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Les Echos - 07 05 2018 - 08 05 2018

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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Maison d’Épargne et de Valeur
dnca-investments.com
Travailler autrement,
ça marche vraiment ?
« Les Echos Executives »
LE QUOTIDIEN DE L'ÉCONOMIE // LUNDI 7,MARDI 8 MAI 2018 // LESECHOS.FR
// SUPPLÉMENT DE 8 PAGES
L’ESSENTIEL
L’INVESTISSEMENT NE TIRE
PAS LA COMPÉTITIVITÉ
Les entreprises françaises investissent plus que leurs homologues en Europe mais la qualité de
ces dépenses est mise en question
par certains économistes.
// P. 5 ET L’ÉDITORIAL
DE JEAN-MARC VITTORI P. 9
NUCLÉAIRE IRANIEN : LA MISE
EN GARDE DE TÉHÉRAN
Washington semble déterminé à
ne pas renouveler la suspension
des sanctions le 12 mai. En cas de
retrait des Américains de l’accord,
Hassan Rohani dit avoir « un
plan ». // P. 6 ET LA CHRONIQUE
Air France :
un gâchis
national
DE DOMINIQUE MOÏSI P. 10
ÉTATS-UNIS - CHINE :
LA DÉRIVE COMMERCIALE
Reuters
Le déplacement du secrétaire au
Commerce américain à Pékin n’a
pas permis d’aplanir les différends. Radiographie d’une guerre
commerciale. // P. 7
ET L’ENQUÊTE P. 13
PEUGEOT FAIT APPEL À TATA
POUR SÉDUIRE LES INDIENS
Le groupe PSA va s’appuyer sur
les conseils du groupe Tata pour
concevoir des voitures bon marché adaptées au pouvoir d’achat
des Indiens. // P. 17
LA BOURSE SANCTIONNE
LES BANQUES FRANÇAISES
Société Générale et BNP Paribas ont
publié des résultats trimestriels en
demi-teinte. Frédéric Oudéa assure
que la crise sera bientôt oubliée.
// P. 28 ET « CRIBLE » P. 36
L’ARGENTINE RATTRAPÉE
PAR SES DÉMONS FINANCIERS
La banque centrale argentine a
relevé son taux d’intérêt directeur à 40 % ! Une mesure
d’urgence destinée à enrayer la
dévaluation du peso. // P. 30
l La compagnie entre dans une période d’incertitudes après le pari perdu du référendum.
l La succession de Jean-Marc Janaillac, qui s’en ira le 15 mai, s’annonce compliquée.
l Les partenaires néerlandais de KLM craignent d’être emportés dans la crise.
A
près la surprise du rejet par la majorité des salariés
du projet d’accord proposé par la direction vient le
temps des interrogations sur l’avenir du groupe.
Même si Jean-Marc Janaillac restera finalement en poste
jusqu’au 15 mai, date de l’assemblée générale des actionnaires. Une solution de gouvernance intérimaire y sera dévoilée. Anne-Marie Idrac, présidente du comité de nomination, devrait jouer un rôle clef. Mais la période de transition
risque de durer. Aucun candidat n’est envisageable en
interne. Et compte tenu de l’exposition du poste, les marques extérieures d’intérêt risquent d’être peu nombreuses.
D’autant que les patrons se succèdent vite à la tête de la compagnie. Jean-Marc Janaillac n’y sera resté que vingt-deux
mois. En dépit de la brièveté de son mandat, son bilan se
compare avantageusement à celui de ses prédécesseurs. Il
avait en effet renoué avec la croissance tout en améliorant
les performances économiques de l’ensemble des entités du
groupe. En 2017, l’entreprise avait ainsi signé les meilleurs
FERROVIAIRE Laurent Berger demande à l’exécutif des « engagements clairs ».
Dennis Van Tine/Star Max/AP/Sipa
Reçus ce lundi par le Premier ministre, les syndicats de cheminots expriment de fortes attentes et réclament en particulier des précisions
sur la reprise de la dette ferroviaire par l’Etat. Il
reste en effet des interrogations sur la part que
l’Etat pourrait prendre en charge, de 35 à
40 milliards de dette selon les experts, et sur le
rythme choisi. De son côté, Edouard Philippe
espère dédramatiser la situation et minimiser le
rapport de force. Sans rien céder sur le fond de
la réforme, assure son entourage. Avec la ministre des Transports, il s’exprimera à l’issue des
rendez-vous. Dans un entretien aux « Echos »,
le patron de la CFDT, Laurent Berger, demande
au gouvernement de prendre des « engagements clairs ». // PAGES 3 ET 19
Berkshire
prépare l’après
Warren Buffett // P. 27
Telecom Italia : une ère
nouvelle s’ouvre après
la défaite de Vivendi
SUR
Angela Merkel
face aux doutes
des Européens
L’analyse de
Thibaut Madelin
ISSN0153.4831
NUMÉRO 22691
110e ANNÉE
36PAGES
Antilles Réunion 3,70 €. Guyane-St Martin
4,80 €. Belgique 3, 20 €. Espagne 4 €.
Grande-Bretagne 3£40. Grèce 3,70 €. Italie
4 €. Luxembourg 3,40 €. Maroc 28 DH. Suisse
5 , 4 0 F S . Tu n i s i e 4 , 5 T N D. Z o n e C FA
2.800 CFA.
BARROUX PAGE 9 ET « CRIBLE » PAGE 36
SNCF : Matignon en première ligne
après plus d’un mois de grève
CARNET // P. 35
DOMINIQUE SEUX
DANS « L’ÉDITO ÉCO »
À 7H45
DU LUNDI AU VENDREDI
résultats de son histoire. En attendant qu’il lui soit trouvé un
successeur, un sentiment d’inquiétude et d’impuissance
domine chez KLM. Les Néerlandais craignent les prochaines grèves et un creusement des pertes d’Air France. Son
directeur général, Pieter Elbers, a indiqué qu’il comptait
contribuer à la cohésion interne. Une manière d’essayer de
rassurer au sein d’un groupe qui se trouve en pleines turbulences. // PAG ES 16-17, L’ÉDITORIAL DE DAVID
Angela Merkel soutient-elle toujours
pleinement ses alliés désireux de
refonder l’Europe, à commencer par
Emmanuel Macron ? Certains
commencent à en douter. Pourtant,
malgré les signes de frilosité, l’Allemagne voit plus que jamais son salut
dans l’Europe. // PAGE 9
Bercy cherche
des pistes
d’économies sur
les prestations
sociales
DÉPENSE PUBLIQUE Le gouvernement
réfléchit à différentes pistes pour réaliser des économies sur les prestations
sociales. Le groupe d’experts CAP22, qui
doit rendre son rapport sur la réforme
de l’Etat ce mois-ci, étudie la « simplification et la rationalisation des dispositifs de
prestations sociales ». Il ne s’agirait pas
d’un énième coup de rabot, mais d’un
effort de simplification et d’harmonisation afin de générer des économies dans
la gestion des allocations. Le changement de période de référence retenue
pour les ressources servant au calcul de
certaines prestations est une autre piste
sur la table. // PAGE 4
Vincent Bolloré,
PDG de Vivendi.
Le groupe de Vincent Bolloré
s’incline devant le fonds Elliott.
TÉLÉCOMS Clap de fin dans la bataille Elliott-Vivendi pour
le contrôle du premier opérateur télécoms italien. Au terme
d’une violente campagne par communiqués interposés, le
célèbre fonds américain a réussi à placer 10 administrateurs
« indépendants » au conseil d’administration de Telecom
Italia, à la suite du vote, vendredi, des actionnaires réunis en
assemblée générale. Vivendi, lui, reste l’actionnaire principal de l’opérateur transalpin, avec 24 % des droits de vote,
mais seuls 5 administrateurs le représentent. L’avenir du
réseau national de Telecom Italia et de son patron, Amos
Genish, est désormais en question. Un conseil d’administration doit se réunir ce lundi. En Bourse, Vivendi et Telecom
Italia ont tous les deux bien réagi.
// PAGE 22 ET « CRIBLE » PAGE 36
Pascal Sittler/RÉA
ENTREPRISES
& MARCHÉS
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
02 //
Lundi 7, mardi 8 mai 2018 Les Echos
FRANCE
Macron-Philippe :
le train à grande vitesse
Edouard Philippe reçoit les syndicats sur la SNCF,
au moment où Macron se sent conforté comme
réformateur, et dans son rythme et dans sa méthode.
LE FAIT
DU JOUR
POLITIQUE
Cécile
Cornudet
Dessins Fabien Clairefond pour « Les Echos »
E
n cette date
anniversaire
de l’élection
présidentielle, deux images
se superposent. Edouard
Philippe reçoit les syndicats
à Matignon, pour la première
fois depuis le début du conflit
sur la SNCF. « Fermeté » mais
aussi « ouverture », dit-il
en évoquant la dette ;
« la concertation est bien là »,
souligne son secrétaire d’Etat
Julien Denormandie.
Emmanuel Macron fête, lui,
son arrivée à l’Elysée avec
des sondages qui l’installent
en réformateur, et avec
l’intention affichée
de continuer ainsi. Malgré les
crispations qu’elle engendre,
l’action est son point fort,
pourrait-on résumer. C’est
parce que les Français sont
persuadés qu’il « veut
vraiment réformer le pays »
et « qu’il y parviendra »
qu’il résiste mieux que ses
prédécesseurs au bout
d’un an, relève l’institut IpsosSopra Stéria. Le chef de l’Etat
en tire validation de sa
démarche. S’il mène des
concertations, un président
doit surtout « accepter
de diriger, de prétendre voir
les choses et d’entraîner un
peuple. Il ne faut pas chercher
à être aimé », définit-il dans
un documentaire sur
France 3. Entre deux images,
laquelle faut-il retenir : celle
d’un exécutif arrondissant les
angles, cédant au dialogue
souhaité par les syndicats,
voire reconnaissant certaines
erreurs, comme Julien
Denormandie celle de la
baisse des APL ? Ou celle
plutôt d’un président sûr
de son fait et assumant tout,
son rythme, sa méthode,
sa verticalité ? La seconde,
cela va sans dire. Il n’est
même pas tout à fait
impossible que la première
image serve à faciliter
la seconde. Qu’Edouard
Philippe rencontre les
syndicats, non pour amender
sa réforme et traiter en
« corps intermédiaires » ses
interlocuteurs syndicaux,
mais pour sortir d’un conflit
qui s’éternise, occuper
le terrain social pendant que
le texte avance au Parlement,
et enfin passer à la suite.
La bataille de la rue n’a pas
vraiment pris, analyse-t-il.
La mobilisation s’essouffle. La
bataille de l’opinion est (pour
l’instant) gagnée. Ipsos relève
même que la SNCF est la
réforme Macron qui
« satisfait le plus » les Français
au bout d’un an. Dès lors, il
faut aider les grévistes à sortir
de leur grève, tente l’exécutif…
face à des interlocuteurs qui
guettent autant ses avancées
que ses faux pas.
ccornudet@lesechos.fr
en bref
Pour Macron, « la France ne serait pas
la même sans la Nouvelle-Calédonie »
PACIFIQUE A six mois du référendum sur l’indépendance prévu
le 4 novembre, Emmanuel Macron a souligné que « la France ne
serait pas la même sans la Nouvelle-Calédonie », lors d’un discours
en clôture de son déplacement sur place. Si l’île « est une part de
cette France-monde », le président de la République n’a toutefois
pas pris position sur le référendum expliquant que « c’est aux Calédoniens qu’il appartient de le dire, de choisir ». Le député Les Républicains (LR) Eric Ciotti, a jugé qu’en « offrant la neutralité de l’Etat
aux indépendantistes », Emmanuel Macron avait commis « une
faute majeure ».
Sept candidats pour la tête du Medef
PATRONAT Les candidatures pour succéder, à partir du 3 juillet, à
Pierre Gattaz à la tête de l’organisation patronale ont été validées
vendredi. Le comité statutaire a retenu neuf personnes, ayant
obtenu 50 parrainages de membres de l’assemblée générale pour
pouvoir se présenter : Pierre Brajeux, Dominique Carlac’h, Olivier
Klotz, Fabrice Le Saché, Patrick Martin, Frédéric Motte, Geoffroy
Roux de Bézieux, Alexandre Saubot et Jean-Charles Simon. Mais,
seules sept personnes concourront : Pierre Brajeux, patron du
Medef Hauts-de-Seine, et Fabrice Le Saché se sont ralliés au président du Medef Auvergne-Rhône-Alpes, Patrick Martin.
RETROUVEZ NICOLAS BARRÉ
LEDIRECTEURDELARÉDACTIONDESECHOS
DANSLEJOURNALDE8HD’EUROPEMATIN
PRÉSENTÉPARPATRICKCOHEN
#E1Matin
Mélenchon continue de parier
sur la rue face à Macron
POLITIQUE
Près de 40.000 personnes ont défilé samedi
à Paris contre le chef
de l’Etat.
Le leader des Insoumis
espère une « marée
populaire » le 26 mai
prochain.
Pierre-Alain Furbury
@paFurbury
A défaut de parvenir à créer la
« déferlante » promise – Jean-Luc
Mélenchon rêvait déjà de rassembler 1 million de manifestants sur
les Champs-Elysée à l’automne
dernier –, la gauche de la gauche ne
désarme pas.
Moins d’une semaine après le
défilé syndical du 1 er mai, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont battu le pavé samedi
pour protester contre la politique d’Emmanuel Macron, qui
souffle, ce lundi, sa première
bougie depuis son élection. Selon
le comptage réalisé par le cabinet
indépendant Occurrence pour
un collectif de médias, dont « Les
Echos », ils étaient 38.900 à
Paris. C’est plus que la manifestation du 19 avril dernier dans la
capitale, à l’app el de la CGT
(15.300), mais moins que le
22 mars (47.800). « Ce n’est pas
cet afflux immense que l’on
annonçait », a souligné Gérard
Collomb, tandis que « LFI » contestait ce chiffre. Le ministre de
l’Intérieur a condamné « l’attaque » d’un camion régie de Franceinfo en marge de la manifestation, par ailleurs festive.
Colère « en marche »
Surtout, la rue a déjà donné rendez-vous à l’exécutif le 26 mai
prochain. Plusieurs organisations syndicales (CGT, Union
Solidaires, Snesup-FSU…), associatives (Attac…) et politiques
(NPA, PCF, La France insoumise…) se sont réunies jeudi dernier pour préparer une « marée
Samedi, Jean-Luc Mélenchon a volé la vedette à l’organisateur de la « Fête à Macron », le député
La France insoumise François Ruffin. Photo Romain Beurrier/RÉA
« Oui, nous pouvons
perdre une élection.
Mais jamais nous
n’abandonnerons
la lutte. »
JEAN-LUC MÉLENCHON
Leader de La France insoumise
populaire ». « Monsieur Macron,
vous pensiez que c’en était fini. La
vérité, c’est que la bataille ne fait
que commencer. Nous sommes
insubmersibles, indécourageables », a lancé Jean-Luc Mélenchon, qui a volé la vedette à
l’organisate ur de la « Fête à
Macron », le député LFI François Ruffin. « Nous sommes le
peuple révolté de France qui se
prépare à être le peuple révolutionnaire », a promis l’ancien
candidat à la présidentielle, ne
cachant pas sa volonté de prendre sa revanche sur le chef de
l’Etat.
« Non, monsieur le président, malgré votre élection dans des conditions
qui prêtent aujourd’hui à discussion,
la démocratie ne consiste pas à chanter vos louanges », a-t-il insisté,
appelant les opposants à Emmanuel Macron à descendre dans la
rue « par millions » le 26 mai,
« 229 ans » après « les états généraux
qui mettaient à terre l’ancien
régime ». Il a notamment salué le
« combat » des cheminots, auquel il
a dit « merci », et la « victoire » des
salariés d’Air France face à leur président, Jean-Marc Janaillac.
Epouvantail
La « colère sociale » est « en marche
contre En marche », a renchéri le
député LFI Alexis Corbière, qualifiant le locataire de l’Elysée de
« Margaret Thatcher new-look ».
Mais pour l’heure, l’opposition
« éruptive » de Jean-Luc Mélen-
chon – dixit le premier secrétaire
du PS, Olivier Faure – n’a en rien
fait fléchir l’exécutif. Lequel met
largement en scène son bras de fer
avec Jean-Luc Mélenchon, se servant de lui comme d’un épouvantail. Jeudi, depuis l’Australie,
Emmanuel Macron a fustigé les
« pyromanes indignés » qui « n’ont
jamais accepté la défaite » et tiennent, selon lui, des « discours d’agitation ». Vendredi, le ministre des
Comptes publics, Gérald Darmanin, est allé plus loin, lui reprochant « des méthodes d’extrême
droite ».
Bien qu’une majorité de Français
(55 %) dresse un bilan « négatif » de
l’action du chef de l’Etat après un an
de pouvoir, à peine 14 % d’entre eux
estiment que le leader de La France
insoumise « ferait mieux », selon
une enquête du Cevipof réalisée par
Ipsos-S opra Steria avec « Le
Monde » et la Fondation Jean-Jaurès, publié samedi. Contre 57 % qui
jugent qu’il « ferait moins bien ». n
« GRAND RENDEZ-VOUS » // Europe 1 - CNews - « Les Echos »
Marlène Schiappa : « L’Etat doit reprendre
la main » sur les violences faites aux femmes
Invitée du « Grand Rendezvous » Europe 1- CNews« Les Echos », la secrétaire
d’Etat chargée de l’Egalité
entre les femmes
et les hommes a annoncé
la création d’un Numéro Vert
dédié aux femmes victimes
de violences au travail.
Valérie Landrieu
@ValLandrieu
Marlène Schiappa était l’invitée
dimanche du « Grand Rendezvo u s » , l ’é m i s s i o n p o l i t i q u e
d’Europe 1 en partenariat avec
CNews et « Les Echos ». A la veille
de la date anniversaire de l’élection
d’Emmanuel Macron, cette marcheuse de la première heure n’a pas
manqué de saluer « un président
présent et au travail […] qui réforme
et transforme le pays ».
La secrétaire d’Etat chargée de
l’Egalité entre les femmes et les
hommes porte, cette semaine, à
l’Assemblée nationale son projet de
loi pour lutter contre les violences
sexuelles et sexistes, face à des associations de protection des droits de
l’enfant plus que dubitatives. Mais,
a-t-elle fait valoir, le texte reste en
cours d’élaboration. « Des amende-
Marlène Schiappa porte, cette semaine, à l’Assemblée nationale
son projet de loi pour lutter contre les violences sexuelles
et sexistes. Photo Marie Etchegoyen/Capa Pictures pour Europe 1
ments sont à l’étude », a-t-elle indiqué, sans exclure un durcissement
de la loi. « Nous travaillons sur une
rédaction constitutionnelle […] qui
apporte des réponses extrêmement
fermes », a-t-elle voulu rassurer.
Une campagne contre
les violences sexuelles
Alors que l’Egalité femmes-hommes a été pro clamée grande
cause nationale du quinquennat,
Marlène Schiappa a annoncé que
Matignon venait de lancer un
appel d’offres d’un montant de
4 millions d’euros pour une campagne télévisuelle et plurimédia.
Cette opération doit notamment
« p e r m e t t re d ’ i n t e r p e l l e r l e s
témoins [de violences sexuelles] ». Six mois après le scandale
Weinstein, un partenariat a en
outre été noué avec le Festival de
Cannes. A la clef, des documents
à l’attention des festivaliers, et la
création d’une ligne téléphonique valable sur la durée de la
manifestation.
Le futur Numéro Vert dédié
aux femmes victimes de violences au travail devrait être plus
pérenne. Marlène Schiappa et la
ministre du Travail, Muriel Pénicaud, s’y sont attelées il y a peu.
Submergée de demandes après la
déflagration Weinstein, l’Association européenne contre les
violences faites aux femmes au
travail (AVFT), à l’origine du contentieux harcèlement sexuel en
France, avait dû temporairement
fermer son standard en janvier –
il rouvrira le 4 juin prochain.
Mais, au micro d’Europe 1, Marlène Schiappa a été claire : « Les
actions menées par cette association et d’autres sont extrêmement
importantes, mais trop longtemps
l’Etat a été en position de suiveur
[…] et il doit reprendre la main. »
Dans cette même logique, une ou
deux journées devraient être consacrées à la thématique de l’égalité
entre les femmes et les hommes
dans le futur service national civil
sur lequel réfléchissent la secrétaire d’Etat Geneviève Darrieussecq
et la ministre des Armées, Florence
Parly. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FRANCE // 03
Les Echos Lundi 7, mardi 8 mai 2018
INTERVIEW // LAURENT BERGER Secrétaire général de la CFDT
« Macron veut imposer une relation directe avec
le peuple qui est dangereuse pour la démocratie »
l A quelques semaines du congrès
de la CFDT, qui se tiendra à Rennes
début juin, son numéro un expose
les priorités du syndicat.
l Il s’en prend vertement au patronat
et au chef de l’Etat, accusés de ne pas
jouer le jeu de la négociation.
Propos recueillis par
Leïla de Comarmond
@leiladeco
Vous allez rempiler
lors du congrès de la CFDT
pour un nouveau mandat.
Ce sera le dernier ?
J’irai au bout de ce mandat. Après,
je n’en sais encore rien. En tout cas,
je sais que ce n’est pas bon de lancer
une succession trop en amont et
que j’aurai une vie après la CFDT.
Mais, pour l’heure, ce n’est pas du
tout d’actualité.
Le congrès de Force ouvrière
a été très violent et a
contraint Jean-Claude Mailly
à partir par la petite porte.
Cela vous a-t-il surpris ?
Je ne suis pas un spécialiste des
congrès de Force ouvrière. Je trouve
juste dommage d’avoir besoin de
« tuer le père » pour exister. Que l’on
soit d’accord ou pas avec lui, je pense
que Jean-Claude Mailly ne méritait
pas ça. Je le lui ai d’ailleurs dit.
Pourrait-il y avoir
des turbulences aussi
pendant votre congrès ?
Je vais une à deux fois par semaine
débattre avec des militants depuis
que j’ai été élu secrétaire général.
Ces rencontres sont l’occasion
d’exprimer leurs questions, leurs
interrogations et parfois leurs
désaccords. Les débats au congrès
en seront, bien sûr, le reflet. Le bilan
de la CFDT est positif – nous sommes devenus la première organisation syndicale dans le privé ! – et je
suis satisfait du boulot que les militants ont fait, que la confédération a
fait. Mais ces quatre années ont été
très denses et compliquées. A la
crise sociale, dont on n’est pas
encore sorti, se sont ajoutés trois
réformes du dialogue social et un
bouleversement politique profond
« Le bilan de la CFDT
est positif – nous
sommes devenus la
première organisation
syndicale dans
le privé ! »
« Mais ces quatre
années ont été
très denses
et compliquées. »
avec l’arrivée au pouvoir de personnes peu convaincues du rôle de la
démocratie sociale. Tout cela est
intervenu alors qu’il y a des transformations majeures du travail, et
dans un environnement mondial
beaucoup plus incertain et anxiogène qu’auparavant. Cela bouscule
forcément le corps militant, même
si la CFDT a tenu son cap, sa vision
du syndicalisme, de la démocratie,
de ses valeurs. Les débats au
congrès seront animés. Les congrès, ça sert à sortir avec des lignes
claires, donc il faut qu’il y ait des
débats. Mais notre culture syndicale, ce ne sont pas les joutes verbales, c’est la recherche de solutions. Si
le syndicalisme n’en est pas capable,
il mourra et je suis persuadé que,
sans syndicalisme, ce serait la jungle du chacun pour soi et du pouvoir tout-puissant des employeurs.
A la rentrée, la réforme
du Code du travail a suscité un
malaise dans l’organisation.
Cela va mieux ?
On a largement eu le temps de
s’expliquer sur le positionnement
de la CFDT sur les ordonnances.
Personne ne remet en question
l’intérêt d’avoir participé aux
concertations. Mais certains éléments de la réforme nous posent
encore et toujours un gros problème, y compris dans notre action
au quotidien. Je pense particulièrement aux fortes difficultés rencontrées par nos équipes d’entreprise
dans la mise en place des comités
sociaux et économiques.
Le rapport d’activité rappelle
que la revendication d’un
développement de la négociation d’entreprise date des
années 1970. Les militants de
la CFDT devraient être ravis…
Le renforcement de la négociation
d’entreprise est notre leitmotiv
depuis cinquante ans. Un des
acquis fondamentaux de la CFDT
en Mai 1968 a été la création de la
section syndicale d’entreprise et,
depuis, nous n’avons eu de cesse
de tirer ce fil, car nous sommes
convaincus que c’est au plus près
des travailleurs, sur leur lieu de travail, qu’on peut construire du progrès pour eux. Ce renforcement de
la négociation d’entreprise est
accepté dans la maison, mais il faut
que les moyens suivent et aussi les
interlocuteurs. Et ce n’est trop souvent pas le cas. Le gouvernement
ne peut pas affirmer qu’il veut développer le dialogue social dans
l’entreprise et réduire les moyens et
le nombre d’élus du personnel. La
ministre du Travail, Muriel Pénicaud, nous dit qu’il y a possibilité de
négocier plus. Mais, en réalité, dans
beaucoup d’entreprises, la direction refuse et on se retrouve avec le
minimum légal.
Au congrès de Marseille,
il y a quatre ans, les militants
s’étaient plaints d’un tropplein de réformes à intégrer
alors que le patronat ne jouait
pas le jeu. Avec les nouvelles
qui se sont ajoutées, ne craignez-vous pas un ras-le-bol
des militants ?
Sans doute, car il y a eu trois réformes du dialogue social en quatre
ans. Je vous rappelle d’ailleurs que
nous n’étions pas demandeurs des
ordonnances. Elles s’ajoutent aux
évolutions des entreprises elles-mêmes. Avant, les difficultés se
concentraient dans l’industrie,
maintenant, regardez ce qui se
passe dans le commerce. Et qui peut
tracer la route pour les trois, six, dix
années à venir avec certitude ? Face
aux incertitudes, nos valeurs
d’émancipation collective et individuelle et de justice sociale sont une
boussole précieuse pour nous positionner face aux évolutions du
monde : c’est vrai sur les enjeux fondamentaux, comme pour condamner ce que subissent les migrants ou
encore ne pas hésiter une seconde à
appeler à voter Emmanuel Macron
au soir du premier tour de l’élection
présidentielle, car l’extrême droite
ne sera jamais une option pour
nous. C’est aussi vrai face aux évolutions du travail pour construire un
modèle social qui propose des protections et des possibilités de rebon-
Laurent Berger : « Je persiste à dire qu’Emmanuel Macron doit réussir, sinon nous aurons le Front national. » Photo Joël Saget/AFP
dir à chacun et pas seulement à
quelques-uns.
Le moment où vous devenez
première organisation syndicale est aussi celui où la place
de la négociation est remise en
question…
On aurait pu espérer que nos interlocuteurs patronaux et politiques
en profitent pour faire émerger une
confrontation sociale positive, et ce
n’est pas forcément ce qui est fait.
Nous sommes trop souvent
confrontés dans la période à une
absence d’interlocuteurs, de la base
au sommet. C’est ce que disent certaines de nos équipes syndicales
confrontées à des patrons qui considèrent que le dialogue social est un
frein ou qui n’anticipent pas suffisamment les évolutions économiques. Heureusement, ce n’est pas le
cas partout. Au niveau interprofessionnel, nous avons le même problème. Ces dernières années, une
partie du patronat a déserté sa responsabilité. L’insuffisance des
contreparties en matière d’emploi
et d’investissement au CICE en est
un bon exemple. Sous Pierre Gattaz, le Medef a préféré le lobbying
au dialogue social. Il s’est enfermé
dans la plainte permanente et n’a
pas compris que l’économique et le
social vont de pair.
Avec un certain succès, non ?
Cela a peut-être marché, mais ce
n’est pas responsable. Nous aussi,
nous aurions pu nous réfugier dans
la protestation et le « y a qu’à, faut
qu’on » sans mettre les mains dans
le cambouis. Le patronat a fui ses
responsabilités. Cela n’a pas été
notre choix, ni celui de FO cette dernière année, d’ailleurs. J’attends
avec impatience l’arrivée d’un nouveau président du Medef pour
relancer la dynamique de négociation. Il y a des chantiers importants
à ouvrir. Je pense, par exemple, à la
question des mobilités, des compétences ou des discriminations.
Emmanuel Macron ne veut pas
non plus de votre modèle
de dialogue social…
Il veut imposer une centralité et une
relation directe avec le peuple qui
sont dangereuses pour la démocra-
tie. Malgré cela, je persiste à dire
qu’il doit réussir, sinon nous aurons
le Front national. Mais s’il s’obstine
à ne pas prendre en compte la diversité de la population qui s’exprime à
travers les corps intermédiaires et
sans mener une politique sociale
assumée, c’est-à-dire en faisant
croire que, pour l’instant, il faut uniquement de la sueur et des larmes,
cela fera monter le Front national.
Avec Emmanuel Macron, soit on
est d’accord sur tout, soit on n’a pas
voix au chapitre. Cela va faire monter les radicalités et la violence dans
la société, et le chef de l’Etat va se
retrouver seul au moment du bilan.
Cela dit, nous ne lui ferons pas le
cadeau de tomber dans la contestation à tous crins sans rien proposer.
Je le dis au président de la République et à la majorité : la transition
écologique, la révolution du numérique, les banlieues…, le monde de
demain, on l’a plus pensé que vous !
Quelles vont être vos priorités
pour les années à venir ?
Encore et toujours le travail, la qualité de vie au travail. C’est pour la
CFDT un enjeu prioritaire trop souvent délaissé. Nous sommes à
l’écoute des salariés. Et puis il y a
aussi la poursuite de la construction
de nouvelles protections collectives
via des droits attachés à la personne
et non à son statut en travaillant sur
la mobilité des parcours professionnels. Nous voulons aussi investir
davantage les questions sociétales,
telles que les discriminations, l’égalité hommes-femmes (dont la féminisation de nos instances dirigeantes). Concrètement, les débats au
congrès se concentreront sur les
questions du partage des richesses,
de la robotisation, des écarts de
rémunération, du revenu universel,
de la fonction publique, mais aussi
de la réforme des retraites ou de la
représentation des free-lances. Et,
bien sûr, une de nos principales
priorités sera d’accompagner nos
sections syndicales sur le terrain
face aux réformes.
Le précédent congrès vous avait
mandaté pour renforcer le « pôle
réformiste ». Où en êtes-vous ?
D’abord, je vous renvoie aux derniers résultats des élections de repré-
sentativité. Ils montrent que le syndicalisme de contestation est en train
de décliner. Pas nous, qui défendons
un syndicalisme de proposition et de
mobilisation. Dans les entreprises,
les salariés attendent des représentants qui s’engagent, proposent,
mobilisent et négocient pour construire des solutions. La SNCF,
les Ehpad, Carrefour ou Vivarte…
Ces derniers mois, contrairement
à ce que certains pensent, la CFDT
s’est beaucoup mobilisée, y compris
dans la rue. Nous n’excluons aucune
mobilisation à la condition qu’elle
porte des propositions et recherche
des résultats. Il faut aussi réfléchir
aux modalités d’action. Quand il y a
une manifestation, combien de salariés des entreprises est-on capable
de faire sortir dans la rue ? Par
ailleurs, avec l’Unsa et la CFTC, des
étapes ont été franchies depuis quatre ans. On a eu des positions communes, on s’est rencontrés souvent,
on a travaillé ensemble.
« A Air France, seuls
deux syndicats
appelaient à voter
“oui”, dont la CFDT
et 45 % des salariés
l’ont fait. »
Le « non » a gagné à Air France.
N’est-ce pas un échec pour la
CFDT qui appelait à voter « oui » ?
La CFDT n’a en rien perdu. Seuls
deux syndicats appelaient à voter
« oui », dont la CFDT et 45 % des salariés l’ont fait. Mais la question n’est
clairement pas celle-ci aujourd’hui.
Air France entre dans une grave
crise de gouvernance dans un
contexte économique et concurrentiel très difficile. Le dialogue social
est bloqué car aux mains d’un syndicat de pilotes – le SNPL –, qui l’instrumentalise dans une logique corporatiste au mépris de la situation
économique et des autres personnels. Il y a de quoi être inquiet et je le
suis, tout comme nos équipes d’Air
France. La CFDT, qui est la première
organisation chez les personnels au
sol, va continuer de se battre pour
l’emploi et la situation des salariés
de la compagnie aérienne. n
« Sur la SNCF,
j’attends des
engagements
clairs »
Propos recueillis par
L. de C.
Vous rencontrez ce lundi
Edouard Philippe
sur la réforme de la SNCF.
Qu’attendez-vous de
ce rendez-vous ?
Ce rendez-vous est pour moi un
acte d’ouverture. J’en attends des
engagements clairs sur la reprise de
la dette, la politique d’investissement de l’Etat dans le ferroviaire et
la garantie de l’Etat que l’Union des
transports ferroviaires négociera
une convention collective de haut
niveau en matière notamment de
protection sociale, de classification
et de carrière. Tout dépendra de
l’option choisie par le gouvernement : soit il cherche à mettre à
terre les organisations syndicales et
nous serons forcément en désaccord, soit il fait des avancées. La tribune que nous avons publiée avec
le secrétaire général de la CFDTcheminots, Didier Aubert, donne
des pistes pour cela.
Les cheminots CFDT
ne sont-ils pas sur une ligne
plus dure que vous ?
Pas du tout. Demandez à la CFDTcheminots et vous verrez. Nous
sommes totalement en ligne et
mobilisés sur nos objectifs que sont
un système ferroviaire de qualité et
un cadre social de bon niveau qui
respecte les cheminots. n
`
SUR
LE WEB
Retrouvez
•l’intégralité
de l’interview
sur lesechos.fr
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
04 // FRANCE
L’agence
de notation
Moody’s plus
optimiste
sur la France
NOTATION
En raison du programme de réformes, la perspective
de la note de l’Hexagone est améliorée
de « stable »
à « positive ».
Lundi 7, mardi 8 mai 2018 Les Echos
Les prestations sociales, nouvelle piste
pour trouver des économies budgétaires
nisation serait possible et permettrait de générer des économies de
gestion.
BUDGET
L’exécutif étudie la
possibilité de rationaliser et de simplifier les
différents dispositifs
de prestations sociales.
Prestations indues
Il exclut cependant
tout coup de rabot.
Guillaume de Calignon
@gcalignon
Renaud Honoré
@r_honore
La France suit le bon chemin,
selon l’agence de notation financière Moody’s. Vendredi, celle-ci
a amélioré la perspective sur la
note Aa2 de la France de « stable » à « positive » en raison des
réformes engagées par Emmanuel Macron. Pour expliquer
leur optimisme, les analystes de
Moody’s évoquent dans un
communiqué le « programme
de réformes large et ambitieux
visant à améliorer la compétitivité de l’économie et les perspectives de croissance à moyen
terme », ainsi que « l’engagement du gouvernement en faveur
de la consolidation budgétaire en
ciblant la réduction des dépenses
structurelles et en favorisant un
déclin graduel du ratio de dette
publique ». D’ailleurs, l’agence
souligne « les forces du crédit de
la France avec une base économique large et saine et des institutions solides ».
Toutefois, le pays fait face à
des défis importants, estime
Moody’s. D’abord, l’impact des
réformes sur la croissance et le
bilan financier du gouvernement ne sera pas visible avant
un certain temps. Ensuite,
même si l’objectif de réduire le
ratio dette/PIB à 89 % d’ici à 2022
est atteint, « cela laissera l’endettement du secteur public français
significativement au-dessus des
autres pays notés Aa1 ». Enfin,
« ce n’est pas la première fois que
des programmes de réformes
sont présentés en France » et que
leur application se montre « difficile ». Moody’s ne considérera
donc pas, semble-t-il, un possible relèvement de la note avant
fin 2019 ou début 2020. n
L’agitation sociale du printemps ne
décourage visiblement pas le gouvernement d’explorer des chantiers
potentiellement explosifs. La
sphère des prestations sociales fait
ainsi désormais partie des pistes
envisagées par l’exécutif pour trouver des économies. Le sujet avait été
très peu évoqué depuis l’élection
d’Emmanuel Macron il y a un an.
Mais Gérald Darmanin a vendu la
mèche il y a dix jours, dans une
remarque passée relativement inaperçue. Interrogé par « Le Parisien » sur les potentielles sources
d’économies, le ministre de l’Action
et des Comptes publics avait mentionné en premier lieu « le champ
social, qui représente 50 % de la
sphère publique et qui doit être
audité ». Selon plusieurs sources
concordantes, la « simplification et
la rationalisation des dispositifs de
prestations sociales » font ainsi partie des sujets étudiés par le comité
d’experts CAP22, dont le rapport
attendu à la fin du mois doit donner
au gouvernement les grandes lignes
d’une réforme ambitieuse de l’Etat.
Au sein des équipes du gouverne-
Dans son programme, Emmanuel Macron avait promis la création d’un « versement social unique ».
Photo Jean Claude Moschetti/RÉA
ment, on se défend de préparer tout
coup de rabot sur les prestations.
Emmanuel Macron l’avait d’ailleurs
exclu clairement en janvier, dans un
discours devant la Cour des comptes. « Je refuse ce que j’appelle les
réformes paramétriques […] qui
rognent des droits sans offrir de nouvelles perspectives », avait-il affirmé.
L’épisode de la baisse de 5 euros des
APL a laissé des traces. Pour autant,
cela ne veut pas dire que tout le système restera en l’état. « Il est possible
de faire des économies sans toucher
aux paramètres mais en s’interro-
Un effort de
simplification serait
possible et permettrait
de générer des
économies de gestion.
geant sur la simplification des dispositifs », explique un bon connaisseur du dossier. Plusieurs questions
sont posées par les experts mobilisés par cette réforme. Certaines
prestations ont-elles un effet désin-
citatif sur le retour à l’emploi ? Quel
est l’effet redistributif ? Dans le
cadre de CAP22, c’est surtout le
mode de calcul des prestations
sociales qui a retenu l’attention des
experts. « Les prestations versées par
la CAF [Caisse d’allocations familiales] ou l’Assurance-maladie sont souvent sous condition de ressources.
Mais quelle ressource doit-on prendre en compte ? Cela varie beaucoup
d’une prestation à l’autre et complique inutilement la vie des gens », souligne un proche des discussions. Un
effort de simplification et d’harmo-
Le comité CAP22 s’est aussi intéressé, selon nos informations, à la
période de référence retenue pour
les ressources servant au calcul des
prestations. La réforme des APL
(aides personnelles au logement)
fait figure d’exemple : à partir de
2019, les APL seront calculées sur la
base du revenu de l’année en cours,
et non sur celui d’il y a deux ans.
Avec, à la clef, 1 milliard d’euros
d’économies. Certains calculs montrent qu’un montant équivalent
pourrait être économisé en étendant la mesure à d’autres prestations. Enfin, les experts envisagent
aussi de croiser les fichiers des
administrations, pour éviter les
erreurs dans les déclarations de ressources qui génèrent des prestations indues difficilement récupérables ensuite.
Le gouvernement ira-t-il au bout
de ces pistes ? Dans son programme, Emmanuel Macron avait
bien abordé le sujet de la simplification des dispositifs de prestations
sociales et avait promis la création
d’un versement social unique.
« Toutes les allocations sociales
(APL, RSA…) seront versées le même
jour du mois, un trimestre maximum après la constatation des reven u s ( c o n t re j u s qu ’ à d e u x a n s
aujourd’hui) », était-il écrit dans le
programme. Mais s’engager sur
une telle voie comporte des risques.
« Vous ne lancez pas une telle
réforme d’un claquement de doigt,
elle peut générer des gagnants et des
perdants », reconnaît un expert. n
Notaires : le tirage au sort à nouveau sur la sellette
RÉFORME
Le Conseil d’Etat doit
statuer d’ici à fin mai
sur le mode de désignation des nouveaux
futurs notaires.
XAVIER NIEL
Co-Fondateur de
Free - 42 - Station F
Jeudi 17 mai 2018 à 19h00,
« La France, paradis de la tech ? »
Informations et inscriptions :
www.lesechos-debats.fr
Marie Bellan
@mbellan1
La réforme des notaires, issue de la
loi Macron, pourrait connaître un
nouveau rebondissement. Le mode
de désignation choisi à l’époque de
la mise en œuvre de la réforme, par
le décret du 22 mai 2016, pourrait
être supprimé. C’est en tout cas ce
que demande la Chambre des
notaires de Paris, à laquelle est associé le Conseil supérieur du notariat
(CSN). Les deux institutions reprochent au tirage au sort son manque
de solennité et le fait qu’il ne permet
pas de sélectionner les meilleurs
candidats à l’installation.
Pour mémoire, auparavant,
c’était l’administration, en l’occurrence la Chancellerie, qui choisissait les notaires pouvant s’installer.
Mais B ercy, qui a imaginé la
réforme, a enlevé cette prérogative
au ministère de la Justice. Il faut
toutefois rappeler que, selon
la réforme, les candidats tirés
au sort sont tous des diplômés en
fin de cursus. Ils ont donc déjà
fait leurs preuves en termes de
compétences.
Rejet de la requête
demandé
Lors de l’audience au Conseil d’Etat
qui s’est tenue vendredi dernier, le
rapporteur public n’a toutefois pas
retenu cet argument. Mais il a
demandé le rejet de la requête de la
Chambre des notaires et du CSN.
Pour lui, un autre mode de sélection
des notaires que le tirage au sort,
qui respecterait toujours l’esprit de
la réforme, n’amènerait aucun
avantage.
Il n’est toutefois pas sûr que la
recommandation du rapporteur
public soit suivie. Les membres du
Conseil d’Etat seraient, selon certaines sources, divisés sur le sujet. Le
tirage au sort qui a eu lieu pour désigner les candidats autorisés à s’inscrire à l’université l’an passé a en
effet été épinglé (et non annulé) par
le Conseil d’Etat fin 2017. Cette pratique ne peut « intervenir qu’à titre
exceptionnel pour départager un
nombre limité de candidats », a indiqué le Conseil dans son avis.
On devrait connaître sa réponse
pour ce qui concerne les notaires
d’ici à la fin du mois. Son avis
Le mode de désignation par tirage au sort est remis en cause tant
par le CSN que par la chambre des notaires de Paris, qui plaide
pour une désignation par concours. Photo Laurent Cerino/RÉA
n’impactera toutefois pas les désignations qui ont déjà eu lieu par
tirage au sort jusque-là. Il s’agit
d’une décision pour l’avenir. La
chambre des notaires de Paris a
plaidé pour une désignation par
concours. Un procédé qui avait été
jugé trop lourd à organiser en 2016,
au moment de la mise en œuvre de
la réforme. n
1.122
NOUVEAUX OFFICES
ont été créés au 1er avril 2018,
pour environ 1.300 nouveaux
notaires. Les nominations
devraient se poursuivre jusqu’en
juin 2018, pour atteindre
l’objectif de 1.650 notaires
libéraux nouvellement installés.
L’Autorité de la concurrence doit
établir une nouvelle carte pour
les futures installations.
La loi « Pacte »
encore retardée
Le ministre de l’Economie
Bruno Le Maire a annoncé
dimanche un nouveau
report de la présentation
du projet de loi Pacte.
Initialement programmé
le 18 avril puis reporté à
mai, le Plan d’action pour
la croissance et la transformation des entreprises
sera finalement examiné
en Conseil des ministres
« début juin » puis soumis
à l’Assemblée nationale
en juillet. « L’objectif, [...]
c’est que la loi Pacte soit
adoptée d’ici à la fin de
l’année 2018 pour qu’elle
puisse entrer en vigueur en
2019 », a dit le ministre
de l’Economie et des
Finances qui s’exprimait
sur BFM TV.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FRANCE // 05
Les Echos Lundi 7, mardi 8 mai 2018
La reprise de l’investissement ne
se traduit pas en regain de compétitivité
l Le taux d’investissement des entreprises françaises
atteint un plus haut depuis dix ans.
l L’absence de traduction dans la balance commerciale
pourrait s’expliquer par la faible qualité de ces dépenses.
INVESTISSEMENT
Guillaume de Calignon
@gcalignon
L’investissement des entreprises
françaises est un des moteurs principaux de l’activité économique du
pays depuis deux ans. Il a grimpé
de 4,3 % l’an passé, et la Banque de
France table sur une progression
de 4,1 % cette année. « Le taux
d’investissement des entreprises
françaises est significativement
supérieur au niveau moyen de la
zone euro », s’est félicité François
Villeroy de Galhau, le gouverneur
de la banque centrale, jeudi, lors
d’un colloque organisé à Paris.
Le taux d’investissement des
sociétés hexagonales a atteint
23,5 % l’an passé, son niveau de
2008. Quand on fait abstraction des
investissements immobiliers, la
France reste bien placée, étant peu
ou prou au niveau de l’Allemagne.
Pourtant, le déficit commercial de
la France continue à se creuser : il a
atteint 15,8 milliards d’euros au premier trimestre, contre 14,1 milliards
sur la même période de 2017, ont
indiqué ce vendredi les Douanes.
Or, théoriquement, la hausse des
investissements devrait permettre
à la production française de monter
en gamme et devrait donc se traduire à un moment dans la compétitivité. Ce n’est visiblement pas le
cas, ou tout du moins pas encore.
Pas assez d’innovations
Y aurait-il alors un problème de
qualité de l’investissement ? Ce
n’est pas impossible. « Le stock de
capital en nouvelles technologies
rapporté au PIB a stagné ces dernières années », note le gouverneur de
la banque centrale. Selon certains
critères, la France enregistrerait, il
est vrai, un retard en la matière.
