
Les valeurs internes sont si importantes qu’elles
oppressent parfois les salariés. « Cela donne lieu
à des abus et les employés sont tendus », comme
l’explique Virginia Drummond, professeure
de management et RH à l’emlyon business
school. Il n’est donc pas étonnant qu’en compensation « la stratégie culturelle se tourne parfois
aussi vers l’amusement ». Au programme des
salariés des entrepôts ? Chasse aux œufs pour
Pâques, distribution de glaces l’été, déguisements pour Halloween, organisation de journées
en pyjama ou encore goûters d’anniversaire…
Amazon s’inspire du monde de l’enfance. Pour
Yann Truong, professeur associé de Burgundy
School of Business et docteur en marketing et
stratégie, ces activités conditionneraient psychologiquement les salariés. « L’univers bon enfant
vient créer un décalage avec le milieu brutal
d’Amazon. A travers ces activités très décalées,
on se détache plus facilement du travail,
ce qui permet de relativiser au maximum. »
Mais Elodie Kahit, déléguée syndicale CGT
d’Amazon de Chalon-sur-Saône, estime que ce
management par le divertissement ne prend
pas sur le long terme. « Les nouveaux employés
sont souvent motivés mais, avec le temps, ils s’en
lassent. Ce n’est que du paraître. Aujourd’hui,
plus personne n’y adhère », confie-t-elle. Pour
beaucoup, il suffirait d’abord d’améliorer
les conditions de travail pour ensuite pouvoir
faire passer le « have fun ». Comme le résume
Maurice Thévenet, professeur de management
à l’Essec, « le critère clef d’une bonne culture
d’entreprise, c’est de savoir si celle-ci a du sens
pour les salariés ». n
EN BREF
L’OBSERVATOIRE DU TRAVAIL
INDÉPENDANT EST LANCÉ
Cet observatoire se fixe comme
objectif de collecter et mesurer
les données caractérisants le
travail indépendant et ses évolutions afin d’avoir une photographie réelle en France et
à l’étranger. Il mènera une
réflexion sur le droit à l’activité
professionnelle, prenant en
compte les différents degrés
d’autonomie des travailleurs
indépendants.
ILS RECRUTENT !
Smile, l’entreprise spécialiste
du numérique ouvert, recrute
450 nouveaux collaborateurs
en 2018. Ces postes, basés
dans plusieurs villes de France
mais également à l’international comme en Suisse et en
Belgique, sont à pourvoir
immédiatement et en CDI
pour la plupart. Ils concernent
le digital, les business apps,
l’embedded & IoT, etc.
3 « Price matching »
Les stocks de la marketplace n’appartiennent pas à Amazon, même s’ils
transitent par ses entrepôts. Par conséquent, les revendeurs restent libres de
choisir le prix. Cependant, guerre commerciale oblige, Amazon leur propose
aussi un outil de « price matching » pour
coller aux prix des autres e-commerçants de la plate-forme. Il suffit alors au
revendeur d’indiquer son prix de vente
souhaité ainsi que le montant le plus bas
auquel il est prêt à vendre et l’algorithme
fait le reste. Dans le cas où il fixe un prix
de départ très en dessous du marché, la
plate-forme lui envoie automatiquement
un message pour s’assurer de son choix
et vérifier la conformité de l’offre.
Pour autant, cette stratégie ouvertement
agressive garantit-elle que le produit
proposé au meilleur prix sera le premier dans les résultats de recherche ?
Pas forcément. L’algorithme d’Amazon,
dont la formule est tenue secrète,
repose sur un savant mélange entre le
prix, la notation du vendeur et les délais
de livraison. Et il favorise les vendeurs
qui optent pour l’option « expédié par
Amazon », gage de confiance aux yeux
du consommateur. n
DU MOUVEMENT CHEZ
LES START-UP DU DROIT
La start-up Agence juridique,
développant une plate-forme
spécialisée dans la gestion
numérique des formalités liées
à la vie de l’entreprise, a été
rachetée par la legaltech
Legal2digital, experte dans
les démarches administratives
des sociétés.
DE NOUVELLES EMBAUCHES
CHEZ DEKRA
Dekra recrute plus de
500 personnes en 2018 :
techniciens environnement,
ingénieurs BTP, ingénieurs
hygiène-sécurité-environnement, managers, commerciaux,
sur l'ensemble du territoire
national. Le géant européen
de la prévention des risques
avait recruté 650 collaborateurs en 2017.
RENDEZ-VOUS
partenaires
par
La collaboration avec les start-up dans l’évolution
des fonctions comptables et financières
L
a profession comptable vit une évolution dans les petites structures, l’agilité et une capatechnologique similaire à celle qui a eu cité d’innovation exclusivement dédiée à la satislieu il y a une trentaine d’années avec faction client.
l’arrivée des micro-ordinateurs au sein des organisations… bouleversant par là-même les offres Pour autant un fossé culturel existe entre
de services, l’organisation et le profil des collabo- ces deux mondes qui doivent apprendre à se
rateurs.
connaître pour mieux collaborer. Il revient
Cette mutation se traduit pour les entreprises par aux directions comptables et financières de
de nouveaux enjeux à apprégrands groupes de s’engager
hender : la robotisation des « Une compréhension mutuelle au plus haut niveau du matâches répétitives et à faible
nagement, pour assurer l’auafin d’engager de nouvelles
valeur ajoutée, le pilotage
tonomie de la start-up, ne pas
positions et solutions »
« On-time » et prédictif des
l’étouffer et garantir aussi une
activités, ou encore la gesrelation d’égal à égal, sans détion et l’analyse des volumes
pendance. Aux jeunes entrede data variés insuffisamprises, d’avoir les ressources
ment valorisés en interne.
pour innover et dépasser
l’angoisse « du temps long »,
L’innovation par la collabora- MiChel
parfois inhérente au procestion avec des start-up semble Jolly,
sus décisionnel des grandes
Associé,
être l’une des voies les plus Grant Thornton
structures.
prometteuses pour s’adapter à
ce nouvel écosystème. La Business Intelligence Si le choc des cultures paraît donc inévitable, les
figure ainsi au quotidien des projets dévelop- acteurs doivent puiser et expérimenter dans cette
pés par les incubateurs des Grandes Ecoles confrontation positive une réflexion nouvelle afin
ou dans certains pôles de compétitivité. Elle d’engager de nouvelles positions et solutions,
constitue un enjeu majeur pour les directions créatrices de valeur, pour toutes les parties.
comptables et financières qui peuvent puiser
© DR
Une guerre
constante des prix
en tablant sur d’autres achats à meilleure
marge », analyse Olivier Salomon.
Si l’enseigne soigne sa réputation de
casseur de prix, des études réalisées aux
Etats-Unis ont montré que les prix
moyens, toutes catégories de produits
confondues, étaient en vérité de 7 à 12 %
supérieurs à ceux pratiqués par les
distributeurs physiques ou les autres
e-commerçants. « Amazon bénéficie
probablement d’une image “prix”
meilleure que le niveau de ses prix réels »,
observe l’expert d’AlixPartners. Car
déterminer le positionnement sur les
prix d’un distributeur, qui a une offre
aussi large et qui change ses prix en
permanence, reste un exercice difficile.
