close

Вход

Забыли?

вход по аккаунту

?

Le Figaro - 28 04 2018 - 29 04 2018

код для вставкиСкачать
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
2,60 €
samedi 28 - dimanche 29 avril 2018 LE FIGARO - N° 22 927 - www.lefigaro.fr - France métropolitaine uniquement
Première édition
lefigaro.fr
« Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur » Beaumarchais
MICHEL ONFRAY
L’ÉCRITURE, LA MORT, LES MÉDIAS,
LA POLITIQUE : LES CONFIDENCES
DU PHILOSOPHE PAGE 14
ÉLYSÉE
Puigdemont
prépare à Berlin
une candidature
en Catalogne PAGE 7
BANDITISME
Nouvelle percée
de la cocaïne
vénézuélienne
en France PAGE 8
RELIGION
PAGE 10
FISCALITÉ
Les résidences
secondaires ne
profiteront pas de
la suppression de la
taxe d’habitation
PAGE 19
FINANCE
CHAMPS LIBRES
François Pérol :
« Ma succession est
ma plus belle
réussite » PAGE 21
Les réfugiés
palestiniens
de Gaza rêvent
toujours
d’un retour
La chronique
de Natacha
Polony
L’analyse
de Jean-Pierre
Robin
n
n
@
FIGARO OUI
FIGARO NON
Réponses à la question
de vendredi :
La visite d’Emmanuel
Macron aux États-Unis
est-elle un succès
diplomatique ?
OUI
60 %
NON
40 %
TOTAL DE VOTANTS : 56 789
3’:HIKKLA=]UW[U^:?a@o@m@i@a";
À l’issue d’un sommet,
Kim Jong-un et Moon Jae-in
ont annoncé, vendredi, leur
intention de marcher vers
la paix et la dénucléarisation
de la péninsule.
è TRUMP EN PISTE POUR SON PROPRE SOMMET AVEC LE « CHER LEADER » è « GÉNÉRATION JANGMADANG », LES NOUVEAUX TRANSFUGES ENTREPRENEURS
è DAESUNGDONG, VILLAGE FOSSILE AU CŒUR DE LA DMZ, SE MEURT EN ATTENDANT LA PAIX PAGES 2, 3 ET L’ÉDITORIAL
Coup de froid sur
la croissance française
en début d’année
Les apiculteurs se félicitent
de l’interdiction de trois
pesticides par l’Europe
Après une fin d’année euphorique, la croissance du PIB
(+ 0,3%) a marqué le pas en début d’année. La consommation
est restée atone et l’investissement s’est tassé. Le gouverne-
L’Union européenne a décidé
vendredi d’élargir l’interdiction de trois néonicotinoïdes,
des pesticides jugés dangereux pour les abeilles, à toutes les cultures en plein
Votez aujourd’hui
sur lefigaro.fr
Redoutez-vous un coup
de frein durable de la
croissance française ?
JULIEN CLAIRFOND -ERIC FEFERBERG/
AFP - FRED TANNEAU/AFP
ment juge qu’il ne faut pas s’inquiéter et parie toujours sur une
croissance annuelle autour de
2 %. La croissance du prochain
trimestre est d’ores et déjà très
attendue. PAGE 18
ÉDITORIAL par Patrick Saint-Paul pspaul@lefigaro.fr
n
PAGES 13 ET 15
M 00108 - 428 - F: 2,60 E
KOREA SUMMIT PRESS POOL/AP
L’Islande voudrait
interdire
la circoncision PAGE 8
K
La danse de Kim
im Jong-un n’est pas le vulgaire
« rocket man », le « petit gros »
décrit par Donald Trump à longueur de tweets rageurs. Dans un
revirement spectaculaire, il a
montré un autre visage, affichant sa maîtrise
de la danse diplomatique. S’offrant une improvisation réussie, entraînant le Sud-Coréen
Moon Jae-in par la main vers la Corée du Nord
avant de revenir avec lui vers le Sud, il s’est
écarté de la chorégraphie officielle et s’est affranchi de la rigidité de « leader suprême » du
royaume ermite. Kim domine les codes de
communication.
Aussi significative qu’elle fût, la rencontre entre les deux Corées, après une période de glaciation, n’était qu’un prélude au sommet prévu entre Kim Jong-un et Donald Trump. Mais
la déclaration finale entre les deux Coréens
contient deux éléments essentiels - la confirmation que Kim est prêt à s’engager pour la
dénucléarisation totale de la péninsule et pour
la pacification entre le Nord et le Sud - qui
ouvrent la voie à la rencontre avec Trump.
Pourquoi cette volte-face ? Indéniablement,
la stratégie du président américain a pesé.
Kim devait faire retomber la pression et écar-
ter la menace immédiate de frappes américaines. Il avait aussi atteint un objectif stratégique
en faisant de son pays une puissance nucléaire, et son langage prouve qu’il entend négocier en tant que membre de ce club. Les sanctions économiques risquaient de porter un
coup d’arrêt au développement, alors que Kim
compte désormais se concentrer sur la modernisation de son économie en s’appuyant
sur la Corée du Sud.
Kim est-il un illusionniste qui cherche à gagner du
temps pour sauver
son régime ou est-il
sincère ? Prudence,
les expériences passées avec Pyongyang, notamment pendant la période de la « politique
du rayon de soleil », se sont soldées par des
échecs. Car le diable est dans les détails d’une
dénucléarisation vérifiable dans le pays le plus
secret du monde. Kim pourra jouer la montre
pendant des années pour en négocier chaque
point et mettre en œuvre son application. Attention, ne soyons pas dupes d’un accord qui
sera calibré pour que Trump puisse le présenter comme une victoire ! ■
champ, au nom de la défense
de la biodiversité et de l’environnement. Seize pays, dont
la France, l’Allemagne et le
Royaume-Uni, ont voté cette
mesure. PAGE 9
LE CONFORT
ABSOLU
DEDICACE
LÉONIDES
CONFORT FERME
32 CM - 7 ZONES DE CONFORT - TECHNOLOGIE MULTI-ACTIF
CONDITIONS EXCEPTIONNELLES
Le « leader
suprême »
est-il un
illusionniste ?
AND : 2,80 € - BEL : 2,60 € - CH : 4,00 FS - CAN : 5,40 $C - D : 3,20 € - A : 3,50 € - ESP : 2,90 € - Canaries : 3,00 € - GB : 2,50 £ - GR : 3,20 € - DOM : 3,00 € - ITA : 3,00 €
LUX : 2,60 € - NL : 3,20 € - PORT.CONT : 3,00 € - MAR : 22 DH - TUN : 4,20 DT - ZONE CFA : 2.300 CFA
ISSN 0182.5852
ALLIANCE DE MODERNITÉ, DE TRADITION ET DE SAVOIR-FAIRE À LA FRANÇAISE,
DEDICACE EST LA SIGNATURE DE L’EXCELLENCE EPEDA.
DEDICACE EN EXCLUSIVITÉ À PARIS :
Paris 15e sur 500 m2 : 66 rue de la Convention
01 40 59 02 10 - 7j/7 - M° Boucicaut, parking gratuit
Paris 12e sur 300 m2 : 56-60 cours de Vincennes
01 43 41 80 93 - 7j/7 - M° Porte de Vincennes ou Nation
Canapés, armoires lits, dressings CeLio, Steiner et Leolux,
mobilier contemporain : toutes nos adresses sur www.topper.fr
A
ESPAGNE
Ligue Europa :
l’OM refuse
de s’enflammer
BRIGITTE LEFÈVRE : « SATISFAIRE
154 DANSEURS EST UNE MISSION
IMPOSSIBLE » PAGE 26
Les deux
Corées
font le pari
d’une paix
historique
Au Panthéon,
la mise en scène
millimétrée
de Macron PAGE 4
FOOTBALL
BALLET DE L’OPÉRA
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 28 - dimanche 29 avril 2018 LE FIGARO
2
L'ÉVÉNEMENT
Kim et Moon visent une paix
Lors d’un sommet historique, les dirigeants des deux Corées ont promis de mettre
SÉBASTIEN FALLETTI £@fallettiseb
AFP
ENVOYÉ SPÉCIAL À SÉOUL
Nous espérons
fortement que
la Corée du Nord
va engager
des actions
concrètes par
cette rencontre
et au travers
d’un sommet entre
les États-Unis
et la Corée
du Nord
»
SHINZO ABE, PREMIER MINISTRE
DU JAPON
A
PÉKIN
SURVEILLE LE
RAPPROCHEMENT
ÉCLAIR
De son balcon sur la mer Jaune,
la Chine peut se réjouir
du sommet entre les frères
ennemis coréens sur la DMZ.
La seconde économie mondiale
appelle de longue date Séoul
et Pyongyang à reprendre
langue pour abaisser les
tensions en Asie du Nord-Est.
Pékin salue donc officiellement
la lune de miel entre son allié le
leader suprême Kim Jong-un et
le président sud-coréen Moon
Jae-in, qui éloigne le risque
d’une frappe militaire
américaine à ses portes.
Mais le rythme ainsi que
le caractère bilatéral
du « printemps coréen »
bouscule les stratèges
de l’empire du Milieu.
En acceptant abruptement
l’invitation de Kim Jong-un,
Donald Trump a pris de vitesse
le leader suprême nord-coréen
lui-même, mais aussi son
meilleur allié, la Chine.
Contrairement aux pourparlers
à six sur le nucléaire (Chine,
États-Unis, les deux Corées,
Japon et Russie) menés sous
l’ère George W. Bush, Pékin
n’est plus dans le poste de
pilotage.
La diplomatie du tête-à-tête
privilégié par Trump, fait
craindre aux capitales
régionales comme Pékin, mais
aussi Tokyo, un accord bilatéral
dans leur dos.
Le président Xi Jinping
a rapidement réagi en invitant
pour la première fois le jeune
leader suprême à Pékin début
mars. « La Chine essaie
de revenir dans le jeu », juge
Abraham Denmark,
chercheur au Wilson Center
à Washington. Arrivé à
bord de son train blindé à
Pékin, Kim effectue sa
première sortie
internationale, et multiplie
depuis les gestes officiels
d’affection envers son
grand frère, qui absorbe
90 % de son commerce
international.
Mais un rapprochement
avec Séoul lui permettrait
de réduire cette
dépendance, grâce
à des projets économiques
transfrontaliers.
S. F.
EMBRASSER l’adversaire, pour mieux
le neutraliser. Dès ses premiers pas au
sud de la ligne de démarcation, Kim
Jong-un a bousculé les codes pour séduire Moon Jae-in, président d’une Corée du Sud sur ses gardes. « Il est bon de
vous rencontrer », lance le premier leader nord-coréen à franchir la DMZ depuis la guerre de Corée (1950-1953). Visiblement ému dans son costume Mao
sombre, le sourire crispé, le dictateur
trentenaire entraîne aussitôt par le bras
son homologue sur le territoire nordcoréen, pour une seconde poignée de
main devant les caméras, s’asseyant sur
le protocole. L’audace déclenche les
applaudissements des journalistes sud-
coréens qui suivent la rencontre sur un
écran géant, dans la banlieue de Séoul.
Par son charisme et ce geste simple, ce
fils d’une danseuse séduit un peuple à
fleur de peau, pourtant échaudé par la
multiplication des essais atomiques et
balistiques à répétition conduits par
Pyongyang jusqu’à l’an passé.
L’héritier de la seule dynastie « communiste » de la planète, au regard habituellement impérieux, plaisante avec
son homologue, lui proposant des
« nouilles froides », la spécialité de
Pyongyang. Avant de jouer de la corde
sensible du nationalisme coréen. « Nous
avons une seule langue, nous sommes un
seul peuple, nous avons le même sang. Et
nous vivons côte à côte. Partageons la
coprospérité », a déclaré le « leader suprême ».
Une atmosphère fraternelle inimagi-
nable, il y a seulement quelques mois,
avant la spectaculaire détente enclenchée à l’occasion des Jeux olympiques
d’hiver à Pyeongchang par les deux frères ennemis. À Panmunjom, au cœur de
la Joint Security Area, décrite comme
« l’endroit le plus terrifiant de la terre »
par Bill Clinton, Kim et Moon ont promis solennellement de mettre un terme
définitif à la guerre qui les oppose depuis sept décennies. Une annonce fracassante qui rappelle celle prononcée
lors des précédents sommets, en 2000
et 2007, et qui lance des négociations
complexe vers un traité de paix pour
remplacer le fragile armistice conclu en
1953.
Sous le regard circonspect de Donald
Trump, les deux Corées ont également
affiché leur bonne volonté sur le front
brûlant du nucléaire. Séoul et Pyon-
gyang affirment « l’objectif commun
d’obtenir, au moyen d’une dénucléarisation totale, une péninsule coréenne non
nucléaire », dit la « déclaration de Panmunjom » publiée à l’issue de la rencontre. Une affirmation accrocheuse,
qui laisse planer l’ambiguïté sur le
contenu et le calendrier exact de ce
processus. « La déclaration est lourde
sur le traité de paix, et légère sur le nucléaire », décrypte Mason Richey, professeur à l’université Hankuk des études étrangères, à Séoul. Les deux
leaders ont évoqué la bombe, pour ne
pas faire dérailler le sommet attendu
entre Kim et le président américain
dans les prochaines semaines, mais sans
s’engager sur ce terrain miné qui pourrait faire capoter le fragile printemps
coréen. La formule rappelle les promesses passées des prédécesseurs de Kim,
Trump en piste
pour son propre sommet
avec le « cher leader »
PHILIPPE GÉLIE £@geliefig
CORRESPONDANT À WASHINGTON
TOUTES les nouvelles positives en
provenance de la péninsule coréenne
sont pour Donald Trump la confirmation que sa méthode est la bonne. Il
ne doute pas que sa campagne de
« pression maximale » sur la Corée du
Nord, ses menaces de guerre nucléaire et l’abandon de la « patience stratégique » de son prédécesseur sont la
cause principale des offres de paix de
Kim Jong-un. Les médias lui en font
crédit, CNN allant jusqu’à dire que
« Barack Obama a eu le prix Nobel de
la paix pour bien moins que ça ».
À l’approche de son sommet avec le
« cher leader », prévu fin mai ou début
juin, le président américain balance
entre l’euphorie et la prudence. « Vers
la fin de la guerre de Corée !, a-t-il
tweeté vendredi en lettres majuscules.
Les États-Unis peuvent être très fiers de
ce qui se passe en ce moment ! » Le
week-end dernier, après l’annonce
par Kim Jong-un de la suspension des
tests nucléaires et balistiques nordcoréens, il s’était un peu emballé :
« Ouah ! Ils sont d’accord pour dénucléariser, super pour le monde ! » Mardi,
au côté d’Emmanuel Macron, il a qualifié Kim Jong-un d’homme « très honorable », un compliment jugé excessif
pour ce dictateur implacable. Mais il a
indiqué qu’il pourrait « respectueusement quitter » les discussions si elles ne
tournent pas comme il l’espère.
Malgré une incertitude formelle, sa
rencontre avec Kim ne fait plus guère
de doute après le succès intercoréen.
Donald Trump
ne doute pas
que sa campagne
de « pression maximale »
sur la Corée du Nord,
est la cause principale
des offres de paix de Kim
Jong-un. SUSAN WALSH/AP
Trump veut sa part du succès et c’est
la part du lion, même s’il a pris soin
vendredi de « ne pas oublier l’aide importante de mon grand ami le président chinois Xi ». Pour l’heure, chaque camp dévoile ses positions de
négociation. Côté Kim, la suspension
des tirs, la fermeture d’un site de
tests nucléaires, la perspective d’un
traité de paix dans un an et la promesse de « travailler à la dénucléarisation totale de la péninsule », objectif
non daté qui englobe le parapluie
atomique américain sur la Corée du
Sud. Côté Trump, l’engagement de
maintenir le régime des sanctions
dans toute sa sévérité tant que le
Nord n’a pas fait de gestes concrets
« substantiels » vers la dénucléarisation.
“
Les États-Unis peuvent
être très fiers de ce qui se
passe en ce moment !
DONALD TRUMP
”
Outre le déficit de confiance entre
les deux pays, les tempéraments de
leurs leaders alimentent le suspense.
Le Nord-Coréen, dont l’arsenal nucléaire est la principale assurance-vie,
entend clairement se focaliser sur le
processus, tandis que l’Américain, qui
veut caler le calendrier sur la durée de
son premier mandat, ne s’intéresse
qu’à l’objectif. Les plus sceptiques à
Washington soulignent que Kim
Jong-un n’a encore rien dit ou proposé qui ne l’ait déjà été par le passé, à
diverses étapes des discussions avec la
communauté internationale. La fermeture du site de Punggye-ri ne ferait
que prendre acte de l’effondrement
des tunnels après le dernier test atomique, selon des sismologues chinois
– une hypothèse toutefois contestée
par les chercheurs américains de
l’université John Hopkins.
Avant d’aller affronter le maître de
Pyongyang, Donald Trump doit rencontrer le président sud-coréen
Moon Jae-in à la mi-mai. Il s’apprête aussi à nommer un ambassadeur
à Séoul, poste vacant depuis dixneuf mois : l’amiral Harry Harris,
commandant des forces américaines dans le Pacifique, encore un
militaire réputé pour son caractère « direct ». Les agences de
renseignement
américaines
sont mobilisées pour dresser
un portrait psychologique de
Kim Jong-un susceptible
d’offrir des points de levier au
président américain. Toutes
sortes de sources sont contactées, y compris l’ancien
basketteur
professionnel
Dennis Rodman, fréquent
visiteur de Kim. Le nouveau
secrétaire d’État Mike Pompeo, ancien directeur de la
CIA, qui est allé le rencontrer
à Pyongyang à Pâques,
l’aurait décrit comme « un type
intelligent qui se prépare bien ». Donald Trump est prévenu. ■
Le leader nord-coréen
Kim Jong-un et le président
sud- coréen, Moon Jae-in lors
de leur rencontre historique,
vendredi à Panmunjom,
à la frontière
entre les deux États.
KOREA SUMMIT PRESS POOL/AFP
« Génération Jangmadang », les
DOUDOUNE rose, jean moulant et iPhone blanc. Jessi Kim se fond dans la masse
des étudiants branchés révisant leur leçon dans ce café au décor minimaliste du
nord-est de l’immense Séoul. Pourtant,
à 26 ans, la jeune femme fluette n’a pas
besoin de MBA pour prouver ses talents
d’entrepreneuse. « J’ai commencé à faire
du business toute seule à l’âge de 12 ans,
quand ma mère est partie. Je trafiquais
avec les marchands chinois, à travers la
frontière », explique cette native de Hyesan, ville frontière de la Corée du Nord
« communiste ». L’adolescente délaissée
par ses parents fermiers récolte dans la
montagne des précieuses plantes médicinales qu’elle vend à prix d’or aux marchands venus de l’autre rive du fleuve
Yalu, qui sépare le royaume des Kim de
l’empire du Milieu, alors en plein décollage. En échange, elle importe, à fond de
cale de bateaux clandestins, des produits
électroniques en provenance de l’atelier
du monde, mais aussi des images interdites, bravant la censure : des DVD de
feuilletons à l’eau de rose chinois, ou de
la Corée du Sud, capitaliste. Un crime,
un jour dénoncé par un oncle jaloux, qui
conduit la jeune femme à faire le grand
saut de l’exil quelques mois avant l’avènement du leader Kim Jong-un, en 2011.
Jessi incarne la nouvelle vague des
transfuges nord-coréens arrivés à Séoul
sous le règne du jeune leader suprême.
Capitalistes-nés, entrepreneurs et
abreuvés de culture pop venue
d’ailleurs, ils sont la « génération jangmadang », façonnée par l’émergence de
ces marchés gris qui ont bouleversé
l’économie nord-coréenne et qui défie
aujourd’hui la chape totalitaire. Ils sont
les héros d’un documentaire de l’ONG
Liberty in North Korea (Link), dont Le
Figaro présente en exclusivité la version
française (voir lien*).
Défilés de mode
Ces « millennials » version « juche » ont
grandi sans attendre la becquée d’un
Parti des travailleurs incapable de nourrir les 24 millions d’habitants, depuis la
tragique famine des années 1990 qui fit
des centaines de milliers de morts. À
l’image de Kang Min, beau gosse abandonné par ses parents qui joue adolescent les pickpockets dans les trains,
avant de s’enrichir en important des piles électriques ou des chaussettes de la
Chine voisine. Ou Dambi, autre héroïne
du film, qui importe clandestinement
des robes de Chine, copiant les tenues
des actrices de Séoul. Pour attirer le chaland, elle fait défiler dans les travées du
marché ses copines les plus jolies, revêtues de sa marchandise.
Leurs parents ont été frappés de plein
fouet par la famine, et ils ont appris à ne
compter que sur eux-mêmes pour survivre d’abord, et maintenant s’enrichir.
Une révolution entrepreneuriale souter-
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 28 - dimanche 29 avril 2018
L'ÉVÉNEMENT
3
sans armes nucléaires
un terme à la guerre qui les oppose depuis sept décennies.
par les censeurs de Pékin, allié de
Pyongyang. « La Corée du Nord est dirigée par des stratèges machiavéliens, et
ils ne sont pas suicidaires », rappelle Andrei Lankov, professeur à l’université
Kookmin, lors d’une conférence à
l’Institut Asan, à la veille du sommet.
Des projets de coopération
économique
Échaudé par le risque d’une frappe préventive américaine, étranglé par les
sanctions chinoises, le maréchal Kim
cherche de l’air vers le Sud, en jouant la
carte de la fraternité. « Il voit en Moon
une opportunité pour avancer son agenda
de croissance économique », juge Abraham Denmark, chercheur au Wilson
Institute, à Washington. Le président de
centre gauche, dont les parents ont fui le
Nord pendant la guerre, porte la déchi-
rure de la péninsule dans sa chair et veut
redonner un espace diplomatique à
Séoul, pris en étau entre l’allié américain
et la Chine. Par son atmosphère, et ses
annonces spectaculaires, le sommet
pose les bases d’un nouveau rapprochement coréen qui devrait se poursuivre à
l’automne par un nouveau sommet à
Pyongyang, avec à la clé une relance des
projets de coopération économique
transfrontaliers. À condition que Donald
Trump arrache une percée nucléaire
tangible, lors de son tête-à-tête avec
Kim, attendu d’ici à juin. Un accord au
sommet allégerait le fardeau des sanctions internationales, autorisant Séoul à
investir au Nord, au grand bénéfice de
l’ambition économique de Kim. Mais un
échec de Trump plomberait le printemps coréen, ramenant le spectre de la
guerre sur la péninsule. ■
La clôture sud de la zone démilitarisée séparant les deux Corées.
Daesungdong, village fossile
au cœur de la DMZ, se meurt
en attendant la paix
APRÈS les barbelés et les murs antichar, les rizières. La petite route numéro 1 serpente dans une forêt truffée de mines antipersonnel, après
avoir franchi l’ultime checkpoint
d’entrée dans la DMZ, la frontière la
plus militarisée au monde. À l’intérieur de cette zone tampon séparant
les deux Corées, qui sont toujours
techniquement en guerre depuis
1950, un clocher surgit, incongru. La
petite église de Panmunjom se dresse
comme un défi lancé à la Corée du
Nord athée, à seulement 400 mètres
de la ligne de démarcation, et à un
kilomètre du lieu de la rencontre historique, ce vendredi, entre le leader
suprême Kim Jong-un et le président
sud-coréen, Moon Jae-in. Au-dessus, à cent mètres de haut, flotte un
immense drapeau sud-coréen, visible à travers la plaine jusqu’à la ville
de Kaesong, ancienne capitale royale, de l’autre côté de la ligne de front.
Daesungdong, village fossile, témoin
des déchirements fratricides de la
péninsule, retient son souffle. « C’est
un moment important. Les tensions se
sont apaisées comme jamais et nous
voulons que cette atmosphère pacifique se perpétue », explique le maire,
Kim Dong-ku, à un groupe de journalistes exceptionnellement autorisés
à visiter le « Freedom Village ». Le
temps presse pour ses 201 habitants
grisonnants, accrochés à leur terre
ancestrale happée par la guerre froide et l’âpre lutte fratricide entre
Séoul et Pyongyang depuis sept décennies.
“
nouveaux transfuges entrepreneurs
instinct de survie pour ne pas mourir de
raine, dont les ruisseaux de cash gagné
faim. Cette nouvelle génération part pour
au jour le jour font aujourd’hui des rivièdes raisons plus politiques », juge Park
res d’épargne permettant un retour de la
Sokeel, représentant de Link, à Séoul. En
croissance économique, estimé à 3,9 %
quête d’horizon économique plus proen 2016, selon la Banque centrale de Cometteur, ou pour faire des études dans
rée, à Séoul. « Faire des affaires en Corée
des universités à Séoul, imitant les stradu Nord s’apparente au sexe dans l’Antégies éducatives des élites asiatiques,
gleterre victorienne. Tout le monde en fait,
qui aiment envoyer leurs rejetons étumais personne n’en parle », écrivent Jadier aux États-Unis.
mes Pearson et Daniel Tudor, auteurs de
Mais le parcours est semé
North Korea Confidential
d’embûches, comme en té(Tuttle Publishing 2015). Le
moigne Jessi Kim. « Repartir
jeune leader élevé en Suisse
à zéro en Chine fut très dur.
accompagne cette mutaJ’en ai perdu la parole pendant
tion, et a fait du développeplusieurs mois », raconte la
ment économique sa noujeune femme qui rejoint finavelle priorité, lors d’une
lement Séoul en 2013. Là, elle
réunion du comité central
doit subir également les préle 20 avril, annonçant la fin
de la Corée du Nord
judices d’une société sud-codes essais atomiques et baen 2016
réenne qui méprise ou se mélistiques.
fie de ses « immigrés » venu
Mais le Parti garde la
de chez « l’ennemi ». Un stigmate qui
main sur ces prébendes juteuses, et le
perdure
pour
les 30 000 transfuges insdéveloppement entrepreneurial reste
tallés en Corée du Sud, malgré le rapproune gageure sans des appuis bien placés
chement diplomatique en cours depuis
dans l’appareil. Un mur de verre auquel
le début de l’année, sous l’égide du présont confrontés ces jeunes marchands
sident de centre gauche Moon Jae-in.
des zones frontières, toujours à la merci
d’une descente de forces de sécurité ou
Génération jangmadang met en scène
de dénonciations auprès d’un appareil
une avant-garde minoritaire de jeunes enpolicier toujours répressif. Ces obstacles
trepreneurs décomplexés, renvoyant de
ont poussé les plus ambitieux à faire le
l’argent à leur famille restée de l’autre côté
choix de l’exil en Chine, puis à Séoul en
du rideau de fer. Le film offre une plongée
quête d’une vie meilleure. « Les transfudans une société en mutation, loin des
ges des années 90 étaient guidés par un
images figées distillées par la propagande.
3,9 %
Le taux
de croissance
estimé
Mais la majorité de la population
nord-coréenne n’est pas prête à faire ce
grand saut. Le nombre de transfuges a
chuté de moitié depuis l’arrivée au pouvoir de Kim Jong-un, en 2011. Le « Maréchal » a déclaré la guerre aux « exilés »
économiques, considérés comme des
traîtres, en renforçant les contrôles à la
frontière chinoise, avec l’appui de Pékin.
Le coût d’un départ, arrangé par des réseaux de passeurs clandestins dribblant
les gardes frontières, s’est envolé. Surtout, le retour de la croissance économique à Pyongyang améliore les conditions
de vie, tarissant le flux de départ. « Kim
Jong-un est populaire car il offre de la
croissance économique. La population retrouve un horizon, et un optimisme pour
l’avenir », juge Andrei Lankov, professeur à l’université Kookmin.
Un atout dont le leader suprême veut
profiter, en mettant le cap sur la croissance économique, après avoir acquis
l’arme atomique. Mais il s’agit également d’un défi pour le régime, engagé
dans une course contre la montre pour
répondre aux désirs de consommation
toujours croissants, en particulier parmi
les élites rassemblées dans sa capitale
Pyongyang, principal soutien de la seule
dynastie « communiste » de la planète. ■
S. F.
* Lien: https://drive.google.com/
open?id=1VUjFT_TzVQTgLYXl5afTd1hL
rnMUbcOa
ED JONES/AFP
Il a été difficile
de garder l’école, car
la population régresse.
Du coup on fait venir
des élèves des environs
JIN YOUNG-JIN, DIRECTEUR DE L’ÉCOLE
ÉLÉMENTAIRE DU VILLAGE
”
Le spectaculaire rapprochement
intercoréen lancé au début de l’année
entrouvre des négociations pour
remplacer le fragile armistice par un
« régime de paix » qui pourrait à terme changer l’existence de ces villageois, coupés du monde par les barbelés. Ils sont les seuls civils à vivre
dans ce no man’s land abandonné à la
nature et aux bêtes sauvages, comme
l’ours noir, à seulement 50 km des
néons de l’immense capitale, Séoul.
Toute visite d’un membre de la famille ou d’un proche doit être notifiée à l’avance pour le franchissement
du checkpoint, et un couvre-feu
drastique est imposé de minuit au lever du soleil, sous la menace d’incursions ennemies. Dans les rues, désertes, entre des pavillons fleuris et des
tracteurs, quelques soldats casqués
aux lunettes fumées veillent sur une
population de fermiers vieillissants.
« Il a été difficile de garder l’école, car
la population régresse. Du coup on fait
venir des élèves des environs », explique Jin Young-jin, principal de la petite école élémentaire du village, dont
les habitants sont exemptés d’impôts
et de service militaire. Seuls huit des
27 élèves sont originaires de Daesundong, où les villageois pratiquent régulièrement des exercices d’évacuation. Séoul mène une politique
volontariste de soutien pour maintenir à flot ce village symbole, face à
150 km
RUSSIE
CHINE
CORÉE
DU NORD
Pyongyang
Mer du Japon
(Mer de l’Est)
Daesungdong
Séoul
CORÉE
DU SUD
Zone
démilitarisée
(DMZ)
Mer Jaune
JAPON
son rival du Nord, Kijong dong, surmonté d’un drapeau nord-coréen,
claquant à plus de 160 mètres de haut
de l’autre côte de la ligne de démarcation.
Comme le président Moon, fils de
réfugiés ayant fui le Nord pendant la
guerre, le village porte dans sa chair
la division de la péninsule. La route
numéro 1, qui le traverse, reliait
autrefois l’ensemble de la péninsule
depuis le port de Mokpo, dans l’extrême Sud-Ouest, jusqu’au fleuve
Yalu, sur la frontière chinoise, en
passant par Séoul et Pyongyang.
Aujourd’hui, le tronçon aux allures
de départementale est un cul-de-sac
butant sur les fortifications.
À Daesungdong, le troisième sommet intercoréen, une première depuis douze ans, ravive l’espoir d’un
rapprochement durable, après une
décennie qui a rompu tous les ponts
entre les républiques rivales. « Cette
fois, je sens que c’est différent », veut
croire le maire. Le réchauffement diplomatique spectaculaire lancé depuis les Jeux olympiques d’hiver de
Pyeongchang attise l’espoir d’une relance des projets de coopération économique transfrontaliers, lancés à
l’époque de la « Politique du rayon de
soleil », au début des années 2000.
Depuis le toit de la mairie, à l’œil nu,
on distingue à l’horizon les cubes
multicolores du parc industriel de
Kaesong, où 49 000 ouvriers nordcoréens travaillaient pour des entreprises « capitalistes » du Sud, jusqu’à
sa fermeture en 2016. Ce parc à forte
portée symbolique est plongé dans le
silence, depuis le retrait sud-coréen
en réplique à un essai nucléaire nordcoréen. À Séoul, les stratèges, comme
les chaebols, ces conglomérats industriels familiaux, tel Hyundai, sont
à l’affût d’une relance des projets
transfrontaliers, pour le moment
bloqués par les sanctions internationales. À l’heure où le maréchal Kim
Jong-un met le cap sur le développement, la quatrième économie d’Asie
rêve d’une nouvelle frontière au
Nord, avec une main-d’œuvre bon
marché à la clé, pour relever le défi
du vieillissement et la hausse des
coûts qui menacent la croissance à
Séoul. Enclavé dans les barbelés depuis près de soixante-dix ans, Daesungdong scrute avec prudence la
nouvelle lune de miel, se rappelant
combien de rapprochement au sommet entre les frères ennemis ont fait
long feu. ■
S. F. (À DAESUNDONG)
A
qui conditionnaient l’abandon du nucléaire à un retrait des militaires américains de la péninsule. « L’absence de définition claire de la dénucléarisation par
Washington offre aux Coréens l’opportunité de pousser une approche large
permettant de maintenir la dynamique
diplomatique », juge Richey. En dépit de
la décision fracassante de Kim de fermer son site d’essai atomique de
Pyunggye-ri, le 21 avril, la plupart des
experts doutent que le régime abandonne jamais son arsenal nucléaire, véritable assurance-vie. Le site serait en
réalité déjà impraticable depuis la dernière explosion, en septembre 2017, affirme une nouvelle étude de University
of Science and Technology of China, relativisant l’ampleur de la concession
nord-coréenne. Une conclusion soigneusement écartée du rapport final,
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 28 - dimanche 29 avril 2018 LE FIGARO
4
POLITIQUE
Au Panthéon,
la mise en scène
millimétrée
de Macron
MARCELO WESFREIID £@mwesfreid
ÉLYSÉE Un film à grand spectacle, mais
muet. À l’occasion de la commémoration
du 170e anniversaire de l’abolition de
l’esclavage dans les colonies, le 27 avril
1848, Emmanuel Macron a renoué avec
les scénographies grandiloquentes qu’il
affectionne. À l’instar de sa traversée du
Louvre, au soir de sa victoire, Emmanuel
Macron se présente seul, vendredi, devant le Panthéon. Il gravit lentement les
marches, alors que des huissiers entrouvrent les lourdes portes. La sécurité a
auparavant vidé les alentours et demandé aux invités de se masser dans une aile,
derrière des colonnes, de façon à ce qu’il
n’y ait « personne dans le champ des caméras ». Le président, qui avait un temps
hésité à prononcer un discours, a finalement opté pour un masque de gravité.
Les mots, c’est sur Facebook que le
président les a publiés, dans une tribune
intitulée « Mémoire de l’esclavage, le
temps des actes », où il revient sur le sort
de ces hommes « insultés, humiliés, marqués et mutilés lorsqu’ils tentaient de
s’échapper ». Il annonce le soutien de
l’État à l’édification d’un mémorial national à Paris et la création en 2018 de la
fondation pour la mémoire de l’esclavage, imaginée par Jacques Chirac et annoncée par François Hollande en 2016.
C’est l’ex-premier ministre Jean-Marc
Ayrault qui présidera cette fondation.
Une « Marseillaise » chantée
devant des écoliers
Retour au Panthéon. Voilà le chef de
l’État déambulant sous les 83 mètres du
dôme, dans ce temple républicain transformé en grand studio avec grues monumentales et spots installés dans la crypte.
Emmanuel Macron contourne le célèbre
pendule de Foucault, s’arrête devant le
monument à la Convention pour rendre
hommage à la Révolution qui mit fin à
THIBAULT CAMUS/AP
Le chef de l’État a célébré vendredi
le 170e anniversaire de l’abolition de l’esclavage
en France. Il n’a pas prononcé un mot.
Trois élèves accompagnent Emmanuel Macron lors de la commémoration de l’abolition de l’esclavage, vendredi, au Panthéon.
l’esclavage, avant que Napoléon Bonaparte ne revienne en arrière. Puis, après
une Marseillaise chantée devant des écoliers, le président descend dans la crypte.
La mise en scène n’est pas sans rappeler celle du sacre de François Mitterrand
en mai 1981. Le président et les trois élèves qui l’accompagnent déposent en effet
un calla sur les caveaux des grands noms
de la lutte pour l’égalité des droits : l’abbé
Grégoire, Condorcet, Toussaint Louverture ou encore Victor Schoelcher. Les
vers d’Aimé Césaire évoquant les « ricanements des fouets » et la « négritude qui
plonge dans la chair rouge du sol » résonnent sous les voûtes, dans la voix d’un
acteur. Dans l’assistance, le président,
mais aussi Jean-Marc Ayrault, la ministre
des Outre-Mer Annick Girardin et l’exgarde des Sceaux Christiane Taubira
écoutent, comme pénétrés. À la fin de la
cérémonie, une fois les caméras éteintes,
Emmanuel Macron retrouve sa jovialité.
Christiane Taubira lui explique l’influence de l’esclavage sur le syncrétisme religieux en Amérique du Sud. « Tu aurais pu
prononcer toi aussi de mémoire le poème
de Césaire », lance Ayrault à Taubira.
Dans ce conclave, personne ne revient
sur la question de la date de cette cérémonie. En optant pour le 27 avril, Emmanuel Macron n’a pas choisi l’une des deux
journées officielles, le 10 mai ou le 23 mai.
C’est Édouard Philippe qui officiera le
10 mai car le président sera, ce jour-là, à
Aix-la-Chapelle, en Allemagne, pour le
prix Charlemagne, récompensant son
engagement européen. Le 27 avril permet
aussi d’envoyer un message subliminal
aux ultramarins, avant le déplacement
du président en Nouvelle-Calédonie.
Une ode à la cohésion dans la République,
truffée d’un lyrisme de plus en plus assumé par Emmanuel Macron. Dans un entretien à la NRF, dont Le Monde publie
des extraits dans son édition de samedi,
Emmanuel Macron confie : « Je ne suis
que l’émanation du peuple français pour le
romanesque, cela ne se résume pas en formules, mais c’est bien cela le cœur de
l’aventure politique. » ■
Bargeton : « Le président a permis un sursaut pour réconcilier les Français »
MATHILDE SIRAUD £@Mathilde_Sd
ANCIEN élu socialiste, Julien Bargeton a
rejoint Emmanuel Macron pendant la
campagne présidentielle, en janvier 2017. En septembre, il a été élu sénateur de Paris et se félicite que la politique
menée par le président de la République
construise « une société de confiance ».
« Le peuple français était en défiance visà-vis de la politique, l’élection d’Emmanuel Macron a permis un sursaut pour réconcilier tous les Français », a vanté le
macroniste, invité vendredi du « Talk Le
Figaro ». Au lendemain de la remise du
rapport de Jean-Louis Borloo, le parlementaire a salué « une nouvelle prise de
conscience ». « Il faudra reprendre en
partie ces propositions, mais il ne
s’agit pas que d’une question de
moyens […] évitons le saupoudrage »,
a pointé Bargeton, citant le dédoublement des classes de zone d’éducation prioritaire, mis en place par le gouvernement, comme une « bonne
politique ». « Il faut réinstaurer l’autorité
républicaine dans ces quartiers. »
Alors que la loi asile et immigration a
été adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale, le sénateur assure
« partager l’équilibre du texte » tout en
admettant que « certains éléments du
texte ont pu choquer ». « Il faut se rendre
compte qu’à long terme, c’est la situation
internationale qui fera changer les choses. » À ceux qui considèrent au sein de
la majorité que la politique serait « dé-
EXPOSITION ZAO WOU-KI
SUR LES CHEMINS DE LA CALLIGRAPHIE
EXPOSITION PUBLIQUE / ENTRÉE LIBRE
28 & 30 avril - 2 & 3 mai 2018 • 9 avenue Matignon • Paris 8e
ZAO WOU-KI (1920–2013) 29.01.64
Huile sur toile • 260 x 200 cm. • Peint en 1964
A
Auction | Private Sales | christies.com
cien adjoint de la maire PS Anne Hidalgo, le macroniste dénonce « un manque
très fort » dans le suivi de l’installation
des nouveaux Vélib’. « Il faut revenir à
la base des besoins des Parisiens, un peu
moins se disperser », défend-il, se disant favorable à de « meilleurs services
publics, au meilleur coût ». Interrogé
sur les élections municipales 2020, le
sénateur n’exclut pas de se porter candidat à la Mairie de Paris. « Le temps
des candidatures n’est pas venu, mais
évidemment je suis 100 % parisien,
j’aime cette ville. Qui ne rêve pas d’une
ambition pour sa ville ? », a-t-il réagi.
« Je m’impliquerai pleinement dans ce
que nous allons construire », affirme-til dans la foulée, en plaidant pour la
« transformation » de Paris. ■
Le plan Borloo pour les banlieues
accueilli froidement
À droite comme à gauche, des critiques se font entendre
tandis que la majorité tempère les ambitions de l’ancien ministre.
TRISTAN QUINAULT-MAUPOIL £@TristanQM
© ADAGP, PARIS 2018
Christie’s France SNC - N° d’agrément 2001-003. Principal commissaire-priseur habilité : François de Ricqlès
CONTACT • Clara Rivollet • crivollet@christies.com • +33 (0) 1 40 76 84 14
JULIEN BARGETON, vendredi, dans
le studio du Figaro. MARMARA/LE FIGARO
séquilibrée », avec une attention davantage portée sur le volet libéral que social, Julien Bargeton estime que c’est
« faux ». « Emmanuel Macron a dépassé
cela en faisant travailler ensemble des
cultures politiques différentes, il savait
qu’il y avait des fausses divisions. Nous
sommes en train de montrer que cela
fonctionne mais il faut convaincre que la
méthode est la bonne », argue l’élu parisien. « Les Français n’ont élu ni un roi
mérovingien, ni un hologramme. Aujourd’hui, le fait d’avoir un président qui tient
ses engagements, c’est ça que veulent les
peuples européens. On a besoin d’une
autorité, et une autorité qui avance et
tient ses engagements. »
Julien Bargeton est surtout très loquace sur la question parisienne. An-
VILLE Un grand silence poli, plusieurs
critiques assassines et quelques applaudissements mesurés… Le plan Borloo
pour les banlieues, présenté jeudi, n’a
pas soulevé les foules chez les responsables politiques. Ainsi, les macronistes
pondèrent les ambitions de l’ex-ministre
en expliquant que le président de la République se contentera de piocher quelques propositions qui nourriront son discours du 22 mai prochain. « C’est au
gouvernement de faire ses choix et de voir
dans ce rapport ce qui peut être mis en
œuvre », a résumé le porte-parole, Benjamin Griveaux, invité de « Questions
d’info » sur LCP. À droite, Jean-Louis
Borloo a été vertement critiqué par son
ancienne collègue du gouvernement
Fillon, Rachida Dati. Dans un communiqué publié vendredi, la députée européenne a sorti la sulfateuse : « Après
avoir échoué à électrifier l’Afrique, il veut
sauver les banlieues avec les vieilles recettes de 2004, qui ont pourtant déjà
échoué. » « Le fil conducteur de ce plan,
c’est encore des milliards supplémentaires à fonds perdu pour de l’assistanat »,
fustige la maire du VIIe arrondissement
de Paris. Surtout, l’ex-garde des Sceaux
estime que « ce plan ne comporte ni responsabilité, ni devoir, ni sécurité » alors
qu’elle juge que « tous les citoyens doivent avoir certes des droits mais aussi des
devoirs ».
Gil Avérous, le maire de Châteauroux
et président du comité des maires LR,
n’est pas plus tendre : « Les propositions
faites oublient un aspect essentiel du pro-
“
Ce plan
ne comporte
ni responsabilité,
ni devoir,
ni sécurité
”
RACHIDA DATI, DÉPUTÉE EUROPÉENNE
blème : celui de la sécurité de nos concitoyens et du trafic de drogue. On nous
propose de créer une “académie des leaders” mais aujourd’hui nous avons plutôt
à faire à une “académie des dealeurs”
dont personne ne s’occupe. Il n’y a rien sur
les moyens et sur le rôle de la police. »
Geoffroy Didier, le secrétaire général de
LR, se félicite que Jean-Louis Borloo
« crie la vérité avant qu’elle n’explose à la
figure de la France » mais regrette que sa
proposition d’offrir aux maires qui respectent la loi SRU la maîtrise de leur parc
immobilier social ne soit pas retenue.
Même à gauche, certaines critiques
s’élèvent. À l’image de l’ancien député
PS Malek Boutih qui pense que ce rapport « est voué, comme tout ce qui a été
entrepris précédemment, à un échec profond » parce qu’il est « basé sur une erreur d’analyse fondamentale, qui consiste
à penser que la banlieue dysfonctionne sur
l’encadrement, le social, l’économie, alors
que dans ces territoires, c’est la République qui est en train de s’effondrer », a-t-il
expliqué à L’Express. L’ancien ministre
Benoît Hamon est plus enthousiaste et
loue « un rapport ambitieux » tout en
ajoutant sur BFMTV-RMC : « Le vrai problème qu’a Borloo c’est qu’il propose cela
à un gouvernement qui n’a pas un sou, un
euro à mettre sur les quartiers. »
Moins surprenant, la présidente du
FN, Marine Le Pen, dénonce un plan
basé sur « un mensonge » qui consiste à
dire que « la République n’aurait rien fait
pour les banlieues ». « Le constat, effectivement juste, c’est que les politiques
dont l’ancien ministre de la Ville a été un
promoteur zélé ont lamentablement
échoué », lâche-t-elle. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
PORTES
BP3 AVEC SERRURES
3 étoiles
Résistance à l’effraction Maximale Certifiée par le Pôle Européen de Sécurité, CNPP
&
Vos doubles de clés...
Exclusivement de nous fabricant à vous l'utilisateur
Clés sous sachet sécurisé à n’ouvrir que par l’utilisateur final
Ne confiez vos clés qu'à des personnes très sûres
80% des cambrioleurs passent par la porte d’entrée
247 394 cambriolages en France en 2017
*Selon nos conditions générales de vente aux professionnels
La Résistance Certifiée
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 28 - dimanche 29 avril 2018 LE FIGARO
6
POLITIQUE
Macron en quête de résultats à l’étranger
Le chef de l’État a restauré l’image de la France mais peine encore à remporter des victoires diplomatiques.
ARTHUR BERDAH £@arthurberdah
ET MARCELO WESFREID £@mwesfreid
INTERNATIONAL Que les cartes postales sont belles. Un jour, devant la Cité
interdite à Pékin. Un autre, au Taj Mahal, en Inde. Le lendemain, devant le
mémorial d’Abraham Lincoln à
Washington… et bientôt à l’Opéra de
Sydney, puis sur la Neva à Saint-Pétersbourg. Depuis son arrivée à l’Élysée, Emmanuel Macron ne lésine pas
sur les kilomètres en avion. Parfois à
un rythme effréné : d’ici à fin mai, le
chef de l’État aura foulé pas moins de
trois continents. Il revient des ÉtatsUnis et s’apprête à partir lundi pour
l’Australie. Bien sûr, cette frénésie est
propre à sa fonction, puisque l’international reste le domaine réservé du
président. Mais il s’agit aussi d’une
stratégie mûrement réfléchie. Elle vise
à redonner une place de choix à la
France sur la scène diplomatique
mondiale. Tout en restaurant l’image
et l’attractivité du pays. C’est le fameux « France is back », lancé à la tribune de Davos.
Les médias américains ont ainsi dépeint avec gourmandise la « bromance » entre Donald Trump et Emmanuel
Macron à la Maison-Blanche, qui ont
surjoué les marques d’affection durant
les trois jours de la visite d’État - la
première de l’ère Trump - du président français. Une proximité aussi in-
“
Macron pense qu’il faut
d’abord une France forte
dans le monde pour qu’elle
puisse l’être de nouveau
en Europe
”
la zone euro » (budget et ministre des
Finances communs) au point mort, rejet des listes transnationales par le
Parlement européen, déception sur le
glyphosate… Enfin, les conventions citoyennes sur l’Europe, portées avec
passion par Emmanuel Macron à chacun de ses déplacements sur le continent, peinent à mobiliser.
Au-delà des frontières européennes,
le résultat n’est guère plus enthousiasmant pour le chef de l’État. Malgré ses
rapports chaleureux avec Donald
Trump, il n’a pas réussi à convaincre
l’imprévisible président des États-Unis
de réintégrer l’accord de Paris sur le cli-
ROYAUME-UNI
Plus de 160 000 km
parcourus en un an
18
BEL. 2
LUX.
14 ALL.
10 13
1
7 AUT.
SUISSE
5 19
en 2018
DÉTAIL
ROUMANIE
8
9
BULGARIE
6
ITALIE
17
GRÈCE
16
3
20
11
ALGÉRIE
TUNISIE
ÉTATS-UNIS
Washington
ÉTATS-UNIS
23, 24 et 25 avril
Pékin
CHINE
9 et 10 janvier
New York
ÉTATS-UNIS
18, 19 et 20 septembre
Xi'an
CHINE
7 et 8 janvier
L’ENTOURAGE DU PRÉSIDENT
tense qu’inattendue. La chancelière
Angela Merkel, de son côté, en déplacement vendredi outre-Atlantique,
n’a eu droit qu’à un entretien « de travail » de trois heures. Humiliant pour
celle qui fut l’interlocutrice privilégiée
de Barack Obama.
À l’Élysée, on compte sur cette aura
internationale pour imposer le président sur la scène européenne. « Emmanuel Macron fait l’analyse inverse
de celle de ses prédécesseurs : il pense
qu’il faut d’abord une France forte
dans le monde pour qu’elle puisse l’être
de nouveau en Europe », glisse-t-on
dans son entourage. La relance de
l’Europe est non seulement au cœur
du projet macronien, mais elle revêt
aussi une importance électorale majeure, à un an des européennes. Sauf
que le cavalier seul de la France, notamment sur la question de la renégociation de l’accord sur le nucléaire
avec l’Iran, fait tousser ses voisins,
habitués à défendre une ligne commune. Berlin rappelle, par ailleurs, à
Paris qu’il faut mener à bien les réformes sur son sol, avant de vouloir briguer le leadership.
En un an, les chantiers lancés par
Emmanuel Macron sont légion, mais le
bilan est pour le moins limité. Directive sur les travailleurs détachés moins
ambitieuse qu’espéré, « refondation de
URS
P Y R AM I D E
Doha
Rabat
QATAR
7 décembre
MAROC
14 et 15 juin
Saint-Louis
SÉNÉGAL
3 février
Gao
MALI
19 mai
Dakar
SÉNÉGAL
2 février
Bamako
Riyad
ARABIE
SAOUDITE
9 novembre
MALI
2 juillet
Abidjan
CÔTE D’IVOIRE
29 novembre
Accra
Niamey
GHANA
30 novembre
NIGER
22 et 23 décembre
New
Delhi
INDE
9, 10
et 11 mars
Bénarès
INDE
12 mars
Abou Dhabi
NouvelleCalédonie
FRANCE
AUSTRALIE
visite d’Emmanuel Macron en Australie.
PUIS, DU 3 AU 5 MAI,
il se rendra en Nouvelle-Calédonie.
BURKINA-FASO
28 novembre
Source : Élysée
Infographie
« L’Europe… ce vieux continent de petits-bourgeois »
IL Y AVAIT déjà eu les « somnambules ».
Voilà désormais les « petits-bourgeois ». Dans une interview accordée à
La Nouvelle Revue française il y a plus de
deux mois (le 12 février dernier), qui
sera publiée le 3 mai et dont des extraits
ont été dévoilés vendredi par Le Monde,
Emmanuel Macron ne mâche pas ses
mots vis-à-vis de l’Europe. « Ce vieux
continent de petits-bourgeois se sentant
à l’abri dans le confort matériel entre
dans une nouvelle aventure où le tragique
s’invite », met en garde le président.
En réalité, le raisonnement qu’il développe ensuite fait écho à celui qu’il a
toujours tenu, et qui consiste à dire que
la génération actuelle ne doit pas se reposer sur les lauriers acquis de longue
lutte par ses aïeux. « Paradoxalement,
ce qui me rend optimiste, c’est que l’histoire que nous vivons en Europe redevient
tragique. L’Europe ne sera plus protégée
comme elle l’a été depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale », explique-t-il
ainsi, jugeant que « notre paysage familier est en train de changer profondément
sous l’effet de phénomènes multiples, implacables, radicaux ». En témoigne, à
ses yeux, la montée des populismes
chez plusieurs de nos voisins.
“
Notre paysage familier
est en train de changer
profondément sous l’effet
de phénomènes multiples,
implacables, radicaux
FRITZ BAUER, UN HÉROS ALLEMAND
LA RÉVOLUTION SILENCIEUSE
A
1 Berlin (ALLEMAGNE)
15 mai, 29 juin 2017 et 19 avril 2018
2 Bruxelles (BELGIQUE) 25 mai,
19 et 20 octobre, 14 et 15 déc. 2017,
22 et 23 février, 22 et 23 mars 2018
3 Taormine (ITALIE) 26 et 27 mai
4 Hambourg (ALL.) 7 et 8 juillet
5 Lausanne (SUISSE) 10 et 11 juillet
6 Trieste (ITALIE) 12 juillet
7 Salzbourg (AUTRICHE) 23 août
8 Bucarest (ROUMANIE) 24 août
9 Varna (BULGARIE) 25 août
10 Luxembourg (LUX.) 29 août
11 Athènes (GRÈCE) 7 et 8 sep.
12 Tallinn (ESTONIE) 28 et 29 sep.
13 Francfort (ALL.) 10 oct.
14 Bonn (ALLEMAGNE) 15 nov.
15 Göteborg (SUÈDE) 16 et 17 nov.
16 Alger (ALGÉRIE) 6 déc.
17 Rome (ITALIE) 10 et 11 janvier
18 Londres (ROY.-UNI) 18 janvier
19 Davos (SUISSE) 24 janvier
20 Tunis (TUNISIE) 31 janv. et 1er février
21 La Haye (PAYS-BAS) 21 mars
ÉMIRATS
ARABES UNIS
8 et 9 novembre
DU 1er AU 3 MAI 2018,
Ouagadougou
PRÉSENT E
APRÈS
sant habilement le patrimoine national
comme le château de Versailles. Enfin,
en multipliant les coups d’éclat en matière de communication grâce à son
anglais impeccable, à l’instar de son
désormais célèbre « Make our planet
great again ».
Après la séquence internationale du
moment, que l’Élysée se plaît à qualifier d’« appuyée », un autre test grandeur nature attendra Emmanuel Macron dès la rentrée de septembre,
puisqu’il se rendra au Moyen-Orient.
Là encore, il sera mis à l’épreuve du
réel sur un dossier brûlant : celui du
conflit israélo-palestinien. ■
PAYSBAS 4
21
PAYS VISITÉS PAR EMMANUEL MACRON
DEPUIS LE DÉBUT DE SON QUINQUENNAT
en 2017
70 millions de Français ». Il n’empêche :
qu’il s’agisse de l’échelle continentale
ou internationale, le compte n’y est pas.
Ou pas encore : tout l’enjeu des
prochains mois sera d’arriver à redresser la barre.
En attendant des retombées concrètes, le chef de l’État peut au moins
s’enorgueillir d’avoir redoré l’image de
la France. D’abord, en refusant
d’ostraciser certains de
ses homologues, à
commencer par
Vladimir Poutine. Ensuite,
12
SUÈDE
ESTONIE
en mobili15
mat, ni d’accepter l’accord international
de 2015 sur le nucléaire iranien. Quant
aux restrictions commerciales sur l’acier
et l’aluminium, elles restent en suspens.