Ainsi, selon la Fédération internationale de robotique, l’Hexagone
comptait 132 robots pour
10.000 emplois industriels en 2016,
contre 309 en Allemagne et 185 en
Italie. Autre indicateur parlant,
« seule une faible proportion
d’entreprises françaises ont l’intention d’innover, c’est très préoccupant
pour le niveau de gamme à terme »,
explique l’économiste Jean PisaniFerry, citant une enquête de la Banque européenne d’investissement
selon laquelle seules 31 % des sociétés ont investi dans la R&D l’an
passé. Une étude de France Stratégie montrait aussi que, en 2014,
« Tout se passe
comme si
la France avait
intériorisé
un avenir sans
usine. »
seules 63 % disposaient d’un site
Internet et que 17 % d’entre elles
seulement utilisaient les réseaux
sociaux dans leurs relations client,
contre 25 % en moyenne chez nos
voisins. Dans son dernier rapport
sur le sujet, la Commission européenne note, elle, que « la France
affiche une performance plutôt
moyenne en matière de transformation digitale ». D’autres économistes, tels que Gilbert Cette, de l’université d’Aix-Marseille, pointent la
responsabilité d’une réglementation et d’un Code du travail trop
rigides qui inciteraient les entreprises françaises à économiser sur
la main-d’œuvre. Celles-ci auraient
ainsi tendance à investir dans de
« mauvais » équipements, leur but
étant d’abord de réduire le plus
possible la masse salariale.
SARAH GUILLOU
Economiste à l’Observatoire
des conjonctures
économiques
dans la compétitivité, mais il ne faut
pas nécessairement en attendre des
résultats sur le commerce extérieur ». D’abord, parce que le taux
d’investissement des industriels
français dans les équipements est
plus faible qu’en Allemagne.
« Tout se passe comme si la France
avait intériorisé un avenir sans
usine », explique-t-elle. Environ
20 % des investissements de
l’industrie française servent à
acheter des machines, contre
40 % outre-Rhin. Ensuite, « la
France exporte surtout des marchandises fabriquées par l’industrie manufacturière. Or, ce secteur
a énormément perdu de capacités
productives ces deux dernières
décennies. Le pays ne dispose plus
de la force exportatrice nécessaire », avance-t-elle.
Atrophie de l’industrie
manufacturière
Mais il existe une autre explication possible, avancée cette fois-ci
par Sarah Guillou, économiste à
l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).
Pour elle, « les industriels français
investissent plus que leurs concurrents allemands dans les logiciels,
ce qui devrait, à terme, se traduire
Lire l’éditorial
( Page
de Jean-Marc Vittori
9
Les industriels restent optimistes
Les chefs d’entreprise de
l’industrie ont l’intention
d’augmenter leurs investissements de 5 % cette année.
Tout concourt à ce que
l’investissement progresse.
Les industriels français sont toujours prêts à investir. Si l’investissement a ralenti au premier trimestre
– puisqu’il a augmenté de seulement 0,5 % alors que l’Insee attendait une progression de 1,1 % –, les
chefs d’entreprise de l’industrie
interrogés par l’Insee prévoient
d’augmenter leurs dép enses
d’investissement de 5 % cette année
par rapport à 2017. Il faut dire que de
nombreux facteurs les incitent à
investir. Les tensions sur l’appareil
de production sont fortes. Le taux
d’utilisation des capacités de production est en effet au plus haut
depuis dix ans, à 86 %. Les conditions financières restent très bonnes, puisque les taux d’intérêt sont
encore bas.
Ainsi, selon la Banque de France,
les entreprises ont pu emprunter au
premier trimestre pour acheter des
équipements à seulement 1,34 %,
un plus bas historique. Et les banques françaises ne se montrent pas
réticentes à prêter. Selon d’autres
chiffres recueillis par la Banque de
France, au premier trimestre 2018,
95 % des PME ont obtenu en totalité
ou à plus de 75 % les crédits souhaités destinés à financer des investissements. Ce qui s’explique aussi par
le fait que les marges des entreprises se sont redressées ces trois dernières années. « La santé financière
du tissu productif français a été restaurée, les marges des exportateurs
ont grimpé de 6 points de valeur ajoutée depuis fin 2013 et atteignent un
niveau record », constate Xavier
Ragot, président de l’Observatoire
français des conjonctures économiques (OFCE). Il estime que la
marge des exportateurs français,
principalement des industriels, est
d’environ 38,5 % de la valeur ajoutée. « Il faut environ trois ans pour
que la hausse du taux de marge se traduise dans les investissements. La
dynamique actuelle est donc directement liée à la politique de l’offre »
menée par le gouvernement précédent, selon cet économiste.
L’incertitude économique,
obstacle à l’investissement
Globalement, les chefs d’entreprise
français sont parmi les plus optimistes de l’Union européenne, si
l’on en croit une étude de la Banque
européenne d’investissement (BEI).
Alors que la majorité des entreprises du Vieux Continent interrogées
par la BEI s’attendent à une détérioration du contexte politique et
réglementaire cette année, une
majorité des sociétés hexagonales
tablent, elles, sur une amélioration,
l’élection d’Emmanuel Macron
n’étant pas étrangère à ce regain
d’optimisme. La disponibilité de
personnel possédant les compétences adéquates soulève un peu
moins d’inquiétude que dans le
reste de l’Europe. En revanche, plus
de sept entreprises sur dix perçoivent l’incertitude économique face
à l’avenir comme un des plus gros
obstacles à l’investissement, note la
BEI. n
86 %
Les entreprises ont pu emprunter au premier trimestre
pour acheter des équipements à seulement 1,34 %, un plus bas
historique. Photo Eliot Blondet/Sipa
LE TAUX D’UTILISATION DES
CAPACITÉS DE PRODUCTION
Il est au plus haut
depuis dix ans.
NUMERO EXCEPTIONNEL
SPECIAL CANNES
i
Vendred
11 mai
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
06 //
Lundi 7, mardi 8 mai 2018 Les Echos
MONDE
en
chiffres
ÉTATS-UNIS : LE
CHÔMAGE SOUS LES 4 %
ZONE EURO: LES VENTES
DE DÉTAIL RALENTISSENT
Il n’était pas tombé aussi bas
depuis plus de 17 ans. A la
faveur des créations
d’emplois aux Etats-Unis en
avril, le taux de chômage est
tombé à 3,9 % avec le retrait
d’un certain nombre de
chômeurs du marché du
travail. Fin mars, le taux était
encore de 4,1 %. La prévision
de la FED pour l’ensemble de
l’année le fixe à 3,8 %.
Les ventes au détail ont
nettement ralenti en mars
dans la zone euro, les
consommateurs ayant
notamment réduit leurs
dépenses sur les produits
non alimentaires. Les ventes
au détail n’ont progressé que
de 0,1 % en mars (+0,3 % en
février) et de 0,8 % sur un an
(+1,8 % en février), selon
Eurostat.
52,9
L’ACTIVITÉ DANS LES
SERVICES EN CHINE
ACCÉLÈRE
En avril, l’activité dans les
services s’est ressaisie en
Chine après le vif ralentissement de mars (52,3) à la faveur
d’un rebond des ventes et des
recrutements selon l’indice
Caixin calculé par IHS Markit.
Accord nucléaire iranien : la tension
monte entre Téhéran et Washington
l Les Etats-Unis semblent déterminés à ne pas renouveler la suspension des sanctions
le 12 mai prochain.
l Le président iranien, Hassan Rohani, a prévenu qu’il avait un plan en cas de retrait américain.
NUCLÉAIRE
En cas de retrait américain
de l’accord nucléaire,
Téhéran devra compenser
l’incertitude en réformant
son économie, selon le FMI.
Virginie Robert
@virginierg
Alors que l’issue paraît inéluctable,
il faut tenter de limiter les dégâts. A
côté des efforts diplomatiques – le
chef du Foreign Office, Boris Johnson, était à Washington dimanche –, toutes les chancelleries ébauchent divers scénarios pour réagir à
l’annonce des Américains de la sortie de l’accord nucléaire avec l’Iran.
Plus exactement au non-renouvellement, le 12 mai, de la suspension
de certaines sanctions économiques dans le domaine de l’énergie
en Iran. A cette date, les entreprises
concernées auront cent-quatrevingts jours pour cesser toutes
affaires avec Téhéran si elles souhaitent continuer à travailler aux
Etats-Unis. Si l’effet est limité sur le
plan technique (le 12 juillet prochain, l’exercice sera renouvelé sur
une autre série de sanctions), sa
portée politique est majeure.
Dimanche, le président, Hassan
Rohani, a prévenu qu’il avait
un plan : « Si les États-Unis quittent
l’accord nucléaire, vous verrez bientôt qu’ils le regretteront comme
jamais dans l’histoire. » Le conseiller du guide suprême Ali Khameini, Ali Akbar Velayati, a, de son
côté, laissé planer la menace que
l’Iran se retirerait de l’accord dans la
foulée des Américains. La MaisonBlanche est très déterminée à provoquer « par une diplomatie musclée » un « changement de régime en
Une parade militaire à Téhéran le 18 avril 2018, devant le portrait du guide suprême, Ali Khamenei, a été l’occasion d’exhiber
les missiles iraniens. Photo Atta Kenare/AFP
Iran ». Cela a été redit samedi à
Washington par Rudy Giuliani,
avocat de Donald Trump, et c’est la
position affichée de John Bolton, le
« faucon » qui est le nouveau
conseiller à la sécurité nationale du
président, tout comme par Mike
Pompeo, l’ancien patron de la CIA
adoubé au State Department. Ce
dernier a toutefois expliqué au
Congrès vendredi qu’il y aurait,
« même après le 12 mai, beaucoup de
travail diplomatique à mener ».
De quoi apporter un soupçon de
réconfort, notamment aux diplomates français, britanniques et allemands qui tentent d’éviter de jeter
tout l’accord au feu et cherchent à
l’amender. La position française est
d’étendre l’accord actuel à après
2025 (date de sa fin officielle) et au
programme balistique iranien, qui
n’en faisait pas partie. Car l’Iran a
poursuivi ses développements de
missiles mais a aussi transféré ses
capacités balistiques en Syrie, au
Liban, voire au Yémen.
Sa politique régionale est perçue
comme une prise de contrôle de ses
voisins arabes et déstabilise la zone.
Plutôt que le changement de
régime souhaité par les Etats-Unis,
« nous recherchons une transformation progressive de l’insertion de
l’Iran dans la région ; il faut substituer une logique de sécurité régionale
à l’affrontement militaire », explique un diplomate. Reste que l’inté-
gration des missiles dans d’éventuelles négociations suscite une fin
de non-recevoir immédiate de
Téhéran.
Les craintes d’Israël
La dangerosité de la situation
actuelle est encore accentuée par le
sentiment de vulnérabilité d’Israël,
alors que l’Iran et l’Etat hébreu se
testent en Syrie. Benyamin Netanyahu, le Premier ministre israélien, en discutera cette semaine
avec le président Vladimir Poutine
à Moscou. Les réactions des Iraniens et des partenaires à l’accord
dépendront de la nature de
l’annonce américaine. Va-t-il y avoir
de nouvelles sanctions, et qui en
décidera ? L’accord peut-il fonctionner sans les Américains, étant
donné que les Iraniens ont tenu
leurs obligations ? Et que faire si
l’Iran reprend l’enrichissement
d’uranium ?
L’une des plus grandes inquiétudes concerne les risques de prolifération nucléaire dans la région
– l’Arabie saoudite pourrait être
tentée – et l’affaiblissement du
Traité sur la non-prolifération des
armes nucléaire de 1968. Avec le
retrait de Washington de l’accord
nucléaire iranien, la force des règlements multilatéraux en prendrait
un coup. La crédibilité américaine
aussi, à l’heure où elle cherche à
désarmer la Corée du Nord. n
Israël se prépare à tous les scénarios
de représailles iraniennes
Benyamin Netanyahu
voudrait que l’accord
nucléaire avec Téhéran
soit démantelé, alors que
les militaires sont plus
mesurés. Mais la nécessité
de contrer la présence
iranienne en Syrie
fait l’unanimité.
Nathalie Hamou
— Correspondante à Tel Aviv
« Une erreur historique. » D’entrée
de jeu, la position de Benyamin
Netanyahu a été claire : tout faire
pour que le « mauvais accord » sur
le nucléaire iranien, considéré
comme dangereux pour l’Etat
hébreu, soit dénoncé. Le Premier
ministre israélien a enfoncé le clou
le 30 avril dernier, révélant la prise
du Mossad à Téhéran : des fichiers
apportant, selon lui, « des preuves
concluantes » de l’existence d’un
plan secret de l’Iran pour se doter de
l’arme nucléaire.
A l’approche de l’échéance du
12 mai, fixée par Donald Trump, la
question est de savoir s’il est dans
L’Iran doit
accélérer
les réformes
l’intérêt d’Israël que l’accord soit
« remanié » – prorogé au-delà de
2025 et étendu au programme
balistique de l’Iran, comme le souhaite la France–, ou qu’il soit purement et simplement annulé par
Washington. Car si « Bibi » a prôné
haut et fort le démantèlement de
l’accord de Vienne, l’échelon militaire s’est montré plus mesuré. Il y a
quelques semaines, le chef de l’Etatmajor de Tsahal, Gadi Eizenkot, n’a
pas hésité à déclarer que l’accord
iranien actuel, « avec tous ses
défauts, fonctionnait, et retardait de
dix à quinze ans la concrétisation des
ambitions nucléaires de Téhéran. Si
les Etats-Unis décident de se retirer de
l’accord, on devra repenser notre gestion du risque stratégique ».
L’ancien chef du renseignement
israélien, Amos Yadlin, et directeur
exécutif de l’Institut national des
études de sécurité (INSS) de TelAviv, a lui aussi estimé, voilà peu,
que l’appro che maximaliste
« consistant à s’opposer au “deal” à
100 % constituait une erreur ». Ce
faisant, cet expert relaie les craintes
de responsables de sécurité israé-
liens et américains, qui considèrent
que l’accord de 2015, en dépit de ses
failles, et s’il était remanié, serait
préférable au désordre régional qui
pourrait résulter d’une décision de
la Maison-Blanche de se retirer du
plan d’action global conjoint.
La menace des missiles
En revanche, la nécessité de contrer
avec fermeté la présence militaire
de Téhéran sur le sol voisin syrien
fait l’unanimité en Israël. Il y a presque dix ans que Tsahal œuvre contre la présence iranienne au Liban
(via le Hezbollah) et en Syrie.
« Les Iraniens, qui n’ont pas pu
concrétiser leurs ambitions nucléaires, ont accéléré la fabrication de missiles balistiques avancés, et cette
menace conventionnelle est la plus
dangereuse aujourd’hui pour notre
pays », constate Amos Yadlin, estimant que ces deux menaces « se
rejoignent dans un objectif : détruire
Israël ». Au cours des dernières
semaines, l’Etat hébreu se préparait
déjà à affronter des représailles
iraniennes, à la suite des récentes
opérations attribuées aux forces
D’entrée de jeu, la position de Benyamin Netanyahu a été claire :
tout faire pour que le « mauvais accord » sur le nucléaire iranien
soit dénoncé. Photo Sipa
israéliennes en Syrie. A savoir des
frappes aériennes menées en
février, en réponse à l’introduction
d’un drone iranien dans le ciel israélien, et surtout en avril, avec, d’une
part, le bombardement de la base
aérienne T4, contrôlée par Téhéran, et, d’autre part, celui d’entrepôts de missiles dans la région
d’Hama, qui aurait tué dix-huit
conseillers militaires iraniens.
Parmi les scénarios retenus, celui
d’un affrontement direct est considéré comme relativement improbable. En revanche, la défense
israélienne se tient prête à une possible attaque depuis le Liban ou la
Syrie, ou encore à l’éventualité d’un
attentat terroriste anti-israélien en
dehors de l’Etat hébreu. Même si
l’échelon militaire estime que la
riposte de Téhéran n’interviendra
vraisemblablement pas avant
l’échéance du 12 mai… n
« Si les Etats-Unis quittent l’accord
nucléaire, l’Iran doit accélérer le
rythme de ses réformes et notamment le toilettage de son système bancaire », a prévenu Jihad Azour, directeur du Moyen-Orient et de l’Asie
centrale au FMI, dans une interview
à B l o o m b e rg . L e p ay s e s t e n
effet toujours sur la liste du Gafi
pour financement du terrorisme et
blanchiment d’argent. Mais pour
l’institution, qui a publié en mars
son rapport de l’article IV sur l’Iran,
« il faut un paquet de réformes complet qui ancre la stabilité macroéconomique, développe le secteur privé et
s’assure que les ressources bénéficient
à tous les citoyens ». Malgré les incertitudes liées au contexte international, le président iranien, Hassan
Rohani, conserve des objectifs élevés. « La croissance économique
atteindra l’an prochain 6,5 %, secteur
pétrolier inclus, et 7 % sans le
pétrole », a-t-il déclaré en présentant
le projet de loi de finances pour
l’exercice fiscal qui court de
mars 2018 à mars 2019. Le FMI
estime lui que l’économie iranienne
devrait croître de 4,3 % sur l’exercice
2017-2018 et de 4 % sur le suivant.
Le bâtiment repart
Le fort rebond de l’économie en 2016
avec la reprise des exportations de
pétrole s’est étendu l’an dernier.
Pour la première fois en six ans, le
bâtiment a renoué avec la croissance, et le dynamisme des services
s’est confirmé. En 2017, « la stabilisation de l’inflation a permis de soutenir la consommation des ménages »,
note la Coface. Mais la population
s’impatiente face au peu de fruits de
la politique d’ouverture du président Rohani. Le régime a été
ébranlé par les protestations de janvier, qui ont notamment dénoncé la
corruption et le coût de la vie. Et
malgré l’importance économique
de Telegram – plus de 20 millions
d’Iraniens l’utilisent, y compris pour
faire du commerce —, une décision
de la justice iranienne a fait fermer
l’accès par VPN à la messagerie
cryptée de peur de voir les contestations reprendre... et bien que le gouvernement iranien « n'approuve
pas » ce blocage, a indiqué samedi le
compte Insta gram d’Hassan
Rohani, se distanciant une nouvelle
fois des ultra-conservateurs.
De leur côté, les entreprises étrangères sont de plus en plus réticentes
à investir en raison du risque de suspension de l’accord nucléaire et par
crainte de tomber sous le joug de
sanctions imposées par les EtatsUnis. Celles qui s’y sont aventurées
se plaignent du double taux de
change et souhaitent des réformes
du marché du travail, du système
fiscal ainsi que la mise en place
d’une structure pour arbitrer les différends commerciaux. — V. R.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
MONDE // 07
Les Echos Lundi 7, mardi 8 mai 2018
INTERVIEW // JEAN-BAPTISTE LEMOYNE Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Europe et des Affaires Etrangères
« La France ne veut pas négocier sur les droits
de douane avec les Etats-Unis »
L
e secrétaire d’Etat auprès du
ministre des Affaires étrangères, Jean-Baptiste
Lemoyne, justifie la position française vis-à-vis de Donald Trump,
qui exige des gestes de l’Europe
pour qu’elle soit durablement
exemptée de taxes sur l’acier.
Seriez-vous prêts à des concessions commerciales auprès
des Etats-Unis pour que l’Union
européenne soit exemptée
des taxes sur les importations
américaines d’acier et d’aluminium définitivement
et non jusqu’au 1er juin ?
Dans ce dossier, le gouvernement
français soutient la position de la
Commission européenne, à savoir
demander une exemption totale,
permanente et non conditionnée.
Le président de la République,
Emmanuel Macron, a rappelé au
Conseil européen, en mars dernier,
que l’on ne négocie pas avec un pistolet sur la tempe. Nous attendons
maintenant la réponse définitive
des Etats-Unis. La France n’est pas
favorable à des discussions tarifaires qui ne conduiraient qu’à des
concessions unilatérales.
Vous n’êtes donc pas en faveur
d’une réduction des droits
de douane sur les importations
automobiles des Etats-Unis…
Nous ne croyons pas en la stratégie
consistant à engager des négociations sur les droits de douane. En
effet, si cette négociation se réduisait à la seule ligne tarifaire de
l’automobile, nous serions en
infraction vis-à-vis des règles commerciales de l’Organisation mondiale du commerce, sauf à appliquer la baisse des droits à tous les
pays et non aux Etats-Unis, ce qui
n’e s t p a s s o u h a i t a b l e . No u s
devrions alors mettre sur la table
d’autres secteurs industriels dans le
cadre d’un accord plus large. Nous
avons vu les difficultés lors des
négociations sur le TTIP qui ont
échoué. Aujourd’hui, l’administration américaine ne semble pas vraiment dans l’état d’esprit de négociations équilibrées et mutuellement
bénéfiques. Ressusciter ces discus-
« Emmanuel Macron
a rappelé au Conseil
européen, en mars
dernier, que l’on ne
négocie pas avec un
pistolet sur la tempe. »
sions ne nous semble pas opportun,
d’autant plus que la France, comme
la Commission européenne, est en
faveur d’accords commerciaux de
juste échange, et non pas seulement
de libre -échange. Les futurs
accords européens doivent, pour ce
faire, contenir des dispositions suffisamment ambitieuses sur le climat et l’environnement. Or, les
sidera la réunion ministérielle de
l’OCDE les 30 et 31 mai.
« Nous sommes prêts à
travailler avec les EtatsUnis pour réformer
l’OMC et refonder
le multilatéralisme. »
Stéphane de Sakutin/AFP
Propos recueillis par
Richard Hiault
@RHIAULT
Jean-Baptiste Lemoyne rencontrera son homologue allemand
le 11 mai prochain à Berlin, en amont de la réunion des ministres
du Commerce de l’Union européenne, le 22 mai.
Etats-Unis ont décidé de quitter
l’Accord de Paris sur le climat.
La position commune de Paris
et Berlin semble se lézarder…
Paris et Berlin partagent la même
ambition : l’Union européenne ne
doit pas être le bouc émissaire des
tensions commerciales sur l’acier
générées par d’autres pays dans le
monde. Les deux gouvernements, à
tous les niveaux, sont dans une concertation constante. Je me rendrai
d’ailleurs à Berlin le 11 mai.
Êtes-vous prêts à une guerre
commerciale avec les EtatsUnis ?
L’Union européenne ne resterait
pas les bras croisés. Le droit commercial international nous permet
de prendre des mesures de sauvegarde pour faire face à un éventuel
report, vers l’Europe, des exportations d’acier et d’aluminium actuellement dirigées vers les Etats-Unis.
Nous nous y préparons. L’UE est
aussi prête à contester auprès de
l’OMC toute mesure unilatérale qui
attenterait aux intérêts européens
et à répondre de manière proportionnée. Mais nous sommes aussi
prêts à travailler avec les Etats-Unis
pour réformer l’OMC et refonder le
multilatéralisme. C’est d’ailleurs le
thème choisi par la France qui pré-
Quelles réformes
vous semblent nécessaires ?
Il faut d’abord permettre à l’Organe
de règlement des différends de
l’OMC de mieux fonctionner, plus
rapidement et plus efficacement.
Mais il faut aussi relancer la fonction normative de l’OMC, pour
adapter les règles du commerce
international aux pratiques économiques actuelles. Il faut faire un
effort de transparence en améliorant les notifications à l’OMC des
politiques d’aide et de subvention
que pratiquent les pays membres. A
ce jour, 50 % seulement du montant
des subventions est notifié.
Craignez-vous un impact
majeur sur les intérêts économiques français si l’accord
nucléaire avec l’Iran est
dénoncé par Trump ?
Lors de mes deux déplacements en
Iran, dont l’un avec le Medef International, j’ai senti l’appétence des
entreprises françaises pour l’Iran.
Dans le même temps, celles-ci
éprouvent des difficultés de finan-
cement. La BPI élabore donc une
offre alternative de financement de
ces exportations vers l’Iran. Cependant, l’urgence est politique : le président de la République est totalement engagé pour maintenir
l’accord de Vienne. Il a également
posé les jalons d’une solution globale assurant la stabilité régionale.
Quand allez-vous soumettre
aux députés français
la ratification de l’accord
du Ceta avec le Canada ?
Il sera soumis à ratification une fois
que l’étude d’impact conduite par
l’institut de recherche du Cepii sera
achevée. Cette étude, qui précise le
plan de l’impact au niveau des
régions et des filières, prend du
temps. Mais nous tenons à éclairer
pleinement le Parlement, qui se prononcera, et en particulier les commissions des Affaires étrangères
qui ont fait des demandes précises.
Depuis septembre, les craintes
d’invasion de viande bovine
canadienne ont-elles été
justifiées ?
Nous n’avons pas observé de déferlante de viande bovine canadienne
sur le marché. Au contraire, les éleveurs canadiens utilisent 1 % des
quotas qui leur ont été attribués. En
sens inverse, nos producteurs de fromage utilisent près de 95 % de leurs
quotas. C’est une très bonne nouvelle
pour nos indications géographiques, qui sont, par ailleurs, beaucoup mieux protégées sur les marchés de l’export grâce à l’accord. n
Pas d’accord en vue
entre Washington et Pékin
Trump veut réduire
le déficit commercial entre
les deux pays de 200 milliards de dollars d’ici à
2020, et a transmis à Pékin
une liste de requêtes.
La Chine les a jugées
« injustes ».
Elsa Conesa
@ElsaConesa
— Bureau de New York
Trump ne s’est pas déplacé en personne, mais il a envoyé sa « super
équipe financière », a-t-il résumé sur
Twitter. S on conseiller Peter
Navarro, le représentant au commerce, Robert Lighthizer, son
secrétaire au commerce, Wilbur
Ross – partisans d’une ligne dure –,
ainsi que le secrétaire au Trésor,
Steven Mnuchin, se sont rendus
jeudi et vendredi à Pékin pour tenter de convaincre la Chine de
s’ouvrir davantage aux entreprises
et aux biens américains. Une visite
organisée alors que la tension entre
les deux pays est à son comble. Ces
derniers mois, l’administration
Trump a en effet relevé les taxes sur
les panneaux solaires, l’acier ou
l’aluminium chinois, et menace de
sanctionner l’équivalent de 50 milliards de dollars de marchandises
supplémentaires dès la fin mai. Des
mesures auxquelles la Chine a réagi
en taxant à son tour les produits
agricoles, les voitures et les avions
américains.
Importants différends
Au cœur du différend : l’important
déficit commercial entre la Chine et
les Etats-Unis, qui s’élevait à
375 milliards de dollars l’an dernier
(hors services), et s’est encore creusé
au premier trimestre. La rencontre
n’a toutefois guère semblé fructueuse. Vendredi soir, aucun accord
entre les deux pays n’avait été officialisé. « Les deux parties ont
reconnu qu’il subsistait des différends assez importants sur certains
problèmes et qu’il fallait continuer à
intensifier le travail », a résumé
l’agence étatique Chine Nouvelle,
sans fournir de précisions En
amont de la réunion, les deux pays
s’étaient mutuellement transmis
leurs desiderata. L’administration
Trump, qui compte désormais
Le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin (à gauche) et le secrétaire
au Commerce Wilbur Ross (à droite) faisaient partie d’une large
délégation envoyée à Pekin. Photo Mark Schiefelbein/AP/Sipa
réduire son déficit commercial avec
la Chine de 200 milliards de dollars
d’ici à 2020, et non plus de 100 milliards comme l’avait dit Trump, a
établi une liste de produits sur lesquels elle veut que les tarifs douaniers soient ramenés à un niveau
équivalent aux taxes américaines.
Washington demande aussi plus
spécifiquement à Pékin de ne pas
cibler les produits agricoles américains, qui forment une part significative des exportations américaines. L’administration Trump pointe
enfin les subventions découlant du
plan Made in China 2025, qui ambitionne de faire de la Chine le leader
mondial dans les secteurs de technologies de pointe, comme la robotique ou les énergies nouvelles.
L’important déficit
commercial entre
la Chine et les EtatsUnis s’est encore
creusé au premier
trimestre.
Pékin, qui a annoncé ces dernières
s e m a i n es q u e l q u e s m e s u r es
d’ouverture dans les services financiers et l’industrie automobile, a
immédiatement jugé ces demandes
« injustes ». Représentée par le vicePremier ministre, Liu He, elle milite
de son côté pour que les Etats-Unis
renoncent à leurs poursuites en
matière de propriété intellectuelle,
ainsi qu’aux tarifs douaniers de 25 %
sur les biens chinois. Elle a aussi
demandé que Washington cesse de
discriminer les entreprises chinoises pour des motifs de sécurité
nationale, que les Etats-Unis accordent une licence bancaire à CICC,
l’un de ses champions dans les services financiers, et ouvrent le marché
des paiements électroniques aux
acteurs chinois.
(
Lire également l’enquête
Page 13
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
08 // MONDE
Lundi 7, mardi 8 mai 2018 Les Echos
Inde : Narendra Modi met en
avant son bilan économique
ASIE
A un an d’une échéance
électorale cruciale,
le Premier ministre
capitalise sur son
action économique.
La réforme fiscale
donne des résultats.
En revanche,
la mesure erratique
de la croissance
suscite des tensions.
Michel De Grandi
@MdeGrandi
Bien que l’échéance électorale ne
soit fixée qu’au printemps 2019, la
campagne pour permettre à Narendra Modi de briguer un second
mandat semble bel et bien lancée.
Du moins sur le plan économique,
pour faire taire les voix qui reprochent au chef du gouvernement son
manque d’allant dans le calendrier
des réformes.
Le comité de pilotage de la GST,
la taxe unifiée mise en place le
1 er juillet 2017, a ainsi donné le
coup d’envoi, en fin de semaine,
au lancement des nouveaux formulaires de déclaration simplifiés. Ils sont désormais communs
aux petits comme aux gros
contributeurs.
En communiquant sur la facilité d’utilisation, les autorités veulent faire oublier le démarrage un
peu compliqué qu’a connu cette
nouvelle fiscalité, créée pour se
substituer à la douzaine de taxes
déjà en place. Arun Jaitley, le
ministre des Finances, est certain,
à présent, d’avoir trouvé la bonne
formule : malgré ce démarrage
chaotique, la collecte donne de
bons résultats, le montant men-
suel moyen enregistré entre le
1er août 2017 et le 31 mars 2018 s’étab l i t à 1 2 , 5 m i l l i a r d s d ’e u r o s
(900 milliards de roupies). Le seul
mois d’avril a enregistré un record
en franchissant le seuil des
1.000 milliards de roupies collectées.
« Une certaine confusion »
Pour le grand argentier indien, la
hausse des recettes fiscales donne
la possibilité « de fixer de nouveaux
horizons à l’économie et lui permettra d’atteindre des sommets jusque-là inégalés ». En matière de
croissance, la méthode Narendra
Modi fait grincer des dents. Le Premier ministre a fait de la santé économique le fer de lance de sa politique et ne manque pas une occasion
de vanter le taux de croissance de la
grande démocratie asiatique, l’un
des plus forts au monde. A peine
arrivé au pouvoir en 2014, il avait
fait modifier le mode de calcul du
En matière
de croissance,
la méthode Narendra
Modi fait grincer
des dents.
Ce sont les multiples
révisions des
estimations
de croissance qui
commencent à lasser.
PIB, le relevant mécaniquement de
deux points. A présent, ce sont les
multiples révisions des estimations
de croissance qui commencent à
lasser. Elles apportent « une certaine confusion » dans la lecture de
l’économie, se plaignent les experts
du Département économique de la
Bank of India.
Dans une note rendue publique,
les chercheurs soulignent que la
première estimation est souvent
sous-évaluée, donnant lieu
ensuite à une succession de révisions à la hausse. Cette « extrême
volatilité des données pose la question de la crédibilité du système statistique indien », écrivent-ils, car
les corrections amplifient souvent
le mouvement à la hausse ou à la
baisse du PIB.
En janvier, le service statistique
estimait à + 6,5 %, la croissance 2017-2018 (mesurée
d’avril 2017 à mars 2018). Un mois
plus tard, le chiffre était révisé à
+ 6,6 %, et il le sera peut-être à nouveau lors de la prochaine publication. Rendez-vous le 31 mai. n
en bref
> mardi 19 juin
• Environnement réglementaire des coop agricoles
> mardi 26 juin
• Marché du bio
> mardi 26 juin
BANQUE & ASSURANCE
• Digitalisation des assurances
> vendredi 1er juin
• Actualité réglementaire bancaire
> mercredi 6 juin
Secteur
• Big Data & IA dans la Banque-Assurance
> jeudi 7 et vendredi 8 juin
• FinTech
> lundi 11 juin
• Audit distributeurs d’assurance
> jeudi 21 et vendredi 22 juin
• Le contrôle interne dans l’assurance
> mardi 26 juin
ÉNERGIE
• Stockage de l’énergie
> jeudi 14 juin
• Transformation digitale du secteur de l’ énergie
> mardi 19 juin
• Marchés européens de l’électricité et du gaz
> mardi 26 et mercredi 27 juin
SANTÉ
• Parcours de soins
> mardi 29 mai
• Transformation digitale établissements de santé
> mardi 29 mai
• Santé connectée
> mardi 29 et mercredi 30 mai
• Complémentaires et Industrie de Santé
> jeudi 31 mai
• Blockchain et industrie pharmaceutique
> mardi 5 juin
• Distribution et logistique des médicaments
> mardi 5 juin
• Exploiter pleinement le potentiel des MSLs
> jeudi 7 juin
• Market access : nouveaux défis
> mardi 19 et mercredi 20 juin
• Développement des relations avec les KOLs
> jeudi 28 juin
Rendez-vous sur
lesechos-formation.fr
• Stratégie de contenu online
> mercredi 30 et jeudi 31 mai
DIPLOMATIE La Turquie n’a pas renoncé à intégrer l’Union
européenne, a déclaré dimanche Recep Tayyip Erdogan, qui présentait son programme électoral avant les élections législatives
anticipées du 24 juin. Devant des milliers de partisans à Istanbul,
le président turc a déploré que les Européens ne fassent pas
preuve de la même détermination que lui. Les pourparlers entre
Ankara et Bruxelles s’étaient ouverts en 2005, mais la question
chypriote et les réticences de Paris et de Berlin ont entravé les
négociations. La répression après le coup d’Etat manqué de 2016
et les incidents diplomatiques entre Turcs et Européens ont
aussi ralenti le processus, désormais au point mort.
• Innovation digitale
> mercredi 6 juin
• Chief Data Officer
> vendredi 15 juin
• CCO: Chief Customer Officer
> mercredi 20 et jeudi 21 juin
• Data Protection Officer
> jeudi 21 juin
• Digital Learning Manager
> mercredi 27 juin
Grande-Bretagne : Theresa May évite
la déroute dans les urnes
DIRIGEANT / COMEX
• Mener son projet en mode start-up
> jeudi 31 mai et vendredi 1er juin
• La rémunération des dirigeants
> mardi 5 juin
• Repenser et construire son nouveau business Model
> mercredi 13 et jeudi 14 juin
• Les nouvelles technologies pour innover
> jeudi 28 juin
FINANCE / GESTION
• Fusions-acquisitions
> mardi 12 et mercredi 13 juin
• Contrôle de gestion
> jeudi 14 et vendredi 15 juin
FISCALITÉ
• Prélèvement à la source
> jeudi 24 mai
• Mettre en place une politique de prix de transfert
> mardi 12 juin
LO B BY I N G
• Lobbying digital
> mardi 26 juin
• Lobbying dans le secteur de la santé
> jeudi 28 et vendredi 29 juin
MARKETING
• Stratégie de marque
> jeudi 7 et vendredi 8 juin
• Les impacts du RGPD sur le Marketing
> jeudi 14 juin
• Data marketing
> mercredi 20 juin
• Marketing territorial
> mardi 26 et mercredi 27 juin
RH
• Recruter à l’ère du digital
> jeudi 14 juin
01 71 25 00 23
ÉLECTIONS Le parti conserva-
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Toby Melville/Pool/AFP
• Marché des matières premières agricoles
Turquie : Ergogan n’a pas renoncé
à une adhésion à l’Union Européenne
D I G I TA L
Métier
éti
AG R OA L I M E N TA I R E
teur de Theresa May a fait mieux
que prévu lors des élections locales. Un court répit pour la Première ministre. Le parti de centre-droit a conservé ses bastions
à Londres, malgré une offensive
des travaillistes, dont les résultats ont déçu. Les travaillistes
gagnent 62 sièges et les conservateurs en perdent 32, sur les
150 conseils. Les libéraux démocrates ont gagné 75 sièges et le
parti anti-UE Ukip s’est effondré,
en perdant 132 sièges. Les écologistes ont gagné huit sièges.
Le nombre de chômeurs
a baissé en Espagne
EMPLOI Le nombre de chômeurs a reculé en Espagne en avril à
3,33 millions de personnes, une évolution marquée dans le secteur des services, a annoncé vendredi le ministère de l’Emploi.
La baisse a été de 86.683 personnes par rapport à mars, et de 6,6%
par rapport à avril 2017. Les services, qui incluent la puissante
industrie touristique, ont enregistré 57.000 chômeurs en moins,
la construction, près de 14.000, l’agriculture, 9.500 et l’industrie,
7.000. La baisse du nombre de chômeurs a concerné en premier
lieu l’Andalousie, la Catalogne et la région de Madrid. L’Espagne,
qui vient d’enchaîner trois années d’une croissance de son PIB
supérieure à 3%, reste en matière de chômage le plus mauvais
élève de la zone euro après la Grèce. En mars, l’Institut national
de la statistique comptabilisait 3,79 millions de chômeurs.
Au Venezuela, la prise de contrôle de
la principale banque est « politique »
BANQUE La prise de contrôle par le gouvernement vénézuélien
de Banesco, principale banque privée du pays, est une décision
« politique », a dénoncé vendredi son fondateur et président du
groupe international détenant l’établissement, Juan Carlos
Escotet. Jeudi, Oscar Doval, patron de la banque au Venezuela et
dix cadres accusés de spéculation contre la monnaie locale, ont
été arrêtés. L’opération, lancée mi-avril par les autorités contre
des « mafias » altérant le marché des changes, a entraîné 134
arrestations et 1.380 comptes gelés, dont 1.000 de Banesco. Dans
ce pays ravagé par une hyperinflation de plus de 13.800%, le gouvernement du socialiste Nicolas Maduro accuse ces « mafias »
d’être responsables de l’effondrement du bolivar, en multipliant
jusqu’à 12 fois le taux officiel du dollar sur le marché noir.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 09
Les Echos Lundi 7, mardi 8 mai 2018
idées&débats
SOMMAIRE
Le regard sur le monde Israël face au risque de dérive illibérale
Le point de vue
Santé, retraites, dépendance :
l’impératif de solidarité
Le Point de vue
Pour une société en marche :
encourager la mobilité des jeunes
Art et culture
Duos d’artistes modernes à Metz
Science
L’antimatière, clef du mystère de l’Univers ?
LES ÉDITORIAUX
DES « ÉCHOS »
Il n’y a plus de pilote
dans l’avion
Boll pour « Les Echos »
Merkel face aux doutes
de ses partenaires européens
Thibaut Madelin
— Correspondant à Berlin
Gabriel Grésillon
— Bureau de Bruxelles
Que veut Angela Merkel ? Depuis
quelques semaines, la chancelière
allemande semble jouer un double
jeu sur plusieurs sujets. Ayant compris qu’elle ne pouvait pas rester sur
une position uniquement défensive
face à un président français qui va
recevoir, jeudi, le prix Charlemagne,
à Aix-la-Chapelle, « Madame Nein »
dit oui. Mais, sur le fond, elle fait du
surplace. Peu à peu, ses partenaires
se demandent si « Mutti » est vraiment digne de confiance.
Le projet de garantie européenne
des dépôts bancaires, jugé urgent à
Paris et mûr à Bruxelles ? Angela
Merkel ne refuse pas mais le préfère
pour un « futur lointain », une fois
que les pays du sud de l’Europe
auront purgé leurs créances douteuses. La taxe sur les géants du
numérique (Gafa) que la Commission européenne a proposée ? Berlin signe avec Paris une déclaration
la soutenant dans son principe,
mais préfère se défausser sur
l’OCDE.
A Bruxelles, la frilosité de l’Allemagne est aujourd’hui ressentie
comme un frein aux ambitions
communautaires. On s’était réjoui
de l’élection d’Emmanuel Macron,
qui a réveillé l’enthousiasme pour
l’Union européenne. On observe,
depuis les élections allemandes,
marquées par l’essor du parti populiste AfD et suivies d’une formation
de gouvernement compliquée, une
Allemagne repliée sur elle-même,
rongée par le doute et, finalement,
pas forcément fiable. Les hésitations allemandes tiennent à des facteurs personnels, structurels et conjoncturels. A la tête de l’Allemagne
depuis bientôt treize ans, Angela
Merkel ne va pas changer de nature
sous prétexte qu’elle aborde ce qui
devrait être son dernier mandat :
elle reste la chancelière des petits
pas et se méfie des grandes visions.
Pour elle, la politique est l’art du pos-
L’ANALYSE
DE LA RÉDACTION
Angela Merkel
soutient-elle toujours
pleinement ses alliés
désireux de refonder
l’Europe,
à commencer par
Emmanuel Macron ?
Certains commencent
à en douter. Pourtant,
malgré les signes
de frilosité,
l’Allemagne voit plus
que jamais son salut
dans l’Europe.
D
Les points à retenir
A Bruxelles, la frilosité de
•l’Allemagne
est aujourd’hui
ressentie comme un frein aux
ambitions communautaires.
De par sa position
géographique et par son
modèle économique,
l’Allemagne prend de plus
en plus la mesure de sa
vulnérabilité face aux menaces
extérieures et voit plus que
jamais son salut dans l’Europe.
La chancelière et le
président français ont promis
une feuille de route pour une
refondation de l’UE d’ici au
sommet du 28 et 29 juin.
•
•
sible. Une idée, si juste et morale
soit-elle, comme la taxe sur les Gafa,
doit être réaliste et ses conséquences
analysées.
Structurellement, l’Allemagne
pense selon une double matrice qui
peut parfois se heurter à la logique
française. Premièrement, sans sousestimer la monnaie unique, ce qui
prime pour la CDU d’Angela Merkel
mais aussi pour le SPD du très prudent vice-chancelier et ministre des
Finances, Olaf Scholz, n’est pas la
zone euro, mais l’Union européenne à 27. Deuxièmement, si les
questions économiques sont importantes, d’autres, comme l’immigration ou la sécurité, doivent faire partie de l’équation.
Au-delà de cette double matrice,
les partis au pouvoir partagent le
même intérêt, celui de préserver
une économie florissante, basée
avant tout sur l’exportation et dont le
succès depuis la Deuxième Guerre
mondiale est devenu un pilier de
l’identité allemande. Le made in
Germany est à la fois la force et la faiblesse de l’Allemagne, comme en
témoignent sa frilosité sur la taxe
numérique ou sa prédisposition à
faire des concessions face au protectionnisme de Donald Trump. Un
facteur conjoncturel, ou plutôt nouveau, intervient enfin : la percée du
parti populiste AfD au Bundestag.
Jusqu’ici, l’Allemagne, hantée par
son passé, se croyait vaccinée contre
le populisme. La décision d’Angela
Merkel de laisser venir plus de 1 million de demandeurs d’asile en 2015
et 2016 a changé la donne. Depuis, la
CDU et son alliée bavaroise, la CSU,
sont tétanisées malgré un socle de
popularité solide. Le SPD subit une
crise existentielle.
Est-il réaliste, dans ces conditions, de croire au « nouvel élan
pour l’Europe » que promettent les
trois partis dans leur accord de coalition ? A priori, non. A cinq mois
d’élections en Bavière et dans la
Hesse, aucun des « Volksparteien »
ne veut la garantie des dépôts bancaires ou le budget de la zone euro
qu’Emmanuel Macron appelle de
ses vœux. Pour eux, c’est demander
aux braves épargnants allemands
de financer les banques italiennes.
Du pain bénit pour l’AfD !
Faut-il en conclure que l’Allemagne ne bougera pas et que la refondation de l’UE restera lettre morte ?
Probablement pas. De par sa position géographique, au cœur de
l’Europe, et par son modèle économique, l’Allemagne prend de plus en
plus la mesure de sa vulnérabilité
face aux menaces extérieures incarnées par Vladimir Poutine, Donald
Trump ou le président chinois, Xi
Jinping. Elle voit plus que jamais son
salut dans l’Europe.
Puis, certes avec retard, l’Allemagne a saisi la réalité des menaces
internes à l’Europe. A Berlin, sans
doute plus qu’à Paris, le Brexit a eu
l’effet d’un électrochoc : soudain, on
a compris que le populisme pouvait
concrètement mener au délitement
de l’UE. D’où le soulagement après la
victoire d’Emmanuel Macron
sur Marine Le Pen. Depuis, celui-ci
s’est certes dissipé, au point de
faire douter les alarmistes, mais le
spectre du Front national n’a pas
disparu.
Confrontée à une majorité courte
au Bundestag et à un parti obsédé
par la peur de financer des pays de la
zone euro considérés comme
dépensiers, Angela Merkel dispose
d’une marge de manœuvre réduite.
Mais ses proches font valoir que son
camp a suivi son leadership dans les
moments difficiles, comme la crise
des réfugiés. Avant de quitter l’arène
politique, elle fera tout pour préserver l’héritage européen de son mentor Helmut Kohl, jugent-ils. La chancelière et le président français ont
promis une feuille de route pour une
refondation de l’UE d’ici au sommet
du 28 et 29 juin. Le résultat sera loin
du vibrant discours de la Sorbonne
d’Emmanuel Macron, mais un compromis franco-allemand acceptable
du nord au sud et de l’ouest à l’est du
continent. Certains y verront une
chance manquée. D’autres l’affirmation d’une Europe souveraine dans
un monde instable. n
Il n’y a plus de pilote dans l’avion. Pris en
tenailles entre des commandants de bord qui
pratiquent à répétition le jeu de la chaise vide
et un PDG qui s’est poussé lui-même vers la
sortie à l’issue d’un plébiscite perdu, Air
France est une entreprise sans tête à l’avenir
menacé. A court terme, les 55 % de salariés
qui ont humilié un PDG qui a commis
Par David
l’erreur de faire appel à la raison ont certes
Barroux
remporté une bataille. Mais ils auront aussi
peut-être contribué à la défaite dans la guerre
Air France
du transport aérien. Car ce n’est pas parce
est une
que l’on va (un peu) mieux… que l’on va bien.
