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Le Figaro - 20 04 2018

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vendredi 20 avril 2018 LE FIGARO - N° 22 920 - www.lefigaro.fr - France métropolitaine uniquement
Première édition
lefigaro.fr
« Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur » Beaumarchais
REPORTAGE
EN CHINE, UN BIG BROTHER
POUR TRIER LES BONS ET
LES MAUVAIS CITOYENS PAGE 13
FRONT NATIONAL
Marine Le Pen face
au tabou de l’union
de droites PAGE 6
EUROPE
Macron et Merkel
à la recherche
d’une volonté
commune PAGE 7
CUBA
L’ère post-Castro
s’ouvre sans
illusions PAGE 8
MUSIQUE CLASSIQUE
LA NOUVELLE JEUNESSE
DES ORCHESTRES DE RÉGION
PAGE 26
Universités : le ras-le-bol
des antibloqueurs
Face à la minorité de grévistes, les étudiants organisent des collectifs « antiblocage » et ont
réussi à voter à une écrasante majorité la reprise des cours dans certains établissements.
JUSTICE
La vie
de Vincent Lambert
une nouvelle fois
confiée aux juges
PAGE 9
ADN
SYNDICATS
La SNCF met en
vente plus de 130
immeubles PAGE 21
RADIO
Guimier attendu
à la tête d’Europe 1
CHAMPS LIBRES
PAGE 24
Les tribunes
de Camille
Pascal,
de Laurent
Bouvet et
de Ran Halévi
Le bloc-notes
d’Ivan Rioufol
L’analyse de
Paule Gonzalès
n
n
PAGES 14 ET 15
FIGARO OUI
FIGARO NON
Réponses
à la question de jeudi :
Faut-il supprimer le droit
du sol pour les enfants
nés en France
de parents clandestins ?
NON
10 %
OUI
90 %
TOTAL DE VOTANTS : 79 079
Votez aujourd’hui
sur lefigaro.fr
Êtes-vous favorable
à une alliance entre
la droite classique
et le Front national ?
3’:HIKKLA=]UW[U^:?k@e@c@k@a";
La régularisation des
clandestins s’invite dans
le débat sur l’immigration
Le prix du baril a atteint jeudi
75 dollars, son plus haut niveau depuis quatre ans. Cette
flambée s’explique par une
demande mondiale qui, grâce
à la croissance, n’a jamais été
Après la passe d’armes entre la
ministre Jacqueline Gourault et
les députés LR lors de l’examen
de la loi asile et immigration,
l’exécutif récuse tout « plan caché » de régularisation mais ad-
BLANCHES/IMAGINECHINA-FESSYTHIBAULT CAMUS/AP
aussi forte. Elle soulage les
pays producteurs, frappés de
plein fouet par l’effondrement des cours en 2014, qui
s’efforcent aujourd’hui de les
soutenir. PAGE 18
met que des titres de séjour vont
être délivrés à des sans-papiers.
Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, en a informé les
députés Nouvelle Gauche de la
commission des lois. PAGE 5
ÉDITORIAL par Yves Thréard ythreard@lefigaro.fr
n
@
M 00108 - 420 - F: 2,60 E
Pourquoi les cours
du pétrole repartent
à la hausse
Q
Aucune hésitation
uand, en mai 1968, Raymond
Marcellin succéda à Christian
Fouchet au ministère de l’Intérieur, le général de Gaulle se serait exclamé : « Enfin Fouché, le
vrai ! », en référence à l’intraitable ministre de la Police de Napoléon. Et il est
vrai que Raymond Marcellin fit sur-le-champ
un ménage efficace dans la mouvance d’extrême gauche.
Cinquante ans plus tard, on souhaiterait que
son lointain successeur en fasse autant. À
Notre-Dame-des-Landes comme dans les
universités occupées. Gérard Collomb parle
beaucoup. Il est temps désormais qu’il passe à
l’action pour mettre un terme à cette agitation
sans queue ni tête, qui n’a que trop duré. En
cela, la « dictature macronienne » dénoncée par
les contestataires paraît bien molle. Le syndrome Malik Oussekine est dans toutes les
têtes, mais sans passer d’un excès à l’autre, le
pouvoir doit cesser de tergiverser.
Le petit jeu du quarteron d’étudiants, souvent
attardés pour ne pas dire en retraite, qui bloque quelques établissements n’a pas l’air frais
de la jeunesse. Il porte les relents d’une réaction gauchiste qui sent la naphtaline. L’imagi-
nation n’est pas au pouvoir dans les facs
aujourd’hui. Les traîne-savates de la rébellion
prétendent s’opposer aux nouvelles règles
d’entrée à l’université qui introduisent un zeste de sélection - sans que le mot soit officiellement employé - dans les filières les plus encombrées. Cela ne justifie en rien le saccage des
locaux qu’ils squattent jour et nuit, d’autant
que la réforme ne les concerne même pas : elle
ne
s’appliquera
qu’aux futurs bacheliers, bien discrets quant à eux.
Beaucoup de ces
derniers travaillent
peut-être d’arrache-pied dans l’espoir d’avoir le
choix d’échapper à l’université pour une filière
plus sélective et donc valorisante.
Les bloqueurs crient à la discrimination. Mais
qui sont les ennemis de la démocratie, sinon
ceux qui empêchent la majorité des étudiants
d’apprendre et qui risquent d’achever une
université française à la réputation déjà bien
dégradée ? Alors, aucune… aucune hésitation,
le gouvernement doit vite les déloger. ■
Les bloqueurs
d’universités
sont les
ennemis de
la démocratie
AND : 2,80 € - BEL : 2,60 € - CH : 4,00 FS - CAN : 5,40 $C - D : 3,20 € - A : 3,50 € - ESP : 2,90 € - Canaries : 3,00 € - GB : 2,50 £ - GR : 3,20 € - DOM : 3,00 € - ITA : 3,00 €
LUX : 2,60 € - NL : 3,20 € - PORT.CONT : 3,00 € - MAR : 22 DH - TUN : 4,20 DT - ZONE CFA : 2.300 CFA
ISSN 0182.5852
BOSS.COM
A
IMMOBILIER
è COLLOMB AFFICHE SA FERMETÉ MAIS LA LEVÉE DES BLOCAGES S’AVÈRE DÉLICATE è À RENNES -II, LES « BÛCHEURS » RÉSISTENT è POURQUOI LES FUTURS BACHELIERS SONT
PEU MOBILISÉS è « LES PROFESSEURS D’UNIVERSITÉ SONT LES PLUS ÉNERVÉS CONTRE LA LOI » è JACQUELINE GOURAULT S’ÉTONNE DE LA GRÈVE PAGES 2 À 4 ET L’ÉDITORIAL
HUGO BOSS FRANCE SAS Téléphone + 33 1 44 17 16 70
La journée
interprofessionnelle
de la CGT
fait un flop PAGE 17
DENIS MEYER
Les portraitsrobots génétiques
se précisent PAGE 10
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vendredi 20 avril 2018 LE FIGARO
L'ÉVÉNEMENT
2
LES FRANÇAIS
DIVISÉS
Selon un sondage Odoxa
pour Le Figaro réalisé via
Internet auprès d’un millier
de personnes, une courte
majorité de Français (52 %)
se dit favorable à la sélection
sur dossier à l’entrée des
universités. Les jeunes, eux,
sont 61 % à y être opposés.
Les Français sont très partagés
sur l’idée d’évacuer par la force
les universités bloquées :
la solution enchante les deux
tiers des plus de 65 ans et
horrifie une proportion inverse
de jeunes. Du coup, la position
actuelle du gouvernement
apparaît assez équilibrée :
seulement 26 % trouvent
qu’elle est « trop ferme ».
Au-delà de l’âge, ce sujet fracture
littéralement l’opinion publique.
Les hommes, les catégories
dites supérieures, les Français
les plus riches, les plus diplômés,
les urbains, les sympathisants
de LaREM et les sympathisants
de droite sont une écrasante
majorité à être pour la sélection
à l’université. À l’inverse,
les femmes, les catégories
populaires, les Français les plus
modestes et les moins diplômés,
les ruraux et les sympathisants
de gauche sont massivement
contre le principe de la sélection
à l’université.
Universités :
les antibloqueurs
se rebiffent
Ces étudiants s’organisent pour réviser malgré tout
leurs examens, sans l’aide de certains professeurs…
MARIE-ESTELLE PECH £@MariEstellPech
ILS ONT abandonné depuis longtemps les
peu démocratiques assemblées générales.
Car ils savent qu’ils n’y sont pas les bienvenus, quoique affirment les opposants à
la loi sur l’admission à l’université. Fustigeant les blocages sans pour autant être
forcément favorables à la loi, ces milliers
de jeunes, qui étudient à Toulouse, Rennes, Montpellier, Paris, dans des filières
de sciences humaines, se sentent délaissés par les pouvoirs publics. Alors ils tentent de s’organiser, via des collectifs antiblocage, comme celui de Paris-IV qui
compte près d’un millier d’étudiants.
«Je suis plutôt favorable au mouvement.
Mais ce que nous voulons, c’est pouvoir aller en cours. Surtout à un mois des partiels ! », raconte Mona-Lisa, étudiante en
première année d’histoire. Plusieurs centaines d’étudiants communiquent via des
groupes Facebook, parfois cachés, pour
ne pas être « espionnés par les bloqueurs », raconte Sixtine, en licence
d’anglais à Toulouse. Son groupe prévoit
« un déblocage, partiel peut-être, de la fac
et s’organise discrètement. Nous avons
longtemps hésité à agir car nous ne souhaitons pas nous opposer physiquement à
ces bloqueurs violents, qui pourraient être
dangereux. Mais il n’est plus question de se
cacher en attendant les décisions d’un État
qui ne se prononce pas ».
À Strasbourg, les étudiants opposés aux
blocages ont réussi à faire pencher le vote
de l’assemblée générale, en y participant
massivement, le 11 avril. Mais, peine perdue, le lendemain, une autre AG votait,
évidemment, un nouveau blocage… Le
collectif Nantes Libre a de son côté lancé
une pétition qui réunissait jeudi 1 159 signataires contre les blocages. Nadia a
tenté d’informer sur la loi via son collectif
apolitique à l’université de Nancy « mais
on a vite arrêté car on ne fait pas le poids.
En face, les autres vendent du rêve, affirmant que les étudiants n’auront pas à passer les examens ». Elle aussi a déserté les
assemblées générales, dès le début, après
qu’une amie « a failli se faire frapper par
un bloqueur car elle avait parlé de viol du
droit à l’instruction et de prise d’otages ».
Étudiante en master-1 de psychologie à
l’université de Toulouse-Jean-Jaurès, plus
connue sous le nom du « Mirail », Julie n’a
plus aucun cours depuis un mois et n’a
plus remis les pieds à l’université depuis
lors. « J’ai pris la parole lors des premières
assemblées générales puis j’ai laissé tomber.
Se faire traiter de fasciste et d’égoïste parce
qu’on s’oppose au blocus, c’est infamant,
décourageant ». Tous s’entraident comme
ils peuvent pour compenser les heures de
cours envolées. Avec une dizaine d’amis,
Julie se retrouve régulièrement dans des
cafés ou dans les appartements des uns et
des autres. Ils ont, un temps, réussi à ré-
La réforme de l'université et les mouvements étudiants
L       
Êtes-vous favorable ou opposé à la sélection
sur dossier à l’entrée des universités ?
Favorable
Opposé
Ensemble des Français
52 %
NSP
48 %
DÉTAIL
R        É  
Dans plusieurs universités, des groupes d’étudiants
se mobilisent contre la réforme voulue par
le gouvernement. Vous personnellement,
trouvez-vous ce mouvement justifié ?
Pensez-vous que les étudiants qui bloquent
certaines universités doivent-être évacués
par les forces de l’ordre ?
Trop ferme
Oui
Sympathisants de France insoumise
21 %
63 %
45 %
non
Ni trop ni pas assez ferme
32 %
Sympathisants du FN
49 %
37 %
37 %
50 %
12 %
Sympathisants de droite hors FN
68 %
26%
55 %
Sympathisants LaREM
88 %
ez
ferme
79 %
Sympathisants du PS
37 %
50 %
ifié
Justifié
A  
Diriez-vous que le gouvernement adopte
à l’égard des étudiants une attitude…
50 % 1 %
Enquête réalisée par Odoxa et Dentsu Consulting pour « Le Figaro » et Franceinfo. Enquête réalisée par Internet les 18 et 19 avril 2018. Échantillon de 1017 personnes
représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, parmi lesquelles 80 sympathisants de la France Insoumise, 67 sympathisants du PS, 132 sympathisants
LaREM, 124 sympathisants de droite hors FN, et 184 sympathisants du FN.
Des étudiants
grévistes
bloquent
l’université
de Rennes-II,
le 16 avril.
D. VINCENT/AP
server des salles au sein de l’université
scientifique Paul-Sabatier, épargnée par le
mouvement. « Pour nos mémoires, nous
avons besoin d’utiliser beaucoup de statistiques. Certains étudiants, qui ont davantage
de connaissances, aident les autres. On se
débrouille comme on peut. »
En roue libre
D’autant plus que les professeurs ne
transmettent pas toujours les cours. Surtout ceux, nombreux, qui soutiennent le
mouvement (lire page 4). En histoire à
Paris-I, certains enseignants « nous envoient des cours sur une plate-forme Internet mais beaucoup nous disent de travailler
seuls avec un manuel alors qu’on n’a même
pas accès aux bibliothèques universitaires,
bloquées elles aussi ! Aucune trame de
cours, aucun support de travail, rien ! Ils
nous laissent complètement en roue libre »,
s’indigne une étudiante. Même observation de la part de Sofia, inscrite en licence
d’anglais à l’université de Nancy : « Seul
un professeur de linguistique nous a proposé des cours toutes les semaines à la médiathèque. Les autres ne s’embêtent pas.
Ils se contentent de nous envoyer quelques
consignes. Il semblerait que nous ayons à
passer des examens oraux via Skype, on ne
sait pas trop. C’est encore flou même si
l’administration a l’air de commencer enfin
à s’organiser », raconte-t-elle. Julie a pu
revoir un seul professeur dans son cabinet de psychologue pour parler de son
mémoire. Les autres ne sont contactables
que par mail, sauf un qui est aux abonnés
absents depuis le début du mouvement. ■
A
Pourquoi les futurs bacheliers À Marseille, seules quelques dizaines
sont peu mobilisés
de lycéens rejoignent le mouvement étudiant
PRINCIPAUX concernés par la loi Vidal
sur l’admission à l’université, les lycéens sont quasiment inaudibles depuis le mois de septembre, malgré les
tentatives de l’UNL ou de la FIDL, les
syndicats lycéens les plus opposés à la
réforme. Trop occupés à remplir leurs
dossiers sur Parcoursup et à préparer
leur bac, sans doute.
La France insoumise a tenté également de les soulever sans grand résultat. Au grand désespoir des militants
étudiants rencontrés lors des manifestations de rue, à Paris. Car un mouvement étudiant sans lycéens incontrôlables à la rescousse, c’est un
mouvement qui risque de mourir…
Dans les grandes villes de France, la
mobilisation a été jusqu’alors très faible. Les blocages de lycées sont minoritaires. Seuls quelques-uns sont remontés de Nantes et Rennes selon le
ministère de l’Éducation nationale.
« Mais cette semaine, il y a des mobilisations denses, actives et unanimes à
Tours, à Saint-Nazaire, des villes
moyennes dont on parle moins », observe Thomas Le Corre, porte-parole du
syndicat général des lycéens, le plus
important.
L’UNL a réussi à mobiliser quelques
dizaines de lycéens dans les rues de
Marseille jeudi (lire-contre). Ils ont
aussi défilé dans les rues de Bordeaux,
Strasbourg, Lille, Blois. Représentant
de l’UNL à Caen, Laurys Dena a défilé
avec deux cents lycéens jeudi : «On
parle peu de nous mais les lycées VictorHugo, Hérouville, le lycée professionnel
Jules-Verne sont mobilisés depuis trois
mois…», énumère-t-il. Lors de la ma-
nifestation nationale du 22 mars, « on a
tout de même compté une cinquantaine
de lycées bloqués sur toute la France. Ce
n’est pas rien. » Reste que dans la plupart des lycées, cette semaine, ce sont
les vacances. « On essaie de se relayer
sur quelques zones, à Caen, Tours, Blois,
Marseille. Et nous pensons que ça prendra vraiment après les vacances. Ce qui
est important, c’est Paris. Si ça prend à
Paris, ça peut se développer très vite
ailleurs », affirme Marouane Majrar,
porte-parole de la FIDL. Il rappelle
qu’un mouvement peut très bien « se
développer en mai, même avec le bac à
l’horizon. Cela s’est déjà vu ». Surtout si
les collégiens s’en mêlent aussi…
Raisons concrètes
Si les étudiants se mobilisent plus que
les lycéens, c’est, selon Thomas Le Corre, parce qu’on « s’attaque à une réforme qui n’a pas encore eu de finalité. Les
étudiants savent que Parcoursup risque
de planter, parce qu’ils voient les attendus des universités et la façon dont les
facs gèrent les commissions. Mais les lycéens ne savent pas du tout ce qui va se
passer. Or pour que le lycéen se mobilise,
il faut qu’il y ait des raisons concrètes. »
Ce qui retient les étudiants de bloquer,
c’est aussi qu’APB, la précédente plateforme d’admission dans l’enseignement
supérieur, « était horrible et que tous les
lycéens y ont été confrontés l’an dernier.
Comme toute la communication de Blanquer et Philippe sur Parcoursup était de
mettre en place quelque chose de mieux,
beaucoup d’entre nous ont quand même
été dans un premier temps agréablement
surpris. » ■ LOUIS HEIDSIECK ET M.-E. P.
PAULINE SAUTHIER
MARSEILLE
DEUX JOURS avant le début des vacances scolaires, quelques lycéens ont rejoint le mouvement étudiant à Marseille
lors d’une manifestation, jeudi, qui
aurait rassemblé entre 5 000 personnes,
selon la police… et 65 000, selon la CGT.
Dans la matinée, après avoir partiellement bloqué le lycée Saint-Charles,
un établissement du centre-ville, une
grosse cinquantaine d’élèves ont rejoint
les étudiants d’un des campus bloqués
du centre-ville. Derrière les cheminots,
ils ont rallié ensemble la manifestation.
« Les banderoles communes, c’est un
symbole, nous voulons montrer que le
Des jeunes manifestent dans les rues
de Marseille, jeudi. BERTRAND LANGLOIS/AFP
secteur de l’éducation est mobilisé en
nombre et en puissance, qu’il prend de
l’ampleur », veut croire Sylvain Truc,
du comité de mobilisation de Marseille
Saint-Charles, étudiant en deuxième
année de licence.
Deux larges banderoles avaient été
imprimées pour l’occasion : « Lycéens,
étudiants, travailleurs, contre la casse du
service public. » Jusqu’à présent, étudiants et lycéens marseillais se suivaient
en cortèges séparés dans les manifestations. Mais ce jeudi, la convergence est
clairement affichée.
« Appel à une forte
mobilisation en mai »
«Fac ouverte aux enfants d’ouvriers, fac
fermée aux intérêts privés », scandent en
chœur étudiants et lycéens, qui se passent le mégaphone. On voit apparaître
quelques drapeaux des Jeunesses communistes ou de deux syndicats lycéens :
l’UNL et l’UNL-SD. Mais les manifestants
revendiquent l’indépendance des comités de mobilisation. Pour ne pas afficher
de couleur politique, les élèves se sont
organisés en groupe, avec AG, service
d’ordre et affichage public. La plupart disent avoir été informés des réformes par
leurs professeurs ou leurs parents.
Depuis janvier, étudiants du secondaire et du supérieur se rencontrent
aussi régulièrement. Les premiers assistent à certaines assemblées générales
organisées à la faculté, les seconds viennent tracter devant les lycées pour sensibiliser les plus jeunes. La sélection à
l’entrée de l’université, le manque de
moyens dans le supérieur et le coût de la
scolarité inquiètent.
« Nous sommes contre la réforme du
baccalauréat : le contrôle continu remet
en cause l’anonymat et génère des inégalités entre lycées du centre-ville, avec une
bonne réputation, et lycées classés en réseau d’éducation prioritaire, par exemple », revendique Maxime Cavacas, élève de terminale, secrétaire national à
l’UNL-SD. Pour ses demandes d’entrée
dans le supérieur, il a dû remplir CV et
lettres de motivation. « On n’est pas tous
aidés pour les rédiger, cela renforce les
injustices sociales », estime-t-il, même
s’il a eu « la chance d’être bien suivi par
une professeure très engagée ». À ses côtés, un de ses amis lève les yeux au ciel :
ça n’a pas été son cas. Dans leurs écoles,
les élèves ont voté contre le blocage.
« Dans les lycées qui comptent moins
de 1 000 élèves, la mobilisation est très
difficile », regrette pour sa part Enzo
Branca, trésorier de l’UNL-13 : « Il est
simple d’identifier les absents et de faire
de la répression administrative », poursuit-il.
Le matin même, les bloqueurs du lycée Saint-Charles, venus de plusieurs
établissements de la ville, ont peiné à
mobiliser, d’autant qu’un accès laissé libre permettait de contourner le blocage.
« On ne peut pas forcer les gens à rester
dehors, sinon on passe en force, comme le
gouvernement », regrettait une bloqueuse.
Cela dit, les manifestants l’assurent :
la mobilisation prend de l’ampleur.
Peut-elle être ralentie par les vacances ?
« Non », assure Maxime Cavacas : « Les
organisations appellent à une forte mobilisation en mai, beaucoup ont des envies
de 68. » ■
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LE FIGARO
vendredi 20 avril 2018
L'ÉVÉNEMENT
3
Collomb affiche sa fermeté
mais la levée des blocages
s’avère délicate
À Rennes-II, les « bûcheurs » résistent
FRANÇOIS LORIN
RENNES (ILLE-ET-VILAINE)
UN CIEL BLEU surplombe le campus de
Rennes-II, à Villejean, dans le nord de la
capitale de la Bretagne, ce jeudi matin. Depuis le 9 avril, le bâtiment principal, comme le reste du campus, est occupé et barricadé. Deux drapeaux, l’un rouge, l’autre
noir, flottent à l’entrée. Une banderole porte le slogan « Cheminots-es et Étudiants-es,
faisons dérailler le gouvernement ». Lundi,
lors d’une assemblée générale, 3 000 étudiants, sur les 24 000 inscrits, ont voté la
poursuite du blocage jusqu’au 30 avril.
Jeudi matin, les étudiants favorables au
blocage se regroupent. Ils s’apprêtent à rejoindre la manifestation unitaire organisée
en centre-ville contre la politique du gouvernement. Ils seront près de 2 000 à rallier
le cortège. À quelques mètres de là, vers
9 heures, Lucas arrive devant la bibliothèque universitaire. Cet étudiant en master 1
d’urbanisme trouve porte close. Collée sur
la vitre, une affiche délivre le message suivant : « Le personnel sera en grève jeudi
18 avril (sic) » Lucas fait partie des étudiants opposés au blocage de la fac. « Il y a
d’autres façons de manifester, peste-t-il.
Mon principal désaccord avec le mouvement
actuel est plus sur la forme que sur le fond. »
Il dénonce une « prise d’otages ».
Mouvement organisé
Lundi, il a pris la parole lors de l’assemblée
générale pour demander la fin de l’occupation des amphithéâtres et des salles de
cours. « C’était un peu comme à l’Assemblée nationale, raconte-t-il en souriant.
Les problocage m’ont hué. Ceux qui sont
contre le blocus m’ont applaudi. J’ai eu droit
à quelques insultes, mais c’était surmontable. » Si le campus de Rennes-II, surnommé Rennes la Rouge, est majoritairement
en faveur de ce mode de grève, les antiblocage comme Lucas commencent à se
faire entendre. Cécile est en première an-
née de sociologie à Rennes-II. « Est-ce
qu’on travaille pour rien ? s’interroge-t-elle. Là, on n’est pas en mesure de passer les
partiels. » Les examens devaient se dérouler entre le 30 avril et le 5 mai, mais la présidence de l’université a déjà reconnu qu’il
serait très difficile de tenir ces dates. Comme Lucas, Cécile est venue aux assemblées
générales. Faute d’y renverser le vote,
avec d’autres amis elle a créé la page Facebook Rennes-II : contre le blocage qui
n’affiche que 342 abonnés. Brieuc Quil,
président de l’UNI Bretagne et étudiant en
licence 2 de droit à Rennes-I, observe que
« les étudiants sortent du rang pour s’exprimer contre les blocages. Un mouvement
organisé se crée ». La solution, pour Lucas,
est simple : « L’intervention des forces de
l’ordre », martèle-t-il. L’UNI Bretagne a
lancé une pétition pour demander à Olivier David, le président de Rennes-II, de
solliciter l’intervention de la police. Mais
ses mails et appels au président sont restés
sans réponse. ■
GÉRARD COLLOMB hausse le ton. Interrogé mercredi sur la situation des
universités françaises lors des questions
au gouvernement, à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Intérieur a promis
de rétablir « l’État de droit, en particulier dans les facultés, où une minorité
empêche les étudiants de passer leurs
examens ».
Mais au vu de la situation dans les
différents établissements bloqués, tout
ne semble pas si simple. À Tolbiac,
Georges Haddad, le président de l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne, a
demandé deux fois l’intervention des
forces de l’ordre, en vain. La Préfecture
n’a pas donné son feu vert, estimant
qu’une telle opération est « périlleuse »
et qu’elle « se prépare ». Le syndicat
étudiant UNI a donc déposé un recours
devant le tribunal administratif, afin
que celui-ci ordonne aux forces de
l’ordre d’intervenir. Mais il a reçu, jeudi, une fin de non-recevoir. « Il appartient au préfet de police […] de décider,
sous le contrôle du juge, s’il y a lieu […]
de faire intervenir les forces de l’ordre »,
a déclaré le juge des référés du tribunal
administratif.
Autrement dit, retour à la case départ : tant que le préfet ne donne pas son
feu vert, les forces de l’ordre n’interviendront pas. En mars dernier, à la fac
de droit de Montpellier, le préfet de
l’Hérault avait également refusé l’intervention de la police. Une milice encagoulée et armée s’était ensuite introduite dans l’université pour déloger
violemment les étudiants qui occupaient l’amphithéâtre. L’événement
avait déclenché la mobilisation dans les
universités.
« Nous vivons une situation inédite, témoigne Gilles Roussel, président de la
CPU (Conférence des présidents d’université). Les chefs d’établissements n’ont
pas l’habitude de faire du maintien de
l’ordre. En ce moment, nous ne sommes
pas uniquement face à des étudiants qui
organisent des assemblées générales,
nous sommes face à des groupes qui n’ont
pas vraiment de porte-parole et avec qui
il est quasiment impossible de discuter. »
Sur certains sites, les forces de l’ordre
ont eu l’autorisation d’intervenir, comme à l’université Lumière-Lyon-II, à
Lille-III, ou à la Sorbonne. Avec succès.
À Nanterre, en revanche, l’intervention
musclée et médiatisée des CRS pour
évacuer un groupe d’une trentaine
d’occupants n’a pas eu le résultat escompté. Depuis, la mobilisation n’a cessé de grandir dans cette université symbole des mobilisations de Mai 68. Jeudi
19 avril, à l’issue d’une assemblée générale en plein air, plus de 1 000 étudiants
ont voté pour la poursuite du blocage de
l’établissement jusqu’au 2 mai.
“
Les forces de l’ordre
ne peuvent pas rester
indéfiniment
sur les campus
”
GILLES ROUSSEL, PRÉSIDENT DE LA CPU
« Les forces de l’ordre ne peuvent pas
rester indéfiniment sur les campus. Et
lorsque la police évacue un site, le risque
existe que ce dernier soit réinvesti rapidement », souligne Gilles Roussel. C’est
pour cette raison que Patrick Gilli, président de l’université Paul Valéry, à
Montpellier, a longtemps hésité avant de
solliciter l’intervention de la police. Mais
le saccage des serveurs informatiques de
l’université a fini de le convaincre.
Le 18 avril, le tribunal administratif a
répondu positivement à la mesure
d’évacuation demandée par le président
de l’université et enjoint les occupants
de « libérer les lieux sans délai ». S’ils ne
le font pas d’eux-mêmes, le président
pourra demander l’intervention des
forces de l’ordre. Et le préfet de l’Hérault, Pierre Pouëssel, a prévenu : il a la
« ferme volonté de dégager Paul Valéry »
des bloqueurs. ■
A
WALLY BORDAS £@wallybordas
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
vendredi 20 avril 2018 LE FIGARO
4
L'ÉVÉNEMENT
« Les professeurs d’université sont
les plus énervés contre la loi »
Pour Jean-Robert Pitte, le corps enseignant est favorable à ces blocages.
MARIE-ESTELLE PECH £@MariEstellPech
SECRÉTAIRE perpétuel de l’Académie
des sciences morales et politiques,
Jean-Robert Pitte a été président de
l’université Paris-Sorbonne (Paris IV)
entre 2003 et 2008.
LE FIGARO. - Vous qui étiez
aux premières loges pendant
les mouvements étudiants contre
le CPE en 2006, puis contre la LRU
en 2008, que pensez-vous
du mouvement actuel ?
Jean-Robert PITTE. - La différence,
c’est que pratiquement tous les présidents d’université, pourtant connus
pour être proches de la gauche, sont
favorables à cette réforme. Pendant la
LRU, la ministre Valérie Pécresse
faisait face à une fronde au sein de la
Conférence des présidents d’université. Cette loi, quoique un peu compliquée à mettre en place, est de bon
sens. Même si à titre personnel,
j’aurais préféré qu’on supprime le bac
et qu’on laisse les universités s’organiser elles-mêmes.
étaient à peine une cinquanComprenez-vous
taine à bloquer la fac. Ils ne
la décision de la préfecture
sont pourtant pas concernés
de police de Paris qui ne
pas cette prétendue sélecveut pas évacuer Tolbiac ?
tion puisque eux-mêmes
Ce serait trop dangereux,
sont déjà à l’université. À la
estime-t-elle.
rigueur, si les lycéens desTolbiac est un foyer d’agicendaient dans la rue, je
tation politique depuis cinpourrais comprendre. L’idée
quante ans. Il n’y a là rien
de ces grands mouvements
de neuf. Pourquoi la préLa plupart
qui remontent aux Jacquefecture se couche-t-elle ? Il
des présidents ries du XVIIe siècle fait partie
faut évacuer bien évidemde nos tristes traditions. On
ment. Ne rien céder. Ces
d’université
étudiants ou activistes qui
a toujours eu un petit nomsont
couchent dans les amphibre de gens en France qui
favorables
théâtres, détruisent les loconsidère qu’il faut couper
des têtes, casser, détruire.
caux et le matériel chaque
à cette
année, c’est inadmissible.
Pour qui les personnes inréforme
Le mouvement est circonscarnant un quelconque poucrit à une poignée d’univoir sont forcément malfaiJEAN-ROBERT PITTE
santes et inutiles.
versités, toujours les mêmes : Rennes-II, Tolbiac, ToulouseJean-Jaurès, Nanterre, Montpellier-III.
Quel rôle jouent les professeurs
Il n’est pas énorme mais il est amplifié
dans ce mouvement ?
par les grèves de la SNCF, le climat soCe mouvement fonctionne grâce au
cial. Les militants, peu nombreux,
corps enseignant, lequel est souvent
viennent des syndicats de type Unef,
très favorable aux blocages dans les
Solidaires, SUD, les réseaux anarchisuniversités de sciences humaines. On
tes, etc. À l’université de Strasbourg,
n’en parle pas assez mais les plus éneroù j’étais il y a quelques jours, ils
vés, ce sont les professeurs d’universiAFP
PROPOS RECUEILLIS PAR
»
té ! Dans ma spécialité, la géographie,
pas moins de vingt départements ont
voté contre la loi partout en France.
L’idée que l’université ne serait plus
ouverte à tous sans conditions leur est
insupportable. C’est, selon eux, la raison même de l’université qui disparaît.
Ils argumentent que dans la masse des
bacheliers professionnels, un ou deux
pourraient réussir bon an mal an, justifiant ainsi la sélection par l’échec. On
est dans la pure idéologie puisque euxmêmes, majoritairement normaliens,
ont été archisélectionnés pendant toute leur scolarité. Je préfère ne pas en
rajouter sur une bonne partie des enseignants, pas mécontents de rester
chez eux pour travailler.
Pourquoi les universités de sciences
humaines sont-elles si engagées ?
Parce que ce sont les voitures-balais de
l’enseignement supérieur. Une partie
importante des étudiants y ont une
sensation de mal-être, conscients du
peu de débouchés de ces filières. Ils
savent qu’ils auront du mal à obtenir
un salaire et un travail décent à la
sortie et éprouvent un sentiment de
frustration latent. ■
Sciences Po Paris
est occupée
par des étudiants,
mercredi.
GOURAULT
S’ÉTONNE
DE LA GRÈVE
La contestation qui s’enkyste
dans les universités rend
perplexe le gouvernement. La
ministre auprès du ministre de
l’Intérieur Jacqueline Gourault,
invitée de l’émission « Le Talk »
du Figaro, s’interroge sur la
cohérence de la mobilisation.
« Je ne vois pas très bien
pourquoi il y a cette grève, s’estelle étonnée. Tout le monde
dénonçait le système précédent,
démocratiquement injuste, celui
du tirage au sort. Il faut laisser
la faculté aux étudiants,
pas aux éléments extérieurs
anarchistes. » Sans compter les
problèmes de sécurité que cela
entraîne. « On ne peut pas
faire n’importe quoi dans
ces
endroits »,
poursuit
Jacqueline
Gourault.
Avant de
lâcher : « Il ne
faudrait pas
qu’il y ait un
mort. »
Une crainte qui hante l’exécutif,
sur ce dossier comme sur celui
de la ZAD de Notre-Dame-desLandes. Le gouvernement
est obsédé à l’idée de voir
se reproduire un événement
tragique comme le décès de
Rémi Fraisse, à Sivens, en 2014.
Pilier du MoDem, amie de
toujours de François Bayrou,
avec qui elle s’entretient très
régulièrement, Jacqueline
Gourault dit allier la discipline
gouvernementale avec
sa sensibilité partisane.
Pas toujours simple, notamment
sur la réforme constitutionnelle
où une dose de 15 % de
proportionnelle a été décidée
par l’exécutif, alors que le
MoDem plaidait pour un taux
bien supérieur (25 %). « Il y aura
un débat parlementaire », glisse
la ministre, en plaidant mezza
voce pour que le curseur
remonte « autour de 20 % ».
MARCELO WESFREID
J.-C. MARMARA/LE FIGARO
Le directeur de Sciences Po obtient le déblocage de l’école pour une AG
PAUL DE COUSTIN £@PauldeCoustin
PLUSIEURS présidents d’université
doivent lui envier son art de la négociation. Il n’y aura eu à Sciences Po Paris qu’une journée et demie d’occupation avant que son directeur Frédéric
Mion réussisse à faire débloquer - du
moins temporairement - les lieux. Les
occupants, installés dans la nuit de
mardi à mercredi après un blocage
voté en assemblée générale, étaient
toujours présents jeudi matin dans les
locaux du 27, rue Saint-Guillaume,
dans le VIIe arrondissement de Paris.
Mobilisés contre la loi sur l’accès à
l’université, la loi asile et immigration
et la politique « néolibérale et raciste »
du président de la République Emmanuel Macron, ils refusaient alors tout
compromis avec l’administration. Ce
qu’a regretté Frédéric Mion en personne dans un mail envoyé à l’ensemble
de la communauté de Sciences Po, jugeant « totalement inacceptable » l’at-
teinte actuellement portée « au fonctionnement normal de l’institution ».
Mais à la mi-journée, après une « négociation en bonne intelligence » avec les
étudiants occupant le bâtiment, Frédéric
Mion a obtenu des bloqueurs qu’ils remettent en place les tables et les chaises
utilisées pour obstruer les issues, qu’ils
permettent à nouveau la libre circulation
des personnels de l’école et qu’ils acceptent la réouverture du bâtiment à tous
les étudiants qui souhaitent participer à
l’assemblée générale. La tenue de cette
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A
pression des idées et le débat intellectuel,
[…] la participation au débat public libre
doit être possible pour tous », a insisté le
président de Sciences Po, dans son mail.
Par ailleurs, une consultation par
voie électronique a été lancée pour sonder les étudiants sur l’occupation de
l’école. À Strasbourg ou à Nancy, où les
présidents
d’universités
bloquées
avaient également eu recours à cette
méthode, les résultats ont à chaque fois
donné une majorité écrasante aux antiblocage, à plus de 70 %. ■
Robin, étudiant à Sciences Po Lille : « Le
syndicat SUD maîtrise le rapport de force »
AU
PRINTEMPS
PRIX
SACRIFIÉS
dernière, jeudi à 19 heures, était favorablement accueillie par le directeur, pour
permettre aux étudiants, enseignants et
salariés de l’école de donner leur avis sur
la mobilisation en cours et, en particulier, sur la méthode du blocage. Une assemblée « élargie en termes de représentativité puisque l’ensemble des étudiants
ont été conviés pour donner leur avis »,
indique la direction de l’école, en comparaison avec celle du mardi soir n’ayant
rassemblé que 250 étudiants. « Notre
institution a toujours promu la libre ex-
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Des poubelles et des barrières Vauban
dressées contre la façade du XIXe,
une immense banderole « Universités,
Lycées, en luttes »… Robin Magisson,
étudiant à Sciences Po Lille,
s’en doutait : entrer dans son école,
ce jeudi, est impossible et ses cours
ont été annulés. Mercredi soir, dans un
amphithéâtre, les personnes réunies
en assemblée générale ont voté
pour le blocage de l’établissement :
138 pour, 52 contre. Parmi
les opposants, sa voix. « Le blocage,
c’est d’un autre temps », explique ce
grand brun de 20 ans, qui a choisi en 2e
année « Droit administratif et question
européenne ». « Ça me gêne de voir
que le principe de sélection est critiqué.
Surtout ici, où l’établissement fait
des efforts pour ouvrir le concours. »
Robin fait référence au PEI,
Programme d’études intégrées, qui
aide les élèves motivés et de condition
modeste à préparer le concours
commun. « La sélection, c’est la
marque d’une certaine qualité, c’est un
label. Il n’est pas signe d’exclusion : au
contraire : réussir à entrer, ça rend fier,
explique-t-il. Je suis moi-même fils
d’ouvrier, d’employée, je fais partie des
30 % de boursiers, mais j’ai travaillé
et j’ai eu le concours. » Originaire
de Stenay (Meuse), Robin explique
qu’il fait partie des « politisés ». « J’ai
tenu à montrer qu’il y a d’autres voix,
mais le syndicat SUD maîtrise les
réseaux sociaux, les tractages, les
symboles… Et le rapport de force ».
L’étudiant, qui tient régulièrement la
bibliothèque, aurait d’ailleurs préféré
des échanges, comme en mars,
où les Paliens, comme on appelle les
étudiants de Sciences Po Lille, avaient
débattu sur la sélection, le statut
de la SNCF, le projet de loi asile et
Immigration… « Chacun avait la parole,
c’était riche d’idées. » Visiblement pas
comme aujourd’hui.
MADELEINE VATEL
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
vendredi 20 avril 2018
POLITIQUE
5
Sans-papiers : l’exécutif va régulariser
Le gouvernement récuse tout « plan caché », mais admet que
des clandestins de longue date obtiendront une carte de séjour.
PARLEMENT C’est une passe d’armes
qui en dit long sur le climat électrique
dans lequel se tient le débat sur le texte
asile et immigration. Dans la nuit de
mercredi à jeudi, alors que les députés
examinaient le troisième article du
texte, la ministre auprès du ministre de
l’Intérieur, Jacqueline Gourault, est
entrée dans une colère noire à 1 h 45
du matin. D’ordinaire affable et joviale, celle-ci s’en est prise aux députés
LR qui insistaient pour obtenir d’elle
des éléments sur un « plan caché » de
régularisation de 40 000 sans-papiers,
un chiffre évoqué anonymement par
un élu de la majorité dans un article du
Monde.
« Il y avait des techniques d’intimidation, d’obstruction qui étaient répétées
sans cesse, s’est justifiée Jacqueline
Gourault, invitée, jeudi du « Talk
Le Figaro ». On me posait toujours la
même question en disant “si vous ne répondez pas, on refuse de continuer le
débat”. » Et d’ajouter : « Il y a toujours
des régularisations » mais « il n’y a pas
de plan secret de régularisations ».
Si l’existence d’un « plan » est
contestée, l’idée de régulariser des
sans-papiers a, elle, bien été évoquée
hors micros par le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, peut-être dans
le but d’amadouer certains membres de
l’aile gauche des macronistes, remontés contre la tonalité du projet de loi
asile et immigration, mais aussi auprès
« plan caché », le débat illustre surtout
la relative continuité en matière de régularisation depuis près de vingt ans.
Car le nombre de 40 000 avancé par la
droite ne diffère pas fondamentalement des étiages habituels.
Sur la période 1997-2002, selon des
chiffres publiés dans des rapports parlementaires, 144 380 sans-papiers ont
été régularisés, soit une moyenne
d’environ 24 000 par an. En 2006, la
France passe à la politique de la régularisation « au cas par cas », en fonction
de critères précis. Toujours selon les
rapports parlementaires, entre 2007 et
2011, sous la présidence de Nicolas
Sarkozy, 124 440 personnes en situation irrégulière sont régularisées (environ 24 000 par an). La circulaire Valls
de novembre 2012 entraîne une hausse
des régularisations en 2013 (35 000)
mais les chiffres baissent ensuite
(31 000 en 2014, 28 000 en 2015). Soit
un total de 118 000 entre 2012 et 2015
(environ 29 000 par an).
Ces niveaux sont éloignés des dernières grandes vagues de régularisation, comme celle qui a suivi la victoire de la gauche en 1981, avec pas moins
de 131 000 étrangers obtenant une
carte de travail et de séjour. La mystique de la régularisation massive réapparaît en 1997 avec l’arrivée au pouvoir de la « gauche arc-en-ciel ».