Une décision définitive doit intervenir,
le 2 mai. Au gouvernement, on considère que l’affaire est sur de bons rails. « Vu
de Donald Trump, Emmanuel Macron est
l’homme fort de l’Europe. Il lui parle en
tant que tel », estime un ministre
selon lequel « représenter 400 millions de
consommateurs
européens n’a
pas le même
impact que
AU CINÉMA LE 2 MAI
EMMANUEL MACRON
”
Dans l’entourage du chef de l’État,
on assume la forme du propos pour le
moins tranchant, mais on préfère s’attarder sur le fond. « Le débat n’est pas
sur la violence des mots mais sur la justesse de la formule », estime le porteparole de l’Élysée, Bruno Roger-Petit.
Selon lui, l’interview « ne vise pas les
partenaires européens mais la façon
commune dont on passe à côté de l’Histoire en Europe ». « Il faut que l’Europe
retrouve sa grande ambition et qu’elle ne
se contente pas d’être une société de
consommation qui se croit apaisée et
protégée des bouleversements du monde », exhorte le conseiller.
Même explication du côté d’un ministre très proche d’Emmanuel Macron, qui précise toutefois n’avoir « pas
encore lu » l’entretien. « Le président
vise les “assis”, ceux qui ont un statut,
qui sont en situation de rente ou de monopole… Bref, c’est l’idée de la “société
de l’immobilité” qu’il faut voir derrière
ses mots », décrypte-t-il.
Même si toutes les voix officielles affirment que les relations entre Paris et
Berlin sont au beau fixe, il est pourtant
difficile de ne pas interpréter cette sortie comme une tentative supplémentaire de s’emparer du leadership en
Europe. À l’heure où la chancelière Angela Merkel (qui commence son quatrième et dernier mandat) semble affaiblie, le jeune président français espère
reprendre l’ascendant sur le couple
franco-allemand et s’imposer sur la
scène internationale (lire ci-dessus).
Pour ce faire, il semble avoir décidé
d’appliquer à l’Europe la même méthode que celle qui lui a permis de fracturer
le paysage politique français : incarner
la fraîcheur du « nouveau monde » afin
de ringardiser l’« ancien monde ».
L’objectif d’Emmanuel Macron est
clair : il s’agit de remporter les prochaines élections européennes, qui
auront lieu en mai 2019, et d’implanter
son parti à Bruxelles. Un scrutin qui
aura valeur de test pour le fondateur
d’En marche !… Le président voit
grand. Il envisage même d’enrôler le
réalisateur allemand Wim Wenders
pour mener campagne avec lui. Reste à
savoir comment ce clin d’œil sera perçu outre-Rhin. ■
A. B.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 28 - dimanche 29 avril 2018
INTERNATIONAL
7
Puigdemont
prépare à Berlin
une candidature
en Catalogne
NICOLAS BAROTTE £@NicolasBarotte
CORRESPONDANT À BERLIN
ALLEMAGNE Il apprécie bien Berlin,
« une des villes les plus intéressantes d’Europe », dit-il. Il y séjourne dans un apparthôtel « dont la police connaît l’adresse »…
Mais il préférerait retourner en Belgique
pour poursuivre son exil ou, mieux, en
Catalogne, s’il le pouvait. Depuis le 6 avril,
Carles Puigdemont est presque libre de ses
mouvements. Après avoir été emprisonné
à Neumünster, dans le Schleswig-Holstein, le leader indépendantiste catalan a
été libéré sous contrôle judiciaire. Dans
l’attente d’une éventuelle extradition vers
l’Espagne, qui a émis un mandat d’arrêt
contre lui, le président destitué de Catalogne a obtenu l’autorisation de pointer
chaque jour dans un commissariat de la
capitale allemande plutôt que dans le Land
où son dossier est traité. C’est de là qu’il
poursuit son bras de fer avec Madrid.
Depuis la courte conférence de presse
qui a suivi sa libération, il fait profil bas et
évite toute déclaration publique. La décision finale du tribunal n’est pas encore
tombée : les autorités espagnoles ont
transmis de nouveaux éléments aux juges
allemands, qui, après n’avoir retenu que
le motif de détournement de fonds publics
pour justifier l’extradition, étudient les
éléments à charge. Madrid accuse Puigdemont d’avoir utilisé de l’argent public
pour organiser le référendum illégal sur
l’indépendance du 1er octobre. Ses avocats
continuent de contester les faits en assurant que les comptes de la Généralité sont
tous contrôlés par l’État. L’accusation de
rébellion, pour laquelle Carles Puigdemont encourait jusqu’à 30 ans de prison,
n’a en revanche pas été retenue. Mais les
magistrats espagnols ont aussi adressé à
leurs homologues des éléments attestant,
selon eux, de l’usage de violence lors de la
déclaration d’indépendance. La justice
espagnole espère encore que la décision
Carles Puigdemont, jeudi, à Berlin.
HAYOUNG JEON/EPA/MAXPPP
allemande soit « en cohérence » avec
l’acte d’accusation. Le cas échéant, Carles
Puigdemont pourra être jugé en Espagne
pour le seul motif qui aura justifié son extradition. Le tribunal allemand a 60 jours,
depuis l’arrestation le 25 mars, pour rendre son jugement. En attendant, depuis
Berlin, Carles Puigdemont s’organise et
s’active. Il a par exemple posé pour une
photo avec l’artiste exilé chinois Ai
Weiwei, participé à un hommage aux victimes du bombardement de Guernica ; il y
a aussi reçu une délégation parlementaire
de sa coalition Ensemble pour la Catalogne le 18 avril.
Si le Parlement de Catalogne, élu le
21 décembre, ne parvient pas à élire un
nouveau président pour l’exécutif régional, de nouvelles élections devront être
organisées dans la province. Ce n’est pas
l’option privilégiée par le leader catalan,
qui compte, s’il le peut, être lui-même
candidat. « Carles Puigdemont est le président légitime de Catalogne, c’est pourquoi il
est normal qu’il envisage de se présenter
comme candidat à la présidence de la Généralité, car, j’insiste, il est le président
pour lequel les citoyens ont voté », a déclaré à l’AFP le 18 avril Roger Torrent, le président du Parlement catalan.
Médiation confidentielle
Le jeu se déroule en coulisses. Carles Puigdemont est bien conscient que Madrid
n’est plus en mesure d’ouvrir publiquement un dialogue avec ceux qui ont défié
son autorité. La haine entre Mariano Rajoy
et lui est par ailleurs trop grande. Pour
trouver une solution, le président destitué
se dit toujours prêt à une médiation confidentielle. Celle-ci pose un préalable : que
l’État espagnol reconnaisse les indépendantistes comme des interlocuteurs. Pour
Mariano Rajoy, ce serait déjà payer un prix
fort. Pour le reste, les indépendantistes
avancent prudemment en se disant prêts à
étudier d’autres pistes: «L’indépendance
de la Catalogne n’est pas la seule option », a
La Ligue à la conquête de l’Italie orientale
Le candidat de droite, Massimiliano Fedriga, est le favori des élections au poste de gouverneur
du Frioul-Vénétie-Julienne, une région taraudée par l’autonomie.
nonça ici les lois raciales. Et c’est en 1943
que sera ouvert par les nazis, aux portes
de la ville, le sinistre camp de la Risiera,
avec l’unique four crématoire d’Italie,
dans lequel 5 000 juifs et opposants au
fascisme furent exécutés. Tandis que
dans l’Istrie mitoyenne, les titistes précipitèrent après-guerre 17 000 Italiens
dans les foïbe, de profondes crevasses
dans le sol.
RICHARD HEUZÉ
ENVOYÉ SPÉCIAL À TRIESTE
EUROPE Dans les salons du grand hôtel
Savoia de Trieste, sur le front de mer, les
présidents de région (gouverneurs)
brandissent le « pacte du Nord » qu’ils
viennent de signer. Une dizaine d’engagements en faveur du travail, de la sécurité et de l’autonomie contenus dans un
maroquin rouge. Le moment est important pour la Ligue, à huit jours d’élections
qui désigneront ce dimanche le gouverneur du Frioul-Vénétie-Julienne (FVJ),
une région à statut spécial exaltant son
autonomie, la plus orientale de l’Italie,
aux confins de la Slovénie et de l’Europe
centrale.
Trois gouverneurs sont présents. Deux
appartiennent à la Ligue, Luca Zaia (Vénétie) et Attilio Fontana (Lombardie), les
deux régions qui se sont prononcées en
septembre dernier par référendum en faveur de l’autonomie. Le troisième, Giovanni Toti, représente la Ligurie. Il a fait
six heures de voiture pour venir de Gênes. C’est le dirigeant de Forza Italia, le
parti de Silvio Berlusconi, le plus proche
de Matteo Salvini, le leader de la Ligue.
Tous trois sont là pour soutenir Massimiliano Fedriga (38 ans), le jeune candidat de la Ligue qui brigue le poste de gouverneur de cette région stratégique. Pour
Enzo D’Antona, directeur du Piccolo,
l’influent quotidien local, « Fedriga
pourrait obtenir plus de 50 % des voix. Une
victoire éclatante. Pensez que la Ligue était
à 3 % au début de la décennie et qu’elle a
atteint 27 % aux législatives du 4 mars »,
dit-il. Gros titres de son journal le lendemain : « Miracle Fedriga. Ligue superstar. » Pour le directeur, « à chaque victoire, Matteo Salvini s’affranchit un peu
plus de Silvio Berlusconi ».
Habile, brillant, bon orateur, militant
de la Ligue dès l’âge de 15 ans, Fedriga
était chef du groupe parlementaire depuis juillet 2014. Il n’a pas hésité, quand
Matteo Salvini lui a demandé, à renoncer
à la Chambre des députés pour se présenter à Trieste, sa ville natale. Pour le leader
de la Ligue, l’enjeu est de taille : à l’exception du Piémont, gouverné depuis
deux ans par le Mouvement 5 Étoiles
(M5S), c’est l’ensemble du Nord
industriel et productif de l’Italie, comprenant 18 millions d’habitants sur
60 millions, qui est désormais administré
Dix ans de réforme
Massimiliano Fedriga, candidat
de la Ligue et leader du « pacte
du Nord ». ANTIMIANI /EIDON/MAXPPP
par la droite avec une Ligue qui prédomine largement sur Forza Italia. Matteo Salvini s’est déjà rendu quatre fois en FVJ
pour soutenir son candidat. Son thème
favori de campagne : la lutte contre l’immigration incontrôlée. Au carrefour stratégique des Balkans, encore empreint des
influences austro-hongroises qui ont
marqué son histoire, Trieste la « belle
oubliée » est un chaudron de minorités
linguistiques, 15 000 serbes, 4 000 Croates, autant de Grecs orthodoxes et
70 000 à 80 000 Slovènes. La cible principale de Massimiliano Fedriga, ce sont
5 000 clandestins, afghans et pakistanais
pour la plupart. Le candidat ne cache pas
son admiration pour le Hongrois Viktor
Orban qui « a su défendre les frontières de
son pays », estimant « mal venues » les
critiques de l’Union européenne à son
encontre. Pas question pour lui d’ériger
des murs, mais il veut reprendre les
contrôles abolis depuis décembre 2007
avec la Slovénie.
L’immense place de l’Unité d’Italie qui
ouvre largement sur la baie constitue le
centre névralgique de la ville : « La majesté de ses beaux palais qui portent l’empreinte des Habsbourg cache la violence de
l’Histoire », relève le journaliste et chroniqueur Franco Del Campo. Au centre,
une plaque vissée à même le sol rappelle
que le 18 septembre 1938, Mussolini an-
Opposant de longue date à la Ligue,
Riccardo Illy suit cette campagne avec
préoccupation. Issu d’une illustre famille
qui a fait sa fortune dans le négoce du
café, président du groupe alimentaire qui
porte son nom, d’orientation de centre
gauche, il a été dix ans de suite maire de
Trieste, puis gouverneur pendant cinq
ans. Il a beaucoup fait pour le développement des infrastructures régionales. Il
souligne le travail « exceptionnel »
accompli par le gouverneur sortant,
Debora Serracchiani (48 ans), combative
dirigeante du Parti démocrate (PD),
proche de Matteo Renzi : abolition des
P R AM IDE
quatre provinces (cas unique en Italie),
réforme sanitaire, création d’une troisième voie d’autoroute, réforme administrative qui permettra de privatiser les
75 hectares du vieux port. Riccardo Illy
voit un grand avenir pour Trieste dans la
restructuration de cette structure
portuaire en eau profonde, l’unique de ce
gabarit en Adriatique, capable d’accueillir des navires transportant
22 000 conteneurs et appelé à devenir
« le port de la Bavière ».
La ville compte aussi le plus grand
parc scientifique d’Italie, employant
2000 chercheurs dans quinze laboratoires et un Synchroton à l’avant-garde de
la technologie. Elle deviendra Capitale
européenne de la science en 2020. « Avec
sa politique volontariste, Serracchiani a offert à Trieste une opportunité extraordinaire », dit-il, en s’insurgeant contre les violentes attaques de la Ligue à son encontre.
Emportée dans la débâcle du PD aux élections du 4 avril, Debora Serracchiani a eu
un commentaire amer : « Le temps est
aux incertitudes et à la peur. Nous ne sommes plus un point de référence. » ■
déclaré Puigdemont début avril. Du moment que le désir d’autonomie exprimé
par les électeurs est pris en compte, souligne-t-il… Le bras de fer est là.
Le gouvernement allemand se tient
aussi éloigné que possible du conflit. Carles Puigdemont respecte cette distance.
« Je ne veux pas m’immiscer dans la politique allemande », a-t-il déclaré au début
du mois. La chancelière Angela Merkel
n’a de toute façon pas l’intention de prendre parti. Elle s’en tient aux procédures
légales : elle soutient donc « l’État de
droit » en Espagne et elle a d’ores et déjà
fait savoir qu’elle ne bloquerait aucune
procédure d’extradition à l’encontre de
Puigdemont. Mais près l’annonce de la
décision du tribunal de Neumünster, la
ministre de la Justice Katarina Barley
avait salué la sagesse des juges. Le commentaire avait déclenché la fureur de son
homologue espagnol auprès duquel elle
avait dû s’expliquer. À Berlin, Carles
Puigdemont est un hôte encombrant. ■
ZOOM
Chine : un homme tue
au couteau sept collégiens
Un homme armé d’un couteau
a tué sept collégiens
et en a blessé douze autres
vendredi alors qu’ils rentraient
chez eux dans le nord de
la Chine, ont annoncé les
autorités locales, ce qui en fait
l’une des attaques les plus
meurtrières de ces dernières
années.L’homme de 28 ans,
originaire du village
de Zhaojiashan, dans le comté
de Mizhi (province de Shaanxi),
a été arrêté et les collégiens
blessés ont été hospitalisés.
Les victimes seraient
âgées de 12 à 15 ans.
Le suspect a indiqué qu’il avait
été « victime de harcèlement »
lorsqu’il fréquentait le
collège qu’il a attaqué,
qu’il « détestait » ses camarades
de classe et qu’il avait
décidé d’utiliser un
« poignard » pour tuer des gens.
Les attaques au couteau
ne sont pas rares en Chine.
En février, un homme
armé d’un couteau avait tué
une femme et blessé douze
autres personnes dans
un centre commercial de Pékin.
RÉS T
NOUS VOULONS ÊTRE LIBRES
LA RÉVOLUTION SILENCIEUSE
AU CINÉMA LE 2 MAI
A
Libre de ses mouvements, cet hôte
encombrant de l’Allemagne est dans
l’attente d’un jugement sur son extradition.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 28 - dimanche 29 avril 2018 LE FIGARO
8
SOCIÉTÉ
La cocaïne vénézuélienne inonde la France
Secoué par une violente crise économique, ce pays sert de point de transit pour la drogue, vers les Antilles.
BANDITISME La cocaïne vénézuélienne
fait une nouvelle percée dans le circuit des
stupéfiants à destination de la France. « Le
phénomène, amorcé il y a une dizaine d’années, s’est accéléré depuis que le pays, point
de sortie principale de la drogue, s’enlise
dans la crise économique et des problèmes
de corruption endémiques », explique en
exclusivité au Figaro le commissaire divisionnaire Jean-Damien Moustier, chef de
l’antenne Caraïbe de l’Office central pour
la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis). Poste avancé de la Direction centrale de la police judiciaire
(DCPJ), cette task force mêlant policiers,
gendarmes, officiers de marine, douaniers mais aussi agents anglais de la National Crime Agency (NCA) ou leurs homologues espagnols du Centre for
Intelligence against Terrorism and Organised Crime (Citco) dispose d’un point de
vue privilégié pour analyser les mutations
des trafics. « Fidèles à la stratégie du “bouclier” lancée en 2004, nous agissons au plus
près des pays producteurs et saisissons la
marchandise à la source avant qu’elle ne
vienne éclabousser l’Europe », raconte le
commissaire Moustier avant de détailler
les derniers contours des circuits.
Venue de Colombie, où les cartels
produisent selon les estimations quelque 2 000 tonnes par an, la marchandise franchit la frontière vénézuélienne
avant de prendre la mer depuis des
« spots » côtiers aussi gangrenés
qu’exotiques comme le port de Carupano, l’île de la Tortue ou encore l’île
Margarita. « Les passeurs disposent ensuite de coordonnées GPS pour un rendez-vous dans les eaux territoriales, loin
des regards, où des complices transbordent les colis dans des go-fast », précise-t-on à l’Ocrtis. La cargaison, à laquelle les narcos ajoutent des ballots de
puissante « creepy marijuana » cultivée
à la frontière colombienne, file en partie pour être stockée à Sainte-Lucie ou à
la Dominique, considérée comme le
« grenier » à poudre de la région. Là,
via des yoles de pêcheurs qui transportent de 20 à 100 kilos de produit, la coke
est éparpillée sur les plages de Guadeloupe ou de Martinique. Négociée localement 5 000 à 6 000 euros le kilo, cette
marchandise pure à 90 % est revendue
entre 35 000 et 40 000 euros le kilo en
Europe, où elle sera coupée à plusieurs
reprises. « Les vecteurs transatlantiques
sont multiples », rappelle Jean-Damien
Moustier, qui évoque indifféremment la
surveillance du « fret passagers ou
marchandises par conteneurs », selon la
technique dite du « rip off » qui consiste
à dissimuler les stupéfiants entre deux
chargements, mais aussi le contrôle
renforcé « des lignes aériennes ou encore
des colis postaux ». Au total, les services
français ont procédé l’année dernière à
la saisie de 2,4 tonnes de cocaïne dans
les eaux caribéennes.
Dans l’Hexagone,
un marché de plus
en plus prospère
JUAN CARLOS HERNANDEZ/LANDOV/MAXPPP
CHRISTOPHE CORNEVIN £@ccornevin
Des cartels vivaces
Si les cartels colombiens restent encore
vivaces en dépit de la guerre menée par
le régime de Bogota et les « fédéraux »
américains de la Drug Enforcement Administration (DEA), la poussée des
« narcos » vénézuéliens est telle qu’ils
étendent leurs tentacules jusque sur le
sol français. Le placement en garde à vue
cette semaine par les policiers de l’Ocrtis
d’un présumé « sicario », interpellé samedi matin dans les Antilles avec 80 kilos de cocaïne, en témoigne. L’un des signes précurseurs que les trafiquants sudaméricains ne reculent plus devant
aucune audace sur le territoire national
remonte à ce jour du 12 décembre 2016.
Un baron de la drogue d’origine uruguayenne avait alors été libéré lors de
son transfert à l’hôpital Pierre Zobda
Quitman de Fort-de-France par un
commando de quatre hommes puissamment armés et circulant à moto. Au sein
de la PJ, on émet désormais l’hypothèse
d’inquiétants liens tissés entre ces « narcos » narguant la mort et un grand banditisme français toujours à la recherche
de nouveaux alliés. ■
Les services français ont procédé l’année dernière à la saisie de 2,4 tonnes de cocaïne
dans les eaux caribéennes. JUAN CARLOS HERNANDEZ/LANDOV/MAXPPP
Cocaïne : la route antillaise
GUADELOUPE
3
La marchandise est
transbordée dans des yoles
de pêche ou des go-fast,
en ballots de 20 à 100 kg,
avant d’être expédiée
vers les Antilles
Isla Margarita
Isla la Tortuga
Carúpano
métropolitaine
Elle est ensuite
consommée sur place
ou expédiée vers
l’Europe (par avion,
containers, colis postaux...)
DOMINIQUE
MARTINIQUE
4
FRANCE
5
VALEUR* : 35 000 €/kg
Mer des
Caraïbes
VENEZUELA
(pays de transit)
SAINTE-LUCIE
2
1
COLOMBIE
Fabrication de la cocaïne
VALEUR* : 5 000 €/kg
BRÉSIL
Où s’arrêtera la déferlante de poudre
qui s’abat sur la France ? Experts
et policiers évaluent qu’entre
12 et 20 tonnes de cocaïne par an
sont désormais « nécessaires
pour satisfaire le marché français »,
où se trouvent environ
450 000 usagers. À elles seules,
les douanes ont saisi en 2017
quelque 9,2 tonnes de cocaïne
sur le territoire national ou en haute
mer, et 17 tonnes en prenant en compte
les bilans de la police et de la
gendarmerie. Soit un bond de 142,1 %
en un an ! Le vecteur aérien est dans
le collimateur des services répressifs,
qui ont intercepté l’année dernière
aux aéroports pas moins
de 592 passeurs, certains prenant
le risque de transporter jusqu’à 1 kilo
de poudre in corpore (après ingestion).
Dopé par les techniques commerciales
agressives des dealers
et la consommation « décomplexée »
des usagers, le trafic semble
plus florissant. Évoquant un contexte
d’« accessibilité inédite », la dernière
étude « Tendances récentes et
nouvelles drogues » (Trend), publiée
par l’Observatoire français des drogues
et des toxicomanies (OFDT), souligne
la banalisation des livraisons à domicile
et la multiplicité des points de vente
dans des bars, des clubs, des cités
autant qu’en centre-ville, notamment
à Bordeaux, Lille, Metz et Rennes.
Le Service d’information
de renseignement et d’analyse
stratégique sur la criminalité organisée
(Sirasco) estime quant à lui que
le marché de la drogue pèse
aujourd’hui entre 3 et 4 milliards
d’euros en France.
C. C.
Infographie
*estimation
L’Islande voudrait interdire la circoncision
La proposition de loi soulève une indignation internationale, surtout dans la communauté juive.
JEAN-MARIE GUÉNOIS£@jmguenois
RELIGION La circoncision est vieille
comme le monde. Selon la tradition biblique, Abraham l’institua, au commandement de Dieu, comme signe de l’alliance avec l’humanité. Signe religieux,
elle est pratiquée dans le judaïsme, après
autorisation d’un médecin, huit jours
après la naissance d’un garçon. Dans
l’islam, elle se pratique systématiquement mais pas après l’âge de treize ans.
Elle peut aussi être décidée pour des raisons médicales ou culturelles, comme
aux États-Unis où 60 % des hommes seraient concernés. À l’échelle de la planète, un tiers des hommes seraient circoncis. Respecté, cet acte est rarement
remis en question. Dans le judaïsme, il
est très encadré. Les péritomistes
(« mohalim » en hébreu) qui le pratiquent sont spécialement formés pour
éviter tout problème d’hygiène en particulier. Il s’agit de couper le prépuce,
fine peau qui recouvre le gland du pénis. En Israël, la formation des mohalim
est certifiée par le ministère de la Santé.
Mais en Occident, une tendance récente viserait à associer la circoncision à
une mutilation, au même titre que l’excision. L’Allemagne avait été saisie par
cette question en 2012. Le Bundestag a
fini par confirmer l’autorisation de la
circoncision à une écrasante majorité.
L’Assemblée parlementaire du Conseil
de l’Europe s’est, elle aussi, emparée du
débat en 2015 à la suite du rapport Rupprecht, une députée européenne qui
cherchait à la qualifier de mutilation au
même titre que l’excision qui consiste
pourtant à retirer le clitoris aux filles. Là
aussi, le Conseil de l’Europe, soucieux de
préserver la liberté religieuse, a tranché
par une résolution qui autorisait la circoncision. Mais à trois conditions :
qu’elle soit accomplie par des personnes
dûment formées, dans un cadre d’hygiène strict, avec des parents décideurs
mais bien informés.
Curieusement, un pays non membre
de l’Union européenne, peu concerné
par la présence juive ou musulmane,
mais membre du Conseil de l’Europe,
l’Islande, a relancé le débat en octo-
bre 2017, en faisant adopter en première
lecture à l’assemblée une proposition de
loi assimilant la circoncision à une mutilation. Un des partis qui pousse cette idée
s’appelle les « intactivistes »… Ils militent pour la préservation absolue du
corps humain.
Menace de plaintes
La nouvelle a instantanément déclenché
une série de réactions. Aux États-Unis, le
Congrès américain a envoyé une lettre
très nette à l’ambassadeur d’Islande à
Washington. Si l’Islande persistait, une
batterie de plaintes serait déposée devant la Cour européenne des droits de
l’homme pour atteinte à la liberté religieuse.
L’Islande a d’ores et déjà senti le danger. Le ministère des Affaires étrangères
vient d’écrire une lettre au Parlement
pour mettre en garde contre les conséquences possibles d’isolement international. Le 17 avril, une conférence internationale réunissant des personnalités
religieuses et médicales internationales
s’est tenue à Reykjavik, la capitale, pour
mieux informer sur la nature de la circoncision. Dans ce pays de 335 000 habitants, la population juive est estimée à…
250 personnes. Quant aux musulmans,
ils sont 1 500. ■
Universités : « Nous allons
vers l’apaisement » (Macron)
Emmanuel Macron a jugé
vendredi que la situation
dans les universités allait
« vers l’apaisement », quelques
jours après l’évacuation
de plusieurs campus occupés
par des étudiants opposés
à la réforme des modalités
d’entrée à la fac, a rapporté le
porte-parole du gouvernement.
« Nous ferons en sorte que
les examens se déroulent dans de
bonnes conditions », avait déclaré
mercredi Édouard Philippe, après
une réunion avec la ministre
de l’Enseignement supérieur,
Frédérique Vidal, et des
représentants de la Conférence
des présidents d’université.
Lewin : « Il ne faut pas faire d’amalgame avec l’excision »
«
La
circoncision
est un acte
religieux,
intime
et discret,
mais il revêt
une très haute
signification
MOCHÉ LEWIN
»
Moché Lewin est le vice-président de la Conférence des rabbins
européens. Il a participé le
17 avril à la conférence internationale de Reykjavik contre l’interdiction de la circoncision.
LE FIGARO.- Les juifs sont peu
nombreux en Islande.
Pourquoi un tel projet ?
Moché LEWIN. - C’est étrange !
Jamais l’Europe n’avait connu
une telle proposition de loi…
Mais ce débat, très actif actuellement au Danemark, est récurrent. Que le débat existe ne
nous choque pas. C’est normal
et cela appartient à la vie démocratique des pays. En revanche, ce qui ne va pas, est
l’amalgame qui est fait entre la
circoncision - un acte religieux
sans effet sur l’exercice sexuel et l’excision chez les filles qui a
des conséquences mutilantes
très graves. En aucun cas, on ne
peut assimiler circoncision et
excision. Or ce projet de loi réduit ces deux actes à une mutilation.
Pourquoi la circoncision est-elle
si importante pour le judaïsme ?
La circoncision est intrinsèque
au judaïsme. Elle remonte à
Abraham et elle est le signe de
l’alliance divine avec l’homme.
Cela touche donc le judaïsme au
plus profond de sa foi, c’est une
part de l’identité juive. La circoncision est un acte religieux,
intime et discret, mais il revêt
une très haute signification.
Pourquoi une telle polémique
internationale ?
La Conférence des rabbins européens a aussitôt réagi, tout
comme le gouvernement américain. La Conférence des Églises
européennes s’est aussi investie
Dimanche 29 avril 2018 I 12H-13H
PASCAL PAVAGEAU
SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE FORCE OUVRIÈRE
A
ZOOM
Benjamin SPORTOUCH - RTL
Yves THREARD - LE FIGARO / Christophe JACKUBYSZYN - TF1/LCI
pour organiser la conférence internationale à Reykjavik. Même
si nous venons d’apprendre que
la proposition de loi vient d’être
transférée du Parlement au gouvernement - ce qui signifierait
l’abandon pressenti de cette loi,
soit une très bonne nouvelle ! le plus inquiétant demeure. Cette initiative pourrait nourrir
l’actuelle montée d’un nouvel
antisémitisme en Europe. La
communauté juive devrait-elle
en conclure qu’elle n’aurait plus
sa place en Europe ? Cela, nous
ne nous y résoudrons jamais.
PROPOS RECUEILLIS PAR J.-M. G.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 28 - dimanche 29 avril 2018
SCIENCES
9
ISABELLE ORY
BRUXELLES
TOXICITÉ C’est une décision qui fera
date. À la fin de l’année, trois pesticides
néonicotinoïdes seront totalement interdits pour les cultures en plein air dans
l’Union européenne. Une victoire « historique » pour les apiculteurs et les défenseurs de la biodiversité, qui dénoncent depuis près de vingt ans leurs effets
néfastes sur les abeilles. Une victoire
qu’ils savourent d’autant plus qu’elle a
été arrachée de justesse : vendredi, à
Bruxelles, après plusieurs reports, seize
pays européens sur vingt-huit - soit tout
juste la majorité qualifiée nécessaire ont voté en faveur de la proposition de la
Commission européenne. La France,
comme l’Allemagne et l’Italie, s’est prononcée pour. Parmi ceux qui se sont
abstenus, beaucoup - la Belgique par
exemple - réclamaient des dérogations.
« Quand on sait que les abeilles pollinisent 84 % des cultures et 4 000 variétés de
végétaux et que leur taux de mortalité atteint 80 % dans certaines régions, ce vote
était essentiel pour l’avenir de la biodiversité et notre agriculture ! » salue le socialiste Éric Andrieu, qui préside la commission pesticides du Parlement
européen. Sans surprise, l’industrie est
d’un tout autre avis, estimant qu’il
n’existe pas d’alternative efficace.
« Cette décision va faire souffrir l’agriculture européenne », met en garde Graeme
Taylor, de l’ECPA, l’association européenne des fabricants de pesticides.
En vertu de la nouvelle réglementation, les trois molécules commercialisées par les géants de l’agrochimie Bayer
(pour la clothianidine et l’imidaclopride) et Syngenta (le thiaméthoxame) ne
pourront plus être utilisées qu’en serre,
en milieu fermé, loin des insectes pollinisateurs. Depuis 2013, après une première évaluation négative de l’Agence
européenne de sécurité alimentaire
YOUTUBE/UAEM
UNE BONNE nouvelle pour les abeilles et
ceux qui vivent de la production de leur
miel. « L’interdiction de trois insecticides
néonicotinoïdes jugés responsables de la
baisse dramatique du nombre d’abeilles et
de bourdons est une belle victoire après
plus de vingt ans de combat, se réjouit
Henri Clément, secrétaire général et porte-parole de l’Unaf (l’Union nationale de
l’apiculture française). L’Europe n’a pas
cédé à la pression des lobbyistes chimiques.
Elle a pris une décision courageuse qui va
mettre du temps à prendre effet sur le terrain tellement ils ont déjà fait de mal. Mais,
face à la réminiscence de ces molécules
toxiques, il faudra des années pour que leur
effet soit neutralisé dans l’environnement », avertit cependant l’apiculteur
professionnel dans les Cévennes.
“
On ne comprend
pas pourquoi les
pouvoirs publics
ont attendu autant
d’années pour interdire ces
molécules dangereuses
”
THIERRY DUFRESNE, COPRÉSIDENT DE L’UAEM
Même satisfaction du côté de l’UAEM
(Union de l’apiculture de l’Europe et de la
Méditerranée). « C’est une magnifique
nouvelle et une prise de conscience de l’effet néfaste des pesticides. On ne comprend
pas pourquoi les pouvoirs publics ont attendu autant d’années pour interdire ces
molécules si dangereuses pour la survie des
abeilles mais aussi pour la santé de l’homme, commente ainsi Thierry Dufresne,
coprésident de l’UAEM. Il est prouvé que
ces pesticides ont même des effets néfastes
sur la santé des nouveau-nés » ajoute-t-il.
Mais pour certaines ONG (organisations non gouvernementales), il s’agit
d’une première victoire d’étape. Il faut
aller encore plus loin en interdisant l’ensemble des néonicotinoïdes ou des pesti-
(Efsa), un moratoire avait déjà restreint
leur usage à la période hivernale et à
certaines cultures moins attirantes pour
les abeilles comme la betterave ou le blé.
veux des insectes, ce qui entraîne une
désorientation, une paralysie ou même
la mort. De plus, contrairement à
d’autres insecticides, ils ne sont pas pulvérisés, mais le plus souvent utilisés en
enrobage de semences : ils circulent
dans toute la plante et restent plus longtemps dans le sol. « La décision de les
autoriser pendant un quart de siècle a été
une erreur, qui a provoqué un désastre
environnemental », juge Martin Dermine, du réseau européen d’action contre
les pesticides (PAN).
Pour les ONG, le bras de fer va donc
continuer. Deux autres néonicotinoïdes
« Un désastre
environnemental »
Dans un avis approfondi publié le 28 février dernier, l’agence – souvent contestée pour sa proximité supposée avec
l’industrie - a réitéré que « le risque pour
les trois types d’abeilles évaluées (abeilles
domestiques mellifères, abeilles solitaires
et bourdons) est confirmé ». Les néonicotinoïdes agissent sur le système ner-
Les betteraviers, abasourdis, sont dans l’impasse technique
Le monde agricole est dans l’embarras
et réagit diversement face à
l’interdiction des néonicotinoïdes en
Europe. « Nous sommes tout à fait
abasourdis par cette décision soutenue
par la France car elle ne correspond pas
aux engagements d’Emmanuel
Macron », confie Pierre Rayé, directeur
général de la Confédération générale
des betteraviers, une branche
spécialisée de la FNSEA (Fédération
nationale des syndicats d’exploitants
Apiculteurs et chasseurs
se félicitent de cette décision
ÉRIC DE LA CHESNAIS £@plumedeschamps
Manifestation en faveur de l’interdiction des néonicotinoïdes, devant le siège de la Commission européenne, vendredi à Bruxelles.
cides similaires. « Pour enrayer le déclin
massif des pollinisateurs et l’extinction des
espèces dans nos pays, les Européens n’ont
pas d’autre choix que d’interdire rapidement la totalité des pesticides tueurs
d’abeilles. Ils doivent lancer une transition
rapide du modèle agricole européen pour le
rendre compatible avec la survie des pollinisateurs, commente Nicolas Laarman,
délégué général de Pollinis. L’Europe doit
suivre au plus vite l’exemple de la France
qui a voté avec l’adoption de la loi biodiversité une interdiction totale des néonicotinoïdes à partir de septembre 2018.
L’Assemblée nationale vient par ailleurs
d’adopter une définition élargie des néonicotinoïdes incluant le sulfoxaflor, le flupyradifurone, et tous les insecticides ayant
sur les insectes pollinisateurs le même
mode d’action que les néonicotinoïdes »,
rappelle-t-il.
Plus inattendue pour les béotiens de la
question apicole, la FNC (Fédération nationale des chasseurs), qui représente
plus d’un million d’adhérents, parfois
agriculteurs, se réjouit également de cette interdiction. « Les dernières études de
2018 avaient confirmé la grande toxicité de
ces substances pour les abeilles mellifères,
les bourdons et les abeilles solitaires, souligne Willy Schraen, président de la FNC. Il
est temps que les responsables politiques
prennent enfin des décisions courageuses
pour sauver cette biodiversité ordinaire de
plus en plus menacée dans nos plaines et
nos bocages. »
Enfin, malgré des dérogations prévues
par la loi biodiversité de 2016 de l’emploi
des néonicotinoïdes pour les céréales à
paille et les betteraves notamment, c’est
cette nouvelle décision européenne qui
prévaudra désormais en France. « L’usage de ces molécules chimiques devrait être
interdit d’ici la fin de l’année y compris
pour ces cultures de plein champ mais pas
celles sous serre », avertit Henri Clément.
Les abeilles devront encore patienter une
saison. « Leur taux de mortalité est six fois
plus élevé aujourd’hui qu’il y a vingt ans,
pouvant atteindre jusqu’à 80 % dans certaines ruches européennes », rappelle le
député européen Marc Tarabella. ■
agricoles). « La betterave ne produit
ni fleur ni pollen. Seule la semence
est enrobée de néonicotinoïdes.
Nous serons obligés d’utiliser des
traitements par aspersion des feuilles
avec une baisse des rendements
d’au moins 12 % . »
Même déception du côté de la
Coordination rurale. « L’interdiction
des néonicotinoïdes ne réglera pas le
problème sanitaire des abeilles. Il est
certain que si l’on en donne aux abeilles,
F R A N C K
elles meurent : il n’est pas sûr qu’en
les interdisant, elles cessent de mourir,
explique Jean Jacquez, porte-parole.
Les alternatives existantes à l’enrobage
de semences consistent en des
traitements à base de pyréthrinoïdes,
beaucoup plus toxiques pour
les abeilles. » Seule la Confédération
paysanne est satisfaite et souhaite
« un plan de sortie des pesticides
accompagnant réellement les
changements de systèmes ».
E. L. C.
B A I L L E
sont toujours autorisés dans l’UE et l’industrie prépare déjà la suite en commercialisant des substances chimiquement
différentes mais aux mêmes modes
d’action, comme le sulfoxaflor de Dow
AgroSciences.
En France, le sulfoxaflor a été provisoirement suspendu par le Conseil d’État
après une procédure initiée par l’ONG
Générations futures. « La France court
devant dans ce combat, il faut que l’Union
européenne continue à suivre. Quand on
fait preuve de courage politique, avec la
science derrière, ça marche », veut croire
François Viellerette, le porte-parole de
l’association. Car, comme l’a rappelé
vendredi le ministre de la Transition
écologique Nicolas Hulot, la loi sur la
biodiversité de 2016 a ouvert la voie, elle
prévoit l’interdiction de tous les néonicotinoïdes au 1er septembre 2018, avec
des dérogations jusqu’en 2020.
Les écologistes réclament désormais
que soit banni le mode d’action, l’interaction avec le système nerveux, plutôt
que des molécules spécifiques. La discussion est en cours à l’Assemblée nationale, dans le cadre de la future loi sur
l’alimentation.
La bataille n’est pas terminée, pas plus
à Paris qu’à Bruxelles, mais les défenseurs des abeilles ont quand même le
sentiment qu’elle tourne enfin à leur
avantage. ■
C H A N TA L B E A U V O I S
Vendre aux enchères
à Monaco
VENTES EN PRÉPARATION
BIJOUX & MONTRES
JUILLET 2018
À M O N ACO
CARTIER
Collier de trois rangs
de perles ines.
EXPERTISES GRATUITES ET CONFIDENTIELLES - CLÔTURE FIN MAI
À l’Hôtel des Ventes - Quai Antoine 1er à Monaco, au bureau de l’expert Arnaud Beauvois - 85 Bd Malesherbes, 75008 Paris
À domicile sur rendez-vous.
CABINET BEAUVOIS - PARIS
Tél : 00 33(0)1 53 04 90 74
ARNAUD@BEAVOIS.INFO
85 Bd Malesherbes - 75008 PARIS
ANNE-CHARLOTTE DE LA ROCHE – D’USSEL
Tél : 00 377 93 25 54 80
ACDELAROCHE@HVMC.COM
10-12 Quai Antoine 1er – 98000 Monaco
A
Apiculteurs et ONG veulent désormais
s’attaquer aux autres néonicotinoïdes mais,
selon les industriels, l’agriculture souffrira.
EMMANUEL DUNAND/AFP
L’Europe vote
l’interdiction de
trois pesticides
tueurs d’abeilles
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 28 - dimanche 29 avril 2018 LE FIGARO
10
SPORT
Ligue Europa :
l’OM refuse
de s’enflammer
Dimitri Payet dribble
un défenseur salzbourgeois,
jeudi au Stade Vélodrome.
« On n’a qu’un pied
en finale, il faudra mettre
le deuxième », prévient
l’attaquant marseillais.
VINCENT DUCHESNE £@VinceSport24
ENVOYÉ SPÉCIAL À MARSEILLE
FOOTBALL Quatre-vingt-quinze pour
cent. C’est le pourcentage de chances de
voir l’OM, vainqueur de Salzbourg jeudi
soir (2-0), fouler la pelouse du Groupama
Stadium de Lyon le 16 mai prochain pour
la finale de la Ligue Europa. Sur 21 équipes
s’étant imposées sur ce score lors du
match aller en phase à élimination directe de C3, 20 ont en effet rallié le tour suivant. Alors, forcément, les Marseillais y
croient. Plus que jamais. Aux abords du
Vélodrome, dans les rues de la Cité phocéenne, les scènes de liesse se sont multipliées dans la nuit de jeudi à vendredi. Il
fallait les voir, tous ces fans, hurler leur
plaisir dans les couloirs de la station de
métro Rond-Point-du-Prado. Et donner
rendez-vous à Jean-Michel Aulas, dans
leur nouvelle chanson qui fait le buzz sur
internet et les réseaux sociaux en entonnant : « On va tout casser chez toi. » Tout
Marseille s’y voit déjà. À l’image du quotidien La Provence, qui barrait sa une
vendredi matin d’un « Rien ne les arrête-
ra » évocateur. Tout Marseille ? Non. Une
poignée d’irréductibles Marseillais résistent à l’euphorie ambiante. À cette douce
mélodie du bonheur. Cela tombe bien, ce
sont les principaux acteurs. Les protagonistes de cette belle épopée qu’il ne faut
surtout pas gâcher en se croyant déjà arrivés au pied du dernier escalier.
Remontadas
Dès le coup de sifflet final, Adil Rami, du
haut de ses 32 ans et de son statut de
vainqueur de la Ligue Europa en 2016
avec le FC Séville, s’est employé à chasser
tout excès de confiance. En réunissant ses
partenaires. Pour leur faire passer un
message clair : rien n’est fait. « On s’était
dit avant le match que peu importe ce qui
allait se passer ce (jeudi) soir, on ne serait
ni qualifié ni éliminé, a expliqué Dimitri
Payet. On pouvait prendre une option. On
l’a fait. On n’a qu’un pied en finale, il faudra mettre le deuxième. »
« Il suffit de prendre un but à l’extérieur
pour commencer à trembler, a glissé Florian Thauvin. On a fait du bon boulot,
maintenant, il faut rester tranquille. » Le
scénario de cette manche aller l’exige. Si
L 1 : Emery quittera le PSG en fin de saison
Fin du vrai-faux suspense. Unai Emery
quittera le PSG en fin de saison.
C’est le principal intéressé lui-même
qui l’a confirmé ce vendredi,
en conférence de presse. L’avenir
du technicien espagnol semblait scellé
dès le soir de l’élimination contre
le Real Madrid, en 8es de finale
de la Ligue des champions. Le nom
de son successeur ne semble d’ailleurs
plus faire de doute, avec l’Allemand
Thomas Tuchel aux portes de Paris.
Emery a expliqué avoir annoncé
la nouvelle au groupe parisien.
« Nous avons eu une réunion avec
le président (Nasser al-Khelaïfi)
et Antero Henrique (le directeur
sportif) et nous avons décidé de
ne pas continuer ensemble la saison
35E JOURNÉE LIGUE 1
MONTPELLIER (8)
LYON (3)
BORDEAUX (11)
LILLE (19)
MONACO (2)
STRASBOURG (17)
TROYES (18)
RENNES (7)
ANGERS (14)
PARIS SG (1)
hier
samedi
17 h C+
20 h
dimanche
15 h beIN
17 h beIN
21 h C +
ST-ÉTIENNE (6)
NANTES (9)
DIJON (12)
METZ (20)
AMIENS (13)
NICE (5)
CAEN (15)
TOULOUSE (16)
MARSEILLE (4)
GUINGAMP (10)
prochaine […] C’est ce qu’il y a
de mieux pour tout le monde », a-t-il
ajouté, relancé pour savoir si ce
départ prochain était de son fait ou
de celui de la direction. « Le projet
du PSG est très solide », promet-il. C.R.
ERIC GAILLARD/REUTERS
Malgré une avance de deux buts avant
le match retour, à Salzbourg, les Marseillais
ont appelé au calme et à la prudence.
Juventus et l’AS Roma en quarts de la
les Olympiens ont su être solides, ils ont
C1). On est prévenu. » « On a eu par le
parfois vacillé. Courbé l’échine sans japassé des mauvaises expériences à force
mais rompre. Grâce notamment à un très
de trop parler et d’être punis », a ajouté
bon Yohann Pelé. Mais aussi une bonne
Maxime Lopez. Une référence sans doudose de réussite. Entre le but de la main de
te au dernier Classique au Parc des PrinThauvin accordé, le penalty - pour une
ces où l’OM n’avait pas existé (0-3) après
faute de Lopez sur Lainer - oublié et le podes sorties médiatiques remarquées.
teau - sur une frappe de Gulbrandsen en
« Alors soyons humbles. » Pour cela,
fin de rencontre - qui les a sauvés, l’OM a
comptez sur Rudi Garcia, le
clairement eu la chance de
gardien du temple, le garant
son côté. « On a vu combien
de cet état d’esprit, pour
cette équipe adverse a de la
veiller à ce que tout le monde
qualité », a du reste reconnu
garde les pieds sur terre.
Rudi Garcia.
« On sait qu’on n’est pas enDes Autrichiens qui, ne
Date de la dernière
core qualifiés, a-t-il martelé
l’oublions pas, s’étaient déjà
finale européenne
face aux médias et assuréinclinés par deux buts
de l’OM
ment dans le vestiaire. On
d’écart à l’aller au tour préira là-bas pour marquer au
cédent (2-4) avant de renmoins un but et pour gagner. Il faudra
verser la Lazio Rome chez eux (4-1). Sufmontrer qu’on mérite d’aller en finale. Si
fisant pour rester extrêmement prudent.
on peut amener tout le monde en France, à
« On l’a vu cette saison, que ce soit en Lidomicile pour la finale, ce serait excepgue des champions ou en Ligue Europa,
tionnel. Mais pour l’instant, on n’y est pas
c’est un peu fou, rappelle Payet. Il y a des
du tout. » Lyon n’a tout de même jamais
revirements de situation incroyables. Ce
semblé aussi proche… ■
ne serait pas une bonne idée de s’enflammer et de dire qu’on est en finale. Le Real
Madrid et Barcelone se sont fait remonter
Ligue Europa (demi-finales aller) :
chez eux alors qu’ils avaient gagné 3-0 et
Marseille-Salzbourg 2-0 ; Arsenal-Atlético Madrid
4-1 à l’aller (respectivement contre la
1-1. Matchs retour le 3 mai.
2004
RUGBY Le match de la peur. Ce samedi
soir, dans un Jean-Bouin à guichets fermés, Paris reçoit Brive avec un enjeu limpide : le perdant foncera vers la Pro D2.
Français, ne pas briser
u Stade
les nouveaux rêves de grandeur
A
Expertises gracieuses
et confidentielles
7 Rond-Point
des Champs-Élysées
75008 Paris
www.artcurial.com
Contact :
Hermès Summer Collection
Pénélope Blanckaert
+33 (0)1 42 99 20 15
pblanckaert@artcurial.com
L’élégant capitaine (33 ans)
et le FC Barcelone, c’est fini.
Iniesta a officialisé son départ,
après vingt-deux années passées
dans son club de toujours.
F 1 : Hamilton enfin
en reconquête ?
Auteur d’un début de saison
morose, le Britannique (Mercedes)
en plein doute serait bien inspiré
de remporter le 4e Grand Prix de
la saison, à Bakou (14 h 10 sur C +),
pour entamer la reconquête face
à Sebastian Vettel.
Prost quitte la Formule
électrique pour la F 1
Alain Prost va quitter l’écurie
de Formule électrique Renault
e.Dams (l’e-Prix de Paris est
disputé ce samedi à 15 h, sur C +)
pour se consacrer à plein temps
à l’écurie Renault de Formule 1,
a-t-il annoncé dans L’Équipe.
Au bord du précipice, ces deux clubs historiques s’affrontent ce samedi soir
pour éviter la relégation en deuxième division. Malheur au vaincu.
25E JOURNÉE TOP 14
TOULON (4)
Monte-Carlo - Juillet 2018
Foot : Iniesta officialise
son départ de Barcelone
Stade Français-Brive :
deux bastions du Top 14 en péril
REYRAT DAVID £@DavidReyrat
VENTES DE PRESTIGE
EN PRÉPARATION
EN BREF
Depuis le départ, en avril 2011, de Max
Guazzini, escroqué et en panne de liquidités, le club parisien peine à retrouver
son lustre des années 2000 (cinq titres de
champion de France entre 1998 et 2007).
Thomas Savare a vite compris que sa passion lui coûterait plus cher que prévu. Ses
sœurs ont fini par l’accuser de dilapider la
fortune familiale et son père par siffler la
fin de la récréation. Des millions d’euros
engloutis pour un seul sacre, en 2015, et
une aventure terminée avec le psychodrame du projet de fusion, finalement
avorté, avec le Racing 92. L’été dernier, le
multimillionnaire a donc passé la main
à… un milliardaire, l’homme d’affaires
allemand Hans-Peter Wild. Qui, pour
l’instant, a investi avec parcimonie. Des
joueurs majeurs - Slimani, Doumayrou,
Bonneval, Sinzelle, Lakafia… - ont quitté
le bateau parisien, pourtant censé ne pas
sombrer même battu par les flots, et
n’ont pas été remplacés. D’où les difficultés sportives d’un club qui espérait, prétentieusement, jouer les premiers rôles.
Va-t-il quitter l’élite deux décennies
après son retour en fanfare (un huitième
Brennus conquis dès la remontée, après
90 ans de disette) ? Une victoire face à
Brive ce soir, dans un stade qui, l’heure
étant grave, sera plein à craquer de supporteurs mobilisés, et le spectre de la relégation sera dissipé. Dans le cas contraire, un exploit à La Rochelle sera exigé lors
de la dernière journée. Qu’adviendrait-il
des Soldats roses s’ils descendaient en
AGEN (11)
ST. FRANÇAIS (12)
OYONNAX (13)
MONTPELLIER (1)
BORDEAUX B. (10)
TOULOUSE (2)
samedi
14 h 45 C +
20 h 45
dimanche
12 h 30 C +
16 h 50 C +
CASTRES (6)
CLERMONT (9)
BRIVE (14)
LYON (5)
PAU (7)
RACING 92 (3)
LA ROCHELLE (8)
deuxième division ? Le nouveau propriétaire a juré qu’il ne retirerait pas ses billes.
« Je resterai président aussi longtemps que
je serai en vie ! Thomas Savare avait un
père au-dessus de lui. Moi je n’ai personne
pour me dire qu’il est temps d’arrêter… »
Cela ne l’empêche pas d’aspirer à un scénario heureux. « D’abord, il faut à tout
prix survivre cette année. Et, dans le futur,
on veut progresser année après année. »
Avec une ambition (démesurée ?) : « Être
champion de France d’ici à trois ans »! Le
docteur Wild annonce, en cas de maintien, un recrutement haut de gamme.
Pour le cornaquer, il pourra compter sur
Heyneke Meyer, l’ancien sélectionneur
des Springboks, déjà engagé. Ce qui
n’empêche pas l’actuel patron sportif,
Olivier Azam, d’afficher sa confiance
avant ce match capital. « Je sens les
joueurs prêts. Je ne suis pas inquiet du tout
car je sais qu’ils vont faire le boulot. Et
puis, si tu arrives avec les genoux qui claquent, il faut faire autre chose… »
u Brive, la peur du vide
Le premier coup de tonnerre était
tombé en 2001. Après 44 saisons sans interruption dans l’élite, le Club athlétique
Brive Corrèze Limousin glissait en
deuxième division. Une première, pas
une dernière. Le club corrézien, vite revenu en Top 14, rechutera en Pro D2 en
2012. Pour une nouvelle remontée expresse. Et un statut précaire. Chaque saison, Brive démarre avec le plus petit bud-
get du Top 14. Recrutement malin,
promotion des joueurs du cru, état d’esprit remarquable et remarqué, le club déjoue les pronostics, décroche sans problème son maintien. Mais, en face, la
course à l’armement ne cesse de s’accélérer. Les budgets augmentent. Le CAB, lui,
ne peut pas faire plus. Le bassin économique n’est pas assez important. Une nouvelle descente et la peur du vide, d’un
long purgatoire en Pro D2, rodent. Car les
riches propriétaires rêvent, eux, d’un
Top 14 fermé. Et ont obtenu une première
avancée. Désormais, il n’y a plus qu’une
montée directe. Après une longue bataille
et des phases finales incertaines. Le perdant de la finale de Pro D2 dispose d’un
joker, ce barrage face au 13e de Top 14.
Bref, pour un « petit » club comme Brive, malgré la ferveur de son public (près
de 10 000 spectateurs en moyenne au
stade pour une ville de 50 000 habitants…), plus dure sera la remontée.
« On se rappelle ce que signifie une descente en Pro D2 pour le club, la ville, les
supporteurs et tous les gens qui travaillent
pour Brive, confirme le trois-quarts Thomas Laranjeira. Il y avait eu des mois de
galère, de doutes avant la dernière remontée. » Pour éviter de revivre le pire, le
calcul est simple : deux victoires pour
conclure l’exercice. Pas évident pour la
lanterne rouge du championnat qui sort
d’une déculottée à Oyonnax (40-17),
autre concurrent direct pour le maintien.
