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Les Echos - 23 04 2018

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Maison d’Épargne et de Valeur
Prélèvement à la
source : ce qui attend
les entreprises
« Les Echos Executives »
dnca-investments.com
LE QUOTIDIEN DE L'ÉCONOMIE // LUNDI 23 AVRIL 2018 // LESECHOS.FR
// NOTRE SUPPLÉMENT DE 8 PAGES
LES DÉPUTÉS VEULENT
DES MOYENS D’ÉVALUATION
Une quinzaine de députés réclament la création d’un office budgétaire au sein de l’Assemblée nationale pour chiffrer les propositions
des parlementaires et du gouvernement. // P. 2 ET L’ÉDITORIAL
DE DOMINIQUE SEUX P. 9
LES ESPAGNOLS PLUS RICHES
QUE LES ITALIENS ?
Pour le FMI, le revenu par habitant en Espagne a été en 2017 supérieur en parité de pouvoir d’achat.
Mais pas pour Eurostat. // P. 6
UNE PLONGÉE INÉDITE
DANS LE MONDE DES RÊVES
Une expérience réalisée par une
neurologue française a permis de
communiquer en direct avec des
rêveurs. Les portes du rêve viennent
de s’entrouvrir ! // SCIENCES P. 12
ENTREPRISES
& MARCHÉS
CMA CGM DEVIENT UN POIDS
LOURD DE LA LOGISTIQUE
L’armateur marseillais, numéro
trois mondial du transport maritime de conteneurs, va devenir
l’actionnaire de référence du
suisse Ceva,un géant de la logistique. // P. 19
LES MATELAS SENS DESSUS
DESSOUS FACE À L’E-COMMERCE
Les fabricants historiques de la
literie multiplient les innovations
pour faire face à la fronde des
start-up. // P. 25
PETITE POUSSÉE DE FIÈVRE SUR
LES MARCHÉS OBLIGATAIRES
Les marchés de taux se sont tendus dans le sillage de la hausse des
prix du pétrole. Le creusement du
déficit américain inquiète aussi
les investisseurs. // P. 29
l Le G20 est tétanisé par les risques de tensions
commerciales déclenchées par Donald Trump.
l En visite ce lundi à Washington, Macron rappelle
aux Etats-Unis qu’on ne punit pas ses « alliés ».
A
lors qu’Emmanuel Macron s’envole vers
Washington pour y célébrer son entente
avec Donald Trump, les ministres des
Finances des membres du G20 y étalaient le weekend dernier leurs différends face à un monde au
bord de la guerre commerciale, à l’occasion des
assemblées de printemps du FMI et de la Banque
mondiale. Les décisions unilatérales du président
américain envers Pékin en matière de taxation sur
l’acier et l’aluminium et de droits de douane sur des
produits chinois, et la poussée du protectionnisme
ont, en quelques mois, précipité les risques de conflits commerciaux qui pourraient coûter cher à une
croissance mondiale en plein redressement. Un
millier d’emplois seraient ainsi menacés en France,
selon Bercy. Alors que les appels se multiplient à
Washington en faveur d’une concertation internationale visant à réformer un système commercial
qui est « en train d’exploser en vol », selon Bruno Le
Maire, nul ne sait ce que fera, au bout du compte,
Donald Trump, qui a les cartes en main. Petite lueur
d’espoir, le secrétaire américain au Trésor, Steven
Mnuchin, a annoncé son intention de se rendre à
Pékin afin de poursuivre ces discussions.
// PAGES 6-7 ET L’ÉDITORIAL
DE JACQUES HUBERT-RODIER PAGE 9
AÉRIEN Jean-Marc Janaillac joue le tout pour le tout : le PDG d’Air Fran-
ce-KLM a mis fin aux tergiversations, vendredi, en faisant directement
appel aux salariés par le moyen d’une « consultation ». L’ensemble du personnel est invité à se prononcer, du 26 avril à début mai, sur l’accord salarial proposé le 16 avril. Si le « oui » l’emporte, les négociations devront
reprendre avec les syndicats qui peuvent contester le résultat d’une
consultation non contraignante juridiquement. Le PDG a aussi besoin
d’un accord avec les pilotes sur son nouveau plan stratégique. // PAGE 16
Protection des données :
Facebook fait le minimum
Le FN
ne veut pas
changer
RÉSEAUX SOCIAUX
Le géant américain va priver
1,5 milliard de ses utilisateurs du
droit européen sur les données.
CARNET // P. 33
Akg-images/RIA Nowosti
Etat d’alerte
mondial contre
la guerre
commerciale
Enquête La lente
sortie des enfers
d’AvtoVAZ // P. 13
Référendum à Air France :
le PDG met son sort en jeu
Facebook a changé l’adresse de son siège social pour les
utilisateurs non européens, afin qu’il soit basé aux EtatsUnis et non plus en Irlande, comme jusqu’à présent, selon
Reuters. Ainsi, seuls les 500 millions d’Européens seront
protégés par le RGPD, réglementation européenne applicable à partir du 25 mai prochain, qui oblige les platesformes à être très vigilantes dans l’utilisation des données
de leurs utilisateurs. 1,5 milliard de membres du réseau
social vont ainsi être privés du droit européen très protecteur des données personnelles. // PAGE 22
Laurent Grandguillot/RÉA
L’ESSENTIEL
Seuls les 500 millions d’Européens
seront protégés par le RGPD. Photo AFP
Analyse de
Guillaume de Calignon
Selon toute probabilité, 45 ans après
sa naissance, le FN changera bientôt
de nom pour devenir le « Rassemblement national ». Mais, dans les faits,
ni l’organisation du parti ni les thèmes dominants n’évolueront, analyse Guillaume de Calignon : l’insécurité, l’immigration et l’islamisation
de la société française resteront au
cœur du discours de Marine Le Pen.
Le retour au franc reste également,
en matière économique, l’objectif
visé. // PAGE 9
Logiciel de gestion d’entrepôt
SUR
DOMINIQUE SEUX
DANS « L’ÉDITO ÉCO »
À 7H45
DU LUNDI AU VENDREDI
Le 24e Congrès de Force ouvrière s’ouvre ce lundi à Lille.
Photo Simon Lambert/Haytham-RÉA
Succession sous tension
à la tête de FO
Jean-Claude Mailly sera critiqué pour
son soutien aux ordonnances Macron.
ISSN0153.4831
NUMÉRO 22682
110e ANNÉE
34PAGES
Antilles Réunion 3,70 €. Guyane-St Martin
4,80 €. Belgique 3, 20 €. Espagne 4 €.
Grande-Bretagne 3£40. Grèce 3,70 €. Italie
4 €. Luxembourg 3,40 €. Maroc 28 DH. Suisse
5 , 4 0 F S . Tu n i s i e 4 , 5 T N D. Z o n e C FA
2.800 CFA.
SYNDICAT Le 24e Congrès de Force ouvrière s’ouvre ce lundi à Lille.
Sans surprise, Jean-Claude Mailly va passer la main à Pascal Pavageau, après quatorze ans à la tête de la troisième centrale française.
Mais la succession se fera dans la douleur, étant donné la forte
contestation en interne au soutien apporté aux ordonnances
Macron. // PAGE 5
Tel. 01 60 11 92 92 • www.mecalux.fr/software
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02 //
Lundi 23 avril 2018 Les Echos
FRANCE
L’asile, dernière terre
de clivages
Droite et gauche à l’offensive, trouble dans
une partie de LREM : l’immigration résiste
à la « désidéologisation » version Macron.
LE FAIT
DU JOUR
POLITIQUE
Cécile
Cornudet
Dessins Fabien Clairefond pour « Les Echos »
L
’Assemblée sert encore
à fêter les anniversaires.
Un an après le premier
tour de la présidentielle,
le débat sur la loi asile et
immigration a été, ce weekend, le théâtre de jeux
politiques étonnants. « Nous
ne sommes pas morts », ont
voulu signifier les partis. S’ils
ont du mal à s’opposer aux
réformes économiques, Les
Républicains se sont délectés
des gestes concédés par
Gérard Collomb à sa gauche.
« Laxisme ! », a pu brandir
Christian Jacob, jusqu’ici gêné
par la mini-fronde LREM qui
donnait au texte une couleur
trop à droite. Marine Le Pen
était, elle aussi, à l’offensive,
jouant des premiers remous
dans le dispositif majoritaire,
c’est-à-dire maniant le chaud
et le froid. Elle a voté avec
LREM et LR l’article réduisant
le délai pour la première
demande d’asile. Trouble
garanti à gauche. Le socialiste
Olivier Faure a dénoncé un
« alignement historique FN-LRLREM ». « C’est de la tactique.
Le texte n’a pas été écrit pour
séduire le FN, mais pour
trouver un “équilibre” », a dû se
défendre Nicole Belloubet, la
ministre de la Justice (France
Inter). En même temps,
pourrait-on dire, la présidente
du FN a critiqué les gestes de
Gérard Collomb, notamment
la possibilité donnée aux
demandeurs d’asile de
travailler au bout de six mois :
« Une hormone de croissance de
l’immigration. » Un an après
l’élection, la droite et le FN
confirment leur stratégie :
ce sont sur les mêmes terres
électorales qu’ils chassent.
« Nous n’avons pas à nous
excuser de parler aux électeurs
FN dans la mesure où nous
excluons tout accord
d’appareils », explique Brice
Hortefeux (Europe 1 - CNews « Les Echos »). La gauche
oublie tout autant la
compétition PS-LFI. Elle se
saisit de l’immigration pour
marquer sa distance avec
Macron. C’est que la
« désidéologisation »
systématique engagée par le
chef de l’Etat ne fonctionne
pas pour tout : l’asile et
l’immigration résistent, sujets
toujours éruptifs, résistant à
l’effacement des clivages.
Il ne faut pas chercher plus
loin l’explication des tensions
au sein de la majorité. En
quatre mois de pédagogie et de
gestes à l’adresse des députés
LREM, Gérard Collomb n’est
pas parvenu à lever les doutes
et à obtenir l’unanimité de ses
troupes. Malgré les tensions
sociales, Emmanuel Macron
ne poursuit pas par hasard les
réformes économiques
réputées risquées : elles le sont
toujours moins que les sujets
régaliens.
ccornudet@lesechos.fr
en bref
Popularité : Macron et Philippe
en hausse de 2 points en avril
SONDAGE Les cotes de popularité d’Emmanuel Macron et
d’Edouard Philippe ont progressé de 2 points en avril à respectivement 44 % et 45 % de satisfaits en avril, selon le sondage mensuel d’Ifop publié par le « Journal du Dimanche ». Le président
français avait graduellement perdu 10 points au cours du premier trimestre, passant de 52 % en décembre à 42 % le mois dernier. Une majorité de personnes interrogées (55 %) se disent
cependant mécontentes de son action (23 % très mécontentes et
32 % plutôt mécontentes), tandis que 1 % ne se prononce pas.
Plus de 200 parlementaires
pour « un plan vélo ambitieux »
TRANSPORT Plus de 200 parlementaires de différents bords ont
signé dans le « Journal du dimanche » une tribune appelant le gouvernement « à mener un grand plan vélo » dans le cadre de la future
loi d’orientation des mobilités. « Nous avons vingt ans de retard par
rapport à d’autres pays européens », déplorent les signataires, qui
soulignent que « plus des deux tiers des déplacements domicile-travail de moins de 5 kilomètres sont encore faits en voiture ». Ils plaident pour « le développement de liaisons dites +autoroutes vélo »,
l’électrique, ou la généralisation de l’indemnité kilométrique.
RETROUVEZ DANIEL FORTIN
RÉDACTEUR EN CHEF DE LA RÉDACTION DES ECHOS
DANS LE JOURNAL DE 8H D’EUROPE MATIN
PRÉSENTÉ PAR PATRICK COHEN
#E1Matin
Des moyens pour mieux
évaluer les politiques publiques
l Une quinzaine de députés, de droite comme de gauche et même d’extrême
gauche, réclament la création d’un office budgétaire au sein de l’Assemblée.
l Il s’agirait d’une unité destinée à chiffrer les propositions des parlementaires
et du gouvernement.
BUDGET
Ingrid Feuerstein
@In_Feuerstein
Il y aura peut-être durant ce quinquennat un sujet qui pourra rapprocher les députés de La France
insoumise de ceux de la majorité : le
manque d’autonomie des parlementaires dans l’évaluation des
politiques publiques. Rapporteur
du Budget ou anciens rapporteurs,
président de la Commission des
finances, chefs de file des groupes
parlementaires… une quinzaine de
députés de la Commission des
finances, de droite comme de gauche et même d’extrême gauche, ont
signé une tribune commune dans
« Le Monde » afin de demander la
création d’un office budgétaire au
sein de l’Assemblée, à même de
chiffrer les projets du gouvernement et les propositions des parlementaires.
« Pour voter en pleine conscience,
nous devons aux Français de disposer de mesures sérieuses, chiffrées et
applicables, forgées sur la base d’un
avis indépendant des administrations et des groupes d’intérêt », justifient les signataires, parmi lesquels
figurent Amélie de Montchalin
(LREM), à l’origine de cette proposition, Joël Giraud (LREM), mais
aussi Gilles Carrez (LR), Eric
Woerth (LR), Valérie Rabault (Nouvelle Gauche) ou encore Eric
Coquerel (LFI).
Ce projet a émergé dans le cadre
des réflexions sur la réforme constitutionnelle, face à la nécessité de
mieux évaluer les lois de finances. A
l’heure actuelle, les députés peuvent s’appuyer sur les administrateurs de l’Assemblée, des fonctionnaires de haut niveau, reconnus
pour leurs compétences juridiques.
Ils souhaiteraient pouvoir faire
appel à des économistes capables
de chiffrer l’impact d’une mesure
Au micro, Amélie de Montchalin (LREM) est à l’origine de la proposition. Photo Hamilton/RÉA
fiscale et d’expertiser une trajectoire budgétaire, et surtout qui puissent avoir accès aux données des
ministères. Il s’agirait d’une « unité
de chiffrage transpartisane et indépendante de l’administration et des
groupes d’intérêt ». Aujourd’hui, les
données sont « conservées jalousement par les ministères », regrettent
les signataires, ce qui « crée un
climat de défiance institutionnelle
malsain ».
Accès aux données
« Si cet office voit le jour, il faudrait
qu’il puisse bénéficier des mêmes
droits que le rapporteur général et le
président de la Commission des
finances, c’est-à-dire de pouvoir aller
chercher les données à Bercy », a
défendu Valérie Rabault, lors d’une
récente audition. L’ancienne rapporteure du Budget en sait quelque
chose. Dans cette même audition,
elle raconte comment elle a dû
débarquer à l’improviste à Bercy
parce qu’elle n’arrivait pas à obtenir
une évaluation sur la fiscalisation
de la majoration de 10 % pour les
retraités ayant eu 3 enfants.
Les données chiffrées
sont aujourd’hui
« conservées
jalousement
par les ministères ».
Lorsqu’elle a enfin pu copier le
fichier sur sa clef USB, elle s’est aperçue que les données ne prenaient
pas en compte la suppression de la
demi-part des veuves, sous prétexte
que cela avait été voté sous Sarkozy.
Or, la combinaison des deux mesures a eu un effet considérable sur
certains ménages. « Il y a une forme
d’autocensure dans les études
d’impact. On ne veut pas déplaire
au gouvernement, dénonce -telle. Même pour compter les fonctionnaires, nous avons du mal à obtenir les chiffres. Quand il y avait eu
le débat sur les créations de postes
dans la police et la gendarmerie, le
Premier ministre Bernard Cazeneuve avait dû mandater une mission à l’inspection générale. »
Si l’idée fait consensus, elle se
heurte cependant à des résistances
internes du fait que les fonctionnaires de l’Assemblée sont recrutés sur
un concours administratif très
sélectif, ce qui limite la possibilité
de recourir aux compétences extérieures. Quant au gouvernement,
il n’est pas opposé à la démarche,
mais sera sans doute vigilant sur la
personnalité nommée à la tête de
cet « office ».
(
L’éditorial de
Dominique Seux Page 9
Comment fonctionnent les Parlements à l’étranger
Les députés français jugent
les moyens d’évaluation
du Parlement souvent bien
supérieurs à l’étranger.
Tour d’horizon des pratiques en Grande-Bretagne,
aux Etats-Unis et en
Allemagne.
les décisions budgétaires du Congrès et les objectifs budgétaires. Il
chiffre enfin l’impact à cinq ans des
propositions de lois transmises aux
commissions parlementaires, et
suit les recettes et dépenses fédérales à politique constante.
Ingrid Feuerstein,
Thibaut Madelin
— Correspondant à Berlin
et Elsa Conesa
— Bureau de New York
En Allemagne, le Bundestag se
repose sur le ministère des Finances. Les députés qui sont membres
de la commission du Budget peuvent demander à tout moment un
chiffrage d’amendements ou de propositions aux fonctionnaires de la
Wilhelmstrasse, non pas directement mais en passant par le secrétaire d’Etat parlementaire du ministère, en l’occurrence la socialedémo crate (SPD) Christine
Lambrecht, qui assiste à leurs réunions régulières. La demande intervient de manière informelle et est
transmise au « service de quantification » du ministère qui se charge
du chiffrage. Celui-ci a lieu en
l’espace d’une ou deux semaines.
« Le ministère des Finances se comprend comme un fournisseur de services du Bundestag, explique un parlementaire. En général, ça se passe
très bien. » Les députés peuvent
aussi s’appuyer sur les administrations fiscales des Länder, qui
disposent de ressources importantes, et sur leur groupe parlementaire, au sein duquel collabore une
armée d’employés détachés des
ministères. n
Dans leur tribune publiée dans « Le
Monde », les députés de la commission des Finances défendent la création d’un office d’évaluation budgétaire pour, disent-ils, « se mettre au
niveau d’indépendance et de qualité
de ses voisins ». Voici les pratiques
parlementaires dans quelques grandes démocraties.
• EN GRANDE-BRETAGNE
En Grande-Bretagne, les députés
peuvent s’appuyer sur l’Office for
Budget Responsibility, un organisme indépendant chargé de
publier des prévisions économiques
et budgétaires. Créé en 2010, cet
office a inspiré les contours du Haut
Conseil des finances publiques en
France, mais ses prérogatives sont
plus larges. Tous les six mois, ses
experts évaluent la trajectoire budgétaire du gouvernement et établissent un chiffrage de toutes les mesures fiscales. En France, il faut se
• EN ALLEMAGNE
Aux Etats-Unis, les lois de finances sont élaborées exclusivement
par le Congrès. Photo Shutterstock
contenter des études d’impact transmises par Bercy. Les députés français envient particulièrement les
travaux du think tank IFS (Institute
for Fiscal Studies). Au lendemain de
la présentation du budget, cet institut, réputé pour son indépendance,
publie une évaluation complète du
projet du gouvernement. Celle-ci est
suivie avec attention par les journaux qui en font souvent leur une.
Son champ d’intervention dépasse
le domaine budgétaire, puisque l’IFS
publie des études aussi bien sur
l’emploi que sur les retraites, le
Brexit, l’éducation ou la santé.
• AUX ÉTATS-UNIS
Aux Etats-Unis, les lois de finances
étant élaborées exclusivement par le
Congrès, celui-ci dispose d’une véritable administration pour analyser
le coût des politiques publiques passées et futures. Deux agences fédérales indépendantes travaillent exclu-
sivement pour lui : le General
Accounting Office (GAO) et le Congressional Budget Office (CBO). Toutes deux disposent de moyens étendus et leurs chiffrages font autorité.
Créé en 1921, le GAO produit surtout
des études d’évaluation des politiques publiques, confrontant le coût
des programmes fédéraux à leur
qualité. Passant en revue tous les
domaines d’activité de l’administration fédérale, il compte 3.000 personnes spécialisées, dont un tiers
sont basées en région. Connu
comme le bras d’investigation du
Congrès, il a accès à toutes les pièces
demandées à l’administration. Créé
en 1974, le CBO dispose d’un peu
plus de 200 spécialistes, et analyse
les évaluations économiques et budgétaires présentées par le gouvernement avant le vote d’un texte. Il produit aussi de nombreux rapports
présentant des prévisions économiques, et vérifiant l’adéquation entre
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COMMUNIQUÉ
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C
A
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RITÉ
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LA
ÈRE
I
C
N
A
FIN
Non, le compte
n’est pas bon.
Lettre ouverte au Ministre
de l’Économie et des Finances
Le gouvernement veut relever brutalement les seuils d’audit obligatoire dans les PME.
Du jour au lendemain, ce sont 153 000 entreprises qui ne verront plus leurs comptes certifiés,
au motif d’une prétendue simplification. Supprimer le seul acteur qui contribue à fiabiliser
et sécuriser les informations des entreprises, ce n’est pas leur simplifier la vie. Bien au contraire !
C’est purement et simplement l’abandon d’une mission d’intérêt général.
Le contrôle exercé par le commissaire aux comptes est essentiel. Pour lutter contre l’opacité.
Pour créer la confiance indispensable à la croissance des petites entreprises.
C’est aussi un plan social massif que s’apprête à signer le gouvernement. 3 500 commissaires
aux comptes dans les territoires, de nombreux jeunes endettés pour créer ou reprendre
un cabinet perdront leur activité. Des milliers d’étudiants engagés dans la filière audit
seront privés d’avenir professionnel.
Les commissaires aux comptes ne veulent pas être sacrifiés sur l’autel
de l’harmonisation européenne. À chaque économie ses spécificités.
La preuve : d’autres pays européens, comme l’Italie, font le choix inverse : ils réabaissent
leurs seuils pour lutter contre les nouvelles formes de délinquance financière et pour renforcer
la prévention des difficultés des entreprises.
Une méthode brutale, des conséquences très lourdes pour l’économie
tout entière. Il n’est pas trop tard pour revenir sur ce projet.
NOUS COMPTONS SUR VOUS POUR REMETTRE EN MARCHE L’ÉCONOMIE.
NOUS SOMMES LÀ AUSSI POUR Y CONTRIBUER.
Signez la pétition en soutien aux commissaires
aux comptes depuis notre site internet : cncc.fr
CRCC AGEN, CRCC AIX-BASTIA, CRCC AMIENS, CRCC ANGERS, CRCC BASSE-TERRE, CRCC BESANÇON, CRCC BORDEAUX, CRCC BOURGES, CRCC CAEN, CRCC CHAMBÉRY,
CRCC COLMAR, CRCC DIJON, CRCC DOUAI, CRCC FORT-DE-FRANCE, CRCC GRENOBLE, CRCC LIMOGES, CRCC LYON, CRCC METZ, CRCC MONTPELLIER, CRCC NANCY,
CRCC NÎMES, CRCC NOUMÉA, CRCC ORLÉANS, CRCC PARIS, CRCC PAU, CRCC POITIERS, CRCC REIMS, CRCC RENNES, CRCC RIOM, CRCC ROUEN,
CRCC SAINT-DENIS DE LA RÉUNION, CRCC TOULOUSE, CRCC VERSAILLES.
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04 // FRANCE
Lundi 23 avril 2018 Les Echos
Propriété du logement
et chômage : un lien paradoxal
SOCIÉTÉ
IMMIGRATION
Selon une étude de
l’Insee, là où la densité
de propriétaires est en
hausse de 10 points,
le taux de chômage
progresse de 0,6 point.
Critiqué à droite
pour son laxisme
et à gauche pour
sa dureté, le texte
devait être voté
dimanche très tard.
Car elle rend plus
difficile l’installation
de nouveaux
travailleurs.
Une poignée de
députés LREM ont
décidé de s’abstenir,
l’un votant contre.
Guillaume de Calignon
@gcalignon
C’est un paradoxe étonnant valable
en France et dans d’autres pays développés. Plus la densité de propriétaires de leur logement augmente dans
une zone géographique, plus le taux
de chômage a tendance à progresser
à cet endroit. L’Insee s’est intéressé à
ce problème et vient de publier une
étude montrant que, depuis 1968,
cette corrélation entre propriété
immobilière et chômage est valable
pour les zones d’emplois de l’Hexagone. Une hausse de 10 points de la
densité locale de propriétaires tend
à faire grimper le taux de chômage
de 0,6 point.
L’explication est la suivante. On
pourrait croire que les propriétaires de leur logement sont restreints
dans leur recherche d’emploi en
raison de coûts spécifiques en cas
de déménagement. Ainsi, les
ouvriers propriétaires licenciés par
l’usine GM & S de la Creuse l’an
passé peuvent évidemment avoir
du mal à vendre leur logement, qui
se trouve dans une zone d’emplois
peu dynamique, pour trouver un
travail plus loin. Ils risquaient fort
de faire une moins-value. La propriété est dans ce cas un frein à la
mobilité. Mais si ce mécanisme est
parfois valable, les propriétaires
sont statistiquement moins souvent au chômage que les locataires
de leur résidence principale. Etre
Alain Ruello
@AlainRuello
propriétaire signifie souvent avoir
de bons revenus, et donc un emploi
qualifié, moins exposé au risque de
chômage.
pourraient trouver un emploi. Il en
résulterait donc une rigidité supplémentaire du marché du travail.
Allemands locataires
En France, le taux de
propriétaires de leur
logement principal
a fortement augmenté.
En revanche, « la moindre mobilité
des propriétaires réduirait la fluidité
du parc de logement dans les zones
où ils sont plus nombreux, affectant l’ensemble des chômeurs qui
chercheraient à s’y établir pour un
nouvel emploi », explique l’Insee.
Quand le nombre de propriétaires
augmente, les chômeurs ne pourraient pas trouver de logement
dans les zones d’emplois les plus
dynamiques. Ainsi, un taux élevé de
propriétaires limiterait l’accessibilité des jeunes aux zones où ils
Il est passé de 45,5 %
en 1973 à 58 % en 2013.
Ce qui ne manque pas de poser
question sur la politique du logement depuis l’après-guerre. Ces
dernières décennies, le taux de propriétaires de leur logement princi-
pal parmi la population française a
en effet fortement augmenté. Il est
passé de 45,5 % en 1973 à 58 % en
2013. Ce qui va à l’encontre de la
société de mobilité vantée par
Emmanuel Macron. En Allemagne,
seuls 44 % des ménages possédaient leur résidence principale en
2014. En Italie, au contraire, 80 %
des ménages sont propriétaires. Ce
raisonnement n’explique évidemment pas à lui seul le niveau du chômage. Mais au dernier pointage, le
taux de chômage était de 10,9 % en
Italie, 8,9 % en France et 3,5 % en
Allemagne. Le pays qui compte la
proportion la plus faible de chômeurs est aussi celui où le pourcentage de locataires est le plus élevé de
la zone euro. n
LE GRAND RENDEZ-VOUS // EUROPE 1 - CNEWS - « LES ÉCHOS »
Hortefeux : « Le problème, c’est réforme
minimale et désordre maximal »
problème, c’est réforme minimale et
désordre maximal. L’enlisement
général est partout dans notre pays. »
Sur Notre-Dame-des-Landes, il est
« effondré » par la politique du gouvernement, qui ne respecte pas le
résultat du référendum local et n’a
pas obtenu l’évacuation de la zone.
« Les zadistes ont gagné sur toute la
ligne, c’est une Berezina, et très révélateur de l’attitude du gouvernement :
le oui et le non, l’inertie et l’action… »
POLITIQUE
L’ancien ministre de
l’Intérieur et conseiller
spécial de Laurent
Wauquiez était l’invité
de l’émission politique.
Il s’est largement
exprimé sur le projet
de loi asile et immigration et les conflits
sociaux.
Yves Vilaginés
@YvVilagines
La politique migratoire du gouvernement a été largement critiquée
par Brice Hortefeux. L’ancien ministre de l’Intérieur et actuel conseiller
spécial du président du mouvement
Les Républicains, Laurent Wauquiez, a rappelé sa position : « Il y a
un principe. Un étranger qui arrive
illégalement en France a vocation à
repartir. Le gouvernement et le président de la République sont très ambigus sur le sujet. Résultat : jamais nous
n’avons délivré autant de cartes de
séjour, accueilli autant d’étudiants
étrangers et de demandeurs d’asile. »
S’il reconnaît à l’actuel ministre de
l’Intérieur, Gérard Collomb, et à ses
équipes « la volonté de bien faire »,
La loi asile crée
le trouble
à l’Assemblée
Pas d’union des droites
Brice Hortefeux a déploré « l’enlisement général » qui est « partout dans notre pays ». Photo Marie Etchegoyen/Capa Pictures pour Europe 1
Brice Hortefeux déplore que le projet de loi sur le droit d’asile et l’immigration en discussion au Parlement
soit trop « technique, a minima et
procédural. Voulons-nous, oui ou
non, voir augmenter la population
étrangère en France ? Chez Les Républicains, nous voulons faire baisser
l’immigration dans notre pays ». Et
de rappeler les mesures présentées
la semaine dernière par le parti
d’opposition : modification d’accès à
la nationalité, plafond d’immigration et reconduites aux frontières
accélérées et augmentées.
L’ancien ministre a aussi réagi à
la publication d’une tribune « contre
le nouvel antisémitisme » en
France, dans les colonnes du quotidien « Le Parisien » dimanche, cosignée par 300 personnalités, dont
Laurent Wauquiez et Nicolas
Sarkozy. « On ne dénonce jamais suffisamment l’antisémitisme. L’apparence est trompeuse, la baisse du
nombre d’actes ne rend pas compte
de la violence et de l’augmentation
des agressions physiques. »
Grève à la SNCF, occupation des
universités, évacuation des zadistes
à Notre-Dame-des-Landes… S’il
approuve les réformes et les expulsions, Brice Hortefeux dénonce les
méthodes du gouvernement. « Le
Quant à l’avenir de la droite, le
conseiller du président des Républicains a réaffirmé son hostilité à toute
alliance avec « les responsables du
Front national ». Il se refuse à l’union
des droites, car « la politique n’est pas
une addition, mais une dynamique ».
Selon lui, l’opposition incarnée par
LR doit être « forte, avec le respect de
l’autorité de l’Etat ; populaire, c’est-àdire offensive sur la sécurité, la lutte
contre le terrorisme et la justice ;
sociale, avec la défense des classes
moyennes, des retraités et de la politique familiale ». Enfin, Brice Hortefeux s’est dit « malheureux » de
l’interdiction qui lui est faite par la
justice de tout contact avec Nicolas
Sarkozy, après la mise en examen de
l’ancien président dans l’affaire du
financement illégal de sa campagne
électorale. Il a réaffirmé qu’à sa
connaissance « il n’y a pas eu de
financement illégal par la Libye ». n
Entamé lundi, l’examen en première lecture à l’Assemblée
nationale du projet de loi du
gouvernement sur l’asile et
l’immigration promettait d’être
houleux, il l’a été. Au point que
le vote final simplifié, attendu
vendredi, ne devait intervenir
que tard dans la soirée de
dimanche, voire dans la nuit de
dimanche à lundi, juste à temps
pour les vacances parlementaires. A midi, les députés en
étaient encore à ferrailler sur
l’article 20, le texte en comptant
une quarantaine !
Opposition mobilisée
En cause, bien sûr, la très forte
mobilisation de l’opposition : la
droite par la voix des députés
LR ou Front national dénonçant le caractère laxiste du
texte, la gauche (Insoumis,
communistes ou socialistes)
son caractère répressif. A la clef,
un millier d’amendements,
mais dont certains aussi, déposés par des élus d’En marche ne
cachant pas leur malaise sur
certaines dispositions. Le choix
d’en passer par la procédure
accélérée, et donc des délais
très courts pour une transmission plus rapide au Sénat, n’a
rien arrangé, suscitant là
encore de vives critiques eu
égard à l’importance du sujet en
jeu.
Cette opposition jusque dans
les rangs de la majorité n’a pas
empêché le gouvernement de
faire passer les articles les plus
controversés de son projet de
loi. Mais elle a laissé des traces
dans les scrutins. Ainsi en est-il
de la réduction par deux, d’un
mois à 15 jours, du délai d’appel
pour les déboutés du droit
d’asile : la mesure a été adoptée
par 62 voix, contre 40, dont 8 de
marcheurs. Idem pour le doublement, de 45 à 90 jours, de la
durée maximale de séjour en
centre de rétention pour les
étrangers en attente de leur
expulsion : 77 voix pour et
31 contre, dont 9 dans les rangs
LREM, avec 46 abstentions.
Délit de solidarité
Tout aussi critiqué, l’article portant sur le délit de solidarité à
l’encontre des personnes qui
viennent en aide à des migrants
a emporté une large majorité
(133 voix contre 21), mais il a
fallu pour cela y apporter plusieurs exceptions, notamment
en cas d’aide juridique ou
sociale.
Si ce projet de loi restera dans
les annales par le nombre
d’heures de débats, il le restera
aussi dans celles des marcheurs. Toute la question était
de savoir combien d’entre eux,
au final, se prononceraient
contre lors du vote final,
sachant que planaient sur eux
l’épée de Damoclès brandie par
Richard Ferrand, le patron du
groupe à l’assemblée : « abstention péché véniel, vote contre
péché mortel ». En clair, vote
contre égale exclusion.
In fine, seul Jean-Michel Clément, député de la Vienne et exavocat spécialisé dans le droit
des étrangers, a réaffirmé qu’il
irait au bout de ses convictions.
Les autres députés LREM
contestataires, comme Martine
Wonner (Bas-Rhin) ou Sonia
Krimi (Manche), ont laissé
entendre qu’ils n’iraient pas audelà de l’abstention, satisfaits
des amendements passés. n
« Abstention
péché véniel,
vote contre
péché mortel. »
RICHARD FERRAND
Patron du groupe LREM
à l’Assemblée
en bref
Déclarations d’embauches
toujours bien orientées sur un an
EMPLOI Les déclarations d’embauches dans le privé hors intérim
ont atteint 6,5 millions au premier trimestre selon des données
provisoires publiées vendredi par l’Insee, soit une hausse de 3 %
en un an. Celles de plus d’un mois restent très soutenues (+6,7 %),
et encore plus pour les CDI (près de 1 million, +14,3 % toujours par
rapport au même trimestre de l’an dernier). Les trois grands secteurs ont augmenté leurs effectifs toutes durées d’embauches
confondues : industrie (+11,5 %), construction (+6,9 %) et tertiaire
(+6,1 %). Au palmarès des régions, la Corse, les Pays de la Loire,
Provences Alpes-Côte d’Azur et Nouvelle-Aquitaine ont affiché
des taux de progression de plus de 10 %.
SNCF : le soutien des Français
à la grève s’érode
SOCIAL Le soutien à la grève des cheminots contre la réforme de
la SNCF s’érode : 43 % des Français l’estiment « justifiée », soit
3 points de moins en une semaine, selon un sondage Ifop pour le
« Journal du Dimanche ». Depuis la mi-mars, le soutien a oscillé
entre 42 % et 47 % dans ces enquêtes. A l’inverse, 57 % (+3 points)
considèrent que le mouvement des cheminots, dont le cinquième épisode est prévu lundi et mardi, n’est « pas justifié ». Une
majorité (61 %, stable) souhaite que le gouvernement aille « au
bout de la réforme de la SNCF telle qu’elle a été annoncée » contre
51 % fin mars. Et ils sont 78 % à penser que ce sera le cas.
Plus d’informations page 17
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FRANCE // 05
Les Echos Lundi 23 avril 2018
Le congrès de succession
de FO sous tension
l Le 24e Congrès de Force ouvrière s’ouvre ce lundi à Lille.
l Son secrétaire général, Jean-Claude Mailly, dont la stratégie sur la réforme
du Code du travail est contestée, passera le témoin à Pascal Pavageau.
SYNDICAT
Le 24e Congrès de Force ouvrière
qui s’ouvre ce lundi, à Lille, devait
signer la fin d’un cycle. Cette fois-ci,
la mécanique était bien huilée et le
changement de secrétaire général à
la tête de FO devait se faire sans
passe d’armes. C’était compter sans
Emmanuel Macron et sa réforme
du Code du travail, qui sont venus
tout chambouler. Il n’y a cependant
pas de suspense concernant le futur
numéro un de Force ouvrière.
Pascal Pavageau, ingénieur des
travaux publics de l’Etat de quarante-neuf ans, est seul candidat en lice
et va donc succéder à Jean-Claude
Mailly, en poste depuis quatorze
ans à la tête de la troisième centrale
française. FO a recueilli 15,6 % des
voix aux élections professionnelles
dans le privé, selon les résultats
publiés en 2017, et 18,6 % des voix
dans la fonction publique lors du
dernier scrutin de représentativité,
qui date de 2014. Mais la succession
va néanmoins se faire dans la douleur. Il est de tradition que les interventions en tribune laissent une
large place aux contestataires. Mais
cette fois-ci, les échanges pourraient voir leur violence décuplée.
Ce sera « rock and roll », a prédit
Jean-Claude Mailly. « Hard rock », a
annoncé son successeur.
La bagarre va démarrer dès lundi
matin. Le débat sur le bilan de la cen-
Jean-Claude Mailly,
treize années plus une
Pendant treize ans, le
secrétaire général de Force
ouvrière a réussi à fédérer.
Mais son choix tactique
de jouer la concertation
jusqu’au bout sur la
réforme du Code du travail
lui fait rater sa sortie.
Leïla de Comarmond
@leiladeco
Depuis 2004, ses lunettes se sont
arrondies et ses cheveux ont blanchi. Son look d’éternel étudiant
a laissé place à celui de prof, mais
la mèche est toujours rebelle. A
soixante-cinq ans, Jean-Claude
Mailly, doyen des leaders syndicaux
français, s’apprête à tirer sa révérence à l’issue du 24e Congrès de
Force ouvrière, vendredi, à Lille.
Il aura passé quatorze ans à
la tête de la troisième centrale
syndicale française et pourtant,
vendredi soir, quand il a quitté
son bureau, il a voyagé léger. Les
maquettes d’avion et autres souvenirs offerts par des militants sont
restés sur place. Comme les portraits de ses prédécesseurs. Il n’a
emporté que celui de son arrièregrand-père, Henri, surnommé le
« Jaurès des mineurs ».
Tout un symbole. Car ce ne sont
pas quatorze ans que le successeur
de Marc Blondel aura consacrés au
troisième syndicat français, mais
une vie. « Je suis comme Obélix, je
suis tombé dedans quand j’étais tout
petit », se plaît-il à dire. Mis à part
deux ans à la Sécurité sociale, la
centrale a été son seul employeur.
La fin de l’isolationnisme
Devenir numéro un de FO n’allait
pas pour autant de soi. Lorsqu’il
a été élu, beaucoup ne donnaient
pas cher de sa peau. Il faut dire que,
jusque-là, Jean-Claude Mailly avait
vécu une carrière d’apparatchik : il
est entré en 1981 à la confédération
comme assistant de Marc Blondel
quand il a pris en charge les questions économiques au bureau
confédéral (sa direction resserrée
d’une dizaine de membres) ; puis il
l’a suivi en 1989 au secrétariat général, comme directeur de cabinet.
Tout s’est joué à la fin des années
1990. A l’époque, Jean-Claude
Mailly a la quarantaine et s’interroge sur son avenir. Il se voit bien en
2000 sortir de l’« ombre » de Blondel
pour intégrer le bureau confédéral.
« Tu sais ce que ça veut dire », le prévient ce dernier. En clair : s’il y va,
c’est pour lui succéder. C’est ce qui
se produit en 2004. Son challenger,
Jean-Claude Mallet, raccroche les
gants peu avant le congrès fatidique,
évitant la répétition du combat fratricide de 1989 entre réformistes et
contestataires – pro et anti-Blondel.
Mais Jean-Claude Mailly hérite
d’une organisation profondément
divisée. L’homme a été jusque-là
trale depuis 2015, qui va durer jusqu’à mercredi soir, va se concentrer
sur la dernière année. Jean-Claude
Mailly n’en démord pas, revendiquant son « pragmatisme ». Il a fait
le bon choix « tactique » face à un
exécutif légitimé par son élection
toute fraîche et qui avait annoncé
sa réforme. Ses détracteurs vont lui
reprocher de ne pas être allé à
l’affrontement. Cette position rencontre un écho au-delà des anarchistes et trotskistes lambertistes de
l’organisation. Assez large pour que
le rapport d’activité soit rejeté ?
Abstentions
« Le secrétaire général sortant va
être sanctionné dans des proportions
que j’ignore », a expliqué Pascal
Pavageau, devant l’Association
des journalistes de l’information
sociale, en fin de semaine dernière,
ajoutant : « Il va y avoir un nombre
significatif d’abstentions, des abstentions de ceux qui vont retenir leur
bras, et des votes “contre” de ceux
qui ne vont pas le retenir. »
La difficulté pour le futur
numéro un de FO est qu’il fait partie
de la direction sortante. Depuis
quinze jours, il n’a pas seulement
pris Emmanuel Macron bille en
tête, mais il n’a eu aussi de cesse de
prendre ses distances avec JeanClaude Mailly et de lui renvoyer la
Manifestation contre la loi El Khomri en 2016. Durant un temps,
Jean-Claude Mailly a marché main dans la main avec la CGT.
Photo Marta Nascimento/RÉA
responsabilité de la position adoptée sur la réforme du Code du travail. Jusqu’à affirmer qu’il avait sans
succès demandé dès juillet la réun i o n d u p a r l e m e n t d e Fo r c e
ouvrière pour donner un mandat
clair à sa direction, puis proposé
d’avancer celle qui s’est déroulée fin
septembre, quand Jean-Claude
« Le secrétaire
général sortant
va être sanctionné
dans des
proportions
que j’ignore. »
PASCAL PAVAGEAU
Successeur
de Jean-Claude Mailly
Mailly explique que pas une voix
dissonante ne s’est élevée en bureau
confédéral. Ambiance…
Mais ce qui importe à Pascal
Pavageau sur ce congrès, « ce n’est
pas l’entrée, c’est la sortie : le nouveau
bureau confédéral, la nouvelle commission exécutive [direction élargie]
et surtout la ligne de la résolution
générale définissant le mandat de la
direction pour les années à venir ».
Sur l’équipe resserrée de 13 personnes qui gouvernera avec lui, il
n’y a pas de suspense, 6 nouveaux
vont y faire leur entrée, dont il
revendique le choix. Même s’il le
conteste, la future commission exécutive pour laquelle il y a plus de
candidats que de postes est bel et
bien un enjeu. Sa composition indiquera les rapports de force internes
entre réformistes et contestataires.
Tout comme le contenu des résolutions qui vont être discutées en
commission à huis clos jeudi.
— L. de C.
SPÉCIAL IMPÔTS
REVENU / FORTUNE IMMOBILIÈRE
Jean-Claude Mailly a passé quatorze ans à la tête de FO, troisième
centrale syndicale française. Photo Simon Lambert/Haytham-RÉA
aussi discret que son mentor était
tonitruant et certains y voient une
marque de faiblesse. On le soupçonne d’être dans la main des trotskistes du syndicat. C’est peu dire
qu’il aura surpris jusqu’au bout.
Dès son arrivée, rompant avec
l’isolationnisme traditionnel de FO,
Jean-Claude Mailly invitera chacun
de ses homologues à lui rendre visite
à la confédération, et le conflit unitaire victorieux contre le contrat première embauche de 2005 donnera le
la : travailler avec d’autres sur des
sujets précis n’est plus tabou. JeanClaude Mailly « considère comme
Jean-Claude Mailly
s’est employé à faire
de son organisation
un interlocuteur
incontournable.
normal que les centrales se parlent ».
Le syndicaliste peut ainsi se prévaloir d’avoir permis à Force ouvrière
de continuer à peser, mettant – pour
l’instant en tout cas – en échec ceux
qui prédisaient une bipolarisation
du paysage syndical à la suite de
l’adoption en 2008 d’une réforme faisant de l’audience aux élections professionnelles la jauge de la représentativité des syndicats. En a-t-il pris
toute la mesure ? Pas vraiment, car il
a laissé en jachère le chantier de la
syndicalisation. En revanche, JeanClaude Mailly a adapté sa tactique au
contexte pour faire de son organisation un interlocuteur incontournable, jouant des alliances syndicales
tout en cultivant ses relations avec
les exécutifs successifs. Y compris
sous Emmanuel Macron. La première année du quinquennat de ce
dernier a eu raison de sa capacité
à fédérer l’organisation – c’était sa
marque de fabrique après avoir, dès
son arrivée au secrétariat général,
réussi à « calmer la maison », selon
l’expression du politologue René
Mouriaux. Après quinze ans de psychodrames sous Blondel, le syndicat
les a évités pendant treize ans.
En 2016, l’opposition à la loi El
Khomri l’a conduit à ne plus reprendre sa carte du PS et à marcher un
temps main dans la main avec la
CGT. Peu apprécié par les réformistes, le mano a mano n’a pas survécu
à l’automne, évitant un clash. Si elle
a fini de tordre le cou à la rumeur qui
le disait membre du parti trotskiste
lambertiste POI, l’année suivante,
où FO est montée dans le train des
réformes, a été celle de trop pour lui
assurer une sortie consensuelle.
« Lors de son dernier mandat, il
s’est trop coupé du terrain », critiquent certains au sein de FO. Il a en
tout cas sous-estimé le malaise et
le rejet suscité dans l’organisation
par Emmanuel Macron au point de
subir un camouflet de son parlement, qui lui a imposé une mobilisation à l’automne 2017. « Je ne me suis
pas offert une fin de mandat sous les
applaudissements ; si je l’avais voulu,
je n’avais qu’à dire d’accord à l’organisation de trois ou quatre manifs, mais
je ne suis pas comme ça », reconnaît
Jean-Claude Mailly, dont on découvre dans la dernière ligne droite un
goût pour la bagarre qu’on ne lui
connaissait pas. n
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Vendredi 27 avril
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
06 //
Lundi 23 avril 2018 Les Echos
MONDE
en
chiffres
RALENTISSEMENT
DE L’INFLATION AU JAPON
La hausse des prix à la
consommation a ralenti en
mars par rapport à février au
Japon, selon les statistiques
officielles publiées vendredi.
A +0,9 %, la hausse
de l’indice de base des prix à la
consommation (core CPI), qui
inclut les produits pétroliers
mais exclut les produits
alimentaires, est conforme à la
prévision médiane du marché.
72,2 %
L’INFLATION AU PLUS
HAUT AU CANDA
DEPUIS TRENTE MOIS
UNION EUROPÉENNE :
LE TAUX D’EMPLOI
DES 20-64 ANS
L’inflation a atteint en mars
dernier au Canada
un niveau sans précédent
depuis octobre 2014,
à 2,3% en rythme annuel,
selon les données diffusées
vendredi par Statistics
Canada. Un chiffre toutefois
inférieur au consensus
des analystes, qui tablaient
sur 2,4 %.
En 2017, le taux d’emploi
de la population âgée
de 20 à 64 ans dans
l’Union européenne est
en hausse par rapport à 2016
(71,1 %). L’objectif de l’Union
européenne est d’atteindre
75 % d’ici à 2020.
ÉCONOMIE MONDIALE
G20 et FMI : l’appel de la dernière chance
contre le risque de guerre commerciale
l Après deux jours de rencontre à Washington, les ministres des Finances du G20 et le FMI n’ont pu constater que leurs différends.
l Les risques de conflit commercial ne sont pas levés, malgré la porte entrouverte par les Etats-Unis à un dialogue avec la Chine.
Richard Hiault
@RHIAULT
— Envoyé spécial à Washington
FRANÇOIS VILLEROY DE
GALHAU
Gouverneur
de la Banque de France
Sputnik
Le violet et le blanc des fleurs de
cerisiers en cette p ério de de
« Cherry Blossom » s’accompagnent, en général, d’une douceur
printanière à Washington. Indice
avant-coureur des discussions des
ministres des Finances du G20, réunis vendredi en marge des assemblées de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et de la
Banque mondiale, le thermomètre
affichait une température très en
deçà des normales saisonnières.
En deux jours de discussions, les
ministres n’ont pu que constater
leurs différends. « L’atmosphère a
changé par rapport à l’automne dernier », témoignait un participant
aux réunions. En six mois, les risques de guerre commerciale suite
aux décisions unilatérales des
Etats-Unis (taxes sur l’acier et l’aluminium, projet de droits de douane
sur des produits chinois…) se sont
nettement accrus. Malgré les nombreux appels en faveur d’une concertation internationale pour réformer un système commercial qui est
« en train d’exploser en vol », selon
les propos de Bruno Le Maire, le
ministre français des Finances, personne ne sait quelle sera l’attitude à
venir du président Trump.
Steven Mnuchin, secrétaire au
Trésor américain avait réaffirmé
vendredi que les pratiques commerciales « déloyales dans le
monde entravent la croissance de
l’économie mondiale et des EtatsUnis ». Pékin est clairement visé.
Samedi, le responsable américain a évoqué un déplacement en
Chine afin de poursuivre des discussions sur le conflit commer-
« Une hausse
de 10 % des droits
de douane
dans le monde
entraînerait une
baisse d’environ 2 %
du PIB mondial... »
Les ministres se sont alarmés de la hausse de l’endettement mondial ainsi que de l’activité de « shadow banking » qui se développe très rapidement.
cial entre les deux pays. Une proposition immédiatement saisie
au bond par Pékin, qui a affirmé
l’« accueillir favorablement ».
Politique protectionniste
Lors de sa conférence de presse
finale, Christine Lagarde, directrice
générale du Fonds, a concédé
samedi qu’au terme de ces deux journées il y a eu un « certain progrès vers
le dialogue ». Exception faite des
Etats-Unis, tous les ministres se sont
accordés sur le fait qu’une guerre
commerciale serait néfaste pour
tous. « A la Banque de France, nous
estimons qu’une hausse de 10 % des
droits de douane dans le monde
engendrerait une hausse équivalente
des prix des produits importés, pesant
sur le pouvoir d’achat. Cela entraînerait une baisse d’au moins 2 % du PIB
mondial, à commencer par les EtatsUnis. Personne ne sortirait gagnant
d’une guerre commerciale », a commenté le gouverneur de la Banque de
France, François Villeroy de Galhau.
De leur côté, les Européens ont
aussi tenté de convaincre les Américains d’être exemptés définitive-
ment, et non temporairement, des
taxes sur l’acier et l’aluminium instaurées par Donald Trump en mars
dernier. « Nous ne pouvons pas avoir
cette épée de Damoclès qui pèserait
sur les relations commerciales entre
les deux pays, qui sont, qui plus est,
alliés. Il faut régler cette question afin
que nous puissions passer à la redéfinition des règles du commerce international », a martelé Bruno Le
Maire, avant la visite d’Etat d’Emmanuel Macron aux Etats-Unis, dès
lundi. Environ un millier d’emplois
en France, en particulier dans le sec-
teur automobile, seraient menacés
directement par la politique protectionniste américaine, indique-t-on à
Bercy.
Inquiétudes
La politique budgétaire américaine
est aussi source de préoccupations.
Avec une économie au quasi-pleinemploi, la réforme fiscale de Trump
revient à remettre du charbon dans
la chaudière d’une locomotive filant
déjà à pleine vitesse. « L’économie
américaine risque une surchauffe en
raison d’une stimulation budgétaire
en haut du cycle. Son effet cumulé
devrait plafonner en 2020. Au-delà, la
durée de l’impact dépendra de l’effetincertain – sur les investissements privés. Mais à ce jour, le resserrement
monétaire – la Fed a déjà relevé par six
fois ses taux – n’efface pas l’assouplissement budgétaire », analyse François Villeroy de Galhau.
Au-delà de ces inquiétudes immédiates, les ministres se sont aussi
alarmés de la hausse de l’endettement mondial ainsi que de l’activité
de « shadow banking » qui se développe très rapidement. « Les grands
fonds de gestion qui octroient des prêts
ne sont pas suffisamment régulés. La
question n’est pas tant leur capitalisation mais leur capacité à faire face à
une fuite massive de leurs clients souscripteurs. Nous devons nous assurer
que ce risque de liquidité soit suffisamment maîtrisé », indique un proche du dossier. Au terme de ces deux
jours de rencontre, la seule satisfaction sur le plan multilatéral aura été
l’accord sur l’augmentation de capital de la Banque mondiale de 13 milliards de dollars. De quoi réchauffer
un peu l’atmosphère. n
Les Espagnols sont devenus plus riches que les Italiens
Le Fonds monétaire
international a calculé
que le fossé entre les deux
pays va se creuser, mais
Eurostat ne corrobore
pas la tendance.
Cécile Thibaud
— Correspondante à Madrid
Olivier Tosseri
— Correspondant à Rome
Les Espagnols un peu plus riches
que les Italiens ? C’est ce qu’indiquent les calculs du FMI, mais pas
Eurostat. En 2017, le revenu par
habitant a été légèrement supérieur
en parité de pouvoir d’achat, à
38.286 dollars par an en Espagne
contre 38.140 dollars en Italie, selon
le système de calcul de l’organisme
international, qui élimine les distorsions entre niveau de vie et prix pour
faciliter la comparaison entre les
pays. Non seulement ces calculs
donnent une légère avance aux
Espagnols, mais il est prévu que
l’écart se creusera de jusqu’à 7 % d’ici
à cinq ans.
Il est un peu tôt pour crier victoire
car les calculs du FMI ne correspondent pas à ceux d’Eurostat qui n’a pas
détecté le même mouvement, ni en
PIB par habitant ni en ajustant le calcul selon le pouvoir d’achat local.
Selon l’institut de statistique
européen, le PIB par habitant espagnol reste encore inférieur à
24.500 euros par an et par habitant,
soit 92 % de la moyenne européenne, contre 26.300 en Italie (97 %
de la moyenne européenne).
A Madrid on accueille avec précaution, mais aussi une discrète
satisfaction, les données du FMI qui
a aussi, dans la foulée, relevé les prévisions de croissance pour l’Espagne
cette année, à 2,8 % (au lieu des 2,4 %
prévus en janvier dernier). Autant de
bonnes nouvelles qui viennent à
point pour confirmer l’efficacité des
réformes menées depuis 2011, en
matière de flexibilisation du travail
notamment.
Le pays a réussi à sortir de la crise
financière amplifiée par l’explosion
d’une bulle immobilière en jouant
sur le levier des exportations grâce à
une compétitivité retrouvée, faisant
rebondir la croissance à plus de 3 %
depuis 2015. Le chef de l’exécutif,
Mariano Rajoy, interprétait vendredi les prévisions du FMI comme
un signe de confiance en la politique
économique de son gouvernement.
« Nous sommes en croissance et nous
sommes fiables car la politique économique que nous avons menée pour
sortir de la crise est solide et solvable »,
a-t-il commenté.
L’Italie sur plusieurs fronts
Tout en prenant acte de ce mauvais
résultat, le ministre italien de l’Economie, Pier Carlo Padoan, a réitéré
la justesse de la politique qu’il a
menée, avec notamment la réforme
du marché du travail. « Il n’y a pas de
raccourci, c’était la bonne route à
prendre » a-t-il déclaré, alors que les
prévisions de croissance du PIB cette
En 2017, le revenu par habitant a été légèrement supérieur,
en parité de pouvoir d’achat, à 38.286 dollars par an en Espagne,
contre 38.140 dollars en Italie. Photo Josep Lago/AFP
année sont revues à la hausse,
de + 1,5 à + 1,6 %. Une accélération qui
n’efface toutefois pas la principale
cause du dépassement de la péninsule italienne par sa partenaire
ibérique.
de l’une des productivités les plus
basses du continent. Depuis l’an
2000, le PIB espagnol a bondi de 35 %,
tandis que celui de l’Italie est resté
pratiquement sans changement.
Depuis la fin des années 1990, l’Italie
est entrée dans une phase de profonde stagnation, accompagnée
La crise de 2008 a frappé une économie déjà affaiblie. Quatre ans de
récession ont coûté au pays une
• UNE FAIBLE PRODUCTIVITÉ
ENTREPRISES
•À LADESPEINE
chute de 10 % de son PIB et de 25 % de
sa production industrielle, un dernier chiffre particulièrement cruel
pour la seconde économie manufacturière de l’Union européenne.
Les points critiques sont nombreux et régulièrement pointés du
doigt, aussi bien par la Commission de Bruxelles que par le FMI :
l’excès de bureaucratie qui entrave
le développement des PME/PMI
composant la grande majorité du
tissu industriel ; le manque d’investissements publics qui se sont
effondrés de 43 % entre 2008
et 2015 ; l’immense disparité entre
un Centre nord, où le PIB est supérieur de 40 % à celui du Centre sud,
affecté d’infrastructures inexistantes ou dégradées.
• UNE ÉNORME DETTE
Mais celle qui suscite le plus
d’inquiétude demeure la dette publique qui s’établit à environ 2.300 milliards d’euros, soit 132 % du PIB, ratio
le plus élevé de l’UE après la Grèce. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
MONDE // 07
Les Echos Lundi 23 avril 2018
Le FMI s’alarme
du regain
d’endettement
dans les pays
pauvres
Outre une dette globale
qui ne cesse de gonfler
pour atteindre les 225 %
du PIB mondial, celle des
pays les plus pauvres
croît également.