80 000 étrangers sont alors régularisés
d’un coup. Depuis, la tendance, toutes
couleurs politiques confondues, est au
ralentissement. ■
Gérard Collomb aurait annoncé, la semaine dernière, à des membres du groupe Nouvelle
Gauche, qu’il y aurait des régularisations de sans-papiers. BENOIT TESSIER/REUTERS
ZOOM
Pour Emmanuel Macron,
« tout ne va pas si mal »
Jeudi, au deuxième jour de son
déplacement dans les Vosges,
Emmanuel Macron a lancé
un message volontairement positif
sur l’état de la France, dans
un contexte de grogne sociale.
« Tout ne va pas si bien, tout ne va
pas si mal non plus », a-t-il dit
en conclusion de ce déplacement
marqué mercredi par un long bain
de foule dans les rues de Saint-Diédes-Vosges, dont un vif échange
avec des cheminots et des retraités.
« Il faut que, collectivement,
on ne s’installe pas dans un esprit
de défaite, la nostalgie de ce qui n’a
peut-être jamais été. Ce ne sera pas
comme hier parce que nous
ne sommes pas d’hier, mais ce sera
aussi bien que possible », a-t-il
ajouté en réponse aux questions des
journalistes à Mirecourt (Vosges).
Le président s’est inscrit en faux
contre l’image d’une ruralité
« territoire oublié », affirmant
qu’il n’y avait pas « une », mais
« des ruralités » dont toutes ne
seraient pas en déclin.« Sur tous
les sujets, nous devons avoir des
outils adaptés », a-t-il précisé
en évoquant les programmes de
revitalisation des centres-villes, de
numérisation du territoire, les états
généraux de l’alimentation et la
nécessité d’accompagner les
acteurs de terrain dans leurs projets
de développement.
“
En refusant de démentir
le plan caché
de régulation massive,
la ministre Jacqueline
Gourault l’avoue
AIR
”
des élus socialistes. « Gérard Collomb a
dit la semaine dernière à des membres du
groupe Nouvelle Gauche [PS, NDLR] de
la commission des lois, qu’il recevait
Place Beauvau, qu’il y aurait des régularisations dans un second temps, sans
donner de chiffres, confie au Figaro un
parlementaire socialiste. La droite a
profité de la fuite dans la presse pour faire monter la sauce. C’est bien joué. »
Chez Les Républicains, on se félicite
d’avoir levé un lièvre. « Le silence puis
la colère de la ministre sont un aveu, affirme le député de l’Yonne Guillaume
Larrivé. En refusant de démentir le plan
caché de régulation massive, elle
l’avoue. » D’autres élus reconnaissent,
sous couvert d’anonymat, que le procédé consistant à poser en boucle la
même question visait aussi à enliser la
procédure législative. Une manœuvre
qui, ajoutée au dépôt de centaines
d’amendements, a porté ses fruits,
puisque les débats vont finalement déborder sur le week-end. Si les retards
s’accumulaient encore, l’adoption du
projet de loi risquerait d’être reportée
en raison des vacances parlementaires,
qui commencent ce lundi.
Au-delà de la polémique sur un
A
vant d’être une bataille
d’experts en droit
constitutionnel, la réforme
institutionnelle est une bataille
d’experts en psychologie politique.
Le nouveau rebondissement de ces
derniers jours en est la preuve. Gérard
Larcher est furieux, François de Rugy
est gêné et Emmanuel Macron montré
du doigt. Autour de la copie transférée
au Conseil d’État, on a l’impression
d’assister à un bras de fer entre le pouvoir
exécutif, soucieux d’efficacité dans
la décision, et le pouvoir législatif,
jaloux de ses prérogatives en matière
de délibération. Non sans arguments,
le président du Sénat entonne le grand
air du Parlement bafoué et rabaissé.
Au point de mettre en péril tout
le chantier institutionnel voulu par
le chef de l’État ? Ce serait paradoxal
alors qu’un accord semblait proche sur
les grandes lignes de l’édifice. À moins
que ce soit justement la perspective
de cet accord qui oblige toutes les parties
à remettre un peu de dramaturgie
dans une séquence qui doit s’étaler
sur de très nombreux mois.
NAVITIMER 8
GUILLAUME LARRIVÉ, DÉPUTÉ LR DE L’YONNE
TERRE
ME
R
EN BREF
Marine Le Pen observe
« une convergence
des indignations »
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BOUTIQUE BREITLING
10 RUE DE LA PAIX
PARIS
CONTRE-POINT
PAR GUILLAUME TABARD £@GTabard
Réforme institutionnelle :
Je te tiens, tu me tiens par la barbichette
On le sait, Macron tient avant
tout à trois réformes à haute valeur
symbolique : la réduction du nombre
de parlementaires, l’introduction d’une
dose de proportionnelle pour l’élection
des députés et la limitation des mandats
dans la durée. Trois « lignes rouges »
pour la droite et singulièrement pour
la droite sénatoriale dont le soutien
est pourtant obligatoire pour faire
adopter certains volets de la réforme.
Or, après trois mois de bras de fer
public et de discussions privées, des
rapprochements se sont opérés. Larcher
a obtenu des concessions significatives.
C’est donc oui à la réduction du nombre
d’élus à la condition que chaque
département garde au moins un député
et un sénateur ; oui à la proportionnelle
à l’Assemblée nationale, à condition
qu’elle n’excède pas 15 % ; oui à la
limitation dans la durée, à condition
que le compte ne commence qu’en 2020
et que les maires des communes de moins
de 9 000 habitants soient épargnés.
Amadouer Gérard Larcher
Chacun y trouve son compte. Emmanuel
Macron a même fâché François Bayrou
pour amadouer Gérard Larcher. Mais
chacun fait de la politique. Le président
œcuménique du Sénat, qui recherche un
accord avec le président de la République,
est aussi ce poids lourd LR qui signe
des communiqués plus fermes
à l’égard du gouvernement
avec les autres dirigeants de son parti.
« Toper » dès aujourd’hui avec
l’exécutif, c’est renoncer à s’opposer.
Donc risquer de ne pas être suivi par les
troupes parlementaires LR davantage
désireuses de s’opposer. Le volet
procédure parlementaire de la réforme
permet donc au président du Sénat
de relancer le bras de fer. D’autant qu’il
trouve un allié objectif en la personne
de François de Rugy, son homologue
(LaREM) de l’Assemblée, lui aussi inquiet
Interrogée jeudi sur LCP, Marine
Le Pen a affirmé qu’elle observait
« une convergence des
indignations » des Français face
à la politique menée par Emmanuel
Macron. « C’est peut-être un risque
qu’il n’a pas mesuré », a-t-elle jugé
dénonçant la « méthode brutale »
du président.
de la propension de l’exécutif à renforcer
sa mainmise sur la fabrique de la loi. De
son côté, Macron aussi fait de la politique.
Et s’il tient à un accord final, lui épargnant
le recours à un référendum par nature
toujours risqué, il n’est pas mécontent
non plus de poursuivre devant l’opinion
son rôle de réformateur en butte
au conservatisme des élus.
Au vu du lien entre tous les textes
à voter (lois constitutionnelle, organique
et simple), Gérard Larcher a les moyens
de contraindre le gouvernement
à de nouvelles concessions et de conserver ainsi le soutien des siens.
En retour, le patron des députés LaREM
Richard Ferrand prévient les sénateurs
qu’à ce petit jeu la majorité pourrait
s’offrir le luxe de modifier le mode
de scrutin des sénateurs. Sur le chantier
institutionnel, une longue partie
de « je te tiens, tu me tiens
par la barbichette » commence… ■
» Retrouvez
Guillaume Tabard
tous les matins à 8 h 10
sur Radio Classique
A
JEAN CHICHIZOLA
ET MARCELO WESFREID £@mwesfreid
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vendredi 20 avril 2018 LE FIGARO
6
POLITIQUE
Marine Le Pen face au tabou
de l’union des droites
La présidente du Front national condamne ces rapprochements, tout en appelant au… rassemblement.
CHARLES SAPIN £@csapin
OPPOSITION Rassembler oui. Réunir les
droites jamais. C’est un bien étrange discours - contradictoire - que tient Marine
Le Pen depuis plusieurs semaines. Devant
chaque micro, sur chaque plateau, la
cheffe de file du Front national n’a pas de
mots assez durs pour condamner ce rêve
que caressent nombre de conservateurs y
compris dans ses rangs : celui d’une
« union des droites ». En balayant ce
qu’elle présente comme une « idée obsolète et ringarde », brocardant cette « arlésienne qui n’a jamais marché », la candidate malheureuse à la présidentielle croit
chasser l’ombre du vieux clivage « droite
gauche ». Celui-là même qu’a éclipsé –
pour un temps du moins - l’élection
d’Emmanuel Macron laissant place, selon
Marine Le Pen, à une nouvelle ligne de
démarcation séparant « mondialistes
européistes » et « nationaux ».
« Le souverainisme, est-ce de droite ou
de gauche ? Et la marchandisation du monde ? On voit bien que le clivage fondamental
n’est plus là, développe le conseiller spécial de la députée du Pas-de-Calais, Philippe Olivier. Regardez nos électeurs dans
le Nord ou dans l’Est. Cela fait cinq générations qu’ils votaient socialiste avant de
venir au Front national. On ne peut pas dire
qu’ils sont de droite. » La preuve, selon lui,
de la fin du clivage honni, qui aurait pour
avantage principal de mettre un terme à
l’étiquetage du Front national à la droite
de l’échiquier, et a fortiori à sa droite extrême. Reste que ce dénigrement systématique d’un rapprochement des droites
vient quelque peu percuter le mot d’ordre
de la « refondation » du Front national. Et
le fameux « rassemblement » qu’a appelé
de ses vœux Marine Le Pen à la tribune du
dernier congrès du parti au mois de mars
à Lille.
Pour se relancer au lendemain d’une
présidentielle et de législatives aux scores jugés décevant, Marine Le Pen a appelé sa formation à adopter « la culture
de l’alliance », notamment lors des
prochaines élections européennes et
municipales. Une « révolution culturel-
“
Le problème est qu’à
gauche, il n’y a plus
de cadres dans la frange
socialiste qui rejoignent
certaines de nos idées
UN CADRE FRONTISTE
A
Comment les digues
se craquellent au niveau local
« J’EN AI MARRE, j’ai 66 ans, j’ai
passé l’âge de marcher à la baguette.
On est d’accord sur 99 % des sujets
entre nous. Vous trouvez des différences dans les discours de Wauquiez, de Dupont-Aignan ou de Marine Le Pen vous ? » Face à la
réaction trempée de colère du maire divers droite de Cavignac (Gironde) et ancien LR Jean-Jacques
Edard, plusieurs élus issus des rangs
du parti Les Républicains, du Front
national ou de Debout la France,
réunis dans une brasserie de Bordeaux, hochent la tête. En Gironde,
comme dans de nombreux départements, ces élus des droites locales
ne comprennent pas les dissensions
qui opposent leurs états-majors
respectifs au niveau national.
« Nous sommes la base. Alors que
nous, nous arrivons à parler ensemble, c’est systématiquement le clash
au-dessus », dénonce Fabrice Coffinet, ancien LR passé au Front national peu avant la présidentielle.
C’est en partant de ce constat que
Jean-Jacques Edard a décidé de lancer avec Edwige Diaz, conseillère
régionale d’Aquitaine et membre de
la direction du Front national, une
association baptisée « Pour la France - La France unie ». Leur objectif :
créer une alliance entre plusieurs
élus issus de différentes sensibilités,
à l’échelle de la 11e circonscription
de Gironde, une sorte de laboratoire
d’« union des droites ». Ce projet a
fait rapidement parler de lui, notamment au niveau des états-majors
des partis qui se déchirent sur l’opportunité d’un « rassemblement »
lors des prochaines élections.
Si le Front national est favorable à
un « rassemblement » dépassant la
seule droite, Debout la France (DLF)
pose ses conditions, tandis que le
parti de Laurent Wauquiez menace
d’exclusion tout cadre qui s’y laisserait tenter. Des menaces qui, bien
“
À la région, on vote
des amendements
ensemble. Il n’y a pas
de raison qu’on se fasse
dicter notre position
par le national
”
LUDOVIC MARCHETI,
CONSEILLER RÉGIONAL FN
que relayées dans tous les départements, n’ont à ce stade guère d’effets dissuasifs sur des élus qui se
connaissent et se parlent depuis de
nombreuses années. « Ça fourmille
partout. J’ai reçu des appels d’élus du
Loiret, de l’Aveyron, de la Vendée,
même de Bretagne qui voulait notre
charte pour lancer chez eux la même
initiative », s’enthousiasme la FN
Edwige Diaz.
Ce lundi, Sud Ouest rapportait
qu’une entente comparable se préparait à Royan, en Charente-Maritime, rassemblant élus FN, DLF et LR
avec en ligne de mire les prochaines
municipales. « Cette guéguerre entre
partis, ça n’intéresse personne. Qu’ils
”
le » qui est allée jusqu’à acter l’abandon
de l’appellation historique du Front national au profit du « Rassemblement
national ».
Mais avec qui s’allier, sinon avec la
droite ? « Le problème est qu’à gauche, il
continuent de défendre leur pré carré
au niveau national. Nous, ici, on pense
en majorité la même chose », confirme au Figaro le conseiller régional
FN de Nouvelle Aquitaine, Thierry
Rogister, également à la manœuvre.
Dans le Loiret, le conseiller régional FN, Ludovic Marcheti et le DLF,
Luc Bucheton, tous deux candidats
malheureux aux dernières législatives partielles dans la 4e circonscription, discutent pour lancer leur
propre plateforme. « On arrive très
bien à s’entendre avec les LR locaux.
À la région, on vote des amendements
ensemble. Il n’y a pas de raison qu’on
se fasse dicter notre position par le
national », lâche Ludovic Marcheti.
Dans l’entourage de Marine Le Pen,
on se félicite que « Laurent Wauquiez n’ait ni l’autorité, ni la dynamique pour que ses consignes soient
respectées. » Omettant, cette fois,
de moquer l’« obsolète » union des
droites. ■
C. S.
n’y a plus de cadres chez les chevènementistes ou dans la frange socialiste qui rejoignent certaines de nos idées. Ils ont tous
été liquidés », reconnaît un cadre frontiste. « On peut toujours faire de la politique-fiction mais les chances d’un rapprochement avec La France insoumise sont
très faibles puisqu’ils sont des immigrationnistes convaincus », reconnaissait
Marine Le Pen dans une interview au Figaro en mars dernier.
Qu’importe la sémantique, assure un
membre de la direction du parti. À ses
yeux, « il est évident que les capacités de
progression du FN sont à droite ». « Mélenchon, dit-il, a réussi à préempter la
gauche, Macron agrège autour de lui centre droit et centre gauche, il nous reste à
prendre le leadership sur sa droite. »
L’appel inédit du FN à voter pour un
candidat LR dès le premier tour des législatives partielles à Mayotte comme les
mains tendues à différentes personnali-
Marine Le Pen, lundi
à l’Assemblée nationale,
lors de sa conférence
de presse sur le projet
de loi asile-immigration.
NICOLAS TAVERNIER/REA
C’est avec Edwige Diaz,
conseillère régionale
d’Aquitaine (ci-dessous)
que Jean-Jacques Edard,
maire divers droite
de Cavignac, a décidé
de lancer l’association
« Pour la France La France unie », sorte
de laboratoire girondin
d’union des droites.
T. MORITZ/IP3 PRESS/MAXPPP
tés du parti de Laurent Wauquiez tels
que Thierry Mariani vont dans ce sens.
Mais à l’approche des municipales,
alors qu’au niveau local les digues craquellent entre les partis de droite (lire cidessous), le refus du Front national d’assumer clairement ses ambitions sur cette
partie de l’échiquier interroge. « Marine
est restée sur l’idée du “ni droite ni gauche” de Philippot. Je pense que c’est un
mythe. Une illusion qui nous a coûté très
cher aux dernières présidentielles. Comment récupérer les voix des Républicains
sans être de droite ? », lâche le conseiller
régional des Pays de la Loire, Pascal
Gannat. Le mois dernier, six élus de la
région Grand Est ont justement claqué la
porte du parti dénonçant un « manque
de clarté » du FN vis-à-vis de la droite.
« Je préfère une souris et un oiseau à une
chauve-souris », cinglait ainsi Thierry
Gourlot, l’un de ces partisans assumés
d’une union des droites. ■
Les amoureux de la
France cherchent à tirer
leur épingle du jeu
« ENTRE Wauquiez qui emprunte le
discours du FN tout en se bouchant le
nez quand il est question de se parler,
et Marine Le Pen qui joue les rassembleuses sans cesser de taper sur ses
alliés potentiels, Nicolas DupontAignan a clairement une fenêtre de
tir. » Cette analyse d’un élu du Front
national n’a pas échappé à l’intéressé qui avoue en privé voir se dessiner « la chance de sa vie ».
À la tête des Amoureux de la
France, cette association lancée en
septembre dernier avec le président
du Parti chrétien-démocrate (PCD),
Jean-Frédéric Poisson, et le couple
Ménard, le candidat malheureux à
la présidentielle travaille à la constitution d’une plateforme commune
des droites pour les prochaines
élections européennes et municipales. L’initiative a fédéré autour d’elle
plusieurs personnalités locales
issues des Républicains, comme
l’ancien député Nicolas Dhuicq, ou
du Front national, comme Olivier
Bettati ainsi que le Centre national
des indépendants et paysans (Cnip).
Au point de convaincre certains
de ses membres que la mayonnaise
est bel et bien en train de prendre.
« Dupont-Aignan a un discours qui
plaît à une frange de l’électorat LR
comme à une partie de l’électorat FN.
S’il pique deux à trois points à l’un
comme à l’autre, il peut se retrouver à
10 % aux européennes et donc en po-
sition centrale, quasiment à égalité
avec le FN et LR, lors des négociations
avant les prochaines élections municipales », veut croire l’un d’eux.
« Vieilles lubies »
Un raisonnement qui a fini de
convaincre l’intéressé des bénéfices
qu’il pourrait tirer d’une liste autonome Amoureux de la France lors
du scrutin de mai 2019, sans faire
liste commune avec le Front national. « La politique, c’est darwinien.
C’est le meilleur qui gagne. S’ils veulent réanimer les vieilles lubies en faisant renaître le RPR, très peu pour
nous », moque un proche de Marine
Le Pen, qui a peu goûté les attaques
sur « le manque de colonne vertébrale » de leur présidente proférées par
le patron du Cnip, Bruno North, lors
d’une conférence de presse commune avec Nicolas Dupont-Aignan
le 4 avril dernier.
Une sortie qui a valu un texto assassin de Marine Le Pen au patron
de Debout la France. Pas de quoi
émousser les ambitions de JeanFrédéric Poisson. Pourtant allié de
Nicolas Dupont-Aignan, le président du PCD s’est vanté la semaine
dernière dans Valeurs actuelles
d’avoir le « profil idéal » d’une tête
de liste de rassemblement avec le
Front national. À la plus grande
surprise de Nicolas DupontAignan. ■
C. S.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
vendredi 20 avril 2018
INTERNATIONAL
7
Malgré leurs divergences sur la zone euro,
ils ont réaffirmé leur objectif d’une feuille
de route pour la réforme de l’UE en juin.
NICOLAS BAROTTE £@NicolasBarotte
CORRESPONDANT À BERLIN
EUROPE Un panneau en trompe-l’œil a
été dressé dans l’immense salle vide. On y
voit en dessin la future façade du Forum
Humboldt, qui doit ouvrir l’année prochaine à Berlin. Derrière ce cadre offert
aux caméras, les sols sont recouverts de
poussière, les fils électriques sont apparents : l’endroit est encore en travaux. Un
cas de chantier traîne sur le côté, des panneaux invitent les ouvriers à « faire attention » en anglais, polonais, tchèque ou
turc. C’est là que Angela Merkel et Emmanuel Macron ont prévu de dire quelques
mots avant de prolonger leur réunion de
travail. Ils tentent de faire un lien entre
l’endroit et le projet européen : la chancelière évoque l’influence française dans la
vie des frères Humboldt, le président voit
un symbole d’universalisme. En offrant
cette image consensuelle, ils espèrent atténuer dans les esprits l’ampleur des
questions qui les séparent.
Pour relancer le projet européen et
présenter des propositions communes en
juin, comme ils l’ont promis, Emmanuel
Macron et Angela Merkel vont devoir
surmonter les divergences de vues et
d’intérêts de leurs pays. Ils en ont
conscience. « Nos points de départ sont
parfois différents », concède la chancelière. C’est pourquoi « il nous faut des échanges ouverts mais aussi à la fin la capacité à
faire des compromis », insiste-t-elle.
« Notre diversité doit nous enrichir et non
pas nous gêner », complète-t-elle. Emmanuel Macron n’est pas bégueule : « La
volonté d’avancer ne manque pas », dit-il
en soulignant cependant que l’Europe vivait « un moment décisif » de son histoire.
L’un et l’autre évoquent les questions à
traiter : politique étrangère, d’asile, union
bancaire, gouvernance de la zone euro…
Pour l’instant, les propositions phares du
président français, en matière budgétaire
notamment, ont été accueillies avec froideur par Berlin, voire par un non catégorique. La CDU-CSU, le parti de la chancelière, a décidé de freiner ouvertement les
ambitions françaises. Mais pour montrer
que le travail commun préparatoire au
Conseil européen des 28 et 29 juin se
poursuit malgré tout, la chancelière et le
ODD ANDERSEN/AFP
Macron et Merkel
à la recherche
d’une volonté
commune
Angela Merkel et Emmanuel Macron espèrent atténuer dans les esprits l’ampleur des questions qui les séparent, jeudi, à Berlin.
chef de l’État ont annoncé un Conseil des
ministres franco-allemand le 19 juin.
Malgré ses marges de manœuvres limitées, Angela Merkel cherche à donner
des gages de bonne volonté : elle ne veut
pas passer pour celle qui dit non. « Sur la
zone euro, nous partageons la conviction
qu’elle n’est pas encore suffisamment forte
pour faire face aux crises », explique-telle. « Je suis très optimiste sur l’achève-
“
Je suis très optimiste
sur l’achèvement
de l’Union bancaire
ANGELA MERKEL
”
ment de l’Union bancaire », poursuit-elle.
« Nous sommes aussi prêts à travailler à un
système de garantie des dépôts. Même si ce
n’est peut-être pas dans un avenir immédiat, ce peut être dans un avenir proche »,
ajoute-t-elle. Jusqu’à présent, l’Allemagne a refusé d’aboutir tant que les risques
entre États membres n’ont pas été réduits. Sur la proposition de créer un fonds
monétaire européen, elle est plus floue :
l’architecture et les compétences de ce
FME divisent toujours Paris et Berlin.
« La somme de nos propositions conduira à de bons résultats », termine-t-elle.
Mais le Forum Humboldt n’était visiblement pas le lieu pour livrer des précisions. Fine négociatrice, la chancelière ne
dévoile jamais son jeu dans l’urgence.
Pour ne pas brusquer les autres partenaires de la France et de l’Allemagne et pour
préserver la cohésion européenne, elle
préfère avancer par petits pas.
Après elle, Emmanuel Macron reprend
la parole avec diplomatie : « Il ne s’agit
pas de discuter de tels ou tels instruments
mais des finalités que nous avons. » Le
chef de l’État peut braquer l’opinion
outre-Rhin s’il donne le sentiment de
vouloir créer une caisse commune en Europe, qui se ferait au détriment de l’épargne allemande. « Nous devons mieux articuler responsabilité et solidarité », ajoutet-il en reprenant des mots chers aux
conservateurs : avant d’envisager des
transferts financiers entre États membres
de l’Union, chacun doit assumer sa part
d’effort. « Après la crise nous avons introduit des instruments pour renforcer la res-
ponsabilité », poursuit Emmanuel Macron. « Mais nous avons aussi besoin de
solidarité au sein de l’Union monétaire »,
insiste-t-il en suggérant que celle-ci ne
pourrait pas survivre sinon. Mais la rhétorique de l’urgence ne convainc qu’à
moitié à Berlin, où l’on est moins alarmiste qu’à Paris sur l’état de l’Union.
Parce qu’elle a mis six mois à trouver
une majorité au Bundestag, Angela Merkel est toutefois sous pression pour faire
aboutir dans les délais la discussion sur
l’avenir de l’Europe. D’ailleurs, quand un
journaliste l’interroge sur le bilan de la
première année d’Emmanuel Macron et
si le « charme » opère encore, elle reprend la question à son compte. « Tout
début a sa part de magie mais le charme ne
dure que si les résultats sont à la clé »,
avait-elle déclaré en mai 2017, en forme
d’avertissement, en recevant pour la
première fois le chef de l’État. Un an plus
tard, elle parle d’elle. « Je ne savais pas
que la formation d’un gouvernement pouvait durer aussi longtemps », répond-elle.
« Il a fallu mettre la magie de côté mais
maintenant elle est de retour », assure-telle. Il suffit peut-être d’y croire. ■
Italie : fin de la mission quasi impossible de Mme Casellati
La présidente du Sénat a peu de chances de réussir vendredi l’union de gouvernement entre la Ligue et le M5S.
ROME
EUROPE La présidente du Sénat italien,
Maria Elisabetta Alberti Casellati, devrait
rendre compte ce vendredi au président
de la République, Sergio Mattarella, de
l’échec de la « mission exploratoire » dont
il l’avait chargée mercredi. Le deuxième
personnage de l’État avait pour mandat
de vérifier si un accord était possible entre le Mouvement 5 étoiles (M5S) et la Ligue. Le chef de la Ligue, Matteo Salvini, a
certes parlé jeudi de « signaux de nouveauté ». Il n’en demeure pas moins que
les consultations n’ont, semble-t-il, pas
permis de lever les veto mis d’un côté
comme de l’autre à une telle solution. Le
leader du M5S, Luigi Di Maio, a répété
comme un mantra qu’il doit prendre la
tête d’un nouvel exécutif, étant le leader
d’une formation ayant recueilli 32 % aux
élections du 4 avril. Il continue en outre
d’exiger que Silvio Berlusconi et sa formation, Forza Italia, soient exclus du futur gouvernement. « Nous ne ferons jamais aucune alliance avec Berlusconi qui a
conduit l’Italie à la faillite », a affirmé le
numéro deux du M5S, Danilo Toninelli.
Un autre dirigeant du M5S a qualifié Berlusconi de « mal absolu ».
Du côté de la Ligue, son chef, Matteo
Salvini, refuse de dissocier sa formation
de la coalition de droite comprenant Forza
Italia, qui a obtenu 37 % des voix aux der-
nières élections. Les trois partis de la coalition se sont d’ailleurs présentés ensemble aux consultations de la présidente du
Sénat, pour bien marquer leur solidarité.
Lever certaines ambiguïtés
Militante de Forza Italia et ancienne ministre de Silvio Berlusconi, Elisabetta Alberti
Casellati était devenue, le 31 mars dernier,
à 71 ans, la première femme présidente du
Sénat italien, grâce à un accord entre le
M5S et la coalition de droite, qui avait parallèlement porté Roberto Fico, du M5S, à
la présidence de la Chambre des députés.
La magistrate Alberti Casellati a mené au
pas de charge ses consultations, qui ont eu
le mérite de lever certaines ambiguïtés.
Après quarante-cinq jours de dures
confrontations, l’hypothèse d’un gouvernement réduit aux deux vainqueurs des
urnes ne semble notamment plus de mise.
Sans doute faudra-t-il une nouvelle
mission exploratoire, la semaine prochaine, pour jauger l’alliance éventuelle
entre le M5S et le Parti démocratique
(PD). Le président de la République devrait la confier à Roberto Fico.
Luigi Di Maio multiplie les avances au
PD, le grand perdant des élections. Son
ex-leader Matteo Renzi les a toujours rejetées. Mais mardi soir, Maurizio Martina,
qui a provisoirement pris en main la direction du PD, a proposé trois sujets pouvant conduire à une possible convergence : lutte contre la pauvreté, la protection
de la famille et la relance de l’emploi.
Armes chimiques : des
sociétés belges jugées
campagne de neutralisation des armes
chimiques et autres agents précurseurs
menée en Syrie, avec l’appui du
Kremlin. L’importation de volumes
comparables du même produit à partir
de cette date soulève de troublantes
questions sur la destination finale,
même s’il reste à prouver que les livraisons belges ont effectivement servi à
l’élaboration du gaz mortel.
Trois entreprises belges sont poursuivies
pour avoir livré un agent chimique utilisé
par le régime de Damas pour la fabrication du sarin.
JEAN-JACQUES MÉVEL£@jjmevel
CORRESPONDANT À BRUXELLES
BELGIQUE Trois PME belges devront
répondre le 15 mai de « fausses déclarations » pour avoir livré en Syrie et au
Liban 168 tonnes d’isopropanol, agent
chimique utilisé par le régime de Damas
pour la fabrication du sarin, un gaz de
combat interdit qui a fait des dizaines
de morts civils au printemps 2017 et
semble-t-il à nouveau le 7 avril dernier.
La justice du royaume, saisie par les
douanes, soupçonne le grossiste AAE
Chemie Trading, l’intermédiaire Anex
Customs et le transporteur Danmar Logistics d’avoir failli à leurs obligations
administratives en omettant de déclarer que l’expédition portait sur de l’isopropanol (alcool isopropylique). L’exportation vers la Syrie de ce composant
chimique est soumise depuis 2013 à licence préalable s’il se trouve concentré
à plus de 95 %, taux sur lequel subsiste
encore un doute avant l’audience devant le tribunal d’Anvers.
L’affaire a été dévoilée par l’hebdomadaire flamand Knack, l’ONG allemande Syrian Archive et le bureau
d’investigation britannique Bellingcat.
Elle propulse les douanes belges dans la
situation embarrassante de devoir signaler, a posteriori, des exportations
massives qu’elles ont laissées passer,
sans vérifier la nature réelle de la cargaison. « L’isopropanol n’était pas mentionné sur la déclaration », indique le
ministère belge des Finances.
De mai 2014 à décembre 2016, l’enquête détaillée par Knack liste 24 livraisons successives vers les ports de transit du Liban et/ou de Syrie : 168 tonnes
d’isopropanol, 219 t d’acétone, 77 t de
Si les consultations devaient à nouveau
échouer, il ne resterait plus au chef de
l’État qu’à désigner une personnalité indépendante pour former un « exécutif du
président », et à enjoindre aux forces politiques de se montrer « responsables » en
le soutenant. Il exclut tout retour anticipé
aux urnes, cette année du moins. La classe politique reste, elle, suspendue aux résultats de deux nouvelles confrontations
entre centre droit et M5S dans des élections régionales. Ce dimanche dans le
Molise, la plus petite région d’Italie
(330 000 électeurs), et dans huit jours
dans le Frioul-Vénétie Julienne (1,2 million d’électeurs). Un accord de gouvernement ne pourrait intervenir qu’en
fonction des résultats de ces scrutins. ■
“
L’isopropanol
n’était pas mentionné
sur la déclaration
”
LE MINISTÈRE BELGE DES FINANCES
Un sauveteur porte un enfant victime d’une attaque présumée d’armes chimiques,
le 8 avril, dans la ville de Duma, près de Damas, en Syrie. SYRIAN CIVIL DEFENSE WHITE HELMETS/AP
méthanol et 21 t de dichlorométhane. Il
s’agit de produits que l’industrie utilise
à grande échelle comme dissolvant, décapant, dégraissant, réfrigérant ou
agent de stérilisation. Le grand public
se les procure facilement en droguerie.
L’isopropanol peut aussi entrer dans
la fabrication de gaz de combat. L’OIAC,
chargée de faire appliquer la convention
internationale sur l’interdiction des ar-
mes chimiques, a ainsi déterminé que le
sarin dispersé dans l’attaque de Khan
Cheikhoun (plus de 80 morts au printemps 2017) a été produit à partir de ce
composé. D’après Washington, le régime aurait encore utilisé le sarin le 7 avril
dernier à Duma, près de Damas, en
complément d’armes au chlore.
En 2014, l’OIAC avait fait détruire
120 tonnes d’isopropanol lors de la
En attendant le procès, les trois firmes mises en cause se réfugient dans de
prudentes dénégations. AAE Chemie
Trading assure que tous les documents
étaient en ordre et que ses clients syriens « n’ont pas de lien avec le régime
de Damas ». L’intermédiaire Anex Custom et le transporteur Danmar Logistics soutiennent que les douanes belges
étaient au courant et qu’elles-mêmes
ignoraient l’obligation d’une licence
pour exporter de l’isopropanol très
concentré vers la Syrie. Selon le quotidien Le Soir, leurs dirigeants risquent
une peine allant de quatre mois à cinq
ans de prison. ■
A
RICHARD HEUZÉ
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
vendredi 20 avril 2018 LE FIGARO
8
INTERNATIONAL
Cuba : l’ère post-Castro s’ouvre sans illusions
Peu connu du peuple, le nouveau président cubain, Miguel Diaz-Canel, s’est engagé à « poursuivre la révolution ».
HECTOR LEMIEUX
LA HAVANE
CUBA Quel cadeau ! À la veille de son
anniversaire le 20 avril, Miguel DiazCanel Bermudez, 57 ans, apparatchik bon
teint, hérite de la présidence de Cuba. Un
héritage calculé minutieusement par
les autorités castristes, puisqu’il y a
57 ans jour pour jour, la jeune révolution
sortait victorieuse de la bataille de la baie
des Cochons. En Diaz-Canel, les rédactrices des revues People voient un
Richard Gere latino. Mais les Cubains,
que pensent-ils de son élection ? Grand
bien lui fasse, semblent dire les Havanais.
D’autant plus que l’immense majorité
des Cubains ne le connaissent guère.
« C’est un homme bien préparé pour ce
poste. Il a de l’expérience », confie laconiquement un vieux vendeur de journaux du quartier havanais de la Vibora.
C’est tout.
En ce jour un de l’ère post-Castro,
l’homme nouveau dont rêvait Ernesto
Che Guevara ne se préoccupe guère de
politique. C’est semaine de vacances. Les
enfants demandent un granizado (des
glaçons pilés recouverts de jus) aux
vendeurs ambulants. Et les adolescents
poussent la chansonnette du reggaeton
sur des baffles portatifs à plein volume
dans les guaguas (les bus), sous l’œil
réprobateur des anciens. « Diaz-Canel ?
Est-ce que c’est quelqu’un d’important ? », demande Antony, 14 ans, avant
de foncer en planche à roulettes avec ses
camarades vers le parc voisin.
Scepticisme et désaffection
L’homme nouveau a également enterré
le socialisme. Pire, il s’en moque. Les
Havanais boudent les retransmissions en
direct des sessions parlementaires de
l’élection de Miguel Diaz-Canel à la
télévision cubaine. Pourquoi le regarderaient-ils ? Il aura dans les premiers
temps pour mission de consolider et de
maintenir les acquis de la révolution. Ce
message a été martelé à outrance depuis
quelques jours.
Raul Castro (à droite) et son successeur Miguel Diaz-Canel Bermudez, jeudi, à La Havane, devant l’Assemblée nationale du pouvoir populaire.
Personne ne croit plus au changement.
Fin juillet 2006, la maladie de Fidel avait
créé la stupeur. En février 2008, lors de
l’élection de son frère, si certains Cubains
évoquaient dans la rue le pragmatisme de
Raul Castro, la plupart demeuraient très
sceptiques quant à d’éventuels changements. Aujourd’hui, le scepticisme prévaut plus que jamais après l’échec du rapprochement avec les États-Unis et la
guerre froide menée par Washington.
Maylin, infirmière de 27 ans, regarde avec
un mépris affiché des tee-shirts et des
casquettes à l’effigie de Che Guevara. « Je
suis fatiguée d’entendre, de voir les mêmes
mensonges depuis mon enfance. Ceux qui
glorifient le Che. On dit que Camilo Cienfuegos (révolutionnaire compagnon de
Fidel Castro, NDLR) n’est pas mort dans
un accident d’avion, mais qu’il a été assassiné », raconte la jeune femme.
Dans ce Cuba au ras des pavés, la priorité n’est guère au futur, fait de promesses
rarement tenues, mais au présent et à la
survie alimentaire. Les travailleurs volent
ce qu’ils peuvent dans leur entreprise
pour arrondir des salaires de misère. Les
beautés tropicales de la Vieille Havane et
du Vedado sont en quête d’un étranger
pour pouvoir sortir du pays. À tout prix.
Telle est la situation en ce jour d’élection
de Miguel Diaz-Canel Bermudez.
Lors de la nomination de ce dernier il y
a cinq ans comme numéro deux du régime, Raul Castro avait déclaré : « Le camarade Diaz-Canel n’est ni un parvenu, ni
un intrus. Il ne sort pas de nulle part. Sa
trajectoire professionnelle cumule presque
trente années et il a commencé par la
base… » Cette fois, point d’hommage ou
à tout le moins pour l’instant. Sur son
compte Twitter, Raul Castro a préféré
jeudi rendre hommage à la révolution.
Le journal télévisé cubain vibre depuis
mercredi au son de la voix rauque du
présentateur Rafael Serrano qui délivre
tous les jours depuis des décennies des
nouvelles rassurantes. Voici la vox populi
de Cubavision, la télévision d’État : « Il
faut continuer le chemin de la révolution.
Nous continuerons avec le socialisme jusqu’à la fin », assure une éducatrice. Un
jeune militaire interrogé par les journalistes d’État assure pour sa part que « le
peuple appuie totalement la révolution ».
La télévision multiplie les hommages à
« la démocratie socialiste » et aux
Kiev rêve d’une Église orthodoxe unifiée
Ce projet vise à consolider la construction nationale en rompant avec l’influence du Patriarcat de Moscou.
STÉPHANE SIOHAN £@stefsiohan
A
KIEV
UKRAINE Les autorités ukrainiennes
viennent d’entamer le processus de
création d’une Église orthodoxe unifiée,
rassemblant différentes branches présentes sur le territoire ukrainien. Cette
annonce historique, à la signification
religieuse et politique, vise à consolider
la construction nationale en rompant
avec l’influence du Patriarcat de Moscou : elle pourrait éloigner l’Ukraine de
l’orbite russe plus encore que les soubresauts de la guerre du Donbass.
La mémoire et l’identité sont une dimension souvent occultée du conflit
actuel entre les deux pays. Or c’est à
Kiev, en 988, qu’est née la civilisation
orthodoxe slave, lors du baptême de
Volodymyr, grand prince de la Rus de
Kiev, dont les Ukrainiens et les Russes
se disputent l’héritage. Résultat des
troubles de l’histoire, l’Ukraine est la
seule nation slave orientale contemporaine à ne pas disposer d’église
nationale autocéphale, c’est-à-dire
autonome.
C’est au XVIIe siècle que le siège du
Patriarcat orthodoxe est transféré de
Kiev à Moscou, en pleine période d’affirmation géopolitique de la Russie. Il
faudra attendre 1918, puis 1991, pour
que l’Ukraine redevienne un sujet politique. C’est dans ce temps long que s’est
inscrit le président Petro Porochenko
lorsqu’il a qualifié mardi la possible
création d’une Église orthodoxe ukrainienne non dépendante de Moscou
d’« événement historique ».
Petro Porochenko a révélé avoir rencontré en Turquie à Pâques le patriarche œcuménique de Constantinople, Bartholomée, demandant à ce
dernier lors de sept heures de négociations un tomos, un acte établissant la
création d’une église orthodoxe ukrainienne autocéphale. Les signaux seraient au vert, « nous sommes plus proches que jamais d’une Église unifiée »,
Un activiste ukrainien arborant un masque à l’effigie de Vladimir Poutine est pris à partie
par une fidèle s’identifiant au Patriarcat de Moscou, en janvier lors d’une manifestation
devant la cathédrale Laure des Grottes de Kiev. STR/NURPHOTO
estime Petro Porochenko, soutenu jeudi par son Parlement.
Aujourd’hui, 70 % des Ukrainiens
sont de confession orthodoxe, alors que
trois obédiences cohabitent sur le territoire. La petite « Église orthodoxe
ukrainienne autocéphale » avait été
créée en 1921, puis laminée par le régime
soviétique. Dès lors, « l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou » est devenue toute-puissante.
Mais, en 1992, un « Patriarcat orthodoxe
de Kiev » a fait scission, non reconnu,
challenger de l’orthodoxie russe.
Ces courants se disputent 30 millions
d’âmes, ainsi que les relais politiques et
prébendes au plus haut de l’État. Officiellement, le Patriarcat de Moscou
contrôle 12 300 paroisses en Ukraine,
contre 5 100 paroisses pour le plus jeune
Patriarcat de Kiev. Seulement, l’équilibre est en train de changer depuis la révolution de Maïdan, et le Patriarcat de
Moscou perd inexorablement du terrain.
« Le régime Ianoukovitch avait autorisé le Patriarcat de Moscou à faire ce qu’il
voulait en lui distribuant argent et terres.
De manière certes moins grossière, le
gouvernement actuel fait un peu la même
chose en soutenant le Patriarcat de
Kiev », analyse Andriy Zalinsky, théologien gréco-catholique, professeur de
philosophie à l’université Kyiv-Mohyla
et aumônier militaire dans le Donbass.
“
Le Patriarcat de Moscou
avec l’État russe refuse
l’existence de l’Ukraine
comme État indépendant
LE PATRIARCHE DE KIEV, EN 2014
”
En revanche, l’attitude des Églises
face à la guerre naissante a provoqué
une « cassure ». Le Patriarcat de Moscou a soutenu l’annexion de la Crimée.
Dans l’Est, ses prêtres ont eu une attitude ambiguë envers l’insurrection séparatiste. Il est d’ailleurs notoire que le
vénéré monastère de Svyatogorsk, près
de Slavyansk, a abrité en début de
conflit des agents du renseignement
militaire russe.
« Le Patriarcat de Moscou avec l’État
russe refuse l’existence de l’Ukraine
comme État indépendant », déclare à
l’été 2014 Filaret, le patriarche de Kiev.