Le manager Nicolas Godignon a beau
avoir été victime d’un putsch de ses
joueurs, le choc psychologique n’a pas eu
lieu. Et, statistique guère encourageante :
Brive n’a pas remporté le moindre match
loin de Corrèze cette saison… À l’inverse,
une défaite à Jean-Bouin conjuguée à une
victoire d’Oyonnax face au Lou et c’en
serait terminé des derniers espoirs du
champion d’Europe 1997. Une gloire déjà
couleur sépia. Une ambition désormais
inatteignable pour le CAB. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 28 - dimanche 29 avril 2018
LE CARNET DU JOUR
Le service reçoit
les annonces
tous les dimanches
et jours fériés de
9 heures à 13 heures
(excepté les 1er janvier, 1er mai,
15 août, 25 décembre)
par téléphone
baptêmes
Le comte Benoît
GANTELMI d'ILLE
et la comtesse, née
Andréa Leal Pombo Inacio,
ont la joie d'annoncer
la naissance, le 4 avril 2018, de
commémoration
A l'occasion du soixantième
anniversaire de la mort des
sergent Robert RICHOMME
23e RI,
soldat René DECOURTEIX
23e RI,
Castille
01 56 52 27 27
baptisée
en l'église Notre-Dame
de Boulogne-Billancourt, par
l'abbé Guillaume de Tanoüarn,
ce samedi 28 avril 2018.
par télécopie
01 56 52 20 90
par courriel
carnetdujour@media.figaro.fr
sur notre site :
communications
www.carnetdujour.lefigaro.fr
Tarif de la ligne € TTC :
Du lundi au jeudi
24 € jusqu'à 25 lignes
22 € à partir de 26 lignes
Vendredi ou samedi
27 € jusqu'à 25 lignes
25 € à partir de 26 lignes
L'Association internationale
Saint-Roch
Réduction à nos abonnés : nous consulter
Les lignes comportant des
caractères gras sont facturées
sur la base de deux lignes ;
les effets de composition
sont payants ;
chaque texte doit comporter
un minimum de 10 lignes.
vous propose ses rencontres au
24, rue Saint-Roch, Paris (1er),
le jeudi, à 18 h 30 :
- le jeudi 3 mai 2018 :
Les villes du 21e siècle,
problèmes insurmontables
et solutions possibles
avec Bertrand de Feydeau,
président de la
Fondation des Bernardins,
- le jeudi 7 juin :
Reprise des annonces sur :
www.carnetdujour.lefigaro.fr
www.dansnoscoeurs.fr
Eduquer,
un développement durable
avec Marguerite Léna, s.f.x,
philosophe et écrivain.
Présentation par
le père Thierry de L'Epine
et Olivier Moulin-Roussel.
Tél Abonnements :
01 70 37 31 70
cavalier
Jacques FEUILLEBOIS
18e Dragons,
prisonniers,
fusillés par l'armée de
libération nationale algérienne,
le 30 avril 1958, en Tunisie,
l'association Soldis Algérie
invite tous ceux qui
souhaitent honorer la mémoire
des militaires français portés
disparus en Algérie
à se joindre au ravivage
de la Flamme qui aura lieu
à l'Arc de Triomphe, à Paris,
le lundi 30 avril 2018,
à 18 heures.
soldis.algerie@orange.fr
deuils
Antoine, Etienne,
ses fils,
Estelle, Joséphine,
ses petites-filles,
Lana, son arrière-petite-fille,
ont la grande tristesse
de vous faire part du décès de
Mme Claude AMOS
née Marie-Christine Blay,
fiançailles
54e Opération D'Entraide
Régionale (ODER)
au profit des personnes
âgées, handicapées
et des familles en difficulté.
M. Thibault de TERSANT
et Mme, née
Hélène de Boysson,
Ramassage gratuit
le dimanche 6 mai 2018,
à Paris et en banlieue.
Sur rendez-vous à prendre
à partir du jeudi 5 avril,
des bénévoles passeront
chez vous enlever :
antiquités, bibelots, meubles,
vêtements, chaussures, jouets,
tapis, tableaux, vaisselle, vélos,
appareils multimédias,
bricolage, électroménager,
disques, livres,
matériel de jardin et de sport,
maroquinerie, puériculture,
tout objet utilisable,
qui sera vendu à la grande
M. Louis
de REYDET de VULPILLIÈRES
et Mme, née Sylvie de Forton,
sont très heureux d'annoncer
les fiançailles de leurs enfants
Marie et Adrien
naissances
brocante d'entraide
à Montmorency (Val-d'Oise)
à l'Ascension
Frédéric COLLARD
et Dagmar von HEINEMANN
- le jeudi 10 mai
de 9 heures à 18 h 30,
- le samedi 12 mai
et le dimanche 13 mai
de 10 heures à 18 h 30.
partagent avec
Linard, Agathe et Eliott,
la joie de vous annoncer
la naissance de leur petit-fils,
fils et frère
le 19 avril 2018, des suites
d'une longue maladie.
Les obsèques ont eu lieu
à Orléans, dans l'intimité.
Mme Geneviève Astruc,
son épouse,
ses enfants et leurs conjoints,
ses petits-enfants
et toute la famille
ont la tristesse
de vous faire part du décès du
docteur Jean ASTRUC
chevalier
de l'ordre national du Mérite,
survenu le 14 avril 2018,
dans sa 92e année, à Marseille.
Les obsèques ont eu lieu
dans l'intimité familiale
le mercredi 18 avril,
à Saint-Martin-de-l'Arçon.
12 bis, avenue Victor-Hugo,
95160 Montmorency,
téléphone : 01 39 64 39 87
ou 01 39 64 52 46,
site : www.oder95.com
le 25 avril 2018,
à Neuchâtel (Suisse).
conférences
Mme Thierry CROMBACK
née Sophie Damour,
est heureuse d'annoncer
la naissance de son
sixième arrière-petit-fils
Le mercredi 2 mai 2018,
à 20 heures,
Merlin
Bernard-Henri Lévy
le 14 mars 2018, chez
donnera une conférence
exceptionnelle à l'occasion
de la sortie de son dernier livre,
Cléry BERNARD
et Julia, née Frau.
L'Empire et les cinq rois
à la synagogue Copernic,
24, rue Copernic, Paris (16e).
Aynard et Marie
de LEUSSE de SYON
Olivier et Laurence PHILIZOR
Inscriptions :
www.copernic.paris
01 47 04 37 27.
ont la joie de vous faire part
de la naissance et du baptême
de leur petite-fille
Margaux
Philippe de VILLIERS
chez
Thibaut et Manon
de LEUSSE de SYON
sera l'invité des
Jeudis de la Procure
pour
Puy du Fou, un rêve d'enfance
Paris, le 17 avril 2018.
Bernière, le 15 juillet 2018.
(Le Rocher),
le jeudi 3 mai 2018,
de 18 h 30 à 19 h 30,
Le prénom du Royal Baby *
est... Louis !
à la librairie La Procure
3, rue de Mézières, Paris (6e).
Mme Michel Aubert La Fayette
en union avec M. Michel
Aubert La Fayette (†),
M. et Mme Robert
Dumas de Vaulx,
M. et Mme Pierre Delmond,
M. et Mme Hugues
du Fayet de la Tour,
ses enfants,
Philippe et Virginie Barbier,
Christophe et Anne-Claire
Gayon,
Geoffroy et Marie-Amélie
Bienaimé,
François-Xavier
Aubert La Fayette,
Jean-Baptiste et Amicie
de Gouttepagnon,
Sylvain et Alix Chédru,
Hubert et Clémentine
des Garets d'Ars,
Amaury et Cécile de Gove,
Jean-François et Anne
Dumas de Vaulx,
Laurent et Sophie Tardy,
Tristan et Stéphanie Virginie,
Philippe et Dominique Dubois,
Pierre-Etienne
et Olympe-Marie Delmond,
Emmanuel et Anne-Céline
de Grully,
Guillaume-Henri et Bérengère
du Fayet de la Tour,
Bertrand et Domitille
de la Mensbruge,
Gaëtan du Fayet de la Tour,
ses petits-enfants,
ses 43 arrière-petits-enfants
et son arrière-arrière-petit-fils,
Mme Henri Contamine,
sa belle-sœur, et ses enfants
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Mme François AUBERT
© iStock
Le Souvenir napoléonien
Vous aussi,
dévoilez le prénom
de votre bébé
dans le
Téléphone : 01 56 52 27 27
carnetdujour@media.figaro.fr
vous invite à ses conférences :
- le jeudi 3 mai 2018,
à 18 h 30, à Bordeaux,
« La guerre de Sécession »,
- le vendredi 18 mai, à 18 h 30,
à Challes-les-Eaux,
« La cavalerie de Napoléon »,
* Bébé Royal
Carnet du Jour
Jean et Siv Bahezre de Lanlay,
Philippe et Haude Gatellier,
ses frère, sœur, belle-sœur
et beau-frère,
Even et Yann-Erick,
Stanislas et Alexia,
Nathalie et Jean-Baptiste,
Harold (†),
Marie-Laëtitia et Jean-Damien,
ses neveux et nièces,
Raphaëlle, Camille,
Emma, Maxime,
ses petits-neveux,
ont l'immense tristesse
de vous faire part du décès de
Alain BAHEZRE de LANLAY
rappelé à Dieu en son domicile,
le 26 avril 2018,
dans sa 71e année.
La messe d'enterrement
sera célébrée le lundi 30 avril,
à 14 h 30, en l'église
de Locquénolé (Finistère).
« Tro Avel », 29670 Locquénolé.
Mme Jean
de Barrau de Muratel,
ses fils,
Maurice et Alexis
de Barrau de Muratel,
leurs épouses,
Sophie et Valérie,
ses petits-enfants,
Jean, Capucine, Arthur
et Valentin,
ont l'immense chagrin
de vous faire part de la mort de
Jean
de BARRAU de MURATEL
survenue le 26 avril 2018,
dans sa 88e année.
La cérémonie religieuse
aura lieu le mercredi 2 mai,
à 15 heures,
en l'église protestante unie
du Saint-Esprit,
5, rue Roquépine, Paris (8e).
Marie Jeanne Scherrer,
sa maman,
Francis et Marie Thérèse Berne,
ses beaux-parents,
Thierry Berne,
son mari,
Augustin, Valentine,
Grégoire, Samuel,
ses enfants,
Bruno et Laurence,
Arnaud et Isabelle, Karine,
Thomas et Patricia,
Benoît et Marie-Odile,
Philippe et Manuela,
ses frères et sœur, beaux-frères
et belles-sœurs,
ses neveux et nièces
ont la douleur
de vous faire part du décès,
le 24 avril 2018,
à l'âge de 50 ans, de
Christel BERNE
née Scherrer.
ODER
Siméon BARBLAN
11
- le mercredi 30 mai, à 18 h 30,
à Strasbourg,
« La campagne du Mexique ».
Renseignements sur
www.souvenirnapoleonien.org
rubrique « délégations ».
née Marie-Claire Contamine,
dame de l'ordre équestre
du Saint-Sépulcre
de Jérusalem,
survenu le 26 avril 2018,
dans sa 94e année, munie
des sacrements de l'Église.
La messe de retour à Dieu
sera célébrée
le lundi 30 avril, à 14 h 30,
en l'église de Saint-Myon
(Puy-de-Dôme),
suivie de l'inhumation
dans le caveau familial
au cimetière de Combronde
(Puy-de-Dôme).
La messe d'enterrement
aura lieu le lundi 30 avril 2018,
à 14 h 15, en l'église
Saint-Antoine du Chesnay.
Levallois (Hauts-de-Seine).
Sa famille et ses amis
nous prient de faire part
du rappel à Dieu de
Le comte Philippe de Boissieu,
son époux,
Anne et Eric G avoty,
Antoinette de Boissieu,
Charles-Henri et Claire
de Boissieu,
Jean-Bertrand de Boissieu,
Marie-Alix et Nicolas
des Courtils,
Emeric et Cécile de Boissieu,
Guy et Cécile de Boissieu,
ses enfants,
Pierre et Paul,
Philippine, Augustin
et Marie-Gabrielle,
Louis, Mathieu et Nicolas,
Olivier, Laure et Henri,
ses petits-enfants,
ont la profonde tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de la
comtesse
Philippe de BOISSIEU
née Anne
de Durfort Civrac de Lorge,
endormie
dans la Paix du Seigneur,
le lundi 23 avril 2018, munie
des sacrements de l'Église.
La cérémonie religieuse
aura lieu
dans l'intimité familiale,
le mercredi 2 mai, à 14 h 30,
en l'église d'Ocqueville
(Seine-Maritime).
Une messe sera célébrée
très prochainement à Paris.
Que ceux qui l'ont connue
et aimée soient remerciés
de leurs prières
et de leurs pensées.
née Nézereau,
La cérémonie religieuse
aura lieu le jeudi 3 mai 2018,
à 14 h 30, en l'église
Saint-Justin de Levallois.
Fleurs claires souhaitées
ou des intentions de prières.
Elizabeth et Jean-Patrice
Le Lay,
Laurence et Gilles Maisondieu,
Cécile et Jean-François
Chrétien-Blanchon,
ses enfants,
ses 8 petits-enfants,
ses 11 arrière-petits-enfants,
Nicole Aujoulet,
sa belle-sœur,
en union avec
Louis (†), son frère,
et Geneviève (†),
ainsi que leurs enfants
ont la grande tristesse
de faire part du décès de
Mme Henri CHRÉTIEN
née Madeleine Aujoulet,
« Marinette »,
le 22 avril 2018,
dans sa 98e année.
La messe de funérailles
sera célébrée
par le père Romain Lumpp,
le vendredi 4 mai, à 9 h 45,
en l'église
Notre-Dame-de-l'Assomption,
90, rue de l'Assomption,
Paris (16e).
Elle sera suivie de l'inhumation,
au cimetière Saint-Jacques,
boulevard Aristide-Briand,
à Châtellerault (Vienne),
à 16 h 30.
Ses enfants tiennent
à remercier de tout cœur
Lucille Landrevie,
sa dame de compagnie et amie,
ainsi que Marie Duval
et Fatima Berry pour leur aide
et leur présence si précieuses
auprès de leur mère.
Paris. Loctudy (Finistère).
Les familles
Clavel-Collin Richard,
Mauberquez, Couturier
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Me Jacques CLAVEL
avocat à la cour,
Il a plu au Seigneur
de rappeler à Lui l'âme de la
Paris (11e).
le 24 avril 2018,
dans sa 98e année,
munie des sacrements
de l'Église.
Elle a rejoint son époux, le
capitaine
Gérard de Cathelineau
mort pour la France en 1957.
De la part de
Mme Paul Malmezat,
M. et Mme Rémy Bert,
Mme Emmanuel Beth,
M. et Mme Jean-Louis Bert,
ses filles et gendres,
ses trente-neuf petits-enfants
et ses cent vingt
arrière-petits-enfants.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le lundi 30 avril, à 14 h 15,
en l'église Saint-Clodoald,
5, place de l'Église,
à Saint-Cloud
(Hauts-de-Seine).
les familles Dauchez
et Jaquemet
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Michel DAUCHEZ
le 24 avril 2018,
à l'âge de 88 ans.
La cérémonie religieuse
aura lieu le mercredi 2 mai,
à 14 heures, en l'église
Saint-Martin de Gommerville
(Eure-et-Loir),
suivie de l'inhumation
au cimetière de Gommerville.
Pour ceux qui ne peuvent être
présents, une messe du souvenir
sera célébrée le vendredi 4 mai,
à 10 h 30, en l'église
Saint-François-de-Sales,
17, rue Ampère, Paris (17e).
La direction,
les collaborateurs
et l'ensemble du personnel du
Groupe DAUCHEZ
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
ancien président du groupe,
ancien président
de la Confédération nationale
des administrateurs de biens
(CNAB),
le 24 avril 2018,
à l'âge de 88 ans.
La cérémonie religieuse
aura lieu le mercredi 2 mai,
à 14 heures, en l'église
Saint-Martin de Gommerville
(Eure-et-Loir),
suivie de l'inhumation
au cimetière de Gommerville.
Pour ceux qui ne peuvent être
présents, une messe du souvenir
sera célébrée le vendredi 4 mai,
à 10 h 30, en l'église
Saint-François-de-Sales,
17, rue Ampère, Paris (17e).
Laurence et Laurent,
Vincent et Sophie,
Sophie et Eric,
ses enfants,
Le docteur Claude Debauchez,
son époux,
Thierry et Laure Faure,
Mathieu Debauchez
et Christine Mayence,
Boris Gorokhoff
et Pascaline Debauchez (†),
Thomas Debauchez (†),
Jean et Anne Debauchez,
Pauline Debauchez,
ses enfants,
ses petits-enfants
et arrière-petits-enfants
ont la tristesse
de faire part du décès de
Mme Claude DEBAUCHEZ
née Marie-Christine Salmon,
survenu le 25 avril 2018,
à l'âge de 86 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
en l'église Saint-Ambroise,
71 bis, boulevard Voltaire,
à Paris (11e),
le jeudi 3 mai 2018, à 14 h 30.
100, boulevard Richard-Lenoir,
75011 Paris.
M. Bernard
Fraboulet de Kerléadec,
M. et Mme Bernard Géradin,
leurs enfants et petits-enfants
vous font part
du rappel à Dieu de
Mlle Anne-Marie
FRABOULET de KERLÉADEC
le 25 avril 2018,
à l'âge de 86 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le mercredi 2 mai, à 10 h 30,
en l'église Notre-Dame
de Versailles.
L'inhumation aura lieu
le jeudi 3 mai, à 10 heures,
au vieux cimetière
de Hennebont (Morbihan)
Carol et Marielle Garmond,
Olivier et Sylvie Garmond,
ses enfants,
Amélie et François Panaget,
Tanguy Garmond,
Estelle et Pierrick Chevalier,
Clarisse Garmond,
Léonie et Alekszandr
Garmond-Szivkova,
Alice Garmond,
ses petits-enfants,
Augustine, Victor, Gaspard,
Maxence et Honorine,
ses arrière-petits-enfants,
les familles Vergine,
Delfarguiel, Champot
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Marie-Thérèse GARMOND
née Vergine,
ancienne assistante
au Polo de Paris,
le 24 avril 2018,
à Monflanquin,
dans sa 93e année.
La cérémonie religieuse
sera célébrée le lundi 30 avril,
à 10 heures, en l'église de
Saint-Aubin, son village natal
(Lot-et-Garonne).
Cet avis tient lieu de faire-part.
La Rousserie,
14140 Lessard-et-le-Chêne.
On nous prie de faire part
du rappel à Dieu de la
comtesse
Benoit de GASTINES
née Lilias Stirling of Garden,
Louis, Jules,
Constance, François, Clarisse,
Lucie, Etienne, Justine, Gaétan,
ses petits-enfants,
le 26 avril 2018,
à l'âge de 86 ans, à Orléans.
et toute la famille
De la part de
son époux,
ses enfants et petits-enfants.
ont la douleur de faire part
du décès de
Annick DELFORGE
née Lenoble,
conférencière,
La cérémonie religieuse
sera célébrée en l'église
Saint-Vincent, à Orléans,
dans l'intimité familiale,
le lundi 30 avril, à 15 h 30.
survenu le 26 avril 2018,
des suites d'une longue maladie.
La cérémonie religieuse
aura lieu
le vendredi 4 mai, à 11 h 30,
en l'église Saint-Saturnin,
à Champigny-sur-Marne.
Jean-Claude
survenu le 26 avril 2018,
dans sa 99e année.
née Colette Plassard,
Victor, Horace, Gaspard,
Astrid, Aliénor,
ses petits-enfants,
Elle reposera au côté de
son époux,
4, place de la République,
92300 Levallois.
comtesse
Gérard de CATHELINEAU
Sabine, Cécile,
Michel DAUCHEZ
Henriette BERTRAND
dans sa 100e année.
Jérôme, Geoffroy,
Arnaud et France,
ses enfants,
(†) 10 avril 2018.
Virginie, Frédérique
et Manuelle Gautron,
ses filles,
Zoé Petit,
sa petite-fille,
et toute la famille
ont la grande tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
M. Henri GAUTRON
Barbezieux-Saint-Hilaire
(Charente).
M. et Mme
Pierre-Loup Delpech,
M. et Mme (†) Bruno Delpech,
M. Philippe Delpech,
Mme Josiane Duveau-Delpech,
M. Jean-Luc Delpech
et M. Ghislain Emmanuelli,
M. et Mme (†)
Jean-François Mondy,
Mme Marie-Alice Delpech,
M. et Mme Marc Delpech,
ses enfants,
ses petits-enfants,
ses arrière-petits-enfants
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu du
général Pierre DELPECH
officier de la Légion d'honneur,
commandeur
de l'ordre national du Mérite,
croix de guerre des T.O.E.,
médaille de l'Aéronautique,
le 25 avril 2018, à Barbezieux.
La cérémonie religieuse
sera célébrée ce samedi 28 avril,
à 15 heures, en l'église
Saint-Mathias de Barbezieux.
Périgueux.
Marie-José Hivert
a la tristesse de vous faire part
du retour à Dieu de sa cousine
Marie-Françoise DIONNET
le 21 avril 2018.
La défunte ayant fait don
de son corps à la science,
il n'y a pas eu d'obsèques.
Priez pour elle.
croix de la Valeur militaire
2 citations,
croix du Combattant,
18e régiment de
chasseurs parachutistes,
le 24 avril 2018,
dans sa 84e année, à Paris.
La cérémonie religieuse
sera célébrée le lundi 30 avril,
à 10 h 30, en l'église
Saint-François-de-Sales,
6, rue Brémontier, Paris (17e),
suivie de l'inhumation
à 16 h 30, au cimetière
de Chissay-en-Touraine
(Loir-et-Cher),
aux côtés de sa femme,
Thérèse Elisabeth,
née Morgaut, († 2003).
Anne-Dominique Graver,
sa fille,
Philippe et Sylviane Graver,
son fils et sa belle-fille,
Caroline, Sébastien,
Anne-Sophie et Pierre-Arnaud,
ses petits-enfants,
Alma, son arrière-petite-fille,
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Anne-Marie GRAVER
née Boisson,
membre du
Corps expéditionnaire français
d'Extrême-Orient,
croix du Combattant,
survenu à Montpellier,
le 21 avril 2018,
dans sa 92e année.
Les obsèques se dérouleront
le lundi 30 avril, à 10 heures,
au complexe funéraire
de Grammont, à Montpellier.
suite en page 12
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 28 - dimanche 29 avril 2018
12
LE CARNET DU JOUR
Yzernay (Maine-et-Loire).
Mme du Hamel de Fougeroux,
sa mère,
Mme Jacques-Marie
du Hamel de Fougeroux,
son épouse,
Antoine et Hedwige
Clicquot de Mentque,
Jérôme et Caroline
de Chérisey,
François-Régis et Yukiko
du Hamel de Fougeroux,
Aymeric et Alice
du Hamel de Fougeroux,
ses enfants,
Françoise Jougla,
son épouse,
Isabelle et Philippe Krafft,
Carole et Marc Delmas,
Véronique et Joey Goverde,
ses enfants,
Victoire, Gisèle, Adèle, Lucille,
Félicien et Mélodie,
ses petits-enfants,
sa sœur et son beau-frère
ont la douleur
de vous faire part du décès de
Jean-Pierre JOUGLA
ingénieur civil
des Ponts et Chaussées,
ses 16 petits-enfants,
ses frères et sœurs
survenu le 24 avril 2018,
à l'âge de 86 ans, à Paris.
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
La cérémonie religieuse
sera célébrée en l'église
protestante unie de l'Étoile,
à Paris (17e),
le lundi 30 avril, à 10 h 30.
Jacques-Marie
du HAMEL de FOUGEROUX
le 27 avril 2018,
dans sa 74e année, muni
des sacrements de l'Église.
La cérémonie religieuse
aura lieu le lundi 30 avril,
à 14 h 30, en l'église
Saint-Hilaire d'Yzernay.
Ses cousins et neveux
des familles d'Hébrail,
de Masfrand, de Briançon
et Decomble
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Germaine d'HÉBRAIL
dans sa 93 année.
e
Une messe, précédant
l'inhumation, sera célébrée
le lundi 30 avril 2018,
à 15 heures, en l'église
Saint-Martin d'Escalquens
(Haute-Garonne).
Cet avis tient lieu de faire-part.
17, avenue d'Italie, 75013 Paris.
Mme Pierre de Metz,
née Christiane de Nercy,
son épouse,
En tes mains, Seigneur,
je remets mon esprit.
Psaume 30.
M. et Mme Robert de Metz,
M. et Mme Jean Schaus,
M. et Mme Jérôme de Metz,
M. Olivier de Metz,
ses enfants,
Mme Henri
Trippier de Lagrange,
son épouse,
Tiphaine et Laurent,
Valérie et Yannick,
Constance et Nicolas,
Séverine, Arthus et Valérie,
Hadelin et Constance,
Mélanie et Benoît, Camille,
Victor et Priscille, Louise,
Virgile, Nina, Joséphine,
ses petits-enfants,
Oscar, Eloïse, Mathilde,
Augustine, Charline, Milo,
Chloé, Raphaël, Victoria,
Pierre, Clémence, Théodore,
Faustine, Adèle, Marine,
Charlotte, Léopold,
ses arrière-petits-enfants,
ont l'immense tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
M. Pierre de METZ
Mme Bertrand Kahn,
son épouse,
Marie-Pierre Kahn,
Claire et Nicolas Potier,
ses enfants,
Hélène, Lise, Madeleine,
ses petites-filles,
chevalier
de l'ordre national du Mérite,
le mercredi 25 avril 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée le lundi 30 avril,
à 11 h 30, en l'église
Notre-Dame-de-Landouar,
à Saint-Jacut-de-la-Mer
(Côtes-d'Armor).
Mme Etienne Kahn,
M. et Mme Alain Dreifuss,
ses belles-sœurs et beau-frère,
ont la tristesse
de faire part du décès de
M. Bertrand KAHN
Christine Pomerantz,
son épouse,
Victor, Augustin,
ses fils,
survenu le 23 avril 2018,
à l'âge de 84 ans.
Claude et Nicole Pomerantz,
ses parents,
Les obsèques ont eu lieu
le 27 avril 2018, au cimetière
du Montparnasse, Paris (14e).
Nicolas et Gina Pomerantz,
Stephen et Nathalie Vernon,
Marc e t Caroline Desumeur,
ses frère, sœurs, belle-sœur
et beaux-frères,
65, boulevard Lannes,
75116 Paris.
ont la douleur
de vous faire part du décès de
Alain et Marie Noëlle
Homberg,
Philippe et Chantal
Champenois,
Didier et Anne
Palluat de Besset,
ses enfants,
ses 10 petits-enfants
et leurs conjoints,
ses 9 arrière-petits-enfants
ont la tristesse de vous
faire part du rappel à Dieu,
le 12 avril 2018,
dans sa 98e année, de
Mme Guy HOMBERG
née Janine Plantet.
La messe d'A-Dieu
a été célébrée le 16 avril 2018,
dans l'intimité familiale,
en la chapelle des Augustines
d'Angers, suivie
de l'inhumation au cimetière
de l'Hôtellerie-de-Flée.
M. Jacques Hubert Dupon,
son époux,
ses enfants, petits-enfants
et arrière-petits-enfants
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Jacqueline HUBERT DUPON
née Moncassin,
survenu le 24 avril 2018,
à l'âge de 94 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée le mercredi 2 mai,
à 10 h 30, en l'église
Saint-Jean-Baptistede-Grenelle, à Paris (15e),
23, place Etienne-Pernet.
L'inhumation aura lieu
à 16 heures, au cimetière
de Sennely (Loiret).
Famille Hubert Dupon,
164, rue de Javel, 75015 Paris.
Paris.
Gy-en-Sologne (Loir-et-Cher).
Mme Susi Breitman,
sa sœur,
Sylvie, Fabienne, Catherine
et Olivier,
ses nièces et neveu,
Alice,
sa petite-nièce,
Volodia,
son petit-neveu,
Mme Gisèle Gaugry,
M. Bernard Heu,
les familles Lassen, Maillard
et Wolrich
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
M. Robert JERA-BEZARD
survenu le 27 avril 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le mercredi 2 mai, à 10 heures,
en l'église de Gy-en-Sologne.
Condoléances sur registres.
Christophe POMERANTZ
Michel et Christiane
Lesprit-Maupin,
Jean-François Lesprit-Maupin,
André et Françoise
Lesprit-Maupin,
ses frères et belles-sœurs,
Pascale, Fabienne et Carole,
Xavier et Agnès,
Sophie et Delphine,
Jean-Baptiste et Christine,
Arnaud, Anne et Caroline,
ses neveux et nièces,
survenu le 25 avril 2018,
à l'âge de 52 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée le vendredi 4 mai,
à 10 h 30, en l'église
Notre-Dame-d'Auteuil,
à Paris (16e).
Cet avis tient lieu de faire-part.
33, avenue Théophile-Gautier,
75016 Paris.
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Jacqueline LESPRIT-MAUPIN
le mercredi 25 avril 2018,
à l'hôpital Foch, à Suresnes.
La cérémonie religieuse
sera célébrée en l'église
Notre-Dame-de-Grâcede-Passy, Paris (16e),
le mercredi 2 mai, à 10 h 30.
Cet avis tient lieu de faire-part.
55, rue de Passy, 75016 Paris.
Romain Daubry,
Julie et Vincent Helluy,
Aurélie Branère,
ses enfants,
Gabriela, sa petite-fille,
Alix et Michel Meyer,
sa sœur et son beau-frère,
et toute la famille
vous font part
du rappel à Dieu de
Caroline
de MARESCHAL de LUCIANE
le jeudi 26 avril 2018,
à l'âge de 68 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée le jeudi 3 mai,
à 10 h 30, en la cathédrale
Saint-Louis de Versailles,
place Saint-Louis, suivie
de l'inhumation au cimetière
des Gonards de Versailles,
19, rue de la Porte-de-Buc.
Romain Daubry,
23, rue Henri-Rochefort,
75017 Paris.
Il a plu au Seigneur
de rappeler à Lui,
le 24 avril 2018,
dans sa 82e année, de
Mme Maurice MILARD
née Christiane Theaud,
expert-comptable.
La cérémonie religieuse
aura lieu en la chapelle de l'Est
du cimetière du Père-Lachaise,
Paris (20e),
le mercredi 2 mai, à 14 h 30,
suivie d'un recueillement
au crématorium, à 15 h 30.
Ni fleurs ni couronnes.
La famille remercie
toutes les personnes
qui s'associeront à sa peine.
De la part de
M. Maurice Milard,
son époux,
et des familles Theaud, Milard
et Johnson.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Accueille Seigneur
en Ta Maison,
Georges POUILLE
fondateur de Tissavel,
décédé à Sion (Suisse),
le 23 avril 2018,
dans sa 92e année.
La cérémonie religieuse
a eu lieu le 26 avril, au centre
funéraire La Platta de Sion.
L'inhumation se fera
ce samedi 28 avril, à 11 heures,
au cimetière de
Neuville-en-Ferrain (Nord),
où reposeront ses cendres
selon sa volonté.
De la part de
Thierry et Sophie Pouille,
Nicholas et Alisson
Klaiber-Pouille
et Mathilde,
Anaïs Pouille,
Alexandre Pouille,
Olivier et Sabine Pouille,
Clémentine, Victoria et Juliette
Pouille,
ses enfants, petits-enfants
et arrière-petite-fille,
Nelly Desmet-Pouille,
sa sœur,
Chantal Arnaud-Tyberghein,
sa belle-sœur,
toute la famille.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Michel Sauret,
son époux,
Dominique et Sylvie,
ses filles,
Nicolas Velle,
son gendre,
Adrien, Alexandre et Anaïs,
ses petits-enfants,
Simone, Suzy, Pierre,
Nicole et Martine,
ses frère et sœurs,
ont la grande tristesse
de vous faire part du décès de
Catherine SAURET
née Raymonde Cuminal,
directrice de l'hôtel
des Mimosas, à Juan-les-Pins,
depuis 1976,
survenu le mardi 24 avril 2018,
à Antibes, à l'âge de 80 ans,
des suites d'une longue maladie
La cérémonie religieuse
sera célébrée le lundi 30 avril,
à 11 heures,
en l'église d'Oradour (Cantal).
le capitaine de vaisseau
et Mme Henri-Bénédict
Trippier de Lagrange,
le comte et la comtesse
Geoffroy
de Baynast de Septfontaines,
M. et Mme Philippe
Trippier de Lagrange,
Mme Christine de Maynard,
le comte Hugues de Maynard,
M. et Mme Antoine Buisset,
M. et Mme
Charles-Ewen Rousselot,
ses enfants,
ses vingt-six petits-enfants,
le comte et la comtesse
Alain d'Achon,
sa sœur et son beau-frère,
ont la douleur
de vous faire part
du rappel à Dieu de
M. Henri
TRIPPIER de LAGRANGE
le 24 avril 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
ce samedi 28 avril, à 10 h 45,
en l'église Saint-Germain
de Rennes (Ille-et-Vilaine).
L'inhumation aura lieu
le même jour au cimetière
de Mayenne (Mayenne).
La famille remercie
les personnes qui se joindront
à sa prière.
Sa famille
a la tristesse de faire part
du décès de
Mlle Monique de VAULX
survenu le 26 avril 2018,
à Melun, à l'âge de 74 ans.
La messe d'enterrement
sera célébrée le mercredi 2 mai,
à 14 h 30, en l'église
Notre-Dame-d'Auteuil,
4, rue Corot, Paris (16e),
suivie de l'inhumation
au cimetière
de Boulogne-Billancourt,
1, rue de l'Ouest.
Alain et Elizabeth Vinay,
Philippe Vinay,
Gérard et Françoise Vinay,
ses enfants,
Clarisse Vinay
et Hervé Citerne,
Dorothée et Cyril Chenal,
Hadrien, Hortense Vinay,
Christophe, Nicolas
et Laurent Vinay,
Hélène Vinay-Lecampion
et Matthieu Lecampion,
Paul, Jeanne et Marie Vinay,
ses petits-enfants,
Chantal et Jean-Jacques
Debout,
Alain de Guerre
et Chantal Vinsot,
Béatrice de Guerre,
Marie Josée et Charles-Henry
Bainville,
Christine de Guerre,
ses enfants,
Recevez
Le FigaRo
ses petits-enfants
et arrière-petits-enfants,
chaque jouR
très touchés des marques
de sympathie qui leur ont été
témoignées lors du décès de
chez vous
Mme Bertrand de GUERRE
née Colette Dartiguenave,
vous prient de trouver ici,
leurs sincères remerciements.
Ses enfants, petits-enfants,
arrière-petits-enfants
et toute sa famille,
très touchés des marques
de sympathie qui leur ont été
témoignées lors du décès de
Mme Jacques MAISONROUGE
née Françoise Féron,
vous prient de trouver ici,
leurs sincères remerciements.
Mme Jean Watine,
sa mère,
Mme Hubert Watine,
son épouse,
ses enfants et petits-enfants,
Recevez Le Figaro
du lundi au samedi,
accompagné des suppléments
et des magazines du week-end.
ainsi que toute sa famille,
très touchés des marques
de sympathie qui leur ont été
témoignées lors du décès,
le 13 avril 2018, de
Hubert WATINE
vous prient de trouver ici,
leurs sincères remerciements.
messes
et anniversaires
A l'occasion de l'ouverture
de la cause de béatification de
6 mois
au lieu de 473,20E
Madame Elisabeth de France
sœur de Louis XVI,
une messe sera célébrée
le jeudi 3 mai 2018, à 19 h 30,
par Mgr Eric Aumonier,
évêque de Versailles, en l'église
Sainte-Elisabeth-de-Hongrie,
195, rue du Temple, Paris (3e).
55% de réduction
sur le prix de vente
en kiosque.
www.madameelisabeth.fr
Amaury, Quitterie, Léandre,
Enola, Malo, Béryl, Salomé,
Jade et Romane,
ses arrière-petits-enfants,
ont la tristesse
de vous faire part du décès
de leur père, grand-père
et arrière-grand-père,
Bernard VINAY
commandeur
de la Légion d'honneur,
inspecteur général
des colonies (c.r.),
ancien directeur
des relations monétaires
internationales
de la Banque des États
de l'Afrique Centrale,
ancien professeur de doctorat
d'économie monétaire
à l'université Paris 1
et de l'Institut international
d'administration publique,
survenu le 25 avril 2018,
dans sa 98e année.
Il a rejoint son épouse,
Yvette Bouland-Vinay
ancienne danseuse étoile,
du Grand Théâtre de Bordeaux
et des Ballets de Monte-Carlo,
présidente-fondatrice
de l'association
Danse et Solidarité,
décédée le 25 avril 2012.
La cérémonie religieuse
aura lieu le mercredi 2 mai,
à 10 h 30, en l'église
Sainte-Jeanne-de-Chantal,
place de la Portede-Saint-Cloud, Paris (16e),
suivie de l'inhumation
au cimetière du Montparnasse.
pvinay@outlook.fr
remerciements
Les moniales de l'Annonciade
38, rue
Jean-François-Marmontel,
à Thiais (Val-de-Marne),
expriment
toute leur reconnaissance
à leurs bienfaiteurs
pour leurs dons en faveur
des travaux de rénovation
de leur monastère
qui débuteront en janvier 2018.
Téléphone : 01 48 84 75 58.
www.annonciade/info.fr
209s
La messe à la mémoire de
l'empereur Napoléon Ier
et des
soldats morts pour la France
sera célébrée
le samedi 5 mai 2018,
à 18 h 30, en la cathédrale
Saint-Louis des Invalides,
à Paris (7e).
Arrivée souhaitée avant 18 h 15.
Eliane MÉDECIN-MANCHET
est décédée il y a dix ans.
Une messe du souvenir
sera célébrée
le samedi 5 mai 2018,
à 12 h 15, en l'église
Saint-Honoré-d'Eylau,
chapelle Sainte-Thérèse,
66 bis, avenue
Raymond-Poincaré, Paris (16e).
abonnez-vous
au FigaRo
À renvoyer dans une enveloppe affranchie à :
LE FIGARO ABONNEMENT
4 rue de Mouchy – 60438 NOAILLES Cedex
OUI, Je m’abonne à la Formule Club
pour 209e au lieu de 473,20e, et je reçois
Le Figaro du lundi au samedi, accompagné
des suppléments et des magazines, pendant 6 mois.
Nom :
Prénom :
Adresse :
Code postal :
Ville :
Té l. :
Pour le premier anniversaire
du rappel à Dieu de
Pierre ROUX
une messe sera dite
à son intention,
le mercredi 2 mai 2018,
à 18 h 30, en l'église
Saint-Pierre-de-Chaillot,
Paris (16e).
Que ceux qui l'ont connu et
aimé aient une pensée pour lui.
souvenirs
Jacqueline LENGLET
Bâle,
le 30 avril 2014...
« Le plus beau présent de la vie
est la liberté qu'elle vous laisse
d'en sortir à votre heure. »
André Breton.
E-mail :
@
Je joins mon règlement par :
en majuscules
Date et signature :
Chèque bancaire ou postal
à l’ordre du Figaro
CB N°
Expire in :
Notez les 3 derniers
chiffres igurant au verso
de votre carte bancaire :
FAP18002
Offre France Métropolitaine réservée aux nouveaux abonnés valable
jusqu’au 31/12/2018. Les informations recueillies font l’objet d’un
traitement informatique pour les besoins de votre abonnement. Sauf
avis contraire, ces informations pourront être conservées et utilisées à
des ins de prospection. En application de la loi Informatique et
Libertés, vous disposez d’un droit d’accès, de rectiication et de
radiation des informations vous concernant que vous pouvez exercer
en vous adressant à : Le Figaro Abonnement, 4 rue de Mouchy –
60438 Noailles Cedex. Si vous ne souhaitez pas que vos données
soient utilisées par nos partenaires à des ins de prospection, veuillez
cocher la case ci-contre ❒.
Nos CGV sont consultables sur www.leigaro.fr
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 28 - dimanche 29 avril 2018
CHAMPS LIBRES
REPORTAGE
13
Les réfugiés palestiniens de Gaza
rêvent toujours d’un « retour »
L
10 km
Mer
Méditerranée
Erez
Gaza Ville
BANDE
DE GAZA
Le temps de la libre circulation
Le sort des réfugiés palestiniens, relégué au second
plan par la signature des accords d’Oslo (1993), est depuis le 30 mars au cœur de larges rassemblements
dans la bande de Gaza. Massés le long de la frontière
avec Israël, des milliers de manifestants invoquent
chaque vendredi leur « droit au retour ». Ils se disent
prêts à franchir la clôture pour « regagner (leurs) terres », le 15 mai, à l’occasion des commémorations de la
« Nakba » (la « catastrophe » jadis vécue par les Palestiniens). L’État hébreu, jugeant sa souveraineté menacée et invoquant l’attitude menaçante de certains manifestants, n’a pas hésité à ouvrir le feu. Une
quarantaine de Palestiniens ont déjà été tués et plus de
1 700 ont été blessés par balles. Les participants rappellent que la résolution 194, adoptée le 11 décembre 1948
par le Conseil de sécurité de l’ONU, prévoyait le « retour » des 700 000 réfugiés qui avaient pris la fuite ou
furent chassés de leurs villages quelques semaines plus
tôt. Mais les dirigeants israéliens ont toujours jugé ce
texte inacceptable. Leur statut se transmettant de génération en génération, les Nations unies recensent
aujourd’hui plus de 5 millions de réfugiés palestiniens
établis à Gaza, en Cisjordanie, et dans les pays voisins.
Leur « retour », plaide la grande majorité des Israéliens, mettrait aussitôt fin au caractère juif du pays.
Turkey al-Touman, 67 ans, ne nie pas que ses revendications constituent pour l’État hébreu une me-
Khan Younès
GAZA
Rafah
ISRAËL
Kerem Shalom
nace existentielle. Le rêve de « retourner » à Isdoud
lui a été inoculé par son père, Mohammed, qui l’a
plusieurs fois emmené visiter les décombres du village. C’était à la fin des années 70, à une époque où les
Palestiniens de Gaza circulaient à peu près librement
en Israël. « La maison familiale avait été rasée, raconte-t-il, mais il restait encore les ruines d’un café, de
l’école et de trois mausolées. » Non loin de ces vestiges, la ville israélienne d’Ashdod est alors en pleine
construction. « J’y ai travaillé en tant qu’ouvrier sur
plusieurs chantiers », raconte Turkey, comme s’il
s’agissait là de la chose la plus naturelle du monde.
Face au silence de son auditoire, il ajoute : « C’est une
période où nous étions assez inconscients. La loi israélienne nous interdisait de retourner nous établir à Isdoud, alors on s’est plus ou moins résignés parce que le
besoin de nourrir notre famille passait avant celui de
retrouver nos racines. Ce n’est que vers le milieu des
années 90, lorsque l’armée s’est mise à multiplier les
checkpoints autour de la bande de Gaza, que nous
avons mesuré notre erreur. Mais il était trop tard : nos
terres étaient devenues inaccessibles. »
L’échec des accords d’Oslo
La famille al-Touman, tout comme de nombreux réfugiés de la bande de Gaza, éprouve à cette époque
des sentiments mélangés. D’un côté on peine à admettre que Yasser Arafat, après avoir si longtemps
promis de reconquérir par les armes les territoires
perdus en 1948, ait reconnu le droit à l’existence
d’Israël. De l’autre, on observe avec une fierté incrédule les honneurs rendus au vieux chef palestinien
au moment des accords d’Oslo. La pelouse de la Maison-Blanche, le prix Nobel de la paix, le retour
triomphal à Gaza… « Avec ces images, nous avons repris espoir. Arafat allait bâtir un État, qu’il pourrait
ensuite utiliser pour obtenir le retour des réfugiés sur
leurs terres », se souvient Turkey al-Touman. Mais le
vent d’optimisme retombe vite. Les dirigeants de la
nouvelle Autorité, engagés dans des négociations
serrées avec Israël, concentrent leurs efforts sur le
tracé des futures frontières et le statut de Jérusalem.
On comprend alors – mais cela ne sera jamais dit
ainsi – que la direction palestinienne s’apprête à
transiger sur les droits des réfugiés. Des solutions
« créatives » sont examinées sous l’égide des ÉtatsUnis, qui proposent la réinstallation en Israël d’un
nombre symbolique de Palestiniens ainsi que l’indemnisation de ceux qui ne seront pas autorisés à revenir. Arafat hésite, les négociations capotent. Le
Hamas, créé au début de la première intifada, n’en
accusera pas moins l’Autorité palestinienne d’avoir
voulu brader les droits des réfugiés.
Vingt ans plus tard, c’est avec une détermination
intacte que les différents membres du clan al-Touman
Les Israéliens ont pensé que nos grandsparents allaient mourir et que nous
finirions par oublier. Mais nous allons
leur montrer qu’ils se sont trompés
DES ADOLESCENTS DE GAZA PARTICIPANT À LA « MARCHE DU RETOUR »
»
défendent leur « droit au retour ». Mais ils n’emploient pas tout à fait, d’une génération à l’autre, les
mêmes mots ni les mêmes intonations. Ayman, le fils
de Turkey, parle d’une demande « sacrée et intangible » tout en concédant que l’objectif est hors d’atteinte – du moins à court terme. Âgé de 43 ans, il a
porté l’uniforme de la police palestinienne jusqu’à sa
mise au chômage technique lors de la prise de pouvoir
du Hamas à Gaza, en 2007. Contrairement à son père,
qui appelle aujourd’hui encore à « reprendre par la
force ce qui a été enlevé par la force », Ayman al-Touman rejette la lutte armée. Après trois guerres meurtrières en une décennie, il ne croit plus à la possibilité
de faire reculer Israël par les armes. « Je mise davantage sur la diplomatie », dit le quadragénaire, qui explique s’être converti par réalisme à la solution des deux
États et sèche un peu lorsqu’on lui demande comment
celle-ci permettra de réaliser les aspirations des réfugiés. « Les temps changent, interrompt Turkey, comme gêné pour son fils. Lorsque je me suis marié, mon
père m’a interdit de faire construire une maison à Gaza
car on allait bientôt rentrer à Isdoud. Mais quand Ayman, il y a quelques années, m’a fait la même demande,
je me suis dit : à quoi bon l’en empêcher ? »
Mohammed, 18 ans, est pour l’heure le dernier de
la lignée. Un jeune Palestinien comme tant d’autres
qui a arrêté l’école en première, n’a pas de travail et
n’est jamais sorti de Gaza. Du village d’Isdoud, il ne
sait pas grand-chose. « Mon grand-père m’en parle
parfois, mais j’ai du mal à me le représenter », avoue
l’adolescent, qui cherche ses mots et évoque « de
vieilles maisons en pierre ». Turkey al-Touman, une
fois de plus, tente d’expliquer. « Quand j’étais enfant,
mon père réunissait régulièrement des anciens du village pour évoquer la vie quotidienne, les travaux des
champs… Mais, avec le temps, les souvenirs commencent à se faire moins précis. »
« Nous sommes devenus des mendiants »
Depuis le 30 mars, c’est notamment pour contrer cet
oubli que les réfugiés de Gaza participent nombreux à
la « marche du retour ». La réduction de l’enveloppe
versée par les États-Unis à l’agence de l’ONU en
charge des réfugiés palestiniens (Unrwa) et des rumeurs prêtant à Donald Trump le projet de réinstaller
cette population dans le désert du Sinaï semblent les
avoir convaincus qu’il y avait urgence. Dans les campements situés aux abords de la frontière, des adolescents scandent sans relâche : « Les Israéliens ont
pensé que nos grands-parents allaient mourir et que
nous finirions par oublier. Mais nous allons leur montrer qu’ils se sont trompés. »
Dans le camp de réfugiés de Khan Younès, le vieux
Mohammed al-Touman compte parmi les derniers
témoins d’un temps révolu. Lorsque les mots lui manquent, il fouille dans sa poche et en exhume un document de papier jauni par les ans. La carte d’identité,
délivrée en 1948 par l’administration britannique,
porte le numéro 369 et précise que cet ouvrier aux
cheveux noirs, aux yeux marron et à la complexion
élancée résidait dans le village d’Isdoud. « Nous étions
heureux et vivions confortablement sur nos terres, alors
qu’ici nous sommes devenus des mendiants. » Perclus
de fatigue, il dit cependant croire que tout n’est pas
perdu. « Un cabanon à Isdoud, soupire-t-il, me rendrait plus heureux qu’un palais à Gaza. » ■
A
a « grande marche du retour », il en a à
peine entendu parler. À 90 ans, Mohammed al-Touman n’a plus guère la
force de quitter sa petite chambre
plongée dans la pénombre. Vêtu d’une
galabieh noire, la tête enveloppée dans
un châle et le visage mangé par sa barbe
blanche, le vieux réfugié attend la fin entouré de sa
nombreuse famille. D’une main tremblante, il énumère : neuf enfants, une quarantaine de petits-enfants, et puis cette nouvelle génération dont il a fini
par perdre le compte. Tous sont nés dans la bande de
Gaza et la plupart n’en sont jamais sortis. Mais chacun, assure-t-il, sait que le berceau du clan al-Touman se trouve ailleurs. Un jour d’octobre 1948, alors
que la rumeur annonçait l’avancée imminente des
troupes israéliennes, Mohammed et une dizaine de
ses proches quittèrent leur village d’Isdoud pour se
réfugier quelques dizaines de kilomètres plus au sud.
Une fois arrivés à Khan Younès, une localité de la
bande côtière, ils furent installés dans des tentes
aménagées à la hâte pour les réfugiés de cette première guerre israélo-arabe. Contrairement à tant
d’autres familles qui conservent jusqu’à ce jour la clé
de leur maison abandonnée, eux sont partis les mains
vides. « Jamais je n’aurais imaginé passer ici le reste de
ma vie, dit-il en promenant un regard désolé sur les
murs peints à la chaux et le toit en tôle de sa modeste
demeure. À l’époque, chacun était convaincu que les
Juifs seraient vaincus en quelques jours tout au plus… »
ËL
Envoyé spécial à Gaza
Ils se mobilisent
depuis le 30 mars
pour réclamer le droit
de retourner sur leurs
terres qu’ils ont fuies
voilà soixante-dix ans.
Leur « retour », plaide
la grande majorité
des Israéliens, mettrait
aussitôt fin au caractère
juif du pays.
RA
£@cyrille_louis
IS
Cyrille Louis
ANAS BABA POUR LE FIGARO
Mohammed al-Touman, 90 ans,
a quitté son village d’Isdoud
durant la première guerre
israélo-arabe pour trouver
refuge dans la bande de Gaza.
La carte d’identité que lui avaient
délivrée les autorités britanniques
en 1948 atteste de son ancien
lieu de résidence.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 28 - dimanche 29 avril 2018 LE FIGARO
14
CHAMPS LIBRES
DÉBATS
Michel Onfray : « La philosophie aide à vivre
sinon elle ne mérite pas une heure de peine »
ENTRETIEN
A
FABIEN CLAIREFOND
Victime d’un AVC
à la fin du mois de
janvier, le philosophe
n’en a pas moins repris
ses différentes activités
très vite après
sa convalescence.
Il publie ces jours-ci
Zéro de conduite,
dernier volume d’un
journal politique ouvert
avant la campagne
présidentielle. Il y décrit,
avec talent et férocité,
la politique comme une
sorte de divertissement
de masse d’où seraient
évacués les véritables
débats intellectuels et
finalement la politique
elle-même.
Dans un entretien
au Figaro, le philosophe
d’interventions
éditoriales et
médiatiques se livre
plus personnellement
et rappelle son rapport
existentiel aux grands
textes philosophiques
ainsi qu’à la poésie.
Faisant l’éloge des
moines et la critique
des chiens de garde de
l’Histoire, Michel Onfray
montre une liberté
totale et une profondeur
qui décourageront
ceux qui veulent le faire
entrer dans les cases
qui lui sont, en général,
destinées. Confidences
d’un athée social, moine
agnostique, homme
de gauche conservateur.
PROPOS RECUEILLIS PAR
VINCENT TRÉMOLET DE VILLERS
£@vtremolet
LE FIGARO. - Vous avez été victime
d’un AVC au mois de janvier.
Quels philosophes vous ont
accompagné en ces temps
d’inquiétude, de fragilité, de fatigue ?
Michel ONFRAY. - Il n’y en a pas eu
beaucoup et je suis naturellement revenu à Marc-Aurèle, qui m’accompagne depuis longtemps dans les moments de tempête de mon existence,
de mon service militaire dans l’infanterie de marine au cancer et à la mort
de ma compagne en passant par mes
pépins de santé, un infarctus et deux
AVC ! Car, n’en déplaise à quelques
danseurs de salon de la discipline, la
philosophie aide à vivre. Sinon, elle ne
mérite pas une heure de peine… J’ai
donc relu et médité Marc-Aurèle et
avec lui les philosophes stoïciens. Les
romains, que j’aime depuis si longtemps… J’avais embarqué avec moi
une biographie de Caton que j’étais en
train de lire dans le train peu avant le
collapsus, un personnage que j’aime
beaucoup, mais la fatigue m’a empêché une lecture suivie. La forme fragmentaire de Marc-Aurèle convenait
mieux. Mais il est vrai que, dans les
premiers jours qui ont été de très grosse fatigue, je me suis même contenté
d’écouter les yeux fermés un enregistrement des Pensées pour moi-même
récupéré sur mon iPhone…
Vous avez frôlé la mort
à deux reprises. En quoi cela
influence-t-il votre art de vivre ?
Je sais que je suis mortel depuis bien
longtemps puisque, fils d’un père qui
le fut tardivement, j’ai toujours craint
cette mort d’un père aimé parce que
son âge me donnait l’impression qu’il
était plus proche du trépas que les parents de mes copains d’école qui
étaient plus jeunes. Voilà pourquoi,
sourions un peu, je témoigne de la
fausseté du complexe d’Œdipe qui n’a
rien d’universel : je n’ai jamais désiré
la mort de mon père et encore moins
coucher avec ma mère… Dès lors,
quand Horace invite à cueillir dès
aujourd’hui les roses de la vie parce
qu’elle est brève, je sais depuis que j’ai
une dizaine d’années qu’il dit vrai.
Seule la conscience aiguë
de la mort fonde le
tragique d’un
être qui lui et
lui seul peut être hédoniste. Sans le
tragique, l’hédonisme est une posture,
une imposture. Il est l’avers d’une médaille dont le revers est la mort.
On vous connaît combatif mais
moins contemplatif, pourtant
de Cosmos en recueil de poèmes,
vous ne perdez rien de la beauté
du monde. Avez-vous parfois
la tentation de la cabane
comme votre cher Thoreau ?
J’ai cette tentation depuis très longtemps… Je crois aux idées que je défends et c’est ce qui justifie chez moi
une activité que je dirais militante depuis des années et dont vous venez de
souligner à juste titre le caractère frénétique : je ne souhaite pas laisser le
monopole d’une vision du monde faire
la loi contre les gens les plus modestes
à l’ère des médias de masse qui endoc-
mes ennemis patienter encore un peu
pour qu’ils obtiennent que je me taise
totalement…
Votre essai sur Alain en témoigne,
tout comme les polémiques Maurras
ou Céline : les zones d’ombre
d’écrivains ou de penseurs
(Alain dans son journal montre des
sympathies hitlériennes et antisémites)
épargnent très peu d’entre eux.
Comment trouver le point d’équilibre
entre l’inventaire biographique
légitime, le tri des textes tout aussi
légitime et la tentation d’une forme
de puritanisme littéraire ?