Au demeurant, Amazon ne fixe les prix
que d’une petite partie des produits du
site. Plus de 75 % des offres visibles par
les internautes proviennent de sa marketplace, une plate-forme qui permet
aux revendeurs de proposer leur catalogue parmi les produits achetés et vendus par le géant américain. Cette offre
pléthorique des revendeurs est devenue
indispensable pour compléter la
gamme vendue par Amazon. La marketplace réalise environ la moitié du chiffre
d’affaires du site Internet.
Ce contenu a été réalisé par Grant Thornton
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
04 //
l FINANCE
Lundi 16 avril 2018 Les Echos
L’ACTUALITÉ
BUSINESS
P. 4 - 7
Quelques mois après Veolia,
le géant gazier s’est tourné
vers le marché obligataire
chinois pour financer ses
investissements en Chine.
Décryptage d’une opération
atypique et complexe avec sa
directrice générale adjointe
chargée des finances,
Fabienne Lecorvaisier.
Fabienne Lecorvaisier, directrice
générale adjointe chargée des finances
d’Air Liquide. Photo Franck Parisot
Vincent Bouquet
vbouquet@lesechos.fr
P
our Air Liquide, comme pour
bon nombre de groupes français,
la Chine est devenue un marché
clef, le troisième après les Etats-Unis et
la France. Elle abrite aujourd’hui plus
de 4.000 collaborateurs répartis dans
90 unités. Et génère 1,5 milliard d’euros
de chiffre d’affaires, avec un taux de
croissance à deux chiffres dans plusieurs branches d’activité. « Or le métier
de gazier industriel est fondamentalement local, explique sa directrice générale adjointe chargée des finances,
Fabienne Lecorvaisier. Pour nous assurer une couverture de change naturelle et
harmoniser la devise de nos résultats et
de nos investissements, nous avons décidé
de mettre en place des financements en
renminbis afin de financer nos investissements dans la devise des cash-flows. »
Pour cela, trois options s’offrent à Air
Liquide : pratiquer des prêts intragroupes ; faire appel à des financements
obligataires offshore via le « dim sum »
de Hong Kong et le « formosa » de
Taïwan ; ou se financer directement en
crédit auprès des banques locales.
ORGANIGRAMME
« Cette dernière solution a l’avantage de
ne pas faire franchir de frontières aux flux
financiers et d’éviter tout risque réglementaire, souligne Fabienne Lecorvaisier. Toutefois, ces financements locaux
sont souvent à court terme et se font à un
taux variable qui peut fluctuer en fonction
du taux de référence chinois. »
Neuf mois de travail
Pour concilier financement local et
financement à long terme et à taux fixe,
le géant gazier s’est donc tourné, plus
d’un an après Veolia, vers le marché
obligataire chinois pour émettre des
« panda bonds ». Finalisée il y a tout
juste un mois, la transaction d’un montant nominal total de 2,2 milliards de
renminbis – soit environ 280 millions
d’euros – a été réalisée en deux tranches
de 1,4 milliard et de 800 millions de
renminbis dans le cadre d’un placement
privé auprès d’investisseurs institutionnels chinois. Elles portent des coupons
de 5,95 % et 6,40 % pour des maturités
respectives de trois et cinq ans. « Cinq
ans est la maturité la plus longue jamais
obtenue par une entreprise européenne
sur le marché panda, se félicite la directrice générale adjointe. Cette solution est
peut-être un peu plus onéreuse que les
autres, mais elle nous apporte une visibilité dans la durée, un vrai taux fixe et
nous permet d’élargir notre base d’inves-
tisseurs asiatiques en nous donnant accès
à de nouveaux acteurs locaux. »
Cette opération, qui servira à financer
de nouveaux investissements en Chine
et à refinancer la dette liée à des investissements antérieurs, a demandé
« neufs bons mois » de travail aux équipes trésorerie et financement d’Air
Liquide. « C’est un processus complexe
qui tranche avec les fonctionnements
standardisés auxquels nous sommes
habitués sur les marchés européen
et américain, remarque Fabienne Lecorvaisier. En Chine, il existe une documentation spécifique qui donne lieu à d’intenses négociations avec les autorités. De
surcroît, elle devait, comme les statuts et
les comptes, être intégralement traduite
en chinois, ce qui a pris du temps. »
Après avoir obtenu la notation d’une
agence locale chinoise, et au terme
d’un processus d’approbation « assez
long » lié notamment à l’objectif de
refinancement de la dette existante
auquel les autorités chinoises n’étaient
pas habituées, Air Liquide a finalement
obtenu l’ouverture d’un programme
obligataire spécifique. Il lui offre la
possibilité d’émettre, en tout, 10 milliards de renminbis sous la forme de
« panda bonds » sur deux ans. « De
quoi nous donner l’occasion de réaliser
d’autres émissions à l’avenir », conclut
Fabienne Lecorvaisier. n
DES CHIFFRES ET DES LETTRES
Tech M&A, un sujet
d’experts
D
epuis plusieurs années,
l’innovation impose son
rythme au marché des fusions
et acquisitions (M&A). Les
technologies émergentes portent
rapidement la croissance d’acteurs
jeunes, potentiellement globaux, qui
perturbent les équilibres de nombre
d’industries en créant de nouveaux
business models, à l’image des
fintech, foodtech, ou autres acteurs
industrie 4.0. Sommés de réagir pour
ne pas être pris de vitesse, les acteurs
historiques privilégient de plus en plus
la croissance externe dans le choix
stratégique du « faire ou acheter ».
Dans ce contexte, les acteurs qui veulent conseiller avec valeur ajoutée de
telles opérations, souvent plus protéiformes et complexes, doivent se spécialiser. Soit de façon indépendante,
tel qu’en atteste le développement des
boutiques M&A tech, soit en regroupant leurs professionnels dans des
unités dédiées et internationales
– à l’instar de Rothschild lançant une
équipe mondiale tech ou de Natixis
faisant de Clipperton son bras armé
en la matière.
Les équipes dédiées banqueassurance des grandes banques
d’affaires évoluent déjà de façon
autonome, compte tenu de clients
Isabelle Levy-Lehmann – DR
Air Liquide part à la
chasse aux « panda bonds »
FINANCEMENT
RENÉ RICOLET
ET TANGUY DU CHESNAY
Associé-fondateur et associé
de Ricol Lasteyrie Corporate Finance,
membre du réseau EY.
aux métiers de bilan, distincts de
l’industrie et des services dont les
activités reposent plus
spécifiquement sur le compte de
résultat. Avec la montée en puissance
du secteur tech, les conseillers M&A
tech doivent être en mesure
d’accroître leur compréhension
des indicateurs clefs de leurs clients,
de méthodes de valorisation plus
spécifiques (multiples de revenus
SaaS par exemple pour les acteurs
logiciels), et de schémas d’opérations
plus agiles. Une forte expertise en la
matière conjuguée avec un réseau
mondial sera, sans nul doute, source
de différenciation et de succès ! n
ILS ONT BOUGÉ en partenariat avec Nominations.fr
François-Michel Coirault devient directeur du cabinet Ressources
Transition // Jean-François Simon devient directeur juridique de
BNP Paribas Personal Finance // Florence Le Got devient directeur
financier de BNP Paribas Personal Finance // Cyril Korenbeusser devient deputy chief technology officer Americas chez BNP
Paribas North America // Céline Ginestet est désormais directrice
client et marketing chez Aparthotels Adagio // Marc Grosser assurera la direction RH d’Auchan Retail à compter du 1er juillet //
La Chine est devenue le troisième marché d’Air Liquide, après les Etats-Unis
et la France. Photo Air Liquide
BDO France se dit prêt pour le conseil
Philippe Arraou a remanié
la gouvernance et l’équipe
dirigeante pour que le
réseau mondial d’audit
déploie de nouveaux
services en France.