Depuis quatre ans, les politiques ukrainiens, de façon ostentatoire, Petro Porochenko en tête, ont pris le parti du
Patriarcat de Kiev. « Nos Églises n’ont
aucune connexion avec l’État moderne
russe », plaide pourtant le porte-parole
ukrainien du Patriarcat de Moscou.
Quelque 40 % du réseau du Patriarcat
de Moscou se trouvent sur le territoire
ukrainien, où il détient des lieux saints
comme la laure des Grottes de Kiev.
Mais, en quatre ans, une soixantaine de
paroisses ont tourné casaque. « L’absence de reconnaissance par Constantinople
est la principale raison pour laquelle les
paroissiens restent fidèles à l’Église russe,
beaucoup de prêtres changeront d’église
après la reconnaissance », estime Ivan
Sydor, prêtre du Patriarcat de Kiev.
D’après le centre d’études Razoumkov, en 2006, seuls 15 % d’Ukrainiens
s’identifiaient au Patriarcat de Kiev ; en
2017, ils sont près de 40 %, contre seulement 25 % de fidèles à l’Église moscovite, qui maintient son influence dans le
Donbass, et bien entendu en Crimée
annexée.
En janvier, à Zaporijia (Est), le Patriarcat de Moscou a refusé d’inhumer
un garçonnet décédé dans un accident,
car ce dernier avait été baptisé dans
l’Église rivale. En février, à Kiev, deux
architectes ont été arrêtés, accusés
d’avoir tenté d’incendier une chapelle
construite par le Patriarcat de Moscou
sur les fondations du plus vieil édifice
religieux de la ville.
Au fil des mois, la Russie perd petit à
petit un de ses principaux vecteurs
d’influence en Ukraine. Petro Porochenko espère la création d’une Église
orthodoxe unifiée cette année, à l’occasion du 1030e anniversaire de la création de la Rus de Kiev, un héritage historique bien plus important pour les
deux pays que les mines de charbon de
Donetsk. ■
HO/AFP
605 nouveaux députés de l’Assemblée
nationale du pouvoir populaire. Avec un
hommage tout particulier aux députées.
Parmi elles, la députée Mariela Castro, la
fille de Raul, qui, interrogée par le système d’information de la télévision cubaine, selon l’expression consacrée, a déclaré : « Le futur est arrivé. » Les réactions
des députés interrogés, même si la parole
n’est pas libre, montrent bien la tendance
du moment. Pas de révolution dans la révolution. « Unité, unité, unité », dit d’une
petite voix José Ramon Fernandez, un
député de 94 ans. « Confiance, continuité
dans cette révolution que personne ne peut
vaincre », conclut une députée. ■
+
» Lire aussi PAGE 30
ZOOM
Corées : le président Moon
veut un traité de paix
Le président sud-coréen Moon
Jae-in a souhaité la conclusion
d’un traité de paix pour mettre fin
officiellement à la guerre de Corée,
avant un sommet avec le nordcoréen Kim Jong-un le 27 avril.
La guerre (1950-53) s’était finie
sur un armistice plutôt qu’un traité
si bien que les deux pays sont
encore techniquement en conflit.
« L’armistice qui traîne en longueur
depuis 65 ans doit prendre fin, a-t-il
dit, il faut rechercher la signature
d’un traité de paix après la
déclaration de la fin de la guerre. »
EN BREF
Italie : des proches du chef
de Cosa Nostra arrêtés
Une vingtaine de personnes
proches de Matteo Messina
Denaro, recherché depuis 25 ans
et considéré comme le chef
suprême de Cosa Nostra, la mafia
sicilienne, ont été arrêtées jeudi.
« Cette opération s’inscrit dans une
enquête plus large dont l’objectif
est de capturer le fugitif Matteo
Messina Denaro », a expliqué
la police. Ces personnes font aussi
partie d’un réseau de transmission
des ordres de Messina Denaro
à travers les « pizzini », ces petits
papiers contenant des messages
souvent codés.
L’asile accordé à 538 000
réfugiés en Europe en 2017
Les États membres de l’UE ont
accordé l’asile à 538 000 réfugiés
en 2017 et plus de 60 %
des demandeurs ont obtenu gain de
cause en Allemagne, selon l’agence
Eurostat. Les Syriens représentent
33 % de ce total, qui est inférieur
d’un quart à celui de 2016. Viennent
ensuite les réfugiés afghans (19 %)
et irakiens (12 %). Après
l’Allemagne, où 325 400 demandes
ont abouti, on trouve la France
(40 600), l’Italie (35 100).
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
vendredi 20 avril 2018
SOCIÉTÉ
9
La vie de Vincent Lambert encore
une fois confiée aux juges
ZOOM
Refus de serrer la main :
la justice française valide
un rejet de naturalisation
La justice française a validé
le rejet de la naturalisation
d’une Algérienne qui avait
refusé de serrer la main
à un représentant préfectoral
lors de sa cérémonie d’accueil
dans la nationalité française.
Le Conseil d’État avait été saisi par
cette femme, mariée à un Français
depuis 2010, qui considérait
comme un « excès de pouvoir »
le décret du premier ministre
d’avril 2017 lui refusant
la naturalisation. Les services
gouvernementaux ont estimé
que son refus de serrer la main
du secrétaire général
de la préfecture de l’Isère
« empêchait qu’elle puisse être
regardée comme assimilée
à la communauté française ».
Le tribunal
administratif
rendra sa décision
sur l’arrêt des soins
ce vendredi ou
en début de semaine.
Devant la juridiction admnistrative, les parents ont réclamé l’annulation du « projet de mort » de Vincent Lambert.
Figaro, 70 médecins spécialisés fustigeaient « une euthanasie qui ne dit pas son
nom » puisqu’« il est manifeste que Vincent Lambert n’est pas en fin de vie ». Ils se
basaient sur deux vidéos, datant de 2015
et du 12 avril dernier, non diffusées à
l’audience, et que le Dr Sanchez avait luimême « refusé de voir quatre fois », selon
Me Triomphe.
Une affaire
« instrumentalisée »
« Le plus fabuleux, c’est que 70 médecins
qui n’ont pas vu le patient, qui ont vu une
vidéo […] se donnent le droit de critiquer »
l’équipe médicale, s’offusque à l’audience Me Pierre Desmarais, l’avocat du CHU
de Reims. Rappelant « le caractère incurable des lésions » et « l’altération de l’état
de santé général » du patient, il a dénoncé
une affaire « instrumentalisée » par « volonté de gagner du temps », de « dissua-
der » les parties adverses, après cinq ans
de procédure judiciaire.
Cette quatrième procédure collégiale,
lancée par l’hôpital de Reims, intervient
alors que les trois précédentes ont été
suspendues, en dépit des décisions judiciaires favorables, jusqu’à celle de la
Cour européenne des droits de l’homme
(CEDH) en 2015. « Cette décision doit faire
autorité. Il n’y a pas à rejuger ce qui a été
décidé », a argué Me Sara Nourdin, l’avocate de Rachel Lambert, épouse et tutrice
légale de son mari depuis 2016, qui est favorable à l’arrêt des soins.
« On essaie d’entraîner le tribunal sur
un autre débat, qui est celui de l’euthanasie, explique au Figaro Me Mourad Benkoussa, avocat de François Lambert,
neveu de Vincent. Or le texte réformé de
la loi Leonetti et la jurisprudence du
Conseil d’État prévoient expressément
que, si le patient est hydraté et alimenté
NDDL : négociations
de la dernière chance
entre l’État et la ZAD
AMÉNAGEMENT C’est la réunion de la
dernière chance. Ce vendredi, les sept
membres de la délégation des zadistes de
Notre-Dame-des-Landes sont de nouveau reçus, dans l’après-midi, par les
services de l’État dans les locaux de la
préfecture de Loire-Atlantique. Ce rendez-vous a été fixé à leur demande lors
de la réunion, qui s’est tenue mercredi
en présence du ministre de la Transition
écologique, Nicolas Hulot, et de la préfète de Loire-Atlantique, Nicole Klein.
Au cours de ce premier entretien, qui a
tourné au dialogue de sourds - l’État attendant des projets agricoles individuels,
les zadistes soumettant de nouveau une
convention collective et non nominative
- les activistes de la ZAD se seraient ressaisis. En fin d’entretien, ils ont demandé
cette nouvelle séance de travail pour
présenter, semble-t-il, un autre projet.
Celui-ci pourrait s’inspirer des Gaec,
groupements agricoles d’exploitation en
commun, une structure juridique qui offre la possibilité d’une organisation collective.
Jusqu’à lundi pour adresser
les projets individuels
Ce nouveau rendez-vous va se tenir en
présence de la direction départementale
des territoires et de la mer qui, depuis
l’abandon de l’aéroport, est chargée de
finaliser les projets agricoles à NotreDame-des-Landes. « Cette délégation a
demandé que je vienne en fin de réunion
pour que je puisse apprécier le projet. Et je
viendrai », a indiqué la préfète Nicole
Klein.
Cet échange sera, cette fois, l’ultime
possibilité pour les zadistes de présenter
un modèle acceptable par l’État qui attend, en parallèle, les formulaires renfermant des projets agricoles individuels.
Ces derniers ont jusqu’à lundi pour les
remplir et les adresser à la préfecture.
Passé ce délai, comme l’a déjà indiqué le
gouvernement, la ZAD sera évacuée. Le
premier ministre, Édouard Philippe, l’a
ainsi rappelé mercredi à l’Assemblée nationale. « Les occupants illégaux quitteront les lieux car force doit rester à la loi »,
a-t-il indiqué. Affichant fermeté mais
aussi sérénité, il a réaffirmé, jeudi, devant le Sénat, l’intention du gouvernement d’aller au bout de l’évacuation de
Notre-Dame-des-Landes, « avec une
immense détermination tranquille ».
L’ultime échange pourrait se dérouler
dans la même ambiance que celle de
mercredi. Les sept membres de la délégation, qui sont des zadistes mais aussi
des élus locaux, des fermiers ou des botanistes, parlent d’une seule et même
voix. Mercredi, face aux discussions menant à l’impasse, pas un seul n’a tenté
d’orienter la réflexion vers un terrain
d’entente possible avec l’État.
En parallèle de ces échanges, la ZAD
continue à être nettoyée. Depuis l’opération d’expulsions de la semaine dernière, au cours de laquelle 29 squats ont
été détruits, les forces de l’ordre poursuivent les travaux de déblaiement.
2 500 m3 de débris et de gravats, remplissant 111 bennes, en ont été sortis.
« De quoi remplir une piscine olympique », signale un observateur du dossier
en précisant que seule « la moitié du travail a été fait » et qu’« il en reste autant à
sortir de la ZAD ». ■
Nouveau record de détenus
dans les prisons françaises
Le nombre de détenus dans
les prisons françaises a atteint un
nouveau record au 1er avril, avec
70 367 personnes incarcérées,
parmi lesquelles figurent près
de 21 000 personnes en attente
de jugement, a annoncé jeudi
la Direction de l’Administration
pénitentiaire (DAP). Les prisons
françaises, marquées par un fort
mouvement de contestation des
surveillants en janvier, souffrent
d’une surpopulation chronique.
Tuerie du Musée juif
de Bruxelles :
Nemmouche aux assises
Le djihadiste français Mehdi
Nemmouche a été renvoyé
jeudi devant la cour d’assises
de Bruxelles avec un complice
présumé, Nacer Bendrer, dans
le dossier de la tuerie du Musée
juif qui avait fait quatre morts
en 2014 dans la capitale belge,
a annoncé un de ses avocats.
SPÉCIAL DÉFISCALISATION
VOUS PRÉFÉREZ :
Une délégation est reçue, pour la seconde fois,
ce vendredi par la préfète de Loire-Atlantique.
ANGÉLIQUE NÉGRONI anegroni@lefigaro.fr
artificiellement, qu’il soit en fin de vie ou
pas, le médecin peut engager la procédure de sédation. »
Aux trois juges du tribunal administratif, évoquant « le modèle du roi Salomon », Me Triomphe a lancé, en conclusion : « Rendez Vincent à ceux qui sauront
s’en occuper, et non à ceux qui veulent sa
mort ! » C’est« un dossier humainement
difficile, avec une famille qui se déchire,
reconnaît Me Benkoussa. Quand il y a trop
de passion et qu’il faut trancher, le seul
moyen, c’est d’avoir recours au droit.
C’est exactement ce qui a été fait. »
Compte tenu de la complexité du dossier,
les juges feront connaître leur décision
« normalement vendredi après-midi », a
indiqué le tribunal administratif, ou au
plus tard lundi ou mardi. Quant à l’avocat du CHU, il a assuré que le Dr Sanchez
respecterait le caractère suspensif du recours, même en cas d’appel. ■
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A
JUSTICE Que dirait-on d’« une juridiction qui condamnerait à une lourde peine
une personne », sur la base d’une « possible » culpabilité, en se fondant sur « l’idée
qu’on peut se faire » du dossier, tout en
« assumant toute la part d’incertitude et
de doute » ? Devant le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, les
avocats des parents de Vincent Lambert
ont été effarés, jeudi, par la décision prise, le 9 avril, par le Dr Vincent Sanchez,
d’arrêter l’alimentation et l’hydratation
artificielles du patient hospitalisé au CHU
de Reims. Relevant « un nombre considérable d’illégalités internes » et « de prétendus motifs médicaux ne justifiant pas la
reconnaissance d’une obstination déraisonnable » dans le texte de 17 pages rédigé par le gériatre, ils ont réclamé l’annulation de ce « projet de mort », ainsi que le
transfert de Vincent Lambert dans une
institution spécialisée, ou simplement
« de le descendre de deux étages, dans un
service de médecine de réadaptation ».
Pour Me Jérôme Triomphe, l’un des
avocats des parents Lambert, le patient
de 41 ans, tétraplégique depuis un accident de la route en 2008, dans un état de
conscience minimale, n’est pas « un
corps en souffrance, mais un homme apaisé ». « Preuves filmées » à l’appui. Il assure d’ailleurs avoir une liste de spécialistes
prêts à s’occuper de lui.
Dans une tribune publiée jeudi dans Le
FRANÇOIS NASCIMBENI/AFP
STÉPHANE KOVACS £@KovacsSt
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
vendredi 20 avril 2018 LE FIGARO
10
SCIENCES
Les portraitsrobots
génétiques
se précisent
Pour les cheveux noirs et roux,
l’identification à partir d’un génome tiré
au hasard s’est révélée meilleure que
pour les cheveux châtains et blonds.
EUGENIO MARONGIU/PLAINPICTURE/CULTURA
Il devient possible de connaître la couleur
des cheveux et de la peau d’un individu
en étudiant son ADN.
JEAN-LUC NOTHIAS jlnothias@lefigaro.fr
ADN Peut-on, à partir de l’analyse génétique d’une goutte de sang ou de tout autre
fluide biologique, connaître la couleur des
cheveux de la personne dont il provient ?
Les travaux d’une équipe internationale
de 44 chercheurs et d’un consortium de
recherche, qui viennent d’être publiés
dans la revue Nature Genetics, montrent
que cela sera bientôt possible avec un degré de certitude assez important. Mais qui
n’est pas le même pour toutes les couleurs.
Autre conséquence de ces travaux dirigés
par les spécialistes Manfred Kayser (Centre médical de l’université Erasme, Rotterdam) et Timothy Spector (King’s College, Londres), cette meilleure connaissance des gènes de la pigmentation
pourrait, selon les chercheurs, permettre
de mieux lutter contre des pathologies telles que les cancers de la peau, mais aussi
des maladies auto-immunes ou les cancers de la prostate et des ovaires.
La couleur des cheveux dépend de la
pigmentation de la peau. La mélanine,
responsable du teint épidermique, est en
fait un mélange de deux sortes de molécules : l’eumélanine, qui est de couleur
brune à noire et la phéomélanine qui est
jaune à rouge. Ainsi, la nature dispose
d’une palette de couleurs pouvant donner des cheveux noirs, châtain foncé ou
clair, blonds ou roux, avec des nuances
pour les quatre dernières teintes.
L’étude a une particularité : aucune
expérience, ni sur l’homme, ni sur animaux, ni sur cellules, n’a été menée. Les
travaux ont consisté en une méta-analyse des données génétiques de presque
300 000 personnes, informations provenant de deux banques de données : l’une
est la société californienne 23andMe, qui
commercialise des études génétiques
pour l’histoire familiale, généalogiques
et l’origine géographique et ethnique.
Elle a fourni les données, anonymes, de
157 653 personnes ; l’autre, comprenant
133 238 personnes, a été fournie par le
programme de recherches génétiques UK
Biobank qui a recruté 500 000 personnes
âgées de 40 à 69 entre 2006 et 2010.
Mutation blonde
Toutes ces données ont été passées à la
moulinette informatique des statistiques
afin de déterminer qu’elles étaient les variations génétiques qui se traduisaient par
des différences d’apparence. Résultat, ils
ont identifié 124 gènes impliqués dans la
couleur des cheveux, dont un sur le chro-
mosome X. Auparavant, seuls 13 étaient
connus. En tenant compte de tous ces
critères, les auteurs de l’étude ont voulu
savoir s’ils pouvaient, à partir d’un génome tiré au hasard, trouver quelle était la
couleur des cheveux de la personne dont
il provenait. Pour les cheveux noirs et
roux, l’identification a été bonne (sans
être parfaite). Elle a été moins bonne pour
les cheveux châtains et blonds.
À l’origine, les premiers hommes
avaient une pigmentation foncée et des
cheveux sombres pour les protéger des
rayons solaires ultraviolets aux latitudes
tropicales, éviter les cancers et les caren-
ces en vitamine B9, indiquent les chercheurs. Au fil du temps et des migrations
vers le nord, les Européens et les Asiatiques ont progressivement évolué vers des
pigmentations plus claires, permettant
un bon équilibre entre la protection aux
UV et la production de vitamine D. Les
mutations des gènes codants pour la mélanine et leur sélection progressive au
cours de l’évolution ont donné les différentes couleurs de mélanine. Avec des
caractéristiques qui ne sont pas que physiques. Ainsi, la couleur rousse confère
aux personnes qui la possèdent une peau
pâle. Mais aussi une sensibilité plus gran-
de à la douleur thermique, et un besoin de
plus d’anesthésiques lors d’une opération
que les autres. La blondeur que l’on trouve naturellement aux îles Salomon est issue d’une mutation différente de celle qui
a donné la couleur des blés aux Européens. Les chercheurs ont aussi remarqué qu’il y avait beaucoup plus de blondes que de blonds. Peut-être, envisagent-ils, que l’adage « les hommes
préfèrent les blondes » est vrai et que la
couleur des cheveux est un facteur de sélection sexuelle.
« Nous connaissons ces chercheurs et
certains sont venus ici. Leur étude est très
intéressante », commente Christian
Doutremepuich, directeur du laboratoire
d’hématologie médico-légale de Bordeaux. « Nous avons été le premier laboratoire au monde à avoir été accrédité par
la Cour de cassation pour intervenir dans
des enquêtes de police en complément
d’une expertise pour apporter une description de caractères morphologiques apparents, poursuit le scientifique. Nous avons
notre propre base de données et avons développé, depuis l’année 2000, nos propres
critères d’analyse. On fait maintenant appel à nous en routine, quasiment chaque
semaine. Le département recherche et innovation du laboratoire étudie différents
caractères morphologiques apparents
portant sur la pigmentation et propose
d’analyser à partir de l’ADN, la couleur des
yeux (3 couleurs), de la peau (6 couleurs) et
des cheveux (7 couleurs). Des recherches
en cours dans notre laboratoire et dans des
laboratoires de recherche européens permettront dans un avenir très proche
d’augmenter le nombre de ces caractères
morphologiques apparents. »
Le chercheur bordelais tente aussi de
déterminer l’âge à partir de l’ADN. « C’est
difficile, mais je pense que nous y arriverons » assure-t-il. Et ainsi à parvenir à
mettre au point des portraits-robots fiables à partir de l’ADN. « Pas des portraits », corrige le chercheur. « Le portrait, c’est du dessin. Nous parlons
maintenant de photo génétique ». ■
Maladies cardiovasculaires : un mystère percé à jour
Des personnes sans facteurs de risques (cholestérol, hypertension, diabète ou tabac) sont quand même victimes d’infarctus ou d’AVC.
PAULINE FRÉOUR £@p_freour
SANTÉ Pas de diabète ni d’hypertension,
un taux de cholestérol satisfaisant, pas de
tabac ni d’antécédents familiaux de maladies cardiovasculaires : il n’est pas rare
aujourd’hui encore que les cardiologues
peinent à expliquer pourquoi des patients
sans facteurs de risque décèdent d’un infarctus ou d’un accident vasculaire cérébral (AVC). « On achoppe sur cette question, c’est frustrant », reconnaît le Pr Jean
Ferrières (CHU de Toulouse, Fédération
française de cardiologie).
D’où l’intérêt suscité par des recher-
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ches récentes sur des mutations de cellules souches hématopoïétiques, celles qui
produisent les cellules sanguines depuis
la moelle osseuse. Plusieurs équipes internationales, qui menaient des recherches sur la leucémie pour les uns, la schizophrénie pour d’autres, ont observé une
accumulation importante chez certains
patients de cellules souches anormales
dans la moelle osseuse, où elles prennent
peu à peu la place des cellules saines. Or,
fait étrange, la grande majorité de ces patients ne présentaient jamais de cancer
hématologique mais avaient en revanche
un risque bien plus élevé que la moyenne
de mourir de maladies cardiovasculaires,
même en l’absence de tout autre facteur
de risque.
« L’hématopoïèse clonale (nom donné à
cette condition, NDLR) multiplie par
deux le risque de maladies coronariennes
comme l’infarctus, et par 2,5 le risque
d’AVC, détaille le Dr Siddhartha Jaiswal
de l’université de Stanford en Californie,
coauteur d’une étude remarquée sur
quelque 8 000 patients dans le New England Journal of Medicine. C’est autant
que le diabète, le tabagisme ou un taux
élevé de cholestérol. »
Les mutations ne sont pas héréditaires ;
le risque qu’elles apparaissent chez un individu augmente avec l’âge. Cela concerne 2 à 3 % des personnes âgées de 50 ans,
et 10 à 15 % des plus de 70 ans, selon le
Dr Jaiswal. « À cette fréquence, cela reste
des mutations assez rares, mais il en existe
peut-être d’autres à explorer », souligne
Jean Ferrières.
Ces mutations peuvent être détectées à
l’aide d’un test ADN sanguin. Pour
autant, les experts ne recommandent pas
pour l’instant de chercher à identifier les
individus porteurs. « À l’heure actuelle, on
ne dispose d’aucun traitement à proposer à
ces personnes », explique le Dr Siddhartha
Jaiswal. « Que fait-on quand on découvre
cette condition chez des gens qui ne sont
pas encore malades ? Le séquençage génétique à haut débit, de plus en plus fréquent
maintenant que son coût baisse, augmente
le risque que cela se produise », s’interroge
le Pr Jean-Jacques Kiladjian, hématologue à l’hôpital Saint-Louis, à Paris. « Bien
sûr, on va chercher s’ils n’ont pas une ma-
Des mutations de la moelle osseuse (ici des cellules souches) peuvent entraîner
des maladies cardiovasculaires. 7ACTIVESTUDIO/STOCK.ADOBE.COM
ladie hématologique non détectée, et les
suivre de près s’ils présentent un état préleucémique. On le fait d’ailleurs déjà. Ce
qui est nouveau, c’est ce risque cardiovasculaire qu’il va aussi falloir surveiller. Et
sur le plan personnel, comment les patients
vont-ils gérer la nouvelle ? Est-ce que cela
va leur fermer des portes, pour obtenir un
prêt bancaire par exemple ? »
La prescription préventive
d’aspirine, déjà utilisée
chez certains patients
souffrant d’athérosclérose,
pourrait être envisagée
Les mécanismes par lesquels ces mutations favorisent le risque cardiovasculaire
restent encore mal connus. Mais l’équipe
de Siddhartha Jaiswal a montré que, chez
les souris, l’hématopoïèse clonale favorise l’athérosclérose, c’est-à-dire la formation de plaques dans les vaisseaux
sanguins qui, en se détachant ou en s’accumulant, causent infarctus et AVC. Partant de ce constat, les médecins pourraient, « chez les personnes identifiées
comme étant porteuses de ces mutations,
essayer de limiter l’athérosclérose avant
qu’elle ne s’aggrave, car ce sont des pla-
ques qui évoluent lentement », indique le
Pr Ferrières. Mais comment ?
Une piste d’exploration thérapeutique
autour de la prévention de l’inflammation chronique semble s’esquisser, bien
qu’un long travail soit encore nécessaire
pour la vérifier. Des expériences conduites sur des souris génétiquement modifiées par une équipe de la Boston University ont montré qu’au moins un des gènes
associés à l’hématopoïèse clonale (Tet2)
augmente l’inflammation.
La prescription préventive d’aspirine,
déjà utilisée chez certains patients souffrant d’athérosclérose, pourrait ainsi être
envisagée, admet le Pr Ferrières. « Mais
l’aspirine est un anti-inflammatoire un peu
grossier », nuance-t-il. « Nous testons
d’autres anti-inflammatoires, mais il faudra des années pour en prouver l’efficacité », confirme Peter Libby, professeur à la
faculté de médecine d’Harvard, aux
États-Unis. Expert de renommée mondiale de l’athérosclérose, il est enthousiasmé par les perspectives thérapeutiques qu’ouvre la découverte du lien entre
l’hématopoïèse clonale et les maladies
cardiovasculaires. « Nous savons très bien
contrôler les facteurs de risque cardiovasculaires connus, et nous pourrions, grâce à
cette nouvelle voie de recherche, découvrir
de nouveaux moyens d’agir. » ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
vendredi 20 avril 2018
SPORT
11
Hand : après l’équipe de France, les clubs…
Avec trois représentants en quarts de
finale, une première historique, la France
part à l’assaut de la Ligue des champions.
HANDBALL Six fois championne du monde, double championne olympique et triplement sacrée sur le plan européen : depuis une vingtaine d’années, l’équipe de
France de handball s’est bâti un palmarès
sans équivalent dans les sports collectifs
hexagonaux. Et même internationaux.
Une réussite exceptionnelle, qui, paradoxalement, a jusqu’à présent eu du mal à
se transposer en clubs. Il faut ainsi remonter en 2003 pour trouver trace de la dernière, et seule, victoire française en Ligue
des champions. À l’époque, Montpellier,
où évoluait un tout jeune joueur de 19 ans
du nom de Nikola Karabatic, avait renversé Pampelune. Depuis, hormis la finale
perdue par le Paris SG l’an passé face au
Vardar Skopje (23-24), la France n’a plus
brillé sur l’échelon continental.
Un constat d’échec étonnant pour un
pays qui domine la discipline comme jamais, avec un championnat dont la qualité
est louée par tous. Mais la donne pourrait
changer cette année avec la présence, historique, de trois clubs – PSG, Nantes,
Montpellier – en quarts de finale de la Ligue des champions. D’autant qu’ils ont
tous une chance réelle d’accéder au Final
Four qui se tiendra à Cologne les 26 et
27 mai prochain. Un tir groupé qui symbolise plus une montée en puissance patiemment entretenue depuis plusieurs années qu’un inattendu coup d’éclat
probablement sans lendemain. L’an passé,
déjà, le PSG et Montpellier avaient atteint
ce stade de la compétition, le club de la capitale étant alors le seul à le franchir. Le signe que la reine des compétitions européennes, longtemps chasse gardée du
tandem germano-espagnol, commençait
à céder au charme français.
De nouvelles pépites
Une inversion de tendance qui s’explique
principalement par une donne économique. Alors que le championnat espagnol
s’effondrait brutalement avec plusieurs
clubs disparaissant de la circulation – dont
Ciudad Real, triple vainqueur de la Ligue
des champions -, le championnat de
France, baptisé Lidl Starligue, jouit d’une
santé financière très saine, avec une locomotive parisienne tirant l’ensemble de ses
congénères vers le haut. Conséquence,
après avoir pendant un temps cherché
ailleurs leur eldorado, les internationaux
français ont, ces dernières années, emprunté le chemin du retour. À l’image de
Nikola Karabatic, pour ne citer que la
principale tête de gondole du handball
français. Ainsi, sur les 16 « Experts » ayant
remporté la dernière finale mondiale en
2017, 12 évoluaient alors dans l’Hexagone.
Un retour de compétence qui s’accompagne d’une modernisation des salles,
d’une professionnalisation accrue de la Ligue nationale et de ses membres et, plus
important, d’une formation qui continue
de produire avec une impressionnante régularité de nouvelles pépites. Sauf qu’au
lieu de s’exporter pour s’aguerrir, comme
auparavant, celles-ci restent en France,
comme Nedim Remili à Paris ou Melvyn
Richardson à Montpellier. Au-delà de l’intérêt financier de rester au sein de formations qui paient très correctement et sans
retard, les joueurs s’épanouissent dans un
championnat à la densité ayant pour seul
concurrent viable son homologue allemand. Et de grandes stars internationales,
telles que Mikkel Hansen ou Sander Sagosen, n’hésitent plus à le rejoindre, participant aussi de son essor et de son épanouissement. Au point de mettre la main dès
cette année sur la Ligue des champions ? ■
QUARTS LIGUE DES CHAMPIONS
FLENSBOURG (ALL)
KIELCE (POL)
NANTES
28-28
sam. 17 h
dim. 19 h
MONTPELLIER
PARIS SG
SKJERN (DAN)
Le Nantais Eduardo Gurbindo (au centre) face aux joueurs du PSG, en championnat, le 12 avril à Paris.
Paris SG, Montpellier, Nantes, un trio aux dents longues
TROIS CLUBS en quarts de finale de la
Ligue des champions, la France
n’avait jamais connu une telle réussite, contrairement à ses voisins espagnol et surtout allemand, qui avait
même été jusqu’à placer quatre équipes dans le grand huit européen en
2011. Trois formations très différentes,
entre le Paris SG au budget gonflé par
les riyals qatariens, Montpellier et sa
capacité à durer dans le temps grâce à
la qualité de sa formation, et Nantes,
armé de son sens du recrutement à
l’étranger. Ce qui pourrait déboucher
sur un Final Four très bleu-blancrouge les 26 et 27 mai prochains à
Cologne.
SG, le mastodonte
uParis
17,7 millions d’euros. Tel
est le
budget du Paris SG cette saison pour
sa section handball. Moins que le salaire annuel du footballeur Neymar
mais, à l’échelle de la discipline, cela
fait du club de la capitale le plus fortuné d’Europe. Ce qui, évidemment,
induit des ambitions encore plus fortes sur l’échelle continentale. Demifinaliste il y a deux ans, finaliste la
saison dernière, le club racheté par le
Qatar en 2012 n’a plus qu’une marche
à franchir pour faire de son rêve une
réalité. Fort d’un recrutement
constellé de stars – dont sans doute
les trois meilleurs joueurs actuels de
la planète avec Nikola Karabatic,
Mikkel Hansen et Sander Sagosen – et
d’une solide base d’internationaux
français (Luc Abalo, Thierry Omeyer,
Luka Karabatic, Nedim Remili…), le
PSG n’a d’autre choix que de gagner
cette compétition. Face à Kielce, victorieux de la Ligue des champions en
2016, les Parisiens partiront favoris,
d’autant plus qu’en phase de groupes
les hommes de Noka Serdarusic ont
dominé par deux fois la formation polonaise (33-28, 30-29) cette saison.
u14 titres de champion de France,
Montpellier, l’historique
13 Coupes de France et 10 Coupes de la
Ligue. De loin le club au palmarès le
plus impressionnant en France,
Montpellier n’a cependant plus été sacré depuis 2012 et le début de l’émergence du Paris SG, concomitante avec
l’affaire des paris qui ébranla, sans la
couler, l’équipe héraultaise. Mais cette saison pourrait marquer le retour
au sommet de la formation dirigée par
l’incontournable Patrice Canayer, en
poste depuis 1994. À égalité avec Paris
en tête du championnat – mais avec
un match en moins –, Montpellier
rêve également de retrouver sa gran-
deur sur le plan européen grâce à une
formation toujours au top, capable de
sortir un Ludovic Fabregas ou un
Jean-Loup Faustin, ou de s’appuyer
sur de jeunes talents émergents comme Melvyn Richardson. Mercredi, en
quart de finale aller, les coéquipiers de
Michaël Guigou ont décroché un nul
prometteur à Flensburg (28-28), qui
ne leur garantit rien mais entrouvre la
porte menant au Final Four.
l’auberge espagnole
uNantes,
Le club qui ne cesse de monter.
Malgré un budget en retrait en comparaison de ceux du Paris SG et de
Montpellier, avec ses quasiment
6 millions d’euros, Nantes a vu celuici augmenter de 17,2 % en une saison.
Le signe que le club de Loire-Atlantique grandit vite et bien en s’appuyant
sur un public bouillant qui met le feu
alternativement à la salle de la Trocardière (4 500 places) ou au hall XXL
de la Beaujoire (10 750 places), utilisée pour les grandes occasions. Des
Nantais guidés par un entraîneur lui
aussi au sang chaud, Thierry Anti,
mais indissociable de leur réussite
depuis son arrivée en 2009. Avant lui,
le HBC n’était qu’un jeune pensionnaire de l’élite – rejointe en 2008 – en
quête de maintien. Depuis, Nantes
Coupe d’Europe : le Racing contraint à l’exil
En demi-finale de la Champions Cup, les Franciliens défieront la « Red Army » du Munster à… Bordeaux.
Il y a deux ans, les Racingmen, pour
leur première apparition dans le dernier
carré continental, avaient réussi le tour
de force d’aller s’imposer à Nottingham
contre Leicester (16-19). Habitués (déjà) à
voyager. Avant de défier dimanche les
Munstermen, « on est vraiment excités, on
sent la pression monter petit à petit »,
confie Bernard Le Roux.
ARNAUD COUDRY £@ArnaudCoudry
RUGBY Depuis son retour dans l’élite en
2009, le Racing 92 a appris à voyager. Les
Franciliens ont commencé par s’entraîner à la Croix-de-Berny à Antony, avant
de migrer en 2012 vers un complexe ultramoderne au Plessis-Robinson. Idem
pour leur stade, les Ciel-et-Blanc ont
quitté cette saison le vétuste Yvesdu-Manoir à Colombes pour investir la
U Arena, une enceinte totalement couverte située à la Défense. Dimanche, pour
la deuxième demi-finale de Coupe d’Europe de son histoire, le club des Hautsde-Seine est censé avoir l’avantage du
terrain contre les Irlandais du Munster.
Mais, comme il ne peut pas recevoir dans
son stade comme le prévoit le règlement,
le match aura lieu à… Bordeaux. « On n’a
pas choisi », déplore Laurent Travers,
l’entraîneur des avants franciliens.
Et, avec les grèves à la SNCF et à Air
France, difficile de rallier la Gironde. Ou
de revenir puisque deux jours d’action
sont prévus lundi et mardi. Le Racing
n’attend donc, officiellement, que
2 000 supporters. Le stade Chaban-Delmas - qui peut accueillir 30 000 spectateurs - risque d’être acquis à la cause de la
« Red Army », cette vague de fans tout de
rouge vêtus, qui devrait déferler sur la capitale aquitaine. D’autant que la compa-
DAVE WINTER/ICON SPORT
Des certitudes en attaque
L’équipe du Racing 92 sur la pelouse du stade Ernest-Wallon, le 15 avril à Toulouse.
MANUEL BLONDEAU/ICON SPORT
gnie irlandaise Aer Lingus a augmenté ses
liaisons Limerick-Bordeaux en prévision
du match. Mais pas de quoi inquiéter Laurent Travers. « J’espère qu’il y aura pas mal
de Français et que le côté patriote prendra le
dessus, insiste-t-il. Et que les Français seront du côté du Racing, j’ose l’espérer. »
Et le technicien de mettre les choses au
point : « Bien sûr que des fois, on peut
considérer qu’on n’a pas de seizième hom-
me. Mais, sur les cinq dernières rencontres
avec le Racing, la moyenne du public est
supérieure à 20 000 personnes. J’attends
de voir les autres équipes… Arrêtons de
penser que le Racing n’a pas de public. Je
n’espère qu’une chose, c’est que la France
sera dernière nous. Vous allez me dire que
ce seront peut-être des spectateurs et pas
des supporters, mais, avant d’être supporter, on a tous été des spectateurs. »
Les deux équipes commencent à se
connaître sur le bout des doigts pour
s’être affrontées quatre fois, en phase de
poules, ces deux dernières saisons (trois
succès irlandais, une victoire du Racing).
« C’est toujours très serré contre eux, ils
sont très forts en défense. Mais c’est aussi
notre point fort », poursuit le troisième ligne international.
En plus de sa solidité défensive, le Racing a retrouvé - après une dernière saison cauchemardesque - des certitudes en
attaque. Et fait preuve de caractère, en
dominant le Munster à la U Arena (34-30)
puis en allant s’imposer à Leicester (2023) et à Clermont (17-28), lors de ces trois
derniers matchs européens. Clin d’œil de
l’histoire, la finale de la Champions Cup
aura lieu, le 12 mai, à Bilbao, en Espagne.
Pas anodin pour le Racing, qui avait décroché le bouclier de Brennus en 2016
lors d’une finale du Top 14 délocalisée à
Barcelone. Les voyages, on y revient… ■
fait figure de troisième force du
championnat de France, avec un palmarès défloré en 2015 avec un succès
en Coupe de la Ligue, suivi l’an dernier d’une Coupe de France. Deux
trophées qui pourraient en appeler
d’autres.
Mais au-delà de ce soutien populaire
et d’un coach charismatique, la réussite de Nantes s’explique aussi par
une cellule recrutement qui effectue
un travail remarquable. Notamment
vers l’étranger. Si un club a pleinement bénéficié de l’effondrement
économique du championnat espagnol, c’est incontestablement Nantes
qui a vu passer dans ses rangs Valero
Rivera, Alberto Entrerrios ou Jorge
Maqueda, tous champions du monde
en 2013 avec la sélection ibérique.
Une filière entretenue aujourd’hui
avec David Balaguer ou Eduardo Gurbindo. Sans négliger l’apport du Macédonien Kiril Lazarov, l’un des
meilleurs buteurs de l’histoire de la
Ligue des champions, arrivé l’été
dernier. Un budget limité certes,
mais cela n’empêche pas les bonnes
idées. Opposé à l’autre équipe surprise de ces quarts de finale, les Danois
de Skjern, le club nantais partira favori. Mais méfiant. ■
C. C.
EN BREF
Tennis : Gasquet enchaîne,
Djokovic chute à Monaco
Richard Gasquet, dernier Français
en lice au Masters 1000 de MonteCarlo, s’est qualifié pour les quarts
de finale en écartant l’Allemand
Mischa Zverev (55e mondial), 6-2,
7-5. C’est un autre Zverev,
Alexander, le frère cadet de Mischa
et no 4 mondial, qui l’attend ce
vendredi pour décrocher une place
dans le dernier carré, un stade de
la compétition que Gasquet (34e)
n’a atteint qu’une seule fois au pied
du Rocher il y a treize ans.
Gasquet, qui s’était arrêté en
quarts en 2007 et en 2013, n’a pas
encore perdu un set cette semaine.
Fin de l’aventure, en revanche,
pour Novak Djokovic battu par
Dominic Thiem, 6-7, 6-2, 6-3.
Une défaite qui montre au Serbe,
certes en progrès, le chemin qui lui
reste à parcourir avant RolandGarros. L’Autrichien a, lui,
rendez-vous avec Rafael Nadal,
tombeur expéditif de Karen
Khachanov, 6-3, 6-2, pour un
quart de finale annoncé explosif
(en direct sur Canal + Sport).
Foot : chaud, le derby breton
Nantes reçoit Rennes, ce vendredi
(19 h 30, beIN) et Dijon accueille
Lyon (21 h, C+ Sp.) en ouverture
de la 34e journée de L1. Reims, de
son côté, sera assuré de remonter
parmi l’élite en cas de succès
contre l’AJ Ajaccio (20 h, beIN).
A
CÉDRIC CALLIER ccallier@lefigaro.fr
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vendredi 20 avril 2018
LE CARNET DU JOUR
12
Les annonces sont reçues avec justification d’identité
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01 56 52 27 27
deuils
Mme Robert Alaniou,
son épouse,
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en nos bureaux : 14 boulevard Haussmann, 75009 Paris,
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Ta
vendre
Louis, Ferdinand, Ninon,
Prosper, Matthieu, Jean
et Benoît,
ses petits-enfants,
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
ont la tristesse
de faire part du décès de
survenu le 12 avril 2018,
dans sa 88e année,
à la Maison Ferrari de Clamart.
le 17 avril 2018,
à l'âge de 87 ans.
Saint-Valentin,
Commémoration, Souvenirs,
Adoptions,
Noces,
Signatures,
Baptêmes,
Départsenretraite,
Fiançailles,
Communications
diverses,
Mariages,
Conférences,
Deuils,
Anniversaires,
Thèses,
Condoléances,
Jubilésacerdotal,
Cet avis tient lieu de faire-part.
Centenaires,
Portesouvertes,
Remerciements,
Ordination,
FêtedesMères,
Distinctions,
FêtedesPères,
Nominations,
Messeset
anniversaires,
Vœux
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Marie-Françoise (†) et Alain
Stevignon,
Pierre et Sylvie Cado,
Anne et Christian Boissel,
Christine-Marie et Yves
Kersuzan,
ses enfants,
Etienne, Maxime, Laure,
Marie, Charles, Anne,
François, Louise, Hélène,
Vincent, Cécile, Christophe,
ses petits-enfants,
Arthur, Marius, Chiara,
Apolline, Gabrielle, Augustin,
ses arrière-petits-enfants,
Ses guides thématiques
On nous prie d'annoncer
le décès de
Solange CATRY
chevalier
de la Légion d'honneur,
médaille de l'Aéronautique,
survenu dans sa 98e année.