J’avais donné une conférence sur
Alain, il y a un quart
de siècle maintenant,
aux Amis d’Alain à
Je ne souhaite pas laisser
Mortagne
dans
le monopole d’une vision du monde
l’Orne. J’avais utilisé
faire la loi contre les gens les plus
pour ce faire des extraits de son Journal
modestes à l’ère des médias de masse
cités dans la
qui endoctrinent à tout-va et des réseaux inédit
biographie qu’André
sociaux qui disent n’importe quoi…
Sernin venait de faire
paraître : Alain. Un
sage dans la cité. On y lisait des choses
trinent à tout-va et des réseaux soterribles, notamment qu’Alain préféciaux qui disent n’importe quoi… Je
rait une paix obtenue par une hitléricrois au beau projet de Condorcet qui
sation de l’Europe à une guerre antiproposait de « rendre la raison popunazie conduite par le général de
laire », qui plus est dans une époque
Gaulle ! Les thuriféraires d’Alain
folle qui aime tellement rendre la dém’ont longtemps reproché d’avoir
raison populaire… C’est, à mes yeux,
extrait des phrases, de les avoir sorce qui justifie l’activité philosophique :
ties de leur contexte et d’avoir sali
porter la raison sur les lieux même de
leur héros. Je n’attendais que l’occala déraison.
sion d’une publication de ce Journal
Mais j’ai beaucoup donné pour réalialors invisible pour juger du contexte
ser ce projet depuis des années et,
et, s’il y avait lieu, pour rectifier le tir
l’expérience aidant, je ne sais que trop
et dire que je m’étais trompé. J’ai
qu’il faut toujours
beaucoup parlé de ce Journal inédit à
payer un jour le bien
Le néopuritanisme qui sévit
des éditeurs avant que l’un d’entre
qu’on fait, parce que
eux
ne se décide à le publier. Il m’a
le
don
crée
un
appel
actuellement n’aspire qu’à brûler
proposé une préface, j’ai lu les sept
contre-don chez
des bibliothèques afin de ne plus autoriser de
cents pages avec consternation :
qui ne sait pas receque la lecture de tracts rédigés dans
c’était bien pire que ce que les extraits
voir. Dès lors, ce
nous apprenaient. J’ai fait cette préfacontre-don devient
le volapuk de l’écriture inclusive
ce que l’éditeur a refusée… C’est donc
une
dette
dont
devenu un livre à part entière.
beaucoup
croient
Pour autant, je ne suis pas des néopouvoir s’acquitter par la méchanceté
Cours, publications régulières,
épurateurs qui se font une virginité à
qui fomente les ruptures avec lesquelinterventions médiatiques... votre
peu de frais en invitant à de noules il devient facile de mettre formelemploi du temps est impressionnant.
veaux bûchers – qui supposent en
lement fin à la dette…
Ne craignez-vous pas que vos lecteurs
passant qu’on débaptise des rues : je
L’AVC a été l’occasion pour moi de
même les plus captifs aient du mal
serai le premier à me battre pour que
compter les gens qui m’ont accompaà suivre votre rythme ?
la rue Alain de Paris reste une rue
gné dans ce moment qui m’a fait lonOui, j’en ai bien conscience. J’ai bien
Alain, idem avec une rue Aragon ou
ger dangereusement le gouffre penconscience aussi que je mets mes édiÉluard, eux aussi coupables de comdant quelques jours – une escapade
teurs à la torture… Mais je n’écris pas
plaisances avec le nazisme – je vous
qui a d’ailleurs laissé des traces neupour les lecteurs… Si d’aventure, fairappelle le pacte germano-soviétironales dont d’anciens amis ne se sont
sons un peu de casuistique, je ne deque… Je suis pour qu’on lise Céline et
pas souciés depuis, alors que de révais plus jamais publier quoi que ce
Aragon, Brasillach et Éluard, Maurras
cents ennemis retrouvaient mes
soit à cause d’une cabale des éditeurs,
et Lénine, Alain et… Sartre ou Beaucoordonnées afin de s’offrir ces plaij’écrirais tout de même. L’écriture me
voir ! Il nous faut des historiens, pas
sirs de bord de tombe qui désignent à
permet de mettre de l’ordre dans mes
des épurateurs – même si je n’ignore
coup sûr certains détraqués… Pour
pensées. C’est une diététique existenpas qu’il existe aussi des historiens
tielle et non une performance cultucompter ceux qui auront été là, vraiépurateurs, qui tiennent d’ailleurs le
relle doublée d’une logique marchanment, on peut alors disposer d’une
haut du pavé institutionnel… Des
de… Tout chez moi va, part, revient,
seule main qui peut même être muticontextualisations (de Céline et
converge vers un livre. Je vais fêter
lée… Un double remerciement au pasd’Aragon, d’Alain et de Maurmon centième livre en fin d’année,
sage, si vous me permettez ce messaras, etc.) et non des essentialisations
mais je sais que, s’il le fallait, je n’en
ge personnel, pour un texto reçu de
(le Collaborateur, l’Antisémite, le
sauverais sans état d’âme que trois ou
Pascal Bruckner sur mon lit d’hôpital,
Bolchevique, le Pacifiste, etc.). Le
quatre, qui sont d’ailleurs des recueils
et un autre que je n’oublierai jamais,
néopuritanisme qui sévit actuellede poésie publiés chez Michel Delorme
pour son émouvant contenu, de Régis
ment n’aspire qu’à brûler des biblioaux Éditions Galilée - un éditeur rare
Debray…
thèques afin de ne plus autoriser que
et précieux…
Fort de ces nouveaux progrès dans la
la lecture de tracts rédigés dans le
sagesse, celle des moralistes français
volapuk de l’écriture inclusive, du
que j’aime tant, je suis en train de
genre : Martin.e chez les étudiant.e.s.
réaliser concrètement ces jours-ci le
projet ancien d’une cabane qui aurait
tout de la cellule monacale – mais
Votre dernier livre, Zéro de conduite,
avec vue sur une mer chaude, au pied
décrit le « nouveau monde » comme
d’un volcan…
un monde où la politique serait évacuée.
Selon vous, il s’agit d’un théâtre. Est-il
pour vous fastidieux ou divertissant ?
Que trouvez-vous dans l’écriture :
Tragique… Désespérément tragique…
une fièvre, un apaisement,
Fin de règne et triomphe du nihilisme.
une consolation ?
Tout cela… Un plaisir sans nom, une
Lors de la libération de Tolbiac, j’ai pu
jubilation à nulle autre pareille, un hélire (en regardant un journal télévisé)
donisme sans les déceptions qui l’acl’un des slogans qui avait été tagué sur
compagnent si souvent, un sentiment
toute la longueur d’un amphi : « Le nide plénitude, une occasion de sculptuhilisme plutôt que le capitalisme ! »
re de soi, une ascèse intellectuelle, onQuand le nihilisme est revendiqué
tologique, existentielle s’il me faut
comme bel et bon, nous atteignons son
sortir les gros mots… L’écriture et la
acmé. Or, après le nihilisme, ça n’est
lecture… sont constitutives de mon
plus rien, c’est moins que rien - ce qui,
être. Je vis pour écrire ; j’écris pour viconvenons-en, est peu au regard de ce
vre ; et il me faut lire pour écrire, donc
que fut notre civilisation… ■
pour vivre.
Il me semble que si cet AVC m’avait
rendu aveugle (et c’est passé pas bien
loin de la zone en question…), je me
serais jeté du haut de mon cinquième
■ Zéro
étage sans état d’âme – côté cour
de conduite
pour éviter d’entraîner un passant
Michel Onfray
dans ma mort côté rue… Ne plus pouVous avez publié dans Le Point
un remarquable récit à la Trappe.
Avec ou sans la foi, le monachisme
(silence, étude, délicatesse, travail
manuel) est-il un des derniers refuges
de civilisation ?
Le monachisme est une lumière dans
la tempête, une lueur dans les ténèbres, il est un signe qu’une âme veille,
sereine, calme, en paix, tranquille et
forte. Adolescent, la vie monacale
m’intéressait, et je la souhaitais rude,
celle des chartreux par exemple ou
des bénédictins qui, eux, laissent une
place à l’érudition, mais il me manquait pour cela l’essentiel qui est… la
foi – ou la grâce, c’est comme vous
voudrez… Mais ma vie depuis quatre
décennies est tout entière consacrée à
une quête spirituelle qui a exigé un
renoncement à ce qui fait beaucoup
de la vie dans le monde : le mariage,
la paternité, les mondanités, et, disons-le dans un mot qui exigerait de
longs développements, les futilités.
J’ai renoncé à tout cela avec facilité…
Je ne suis pas bien éloigné que ça de
mon idéal de jeunesse : une vie tout
entière consacrée à obtenir la juste
articulation entre la pensée et l’action, la méditation et la pratique, les
livres et la vie, la lecture et le quotidien. Est-ce un des derniers refuges
de la civilisation ? Je ne sais… Du
moins c’est l’un des derniers refuges
de ce qui fit notre civilisation.
«
»
«
»
voir ni lire ni écrire, ça aurait été pour
moi ne plus pouvoir vivre. Il faudra à
ÉDITIONS DE L’OBSERVATOIRE,
384 PAGES, 19 EUROS.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 28 - dimanche 29 avril 2018
CHAMPS LIBRES
OPINIONS
Natacha Polony
Veuillez cacher cet antisémitisme…
njuste et délirant. » Ainsi
le recteur de la Grande
Mosquée a-t-il qualifié
le manifeste contre
l’antisémitisme
signé pourtant
par des personnalités aussi diverses
que François Pinault, Dominique
Perben ou François Berléand.
Tous ces gens ne seraient-ils que
des inconscients incapables de déceler
l’intention perverse cachée dans
ce texte ? Ou bien seraient-ils
I
«
@
100 000 citations
et proverbes sur evene.fr
ENTRE GUILLEMETS
28 avril 1380 : mort
à Rome de Catherine
de Sienne, docteur
de l’Église.
RDA/BRIDGEMAN IMAGES
Catherine
de Sienne
La patience
est la moelle
de la charité
»
ANALYSE
Jean-Pierre Robin
jprobin@lefigaro.fr
aux Juifs ! » entendus dans les rues
de Paris et contre la jonction,
réalisée lors de la manifestation
« Jour de colère » le 26 janvier 2014,
entre un antisémitisme d’extrême
droite, version soralienne, et un
antisémitisme d’extrême gauche,
camouflée derrière l’antisionisme.
Mais la réponse présidentielle
est un peu courte. Ou plutôt, elle
cherche délibérément à construire un
balancement qui n’existe pas en France
pour mieux escamoter le débat lancé
par le Manifeste de Philippe Val.
On ne peut, bien sûr, négliger le fait
que le conflit israélo-palestinien
constitue dans le monde un abcès
de fixation. Et l’on aimerait entendre
des voix s’élever contre la politique
insupportable, mais aussi suicidaire,
de la droite israélienne, qui grignote les
Territoires palestiniens jusqu’à rendre
impossible désormais une solution
à deux États. Suicidaire, car Israël,
avec des citoyens de seconde zone,
ne serait plus l’État démocratique de
ses origines. Il fut un temps, au début
des années 2000, où des intellectuels
français faisaient vivre sur ce sujet un
indispensable débat. Leur silence laisse
croire à une unanimité qui nourrit le
ressentiment et repousse l’antisionisme
dans les franges de l’antisémitisme.
Pour autant, la seule « importation
du conflit entre Israël et la Palestine »
ne suffit pas à raconter ce qui se passe
en France et dans le monde.
La gangrène d’un islamisme qui impose
partout une lecture littéraliste du Coran
- et c’est bien la lettre du Coran, n’en
déplaise à Dalil Boubakeur, mais aussi
la Sîra et les hadiths, toute la tradition
autour de la vie de Mahomet, qui
servent de prétexte aux islamistes ne peut pas être évacuée si facilement.
Le contrôle technique auto est
plus sélectif que le baccalauréat
es changements
de réglementation,
rien de plus banal
en France. C’est même
un festival permanent,
en toute saison, que
de modifier les règles administratives
et les lois. Mais le durcissement
du « contrôle technique des véhicules »
à partir du 20 mai 2018 met les Français
en émoi. Les nouvelles normes résultent
d’une directive de Bruxelles de 2014
et elles vont démultiplier les points
de contrôle (pas moins de 606).
Non seulement l’examen, obligatoire
tous les deux ans, sera plus coûteux,
mais les « contre-visites » deviendront
plus sévères. Le propriétaire du véhicule
défaillant n’aura que 24 heures
pour effectuer les réparations urgentes.
Du coup, nombre d’automobilistes
préfèrent anticiper le rendez-vous pour
échapper à la future réglementation.
Avec des queues interminables dans les
centres agréés (il en existe 6 347 dans
l’Hexagone). Soulignons que même dans
le système actuel, l’opération n’est pas
une simple formalité. Selon le bilan 2017
de l’OTC, l’Organisme technique central,
sur les 17,753 millions de contrôles
techniques effectués, 18,92 % des
véhicules ont dû repasser une contrevisite après les réparations exigées.
Ce taux de rejet est bien plus important
que les échecs au baccalauréat. En 2017,
87,9 % des candidats ont obtenu leur
parchemin, selon les résultats définitifs
du ministère de l’Éducation nationale.
Les Français sont collectivement (de gré
ou de force, réglementation oblige)
plus sélectifs, plus exigeants, pour l’état
de leur véhicule que pour eux-mêmes.
Certes, il y va de la sécurité routière
et de l’environnement. Mais pourquoi
D
Dassault Médias
14, boulevard Haussmann
75009 Paris
Président-directeur général
Serge Dassault
Administrateurs
Nicole Dassault, Olivier
Dassault, Thierry Dassault,
Jean-Pierre Bechter, Olivier
Costa de Beauregard, Benoît
Habert, Bernard Monassier,
Rudi Roussillon
eux-mêmes coupables de nourrir
quelque intention malveillante à
l’égard d’une religion de paix et de ses
croyants, qu’on voudrait implicitement
exclure de la communauté nationale ?
Tel est bien le nœud du problème :
à chaque fois que des voix s’élèvent,
les plus diverses possible, pour tenter
de sortir du déni, de nommer enfin
l’innommable et de poser les bases
d’un rassemblement, de doctes esprits
s’emploient à vider le message
de sa substance et à détourner le débat.
Michel Wieviorka parle d’un manifeste
« partiel et partial » : un antisémitisme
« connu depuis un bon quart de siècle »
et « déjà dénoncé d’abondance ».
Circulez, il n’y a rien à voir, ni surtout
à dire. Puisqu’on en a déjà parlé,
n’est-ce pas, on ne va pas y revenir…
D’autant qu’à nommer cet
antisémitisme islamiste, on en
oublierait l’antisémitisme traditionnel
européen… Comprenez, le véritable
danger en France, c’est la republication
de Céline et Maurras. Mohamed Merah
avait trop lu Rebatet.
On peut ne pas juger indispensable
la publication des pamphlets
antisémites de Céline et, pour autant,
voir dans les arguments de Michel
Wieviorka une brillante façon
de noyer le poisson. La même dont
use Emmanuel Macron, qui, depuis
les États-Unis, a déclaré qu’« il y a deux
racines de ce nouvel antisémitisme.
La première est liée à l’importation
du conflit entre Israël et la Palestine (…).
La deuxième racine est une sorte
d’ancien antisémitisme français,
qui existait au début du siècle et qui
reprend de l’ampleur ».
Cette chronique alerte depuis
des années contre la résurgence
de l’antisémitisme, contre les « mort
SOCIÉTÉ DU FIGARO SAS Directeur des rédactions
14, boulevard Haussmann Alexis Brézet
Directeur délégué des rédactions
75009 Paris
Paul-Henri du Limbert
Président
Serge Dassault
Directeurs adjoints de la rédaction
Gaëtan de Capèle (Économie),
Directeur général,
Laurence de Charette (directeur
directeur de la publication de la rédaction du Figaro.fr),
Marc Feuillée
Anne-Sophie von Claer
(Style, Art de vivre, So Figaro),
de notre économie - son chômage
endémique, ses déficits extérieurs, sa
compétitivité flageolante - sanctionnent
les déficiences des Français eux-mêmes.
Nous ne sommes pas compétitifs sur le
marché mondial du travail, en tout cas pas
à la hauteur de nos prétentions de « pays
riche » qui se doit d’offrir des produits
haut de gamme. Or ce n’est plus le cas du
« made in France », du moins pas assez.
Cette démarche est la bonne et elle
tranche avec les stratégies adoptées
depuis une bonne trentaine d’années
en matière économique et sociale.
On nous a rebattu les oreilles avec
« la crise », pétrolière, mondiale,
financière etc., et les gouvernements
successifs, de gauche
et de droite, se sont
Les Français sont donc
épuisés à colmater
collectivement plus exigeants pour les brèches.
Des préretraites
leur voiture que pour eux-mêmes
sous Mitterrand
aux contrats
de l’enseignement secondaire : « Son rôle
d’apprentissage avec Hollande, on s’est
est de former des élites, sans acception
contenté d’une « gestion statistique » du
d’origine ou de fortune. Du moment
chômage. Au lieu de garantir aux gens
qu’il doit cesser d’être (ou de redevenir)
des compétences et des métiers qualifiés,
un enseignement de classe, une sélection
on a pratiqué une redistribution massive
s’imposera. »
d’argent et d’aides, via l’État. Le mot
Le baccalauréat n’est pas en soi
d’ordre a été le pouvoir d’achat et jamais
un gage de savoir, et les classements
la capacité de chacun à produire. Bref, on
de l’OCDE sur les compétences
a toujours mis la charrue avant les bœufs.
des adultes à maîtriser les calculs
Il s’agit donc d’opérer une révolution
copernicienne. Comme le dit
et la lecture (numératie et littératie)
en témoignent. Sur les 33 pays ayant
l’économiste Patrick Artus, « il faut
participé à l’enquête de l’OCDE, la
traiter les problèmes beaucoup plus
France se retrouve dans le dernier quart,
en amont en non plus en aval (quand
le Japon, la Finlande et les Pays-Bas
les difficultés sont déjà là) ». Les Français
s’adjugeant les premières places.
peuvent bichonner leur voiture autant
qu’ils veulent, mais ils devraient être
C’est sur la base de tels éléments
plus exigeants envers eux-mêmes. Avoir
que l’équipe Macron a entrepris la
« le souci de soi », c’est une question de
réforme de la formation professionnelle
dignité et peut-être le secret du bonheur.
et de l’apprentissage. Car les mécomptes
accepte-t-on par ailleurs si facilement
« des examens en chocolat », pour
reprendre l’expression d’Emmanuel
Macron à propos des étudiants en grève,
à Tolbiac, qui imaginent obtenir
leur diplôme de fin d’année sans avoir
travaillé ?
On objectera que comparaison
n’est pas raison, le contrôle technique
des voitures n’a rien à voir avec celui
des connaissances. Reste que l’inflation
des diplômes, tout comme l’émission
incontrôlée des assignats sous
la Révolution française, contribue
à leur dévalorisation. Et souvenons-nous
de ce que disait Marc Bloch, l’historien
et héros de la Résistance, à propos
«
Anne Huet-Wuillème (Édition,
Photo, Révision),
Arnaud de La Grange
(International),
Étienne de Montety
(Figaro Littéraire),
Bertrand de Saint-Vincent
(Culture, Figaroscope, Télévision)
et Yves Thréard (Enquêtes,
Opérations spéciales, Sports)
»
Directeur artistique
Pierre Bayle
Rédacteur en chef
Frédéric Picard (Édition)
Éditeur
Sofia Bengana
Éditeur adjoint
Robert Mergui
FIGAROMEDIAS
9, rue Pillet-Will, 75430 Paris Cedex 09
Tél. : 01 56 52 20 00
Fax : 01 56 52 23 07
Président-directeur général
Aurore Domont
Direction, administration, rédaction
14, boulevard Haussmann
75438 Paris Cedex 09
Tél. : 01 57 08 50 00
direction.redaction@lefigaro.fr
Moins encore quand l’État qui porte
cette vision et finance ses sectateurs,
l’Arabie saoudite, noue une alliance
dangereuse avec les États-Unis et
Israël, et veut entraîner la France dans
la dénonciation de l’accord nucléaire
avec l’Iran. Mais ce qui se joue dans nos
banlieues, et dans la tête de ceux
qui basculent dans le délire antisémite,
qu’il s’agisse d’assassiner une vieille
dame ou de massacrer des enfants
de 3 ans devant leur école, n’est qu’en
partie déterminé par ces facteurs.
Le ressentiment, la frustration
qui voient se coaguler antisémitisme
et haine de la France germent dans des
esprits culturellement en jachère, livrés
à cet obscurantisme contre lequel se
sont élevées les Lumières. Le Manifeste
contre l’antisémitisme ne prétend
nullement, comme s’en émeuvent
30 imams qui ont réagi dans Le Monde,
que seul un musulman qui s’éloignerait
de sa religion pourrait être pacifiste.
En revanche, il appartient à l’école
- et, dans l’idéal, aux représentants
des religions - d’enseigner la différence
entre l’ordre des croyances et celui
des savoirs. De quoi permettre à un
jeune musulman de ne pas considérer
comme une vérité le caractère incréé
du Coran, et donc d’entrer dans une
forme de distance qui articule l’identité
du citoyen et celle du croyant. Les
imams français n’ont visiblement pas
encore envie d’affronter ces difficultés.
L’école non plus, quand le président
lui-même y prône « la bienveillance
et l’ouverture » plutôt que le savoir
et l’exigence. Les intellectuels encore
moins, dont la grande angoisse est de
passer pour islamophobes. Continuons
donc de débattre de la réédition
de Céline ou de l’antisémitisme
en Hongrie, jusqu’au prochain drame.
VOX
… PHILOSOPHIE
« Le libéralisme
est avant tout une erreur
anthropologique »
Grand entretien
avec le théologien
britannique John Milbank,
théoricien du « blue
socialism »
… POLITIQUE
La droite au défi
de l’islam : grand entretien
avec Frédéric Saint-Clair,
essayiste
… POLITIQUE
ÉTRANGÈRE
En Corée, il faut laisser
sa chance à la paix,
par François Nicoullaud,
diplomate et analyste
politique
Impression L’Imprimerie, 79, rue de Roissy
93290 Tremblay-en-France
Midi Print, 30600 Gallargues-le-Montueux
Ecoprint Casablanca Maroc. ISSN 0182-5852
Commission paritaire n° 0421 C 83022
Pour vous abonner Lundi au vendredi de 7 h à 18h ;
sam. de 8 h à 13 h au 01 70 37 31 70. Fax : 01 55 56 70 11 .
Gérez votre abonnement, espace Client : www.lefigaro.fr/client
Formules d’abonnement pour 1 an - France métropolitaine
Club : 409 €. Semaine : 259 €. Week-end : 209 €.
Imprimé sur papier issu de forêts gérées durablement.
Origine du papier : France. Taux de fibres recyclées : 100%. Ce journal
est imprimé sur un papier UPM porteur de l’Ecolabel européen
sous le numéro FI/37/01. Eutrophisation : Ptot 0.009 kg/tonne de papier.
Ce journal
se compose de :
Édition nationale
1er cahier 16 pages
Cahier 2 Économie
8 pages
Cahier 3 Le Figaro
et vous 12 pages
Sur certaines éditions
Supplément 4
Magazine 128 pages
Cahier TV 72 pages
Supplément 5
Madame 144 pages
Promo portage
Air France Magazine :
diffusion sur une partie
du territoire national
A
CHRONIQUE
15
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 28 - dimanche 29 avril 2018 LE FIGARO
16
Propos recueillis par Anne Fulda
on quatrième livre, Puisque tout passe
(Grasset), est le plus personnel. La
journaliste y expose ses angoisses et ses
questionnements après son éviction du
« 20 heures » de TF1, la disparition de
ses parents ou son 60e anniversaire et
dresse les portraits de quelques proches.
RENCONTRE
S
LE FIGARO. – Dans ce livre, vous ne vous épargnez
pas. Vous parlez de la solitude, de l’âge qui vient,
de vos angoisses, de vos amours. Sans concession.
C’est assez courageux.
Claire CHAZAL. – Je ne sais pas si c’est courageux.
Être courageux en se fixant des défis à soi-même,
ce n’est pas une vertu comme sauver quelqu’un ou
se mettre au service des autres. En revanche, je
suis sincère et dès lors que l’on est sincère, on est
invincible. Intouchable. C’est une garantie absolue
contre les critiques – et il y en aura obligatoirement. J’ajouterais qu’en fait je me fiche complètement de mon image. Je n’ai pas écrit ce livre pour
la rectifier ou la théâtraliser.
Alors pourquoi ? La citation d’Apollinaire de
laquelle est extrait le titre de votre livre, Puisque
tout passe, est « Passons, passons, puisque tout
passe. Je me retournerai souvent ». Vous vous
retournez souvent ? Et sur quoi ?
Je ne me suis pas beaucoup retournée dans ma vie,
ce n’est pas ma nature. Mais là, j’ai voulu regarder
en arrière pour comprendre comment j’étais fabriquée. Pourquoi j’avais ces peurs, ces phobies,
ces angoisses qui m’ont accompagnée toute ma
vie. Comment mon enfance, ce que j’ai reçu en
héritage de mes parents - leur propre souffrance
-, a joué. Laisser quelque chose d’écrit, c’était
montrer que mon métier n’était pas un métier de
gens superficiels et incultes, c’était montrer aussi
que je pouvais laisser une trace. À la télévision, un
journal chasse l’autre, l’écriture est brève, simple.
Et puis il y avait une motivation personnelle. J’ai
écrit ce livre dans une forme d’urgence, de nécessité parce que je suis arrivée à l’âge de 60 ans. C’est
très banal, mais j’ai vu arriver cette échéance avec
un relatif effroi, une forme de hantise. Ce passage a
été d’autant plus difficile qu’il a correspondu, aussi, à la mort de mes parents, au départ de mon fils
de la maison – ce qui est l’ordre des choses – et à
mon départ assez brutal de TF1. Il y a eu comme
une fracture dans ma vie. Écrire m’a permis de
surmonter ce moment difficile.
Claire Chazal : « La notoriété
ne comble pas la solitude »
Dans son dernier livre, qui paraît le 2 mai, celle qui a présenté pendant
vingt-quatre ans le journal télévisé de TF1, le week-end, revient sur quelques
moments importants de sa vie. Une plongée intime sans faux-semblants.
une femme libre, indépendante, volontaire,
sans entraves.
Ce n’est pas un livre d’allégresse, c’est vrai. Il est
peut-être mélancolique mais pas triste, ni nostalgique. Je n’ai pas du tout la nostalgie d’un temps passé. Ni de l’enfance, ni même de la jeunesse. J’ai bien
conscience d’aller un peu à rebours d’une image qui
était un peu lisse. Sans aspérités. On m’a souvent
qualifiée de personnage lisse. C’était mon métier
aussi d’incarner quelque chose de relativement
neutre, d’apparaître apaisée, calme, avançant sans
peur. Tout devait y concourir : le regard, l’attitude,
le sourire, les inflexions de la voix. J’ai renvoyé cet-
te image en luttant intérieurement. Comme beaucoup. Cela dit, je me suis quand même sentie assez
profondément libre. Je n’ai pas vraiment de regrets. J’ai le sentiment d’avoir choisi ma vie et c’est
un très grand privilège. En revanche, je n’ai pas eu
une aptitude à la légèreté. J’avais peur de la vie, de
la vie quotidienne. Traverser une rue, partir en
train était pour moi une source d’angoisse. Ma vie
était faite de peurs et d’angoisses. Comme ma mère,
qui était très forte face aux vraies épreuves mais désarmée par un voyage en Auvergne. Françoise Dolto disait : « N’ayez pas peur de la vie », cela me
convient. C’est exactement ce dont j’ai eu peur.
N
O
U
V
EA
U
Il se dégage finalement une grande mélancolie
de votre livre, une fragilité aussi, en contradiction
avec ce que vous incarnez pour le grand public :
HALTE AUX
DOULEURS
Le paysage
« audiovisuel
SP ORT :
Amé l io r er
sa l ong év i t é
grâce à l’a c t i v i t é
phy sique.
PSYCH O :
Le s mét ho d es
pour sur v i v r e
à u ne v i e ul t r a
conne c t ée.
A
avril - mai - juin
6,90
LE FIGARO SANTÉ VOUS APPORTE CHAQUE TRIMESTRE CONSEILS ET EXPERTISES POUR UNE MEILLEURE SANTÉ.
EN VENTE ACTUELLEMENT
« Laisser quelque chose
d’écrit, c’était montrer
que mon métier n’était
pas un métier de gens
superficiels et incultes,
c’était montrer aussi
que je pouvais laisser
une trace. À la télévision,
un journal chasse l’autre,
l’écriture est brève,
simple. »
chez tous les marchands de journaux et sur www.figarostore.fr
a changé,
les personnalités
sont différentes.
On va moins
s’intéresser
à leur vie.
Ils n’ont pas moins
de talent, mais ils
sont un peu plus
interchangeables,
les journaux
aussi
»
CLAIRE CHAZAL
Vous êtes devenue un personnage public,
souvent seule tout en étant très entourée.
Cette célébrité n’a jamais été pesante ?
C’est ainsi lorsque l’on devient un personnage public. C’est d’ailleurs un statut que j’aime beaucoup.
Il m’apporte toujours une aura de bienveillance, de
chaleur humaine. J’aime énormément ça. Je n’ai
jamais perçu d’agressivité à mon encontre, peutêtre à cause justement de ce côté un peu lisse. Je
n’ai pas du tout souffert de cette espèce de popularité, de la difficulté d’être encore anonyme, au
fond. Les intrusions dans ma vie privée ont empêché ou gêné certaines choses – comme ma grossesse, qui devait rester cachée -, mais, en réalité,
les conséquences de la révélation d’une double vie
ou d’une vie fracturée pèsent surtout sur l’entourage, les familles. Cela a pu être douloureux, bouleversant, mais quand on fait le bilan, j’en retiens
plus la chaleur que ça procure.
Cela dit, la notoriété, c’est un halo chaleureux,
cela pimente une vie, la facilite, apporte des privilèges, mais cela ne comble pas la solitude.
Après vingt-quatre ans au « 20 heures » de TF1,
la notoriété devient un peu comme une drogue.
Vous racontez comment, un jour, après votre
départ de TF1, vous guettez les regards,
lors d’une promenade aux Tuileries,
pour voir si on vous reconnaît…
C’est vrai, c’était un dimanche, j’avais rendezvous avec un ami. Je me suis sentie très anonyme
et un peu perdue, finalement. Je cherchais des regards ce jour-là. C’est arrivé à d’autres moments
de ma vie. Je me souviens de réflexions de chauffeurs de taxi lancées à des moments où je me sentais fragilisée : « Mais ça fait longtemps qu’on vous
voit plus à la télé ! », alors que j’étais passée la veille
sur TF1.
Vous dites qu’être une femme vous a aidée.
Oui. On me l’a dit d’ailleurs. En 1991, j’ai eu trois
propositions pour présenter un « 20 heures », de
TF1, Antenne 2 et la Cinq. J’avais l’âge, j’étais une
femme, j’avais déjà présenté des journaux et j’ai eu
dans ma poche trois lettres d’embauche au même
tarif, 60 000 francs. J’ai choisi TF1 et j’en suis très
contente. J’ai senti qu’il y avait une vraie volonté
de m’embaucher. C’était clair.
À cette époque, on était en plein star-système.
On parlait de « grand-messe », vous étiez
comme une sorte d’« icône ménagère »
entrant dans tous les foyers des Français…
Il y avait une solennité du « 20 heures », avec des
présentateurs qui n’étaient pas interchangeables
et incarnaient encore véritablement un journal,
une chaîne. Lorsqu’il y avait des événements, le
tsunami, les inondations, le 11 Septembre, on avait
le sentiment de faire quelque chose de très important, d’avoir une mission. Il y avait aussi moins de
concurrence et nous évoluions dans un système
économique - avec notamment de gros salaires aujourd’hui révolu, caduc. Je suis partie avec ce
monde. Le paysage audiovisuel a changé, les personnalités sont différentes. On va moins s’intéresser à leur vie. Ils n’ont pas moins de talent, mais ils
sont un peu plus interchangeables, les journaux
aussi.
Il y a un, lorsque Emmanuel Macron a été élu,
la rumeur a couru un temps que vous pourriez
devenir ministre de la Culture. Alors ?
C’était une rumeur sans fondement, mais cela
aurait pu m’intéresser. ■
LUCIEN LUNG POUR LE FIGARO
afulda@lefigaro.fr
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 28 avril 2018 LE FIGARO - N° 22 927 - Cahier N° 2 - Ne peut être vendu séparément - www.lefigaro.fr
> FOCUS
lefigaro.fr/economie
COMMERCE
GRAND TÉMOIN
L’ALLEMAGNE REDOUTE
DES SANCTIONS AMÉRICAINES
SUR L’ACIER PAGE 20
François Pérol s’explique
sur son départ surprise
de BPCE
POUR ANDREW SHENG, « LE MODÈLE
D’ÉCONOMIE DE MARCHÉ LIBÉRALE
EST DÉPASSÉ » PAGE 22
Coup de frein
sur la
croissance en
début d’année
FABRICE NODÉ-LANGLOIS/LE FIGARO, FRANÇOIS BOUCHON/LE FIGARO, RUE DES ARCHIVES/RENE SAINT P
Le PIB français a progressé de 0,3 %
au premier trimestre.
La croissance française n’accélère plus.
Après un deuxième semestre 2017 en
fanfare, elle a retrouvé en début d’année un rythme plus modeste, de 0,3 %.
La consommation est en berne, et l’investissement des entreprises manque
de dynamisme.
Ce tassement n’empêche pas le gouvernement, comme les principaux économistes, de tabler sur une deuxième
moitié d’année plus dynamique et une
croissance pour l’ensemble de 2018
autour de 2 %. Ils estiment en effet que
les dépenses de consommation repartiront sous l’effet de mesures fiscales plus
favorables aux ménages : la baisse
d’une première tranche de taxe d’habitation pour 80 % des ménages et la seconde partie de baisse des cotisations
salariales.
Pour un pays aussi endetté que la France, il est crucial que la croissance reste à
un niveau supérieur aux taux d’intérêt
de long terme. Un croisement des deux
courbes provoquerait une dérive mécanique de la dette.
èCROISSANCE EN BAISSE, TAUX D’INTÉRÊT EN HAUSSE : DANGER SUR LA DETTE PAGE 18
Taxe d’habitation : pas de suppression
pour les résidences secondaires
« Il ne s’agit ni de lassitude ni de fatigue, assure au Figaro
l’ex-président du directoire de BPCE qui a annoncé jeudi
son départ pour la banque Rothschild. Je crois que dix ans,
c’était un temps nécessaire pour faire des choses et un
temps raisonnable pour passer à autre chose. » François
Pérol salue les qualités de Laurent Mignon, son successeur
à la tête d’un groupe « en bonne santé ». PAGE 21
SYNDICAT
Pascal Pavageau
prend la tête
d’un FO divisé
PAGE 19
LA SÉANCE
DU VENDREDI 27 AVRIL 2018
CAC 40
5483,19
+0,54%
DOW JONES (18h)
24253,58 -0,28%
ONCE D’OR
1321,50 (1320,70)
PÉTROLE (lond)
74,590 (74,350)
EUROSTOXX 50
3518,78 +0,36%
FOOTSIE
7502,21 +1,09%
NASDAQ (18h)
6650,12 +0,01%
NIKKEI
22467,87 +0,66%
daires ». Le gouvernement ne veut pas
de nouveau être taxé de faire un cadeau à de riches propriétaires ou aux
étrangers qui possèdent une maison
en France. Surtout, la taxe d’habitation sur les résidences secondaires
rapporte environ 2,5 milliards
d’euros. Ces recettes sont précieuses
alors que l’exécutif cherche à limiter
le coût de la suppression de cette taxe.
Les abonnés aux trains régionaux
paieront leur forfait à moitié prix en
juin. Une manière de les dédommager des grèves d’avril. La SNCF, qui
exploite les liaisons TER pour le
compte des régions, a annoncé cette
mesure vendredi, à la veille d’une
nouvelle séquence de deux jours de
grève, en plein retour des vacances
scolaires. 275 000 personnes sont
titulaires d’un abonnement mensuel
ou annuel au TER. Les non-abonnés
(750 000 passagers chaque jour)
pourront modifier leurs billets jusqu’à
dix jours après leur date de validité.
Ils sont remboursables pendant deux
mois s’ils ne sont pas utilisés. « Les
associations d’usagers voulaient un
geste à la fois simple, lisible et homogène », selon le directeur général des
TER, Franck Lacroix, précisant que la
mesure coûterait à la SNCF « un peu
plus de 10 millions d’euros ». Les associations d’usagers réclamaient une
réduction de 60 %. Les quatre syndicats de la SNCF engagés dans le
mouvement de grève demandaient,
eux, 40 %. La direction de l’entreprise
a choisi de couper la poire en deux.
Pour les TGV, les abonnés annuels
bénéficieront d’une réduction de
30 % sur leur échéance de mai, tandis
que les abonnés mensuels recevront
un bon d’achat. À condition toutefois
que moins d’un train sur trois ait circulé sur leur ligne pendant les jours
de grève.
En Île-de-France, les modalités de
dédommagement seront détaillées
le 17 mai par Valérie Pécresse, présidente d’Île-de-France Mobilités (exStif). Dans la région, les abonnés au
Transilien sont remboursés en fonction du nombre de jours pendant lesquels la SNCF n’a pas été en mesure
d’assurer un train sur trois.
Ce week-end, d’après la direction de
la SNCF, le taux de participation à la
grève est de 28 % parmi les agents
soumis à des déclarations d’intention
(conducteurs, contrôleurs, aiguilleurs). Ce taux passe à 17 % si l’on se
base sur l’ensemble des salariés du
groupe public. « Le trafic est nettement amélioré » par rapport aux
précédentes journées, a commenté
un porte-parole du groupe SNCF.
V. C.
PAGE 19
À moins d’un an
du Brexit, l’économie
Les 25 000 internautes qui ont acheté
le même Picasso peuvent enfin l’admirer britannique flanche
L'HISTOIRE
orsque 25 000 personnes
se disent propriétaires d’une
même œuvre d’art, cela cache
souvent une escroquerie. Sauf
si elles l’ont sciemment acquise
ensemble, via un site Internet
communautaire. C’est le cas d’un tableau
peint par Picasso en 1968, baptisé Buste de
mousquetaire. Depuis vendredi, ce dernier
est exposé au Musée d’art moderne et
contemporain de Genève, pour la première
fois depuis son
acquisiton collective.
Le site QoQa.ch s’était
distingué en décembre
en proposant
à ses clients d’acquérir
collectivement ce
Picasso pour 2 millions
de francs suisses
(1,7 million d’euros). Il
n’a fallu que trois jours
pour vendre
ce Picasso. C’est un
nouveau coup d’éclat
pour QoQa.ch, qui
propose d’habitude à
ses clients des objets
L
usuels, ou des voyages, à prix cassés.
Qoqa s’était déjà fait remarquer en vendant
une Tesla à moitié prix. Le site, qui n’a pas
révélé le nom du vendeur, s’est toutefois
assuré les services d’un expert pour payer
l’œuvre au juste prix. Le musée de Genève
est ravi : « On espère accueillir le plus grand
nombre possible de propriétaires parmi cette
communauté de 25 000 personnes »
confie Lionel Bovier, directeur de ce musée
genevois. Pas d’arrière-pensée pécuniaire.
Chaque propriétaire
de cette œuvre muni
d’une carte numérotée
pourra venir admirer
gratuitement ce buste.
Les retardataires
pourront venir au musée
tout l’été, puisque
le Picasso n’en repartira
qu’en octobre. Le plus
difficile est à venir : les
25 000 copropriétaires
voteront à chaque fois
pour décider de la
destination suivante
de l’œuvre. ■
CHARLES GAUTIER
Ce n’est pas de bon augure à
moins d’un an de la sortie
d’Union européenne de la
Grande-Bretagne. L’économie britannique a subi un
coup de frein en début d’année. Le PIB a progressé sur le
premier trimestre de 0,1 %
par rapport à la période précédente, sa pire performance
depuis cinq ans. Le résultat a
surpris les analystes qui tablaient sur 0,3 %.
«La principale entrave à la
croissance a été le secteur de la
construction, dont l’activité a
diminué de 3,3 % », a expliqué
l’Office des statistiques nationales. Le secteur des services,
moteur clé de l’économie britannique, en particulier dans
la finance, n’a progressé que
de 0,3 %. Sachant que ce sont
surtout les « activités directement liées au consommateur »,
précise l’ONS, qui ont ralenti,
citant les ventes au détail, la
restauration, l’édition et les
biens culturels.
Le Brexit a eu un effet collaté-
ral sur le pouvoir d’achat des
consommateurs. La dépréciation de la livre, consécutive au
vote, a entraîné des pressions
inflationnistes, limitant la
progression des revenus réels.
L’incertitude entourant les
modalités de sortie de la
Grande-Bretagne,
malgré
l’accord trouvé en mars, pèse
sur les milieux d’affaires.
Le coup de froid de la croissance résulte aussi de conditions météo exceptionnelles
cet hiver, même si les besoins
accrus de chauffage ont soutenu la production industrielle.
« Les chiffres aujourd’hui reflètent l’impact d’un temps exceptionnel en mars mais notre économie est solide », a tempéré le
ministre des Finances, Philip
Hammond, mettant en avant
« une croissance ininterrompue
depuis 2010 et un taux de chômage au plus bas depuis quarante ans ». Mais une croissance qui ne cesse de reculer
depuis cinq ans : le FMI table
A.C.
cette année sur 1,6 %.
A
le PLUS du
FIGARO ÉCO
Rien n’est encore officiel, mais chaque
jour qui passe renforce la probabilité
que les propriétaires de résidences secondaires continueront à payer la taxe
d’habitation.
Interrogé par Le Parisien sur le sujet,
Gérald Darmanin, ministre des
Comptes publics, a jugé que « cette
question est légitime, car le président ne
s’est jamais engagé à supprimer la taxe
d’habitation sur les résidences secon-
LA SNCF OFFRE
UNE RISTOURNE
DE 50 % AUX
ABONNÉS DU TER
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 28 - dimanche 29 avril 2018 LE FIGARO
18
L'ÉVÉNEMENT
La croissance française
se tasse en début d’année
lorsqu’il y a
un très bon
chiffre de
croissance,
il y a un léger
tassement
ensuite
»
BRUNO LE MAIRE,
MINISTRE
DES FINANCES
Bruno Le Maire,
ministre
des Finances.
J.-C. MARMARA/
LE FIGARO
Ce ralentissement est essentiellement dû à une consommation atone.
CONJONCTURE Trou d’air pour
l’économie française ? Au premier trimestre, le produit intérieur brut (PIB) de l’Hexagone a
progressé de 0,3 %, selon les
premières estimations de l’Insee.
Soit nettement moins que le trimestre précédent, où il avait crû
de 0,7 %. « La réalité, c’est qu’il
y a eu un quatrième trimestre 2017 qui a été excellent.
Comme
toujours, lorsqu’il y a eu un
très bon chiffre de croissance, il y a
un léger tassement ensuite. Il n’y a
rien de très
surprenant à
tout cela », a
immédiatement
relativisé Bruno
Le Maire, le ministre des Finances, depuis la Bulgarie, où il assistait à une réunion des ministres des Finances de la zone
euro.
Le ralentissement français
était anticipé par la majorité des
experts. Alors que l’Insee visait
0,4 % pour ce premier trimestre,
la Banque de France et l’Observatoire français des conjonctures
économiques (OFCE) misaient
sur 0,3 %. Ce qui n’empêche pas
ces deux maisons de tabler pour
l’ensemble de l’année 2018 sur
une croissance de respectivement 1,9 % et 2 % grâce à un second semestre plus dynamique,
dans la ligne donc des prévisions
du gouvernement.
Pour l’instant, le consensus
des économistes estime ainsi que
l’année 2018 ressemblera à 2017.
Autrement dit, la croissance restera à un niveau solide, mais ne
progressera plus, le pic ayant été
atteint fin 2017. Les divergences
d’appréciation sont plus fortes
pour 2019. Alors que certains
voient la France conserver ce
rythme autour de 2 %, les plus
pessimistes croient que les blocages structurels du pays - productivité faible, formation peu
adaptée à la demande des entreprises… - prendront le dessus et
provoqueront un repli de la
croissance.
«On considère que la croissance est durable, elle est forte en
Europe, a tranché de son côté
Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement. Les différentes mesures que nous avons
prises à la fois sur le marché du
travail mais aussi sur la fiscalité
du capital sont de nature à venir
la renforcer », plaide-t-il.
L’ensemble de ces
prévisions restent bien sûr
suspendues
aux différents
risques qui pèsent
sur l’environnement in-
CROISSANCE
DU PIB
en %
0,7
0,7
ternational : tensions géopolitiques au Moyen-Orient, sur le
marché obligataire aux ÉtatsUnis, guerre commerciale, etc.
Pour revenir au détail du premier trimestre de 2018, le décrochage s’explique surtout par la
faiblesse de la demande intérieure. Dans une note début
avril, l’économiste de l’OFCE,
Mathieu Plane, notait ainsi que
« le premier trimestre sera marqué par une contraction du pouvoir d’achat en raison de la hausse de la fiscalité indirecte et de la
CSG. Cet effet sera temporaire car
“
Les mesures
que nous avons prises
vont renforcer
la croissance
”
BENJAMIN GRIVEAUX,
PORTE-PAROLE DU GOUVERNEMENT
le revenu réel des ménages devrait
s’accroître au cours des trimestres suivants avec une forte accélération en fin d’année sous l’impulsion de la baisse de la taxe
d’habitation et de la seconde
tranche de baisse de cotisations
sociales », avançait-il.
La consommation des ménages est en effet restée atone au
premier trimestre. Elle n’a progressé que de 0,2 % au même
rythme que le trimestre précédent. Plus frappant encore, ce
modeste rebond est entièrement
dû aux dépenses énergétiques qui se sont envolées en raison
des températures
glaciales de février et
mars. La consommation en
biens alimentaires s’est en revanche rétractée (- 0,5 %) pendant la période.
C’est l’un des paradoxes de
cette reprise : la solide conjoncture ne parvient pas à rassurer
les particuliers. La confiance des
ménages, telle que l’Insee la mesure tous les mois, s’est ainsi
maintenue en avril à peine audessus de sa moyenne de long
terme. Ils restent en effet inquiets de leur situation financière personnelle et de leur capacité
à épargner. La difficulté du gouvernement à communiquer clairement sur sa politique fiscale,
notamment sur les mesures qui
permettront de financer la suppression intégrale de la taxe
d’habitation, entretient certainement ce doute.
Ce besoin de thésauriser, assorti à la faiblesse des taux d’intérêt, fait les beaux jours de l’immobilier. Au premier trimestre,
les investissements des ménages
en appartements, maisons, etc.
se sont maintenus au même
rythme de la fin d’année. Un niveau certes moins élevé que
l’euphorie du premier semestre
mais encore très dynamique.
Le ralentissement de la croissance s’explique encore par un
net tassement de l’investissement des entreprises à 0,5 %, sa
plus faible performance depuis la
fin 2016. Ce chiffre est en ligne
0,5
Le premier
trimestre
sera marqué
par une
contraction du
pouvoir d’achat
en raison
de la hausse
de la fiscalité
indirecte et
de la CSG, mais
cet effet sera
temporaire
»
MATHIEU PLANE,
ÉCONOMISTE À L’OFCE
- 0,1 %
Évolution des
exportations
au 1er trimestre
après le très fort
rebond de fin
d’année (+ 2,5 %)
2 218
milliards €
T4 2017
0,9 %
avec les dernières données de
l’Insee sur le climat des affaires
en avril : après avoir atteint un
pic, le principal indicateur de
confiance des industriels a baissé
ces cinq derniers mois.
Le commerce extérieur n’a, de
son côté, pas contribué à la
croissance. Importations et exportations apparaissent en effet
quasi stables depuis la fin de
l’année. ■
A. G.
Croissance de
l’investissement
public au
1er trimestre.
Le plus fort
niveau depuis
2011
CONSOMMATION
DES MÉNAGES
INVESTISSEMENT
DES ENTREPRISES
en % du PIB
en % du PIB
2,4
1,4
0,6
0,6
MARC CHAUMEIL
Comme
« toujours,
1,7
1,6
0,5
0,7
0,3
0,9
0,5
0,2
0,3
0,3
0,2
0,2
0,5
0,5
0,2
0
1 230 milliards €
T1
T1
T2 T3 T4
2017
T1
2018
T1
T2 T3 T4
-0,3
T1
2016
T2 T3 T4
2017
T1
2018
T1
T2 T3 T4
2016
T1
T1
T2 T3 T4
2017
2018
Croissance en baisse, taux d’intérêt en hausse : danger sur la dette
DÉCRYPTAGE
Anne de Guigné
adeguigne@lefigaro.fr
A
T2 T3 T4
2016
DETTE
VARIATIONS
TRIMESTRIELLES,
en milliards €
-0,2
-0,1
T1 2007
Source : Insee
1,2
Pour un pays surendetté comme la
France, un tassement durable de la
croissance serait une particulièrement mauvaise nouvelle. Pour réduire le poids de l’endettement
public dans le produit intérieur
brut (PIB), un gouvernement dispose en effet de deux leviers : la
croissance et l’assainissement
budgétaire (via une baisse des dépenses ou une hausse des recettes).
En 2017, la croissance était bien
présente en France, grâce à la reprise internationale. Mais cela n’a
pas suffi, car aucun effort substantiel n’a été fait pour réduire les dépenses publiques. Le résultat est
sans appel : l’Hexagone est le seul
pays de l’Union européenne, avec
le Luxembourg, à afficher un taux
d’endettement sur PIB en augmentation en un an.
Au-delà de ces deux piliers,
l’évolution de la dette dépend aussi
des taux d’intérêt et de l’inflation.
Son niveau se stabilise en effet
quand le déficit provoque une progression de la dette strictement
égale à celle du PIB. Mais si la
croissance du PIB est inférieure
aux taux d’intérêt, les dépenses
d’intérêt croissent davantage que
le PIB. Dans cette situation, le pays
voit sa dette dériver suivant un effet « boule de neige ». Pour le
stopper, le gouvernement n’a
d’autres choix que resserrer drastiquement sa politique budgétaire.
Ménages et entreprises
très endettés
En 2008, l’Espagne, l’Italie, la Grèce, le Portugal et l’Irlande ont été
confrontés à un tel phénomène,
comme l’a illustré Patrick Artus,
chef économiste de Natixis. Alors
que les taux d’intérêt dépassaient
leur taux de croissance, ces pays
ont dû entreprendre d’intenses efforts
pour
restaurer
leur
solvabilité, en sacrifiant leurs investissements. Ce qui les a momentanément plongés dans la récession. Confrontés aux mêmes
difficultés, les gouvernements
français ont préféré augmenter les
impôts, jusqu’à provoquer le fameux
« ras-le-bol
fiscal ».
Aujourd’hui, le taux d’intérêt à dix
ans du pays tourne autour de
0,8 % quand la croissance est attendue à 2 %. Cette conjoncture
confortable pourrait toutefois ne
pas durer. Lors de la rédaction de
la dernière loi de finances, le Trésor prévoyait que le taux à dix ans
atteigne 1,85 % à fin 2018. Ce pronostic paraît très prudent.
Comme l’a confirmé la Banque
centrale européenne (BCE) jeudi,
la remontée des taux prendra sans
doute plus de temps. Ce qui donne
à la France une marge supplémentaire pour équilibrer son solde primaire (dépenses publiques moins
recettes, hors charges d’intérêt). Il
y a urgence. Si le pays n’a pas remis
de l’ordre dans ses comptes avant
l’éventuel croisement des courbes
des taux d’intérêt et de croissance,
le gouvernement n’aura d’autres
choix que d’opter pour des coupes
brutales dans ses dépenses.
Le sujet est d’autant plus explosif en France que les entreprises
comme les ménages sont également très endettés. Selon les derniers chiffres de la Banque de
France, le total de leur endettement atteint 130 % du PIB, versus
une moyenne de 120 % dans la
zone euro. Une nette remontée
des taux, dans un contexte de faible croissance, se traduira alors
par une augmentation du nombre
de défaillance d’entreprises et un
appauvrissement des ménages via
l’immobilier. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 28 - dimanche 29 avril 2018
ÉCONOMIE
19
La taxe d’habitation ne sera pas supprimée
pour les résidences secondaires
Le ministre Gérald Darmanin a par ailleurs promis que cette réforme se fera sans « tour de passe-passe ».
L’idée
générale du
gouvernement
est de baisser
les impôts
»
GÉRALD DARMANIN,
MINISTRE DE L’ACTION
ET DES COMPTES
PUBLICS
aisés. Or, ce geste, décidé l’été
dernier, coûtera environ 9 milliards supplémentaires.
Pour compenser une partie du
manque à gagner, Gérald Darmanin a confirmé vendredi que
l’exécutif ne devrait pas faire de
cadeau aux propriétaires de résidence secondaire. Cette piste
avait été évoquée dans Le Figaro
par le député LREM Jean-René
Cazeneuve, président de la Délégation aux collectivités locales.
« La question se pose en effet sur
cette taxe (d’habitation sur les résidences secondaires), a donc reconnu le ministre. Cette question
est légitime, car le président ne
s’est jamais engagé à supprimer la
taxe d’habitation sur les résidences
secondaires. »
Un geste pour les maires
Plusieurs raisons poussent le gouvernement à maintenir un niveau
de taxation équivalent sur les
maisons de vacances malgré la
suppression de la taxe d’habitation - selon toutes probabilités via
un rehaussement de la taxe foncière. Le gouvernement ne veut
pas de nouveau être taxé de faire
un cadeau à de riches propriétaires ou aux étrangers qui possèdent
une maison en France. Surtout, la
taxe d’habitation sur les résidences secondaires rapporte environ
2,5 milliards d’euros.
Darmanin. « J’ai entendu
l’inquiétude des entreprises […] et
j’ai décidé de supprimer du Code
général des impôts ces sanctions
spécifiques, vexatoires, qui
pouvaient aller jusqu’à un an de
prison et 15 000 euros d’amende
pour laisser s’appliquer le droit
Les communes et intercommunalités vivent mal la disparition programmée d’un des rares
impôts à leur main. Pour les
amadouer, Gérald Darmanin a
fait un pas en leur direction, vendredi, en évoquant une réforme
qui leur tient à cœur : la révision
des valeurs cadastrales (ou « valeurs locatives ») des habita-
tions. Ces dernières servent de
socle au calcul de la taxe d’habitation et de la taxe foncière. Elles
datent des années 1970 et les élus
locaux poussent pour qu’elles
soient remises au goût du jour.
Cette réforme à haut risque ferait
des gagnants mais aussi des perdants. Pour éviter une révolte
fiscale, le ministre propose donc
Le ministre de l’Action et des
Comptes publics, Gérald Darmanin, a tenu à rassurer les Français
sur la suppression de la taxe d’habitation, vendredi dans une interview au Parisien. Ce sera bien un
cadeau fiscal sans aucune contrepartie demandée aux contribuables. Il n’a toutefois pas précisé
commun », a-t-il précisé.