Valérie Landrieu
@ValLandrieu
Le nouveau président du directoire de
BDO France et son équipe élargie sont
en place depuis le début de l’année.
Dans l’Hexagone, la feuille de route de
ce cabinet mondial d’audit s’inscrit
résolument dans le cadre du déploiement de la profession vers le conseil.
Philippe Arraou (DEC, diplôme d’expertise comptable), qui fut président de
l’Ordre des experts-comptables jusqu’à
l’année dernière, a été recruté dans cette
volonté d’ouverture. Le voilà, à l’occasion, directement chargé des sujets
digitaux dans une instance dirigeante
au sein de laquelle il a rebattu les cartes.
Il s’agit aujourd’hui de faire évoluer
l’offre de services du cabinet, de former
les équipes en place et d’intégrer de
nouvelles compétences. « Une mission
d’expertise comptable est aujourd’hui
réalisée avec des outils d’intelligence
artificielle, explique celui qui a créé à la
fin des années 1980 sa propre structure. C’est une autre façon de concevoir la
relation avec les entreprises et en particu-
lier les PME. » Accompagner ces dernières dans leur transformation digitale,
c’est précisément le dossier dont le
gouvernement l’a chargé en octobre
dernier. « Et je tiens évidemment
à le mettre en œuvre dans le cabinet »,
souligne le dirigeant.
Dans cette ascension, Rolland Nino
(MSTCF ISA Grenoble, DEC, Neoma
– ex-ESC Reims) est son second de cordée.
Deuxième mandataire social, le directeur
général exécutif – son titre dans la nouvelle
gouvernance – a la charge et la gestion du
fonctionnement d’une entreprise de
1.200 salariés, tout en œuvrant dans son
domaine de prédilection : le social. Il est
d’ailleurs membre de l’Institut de la protection sociale, think tank dévoué au sujet.
A ses côtés, Fabrice Brangeon (MSTCF
IAE Orléans, DEC) gère les finances et la
trésorerie, ainsi que le suivi des finances
et des opérations des quarante-trois
bureaux tricolores de BDO. Décentralisé, BDO France n’en exige pas moins
une gestion centralisée de la trésorerie.
Frédéric Léger (DEC) veille au système
d’information maison, mais également
à certaines missions. Il est par ailleurs
président de BDO Paris et pilote à ce
titre la principale entité du réseau,
passage des grands comptes. Au risk
management : Christine Costard
(Grenoble Ecole de management). Cet
expert-comptable et commissaire aux
comptes occupe une fonction un peu à
part du reste de l’entreprise pour mieux
en assurer le contrôle. « C’est une règle
de notre réseau, et qui s’applique aux
cabinets d’une certaine taille dans la
profession », précise Philippe Arraou,
attaché à ce principe de la vigie interne.
LE DIRECTOIRE
Fabrice Brangeon
Finances
Philippe Arraou
Président
Rolland Nino
DG exécutif
Croissance externe
Les trois directeurs de région sont, eux,
garants des remontées terrain auprès
des fonctions globales. Au demeurant,
chaque entité régionale est pourvue
d’une gouvernance propre, d’un comité
de direction et d’une autonomie de
décision. Depuis Versailles, Jean-François Noël (DUT GEA, DEC) dirige ainsi
l’activité en Ile-de-France (hors Paris).
Elle totalise 17 % de l’ensemble de l’activité quand la capitale en capte 24 %. De
Valence, Grégoire Bisson (DEC) conduit
la région Rhône-Alpes qui représente
19 % de l’activité. De Vendée, Louis-Marie Chiron (DUT GEA, DEC) est à la tête
des affaires en Loire-Atlantique. La
région est dynamique : 27 % du chiffre
d’affaires y est réalisé. Les 13% restants
sont réalisés dans d’autres régions où le
cabinet est en cours d’implantation,
« dans le cadre d’un plan de croissance
externe qui a pour ambition d’inclure
dans BDO les cabinets leaders dans
chaque région », confie Philippe Arraou.
En pleine évolution, les métiers de BDO,
et leurs top managers, s’imposent au
comité exécutif. Au côté de l’expertise
comptable, qui représentait en 2017 la
moitié de l’activité, l’audit (20 %) et surtout le social (16 %) ainsi que le conseil
(14 %) sont appelés à s’épanouir. n
Grégoire Bisson
Frédéric Léger
Directeur région
Rhône-Alpes
Systèmes
d’information
Christine Costard
Louis-Marie Chiron
International liaison
partner, risk
management
Directeur région
Atlantique
Jean-François Noël
Directeur région Ile-de-France
« LES ÉCHOS » / SOURCE ET PHOTOS : SOCIÉTÉ
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Les Echos Lundi 16 avril 2018
EXECUTIVES // 05
l DIRECTION GÉNÉRALE
5
CONSEILS
POUR FAIRE
DES AFFAIRES
AVEC L’INDE
echo.st/m3455
INTERNATIONAL
Un joint-venture en Inde :
l’ambition d’une PME
Ametra, spécialisée dans les systèmes
mécaniques, électriques et électroniques,
est en quête d’un partenaire indien
pour créer une coentreprise.
Valérie Landrieu
@ValLandrieu
A
metra, fournisseur de systèmes mécaniques, électriques
et électroniques pour les industries aéronautique,
militaire et nucléaire, est de la mission indienne organisée par le Gifas. Avec, dans l’avion affrété, ce 16 avril, par le
Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas), soixante industriels tricolores, tous désireux de
s’inscrire dans la lignée des grosses entreprises de l’aéronautique ayant récemment signé des contrats.
Pour l’entreprise moyenne de croissance, il s’agit de trouver un
partenaire indien d’ici à fin 2018-début 2019. «Après l’achat des
Rafale, nos grands clients de la filière, tel Dassault, ont signé des
engagements avec l’Inde pour répondre à leurs obligations de compensation, les contraignant à acheter sur le sol indien, explique la
PDG, Anne-Charlotte Fredenucci. Si nous ne prenons pas ces marchés, ce sont les industriels indiens qui vont le faire. » D’où ce projet
de joint-venture, «une grosse étape stratégique à passer», qui nécessite une démarche ordonnée. Focus sur une méthode.
secteurs de la défense et de l’aéronautique, pour trouver
d’autres partenaires potentiels.
Après le déplacement avec le Gifas qui s’achève le 19 avril,
Anne-Charlotte Fredenucci retournera en Inde, le mois
prochain, avec le directeur général de la filiale Anjou
Electronique. Sont prévus au programme les audits
de quatre ou cinq cibles identifiées par Arsha Consulting,
dans la longue liste de soixante sociétés. Et là, projette
la dirigeante, «l’objectif serait de sortir avec deux ou
trois industriels avec qui négocier un joint-venture ».