Profitant, comme toutes les compagnies, de
entreprise
la baisse du prix du pétrole et d’une reprise de
sans tête
la demande, Air France commençait juste à
à l’avenir
sortir la tête de l’eau. Mais si cette entreprise,
qui est à nouveau dans le rouge et qui est
menacé.
structurellement bien moins rentable que
toutes ses principales rivales, finit par céder à la pression de ceux qui
exigent des hausses de salaires déraisonnables, c’est son
indispensable croissance potentielle qui sera grandement fragilisée.
D’abord parce que plus que dans des salaires déjà très généreux,
c’est dans sa flotte et l’ouverture de lignes qu’Air France doit investir.
Ensuite parce que, en faisant preuve d’autant d’arrogance et
d’égoïsme, les pilotes tricolores, qui ont mobilisé le reste du
personnel, risquent de provoquer une cassure irrémédiable avec
leurs homologues de leur société sœur KLM. Choquée, la
compagnie néerlandaise, qui n’a pas ménagé ses efforts, pourrait
être tentée de tout faire pour reprendre sa liberté. Et ceux qui à Air
France pensent qu’ils iront mieux s’ils peuvent voler de leurs
propres ailes se trompent. Air France-KLM n’est déjà plus qu’un
acteur de second rang. Seul, Air France sera un nain vulnérable. La
balle est maintenant dans les mains d’un Etat actionnaire
minoritaire mais déterminant. A l’heure où il cherche à convaincre
les cheminots que les contribuables ne peuvent pas assumer sans
fin les déficits chroniques d’une entreprise indispensable mais
vivant au-dessus de ses moyens, il est crucial que le gouvernement
indique qu’il ne soutiendra pas la nomination d’un nouveau patron
d’Air France qui achèterait la paix sociale. Persuadés que l’Etat sera
toujours là pour tordre le bras d’un PDG ou pour combler les pertes
d’un fleuron dont l’image se dégrade, les pilotes pensent qu’ils
sortiront systématiquement sans encombre des zones de
turbulences. Du coup, si l’Etat n’est pas capable de faire preuve
d’autant de détermination réformatrice sur ce dossier que sur celui
de la SNCF, il ferait mieux de carrément vendre ses actions pour
laisser la compagnie face à son sort, sans filet de sécurité public. Air
France mérite d’être sauvé, mais pas à n’importe quel prix.
(
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Pages 16-17
Investir efficace
Par Jean-Marc Vittori
Les entreprises françaises font de plus en plus d’investissements,
et c’est tant mieux. Elles y consacrent le quart de leur valeur ajoutée,
l’un des taux les plus élevés des pays avancés. Les industriels
annoncent une hausse de leurs dépenses d’équipement de 5 % cette
année, après une progression de 3 % l’an dernier. Du coup, ils
accroîtront leurs capacités de production comme jamais depuis
près de vingt ans. De quoi leur permettre de remporter de nouveaux
marchés. Mais ce n’est pas si simple. Car si les entreprises
investissent beaucoup, elles semblent ne pas en recueillir les fruits.
Les firmes des pays où l’effort est encore plus important, comme la
Suède ou l’Espagne, gagnant davantage de parts de marché que les
firmes françaises. C’est aussi le cas de pays où l’effort est
sensiblement moindre, comme l’Allemagne et les Pays-Bas.
Plusieurs travaux sont en cours pour tenter de comprendre ce
mystère. La première explication est simple : les entreprises
françaises ont une préférence pour l’immobilier. Dans beaucoup de
PME, le premier gros investissement est l’achat des murs. Hors
immobilier, le taux français d’investissement est identique au taux
allemand. Au-delà, on en est pour l’instant réduit à des
hypothèses. Des chercheurs ont montré que la rigidité des règles sur
le marché du travail poussait les entreprises à mettre davantage
l’accent sur le capital. Ce biais pourrait entraîner une allocation de
ce capital peu efficace, que la récente réforme du Code du travail
pourrait améliorer. Il est possible aussi qu’une part des
investissements vienne de normes diverses et variées (sécurité,
bruit, pollution, etc.) plus exigeantes que dans beaucoup d’autres
pays. Une étude à paraître révèle, par ailleurs, que les firmes
françaises arbitrent, dans leurs dépenses d’équipement, en faveur
des logiciels au détriment des machines, plus que leurs voisines
allemandes. La trop faible efficacité de l’investissement privé
français doit bien sûr interpeller les pouvoirs publics, mais aussi et
surtout les chefs d’entreprise.
(
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Page 5
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10 // IDEES & DEBATS
Lundi 7, mardi 8 mai 2018 Les Echos
opinions
LES ARTICLES LES PLUS LUS SUR LESECHOS.FR
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4. Les micro-influenceurs, nouvelle poule aux oeufs d'or ?
5. Ferrari a déjà vendu tous ses modèles 2018 et même une partie de 2019
LE MEILLEUR DU
CERCLE DES ÉCHOS
DANS LA PRESSE
ÉTRANGÈRE
Israël entre ombres et lumière
Les plus grands leaders
s’expriment
comme des collégiens
Dans la presse étrangère :
le FBI sur la sellette
Soixante-dix ans après la proclamation de son indépendance,
Israël est à l’épreuve de ses contradictions et de la menace intérieure.
Celle d’une dérive de sa démocratie vers un nationalisme périlleux.
NOVLANGUE « Le jargon est un fléau bien
connu des entreprises. Il tend même à
prendre de l’ampleur avec l’utilisation
croissante d’expressions venues de l’anglais
dont le sens demeure parfois obscur. […] Or,
en entreprise, la majorité des prises
de parole doivent répondre à une exigence
d’efficacité et de clarté. C’est la condition
sine qua non pour appeler à l’action
et favoriser la viralité des idées clefs. »
GRAND PUBLIC « Les grands leaders savent
que pour convaincre et partager un message
susceptible d’être répété il faut utiliser
un niveau de langage qui soit
compréhensible par le plus grand nombre.
[…] Ce fut d’ailleurs le génie
de Jean de La Fontaine pour dépeindre
les vices et vertus de son temps. Celui de
Molière pour dénoncer, à l’aide de comédies,
les travers de la société. Celui de Martin
Luther King pour partager son rêve d’égalité
raciale. »
EFFORT « Lors d’une récente
expérimentation, Carmine Gallo (auteur
du livre “Les Secrets de présentation de Steve
Jobs”) montre que le fondateur et ancien
PDG d’Apple utilisait, lors de ses
présentations, un langage équivalent à celui
d’un élève de CE2. Oui, de CE2 ! L’auteur
affirme que, s’il s’agit d’un cas particulier,
la plupart des leaders mobilisent un niveau
de langage équivalent à celui d’un collégien.
[…] Pourtant, cet effort à la portée de tous
les leaders permet de délivrer des messages
plus percutants et inspirants. »
a
A lire en intégralité sur
lesechos.fr/idees-debats/cercle
•
Les critiques répétées de Donald
Trump contre le FBI ne sont pas les seules causes de la crise interne que connaît
cette police fédérale judiciaire et de renseignement intérieur, estime « Time
Magazine ». Certes, le président américain a affirmé que le bureau fédéral
d’enquête, selon la traduction littérale,
était « une source d’embarras » pour les
Etats-Unis et a brutalement remercié
son ancien boss James Comey. Mais un
rapport de l’inspecteur général du
département de la Justice, qui devrait
être publié prochainement, selon
« Time », affirme avec force que le FBI a
interféré dans la campagne présidentielle de 2016 et est très sévère avec le
même Comey, qui, apparemment, n’a
pas respecté les protocoles de l’organisation lorsqu’il a critiqué Hillary Clinton, la
rivale malheureuse de Trump, pour
avoir utilisé au département d’Etat sa
messagerie électronique personnelle.
Une réforme semble nécessaire
Déjà, un rapport en avril de la même instance avait accusé Andrew McCabe, qui
a succédé pendant quelques mois à
Comey à la tête du FBI (de mai à
août 2017), d’avoir menti afin de couvrir
une fuite qu’il avait lui-même organisée
sur la fondation charitable des Clinton.
Un rapport met encore en cause le FBI
pour avoir pris des mesures de représailles contre des lanceurs d’alerte. Sans
oublier le fait, plus malheureux, que le
FBI n’a pas toujours été à la hauteur pour
prévenir des crimes de masse, même
s’il continue à faire souvent du bon travail, comme avec la récente arrestation
du tueur en série surnommé « The Killer
of the Golden State ». Mais une réforme
semble nécessaire, notamment en
matière de leadership. En attendant, il
faut espérer que le FBI a déjà commencé
à revenir dans le droit chemin. —J. H.-R.
LE LIVRE
DU JOUR
Ça peut toujours servir
LE PROPOS Il y a des questions
toutes bêtes qui amènent des
réponses très intelligentes… et qui
du coup font de bons livres. Dans
« Ça peut toujours servir », la
chroniqueuse Guillemette Faure se
demande : « Pourquoi avons-nous
tant de mal à jeter ? ». Son constat,
qui sert de point de départ à son
enquête, est imparable : nos
placards sont pleins d’objets
inutiles dont nous n’arrivons pas à
nous débarrasser. Si acheter est le
propre de la société de
consommation, ne pas réussir à
jeter en est incontestablement
l’effet secondaire.
L’INTÉRÊT Accumulateur
compulsif, l’Homo consommateur
est un malade qui s’ignore.
L’intérêt du livre de Guillemette
Faure est qu’il dresse un constat
lucide des excès de notre société
de consommation, mais qu’il nous
propose aussi des solutions.
On peut se soigner et vider nos
placards ! Ce livre, malin et drôle à
la fois, vous rappellera ce que veut
dire « syllogomanie » et vous
révélera pourquoi le « selfstorage » est une activité en plein
boom.
LE REGARD
SUR LE MONDE
de Dominique
Moïsi
S
ommes-nous en train de danser
sur un volcan, comme le faisaient
les Européens à l’été 1914 ? Sommes-nous, comme eux des “somnambules”, pour reprendre le titre du livre de
l’historien australien Christopher
Clark ? »
Dans le café d’un quartier chic de TelAviv, mon interlocuteur israélien, jeune
et cultivé, me fait part de ses inquiétudes.
Alors que l’Etat d’Israël célèbre ses
soixante-dix ans, il est perplexe. Tout
autour de nous, la réussite est visible,
éclatante même. Les quartiers anciens
avec leurs maisons des années 1920
et 1930 se fondent presque harmonieusement dans un environnement de tours
toujours plus radicales dans leur
modernité. En ce premier jour de mai,
sous une température plus estivale que
printanière, la capitale économique
d’Israël est une véritable célébration de
l’hédonisme.
C’est à Tel-Aviv, le 14 mai 1948, que
David Ben Gourion proclama la création de l’Etat d’Israël. Ce sera à Jérusalem le 14 mai 2018 que Michael Pence,
ou Donald Trump lui-même, célébrera
le transfert hautement symbolique de
l’ambassade des Etats-Unis vers Jérusalem, la capitale de l’Etat hébreu. La
« start-up nation » n’a jamais été plus
fière de son énergie, de sa réussite, de
son attractivité.
La réussite éclatante du présent ne
dissipe cependant pas les problèmes
non résolus du passé et moins encore
ceux du futur. C’est au Moyen-Orient
que se situe toujours Israël. Gaza et
Damas sont à moins de trois heures de
route de Jérusalem.
Pour expliquer son inquiétude, mon
interlocuteur Israélien distingue trois
types de menaces : celle qui vient du
nord, celle qui vient du sud et, la plus
grave sans doute, celle qui vient de
l’intérieur.
la population palestinienne qui est posé,
sans oublier celui de la population arabe
d’Israël. Les premiers sont ignorés, les
seconds sont systématiquement exclus
d’une réussite qu’ils auraient pu, dans
d’autres circonstances également, considérer comme la leur.
La troisième menace ne vient ni du
nord ni du sud, mais du cœur du projet
israélien lui-même. Quels sont le futur
de l’Etat et le devenir du rêve sioniste ?
En plein cœur du désert du Néguev,
non loin de la ville de Beer-Sheva, il
existe un lieu de pèlerinage particulièrement émouvant. Le kibboutz de Sde
Boker, où le Premier ministre d’Israël,
David Ben Gourion, vécut les dernières
années de sa vie et où il repose aux côtés
de son épouse, Paula. Dans son petit
bungalow rempli de livres, trois personnages apparaissent : Moïse, Abraham Lincoln, le Mahatma Gandhi.
Tous sont des « libérateurs » ; des
Hébreux, des Noirs, de l’Inde.
David Ben Gourion rêvait de peupler
le désert. Il pensait que deux millions de
Juifs pourraient s’installer dans ces terres hostiles à la beauté grandiose : des
terres qui n’étaient habitées, ni revendiquées, par personne. Son rêve ne s’est
pas réalisé, même si Beer Sheva est
devenue une des capitales de la hightech. Les Israéliens sont ailleurs, dans
des lieux plus chargés d’histoire et de
mystique religieuse, souvent le plus
peuplées de Palestiniens aussi.
Non loin de Jérusalem s’élève une ville
moyenne, dont le nom, Bet Shemesh (la
Maison du Soleil), contraste avec la
population à majorité ultra-religieuse.
Partout des hommes, des femmes et une
multitude d’enfants à la peau très blanche, vêtus de noir, qui semblent sortir
tout droit d’un ghetto de l’Europe de l’Est.
Comment concilier l’esprit pionner du
Néguev, la start-up nation de Tel-Aviv et
les ultra-religieux de Bet Shemesh ? Et
comment le faire dans l’ignorance délibérée de l’Autre Absolu qu’est le Palestinien ? A l’abri derrière sa supériorité
technologique, scientifique et militaire,
et ses murs toujours plus envahissants,
Israël progresse dans une fuite en avant
aussi remarquable qu’inquiétante.
Etat Juif ou Etat démocratique ? A
terme, la démographie obligera les Israéliens à choisir. Il y aura bientôt dans ce
« Comment concilier
l’esprit pionner du
Néguev, “la start-up
nation” de Tel-Aviv
et les ultra-religieux
de Bet Shemesh ? »
petit coin du Moyen-Orient autant de
Palestiniens que d’Israéliens. Israël peut
se rêver « asiatique », sa géographie est
moyen-orientale et sa vie politique, pour
le pire plus que pour le meilleur, semble
retrouver le parfum de ses origines esteuropéennes. La Pologne et la Hongrie
peuvent flirter toujours davantage avec
l’antisémitisme, la politique israélienne
semble inscrire ses pas dans ceux de la
démocratie illibérale à la Orban et Kaczynski. Comme si, après soixante-dix
ans, il s’était créé une forme d’équilibre
paradoxal entre le cosmopolitisme
éclairé et mondialisé de l’économie et de
la culture, la montée du nationalisme
religieux et le « provincialisme ethnique » grandissant des réflexes politiques.
Dominique Moïsi professeur
au King’s College de Londres,
est conseiller spécial à l’Institut
Montaigne.
Israël progresse
dans une fuite en avant
aussi remarquable
qu’inquiétante.
Ça peut toujours servir
Guillemette Faure, Stock,
17,50 euros, 196 pages
LA CITATION « A ma mort on
trouvera, dans mon placard,
des dizaines de sachets de sauce soja.
Des années que je les garde […].
De la sauce soja, ça peut toujours
servir. Les sacs s’empilent dans
mon réfrigérateur, d’autant plus
efficacement que je déguste mes
sushis sans soja. » Ou « Aux EtatsUnis, un tiers des garages construits
pour deux voitures n’en abritent
plus qu’une… à cause du fourbi ».
— David Barroux
La menace stratégique à la frontière
nord du pays s’est soudain réveillée avec
la montée en puissance des ambitions
iraniennes, de la Syrie jusqu’au Liban.
L’Iran constitue une menace bien réelle
pour Israël, même si Benyamin Netanyahu tend à surjouer cette partition
comme il le fit il y a quelques jours à la
télévision israélienne, dans le style théâtral qui est le sien. La révélation de son
intervention était moins la poursuite
par les Iraniens de leur programme
nucléaire que la maîtrise des services
secrets d’Israël, capables d’humilier le
régime des mollahs en s’emparant de
leurs dossiers les plus sensibles.
La menace venue du sud avec la question de Gaza est bien réelle aussi. Que se
passera-t-il le 15 mai – jour, pour les
Palestiniens, du soixante-dixième anniversaire de la Nakba (la « catastrophe »)
– intervenant au lendemain même du
transfert de l’ambassade des Etats-Unis
à Jérusalem ? Des milliers de Palestiniens vont-ils être tentés de traverser la
frontière dans un geste de désespoir et
de défiance spontané, à la recherche
d’une mort ou d’une blessure glorieuse ?
Au-delà du statut de Gaza, c’est celui de
Rue des Archives/Tallandier
Pour Adrien Rivierre, auteur du livre
« Prendre la parole pour marquer
les esprits », les plus grands leaders
mobilisent un niveau de langage
équivalent à celui d’un collégien.
Le 14 mai 1948, David Ben Gourion proclamait la création de l’Etat
d’Israël à Tel-Aviv.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
IDEES & DEBATS // 11
Les Echos Lundi 7, mardi 8 mai 2018
art&culture
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5. Baisse du tabac : la contre-attaque de Philip Morris
LE POINT
DE VUE
de Thierry Beaudet, Pierre
Mie et Bernard Spitz
Q
u’il s’agisse des retraites, de la
dépendance ou du reste à
charge zéro, l’enjeu est bien de
répondre du mieux possible au besoin
de protection sociale présent et futur des
Français. C’est dans un esprit positif que
nous, acteurs de la protection sociale
complémentaire, abordons la voie des
réformes. Forts de notre expérience de
terrain et de notre connaissance de la
chaîne de santé comme de la prévoyance, nous représentons aux yeux
de la quasi-totalité des Français le complément indispensable à la Sécurité
sociale.
Premier volet des réformes, le « reste à
charge zéro » pour les lunettes, les soins
dentaires et les prothèses auditives est
un objectif que nous partageons. Renoncer à ces équipements, et, partant, aux
conditions d’une vie normale, chaque
fois que leur accès est trop cher pour nos
concitoyens, est inacceptable dans la
cinquième économie mondiale.
Or, on le sait, l’Etat s’est largement
désengagé. Ses remboursements sont
minimes, les critères peu renouvelés.
Pour assurer aux Français la réactivité,
la fluidité et l’efficacité qu’ils attendent, il
nous faudra, certes, proposer des offres
de référence, mais aussi rester en permanence ouverts aux innovations médicales et techniques.
La solution se trouve largement dans
les structures créées par les acteurs de la
protection santé eux-mêmes. Nous
avons su mettre en place des réseaux de
soins, dont la capacité de proposition et
LE POINT
DE VUE
de Salomé Berlioux
et Béatrice Angrand
E
n 2018, le discours politique
insiste sur la nécessité de remettre la société française en mouvement. L’expérience de la mobilité géographique est attendue comme une
évidence. C’est pourtant mésestimer les
freins qui limitent les mouvements des
jeunes Français, à l’étranger mais aussi à
l’intérieur du territoire national. Des
freins qui entrent en contradiction avec
cette image fantasmée d’un jeune sans
frontières. Pour une large part de notre
jeunesse, la libre circulation reste en
effet théorique : en 2011, moins de 2 %
d’entre elle bénéficiait des dispositifs
existants de mobilité.
Gage d’ouverture d’esprit, d’autonomie, d’aptitude à manier plusieurs langues, l’expérience de la mobilité semble
synonyme de bonne intégration d’un
jeune dans la société du XXIe siècle. Je
circule, donc je suis. L’idée n’est pas nouvelle : en 1963 déjà, Charles de Gaulle et
Konrad Adenauer créaient l’Office franco-allemand pour la Jeunesse (Ofaj),
organisation internationale dont les
objectifs sont, dès l’origine, d’apporter un
soutien pédagogique et financier aux
échanges entre les jeunes Français et
Allemands, pour leur apprendre à surmonter les préjugés et rendre la paix
durable entre les deux pays.
L’Ofaj fait l’expérience quotidienne
d’obstacles à la mobilité pour des milliers de jeunes : manque d’informations,
niveau scolaire prétendument rédhibitoire, autocensure, notamment lorsqu’il
s’agit de jeunes en formation professionnelle. Autant de difficultés qui s’ajoutent
à la situation financière des familles.
Santé, retraites,
dépendance :
l’impératif de solidarité
de négociation a permis de faire baisser
notablement le coût des soins mal remboursés. L’Inspection générale des affaires sociales, l’Igas, l’a souligné dans son
dernier rapport avec une baisse de −60 %
du reste à charge moyen sur les verres
optiques simples, de −47 % de celui des
verres progressifs, de –15 % sur les prothèses dentaires et de −18 % sur les audio-
Il faut répondre du
mieux possible au besoin
de protection sociale
présent et futur
des Français.
Que ce soit en termes
de retraites,
de la dépendance ou
du reste à charge zéro.
prothèses. Notre défi consiste à ne pas
perdre sur la qualité ce que l’on gagne sur
les prix ; et à ne pas laisser des produits
peu contrôlés se substituer à des matériels reconnus. La liberté de choix des
assurés s’accompagne de la liberté des
complémentaires de les rembourser audelà de l’équipement de référence.
Second volet des réformes de protection sociale : l’épargne retraite, c’est-àdire le complément de revenu à la cessation de l’activité professionnelle. La
démographie est implacable : la part des
retraités va monter dans la population. Il
y a donc urgence à renforcer la part de
financement par capitalisation, en supplément du système de retraite par
répartition.
Les Français qui disposent d’un capital peuvent déjà le placer. Mais il y a tous
ceux qui n’ont comme revenu que leur
retraite : à 65 ans, l’espérance de vie d’un
Français moyen est de vingt-cinq ans.
Sur une telle période, savoir gérer son
capital en sécurisant des revenus jusqu’à
la fin de la vie n’est pas aisé. Nous avons
toujours pris soin en Europe de valoriser
la sortie en rente : parce qu’elle représente une garantie pour ses bénéficiaires
et allonge la durée de l’épargne, elle
finance mieux l’économie productive.
Nous sommes désireux de travailler
avec les pouvoirs publics et avec les
autres partenaires de ces réformes. Nous
nous y engageons avec le souci de contribuer à la garantie de la qualité de soins, la
sécurisation des ressources des retraités, l’accès à l’innovation et la liberté de
tous les Français, dans un système de
protection sociale juste, moderne, efficace et solidaire.
Thierry Beaudet est président
de la FNMF (Fédération nationale
de la Mutualité française).
Pierre Mie est président du CTIP
(Centre technique des institutions
de prévoyance).
Bernard Spitz est président
de la FFA (Fédération française
de l’assurance).
Duos d’artistes modernes à Metz
Judith Benhamou-Huet
@judithbenhamou
EXPOSITION
Couples modernes
1900-1950
En France on la connaît
Centre Pompidou Metz,
peu, mais Georgia O’ Keeffe
jusqu’au 20 juillet,
Exploit scientifique
(1887-1986) est une
www.centrepompidouCette exposition est un vériimmense peintre moderne
metz.fr.
table exploit scientifique en
américaine. En 2016, cette
ce qu’elle réunit un ensemfemme, qui a représenté beaucoup de fleurs
ble d’une quarantaine de complicités
comme des paysages et beaucoup de paysaamoureuses, inscrites par ailleurs dans
ges comme des sexes féminins, était expol’histoire de l’art et du design modernes. On
sée à la Tate de Londres. Sans que cela soit
y fait de nombreuses découvertes. Ainsi, on
justifié, ou tout simplement parce qu’elle est
apprend que la célèbre photographe appaune représentante du sexe faible, sa rétrosrentée au surréalisme Claude Cahun (1894pective était accompagnées de photos de
1954), connue pour ses autoportraits transson mari, le néanmoins très talentueux
formistes, avait une relation fusionnelle
Alfred Stieglitz (1902-1946).
avec Marcel Moore, alias Suzanne MalCette fois au Centre Pompidou Metz, les
herbe, et qu’elles ont réalisé des images en
deux sont encore montrés ensemble, mais
commun.
pour de bonnes raisons, dans une exposiMais, en matière d’exposition comme
tion baptisée « Couples modernes. 1900pour l’amour, « qui trop embrasse mal
1950 » qui raconte l’amour et la création, les
étreint ». Certains sujets, comme celui du
interférences entre artistes qui s’aiment
mythique couple Frida Kahlo et Diego
dans une période d’immense effervescence
Rivera, sont à peine survolés. Mieux aurait
créative. On y voit, par exemple, les sublivalu ne pas les mentionner. D’autres,
mes volutes peintes en rouge, jaune, rose et
comme celui consacré au grand amour du
blanc de « Black Streak » en 1924 de
cynique Marcel Duchamp pour la belle BréO’Keeffe non loin de la photo d’un ciel rayé
silienne Maria Martins (1894-1973), sont
de nuages d’Alfred Stieglitz réalisée dans les
lacunaires. Cette dernière a créé d’impresmêmes années. Stieglitz, transi d’admirasionnantes sculptures d’inspiration surréation, dira : « O‘Keeffe est une source consliste qui montrent la passion/répulsion
entre sexes opposés, mais
hélas elles ne sont pas là. On
se consolera, entre autres,
avec le dialogue impressionnant entre Jean Arp (18861966) et Sophie Taeuber-Arp
(1889-1943), leur travail géométrique commun et le fait
qu’ici l’homme, lui aussi,
brode des œuvres-tableaux.
Car la plupart des artistes,
aussi modernes qu’ils aient
été, semblaient souvent
machos. n
Lettre adressée
par Alfred
Stieglitz à
Georgia O’Keeffe
avec une
photographie
du couple
s’embrassant
à Lake George,
en 1929. Photo
Pour une société en
marche : encourager
la mobilité des jeunes
L’enjeu de la mobilité au sein du territoire français dessine une fracture entre
ceux qui peuvent partir et ceux qui doivent rester. « La plupart du temps, les jeunes de la Côte-Saint-André considèrent
que l’avenir c’est la Côte-Saint-André, ou
la Côte-Saint-André, ou la Côte-Saint-André », déplore un chef d’établissement
rencontré en Isère par Chemins d’avenirs, association qui agit en faveur des
Pour que les jeunes des
quartiers et de la France
périphérique soient aussi
mobiles que leurs
camarades des grandes
métropoles, les apprentis
autant que les étudiants,
la mobilité doit être
enseignée dès le plus
jeune âge.
collégiens et lycéens de la France périphérique. Dans les zones rurales et les
villes petites et moyennes, les jeunes se
heurtent à une assignation à résidence
doublée de considérations matérielles.
Le piège survient lorsque l’ancrage géographique restreint le champ des études.
Une large part de ces jeunes privilégie la
proximité comme facteur de choix. Ou
comment, dès l’âge de 14 ans ou 17 ans, la
difficulté à se penser mobile peut déterminer le reste de l’existence. Pour un collégien de Bourbon-l’Archambault (Allier),
étudier à l’université de Clermont-Ferrand
peut tenir du défi : en termes financiers,
logistiques, psychologiques. La fracture
est très tôt creusée entre ce jeune et celui
qui, au cœur de Paris, rêve de l’année qu’il
passera bientôt aux Etats-Unis.
Loin d’opposer les territoires, un tel
constat suppose de s’emparer de cet
enjeu pour créer une dynamique commune à l’ensemble du pays. Pour que les
jeunes des quartiers et de la France périphérique soient aussi mobiles que leurs
camarades des grandes métropoles, les
apprentis autant que les étudiants, les
boursiers autant que les non-boursiers,
la mobilité doit être enseignée dès le plus
jeune âge. Ce travail passe par une information enrichie, concrète et incarnée.
Rien ne vaut le discours d’un pair, un
lycéen venant dire à un collégien « tu
peux aller à l’internat, même loin de chez
toi » ou « voilà comment tu peux étudier
en Europe ». A leurs côtés, les enseignants et travailleurs sociaux, encouragés eux aussi à la mobilité, en deviendront les meilleurs ambassadeurs. Leur
voix ne peut porter que si elle s’accompagne d’une action accrue et concertée des
pouvoirs publics et de la société civile,
pour déjouer les mécanismes d’autocensure des jeunes et de leurs familles. Faciliter la mobilité géographique des jeunes
Français, c’est créer un effet d’entraînement au profit de l’égalité des chances.
C’est remettre en marche la société française dans son ensemble.
Salomé Berlioux est présidente
de Chemins d’avenirs.
Béatrice Angrand est secrétaire
générale de l’Office franco-allemand
pour la Jeunesse.
tante d’émerveillement pour
moi, comme la Nature ellemême. »
Alfred Stiglitz
Le Ballet de Lyon sur son trente
et un à l’Espace Cardin
Philippe Noisette
@philippenoisett
DANSE
Sarabande/Critical
Mass/Steptext
par le col, on allonge la
jambe dans un élan continu
de plaisir.
En l’espace de deux mois,
Ballet de l’Opéra de Lyon.
on aura vu le Ballet de
Paris, Espace Cardin,
Grande modernité
l’Opéra de Lyon danser cinq
Théâtre de la Ville
Seule réserve, le plateau
styles différents – une sorte
Jusqu’au 12 mai
étroit de l’Espace Cardin
de prouesse en ces temps de
(01 48 87 54 42).
freine souvent l’enthoufrilosité artistique. En avril,
siasme des interprètes.
sur leurs terres, ils magnifiaient Jiri Kylian,
C’est tout aussi visible avec l’autre quatuor,
le maître tchèque, et créaient une pièce du
« Steptext » de William Forsythe : la danse
Suédois Johan Inger à la folle inventivité. En
semble prise dans un cadre de scène sousce mois de mai, les voici à Paris avec un prodimensionné. D’où une impression de congramme aux accents plus anglo-améritrainte : pour le reste, ce précis virtuose de
cains réunissant l’Américain William ForForsythe, depuis trente ans au programme
sythe, le Britannique Russell Maliphant et
de la compagnie, reste d’une modernité
notre Frenchy de Los Angeles Benjamin
époustouflante. La Chaconne de Bach
Millepied.
paraît échantillonnée avec des instants de
Ce dernier ouvre la soirée avec « Sarasilence à la beauté fragile.
bande », créé il y a moins de dix ans et
« Critical Mass », glissé entre les deux,
devenu un des succès du Ballet de l’Opéra de
rafle la mise et les vivats du public. Duo où
Lyon. Ce quatuor sur la musique de Bach
tout est intelligence, la chorégraphie de
voit les danseurs, pantalon gris et chemise à
Russell Maliphant garde cette spontanéité
carreaux ou rayures, comme livrés à euxdes débuts. Ici, le geste se prolonge jusqu’au
mêmes. Millepied, plutôt en verve, trousse
bout des doigts, les corps sont au plus prodes pas de trois survoltés, ose le solo néoches dans la bascule comme dans
classique et finit par un hommage à Jerome
l’échange. En trois séquences, les solistes
Robbins. L’homme qui chorégraphia
(Albert Nikolli et Leoannis Pupo-Guillen
« West Side Story » et enchanta le New York
superbes d’engagement) domptent
City Ballet (où Benji a fait ses classes) avait le
l’espace. « Critical Mass » pourrait durer
chic pour rendre le mouvement enjoué.
une heure qu’on ne s’en lasserait pas. Mais,
Benjamin Millepied a retenu la leçon mais
comme toutes les belles choses, il ne faut
évite la copie trop conforme. On s’attrape
pas en abuser. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
12 // IDEES & DEBATS
Lundi 7, mardi 8 mai 2018 Les Echos
sciences
LA
CHRONIQUE
d’Antoine Balzeau
U
ne actualité toute fraîche en préhistoire me
donne l’occasion de faire un lien avec un
sujet à la mode. Elle me permet aussi
de montrer que, pour toutes les périodes et dans
des domaines variés, des idées préconçues et
simplifiées s’imposent trop facilement dans
l’imaginaire collectif.
Un article publié la semaine dernière dans
la prestigieuse revue « Nature », signé par un
de mes collègues du Muséum national d’histoire
naturelle et du musée de l’Homme, annonce
que des hommes préhistoriques ont découpé
avec des outils en pierre un rhinocéros sur Luzon,
la plus grande des îles des Philippines, il y a
700.000 ans. Pourquoi est-ce important ?
Parce que Luzon était déjà une île à cette époque, et
que des hommes, peut-être des Homo erectus,
l’ont donc bien atteinte.
C’est une nouvelle preuve de mouvements
de population bien plus anciens et plus complexes
que l’image classique qui prévalait il y a peu :
celle de contrées vierges avant l’arrivée
d’Homo sapiens il y a seulement quelques dizaines
de milliers d’années. Par ailleurs, cela réfute
la vision réductrice des préhistoriens selon laquelle
nos ancêtres étaient des migrants, c’est-à-dire
partant d’un lieu originel pour une lointaine terre
promise au cours d’un unique voyage sans retour.
En réalité, l’humanité s’est étendue durant la
préhistoire bien au-delà de nos actuelles frontières et
des barrières naturelles. Les hommes se déplaçaient
constamment, en tous sens, et leur expansion
se faisait visiblement au-delà des bras de mer.
Aujourd’hui, un migrant est cet « autre » qui vient
chez nous. Pourtant, ces hommes fuient pour
la plupart des conditions misérables pour aller
en majorité dans les pays limitrophes ou dans
d’autres plus lointains, dans l’espoir d’y trouver
une très relative richesse et un accueil humain.
Ce n’est pas plus une migration qu’à l’époque
d’Homo erectus. Entre-temps, nous avons bâti
des frontières que certains veulent ardemment
traverser. Il semblerait que nous ayons oublié
que ces limites sont artificielles et surtout que
nous sommes tous pareils, faisant partie de la même
humanité. Rappelons-nous que, depuis très
longtemps, l’homme bouge.
Antoine Balzeau est paléoanthropologue au
CNRS et au Muséum national d’histoire naturelle.
o
L’INVENTION
Cerveaux sans corps
P
as de doute, certaines expériences
scientifiques soulèvent plus de questions
éthiques que d’autres. Pas de doute non
plus que celle menée par le neuroscientifique
Nenad Sestan et son équipe, à l’université Yale
aux Etats-Unis, fait partie de celles qui suscitent
– et même électrisent – le débat.
Les chercheurs américains, dont les travaux
n’ont pas encore fait l’objet d’un article en bonne
et due forme dans une revue à comité de lecture,
mais ont été décrits par la « MIT Technology
Review », ont en effet réussi à maintenir en vie,
pendant trente-six heures, les cerveaux de plus
de cent cochons fraîchement décapités dans un
abattoir. Des cerveaux sans corps, dont des
milliards de cellules nerveuses ont continué à
fonctionner temporairement grâce à un
appareillage complexe de pompes à oxygène et
de poches de sang artificiel maintenu à la
température corporelle.
Ce qui ne veut pas dire que ces cerveaux aient
maintenu une forme de conscience – Nenad
Sestan lui-même se dit persuadé du contraire.
Il argue que cette expérimentation, dont il ne
méconnaît pas la portée éthique, pourrait
permettre des avancées thérapeutiques,
notamment sur la façon de rétablir la
microcirculation, c’est-à-dire l’oxygénation
des petits vaisseaux sanguins.
Le débat est ouvert. — Y. V.
L’EFFET « SAUNA »
Les personnes allant au sauna
de 4 à 7 fois par semaine ont 61 %
de chances de moins d'être victimes
d'une crise cardiaque que celles
qui n'y vont qu'une fois par semaine,
selon une étude menée en Finlande.
https://bit.ly/2wcPVJg
5
mai
JOUR DU DÉPASSEMENT
Si l'humanité vivait comme
les Français, elle aurait consommé,
entre le 1er janvier et samedi,
toutes les ressources que la planète
peut renouveler en un an,
selon WWF.
https://bit.ly/2HUVuxD
RECHERCHE // L’antimatière remonte-t-elle au lieu de tomber ? Si oui, les grandes énigmes de la
cosmologie pourraient trouver une explication. Une expérience au CERN fournira bientôt la réponse.
L’antimatière, clef du mystère de l’Univers ?
Yann Verdo
@verdoyann
E
t si la réponse aux grandes énigmes
de la cosmologie moderne – l’énergie
et la matière noires, notamment –
était à chercher dans l’antimatière ? Directeur de recherche au CNRS et président du
Comité des très grandes infrastructures de
recherche (TGIR), le physicien Gabriel
Chardin en est persuadé et s’en explique sur
460 pages dans son dernier ouvrage,
« L’Insoutenable Gravité de l’Univers » (Le
Pommier, 2018). Un livre qui paraît à point
nommé, alors que se prépare au CERN une
nouvelle expérience qui permettra de tester
l’hypothèse clef sur laquelle repose le
modèle d’Univers qu’il étudie depuis une
douzaine d’années et qu’il propose comme
alternative au modèle cosmologique standard. Cette hypothèse, que va bientôt tenter
de valider ou d’invalider l’équipe Alpha du
CERN, c’est celle que l’antimatière « antigravite ». En termes plus simples, si la matière,
attirée vers le sol par la gravité terrestre,
tombe, l’antimatière, sous l’effet de cette
même gravité, s’élève dans l’air !
Contrairement à la très mystérieuse
matière noire, dont on ne sait à peu près
rien, pas même si elle existe vraiment, l’antimatière, découverte en 1931 par le génial
physicien britannique Paul Dirac, n’a plus
rien de spéculatif et commence même à
nous livrer ses secrets. Elle constitue un
monde miroir du nôtre. A chaque particule
de matière correspond une antiparticule de
même masse, de même durée de vie et de
charge électrique opposée : au proton,
chargé positivement, correspond l’antiproton de charge négative ; à l’électron, le positron, etc. Mais particules et antiparticules
ne font pas bon ménage : lorsqu’elles
entrent en contact l’une avec l’autre, elles
s’annihilent en un déferlement d’énergie
(sous forme d’émission de photons).
Fort heureusement, l’antimatière est
absente de la nature – du moins dans notre
environnement immédiat. Pour l’étudier, il
faut donc commencer par en fabriquer puis
la « piéger » en la confinant grâce à des
champs électromagnétiques, de sorte
qu’elle ne s’annihile pas quasi instantanément au contact de la matière.
C’est ce que font les expérimentateurs du
CERN avec leur décélérateur de particules
Elena, où sera réalisée la prochaine expérience de l’équipe Alpha. Celle-ci est aussi
simple à décrire que compliquée à réaliser :
fabriquer des atomes d’anti-hydrogène,
constitués d’un antiproton et d’un positron,
puis les « lâcher » pour voir s’ils tombent ou
remontent. Mais les difficultés techniques
sont innombrables (lire ci-dessous). Et il faut
aller vite : en novembre prochain, le CERN
arrêtera toutes ses opérations pour une
durée de deux ans. Les atomes d’anti-hydrogène d’Alpha devront avoir parlé avant !
Un persistant et irritant
point d’interrogation
Contrairement à Gabriel Chardin, la plupart
des physiciens ne croient pas en l’existence de
« masses négatives » qui subiraient à l’envers
l’effet d’un champ gravitationnel. A toute
masse étant associée une énergie (dite « énergie de masse ») en vertu de la célèbre équation d’Einstein E = mc2, ces masses négatives
entraîneraient l’existence d’énergies de
masse elles aussi négatives. Et cela violerait,
selon ces physiciens, le sacro-saint principe
de conservation de l’énergie : une paire particule-antiparticule posséderait en effet une
énergie de masse nulle (l’énergie positive de
l’une étant contrebalancée par l’énergie négative de l’autre). Dans ce cas, comment expliquer que leur annihilation mutuelle provoque l’émission de photons très énergétiques ?
« La conservation de l’énergie n’est valable
que localement, mais pas à l’échelle de l’Univers dans son ensemble », rétorque Gabriel
Chardin. Qui s’étonne même que tant de ses
confrères continuent de douter de l’existence
des masses et des énergies négatives, vingt
ans après la découverte de l’accélération de
l’expansion de l’Univers. Dans un Univers
dominé par la matière, on pourrait s’attendre
ESA/Hubble & Nasa Acknowledgement: Judy Schmidt (Geckzilla)
Depuis la préhistoire,
l’homme bouge !
SUR
LE WEB
Le physicien Gabriel Chardin a construit un modèle d’univers faisant jouer le premier rôle à l’antimatière
dans l’accélération de l’expansion.
Lexique
Antimatière
monde miroir de la
matière, constitué
d’antiparticules
de même masse
que les particules
associées, mais de
charge électrique
opposée.
Energie noire
forme d’énergie
hypothétique
emplissant
uniformément tout
l’Univers et censée
expliquer
l’accélération de son
expansion, constatée
en 1998.
Matière noire
forme de matière
hypothétique,
supposée ne pas
interagir avec
la lumière et donc
être transparente,
dont l’existence a été
postulée pour
expliquer certaines
irrégularités
observées dans
le mouvement
des galaxies.
à ce que cette expansion ralentisse sous l’effet
de la gravitation. Or, nous le savons depuis
1998, c’est l’inverse qui se passe.
Vingt ans après, cette découverte reste
fondamentalement un mystère. C’est à
cause d’elle que les cosmologistes ont été
contraints de postuler l’existence d’une
nébuleuse forme d’énergie, l’énergie noire,
dotée d’une pression négative et ayant un
effet répulsif plus fort que l’effet attractif de
la gravitation : elle repousse toujours plus
vite et toujours plus loin les unes des autres
les galaxies. Ce qui lui confère de facto,
d’après Gabriel Chardin, toutes les caractéristiques d’une énergie négative.
Mais ce qu’est et d’où provient cette
fameuse énergie noire, aucun cosmologiste
ne le sait avec certitude. De même pour la
matière noire, qui, elle, a été postulée pour
expliquer certaines bizarreries constatées
dans le mouvement des galaxies. C’est
quand même un problème quand on sait
que, d’après les calculs, l’Univers se composerait à 70 % d’énergie noire, à 26 % de
matière noire et seulement à 4 % de matière
ordinaire : 96 % du contenu total de l’Univers n’est qu’un persistant et irritant point
d’interrogation.
Univers de Dirac-Milne
Ce sont ces considérations et d’autres qui ont
amené Gabriel Chardin à proposer son
modèle alternatif. Il l’a appelé « Univers de
Dirac-Milne » en hommage aux deux physiciens dont les travaux lui ont fourni les principales bases théoriques, Paul Dirac et son
compatriote le mathématicien et astrophysicien Edward Milne. Dans son modèle d’Univers, plus besoin d’énergie et de matière noi-
Une précision glaciale…
Parmi les nombreuses difficultés techniques que doivent
surmonter les équipes d’Alpha au CERN, il y a celle de l’agitation
thermique. A température ambiante, un atome d’hydrogène
zigzague en tous sens à la vitesse de 2 kilomètres par seconde.
Idem pour un atome d’anti-hydrogène. Pas facile dans ces conditions de voir si, lâché dans un tube, il tombe ou remonte. Il faut
donc le refroidir. Et pas qu’un peu ! Même à 1 kelvin (1° au-dessus
du zéro absolu, qui est de – 273,15 °C), ce qui est déjà très inférieur
à la température de l’hélium liquide, cette vitesse due à
l’agitation thermique est encore de 100 mètres par seconde.
Les chercheurs du CERN ambitionnent de refroidir leurs atomes
d’anti-hydrogène jusqu’à la température record de quelques
microkelvins (quelques millionièmes de degré au-dessus du zéro
absolu), pour laquelle l’agitation thermique n’est plus que de
l’ordre du mètre par seconde. Condition nécessaire pour pouvoir
observer avec une précision suffisante le comportement
de l’anti-hydrogène dans un champ gravitationnel.
res. Ces deux composantes hypothétiques en
sont absentes, car superflues. Mais cela au
prix d’une différence de taille avec le modèle
standard. Dans ce dernier, en effet, juste
après le Big Bang, l’antimatière a totalement
disparu en s’annihilant avec la matière, qui
était très légèrement plus abondante qu’elle –
à raison de 999.999.999 antiparticules pour
1 milliard de particules. C’est de ce milliardième de différence en faveur de la matière
que serait issu tout ce que nous voyons dans
l’Univers.
Pour étudier l’antimatière,
il faut en fabriquer puis
la « piéger » en la confinant
grâce à des champs
électromagnétiques, de
sorte qu’elle ne s’annihile
pas quasi instantanément
au contact de la matière.
Dans l’Univers de Dirac-Milne, l’annihilation matière-antimatière s’est bien produite,
mais les deux s’y trouvant en quantités égales, elle a laissé subsister un milliardième des
deux côtés. En d’autres termes, l’antimatière
n’a pas disparu. Elle n’existe pas seulement
quand les physiciens la recréent dans leur
décélérateur de particules, mais se trouve bel
et bien présente dans l’Univers à l’état naturel. Sous quelle forme ? « D’immenses nuages
de gaz froid et très peu dense, à raison d’un
atome d’antimatière par mètre cube en
moyenne, qui baigne l’espace intergalactique »,
répond Gabriel Chardin. Contrairement à la
matière, qui, sous l’effet de la gravitation, a
tendance à s’effondrer sur elle-même, et
donc à se concentrer en un même lieu, l’antimatière, s’il est avéré qu’elle subit les effets de
la gravité à l’envers, aurait, quant à elle, tendance à s’étirer en tous sens et à occuper tout
l’espace disponible. Ainsi, les galaxies
seraient comme des îlots de matière disséminés de loin en loin dans un océan d’antimatière, lequel tient lieu d’énergie noire et explique l’accélération de l’expansion.