Dans un communiqué, la
Confédération des PME (CPME)
« se félicite d’avoir été entendue
sur ce point » mais rappelle
« que le rôle des entrepreneurs
n’est pas celui de collecteur
d’impôts ».
G. G.
« comment la mesure sera financée », regrette François Ecalle, expert des finances publiques et président de Fipeco. La suppression de
la taxe d’habitation coûtera environ 20 milliards d’euros en 2020.
Une moitié de cette somme est déjà
comprise dans les prévisions du
gouvernement. Il reste à trouver
9 autres milliards, correspondant à
la suppression de la taxe pour les
20 % de ménages les plus aisés qui
avaient été exclus de la mesure
dans un premier temps.
L’exécutif prépare un grand jeu
de bonneteau pour rembourser aux
communes et intercommunalités la
facture de la suppression de la taxe
d’habitation. Elles devraient se voir
attribuer une partie de la taxe foncière qui est allouée jusqu’à présent
aux départements. Ces derniers recevraient en échange une fraction
des recettes de TVA ou de CSG.
Reste à trouver comment boucher
le trou de plusieurs milliards dans
les caisses de l’État qu’entraînerait
ce transfert de recettes.
Augmenter les impôts
Gérald Darmanin dit compter sur le
boom des recettes fiscales lié à la
croissance. « Il ne faut pas financer
des baisses d’impôts pérennes en
comptant sur la reprise économique
qui, par définition, peut être temporaire, rappelle François Ecalle. Surtout, les recettes inattendues doivent
servir à financer la réduction du déficit ou de la dette, conformément à la
règle édictée par le gouvernement ! »
Le conseiller maître de la Cour
des comptes en disponibilité ajoute
qu’il est difficile pour le gouvernement de trouver des économies
supplémentaires. « On attend toujours les propositions d’économies
structurelles du Comité action publi-
Pascal Pavageau prend la tête d’un FO divisé
Le congrès a exacerbé les tensions entre réformistes et contestataires.
Le successeur de Jean-Claude Mailly va devoir travailler à l’unité.
CÉCILE CROUZEL £@ccrouzel
LILLE
Seul candidat au poste,
Pascal Pavageau a été
élu, vendredi, par le
parlement de la centrale
à 96,83 % des voix.
PHILIPPE HUGUEN/AFP
SOCIAL Le 24e congrès de Force
ouvrière (FO) s’est terminé vendredi au son de ACDC. À l’image du
goût pour le hard rock du secrétaire
général nouvellement élu, Pascal
Pavageau. Mais aussi à l’image
d’une semaine de congrès chahutée. Seul candidat au poste, Pascal
Pavageau a été élu très largement
par le parlement de la centrale vendredi, à 96,83 % très exactement.
Mais ce score ne peut masquer
une réalité : la troisième organisation syndicale française, qui, certes,
a toujours été diverse, est aujourd’hui nettement divisée entre
contestataires et réformistes. À la
tribune, les militants se sont écharpés pendant les trois premiers jours
du congrès, à coups de sifflet d’un
côté et agitation de drapeaux de
l’autre. Avec un point d’accroche :
une mise en œuvre très progressive. « On pourrait appliquer (les
nouvelles valeurs locatives) uniquement sur les nouveaux occupants de locaux, lorsqu’il y a un
changement de propriétaire, a-til avancé. Au final, cette réforme
se mettrait en place progressivement, sur une période d’environ
trente à quarante ans. » ■
Le mystère du financement de la mesure reste entier
Prélèvement à la source : sanctions allégées
Les sanctions prévues
à l’encontre des entreprises
réalisant des erreurs dans
le cadre du prélèvement à la
source, à partir de janvier 2019,
seront allégées, a promis
vendredi le ministre de l’Action
et des Comptes publics, Gérald
Piriac-sur-Mer (Loire-Atlantique). La taxe d’habitation sur les résidences secondaires rapporte
environ 2,5 milliards d’euros chaque année. ARNAUD ROBIN/LE FIGARO MAGAZINE
l’attitude de Jean-Claude Mailly,
numéro un jusqu’à vendredi, lors
des ordonnances ayant réformé le
Code du travail. Les premiers lui
ont vertement reproché de ne pas
avoir appelé à manifester, certains
le traitant de « traître » ou « vendu » ; les seconds l’ont défendu.
« Combien d’adhérents espérezvous gagner avec votre appel à la
grève générale interprofessionnelle ? », a lancé un militant de la fédération de la métallurgie, leader
des réformistes, aux contestataires.
Camouflet pour Mailly
Le point d’orgue de ces tensions a
été atteint avec le vote du rapport
d’activité jeudi : l’abstention a été
assez élevée (12,63 %), et surtout les
voix pour et contre ont été au coude-à-coude (44,2 % et 43,5 %). Un
camouflet pour Jean-Claude Mailly.
Le secrétaire général sortant l’a lu
comme tel et n’a pas assisté à la
dernière journée du congrès. Mais il
a envoyé quelques piques à distance
à son successeur, avec qui les dissensions ont flambé ces derniers
temps. « Je suis redevenu libre ! Discours du nouveau secrétaire général
de FO : Hypocrisie et duplicité. Respect aux militants réformistes », at-il tweeté pendant le discours de
Pascal Pavageau. Ambiance…
Pour recoller les morceaux, le
nouveau secrétaire général a commencé son discours en déclarant
que « l’unité est toujours une réalité
à Force ouvrière ». La résolution générale, qui fixe le cap pour les quatre ans à venir, ménage les uns et les
autres, si bien qu’elle a été adoptée
à la quasi-unanimité. Pour les plus
durs, elle soutient explicitement les
mouvements actuels, et notamment celui des cheminots. Pour les
réformistes, c’est une « perspective
d’une mobilisation interprofessionnelle » qui est évoquée, et non un
appel immédiat. De surcroît, mention est faite de tenter de faire le lien
« avec toutes les confédérations syndicales ». Comprendre : pas question de retomber dans le mano à
mano avec la CGT. D’ailleurs, FO
fera son 1er Mai seul.
Dans la suite de son discours, le
nouveau secrétaire général s’est
montré très offensif envers l’exécutif, multipliant les formules chocs.
« Le gouvernement mène une politique pour les 10 % de premiers de
cordée, au détriment des 90 % de
premiers de corvée », a-t-il martelé, en reprenant une expression de
Jean-Luc Mélenchon.
En paroles, Pascal Pavageau est
plus contestataire que JeanClaude Mailly. Qu’en sera-t-il en
actes, sachant qu’il ne pourra pas
ignorer son aile réformiste, qui
pèse 20 % des troupes ? Et qu’il
devra panser les plaies du congrès,
même si toute la salle s’est levée à
la fin de son discours ? Réponse
dans quelques mois avec la réforme des retraites. ■
que 2022 mis en place par le gouvernement, rappelle-t-il. Ensuite, l’objectif de maîtrise des dépenses
publiques prévue pour ces prochaines années est plus exigeant que tout
ce qui a été fait jusqu’à présent, avec
une croissance contenue entre 0,2 et
0,3 % par an d’ici 2022, contre 1 %
par an observé ces dernières années.
Je ne vois pas comment ils peuvent
faire davantage. »
François Ecalle ne voit qu’une
solution : augmenter les impôts.
« C’est politiquement gênant, mais
je ne vois pas comment ils peuvent
faire autrement. » Au début des années 1990, rappelle-t-il, une taxe
locale sur les revenus avait été votée par la majorité socialiste - puis
retoquée avant même d’être appliquée par la droite fraîchement élue.
Une telle piste a toutefois été fermement écartée vendredi par Gérald Darmanin. ■
G. G.
EN BREF
LA CROISSANCE
ESPAGNOLE RESTE
SOUTENUE
£ Le PIB espagnol a crû de
0,7 % au premier trimestre,
au même rythme que la fin
d’année 2017. Le
gouvernement table sur une
croissance 2018 à 2,7 % après
trois années consécutives
supérieures à 3 %.
GAZ : LES PRIX VONT
AUGMENTER EN MAI
£ Les tarifs réglementés du gaz
naturel, appliqués par Engie à
plusieurs millions de clients en
France, vont augmenter de
0,4 % au 1er mai, reflétant la
progression des prix de gros,
a annoncé vendredi la
Commission de régulation de
l’énergie. Depuis le 1er janvier
2015, les tarifs réglementés
de vente de gaz ont en
moyenne baissé de 14,4 %.
+@
» Rénovation des
logements : mais où
est passé le bonus-malus ?
www.lefigaro.fr/economie
A
FISCALITÉ Le brouillard qui règne autour de la suppression de la
taxe d’habitation à horizon 2020
se disperse peu à peu et laisse entrevoir les contours de la réforme
de la fiscalité locale préparée par
l’exécutif. Le ministre de l’Action
et des Comptes publics, Gérald
Darmanin, a partiellement levé le
voile, vendredi dans Le Parisien,
sur ce geste fiscal à 20 milliards
d’euros en faveur des contribuables.
Emmanuel Macron a promis
durant la campagne présidentielle
la suppression de l’impôt local à
80 % des Français d’ici à 2020,
sans aucune contrepartie. Le doute persistait en revanche sur le
sort réservé aux 20 % de ménages
restants, les plus aisés, pour qui la
taxe sera aussi supprimée à horizon 2020. Pour eux, rien n’avait
jamais été promis et ils pouvaient
craindre que l’État leur reprenne
d’une main ce qu’il leur donnerait
de l’autre.
Gérald Darmanin a tenu à les
rassurer. La suppression de la taxe
sera un cadeau fiscal pour 100 %
des Français. « Il n’y aura pas de
tour de passe-passe où l’on supprime des milliards pour aller les
chercher ailleurs, a-t-il développé. L’idée générale du gouvernement et du président est de baisser
les impôts. »
Le ministre reste en revanche
très flou sur le financement de la
mesure. Probablement parce que
le gouvernement n’a pas encore
trouvé la solution à l’équation financière. La suppression sans
contrepartie de la taxe d’habitation pour 80 % des ménages, qui
coûte 10 milliards d’euros, a été
intégrée dans les prévisions financières. Pas l’extension du domaine
de la promesse fiscale aux 20 %
des ménages restants, les plus
ERIC FEFERBERG/AFP
GUILLAUME GUICHARD
£@guillaume_gui
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 28 - dimanche 29 avril 2018 LE FIGARO
20 ÉCONOMIE
Angela Merkel effectue une visite éclair
à Washington avant la date butoir du 1er mai.
PIERRE-YVES DUGUA £@PDugua
CORRESPONDANT À WASHINGTON
COMMERCE Angela Merkel obtiendra-t-elle de Donald Trump une
exemption de droits de douane sur
l’acier et l’aluminium en provenance de l’Union européenne ? En arrivant à Washington vendredi pour
une visite éclair de 24 heures, la
chancelière allemande en doutait.
L’Allemagne et sa sidérurgie seraient les principales victimes
européennes de l’imposition d’une
surtaxe de 25 % sur l’acier et 10 %
sur l’aluminium importés.
Depuis qu’ils font l’objet de cette
menace le mois dernier, les Européens ont refusé de négocier officiellement avec Washington. « Pas
question d’accorder des concessions
à un pays qui vous menace de sanctions illégales », explique-t-on dans
les capitales européennes. Faute de
« négocier », les dirigeants européens et américains à tous les niveaux se sont toutefois beaucoup
parlé… L’urgence d’une solution
avant le 1er mai, date fixée par le
président Trump pour mettre sa
menace à exécution, est d’autant
plus grande pour l’Allemagne depuis que la Maison-Blanche vient
d’imposer une série de sanctions
frappant la Russie et ses oligarques
amis du président Poutine.
MARTIN MEISSNER/AP
L’Allemagne redoute
des sanctions
américaines
sur l’acier européen
Un ouvrier contrôle des bobines d’acier dans une usine du groupe ThyssenKrupp, à Duisbourg. L’Allemagne
et sa sidérurgie seraient les principales victimes européennes de l’imposition d’une surtaxe de 25 % sur l’acier.
américain a interdit à sept riches
hommes d’affaires russes, douze
sociétés sous leur contrôle, dix-sept
hauts responsables gouvernementaux russes et une société nationale
d’exportation d’armes, d’avoir des
relations bancaires ou commerciales avec des établissements occidentaux. Or des firmes allemandes
ont déjà engagé nombre d’opérations avec des groupes russes, à
l’exemple d’Uniper SE pour le projet de gazoduc russo-européen ou
Contre-mesures
Début avril, en représailles aux
manœuvres russes pour influer sur
les élections américaines, le Trésor
La croissance reste soutenue aux États-Unis
La croissance a moins ralenti
que prévu aux États-Unis
au cours du premier trimestre.
Selon la première estimation,
le PIB américain commence
l’année sur un rythme annuel
de 2,3 %, contre 2,9 % sur la
période précédente. Mais
l’expansion, en général maigre
de janvier à mars, se révèle
plus forte que les 2 % anticipés.
En dépit d’un bond de 3,4 % des
revenus disponibles - ce que
l’on n’avait pas vu depuis 2015 la consommation n’a progressé
que de 1,1 %. L’investissement
des entreprises continue
de soutenir l’activité.
Les dépenses en équipements,
structures et propriété
intellectuelle affichent encore
un gain annualisé solide de
6,1 %. Ces chiffres ne devraient
pas modifier les anticipations de
relèvements de taux de la Fed
au cours des prochains mois.
P.-Y. D. (À WASHINGTON)
de Siemens pour la modernisation
du métro de Moscou.
Cet élément nouveau, et inattendu, place l’Allemagne en position particulière de demandeuse
d’exemptions à l’égard du Trésor. Si
l’on ajoute à cela la grande vulnérabilité de l’Allemagne au risque de
guerre commerciale, compte tenu
de l’importance des exportations
dans son modèle de croissance, Angela Merkel a des raisons de se
montrer plus accommodante
qu’elle ne le souhaiterait à l’égard
d’un Donald Trump qu’elle ne porte
clairement pas dans son cœur.
Dans ce contexte, l’Administration Trump a donné des signaux de
compromis. Selon des sources généralement bien informées, la Maison-Blanche pourrait exempter
l’UE de sanctions dans un premier
temps. Pour sauver la face dans un
second temps, les Européens s’engageraient à négocier une version
simplifiée de l’accord de libreéchange transatlantique abandonné
il y a plus d’un an. Donald Trump y
trouverait son compte, si l’accord
réduisait par exemple les barrières
européennes à l’entrée d’automobiles « made in USA ». L’amélioration
de l’accès des produits pharmaceutiques et agricoles américains au
marché européen intéresse aussi
Washington. Dans la balance, l’Europe apporterait son soutien aux efforts américains pour forcer la
Chine à respecter la propriété intellectuelle des sociétés occidentales et
à ouvrir ses marchés domestiques.
Sauf qu’il n’y a pas de consensus
en Europe sur un tel marchandage.
L’exigence de l’UE d’un accès aux
marchés publics américains pourrait
aussi dissuader Donald Trump de
s’engager dans un tel processus.
Faute de compromis de dernière
minute, les sanctions américaines
sont censées s’appliquer à compter
du 1er mai. Immédiatement des
contre-mesures
portant
sur
3,4 milliards de dollars de produits
américains seraient prises par la
Commission européenne. Une
goutte d’eau dans un océan de
284 milliards de dollars d’exportations américaines vers l’Europe. ■
L’élection turque motivée par une économie en surchauffe
Erdogan, qui redoute un retournement de la croissance, a avancé d’un an et demi le scrutin présidentiel.
DELPHINE MINOUI £@DelphineMinoui
CORRESPONDANTE À ISTANBUL
TURQUIE Et si le facteur économique était le principal déclencheur
des élections anticipées ? Il y a dix
jours, le président turc Recep
Tayyip Erdogan a créé la surprise
en annonçant la tenue du scrutin
présidentiel et législatif le 24 juin soit près d’un an et demi avant la
date initialement fixée. Ses détracteurs y voient une manœuvre politique visant à empêcher l’opposition de s’organiser.
De l’avis des observateurs, c’est
l’économie qui a surtout motivé le
gouvernement à passer à l’action.
Une perception partagée par un
grand nombre de Turcs : selon un
sondage de l’Institut Mediar, 45 %
des personnes interrogées voient
dans la dégradation financière du
pays la principale raison de leur
convocation prématurée aux urnes. « Ce n’est pas une coïncidence
si l’annonce a été faite quelques
jours avant l’augmentation, mercredi 25 avril, des taux d’intérêt par
la Banque centrale. Cette mesure,
qui vise à juguler l’inflation, va
affecter les foyers. De toute évidence, Erdogan a voulu agir au plus vite
avant que l’économie, d’apparence
robuste, ne s’effondre », observe
Atilla Yesilada, spécialiste de la
Turquie chez GlobalSource Partners à Istanbul.
La croissance économique a
longtemps fait le succès d’Erdogan
et de son parti islamo-conservateur, l’AKP, au pouvoir depuis
quinze ans. Lorsque l’AKP fait sa
percée, en 2002, la Turquie est endettée et se trouve sous un plan de
redressement du Fonds monétaire
international. Depuis, elle a remboursé ses emprunts et s’est imposée comme la 17e puissance économique mondiale. Rattrapée par le
conflit syrien et minée par une dérive autoritaire qui s’est accélérée
après le putsch raté de juillet 2016,
la Turquie d’aujourd’hui ne jouit
Sous l’ère de
Recep Tayyip Erdogan
(ici vendredi, à Ankara),
la Turquie s’est imposée
comme la 17e puissance
économique mondiale.
HANDOUT/REUTERS
néanmoins plus de la même stabilité qu’avant. Le tourisme a chuté.
Les investisseurs étrangers sont
plus frileux. Et les Turcs plus prudents. Il n’empêche : en 2017, le
pays a pu se targuer d’être l’une
des économies les plus dynamiques
des pays du G20, avec 7 % de croissance. Un succès favorisé par la
forte consommation des ménages
et de l’investissement privé, tirés
par des baisses d’impôts et une
hausse du crédit. Le gouvernement
s’est également lancé dans de vastes projets d’infrastructure : nouvelles autoroutes, nouveau pont,
nouvel aéroport, qui doit ouvrir à
la fin de l’année à Istanbul, nouveau canal qui doit être creusé parallèlement au Bosphore… Une frénésie qui dope le secteur du
bâtiment mais demeure artificielle.
Chute de confiance
« Certains de ces projets semblent
plus guidés par une volonté du gouvernement d’afficher son dynamisme que par les besoins réels du
pays », souffle un analyste turc, qui
préfère taire son nom. De plus, si
les chiffres de croissance sont encourageants, ils n’ont pas permis
de tempérer les inquiétudes
concernant la santé sous-jacente
de l’économie, marquée par une
inflation à deux chiffres, un large
déficit du compte courant et une
devise affaiblie par des dettes
d’entreprises privées. « À cela
s’ajoutent d’autres signaux inquiétants, comme ces informations selon
lesquelles deux grosses entreprises
turques se sont lancées dans des restructurations financières », constate
pour sa part l’économiste Atilla Yesilada. D’après certains médias, le
Groupe Dogus, qui détient notamment la banque Garanti et Yildiz
Holding, propriétaire de la chocolaterie Godiva, aurait demandé une
restructuration financière de plusieurs milliards de dollars.
Pour nombre d’experts, ces facteurs ne sont pourtant pas encore
assez marqués pour mettre en danger Erdogan et sa formation politique. Atilla Yesilada en est moins
certain. « Les Turcs vont voter avec
leurs portefeuilles, prévient-il. Et ce
n’est pas un bon signe pour l’AKP.
Car la confiance des hommes d’affaires, nombreux à l’avoir longtemps soutenu, a chuté. Il y a aussi
toutes ces entreprises qui font face à
des retards de paiement. De manière
générale, les gens sont inquiets. » ■
Ses déboires dans le diabète continuent d’affaiblir Sanofi
L’insuline Lantus est menacée par les génériques. Ses ventes s’effondrent aux États-Unis.
8,7 %
A
Recul des ventes
de Sanofi
sur les trois premiers
mois de l’année
THOMAS LESTAVEL £@lestavelt
PHARMACIE Sanofi a dévoilé vendredi ses résultats trimestriels peu
engageants. Sur les trois premiers
mois de l’année, le géant tricolore a
vu ses ventes chuter de 8,7 %, à
7,9 milliards d’euros, et le résultat
net de ses activités dégringoler de
10,7 %, à 1,6 milliard d’euros. Si
l’on exclut l’impact défavorable des
taux de change, le tableau est certes
un peu moins noir - les deux indicateurs sont quasi stables. Pas glorieux malgré tout pour le numéro
cinq de l’industrie pharmaceutique,
sachant que les dépenses de santé
progressent beaucoup plus vite que
le PIB mondial. Le directeur général, Olivier Brandicourt, a laissé
entendre que le deuxième trimestre
s’annonçait également difficile. Les
marchés ont peu goûté ces mauvaises nouvelles. L’action a perdu près
de 3 % en Bourse vendredi.
Explication : la franchise de Sanofi dans le diabète (17 % des ventes) fait face à une concurrence de
plus en plus acharnée. Elle a encore
accusé un recul de 27 % de son chiffre d’affaires aux États-Unis et de
10 % dans le monde à taux de change constants. Le Lantus, sa solution
à base d’insuline, star déchue de la
multinationale, est en chute libre
depuis l’expiration de son brevet en
2015. Le concurrent américain Eli
Lilly a lancé un biosimilaire dans la
foulée et ouvert la voie à une guerre
des prix dans laquelle se sont engouffrées d’autres rivales telles que
Novo Nordisk. Les compagnies
d’assurance américaines ont décidé
de moins rembourser ce type de
traitements. Sanofi a tenté de ralentir l’érosion des ventes en menant des actions en justice contre
les concurrents.
« Pancréas artificiel »
La direction affirme pourtant ne pas
être sur la défensive. D’après elle,
son activité dans le diabète devrait
moins décliner dans les trimestres à
venir grâce à l’arrivée de nouveaux
produits et renouer avec la crois-
sance à partir de 2020. Les sceptiques souligneront que la nouvelle
insuline de Sanofi, Toujeo, a marché
moins bien que prévu au premier
trimestre… « Nous cherchons à nous
différencier de nos concurrents mais
si la guerre des prix se généralise,
nous envisagerons un plan B », a admis Olivier Brandicourt il y a un an.
L’innovation sera cruciale dans
les années qui viennent. Le taux de
glucose sera mesuré en continu et
l’insuline administrée automatiquement grâce à des objets connectés et autres patchs cutanés. « Cela
permettra de prendre en compte plus
rapidement les signaux faibles », explique Jean-Christophe Mestres,
expert santé chez IBM. Le fournis-
seur Medtronic a ainsi conçu un
« pancréas artificiel » qui met fin
aux piqûres quotidiennes et injecte
les doses régulièrement. Il devrait
arriver en France en 2019.
Sanofi ne compte pas se laisser
distancer. Le groupe français a fondé en 2016 une coentreprise appelée
Onduo avec Verily, filiale d’Alphabet. La société basée à Boston a
construit une plateforme informatique qui conseille les médecins sur
les insulines les mieux adaptées.
Elle expérimente sa solution depuis
janvier dans trois États américains,
en coopération avec l’assureur Blue
Cross Blue Shield. L’innovation
médicale, dans le diabète comme
ailleurs, passera par la donnée. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 28 - dimanche 29 avril 2018
ENTREPRISES
21
François Pérol : « Ma succession à la tête
du groupe BPCE est ma plus belle réussite »
Après sa démission pour rejoindre Rothschild, le banquier vante l’évidence de son successeur, Laurent Mignon.
PROPOS RECUEILLIS PAR
BERTILLE BAYART £@BertilleBayart
C’est un jeu de chaises musicales
majeur qui s’est joué en quelques
heures. François Pérol, qui a annoncé jeudi sa démission de
BPCE, qu’il dirigeait depuis 2009,
a été remplacé dans la foulée par
Laurent Mignon, son compagnon
de route et le patron de Natixis
depuis 2009 également. Le passage de témoin aura lieu dès le
1er juin. François Pérol rejoindra
alors le groupe Rothschild comme
coprésident du comité exécutif,
en tandem avec Robert Leitao.
LE FIGARO. - Vous avez annoncé
jeudi votre départ de BPCE. C’est
une décision qui paraît soudaine,
inattendue. On quitte rarement
ainsi la tête d’un groupe de plus
de 100 000 salariés !
Quelle mouche vous a piqué ?
Étiez-vous lassé ?
François Riahi,
un énarque pour
diriger Natixis
Devenu président du directoire
du groupe BPCE, Laurent Mignon
laisse vacant son poste de
directeur général de la banque
Natixis. François Riahi,
coresponsable de la banque de
grande clientèle au niveau mondial,
reprendra cette fonction à compter
du 1er juin. L’énarque de 45 ans,
sorti de la promotion Nelson
Mandela aux côtés de Laurent
Wauquiez, a fait ses armes à
l’Inspection générale des finances
à partir de 2001 puis a rejoint
la Direction du budget en 2005.
Il a été nommé deux ans plus tard
conseiller technique à la présidence
de la République sous Nicolas
Sarkozy, en charge de la réforme
des politiques publiques. Repéré
par le secrétaire général adjoint de
l’Élysée François Pérol, il a participé
ensuite au rapprochement des
Caisses d’épargne et des Banques
populaires qui a donné naissance
au groupe BPCE, dont il est devenu
directeur de la stratégie. La crise
financière lui a imposé une mission
délicate : placer les 37 milliards
d’euros d’actifs toxiques dans
une structure dédiée. Passé
par Hongkong où il a dirigé
la plateforme Asie-Pacifique,
il aura à cœur de poursuivre
l’internationalisation de la banque.
T. L.
François PÉROL. - Cela fait presque dix ans que je suis à la tête du
groupe BPCE. Je me suis simplement dit que le moment était
venu d’en transmettre la direction à une personnalité différente, qui aura sa propre énergie et
sa propre manière de faire. C’est
je pense le bon moment pour
moi, pour le groupe BPCE, qui va
bien, et pour mon successeur,
Laurent Mignon, qui est prêt. Les
planètes étaient alignées. Pour ce
qui me concerne, il ne s’agit ni
de lassitude ni de fatigue. Je crois
que dix ans, c’était un temps nécessaire pour faire des choses et
un temps raisonnable pour passer à autre chose. J’ai dirigé le
groupe BPCE avec beaucoup de
plaisir et je tiens à saluer l’ensemble des équipes qui effectuent un travail formidable au
quotidien pour nos clients.
Aujourd’hui, je me lance dans
une nouvelle aventure professionnelle parce qu’à 54 ans c’est
le bon moment. C’est le sel de la
vie que de connaître des expériences différentes.
que vous avez traversées en 2015,
au moment de votre procès
- dont vous êtes sorti blanchi sur les conditions
de votre nomination en 2009 ?
Je ne suis animé par aucun esprit
de revanche. Mais je suis heureux
que le groupe fasse, à l’occasion
de mon départ, la démonstration
de sa maturité. Il prouve par
l’exemple le professionnalisme de
sa gouvernance.
Il ne s’agit ni de
lassitude ni de fatigue.
Je crois que dix ans,
c’était un temps
nécessaire pour faire
des choses et un
temps raisonnable
pour passer à autre
chose
Si votre départ est soudain,
l’annonce de votre succession
est tout aussi rapide…
Et j’en suis très fier ! J’ai toujours
considéré que c’est une responsabilité essentielle pour le dirigeant d’une entreprise de la taille
de BPCE que de préparer sa succession et de faire en sorte que
celle-ci se déroule de façon harmonieuse. Ce qui s’est passé cette semaine est donc à mes yeux
ma plus belle réussite : nous
avons réalisé une transition préparée, maîtrisée et consensuelle.
Le choix de Laurent Mignon a fait
l’unanimité du conseil de surveillance, ainsi que, ou peu s’en
faut, des banques et des caisses
régionales. Je quitte un groupe
en bonne santé et dont la gouvernance est apaisée, mature. Le
contraste avec les conditions de
mon arrivée est saisissant.
N’aurait-il pas été souhaitable que
la gouvernance du groupe prenne
plus de temps avant
de désigner Laurent Mignon ?
Ce n’est pas comme si le sujet
n’avait jamais été évoqué. Nous
l’avions abordé, en particulier
avec Michel Grass, le président
du conseil de surveillance, qui
avait la main et l’autorité sur ce
processus. Nous l’avions fait parce que c’est une bonne pratique
de gouvernance et parce qu’il y a
eu dans mon parcours personnel
des événements qui nous ont
amenés à poser ces questions. Le
nom de Laurent Mignon n’est
Pourquoi Laurent Mignon
est-il à vos yeux le bon choix ?
Il est prêt pour la relève. Nous
avons travaillé ensemble pendant
ces dix ans, et cela a été une entente exceptionnelle, bien que
nous ayons des tempéraments
différents. J’ai apprécié, en toutes
circonstances, sa droiture. Et
c’est surtout un banquier complet, qui a l’expérience de tous nos
métiers : banque
de grande clientèle, banque de
proximité, gestion d’actifs, assurance… Je lui
laisse un groupe
en bonne santé,
financièrement
solide, dont tous
les métiers sont
en croissance et
les équipes, engagées. BPCE a un
plan stratégique
que nous avons
adopté fin 2017, et
qui vise à amplifier
la dynamique de
transformation digitale et technologique.
»
FRANÇOIS PÉROL
Que la Société générale
ait récemment cherché,
dit-on, à le recruter
a-t-il pesé sur votre décision
et votre calendrier ?
J’ai toujours été un adepte de la
guerre de mouvement.
« Je quitte un groupe en
bonne santé et dont la
gouvernance est
apaisée, mature »,
confie François Pérol.
FRANÇOIS BOUCHON/
LE FIGARO
donc pas sorti d’un chapeau. Ni
celui de François Riahi, qui le
remplace à la tête de Natixis. L’un
et l’autre sont prêts, parce qu’ils
ont été préparés. Laurent est
d’évidence le bon patron pour
BPCE. Il est légitime aux yeux des
collaborateurs, des clients et des
actionnaires. Dans ces conditions, pourquoi faire traîner les
choses ? Pourquoi susciter un
débat quand on a déjà la réponse ?
On aime à dire que les groupes
mutualistes et coopératifs se
caractérisent par une gouvernance chaotique. Je ne sais pas si
c’est une règle, mais je suis
heureux que BPCE en soit la belle
exception.
Est-ce pour vous une sorte
de revanche sur les difficultés
Vous rejoignez donc
Rothschild. Peut-on dire,
puisque vous
y avez déjà travaillé,
que vous rentrez à la maison ?
Non, je ne rentre pas à la maison !
Je sais en tout cas que, chez
Rothschild, je vais retrouver de
grands professionnels. Je vais
contribuer au développement de
ce groupe de façon différente de
ce que je faisais il y a - déjà ! treize ans. Je suis très honoré de
la confiance qui m’est faite par
David et Alexandre de Rothschild, et très heureux de démarrer cette nouvelle aventure. ■
L’euro fort fait caler Renault, malgré une croissance des ventes
13,2
milliards
d’euros
de chiffre d’affaires
au premier trimestre,
en hausse de 0,2 %
EMMANUEL EGLOFF £@eegloff
AUTOMOBILE Longtemps, Renault
a été accusé d’être trop français.
Puis trop européen, quand il est
parvenu à sortir de l’Hexagone.
Aujourd’hui, le constructeur tricolore est réellement devenu international, avec une présence très
forte en Russie et en Amérique latine, et significative en Inde ou en
Corée du Sud.
Cela n’est pas sans poser des
problèmes nouveaux. L’évolution
des parités entre l’euro d’un côté
et le peso argentin, le real brésilien, la livre turque et le dollar
américain a en effet lourdement
pénalisé la marque au losange au
premier trimestre.
Sur les trois premiers mois de
l’année, le chiffre d’affaires de Renault s’est établi à 13,2 milliards
d’euros. La croissance est très faible (+ 0,2%) alors que la progression des ventes en volumes est
bien plus importante (+ 4,8%).
Lors d’une conférence avec les
analystes financiers, Clotilde Delbos, la directrice financière du
groupe, a expliqué que l’entreprise
avait fait face à « de forts vents
contraires » au niveau des taux de
change. À taux de change
constant, l’activité aurait en effet
progressé de 5,4 %. « Nous nous
attendions à un impact des devises,
mais pas de cette amplitude », a reconnu Clotilde Delbos.
Cette mauvaise surprise au niveau du chiffre d’affaires a refroidi
les investisseurs. Le titre Renault a
ainsi reculé de 3,15 % lors de la
séance du 27 avril. La confirmation
des objectifs annuels n’a pas été de
nature à les rassurer. Ils portent
sur une croissance du chiffre d’af-
faires, mais seulement à change et
périmètre constants. Et sur un
maintien de la marge opérationnelle de la division automobile à
6 % minimum.
Fort rebond en Russie
Sur la période de janvier à
mars 2018, le constructeur a écoulé 935 041 véhicules dans le monde. La part européenne reste majoritaire, à 52 %. Et Renault
continue de grignoter des parts de
marché sur le Vieux Continent. Ses
immatriculations y ont ainsi progressé de 2,8 % quand le marché
se contente d’une maigre hausse
de 0,6 %, pénalisé par la baisse du
Royaume-Uni (- 12,4 %). Même
en France, qui reste son premier
marché, le constructeur progresse
très légèrement en parts de marché. Ses ventes y sont en hausse de
3,1 %, contre 2,9 % pour le mar-
ché dans son ensemble. Ce dynamisme est largement dû à la marque Dacia, présente en majorité
exclusivement en Europe. La marque low-cost affiche une progression de ses volumes de 13,8 %.
En dehors d’Europe, Renault
profite pleinement du rebond du
marché russe. Depuis l’an dernier,
la marque russe Avtovaz, que
contrôle Renault, est totalement
intégrée dans ses comptes. Pour
son plus grand bonheur. Les ventes de Lada, la marque d’Avtovaz,
s’envolent de 31,3 %, 86 090 unités, et son chiffre d’affaires de
25,8 %, à 716 millions d’euros.
L’Amérique latine, elle aussi, va
beaucoup mieux, avec une croissance des volumes de 21,3 %.
Il n’y a pas, cependant, que des
bonnes nouvelles. Les ventes en
Inde ont chuté de près d’un tiers.
Le constructeur ne parvient pas à
installer la Kwid, son modèle ultra-low-cost dans la durée dans
un marché, il est vrai, très
concurrentiel. La zone Asie-Pacifique est, également, plus difficile
(- 18,6 %). Les difficultés proviennent toutefois moins de la Chine
(ventes en hausse de 50 %, mais la
présence reste faible à 0,4 % de
parts de marché) que de Corée du
Sud, où le constructeur français
possède la marque Renault Samsung Motors.
Cette publication valide, une
nouvelle fois, la stratégie de Carlos
Ghosn, qui souhaite avoir une empreinte mondiale, afin que les zones dynamiques compensent celles plus difficiles. Ces dernières
années, le rebond en Europe et la
croissance en Inde avaient compensé les difficultés en Russie et en
Amérique latine. Désormais, ces
deux zones tirent la croissance. ■
A
Le chiffre d’affaires est en progression de seulement 0,2 % alors que les volumes sont en hausse de 4,8 %.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 28 - dimanche 29 avril 2018 LE FIGARO
22
ENTREPRISES
LE GRAND
ANDREW
SHENG
TÉMOIN
ÉCONOMISTE
mie de marché libérale est dépassé.
Par exemple, il appréhende très
mal la question fondamentale du
changement climatique. L’Occident n’a pas d’idées nouvelles pour
gérer les enjeux essentiels.
PROPOS RECUEILLIS À CERNOBBIO PAR
FABRICE NODÉ-LANGLOIS
£@Fnodelanglois
LE FIGARO. -L’Occident n’est pas
armé pour gérer les enjeux
structurels du siècle, dites-vous.
Pourquoi ?
Andrew SHENG. - Il y a une vraie
différence de ce que j’appelle la
« carte mentale », entre l’Occident
et l’Asie. À l’Ouest, on privilégie les
réglages de précision, la politique
monétaire, par exemple, ou les
ajustements budgétaires mais on
ne s’attaque pas aux grands problèmes structurels, les inégalités
sociales, l’évolution démographique, le changement climatique ou
le développement des nouvelles
technologies. Or, le traitement de
ces problèmes se comptera en décennies. Les Chinois et les Indiens
pensent à l’échelle des décennies.
Cela me rappelle une anecdote…
Quand on demandait au premier
ministre chinois Zhou Enlai :
« Quelles sont les conséquences de la
Révolution française ? », il répondait : « Il est encore trop tôt pour le
savoir. »
Vous estimez que les Chinois
et les Indiens partagent cette vision
à long terme, pourtant
leurs régimes politiques
sont très différents…
Je suis un disciple de Pierre Bourdieu, qui parle de capital social,
d’habitus. Je crois que, si vous
comprenez ces concepts, vous
avez un meilleur modèle pour saisir le monde. À l’inverse, selon ce
qu’on appelle le « consensus de
Washington », l’économie de marché libérale engendre l’équilibre
général. Or, dans les faits, on
constate qu’on s’éloigne de l’équilibre, dans beaucoup de domaines.
Parce que le capitalisme financier a
notamment créé d’immenses inégalités. Il faut une approche holistique pour embrasser tous les
Alors quelles sont les solutions ?
Pour résoudre des problèmes à
long terme, il faut de la stabilité
politique, il faut de la continuité à
la tête des États. Quand vous avez
un plan pour cinq ans et que votre
successeur fait le contraire de
vous, vous revenez à la case départ.
L’économiste,
ancien banquier
central, juge
la théorie
économique
dépassée par
les grands défis
structurels
du siècle.
FABRICE NODÉ-LANGLOIS/LE FIGARO
Ancien régulateur de la banque
centrale de Malaisie puis de l’autorité des marchés de Hongkong
passé aussi par la Banque mondiale, l’économiste Andrew Sheng
dénonce les lacunes de l’économie
de marché occidentale. Il était l’un
des conférenciers du forum Ambrosetti au début du mois, à la Villa
d’Este, sur les rives du lac de Côme,
en Italie.
« L’Occident n’a pas
d’idées pour gérer
les enjeux essentiels »
grands enjeux. En Occident, quand
on a mal à la tête, on prend une aspirine. Mais le mal de tête vient
peut-être d’un autre organe, c’est
cela que j’appelle l’approche holistique.
Vous n’avez pas répondu
sur la différence des régimes
chinois et indiens…
Ces deux pays ont en commun
d’avoir des philosophies très profondes. Et ils ont aussi tous deux de
très
grandes
bureaucraties.
N’oubliez pas que l’effectif du parti
communiste chinois, c’est la population de la France ! Si l’on n’a pas
ces éléments à l’esprit, on ne comprend pas comment ces pays fonctionnent. Cela dit, le communisme
n’est pas une invention chinoise, il
est venu d’Europe, de France, et
s’est inséré dans le confucianisme.
Dans la philosophie chinoise, si
l’homme détruit la nature, il se détruit lui-même. Les Chinois
l’avaient oublié en se convertissant
au capitalisme. Mais la Chine est en
train d’y revenir.
Vous êtes un Chinois de Malaisie,
formé en Angleterre.
Comment vous définissez-vous ?
J’ai étudié à l’université de Bristol.
LES DÉCIDEURS
â ANTOINE COHEN-POTIN
Prix Gaston Phoebus
Pour soutenir la création ou le développement d’une entreprise innovante du
secteur cynégétique ou pour aider à la
formation et à l’apprentissage d’une activité
artisanale liée à la chasse et à la ruralité, le
président du Cercle Gaston Phoebus, qui réunit une centaine de décideurs du monde de la
chasse et de la nature, lance le prix Gaston
Phoebus. Il sera doté d’un montant de cinq
mille euros offerts par le Groupe Rivolier,
mécène du prix, entreprise française leader
de l’industrie et de l’équipement cynégétiques. Le prix sera remis à la fermeture de la
chasse à l’hôtel de Guénégaud.
A
â BENJAMIN SONET
JEAN-FRANÇOIS HESSE
My Balthazar-Transversal
La start-up de mesure digitale dédiée aux
vins et spiritueux cofondée par Benjamin
Sonet, ancien d’Havas, et l’agence de communication de Jean-François Hesse lance le
premier classement des 100 châteaux bordelais « qui comptent » sur Internet. Dans le
sillage du Top 5, composé des prestigieux
Smith Haut Lafitte, Margaux, Yquem, Cos
d’Estournel et Angélus, des outsiders comme
Reignac ou Fleur Cardinale s’imposent aussi
dans la cote.
Il y a
« une
vraie
Mon père a été formé à Lyon et à
Charleroi, en Belgique. Je suis un
pur produit de l’éducation occidentale. Par la suite, j’ai été banquier central en Malaisie, j’ai travaillé à la Banque mondiale, puis à
Hongkong. Je me suis rendu
compte que le système de valeurs
occidental ne permet pas de gérer
les grands problèmes structurels. Il
ne s’attaque qu’aux problèmes superficiels. Il ne distingue pas le signal profond du bruit ambiant. Le
bruit, c’est par exemple le populisme. Mais celui-ci provient des très
fortes inégalités qu’a creusées le
capitalisme. Le modèle d’écono-
Donc, pour vous, les démocraties
occidentales ne sont pas efficaces ?
Peut-être conviennent-elles à
l’Occident, mais peut-être pas à
tous. Je ne dis pas que la vision
eurocentrée n’est pas la bonne,
mais elle n’est pas adaptée au
monde entier. En Asie, on ne croit
pas tant à la théorie qu’en l’expérience.
La dette chinoise qui inquiète
beaucoup, le FMI notamment,
est-ce un vrai problème ?
De court terme ou de long terme ?
La dette chinoise est détenue par
les Chinois et la Chine est un
créancier net. En Chine, la dette
provient beaucoup des banques
publiques qui prêtent aux entreprises publiques. La main droite
prête à la main gauche, ce n’est
donc pas un grand problème. En
outre, quand l’emprunt sert à
construire des infrastructures, des
routes, des voies ferrées, des réseaux de téléphone, tout le monde
est gagnant. En Chine, la banque
sert l’économie réelle, et non l’inverse comme trop souvent en Occident.
Vous insistez beaucoup sur
les inégalités. Elles se creusent
en Inde, en Chine. Sont-elles
des bombes à retardement ?
Je crois que les gens acceptent les
inégalités lorsqu’elles viennent de
la créativité, de la création d’entreprise. En revanche, quand elles
sont creusées par la corruption, la
prédation, ou la confiscation de la
loi au service d’une élite, elles deviennent insupportables. MarieAntoinette disait qu’il n’y avait
qu’à distribuer de la brioche au
peuple. Je crois qu’aujourd’hui,
l’élite est toujours aveugle à la colère du peuple. ■
PAR Carole Bellemare avec Amaury Bucco
Jean-Baptiste Rudelle, le fondateur,
reprend les rênes de la licorne Criteo
Retournement de gouvernance chez le spécialiste
del’e-marketing Criteo.
Dans la tourmente depuis
fin 2017, la licorne française a choisi de rappeler son fondateur et
dirigeant emblématique aux commandes
opérationnelles. Homme du succès de Criteo
et de son introduction en Bourse, Jean-Baptiste Rudelle avait scindé le poste de PDG
début 2016 et confié la direction générale à
Éric Eichmann, tout en conservant la présidence. Mais le départ de plusieurs dirigeants
historiques survenu après la capitalisation
au Nasdaq en 2013 et la récente vulnérabilité
de l’activité face aux superpuissants Gafa ont
eu raison des résultats du groupe. Alors que
le titre s’est effondré en Bourse, l’entreprise
prévoit une baisse de 22 % de son chiffre
d’affaires en 2018.
Cession de sa start-up
de covoiturage à BlaBlaCar
Un contexte peu favorable qui a poussé le
conseil d’administration et l’administrateur
principal Jim Warner à demander au fondateur « de jouer un rôle plus actif pour aider
l’entreprise dans sa prochaine phase de croissance ». Éric Eichmann, 50 ans, ex-McKinsey, se voit donc contraint de quitter le spé-
cialiste du reciblage publicitaire où il était
entré en 2013, après deux ans à la direction
générale. Serial-entrepreneur dans l’âme,
Jean-Baptiste Rudelle n’a donc définitivement pas tourné la page de Criteo. Hasard du
calendrier ou minutieuse planification, le
talentueux quadragénaire vient de céder
dans la foulée Less, sa dernière start-up
créée en 2016 lors de son retrait opérationnel, au roi du covoiturage BlaBlaCar.
Joli coup, donc, pour cet ingénieur de Supélec, tombé dans l’entrepreneuriat à sa sortie
du cabinet de conseil en stratégie Arthur D.
Little, et qui avait rencontré ses premiers
succès en 1999 en lançant l’éditeur de sonneries et logos pour téléphone mobile
Kiwee, revendu en 2004 à American Greetings Interactive. Entrepreneur, donc, mais
aussi passionné d’échecs, de kitesurf, qu’il
pratique notamment en compagnie des
membres de son think-tank d’entrepreneurs, Le Galion Project, mais aussi auteur.
Son livre autobiographique On m’avait dit
que c’était impossible, basé sur son expérience entrepreneuriale, a même remporté le
prix du livre d’économie en 2015. Difficile
d’en savoir beaucoup plus sur cet homme
discret et père de deux enfants, qui possédait
encore fin 2017 quelque 4 % du capital de
Criteo, valorisé 1,7 milliard de dollars. A. B.
différence
de ce que
j’appelle
la « carte
mentale »,
entre
Occident
et l’Asie
»
ANDREW SHENG
Bio
EXPRESS
1946
Naissance dans
le nord de Bornéo,
alors colonie
britannique
de Malaisie
1965
Part étudier
l’économie à Bristol
(Royaume-Uni)
1972
Intègre la banque
centrale de Malaisie
1989
Rejoint la Banque
mondiale
à Washington
1993
Nommé numéro 2
de l’autorité
des marchés de
Hongkong
2011
Président du thinktank Fung Global
Institute
de Hongkong
www.lefigaro.fr/decideurs
â GRAZIA VITTADINI
Airbus
Une femme à la direction technique de
l’avionneur. Grazia Vittadini succède
à Paul Eremenko, parti en novembre
pour United Technologies. Âgée de 48 ans, elle
était vice-présidente exécutive de l’ingénierie
au sein d’Airbus Defence and Space, la branche
militaire et spatiale d’Airbus. Elle sera rattachée
au big boss Tom Enders, lequel fait valoir « ses
vastes compétences en ingénierie et une expertise
industrielle pointue ». L’ingénieure de formation
a misé sur l’avionneur en 2002.
â ÉDOUARD DE ROTHSCHILD
France GalopParisLongchamp
Jour J pour le président de l’association
pilotant la filière des courses de galop,
qui inaugure ce dimanche le nouvel hippodrome
de Longchamp. Modulable, innovant, polyvalent, « vert », ParisLongchamp, conçu par l’architecte Dominique Perrault, a nécessité deux
ans et 140 millions d’euros de travaux. Le site
ambitionne de devenir aussi une destination
majeure du divertissement francilien. Laurent
de Gourcuff, professionnel de l’événementiel,
fondateur de Noctis (AccorHotels), a décroché
un contrat de douze ans pour assurer la restauration, l’animation et la commercialisation des espaces.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 28 - dimanche 29 avril 2018
MARCHÉS
23
Ces valeurs
de la Bourse de Paris qui
atteignent des sommets
QUESTIONS
D’ARGENT AVEC
Oseriez-vous investir
socialement responsable ?
GESTION L’investissement socialement responsable (ISR) offre la
possibilité de faire fructifier son
épargne dans une optique de développement durable en privilégiant
les entreprises vertueuses. Ces placements sont au moins aussi performants que les… irresponsables.
Le luxe et de l’aéronautique font la course en tête.
Ces secteurs représentent l’excellence française.
ANALYSE
ROLAND LASKINE £@RolandLaskine
RECORD À 5 460 points, l’indice
CAC 40 a bénéficié ces dernières
semaines d’une belle remontée. À
la différence des grands indices
américains, tous proches de leurs
plus hauts niveaux, l’indice de référence de la Bourse de Paris reste
très éloigné de ses records du début
des années 2000. Une bonne partie
de notre retard s’explique par une
croissance économique bien moindre que celle constatée au cours de
ces dernières années outre-Atlantique. Nous souffrons aussi d’une
cruelle absence de valeurs technologiques qui, à l’image d’Apple,
Google, Facebook ou Amazon, tirent depuis de nombreuses années
Wall Street vers le haut.
Notre retard par rapport au Nasdaq ou au New York Stock Exchange mérite cependant d’être nuancé.
L’indice général de la Bourse de Paris ne rend en réalité pas totalement compte des belles performances de nombreux grands
groupes français. Une excellence
que se disputent les investisseurs
internationaux et qui explique que
près du quart des valeurs du
CAC 40 culmine aujourd’hui à des
niveaux historiques.
Parmi ces titres figurent nos
deux champions nationaux du
luxe. Ce n’est en effet pas un hasard
si LVMH, premier groupe mondial
de luxe, dont le cours de Bourse a
plus que doublé en cinq ans, s’est
installé en tête des plus fortes capitalisations de la place de Paris, avec
une valeur boursière dépassant les
140 milliards d’euros. LVMH est
une authentique valeur de croissance. Une société « plus pérenne
que certains Gafa », confiait récemment au Figaro Bernard Arnault, le PDG du groupe.
Des multiples élevés
Kering, qui vient d’annoncer une
hausse de 36,5 % de son chiffre
d’affaires trimestriel grâce aux
performances spectaculaires de la
marque Gucci, a vu son cours de
Bourse progresser de 156 % en trois
ans. C’est la plus forte hausse du
CAC 40 sur cette période. Dans le
sillage des affaires de luxe, des
groupes, comme L’Oréal ou Pernod
Ricard profitent eux aussi de l’image d’excellence des produits français, notamment auprès des pays
émergents d’Asie et des États-Unis.
À côté de ces quatre ambassadeurs du « savoir-vivre » à la française, Safran et Airbus, sont également au zénith. Les valeurs
aéronautiques sont portées par des
prévisions de trafic aérien régulièrement revues à la hausse et par
une forte demande de renouvellement des modèles existants. Grâce
à des carnets de commandes pléthoriques, la visibilité sur l’évolution de l’activité est exceptionnelle
et explique que ces titres se traitent
sur la base de multiples de plus de
20 fois les profits attendus cette
année.
À près de 52 euros, Total est aussi
au plus haut. Le pétrolier français a
su faire des choix judicieux en réduisant ses investissements pendant la période de baisse du prix du
Les valeurs françaises sont encore loin de leur record
INDICE CAC 40, en points
6 446 (sept. 2000)
7 000
5 483
6 000
5 000
4 000
3 000
2 000
1 000
1998
1988
27/04/2018
2008
Infographie
Source : Bloomberg
baril de pétrole entre 2014 et 2016.
Le groupe récolte aujourd’hui les
fruits de la vigueur retrouvée du
baril et rassure en menant une généreuse politique de distribution de
dividendes. Le PDG de Total, Patrick Pouyanné, s’est récemment
engagé « à augmenter le dividende
de 10 % sur les trois prochaines
années ».
Toutes ces affaires ont en commun d’offrir une excellente visibilité sur l’évolution de leur bénéfice
qui justifie des niveaux de valorisation supérieurs à la moyenne du
marché. Il convient d’y ajouter
plusieurs autres titres, comme Accor, Cap Gemini, Danone et Schneider Electric, qui ont souffert de
la baisse récente des marchés, mais
sont, eux aussi, revenus près du
sommet.
Les écarts de performances
constatés entre les « premiers de
cordée » du CAC 40 et les autres
s’expliquent par les choix sectoriels
auxquels ont procédé les investisseurs au cours de ces dernières années. D’un côté, les grands fonds
internationaux se sont rués en
priorité sur le luxe, les produits de
consommation, l’aéronautique et
l’automobile. De l’autre, ils ont délaissé le secteur financier (banques
et assurances), les services aux collectivités, la production d’énergie
électrique, la chimie, les groupes
parapétroliers, la grande distribution et les laboratoires pharmaceutiques.
Toute la question est de savoir si
les investisseurs vont continuer
d’acheter les titres qui ont fait la
course en tête au cours de ces dernières années, ou s’ils vont estimer
qu’il est temps de sortir des sentiers
battus en s’intéressant aux valeurs
en retard. Vincent Juvyns, stratégiste chez JP Morgan AM, est
« convaincu que le plus fort potentiel
de hausse se trouve pour les mois à
venir du côté des valeurs décotées ».
Ce spécialiste des marchés estime
que les banques sont, par exemple,
bien placées pour bénéficier de la
remontée des taux d’intérêt qui devrait faire progresser les marges sur
les prêts consentis à la clientèle. Il
précise toutefois que les grands gagnants du moment continueront à
être privilégiés, tant que leurs niveaux de valorisation seront validés par la solidité des perspectives
bénéficiaires. C’est notamment le
cas des valeurs technologiques qui
tirent toujours la cote vers haut. ■
1
à suivre sur
lefigaro.fr/bourse
n
Les matières
premières et les
produits dérivés
n Le crible
des sicav
et des fonds
n Les portefeuilles
de Roland Laskine
n Les cotations
en direct
sur iPhone
Qu’est-ce que
l’investissement
socialement responsable ?
Investir socialement responsable,
c’est investir en fonction de paramètres financiers - niveau des profits, évolution attendue, solidité, etc. -, mais en prenant aussi en
compte des critères extrafinanciers, comme le respect de l’environnement, la politique sociale et
la gouvernance, afin de ne pas s’arrêter au seul compte de résultats.
L’ISR passe principalement par des
fonds collectifs (Sicav ou fonds
commun de placement), dans lesquels les gérants choisissent les titres et valeurs en fonction de l’ensemble de ces critères. Ces fonds
peuvent être achetés en direct, via
un compte titres ou un PEA, ou
dans le cadre de l’assurance vie.
Pour l’Association française de
gestion et le Forum de l’investissement responsable, « l’ISR est un
placement qui vise à concilier performance économique et impact social et environnemental en finançant
les entreprises et les entités publiques qui contribuent au développement durable quel que soit leur secteur d’activités. En influençant la
gouvernance et le comportement des
acteurs, l’ISR favorise une économie
responsable. »
Actuellement, rares sont les établissements financiers à mettre en
avant l’ISR. Cela explique le faible
degré de connaissance du public
sur cette approche. « Mais les choses pourraient changer, prévient
Grégoire Cousté, délégué général
du Forum de l’investissement responsable (FIR), car les pouvoirs publics prévoient d’intégrer une obligation de présenter au moins un
fonds ISR dans chaque contrat d’assurance vie. »
2
L’ISR est-il performant ?
Les fonds ISR n’ont pas à
rougir : ils sont aussi performants que les fonds de même catégorie qui ne prennent pas en
compte les critères extrafinanciers.