4
À NOTER
Ametra dénombre 600 collaborateurs et affiche
un chiffre d’affaires 2017 de 45 millions d’euros.
Fournisseur de systèmes pour les industries aéronautique, militaire
et nucléaire, la société Ametra compte profiter des marchés
de sous-traitance du contrat Rafale signé avec l’Inde. Photo Ametra
1 Consulter les clients
«J’ai fait le tour de tous mes grands clients, explique Anne-Charlotte Fredenucci. Si nous allons en Inde, c’est pour les suivre et
répondre à leur demande. Je suis donc allée leur demander ce qui
était attendu d’une PME comme la nôtre», poursuit-elle. Au total,
la dirigeante aura eu une vingtaine d’entretiens avec des pairs,
dirigeants de PME et des clients implantés en Inde.
la solution à communiquer
2 Evaluer
auprès des équipes
La décision de s’implanter en Inde a été mûrie avec le comité
de direction. Le choix de créer un joint-venture a découlé des
entretiens. Une coentreprise apparaît comme le moyen le plus
fiable pour répondre à la demande de ses cibles en termes de
garantie de qualité et de délais de livraison. «Nous n’avons pas
là une obligation de moyen, mais une obligation de résultat.
Nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas avoir sur place des
gens motivés pour satisfaire complètement ces attentes », souligne
la PDG. Une telle solution permettra aux partenaires indiens
de se rémunérer aussi selon la croissance de l’activité. Le projet
a été communiqué aux équipes sans lui donner plus d’importance qu’un dossier à l’étude.
3 Définir le profil d’un partenaire et les impératifs
Ingénieriste à capacité industrielle, Ametra est en quête de
complémentarité. L’objectif est de trouver un partenaire qui
ne soit pas un clone, mais qui se positionne sur un métier
connexe. Trois impératifs s’ajoutent à ce cahier des charges :
maîtriser les composants électroniques, même s’ils ne sont
pas aussi complexes que ceux qu’Ametra réalise ; détenir
les habilitations aéronautiques et de défense ; et connaître
les marchés concernés.
4 Se faire accompagner localement
La direction s’était déplacée pour auditer un industriel indien
en décembre dernier, mais l’association s’est finalement révélée
trop compliquée à mettre en œuvre. La PME a alors mandaté
un intermédiaire, Arsha Consulting, spécialisé dans l’implantation de sociétés francophones en Inde et fin connaisseur des
TPE/PME
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Anne-Charlotte Fredenucci, PDG d’Ametra. Photo Ametra
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06 // EXECUTIVES
l JURIDIQUE l RH
Lundi 16 avril 2018 Les Echos
LA VODKA
STOLICHNAYA
AU CŒUR D’UN
LITIGE MONDIAL
echo.st/m318374
CONTENTIEUX
La saga judiciaire du marché
américain du rhum
Pernod Ricard et Bacardi
se livrent une bataille
de longue haleine pour
la propriété du rhum
cubain Havana Club.
En jeu : sa distribution
aux Etats-Unis le jour
où l’embargo sera levé.
Le groupe français a écoulé, sur l’année 2016-2017, environ 4,3 millions de caisses de 9 litres d’Havana Club. Photo Sipa
Delphine Iweins
diweins@lesechos.fr
L
Ian Fitzsimons, directeur juridique
de Pernod Ricard. Photo Pernod Ricard
es Etats-Unis sont au cœur d’un
contentieux important entre
Pernod Ricard et Bacardi autour
de la marque de rhum Havana Club.
L’origine du litige remonte à 1995. A ce
moment-là, le groupe portoricain porte
plainte estimant que la marque a été
obtenue de manière frauduleuse. Il
demande alors l’annulation de cette
marque au bureau américain des brevets
et des marques de commerce, l’United
States Patent and Trademark Office.
En 2004, l’organe de décision du bureau
tranche en faveur de Pernod Ricard et
valide l’enregistrement de la marque par
le groupe français. Bacardi fait alors
appel devant la cour de Washington.
« Il y a sûrement un élément de protection
de leur position actuelle aux Etats-Unis.
Ils soutiennent avoir acheté la marque
aux USA de la famille cubaine qui en était
titulaire avant la Révolution », commente Ian Fitzsimons, directeur juridique de Pernod Ricard. La justice américaine tranchera sur le fond du dossier,
mais pas avant plusieurs années.
La question de la propriété de la marque
Havana Club s’est posée dans d’autres pays
du monde. En Espagne, le problème a été
Seniors en entreprise :
des carrières en demi-teinte
EMPLOI
Les salariés âgés
constituent un atout
pour l’entreprise, estiment
la plupart des dirigeants.
Mais, confrontés au
terrain, les représentants
du personnel sont
d’un tout autre avis.
L
Senior, à quel âge ?
Ce tableau doit pourtant être nuancé.
Car si les seniors constituent un atout
pour l’entreprise selon 77 % des diri-
Une licence américaine refusée
pendant dix ans
En parallèle de ce litige, Pernod Ricard a dû
renouveler sa demande de propriété de cet
alcool en 2006, conformément au droit des
AU NOM DE LA LOI
L’imposition du
numérique : un rêve ?
A
Géraldine Dauvergne
@Geraldinedauver
es compétences des seniors
sont appréciées en entreprise.
C’est ce que révèle une étude
des cabinets OasYs Consultants
et Syndex, menée auprès de DRH,
dirigeants, instances représentatives
du personnel (IRP) et élus syndicaux.
A 90 %, dirigeants et représentants
des salariés pensent que les seniors
détiennent la mémoire de l’entreprise,
à 80 % qu’ils sont plus fiables, plus
autonomes et qu’ils transmettent
des compétences. « Les seniors ne sont
ni plus faciles ni plus difficiles à manager que les autres », observe Karine
Lair, directrice générale adjointe
du cabinet OasYs.
soulevé jusque devant le Tribunal
suprême espagnol, dernière instance
judiciaire du pays. D’après ces juges,
Havana Club appartient bel et bien à
Pernod Ricard, en tout cas dans cet état
membre de l’Union européenne. Le
groupe français a d’ailleurs écoulé, sur
l’année 2016-2017, environ 4,3 millions de
caisses de 9 litres d’Havana Club principalement à Cuba, en Allemagne et en France.
Depuis 2010, les entreprises de plus de 50 salariés ont l’obligation de se doter
d’un plan d’actions en faveur de l’emploi des salariés âgés. Photo Gilles Rolle/RÉA
geants, 65 % des représentants du
personnel assurent le contraire.
« Il est vrai que les élus syndicaux sont
souvent sollicités lors des négociations
les plus tendues », analyse Karine Lair,
sachant que la définition même
du senior varie. Pour les dirigeants,
il s’agit d’un salarié âgé de 50 voire
55 ans, alors que les IRP ciblent un
profil plus jeune, de 45 ou 50 ans.
« On devient senior dans son entreprise
sur des critères subjectifs, en fonction
de la moyenne d’âge, de l’ancienneté
ou de la pénibilité du travail », remarque Tristan de Feuillade, spécialiste
de l’accompagnement des salariés
en troisième partie de carrière au sein
d’Oasys consultants, auteur de l’étude.