Vivons-nous dans un tel Univers ? L’expérience en cours de réalisation au CERN nous
fournira dans les prochains mois – d’ici à
novembre, si tout se passe bien – une indication forte quant à la réponse à cette question,
puisque tout le modèle élaboré par Gabriel
Chardin repose sur l’hypothèse que l’antimatière antigravite. Un suspense quasi policier qui donne tout son sens au titre de son
essai, clin d’œil à celui du livre de Kundera,
« L’Insoutenable Gravité de l’Univers »… n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 13
Les Echos Lundi 7, mardi 8 mai 2018
enquête
Etats-Unis - Chine : la grande dérive
COMMERCE // En plus de quinze ans, les exportations des entreprises américaines ont régulièrement progressé en Chine.
Mais pas assez pour juguler le déficit commercial des Etats-Unis avec ce pays.
Richard Hiault
@RHIAULT
B
ill Clinton l’avait promis dans un discours solennel en 2001. Saluant
l’entrée de la Chine dans l’Organisation mondiale du commerce (OMC),
l’ancien président démocrate des EtatsUnis était sûr que la Chine ouvrirait ses
marchés, jouerait les mêmes règles du jeu et
que les entreprises américaines y exporteraient ses produits.
Quinze ans plus tard, les Américains portent au pouvoir suprême le républicain
Donald Trump aux accents populistes, protectionnistes et antichinois. Surfant sur la
vague de mécontentement des salariés
américains, licenciés ou contraints de trouver un emploi peu valorisant, le président
américain menace désormais le monde
d’une guerre commerciale. Son secrétaire
au Trésor, Steven Mnuchin, était à Pékin
jeudi et vendredi derniers pour entamer les
discussions commerciales avec les dirigeants chinois.
Le déficit des échanges commerciaux américain avec la Chine – 375 milliards de dollars en 2017 – est en effet insupportable aux yeux de Donald Trump. Rien
de tel donc que de taxer un tas de produits
importés de Chine pour enrayer le déclin
industriel américain, pense-t-il. Même si les
avis sont très partagés sur la question – plus
de 1.000 économistes viennent de le mettre
en garde contre une politique protectionniste – le président a menacé d'imposer, dès
le 22 mai, des droits de douane sur quelque
50 milliards de dollars de marchandises
chinoises exportées vers les Etats-Unis.
En 2016, le documentaire « Death by
China » de Peter Navarro, qui siège
aujourd’hui au Conseil national du commerce de la Maison-Blanche, avait fait
grand bruit. On y voyait des Américains
hilares sortant des grands magasins lors de
Thanksgiving ou du Black Friday en poussant des chariots remplis de produits made
in China. Ecrans TV, jouets, bicyclettes…
tous importés de l’empire du Milieu.
Le documentaire montrait aussi des salariés se lamentant de la délocalisation de
leur entreprise et des bâtiments désaffectés,
victimes de la concurrence chinoise. Un
désastre. Aujourd’hui, le consommateur
américain n’a pas d’autres choix pour son
équipement téléphonique, informatique,
ses vêtements, son ameublement, ses appareils électroménagers et ses appareils électriques que d’acheter chinois.
27.000 entreprises ont disparu du pay-
sage manufacturier américain, selon Peter
Navarro ; 3,4 millions d’emplois auraient
été supprimés, 5,5 millions de postes ont été
délocalisés, selon Richard Trumka, le président du syndicat américain de l’AFL-CIO.
27.000 entreprises ont
disparu du paysage
manufacturier américain,
3,4 millions d’emplois
auraient été supprimés...
Bill Clinton n’a pas eu entièrement tort
dans ses promesses. Les Etats-Unis ont bien
profité de l’entrée de la Chine à l’OMC. Ils ont
multiplié par six leurs ventes. L’aviation
civile, grâce à Boeing, est le premier poste
des exportations vers la Chine, suivie du
soja, des machines industrielles, des automobiles et du pétrole, entre autres. Mais les
montants restent trop faibles par rapport
aux montants des importations de téléphones portables ou d’ordinateurs chinois.
Loin des idées reçues, les principales exportations chinoises relèvent en effet désormais de la high-tech. Résultat de cette
dérive commerciale entre les deux géants :
le déficit commercial américain avec
l’empire du Milieu a presque quadruplé en
quinze ans ; et la Chine est de loin le premier
partenaire commercial des Etats-Unis pour
les importations, mais seulement le quatrième pour les exportations. Donald
Trump veut inverser la tendance, la tâche
semble immense. Restaurer l’outil manufacturier américain pour rééquilibrer les
échanges prendra au moins des années. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
14 //
Lundi 7, mardi 8 mai 2018Les Echos
,
Budget de l’Etat 2018 : 386,3 milliards d’euros // PIB 2017 : 2.283,6 milliards d’euros courants //
Plafond Sécurité sociale : 3.311 euros/mois à partir du 01-01-2018 // SMIC horaire : 9,88 euros
à partir du 01-01-2018 // Capitalisation boursière de Paris : 1.547,84 milliards d’euros (au 10-01-2018)
// Indice des prix (base 100 en 2015) : 101,85 en décembre 2017 // Taux de chômage (BIT) : 9,4 %
au 3e trimestre 2017 // Dette publique : 2.226,1 milliards d’euros au 3e trimestre 2017
Les chiffres
de l'économie
À L’ÉTRANGER
POLITIQUE FRANCK LOUVRIER
REJOINT ESTROSI A NICE
TUNISIE DES ÉLECTIONS
MARQUÉES PAR L’ABSTENTION
Franck Louvrier, ex-conseiller communication de Nicolas Sarkozy et
président de Publicis Events, va
rejoindre Christian Estrosi (LR)
comme directeur de la communication et des relations institutionnelles
de la Métropole Nice Côte d’Azur. Ce
proche de Nicolas Sarkozy a accompagné l’ex-président de la République entre 1999, à la mairie de Neuillysur-Seine, et 2012, le suivant dans ses
différentes fonctions ministérielles,
puis à l’UMP et enfin à l’Elysée.
Les Tunisiens étaient appelés à participer, dimanche, aux premières élections municipales depuis la chute du
président Zine Ben Ali en 2011. Ce
scrutin, pourtant jugé crucial pour
enraciner la démocratie dans l’unique pays rescapé du Printemps arabe,
a été accueilli sans grand enthousiasme. A 14 heures, soit trois heures
avant la fermeture de la plupart des
bureaux de vote, le taux de participation n’était que de 20,4 %, selon l’instance en charge des élections (Isie).
NOTRE-DAME-DES-LANDES
CONCERTATION SUR
L’AÉROPORT DE NANTES
LIBAN PREMIÈRES LÉGISLATIVES
DEPUIS NEUF ANS
La ministre des Transports, Elisabeth Borne, a annoncé une concertation publique à partir de septembre
sur le réaménagement de l’aéroport
de Nantes-Atlantique, lors d’un point
d’étape à Nantes, trois mois après
l’abandon du projet de transfert à
Notre-Dame-des-Landes.
SPORT UN FRANÇAIS SE TUE À
VÉLO-FUSÉE À 298 KM/H
Le détenteur du record de vitesse sur
vélo-fusée, le Français François
Gissy, s’est tué samedi alors qu’il
effectuait un entraînement sur une
piste aérienne désaffectée en Alsace .
Le coureur, âgé de 36 ans, s’est lancé
sur véhicule à trois roues propulsé à
la vapeur d’eau. Quatre secondes
après son départ, il était déjà à 298
km/h. Il est sorti de route 3 secondes
plus tard, pour une cause qui reste à
déterminer.
POLITIQUE ROBERT MÉNARD
PORTE PLAINTE
Le maire de Béziers Robert Ménard,
proche du Front national, a porté
plainte après avoir été brièvement
bousculé, samedi à Saint-André de
Cubzac en Gironde, par des manifestants opposés à sa participation à une
réunion-débat sur l’union des droites. Dans un communiqué, Robert
Ménard a dénoncé une « lâche et violente agression », et affirme avoir été
projeté au sol et frappé.
Après trois jours passés en Israël, le Giro rejoint le sol italien
Les bureaux de vote libanais ont
ouvert dimanche pour les premières
élections législatives au Pays du
Cèdre depuis neuf ans, après une
période marquée par des épisodes de
paralysie politique et la guerre dans la
Syrie voisine. Le mouvement chiite
Hezbollah, allié à la fois au régime iranien et au pouvoir syrien, devrait sortir renforcé du scrutin. Soutenu par
l’Occident, le Premier ministre Saad
Hariri devrait conserver son poste et
former le nouveau gouvernement.
RUSSIE POUTINE PRÉSIDENT
JUSQU’EN 2024
UNIVERSITE SIX ÉTUDIANTS DE
NANCY EN CORRECTIONNELLE
Six étudiants, interpellés jeudi à
Nancy en marge de l’intervention des
forces de l’ordre à la faculté de Lettres
seront poursuivis en correctionnelle
pour des faits de violences sur policiers, dégradations et refus de donner leurs ADN et code de téléphone
portable. Les forces de l’ordre étaient
intervenues jeudi sur le campus de
Lettres et S ciences humaines à
Na n c y, o ù l e s ex a m e n s ava i e n t
débuté dans la matinée, pour assurer
l’accès à un amphithéâtre.
LA PHOTO DU JOUR
Maxim Shipenkov/Pool/AFP
Jean-Sébastien Evrard/AFP
EN FRANCE
Vladimir Poutine s’apprêtait dimanche à être réinvesti lundi à la présidence de la Russie pour un quatrième
mandat courant jusqu’en 2024. Il est
aux commandes du pays depuis dixhuit ans en tant que chef d’État ou de
gouvernement. L’opposition et des
ONG russes ont fait état de milliers
d ’ i r r é g ul a r i t é s l o r s d u s c r u t i n .
L’opposant, Alexeï Navalny et plus de
350 de ses partisans ont été arrêtés
samedi lors de manifestations antigouvernementales. Alexeï Navalny,
relâché dimanche, sera bientôt jugé.
PAKISTAN 23 MORTS DANS DEUX
MINES APRÈS DES EXPLOSIONS
23 personnes ont péri et 11 ont été
blessées dans des explosions de gaz
dans deux mines de charbon voisines
au Pakistan. Les conditions de sécurité et la ventilation dans les mines
locales sont souvent déficientes. En
mars 2011, 43 mineurs avaient été
tués au Balouchistan.
INDE ADOLESCENTE VIOLÉE ET
BRULÉE : UN SUSPECT ARRÊTÉ
La police indienne a annoncé dimanche l’arrestation du suspect principal
du viol et du meurtre d’une adolescente de 16 ans qui a été brûlée vive.
La jeune fille avait été enlevée de chez
elle jeudi alors que sa famille assistait
à un mariage. Quelque 40.000 viols
ont été signalés en Inde en 2016, mais
leur nombre serait plus élevé en raison du silence entourant ces crimes.
Au troisième jour de son surprenant périple israélien, le peloton du Tour d’Italie a passé hier de longues heures dans le désert
du Néguev, sous une température avoisinant les 40°C. Les coureurs reprennent l’avion aujourd’hui, à destination de la Sicile,
où aura lieu mardi la première étape en territoire italien, entre Catane et Caltagirone.
Photo : AFP PHOTO / Luk Benies
ON EN PARLE À WASHINGTON
Trump choque avec ses propos sur le Bataclan
Le président américain a utilisé les attentats de Paris pour promouvoir les armes.
Alexandre Rousset
@Alex_Rousset
en France. Pour appuyer sa
démonstration, le milliardaire
n’a pas hésité à mimer un djihadiste tirant sur les victimes.
U
ne fois de plus, Donald
Trump choque par ses
propos sur les armes à
feu. Vendredi, le président américain a cité l’exemple des attentats de novembre 2015 pour
vanter la libre circulation des
armes à feu lors d’un discours
devant la NRA. Une sortie qui a
vivement indigné les autorités
françaises et les familles des victimes. Invité à la convention du
puissant lobby pro-armes à Dallas, le président américain a
repris comme argument les
attentats revendiqués par l’Etat
islamique qui avaient fait
130 morts, à Paris, le 13 novembre 2015. Des attaques qui, selon
lui, auraient pu être déjouées si
les armes étaient en vente libre
« Boum, viens là, boum,
viens là »
« Elles ont été tuées brutalement
par un petit groupe de terroristes
qui avaient des armes. Ils ont pris
leur temps et les ont tuées une par
une. Boum, viens là, boum, viens
là, boum, viens là », a-t-il raconté,
affirmant que si un employé ou
un client avait été armé, « les terroristes auraient fui ou se
seraient fait tirer dessus, et ça
aurait été une tout autre histoire ». Dès le lendemain, le
ministère français des Affaires
étrangères a fait part de « sa
ferme désapprobation » des propos du président Trump et a
demandé « le respect de la
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L’ÉPREUVE DE VÉRITÉ
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LE RENDEZ-VOUS POLITIQUE DU JEUDI
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ANIMÉ PAR MICHEL GROSSIORD
AVEC :
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TOUS LES MOMENTS FORTS SUR RADIO CLASSIQUE
président de l’association de victimes 13onze15, Emmanuel
Domenach, a lui interpellé
Donald Trump directement sur
Twitter en l’invitant, en anglais,
à « aller se faire foutre (avec une
arme s’il le souhaite) ».
Parmi les nombreuses réactions politiques, l’ex-président
français François Hollande, en
fonction lors des attentats, a
dénoncé les propos « honteux »
et les « simagrées obscènes » de
Donald Trump. De son côté,
Emmanuel Macron, qui a effectué une visite d’Etat à Washington il y a à peine dix jours, est
pour l’instant resté silencieux,
au grand dam de l’opposition.
Dimanche matin, le premier
secrétaire du PS, Olivier Faure, a
ainsi demandé au chef de l’Etat
de réagir à ces propos « directement ». n
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CHAQUE LUNDI À 18H - REDIFFUSION À 22H45
mémoire des victimes ». Rappelant que « la libre circulation
d’armes au sein de la société ne
constitue pas un rempart contre
les attaques terroristes », le Quai
d’Orsay a défendu la politique de
la France en matière d’armes à
feu dans ce communiqué : « La
France est fière d’être un pays sûr
où l’acquisition et la détention
d’armes à feu sont strictement
réglementées. Les statistiques de
victimes par arme à feu ne nous
conduisent pas à remettre en
cause le choix de la France en la
matière. » De leur côté, les associations d’aide aux victimes ont
également vivement réagi.
La Fédération nationale des victimes d’attentats et d’accidents
collectifs (Fenvac) a ainsi
dénoncé, dans un tweet, des
propos « d’une violence inouïe »
pour les victimes. L’ancien vice-
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
TPE/PME
Besoin de recruter ?
VOIR PAGE 5
du cahier Les Échos exécutives
Lundi 7, mardi 8 mai 2018
www.lesechos.fr
DEVISES EUR/GBP 0,8828 EUR/JPY 1,3041 EUR/CHF 1,1961 GBP/USD 1,3541 USD/JPY 1,0909 USD/CHF 1,0005 TAUX EONIA -0,359 LIFFE EURIBOR 3 MOIS -0,328 OAT 10 ANS 0,7676 T-BONDS 10 ANS 2,94
INDUSTRIE & SERVICES
AÉRIEN
DERNIÈRE HEURE
Air France-KLM entre dans
une longue période d’incertitude.
L’étau se resserre sur le tarif
réglementé d’EDF
// PP. 16-17, L’ÉDITORIAL
DE DAVID BARROUX P. 9
ET « CRIBLE » P. 36
EXXON
Le numéro un mondial du pétrole
ne convainc plus. // P. 18
SNCF
Marjorie Cessac
— Correspondante à New Delhi
La reprise de la dette dans toutes
les têtes. // P. 19
L’épilogue serait proche. Walmart tiendrait la corde et pourrait enfin prendre
le contrôle de Flipkart, le premier
groupe de vente en ligne indien, au
détriment d’Amazon. Le conseil
d’administration de Flipkart se serait
décidé vendredi, selon des sources proches du dossier, à vendre plus de 70 %
du capital du groupe pour 20 milliards
de dollars environ. Et ce alors que
Flipkart était valorisé 12,5 milliards de
dollars lors de sa dernière levée de fonds
de 2,5 milliards de dollars auprès de
Softbank l’an dernier. Dans cette opération, Walmart pourrait s’arroger entre
55 et 61 % du capital, tandis qu’Alphabet
(Google) pourrait en glaner 10 %.
AFP
HIGH-TECH & MÉDIAS
TÉLÉCOMS
Vivendi n’est plus maître à bord
chez Telecom Italia.
// P. 22 ET « CRIBLE » P. 36
AUDIOVISUEL
Jérôme Seydoux, PDG de Pathé :
« Il ne faut pas avoir peur
de Netflix. »
Si cette acquisition
se confirme, il s’agira
de la plus grande
acquisition réalisée par
Walmart à l’étranger.
// P. 23
START-UP
MANAGEMENT
Un CEO de la Silicon Valley
licencié pour maltraitance envers
ses employés. // P. 24
PME & RÉGIONS
INNOVATION
Les tarifs réglementés de vente d’électricité, fixés par le gouvernement et le régulateur du secteur, ne peuvent être
proposés que par les fournisseurs historiques comme EDF. Photo Michel Gaillard/RÉA
// P. 25
La rapporteure publique
du Conseil d’Etat a préconisé une décision qui, si elle
est confirmée par la juridiction, ouvrira la voie à
l’extinction du tarif souscrit
par 26,5 millions de foyers.
La valorisation de la recherche
publique reprend des couleurs.
Attila
CENTRE-VAL-DE-LOIRE
Attila franchise le contrat
d’entretien pour les toitures.
// P. 26
FINANCE & MARCHÉS
BERKSHIRE HATHAWAY
Warren Buffett va laisser
un énorme trésor de guerre
à ses successeurs. // P. 27
BANQUE
La Société Générale et BNP Paribas
ont affronté des vents contraires.
// P. 28 ET « CRIBLE » P. 36
BANQUE
Orange recrute le nouveau patron
de ses services financiers au Crédit
Agricole. // P. 29
DEVISES
L’Argentine monte ses taux à 40 %
pour enrayer la crise. // P. 30
LES ÉCHOS BUSINESS
CARNET // P. 35
SUR
DANS
« LA CHRONIQUE
BOURSE »
À 12H ET 17H35
DU LUNDI AU VENDREDI
Walmart
pourrait prendre
le contrôle de
l’indien Flipkart
Véronique Le Billon
@VLeBillon
Le Conseil d’Etat a fait un pas vers la fin des
tarifs réglementés dans l’électricité. Vendredi, à l’occasion d’une audience très suivie, la rapporteure publique de la plus haute
juridiction administrative a recommandé
l’annulation de la décision de juillet 2017 des
ministres de l’Energie et de l’Economie
fixant le tarif réglementé de vente (TRV) de
l’électricité.
Le Conseil d’Etat était saisi par Engie et
par l’Anode, qui regroupe des fournisseurs alternatifs (Direct Energie, Eni…).
Si le Conseil d’Etat, qui devrait se prononcer ce mois-ci, suit la préconisation
de la rapporteure publique, cela ouvrira
la voie à l’extinction du tarif réglementé
d’EDF. Ce tarif est souscrit par 26,5 millions de foyers (soit 82 % de part de marché) et 3,3 millions d’abonnés non résidentiels (artisans, TPE…). Les tarifs
réglementés de vente (TRV), dont le
mode de calcul et le niveau sont fixés par
le gouvernement et le régulateur du secteur, ne peuvent être proposés que par
les fournisseurs historiques – EDF pour
l’électricité, Engie pour le gaz. Pour
l’électricité, les concurrents d’EDF proposent quant à eux des offres dites « de
marché », qu’ils peuvent, ou non, indexer
sur les TRV.
« Pas compatible »
Dans leur requête, Engie et l’Anode
soulevaient notamment les questions de
la conformité du tarif réglementé au droit
européen, et l’intérêt de son maintien
par rapport aux objectifs de sécurité
d’approvisionnement et de protection des
consommateurs.
La raporteure publique Emilie
Bokdam-Tognetti a notamment estimé
que le dispositif n’était « pas compatible »
avec le droit européen, et que les requé-
rants étaient « fondés à se prévaloir de cette
incompatibilité ».
« Que l’on ne s’y trompe pas, il ne s’agit
pas là d’une interprétation purement
juridique […] mais d’une prise de position
politique », a jugé la fédération Energie et
mines de Force Ouvrière samedi. L’extinction des tarifs réglementés est déjà en
marche dans le gaz pour les particuliers,
suite à une procédure comparable devant
le Conseil d’Etat. Mais sa mise en œuvre
fait toujours l’objet de discussions,
notamment sur la durée de la période de
transition – la date de 2023 est évoquée –
et ses modalités. Jusqu’à présent, EDF
estimait que le caractère de produit de
« première nécessité » de l’électricité justifiait une analyse différente de celle rendue par le Conseil d’Etat pour le gaz.
Pour les plus grands consommateurs,
la fin des tarifs réglementés est déjà effective, depuis fin 2016, tant dans l’électricité
que dans le gaz. Chaque client s’est vu proposer, par son fournisseur historique ou
par ses concurrents, une offre de marché,
rebattant les cartes et accélérant les gains
de parts de marché des fournisseurs
alternatifs.l
Ferrari a déjà vendu tous sa production
de 2018 et même une partie de celle de 2019
Enrique Moreira
@EnriqueMoreira
Sur la route comme dans les ventes, Ferrari
va très vite. L’année est à peine entamée que
la marque au cheval cabré a déjà vendu
presque toute sa production de 2018 et
même une partie de celle de 2019.
Il ne lui reste guère que quelques exemplaires de la GTC4 Lusso, sa voiture familiale,
expliquait le directeur général de la firme,
Sergio Marchionne, à l’occasion de la publication des résultats trimestriels, jeudi 3 mai.
« Tout le reste est parti », a-t-il précisé. Ferrari a
donc dépassé toutes les attentes lors du premier trimestre 2018. Dans le détail, les livraisons progressent de 6,25 % à 2.128 véhicules.
Le chiffre d’affaires augmente de 1,3 %, à
831 millions d’euros. Surtout, la firme de
Maranello publie un excédent brut d’exploitation ajusté de 272 millions d’euros (+13 %),
soit 10 millions d’euros de plus en moyenne
que les prévisions des analystes. En conséquence, le cours du constructeur a bondi
jusqu’à +6,6 %, à un cours record de
112,25 euros, dans les échanges vendredi à la
Bourse de Milan, valorisant l’entreprise
20,7 milliards d’euros.
Vers l’électrification
Ferrari étant sur une bonne voie pour l’année
2018 et celle à venir, Sergio Marchionne peut
préparer sereinement le plan quinquennal
qu’il présentera en septembre. Celui-ci
devrait inclure des détails sur le développement de la marque italienne dans des segments comme les voitures hybrides. Pour
l’heure, le constructeur italien ne commercialise dans ce registre que la « LaFerrari ».
Lors d’une interview à Bloomberg, fin avril, le
directeur général a cependant annoncé être
en train de tester un véhicule hybride pouvant « se conduire silencieusement ». « Nous
développons des véhicules qui montreront la
puissance de l’électrification », a également
précisé Sergio Marchionne. Un nouveau discours qui n’a pas manqué d’attirer l’attention
alors même que Ferrari ne prévoit pas de
produire de 100 % électrique avant 2022. Il y a
peu, Marchionne considérait encore comme
« presque grotesque » cette idée. n
Flipkart compte un grand nombre
d’actionnaires. Mais, les nouveaux
contours de leurs participations restent
à préciser. Certains pourraient tout vendre, comme Softbank. Le japonais se
serait rallié à l’idée de céder à Walmart
les 20 % du capital qu’il détient. La firme
d’investissement new-yorkaise Tiger
Global Management (20 % aujourd’hui)
et le géant de l’Internet chinois Tencent
pourraient rester au capital, mais le premier diminuerait ses parts, pour les
ramener autour de 5 %. Du côté des dirigeants, l’un des deux fondateurs de Flipkart, Sachin Bansal, pourrait vendre sa
participation (5,5 %). En revanche, son
acolyte Binny Bansal devrait réduire la
sienne. De même, l’actuel président,
Kalyan Krishnamurthy, pourrait
continuer de jouer un rôle clef dans la
nouvelle entité.
Une sérieuse avance
Ces décisions pourraient être confirmées cette semaine. Auquel cas, il s’agira
de la plus grande acquisition réalisée par
Walmart à l’étranger. Le groupe de Bentonville (Arkansas), qui compte une
vingtaine de centres commerciaux en
Inde, serait en passe de se faire un nom
dans l’e-commerce. Un secteur, qui,
selon Morgan Stanley, pourrait brasser
dans ce pays de 1,3 milliard d’habitants
jusqu’à 200 milliards de dollars d’ici aux
dix prochaines années. Jeff Bezos, le
patron d’Amazon, sait qu’avec Walmart
à ses côtés la concurrence de Flipkart risque d’être encore plus rude. Pour
l’emporter, il aurait proposé une offre
plus élevée que Walmart, de l’ordre de
22 milliards de dollars. Amazon s’est
déployé de manière agressive dans le
pays, dans lequel il a investi près de
5,5 milliards de dollars. Il s’est érigé en
principal concurrent de Flipkart. Un
positionnement qui aurait joué en sa
défaveur auprès des investisseurs.
Rien n’est pour autant gagné. La vente
devra encore obtenir le feu vert des autorités de la concurrence indienne. Mais,
surtout, cela fait déjà grincer les dents
des lobbys de petits commerçants. L’un
d’eux, issu de la mouvance nationaliste
hindoue (RSS), s’est indigné dimanche
de voir « ces entités étrangères tuer la
compétition et les petits commerces ». Le
sujet est politiquement sensible.
D’autant que les élections générales se
profilent l’an prochain. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
16 //
Lundi 7, mardi 8 mai 2018 Les Echos
INDUSTRIE
&SERVICES
John mac Dougall/AFP
à suivre
Les poursuites s’intensifient
sur l’ex-PDG de Volkswagen
AUTOMOBILE Mis en examen la semaine dernière aux EtatsUnis pour fraude et conspiration dans l’affaire du « dieselgate »,
l’ancien patron de Volkswagen, Martin Winterkorn, subit
désormais une violente campagne contre lui en Allemagne et
devrait être aussi bientôt inculpé par la justice allemande. Le
conseil d’administration de « VW » étudie comment réclamer
des dommages à son ancien PDG, lequel a toujours clamé ne pas
avoir eu connaissance du trucage effectué sur les mesures
d’émissions de diesel du groupe.
transactions sur mobile et les recettes publicitaires ont dopé au
quatrième trimestre les ventes du géant chinois du commerce
en ligne, qui se sont envolées de 61 %, mieux qu’attendu. Sur un
an, pour l’exercice 2017-2018, son chiffre d’affaires s’affiche en
hausse de 58 %, à 39,9 milliards de dollars (33,5 milliards
d’euros) et son bénéfice net croît de 47 %, à 10,2 milliards de dollars. Même si, au dernier trimestre, le rythme de progression de
ce dernier a ralenti.
L’Etat confirme sa commande pour
un cinquième sous-marin nucléaire
DÉFENSE La ministre des Armées, Florence Parly, a confirmé
vendredi la commande d’un cinquème sous-marin nucléaire
d’attaque Barracuda – 6 sous-marins sont programmés d’ici à
2028 –, la commande du sixième devant se nouer l’an prochain.
Elle a aussi promis le lancement des travaux de modernisation
de l’hélicoptère Tigre en collaboration avec l’Allemagne.
d’investissement chinois Fortune
Fountain Capital, la célèbre cristallerie Baccarat est toujours
dans l’incertitude sur son sort.
Depuis six mois, la vente pour
164 millions d’euros n’est toujours pas finalisée et l’entreprise
végète. Les syndicalistes s’indignent du manque d’investissements pour une entreprises qui
pourrait facilement multiplié son
activité par 6. Le gouvernement
reste sourd à leurs appels.
DR
LUXE R a c h e t é e p a r l e f o n d s
« Un poste très exposé »
AVIS FINANCIERS
agta record
Mais si le conseil a gagné un peu de
temps, cette période de transition
risque de se prolonger, car le recrutement du successeur de JeanMarc Janaillac ne s’annonce pas
simple. Aucun candidat n’est envisageable en interne. Quant aux
candidatures extérieures, elles
n’étaient déjà pas nombreuses en
2015, lors du départ anticipé
d’Alexandre de Juniac, alors que les
circonstances étaient bien plus
favorables. « Le poste est très exposé
et relativement mal payé », estime
un observateur.
Seule certitude : avec 14 % des
parts mais un droit de vote double,
l’Etat français aura, une fois
encore, le dernier mot dans le choix
du futur PDG d’Air France-KLM,
même si le poids des actionnaires
extérieurs s’est encore accru avec
l’entrée de Delta et de China Eastern au capital (pour 10 % chacun).
Le ministre de l’Economie, Bruno
Le Maire a, en outre, précisé
dimanche sur BFMTV que « ceux
qui pensent que, quoi qu’il arrive,
l’Etat arrivera à la rescousse d’Air
France et épongera les pertes, se
trompent ». Mais, pour le reste, le
suspense risque d’être à la hauteur
de la surprise créée par le résultat
du vote des salariés d’Air France.
Aucune indication
avant le résultat
La victoire du « non », avec 55,44 %
des votes pour un taux de participation de 80,33 %, a en effet pris tout
le monde de court. A commencer
par la direction d’Air France, qui a
pris connaissance du résultat du
scrutin vendredi soir à 18 heures,
en même temps que les principaux
dirigeants syndicaux. « Nous n’avions aucune indication, assure-t-on
en interne. Le déverrouillage de
l’urne électronique et l’accès au
résultat se sont déroulés sous le contrôle d’un huissier et il était hors de
question de faire des sondages ».
Le faible pourcentage de grévistes, qui n’a jamais dépassé 10 % des
effectifs d’Air France, ajouté à une
mobilisation en net recul ces dernières semaines, laissait pourtant
augurer une victoire du « oui ».
« Mais il est plus facile de cliquer sur
le “non” dans l’anonymat d’un vote
électronique que de faire grève »,
analyse un représentant syndical,
qui y voit l’expression d’un « ras-lebol général », au-delà de la question
salariale. Jean-Marc Janaillac évoque, pour sa part, « la traduction
d’un malaise ».
Rares sont toutefois les représentants du personnel qui auraient
parié sur une victoire du « non ».
Les syndicats semblaient si peu
convaincus d’une possible victoire
du « non » qu’ils contestaient, par
avance, la légitimité du scrutin.
Certains se préparaient déjà à tourner la page de l’intersyndicale et de
la grève.
Vendredi après-midi, alors que
le résultat du vote n’était pas encore
connu, le conseil du SNPL AF au
grand complet a ainsi voté à l’unanimité une motion demandant à
ses dirigeants de renoncer à sa
stratégie intersyndicale, pour
négocier des mesures spécifiques
aux pilotes. Un vote qui signait
donc la fin du front uni des syndicats pour une hausse générale des
salaires de 5,1 % en 2018 et qui
ouvrait la porte à un possible
accord séparé entre la direction et
les pilotes.
En donnant la victoire au
« non », le vote des salariés d’Air
France a donc non seulement laissé
passer une chance de mettre fin au
La succession de Jean-Marc Janaillac à
conflit, mais il a remis en selle les
tenants de la ligne dure et de l’intersyndicale. Dès vendredi soir, les
dirigeants du SNPL AF et l’intersyndicale annonçaient ainsi le
maintien de l’appel à la grève pour
les 7 et 8 mai, malgré un taux de
mobilisation tombé à 14,1 % chez
les pilotes, pour la journée du
7 mai, 18 % pour les hôtesses et
stewards et 10 % parmi les personnels au sol.
Pas de négociations
avant un nouveau mandat
Et ce, malgré le départ annoncé de
Jean-Marc Janaillac, qui a fermé la
porte à une reprise des négociations tant qu’un nouveau dirigeant
n’aura pas été mandaté. « Faute
d’un nouveau mandat, la direction
générale d’Air France ne sera pas en
mesure, dans cette période de transition, d’ouvrir quelque négociation
que ce soit sur les salaires, prévient
Jean-Marc Janaillac dans un courrier adressé ce samedi aux représentants syndicaux. En conséquence, la poursuite du mouvement
de grève prévu les 7 et 8 mai n’apporterait rien d’autre que des clients
déçus et perdus, et des pertes supplémentaires ». Ce lundi, Air France
prévoyait néanmoins d’assurer
85 % de son programme, dont 99 %
des vols long-courriers.
Lire l’éditorial de
(
David Barroux page 9
et « Crible » page 36
Pourquoi le pari du référendum a échoué
DR
Les salariés
de Baccarat
s’impatientent
l Le départ de Jean-Marc Janaillac sera effectif le 15 mai.
l Sa succession s’annonce compliquée.
l La victoire surprise du « non » a remis en selle
les tenants de la ligne dure chez les syndicats.
Et maintenant, que va-t-il se passer
chez Air France ? Après le rejet par
une majorité de salariés du projet
d’accord et l’annonce de la démission du PDG, Jean-Marc Janaillac,
l’incertitude et l’inquiétude semblent désormais l’emporter au
sein de la compagnie. Et cette
période d’incertitude semble partie pour durer, avant l’arrivée d’un
nouveau PDG.
Réuni dans l’urgence samedi, le
conseil d’administration d’Air
France-KLM a gagné quelques
jours de répit, en obtenant de JeanMarc Janaillac qu’il reste en poste
jusqu’au 15 mai, date de l’assemblée
générale des actionnaires, durant
laquelle sera dévoilée « une solution de gouvernance de transition ».
Vendredi dernier, le PDG d’Air
France-KLM avait annoncé son
intention de démissionner dès le
9 mai. En l’absence de vice-président désigné, la tâche pourrait
revenir à la présidente du comité
de nomination, Anne-Marie Idrac.
E-COMMERCE La croissance d’Alibaba ne se dément pas. Les
LOGISTIQUE Le groupe Stef, spécialisé dans la logistique du froid,
a annoncé le rachat à son concurrent Marconi de deux sites en Italie comprenant notamment l’une
des plus grandes plates-formes
dédiées aux produits alimentaires surgelés d’Europe située au
nord du pays. L’ensemble représente un chiffre d’affaires d’environ 55 millions d’euros. En renforçant son réseau européen,
l’entreprise poursuit sa stratégie
de développement international .
Air France-KLM
entre dans une
longue période
d’incertitude
Bruno Trévidic
@BrunoTrevidic
Alibaba voit ses ventes progresser
de 58 % sur un an
Logistique : Stef
achète deux
sites en Italie
AÉRIEN
AVIS DE RÉUNION
Mesdames et Messieurs les Actionnaires sont convoqués à la 51ième
Assemblée Générale Ordinaire de la société AGTA RECORD SA :
le mardi 12 juin 2018 à 11h00
au siège de la société AGTA RECORD SA
Allmendstrasse 24 - CH-8320 Fehraltorf - Suisse
L’ordre du jour et les projets de résolutions qui seront présentés en
Assemblée ainsi que les modalités de participation sont publiés au BALO
n° 55 du 7 mai 2018.
Ces documents sont également disponibles au siège social de la société et
sur le site www.record.group
Le succès du « non » serait
à imputer au personnel
navigant et aux mécaniciens.
Si les résultats du référendum ont
pris tout le monde par surprise, il
reste toutefois à comprendre les
causes de l’échec du pari fait par
Jean-Marc Janaillac. S’ils ont été
en pointe dans le mouvement, les
quelque 3.600 pilotes d’Air France,
dont 30 % à 35 % de grévistes,
n’étaient en effet pas en mesure de
peser sur le scrutin. Selon certains
bons connaisseurs de l’entreprise,
le succès du « non » serait plutôt à
imputer aux quelque 14.000 hôtesses et stewards, ainsi qu’aux mécaniciens, deux catégories de personnels qui auraient des raisons
d’en vouloir plus particulièrement
à Jean-Marc Janaillac.
Les premiers n’ont jamais digéré
la création de la compagnie Joon
avec des personnels de cabine
recrutés à moindre coût, à l’extérieur. Quant aux seconds, ils sont
en conflit avec leur direction
depuis des mois.
Les erreurs de la direction
A ces mécontentements sont
venues s’ajouter plusieurs erreurs
de la direction. La plus grossière
fut l’annonce, il y a un an, d’une
augmentation de 41 % de l’enveloppe de rémunération des membres du comité de direction. Une
« erreur comptable » – la hausse
n’était « que » de 17 % du fait de la
création d’un poste supplémentaire – qui a laissé des traces, malgré les tentatives d’explications, et
qui a d’ailleurs donné lieu à de
nouvelles tentatives d’exploitation, ces derniers jours, par certains syndicats. Un tract de la CGT
diffusé avant le scrutin affirmait,
ainsi, sur la base de fausses informations, que les 14 dirigeants
d’Air France se seraient augmentés de 67 %.
Mais, surtout, les dirigeants
d’Air France ont fait l’erreur de
croire qu’une hausse générale des
salaires limitée à 1 % en 2018,
assortie d’une prime d’intéressement, ferait l’affaire après sept ans
de gel des grilles salariales. Or, ce
1 % a été ressenti comme une véri-
table provocation par bon nombre
de salariés, alors que le groupe
annonçait des bénéfices record.
Lors d’une rencontre avec les
personnels navigants, le 28 avril
dernier, Jean-Marc Janaillac a
d’ailleurs lui-même reconnu « des
erreurs d’appréciation » et une
« mauvaise évaluation » de la situation par ses « services ».
Le PDG d’Air France-KLM avait
même annoncé son intention de
revoir « certaines choses » dans le
fonctionnement des relations
sociales chez Air France, ce qui
avait été interprété, en interne,
c o m m e u n p o s s i b l e d é s ave u
du DRH, Gilles Gateau, et du directeur général d’Air France, Franck
Terner. — B. T.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 17
Les Echos Lundi 7, mardi 8 mai 2018
KLM craint
d’être entraîné
dans la spirale
d’Air France
PSA embauche
Tata pour la
conception de ses
voitures low cost
Un sentiment d’inquiétude
et d’impuissance domine au
sein de KLM. Les Néerlandais redoutent les prochaines grèves et un creusement
des pertes de la compagnie
française.
la tête d’Air France passera par une solution de transition. Photo Serge Attal/Only France/AFP
Jean-Marc Janaillac laisse un bilan
flatteur mais inachevé
Le PDG d’Air France-KLM a
réussi en moins de deux ans
à renouer avec la croissance rentable, à renforcer
les alliances et à lancer
une nouvelle compagnie.
Mais Air France reste
dangereusement à la traîne.
Vingt-deux mois : c’est le temps
qu’aura passé Jean-Marc Janaillac
aux commandes d’Air France et
d’Air France-KLM. Mais en dépit de
la brièveté de son mandat, le bilan
de Jean-Marc Janaillac se compare
avantageusement avec celui de ses
prédécesseurs. Après des débuts
difficiles, marqués par une grève
des hôtesses et stewards, JeanMarc Janaillac est parvenu à rompre avec des années d’attrition, en
renouant avec la croissance, tout en
améliorant les performances économiques de l’ensemble des entités
du groupe. En 2017, Air FranceKLM signe ainsi les meilleurs résultats de son histoire, avec un bénéfice d’exploitation de 1,488 milliard
d’euros (+42 %), une dette réduite
de 2 milliards d’euros et un trafic
record de près de 100 millions de
passagers.
Le PDG d’Air France-KLM bénéficie, il est vrai, d’un contexte favorable. Aux réductions de coûts impos é e s p a r s o n p r é d é c e s s e u r,
Alexandre de Juniac, s’ajoutent la
baisse du prix du carburant, qui
permet au groupe d’économiser
1,5 milliard de dollars en 2016, et
une demande en forte progression.
« Cela nous a permis d’enclencher un
cercle vertueux, en renouant avec
une croissance rentable, sans
laquelle nous n’aurions pas pu
réduire les coûts d’Air France »,
reconnaît-il lui-même dans une
interview aux « Echos ».
courrier et de 15 % en moyen-courrier. De quoi sauver des lignes
d’Air France déficitaires et reprendre l’offensive sur quelques axes
touristiques.
L’autre grand succès de son mandat est l’entrée au capital d’Air France-KLM de Delta et de China Eastern, les deux principaux
partenaires stratégiques d’Air
France, pour 10 % chacun. Outre
l’apport de capital, cette opération
arrime durablement Air FranceKLM aux deux grands gagnants de
la mondialisation du transport
L’entrée au capital
d’Air France-KLM
de Delta et de China
Eastern est un des
grands succès du PDG.
aérien, assurant ainsi sa place dans
le camp des vainqueurs, face à IAGAmerican, Lufthansa-United et
Emirates.
Cependant, comme l’a lui-même
reconnu Jean-Marc Janaillac, les
« marges de progression restent
importantes ». La rentabilité d’Air
France-KLM demeure nettement
inférieure à celle de ses grands concurrents et à peine suffisante pour
financer ses investissements sans
s’endetter davantage. C’est particulièrement vrai d’Air France et de sa
filiale régionale HOP!, dont le bénéfice record de 2017 (588 millions
d’euros pour un chiffre d’affaires
de 15,82 milliards) reste loin derrière celui de KLM (910 millions de
bénéfices, pour 10,34 milliards de
chiffres d’affaires).
Proche de la ligne rouge
Un écart qui met en péril la cohésion du groupe et qui va encore dangereusement s’accentuer en 2018.
Avec déjà plus de 300 millions
d’euros perdus pour cause de grève,
un impact encore non quantifié sur
les réservations, des hausses de
salaires qui devraient renchérir les
coûts à hauteur de 34 millions
d’euros pour chaque point supplémentaire et une facture de carburant en hausse de 150 millions sur
l’année, le résultat 2018 d’Air France
risque de s’approcher dangereusement de la ligne rouge.
— B. T.
Recherche d’un compromis
Pour les salariés de KLM, un sentiment d’impuissance domine face à
la situation franco-française. « Air
France est sur le point d’être ingérable et menace d’entraîner KLM sur
cette pente, s’inquiète Jan-Willem
van Dijk, président du comité
d’entreprise de KLM. « C’est une
nouvelle étape qui va entraîner
l’entreprise vers le vide. Pouvait-on
s’attendre à ce que nos collègues d’Air
France soient si radicaux pour participer à la destruction de l’entreprise ? » s’interroge-t-il.
Quant à la « méthode Janaillac »,
où le patron a mis son poste dans la
balance, elle est loin d’avoir fait
l’unanimité dans un pays où la
recherche d’un compromis est la
règle. « Dans les moments difficiles,
le leadership doit montrer ses forces,
menacer de partir ne fait pas partie
des solutions », a estimé l’association de collaborateurs KLM Professionals.
De l’avis du syndicat des pilotes
de KLM (VNV), la faute de JeanMarc Janaillac est d’avoir voulu
trouver une issue au conflit en contournant les syndicats. « Dans une
entreprise, direction et syndicats sont
liés. Leur objectif est de se mettre à la
table des négociations jusqu’à ce
qu’un accord soit trouvé », insiste un
porte-parole de VNV. Résignés, les
pilotes comptent désormais sur
« un nouveau patron pour le holding
ayant une vision d’avenir pour
l’ensemble des communautés du
groupe ». n
« Dans les moments
difficiles,
le leadership doit
montrer ses forces,
menacer de partir
ne fait pas partie
des solutions. »
Le lancement de Joon
Toutefois, c’est bien à Jean-Marc
Janaillac et au directeur général
d’Air France, Franck Terner, que
revient le mérite d’avoir convaincu
les pilotes d’Air France d’accepter le
lancement de Joon. Cette nouvelle
filiale d’Air France à mi-chemin
entre le transport aérien traditionnel et le low cost doit permettre à
Air France de générer un gain de
productivité de 18 % sur le long-
A la une de tous les journaux télévisés du week-end, la crise au sein
d’Air France-KLM est un sujet
d’inquiétude croissant pour les
Néerlandais. « Air France-KLM est
assis sur une bombe à retardement »,
titrait aussi dans son édition de
samedi le quotidien « de Volkskrant ». « Les grèves vont se poursuivre en France, les pertes du groupe se
creuser et la frustration de KLM augmenter en estimant que les Néerlandais sont les seuls à maintenir le
groupe hors de l’eau au niveau financier », brocarde un éditorialiste de
la chaîne de télévision NOS.
Le pessimisme est également de
mise du côté de la direction de la
compagnie néerlandaise. « C’est
très décevant que nos collègues d’Air
France se soient prononcés contre les
propositions de Jean-Marc Janaillac.
Sa démission est une conséquence
cuisante personnelle de ce référendum », a regretté Pieter Elbers,
directeur général de KLM. « De ce
fait, aucune issue pour le moment ne
va mettre fin à la situation difficile
d’Air France », s’inquiète le dirigeant. « En attendant, j’entends contribuer dans la mesure du possible à
la stabilité et la cohésion interne du
groupe », ajoute-t-il.
ASSOCIATION
DE COLLABORATEURS
KLM PROFESSIONALS
En dépit de la brièveté de son mandat, Jean-Marc Janaillac
est parvenu à améliorer les performances économiques
de l’ensemble des entités du groupe. Photo Joël Saget/AFP
Eric Piermont/AFP
Didier Burg
— Correspondant à Amsterdam
Carlos Tavares, le patron de PSA, a passé trois jours sur
place mi-avril pour superviser l’avancée du programme.
AUTOMOBILE
Le groupe français
externalisera
en Inde la mise au
point de véhicules
à bas coût pour
les pays émergents.
Julien Dupont-Calbo
@jdupontcalbo
Après tout, l’Inde n’est-elle pas
le pays de l’innovation « frugale » ? Selon nos informations, PSA a missionné la
société de R&D externalisée
Tata Consultancy Services pour
concevoir des véhicules adaptés aux moyens des clients
indiens, voire des autres pays
émergents – un peu comme les
modèles Kwid chez Renault. En
interne, on appelle ces voitures
à bas coût les « smart cars ».