Ce sont principalement des fonds
investis en actions, mais il en existe
également des diversifiés ou
d’autres investis en obligations. « Il
n’y a pas de manque à gagner financier en investissant dans l’ISR,
confirme Jean-Paul Raymond, directeur de Quantalys, société spécialisée dans l’analyse de fonds et
l’aide à la construction de portefeuilles financiers. Les fonds ISR
présentent une rentabilité équivalente aux autres. Et l’on retrouve les
mêmes écarts de performances d’un
fonds à l’autre, comme c’est le cas
dans l’univers des fonds classiques. »
Et les fonds ISR pourraient même
devenir plus performants dans
l’avenir. Les marchés financiers ne
prennent, en effet, pas encore totalement en compte ces critères
extrafinanciers, et ils ne valorisent
donc pas à leur juste valeur les efforts consentis dans le domaine de
l’environnement ou du social, par
exemple. Le jour où les opérateurs
de marché examineront de manière systématique ces critères, il est
probable que les entreprises les
plus vertueuses soient plus demandées que les autres et que leurs
cours de Bourse s’apprécient.
3
Comment les reconnaître ?
Cet univers a été pendant
longtemps propice à bien des
abus de langage. Nombre de gérants indiquaient suivre une politique ISR, mais se révélaient souvent
incapables de justifier en quoi elle
influençait leur gestion. Ce n’est
plus le cas désormais. Tout
d’abord, l’Association française de
gestion, en liaison avec Eurosif et le
FIR, impose aux sociétés de gestion
qui se revendiquent de l’ISR de justifier leur politique. Dans un rapport distinct, elles doivent présenter leur démarche générale,
indiquer le ou les objectifs extrafinanciers recherchés (financement
d’un secteur, réduction des risques, etc.), décrire leur méthode
d’analyse des critères ESG. Les
épargnants tentés disposent ainsi
de tous les moyens de vérifier si les
affirmations du gérant ou du vendeur relèvent du « green washing »
ou d’une véritable démarche réfléchie.
Depuis la fin 2016, il existe aussi un
« label ISR » qui permet, en un
coup d’œil, de savoir si un fonds
joue ou non cette carte. Ce label,
conçu par l’État en partenariat
avec des associations et des professionnels, donne l’assurance que la
société de gestion du fonds a bien
mis en place une méthodologie et
des moyens suffisants d’analyse, et
qu’elle prend effectivement en
compte les résultats de ces analyses
dans la construction du portefeuille. Autrement dit, les gérants
doivent dire ce qu’ils font et faire
ce qu’ils disent. Actuellement,
125 fonds sont labellisés, et ce
nombre devrait continuer à croître
dans les prochains mois (voir la liste sur lelabelisr.fr) ■
ÉRIC LEROUX
LA SÉANCE DU VENDREDI 27 AVRIL
JOUR
%VAR.
+HAUTJOUR
+0,46 45,98
+1,37 107,3
+1,5
97,95
-0,05 28,11
+2,86 113,35
+0,36 23,6
+0,52 63,6
-0,02 42,42
+6,65 113,85
-1,03
17,12
+0,37
13,735
+0,19
67,52
+0,73
14,44
-0,62 112,35
+2,96 476,7
+2,26 196,9
+0,63 46,03
+0,44 64,54
+1,17 284,85
+0,48 116,65
+BAS JOUR %CAP.ECH 31/12
45,63
105,85
93,73
27,535
110,3
23,395
62,81
42,1
109,3
16,815
13,555
66,7
14,345
111
463,5
191,85
45,53
63,96
281,3
115,3
0,228
0,239
0,287
0,108
0,415
0,286
0,199
0,184
0,644
0,383
0,183
0,21
0,138
0,273
0,217
0,159
0,021
0,148
0,09
0,228
+6,88
+2,14
+16,78
+2,54
-6,59
-4,83
+2,12
-2,63
+15,13
-6,43
-0,91
-4,22
+0,7
-2,31
+21,3
+6,46
-2,21
+0,08
+15,89
-2,97
JOUR
ORANGE ..............................................15,035
PERNOD RICARD ..................................
137,9
PEUGEOT ..............................................
20,35
♣ 60,74
PUBLICIS GROUPE SA .............................
RENAULT ..............................................
89,16
SAFRAN ..............................................95,24
SAINT GOBAIN ..................................
43,705
SANOFI ..............................................65,16
SCHNEIDER ELECTRIC .............................
74,62
SOCIETE GENERALE ♣
..................................
45,34
SODEXO ..............................................81,5
SOLVAY ..............................................
116,8
STMICROELECTRONICS .............................
18,135
TECHNIPFMC ..................................27,51
TOTAL .............................................. 52,1
UNIBAIL-RODAMCO ..................................
197,35
VALEO .............................................. 54,9
VEOLIA ENVIRON. ..................................
19,695
♣
VINCI .............................................. 82,76
VIVENDI ..............................................21,34
%VAR.
+0,07
+1,36
+0,2
+1,81
-3,15
+0,53
+2,1
-1,73
+0,19
-0,44
+1,49
+1,08
-1,14
-1,4
+0,37
+0,28
-0,18
+0,51
-0,27
-0,74
+HAUTJOUR +BAS JOUR
15,1
138,25
20,57
60,96
90,19
96,12
44,44
66,29
75
45,665
81,5
117,05
18,55
27,8
52,1
198,7
54,94
19,715
83,02
21,55
14,925
136,15
20,11
58,96
88,05
94,5
43,595
64,16
74,18
45,065
80,14
116,05
18,015
27,38
51,66
196,2
54,24
19,52
82,22
21,16
%CAP.ECH
0,24
0,148
0,331
0,335
0,704
0,264
0,489
0,402
0,201
0,318
0,233
0,192
0,282
0
0,151
0,324
0,992
0,206
0,196
0,192
31/12
+3,87
+4,51
+20,02
+7,22
+6,26
+10,86
-4,95
-9,31
+5,31
+5,32
-27,26
+0,78
-0,38
+6,42
+13,15
-6,02
-11,84
-7,43
-2,81
-4,82
LES DEVISES
brésilien, au dollar canadien et au yuan
chinois.
La direction du groupe mise sur le déploiement des nouveaux produits dans de
nombreux pays pour dynamiser la croissance et atteindre ses objectifs annuels.
Elle vise toujours une croissance de son
chiffre d’affaires en base homogène
autour de 4 % et une marge opérationnel-
1 EURO=
1,5975
1,5549
0,877
9,4731
131,95
1,196
1,207
2,9516
11,103
4,8882
21,37
7,6517
80,4645
138,85
AUD
CAD
GBP
HKD
JPY
CHF
USD
TND
MAD
TRY
EGP
CNY
INR
DZD
L’OR
JOUR
VEILLE
31/12
COTATION QUOTIDIENNE ASSURÉE PAR TESSI-CPOR
www.cpordevises.com
LINGOT DE 1KG ENV .....................................................
34510
34510
-0,69
NAPOLEON ..................................................... 204,2
203,1
-1,3
PIECE 10 DOL USA .....................................................
588
588
PIECE 10 FLORINS .....................................................
207
212
-2,73
PIECE 20 DOLLARS .....................................................
1150
1149
-1,54
PIECE 20F TUNISIE .....................................................
204
202
PIECE 5 DOL US (H) .....................................................
299
299
-1,97
PIECE 50 PESOS MEX .....................................................
1307
1307
-0,23
PIECE FR 10 FR (H) .....................................................
111,9
111,9
+1,91
PIECE SUISSE 20F .....................................................
204
204,9
+0,64
PIECE LATINE 20F .....................................................
202
204
-0,44
SOUVERAIN ..................................................... 258
257,9
-1,04
KRUGERRAND .....................................................1139,5
1139,5
+1,85
SICAV ET FCP
VALEURS LIQUIDATIVES EN EUROS (OU EN DEVISES), HORS FRAIS
VALEUR
DATE DE
LIQUID. VALORISAT.
42 rue d’Anjou,
75008 Paris
Tél. : 01 55 27 94 94
www.palatine.fr
SICAV
UNI HOCHE C ................................................
278,49 25/04/18
ESSILOR INTERNATIONAL PÉNALISÉ PAR LES EFFETS DE CHANGE NÉGATIFS
Essilor International a fait état d’une
croissance de ses ventes de 3,2 % sur une
base homogène au premier trimestre, à
1,82 milliard d’euros. En données publiées,
ces dernières ont baissé de 5,8 %. La principale différence entre ces deux chiffres
est un effet de changes négatif de 9,6 %
consécutif à l’appréciation de l’euro face
au dollar, mais également face au réal
MONNAIE
AUSTRALIE ................................................................................
DOLLAR AUSTRALIEN
CANADA ................................................................................
DOLLAR CANADIEN
GDE BRETAGNE ................................................................................
LIVRE STERLING
HONG KONG ................................................................................
DOLLAR DE HONG KONG
JAPON ................................................................................
YEN
SUISSE ................................................................................
FRANC SUISSE
ETATS-UNIS ................................................................................
DOLLAR
TUNISIE ................................................................................
DINAR TUNISIEN
MAROC ................................................................................
DIHRAM
TURQUIE ................................................................................
NOUVELLE LIVRE TURQUE
EGYPTE ................................................................................
LIVRE EGYPTIENNE
CHINE ................................................................................
YUAN
INDE ................................................................................
ROUPIE
ALGERIE ................................................................................
DINAR ALGERIEN
le courante supérieure ou égale à 18,3 %
du chiffre d’affaires.
Les investisseurs ont accueilli cette publication jugée sans grande saveur par une
baisse de 0,62 % du titre, à 112,30 euros, ce
qui porte à 2,31 % son recul depuis le
1er janvier. Ils sont surtout en quête de visibilité sur le calendrier de la mégafusion
annoncée il y a plus d’un an avec le leader
Cybèle Asset Management
37 av. des Champs-Elysées
75008 Paris
Tel. : 01 56 43 62 50
BETELGEUSE ................................................
47,54 19/03/18
BELLATRIX C ................................................
332,92 19/03/18
SIRIUS ................................................56,02 25/04/18
RETROUVEZ
SITE D’INFORMATIONS EXCLUSIVES
WWW.WANSQUARE.COM
rlaskine@lefigaro.fr
mondial des lunettes haut de gamme, l’italien Luxottica. Ce projet de rapprochement a passé avec succès les tests de
l’Union européenne et des États-Unis, qui
l’ont validé sans condition début mars.
Mais il est toujours dans l’attente du feu
vert des autorités chinoises et turques.
Essilor prévoit de finaliser l’opération
d’ici à la fin juin, mais le marché ne dispose
d’aucune certitude sur ce point. Une fois
réalisée, cette fusion permettra aux analystes financiers d’affiner les prévisions
en tenant compte du nouveau périmètre
du groupe. Celui-ci devrait générer un
chiffre d’affaires annuel supérieur à
16 milliards d’euros, sur un marché mondial de l’optique évalué à 100 milliards
d’euros. ■
A
LE CAC
ACCOR .............................................. 45,96
♣
AIR LIQUIDE ..................................
107,3
AIRBUS .............................................. 96,93
ARCELORMITTAL SA ..................................
27,805
ATOS .............................................. 113,35
AXA .............................................. 23,54
BNP PARIBAS ACT.A ..................................
63,57
BOUYGUES ..............................................
42,17
CAPGEMINI ..............................................
113,85
CARREFOUR ..............................................
16,88
CREDIT AGRICOLE ..................................
13,675
DANONE ..............................................67
ENGIE .............................................. 14,435
ESSILOR INTL. ..................................112,3
KERING ..............................................476,7
L'OREAL ..............................................196,9
LAFARGEHOLCIM LTD ..................................
46
LEGRAND ..............................................64,24
LVMH .............................................. 284,4
♣
MICHELIN ..............................................
116
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 28 - dimanche 29 avril 2018 LE FIGARO
24
MÉDIAS et TECH
Amazon accélère encore sa croissance
Le géant de l’e-commerce affiche une santé insolente, portée par sa filiale spécialisée dans les services du cloud.
CORRESPONDANT À WASHINGTON
E-COMMERCE La stratégie de
Jeff Bezos continue de produire
des résultats impressionnants.
Porté par la forte demande de ses
services informatiques, Amazon
affiche au premier trimestre sa
plus solide croissance depuis plus
de six ans. Le géant de Seattle
(État de Washington) affiche un
bond de 125 % de ses profits, à
1,6 milliard de dollars, sur un
gain de 43 % de son chiffre d’affaires, à 51 milliards de dollars.
Même les plus enthousiastes
n’anticipaient pas d’aussi bonnes
performances. Vendredi, le
cours d’Amazon, qui a déjà bondi
de 30 % depuis le début de l’année, gagnait près de 5 % en séance. Son gain de 7 % sur le marché
gris jeudi soir, après la clôture, a
ajouté 12 milliards de dollars au
patrimoine de Jeff Bezos, le patron d’Amazon, promu ces derniers mois « homme le plus riche
du monde ». La fortune du fondateur d’Amazon, devenu aussi
une des bêtes noires du président
Trump, était estimée vendredi
matin par Bloomberg à 134 milliards de dollars.
Si, pour le grand public, Amazon est d’abord un commerçant
en ligne, la société est en fait devenue un conglomérat dont les
marges faibles dans le commerce
sont compensées par des marges
élevées dans les services sur le
cloud de sa filiale Amazon Web
Services (AWS). Le chiffre d’affaires d’AWS s’envole en un an
de 48 % pour atteindre 5,4 milliards de dollars, dégageant un
bénéfice
d’exploitation
de
1,4 milliard de dollars, en hausse
de 57 %. AWS a donc représenté
au premier trimestre 87,5 % des
profits d’Amazon.
« AWS a l’avantage inhabituel
d’avoir commencé avec sept années d’avance avant d’avoir été
confronté à une concurrence du
même esprit. Et notre équipe n’a
jamais ralenti… Voilà pourquoi
nous observons cette remarquable
accélération de la croissance
d’AWS », explique Jeff Bezos. De
fait, Microsoft, IBM, Oracle et
plus récemment Alphabet, la
maison mère de Google, se sont
lancés à la poursuite d’AWS pour
nourrir leur croissance.
La confiance des dirigeants
d’Amazon dans la capacité du
groupe à continuer d’afficher des
performances solides est tout
aussi impressionnante. Ils anticipent encore plus d’un doublement des profits au terme du second trimestre en cours.
Numéro un pour la huitième
année consécutive dans l’indice
de satisfaction des clients aux
États-Unis, Amazon n’a pas peur
non plus d’augmenter de 99 à
119 dollars le prix annuel deman-
La confiance
des dirigeants
dans la capacité
du groupe à continuer
d’afficher des
performances solides
est impressionnante
dé à ses clients Prime. Pour cette
somme, ils obtiennent la gratuité
de port des articles qu’ils commandent et l’accès gratuit à plusieurs services en ligne comme
Prime Video, rival de Netflix dans
la vidéo à la demande. Les recettes de ces abonnements ont déjà
grimpé de 60 % au premier trimestre pour atteindre 3,1 milliards de dollars. Les abonnés à
Amazon Prime pourront bientôt
aussi regarder en ligne les matchs
de la Ligue de football américain
JEAN-CHRISTOPHE MARMARA/LE FIGARO
PIERRE-YVES DUGUA £@PDugua
du jeudi soir, grâce à un contrat
de 130 millions de dollars tout
juste signé avec la National Football League.
Les
résultats
trimestriels
d’Apple sont attendus après la clôture du Nasdaq le 1er mai au soir.
Les quatre autres géants de la
technologie ont, en revanche, déjà
rendu compte de leurs performances. Elles sont dans l’ensemble très positives. Les profits
d’Alphabet ont bondi de 73 %,
ceux de Facebook de 50 %, ceux
de Microsoft de 35 % et ceux
d’Amazon de 125 %. ■
Une ligne de distribution
sur le site parisien
d’Amazon. Vendredi,
le cours du groupe,
qui a déjà bondi de 30 %
depuis le début de l’année,
gagnait près de 5 % en
séance, à New York.
L’exception culturelle s’impose aux plateformes vidéo
L’Europe
« accepte
l’idée
d’intégrer tous
les diffuseurs
établis
à l’étranger
mais qui
ciblent
notre marché
dans
l’exception
culturelle
européenne
FRÉDÉRIQUE BREDIN
PRÉSIDENTE DU CNC
»
ENGUÉRAND RENAULT £@erenault
À l’heure où Netflix atteint
3,5 millions d’abonnés en France
et où Amazon Prime Video achète
ses premières séries françaises,
l’Union européenne entend bien
soumettre ces plateformes aux
règles de l’exception culturelle.
Jeudi, le Conseil, le Parlement et la
Commission européenne ont
trouvé un accord sur la nouvelle
directive SMA (services de médias
audiovisuels) instaurant des quotas d’œuvres européennes et des
obligations de financement.
Françoise Nyssen, la ministre de
la Culture, s’est réjouie du fait que
la France a réussi à imposer un
quota de 30 % d’œuvres audiovisuelles et cinématographiques dans
les offres des plateformes de SVOD.
Mieux, la directive permettra
aux pays membres de l’UE de sou-
mettre les plateformes vidéo à des
taxes et des obligations d’investissement nationales.
Obligation d’investir
Conséquence, la France pourra
demander aux Netflix et Amazon
de cotiser au fonds de soutien du
Centre national de la cinématographie (CNC). Et ce, même si
Netflix est basé aux Pays-Bas et
Amazon au Luxembourg. « Cela
signifie concrètement que, pour la
première fois, l’Europe accepte
l’idée d’intégrer tous les diffuseurs
établis à l’étranger, mais qui ciblent
notre marché dans l’écosystème de
l’exception culturelle européenne »
affirme Frédérique Bredin, la présidente du CNC. C’est l’aboutissement d’un long combat pour faire
entrer les acteurs américains
comme Netflix, Amazon et YouTube dans le régime de l’exception
culturelle française.
Ce régime stipule que les distributeurs de contenus (salles de cinéma, chaînes de télévision et
maintenant plateformes de vidéo
à la demande) payent pour financer la création de contenus.
En septembre 2017, le CNC avait
déjà réussi à étendre la taxe vidéo
à Google et Netflix. « Pour chacune
des plateformes, c’est environ 2
millions d’euros par an. Mais à
l’avenir, ces plateformes prendront
une place plus importante dans la
diffusion des œuvres de cinéma et
d’audiovisuel. Donc, le produit de la
taxe devrait augmenter » expliquait Frédérique Bredin au Figaro
en septembre 2017.
Cette intégration dans l’exception culturelle française pousse
Amazon et Netflix à acheter
des catalogues d’œuvres et à
commander des séries à des producteurs français. Une bonne
nouvelle pour eux. ■
Lagardère prié de s’expliquer sur sa stratégie
À l’assemblée générale de jeudi prochain, un fonds actionnaire veut faire entendre sa voix.
brillé par son absence ces derniers
temps, est attendu au tournant. Il y
a déjà le cas épineux d’Europe 1,
qui a connu quatre dirigeants en
huit ans et dont les pertes ont atteint 19 millions d’euros l’an dernier pour une audience au plus bas.
Le patron devrait être interrogé sur
ses choix stratégiques, peu lisibles.
A
ALEXANDRE DEBOUTÉ £@axel_deb
MÉDIAS Amber n’est pas seulement le prénom de l’héroïne d’une
BD dont Jade Lagardère a signé le
scénario l’an passé. C’est aussi le
nom d’un fonds activiste britannique qui a bien l’intention de faire
entendre sa voix lors de l’assemblée générale (AG) du groupe dirigé
par son époux, Arnaud Lagardère,
qui se tiendra jeudi à Paris.
À l’AG de 2017, c’est ce même
fonds, détenteur de 4 % du capital,
qui avait réclamé des explications
sur la stratégie du groupe, notamment pour deux de ses branches :
Lagardère Active, qui regroupe ses
actifs dans les médias et la production (Lagardère Studios, radios, télés et presse), et Lagardère Sports,
présent dans les droits sportifs et
l’organisation d’événements. En
2017, les coups de semonce d’Amber Capital avaient fait chou blanc.
Mais cette fois-ci, les hostilités réelles pourraient bien commencer.
Le contexte est en effet particulièrement agité. Lagardère est engagé depuis plusieurs mois dans un
démantèlement en règle de ses
activités, en dehors de celles sur
Fait du prince
Arnaud Lagardère,
à l’assemblée
générale du groupe
qu’il dirige,
en mai 2017.
P. WOJAZER/REUTERS
lesquelles il entend se recentrer : le
travel retail (distribution dans les
aéroports et les gares) et l’édition
(Hachette). Ce sont ses affaires les
plus rentables et les plus internationalisées, qui ont représenté
80 % du chiffre d’affaires de
Lagardère, qui s’est élevé à 7 milliards d’euros en 2017. En face,
les activités dans les médias et le
sport font piètre figure, avec des
chiffres d’affaires structurellement
en baisse (notamment dans la
presse) et, surtout, une faible rentabilité. Arnaud Lagardère, qui a
Après avoir défini un « périmètre
sacré » dans les médias, lequel
comprenait la radio généraliste
mais aussi Paris Match, le JDD et
Elle, son groupe a finalement décidé de lâcher le titre féminin mythique pour le vendre, ainsi que
Télé 7 jours ou France Dimanche, à
un groupe tchèque, Czech Media
Invest. Avec de lourds risques sociaux à la clé, la grogne étant en
train de monter chez les salariés.
Montant de la transaction : une
cinquantaine de millions d’euros,
soit moins que les 73 millions obtenus pour les radios internationales du groupe (notamment en République tchèque, en Pologne et
en Roumanie) cédées au même
groupe.
Pourquoi Lagardère conserverait-il Europe 1 et des titres de
presse, alors que ces médias sont
très exposés au marché publicitaire, auquel Lagardère ne semble
plus vouloir être exposé ? À quel
titre y aurait-il des exceptions ?
Concernant la branche dans le
sport, elle n’a quasiment jamais
gagné d’argent, même si sa situation semble s’être améliorée après
une lourde restructuration. Quelle
logique conduirait alors à la
conserver ? Avec un peu plus de
7 % du capital, Arnaud Lagardère
peut-il continuer à procéder à des
choix qui ne relèveraient finalement que du fait du prince ?
Pour influer sur le cours de l’entreprise, Amber soumettra jeudi à
l’AG deux résolutions visant à la
nomination de deux membres au
conseil de surveillance. Le fonds
s’interroge notamment sur la politique de Lagardère, qui privilégie
toujours le versement de dividendes plutôt que son désendettement, ce qui limite ses capacités
d’investissement. Jusqu’à présent,
Arnaud Lagardère n’a jamais rencontré de résistance, ses intérêts
rencontrant ceux du fonds souverain qatarien, premier actionnaire
et sleeping partner qui contrôle
13 % du capital. ■
EN BREF
ANNE HOLMES À LA
TÊTE DE LA FICTION DE
FRANCE TÉLÉVISIONS
£ L’actuelle directrice
de la fiction de France 3 monte
en grade. Elle prend en charge
la fiction française de toutes
les antennes du groupe France
Télévisions. Anne Holmes
mettra en œuvre les grands
projets comme le futur
feuilleton quotidien
de France 2 et la poursuite
de l’investissement dans
les fictions qui font les belles
soirées du groupe public.
Le soutien à la création est
le grand enjeu de la présidence
de Delphine Ernotte qui s’est
battue pour augmenter
le budget annuel à 420 millions
d’euros.
OLIVIER ABECASSIS
VA PRENDRE LA TÊTE
D’AUFEMININ
£ Olivier Abecassis, directeur
du digital et de l’innovation
du groupe TF1, va prendre
le poste de PDG du groupe
Aufeminin en remplacement
de Marie-Laure Sauty
de Chalon, qui quitte le groupe.
Le portail Aufeminin vient
d’être racheté à l’allemand
Axel Springer par la filiale
de Bouygues.
BOUYGUES TELECOM
ET ORANGE
SANCTIONNÉS
£ La DGCCRF a infligé
une amende de 315 000 euros à
Orange et une autre du même
montant à Bouygues Telecom.
Les services de Bercy
reprochent aux deux
opérateurs télécoms d’avoir
communiqué « leurs tarifs
systématiquement de manière
incomplète ». Les deux
opérateurs communiquaient
sur des prix d’abonnement
Internet, qui ne comprenaient
pas le prix de la location
des box, obligatoire.
» Sur
« L’ACTUALITÉ
DES MÉDIAS »
dans le 17h-19h
par Catherine Pottier
et Enguérand Renault
chaque dimanche
à 17h25
et sur franceinfo.fr
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 28 avril 2018 LE FIGARO - N° 22 927 - Cahier N° 3 - Ne peut être vendu séparément - www.lefigaro.fr
MODE
VIN
PAGE 29
PAGE 30
SERGE RUFFIEUX,
LE DESIGNER SUISSE
QUI RÉENCHANTE CARVEN
TOUT CE QU’IL FAUT
SAVOIR SUR LE MILLÉSIME
2017 À BORDEAUX
Brigitte
Lefèvre :
« Les danseurs
jouent souvent
le tout ou rien »
ERIC FEFERBERG/AFP
Au lendemain du rapport incendiaire qui a créé
le malaise au Ballet de l’Opéra de Paris, celle qui en fut
la directrice pendant vingt ans décrypte pour
« Le Figaro » le fonctionnement de cette institution
prestigieuse mais fragile. PAGE 26
Venise à sens unique
PATRIMOINE Pendant le week-end du 1er Mai, la mairie instaure des itinéraires
obligatoires pour les touristes afin de réguler une trop forte fréquentation.
ROME
«
hers visiteurs, à votre arrivée
à Venise, n’hésitez pas à sortir
des sentiers battus. Perdezvous dans les quartiers les
moins fréquentés, les Zattere,
la Giudecca, l’île San Giorgio, l’Arsenal, les
Jardins. Éloignez-vous des itinéraires classiques qui sont engorgés » : telle est la recommandation diffusée par la mairie de
Venise, à la veille d’un pont du 1er Mai qui
s’annonce particulièrement chargé.
Le maire, Luigi Brugnaro, a pris une
ordonnance limitant de manière draconienne les flux touristiques à partir de ce
samedi matin jusqu’à mardi. De la gare
ferroviaire Santa Lucia et des parkings de
Piazzale Roma à la splendide Piazza San
Marco, où tout le monde veut se rendre,
des itinéraires obligatoires de délestage
seront instaurés dès que les caméras de
télésurveillance signaleront des engorgements. Les itinéraires habituels seront
fermés et limités aux seuls résidents mu-
C
CHATEAU LYNCH BAGES, COURTESY OF CARVEN
nis du laissez-passer délivré aux habitants et aux personnes travaillant dans la
cité lagunaire. Les accès au Palais des doges feront eux-mêmes l’objet d’un
contrôle étroit. Les transgressions seront
punies d’amendes de 25 à 500 euros.
“
Éloignez-vous
des itinéraires classiques
qui sont engorgés
”
RECOMMANDATION DE LA MAIRIE DE VENISE
De même, le trafic des embarcations à
moteur sera restreint et les accès des motoscafi seront transférés de Riva degli
Schiavoni, le débarcadère habituel, sur
l’autre versant, à Fondamente Nuove,
quartier pittoresque peu fréquenté par les
visiteurs. Enfin, il faudra montrer patte
blanche pour emprunter en voiture le
pont de la Liberté, qui mène de la terre
ferme à Venise. Seuls les abonnés et les
transports publics auront le droit d’y
passer. Le commun des mortels devra
donc abandonner son véhicule à Mestre
et gagner Venise en taxi, autobus ou
train.
C’est la première fois que la mairie
cherche à discipliner de la sorte les flux
touristiques démesurés qui menacent de
dénaturer la ville. Trente millions de visiteurs y vont chaque année alors que ses
capacités d’accueil ne dépassent pas le
tiers. Imposer un numerus clausus en
fermant les entrées de la ville est interdit
par la législation italienne. Seul reste
possible un « contrôle diffus », modulable selon les circonstances. Ce long
week-end servira de test.
Le 29 janvier dernier, lors du Carnaval,
l’accès à la place Saint-Marc a été limité à
20 000 personnes au moment du traditionnel Vol de l’ange. Plusieurs centaines
de touristes sont restés bloqués dans les
très étroites ruelles débouchant sur la
place. En juillet 2017, l’Unesco a donné
deux ans à Venise pour résorber la présence excessive de touristes. Faute de
quoi la Sérénissime serait déclassée au
rang de « patrimoine mondial de l’humanité en péril ». ■
A
RICHARD HEUZÉ rheuze@lefigaro.fr
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 28 - dimanche 29 avril 2018 LE FIGARO
26
L'ÉVÉNEMENT
« Le management
comme les danseurs
ont des droits et des
obligations. Ce qui est
nouveau, c’est qu’il faut
les convaincre »,
explique Brigitte
Lefèvre.
« Satisfaire
154 danseurs
est une mission
impossible »
Directrice du Ballet de l’Opéra
de Paris de 1995 à 2014, Brigitte Lefèvre
revient sur son expérience à la tête
de cette compagnie aujourd’hui en crise.
E
PROPOS RECUEILLIS PAR
ARIANE BAVELIER
£@arianebavelier
lle se pose en sage, ne veut
ni juger, ni attiser les conflits. Entrée à
l’école de danse en 1952, dans le Ballet en
1963 pour en partir avec le grade de sujet
en 1972, et y revenir comme directrice en
1995, elle connaît la compagnie de l’Opéra
de Paris comme personne. Pour Le Figaro,
elle décrypte en exclusivité la crise qui y
sévit.
LE FIGARO. – Cette crise
vous surprend-elle ?
Brigitte LEFÈVRE. – Il est clair qu’il y a des
enjeux de période. En quatre ans tout a
changé à la tête de l’Opéra de Paris : le directeur, son adjoint, le directeur du Ballet
remplacé deux fois, le directeur du personnel… Ça crée de nouvelles donnes et
alimente le désir de vouloir tout changer,
et de part et d’autre, de vouloir tout réinventer. La période est à la fois très tonique
et pas simple. En outre, la compagnie est
dans un renouvellement générationnel : la
moyenne d’âge est d’à peine 25 ans, ce qui
induit un nouveau mode de pensée. De
l’extérieur, ces enjeux de période sont
vécus comme une crise profonde, soulignant qu’il peut y avoir une autre manière
pour la compagnie de fonctionner.
Que pensez-vous de ce sondage mené
au sein du Ballet et auquel ont répondu
108 des 154 danseurs ?
Pour ma part, je ne me suis pas faite à ces
questionnements par Internet. C’est un
peu sec et parfois les questions peuvent
être interprétatives. D’ailleurs, les résultats de ce sondage me confortent dans cet
avis. Mais je suis surprise qu’il ait fallu un
sondage, qui peut certes sembler démocratique, plutôt que de passer par les partenaires sociaux. Malgré cela, les questions
posées permettent d’identifier les problèmes. Notamment celui du management à
la tête de ce type d’institution culturelle. Je
ne suis pas sûre que ce soit l’affaire des
danseurs d’en débattre. Ce sont ceux qui
mettent les directeurs en place qui doivent
se poser la question.
leurs espoirs, leurs regrets, leurs amertumes. La seule chose que je leur demandais,
c’était de ne pas me retirer leur adhésion
tous en même temps !
Est-ce qu’on dirige un ballet
comme une entreprise ?
C’est très particulier. Les danseurs se sont
connus à 9 ans et ont grandi ensemble.
Sous la compétition apparente, il y a entre
eux une familiarité et une solidarité. Cette
solidarité du ballet s’exerce face à l’adversité. Depuis l’origine, même quand la
compagnie ne comptait que 40 danseurs, il
fallait compter sur cette force de la troupe.
C’est un corps constitué, avec des personnes qui conduisent des désirs de changement, qui veulent défendre le répertoire ou
bousculer la tradition, mais la force demeure. On entre à l’école de danse puis au
Ballet avec l’appétit de découvrir, de faire
siens les rôles. Le moteur de la plupart est
d’être étoile. Cela participe de l’énergie de
la compagnie. La plupart ne le seront pas,
ce qui crée des amertumes et des regrets. Il
faut y être attentif, car des déceptions individuelles peuvent être négatives pour l’ensemble de la compagnie. Cependant, ce qui
l’emporte est cette émotion du danseur qui
arrive, cette envie d’excellence constituant la force vive du Ballet. Elle dicte les
gestes de transmission des plus âgés envers
les plus jeunes et elle demeure : le corps de
ballet reste fasciné par ces dieux de
l’Olympe que sont les étoiles. Même
aujourd’hui, où les danseurs ne semblent
pas manifester le même respect qu’autrefois envers les étoiles, leur regard reste
admiratif et fasciné.
Pour diriger les danseurs, Noureev
leur disait : « Vous pas parlez : faites. »
Igor Eisner vous disait : « Les danseurs,
il faut les aimer, pas les écouter. »
Quel était votre mantra ?
La phrase de Noureev collait vraiment aux
étoiles qu’il a nommées et je me suis beaucoup interrogée sur celle d’Igor Eisner. Ma
règle venait plutôt de Lévinas : « On ne peut
commander que ce à quoi les gens adhèrent. » Certains me trouvaient trop gen-
A
tille, d’autres trop dure. Je me rassurais
donc, pensant être dans l’équilibre. Les
danseurs veulent avoir des réponses immédiates, car leur carrière est courte, et le
directeur doit prendre en compte l’ensemble de la compagnie. Ce sont des gens d’exception qui en sont conscients. Leur excellence demande une attention, un
accompagnement. On leur doit de n’écarter personne. Le management comme les
danseurs ont des droits et des obligations.
Ce qui est nouveau, c’est qu’il faut les
convaincre. On ne peut pas leur imposer
les choses, et en même temps ils savent
très bien ce qu’ils doivent faire ou pas.
“
Ma règle pour traverser
les crises ? La bonne foi
et le dialogue
”
Y a-t-il une bonne méthode ?
Je ne peux parler que de mon expérience.
Quand j’ai été nommée, j’avais la sensation
que de ne pas avoir été une grande étoile ou
une grande chorégraphe pouvait me rendre illégitime à leurs yeux. Mais j’avais
confiance en mon expérience : l’école de
danse, le Ballet, mon départ en 1972 pour
créer une compagnie avec Jacques Garnier, puis le ministère où j’étais déléguée à
la danse… Ma méthode, c’était de parler
beaucoup aux danseurs et d’être dans
l’écoute, dans la fermeté et la compassion.
Mais, pour certains directeurs, un regard
suffit. Benjamin Millepied et Aurélie Dupont, par exemple, ont un charisme personnel, je n’en avais pas. S’il m’arrivait
bien sûr de passer dans les studios, je plaçais mon rôle de directrice ailleurs : à observer que toute la mécanique du Ballet
roule, de la régie à la technique, aux répétitions, aux distributions, aux cours, à l’administration, les tournées, ou la communication, des classes du matin aux spectacles
du soir.
Danser dans le Ballet de l’Opéra de Paris
est-il une chance ?
Non, ceux qui y sont l’ont gagné. La particularité du Ballet de l’Opéra est que les
danseurs ne choisissent pas leur directeur,
contrairement à ce qui se passe quand on
choisit de danser chez un chorégraphe,
Neumeier par exemple. Cela dit, s’ils ne se
plaisent pas avec le directeur en place, ils
peuvent aussi prendre une année sabbatique ou partir.
Quelles sont les préoccupations
des danseurs aujourd’hui ?
Béjart disait qu’un danseur est moitié nonne moitié boxeur. C’est périmé. Un danseur ne veut plus ni abnégation ni combat,
mais simplement être un homme ou une
femme qui danse. Qui réussit à mener de
front carrière et vie de famille. À avoir du
temps pour lui. Qui s’épanouit dans son art
et a un fort désir d’être individualisé.
Bio EXPRESS
1952
Entre à 8 ans à l’école
de danse de l’Opéra de Paris.
1963
Entre dans le ballet
de l’Opéra de Paris.
1972
Elle quitte l’Opéra alors
qu’elle est sujet pour fonder
avec Jacques Garnier
le Théâtre du Silence
à La Rochelle en 1974.
1987
Déléguée à la danse
au ministère de la Culture,
où elle rentre comme
inspectrice en 1985.
1992
Revient au Palais Garnier
comme administratrice.
De 1995 à 2014
Directrice de la danse
à l’Opéra de Paris.
31 décembre 1998
Nomme Aurélie Dupont étoile.
On parle beaucoup aujourd’hui
de harcèlement, et aussi dans le monde
du ballet. Faut-il changer la manière
de parler aux danseurs ?
Autrefois la question ne se posait pas. Le
maître de ballet s’adressait aux danseurs
sur un ton qui ne supportait pas la contradiction. C’était un code qui permettait de
se comprendre, un peu comme dans les
manèges, où les maîtres écuyers sont intraitables avec les cavaliers. Aujourd’hui, il
faut faire attention aux excès de ce code.
Quand on fait travailler le Cygne ou les
Bayadères, il faut répéter, répéter, répéter
pour que les filles soient ensemble. Si un
danseur ne fait pas ce qu’il faut, il peut
avoir le sentiment d’être harcelé, et c’est
vrai. Mais c’est aussi comme ça qu’on atteint la perfection. Si en plus le maître de
ballet s’emporte, ça peut sembler insupportable. L’art est difficile !
Parmi les artistes de l’Opéra, ils se sentent
toujours la dernière roue du carrosse,
moins bien payés que les chœurs et
l’orchestre, avec moins de permissions,
et des carrières plus courtes.
Y a-t-il beaucoup à moderniser ?
J’ai pu constater en vingt ans que c’est un
sentiment qui demeure, quelles que soient
les évolutions constantes qu’on obtient.
Ces jours-ci, les danseurs parlent
d’omerta, de châtiment, réclament
l’anonymat…
Je ne les ai jamais connus comme ça. C’est
plus subtil qu’on le croit. Ils jouent souvent
le tout ou rien, manient l’exagération et le
savent. Si c’est des menaces qu’on leur
profère, ça ne va pas.
Cela reste pour vous une des plus belles
compagnies du monde ?
On peut être heureux de la manière dont
elle danse, et j’éprouve une fierté à voir les
nouvelles générations qui arrivent. Pour
moi, cela reste une très grande compagnie,
mais nul ne peut se reposer sur ses
lauriers.■
Aurélie Dupont, artiste associée au Ballet de Bordeaux
Vous-même avez traversé
des crises en vingt ans…
Bien sûr, et une réellement douloureuse,
deux ans avant mon départ. Je suis restée
vingt ans. Chaque année j’ai eu un dialogue
parfois vif avec les artistes, mais j’ai pu
programmer et les distribuer dans une
confiance réciproque. Ma règle pour
traverser les crises ? La bonne foi et le
dialogue. J’avais l’impression d’en sortir
grandie.
Ce ballet est-il donc ingérable ?
Non, même si les danseurs sont pour la
plupart exigeants et parfois contradictoires. Certes, l’exercice n’est pas facile. Il
faut un désir très fort de s’y coller quotidiennement. Quand je suis partie, j’avais le
sentiment d’avoir beaucoup travaillé pour
eux et avec eux. D’avoir donné le plus que
je pouvais, pour qu’ils soient le mieux possible, tout en sachant que c’est une mission
impossible de satisfaire 154 danseurs, avec
ERIC FEFERBERG/AFP
ENTRETIEN
Aurélie Dupont serait soucieuse
d’ouvrir l’Opéra de Paris vers la région.
SOPHIE DELAPORTE
Marc Minkowski, directeur de l’Opéra
de Bordeaux, a exposé mercredi en
conférence de presse la nouvelle organisation du Ballet pour la prochaine saison. La compagnie est désormais dirigée par Éric Quilleré, que Charles Jude
avait nommé maître du Ballet de Bordeaux en 2003. Celui-ci présente une
formule originale pour parer à ses difficultés financières. Il a proposé à Angelin
Preljocaj et à Aurélie Dupont de devenir
artistes associés. Le premier est chorégraphe et directeur du Ballet Preljocaj à
Aix. La seconde, directrice de la danse à
l’Opéra de Paris. « Je voulais renouer
avec la tradition du chorégraphe résident, dit Éric Quilleré à propos d’Angelin Preljocaj qui donnera la saison prochaine à Bordeaux Blanche Neige et La
Stravaganza. Il y a longtemps qu’avec
Marc Minkowski nous cherchions à faire
quelque chose ensemble. Travailler avec
Bordeaux me permet de me confronter à
la technique classique et d’avoir un orchestre que je n’ai pas à Aix », confie
Angelin Preljocaj.
Le chorégraphe devrait faire une
création la saison prochaine, réunissant
ses danseurs et ceux du Ballet de Bordeaux, avec probablement Marc Minkowski à la baguette. « Et peut-être de
l’Opéra de Paris, annonce Éric Quilleré.
Nous avons eu l’idée de nous associer
parce que nos deux compagnies avaient
Le Faune de Cherkaoui à leur programme et que Daisy Philips, la répétitrice,
préférait faire travailler ensemble à Paris. Mes danseurs sont revenus avec des
étoiles dans les yeux. Cela nous a donné
envie de recommencer », poursuit-il.
En bonne intelligence, l’Opéra de Paris va prêter les productions de La Fille
mal gardée et de Notre-Dame de Paris, à
l’affiche la saison prochaine, et envoyer
un couple d’étoiles pour danser trois ou
quatre dates sur les 17 de La Fille. Éric
Quilleré, dont la compagnie est passée
de 39 à 35 danseurs, demandera-t-il
des danseurs à l’Opéra de Paris pour les
grosses productions ? « Ce sera plutôt
l’inverse. Aurélie a toujours besoin de
danseurs, et pour les miens c’est un sacré
coup d’accélérateur. Moi, je prendrai des
surnuméraires comme on l’a toujours
fait », dit-il. De quelle manière Aurélie
s’investira-t-elle à Bordeaux comme
artiste associée ? « Elle peut m’ouvrir son
carnet d’adresses si j’ai besoin d’un chorégraphe. Elle doit aussi venir pour La
Fille mal gardée. Elle me propose même
de donner des cours ou de faire travailler
les filles. Elle peut aussi m’envoyer des
solistes qu’elle a envie de pousser. Elle est
soucieuse que l’Opéra de Paris s’ouvre
vers la région. » Faut-il y voir de la dispersion ? De son côté, Marc Minkowski
avoue qu’il pourrait bien venir diriger à
l’Opéra de Paris. « Avec Stéphane Lissner, on cherche un titre », dit-il. ■ A. B.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 28 - dimanche 29 avril 2018
CULTURE
27
Nathalie Mauriac : « Il y a du proustien
en chacun de nous »
EXCLUSIF L’arrière-petite-nièce de Marcel Proust, spécialiste de l’écrivain, met en lumière l’ensemble littéraire
que sa mère, Marie-Claude Mante, veuve de Claude Mauriac, disperse le 24 mai chez Sotheby’s à Paris.
E
VALÉRIE SASPORTAS
vsasportas@lefigaro.fr
lle ne veut pas qu’on parle
d’elle. Nathalie Mauriac, arrière-petitenièce de Marcel Proust, préférerait que
l’on évoque plutôt sa mère, MarieClaude Mante, née de l’unique nièce,
Adrienne (Suzy) Proust, de l’écrivain,
mort sans enfant en 1922 à 51 ans. Car
c’est la collection de Marie-Claude Mante qui va être dispersée aux enchères
chez Sotheby’s, à Paris, le 24 mai prochain. Son nom s’étale en une du catalogue de vente, comme ce fut le cas en 2016
de la cousine germaine de Nathalie, Patricia Mante-Proust, quand elle s’est elle-même séparée des lettres et manuscrits de son illustre aïeul.
Elle préférerait que l’on évoque son
défunt père, le journaliste et écrivain
Claude Mauriac, fils de l’académicien
François Mauriac, qui dédia à Proust un
roman éponyme. Et puis, l’oncle Marcel,
son grand-père et son père ont tous les
trois été des plumes du Figaro
- son père critique cinéma et du cahier
littéraire. « Je ne suis pas un écrivain »,
glisse Nathalie Mauriac, dont on sent la
difficulté d’assumer cette double descendance qui a longtemps jeté une ombre
aux yeux des autres et même des siens
sur la réalité de son goût pour les lettres.
« Cela a été un héritage lourd à porter
parce que justement j’aime la littérature »,
martèle cette pudique d’une voix douce.
De gauche à droite : Lettres de
Gaston Gallimard à Marcel Proust
(1912-1922). Reynaldo Hahn en
Gloire, dessin original de Marcel
Proust (1905-1907). Suzy ManteProust dans les années 1960,
seule nièce de l’écrivain.
COLLECTION FAMILIALE, SOTHEBY’S/ART
DIGITAL STUDIO
« Un auteur habitable »
Elle a cru « échapper à ces grands ancêtres » en préparant une thèse de grec ancien. Jusqu’à ce jour de 1986 où Claude
Mauriac a retrouvé dans les archives de
Marie-Claude une dactylographie de
Proust remettant en cause la fin connue
jusque-là d’Albertine disparue, l’avantdernier tome d’À la recherche du temps
perdu. « J’ai eu un flash ! L’addition de la
mort d’Albertine était rédigée d’une écriture très posée, pleine d’autorité. C’était
bouleversant ! » Un coup de théâtre à la
fois pour le monde des lettres (cette nouvelle fin sera publiée en 1987) et pour sa
vie professionnelle, qu’elle dédie dès lors
à Proust « sans jamais le regretter ». Nathalie Mauriac est directrice de recherche
à l’Institut des textes et manuscrits mo-
dernes, laboratoire du CNRS, responsable
de l’équipe Proust et du Bulletin d’informations proustiennes (Éd. Rue d’Ulm). Et
c’est pourquoi l’on parle d’elle.
« Il y a du proustien en chacun de nous,
affirme Nathalie Mauriac. Quand on le lit,
on a l’impression qu’il nous connaît mieux
que nous-mêmes. Proust exprime des
émotions, des sensations qu’on ignorait
ressentir et que lui met en mots avec une
délinéation extraordinaire. Je pense qu’il
sert de révélateur. Il nous rend lecteur de
nous-même. Ce qu’il souhaitait, d’ailleurs.
C’est une aide extraordinaire ! » Elle savoure le souvenir d’une « formule formidable » de son grand-père : « Proust est
un auteur habitable. » Parce qu’il y a dans
son œuvre « le gîte et le couvert. Chacun y
a ses propres recoins de prédilection. Un
domaine qui nous fait comprendre la terre
et en même temps nous élève. » Et puis,
« au-delà du genre féminin/masculin,
Proust a su exprimer cette double nature
que nous avons tous », se réjouit-elle. Sa
famille n’est que le dépositaire de la collection reçue en héritage, considère-t-elle. « Les lettres sont des manuscrits voyageurs par nature. Les
manuscrits littéraires, c’est autre chose.
Ils devraient ne jamais être lus par quelqu’un d’autre que l’écrivain. Mais les manuscrits de Proust ne sont pas faits pour
rester dans un placard. Il était temps de les
transmettre », affirme-t-elle.
Parmi les 60 lots, les 138 lettres de Gaston Gallimard à Marcel Proust, éditées en
1989, en constituent le phare (100 000 à
150 000 euros). « Ces lettres de l’un des
éditeurs les plus importants du XXe siècle à
l’un des romanciers les plus grands de la
littérature française permettent, presque
au jour le jour et pendant une dizaine d’années, de comprendre la stratégie éditoriale
de Gallimard, et la publication de la Recherche », détaille Benoît Puttemans,
spécialiste de la vente chez Sotheby’s.
Il y a d’autres pépites, des inédits,
comme ce pastiche du critique John
Ruskin (7 000 à 10 000 euros), ces lettres
reçues de son amant Reynaldo Hahn et
des partitions dédicacées du compositeur amoureux. Elle avoue avoir un pincement au cœur à se séparer du manuscrit Les Sources du Loir à Illiers (30 000 à
50 000 euros). « C’est un lieu chargé
d’imaginaire pour Proust. Il le rédige au
moment où il se remet à l’écriture romanesque, vers 1907-1908. Et il y a là la préfiguration des promenades de Combray
dans Du côté de chez Swann », dit-elle.
Pour le marché de l’art « un tel avanttexte d’un des épisodes importants de Du
côté de chez Swann, dont tous les manuscrits sont à la Bibliothèque nationale, est
une rareté », souligne Benoît Puttemans.
L’ensemble est estimé entre 350 000 et
500 000 euros. Cela semble dérisoire
quand on sait que le tout premier Questionnaire de Proust a été vendu
250 000 euros par le libraire Jean Coulet,
au dernier Salon du livre rare à Paris (nos
éditions du 6 avril 2018). Son acheteur, un
collectionneur particulier, promet de se
dévoiler bientôt. ■
Les lots sont exposés chez Sotheby’s,
76, rue du Faubourg-Saint-Honoré
(Paris VIIIe), les 18, 21, 22 et 23 mai.
Kyotographie : le Japon tire son autoportrait
Market défile devant l’ancienne fabrique de glace délabrée où se déroule le
chant si triste des années perdues d’Alberto Garcia-Alix pour se voir à
l’œuvre, en pied, de face et de profil.
VALÉRIE DUPONCHELLE £@VDuponchelle
ENVOYÉE SPÉCIALE À KYOTO (JAPON)
n chat vous tire la langue.
Elle est percée de petits
trous d’épingle, comme
une sculpture folle échappée d’un bas-relief où les
chats sont sacrés. Ses yeux, bridés par
la grimace, sont cernés d’un pelage noir
comme le khôl. Cette photographie en
noir et blanc du grand Masahisa Fukase
(1934-2012) est transformée en collage
pop par une cascade de punaises multicolores et un jeu de fil rouge qui évoque
l’art japonais du bondage. Rephotographiée, voilà A GAME, Sasuke, 1983, vibrant portrait du chat de l’artiste qui lui
a inspiré des photographies époustouflantes. Déjà vue aux Rencontres d’Arles 2017, l’exposition en témoigne de
façon déchirante dans ce nouvel accrochage délicatement redimensionné par
son commissaire Simon Baker, le nouveau directeur de la MEP, dans l’architecture traditionnelle de Kondaya Genbei, vieille maison de Kyoto et de ses
négociants de kimonos et de soyeux
obis. Cette photo fait la couverture et
l’affiche de la 6e édition de Kyotographie, festival photo né en 2013. Elle trône sur les « tote bags » de rigueur.
Le thème de ce printemps japonais de
la photo est « Up », soit une volonté positive de répondre par l’art aux aléas
des temps. Doux mélange de vérité et
U
« Un miroir de la société »
Avec sa série « Coastal Motifs », Tadashi Ono révèle la réponse absurde de l’archipel
à la menace de tsunami. TADASHI ONO/KYOTOGRAPHIE
de diplomatie, en cette ville prospère et
plutôt conservatrice, symbole d’une
nation où il ne faut pas perdre la face.
Rappelons que l’emblème des kamikazes de la Seconde Guerre mondiale était
la libellule, petit hélicoptère naturel qui
ne sait pas reculer. « Up » donc, avec
l’énergie inusable et radieuse de JeanPaul Goude, 77 ans, montré ici comme
jamais, dans toute sa fraîcheur créative,
de la panthère noire Grace Jones aux
deux Marguerite qui chantent L’Air des
bijoux de Faust en glissant sur des pa-
tins à roulettes. « Up » donc avec la
benjamine Izumi Miyazaki, 24 ans, découverte à Tokyo sur la plate-forme de
microblogage Tumblr et ses autoportraits couleurs sixties aux accents surréalistes (magnifique scénographie sur
les trois étages étroits d’Asphodel).
« Up » comme les mille et un métiers de
la vie ordinaire japonaise, photographiés systématiquement par K-Narf,
Français de Tokyo, et accrochés près de
leur lieux de travail. Tout le petit monde du Kyoto City Central Wholesale
Les deux fondateurs de ce jeune festival
d’artistes, la photographe française Lucille Reyboz et le « light designer » Yusuke Nakanishi, ont à cœur de faire un
éventail d’expositions qui touche le public japonais, l’amène à reconsidérer
cet art du multiple encore dédaigné et à
accepter, à travers lui, de réfléchir
autrement à son pays. Le plus audacieux est Tadashi Ono, photographe
aguerri qui vit et travaille entre Paris et
Kyoto, passé à la fin des années 1980
par l’école d’Arles, où il est désormais
professeur. Pour la première édition de
Kyotographie, en 2013, cet éternel jeune homme avait exposé à l’Institut
français son reportage saisissant sur les
jours d’après Fukushima, « From the
247th to 341st Day, Tohoku ».
Ce qui intéresse ce photographe venu
à l’image par l’environnement, c’est
« le paysage comme un miroir de la société et de ses angoisses, qui fait s’interroger sur la place de l’homme dans le
monde ». Cette année, il révèle la réponse absurde de l’archipel à la menace
de tsunami dans sa série « Coastal Motifs », 2017-2018, un accrochage à la sévérité janséniste dans l’étage sans grâce
particulière de la Horikawa Oike Gal-
lery. Sur 400 km est en train de s’ériger
hors du regard et des commentaires des
médias japonais un mur de béton qui
entend fermer l’accès des criques aux
vagues meurtrières. Chiffré autour d’un
milliard d’euros, cet énorme projet
pourrait incarner le chemin de l’Enfer
pavé par les meilleures intentions. Et
une source de profits inespérés pour
certains. Parce que les tsunamis de
1933, 1960 et bien sûr 2011 ont laissé
blessures et effroi, ce mur face à la mer
digne des forteresses de Vauban ou du
Mur de l’Atlantique a sa folle logique
humaine.
Le résultat coupe le souffle. Et la vue.
Car ce sont d’immenses remparts hauts
de 7 à 15 m qui ferment désormais nombre de criques, là où les anciennes digues s’arrêtaient entre 1 et 3 m. Parce
que la mer est intimement liée à la vie
de ses habitants, des meurtrières sont
laissées ici ou là pour la retrouver, de
loin (Miyako Bay, Iwate Prefecture). Les
barques et les petits ports de pêche restent ancrés dans une autre réalité, bannis d’un monde que l’on veut hors d’atteinte. Il y a là une forme de sciencefiction terrifiante. Les photos de
Tadashi Ono sont d’une paisible pureté
monacale, le béton est gris perle comme un galet. Les hommes continuent de
vaquer devant cette prison naturelle. ■
Kyotographie, à Kyoto, Japon,
jusqu’au 13 mai. Catalogue « Up »,
édité par Kyotographie, en vente
sur son site. www.kyotographie.jp
A
FESTIVAL Pour sa 6e édition, la manifestation met en avant le travail inédit de Tadashi Ono sur l’après-Fukushima et ses folies.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 28 - dimanche 29 avril 2018 LE FIGARO
28 CULTURE
ARTS Le Mucem
célèbre le matériau,
symbole de pouvoir
et de richesse.
Mais il est aussi
le reflet du malheur
des hommes.
C
ÉRIC BIÉTRY-RIVIERRE
ebietryrivierre@lefigaro.fr
ENVOYÉ SPÉCIAL À MARSEILLE
De gauche à droite et de haut en bas : Danaë (fin du XVIIIe siècle), Jean-Laurent Mosnier ; The Damned (2004), Liza Lou ; Tiare de Saïtapharnès ; Lingot, Roumanie, XIIe siècle av. J.-C.