La dette publique et privée mondiale ne cesse de gonfler. C’est un
fait. Entre 2007 et fin 2016, elle est
ainsi passée d’un peu moins de
200 % du PIB mondial à 225 %
(164.000 milliards de dollars). Si
la partie la plus importante
émane des pays industrialisés
(119.000 milliards), il n’en
demeure pas moins qu’elle croît
fortement dans les pays émergents et dans les pays les plus
pauvres. C’est particulièrement
vrai pour la Chine où la dette globale, évaluée à 5.000 milliards de
dollars en 2007, atteint désormais 25.000 milliards. Au-delà
des chiffres bruts, la tendance
des pays les plus pauvres à se rendetter inquiète au plus haut
point. « Les vulnérabilités de la
dette augmentent dans de nombreux pays, en particulier dans les
pays à faible revenu », relève
le communiqué du FMI publié
samedi à la clôture de ses réunions de printemps.
Les ministres des Finances
appellent donc le Fonds et la Banque mondiale à travailler de
concert pour améliorer la transparence et la viabilité de la dette,
et pour remédier à ses vulnérabilités dans ces pays à faible revenu.
En pratique, la dette des pays les
plus pauvres n’est pas de nature à
faire exploser le système financier international. Mais elle est
passée de 500 milliards de dollars à 1.300 milliards.
Des emprunts cachés
Dans les années 2000, grâce à
l’initiative PPTE (pays pauvres
très endettés) dont ont bénéficié
trente-six Etats, la communauté
internationale avait réussi à alléger leur fardeau en effaçant une
partie de leurs dettes.
« Aujourd’hui, nous constatons
que quatorze d’entre eux ont
recommencé à s’endetter et sont
dans une situation critique. Que
les prêts viennent de Chine, de Turquie ou de financiers privés. Le cas
du Congo Brazzaville, qui vient de
conclure un accord de financement avec le FMI, est riche d’enseignements. Nous avons découvert
des prêts basés sur des recettes
pétrolières qui avaient échappé au
radar du FMI », témoignait un
haut fonctionnaire.
Dans ce contexte, la Banque
mondiale, qui va augmenter son
capital grâce à l’accord conclu
samedi à Washington par ses
actionnaires, devrait orienter en
priorité ses prêts vers les pays qui
en ont le plus besoin. En clair, les
pays africains les plus pauvres.
Une position que soutient la
France, comme l’a rappelé Bruno
Le Maire lors d’une conférence
de presse, vendredi soir, tout
en précisant souhaiter que
les projets de lutte contre le
réchauffement climatique soient
privilégiés. — R. H.
Macron à Washington pour célébrer
son entente avec Trump
l Le président français entame ce lundi la première visite d’Etat organisée sous le mandat de Donald Trump.
l Une visite politique qui pourrait permettre d’avancer sur certains dossiers, pas de les régler.
ÉTATS-UNIS
Elsa Conesa
@ElsaConesa
Nicolas Rauline
@nrauline
— Bureau de New York
Difficile de faire plus symbolique.
C’est à Mount Vernon, dans la plantation de George Washington, père
de l’indépendance américaine et
premier président, qu’Emmanuel
Macron fêtera l’anniversaire du
premier tour des élections de 2017.
Et commencera une visite d’Etat de
trois jours, la première d’un chef
d’Etat depuis l’investiture de
Donald Trump, en vertu de ce que la
Maison-Blanche a appelé vendredi
une « relation personnelle proche ».
Un cadre historique privilégié,
bien loin du mouvement de contestation sociale qui secoue la France
depuis le début du mois. « C’est une
visite à l’occasion de laquelle on va
dépasser les contingences de l’actualité, pour élargir la focale, regarder
l’histoire des relations entre nos deux
pays, une histoire extraordinaire »,
explique son cabinet.
Emmanuel Macron s’est ainsi
longuement étendu sur ces
« valeurs communes » dans l’interview accordée depuis son bureau
de l’Elysée à Fox News, diffusée
dimanche – un média choisi pour
« s’adresser à tous les Américains ».
« Les Etats-Unis sont l’un des acteurs
de dernier ressort pour la paix et le
multilatéralisme », a-t-il toutefois
plaidé, alors que son homologue a
été élu pour faire passer « l’Amérique d’abord ». Il a évidemment
refusé de s’exprimer sur les enquêtes qui cernent ce dernier. « Pour
moi cela n’a pas d’impact. Il a été élu
par le peuple américain […]. Je ne suis
pas à même de juger si […] à cause de
ces enquêtes, il est moins crédible. »
Durant trois jours, Emmanuel
Macron, accompagné d’une kyrielle
de chefs d’entreprise et de personnalités du monde culturel, aura droit
au tapis rouge, avec un protocole qui
Les deux dirigeants aborderont leurs nombreux points de désaccord. Photo Patrick Kovanick/AFP
prévoit notamment un déjeuner au
département d’Etat, un dîner à la
Maison-Blanche et une conférence
de presse commune avec Trump. Il
s’adressera mercredi au Congrès, un
privilège qui n’avait pas été accordé
à François Hollande en 2014. Le président français s’exprimera en
anglais pendant une trentaine de
minutes devant les sénateurs et les
représentants américains.
Trouver un compromis
Si la visite se veut essentiellement
politique, les deux dirigeants aborderont leurs nombreux points de
désaccord, à commencer par
l’accord sur le nucléaire iranien,
dont le sort doit être décidé le
12 mai, et le commerce, avec
les tarifs douaniers imposés par
Washington sur l’acier et l’aluminium, à respectivement 25 et 10 %.
« C’est une visite
à l’occasion de
laquelle on va
dépasser les
contingences de
l’actualité pour
élargir la focale,
regarder l’histoire
des relations entre
nos deux pays,
une histoire
extraordinaire. »
LE CABINET
DU PRÉSIDENT FRANÇAIS
Les Etats-Unis et l’Europe doivent
trouver un compromis avant le
1er mai, date à laquelle s’achève le
sursis accordé aux pays européens.
Angela Merkel se rendant à
Washington plus tard dans la
semaine, les deux dirigeants européens ont peaufiné et accordé cette
semaine leurs arguments. Trump
et Macron seront aussi attendus sur
le financement du terrorisme, la
Syrie, la Corée du Nord, le climat et
la question de l’extraterritorialité.
Pour autant, ni Paris ni Washington ne disent s’attendre à une moisson d’accords. « Ce n’est pas à cette
occasion qu’on espère engranger un
a c c o rd o ù , p a r e x e m p l e s u r
le nucléaire iranien, on sait que le président Trump n’a pas encore pris sa
décision, insiste-t-on à l’Elysée. Ce
n’est pas vraiment l’objet de cette
visite d’Etat. » n
Un cortège
de patrons
Dans la délégation qui
accompagne Emmanuel Macron
à Washington ont été conviés
aussi bien des dirigeants
de groupes français comme
Bernard Arnault (LVMH),
Thierry Breton (Atos),
Alexandre Ricard (Pernod
Ricard), ou Arnaud de
Puyfontaine (Vivendi), que
d’entreprises américaines
comme Hubert Joly (BestBuy),
ou de PME françaises
implantées aux
Etats-Unis, comme
Augustin Paluel-Marmont
(Michel & Augustin), Eric
Kayser (Boulangeries Kayser),
Frédéric Gervoson (Andros).
Comment les deux hommes se sont trouvés
Tous deux outsiders, les
présidents français et
américain ont développé
une relation aussi improbable qu’inattendue.
Leurs poignées de main ont fait
l’objet de pages de commentaires
des deux côtés de l’Atlantique.
« Nous avons une relation très privilégiée », dit Macron. « C’est un
type super », dit Trump, qui lui
donne du « Emmanuel ».
Difficile pourtant d’imaginer
combinaison plus improbable :
l’un est un littéraire, incarnation
de ces élites mondialisées que
dénonce l’autre, un patron de
casino, qui doit sa notoriété à un
show de télé-réalité. Trump et
M a c r o n n e s o n t d ’a i l l e u r s
d’accord sur à peu près rien : ni
sur le commerce, ni sur l’Iran,
ni sur le climat, ni sur le futur de
l’Europe. Pourtant, ils ont choisi
de cultiver une forme de
proximité aussi surprenante
qu’opportune.
Les deux hommes sont les premiers à pointer leurs similitudes.
L’un pourrait être le fils de l’autre,
mais son expérience politique est
presque aussi longue. Ce sont
tous deux des accidents de l’histoire, des outsiders dont personne n’avait anticipé la percée.
« Nous ne faisons pas partie du
système politique classique », a
admis Macron sur Fox News
dimanche, se qualifiant, ainsi que
Trump, de « franc-tireur ». Elus
par une même vague de « dégagisme » qui a emporté les partis
traditionnels, ils partagent en
outre une certaine idée de la puissance, derrière des convictions
différentes. La presse américaine, moins convaincue que
Trump par le défilé du 14 Juillet,
s’amuse ainsi du goût du président français pour le faste du
Louvre ou de Versailles. Et ce dernier s’est amusé dimanche sur
Fox News à paraphraser le slogan
du candidat Trump – « Make
(France) great again ».
Casser les codes
Les deux leaders aiment aussi surjouer leur proximité. La MaisonBlanche rapporte qu’ils se parlent
souvent, assure que Trump garde
un œil sur les réformes de Macron
et n’hésite pas à le féliciter. Le milliardaire voit son cadet comme un
« disrupter » capable de casser les
Réelle ou feinte,
leur amitié n’a
toutefois pas permis,
à ce stade, de trouver
de terrain d’entente
sur le fond.
codes, à son image. Pragmatique, le
président français a de son côté
toujours été convaincu de la nécessité de s’allier Trump plutôt que de
l’isoler sur la scène internationale.
Il est aujourd’hui son plus proche
partenaire en Europe, alors que la
relation du milliardaire avec Theresa May s’est dégradée et qu’il
a peu d’affinités avec Angela Merkel. Macron se targue même d’un
certain pouvoir de conviction,
affirmant l’avoir convaincu de rester en Syrie, avant de faire machine
arrière.
Réelle ou feinte, leur amitié n’a
toutefois pas permis, à ce stade, de
trouver de terrain d’entente sur le
fond – en dehors des frappes en
Syrie. Donald Trump a quitté
l’Accord de Paris, n’a accordé qu’un
sursis à l’Europe sur l’acier et ne
semble pas vouloir s’entendre avec
l’Iran.
La percée des néoconservateurs
au sein de son administration, avec
la nomination imminente du
ministre des Affaires étrangères,
Mike Pompeo, et du conseiller à la
sécurité, John Bolton, va encore
compliquer la tâche. Il va falloir
beaucoup de talent à Emmanuel
Macron.
— E. C.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
08 // MONDE
Lundi 23 avril 2018 Les Echos
Toujours divisé, le SPD tente
le renouveau avec une femme
Un plan européen
pour protéger
les lanceurs d’alerte
l Le Parti social-démocrate allemand élit avec seulement 66 % des voix
Andrea Nahles lors de son congrès extraordinaire.
l C’est la première fois qu’une femme accède à la tête du parti fondé en 1875.
EUROPE
ALLEMAGNE
Thibaut Madelin
— Correspondant à Berlin
Le Parti social-démocrate allemand (SPD) a élu dimanche une
femme pour la première fois depuis
sa naissance en 1875, mais reste
profondément divisé sur la politique censée le sortir de sa crise existentielle. Andrea Nahles, chef du
groupe parlementaire et ancienne
ministre du Travail, a recueilli
414 voix des 631 délégués présents
au congrès extraordinaire de Wiesbaden, soit 66,4 %.
Sa rivale Simone Lange, maire de
la petite ville de Flensburg, qui
demande le « repentir » du SPD
après l’Agenda 2010 de l’ex-chancelier Gerhard Schröder, a obtenu
172 voix. Le résultat confirme les
divisions du parti, dont seulement
deux tiers des adhérents ayant voté
avaient signé en mars pour la
« grande coalition » avec l’Union
chrétienne-démocrate (CDU)
d’Angela Merkel.
Une claque aux dernières
élections
Cette division illustre les doutes du
SPD depuis la claque qu’il a reçu aux
dernières élections de septembre,
durant lesquelles il a obtenu le pire
résultat depuis 1949 avec 20,5 % des
suffrages. « C’était le pire moment de
l’histoire de notre parti, concède le
nouveau secrétaire général Lars
Klingbeil. On l’avait un peu vu venir.
Nous avons perdu la confiance des
gens. » Pour la regagner, la nouvelle
présidente promet un « renouvellement », mais elle peine à l’incarner.
Ministre sous la dernière grande
coalition et pilier du parti depuis
quinze ans, elle a certes imposé des
lois de gauche, comme l’introduction du salaire minimum, mais n’a
pas permis de freiner son érosion.
En 2002, le parti de Gerhard
Schröder obtenait encore près de
40 % des scrutins.
« On peut renouveler un parti en
étant au gouvernement », a jugé
Le Parlement et les
ONG exigent depuis
des années
des standards
européens.
Derek Perrotte
— Bureau de Bruxelles
Chef du groupe parlementaire et ancienne ministre du Travail, Andrea Nahles a recueilli 414 voix
des 631 délégués présents au congrès extraordinaire de Wiesbaden. Photo Daniel Roland/AFP
Andrea Nahles à Wiesbaden, promettant un nouveau concept économique, « l’économie de marché
solidaire ». « La solidarité est ce qui
manque le plus dans ce monde globalisé, néolibéral et turbo-digital », a
déclaré la successeure de l’ex-candidat Martin Schulz et du président
par intérim, le ministre des Finances, Olaf Scholz.
Débat sur l’Agenda 2010
« Nous n’acceptons pas que de plus
en plus de plates-formes Internet se
muent en monopole », a ajouté la
nouvelle présidente, sans refuser
un débat sur les réformes de
Gerhard Schröder. « Débattons le
regard tourné vers l’année 2020 et
non le regard tourné vers l’année
2010 », a toutefois imploré Andrea
Nahles, qui avait critiqué à l’époque
l’Agenda 2010.
En face d’elle, Simone Lange, qui
était inconnue du public il y a deux
mois, semble profiter des frustra-
tions de la base qui se cristallisent
autour des aides sociales
(« Hartz 4 ») réformées par l’exchancelier SPD. Celles-là ont
d’ailleurs fait l’objet d’un débat tenu
à part, dimanche. « Ce n’est pas un
débat du passé, a-t-elle plaidé. Je
« La solidarité
est ce qui
manque le plus
dans ce monde
globalisé, néolibéral
et turbo-digital. »
ANDREA NAHLES
Nouvelle présidente
du Parti social-démocrate
veux dire pardon à ces gens qui perçoivent Hartz 4 », a-t-elle ajouté,
tout en critiquant l’obsession des
excédents budgétaires.
Cette querelle interne résonne
avec les affres du camp d’Angela
Merkel, lui aussi confronté aux
doutes de sa base. Là où le SPD souffre de son virage à droite et des
réformes libérales des années 2000,
la CDU pâtit de son virage à gauche,
marqué notamment par la décision
de la chancelière allemande de laisser venir plus d’un million de réfugiés en 2015 et 2016.
Tous deux ont été sanctionnés en
septembre et ont laissé des plumes
face au parti nationaliste Alternative pour l’Allemagne (AfD), qui a
fait une percée avec 12,6 % des voix.
Face aux défis de l’intégration,
Andrea Nahles a promis « le réalisme sans le ressentiment ». Une
ligne plus difficile à tenir que celle
de l’AfD, qui joue sur la peur des
électeurs. n
Andrea Nahles, une battante
La nouvelle présidente du
Parti social-démocrate
s’était rebellée contre
l’Agenda 2010 de Gerhard
Schröder, elle s’est depuis
orientée vers le centre.
« Mère au foyer ou chancelière » :
quand elle a passé son baccalauréat,
Andrea Nahles avait déjà une vague
idée de son destin, comme elle le
confiait alors au journal de son
lycée. Elue dimanche présidente du
Parti social-démocrate (SPD), la
politicienne de quarante-sept ans
fait un pas de plus vers la succession
d’Angela Merkel, dont elle pourrait
briguer le poste en 2021.
C’est la première fois dans l’histoire du parti centenaire qu’une
femme se hisse à sa tête – dix-huit
ans après l’Union chrétienne-démocrate (CDU) qui a élu Angela
Merkel présidente en 2000. Pour
l’ex-ministre du Travail, qui a introduit le salaire minimum en Allemagne, c’est le couronnement d’une
carrière commencée à la gauche du
parti et qui a progressivement glissé
vers le centre.
Fille de maçon, Andrea Nahles
porte les traces d’une vie éprouvée,
d’abord par un accident de sport,
dont les suites l’ont rendue en partie
handicapée, puis par un accident
de voiture, qui a marqué son front
d’une large cicatrice. Mais cette
négociatrice coriace, qui vit entre
La Commission
dévoile ce lundi une
directive imposant
de garantir le traitement rapide des
alertes et la protection des lanceurs.
Trois mois pour réagir
Schröder. Quinze ans plus tard, elle
a fait la paix avec les réformes libérales de l’ancien chancelier, contrairement à l’aile gauche du SPD.
A trois ans et demi des élections,
Andrea Nahles part en pole position pour devenir tête de liste de son
parti. Mais si cette femme respectée
par Angela Merkel, qui apprécie sa
A trois ans et demi
des élections,
Andrea Nahles part
en pole position pour
devenir tête de liste
de son parti.
Elue dimanche présidente du Parti social-démocrate (SPD),
la politicienne de quarante-sept ans pourrait briguer le poste
de chancelière en 2021. Photo Bernd von Jutrczenka/AFP
Berlin et sa Rhénanie-Palatinat
natale, où sa mère éduque sa fille de
sept ans, est une battante.
C’est elle qui a créé l’antenne
locale du SPD qu’elle a rejoint à dixhuit ans. Très vite, cette cavalière
s’impose chez les Jeunes socialistes
(Jusos), dont elle prend la tête en
1995. L’ancien président du parti,
Oskar Lafontaine, qui fera plus tard
sécession pour créer le parti de gauche radicale Die Linke, décrit alors
cette fervente catholique comme
« un cadeau de Dieu ». Comme son
successeur Kevin Kühnert, le leader
actuel des Jusos qui a mené campagne contre la « grande coalition »
avec la CDU, elle s’impose à l’époque
comme fer de lance de l’opposition
interne à l’Agenda 2010 de Gerhard
Elle se lance enfin. Après des
années à éluder la question, la
Commission européenne va
présenter, ce lundi, une directive sur la protection des lanceurs d’alerte. A la lumière
notamment du scandale des
« LuxLeaks » en 2014, qui a
tourné à la saga judiciaire pour
les lanceurs d’alerte Antoine
Deltour et Raphaël Halet, le
Parlement européen et les ONG
pressent, depuis, l’exécutif
européen d’assurer la protection des employés dénonçant
les dérives qu’ils constatent.
Seuls dix pays de l’UE sont
déjà dotés d’une loi dédiée. La
France (loi Sapin II), les PaysBas et l’Irlande font figure de
bons élèves et ont inspiré la
copie de Bruxelles. Mais beaucoup d’Etats n’ont encore que
des dispositions limitées à quelques secteurs, essentiellement
financiers.
Le texte de la Commission
veut, en réponse, instaurer
l’approche horizontale qui fait,
selon les ONG, défaut sur le
Vieux Continent. Sous réserve
d’adoption par le Parlement et
le Conseil, la directive imposerait aux entreprises de plus de
50 salariés un système interne
de lancement d’alerte garantissant l’anonymat. Elles auraient
trois mois pour traiter l’alerte,
en en référant à la justice si les
faits le nécessitent. Les Etats
devront prévenir toute sanction
contre le lanceur d’alerte, sauf
si sa démarche s’avère calomnieuse ou malicieuse.
fiabilité, passe bien auprès de la
base, elle pourrait être desservie
par sa langue verte. Lorsqu’elle a été
élue chef du groupe parlementaire,
en septembre, elle a promis de frapper la CDU en « pleine gueule »…
Il s’agissait d’une blague, mais
tous ne l’ont pas comprise. Son
complice et rival, Olaf Scholz, pourrait profiter de ses maladresses.
Jamais un mot plus haut que
l’autre, le ministre des Finances de
cinquante-neuf ans n’aurait pas
enterré ses ambitions de chancelier. Promoteur de la première
heure de l’Agenda 2010, il est cependant peu compatible avec l’aile gauche du SPD. — T. M.
Passé ce délai de trois mois, le
lanceur devra pouvoir se tourner vers une autorité nationale,
définie par chaque Etat, par
exemple un juge ou une autorité dédiée (comme le Défen-
seur des droits en France), pour
trouver aide et conseil, en particulier juridiques. Puis, et seulement après a priori, il pourra
alerter la presse.
Le texte prévoit, en cas
d ’u r g e n c e , d e d a n g e r o u
d’impossibilité d’utiliser le
canal interne (pas en place, hiérarchie impliquée, etc.), la possibilité de se tourner tout de
suite vers l’autorité publique,
qui serait aussi l’interlocuteur
p r e m i e r d e s e m p l oyé s d e
petites PME. La directive
s’appliquerait également au
secteur public, point clef pour
les ONG, et aux villes de plus
de 10.000 habitants.
Le bureau européen de
Transparency International
salue, au regard des versions du
texte qui ont fuité, « un pas
important et ambitieux par le
champ couvert ». L’exécutif
européen a ainsi inclus un
maximum de secteurs et de cas
de figure, couvrant aussi bien
Seuls dix pays de
l’UE sont déjà dotés
d’une loi dédiée.
les enjeux économiques et
financiers qu’écologiques ou
sanitaires. Arbitrage aussi
attendu, les alertes devraient
pouvoir être lancées par tout
type d’employés, en incluant les
intérimaires et les prestataires
de services.
« Il faudra regarder de près ce
qu’on pourra dévoiler ou pas au
public et quand, en particulier
pour les pratiques légales mais
contraires à l’intérêt général ;
c’est le “test Deltour” », insiste
toutefois Nicholas Aiossa, de
Transparency International.
Les textes qui ont fuité sont
assez ambigus sur ce point.
Même satisfecit global mais
prudent chez l’eurodéputée
radicale Virginie Rozière,
auteure d’un rapport d’initiative adopté fin 2017 par le Parlement : « On aura un texte légal
avec une approche horizontale.
C’est un vrai changement de
pied : en 2016, la Commission
nous expliquait qu’il n’était ni
possible ni opportun de légiférer. » Mais l’eurodéputée s’interroge sur la portée réelle de la
protection des lanceurs d’alerte
et « sur le champ précis des cas
concernés ». Son idée d’un fonds
européen d’aide financière aux
lanceurs d’alerte (frais de justice, etc.) n’a, en outre, pas été
reprise. n
en bref
L’UE et le Mexique s’entendent
sur un nouveau traité de libre-échange
LIBRE-ÉCHANGE L’Union européenne et le Mexique ont
annoncé, samedi à Bruxelles, avoir conclu « un accord de principe » pour moderniser le traité de libre-échange qui régit leurs
relations commerciales depuis 2000. L’accord, auquel les deux
parties comptaient initialement parvenir l’an dernier, se traduit
par une franchise de droits pour « pratiquement tous les échanges de marchandises entre l’UE et le Mexique [...], y compris dans le
secteur agricole », d’après Bruxelles.
Une responsable de la Fed donne
l’alerte sur la dette des Etats-Unis
DETTE Loretta Mester, la présidente de l’antenne régionale de la
Fed de Cleveland, a affirmé vendredi que l’alourdissement de la
dette américaine « pourrait limiter les investissements productifs du secteur privé et du gouvernement, donc abaisser la productivité et la croissance à long terme ». « Une plus grande part des
dépenses de l’Etat iront au paiement des intérêts de la dette »,
« alors que 40 % de la dette publique libellée en bons du Trésor est
détenue par des étrangers », a-t-elle rappelé.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 09
Les Echos Lundi 23 avril 2018
idées&débats
SOMMAIRE
Le meilleur
du Cercle des Echos
Le Regard
sur le monde
Le Point de vue
Art et culture
Sciences
Demain, des « chefs de l’éthique »
pour encadrer les algorithmes ?
L’après-Washington a commencé
au Moyen-Orient
Prix du carbone : que faut-il attendre
de la réforme ?
« L’Eveil du printemps » au Français,
sur les ailes du désir
Plongée inédite dans le monde des rêves
LES ÉDITORIAUX
DES « ÉCHOS »
L’audace face
à l’imprévisibilité
Pinel pour « Les Echos »
Le Front national, ce parti
qui ne voulait pas changer
Guillaume de Calignon
@gcalignon
« Le changement, c’est maintenant. »
Marine Le Pen aurait pu faire sien le
slogan passe-partout de François
Hollande en 2012. Si les militants
votent en ce sens, le Front national
se muera en « Rassemblement
national » dans les prochaines
semaines. Mais peut-on réellement
changer, à quarante-cinq ans, le
Front national ayant été créé en 1973
par Jean-Marie Le Pen sur les cendres du groupuscule d’extrême
d r o i t e O r d r e n o u ve a u ? L e s
dirigeants du FN le répètent assez
souvent : un parti n’est qu’un moyen
d’accéder au pouvoir. Etant donné la
déception de la présidentielle de
2017 et des législatives, il était urgent
de changer. L’opération reconquête
de Marine Le Pen est en réalité une
opération survie, la dépression postélectorale des militants et des cadres
ayant déclenché une hémorragie
des adhérents. Mais, à part un changement de nom et quelques ajustements parmi les cadres du parti, on
ne voit aucune trace d’évolution.
Des militants conservateurs
Qu’on en juge d’abord par les choix
de la base. Sur les 10 premiers cadres
arrivés en tête lors du scrutin du
comité national, 8 d’entre eux y figuraient en 2014. Deux sont sortis
– Marion Maréchal-Le Pen et Florian Philippot – puisqu’ils ne se
représentaient pas. Les deux premiers de 2018 sont Louis Aliot et
Steeve Briois, tous les deux encartés
au FN depuis la fin des années 1980.
Le premier, pressenti pour mener la
liste aux européennes, était coordinateur de la campagne présidentielle de Jean-Marie Le Pen en 2002.
Bruno Gollnisch, figure historique
de l’extrême droite française, arrive
en sixième position. Malgré les
déclarations des dirigeants sur l’évolution du parti, les militants, eux,
n’ont pas très envie de changer.
Deuxième indice, les idées. Sur ce
plan aussi, Marine Le Pen n’a pas
l’intention d’abandonner le triptyque qui a fait son succès et celui de
son père : la dénonciation de l’insé-
L’ANALYSE
DE LA RÉDACTION
Certes, le parti fondé
par Jean-Marie
Le Pen va se rebaptiser « Rassemblement
national ». Mais
les cadres, la stratégie
et le programme
restent identiques,
les dirigeants
du FN étant
persuadés
que l’histoire
va dans leur sens.
D
Les points à retenir
reconquête
•duL’opération
Front national menée
par Marine Le Pen s’apparente
à une opération survie.
Les cadres du parti
(à l’exception de Marion
Maréchal-Le Pen et de Florian
Philippot) sont toujours
en place.
L’insécurité, l’immigration
et l’islamisation demeurent
les grandes thématiques
idéologiques.
La stratégie d’union
des droites ne séduit toujours
pas la dirigeante du FN.
•
•
•
curité, de l’immigration massive et
de l’islamisation de la société française. On ne peut pas changer
d’ADN. Seule la sortie de l’euro, qui
avait affolé une partie de l’électorat
l’an dernier, est repoussée à la fin du
quinquennat, mais cela ne change
rien à l’issue : le retour au franc.
Alors que d’autres « partis frères », comme la Ligue en Italie ou le
FPÖ en Autriche, ont abandonné
tout retour à une monnaie nationale, le FN y tient encore. Sur le plan
économique, le parti est contre
l’austérité et contre les hausses
d’impôts. Et il est très divisé sur la
suppression de l’impôt sur la fortune, les 35 heures ou les contrats
aidés, sujets emblématiques de
cette fracture gauche-droite qui
parcourt le FN. De même, à l’égard
du mouvement des cheminots, les
dirigeants ont du mal à tenir un discours cohérent. Pas grave : pour les
cadres du parti, les problématiques
économiques sont secondaires.
Pas de changement non plus
dans la stratégie. Dans l’entourage
de Marine Le Pen, on plaide beaucoup pour l’union des droites. La
présidente du FN n’y croit pas.
« L’union des droites, c’est une arlésienne qui n’a jamais marché […]. Ce
qui m’intéresse, c’est de parler à la
droite et à la gauche », a déclaré fin
février Marine Le Pen. Elle campe
sur ses positions. Cela n’empêche
pas Jean-Frédéric Poisson, exdéputé des Yvelines, ou encore
Thierry Mariani, ancien député Les
Républicains, de se déclarer en
faveur d’une plate-forme commune
avec le FN. Il y a aussi « Les Amoureux de la France », ce club qui
regroupe les époux Ménard et Nicolas Dupont-Aignan. Les barrières
tombent car, pour certains, la fin
justifie les moyens : opposer un
front au macronisme. Mais, pour
l’instant, les personnalités de droite
prêtes à s’allier avec le FN sont des
élus de second plan. Chez LR, en
revanche, on est prêt à exclure ceux
qui discuteraient avec l’extrême
droite. Pas d’accord à attendre entre
états-majors, donc. Ce n’est de toute
façon pas l’objectif des dirigeants du
futur Rassemblement national. Ce ne
sont pas les élus LR qui viendront à
eux, mais leurs électeurs. Car il y a
quelque chose de « millénariste »
chez les dirigeants du FN : ils estiment que le vent de l’histoire souffle
dans leur sens puisque Donald
Trump a pris le pouvoir et que les Britanniques ont opté pour le Brexit.
Pour eux, la situation va continuer à
se dégrader. La zone euro est appelée
à exploser, les attentats islamistes à se
multiplier, les migrants à déferler et
Emmanuel Macron, ce président des
« nomades » contre les « sédentaires », des « mondialistes » contre les
« nationaux », ne peut qu’échouer. Et
donc, les Français viendront naturellement au FN.
Des idées qui font
leur chemin
On peut évidemment penser que
cette stratégie est vouée à l’échec,
comme c’est le cas depuis quarantecinq ans. Du reste, si le parti garde un
solide socle électoral, les législatives
partielles ont vu les scores du FN singulièrement baisser après le fiasco
du débat télévisé de l’entre-deuxtours de la présidentielle. C’est pourtant aller un peu vite en besogne.
D’abord parce que certaines idées
du FN font leur chemin. Ainsi, un
sondage Elabe pour BFMTV indiquait, fin mars, que 80 % des Français étaient favorables à l’expulsion
des étrangers fichés S. Ensuite parce
que la stratégie d’Emmanuel
Macron – faire le vide entre En marche et les extrêmes – est risquée.
Le projet de loi « asile et immigration », en étant plus dur que la ligne
défendue lors de la campagne présidentielle, a poussé Laurent Wauquiez à défendre des idées proches
du FN. Avec une conséquence possible : que les électeurs préfèrent
l’original à la copie. C’est ce que montrait le sondage Ifop pour « Paris
Match » donnant 23 % d’intentions
de vote au premier tour à Marine Le
Pen si l’élection présidentielle de l’an
dernier se tenait ce mois-ci, et seulement 8 % à Laurent Wauquiez. Les
élections européennes décideront
du leadership à droite, et peut-être
même de l’opposition à Emmanuel
Macron. n
« L’Europe, quel numéro de téléphone ? »,
aurait ironisé, un jour, Henry Kissinger.
Barack Obama avait trouvé celui d’Angela
Merkel, faute d’un numéro unique
à Bruxelles. Depuis le Brexit, la ligne
téléphonique de Theresa May est perturbée.
Et le Royaume-Uni a perdu son rôle de
Par Jacques
porteur de message des Etats-Unis dans
Hubertl’Union européenne. Heureusement, Donald
Rodier
Trump a trouvé un numéro : celui
du président français. Symbole de cette
Paris fait
relation privilégiée entre deux hommes
preuve de
qui s’opposent pourtant sur des valeurs aussi
fondamentales que le multilatéralisme,
beaucoup
le commerce international ou encore
de
la démocratie libérale, Emmanuel Macron
prudence.
est le premier président étranger à effectuer
une visite d’Etat aux Etats-Unis depuis
l’arrivée, en janvier 2017, de Donald Trump à la Maison-Blanche. Et
en politique internationale les symboles comptent, même s’ils sont
insuffisants pour transformer le monde. Au-delà du pur symbole,
la France a démontré sa capacité d’action militaire en appuyant
les raids américains en Syrie à côté de l’Angleterre. Ce qui compte
pour l’homme fort de Washington qui réclame à l’Europe de faire
plus pour la défense. Emmanuel Macron, qui rencontrera lundi,
en privé, puis mardi, en visite officielle, son homologue américain
et s’adressera mercredi aux deux Chambres du Congrès, a plusieurs
messages à faire passer aux Etats-Unis. Le premier au nom
de l’Europe : il veut obtenir la prolongation au-delà du 1er mai
de l’exemption de droits de douane punitifs que le président
américain a décidé d’appliquer sur l’acier et l’aluminium européens.
Le second, c’est de parvenir au maintien de l’Amérique dans l’accord
conclu en juillet 2015 entre les grandes puissances et l’Iran afin de
limiter le programme nucléaire militaire iranien en échange d’une
levée progressive des sanctions. Sans oublier le climat. Après le
retrait des Etats-Unis de l’Accord de Paris visant à limiter le
réchauffement climatique, on espère toujours, à Paris, que la
puissance américaine parviendra à prendre ses responsabilités. Sur
tous les sujets, Paris fait preuve de beaucoup de prudence. Car le plus
dur pour Emmanuel Macron est de gérer l’imprévisibilité de Donald
Trump. On voit mal comment il est possible de faire accepter
des accords internationaux à un chef d’Etat qui a toujours souhaité
détruire, du moins réduire, les organisations multilatérales comme
l’ONU ou l’OMC. Emmanuel Macron va devoir compter avant tout
sur sa relation personnelle avec Donald Trump qui, jusqu’à présent,
l’a toujours épargné d’un tweet vengeur. A moins que le président
américain soit si imprévisible qu’il change brutalement de cap
sur plusieurs sujets pour faire plaisir à son hôte. Ce qui serait
un succès pour Emmanuel Macron. On peut en douter.
Même si l’audace peut payer face à l’imprévisibilité.
(
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Page 7
Députés insoumis
Par Dominique Seux
C’est une audition mémorable qui a eu lieu mercredi dernier
à la commission des Finances de l’Assemblée nationale. Tout un
aréopage de dirigeants de la SNCF et de très hauts fonctionnaires
de Bercy étaient venus plancher sur la dette de la SNCF. Et ils ont
réussi à déclencher la colère des élus en ne leur fournissant ni
élément chiffré écrit, ni diagnostic, ni aucun scénario. « Vous nous
avez donné du gloubi-boulga », s’est énervée la députée (Nouvelle
Gauche) Valérie Rabault, tout comme les membres des autres
formations politiques. C’est ce genre de mésaventure que veut
rendre impossible à l’avenir l’appel lancé par une dizaine de
parlementaires, toutes tendances confondues, pour créer un office
d’évaluation budgétaire, à l’instar de ce qui existe dans beaucoup
de grandes démocraties. L’objectif : que l’Assemblée se dote d’une
capacité d’expertise financière propre, pour ne plus dépendre
uniquement des éléments transmis par l’exécutif. Bref, pour ne plus
être soumis. C’est une excellente initiative. Combien de fois a-t-on
trouvé indigentes les analyses budgétaires du Parlement
sur les effets de telle ou telle mesure fiscale par exemple ! Ainsi,
à l’automne 2017, les députés avaient été incapables de chiffrer
le coût et les bénéfices attendus de la réforme de l’imposition
du capital, laissant le champ ouvert à toutes les polémiques.
Ces dernières années, des entités privées ont du coup fait ce travail,
comme l’Institut Montaigne, l’Ifrap ou l’Ecole d’économie de Paris.
Mais il est légitime que le Parlement soit, lui aussi, sur ce terrain
pour ne plus voter dans le brouillard. La pluralité de l’initiative,
de Gilles Carrez (président LR de la commission des Finances)
à Eric Coquerel (député Insoumis), et d’Eric Woerth (ancien
ministre LR du Budget) à Amélie de Montchalin (chef de file
des élus financiers LREM), garantit un travail équilibré. Qui doit
donc être encouragé. La réduction du nombre d’élus est l’occasion
de leur donner davantage de moyens.
(
Lire nos informations
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10 // IDEES & DEBATS
Lundi 23 avril 2018 Les Echos
opinions
LES ARTICLES LES PLUS LUS SUR LESECHOS.FR
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5. Prélèvement à la source : Darmanin démine le terrain
LE MEILLEUR DU
CERCLE DES ÉCHOS
DANS LA PRESSE
ÉTRANGÈRE
Demain, des « chefs
de l’éthique » pour encadrer
les algorithmes ?
Pourquoi la Poste doit être
privatisée ?
« L’algorithme ne se pose pas de questions
éthiques, c’est peut-être son plus grand
défaut. Et, dans ce domaine, il ne pourra pas
se passer de l’humain », explique Sylvain
Duranton, directeur monde de BCG
Gamma.
COCASSE « Le machine learning engendre
des biais qui peuvent, dans l’exercice
du marketing personnalisé, prêter à
sourire… ou à pleurer. C’est notamment
cette twitto qui demande à Amazon
de ne plus lui envoyer de publicités pour des
lunettes de toilettes, elle vient d’en acheter :
“Je ne suis pas accro aux lunettes
de toilettes”, écrit-elle. »
INJUSTE « Si l’unique objectif que l’on fixe à
un algorithme est d’accroître la marge d’un
magasin, il fixera des prix élevés dans les
banlieues les plus sensibles du monde entier,
là où la concurrence est la plus faible et où le
réflexe de comparaison des prix est le moins
prégnant. Un humain ne prendrait
évidemment pas cette décision car […]
l’injustice d’un tel algorithme est flagrante.
Et le risque d’image patent… »
ACCEPTABLE « La bataille de l’éthique […]
incombe donc aux entreprises, dans le cadre
fixé par le régulateur. Pour gagner, chacune
devra discerner ce qui est moralement
acceptable : quel niveau de transparence sur
l’utilisation des données ? Comment définir
le seuil au-delà duquel un message
publicitaire ciblé devient intrusif ?… »
RESPONSABLE « Nous allons donc voir
apparaître, au niveau des comités exécutifs,
[…] une nouvelle fonction : les chief ethics
officers. Gageons que beaucoup seront
français, à l’image des data scientists qui
portent haut nos couleurs. Ils devront en
effet comprendre les mathématiques et être
de bons philosophes. Deux points forts de la
formation de notre pays ! »
a
A lire en intégralité sur Le Cercle
lesechos.fr/idee-debat/lecercle
Photo Said Khatib/AFP
Ronald Reagan avait abandonné son
•projet
de privatiser la Poste descendante
de l’institution créée en 1775 sous Benjamin Franklin. Donald Trump, lui, a
décidé le 12 avril de créer une commission pour examiner les finances d’United States Postal Service (USPS), qui est
aujourd’hui le troisième employeur aux
Etats-Unis avec plus de 600.000 salariés. Certes il ne reprend pas, du moins
officiellement, le flambeau de Reagan.
Pourtant « The Economist » estime que
cela serait une bonne chose en prenant
exemple sur la Poste britannique. De
toute façon, aux yeux de l’hebdomadaire, il faudrait pour USPS « une bonne
dose de concurrence ».
Car la Poste américaine n’est plus
que l’ombre d’elle-même. Le nombre
de lettres a chuté de moitié depuis son
record de 2001. En dépit de son monopole sur le courrier, son chiffre d’affaires a chuté en termes réels. Pour la
livraison de colis, elle est, en revanche,
concurrencée par UPS, FedEx et DHL.
Sa dette au titre des retraites et des
assurances médicales dépasse les
100 milliards de dollars. Certes, estime
« The Economist », « les motifs du président sont un peu obscurs ». Ce dernier
pense que la Poste ne fait pas payer
assez cher Amazon. Une société détenue par Jeff Bezos, également propriétaire du « Washington Post », trop critique à son égard.
De plus, la commission est composée
de politiques et non d’experts. Pourtant,
selon l’hebdomadaire, elle prend sa
tâche au sérieux. Et jusqu’à aujourd’hui,
la puissance publique s’est révélée incapable de lancer les réformes nécessaires pour moderniser suffisamment la
Poste. Reste que si la privatisation a lieu,
l’Etat devra prendre en charge la dette.
Ce qui n’est pas gagné. — J. H.-R.
LE LIVRE
DU JOUR
La cité, un ghetto
qui change
LA DÉMARCHE Manon Quérouil-
Bruneel n’hésite pas à revêtir la
burqa ou le gilet pare-balles pour se
glisser au cœur de théâtres
d’opérations en Afghanistan, au
Nigeria, en Syrie. Elle a appliqué la
même démarche, mais cette fois
« de l’autre côté du périphérique »,
dans une cité du 93. Son protecteur,
c’est un « débrouilleur d’histoire »,
Malek Dehoune, devenu coauteur
indispensable du livre par son
entregent auprès des dealers, des
mamans du quartier, des
commerçants, des salafistes. Un
travail d’approche de plus d’un an a
ouvert à la journaliste les portes et
les bouches d’une cité qui, comme
d’autres, s’est repliée sur elle-même.
LE CONSTAT Le témoignage est
sans concession mais évite tout
jugement, souvent à la limite de
l’empathie. La deuxième génération
d’immigrés du film « La Haine »,
pleine de violence et de désespoir
qui avaient culminé dans les
émeutes de 2005, a laissé place à
une troisième génération.
Désabusée, mais motivée par la
réussite financière, la jeunesse des
cités a adopté des comportements
Le conflit israélo-palestinien
ne joue plus le rôle central
qui fut le sien, en dépit de la
poursuite d’affrontements,
ces derniers jours, à la frontière avec la bande de Gaza.
La Part du ghetto
Par Manon Quérouil et Malek
Dehoune, 216 p., 17 euros, Fayard.
d’homme d’affaires, organisant ses
ventes de drogue autour de petites
TPE bien ficelées, tenant les
patrouilles de police à distance en
sévissant contre les fauteurs de
troubles. Manon Quérouil-Bruneel
raconte les stratagèmes pour
échapper « à la chape de plomb »
dont l’islamisme a revêtu ces villes.
Les dealeurs claquent leur argent
dans les beaux quartiers de Paris,
alternent le hadj en Arabie saoudite
et les voyages à Pattaya. Seule limite
du livre, de nombreux jeunes aux
parcours plus discrets ne se
reconnaîtront pas. — M. Q.
L’après-Washington a commencé
au Moyen-Orient
La tragédie syrienne, l’abandon des Kurdes et l’impasse palestinienne
sont le reflet de l’état d’un monde où l’Occident est sur la défensive
et en perte d’influence.
LE REGARD
SUR LE MONDE
de Dominique
Moïsi
L
es Kurdes trahis, les Palestiniens
abandonnés, les Iraniens et les
Russes confortés, les Turcs sur la
défensive, les Saoudiens en marche forcée vers les réformes, les Américains
désorientés, l’Europe absente et les Chinois qui, pour plagier Victor Hugo,
« contemplent pensifs et triomphants le
piétinement sourd des légions en marche ». Le Moyen-Orient en 2018 apparaît
plus que jamais comme un miroir grossissant de l’état du monde, sinon une
préfiguration de ce que le monde est en
train de devenir. Il y a des régions plus
peuplées, plus dynamiques, plus riches
et, dans un monde qui se projette déjà
dans l’après-pétrole, plus importantes
stratégiquement. Et pourtant il y a
comme un mystère autour du MoyenOrient — qui fait que cette région, en
dépit de ce qui devrait se traduire par
une forme de marginalisation relative —
demeure comme la plus chargée d’émotions au monde. Des émotions envahissantes qui semblent avoir une capacité à
se propager au-delà de leur espace géographique.
Pourquoi en est-il ainsi ? Y aurait-il
tout simplement eu « trop d’Histoire »
dans cette partie du monde ? Est-ce
parce que le Moyen-Orient – n’en
déplaise aux Chinois – apparaît comme
le berceau de la civilisation ? « L’Histoire
commence à Sumer », écrivait il y a plus
de trente ans l’historien Samuel N. Kramer. Cette région est surtout le siège de
la naissance des monothéismes. Puis
elle devient le champ d’expansion de
l’Occident romain puis chrétien.
Après la chute des royaumes chrétiens, elle constitue le cœur de la
menace pour la République chrétienne,
tout en étant cette terre de dialogue privilégié entre civilisations que décrit Fernand Braudel dans « La Méditerranée ».
Avant de devenir le champ d’expansion
privilégiée de l’appétit de puissance et de
conquête de l’Occident européen, qui va
se doubler d’un appétit de richesse avec
la découverte du pétrole. L’Occident
américain va par étapes se substituer à
l’Occident européen à partir de la
deuxième moitié du XXe siècle. Il va
trouver dans cette région l’une des causes, sinon la cause déterminante, de
l’accélération de son déclin, à travers des
aventures militaires désastreuses.
Ce que l’on appelait hier la « question
d’Orient » décrivait les rivalités entre
puissances européennes pour se partager les vastes territoires de l’Empire
ottoman. Y aurait-il aujourd’hui une
« nouvelle “question d’Orient” », conséquence du partage des zones
d’influence contrôlées jusqu’à il y a peu
par des Etats-Unis qui se retrouveraient
– au moins métaphoriquement – dans
le rôle de l’Empire ottoman ? Avec des
puissances comme l’Iran, la Russie et la
Turquie dans le rôle de prédateurs ? La
formulation est délibérément provocatrice et sans doute excessive, mais le
« Le dérèglement »
du Moyen-Orient
est le produit
des conséquences de
l’interventionnisme
excessif des Etats-Unis
d’abord, suivi
d’une abstention d’agir
presque aussi
critiquable ensuite.
« dérèglement » du Moyen-Orient
aujourd’hui est très largement le produit des conséquences de l’interventionnisme excessif des Etats-Unis
d’abord, suivi d’une abstention d’agir
presque aussi critiquable. La responsabilité des Etats-Unis ou, plus globalement, de celles du monde occidental
sont incontournables. Mais les acteurs
régionaux eux-mêmes portent une part
de responsabilité considérable dans le
sort qui est le leur. La nature a horreur
du vide. L’appétit d’expansion et
d’influence des uns se nourrit de la sclérose et de l’incapacité de se réformer des
autres.
Dans la configuration actuelle des
puissances au Moyen-Orient, il y a un
pays qui ne joue pas le jeu qui était traditionnellement le sien. L’Eg ypte,
« l’empire du Milieu » de la région,
devrait — du fait de sa démographie, son
histoire et sa géographie — jouer un rôle
beaucoup plus important. Mais, obsédée à se défendre face aux menaces qui
pèsent sur sa sécurité interne, l’Egypte
ne remplit plus la fonction centrale qui
était la sienne. De la même manière, le
conflit Israël-Palestine ne joue plus également le rôle qui fut le sien au cours des
soixante-dix dernières années.
La déclaration d’indépendance
d’Israël, en 1948, exerça un rôle décisif
dans la montée en puissance des nationalismes arabes. La guerre de Six Jours,
en 1967, constitua un accélérateur de
l’islamisme. Aujourd’hui Israël ne sert
plus de caisse de résonance des malaises identitaires de la région, comme ce
pouvait être le cas hier. Mais les émotions, si elles ne poussent plus ce conflit
sur le devant de la scène diplomatique,
n’en persistent pas moins. J’en ai eu la
démonstration personnelle il y a quelques jours. En 2008 j’avais publié un
livre sur « La Géopolitique de l’émotion » qui contenait des développements sur la « culture d’humiliation »
du monde arabo-musulman. Après dix
ans, et plus d’une vingtaine de traductions de par le monde, j’ai appris qu’une
maison d’édition du Golfe s’apprêtait à
sortir une version en langue arabe de
mon livre. Mais une de mes anciennes
étudiantes, qui avait servi d’intermédiaire pour le projet, me précisa que
« toute référence à Israël devait être effacée dans cette traduction ». Je pouvais
bien lui répondre que mon livre avait été
traduit en russe et en chinois, en dépit
des critiques qu’il contenait sur les régimes en place, je savais d’avance que le
déni d’Israël – au-delà du rapprochement avec tel ou tel gouvernement –
était consubstantiel à l’expression
même de la culture d’humiliation et de
ressentiment de toute une région.
On serait tenté de dire qu’au MoyenOrient tout change, de l’équilibre des
puissances à celui des richesses. Tout
sauf l’essentiel, la capacité à prendre de
la distance et à transcender ses émotions. Il ne s’agit pas ici de la politique
menée par l’actuel gouvernement
d’Israël. Dans certaines parties du
monde musulman, l’antisémitisme n’a
plus besoin du relais de l’antisionisme. Il
se suffit à lui-même. Au Moyen-Orient,
l’après-Washington a sans doute commencé. Mais les émotions anti-occidentales demeurent. Et la tragédie syrienne
conforte l’image d’un Occident qui cherche avant tout à se protéger lui-même,
avec un mélange confus de cynisme et
d’improvisation.
Dominique Moïsi, professeur
au King’s College, est conseiller
spécial à l’Institut Montaigne.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
IDEES & DEBATS // 11
Les Echos Lundi 23 avril 2018
art&culture
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européenne »
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4. Grève à Air France : Janaillac joue son va-tout
5. Comment Renault a remonté la pente en Russie
Prix du carbone : que faut-il
attendre de la réforme ?
LE POINT
DE VUE
de Christian de Perthuis
E
ntre 2011 et 2017, le marché du
carbone européen a gravement dysfonctionné, avec un
prix du quota bien trop faible pour
orienter les investissements vers les
solutions bas carbone. Dans le
secteur électrique, ce prix est, par
exemple, resté insuffisant pour
décourager l’utilisation de centrales
fonctionnant au charbon, de loin le
combustible le plus émetteur de CO2.
Contrastant avec cette longue
phase d’anémie, le prix du quota a
plus que doublé depuis août dernier.
Ce retournement pourrait être durable, car la réforme récemment adoptée à Bruxelles va fortement réduire le
plafond autorisé d’émission d’ici à
2030. En revanche, elle ne permettra
pas au régulateur de faire face à de
nouveaux chocs non anticipés qui
pourraient, demain, à nouveau, déstabiliser le marché. Introduit en 2005, le
système d’échange de quotas européen couvre aujourd’hui un peu plus
de 15.000 installations industrielles, à
l’origine de la moitié des émissions
européennes de CO2. Il fonctionne suivant un mécanisme de plafonnement
du volume total des émissions qui fixe
l’ambition du système. Les entreprises soumises au système peuvent
acheter ou vendre des quotas, avec
l’obligation de restituer chaque année
un volume de quotas égal à leurs émissions. Plus le plafond est contraignant, plus la rareté de l’offre est élevée et plus le prix du quota sera haut.
Pour redresser le prix sur un tel
marché, il suffit donc d’accroître
l’ambition du système en abaissant le
plafond. Mais ce qui paraît simple en
théorie n’est pas facile à réaliser
politiquement, avec 28 Etats membres qui ont beaucoup de difficulté à
s’accorder sur un niveau commun de
contrainte.
Face à l’impossibilité de s’entendre
rapidement sur une réduction adéquate du plafond, la Commission a
engagé, en 2012, un processus de
réformes consistant d’abord à modifier le calendrier des enchères, puis à
soumettre un paquet de mesures,
d’apparence technique, définissant
les règles de fonctionnement du marché sur la période 2021 à 2030.
La réforme semble
répondre aux objectifs
de rehaussement de
l’ambition européenne.
Validées fin 2017 par le Parlement et
le Conseil, ces règles comportent deux
volets : une accélération de la baisse
annuelle du plafond menant à une
cible de réduction d’émission de 43 %
en 2030 par rapport à 2005, contre
39 % précédemment ; et la mise en
place d’une « réserve de stabilité » qui
agit comme une pompe retirant ou
remettant des quotas sur le marché en
fonction de la quantité de quotas en
circulation.
Pour anticiper correctement les
effets de la réforme, il faut, par conséquent, évaluer l’impact de la réserve de
stabilité sur le plafond d’émission, ce
qui peut être fait à l’aide du modèle
Zephyr développé à la Chaire économie du climat. L’utilisation du modèle
en mode prospectif révèle que la
réserve de stabilité agit uniquement
comme une pompe aspirante, retirant
des quotas du marché chaque année à
partir de sa mise en place, ce qui équivaut à un resserrement additionnel du
plafond d’ici à 2030.
Il en résulte dans le scénario central
une hausse du prix du quota de CO2 qui
atteint 25 euros/tonne en 2020 et
38 euros en 2030, soit des niveaux plus
de deux fois supérieurs à ceux attendus
en l’absence de la réforme. La modélisation indique également que cette
hausse sera plus rapide si les entreprises anticipent dès le démarrage le
resserrement du plafond provoqué par
l’action de la réserve. Cette nouvelle trajectoire correspond à des réductions
d’émissions de l’ordre de 50 % en 2030
par rapport au niveau de 2005, autrement dit à une augmentation des objectifs européens jusqu’à présent fixés à
43 % pour le périmètre couvert. Sous
cet angle, la réforme semble donc
répondre aux objectifs de rehaussement de l’ambition européenne.
Mais les dysfonctionnements passés
pourraient se reproduire. Les simulations du modèle montrent qu’en cas de
chocs futurs non anticipés, la réserve de
stabilité ne permettrait pas de prévenir
une retombée du prix. Cela est dû au fait
que le jeu de réformes décidées ne
modifie en rien la gouvernance du marché qui reste marquée par une grande
lourdeur des processus de décision et
ne permet pas au régulateur de réagir
aux chocs qui, bien que non prévisibles,
ne manqueront pas de se produire.
« L’Eveil du printemps »
au Français, sur les ailes du désir
Philippe Chevilley
@pchevilley
THÉÂTRE
des acteurs qui ont deux
fois leur âge. Sadomasode Frank Wedekind
chisme, masturbation,
Clément Hervieu-Léger a
MS Clément Hervieu-Léger
homosexualité (évoquée
vu Wedekind en grand.
Comédie-Française
de façon dionysiaque) :
Pour monter « L’Eveil du
(01 44 58 15 15), du 14 avril
toutes les scènes incroyaprintemps » dans son intéau 8 juillet, 2 h 45.
blement crues de cette
gralité à la Comédie-Franœuvre de 1891 sont suggéçaise, il a réuni le tiers de la troupe (23 comérées franchement, mais sans lourdeur.
diens pour 40 rôles) et fait appel à Richard
Clément Hervieu-Léger manie aussi bien
Peduzzi pour concevoir un impressionnant
l’humour (des délires adolescents) que le
décor. Parfois, on regrette que les textes foidrame (quand l’élève Moritz se suicide ou
sonnants du passé ne soient pas allégés. Pas
que la jeune Wendla se fait avorter),
de coupes ici, et c’est tant mieux : la pièce de
alterne avec bonheur le feu et la glace.
l’auteur allemand, qui fait son entrée au
répertoire du Français, déploie sa furie adoCharismatique Georgia Scalliet
lescente, en révélant toutes ses dimensions :
On saluera une nouvelle fois la perforpoétique, psychanalytique, sociologique,
mance des comédiens-français – et notampolitique. C’est dans une boîte à jouets
ment le trio magique formé par Georgia
géante, un jeu de construction en mouveScalliet, ardente et charismatique Wendla,
ment, que se joue cette chronique du désir et
Christophe Montenez, boule de nerfs et de
de la souffrance adolescente, confrontés à la
tourments dans le rôle de Moritz, ainsi que
tyrannie des parents et à un système éducaSébastien Pouderoux, digne et émouvant
tif répressif.
Melchior… Les « parents » ne sont pas en
Tour à tour intérieur oppressant, école,
reste : Cécile Brune, bouleversante en mère
rue, forêt et cimetière nimbé de brume,
déboussolée (de Wendla), Eric Génovèse et
ces murs et blocs mouvants distillent un
Clotilde de Bayser, remarquables d’intenfroid mystère, qui tranche avec l’explosion
sité dans le rôle du couple Gabor se
des sens portée par les acteurs. Le jeune
déchirant au sujet de leur fils Melchior, font
sociétaire du Français n’oublie pas les
merveille.
leçons de Patrice Chéreau, dont il a été
On se souviendra de cette partie de foot
l’assistant. Sa mise en scène exalte les
dans la pénombre, de ces jeux d’amour et de
corps, négocie les changements d’humeur
mort dans la forêt… de cette ode désespérée
des personnages, sans jamais baisser de
à la fureur de vivre magistralement orchesrythme ; elle nous fait oublier que les rôles
trée. Avec un pareil « Eveil », la Comédiede gamins de quatorze ans sont joués par
Française n’est pas près de s’endormir. n
L’Eveil du printemps
Christian de Perthuis est professeur
à l’université Paris-Dauphine
et fondateur de la Chaire économie
du climat.
ETI : passer des paroles aux actes !
LE POINT
DE VUE
de Frédéric Coirier
et Philippe d’Ornano
E
ntreprise de taille intermédiaire ? La « marque » ETI a été
créée en 2008 et il aura fallu
une décennie pour bien faire connaître les contours de la catégorie – de
250 à 5.000 salariés, un chiffre d’affaires compris entre 50 millions d’euros
et 1,5 milliard d’euros – et pour faire
comprendre le rôle stratégique que
jouent ces entreprises pour l’économie française.