Temps partiel et mentoring
Depuis 2010, les entreprises de plus de
50 salariés ont l’obligation de se doter
d’un plan d’actions en faveur de
l’emploi des salariés âgés. Huit ans
après, le bilan est mitigé. Pour 64 %
des dirigeants et 73 % des représentants des personnels, ces mesures
n’ont pas servi à la performance globale de l’entreprise. Seuls 34 % des
élus du personnel considèrent qu’elles
ont facilité l’optimisation de la gestion
des carrières. Le temps partiel est
considéré par 60 % de l’ensemble
des sondés comme la mesure la plus
favorable au maintien dans l’emploi
des seniors, juste avant la transmission des connaissances grâce au
mentoring et au tutorat. « Les dispositifs fonctionnent bien quand ils permettent au salarié lui-même d’anticiper la suite de sa carrière. L’entretien
professionnel adapté en fait partie »,
souligne Tristan de Feuillade. En
revanche, la moitié des dirigeants et
les trois quarts des représentants du
personnel considèrent le télétravail
comme peu efficace pour l’emploi des
seniors, population moins familière
des outils numériques et des nouveaux modes de travail. n
marques. L’Havana Club étant un rhum
fabriqué à Cuba et à partir d’ingrédients
100 % cubains, une autorisation de l'Office
of Foreign Assets Control (Ofac) – un organisme de contrôle financier, dépendant
du département du Trésor des Etats-Unis
chargé de l'application des sanctions
internationales américaines dans le
domaine financier et notamment de
l’embargo contre Cuba – est obligatoire.
Cette licence est, dans un premier temps,
refusée. Pernod Ricard assigne alors l’Ofac
devant l’United States Patent and Trademark Office puis devant la Cour suprême
afin de faire annuler ce refus.
En 2012, la Cour suprême décide que
l’Ofac a le droit de refuser cette licence.
« La marque était toujours existante, mais
non renouvelée. Nous avons fait une nouvelle
demande auprès de l’Ofac en 2016 à la suite
de l’annonce de la normalisation des relations entre les Etats-Unis et Cuba », détaille
Ian Fitzsimons, également membre
du Cercle Montesquieu, association
de directeurs juridiques.
Le 29 février 2016, l’Ofac leur accorde
finalement cette licence. Sans elle, la
marque aurait disparu. Dans la foulée,
le bureau américain des marques et des
brevets renouvelle le dépôt de la marque
Havana Club aux Etats-Unis jusqu’en
2026. Pour Pernod Ricard, c'est le signe
que le dossier peut maintenant être jugé
sur le fond devant les tribunaux américains. Cependant, compte tenu de
l’embargo imposé à Cuba par les EtatsUnis en 1962 et toujours en vigueur, le
groupe de spiritueux ne peut pas vendre
ni distribuer son rhum Havana Club sur le
territoire américain. « Nous avons anticipé
la levée de l’embargo. Le moment venu,
nous pourrons vendre du rhum cubain aux
USA. C’est une opportunité future et nous
serons prêts le moment venu », indique Ian
Fitzsimons. Le marché américain représentant à lui seul 40 % du marché mondial
du rhum, cette bataille judiciaire n’a rien
d’anodin pour les deux parties. n
lire les propositions de directive
publiées par la Commission européenne le 21 mars 2018, nous y
sommes presque : les activités numériques
vont enfin être taxées dans les Etats qui,
aujourd’hui, se trouvent dans l’impossibilité de le faire, faute pour certaines entreprises bien connues d’y disposer d’une
présence physique suffisante (un « établissement stable »). La démarche repose sur
l’idée qu’il y a, en matière de fiscalité des
activités numériques, trois mondes possibles : l’idéal, le deuxième choix et la solution d’attente.
L’idéal serait que les groupes multinationaux soient imposés sur un résultat
consolidé et ventilé entre Etats membres
de l’Union en tenant compte de la répartition géographique de la création de
valeur. Ce monde-là n’est pas pour
demain. Après-demain, peut-être.
Pour demain, voici le deuxième choix :
obliger les Etats membres à réviser
leurs règles de territorialité de l’impôt
sur les sociétés pour que chaque Etat
puisse imposer des sociétés étrangères
ayant une « présence numérique
significative » sur leur territoire.
Et pour tout de suite ? La Commission
propose la mise en place d’une « taxe sur
les services numériques » qui s’appliquerait à tous les opérateurs, européens et
non européens, dont le chiffre d’affaires
mondial excède 750 millions d’euros et
dont les produits afférents à certaines
activités numériques dans l’Union européenne dépassent 50 millions d’euros.
Dans l’attente d’une solution « globale »,
une imposition spécifique du chiffre
d’affaires numérique viendrait donc
s’ajouter aux taxes existantes.
Cette démarche programmatique
livrera-t-elle les fruits escomptés ?
Il faut sans doute le souhaiter, mais
il faut mesurer les nombreux obstacles
qui restent à surmonter.
DANIEL GUTMANN
Avocat associé du
cabinet CMS Francis
Lefebvre et professeur de droit fiscal
à l’Ecole de droit
de la Sorbonne.
La taxe sur les services numériques est
présentée comme « une mesure facile
à mettre en œuvre », si l’on en croit le
préambule de la proposition de directive. Il est permis d’en douter. Le calcul
du seuil d’assujettissement suppose une
ventilation très fine du chiffre d’affaires
des opérateurs. Le mécanisme de localisation des utilisateurs est d’une grande
complexité. La mise en place du guichet
unique, déjà appliquée pour la collecte
de la TVA sur les services électroniques,
prendra du temps. La coopération efficace entre Etats membres également.
La mise en place ultérieure de nouveaux
critères de territorialité de l’IS sera également complexe. Elle risque surtout d’être
inefficace. Y échapperont ainsi les entreprises établies en dehors de l’Union, avec
lesquelles les conventions fiscales
devront être renégociées. Certes, les Etats
membres se sont déjà engagés au côté de
l’OCDE dans un processus multilatéral
afin de mieux taxer de nouveaux modèles d’affaires développés par les entreprises du numérique. La démarche reste
cependant incomplète techniquement et
surtout non contraignante pour les Etats
qui ne souhaiteront pas s’y associer.
Quant au monde idéal, dont on trouve
l’esquisse dans deux propositions de
directive remontant à 2016, il faudrait,
pour l’atteindre, révolutionner les
principes mêmes de la fiscalité internationale. Un cauchemar technique.
Un rêve théorique, assurément. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Les Echos Lundi 16 avril 2018
// 07
l MARKETING l NUMÉRIQUE
LA FRANCE À LA
TRAÎNE DANS LE
SUIVI DES DONNÉES
DES MALADES
echo.st/m2144678
Pourquoi adhérer
au Chinese Business Club
COMMERCIAL
Ce réseau d’affaires
rassemble de plus en plus
de membres qui souhaitent
réseauter et nouer des
collaborations étroites
avec la Chine.