Ruée vers l’or à Marseille
2009). Ces ensembles dénoncent l’entassement des valeurs, funeste car il nuit aux
placements productifs. L’empire d’Espagne est mort d’avoir ainsi confiné tout
l’or du Nouveau Monde dans ses retables.
Fondu, refondu, travaillé
Car rien n’est plus apte au transport et
aux usages que ce matériau très plastique.
N’est-ce pas, comme le croyaient les
alchimistes dont on admire un four du
XIIIe siècle (Cité de la céramique, Sèvres
et Limoges) à côté de Strange Fruits,
sculpture de Johan Creten dorée par les
artisans de la grille de Versailles, celui de
toutes les métamorphoses ? Sa capacité à
être fondu, refondu, travaillé, mêlé et
échangé semble sans limite. Le voilà ainsi
fil, poudre, feuille, galon, médaille, reliquaire, ou même flaque au sol, au détour
de la scénographie signée Pascal Rodriguez. Son parcours, conçu comme une
succession de cabinets de curiosités, suscite un émerveillement renouvelé.
Cassettes, bijoux, statues de bronze
doré de Victor Brauner, d’Ossip Zadkine
ou de César pour un pouce géant, et lingots – en barre comme celui fabriqué en
Chine au XVIIIe siècle et trouvé dans une
épave au large de Belle-Île, discoïdes
pour ceux d’Elam ou en spirale pour ceux
des Daces – abondent une fois passée
l’évocation du premier coffre-fort d’Occident : le thésauros du sanctuaire de
Cnide à Delphes. L’agrandissement d’une
aquarelle du XIXe siècle par un artiste
ayant tenté de reconstituer l’édifice ne
donne sans doute qu’une faible idée de sa
monumentalité.
La fièvre monte, passé ces portes. C’est
celle de Jason qu’on reconnaît en quête de
la Toison dans un cratère italien antique
venu du Louvre. Celle des adorateurs du
veau d’or figurés dans une copie ancienne
du tableau de ce nom de Nicolas Poussin
(Musée de Bordeaux). Celle de Danaë recueillant Jupiter mué en pluie d’or, symbole du lucre et de la prostitution selon
Jean-Laurent Mosnier, si l’on en croit le
tableau qu’il compose sur ce thème à la
fin du XVIIIe siècle (Musée de Rouen). Et,
bien sûr, c’est celle de Midas, personnage
maudit après avoir gagné ce don de
transformer tout ce qu’il touche en or. Le
voilà ici imaginé par le peintre du XVIIe
Nicolas Mignard (Palais des beaux-arts de
Lille) sur un fond d’or ; allusion à la rivière
Pactole dans laquelle il s’est baigné pour
se débarrasser de son don.
Avec lui il ne pouvait plus ni boire ni
manger que ce métal, tandis que les envieux le cernaient, toujours plus nombreux. Cette humanité esclave est noire
dans les célèbres photos de mineurs brésiliens de Sebastiao Salgado. Leur font
écho leurs pioches et leurs tamis, dérisoires instruments de survie dans cet enfer.
Et puis il y a le luxe tapageur. La chaîne
bling-bling du rappeur revisitée grand
format par Thomas Hirschhorn (CNNChain, 2002) et installée en regard d’un
collier de l’ordre de la Toison d’or venu
du château de Fontainebleau. Et aussi, en
conclusion, The Damned de Liza Lou
(2004), variation en perles jaune scintillant d’Adam et Ève chassés du paradis,
manière de signifier la vanité de tout
bonheur matériel.
Les émouvantes surprises
du Mont-de-piété
LE DOCUMENT
MACRON
À L’ÉLYSÉE
LE CASSE
DU SIÈCLE
Colonne vertébrale de l’exposition,
seize bijoux sont montrés dans des
vitrines indépendantes, disséminées
au sein du parcours. Tous viennent
du Crédit municipal de Marseille.
Comme dans tous les monts-de-piété, ces objets précieux, reliquat des
5 % non réclamés en moyenne, ont
fait l’objet d’une vente par adjudication. D’habitude, des marchands
les achètent au poids pour une
refonte. Mais eux ont été acquis par
un duo d’artistes, gethan&myles.
Pour 10 000 euros, ces Anglo-Saxons
tombés amoureux de la région s’en
sont offerts 31. « C’est la valeur sentimentale qu’ils recèlent qui nous a intéressés, voilà des objets très humains,
très vivants », expliquent-ils.
Le couple a pu notamment identifier seize des anciens propriétaires.
Un exploit car le Crédit municipal garantit l’anonymat et peu de gens acceptent de reconnaître avoir été
client de cette banque populaire de
prêts sur gage. Il a recueilli leurs témoignages, qu’on peut lire à proximité des vitrines.
ENQUÊTE EXCEPTIONNELLE
CE DIMANCHE À 20H50
DeBonneville-Orlandini
© Photo : AFP
« Gagé par petits bouts »
A
PREMIÈRE SUR L’INFO
Pauvreté, richesse : entre ces deux extrêmes il n’y a que violence. Celle des
armes qu’évoquent ces magnifiques
masques funéraires de chefs macédoniens. Celle des guerres suggérée par
cette affiche de 1915 invitant à donner
ses louis et ses napoléons pour aider le
Poilu… L’or accompagne la mort, ou
plutôt le désir d’immortalité, si l’on en
croit les nombreux ex-voto. Parmi eux
on remarque un moulage doré des mains
d’Édith Piaf. Mais attention : tout ce qui
brille ne garantit rien. Il n’est qu’à admirer la tiare du roi scythe Saïtapharnès,
prétendument datée de 250 avant J.-C.
C’est en réalité le plus célèbre faux jamais acquis par le Louvre. La pièce, entrée dans les collections nationales à la
fin du XIXe siècle et dont il fut prouvé
qu’elle avait été fabriquée par un orfèvre
d’Odessa, répondant au nom d’Israël
Rouchomovsky, n’en est pas moins un
chef-d’œuvre. ■
« Or », au Mucem, Marseille (13), jusqu’au
10 septembre. Catalogue Hazan, 288 p., 32 €.
Tél. : 04 84 35 13 13. www.mucem.org
Saadia se souvient ainsi que la bague
avait été acquise avec d’autres par sa
mère dans une bijouterie de Casablanca : « Après la vente d’une maison, elle
avait réparti le produit à chacune de ses
filles en nous faisant cadeau d’un bijou. » Martine conte, elle, l’histoire de
la broche de sa belle-mère, Ginette,
qui a vécu à Abidjan. Peu à peu s’esquisse le grand livre des arrivants,
strates de populations débarquées à
Marseille. « Ces cinq breloques appartenaient à ma grand-mère, une Algérienne qui m’a élevée et qui est décédée
récemment à l’âge de 95 ans. » « Ma
mère mettait souvent cette croix, elle
l’avait sur elle lorsqu’elle a passé les
cols du Piémont. »
L’usage de la mhazma, cette ceinture en or ou en argent se caractérisant par un travail de ciselure impressionnant, remonte au temps des
The Space Between How Things Are,
And How We Want Them To Be,
gethan&myles.
conquêtes arabo-islamiques. C’est
un trésor portatif toujours utilisé au
Maghreb. « Ma mère avait acheté
tous les éléments, petit à petit, dans les
années 1980. Et puis elle a fait faire la
fermeture, lit-on dans un témoignage. Elle portait la ceinture pour les fêtes. Quand j’ai quitté l’Algérie, elle me
l’a donnée. Moi je ne l’ai jamais mise,
elle est restée longtemps dans un placard. Aujourd’hui j’ai un enfant qui est
conseiller dans une banque, une autre
qui fait son master à Sciences Po, une
troisième en terminale et une quatrième au collège : je crois que ma mère
serait contente si elle savait que sa
ceinture avait fait ça. Mais je n’ose lui
dire que j’ai tout gagé par petits
bouts. »
De la bague Cartier offerte pour un
anniversaire de 20 ans à un bijou de
mariage comorien acheté à Dubaï et
abandonné pour une facture de loyer
ou d’électricité, ces biens retrouveront leur famille d’origine à la fin de
l’exposition. gethan&myles les rendra
en effet à leurs anciens propriétaires.
Avec un ticket d’entrée pour une visite au Mucem. ■
É. B.-R.
MUSÉE DE LA MÉTROPOLE ROUEN NORMANDIE, CHARLES DUPRAT, RMN-GRAND PALAIS (MUSÉE DU LOUVRE)/HERVÉ LEWANDOWSKI, MNIR PHOTO/MARIUS AMARIE, GETHAN & MYLES
es dernières années à Paris, le Musée Guimet a présenté l’or
d’Asie, celui du Quai Branly l’or inca, le
Louvre l’or d’Alexandre et celui des
Thraces. Et le nôtre ? Il revient au Mucem, à Marseille, de raconter son histoire
et son importance, économique, sociale,
politique et symbolique, sur le pourtour
méditerranéen. Sur 1 200 m2 dans une
mise en scène à trois temps – de la thésaurisation de l’or qui suscite les convoitises à sa symbolique sacrée, en passant
par sa matière, malléable et fluide –, le
dialogue est constant entre les vestiges
archéologiques (riches prêts géorgiens et
roumains), une sélection tirée des collections maison (anciennement du Musée
des arts et traditions populaires) et les
œuvres de 43 artistes plasticiens contemporains. Soit 600 pièces.
Ouverture avec une immense gouache
de Gilles Barbier en 2012. Elle représente
un trésor digne de celui d’Ali Baba. Voilà
le ton, scintillant, donné. À cause de sa
rareté, l’or est, depuis toujours semblet-il, symbole du pouvoir et de la richesse.
Depuis la préhistoire, l’homme en a produit 182 400 tonnes, soit un cube de
21 mètres de côté précise une mappemonde des principaux gisements et routes commerciales.
Les plus cupides l’amassent, tel ce
grand d’Espagne joué par Louis de Funès.
Un extrait de La Folie des grandeurs le
montre tiré doucement de son sommeil
par un tintement d’écus. À proximité,
une collection de tirelires répond à un
ensemble de jarres au cou étranglé,
œuvre de Franck Scurti (Empty Worlds,
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 28 - dimanche 29 avril 2018
STYLE
29
Serge Ruffieux, du rêve à la réalité
PORTRAIT Élevé dans la vallée de Joux, le designer suisse a su très tôt qu’il ferait carrière dans la mode, à Paris.
Nommé il y a un an à la direction artistique de Carven, il réenchante la griffe avec poésie et conviction.
s
’
ÉMILIE FAURE
efaure@lefigaro.fr
il se prête au jeu de l’interview, Serge Ruffieux a le trac et ne
s’en cache pas. Après plus de vingt ans
à œuvrer dans l’ombre des plus grands
- dans l’ordre, Thierry Mugler, Sonia
Rykiel, puis chez Dior, John Galliano
et Raf Simons -, le Suisse tient désormais le haut de l’affiche. Décroché en
février 2017 au talent, à 43 ans, ce premier rôle de directeur artistique de
Carven, il le doit aussi à sa brève médiatisation lorsque après le départ de
Simons, il assure l’intérim (en tandem
avec Lucie Meier) au studio de Dior,
pendant une année. « Lucie et moi ne
devions pas être médiatisés. La journaliste Suzy Menkes a dévoilé nos noms
dans un article, sourit-il. C’était inattendu mais bienvenu. Je suppose que
cela a contribué à me mener chez
Carven. »
Sophie de Rougemont, présidente de
la griffe parisienne (dans le giron du
groupe Bluebell), cherche un styliste
capable de remettre la fille Carven sur
pied, après quelques saisons en berne et
une baisse d’intérêt des jeunes femmes
pour la marque. Elle contacte Serge
Ruffieux qui accepte de relever le défi à
la condition de pouvoir monter le prêtà-porter en gamme, en étoffant l’offre
de pièces brodées et travaillées, tout en
conservant des prix accessibles. Dès
son arrivée en février 2017, il dessine
une ligne de souliers multicolores et des
sacs bien balancés. Dans les mois qui
suivent, il se penche sur le cas des boutiques, fonce le vert Carven redonnant
des couleurs à la griffe et planche sur la
collection croisière. Le chantier du logo
viendra plus tard, le designer ne veut
pas se précipiter. « Aujourd’hui, tout va
tellement vite, personne n’a le droit à
l’erreur, explique-t-il. Comme tout le
monde, je préfère lire des bonnes que des
mauvaises critiques mais je suis prêt à les
affronter. Je veux imposer une esthétique, bousculer un peu les choses, et cela
ne se fait pas en quelques semaines. » La
notion du temps rythme le discours de
ce fils de maître horloger - son père a
travaillé chez Jaeger-LeCoultre, dans la
vallée de Joux, en Suisse, pendant plus
de quarante ans.
Serge Ruffieux grandit dans les pâturages helvétiques, loin, très loin des
bruits de la ville. Sa sœur a rejoint la filière horlogère du canton de Fribourg
mais lui, depuis tout petit, vibre pour
la mode et se rêve à Paris. « Mes
grands-parents, mes parents, ma sœur
et moi habitions dans la même maison,
construite par mon grand-père, un maçon italien venu s’installer en Suisse.
Retour en l’an 2000, Sonia Rykiel le
rappelle. « J’y suis resté cinq ans, cinq ans
de “je t’aime, moi non plus”, raconte-t-il
avec tendresse. J’étais à ses côtés, tous les
jours. Sonia aimait les garçons, il lui était
plus facile d’échanger avec un homme
qu’avec une femme. Elle jouait, me manipulait dans le bon sens du terme, essayant
sur moi les vestes et les manteaux. C’était
“bouge pas, reste là, tais-toi, qu’est-ce
que tu en penses ?” Sonia aimait se
confronter, ça criait pas mal mais c’était
génial. Je suis parti du jour au lendemain :
ce jeu finissait par ne plus m’amuser. »
De l’art d’être cool
sans sweat à capuche
Le styliste Serge Ruffieux. Collection Carven printemps-été 2018.
Tous les mercredis après la classe, ma
grand-maman, ma mère et moi passions le col en voiture pour atteindre
Lausanne. Elles aimaient prendre soin
d’elles. Je les accompagnais dans les
magasins et déjà, enfant, j’étais attiré
par les tissus, les couleurs. Ma grandtante, Clémentine, avait été couturière
chez Schiaparelli, elle me racontait ses
souvenirs d’atelier et son éternel regret
d’avoir quitté Paris. »
L’influence des années 1990
Adolescent, dans son village de
l’Orient, il dévalise le kiosque : Per Lei
et Per Lui, les magazines de mode de
Franca Sozzani pour les photographies
de Bruce Weber, Glamour pour les séries de Carine Roitfeld et 20 Ans pour
celles d’Emmanuelle Alt. Et surtout,
Paris, la revue mondaine de la capitale
où l’on se repaît des potins, des expositions à venir et des derniers défilés.
Après la Maturité (équivalent de notre
baccalauréat), le jeune homme intègre
la formation tailleur de la HEAD, la
Chez Dior, où il entre en 2008 pour intégrer le studio de John Galliano, Serge
Ruffieux reste huit ans. Il chapeaute les
collections été et hiver, tailleur et flou.
« Avec John, la façon de faire était immuable : deux jours de recherche, une
explication en deux mots, des références
qui, une fois validées, ne changeaient
plus, deux jours de dessins. Nous avions
beaucoup de temps pour nous, ce n’était
pas si étouffant qu’on peut l’imaginer.
La transmission passait par l’énergie
qu’il diffusait. Avec son successeur Bill
Gaytten, l’aventure humaine a été formidable. Enfin, Raf Simons, dont j’admirais tant le style, est arrivé. Le courant
passait bien entre nous, ce qui a rendu
les choses faciles. »
La maison de l’avenue Montaigne est
loin derrière lui, à présent. Dans son
studio de Saint-Germain-des-Prés, le
directeur artistique prête autant attention aux coûts qu’aux détails, et l’exercice lui plaît. Il dessine les collections,
jette un œil sur le compte Instagram,
supervise un film pour les parfums et
dirige la campagne de publicité. On lui
pose la question du « cool factor » qui
anime le secteur de la mode. « L’époque
est à cette obsession du cool, répond-il.
La fille Carven est cool, plus par sa
dégaine nonchalante et sa façon de
mélanger les styles, que par le fait de
porter un sweat à capuche. » ■
COURTESY OF CARVEN, MARK KEAN, JONATHAN EMBRIACO
Haute École d’art et de design à Genève.
Dans le cadre d’un voyage scolaire, la
classe prend le train pour Paris. « En
débarquant, j’ai eu la sensation de
connaître les lieux, raconte le designer.
J’avais réservé une chambre minuscule
dans un hôtel bas de gamme au métro
Saint-Sébastien-Froissart, j’étais exalté.
Avant même de poser ma valise, j’ai
couru rue du Jour à la boutique Junior
Gaultier. Je voulais voir, de mes yeux, cet
endroit qui avait engendré tant de fantasmes. À cet instant, Madonna en est
sortie, avec ses lunettes rondes et son
bombers. Je me suis dit : “Cette ville est
pour moi.” »
En 1995, il y décroche un premier
stage chez Thierry Mugler où il rencontre les jeunes modélistes du Studio
Berçot, tisse des liens indéfectibles,
découvre la nuit parisienne. « Je n’ai
jamais été impressionné, mais chamboulé, oui, confie-t-il. Tout ce dont je rêvais
depuis plus de dix ans prenait forme et
devenait réalité. » Les stages se suivent : Guy Laroche avec Michel Klein,
Christian Lacroix, Sonia Rykiel…
L’apprenti styliste se moque bien des
studios de Dior, Chanel ou Yves Saint
Laurent. Perfusé aux nineties, il se
retrouve davantage dans l’univers
d’Helmut Lang, de Jean Colonna et de
Martine Sitbon. « J’étais attiré par leur
côté rock, rebelle ou, à l’inverse, minimaliste qui, inconsciemment, a influencé
mon défilé de fin d’année à la HEAD. J’y
avais entremêlé des mailles de laine et de
coton, des tops en Stretch sur des jupes
en A. Pas si loin de ce que je fais aujourd’hui finalement. » La poésie en plus,
une sensualité juvénile qu’on est tenté
de lier à son enfance au pays d’Heidi.
Chez Carven, Serge Ruffieux drape
et noue des soies foulard, superpose les
broderies, les laines bouillies et les toiles japonaises. Il télescope les références bourgeoises de chasse et de pêche
sur des robes aux imprimés naïfs et
exagère les pompons façon embrase de
rideau sur des mocassins de conduite.
Maximaliste ? Certainement ! Mais sa
main est légère.
Rendre à Loris Azzaro…
as évident de le voir depuis la
rue de Rivoli, rien ne l’indique, mais le MAD présente,
jusqu’au 6 mai, « Azzaro,
cinquante ans d’éclats », une
rétrospective gratuite installée dans le
Hall des Maréchaux. Une cinquantaine
de pièces du couturier parisien et des
directeurs artistiques qui lui ont
succédé (des robes pour la grande majorité) se déploient sur deux niveaux,
tandis que quelques photographies
d’époque de Guy Bourdin, Helmut
Newton et Richard Avedon habillent
les murs.
À l’heure où chaque maison de mode
exhume ses archives pour raconter son
histoire et révéler son patrimoine,
Azzaro profite de cette exposition pour
montrer l’étonnante influence actuelle
de son fondateur, ce professeur de littérature d’origine italienne, débarqué de
Tunis en Simca 1000, un jour de 1962,
avec sa femme Michelle et leur fille
Béatrice. « Loris Azzaro est le grand
absent de l’histoire de la mode car il refusait de suivre le circuit officiel, il n’était
pas inscrit au calendrier, un peu à la manière d’un Alaïa, explique Emmanuelle
BOKELBER, FAMILLE AZZARO
P
Dans des tenues Azzaro, Jessica Jones rend hommage à Jean Harlow, en 1973. À droite : Loris Azzaro avec ses deux filles, en 1988.
Hutin, curatrice. On retrouve chez de
nombreux designers ses codes originels
comme le drapé, le lamé, les paillettes.
Son nom est rarement cité dans leurs inspirations. Pourtant, son esprit frivole,
provocant, subversif, typique des années
1970, revient en force sur les podiums.
Les femmes ont à nouveau envie de
s’amuser, d’oser. »
Il arrive fréquemment qu’on attribue à
d’autres (Paco Rabanne, Guy Laroche…)
les créations en jersey de soie au tombé
lourd et les minirobes frangées que
portait Tina Turner. Elles sont pourtant
signées Loris Azzaro, qui habillait
Brigitte Bardot, Dalida (enterrée dans la
robe Raquel !), Sophia Loren et Marisa
Berenson, entre autres vedettes. La robe
« trois anneaux », c’est lui aussi. On la
retrouve, ici, sur Stockman, aux côtés
des relectures de Vanessa Seward
(directrice artistique de la griffe de 2002
à 2011) et de celles de Maxime Simoëns,
aux commandes de la création depuis
un an.
Le sens de la fête
L’idée, vous l’aurez compris, est de
profiter de l’événement pour redorer le
blason de la marque, qui défile en haute
couture. « Si nous présentons des pièces
récentes de Maxime, c’est parce qu’elles
sont une suite logique aux archives,
avance Gabriel de Linage, PDG de la
griffe. Nous souhaitons rendre hommage
au passé mais aussi célébrer le présent en
gardant en tête qu’Azzaro rime avec fête
et soir. »
Dans les années 1970, Loris Azzaro se
drape dans des capes, se crée un personnage. Il passe ses nuits blanches
chez Castel ou… dans sa salle de bains,
pièce mythique de l’appartement de
1 500 m2 de l’avenue du MaréchalMaunoury à Paris XVIe, où il reçoit. Au
rez-de-chaussée du MAD, au pied d’un
grand escalier de pierre, une baignoire
noire et blanche a été installée. Clin
d’œil à l’excentricité du couturier.
À l’étage, le visiteur est invité à s’affaler sur les coussins lamés de David
Rucli, ceux-là mêmes qui décoraient
son intérieur. Aussi des paravents de
miroirs. « C’est la première rétrospective de la maison, poursuit Gabriel de
Linage. Il faut venir vite puisque l’exposition dure seulement deux semaines…
Les meilleures fêtes ne durent jamais
longtemps. » ■
É. F.
«Azzaro, cinquante ans d’éclats »,
jusqu’au 6 mai, Hall des Maréchaux
au MAD (Paris 1er).
A
EXPOSITION Jusqu’au 6 mai, la maison parisienne présente cinquante ans de création au Musée des arts décoratifs,
témoignant de l’influence du couturier sur la génération actuelle.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 28 - dimanche 29 avril 2018 LE FIGARO
30
VIN
2017, millésime
rare mais
de qualité
ŒNOLOGIE Le 27 avril 2017, Bordeaux est
ravagé par un gel d’une envergure inédite.
Les domaines qui ont échappé au froid
proposent aujourd’hui de très grands vins.
’
L
FRÉDÉRIC DURAND-BAZIN
£@FDurandBazin
année était pourtant bien
partie. Trop bien, d’ailleurs. Les douceurs de février et de mars et l’ensoleillement du printemps ont favorisé
une reprise précoce de la végétation.
« Nous nous sommes retrouvés avec
quasiment trois semaines d’avance dans
la vigne », explique Didier Cuvelier,
gérant du Château Léoville Poyferré à
Saint-Julien (Gironde). « C’est cette
précocité qui a aggravé les dégâts
occasionnés par le gel de fin avril », écrit
le Dr Axel Marchal, enseignantchercheur à l’Institut des sciences de la
vigne et du vin de Bordeaux dans sa
note annuelle.
En effet, dans les nuits du 20 et
21 avril, puis du 27 et 28 avril 2017, les
températures nocturnes frôlent les 3 °C à Pessac-Léognan et les - 5 °C dans
le Médoc. La vigne est tellement avancée que, non seulement, les bourgeons
sont brûlés par le froid, mais également
certains contre-bourgeons. « Une situation pire qu’en 1991, souligne le célèbre œnologue-conseil Michel Rolland.
Il y a vingt-six ans, tous les châteaux
avaient produit du vin, même dans de petites quantités. Là, nombreux sont ceux
qui ne mettront rien en bouteille. » « Le
gel a été comme une amputation, qui a
frappé de manière injuste, certains do-
maines étant totalement décimés, tandis
que d’autres presque entièrement préservés, enchérit Hubert de Boüard,
consultant et copropriétaire du Château
Angélus à Saint-Émilion. Au final, la
perte peut être évaluée à 40 % du volume
habituel de vins. »
Une année de blancs
Dans les domaines affectés, il est alors
primordial de repérer les pieds touchés
par la nuit glacée. Les raisins de seconde génération, issus des contre-bourgeons, accusent, en effet, un retard de
maturation qui ne sera jamais comblé.
« Dès le lendemain du gel, l’ensemble du
personnel est dans les vignes pour marquer les 25 000 pieds touchés », explique Frédéric Faye, directeur général du
Château Figeac à Saint-Émilion. Sans
ce travail de fourmi, long et coûteux
pour les domaines, les grappes de
deuxième génération risquaient d’être
vendangées en même temps que les
autres et pouvaient apporter aux vins
de la verdeur et de la dureté. Mais cet
incident climatique, aussi brutal et ravageur fut-il, ne doit pas occulter la
qualité du millésime. Le retour du
printemps au mois de mai permet une
floraison rapide et homogène, et les
chaleurs du mois de juin favorisent la
croissance rapide de la vigne dans les
zones non touchées par le gel. Dans les
parcelles gelées, la situation est plus
hétérogène. « En revanche, l’été maussade ne permet pas de produire des vins
puissants. Ils sont marqués par un léger
Le château Pichon Longueville Comtesse
de Lalande, à Pauillac. F. POINCET
manque en milieu de bouche », constate
Stéphane Derenoncourt, qui conseille
de nombreux domaines bordelais.
Ces conditions sont particulièrement favorables aux cépages blancs.
Les vendanges de sauvignon blanc débutent dès le 16 août sous le soleil, un
record de précocité, et celles du sémillon s’étalent jusqu’au 15 septembre. « Les équilibres des raisins sont dignes des plus grands millésimes, avec
une richesse en sucres tout à fait convenable, une acidité élevée et un potentiel
aromatique très prometteur », poursuit
Axel Marchal. « Nous ne sommes pas
loin de penser que 2017 est une très
grande année pour les blancs », confirme Jean-Philippe Masclef, maître de
chai au château Haut-Brion. Une impression qui se confirme amplement à
la dégustation, les blancs des Graves et
du Médoc se révélant particulièrement
équilibrés, précis et élégants. Ces caractéristiques se retrouvent aussi sur
les quelques échantillons de vins liquoreux dégustés, avec de beaux niveaux d’acidité qui leur confèrent un
caractère digeste.
Un mal pour un bien ?
Pour les rouges, la situation semble
plus hétérogène. Les merlots, plus
précoces, ont subi de plein fouet les
importantes précipitations de début
septembre. Parfois leur récolte a dû
être anticipée pour limiter le développement de pourriture grise. « Encore
une fois, c’est la qualité du terroir qui
fait la différence, confirme Stéphane
Derenoncourt. Les terroirs argilocalcaires, plus tardifs, ont permis une
meilleure maturation des raisins et ont
produit de jolis vins. » Quant aux cabernet-sauvignons, à la maturation
plus lente, ils ont bénéficié du retour
d’un temps sec et ensoleillé à partir du
20 septembre et ont pu être récoltés
dans de très bonnes conditions.
Finalement, 2017 produit des vins
charmeurs, frais et croquants, avec
beaucoup de sève. Mais les réussites ne
sont pas partout au rendez-vous. Rive
gauche, le nord Médoc a été épargné par
le gel. Saint-Estèphe, Pauillac et SaintJulien produisent ainsi des très beaux
vins. La situation est plus mitigée sur
Margaux, avec une production hétérogène en qualité, certains vins portant les
stigmates du gel avec des notes végétales
et des tannins un peu durs. Il en est de
même, dans des proportions plus importantes, sur Listrac et Moulis. Plus au
sud, Pessac-Léognan est coupé en deux :
Pessac ayant été préservé, contrairement à Léognan. L’appellation donne de
superbes blancs, bien supérieurs à 2015
ou 2016. Les rouges sont aussi réussis
dans les terroirs restés intacts.
Rive droite, la situation est plus disparate. Les grands terroirs ont été peu
impactés par les incidents climatiques
d’avril, hormis le plateau compris entre
Figeac et Cheval-Blanc. « J’ai perdu
tous mes merlots, explique Olivier Decelle, propriétaire du Château Jean
Faure. J’ai produit 10 000 bouteilles, exclusivement en cabernet franc. Même si
la récolte est très maigre, elle m’a
conforté dans mes convictions que j’ai un
grand terroir à cabernet. C’est dans cette
direction que je veux poursuivre. »
Même son de cloche du côté du Château
La Gaffelière « Nos pertes de merlots
nous ont conduits à avoir 45 % de cabernet franc dans notre grand vin, contre
15 à 20 % habituellement. C’est une voie
que je comptais prendre, peut-être pas
aussi rapidement. Mais je ne ferai pas
machine arrière », enchaîne Alexandre
de Malet Roquefort, directeur du château. Un mal pour un bien, donc. Pomerol présente aussi un double visage,
avec de très beaux vins sur le plateau,
alors que les propriétés en couronne de
l’appellation ont connu de moins bonnes fortunes. ■
Les 15 coups de
cœur du « Figaro »
Même dégustés après seulement six
mois d’élevage, les vins du millésime
2017 dévoilent leur futur visage.
Ils sont souvent charmeurs, frais
et friands, lorgnent du côté des 2012
pour leur tendresse et vers 2014
pour leur structure.
En dehors des 1ers crus,
voici nos 15 coups de cœur.
● Château Pape-Clément Blanc
(pessac-léognan) : 19/20
● Château Figeac
(saint-émilion) : 19/20
● Château La Conseillante
(pomerol) : 19/20
● Château Pichon-Comtesse
(pauillac) : 19/20
● Château Pontet-Canet
(pauillac) : 19/20
● Château Smith-Haut-Lafitte blanc
(pessac-léognan) : 18,5/20
● Domaine de Chevalier blanc
(pessac-léognan) : 18,5/20
● Château Angélus
(saint-émilion) : 18,5/20
● Château Ducru-Beaucaillou
(saint-julien) : 18,5/20
● Château Haut-Bailly
(pessac-léognan) : 18,5/20
● Château La Violette
(pomerol) : 18,5/20
● Château Léoville Las Cases
(saint-julien) : 18,5/20
● Château Léoville Poyferré
(saint-julien) : 18,5/20
● Château Lynch-Bages
(pauillac) : 18,5/20
● Château Pavie
(saint-émilion) : 18,5/20
Retrouvez l’ensemble de nos notes
sur le site Internet du Figaro Vin,
F. D.-B.
dossier primeurs.
De nombreux châteaux manquent à l’appel
En raison du gel d’avril, de trop nombreux châteaux n’ont pu présenter de
vins aux primeurs, faisant une croix
sur le millésime 2017. Une situation
inédite par son ampleur. Dès le 4 décembre dernier, Stephen Carrier, directeur du Château Fieuzal, en pessacléognan, annonçait la couleur dans sa
newsletter : « Les événements climatiques du printemps dernier ont eu des
conséquences significatives sur la qualité et la quantité des raisins issus de ce
millésime 2017. Malgré les efforts de
chacun d’entre nous afin d’en minimiser
l’impact, nous ne sommes pas en mesure aujourd’hui de garantir la qualité que
nous souhaiterions. Nous avons donc
décidé de ne pas mettre en marché de
vins issus du millésime 2017. »
Quelques jours plus tard, ce fut au
tour d’Anabelle Cruse du Château
Corbin, à Saint-Émilion, d’annoncer
la même décision. Au final, près d’une
quarantaine de grands domaines
auront rayé ce millésime maudit de
leurs tablettes. On peut ainsi citer, à
Saint-Émilion, l’absence de Grand
Corbin-Despagne, de Château Das-
sault, de La Tour Figeac, de Fleur Cardinale, de Laroze, de Grand Barrail
Lamarzelle Figeac, ou encore de Château La Pointe à Pomerol. « À Montviel et à La Gravière, nos vignes ont
gelé à 70 %. Je n’ai donc rien présenté
en primeurs et je verrai, l’année prochaine, si je produis un peu de ces deux
vins sur le millésime 2017 », soupire
Henri Parent, propriétaire des vignobles Péré-Vergé. En rive gauche, on
déplore l’absence de Haut-Bergey, de
Doisy-Védrines, de Climens ou de
Sénéjac. ■
F. D.-B.
Drouhin à la Maison-Blanche
SUCCÈS Mardi, le président Macron était reçu au premier dîner d’État de l’ère
Trump. Sur la table, une cuvée Laurène de Drouhin, produite en Oregon.
u menu du dîner de mardi
dernier, à la Maison-Blanche, tarte au fromage de
chèvre, crumble de biscuit
au lait de beurre, côtelettes
d’agneau pascal accompagnées d’un
jambalaya de riz doré de Caroline, cuisiné dans la tradition de La NouvelleOrléans avec des spécialités cajuns
- céleri, piments et oignons - et des petits oignons braisés. Puis tarte aux nectarines infusées de miel et accompagnée d’une glace à la crème fraîche.
Pour accompagner l’ensemble, deux
vins furent servis, un rouge et un blanc.
Le premier provenait du Domaine
d’Oregon de la famille bourguignonne
A
A
Drouhin. Il s’agissait de la cuvée « Laurène », un superbe pinot noir produit
dans la Willamette Valley, au sud de
Portland. « Je n’étais pas au courant,
c’est le sommelier de la Maison-Blanche
qui a choisi les vins, explique Véronique
Drouhin. Mais la cuvée Laurène devrait
constituer un excellent accord avec
l’agneau. D’autant plus que le millésime
2014 est splendide. Je suis très contente
pour l’ensemble de l’équipe. C’est une
belle récompense pour nous qui nous
sommes installés là-bas il y a une trentaine d’années. » C’est la deuxième fois
qu’un vin de la maison Drouhin est servi à la Maison-Blanche. La cuvée Arthur - du nom du fils de Véronique
Drouhin, Laurène est sa fille - avait déjà
eu les honneurs de la table de la Maison-Blanche sous l’ère Obama.
Fins connaisseurs
Quant au blanc servi lors de ce même
dîner, il s’agissait d’un Domaine Serene
Chardonnay « Evenstad Reserve » 2015,
un vin réalisé à partir d’un cépage originaire de Bourgogne et cultivé, lui aussi,
dans l’Oregon. « Ce sont nos voisins,
s’amuse Véronique Drouhin. On peut
penser que le sommelier a choisi les vins
d’Oregon car il sait que les Macron sont
de fins connaisseurs. Les vins d’Oregon
sont plus fins, moins robustes que beaucoup de vins de Californie. » ■
S. R.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
VIN
samedi 28 - dimanche 29 avril 2018
La Ferme des Lices
sur la presqu’ïle
de Saint-Tropez.
31
’
L
STÉPHANE REYNAUD
sreynaud@lefigaro.fr
histoire commence par un
coup de téléphone inattendu, comme
dans un polar. Nous sommes à la fin du
siècle dernier, la jeune ingénieure agronome Laurence Berlemont, qui officie
depuis peu comme œnologue consultante du côté de Brignoles (Var) décroche le combiné. « Au bout du fil, j’ai une
Anglaise que je ne connais pas, elle
s’appelle Nina Michaelis et cherche “un
domaine sur la Côte, avec des vignes”.
C’est le cadeau de divorce de son futur exmari. Je l’ai rencontrée, nous avons visité
ensemble cinq ou six vignobles, mais rien
n’était vraiment satisfaisant. »
La vie suit son cours. « Elle me rappelle
plus tard, en 2000, et me dit : “J’ai trouvé
une propriété à Saint-Tropez mais les vignes sont tellement abîmées, que je n’ai
pas osé vous appeler. J’avais très envie de
l’acheter, je ne voulais pas que vous me
dissuadiez de le faire.” Je suis allée sur
place, sur la presqu’île, dans la plaine des
Salins. J’ai découvert un grand mas blanc,
avec les vignes devant et, un peu plus bas,
la forêt et la plage. Un endroit fabuleux,
mais les deux hectares de vignoble étaient
vraiment dans un état terrible, envahis par
Dans les vignes
de la « French Connection »
les mauvaises herbes. Nina Michaelis ne
savait pas quoi en faire et elle m’a proposé
de les prendre en fermage. J’avais 28 ans,
l’offre était fabuleuse, j’ai dit oui. Ensuite,
j’ai réfléchi. Avec mon associé Patrick
Devaux, nous avons trouvé un vieux tracteur et nous avons remis le vignoble
d’aplomb. » La vigne revit et attire l’attention des voisins de Nina Michaelis,
eux aussi propriétaires de quelques pieds
et dont les raisins ont triste mine. Six
d’entre eux, chacun à leur tour, vont demander à Laurence Berlemont de prendre en fermage leurs quelques ares. Le
tout constitue un bel ensemble, avec, en
prime, deux oliveraies.
«Un jour, j’ai parlé de tout cela à Patrice de Caulmont, le patron du Club 55, un
Tropézien vrai de vrai, lui aussi l’un de
mes clients, il possède un petit vignoble à
Ramatuelle. Il a souri et il m’a dit : “Asseyez-vous Laurence, je vais vous raconter une histoire.” Grâce à lui, qui avait
travaillé dans le secteur immobilier quand
il était jeune, j’ai appris que cet ensemble
viticole que j’avais constitué était un ancien domaine ayant appartenu à un certain M. Angelvin. » Flash-back : Jacques
dents ont, eux aussi, donné naissance à
des vins à forte personnalité, flirtant
parfois avec les notes de miel et de nougat (2014), ou se montrant plus discrets
(2009). Les rouges, dominés par la
syrah, révèlent avec la garde des arômes
de cuir et de réglisse. Berlemont et
Devaux ont hissé la Ferme des Lices au
pinacle provençal.
Le vin rosé de M. Angelvin
Laurence Berlemont a sans le savoir redonné vie au domaine de Jacques Angelvin, arrêté
en 1962 pour trafic de drogue. JEAN-CHRISTOPHE MARMARA/LE FIGARO, RUE DES ARCHIVES/AGIP
Angelvin est un acteur de cinéma de
l’après-guerre, aussi animateur de radio
et de télévision. Noctambule flambeur et
quelque peu endetté, il est approché par
les caïds de la French Connection, toujours à la recherche de « mules », ces
passeurs qui transportent leur héroïne
entre Marseille et les États-Unis. En
janvier 1962, Angelvin est arrêté à New
York par la police des stupéfiants américaine. Il vient de débarquer avec sa
Buick du paquebot sur lequel il a traversé l’Atlantique. Les inspecteurs bien
renseignés ne mettent pas longtemps à
retrouver les 52 kg d’héroïne pure cachés dans la carrosserie. Cette histoire
inspirera plus tard le cinéaste Gérard
Oury quand il réalisera le film Le Corniaud (1964).
fait un vin complexe qui lie les arômes
floraux et les notes d’abricot. Sa longueur en bouche et sa fraîcheur ajoutent
à ses charmes. Les millésimes précé-
Quant à l’affaire de la French Connection, elle s’est terminée comme elle avait
commencé, par un coup de fil. « L’année
dernière, un monsieur m’appelle. Il a un
accent américain. Il me dit : “Bonjour, je
suis M. Angelvin.” J’ai tressauté. Il m’a
demandé : “Vous voyez qui je suis ?”
C’était en fait le petit-fils de Jacques Angelvin, lui-même décédé à la fin des années 1970. Il m’a dit qu’il lui restait un
hectare de vigne familiale, situé à
500 mètres du domaine de son grand-père, un bout de terre que la famille avait
gardé de génération en génération. Donc,
depuis l’année dernière, je fais le vin rosé
de M. Angelvin. À peu près 1 000 bouteilles par an. » ■
Une Histoire,
Une Oeuvre
Cuvée gastronomique
Pour Jacques Angelvin, qui plaide coupable, le passage par la case prison est
inévitable. « Suite à cette affaire, le domaine de l’ex-star des médias est tombé
en déshérence et a finalement été vendu,
découpé en huit parcelles, certaines d’entre elles avec un des corps de bâtiment : la
maison de maître, la ferme, le garage.
Avec mes différents fermages, j’ai reconstitué le domaine de M. Angelvin. Sur
les huit morceaux, j’en ai regroupé sept de
l’époque. Les propriétaires sont anglais,
suisse, français, italien, hollandais et belge. Le dernier a appartenu à un Alsacien
qui apportait ses raisins à la coopérative.
Nina Michaelis a finalement acheté le
morceau manquant. Il s’agit de l’ancienne
cave. Son fils, architecte, l’a redessinée et
elle l’a mis à ma disposition en location. Je
l’ai aménagé pour en faire un cuvier opérationnel. » Comme tous ces microdomaines ont la même adresse postale - le
chemin des Treilles-de-la-Moutte -, ils
ont une seule étiquette. Le nom ? La
Ferme des Lices. « Nous n’allions tout de
même pas appeler cela château, il n’y en a
jamais eu ici. Et les lices, c’est le clin d’œil
tropézien. »
Maintenant, en regroupant tout le
raisin, Laurence Berlemont produit
5 000 bouteilles de blanc, 10 000 flacons
de rosé et 5 000 de rouge. La conjonction
de l’exposition au sud-est, du mistral
qui assainit les cultures, et des sols mêlant schiste et sable où la vigne s’enracine en profondeur, donne, ici, de superbes vins. Le rosé 2017 se révèle ample et
rond, plus cuvée gastronomique que vin
de plage. Le blanc 2017 est un assemblage de rolle cueilli en trois fois, à trois niveaux de maturité différents, ce qui en
VIGNOBLESPERSE.COM
L’ABUS D’ALCOOL EST DANGEREUX POUR LA SANTÉ.
À CONSOMMER AVEC MODÉRATION.
A
À Saint-Tropez,
dans la plaine des
Salins, l’œnologue
Laurence Berlemont
a reconstitué
un domaine ayant
appartenu
à un membre
du célèbre réseau
de trafiquants
de stupéfiants.
Elle y produit
des vins superbes.
JEAN-CHRISTOPHE MARMARA/LE FIGARO
PROVENCE
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 28 - dimanche 29 avril 2018 LE FIGARO
32
À TABLE
Festin du mariage
de Napoleon Ier
et de Marie-Louise
(1810), Alexandre
Dufay, dit Casanova.
Baieta, l’hymne
gourmand au Sud
SELVA/LEEMAGE
Julia Sedefdjian, jeune chef étoilée de 23 ans,
vient d’ouvrir son propre restaurant dans
le Ve arrondissement de Paris. Attention, talent !
MINUTES
GOURMANDES
Napoléon par le petit
bout de la fourchette
Stéphane
Durand-Souffland
O
GASTRONOMIE Certes, l’empereur était piètre gourmet, mais il a
su formidablement utiliser la table comme outil de rayonnement.
T
A
JEAN-CHRISTOPHE MARMARA ET FRANÇOIS BOUCHON/LE FIGARO, LIEWIG CHRISTIAN ET DOMINE JEROME/ABACA, OLIVIER PASTOR, LECOEUVRE PHOTOTHEQUE/ABACA, COLLECTION PERSONNELLE,
COLETTE MONSAT
cmonsat@lefigaro.fr
maisons aristocratiques. « Il est dans la logique de l’Ancien Régime, il le poursuit. Il
construit sa Maison, choisit ses officiers,
érige des codes et donne de l’importance à
ce que sont les pratiques sociales et culturelles de l’Ancien Régime, dont la table. »
La symbolique politique, s’il doit y en
avoir une, s’exprime plutôt à travers une
mise en scène graphique : l’iconographie
autour des banquets, les peintures représentant les repas du sacre ou du mariage.
andis que se tient actuellement à Paris l’exposition « Napoléon
stratège » au Musée de l’armée, la tentation était grande d’explorer une tout
autre facette, plus légère, du vainqueur
d’Austerlitz : son rapport à la table. En ce
sens, le passionnant ouvrage de l’histoRespect de l’étiquette
rienne Marion Godfroy * nous livre une
perception différente et argumentée de
Selon Marion Godfroy, il s’agit moins de
ses affinités gourmandes. En effet, il est
savoir ce que Napoléon aimait manger et
coutume de dire que Napoléon n’avait
boire - on connaît néanmoins son faible
aucun intérêt pour la nourriture, qu’il
pour la volaille et pour le chambertin
mangeait vite, plus par obligation que par
parmi les bourgognes - que d’imaginer ce
plaisir. On lui prête même ces propos :
qu’était sa vie. Celle d’un homme dor« Quand on veut manger bien, on dîne chez
mant très peu, travaillant énormément et
Cambacérès, quand on veut manger mal,
autour duquel tout s’articulait. Mais il
on dîne chez Lebrun (prince
était avant tout un militaire, à
architrésorier de l’Empire,
l’instar de Charles de Gaulle
NDLR), quand on veut manger
qui, lui, expédiait ses repas en
vite, on dîne chez moi. » Un
45 minutes chrono. Et s’il n’a
discours forcément réducpas laissé le souvenir d’un fin
teur, au regard de notre exgourmet, il a néanmoins créé
perte. Pour elle, au contraire,
une table impériale qu’il a su
Napoléon est un aristocrate,
ordonnancer. Ainsi, l’étiet, en ce sens, il connaît la vaquette de la cour de Versailles
leur du repas. Ce qui lui fera
n’ayant jamais été codifiée, il
engager de nombreux cuisis’est servi des témoignages de
niers, ou plutôt des maîtres
serviteurs de l’Ancien Régime
d’hôtel comme on les appelait
pour l’édicter et lui redonner
à l’époque, qui étaient les do- L’historienne Marion
son lustre d’antan. Tout au
mestiques les mieux payés des Godfroy. M. ACHOUR
long de son règne, y compris
n avait laissé
Julia Sedefdjian près
de la tour Eiffel, aux
Fables de la Fontaine,
rue Saint-Dominique
(« rue Christian Constant »,
pour les gastronomes), dans le rôle
de « plus jeune étoilée Michelin ».
La Niçoise ressurgit deux ans
plus tard en lisière de Quartier
latin, encore insolemment peu
âgée – 23 ans – et déjà chez elle,
dans les anciens murs d’Itinéraires,
désormais à l’enseigne de Baieta, qui
signifie « bisou » en langue nissarde.
Bonne nouvelle : la boussole
de Julia Sedefdjian est détraquée,
qui n’indique que le sud. Sa cuisine
est donc gaie, ni dépouillée ni
assommante de circonlocutions ;
autrement dit, c’est très bon,
facile à dévorer, ça ne sent pas
la complication façon tour de cirque.
À noter une sélection de vins
au verre, courte mais judicieusement
étalonnée. La chef, titulaire de deux
CAP, cuisine et pâtisserie, a beau être
encore gamine, elle assure autrement
mieux que nombre de barbons
repus d’eux-mêmes, aussi bien
dans les équilibres gustatifs les plus
ébouriffants que sur le plan visuel
de ses assiettes. En salle, le service
tourne rond, à l’exacte distance
des clients. Un service délié, jamais
relâché, efficace et souriant.
Le message est vite passé : ouvert
début avril, Baieta joue le soir
à guichets fermés dans un décor
sobre qu’éclaire une fresque joyeuse,
noire au mur blanc. La clientèle
est typique de ces pâtés de maisons
sans cachet particulier : elle offre
au-dedans la vie qu’il n’y a plus
dehors passé 19 heures. Touristes
polyglottes sortis de Notre-Dame,
familles avec (grands) enfants et leurs
promis, couples d’amoureux, une
main pour tenir celle du vis-à-vis,
en exil, cette étiquette occupera une place centrale dans sa mise en scène du pouvoir et il veillera à la respecter.
Preuve qu’il connaissait aussi parfaitement le rôle de la table dans la diplomatie, il avait délégué à deux membres de
son gouvernement, Cambacérès et Talleyrand, l’organisation des dîners d’apparat qui l’ennuyaient mortellement. Les
deux hommes, qui ne s’appréciaient
guère, recevaient chacun de leur côté,
rivalisant de faste et d’abondance. En
1803, Napoléon avait financé pour Talleyrand l’achat du château de Valençay,
un grand domaine en dehors de Paris,
destiné aux agapes officielles. « Le diable
boiteux », comme l’appelaient perfidement ses ennemis, s’était donc attaché
pour l’occasion les services de MarieAntoine Carême, très grand pâtissier et
cuisinier, reconnu par toutes les cours
d’Europe. Outre l’art des pièces montées
vertigineuses, il avait également une vision encyclopédique de la cuisine, ce qui
lui permit de laisser à sa mort moult
ouvrages de référence pour les générations à venir.
Alors oui, Napoléon n’était peut-être
pas le plus enthousiaste des convives, mais
à travers les rites et les codes qu’il a mis en
place, il a tenu jusqu’au bout à asseoir sa
puissance et son autorité. Le fameux imperium latin, que reprendront plus tard les
Bourbons, revenus au pouvoir. ■
* Napoléon, collection « Biographie
gourmande », de Marion Godfroy (Éd. Payot).
une autre pour manier la fourchette,
carré gourmand convaincu par un
article élogieux signé Rubin dans le
Figaroscope… C’est vite plein, le babil
au volume maîtrisé qu’on entend
ronronner est sans aucun doute
celui des dîneurs heureux.
Les idées de Julia Sedefdjian sont
épatantes : jaune d’œuf croustillant,
haddock, poireaux vinaigrette (19 €)
créé aux Fables de La Fontaine,
toujours d’époque. Tartare de
daurade au citron vert, lait de coco
au homard, émulsion de citron vert
(22 €), petite leçon de dosage
des ingrédients comme de découpe
du poisson, invitation au voyage
racée, pleine de « mâche » pour
satisfaire la dent et d’arômes
pour envoûter le nez. Le pavé
de cabillaud aux coquillages, fregola
sarda (microbilles de semoule
typiques de la cuisine sarde), olives et
artichauts, nuage d’ail confit (32 €)
démontre dans sa belle assiette
triangulaire que le plus fin
des poissons peut s’accommoder
d’un accompagnement corsé,
pour peu qu’il y ait l’inspiration
et les textures adéquates.
Le dessert s’appelait ce soir-là
sablé fenouil, il était garni d’une
crème vanillée elle-même couronnée
d’un sorbet citron-pastis (11 €).
Sous le fouet de l’agrume brut
de décoffrage, l’attelage onctueux
donne le meilleur de lui-même.
La touche anisée du fenouil fait
le reste, en écho à celle du sorbet
discrètement rehaussé de pastis.
Le sud, jusqu’au bout du repas.
Tout bien considéré, la boussole
de Julia Sedefdjian fonctionne
parfaitement, puisqu’elle indique
aussi le chemin des étoiles.
■ Baieta. 5, rue de Pontoise (Paris Ve).
Tél. : 01 42 02 59 19. Menus à 29 € (déjeuner),
45 et 85 € (4 ou 7 services).
+ @SUR LE WEB
» La nouvelle vague
des tables latinos à Paris
» Boulom, le resto-loft de Julien
Duboué, avec formule buffet à volonté
www.lefigaro.fr/sortir-paris
LES PERSONNAGES
EN BREF
Par Jacques Pessis
Guy Savoy : une
esplanade à Nevers
Quand on a proposé à Guy Savoy de donner son nom à une
esplanade de Nevers, sa ville
natale, il a cru à une blague. La
lettre que Denis Thuriot, le
maire, lui a adressée a dissipé
ses doutes. Samedi dernier, le
cuisinier a dévoilé une plaque
sur laquelle il est précisé qu’il
est « connu mondialement ». À
la fin du discours de remerciement, où le souvenir de ses parents était très présent, il s’est
voulu rassurant pour les finances de la ville. Il a précisé, le
sourire aux lèvres : « Je n’ai pas
l’intention que vous ajoutiez,
avant très longtemps, une autre
date. » Au cours du déjeuner
qui a suivi, il a évoqué avec le
maire son appartenance à un
club des Ambassadeurs de cette
ville où il a passé les deux premières années de sa vie. Avant
de reprendre la route pour être
présent, le soir, dans son troisétoiles parisien, il a visité le
quartier historique qui entoure
son esplanade. Il fourmille de
vieux pavés, de bâtiments anciens mais parfaitement entretenus. Ils n’ont apparemment
pas besoin d’être restaurés… ■
Joël Garcia : son
marché à Vincennes
Jacques Attali :
Lelouch président
Harry Roselmack :
le tour de Tours
Présent pendant
43 ans à la Bastille, le Grand
Marché
d’art
contemporain se
déroule pour la
première fois sur
l’esplanade du château de Vincennes. Il réunit, jusqu’au
1er mai, 300 artistes qui exposent et vendent leurs œuvres
« Au début, j’étais presque seul,
dit Joël Garcia, le créateur organisateur. Je ne compte plus les
inconnus qui ont débuté et dont
la cote n’a cessé de monter. » À
l’image de celle de son salon. ■
Les femmes seront au cœur de
la Semaine du
cinéma positif, à
Cannes, du 9 au
14 mai. Des projections gratuites de films, des débats et un
gala au Palm Beach sont prévus. Jacques Attali, à travers la
Fondation Positive Planet, et
Audrey Tcherkoff sont à l’origine de cet « éveilleur de
conscience ». Des Awards seront décernés par un jury
autour de Claude Lelouch, enfin président sur la Croisette ■
Harry
Roselmack figure parmi les personnalités présentes
dans Qui est qui
en
Touraine ?.
Adrien Berton et
Laetitia Thierry-Jallot ont réuni, sous la forme d’un dictionnaire, celles et ceux qui sont
nés ou ont grandi à Tours ou
dans ses environs. Le juge Bruguière, Bernard Lama, gardien
de but des Bleus, Agnès Michaux, Balzac et Rabelais figurent aussi dans une liste aussi
bien nourrie que Gargantua. ■
Il faut déclarer la guerre à cette vieillesse qui
nous envahit sournoisement de jour en jour. Nous
avons beau la savoir perdue d’avance, ce n’est
pas une raison pour attendre avec résignation.
Il peut y avoir de grands moments de joie
MYLÈNE DEMONGEOT - « LA VIE, C’EST GÉNIAL » - L’ARCHIPEL
Moustaki : des
archives inédites
Georges Moustaki avait confié à
Pelai Ribas, un ami proche, le
soin de mettre de l’ordre dans
ses archives. Des enregistrements inédits ont été retrouvés
et figurent, dans le coffret de
4 CD célébrant les
cinq ans de sa
disparition. Parmi eux, on trouve
cinq
chansons
envoyées à une
maison de disques, en 1957. Avant la première d’entre elles, Les Orteils au
»
soleil, il donne, au micro, son
nom et son adresse. Cet essai
n’a pas été transformé par un
contrat, mais, an après, il a
rencontré Piaf. La sortie de cet
album, le 3 mai, est précédée, la
veille, d’un concert hommage
au New Morning. Une veillée
comme il les affectionnait. ■
Des orchestres
d’école à l’Olympia
Le 3 mai, des enfants des classes
primaires et des collèges seront,
pour un soir, les têtes d’affiche
de l’Olympia. Ces musiciens fêteront les dix ans d’Orchestre à
l’école, une association créée
pour soutenir et piloter le développement, en France, d’un enseignement musical dans les
classes. En une décennie,
450 établissements ont inscrit à
leur programme deux heures
hebdomadaires consacrées à la
lecture des partitions et à la
technique instrumentale. Plus
de 60 000 jeunes ont travaillé
au cœur de 1 230 formations.