De ce point de vue, les progrès
accomplis sont indiscutables : études,
article de presse, discours de politique
économique s’intéressent désormais
aux ETI, alors qu’il y a encore peu de
temps, elles étaient encore confondues
tantôt avec les PME, tantôt avec les
grandes entreprises. Mieux encore, on
comprend désormais que se concentrent autour de ces entreprises les principaux défis de la compétitivité française. Comparées à leurs équivalents
européens, nos ETI sont spectaculairement moins nombreuses alors même
qu’elles « surcontribuent » à la création
de valeur ajoutée, à l’emploi, à l’export et
qu’elles sont très majoritairement
ancrées dans la réalité économique de
nos régions.
L’explication elle-même fait désormais consensus : leur faible nombre est
le résultat d’un faisceau de contraintes
spécifiques au « produire en France ».
Blocage des transmissions d’entreprise,
prélèvements obligatoires supérieurs
de 50 % à la moyenne européenne,
réglementation et politiques sociales
décidées en dehors de l’entreprise, effets
de seuil et poids exorbitant des normes,
des formalités et des contrôles… autant
de spécificités françaises qui, depuis
trente ans, ont affaibli notre tissu d’ETI,
notamment industrielles. Ce diagnostic
a été martelé à longueur de campagne
présidentielle. Depuis l’élection, le gouvernement affiche une ambition pour
« un Mittelstand français », pour les
« champions des territoires », pour les
« entreprises de conquête ». Pour
autant, ce discours pro-ETI est loin
d’avoir infusé l’action publique au quotidien. Il est assez stupéfiant – et pour tout
dire souvent décourageant – de constater à quel point les initiatives législatives
et réglementaires, y compris les plus
récentes, s’éloignent de ces déclarations.
La loi Sapin II impose
aux ETI les mêmes
obligations déclaratives
et les mêmes
responsabilités pénales
qu’aux groupes
du CAC 40.
Ainsi, quand une réforme se dessine
pour alléger les contraintes et libérer les
énergies, son application s’arrête trop
souvent au seuil des ETI ou des PME de
croissance. Il en va, par exemple, de la
réforme du dialogue social qui, au-delà
de 50 salariés, limite significativement
les prérogatives de négociation des élus
du personnel. C’est ce même seuil
« anticroissance » que semble retenir la
réforme de l’apprentissage en matière
d’incitation à l’embauche.
A l ’ i nve r s e , s’ i l s’a g i t d e f a i r e
appliquer sans délai des obligations
nouvelles, un surcroît de formalisme ou
de contrôle, le seuil de l’ETI est souvent
celui qui est retenu. La norme s’applique alors indifféremment à l’entreprise
de 250 salariés comme à celle de 10.000.
La loi sur la transparence et la lutte
contre la corruption, dite « Sapin II »,
illustre cette tendance en imposant aux
ETI les mêmes obligations déclaratives
et les mêmes responsabilités pénales
qu’aux groupes du CAC 40. Plus récemment, le projet du gouvernement sur
l’égalité salariale entre les hommes et
les femmes oblige les ETI, comme les
grandes entreprises, à mettre en place,
dès l’an prochain, la publication
exhaustive de tous les éléments de politique salariale. Enfin, alors que le développement des ETI est l’objectif affiché
du projet de loi « Pacte », comment
expliquer que les salariés de ces entreprises soient exclus des premiers arbitrages sur la modulation du forfait
social ? Et comment comprendre qu’un
rapport proposant une modification du
Code civil pour rompre avec les effets
du « court-termisme » et de la
« financiarisation » ait totalement
négligé de prendre en compte les entreprises territoriales et de long terme que
sont les ETI ?
Au-delà de la bonne compréhension
e t d u r e s p e c t d ’u n e c a t é g o r i e
aujourd’hui légale, l’enjeu est bien de
reconstruire en France un véritable
tissu d’entreprises de long terme, indispensable à la solidité de notre économie
et de nos territoires.
Frédéric Coirier et Philippe
d’Ornano, respectivement présidents
de Poujoulat et de Sisley, sont
coprésidents du Mouvement
des entreprises de taille intermédiaire
(Meti).
« L’Eveil du printemps » de Wedekind, qui fait son entrée au répertoire
du Français, est une chronique du désir et de la souffrance adolescente.
Photo Pascal Victor/ArtComPress
« Lohengrin » façon « Allemagne
année zéro » à Bruxelles
Philippe Venturini
OPÉRA
lumière, apparaître dans sa
nacelle tirée par un cygne :
« Bonjour, je suis Olivier Py,
de Richard Wagner,
quelques plumes suffisent à
le metteur en scène du specmise en scène d’Olivier Py.
symboliser son origine.
tacle que vous allez voir. J’ai
Direction musicale : Alain
L’évocation sur les trois
ressenti le besoin de vous
Altinoglu. Théâtre
dimensions de la scène des
expliquer en quatre points
de la Monnaie, Bruxelles
grandes figures du roman“Lohengrin”. » Si on le sait
jusqu’au 6 mai. 4 h 30.
tisme allemand (Goethe,
fort disert en interview, OliGrimm, Hegel, Hölderlin,
vier Py n’a pas pour habitude de prendre la
Schiller, Weber, etc.) entretient la réflexion.
parole avant une représentation. S’il le fait,
c’est pour expliquer les enjeux d’une œuvre
Le cerveau, le cœur et l’oreille
« propice au malentendu ». L’histoire d’un
Si le cerveau est sans cesse sollicité, le cœur
peuple qui sait ses frontières menacées,
et l’oreille ont aussi de quoi se satisfaire. La
attend un chef et accueille un être surnaturel
Monnaie avait pris le risque de confier
auquel il se soumet pour aller au combat a
l’opéra à des chanteurs qui ne l’avaient
maintes fois suscité des représentations
encore jamais interprété. Pari gagnant, porté
expéditives, encombrées de croix gammées.
par le ténor américain Eric Cutler, qui illuPlus réfléchi que ceux qui proclament que
mine de mille nuances et d’une impressionWagner égale Hitler, Olivier Py interroge
nante aisance vocale le rôle-titre. Elsa, qui
l’histoire de l’Allemagne pour tenter de coml’épousera mais est accusée d’avoir tué son
prendre comment « Wagner raconte l’attente
frère pour accéder au trône, trouve en Ingela
et l’échec de ce Reich ». Le metteur en scène
Brimberg une voix richement timbrée,
nous épargne le carnaval nazi, mais il évite
jamais transparente. Du couple malfaisant
aussi le contexte médiéval pour nous mener
qui complote, le Telramund d’Andrew Fosdans une Allemagne asphyxiée, croulant
ter-Williams est un peu sous-dimensionné
sous les ruines de son orgueil démesuré, celle
par rapport à l’impressionnante Ortrud, ivre
que présentait Roberto Rossellini dans
de vengeance, d’Elena Pankratova. Dans la
« Allemagne année zéro ».
fosse, Alain Altinoglu dirige l’Orchestre symL’immense décor de Pierre-André Weitz,
phonique et les chœurs de la Monnaie avec
plus noir que jamais, représente un théâtre
la puissance mais aussi le sens de la couleur
lézardé. Il n’est pas question, dans ce
et du drame indispensables à cet opéra
contexte, de voir Lohengrin, le chevalier de
manifestement bien entendu. n
Lohengrin
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
12 // IDEES & DEBATS
Lundi 23 avril 2018 Les Echos
sciences
Quel futur pour
notre cerveau ?
LA
CHRONIQUE
de Pierre-Marie
Lledo
U
n rapide survol de notre histoire montre
que nous avons déjà connu trois
révolutions majeures qui ont, à leur
manière, modifié successivement la trajectoire
de notre destinée. Ces bouleversements sont les
conséquences d’une transformation, d’abord
de la matière en énergie lorsque nos ancêtres
domestiquèrent le feu ; ensuite de l’énergie en
travail avec l’invention de la machine à vapeur ;
puis, plus proche de nous, par la possibilité déjà
effective de transformer des données recueillies
de façon éparse en pouvoir d’agir, grâce
à l’intelligence artificielle. Par ce dernier
truchement technologique, l’humanité vient de
décider, en quelque sorte, d’externaliser ses
fonctions mentales automatiques. Plus besoin
de se concentrer pour conduire un véhicule ou
de scruter un cliché radiologique pour repérer
une tumeur. Mais que restera-t-il, dès lors, de
propre à l’humain, à sa conscience ou à la conscience de soi ? Dit autrement, nous entrons dans
une époque totalement vertigineuse où ces
progrès menacent le dernier rempart de
l’humanité : son libre arbitre.
Tout n’est pourtant pas gris. Malgré ses excès,
parfois même son outrecuidance, la science qui
porte l’intelligence artificielle nous invite à
revisiter notre propre conception de l’humain.
En particulier, elle nous invite à nous interroger
sur la nature de la spécificité de l’homme sous
un angle nouveau, celui des relations que nous
entretenons avec le monde, et sur la place
essentielle de l’altérité.
En même temps que les progrès technoscientifiques se font et s’imposent à tous, il est
urgent et nécessaire qu’une véritable
démocratisation de ces savoirs et des choix
sociotechnologiques soit mise en place. Si le bon
sens populaire nous rappelle, non sans une
certaine ironie, que le plus facile pour les
prospectivistes reste d’interpréter le passé, nous
pouvons néanmoins prévoir que, en offrant une
aide à la prise de décision automatique,
l’humanité pourra se concentrer sur ce que nous
ne pourrons jamais déléguer à la machine :
l’amour de l’autre. Profitons donc de cet effet
d’aubaine pour développer notre cerveau social !
Pierre-Marie Lledo est chercheur en
neurosciences à l’Institut Pasteur et au CNRS.
o
LA PUBLICATION
La Lune, sanctuaire
de l’humanité
A
lors que se profile le 50e anniversaire
du premier pas de l’homme sur la Lune,
une drôle de mission spatiale, privée,
décollera prochainement de cap Canaveral.
Alina, c’est le nom de cette sonde, alunira non loin
du site d’Apollo 17, ultime mission du programme
lunaire américain, et larguera deux robots qui,
pendant douze jours, exploreront les vestiges
laissés par les astronautes, ce qui fera d’elle la
première mission spatiale dédiée à l’archéologie !
Elle emportera aussi à son bord 17 disques
de saphir à la surface desquels seront gravés
des pixels 50 fois plus fins qu’un cheveu
et représentant, sous forme de textes, d’images
ou de diagrammes, un ensemble d’informations
sur l’humanité : les génomes d’un homme
et d’une femme, une sélection d’informations
scientifiques, d’œuvres artistiques, etc. Un groupe
de scientifiques, ingénieurs et graphistes
s’est constitué en janvier 2017 pour réfléchir
au contenu précis des disques. Mais le projet
Sanctuary différera des messages apposés sur
les sondes Pionneer et Voyager lancées dans les
années 1970 vers les confins du Système solaire.
C’est en effet non pas à d’éventuels extraterrestres,
mais à nos très lointains descendants que seront
destinés ces disques déposés sur le sanctuaire
lunaire, pour témoigner de ce qu’aura été l’humanité des millions d’années auparavant ! — Y. V.
OUI AU SPORT
APRÈS L’INFARCTUS
Après un infarctus du myocarde,
la mortalité est plus faible chez
les patients ayant débuté ou
repris une activité physique,
selon une nouvelle étude
suédoise.
bit.ly/2qNdgM1
SUR
LE WEB
6
mois
EN ROUTE POUR
ÉCOUTER MARS
Conçu par le Cnes, le sismomètre
SEIS sera lancé le 5 mai prochain.
Fin novembre, il atteindra enfin
son objectif : la planète Mars, pour
aider à en comprendre la formation
géologique.
bit.ly/2vthJZA
Une expérience réalisée par une neurologue française a permis de communiquer en direct
avec des rêveurs. Les portes du rêve viennent de s’entrouvrir !
Une plongée inédite dans le monde des rêves
Yann Verdo
@verdoyann
C
inq ans. C’est le temps moyen
que nous passons tous, de notre
naissance à notre mort, immergés
dans notre propre monde onirique, cette
« seconde vie » du rêve qui inspira de si
belles pages à Gérard de Nerval. L’auteur
d’« Aurélia » parlait de « ces portes d’ivoire et
de corne » qui nous séparent de cet autre
monde. Jusqu’ici, le dormeur les franchissait seul, et les scientifiques spécialisés dans
l’étude des rêves ne pouvaient savoir ce qui
se déroulait de l’autre côté qu’a posteriori,
par les récits faits au réveil. Mais plus maintenant. Dans une expérience fascinante qui
a eu les honneurs de la revue « Scientific
Reports », la neurologue Isabelle Arnulf,
directrice de l’unité des pathologies du sommeil à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris,
a réussi à accéder en temps réel au contenu
onirique de ses patients. Comment ? En se
servant d’une catégorie bien particulière
de rêveurs, les rêveurs lucides, comme
d’« agents infiltrés ».
Un rêve lucide est un rêve dans lequel le
rêveur a conscience qu’il rêve. Une personne
sur deux déclare avoir vécu au moins une
fois cette expérience troublante. Mais il
arrive à certains d’entre nous d’en faire régulièrement et même d’acquérir, à la longue,
une certaine forme de contrôle sur le déroulement de ces rêves d’un genre particulier.
En la matière, les champions sont les narcoleptiques, ces personnes souffrant d’un trouble du sommeil qui les rend susceptibles de
s’endormir profondément à tout moment.
C’est cette capacité qu’ils ont d’être non seulement les spectateurs lucides mais aussi, au
moins en partie, les scénaristes ou metteurs
en scène de leurs propres rêves, qu’a utilisée
Isabelle Arnulf pour communiquer avec
eux en direct.
L’étude parue dans « Scientific Reports »
visait à tester une hypothèse concernant le
changement de régime que subit notre respiration lorsque nous passons de la phase du
sommeil lent à celle du sommeil paradoxal,
celle dans laquelle nous rêvons le plus et
faisons le plus de rêves bizarres. Dans cette
phase, la respiration, très stable en sommeil
lent, devient beaucoup plus irrégulière. A
quoi cela tient-il ? A l’imagerie mentale du
rêve lui-même, qui fait que, par exemple,
nous nous mettons à haleter d’angoisse ? La
respiration irrégulière du dormeur en sommeil paradoxal reflète-t-elle ce qu’il est en
train de vivre dans son rêve ?
Les fonctions du rêve
Pendant le sommeil paradoxal, le corps est
soumis à une paralysie musculaire empêchant tout mouvement intempestif. Seuls
les mouvements oculaires sont épargnés.
C’est donc sur eux que repose le protocole
mis en place par Isabelle Arnulf pour communiquer avec ses narcoleptiques rêveurs
lucides. « On se met d’accord avec eux sur un
code oculaire, du type “gauche-droite, pause,
gauche-droite”, qu’ils doivent faire au
moment adéquat », raconte la chercheuse
de l’Institut du cerveau et de la moelle épinière. Pour tester l’hypothèse sur la respiration, les rêveurs lucides devaient volontair e m e n t i n c l u r e d a n s l e u r r ê ve u n e
circonstance les obligeant à bloquer leur
respiration. Ce pouvait être aussi bien, en
fonction du rêve, une plongée dans une piscine qu’une attaque au gaz sarin. « Le contrôle que l’on acquiert dans les rêves lucides
n’est pas total. On peut le voir comme une
forme de navigation : le rêveur peut essayer
d’aller dans telle direction plutôt que telle
autre, mais il lui faut tenir compte du sens du
vent », explique Isabelle Arnulf. Au
moment où le scénario de son rêve l’obligeait à bloquer sa respiration, le rêveur
lucide devait faire une première fois le code
oculaire ; puis une seconde fois quand, dans
son rêve, il sortait de la piscine ou s’extrayait
de la nappe de gaz mortel. L’enregistrement
polysomnographique ne laisse plus aucun
doute sur le lien de cause à effet entre imagerie mentale du rêve et respiration : entre
Durant le sommeil paradoxal, le corps est soumis à une paralysie musculaire empêchant tout mouvement
intempestif, exceptés les mouvements oculaires. Photo Shutterstock
Les statistiques
du rêve
Nos rêves sont à 90 %
•composés
d’éléments
banals et ordinaires (parler,
échanger avec des personnes que nous connaissons,
etc.).
65 % des faits présents
dans nos rêves ont un rapport avec notre journée.
82 % des rêves sont violents ou négatifs.
Près de 5 % des adultes
souffriraient de cauchemars récurrents.
Les rêves se définissent
par leur « poids » : nombre
de mots du récit qui en est
fait. Un récit de plus de
40 mots provient forcément d’un rêve
fait en sommeil paradoxal.
En moyenne, les dormeurs rapportent deux
rêves par semaine, mais
certains grands rêveurs se
souviennent de dix rêves
par nuit.
•
•
•
•
•
les deux flèches marquant les premier et
second codes oculaires, les capteurs de flux
respiratoire ont bien enregistré une apnée !
Bien entendu, ce premier résultat n’est
qu’un préliminaire à quantité d’autres études, rendues possibles par le même protocole. En ce moment même, se déroule, sur
la même base, une autre expérience. Elle
vise à en savoir plus sur l’une des fonctions
du sommeil et du rêve. Celles-ci sont multiples. Ce n’est sans doute pas un hasard si plus
de 80 % de nos rêves, loin de nous plonger
dans un monde idyllique, sont violents ou
négatifs (lire les statistiques ci-contre).
Au début des années 2000 a été développée la théorie selon laquelle le rêve aurait
une fonction quasi darwinienne de simulation de la menace et de préparation aux
épreuves et aux dangers de la vie réelle. Ainsi
s’expliquerait, par exemple, que tant de
femmes venant d’accoucher rêvent qu’elles
s’occupent mal de lhtteur bébé, le laissent
tomber par accident, etc. Isabelle Arnulf a
elle-même apporté une pierre à cette théorie
en étudiant les rêves de 700 étudiants en
médecine à la veille du concours. 60 %
d’entre eux avaient rêvé qu’ils échouaient à
l’examen. Or, ces 60 % ont, en moyenne,
mieux réussi que les autres !
Des effets sur la mémoire
Une autre fonction de tous ces mauvais
rêves qui peuplent nos nuits – mais qui, à
la différence des cauchemars, ne nous
réveillent pas en sursaut, et que pour la
plupart nous oublions – est de dégrader les
émotions négatives accumulées durant
la journée. Le rêve agit comme un bouton
« reset » effaçant notre amygdale, structure
du cerveau limbique fortement impliquée
dans les émotions, en particulier la peur et
l’anxiété. « Grâce à cette fonction “reset”, notre
humeur est en général meilleure au réveil
qu’au coucher. Sauf chez les dépressifs, chez
qui c’est l’inverse », explique la chercheuse.
Mais c’est encore à une autre fonction
du sommeil et du rêve que se sont intéressées Isabelle Arnulf et son équipe dans
leur nouvelle expérience. Elle concerne la
consolidation de la mémoire et le renforcement des apprentissages. Ce renforcement
se fait via un dialogue permanent, pendant
le sommeil, entre le cortex frontal et l’hippocampe, autre structure du système limbique
impliquée au premier chef, elle, dans la
Un rêve lucide est un rêve
dans lequel le rêveur
a conscience qu’il rêve.
mémoire. Il a été bien établi que le sommeil
lent permet un renforcement des apprentissages verbaux : un jeune enfant se souvient
mieux de ce qu’il a appris s’il fait la sieste
juste après. On soupçonne le sommeil paradoxal d’avoir la même fonction avec les
apprentissages moteurs. Mais il n’est pas
facile, dans ce dernier cas, de faire la part du
sommeil et celle du rêve.
Pour tenter à son tour de démêler cette
question, Isabelle Arnulf s’est à nouveau
tournée vers ses narcoleptiques rêveurs
lucides. Il leur est demandé d’apprendre une
séquence de piano. Puis on les allonge sous
une IRM où, malgré le vacarme produit par
la machine, leur narcolepsie leur permet de
plonger directement en sommeil paradoxal.
S’ils ont la bonne fortune de faire alors un
rêve lucide, ils doivent y inclure un moment
où ils rejouent, en rêve, la séquence de piano
qu’ils viennent d’apprendre, en signalant via
le code oculaire le moment où ils commencent et celui où ils s’arrêtent. Pendant ce
temps-là, l’IRM observe quelles zones de
leur cerveau s’activent, quelles structures
dialoguent avec quelles autres…
Les résultats de cette étude ne sont pas
encore publiés. Mais une chose est sûre : les
« portes de corne ou d’ivoire » dont parlait
Nerval se sont bel et bien entrouvertes. n
A la recherche de la signature cérébrale du rêve
Il semblerait, d’après les dernières études à
base d’imagerie, que les rêves mobilisent, du
fait de leur contenu spécifique, les mêmes
zones du cerveau que celles qui s’activent
lorsque nous réalisons les expériences correspondantes à l’état de veille – mon aire de Wernicke, zone clef du langage, si je rêve que je
parle, par exemple. Mais l’expérience même
du rêve, en dehors de tout contenu spécifique,
laisse-t-elle une trace dans mon cerveau ? Il
semblerait que oui. C’est ce que suggère
en tout cas une très belle étude réalisée par
Francesca Siclari et Giulio Tononi de l’univer-
sité du Wisconsin et publiée dans « Nature
Neuroscience ». Les auteurs se sont intéressés
aux « rêves blancs », termes par lesquels les
spécialistes désignent la certitude que nous
éprouvons parfois à l’instant du réveil d’avoir
rêvé, tout en étant incapable de dire à quoi.
En soumettant des rêveurs à des électroencéphalographes très sensibles, les chercheurs américains ont pu identifier une « hot
zone » qui s’active aussi bien dans les rêves
blancs que dans les rêves normaux, et aussi
bien en sommeil lent qu’en sommeil paradoxal. La signature cérébrale du rêve ?
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 13
Les Echos Lundi 23 avril 2018
enquête
Benjamin Quénelle
@bquenelle
— Envoyé spécial à Togliatti
C
arlos Ghosn n’a plus de doute : la
Russie sera sa « machine à cash ».
Audacieux, le pari a pourtant bien
failli fragiliser le patron de Renault et plomber les comptes du constructeur. « Quand je
suis arrivé ici il y a deux ans, c’était extrêmement dur », se souvient Nicolas Maure, le
Français envoyé en 2016 par la direction
parisienne avec l’aval des autorités à Moscou
pour une mission que beaucoup, y compris
au siège de Renault, croyaient impossible : « Sauver AvtoVAZ dans un contexte de
crise sur un marché très déprimé ! » explique
le directeur du mythique constructeur des
Lada. La récession en Russie, provoquée par
la chute des cours pétroliers et aggravée par
les sanctions occidentales contre Moscou
depuis la crise ukrainienne, l’avait touché de
plein fouet : ventes et réputation en chute,
pertes et endettement en hausse.
« Pour Renault, AvtoVAZ était alors un problème. Aujourd’hui, c’est redevenu une opportunité », s’enthousiasme Nicolas Maure.
Assis derrière son bureau surplombant la
Volga et l’usine post-soviétique de Togliatti,
immense complexe de 600 hectares à
1.000 km au sud-est de Moscou, il parle avec
un soulagement dans la voix, une sérénité
dans le regard. Avec un objectif à l’esprit :
profiter du boom de l’automobile en Russie
qui, interrompu à cause de la crise, est très
prometteur, ce pays pouvant devenir le premier marché en Europe avec des ventes
potentielles de plus de 3 millions par an.
« Nous sommes prêts ! Le travail des expatriés Renault ici fonctionne bien, en bonne
fusion avec les équipes locales. L’image de
Lada progresse. AvtoVAZ a gagné 3 points de
marché depuis 2015, passant à près de 20 %,
grâce notamment au succès des modèles Vesta
et Xray. On vient d’enregistrer une marge opérationnelle positive, un an plus tôt que prévu.
Et on est en route vers un résultat net positif
pour 2020 », résume Nicolas Maure alors
qu’il s’apprête à passer le témoin et que
Renault, dix ans après sa première entrée au
capital d’AvtoVAZ, vient d’augmenter sa participation.
Une transaction d’envergure
Ces dernières semaines, tout a été plus vite
chez AvtoVAZ. Le 11 avril, Carlos Ghosn et
Sergueï Tchemezov, le patron du puissant
conglomérat public russe Rostec, actionnaire minoritaire mais acteur déterminant,
ont lancé la deuxième étape de la recapitalisation du constructeur commencée en 2016.
Après la première étape (ouverture au capital) et désormais une conversion de dettes en
actions, cela représentera un montant total
de 107 milliards de roubles, soit 1,4 milliard
d’euros au taux actuel. Cette restructuration
porte à 61 % la part de Renault dans la coentreprise créée avec Rostec pour contrôler
AvtoVAZ. Et, via une structure en poupées
russes, sa part dans le constructeur passe
indirectement à 51 %. L’opération a coûté jusque-là à Renault 45,5 milliards de roubles,
soit plus de 610 millions d’euros au taux
actuel. « Il s’agit de la plus grande transaction
dans l’histoire de l’industrie automobile
russe », a insisté Sergueï Tchemezov, qui,
ancien espion du KGB comme son ami Vladimir Poutine, est l’œil du Kremlin chez
AvtoVAZ, fleuron de l’industrie nationale.
C’est lui qui, finalement, vient d’approuver le
choix, soumis par Carlos Ghosn, pour la succession de Nicolas Maure.
Promu le 1er janvier à la tête des opérations
de Renault sur la région Eurasie (incluant la
Russie), celui-là cède la direction d’AvtoVAZ
et le fauteuil au sommet de la tour bleue de
son usine de Togliatti à Yves Caracatzanis,
qui, ironie des jeux de chaises musicales
chez Renault, lui avait déjà succédé en 2016 à
la tête de Renault Roumanie avec Dacia.
« Les changements se font dans la continuité »,
soulignent Nicolas Maure et Yves Caracatzanis, rencontrés ensemble à Togliatti lors
d’une séance de travail avant la transition le
1er juin. Une première chez AvtoVAZ, habitué
jusque-là aux tumultueux passages de relais.
Les deux hommes étaient tout sourire : les
derniers résultats financiers d’AvtoVAZ,
publiés le 15 février, ont confirmé que le
constructeur remonte bel et bien la pente.
Il a divisé par près de cinq sa perte nette en
2017, passant à 9,7 milliards de roubles
(130 millions d’euros au taux actuel). Son
chiffre d’affaires a progressé de 22 %, à
225,7 milliards de roubles (environ 3 milliards d’euros). Le bon contrôle des coûts a
permis d’enregistrer une marge opérationnelle positive de 0,7 %. Pour Renault, cela a
La lente sortie
des enfers
d’AvtoVAZ
Parc Lada à Togliatti, usine située à 1.000 km au sud-est de Moscou, en 2009. Photo Bloomberg
RUSSIE // Sauver le leader post-soviétique de
l’automobile, tel était le pari fou de Renault. Après
quatre ans de crise, les résultats sont au rendez-vous.
Reportage dans l’immense usine de Togliatti,
avec Nicolas Maure, le nouveau patron de la région
Eurasie de Renault.
été d’autant plus « une bonne surprise »,
selon l’expression de Carlos Ghosn, qu’AvtoVAZ a apporté une contribution positive de
55 millions d’euros. En 2016, il avait au
contraire pesé pour 89 millions sur les
comptes de Renault (consolidé par mise en
équivalence).
Autre bonne nouvelle : l’accélération de la
reprise du marché automobile russe, qui,
amputé de moitié après quatre ans de chute
des ventes, a augmenté de plus de 20 % au
premier trimestre. Il devrait progresser de
10 % sur l’année. Encore très loin toutefois
des 3 millions de voitures vendues en 2012,
année record.
Chute du Suédois Bo Andersson
Ces bonnes performances contrastent avec
le marasme dans lequel avait débarqué Nicolas Maure au printemps 2016. La récession
avait alors réduit le pouvoir d’achat des Russes et plombé non seulement les ventes
d’AvtoVAZ, spécialiste de l’entrée de gamme,
mais aussi sa rentabilité. Avec, au final :
quatre ans dans le rouge et des pertes totales
de plus de 2 milliards d’euros.
Cette descente en enfer a provoqué la
chute du Suédois Bo Andersson, qui avait
été, en 2014, le premier étranger à prendre la
direction d’AvtoVAZ. Sa décision de privilégier les fournisseurs étrangers pour moderniser la production a suscité la colère des
ouvriers et des autorités. D’autant plus que le
constructeur a été particulièrement touché
par les méfaits de la dépréciation du rouble
sur le coût de ses importations.
Bo Andersson, avec son style radical, voulait faire table rase du passé soviétique
d’AvtoVAZ. Résiliant des contrats d’approvisionnement entachés de corruption. Vendant des activités annexes. Fermant des bâtiments inutiles. Réduisant fortement le
personnel (de 55.000 à 42.000 employés) et
le nombre de niveaux de responsabilité tout
en augmentant les paiements aux résultats.
« Il a fait le sale boulot », confiait à l’époque
aux « Echos » un Français sur place. Mais, à
force de trop bousculer, Bo Andersson s’est
retrouvé contraint à la démission, remplacé
par Nicolas Maure.
A demi-mot, la nouvelle direction venue
de Renault critique les réformes de Bo
Andersson. La priorité n’est plus à la baisse
drastique du personnel. Avec désormais
quelque 36.000 employés à Togliatti (loin
des 150.000 à la grande époque soviétique),
« on est à peu près équilibré en termes d’effectifs », assure Nicolas Maure, qui, sans le
style brutal de son prédécesseur, joue la
carte des rapports humains. Régulièrement, il se présente avec humour en « Nikolaï Ivanovitch » à ses employés et leur rappelle qu’il est né un 22 avril, le même jour
que Lénine. Un parc industriel a, par
ailleurs, été développé pour recycler les
actifs disponibles et embaucher une partie
du personnel. Un ex-bâtiment d’achats a
ainsi été converti en centre d’appels pour
une banque. Et un ancien site de machinesoutils accueille désormais une fabrique
allemande de radiateurs domestiques.
Autre priorité, qui plaît à Rostec, représentant de fait des pouvoirs publics dans
cette entreprise symbole de la modernisation industrielle voulue par le Kremlin : privilégier les fournisseurs locaux. Le taux global de composants fabriqués sur place est
déjà de 80 %, avec la moitié provenant de
compagnies russes.
Méthode Kaizen appliquée
Dans l’usine même, la présence de Renault a
toutefois été renforcée. A son arrivée, Nicolas Maure se sentait seul, avec seulement
deux cadres de Renault. Aujourd’hui, ils sont
une quinzaine, à travers toute la gamme des
métiers. « Nous allons aussi recruter beaucoup d’ingénieurs, 350 cette année, essentiellement des Russes. A terme, l’objectif est
qu’AvtoVAZ soit piloté principalement par des
Russes. Mais sur la base des standards de
l’Alliance Renault-Nissan », insiste-t-il. D’où
sa politique tous azimuts depuis deux ans
pour davantage ancrer les méthodes modernes de travail franco-japonaises sur ce site
encore lourdement influencé par son héritage soviétique. Des cours d’anglais sont
offerts et des formations organisées dans les
usines en France ou en Roumanie.
La chasse aux défauts est déclarée, notamment le long des 1.500 mètres de la ligne BO,
installée par Renault dès 2012 pour produire
trois de ses modèles mais aussi deux Lada et
une Nissan. Un exemple à suivre pour la
modernisation en cours des deux autres
lignes du site, produisant seulement des
Lada. Partout, des tableaux listent systématiquement les problèmes rencontrés et les
solutions trouvées afin d’assurer la qualité de
la production dans les moindres détails. La
méthode Kaizen est appliquée, ensemble de
La Russie peut devenir
le premier marché
automobile en Europe avec
des ventes potentielles de
plus de 3 millions par an.
pratiques de management japonais pour
éviter les gaspillages et améliorer les postes
de travail. « En 2016, les standards de
l’Alliance étaient limités aux lignes partagées
avec Renault. Aujourd’hui, elles sont appliquées partout », rappelle Nicolas Maure.
Avec, en vue, le lancement de 12 nouveaux
modèles d’ici à 2026 conçus par l’Alliance, il
faut moderniser les trois lignes de production. « Elles seront techniquement capables de
produire toute la gamme de Renault et Nissan,
y compris des modèles plus sophistiqués si
nécessaire », assure-t-il. Pour le moment, les
lignes de fabrication de Togliatti restent
entre 0 et 15 % moins productives que les
autres lignes comparables de Renault dans
le monde. « Pour que Dacia en Roumanie soit
parfaitement à nos standards, il a fallu
quinze ans. Ici, il nous faut encore au moins
cinq ans », prévient Nicolas Maure, qui, tout
en cherchant à renforcer les ventes à l’export
tombées à des records historiquement bas,
veut avant tout regagner le cœur et le portefeuille des consommateurs russes.
Face à la concurrence des coréens Hyundai et Kia, le marketing a été rénové, des campagnes de télévision au design des concessionnaires. Avec une ambition : changer chez
les Russes l’image de Lada, associée aux bas
prix et à la qualité médiocre. Mais, à aucun
moment, il n’a été question d’axer le marketing pour vendre des « Lada by Renault ». A
chacun sa marque, insistent à Togliatti les
cadres de la marque au losange… n
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Lundi 23 avril 2018Les Echos
,
Budget de l’Etat 2018 : 386,3 milliards d’euros // PIB 2017 : 2.283,6 milliards d’euros courants //
Plafond Sécurité sociale : 3.311 euros/mois à partir du 01-01-2018 // SMIC horaire : 9,88 euros
à partir du 01-01-2018 // Capitalisation boursière de Paris : 1.547,84 milliards d’euros (au 10-01-2018)
// Indice des prix (base 100 en 2015) : 101,85 en décembre 2017 // Taux de chômage (BIT) : 9,4 %
au 3e trimestre 2017 // Dette publique : 2.226,1 milliards d’euros au 3e trimestre 2017
Les chiffres
de l'économie
À L’ÉTRANGER
TOLBIAC ENQUÊTE OUVERTE
POUR DÉGRADATIONS
EN RÉUNION
IRAN TÉHÉRAN MENACE DE
REPRENDRE L’ENRICHISSEMENT
D’URANIUM
Une enquête pour dégradations en
réunion a été ouverte après l’évacuation du site universitaire parisien de
Tolbiac, lieu emblématique de la mobilisation contre la réforme de l’accès à
l’université, selon l’AFP. L’enquête fait
suite à la plainte du président de l’université Paris-I, Georges Haddad, révélée par le « JDD », qui a évalué les
dégradations à « plusieurs centaines de
milliers d’euros ». Le site est fermé en
attendant sa remise en état.
L’Iran reprendra « vigoureusement »
l ’e n r i c h i s s e m e n t d ’u r a n i u m s i
Washington rompt l’accord sur le
nucléaire iranien comme le président
Donald Trump menace de le faire, a
mis en garde, samedi, le ministre iranien des Affaires étrangères, Javad
Zarif. Trump a fixé la date du 12 mai
comme ultimatum à ses alliés européens pour qu’ils s’entendent avec
l’Iran afin de « remédier aux terribles
lacunes » de cet accord.
TENNIS LA FRANCE ÉLIMINÉE
EN DEMI-FINALES DE LA FED CUP
AFGHANISTAN PRÈS DE
60 MORTS DANS UN ATTENTAT
ANTI-ÉLECTORAL DE L’EI
AFP
EN FRANCE
La France a été éliminée en demi-finales de la Fed Cup par les Etats-Unis,
tenants du titre, 3-1 après la victoire de
Madison Keys devant Pauline Parmentier (7-6 (7/4), 6-4), dimanche à
Aix-en-Provence. Auparavant, Kristina Mladenovic s’était inclinée face à
la numéro une américaine Sloane Stephens (6-2, 6-0) sur la terre battue de
l’Arena où Yannick Noah a vécu son
ultime match en tant que capitaine.
CORÉE DU NORD
Kim Jong-un promet d’arrêter
ses essais nucléaires
Le régime nord-coréen fait plusieurs annonces symboliques mais ne s’engage pas
à dénucléariser. Les réactions à l’étranger sont positives.
Près de 60 civils, chiites pour la plupart,
ont été tués et 120 blessés dimanche à
Kaboul dans un attentat suicide revendiqué par le groupe Etat islamique (EI)
contre un centre d’enregistrement
pour les élections législatives, validant
les pires craintes de violences à l’occasion du scrutin annoncé pour octobre.
Un kamikaze s’est fait exploser à
l’entrée du centre où les électeurs récupéraient leur pièce d’identité avant de
s’inscrire sur les registres électoraux.
SYRIE DES EXPERTS ENFIN
SUR LE SITE DES ATTAQUES
À DOUMA
Le Mont-Saint-Michel, l’un des sites
les plus visités de France, a été évacué
et fermé aux touristes par précaution
dimanche matin par la gendarmerie
à la recherche d’un homme qui avait
tenu des propos menaçants envers
les forces de l’ordre. Le suspect en
question, âgé de 20 à 30 ans, s’est présenté comme un animateur de rue.
Le site a rouvert à 14 heures, après
une fouille méthodique mais qui n’a
pas permis de l’appréhender.
MIGRANTS L’EXTRÊME DROITE
QUITTE LE COL DE L’ÉCHELLE
La centaine de militants du mouvement d’extrême droite Génération
identitaire a quitté dimanche le col
de l’Echelle (Hautes-Alpes) après un
week-end passé à ce point de passage
entre la France et l’Italie utilisé par des
migrants. Ils ont quitté le col fermé
à la circulation sous la surveillance
constante des forces de l’ordre, présentes depuis le début pour ce que la
préfecture a présenté comme une
« opération de communication ».
AFP
MONT-SAINT-MICHEL LE SITE
ÉVACUÉ QUELQUES HEURES
Des enquêteurs internationaux ont
finalement pu se rendre, samedi,
dans la ville syrienne de Douma et y
prélever des échantillons, deux
semaines après une attaque chimique présumée à l’origine de frappes
militaires occidentales contre le
régime syrien. L’attaque présumée
aux gaz toxiques est au cœur
d’affrontements diplomatiques tendus entre grandes puissances,
Washington et Moscou en tête.
INDE PEINE DE MORT
POUR LES VIOLEURS D’ENFANTS
Le gouvernement indien a approuvé,
samedi, la peine de mort pour les violeurs d’enfants de moins de 12 ans, après
le viol en réunion et le meurtre d’une
fillette de 8 ans qui a choqué le pays.
L’amendement à la loi sur les violences
sexuelles présenté par le Premier
ministre, Narendra Modi, durcit également les peines minimales pour viol.
DEUX-SÈVRES TROIS MORTS
DONT DEUX BRITANNIQUES
SUR LA ROUTE
JAPON DÉCÈS À 117 ANS
DE LA DOYENNE PRÉSUMÉE
DE L’HUMANITÉ
Une collision frontale entre deux
voitures a fait trois morts, dont deux
ressortissants britanniques, dimanche, dans les Deux-Sèvres. L’accident s’est produit peu après midi sur
une route départementale, sur la
commune de Saint-Pardoux, à une
trentaine de kilomètres au nord-est
de Niort.
Née le 4 août 1900, la Japonaise Nabi
Tajima, qui était vraisemblablement
la doyenne de l’humanité, est décédée
samedi à 117 ans sur son île natale de
Kikai dans la région de Kagoshima.
Elle était probablement aussi la
doyenne de l’humanité depuis le
décès en septembre 2017 à 117 ans de
la Jamaïcaine Violet Brown.
La télévision nord-coréenne a longuement cité Kim Jong-un, qui avait expliqué le gel des tests nucléaires en affirmant
que la Corée du Nord « a achevé la construction de ses armes nucléaires » et qu’il n’avait, dès lors, plus besoin de tester
ses charges atomiques ou ses missiles. Photo Jung Yeon-je/AFP
Yann Rousseau
— Correspondant à Tokyo
U
ne semaine avant
l’ouverture d’une série
de sommets cruciaux
pour l’avenir de la péninsule, la
Corée du Nord a annoncé,
samedi, qu’elle suspendait ses
essais d’armes nucléaires et de
missiles balistiques. Expliquant qu’il voulait prouver sa
bonne foi, le régime a égalem e n t i n d i q u é q u’ i l a l l a i t
démanteler son site militaire
de Punggye-ri, où il avait procédé à ses six explosions atomiques, entre octobre 2006 et
septembre 2017.
Immédiatement, Donald
Trump s’est félicité de cette
annonce surprise. « C’est une
bonne nouvelle pour la Corée du
Nord et pour le monde. Quel progrès ! Je suis impatient de me rendre à ce sommet », a tweeté le
président américain. Du côté de
la Chine, le principal allié de
Pyongyang, c’est également la
satisfaction qui prévaut. « La
Chine pense que la décision
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MICHEL GROSSIORD REÇOIT
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FRÉDÉRIQUE VIDAL
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Ministre de l’Enseignement supérieur, de la
recherche et de l’innovation
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dans L’ÉPREUVE DE VÉRITÉ
AVEC :
siles. Rien dans les déclarations
du régime n’indique pourtant
qu’il est prêt à abandonner
l’arsenal qu’il a déjà construit.
« Ils disent qu’ils ne feront plus de
tests car ils n’en ont plus besoin.
Et pas qu’ils décident d’un moratoire en prélude à un abandon de
leurs armes nucléaires ou de
leurs missiles », a pointé Bruce
Klingner, un chercheur de
l’Heritage Foundation qui fut
en charge de la Corée à la CIA.
Lui aussi très suspicieux, le
Premier ministre japonais,
Shinzo Abe, a expliqué que les
promesses de Pyong yang
n’auraient de valeur que si elles
débouchaient sur « une dénucléarisation complète et
vérifiable ». La plupart des
analystes pensent, eux, que le
dirig eant nord-coréen se
positionne négocier avec ses
interlocuteurs en tant que
p u i s sance nu cl éai re. S es
annonces du jour peuvent ainsi
suggérer qu’il attend des « concessions » similaires de ses
interlocuteurs sud-coréens et
américains. n
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TOUS LES MOMENTS FORTS SUR RADIO CLASSIQUE
Même tonalité du côté de la
Russie, où la décision de Kim
Jong-un est considérée comme
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REDIFFUSION À 22H45
Une geste « significatif »
pour Séoul
« une étape importante vers une
future détente des tensions dans
la péninsule », selon le ministère des Affaires étrangères.
A Séoul, le gouvernement a
salué la décision qui montre un
progrès « significatif » vers une
dénucléarisation de la péninsule coréenne et va créer un
cadre favorable pour assurer le
succès des prochains sommets.
Vendredi 27 avril, le président
sud-coréen Moon Jae-in doit
rencontrer Kim Jong-un à Panmunjom, sur la frontière entre
les deux nations, pour évoquer
la signature d’un traité de paix.
Un mois plus tard, le dictateur
nord-coréen rencontrera le
président des Etats-Unis dans
un lieu encore indéterminé.
La télévision nord-coréenne
a par ailleurs longuement cité
Kim Jong-un qui avait expliqué
le gel des tests nucléaires, dès
vendredi, en affirmant que la
Corée du Nord « a achevé la
construction de ses armes
nucléaires » et qu’il n’avait, dès
lors, plus besoin de tester ses
charges atomiques ou ses mis-
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CE LUNDI À 18H SUR PUBLIC SÉNAT
d’arrêter les essais nucléaires et
de se concentrer sur le développement économique ainsi que sur
l’amélioration des conditions de
vie va aider à apaiser la situation
dans la péninsule coréenne et
faire avancer le processus de
dénucléarisation ainsi que les
efforts en vue d’une solution politique », a déclaré le ministère
des Affaires étrangères.
L’Union européenne a également marqué une certaine
satisfaction. Federica Mogherini, la représentante de la
diplomatie de l’UE, a salué « une
étape positive » qui marque la
volonté de Pyongyang de « respecter ses obligations internationales », et n’a pas caché son
espoir que les rencontres américano-sud et nord-coréennes
puissent déboucher sur « des
résultats supplémentaires concrets ».
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RÉUSSIR
avec
Lundi 23 avril 2018
www.lesechos.fr
En page 26
DEVISES EUR/GBP 0,8756 EUR/JPY 1,3222 EUR/CHF 1,197 GBP/USD 1,4033 USD/JPY 1,0762 USD/CHF 0,9747 TAUX EONIA -0,368 LIFFE EURIBOR 3 MOIS -0,328 OAT 10 ANS 0,8204 T-BONDS 10 ANS 2,9274
INDUSTRIE & SERVICES
AIR FRANCE
DERNIÈRE HEURE
La compagnie parie sur le vote
des salariés. // P. 16
La bataille pour les droits télé de
la L1 de foot sera lancée avant l’été
AUTOMOBILE
Bruxelles durcit les conditions
de mise sur le marché
des voitures. // P. 17
ALIMENTATION
DR
La Ligue de football
professionnel va lancer
son appel d’offres dans
les prochaines semaines.
Les grandes marques surfent
sur la marque du bio. // PP. 18-19
BTP
Le Salon Intermat s’ouvre dans
un contexte porteur pour le BTP.
// P. 20
LUXE
La reprise du marché
de l’horlogerie se confirme. // P. 21
HIGH-TECH & MÉDIAS
INTERNET
Données personnelles : sur
Facebook, seuls les européens
seront protégés. // P. 22
INFORMATIQUE
Les débuts en Bourse de Pivotal
confirment la cote de la tech.
// P. 23
START-UP
LEVÉE DE FONDS
Fondée par deux Français,
la pépite Checkr a levé
100 millions de dollars. // P. 24
Shutterstock
PME & RÉGIONS
ÉQUIPEMENT
Literie : les matelas sens dessus
dessous face au e-commerce.
// P. 25
FINANCE & MARCHÉS
BANQUE
BPCE va lancer sa place de marché
de services financiers. // P. 27
NATIXIS
Gestion de fortune : la banque
poursuit sa montée en gamme.
Anne Feitz
@afeitz
David Barroux
et Fabienne Schmitt
La bataille des droits télé de la Ligue 1 et et de
la Ligue 2 de foot va bientôt commencer.
D’après « L’Equipe » et « Le Parisien », la
Ligue de football professionnel (LFP) devrait
lancer avant l’été son appel d’offres portant
sur la période 2020-2024, vraisemblablement début juin. L’information est confirmée de source proche du dossier.
Très attendue, cette décision donne le
coup d’envoi d’une bataille qui devrait être
très suivie par les professionnels de la télévision et du football. D’abord parce que pour
Canal+ et beIN Sports, qui se partagent ces
droits aujourd’hui, les renouveler ou pas,
c’est une question de vie ou de mort. Ensuite,
parce que la LFP veut à tout prix faire monter
les enchères du championnat vendu
aujourd’hui près de 750 millions d’euros par
an (Ligue 1 et Ligue 2). Une somme qui reste
largement inférieure à celles perçues
ailleurs en Europe, comme en Angleterre
(2,3 milliards d’euros) ou en Italie (1 milliard
d’euros).
Voilà des mois que tout ce petit monde
spécule sur le calendrier de l’appel d’offres de
la Ligue 1. Pour Didier Quillot, le directeur
général exécutif de la LFP, la décision n’était
pas facile à prendre entre les desiderata des
présidents des clubs de football et ceux des
télévisions.
A vrai dire, peu d’acteurs étaient pressés
de voir cet appel d’offres arriver vite. Noël Le
Graët, président de la Fédération française
de football, et Jean-Michel Aulas, le président de l’Olympique Lyonnais, ont appelé à
temporiser.
Canal+ et beIN Sports souhaitaient pour
leur part pouvoir jouir paisiblement des
droits qu’ils détiennent jusqu’en 2020. S’ils
devaient les perdre, tous les médias en parleraient et cela brouillerait leur image, deux
ans avant l’arrêt effectif du championnat sur
leurs chaînes de télévision…
Quant à SFR, aujourd’hui en difficulté,
l’opérateur a besoin de montrer au marché
qu’il va mieux pour ne pas être sanctionné en
Bourse s’il s’aventure dans les onéreux droits
télé de la Ligue 1. Or il ne prévoit pas de nette
amélioration de ses résultats avant plusieurs
mois. Il attend notamment beaucoup en
Quelques jours après l’annonce, par
Jaguar Land Rover, de son intention de
supprimer 1.000 postes dans son usine
de Solihull, dans les Midlands (ouest en
Angleterre), c’est au tour de Nissan
d’annoncer des réductions d’effectifs
outre -Manche. Le partenaire de
Renault (qui en détient 43 %) a annoncé
à ses salariés qu’il allait lancer un plan
de départs volontaires dans son usine
géante de Sunderland, dans le nord-est
du Royaume-Uni.
Il ne s’est pas avancé sur le nombre de
personnes qui pourraient être concernées, mais la presse britannique évoque
des centaines de postes. L’usine, qui
produit 500.000 véhicules par an (les
Qashqai, les Juke ou encore les Leaf) et
emploie environ 7.000 salariés, est l’une
des plus grandes usines automobile du
pays.
Le prix de réserve des droits télé devrait être élevé, pour atteindre au moins
1 milliard. Ci-dessus, Ángel Di María en Ligue 1 au Paris Saint-Germain. Photo AFP
gain d’abonnés de la Ligue des champions
dont il a acquis très cher les droits exclusifs,
mais qu’il ne commencera pas à diffuser
avant août…
Pour la LFP, c’est néanmoins le bon
moment pour lancer la bataille. D’abord,
parce que si l’appel d’offres devait être infructueux, cela lui laisserait le temps d’en organiser un autre d’ici la fin de l’année. Car, à coup
sûr, le prix de réserve des droits télé devrait
être élevé, pour atteindre au moins 1 milliard.
L’inconnue demeure
Ensuite, cette fenêtre de tir est plutôt judicieuse concernant Canal+ et beIN Sports, qui
sont en train de perdre les droits de la Ligue
des champions, donc, au profit de SFR. Tous
deux n’ont donc pas le choix : ils sont condamnés à avoir les droits de la Ligue 1, au
moins en partie, sinon cela pourrait bien être
leur clap de fin.
Enfin du côté de SFR, la Ligue fait probablement l’analyse que si l’opérateur télécoms
est vraiment motivé pour participer à cet
appel d’offres, il y participera quelle que soit
la date à laquelle il est lancé. « Je suis convaincu que RMC sport (ex-SFR Sport) deviendra la plus grande chaîne de sport en France »,
a ainsi assuré Alain Weill, patron de SFR, fin
mars.
Or, on ne peut pas prétendre être la chaîne
numéro un sur le sport sans avoir la Ligue 1
de foot. Mieux vaut donc lancer l’appel
d’offres tant que SFR se montre ambitieux.
Trop attendre, c’est prendre le risque que
l’opérateur change d’avis…
L’inconnue demeure cependant sur les
géants du Web : les Google, Amazon ou
Twitter. Vont-ils postuler ? Rien n’est sûr. Du
coup, pour assurer ses arrières, la Ligue
devrait se réserver la possibilité d’ouvrir
l’appel d’offres à des fonds d’investissement
qui pourraient acheter les droits pour
ensuite les revendre à des télévisions. Cela lui
permettrait de faire monter les enchères.
Tous les coups sont permis. n
// P. 28
MARCHÉS
Petite poussée de fièvre sur
les marchés obligataires. // P. 29
CHANGES
L’euro repasse la barre symbolique
de 1,20 franc suisse. // P. 30
LES ÉCHOS BUSINESS
CARNET// P. 33
SUR
DANS
« LA CHRONIQUE
BOURSE »
À 12H ET 17H35
DU LUNDI AU VENDREDI
HSBC poursuit son désengagement
du financement des énergies fossiles
Solenn Poullennec
HSBC veut marquer des points auprès des
promoteurs de la transition énergétique.
La banque britannique a annoncé vendredi
dernier, jour de son assemblée générale,
qu’elle allait cesser de financer de nouvelles
centrales à charbon, à quelques exceptions
près.
En prenant cet engagement, la banque
emboîte le pas d’un certain nombre d’établissements de crédit, y compris Français,
ayant décidé d’avoir une politique de financement plus en accord avec la lutte contre le
changement climatique. « Nous reconnaissons le besoin de réduire les émissions rapidement pour atteindre l’objectif inscrit dans
l’accord de Paris de 2015 pour limiter l’augmentation de température globale à nette-
Nissan veut
supprimer
des centaines
de postes
à Sunderland
ment moins de 2 °C », a fait valoir Daniel Klier,
le responsable de la stratégie et de la finance
durable chez HSBC dans un communiqué.
Un premier pas en 2011
En 2011, HSBC avait déjà commencé à
réduire son soutien aux nouveaux projets
de centrales à charbon. La banque a ainsi
cessé de les financer dans quelque 78 pays
développés. Désormais, le prêteur s’engage
à ne plus financer de projets similaires dans
l’ensemble des pays du monde, à l’exception
du Bangladesh, de l’Indonésie et du Vietnam. La banque justifie cette exception
« ciblée et limitée dans le temps », par la
volonté de trouver un équilibre entre « les
besoins humanitaires locaux » et la nécessité
de mener à bien la transition énergétique.
Au cours des trois dernières années, HSBC a
financé des projets de centrales à charbon à
hauteur d’un peu plus de 2,1 milliards de
dollars, selon un rapport sur les banques et
le changement climatique publié récemment par un ensemble de groupes de pressions. Un chiffre qui la positionne en quatorzième position, derrière JP Morgan,
Barclays ou Citi dans le palmarès des établissements de crédit qui financent le plus
ce type de projet.
La banque s’est par ailleurs engagée à ne
plus fournir ses services financiers pour les
projets d’exploitation des ressources énergétiques en Arctique. En ce qui concerne les
sables bitumineux, elle ne financera plus les
nouveaux projets mais continuera d’apporter son soutien à ses clients du secteur qui
sont « diversifiés et ont des plans adéquats en
termes de transition énergétique ». n
Nissan a été
particulièrement affecté,
avec une baisse
de ses ventes de 35 %
outre-Manche
sur le trimestre.
En cause, la dégringolade du marché
britannique, et notamment du diesel,
dont les ventes n’en finissent pas de
chuter : elles ont encore baissé de 32,4 %
en mars 2018, et d’un tiers depuis le
début de l’année, dans un marché ayant
globalement reculé de 12,4 % sur le premier trimestre par rapport aux trois
premiers mois de l’année dernière. Nissan a été particulièrement affecté, avec
une baisse de ses ventes de 35 % outreManche sur le trimestre.
Pas lié au Brexit
« Comme nous l’avons déjà annoncé,
nous sommes en train de préparer une
nouvelle gamme de motorisations sur
l’année qui vient », a justifié un porte-parole de l’entreprise. « Les changements
opérationnels qui en découleront vont
entraîner une baisse de la production de
moteurs et des volumes à Sunderland, en
ligne avec notre plan d’affaires pour 2018.
Nous sommes en train de discuter de ces
changements avec nos salariés ». Les
véhicules équipés d’un moteur diesel
représentent un quart de la production
actuelle de Sunderland.
Nissan a affirmé que ces annonces
n’étaient pas liées au Brexit, en tout cas
pas directement. Alors que l’usine de
Sunderland exporte 80 % de sa production, Carlos Ghosn, alors PDG du constructeur nippon, s’était engagé en octobre 2016, quelques semaines après le
vote, à y construire son nouveau Qashqai, sans que l’on sache quels engagements il avait reçus du gouvernement
britannique.
Il y a quelques semaines, le directeur
de Nissan Europe, Paul Willcox, espérait encore dans un entretien aux
« Echos » que les négociations en cours
sur le Brexit ne pénaliseraient pas le
secteur. PSA a de son côté annoncé
début avril qu’il allait investir 100 millions d’euros pour augmenter la capacité de production de son usine de
Luton, qui produit aujourd’hui des
véhicules utilitaires d’Opel/Vauxhall. n
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Lundi 23 avril 2018 Les Echos
INDUSTRIE
&SERVICES Air France : un scrutin
prélude à une sortie de crise
à suivre
Eric Piermont/AFP
l Le personnel de la compagnie est appelé à se prononcer sur les salaires.
l La direction a aussi besoin d’un accord avec les pilotes sur son avenir.
AccorHotels : feu vert des actionnaires
au désengagement de l’immobilier
HÔTELLERIE Les actionnaires d’AccorHotels ont approuvé vendredi, à la quasi-unanimité, la cession du contrôle de la filiale
immobilière AccorInvest, soit un parc de 891 hôtels. L’opération,
qui doit être finalisée au plus tard le 30 juin, prévoit la reprise de
55 % du capital par un consortium d’investisseurs pour un montant de 4,4 milliards d’euros. Par ailleurs, le groupe pourrait porter à « une quarantaine » le nombre de ses marques d’hébergement d’ici à cinq ans, a indiqué son PDG, Sébastien Bazin.
a Plus d’informations sur lesechos.fr/industrie-services
General Electric continue à élaguer
son portefeuille d’activités
CONGLOMÉRAT General Electric a déclaré qu’il réfléchissait
toujours à son éventuel démantèlement mais que cette
réflexion était secondaire par rapport à l’amélioration de ses
performances. Le conglomérat a prévu de se séparer d’activités
représentant au moins 20 milliards de dollars afin de réduire
ses coûts et de doper ses bénéfices dans le cadre d’un plan de
restructuration sur trois ans. Selon Bloomberg, GE discute de
la cession de sa branche historique de locomotives avec l’équipementier ferroviaire Wabtec Corp.