Carlos Tavares, le patron du
constructeur français, a passé
trois jours sur place mi-avril
pour superviser l’avancée du
programme. « L’Inde sera le
point de convergence et d’industrialisation de la future famille
“smart cars” », affirmait le dirigeant portugais il y a quelques
jours, lors de l’assemblée générale des actionnaires de PSA.
Plate-forme spécifique
« L’objectif est d’avoir un prix de
fabrication deux fois moins élevé
qu’en France. On se donne le
temps qu’il faudra », précise une
source interne au groupe. Le
tout devrait reposer sur une
plate-forme spécifique pour les
pays émergents, qui pourrait
être déployée en Inde, en Iran,
en Asie du Sud-Est ou encore en
Amérique latine.
« Ce ne seront pas des voitures
low cost, comme la Tata Nano,
souligne-t-on à la direction du
groupe. Le but est de développer
des véhicules adaptés aux attentes des clients indiens. Nous
avons notamment sollicité Tata,
mais, compte tenu de son statut
de nouvel entrant sur ce type de
marché R & D, nous sommes susceptibles de nous entourer également de compétences locales
d’autres bureaux d’études. »
Pièces locales
Selon la presse locale, les troupes de Tata Consultancy Services, l’une des innombrables
branches du conglomérat
indien, travailleraient sur plusieurs véhicules. PSA souhaiterait un approvisionnement en
pièces locales à 90 %, et le
groupe chercherait à réduire
les coûts de production d’au
moins un tiers par rapport à
son meilleur standard mondial.
En attendant la mise au point
de ses smart cars, PSA devrait
lancer la production chez son
partenaire indien CK Birla à
partir de la mi-2019, au rythme
de 30.000 puis 60.000 voitures
à l’année. L’usine est censée disposer, à terme, d’une capacité
de 100.000 unités par an. Elle
doit être doublée par une unité
de fabrication de moteurs et de
transmissions. Sur place, le
groupe compte par ailleurs
s’appuyer sur un réseau de concessionnaires indépendants.
Alors que les ventes de PSA
s’envolent en Europe, le groupe,
qui vient en plus de racheter
l’allemand Opel, doit s’internationaliser davantage pour éviter d’être pris à la gorge en cas
de retournement du marché
sur le Vieux Continent. Si les
vo l u mes dég ri ng o l ent en
Chine, Carlos Tavares et son
état-major ont relancé la production en Iran et trouvé de
nouveaux partenaires au Vietnam, en Algérie ou encore en
Malaisie.
À NOTER
PSA a également racheté,
l’an dernier, les droits sur
la marque Ambassador,
très connue en Inde.
en bref
Toyota investit au Canada
pour ses véhicules hybrides
AUTOMOBILE Toyota a annoncé un investissement de 1,4 mil-
liard de dollars canadiens (910 millions d’euros) dans deux usines du centre du Canada, où le constructeur automobile japonais veut, à terme, concentrer sa production nord-américaine
de véhicules hybrides. Le gouvernement fédéral va pour sa part
investir 110 millions (72 millions d’euros) en appui aux sommes
déboursées par le géant asiatique dans ses usines de Cambridge
et Woodstock dans la province d’Ontario. « Le Canada abritera la
plus importante ligne de production de véhicules hybrides de
Toyota en Amérique du Nord », s’est félicité le constructeur.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
18 // INDUSTRIE & SERVICES
Renault Trucks
Defense devient
Arquus
DÉFENSE
Le 24 mai, RTD va
fêter son nouveau
nom : Arquus,
l’arc en latin.
Un changement
pour tourner la page
de la mise en vente
ratée de l’entreprise
l’an passé.
Anne Bauer
@annebauerbrux
Renault Trucks Defense (RTD)
fêtera le 24 mai prochain sa
nouvelle identité : « Arquus »,
un nom désormais déposé et
décliné pour toutes les activités
du constructeur de véhicules
blindés. Le fournisseur historique de l’armée française, qui
dispose de huit sites de production dans l’Hexagone, tourne
ainsi la page, après sa mise en
vente ratée l’an dernier.
Après un processus de vente
qui a duré près d’un an, le
groupe suédois Volvo, actionnaire de RTD, avait renoncé fin
novembre 2017 à la mise en
vente de sa filiale, estimant
insuffisantes les offres de
reprise présentées par le holding franco-allemand KNDS
(l’alliance Nexter-KraussMaffei) et par le groupe belge CMI.
Pour effacer ces longs mois
d’incertitude, le président de
RTD, Emmanuel Levacher, a
opté pour un nouveau nom et
annoncé une nouvelle stratégie : concentration sur le savoirfaire de la société, soit essentiellement les blindés de taille
légère et médiane, développement des services de maintenance, diversification vers
l’intégration de systèmes et
recherche de partenariats pour
l’international.
Mobilisé sur le
programme Scorpion
En choisissant de se nommer
« Arquus » (« arc » en latin), le
groupe efface toutes les références à son actionnaire Volvo et à
ses marques historiques, Panhard, Acmat ou Renault Trucks
pour repartir à la conquête des
marchés. Néanmoins, l’entreprise sera essentiellement
mobilisée sur le programme de
modernisation de l’armée de
terre française, le programme
Scorpion, dans les années à
venir. Son ampleur a permis à la
société de défense terrestre
d’enregistrer des prises de commandes record en 2017.
Selon Emmanuel Levacher,
ce volume atteignait fin 2017
1,9 milliard d’euros (l’équivalent
de cinq ans de chiffre d’affaires),
dont 600 millions d’euros de
commandes fermes. L’ex-RTD
a en charge un bon tiers de la
production des prochains véhicules Griffon et Jaguar du programme Scorpion ainsi que la
livraison des véhicules des forces spéciales et des véhicules
légers non blindés. Le groupe a
raté le dernier gros appel
d ’o f f r e s p o u r d e s b l i n d é s
moyens (VBMR) du programme Scorpion, un contrat
attribué in fine à Nexter et Texelis. En revanche, il a gagné un
important contrat d’entretien
du matériel militaire français.
Le groupe
aurait concrétisé
ces derniers jours
un contrat avec
le Koweït pour
la livraison de
plusieurs centaines
de véhicules.
Arquus est encore un petit
acteur à l’international dans un
univers très concurrentiel.
Mais le groupe aurait enfin concrétisé dans les derniers jours
un contrat avec le Koweït pour
la livraison de plusieurs centaines de véhicules, essentiellement pour des VAB Mark 3
(un 6 × 6 roues de 20 tonnes).
L’entreprise espère aussi que la
France parviendra à finaliser
cet été son offre pour équiper
l’armée de terre belge avec les
mêmes blindés que l’armée de
terre française, ce qui représenterait la construction de quelque 4.700 véhicules. n
Lundi 7, mardi 8 mai 2018 Les Echos
Exxon, le numéro un mondial
du pétrole, ne convainc plus
l Alors que les prix du brut ont bondi de 50 % depuis un an, le pétrolier américain paie le prix d’une stratégie qui a longtemps ignoré la révolution du schiste.
l Il met les bouchées doubles pour rattraper son retard.
offert XTO, un spécialiste du gaz de
schiste pour 35 milliards de dollars,
juste avant que les prix ne s’effondrent. Malgré cette acquisition, la
part des pétrole et gaz non conventionnels est demeurée marginale
dans son modèle. Résultat, le titre
Exxon n’a pas bénéficié de la flambée des prix du brut, qui ont gagné
près de 50 % depuis un an et tiré la
plupart des valeurs du secteur. Le
cours de Bourse a au contraire cédé
près de 8 % au cours de douze derniers mois, quand ceux de ses
rivaux Chevron ou ConocoPhillips
progressaient de 20 % et 40 %.
Darren Woods, le directeur
général nommé l’an dernier, a
annoncé un traitement de choc
destiné à replacer le schiste au
cœur de sa stratégie. Alors que la
plupart de ses concurrents réduisent les coûts et soignent leurs
actionnaires avec des rachats
d’actions, Exxon a promis d’investir 30 milliards par an au cours de
dix prochaines années, pour
reconstituer ses réserves de pétrole
et de gaz, avec un effort tout particulier dans le Bassin permien
(Texas et Nouveau-Mexique), dont
il espère devenir le numéro un d’ici
à la fin de l’année. L’objectif est de
porter sa production dans la région
à 800.000 barils par jour d’ici à
2025, soit l’équivalent de 20 % de sa
production actuelle.
ÉNERGIE
Elsa Conesa
@ElsaConesa
— Bureau de New York
Il y a dix ans, le géant pétrolier
ExxonMobil aurait pu s’offrir
Apple, Amazon et Google, et conserver 100 milliards de dollars de
trésorerie. Aujourd’hui, sa capitalisation ne vaut plus qu’un tiers de
celle de la firme à la pomme, et le
succès de l’iPhone n’est pas le seul
coupable. Le numéro un mondial
de l’or noir, dont le tigre publicitaire
de l’enseigne Esso a marqué des
générations d’automobilistes, a
raté la révolution du schiste. Et
Wall Street perd patience.
Signe des temps, Exxon a
annoncé fin avril accroître son dividende pour la 36e année d’affilée,
mais les marchés s’en sont à peine
aperçus – son titre a perdu plus de
5 % dans la journée. Motif ? Le
groupe ne produit pas assez, et pas
assez vite. Au premier trimestre, la
production du géant d’Ir ving
(Texas) est passée sous le seuil des
4 millions de barils par jour pour la
première fois depuis la fusion avec
Mobil en 1999. Un recul de 6 %,
quand celle de son éternel rival,
Chevron, progressait d’autant.
Projets à grande échelle
Longtemps, la stratégie d’Exxon,
centrée sur les projets à grande
échelle, souvent hors des EtatsUnis et nécessitant des années de
prospection et d’investissements, a
payé. Mais le boom du schiste a
imposé un autre modèle, moins
rentable mais plus favorable aux
acteurs de taille moyenne, flexibles
et réactifs et souvent non cotés. Les
puits des gisements de schiste,
même s’ils s’épuisent vite, sont en
effet moins coûteux que les gigantesques plates-formes pétrolières,
et se construisent en quelques
Le temps presse
mois. Au lieu d’investir dans les
gisements du Texas et du Dakota,
les mieux pourvus en schiste,
Exxon a continué à financer des
projets en Russie, nouant un
accord avec Rosneft juste avant les
sanctions américaines, en Amérique du Sud, en Océanie, ou dans le
golfe du Mexique. En 2010, il s’est
800.000
BARILS PAR JOUR
L’objectif de production
de pétrole et gaz de schiste
d’Exxon dans le Bassin permien
d’ici à 2025.
Aux Etats-Unis, le pétrole de schiste
de plus en plus rentable
Le secteur bénéficie de
la hausse du prix du baril
mais aussi d’une baisse des
coûts et d’une productivité
qui ne cesse de progresser
grâce à l’évolution
des technologies de forage.
Les investissements sont de plus
en plus ciblés sur le Bassin permien,
à cheval sur le Texas et le NouveauMexique, « plus étendu et dont le
potentiel est plus élevé que les autres
régions », souligne l’Energy Information Administration américaine
(EIA).
Vincent Collen
@VincentCollen
L’an dernier, la société de défense terrestre a enregistré
des prises de commandes records, à 1,9 milliard d’euros.
Photo Charly Triballeau/AFP
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Le temps presse pour Exxon. Ses
autres projets en cours ne permettront pas d’accroître la production
avant le début des années 2020, au
mieux. « lls essaient de rattraper
leur retard, mais ils arrivent à la fin
de la fête », a résumé Brian Youngberg, analyste chez Edward Jones.
« Ces décisions sont bonnes pour la
prochaine décennie, estiment quant
à eux les analystes de Jefferies. Mais
elles risquent de ne pas satisfaire les
objectifs des actionnaires pour les
deux prochaines années ». n
Pendant plus de dix ans, l’industrie
du pétrole de schiste a investi à perte
aux Etats-Unis. Pour la première
fois, le secteur est en train de parvenir à l’équilibre financier. « Le point
d’inflexion est proche », estime Roy
Martin, analyste chez Wood Mackenzie. Le cash-flow libre (la trésorerie dégagée par l’activité moins les
investissements) de cinq grandes
compagnies américaines spécialisées dans le schiste était légèrement
positif au quatrième trimestre 2017,
a calculé Wood Mackenzie. Si l’on
exclut un trimestre exceptionnel en
2016, c’est une première.
Meilleure connaissance
des sous-sols
Cette étape est à relativiser, tempère
l’analyste. Le cash-flow est probablement repassé dans le rouge dès
le premier trimestre 2018, et cet
agrégat financier ne tient pas
compte des coûts d’exploitation.
Autrement dit, le secteur perd
encore (beaucoup) d’argent. L’amélioration, depuis l’an dernier, est
Forage horizontal
spectaculaire néanmoins. Les
acteurs du schiste – des majors
comme Exxon, Chevron et Shell ou
des spécialistes comme EOG et Pioneer Natural Resources – bénéficient en premier lieu de la remontée
des cours du brut. La plupart d’entre
eux commencent à gagner de
l’argent lorsque le baril dépasse
50 dollars. Les prix actuels – près de
70 dollars pour le WTI vendredi –
semblent solidement ancrés bien
au-delà de ce seuil. Mais ce n’est pas
la seule explication. « Les compagnies ont fait un énorme travail de
réduction de leurs coûts. L’effondrement des prix en 2015 et 2016 les a forcées à être plus efficaces et elles n’ont
pas relâché leurs efforts depuis »,
poursuit Roy Martin. Elles se sont
focalisées sur les champs les plus
productifs grâce à une meilleure
connaissance des sous-sols, obtenu
de meilleurs prix de leurs fournisseurs et sous-traitants, réduit leurs
effectifs...
Les techniques de forage, encore
naissantes lors du premier boom
du schiste dans les années 2000, ont
rapidement évolué. Les exploitants
ont de plus en plus recours au
forage horizontal, sur des distances
qui peuvent atteindre 2 kilomètres,
voire plus. Le rendement de la fracturation hydraulique est de plus en
plus élevé, grâce à l’injection massive de sable qui maximise l’extraction de brut.
Résultat : les puits génèrent plus
de pétrole, plus vite. Dans le Bassin
permien, chacun d’entre eux produit en moyenne plus de 500 barils
par jour dès le premier mois
d’exploitation, deux fois plus qu’en
2015, selon l’EIA. La production de
chaque puits décline ensuite très
rapidement, souvent dès six mois
après la mise en service.
Cette accélération répond à l’exigence des actionnaires, qui demandent un retour sur investissement
plus rapide : « Leur objectif est de
dégager un cash-flow positif sur un
puits en quatre à six trimestres »,
explique Roy Martin. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 19
Les Echos Lundi 7, mardi 8 mai 2018
SNCF : la reprise de la dette au cœur
de la réunion cruciale de Matignon
tion. En attendant de trouver la solution pour réduire au minimum
l’impact de la future reprise de dette
sur les critères de Maastricht, Paris
aurait donc décidé, selon deux sources, de ne pas aborder le sujet avant
le 23 mai, afin d’éviter des contrariétés de dernière minute avec la Commission. Les syndicats risquent
donc de rester sur leur faim lundi.
« Edouard Philippe ne peut pas réunir
l Les syndicats, reçus lundi
par le Premier ministre, attendent
des engagements précis.
l Il est toutefois peu probable
qu’ils les obtiennent.
TRANSPORTS
Lionel Steinmann
@lionelSteinmann
Que va annoncer Edouard Philippe
aux syndicats de la SNCF ? En
acceptant de les recevoir lundi à
Matignon, le Premier ministre a
suscité de fortes attentes chez les
représentants des cheminots, qui
réclament notamment des précisions sur la reprise par l’Etat de la
dette ferroviaire. Rien ne dit toutefois qu’ils seront exaucés.
« Il y a dix jours, (il) disait : “Hors
de question de les recevoir.” S’il a
changé d’avis, c’est qu’il a des choses à
nous dire », assurait jeudi le secrétaire général de la CGT, Philippe
Martinez, demandant en particulier « des choses précises […], quand,
combien » sur les modalités de
reprise des quelque 50 milliards de
dette portés par SNCF Réseau, le
gestionnaire des infrastructures
ferroviaires. « Nous allons à cette
réunion avec nos revendications, et
nous sommes bien évidemment en
attente d’informations sur la pérennisation du financement » du rail
français, confirme de son côté
Roger Dillenseger, leader de l’Unsa
Ferroviaire. Il y a deux semaines,
Emmanuel Macron a bien annoncé
une reprise progressive à compter
du premier janvier 2020. Mais il n’a
fait que confirmer une évidence : en
adoptant à cette date un statut
s’apparentant à celui d’une société
anonyme, SNCF Réseau,
aujourd’hui établissement public,
perdra la garantie implicite de l’Etat
sur sa dette. Et doit donc être impérativement délesté d’une bonne
partie de celle-ci (de 35 à 40 milliards selon la plupart des experts)
sous peine d’être déclaré immédiatement en faillite.
Mais sur ces quelque 40 milliards, combien seront repris par
l’Etat, et à quel rythme ? Le solde
sera-t-il logé dans une structure de
défaisance ? L’exécutif n’a toujours
pas dévoilé ses plans. Dans sa lettre
aux syndicats du 24 avril, Edouard
Philippe disait souhaiter « présenter les grands équilibres économiques à venir du système ferroviaire
avant que ne commence la discussion
au Sénat », c’est-à-dire avant le
29 mai, date de l’examen en séance
publique. La réunion d’aujourd’hui
Le mouvement
de grève à épisodes
ne paralyse pas le pays.
Dès lors, l’exécutif
joue la montre.
Le Premier ministre est attendu par les syndicats sur le sujet de la reprise par l’Etat de la dette
de SNCF Réseau. Photo Christophe Simon/AFP
doit donner le coup d’envoi de cette
séquence. Mais il est peu probable
que le Premier ministre rentre dans
le niveau de détails voulu par les
s y n d i c a t s . C a r l ’exé c u t i f e s t
contraint par une autre échéance :
le 23 mai, la Commission européenne doit officialiser la sortie de
la France de la procédure pour déficit excessif qui avait été ouverte contre elle en 2009. Une décision atten-
Edouard Philippe veut faire
baisser la pression
La main tendue du Premier
ministre restera ferme
sur la réforme.
Isabelle Ficek
@IsabelleFicek
A Matignon, on le répète sur tous
les tons : « L’approche du Premier
ministre n’a pas changé : sa main est
tendue mais elle reste ferme », assure-t-on avant les rendez-vous de ce
lundi entre Edouard Philippe et les
syndicats sur la SNCF. Ferme car la
réorganisation de la SNCF, l’ouverture à la concurrence et la fin du statut, ne sont pas négociables. Tendue, car il reste encore des éléments
à préciser. Quant au rendez-vous,
présenté par certains syndicats
comme une « victoire », le signal
que « le rapport de force a gagné »,
dixit Laurent Brun à la CGT, il est
décrit par Matignon comme « une
réunion de travail qui permettra
d’échanger sur l’ensemble des sujets
de la réforme ». Une tentative pour
dédramatiser et minimiser le rapport de force.
Le chef du gouvernement veut
montrer, ainsi qu’il l’avait dit aux
organisations syndicales dans son
courrier du 24 avril dernier, que
c’est la « seconde étape » de la
réforme, après le vote en première
lecture à l’Assemblée nationale et
avant l’arrivée de la discussion au
Sénat, fin mai. Encore une fois,
l’exécutif veut prouver qu’il avance
« conformément au calendrier, sans
varier sur ce qui n’est pas à négocier. » Et tuer dans l’œuf toute idée
qu’il pourrait reculer.
Edouard Philippe, pour autant,
« n’escompte pas que, après cette réunion, tout le monde dise tout va bien,
on arrête tout du côté des organisations les plus dures. Parce que,
comme elles, il est déterminé, mais il
est aussi convaincu que le système
ferroviaire doit évoluer », rapporte
un proche. Là encore, une manière
de faire baisser la pression sur les
attentes et l’aspect « décisif » de ces
face-à-face, avant la menace de la
journée sans cheminot du 14 mai.
due avec impatience par
Emmanuel Macron pour accroître
la crédibilité et l’influence de la
France à Bruxelles. Or, le gouvernement n’a absolument pas évoqué ce
sujet dans le « programme de stabilité pour les années 2018 à 2022 »
transmis mi-avril à la Commission,
alors que, comme le souligne le
député Joël Giraud dans son rapport sur ce document, « l’opération
de reprise de dette aurait un impact
immédiat sur le déficit et la dette
publique », et ce « indépendamment
du calendrier de reprise de dette ». En
clair, même si le gouvernement projette de reprendre par exemple
40 milliards sur dix ans, les conséquences sur la dette publique (une
augmentation de l’ordre de 2 points
de PIB) seraient comptabilisées en
une seule fois, au début de l’opéra-
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MAINTENANT
AUX ECHOS
BIENVENUE DANS LA NOUVELLE ECHOSNOMIE
Edouard Philippe et Elisabeth Borne s’exprimeront ce lundi
après-midi après leur rencontre avec les syndicats.
Photo Philippe Lopez/AFP
L’enjeu est de taille
pour l’exécutif : la
sortie de crise donnera
le ton pour la suite
des réformes
du quinquennat.
A Matignon, on redit que l’ouverture de cette seconde phase doit
permettre que l’ensemble de la
réforme soit connu à l’arrivée de la
discussion du texte au Sénat. Et
l’entourage du Premier ministre de
voir, dans les points à discuter au
niveau de l’entreprise, l’organisation du travail, la polyvalence, les
métiers etc., au niveau de la branche, la convention collective et les
recrutements au contrat de travail,
au niveau du ministère, l’organisation du service public ferroviaire et
à Matignon, la question de la dette
et les capacités d’investissements
futurs.
Un changement de ton
Son entourage souligne aussi, outre
le « reflux constatable » du nombre
de grévistes en même temps
qu’« un niveau de perturbations qui
reste élevé pour les usagers et l’économie », « le formidable travail de ceux
qui bossent. 80 % des cheminots sont
au charbon pour limiter l’impact de
la grève. Il y a un vrai service public,
un ressaisissement. Il faut le saluer ».
Un changement de ton, même si
Matignon a toujours réfuté tout
« cheminot bashing », pourtant
pointé jusque dans les allées de
l’Elysée. Un changement de ton,
aussi, au moment où s’ouvre un
front plus compliqué que prévu
à Air France. « Cette journée, c’est
une façon d’offrir aux syndicats une
image, une estrade sur le perron, avec
le deuxième personnage de l’Etat, une
forme de considération. Est-ce que la
considération suffira ? Je n’en suis
pas sûr », avance un bon connaisseur du dossier. « Mais Philippe est
habile et sait écouter. Le mouvement
finira par s’étioler » veut-il croire,
faisant, finalement, le même pari
que le gouvernement.
Le Premier ministre doit s’exprimer avec Elisabeth Borne dans
l’après-midi, après leur rencontre
avec les syndicats. « Il y aura des choses à dire », assure-t-on. L’enjeu est
de taille pour l’exécutif où l’on sait
que la couleur de la sortie de crise
donnera le ton pour la suite des
réformes du quinquennat. n
abonnement.lesechos.fr
à Matignon toutes les parties prenantes du secteur sans faire une ou des
annonces », veut croire un syndicaliste. Mais celles-ci pourraient rester
de principe, comme une augmentation des budgets consacrés à la rénovation du réseau dans les années à
venir, ou bien des précisions de
calendrier. Car le gouvernement
n’est pas dos au mur. Le mouvement
de grève à épisodes lancé depuis plus
d’un mois à la SNCF gêne les clients,
pénalise considérablement le fret
ferroviaire, mais ne paralyse pas le
pays. Les taux de participation s’érodent doucement. Dès lors, l’exécutif
joue la montre, pariant sur l’épuisement progressif du mouvement, qui
pourrait s’accélérer une fois la
réforme examinée par le Sénat. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
20 // INDUSTRIE & SERVICES
Lundi 7, mardi 8 mai 2018 Les Echos
Prix agricoles : l’Autorité de
la concurrence pose les règles
AGRICULTURE
Les micro-influenceurs,
nouvelle poule
aux œufs d’or ?
Dans le cadre des négociations avec les industriels et les distributeurs, les interprofessions peuvent échanger
des informations
générales sur les coûts.
PUBLICITÉ
Spontanés, authentiques,
experts en leur domaine et
peu ou pas payés pour leurs
coups de cœur postés sur
YouTube et Instagram, les
micro-influenceurs gagnent du
terrain auprès des marques.
Philippe Bertrand
@Bertra1Philippe
C’était une épée de Damoclès suspendue sur les conclusions des
Etats généraux de l’alimentation.
Dans quelle mesure les interprofessions agricoles et les organisations de producteurs pouvaientelles indiquer des prix de revient
moyens ? L’idée était de construire
les prix de vente aux industriels et
aux distributeurs à partir des coûts
des paysans pour augmenter leur
rémunération. Le gouvernement
avait saisi l’Autorité de la concurrence pour avis.
Les sages de la rue de l’Echelle, à
Paris, ont rendu leur copie vendredi.
Le texte dessine les limites à ne
pas dépasser. Les organisations
interprofessionnelles peuvent fournir à leurs membres des « informations économiques générales »,
élaborer des contrats types avec, le
cas échéant, des clauses précises
sur la répartition de la valeur entre
les agriculteurs et les premiers acheteurs. Elles ne peuvent, en revanche, fixer des prix et des quotas.
L’institution rappelle que le règlement qui régit l’organisation commune des marchés agricoles (OCM)
l’interdit formellement, comme elle
prohibe la régulation des volumes
par les interprofessions.
Les organisations de producteurs
et les associations d’organisations de producteurs peuvent aller
plus loin « si nécessaire ». Elles peuvent fixer des prix minimaux et
se concerter sur les volumes.
Véronique Richebois
@VRichebois
Les organisations de producteurs et les associations d’organisations de producteurs
peuvent fixer des prix minimaux et se concerter sur les volumes. Photo Santi Donaire/EFE/Sipa
Mais cette dérogation au droit
de la concurrence ne vaut qu’à
l’intérieur de chaque structure.
Les organisations et les associations d’organisations ne peuvent
s’entendre entre elles.
Une offre atomisée
Pour établir ce cadre, l’Autorité de la
concurrence se base sur l’arrêt dit
« endives » de la Cour de justice de
l’Union européenne. Elle rappelle
aussi que Bruxelles partage avec le
gouvernement français le diagnostic sur la nécessité d’un regroupement des producteurs face à leurs
clients industriels ou distributeurs.
« Le législateur européen préconise
de longue date le regroupement de
« Le législateur
européen préconise
de longue date
le regroupement
de producteurs
afin de remédier
aux déséquilibres
des marchés
agricoles. »
L’AUTORITÉ DE LA
CONCURRENCE
producteurs afin de remédier aux
déséquilibres des marchés agricoles
liés à la structure d’une offre atomisée et d’une demande concentrée. A cet égard, selon les chiffres
publics disponibles, on dénombrait, en France, en 2016, environ
472.000 exploitations agricoles françaises, 17.600 entreprises agroalimentaires et 4 grosses centrales
d’achats », précise l’institution.
L’avis rendu permettra à la Direction générale de la concurrence,
de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) d’élaborer des lignes directrices sur l’application du droit de la concurrence au
secteur. Le cadre deviendra alors
encore plus précis. n
Beurre : croissants et pains au chocolat
menacés par la flambée des prix
5.650
AGROALIMENTAIRE
Les pâtissiers s’inquiètent des conséquences
de la surchauffe
du marché du beurre.
EUROS LA TONNE
Le cours du beurre
en avril 2018.
bre 2017, en passant de 3.000 euros
la tonne à près de 7.000 euros
l’automne dernier. En janvier ils
étaient retombés à 4.000 euros,
avant de repartir de plus belle à la
hausse jusqu’à atteindre 5.650 euros
en avril, selon l’Association de
la transformation laitière (Atla).
« Nous avions prévu ce scénario. La
demande est toujours forte et on n’a
pas du tout reconstitué les stocks », dit
Gérard Calbrix, l’économiste d’Atla.
Marie-Josée Cougard
@CougardMarie
Nouvelles émotions chez les pâtissiers-boulangers. Les cours du
beurre, qui s’étaient un peu assagis
après avoir atteint des sommets historiques en 2017, flambent à nouveau. « Alors que les entreprises
se remettent à peine de la crise sans
précédent du beurre en 2017, l’année
2018 s’annonce encore pire, s’alarme
la Fédération des entreprises de
boulangerie (FEB). Les prix sont
près de deux fois supérieurs à la
même période en 2015 et 2016, et
25 % supérieurs à leur niveau à la
même époque en 2017. »
Rayons vides
L’an passé, tous les consommateurs
s’étaient retrouvés peu ou prou face
à des rayons de beurre vides. Les
industriels transformateurs de lait
avaient pour beaucoup préféré
exporter afin de profiter du marché
mondial très porteur et pour échapper à leur difficulté à négocier des
hausses de prix auprès de la grande
distribution.
L’essor des prix du beurre n’est
pas un phénomène spécifique à la
France. Le problème est mondial.
marketing
Premier producteur
mondial de viennoiseries
L’essor des prix du beurre n’est pas un phénomène spécifique
à la France. Le problème est mondial. Photo Shutterstock
En Europe, il est lié à la baisse de collecte de lait à la suite des incitations
de la Commission à réduire la production. Pendant deux ans, après la
suppression des quotas en 2013, les
Vingt-Huit baignaient dans les surplus. Tous les pays membres producteurs, Europe du Nord en tête,
avaient voulu profiter de la libéralisation du marché communautaire
et augmenté les volumes de lait.
Bruxelles est intervenue à leur
demande pour calmer le jeu et,
quelques mois après, l’Europe
manque de beurre. A sa décharge, il
faut dire que les deux mastodontes
que sont les Etats-Unis et la Chine se
sont brusquement mis au beurre.
Les premiers ont radicalement
changé d’habitude, délaissant la
margarine au profit du beurre, dont
le corps médical s’est mis à vanter
les mérites. Quant aux Chinois, ils le
découvrent.
Résultat, les cours ont plus que
doublé entre juillet 2016 et octo-
Doit-on craindre une nouvelle
pénurie ? « Pas nécessairement.
Tout dépend de la pluviométrie cet
été. S’il pleut régulièrement, les vaches
auront de l’herbe en abondance
et produiront plus. » Dans le cas
contraire, les croissants et les pains
au chocolat pourraient vivre des
jours difficiles. La France est de très
loin le premier producteur mondial
de viennoiseries, avec un chiffre
d’affaires de 8,5 milliards pour la
pâtisserie au beurre, dont 1,9 milliard réalisé à l’export. Son succès
est tel en la matière qu’elle importe
200.000 tonnes de beurre par an,
qui s’ajoutent à la production nationale de 450.000 tonnes. n
Il y a deux ans, en 2016, YouTube
avait été le théâtre d’une étrange
vindicte. Sur leur chaîne dédiée,
sur fond de lipsticks artistiquement mis en scène, de flacons de
parfums et de bouquets de pivoines, les youtubeuses EnaolF,
MyPrettyCherryBeauty, Sweet
Dine Makeup et Marjorie ne
décoléraient pas. Toutes avaient
reçu un mail d’Octoly déclarant
leur chaîne « inéligible » faute
d’une audience suffisante.
La plate-forme proposant des
partenariats entre grandes marques de beauté (Estée Lauder,
prescripteurs, rendant les stratégies annonceur beaucoup plus
rentables. L’engagement se
réduit drastiquement lorsque
vous avez atteint un certain nombre de followers ».
La lassitude, la méfiance et la
saturation sont passées par là.
« Après plusieurs années de zone
grise, où l’on a vu des blogueurs
s’exprimer sur des marques sans
que l’on sache s’ils étaient payés
ou non, tandis que des people
comme Cristiano Ronaldo ou
Kim Kardashian devenaient de
véritables médias monétisant
leur audience, on a constaté
un désengagement des consommateurs sur ce type de prise de
parole », indique Valérie Planchez, vice-présidente de Havas
Paris, qui n’a travaillé qu’avec
des micro-influenceurs sur les
dernières campagnes pour
l’Alpine de Renault. « Même si
beaucoup d’institutions se sont
dotées de chartes de bonne
conduite depuis 2013, les internautes continuent de rechercher
toujours plus de transparence,
d’authenticité et d’expertise. »
Lisa Gachet, auteure du blog Make My Lemonade et créatrice de la marque Wear Lemonade. Photo Lisa Gachet - Monoprix
Guerlain, Dior, Make Up For
Ever, Anastasia Beverly Hills…)
et youtubeuses avait décidé de
hausser d’un cran ses exigences.
Là où Octoly se contentait jusqu’ici de 500 vues sur les vidéos
où ces micro-influenceuses testaient et commentaient les produits, un millier de vues était
exigé à présent. Sinon… plus
question de mettre son StoreFree à leur disposition.
Taux d’engagement
record
Deux ans plus tard, où en
est-on ? Octoly, créé en 2015, a
prospéré. La marketplace
revendique 250 marques partenaires et 1.000 influenceurs. Ses
conditions se sont affinées :
5.000 abonnés au minimum sur
Instagram et 1.000 vues au
terme de trente jours de diffusion. Mais quoi d’étonnant ?
Dans un écosystème où l’avis des
micro-influenceurs énoncé de
manière spontanée, authentique, sans rémunération est de
plus en plus déterminant sur les
intentions d’achat – renvoyant le
placement de produits à l’ère des
dinosaures –, leur profil et leur
audience sont scrutés à la loupe.
Les vidéos doivent rassembler
entre 1.000 et 10.000 vues.
Il est vrai que le jeu en vaut la
chandelle. Selon Kyla Brennan,
fondatrice et CEO de HelloSociety, interviewée par le
magazine « L’ADN », « les campagnes qui font appel aux microinfluenceurs ont un taux d’engagement de 60 % supérieur aux
comptes de personnalités très
populaires et poussent 6,7 fois
plus les followers vers un comportement d’achat que les grands
Moralité, depuis plusieurs
mois, les micro-influenceurs,
qui ne se font pas payer par les
marques hors quelques bons
d’achat ou des produits gratuits,
sont en train de conquérir le
pouvoir en douceur. Leurs
armes ? Un blog, un compte Instagram, une chaîne YouTube.
La clef de leur succès ? Expertise, authenticité et proximité.
« La question de la confiance et
de l’empathie est fondamentale,
reprend Valérie Planchez. Le
micro-influenceur doit être un
peu le “boy next door”, le copain
de fac passionné de BD qui vous
conseillait sur l’album introuvable et que vous écoutiez. » Et
contrairement au cliché, le
micro-influenceur n’a pas forcément grand-chose à voir avec
l’image d’Epinal du Millennial
vautré sur son canapé.
« On trouve des gens de tout
âge ayant en commun une passion pour un sujet particulier
qu’ils maîtrisent totalement, ce
qui leur offre la crédibilité pour
s’exprimer sur un produit appartenant à leur univers. Car le vrai
problème, à présent, est de gagner
la bataille de l’engagement et non
plus seulement d’additionner
des likes sur Facebook », note
Mélanie Colléou, responsable
des stratégies d’influence de
l’agence Rosapark. Pour son
client Monoprix, celle-ci est
intervenue dans la « collab »
autour d’une ligne de vêtements
nouée entre l’enseigne et Lisa
Gachet (238.000 followers),
auteure du blog Make My
Lemonade et créatrice de la
marque Wear Lemonade…
après avoir démarré comme
micro-influenceuse. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
AVIS FINANCIER // 21
Les Echos Lundi 7, mardi 8 mai 2018
Société anonyme à conseil d’administration au capital de 5 021 289 259,20 €
Siège social : 30, avenue Pierre Mendès France – 75013 Paris. 542 044 524 R.C.S. Paris.
AVIS DE CONVOCATION
MM. les actionnaires de Natixis (la “Société”) sont informés qu’ils sont convoqués en assemblée générale mixte le mercredi 23 mai 2018 à 15 heures au Palais Brongniart, 25 Place de la Bourse – 75002 Paris.
Par ailleurs, l’ordre du jour et les projets de résolutions publiés dans l’avis de réunion à l’assemblée générale mixte paru dans le Bulletin des Annonces légales obligatoires numéro 44 du 11 avril 2018 sont modifiés et complétés suite à certains compléments
apportés par le conseil d’administration.
I. Ordre du jour
En conséquence de ce qui précède, le conseil d’administration de la Société a modifié l’ordre du jour de l’assemblée générale, qui est désormais le suivant :
De la compétence de l’assemblée générale ordinaire
— Rapports du conseil d’administration ;
— Rapports des commissaires aux comptes ;
— Approbation des comptes sociaux de l’exercice 2017 ;
— Approbation des comptes consolidés de l’exercice 2017 ;
— Affectation du résultat ;
— Approbation des conventions visées par les articles L. 225-38 et suivants du Code de commerce ;
— Approbation de la rémunération totale et des avantages de toute nature versés ou attribués au président du conseil d’administration
au titre de l’exercice 2017 ;
— Approbation de la rémunération totale et des avantages de toute nature versés ou attribués au directeur général au titre de l’exercice
2017 ;
— Approbation des principes et des critères de détermination, de répartition et d’attribution des éléments fixes, variables et
exceptionnels composant la rémunération totale et les avantages de toute nature attribuables au président du conseil
d’administration pour l’exercice 2018 ;
— Approbation des principes et des critères de détermination, de répartition et d’attribution des éléments fixes, variables et
exceptionnels composant la rémunération totale et les avantages de toute nature attribuables au directeur général pour l’exercice
2018 ;
— Enveloppe globale des rémunérations versées aux personnes visées à l’article L. 511-71 du Code monétaire et financier, durant
l’exercice 2017 ;
— Ratification de la cooptation de Bernard Dupouy ;
— Nomination de Bernard Oppetit en qualité d’administrateur, à la suite de sa démission pour favoriser l’échelonnement des mandats
des administrateurs ;
— Nomination d’Anne Lalou en qualité d’administrateur, à la suite de sa démission pour favoriser l’échelonnement des mandats des
administrateurs ;
— Nomination de Thierry Cahn en qualité d’administrateur, à la suite de sa démission pour favoriser l’échelonnement des mandats des
administrateurs ;
— Nomination de Françoise Lemalle en qualité d’administrateur, à la suite de sa démission pour favoriser l’échelonnement des mandats
des administrateurs ;
— Constatation de la cessation du mandat de la société Mazars SA, commissaire aux comptes titulaire, et non renouvellement dudit
mandat ;
— Constatation de la cessation du mandat de Franck Boyer, commissaire aux comptes suppléant, et non renouvellement dudit mandat ;
— Autorisation à donner au conseil d’administration au titre de l’intervention de la Société sur le marché de ses propres actions ;
De la compétence de l’assemblée générale extraordinaire
— Délégation de compétence à donner au conseil d’administration pour décider l’augmentation du capital social par émission
d’actions ou de valeurs mobilières donnant accès au capital, réservée aux adhérents de plans d’épargne avec suppression du
droit préférentiel de souscription au profit de ces derniers ;
— Modification de l’article 19 « Commissaires aux comptes » des statuts de la Société ;
— Délégation à donner au conseil d’administration à l’effet d’apporter les modifications nécessaires aux statuts pour les mettre
en conformité avec les dispositions législatives et réglementaires ;
— Pouvoirs pour les formalités.
De la compétence de l’assemblée générale ordinaire
— Approbation des engagements réglementés visés à l’article L. 225-42-1 du Code de commerce pris au bénéfice de François Riahi.
II. Projets de résolutions
L’avis préalable prescrit par l’article L.225-73 du Code de commerce a été publié au Bulletin des annonces légales obligatoires (BALO) du
11 avril 2018 sous le numéro 1800996.
Le présent avis de convocation est publié au BALO et au journal « Les Petites Affiches » du 7 mai 2018, ainsi que dans l’hebdomadaire
« Le Revenu » du 11 mai 2018.
Les projets de résolutions numérotées un à vingt-et-un qui seront soumis au vote de l’assemblée générale mixte de la Société ont été
publiés dans l’avis de réunion paru dans le Bulletin des annonces légales obligatoires numéro 44 du 11 avril 2018. A l’exception des projets
de septième et huitième résolutions, leur rédaction est inchangée.
Le projet de septième résolution a été modifié par le conseil d’administration et est remplacé par le projet de septième résolution suivant :
Septième résolution (Approbation des principes et des critères de détermination, de répartition et d’attribution des éléments fixes, variables
et exceptionnels composant la rémunération totale et les avantages de toute nature attribuables au président du conseil d’administration
pour l’exercice 2018)
L’assemblée générale, statuant aux conditions de quorum et de majorité des assemblées ordinaires, en application de l’article
L. 225-37-2 du Code de commerce, approuve les principes et critères de détermination, de répartition et d’attribution des éléments fixes,
variables et exceptionnels composant la rémunération totale et les avantages de toute nature attribuables au président du conseil
d’administration, tels que détaillés (i) dans le rapport sur le gouvernement d’entreprise, présenté dans le document de référence de Natixis
au chapitre 2 section 2.4 et au chapitre 7 section 7.5.1, et (ii) dans le rapport complémentaire sur le gouvernement d’entreprise.
Le projet de huitième résolution a été modifié par le conseil d’administration et est remplacé par le projet de huitième résolution suivant :
Huitième résolution (Approbation des principes et des critères de détermination, de répartition et d’attribution des éléments fixes, variables
et exceptionnels composant la rémunération totale et les avantages de toute nature attribuables au directeur général pour l’exercice 2018)
L’assemblée générale, statuant aux conditions de quorum et de majorité des assemblées ordinaires, en application de l’article L. 225-37-2
du code de commerce, approuve les principes et critères de détermination, de répartition et d’attribution des éléments fixes, variables et
exceptionnels composant la rémunération totale et les avantages de toute nature attribuables au directeur général, tels que détaillés (i) dans
le rapport sur le gouvernement d’entreprise, présenté dans le document de référence de Natixis au chapitre 2 section 2.4 et au chapitre 7
section 7.5.1, et (ii) dans le rapport complémentaire sur le gouvernement d’entreprise.
Le projet de vingt-deuxième résolution a été ajouté par le conseil d’administration :
Vingt-deuxième résolution (Approbation des engagements réglementés visés à l’article L. 225-42-1 du Code de commerce pris au
bénéfice de François Riahi)
L’assemblée générale, statuant aux conditions de quorum et de majorité des assemblées ordinaires, connaissance prise du rapport du
conseil d’administration et du rapport spécial établi par les commissaires aux comptes sur les engagements visés à l’article L. 225-42-1 du
Code de commerce, approuve les engagements pris au bénéfice de François Riahi, visés dans ledit rapport spécial des commissaires aux
comptes, notamment l’engagement relatif à l’indemnité de cessation de fonctions et l’engagement de non-concurrence.
III. Participation à l’assemblée
I. Modalités de participation à l’assemblée
Tout actionnaire, quel que soit le nombre d’actions qu’il possède, a le droit de participer à cette assemblée générale :
- En y assistant personnellement,
- En votant par correspondance,
- En donnant pouvoir au président de l’assemblée,
- En donnant pouvoir à toute personne de son choix.
Natixis offre également la possibilité aux actionnaires de voter par internet, préalablement à l’assemblée générale mixte, sur
la plateforme de place VOTACCESS.
Cette plateforme offre les mêmes possibilités à l’actionnaire que le formulaire papier de vote par correspondance, à savoir :
demander une carte d’admission, donner procuration à toute personne de son choix ou au président de l’assemblée, révoquer
et désigner un nouveau mandataire, et voter par internet.
Conformément à l’article R. 225-85 du Code de commerce, le droit de participer à l’assemblée générale est subordonné à
l’inscription en compte des titres au nom de l’actionnaire ou de l’intermédiaire inscrit pour son compte (en application du
septième alinéa de l’article L. 228-1 du Code de commerce) au deuxième jour ouvré précédant l’assemblée à zéro heure, heure
de Paris, à savoir le 21 mai 2018, zéro heure, heure de Paris (ci-après « J-2 »), soit dans les comptes de titres nominatifs tenus
par la Société (ou son mandataire), soit dans les comptes de titres au porteur tenus par les intermédiaires habilités.
Pour les actionnaires au nominatif, cette inscription en compte à J-2 dans les comptes de titres nominatifs est suffisante pour
leur permettre de participer à l’assemblée générale.
Pour les actionnaires au porteur, ce sont les intermédiaires habilités qui tiennent les comptes de titres au porteur qui justifient
de la qualité d’actionnaire de leurs clients auprès du centralisateur de l’assemblée par la production d’une attestation de
participation qui doit être annexée au formulaire de vote ou à la demande de carte d’admission établie au nom de l’actionnaire
ou pour le compte de l’actionnaire représenté par l’intermédiaire inscrit. Une attestation est également délivrée à l’actionnaire
souhaitant participer physiquement à l’assemblée et qui n’a pas reçu sa carte d’admission à J-2, soit le 21 mai 2018, à
zéro heure, heure de Paris.
Un avis de convocation comprenant un formulaire de vote par correspondance ou par procuration sera envoyé automatiquement
à tous les actionnaires nominatifs. Les actionnaires au porteur devront s’adresser à l’intermédiaire financier auprès duquel
leurs actions sont inscrites en compte afin d’obtenir le formulaire de vote par correspondance ou par procuration. Conformément
à l’article R. 225-75 du Code de commerce, il sera fait droit à toute demande de formulaire déposée ou parvenue au siège
social au plus tard le 17 mai 2018.