Obsèques
Mariage
Demandez-les par courriel :
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Le Carnet du Jour • Le Figaro
14 boulevard Haussmann • 75009 Paris
Une messe a été célébrée
le mercredi 18 avril 2018,
en l'église
Saint-Pierre-Saint-Paul
de Clamart.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le samedi 21 avril 2018,
à 10 h 30, à la chartreuse
de Brec'h en Pays d'Auray.
L'inhumation aura lieu
le mardi 24 avril, à 11 heures,
au cimetière
de Saint-Lambert-des-Bois
(Yvelines).
Jean-Michel Fauve,
1, rue Richaud,
78000 Versailles.
médecin radiologue,
ancien attaché
des Hôpitaux de Paris,
le 16 avril 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée en l'église
Saint-Martin, à Villetoureix,
le samedi 21 avril, à 11 heures.
On rappelle le souvenir
de son épouse,
Aliette
née Caupenne.
« La Rivière », 24600 Ribérac.
Isabelle et Patrice Legendre,
Antoine Garreta,
Vincent et Fabienne
Garreta-Delorme,
Bertrand Garreta,
ses enfants,
Olivier et Michèle Messian,
Véronique
Chassaigne-Messian (†),
Gilles Messian,
Jean-Philippe et Dominique
Messian,
ses beaux-enfants,
Thomas, Clémence et Agathe
Legendre,
Laure, Noëlle et Maud
Garreta-Delorme,
Lola, Gabriel et Flore
Messian,
Jonathan, Victor et Iris
Chassaigne,
Raphaël Messian,
ses petits-enfants,
ont la grande tristesse
de vous faire part du décès de
Joël GARRETA
École de l'air 53
(pilote de chasse),
chevalier
de la Légion d'honneur,
Marie-Paule Lévy,
son épouse,
Guillaume, Pierre et Vanessa,
ses enfants,
Corinne Foucher-Charraire,
sa sœur,
Marie-Antoinette et Robert
Turberg,
ses beaux-parents,
Catherine et Olivier Romain,
sa belle-sœur et son beau-frère,
ses neveux et nièces
ont l'immense tristesse
de faire part du décès de
Jean-Marc LÉVY
avocat au barreau de Paris,
survenu le 15 avril 2018,
à l'âge de 61 ans.
L'inhumation aura lieu
le lundi 23 avril,
dans l'intimité familiale,
au cimetière
de Boulogne-Billancourt,
suivie d'une messe célébrée
en l'église
Notre-Dame-de-l'Assomptionde-Passy, Paris (16e),
à 15 heures.
survenu le 13 avril 2018,
dans sa 87e année.
Le défunt ayant donné
son corps à la science,
seule une amicale pensée
est demandée à ceux
qui l'ont estimé.
49-51, rue d'Aguesseau,
92100 Boulogne-Billancourt.
Olivier, Marie-Pierre, Corinne
et Patricia,
ses enfants,
ses 11 petits-enfants,
ses 13 arrière-petits-enfants
secrétaire général honoraire
de la CCIP (Chambre
de commerce et d'industrie
de région Paris-Île-de-France),
conseiller prud'homme
honoraire,
chevalier
de la Légion d'honneur,
officier
de l'ordre national du Mérite,
survenu le 6 avril 2018,
à l'âge de 94 ans,
à Affieux (Corrèze).
Famille Lefevre,
1, Balème, 19260 Affieux.
Elsa PINARD
née Pinci,
nous a quittés
à l'âge de 95 ans.
Pour tous ceux qui l'ont connue
et aimée que son souvenir
demeure.
De la part de
sa famille qui remercie
toutes les personnes qui
prendront part à sa peine.
L'absoute aura lieu en l'église
de Saint-Genis-Laval,
le samedi 21 avril 2018,
à 9 heures.
Ni fleurs, ni couronnes,
ni plaques.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Sa maman,
Monique Ducharne,
née de Rovinsky,
en union avec son mari Hervé,
Dominique Richard,
Didier et Virginie Richard,
Benoit Richard,
ses enfants,
Mathieu, Simon,
Florent, Louise, Lucile,
et leurs conjoints,
ses petits-enfants,
Miliau, Lubin, Mahault,
Violette, Daphné, Bastien,
Niels, Ulysse et Nohan,
ses arrière-petits-enfants,
ont la grande tristesse
de vous faire part du décès de
sa compagne Thi,
et ses enfants,
la famille Ducharne,
Brigitte Leroy,
ses amis
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Vincent SCHMITT
le 7 avril 2018.
Selon son souhait,
il a été inhumé au Vietnam.
Une messe à son souvenir
sera célébrée en l'église
Sainte-Marie-des-Batignolles,
à Paris (17e),
le mardi 24 avril, à 9 h 30.
Benjamin et Sébastien,
ses deux fils,
Mathilde et Valérie,
ses belles-filles,
Marius, Audrey, Fidéline,
Gautier et Constantin,
ses cinq petits-enfants,
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Philippe THOMAS
président fondateur
de Musidisc Europe
de 1955 à 1977,
président des Hôtels
du Groupe Frontenac
de 1978 à 2016,
survenu le 17 avril 2018,
à l'âge de 85 ans,
après une longue maladie.
La cérémonie religieuse
sera célébrée en l'église
de Marnes-la-Coquette,
le mardi 24 avril, à 14 h 30,
suivie de l'inhumation
au cimetière
de Marnes-la-Coquette.
Ses enfants recevront,
dans la propiété familiale,
la famille et les amis proches.
Christian et Françoise
de Vachon d'Agier,
Ghislaine et Hervé (†)
Le Grix de la Salle,
Béatrice et Alain (†)
Roques de Borda,
Hubert de Vachon d'Agier,
Mary de Vachon Whitfield,
Dominique et Dominique (†)
Gaussen,
Bénédicte et Georges
de Cadoudal,
Olivier de Vachon d'Agier,
Véronique et Michel Charrier,
ses enfants,
ses petits-enfants
et arrière-petits-enfants
ont la tristesse de faire part
du rappel à Dieu de la
baronne
Gérard de VACHON d'AGIER
née Odile Chambe,
le 19 avril 2018.
Une messe sera célébrée
en l'église
de Baudinard-sur-Verdon,
le samedi 21 avril, à 16 heures,
suivie de l'inhumation
au cimetière de Baudinard,
au côté de son époux.
Valmogne,
437, chemin du Prieuré,
83630 Baudinard-sur-Verdon.
messes
et anniversaires
Pour le premier anniversaire
du rappel à Dieu de
Alain MARCILHACY
une messe sera dite
à son intention,
le vendredi 27 avril 2018,
à 19 heures, en l'église
Saint-François-de-Sales,
6, rue Brémontier, Paris (17e).
Que ceux qui l'ont connu et
aimé aient une pensée pour lui.
remerciements
Odette, son épouse,
ses enfants et petit-fils
ainsi que toute sa famille,
très touchés des marques
de sympathie qui leur ont été
témoignées lors du décès de
M. Georges CHARDON
vous prient de trouver ici,
leurs sincères remerciements.
Sa belle-mère,
son épouse,
ses frères et sœur,
ses beau-frère et belles-sœurs,
ses neveux et nièces,
très touchés des marques
de sympathie qui leur ont été
témoignées lors du décès de
Ronan de MOREL
vous prient de trouver ici,
leurs sincères remerciements.
Mme Bernadette RICHARD
ont la tristesse
de faire part du décès de
Claude LEFEVRE
Saint-Genis-Laval (Rhône).
son fils,
Alexandre Schmitt,
Mme Joël Garreta,
née Catherine Millet,
son épouse,
née Campet,
pour accompagner les événements de votre vie.
Prénoms
M. Michel COPIN
Anne-Marie CADO
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le lundi 23 avril, à 10 h 30,
en l'église
Notre-Dame-de-l'Assomption,
90, rue de l'Assomption,
Paris (16e).
Arthur, Pénélope,
Timothée et Léonard,
ses petits-enfants,
Jean LEFORT
ainsi que toute la famille
ont la grande tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
endormie
dans la Paix du Seigneur,
le 19 avril 2018.
M. et Mme Michel Lefort,
M. Guy Lefort,
ses enfants,
font part du rappel à Dieu de
La cérémonie religieuse
sera célébrée en l'église
Saint-Louis-en-l'Île, Paris (4e),
le lundi 23 avril, à 11 heures.
L'ingénieur général
de l'armement Marcel Cado,
son époux,
Les annonces sont reprises sur
Vincent Copin,
Bruno et Isabelle Copin,
Anne et Thierry d'Aumale,
Florence Copin,
ses enfants,
ses petits-enfants
et arrière-petits-enfants
Naissances,
Prised’habit,
Villetoureix (Dordogne).
M. et Mme
François-Marie Pot,
M. et Mme Alexandre Alaniou,
ses enfants,
M. Robert ALANIOU
Officesreligieux,
Mme Michel Copin,
née Bernadette Rossignol,
son épouse,
survenu le 17 avril 2018,
à Paris, à l'âge de 95 ans.
Les collaborateurs des
Elle rejoint son époux,
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Claude Richard
décédé le 9 mai 2015.
La cérémonie religieuse
sera célébrée le lundi 23 avril,
à 11 heures, en la chapelle
de la maison de retraite
des sœurs augustines,
29, rue de la Santé, Paris (13e).
L'inhumation suivra
à 16 heures, au cimetière
Notre-Dame d'Alençon,
dans l'intimité familiale.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Hôtels du Groupe Frontenac
Philippe THOMAS
président du Groupe,
survenu le 17 avril 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée en l'église
de Marnes-la-Coquette,
le mardi 24 avril, à 14 h 30,
suivie de l'inhumation
au cimetière
de Marnes-la-Coquette.
offices religieux
La Fondation
Shmouel et Bassie Azimov
vous informe que
l'allumage des bougies
de Chabbat avec bénédiction
deux bougies pour
les femmes mariées, une bougie
pour les jeunes filles, se fera
ce vendredi 20 avril 2018,
avant 20 h 32,
(horaire pour l'Ile-de-France).
Le respect des lumières
de Chabbat conduira
aux lumières de la Rédemption.
Renseignements
Beth Loubavitch : 01 45 26 87 60.
,
* + . "+* -* ,
* + * #,
* + *"* '$ & % &'& ' (&$ & % ( % $%&') $&$%
$% & &$($% % $% .$!
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LE FIGARO
vendredi 20 avril 2018
CHAMPS LIBRES
13
BLANCHES/IMAGINECHINA
ENQUÊTE
Une exposition de photos numériques à Shenzhen. À terme, le « système de crédit social » collectera les informations fournies par les tribunaux, la police, le fisc, les sites de commerce électronique ou les réseaux sociaux.
Et la Chine créa Big Brother
Correspondant à Pékin
iu Hu, un journaliste d’investigation,
s’était spécialisé dans les enquêtes
sensibles : il dénonçait la corruption
de hauts responsables du régime. Arrêté en 2013 pour « fabrication et diffusion de rumeurs », il est condamné
fin 2016 pour « diffamation » dans une
autre affaire. La cour exige qu’il présente publiquement ses excuses, à ses frais. Mais c’est au printemps
2017 que sa vie bascule. Alors qu’il essaye de réserver
un billet d’avion sur Internet, un message apparaît :
il n’est pas autorisé à effectuer cet achat. « Je ne
comprenais rien à ce qui m’arrivait », se souvient cet
homme de 43 ans. En fait, sans que personne ne
l’avertisse, il avait été placé sur une « liste noire »
liée à son numéro de carte d’identité. Liu Hu n’a pas
non plus le droit de prendre des trains à grande vitesse, de solliciter un prêt bancaire ou d’acquérir un
appartement. Lorsqu’il s’en est rendu compte, il a
appelé le juge : la somme demandée n’était pas arrivée, le compte indiqué n’étant pas valide. Liu Hu a
de nouveau effectué un transfert, mais la cour lui demande désormais un montant bien supérieur. Une
exigence infondée, estime le journaliste, qui n’a
aucune idée du temps que durera sa mise à l’index.
Plusieurs dispositifs de ce genre sont testés dans
tout le pays depuis quelques années. Ils préfigurent
le vaste « système de crédit social » que la Chine est
en train de développer. Cet outil, dont une première
mouture doit être lancée à partir de 2020, a pour
ambition de répartir dans une sorte de fichier la population en bons et mauvais citoyens, en fonction de
données informatiques glanées dans tous les domaines. Il est présenté par Pékin comme un moyen de
renforcer le respect des règles et la stabilité sociale.
Mais ses détracteurs y voient l’avènement d’une
dystopie orwellienne : l’instauration d’un Big Brother, visant à permettre au régime autoritaire de
contrôler la moindre parcelle de la vie privée des
Chinois.
L
« Reconstruire les valeurs morales »
Le périmètre de ce dispositif n’a cessé de croître, depuis les premiers travaux de réflexion, lancés à la fin
des années 1990. Au départ, le but était classiquement de vérifier la solvabilité des emprunteurs. Mais
le concept a ensuite été étendu à tous les aspects de la
société. Ses contours sont en cours d’élaboration,
mais les informations fournies par les tribunaux, la
police, le fisc, les sites de commerce électronique ou
les réseaux sociaux devraient être collectées, si l’on
se fie aux expérimentations actuelles et aux experts.
L’objectif est « de s’assurer que les personnes dignes
de confiance seront récompensées dans tous les domaines ; et que celles qui brisent la confiance rencontreront des difficultés à chaque étape » de leur existence, résume un document gouvernemental publié
en 2014. Les individus défaillants seraient, par
exemple, pénalisés dans la recherche d’un emploi ou
d’un établissement scolaire ; et leur entourage pourrait même être touché, selon certains spécialistes.
«Le système envisagé est un outil efficace pour gouverner la société, mais aussi pour reconstruire les valeurs morales », se félicite Lin Junyue, chercheur à
Le Parti communiste
chinois, qui s’immisce
déjà dans le quotidien
des citoyens, met
au point un dispositif
pour récompenser
les « bons » sujets
et punir les « mauvais »,
en collectant
des données dans tous
les domaines de leur vie.
Fondé sur les nouvelles
technologies,
« le système de crédit
social » doit être
opérationnel en 2020.
l’Association chinoise de développement du marché, et considéré comme le « père » du dispositif. Il
estime que « des punitions sont nécessaires » pour
lutter contre les problèmes sociaux qui secouent la
Chine, comme les scandales de sécurité alimentaire
ou les sites de microcrédits en ligne recourant à des
méthodes de mafieux. Quand le projet sera achevé,
« tous les individus seront notés », de même que les
entreprises et les établissements publics, avance Lin
Junyue. Certains chercheurs pensent cependant
qu’une telle entreprise sera compliquée à mettre en
œuvre techniquement pour près de 1,4 milliard
d’habitants. Et peut-être aussi à faire accepter politiquement. Le mécanisme pourrait donc reposer au
départ sur des listes noires.
Pour l’heure, les punitions infligées dans les dispositifs pilotes portent souvent des restrictions dans
les transports. La Cour suprême chinoise a précisé
qu’environ 10 millions de personnes, qui n’avaient
pas payé leur dette ou exécuté une décision de justice, se sont vu interdire l’accès aux avions ou aux
trains rapides, entre 2013 et début mars 2018. L’institution estime que ces représailles ont contraint des
millions de personnes à obtempérer, alors que le
gouvernement, faute de lois et d’institutions efficaces, peine généralement à traquer les impayés. Mais
le régime s’apprête à franchir une étape supplémentaire à partir du 1er mai. En plus des mauvais
payeurs, seront également bannis des airs et de certains chemins de fer des personnes ayant propagé de
fausses informations sur le terrorisme, utilisé des
billets périmés, fumé dans un wagon, ou encore
omis de s’acquitter de leur assurance sociale.
Ce n’est qu’un début. Le Parti communiste chinois
(PCC) s’immisce déjà dans la vie quotidienne des citoyens depuis des décennies, « mais les nouvelles
technologies lui permettent de rendre ses méthodes
plus efficaces », explique Samantha Hoffman, chercheuse au Mercator Institute for China Studies. Tel
qu’il est imaginé, le système « accroîtrait la capacité
du Parti à façonner le comportement des individus »,
poursuit cette experte. Le principe est d’agir de façon préventive, « afin d’éviter l’émergence de tout
problème susceptible de menacer le régime », ajoutet-elle.
«C’est effrayant, car cela va faire de la Chine un
État policier », s’inquiète l’historien indépendant
Zhang Lifan, qui craint que ce chantier ne serve à
faire encore davantage pression sur ceux qui dérangent le gouvernement. Outre le fait que « la création
d’immenses bases de données constitue une violation
du droit à la vie privée », Maya Wang, chercheuse
pour Human Right Watch (HRW), dénonce aussi des
critères « très arbitraires » pour placer les gens sur
une liste noire. Le fait que le système collectera aussi
des données juridiques ne rassure pas non plus certains observateurs, la frontière entre ce qui est politique et ne l’est pas étant floue. « Une personne peut
ainsi être accusée de violer la loi sur la cybersécurité si
elle exprime en ligne des idées qui vont contre les intérêts du Parti », fait observer Samantha Hauffman.
Dans un scénario à la 1984, les autorités chinoises,
Une personne peut ainsi être accusée
de violer la loi sur la cybersécurité
si elle exprime en ligne des idées
qui vont contre les intérêts du Parti
»
SAMANTHA HOFFMAN, CHERCHEUSE AU MERCATOR INSTITUTE FOR CHINA STUDIES
qui ont déjà installé plus de 170 millions de caméras
de surveillance sur le territoire, chercheront en toute logique à intégrer la reconnaissance faciale dans le
projet, prévoient les spécialistes. Il deviendra alors
encore plus facile de bloquer un individu, grâce à
cette technologie très prisée par le régime. Le système Skynet de caméras, installé dans 16 municipalités
et provinces chinoises, aurait ainsi permis d’identifier en deux ans plus de 2 000 personnes recherchées, selon la presse d’État. Tout récemment, un
fugitif a même été repéré – à sa plus grande stupéfaction – dans une foule de 60 000 personnes assistant à un concert de musique pop dans la ville de
Nanchang. Et les médias chinois ont montré en février des policiers en train de scanner la foule avec
des lunettes équipées de systèmes de reconnaissance
faciale, dans la ville de Zhengzhou.
Prédire des futurs crimes
C’est au Xinjiang, aux confins de l’Asie centrale, que
cette logique ultrasécuritaire est poussée à son paroxysme. Dans cette région troublée par des violences ces dernières années, les autorités utilisent un algorithme pour prédire des crimes futurs et mettre de
façon préventive les personnes suspectes dans des
centres de rééducation politique extrajudiciaire, affirme HRW. Le monde imaginé par Steven Spielberg
dans Minority Report, où la police intercepte les criminels avant qu’ils n’agissent, serait donc en train
de devenir une réalité. Selon l’association, le gouvernement, qui s’inquiète de liens éventuels entre
« séparatistes » et djihadistes, puise pour cela dans
un vaste ensemble de données : images tournées par
des caméras de vidéosurveillance, mouvements
bancaires, dossiers juridiques, ou encore informations glanées dans les smartphones et les ordinateurs. Les autorités sanitaires, ajoute HRW, ont par
ailleurs commencé à recueillir l’ADN de la population locale, largement peuplée d’Ouïgours, une ethnie de religion musulmane, dans le cadre d’un programme de santé gouvernemental.
De nombreuses incertitudes planent encore sur le
système de crédit social. Lin Junyue, son fondateur,
pense qu’il ne comprendra que des fonctions de base
en 2020, et qu’il « faudra au moins dix ans de plus
pour le terminer ». Mais l’unification des différents
systèmes existants pourrait prendre beaucoup plus
de temps. Le gouvernement va en outre être
confronté à d’épineuses questions juridiques, notamment sur la protection des données.
L’idée de ce « flicage informatique » n’est pas apparue par hasard en Chine. Elle revient en effet à numériser et à perfectionner le dang’an : ce dossier
physique détenu par l’administration compile toutes
sortes d’informations sur les citoyens depuis leur
plus jeune âge (commentaires des enseignants, rapport des employeurs…). Sous le règne de Mao Tsétoung, le Parti le consultait pour l’attribution des
emplois ou même autoriser les mariages. Mais avec
le développement de la mobilité interne, il a montré
ses limites, et la plupart des sociétés privées ne l’exigent plus.
Pour l’heure, le projet en cours a suscité peu de
réactions en Chine. « Comme il vise les mauvais comportements, beaucoup de gens pensent qu’ils ne seront
pas concernés », observe Li Ming, consultant à l’Institut de recherche sur le big data de Pékin. Mais dans
un pays où même les images de Winnie l’Ourson
sont censurées sur Internet – certains internautes les
utilisant pour évoquer le président chinois Xi Jinping
– les Chinois pourraient déchanter si leur espace de
liberté recule encore. ■
A
Cyrille Pluyette
£@CyrillePluyette
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
vendredi 20 avril 2018 LE FIGARO
14
CHAMPS LIBRES
DÉBATS
Laïcité
■ « Le lien entre l’Église et l’État s’est abîmé », a déclaré Emmanuel Macron lors de
son discours aux Bernardins. Une phrase qui a séduit certains catholiques et choqué
les défenseurs d’une vision républicaine de la laïcité. Alors que le président de la République ambitionne de réformer l’islam de France, la
loi de 1905 doit-elle être
adaptée aux défis religieux
contemporains ? C’est l’avis
de l’historien Camille Pascal,
pour qui le compromis du
début du XXe siècle n’est
ous les ogives du Collège
entre le ministère de la Guerre
plus en mesure de répondre
des Bernardins, bravant
et le Grand Orient de France eut été
efficacement au retour du
les sceptiques de chaque bord
révélé au grand jour.
refoulé religieux.
- ce sont ses propres termes Il pensait conserver les voix
Pour Laurent Bouvet, fonda, le président de la République de la gauche radicale, mais cette
teur du Printemps répua lancé, devant un parterre
concession n’empêcha pas sa chute.
attentif, ému et mitré, une phrase
La loi sera finalement votée et, grâce
blicain, toute remise en
qui le soir même donnait des
à l’habileté politique d’Aristide Briand,
cause de cet équilibre sapeconvulsions aux thuriféraires du petit
la France échappera à la guerre civile.
rait les fondements de notre
père Combes. En évoquant un lien entre
Il est vrai qu’une autre guerre
pacte social.
l’Église et l’État, Emmanuel Macron
se préparait, mondiale celle-là,
La loi de 1905 n’est pas sacrée
et indépassable
S
aurait porté - selon eux - un coup
terrible à la République, qu’il a le devoir
d’incarner.
C’est évidemment oublier un peu vite
que la loi de séparation des Églises et de
l’État est d’abord le fruit d’un concours
de circonstances dont, à l’origine,
Émile Combes lui-même ne voulait pas.
Dès les années 1880, la IIIe République
conduisait une guerre sans merci
contre les congrégations religieuses,
mais il n’était pas question, même
pour un gouvernement anticlérical,
de mettre fin à un concordat qui offrait
un outil de contrôle très efficace. Les
curés avaient interdiction d’exprimer
une opinion politique en chaire et
obligation de prononcer leurs sermons
en français - même au cœur du pays
bigouden - de façon que les préfets
puissent s’assurer que leurs contenus
n’étaient pas hostiles à la République.
C’est le scandale des fiches qui
entraîna le vote
précipité de la loi
dite de séparation.
Combes y consentit
pour protéger
Un concordat entre l’État et les religions pourrait
sa majorité au bord
présenter, aujourd’hui, plus d’avantages
de l’implosion
que d’inconvénients, plaide l’historien*.
après que le lien
CAMILLE PASCAL
Bien évidemment, à un siècle
de distance, la société française,
très déchristianisée, n’est plus celle
de Maurice Barrès. Dans le pays
de saint Vincent de Paul ou de sainte
Thérèse de Lisieux, souhaiter un joyeux
Noël à ses collègues relève presque
du geste communautaire. Pourtant,
si les laïcistes ont cru benoîtement
que la sécularisation de la société
simplement encadrée par l’école
de la République viendrait à bout
et qui allait bientôt réconcilier, dans
du sentiment religieux, ces bons
la boue sanglante des tranchées,
apôtres du progrès n’avaient pas prévu
officiers catholiques et instituteurs
le retour du refoulé. Les prières de rue
radicaux-socialistes. C’est ainsi qu’en
sont venues rappeler aux militants
1920 le Parlement d’une République,
du Droit
au logement que
Peut-être faudra-t-il qu’un jour
prier dignement
est aussi un droit
nous ayons collectivement le courage
fondamental.
de nous demander si une pratique trop
Et les grandes
corsetée de la laïcité, loin d’être la solution manifestations
de 2013 contre
tant vantée, ne fait pas obstacle
la loi Taubira
à ce fameux vivre ensemble
ont montré que
les convictions
intimes n’étaient
pas aussi facilement solubles dans
qui avait pourtant consommé
le progressisme de société qu’il était
son divorce religieux quinze ans plus
permis de le penser attablé
tôt, vota à l’unanimité l’instauration
à la terrasse du Café de Flore.
de la fête nationale de sainte Jeanne
Plus tragique, le terrorisme islamiste
d’Arc et du patriotisme toujours
qui s’acharne sur notre vieux pays avec
en vigueur et jamais contestée !
une rage folle et la montée, jusque dans
Dès l’année suivante, les relations
nos campagnes, de la radicalisation
diplomatiques avec le Saint-Siège
appelleront peut-être demain
étaient rétablies et le lien entre l’Église
un aggiornamento politique
et l’État était renoué. Aux Bernardins,
sur ces questions.
Emmanuel Macron n’a donc fait
Une République qui, selon la formule
que marcher sur les traces de Poincaré,
consacrée, ne reconnaît, ne salarie
de Millerand et d’autres prédécesseurs.
ni ne subventionne aucun culte
Faut-il le lui reprocher ?
«
»
est-elle encore en mesure d’offrir
à l’exercice de la religion un cadre
qui la protège de détournements
pervers dont elle est la victime
et l’objet ? Cette question cruciale,
personne n’ose encore la poser,
mais c’est oublier, là encore un peu
vite, que le concordat de 1801 fut aussi
voulu par Bonaparte pour mettre
un terme aux guerres de Vendée
et ramener en France la paix civile avec
la paix religieuse.
Peut-être faudra-t-il qu’un jour
nous ayons collectivement le courage
de nous demander si une pratique
trop corsetée de la laïcité,
loin d’être la solution tant vantée,
ne fait pas obstacle à ce fameux vivre
ensemble si communément invoqué
dès lors qu’elle refuse obstinément
à l’État le droit d’intervenir
dans le fait religieux, qui reste
- au même titre que la culture un fait social.
Certes, un tel renversement
des points de vue exigerait de la part
de la société française, qui n’y est
certainement pas prête, une véritable
révolution copernicienne, tant du point
de vue de la pensée politique, souvent
très conformiste, que d’un droit qui
manque parfois de souplesse. Il faudrait
accepter l’idée que le monde ne tourne
pas autour d’une loi votée en France
il y a plus d’un siècle et que la religion
reste au cœur des principales
interrogations de l’humanité.
Cela, pourtant, aucune puissance
publique ne peut feindre de l’ignorer.
* Auteur de « Ainsi Dieu choisit
la France. La véritable histoire
de la Fille aînée de l’Église » (Plon, 2016).
Remettre en question l’équilibre de 1905,
ce serait ouvrir la boîte de Pandore
DESSINS FABIEN CLAIREFOND
D
LAURENT BOUVET
GUILLAUME PEPY
PRÉSIDENT-DIRECTEUR GÉNÉRAL DE LA SNCF
A
force de cette loi constitutive de notre
socle républicain. Elle nous permet
en effet, en tant que citoyens, d’avoir
la liberté de croire ou de ne pas croire
bien évidemment mais encore
de changer de croyance, de cesser
de croire et même de croire comme
on l’entend, sans qu’aucune institution
ni aucun dogme ne puissent nous
en dissuader ou nous en empêcher,
qu’il émane de l’État ou d’un
quelconque culte. Cette liberté est
protégée de toute tentation de religion
officielle par la neutralité de l’État
comme elle est protégée de toute
pression religieuse par l’État.
C’est l’équilibre
sur lequel nous
La laïcité est bien plus qu’un simple
vivons aujourd’hui
encore – malgré
ensemble de dispositions juridiques
quelques
consignées dans des lois. C’est un
exceptions et
aménagements
principe philosophique et politique
locaux en Alsacesur lequel s’appuie notre contrat social
Moselle
concordataire,
en raison des régimes spécifiques
purement civils, permettant par là
d’outre-mer ou des modalités de
l’égalité de tous, catholiques ou non,
participation de l’enseignement privé
croyants ou non.
au service public de l’Éducation
En 1905, la laïcité trouve son point
nationale qui ne remettent pas
d’équilibre dans la loi dite
pour autant en cause le caractère
« de séparation des Églises
laïque de la République inscrit
et de l’État ». Le législateur républicain
dans notre Constitution. Or cet
réunit dans un même texte liberté
équilibre pourrait être bouleversé par
de conscience, liberté de culte et
la nécessité de plus en plus pressante
séparation entre l’État et les cultes,
d’intégrer dans le pacte républicain
l’une se nourrissant de l’autre.
un culte musulman qui n’était pas
C’est d’ailleurs tout l’intérêt et toute la
présent de manière significative sur
le territoire métropolitain en 1905. Les
difficultés d’organisation d’un islam
de France, désormais bien connues
(sources de financement, divisions
intracommunautaires, multiplicité
des pratiques…), sont redoublées dans
le contexte, national et international,
de forte radicalisation d’une partie
des musulmans.
L’enjeu en la matière n’est pas,
Dimanche 22 avril 2018 12H-13H
comme certains voudraient le croire,
de savoir si l’islam est compatible
ou non avec la République. Il est
ans son discours
des Bernardins,
le président de la
République a suggéré
que le lien entre l’État et
l’Église catholique aurait
été abîmé ; il a également appelé
les catholiques à s’engager davantage
en politique, au nom de leur
spiritualité et de leur foi. S’il est bien
évident que le chef de l’État n’a pas
porté atteinte aux dispositions de la loi
de 1905 en tant que texte juridique,
on peut en revanche s’interroger
sur les implications de telles assertions
au regard de la laïcité comme
principe. D’autant qu’au-delà
de cette reconnaissance témoignée
aux catholiques, c’est à l’organisation
d’un islam de France que pense
depuis un moment déjà le président
de la République, ce qui soulève
une question clef : cette organisation
est-elle possible dans le cadre laïque
actuel ou ne peut-elle se faire
qu’en le transformant
fondamentalement pour l’adapter
aux défis particuliers qu’elle soulève ?
La laïcité est bien plus qu’un simple
ensemble
de dispositions
juridiques
consignées dans
Pour le fondateur du Printemps républicain,
des lois, celle
de 1905 au premier
la laïcité telle qu’elle est organisée par la loi
chef, ou reconnues
de 1905 est un outil de résistance précieux
par la Constitution.
de la France à « l’âge identitaire ».
C’est un principe
Benjamin SPORTOUCH - RTL / Alexis BREZET - LE FIGARO / Christophe JACKUBYSZYN - TF1/LCI
philosophique et politique sur lequel
s’appuient notre contrat social et notre
« commun » français. Produit d’une
longue histoire, souvent conflictuelle,
il s’inscrit à la fois dans la continuité
de la construction étatique française
commencée sous la monarchie
et étroitement liée au catholicisme,
et dans la rupture révolutionnaire,
à partir du moment où non seulement
l’État est laïcisé mais où la société
elle-même peut se séculariser puisque,
par exemple, les moments principaux
de la vie du sujet devenu citoyen
(naissance, mariage, mort) échappent
désormais à l’Église pour devenir
«
»
I
de décider, concrètement et
collectivement, si l’on considère
ou non que le cadre laïque est le mieux
adapté au défi de l’intégration
de l’islam dans la République.
Ou, dit autrement, si l’on considère
les Français de confession musulmane
avant tout comme des citoyens, à
égalité de droits et de devoirs avec tous
les autres, ou bien si l’on considère
ces concitoyens avant tout comme
des musulmans, définis et déterminés
par leur foi, et donc que l’on doit
adapter notre régime de séparation
aux nécessités de l’organisation
de ce culte, en particulier en matière
de financement public.
Cette dernière option conduirait
ni plus ni moins à remettre en cause
tout l’équilibre de la loi de 1905.
Ce serait la fin du régime de séparation
lui-même bien évidemment (les autres
cultes pourraient ainsi légitimement
faire valoir leur droit au financement
public), mais ce serait aussi
l’abaissement des conditions même de
l’exercice de la liberté de conscience.
Comment en effet considérer comme
libre de sa conscience celui que l’on
désignerait avant tout, dans sa relation
à l’État, comme membre d’un culte
reconnu par celui-ci ? Comment
échapper, comme musulman, à l’islam
de France tout en bénéficiant des
conditions, financières notamment,
qui lui seraient réservées ? Et qu’en
serait-il de tous ceux, croyants
ou non, qui ne se retrouveraient pas
dans des cultes ainsi reconnus
et représentés officiellement ?
Face à l’ouverture d’une telle boîte
de Pandore, la France dispose
avec la laïcité et sa traduction dans
la loi de 1905 d’un formidable principe
d’équilibre politique au regard du fait
religieux contemporain, et ce dans un
monde entré de plain-pied dans l’âge
identitaire. Soyons-en aussi dignes que
nous devons en être fiers.
*Professeur de science politique
à l’université de VersaillesSaint-Quentin-en-Yvelines.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
vendredi 20 avril 2018
CHAMPS LIBRES
OPINIONS
15
a Syrie est-elle en passe
de glisser de la guerre civile
à une guerre régionale ? Nous
venons peut-être d’en vivre
les prémices, avec les frappes
alliées sur des sites syriens
d’armements chimiques et, quelques jours
plus tôt, l’attaque israélienne contre des
installations iraniennes près de Homs. Les
deux opérations n’ont pas de lien direct,
mais elles visent
le même objectif
— brider les
agissements
dangereux de Damas
Le directeur de recherche au CNRS analyse
et de Téhéran —
les enjeux de la riposte occidentale en Syrie après
et mettre au défi
l’usage d’armes chimiques par le régime de Damas.
le pouvoir quasi
L
RAN HALÉVI « POUR LE FIGARO »
@
100 000 citations
et proverbes sur evene.fr
ENTRE GUILLEMETS
20 avril 1808 à Paris :
naissance
de Louis-Napoléon
Bonaparte
DOMAINE PUBLIC
Napoléon III
Surtout
n’ayez pas peur
du peuple,
il est plus
conservateur
que vous
»
ANALYSE
Paule Gonzales
pgonzales@lefigaro.fr
à Damas. Pour fortifier le gouvernement
syrien, Moscou envisage de lui vendre des
missiles antiaériens S-300, voire S-400,
qui rendraient autrement difficiles les
opérations israéliennes en Syrie. C’est ici
que l’affaire des armes chimiques touche à
la situation de quasi-guerre qui met
désormais aux prises l’État hébreu et les
milices dirigées par les gardiens de la
révolution iraniens.
La présence en Syrie de ces quelque
20 000 hommes n’a apparemment d’autre
dessein que d’y établir un avant-poste
pour cibler le territoire israélien. Leur
projet d’y construire une base aérienne
et des ateliers
de fabrication
La dernière chose
de missiles de haute
que souhaite le gouvernement
précision est
russe aujourd’hui est un embrasement
considéré à
Jérusalem comme
israélo-iranien en Syrie
un casus belli. Ces
installations ont été bombardées par
pas l’objectif prioritaire de cette
Tsahal en février puis la semaine dernière,
opération : dissuader le dictateur
faisant pour la première fois plusieurs
de Damas d’employer à l’avenir l’arme
victimes parmi les gardiens de la
chimique. Les sites détruits ne
révolution. Jérusalem est résolue de ne pas
l’empêcheront pas d’en fabriquer, mais
répéter l’erreur d’avoir laissé le Hezbollah
c’est leur utilisation qu’il faut commencer
réunir au Liban une panoplie de missiles
par faire cesser. Et il est bien trop tôt pour
qui couvrent aujourd’hui la totalité du
mesurer le pouvoir de dissuasion des
territoire israélien.
Occidentaux.
Pour l’heure, le régime iranien
La Russie non plus ne sort pas indemne
se trouve empêtré dans ses propres
de cette épreuve. Ses avertissements sur
problèmes : chute de la monnaie,
les représailles apocalyptiques
contestations populaires, incertitude
qu’entraînerait l’intervention alliée n’ont
quant à la décision prochaine du président
troublé personne. Et ses dénégations sur
américain sur l’accord nucléaire. Autant
les attaques chimiques à Douma ne sont
de raisons de ne pas s’aventurer dans un
pas plus potables que son annonce d’avoir
conflit armé avec Tsahal pour maintenir
intercepté la plupart des missiles tirés sur
sa présence en Syrie, très impopulaire
les sites syriens. De fait, les frappes ont
en Iran. Seulement, les gardiens
sérieusement endommagé, sous le regard
de la révolution ne sont pas travaillés
des Russes, le potentiel d’armements
par les mêmes contraintes dans la guerre
chimiques de leur client. C’est leur propre
larvée qui les oppose à Israël.
pouvoir de dissuasion qui vient
La dernière chose que souhaite
d’être atteint.
le gouvernement russe aujourd’hui
Le Kremlin connaît assez son infériorité
est un embrasement israélo-iranien
dans le domaine conventionnel pour
en Syrie. Mais son ascendant politique
risquer un conflit frontal avec les
et militaire suffit-il à l’empêcher ? Rien
Occidentaux. Mais il tient à sa propre ligne
n’est moins sûr.
rouge : pas de changement de régime
sur l’échelle de l’horreur. Non seulement
parce que cette manière de faire mourir
est d’une atrocité indicible et qu’elle viole
les conventions internationales, mais
parce qu’elle ouvre la voie à des pratiques
de tuerie de masse autrement
dévastatrices. Douma résistait au régime
syrien malgré des bombardements
massifs ininterrompus. C’est alors
qu’Assad a décidé de lancer l’attaque
chimique. Quelques heures plus tard,
les rebelles ont capitulé.
Les frappes alliées auraient pu, certes,
cibler plus durement l’appareil militaire
syrien, mais rien ne dit qu’elles ne servent
«
»
Justice : un projet de loi loin
des promesses de campagne
Q
ue reste-t-il
du programme pour
la justice du candidat
Emmanuel Macron ?
Les mauvaises langues
répondront « du poil
à gratter pour les
magistrats et les avocats », mais peu
de la grande réforme structurelle que
le futur président de la République
annonçait dans la Gazette du Palais
du 14 mars 2017. Une réforme qui
reposait d’abord sur une révolution
numérique qui s’est visiblement perdue
dans les sables de la Chancellerie. Le
candidat Emmanuel Macron rêvait qu’il
soit possible, au civil, de « conduire
les procédures de manière entièrement
dématérialisée, des conclusions aux
échanges de pièces jusqu’à la décision
rendue ». Il annonçait l’avènement
des « legal tech », ces plateformes
numériques qui auraient dû permettre
« de résoudre plus rapidement des
conflits de la vie quotidienne, simples, par
le recours à la médiation en ligne ». Une
révolution qui s’est autodissoute devant
les réticences de la Chancellerie, sans
doute inquiète de ne pouvoir contrôler
ces nouvelles entités. Le président
Macron devra donc se contenter
de la saisie en ligne des litiges
et de la généralisation des « services
d’accueil unique du justiciable »
permettant de suivre son dossier. Pour
le reste, « les dossiers papier ont encore
Dassault Médias
14, boulevard Haussmann
75009 Paris
Président-directeur général
Serge Dassault
Administrateurs
Nicole Dassault, Olivier
Dassault, Thierry Dassault,
Jean-Pierre Bechter, Olivier
Costa de Beauregard, Benoît
Habert, Bernard Monassier,
Rudi Roussillon
hégémonique de la Russie en Syrie.
La riposte occidentale au massacre
chimique de Douma a suscité de sérieuses
réserves qu’on ne saurait méconnaître.
Je ne parle pas des prosélytes assermentés
de l’inaction, qui empilent d’excellentes
raisons de ne rien faire chaque fois qu’un
tyranneau viole la loi internationale ou
décime des populations civiles en les faisant
gazer à l’occasion. Voyez les conséquences
onéreuses de notre démission, sous la
houlette de M. Obama, après les attaques
chimiques en 2013 par le même régime
Assad : destruction d’Alep, essor de Daech,
emprise de la Russie et de l’Iran sur la Syrie,
crise des migrants à nos portes…
Je parle des critiques d’ordre politique
et stratégique. Elles soulignent d’abord les
incohérences de la politique américaine :
bombarder la Syrie tout en s’engageant à
faire partir de son territoire les maigres
troupes américaines n’est pas la meilleure
recette pour inhiber le président syrien.
Quant à la promesse sonore de M. Trump,
après le carnage de Douma, de « faire
payer cher » à Assad et à ses bienfaiteurs
russes et iraniens, l’image du dictateur
syrien vaquant paisiblement à ses
besognes au lendemain des raids alliés en
dit long. Tout comme la fanfaronnade de
Trump sur « mission accomplie », qui
résonnait plutôt comme une promesse
de ne pas recommencer.
Une opération pour rien, disent certains
experts : à force de la réduire à quelques
cibles pour épargner des civils, éviter les
zones contrôlées par les Russes, sans
même toucher l’infrastructure militaire
syrienne, elle a écorné la crédibilité des
Occidentaux bien plus que le régime de
Damas. Et même si Assad s’abstient
dorénavant d’utiliser l’arme chimique,
cette riposte précautionneuse paraît lui
accorder un blanc-seing pour continuer à
massacrer librement son peuple, pourvu
que ce soit avec des armes traditionnelles.
Ces objections ne sont pas indifférentes,
mais elles en appellent d’autres à leur tour.