AÉRIEN
Bruno Trévidic
@BrunoTrevidic
Carrefour retire son plan de crise
en Argentine
DISTRIBUTION La chaîne de supermarchés française Carrefour
Le PDG, qui a mis sa démission
dans la balance, fait le pari que,
compte tenu du taux de grévistes
inférieur à 10 % de l’effectif total – il
est estimé pour ce lundi à 28,1 %
chez les pilotes –, la grande majorité
des salariés d’Air France devrait
logiquement voter « oui », y compris chez les pilotes. Cependant, si
cette décision a déjà suscité un certain nombre de soutiens, dont celui
de la CFDT, le premier syndicat
d’Air France – qui n’a pas appelé à la
grève –, l’issue du scrutin reste
incertaine à plus d’un titre.
Tout d’abord, l’annonce de la
consultation ne met pas fin au
conflit. Air France prévoit ainsi
d’assurer 75 % de son programme
de vols ce lundi, le préavis couvrant
aussi la journée de mardi. Et l’intersyndicale prévoit toujours d’en
déposer d’autres sur mai, leurs dates
étant probablement annoncées le…
26 avril. Compte tenu de l’obligation
salariales (10,7 % de hausse), mais
sans fixer de calendrier. Les syndicats auraient également accepté
d’ouvrir des négociations sur les
contreparties réclamées par la
direction pour financer ses hausses
de salaires, dans le cadre d’un
« pacte de croissance ».
Condamnés à s’entendre
Quel que soit le résultat du vote,
la direction devra trouver un terrain d’entente avec le SNPL AF, non
seulement sur les salaires mais
aussi le prochain plan stratégique
à cinq ans, que Jean-Marc Janaillac
prévoit de dévoiler en juin. Un plan
destiné à améliorer la compétitivité
et la rentabilité, qui restent les deux
principaux points faibles d’Air
France comparé à ses principaux
concurrents. Ce plan prévoirait
notamment une refonte de l’activité court et moyen-courrier et
une accélération de la croissance
de la filiale low cost Transavia,
avec d’importants achats d’avions à
la clef. Or, sur ces deux sujets, la
direction aura besoin d’un accord
avec le SNPL AF pour réviser les
accords précédents. n
Référendum : le précédent Christian Blanc
En 1994, Christian Blanc, le
patron d’Air France, s’était
adressé directement au personnel pour faire approuver
un plan de restructuration
massif. Une première qui
a tourné au plébiscite.
VENTE AUX ENCHÈRES La
ve n t e d u m o b i l i e r e t d e s
objets du Ritz, célèbre palace
parisien, a atteint la somme
de 7,3 millions d’euros, soit
plus de sept fois l’estimation,
a annoncé samedi la maison
de vente Artcurial. Cette dernière a de facto enregistré
« un record mondial pour une
vente de mobilier d’hôtel ». La
totalité des 3.400 lots a été
vendue, dont 95 % au-dessus
de l’estimation. En 2013, la
vente des meubles et objets
de l’hôtel de Crillon avait rapporté 6 millions d’euros.
Démission dans la balance
pour les grévistes de se déclarer au
moins 48 heures à l’avance, des perturbations sont à prévoir durant le
déroulement du scrutin, qui devrait
s’achever avant la présentation des
résultats trimestriels, le 4 mai.
Par ailleurs, même en cas de victoire massive du « oui », le résultat
ne permettra pas de valider le projet
d’accord. Jean-Marc Janaillac a en
effet opté pour une simple « consultation » non contraignante juridiquement. En cas de victoire du
« oui », les négociations devront
reprendre avec les syndicats, qui
pourront toujours contester la légitimité du résultat.
Dans les faits, les négociations
avec les représentants des pilotes,
sans lesquels les grèves auraient
peu d’effets, n’ont jamais cessé.
Même après l’annonce de la consultation, deux réunions entre le DRH,
Gilles Gateau, et les représentants
des pilotes se sont déroulées vendredi et samedi. Sans résultat concret, mais non sans avancées. Les
trois syndicats, dont le SNPL AF
majoritaire à lui tout seul, auraient
proposé un accord de sortie de
crise, reprenant ses revendications
Denis Fainsilber
dfainsilber@lesechos.fr
LES ECHOS
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Jean-Marc Janaillac n’a certainement pas oublié cet épisode clef
pour son groupe puisque à l’époque, en plus de ses fonctions à la tête
de la structure de promotion Maison de la France, il était également…
administrateur d’Air France.
En ce printemps 1994, Air France
est cliniquement mort, avec 12 milliards de francs de pertes cumulées sur trois ans, un endettement
record et des pertes récurrentes de
parts de marché. Le dépôt de bilan
plane. Le gouvernement Balladur
est disposé à procéder à une recapitalisation record (20 milliards de
francs, soit 3 milliards d’euros) pour
sauver le groupe issu de la fusion
avec Air Inter et UTA, mais pas sans
contreparties sur le plan social.
Les salaires sont payés via un prêt
consenti par la Caisse des Dépôts, la
productivité est notoirement insuffisante et le gouvernement se sou-
Pascal Sittler/RÉA
Vente record
pour le mobilier
de l’hôtel Ritz
JOUETS Mattel, le fabricant
de jouets qui peine à relancer
ses ventes, a annoncé le prochain départ de sa directrice
générale, Margaret Georgiadis, en poste depuis quatorze
mois, et son remplacement
par Ynon Kreiz, administrateur du groupe et spécialiste
du digital. Il a dirigé la chaîne
digitale Maker Studios,
rachetée par Walt Disney. Le
groupe, connu pour ses poupées Barbie, a souffert d’une
baisse de la demande ces dernières années.
Gérard Julien/AFP
Mattel change
encore de patron
Emmanuel Dunand/AFP
a abandonné en Argentine son plan de Procédure préventive de
crise et s’est engagée à éviter les licenciements, à la suite d’un
accord prévoyant une aide du gouvernement de Mauricio Macri.
L’accord a été conclu après plusieurs réunions tenues entre la
chaîne et les syndicats à la demande du ministère du Travail.
Jean-Marc Janaillac joue le tout
pour le tout : le PDG d’Air FranceKLM a mis fin aux tergiversations
vendredi, en jouant l’avenir d’Air
France sur le résultat d’une « consultation » de l’ensemble des salariés. Le scrutin se tiendra du 26 avril
à début mai, le personnel étant
invité à se prononcer sur l’accord
proposé le 16 avril. A savoir une
hausse générale des salaires de 7 %
sur quatre ans dont 2 % cette année,
qui s’ajouterait aux augmentations
de salaires individuelles.
« Je ne peux accepter le gâchis
en cours alors même qu’une très
large majorité des salariés est non
gréviste », explique Jean-Marc
Janaillac pour justifier sa décision,
sans précédent chez Air France
depuis le référendum organisé en
1994. Depuis le début des grèves
commencées par dix syndicats
pour obtenir une hausse générale
des salaires de 6 % en 2018,
les arrêts de travail ont coûté
à la compagnie « plus de 220 millions d’euros » et pèsent sur les
réservations.
Avec la consultation des salariés d’Air France en 1994, Christian
Blanc, alors patron du groupe, mettait son poste en jeu.
vient de la manière dont l’ex-symb ole absolu Pan Am vient de
disparaître du ciel américain.
Un « remède de cheval »
Nommé quelques mois plus tôt,
Christian Blanc, qui a beaucoup
consulté ses troupes, propose un
plan de redressement, un véritable
« remède de cheval » : 5.000 suppressions d’emplois sans licenciements, gel des salaires pour trois
ans, allongement de la durée du travail y compris pour les pilotes (nous
sommes avant les lois Aubry sur
les 35 heures), blocage des avancements, mise au rancart de
17 avions, etc.
Seulement six syndicats de
l’entreprise approuvent le plan, et
huit autres le rejettent, la coalition
du refus alliant la CGT et CFDT au
SNPL (pilotes) et SNPNC (hôtesses
et stewards). Face à cette impasse,
Christian Blanc dégaine alors
l’arme absolue : le recours au peuple. Une première en France pour
une entreprise de cette taille. Les
40.000 salariés de l’entreprise
devront donc se prononcer directement sur le projet d’entreprise
« Reconstruire Air France », exposé
dans un document de 47 pages
reçu dans leur boîte aux lettres.
Une formule soufflée au PDG par
Robert Genovès, l’influent leader
de FO de l’époque dans la maison.
« La réponse doit être claire et
massive », insiste, avec des accents
gaulliens, Christian Blanc dans
un courrier adressé aux salariés.
Pas question de chercher une victoire à l’arraché, le patron, qui met
sa démission dans la balance (déjà),
veut un clair soutien à son plan
de vol. Et sait qu’une bonne partie
des salariés est prête à bouger pour
sauver le groupe.
L’opération tourne au plébiscite.
Et même dépourvue, en tant que
telle, de valeur juridique, elle assied
la légitimité du dirigeant connu
pour ses célèbres cigares, fumés
sous le nez des mécanos avec un air
bravache. Non seulement le taux de
réponse est énorme (83,6 % de participation), mais le « oui » triomphe
avec 81,3 % des voix. L’ancien patron
de la RATP, qui en avait claqué la
porte quand le gouvernement lui
avait refusé l’instauration d’un
service minimum, remporte un
blanc-seing maximum. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 17
Les Echos Lundi 23 avril 2018
Bruxelles durcit les conditions de Grève : la SNCF
veut rassurer
mise sur le marché des voitures
ses clients TGV
AUTOMOBILE
TRANSPORTS
Les institutions européennes continuent
de tirer les conclusions
du « dieselgate ».
La compagnie
publique indique
de plus en plus
en amont les circulations maintenues
les jours de grève.
Derek Perrotte
@DerekPerrotte
— Bureau de Bruxelles
Contrôles a posteriori
« Le “dieselgate” a révélé les points faibles de notre système de réglementation et de surveillance du marché.
Nous savons que certains constructeurs automobiles ont triché et que
beaucoup d’autres ont exploité des
failles légales. Pour y mettre un terme,
nous sommes en train de réformer le
système entier », martèle la commissaire européenne à l’Industrie,
Elżbieta Bieńkowska.
Julian Stratenschulte/AFP
L’après-« dieselgate » continue de se
préparer en Europe. Jeudi dernier,
les eurodéputés réunis à Strasbourg
ont validé l’accord trouvé en décembre par les institutions européennes
sur la réforme de l’homologation
des véhicules neufs au sein de
l’Union européenne. Le Conseil, qui
réunit les Etats membres, doit à son
tour s’exécuter ces prochaines
semaines, ultime étape (une formalité en principe) avant l’entrée en
vigueur de la réforme, le 1er septembre 2020.
C’est l’issue d’une longue bataille
politico-légale lancée après le scandale, à la rentrée 2015, des moteurs
Diesel truqués de Volkswagen, qui
trompaient les tests sur les émissions polluantes. La réforme des
homologations complète celle des
tests d’émission, en place depuis
septembre, avec des essais en conditions réelles de conduite et non plus
seulement en laboratoire. La troisième réforme liée, celle de la révision des seuils d’émission de CO2,
pour favoriser les véhicules les plus
propres, a été lancée en novembre et
doit encore être débattue par les
Etats et le Parlement européen.
Elle mise sur cette
visibilité pour
réduire les pertes.
Un accord a été trouvé pour une refonte, en 2020, des procédures d’homologation des véhicules neufs.
Les nouvelles règles, âprement
débattues depuis plus de deux ans,
comptent améliorer la transparence
des procédures d’homologation en
renforçant les contrôles et le pouvoir
de sanction. La piste d’un organe
européen d’homologation, soulevée
par la commission d’enquête parlementaire qui a suivi le « dieselgate »,
n’a pas été retenue face aux réticences des Etats, Allemagne en tête.
Mais les procédures nationales
devront être durcies et des gardefous européens sont prévus.
La Commission européenne pourra contester une homologation
en cas de problème.
La Commission européenne et
les autres Etats membres auront
ainsi la possibilité de contester une
homologation en cas de problème.
Surtout, la Commission pourra évaluer les tests nationaux et, changement fort, effectuer elle-même des
tests post-homologation sur des
véhicules déjà en circulation. Les
autorités nationales devront aussi
opérer de tels contrôles a posteriori,
à raison d’au moins un véhicule
homologué par an sur 40.000.
La Commission pourra condamner les fabricants à payer jusqu’à
30.000 euros d’amende par véhicule
en infraction et aura en outre la
faculté de déclencher des rappels à
l’échelle de l’Union européenne.
Regagner la confiance
« Si ce texte prévoit de renforcer les
contrôles de véhicules sur route, nous
savons aussi qu’en renonçant à la
création d’une agence indépendante
de contrôle, nous nous sommes privé
d’un moyen efficace d’empêcher de
nouveaux abus », regrette toutefois
l’eurodéputée écologiste Karima
Delli, qui faisait partie de la commission d’enquête parlementaire.
« Cette réforme devrait apporter
la sécurité juridique et la clarté nécessaires à notre industrie. Ce système
plus robuste lui permettra de regagner la confiance des consommateurs », avait commenté en décembre Erik Jonnaert, secrétaire général
de l’Acea, le lobby des constructeurs
européens d’automobiles. n
« Dieselgate » :
un dirigeant de
Porsche arrêté
Un dirigeant de Porsche
a été incarcéré
en Allemagne dans
le cadre du scandale des
moteurs Diesel truqués.
Selon les journaux
allemands « Bild »
et « Automobilwoche »,
il s’agit de Jörg Kerner,
ex-responsable
des moteurs de Porsche,
arrivé en 2011 de chez
Audi, autre marque
du groupe et impliquée,
contrairement à Porsche,
dans la fabrication
de moteurs Diesel.
Sans préciser l’identité
du détenu, un porte-parole
du parquet de Stuttgart
a confirmé l’arrestation
mercredi d’un suspect
pour « risque de fuite
et de dissimulation
de preuves ».
Opel pourrait perdre plus d’un quart
de ses salariés allemands
niqué. Le groupe affirme aussi
« respecter toutes les conventions
collectives existantes en matière de
production ».
AUTOMOBILE
Quelque 4.000 salariés
sont prêts à quitter
par retraite anticipée
la branche allemande
de PSA.
Pas de prime de Noël
Pauline Houédé
@Pauline_H
— Correspondante à Francfort
Portes ouvertes. Le nombre de
salariés en partance d’Opel devrait
largement dépasser les espérances
de PSA, le nouveau propriétaire
de la marque à l’éclair. S elon
Wolfgang Schäfer-Klug, le chef
du comité d’entreprise d’Opel, plus
de 4.000 salariés sont d’ores
et déjà volontaires pour quitter
l’entité. Cela sans prendre en
compte le généreux plan de départ
ouvert à tous les salariés fin mars.
Aux 2.000 employés qui ont déjà
accepté le programme de retraite
anticipée mis sur pied fin 2017
s’ajoutent quelque 2.000 salariés
qui s’apprêteraient à le faire. « C’est
un mouvement de fuite », déplore
vendredi le chef du CE, qui se
demande s’il restera ensuite assez
de bras pour accomplir les tâches
demandées. Pour redresser les
comptes de sa branche allemande,
le constructeur français n’aurait
réclamé « que » 3.700 suppressions
Le véritable front entre PSA et les représentants du personnel
d’Opel concerne les investissements et l’affectation
de produits aux sites allemands. Photo Robert Michael/AFP
d’emploi d’ici à 2020, précise Wolfgang Schäfer-Klug. Chez PSA, on ne
donne toujours qu’un seul objectif
chiffré : celui de la baisse attendue
de la masse salariale d’Opel – environ 30 %. Pour rappel, la moitié des
effectifs d’Opel est localisée en Allemagne, soit pas loin de 19.000 salariés, dont environ 8.000 ingénieurs.
En réalité, le véritable front entre
PSA et les représentants du personnel d’Opel concerne les investissements et l’affectation de produits
aux sites allemands. Reprochant à
Carlos Tavares de ne pas respecter
comme promis les accords sur les
investissements négociés avant le
rachat, le CE d’Opel et le syndicat IG
Metall rejettent catégoriquement
l’offre du groupe français, qui propose d’allouer la production de gros
moteurs essence à l’usine de Kaiserslautern, le développement des
véhicules utilitaires légers au site
R&D de Rüsselsheim ainsi qu’un
modèle – le SUV Grandland X – à
l’usine d’Eisenach. En échange
d’une modération salariale et d’un
assouplissement des horaires.
Cette offre assure du travail à seulement 1.800 salariés, s’agace le CE.
« Un plan d’investissement est prévu
pour chacun des sites en Allemagne. Il
sera mis en œuvre dès que les conditions de performance seront réunies », a rétorqué PSA par commu-
« C’est un chantage », s’insurge
Berthold Huber, l’ancien patron
d’IG Metall, partie prenante dans
les discussions. PSA demanderait
par ailleurs à tous les employés
d’Opel de renoncer complètement
à l’augmentation de 4,3 % négociée
par IG Metall pour l’ensemble de la
branche métallurgie, ainsi qu’à
leurs primes de Noël et de vacances.
Et ce plutôt qu’un simple report,
comme il est d’usage en Allemagne
pour les entreprises en difficulté.
En clair, c’est un véritable choc
des cultures qui secoue Opel. Habitués à la cogestion, un mantra outreRhin, les représentants de la marque à l’éclair n’acceptent pas d’être
soumis au « à prendre ou à laisser »
de la direction de PSA. Qui, de son
côté, martèle qu’Opel ne peut pas
continuer à réclamer tous les ans de
l’argent à sa maison mère pour compenser ses pertes. Comme du temps
de General Motors.
À NOTER
Carlos Tavares, le patron
de PSA, s’est entretenu
vendredi avec Peter Altmaier
et Hubertus Heil, les ministres
allemands de l’Economie
et du Travail.
Lionel Steinmann
@lionelSteinmann
La SNCF s’organise pour limiter
autant que possible l’impact sur
l’activité TGV du conflit au long
cours lancé par les syndicats. Lorsque ces derniers ont
dévoilé, le 15 mars, leur tactique
de grève à épisodes (des préavis
de deux jours tous les cinq jours,
de début avril à fin juin), « nous
a vo n s é t é i n t e rl o q u é s » , a
reconnu vendredi lors d’un
point presse Rachel Picard, la
directrice générale de Voyages SNCF, qui s’attendait à un
mouvement de grève classique,
illimité et reconductible. Là,
« nous avons été obligés de nous
adapter », a-t-elle indiqué, avec
deux postulats : « Personne ne
reste à quai ; et personne ne
voyage dans des conditions inacceptables », ce qui avait pu se
produire lors du précédent
conflit en 2016.
Dans un premier temps, la
compagnie a joué la prudence,
en suspendant, le 20 mars, les
réservations pour les jours de
grève annoncés d’ici à juin.
« Nous ne voulions pas vendre
plus de trajets que ce que nous
pouvions assumer dans le pire
des cas », s’est justifiée la dirigeante. L’entreprise s’est ensuite
organisée afin de prévenir en
« Nous ne voulions
pas vendre plus de
trajets que ce que
nous pouvions
assumer dans le
pire des cas. »
RACHEL PICARD
Directrice générale de
Voyages SNCF
amont, avant chaque épisode de
grève, tous les passagers ayant
déjà réservé. Et les informer, si
leur train était annulé, des autres
possibilités de départ. Lors de
la première phase du conflit, les
3 et 4 avril, les clients ont été
contactés 48 heures avant le
départ, date butoir pour les cheminots afin de se déclarer grévistes. « Mais c’était trop tard.
Nous avons perdu la moitié des
clients », rapporte Rachel Picard.
Alors, la SNCF s’est enhardie.
En fonction du taux de grévistes
les jours précédents, et des ressources disponibles, elle détermine un certain nombre de
« TGV garantis », qu’elle se dit
certaine de faire circuler. Et les
communique de plus en plus
tôt. Grâce à cela, la proportion
de voyages maintenus a été portée de 50 à 70 %.
Pour les deux dernières phases de grève de ce mois, les 23 et
24 avril et les 28 et 29 avril, la
SNCF garantit désormais
250 TGV par jour (contre 800
d’habitude) et les a d’ores et
déjà rouverts à la vente. A ce
socle minimum seront ajoutées
d’autres circulations, 48 heures
avant le départ si la baisse du
taux de grévistes le permet.
De quoi limiter les pertes de
recettes, espère la dirigeante,
en redonnant de la visibilité
à la clientèle.
Un plan de transport
refait chaque jour
Par ailleurs, « le plan de transport est refait chaque jour de
grève pour l’adapter aux besoins,
ce qui est inédit », a pointé
Rachel Picard. Lors des départs
en vacances, des circulations
sont assurées vers Nice, Brest ou
Hendaye. Les jours de semaine,
en revanche, les arbitrages favorisent les destinations affaires.
La notion de circulation
« garantie » peut toutefois être
mise à mal si les cheminots grévistes se mettent à entraver la
circulation, comme ils l’ont fait
jeudi à Lille en envahissant les
voies. Face à ce cas de figure, la
patronne de Voyages SNCF
annonce une position très
ferme : « Cela n’est pas acceptable. Nous porterons plainte en cas
d’intrusion sur les voies, car cela
n’a plus rien à voir avec le droit de
grève. » La compagnie, a-t-elle
indiqué, a, par exemple, un huissier présent gare de Lyon, prêt à
constater tout débordement. n
La grève « s’érode lentement »,
selon Guillaume Pepy
La grève à la SNCF « s’érode lentement », a déclaré
dimanche le président du directoire du groupe
SNCF, Guillaume Pepy, interrogé dans l’émission
« Le Grand Jury »-RTL-« Le Figaro »-LCI. « Il y a
quatre cheminots sur cinq au travail », a-t-il souligné, précisant que les agents de conduite « sont
en grève à 60 % », soit « beaucoup moins qu’au début
de la grève, où on était à 77 % ». Le trafic sera encore
très perturbé lundi avec 1 train sur 2 pour l’international, 2 TGV sur 5, 3 Intercités sur 10, 3 TER sur 7
et 3 trains sur 7 pour le réseau Transilien.
en bref
La RATP lorgne les TER
TRANSPORTS La RATP pourrait être candidate à l’exploitation
de trains régionaux en France, lorsque les services assurés par
la SNCF seront ouverts à la concurrence, indique sa PDG,
Catherine Guillouard, dans un entretien paru samedi dans « Le
Figaro ». « Nous ne nous l’interdisons pas, seuls ou avec un
partenaire. Cela ferait sens », déclare la patronne de la RATP, et
d’ajouter : « Nous avons le savoir-faire, avec l’exploitation de RER
ou de trains à l’étranger, comme en Afrique du Sud. »
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
18 // INDUSTRIE & SERVICES
Lundi 23 avril 2018 Les Echos
CONSOMMATION : LE BIO MONTE EN RÉGIME
Alimentation : les grandes marques
surfent sur la vague du bio
l Danone, Côte d’Or ou Fleury Michon, la liste des producteurs alimentaires qui déclinent leurs marques phares
avec des produits bio s’allonge.
l L’objectif : élargir leur clientèle et améliorer leurs marges.
Il y a tout juste un an, Mondelez
International a fait le pari du chocolat bio. Et il s’en félicite : les ventes de
son Côte d’Or bio se sont élevées à
4,6 millions d’euros, « ce qui nous
place parmi les premières réussites
de lancement d’un produit bio »,
vante Charlotte Prestat, directrice
marketing chocolat de Mondelez
International. Surtout, pointe-telle, « 36 % sont de nouveaux acheteurs » : généralement des moins de
35 ans, une cible qu’il avait du mal à
conquérir avec ses gammes traditionnelles.
Du chocolat au jambon en passant par les soupes ou la salade en
sachet, les grandes marques alimentaires multiplient la déclinaison de leurs produits en version bio.
L’an dernier, le marché des produits
alimentaires sans intrants chimiques a dépassé 8 milliards d’euros
en France, selon les résultats provisoires de l’Agence Bio. Soit une
hausse d’au moins 12 % en un an,
poussée par les grandes surfaces et
la distribution spécialisée.
Chez Danone, le bio met aussi le
groupe en appétit et se développe
sous ses propres marques. Cette
année, six se lancent, parmi lesquelles Blédina, Evian ou Volvic avec
Volvic Infusion Bio et Volvic Juicy
Kids Bio. A partir de 2025, indique le
groupe « 100 % des produits cultivés
en France seront issus d’une agriculture régénératrice », très proche des
exigences du bio. Blédina a lancé
au printemps dernier « Les Récoltes Bio » (44 références), avec un
objectif : atteindre 30 % de parts de
marché sur le segment de l’alimentation infantile bio.
Des prix à ne pas dépasser
Fleury Michon, de son côté, a
démarré sa première gamme bio
dans la grande distribution en…
2004. « Aujourd’hui, elle représente 4 % de nos ventes, nous souhaitons passer à 20 % en 2022 », indique David Garbous, directeur
marketing stratégique. Une stratégie qui nécessite de repenser le positionnement en matière de prix. Si la
rentabilité des offres bio est nettement meilleure, Fleury Michon
estime qu’il y a des limites à ne pas
dépasser. « Il n’est pas possible
d’aller au-delà d’un tarif de vente
consommateur supérieur de 40 %
à celui pratiqué pour le jambon classique », estime-t-il. Côte d’Or, lui,
affiche un prix de vente de l’ordre de
2 euros la tablette, contre 1,80 euro
pour le « conventionnel ».
La croissance de l’offre nécessite
d’adapter les filières d’approvisionnement. Fleury Michon, qui mise
une partie importante de sa stratégie sur le label Agriculture biologi-
que (AB), manque cruellement de
matière première d’origine française. Il achète donc ses jambons et
ses longes de porcs au Danemark,
principalement. « En France, seulement 1 % des éleveurs s’est converti
au bio », se désole David Garbous,
qui a passé un accord avec un groupement de producteurs du Perche
pour accélérer les conversions.
« Plus de sécurité »
Cette offensive des grandes marques dans tous les rayons bio de
l’alimentaire pourrait marginaliser
les PME. « Bien au contraire, cela les
pousse à aller au-delà des normes
réglementaires européennes pour
affirmer leur modèle et apporter
encore plus de sécurité à leurs produits », juge Synabio, qui regroupe
près de 200 entreprises de taille
moyenne.
« Nous recherchons un bio de
proximité, confirme Stéphane
Letué, directeur de la coopérative
Les Poulets de Janzé. Forte de
170 producteurs de poulets principalement Label rouge, elle cherche
des producteurs alimentant leurs
animaux avec des céréales cultivées
localement sur des terres sans pesticide. « C’est l’Europe qui a défini le
cahier des charges du bio. Il faut être
vigilant car… il est bien moins
contraignant que le Label rouge
d’origine française », poursuit Stéphane Letué. n
L’an dernier, le marché des produits alimentaires biologiques a dépassé 8 milliards d’euros en France, selon les résultats provisoires de
l’Agence Bio. Carrefour s’est fixé un objectif de 5 milliards de chiffre d’affaires dans le bio en 2022. Richard Damoret/RÉA
INTERVIEW JOHANNA GUESDON Maraîchère en agriculture biologique dans l’Hérault
Le bio, « on n’en a jamais assez car il y a trop de demande »
Propos recueillis
par Céline Dupin
— Correspondante à Montpellier
bution. Je voulais arrêter de vendre
des produits qui pour moi sont du
poison. Je me suis formée sur le tas,
avec mon père. Je suis une convaincue du bio.
J
ohanna Guesdon, vingtcinq ans, s’est associée avec
son père, Stéphane, dans le
Gaec des saveurs bio, 7 hectares de
vergers et de maraîchage en « AB »
à Thézan-lès-Béziers (Hérault). Ils
produisent chaque année 18 tonnes
de fruits et légumes labellisés.
2
1
Pourquoi avoir choisi
de vous installer en bio ?
Je me suis associée avec mon père il
y a deux ans, et lui avait converti
l’exploitation en 1998. Il est passé en
bio à cause de la « vache folle » : il
avait une fille de six ans et une fille
de neuf ans, ça l’a décidé. Tout le
monde le prenait pour un fou car il
a été l’un des premiers ici. Il a fallu
qu’il s’adapte. Certaines années, il a
eu beaucoup de pucerons, la cloque
sur le pêcher ou d’autres maladies,
et il ne savait pas comment faire. Il a
eu du thrips sur la nectarine : une
bête qui vient piquer la nectarine,
DR
Stanislas du Guerny
— Correspondant à Rennes
« La nature, il faut
travailler avec elle,
pas contre. »
celle-ci devient moche et invendable. Il n’y a que depuis deux ou trois
ans qu’ils ont trouvé un produit qui
marche. Moi, j’ai passé quatre ans
comme caissière en grande distri-
Comment gérez-vous
les spécificités
de la culture en bio ?
On parle beaucoup avec d’autres
maraîchers en bio, et les Jeunes
Agriculteurs de l’Hérault m’aident
pas mal. Nous avons aussi une
experte agronome mise à disposition par Alterbio, un grossiste spécialisé à Perpignan. La première
année, on a eu de la cochenille tortue sur les figuiers. Dans ces cas-là,
j’appelle les JA et si personne ne sait,
je contacte d’autres producteurs de
figues. Le vrai problème, c’est
quand on n’a pas de solution. Sur
l’abricotier par exemple, il y a un
champignon et le seul moyen de lutter, c’est de couper les branches, les
brûler et les sortir du verger. Le problème, c’est le temps qu’on y passe et
donc la rentabilité. Il faut aussi
savoir utiliser des moyens simples :
les limaces, on les attire avec de la
bière. Ça marche bien ! La nature, il
faut travailler avec elle, pas contre.
3
Le rendement
est-il une contrainte ?
On ne se compare pas au conventionnel. On produit, et on n’en a
jamais assez car il y a trop de
demande. Le prix suit, et du
moment que le marché suit, c’est
bon. Actuellement, on ne fait que
produire, que s’agrandir, on ne peut
que travailler pour faire mieux. On
travaille avec Alterbio, ils nous
assurent la vente et cela nous aide,
parce que la vente directe a ses limites. Par exemple, ils nous ont
demandé des figues car Alterbio les
importait d’Espagne, donc on a
planté des figuiers. Depuis deux
ans, on plante chaque année un
hectare de verger. J’aimerais bien
arriver à 10 hectares (contre 5
aujourd’hui, NDLR), même si c’est
beaucoup car nous ne sommes que
deux, mon père et moi. On ne cherche pas le rendement maximum,
un jour on arrêtera. n
Léa Nature investit 100 millions d’euros sur quatre ans
Le numéro deux du bio en
France a accru son chiffre
d’affaires de 23 % en 2017.
Marie-Josée Cougard
@CougardMarie
Charles Kloboukoff, président du
holding familial qui coiffe
Léa Nature, numéro deux du bio en
France derrière Bjorg, voit grand. Il
a prévu un investissement de
100 millions d’euros sur quatre ans.
Le chiffre d’affaires de l’entreprise
connaît une croissance très enviable depuis plusieurs années. En
2017, il a bondi de 23 % à 279 millions d’euros, après une progression de 24 % en 2016.
Le bio est en plein boom et les
8 milliards que représente le marché tricolore nourrissent bien des
ambitions, attirant multinationales,
coopératives et enseignes de la distribution. D’autant que, là aussi, la
progression est à deux chiffres.
Les investissements de 100 millions d’euros sont destinés à élargir
et à diversifier l’offre de l’entreprise.
Ils seront réalisés sur plusieurs des
treize ateliers de production bio en
France. Le plus gros effort, de 21 mil-
lions, ira à la conserverie Bioviver à
Damazan (Lot-et-Garonne). Léa
Nature s’est fixé pour objectif de réaliser un chiffre d’affaires de 340 millions (+22 %) d’euros en 2018.
A deux vitesses
Toutes ces ambitions ne vont pas
sans quelques craintes. Guillaume
Hannebicque, le directeur marketing, s’interroge sur le risque de voir
se développer un marché bio à deux
vitesses qui, finalement, menacerait le bio tout entier. L’arrivée de
nouvelles marques tous les jours est
« une bonne chose », estime-t-il.
« Nous appelons de tous nos vœux le
développement des hectares cultivés
en bio. » En revanche, les pionniers
du bio voient d’un mauvais œil
l’irruption des grands groupes sur
ce marché. « Ils appliquent les
mêmes techniques commerciales, les
mêmes promotions que sur les produits conventionnels, dévalorisant
au passage le bio alors que le consommateur est prêt à dépenser plus parce
qu’il a la garantie dans les rayons
100 % bio d’acheter des produits de
qualité », déplore Guillaume Hannebicque. Pire, le bio devient « un
levier de négociation des grandes
marques conventionnelles, si bien
qu’à certains moments de l’année, le
niveau de promotion atteint 50 % de
Les pionniers du bio
voient d’un mauvais
œil l’irruption
des grands groupes
sur ce marché.
leurs ventes bio ». Inacceptable pour
Guillaume Hannebicque. « Le
cahier des charges bio va avec un coût
de production supérieur, qui doit se
retrouver dans le prix final. » Faute
de quoi, le recrutement des producteurs pourrait devenir difficile.
Deuxième source d’inquiétude,
le poids grandissant des enseignes
de la distribution. Toutes s’y sont
mises. Le chiffre d’affaires réalisé en
GMS sur le bio a atteint 3,5 milliards
d’euros en 2017, en hausse de +18 %.
La croissance des réseaux spécialisés, elle, a ralenti. A 3,3 milliards
d’euros, elle a progressé de +11 %,
« alors même que de nouveaux
magasins ont ouvert », pointe
Guillaume Hannebicque. n
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INDUSTRIE & SERVICES // 19
Les Echos Lundi 23 avril 2018
DISTRIBUTION
Organisé en coentreprise avec le géant
nippon, le spécialiste
français des produits
organiques va ouvrir
plus de sept magasins
cette année à Tokyo.
Yann Rousseau
— Correspondant à Tokyo
En 2017, le marché du bio a atteint
un montant total proche des 8 milliards d’euros en France. Au Japon,
il était mesuré à seulement 1,5 milliard d’euros malgré une population
de 126 millions d’habitants. « C’est
simple. Sur ce segment, le Japon, c’est
la France il y a dix ans », tranche
Thierry Chouraqui, le PDG de la
chaîne de distribution de produits
biologiques Bio c’ Bon. « La taille
actuelle de la demande japonaise
n’est que le reflet d’une offre famélique », analyse le dirigeant qui anticipe un développement très similaire à celui vécu en France au fil de
la prise de conscience des enjeux de
sécurité alimentaire et d’une attention accrue accordée à la santé.
Les enseignes spécialisées ouvrent toujours
plus de boutiques.
Mais ce sont les hypers
et les supers qui tirent
aujourd’hui le marché.
Philippe Bertrand
@Bertra1Philippe
Carrefour et Leclerc se disputent
la place de premier « grand »
distributeur de bio en France.
« Nos hypers sont les premiers
vendeurs de bio français derrière
Biocoop, avec 22 % de part de
marché » affirmait MichelEdouard Leclerc aux « Echos »
en février. Chez Carrefour, qui
exploite des hypers et de nombreux supermarchés, on avance
un chiffre d’affaires de 1,3 milliard d’euros qui garantit un véritable leadership.
Le premier réseau spécialisé,
Biocoop, affiche 1,1 milliard de
ventes. L’ensemble du marché
pèse 8 milliards. La niche
devient chaque année plus
grande. Dans un marché de l’alimentation atone ou presque, les
20 % de progression des produits biologiques représentent
l’une des rares poches de croissance. Les grandes enseignes
mettent tout en œuvre pour la
siphonner.
Elles trempent leurs doigts
de pieds dans cette réserve de
marges depuis près de dix ans.
Carrefour a testé Carrefour Bio
et Auchan Cœur de nature.
Elles y plongent désormais sans
états d’âme et suivent l’exemple
de Monoprix qui a acheté Naturalia en 2008, un réseau qui
atteindra bientôt les 200 unités au rythme de plus de vingt
ouvertures par an.
« Shop in shop »
Alexandre Bompard transforme Carrefour en champion
de la transition alimentaire. Il a
fixé un objectif de 5 milliards de
chiffre d’affaires dans le bio en
2022. Ce sont d’abord les rayons
des hypers et supers qui vont
être développés, avec un accent
mis sur la marque propre Carrefour Bio (la chaîne éponyme
est, elle, en stand-by). Le distributeur privilégie les « shop in
shop » pour rendre son offre
plus visible, même si les références les plus courantes
comme le lait trouvent aussi
leur place dans les rayons traditionnels. Quelque 90 magasins
ont été rééquipés. Soixante-dix
supplémentaires le seront cette
année, indique aux « Echos »
Laurent Vallée, le secrétaire
général du groupe. Un contrat
de trois ans vient d’être signé
pour 220 millions d’œufs bio
Carrefour. L’enseigne multiplie
également les contrats de
conversion avec les agriculteurs afin de les aider pendant
les trois ans durant lesquels ils
arrêtent les pesticides mais ne
peuvent pas afficher le label.
Carrefour leur offre des espaces
pour écouler leur production
pendant ce délicat entre-deux.
Leclerc développe de la
même façon les rayons bio de
ses hypers. Mais la coopérative
va ouvrir parallèlement
200 magasins spécialisés en
cinq ans. « Avec une centrale
d’achat spécifique, la Scabio, des
vendeurs spécialement formés et
des engagements à long terme
avec les producteurs », explique
Michel-Edouard Leclerc. Les
grands distributeurs veulent
ratisser large.
« Auchanbio »
Auchan Retail France a ouvert
il y a quelques semaines à Marquette-lez-Lille, dans la proche
périphérie lilloise, son premier Auchanbio. Sur
450 mètres carrés, ce magasin
propose 4.200 références dont
plus de 10 % sous la marque
Auchan, au même prix que
celui des mêmes produits à la
marque du distributeur vendus
dans ses hypermarchés. Les
dirigeants pensent qu’il y a la
place pour une centaine
d’Auchanbio en France.
Les 1.100 magasins spécialisés déjà implantés en France
(Biocoop, Naturalia, Les Nouveaux Robinson) sentent souffler le vent de cette puissante
concurrence. Cette année, ils
ont ouvert 250 boutiques,
contre 200 pour 2016. Malgré
cela, les distributeurs généralistes ont progressé plus vite.
Il faut dire que, selon l’Agence
Bio, 65 % des Français veulent
accéder à plus de produits bio en
grande distribution et 37 % dans
les supérettes, contre 26 % pour
les magasins spécialisés. Les
hypers et supers constituent le
premier circuit d’achat de produits bio pour 80 % des consommateurs. C’est désormais la
grande surface alimentaire qui
tire le marché (+20,5 % de ventes
en 2017, contre 15 % pour les spécialistes). La société se donne
dix-huit mois pour valider le
modèle économique avant de
décider de le déployer, que ce
soit en propre ou en franchise. n
Après avoir testé sa formule
depuis fin 2016 dans une première
boutique à Tokyo, Bio c’ Bon a
inauguré, vendredi, un plus grand
magasin à Naka-Meguro, un quartier huppé de la capitale nippone.
Et la société annonce maintenant
au moins sept autres ouvertures
d’ici à fin 2018. « A plus long terme,
nous prévoyons un réseau de plusieurs dizaines de magasins au
Japon », assure Thierry Chouraqui,
qui n’avait, jusqu’ici, jamais tenté
l’aventure hors d’Europe.
L’arrivée de Bio c’ Bon dans
l’Archipel fait suite à une rencontre
improbable avec Motoya Okada, le
PDG d’Aeon, le plus grand distributeur du Japon, dont la famille, très
francophile, avait découvert l’un des
magasins à l’occasion d’un séjour à
Paris. Anticipant lui aussi une évolu-
« Seulement 0,2 %
de la production
agricole nippone est
organique. »
LOIC GAVET
Expert de Business France
à Tokyo
tion des comportements alimentaires japonais, le patron d’Aeon
avait pris contact avec la société
française et finalement négocié la
création, en 2016, d’une coentreprise Bio c’ Bon Japon détenue à
50 % chacun par les deux partenaires. « Sans un tel partenaire, il aurait
été impossible de se lancer au Japon »,
souffle le patron français qui pointe
le complexe travail d’approvisionnement en produits bio.
Un enjeu majeur : trouver
plus de fournisseurs
Faute de demande, les agriculteurs
et producteurs japonais se sont
jusqu’à maintenant peu intéressés
à ce segment. « Seulement 0,2 % de
la production agricole nippone est
organique », pointe Loic Gavet, un
expert de Business France à Tokyo.
« C’est un enjeu majeur de ce marché.
Nous devons absolument trouver
plus de fournisseurs pour alimenter
n o t re o f f re » , e x p l i q u e , a u x
« Echos », Motoya Okada, qui
s’est beaucoup impliqué dans ce
nouveau projet.
Pointant l’extrême sensibilité aux
stratégies prix d’une population qui
a vécu plusieurs décennies en déflation, le PDG d’Aeon veut être en
mesure d’offrir du bio à des mon-
tants raisonnables. « Nous allons
devoir éduquer les consommateurs
pour progressivement faire changer
les mentalités », confie-t-il. « Mais il
nous faut aussi construire un réseau
de magasins suffisamment large pour
réaliser des économies d’échelle. »
Pour alimenter les boutiques,
les acheteurs de la coentreprise font
en permanence le tour du pays. « En
fruits et légumes, nous avons déjà
200 références sur le Japon qui nous
permettent d’assurer la fraîcheur
qu’exige la clientèle locale. Certains
de nos produits sont cueillis le matin
et proposés en magasin le soir
même », détaille Pascal GerbertGaillard, le directeur général de
Bio c’ Bon Japon.
En plus de ces produits frais
locaux, la chaîne propose les produits d’épicerie japonaise traditionnelle ainsi que les plats frais, tels
que des « bentos » et des « onigiris »
(boules de riz), indispensables dans
les magasins d’alimentation du
pays. Les boutiques ont aussi un
rayon proposant du fromage, souvent français, et quelques étagères
de vin. « C’est important pour se
différencier mais les produits importés ne représentent que 20 % de nos
ventes », précise Pascal GerbertGaillard. n
CMA CGM noue un partenariat
stratégique mondial dans la logistique
TRANSPORT
L’armateur marseillais, numéro trois
mondial du transport
maritime de conteneurs, va devenir
l’actionnaire de référence du suisse Ceva.
Jean-Michel Gradt
@ogrady99
Mondialisation oblige, 90 % du
commerce mondial transitent par
la voie maritime. Si la maîtrise de ce
maillon s’avère incontournable
pour assurer le transport de marchandises, rares sont les groupes
capables de prendre en charge un
conteneur dans la banlieue de Canton (Chine) pour le livrer à Lyon ou à
Zagreb en maîtrisant chacun des
maillons de la chaîne logistique.
C’est ce club très fermé, dit des
« Global Players » – où XPO Logitics
et J.B. Hunt côtoient les entités spécialisées des géants UPS et DHL –
que CMA CGM, numéro trois mondial du transport maritime de conteneurs, compte intégrer. Pour cela,
l’armateur marseillais a conclu un
accord, rendu public vendredi, afin
de prendre une participation de près
de 25 % au capital de Ceva. Numéro
cinq mondial de la logistique, avec
plus de 7 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2017, le groupe suisse
est jusqu’ici détenu à 75 % par trois
fonds d’investissement et leurs filiales, Capital Research and Management Company, Franklin Advisors
et Apollo Global Management, dont
les participations seront diluées.
A l’occasion de l’introduction en
Bourse du groupe suisse (constitué à
l’origine à partir de TNT Logistics)
sur le SIX Swiss Exchange – une opération officialisée vendredi par Ceva
qui compte lever 1,3 milliard
de francs suisses (1,1 milliard
d’euros) –, CMA CGM s’est engagé à
souscrire entre 380 et 450 millions
de francs suisses, financés sur ses
ressources propres. Les obligations
souscrites « seront convertibles en
actions ordinaires », précise CMA
CGM. Une fois la transaction finalisée, l’armateur marseillais disposera de deux sièges au conseil
d’administration. « Ceva occupe des
positions majeures dans le secteur de
la logistique, connexe à celui du
transport maritime. Ensemble, les
deux sociétés vont aussi explorer les
pistes de collaboration possibles pour
nous permettre de continuer à offrir
à nos clients une offre toujours plus
différenciée, de qualité et intégrant
des services complémentaires au
transport », a commenté le PDG de
CMA CGM, Rodolphe Saadé, cité
dans un communiqué.
Offres commerciales
De fait, avec 56.000 collaborateurs
dans 160 pays, plus de 9 millions de
mètres carrés d’entrepôts en gestion
sur plus de 750 sites à travers le
monde et une présence forte en Asie,
Ceva fournit à ses clients des solutions logistiques dites « de bout en
bout ». Classé 5e pour la « logistique
contractuelle » (stockage, distribution et services à valeur ajoutée
comme, par exemple, la préparation
de commandes) et 10e pour l’activité
de commission de transport (« freight forwarding ») – c’est-à-dire l’organisation des modes de transport (air,
mer, rail…) et les activités de douanes
afférentes –, le groupe suisse recrute
ses clients parmi les grands noms de
l’industrie, de l’automobile, de la distribution (e-commerce inclus), de
l’aéronautique ou encore des technologies et de la santé.
« Les deux sociétés sont convenues
d’explorer de possibles opportunités
de travailler ensemble au développement d’offres commerciales conjointes, selon des modalités qui seront
précisées dans les prochains mois »,
indique l’armateur français, dont le
précédent mouvement stratégique
initié par Rodolphe Saadé remontait à 2016 avec l’achat de l’armement singapourien Neptune Orient
Lines Limited (NOL). n
AVIS FINANCIERS
Résultats 2017
Croissance de 4,3% du
chiffre d’affaires à 367 M€
Forte hausse du résultat net
à 32,9 M€ soit +51,1%
agta record
Résultats consolidés annuels (1er janvier au 31 décembre)
En M€ - audités
2017
2016
Variation
Chiffre d’affaires
367,0
351,9
+4,3%
Marge brute
269,1
255,2
+5,5%
EBITDA
54,5
48,3
+12,8%
EBIT
40,9
29,7
+38,0%
Résultat net
32,9
21,8
+51,1%
Malgré des turbulences sur le marché des changes et
des efforts de restructuration (France, Royaume-Uni,
Pays-Bas et USA) encore importants sur l’ensemble
de l’exercice, agta record enregistre de bonnes
performances 2017.
La marge brute augmente de 70 bp sous l’effet d’une
forte progression des filiales à marge élevée, d’un
redressement de Record France, d’économies sur le
sourcing et d’un mix-produits favorable.
L’EBIT bénéficie d’une bonne maîtrise des frais de
personnel malgré les restructurations en cours, à l’inverse,
les coûts de transports pèsent sur les frais de structure.
Rappelons qu’en 2016, le Groupe avait déprécié la
totalité du goodwill de Blasi (impact de 5,5 M€).
Le résultat financier est de 1,7 M€ (contre une charge
financière de 1,4 M€ en 2016) imputable à la baisse du
franc suisse contre l’euro.
Renforcement de la structure financière avec une
trésorerie nette d’endettement de 62,1 M€ et des
capitaux propres de 240,0 M€.
Dividende : Au titre de 2017, un dividende de 1,30 CHF
par action sera soumis à l’approbation de l’Assemblée
Générale du 12 juin 2018 (2016 : 1,0 CHF).
Chiffre d’affaires du 1er trimestre 2018
En M€ - non audités
2018
2017 Variation
1 trimestre
85,4
84,4
+1,1%
Dont maintenance
36,7
34,9
+5,3%
Chiffre d’affaires à taux
de change constants
88,1
84,4
+4,3%
er
L’impact négatif des taux de change est essentiellement
imputable au dollar et au franc suisse.
La maintenance à taux de change constants est en
hausse de +7,6%.
Perspectives 2018
Sur cet exercice, malgré les incertitudes liées aux effets
devises et aux conséquences du Brexit, agta record
bénéficiera de la finalisation des restructurations, de
gains de parts de marché en France, UK et Pays-Bas
et d’une croissance retrouvée de la maintenance (+4 à
5% attendus sur l’exercice).
Dans des marchés qui restent globalement bien
orientés, agta record anticipe ainsi pour 2018 une
croissance organique de +3 à 4% à taux de change
constants.
agta record est coté sur Euronext Paris - Compartiment B - Valeurs zone internationale - www.record.group
agta record - Hubert Jouffroy - Tél : 06 07 44 56 12
ACTUS finance & communication - Amalia Naveira - Tél : 04 72 18 04 92 - anaveira@actus.fr
www
Les grands
distributeurs
captent le marché
Bio c’ Bon s’allie au géant Aeon
pour initier les Japonais au bio
ISIN : CH0008853209
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20 // INDUSTRIE & SERVICES
Lundi 23 avril 2018 Les Echos
Le Salon triennal Intermat s’ouvre
dans un contexte porteur pour le BTP
l Le Salon des équipements de BTP
ouvre ses portes ce lundi au Parc
des Expositions de Villepinte.
l 200.000 visiteurs sont attendus.
ments, un phénomène nouveau
qu’analysera aussi une table ronde
sur le thème : être loueur dans dix
ans », détaille Isabelle Alfano, directrice d’Intermat.
Myriam Chauvot
mchauvot@lesechos.fr
L a p r é c é d e n t e é d i t i o n av a i t
accueilli 183.000 visiteurs. Trois ans
plus tard, c’est près de 200.000 visiteurs qui sont attendus à Intermat,
le Salon triennal des équipements
du BTP, qui ouvre ses portes ce
lundi au Parc des Expositions de
Villepinte. Le contexte est porteur.
En France, les ventes de matériel
ont grimpé en flèche l’an dernier
pour renouveler un parc qui a
vieilli, lors des années de crise, et
accompagner la reprise du secteur.
Et le premier observatoire Intermat
de la construction, qui a recensé les
projets d’infrastructures dans
douze pays en Europe, en Afrique et
au Moyen-Orient, a listé pour
1.500 milliards d’euros de projets
d’ici à 2030… Le Salon reflète ce
regain d’activité et colle aux nouvelles tendances.
Trois « villages » thématiques
ont ainsi été créés. Parmi eux, « un
village de jeunes pousses, rassemblant quatorze d’entre elles, dont
cinq présentent des plates-formes de
vente et de location en ligne d’équipe-
Creuser en silence
Outre Internet et le numérique
appliqué à la construction, l’autre
défi du secteur est la concentration
dans les mégapoles des projets
actuels de BTP, illustrée, en France,
par le Grand Paris Express avec ses
200 kilomètres de tunnels à forer en
milieu souvent urbain. « Les contraintes qu’impliquent les chantiers
urbains (manque de place, problème
de bruit, etc.) amènent à innover »,
poursuit Isabelle Alfano. Les
machines deviennent plus compactes et multifonction, à l’instar des
mini-pelles, pouvant se transformer en chariot pour porter des
charges : « ces mini-pelles ont connu
l’an dernier le plus fort taux de croissance des ventes, +30 % selon le Seimat », souligne la directrice du
Salon.
Parallèlement, la motorisation
100 % électrique est de plus en plus
fréquente, gagne en puissance et en
autonomie pour gérer non seulement la problématique des émissions polluantes mais aussi celle du
Parmi les grandes tendances figurent la location ou l’achat en ligne du matériel et les équipements 100 % électriques,
donc moins polluants et plus silencieux. Photo Jean-Michel Meigne
bruit. Le marteau-piqueur silencieux n’est pas loin et le BTP se met à
rêver au Saint-Graal : pouvoir travailler de nuit sans susciter les
plaintes du voisinage…
Transition énergétique
L’argument est largement repris
par les fabricants primés par les
prix Intermat de l’innovation. Dans
la catégorie « terrassement/démolition », il est allé à une pelle compacte 100 % électrique de Volvo
Construction Equipment (la EX2),
ANNLEGALWK
75 • PARIS
SOCIETES
156807A – LES ECHOS
Par acte ssp du 15/04/2018, est constituée une société par actions simplifiée
ayant pour dénomination : BEKONCILIUM // Capital : 1.000 € // Siège : 102
av des Champs Elysées – 75008 Paris //
Objet principal : Conseil audit et accompagnement spécialisé pour les entreprises du secteur de l’hôtellerie des Spa et
complexes thalasso dans tous les domaines et notamment recrutement, qualité
des services, création restructuration et
productivité, stratégie, accompagnement
de projet, formation et coaching // Durée : 99 ans // Admission aux assemblées et droit de vote : Tout associé peut
participer aux assemblées sur justification de son identité et inscription en
compte de ses actions et dispose d’une
voix par action // Agrément de cession
d’actions : Par l’assemblée générale extraordinaire statuant à la majorité des
deux tiers // Président : MAZUREK Marguerite demeurant 15 av de l’Europe –
78400 Chatou // Immatriculation au RCS
de Paris.
78 • YVELINES
SOCIETES
156825B – LES ECHOS
EG CONSEIL
SARL Unipersonnelle
au capital de 1000,00 €
921 rue du Château,
76280 CUVERVILLE
800097958 RCS Havre
Par décision du Gérant en date du
28/03/2018 il a été décidé de transférer
le siège social de la société au 23 Allée
de la Pépinière, 78870 BAILLY à compter
du 28/03/2018.
Gérance : M. Etienne GUENOT, demeurant 23 Allée de la Pépinière, 78870
BAILLY. La société sera immatriculée au
RCS de Versailles et sera radiée du RCS
de Havre
92 • HAUTS-DE-SEINE
VENTE DE FONDS GERANCE
156796A – LES ECHOS
Aux termes d’un acte sous seing privé en
date à PARIS du 08/03/2018, enregistré
le 09/03/2018 auprès du Service de la
Publicité Foncière et de l’Enregistrement
de Nanterre 3 dossier 2018
13389 réf.2018 A 02345 et de son avenant sous seing privé en date du
12/03/2018 enregistré le 11/04/2018 auprès du service de la Publicité Foncière
et de l’Enregistrement de Nanterre 3 dossier 2018 19483 réf.2018 A 03595, la société C.BASSE, SELARL de Mandataires Judiciaires, représentée par Me
BASSE, agissant en qualité de liquidateur judiciaire de la SNC NOUR, immatriculée au RCS de Nanterre sous le numéro 505 100 842 dont le siège social
est Centre commercial du Pont Sèvres,
250 Allée du Forum à Boulogne-Billancourt (92100),
A vendu à :
La société LE GRAND BLEU, SNC au
capital de 8.000 € immatriculée au RCS
Nanterre sous le numéro 513 771 428,
dont le siège social est 250 Allée du Forum, Centre Commercial du Pont Sèvres à BOULOGNE BILLANCOURT
(92100),
Un fonds de commerce de :
Café, bar licence IV brasserie, restaurant
vente à emporter, tabac - loto – PMU
Moyennant le prix principal de 362 000 €
L’entrée en jouissance est fixée le
08/03/2018
Il ne sera fait élection de domicile pour la
réception des oppositions, les créanciers
ayant déjà été invités à déclarer leurs
créances auprès du liquidateur en vertu
des dispositions de l’article L 622-24 du
Code de Commerce.
93 • SEINE-SAINT-DENIS
SOCIETES
156799A – LES ECHOS
NOVA-STYL, SARL au capital de
10000 €. 3, Rue Montgolfier 93110
Rosny Sous-Bois. RCS BOBIGNY
810 614 966, Par AGE en date du
19/04/2018, il a été décidé de transférer
le siège social au 37, Rue François Arago
93100 Montreuil. Modifications seront faites au registre du Commerce de Bobigny.
95 • VAL-D'OISE
SOCIETES
156809B – LES ECHOS
Aux termes d’un acte SSP en date du
27/03/2018 il a été constitué une SAS
nommée :
THERMOTRANS
Objet social : transport publique routier
de marchandises, et loueur de tout type
de véhicules industriels (de moins de 3.5
tonnes et plus), avec ou sans chauffeur
Siège social : 28 rue Louis Choix, 95140
Garges Les Gonesse Nom commercial : THERMOTRANS Capital :
60000 € Président : Mme Fella Selami
demeurant : 28 rue louis choix, 95140
Garges Les Gonesse élu pour une durée
indéterminée Admission aux assemblées et exercice du droit de vote :
Chaque actionnaire est convoqué aux
Assemblées. Chaque action donne droit
à une voix. Clauses d’agrément : Les
actions sont librement cessibles entre actionnaires uniquement avec accord du
Président de la société. Durée : 99 ans
à compter de son immatriculation au
RCS de Pontoise
« proportionnellement dix fois
moins bruyante que les machines
conventionnelles », assure le const r u c t e u r. C e s d e u x b a t t e r i e s
lithium-ion permettent de creuser
des tranchées « dans les zones urbaines sans causer de nuisances, même
la nuit », indique Volvo, avec
l’option d’être commandée à dis-
tance par smartphone ou tablette.