Les formulaires de vote par correspondance ou par procuration dûment remplis ou les demandes de carte d’admission devront
parvenir au plus tard le 20 mai 2018 :
— pour les propriétaires d’actions nominatives, à l’établissement centralisateur : CACEIS Corporate Trust, Service Assemblées,
14, rue Rouget de Lisle, 92862 Issy-les-Moulineaux Cedex 9 ;
— pour les propriétaires d’actions au porteur, à leur intermédiaire financier dès que possible afin que celui-ci puisse faire
parvenir le formulaire à CACEIS Corporate Trust, accompagné d’une attestation de participation.
Le vote par internet :
La plateforme de place VOTACCESS est ouverte depuis le lundi 7 mai 2018 à 14 heures jusqu’au mardi 22 mai 2018 à 15 heures.
Il est toutefois conseillé aux actionnaires de ne pas attendre la veille de l’assemblée générale de Natixis pour se connecter
afin d’éviter un éventuel engorgement de la plateforme.
Les actionnaires au nominatif (pur ou administré) souhaitant demander une carte d’admission, désigner ou révoquer un
mandataire en ligne, ou voter par internet avant l’assemblée devront se connecter au site OLIS-Actionnaire à l’adresse suivante :
www.emetline.olisnet.com
L’identifiant de connexion de l’actionnaire figure sur le formulaire de vote par correspondance adressé par CACEIS Corporate
Trust, par courrier postal, avec la convocation à l’assemblée générale, ou sur la convocation électronique pour les actionnaires
ayant opté pour la convocation dématérialisée.
Une fois connectés au site OLIS-Actionnaire, les titulaires d’actions au nominatif devront suivre les indications affichées à
l’écran afin d’être redirigés sur la plateforme VOTACCESS, puis demander une carte d’admission, désigner et révoquer un
mandataire, ou encore voter.
Si vous ne disposez pas de vos identifiant et mot de passe personnel, vous pouvez en faire la demande par courrier à CACEIS
Corporate Trust, Service Assemblées, 14, rue Rouget de Lisle, 92862 Issy-les-Moulineaux Cedex 9, avant le 17 mai 2018 au
plus tard.
Les actionnaires au porteur souhaitant recourir au vote par internet devront s’assurer au préalable que leur établissement
teneur de compte a adhéré au système VOTACCESS et leur propose ce service pour l’assemblée générale de Natixis.
Les actionnaires dont le teneur de compte a adhéré à VOTACCESS pourront se connecter au portail internet de leur établissement
teneur de compte avec leurs codes d’accès habituels, cliquer sur la ligne correspondant à leurs actions Natixis et suivre les
indications affichées à l’écran pour être redirigés sur la plateforme. Une fois connectés, les actionnaires devront suivre les
indications affichées à l’écran.
Tout actionnaire ayant déjà voté à distance, par correspondance, envoyé un pouvoir ou demandé sa carte d’admission ou une
attestation de participation, n’aura plus la possibilité de choisir un autre mode de participation à l’assemblée, étant précisé
qu’en cas de cession de titres intervenant avant le deuxième jour ouvré précédant l’assemblée à zéro heure, heure de Paris,
la Société invalidera ou modifiera en conséquence, selon le cas, la procuration ou le vote exprimé avant cette date et cette
heure.
II. Modalités de dépôt de questions écrites
Conformément à l’article R. 225-84 du Code de commerce, l’actionnaire qui souhaite poser des questions écrites doit, au plus
tard le quatrième jour ouvré précédant la date de l’assemblée, soit le 17 mai 2018, adresser ses questions à Natixis, Secrétariat
du Conseil - Corporate Governance, BP 4, 75060 Paris Cedex 02, par lettre recommandée avec demande d’avis de réception
adressée au président du conseil d’administration ou par voie de télécommunication électronique à l’adresse suivante :
assemblee.generale@natixis.com. Pour être prises en compte, ces questions doivent impérativement être accompagnées
d’une attestation d’inscription en compte.
III. Prêt – emprunt de titres
Conformément à l’article L. 225-126 I du Code de commerce, toute personne qui détient, seule ou de concert, au titre d’une
ou plusieurs opérations de cession temporaire portant sur les actions de la Société ou de toute opération lui donnant le droit
ou lui faisant obligation de revendre ou de restituer ces actions au cédant, un nombre d’actions représentant plus de 0,5 %
des droits de vote, informe la Société et l’Autorité des marchés financiers (AMF), au plus tard le deuxième jour ouvré précédant
l’assemblée, soit le 21 mai 2018, à zéro heure, heure de Paris, et lorsque le contrat organisant cette opération demeure en
vigueur à cette date, du nombre total d’actions qu’elle possède à titre temporaire.
Cette déclaration doit comporter, outre le nombre d’actions acquises au titre de l’une des opérations susmentionnées, l’identité
du cédant, la date et l’échéance du contrat relatif à l’opération et, s’il y a lieu, la convention de vote.
Les personnes concernées doivent transmettre par voie électronique à l’AMF les informations prévues à l’adresse suivante :
declarationpretsemprunts@amf-france.org.
Elles transmettront ces mêmes informations à la Société par voie électronique à l’adresse suivante : assemblee.generale@natixis.com.
À défaut d’information de la Société et de l’AMF dans les conditions précitées, les actions acquises au titre des opérations
temporaires concernées seront privées de droit de vote pour l’assemblée générale du 23 mai 2018 et pour toute assemblée
d’actionnaires qui se tiendrait jusqu’à la revente ou la restitution desdites actions.
IV. Documents destinés aux actionnaires
L’avis de réunion, le rapport du conseil d’administration sur les résolutions et la brochure de convocation de l’assemblée ainsi
que l’ensemble des informations et documents énoncés à l’article R. 225-73-1 du Code de commerce peuvent être consultés
sur le site Internet de Natixis : www.natixis.com.
Le conseil d’administration
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
22 //
Lundi 7, mardi 8 mai 2018 Les Echos
Bientôt une
version payante
de Facebook ?
A partir du 10 juillet, le géant
américain va vérifier l’identité
des personnes et des organisations achetant de l’espace publicitaire sur son vaste réseau
pendant les élections présidentielles aux Etats-Unis. Les
annonceurs devront être de
nationalité américaine, ou résider légalement dans le pays.
Une déclinaison payante et sans
publicité du célèbre réseau
social est actuellement à l’étude,
rapporte l’agence Bloomberg.
Mark Zuckerberg a déjà
considéré cette possibilité dans
le passé mais, suite à l’affaire
Cambridge Analytica, ce projet
aurait dorénavant davantage
de soutiens en interne.
DR
en
pixels
DR
HIGH-TECH
&MEDIAS
Google va scruter
les annonceurs
« politiques »
1,8
MILLIARD DE PERSONNES
se connectent chaque mois
sur YouTube, selon les
derniers chiffres officiels.
L’audience totale de la plateforme est toutefois encore
plus élevée, puisque ce
chiffre ne comprend que les
utilisateurs qui s’identifient
via leurs comptes Google.
Telecom Italia : une nouvelle ère s’ouvre
après la victoire d’Elliott face à Vivendi
l Le fonds américain a réussi
à reprendre au groupe français le
contrôle du conseil de Telecom Italia.
l L’avenir du réseau national de l’opérateur et celui de son directeur général, Amos Genish, sont en question.
TÉLÉCOMS
Nicolas Madelaine
@NLMadelaine
Au lendemain de la douloureuse
défaite de Vivendi lors de l’assemblée générale de vendredi face au
fonds activiste américain Elliott
pour le contrôle de Telecom Italia
(TIM), c’est une nouvelle ère délicate
qui s’ouvre pour l’opérateur historique italien et surtout pour le groupe
contrôlé par Vincent Bolloré, qui
détient 24 % des droits de vote.
Pour Telecom Italia, l’urgence est
de recomposer sa direction sous la
houlette des 10 membres « indépendants », insiste Elliott, présentés victorieusement par le fonds américain, et des cinq autres choisis par
Vivendi. Un conseil d’administration se tient lundi. Fulvio Conti,
ancien patron de l’Enel, l’EDF italien, devrait remplacer à la présidence du conseil l’homme qu’avait
placé Vivendi, Franco Bernabè.
Pour Telecom Italia,
l’urgence est
de recomposer
sa direction.
Tous les regards se tournent
cependant vers Amos Genish, le
patron actuel, qui était soutenu
par les deux camps (lire ci-dessous).
Il serait surprenant qu’il démissionne, malgré ce qu’avait prédit
Vivendi. Vendredi, ce dernier assurait en effet dans un communiqué
qu’il « veillera attentivement à ce
qu’Amos Genish reçoive des adminis-
trateurs proposés par Elliott toutes
les assurances et garanties que le plan
industriel 2018-2020 puisse être
mené à bien ». Quant à Elliott, il assurait le soutenir « totalement ».
Vers un rapprochement
avec Open Fiber ?
Le premier sujet stratégique pourrait être l’avenir du réseau national
italien, rebaptisé « Netco », au sein
de TIM. Elliott a l’intention de laisser la direction décider, même s’il
avait envoyé le message selon lequel
une « déconsolidation », jugée non
pertinente par Amos Genish, pourrait être bienvenue. Ce qui est sûr
est que plane la possibilité d’un
rapprochement entre Netco et
Open Fiber, un réseau fibre concurrent lancé par le même Enel d’où
vient Fulvio Conti et la Caisse des
dépôts italienne, qui a fait pencher
le vote en faveur du fonds américain
qui pourrait se renforcer.
De son côté, Vivendi, même s’il a
toujours insisté sur le fait qu’il
n’avait pas le contrôle mais exerçait
une position de « direction et de coordination », n’aura plus les mains
libres chez Telecom Italia pour des
projets avec d’autres de ses filiales.
La coentreprise entre Telecom Italia et Canal+ aura encore plus de
mal à renaître, d’autant qu’elle
n’avait déjà pas obtenu les approbations nécessaires.
Quant au projet de « Netflix
d’Europe du Sud » de Vincent
Bolloré, il paraît aujourd’hui bien
compromis. Début avril, Mediaset
a en effet décidé de rapprocher
son bouquet de télévision payante
Mediaset Premium avec le leader
incontesté du secteur dans la péninsule, Sky Italia, aujourd’hui contrôlé
Le président du conseil des auditeurs de Telecom Italia, Roberto Capone (à gauche), le président adjoint de Telecom Italia,
Franco Bernabe (au centre) et le notaire Carlo Marchetti, à l’assemblée générale de Telecom Italia le 4 mai. Photo Miguel Medina/AFP
par le clan de l’Australo-Américain
Rupert Murdoch. Et selon un investisseur, cette alliance se met bien
en plac e et ne laisse Vivendi
qu’exposé aux poursuites judiciaires du camp Berlusconi consécutives à la rupture de l’accord d’alliance
Vivendi-Mediaset du 8 avril 2016.
Hausse du cours
de Vivendi vendredi
L’action Vivendi a cependant bien
réagi, puisqu’elle a gagné 1 % vendredi. « Cela ne change pas grandchose, commente un analyste. De
toute façon, les éventuelles synergies
entre Vivendi et Telecom Italia n’ont
pas été exploitées et celles qui devaient
naître de l’alliance avec Mediaset sont
anéanties par le rapprochement entre
ce dernier et Sky Italia. » Il n’y a plus
aucune chance que Vivendi consolide Telecom Italia et sa dette,
notait en outre une source proche
de Vivendi.
Telecom Italia gagnait de son côté
2,2 % à la Bourse de Milan. Elliott
étant souvent présenté comme
ayant l’establishment italien derrière lui, l’opérateur italien aura
peut-être de meilleures relations
avec ses régulateurs. L’ironie de l’histoire est que Vivendi sera le premier
à profiter des éventuels succès de la
nouvelle équipe qu’il a mise en place,
puisqu’il en est pour l’instant le premier actionnaire.
(
Lire « Crible »
Page 36
Amos Genish, un patron très courtisé
A la tête de l’opérateur
depuis septembre,
le dirigeant israélien
a la confiance de Vivendi
et celle d’Elliott.
Sébastien Dumoulin
@sebastiendmln
Dans la bataille pour le contrôle de
Telecom Italia, Vivendi et le fonds
Elliott étaient d’accord sur peu de
chose, sauf sur… Amos Genish, le
patron placé en septembre par
Vivendi à la tête de l’opérateur, que
chacun assurait de son soutien.
Après la victoire d’Elliott, l’intéressé n’aurait pas encore décidé s’il
restait, selon le « Financial Times »,
et il demandera probablement le
soutien unanime du nouveau conseil lors du vote de lundi. Une chose
est sûre, si le patron de cinquantesept ans peut ainsi jouer la diva, c’est
qu’il s’agit d’une pointure. Un grand
patron des télécoms avec un solide
bagage d’entrepreneur. Car Amos
Genish est parti de zéro. En 2014, le
quotidien israélien « Haaretz » rappelait que, né dans une famille pauvre de 12 enfants de Netanya, au
nord de Tel-Aviv, le jeune homme
avait été repéré adolescent pour
étudier dans une prestigieuse institution de Jérusalem, avant de participer, comme capitaine d’artillerie
de Tsahal, à la guerre du Liban.
Un capitaine dans la jungle
Reconverti dans les affaires,
l’ancien militaire fait la navette avec
les Etats-Unis. Mais c’est en Amérique du Sud qu’il va se distinguer. A
la fin des années 1990, il participe à
la création de Global Village Telecom (GVT). L’idée des Israéliens est
de créer un réseau téléphonique
par satellite pour les villages reculés
du sous-continent. Ils lèvent
50 millions de dollars et Amos
Genish part arpenter la jungle au
Chili, au Pérou et en Colombie.
En 1999, une belle opportunité se
dessine au Brésil, quand l’ex-monopole d’Etat est privatisé et séparé en
quatre. GVT remporte une part du
gâteau, en s’endettant copieusement. Une stratégie risquée. Peu
après, la bulle Internet éclate. Les
entreprises étrangères, dont France
Télécom, fuient le Brésil. Mais GVT
s’accroche. La suite lui donnera raison. En 2007, Amos Genish introduit l’entreprise en Bourse au Brésil. Deux ans plus tard, il la revend à
Vivendi pour 5 milliards de dollars,
tout en restant aux manettes.
Lorsque Vincent Bolloré prend
les rênes du conglomérat tricolore à
l’été 2014, le Français décide de vendre à son tour. L’homme d’affaires
observe alors la maestria avec
laquelle Amos Genish négocie la
reprise de GVT par Telefónica pour
9 milliards de dollars. Le groupe
espagnol, qui opère au Brésil sous la
marque Vivo et veut consolider le
marché, se choisit alors pour
patron sur place… Amos Genish.
Perle rare
Trois ans plus tard, ce manager,
réputé dur mais qui a conforté
la première place de Vivo sur le
marché brésilien, quitte Telefónica.
Un départ qui intervient àla suite
d’une nébuleuse histoire de licenciement abusif et de diffamation de la directrice marketing
du groupe. Mais Amos Genish est
aussitôt embauché par Vincent
Bolloré, qui en fait, en juillet dernier,
le directeur de la convergence de
Vivendi, peu avant de le placer à la
tête de Telecom Italia. Il faut dire
que l’opérateur italien est également numéro deux… au Brésil.
Une raison de plus, pour Elliott
comme pour Vivendi, de voir en
Amos Genish la perle rare. n
Chronique d’une défaite
annoncée pour Bolloré
Dès son entrée au capital
de Telecom Italia en 2015,
Vincent Bolloré a provoqué des réticences au sein
de l’establishment italien.
Olivier Tosseri
— Correspondant à Rome
Le ministre italien du Développement économique a exulté en
apprenant la défaite de Vivendi à
l’assemblée générale de Telecom
Italia (TIM). « Dans 99 % des cas,
l’intérêt national est d’attirer plus
d’investisseurs étrangers, a-t-il
rapidement tweeté. Il y a de rares
cas où ces investissements deviennent prédateurs. Et il faut réagir. »
C’est ce qu’il a fait en alignant la
Caisse des dépôts (CDP), et ses
4,9 % du capital de TIM récemment acquis, en faveur du fonds
Elliott. Les Français ont cru jusqu’au dernier moment à sa neutralité et se plaignent d’un vote qui
serait faussé par une intervention
publique. Mais la presse et le gouvernement n’ont cessé de faire ces
derniers mois de l’opérateur télécoms le symbole de l’orgueil national économique bafoué.
Quant à l’assemblée générale
du 4 mai, avec sa participation
record de plus de 67 % du capital,
elle ressemblait plus à une mobilisation générale pour bouter les
Français hors du conseil d’administration. Dès son entrée au capital de Telecom Italia en 2015,
Vincent Bolloré a provoqué des
réticences au sein de l’establishment italien. Réticences accentuées par le sentiment que la
France fermait, elle, ses frontières
aux opérateurs italiens, à l’instar
de Fincantieri sur le dossier STX
France. La situation ne s’est pas
améliorée quand Vincent Bolloré
s’est aliéné Silvio Berlusconi dans
le dossier Mediaset.
Coups de force
Elliott n’avait en outre que l’embarras du choix dans ses angles d’attaque pour sa campagne anti-Vivendi, destinée à convaincre les
actionnaires que le groupe français favorisait ses intérêts avant les
leurs : les énergies concentrées
principalement dans le bras de
fer avec Mediaset, le refus de la
conversion des titres d’épargne de
TIM – attendue depuis vingt ans
par le marché –, la perte du quart
de la valeur du titre en Bourse
depuis son entrée au capital en
2015, les coups de force concernant la gouvernance et les négligences dans les rapports avec les
autorités de vigilance italiennes…
Si le français a obtenu le soutien
de la Caisse des Dépôts et Consignations, BDL capital Management ou encore, bien que cela
reste à confirmer, de Norges Bank,
bras financier du gouvernement
norvégien, en face, l’américain a
pu compter sur de grands groupes comme Vanguard, State
Street et BlackRock, qui détiennent environ 7 % du capital de
TIM. Quant à la Caisse des dépôts
transalpine, une fois le nouveau
gouvernement italien connu et
ses dirigeants confirmés, elle envisage d’arrondir un peu plus sa
participation au sein de l’opérateur téléphonique pour contrecarrer Vivendi si nécessaire… n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
HIGH-TECH & MEDIAS // 23
Les Echos Lundi 7, mardi 8 mai 2018
INTERVIEW // JÉRÔME SEYDOUX Président de Pathé
« Il ne faut pas avoir peur de Netflix »
l « Netflix est à la fois un nouveau concurrent pour les chaînes et les salles
et une opportunité pour les cinéastes », estime le président de Pathé.
l Jérôme Seydoux plaide pour un festival de Cannes modernisé.
maux connaît parfaitement mon
point de vue. Cannes est le premier
festival dans le monde, mais il ne le
restera que s’il fait des efforts très
importants de modernisation.
Cannes reste une ville magique. La
France, le CNC, la ville de Cannes
doivent réaliser qu’il faut moderniser leur outil. Cela implique de raser
le Palais et d’en faire un autre. Une
solution transitoire pourrait être de
faire le festival à Paris, mais il vaut
mieux trouver une solution provisoire à Cannes. La France a été le
pays où est né le cinéma avant la Première Guerre mondiale à une époque où Pathé était le premier acteur
mondial, y compris aux Etats-Unis.
La France se doit de garder un festival de Cannes « au top ». Comme
elle se doit aussi d’avoir un grand
musée du cinéma à Paris.
Propos recueillis par
Pierre de Gasquet
@PierredeGasquet
V
ingt-huit ans après repris
la société Pathé et un an
après avoir pris le contrôle
total du circuit de salles GaumontPathé, Jérôme Seydoux, quatrevingt-trois ans, livre son diagnostic
sur la montée en puissance de
Netflix dans le cinéma et l’avenir du
festival de Cannes.
La force de frappe de Netflix
dans le financement du cinéma
représente-t-elle à vos yeux
une vraie révolution ?
Il ne faut pas avoir peur. Netflix est à
la fois un nouveau concurrent pour
les chaînes et les salles et une opportunité pour les cinéastes. Le cinéma
reste dominé par les majors américaines. La vraie nouveauté est que
Netflix est devenu le premier distributeur mondial de télévision. Les
studios sont bousculés mais trois
d’entre eux sont aussi dans les services de streaming à travers la plateforme Hulu. Disney a déjà annoncé
son propre service de streaming.
Netflix a inventé un métier mais va
être copié. Ils ne seront plus seuls. Si
la fusion Disney-Fox se fait, Disney
sera assez fort pour concurrencer
Netflix.
La concurrence sur les talents
est-elle de plus en plus forte
avec Netflix ?
Netflix paye bien et cela attire nécessairement les talents. Il y a un boom
sur les séries, en partie créé par
Netflix. Mais beaucoup d’argent ne
veut pas forcément dire beaucoup
de bonnes séries. Les talents sont
limités. Pathé ne fait pas de séries et
n’a pas l’intention d’en faire demain
matin. Cela dit, je suis obligé de m’y
intéresser car il y a une forme de
concurrence sur les talents.
Le retrait de Netflix
du festival de Cannes
vous semble-t-il justifié ?
Il est logique. Les organisateurs de
Cannes ont dit que ne peuvent figurer dans la sélection que les films qui
sortent en salles. Netflix a toujours
clairement revendiqué des produits
exclusifs sans être contre des sorties
en salles simultanées, mais ce n’est
pas la chronologie des médias française. Donc, en France cela ne marche pas. C’est normal que Netflix
n’entre pas dans la chronologie des
Pour Jérôme Seydoux, « Netflix va devenir une nouvelle major
d’ici quelques années ». Photo Eric Feferberg/AFP
médias française s’il n’accepte pas
de participer au financement de la
création.
Que vous inspire la chute
de la maison Weinstein ?
Il était déjà en mauvaise posture
avant le scandale. Il n’était pas
recommandable, mais c’était un
très bon connaisseur du cinéma
européen. Ses capacités professionnelles étaient tout à fait indiscutables, même s’il a eu des hauts et des
bas. Mais personne n’est irremplaçable et l’eau coule dans la rivière.
Les difficultés de Wild Bunch
et d’EuropaCorp traduisent
l’impossibilité de faire émerger
une mini-major européenne ?
Les Européens n’ont jamais réussi à
créer une major. Le cinéma reste
dominé par Hollywood. EuropaCorp, c’est l’écureuil qui va sur le terrain des éléphants. Je pense que
Netflix va devenir une nouvelle
major d’ici quelques années. Face à
tous ces monstres, les Européens ne
jouent pas dans la même ligue.
La question de la viabilité
des salles se pose-t-elle
à long terme ?
La salle résistera en offrant un spectacle qui motive fortement le spectateur : la 3D, la recherche de la
grande qualité du son et des images,
du spectaculaire… On a beaucoup
développé le 4DX qui ajoute les
mouvements de sièges, la pluie, le
souffle du vent et autres effets sensoriels… C’est une option qui plaît aux
jeunes. On va en installer 40 (sur
69 cinémas) d’ici à la fin de 2019. La
montée en gamme s’illustre aussi
par le développement des salles
Imax (12 aujourd’hui) et des salles
Dolby Cinéma (4 à ce jour). L’avenir
de la salle de cinéma est de monter
en gamme. En revanche, la réalité
virtuelle me semble un phénomène
individuel jusqu’ici.
« Le palais des
festivals a vieilli
et n’est pas au niveau
du cinéma
de demain. »
Le festival de Cannes risque-t-il
de souffrir de la concurrence
croissante de Toronto ?
Le festival de Cannes devrait se
reconstruire. Le palais des festivals
a vieilli et n’est pas au niveau du
cinéma de demain. On ne peut pas
moderniser quelque chose qui est
mal construit. Il y a un acte refondateur indispensable. Thierry Fré-
Pathé va-t-il poursuivre
son double objectif de produire
des films populaires
et des films d’auteur,
Dany Boon et Almodóvar ?
Notre credo, c’est de produire des
films qui marchent en salles. Je
refuse de dire qu’il y a des films
grand public et des films d’auteur.
Pour moi, Dany Boon est un auteur.
Les films d’auteur sont-ils les films
barbants ? Les Américains n’ont pas
cette différence. C’est très français
cette distinction entre le cinéma
« chic », – le cinéma de prestige,
« d’auteur » –, et puis le cinéma
populaire. Chez Pathé, depuis le
début de l’année, nous avons sorti
un film de Dany Boom mais aussi le
dernier film d’Abdellatif Kechiche.
Pour nous, « Le Chant du Loup »
d’Antonin Baudry avec Omar Sy, qui
s o r t i r a à l a f i n d e l ’a n n é e o u
début 2019, est un film important
auquel on croit beaucoup. D’ici la fin
de l’année, après « Larguées » [avec
Camille Cottin et Miou-Miou,
NDLR], nous allons sortir « Le Doudou », une comédie avec Kad
Merad, la suite d’Aladdin, mais
aussi le dernier film de Paolo Sorrentino, qui traite d’un moment de
la vie de Silvio Berlusconi.
L’application de Facebook travaille à un outil
de paiement intégré
aux conversations.
Elle développe également sa monétisation
avec de nouveaux
formats publicitaires.
Anaïs Moutot
— Correspondante à San Francisco
Après avoir transformé Instagram
en outil incontournable pour les
entreprises, Facebook veut faire de
même avec Messenger. Au cours
des derniers mois, l’entreprise a
poursuivi ses efforts pour transformer l’outil de messagerie d’un tchat
entre amis à un canal permettant de
mettre en relation sociétés et clients,
à la manière de WeChat en Asie.
Pour montrer que la présence des
entreprises grossit sur la plateforme, David Marcus, le Français à
la tête de la division, a asséné une
litanie de chiffres, mardi, sur la
scène de F8, la conférence annuelle
de Facebook pour les développeurs
organisée à San José (Californie).
Les sociétés échangent 8 milliards
de messages par mois via Messenger, un chiffre qui a été multiplié
par 4 en un an. L’écosystème de
développeurs a également grossi
– leur nombre a doublé en un an
pour atteindre 200.000 codeurs – et,
avec lui, le nombre de services proposés. 300.000 « bots », ces robots
visant à automatiser les réponses,
sont désormais actifs, une multiplication par trois depuis 2017.
Cherchant à s’affirmer encore
plus comme un outil de service
client, la société a lancé un plug-in
permettant aux entreprises d’installer Messenger sur leurs sites
d’e-commerce en novembre dernier. Il doit permettre de faciliter le
suivi avec les consommateurs une
fois qu’ils quittent leurs pages.
Messenger veut aussi aider les
entreprises à toucher plus de
consommateurs en traduisant
automatiquement leurs messages.
L’option, qui fonctionne en anglais
et en espagnol actuellement, vient
d’être déployée sur Marketplace,
une plate-forme de mise en contact
entre vendeurs et acheteurs.
Monétiser Messenger
Prochain chantier pour la société :
permettre aux entreprises de compléter des transactions directement
au sein des conversations. Un outil
de paiement intégré est testé en
version bêta. « L’objectif n’est pas de
prendre une commission sur le paiement […] mais de donner encore plus
de valeur à la présence des entreprises
sur Facebook en leur permettant de
compléter les transactions directe-
INFORMATIQUE
Combattue par
l’actionnaire activiste Carl Icahn, la
vente de Xerox à
Fujifilm au sein d’une
coentreprise commune est incertaine.
Florian Dèbes
@FL_Debes
« Plus incroyable que ce que vous
voyez dans les séries télévisées
comme “House of Cards”. » Dans
les communiqués de Carl Icahn,
l’expression décrit le comportement de Fujifilm envers le fabricant d’imprimantes Xerox,
alors que l’actionnaire activiste
s’oppose à un projet d’approfondissement d’une coentreprise dans lequel le japonais
avalerait l’américain. Combatif,
il avait même obtenu, mardi
1er mai, la démission du PDG,
Jeff Jacobson. Mais, dans un
coup d’éclat scénaristique dont
auraient été capables les personnages du thriller politique à
succès, la direction de Xerox a
été reconduite par le conseil
d’administration moins de deux
jours plus tard.
Les raisons de ce revirement
restent floues. Pour les administrateurs de l’entreprise aux
7,2 milliards de dollars de capitalisation, il s’imposait. Le duo
d’actionnaires formé par Carl
Icahn et Darwin Deason n’a pas
l’accord impliquait également
le départ de plusieurs d’entre
eux. Quelques jours avant la
signature de cet accord devenu
caduc, un tribunal de New York
avait pourtant renforcé la position de Carl Icahn et Darwin
Deason, en bloquant temporairement la vente de Xerox à Fujifilm à l’origine du litige entre les
activistes et la direction.
Conflit d’intérêts
Dans son délibéré, le juge notait
que Jeff Jacobson était « désespérément en situation de conflit
d’intérêts durant les négociations autour d’une transaction
stratégique dont le résultat aboutit à la création d’une entité commune [la future coentreprise
Fujifilm-Xerox, NDLR] dont il
pourrait devenir PDG ».
Carl Icahn et
Darwin Deason, qui
possèdent environ
15 % du capital de
Xerox, estiment que
les actionnaires sortiront lésés de cette
vente à Fujifilm.
Carl Icahn et son partenaire,
avec qui il possède environ 15 %
du capital de Xerox, estiment
que les actionnaires sortiront
lésés de cette vente à Fujifilm,
qui sous-évaluerait l’entreprise
américaine longtemps réputée
Etes-vous déçu qu’il ne soit
pas à Cannes ?
Oui. Forcément. Le film sort en deux
parties en Italie mais la version
internationale sortira en un seul
morceau. Je pense qu’il aurait
mérité d’être à Cannes. C’est un
grand metteur en scène. Le film sortira en France en septembre. n
Messenger veut s’affirmer comme un
canal indispensable pour les entreprises
RÉSEAUX SOCIAUX
Le PDG de Xerox
reprend son poste
deux jours après
l’avoir quitté
ment dans l’application », a indiqué
Mark Zuckerberg la semaine
dernière, à l’occasion de la publication des résultats trimestriels de
Facebook.
Pour monétiser Messenger, le
patron du réseau social mise plutôt
sur la publicité. Depuis cet été, des
réclames sont insérées sur la page
d’accueil de la boîte de réception des
1,3 milliard d’utilisateurs mensuels
du service. « Messenger intéresse les
annonceurs, car il permet aux marques de créer une relation directe avec
le client en enchaînant sur une conversation », affirme Stan Chudnovsky, le directeur produits de Messenger. La société teste aussi un
nouveau format : des filtres en réalité augmentée. L’entreprise a lancé
une version bêta avec Nike, Asus,
Sephora et Kia. Les quatre entreprises peuvent proposer à l’utilisateur
d’ouvrir sa caméra pour voir ses
produits se superposer à son environnement en 3D. n
Le PDG de Xerox, Jeff Jacobson, a été reconduit
par le conseil d’administration. Photo Xerox
abandonné les poursuites
contre la gouvernance de Xerox
dans les temps prévus par
l’accord qui actait, en échange,
la démission du patron et la
nomination d’un proche de
Carl Icahn à la direction du
conseil d’administration.
Selon les activistes, les membres du « board » ne suivent que
leur propre intérêt alors que
« [La situation
est] plus
incroyable que
ce que vous
voyez dans les
séries télévisées
comme “House
of Cards”. »
CARL ICAHN
Homme d’affaires américain,
actionnaire de Xerox
pour ses brevets. Elle a réalisé
un chiffre d’affaires de 10,2 milliards de dollars en 2017, en
chute de 4,7 %. Sur un marché
structurellement en baisse,
Xerox voit son salut chez Fujifilm, qui cherche de son côté à
rationaliser les coûts de son
activité reprographie pour se
concentrer sur d’autres secteurs plus porteurs.
En présentant le futur
ensemble contrôlé à 50,1 % par
le Japonais, les deux sociétés
assuraient en janvier dernier
qu’ils comptaient économiser
1,7 milliard de dollars d’ici à
2022 en mutualisant leurs
forces en recherche, en production et en logistique.
Ce plan inclut la suppression
de 10.000 emplois. Mais l’avenir
de l’opération est plus que
jamais incertain. Dans son
court communiqué reconduisant le PDG, Xerox ne mentionne pas la vente en cours. A
Tokyo, Fujifilm se prépare à
faire appel du blocage imposé
par la justice new-yorkaise. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
24 //
Lundi 7, mardi 8 mai 2018 Les Echos
START
UP
U
REBOND
1,5
MILLION DE DOLLARS
C’est le budget de Lyft pour proposer des trajets gratuits avec chauffeur privé à des demandeurs
d’emploi qui veulent se rendre à des
entretiens et aux anciens combattants aux Etats-Unis cette année.
Après l’ouverture de son bureau à
San Francisco en 2015 et celui de
Singapour fin 2017, l’accélérateur
de start-up spécialisées dans les nouvelles
mobilités Via ID poursuit son développement
international et s’implante à B erlin.
« L’emplacement stratégique de la capitale allemande offre l’opportunité à Via ID de rayonner
sur l’Europe de l’Est et les pays », indique
l’accélérateur.
e
LE BUZZ
Google veut booster l’écosystème de son
assistant virtuel intelligent (concurrent
de Siri et Cortana), sorti en 2016. Le géant
californien a annoncé qu’il allait investir dans des jeunes pousses qui proposeront des applications pour
l’Assistant Google. L’apport de capital n’est qu’une
partie du programme prévu par le groupe. Google va
travailler main dans la main avec les start-up, leur
proposer du mentoring et leur offrir les conseils de
ses ingénieurs, directeurs produits et experts en
design.
Un CEO de la Silicon Valley licencié
pour maltraitance envers ses employés
MANAGEMENT
« De manière
générale, tout
le monde travaille
bien plus que
40 heures
par semaine,
et les attentes
sont fortes. »
Ron Gutman est connu
pour ses conférences
TED sur les vertus
du sourire.
Il aurait entretenu
un climat « toxique »
au sein de sa start-up
HealthTap.
CHRIS ORRIS
Chargé de compte pour
l’agence de relations
publiques Oxygen
« J’ai trouvé un pouvoir capable de
changer le monde. » « Vous voulez
être un leader ? Le simple fait de sourire peut grandement y contribuer ». Traduites en 52 langues,
visionnées plus de 5 millions de fois
sur le Web, les conférences de Ron
Gutman sur les vertus cachées du
TED
Basile Dekonink
@Bdekonink
Ron Gutman a acquis une certaine notoriété grâce aux conférences dans lesquelles il était très impliqué.
sourire risquent d’attirer moins de
public désormais. Le CEO de HealthTap, qui s’était fait l’apôtre des zygomatiques au fil de conférences TED
APPLICATION
LES ECHOS
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Analyses de la rédaction,
décryptages, alertes, sélection
d’articles personnalisés.
Téléchargez sur :
très suivies – elles furent même
déclinées en un livre, « Smile : The
Astonishing Powers of a Simple
Act » –, s’est fait licencier début mai
de l’entreprise qu’il a lui-même
cofondée en 2010. En cause : des
méthodes de management aux antipodes de ses fameux préceptes.
« La toxicité que tu as introduite
sur le lieu de travail s’arrête ici »,
écrivent les trois membres du
conseil d’administration à l’initiative de son départ dans une lettre de
licenciement que s’est procurée
Recode.
Ces derniers évoquent « des actes
d’intimidation, des abus, de la suspicion, ainsi que des mauvais traitements, des menaces et du harcèlement répétés envers les employés ».
Contestées par Ron Gutman, ces
allégations soulèvent la question
des conditions de travail dans la
Silicon Valley, où la pression qui
pèse sur les salariés peut s’avérer
bien plus forte qu’ailleurs. « De
manière générale, tout le monde travaille bien plus que 40 heures par
semaine, et les attentes sont fortes »,
prévient d’ailleurs Chris Orris,
chargé de compte pour l’agence de
relations publiques Oxygen sur
le site de recherche d’emploi
Monster.
Chez HealthTap, prometteuse
medtech soutenue par des investisseurs prestigieux comme Khosla
Ventures, Mayfield Fund ou le
fonds d’Eric Schmidt Innovation
Endeavors, l’exigence aurait franchi les limites de l’acceptable.
Un turnover considérable
« Enfin. Ces allégations sont vraies.
J’ai démissionné en 2016 et je n’ai
jamais regretté. Des semaines de travail de plus de 80 heures, un salaire
annuel de 40.000 dollars, une culture
toxique du “CEO first” », a tweeté une
ancienne salariée de la start-up
après l’annonce du licenciement de
Ron Gutman.
Alertés par un turnover considérable – environ 40 % des collabora-
teurs auraient quitté la société en
2017, selon une source interrogée
par Recode –, les trois administrateurs de HealthTap ont missionné
un cabinet juridique pour enquêter.
« Ce que nous avons appris ne nous a
laissé d’autre choix que d’acter ce
changement », écrivent-ils dans un
e-mail interne envoyé aux salariés
de l’entreprise.
Déloger un CEO détenteur de la
moitié des droits de vote d’une entreprise n’est pas une mince affaire.
Après une conversion d’actions préférentielles en actions simples, les
administrateurs ont finalement pu
nommer un nouveau dirigeant au
board – obtenant ainsi la majorité
des votes – et écarter Ron Gutman.
« La manœuvre des investisseurs
est néfaste pour la société et outrepasse leurs droits, a réagi ce dernier
dans un communiqué. Je ne les laisserai pas prendre injustement le
contrôle de la start-up, au détriment
de celle-ci. »
La déroute de Ron Gutman n’est
pas une première dans la région de
San Francisco et de Palo Alto. L’épisode le plus marquant reste la
démission du patron d’Uber, Travis
Kalanick, à la suite de révélations sur
la culture misogyne régnant dans
l’entreprise – des comportements
qui ne sont pas réservés à l’application de mise en relation de clients et
de chauffeurs privés, comme le
révèle la journaliste Emily Chang
dans son livre « Brotopia ».
Autre exemple : le départ du PDG
de la licorne de l’assurance Zenefits,
Parker Conrad, pour avoir laissé ses
courtiers réaliser des opérations
sans agrément. Tout ne prête pas à
sourire dans la Silicon Valley. n
Marjolaine Grondin, la patronne
de Jam, sur scène au Facebook F8
CHATBOT
La startuppeuse
française a bâti
son business
grâce à Messenger.
Anaëlle Grondin
@AnaelleGrondin
Elle était impressionnée par les
« conférences de haut vol à l’américaine » et « l’événement de grande
envergure » avant de monter sur
scène, mais l’expérience, inédite,
s’est révélée très positive pour Marjolaine Grondin.
La jeune Française, qui a fondé
Jam en 2015, était invitée le mercredi 2 mai à raconter son expérience d’entrepreneuse en Californie, à la conférence annuelle de
Facebook destinée aux développeurs, F8. « L’ambiance, c’est un
énorme concert de rock. La musique,
la lumière, Mark Zuckerberg qui
débarque en jean et baskets, les gens
qui prennent des photos… C’est vraiment une claque », raconte-t-elle au
lendemain de son intervention sur
scène. Le thème du panel auquel
Marjolaine Grondin a participé aux
côtés de deux autres entrepreneurs
étrangers : comment faire grandir
son entreprise sur Facebook.
Encore la vingtaine, Marjolaine
Grondin a développé un chatbot
Messenger pour simplifier la vie des
jeunes (15-30 ans). Son entreprise
Jam a bénéficié du programme
d’accélération de six mois de Facebook à Station F. « Je suis revenue
sur les débuts de Jam. L’histoire a
d’ailleurs commencé en Californie,
lorsque j’étais étudiante à l’université
de Berkeley », raconte-t-elle.
Les pieds sur terre
« J’ai expliqué comment on a créé
une application et un site avant de se
rendre compte que ce n’était pas le
meilleur moyen d’avoir de la croissance. C’est comme ça qu’on a ouvert
différents canaux. Et, quelques mois
plus tard, on a tout arrêté pour se
concentrer sur Messenger. » Elle a
aussi fait savoir aux 600 personnes
présentes dans la salle (et aux internautes qui suivaient le Facebook
Live) comment Jam utilisait les
outils du réseau social et pourquoi.
Au total, la table ronde a duré cinquante minutes. « Celui que je considère comme mon mentor chez
Facebook m’a dit après coup que je
devais plus sourire sur scène, car on
est aux Etats-Unis », s’amuse-t-elle.
Marjolaine Grondin était la première femme française à être invitée à prendre la parole au F8. « C’est
un événement dont je me souviendrai toute ma vie. Cela récompense
beaucoup de travail et les risques
pris », réagit-elle. Elle garde toutefois les pieds sur terre : « Ce sont des
moments de respiration et de reconnaissance, mais on replonge tout de
suite dans le travail. »
Jam, qui emploie une dizaine
de personnes, revendique 450.000
utilisateurs et vise le million à l’été.
Marjolaine Grondin rêve d’une
internationalisation. « On aimerait se lancer en anglais et en espagnol à la rentrée de septembre »,
glisse la patronne. Après avoir levé
1,8 million d’euros, elle envisage
un nouveau tour de table prochainement pour financer cette
expansion. L’an dernier, Jam avait
réalisé un chiffre d’affaires de
250.000 euros.
Les polémiques qui ont mis à
mal Facebook ces derniers temps,
risquant de faire fuir les utilisateurs, ne l’affolent pas. « Il y a toujours une petite crainte… Et il y a toujours des vagues de gens qui se
désinscrivent. Mais si le service est
bon, les gens reviennent », assure
l’entrepreneuse. n
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// 25
Les Echos Lundi 7, mardi 8 mai 2018
en
direct
Pollution : débat
sur les transports
gratuits
BOURGOGNE-FRANCHE
-COMTÉ Un projet de ferme
ÎLE-DE-FRANCE Paris a demandé
qui aurait pu accueillir plus de
4.000 bovins à Digoin (Saône-etLoire) a été rejeté. Les autorités
s’appuient sur un avis pointant
des antécédents de l’agriculteur
en matière de maîtrise des
nuisances. Une pétition lancée
par Agir pour l’environnement
a recueilli 68.000 signatures.
Shutterstock
PME
&REGIONS
Un projet de fermeusine abandonné
à Valérie Pécresse, patronne de la
région et des transports en Ile-deFrance, le rétablissement de la
gratuité des transports en commun les jours de pics de pollution.
Sur proposition des écologistes,
le Conseil de Paris a voté un vœu
pour que la Ville fasse cette
demande à la présidente d’IDF-
Mobilités (ex-STIF). Le groupe LR
a défendu la décision régionale
en affirmant que les 4 millions
d’euros que coûtent un jour de
gratuité peuvent payer 220 bus
électriques. A l’inverse, Pascal
Julien (EELV) insiste sur le fait
que le budget de l’organisation
régionale des transports bénéficie d’une « cagnotte imprévue de
90 millions d’euros » en raison de
l’augmentation du passe Navigo.
De quoi financer le transport
gratuit 22 jours.
La valorisation de la recherche publique
reprend des couleurs
l Les 14 sociétés d’accélération
du transfert de technologies ont créé
plus de 250 start-up et déposé près de
2.000 brevets pour le compte des universités et établissements de recherche.
l Les cessions de licence se multiplient.
Paul Molga
— Correspondant à Marseille
Cinq ans après leur arrivée polémique dans le paysage de l’innovation,
les sociétés d’accélération du transfert de technologies (SATT) montrent des résultats positifs sur la
valorisation de la recherche publique tricolore. Une enquête
d’impact de bpifrance, dont « Les
Echos » se sont procuré les résultats, indique que 256 start-up ont
été créées avec l’aide de ce réseau
depuis 2012. Un tiers (33 %) dans les
technologies digitales, 30 % dans
les cleantech, 20 % dans les biotech,
17 % dans les medtech. « Surtout,
explique Paul-François Fournier,
directeur exécutif de l’innovation
chez bpifrance, elles sont plus performantes et connaissent une croissance plus forte que les autres. »
Ainsi, 38,3 % des start-up issues
des SATT, contre 25 % au niveau
national, ont réalisé une levée de
fonds, et un cinquième en ont réalisé deux ou plus dans des délais qui
se raccourcissent : moins d’un an
entre la création de l’entreprise et le
premier tour de table. Les montants
levés sont également plus importants : ils s’élèvent à 1,77 million
d’euros en moyenne et ont quasiment doublé en cinq ans. Au total,
125 opérations de haut de bilan ont
été réalisées par les start-up issues
des SATT pour un montant global
de 185,2 millions.
Parmi elles, une dizaine passe
même le cap des 4 millions d’euros
levés. C’est par exemple le cas de
Horama, spécialisé dans la thérapie
génique pour le traitement de maladies génétiques rares en ophtalmologie. L’entreprise est accompagnée
par Ouest Valorisation et a réalisé
l’an passé deux tours de table d’un
montant de 23 millions d’euros
pour faire entrer en phase clinique
son candidat médicament pour la
rétinite pigmentaire.
Shutterstock
INNOVATION
Les SATT ont identifié 6.300 inventions dans les laboratoires,
déposé 1.818 brevets et signé 526 exploitations de licence.
« Technologies du futur »
Pourquoi cet intérêt accru des
investisseurs ? « Parce que les SATT
puisent dans les laboratoires académiques des technologies en phase
avec les enjeux sociétaux et les technologies du futur, et que les start-up
qui naissent de cette recherche évoluent désormais dans un écosystème
bien chaîné impliquant tous les
acteurs de l’innovation : universités,
incubateurs, accélérateurs, fonds
d’amorçage et de capital-risque, bpifrance…», répond Laurent Baly,
président de la SATT Sud-Est et
du Réseau SATT, qui fédère les
14 sociétés du territoire.
Selon le bilan réalisé par les services de Claude Girard, directeur du
programme valorisation de la
recherche au sein du Secrétariat
général pour l’investissement, les
SATT ont identifié 6.300 inventions
dans les laboratoires, déposé
1.818 brevets, signé 526 exploitations de licence. Elles ont aussi
financé plus de 1.700 projets de
maturation (preuve de concept,
changement d’échelle…), déposé
2.200 brevets et conclu 634 contrats
de licence dans 67 universités et
160 établissements de recherche.