On ne peut considérer l’usage des armes
chimiques comme un simple pas de plus
SOCIÉTÉ DU FIGARO SAS Directeur des rédactions
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Directeur délégué des rédactions
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Président
Serge Dassault
Directeurs adjoints de la rédaction
Gaëtan de Capèle (Économie),
Directeur général,
Laurence de Charette (directeur
directeur de la publication de la rédaction du Figaro.fr),
Marc Feuillée
Anne-Sophie von Claer
(Style, Art de vivre, So Figaro),
Christiane Féral-Schuhl, présidente
du Conseil national des barreaux,
luttent pied à pied pour faire reculer
la Chancellerie, qui a fait quelques
concessions. Le ministère de la Justice
a aussi calé devant la promesse
de réformer l’aide juridictionnelle dont
la gestion devait échoir aux barreaux.
De même, de la réforme de la carte
judiciaire, il ne reste que l’absorption
des tribunaux d’instance par ceux
de grande instance. De quoi mettre les
magistrats dans
Nous n’avons jamais compris quelle était la rue. Il n’est plus
question de revoir
la ligne directrice de la Chancellerie
le nombre de
CÉLINE PARISOT, SECRÉTAIRE GÉNÉRALE DE L’USM
cours d’appel ou
de « spécialiser »
les juridictions. Cela se fera sur la base
de résolutions amiables pour tout litige
du volontariat et d’expérimentations.
arrivant devant le tribunal, certaines
De quoi obliger la ministre de la Justice
de ses modalités étant payantes pour
à porter la bonne parole de juridiction
le justiciable. Au pénal, le candidat
en juridiction comme ce fut le cas jeudi
Macron souhaitait un seul dossier
à Senlis. Enfin, si en matière de peines,
numérique, allant de l’enquêteur
tout est fait pour favoriser celles
au procès, et une procédure qui inclut
alternatives et vider les prisons, Céline
« une mise en état numérique des
Parisot, secrétaire générale de l’USM,
procédures correctionnelles », afin
détecte entre autres incohérences
d’éviter les renvois inutiles. Las.
« la fixation d’une date d’incarcération
Le président Emmanuel Macron
pour les peines comprises entre 6 mois
ne reniera pas les mesures qui donnent
ou un an, mais pas les autres »,
plus de pouvoirs aux parquets, mais
ou encore « des détentions de 15 jours
aucune ne contribue à réduire les délais
sous bracelets électroniques
de la justice comme il le souhaitait. Pas
incontrôlables. Nous n’avons jamais
même l’amende pénale qui dépend
compris quelle était la ligne directrice
toujours d’une procédure papier.
de la Chancellerie », conclut-elle.
En attendant, les avocats emmenés par
de beaux jours devant eux. Nous avons
juste réinventé le mail », sourit un
connaisseur du dossier. La Chancellerie
s’est plutôt efforcée de « limiter l’accès
au juge », regrette Marie-Jane Ody,
secrétaire générale de l’Union syndicale
des magistrats (USM), qui relève, pêlemêle, la fin de l’audience de conciliation
pour les divorces, la création d’une
juridiction nationale des injonctions de
payer, la déjudiciarisation de la révision
des pensions alimentaires et l’obligation
«
Anne Huet-Wuillème (Édition,
Photo, Révision),
Arnaud de La Grange
(International),
Étienne de Montety
(Figaro Littéraire),
Bertrand de Saint-Vincent
(Culture, Figaroscope, Télévision)
et Yves Thréard (Enquêtes,
Opérations spéciales, Sports)
»
Directeur artistique
Pierre Bayle
Rédacteur en chef
Frédéric Picard (Édition)
Éditeur
Sofia Bengana
Éditeur adjoint
Robert Mergui
FIGAROMEDIAS
9, rue Pillet-Will, 75430 Paris Cedex 09
Tél. : 01 56 52 20 00
Fax : 01 56 52 23 07
Président-directeur général
Aurore Domont
Direction, administration, rédaction
14, boulevard Haussmann
75438 Paris Cedex 09
Tél. : 01 57 08 50 00
direction.redaction@lefigaro.fr
VOX
…
SOCIÉTÉ
Sciences Po bloquée :
le coup de gueule
des étudiants contre
« la ZAD de Saint-Germaindes-Prés ». La tribune
des jeunes gaullistes
et de l’UNI
… MÉDIAS
« À quoi sert encore
le CSA ? » La tribune
du président
de Sud Radio,
Didier Maïsto
… ÉCONOMIE
Prélèvement à la source :
Bercy va faire travailler
les entreprises à sa place.
La tribune du chef
d’entreprise
Pierre Brajeux
Impression L’Imprimerie, 79, rue de Roissy
93290 Tremblay-en-France
Midi Print, 30600 Gallargues-le-Montueux
Ecoprint Casablanca Maroc. ISSN 0182-5852
Commission paritaire n° 0421 C 83022
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1er cahier 16 pages
Cahier 2 Économie
8 pages
Cahier 3 Le Figaro
et vous 8 pages
Sur certaines éditions :
Supplément 4
Magazine 156 pages
Sur certaines éditions :
Cahier TV 64 pages
Sur certaines éditions :
Supplément 5 Madame
148 pages
A
DESSIN CLAIREFOND
Syrie : de la guerre civile à la guerre
régionale ?
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RECORD ABSOLU TOUTES RADIOS CONFONDUES
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1
ÈRE RADIO
DE FRANCE
*Source : Médiamétrie 126 000, Janvier-Mars 2018, Lundi-Vendredi, 5h-24h, RTL, 13 ans et +, PDA, depuis Avril-Juin 08
**Source : Médiamétrie 126 000, Janvier-Mars 2018, Lundi à Vendredi, 5h-24h,
RTL, 13 ans et +, AC Milliers, QHM Milliers, PDA, DEA
**
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vendredi 20 avril 2018 LE FIGARO - N° 22 920 - Cahier N° 2 - Ne peut être vendu séparément - www.lefigaro.fr
> FOCUS
UN PLANCHER
DE 0,5 % POUR
LE LIVRET A
lefigaro.fr/economie
SNCF
EUROPE 1
LE GROUPE FERROVIAIRE
MET 4 000 LOGEMENTS
EN VENTE PAGE 21
LAURENT GUIMIER
ATTENDU À LA TÊTE
DE LA RADIO PAGE 24
Le retour du pétrole cher
RENE TCHEKOF MINOSA / EPICUREANS, IMAGEFORUM, CHRISTOPHE MORIN/IP3 PRESS/MAXPPP
Tout proche de 75 dollars, le prix du baril est au plus haut depuis
novembre 2014. Un rebond alimenté par la forte demande mondiale. PAGE 18
La journée interprofessionnelle de la CGT fait un flop
Cheminots, personnels hospitaliers, postiers, fonctionnaires,
étudiants ont manifesté côte à
côte jeudi à l’appel de la CGT et de
Solidaires, qui appelaient à une
« convergence des luttes » pour
s’opposer à Emmanuel Macron.
Plus de 130 mobilisations - parfois
émaillées de heurts - ont eu lieu
dans toute la France. Mais les cortèges sont restés clairsemés, les
grandes centrales syndicales ayant
refusé de se joindre à cette journée
interprofessionnelle. À Marseille,
PROCTER
& GAMBLE
Le géant de la lessive
se lance
dans la santé PAGE 22
LA SÉANCE
DU JEUDI 19 AVRIL 2018
CAC 40
5391,64
+0,21%
DOW JONES (18h)
24633,70 -0,46%
ONCE D’OR
1348,60 (1351,45)
PÉTROLE (lond)
74,330 (72,840)
EUROSTOXX 50
3486,60 -0,12%
FOOTSIE
7328,92 +0,16%
NASDAQ (18h)
6759,15 -1,08%
NIKKEI
22191,18
+0,15%
La centrale espère que le 1er Mai
mobilisera davantage. Philippe
Martinez souhaite que « l’ensemble des organisations syndicales »
soient main dans la main à cette
occasion. Il en a fait directement
la proposition aux leaders des
cinq principaux syndicats lors
d’une discrète rencontre organisée cette semaine.
Ce jeudi, Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, a sans surprise annoncé que son syndicat ne
défilerait pas avec la CGT. S’il y a
« évidemment » des « points communs entre les salariés dans ce
pays », « il y a aussi des combats
spécifiques selon les champs professionnels », a-t-il redit sur Public
Sénat.
FO est sur la même ligne. « Il n’est
pas prévu de 1er Mai unitaire. Je ne
souhaite pas me retrouver à m’afficher d’emblée avec certains », a
déclaré son futur secrétaire général, Pascal Pavageau, devant l’Association des journalistes de l’information sociale (Ajis).
L'HISTOIRE
PUBLICITÉ
« OK Google, fais un virement
de 150 euros à Marion Durand »
O
«
K Google, quel est le solde de mon
compte en banque ? Combien
ai-je dépensé avec ma carte
bancaire depuis le 5 avril ? »
Avec l’assistant personnel Google
Home et ses enceintes connectées, on peut
commander vocalement l’éclairage
de sa maison, programmer une playlist
ou faire des courses. Bientôt, il permettra de
gérer son compte en banque. En juin, la Bred
(groupe BPCE) sera ainsi la première banque
française à proposer à ses clients d’effectuer
leurs opérations courantes
en s’adressant à cette enceinte
« intelligente ».
Dans le courant
de l’été,
ils pourront même
demander : « OK
Google, effectue
un virement
de 150 euros à
Marion Durand. »
L’assistant
personnel
permettra
en effet
d’effectuer
des virements vers ses propres comptes
ou ceux de personnes dont les coordonnées
ont déjà été paramétrées. Toute demande
sera aussitôt suivie d’un SMS de confirmation.
De fait, des garde-fous sécuritaires
ont été prévus par Google Home et la Bred.
À commencer par la reconnaissance vocale
devant permettre au seul titulaire du compte
de le gérer oralement.
Google n’aura pas non plus accès
aux informations bancaires du particulier,
grâce à la mise en place d’interfaces de
programmation (API). « Google Home servira
seulement de courroie de transmission de
l’information », précise
Joao Simoes, directeur
des opérations
et technologies
à la Bred. Il reste à
savoir si les Français,
qui se méfient de ces
enceintes, aux micros
souvent perçus
comme
des espions, leur
confieront leur vie
privée bancaire. ■
DANIÈLE GUINOT
BÉNÉFICIEZ
D’UNE EXPERTISE
RECONNUE
EN BOURSE
ÉLUE MEILLEURE BANQUE
POUR ALLER EN BOURSE
Classement des
MEILLEURES
BANQUES
PAR LE MAGAZINE
Capital
1ère BANQUE POUR ALLER EN
BOURSE
Parmi 110 établissements sur 7 profils et 3 produits.
J’aime ma banque.
Source Capital, juin 2017
Fortuneo est une marque commerciale d’Arkéa Direct Bank. Arkéa Direct Bank,
Société Anonyme à Directoire et Conseil de Surveillance au capital de 89 198 952
euros. RCS Nanterre 384 288 890. Siège social : Tour Ariane - 5 , place de la Pyramide
92088 Paris La Défense. Courtier en assurance n° Orias 07 008 441.– Adresse postale :
FORTUNEO - TSA 41707 - 35917 RENNES CEDEX 9.
A
le PLUS du
FIGARO ÉCO
selon le comptage du cabinet Occurrence réalisé pour un collectif
de médias, dont Le Figaro,
5 700 personnes ont manifesté. La
police en a comptabilisé 5 000 et la
CGT… 65 000 !
À Paris, les écarts sont quasiment
de même ampleur : la manifestation dans la capitale a rassemblé
15 300 personnes, selon Occurrence (contre 47 000 personnes le
22 mars, au cours de la précédente
grande manifestation). La police en
a compté 11 500 et la CGT 50 000.
Le livret A, qui fête cette année ses
200 ans, s’apprête une nouvelle fois à
faire peau neuve. Bercy a dévoilé jeudi une nouvelle formule de calcul de
son taux d’intérêt, la quatrième depuis 2008. Elle ne s’appliquera qu’à
partir du 1er février 2020, c’est-à-dire
à l’issue de la période de gel à 0,75 %
de sa rémunération, décidée à
l’automne par le gouvernement. À
l’avenir, le taux du livret A (et du
LDDS) sera fixé en tenant compte de
la moyenne semestrielle de l’inflation
et des taux à court terme. Surtout, il
pourra changer de manière plus modeste, pouvant être révisé de 0,10 %
deux fois par an (en février et août),
alors qu’actuellement tout changement est d’au moins 0,25 %. Cette
nouvelle formule ouvrira la porte à
des modifications plus fréquentes.
Autre nouveauté, l’épargne ne sera
plus systématiquement protégée
contre la hausse des prix : si les taux
courts sont inférieurs à l’inflation, le livret A ne bénéficiera pas forcément
d’un coup de pouce. En échange, le
gouvernement a prévu que le taux de
ce placement détenu par 55,8 millions
de Français ne pourra jamais tomber
sous les 0,5 %. Si la formule était appliquée immédiatement quel serait le
taux du livret A ? « Avec une inflation
moyenne de 1,1 point et un taux monétaire Eonia à - 0,35 %, le taux serait
de 0,375 %, ramené à 0,5 % en raison
de l’application du plancher », calcule
Philippe Crevel, directeur du Cercle de
l’Épargne. La réforme s’inscrit sans
nul doute dans le processus de réorientation de l’épargne des ménages
vers des placements plus risqués. »
D’autant que de nombreux ménages
aisés ont fait le plein sur ce placement
depuis 2012 et la hausse de son
plafond.
En parallèle, Bercy souhaite mettre en
avant le livret d’épargne populaire
(LEP), destiné aux ménages modestes et aujourd’hui rémunéré 1,25 %.
Contrairement au livret A, sa rémunération ne pourra jamais être inférieure à l’inflation. Cette réforme a
aussi pour objectif de réduire les
charges des organismes de logement
social, qui ont dû baisser les loyers
pour compenser celle des aides publiques (APL) à leurs locataires. Selon
Bercy, la baisse atteindra environ
675 millions d’euros par an.
D. G.
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vendredi 20 avril 2018 LE FIGARO
18
L'ÉVÉNEMENT
Le pétrole, proche de 75 dollars,
au plus haut depuis 2014
L É-U
 
 
 
PRODUCTION
DE PÉTROLE
BRUT EN 2017,
Les stocks fondent sous l’effet d’une demande d’or noir portée par la croissance.
en millions de barils par jour
ÉNERGIE Le pétrole fait plus que
retrouver
des
couleurs.
À
74,60 dollars le baril de Brent jeudi,
il est au plus haut depuis novembre
2014 et très loin des 27 dollars atteints début 2016. Bien davantage
que les risques géopolitiques, les
fondamentaux du marché expliquent cette remontée quasi ininterrompue depuis dix mois.
L’augmentation de la demande
de brut, tout d’abord, n’a jamais
été aussi forte en valeur absolue,
remarque Antoine Rostand, président du cabinet spécialisé Kayrros.
Portée par la reprise économique
mondiale, elle pourrait franchir,
d’ici à la fin de l’année, le seuil historique et symbolique des 100 millions de barils par jour.
Et, comme la croissance des besoins est supérieure à celle de la
production, les stocks diminuent.
Ceux-ci se rapprochent du niveau
jugé souhaitable par l’Opep, l’Organisation des pays exportateurs
de pétrole : ils s’apprêtent à retomber le mois prochain à leur moyenne quinquennale. Selon le dernier
rapport mensuel de l’Opep, les
stocks de pétrole dans les pays développés ont baissé de 17,4 millions
de barils en février pour tomber à
2,8 milliards de barils. Et les ÉtatsUnis ont annoncé la semaine dernière une fonte brutale et inattendue de leurs réserves de brut, un
indicateur particulièrement suivi, à
court terme, par les traders.
Outre la croissance économique,
cette fonte des stocks est largement
dûe à la décision prise à partir de
2016 par l’Opep et d’autres pays
producteurs, en particulier la Russie, de restreindre leur production
d’or noir afin de soutenir les cours.
Un choix d’ailleurs aidé par l’effondrement dramatique de la production au Venezuela.
Cet accord « a été un succès,
peut-être au-delà des attentes de
l’Arabie saoudite et de la Russie », a
estimé Patrick Pouyanné, PDG de
Total, lors du « sommet international du pétrole », une conférence
qui se tenait jeudi à Paris.
Les tensions géopolitiques pourraient continuer de soutenir les
cours. Entre les relations tendues
entre l’Iran et Riyad, la guerre au
Yémen et plus récemment les frappes américaines en Syrie, qui inquiètent régulièrement les mar-
LUKE MACGREGOR/REUTERS
DEMANDE
ARMELLE BOHINEUST £@armelella
L’industrie
pétrolière est
influencée
par les
technologies
non
conventionnelles, sur
lesquelles
l’Opep
n’a aucun
contrôle
»
NORDINE AÏT LAOUSSINE,
EX-MINISTRE ALGÉRIEN
DE L’ÉNERGIE,
À PARIS LE 19 AVRIL
chés sur l’accès au pétrole du
Moyen-Orient, les facteurs de
hausse des prix sont là.
Pour autant, la poursuite de la
hausse des cours n’est pas acquise.
Le marché reste marqué par « une
énorme volatilité. Ne sous-estimons
pas l’impact de cours plus élevés du
pétrole sur la demande », a mis en
garde Patrick Pouyanné.
Surtout, avec la remontée des
cours, le pétrole de schiste américain, plus coûteux à extraire (lire cidessous) redevient rentable. La
production aux États-Unis repart
ainsi de plus belle. C’est déjà l’essor
du pétrole de schiste outre-Atlantique qui avait alimenté la surproduction mondiale, à l’origine de
l’effondrement des prix à l’été 2014.
Espoirs contrariés à Riyad
De quoi contrarier les espoirs de
Riyad qui, selon des proches du
royaume, rêve d’un baril à plus de
80 dollars. L’Arabie saoudite doit
financer les gigantesques investissements annoncés, en particulier
dans des villes nouvelles. Riyad
peut aussi vouloir soutenir les
cours afin d’optimiser l’introduction en Bourse, prévue en 2019, de
son joyau, le groupe pétrolier pu-
blic Aramco. Même si, estime Antoine Rostand, la valorisation du
mastodonte, estimée entre 1000
et 2000 milliards de dollars, devrait plutôt se faire sur une
moyenne à long terme des cours
du pétrole.
La prolongation de la réduction
de la production, au-delà du terme
prévu fin 2018, doit être décidée à
l’issue d’une réunion de l’Opep et
ses alliés en juin. En janvier, l’Arabie, chef de file de l’Opep, avait
lancé l’idée de pérenniser l’accord
conclu fin 2016 entre 24 producteurs (les 14 de l’Opep et 10 autres)
pour limiter la production et faire
remonter les prix. L’objectif est
d’atteindre un prix assurant des revenus suffisants aux pays pétroliers
sans entraver la hausse de la demande, notamment dans les pays
émergents. Sans non plus redonner
trop de marge de manœuvre aux
producteurs américains.
Dans ce paysage pétrolier, le pronostic de Bloomberg pour le cours
du baril fin 2018, calculé en faisant
la moyenne des prévisions d’une
trentaine de banques et experts,
s’établit à 64,80 dollars, avec une
fourchette allant de 52 à 80 dollars.
Pas encore une flambée. ■
DE PÉTROLE
BRUT EN 2017,
en millions de barils par jour
ÉTATS-UNIS
22
13,2*
*Y compris les liquides associés au gaz naturel
ARABIE SAOUDITE
10
3,2
RUSSIE
11,4
3,6
CHINE
12,5
3,9
Sources : AIE, EIA
E ,
 
  
19 juin 2014
115
PRIX DES CARBURANTS
en euros par litre
avril 2017
100
avril 2018
1,48
MINNEAPOLIS STAR TRIBUNE/ZUMA/REA
1,5
Le pétrole
au plus
haut
depuis
trois ans
et demi
COURS DU BARIL
DE BRENT,
en dollars
Source : Bloomberg
Infographie
19 avril
80
74,6
27 novembre 2014
1,40
1,3 1,24
1,2
1,1
60
1,0
0,9
Gazole
Super SP 95
Sources : ministère de l'Écologie
Infographie
40
27,9
20 janvier 2016
20
M
J
J
A S O N D
2014
J
F M A M
J J
2015
A S O N D
L’essor de l’huile de schiste
se poursuit aux États-Unis
A
1,40
1,4
Difficile d’arrêter l’essor du pétrole de schiste aux États-Unis.
En 2014, la surabondance de pétrole, due justement à la production de ces gisements américains
dits non conventionnels, avait
provoqué l’effondrement des
cours. Ce d’autant plus que l’Arabie saoudite avait alors refusé de
réduire sa production pour maintenir sa part de marché face aux
États-Unis.
Cette chute a pénalisé les producteurs américains dont les puits
n’étaient plus rentables avec un
baril sous les 70 dollars, et a fortiori 50 dollars. Mais avec le rebond des prix l’an dernier, les foreurs ont très vite relancé leur
activité.
Résultat, cette huile non
conventionnelle
représente
aujourd’hui plus de la moitié de la
production de pétrole du pays. Et
elle propulse les États-Unis au
premier rang des producteurs, devant la Russie et l’Arabie saoudite.
« Dès que les pays de l’Opep et
leurs partenaires russes et autres se
mettent d’accord pour faire monter
les prix, les Américains se remettent à produire. Ce qui ralentit la
progression des prix », explique
Nicolas Mazzucchi, chercheur à la
Fondation pour la recherche stra-
tégique dans une interview au
Figaro.fr.
Contrairement aux hydrocarbures traditionnels, le pétrole de
schiste est extrait de petites poches rocheuses en sous-sol, proches les unes des autres. Cela permet de passer facilement d’un site
à l’autre et de stopper ou relancer
rapidement l’exploitation.
Coûts réduits
«Nous avons réduit nos coûts. Tant
que le prix est au-dessus de 45 dollars, rien n’arrêtera notre croissance», a fanfaronné le mois dernier
Tim Dove, PDG de Pioneer Natural
Resources. De fait, au cours actuel
du pétrole, l’argent afflue dans le
secteur aux États-Unis, et les industriels multiplient les forages et
la fracturation hydraulique qui
permet d’extraire le pétrole de
schiste.
Avec ces investissements, la
production totale de pétrole aux
États-Unis devrait augmenter
chaque année de près d’un million
de barils par jour d’ici à 2023, prévoit dans son dernier rapport
l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Cela représentera plus
des deux tiers de l’accroissement
de la production des pays nonmembres de l’Opep. ■
A. BOH
J
F M A M
J J
2016
A S O N D
J
F M A M
J J
2017
A S O N D
J
F M A
2018
Les majors du secteur ne baissent pas la garde
THOMAS LESTAVEL £@lestavelt
Les grands
« groupes
pétroliers ont
drastiquement taillé
dans les coûts
et se sont
montrés
beaucoup
plus sélectifs
dans le
choix des
gisements
les plus
rentables
»
KEISUKE SADAMORI,
DIRECTEUR DE LA
DIVISION MARCHÉS
DE L’AGENCE
INTERNATIONALE
DE L’ÉNERGIE
Les grands groupes de l’industrie
pétrolière ont directement profité
de la remontée des cours de l’or
noir depuis fin 2016, consécutive à
l’accord entre l’Opep et la Russie.
Total a par exemple vu son bénéfice
net s’envoler de 39 % en 2017, à
8,6 milliards de dollars, tandis que
BP a signé « l’une des meilleures années de (son) histoire récente »,
comme l’a indiqué son directeur
général.
Mais la prudence reste de mise.
Malgré leur bonne santé, les cinq
majors (BP, Chevron, ExxonMobil,
Shell et Total) ont continué à couper
dans les dépenses en 2017, réduisant leurs investissements de 16 %
en moyenne, à 67 milliards de dollars. À titre de comparaison, ceux
des producteurs indépendants
nord-américains, très actifs dans
les pétroles de schiste, ont bondi de
60 % à 46 milliards de dollars.
Engagés dans une course aux volumes, habitués pendant plusieurs
années à un baril dépassant les
100 dollars, les géants de l’énergie
ont déchanté fin 2014 lorsque les
cours se sont brusquement effondrés. Le marché a tourné la page du
« peak oil » (le pic de production),
un paradigme ringardisé par le
boom des pétroles de schiste américains. « On s’était laissé endormir par
des prix très élevés », admet un dirigeant du secteur. Les majors ont dû
revoir leurs pratiques immédiatement, et dans la douleur. Elles « ont
drastiquement taillé dans les coûts et
se sont montrées beaucoup plus sélectives dans le choix des gisements les
plus rentables. Leurs investissements
ont chuté d’un quart en 2015, puis à
nouveau d’un quart en 2016 », relate
Keisuke Sadamori, directeur de la
division marchés de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
Deux ans de rigueur
Les grands pétroliers ne se sont pas
privés de faire porter l’effort sur
leurs fournisseurs, en profitant
d’un rapport de forces favorable.
« Ils ont eu parfois recours à des pratiques peu “fair-play”, menaçant
aux entreprises parapétrolières
d’annuler les contrats qui les liaient si
elles ne revoyaient pas à la baisse
leurs tarifs, quitte à aller au tribunal », glisse un bon connaisseur de
l’industrie. Des sociétés comme
CGG et Schlumberger en ont fait les
frais et sortent exsangues de ces
deux années de rigueur. Ce dernier
a supprimé 34 000 emplois, soit
26 % de ses effectifs, entre novembre 2014 et décembre 2015.
Sélectivité et chasse aux coûts,
cette stratégie a payé. Les majors
sont toutes parvenues à diminuer
leur point mort. Total indique ainsi
être actuellement rentable à « moins
de 30 dollars » le baril, contre « plus
de 80 dollars » en 2014 ! Il n’empêche. Le PDG Patrick Pouyanné a
rappelé jeudi, en ouverture d’un
sommet pétrolier à Paris, que sa
multinationale allait maintenir la
discipline étant donné « l’énorme
volatilité » qui pèse sur le marché. Il
rejoint ainsi le discours de tous les
grands du secteur. Il faut dire qu’à
ce stade, les marchés à terme anticipent une baisse du prix du pétrole
dans les années qui viennent.
« Les compagnies pétrolières tendent à présent à privilégier des projets de courte durée, au retour sur investissement rapide », observe
Keisuke Sadamori. C’est notamment le cas d’Exxon, Chevron et
Shell qui font leur grand retour
dans les pétroles de schiste, dont la
production devrait augmenter de
1,2 à 2 millions de barils par jour
cette année d’après l’Ifpen. « Ces
compagnies créent une entité américaine avec un management et des règles de fonctionnement propres.
C’est un business très différent de la
production en mer, avec beaucoup
moins de règles techniques, où il faut
faire preuve de souplesse et de réactivité », précise Olivier Appert,
conseiller au centre énergie de l’Ifri.
Total est resté plutôt à l’écart de ce
marché. « Ils arrivent trop tard. Les
terrains coûtent cinq fois plus cher
qu’en 2012 », glisse Alexandre Andlauer, analyste chez AlphaValue. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE MONDE CHANGE
75% DES FRANÇAIS ONT
UNE RADIO DANS LEUR POCHE
(1)
NRJ 1 MARQUE
RADIO DIGITALE
DE FRANCE
ÈRE
(2)
DeBonneville-Orlandini
URS
O
J
U
O
ET T ÈRE RADIO
NRJ 1 ANCE
DE FR MOINS
S
SUR LE ANS(3)
DE 65
Sources : (1) Médiamétrie Web Observatoire & Mobile Marketing Association France 2017,
Baromètre Trimestriel du Marketing Mobile en France, Juin 2017, Taux de pénétration des
smartphones : 74,8%, 13+ - (2) ACPM, Diffusion Globale des Radios Digitales, Mars2018,
sessions d’écoutes actives +30 secondes, données France, marque NRJ : 19 723 312sessions d’écoutes actives +30 secondes – (3) Médiamétrie, 126 000 Radio, Janvier-Mars
2018, AC, 13-64 ans, LàV, 5h-24h
Contact NRJ Global : Laurence BUCQUET - 01 40 71 44 06 - lbucquet@nrjglobal.fr - www.nrjglobal.com
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vendredi 20 avril 2018 LE FIGARO
20
ÉCONOMIE
Le remboursement des psychologues à l’étude
Quatre CPAM testent actuellement la prise en charge à 100 % des consultations chez des psychologues agréés.
tèle qui, sans remboursement, ne
consulte pas », a abondé au micro
de France 3 Fanny Villain, psychologue. « Nous sommes tout à fait favorables à ce type d’expérimentation, car sommes confrontés à une
désertification de la prise en charge », soutient Benoît Schneider,
coprésident de la Fédération française des psychologues et de psychologie.
PAULINE CHATEAU
£@ChateauPauline
LA SANTÉ MENTALE
EN 2015 (SOURCE
ASSURANCE-MALADIE)
7,2
millions de personnes
prises en charge
19
milliards d’euros
dépensés pour cette
pathologie (+ 1,3 milliard
entre 2012 et 2015)
SANTÉ C’est une pathologie fréquente dans les pays occidentaux.
La dépression toucherait 3 % des
hommes et 6 % des femmes. Face à
ce phénomène, plusieurs caisses
primaires d’Assurance-maladie
(CPAM) expérimentent actuellement la prise en charge à 100 % des
consultations chez des psychologues et psychothérapeutes agréés.
Cette mesure déployée sur trois ans
concerne les patients assurés de
Haute-Garonne, du Morbihan, des
Bouches-du-Rhône et à l’automne
des Landes. Elle est réservée aux
adultes (18 à 60 ans) présentant
« des troubles de santé mentale
d’intensité légère à modérée ».
Pour en bénéficier, il faut passer
par le médecin traitant : c’est lui
qui évalue l’état de santé de son
patient et l’adresse avec une ordonnance à un psychologue clinicien ou un psychothérapeute
agréé par l’Agence régionale de
santé (ARS) pour un entretien
d’évaluation. Si le professionnel
établit que le patient souffre de
troubles mentaux, une seconde
prescription de dix séances de
soutien d’une demi-heure doit
être effectuée. Si les difficultés
Point de discorde
Pour bénéficier de la prise en charge, il faut passer par le médecin traitant qui évalue l’état de santé de son patient,
et l’adresse avec une ordonnance à un psychologue clinicien ou un psychothérapeute agréé. IMAGEFORUM
persistent, 10 séances supplémentaires de quarante-cinq minutes
seront délivrées. La CPAM règle
directement le professionnel. Les
honoraires sont de 32 euros pour
la première séance d’évaluation,
22 euros pour une séance de trente
minutes, puis 32 euros pour la
deuxième série de séances de quarante-cinq minutes. Les dépassements ne sont pas autorisés.
Le coût du dispositif - alors que
les consultations ne sont aujourd’hui pas remboursées au niveau
national - n’est pas encore chiffré.
« Nous sommes très en amont dans le
déploiement, cela va se faire progressivement », relève-t-on à la
Cnam. Pour la Sécurité sociale,
l’objectif est de faire diminuer la
consommation d’antidépresseurs,
et donc réaliser des économies. En
2015, 7,2 millions de personnes ont
été prises en charge pour des problèmes de santé mentale. Le coût
total de la prise en charge s’est établi à 19,3 milliards d’euros cette année-là. « Il s’agit aussi de réduire
l’inégalité de l’accès à la psychothérapie », insiste-t-on du côté de
l’Assurance-maladie.
«C’est une belle avancée pour
ouvrir notre profession à une patien-
L’expérimentation ne fait cependant pas l’unanimité. « C’est une
bonne chose de faciliter l’accès aux
soins, reconnaît Jacques Borgy,
secrétaire général du Syndicat national des psychologues (SNP).
Par contre, le taux de remboursement n’est pas admissible »,
compte tenu des prix du marché.
Le prix d’une consultation s’établit entre 50 et 60 euros. Autre
point de discorde, la nécessité
d’une prescription du médecin
traitant. Pour le SNP, le patient est
apte à décider lui-même s’il a besoin d’une consultation. Le Syndicat national des psychologues a
lancé une pétition, qui a récolté
« 7 500 signatures », et a été envoyée au ministère de la Santé.
Ce dispositif expérimental fera
l’objet d’une évaluation en vue
d’une éventuelle généralisation. ■
L’exécutif précise le calendrier de la réforme des retraites
L’exécutif mène une première concertation avec les partenaires sociaux jusqu’à la fin de l’année.
MANON MALHÈRE £@ManonMalhere
«
Ce chantier
considérable
ne doit pas
être et ne
sera pas
une énième
réforme des
retraites
»
AGNÈS BUZIN,
MINISTRE DE LA SANTÉ
ET DES SOLIDARITÉS
SOCIAL Mieux vaut tard que jamais. Après plusieurs mois d’attente, le gouvernement a dévoilé,
jeudi, le calendrier et les thèmes de
la concertation avec les partenaires sociaux (syndicats et patronat)
sur l’épineuse réforme des retraites. Et contrairement à la réforme
du Code du travail par ordonnances bouclée en moins de quatre
mois, l’exécutif avance avec beaucoup plus de prudence sur ce dossier potentiellement explosif ! Le
haut-commissaire à la réforme des
retraites, Jean-Paul Delevoye - qui
mène cette première concertation
débutée lundi - présentera des
orientations à la fin 2018 ou début
2019. Une nouvelle phase de
concertation avec les partenaires
sociaux sera alors engagée. L’objectif étant de déposer un projet de
loi au Parlement d’ici à l’été 2019.
« Ce chantier considérable ne doit
pas être et ne sera pas une énième
réforme des retraites », a lancé la
ministre de la Santé et des Solidarités, Agnès Buzyn, à l’ouverture
d’un colloque sur le sujet qui se tenait au Sénat, jeudi, et auquel participaient d’anciens ministres
comme Marisol Touraine (Affaires
sociales et Santé) ou Éric Woerth
(Travail). Promesse de campagne
d’Emmanuel Macron, cette réforme vise à mettre un terme à un
système jugé complexe, peu lisible
et source de nombreuses inégalités
de traitement. L’objectif est de
supprimer les 42 régimes de retraites en créant un système universel, au sein duquel un euro cotisé conférera les mêmes droits.
« Tous les régimes spéciaux auront
vocation à converger, à dix ans », a
précisé le président dimanche
dernier, lors de son interview sur
BFMTV, RMC et Mediapart. Il a en
outre insisté sur le fait que le système par répartition, selon lequel les
actifs cotisent pour leurs aînés, serait conservé. Il reste maintenant à
s’atteler à la tâche et définir les
détails.
Durant cette première concertation qui porte sur « six grands blocs
thématiques », les discussions vont
se concentrer, jusqu’à l’été, sur les
critères encadrant ce nouveau système universel (niveau de couverture, taux de cotisation…) qui sera
redistributif et solidaire.
Droits, gouvernance,
pilotage
Puis, à l’automne, la concertation
se poursuivra sur des sujets plus
précis : les conditions d’ouverture
des droits à la retraite, les conditions de départs anticipés à la retraite et, enfin, les questions liées à
la gouvernance et pilotage du nouveau système.
« Ça devrait avancer. Nous ne
sommes plus dans ces discussions
préliminaires interminables engagées en octobre dernier », note Fré-
déric Sève, représentant de la
CFDT qui a déjà été reçue par JeanPaul Delevoye. Son homologue de
chez FO, Philippe Pihet, insiste
surtout sur le financement du système. « Aujourd’hui encore, je demande au gouvernement de garantir au moins les 13,8 points de PIB
consacrés aux retraites », insistet-il. Plus politique, Pascal Pavageau, qui est sur le point de succéder à Jean-Claude Mailly chez FO,
n’a pas mâché ses mots. « Pour
l’instant, il y a du bla-bla, de haut
niveau café du commerce », a lancé
le futur numéro un de la centrale
devant l’Association des journalistes de l’information sociale (Ajis),
jeudi. Les prochains mois s’annoncent tendus… ■
EN BREF
Washington et Pékin d’accord à la Banque mondiale
Les frères ennemis acceptent de renforcer ensemble l’organisation financière internationale.
JEAN-PIERRE ROBIN jprobin@lefigaro.fr
DIPLOMATIE ÉCONOMIQUE C’est
l’autre Kim de la scène internationale. Non pas Kim Jong-un, le numéro un nord-coréen que Donald
Trump pourrait rencontrer prochainement, mais Jim Yong Kim, le
président du groupe Banque mondiale. Ce médecin américain d’origine coréenne, nommé à la tête de
la première institution mondiale
d’aide au développement en 2012 et
reconduit pour cinq ans en septembre 2016, est en passe de réaliser
un double tour de force : réconcilier
Donald Trump avec la coopération
économique multilatérale et faire
travailler ensemble Washington et
Pékin sur les questions de développement.
Jim Yong Kim l’a annoncé jeudi
dans une conférence de presse à
Washington où vont se tenir jusqu’à
dimanche « les réunions de printemps » du FMI et de la Banque
mondiale : « Nos actionnaires (les
189 États membres des deux organisations internationales, NDLR)
examineront la possibilité de renforcer les moyens de la Bird (la Banque
internationale pour la reconstruction
et le développement) et la SFI (Société
financière internationale) ».
La Bird et la SFI appartiennent au
« groupe Banque mondiale », la
première étant spécialisée pour les
prêts publics aux pays à « revenus
intermédiaires », la SFI ayant voca-
tion à aider le secteur privé des pays
en développement. Au total, selon
le chiffre confirmé par Bercy, les
moyens dégagés pour la Bird et la
SFI se traduiront par une augmentation de capital de la Banque mondiale de 13 milliards de dollars. Cet
argent frais sera souscrit par les
189 États actionnaires. Par la même
occasion, la part de la Chine devrait
« augmenter d’un point et demi », a
précisé Jim Jong Kim.
Moins d’aide pour la Chine
Tel est l’accord que les ministres des
Finances, dont le secrétaire américain au Trésor et son homologue
chinois, devraient concrétiser samedi lors du comité de développement de la Banque mondiale.
COTATIONS HEBDOMADAIRES
Nom du Fonds
Date de valorisation :
Valeur a la
Valeur
Valeur
création précédente liquidative
18/04/2018
AFER ACTIONS EURO
AFER-SFER
AFER PATRIMOINE
A. DIVERSIFIE DURABLE
AFER ACTIONS MONDE
A
Aviva Investors France
24-26, rue de la Pépinière 75008 Paris
Tél. : 01 76 62 90 00 / 01 76 62 91 01
Vocation
ACTIONS ZONE EURO
DIVERSIFIÉ
DIVERSIFIÉ
DIVERSIFIE
ACTIONSINTERNATIONALES
76,00
15,00
500,00
500,00
500,00
140,42
63,00
615,20
761,07
901,47
140,87
63,25
616,17
762,12
903,96
PROCHAINE PARUTION : 27/04/2018
(1) Dédoublé 2 fois. (2) divisée par 2. (3) divisée par 8. (4) divisée par 30. (5) divisée par 100. (6) divisée par 10. (7) divisée par 5. (8) divisée par 6.
*Ou dernier cours connu.
Le texte vise aussi à réorienter les
modalités d’intervention de cette
dernière. À l’avenir, elle prêtera en
priorité (à hauteur de 70 % de ses
moyens) aux pays les moins développés. À l’inverse, les pays émergents, dont la Chine, qui encore en
2017 avait été le premier bénéficiaire (2,4 milliards de dollars de crédits), verront leur part diminuer. Il
s’agit d’une demande expresse de
l’Administration américaine.
De même, cette dernière a obtenu
que l’AID, l’association internationale de développement, la branche
de la Banque mondiale consacrée à
l’aide aux pays les plus pauvres, qui
était exclusivement financée par des
avances des pays les plus riches,
puisse faire appel aux marchés financiers. Pour la première fois,
l’AID va donc émettre un emprunt
obligataire de 1,5 milliard de dollars,
a annoncé Jim Yong Kim. Il faut dire
que l’Américano-Coréen a plus
d’un tour dans son sac. C’est lui qui
avait proposé à Emmanuel Macron
de tenir une conférence spéciale sur
le climat en décembre dernier pour
célébrer l’accord de Paris de 2015. Et
il va revenir dans la capitale française ce 26 avril pour participer à la
conférence de lutte contre le financement du terrorisme organisée par
Emmanuel Macron. ■
Jim Yong Kim, président
du groupe Banque
mondiale.
JOSE LUIS MAGANA/AP
NOUVEAUX SEUILS
DE CERTIFICATION
DES COMPTES
£ Le gouvernement va
supprimer dans la loi Pacte
l’obligation pour certaines
petites entreprises de faire
certifier leurs comptes,
a annoncé jeudi le ministre
de l’Économie, Bruno Le
Maire, qui a lancé une mission
sur l’avenir de la profession
de commissaire aux comptes.
« Nous allons appliquer la règle
européenne », qui impose cette
obligation aux entreprises
de plus de 50 salariés et faisant
au moins 8 millions d’euros
de chiffre d’affaires, a-t-il
déclaré sur RMC et BFMTV.
AIR FRANCE : ENCORE
UNE GRÈVE DÉBUT MAI
£ L’intersyndicale d’Air
France a appelé jeudi
la mobilisation des salariés à
« s’accentuer » pour appuyer
leurs revendications salariales
et annoncé de nouvelles
journées de grève « début
mai », sans donner de date.
+@
» Plus il y a
de propriétaires, plus
il y a de chômeurs selon l’Insee
» Près de 4 adultes sur 10
dans le monde ne possèdent pas
de compte bancaire
www.lefigaro.fr/economie
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LE FIGARO
vendredi 20 avril 2018
ENTREPRISES
21
La SNCF met
en vente 135
immeubles et
4 000 logements
Le groupe public veut céder 80 % d’un
portefeuille valorisé 1,3 milliard d’euros.
JEAN-YVES GUÉRIN £@jyguerin
IMMOBILIER Le conflit social à rallonge à la SNCF ne l’empêche pas de
faire des affaires. Selon nos informations, l’opérateur national ferroviaire a mis en vente il y a plus
d’un mois quelque 135 immeubles
comprenant 4 000 logements. Plus
exactement, le groupe dirigé par
Guillaume Pépy veut céder 80 % de
la société qui possède ces bâtiments
et en conserver 20 %.