Six d’entre elles ont été sélectionnées pour une soirée anniversaire dont Sandrine Bonnaire est la marraine. Sur scène,
ces talents en herbe mêleront
les variétés, le classique et le
jazz. Ils joueront aussi une partition spécialement composée
pour la circonstance par
Étienne Perruchon. « Quand
nous avons débuté, 2 % seulement des enfants scolarisés apprenaient la musique, dit Marianne Blayau, la déléguée
générale. Notre objectif, c’est
500 000 dans cinq ans ! » ■
GILLES PUDLOWSKI publie
son Guide Pudlo 2018. Il dit
qu’il doit ce titre à Jacques
Lanzmann. En 1994, celui-ci
avait expliqué à l’éditeur que
ce raccourci rendrait ce rendez-vous annuel plus facile et
plus français. (Michel Lafon)
CLAIRE PERRINE, qui se
produit au Trévise le 2 mai à
17 heures, est la seule femme
ventriloque dont le spectacle
est destiné au jeune public.
Dans En avant la musique, elle
mêle la magie à une parodie
de The Voice.
ÉRIC SERRA célèbre le
11 mai les 30 ans du film Le
Grand Bleu, à La Seine Musicale. Il dirigera un orchestre
qui, pendant la projection,
jouera, sur les images, les musiques de la bande originale.
FRANK THOMAS avait écrit,
avant de disparaître, les chansons d’un spectacle musical,
Crêpes et dentelles. L’héroïne
est une jeune Bretonne qui
vient à Paris et gravit les
échelons de la société. Il est
créé demain à 18 heures, au
Théâtre de Ménilmontant.
NICOLAS RACHLINE a réuni, sous le titre « Et Dieu créa
La Ponche », ses photos d’art
à Saint-Tropez et dans ses
environs. Elles sont exposées
à partir du 4 mai, à Paris, à la
galerie Anne et Just Jaeckin.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 28 - dimanche 29 avril 2018
IMMOBILIER
33
avec
Une belle propriété viticole
avis.de.recherche
Une villa, un loft, un studio ?
Pour investir en région ou à l’étranger,
nos experts immobiliers répondent
directement chaque semaine dans le Figaro.
Chaque semaine, quatre professionnels de l’immobilier nous présentent un bien aux caractéristiques exceptionnelles
ou atypiques. Aujourd’hui, notre sélection concerne une belle propriété viticole.
Par Stéphanie de Balorre
Proche
« des
plages
Côtes
« de
Provence
»
MICHEL VEYRIER
VINEA TRANSACTION :
Située à proximité de Montpellier,
du TGV et de l’aéroport international, cette propriété viticole de 31 hectares en très bon
état est à 10 minutes des plages languedociennes. La
bastide du XIXe siècle avec parc, piscine, orangeraie
et chapelle est close de mur. L’espace événementiel
d’une capacité de 200 personnes est de tout premier
ordre. Jardin avec bassin de nage, équipement traiteur, double gîte de 180 m². Le vignoble, le caveau de
vente et les chais sont très bien équipés. Propriété en
exclusivité.
THIBAUD DESPRETS
PROPRIÉTÉS & DOMAINES :
Ce beau domaine viticole de
30 hectares en appellation Côtes de
Provence est composé d’une bastide du XIXème siècle
rénovée, d’une ferme du XVIIème siècle à rénover,
d’une grande cave de vinification équipée, d’une
vaste salle de réception, d’une maison de gardien et
de plusieurs dépendances. Cet important ensemble
bâti de caractère est idéal pour un projet tourné vers
une exploitation viti-vinicole de qualité. Il est situé
à seulement quelques minutes d'un village et à 15 minutes d'une sortie d'autoroute.
LOCALISATION :
Bassin de Thau
SURFACE :
600 m2
PRIX :
4 028 000 €
CONTACT :
04 67 22 55 52
Propriété
« familiale
»
Demeure
« historique
»
MARIE DESTANG
EXCELL VIGNOBLES CONSEIL :
Située à 30 minutes de Bordeaux,
cette propriété familiale de près de
40 hectares dont 23 hectares de vignes en AOP Côtes
parfaitement entretenues est constituée de bâtiments
et de matériel d’exploitation de belle facture. La production annuelle atteint 150 000 bouteilles qui sont
commercialisées via le Négoce. La demeure offre un
résidentiel de qualité et dispose d’une superbe piscine. Cette propriété est un lieu idéal pour des acquéreurs souhaitant opter pour le développement d’une
activité oenotouristique.
LOCALISATION :
Centre Var
SURFACE :
500 m2 environ
+ 1000 m2 environ
de dépendances
PRIX :
10 000 000 €
CONTACT :
06 07 37 41 63
»
STÉPHANE PAILLARD
BUREAU VITICOLE :
"Le Cloître des Rois de Majorque"
est une demeure historique XVIIIe
de grand caractère. La cour d’honneur est en position dominante au cœur d’un territoire vallonné
dont 7 ha classés AOP Blanc de renon. Caves voûtées
en sous-sol à réhabiliter. La demeure est bâtie dans
un parc de 9 ha planté d’arbres centenaires et de jardins d’inspiration romantique. Cloître XIe avec chapelle et atrium classés à restaurer (subventions
ISMH et défiscalisation de travaux sur l’IR). A 45 mn
d’un aéroport international. Exclusivité.
LOCALISATION :
Bordeaux
SURFACE :
500 m2
PRIX :
1 890 000 €
CONTACT :
05 56 83 94 41
06 82 68 07 60
LOCALISATION :
Carcassonne
SURFACE :
1 300 m2,
dépendances
incluses
PRIX :
950 000 €
CONTACT :
06 75 31 63 98
Rubrique réalisée par PROPRIÉTÉS LE FIGARO - 01 56 52 80 00
MGC
Photos PRESSE
BONNES AFFAIRES
Antiquités
ANTIQUAIRE
EXPERT PARIS 8°
ACHETE A DOMICILE
Mobilier - Peinture
Sculpture - Objets d'art
06.33.53.80.18
14, AV. MATIGNON
tobogan.antiques@
wanadoo.fr
VENTES AUX ENCHÈRES
PARIS DROUOT
ESTIMATIONS
GRATUITES
Pour Vente du 4 Mai 2018
Toutes Collections
Me CASINI VITALIS
COMMISSAIRE PRISEUR
pcv@live.fr
01.53.34.03.59
Bonnes
adresses
URGENT
Entreprise disponible
pour ts travx rénovation
20 1 par heure, 2 Passage
Penel, Paris 18e. Devis
gratuit. RCS 382 220 465
Tél. : 06.51.94.63.98.
Vins
Décoration
NETTOIE
RENOVE, RAVIVE
AVEC GAVO FINI
LES CORVÉES
D'AMEUBLEMENT !
Légende des sigles utilisés dans nos annonces : ◆ membre
F.N.A.I.M (Fédération nationale de l’immobilier) membre
S.N.P.I (Syndicat national des professionnels immobiliers)
■ Notaires ● Ventes aux enchères M.A.P : mise à prix.
*
Tapis, Rideaux
Moquettes, Stores
Tentures Murales,
Canapés et Cuirs.
ê
CONFECTION
RESTAURATION
Spécialiste depuis 1939
du Nettoyage
d'ameublement.
Décroche et raccroche
vos rideaux.
Ravive vos tapis,
canapés, moquettes,
tentures.
Devis gratuit.
-15 % LECTEURS
DU FIGARO
84, Rue Michel Ange,
75016-Paris.
ê
de votre Ameublement.
Réfection Sièges
et Fauteuils.
Excellentes références.
Devis Livraison gratuits.
34, Rue de Bassano
75008 - Paris
01.47.20.78.64.
01.47.43.11.43.
RENOVATION
PONCAGE
VITRIFICATION
RENOVATION
CRISTALLISATION
Tout millésimes
même abimés
SPIRITUEUX
PAIEMENT IMMEDIAT
06.28.71.37.00
contact@jacqueslacombe.vin
www.jacqueslacombe.vin
RÉALISATION DE
MODÈLES UNIQUES
ê
Large choix de styles
formes matières textures
LAINE, SOIE, LIN,
Fabrication française
et sans intermédiaire.
ê
Etude et Devis gratuits.
Manufacture Tapis Design
34, Rue de Bassano,
75008 - Paris.
01.47.20 78 84.
www.lightandmoon.com
CONFECTION
A VOS MESURES !
Immobilier
ventes
et achats
Ventes 6e
APPARTEMENTS
SEVRES/BON MARCHE
RARE - RdC 32m2 hab.
+ 19m2 Terrasse privative
460.0001 é 06.20.52.21.23
Ventes 17e
APPARTEMENTS
Ventes
IMMEUBLES
FRENCH REAL ESTATE
vend
MARBRE - TRAVERTIN
GRANIT - BETON
PIERRE NATURELLE
Votre Parquet
REMIS à NEUF
ê
Ancien - Traditionnel
Massif - Vieilli
Hall d'Entrée - Sol
Mur - Plan de Travail
Salle de Bains - Vasque
ê
REFERENCE
DE PRESTIGE
ê
Étude et Devis Gratuits.
34, Rue de Bassano
75008 - Paris.
Finition
Brillante - Brute
Traitement
Huile Naturelle
ê
Étude et Devis Gratuits.
34, Rue de Bassano
75008 - Paris.
01.84.25.15.77
01.84.25.15.77
www.lightandmoon.com
VOILAGES
RIDEAUX, STORES
Pour infos :
french-real-estate@
wanadoo.fr
Ventes
Ouest
intérieurs et extérieurs
Choix de tringles et
de tissus d'éditeurs.
Conseils, devis et poses
assurées par
nos décorateurs.
- 15% LECTEURS
DU FIGARO.
34, Rue de Bassano,
75008 - Paris.
01.84.25.15.77
Pour passer votre annonce
contactez-nous du lundi au vendredi
de 9h00 à 18h30
au
01 56 52 8000
01 56 52 80 00
*Tarif
*T
arif HT au 8 juin 2015
Ventes 78
APPARTEMENTS
Yvelines
ST GERMAIN EN LAYE
Centre. Unique. Ancienne
usine réhabilitée en loft
410 m2 sur 2 niveaux à
redistribuer. 2.200.0001
Part. 06.22.31.74.14.
Ventes 92
APPARTEMENTS
Hauts-de-Seine
Boulogne
éM.SEMBAT Dernier étgé
DUPLEX 4/5P.
110m2 Sol-63 Carrez,travx
570.0001 é 06.20.52.21.23
CANET-EN
ROUSSILLON(66)
AU BORD DE LA
MEDITERRANNEE
Dans résidence neuve
Appartements
3 et 4 pièces
avec vue marina
Terrasse et parking
privatif sécurisé
LIVRAISON 2018
01.41.72.73.74
www.icade-immobilier.com
ARCACHON T2
pl. des Marquises, plage
à pied, gare 5 mn, résid.
récente 2° asc. gd balc.
beau T2 ensoleillé 51 m2,
bien équipé. clim. Part
340.0001. 06.41.15.96.20.
5P. 98M2+BALCON
Annonce difusée dans
Le Figaro Quotidien,
Le Figaro Immobilier
et Explorimmo
Sud-Ouest
APPARTEMENTS MAISONS
é TERNES/ETOILE é
19 € HT* LA LIGNE
Ventes
APPARTEMENTS MAISONS
IMMEUBLE de rapport
Centre CANNES (5 lots)
5°asc. - parquet, moulures
1.295.0001é06.11.41.50.50
« L'abus d'alcool est
dangereux pour la santé.
Consommez avec
modération. »
ACHETE CHER
VINS ET
CHAMPAGNE
CRÉEZ
VOTRE TAPIS
AVIS À NOS LECTEURS - MENTIONS LÉGALES
Toutes les annonces qui ne comprennent pas la mention
« Part. » pour les particuliers ou « Agents Co. » pour les agents
commerciaux sont des annonces émanant d’agents immobiliers
ou de promoteurs. Sans mention explicite d’honoraires dans les
annonces, les prix présentés s’entendent nets pour l’acquéreur.
Toutes les annonces des rubriques « appartements » sont réputées
être des lots de copropriétés, sauf mention contraire. Ces biens
faisant partie d’une copropriété, le vendeur doit vous informer du
nombre de lots de la copropriété, des charges annuelles du bien
proposé à la vente et de l’existence ou non d’un recours à
l’encontre de la copropriété à la date de la parution de l’annonce.
Les honoraires de l’agence immobilière et les commissions de
chaque bien sont consultables sur le site de l’annonceur.
TROUVILLE S/MER
MAISON Napoléonienne
Salon,s.à manger,cuisine,
3 chambres, 3 s.de bains
JARDIN TRES FLEURI
GARAGE - 820.0001
éé 06.07.62.29.00 éé
DEAUVILLE
TOURGEVILLE
Part. vd dans magnifique
résid. stand. sécurisée,
luxueuse maison normande
150 m2 (3 chbres) + maison
d'amis indép.: studio,
gar. cuis. 55 m2 indép.
S/terrain arboré 1700 m2
1.300.0001.
Part. 06.07.73.77.03
(35) ST MALO
COURTOISVILLE
Villa 130 m2 rénovée
grand séjour, cuisine, 4
chambres, 3 bains, garage,
grand patio. 780.000 1.
Part. 06.71.20.34.50.
(14) DEAUVILLE
LA MARINA Duplex 46m2
Parfait état, stand. cuis
salon, terrasse, chbre,
s. d'eau, anneau bateau.
Gd box fermé. 235.000 1
Part 06.40.18.18.76.
Ventes
APPARTEMENTS MAISONS
Est
MEGEVE CENTRE
Vue imprenable. Duplex
exceptionnel. 3 chambres,
3 salles d'eau. 2.300.0001
Garage double en sus.
part 06.04.78.63 45 H.Bur
Ventes
APPARTEMENTS MAISONS
Sud-Est
CANNES
Prox Croix des Gardes.
Appt atypique 182 m2, gd
séj. avec cuis. équipée,
belle hauteur s/ plafond,
verrière, parquet
d'époque, 3 chbres
dont une avec s. d'eau,
wc, une avec s. de bains,
wc indépend. Chf
fuel individuel, clim.
gainable réversible. Très
bon état. 2 entrées
indépend., alarme, pte
blindée. Buanderie,
nbreux rangements.
Gar. Résid. sécurisée
avec gardien. 629.000 1
Part. 06.03.15.48.40.
Propriété isolée à
proximité immédiate D'
AIX
EN PROVENCE
gare TGV et aéroport
Marseille, le tout en
parfait état d'entretien,
comprenant une maison
principale de 320 m2,
une secondaire de 110 m2,
bâtiments annexes de
150 m2, isolée sur 3 ha
clos et aménagés, le tout
en parfait état d'entretien. Part. 2.250.0001.
Dossier sur demande.
Part. Tél. 06.80.83.88.06
(06) CANNES
CROISETTE
VUE MER
MARTI CANNES vend
Le Cannet résidentiel
Appt grand standing
3 P. 87 M2 + terrasse
Sud/Ouest 32 M2.
Résidence recherchée avec
piscine proche commerces.
545.000 1. Pour infos :
marticannes06@gmail.com
GASSIN (83)
AU CŒUR DU VAR
30 KMS DE LA CÔTE
et des Gorges du Verdon
bastide fin XVIIIe,
100 m village médiéval
160 m2 hab. s/jard. arboré
4 chbres, 2 s. de bains,
1 s.d'eau,Gde récept..,
cheminée. Dble gar.
atelier. 470.000 1
Part. 06.14.686.687.
christineblanc@club.fr
MARTI CANNES
vend 5 MN plages
CANNES MANDELIEU
magnifique Appt comme
neuf. 3 P. 70 M2
+terrasse ouest +garage et
cave. Résidence récente
sécurisée avec piscine.
Clim. 268.0001 Pour infos
marticannes06@gmail.com
MARSEILLE 8e
LE PRADO
Résidentiel. Magnifique
Appt 130 m2 + terrasse.
Tt cft, calme, sécurisé,
garage. 575.000 1
Part 06.70.57.77.80.
(06) CANNES
Quartier Broussailles F2
Appt stand. 55 m2 + 25 m2
de terrasse 3eét. Vue mer
Gar. s.sol, cave, gardien
piscine. Calme. Excellent
état. 311.000 1 .
Part : 06.09.75.35.22.
2 MN M° ALESIA
VEYNES (05)
MARTI CANNES
vend
OFFRES MEUBLÉS
25km Gap ski Superdévoluy
belle maison 3 nivx 230m2
8 chbres, 3 bains, balc.
Gar. cave. 862 m2 clos
arboré calme. 220.000 1
Part. 06.82.14.27.74.
VILLA Grand Standing
20 MN CANNES
CAP BRUN (83)
AU BORD DU GREEN
Maison de golfeur, état
impeccable, 87 m2,
3 chbres, 2 s.de bains +
terrasse couverte + s.sol
20 m2 + jardin. Au cœur
d'un domaine exceptionnel,
gardé 24h/24, piscine,
tennis, golf 18 trous.
650.000 1
www.gassingolfhouse.com
Part. 06.14.71.73.78.
OFFRES VIDES
Clair. Calme. Bon état.
Studio 21 m2. 4e asc.
gardien. Vrai balcon
plein sud. Vraie salle de
bains, Kitchenette. Cave.
815 1 + charges. Libre
Part. 06.08.27.39.06
jeanlouisfaucher@
wanadoo.fr
Pour infos :
marticannes06@gmail.com
Grand Hotel. 3 Pièces.
Très élégant. Terrasse.
1.380.000 1
agencedesresidences.com
04.97.06.24.06.
Locations 14e
Superbe ppté, face à la
mer, prestations de luxe,
prix: 4.500.000 1
part 06.04.78.63 45 H.Bur
Échange
ÉCHANGE :
Villa Haut Standing
ÎLE ST MARTIN
2 nivx indép. 350 m2 hab.
hors terrasses. Niveau
haut: 3 chbres, Bur., gd
liv., cuis. Niveau bas :
2 chbres, gd liv., cuis.,
1 Spa, 2 piscines,
Salle de sport indép.,
2 gar. Résid gardée 24/24
Bien estimé : 2.200.0001;
CONTRE:
APPT(S) PARIS
direct part. 0690.586.642
Immobilier
locations
Locations
DEMANDES VIDES
RECHERCHE
Vide ou en partie meublé
LOCATION LONGUE
DURÉE POUR UN
BIEN DE CHARME
STANDING CARACTERE
Dépt 16-24-37-41-85-87
Terrain clos et arboré
A partir de 2000 1/mois
Part 06.08.51.82.37.
Locations 9e
OFFRES VIDES
ST-GEORGES
Studio 25 m2, refait nf,
dche italienne, 6e asc.,
petit balc., 950 1 + ch.
Part. 06.08.62.43.88.
Locations 8e
PARC MONCEAU
Petit studio neuf, idéal
étudiant, 600 1/mois
Tél. : 03 44 27 66 93
Immobilier
locations
saisonnières
Locations
VACANCES OFFRES
Mer
- BAIE DE SOMME
Gde maison 15/20 pers.
- PRÈS ARRAS 62
5 gds gîtes 2 à 60 pers.
Idéal réunions de famille
mariages, anniversaires.
Stages, formations,
séminaires.
Part. 06.07.49.55.78
www.villagedegites.com
(17) ILE DE RÉ
VILLAGE A PIED
DU 28/07 AU 11/08
Ppté direct plage avec
maison d'amis. 10 adultes,
3 chambres avec dche, wc,
1 chambre avec bain, 2
cabines enfants. Terrain
3000 m2 au calme, patio
fleuri. Part. 20h le soir
06.74.76.48.12.
(44) LA BAULE
PLAGE BENOÎT
Appt luxe, dernier étage.
Gde terrasse vue mer,
5 chbres, 5 bains, du 14/7
au 04/8 et du 25/8 au
29/9 : 5.000 1 semaine
Loue uniquement quinzaine
Part. 06.07.78.60.29.
CANNES FESTIVAL
Mandelieu 15 mn Croisette
Vue dominante baie & îles
Gd. 3 P. 4 couchages.
Gd. confort, 2 bains.
calme, domaine sécurisé.
Du 7 au 20/5/18 : 2.200 1
Dispo en été également
Part. 00.49.171.81.80.039
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 28 - dimanche 29 avril 2018 LE FIGARO
34
TÉLÉVISION
Mauvais temps pour les cerises françaises
L’interdiction d’un puissant insecticide en 2016 a fragilisé une production déjà mise à mal par la concurrence internationale.
en huit ans ». Cela nécessite d’avoir la trésorerie nécessaire. D’autant qu’après
l’interdiction du diméthoate, la production a chuté de 10 % en 2016 avant de repartir à la hausse en 2017 en raison d’un
climat favorable. Des chercheurs de
l’Inra ont trouvé en laboratoire le prédateur de la Drosophila suzukii, qui apprécie
la chaleur et l’humidité. Il s’agit d’une
micro-guêpe qui pond dans l’œuf du
moucheron asiatique et le détruit. Reste à
développer ce traitement à l’air libre.
ÉRIC DE LA CHESNAIS £@plumedeschamps
es cerises françaises seront
bientôt de retour sur les étals.
Ce fruit aux multiples vertus est
pourtant menacé par un minuscule insecte venu d’Asie : la
Drosophila suzukii. Un moucheron qui
pond ses œufs dans la cerise arrivée à
maturité. Ses larves se nourrissent de sa
chair, qui, alors, se putréfie. Les cerises
ne peuvent plus être commercialisées.
Un véritable fléau, comme l’explique
le reportage de Céline Crespy, La Fin du
temps des cerises ?. Il a mis en émoi les
arboriculteurs et les chercheurs qui se
battent pour sauver une production en
péril. La production française est en effet
passée en dix ans de 60 000 à 35 000 tonnes aujourd’hui. Certes, l’insecte
ravageur n’explique pas tout. Il faut aussi
regarder vers la concurrence internationale où la main-d’œuvre est nettement
moins élevée que dans l’Hexagone. Mais
les producteurs n’ont pas d’autres solutions que de jouer sur la qualité pour faire
la différence. D’autant
qu’en février 2016, le
gouvernement a interdit
l’emploi d’un insecticide
puissant, le diméthoate,
○○○¡
seul produit capable de
tuer la Drosophila suzukii. Motif invoqué
par le ministre de l’Agriculture de l’époque, Stéphane Le Foll : ce produit est
dangereux pour la santé. Une décision
prise au regard des travaux de l’Anses
(Agence nationale de sécurité sanitaire
de l’alimentation) et de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la
consommation et de la répression des
L
Envolée du bio
En attendant, Emmanuel Aze, arboriculteur dans le Lot-et-Garonne, a mis au
point un remède maison. Une décoction à
base de vin, de cidre, de liquide vaisselle
et de grenadine. Il verse cette potion dans
des bouteilles en plastique rouge, couleur
des cerises, qu’il pend aux arbres. Des
pièges qui attirent les drosophiles, mais
pas toutes. D’une durée de vie d’une semaine, les femelles pondent jusqu’à
300 fois pendant la période. Dans la Drôme, Pierre Lespect est passé en production bio. Ne pouvant utiliser de traitement, il produit une cerise précoce qui
arrive avant le pic du moustique asiatique, c’est-à-dire en mai. Par ailleurs, il
profite de l’envolée du bio sur le marché,
notamment de la cerise, qui, même sans
diméthoate, contient encore des résidus
de perturbateurs endocriniens. Malgré
une baisse de rendements de 20 %, il peut
vendre ses cerises 25 % plus cher.
La fin du temps des cerises n’est pas
encore pour demain. Il s’agit d’un changement du mode de production axé davantage sur le bio ou l’agriculture raisonnée. Un paradigme valable pour toutes
les productions agricoles ! ■
DIMANCHE
20.55
La production française de cerises est passée en dix ans de 60 000 à 35 000 tonnes.
fraudes). Ils montrent
que, en 2014, 20 % des cerises mises sur
le marché français contiennent des doses
de diméthoate supérieures à celles qui
sont autorisées : jusqu’à 1 milligramme
par kilo de cerises au lieu de 0,2 mg. Un
produit neurotoxique dont les premières
victimes sont les agriculteurs qui l’épandent « avec des complications cardiaques
et respiratoires », souligne François
Veillerette, président de l’ONG Générations futures.
Malgré ces risques, certains arboriculteurs, notamment dans le Vaucluse, ne
l’entendent pas de cette oreille. Ils n’hésitent pas en 2016 à découper sauvagement à la tronçonneuse des cerisiers en
fleur devant les caméras pour dénoncer la
brutalité de la décision prise par Le Foll,
faute de solution alternative.
MAGNÉTO PRESSE
Les scientifiques de l’Inra ainsi que les
chercheurs du CTIFL (Centre technique
interprofessionnel des fruits et légumes)
s’emploient pourtant à trouver des solutions pour éradiquer ce ravageur. Parmi
celles-ci, Gérard Charlot du CTFIL, préconise la mise en place de filets autour des
cerisiers. Une méthode très efficace mais
aussi très chère. Il faut compter
« 60 000 euros à l’hectare, amortissables
« Daredevil », vue sur un super-héros au naturel
BARRY WETCHER/NETFLIX
Révolution dans un genre saturé et gorgé d’effets spéciaux, cette série au réalisme sombre et sobre est enfin diffusée en clair.
CONSTANCE JAMET £@constancejamet
mpossible d’échapper aux superhéros sur le petit écran. Dans cette
épuisante surproduction, Netflix
offre un bol d’air. En 2013, la plateforme de streaming, encore émergente, signait avec Marvel un accord
pour mettre en images quatre de ses justiciers et les inscrire dans les problématiques de notre époque.
Deux ans plus tard, le premier-né de
cette alliance, Daredevil, voyait le jour.
Un pari gonflé. Au cinéma, l’avocat
aveugle de Hell’s Kitchen avait été
campé avec ennui par Ben Affleck.
Mais sur la plateforme, le showrunner
Steven DeKnight (Angel, Spartacus) lui
rend sa dignité, son humanité et sa
vulnérabilité.
Ce Daredevil n’a pas encore son emblématique costume rouge et arbore un
uniforme noir de ninja. Il s’essouffle,
I
Aux origines du comics
Par Louis Morand
1
2
3
4
5
6
7
8
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
21.00
○○○¡
SU DO KU
En partant des chifres déjà placés, remplissez les grilles de manière à ce que chaque ligne,
chaque colonne, et chaque carré de 3 x 3 contienne une seule et unique fois tous les chifres de 1 à 9.
GRILLE 2492 FACILE
C h a q u e j o u r u n p e u p l u s d i ffi c i l e
GRILLE 2493 CHAMPION
3 4
8
9 2 5
1
1
6
7 3
1
2 9 3
6
8
7 3 2 9
6
9
3 5
4
8
7 6 2
2
6
8
6 4
7
7
8
8
1
3
6
9 1
2
8
1 2
5 7
9
5
GRILLE 2494 DIABOLIQUE
3
1
6 7 3
5
2
6
6
2
8 3
7
9
8 4
4 3
6
9 1
8
6
3
4
9 6
6
1
8
9
7 2 5
1 2
8
7
1
4
9
3
2
6
5
2
3
5
8
6
1
9
4
7
SOLUTION DU N° 2494
4
6
9
7
5
2
8
1
3
5
7
2
3
6
9
8
4
1
8
6
1
4
2
7
9
3
5
9
4
3
1
5
8
2
6
7
4
3
8
2
7
6
1
5
9
7
5
6
9
3
1
4
2
8
2
1
9
5
8
4
6
7
3
1
8
7
6
4
3
5
9
2
3
2
4
8
9
5
7
1
6
6
9
5
7
1
2
3
8
4
SOLUTION DU N° 2493
1
2
8
3
7
6
5
9
4
3
8
1
6
5
7
9
4
2
4
7
2
8
9
3
6
5
1
5
9
6
1
4
2
3
8
7
1
2
4
7
6
9
5
3
8
6
5
8
4
3
1
2
7
9
9
3
7
2
8
5
1
6
4
8
1
3
9
7
6
4
2
5
2
4
5
3
1
8
7
9
6
7
6
9
5
2
4
8
1
3
SOLUTION DU N° 2492
9
4
7
5
1
8
6
3
2
5
4
6
9
7
1
3
8
2
8
7
9
2
6
3
1
5
4
1
3
2
8
5
4
9
7
6
7
5
1
6
8
2
4
3
9
4
6
8
7
3
9
5
2
1
2
9
3
1
4
5
7
6
8
9
1
7
5
2
6
8
4
3
6
8
4
3
9
7
2
1
5
3
2
5
4
1
8
6
9
7
H O R I Z O N T A L E M E N T 1. Pelviens. - 2. Oblongue.
- 3. Roannais. - 4. Fun. Elsa. - 5. Irone. AM. - 6.
Risi. Âne. - 7. If. Banc. - 8. Off. Miel. - 9. Daines.
- 10. Incident. - 11. Athée. Oh. - 12. Zeuzères.
VERTICALEMENT 1. Porfirio Diaz. - 2. Ébouriffante. - 3. Llanos. Fichu. - 4. Von. Nib. Niez. - 5.
Innée. Amédée. - 6. Égal. Anisé. - 7. Nuisance.
Noé. - 8. Sésame. Luths.
6
5
3
2
4
9
7
8
1
SOLUTION DU PROBLÈME N° 4711
SOLUTION DU N° 2491
12
7
9
6
1
2
4
3
5
8
A
de la saison 5
» Audiences : carton plein pour la victoire
de l’OM face à Salzbourg sur W9
www.lefigaro.fr
5
8
4
9
3
7
1
2
6
VERTICALEMENT
1. Dignes d’Alcofribas Nasier. - 2. Tentes
de vider le bâtiment. Mesure qui date. - 3.
Teinte en jaune. Ses lecteurs sont fidèles.
- 4. Se loge dans la gâche. Ne dit rien qui
vaille. - 5. Asiatique ou poétique selon le
sens, mais toujours ancienne. Partie d’un
cours qui dispense du bac. Dans la peine.
- 6. Créaient des bandes dessinées.
Couvre le sujet. - 7. Inondent les feuilles.
A un problème de timbre. - 8. Il pratique
un art dépouillé.
+ @ SUR LE WEB
» « Prodiges » : les castings en or
3
1
2
6
8
5
4
7
9
HORIZONTALEMENT
1. Repassés à table. - 2. Futur propriétaire.
- 3. Tenir un seul œil ouvert pour vérifier
l’alignement. - 4. Tenue sous bonne
garde. Américain chez Wim Wenders. - 5.
A aimé sa Caroline chérie. Vainqueur à
Diên Biên Phû. - 6. Ne s’incline pas même
devant le roi. Point conquis. - 7. Lié à la
première personne venue. - 8. Ai enregistré
mon bagage. Elle s’impose à tout prix,
hélas. - 9. Statisticien français. Pour tous
les mâtins du monde. - 10. Arrivée après
coup. - 11. Issues. Tout auréolé de son
succès. - 12. Séparer nettement les
ondes.
À l’opposé de la débauche d’effets spéciaux kitsch d’Agents du SHIELD, Daredevil est une série où le surnaturel est
quasi absent. Les bas-fonds de New York
sont sublimés par une cinématographie
en clair-obscur. Fan des films néo-noirs
asiatiques comme Old
Boy et Battle Royale, Steven DeKnight revient au
ton sombre des comics
d’origine et prend appui
SAMEDI
Cette première saison dépeint la lente naissance du justicier aveugle
(incarné par Charlie Cox) dans les bas-fonds de New York.
MOTS CROISÉS
PROBLÈME N° 4712
sur les récits signés Frank Miller. On est
bien plus proche de l’atmosphère d’un
True Detective et de la trilogie Batman de
Nolan que d’Avengers.
« Les fans de comics ne sont pas que des
enfants. Beaucoup ont entre 20 et 30 ans.
Daredevil est la première série de superhéros pour adultes », se réjouissait Charlie Cox. Un héros qui a ouvert la voie aux
autres piliers Marvel de Netflix : Jessica
Jones évoque la lente reconstruction des
victimes d’abus (bientôt sur TMC), et
Luke Cage, alias Power Man, traite du
mouvement Black Lives Matter. Tout ce
petit monde s’est d’ailleurs retrouvé
dans The Defenders ! ■
n’atteint pas toujours ses cibles. Ces treize épisodes initiaux, diffusés pour la première fois en clair sur TMC, dépeignent
la lente naissance du super-héros, sous
les traits de Charlie Cox.
Le Britannique, vu dans Une merveilleuse histoire du temps, fait face à un
adversaire savoureux : l’homme d’affaires véreux Wilson Fisk (Vincent
D’Onofrio, Full Metal Jacket). Ce méchant fait le sel de cette saison.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 28 - dimanche 29 avril 2018
LE FIGARO
TÉLÉVISION
MÉTÉO
35
PAR
ÉPHÉMÉRIDE Ste-Valérie
Soleil: Lever 06h36 - Coucher 21h01 - Lune croissante
19.05 50 mn Inside. Magazine 20.00
Le 20h 20.50 Quotidien express.
Talk-show. Prés. Yann Barthès.
18.40 N’oubliez pas les paroles !
Jeu. Présentation : Nagui 20.00
20 heures 20.45 Stade 2. Magazine.
19.00 19/20 20.00 Tout le sport.
Magazine 20.30 Zorro. Série. Aevc
Guy Williams. Un trésor pour le roi.
21.00
20.55
20.55
Divertissement
Série documentaire. Nature
Série. Policière
19.30 Appels d’urgence. Fous du
volant et délits de fuite…
SAMEDI
20.55 Chroniques criminelles
13
30
Magazine. Société. Présentation :
Magali Lunel. 1h55. Au sommaire :
«Affaire Fatima Anechad : la Veuve
noire et les lingots d’or». - «Le calvaire de Debra».
13
11
15
12
12
15
20
16
11
13
14
13
18
14
22.50 Chroniques criminelles. Mag.
Présentation : Magali Lunel.
13
14
14
12
30
12
The Voice
Planète bleue
Commissaire Magellan
Prés. : Nikos Aliagas, Karine Ferri.
2h25. En direct. Rendez-vous pour
la deuxième session des grands
shows en direct ! Les quatre coachs
ont désormais chacun une équipe
composée de quatre talents.
Fra. 2018. Réal. : J. Honeyborne. 2h30.
Dans le secret des profondeurs. Inédit. L’océan est un monde immense
aux mystères infinis, où il n’y a nulle
part où se cacher et très peu à manger. - L’avenir des océans. Inédit.
Fra. Saison 9. Avec Jacques Spiesser, Selma Kouchy, Mélanie Maudran. Le bassin des grands. Inédit.
Le cadavre de Lucas Turpin est retrouvé, noyé dans les eaux du bassin
olympique de la piscine de Saignac.
20.50 Échappées belles
23.25 The Voice, la suite Diver-
23.25 On n’est pas couché Invité,
22.30 Commissaire Magellan
tissement. Prés. : Nikos Aliagas et
Karine Ferri 0.20 Les experts. Série.
notamment : Daniel Prévost. Inédit
2.15 Vu 2.25 Les enfants de la télé
Série. Théâtre de sang 0.00 Soir/3
0.30 Don Giovanni. Opéra.
22.20 Échappées belles. Mag. 23.55
C dans l’air 1.00 L’œil et la main
21
11
20.00 C l’hebdo, la suite 20.20 Nature fragile. Série doc. Le ciel.
16
23
16
23
20
19
Mag. Découverte. Prés. : S. Jovillard.
1h30. Mexique, escales au Yucatán.
Inédit. Au sommaire, notamment :
«Cancún, au-delà du Spring Break»
- «Maya business» - «Plongée(s)».
13
20
19
23
21
20
18
DIMANCHE
12
30
11
10
20.20 La semaine de Catherine et
Liliane (C) 20.25 Un entretien (C)
20.30 Groland le Zapoï (C)
19.30 Le dessous des cartes 19.45
Arte journal 20.05 Vox pop 20.35
Karambolage 20.45 Athleticus
19.45 Le 19.45. Présentation :
Nathalie Renoux 20.25 Scènes de
ménages. Série. Avec M. Game.
20.55
20.50
21.00
Film. Western
Documentaire. Biographie
Jeu
23
18
9
18.55 Les Anges 10 - Let’s Celebrate ! Téléréalité.
11
23
10
12
26
18
11
23
10
20.55 The Big Bang Theory
12
14
Série. Comédie. EU. 2011. Saison
5. Avec Jim Parsons. (3 épisodes).
Leonard se surprend à avoir de nouveau envie d’être avec Penny et lui
propose de diner en tête à tête.
20
9
10
21
30
11
15
23
11
22.10 The Big Bang Theory. Série.
Avec Johnny Galecki. 12 épisodes.
20
18
17
14
15
19
21
40
18
19.00 Americars : pièces détachées.
Course contre la montre - Erreur…
Brimstone
Réal. : Martin
Koolhoven. 2h25. Inédit. Avec Guy
Pearce. À la fin du XIXe siècle, dans
l’ouest américain. Depuis qu’un nouveau révérend est arrivé dans sa
bourgade, Liz est terrorisée.
All. 2017. Réalisation : Christian
Twente. 1h30. Inédit. Un panorama historique du riche héritage
de l’œuvre de Marx, du XXe siècle
jusqu’à nos jours.
22.20 De Marx aux marxistes
C l a r k e 1.15 Rendel. Film. Fantastique 3.00 The Marker. Film.
Doc. 23.15 Ötzi, la renaissance de
l’homme des glaces. Documentaire.
20.50 Alien Theory
Les rois de la foire
Prés. : S. Rotenberg. 2h25. Inédit.
Qui sera le meilleur démonstrateur
de France ? À l’occasion de la Foire
internationale de Paris, M6 propose
un concours original de démonstrations de camelots.
Série doc. Science et technique. EU.
2014. 1h40. Résurrection. L’histoire
humaine est émaillée d’anecdotes
autour du retour des morts... - Les
secrets des momies.
22.30 Alien Theory. Série doc. Le
nouvel humain - Les prototypes.
23.25 Rois de la vente : ruses,
bagout et grosses ficelles Doc.
1.15 Supernatural. Série.
<-10 à 0
ALGER
BARCELONE
BERNE
COPENHAGUE
LONDRES
RABAT
19.20 Norbert commis d’office.
Magazine. Prés. : Norbert Tarayre.
19.55 Les Simpson. Série. Animation.
Super franchise-moi.
18.55 Salut les Terriens ! Invité,
notamment : Bernard-Henri Lévy.
21.00 Daredevil
20.25 Les Simpson
Série. Action. EU. 2015. Saison 1.
Avec Charlie Cox. (2 épisodes). Inédits. Avocat le jour et redresseur de
torts la nuit, Matt Murdock s’évertue
à nettoyer New York de la vermine.
Série. Animation. EU. 4 épisodes.
Trois histoires d’Halloween :
«L’école, c’est l’enfer». Bart découvre des inscriptions - «Jaunier
mécanique» - «Les autres».
21.00 Âge tendre,
la croisière des idoles
22.55 Daredevil. Série 0.55 20 ans
de saga «Taxi» : le film qui fait…
22.10 Les Simpson. Série. Animation.
7 épisodes.
TA KU ZU
Concert. Variétés. Prés. : J. Fraioli, C.
Ithurbide, C. Dechavanne. 2h50. Une
croisière en compagnie des idoles
de l’âge d’or de la variété française.
NON
DÉCLARÉ
PLAIES
D’ÉGYPTE
BIEN SUFFISANT
QUART
D’AN
ARDEUR
EXCESSIVE
OXYDE
D’URANIUM
0
PORTE
CORNETTE
par téléphone :
LIVE 24/24 SUR
et sur
2,99 €/appel
RÉFÉRENCE
GOLFIQUE
ÎLE
GRECQUE
RÉSERVÉE
NIAIS
ARRIVER
AU BOUT
EN
LIBRAIRIE
VER
MARIN
DILIGENTE
OUVRIÈRE
COMBINER
LA TERRE
EN
PERSONNE
CALIBRANT
0
FAIRE
EFFET
0
PLAT QUI
SE MANGE
FROID
1
0
0
0
0
0
1 1
TOUT
CONTRE
ART D’AILLEURS
C’EST
PARFOIS
UNE MERVEILLE
ABRÉVIATION
POUR UNE
VITESSE
VIEILLE
EUROPE
SANS
AFFECTION
1
1
0
1
0
1
0
1
1
0
0
0
1
0
1
1
0
1
1
0
0
0
0
1
1
0
1
0
0
1
1
1
1
0
0
1
0
1
0
1
0
0
1
1
0
0
1
0
1
0
1
1
0
0
1
0
0
1
0
1
1
0
1
1
0
1
1
0
1
0
0
1
1
0
1
0
0
1
0
1
0
0
0
1
0
1
1
0
0
1
1
1
0
0
1
0
1
0
1
0
1
SOLUTION DU TAKUZU
13/17
FORCE 3
UN PEU
LÉGERS
OU UN
PEU GRAS
SENS
DU VENT
0
1
7/15
13/18
lachainemeteo.com
Tous les programmes
dans TV Magazine
et sur l’appli TV Mag
TROMPERIE
0
0 0
0
0 0
7/14
7/13
5/14
TRIMA
0
0
6/14
SACS DE
SPORES
GRILLE 529 FACILE
1
9/17
22.45 Rénovation impossible. Deux
pour le prix d’une - Un chalet…
23.50 La nuit de la déprime. Les
chanteurs les plus déprimants.
7/14
6/13
5/13
MOTS FLÉCHÉS N°1958
Remplir la grille avec les chiffres 0 et 1. Chaque
ligne et chaque colonne doit contenir autant de 0
que de 1. Les lignes ou colonnes identiques sont
interdites. Il ne doit pas y avoir plus de deux 0 ou 1
placés l’un à côté ou en dessous de l’autre.
0
4/13
8/14
MERCREDI
6/12
6/12
7/13
6/11
19/28
10/19
9/24
11/15
11/23
16/22
ATHÈNES
BERLIN
BUDAPEST
LISBONNE
PRAGUE
TUNIS
MARDI
5/9
1h45. Bord de mer. Inédit. À Azle,
Paige et Raf achètent une maison de
89 m2 pour 700 dollars. - Sur le feu.
Inédit. À Decatur, un mobil-home de
66 m2 est aux enchères.
8/14
15/27
11/16
4/10
10/17
15/27
AMSTERDAM
BELGRADE
BRUXELLES
DUBLIN
MADRID
ROME
LUNDI
21.00 Rénovation impossible
19.50 Les mystères de l’amour.
Série. Demandes multiples.
14/22
15/18
10/19
7/11
9/12
16/17
10 à 20 20 à 30 30 à >40
0 à 10
SUJET DONT
ON PEUT
BIEN PARLER
ÉLU
FAIBLE
LUEUR
ACTINIUM
ABRÉGÉ
CAPACITÉ
DES
ROBOTS
DÉSUET
ANSE
DU
JAPON
ABJECT
TITRE
DE PROPRIÉTÉ
CŒUR
SUR LE
DRAPEAU
FRANÇAIS
FIN DE
CONTE
GOUSSES
AUX
VERTUS
LAXATIVES
DES
CHEFS
EN
CAMPAGNE
MORCEAUX
DE
CANARDS
COLLÈGE
SOLUTION DU NUMÉRO PRÉCÉDENT
B
B
A
S
A
C
I
D E C R E P E E
C R O O N E
T R A D I T I O N A L I S T
C A U S E
A S P E R I T E
I
I N H U M E
E N
C S
I L L E
U
E R G
S I T O
L A R S E N
C A S
F E U
T E T
A
E T U V E E
R I A I T
I L E T S
P E N I T E N C E
S E
F
R
E
L
A
T
E
A
23.20 HHhH
Karl Marx,
penseur visionnaire
25
T (en °c)
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 28 - dimanche 29 avril 2018 LE FIGARO
36
SÉBASTEIN SORIANO/LE FIGARO
Mgr Benoist de Sinety,
prélat entier
SUCCÈS Vicaire général du diocèse de Paris,
il a célébré les obsèques de Johnny Hallyday mais n’est en rien
l’aumônier de la jet-set. Il vient de publier un livre en forme
de plaidoyer pour l’accueil des migrants.
Jean-Marie Guénois
jmguenois@lefigaro.fr
est un prélat de choc. Il
pratique la boxe à ses
rares heures perdues. Les
coups ne lui font pas peur.
Ni les coups de gueule.
Mgr Benoist de Sinety,
médiatiquement connu
depuis qu’il a présidé aux
obsèques de Johnny Hallyday le 9 décembre 2017,
publie chez Flammarion un livre qui décoiffe. Il
faut que des voix s’élèvent est son titre, Accueil des
migrants, un appel au courage, son sous-titre. Ou
plutôt son programme. Car ce vicaire général du
diocèse de Paris - il est l’un des cinq adjoints de
l’archevêque, Mgr Michel Aupetit - est notamment
chargé de la question des migrants à Paris pour
l’Église catholique.
Après un premier livre publié en 2015 chez
Bayard, Le Cœur de l’homme, quelle pagaille, ce
pasteur né, qui n’est pas vraiment un cogneur mais
plutôt un grand cœur, pousse ce cri : « Ce qui me
navre aujourd’hui, ce qui me met en colère lorsque
j’observe les conditions de vie de ceux qui arrivent
sur notre territoire et les réponses que nous leur apportons, ce sont ces discours qui, au lieu de nous encourager à grandir, nous rétrécissent et atrophient
nos cœurs. Imaginer que nous sommes limités dans
notre capacité à aimer est bien pire qu’un mensonge.
C’est une contrevérité qui dénature notre identité
\
Bio
EXPRESS
t-il, avant d’ajouter : « Ce n’est pas la charia qu’ils
apportent mais le désir d’une vie meilleure. Ce sont
d’abord des hommes et des femmes. Je ne dis pas
qu’il ne faut pas poser de limites. Je lance ce cri pour
que l’on s’occupe d’eux avec la dignité humaine requise. Notre âme devrait-elle donc réagir aux seuls
taux de l’euro et des marchés ou plutôt s’élever pour
gagner, en générosité ? Et donc en bonheur : celui de
donner, se donner, pour l’autre ? »
L’homme est calme, très déterminé, sait ce qu’il
veut. C’est là toute sa force. Il s’érige aussi contre
l’image que l’on a voulu donner de lui après l’enterrement de Johnny : aumônier de la jet-set, des
mondains, des puissants… « Je ne suis pas cela ! En
aucun cas », rétorque-t-il. « À Saint-Germaindes-Prés où j’ai été longtemps curé, j’ai côtoyé plus
d’étudiants chrétiens que de PDG ou de bobos fortunés. »
Celui qui rêvait d’être missionnaire au pôle Nord
affirme que sa « seule tradition familiale était la
foi ». On le comprend effectivement très vite à son
contact. Ce colosse qui a tarabusté le diocèse de Paris sitôt son bac en poche pour entrer au séminaire,
et qui n’a jamais fléchi depuis, n’a pas d’autre ambition que de servir Dieu. Il en retire, de facto, une
vraie liberté. « De temps en temps, reconnaît-il, il
faut pousser un cri, élever la voix, pour faire réfléchir
et ne pas vivre comme des moutons. Mais c’est vrai,
je ne sais pas faire dans la demi-mesure. »
Un de ses amis proches confirme : « Quand il se
met sur quelque chose, il y va à fond. C’est un homme
d’action, peu sensible au stress. Personne ne résiste à
son charisme mais je ne lui vois pas d’ambition, parce que son agenda, c’est sa foi totale, en Dieu, en
l’homme. Éloquent, ce prêtre, vrai, sait aller chercher les gens au cœur. » ■
FIGARO-CI ... FIGARO-LÀ
Le musée d’art contemporain de Lyon est ouvert du mercredi au dimanche, de 11h à 18h.
Informations au 04 72 69 17 17 et sur www.mac-lyon.com
La Manif pour tous s’inquiète des travaux sur la gestation pour
autrui menés par une organisation intergouvernementale
mondiale, la Conférence de La Haye de droit international
privé. Auditionnée mercredi par cette instance, la Manif pour
tous dénonce une absence de réflexion sur les problèmes
éthiques de la pratique des mères porteuses. Elle craint que
l’organisation ne propose une convention qui systématise
l’établissement de la filiation entre les parents d’intention et
les enfants nés d’une mère porteuse et qui serve les intérêts
des « acteurs de ce marché de la reproduction humaine ». Un
marché estimé à 4 milliards de dollars par le cabinet Harris
Williams & Co.
Australie : un artiste dans
la délégation de Macron
Un tour de France
à la nage très écologique
Le président de la République a convié
l’artiste contemporain Laurent Grasso
dans la délégation qui l’accompagnera,
début mai, en Australie. En marge
de la biennale de Sydney, Emmanuel
Macron devrait visiter l’exposition OTTO,
avec un film sur le sacré aborigène, conçu
par l’artiste. Par ailleurs, Grasso, qui avait
déjà réalisé Élysée en 2016, prépare une
suite sur « la richesse historique du protocole
français, en archivant son caractère
éminemment symbolique, sa réappropriation
et sa réinvention par le président Emmanuel
Macron ». Tout un programme !
Le 1er juin, l’aventurier Rémi
Camus, 33 ans, entamera
à Dunkerque son tour de France
à la nage. Ce défenseur d
e l’environnement veut ainsi
sensibiliser les Français
à la préservation de notre
ressource commune vitale, l’eau.
Jusqu’au 25 septembre, date
de l’étape finale à Menton,
il rencontrera estivants, touristes
et habitants sur les plages. Il est
soutenu par Erwan Balanant,
député LaREM du Finistère.
À VOS
PLUMES,
REJOIGNEZ
LES ATELIERS
D’ÉCRITURE
DU FIGARO
LITTÉRAIRE !
« Nous portons tous un livre en nous, un désir de texte pour soi
ou à partager. Le Figaro littéraire a ouvert
de nouveaux ateliers pour celles et ceux qui sont
attirés par la formidable aventure de l’écriture. »
  © N G
N
O
UV
Adel Abdessemed, Je ne me retourne pas, 2018 © Adel Abdessemed, Adagp, Paris, 2018
Atelier spécial jeux de lettres et anagrammes
JACQUES PERRY-SALKOW
Écrivain, pianiste et compositeur,
co-auteur de Sorel Éros,
le plus long palindrome de langue française,
auteur de Le Pékinois et Anagrammes pour sourire et rêver,
aux éditions Seuil.
16 mai/23 mai/30 mai
6 juin/13 juin/20 juin
A
de 13h à 16h
Dans les locaux du Figaro, 14 boulevard Haussmann, Paris 9 ème.
Découvrez toutes les modalités sur lefigaro.fr/ateliers-d-ecriture
,      
SÉBASTIEN SORIANO/LE FIGARO
Les inquiétudes de la Manif pour tous
EA
U
C’
« Depuis longtemps, je sais que nous ne sommes sur
même d’être humain. Je ne dis pas qu’il faut accueillir
terre que pour une seule chose : aimer l’autre. » Mais
l’étranger sans réflexion et de manière pulsionnelle.
il situe aussi l’enjeu d’un petit mot qui pèse lourd :
Je me méfie autant des discours peureux que des dis« C’est notre âme qui se joue là. »
cours idéalistes. Mais je sais que chacun
doit chercher des solutions, inventer, inLa dignité humaine requise
nover pour faire une place à celui qui est
sur notre sol. Il s’agit de dignité. De la
N’exagère-t-il pas ? La France ne
leur. De la nôtre aussi. »
fait-elle pas déjà beaucoup en maCe prêtre tout d’une pièce - qui n’est
tière de migrants ? « Non », répas encore évêque mais le sera un jour
pond-il depuis son bureau situé
1968
- reconnaît dans son ouvrage qu’« acdans
une étroite rue moyen-âgeuNaissance au Mans
cueillir ces migrants n’est pas chose fase près de Notre-Dame de Paris.
(Sarthe).
cile » mais plaide : « Ces migrants ne
« Cette réalité des migrants est ver1997
sont pas des criminels, des voleurs et des
tigineuse. Nous y jouons notre âme
Ordonné prêtre à Paris.
violeurs. Ils ne viennent pas imposer
parce que rien n’autorise, ni ne jus1998-2003
dans nos pays une religion nouvelle. Ils
tifie l’absence d’amour. Les appels
Vicaire à Notre-Dame
veulent simplement vivre. » Il charge
de l’Évangile sont irritants. Et je ne
de Clignancourt (Paris
alors contre « l’égoïsme » car « nous
me réjouis pas de voir ces gens deXVIIIe).
sommes des enfants gâtés », contre le
voir quitter leur pays. Je ne suis pas
2003
« cynisme » et la « peur » : « Nous avons
pour le métissage idéaliste. Mais
Secrétaire particulier
peur de ces migrants. Nous avons peur
nous ne pouvons pas rester sans
du cardinal Lustiger puis
de ces réfugiés. Nous avons peur de ces
rien faire. Or je vois que les cœurs
du cardinal Vingt-Trois.
demandeurs d’asile et de ces immigrés.
se ferment. Le Christ nous demande
2005
Peur de ces hommes, de ces femmes et
au contraire d’élever nos cœurs et
Responsable
de ces enfants qui quittent tout – alors
de ne pas compter. Les dispositifs
de la Pastorale
que ce “tout” se résume bien souvent à
administratifs ne marchent pas. Ces
des jeunes adultes
pas grand-chose, à presque rien. Ils arréfugiés, déboutés, ont risqué dix
et des aumôneries
rivent avec le cœur plein d’espoir mais
fois leur vie pour venir, ils ne reparétudiantes de Paris
nous n’avons pour eux que haine et métiront donc pas. Et souvent tombent
et d’Île-de-France.
pris. »
dans des trappes administratives
2009
L’homme de Dieu voudrait réveiller
sans issue et disparaissent dans les
Curé de Saint-Germainune « éthique de conviction » en chazones urbaines. Avec d’autres, nos
des-Prés (Paris VIe).
cun. Il ponctue : « Aucune vie n’est inuparoisses du Nord et de l’Est pari2016
tile, aucune vie n’est méprisable. » Par
sien les voient et les aident tous les
Vicaire général
conséquent, il n’y a pas « des bons et
jours, mais ils vivent dans des
du cardinal Vingt-Trois
des mauvais pauvres ». Et confesse :
conditions effroyables », s’indignepuis de Mgr Aupetit.
Документ
Категория
Журналы и газеты
Просмотров
76
Размер файла
6 278 Кб
Теги
Le Figaro, newspaper
1/--страниц
Пожаловаться на содержимое документа