Son autonomie est de 8 heures,
comme celle de la lauréate du prix
« transition énergétique » : la première pelle compacte sur pneus au
monde 100 % électrique, du français Mecalac, dont les deux batteries fer-lithium-phosphate représentent 1.650 kg et 1 mètre cube à
elles seules. « L’absence d’émission
de gaz et le faible niveau sonore de
l’engin lui ouvrent la possibilité de
travailler la nuit et dans des lieux
confinés (bâtiments, tunnels) sans
gêne », fait valoir Mecalac. De fait,
pour les espaces souterrains,
comme pour les chantiers urbains,
la donne est en train de changer. n
Présence en force de la Chine
Parmi les 1.400 exposants à Intermat
(le même nombre qu’en 2015), les matériels
primés ne sont pas les seules vedettes. Il y a
aussi ceux gardant confidentiels leurs
nouveaux matériels jusqu’à l’ouverture
des portes (pas d’indication sur leur
identité, ce qui ruine un peu le teasing…) et
ceux qui se remarquent par une présence
ostensible. La Chine décroche ainsi
la palme du plus grand stand, ou plutôt du
« pavillon » car il est collectif : 1.100 mètres
carrés rassemblant 90 sociétés, complété
de deux autres portant le total des exposants chinois à 164 sociétés. Leur présence
est un phénomène moins nouveau
que d’autres, mais qui se confirme.
Plus de 10 millions de fenêtres
ont été vendues l’an dernier
Les artisans du bâtiment,
d’une manière générale,
voient leur activité progresser. Celle des menuisiers a bondi pour refranchir, enfin, la barre des
10 millions de fenêtres
vendues l’an dernier,
après quatre ans difficiles.
Tant qu’il existait il avait peu d’effet,
mais depuis l’annonce, l’an dernier,
de son arrêt, il fait des merveilles. Le
crédit d’impôt transition énergétique (CITE), passé fin décembre de
30 % à 15 % et qui s’arrête fin juin, a
des effets imprévisibles sur le marché des fenêtres. « Nos ventes ont progressé de 6 % en 2017 grâce à un
rebond au second semestre, et elles
sont tout aussi soutenues depuis le
début de l’année, bien que le Cite ait été
raboté. Peut-être est-ce dû à sa fin
annoncée le 30 juin ? », commente Robert Dollat, le nouveau
président de l’Union des fabricants
de menuiseries (l’UFME). Par
ailleurs, « la reprise depuis mi-2016
des mises en chantier de logements
neufs fait enfin sentir ses effets », ajoute-t-il, en dressant un bilan de l’activité du marché français de la fenêtre.
Ce dernier « a refranchi en 2017 la
barre des dix millions de ventes pour
revenir à son niveau de 2011-2012
après quatre années de crise », se félicite le président de l’UFME.
« Depuis le record de 12,5 millions de
fenêtres vendues en 2008, le marché avait régressé de 30 %. Il était
encore en recul en 2015 et en 2016, la
progression n’avait pas dépassé
+ 1 % », rappelle-t-il.
Rénovation des logements
La mort du Cite ne fait guère pleurer
le secteur. Mais les fenêtres serontelles éligibles à la prime ou au chèque énergie qui doit le remplacer le
Shutterstock
BTP
Deux tiers des fenêtres ont été écoulées pour la rénovation
de logements existants et un tiers pour des constructions neuves.
1er janvier 2019 ? « A ce stade nous
n’avons reçu aucune assurance et
nous sommes inquiets. Nous attendons le rapport que doivent rendre
l’Ademe et le Centre scientifique et
technique du bâtiment pour éclairer
le débat sur l’économie d’énergie permise par les fenêtres », explique
Robert Dollat. Il attend de ce rapport
la confirmation des 25 % d’économie d’énergie générés par les fenêtres que la profession revendique.
Sur les dix millions d’unités écoulées (dont environ six millions en
PVC, trois millions en aluminium et
un million en bois), deux tiers sont
allés à la rénovation de logements
existants et un tiers aux constructions neuves. D’où l’importance,
pour les fabricants de menuiserie,
que le marché de la rénovation
énergétique ne s’essoufle pas.
Pour l’heure, tout va bien. Au premier trimestre 2018, les travaux
d’amélioration de performance
énergétique du logement ont progressé de 2,5 % si l’on compare au
premier trimestre 2017, selon la
Confédération de l’artisanat et des
petites entreprises du bâtiment
(Capeb). Cette progression a tiré le
marché général de la rénovation
des logements, qui affiche (très
modestement) + 0,5 % au premier
trimestre 2018 sur un an. Dans le
neuf, le boom des mises en chantier
a fait grimper l’activité des artisans
du bâtiment. Au total, « la reprise se
confirme en ce début d’année, malgré un léger ralentissement comparé
à la fin de l’année 2017 », possiblement dû aux conditions climatiq u e s d é f avo r a b l e s d u d é b u t
d’année, note la Capeb. — M. C.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 21
Les Echos Lundi 23 avril 2018
La reprise du marché
de l’horlogerie se confirme
l En janvier comme en février, les exportations de montres suisses
ont progressé de plus de 12 %.
l Cela conforte la reprise constatée en 2017 après deux ans de recul.
LUXE
Dominique Chapuis
dchapuis@lesechos.fr
La relance des exportations de montres suisses en 2017, après deux ans
de crise, s’est confirmée en début
d’année. Après une hausse de 12,6 %
en janvier, les ventes ont progressé
de 12,9 % en février, selon la Fédération de l’industrie horlogère suisse.
Si Hong Kong (+35,7 %) et la Chine
(+21,7 %), les deux principaux
débouchés des manufactures helvétiques, affichent toujours une forte
dynamique, l’embellie est aussi
venue des Etats-Unis. En recul
depuis deux ans, le marché outreAtlantique est enfin reparti en crois-
sance en février, à +26 %, « sa plus
forte progression mensuelle en six
ans ». L’effondrement du marché
chinois, à la suite de la politique anticorruption, suivi d’un recul de la
demande à Hong Kong faute de touristes, avait fait plonger les ventes. Et
provoqué la constitution d’importants stocks chez les distributeurs.
Du coup, pour relancer les commandes, Cartier et d’autres marques du groupe Richemont n’ont
pas hésité à racheter des invendus
pour assainir le marché. D’autres
manufactures ont fait de même,
mais dans la discrétion.
Le repositionnement de l’offre
face à une nouvelle clientèle,
comme la jeune génération chinoise, fait aussi partie des défis à
relever – en termes de création mais
aussi de prix, alors que les tarifs se
sont envolés. Selon le quotidien
suisse « Le Temps », « en moyenne, le
prix d’exportation (qui est à peu près
2,5 fois moins cher que le prix en boutique) est passé de 1.350 francs suisses
en 1998 à 2.100 en 2017 ». Un travail
d’amélioration de l’offre engagé par
Cartier, le premier joaillier mondial.
Son dirigeant, Cyrille Vigneron,
estime toutefois qu’« il n’est pas
certain que les enseignements de
la crise passée aient été tirés ».
Le défi d’Internet
Si les montres les plus chères restent dynamiques, l’entrée de gamme
(200 à 500 francs suisses, soit 167 à
417 euros) est à la peine, face à la concurrence des « smartwatches », très
prisée des Millennials, la génération
née entre le début des années 1980 et
le milieu des années 1990. Au-delà
des montres connectées, le développement de sites de vente en ligne ou
les réseaux sociaux sont un autre
défi à relever pour les horlogers suisses. Au contraire des marques de
luxe, qui ont pris résolument le
virage depuis deux ans, les griffes
horlogères tardent à franchir le pas.
Le poids des ventes sur la toile est
estimé à 3 % par les spécialistes. Or
la question est capitale pour un marché comme la Chine, où une grande
partie des achats se font en ligne.
Les griffes horlogères
tardent à franchir le
pas de la vente en ligne.
Certaines initiatives se développent toutefois. Patek Philippe vient
d’annoncer son arrivée sur Instagram pour dialoguer avec les passionnés. D’autres ont choisi de vendre en ligne, mais lors de rendezvous exceptionnels, à l’exemple
d’Omega. La marque du groupe
Swatch a ainsi réalisé l’an dernier la
vente éclair sur Instagram d’une
édition limitée d’un de ses modèles
phares, la Speedmaster – une montre certifiée par la Nasa pour toutes
ses missions habitées. Les
2.012 modèles se sont vendus en
quatre heures… Omega a en plus
lancé en novembre sa première
plate-forme d’e-commerce, réservée au marché américain. D’autres
ont choisi d’offrir des services via
la Toile, comme la prise de rendezvous avant de se rendre dans une
boutique.
Méfiantes face à la contrefaçon,
les manufactures cherchent encore
un modèle pour offrir la même qualité de service et d’expérience à leur
clientèle que dans les magasins. n
INTERVIEW // CYRILLE VIGNERON Directeur général de Cartier International
« Les Millennials représentent plus de 40 % des ventes de Cartier »
Propos recueillis
par Olivier Tosseri
— Correspondant à Rome
de répartition de la richesse, possédée par des générations plus matures en Europe, aux Etats-Unis et au
Japon. En Chine, c’est l’inverse, avec
une première génération d’entrepreneurs. La maison n’a pas de problèmes à séduire les Millennials car
nos produits sont transgénérationnels. Il faut prendre garde à ne pas
créer une catégorie particulière, et
faire des « produits jeunes », avec
une communication jeune pour les
jeunes. Il faut une interaction appropriée avec cette cible, mais qui peut
porter sur les mêmes collections
qu’auparavant. Les jeunes Chinoises
aujourd’hui achètent ainsi les
mêmes produits que les jeunes
Japonaises il y a vingt ans. La question est de rester pertinent pour toutes les générations.
stocks aux détaillants et en en
détruisant une partie. Nous avons
ensuite repositionné notre offre, en
fonction de la demande, et ajusté
notre production et notre politique
de prix. L’autre grand chantier a été
de faire le point sur le positionnement de la maison, son ADN. Que
fallait-il arrêter, remettre en
lumière, comment retrouver la
force de nos icônes, en les adaptant
ou pas ? On a ainsi relancé notre
montre bijou Panthère telle quelle.
Vous avez pris vos fonctions
à la tête de Cartier il y a
deux ans, quelle situation
avez-vous trouvée ?
A l’époque, le marché comme la
maison étaient dans une mauvaise
passe. L’horlogerie a été malmenée
par deux phénomènes survenus
coup sur coup en Chine. Car ce pays
a été le moteur de la croissance, en
faisant pratiquement doubler le
marché. Ce qui a créé des besoins de
capacité très forts et d’importants
investissements de l’industrie pour
éviter les pénuries, sur des produits
de plus en plus chers. Le premier
coup d’arrêt a été la campagne anticorruption lancée par le gouvernement chinois. Une grande partie de
la demande horlogère, en particulier
masculine, a pratiquement disparu
du jour au lendemain. Le deuxième
choc a été la dévaluation de 25 %
du renminbi en 2015-2016, qui a
entraîné une surabondance d’offre.
Notre autre modèle culte, la Santos,
a été retravaillé. Au bout de deux
ans, je constate que Cartier s’est
redressé et que son territoire s’est
redéfini. C’est une marque plus
féminine que masculine ; bien
qu’elle soit synonyme d’élégance
pour les hommes, elle évoque la
simplicité et l’exubérance.
Comment avez-vous réagi ?
Il a fallu prendre des mesures structurelles très fortes. Cartier a été la
première maison à le faire, avec une
grande ampleur, en rachetant des
Comptez-vous ouvrir
de nouvelles boutiques ?
Non, nous allons conserver notre
réseau à environ 300 boutiques.
Elles sont bien réparties, notam-
« Il faut que les
maisons retrouvent
une identité claire. »
en bref
Santé : le japonais Takeda relève
une nouvelle fois son offre sur Shire
PHARMACIE Le groupe pharmaceutique japonais Takeda Phar-
maceutical a relevé vendredi son offre sur Shire à 47 livres par
action en renforçant la partie en numéraire de sa proposition,
après l’échec de trois précédentes tentatives sur le spécialiste
des traitements contre les maladies rares. Cette nouvelle offre
valorise le laboratoire coté à Londres 44,3 milliards de livres
(50,6 milliards d’euros), soit 7 % de plus que la première offre et
une prime de 58 % par rapport au cours de Shire fin mars.
Dialyses : Fresenius vend Sound
Inpatient 2,15 milliards de dollars
SANTÉ Fresenius Medical Care (FMC) a annoncé vendre à un
consortium emmené par le fonds de capital-investissement
Summit Partners sa participation majoritaire dans Sound Inpatient Physicians Holdings pour 1,75 milliard d’euros. Le spécialiste allemand des dialyses compte réaliser une plus-value
imposable de l’ordre de 800 millions d’euros sur cette opération. Sound Inpatient (3.000 personnes), société américaine
spécialisée dans les soins d’urgence, avait été acquise en 2014.
Cyrille Vigneron se confie aux « Echos » sur la stratégie adoptée
par le groupe horloger. Photo Nicolas Guerbe
ment sur des marchés très dynamiques comme l’Asie et les EtatsUnis. Il n’y a pas d’ouvertures
prévues dans les cinq années qui
viennent, sauf si l’Inde s’ouvrait vraiment au luxe international. En
revanche, nous lançons un programme de rénovation très important, car nous avions besoin de
moderniser nos magasins.
Qu’en est-il de la génération
Millennials, qui est le cœur
de cible du secteur du luxe ?
Les Millennials [la génération née
entre le début des années 1980 et le
milieu des années 1990, NDLR] représentent 43 % de nos ventes. Donc
Cartier séduit très bien la jeune génération. En Chine, ce taux atteint plus
de 50 %. C’est surtout une question
Quels sont donc les défis auxquels vous devrez faire face ?
Pour l’ensemble de la profession, le
défi est celui du recalage des maisons, tant pour leur distribution que
pour leur outil industriel. Ça n’a pas
encore été totalement fait. Même si
la demande repart, il y a un risque de
commettre les mêmes erreurs que
par le passé. C’est une profession qui
passe très vite de l’euphorie à la
déprime, et réciproquement. Avec
ce redémarrage, la profession
estime qu’elle est sortie de la crise
mais il y aura certainement une nouvelle crise économique ou financière. C’est comme les tremblements
de terre, plus le temps passe, plus la
probabilité est grande. Il n’est pas
certain que les enseignements de la
crise passée aient été tirés. Il faut
intégrer les attentes des clients par
rapport à l’horlogerie. Elles ont évolué. Ils sont plus exigeants. Il faut à la
fois clarifier et améliorer notre offre.
« Pour l’ensemble de la
profession, le défi est
celui du recalage des
maisons, tant pour leur
distribution que pour
leur outil industriel. »
Cela nécessite un outil industriel
flexible, pour continuer à innover.
Une des tendances de l’horlogerie a
été de se penser comme un marché
de nouveautés, alors que tout le
monde faisait la même chose, d’où sa
banalisation. Il faut que les maisons
retrouvent une identité claire, sans
quoi les nouvelles générations préféreront acheter une montre connectée. C’est un défi collectif, mais Cartier est bien armé pour le relever. n
AVIS FINANCIERS
PLACEURO
Robeco Global Stars Equities Fund N.V.
Rolinco N.V.
(Sociétés d’investissement à capital variable de droit néerlandais)
Dividende au titre de 2017
Lors des assemblées générales annuelles des actionnaires tenues le 19 avril 2018, les
dividendes suivants ont été fixés au titre de l’exercice 2017 par action d’une valeur nominale
de 1 EUR.
ISIN
Dividende Impôt sur les Dividende
brut dividendes
net
Robeco Global Stars Equities Fund NL0000289783 1,00 EUR
0,15 EUR 0,85 EUR
Rolinco
NL0000289817 0,60 EUR
0,09 EUR 0,51 EUR
À dater du 23 avril 2018, les actions seront cotées ex-dividende. La date d’arrêté pour le
dividende est le 24 avril 2018. À partir du 16 mai 2018, le dividende sera mis en paiement
en espèces, après retenue de 15 % au titre de l’impôt néerlandais sur les dividendes. Il est
conseillé aux actionnaires non assujettis à l’impôt néerlandais de prendre contact avec
leur propre conseiller pour les conséquences de la retenue de 15 % au titre de l’impôt
néerlandais sur les dividendes sur leur situation personnelle.
L’établissement payeur est ABN AMRO Bank à Amsterdam. Pour de plus amples informations,
vous pouvez vous adresser à BNP Paribas Securities Services.
Les actionnaires, les usufruitiers et créanciers gagistes dont les droits sont attachés à une
action au porteur (titre K) sont informés qu’ils ne peuvent exercer les droits attachés à cette
action tant que les actions n’ont pas été délivrées à une institution associée afin de faire
partie d’un dépôt collectif.
Les directoires
Rotterdam, le 23 avril 2018
Pour tout renseignement, contactez : BNP Paribas Securities Services, 9 rue du Débarcadère,
93500 Pantin Tél.: 01 44 51 85 00 - Internet: www.banque-robeco.fr
Sicav de droit luxembourgeois
4, rue du Fort Wallis, L-2714 Luxembourg
RCS Luxembourg B 31183
AVIS DE CONVOCATION
Les actionnaires de PLACEURO sont invités à assister à
L’Assemblée Générale Ordinaire
Qui se tiendra le mardi 24 avril 2018 à 10 heures à l’hôtel Parc Belair, 111, Avenue du 10 Septembre
à L-2551 Luxembourg pour délibérer sur l’ordre du jour suivant :
ORDRE DU JOUR
1) Présentation et approbation du rapport de gestion du Conseil d’Administration et du rapport
du Réviseur.
2) Présentation et approbation du bilan et du compte de profits et pertes et affectation des résultats au
31 décembre 2017.
3) Décharge à donner aux Administrateurs et Réviseur.
4) Nominations statutaires.
5) Questions diverses.
Le Conseil d’Administration
Le prospectus d’émission, les informations clés pour l’investisseur et les derniers rapports périodiques,
uniquement en français sont consultables sur le site internet www.cofigeco.lu et disponibles
gratuitement auprès du service financier:
Pour le Grand-Duché de Luxembourg :
COFIGECO
4, rue du Fort Wallis L-2714 Luxembourg
Pour la France :
CACEIS
1-3, Place Valhubert - F-75013 Paris
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22 //
Lundi 23 avril 2018 Les Echos
HIGH-TECH
&MEDIAS
Brian Smale
en
pixels
Satya Nadella, le
PDG de Microsoft,
invité de Vivatech
Satya Nadella, le présidentdirecteur général de Microsoft,
sera l’invité surprise de Vivatech,
fin mai, à Paris. Le patron
du géant des logiciels, qui fait
de l’intelligence artificielle
un des nouveaux moteurs
de croissance de son groupe,
cherche aussi à multiplier les
partenariats avec les start-up.
Feu vert au rachat
de BFMTV par SFR
Le CSA a donné son agrément
à la prise de contrôle exclusif de
NextRadioTV par SFR, propriété
d’Altice, le groupe du tycoon
Patrick Drahi. Pour l’obtenir,
SFR a pris de nouveaux
engagements en faveur
de la diversité pour la chaîne
Numéro 23. NextRadioTV détient
BFMTV, RMC Découverte, BFM
Business ou encore RMC.
+17,81 %
POUR ERICSSON
Le titre Ericsson s’est envolé
vendredi, clôturant sur
une hausse de 17,81 %
à 6,338 euros, après la
publication de résultats
trimestriels meilleurs
qu’attendu. La perte d’exploitation s’élève à 300 millions
de couronnes contre
11,3 milliards un an plus tôt.
Données personnelles : sur Facebook,
seuls les Européens seront protégés
l Le réseau social est revenu sur sa promesse d’offrir le même contrôle au monde entier.
l 70 % de ses utilisateurs échapperont ainsi au Règlement général pour la protection des données européen.
utilisateurs. « Tout le monde, quel
que soit l’endroit où les personnes
vivent, sera invité à examiner des
informations importantes sur la
façon dont Facebook utilise les données et à faire des choix concernant la
[protection de] sa vie privée sur Facebook », affirmait notamment le
groupe. Le lendemain, Reuters
apprenait le changement de statut
légal réduisant fortement la portée
de cette annonce.
RÉSEAUX SOCIAUX
Etienne Combier
@etiennecombier
En catimini, Facebook vient de
changer d’avis sur la protection des
données personnelles de ses utilisateurs. Comme le rapporte l’agence
Reuters, le réseau social a changé
ses conditions générales d’utilisation pour que 1,5 milliard de ses utilisateurs ne tombent pas sous le
coup du prochain Règlement général pour la protection des données
(RGPD). C’est-à-dire 70 % des utilisateurs de Facebook…
Concrètement, Facebook a
changé l’adresse de son siège social
pour les utilisateurs non européens, afin qu’il soit basé aux EtatsUnis et non plus en Irlande, comme
jusqu’à présent. Ainsi, seuls les
500 millions d’Européens seront
protégés par le RGPD, réglementation européenne applicable à partir
du 25 mai prochain, qui oblige les
plates-formes à être très vigilantes
dans l’utilisation des données de
leurs utilisateurs.
Un changement
à contretemps
Ce changement peut paraître normal sur le principe : pourquoi Facebook s’obligerait-il à faire respecter
une loi contraignante dans le
monde entier alors qu’elle n’est valable que dans l’Union européenne ?
Certes, mais c’est oublier le contexte
et le scandale Cambridge Analytica.
Cette affaire, dans laquelle les
données de 87 millions d’utilisa-
Si Facebook avait
appliqué au niveau
mondial les règles du
RGPD, cela aurait pu
être très dangereux
pour lui.
L’UE peut condamner
les entreprises à des
amendes allant
jusqu’à 4 % de leur
chiffre d’affaires.
La société a changé l’adresse de son siège social pour les utilisateurs non européens, afin qu’il soit basé aux Etats-Unis et non plus
en Irlande (ici, le siège de Menlo Park, en Californie). Photo Jim Wilson/NYT-Redux-RÉA
teurs de Facebook ont été utilisées à
des fins politiques et commerciales, est un boulet pour Facebook
depuis le 17 mars.
Les mouvements appelant au
boycott du réseau social ont écorné
l’image du géant américain, tout
comme celle de son PDG, Mark
Zuckerberg, obligé de se rendre devant les parlementaires
américains pour faire amende
honorable.
La polémique a tellement enflé
que désormais, le Sénat américain
veut même entendre d’autres
géants du Web sur la question de
l’utilisation des données personnelles. D’après Bloomberg, Google et
Twitter pourraient ainsi bien être
les prochains à être auditionnés. Le
sénateur John Thune en a, en tout
cas, exprimé le souhait et a entamé
des discussions avec les deux groupes à ce sujet.
Après s’être excusé plusieurs fois,
Facebook avait proposé le 18 avril
dernier de s’adapter à la nouvelle
norme européenne pour tous ses
Il faut dire que si Facebook avait
appliqué au niveau mondial les
règles du RGPD, cela aurait pu être
très dangereux pour lui. Car, en cas
de manquement, les autorités
européennes peuvent condamner
les entreprises à des amendes
allant jusqu’à 4 % de leur chiffre
d’affaires mondial, soit la somme
de 1,6 milliard de dollars, concernant Facebook… Reste à voir comment ce discret recul du réseau
social sera apprécié par les utilisateurs et l’opinion. n
En Chine, le débat sur la protection
des données émerge doucement
Pékin cherche à légiférer
mais ne veut pas brider
la croissance de ses géants
du Web, qui ont accumulé
des milliards de données sur
les consommateurs chinois.
Frédéric Schaeffer
@fr_schaeffer
— Correspondant à Pékin
L’exposition aura duré quatre jours
avant d’être fermée par la police de
Wuhan, dans le centre de la Chine.
Sur de grandes feuilles de papier, on
pouvait y lire le nom, le sexe, l’âge,
l’adresse, le numéro de téléphone, la
plaque d’immatriculation, les voyages ou encore les achats effectués
par 346.000 habitants de la ville.
L’artiste, qui voulait alerter le public
sur la protection de la vie privée, a
expliqué au journal « The Paper »
avoir acheté toutes ces données
via la messagerie QQ, moyennant
1 centime de yuan par personne.
Le procédé est illégal mais illustre
les enjeux qui attendent la Chine à
l’heure où le pays investit massivement dans l’intelligence artificielle
et où des mastodontes comme Ali-
baba et Tencent engrangent des milliards d’informations en étendant
chaque jour leur présence dans la
vie quotidienne des Chinois. Composants, recherche, algorithmes, la
Chine accuse encore du retard dans
la plupart des domaines clefs de
l’intelligence artificielle par rapport
aux Etats-Unis, relève une récente
étude de l’université d’Oxford. A
deux exceptions notables : les données et le financement des start-up.
Compétition farouche
Si Facebook est censuré dans le pays,
la polémique autour de l’entreprise
américaine n’échappe pas aux autorités chinoises. Pékin cherche à légiférer sur la protection des données
tout en bâtissant d’immenses bases
de données dans le cadre de son
projet de crédit social. Engagé dans
une compétition farouche pour
devenir leader mondial de l’intelligence artificielle, le régime communiste doit aussi veiller à ne pas nuire
à la croissance de ses géants privés
de la tech. Ces derniers misent fortement sur l’exploitation des données
pour continuer à croître et continuer à élargir leurs activités.
La Chine gagnera la course à
l’intelligence artificielle car elle n’a
pas de « loi sérieuse » protégeant
la confidentialité des données, a
récemment estimé l’un des patrons
de Credit Suisse en Asie, lors d’un
colloque à Hong Kong. La réglementation s’est tout de même renforcée ces derniers temps, tempère
Christine Miles, avocate au cabinet
DHH à Pékin. « Il n’y a pas de loi spé-
Robin Li, PDG du
géant de l’Internet
Baidu, a récemment
déclenché une forte
polémique sur
les réseaux sociaux.
Il a publiquement
estimé que « les
Chinois sont plus
ouverts et moins
sensibles à la question
de la vie privée ».
cifiquement consacrée à la protection des données privées mais
plusieurs textes encadrent ce qu’il
est possible de faire en matière de
collecte, de conservation et d’exploitation des données. La loi cybersécurité, effective depuis juin 2017,
constitue la première loi de portée
nationale et va être précisée par une
nouvelle réglementation applicable
au 1er mai », indique-t-elle.
Si les consommateurs chinois
consentent massivement à autoriser l’accès à leurs données en
échange de services mobiles omniprésents, le débat sur la protection
des données commence, tout doucement, à émerger en Chine. En
estimant publiquement que « les
Chinois sont plus ouverts et moins
sensibles à la question de la vie privée », Robin Li, PDG et cofondateur
du géant de l’Internet Baidu, a
récemment déclenché une forte
polémique sur les réseaux sociaux
chinois. En janvier, Pékin avait réprimandé Baidu, Alibaba et l’agrégateur de contenus Toutiao à la suite
d’une rare polémique sur la protection des données personnelles. Mais
il ne les avait pas sanctionnés. n
Des étudiants posent devant le portrait du fondateur d’Alibaba,
Jack Ma, en novembre dernier. Photo Hoang Dinh Nam/AFP
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
HIGH-TECH & MEDIAS // 23
Les Echos Lundi 23 avril 2018
Les débuts en Bourse de Pivotal
confirment la cote de la tech
INFORMATIQUE
Comme Spotify,
Dropbox ou Zuora,
la société a réussi
ses premiers pas
à Wall Street.
Mais la société est passée sous le
contrôle de Dell, après la fusion de
celui-ci avec EMC, en 2016. Dell
détient encore une majorité du
capital de Pivotal et cela ne va pas
changer, malgré l’introduction en
Bourse. Après l’opération, le groupe
possédera environ 70 % des titres.
Et il a créé deux types d’action : les
Bill Cook, président et cofondateur de Pivotal Software, est persuadé que la tech est entrée
dans une nouvelle ère. Photo Pivotal
premières, mises sur le marché lors
de cette introduction en Bourse ; et
les secondes, détenues par Dell et
les précédents investisseurs, qui
comptent dix fois plus de droits de
vote que les premières.
Ainsi, avec 70 % du capital, Dell
va renforcer son pouvoir de décision en contrôlant 96 % des votes.
« Michael Dell a joué un grand rôle
dans notre développement, nous
appartenons à une famille de sociétés
qui compte Dell, EMC, VMware…
Nos clients peuvent ainsi bénéficier
de solutions intégrées. Mais nous
sommes une société indépendante,
avec sa propre direction, son conseil
d’administration, ses data centers »,
précise Bill Cook.
Pivotal a réussi à séduire quelques gros clients, comme Boeing,
T-Mobile ou Orange en France. La
société californienne espère
d’ailleurs renforcer sa présence en
Europe à l’occasion de cette intro-
Les chiffres clefs
70 %
DU CAPITAL DE PIVOTAL
appartiennent à Dell depuis
l’introduction en Bourse.
+4,9 %
LA HAUSSE DU TITRE
Le prix du titre Pivotal
a grimpé dès son premier
jour d’introduction
à Wall Street, vendredi.
duction en Bourse. Elle possède
déjà des bureaux à Paris, à Londres
et en Allemagne. Avec les 555 millions de dollars levés en Bourse
– sur la base d’une valorisation de
plus de 3 milliards de dollars – elle
va aussi investir en R&D.
Si la société n’a pas encore prouvé
que son modèle était viable, enregistrant de lourdes pertes (supérieures,
même, à son chiffre d’affaires l’an
dernier), cela n’empêche pas les
investisseurs de se montrer intéressés. General Electric (qui va vendre
ses titres et récupérer 58 millions de
dollars dans l’opération), Microsoft
ou encore Ford ont investi dans
Pivotal. Et, pour sa première journée
à Wall Street, le titre a gagné près de
4,9 %, confirmant que les sociétés
tech ont de nouveau la cote, après
une année 2017 difficile. n
(Simone) est une nouvelle étape
dans la stratégie de cette filiale de
Gruner + Jahr (groupe Bertelsmann), pour suivre les nouveaux
usages de ses lectrices, notamment
les plus jeunes. « Depuis dix-huit
mois environ, nous avons beaucoup
développé la vidéo, avec un studio
“Gala”, un dédié à la cuisine et un
boudoir avec des tutos beauté notamment pour “Femme Actuelle” »,
reprend Pascale Socquet.
De plus en plus de médias se
diversifient dans la vidéo, pour conquérir les plus jeunes. Il y a quelques jours, « Le Figaro » a ainsi
lancé Mad, avec des vidéos courtes
axées sur la mode, destinées aux
25-35 ans, sur les réseaux sociaux et
le site de « Madame Figaro ».
INTERNET
Le groupe de presse
lance (Simone), un
média exclusivement
vidéo dédié aux
réseaux sociaux.
Prisma souhaite
ainsi s’adapter
aux nouveaux usages
des lectrices.
L’équilibre attendu fin 2018
(Simone), le dernier-né de Prisma, postera une à cinq vidéos
par jour sur les principaux réseaux sociaux. Photo (Simone)
avec un ton impertinent », ajoute
Julien Lamury, rédacteur en chef
de (Simone).
Le premier lancement
dédié aux réseaux sociaux
Une à cinq vidéos par jour seront
postées par (Simone) sur les principaux réseaux sociaux, dont Faceb o ok, ainsi que sur le site de
« Femme actuelle », pour lui donner de la visibilité. « Ce sera le premier lancement dédié aux réseaux
sociaux du pôle femmes : elles veulent consommer directement des
vidéos sur les plates-formes, sans lien
sortant, mais c’est aussi une attente
des annonceurs qui veulent s’associer à des communautés engagées »,
explique-t-elle.
Il y a quatre ans, Aufeminin
enlevait le. com de sa dénomination sociale pour s’affirmer
comme un groupe bien plus
large qu’un seul site Internet. Et
depuis, la société, en passe
d’être rachetée par TF1, qui
détient les marques Marmiton
ou encore My Little Paris, n’a
cessé de se diversifier.
Dernière étape : le lancement
de sites de vente en ligne de bracelets (Madeline) et de rouges à
lèvres repulpants (Joyce), et la
préparation d’une marque de
maquillage (Awa). « On ne propose que des produits qui ne se
tent l’essentiel de la publicité
numérique, les pure players doivent trouver d’autres sources de
revenus pour sortir de la publicité
display, c’est-à-dire les bannières. » Sur ses thématiques phares comme la beauté, l’alimentation ou encore la parentalité,
le groupe a ainsi développé le
« brand content » (contenu réalisé pour des marques, 30 % du
chiffre d’affaires), en plus de
l’e-commerce et de la publicité
programmatique (30 %).
Pour se diversifier, Aufeminin s’est plus appuyé sur ses aficionados que sur ses supports.
« Nous ne faisons pas forcément
de la communication pour nos
produits sur nos sites mais nous
cherchons à développer des communautés qui pourraient être
intéressées par nos produits »,
reprend Marie-Laure Sauty de
Chalon. Pour elle, l’existence de
ces communautés et l’engagement figurent parmi les raisons
qui ont poussé TF1 à s’intéresser
à cette « petite » société.
Va l o r i s é e 3 6 5 m i l l i o n s
d’euros dans l’offre qu’a faite le
groupe audiovisuel à Axel
Springer, Aufeminin, qui affiche
Des investisseurs
intéressés
Prisma lance un nouveau média 100 %
vidéo destiné aux jeunes femmes
(Simone), en référence notamment à Simone de Beauvoir ou
encore à Simone Veil. C’est le nom
du nouveau média exclusivement
vidéo et digital du groupe Prisma.
Média d’information se décrivant
comme féministe et engagé, il
ambitionne de parler aux femmes
« dans toute leur diversité », explique Pascale Socquet, directrice
générale du pôle femmes de
Prisma, qui a déjà « Gala »,
« Voici », « Femme actuelle »,
« Prima », etc. Il va ainsi évoquer la
politique, la société, l’emploi mais
aussi le sexe.
Par exemple, parmi les premiers
sujets abordés : le « mansplaining » (tendance masculine à
expliquer aux femmes avec condescendance ce qu’elles savent
déjà), ou encore des tutoriels pour
mieux gérer le stress au bureau
ainsi que des interviews de femmes dans des associations, etc.
« (Simone) décrypte l’actualité en
images sous un prisme féminin et
La société, en passe
d’être rachetée par
TF1, réalise 40 % de
son chiffre d’affaires
en e-commerce.
Marina Alcaraz
@marina_alcaraz
Nicolas Rauline
@nrauline
— Bureau de New York
Sous le contrôle de Dell
INTERNET
Elle veut doubler
cette activité.
Mais son modèle doit
encore convaincre.
Le cloud devient tendance à Wall
Street. Après le spécialiste de la
sécurité Zscaler, celui du stockage Dropbox ou encore le gestionnaire d’abonnement Zuora, ces
dernières semaines, c’était au tour
de Pivotal Software de faire son
entrée à la Bourse de New York sur
le Nyse, vendredi. « Le monde
change, les entreprises ont un besoin
urgent de s’adapter et cela crée des
opportunités gigantesques pour des
sociétés comme la nôtre », explique
le président et cofondateur de Pivotal, Bill Cook.
Pivotal Software est né il y a cinq
ans d’un spin-off d’EMC, le géant
américain du stockage. Il offre des
services de cloud aux professionnels, permettant notamment de
développer des applications dans
différents environnements. « C’est
pour cette raison qu’Amazon ou
Google sont pour nous plus des partenaires que des concurrents », souligne Bill Cook.
Aufeminin pousse les
feux sur l’e-commerce
(Simone) vise une cible allant de 20 à
45 ans, plutôt CSP+, alors que la lectrice de « Femme actuelle » a en
moyenne 52 ans (sur le print). Il
table sur 500.000 fans environ sur la
page Facebook dédiée, d’ici à la fin
de l’année (par comparaison,
« Femme actuelle » a 543.000 abonnés sur Facebook).
La monétisation se fera principalement via du « brand content »
(contenu créé pour des marques).
« Nous avons déjà des annonceurs
intéressés », souligne Pascale Socquet. Prisma espère atteindre l’équilibre à la fin de l’année sur (Simone),
qui démarre avec une toute petite
équipe de 4 personnes dédiées et le
support des collaborateurs des
autres titres de Prisma. — M. A.
Gretel, l’une des box du groupe Aufeminin, propose
des produits alimentaires axés santé. Photo Aufeminin
trouvent pas ailleurs, utilisant les
mêmes techniques que l’industrie du luxe. Sans cela, on ne peut
pas se faire une place face à la
concurrence d’Amazon et consorts », souligne Marie-Laure
Sauty de Chalon, PDG d’Aufeminin. Le groupe prend en
charge tout le processus, de la
recherche des ateliers de fabrication au partenaire logistique.
Il vise 50.000 à 100.000 ventes la
première année, pour les bracelets et rouges à lèvres.
De nouvelles box
Déjà, Aufeminin a développé
une ligne de lunettes et vêtements vendus à 40.000 exemplaires, ainsi que des box par
abonnement (soins, beauté,
gastronomie, etc.) dont il écoule
quelque 160.000 par an, surfant
sur la magie de la pochette-surprise, où la cliente ne sait pas ce
qu’elle va recevoir. Au total,
l’e-commerce représente environ 40 % de son chiffre d’affaires de 113,5 millions d’euros en
2017 et génère une marge de 22
à 24 %. « A trois ans, nous allons
doubler les revenus de cette activité », reprend la dirigeante.
Né en 1999, Aufeminin a survécu à la bulle Internet et à l’arrivée de nouveaux mastodontes
du Net. « Face aux Gafa, qui cap-
un résultat net de 11 millions (et
un Ebitda de 21,3 millions), imagine plusieurs synergies avec
TF1 : la construction d’émissions
télévisées ou sur Internet autour
de ses marques, par exemple, un
programme culinaire avec Marmiton, et des associations dans
le « brand content », voire, pourquoi pas, de la publicité télé pour
ses produits (sans payer le prix
des annonceurs classiques).
« C’est une acquisition relativement coûteuse en termes de multiple de valorisation pour TF1. Il
faudra qu’il y ait des synergies
solides et que les résultats d’Aufeminin soient en nette croissance », dit un analyste.
Le rachat – qui devrait entraîner la radiation de la société en
Bourse – devrait se faire avant
l’été, après avis de l’Autorité de la
concurrence. Seule réserve :
« Nous sommes très internationaux (51 % de l’activité), il ne faudrait pas que l’on perde cette spécificité en entrant dans un groupe
français », note Marie-Laure
Sauty de Chalon. Aufeminin espère aussi que TF1 lui permettra
de poursuivre ses acquisitions. Il
veut notamment se développer
dans le marketing de l’influence
(opérations avec des influenceurs, comme des youtubeurs,
des Instagrameurs, etc.). n
en bref
ATT et Verizon objets d’une enquête
pour entente aux Etats-Unis
TÉLÉCOMS Les autorités américaines ont ouvert une enquête
sur ATT et Verizon qu’ils soupçonnent d’entente dans le mobile,
selon le « New York Times ». Ils se seraient entendu avec l’Association mondiale des opérateurs mobiles (GSMA) afin d’encadrer à leur avantage l’adoption de la technologie dite eSim aux
Etats-Unis. Grâce à cette technologie, l’utilisateur d’un smartphone peut théoriquement changer d’opérateur télécoms sans
avoir besoin d’attendre un courrier ou une nouvelle carte SIM
pour passer d’une offre à une autre.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
24 //
Lundi 23 avril 2018 Les Echos
START
UP
e
U
REBOND
LE BUZZ
BlaBlaCar a dû faire face ces dernières années à des
remontées de failles, parfois divulguées sans préavis.
Pour renforcer la sécurité opérationnelle de sa plateforme, l’entreprise de covoiturage propose depuis septembre 2017 à
un nombre d’experts en sécurité triés sur le volet un programme de
« Bug Bounty » (chasse aux failles rémunérée). Aujourd’hui, BlaBlaCar ouvre ce programme au public. Les 4.000 chercheurs en
sécurité inscrits sur BountyFactory.io pourront rechercher des vulnérabilités et être récompensés selon la qualité et le niveau de criticité des rapports, annonce la plate-forme.
1.000
CLIENTS PAR JOUR
Cinq ans après sa création,
L’A n t i c a f é , q u i p r o p o s e
13 espaces de café-co-working
en France et à l’étranger, a pour
objectif de développer près de
50 lieux à l’horizon de 2020.
La société californienne Eventbrite,
cofondée par le français Renaud Visage,
s’est offert la billetterie espagnole Ticketea, pour un montant non révélé. Cette dernière
avait levé près de 6 millions de dollars depuis sa
création en 2009, selon Crunchbase. Basé à San
Francisco, Eventbrite développe une plate-forme
en ligne sur laquelle il est possible de planifier un
événement et d'en gérer la billetterie.
Fondée par deux Français, la pépite
Checkr a levé 100 millions de dollars
cations par mois, qu’elle facture à
l’unité. « Grâce à la levée de fonds,
nous allons investir dans l’intelligence artificielle et le machine learning pour améliorier la vitesse et la
qualité de nos “checks”, détaille
Daniel Yanisse. Nous allons aussi
mettre l’accent sur le développement
commercial pour convaincre des
grandes marques américaines de la
distribution et de l’intérim. »
LEVÉE DE FONDS
Basée à San Francisco,
la start-up dépoussière
l’industrie du « background check » et veut
devenir leader
de son marché.
Elle a levé près
de 150 millions
de dollars depuis son
lancement en 2014.
Introduction en Bourse
Basile Dekonink
@Bdekonink
Couvée dans le prestigieux accélérateur Y Combinator, soutenue par
Accel Partners et comptant parmi
ses clients Uber, Lyft et Instacart…
Le CV de l’entreprise Checkr, fondée en 2014 à San Francisco, est
déjà bien fourni. Et la start-up, dont
le cœur de métier consiste justement à vérifier les antécédents de
travailleurs pour le compte d’entreprises, vient d’y ajouter une ligne de
poids.
Checkr a levé début avril 100 millions de dollars. Un tour de table
mené par T. Rowe Price (Accel Partners et Y Combinator ont également participé) qui porte à 150 millions de dollars le montant total des
fonds levés depuis ses débuts.
« Nous voulons rendre le background
check plus transparent et plus juste »,
affirme le cofondateur et CEO
Daniel Yanisse, un ingénieur français passé notamment par l’Ecole
polytechnique de Lausanne. Lui et
son compatriote Jonathan Perichon (cofondateur et CTO) ont
Etoffées d’ingénieurs et de profils commerciaux, les équipes de Checkr devraient passer
de 180 à 260 d’ici à la fin de l’année. Photo Bruce Damonte
découvert la pratique alors qu’ils
travaillaient pour la start-up américaine de livraison de repas Deliv.
« Nous étions chargés de vérifier les
antécédents des chauffeurs, un processus manuel et complexe qui pouvait prendre deux semaines. Cela
nous a donné envie de réveiller cette
vieille industrie, assez négative. »
1 million de « checks »
par mois
Largement répandue aux EtatsUnis où l’accès aux données est
beaucoup moins restrictif qu’en
L’entreprise
revendique
aujourd’hui
10.000 clients.
Europe, l’inspection des antécédents des travailleurs qui postulent à
un emploi (casier judiciaire, permis
de conduire, validité des diplômes…)
est un marché qui pesait 3 milliards
de dollars en 2017 outre-Atlantique,
selon IBISWorld, et qui rassemble
des centaines d’entreprises.
Pour se distinguer de ses concurrents, Checkr propose une interface
de programmation qui, une fois
intégrée au processus interne de ses
clients, permet de valider les antécédents en 24 à 48 heures, selon ses
fondateurs. Portée par l’essor de
l’économie à la demande – la proportion de travailleurs flexibles est
passée de 10,1 à 15,8 % des employés
américains entre 2005 et 2015,
selon le Bureau of Labour Statistics
– et par le faible taux de chômage,
l’entreprise revendique aujourd’hui
10.000 clients et 1 million de vérifi-
Etoffées d’ingénieurs et de profils
commerciaux, les équipes de
Checkr devraient passer de 180 à
260 d’ici à la fin de l’année. La
start-up vient tout juste d’ajouter le
géant de l’interim Adecco et l’assureur Allstate à son escarcelle de
clients et s’est fixé des objectifs de
croissance « agressifs ». « Nous
voulons grossir très rapidement et
devenir les leaders du marché », prévient Daniel Yanisse. L’entreprise,
présente aux Etats-Unis et au
Canada, n’envisage pas l’internationalisation comme une priorité –
elle est déjà présente sur ses marchés principaux. L’introduction en
Bourse fait en revanche partie des
objectifs affichés. « Cela se fera
dans quelques années, quand nous
aurons atteint la maturité et un certain niveau en termes de croissance,
de finances et de rentabilité », ajoute
Daniel Yanisse.
Très discrète sur ses chiffres –
tout juste les fondateurs concèdent
que le chiffre d’affaires « s’approche » de la centaine de millions de
dollars –, l’entreprise fait également mystère de sa valorisation.
Au dernier pointage, une levée de
fonds de 40 millions de dollars en
2016, elle était estimée entre 250 et
300 millions. n
Comment Les Eclaireuses parlent à l’oreille
des jeunes femmes
une opération avec Yves Saint Laurent Beauté, où un expert
maquillage a répondu aux questions des internautes. Il renvoie
aussi vers des liens sur les produits
évoqués dans les articles et propose
des sélections de shopping. « Mais
cela ne représente qu’une petite part
de notre chiffre d’affaires. »
RÉSEAU
Le site, qui traite de
beauté, de mode etc.,
s’adresse à la génération des Millennials.
Il lance une plateforme avec des
influenceuses qui
mettront en scène
des produits.
Marina Alcaraz
@marina_alcaraz
« J’ai trente ans et je suis la doyenne
de l’équipe. » Chloé Sabban, cofondatrice et présidente des Eclaireuses, donne le ton. Les Eclaireuses se
veulent totalement en phase avec
les jeunes femmes.
Ce site parle, comme tous les
féminins de mode, de beauté, de
bien-être…, mais avec la particularité « d’avoir les codes des Millennials », souligne Chloé Sabban.
« Nous avons un cœur de cible qui a
entre 18 et 35 ans, précise-t-elle.
Les jeunes femmes ne se reconnais-
Plate-forme de tests
Chloé Sabban et Mélody Madar, les deux cofondatrices des Eclaireuses. Photo Les Eclaireuses
sent pas forcément dans les supports traditionnels et nous avons
une excellente connaissance de nos
lectrices : nous suivons précisément leurs parcours, leurs commentaires. »
Lancé en 2014 par une avocate et
une spécialiste de la publicité, le site
Les Eclaireuses est né « grâce aux
réseaux sociaux. Nous étions aussi
mobile first avant la plupart des
autres médias ». Les Eclaireuses
affichent 4,7 millions de fol-
lowers et plus de 2,7 millions de visiteurs uniques (en janvier).
Agréger une communauté
d’influence
La prochaine étape : le lancement
des Fabuleuses, un réseau
d’influenceuses sur les réseaux
sociaux (notamment Instagram),
ayant en général entre 5.000 et
30.000 followers, qui seront appelées à tester des produits, les mettre
en scène et les conseiller pour le
compte de marques dans le cadre
d’opérations de brand content (contenu réalisé pour des marques). « Ce
sont des jeunes filles et femmes bourrées de talent totalement légitimes
dans leur domaine, qui ont un engagement colossal », dit-elle. Car, Les
Eclaireuses se rémunèrent principalement via le brand content.
« Nos lectrices ne sont pas opposées à
d es prescript i on s à p arti r d u
moment où elles apprennent quelque
chose. » Par exemple, le site a monté
Les Eclaireuses ont parallèlement
mis en place une plate-forme baptisée « Les Testeuses » où des produits de beauté sont transmis à un
panel de plusieurs centaines de lectrices, qui les commentent et les
notent (plus de 150.000 lectrices
dans la base de données).
Le site, qui appartient au groupe
Orava, ne communique pas de chiffre d’affaires mais indique être rentable dès la première année. Les
deux cofondatrices, Chloé Sabban
et Mélody Madar, détiennent 85 %
du capital. Une levée de fonds de
300.000 euros auprès de plusieurs
investisseurs privés avait été réalisée un an après ses débuts. Les
Eclaireuses emploient 16 salariés
(mais pas de journalistes ayant une
carte de presse). n
Thales
co-innove
à Station F
CYBERSÉCURITÉ
Le groupe de
défense français
mène depuis
plusieurs mois
un programme
d’accélération
pour des start-up
de la sécurité.
L’objectif : aboutir
à des accords
commerciaux.
Thales mène, depuis novembre 2017, un premier programme d’accélération de
start-up spécialisées dans la
cybersécurité, à Station F, à
Paris. Sur la centaine de candidatures reçues, 4 start-up françaises et 5 internationales ont
été choisies pour un accompagnement de six mois : Inpher
(cryptage), KeeeX (blockchain),
Multisense (multibiométrie),
Yogosha (bug bounty), QED-it
(Zero Knowledge Blockchain),
Skeyecode (authentification
sécurisée), Alsid (cyberdéfense), Nethone (renseignement commercial) et Biowatch
(reconnaissance des veines).
Le programme de Thales va
du coaching technologique à la
recherche d’investisseurs et la
création de ponts commerciaux avec les décideurs internes, les marchés ou les clients
du groupe de défense. « En
phase de première levée de fonds,
les start-up que nous accélérons
disposent d’un produit pour
lequel elles ont déjà déposé des
brevets, ce qui est souvent un gage
de pérennité. Notre choix s’est
porté sur des solutions complémentaires aux nôtres afin de
créer un maximum de synergies
et de valeur », explique JeanYves Plu, directeur du programme sécurité de Thales.
Générer du chiffre
d’affaires additionnel
Ensemble, ils ont joué la carte de
l’hybridation technologique au
travers notamment de trois
POC (« proof of concept », première expérimentation). Leur
objectif commun est d’aboutir à
la signature d’accords commerciaux, si les entités business du
groupe sont convaincues par la
technologie et les cas d’usage,
afin de générer du chiffre d’affaires additionnel pour les deux
parties. De même, le groupe ne
s’interdit pas d’investir au capital de ces jeunes pousses.
Les collaborations menées
entre ces start-up et Thales
seront présentées lors de deux
Salons, le RSA Conference, fin
avril aux Etats-Unis, et VivaTech, fin mai à Paris. « Sur la
première saison, nous avons été
beaucoup sur le traitement sécurisé des données. Pour la saison
2, nous mettrons l’accent sur la
sécurité de l’Internet des objets,
les technologies de déception qui
permettent de masquer la cible,
et la sécurité adaptative basée
sur les propriétés de l’intelligence artificielle », confie JeanYves Plu.
— Catherine Moal
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 25
Les Echos Lundi 23 avril 2018
en
direct
Convention ONF
régions renouvelée
RÉGION SUD Le commandant
du paquebot de croisières
« Azura » est poursuivi pour
avoir enfreint la réglementation
antipollution atmosphérique
dans le port de Marseille, une
première en Méditerranée française selon le parquet. Le navire
de 289 mètres de long, contrôlé
le 29 mars, utilisait un carburant
contenant trop de soufre.
ÎLE-DE-FRANCE La Fédération
des Parcs naturels régionaux de
France et l’ONF ont renouvelé la
convention-cadre de coopération qui les lie depuis 2000. Les
deux partenaires rappellent que
la forêt tient « une place majeure
dans la gestion des territoires,
leur attractivité, leur dynamique
et, au-delà, un rôle essentiel dans
la vie même du monde rural ». Ils
Shutterstock
PME
&REGIONS
Un commandant de
paquebot poursuivi
partagent donc la volonté de
promouvoir et mettre en œuvre
un développement des territoires s’appuyant sur des activités
économiques viables prenant
en compte les préoccupations
environnementales et sociales.
Leurs priorités sont la production de bois et la réduction des
émissions de carbone, l’équilibre
forêt-gibier, la préservation
du patrimoine naturel et
de la biodiversité, l’accueil
et l’éducation du public.
Literie : les matelas sens dessus dessous
face au e-commerce
l Les fabricants historiques de la literie multiplient les innovations pour faire face à la fronde des start-up.
l Une dizaine d’entre eux se sont engouffrés dans ce marché porteur, mais leur modèle économique est fragile.
ÉQUIPEMENT
Marion Kindermans
@Makindermans
et Monique Clemens
@mo_clemens
Les matelas ne sont pas près de
ramollir. Après des difficultés à la
fin des années 1990, le secteur de la
literie n’a jamais été aussi en forme.
Les ventes ont encore crû de 5,6 %
en 2016 et de 3 % en 2017. L’an dernier, 3,9 millions de matelas et
2,5 millions de sommiers se sont
vendus, pour un chiffre d’affaires de
1,7 milliard d’euros en 2017, dont
1,1 milliard pour les seuls matelas.
Les messages de santé sur le bon
sommeil lié à la qualité de la literie
ont porté leurs fruits.
L’Association pour la literie
(APL), qui fédère depuis 2003 les
fabricants, surfe sur ces questions
de santé publique. Après une étude
sur les ados en 2015, elle a dans les
tuyaux une étude sur le mal de dos
qui sortira en juin… et qui devrait,
sans surprise, montrer l’intérêt
d’investir dans un bon matelas.
Malgré ces recommandations
d’hygiène et de santé – il faudrait,
dit-on, en changer tous les cinq ans
– les Français ne s’en débarrassent
qu’en moyenne tous les quatorze
ans. Mais en revanche, ils sont
de plus en plus regardants sur la
qualité.
Sur ce marché porteur, la fronde
d’e-commerce s’intensifie. Elles
sont aujourd’hui une dizaine de
jeunes pousses à se partager le
gâteau. Tediber, Le Matelas Fran-
çais, Evesleep, Cosme, Ilobed,
Simba, Casper, Emma… Le concept
est peu ou prou le même : un matelas livré roulé compressé, moins
cher, et que l’on peut retourner en
cas d’insatisfaction.
Un matelas livré roulé
compressé, moins
cher, et que l’on
peut retourner en cas
d’insatisfaction.
Après de nombreuses levées de
fonds, ces start-up misent d’abord
sur le marketing, à grand renfort de
campagne de pub. Mais le modèle
économique est complexe. Casper,
le pionnier américain créé il y a trois
ans, était valorisé l’an dernier à
750 millions d’euros. Mais il ne
communique pas sur sa rentabilité.
Aujourd’hui, il se lance dans les
matelas pour chiens (à 125 euros !).
Essayer avant d’acheter
Pour les historiques du secteur,
l’avenir n’est pas sur la Toile. « 10 %
des ventes de literie se font sur Internet, et ce chiffre ne bouge pas. La literie est un des rares secteurs où
l’e-commerce ne progresse pas »,
assure Gérard Delautre, président
de l’APL. La raison : le public veut
toucher et essayer le matelas avant
d’acheter. Tediber ou Cosme l’ont
compris en créant des showrooms.
Si Internet n’est pas le Graal, les
fabricants et distributeurs traditionnels ne peuvent bouder ce
relais de croissance.
Le secteur de la literie se porte bien en France. Les ventes ont crû de 5,6 % en 2016 et de 3 % en 2017.
Photo DR
La Générale Française de Literie, une entreprise familiale
du Mans qui fabrique des matelas
depuis 1945, a ouvert une vitrine
sur le Web dès 1997. Baptisé « Maliterie.com », le site est devenu marchand en 2006, comme relais des
33 magasins. « Depuis 2006, nous
avons multiplié le chiffre d’affaires
par trois, et notre site génère du trafic dans nos points de vente », confirme Laurent Crepin, le dirigeant
d e l ’e n t r e p r i s e , q u i e m p l o i e
110 salariés p our 19 millions
d’euros de chiffre d’affaires consolidé en 2017.
Service de location
de matelas
Pour doper ses ventes, en baisse de
10 % l’an dernier par rapport à 2016,
l’entreprise a investi en communication. Il y a quelques mois, Maliterie.com a dégainé Izzzy, son propre
matelas roulé compressé. Mais
« Ikéa fait ça depuis longtemps, et
cela demande un fort turn-over pour
respecter une compression maximum de trois mois », lance, refroidi,
le dirigeant.
La Maison de la Literie, autre
fabricant (et distributeur) historique, qui compte 370 magasins et
5 enseignes, a aussi lancé son matelas roulé compressé. First est fabriqué par son fournisseur français de
mousse et vendu 30 % moins cher
que les concurrents. « Nous pouvons nous permettre une toute petite
marge en raison de notre double casquette, et nous le faisons pour montrer que nous sommes aussi capables
de faire de l’entrée de gamme », confie Pierre Elmalek, le PDG de La
Maison de la Literie, qui a réalisé
120 millions d’euros de ventes en
2017 (en hausse de 4 %). L’entreprise
a aussi lancé, en octobre, le premier
service connu de location de matelas avec option d’achat qui, en
moins de six mois, a déjà conquis
2.000 dormeurs. n
Le Matelas Français
joue la carte tricolore
Avec Ilobed, un lit ni
trop ferme ni trop mou
Tediber livre
ses matelas à vélo
La start-up Le Matelas
Français entend se
distinguer avec du made
in France et un matelas
réversible.
Ilobed propose un matelas
universel en huit tailles.
Autofinancé, il se fait
plus discret en termes
de communication.
La start-up Tediber, créée
en 2015, enregistre un
retour de matelas de 5 %
qui sont recyclés ensuite
chez Emmaüs Défi.
Damien Saillard, le fondateur du
Matelas Français, se décrit
comme un « ingénieur refoulé ».