Selon Harold Parisot, si le cadre prestigieux et l’atmosphère conviviale participent de son attractivité, les entreprises
chinoises et françaises y viennent surtout
pour « faire du business ». « Les Français
sont d’ailleurs surpris par l’approche
directe des Chinois », relève le fondateur.
Autour de la table, investisseurs, ambassadeurs, personnalités politiques, dirigeants d’entreprise et journalistes échangent leur carte de visite. Les déjeuners
sont même devenus un rendez-vous à ne
pas manquer pour les entreprises chinoises en quête de relations tricolores, qui
bloquent leur date au moins deux mois à
l’avance. Parmi les sociétés fidèles figu-
Le réseau organise une dizaine de déjeuners, chaque année, autour d’un invité
d’honneur connu des Chinois : Sophie Marceau, Guillaume Pepy, Carlos Ghosn…
Photo Chinese Business Club
rent notamment China Exim Bank,
Huawei, Lenovo, China Construction
Bank, UnionPay ou encore Alibaba.
Guillaume de Roquefeuil, président
d’EuroPass – entreprise fournissant
des solutions digitales et de paiement
mobile pour les organisations qui
reçoivent la clientèle touristique chinoise –, est membre du club depuis
deux ans et demi. Toujours présent
aux déjeuners, il y vient pour développer des projets et solliciter de potentiels clients avec « une vraie démarche
de retour sur investissement ». Pour lui,
cela ne fait aucun doute, si sa société
croît aujourd’hui c’est en partie grâce
au club : « Nous avons trouvé des distributeurs, fait des propositions commerciales et construit une dizaine de projets
notamment avec China Telecom,
Clarins ou encore Lagardère. A titre
d’exemple, notre relation avec les magasins Printemps a débouché sur un partenariat qui nous a permis d’offrir des
bons de réduction à notre clientèle
chinoise », confie-t-il.
A la recherche d’investisseurs, de banques et de tour-opérateurs, le groupe
Christofle, qui possède des filiales en
Chine, a noué des relations avec des
entités chinoises qu’il a ensuite accueillies
dans ses locaux. « Nous sommes amenés
à nous revoirau Chinese Business Club,
ce qui facilite la réalisation de partenariats
et d’échanges commerciaux », explique
la directrice retail monde du groupe,
Elodie Leprince-Ringuet.
Mieux communiquer
Alors que certains contacts sont difficiles à joindre en temps normal, ces déjeuners présentent une occasion unique
de les rencontrer et de créer du lien
dans la durée. La participation régulière
à ces événements permet à Guillaume
de Roquefeuil de gagner en crédibilité
et d’être attractif : « Maintenant tout
le monde connaît EuroPass ! »
Ces rencontres font aussi mieux connaître
la culture chinoise. « La multitude de
journalistes chinois présents au club permet aux membres français d’avoir un pied
en Chine. Ils écrivent des articles en mandarin qu’ils relaient ensuite sur les réseaux
sociaux chinois tel WeChat », indique
Harold Parisot. Pour le groupe Christofle,
ces déjeuners sont « une véritable introduction à la Chine qui a facilité la mise en
place d’actions dans les boutiques », affirme
Elodie Leprince-Ringuet, qui considère
l’exercice comme « très productif par
rapport au temps consacré ». n
Comment l’AP-HP gère
les données de ses patients
SÉCURITÉ
La gestion des données
personnelles réalisée dans le
secteur de la santé est régie par
des règles spécifiques, auxquelles
s’ajoutent des standards, comme
le futur règlement général
sur la protection des données.
Florent Vairet
@florentvairet
A
dmis dans l’intimité des personnes, je tairai les
secrets qui me seront confiés », écrivait Hippocrate. Dans la droite ligne du serment
prêté par les médecins, l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) s’évertue à préserver la confidentialité des patients, autant dans la pratique médicale que dans le traitement informatique de leurs
données personnelles. Face à la montée en puissance
des outils numériques, comme le dossier patient
informatisé, maintenir la confidentialité tout en
favorisant le partage d’information est devenu un
défi à relever. D’autant que les quantités de données
sont faramineuses. « A travers les 39 établissements
de l’AP-HP, 8,5 millions d’identités ont été établies
et stockées sur nos serveurs, détaille le Dr Laurent
Tréluyer, directeur des systèmes d’information de
l’AP-HP. Le dossier patient informatisé a été mis en
place il y a quelques années pour faire circuler l’information entre les différents services, ce partage amène
une valeur ajoutée dans le traitement médical. » Après
la mise en place de ce projet national, l’AP-HP a
décidé de créer un entrepôt de données de santé. Il
s’agit d’une base regroupant les informations collec-
tées sur les patients, qui permet à différentes professions d’exploiter des données anonymisées pour des
projets de recherche. Pour cela, un comité scientifique et éthique s’assure « de leur faisabilité, de leur
intérêt scientifique et de leur validité éthique ».
Exempté de consentement
La loi Informatique et Libertés de 1978 oblige entreprises et administrations publiques à obtenir le
consentement de la personne dont elles voudraient
collecter les données. Un principe au cœur du
règlement général pour la protection des données
des citoyens européens (RGPD) qui entrera en
vigueur le 25 mai prochain. Seulement, le texte
prévoit des dérogations. Etant dans le cadre d’une
mission de service public, l’AP-HP n’est pas contrainte d’obtenir le consentement des patients pour
traiter les données. « Pour en être exemptés, nous
procédons à la qualification de chaque traitement de
données afin de vérifier que nous sommes bien dans
le cadre d’une mission de service public », explique
Armande François, correspondante informatique
& libertés de l’AP-HP. Ainsi, et pour la même raison,
le droit à la portabilité apporté par le règlement
européen n’est pas une obligation.
Outre quelques dérogations, le RGPD s’applique bel
et bien à l’AP-HP et modifie ses procédures. Concernant les applications informatiques, la confidentialité devient une préoccupation dès le démarrage, à
en croire le DSI des hôpitaux parisiens. « Les critères
d’habilitation et la traçabilité des accès au dossier du
patient ont été affinés. » Depuis six mois, une commission ad hoc travaille à redéfinir chaque métier et
les droits d’accès. La direction sensibilise également
le personnel sur le traitement des données personnelles, notamment via des médias internes. n
ctualité houleuse, interventions
de la CNIL, articles anxiogènes…
alors que l’entrée en vigueur du
règlement général sur la protection des
données (RGPD) approche, les
entreprises qui traitent des données
personnelles ont de quoi hésiter entre
atonie, inquiétude et mobilisation. Mais
combien d’entre elles vont savoir se
saisir de cette nouvelle contrainte
réglementaire pour en faire un levier de
croissance ? En effet, au-delà du double
objectif du RGPD – renforcer la
responsabilité des entreprises et
garantir des droits élargis aux individus
en matière de données personnelles –, il
faut aussi y voir un enjeu de confiance et
de création de valeur.
Avec le RGPD, le consommateur va
pouvoir « reprendre la main » sur ses
données personnelles et être en
position de choisir les entreprises qui
pourront les utiliser. C’est une occasion
pour celles-ci de se démarquer, en
démontrant à leurs clients les efforts
qu’elles déploient pour protéger les
données personnelles et les traiter à
bon escient. Certains, comme
Telefonica, l’ont compris avec une
longueur d’avance : le seul moyen
d’avoir le consentement des utilisateurs
est de leur garantir qu’ils conservent un
contrôle total sur leurs données et de
jouer la transparence sur l’usage qui en
est fait. L’opérateur espagnol a
développé un tableau de bord pour
permettre à ses abonnés de visualiser
et gérer les data qu’ils génèrent.