Ce n’est pas une opération anecdotique : ces immeubles, qui génèrent plus de 40 millions de loyers
annuels, sont évalués à 1,3 milliard
d’euros. Si la SNCF a lancé cette
opération, c’est pour mieux utiliser
ses capitaux. « SNCF Mobilité a un
rendement maximum de 3,5 % à
4,5 % avec l’immobilier résidentiel
alors que ses investissements industriels (dans l’outillage, les ateliers…)
lui rapportent 8 % », explique au Figaro Benoît Quignon, directeur général de SNCF Immobilier. En plus,
le groupe peut escompter empocher
au moins plusieurs centaines de
millions d’euros avec cette vente.
Cet appel d’offres sur lequel le
cabinet en immobilier d’entreprise
JLL et la banque HSBC interviennent comme conseils a connu une
évolution en début de semaine.
Lundi, une petite vingtaine d’acquéreurs potentiels ont remis des
offres indicatives. Parmi eux, la
compagnie d’assurances SwissLife,
CDC Habitat (ex-SNI) et un fonds
étranger. En revanche, après avoir
examiné le dossier, la foncière Ge-
Un immeuble détenu
par la SNCF à Paris.
L’opérateur national
compte finaliser la
cession des logements
fin 2018. ICF HABITAT
cina a décidé de ne pas donner suite. La SNCF compte retenir deux ou
trois offres d’ici à l’été et choisir
l’acheteur en automne pour réaliser
la transaction définitive fin 2018.
Si beaucoup d’acteurs de l’immobilier se sont positionnés sur ce dossier, c’est qu’il arrive au bon moment : « Comme les rendements en
immobilier de bureau dans les
meilleurs quartiers de Paris ont chuté
et que l’essor du Web marchand suscite pas mal d’interrogations sur l’immobilier de commerce, le résidentiel
redevient un produit attractif », expli-
Les syndicats veulent négocier avec Philippe
L’intersyndicale CGT-UnsaSUD-CFDT de la SNCF quitte
la concertation sur la réforme
ferroviaire avec Élisabeth
Borne, ministre des Transports.
Après les annonces du premier
ministre sur la filialisation du fret
et la fin du recrutement au
statut de cheminot début 2020,
elle veut négocier avec Édouard
Philippe. « Cette posture
intervient alors que l’essentiel
de la concertation a été mené
et qu’elle doit s’achever la
semaine prochaine », regrette
la ministre, ajoutant que la
réforme, « nécessaire », sera
« conduite jusqu’à son terme ».
que un expert du secteur. De plus, les
immeubles proposés à la vente par la
SNCF ont beaucoup d’atouts pour
des investisseurs : ils sont situés dans
des zones où l’immobilier prend régulièrement de la valeur : plus de
50 % de ce patrimoine est en Île-deFrance avec une part très significative à Paris, le reste étant localisé dans
de grandes métropoles régionales
(Bordeaux, Lyon, Toulouse…).
Les locataires sont
aux deux tiers cheminots
Certes, comme il s’agit de logements intermédiaires, les loyers
sont un peu en dessous du prix du
marché. Mais quasiment 100 % de
ces logements sont loués. Et au
moins les deux tiers des locataires
sont des cheminots, ce qui induit un
risque faible de défaut de paiement
car les licenciements à la SNCF sont
très rares. Reste qu’il y aura quelques contraintes pour l’acquéreur :
« La société qui est propriétaire de
ces immeubles s’engage à construire
2 000 logements supplémentaires
dans les douze prochaines années et à
réhabiliter les 4 000 existants », souligne Benoît Quignon. Avec les 20 %
du capital qu’elle conserve, la SNCF
sera là pour faire respecter ces engagements. Et c’est la compagnie
ferroviaire qui continuera à faire
l’administration de biens. Pour les
locataires, ce changement de propriétaires ne changera rien : les
cheminots seront toujours prioritaires pour occuper ces logements.
La SNCF n’est pas le premier
groupe public à vendre une partie
de son patrimoine de logements. En
2000, EDF avait cédé à Deutsche
Bank 6 700 maisons occupées par
les salariés de l’électricien dans un
rayon de 25 km autour des centrales
nucléaires françaises. Depuis, ce
portefeuille a changé de mains.
Aujourd’hui, c’est Powerhouse Habitat, une foncière résidentielle appartenant à trois institutionnels
(Société générale, Cardif, et un
OPCI de BNP paribas) qui est propriétaire de ce portefeuille estimé à
plus d’un milliard d’euros. ■
Les députés tirent les leçons du dossier Alstom
Un rapport prône un renforcement du contrôle des investissements étrangers, également prévu par l’exécutif.
acquis
« laJ’aiconviction
que l’État
a failli à
préserver
nos intérêts
nationaux
»
OLIVIER MARLEIX,
DÉPUTÉ LR ET
PRÉSIDENT DE
COMMISSION
D’ENQUÊTE CONSACRÉE
AUX DOSSIERS ALSTOM,
STX ET ALCATEL
BERTILLE BAYART £@BertilleBayart
INDUSTRIE La politique est parfois
capable de petits miracles. Comme
jeudi, à l’hôtel de Lassay. Des députés de toutes les sensibilités ont endossé un même rapport de conclusion de leurs travaux dans le cadre
de la commission d’enquête consacrée aux dossiers Alstom, STX et Alcatel et à la politique industrielle.
Des sujets qui pourtant divisent profondément la classe politique.
Et de fait, le président LR Olivier
Marleix et le rapporteur LaREM
Guillaume Kasbarian n’ont pas caché
leurs « différences de points de vue »
sur l’analyse des faits passés et de la
vente d’Alstom Power à l’américain
GE en 2014-2015. « J’ai acquis la
conviction que l’État a failli à préserver
nos intérêts nationaux », a déclaré le
premier. « Les emplois et l’industrie en
France sont plus importants que la
couleur du passeport de l’actionnaire », a dit le second. Le rapport décrit
en tout cas cette opération comme
ayant été la « seule » possible, le statu
quo étant exclu.
Lutte anticorruption
Les débats et les auditions de la commission ont parfois flirté avec les
théories du complot (nos éditions du
13 avril). « Rien ne permet de dire que
GE aurait forcé la main du procureur »,
a tranché Olivier Marleix. La justice
américaine, qui a infligé à Alstom une
amende de 770 millions de dollars,
n’était pas l’instrument du groupe
américain. Reste des avis divergents
sur l’influence qu’a pu avoir cette
procédure sur la décision du PDG Patrick Kron de faire affaire avec GE.
Olivier Marleix en reste convaincu,
tandis que Guillaume Kasbarian appelle « à ne pas faire l’économie de
l’économie ». Pour lui, ce sont des
contraintes financières et industrielles qui ont amené Alstom à se vendre.
La relation des événements a surtout
servi à mettre en évidence le manque
de vigilance et d’information des services de l’État sur les procédures engagées par la justice américaine
contre des entreprises tricolores. Du
moins à l’époque. La multiplication
des affaires a changé la donne, et la
menace sur Airbus a été très vite prise
au sérieux. Guillaume Kasbarian appelle à ne pas se tromper d’enjeu. « Le
premier problème, ce n’est pas la justice américaine et son extraterritorialité.
C’est la corruption. » Son rapport
prône un renforcement des moyens
de la lutte anticorruption, quitte à y
affecter le produit des sanctions qui
seraient prononcées en France.
Le cas Alstom a alimenté les réflexions sur le contrôle des investissements étrangers en France (IEF),
déjà élargi à l’époque par Arnaud
Montebourg. Le gouvernement, à
l’occasion de la loi Pacte, prévoit
d’étendre le champ de la procédure
d’autorisation de ces investissements
à de nouveaux secteurs et technologies (spatial, intelligence artificielle).
Les députés proposent d’aller plus
loin, en prévoyant des « cas d’usage » quand l’investisseur bénéficie
d’un soutien d’un État étranger ou
quand son pays d’origine met des
barrières à un investissement similaire. Des idées que le gouvernement
ne rejette pas par principe, mais qui
semblent difficiles à mettre en œuvre
en l’état des discussions européennes
et des règles du commerce international. Bruno Le Maire a en revanche
déjà donné satisfaction aux députés
en promettant plus de transparence
et de contrôle parlementaire sur la
procédure IEF. Et, parce que celle-ci
ne doit pas devenir un épouvantail
protectionniste, il est également prévu que les start-up pourront demander un feu vert préalable à leurs opérations de levées de fonds. ■
Amazon dépasse les 100 millions d’abonnés dans le monde
Son programme payant Prime lui permet de conquérir et fidéliser des clients plus dépensiers que la moyenne.
5
milliards
de colis distribués
aux abonnés
du service Amazon
Prime en 2017
DISTRIBUTION Chaque année, Jeff
Bezos écrit aux actionnaires
d’Amazon pour leur décrire les succès de l’année passée. De l’acquisition de l’enseigne Whole Foods à
l’ouverture de la supérette sans
caisse Amazon Go, 2017 a été remplie. « Vous ne pouvez pas vous reposer sur vos lauriers dans ce monde,
les clients ne vous le permettent
pas », leur a écrit le PDG mercredi,
concluant comme de coutume « It
remains Day 1 » (« C’est toujours le
premier jour »).
Jeff Bezos a aussi révélé le chiffre
qui fait fantasmer ceux qui scrutent
l’activité du leader mondial du ecommerce : le nombre d’abonnés
Prime. Treize ans après avoir créé
ce programme, Amazon rassemble
plus de 100 millions de personnes
dans les 8 000 villes du monde où il
est disponible. Selon l’entreprise,
jamais Amazon n’avait conquis un
nombre aussi élevé d’abonnés
qu’en 2017. 5 milliards de produits
leur ont été expédiés l’an passé.
En rendant publics ces chiffres,
Jeff Bezos donne un signal aux investisseurs et à ses rivaux sur le dynamisme de son business model et
sa capacité à le dupliquer hors des
États-Unis. Un moyen de faire patienter les actionnaires, l’expansion
d’Amazon entamant ses profits.
Méthode copiée par Fnac
Darty et CDiscount
« Prime » est devenu la marque de
fabrique d’Amazon. Ce service, facturé 99 dollars par an (49 euros en
France), donne notamment accès à
la livraison gratuite dès le soir
même, à une plateforme exclusive
de musique, de jeux et de vidéos
ainsi qu’au stockage illimité en ligne de photos. Dans 50 villes, dont
Paris, les abonnés ont également
accès à Prime Now, un service de livraison express des courses alimentaires. Amazon bichonne aussi
ses abonnés en organisant un festival mondial de shopping, le Prime
Day, avec des rabais à la clef.
Au cœur de la stratégie d’Amazon, ce programme est un moyen
pour l’entreprise de conquérir de
nouveaux clients à fort pouvoir
d’achat et de surtout de les fidéliser.
Amazon ajoute régulièrement de
nouveaux services à son programme Prime pour le rendre plus attrayant et ses clients plus captifs : il
a récemment lancé les boutons
Dash qui permettent de commander des produits en appuyant simplement sur un bouton.
Le jeu en vaut la chandelle. Les
abonnés Prime ont tendance à
consommer plus et plus souvent.
Aux États-Unis, ils dépensent en
moyenne 1 300 dollars par an, près
de deux fois plus que les clients ordinaires, selon le cabinet Consumer
Intelligence Research. Cela permet
à Amazon de compenser le coût logistique de son programme.
En créant ce club de shopping,
Amazon a fixé un standard en matière de satisfaction clients, comme
il l’a fait sur la livraison. Son programme a fait des émules partout
dans le monde. En France, de CDiscount à Fnac Darty, les principaux
e-commerçants se sont dotés de
programme d’abonnement. Au
point qu’un tiers des acheteurs en
ligne ont souscrit l’an passé un
abonnement dans l’Hexagone, selon une enquête de CSA Research
pour la Fédération de l’e-commerce (Fevad). Amazon compterait
autour de 5 millions d’abonnés
français. ■
CESSION - FUSION - ACQUISITION - PARTENARIAT
01.49.04.01.85 - annonces@osp.fr
RECHERCHE CANDIDATS REPRENEURS
Entreprise en redressement judiciaire
Activité : Réparation, fabrication, achat et revente de fûts
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Un dossier complet sera adressé sur demande écrite à :
SELARL « Vincent MEQUINION Administrateur Judiciaire »
6 Rue d’Enghien - 33000 BORDEAUX
Tél. : 05.56.56.91.91- Fax: 05.56.56.91.92
Mail : stt@etude-mequinion.fr
A
KEREN LENTSCHNER £@Klentschner
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vendredi 20 avril 2018 LE FIGARO
22
ENTREPRISES
Procter & Gamble
prend le virage de la santé
En quête d’un second souffle, le leader de la grande consommation
rachète les médicaments sans ordonnance de l’allemand Merck KGaA.
KEREN LENTSCHNER £@Klentschner
P&G EN CHIFFRES
PHARMACIE Tournant stratégique pour Procter & Gamble. Une
« étape significative en avant »,
selon son PDG, David Taylor. Le
numéro un mondial de la grande
consommation (Ariel, Pampers,
Gillette…) fait un pas dans la santé.
Il rachète pour 3,4 milliards
d’euros les médicaments sans ordonnance du laboratoire pharmaceutique allemand Merck KGaA,
parmi lesquels les compléments
alimentaires Seven Seas, Bion 3 et
les vitamines Neurobion. Après en
avoir exigé jusqu’à 4 milliards
d’euros, Merck a revu ses objectifs
à la baisse. Jugé élevé, le prix
aurait découragé d’autres géants
de la grande consommation comme Nestlé et Reckitt Benckiser.
Avec cette acquisition, la plus
grosse depuis celle de Gillette il y a
treize ans, P&G s’offre un relais de
croissance pour l’avenir. Il espère
insuffler un nouvel élan et faire
taire les critiques de son encombrant actionnaire, Nelson Peltz,
qui vient d’entrer à son conseil
d’administration au terme d’une
bataille homérique. Le groupe, qui
connaît depuis plusieurs années
un passage à vide, est sous pression de cet investisseur qui lui reproche son manque d’innovation
et sa lourdeur bureaucratique.
65
Couches et rasoirs
à la peine
(2016-2017)
milliards de dollars
de chiffre d’affaires
15,3
milliards de dollars
de résultat net
65
marques
autre entreprise en vente, la division santé grand public de Pfizer
(Advil, Chapstick…) que Reckitt
Benckiser et le laboratoire GSK ont
finalement renoncé à acheter.
« Nous apprécions la croissance
continue et globale générée par le
marché des médicaments sans ordonnance et sommes ravis d’ajouter
ce portefeuille de produits ainsi que
les équipes de Merck KGaA à la famille P&G », a déclaré David Taylor dont le groupe a réalisé l’an
passé 65 milliards de dollars de
chiffre d’affaires. Avec 4 % de
croissance ces deux dernières années, ce segment progresse deux
fois plus vite que les principaux
marchés de la grande consommation comme les couches ou les rasoirs. Il est porté par des tendances
démographiques mondiales favorables, dont le vieillissement de la
population. D’ici à 2050, le nombre de seniors devrait passer de
650 millions à 1,6 milliard, tandis
que l’espérance de vie devrait
augmenter de huit ans. L’amélioration du niveau de vie dans les
pays émergents devrait doper le
Les
compléments
alimentaires
Seven Seas
et Bion 3
acquis
par Procter
& Gamble.
MERCK
Le rebond difficile d’une star déchue de la grande consommation
«
L’activité de Merck KGaA, qui a
généré l’an passé un milliard
d’euros de chiffre d’affaires (+ 6%
sur un an), complète le pôle santé
de P&G. Ce dernier contient les
pastilles contre le rhume Vicks,
l’antinauséeux Vogalib, le laxatif
Metamucil et les tests de grossesse
Clearblue. Modeste, il ne représente que 12 % de ses revenus mais
se porte bien (+ 5% au troisième
trimestre de l’exercice en cours).
L’opération a pour vocation de
prendre le relais de la coentreprise
entre P&G et le laboratoire israélien Teva, qui prendra fin cet été
en raison de divergences stratégiques. Pour se renforcer dans la
santé, P&G pourrait lorgner une
Le
changement
de
comportement
des consommateurs
et des
distributeurs
met à mal
les recettes
qui assuraient
le succès
des industriels
depuis
l’aprèsguerre
»
DÉCRYPTAGE
Ivan Letessier
iletessier@lefigaro.fr
Une cure de Bion suffira-t-elle à redonner du tonus à Procter & Gamble ? Rien n’est moins sûr, mais le
rachat des médicaments sans ordonnance de Merck prouve la prise
de conscience de ses faiblesses par le
leader mondial des produits de
grande consommation. Le géant de
Cincinnati, comme la plupart de ses
rivaux et des géants de l’agroalimentaire, souffre de la conjonction
de vents contraires.
Les pays émergents, longtemps
des eldorados pour les groupes occidentaux, ne sont plus de juteux relais
de croissance. Des acteurs locaux
LES DÉCIDEURS
â MATHIEU JEANDRON
Amazon
Chargé des technologies et des systèmes
d’information au ministère de l’Éducation
nationale, il entre chez le géant d’e-commerce
américain comme architecte de solutions de la
branche Amazon web services. X-Mines, il s’est
forgé une carrière dans les enjeux digitaux
depuis ses débuts au ministère de l’Intérieur.
â FLEUR PELLERIN
KLM
Reconvertie dans le privé avec la création de
son fonds Korelya Capital, l’ancienne ministre
est sur tous les fronts. Après sa récente nomination comme administratrice de Schneider Electric, elle devrait aussi rejoindre le conseil de
surveillance de la compagnie aérienne KLM.
â PHILIPPE DARMAYAN
Union des industries
et métiers
de la métallurgie
A
marché. De même que l’attention
plus forte portée au bien-être et à
la santé partout dans le monde. La
loyauté des consommateurs à
l’égard des marques de médicaments sans ordonnance fait partie
des avantages de la catégorie. En
revanche, les marges sont moins
confortables que dans la pharmacie. La bataille sur les prix sur Internet, qui s’est intensifiée avec la
concurrence d’Amazon et des
marques de distributeurs, a par
ailleurs compliqué la donne.
Le défi est de taille pour P&G.
Son PDG s’est félicité jeudi de la
croissance de plus de 3 % enregistrée dans huit de ses marchés.
Mais il a reconnu que la transformation du groupe prenait plus de
temps que prévu. La priorité a été
donnée à deux de ses catégories
phares à la peine, les produits
pour bébé et le rasage. « Nous devons accélérer le rythme du changement », martèle-t-il. De l’approvisionnement à la logistique
en passant par l’innovation et la
publicité, P&G promet de changer
la donne. ■
Le président d’ArcelorMittal France
succède à Alexandre Saubot à la tête de la fédération professionnelle UIMM. Élu pour un mandat de trois ans renouvelable, cet HEC préside
également le Groupe des fédérations industrielles (GFI) et « vice-préside » France Industrie.
ont émergé, limitant leur potentiel.
En Amérique du Nord et en Europe
de l’Ouest, le changement de comportement des consommateurs et
des distributeurs met à mal les recettes qui assuraient le succès des
industriels depuis l’après-guerre.
Les clients sont de moins en moins
attirés par les marques internationales et privilégient des labels dont la
production et la communication
« sonnent » plus local.
Désireux d’accompagner le mouvement, les distributeurs font de la
place aux nouveaux acteurs dans
leurs rayons. Pis, ils se livrent à une
guerre des prix sur les produits de
grandes marques, exerçant ainsi une
pression sur les marges des géants de
l’industrie. Certains, sous la pression
d’actionnaires activistes, coupent
les investissements en R&D et réduisent leur capacité à lancer des pro-
duits redonnant du désir aux clients
infidèles. Ce cercle vicieux transforme nombre de produits phares en
« commodities », marchandises de
base pour lesquelles les clients ne
donnent plus de valeur à la marque.
Handicap culturel
Dans ce contexte, la double diversification (de produit et de réseau de
vente) donne une bouffée d’air frais
aux industriels. Dans la parapharmacie, les marques sont mieux valorisées et les distributeurs exercent
moins de pression sur le prix.
Si Procter a conclu un accord avec
Merck, après que Nestlé l’a refusé en
début d’année, c’est que le groupe
américain est le plus mal en point de
son secteur. Aux obstacles s’érigeant
sur le chemin de tous les industriels
s’ajoute en effet un handicap lié à sa
culture propre. Peu porté sur la re-
PAR Carole Bellemare avec Amaury Bucco
â
Yannick Bolloré succède
à son père à la tête de Vivendi
À l’issue de l’assemblée
générale de Vivendi, le
conseil de surveillance du
groupe a décidé de nommer Yannick Bolloré à sa
présidence. Il succède ainsi à son père Vincent Bolloré qui en avait pris les rênes en
2014. C’est l’aboutissement d’un processus
préparé depuis longtemps. « C’est un passage
de relais naturel. Pour moi, c’est un grand honneur de travailler avec les membres du conseil
de surveillance que je connais bien et avec les
équipes du directoire de Vivendi », souligne
Yannick Bolloré.
Yannick Bolloré, 38 ans, avait rejoint le groupe familial en 2006 pour diriger la branche
média alors composée des chaînes Direct 8 et
D17. En 2011, la vente de ces chaînes à Canal +
se traduit par l’entrée du groupe Bolloré au
capital de Vivendi. Yannick Bolloré rejoint
alors le groupe Havas, autre participation de
Bolloré, pour en prendre la direction générale
deux ans plus tard.
En 2015, lors de la prise de contrôle majoritaire d’Havas par Vivendi, Yannick Bolloré
intègre le conseil de surveillance de Vivendi.
Depuis cette date, son parcours est tracé : il
est préparé à prendre la place de son père à la
tête de Vivendi. Il conserve toutefois le titre
de chairman et de CEO d’Havas.
Vincent Bolloré n’a jamais caché qu’il préparait ses enfants à lui succéder dans tous ses
mandats. Il avait même fixé la date de son
retrait en 2022, année des 200 ans du groupe
familial. Mais à 67 ans, il anticipe le passage
de relais en distribuant les responsabilités
entre ses fils. Cyrille dirige la branche transport et logistique de Bolloré et assure la
direction générale déléguée du groupe familial. Yannick prend la tête de la partie
médias, Vivendi.
Ce changement à la tête de Vivendi arrive à
un moment charnière de l’histoire du groupe.
Vincent Bolloré s’est impliqué personnellement dans le redressement de Canal + et a
lancé une offensive dans les médias et les
télécoms en Italie.
En présidant sa dernière assemblée générale,
Vincent Bolloré a fait référence au Louis XIV
de la série Versailles, l’un des succès de la
chaîne cryptée. « Tout ça va être à toi », a-t-il
déclaré, en reprenant les mots du Roi-Soleil à
son petit-fils. Yannick Bolloré va maintenant
s’atteler à valoriser au mieux Universal
Music, qui devrait être cotée en Bourse, mais
aussi tenter de sortir de l’ornière en Italie.
Actionnaire majoritaire de Telecom Italia, il
devra faire face au fonds activiste Elliott. Et
aussi conclure la paix avec la famille Berlusconi et le groupe Médiaset.
E. R.
mise en question, le groupe n’embauche pas de cadres expérimentés
mais seulement des jeunes diplômés
qu’il forme à sa façon. À la fin des
années 1990, il a changé son organisation en Europe, ce dont il souffre
encore : il a centralisé les fonctions
marketing en Suisse pour des raisons
fiscales, perdant ses précieuses
connexions avec les clients et son
pouvoir d’attraction dans les grandes écoles. Ce handicap a retardé sa
réaction aux révolutions de ses marchés, quand certains rivaux se sont
montrés plus agiles en adaptant leur
approche.
Procter, qui a multiplié les cessions ces dernières années, n’a pas
encore suffisamment révisé ses méthodes pour améliorer ses performances sur son cœur de métier. Sa
cure de Bion ne suffira pas, il faudra
un vrai changement de régime. ■
www.lefigaro.fr/decideurs
â MÉLINA MANTION
Panerai
La directrice marketing et communication de Vacheron Constantin a convaincu. Elle prend du galon chez Richemont France en
devenant directrice de l’horloger
italien Panerai pour la France, la Belgique
et le Luxembourg. Diplômée de la Sorbonne, l’ancienne communicante du Nouvel
Observateur avait fait ses armes dans le
secteur chez Mauboussin, comme directrice marketing et communication spécialisée
dans l’environnement retail. Elle avait ensuite rejoint Vacheron Constantin en 2011,
où elle a aussi marqué des points comme
responsable des ventes auprès du réseau de
distributeurs.
â CAMILLE
BONENFANT JEANNENEY
Compagnie
parisienne
de chauffage urbain
Directrice du siège du groupe Engie depuis 2015, la polytechnicienne devient directrice générale de
la CPCU, filiale de la Ville de Paris et d’Engie. Également diplômée de Sciences Po,
cette brillante ingénieure a longtemps
œuvré dans les instances européennes, ainsi que dans divers cabinets ministériels.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
vendredi 20 avril 2018
TECH
23
L’affaire Facebook secoue les développeurs
Un mois après Cambridge Analytica, les applications doivent s’adapter aux changements imposés par le groupe.
LUCIE RONFAUT £@LucieRonfaut
INTERNET « Notre plus grande
crainte est d’être associés à Cambridge Analytica. » Ce développeur français n’est pas le seul. Après les révélations autour de la sulfureuse
entreprise britannique, il y a un mois,
l’attention s’est concentrée autour de
Facebook. En France, 5 % de ses
membres ont annoncé leur intention
de supprimer « certainement » leur
compte, et 20 % l’envisagent « probablement », d’après un sondage Ifop
publié la semaine dernière. Malgré
ces déclarations d’intention, plusieurs spécialistes des réseaux sociaux, consultés par Le Figaro, n’ont
pas observé de départs massifs.
C’est plutôt du côté des applications qui utilisent les services de Facebook qu’il faut chercher les conséquences de l’affaire Cambridge
Analytica. Facebook permet aux développeurs d’exploiter une partie de
sa plateforme et des données de ses
utilisateurs grâce à ses API (« interface de programmation », en français
NDLR). Ces outils, utilisés un peu
partout sur le Web, permettent à des
logiciels de se fournir en données sur
le réseau social et d’y connecter leur
service. Par exemple, ce sont elles
qui permettent aux internautes
d’utiliser leur compte Facebook pour
se connecter à une application. Or le
scandale Cambridge Analytica a
changé les règles du jeu. Le 4 avril,
Facebook a annoncé des mesures
pour restreindre le type de données
qui peuvent être exploitées par les
applications extérieures. Juste après,
Tinder, un service de rencontres très
populaire sur smartphone, subissait
une série de dysfonctionnements,
empêchant ses utilisateurs de se
connecter avec leur compte Facebook. Comme un symbole de la dépendance de nombreuses applications au réseau social et à ses règles.
Une « boîte noire »
Facebook a promis un audit de sécurité de toutes les applications utilisant ses API. Devant le Congrès américain, Mark Zuckerberg a admis que
ce contrôle pourrait prendre « de
nombreux mois », voire des années.
En France, plusieurs entreprises ont
déjà fait l’objet d’un contrôle. L’une
d’entre elles explique avoir dû se justifier, en à peine 48 heures, du but de
son application. Le traitement n’est
cependant pas le même pour tout le
monde. Certaines sociétés ont été
approchées par les équipes commerciales du réseau social, qui les ont
rassurées sur la gravité de la situation. D’autres n’ont pas du tout été
contactées. « Cet audit est une boîte
noire », résume un développeur.
Une autre personne, employée
d’une entreprise spécialisée dans les
réseaux sociaux, relativise: « Facebook n’a pas eu besoin de Cambridge
Analytica pour changer ses règles. Ils
les modifient fréquemment et on
s’adapte. C’est plus de contraintes,
mais ça permet aussi de nettoyer un
peu l’écosystème, et ça nous fait moins
de concurrents. » Parfois, le ménage
ressemble plus à une punition. Facebook a aussi décidé de restreindre
fortement, et discrètement, l’API
d’Instagram, son application de
photos. Les développeurs n’avaient
pas été prévenus de ces changements. Certains craignent désormais
que Facebook ne profite de la polémique pour restreindre les activités
d’applications qui feraient concurrence à ses propres services.
L’autre risque pour les entreprises
réside dans la communication de Facebook. Depuis une semaine, le réseau social met davantage en avant
les options de confidentialité pour
contrôler les applications qui ont le
droit d’accéder aux données de ses
utilisateurs, au travers de messages
affichés sur le fil d’actualité et sur son
application. Plusieurs entreprises
ont constaté une hausse soudaine du
nombre d’internautes leur ayant retiré les autorisations nécessaires
pour accéder aux informations de
leur compte. « Je doute que Cambridge Analytica ait vraiment réveillé la
conscience des gens ; il a fallu que Facebook les prenne par la main », estime un développeur. Il n’empêche.
L’épisode semble avoir servi de leçon à plusieurs applications très dépendantes de Facebook. Bumble, un
service américain de rencontres
amoureuses, a annoncé que ses utilisateurs pouvaient désormais s’inscrire grâce à leur numéro de téléphone, plutôt qu’en utilisant leur
compte sur le réseau social. Cela sera
aussi bientôt le cas chez son rival
français Happn. Chez les développeurs d’applications, c’est finalement le fatalisme qui l’emporte, plus
que l’inquiétude. « Comme tout le
monde, on essaie de se diversifier,
conclut l’un entre deux. Facebook
n’a pas vraiment besoin de nous. Mais
c’est grâce à eux que l’on existe. » ■
Des employés
de Facebook
dans le campus du
groupe, à Menlo Park
en Californie. ROBERT
Données personnelles : le réseau social
limite la portée du règlement européen
GALBRAITH/REUTERS
INGRID VERGARA £@Vergara_i
À grand renfort de pages de publicité dans la presse, Facebook communique auprès de ses utilisateurs
européens sur les changements
induits par l’arrivée du règlement
général sur la protection des données (RGPD). Ce texte, qui entrera
en vigueur le 25 mai prochain, offre aux citoyens de l’Union européenne une plus grande maîtrise
du traitement de leurs données
personnelles et exige plus de
transparence de la part des sociétés sur leur collecte et leur utilisation de ces données. Les contrevenants
s’exposeront
à
de
conséquentes sanctions financières, pouvant atteindre 4 % de leur
chiffre d’affaires. Pour se mettre
en conformité, Facebook a revu
ses conditions d’utilisation ainsi
que sa politique de confidentialité
et a commencé à les déployer cette
semaine.
Pressé de questions après le
scandale Cambridge Analytica, le
FACEBOOK
2,1
milliards d’utilisateurs
dans le monde
239
millions d’utilisateurs
aux États-Unis
et au Canada
370
millions d’utilisateurs
en Europe
PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, avait même vanté les vertus
du texte auprès des parlementaires
américains : « Le RGPD en général
va être un pas très positif pour l’Internet. » Jouant sur les mots selon
ses interlocuteurs, il laissait entendre qu’il pourrait en appliquer
« l’esprit » à ses deux milliards
d’utilisateurs dans le monde.
Transfert de responsabilité
Pourtant, le réseau social a opéré
un surprenant mouvement, révélé
par l’agence Reuters. Jusqu’ici,
lorsqu’un utilisateur résidant en
Australie, en Asie, en Afrique ou
en Amérique latine acceptait les
conditions d’utilisation, il était stipulé que l’accord était passé avec
Facebook Ireland Limited. La responsabilité de traitement des informations incombait donc à cette
société basée à Dublin. L’utilisateur pouvait en théorie porter
plainte devant l’autorité de régulation des données locale et dépendre des juridictions irlandaises. À partir du mois prochain, la
responsabilité de traitement incombera à Facebook Inc., sa maison mère basée à Menlo en Californie. La législation américaine
sur les données est moins contraignante.
Ce transfert de responsabilité
concerne 1,5 milliard de personnes, soit 70 % des utilisateurs de
Facebook. Le groupe avait créé
Facebook Ireland Limited en 2008
pour pouvoir notamment profiter
de la fiscalité avantageuse du pays.
Aujourd’hui, il justifie ce mouvement par des raisons juridiques et
non fiscales. Le réseau avance que
« le droit européen exige une terminologie juridique spécifique » qui
n’existe pas dans la loi américaine.
Et d’ajouter avec un choix toujours
très travaillé des mots employés :
« Nous appliquerons partout la
même protection du respect de la vie
privée, que vous soyez engagé
contractuellement avec Facebook
Inc. ou avec Facebook Ireland ».
D’autres réseaux américains comme LinkedIn ont engagé des
transferts similaires. ■
PUBLICITÉ
BOURSE
100% des frais de transferts remboursés
dans la limite de 2 000 €
J’aime ma banque.
Du 28.02.2018 au 30.05.2018. Conditions sur site.
LA SÉANCE DU JEUDI 19 AVRIL
JOUR
%VAR.
+HAUTJOUR
+0,94 45,01
+0,63 103,7
-0,38 95,42
+0,04 28,62
-1,12
111,6
+0,41
23,55
+0,56 62,82
+0,63 43
+0,33 105,65
+1,17
16,53
+0,37
13,53
-0,92 67,74
+0,64 14,13
-0,09 113,35
-1,29 434,5
-0,76 191,4
+0,99 45,97
+1,5
65,2
-1,98 282,95
+0,98 118,75
+BAS JOUR %CAP.ECH 31/12
43,96
102,95
93,63
27,81
110,05
23,32
62,03
42,42
104,75
16,23
13,405
66,01
13,955
112,65
427,6
189,5
45,37
64,48
276,1
116,2
0,415
0,21
0,146
0,179
0,222
0,262
0,193
0,23
0,282
0,447
0,122
0,303
0,163
0,155
0,123
0,086
0,022
0,311
0,12
0,321
+4,65
-1,33
+13,54
+4,02
-9,31
-5,17
+0,55
-1,04
+6,33
-9,04
-2,17
-4,99
-1,71
-1,39
+9,16
+2,78
-2,38
+1,01
+12,96
-1,05
JOUR
ORANGE ..............................................14,51
PERNOD RICARD ..................................
138,7
PEUGEOT ..............................................
20,57
♣ 60,28
PUBLICIS GROUPE SA .............................
RENAULT ..............................................
94,5
SAFRAN ..............................................90,18
SAINT GOBAIN ..................................
43,675
SANOFI ..............................................65,6
SCHNEIDER ELECTRIC .............................
74,18
SOCIETE GENERALE ♣
..................................
45,265
SODEXO ..............................................80,78
SOLVAY ..............................................
115,05
STMICROELECTRONICS .............................
17,83
TECHNIPFMC ..................................27,1
TOTAL .............................................. 50,3
UNIBAIL-RODAMCO ..................................
191,8
VALEO .............................................. 55,08
VEOLIA ENVIRON. ..................................
19,42
♣
VINCI .............................................. 83,74
VIVENDI ..............................................21,61
%VAR.
-0,14
-0,5
-0,1
+7,37
+0,06
+0,27
+0,29
-0,32
+1,81
+0,66
+1,13
+0,31
-3,28
-0,18
+1,21
-0,78
+1,1
+0,34
+0,5
+3,4
+HAUTJOUR +BAS JOUR
14,59
141,9
20,71
61
95,2
90,54
43,975
66,05
74,84
45,42
80,86
115,4
18,575
27,43
50,4
194,05
55,48
19,545
83,74
21,76
14,475
137,5
20,48
58
94,2
89,42
43,635
65,35
73,86
44,825
79,42
114,55
17,78
26,55
49,725
191,7
54,54
19,315
82,9
20,9
%CAP.ECH
0,178
0,22
0,229
0,935
0,186
0,181
0,203
0,167
0,317
0,342
0,27
0,141
0,294
0
0,241
0,3
0,994
0,238
0,173
0,678
LES DEVISES
31/12
+0,24
+5,12
+21,32
+6,41
+12,62
+4,97
-5,01
-8,7
+4,69
+5,15
-27,91
-0,73
-2,06
+4,84
+9,24
-8,67
-11,55
-8,72
-1,66
-3,61
2,08 milliards d’euros, en croissance organique de 1,6 %, à un niveau supérieur
aux attentes des analystes. La dynamique a été porteuse (+ 2,8% à structure
comparable) en Amérique du Nord, son
premier marché. En Europe, l’activité a résisté (+ 0,30%), mais elle a reculé de 4,6 %
en Asie-Pacifique, notamment affectée
par l’arrêt d’un contrat avec Qantas.
1 EURO=
1,5892
1,5606
0,8698
9,7182
132,88
1,1976
1,2382
3,016
11,103
4,9838
21,9142
7,7717
81,458
141,014
AUD
CAD
GBP
HKD
JPY
CHF
USD
TND
MAD
TRY
EGP
CNY
INR
DZD
L’OR
JOUR
VEILLE
31/12
COTATION QUOTIDIENNE ASSURÉE PAR TESSI-CPOR
www.cpordevises.com
LINGOT DE 1KG ENV .....................................................
34630
34280
-0,35
NAPOLEON ..................................................... 204,8
202,3
-1,01
PIECE 10 DOL USA .....................................................
587
587
-0,17
PIECE 10 FLORINS .....................................................
213,9
213,9
+0,52
PIECE 20 DOLLARS .....................................................
1195
1195
+2,31
PIECE 20F TUNISIE .....................................................
205
205
+0,49
PIECE 5 DOL US (H) .....................................................
299
310
-1,97
PIECE 50 PESOS MEX .....................................................
1320
1307
+0,76
PIECE FR 10 FR (H) .....................................................
107
108,9
-2,55
PIECE SUISSE 20F .....................................................
203
203
+0,15
PIECE LATINE 20F .....................................................
202
200
-0,44
SOUVERAIN ..................................................... 257
254
-1,42
KRUGERRAND .....................................................1125
1105
+0,56
SICAV ET FCP
VALEURS LIQUIDATIVES EN EUROS (OU EN DEVISES), HORS FRAIS
VALEUR
DATE DE
LIQUID. VALORISAT.
42 rue d’Anjou,
75008 Paris
Tél. : 01 55 27 94 94
www.palatine.fr
SICAV
UNI HOCHE C ................................................
276,72 17/04/18
PUBLICIS FAIT MIEUX QU’ATTENDU AU PREMIER TRIMESTRE
L’action Publicis a bondi de 7,37 % à
60,28 euros jeudi à la Bourse de Paris. Le
titre, qui avait souffert au cours des trois
premiers mois de l’année, retrouve ainsi
une performance largement positive depuis le 1er janvier. Le troisième groupe publicitaire mondial a agréablement surpris
le marché en a annonçant avoir réalisé au
premier trimestre un chiffre d’affaires de
MONNAIE
AUSTRALIE ................................................................................
DOLLAR AUSTRALIEN
CANADA ................................................................................
DOLLAR CANADIEN
GDE BRETAGNE ................................................................................
LIVRE STERLING
HONG KONG ................................................................................
DOLLAR DE HONG KONG
JAPON ................................................................................
YEN
SUISSE ................................................................................
FRANC SUISSE
ETATS-UNIS ................................................................................
DOLLAR
TUNISIE ................................................................................
DINAR TUNISIEN
MAROC ................................................................................
DIHRAM
TURQUIE ................................................................................
NOUVELLE LIVRE TURQUE
EGYPTE ................................................................................
LIVRE EGYPTIENNE
CHINE ................................................................................
YUAN
INDE ................................................................................
ROUPIE
ALGERIE ................................................................................
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Publicis, qui a engrangé ces derniers
temps des budgets mondiaux comme
ceux de Mercedes-Benz, Campbell’s,
Carrefour et Marriott, se dit confiant dans
la réalisation de ses objectifs annuels, à
savoir une amélioration de sa croissance
organique et de sa marge opérationnelle.
La vigueur de l’activité est d’autant plus
appréciée qu’en mars dernier, lors de la
présentation du plan stratégique du groupe, la direction n’avait pas été très enthousiaste, expliquant que les deux premiers mois de l’année n’avaient pas été
très bons. Finalement, l’activité est repartie à un rythme soutenu et Publicis se distingue de ses concurrents, pour la plupart
en difficulté. Le président du directoire,
Arthur Sadoun, a fait savoir que Publicis
restera « discipliné » dans sa stratégie
d’acquisitions, qui sera concentrée sur le
digital et l’analyse de données. « L’enjeu
pour Publicis, comme pour ses concurrents, est plutôt de faire face à la concurrence croissante de Facebook et Google
dans les données et de groupes comme
Accenture et Deloitte dans le marketing », a-t-il observé. ■
A
LE CAC
ACCOR .............................................. 45
♣
AIR LIQUIDE ..................................
103,65
AIRBUS .............................................. 94,24
ARCELORMITTAL SA ..................................
28,205
ATOS .............................................. 110,05
AXA .............................................. 23,455
BNP PARIBAS ACT.A ..................................
62,59
BOUYGUES ..............................................
42,86
CAPGEMINI ..............................................
105,15
CARREFOUR ..............................................
16,41
CREDIT AGRICOLE ..................................
13,5
DANONE ..............................................66,46
ENGIE .............................................. 14,09
ESSILOR INTL. ..................................113,35
KERING ..............................................429
L'OREAL ..............................................190,1
LAFARGEHOLCIM LTD ..................................
45,92
LEGRAND ..............................................64,84
LVMH .............................................. 277,2
♣
MICHELIN ..............................................
118,3
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vendredi 20 avril 2018 LE FIGARO
24
MÉDIAS et PUBLICITÉ
Guimier attendu à la tête d’Europe 1
Après une saison ratée, le matinalier Patrick Cohen devrait laisser son micro.
CZECH MEDIA INVEST
POURRAIT RACHETER
« MARIANNE »
£ Le groupe média tchèque
a fait une offre ferme
d’acquisition de 91 % de
Marianne. Elle doit être validée
par le tribunal de commerce de
Paris, le newsmagazine étant
en redressement judiciaire. Son
plan de continuation, en œuvre
depuis cet été, a permis de
stabiliser les ventes en 2017
et de dégager un résultat
d’exploitation d’un million
d’euros. Czech Media Invest est
en négociations avec Lagardère
pour lui racheter
la quasi-totalité de ses
magazines français, dont Elle.