Un diplômé d’une école de commerce doté d’une âme d’entrepreneur qui, après avoir côtoyé de
nombreux industriels français, a
voulu relever un défi lancé lors
d’un dîner dont la discussion tournait autour de la qualité des matelas. « La question portait sur la
nécessité d’avoir un matelas moelleux ou ferme, et le lendemain, avec
un ami, nous avons décidé de nous
lancer dans la fabrication et la commercialisation, sur Internet, d’un
matelas qui offrirait les deux
aspects ».
Baptisée « Le Matelas Français »,
pour faire référence à la fabrication
100 % hexagonale de son produit, la
start-up a été créée en avril 2016 et
financée par une petite levée de
fonds de 50.000 euros auprès de
parents et amis.
Auparavant, Damien Saillard
avait peaufiné le concept en parte-
nariat avec un fabricant de matelas de Tourcoing : il avait découvert le système de compression
qui permet de faire baisser les
coûts logistiques et aidé son partenaire industriel à acquérir une
machine à compresser, tout en
remplaçant le coton prévu à l’origine par un voile synthétique,
« mais doux au toucher », plus
adapté à cette contrainte.
Le Relais de Chambord
Deux ans et 5.000 matelas vendus
plus tard, ce pure player qui
emploie six personnes à Paris
s’apprête à lancer une levée de
fonds de 1 million d’euros. Cette
fois, il s’agit de financer son arrivée
dans le B to B en visant spécifiquement le marché hôtelier, après
avoir équipé de ses matelas réversibles le Relais de Chambord, qui
vient juste de réouvrir. Le jeune
dirigeant se défend de tout miser
sur la communication et le marketing. « Nous préférons réinvestir sur
le développement de nouveaux produits », assure-t-il. Dans cette logique, Le Matelas Français vient de
lancer un matelas pour bébé en
partenariat avec une marque de
lait infantile. — M. Cl.
Un matelas fabriqué en France, de
la meilleure qualité possible et universel, afin qu’il convienne au plus
grand nombre tout en restant
abordable. C’est le positionnement
marketing d’Ilobed.com, un site
lancé début 2016 par Clément Thenot, jeune diplômé de l’ESCP ayant
fait ses armes chez Photobox, lui
aussi convaincu que le modèle
américain du matelas livré roulé
compressé répond à la demande
de transparence du consommateur, qui ne s’y reconnaît plus dans
la jungle des prix et des matériaux.
Son matelas, décliné en huit tailles,
est fabriqué « par un acteur du secteur de la mousse, dont la matière
est française. Nous avons créé le produit avec eux », assure-t-il.
Pour atteindre cet aspect universel, Ilobed a visé un confort
intermédiaire, ni trop ferme ni
trop moelleux. La société a aussi
fait le choix de ne pas utiliser de
latex et habille ses matelas d’une
housse en Tencel (matière natu-
relle) antibactérien et antiacarien.
La première année, Ilobed a vendu
1.000 matelas, la deuxième 2.000
et son dirigeant créateur espère en
vendre 3.000 à 4.000 pour 2018. La
start-up s’autofinance, ce qui la
contraint à un budget marketing
« raisonné ».
Son dirigeant espère
vendre 3.000 à 4.000
matelas en 2018.
« Nous sommes à l’équilibre,
nous ne pouvons pas communiquer dans le métro ou à la télé »,
explique Clément Thenot. Le site
maison assure la majorité des ventes, mais on trouve aussi ses matelas sur Amazon et bientôt sur le
site de la FNAC. Quant au handicap de la vente à distance, Ilobed
tente de l’atténuer en offrant cent
nuits d’essai avec retour gratuit
(taux de retour : 5 à 6 %, selon la
start-up). La petite société mène
aussi une réflexion autour d’une
présence physique dans des centres commerciaux, après une
expérience convaincante dans un
pop-up store parisien. — M. Cl.
Avec son nom qui rappelle l’ours
de notre enfance, Tediber est le
plus gros des nouveaux arrivants
sur le marché du matelas. Depuis
le début de l’aventure, en novembre 2015, la jeune pousse a déjà
écoulé 35.000 matelas et en vend
aujourd’hui plus de 100 par jour.
Tout est allé très vite pour cette
start-up parisienne lancée au bon
moment par deux designers et un
commercial, qui emploie
aujourd’hui 26 personnes.
Fabriqués en Belgique
En 2017, l’investisseur 360 Capital
a injecté 1,8 million d’euros. Le
chiffre d’affaires a atteint 15 millions d’euros, dont près de 20 %
réinvestis en communication et
marketing dans le métro et sur le
petit écran, comme le veut son
modèle économique. Et pour
2018, Tediber vise 25 millions
d’euros de ventes.
Encouragée par le marché du
matelas américain, dont les ven-
tes sur Internet décollaient, la
petite société a voulu lancer un
produit adapté au marché français. « En France, on a le culte du
matelas ferme, mais il faut aussi
qu’il soit accueillant », explique
Julien Sylvain, l’un des fondateurs. Le produit était trouvé : un
seul matelas, proposé en différentes tailles et à prix ferme, sans
promotions ni remises, fabriqué
en Belgique par un partenaire
industriel, vendu en direct sur le
Web, et livré compressé et roulé.
« Dans le circuit traditionnel, avec
le coût de la distribution et pour la
même qualité, notre matelas serait
vendu 1.800 euros », estime Julien
Sylvain.
L’autre partie à soigner, c’est le
service. Conscient du handicap de
l’achat à distance, Tediber propose
100 jours d’essai gratuit avec un
taux de retour de 5 % – les matelas
partent ensuite chez Emmaüs
Défi. Tediber a aussi ouvert un
showroom dans ses bureaux parisiens, qui accueille 10 à 15 clients
par jour. Quant à la livraison, elle
est assurée en 1 h 30 à Paris, et
même à vélo pour aller plus vite, et
en 24 heures dans toute la France.
— M. Cl.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
26 // PME & REGIONS
Lundi 23 avril 2018 Les Echos
364,8
ÎLE-DE-FRANCE La région
Ile-de-France va apporter 6 millions d’euros à la réhabilitation
du Centre dramatique national
(CDN) des Amandiers, à Nanterre.
Le coût global des travaux est
estimé entre 30 et 40 millions
d’euros. Cette subvention
exceptionnelle de la région entre
dans le cadre de sa stratégie
d’investissement culturel.
gers est, quant à lui, en baisse de
0,5 %. Les sept grands ports métropolitains voient leur trafic croître
de 4,7 % à 268,4 millions de tonnes,
tandis que les petits ports concédés
affichent une progression de 1,2 %, à
33, 1 millions de tonnes.
AFP
MILLIONS DE TONNES, LE TRAFIC DES PORTS FRANÇAIS EN 2017
Après une année 2016 en repli de
1,16 %, le trafic de marchandises des
ports français métropolitains et
d’outre-mer s’est établi en 2017 à
364,8 millions de tonnes, soit une
hausse de 5,9 % sur un an, selon
Ports de France. Le trafic de passa-
innovateurs
Rénovation du CDN
des Amandiers
Terradona rend
les conteneurs de tri
de verre plus ludiques
statistiques. « Nous avons mis deux
ans pour convaincre le constructeur
et son client que notre solution, cinq
fois moins onéreuse que celle qui
avait été prévue, était plus performante », reconnaît Serge-Eneric
Pagès, directeur export de Franklin
France et chef d’établissement de
son usine d’Ozoir-la-Ferrière (Seine-et-Marne). « Le minaret s’élève à
270 mètres et le dôme à 80 mètres, ce
qui suppose une certaine complexité
d’installation de nos dispositifs »,
poursuit le dirigeant.
ÎLE-DE-FRANCE
Le Français a été
retenu par le gouvernement algérien et
le groupe chinois
qui construit la plus
grande mosquée
d’Afrique pour équiper
cet édifice complexe.
Dominique Malécot
@Dmalecot
Le fabricant de costumes made in France
avait été placé
en redressement
judiciaire début 2017.
Il pourrait intéresser
la société de courtage
en assurances détenue
par la famille Zeitoun.
Jean-Pierre Gourvest
— Correspondant à Limoges
Les costumes chers à Arnaud Montebourg échappent à la disparition.
RÉUSSIR
Date de création : 2013
Directeur général :
Bertrand Rouzaud
Montant : 1,1 million d’euros
Effectif : 12 personnes
Secteur : recyclage
Paratonnerres
en plaqué or
Le dôme de la Grande Mosquée d’Alger sera surmonté d’un croissant de 6 mètres de haut qui incorporera un paratonnerre. Photo DR
paratonnerres et à le transformer
en cage de Faraday pour que les
courants électriques induits par la
foudre n’atteignent pas ses occupants. Une installation onéreuse, à
l’esthétique discutable, qui aurait
eu l’inconvénient de ne pas ou mal
protéger les espaces ouverts de ce
bâtiment à la structure complexe.
Franklin France proposait de
protéger l’ensemble des espaces
avec un réseau de 20 paratonnerres
actifs (une antenne électronique qui
permet de rendre l’air conducteur et
de canaliser l’éclair). Outre la protection, il permet aussi de prévenir
qu’un orage approche, de mesurer
le courant de l’éclair et de tenir des
Molitor s’habille en Smuggler
CENTRE
VAL DE LOIRE
LA LEVÉE DE FONDS
TERRADONA
La création, le 15 mars dernier, de la
SAS Couture Capital Partners entérine la reprise par le groupe Molitor
du holding implanté dans le Limousin ABCD Partenaires et de sa filiale
Orphée Longchamp. Réalisant
6 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2016, l’entreprise avait été placée en redressement judiciaire en
janvier 2017, avant d’intéresser la
société de courtage en assurances
détenue par la famille Zeitoun, déjà
présente dans le secteur du textile.
Le tribunal de commerce de Limoges a validé l’opération, tout en
accordant la cession au même
acquéreur de France Confection et
France Pantalon, autres filiales non
concernées par la mesure judiciaire.
Cette transaction va permettre de
préserver la marque de costumes
avec
BUSCH FRANCE :
EXPÉRIENCE ET EXPERTISE
AU SERVICE DES
SOLUTIONS DE VIDE
Filiale tricolore de l’entreprise familiale allemande,
Busch France est une PME spécialisée dans le domaine
des pompes et des systèmes de vide. « L’activité est
répartie sur deux sites : la ville de Lisses, dans l’Essonne
et la commune de Frontonas, au Sud-Est de Lyon »,
explique Éric Lebreton, directeur de l’entité française.
« Aujourd’hui, notre équipe réunit 73 collaborateurs et
3 grands métiers : le négoce, le SAV et la conception
de solutions sur mesure ». À la clé : un chiffre d’affaires
de 18 millions d’euros et un savoir-faire pointu, sollicité
dans de nombreux secteurs industriels. « On n’imagine
pas à quel point les possibilités d’application sont
Smuggler, fabriqués à Limoges, et
ses dix boutiques (dont une au
Luxembourg et six à Paris). Les
110 emplois de l’ex-ABCD seront
maintenus. L’enseigne complétera
la gamme de la partie « textile » de
Molitor, propriétaire de la marque
portugaise de prêt-à-porter haut de
gamme Torcello, et de Tailor Corner
visant les jeunes consommateurs.
Serge Bonnefont, directeur de
France Confection devenu président de la nouvelle société, explique
que « l’objectif de Molitor est de conserver la marque, d’investir dans le
réseau de boutiques et de développer
le made in France à l’international,
en ciblant la Chine, l’Allemagne, les
pays de l’Est ou les USA ». L’atelier de
Porto fabriquant les costumes Torcello, qui se vendent 5.000 euros
Cette filiale du groupe français
Sicame, spécialiste de l’équipement
électrique réalisant quelque
400 millions d’euros de chiffre
d’affaires avec 2.840 salariés dans le
monde, a travaillé avec des artisans
spécialisés pour intégrer ses antennes à des éléments décoratifs. Le
plus emblématique est le croissant
en cuivre plaqué or de quelque
6 mètres de haut qui doit coiffer le
dôme. Plusieurs paratonnerres
sont eux aussi en plaqué or, une
référence pour cette entreprise de
90 salariés, qui réalise une douzaine de millions d’euros de chiffre
d’affaires, dont la moitié à l’export,
dans quelque 70 pays, ce qui en
fait l’un des leaders français dans
son domaine. n
AMÉLIORER LES PERFORMANCES
Si l’activité de Busch France s’appuie sur une expertise
développée au fil des années, force est de constater
qu’elle se sert aujourd’hui également de nombreux
outils informatiques. « Cela fait longtemps que nous
avons passé le seuil de l’artisanat », analyse Éric
Lebreton. « Pour toujours continuer à optimiser nos
processus internes, nous avons effectué un travail
important sur l’organisation des données numériques ».
L’objectif ? Améliorer les performances, éliminer les
pertes de temps et favoriser le partage de données. Un
Retrouvez les informations sur lesdigiteurs.fr - Projet co-financé par les fonds Européens
Dans quelques jours, 70 conteneurs de récupération de verre
de la principauté de Monaco
seront équipés du système
d’incitation Cliink, mis au point
par la société innovante Terradona. Bardé de capteurs, ce dispositif placé autour de la bouche de passage des bouteilles
permet de vérifier que le matériau jeté est bien du verre. Si tel
est le cas, l’utilisateur est crédité
d’un point sur une application
dédiée qu’il peut ensuite échanger contre des cadeaux ou des
promotions chez des commerçants partenaires. Près de 1 million d’euros ont été investis
pour conduire, avec le CEALeti, les travaux nécessaires à la
mise au point de ce système en
cours de brevetage. Pour les
financer, l’entreprise a levé
600.000 euros en 2016 auprès
de la Caisse des Dépôts. Elle
vient de récidiver en organisant
un nouveau tour de table de
1,1 million d’euros avec son partenaire historique, suivi par
Paca Emergence, EDF Une
Rivière Un Territoire et Total
Développement Régional.
« Cette opération va nous permettre de financer notre développement commercial », explique
Bertrand Rouzaud, directeur
général et cofondateur de
Terradona.
Augmentation du tri
Pendant la phase d’expérimentation du système conduite sur
70 conteneurs dans plusieurs
villes de la métropole Aix-Marseille, le tri a globalement augmenté de 20 %. Avec ces résultats, Cliink n’a pas de mal à se
déployer : après Monaco, ce
sont les conteneurs de Grasse,
Cannes, Lens-Liévin et Cabourg
qui seront équipés, et une quinzaine d’autres villes pourraient
signer d’ici à la fin de l’année. Le
marché est juteux : rien qu’en
France, 140.000 conteneurs de
tri pour le verre sont installés et
160.000 autres pour le plastique
et le papier, deux matériaux que
les capteurs de Terradona
seront bientôt capables de
détecter. La société espère voir
son chiffre d’affaires décoller de
1,4 million d’euros prévu en
2018 à 20 millions en 2021. n
InnovHealth déploie
PassCare, son passeport
de santé connecté
6
MILLIONS D’EUROS
Le chiffre d’affaires
réalisé en 2016.
pièce minimum, continuera pour
sa part son activité, ainsi que l’unité
de fabrication parisienne de Tailor
Corner. « Il n’est pas question qu’une
usine prenne la place de l’autre, chacune ayant sa spécificité », assure le
dirigeant. Il n’est également pas
exclu que les boutiques actuelles et
à venir proposent dans leurs rayons
les trois marques de vêtements,
toute la stratégie commerciale de la
nouvelle entité étant en cours d’élaboration. n
l’offre digitale de la CCI Paris Ile-de-France
universelles », précise-t-il. « L’industrie agroalimentaire
figure parmi les exemples les plus connus, mais les
systèmes de vide sont utilisés dans tous les domaines
industriels, de la chimie à la manutention, en passant
par le secteur médical, le transport ou encore le
traitement des déchets ».
Paul Molga
— Correspondant à Marseille
défi de taille pour le dirigeant d’entreprise – membre
du Réseau Plato Numérique, animé par la CCI Essonne
et son dispositif Les Digiteurs – qui ne manque pas
de cultiver sa passion pour l’univers digital. « Le fait
de participer aux réunions organisées par la CCI
me permet de rencontrer d’autres entrepreneurs
et d’échanger des bonnes pratiques autour du
numérique », conclut-il. « L’occasion, aussi, de
soulever des questions pour mieux comprendre
les différents enjeux de la
transformation digitale ». De
quoi permettre au dirigeant
de Busch France d’être
moteur de cette démarche
au sein de l’entreprise et de
porter le projet auprès de ses
Éric Lebreton
collaborateurs !
Directeur de BUSCH
France
Date de création : 2015
Président : Adnan El Bakri
Effectif : 10 personnes
Secteur : e-santé
qui est aussi connu comme un
business angel avisé. Si le montant de sa participation est tenu
secret, il s’implique « activement », selon Adnan El Bakri,
dans la stratégie de l’entreprise.
Après un financement d’amorçage de 500.000 euros réalisé
en 2017 avec bpifrance, ce nouveau tour de table prévoit
d’ouvrir environ 20 % du capital
à de nouveaux investisseurs.
« L’objectif des 2 millions d’euros
est en passe d’être atteint. A ce
rythme, nous pourrions réunir
5 millions d’ici à septembre et
renforcer nos positions à l’international », projette-t-il.
Guillaume Roussange
— Correspondant à Reims
Intérêt pour
les pays émergents
DR
Franklin France est un habitué des
chantiers hors normes. La plus
haute tour du monde à Dubaï, le
Grand Palais à Paris ou encore la
Fondation Louis Vuitton et La Seine
Musicale dans l’ouest de la capitale
sont équipés de ses dispositifs de
protection contre la foudre, les
mêmes que ceux qu’on trouve sur
les centres de calcul, les raffineries
et autres installations sensibles.
Mais, cette fois, sa technique a
convaincu le gouvernement algérien et le groupe chinois – très discret – qui termine la Grande Mosq u é e d ’A l g e r, l a p l u s g r a n d e
d’Afrique et la troisième au monde
par la taille. L’affaire était loin d’être
gagnée, le concepteur de l’ouvrage
ayant préconisé une autre solution
consistant à hérisser l’édifice de
DR
Franklin France protège de la foudre
la Grande Mosquée d’Alger
LA STRATÉGIE
INNOVHEALTH
A Reims, la start-up InnovHealth accélère la commercialisation de son PassCare, une
carte connectée regroupant les
données de santé. Avec ce système, le patient peut, où qu’il se
trouve dans le monde, accéder à
l’historique de son parcours de
soins. Les praticiens peuvent s’y
connecter et y ajouter des informations. « Dans notre système,
les informations sont décentralisées, ce qui évite les problèmes de
piratage de l’information », précise Adnan El Bakri, chirurgien
au CHU de Reims et fondateur
d’InnovHealth. Présenté au CES
de Las Vegas, le passeport de
santé connecté PassCare a
r e t e n u l ’a t t e n t i o n d e
l’acteur Christophe Lambert,
En France, InnovHealth revendique déjà 200.000 utilisateurs
et compte ouvrir 7 bureaux
régionaux dans les prochains
mois. L’entreprise vise les
acteurs de l’assurance-santé,
mais aussi les réseaux de pharmacies où la carte peut être distribuée. A l’international, la
start-up, déjà présente au
Canada, en Suisse et au Liban,
s’intéresse aux pays émergents.
« Là où les systèmes de santé sont
embryonnaires, le PassCare peut
servir de carte vitale », estimet-il. Ce système séduit aussi les
ONG qui interviennent auprès
des réfugiés, sans outil de suivi
sanitaire efficace. InnovHealth
prévoit de réaliser 5 millions
d’euros de chiffre d’affaires
en 2019. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 27
Les Echos Lundi 23 avril 2018
FINANCE
&MARCHES
HONG KONG PARVIENT À
FAIRE REMONTER SA DEVISE
La Hong Kong Monetary Authority (HKMA) est intervenue 13 fois
depuis une semaine pour soutenir
sa devise attaquée. Elle remontait
vendredi à 7,8443 dollars de
Hong Kong pour un dollar. Pour
empêcher que le billet vert ne
franchisse la zone qui encadre ses
mouvements de 7,75 à 7,85 dollars
de Hong Kong, la HKMA a acheté
51 milliards de dollars de Hong
Kong (6,5 milliards de dollars).
les
indices
BPCE va lancer sa place de marché
de services financiers
l La banque mutualiste va ouvrir une
plate-forme pour proposer à des tiers
de distribuer certains de ses produits
et services bancaires avant l’été.
l Société Générale veut faire
de même à la fin de l’année,
voire début 2019.
BANQUE
La logique de place de marché qui
a fait le succès d’Amazon ou d’Alibaba est sur le point de s’emparer
du secteur bancaire. Après avoir
longtemps bataillé contre la réglementation européenne qui ouvre le
jeu de la concurrence en permettant à des acteurs tiers de réaliser
des transactions sur les comptes
courants de leurs clients (DSP2), les
banques françaises se préparent à
riposter en constituant leurs propres places de marché de services
financiers.
Le groupe mutualiste BPCE sera
l’un des premiers à se lancer :
« Nous avons choisi d’ouvrir avant
l’été une vraie offre d’API [des interfaces entre des systèmes d’information, NDLR]. Nous allons bien sûr
ouvrir les API réglementaires (DSP2)
pour permettre à des tiers d’accéder
aux comptes courants de nos clients
mais nous allons aussi ouvrir l’accès
à d’autres produits et services de la
banque, notamment des services de
Natixis à destination des entreprises », confirme le directeur général
en charge du digital de BPCE, Yves
Tyrode, aux « Echos ».
Modèle économique
encore incertain
Concrètement, la banque espère
ainsi élargir la distribution de ses
produits financiers à des platesformes d’e-commerce ou d’autres
sites marchands pour que ces derniers les proposent à leurs propres clients en marque blanche.
Les cas d’usage sont multiples :
« Il existe déjà aujourd’hui beaucoup de liens entre les banques et les
sites d’annonces immobilières,
mais cela se limite souvent à des
simulateurs de crédit pas ou peu
connectés à la banque, ce qui ne
permet pas de proposer des taux
actualisés, voire personnalisés »,
indique Erwan Guigonis, respon-
« Nous créons
un nouveau canal
de distribution,
chacun de nos
métiers pourra
ensuite décider
d’offrir ou non ses
services sur cette
plate-forme. »
YVES TYRODE
Directeur général chargé
du digital de BPCE
sable de la plate-forme Open Banking de BPCE. Il imagine demain,
grâce au système d’API de proposer la souscription d’un crédit
directement depuis les sites
d’annonces immobilières. « Nous
créons un nouveau canal de distribution, chacun de nos métiers
pourra ensuite décider d’offrir ou
non ses services sur cette plateforme », explique Yves Tyrode, qui
indique toutefois être « en train
d’affiner le modèle économique du
dispositif ».
Dans un premier temps, BPCE
veut tester cet outil avec des produits et services simples. La BRED
va ainsi mettre à disposition l’utilisation des données de localisation
de ses distributeurs de billets.
BPCE réfléchit par ailleurs à la
mise à disposition automatique à
des tiers de pièces administratives
de clients des Caisses d’Epargne
ou des Banques Populaires lorsque ceux-ci souscrivent un produit pour lequel ils doivent fournir
ces pièces. « Nous avons identifié
trois domaines prioritaires pour
fournir des API : le crédit, le paiement pour le compte de tiers et la
vérification des identités », explique Erwan Guigonis.
D’autres banques vont suivre
cette voie. Après avoir ouvert l’accès
aux comptes de paiement de ses
clients à des tiers comme le
demande Bruxelles, Société Générale veut ouvrir une place de marché similaire. Prévue pour fin 2018,
voire début 2019, celle-ci devrait
aussi proposer des produits bancaires sur étagère à des distributeurs
tiers, « nous visons notamment les
néobanques qui ont une offre
réduite », explique le groupe.
Pas la même
problématique
Au sein du groupe de la Défense,
toutes les marques ne vont pas
adopter la même logique. Crédit
du Nord veut en effet plutôt profiter de ce nouvel écosystème
pour importer des nouveaux services, par API, à ses clients.
Celui-ci le fait déjà pour les aider
à mieux gérer leur comptabilité
ou leurs frais de mission. Crédit
du Nord estime en effet que, du
fait de sa c onc entration sur
les clients entreprises, il n’a pas
la même problématique que des
grandes banques de détail : « Celles-ci ont plutôt intérêt à pousser
leurs propres produits partout où
elles peuvent le faire pour éviter de
se faire désintermédier massivement. Le fonctionnement en
architecture ouverte est devenu
une nécessité absolue », estime
Françoise Mercadal-Delasalles,
directrice générale déléguée de
la banque.
— S. W.
Dans un premier temps, BPCE veut tester sa place de marché avec des produits et services simples. Photo Eric Piermont/AFP
Les banques restent vigilantes sur le partage
des données bancaires
Forcées de donner accès
à certaines des données
de leurs clients, elles
plaident pour une égalité
des règles du jeu entre
acteurs alors que des géants
du numérique pourraient
venir chasser
sur leurs terres.
Solenn Poullennec
@SolennMorgan
Les banques restent vigilantes sur
le partage des données alors que les
nouvelles règles européennes en la
matière pourraient rebattre les cartes dans le secteur financier.
La question de l’équité des règles du
jeu entre acteurs est l’un de leurs
sujets de préoccupation. Dernier
exemple en date : Ana Botín, la
patronne de la grande banque espagnole Santander, a plaidé le 17 avril
dernier dans le « Financial Times »
pour une révision de la directive
européenne sur les services de paiement (DSP2). Entrée en vigueur en
début de cette année, cette régulation veut renforcer la concurrence
dans le secteur des services financiers en obligeant les banques à partager des données de leurs clients
qui le souhaitent avec d’autres
acteurs.
« Nous aimons la concurrence
mais ce que nous aimons c’est une
concurrence équitable », a défendu
la banquière. Et d’ajouter : « Quiconque avec des données sur plus de
50.000 consommateurs devrait
avoir les mêmes règles [NDLR : que
les banques en termes de partage] ». Ces réclamations vont plus
loin que celles formulées par la
Fédération bancaire européenne,
qui ne milite pas officiellement
pour une révision de DSP2. Le lobby
insiste cependant sur le fait que le
partage des données ne doit pas se
faire au détriment de la cybersécurité et se dit attentif à l’égalité des
règles du jeu avec les fintech, à
l’heure où beaucoup de ces start-up
misent sur les données pour venir
chasser sur leurs terres.
Un enjeu de confiance
Les établissements de crédit peuvent aussi redouter la concurrence
des grands acteurs du numérique
tels que Google, Amazon, Facebook
et Apple (Gafa). Parmi ces Gafa, le
géant du commerce en ligne Amazon a déjà commencé à pousser ses
pions aux Etats-Unis pour offrir un
compte courant à ses clients. « La
DSP2 permet aux Gafa d’avoir une
flèche supplémentaire [pour] leur
arc », reconnaît Jean-Baptiste Malbate, directeur pour le cabinet de
conseil A.T. Kearney.
Or, le carquois des Gafa est déjà
bien rempli. Ces sociétés peuvent
notamment compter sur la détention d’une grande quantité de données relatives à leurs clients et sur
une importante force de frappe en
matière d’innovation technologique. Toutefois, les démêlés de Facebook avec l’affaire Cambridge Analytica le prouvent : « l’un des
problèmes que vont devoir affronter
les Gafa, c’est la confiance que les consommateurs voudront bien leur
Amazon a
déjà commencé
à pousser ses pions
aux Etats-Unis pour
offrir un compte
courant à ses clients.
accorder », explique le consultant.
Ce dernier considère que « les banques ont pour elles la confiance et un
haut niveau de sécurité qu’elles
s’imposent en interne ». Reste pour
elles à imposer des services aussi
populaires que ceux des poids
lourds du numérique. n
L’« open banking » doit trouver son modèle économique
A
près avoir laissé
quelques précurseurs,
comme l’espagnol BBVA
ou encore l’établissement américain Capital One, tenter l’expérience de la distribution de produits
bancaires sur une place de marché
ouverte à de multiples distributeurs, les banques françaises se
sont résolues à les imiter. « La
deuxième directive européenne sur
les services de paiement (DSP2) a été
un catalyseur : les banques françaises ont compris qu’elles n’avaient
d’autre choix que de s’ouvrir et elles
cherchent désormais à créer un
modèle économique autour de ce
concept d’“open banking” », estime
ANALYSE
Sharon Wajsbrot
Thierry Mennesson, associé chez
Oliver Wyman. A la manière
d’Amazon, qui a fait commerce
d’infrastructures informatiques à
la demande – à travers sa branche
« cloud » Amazon Web Services –,
les grandes banques espèrent
s’imposer dans la mise à disposition de services financiers à la
demande… Une manière de rentabiliser leurs coûts de structures et
de se positionner face aux Gafa qui
menacent d’entrer de plain-pied
dans les services financiers. A reculons, les banques ont donc fini par
accepter de plus être l’unique interlocuteur de leur client. « Etre désintermédié n’est pas un problème si
cela permet de mieux gagner sa vie »,
faisait valoir BBVA aux « Echos »
lors du lancement de sa plateforme API en 2016.
« Tout le monde
se cherche »
Sur ce point, les banques n’ont toutefois aucune certitude et c’est pourquoi leur approche reste avant tout
défensive. « Tout le monde se cherche encore, on a du mal à distinguer
les interfaces de programmation
(API) qui généreront des revenus de
celles qui n’en généreront pas »,
reconnaît Joao Simoes, directeur
des opérations au sein de la direction informatique de la Bred.
D’abord, si le marché est a priori
prometteur, il reste inexploré.
Ensuite, les effets d’une telle stratégie sur le fonds de commerce existant présente beaucoup d’inconnues. Toutes les banques qui
s’engagent dans la construction
d’une telle place de marché veulent
le faire sans perdre la relation
directe avec leurs clients particuliers et entreprises qui concentrent
leurs revenus. L’équation risque
d’être difficile à résoudre. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
28 // FINANCE & MARCHES
Lundi 23 avril 2018 Les Echos
Gestion de fortune : Natixis
poursuit sa montée en gamme
l Natixis Wealth Management a annoncé la cession de sa plate-forme
de distribution de produits financiers à la société Nortia.
l La Banque privée du groupe BPCE amorce un repositionnement
comme certains de ses concurrents dans la banque privée.
Wells Fargo
mis à l’amende
pour les comptes
fantômes
BANQUE
La banque californienne a conclu
un accord avec
deux régulateurs
pour solder une
partie des litiges
dont elle fait l’objet.
Les poursuites
continuent.
Elsa Conesa
@ElsaConesa
— Bureau de New York
Natixis Wealth Management avait décidé de se repositionner sur les clients plus fortunés. Photo Romain Gaillard/RÉA
BANQUE
Solenn Poullennec
@SolennMorgan
Les grandes manœuvres s’enchaînent au sein de la banque de financement et d’investissement du
groupe BPCE. La banque privée de
Natixis, Natixis Wealth Management, a annoncé vendredi être
entrée en négociations exclusives
avec la société française Nortia
pour lui céder, pour un montant
non dévoilé, la totalité du capital
de Sélection 1818, une plate-forme
dédiée à la distribution de produits financiers auprès des
conseillers en gestion de patrimoine indépendants (CGPI).
Deux jours avant, la société de gestion de Natixis avait, elle aussi,
officialisé une cession.
Pour la banque privée, la cession
de Sélection 1818 s’inscrit dans
sa stratégie de montée en
gamme officialisée en fin d’année
dernière. Natixis Wealth Management (ex-La Banque Privée 1818)
avait décidé, comme certains de ses
concurrents, de se repositionner
sur les clients plus fortunés (avec
plus d’un 1 million d’euros d’avoirs),
que ceux-ci soient acquis en direct,
auprès des réseaux bancaires du
groupe BPCE ou de Natixis.
Une banque privée
en repositionnement
Après ce virage, la détention de la
plate-forme Sélection 1818 dédiée
au service, à travers les CGPI, d’une
clientèle moins fortunée n’apparaissait plus pertinente, selon ses
dirigeants. « Ce n’est pas le même
métier que celui de gestion de fortune.
C’est un métier plus industriel de
fournisseur de plate-forme de services. A un moment donné, nous
devons choisir nos combats »,
avait expliqué en novembre dernier
aux « Echos », George-Eric de La
Brunière, le directeur général de
Natixis Wealth Management. Celle-ci est un acteur de taille moyenne
sur le marché français de la banque
privée avec près de 32 milliards
d’euros d’actifs sous gestion en 2017
(et une collecte de 1,4 milliard
d’euros). La reprise de Sélection
1818, qui totalise 6,3 milliards
un contexte de concentration du
marché – notamment des conseillers –, c’est absolument nécessaire
si l’on veut continuer à évoluer, à
apporter du service et à mettre des
outils en place », se félicite Vincent
Dubois, le président du groupe
DLPK qui chapeaute notamment
Nortia. Celui-ci est soutenu depuis
cette année par la société de capitalinvestissement BlackFin Capital
Partners, qui a pris plus de 30 % de
son capital
« L’opération nous
permet d’atteindre
une taille critique en
termes d’encours
gérés. Dans
un contexte de
concentration du
marché, c’est
nécessaire si l’on
veut continuer à
évoluer. »
Une place de choix sur le
marché des indépendants
VINCENT DUBOIS
Président du groupe DLPK, qui
chapeaute notamment Nortia
Le rachat de Sélection 1818 « permet
de conforter notre place sur le marché des indépendants. Avec cette
acquisition, nous devenons la première plate-forme indépendante
exclusivement dédiée aux CGPI, avec
un peu plus de 10 milliards d’euros
d’encours », complète le dirigeant
de la société basée dans la région lilloise et comptant près de 90 personnes. Celui-ci précise que la quarantaine de collaborateurs de
Sélection 1818 sera reprise. La
société devrait par ailleurs continuer à recruter. n
d’euros d’encours, va aider Nortia à
changer de dimension. De fait, la
société de conception et distribution des produits financiers pour
les CGPI gérait en fin d’année dern i è r e 3 , 3 m i l l i a r d s d ’e u r o s
d’encours. L’opération « nous permet d’atteindre une taille critique en
termes d’encours gérés. Dans
Swiss Life mise sur une fintech pour mieux visualiser
le patrimoine de ses clients
L’assureur vient d’injecter
10 millions d’euros supplémentaires dans la fintech
française CrossQuantum.
Shutterstock
Swiss Life France mise sur la
start-up française CrossQuantum
pour mieux connaître ses clients.
Le groupe d’assurance et de gestion
de patrimoine a annoncé à la miavril un investissement en capital
de 10 millions d’euros dans cette fintech spécialisée dans l’agrégation
du patrimoine. Swiss Life France
avait déjà injecté environ 2 millions
d’euros dans la jeune pousse lancée
en 2015 par deux de ses ex-collaborateurs et dont elle détient
aujourd’hui la majorité du capital.
CrossQuantum a développé une
application ouverte à tous et baptisée LaFinBox qui permet à ses utilisateurs d’avoir une vue agrégée de
l’ensemble de leurs avoirs logés
auprès de différents établissements
financiers. Et ce, qu’il s’agisse des
sommes placées sur des comptes
bancaires, des contrats d’assurance-vie, des comptes titres ou encore
de l’épargne salariale. Depuis peu,
la fintech propose aussi d’agréger le
patrimoine immobilier. Au total,
e l l e r e ve n d i q u e u n m o n t a n t
d’encours agrégés de 1,6 milliard
autre opérateur. Avec le produit
LaFinBox, « l’objectif premier, c’est
de donner au client le conseil adapté
en fonction de l’évolution de ses
avoirs et de son profil de risques »,
explique Eric Le Baron, directeur
général de SwissLife Assurance et
Patrimoine. Et ce d’autant plus que
la réglementation exige une connaissance très approfondie des
clients. « Le second objectif, c’est de
faire du business en plus, en proposant des produits en fonction de
l’analyse de l’ensemble des avoirs
visualisés », poursuit Eric Le Baron.
Swiss Life France a investi dans CrossQuantum. Via son application LaFinBox, celle-ci propose à ses utilisateurs d’agréger l’ensemble de leurs avoirs détenus auprès d’établissements financiers.
d’euros. Swiss Life France propose
depuis quelques mois à ses clients
de bénéficier de cette solution
d’agrégation. Très axé sur la gestion
privée, l’assureur compte sur l’enrichissement de la solution pour en
faire un outil important de dialogue
entre ses commerciaux (salariés et
agents généraux) et leurs clients. Il
table notamment sur CrossQuantum pour développer un robot-conseiller. Celui-ci offrirait des conseils
de gestion personnalisés en tenant
compte de l’intégralité des placements des clients qu’ils soient logés
chez Swiss Life France ou chez un
Indépendance
opérationnelle
Le partenariat entre Swiss Life et
CrossQuantum n’empêche pas
cette dernière de conserver son
indépendance opérationnelle et de
chercher à développer ses services,
non seulement en B to C mais aussi
en « marque blanche » auprès
d’autres établissements du monde
de l’assurance-vie, de la banque privée ou de la gestion d’actifs. « Nous
venons de signer avec un gros établissement financier », assure Stéphane
Vallois, cofondateur de la société.
Son ambition est simple : « Créer
l’agrégateur de référence pour la
clientèle patrimoniale.» — S. P.
C’est l’amende la plus importante infligée à une banque
depuis l’investiture de Trump
l’an dernier. Mise en cause
dans une gigantesque fraude
dans son réseau d’agences,
Wells Fargo a accepté de payer
1 milliard de dollars pour mettre fin à une partie des enquêtes
dont elle fait l’objet de la part des
régulateurs dans le scandale
des comptes fantômes qui a
éclaté à l’automne 2016. La banque de San Francisco a conclu
un accord portant sur les activités de sa division financement
avec plusieurs régulateurs
américains, dont le Bureau de
protection des consommateurs
(CFPB).
Restituer les sommes
prélevées indûment
Au terme de l’accord, la banque
va devoir restituer les sommes
prélevées indûment à ses
clients et améliorer ses risques
et ses procédures de contrôle
interne. L’amende sanctionne
en effet son incapacité à détecter et prévenir les pratiques de
son réseau d’agences, qui l’ont
par exemple conduite à facturer à ses clients des services
qu’ils n’avaient pas souscrits.
« Nous avons toujours dit que
nous appliquerions la loi et c’est
ce que nous avons fait », a prévenu le directeur du budget
et responsable du CFPB par
intérim, Mick Mulvaney. La
maison américaine, qui s’est
longtemps distinguée dans
l’industrie financière par le
dynamisme de son activité de
banque de détail, a admis en
septembre 2016 avoir ouvert
3,5 millions de comptes fictifs
ou non autorisés afin d’accroître artificiellement les revenus
de son réseau d’agences.
Audit des procédures
Malgré un accord à 185 millions
de dollars conclu avec le CFPB
fin 2016, le scandale n’a cessé de
s’étendre à d’autres divisions de
l’établissement, comme la gestion de fortune ou les activités
de crédit aux particuliers, qui
font toutes l’objet d’enquêtes
parallèles. En février, la Fed a
parallèlement décidé de brider
le développement de l’établisse-
L’accord annoncé
vendredi ne met
un terme qu’à
une petite partie
des poursuites.
Il ne couvre
que les abus
dans la division
de crédit auto et
crédit immobilier.
ment, en fixant un plafond à
la taille de son bilan. L’accord
annoncé vendredi ne met un
terme qu’à une petite partie des
poursuites, puisqu’il ne couvre
que les abus dans la division
de crédit auto et crédit immobilier. Il devrait toutefois doucher
les espoirs des banques qui
tablaient sur des régulateurs
plus conciliants avec la nouvelle administration.
En attendant, il a contraint
la banque, qui a embauché un
consultant pour auditer ses
procédures, à revoir à la baisse
ses résultats du premier trimestre, qui sont inférieurs de 15 %
à ceux annoncés en début de
semaine. n
en bref
Crédit Mutuel convoque une
assemblée générale exceptionnelle
BANQUE La Confédération nationale du Crédit Mutuel (CNCM)
a convoqué une assemblée générale exceptionnelle le 16 mai
prochain pour entériner la modification de ses statuts. Selon
Arkéa, qui veut faire sécession du groupe mutualiste, il s’agit
d’étendre les pouvoirs de sanction de la Confédération à l’égard
des dirigeants et des présidents des banques régionales, en vue
de « priver le groupe Arkéa de son président et de ses dirigeants ».
La CNCM, l’organe politique du Crédit Mutuel, met en revanche
en avant sa volonté de modifier ses statuts pour renforcer
l’autonomie de ses fédérations, notamment en matière
d’emploi, en réponse aux critiques de centralisation formulées
par Arkéa.
Le patron de Barclays mis à l’amende
BANQUE Les autorités britanniques, la Financial Conduct
Authority (FCA) et la Prudential Regulation Authority
(PRA) sont en passe d’infliger une amende au patron de
Barclays, Jes Staley, pour son comportement vis-à-vis d’un
lanceur d’alerte, selon un communiqué de la banque publié
vendredi dernier. Il est reproché au dirigeant d’avoir cherché à
identifier l’auteur d’une lettre envoyée en 2016 et faisant part
d’inquiétudes au sujet d’un cadre de Barclays qui venait
d’être recruté. Selon la banque, les autorités britanniques
n’ont pas estimé que le patron avait manqué d’intégrité ou
qu’il n’était pas en mesure de continuer à exercer ses
fonctions.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 29
Les Echos Lundi 23 avril 2018
Petite poussée de fièvre sur les marchés
obligataires
l Les marchés de taux se sont tendus dans le sillage de la hausse des prix
du pétrole. Le creusement du déficit américain inquiète aussi les investisseurs.
l Mais les taux restent encore loin de leur pic de février.
MARCHÉS
Pierrick Fay
@pierrickfay
Avec la réduction du risque géopolitique – Donald Trump a surtout
tweeté ces derniers jours sur la politique américaine et sur sa partie de
golf avec Shinzo Abe –, les investisseurs ont repris un peu de risque
dans leurs portefeuilles, ce qui a
provoqué quelques tensions sur les
marchés obligataires. En quatre
jours, le taux américain a repris
près de 10 points de base pour revenir au-dessus du seuil des 2,90 %.
En Europe, le Bund est remonté à
près de 0,60 % (+ 9 points de base),
alors que l’OAT française pointe de
nouveau à 0,80 % (+ 7 points de
base), relativement loin de son pic
du 2 février dernier à 1,02 %.
« Le premier suspect est le cours
du pétrole », estime Stéphane Déo à
La Banque Postale AM, dans une
note intitulée « C’est reparti pour un
tour (de hausse des taux) ». Les prix
du pétrole ont en effet rebondi de
10 % en quinze jours, entraînant
dans leur sillage une partie des
matières premières. Une remontée
qui pourrait réveiller les craintes
inflationnistes et pousser les banques centrales, et notamment la
Fed, à plus de sévérité. Pour l’instant, elle a surtout fait réagir Donald
Trump, qui dans un tweet, vendredi
– à quelques heures d’une réunion
de l’Opep –, a dénoncé le prix « artificiellement trop haut du pétrole. Pas
bon et pas acceptable ».
La Fed durcit le ton
La Fed, justement, semble aussi
avoir commencé à durcir son discours, laissant la porte ouverte –
notamment dans ses minutes de la
réunion de mars – à trois nouvelles
hausses des taux cette année, soit
une de plus que prévu. Deux décla-
rations récentes ont pu entretenir le
doute. « Nous n’allons pas garder les
taux bas pour rendre le travail du
Trésor plus facile », a déclaré Neel
Kashkari, président de la Fed de
Minneapolis, en référence aux
besoins croissant des Etats-Unis
pour financer leur déficit budgétaire. Eric Rosengren (Fed de Boston) a, quant à lui, estimé que « la
Fed aura peut-être besoin de remonter les taux plus qu’elle ne l’attend
actuellement pour prévenir un scénario d’alternance entre une forte
expansion et la récession », signalant
ainsi que la Fed entendait regagner
un maximum de marge de
manœuvre pour se préparer à la fin
d’un des cycles de croissance les
plus longs depuis la S econde
Guerre mondiale.
« La Fed aura
peut-être besoin
de remonter les taux
plus qu’elle ne
l’attend
actuellement pour
prévenir un scénario
d’alternance entre
une forte expansion
et la récession. »
ÉRIC ROSENGREN
Fed de Boston
La politique budgétaire de
Trump est d’ailleurs l’un des autres
sujets de préoccupation des marchés obligataires. D’abord parce
qu’elle est potentiellement inflationniste et, ensuite, parce que les
Etats-Unis pourraient bien avoir du
mal à financer le déficit qui va en
découler. Le Trésor doit en effet refinancer un quart de la dette en 2018
et, selon Stéphane Déo, « avec un
déficit prévisionnel supérieur à
1.000 milliards, l’appétit des étrangers pour les Treasuries, et donc leur
volonté de financer le déficit, est crucial pour l’équilibre des marchés ».
Or, pour Rose Ouahba chez Carmignac, « le marché est trop confiant
sur le financement du déficit américain » surtout « dans un climat de
guerre commerciale ».
Les tensions sur les taux américains ont aussi pesé sur les taux
dans la zone euro, alors que la prochaine réunion de la Banque centrale européenne se tiendra jeudi.
Le flou entretenu par Mario Draghi
sur la fin du « QE » alimente les
interrogations, alors que les anticipations d’inflation ont reculé ces
dernières semaines (la hausse de
l’euro réduit la pression sur les prix
importés).
Le retour de l’indice de surprise
économique en territoire négatif a
aussi pesé sur les taux, même si
Benoît Cœuré à la BCE a réaffirmé
sa confiance dans la solidité de la
croissance dans la zone euro. Les
analystes de la Société Générale
estiment d’ailleurs que « les conditions restent en place pour qu’elle
poursuive la réduction de sa politique accommodante ».
Selon Jean-François Robin chez
Natixis, ce sont donc « plutôt les
facteurs haussiers qui devraient
dominer dans les prochains mois »,
avec notamment en ligne de mire le
seuil symbolique des 3 % aux
Etats-Unis, seuil que le taux à 10 ans
n’a pas connu depuis décembre 2013. n
Le gouverneur de
la Banque d’Angleterre
fait chuter la livre
Mark Carney a surpris
les marchés en laissant
croire à une hausse
des taux de la Banque
d’Angleterre en mai.
Isabelle Couet
@icouet
Alors que les taux se sont tendus
sur les principaux marchés
obligataires, le rendement des
emprunts d’Etat britannique a
suivi le chemin inverse. A l’origine
de cet étrange mouvement : les
propos du gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney,
qui a créé la surprise, jeudi. Dans
une interview à la BBC, le Canadien en charge de la politique
monétaire britannique a laissé
entendre qu’une hausse du taux
directeur le 10 mai, lors de la réunion de la Banque d’Angleterre,
n’était pas du tout garantie. Il faut
« garder à l’esprit qu’il y a d’autres
réunions », a-t-il déclaré. Ajoutant
que les développements concernant le Brexit seraient déterminants. « Les principales décisions
en matière économique au cours
des prochaines années se feront sur
fond de négociations autour du
Brexit. Nous nous adapterons aux
conséquences de ces décisions afin
de maintenir l’économie sur une
trajectoire stable. »
Ses propos ont fait nettement
reculer les anticipations des
opérateurs de marché quant à
un resserrement monétaire en
mai. La probabilité d’un tour de
vis a chuté de 82 %, avant son discours, à 56 %, selon Bloomberg.
Conséquence, la livre sterling
a perdu du terrain. La devise, qui
traitait au-dessus de 1,42 dollar,
a touché 1,4044 dollar. « Ceux qui
étaient farouchement positifs sur
la livre sterling semblent avoir bas-
culé en mode “panique” », commente Viraj Patel, analyste chez
ING. Selon lui, il est pourtant trop
tôt pour changer de vue sur la
devise britannique et miser sur
sa dépréciation à moyen terme.
Livre sterling
à 1,48 dollar en fin d’année
Même analyse pour les stratégistes de Nomura. Ils pensent que
Mark Carney a simplement voulu
préparer les esprits, au cas où
certains membres du Comité de
politique monétaire ne soutiendraient pas une hausse des taux
en mai. Mais eux continuent
d’y croire, même si certaines
statistiques économiques ont
déçu récemment.
« Sur le long terme, nous pensons que la Banque d’Angleterre est
au début d’un cycle de remontée
des taux », souligne l’équipe de
Nomura, qui anticipe toujours
un taux de change à 1,48 dollar en
fin d’année. n
Les valeurs bancaires
dépendantes de la BCE
Les banques ont souffert
en Bourse de la détente
sur les taux d’intérêt depuis
février. Les investisseurs
attendent le tournant
de la politique monétaire
de la Banque centrale
européenne.
Pour savoir comment les valeurs
bancaires europ éennes vont
évoluer en Bourse, nul besoin
de s’attarder sur leur stratégie en
matière de digitalisation, de fermetures d’agences ou de lancement de
nouveaux produits. Il suffit le plus
souvent de regarder comment évoluent les taux sur le marché obligataire. Alors que, depuis son pic du
2 février, le rendement du taux allemand à 10 ans s’est détendu de
18 points de base, l’indice Euro
STOXX Banks a chuté de près de 6 %
contre un repli de 0,7 % pour l’Euro
STOXX 50. Le repli a même atteint
9,2 % au 29 mars, lorsque les taux
ont touché un point bas à 0,497 %.
Sur cette période, une seule banque
sur les vingt-sept de l’indice avait
enregistré une performance positive. La légère tension sur les taux
obligataires, constatée depuis trois
jours, a permis au secteur de limiter
les dégâts.
Cette corrélation – irrégulière
dans le temps – est aussi confirmée
par une étude d’Invesco, menée
par Natalia Ryazantseva, entre
août 2017 et février 2018. L’analyste
constate que « la performance relative des banques est plus sensible à
l’évolution de l’écart entre taux de
court terme et de long terme qu’à celle
du marché dans son ensemble ». Un
comportement atypique, alors
qu’en règle générale les valeurs bancaires disposent d’un « bêta » élevé,
c e q u i s i g n i fi e q u e c e s t i t r e s
devraient surperformer en phase
de hausse des marchés et sous-performer le marché en phase de
baisse. Ce qui n’a pas été le cas.
Changement de cap
L’étude montre donc une corrélation positive entre l’évolution des
rendements obligataires et la surperformance des banques. Pour
Jeffrey Taylor et Stéphanie Butcher,
chez Invesco, c’est une évolution
« logique compte tenu du changement de cap monétaire opéré sur
les marchés financiers. Après des
années de conditions financières
ultra-accommodantes, nous entrons
dans une phase de resserrement
monétaire des banques centrales. »
Les investisseurs jugent en effet
que les taux obligataires devraient
remonter à la faveur de la réduction
du plan de rachat d’actifs de la BCE,
redonnant ainsi un peu de latitude
aux banques pour améliorer leurs
marges, sous pression depuis des
mois en raison du niveau très bas
des taux d’intérêt.
Pour Invesco, cette tendance
devrait durer : « Nous sommes aux
prémices d’un changement de régime
monétaire et, en tant que gérants
d’actifs, nous cherchons à tirer profit
de ces évolutions. »
Mais tous ne partagent pas cet
avis, du moins à court terme. « Nous
avons cru à un moment à cette thématique d’un point de vue plus tactique que structurel, via l’indice zone
euro », reconnaît Frédéric Leroux
chez Carmignac. « Mais on ne voit
pas aujourd’hui de changement de
politique monétaire assez fort en
Europe pour qu’un tel investissement soit attractif. Mario Draghi
prend son temps. » Selon le consensus, la première hausse des taux de
la BCE pourrait n’intervenir qu’à la
fin de l’été 2019. Le potentiel de
rebond des taux à court terme ne
serait donc pas suffisamment fort
pour jouer cette carte.
La saison des résultats trimestriels devrait démarrer prochainement. En 2017, hormis pour le Crédit Agricole, le bilan avait été plutôt
mitigé. Aurel B GC se montre
d’ailleurs prudent pour l’avenir :
« les résultats des banques de la zone
euro pourraient ne pas bénéficier
autant que par le passé d’un mouvement de hausse brutale des taux
d’intérêt à long terme », notamment
parce que les obligations représentent une part de plus en plus importante de l’actif agrégé des banques
(20,6 % du bilan en 2017), ce qui
pourrait provoquer « une dépréciation de leur important portefeuille
obligataire ».
Une prudence partagée par
Frédéric Leroux, au regard « de
l’accueil réservé par les investisseurs
aux résultats trimestriels – pourtant
plutôt conformes aux attentes – des
banques américaines. Cela n’incite
pas à y aller ». En effet, depuis le
début de la saison des résultats, le
13 avril, l’indice S&P 500 Banks a
reculé de 2,08 % contre un gain de
1,09 % pour le S&P 500. — P. Fay
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30 // FINANCE & MARCHES
Lundi 23 avril 2018 Les Echos
L’euro repasse la barre symbolique
de 1,20 franc suisse
CHANGES
Pour la première fois
depuis la fin du cours
plancher de 1,20 franc
suisse par euro, début
2015, l’euro est repassé
au-dessus de cette
barre symbolique,
à 1,2010 franc suisse.
Nessim Aït-Kacimi
@NessimAitKacimi
L’euro est repassé au-dessus de
1,20 franc suisse pour la première
fois depuis 2015 et la fin agitée
du cours plancher. Il avait atteint
1,2005 franc suisse jeudi et s’établissait vendredi à 1,1960 franc suisse en
milieu de journée après avoir
grimpé à 1,2010 franc suisse. Ce
cours plancher de 1,20 franc suisse
par euro avait été mis en place en
2011 dans le cadre de la coûteuse
« guerre des changes » menée par la
Suisse. La dynamique des flux de
capitaux est moins favorable pour le
franc suisse. Sa faiblesse récente est
à mettre sur le compte « de l’augmentation des placements à l’étranger par les investisseurs institutionnels suisses et de la vente d’actifs
suisses par les particuliers non résidents », estime Robin Winkler, stratège changes à la Deutsche Bank. Le
franc suisse est moins perçu comme
une devise refuge par les marchés
car les tensions géopolitiques
(Syrie…) ont moins d’impact sur lui,
au grand soulagement de la Banque
Nationale Suisse (BNS), qui a néanmoins laissé entendre qu’il ne faut
pas pour autant crier victoire. Dans
sa dernière décision de politique
monétaire du 15 mars 2018, elle
notait que le franc se « situe toujours à un niveau élevé ». Un an aupa-
explique la surévaluation structurelle de la devise helvète depuis 2010.
La situation reste donc « fragile » et
« nous demeurons très prudents ». Et
la banque centrale est donc toujours prête à agir en intervenant sur
le franc suisse. En effet, son taux de
change global (par rapport à ses partenaires commerciaux) reste
aujourd’hui supérieur au niveau qui
était le sien au moment de la fin du
cours plancher début 2015.
Prudence sur les taux
ravant, elle estimait que sa devise
était « toujours nettement surévaluée ». Un changement subtil de
vocabulaire qui témoigne de progrès, selon elle, vers la fin du franc
fort. Lors d’une interview à Bloomberg TV, le président de la BNS, Tho-
mas Jordan s’est félicité de la chute
du franc, qui va « dans la bonne direction » mais la monnaie helvète reste
encore une « devise refuge », et
donc susceptible de remonter en cas
de tensions sur les marchés mondiaux. Ce statut de monnaie refuge
Thomas Jordan, le président de BNS
a déclaré que celle-là n’était pas
« pressée » d’ajuster sa politique
monétaire. « Il n’y a aucun besoin de
faire quelque chose en matière de politique monétaire à ce stade. » Si les
marchés anticipent que la BNS
pourrait relever ses taux plus tôt que
prévu, le franc suisse risquerait de
remonter, faisant baisser l’inflation
et repoussant un éventuel resserre-
ment monétaire. « Il est peu probable
que la BNS emboîte tout de suite le pas
à la Banque centrale européenne
(BCE) après que celle-là a relevé ses
taux d’intérêt. Elle voudra attendre
que la BCE ait relevé les siens de plus
de 25 points de base avant d’agir »,
estime Jordan Rochester, stratège
chez Nomura. Si la BNS temporise
trop sur les taux, un des risques est
que sa devise accélère sa baisse, la
banque centrale étant jugée en
retard dans son combat contre
l’inflation, ce qui affaiblit le franc. A
cet égard, la faible volatilité de la
devise helvète, de près de 7 %, plaide
pour une poursuite de son repli,
selon Nomura. Historiquement,
comme entre 2004 et 2007, l’euro
s’apprécie contre le franc quand la
volatilité de la monnaie suisse est
inférieure à 10 %. C’est dans les périodes de nervosité élevée (fin 2008,
crise de la zone euro) qu’il justifie le
plus son statut de devise refuge. n
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DEPUIS 10 ANS ! *
La Bourse de
Paris termine
la semaine
dans le vert
Bourse de Paris a clôturé
•la La
semaine dans le vert, grâce à
un gain de 0,39 %, au-dessus du
seuil des 5.400 points pour la
première fois depuis début
février, grâce à de bons résultats d’entreprises. L’indice
CAC 40 a gagné 21,19 points à
5.412,83 points, au plus haut
depuis le 2 février, dans un
volume d’échanges nourri de
4,03 milliards d’euros. La veille,
il avait fini en hausse de 0,21 %.