On commence également à
mesurer leur impact. Les sociétés
utilisant des technologies maturées
par ces structures améliorent de
4 % leur chiffre d’affaires à court
terme. « Les SATT ont fait la
« Les SATT ont fait
la démonstration
de leur pertinence,
il leur reste à faire
preuve de la
capacité de leur
modèle à réaliser
des bénéfices. »
PHILIPPE ADNOT
Sénateur et membre
de la commission
des Finances
démonstration de leur pertinence, il
leur reste à faire preuve de la capacité
de leur modèle à réaliser des bénéfices », tempère le sénateur Philippe
Adnot, membre de la commission
des Finances et auteur d’un rapport
de contrôle budgétaire sur les SATT
en juillet 2017.
A l’époque, le réseau n’avait
perçu que 82,5 millions d’euros de
recettes, à comparer à presque
1 milliard d’euros dépensés pour la
création des 14 SATT.
Il y a quelques semaines, le gouvernement a reculé l’échéance de
leur équilibre budgétaire de cinq
ans, mais certaines sont déjà sur la
sellette selon un rapport de la Cour
des comptes publié fin mars. Ses
juges recommandent en particulier
d’éteindre la SATT Grand Centre,
qui, selon eux, « cumule les facteurs
de complexité : éclatement géographique, faible adhésion des actionnaires universitaires, déclarations
d’invention insuffisantes… A ce
stade, pointent-ils, il paraît difficile
d’envisager qu’elle puisse s’imposer
comme un interlocuteur incontournable auprès des laboratoires et des
entreprises ».
Les autres ne sont pas épargnées : les juges pointent un écart
de –73 % entre les prévisions de
revenus issus du transfert des
14 SATT et leur réalisation. n
Brainvectis s’appuie sur
IDF Innov pour accélérer
ses essais cliniques
Click4Tag chasse
la légionelle
des climatiseurs
Micropep Technologies
invente le traitement
naturel des plantes
Ce spin-off de l’Inserm
espère stopper l’évolution
de maladies neurodégénératives en introduisant un
cheval de Troie au cœur
des cellules neuronales.
Avec ses kits de contrôle, la
start-up parvient à détecter
les micro-organismes plus
rapidement qu’avec les
méthodes traditionnelles.
La start-up Micropep
technologies a levé 4 millions
d’euros en mars auprès
de Sofinnova Partners
et d’Irdi Soridec Gestion.
Passer en un éclair de la recherche
fondamentale au marché. Voilà le
parcours que vit en ce moment le
docteur Nathalie Cartier-Lacave,
médecin-chercheur pionnier de la
thérapie génique à l’Inserm, où
elle dirige le groupe Biothérapie
des maladies neurodégénératives.
Pour rétablir le métabolisme
perturbé du cholestérol cérébral
chez les patients atteints d’Alzheimer ou de Huntington, son équipe
a développé une technique permettant d’introduire une enzyme
porteuse d’un gène capable de restaurer un fonctionnement normal
au cœur même des cellules neuronales. Elle pense ainsi pouvoir
stopper l’évolution de ces maladies. En octobre 2014, la SATT IDF
Innov s’est penchée sur le sujet
pour évaluer objectivement le
potentiel des résultats de recherche et construire une stratégie
industrielle. Des brevets ont été
déposés et, dès l’été suivant, une
start-up, Brainvectis, a été créée
avec la chercheuse comme actionnaire. En avril 2016, la SATT a
investi 348.000 euros dans son
laboratoire.
Développer le procédé
de production
Objectif : apporter des preuves de
concept validant la performance
du nouveau vecteur thérapeutique. Le mois d’après, la start-up a
acquis les licences exclusives de
ces travaux et réalisé dans la foulée une levée de fonds de 1 million
d’euros pour recruter ses premiers salariés, développer le procédé de production et finaliser ses
études précliniques.
En décembre, un nouveau tour
de table de 1,1 million d’euros a été
conclu. Il permet à l’équipe d’espérer lancer le premier essai chez un
patient Huntington en 2019.
— P. M.
Que faire d’une technologie permettant de détecter et de dénombrer des micro-organismes ? Le
chercheur Sam Dukan, qui l’a mise
au point, a son idée sur la question.
Avec l’aide de la SATT Sud-Est qui
en est actionnaire à hauteur de 10 %,
il a créé en 2014 une société de
recherche, Click4Tag (C4T), pour
exploiter méthodiquement les
licences des six brevets déposés par
Aix-Marseille Université. Sa
méthode : créer une société pour
chaque application visée. Deux
sont déjà opérationnelles :
Click4Hydro (C4H), depuis août
2016, et Click4Diagnostics (C4D)
depuis mai 2017.
Détection rapide
La première propose un kit de
détection rapide du bacille Legionella pneumophila responsable de
la légionellose, maladie infectieuse
potentiellement mortelle. Avec sa
technologie, les résultats sont connus en 2 jours, contre 10 avec les
techniques traditionnelles de culture microbienne, un gain de temps
considérable pour le contrôle des
tours aéroréfrigérantes et des
réseaux d’eau chaude sanitaire (piscines, habitat collectif…).
Elle intéresse aussi les terrasses
de café et les rayons fruits et légumes des supermarchés, contraints,
depuis le 1er janvier, de vérifier régulièrement la qualité sanitaire de
leurs appareils de brumisation.
« Au niveau mondial, c’est un marché de presque 2 milliards d’euros »,
calcule Sam Dukan.
L’autre filiale, C4D, est orientée
santé. Elle a pour but de détecter la
légionelle chez l’homme en un
temps record : 24 heures au lieu de
7 jours. Aux Etats-Unis, une récente
étude indique qu’un patient infecté
coûte 45.000 dollars à l’Etat. Détectée plus tôt, la prise en charge pourrait être quasi nulle.
— P. M.
Laurent Marcaillou
— Correspondant à Toulouse
Fabriquer des engrais et des herbicides naturels pour les plantes sans
recourir aux OGM, c’est le pari
de Micropep Technologies à Toulouse. Deux chercheurs du Laboratoire de recherche en sciences végétales du CNRS, Jean-Philippe Combier
et Dominique Lauressergues, ont
découvert qu’une famille de protéines des plantes, les micropeptides,
régulent l’expression des gènes de
manière temporaire, donc sans
OGM. Elles accélèrent ou ralentissent la croissance, renforcent le système immunitaire, etc.
La SATT Toulouse Tech Transfer a
cru très tôt à la découverte et investi
500.000 euros de 2013 à 2015 pour
faire une preuve de concept et déposer neuf brevets. En 2016, l’ancien res-
ponsable commercial de la SATT,
Thomas Laurent, et les deux chercheurs ont fondé Micropep Technologies pour développer cette innovation. La SATT lui a accordé la licence
exclusive des brevets en échange
d’une participation minoritaire.
Produits phytosanitaires
La start-up reproduit les micropeptides par synthèse chimique ou par
reproduction biologique, pour fabriquer des produits naturels de traitement des cultures qui accéléreront la
croissance et supprimeront les mauvaises herbes. Elle a levé 4 millions
d’euros en mars auprès de Sofinnova
Partners et d’Irdi Soridec Gestion
pour développer des prototypes
industriels et étoffer sa bibliothèque
de molécules actives, en embauchant
6 à 7 personnes. « Nous participons
avec la coopérative Lur Berri à un projet de recherche financé par l’Etat (FUI)
qui vise à accélérer la germination du
maïs », dévoile son PDG, Thomas
Laurent, qui veut collaborer en R&D
avec des acteurs des semences et des
produits phytosanitaires. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
26 // PME & REGIONS
Lundi 7, mardi 8 mai 2018 Les Echos
5,7
vivent dans des communes « sousdenses » en médecins, selon une
étude que vient de publier la Direction de la recherche, des études, de
l’évaluation et de la statistique. Un
chiffre qui tient compte de l’âge de
la population, de l’activité des
médecins et des temps de déplacement. Les régions les plus touchées
sont le Centre-Val de Loire, l’Auvergne-Rhône-Alpes, la BourgogneFranche-Comté et l’Ile-de-France.
La France compte 226.000 médecins, dont 103.000 généralistes.
ÎLE-DE-FRANCE La société
Deskopolitan ouvrira cet été un
« campus dédié au co-working »
de 6.000 mètres carrés à Paris.
Cet espace a été acquis en juin 2015
auprès de la RATP. Outre des
espaces de travail et de réunion,
on y trouvera un amphithéâtre, un
espace beauté, un restaurant, un
potager, une résidence hôtelière,
une crèche, une salle de fitness.
Deskopolitan
MILLIONS DE PERSONNES
innovateurs
Deskopolitan ouvre
un site cet été
Cybersécurité : Squad
va valoriser son
expertise en Australie
Attila franchise le contrat d’entretien
pour les toitures
CENTREVAL-DE-LOIRE
DR
La PME, implantée
à Montargis,
a développé un réseau
de 80 franchisés
pour une clientèle
de professionnels.
LA STRATÉGIE
SQUAD
Date de création : 2010
Directeur général :
Marc Brua (à droite)
Chiffre d’affaires :
27,4 millions d’euros en 2017
Effectif : 385 personnes
Secteur : cybersécurité
Elle veut dupliquer
le concept auprès
des particuliers.
Christine Berkovicius
— Correspondante à Orléans
On entretient régulièrement sa
chaudière, souvent avec un contrat
de service à la clef. Pourquoi ne pas
faire de même avec sa toiture ?
Voilà le concept imaginé par la
société Attila, basée à Montargis
(Loiret), qui veut convaincre les particuliers de souscrire un contrat
d’entretien pour leur toit, afin de
prolonger sa durée de vie et de
retarder l’heure d’engager de gros
travaux. Moyennant quelques centaines d’euros par an, un couvreur
viendra à domicile contrôler que le
toit est en bon état, démousser, enlever les feuilles, changer quelques
tuiles, s’il le faut, etc., et délivrer un
certificat qui pourra, si besoin, être
produit aux assurances en cas de
Au siège à Montargis, la maison mère élabore de multiples services support. Photo Attila
problème. Le particulier pourra
également disposer de photos ou,
encore, accéder à un extranet où
il pourra « tracer » l’entretien de
son toit grâce à un historique des
interventions.
Une démarche peu courante
L’idée peut paraître farfelue ? Attila
la commercialise déjà avec succès
depuis dix ans auprès d’une clientèle de professionnels – entreprises,
gestionnaires de patrimoine, notaires, collectivités, etc. « Nous avons
mis au point une approche spécifique. Nous considérons le toit comme
un capital financier, un patrimoine
qu’il faut gérer pour éviter qu’il se
dégrade et dont on peut multiplier la
longévité par deux, ce qui n’est pas
neutre en termes de coût », argumente Benoît Lahaye, directeur
général et fondateur de l’entreprise.
Créé en 2003, Attila s’est rapidement développé en adoptant le
modèle de la franchise, à partir de
2007 – une démarche peu courante
dans un secteur où dominent les
petites entreprises de couverture,
soit 22.000 artisans en France. A ce
jour, son réseau compte 83 agences
qui emploient plus de 500 personnes, pour un chiffre d’affaires global
de 52 millions d’euros. Au siège à
Montargis, la maison mère élabore
de multiples services support, des
outils informatiques, des modules
de formation, etc., et gère en direct
quelque 150 grands comptes,
comme Jardiland, Euromaster,
Saint-Gobain… L’enseigne croît au
rythme de 10 à 12 ouvertures par an,
et pourrait atteindre à terme « environ 400 franchisés, soit 2 % du marché », pronostique le patron.
Avec sa nouvelle offre de service
pour les particuliers, Attila s’attaque à un autre segment du marché
et doit encore affiner son modèle
économique, mais, il ne doute pas
de séduire cette nouvelle clientèle.
Les premiers contrats tests viennent d’être signés dans le Loiret et,
une fois que la solution aura été
définitivement validée, le groupe
compte lancer un deuxième réseau
de franchisés, à l’horizon 2020. n
Chantal Houzelle
@HouzelleChantal
Invité à participer au voyage présidentiel d’Emmanuel Macron
en Australie la semaine dernière, Marc Brua, le directeur
général et cofondateur de
Squad, a trouvé ce déplacement
« assez impressionnant pour un
chef d’entreprise peu rompu
aux exercices diplomatiques, confie-t-il. Nous avons d’abord été
choisis pour notre expertise en
cybersécurité dans le cadre du
renforcement de la coopération
entre l’Agence nationale de la
sécurité des systèmes d’information et l’Australian Cyber Security
Centre ». Retombées immédia-
Sysco France supprime 631 postes
Davigel et Brake France,
rachetés par le groupe
américain Sysco, ont
fusionné pour donner
naissance à Sysco
France.
Claire Garnier
— Correspondante à Rouen
Rachetés par l’américain Sysco, le
fabricant de produits surgelés et alimentaires Davigel et le distributeur
Brake France viennent de fusionner
pour donner naissance à une nouvelle société Sysco France, qui
emploie 4.035 salariés. Pour réussir
RÉUSSIR
son ambition de devenir le troisième
opérateur de la distribution à la restauration hors foyer (RHF) en
France – derrière Pomona et Metro –
Sysco a un plan de bataille. Présenté
jeudi 3 mai au cours d’un comité
central d’entreprise à Paris, il vise à
« accroître la compétitivité du nouvel
ensemble » sur un marché jugé
« mature » et à « enrichir l’offre produit ». La « nouvelle organisation »
prévoit la suppression de 631 postes,
la création de 432 nouveaux postes,
un investissement de 204 millions
d’euros sur la période 2019-2021 et le
maintien de 70 sites logistiques sur
90. Selon la direction du groupe
Sysco, les suppressions d’emplois
sont liées aux « synergies liées à la
fusion et concernent des fonctions
avec
support mais aussi les entrepôts ».
Stéphane Baumgarten, délégué syndical CGT, confie qu’il n’a aucune
information sur la nature des
432 nouveaux postes annoncés. Les
négociations vont commencer en juin
dans le cadre du PSE ».
Un signal négatif
Dans l’agglomération de Dieppe
(Seine-Maritime), berceau du
groupe Davigel, Sysco annonce
112 suppressions d’emploi sur les
sites de Rouxmesnil-Bouteilles (exsiège social de Davigel) et de Tôtes,
qui emploient respectivement 301 et
117 salariés. Les élus locaux ne
cachent pas leur inquiétude. La
perte du siège social de Davigel est
en outre comme un signal néga-
tif. C’est dans cette ville que les frères
David, précurseurs du poisson surgelé, ont créé Davigel en 1963. Dans
les années 1980, ils avaient innové en
s’associant avec l’armement Leveau
et ses bateaux-usines pour produire
du poisson surgelé en mer.
L’activité industrielle ne semble
cependant pas menacée. Sysco
France souligne qu’il va s’appuyer
sur sa « spécificité d’industriel-producteur » disposant d’usines dédiées
à la RHF, dont sont généralement
dépourvus ses concurrents. Il
compte s’appuyer sur les trois usines
de Davigel qui fabriquent des produits frais et surgelés à base de poisson, des desserts et produits traiteur,
et des préparations à base de porc,
volaille et légumes. n
l’offre digitale de la CCI Paris Ile-de-France
FAIRE DU DIGITAL
UN VÉRITABLE VECTEUR
DE TRANSFORMATION
COMMERCIALE
mieux adaptés à leur activité ». Identifier les outils
correspondant réellement aux projets de l’entreprise
pour approcher l’univers digital de manière raisonnée.
Et veiller à se fixer des objectifs clairs, et ce dès le
départ.
Nouvelles technologies, nouveaux usages. À l’heure
où les consommateurs n’hésitent plus à solliciter
le web quand il s’agit de trouver un prestataire de
services, un artisan ou encore un commerçant, force
est de constater que la visibilité numérique s’impose
désormais comme un enjeu incontournable. « Bien
plus qu’un sujet d’actualité, la transition digitale est
aujourd’hui devenue le support de toute la dimension
commerciale de l’entreprise », analyse Éric Donadieu,
conseiller numérique de la CCI Val d’Oise. « Pour
les dirigeants, la vraie question n’est ainsi plus de
savoir s’il faut y aller, mais quels sont les moyens les
BIEN DÉFINIR SES ATTENTES
« Comme tout projet, le digital constitue un
investissement pour l’entreprise. Et qui dit
investissement, dit ROI », explique Éric Donadieu,
disposant lui-même d’une expérience solide dans
l’entrepreneuriat. « Se doter d’un site web n’est pas une
finalité en soi, mais une démarche visant à atteindre
un but précis ». Gagner en notoriété, acquérir une
visibilité supplémentaire, attirer des clients, séduire
des prospects, réaliser du CA en ligne… À chaque
intention sa stratégie numérique ! « L’enjeu majeur
n’est pas le support, mais le résultat », poursuit-il.
Retrouvez les informations sur lesdigiteurs.fr - Projet co-financé par les fonds Européens
« Ainsi, pour que la transformation digitale puisse
porter ses fruits, l’entrepreneur doit s’assurer de bien
définir ses attentes, y compris auprès des partenaires
tels que les agences web, pouvant l’accompagner
dans son projet ». Car rien ne sert d’avancer
aveuglément. « Il n’y a pas de solution universelle.
Que ce soit à travers la création d’un site Internet ou
par l’intermédiaire des réseaux sociaux, il faut avant
tout que les moyens mis en place vous ressemblent »,
conclut-t-il. « Sans oublier que
le web représente une matière
organique qu’il faut nourrir
régulièrement, en y apportant
des contenus frais, adaptés à
vos cibles et à vos objectifs ».
De quoi inscrire la relation
Donadieu
client dans une optique Éric
Conseiller numérique
à la CCI Val d’Oise
résolument connectée !
CyberAcademy
La société a aussi profité de
ce déplacement officiel pour
lancer son programme CyberAcademy, qui vise à pallier le manque de compétences en cybersécurité dans les entreprises.
« Nous l’avons conçu comme un
parcours de reconversion professionnelle qui leur permet en quelques semaines de réadapter la
qualification de leurs personnels », explique le directeur
général. « Nos premières expériences au sein de grands comptes
bancaires montrent que plusieurs centaines de personnes
peuvent ainsi être reconverties. »
La rapide montée en puissance
de Squad se traduit dans son
chiffre d’affaires, qui vise 36 millions d’euros en 2018, contre 27,4
en 2017. Son effectif suit le même
rythme : 120 recrutements réalisés à ce jour sur les 200 prévus
cette année. n
Colas déploie son bitume
biosourcé dans la Somme
de gaz à effet de serre liées
à la construction routière. « Les
conditions de travail de nos salariés sont également améliorées
par ce process, notamment en
plein été », souligne Christophe
Priez, directeur technique
adjoint en région Nord de Colas.
DR
NORMANDIE
tes en visibilité : « Nous espérons
assister les industriels français
présents localement, mais aussi
les entreprises australiennes, qui
souffrent d’un fort déficit d’expertise en cybersécurité », projette
Marc Brua. « Cette visite conforte
notre impression initiale sur
l’existence d’un marché important. » Pour l’exploiter, Squad
prévoit de s’implanter en Australie dès septembre, avant de
créer une filiale début 2019.
L’entreprise y a déjà un fort
ancrage avec Naval Group, l’un
de ses grands clients, qui a décroché en 2016 le mégacontrat australien de 12 sous-marins.
Du bitume recyclé
LA TECHNOLOGIE
COLAS
Date de création : 1929
Président : Hervé Le Bouc
Chiffre d’affaires :
11,7 milliards d’euros
Effectif : 55.000 personnes
Secteur : travaux publics
Guillaume Roussange
— Correspondant à Amiens
Spécialiste des infrastructures
de transport, Colas rénove plusieurs routes de la Somme avec
Compomac, un bitume innovant destiné aux voies dont le
trafic est inférieur à 200 poids
lourds par jour. Mis au point par
le campus scientifique et technique (CST) du groupe, basé à
Magny-les-Hameaux, dans les
Yvelines, ce revêtement est fabriqué grâce à un fluxant, liant
entre le sable et les gravillons,
biosourcé. Son principal avantage est de permettre une fabrication de l’enrobé à 100 °C seulement contre 160°C pour un
bitume classique. Selon le
groupe, il en résulte une baisse
de l’ordre de 30 % des émissions
L’autre atout du Compomac est
de pouvoir intégrer dans sa
fabrication entre 10 % et 30 %
d’agrégats de bitumes recyclés,
issus de la déconstruction des
chaussées. Son temps d’utilisation et sa maniabilité permettent d’effectuer, en un seul passage, les différentes opérations
de mise à niveau du support et
d’épandage de la couche de roulement. Les engins de travaux
sont identiques à ceux utilisés
sur les chantiers classiques.
Quant au coût, il est, selon le
g ro u p e, co mp arabl e à u n
enrobé classique.
Avec ce produit, la filiale de
Bouygues démontre la capacité
d’innovation du secteur des travaux publics routiers. Elle s’est
déjà illustrée lors du lancement,
il y a un an et demi, de Wattway,
le premier revêtement routier
photovoltaïque au monde, développé avec l’Institut national de
l’énergie solaire (Ines). En 2017,
les 2.800 mètres carrés de panneaux solaires ont produit
149,4 mégawattheures d’électricité, un chantier expérimental
qui a coûté 5 millions d’euros. Le
groupe prévoit une commercialisation de son concept en 2019. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 27
Les Echos Lundi 7, mardi 8 mai 2018
FINANCE
&MARCHES
L’EURO À SON PLUS BAS DE
L’ANNÉE FACE AU DOLLAR
L’euro est descendu vendredi à
son plus bas niveau depuis le
début de l’année face au dollar
avant de se reprendre un peu,
après la publication d’un rapport
sur l’emploi américain mitigé,
voire décevant. Toutefois, la
perspective de voir la Fed continuer à resserrer progressivement sa politique monétaire
continue à alimenter la progression du dollar.
les
indices
Warren Buffett va laisser un énorme trésor
de guerre à ses successeurs
HOLDING
A l’assemblée générale
de Berkshire Hathaway,
l’oracle d’Omaha
a regretté de ne pas
avoir investi dans
Google et Amazon.
Berkshire dispose
aujourd’hui de
108,6 milliards de
dollars pour réaliser
une grosse acquisition.
Nicolas Rauline
@nrauline
— Bureau de New York
Raphaël Bloch
@Bloch_R
Ses prédictions sont attendues
comme celles de l’oracle. Et, cette
année encore, malgré les résultats
décevants de son holding Berkshire
Hathaway, les fidèles sont venus en
masse écouter Warren Buffett lors
de l’assemblée générale, ce weekend à Omaha, dans le Nebraska.
L’investisseur y a d’abord justifié
sa stratégie d’investissement, s’attardant sur Apple. En préambule de la
réunion, Buffett avait annoncé avoir
acheté 75 millions d’actions supplémentaires au cours du premier trimestre, devenant le troisième
actionnaire du groupe, derrière
Vanguard et BlackRock. Alors qu’il
appuie le programme de rachat
d’actions enclenché par Apple, il a
laissé entendre qu’il pourrait encore
augmenter sa participation. C’est
pour lui « une entreprise incroyable », qui développe des « produits
attachants » pour le public.
Autres bons points : ceux attribués à Google et Amazon. Longtemps réticent à investir dans la
tech, Warren Buffett a fait son mea
culpa et considère comme une
« erreur » le fait de n’être jamais
entré dans ces deux entreprises.
En revanche, il se refuse toujours
à investir dans Microsoft, dont le
cofondateur Bill Gates figure au conseil d’administration de Berkshire
Hathaway. « Si quelque chose arrivait, des résultats meilleurs que prévus, une acquisition, quoi que ce soit,
Bill et moi serions la cible de rumeurs,
d’accusations fausses, comme quoi il
m’aurait dit quelque chose, ou inversement », s’est-il justifié lors des
réponses à ses actionnaires.
Enfin, il veut insister avec l’un de
ses plus gros investissements :
Wells Fargo. La troisième banque
de détail américaine reste engluée
dans des problèmes de pratiques
commerciales, pour lesquelles elle a
été sanctionnée. Mais Buffett croit
en son redressement. « Toutes les
grandes banques ont eu des problèmes, à un moment ou à un autre. Et je
ne vois pas, de mon point de vue
d’investisseur, en quoi Wells Fargo, en
tant qu’entreprise, serait inférieure à
ses concurrents », a-t-il résumé.
Enfin, la question de sa succession a tourné en boucle tout le
week-end. Certains se demandent
si les entreprises viendront encore
frapper à la porte de Berkshire
Hathaway une fois Warren Buffett
parti. Sur ce sujet aussi, l’investisseur se veut optimiste. « Désormais,
n o t re ré p u t a t i o n e s t c e l l e d e
Berkshire. Quelqu’un qui se préoccupe réellement de son business va
nous appeler en premier », a affirmé
Buffett, âgé de quatre-vingt-sept
ans, tandis que son associé Charlie
Munger a quatre-vingt-quatorze
ans. Si les deux hommes n’ont pas
encore l’intention de se retirer des
affaires, ils préparent néanmoins
leur succession. Gregory Abel et
Ajit Jain ont été nommés vice-présidents en début d’année.
montant total de 6,2 milliards de
dollars (5,2 milliards d’euros).
Résultat : un déficit de 1,14 milliard
de dollars (952 millions d’euros)
entre janvier et mars.
Ces nouvelles règles comptables
obligent Berkshire Hathaway à estimer des pertes potentielles sur son
gros portefeuille d’actions. C’est en
application de ces règles que les
résultats trimestriels du groupe
sont tombés dans le rouge. Il y a un
an, sur la même période, le groupe
av a i t d é g a g é u n b é n é f i c e d e
4,07 milliards de dollars.
Le holding de Warren
Buffett a perdu
1,14 milliard de dollars
entre janvier et mars.
Dans le rouge
en début d’année
Dans l’immédiat, toutefois, le holding doit affronter des vents contraires, auxquels les observateurs
ne s’attendaient pas. Berkshire
Hathaway a enregistré une perte
inhabituelle au premier trimestre,
en raison de charges liées à un
changement de règles comptables. La société, qui compte aussi
des participations dans Coca-Cola
ou American Express, a dû inscrire
dans ses comptes des charges d’un
La question de la succession de Warren Buffett (87 ans) a
tourné en boucle tout le week-end, lors de l’assemblée générale
de Berkshire Hathaway. Photo Dennis Van Tine/Star Max/AP/Sipa
Hormis cet élément exceptionnel, le holding du milliardaire américain est épargné par les catastrophes naturelles, dont la facture
avait plombé sa performance en
2017. L’activité d’assurance a progressé en dépit d’une hausse des
tarifs, alors que les demandes
d’indemnisation ont diminué. Berkshire Hathaway dispose
aujourd’hui de 108,6 milliards de
dollars (90,8 milliards d’euros) en
mains, un beau trésor de guerre
pour réaliser la grosse acquisition
tant désirée par Warren Buffett.
Son dernier coup de maître ? n
La radiographie des grands gérants d’actifs mondiaux
GESTION D’ACTIFS
Selon le BCG, les marges des gestionnaires
d’actifs sont condamnées à se réduire.
Sophie Rolland
@Sorolland
Les gestionnaires d’actifs ne doivent pas se faire d’illusions. Les
résultats exceptionnels de l’année
dernière ont peu de chance de se
reproduire. « L’embellie ne doit pas
masquer que l’environnement reste
difficile pour les sociétés de gestion »,
prévient Hélène Donnadieu, responsable de la gestion d’actifs et
coauteur du dernier rapport du
Boston Consulting Group (BCG) sur
le secteur. Le cabinet de conseil en
stratégie a passé au crible les performances de 30 grands « asset
managers » mondiaux, représentant 34.000 milliards de dollars
d’actifs sous gestion, ce qui correspond à la moitié des encours de
l’industrie. Parmi eux, les géants de
la gestion passive comme BlackRock, State Street ou Vanguard,
mais également Fidelity, Schroders, Goldman Sachs AM, JP Morgan AM, DWS, Franklin Templeton
et les français Amundi, Natixis IM,
BNPP AM et AXA IM. En voici les
principales conclusions.
LA PRESSION SUR LES
•MARGES
RESTE D’ACTUALITÉ
A 38 % en 2017 (comme en 2016), la
marge bénéficiaire moyenne des
grandes sociétés de gestion
demeure extrêmement confortable. Mais, selon le BCG, elle est condamnée à se réduire. Coûts réglementaires en hausse, accélération
des investissements dans les nouvelles technologies, frais de gestion
en baisse… A horizon 2021, elle se
tasserait à 36 % et, en cas de correction de marché, elle descendrait à
30 %, voire 27 % dans un scénario
extrême. « Les sociétés de gestion ont
des coûts fixes importants et une
baisse des marges limiterait leur
capacité de développement », explique Hélène Donnadieu. Selon le
BCG, les coûts ont en moyenne
représenté 65 % des revenus des
grands « asset managers » en 2017.
« Ils doivent absolument faire évoluer leur structure de coûts et investir
dans la transformation digitale. »
COMMISSIONS
•DEDES
GESTION EN BAISSE
Les investisseurs institutionnels et
particuliers bénéficient d’une
transparence accrue et de la concurrence toujours plus intense
entre les gestionnaires d’actifs.
Résultat : les frais de gestion poursuivent leur décrue. Nets des coûts
de distribution, ils ressortent par
exemple en moyenne à 35 points de
base pour les stratégies actions
gérées activement (37 il y a 4 ans)
pour les institutionnels et à 5 points
pour la gestion indicielle (contre 6
en 2012). La baisse la plus importante concerne les stratégies alternatives (type hedge fund, immobi-
lier ou infrastructure, par exemple).
Les frais engrangés sont passés de
75 à 64 points en 4 ans.
LES FRANÇAIS ONT MOINS
•PROFITÉ
DES VENTS PORTEURS
QUE LEURS CONCURRENTS
À L’INTERNATIONAL
Les encours des quatre grandes
sociétés de gestion françaises n’ont
progressé que de 4 % en 2017, contre 14 % p our l’ensemble des
30 acteurs mondiaux. « Cette croissance plus faible s’explique par la
prépondérance des actifs obligataires
et par un effet marché moins positif
en France et en Europe qu’aux EtatsUnis [progression de près de 20 %
du S&P 500 en 2017, NDLR] et en
Asie. » La collecte (nette) des
acteurs français est également en
retrait. En 2017, elle a représenté
3,3 % des encours de début d’année,
contre 4,3 % au niveau mondial.
ACTIVE
•FAITLADEGESTION
LA RÉSISTANCE
EN EUROPE
Si les stratégies de gestion cherchant à reproduire la performance
des indices de marché (gestion passive) représentent l’essentiel de la
collecte aux Etats-Unis, le tableau
est très différent de ce côté-ci de
l’Atlantique. Les 10 stratégies qui
ont le plus collecté en Europe
l’année dernière sont des stratégies
de gestion dites « actives », au premier rang desquelles les positionnements sur le marché obligataire
international et sur le marché
monétaire.
A l’inverse, aux Etats-Unis, les
stratégies indicielles en actions ont
largement dominé la collecte. « La
demande pour les produits capables
de battre le marché reste importante
et devrait perdurer », souligne toutefois le BCG. En revanche, seuls les
meilleurs s’en sortent. « Aux EtatsUnis, seuls les fonds actifs notés
5 étoiles [c’est-à-dire de meilleure
qualité, NDLR] et les nouveaux produits drainent des flux nets significatifs. » Les fonds notés de 1 à 4 étoiles
ont, à l’inverse, décollecté ces dernières années.
LE GAGNANT EMPORTE
•TOUT…
ET ENCORE PLUS
AUX ÉTATS-UNIS
Plus les sociétés de gestion sont
grandes, plus elles bénéficient d’économies d’échelle, et plus leur rentabilité leur permet de baisser les prix
et ainsi d’attirer les investisseurs.
C’est le « winner-take-all effect »,
comme le désignent les AngloSaxons. Il bénéficie logiquement
aux géants de la gestion passive
comme Vanguard et BlackRock.
Aux Etats-Unis, ces derniers ont respectivement attiré 402 et 210 milliards de dollars d’investissements
l’année dernière, loin devant Capital
Group (47 milliards), Pimco
(44 milliards), Dimensional Fund
Advisors (31 milliards) et State Street
(30 milliards). En Europe, le phénomène existe aussi, mais il est moins
marqué. Les champions de la collecte, BlackRock, Pimco et Amundi,
ont respectivement attiré 78, 64 et
39 milliards de dollars en 2017. n
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28 // FINANCE & MARCHES
Lundi 7, mardi 8 mai 2018 Les Echos
Société Générale et BNP Paribas
ont affronté des vents contraires
l Les deux banques ont souffert de la
contraction de l’activité de leur banque
d’investissement au premier trimestre.
l A la Bourse de Paris, le titre Société
Générale a été chahuté vendredi.
BANQUE
Sharon Wajsbrot
@Sharonwaj
Edouard Lederer
@EdouardLederer
Cela aura été une journée noire
pour Société Générale. La banque
de la Défense, qui publiait vendredi
ses résultats pour le premier trimestre, a été chahutée sur les marchés, son titre accusant une chute
de 5,17 %, à Paris. Moins maltraité,
le titre BNP Paribas – qui publiait
ses trimestriels le même jour – a
aussi fini la séance sur un repli de
1,15 %. Des résultats en demi-teinte
peuvent expliquer pour partie ce
mouvement d’humeur. Au premier
trimestre, le produit net bancaire
de BNP Paribas a chuté de 4,4 %, à
10,8 milliards d’euros, et son résultat net part du groupe s’est replié de
17,3 %, à 1,56 milliard d’euros.
De même, Société Générale a vu
son produit net bancaire reculer de
2,8 %, à 6,29 milliards d’euros, et son
résultat net s’apprécier de 13,8 %, à
850 millions d’euros, profitant d’une
base de comparaison favorable. Aux
a moins souffert que celle de Société
Générale, mais au final ces acteurs
affichent respectivement une baisse
de leurs revenus dans leurs activités
de marché de 14,6 % et de 18 %.
Ce contexte européen de taux bas
complique en outre la vie des banques dans leurs activités de banque
de détail. Pour compenser des revenus d’intérêt plus faibles, certains
prêteurs se lancent dans de larges
offensives commerciales. La banque de détail en France de BNP Paribas a ainsi connu une hausse importante de ses encours de crédit (+7,2 %
au premier trimestre 2018), alors
que son PNB et son résultat avant
impôt se sont légèrement repliés.
Sur ce terrain, Société Générale fait
valoir sa prudence : « Nous sommes
restés très disciplinés en matière de
crédit immobilier pour ne pas
engranger trop d’encours à taux bas,
ce qui pénaliserait notre rentabilité. »
Dans ce climat, ces deux grandes
banques peuvent compter sur la
bonne santé de leurs métiers spécialisés (crédit à la consommation, assurance…). La division International
financial services de BNP Paribas a
ainsi vu progresser son activité et son
résultat. Le constat vaut aussi pour
Société Générale. Enfin, c’est aussi la
capacité à maintenir les coûts sous
contrôle et à rester dans la trajectoire
fixée dans leurs plans stratégiques
qui sera – sur la durée – appréciée par
les investisseurs.
yeux des investisseurs, le nouvel
état-major de Société Générale –
annoncé jeudi soir après la fermeture des marchés – a pu aussi décevoir. Certains espéraient voir arriver
une figure de la banque d’investissement pour remplacer le numéro
deux de la banque Didier Valet,
démissionnaire à la suite de l’affaire
du Libor. Mais Société Générale a
préféré rebattre les cartes en interne.
De l’inconvénient
d’être européen
Plus profondément, les banques
hexagonales pâtissent en ce début
d’année du fait d’être… françaises et
européennes. En effet, elles vivent
toujours à l’heure des taux faibles.
« L’Europe a deux à trois ans de retard
par rapport aux Etats-Unis en
matière de politique monétaire, nous
sommes donc dans une période de
transition », a fait valoir Frédéric
Oudéa, le directeur général de la
Société Générale. Dans les activités
de marché, ce phénomène s’est traduit par une forte volatilité aux EtatsUnis, mais une faible activité en
Europe. Plus tournée vers les EtatsUnis, la banque de financement et
d’investissement de BNP Paribas en
(
Lire « Crible »
Page 36
INTERVIEW // FRÉDÉRIC OUDÉA Directeur général de Société Générale
« D’ici à quelques mois, Société Générale aura
complètement tourné la page de la crise »
Propos recueillis par Sharon
Wajsbrot, Guillaume Maujean
et François Vidal
Vous venez d’annoncer une
réorganisation de votre étatmajor, six semaines après
le départ de Didier Valet,
le responsable de la banque de
financement et d’investissement. Pourquoi un tel délai ?
J’aurais pu me contenter d’annoncer un successeur dans la foulée.
Nous avons souhaité avec le conseil
d’administration étudier différentes
possibilités, et il nous a semblé
qu’organiser un processus comparant des options internes et externes
était la meilleure démarche. Pour
constituer la bonne équipe, la plus
complémentaire et assurer l’avenir.
Au bout du compte, cela a été une
opportunité pour renouveler en
profondeur la composition de la
direction générale et son organisation, dans une moindre mesure. Ce
processus n’a duré que six semaines,
un délai qui me paraît raisonnable et
pertinent. Dans ce contexte, Bernardo Sanchez Incera, ayant passé
huit ans au sein du groupe, a souhaité poursuivre d’autres projets et
je tiens à le remercier chaleureusement pour tout le travail remarquable accompli. Compte tenu de tous
les enjeux de transformation auxquels nous faisons face, nous avons
retenu une organisation à quatre
directeurs généraux délégués
– Diony Lebot, Philippe Aymerich,
Séverin Cabannes et Philippe Heim,
contre trois auparavant.
Didier Valet apparaissait
comme votre successeur
potentiel. Est-ce que votre
successeur figure parmi
ces quatre directeurs généraux délégués ?
La première des choses à retenir,
c’est la confiance que m’a formellement accordée le conseil d’administration en proposant le renouvellement de mon mandat de directeur
général pour quatre ans lors de
attendons une décision dans les
prochaines semaines ou les prochains mois.
l’assemblée générale du printemps
2019. La perspective de ma succession s’inscrit donc dans le temps
long. L’élargissement de la direction
générale à quatre membres et, bien
au-delà, la richesse de nos talents
permettront au conseil d’avoir le
choix le moment venu. Vous pouvez
noter que les âges et les expertises de
la direction générale sont parfaitement adaptés à cette perspective.
Les noms de plusieurs personnalités extérieures à la Société
Générale ont été évoqués pour
prendre la suite, notamment
celui de Laurent Mignon, qui
vient d’être nommé à la tête de
BPCE. Est-ce un regret de
n’avoir pu faire venir un banquier en dehors du groupe ?
Je dois avouer que j’étais assez surpris de voir ces rumeurs, souvent
fantaisistes, sur notre processus de
recrutement. Lorsque se posent des
questions de succession, je regarde
systématiquement les options externes, cela me paraît une saine gouvernance. Mais notre philosophie de
management n’a pas changé. Nous
donnons la priorité aux options
« La perspective
de ma succession
s’inscrit donc dans
le temps long. »
internes. Nous recrutons en permanence des talents de 35, 40, 45 ans…
Nous regardons comment ils s’intègrent au sein de la banque, comment
ils évoluent, comment ils engrangent de l’expérience, comment
ils partagent les ambitions et la culture du groupe. Les nominations
que nous venons d’annoncer en
apportent la preuve ; elles montrent
la diversité et le renouvellement des
talents de ce groupe.
Vous êtes à la tête de Société
Générale depuis dix ans.
Une longévité certaine dans le
« Nous avons enregistré en début d’année des performances très
solides », explique Frédéric Oudéa. Photo Romain Beurrier/RÉA
secteur bancaire. Vous vous
engagez dans un nouveau
mandat de quatre ans. Dans
quel état d’esprit êtes-vous ?
Je suis extrêmement motivé !
Quand j’ai pris mes fonctions il y a
dix ans, j’ai senti que j’allais mener
un marathon au cours duquel je
devrais courir un sprint de
100 mètres tous les jours. J’ai la
chance d’être en bonne santé et
d’avoir été nommé jeune. Je suis
totalement engagé. La banque a traversé des hauts et des bas au cours de
ces dix dernières années. D’ici à
quelques mois, elle aura complètement tourné la page de la crise. Et la
période qui s’ouvre est plus positive,
avec des transformations stimulantes et passionnantes. Je suis très
désireux de mener à bien notre projet stratégique et, avec nos équipes,
de contribuer aux transformations
de ce monde.
Cette nouvelle gouvernance
s’inscrit dans la continuité, elle
ne présage donc pas d’évolution stratégique majeure…
En effet, nous venons à peine
d’engager notre nouvelle feuille de
route stratégique. L’équipe de direction a contribué à la dessiner et va
donc la mettre en œuvre.
Où en êtes-vous de vos négociations avec les autorités
américaines sur les litiges ?
On parle d’une transaction
de 1 milliard d’euros…
Nous avons des discussions très
actives avec toutes les autorités
impliquées, principalement américaines, pour aboutir à la résolution
des deux litiges sur les indices Libor
et le fonds souverain LIA. Cela
devrait être le cas dans les quelques
jours ou semaines à venir. Vous
noterez que le calendrier s’accélère
par rapport à notre dernière communication. J’ajoute que les enjeux
financiers de ces litiges sont en ligne
avec notre provisionnement, soit
environ 1 milliard d’euros pour ces
deux affaires. Un montant auquel
nous n’avons pas touché dans les
comptes du premier trimestre.
Et qu’en est-il du litige avec
le Trésor américain, l’Ofac, sur
la violation d’embargos ?
Les discussions sont en cours. Nous
Vos résultats trimestriels
montrent un ralentissement
de l’activité dans la banque
de financement et d’investissement, contrairement à ce qui
s’est passé chez vos concurrents. Comment l’expliquer ?
Je tiens d’abord à souligner que nous
avons enregistré en début d’année
des performances commerciales
très solides dans la plupart de nos
métiers. Dans la banque de détail en
France, par exemple, notre activité
est conforme à nos attentes. Ce qui
valide le plan de transformation
accélérée que nous avons engagé.
Dans la banque de détail à l’international et les services financiers aussi,
nous avons enregistré de très bonnes performances. Dans la BFI, c’est
vrai, la situation est plus contrastée,
du fait de la baisse enregistrée sur
nos activités de marché, en particulier dans les produits structurés. Ce
début d’année a été assez étrange.
Les flux actions ont été très dynamiques aux Etats-Unis, sur fond de
volatilité accrue et d’impact de la
réforme fiscale. A l’inverse, l’Europe
est plus en retrait, et a probablement
subi en début d’année les effets négatifs de la réforme MiFID.
Quelle visibilité avez-vous
sur le reste de l’année ?
Cela va beaucoup dépendre de la
conjoncture internationale. Au premier trimestre, par exemple, si les
banques américaines ont fait
mieux que les européennes, c’est
que les taux ont commencé à y
remonter, la volatilité est revenue
sur les grandes capitalisations technologiques, alors qu’en Europe ils
sont toujours très bas. Mais les différents indicateurs que nous suivons me rendent confiant dans le
fait que la Société Générale va continuer à renforcer ses positions dans
ses différents métiers au cours des
prochains mois. n
Oddo BHF
a doublé
de taille
en trois ans
BANQUE
La société dirigée
par Philippe Oddo
est devenue
un groupe
franco-allemand.
Les comptes ont été
redressés en 2017.
Laurence Boisseau
@boisseaul
C’est l’an 2 pour Oddo BHF, et en
même temps l’heure du bilan
pour la banque franco-allemande issue du rapprochement entre Oddo & Cie et BHFBank. Le nouveau groupe vient
de publier ses résultats annuels.
« Après une année transformante, l’exercice 2017 est marqué par un retour à la normale »,
commente Christophe Tadié,
directeur financier d’Oddo
BHF. Le groupe a enregistré un
produit net bancaire de
591 millions d’euros (contre
577 millions l’an dernier). Il a
dégagé, comme prévu, un
résultat brut d’exploitation de
99 millions d’euros, contre une
perte de 67 millions un an plus
tôt. En Allemagne, le groupe,
qui emploie 1.300 collaborateurs, présente dorénavant des
résultats au-dessus de la ligne
de flottaison.
106 milliards d’euros
d’actifs gérés
« Entré au capital du holding de
tête de BHF en juillet 2014, Oddo
a ensuite, en janvier 2015, racheté
Seydler – banque d’investissement spécialisée dans le financement des PME – puis, quelques
mois plus tard, le gestionnaire
d’actifs Meriten », rappelle Philippe Oddo, associé gérant
d’Oddo BHF. Le groupe a aussi
finalisé la fusion entre Frankfurt-Trust et la société de gestion Oddo BHF AM. Le nouvel
ensemble a annoncé un
encours cumulé de plus de
61 milliards d’euros ; ce qui
porte, avec la banque privée, les
actifs gérés par le groupe Oddo
BHF à 106 milliards d’euros.
« Au total, depuis trois ans, nous
avons doublé de taille. Nos actifs
pondérés du risque sont passés
de 1,8 milliard d’euros à 3,9 milliards », ajoute-t-il. La gouvernance d’Oddo BHF a également
évolué. Le directoire comprend
désormais quatre Français et
quatre Allemands.
Fitch Ratings a relevé
la note de crédit à BBB
Preuve qu’Oddo BHF a gagné
son pari, en février, Fitch
Ratings a relevé d’un cran la
note de crédit de long terme à
BBB. L’agence de notation a souligné des progrès majeurs pour
renouer avec la rentabilité. Elle
a également salué le développement à l’international du
groupe. Nouveau défi, ODDO
BHF va bientôt absorber les
activités d’intermédiation et de
recherche actions de Natixis.