ENGUÉRAND RENAULT £@erenault
RADIO Devant les mauvais résultats d’audience et financiers de sa
station, Arnaud Lagardère a décidé
de changer une nouvelle fois la direction d’Europe 1. Frédéric Schlesinger, appelé en juin dernier à la
tête de la radio pour la redresser,
sait qu’il est évincé. Dès son arrivée, il avait prévenu qu’il faudrait
au moins trois saisons pour redresser les audiences. Arnaud Lagardère lui avait assuré qu’il aurait du
temps et des moyens financiers
pour y parvenir. Il n’a eu ni l’un ni
l’autre.
Aujourd’hui, la situation est surréaliste. Du côté du groupe Lagardère, on ne fait aucun commentaire. En congés, Arnaud Lagardère
n’a pas prévu de parler aux salariés
pour l’instant. Il réserve sa décision
pour l’assemblée générale du
groupe prévue le 3 mai. Et le remplaçant attendu, Laurent Guimier,
actuel numéro deux de Radio
France chargé des programmes et
des antennes, n’a pas encore remis
sa démission à la direction de Radio
France.
Laurent Guimier connaît bien la
maison Europe 1. Il y a fait plusieurs
allers et retours, entrecoupés par la
direction des médias numériques
du Figaro, la direction de France
Info, puis des programmes et des
antennes de Radio France. Il a espéré pouvoir briguer la présidence,
mais la Maison Ronde a décidé qu’il
n’y aurait qu’une seule candidature interne, celle de Sybile Veil.
Il y a le feu chez Europe 1. En
avril 2017, l’audience était déjà
tombée à 7,7 % et l’arrivée d’une
nouvelle direction, de Patrick Co-
EN BREF
EMMANUEL KESSLER
RÉÉLU
CHEZ PUBLIC SÉNAT
hen à la présentation de la matinale
et d’une nouvelle grille n’y ont rien
fait. Ils ont au contraire déstabilisé
les auditeurs, qui ont déserté la station en masse. Fin décembre 2017,
l’audience s’était effondrée à
6,6 %. Entre janvier et mars 2018,
elle est légèrement remontée à
6,8 %, mais la matinale a encore
perdu 112 000 auditeurs. Visiblement, la personnalité de Patrick
Cohen, débauché directement par
Arnaud Lagardère avant que Frédéric Schlesinger ne soit appelé à la
direction, ne convient pas aux fidèles auditeurs de la station. Après
une saison sans rencontrer son public, le présentateur devrait donc
laisser son micro. Il va falloir re-
Laurent Guimier,
actuel numéro deux
de Radio France chargé
des programmes
et des antennes, connaît
bien la maison Europe 1.
Il y a fait plusieurs
allers et retours.
ALBAN WYTERS/ABACA
trouver un remplaçant pour soutenir ce prime time de la radio. Les
noms de Maxime Switek, solution
interne, ou de Jean-Baptiste Boursier, qui va quitter BFMTV,
circulent.
19 millions de pertes
Les conséquences de ce trou d’air
sont lourdes. La station Europe 1 a
perdu 19 millions d’euros en 2017,
perte à peine compensée par les
bénéfices de 6 millions d’euros des
stations musicales. À défaut de
pouvoir vendre un actif dans un tel
mauvais état, Lagardère tente donc
une nouvelle fois de trouver une
martingale. En se heurtant à une
difficulté : la radio est un média
d’habitude, qui a besoin de stabilité. Or, la valse des dirigeants
brouille l’image de la station.
Europe 1, qui a connu son heure
de gloire il y a cinquante ans avec
les manifestations de Mai 68, se
cherche plus que jamais. La station,
qui a toujours été en phase avec
l’air du temps, a perdu ses réflexes.
Elle peut aujourd’hui s’appuyer sur
une nouvelle génération qui a
émergé cette saison, avec Matthieu
Noël, Daphné Bürki ou Maxime
Switek. Et sur les piliers, dont
l’animateur Franck Ferrand ou la
rédaction de la station, tiennent
toujours la boutique. Ils auront
connu quatre dirigeants en huit
ans. ■
£ Le bureau du Sénat a
confirmé Emmanuel Kessler à
son poste de PDG de la chaîne
Public Sénat. Il était en lice
contre le journaliste JeanFrançois Achilli. Emmanuel
Kessler débutera le 1er juin
un second mandat de trois ans.
LE CHIFFRE D’AFFAIRES
DE M6 BONDIT DE 11 %
£ Grâce à l’intégration du pôle
RTL radio (34,8 millions
d’euros) et à la forte
progression des recettes
publicitaires, le groupe M6
affiche un chiffre d’affaires
de 359 millions d’euros pour
le premier trimestre,
en hausse de 11 %. Le bénéfice
d’exploitation a, lui,
reculé de 5,3 % à cause
des mauvaises performances
financières des Girondins
de Bordeaux.
Les radios généralistes
en recul après les élections
NB :
CE N’EST PAS
POUR CE
PLAN MÉDIA-CI
QU’ON A ÉTÉ
RÉCOMPENSÉ.
Réveil difficile pour les radios généralistes. Portées l’an dernier
par une actualité politique intense, les stations généralistes ont
marqué le pas entre les mois de
janvier et de mars 2018, selon les
chiffres communiqués par Médiamétrie. L’audience de l’ensemble des généralistes a reculé
de 38,3 % l’an dernier à 37,7 %,
cette année, soit une perte de
320 000 auditeurs sur un an.
Elles ont toutes baissé, sauf
RTL, qui stabilise son audience au
plus haut, à 12,2 % d’audience
cumulée. La station sort par le
haut de la séquence électorale
puisque les auditeurs qui l’ont rejointe en 2017, restent à l’écoute
plus longtemps. Du coup, la part
d’audience de RTL ressort à
13,2 %, un record depuis dix ans,
toutes
stations
confondues.
« RTL gagne régulièrement des
auditeurs depuis trois ans et parvient à les conserver, ce qui explique la bonne santé de notre part
d’audience », déclare Christopher Baldelli, vice-président du
directoire du groupe M6 en charge de l’information et de la radio.
France Inter,
première matinale
AGENCE MÉDIA DE L’ANNÉE
MAIS AVANT TOUT DE NOS CLIENTS.
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Re-Mind PHD, Agence Media de l’année dans le cadre du prix Agence Media de l’année France
by OFFREMEDIA 2018
De son côté, France Inter reste la
numéro deux des stations généralistes même si son audience cumulée de 11,3 % accuse un repli
de 0,3 % sur une année. « Nous
avions atteint l’an dernier un très
haut niveau. Aujourd’hui, France
Inter est solidement arrimée audessus des 6 millions d’auditeurs
quotidiens. La matinale marche
bien et ensuite “Boomerang”,
“L’instant M” et “Grand bien vous
fasse !” sont au plus haut », explique Laurence Bloch, directrice de
France Inter.
La station conserve son titre de
première matinale. Le 7 heures-9 heures de Nicolas Demorand et Léa Salamé affiche
1,83 million d’auditeurs au quart
d’heure moyen contre 1,76 million d’auditeurs pour la matinale
d’Yves Calvi sur RTL.
Même phénomène pour RMC,
qui accuse une baisse de 0,4 %,
à 7,5 % d’audience cumulée. La
matinale de Jean-Jacques Bourdin baisse de 0,5 point sur la radio RMC, à 776 000 auditeurs
mais elle continue de gagner du
terrain sur les chaînes de télé
RMC Découverte et BFMTV pour
la grande interview. « L’effet de
la présidentielle est retombé,
mais nous avons bien installé la
grille qui est stable », souligne
Cécilia Ragueneau, directrice de
RMC.
NRJ sous la barre
des 10 %
Les variations dues à l’actualité
n’expliquent pas la mauvaise tenue d’Europe 1. La seule radio a
n’avoir pas profité de l’élection
présidentielle, n’a pas redressé le
cap depuis. Après avoir plongé à
6,6 % entre novembre et décembre 2017, la station affiche
une audience de 6,8 % entre janvier et mars 2018. Pas assez pour
conclure à un rebond. Sur un an,
la station a vu partir près de
540 000 auditeurs. La matinale de
Patrick Cohen a encore perdu
112 000 auditeurs, à 1,01 million
d’auditeurs (lire ci-dessus).
Par effet de bascule, les radios
musicales ont profité du recul des
généralistes, sauf NRJ. Pour la
première fois, la radio est tombée
sous la barre des 10 % d’audience
cumulée à 9,9 %. « Je prends acte
de ce résultat. Mais il serait temps
pour Médiamétrie de moderniser
son outil de mesure d’audience. La
méthode de sondage par téléphone
fixe ne permet pas de prendre en
compte les nouveaux usages et
modes de consommation de la radio », explique Maryam Salehi,
directrice déléguée de NRJ
Group. En revanche, Nostalgie, la
petite sœur de NRJ, grimpe à
6,1 %, soit un bond de 0,6 point
en un an. Skyrock est l’autre
grande gagnante de cette vague
avec 6,6 % d’audience cumulée,
juste derrière Europe 1 ! ■
E. R.
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vendredi 20 avril 2018 LE FIGARO - N° 22 920 - Cahier N° 3 - Ne peut être vendu séparément - www.lefigaro.fr
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PRENNENT LEURS AISES PAGE 28
JARDIN
IMMERSION À KEUKENHOF,
LE PARADIS HOLLANDAIS
DE LA TULIPE PAGE 29
NICOLAS JOUBARD ; VAN CLEEF & ARPELS ; OT HOLLANDE
L’Orchestre
symphonique
de Bretagne.
Les orchestres
de région libres
comme l’air
Créations en partenariat avec l’Océanopolis de Brest, concerts au sommet du Mont-Blanc, parades-fanfares dans le Nord…
De nombreuses formations symphoniques misent sur la carte du territoire pour se réinventer. Enquête. PAGE 26
À Niort, la photo
fait son introspection
EXPOSITION La 24e édition des Rencontres
de la jeune photographie porte de nombreuses
interrogations sur l’identité.
ENVOYÉE SPÉCIALE À NIORT
in mars, huit jeunes photographes, sept filles et un
garçon ont pris leurs quartiers au fort Foucault, aux
confins du marais poitevin.
Ils y ont séjourné deux semaines en
résidence de création. Cette carte
blanche sur un temps bref leur a mis
la pression. L’originalité de cette résidence, au-delà de la vie communautaire génératrice d’échanges, est
de présenter dans un premier temps
les sujets photographiques pour lesquels ils ont été sélectionnés et d’exposer leurs travaux réalisés en
quinze jours.
Cette année, les Rencontres de la
jeune photographie internationale
s’inscrivent dans un registre plutôt
introspectif. Certains artistes, formés par des écoles de photo comme
Arles (ENSP), l’École de l’image des
Gobelins ou l’ENS Louis-Lumière,
ont des discours bien établis tendant
vers des dispositifs intellectuels.
D’autres, comme Negar Yaghmaian,
iranienne, et Dina Oganova, géorgienne, abordent des terrains plus
sensibles. Elles font part de leur désarroi, expérimentant d’autres formes que leur approche documentaire initiale. Toutes deux traduisent
leur attachement au pays natal. La
première regrette l’être aimé qu’elle
fait apparaître comme dans un rêve,
tandis que la seconde cherche ce qui
la relierait à l’actualité de l’Iran, une
miche de pain par exemple, qui évo-
F
que une grève de la faim. Les résidents s’inscrivent tous en filigrane
dans des interrogations : questionnement sur l’identité, quête d’une
poésie essentielle. On y parle de
peau, d’immanence, de constellation. Sans doute ont-ils été inspirés
par leur conseillère artistique,
Corinne Mercadier, qui les a accompagnés dans leurs démarches.
Voyages insulaires
Elle présente, de son côté, « Satellites » à la Villa Pérochon, le centre
d’art de Niort. Cette belle exposition
explore les coulisses de son théâtre
personnel : elle livre croquis et objets qui ont inspiré ses mises en scène. Ses carnets de route mêlant
dessins et annotations apportent un
éclairage sur l’élaboration de ses
images. Et ses photographies oniriques renvoient à nos terreurs primitives qu’elle assume avec légèreté.
Pendant cette 24e édition,
d’autres expositions sont à découvrir dans cette ville cossue. Emmanuelle Brisson dans sa série « Les
Profondeurs du cœur » livre un
portrait intime de la vieillesse de
sa mère. Maitetxu Etcheverria nous
embarque dans ses voyages insulaires, retrouvant les codes de la peinture romantique sur les îles de
l’estuaire de la Gironde. Niort la
belle provinciale peut se vanter de
participer à la création photographique en soutenant la jeune
photographie. ■
Rencontres de la jeune photographie
internationale à Niort (79),
jusqu’au 26 mai.
A
ISABELLE STASSART
istassart@lefigaro.fr
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vendredi 20 avril 2018 LE FIGARO
26
L'ÉVÉNEMENT
Les orchestres
de région
dépassent
les frontières
CLASSIQUE Plus que de jouer
des concerts, ces formations
se fixent comme mission d’apporter
la musique dans les endroits
les plus insolites. Elles se distinguent
par leurs initiatives audacieuses.
T
THIERRY HILLÉRITEAU
£@thilleriteau
aliesin… Ce n’est pas le surnom d’une symphonie de Haydn ou de
Mozart, mais celui de l’un des plus célèbres bardes de la mythologie celte et du
folklore breton. C’est sous sa bannière
que l’Orchestre symphonique de Bretagne (OSB) a rangé, il y a cinq ans, une série de concerts devenue l’un des rendezvous les plus populaires de sa saison : Les
Rencontres Taliesin. Des concerts qui
font dialoguer la formation avec la culture musicale celte. De Dan Ar Braz à Denez
Prigent en passant par un fest-noz symphonique qui a fait danser 6 000 personnes avec l’orchestre et a fait l’objet d’un
enregistrement coproduit par l’entreprise culturelle la plus importante de Bretagne, la Coop Breizh.
Un exemple des nombreuses initiatives de l’OSB pour se mettre au diapason
de son territoire. « La mission d’un orchestre n’est plus juste de jouer des
concerts mais d’être une ressource musicale pour sa région », proclame son administrateur Marc Feldman. Pour ce
New-Yorkais d’origine, « toute formation symphonique devrait être une réponse
à la pensée unique. Un symbole d’ouverture qui implique de sortir de l’enceinte protectrice de la salle de concert, pour descendre dans les rues. À chaque orchestre
de faire avec l’écosystème qui l’entoure : la
France ne manque pas de richesses culturelles régionales ! »
Un précepte de plus en plus répandu
parmi nos orchestres de région. « Si le
rayonnement national et international de
l’orchestre est important, nous voulons
que les habitants puissent être fiers de
l’orchestre comme ils devraient l’être du
Stade Toulousain », affirme Thierry
d’Argoubet, délégué général de l’Orchestre national du Capitole de Toulouse.
Même son de cloche à l’Orchestre national de Lille, qui multiplie les initiatives
tournées vers la ville. Comme cette parade-fanfare qui introduira, en juin prochain, son interprétation de la Mass de
Bernstein.
À Rennes, Marc Feldman s’efforce, lui,
de réinventer en permanence cette relation de l’orchestre à son environnement.
Ce week-end, il lance au couvent des
Jacobins, à Rennes, les 40es Rugissants de
l’OSB. Le premier d’une nouvelle série
de concerts inspirés par l’arc Atlantique
et tournés vers le monde maritime, « qui
s’étalera sur les cinq prochaines années »,
promet-il. Au programme de ce rendez-
175 000
kilomètres au compteur
de la voiture
de Nicolas Chalvin,
chef de l’Orchestre des
Pays de Savoie, vieille
de seulement cinq ans
vous, imaginé en point d’orgue de la
Journée de la Terre et pour lequel la formation s’est associée à l’Océanopolis de
Brest et au festival Étonnants voyageurs
de Saint-Malo? Deux nouvelles créations
mondiales : le poème symphonique Anita
phalanges les plus originales et les plus
attachantes. Fort de seulement vingttrois musiciens, cet orchestre de chambre rayonne sur « un terrain de jeu qui va
de l’auditorium de Lyon aux villages perdus en haut de la Maurienne, en passant
par les stations de sports d’hiver », précise
son administrateur Damien Pousset.
Pour Nicolas Chalvin, ces contraintes
« donnent du sens à nos vies de musicien.
Nos concerts dans les villages où nous ne
nous rendons qu’une fois tous les deux ans
sont aussi importants que ceux que nous
donnons à Annecy ou Lyon ». Elles incitent l’orchestre à se dépasser. Comme
lorsqu’une poignée d’instrumentistes,
suivie par une partie du public, a entrepris en 2015 l’ascension du Mont-Blanc,
armée de hautbois, basson et clarinette,
de casques et de piolets afin de s’y produire pour les trente ans de l’orchestre.
Mais aussi à se réinventer et à repousser
ses propres frontières.
La saison prochaine, la phalange inaugurera ainsi sa première résidence de
compositeurs (comme cela se fait dans de
plus en plus d’orchestres en région) : celle
de Tristan Murail, une figure majeure de
la musique française contemporaine. ■
de Benoît Menut, hommage en musique à
Anita Conti, la première océanographe
française. Et la Symphonie australe de Julien Gauthier : le fruit d’un séjour de six
mois du compositeur sur la base scientifique de Port-aux-Français, aux îles
Kerguelen ! Les deux pièces seront entrecoupées par la redécouverte d’une
œuvre rare : le Concerto pour piano du
compositeur et marin brestois Jean Cras.
Un programme ambitieux, qui a presque valeur de symbole dans une région
souvent regardée, depuis la capitale,
comme un territoire étranger ou presque
à la musique classique. La preuve que,
contrairement aux idées reçues, nos orchestres de région – y compris ceux que
l’on ne voit presque jamais à Paris –
comptent parfois parmi les acteurs les
plus inventifs et les plus créatifs du paysage symphonique français. « Parce qu’il
y a un attachement très fort du public à
l’orchestre de leur territoire, qu’ils perçoivent vraiment comme le leur, cet auditoire
est prêt à nous suivre sur des chemins plus
audacieux que pourrait l’être celui des
grandes salles traditionnelles », analyse
Nicolas Chalvin. Le chef est à la tête de
l’Orchestre des Pays de Savoie, une des
« Prière de ne pas éteindre vos téléphones
portables ! » D’ici quelques années, cette
phrase pourrait s’inviter régulièrement
dans nos salles de concerts symphoniques.
C’est du moins ce qu’espère l’Orchestre
national de Lille. En janvier dernier, la
phalange nordiste défrayait la chronique
en organisant un concert de smartphones.
Grâce à Smartphony, une application développée spécifiquement par une start-up
de la région, les spectateurs pouvaient envoyer au chef, muni d’un pupitre connecté, leurs indications de tempo et de nuance… Et ainsi influencer en temps réel sa
direction du Sacre du printemps de Stravinsky ! « En fait, c’est Alexandre Bloch,
notre nouveau chef lui-même, qui en a eu
l’idée, raconte Morgane Dagnas, responsable communication et marketing de
l’orchestre de Lille. Il est très axé sur les
nouvelles technologies. En dirigeant à Séoul,
il avait eu vent d’initiatives similaires et ça
lui a donné envie d’essayer. Le succès fut tel
qu’on en refera un la saison prochaine… En
voyant encore plus grand ! » s’enthousiasme-t-elle. Un tel exemple n’est pas un cas
isolé dans notre pays.
En novembre 2016, une autre formation de région, l’Orchestre de Picardie,
faisait l’événement lors d’Orchestres en
fête, en créant à la Philharmonie de Paris
Geek Bagatelles, du compositeur Bernard
Cavanna. Une relecture « défragmentée »
de la « Neuvième » de Beethoven pour
grand orchestre et… chœur de smartphones ! Placé au milieu de l’orchestre, ce
dernier était composé de lycéens d’Abbeville (Hauts-de-France) qui étaient invités à participer avec des smartphones
transformés en instruments de musique
grâce à une application.
Webséries et puzzle audio
Une geekmania qui semble gagner de plus
en plus d’orchestres français. L’Orchestre
de chambre de Paris, l’Orchestre national
d’Ile-de-France (Ondif) et l’Orchestre de
l’Opéra de Rouen se sont ainsi associés
pour lancer, d’ici quelques semaines, une
application commune, développée avec
une autre start-up distinguée pour ses innovations dans le domaine de la musique :
NoMadMusic. « Il s’agit d’une appli d’initiation à l’orchestre pour les 8-12 ans que
nous nous engageons à développer et à
nourrir tous les trois sur une durée d’au
moins cinq ans », annonce Nicolas Droin,
directeur général de l’Orchestre de chambre de Paris.
Une tendance à la hausse, note Philippe Fanjas, directeur de l’Association
française des orchestres. Pour lui, « les
orchestres français seuls n’ont peut-être
pas les moyens du Philharmonia de Londres dirigé par Esa-Pekka Salonen, très
investi dans le numérique. Mais ils ont une
créativité et une force d’entreprendre.
Notamment pour associer nouvelles tech-
En janvier, les spectateurs
venus écouter Le Sacre
du printemps de Stravinsky
par l’Orchestre national
de Lille, pouvaient envoyer
de leur smartphone
des indications de tempo
au chef Alexandre Bloch.
PHOTOPQR/VOIX DU NORD/MAXPPP
A
Les nouveaux geeks de la gamme
nologies et pédagogie. Et n’hésitent pas à
mutualiser et à mettre au pot pour innover. » D’ailleurs, le numérique occupe
une part de plus en plus importante dans
les actions de sensibilisation et d’éducation de nos orchestres, souligne-t-il :
« L’Orchestre national d’Île-de-France a
développé dès 2014 la websérie Allez raconte, Camille !. De courts spots de présentation de ses programmes, devenus
MarmitOndif. » Idem à l’Orchestre de
Paris, qui proposait déjà ses Figures de
notes, des vidéos de présentation des instruments par les musiciens de l’orchestre. La phalange capitale devrait bientôt
mettre sur orbite M. Ondes. Un personnage de dessin animé « proche de l’esthétique des Shadocks, dont les moustaches
s’animeront sur la musique et qui explique
les œuvres au programme », résume
Olivia Tourneville, directrice de la communication de l’orchestre. À quoi s’ajouteront une plateforme numérique présentant le catalogue audio et vidéo de
l’orchestre, et un jeu pour enfants sous
forme de puzzle audio, développé là encore avec NoMadMusic.
Sans parler des partitions numériques,
qui gagnent, elles aussi, du terrain au sein
de nos formations, « grâce notamment au
travail de l’éditeur Newzik, avec lequel
collaborent déjà l’Ondif et l’Orchestre de
l’Opéra de Rouen », renchérit Philippe
Fanjas… De la French tech à la French
touch symphonique, il n’y avait finalement qu’un pas. ■
T. H.
Pour les trente ans
de l’Orchestre des Pays
de Savoie, une poignée
d’instrumentistes, suivie
par une partie du public,
a entrepris en 2015
l’ascension du Mont-Blanc,
afin de s’y produire.
VANAPPELGHEM
Agenda
20 et 21 avril
« 40es rugissants »
de l’Orchestre symphonique
de Bretagne. Au Couvent
des Jacobins, à Rennes (35).
www.o-s-b.fr
28 avril et 3 mai
« Prélude à la nuit » :
œuvres de Suk,
Schoeck et Widmann.
Avec l’Orchestre
des Pays de Savoie.
À Chambéry et Seynod (74).
www.orchestre
payssavoie.com
5 mai
« Modernité française »,
de Ravel à Boulez,
avec l’Orchestre national
du Capitole de Toulouse
et le compositeur Bruno
Mantovani à la direction.
À la Halle aux Grains
de Toulouse (31).
11, 19 et 20 mai
« Concerts Taliesin »
de l’Orchestre symphonique
de Bretagne,
avec Denez Prigent.
À Rennes (35), Carhaix (29)
et Saint-Malo (35).
29 et 30 juin
« Mass » de Leonard
Bernstein, avec l’Orchestre
national de Lille. Précédée
d’une parade-fanfare
à 17 heures le 30 juin.
À l’auditorium du Nouveau
Siècle de Lille (59).
www.onlille.com
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LE FIGARO
vendredi 20 avril 2018
CULTURE
27
Aux bonheurs
de la lecture
et des belles
histoires
L’acteur Jacques Weber,
lors du filage de la pièce
Hugo au bistrot,
le 12 avril, à La Scène
Thélème, là Paris.
F. BOUCHON/LE FIGARO
aime en écoutant un artiste lire. Que l’on
nous raconte de belles histoires… L’acteur propose Yasmina Reza ces jours-ci.
Il aime son esprit, sa causticité joyeuse. Il
enchaînera à partir du 26 avril avec quelques pages de Je vais passer pour un vieux
con de Philippe Delerm et le texte bouleversant de Michel Onfray sur son père,
en préface à Cosmos. Beaucoup d’émotion pour finir…
À La Scène Thélème (3), fondée par
Jean-Marie Gurné, Jacques Weber nous
offre avec Hugo au bistrot une plongée
dans des textes très différents et puissants de l’auteur des Misérables. C’est
Christine Weber, sa femme, très bonne
connaisseuse de la littérature, qui a
composé le montage. Le grand Jacques
est accompagné de Magali Rosenzweig,
qui est un peu Juliette Drouet et chante
autant qu’elle dit. Un très beau moment
d’engagement poétique et politique. Car
il y a Hugo, l’homme hypersensible, et
l’homme engagé pour la défense des
plus faibles et d’une haute idée de la
France. Weber joue, debout souvent,
pugnace et délicat.
La Scène Thélème est un restaurant
étoilé où officie, après Pierre Rigothier,
Julien Roucheteau. Le théâtre s’y donne
à part. On peut, si on le souhaite, seulement écouter Hugo, on peut seulement
dîner, ou on peut faire les deux. Et il y a
même un menu inspiré par le géant. ■
CHRONIQUE Jacques Weber avec Hugo,
Pierre Arditi avec Ribes, Reza, Delerm,
Onfray et Michèle Venard avec Léon Bloy
vous invitent à de précieux moments.
Armelle Héliot
aheliot@lefigaro.fr
blog.lefigaro.fr/theatre
epuis une trentaine d’années, en marge des représentations théâtrales, s’est
développé un phénomène
que le public goûte particulièrement : la lecture. Pionniers en la
matière, Claude Santelli et Jean-Claude
Carrière, qui, dans le cadre de la participation de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) au Festival d’Avignon, avaient mis en place un
cycle intitulé « À voix nue ». Les écrivains célèbres y côtoyaient de jeunes inconnus, portés par des comédiens d’excellence. Parfois on assistait à la
révélation d’une œuvre méconnue. Ce
fut le cas, par exemple, lorsque Nada
Strancar lut des nouvelles de Max Rouquette, magistral prosateur et poète qui
écrivait en français et en occitan. Des
D
manifestations se sont construites depuis sur la seule lecture : à Grignan, par
exemple. Jean-Marie Besset, lui, a imaginé des mises en espace de pièces inédites, jouées brochure à la main, dans les
beaux paysages de Limoux et du pays
cathare. Le public est au rendez-vous !
Il y a des maîtres de la lecture, en
France. Didier Sandre est souvent sollicité pour accompagner des récitals musicaux. Denis Podalydès aime, lui aussi,
cet exercice très particulier. Il avait
même, un moment, développé une
théorie disant qu’il ne fallait pas qu’une
lecture excède une heure dix. C’est
d’ailleurs la plupart du temps le format
qui s’impose naturellement.
« À voix haute et nue »
Michèle Venard, comédienne et metteuse en scène, elle, propose chaque
mois une lecture d’une heure au Théâtre
Pandora. Depuis plusieurs années, avec
À voix haute et nue, elle donne rendezvous à ses fidèles avec un auteur qu’elle
connaît très bien, dont elle a relu la plupart des textes, et offre un échantillon
remarquable. Le jeudi 3 mai, elle nous
fera entendre Léon Bloy (1) avec des
nouvelles tirées de Sueur de sang et
d’Histoires désobligeantes.
Pour les comédiens, l’exercice est plaisant et difficile. Pour le public, il est merveilleux. Pierre Arditi, qui joue toujours
avec la fine Emmanuelle Devos Quelque
part dans cette vie à Édouard-VII, offre
actuellement au Rond-Point (2) une série
remarquable. Cela s’intitule Pierre Arditi
lit ce qu’il aime. À tout seigneur tout hon-
neur, il a débuté avec des textes de JeanMichel Ribes, des textes venus de Mille et
un morceaux, ouvrage en formes brèves,
aphorismes, formidables vecteurs d’humour ravivés par l’interprétation précise
de Pierre Arditi. Il aime s’attarder après
ces moments où l’on ressent physiquement la ferveur du public. Il devise, il raconte. Il se souvient du temps où sa tante
s’installait entre sa sœur Catherine, elle
aussi comédienne, et lui, et leur racontait
des histoires. C’est bien cela que l’on
ZOOM
Rodin en maître de ballet
Le retour de Lars von Trier
au Festival de Cannes
ARTS Durant ses vingt dernières années, le sculpteur a multiplié les échanges avec les étoiles
AGENCE PHOTOGRAPHIQUE DU MUSÉE RODIN/JÉROME MANOUKIAN
de la danse. Leur corps nourrit son œuvre. Pas de deux en son musée parisien.
ÉRIC BIÉTRY-RIVIERRE
ebietryrivierre@lefigaro.fr
uit étoiles accueillent le
public au Musée Rodin.
Leurs portraits photographiques ornent l’entrée
d’une exposition pleine de
grâce puisque consacrée aux rapports
que le sculpteur a entretenus avec la
danse. Voici la pionnière de l’Art nouveau Loïe Fuller, la néoantiquisante
Isadora Duncan, l’Espagnole Carmen
Damedoz, une Cambodgienne anonyme, la Japonaise Hanako, le dionysiaque primitif Vaslav Nijinski, la néoindienne Ruth Saint Denis et enfin, la
danseuse acrobate de l’Opéra-Comique
Alda Moreno.
En cette aube du XXe siècle, ces stars
sont toutes curieuses de rencontrer
le maître, alors gloire nationale à
renommée internationale. Duncan
s’est même produite pour lui à l’occasion du banquet fêtant sa nomination
au grade de commandeur de la Légion
d’honneur.
L’homme des Bourgeois de Calais, du
monument à Hugo et du scandale provoqué par son Balzac recevait volontiers ces artistes athlètes. Des revues de
french cancan qu’il conservait et les
preuves d’une fréquentation assidue
aux spectacles parisiens – sauf ceux des
ballets classiques, car Rodin cherche ce
qui n’a pas été codifié, un art encore
naturel – évoquent ces mondanités.
Mais c’est loin d’être le plus important.
Le créateur a eu particulièrement besoin d’Alda Moreno à cause de sa capacité à repousser les limites du corps. Ni
les leçons d’anatomie prises au Muséum
d’histoire naturelle auprès du sculpteur
animalier Antoine-Louis Barye, ni la
présence dans la collection maison d’un
écorché en plâtre, ni le dessin académique d’après modèle – technique
maîtrisée depuis longtemps – ne lui
suffisaient. En triturant sa terre devant
les cambrures de ces modernes Terpsichore, Rodin pense répartition des
masses, gestion de l’énergie, défi de
H
Auguste Rodin, Mouvement de danse F, avec Tête de la Femme slave, 1911.
l’équilibre. Le modèle d’atelier réussit
moins que le danseur à se maintenir
longtemps en tension ou en déformation. Pour réussir l’effet d’impulsion
d’Aphrodite, l’envol d’Iris ou les torsions d’un des fils mourants d’Ugolin
– les études en plâtre trônent sur un socle central –, l’aide de meilleurs professionnels a été décisive.
Les petits gabarits
du Ballet royal
du Cambodge
se meuvent lentement
Avec Alda, rencontrée en 1903, Rodin
élabore sa série des Mouvements de danse. Soit un jeu de figurines sans titre ni
socle, découvertes dans son atelier et
fondues après sa mort. Ces pièces ne
sont pas sans rappeler celles du Degas
sculpteur. Elles peuplent la vitrine
principale de la première section du
parcours. Ce sont peut-être des études
pour La Création de la femme ou pour
Monument aux aviateurs, projet avorté
dont on découvre les étapes les plus
abouties à proximité.
Moulés, leurs membres et postures
ensuite isolés, ces « Mouvements »
constituent surtout un vocabulaire raisonné. Ils sont les phonèmes du langage
plastique rodinien. Au mur, un schéma
montre comment deux pièces primordiales, surnommées Alpha et Bêta, en
engendrent de multiples, appelées A, B,
C, D… Une même figurine pouvant varier debout, allongée ou mise à l’envers.
Cet ensemble, l’un des derniers de la
carrière, contient tous les travaux à venir. Les modelages originaux, en terre,
ont disparu. Subsistent tout de même
quelques plâtres d’épreuve et terres cuites qui éclairent parfaitement la méthode. Aux murs sont présentés des dessins
tracés sur le vif, sans un regard pour la
feuille, puis reportés au calque. On remarque également des photographies de
la collection personnelle, certaines
commandées expressément. Ce sont des
équivalents.
Avec l’attitude, Rodin s’intéresse au
mouvement. Il le trouve dans les voiles
agités par Loïe Fuller lors de sa célèbre
danse serpentine. Et aussi, comme on le
remarque dans quelques vestiges qu’il a
possédés, dans les plissés de Ménades en
transe. Un plâtre fort fragile, énorme
(1) À voix haute et nue, avec Michèle Venard,
au Théâtre Pandora (Paris XIe),
le 3 mai à 19 heures. Tél. : 01 42 39 21 61.
(2) Pierre Arditi lit ce qu’il aime,
au Théâtre du Rond-Point (Paris VIIIe)
à 18 h 30 du mardi au dimanche,
le samedi à 15 h 30. Tél. : 01 44 95 98 21.
(3) Hugo au bistrot, à La Scène Thélème
(Paris XVIIe), jusqu’au 5 mai, à 19 heures
du mercredi au samedi. Tél. : 01 77 37 60 99.
Puis en tournée en France et en Suisse,
de février à mai 2019.
volute de tissu sur laquelle repose une
forme humaine, s’intitule Mercure drapé. Là comme partout ailleurs, le corps
est miroir de l’âme.
Rodin a assisté à la première scandaleuse de L’Après-midi d’un faune. « C’est
donc peut-être Nijinski ce personnage »,
explique Christine Lancestremere, chef
du service de la conservation, en désignant une petite ébauche installée dans
la suite qu’elle a chorégraphiée. Ce peut
être également n’importe quel séducteur de nymphes. Rodin aime en effet se
hisser du particulier au général, du matériel à l’idéal comme le montre toute
son œuvre.
Lorsque enfin, à l’été 1906, il découvre
le Ballet royal du Cambodge, c’est le
coup de foudre. Ces petits gabarits, à la
fois musclés et délicats, se meuvent lentement, ce qui permet à la main de capter aisément leurs attitudes originales.
Les pieds ancrés dans le sol contrastent
avec des mains qui volent comme des
plumes. Elles séduisent tant que Rodin
en fera faire des moulages. Il en tirera
par exemple Cathédrale, soit deux fois
cinq doigts s’effleurant en une amorce
de prière géante. Une danse encore…
Plus généralement, la danse cambodgienne, art savant destiné à apaiser les
dieux, apparaît chez lui comme une véritable antiquité vivante, à l’instar du
Maroc pour Delacroix. Le grand romantique considérait les tapis orientaux
comme la plus belle forme d’art au monde. Pour Van Gogh, il s’agissait des
estampes japonaises. Pour le sculpteur,
incontestablement, la danse khmère
surpasse tout. Nombreux sont ceux qui
retiendront la leçon. Et parmi les artistes, les danseurs à leur tour écouteront
Rodin. Aujourd’hui, il inspire un Preljocaj, une Maguy Marin ou encore une
Marie-Agnès Gillot. ■
« Rodin et la danse » au Musée Rodin
(Paris VIIe), jusqu’au 22 juillet.
Catalogue Hazan, 192 p., 35 €. Le Ballet royal
du Cambodge dansera Métamorphoses,
un hommage à Auguste Rodin, les 18
et 19 mai à la Philharmonie de Paris (XIXe).
Tél. : 01 44 18 61 10. www.musee-rodin.fr
Son nom était attendu
quand Thierry Frémeaux
et Pierre Lescure ont divulgué
la liste des films en compétition
du 71e Festival de Cannes
(lire nos éditions du 13 avril 2018).
Lars von Trier reviendra bien
sur la Croisette, hors compétition,
avec The House That Jack Built,
avec Matt Dillon et Uma Thurman.
En 2011, le réalisateur danois,
Palme d’or en 2000 pour Dancer
in the Dark, avait fait scandale
à Cannes quand il avait exprimé
sa « sympathie » pour Hitler.
Malgré ses excuses, il n’avait plus
été invité depuis. Autre nouvelle
annonce : L’homme qui tua
Don Quichotte de Terry Gilliam,
avec Adam Driver et Jonathan
Pryce, sera projeté en clôture
du Festival et sortira en même
temps en France. Le conflit
du cinéaste avec le producteur a été
résolu début avril, sortant enfin
le film de son statut de maudit.
EN BREF
Mostra de Venise :
le lion d’or
pour David Cronenberg
Âgé de 75 ans, Le réalisateur
canadien David Cronenberg
a réalisé plus d’une cinquantaine
de films. Parmi eux, La Mouche,
The Dead Zone, Le Festin nu,
eXistenZ, A History of Violence…
Sa carrière sera récompensée
lors de la Mostra de Venise,
qui se déroulera du 29 août
au 8 septembre prochain,
par le lion d’or.
Reconstitutions historiques
à Fontainebleau
Les 28, 29 et 30 avril, le château
de Fontainebleau ouvre
ses portes à Napoléon Ier,
Marie-Louise et leur cour.
Des professionnels rejoueront
des scènes de vie du couple,
des revues militaires, des bals…
Visites des appartements,
ateliers pour enfants, tables
rondes sont au programme.
A
LE THÉÂTRE
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
vendredi 20 avril 2018 LE FIGARO
STYLE
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Comme les deux doigts de la main
TENDANCE Anneaux qui s’allongent sur plusieurs doigts ou monture qui disparaît pour laisser la place
aux pierres précieuses, les bagues se délestent, cette saison, de leur classicisme.
E
PAULINE CASTELLANI
lle a un faux air de poing
américain, cette bague Chloé, avec son
accumulation d’anneaux en laiton qui
s’entremêlent sur les quatre doigts.
Une version baroque et beaucoup
moins inoffensive que la panoplie portée par les « blousons noirs » dans les
années 1950. Souvent absentes des défilés car peu visibles depuis les podiums, les bagues refont leur apparition en version surdimensionnée et
« multidoigt ». Comme la grappe de
grosses billes dorées qui dégringolent
sur la main, dans la collection Resort
de Balenciaga, ou ces longues feuilles
en métal brossé d’Élie Saab.
Chez les créateurs pourtant, cela fait
déjà quelques saisons que les bagues
s’étalent le long de plusieurs phalanges. Dès sa première collection en
2015, Charlotte Chesnais dessine des
bijoux aux portés alors inhabituels.
« J’avais envie de proposer une esthétique un peu étrange. Avec des bracelets
qui montent haut sur la paume ou des
bagues qui s’étirent sur la peau. » Depuis, la jeune femme continue d’explorer les formes ergonomiques et les
courbes bien épaisses comme sur son
dernier modèle Faust (1, 595 euros)
dont le jeu d’anneaux en vermeil mobiles et allongés s’enfile ingénieusement sur deux ou même trois doigts.
Une allure épurée, remarquée sur la
dernière version de la bague Success
(9, 2 700 euros) en or de Fred qui mêle
arrondi et angle vif à l’index et au majeur. De son côté, Hermès propose, depuis plusieurs années, ce genre de pièces pour deux doigts notamment dans
sa ligne Chaîne d’ancre Punk dont une
parfaite déclinaison minimaliste en or
rose pavé. Quant à Annelise Michelson,
elle pousse encore plus loin le curseur
rock en explosant les gros maillons
d’une gourmette avant de les entrelacer autour des doigts.
Jeux de volume
« Pensées pour suivre les contours de la
main, ces bagues rendent pourtant certaines femmes perplexes, remarque
Adeline Cacheux qui n’en est pas à son
premier coup d’essai et réalise, cette
fois, un anneau d’argent sur lequel se
superpose une fine ligne d’or (8,
315 euros) venant couvrir le doigt voisin. Elles les imaginent peu confortables
et leur reprochent souvent d’entraver la
gestuelle. Pour s’y familiariser, je leur
conseille de les porter d’abord à l’annulaire et l’auriculaire dont on se sert
moins. » Dans ce même esprit d’ergonomie, retenons les multiples cercles
de Gaelle Khouri qui laissent suffisamment d’espace entre les doigts (6,
3 500 euros) ou le serpent Gucci (10,
11 500 euros) en diamants, topazes et
saphirs qui s’y enroulent sans empêcher les mouvements.
Malgré son aura décalée, voire rebelle, la tendance ne laisse pas indifférentes les très sages maisons de la place
Vendôme. Car c’est là une formidable
occasion d’augmenter le volume d’habitude restreint d’une bague et de s’y
amuser avec de gros carats. Cartier li-
Elie Saab
vre ainsi une pièce graphique aux angles nets, version ultraluxe en cristal de
roche, diamants et grosses émeraudes
du poing américain. Victoire de Castellane, chez Dior, enrubanne plusieurs
doigts de liens coutures très précieux ou
les fleurit d’un opulent bouquet d’opale
noire, émeraudes, saphirs de couleur…
Alors que Chanel y fait rugir un lion
majestueux et que Chaumet y posera,
dès le mois de juin, une longue branche
de Laurier (2, 30 070 euros). Le tout
avec force diamants.
Des pierres en suspension
Pour un effet encore plus contemporain, certains joailliers font même disparaître la monture. Comme Bouche-
ron qui intercale quatre feuilles de
lierre
entre
les
phalanges
(4, 16 700 euros), mais surtout Van
Cleef & Arpels qui multiplie, depuis
une quinzaine d’années, ses fameuses
Bagues Entre les Doigts créées dès les
années 1970. « Ces pièces offraient de
nouvelles perspectives joaillières, souligne Catherine Cariou, directrice du
patrimoine. Elles deviennent de véritables ornements de mains et mettent en
tandem, de manière aérienne, les motifs
souvent inspirés par la nature, fleurs ou
papillons, qui conversent tendrement. »
Voir la dernière déclinaison de la Bague Frivole (3, 20 300 euros) en or et
diamants.