Dans le reste de l’Europe, la
Bourse de Francfort a terminé
sur une baisse de 0,21 %, tandis
que son homologue de Londres
clôturait sur une hausse de
0,54 %. Cette semaine, les marchés seront notamment focalisés sur la réunion de la Banque
centrale européenne jeudi.
Outre-Atlantique, Wall Street a
terminé dans le rouge vendredi. L’indice Dow Jones
Industrial Average a perdu
0,82 % à 24.462,94 points et le
Nasdaq, le segment des valeurs
technologiques, a abandonné
1,27 % à 7.146,13 points.
Du côté des valeurs françaises, FNAC Darty a progressé de
3,41 % à 92,55 euros après avoir
enregistré au premier trimestre
2018 un chiffre d’affaires en
hausse de 0,6 %. AccorHotels
s’est inscrit en hausse de 1,13 % à
45,51 euros. Les actionnaires du
géant hôtelier ont approuvé la
cession de 55 % d’AccorInvest,
son entité regroupant ses activités immobilières, à un groupe
d’investisseurs comprenant des
fonds souverains saoudien et
singapourien. Eramet a chuté
de 5,02 % à 147,60 euros, pénalisé par un abaissement de sa
recommandation à « conserver » contre « acheter » auparavant par Kepler Cheuvreux.
en bref
© Arthimedes/Shutterstock
Deutsche Bank a réalisé un virement
erroné de 28 milliards d’euros
1
ÈRE RADIO
DE FRANCE
*Source : Médiamétrie 126 000, Janvier-Mars 2018, Lundi-Vendredi, 5h-24h, RTL, 13 ans et +, PDA, depuis Avril-Juin 08
**Source : Médiamétrie 126 000, Janvier-Mars 2018, Lundi à Vendredi, 5h-24h,
RTL, 13 ans et +, AC Milliers, QHM Milliers, PDA, DEA
BANQUE Deutsche Bank a viré par inadvertance, fin mars,
un montant de 28 milliards d’euros. L’erreur s’est produite le
16 mars quand Deutsche Bank a effectué un virement vers un
compte propre détenu auprès de la chambre de compensation
de l’opérateur boursier Deutsche Börse, mais pour un montant
erroné, a indiqué la banque à l’AFP. Ce genre d’erreur comptable
se produit au quotidien mais, en l’espèce, le montant erroné est
très inhabituel et dépasse même la capitalisation boursière de
la banque qui est proche de 24 milliards d’euros.
**
L’Egypte veut lancer son fonds souverain
FONDS Le gouvernement égyptien a approuvé le principe de la créa-
tion d’un fonds souverain, une idée qu’il va maintenant soumettre à
son Parlement. Ce fonds, dépendant du ministère du Plan, serait doté
d’un capital de départ de 200 milliards de livres égyptiennes (11,3 milliards de dollars). Sa création vise à contribuer au développement du
pays. Il investirait dans des secteurs comme les infrastructures, communication ou logistique. Il gérerait des participations dans des
groupes étatiques, le pays prévoyant d’introduire en Bourse une
dizaine d’entre eux dans les 18 mois, selon « Reuters ».
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 31
Les Echos Lundi 23 avril 2018
euronext
séAncE du 20 - 04 - 2018
CaC 40 : 5412,83 (0,39 %) neXt 20 : 11763,71 (-0,20 %)
CaC larGe 60 : 5995,05 (0,33 %)
CaC all-tradaBle : 4262,98 (0,28 %)
Date De ProroGation : 25 aVril
CAC 40
srD suite
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ost
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a
fr0000121261
A : indicateur acompte, solde ou total du dividende. BPA : bénfice par action. PER : price earning ratio. les plus hauts et plus bas ajustés sont sur l’année
civile. les valeurs classées par ordre alphabétique sont regroupées en trois classes de capitalisation signalées par les lettres a pour les capitalisations
supérieures à 1 milliard d’euros, B pour les capitalisations comprises entre 1 milliard d’euros et 150 millions d’euros et c pour les capitalisations inférieures
à 150 millions d’euros. L : valeurs de l’indice cacnext20. R : valeurs de l’indice caclarge60. G : valeurs de l’indice cacmid60. g : valeurs de l’indice
cacsmall. les bénéfices par action : source facset Jcf estimates. mise en ligne intégrale des informations réglementées sur www.lesechos-comfi.fr
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vol.
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Valeurs françaIses
ouv
vol.
nb titres
clot
% Veil % an
bpa
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B5
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B 30,4
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3,95
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20,78
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ost
isin / Date Détach. coupon / Div
cie Du camBoDGe (cbDG)
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1,06
1,13
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a
clot
% Veil % an
bpa
+ haut % mois + haut an per
+ bas % 52 s. + bas an rDt
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GenFit (Gnft) G
B 24,96
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GensiGHt (siGht)
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180,8
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88
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101
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1025
1010
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58
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492
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1,61
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6,72
1,49
1,31
1,78
0,1
1,98
4,21
11,86
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ost
isin / Devise / Date Détach. / Div
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ouv
clot
vol.
+ haut
nb titres
+ bas
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1,564
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Gl eVents (Glo) g
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2939
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30/06/17 0,65 23.402.711
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B 89,9
90,2
2753
90,3
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28/06/17 0,4 11.250.000
89,7
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c 0,249
0,254
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19700
0,254
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B 15,94
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1497
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2521
15,5
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26,4
26,8
reGr.
1911
27
fr0012612646
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a 51,6
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52,15
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18861
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517,6
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2500
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B 150,6
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2016
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150,2
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6,5
251158
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fr0010331421
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c 2,57
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B 37,8
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11997
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127,85
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42922
31,7
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31
JacQuet metal serVice (JcQ) g B 32
32,35
44245
32,45
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JcDecauX (Dec) G
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B 44,36
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44528
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KlePierre (li) LR
a 34,44
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Korian (Kori)
a 27,88
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531815
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latecoere (lat) g
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5,2
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le Bélier (beli) g
c 57,2
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59
fr0000072399
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lna santé (lna) g
B 56,1
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10455
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fr0004170017
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56
lectra (lss)
B 23,8
23,9
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24
fr0000065484
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23,55
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fr0004156297
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lisi (fii) g
a 35,4
35,7
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fr0000050353
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a 20,96
20,54
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fr0000053225
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manitou (mtu) g
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mauna Kea (mKea)
c 3,04
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mercialYs (merY) G
a 15,74
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mersen (mrn) g
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2,04
34784
2,05
fr0004177046
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mGi coutier (mGic) g
B 28,5
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natiXis (Kn) LR
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netGem (ntG) g
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a 105,85
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PHarmaGest int. (pha)
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Pierre & Vacances (vac) g
B 38,35
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bpa
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2,13
srD suite
Valeurs françaIses
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ouv
ost
vol.
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B
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nl0000400653
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La cote a changé.
Vous pouvez retrouver
les Bourses internationales
sur http://investir.lesechos.fr
1,29
52,19
4
3,45
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
32 // FINANCE & MARCHES
Lundi 23 avril 2018 Les Echos
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c 25
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c
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c
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LA BOURSE
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c
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Marché obligataire
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58
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20-04-2018
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MéTaux non Ferreux
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34630
10 florins
213,9
2,45
213,9
5 dollars*
299
15,21
299
10 dollars
587
13,1
587
20 dollars
1160
11,71
1195
5 roubles*
0
-100
0
50 pesos
1306,5
0,96
1320
latine
204
1,81
202
napoleon
212,6
6,11
204,8
1/2 napoleon*
111
10,8
107
souverain eli i* 270
6,88
263,9
souverain
260,9
3,28
257
1/2 souverain* 140
10,84
140
suisse
204
1,81
203
tunisienne*
205
2,31
205
mark*
260
5,22
260
krugerrand
1135
5,74
1125
lingotin 500grs 17900
3,74
17870
lingotin 250grs 9070
5,13
9050
lingotin 100grs 3630
5,19
3620
argent c3e (euro Par kilo) (csFaNMP)
536,66
528,56
cuivre (girm):
Londres
(eN dollars)
palladium (euro Par kilo) (csFaNMP)
Fix1
26 540
26 407
Fix2
26 960
26 842
platine (euro Par kilo) (csFaNMP)
Fix1
24 296
24 535
Fix2
24 398
24 558
London BuLLion MarKeT
20/04
19/04
argent (eN ceNts Par oz)
Fixage
1 715
1 722
or (eN dollars Par oz)
Fix
1 349
1 351
palladium (eN dollars Par oNce troy)
1 055
1 016
cathodes : 5811 a coMPter du 20/04/
autres demi produits cuivreux :
base cuivre
661,6 dePuis le 20/04
base laMiNé laitoN 1 titre 564,63 dePuis le 20/04
base laMiNé laitoN 70/30 573,45 dePuis le 20/04
base laMiNé laitoN 85/15
617,52 dePuis le 20/04
base laMiNé broNze 94/6
754,3 dePuis le 20/04
base laMiNé broNze 94/4
723,4 dePuis le 20/04
London MeTaL exchange
20/04
19/04
alliage d`alumin. (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
1950-1960
1960-1970
11920
aluminium (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
2597,5-2602,5
2586-2587
1404350
cash
3 Mois
stocks
6941,5-6942
6980-6985
355150
cash
3 Mois
vol.
21850-21875
21525-21550
2100
cash
3 Mois
vol.
15700-15710
15780-15790
314328
cash
3 Mois
vol.
settleMeNt
19/04
17,25
17,31
17,4
17,54
17,55
settleMeNt
20/04
avr. 18
1336,7
aout 18
1344,5
déc. 18
1357,2
avr. 19
1370
déc. 19
1396,9
platine (eN dollars Par oNce)
settleMeNt
avr. 18
Juil. 18
oct. 18
JaNv. 19
avr. 19
20/04
925,6
931,8
937,1
943,4
946,1
19/04
1347,1
1355
1366,8
1385,5
1405,8
settleMeNt
19/04
944,3
939,1
944,3
950
0
21700-21725
21520-21530
2015
éLecTriciTé
ice
(eN gbP Par MWh)
clôture
20/04
base
40,69
PoiNte
46,28
ice futures
(eN gbP Par MWh)
clôture
2345-2347
2349-2351
129500
15100-15105
15000-15050
315678
2377,5-2378
2378-2379
129375
Zinc (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
3231,5-3232
3243-3248
186825
3186-3186,5
3197-3197,5
189075
neW YorK
cuivre (en cents par lb)
settleMeNt settleMeNt
avr. 18
Mai 18
JuiN 18
Juil. 18
20/04
3,13
3,14
3,15
3,16
19/04
3,12
3,13
3,14
3,15
vol
82
91882
733
33863
base Jul 18
base dec 18
PoiNte May 18
PoiNte Jul 18
20/04
50,05
55,63
53,05
53,96
KuaLa LuMpur
settleMeNt settleMeNt
Jou r
20/04
21400
19/04
21400
vol
clôture
19/04
40,69
46,28
clôture
19/04
49,75
55,55
53,02
53,44
vol
364004
192492
vol
clôture
clôture
JuiN 18
Juil. 18
sePt. 18
déc. 19
Mars 10
20/04
68,4
68,18
67,05
59,24
58,06
19/04
68,33
68,08
66,9
59,15
58
410,5
383,5
singapour
gasoliNe 97
gas oil
Fuel oil (180)
Fuel oil (380)
83,2
84,08
435
403
82,5
82,45
438
406
éMission co2
nymex emissions (eN euros Par toNNe)
clôture
20/04
13,99
clôture
settleMeNt settleMeNt
vol
19/04
20,8
21,2
21,3
gaz naTureL
JuiN 18
Juil. 18
aout 18
20/04
2,77
2,81
2,82
vol
clôture
vol
19/04
2,71
2,76
2,77
clôture
19/04
18,77
vol
vol
16720
128
5
settleMeNt settleMeNt
20/04
Mai 2018 20,57
JuiN 2018 20,47
Juil 2018 20,35
19/04
20,14
20,13
19,83
19/04
82,9
82,77
78,54
23240
56240
16706
7693
clôture
clôture
20/04
19/04
Mai 18
1788
1831
Juil. 18
1829
1872
sePt. 18
1846
1885
déc. 18
1847
1875
Mars 19 1837
1859
new york (eN $ Par toNNe)
vol
5356
15548
12154
9352
3122
Mai 18
sePt. 18
déc. 18
Mai 19
Mai 19
20/04
2741
2757
2754
2717
2717
19/04
2837
2829
2822
2783
2783
vol
11
10694
7935
722
722
settleMeNt settleMeNt
20/04
548,6
536,3
522,8
19/04
552,2
536,8
522,7
vol
settleMeNt settleMeNt
20/04
19/04
JuiN 18
162,5
163,25
aout 18 168,25
169,75
Nov. 18
167,5
168,25
mais à chicago (eN ceNts Par
boisseau)
vol
settleMeNt settleMeNt
vol
20/04
19/04
Mai 18
12,99
13,04
Juil. 18
13,07
13,12
sePt. 18
12,17
12,25
avoine à chicago
(eN ceNts Par boisseau)
vol
20/04
19/04
Mai 18
1722
1724
4402
Juil. 18
1759
1766
4646
Nov. 18
1739
1741
323
JaNv. 19 1742
1744
132
Mars 19 1753
1757
64
new york-arabica (en cents par lb)
settleMeNt settleMeNt
vol
5250
30478
9269
Mai 18
sePt. 18
déc. 18
Mars 19
20/04
115,75
119,8
123,3
126,8
19/04
114,55
118,75
122,25
125,75
vol
settleMeNt settleMeNt
vol
632
4164
2349
808
new york (coNt. No2 - eN ceNts Par lb)
Jou r
20/04
19/04
112,45
115,7
vol
238
278
4
settleMeNt settleMeNt
20/04
143
146
146,75
vol
19/04
145,75
149,5
146,5
265
20
127
veau vivaNt - bresil - brl : 142.95
le 19/04//18
betail vivaNt - cMe - usd :
1.1935
le 19/04//18
betail d'eNgrais - cMe - usd : 1.373
le 19/04//18
Porc Maigre - cMe - usd :
0.6995
le 19/04//18
Porc FraNce e - eur :
1.5
indices
rJ crb
settleMeNt settleMeNt
637
620
53
BeTaiLs
londres-robusta (en $ par tonne)
clôture
vol
1001
109
37
settleMeNt settleMeNt
vol
clôture
59
2
2
20/04
19/04
Mai 18
376,5
381,5
135146
Juil. 18
385,5
390,5
150983
sePt. 18
393
398
30281
riZ à chicago (eN ceNts Par lb)
Mai 18
Juil. 18
Nov. 18
jus d’orange
chicago (eN $ Par 1000 bdFt)
settleMeNt settleMeNt
20/04
19/04
Mai 18
463,25
476,75
sePt. 18
495,75
508,5
déc. 18
520
532,25
mais à paris (eN euros Par toNNe)
caFé
Bois
Mai 18
Juil. 18
sePt. 18
19/04
11,79
0
11,97
12,22
13,42
vol
Prix indicatif de l'organisation internationale du
café (cents us/livre) :
Prix composé : 110.99
Moyenne quinze derniers jours : 205.461
new york (cont. n°2 - cents par lb)
settleMeNt settleMeNt
20/04
11,64
11,87
11,87
12,13
13,29
vol
settleMeNt settleMeNt
20/04
19/04
Mai 18
163
163,75
16708
sePt. 18
166,25
167,25
12022
déc. 18
170
171
5841
blé à chicago (eN ceNts Par boisseau)
vol
coTon
20/04
85,47
84,73
79,43
Mai 18
JuiN 18
Juil. 18
oct. 18
Mars 19
clôture
blé de meunerie n°2 à paris
(eN euros Par toNNe)
20/04
19/04
Mai 18
232,5
234,5
Juil. 18
236
239
sePt. 18
242,75
245,25
blé fourrager à londres
(eN £ Par toNNe)
iNdice cotlook a : 91,7, le 20/04//18
Mai 18
Juil. 18
Déc. 18
clôture
settleMeNt settleMeNt
nymex ( eN $ Par Mbtu)
clôture
vol
7524
2387
505
195
110
cacao
uraniuM
20/04
20,8
21,2
21,3
clôture
Prix indicatif de l'organisation internationale du
cacao (dollars/tonne) : le 18/04/
Prix indicatif : 2751,73
londres (eN £ Par toNNe)
uranium nymex (en $ par lb)
aout 18
déc. 18
JaNv. 19
clôture
20/04
19/04
aout 18 342,9
343,5
oct. 18
335,2
337,7
déc. 18
339,6
341,2
Mars 19 345,2
347
Mai 19
349
351,6
new york (eN ceNts Par lb)
vol
19/04
13,99
powernext gas futures
20/04
19/04
Mai 18
641,25
651
82892
JuiN 18
637,75
647,25
95792
Juil. 18
635,25
644,5
38369
Nov. 18
628,25
637,5
3903
Fév. 19
621
629,75
725
new york nymex wti (eN $ Par baril)
clôture
408,5
382
sPot
céréaLes
12,32 cts/lb
londres (eN dollars Par toNNe)
622
fuel
Fuel oil (hs 180)
Fuel oil (hs 380)
clôture
20/04
19/04
Jour
74,06
73,78
Juil. 18
73,35
73,11
266342
aout 18 72,78
72,54
94922
londres-gaZole (eN $ Par toNNe)
clôture
sucre
london daily price:
20/04
Nord da 19,41
londres-brent (eN $ Par baril)
clôture
produiTs péTroLiers
rotterdam
(barges - Fob) (eN $ Par toNNe)
gas oil 0.1% sul.
619,5
powernext gas spot
produiTs péTroLiers
clôture
etain (en dollars par tonne)
19/04
antimoine 99,65% (par tonne)
8450
8450
bismuth 99,99% (par lb)
5,15
5,15
cadmium 99,95% (par lb)
1,45
1,45
cobalt (cathodes) 99,80% (par lb)
44
44
eponge de titane 99,60% (par kg)
7,65
7,65
ferro manganese (hc) (par tonne)
1125
1125
ferro molybdene (par kg)
29,75
29,75
germanium (par kg)
1750
1750
selenium 99,50% (par lb)
23,5
23,5
silicium (par tonne)
2250
2250
nickel (en $ par tonne)
neW YorK
argent (eN ceNts Par oNce)
20/04
Mai 18
17,16
Juil. 18
17,22
sePt. 18
17,31
déc. 18
17,44
JaNv. 19
17,48
or (eN dollars Par oNce)
6933-6936
6981-6982
359275
etain (en $ par tonne)
plomb (en $ par tonne)
settleMeNt
2527,5-2528,5
2522-2523
1412500
cuivre (en $ par tonne)
platine (eN dollars Par oNce troy)
950
944
settleMeNt
1950-1960
1960-1970
11920
20/04
vol
112.45
20/04
19/04
206,15
206,08
reuters coM. 2255,18
2246,37
Moodys coM. 6118,88
6055,21
or iNdustriel 35329
35329
lMex
3493,7
3458,6
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHÉS // 33
Les Echos Lundi 23 avril 2018
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
Mirabaud Asset Management
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code isin
désignation
des valeurs
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
code isin
désignation
des valeurs
342,87 20/04
LU0130729220 Pictet-emerging mkts
618,51 20/04
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550,34 20/04
LU0144509717 Pictet-euroPean sust. eq.
249,01 20/04
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370,51 20/04
désignation
des valeurs
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
LU0168449691 Pictet-greater china
604,28 20/04
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252,19 20/04
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110,11 19/04
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dernier
dividende net
en euros**
mont.
date
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LU0255798109 Pictet-emerg lc deBt
176,47 20/04
LU0104884860 Pictet-Water
284,49 20/04
92,51 20/04
code isin
synchrony (lu)
LU0935268721 ram (l) sf em mkt core eq
LU0155303323 Pictet-asian eq. JaPan
LU0280430660 Pictet-clean energy
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
Banque Cantonale
de Genève (France) SA
Tél. 04 72 07 31 50
bcgef.fr/fonds
LU0130728842 Pictet-emerging euroPe
LU0070964530 Pictet-indian eq.
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
classification
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
classification
désignation
des valeurs
classification
code isin
classification
sicav//fcp
19/04
Valeur unitaire hors frais : valeur de la part ou de l’action hors droits d’entrée ou de sortie éventuels. Les SICAV éligibles au PEA sont signalées par un astérisque *. Le pictogramme P indique la cotation d’un FCP.
Classification des OPCVM : actions françaises (AF), actions de la zone EURO (AE), actions internationales (AI), monétaires EURO (ME), monétaires à vocation internationale (MI), obligations et autres titres de créances libellés en EURO (OE), obligations et autres titres de créances internationaux (OI), sicav luxembourgeoises (LX), diversifiés (DI), garantis ou assortis d’une protection (GP). ** : en euros ou dans la devise indiquée dans la colonne «DéSIGnAtIOn DES VALEURS».
carnet
fr
ENTREPRISES
ASSYSTEM TECHNOLOGIES
ELIOR GROUP
EDMOND DE ROTHSCHILD
est nommée directrice de la
communication et du marketing.
devient directrice des achats et
de la logistique. Elle est membre
du comité exécutif du groupe.
Florence Gaubert
Sarah Arnett
sont nommées head of external
affairs pour le groupe Edmond
de Rothschild, et directrice
de la communication France,
responsable de la marque
pour le groupe.
Florence Gaubert, 48 ans, titulaire
d’un DEA d’économie internationale, diplômée de la Sfaf, a débuté
chez Actus Finance et Communication. Entrée au service des relations publiques de la COB comme
responsable communication institutionnelle en 2000, elle a pris en
charge le développement des relations presse internationales lors
de la création de l’AMF en 2003.
Elle a été nommée adjointe au chef
du service de la communication
de l’AMF en 2007 et responsable
de la communication des sujets
gestion d’actifs, marchés et protection de l’épargne. En 2011, elle était
devenue directrice de la communication et membre du comité
exécutif de l’AMF.
Sarah Arnett, 44 ans, titulaire
d’une licence d’administration
économique et sociale de l’université de Paris-II, a également
été formée en communication au
Celsa et en direction marketing à
l’ESCP Europe. Après avoir travaillé au CCF, elle a été nommée,
en 2008, responsable de la marque du groupe RATP. En 2014, elle
a rejoint Edmond de Rothschild
où elle était jusque-là chargée de
la communication pour la Suisse.
Clémence Choutet
Clémence Choutet, 33 ans, diplômée de l’IEP de Paris, a d’abord
travaillé chez FleishmanHillard
en 2007, puis Publicis Consultants en 2012. Après avoir officié
chez Elan-Edelman jusqu’en 2014,
elle a rejoint les équipes de Norbert Dentressangle (aujourd’hui
XPO Logistics Europe) en tant que
responsable de la communication corporate et de la presse.
Depuis 2016, elle était conseillère
presse au cabinet du gouverneur
de la Banque de France.
NATIXIS
Luc Barnaud
est désormais chief digital and
technology officer de Natixis.
Il a intégré le comité de direction
des opérations et des systèmes
d’information (Dosi).
Luc Barnaud, 47 ans, ancien élève
de l’Ecole polytechnique, est
diplômé de Telecom ParisTech. De
2001 à 2004, il fut directeur marketing des solutions de mobilité entreprises d’Orange France avant de
devenir, en 2005, directeur de l’unité
réseau régional d’Aquitaine puis
directeur de l’agence entreprises
Sud-Ouest. En 2009, il a rejoint le
Technocentre d’Orange en tant que
directeur des activités TV. Promu
directeur opérateurs et partenaires
mobiles au sein d’Orange Wholesale France en 2014, il était entré
chez Natixis en qualité de chief
digital officer, membre du comité
exécutif en 2017.
Ruxandra Ispas
Ruxandra Ispas, 56 ans, diplômée
en mathématiques et systèmes
d’information de l’université de
Bucarest, a d’abord travaillé chez
Placoplatre et chez Deloitte &
Touche France. En 2001, elle a
intégré Danone, occupant des
postes de direction achats, supply
chain et organisation. En 2011,
elle a rejoint Diageo pour prendre
la direction mondiale des achats
de packaging ainsi que la responsabilité de la contribution des
achats à l’innovation. Entre 2015
et 2017, elle était directrice des
achats du groupe SIG plc.
ONEY
Charlotte Guilbert-Peutin
rejoint le comité de direction de
Oney France en tant que directrice
des relations partenaires.
Charlotte Guilbert-Peutin,
43 ans, est diplômée de l’Institut
supérieur d’agriculture (Isa) de
Lille. En 1997, elle a intégré le service des achats d’Auchan Retail
France. Entre 2011 et 2015, elle a
été chef de groupe pôle fidélité.
C’est en 2016 qu’elle avait rejoint
Oney en tant que responsable
compte clé Auchan.
SMA
Pierre Esparbès
Hubert Rodarie
deviennent respectivement
directeur général des mutuelles
d’assurance SMABTP et SMAvie,
CHAQUE MOIS,
CONNAISSANCE DES ARTS
FAIT DE VOUS UN EXPERT
et dirigeant effectif
sur l’ensemble des périmètres
d’activités du groupe SMA.
Pierre Esparbès, 44 ans, ancien
élève de l’Ecole nationale des
Ponts et Chaussées, du Centre
d ’é t u d e s a c t u a r i e l l e s e t d u
Centre des hautes études d’assurances, est entré dans le groupe
SMA en 1997. Il y a assumé diverses fonctions dans les domaines
de la gestion de sinistres, de la
souscription, de l’actuariat et de
la réassurance. En 2007, il a été
nommé directeur général
adjoint, chargé des marchés et
des risques IARD de SMABTP.
En 2013, il était devenu directeur
général délégué.
Hubert Rodarie, 62 ans, ancien
élève de l’Ecole Centrale Paris, est
diplômé de l’IEP de Paris. Il a intégré le groupe SMA en 2001 en tant
que directeur général adjoint. En
2006, il était devenu directeur
général délégué, chargé des activités d’assurances de personnes
et des activités financières.
AON
Anne Magnan-Leroyer
a intégré le comité de direction
d’Aon Risk Solutions
chez Aon France.
Anne Magnan-Leroyer, 49 ans,
titulaire d’un DESS de l’Institut
des assurances de l’université de
Paris-I, est directrice technique
responsabilité civile et lignes
financières. D’abord responsable
du département environnement
chez AXA Corporate Solutions,
elle a rejoint, en 2000, le groupe
Aon. En 2005, elle a intégré la
branche courtage de réassurance
d’Aon, avant de prendre, deux ans
plus tard, le poste de manager
souscription liabilities des
moyens et grands comptes d’AIG.
De retour chez Aon France en
2011, elle a contribué à y développer l’activité responsabilité civile
et lignes financières dont elle a
assuré la direction technique
adjointe.
VALGO
José Dos Santos
a rejoint le groupe en qualité
de directeur du développement
international.
José Dos Santos, 54 ans, est titulaire d’un DESS en gestion des
entreprises et marketing international de l’université de Paris-IV.
A partir de 1987, il a piloté le développement à l’export de sociétés
telles que Interagra, Socopa International et Groupe Soufflet dans
les domaines du négoce international de matières premières. En
2001, il est devenu représentant
du groupe Alstom Power sur les
projets de centrales thermiques.
Il a également assuré la direction
générale d’Amir Consulting.
MAIF
Evelyne Llauro-Barres
devient directrice générale
adjointe richesses humaines.
Evelyne Llauro-Barres, 49 ans,
diplômée de Nantes Audencia, a
travaillé 25 ans chez Danone,
devenant directrice des achats de
services et co-sourcing groupe en
2008, directrice talents opéra-
tions groupe, en 2010, et directrice transformation, développement des organisations et
compétences chez Danone
France en 2013. Entre 2014 et
2016, elle était directrice des ressources humaines au siège.
ILS SONT NÉS
UN 23 AVRIL
Paul Belmondo, coureur
automobile, 55 ans.
Fabien Canu, double champion
du monde de judo, devenu
directeur technique national
de la Fédération française
de judo, 58 ans.
Inès de Dinechin, présidente
du directoire d’Aviva Investors
France, 52 ans.
Alexis Gruss, artiste
et directeur de cirque, 74 ans.
Félicité Herzog, conseillère
en affaires, administratrice
de société, écrivain, 50 ans.
Aerin Lauder, fondatrice
d’Aerin, senior vice-présidente
et directrice créative
du groupe Estée Lauder, 48 ans.
Michel Leeb, artiste, 71 ans.
Radu Mihaileanu, réalisateur,
60 ans.
Michael Moore, réalisateur,
64 ans.
Pascal Quignard, écrivain,
70 ans.
Arnaud Ventura, cofondateur
de PlaNet Finance, fondateur
de MicroCred Group, 45 ans.
, Envoyez vos nominations à
carnetlesechos@nomination.fr
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Lundi 23 avril 2018
` SUR LE WEB WWW.LESECHOS.FR
Game of Thrones
General Electric devra bientôt laisser sa
couronne industrielle à Honeywell en Bourse.
« Les Echos »
+ L’INVITÉ
DES « ÉCHOS »
Nathanaël Karmitz Président
du directoire du groupe MK2
NETFLIX Pour le président du groupe de production de films
« Les royaumes meurent, Sire, comme les rois. » Bossuet n’avait pas besoin
de préciser à Louis XIV que les seconds précédaient généralement les
premiers, une préséance qu’a forcément en tête John Flannery. Le PDG
de General Electric a déjà enterré six pieds sous terre l’héritage de son
prédécesseur, Jeffrey Immelt, transformé en gigantesque passif. En 2001,
le dauphin de Jack Welch chevauchait, conquérant, la première capitalisation boursière des Etats-Unis, et par conséquent de la planète. Dix-sept ans
plus tard, son remplaçant, semblant lui-même douter de la pérennité de
la quarantième valeur de la Bourse new-yorkaise – dossard mondial
numéro 66 –, serait certainement prêt à vendre son royaume pour
quelques chevaux de plus en turbines à gaz qui lui font défaut. Les résultats
du premier trimestre, meilleurs que prévu si l’on fait abstraction des éléments exceptionnels qui ont fait ressortir 1,1 milliard de dollars de perte
nette, devaient remettre du baume au cœur aux derniers disciples du
conglomérat industriel. Mais il leur était difficile de ne pas tourner leurs
regards vers son cousin Honeywell, qui a relevé ses objectifs annuels pour
la deuxième fois depuis janvier. Après les 153 milliards de dollars de valeur
boursière incinérés par GE en neuf mois, il y a désormais moins de 15 milliards d’écart entre les deux vieux empires, nés l’un dans la lumière électrique, l’autre au chaud des thermostats. En déduisant ses 62,5 % dans Baker
Hughes, GE est même déjà dépassé par Honeywell. Sic transit…
et d’exploitation de salles de cinéma, « Netflix a une stratégie
mondiale qui consiste à imposer ses règles. Tout le monde
est d’accord pour dire qu’il faut des nouvelles règles sur
la chronologie des médias. Et ces règles doivent être les mêmes
pour tout le monde ». Il tempère néanmoins : « C’est un acteur qui fait du bien à l’audiovisuel en investissant beaucoup
d’argent, mais qui tue la diversité et la création. C’est un modèle
qui se base sur la demande, quand les salles de cinéma, et le
cinéma, se basent sur l’offre », explique Nathanaël Karmitz.
RÉGULATION « La régulation doit évoluer, elle date de près
de soixante ans. Il y a des nouveaux usages. Il faut un projet
politique autour de la création », espère Nathanaël Karmitz,
en évoquant le cinéma français. « La culture et le cinéma
font partie de nos atouts, et il faut les protéger. La dérégulation
à outrance tel que le prône Netflix n’est pas la solution. »
DÉVELOPPEMENT Avec l’implantation de MK2 au Canada,
Nathanaël Karmitz souhaite « exporter le modèle français à
l’international ». Le groupe va également ouvrir ses premières salles hors de Paris, à Strasbourg, pour « essayer
de créer un arc européen de la culture ». Le président du directoire annonce par ailleurs la création à Paris « d’un premier hôtel-cinéma place de la Nation et d’un cinéma sur les
Champs-Elysées ».
Interview réalisée par Fabienne Schmitt
Richemont 21
Santander 27
Smuggler 26
SNCF 17
Swiss Life France 28
Tediber 25
Tencent 22
Terradona 26
TF1 23
Thales 24
Volkswagen 17
Wells Fargo 28
INDEX DES AVIS
FINANCIERS
Agta 19
Cofibol 21
Robecco 21
les echos est une publication du
principal associé ufipar (lvmh)
présiDent-Directeur général Pierre Louette
Directeur général Délégué Christophe Victor
Directeur Délégué Bernard Villeneuve
Directeur De la publication & présiDent De la sas les echos Pierre Louette
edité par les echos, sas au capital de 794.240 euros rcs 582 071 437
10, boulevard de Grenelle, CS10817, 75738 Paris Cedex 15 Tél. : 01 87 39 70 00.
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éDitrice Bérénice Lajouanie
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Jean-Francis Pécresse, Jean-Marc Vittori,
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Sabine Delanglade, Laurent Flallo,
David Barroux (entreprises)
Sylvie Ramadier (le crible)
Laura Berny (enquêtes)
Les eChos exeCUTIves
Daniel Fortin (magazine, opinions, innovation)
Directeur Délégué De la réDaction
Arnaud Le Gal (les echos entrepreneurs
Laurent Guez
et opérations spéciales)
réDactrice en chef Muriel Jasor
Etienne Lefebvre (france et international)
Les eChos week-end
Clémence Lemaistre (information digitale)
Directeur De la réDaction Henri Gibier
Guillaume Maujean (finance-marchés)
réDacteurs en chef Gilles Denis,
Pascal Pogam (information
Karl de Meyer et Lucie Robequain
et transformation digitale)
réDacteur en chef technique Didier Boileau Directrice artistique Cécile Texeraud
sÉrIe LImITÉe
Directeur De création Fabien Laborde
réDactrice en chef Frédérique Dedet
Directrice artistique aDJointe
Directrice artistique
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PUBLICITÉ Les Echos Team Media tél. : 01 87 39 78 00.
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tél. : 01 70 37 61 36. fax : 01 55 56 70 38 du lundi au vendredi de 9 h à 18 h
ImPressIon l’imprimerie (tremblay-en-france), midi libre (montpellier).
tirage Du 20 avril 2018 : 109.290 exemplaires
origine du papier : belgique. taux de fibres recyclées : 100%.
ce journal est imprimé sur du papier porteur de l’ecolabel européen
sous le numéro fi/37/002. eutrophisation : ptot 0.013kg/tonne de papier
membre de oJD-Diffusion contrôle cppap : 0421 c 83015. toute reproduction, même partielle,
est interdite sans l’autorisation expresse de l’éditeur (loi du 11 mars 1957)
ce numéro comporte un 3e cahier de 8 pages « les echos executives »
Le fonds Cevian va maintenir la pression sur
Ericsson, qui se redresse plus vite que prévu.
EN VUE
LES ENTREPRISES CITÉES
CrossQuantum 28
Eramet 30
Facebook 22
FNAC Darty 30
Franklin France 26
Ilobed.com 25
InnovHealth 26
Léa Nature 18
Le Matelas français 25
Mecalac 20
Natixis Wealth
Management 28
Opel 17
Orava, 24
Pivotal Software 23
Porsche 17
Prisma 23
PSA 17
Elan suédois
Si vous trouvez incongru un Père Noël dans un ciel printanier, ce n’est pas
le cas des actionnaires d’Ericsson qui respiraient jusqu’ici la fumée des cierges mélangée à une odeur de sapin. Un résultat opérationnel dans le vert
au premier trimestre, même de moins de 90 millions d’euros, leur a semblé
un cadeau divin après le rouge écarlate des 3,7 milliards de l’an dernier. Il
fallait certes toute la profondeur du désespoir pour applaudir à la sixième
perte nette trimestrielle d’affilée de l’équipementier des télécoms, à une décroissance organique de 2 % et au décrochage de la demande chinoise en
4G. Mais les investisseurs, qui avaient plongé le titre du suédois dans le bain
glacé de la chute à deux chiffres en une séance quatre fois ces trois dernières années, n’ont pas boudé leur plaisir de monter cette fois-ci le thermostat. L’activiste Cevian, entré il y a dix mois au capital avant l’effondrement
de l’action en juillet dernier, ne peut que se féliciter de ce retour dans l’étuve
boursière (+17,5 % vendredi). Mais le fonds de Christer Gardell, qui n’est pas
du genre à s’enfermer dans un syndrome de Stockholm, va maintenir
la pression. La prime de 60 % d’Ericsson sur les ratios de valorisation de
Nokia a repris de l’avance sur le redressement du groupe, alors qu’on ne sait
pas quand se remplira la hotte de la 5G. L’élan n’est pas toujours entraînant.
L’intégralité de l’émission sur lesechos.fr/invitedesechos
AccorHotels 30
Adecco 24
Aeon 19
Air France 16
Alibaba 22
Allstate 24
Alterbio 18
Amazon 27
Aufeminin 23
Baidu 22
Bio c’ Bon 19
Bjorg 18
BPCE 27
Carrefour Bio 18
Cartier 21
Checkr 24
CMA CGM 19
Cœur de nature 18
crible
P
Gérard Araud
our sa visite d’Etat à Washington, Emmanuel Macron ne pouvait rêver meilleur guide que cet
ambassadeur vétéran de soixantecinq ans, expert du Moyen-Orient et des
Nations unies – l’artisan, côté français,
de l’accord avec l’Iran qui dérange tant
Donald Trump. Ce Marseillais bardé de
diplômes – X-Ensae, Sciences Po, ENA –
connaît parfaitement cette Amérique
qu’il n’a cessé de fréquenter, à des titres
divers, depuis plus de trente ans. C’est
l’un des rares diplomates à avoir eu les
honneurs de « Vogue », plus tourné
d’ordinaire sur les top-modèles, sans
doute parce qu’il fut un des premiers au
Quai d’Orsay à parler très publiquement de son homosexualité, révélant
que son compagnon était le photographe Pascal Blondeau. Son élégance
légendaire est moins une originalité
dans sa profession, mais sa manière de
la revendiquer l’est assurément : David
Beckham ayant été distingué l’homme
le plus sexy de la planète, Araud plaisanta sur Twitter en expliquant qu’il
aurait pu avoir le titre s’il avait eu autant
de tatouages que lui. Le réseau social a
achevé de faire du Français un ambassadeur vraiment pas comme les autres,
car il p eut s’y laisser aller à des
réflexions fort peu diplomatiques. La
plus célèbre fut son tweet sur « un
monde qui s’effondre devant nos yeux »
au petit matin de l’élection de Trump.
Dans son bureau figure une illustration
des « Sept Boules de cristal », un album
de Tintin dont une réplique du capitaine
Haddock à propos de la Castafiore lui
vient sans doute en mémoire lorsque le
président américain tweete : « Chaque
fois que je l’entends, je pense à ce cyclone
qui s’est un jour abattu sur mon bateau. »
(
Lire nos informations
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AUX ECHOS
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LUNDI 23 AVRIL 2018 // SUPPLÉMENT GRATUIT AU NUMÉRO 22682 | ISSN 0.153.4831 | NE PEUT ÊTRE VENDU SÉPARÉMENT
EXECUTIVES.LESECHOS.FR
COMMERCIAL l DIGITAL l DIRECTION GÉNÉRALE l FINANCE l JURIDIQUE l MARKETING l RH
Prélèvement à la source :
ce qui attend les entreprises
l
l
Les questions à se poser
La bonne façon de communiquer
Getty/Shutterstock
l
La démarche à suivre
Pour être prêtes
à collecter l’impôt sur le revenu de leurs
salariés au 1er janvier 2019, les sociétés
doivent se saisir dès maintenant
de ce chantier.
MANAGEMENT
Vincent Bouquet
vbouquet@lesechos.fr
P
our les contribuables qui déclarent leurs revenus en ligne,
plusieurs nouveautés ont, cette
année, fait leur apparition sur le site
impots.gouv.fr. Avant d’entrer dans le
détail de leur déclaration, tous sont
invités à regarder une vidéo pédagogique. A l’aide de schémas plutôt bien
troussés, leur est expliqué le principe du
prélèvement à la source qui s’appliquera
sur leurs revenus à compter du 1er janvier 2019. En guise de conclusion, leur
est fournie une donnée capitale : le taux
de prélèvement personnalisé auquel ils
seront assujettis, sauf s’ils réclament un
taux individualisé ou un taux non personnalisé à l’administration fiscale d’ici
au mois de septembre prochain.
Rouage essentiel de ce mécanisme en
tant que nouveau collecteur de l’impôt
sur le revenu des salariés, les
entreprises, à en croire les
experts, ne se sont pas encore
toutes penchées sur le sujet.
« En janvier-février, il n’y avait
vraiment pas beaucoup de
mouvement sur ce front, mais
depuis le mois de mars et
surtout début avril, nous observons une accélération des demandes,
constate Colin Bernier, avocat associé
et responsable de l’équipe people
advisory services chez EY. Si certaines
sociétés, notamment parmi les plus
grandes, sont déjà très avancées, on
estime qu’une grande moitié ne se
sont pas encore vraiment saisies
de cette question. » Mais, avec
Gérald Darmanin, ministre
de l’Action et des Comptes
publics. Photo Karim Daher
l’ouverture de la saison des déclarations, pourrait venir le temps
des premières questions de
leurs collaborateurs.
Dialoguer avec son éditeur
de logiciel
Pour mener à bien ce chantier, les
entreprises doivent faire
face à plusieurs défis. Le
premier concerne les
aspects techniques.
« Légalement, les
organisations sont
tenues de mettre en place
un système de flux, explique Jean-Pierre Chaux, avocat
fiscaliste associé au cabinet Neptune. Via leur logiciel de paie, elles
vont devoir appliquer le taux de
prélèvement transmis par l’administration fiscale sur le salaire de
leurs collaborateurs, calculer le
montant des prélèvements et
reverser l’impôt collecté au Trésor
public grâce à un prélèvement
direct autorisé sur leur propre
compte bancaire. » En cas
d’erreur ou de retard,
l’employeur s’expose à une
amende de 5 % du montant
du prélèvement litigieux,
avec un minimum
de 250 euros.
L' ÉDITO de Muriel Jasor
Pour les entreprises, au minimum,
un chantier de 550 à 20.000 euros !
L
es entreprises sont dans les starting-blocks. Elles ne disposent
plus que de neuf mois pour s’attaquer au chantier colossal du prélèvement à la source. Ce ne devrait pas être
une mince affaire puisque, à compter
du 1er janvier 2019, il leur reviendra de
collecter l’impôt sur le revenu de leurs
salariés. Mais nombre de sociétés ne
sont pas encore entrées dans le vif du
sujet et n’ont pas encore mesuré les
conséquences du travail d’adaptation
technique, de formation du personnel
des services de paie et de communication auprès des collaborateurs qui en
découle. Voilà pourquoi notre dossier
très pratique nourrit l’ambition de
répondre à leurs questions
et de démystifier l’ampleur de la tâche
à accomplir. Il leur explique par le
menu aux entreprises comment dialoguer avec les éditeurs de logiciels de
paie, répondre aux questions des sala-
riés sans jamais se substituer à l’administration fiscale, ou encore et surtout
garantir la confidentialité des taux de
prélèvement et de certaines données
personnelles. Ce dossier fournit aussi
de précieuses indications quant au coût
d’un tel chantier : moins de 550 euros
pour une TPE, selon une étude du cabinet Taj, moins de 2.000 euros pour une
PME, mais quelque 7.500 euros pour
une ETI et jusqu’à un peu plus de
20.000 euros pour un grand groupe !
Cette atmosphère fébrile de course
contre la montre affiche des signes
de déjà-vu. Souvenez-vous du passage
à l’euro avec ses menaces de gros bugs,
voire de chaos, et ses doubles affichages
en francs et en euros, histoire de préparer les esprits. Une méthode qui devrait
être reprise, à l’automne, avec l’apparition de deux revenus nets, avec ou
sans prélèvement à la source, en bas
des bulletins de salaire. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
02 // A LA UNE
Lundi 23 avril 2018 Les Echos
… Prélèvement à la source : ce qui attend les entreprises
PRÉLÈVEMENT
À LA SOURCE,
MODE D’EMPLOI
À DESTINATION
DES ENTREPRISES
echo.st/m319526
SUITE DE LA PAGE 1
En théorie, les taux de chaque collaborateur devraient être communiqués aux
entreprises par l’intermédiaire d’un
« compte rendu métier » transmis grâce
au flux de retour de la déclaration sociale
nominative (DSN) et intégrés automatiquement dans leur logiciel de paie.
Depuis le 1er janvier 2017, toutes les entreprises relevant du régime général doivent
obligatoirement utiliser ce système pour
envoyer aux différents organismes –
Urssaf, caisses de retraite, caisses de
prévoyance et mutuelles – les déclarations sociales de leurs salariés. En retour,
elles reçoivent un certificat de conformité, preuve qu’aucune anomalie n’a été
détectée. C’est par ce dernier canal que
transiteront les taux de prélèvement à la
source. « Les entreprises doivent donc
s’assurer, dès maintenant, auprès de
l’éditeur de leur logiciel de paie ou de leur
gestionnaire de paie que leur système est
compatible et qu’elles sont effectivement en
mesure de passer à la phase “3 améliorée
ou à la phase 4” de la DSN », souligne
Colin Bernier.
retraite, il n’en a pas été de même avec
les organismes complémentaires,
assure Jérôme Suska, responsable du
pôle social chez Exco. Nombre d’entreprises et de gestionnaires de paie ont
rencontré des problèmes importants
avec certaines caisses de prévoyance et
des mutuelles qui n’étaient pas prêtes.
Outre les variations trop régulières des
fiches de paramétrage spécifiques à
chaque organisme que les déclarants
doivent respecter à la lettre, certains
réclament encore aujourd’hui des bordereaux papier ou des déclarations sur
leur site afin de vérifier les données
intégrées. » Et Charles-Emeric Le Roy,
directeur associé ligne de service
social et RH chez GMBA, d’ajouter :
« L’administration fiscale nous dit
Devenir « pilote DSN-PAS »
Problème : outre les quelques sociétés
retardataires – dont le nombre reste
minime – qui n’ont toujours pas
adopté la DSN, le système a connu
quelques ratés ces derniers mois et
cela inquiète les spécialistes. « S’il n’y
a eu aucune difficulté majeure avec
l’Urssaf et très peu avec les caisses de
aujourd’hui qu’elle transmettra aux
entreprises les taux de prélèvement par
flux de retour de la DSN. Or, malgré de
nettes améliorations, la phase 3 aller du
flux connaît toujours quelques dysfonctionnements. Si le flux retour connaissait les mêmes défaillances, cela pourrait poser certains problèmes. »
Pour s’assurer que chaque acteur sera
au point le jour J, le GIP-MDS (Groupement d’intérêt public – Modernisation
des déclarations sociales), chargé de la
maîtrise d’ouvrage de la DSN, a récemment invité les éditeurs de logiciels de
paie et l’ensemble des déclarants à
devenir « pilote DSN-PAS ». En participant à ce programme, ils pourront
« anticiper les ajustements des logiciels
et des procédures de gestion des prestations à mettre en place, fiabiliser les
données et se familiariser avec la norme
à respecter pour leur déclaration »,
promeut le GIP-MDS.
« Je serai
particulièrement
attentif à ce que
les experts-comptables
et les éditeurs de
logiciels n’appliquent
pas de surcoûts alors
que c’est un service
qui ne devrait pas
en occasionner. »
GÉRALD DARMANIN
Ministre de l’Action et des Comptes
publics
Le mécanisme du prélèvement à la source
Anticiper des mouvements
de trésorerie
1
Toutefois, d’abord pensé pour les salariés
en contrat et conjoncture personnelle
stables, le système pourrait s’avérer plus
retors pour ceux dont les emplois sont
précaires ou les situations exceptionnelles. Pour les primo-accédants au marché
du travail qui n’auraient jamais fait de
déclarations d’impôt, les entreprises ne
recevront, en toute logique, aucun taux
de la part de l’administration fiscale. « Ils
devront, par défaut, appliquer dans un
premier temps un taux non personnalisé »,
précise Colin Bernier. Une règle qui pourrait peser lourd sur les salaires de ces
nouveaux embauchés. « En cas de situation personnelle qui ne correspondrait pas
à la logique du taux neutre – célibataire
sans enfant –, l’avance de trésorerie à
réaliser par le salarié pourrait être conséquente, et occasionner çà et là des demandes d’avance sur salaire qui, pour peu
qu’elles soient acceptées, pourraient venir
grever la trésorerie des entreprises », anticipe Charles-Emeric Le Roy.
L’administration fiscale
transmet le taux
de prélèvement
applicable au salarié
à son entreprise.
3
L’employeur
verse au fisc l’impôt collecté.
Direction générale
des finances publiques
4
Entreprise
2
En cas de différence
entre l’impôt à payer
et l’impôt prélevé à la source*,
le salarié devra régulariser sa situation
auprès de l’administration fiscale.
L’employeur
prélève l’impôt sur le salaire
de son collaborateur,
via son logiciel de paie.
*Taux neutre, crédit d’impôts, etc.
S’habituer à « TOPAze »
« LES ÉCHOS »
Les sept questions à se poser
La mise en place prochaine de cette réforme complexe
suscite des inquiétudes. Quelques réponses aux questions
courantes des employeurs.
Géraldine Dauvergne
@Geraldinedauver
rémunération dépassant le seuil
annuel sont imposables, et donneront
lieu à un prélèvement à la source.
Un système spécifique a été mis en
place pour les travailleurs temporaires,
saisonniers et intermittents qui ont des
contrats de moins de deux mois, ou avec
un terme imprécis, et dont les
employeurs ne connaissent pas le taux
de prélèvement à la source. C’est le taux
neutre qui s’appliquera alors sur leurs
salaires versés au titre d’un contrat à
durée déterminée (CDD), dans la limite
des deux premiers mois d’embauche.
Un abattement du montant imposable
d’un demi-SMIC s’appliquera avant de
déterminer le taux par défaut, sans
proratisation. Le montant de prélèvement à la source sera donc calculé sur la
base du montant imposable après abattement. L’employeur devra établir la
base fiscale abattue avant d’y appliquer
le barème correspondant, afin d’obtenir
le montant de l’impôt qui sera prélevé.
et apprentis seront2 Stagiaires
ils concernés ?
La rémunération des stagiaires et
apprentis n’est pas imposable et ne
sera donc pas soumise au prélèvement
à la source, tant qu’elle n’atteint pas un
seuil annuel correspondant au montant du SMIC. Il faudra déclarer cette
rémunération via une rubrique spécifique de la déclaration sociale nominative (DSN) : « la rémunération nette
fiscale potentielle ». Les montants de
L’employeur ne doit prendre en compte
que les taux de prélèvement à la source
transmis par la Direction générale des
finances publiques (DGFiP), via le « flux
retour » de la DSN. Il ne doit y avoir
aucune interaction directe entre
l’employeur et son salarié au sujet du
prélèvement à la source. De plus,
l’employeur a l’obligation de respecter
le délai de validité de ce taux transmis
par l’administration fiscale. Dans le cas
contraire, il s’exposerait à des sanctions.
4
Que faire si l’administration
fiscale ne transmet pas à
l’employeur le taux personnalisé
d’un salarié ?
Un employeur qui ne disposerait pas
du taux personnalisé d’un salarié doit
néanmoins procéder au prélèvement
à la source, en utilisant le « taux neutre » issu de la grille définie chaque
année dans la loi de finances. Cette
grille est intégrée dans les logiciels de
paie, et établie sur la base du nombre
de parts d’un célibataire sans personne à charge. Si la paie est inférieure à 1.367 euros net imposables,
le taux qui s’applique au salaire est
de 0 %. Toutefois, dans le cas de
l’embauche d’un salarié qui dispose
d’un taux personnalisé, l’entreprise
peut se le procurer dès son entrée
Shutterstock
sera la marche à suivre
Est-il possible de prendre
1 Quelle
pour les contrats courts ?
3
en compte un taux transmis
directement par le salarié ?
dans l’entreprise et l’appliquer dès
le premier versement de salaire.
distinguer les revenus
5 Faut-il
exceptionnels des autres ?
Plus-values mobilières et immobilières,
intérêts, dividendes, gains sur les stockoptions et actions gratuites, indemnités
de rupture du contrat de travail sont des
revenus « hors champ » du prélèvement
à la source ou « exceptionnels ». Le
contribuable qui en a perçu en 2017 peut
avoir un solde d’impôt sur le revenu à
payer en 2018. Toutefois, c’est l’administration fiscale qui prend en compte ces
éléments pour le calcul de son impôt.
L’entreprise n’a pas à s’occuper des
revenus exceptionnels de son salarié.
Qui est responsable en cas
6
d’erreur, de fraude ou de
défaillance de l’employeur ?
Les risques d’erreurs de calcul du prélèvement à la source sont limités si
l’employeur se contente d’appliquer le
taux transmis par l’administration
fiscale. Toutefois, s’il se trompe lors du
calcul du prélèvement ou de son reversement à l’administration fiscale, il est
responsable de son erreur, comme il
l’est déjà lors du calcul ses cotisations
sociales salariales. S’il ne reverse pas à
l’administration fiscale l’impôt prélevé
sur les salaires, celle-ci se retournera
contre lui, et en aucun cas contre le
contribuable.
Est-ce à l’employeur de traiter
7d’impôt
les réductions et crédits
de ses salariés ?
Non. Les réductions et crédits d’impôt
dont bénéficieraient certains collaborateurs, parce qu’ils ont employé en 2018
un salarié à domicile, eu des frais de
garde d’enfant, ou fait des dons aux
associations, par exemple, seront versés
directement par l’administration fiscale
sur leur compte bancaire. n
Et il en va du même degré de complexité
pour tous les nouveaux arrivants. Pendant
les deux ou trois premiers mois de leur
contrat, aucun taux les concernant ne sera
automatiquement communiqué aux
entreprises par l’administration fiscale.
Consciente de cette difficulté, la Direction
générale des finances publiques est en
train de mettre au point un système appelé
« TOPAze ». A terme, il regroupera
l’ensemble des taux des salariés déclarants.
En cas d’embauches récentes, les entreprises ou tiers déclarants devront interroger
ce système pour connaître et appliquer un
taux personnalisé au nouveau collaborateur. De quoi, en attendant l’automatisation
promise, compliquer la tâche des sociétés,
surtout si elles connaissent un fort turnover. « Il s’agit d’un nouveau service que les
entreprises et gestionnaires de paie vont
devoir s’approprier très rapidement, car sa
mise en production n’est prévue que pour le
mois de décembre 2018 », regrette Jérôme
Suska. Mais, en la matière, Colin Bernier se
veut rassurant : « L’année de transition sera
sans doute un peu compliquée mais, une fois
le dispositif bien maîtrisé, on peut espérer
que l’obtention du bon taux sera accélérée et
facilitée. » Verdict dans quelques mois. n
Un coût à géométrie
variable
Selon une étude réalisée pour le Sénat
par le cabinet Taj, le coût du prélèvement à la source varie fortement en
fonction de la taille des entreprises.
En cumulant les frais liés à la paie,
à la communication auprès des salariés, aux rescrits et à l’éventuelle gestion des collaborateurs en mobilité,
il s’échelonne, en moyenne,
de 548 euros pour une TPE à
20.150 euros pour un grand groupe,
et de 1.894 euros pour une PME
à 7.456 euros pour une ETI. A ces coûts
ponctuels dus à sa seule mise en place,
s’ajoutent des frais annuels récurrents
en lien avec la communication et
la potentielle gestion des mobilités,
estimés à 37 euros pour une TPE,
173 euros pour une PME, 1.874 euros
pour une ETI et 17.810 euros pour
un grand groupe.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
7,33
Les Echos Lundi 23 avril 2018
A LA UNE // 03
EUROS
par salarié
et par mois
LE COÛT MOYEN DE
FONCTIONNEMENT
DE LA PAIE ET DE
L’ADMINISTRATION
DU PERSONNEL
EN 2017
echo.st/m320359
Trois recommandations
pour éclairer les salariés
Pour éviter les questions,
voire les critiques des
salariés en janvier 2019,
une campagne de
communication s’impose
au sein de l’entreprise,
mais savamment dosée.
Géraldine Dauvergne
@Geraldinedauver
M
algré l’importante campagne
d’information lancée par
l’administration fiscale
avec la déclaration de revenus 2018,
les services des ressources humaines
ne manqueront pas, dès janvier 2019,
de se heurter aux questions, voire
aux critiques des salariés. « Le prélèvement à la source aura une incidence
directe sur leurs salaires nets, rappelle
Emmanuel Prévost, directeur
du pôle veille juridique d’ADP France.
Aussi est-il prudent de veiller
à les sensibiliser. » Voici trois
recommandations pour passer
au mieux cette étape délicate.
de se substituer
1 Eviter
à l’administration fiscale
« Le seul interlocuteur du salarié pour
ses impôts reste l’administration fiscale,
alerte Jacques Guillot, directeur
des ressources humaines de Ramsay
Générale de Santé. En aucun cas
l’entreprise ne doit se substituer à elle.
Les situations personnelles, par exemple, sont de son ressort. » Le leader
français de l’hospitalisation privée
restera donc « à sa juste place », insiste
son DRH, y compris dans sa communication en direction des salariés. « Même ce sujet appartient
aux services fiscaux ! » La communication sera « simple et légère », afin
d’apporter aux salariés une bonne
compréhension du système du prélève-
ment à la source et de la structure
de leur rémunération.