FABRICE
MARQUE
DR
P
Faciliter les partenariats
RGPD : miser sur
la valeur partagée
A
Camille Marchais
armi les nombreux clubs qui
s’intéressent aux relations sinofrançaises, le Chinese Business
Club, créé en 2012 par Harold Parisot,
ancien intermédiaire en clientèle privée,
se pose en lieu de référence. Chaque
année, la centaine de sociétés membres
renouvellent à 95 % l’adhésion de
9.005 euros. Du luxe au tourisme, en
passant par l’agroalimentaire, la pharmacie ou l’aéronautique, tous les secteurs d’activité sont représentés. Des
membres de longue date – ClubMed,
Dassault Aviation, Richemont – participent à la dizaine de déjeuners organisés, chaque année, autour d’un invité
d’honneur connu des Chinois : Sophie
Marceau, Nicolas Sarkozy, Emmanuel
Macron alors ministre de l’Economie,
Carlos Ghosn, Jean-Yves Le Drian,
Isabelle Huppert ou encore dernièrement Guillaume Pepy, le numéro 1 de
la SNCF. Zoom sur les motivations des
membres de ce club qui se décrit
comme « une plate-forme de lobbying
et de business matching ».
DIGITAL NEW WORLD
Directeur
exécutif
d’Accenture
Strategy.
Puisque des moyens importants vont
être consacrés à la mise en conformité
avec le RGPD, autant que ces
investissements créent de la valeur
pour l’entreprise comme pour ses
clients ! Les bénéfices seront
multiples : réduire les coûts en
nettoyant les bases de données
existantes, mieux sécuriser et valoriser
les données, les mettre à profit d’un
renouvellement de la relation client et
d’une personnalisation accrue du
service… Les consommateurs y
verront leur intérêt : deux tiers d’entre
eux sont prêts à fournir des
informations personnelles s’ils
perçoivent une certaine valeur en
échange, selon une étude que nous
avons menée. En développant une
gestion rigoureuse et transparente des
données, manifestement source
d’amélioration de l’expérience client,
les entreprises gagneront la confiance
des consommateurs, qui seront alors
enclins à leur confier davantage de
données personnelles.
Alors, prêts à aborder le RGPD
comme accélérateur de ce cercle
vertueux ? n
À NE PAS MANQUER
Le 12 avril, le cabinet White & Case organise un colloque sur le
thème « Perspectives sur l’arbitrage dans la zone Ohada », place
Vendôme à Paris // Du 23 au 27 avril 2018 , au Centre de congrès de
Lyon, se tiendra la 27e édition de The Web Conference sur le thème :
« Relier les intelligences naturelle et artificielle dans le monde
entier » // Le 3 mai, l’OIT, l’Assurance maladie, l’INRS et l’ANDRG organisent des échanges sur le sujet « Jeunes et culture de prévention » //
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
08 //
Lundi 16 avril 2018 Les Echos
PATRICK DIXNEUF DIRECTEUR GÉNÉRAL D’AVIVA FRANCE
« Etre regardé,
cela fait partie du job »
LU POUR VOUS
Les 5 idées
à retenir de…
« Mortelle transparence »
Denis Olivennes
et Mathias Chichportich
Ce polytechnicien débute sa carrière dans la recherche, chez Alcatel, puis dans le conseil. Il rejoint Paribas
à Paris et Londres, le groupe Allianz en 2000 et Aviva en 2011. Il redresse Aviva Italie puis dirige
à Londres le plan d’innovation et de changement de la fonction finance. Directeur général d’Aviva France
depuis octobre 2016, Patrick Dixneuf ambitionne de développer une marque unique et forte.
Avez-vous ressenti, tôt,
le désir de diriger ?
Assez vite, j’ai aimé mobiliser les troupes,
et j’en avais les capacités. Lorsqu’on m’a
proposé des rôles de directeur général,
je les ai pris avec plaisir. Mais je n’en ai
jamais eu l’obsession. J’ai d’ailleurs commencé ma carrière dans la recherche.
Le secteur de l’assurance,
était-ce un choix ?
Vous connaissez beaucoup de gens qui
rêvent d’entrer dans les assurances ?
Mais lorsqu’on y est, on s’y sent bien. Je m’y
plais beaucoup, plus que dans la banque.
L’assurance, ce n’est pas que de l’argent.
C’est tangible, ancré dans la réalité.
Je réfléchis énormément aux nouveaux
risques liés à la robotisation ou au Big
Data. J’avais écrit un livre sur l’intelligence
artificielle dès 1991… cela m’amuse de voir
la façon dont ce sujet ressort aujourd’hui.
L’écriture est, pour vous,
quelque chose d’important…
Oui. Pour stimuler ma réflexion, je donne
des cours et j’écris des tribunes. Je n’aime
pas les présentations aseptisées sur
PowerPoint. Formaliser par écrit oblige
à une réflexion supplémentaire,
pour exposer, pour conclure. J’essaie
d’écrire un article par semaine.
J’ai tendance à parler
fort. Je suis très
physique dans
mon management.
La communication
directe permet
de transmettre un
message non déformé.
Faut-il un savoir-faire particulier
pour diriger ?
Non, les très grands leaders ont tous une
approche différente. Lorsque vous savez
où est l’Amérique, vous pouvez y entraîner les gens de différentes manières ! Pour
ma part, je communique beaucoup sur les
objectifs. Donner une vision d’ensemble
aux collaborateurs qui dépasse leur tâche,
voilà ce qui donne du sens à ce qu’ils font.
J’ai tendance à parler fort. Je suis très
physique dans mon management. Je
préfère la communication directe, parce
que cela permet de transmettre un message non déformé. Bien sûr, dans une
société qui compte 4.300 personnes, il
faut savoir aussi donner du pouvoir à
l’organisation. L’équilibre n’est pas simple
à obtenir. J’applique une méthode que j’ai
apprise en Allemagne : j’organise d’abord
une discussion assez peu hiérarchique ;
viennent ensuite la décision et l’unification des forces pour la mise en œuvre.
Il m’est déjà arrivé de prendre des décisions qui n’étaient pas mes premières
idées. Ainsi, j’acquiers de la crédibilité. Je
peux avoir des convictions fortes, mais je
ne suis pas dogmatique.
Avez-vous une semaine type ?
J’en rêve ! Je suis très organisé, presque
maniaque ! J’ai énormément de contraintes
liées au business. Il y a cependant toujours
un moment, le week-end, où je passe en
revue la totalité de ma semaine pour m’assurer que j’ai répondu à toutes les sollicitations.
U
ne nouvelle religion voit le
jour : le culte de la transparence. Gare, toutefois, à ses
excès ! Où que nous soyons, nos faits et
gestes numériques sont collectés et
analysés. En vérité, l’hypercommunication s’apparente à une déliaison.
Toujours plus de relation virtuelle,
toujours moins de lien réel.