Chez Repossi, ces modèles à la monture invisible ont été baptisés avec malice « Serti sur Vide » (7, 15 000 euros
en or jaune et diamants). Car, là aussi,
les pierres, comme en suspension,
semblent flotter sur la peau. Une alternative réjouissante aux formels « Toi et
Moi » avec laquelle s’amuse aussi
Marie-Hélène de Taillac pour Tasaki en
associant topaze bleu et perle akoya.
« Toutes ces propositions décalées où la
monture s’efface au profit des pierres
donnent une allure beaucoup plus forte et
affirmée aux diamants, insiste Valérie
Messika qui vient de présenter, à la foire
de Bâle, plusieurs bagues multidoigts et
parfois modulables comme cette Shards
of Mirror (5, 62 000 euros) à porter sur
un ou deux doigts grâce à un ingénieux
système de clip. En jouant avec l’asymétrie ou les tailles poire, émeraude et ovale
entre les doigts, cela imprime un rythme
très moderne à la main, un peu comme un
tatouage précieux et aérien. » ■
Des montres et des bijoux sur Net-A-Porter
INTERNET Le leader du commerce de luxe en ligne va lancer une plateforme de quarante-huit marques dédiée à ce secteur.
l suffira désormais de cliquer sur
l’onglet « Fine Watches & Jewellery Destination » de Net-A-Porter pour être redirigé vers cette
interface regroupant les tutti frutti
de pierres multicolores de Marie-Hélène de Taillac, les diamants minimalistes signés Messika, les bijoux racés de
la New-Yorkaise Ana Khouri et les
créations de maisons plus installées
comme Cartier, Chopard, Pomellato
ou Tiffany & Co. Au total quarante-huit
marques, pour certaines déjà présentes
sur l’e-shop britannique aux côtés des
450 labels de mode et 200 de beauté.
« Nous sommes désormais familiers du
secteur puisque nous avions lancé la
joaillerie en 2011 et commencé à proposer des montres, il y a déjà deux ans,
rappelle Elizabeth von der Goltz, directrice des achats mode. Nous avons
pu étudier de près le développement de
cette catégorie très spécifique et en apprendre davantage sur les habitudes de
nos consommateurs : ce qu’ils recherchent, comment ils achètent, quels services ils apprécient… »
Désormais plus à l’aise avec l’achat
en ligne de ces produits tout en or ou
diamant, le client ultraconnecté de
Net-A-Porter serait donc mûr pour cliquer, avec la même ferveur, sur la Re-
A
I
verso de Jaeger-LeCoultre ou sur une
paire de pendants Buccellati que sur les
toutes dernières blouses Chloé et bottines Saint Laurent. Avec une audience
mensuelle de 6 millions de consommateurs, le leader du commerce de luxe
en ligne pourra, ici, compter sur ses
« Extremely Important Customers »
(EIP en langage Net-A-Porter). Soit des
clients très actifs sur le site - 84 % font
au moins un achat par mois et y dépensent déjà 35 000 livres (40 100 euros
environ) en moyenne par an pour des
pièces d’horlogerie ou de joaillerie. Les
records de vente étant détenus par une
édition limitée de la montre Panthère
de Cartier en version pavée, achetée,
via Whatsapp, 113 000 livres (environ 130 000 euros) et une parure du
joaillier indien Amrapali d’une
valeur de 64 000 livres (environ
73 500 euros).
la remise en main propre pour les articles de grande valeur ou le si pratique
« try before you buy » (« essayez avant
d’acheter » ou non). Afin de faciliter
leurs achats, ils pourront surtout s’adjoindre les conseils d’un personal shopper attitré. « L’équipe a reçu une formation du Gemological Institute of America
(GIA), insiste Elizabeth von der Goltz.
C’était essentiel pour que ces personal
shoppers puissent maîtriser tous les aspects techniques d’un bijou – pierres, caratage, savoir-faire - ou d’une montre et
de son mouvement. »
Pour les marques, cette plateforme devient surtout une façon de renforcer
leur présence sur le Net. Notamment
pour les marques peu familières de la
vente en ligne (excepté sur leur site
propre) comme de Grisogono, Cartier,
« Personal shopper »
et conseils quotidiens
Nul doute que ces EIP seront particulièrement soignés par la nouvelle interface – ils n’ont beau être que 3 %, ils représentent 40 % des revenus du site. Ils
auront ainsi accès à de nombreux services, comme la livraison le jour même
à Londres, à New York ou à Hongkong,
Montre Panthère en or rose et diamants, Cartier ; Jonc en or rose, lapis-lazuli
et brillants, Piaget ; Bracelet en or jaune et diamants, Ana Khouri ; Boucles d’oreilles
en or jaune, Tiffany & Co (de gauche à droite). CARTIER, PIAGET, ANA KHOURI, TIFFANY & CO
Piaget ou Tiffany & Co. « Toutes les
grandes maisons de joaillerie traditionnelle qui avaient, jusqu’à maintenant,
limité leur présence en ligne ont pris
conscience de la plus-value que pouvait
leur apporter l’e-commerce sans avoir à
faire de compromis sur le service ni renier leurs valeurs », confirme Elizabeth
von der Goltz. Elles bénéficieront
principalement
de
la
caution
« fashion » de Net-A-Porter, de ce
sens du style aiguisé qui a fait son succès depuis son lancement en 2000.
Avec une ergonomie toujours aussi
claire et aérée, la plate-forme s’appuiera ainsi sur de nombreuses séries
de photos à l’esthétique très lumineuse
et sur des contenus pointus, émaillés
quotidiennement de commentaires
par l’équipe éditoriale et les acheteuses du site. Avec une forte progression des ventes de ses pièces
joaillières et horlogères entre
5 000 livres (environ 5 700 euros) et
15 000 livres (environ 17 000 euros),
parions que Net-A-Porter saura, ici,
capter sa clientèle. ■
P. C.
+ @ SUR LE WEB
» Plus de joaillerie
www.lefigaro.fr/madame
UGO VANNIER/CHARLOTTE CHESNAIS ; CHAUMET ; VAN CLEEF & ARPELS ; BOUCHERON ; MESSIKA ; CHADINKO/GAËLLE KHOURI ; REPOSSI ; FABIO PIANIGIANI/GUCCI ; ADELINE CACHEUX ; FRED ; JASON LLOYD-EVANS
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LE FIGARO
vendredi 20 avril 2018
JARDIN
29
Voyage
au royaume
des tulipes
Tous les ans, sept millions de bulbes,
essentiellement des tulipes mais aussi
des narcisses et des muscaris (au centre),
sont plantés par 40 jardiniers
dans les jardins du château de Keukenhof.
BOTANIQUE La Hollande est bien
le paradis de cette fleur magique.
Avec ses 32 hectares, le parc de Keukenhof
en fournit une illustration éblouissante.
ENVOYÉE SPÉCIALE À LISSE (PAYS-BAS)
n Hollande comme à Paris,
le printemps s’est fait attendre, si bien
que le parc de Keukenhof s’éveille à peine. Muscaris et jacinthes dessinent tout
juste des coulées bleues, éclatantes sur
le vert cru de la pelouse. Traits d’eyeliner pour mieux faire ressortir les
nuances infinies des stars du lieu : les
tulipes. D’ailleurs, dans les sous-bois,
des massifs XXL de crocus blancs et
bleus épousent la silhouette de la fleur
qui a fait la réputation du pays, premier
producteur au monde avec… plus de
quatre milliards de bulbes vendus chaque année !
Depuis soixante-neuf ans, ce parc de
32 hectares, fleuron des Pays-Bas, situé à Lisse, au sud-ouest d’Amsterdam, n’ouvre ses portes au public que
pour huit petites semaines. Une parenthèse enchantée pendant laquelle les
plantes à bulbe, spécialité du domaine,
donnent tout leur potentiel. Deux mois
d’un feu d’artifice de couleurs extraordinaires dont le grand îlot face à
l’accueil offre un bel aperçu avec sa
mosaïque d’une vingtaine de variétés
de tulipes parmi lesquelles se sont faufilés des crocus. ‘Beyoncé’ et ‘Big
Smile’, ‘Candy Prince’ et ‘Jumbo
Pink’, ‘Heart’s Delight’ et ‘Orange
Dynasty’, ‘Roulette’ et ‘Lambada’
fleuriront tour à tour pour assurer le
spectacle pendant toute la saison.
Ce lieu unique en son genre est né en
1949 de la volonté d’une dizaine de
producteurs-exportateurs, désireux de
concevoir pour leurs clients une vitrine
digne de leurs créations. Pour mener à
bien leur projet, ils jettent leur dévolu
sur les jardins du château de Keukenhof qui fut, au XVe siècle, la propriété
de Jacqueline de Bavière. Le domaine,
très sauvage, servait alors de terrain de
chasse et de cueillette d’herbes aromatiques utilisées par les cuisines du château d’où son nom : Keukenhof, qui signifie « jardin de la cuisine ».
KEUKENHOF ET OT HOLLANDE
E
CATHERINE SAINT-JEAN
£csaintjean@lefigaro.fr
Inspiration anglaise
Au XIXe siècle, une famille de riches
commerçants en fait l’acquisition et
demande aux paysagistes Jan David et
Louis-Paul Zocher de concevoir un
jardin d’agrément d’inspiration anglaise. Père et fils plantent des arbres,
des arbustes, créent des reliefs, des canaux, des fontaines, prévoient des rocailles. Ce jardin est la trame sur laquelle s’est développé le parc tel que
les visiteurs peuvent le découvrir.
Aujourd’hui encore, le principe est
resté le même : une centaine de pro-
ducteurs fournissent tous les ans quelque sept millions de bulbes plantés,
chouchoutés, surveillés comme le lait
sur le feu par un bataillon de 40 jardiniers qui arracheront tout à l’automne
pour recommencer la saison suivante.
Car, chaque année, les massifs sont entièrement redessinés.« Nous plantons
près de 1 000 variétés dans le parc et 400
environ dans la serre », signale Andre
Beijk, jardinier au Keukenhof depuis
plus de trente ans. Il arrive très excep-
tionnellement qu’une erreur se glisse
dans la composition, comme une tulipe
bleue au milieu d’une série blanche.
« Cela fait la joie du public, s’amuse Andre. À l’inverse, une année, j’ai arraché
plusieurs bulbes d’un massif en pensant
que nous nous étions trompés. En fait,
c’était une décision de notre paysagiste.
Il a fallu tout replanter. » Andre a ses
petites préférées, comme la ‘Maya
Luca’ aux pétales orangés ourlés de jaune, ou encore la ‘General de Welt’, une
tulipe parfumée. « Habituellement, on
ne perçoit l’odeur des tulipes que lorsqu’elles sont plantées en masse. Mais
quelques rares variétés dégagent un vrai
parfum lorsqu’on les respire seules. »
Son aspect spectaculaire n’est pas le
seul intérêt du lieu. C’est aussi une source d’inspiration avec son hall des fleurs
coupées qui donne à voir des décors inspirés du romantisme, ses sept jardins
thématiques dont un consacré cette saison au bleu de Delft, sa serre imposante
où sont présentées les nouvelles obtentions des producteurs et les variétés les
plus étonnantes. Ainsi la ‘Pink Magic’ et
la ‘Lovers Town’ aux pétales effilochés,
la ‘Carre’ mauve dont le cœur plus sombre la fait ressembler à une anémone,
l’‘Eisenburg’ dont les pétales blancs et
roses s’épanouissent en une large corolle. Mais il y a aussi les ‘Aquilla’ jaunes et
ébouriffées et d’autres encore joufflues
comme des pivoines…
L’exposition du pavillon Juliana permet de mieux comprendre la tulipomania qui a déferlé sur la Hollande au
XVIIe siècle. À l’époque, les plus fortunés s’entichent de ces fleurs nouvelles,
originaires de Turquie, à la palette incroyable, et sont prêts à dépenser des
fortunes pour posséder ne serait-ce
qu’un bulbe de ces fameuses tulipes à
motifs multicolores. Spéculation oblige,
les prix s’envolent jusqu’à atteindre
l’équivalent de celui d’une maison !
À l’écart de l’agitation, le jardin historique Carolus Clusius rassemble les
toutes premières variétés introduites
dans le pays. Certaines, hautes d’une
dizaine de centimètres, datent du tout
début du XVIe siècle et sont toujours
cultivées. Jolie manière de mesurer le
chemin parcouru en termes de créativité par les producteurs… ■
+ @SUR LE WEB
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vendredi 20 avril 2018 LE FIGARO
30
TÉLÉVISION
BIEN VU
Blaise de Chabalier
bdechabalier@lefigaro.fr
Esprit
de famille
« Quatre saisons à La Havane »,
le sombre éclat d’un polar caribéen
Le romancier cubain Leonardo Padura adapte les enquêtes de son limier Mario Condé dans une minisérie qui évoque le Cuba des années 1990. Une plongée dans la société cubaine et ses faux-semblants.
« La maison
des maternelles »
CONSTANCE JAMET£@constancejamet
France 5 | 9h20 | Jeudi
a timide libéralisation que Raul
Castro fait éclore à Cuba a ouvert
l’île communiste aux tournages.
Les films d’action Fast and Furious, les séries The OA ou encore
Mozart in the Jungle y ont déposé leurs caméras. Mais avec Quatre saisons à La Havane, présenté au festival Séries Mania en
2016 et enfin disponible sur Netflix, le
spectateur va pouvoir découvrir le pays à
travers les yeux de ses habitants.
Cette coproduction entre l’Espagne,
l’Allemagne et Cuba transpose à l’écran les
polars du même nom de l’écrivain et scénariste havanais Leonardo Padura. Sous la
plume du lauréat du prestigieux prix Princesse des Asturies est né l’inspecteur Mario Condé, un policier désenchanté dans le Cuba des
Dans Quatre saisons à la Havane, Jorge Perugorria incarne Mario Condé, un policier désenchanté, amoureux de jazz
restrictions des années 1990.
○○○¡
et romancier à ses heures perdues. NETFLIX
Après beaucoup de persuasion,
Leonardo Padura a accepté de
signer, avec sa femme et collaboratrice
Condé. Il répète le rôle depuis quinze ans !
mystères. Les vues attendues, tels l’hôtel
ma première nuit d’hôtel à La Havane ! », se
Lucia Lopez Coll, les intrigues de ces
Il a rendu à merveille la complexité psychoNacional ou la grande avenue du Malecon
souvient-il. Et d’ajouter : « À La Havane,
quatre épisodes de 90 minutes mis en
logique de Condé, son incapacité à être heuqui borde la mer, figurent en bonne place
tout change très vite. Un mur pouvait être
image par le réalisateur espagnol Felix
reux », confiait au Figaro Leonardo
mais pas que… On entraperçoit les imjaune au moment des repérages et avoir été
Viscarret (Bajo las estrellas).
meubles brutalistes d’inspiration soviétiPadura, lors de son passage à Paris, il y a
repeint en vert quand on commençait effecque et les quartiers plus modestes où le
deux ans
tivement à tourner ! »
Déliquescence
touriste ne se risque pas. « Je voulais que
Les enquêtes de Condé sont un prétexte
Pour Leonardo Padura, le réalisateur a
l’on voie La Havane comme un jeune homme
pour ausculter la société cubaine et ses
donné naissance à une atmosphère uniRomantique maudit, incapable de résister
qui tombe amoureux pour la première
faux-semblants. Le détective assiste imque : « le noir caribéen » qui illustre le méaux sourires d’une jolie femme ou d’une
fois », raconte Felix Viscarret. « La camépuissant à la déliquescence de sa ville et de
tissage, l’éclectisme, la chaleur propres à
ancienne flamme, Mario Condé est un
ra devait montrer la richesse de la ville, ses
son pays, à la mort de ses idéaux révoluson île. « Sans oublier la nuit », relève son
amoureux de jazz et un romancier qui piarecoins, ses impasses. La Havane semble
tionnaires de jeunesse et à la force des
complice Felix Viscarret. « En plein jour, on
note sur sa machine à écrire à ses heures
toujours dissimuler quelque chose. Le prepasse-droits et du piston. Ses affaires
passe son temps à fuir les rayons du soleil et
perdues. Il est campé dans tous ses paramier plan de la série montre une énorme
l’emmènent aussi bien dans les hautes
à chercher l’ombre. C’est durant la nuit que
doxes par une des plus grandes stars de
volute de fumée, produite par un camion
sphères que dans un simple lycée ou les
Cuba : Jorge Perugorria, révélé par le film
fleurissent réellement les couleurs. » ■
répandant un produit antimoustique, qui
boîtes de nuit de La Havane.
Fraise et Chocolat en 1993. « Jorge Perus’élève jusqu’à masquer toute la rue. Une
Sous l’objectif de Felix Viscarret, la cagorria est un ami très cher. Je ne peux ima» Lire aussi PAGE 8
vision quasi apocalyptique que j’ai vécue dès
pitale se dévoile dans sa sensualité et ses
giner quelqu’un d’autre pour camper
L
+
Bataille d’Angleterre, le tournant décisif
En bombardant par erreur Londres, fin août 1940, les nazis changent la donne.
RIGHTS MANAGED/MEPL/RUE DES ARCHIVES
«F
amilles, je vous hais ! »
La célèbre phrase de Gide,
tirée des Nourritures
terrestres, sonne particulièrement
creux aux oreilles des fidèles
téléspectateurs de « La maison
des maternelles ». L’esprit de famille
souffle sur la souriante
Agathe Lecaron et ses chroniqueurs.
Chaque matin, la sympathique
équipe nous accueille dans sa jolie
maison des environ de Paris. Futures
mamans, jeunes parents sont reçus
sans chichi. De nombreux et bons
conseils sont donnés, notamment
par des spécialistes. Ou encore
par des invités hors norme, à l’image
de Maud Fontenoy, présente hier
dans l’émission. Celle qui a traversé
l’Atlantique et le Pacifique
à la rame avant d’effectuer un tour
du monde à contre-courant sur
un voilier, est également la maman
de trois enfants, bientôt quatre !
La quarantaine rayonnante,
l’aventurière, enceinte de six mois,
est par sa seule présence un modèle
pour toutes les familles ! Cette femme
épanouie témoigne sans relâche de
son expérience de marin et de mère.
Notamment dans deux livres qui
viennent de sortir : Vivre vraiment
(Éditions First), qui s’adresse aux
parents, et Mission planète (Gründ),
qui vise à initier les enfants à la
sauvegarde de l’environnement.
« Je m’adresse notamment
aux mamans, je parle beaucoup
de comment trouver le bonheur […],
comment se recentrer sur soi-même.
Eh bien ça se fait aussi
en se reconnectant à la nature. […] En
pensant simplement, le matin, à juste
lever les yeux pour regarder le ciel. »
Relativiser, prendre du recul face
aux petits tracas de son quotidien
de mère courage, exactement
comme elle le faisait au milieu des
océans rugissants, tel est le message
apaisant de Maud Fontenoy. Des
paroles bienfaisantes prononcées
devant une animatrice à l’écoute.
Ici, les intervenants s’expriment
en prenant leur temps, sans être
interrompus sans arrêt, comme
c’est si souvent le cas dans le fracas
de trop nombreux talk-shows.
+ @ SUR LE WEB
» «Touche pas à mon poste ! » :
Benjamin Castaldi remplace Cyril Hanouna
le vendredi
» Évelyne Dhéliat fête ses 70 ans :
découvrez sa première télé
www.lefigaro.fr
Avec la bataille d’Angleterre,
Winston Churchill s’est affirmé
comme le premier résistant à Hitler.
BLAISE DE CHABALIER £@dechab
’
est un épisode décisif et
pourtant peu mis en avant
que raconte le documentaire
de la série « Les grains de
sable de l’histoire » consacré
à la bataille d’Angleterre, diffusé ce soir sur
RMC Découverte. Ce film, qui s’inscrit
dans une collection imaginée et présentée
par Éric Brunet, montre parfaitement
comment, dans la nuit du 24 au 25 août
1940, le largage par erreur de quelques
bombes sur Londres par un bombardier
nazi a changé la donne. Le journaliste de
RMC part à la rencontre de plusieurs spécialistes et, images d’archives à la clé, nous
C
MOTS CROISÉS
Par Vincent Labbé
1
PROBLÈME N° 4705
HORIZONTALEMENT
1. L’Angleterre personnifiée (prénom et nom). - 2. Avancée sur une
façade. Marron ou blanc-vert. - 3.
L’Amérique personnifiée en v.o.
(deux mots). - 4. Tout d’ego.
Accumulait les fiches derrière le
rideau. - 5. Calendrier liturgique.
Il prend le pli facilement. - 6. A
perdu sa botte. Marche au pas.
- 7. Précision du règlement.
Assurés chez Lloyd. - 8. Voile ostentatoire. - 9. Bande de velcro.
Fait le pont. - 10. S’enrichit à plein
gaz. - 11. Organisent la fusion. - 12.
Vas prendre le dessus.
VERTICALEMENT
1. Espace culturel pour les jeunes
Québécois. - 2. Planter le décor.
Commune de l’agglomération
dijonnaise. - 3. Point délicat. Un
petit verre de fendant. Placé à
l’avant du break en court. - 4.
Héros monumental à Trafalgar
Square. En voilà un qui emballe.
- 5. Pourri gâté. De l’argent pour
les chercheurs. Au Canada ou
pour l’Irlande, selon le sens. - 6.
Est souvent abattu en Asie dans ce
sens, est complètement abattu
chez nous dans l’autre. Eau de
Vichy. - 7. Crédit-bail. Sur la Saale
puis sur la Seine. - 8. Éclairent
comme des lucioles.
1
2
A
HORIZONTALEMENT 1. Rosâtres. - 2. Applaudi. - 3. Bilingue.
- 4. Inés. Ils. - 5. Bénir. Ct. - 6. Orée. Poe. - 7. Créer. - 8. Hot. Vrac.
- 9. Aporie. - 10. Gamin. Mi. - 11. Érié. Gus. - 12. Stentors.
VERTICALEMENT 1. Rabibochages. - 2. Opiner. Op art. - 3. Splénectomie.
- 4. Alisier. Rien. - 5. Tan. Évin. - 6. Rugi. Père. Go. - 7. Édulcora. Mur. - 8.
Sieste. Criss.
3
4
5
6
7
8
Les Anglais soudés
En juillet 1940, après avoir conquis la
France en un éclair, le film montre que le
chef du IIIe Reich pensait pouvoir vaincre
rapidement, pour la mi-septembre 1940,
la Grande-Bretagne. Le plan du Führer
était d’asphyxier l’Angleterre en bombardant sa flotte, en particulier les bateaux de
ravitaillement. Les avions
de la Luftwaffe ciblent
aussi les aérodromes, les
radars et les usines d’ar○○○¡
mement. L’idée était
BRIDGE
3
4
5
6
7
9
10
11
12
d’épargner les civils pour signer une paix
séparée. Mais tout bascule quand un
bombardier allemand mitraille par erreur
Londres. Churchill ordonne alors, dans la
foulée, une riposte de la RAF sur Berlin.
Fou de rage, Hitler décide d’attaquer
massivement Londres. Un choix arrêté
sous le coup de la colère, qui va souder les
Anglais autour de leur premier ministre.
Concentrés sur leurs attaques contre les
civils, les nazis laissent les Anglais reconstruire leurs infrastructures et leurs avions.
La bataille d’Angleterre devient une
guerre d’usure, jusqu’en
mai 1941. Finalement victorieux, Churchill s’affirme comme le premier
résistant à Hitler. ■
20.50
Par Philippe Cronier www.lebridgeur.com
PROBLÈME N° 2810 : Élimination imparable
10 6 5 2
10 4
D973
R62
N
O
8
SOLUTION DU PROBLÈME N° 4704
2
fait comprendre comment Hitler, alors
qu’il était sur le point de l’emporter face à
Churchill, essuya finalement sa première
défaite de la Seconde Guerre.
E
S
ARV
RDV9872
A 5
3
Contrat : Sud joue 4 Cœurs.
La séquence (Pers. vuln.) :
Sud Ouest Nord
Est
1SA* passe 2** *10-12H
4
** Texas Entame : Dame et Valet de , coupé.
SOLUTION DU PROBLÈME N° 2809 : Composition en « si » mineur
Contrat : Sud joue 4 Cœurs.
Entame : Valet de pour votre As (le 5 en Est).
Le début automatique consiste à tirer trois tours de pour vous débarrasser du perdant.
Ensuite, coupez un en main et jouez vers la Dame :
- Si Est prend du Roi et que la défense donne trois tours d’atout, sombrez avec dignité.
- Si Ouest prend du Roi et que la défense donne trois tours
AD7
d’atout (ils sont 3-2), faites la levée au mort et coupez un :
D86
si la couleur est 3-3, souriez ; si la couleur est 4-2, jouez D2
87643
pour la Dame, coupé, purgez le dernier atout et encaissez
10 8 4 3
9652
l’As de en espérant voir tomber le Valet de .
R3
RV98
V 10 9
N
A42
E 763
S
RD5
RV
V 10 9 7 5
A 10 5 4
A2
O
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vendredi 20 avril 2018
LE FIGARO
TÉLÉVISION
MÉTÉO
31
PAR
ÉPHÉMÉRIDE Ste-Odette
Soleil: Lever 06h51 - Coucher 20h49 - Lune croissante
19.20 Demain nous appartient. Feuilleton 20.00 Le 20h 20.35 Le 20h le
mag 20.50 C’est Canteloup
20.00 20 heures. Présentation : Laurent Delahousse 20.40 Vu. Magazine
20.50 Vestiaires. Série. L’hôtesse.
19.00 19/20 20.00 Tout le sport.
Magazine 20.30 Plus belle la vie.
Feuilleton. Avec Laurent Kerusoré.
21.00
20.55
20.55
Jeu
Série. Policière
Divertissement
19.05 Grey’s Anatomy. Série 20.55
LolyWood. Divertissement.
MATIN
16
21.00 Super Nanny
1h50. Mes deux filles sont des princesses, je ne leur refuse rien ! Inédit.
Super Nanny doit faire en sorte que
Laura cesse de considérer ses filles
comme des princesses.
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13
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22.50 Super Nanny. À cause de nos
enfants, notre couple est en danger.
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40
Koh-Lanta,
le combat des héros
Caïn
Présentation : Denis Brogniart.
2h35. Inédit. Aux Fidji, c’est la
réunification ! C’est le temps des
retrouvailles, mais aussi la période
de tous les dangers.
23.35 Vendredi, tout est permis
avec Arthur Invités notamment :
Farid Chamekh, Matthias Dandois.
Fra. Saison 5. Avec Bruno Debrandt,
Cristiana Reali. 2 épisodes. Un reporter d’une chaîne d’info locale se
fait tuer alors qu’il filmait un jeune
en train d’incendier des voitures à
coups de cocktails Molotov.
300 chœurs chantent
les plus belles…
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12
19.00 C à vous. Magazine 20.00 C
à vous, la suite 20.20 Entrée libre
9
14
12
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20.50 La maison France 5
… chansons des années 70
2h25. Inédit. Plusieurs générations de
stars de la chanson française se réunissent, entourées des 300 chœurs.
23.25 Soir/3. Invitée : V. Mortaigne
Magazine. Société. Prés. : Stéphane
Thebaut. 1h30. Inédit. Au sommaire,
notamment : «Changer : Karine
et Gaëlle doivent concevoir un
meuble-TV-bibliothèque».
22.50 Caïn Série. Policière. Fra.
0.00 Libre court Magazine 1.05 La
2017. Saison 5. Révision (1 et 2/2)
0.50 Faites entrer l’accusé. Mag.
vie secrète des chansons. Magazine
3.45 Midi en France. Magazine.
22.20 Silence, ça pousse ! 23.15 C
dans l’air 0.25 C à vous. Magazine.
15
15
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APRÈS-MIDI
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30
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25
19.00 L’Alsace sauvage. Doc. 19.45
Arte journal 20.05 28 minutes. Magazine 20.50 Athleticus. Série.
18.40 Chasseurs d’appart’. Jeu. Présentation : S. Plaza 19.45 Le 19.45
20.25 Scènes de ménages. Série.
21.00
20.55
21.00
Film. Aventures
Film. Drame
Série. Action
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20.55 Sœur Thérèse.com
Série. Policière. Fra. 2008. Saison 7.
Avec D. Lavanant. Sur le chemin de
la vérité. Sœur Thérèse enquête
sur le meurtre d’un membre d’une
communauté religieuse mormone.
28
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22.50 Sœur Thérèse.com. Série.
Avec Martin Lamotte. (2 épisodes).
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24
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19.00 Les routes de l’enfer : Australie. Série documentaire.
Pirates des Caraïbes :
la vengeance…
… de Salazar
EU. 2017. Réal. : J. Rønning, E. Sandberg. 2h09. Inédit. Avec J. Depp. Pour
sauver son père, Henri Turner part à
la recherche du Trident de Poséidon.
23.05 Le roi Arthur : la légende
d’Excalibur A v e n t u r e s 1.10
Sully. Film 2.40 Surprises
20.50 Les grains de sable
de l’histoire
La journée de la jupe
MacGyver
Fra. 2008. Réal. : Jean-Paul Lilienfeld. 1h28. Avec Isabelle Adjani. Au
bord de la crise de nerfs, Sonia, professeure dans un collège, prend sa
classe en otage.
22.20 Personne ne bouge ! Mai 68.
EU. Saison 2. Avec Lucas Till, George
Eads, Justin Hires, Tristin Mays,
Meredith Eaton. 2 épisodes. Inédits.
L’équipe doit interrompre ses festivités de Noël lorsque la police vient
arrêter Mac pour terrorisme.
23.00 Arte Concert Festival
22.50 MacGyver Série. Action
23.35 NCIS : Los Angeles. Série.
(3 épisodes) 2.20 The Strain. Série.
Concert 0.30 Palace of Soul. Série
doc. 2.00 La leçon de violon. Film TV.
22
T (en °c)
Doc. Historique. 2017. Réal. : M.
Hussenot. 0h55. La bataille d’Angleterre (1940). Adolf Hitler prépare
l’invasion du Royaume-Uni.
21.45 Nazi mégastructures 22.35 La
recherche de l’arme absolue
<-10 à 0
19.05 Once Upon a Time. Série. Avec
Lana Parrilla. (2 épisodes).
20.55 Mathieu Madénian et Thomas
VDB au bord de la crise de nerfs
19.05 TPMP : première partie 20.10
Touche pas à mon poste !
21.00 Mentalist
21.00 Enquête d’action
21.00 Jarry : «Atypique»
Série. Policière. EU. 2010. Saison 3.
Avec Simon Baker, Robin Tunney.
(2 épisodes). Patrick Jane, arrêté sur
les lieux d’un crime avec une arme à
la main, est soupçonné du meurtre.
Magazine. Société. Prés. : MarieAnge Casalta. 2h00. Police de la
route : la chasse aux chauffards.
«Enquête d’action» a embarqué
avec la police de la route.
Spectacle. One-man show.
1h45. Jarry nous catapulte dans
l’histoire de sa recherche d’emploi. L’occasion de mettre le doigt
sur un sujet sensible.
22.40 Mentalist. Série. (3 épisodes)
1.15 Londres, police judiciaire. Série.
23.00 Enquête d’action. Magazine.
Présentation : Marie-Ange Casalta.
22.45 Jarry : millésime incontrôlé.
Documentaire.
SU DO KU
GRILLE 2484 DIFFICILE
SOLUTION DU N° 2483
6 7
4
2
7
4
9 3
2
3 8
5
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5 2
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15/26
1
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3
9
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1
4
4
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ASSIGNÉE
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BERNAI
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22.40 La magie de la famille. Film TV.
0.20 Un mariage féerique. Film TV.
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MOTS FLÉCHÉS N°1951
Chaque jour un peu plus difficile
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Série. Fantastique. EU. 2016. Saison 3. Avec Catherine Bell. Bienvenue à Tarynsville (1 et 2/2). Cassie
et George reçoivent Jessica Carrington, son auteure préférée.
10 à 20 20 à 30 30 à >40
AMSTERDAM
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21.00 Un soupçon de magie
19.20 Quotidien, première partie.
Talk-show 19.40 Quotidien
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IL VAUT
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REFUSERA
DE COLLABORER
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CONNAÎT
PAR
SON NOM
PREMIER
MARIN
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COMBAT
HORS
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VUE
ENFILAS
L’AMOUREUX DE
VIRGINIE
TEL
LE DINDON
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RADIO
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SOLUTION DU NUMÉRO PRÉCÉDENT
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vendredi 20 avril 2018 LE FIGARO
32
RICHARD YOUNG/SHUTTERST/SIPA
Daphné Guinness,
artiste perchée
SUCCÈS Son second album « Daphne & The Golden Chord »
oscille entre Blondie, Nico et l’Amanda Lear des années « Palace ».
Portrait d’une héritière moins extravagante qu’elle n’en a l’air.
Léna Lutaud
llutaud@lefigaro.fr
oudain, son chignon noir jais-blond platine apparaît dans le reflet d’une porte
vitrée du Crillon. Une vision fugace entre
Gainsborough version gothique et Cruella. Comment cette coiffure si surprenante dans la forme et la teinte peut-elle tenir ? Daphne Guinness, 50 ans, s’avance.
Juchée sur de sculpturales chaussures
sans talon qu’on croyait réservées aux séances photo
dans Vogue, elle s’appuie sur la plante des pieds. Elle
est si fine qu’un souffle de vent la ferait vaciller. Elle a
beau être une héritière de la brasserie Guinness, on ne
l’imagine pas devant un irish stew. « Je n’aime que les
plats très simples comme du poisson grillé. En période de
création, j’oublie souvent de manger, il faut qu’on me le
S
rappelle », dit-elle avec une voix douce qui n’a rien à
voir avec la Walkyrie sur scène. Le contraste entre son
personnage extravagant, sa tenue qui lui sert de carapace et ses regards apeurés quand une question la déstabilise est étonnant. Mais parlez-lui de musique et son
regard brille. Son second album Daphne & The Golden
Chord qui sort ce 20 avril est une merveille. Avec sa
voix sexy et le son glam-rock 70’s, on oscille entre
Blondie, Nico et Amanda Lear des années Palace. Elle
ne l’a pas enregistré pour le « business » mais pour le
« fun ». Amoureuse des sons vintage, elle a enregistré
dans les studios de British Grove, à Londres. Sur les
mêmes consoles que celles utilisées pour l’album des
Beatles Abbey Road et Band on the Run, des Wings.
Si les mélodies sont les siennes, les textes d’une finesse rare sont coécrits avec le musicien postpunk
Malcolm Doherty. Tout l’album semble dédié à un ou
des hommes qu’elle a aimé(s). Elle n’a pas beaucoup
de mots tendres pour eux. Coureur, menteur, égocentrique, pervers narcissique… ils se reconnaîtront.
Émancipée sur le tard, Daphne Guinness a tout fait à
l’envers. Enfant du Swinging London, née dans l’une
des plus riches et puissantes dynasties de l’aristocratie
britannique, elle a connu les pensionnats et les vacances à Cadaqués avec Man Ray et Salvador Dali. À
19 ans, elle est déjà très belle et épouse Spyros Niarchos, héritier d’un armateur grec. Elle n’a que 20 ans
quand naît le premier de ses trois enfants. Férue de
Shakespeare et de Bach, la jeune mère de famille est en
décalage complet avec le reste de la jet-set. Douze ans
plus tard, lasse de vivre dans un cocon doré, à voyager
en jet privé entre New York, la Suisse et Spetsopoula,
l’île privée des Niarchos, elle divorce. Elle a 32 ans, les
enfants sont encore petits mais, pas à pas, elle va retrouver sa liberté, se faire des amis et s’imposer comme une artiste à part entière. Elle trouve d’abord son
moyen d’expression dans la mode, dans la photo et
dans les vidéos d’art.
La musique vient naturellement après quatre décès,
entre 2005 et 2011, qui l’ont bouleversée : sa mère, son
demi-frère et ses deux meilleurs amis, la journaliste et
styliste Isabella Blow et le designer Alexander McQueen. Son éducation l’a évidemment aidée : polyglotte, elle a toujours beaucoup lu, observé et écouté
Bio
EXPRESS
1967
Naissance à Hampstead
(Grande-Bretagne)
1987
Épouse Spyros Niarchos
à l’église Saint-Sulpice
à Paris
2003
Décès à Paris
de sa grand-mère
adorée, Diana Mitford
2006
Produit et réalise
le court-métrage
Cashback, nommé
aux Oscars
2018
Sortie, le 20 avril,
de son album
glam rock
Daphne & the Golden
Chord
de musique. « Je lis la presse tous les jours et chacune de
mes maisons contient une grande bibliothèque »,
confie-t-elle. C’est aussi de famille. Sa mère était
mannequin et peintre. « Ses tableaux dont de nombreux portraits sont accrochés dans mon manoir de
Coolatore, en Irlande », raconte Daphne Guinness. Sa
grand-mère maternelle ? Danseuse de ballet. Elle se
recroqueville au fond du canapé : « Je sais très peu de
chose sur elle, il faut que vous demandiez à mon frère. »
Sa famille paternelle, c’est autre chose. Sa grand-mère
Diana Mitford qu’elle adorait et venait souvent voir
dans son hôtel particulier, rue de Lille à Paris, est célèbre pour avoir épousé sir Oswald Mosley, fondateur
du parti fasciste britannique à Berlin, chez Joseph
Goebbels en présence de Hitler. Le père de Daphne,
Jonathan Guinness, troisième baron Moyne, 88 ans,
est connu pour ses idées ultraconservatrices.
Elle vit sur une autre planète
Bryan Adams, David LaChapelle et tous ses amis artistes ne lui ont pas tenu rigueur de ce pedigree. « Notre
ami commun David Bowie m’a dit de lui donner sa chance, écrit le légendaire producteur Tony Visconti. Je
n’attendais rien d’extraordinaire, je me trompais. Sa
première chanson m’a bouleversé. Cela faisait des années que je n’avais pas entendu un titre aussi réussi. »
Rassurée d’être entourée par de si grands professionnels, Daphne Guinness se lance. Par chance, entre les
millions obtenus lors de son divorce, ses parts dans le
Trust Guinness à Vancouver et des équipes à son service dans ses propriétés à Londres, Paris, New York,
Dublin et Moustique, elle n’a jamais eu à se soucier du
quotidien.
Elle vit sur une autre planète. Possède une sublime
collection de haute couture et de joyaux qu’elle prête
volontiers aux musées. Ce jour de printemps au
Crillon, d’impressionnantes bagues en diamant ornent
sa main gauche. Rock’n’roll, elles enlacent trois doigts
jusqu’à la seconde phalange. Daphne Guinness pourrait être agaçante, elle est polie à l’extrême, attachante
et foncièrement sympathique. Elle se lève et vacille.
Ces chaussures, les porte-t-elle même à Moustique où
elle passe l’hiver ? « Bien entendu, on s’enfonce beaucoup moins dans le sable qu’avec des talons. » Cet
après-midi, elle va visiter des lieux qui pourraient accueillir son premier concert parisien en juin. L’événement doit au moins être aussi « fun » que celui de Londres, le 18 avril. Légèrement allongés dans un Imax,
ses invités ont été noyés d’images d’un savant mélange de ses vidéos. « Un happening à la Andy Warhol »,
promet-elle en s’éloignant sur ses échasses. ■
UN DERNIER MOT
Par Étienne de Montety
edemontety@lefigaro.fr
Préfète [pré-fè-t’] n. f.
Chargé d’administrer, même les corrections.
a préfète Nicole Klein est omniprésente dans la gestion de la crise
qui perdure à Notre-Dame-des-Landes.
Le mot vient du latin praefectus, de prae, au devant et facere faire. Le préfet est
un haut personnage de l’administration français qui jadis laissait le sous-préfet aller
aux champs. Autres temps autres mœurs, aujourd’hui c’est la préfète qui s’y rend.
En arrivant en Loire-Atlantique, la préfète était prête. Prête à la fête avec les zadistes.
Elle n’est pas déçue. Mais il est probable qu’elle aurait préféré un autre scénario
où l’État aurait bombé les pectoraux préfectoraux et cela aurait suffi.
Quitte à être préfète, elle aurait aimé l’être des brefs ; non que Notre-Damedes-Landes nécessite forcément qu’on porte ce titre pontifical, mais parce que
cela aurait signifié un affrontement aussi bref que le séjour des forces de l’ordre
dans la région, avant un retour à la normale. On en est loin.
Alors que peut-elle faire, sans devenir la préfète de la défaite ? Ce qui est
son ordinaire : signer des arrêtés. Le dernier s’intitule : « Arrêtez cette comédie ! » ■
L
Le communiste André Chassaigne
au chevet des déserts médicaux
CHAQUE MOIS, RETROUVEZ
LE NOUVEAU MAGAZINE DU FIGARO
DÉDIÉ À L’ART DE VIVRE
Le président du groupe des députés communistes
va organiser, le 19 mai, un colloque sur la désertification
médicale dans sa circonscription du Puy-de-Dôme. Une date
qui s’inscrit dans le cadre de la tournée des hôpitaux lancée
par le PCF depuis le début de l’année. Mais Chassaigne
veut dépasser les clivages. Il a également invité André Accary,
le président LR du conseil général de Saône-et-Loire,
et Alexandre Freschi, le député LaREM du Lot-et-Garonne et président
de la commission d’enquête sur l’égal accès aux soins des Français.
LR lance « Les rendez-vous des idées »
A
PA R U T I O N L E 2 4 AV R I L AV E C L E F I G A R O
Sur une idée du député Républicain de l’Yonne Guillaume Larrivé, son parti va
lancer, à partir du mois de mai, « Les rendez-vous des idées ». Devant les élus et
les militants, une personnalité sera invitée à parler de son livre. Avec l’objectif
que la rue de Vaugirard, siège de LR à Paris, soit « au carrefour des idées ».
SÉBASTIEN SORIANO/LE FIGARO
FIGARO-CI ... FIGARO-LÀ
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