EN BREF
une simulation
2 Préparer
au dernier trimestre
LANCEMENT DE LA
CAMPAGNE DE MOBILISATION
POUR L’APPRENTISSAGE
Ce 23 avril, la ministre du Travail,
Muriel Pénicaud, lance la campagne de mobilisation pour
l’apprentissage « faite par les
apprentis, pour les apprentis »
en présence de DRH. 70 % des
apprentis trouvent un emploi
dans les sept mois qui suivent
leur formation mais seuls 7 %
des jeunes Français choisissent
cette voie.
La « préfiguration » sur le bulletin de
paie ou sur un document joint sera
possible pour les revenus versés à
compter de septembre ou octobre 2018,
avec les taux de prélèvement
réels. « Une simulation est le meilleur
moyen de sensibiliser avec pédagogie les
salariés », estime Emmanuel Prévost,
directeur du pôle veille juridique
d’ADP France. « Une préfiguration va
permettre aux services du personnel de
vérifier la justesse des calculs mais aussi
leur impact social », appuie Françoise
Breux, directrice de projet pour le
prélèvement à la source d’ADP
France. « Nous lancerons une simulation dans quelques-uns de nos établissements, annonce pour sa part Ramsay
Générale de Santé. Ceci afin d’écouter
les éventuelles remarques des salariés,
puis d’affiner notre discours et notre
communication. »
ERREURS DE RECRUTEMENT
35 % des DG et managers ont
besoin d’environ deux semaines
pour réaliser qu’une nouvelle
recrue ne répond pas aux attentes du poste, selon une étude du
cabinet de recrutement Robert
Half. Les raisons invoquées ?
Compétences inadéquates
(42 %), candidats non qualifiés
(39 %), ou encore CV mensongers (37 %).
Choisir le moment le plus
3 opportun
pour communiquer
« Rien ne sert de courir ; il faut partir
à point », juge Jacques Guillot. Chez
Ramsay Générale de Santé, la campagne de communication sur le prélèvement à la source ne commencera qu’à
la rentrée, bien après celle de l’administration fiscale. « Il est essentiel de
bien gérer le moment du démarrage »,
insiste le DRH. Cette campagne sera
double : à destination des salariés,
mais aussi du management, du comité
d’entreprise et des autres instances
représentatives du personnel. Pour
ce faire, la Direction générale des
finances publiques (DGFiP) a
publié plusieurs supports de communication destinés aux chefs d’entreprise, aux services de ressources
humaines, comptables et paie, ou aux
salariés. « Nous allons aussi proposer
à nos clients des affiches, des modèles
de mails, et des documents d’information à joindre aux bulletins de paie,
dans les coffres-forts électroniques,
lorsque les salariés les utilisent, ou dans
des envois sous enveloppe », détaille
Françoise Breux, chez ADP France. n
CODE DU TRAVAIL : UNE
VERSION 2018 ANNOTÉE
La « Revue Fiduciaire » met à
disposition des entreprises une
nouvelle édition annotée du Code
du travail 2018. Elle prend en
compte les dernières modifications
issues des ordonnances Macron.
EMPLOI CONTRE ROBOTISATION
Près de quatre salariés français
sur dix (38 %) pensent que leur
emploi sera automatisé dans les
quinze prochaines années, indique l’étude Workforce View in
Europe, menée par ADP, fournisseur de solutions RH. 22 % estiment que l’automatisation de
leur emploi interviendra dans les
cinq ans, compte tenu des progrès des intelligences artificielles et de la robotique. L’inquiétude est au plus haut parmi les
plus jeunes (42 %) et les salariés
des services financiers (52 %).
Former
et informer
Les services de paie
tenus au secret
Comment ajouter une
ligne sur le bulletin ?
Que répondre au salarié ?
Telles sont les questions
que se posent les
gestionnaires comptables,
quelques mois avant
la mise en place du
prélèvement à la source.
Cherchant à rassurer les
salariés du mieux possible,
le législateur a prévu une
multitude de mesures, dont
un secret professionnel, pour
assurer la confidentialité
du taux d’imposition.
Camille Marchais
D
ans la perspective de l’entrée
en vigueur du prélèvement
à la source, les services RH
des entreprises ont tout intérêt à se
former, avant septembre 2018, aux
nouvelles fonctions techniques de leur
logiciel de paie, mais aussi aux réponses qu’ils devront apporter aux questions des collaborateurs.
Former les gestionnaires de paie
Comment ajouter une ligne sur le
bulletin ? Voilà typiquement l’une des
questions techniques que se posent
les gestionnaires comptables, quelques mois avant la mise en place du
prélèvement à la source. Les éditeurs
de logiciels de paie proposent aux
entreprises des formations, accompagnant la mise en place des nouveaux
outils, pour les services de paie et de
ressources humaines. Emmanuelle
Mattei, chef de marché PME chez
Absys Cyborg et revendeur intégrateur pour l’éditeur Sage, décrit ainsi la
marche à suivre. « Nous relayons les
informations en provenance des services fiscaux, et accompagnons nos
clients dans la mise en œuvre des nouveaux paramétrages implémenter dans
le logiciel de paie. » Pour Olivier Parent
du Chatelet, associé chez BearingPoint France, il s’agit d’un travail de
refonte « qui passe par la production
de la paie, la gestion des référentiels, des
taux et du dossier du salarié, mais qui
nécessite aussi d’appréhender les
impacts sur la trésorerie ».
Trouver des réponses
Dès janvier, et parfois dès octobre si son
entreprise met en place une simulation,
le salarié pourra voir apparaître sur sa
feuille de paie son taux de prélèvement
à la source et le salaire net qui devrait
en découler. En cas d’interrogation, son
premier réflexe sera de naturellement
se tourner vers son employeur. « Certaines entreprises renverront le collaborateur vers les réponses officielles de
l’administration, par exemple via un
centre d’appels, d’autres organiseront
en interne un premier niveau d’information. » Néanmoins, Olivier Parent
du Chatelet avertit : « Les entreprises
seront uniquement des collecteurs. Toute
la réglementation associée à ce prélèvement reste du ressort de l’Etat. » Alors
que certaines sociétés ont terminé les
formations de leur personnel et maîtrisent déjà les outils, les process, et les
différents cas de figure, d’autres préfèrent attendre l’automne pour considérer le sujet. « C’est le cas de certaines
ETI qui ont d’autres priorités », relève
l’associé chez BearingPoint. n
A
vec le système du prélèvement à
la source, l’administrative fiscale conserve la responsabilité
quant au calcul du taux de prélèvement
et de collecte de l’impôt. Mais
l’employeur endosse le rôle de collecteur de l’impôt sur le revenu, ce qui
représente un risque important pour
l’entreprise. La confidentialité est plus
que jamais au cœur de la relation avec
les salariés. Plusieurs mesures ont donc
été mises en place par le législateur
comme le taux neutre et la possibilité
pour les conjoints de l’individualiser.
Et Bercy rappelle que le taux d’imposition est la seule information transmise.
Secret professionnel et sanctions
pénales
Pourtant, une disposition de la loi de
finances pour 2017 du 29 décembre
2016 est passée presque inaperçue : le
tiers collecteur, c’est-à-dire l’employeur
en tant que personne morale, est tenu
par un « secret professionnel ». « En cas
d’utilisation des informations recueillies,
détenues ou transmises à des fins autres
que celles des missions relatives au prélèvement à la source, le tiers collecteur
encourt une peine d’emprisonnement
Le taux d’imposition sera la seule information transmise aux entreprises
par l’administration fiscale. Photo Jean Claude Moschetti/RÉA
d’un an et de 15.000 euros d’amende »,
indique le texte. Les salariés du service
paie seraient-ils par extension visés
directement par cette disposition ?
« Tout dépend de l’organisation interne
et des délégations données. La première
concernée est l’entreprise, personne
morale, puis les dirigeants et les salariés
du service des ressources humaines
chargés de la paie », explique Yves-Charles Zimmermann, avocat fiscaliste,
associé du cabinet Mazars. L’obligation
de confidentialité et de discrétion attenante à ce corps de métier se transforme, ici, en un secret professionnel
adossé à un régime de sanctions pénales
sévère puisque le texte ne fait pas la
distinction entre la divulgation involontaire et la malveillance.
La diffusion par inadvertance de la liste
des taux des salariés à l’ensemble de
l’entreprise serait ainsi punie par un an
de prison et 15.000 euros d’amende. Au
même titre qu’une publication volontaire sur l’intranet de l’entreprise, ou
bien encore qu’une indexation de prime
sur ce taux. Le mode de preuve de l’élément intentionnel, nécessaire pour
caractériser l’infraction pénale, reste
indéterminé. Et Bercy ne précise pas
non plus comment ce secret professionnel va se traduire en pratique. Or ce
manque de précision pourrait être une
source de contentieux pour les entreprises. D’après les experts interrogés, a
minima, l’employeur doit informer les
salariés concernés. En toute logique, il
faudrait aussi inscrire ce secret professionnel dans des avenants aux contrats
de travail. En cas de violation du secret,
l’employeur personne morale pourrait
ainsi se retourner plus facilement contre le salarié incriminé. Gageons que
d’ici à janvier 2019, le ministère ou
l’administration fiscale aura soulevé les
derniers doutes. — D. I.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
04 //
l DIRECTION GÉNÉRALE
Lundi 23 avril 2018 Les Echos
L’ACTUALITÉ
BUSINESS
P. 4 - 7
LEADERSHIP
Profils d’« entreprenants »
Qu’ils fassent partie de
grandes entreprises, d’ETI,
de PME ou d’associations,
qu’ils travaillent à
l’international ou au plan
local, quel que soit leur
domaine d’action, tous
appartiennent à une même
famille, celle des
« entreprenants ».
De gauche à droite : Tristan Lecomte,
Marie-Vorgan Le Barzic et Emmanuel
Marchant. Photos RGA/RÉA – Numa – Danone
Q
L
’Ecole de Paris du management
prend une initiative originale :
elle crée un jardin. Mais, attention, pas n’importe lequel : « Il s’agit
du jardin des entreprenants », précise
Michel Berry, fondateur et directeur
de l’Ecole de Paris du management. « En vingt ans, nous avons examiné
pas moins de 1.300 expériences managériales d’acteurs divers et découvert le rôle
essentiel, mais méconnu, de certains
d’entre eux. Celui de 300 acteurs qui
inventent des réponses nouvelles à des
problèmes jugés insolubles, créent des
activités inattendues, souvent porteuses
de sens et de convivialité, sans s’embarrasser des cadres préétablis. »
Des histoires enthousiasmantes
Qu’ils travaillent en grande entreprise,
entreprise de taille intermédiaire (ETI),
PME ou association, à l’international
ou au plan local ou politique, quel que
soit leur domaine d’action, ces acteurs
appartiennent à une même famille, celle
des entreprenants. Leurs caractéristiques ? Mus par une énergie singulière,
ils profitent des effets d’aubaine suscités
par les mutations actuelles pour inventer des solutions et raconter des histoires enthousiasmantes. « Leur réussite
n’est jamais reproductible, mais toujours
inspirante », fait valoir Michel Berry
en pointant que leur art a davantage
à voir avec celui d’un jardinier, obligé de
s’adapter à des conditions changeantes,
qu’avec celui d’un maçon, qui travaille
sur la base de plans prédéfinis.
Tristan Lecomte est de ceux-là. Après
avoir entamé une carrière dans une
multinationale d’origine française,
il a fondé Alter Eco, une entreprise spécialisée dans l’importation de produits
du commerce équitable destinés à la
grande distribution et susceptibles de
donner davantage de sens à son travail.
Emmanuel Marchant avec Danone
communities et Jean-François Zobrist,
ex-numéro un de Favi et chantre de
l’entreprise libérée, le rejoignent dans
la catégorie des « entreprenants » qui
« créent sur la base d’utopies ». Mais il en
existe bien d’autres types. Par exemple,
« ceux qui font face dans la tempête »
comme Alexandre Saubot chez Haulotte
(nacelles élévatrices), qui voit son marché s’effondrer en 2009 et sa production
se diviser par huit, mais qui réussit
néanmoins à redémarrer l’entreprise à
coups de chômage partiel et d’un vaste
plan de formation. Il faut aussi compter
avec ceux « qui lancent des conquêtes »,
à l’instar des créateurs du studio montréalais d’Ubisoft, « engendrent des
renaissances », comme Aude Mathon,
dont l’entreprise travaille pour de grandes marques de joaillerie, ou encore
s’ingénient à innover telle Marie-Vorgan
Le Barzic chez Numa. « Sans compter
tous les autres, qui (re) valorisent le capital humain, insèrent les exclus, recousent
le tissu social, font de leur singularité une
force, s’engagent dans la création, affrontent la vie aventureuse des start-up, développent des territoires, réinventent des
services à la personne ou encore organi-
Irrationalité
sent une vigilance », énumère-t-on
à l’Ecole de Paris du management.
La création du « jardin des entreprenants » s’accompagne d’un blog et d’un
manifeste qui a reçu le soutien de plus
d’une vingtaine de personnalités, au
nombre desquelles Patrick Pouyanné,
le PDG de Total, et l’ex-numéro deux
de Renault, Patrick Pélata. L’idée est de
comprendre comment les « entreprenants » réussissent ce qui paraît impossible, de rompre leur isolement, de les
accompagner, de les soutenir dans
l’adversité, et surtout de donner l’envie
à d’autres de les imiter. —M. J.
4
À LIRE
« Le manifeste des entreprenants »
sur echo.st/dg
Le blog est à retrouver à l’adresse
suivante : lejardindesentreprenants.org
uelqu’un est-il capable
de répéter les arguments
rationnels susceptibles
de défendre que le statut des
cheminots permet de garantir la
qualité du service public ? Pourtant, la grève est bien là et la question du statut au cœur des revendications. La réaction première est
de porter un jugement : « comment ces “rentiers” de l’avantage
acquis peuvent-ils défendre l’indéfendable ? Ce n’est qu’une réaction
corporatiste inacceptable ».
Il ne faudrait donc pas tenir compte
de leur position mais jouer du rapport de force à travers l’opinion
publique. C’était évidemment l’un
des buts du rapport Spinetta. Après
avoir jugé la situation, le risque est
de « s’enfermer » en refusant de
chercher une autre grille de lecture
que celle qui nourrit sa propre
opinion. Comme la lecture rationnelle du sujet n’aboutit à rien, il
semble vain de chercher à aller plus
loin. Or, à l’évidence, le refus de la
réforme est en grande partie émotionnel (chacun ne manque pas de
remarquer que les acteurs en grève
ne sont pas personnellement concernés par le changement à venir).
Pour ne pas être démuni (donc
maladroit) face à l’irrationalité,
la question est de savoir comment
elle apparaît. Puis, il faut trouver
une façon d’y faire face.
On peut raisonnablement faire
l’hypothèse que la SNCF n’est pas la
seule entreprise concernée par cette
résistance émotionnelle au changement. Lorsqu’on déclenche une
émotion chez l’autre, sans en avoir
eu l’intention, c’est souvent que,
d’une part, l’on ne le comprend pas
suffisamment et que, d’autre part,
l’on maîtrise mal l’effet que l’on
produit. Comprendre suppose de
mettre en place des occasions de
dialogue permanent et régulier.
Non pas pour chercher à convaincre
DR
ARRÊT SUR SOI
ÉRIC ALBERT
Associé gérant d’Uside
d’emblée mais pour commencer à
mesurer la position de l’autre. Plus
elle est éloignée de la nôtre, plus c’est
le symptôme d’une distance relationnelle. Certes il ne s’agit pas du dirigeant en direct avec l’ensemble des
salariés mais des relais assurés par le
management de proximité. Au lieu
de s’enfermer dans des tâches de
« production » comme le reporting,
ce dernier doit en permanence
échanger avec ses équipes. Car il est
fondamental de ne pas s’enfermer
dans des représentations décalées
par rapport à la réalité et au futur de
l’entreprise.
p
ET APRÈS ?
L’enjeu des dirigeants est d’entraîner avec eux l’ensemble de son
corps social, notamment par
rapport aux grandes transformations que toutes les entreprises ont
à réaliser. Mais partir de l’autre
pour l’aider à faire un chemin qui
le réintègre dans les enjeux et la
dynamique de l’entreprise n’entre
pas dans les KPI ou indicateurs de
performance du management.
A force de chercher des modèles
d’efficacité, l’entreprise n’est conçue que comme un système qui
délivre et non pas comme un
système vivant et évolutif. Dès
lors les blocages face à la nécessité
de s’adapter lui coûtent très cher.
Démonstration supplémentaire
que l’efficacité à court terme ne
peut être le seul objectif et le seul
mode d’évaluation des managers.
On dit que ce gouvernement gère
le pays comme une entreprise,
peut-être a-t-il encore quelques
progrès à faire au plan
managérial.
Dans la crise, la garde rapprochée
qui épaule Mark Zuckerberg
ORGANIGRAMME
Le réseau social planétaire
vacille sous le coup
des scandales relatifs
à la protection des données
personnelles. De quoi
mobiliser l’équipe
dirigeante.
Valérie Landrieu
@ValLandrieu
« Mon équipe va revenir vers vous. » Cette
réponse, Mark Zuckerberg, le PDG fondateur de Facebook, l’a maintes fois prononcée lors de son audition devant les sénateurs américains dans le cadre du
scandale Cambridge Analytica. Mais qui
compose cette équipe ?
L’équipe dirigeante, quatre personnes
chapeautant une trentaine de Top executives, est issue de l’Université Harvard, clef
de voûte du berceau intellectuel de la côte
Est, ou de Stanford, paradis innovant et
scientifique de la Silicon Valley. Et il s’agit
aujourd’hui pour elles de préparer l’avenir,
alors même que le modèle économique du
réseau social, reposant sur l’exploitation
des données personnelles des membres,
est remis en cause.
Sheryl Sandberg (MBA Harvard), numéro
deux chargée des opérations, aurait pu
espérer fêter ses dix ans dans le groupe
autrement qu’en présentant ses excuses
pour « les grandes erreurs » commises par
l’entreprise. L’ancienne vice-présidente des
ventes de Google, passée par le département américain du Trésor, n’a eu de cesse
de faire croître le réseau. Le tandem qu’elle
forme avec le fondateur fait des envieux
chez les entrepreneurs de la tech qui
cherchent eux aussi leur Sheryl Sandberg.
L’auteur du best-seller « Lean In », qui
invitait les femmes à poursuivre leurs
ambitions, n’a pas accompagné le patron
pour son audition devant le Congrès.
Connecter le monde
Il était, en revanche, prévu que Mike
Schroepfer (master en informatique de
Stanford), le directeur de la technologie,
remplace, ce mois-ci, Mark Zuckerberg
pour répondre aux questions des parlementaires britanniques. Grand ordonnateur des bugs et des mises à jour, cet ancien
vice-président de Mozilla est aussi le
responsable des centres de données qui
doivent, grâce aux algorithmes, « connecter le monde ». Le but était, pour ainsi dire,
atteint : Facebook affiche plus de 2 milliards d’utilisateurs sur les 7,4 milliards
d’habitants que compte la planète. Mais,
avant même le « choc » qui a provoqué une
baisse du temps passé sur le réseau social,
celui-ci avait tout de même perdu, sur le
dernier trimestre 2017, 700.000 utilisateurs
journaliers aux Etats-Unis en moyenne.
De quoi mobiliser David Wehner (master en
physique appliquée de Stanford) qui tient les
cordons de la bourse depuis 2014. L’exercice
2017 s’était pourtant clôturé sur une hausse
de 47 % du prix moyen de l’annonce publicitaire en fin d’année. Mais après six ans de
cotation, la sixième capitalisation boursière
mondiale va désormais devoir défendre sa
popularité et préserver sa rentabilité. Donc
gros travail en perspective pour le directeur
financier. Car les vents sont contraires : la
semaine dernière, un juge fédéral américain
a déclaré recevable une demande de plainte
en nom collectif contre Facebook, accusé
d’avoir mis en place une technologie de
reconnaissance faciale sur des photos sans
la permission des utilisateurs.
Enfin, Chris Cox (Stanford), à la tête des
produits, est réputé pour être tout à la fois
un ingénieur créateur de produits phares
pour l’entreprise, un opérationnel capable
de recruter et de gérer les bons talents,
et un penseur de stratégie à long terme.
Il a peut-être une nouvelle carte à jouer.
Un sénateur de Caroline du Nord a toutefois fait remarquer à Mark Zuckerberg,
lors de son audition, que la diversité, gage
d’une vision clairvoyante des problématiques, n’était guère présente au sein de son
équipe dirigeante. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Les Echos Lundi 23 avril 2018
qui a
dit
?
l DIRECTION GÉNÉRALEl NUMÉRIQUE EXECUTIVES // 05
« AMAZON
ET MICROSOFT
CONTINUENT
À EMPIÉTER
SUR LE MARCHÉ
DU CONSEIL »
ILS ONT BOUGÉ en partenariat avec Nominations.fr
echo.st/m320334
Catherine Maguire-Vielle est nommée DRH de Carlson Wagonlit
Travel // Pierre-Henri Havrin est désormais DRH de Compte-Nickel //
Frédéric-Guillaume Laprévote est désormais associé au sein de
Flichy Grangé Avocats// Serge Rastorgoueff rejoint Bignon Lebray
en qualité d’associé // Virgile Puyau rejoint Winston & Strawn LLP
en qualité d’associé // Jean Kotarakos sera chief financial officer
de Cofinimmo // Nicolas Le Brouster devient directeur financier
du groupe Perial // Thibaut Aboulker est nommé directeur MOA
et transformation digitale groupe chez Groupama //
DIGITAL NEW WORLD
Comment Thuasne
innove depuis plus de 150 ans
STRATÉGIE
Capitaine d’industrie,
Elizabeth Ducottet
mène tambour battant
l’internationalisation
de son entreprise.
Elisabeth Ducottet, présidente
de Thuasne.
Photo Martin Colombet/hanslucas
Florent Vairet
@florentvairet
T
huasne n’a pas attendu le numérique pour être innovante. En
1900, l’entreprise implantée en
Rhône-Alpes recevait un prix à l’Exposition universelle. Plus d’un siècle plus
tard, elle est devenue l’un des acteurs
majeurs du textile technique médical
et emploie 2.200 salariés à travers
le monde. Entre-temps, les dirigeants
ingénieurs se sont succédé pour adapter
l’entreprise à ses nouveaux marchés,
tout particulièrement entre les
années 1950 et 1970. Décryptage de ce
« business case » stratégique.
A l’étranger, filialisation,
•rachat
ou partenariat
A la suite d’un accident de son père,
Jean Queneau, en 1991, Elizabeth Ducottet prend au pied levé la direction de
cette entreprise de taille intermédiaire
pour incarner la cinquième génération.
Première femme présidente de l’ETI,
son cap est clair : l’international. « Depuis 2000, nous ouvrons une
filiale à l’étranger par an », déclare-t-elle.
Aujourd’hui, c’est 40 % du chiffre
d’affaires qui est réalisé hors de l’Hexagone. Un pourcentage assez rare pour
être souligné. « Les ETI françaises sont
malheureusement peu internationalisées », pointe Elise Tissier, directrice de
bpifrance Le Lab. A l’étranger, Thuasne
choisit soit de créer ses filiales en propre ou de racheter des entreprises, soit
de signer des contrats avec des distributeurs locaux. Evidemment cela prend
du temps. « Rien ne se fait à grande
vitesse. Il faut regarder précisément avant
d’agir, car chaque marché est très national », explique la présidente.
Stricte gestion d’un porte•feuille
de brevets
Cette ouverture à marche forcée vers
l’international serait vaine sans un
catalogue de produits innovants et
design. Pour mettre au point des dispositifs médicaux, des ceintures lombaires
ou des genouillères ligamentaires,
Thuasne consacre 5 % de son chiffre
d’affaires de 225 millions d’euros à la
R&D. Objectif : déposer cinq à six brevets par an. « Grâce à un logiciel, nous
suivons scrupuleusement notre portefeuille de brevets pour ne rater aucun
renouvellement, explique Matthieu
Ducottet, directeur de l’innovation. Le
but n’est pas d’entretenir une rente, mais
de garder une longueur d’avance sur nos
concurrents. » L’engagement de Thuasne,
qui cofinance des thèses d’étudiants de
l’Ecole des Mines de Saint-Etienne destinées à répondre à ses besoins industriels, en est une illustration.
Délicate collaboration
•start-up-ETI
Thuasne innove aussi en nouant des
partenariats avec des grands groupes
ainsi que des start-up. Mais collaborer
avec ces dernières nécessite quelques
précautions préalables, prévient Matthieu Ducottet. Récemment, Thuasne a
développé une semelle connectée en
collaboration avec la start-up Fitme afin
de mesurer la pression plantaire. « Ça n’a
pas été forcément une grande réussite
commerciale », confesse le directeur de
l’innovation. Il pointe des problèmes de
communication entre la start-up très
agile voulant aller très vite et l’ETI régie
par des procédures déjà codifiées. « L’intérêt des ETI familiales à collaborer avec les start-up ne se fait pas toujours sur les mêmes bases que les groupes
non familiaux, décrypte Rania Labaki,
directrice de l’Edhec Family Business
Centre. En cas de rachat de la start-up, ces
derniers vont chercher à la faire fructifier
pour augmenter la valeur de l’action tandis
que les ETI vont s’inscrire dans le long
terme et mener des actions en cohérence
avec les valeurs de la famille. » Thuasne ne
jette pour autant pas l’éponge. Elizabeth
Ducottet prépare une montée au capital
d’une start-up, sans en dire davantage.
tous nos concurrents sont également
implantés ici », temporise son fils. Quoi
qu’il en soit, Thuasne, à l’instar des ETI
françaises, évolue dans un marché de
l’emploi tendu sur les profils techniques. 57 % des PME-ETI françaises disent
manquer de talents, d’après une étude de
bpifrance. « Au-delà de 250 salariés, ce
chiffre monte à 66 % », précise Elise Tissier. Pour Elizabeth Ducottet, l’atout de
Thuasne, c’est sa taille humaine, sans
organisation trop lourde, qui suscite
l’intérêt de jeunes scientifiques.
• Autofinancement
L’autre exploit de la société est d’avoir
maintenu un capital 100 % familial,
depuis sa création en… 1847. L’autofinancement a toujours permis de mener à bien
les projets, en sus de partenaires bancaires de longue date. « Les entreprises familiales préfèrent avoir recours, par ordre de
priorité, à l’autofinancement puis aux prêts
bancaires, explique Rania Labaki. Elles
font sans cesse face à ce dilemme : favoriser
la création de valeur financière ou l’harmonie familiale. L’ouverture peut être une
source de discorde. »
• Succession en vue
Enfin, au bout de vingt-sept ans à la tête
de l’entreprise, Elizabeth Ducottet en est
devenue le symbole. « L’engagement de
la dirigeante a été déterminant dans la
réussite de Thuasne », affirme Elise
Tissier, avant de souligner la puissance
de ses réseaux. Comme pour beaucoup
de patrons d’ETI, ce sont les rencontres
entre pairs organisées par des cercles de
dirigeants de type APM qui favorisent
les connexions et les échanges de bonnes pratiques. « Pour un dirigeant, rien
n’est plus légitime qu’un autre dirigeant », conclut la directrice du think
tank de bpifrance. Bien qu’emblématique, cette figure de proue de l’industrie
devra un jour passer la main. Outre son
fils à la tête de l’innovation, deux autres
enfants ont intégré l’entreprise. Sa fille,
Delphine Hanton, occupe le poste de
directrice générale déléguée. Lui succédera-t-elle ? Elizabeth Ducottet
élude : « Je ne sais pas, mais sa position
actuelle est tout à fait centrale. » n
Une marque employeur
•attractive
en dépit
de la concurrence
Outre les rachats ou les accords académiques, « recruter est un bon moyen d’internaliser de nouvelles compétences, explique
la présidente. Nous avons relativement peu
de difficultés à le faire, la région Rhône-Alpes étant très riche en profils scientifiques
et technologiques ». « Le problème est que
Delphine Hanton, directrice générale
déléguée. Photo DR
C
hacun sait que l’économie
est faite de cycles, de beaux
sommets et de sombres
précipices. Après la crise, le rebond
avec dans l’intervalle une phase de
stagnation. Il en est de même pour
l’emploi. Mais, dans le contexte de
reprise, après une longue crise de
l’emploi, le digital se pose en insolente
exception. Un village planétaire en
perpétuelle expansion : le printemps
de l’emploi y est éternel, les pénuries
d’aujourd’hui, celle des experts de la
donnée, s’ajoutant à celle d’hier
toujours patentes, le manque de
développeurs Web et mobile.
2018 ne marque aucun coup d’arrêt et
la machine à créer des emplois tourne
à plein régime. En quelque sorte, la
situation s’améliore encore et tant que
le risque d’une surchauffe n’est pas à
négliger. Commençons par les signes
positifs : parmi les quelque 40 métiers
spécifiques au digital, 80 % sont en
pénurie. Sont principalement
concernés les hyperexperts mais aussi
– et c’est plus récent – les managers.
En conséquence, les salaires
augmentent de façon continue et le
rapport de force a rarement été aussi
favorable aux salariés. A ce propos, la
France éprouve des difficultés à faire
naître des licornes, l’image de la
French Connection, ces talents
digitaux français qui travaillent
à « l’étranger », est excellente.
PIERRE CANNET
Franck Beloncle
Une des quatre usines de Thuasne, à Saint-Etienne. L’entreprise en possède une cinquième à Heyrieux (Isère). Photo Thierry Bouet
Talents numériques :
de la bonne humeur
à l’euphorie !
PDG chez Blue
Search Conseil,
cabinet de conseil
en RH.
@thebluetouch
Mais toute médaille a son revers :
la pénurie est telle que la croissance
des start-up et la transformation des
groupes et des ETI pourraient en être
ralenties. Les dirigeants de nos jeunes
pousses et les cadres RH chargés des
recrutements dépensent beaucoup
d’argent et de temps pour attirer
les meilleurs et ils font appel aux
« meilleurs » cabinets de chasse.
Malgré ces efforts conjoints, certains
postes restent vacants ou bien sont
acceptés par des candidats qui,
volages, ne terminent pas toujours
leur période d’essai.
Ma recommandation aux dirigeants :
maintenez les ouvertures de postes
mais ne surestimez pas votre capacité
d’attraction – les candidats ont le
choix ! –, faites preuve d’ouverture
sur les profils et prévoyez un grand
« plan Marshall » de formation des
cadres de l’entreprise aux enjeux
et expertises digitales. n
À NE PAS MANQUER
Les 22 et 25 avril, conférence Teradata Universe à Londres, au ICC
London@Excel sur la problématique du Big Data// Les 24 et 25 avril,
Salon de l’e-commerce, du digital, du Web, du marketing et du mobile
à Genève // Le 15 mai, le Syntec numérique conclut son cycle de
conférences sur la donnée en présence d’Axelle Lemaire, ancienne
secrétaire d’Etat au Numérique, et Guillaume Poupard, directeur
de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information //
EN BREF
REGAIN DE CONFIANCE
CHEZ LES CHEFS DE PETITES
ET MOYENNES ENTREPRISES
Interrogés sur leur vision de l’avenir,
les dirigeants de petites et moyennes
entreprises témoignent d’un retour
de la confiance en 2018, selon le
4e baromètre MMA de la forme des
dirigeants. 88 % d’entre eux se disent
ainsi confiants pour leur situation
professionnelle (+4 points) et 85 %
s’estiment optimistes pour le futur de
leur entreprise (+3 points). Le stress
reste un fléau majeur pour cette
population, mais il apparaît moins
corrélé aux inquiétudes liées à
l’entreprise et s’inscrit en baisse sur
un an : 43 % des chefs d’entreprise
estiment aujourd’hui qu’il impacte
leur état de forme. Ils étaient plus
d’un sur deux (58 %) en 2017.
TÉLÉTRAVAIL ET DÉCONNEXION
65 % des actifs français déclarent
penser à leur travail ou à des tâches
à effectuer, au moins une fois par
semaine, en dehors des heures de
travail, révèle une enquête menée
par Harris Interactive pour l’Observatoire Enedis. 45 % des personnes
interrogées déclarent consulter
leurs e-mails professionnels hors
temps de travail, au moins une fois
par semaine, et 3 sur 10 indiquent
poursuivre une activité professionnelle à leur domicile chaque semaine,
une tendance plus affirmée chez
les cadres. Un actif sur deux (51 %)
serait séduit par une combinaison
de travail à distance et en entreprise.
14 % souhaiteraient travailler exclusivement de leur domicile et 34 %
uniquement en entreprise.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
06 // EXECUTIVES
l JURIDIQUEl RH
6
Lundi 23 avril 2018 Les Echos
RÈGLES
POUR FAIRE
AVEC LA GRÈVE
DES TRANSPORTS
echo.st/m 319683
Quand les juristes de
Bureau Veritas recourent à BIM
L’entreprise et l’éthique
AU NOM DE LA LOI
GESTION DES RISQUES
« Avec la maquette
numérique, nous allons
pouvoir détecter les points
non conformes plus
rapidement. Nous sommes
dans une approche
en temps réel du risque. »
SYLVAIN METZ
General counsel et compliance officer
Europe de Bureau Veritas
Le processus « building information modeling » (BIM, ou modélisation des informations du bâtiment) est fondé sur l’exploitation d’un modèle 3D. Illustration Shutterstock
L’introduction d’un système
de maquette numérique,
de la conception à la
construction d’un bâtiment,
transforme le contrôleur
technique en une partie
prenante au projet.
Delphine Iweins
diweins@lesechos.fr
L
e secteur de la construction vit une
révolution technologique depuis
un an environ. L’avenir des projets
architecturaux, de leur conception à leur
construction, réside dans la « building
information modeling » (BIM). Cette
technologie implique la création et
l’utilisation d’un modèle 3D pour la
conception, l’ingénierie et la construction d’un bâtiment. Elle est appelée à se
généraliser dans les marchés publics.
Prenant en compte cette évolution, qui
va bien plus loin qu’un simple bouleversement des métiers, les spécialistes de
Bureau Veritas réalisent désormais leurs
contrôles techniques sur ce type de
maquette numérique. Ce service n’a rien
d’automatique – les contrôles peuvent
continuer à être effectués de façon plus
classique –, mais il permet de mieux
servir les besoins des clients.
La trentaine de juristes de l’acteur mondial de la conformité et de la certification ont suivi des formations données
par des spécialistes de cette technologie
afin de comprendre l’ensemble des
changements issus de la BIM. « Nous
avons travaillé avec des ingénieurs pour
comprendre les risques, les enjeux
contractuels et les changements de
métier », détaille Sylvain Metz, general
counsel et compliance officer Europe
de Bureau Veritas. Le risk manager a
aussi été associé à cette réflexion pour
connaître les conséquences de BIM sur
les métiers des ingénieurs.
Diminuer le risque contentieux
Une fois la technologie comprise, « nous
devons vérifier que nous sommes bien
intégrés dans la convention BIM », explique le directeur juridique. Pour mener à
bien sa mission, le contrôleur technique
a besoin d’informations précises
comme les dimensions des portes, des
vues de coupes des éléments porteurs
du bâtiment, etc. Ces éléments n’apparaissent pas toujours dans les maquettes numériques d’origine. « Notre retour
d’expérience en matière contentieuse
nous permet de savoir les points sur
lesquels il faut insister dans la
maquette », développe Sylvain Metz. La
direction juridique a donc listé les informations que ces maquettes doivent
obligatoirement contenir afin de mieux
associer le contrôleur technique en tant
que véritable partie prenante au projet.
Un binôme juridique–technique intervient aussi dans ce type de contrats.
D’un point de vue assurantiel, les principes de responsabilités du contrôleur ne
changent pas. Et la base légale du contrôle technique – datant de la loi Spinetta
du 4 janvier 1978 – est aussi conservée.
Le contrôleur n’a pas pour mission de
tout voir, mais cette nouvelle technologie
va lui permettre de travailler plus vite et
plus en profondeur. « Avec la maquette
numérique, nous allons pouvoir détecter
les points non conformes de manière
efficiente, plus rapidement et de façon plus
dynamique. Nous sommes dans une
approche en temps réel du risque », insiste
Sylvain Metz. Les conséquences du BIM
sur l’activité contentieuse de Bureau
Veritas ne peuvent pas encore être perçues. Mais son general counsel estime
que cette technologie devrait, à terme,
diminuer la sinistralité. n
L
a crise économique et
financière mondiale avait
révélé les ravages que cause
la perte des repères éthiques dans
le monde des affaires. Cette prise
de conscience a conduit à faire
de la problématique de l’éthique
– entendue comme le choix de
la décision qui est moralement
acceptable dans une situation
donnée – un enjeu majeur pour
les entreprises.
Elle doit démontrer qu’elle crée
de la valeur tout en respectant
les personnes et le monde au sein
duquel elle agit. C’est ainsi que
le questionnement éthique a conduit
à s’attacher aux conséquences
pour autrui des activités de
l’entreprise. Ce glissement de
l’éthique à la RSE renvoie plus
largement à un questionnement
sur le rôle sociétal de l’entreprise.
Le rapport Senard-Notat qui vient
d’être remis au gouvernement, tout
comme le récent rapport du Club
des juristes, « Le rôle sociétal de
l’entreprise », proposent des pistes
intéressantes de réformes allant
jusqu’à la modification de la
définition même de la société.
En effet, la pression croissante des
parties prenantes – investisseurs,
clients, fournisseurs, communauté
locale, etc. – pour le respect de
l’éthique fait que la réputation
d’une entreprise dépend en grande
partie de sa capacité à gérer son
capital éthique et à se mettre en
position de résoudre ses dilemmes
éthiques. Les déboires actuels
de Facebook, du fait de la
marchandisation du Net, ont un
fondement éthique qui tient à ce
que la protection du droit à la vie
privée est un droit de l’homme.
La transformation des pratiques
de management résulte notamment
de l’institutionnalisation de l’éthique
à travers l’adoption de codes ou
chartes éthiques. Par cet outil,
l’entreprise affirme ses valeurs
qui orientent les comportements
et créent le cadre commun dont
JEAN-CLAUDE MAGENDIE
Président du comité d’éthique de Veolia
et membre du Club des juristes
le besoin se fait particulièrement
sentir dans les grandes
organisations.
L’éthique agit aussi comme un
puissant facteur d’homogénéisation
et de stabilité, elle donne à
l’organisation une culture qui définit
son identité propre.
L’importance de la conformité va
croissant au regard des risques qui
peuvent résulter de manquements
non seulement à la norme juridique
– nationale ou internationale –
qui s’impose à elle, mais aussi
à la « soft law » qui englobe les
procédures internes que l’entreprise
s’engage à respecter, notamment
par le biais de ses chartes éthiques.
L’affaire Enron a révélé
l’impuissance d’une architecture
de conformité, aussi sophistiquée
soit-elle, à garantir l’entreprise
du risque de non-conformité.
C’est que l’efficacité du système
dépend aussi de la compréhension
et de l’adhésion des collaborateurs
aux valeurs de l’entreprise, comme
de l’exemplarité.
Ethique et entreprise ne sauraient
être opposées, comme si la
première était un obstacle, sinon
un frein, à la réussite de la seconde.
Bien au contraire, au regard
des attentes des parties prenantes,
le respect de l’éthique contribue
à asseoir la réputation de
l’entreprise et la confiance
qui en découle constitue pour
elle un avantage compétitif. n
MANAGEMENT
Grèves : le difficile
aménagement
du temps de travail
L’impact des grèves
sur le temps de travail
commence à se faire
ressentir. Et le télétravail
n’est pas une solution
privilégiée par
les entreprises.
Delphine Iweins
diweins@lesechos.fr
C
ommencés depuis le début
du mois, les mouvements
sociaux ne semblent pas près
de se tarir. L’impact sur l’organisation du travail dans les entreprises
commence à se faire ressentir.
D’après une récente étude de
Cadremploi, plus de 8 cadres sur
10 interrogés ont réussi à se rendre
sur leur lieu de travail, mais
70 % d’entre eux ont rencontré
des difficultés.
En réalité, les conséquences du
mouvement social se constatent sur
les horaires : seuls 51 % des répon-
dants sont arrivés au travail à l’heure
et 49 % ont dû partir plus tôt le soir
pour anticiper les difficultés de
déplacements. Ces journées écourtées peuvent avoir une répercussion
directe sur le salaire. En effet,
l’employeur n’est pas obligé de payer
les heures non travaillées. Le télétravail reste une solution à la marge,
même s’il est facilité par les ordonnances Macron réformant le Code du
travail – un simple échange entre le
manager et le salarié concerné est
suffisant pour le qualifier. Seuls 25 %
des cadres interrogés par Cadremploi se sont vu accorder, dans le
cadre de la grève, une autorisation
exceptionnelle de travailler depuis
chez eux. La majorité des répondants déclarent même n’avoir eu le
droit à aucun aménagement de leur
temps de travail. Notons tout de
même que les grandes entreprises
sont plus conciliantes et que parmi
les salariés n’arrivant pas à l’heure
en raison des grèves, 60 % sont des
cadres dirigeants. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Les Echos Lundi 23 avril 2018
l MARKETING
EXECUTIVES // 07
qui a
dit
?
« JAMAIS NE SERA
VRAIMENT MONTRÉ
UN LIEN ENTRE
LIBERTÉ DES
SALARIÉS ET
INNOVATION
PRODUIT »
echo.st/m
CARRIÈRES
Chargeurs cherche à redorer
son blason auprès des jeunes
Le groupe industriel travaille sa marque
employeur pour séduire la jeunesse peu
attirée par le secteur industriel. Pour ce faire,
il participe notamment à la Journée nationale
des jeunes, dont la septième édition s’est tenue
fin mars.
Camille Marchais
M
ais comment ce leader mondial sur les segments de la
protection temporaire des surfaces, de l’entoilage, des
textiles et de la laine peut-il attirer les jeunes sans faire
vieux jeu ? A l’affût d’idées et d’énergies nouvelles ainsi que
de modernité, le groupe industriel Chargeurs cherche à davantage
miser sur la jeunesse. Car malgré de puissants atouts, il lui faut se
débarrasser de l’image peu attractive que renvoie le secteur
industriel, qui peine à faire rêver les générations Y ou Z.
Méthode en quatre actes.
de chef de projet. « J’ai eu le déclic lors d’une visite. C’est une
entreprise internationale, à la pointe de la technologie et très à
l’écoute de ses employés », explique la jeune femme.
davantage de femmes et alléger
4 laRecruter
pénibilité
Des atouts, le groupe Chargeurs en a de nombreux mais que dire
de l’image qu’il renvoie, notamment celle de métiers trop masculins ? Anne Loison l’affirme, le changement est clairement perceptible car « malgré les contraintes physiques réelles de certains
métiers, les femmes représentent désormais 15 % des salariés dans les
ateliers ». Le groupe a notamment investi dans un bras articulé qui
effectue certaines tâches difficiles. Et concernant les perspectives
d’avenir du secteur ? « Tout le monde ne reste pas trois ans au même
poste et grâce aux témoignages de certains salariés, les étudiants se
rendent compte des perspectives d’évolution que nous proposons. » n
Dans le cadre de la Journée nationale des jeunes, l’entreprise
Chargeurs ouvre ses portes à des étudiants. Ici sur le site de Novacel,
à Rouen. Photo Chargeurs
1 Tordre le cou aux clichés
Chargeurs ne connaît pas de turnover important et comptabilise
40 % de collaborateurs âgés de moins de 34 ans. En position de
croissance nette, le groupe continue de rechercher des profils
prêts à apprendre le savoir-faire de ses métiers de niche. Mais
séduire de futurs ingénieurs, techniciens, ou cadres bilingues
n’est pas chose facile, surtout dans un secteur comme celui de
l’industrie, perçu par beaucoup comme sale, très masculin et
rigide. Joëlle Fabre-Hoffmeister, secrétaire générale de Chargeurs, en est bien consciente. « Nous devons combattre les clichés
qui affectent sévèrement l’image de l’industrie, plus soignée que ce
que la mentalité tend à croire. » L’entreprise entend mettre tout
en œuvre pour tordre le cou aux idées reçues. Et, pour cela, elle
participe depuis deux ans à la Journée nationale des jeunes
(JNDJ). Ce mouvement collectif – dont la septième édition
s’est achevée fin mars – rassemble des acteurs privés, publics
et associatifs et permet aux étudiants de se faire une idée plus
concrète du monde du travail.
2 Mettre le cap sur la pédagogie et la convivialité
La JNDJ est l’occasion pour Chargeurs d’ouvrir les portes de ses
trois sites localisés à Rouen, Sélestat (Bas-Rhin) et Péronne
(Somme). L’industriel a organisé deux heures de visite en petits
groupes en partenariat avec différentes écoles, dont l’Insa (Institut national des sciences appliquées) et le Cesi (Centre des
études supérieures industrielles). Stéphane Grandjean, directeur du site Novacel, anime ces rencontres et encourage cette
initiative : « C’est une bonne façon de réduire le grand écart qui
existe entre la théorie et la pratique. » Cet exercice, réalisé avec
une grande pédagogie, a pour but de les familiariser avec les
produits et le processus de fabrication. « C’est aussi un moyen
de mettre en relation les étudiants et les professionnels à travers
des témoignages de personnes qui ont évolué dans la structure »,
ajoute le directeur.
3 Favoriser l’alternance
Différents intervenants du groupe ont ainsi l’occasion de relater
leurs parcours professionnels et de conseiller les étudiants
quant à leurs choix d’orientation. Parmi ces derniers, l’alternance intéresse tout particulièrement Anne Loison, la directrice
des ressources humaines de Chargeurs Protective Films à
Rouen. « Nous recruterons de dix à quinze candidats par an. Nous
voulons promouvoir cette formation sur notre site, car elle ouvre
la porte à de nombreux métiers au sein du groupe. » En fin de
contrat d’alternance, Yuliana, 26 ans, a décroché un poste en CDI
TPE/PME
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Joëlle Fabre-Hoffmeister, secrétaire générale de Chargeurs.
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
08 //
Lundi 23 avril 2018 Les Echos
SYLVAIN DURANTON FONDATEUR ET DIRECTEUR MONDE DE BCG GAMMA
« L’impact de l’intelligence
artificielle est aussi sociétal »
LU POUR VOUS
Il a fait toute sa carrière au sein du cabinet BCG. Il y a trois ans, Sylvain Duranton fonde BCG Gamma, l’entité
mondiale dédiée à la donnée. Ce polytechnicien se fixe comme objectif de mettre la science de la donnée au
service de l’entreprise, sans négliger les impacts sur la société.
Maurice Thévenet (Editions
Comment un Français se retrouve-t-il à la tête de BCG Gamma ?
Je suis entré au BCG [Boston Consulting
Group, NDLR], il y a vingt-cinq ans, pour
mon premier job à plein temps. Après
quelques années dans les bureaux à l’étranger, je suis revenu à Paris où j’ai créé l’activité Pricing de BCG, et j’ai intégré le comité
exécutif du bureau parisien. Après ce long
parcours, il m’a été demandé de créer BCG
Gamma, l’entité mondiale dédiée à la data
science. Alors c’est vrai, à ma nomination,
beaucoup de personnes m’ont dit : « Il n’y a
vraiment qu’au BCG où un Français peut être
nommé à la tête d’une telle entité. » Mais,
sans langue de bois, cela a été assez naturel.
Sur les sujets technologiques, les Français
ont bonne presse. La France a suivi les
premières vagues d’intelligence artificielle
(IA) dès les années 1970 et son école
mathématique reste très reconnue. Au
BCG, les Français ont toujours été bien
représentés, et le bureau parisien occupe
une place particulière, c’est une sorte de
laboratoire au sein du réseau.
L’intelligence artificielle est
un sujet très technique, comment
le démystifiez-vous ?
Lorsque j’ai été diplômé des Mines et de
Polytechnique à la fin des années 1980,
la science de la donnée n’était pas véritablement enseignée. Nous manipulions de la
data, mais il s’agissait davantage de mathématiques appliquées. Néanmoins, cette
formation, et en particulier l’apprentissage
du code, ont été cruciaux pour me permettre de démystifier les algorithmes.
Depuis que je travaille sur ces thématiques, j’y consacre 100 % de mon énergie
professionnelle. J’ai beaucoup lu et suivi
de nombreuses formations. Toutefois, je
ne cherche pas à être un praticien de l’IA.
Mon métier est avant tout de savoir la
mettre au service des entreprises.
Il faut bâtir avec
ses collaborateurs
un écosystème dans
lequel ils prennent
plus de responsabilités
qu’ils ne l’auraient
imaginé.
Avez-vous une personnalité
de l’IA qui vous a marqué ?
Raymond Kurzweil pourrait en être une.
Il a comparé le fonctionnement du cerveau
humain à celui des algorithmes et il a montré qu’il ne pouvait y avoir de comparaison
pertinente. Les machines ne « comprennent » rien, au sens humain de la compréhension. Une machine est très rapide alors
qu’un cerveau humain est très lent. Cependant, notre pensée organisée et conceptuelle
nous rend extrêmement efficace. Il est
important de rassurer la population et de lui
faire comprendre qu’on ne cherche pas à
répliquer le cerveau humain. En France,
le député et médaillé Fields Cédric Villani,
qui a été notre conseiller scientifique avant
son élection, pousse une vision apaisée
de l’IA qui va dans la bonne direction.
D’importants investissements
étrangers ont été annoncés
en France. Est-ce un problème
de ne pas avoir de leader national
dans l’IA ?
Sur ce sujet, il faut penser à l’échelle européenne. Chacun a envie d’avoir un grand
« Le Manager
et les 40 valeurs »
Management & Société)
O
n n’a jamais fini d’élucider
le mystère des personnes.
Le manager parfait n’existe
pas plus que le parent parfait. Mais
il peut toujours s’améliorer. La valeur
doit guider les comportements
de manière pertinente.
champion dans son pays, mais l’enjeu prioritaire est de s’assurer que les entreprises
françaises prennent effectivement le virage
de l’IA, pour gagner en compétitivité. Si une
solution européenne ou française émerge,
c’est tant mieux, mais concentrons d’abord
nos efforts à repenser le mode de fonctionnement et les organisations des entreprises,
et veillons à attirer les meilleurs talents.
1 Le manager n’est pas
Lucky Luke
Ce n’est pas un pauvre manager solitaire.
Il se situe toujours dans un secteur.
Nombreux sont ceux qui comptent sur la
sagesse de leurs troupes et l’alchimie des
relations pour résoudre les problèmes
de coordination. La position hiérarchique, le grade ou le statut ne suffisent pas
pour s’imposer auprès des collaborateurs. Aucune organisation ne peut
exister si elle ne produit pas un service
acceptable. L’important, c’est moins
l’action que la cohérence de l’action.
Je me méfie des
grands leaders
charismatiques.
Je me dis souvent
qu’au pied des grands
arbres, il ne pousse
pas grand-chose.
2 Le problème,
c’est les autres
Chez BCG Gamma, le nombre
de salariés est passé de 25 à 400
en trois ans. Justement, quelle
promesse formulez-vous pour
attirer les meilleurs ?
Le management est terre de promesses : celle de la résolution des grandes
questions du vivre-ensemble, par
exemple. Rencontrer les autres présente toujours le risque que ça ne se
passe pas comme prévu. Après la mode
du vivre-ensemble, vient peut-être celle
du travailler-ensemble. La coopération,
voilà un des chantiers du management : réussir avec des équipes construites. L’entreprise comporte aussi des
clans qui ne coopèrent pas forcément
pour son bien. Parfois, il y a de la
dynamite de groupes, les conflits entre
eux naissent de la pluralité. Heureusement, une relation se travaille.
Nous leur proposons des projets ambitieux. Nous essayons de recruter les data
scientists les plus reconnus dans leur
domaine, avec au minimum un master,
et souvent une thèse en data science. Dans
cette guerre très rude des talents, nous
sommes en concurrence avec des start-up
très attractives ou des Gafa qui proposent
de travailler sur des énormes systèmes.
Au BCG, ce ne sont pas les salaires qui
nous permettent de faire réellement la
différence. Nous promettons aux talents
que nous repérons de travailler à petite
échelle mais sur des projets incroyables !
Par exemple, anticiper les effets secondaires de traitement de la sclérose en plaques,
construire une signature visuelle unique
pour des diamants, créer un système
d’aide à la décision en temps réel pour
la salle des opérations de grands aéroports, etc. Nos ingénieurs travaillent en
petites équipes sur des missions de six à
douze mois. Cette année, nous allons
organiser 2.000 entretiens de recrutement
et 200 embauches sont prévues pour
soutenir la croissance de l’activité qui
a plus que doublé entre 2016 et 2017.
3 Le manager est un acteur
Louise Oligny pour « Le Point »
Propos recueillis par Florent Vairet
@florentvairet
Les 3 idées
à retenir de…
L’importance de la charge
de travail ne les effraie pas ?
Je ne crois pas. Toutes les personnes
recrutées sont des passionnées de la data
science. Souvent, elles codent même pour
leur propre plaisir le week-end sur Kaggle,
une plate-forme Web organisant des
compétitions en science des données.
Quel manager êtes-vous ?
J’attache beaucoup d’importance à aider
les collaborateurs à grandir. Plus ils
accomplissent de choses, plus ils sont
heureux. Il faut bâtir avec eux un écosystème dans lequel ils prennent plus de
responsabilités qu’ils ne l’auraient imaginé.
Avez-vous un modèle
de management ?
Non, pas vraiment. Je me méfie des grands
leaders charismatiques. Je me dis souvent
qu’au pied des grands arbres, il ne pousse
pas grand-chose. J’essaie d’accompagner la
montée en compétences de mes équipes et
j’aimerais que lorsque je quitterai mes fonctions au sein de BCG Gamma, on s’en rende
à peine compte, car la relève sera prête.
D’ailleurs pour vous, quelle
est la suite ?
Pour l’heure, mon objectif est de continuer
à faire croître BCG Gamma. Je mène en
parallèle des activités associatives. Je suis
Comment
préserve-t-il
sa vie
personnelle ?
« Avec cinq enfants, j’ai
une vie familiale très
remplie. Pour la protéger, mon credo est d’ériger des barrières. Je
concentre mon travail
sur la semaine, ce qui
permet de préserver des
temps intouchables le
week-end. Puis, avec
mon épouse, nous avons
une organisation très
efficace quant à la répartition des tâches. »
le « Straight Ally for LGBT Network » au
sein du BCG, position avec laquelle je lutte
contre l’homophobie qui déclenche
encore de nombreuses souffrances dans
les sociétés occidentales. Je suis également
le trésorier de l’association Aurore, qui
emploie 1.500 salariés et qui se bat pour
accompagner vers l’autonomie les personnes en situation de précarité ou d’exclusion via l’hébergement, les soins et l’insertion. Enfin, je suis aussi le trésorier du
lycée Saint-Louis-de-Gonzague, où sont
scolarisés mes enfants.
Pourquoi multiplier
les engagements ?
Le BCG m’a fait grandir, j’ai acquis des
compétences que je fais désormais valoir à
l’extérieur en aidant ces associations dans la
gestion de la trésorerie et l’élaboration de
leur stratégie. C’est du mécénat de compétences. En retour, ces activités associatives
me nourrissent dans ma vie professionnelle.
L’impact de l’intelligence artificielle n’est pas
seulement économique, il est aussi sociétal.
On ne peut pas simplement agir comme un
technicien, il faut être tourné vers la société
pour comprendre l’impact des transformations que nous entreprenons. n
Est-il tombé dans la marmite de potion
magique quand il était petit ? Cela
relèverait d’un don, principe qui arrangerait tout le monde. En fait, le manager
apprend son rôle. Rien n’est joué
d’avance. Il faut compter avec des êtres
émotionnels. Chez les Grecs, l’hybris (la
démesure) requérait la vengeance. On
peut s’en prémunir si l’on ne perd pas de
vue l’efficacité et le résultat. Le management se développe en faisant des
exercices, en admettant ne pas avoir
appris une fois pour toutes. De même,
un manager n’a jamais fini de comprendre et de maîtriser des situations
nouvelles à assumer. La gnaque ne
descend pas du ciel. Elle exige une
pratique, et pas seulement un intérêt.
Nous sommes au temps du show et de la
mise en scène de soi. Encore faut-il que
l’image ne s’éloigne pas trop de la réalité.
— Régine Turmeau
La rubrique « Ils ont bougé » présente dans ce numéro, qui rend
compte des principaux mouvements
à l’intérieur de chaque grande fonction de l’entreprise, nous a été fournie par notre partenaire Nomination.fr, le service de veille et
d’information sur les décideurs.
LES ECHOS FORMATION
5 RGPD DANS LE SECTEUR DE LA
BANQUE ASSURANCE
Quelles sont les problématiques
spécifiques de ce secteur ?
Comprendre les apports de ce nouveau
texte règlementaire pour évaluer les
impacts et enjeux associés.
www.lesechos-formation.fr/rgpd-banque-assurance.htm
Un service proposé par Les Echos Solutions
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