Quels événements de votre
carrière vous ont préparé
à votre fonction actuelle ?
J’ai exercé à peu près toutes les fonctions :
technique, commerciale, administrative,
financière… En avoir fait le tour est une
bonne préparation. J’ai aussi eu toutes ces
opportunités à l’étranger, en Grande-Bretagne, en Allemagne ou en Italie. Bien sûr, je
suis très fier de ma formation [Ecole polytechnique, NDLR]. Mais il est sain d’aller
voir ailleurs comment s’exerce le leadership. Cela permet de voir où sont les
vrais leviers, au-delà des schémas tout faits.
1 Le tribunal du buzz
Paradoxalement, la prolifération des
espaces de libre discussion ne favorise
pas la diversité des idées. La liberté
d’opinion se définit davantage par la
disposition d’un individu à adhérer à telle
ou telle communauté d’esprit que par la
formulation d’un jugement indépendant.
2 Funérailles du secret
Chaque jour, le secret est moins bien
gardé. La généralisation du soupçon
fait de toute zone d’ombre une dissimulation coupable. En France, les
attentats de « Charlie Hebdo » ont
conduit à la loi renseignement. Sous la
menace terroriste, aucun gouvernement n’atténuera la surveillance.
Je vais voir les gens
sur leur terrain,
parfois au café.
Lorsque vous leur
donnez rendez-vous
à la direction générale,
ils se mettent en
représentation.
3 Le serment d’Hypocrite
L’exercice de la médecine est à l’origine
du secret médical. Pourra-t-il résister à
l’épreuve du Big Data ? De simples
données de géolocalisation renseignent sur votre visite dans un hôpital.
A qui ces informations sont-elles
transmises ? Progressivement, les
objets connectés envahissent nos vies.
Une mine d’or pour les assureurs,
chacun ayant identifié les synergies
d’intérêts. Big Brother nous espionne.
Que pensez-vous des modes
et des courants en management ?
L’entreprise libérée, par exemple ? Pour que
les gens travaillent bien, il faut qu’ils se sentent bien, c’est évident. Je demande énormément à mes collaborateurs. J’ai d’autant
plus de légitimité à « mettre la pression »,
par moments, que je n’en mets aucune
sur d’autres sujets. Un leader doit jouer
les diverses cordes de son arc, en fonction
des situations. L’abus de paternalisme est
à bannir, mais un peu de compréhension,
à un certain moment, cela peut aider.
4 Une presse libre
Les journalistes doivent bénéficier
de solides garanties, et notamment
d’un régime juridique protecteur.
Ne perdons pas de vue que la transparence exige le secret des sources.
Quels étaient vos objectifs
en arrivant à la direction générale
d’Aviva France ?
J’étais dans le groupe depuis 2011,
et n’ignorais rien de ce qu’était Aviva
France : un très beau potentiel, mais peu
de remises en question dans un monde
en mutation. J’ai pris la tête d’une belle
endormie. Mon premier objectif a été de
stopper l’érosion lente de la profitabilité
du business. Lorsque vous êtes nommé
pour régler une situation vraiment difficile, les gens comprennent facilement
certaines décisions lourdes. Ici, il ne
s’agissait pas de survie. Faire passer
certaines décisions, travailler la crédibilité de mon discours, arriver à mobiliser
les équipes, c’était un vrai challenge. Au
bout d’un an, le résultat opérationnel et le
retour sur capital sont déjà supérieurs à
ceux qui m’avaient été fixés. Il est important aussi de faire savoir aux collaborateurs que les résultats sont reconnus.
Quel est votre mode
de communication favori ?
La réunion d’équipe et la discussion. Je vais
voir les gens sur leur terrain, parfois au café.
Lorsque vous leur donnez rendez-vous à la
direction générale, ils se mettent en représentation. Or je fuis le formalisme, je recherche l’information brute de fonderie. Parce
que je dois prendre des décisions à partir de
ces informations. Je préfère une bonne
discussion à une présentation formelle qui
ne rend pas compte forcément de la réalité.
Avez-vous des interlocuteurs
privilégiés à l’extérieur
de l’entreprise ?
Oui, mon coach et mon entourage personnel ! Aux yeux des collaborateurs, je ne suis
5 Le chien se mord la queue
Aviva
Propos recueillis par
Géraldine Dauvergne
@Geraldinedauver
(Albin Michel)
Comment
il se ressource
Patrick Dixneuf
a « besoin de sport et de
culture ». Longtemps
arbitre de foot, il se
consacre aujourd’hui au
golf. Un sport qui l’oblige
à se « vider la tête ».
Ce polytechnicien a deux
passions : la musique
classique et l’opéra, un
héritage du goût familial
pour « les belles choses ».
En matière de musique,
la passion confine
toutefois à l’érudition
chez Patrick Dixneuf,
auteur d’études sur
les compositeurs
Schumann et Donizetti.
pas neutre et mon pouvoir n’est pas « normal ». Je suis leur patron, une figure publique dans l’entreprise. Les gens me scrutent
sans cesse pour deviner ce que je pense ou
ce qu’ils doivent dire. Etre regardé, cela fait
partie du job. Devenir directeur général,
c’est faire un grand saut dans la piscine,
porter seul les décisions. Le DG n’a pas
d’échappatoire. J’ai bien sûr moi-même un
patron qui m’aide, mais pas au quotidien.
Mon coach m’aide à prendre du recul pour
décider, ou pour savoir ne pas décider trop
vite certains jours, lorsque je ne suis pas en
forme. Il m’aide à soigner l’outil de travail
qu’est l’humain, et à sentir quand je suis
en mesure de trouver une solution bonne,
techniquement ou pour le business.
Qui consultez-vous d’autre
avant de décider ?
Je ne suis pas fan des consultants, même
s’ils peuvent apporter une bonne compréhension du marché et de la concurrence.
Aujourd’hui, je m’appuie d’abord sur mon
comité exécutif. Celui-ci compte autant de
femmes que d’hommes, ce dont je suis fier.
Mais je n’ai pas cherché à établir la parité
à tout prix, juste à nommer les meilleurs
à chaque poste. n
Née du contrôle du pouvoir par les
citoyens, et donc de l’idéal démocratique, l’exigence de transparence le
menace aujourd’hui par ses excès.
Or c’est sur la démocratie que nous
comptons pour tempérer lesdits excès.
La cyberattaque WannaCry semble
avoir accéléré la prise de conscience
collective. Un spectre hante nos
démocraties : le mariage d’une idéologie qui impose de « tout dire »
et d’une technologie qui permet
de « tout voir ». — Régine Turmeau
La rubrique « Ils ont bougé » présente dans ce numéro, qui rend
compte des principaux mouvements
à l’intérieur de chaque grande fonction de l’entreprise, nous a été fournie par notre partenaire Nomination.fr, le service de veille et
d’information sur les décideurs.
LES ECHOS FORMATION
5 CHIEF DIGITAL OFFICER :
LE NOUVEAU DIRECTEUR DIGITAL
Quels sont les missions et défis
du CDO ? Bénéficiez d’un speed
consulting avec l’ancien Directeur
digital & Communication de Fauchon.
www.lesechos-formation.fr/chief-digital-officer.htm
Un service proposé par Les Echos Solutions
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