Les négociations avec les instances représentatives du personnel sont terminées. Le rapprochement est prévu pour
début juillet. Oddo BHF a loué
de nouveaux locaux boulevard
Haussmann, près de la Madeleine, pour accueillir l’ensemble des équipes de Natixis
(88 salariés) et d’Oddo-BHF. Le
groupe franco-allemand pense
être désormais armé pour faire
face aux enjeux de la directive
MiFID II, qui a eu une conséquence majeure pour la recherche financière : les notes distribuées gratuitement sont
devenues payantes. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 29
Les Echos Lundi 7, mardi 8 mai 2018
Orange recrute le nouveau patron
de ses services financiers au Crédit Agricole
BANQUE
L’actuel directeur
de la banque privée
du Crédit Agricole, Paul
de Leusse, va rejoindre
Orange pour piloter
les services financiers
sur mobile en Afrique
et en Europe.
Sharon Wajsbrot
@Sharonwaj
Comme pour ses précédents recrutements de banquiers chevronnés,
Orange est allé piocher dans les forces vives au sein du Crédit Agricole.
L’actuel directeur de la banque privée du Crédit Agricole Indosuez
Wealth Management, Paul de
Leusse, va rejoindre les rangs de
l’opérateur télécoms dans les prochaines semaines, selon nos informations, confirmant un « confidentiel » du magazine « Challenges ». Il
siégera au comité exécutif remodelé d’Orange, en tant que responsable des services financiers sur
mobile de l’opérateur. Il remplacera
ainsi en partie, Marc Rennard,
l’ancien patron des activités africaines d’Orange qui avait pris en
charge, début 2016, l’expérience
client et les services financiers sur
mobile.
« Nous ne sommes plus dans la
phase de lancement d’Orange Bank,
nous voulions nommer un banquier
d’expérience pour monter en puissance dans le crédit, l’épargne, la gestion du bilan, etc. », fait valoir un
proche d’Orange. Concrètement,
Paul de Leusse supervisera les activités bancaires d’Orange Money en
Afrique et celles d’Orange Bank en
Europe. Il viendra ainsi épauler
André Coisne, le banquier qui
pilote directement Orange Bank en
France, et Laurent Paillassot, le
directeur général d’Orange en
Espagne qui doit lancer une succursale d’Orange Bank dans le pays
en 2019. Tous les deux sont aussi
Financement participatif
« vert » : deux acteurs
unissent leurs forces
CROWDFUNDING
Les plates-formes
WiSEED et Lendosphere ont décidé
de faire équipe pour
sécuriser et simplifier
le financement « par
la foule » de certains
projets d’énergies
renouvelables.
Solenn Poullennec
@SolennMorgan
Deux acteurs français du financement participatif ont décidé d’avancer groupés pour profiter du développement des énergies
renouvelables dans l’Hexagone. A
la fin du mois d’avril, les plates-formes WiSEED et Lendosphere, ont
ainsi officialisé un partenariat en
faveur de porteurs de projets de
production d’électricité se lançant
dans les panneaux photovoltaïques
ou les éoliennes. Dans le détail, les
lauréats des appels d’offres que
lance l’Etat en faveur de ces énergies
renouvelables pourront financer
un même projet auprès des particuliers via les deux plates-formes, en
même temps, ou successivement.
Des perspectives
alléchantes
Ils pourront ainsi toucher la comm u n a u t é d ’ i nve s t i s s e u r s d e
WiSEED, plate-forme finançant
aussi des start-up et des projets
immobiliers, tout comme celle de
Lendosphere, acteur spécialisé sur
le développement durable. Pour
simplifier les levées de fonds (en
obligations convertibles), les partenaires s’engagent par ailleurs à
avoir la même documentation juridique et à se coordonner en matière
de relations avec les investisseurs.
Ces actions concertées doivent
garantir aux porteurs de projets
qu’ils pourront aisément lever de
l’argent auprès de « la foule ». Pour
les spécialistes de l’énergie éolienne
ou solaire, le recours au financement participatif peut être attractif.
En effet, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a promis de
majorer le prix de rachat de l’électricité pour ceux qui s’engagent à ce
qu’une certaine partie du financement de leur projet soit apportée
par un groupe de particuliers.
Du côté du « crowdfunding », ce
cahier des charges est une aubaine.
« Ces projets vont devenir notre principal objet de collecte », souligne
Amaury Blais, président de Lendosphere. Les lauréats des appels
d’offres de la CRE devraient lever
par le biais des plates-formes des
dizaines de millions d’euros par an
dans les prochaines années. Et a
priori beaucoup plus que le montant collecté pour le financement
des énergies renouvelables par le
« crowdfunding » l’année dernière.
Celui-ci s’est établi à 20,5 millions
d’euros, selon un baromètre publié
par le média GreenUnivers avec le
soutien de l’association Financement participatif France.
Reste pour le secteur du financement participatif à transformer ces
perspectives alléchantes en réalité.
L’exercice n’est pas aisé, car les conditions fixées par la CRE pour permettre aux développeurs de bénéficier du bonus sur le tarif de rachat
de l’électricité sont non seulement
évolutives mais aussi strictes. Entre
autres, les levées de fonds auprès
des particuliers doivent être réalisées dans le département d’implantation du projet ou dans les départements limitrophes.
des transfuges du Crédit Agricole,
mais, contrairement à Paul de
Leusse, leur expertise s’est avant
tout construite dans l’univers de la
banque de détail – respectivement
chez BforBank et LCL.
L’opérateur
veut muscler
son expertise bancaire
au moment
où il veut accélérer
le déploiement
de sa banque mobile
en Europe.
Au Crédit Agricole, Paul de
Leusse a en effet surtout piloté des
activités de banque privée, de banque d’entreprise et d’investissement. Il a successivement occupé
les fonctions de directeur de la stratégie, directeur délégué de la banque de financement et d’investissement au Crédit Agricole avant de
100.000 clients en France
sur sa banque mobile
Mais pour Orange, il était capital de
renforcer son expertise bancaire.
Ces derniers mois, le banquier
Jean-Bernard Mateu, qui dirigeait
les services financiers mobiles
d’Orange en Europe, a en effet
quitté le groupe. Avec ce nouveau
recrutement, Orange qui revendiquait fin février quelque
100.000 clients en France sur sa
banque mobile (un tiers de ces derniers sont des salariés de l’opérateur), veut servir ses ambitions
européennes dans les services
financiers. Grâce aux nouveaux
modèles de banques agiles et
a u x o u t i l s q u’o f f r e l ’ « o p e n
banking », l’opérateur entend en
effet étendre sa présence dans
les pays où son offre télécoms est
déjà fortement implantée pour
accroître la rentabilité de son activité au global. n
Paul de Leusse va rejoindre les rangs de l’opérateur télécoms
dans les prochaines semaines. Photo DR
AVIS FINANCIERS
PARVEST
SICAV de droit luxembourgeois – OPCVM
Siège social : 10, rue Edward Steichen
L-2540 Luxembourg
Registre de commerce et des sociétés
du Luxembourg n° B 33363
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE MIXTE DE REXEL
AVIS AUX ACTIONNAIRES DU COMPARTIMENT « GREEN TIGERS »
Luxembourg, le 7 mai 2018
Cher Actionnaire,
Nous vous adressons la présente afin de vous informer des modifications suivantes qui seront intégrées
dans la prochaine version du prospectus datée de juin 2018 et qui seront effectives à compter du 15 juin 2018
(le Jour d’évaluation).
Motivation de la transformation proposée
-
Les performances du compartiment ne répondent pas aux attentes.
-
L'objectif est l’amélioration des performances futures grâce à
Avertissement :
-
Les actionnaires au porteur peuvent se procurer le dossier de convocation
auprès de leur intermédiaire financier.
Les documents et renseignements concernant l’Assemblée générale
sont tenus à la disposition des actionnaires dans les conditions prévues
par la réglementation et la loi en vigueur et sur le site www.rexel.com.
Les actionnaires peuvent également participer en renvoyant leur
formulaire unique de vote par correspondance et par procuration, au plus
tard le lundi 21 mai 2018.
Les résultats passés ne sont ni une indication ni une garantie des résultats futurs.
Aucune garantie ne peut être apportée quant à la réalisation de cet objectif.
Gestion d’actifs
La gestion d’actifs du portefeuille du compartiment sera déléguée à une société de gestion externe,
Impax Asset Management Limited.
Politique d’investissement
L’univers d’investissement sera élargi aux pays de l’Asie du Pacifique et aux marchés environnementaux redéfinis
comme suit :
Les « Marchés environnementaux » incluent l’Énergie renouvelable et alternative, l’Efficacité énergétique, les
Infrastructures hydrauliques et technologiques, le Contrôle de la pollution, la Gestion et les technologies des
déchets, les Services d’appui environnementaux, les Aliments, l’Agriculture et la Sylviculture durables.
Toutes les sociétés soumises à de tels investissements doivent satisfaire aux critères sociaux,
environnementaux et de gouvernance d’entreprise (ESG) établis par BNP PARIBAS ASSET MANAGEMENT(1)
et respecter les principes définis dans le Pacte mondial de l’ONU.
(1)
Les actionnaires de la société Rexel sont invités à l’Assemblée générale
mixte qui se tiendra aux Chateauform’City George V, 28 avenue George V,
75008 Paris, le jeudi 24 mai 2018 à 10 h 00.
Les actionnaires au nominatif sont convoqués par lettre individuelle ou par
voie électronique pour ceux qui ont choisi ce mode de communication.
1) La délégation de la gestion du portefeuille à un gestionnaire d’actifs externe possédant une excellente
connaissance des actifs visés,
2) L’expansion de l’horizon géographique visé.
Les actionnaires ont la possibilité de voter par Internet via le site de vote
électronique sécurisé : www.sharinbox.societegenerale.com et ce
jusqu’au mercredi 23 mai 2018 à 15 h 00. Les modalités de vote sont
disponibles sur le site www.rexel.com (Assemblée générale).
Pour toute question :
Documentation disponible sur le site :
www.rexel.com, rubrique : Assemblée générale
Description plus détaillée sur le site Internet : https://www.bnpparibas-am.lu/intermediaire-selectionneur-defonds/thematiques/investissement-socialement-responsable/
BNP PARIBAS INSTICASH
SICAV de droit luxembourgeois – OPCVM
Siège social : 10 rue Edward Steichen
L-2540 Luxembourg
Registre de commerce et des sociétés
du Luxembourg n° B 65026
Devise comptable
L’USD remplacera l’EUR en tant que Devise comptable du compartiment.
Classes d’actions
En conséquence du changement de Devise comptable :
a) Changement de devise
Les actions de la classe « I-CAP » (LU0823438493) émises en EUR resteront enregistrées en EUR, devise
supplémentaire de la classe.
b) Changement de dénomination de certaines classes d’actions :
La dénomination des classes d’actions actives suivantes changera comme suit :
Des stratégies variables
Dans ces conditions, WiSEED et
Lendosphere veulent éviter un
assèchement du financement par la
foule en répartissant avec les développeurs les collectes dans l’espace
et dans le temps. Sans coordination,
« le risque était de se retrouver tous
en concurrence frontale sur des secteurs géographiques où il y a beaucoup de projets de développeurs à
financer », explique Jean-Marc
Clerc, en charge des énergies renouvelables chez WiSEED.
Tous les acteurs n’ont pas la
même stratégie. « A part dans certaines zones, telles que les PyrénéesOrientales ou la Moselle, qui n’ont
pas beaucoup de départements limitrophes, ce qui limite le bassin de
population concerné, le potentiel de
collecte auprès des particuliers est
bien plus conséquent que ce que l’on
aura à aller chercher », assure Julien
Hostache, cofondateur de la plateforme Enerfip. Soutenue par le
groupe bancaire Crédit Agricole,
celle-ci mise sur des partenariats
avec des caisses régionales du
g r o u p e p o u r c o nv a i n c r e l e s
citoyens de financer des projets
d’énergies renouvelables. n
prendre la direction d’Indosuez
Wealth Management en 2016.
Code ISIN
Dénomination actuelle
Nouvelle dénomination
Classic-CAP
Classic EUR-CAP
LU0823438220
Classic-DIS
Classic EUR-DIS
LU0823438733
Privilege-CAP
Privilege EUR-CAP
LU0823438816
Privilege-DIS
Privilege EUR-DIS
Augmentation de la Commission de gestion maximum et de l’OCR
La Commission de gestion maximum et l’OCR seront augmentés comme suit :
Commission de gestion
OCR
Actuelle
Nouvelle
Actuelle
Classic
1,50 %
1,75 %
1,97 %
2,20 %
Privilege
0,75 %
0,90 %
1,21 %
1,20 %
Nouvelle
I
0,75 %
0,90 %
0,96 %
1,11 %
INFORMATIONS SUPPLÉMENTAIRES
En vue d’éviter tout risque d’erreur de VNI à la suite du changement de Devise comptable, et donc pour
garantir l’intérêt général des actionnaires concernés, et conformément aux dispositions de l’Article 15.8 des
Statuts, aucun ordre de souscription, de conversion ou de rachat ne sera accepté aux VNI des 12, 13 et
14 juin 2018. Les premiers ordres après la transformation seront traités à la VNI du 15 juin 2018, calculée
le 18 juin 2018.
D’autres modifications d’ordre rédactionnel ont été apportées afin d’actualiser et d’améliorer la formulation
générale du Prospectus ou pour être conformes aux nouvelles lois et réglementations.
Les termes et expressions non définis dans le présent avis ont la même signification que dans le Prospectus de
la Société.
Il est recommandé aux actionnaires qui détiennent leurs actions par le biais d’une chambre de compensation
de se renseigner sur les dispositions spécifiques s’appliquant aux souscriptions, rachats et conversions
effectués via ce type d’intermédiaire.
Veuillez noter qu’à l’avenir, à l’exception des publications dans les journaux imposées par la Loi,
le média officiel permettant d’obtenir tout avis adressé aux actionnaires sera notre site Internet
www.bnpparibas-am.com.
VOS OPTIONS
1. Si vous acceptez ces modifications, vous n’êtes pas tenu de réagir au présent avis.
2. Au cas où vous seriez en désaccord avec ces modifications, vous pouvez demander le rachat de vos
actions, sans frais, jusqu’au 11 juin 2018.
3. Si vous avez des questions, veuillez contacter notre Service clientèle (+ 352 26 46 31 21 /
AMLU.ClientService@bnpparibas.com).
Bien à vous,
Chers Actionnaires,
Nous vous adressons la présente afin de vous informer des modifications suivantes qui seront intégrées dans la
prochaine version du prospectus datée de mai 2018 et qui seront effectives à compter du 14 mai 2018.
LU0823437925
Catégorie
AVIS AUX ACTIONNAIRES
Luxembourg, le 7 mai 2018
Le Conseil d’administration
MODIFICATIONS APPLICABLES AUX COMPARTIMENTS (LIVRE II)
« InstiCash EUR, InstiCash USD, InstiCash GBP »
• La définition de « Jour ouvré » est établie dans cette nouvelle version du Prospectus pour chacun des trois
compartiments susmentionnés, afin d’indiquer les jours de calcul de la valeur nette d’inventaire, comme suit :
InstiCash EUR
« Jour ouvré
Un Jour ouvré correspond à tout jour autre que samedi et dimanche, à l’exception de tout jour désigné
comme étant un jour de fermeture de TARGET* par la Banque centrale européenne, et tout jour
supplémentaire déterminé par la Société de gestion.
*jour de fermeture de TARGET : jour pendant lequel aucune facilité permanente ne peut être utilisée auprès
des banques centrales nationales. Ces jours ne pourront être des jours de règlement ni pour le marché
monétaire de l’euro ni pour les opérations de change impliquant l’euro, et le taux EONIA (Euro Overnight Index
Average) ne sera pas publié. »
InstiCash USD
« Jour ouvré
Un Jour ouvré correspond à tout jour autre que samedi et dimanche où la Federal Reserve Bank de New York
et la Bourse de New York sont ouvertes, et tout jour supplémentaire déterminé par la Société de gestion. »
InstiCash GBP
« Un Jour ouvré correspond à tout jour autre que samedi et dimanche où la Banque d’Angleterre et la Bourse
de Londres sont ouvertes, et tout jour supplémentaire déterminé par la Société de gestion. »
« InstiCash GBP »
• La centralisation des ordres est prolongée de 13 h 30 CET à 14 h 00 CET. À compter de la date d’entrée en
vigueur du Prospectus, vous pourrez souscrire ou demander le rachat de vos actions jusqu’à 14 h 00 CET
lors de tout jour de négociation au Luxembourg.
INFORMATIONS SUPPLEMENTAIRES
D’autres modifications d’ordre rédactionnel ont été apportées afin d’actualiser et d’améliorer la formulation
générale du Prospectus ou pour être conformes aux nouvelles lois et réglementations.
Les termes et expressions non définis dans le présent avis ont la même signification que dans le Prospectus de
la Société.
Il est recommandé aux actionnaires qui détiennent leurs actions par le biais d’une chambre de compensation de
se renseigner sur les dispositions spécifiques s’appliquant aux souscriptions, rachats et conversions effectués
via ce type d’intermédiaire.
Veuillez noter qu’à l’avenir, à l’exception des publications dans les journaux imposées par la Loi, notre site
Internet www.bnpparibas-am.com sera le média officiel permettant d’obtenir tout avis adressé aux actionnaires.
Si vous avez des questions, veuillez contacter notre Service clientèle (+ 352 26 46 31 21 /
AMLU.ClientService@bnpparibas.com).
Bien à vous,
Le Conseil d’administration
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
30 // FINANCE & MARCHES
Lundi 7, mardi 8 mai 2018 Les Echos
L’Argentine monte ses taux
à 40 % pour enrayer la crise
DEVISES
Pour enrayer la
dévaluation brutale
du peso, la banque
centrale argentine a
relevé ses taux d’intérêt
pour la troisième fois
en une semaine.
Pierrick Fay
@pierrickfay
L’Argentine vit des heures difficiles.
Pour la troisième fois de la semaine,
vendredi, la banque centrale a relevé
son taux d’intérêt directeur. Une
intervention massive, puisque le
loyer de l’argent est passé de 27,25 %
à 40 %… La banque centrale espère
ainsi stopper la dévaluation brutale
du peso. Pour enrayer l’hémorragie,
elle avait déjà vendu pour 6,9 milliards de dollars cette année, soit
10 % de ses réserves de change. En
vain. La devise était en effet tombée
vendredi à son plus bas historique
face au dollar, après avoir perdu
7,5 % en cinq jours. Il y avait urgence.
Les marchés obligataires sont
aussi sous pression, à l’image de
l’emprunt à 100 ans, lancé en grande
pompe il y a moins d’un an, et qui
vient de perdre plus de 7 % de sa
valeur en quinze jours. Le rendement de l’emprunt à 10 ans, qui évolue en sens inverse, s’est envolé de
70 points de base en une semaine
pour remonter à 7,64 %. Dans ce
contexte, plusieurs entreprises,
comme Telecom Argentina et Petroquimica Comodoro Rivadavia, ont
dû repousser leur projet d’émission
obligataire. Cette troisième hausse
des taux sera-t-elle suffisante pour
ramener le calme ? Pour Bank of
America Merrill Lynch, par ce biais,
l’institution devrait être « en mesure
de contrôler le mouvement spéculatif
contre sa devise et éviter ainsi une
dévaluation majeure du peso ». Vendredi après-midi, le peso reprenait
d’ailleurs près de 0,6 %.
Crédibilité entamée
Malgré tout, la crédibilité de la banque centrale est entamée, alors que,
fin 2017, celle-ci anticipait une
inflation comprise entre 8 et 12 % et
laissait entrevoir l’espoir d’une
baisse des taux. « L’Argentine est fragile. Ils auraient dû remonter leurs
taux en décembre, mais ils ne l’ont pas
fait pour des raisons politiques et,
maintenant, ils font face à un
problème énorme », s’agace un trader de Bulltick LLC, interrogé par
Bloomberg. En effet, alors que l’économie avait retrouvé un bon niveau
de croissance (3,5 % au second
semestre), elle montre « déjà des
signes de surchauffe » , selon
BNP Paribas. L’inflation, retombée à
près de 20 % en fin d’année, est
remontée à 25,4 %, alimentée
notamment par une forte hausse
des tarifs réglementés.
Le président argentin, Mauricio
Macri, n’échappe pas non plus aux
critiques. « Il y a, depuis quelques
mois, une impression de flottement
dans les réformes, ce qui ne plaît pas
aux investisseurs qui se sont montrés
plutôt patients depuis l’accession de
Macri au pouvoir. Ils ont participé
aux nombreuses émissions obligataires en dollars de Buenos Aires. Ils
lui ont donné un blanc-seing et c’est
un peu l’épreuve du feu dans un contexte où les conditions financières en
dollars sont moins favorables »,
constate Bruno Vanier, chez Gemway Assets. Les réformes souhaitées par le marché – pour réduire le
déficit budgétaire – ne vont pas
aussi vite qu’espéré. Le rebond de
l’inflation accroît la pression sur le
gouvernement au moment de discuter des hausses de salaires et en
raison de la proximité d’échéances
électorales à l’automne 2019, ce qui
pourrait le pousser à accroître les
dépenses budgétaires.
Mais la chute du peso ne résulte
pas seulement de raisons internes. La hausse du dollar et des
taux américains a commencé à
provoquer des tensions sur les
devises émergentes. « Dans un
environnement où les conditions
financières se dégradent, les monnaies les plus fragiles souffrent. On
s’y attendait pour la livre turque, un
peu moins pour le peso », reconnaît Bruno Vanier. Pour autant, le
gérant se dit « vigilant, mais pas
plus inquiet que cela. Globalement,
l’environnement macro reste favorable. Il y a de la croissance ». Une
confiance partagée par les analystes de BofA ML, qui jugent que « la
situation est meilleure qu’il n’y
paraît », notamment concernant
la dynamique de croissance, qui
devrait rebondir en 2019, et l’inflation, dont l’emballement est jugé
temporaire. n
LA SÉANCE DU 4 MAI 2018
Le CAC 40
proche de
son plus haut
de l’année
Encore une semaine de
•hausse
pour la Bourse de Paris.
Après quelques prises de bénéfices jeudi, le CAC 40 a repris le
chemin de la hausse. Il engrangeait un modeste gain de
14,39 points vendredi, permettant à l’indice de s’installer audessus de la barre des 5.500 à
5.516,05 points. Avec une petite
hausse de 0,26 %, mais dans un
volume d’échanges élevé de
3,9 milliards d’euros, la Bourse
de Paris a presque retrouvé le
niveau atteint fin janvier, affichant un gain de 3,8 % depuis le
début de l’année. La publication du rapport sur l’emploi
américain, mitigé, n’a guère
changé la tendance. L’affaiblissement de l’euro face au dollar a
redonné le moral aux sociétés
exportatrices.
Sur le front des hausses,
ArcelorMittal progressait de
2,82 % et Bouygues de 1,78 %,
suivis de Te c h n i p F M C
( + 1 , 6 6 % ) e t d e L’O r é a l
(+1,58 %).
Le secteur bancaire était en
revanche malmené. Société
Générale perdait 5,17 %, à
42,58 euros, après avoir
annoncé une nette hausse de
son bénéfice net au premier
trimestre mais des recettes
déprimées par l’affaiblissement
d u d o l l a r. B N P P a r i b a s
reculait de 1,15 %, à 62,67 euros,
handicapée par une baisse de
son bénéfice net au premier
trimestre. Sans surprise, Air
Fr a n c e - K L M a baissé de
2,86 %, à 8,10 euros, affecté par
une perte nette de 269 millions
au premier trimestre, creusée
par trois jours de grève chez Air
France et la prévision d’un
résultat d’exploitation 2018 en
« baisse sensible ».
en bref
Grèce : le bilan des banques reste
fragile en cas de crise économique
BANQUE Les résultats des tests de résistance des quatre principa-
les banques grecques réalisés par la Banque centrale européenne
montre une forte dégradation des réserves de fonds propres en cas
de choc économique. Selon le scénario « adverse », les établissements helléniques verraient leur ratio de capital CET1 réduit de
9 points de pourcentage, soit 15,5 milliards d’euros. Cette baisse
équivaut à peu près pour chaque établissement à une réduction de
moitié de leur matelas de secours en cas de crise. A l’heure actuelle,
ces ratios vont de 14,85 % pour la Banque du Pirée à 18,25 % pour
Alpha Bank, la mieux capitalisée.
Trois devises émergentes fragilisées
Le siège social américain de Deutsche
Bank va quitter Wall Street
BANQUE Tout un symbole.
Le rouble a perdu 9 % depuis le début
de l’année
La Russie dispose pourtant de réserves de change importantes et est
moins dépendante des financements
extérieurs que les autres devises
émergentes. Mais les sanctions américaines ont fragilisé la devise russe.
La roupie indonésienne se rapproche
de son plus bas historique face au dollar
Elle est pénalisée par la hausse du pétrole
qui fragilise sa balance des paiements.
Si BofAML juge que la roupie est moins
vulnérable que par le passé, la pression
exercée sur la devise pourrait conduire
à une remontée des taux.
Allianz va tourner le dos au charbon
ASSURANCE
Le groupe allemand
arrête d’assurer les
centrales thermiques
au charbon et les
mines de charbon.
Laurent Thévenin
@laurentthevenin
Les uns après les autres, les assureurs intensifient leurs efforts
dans la lutte contre le réchauffement climatique. Allianz, le
numéro un européen du secteur,
a annoncé vendredi cesser « avec
effet immédiat » de proposer des
solutions d’assurance pour les
centrales thermiques au charbon
et les mines de charbon, « qu’elles
soient en activité ou en projet ».
Mais il continuera de couvrir les
entreprises qui produisent de
l’électricité à partir de plusieurs
sources, comme le charb on,
d’autres combustibles fossiles ou
des énergies renouvelables.
D’ici à 2040, le groupe allemand
va en tout cas « éliminer complètement » tous les risques liés au
charbon dans ses portefeuilles
d’assurances de biens et de responsabilité. A cette date, il aura aussi
coupé tous ses investissements pour
compte propre dans les entreprises
du secteur du charbon, promet-il.
« En tant qu’assureur et investisseur majeur, nous souhaitons soutenir la transition vers une économie
respectueuse du climat », a déclaré
Oliver Bäte, le président du direc-
toire d’Allianz. L’assureur bavarois
avait déjà commencé, depuis la fin
2015, à ne plus investir dans les
entreprises tirant plus de 30 % de
leur chiffre d’affaires de l’exploitation du charbon ainsi que dans celles générant plus de 30 % de leur
énergie à partir du charbon – des
seuils qui vont être progressivement ramenés à 0 % d’ici à 2040.
Cette politique l’a déjà conduit à
désinvestir pour 225 millions
d’euros, a-t-il indiqué à l’AFP.
Seize assureurs renoncent
à leurs investissements
Pour l’ONG allemande Urgewald,
ces annonces marquent « une
étape importante », même si
Allia nz p ourrait, selon elle,
« s’engager sur un horizon plus
ambitieux que 2040 ». En 2017,
trois a utres g rands g ro u p es
d’assurance ou de réassurance
européens – AXA, Zurich Insurance Group et SCOR – avaient
décidé d’arrêter d’accorder des
couvertures pour de nouvelles
mines ou des projets de centrales
à charbon. Dans un communiqué
conjoint avec Urgewald, la campagne internationale Unfriend
Coal invite les assureurs « à la
traîne sur le plan climatique à
arrêter eux aussi d’assurer les projets liés au charbon et d’investir
[dans ce secteur, NDLR] ».
Selon un pointage avancé par
ces mouvements, depuis 2015,
seize assureurs sont déjà passés à
l’action pour retirer de l’industrie
du charbon un montant total
de 22 milliards de dollars (18,4 milliards d’euros) d’investissements. n
Victor J. Blue/Bloomberg
La livre turque perd 10 % cette année face
au dollar
Selon la Société Générale, c’est la devise la plus
sensible à la remontée des taux longs américains, avec le peso argentin. Sur la base de
critères incluant la balance courante, l’inflation,
les réserves de change ou l’endettement public.
Le pays fait face à un risque de surchauffe.
Deutsche Bank a annoncé
dans une note interne qu’elle
déménagera son siège social
outre-Atlantique de Wall
Street pour une autre
adresse new-yorkaise. Cette
annonce intervient alors
que la première banque
allemande ne semble plus
vouloir s’imposer à tout prix
sur le marché américain.
Ainsi, la présence commerciale de Deutsche Bank à
New York devrait se trouver
réduite de 30 %.
Un accord de 480 millions de dollars
avec des plaignants de Wells Fargo
BANQUE La banque américaine Wells Fargo a annoncé
vendredi être parvenue à un « accord de principe » avec des plaignants, qui l’avaient attaquée en justice pour ses pratiques. L’établissement s’est engagé à leur verser 480 millions de dollars. Ils
avaient déposé un recours en nom collectif (« class action »)
accusant Wells Fargo « de fausses déclarations et d’omissions au
sujet de ses pratiques commerciales ». La banque est empêtrée
depuis deux ans dans un scandale de comptes fictifs. L’établissement a ouvert 3,5 millions de comptes à l’insu de ses clients.
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// 31
Les Echos Lundi 7, mardi 8 mai 2018
ANNLEGALWK
75 • PARIS
SOCIETES
Gérant : M. Gideon Jon DAY demeurant 16, avenue Teissonnière, 92600 Asnières-sur-Seine.
Radiation au RCS de Nanterre et immatriculation au RCS de Paris.
12100269 – LE PUBLICATEUR LEGAL
12100339 – LE PUBLICATEUR LEGAL
Aux termes d’un acte SSP du
26/4/2018, il a été constitué une Société
par actions simplifiée :
Dénomination :
ADELE
Siège social : 25, boulevard Poissonnière, 75002 PARIS
Capital : 210.526,31 €
Objet : l’activité de librairie, et plus
particulièrement, la vente de livres, d’articles de papeterie, de produits culturels
et éducatifs, d’articles de presse et de
magazines, d’objets cadeaux et de décoration, de cartes et d’objets afférents au
Livre.
Durée : 99 ans
Cession des actions : il existe des
clauses statutaires concernant les cessions d’actions.
Admission aux assemblées et vote :
tout associé peut participer aux assemblées quel que soit le nombre de ses actions, chaque action donnant droit à une
voix.
Présidente : Mme Anne-Laure VIAL
demeurant 94, rue Michel-Ange, 75016
Paris
Directeur général : Mme Delphine
BOUETARD demeurant 147, boulevard
de Charonne, 75011 Paris
La société sera immatriculée au registre
du commerce et des sociétés de Paris.
12100270 – LE PUBLICATEUR LEGAL
Aux termes d’un acte SSP du
24/4/2018, il a été constitué une Société
par actions simplifiée :
Dénomination :
CREDIXIA DIFFUSION
Siège social : 75, rue du Père Corentin, 75014 PARIS
Capital : 30.000 €
Objet : l’acquisition et l’exploitation de
toutes marques, licences de marques,
brevets et plus généralement de tous
droits de propriété industrielle et intellectuelle. L’exploitation et la transmission de
tout savoir-faire et de tout mix-marketing,
la création, le développement et l’animation de tous réseaux de distribution de
services et / ou de produits, notamment
en recourant à la conclusion de contrats
de distribution avec des tiers.
Durée : 99 ans
Cession des actions : agrément
préalable de la collectivité des associés
statuant à la majorité des voix des associés disposant du droit de vote.
Admission aux assemblées et vote :
tout associé peut participer aux assemblées quel que soit le nombre de ses actions, chaque action donnant droit à une
voix.
Présidente : Mme Aude TODINI demeurant 52, rue de la Butte aux Cailles,
75013 Paris
Directeur général : M. Horace
BOURGY demeurant 52, rue de la Butte
aux Cailles, 75013 Paris.
La société sera immatriculée au registre
du commerce et des sociétés de Paris.
12100535 – LE PUBLICATEUR LEGAL
Par acte SSP du 20/4/2018, il a été
constitué une S.A.R.L. présentant les caractéristiques suivantes :
Dénomination :
TEAM SOLUTIONS FINANCE
Capital : 1.000 €
Siège social : 87 bis, rue Fondary,
75015 PARIS
Objet : prise de mandats et gestion de
tous types de sociétés. Conseil et assistance en Direction Générale. Mise à disposition de ressources.
Durée : 99 ans
Gérance : M. Augustin Marcotte de
Quivières demeurant 87 bis, rue Fondary, 75015 Paris, et M. Arnaud Delaunay demeurant 168, rue de Javel, 75015
Paris
La société sera immatriculée au registre du commerce et des sociétés de Paris
12100601 – LE PUBLICATEUR LEGAL
DOVETAIL
S.A.R.L. au capital de 1.000 €
Siège social :
16, avenue Teissonnière
92600 ASNIERES-SUR-SEINE
517 870 028 RCS NANTERRE
L’AGE du 15/2/2018 a décidé de transférer le siège social de la société au
24, rue Chaptal, 75009 PARIS, à
compter du même jour.
CORBEILLE UNIVERS
PERFORMANCEINTERNATIONAL
Fonds commun de placement géré par la
société de gestion
EDMOND DE ROTHSCHILD ASSET
MANAGEMENT (FRANCE)
CORBEILLE UNIVERS NOUVEAUX
MARCHESINTERNATIONAUX
Fonds commun de placement géré par la
société de gestion
EDMOND DE ROTHSCHILD ASSET
MANAGEMENT (FRANCE)
Avis de fusion
Le directoire de la Société de Gestion
EDMOND DE ROTHSCHILD ASSET
MANAGEMENT (FRANCE) Société anonyme à directoire et conseil de surveillance au capital de 11.033.769 euros, immatriculée sous le nº B 332.652 RCS
PARIS.536, et dont le siège social est à
PARIS 8ème - 47, rue du Faubourg SaintHonoré, a décidé de l’opération suivante :
- fusion-absorption du Fonds CORBEILLE UNIVERS NOUVEAUX MARCHES INTERNATIONAUX (absorbé)
par le Fonds CORBEILLE UNIVERS
PERFORMANCE INTERNATIONAL
(absorbant).
La fusion du Fonds Commun de Placement CORBEILLE UNIVERS NOUVEAUX MARCHES INTERNATIONAUX
(absorbé) et du Fonds Commun de Placement CORBEILLE UNIVERS PERFORMANCE INTERNATIONAL (absorbant), s’inscrit dans le cadre de la
rationalisation de notre gamme et afin
d’optimiser la gestion mise en oeuvre au
sein de votre support d’investissement.
L’opération de fusion par voie d’absorption a été agréée par l’Autorité des
Marchés Financiers le 20 avril 2018. Elle
aura lieu, sous réserve du fonctionnement normal des marchés, le 14 juin
2018 sur les valeurs liquidatives du
13 juin 2018, sinon le jour de la reprise
des cotations.
Afin de faciliter la réalisation de la fusion, les dernières opérations de souscriptions/rachats sur le Fonds Commun
de Placement CORBEILLE UNIVERS
NOUVEAUX MARCHES INTERNATIONAUX seront acceptées jusqu’au 8 juin
2018 avant 11 heures.
L’opération de fusion sera effectuée
aux vues d’un rapport établi par les
Commissaires aux Comptes des Fonds
Communs de Placement sur la base de
la valeur liquidative des Fonds Communs
de Placement concernés au jour de la
réalisation de la fusion.
En vue de rémunérer l’apport de l’OPC
absorbé, le Fonds absorbant procédera
à l’émission de parts et dix-millièmes de
part nouvelles qui seront attribuées aux
porteurs de parts de l’OPC absorbé, selon le calcul suivant :
Parité d’échange = Valeur liquidative
de la part du Fonds CORBEILLE UNIVERS NOUVEAUX MARCHES INTERNATIONAUX (absorbé) / Valeur liquidative de la part du Fonds CORBEILLE
UNIVERS PERFORMANCE INTERNATIONAL (absorbant)
A titre d’exemple*, une part du FCP
Corbeille Univers Nouveaux Marchés Internationaux donnerait droit à 1.0072
parts du FCP Corbeille Univers Performance International sans versement de
soulte.
Dénomination de la part : Valeurs Liquidatives : Parité de fusion : Eventuelle
soulte
Corbeille Univers Nouveaux Marchés
Internationaux : 145.24. Corbeille Univers Performance International : 144.20 :
= 1.0072 : 0.00 €
* Les valeurs indiquées sont des valeurs à la date du 5/4/2018. Ces éléments
seront réévalués le jour de la fusion.
Tout porteur de parts du Fonds
Commun de Placement CORBEILLE
UNIVERS NOUVEAUX MARCHES INTERNATIONAUX qui n’aurait pas droit à
un nombre entier de parts, compte tenu
du fractionnement de la part du Fonds
Commun de Placement CORBEILLE
UNIVERS PERFORMANCE INTERNATIONAL, pourra utiliser la soulte qui lui a
été versée pour souscrire sans frais le
nombre de dix-millièmes nécessaire afin
d’obtenir une part entière.
Les valeurs liquidatives ainsi que la
parité d’échange seront certifiées par le
commissaire aux comptes.
Les créanciers du Fonds, dont la
créance serait antérieure à la publicité
donnée au projet de fusion, peuvent former opposition à celui-ci dans un délai
de 30 jours avant la date prévue pour
l’opération.
Fiscalité applicable aux personnes
physiques fiscalement domiciliées en
France
- Titres souscrits dans un compte titres
ordinaire
Au titre de l’absorption du FIA "Corbeille Univers Nouveaux Marchés Internationaux" ("l’absorbé") par le FIA "Corbeille Univers Performance International"
("l’absorbant"), les porteurs personnes
physiques domiciliés fiscalement en
France bénéficient du sursis d’imposition
dès lors que le montant de la soulte versée lors de l’échange de titres est inférieur ou égal à 10 % de la valeur
d’échange des titres reçus. Cette opération étant considérée comme une opération Intercalaire, la plus-value d’échange
n’est pas prise en compte pour la détermination de l’impôt sur le revenu dû au
titre de l’année de l’échange. Celle-ci est
différée jusqu’à la cession ultérieure des
titres reçus à l’échange. En effet, la plus
ou moins-value réalisée lors de la cession ultérieure de ces titres sera déterminée en tenant compte de la valeur de
souscription des parts du FIA absorbé, le
FIA "Corbeille Univers Nouveaux Marchés Internationaux" ("l’absorbé") (diminué, le cas échéant, du montant de la
soulte reçue) et imposée dans les conditions de droit commun.
Fiscalité applicable aux personnes
morales établies en France
Au titre de l’absorption du FIA "Corbeille Univers Nouveaux Marchés Internationaux" ("l’absorbé") par le FIA "Corbeille Univers Performance International"
("l’absorbant"), les porteurs - personnes
morales établies en France soumises à
l’impôt sur les sociétés ou à l’impôt sur le
revenu lorsqu’elles sont imposées selon
un régime de bénéfice réel BIC ou BA du FIA absorbé bénéficient de plein droit
du sursis d’Imposition prévu par l’article 38, 5 bis, du Code Général des Impôts (ci-après CGI) et doivent, à ce titre,
se soumettre à des obligations déclaratives spécifiques. Le sursis d’imposition
s’applique dès lors que le montant de la
soulte versée lors de l’échange des titres
est inférieur ou égal à 10 % de la valeur
liquidative des titres reçus et inférieur au
profit réalisé lors de la fusion.
Cette opération étant considérée
comme une opération intercalaire, la plus
ou moins-value d’échange, perte ou profit, n’est pas prise en compte pour la détermination de l’impôt sur le revenu ou
l’impôt sur les sociétés dû au titre de l’année d’échange, seule la soulte étant immédiatement taxable si un profit est réalisé lors de l’échange. L’imposition de la
plus-value est différée jusqu’à la cession
ultérieure des titres reçus à l’échange. En
effet, la plus ou moins-value réalisée lors
de la cession ultérieure de ces titres sera
déterminée en tenant compte de la valeur de souscription des parts du FIA Corbeille Univers Nouveaux Marchés Internationaux ("l’absorbé") et imposée dans
les conditions de droit commun. Toutefois, cette valeur de souscription sera diminuée du montant de la soulte si celle-ci
n’a pas été imposée au titre de l’exercice
d’échange qui faisait apparaître une
perte.
Toutefois, pour les personnes morales
soumises à l’impôt sur les sociétés, les
dispositions prévues à l’article 209-0-A
du CGI limitent les effets de ce régime
de neutralité fiscale lors de l’échange. En
effet, cet article impose aux sociétés passibles de l’impôt sur les sociétés de prendre obligatoirement en compte les plus
ou moins-values latentes sur titres
d’OPC à la clôture de chaque exercice,
calculées en fonction de la valeur liquidative des titres à cette date.
Fiscalité applicable aux personnes
morales établies hors de France
Elles peuvent être soumises à une imposition au lieu de leur domicile fiscal ou
dans les autres juridictions où elles
paient leurs impôts. Les implications fiscales de la fusion peuvent varier selon la
loi et la réglementation en vigueur dans
leur pays de résidence, de nationalité, de
domicile ou d’établissement. Si vous
avez des doutes quant à l’assujettissement potentiel à un impôt en raison de la
réalisation de la fusion, il est fortement
conseillé de consulter votre conseiller fiscal professionnel.
Les porteurs du Fonds Commun de
Placement CORBEILLE UNIVERS
NOUVEAUX MARCHES INTERNATIONAUX qui ne souhaitent pas bénéficier
de cette opération pourront obtenir sans
frais le rachat de leurs parts pendant une
période d’un mois à compter de la date
de réception de la lettre d’information des
porteurs.
DIVERS
12100638 – LE PUBLICATEUR LEGAL
EURO RESSOURCES S.A.
Société anonyme
au capital de 624.912,81 euros
23, rue du Roule - 75001 PARIS
390 919 082 RCS PARIS
Avis de convocation
MM. les actionnaires sont avisés qu’ils
sont convoqués à l’assemblée générale
ordinaire annuelle des actionnaires de
EURO RESSOURCES S.A. (la "Société") qui se tiendra, le mercredi 23 mai
2018 à 14 heures, à l’Hôtel Hilton Aéroport Paris Charles de Gaulle, rue de
Rome, Tremblay-en-France (93),
France, à l’effet de délibérer sur l’ordre
du jour suivant :
- Approbation des comptes annuels de
la Société pour l’exercice clos le 31 décembre 2017, et quitus aux administrateurs et au commissaire aux comptes,
- Affectation des résultats comptabilisés au cours de l’exercice clos le 31 décembre 2017,
- Approbation de la poursuite des
conventions visées aux articles L 225-38
et suivants du Code du commerce,
- Renouvellement des mandats des
administrateurs,
- Politique de rémunération des mandataires sociaux visés à l’article
L.225-37-2 du Code de commerce,
- Pouvoirs en vue des formalités.
A. Formalités préalables à effectuer
pour participer à l’assemblée générale
L’assemblée générale se compose de
tous les actionnaires quel que soit le
nombre de leurs actions.
Tout actionnaire peut se faire représenter à l’assemblée générale par un autre actionnaire, par son conjoint ou par le
partenaire avec lequel il a conclu un
pacte civil de solidarité. Il peut aussi se
faire représenter par toute autre personne physique ou morale de son choix
(article L.225-106 du Code de
commerce).
Conformément à l’article R.225-85 du
Code de commerce, il est justifié du droit
de participer à l’assemblée générale par
l’inscription en compte des titres au nom
de l’actionnaire ou de l’intermédiaire inscrit pour son compte (en application du
septième alinéa de l’article L.228-1 du
Code de commerce), au deuxième jour
ouvré précédent l’assemblée à zéro
heure, heure de Paris (Record Date ou
J-2), soit dans les comptes de titres nominatifs tenus pour la Société par son
mandataire, Société Générale, soit dans
les comptes de titres au porteur tenus par
l’intermédiaire habilité.
Pour les actionnaires au nominatif,
cette inscription en compte à J-2 dans les
comptes de titres nominatifs est suffisante pour leur permettre de participer à
l’assemblée.
L’inscription des titres dans les
comptes de titres au porteur tenus par un
intermédiaire financier doit être constatée par une attestation de participation
délivrée par ce dernier, le cas échéant
par voie électronique dans les conditions
prévues à l’article R. 225-61, en annexe
au formulaire de vote à distance ou de
procuration ou à la demande de carte
d’admission établis au nom de l’actionnaire ou pour le compte de l’actionnaire
représenté par l’intermédiaire inscrit.
Une attestation est également délivrée
à l’actionnaire souhaitant participer physiquement à l’assemblée et qui n’a pas
reçu sa carte d’admission le deuxième
jour ouvré précédant l’assemblée à zéro
heure, heure de Paris.
B. Mode de participation à l’assemblée générale
(i) Actionnaires désirant assister physiquement à l’assemblée générale :
* Pour l’actionnaire nominatif :
L’actionnaire au nominatif inscrit depuis un mois au moins à la date de l’avis
de convocation recevra la brochure de
convocation accompagnée d’un formulaire unique par courrier postal. Il pourra
obtenir une carte d’admission à l’assemblée, en renvoyant le formulaire unique
dûment rempli et signé à l’aide de l’enveloppe de réponse prépayée jointe à la
convocation reçue par courrier postal.
Il pourra également se présenter le
jour de l’assemblée directement au guichet spécialement prévu à cet effet muni
d’une pièce d’identité.
* Pour l’actionnaire au porteur :
L’actionnaire au porteur pourra demander à l’intermédiaire habilité qui assure la gestion de son compte titres,
qu’une carte d’admission lui soit adressée. A défaut il devra demander à son
teneur de compte titres de lui délivrer une
attestation de participation qui lui permettra de justifier de sa qualité d’actionnaire
à J-2 pour être admis à l’assemblée
Il sera fait droit à toute demande reçue
au plus tard le 18 mai 2018.
(ii) Actionnaires souhaitant voter par
correspondance ou être représentés :
Les actionnaires n’assistant pas personnellement à cette assemblée et souhaitant voter par correspondance ou être
représentés en donnant pouvoir au Président de l’assemblée, à leur conjoint ou
partenaire avec lequel il a conclu un
pacte civil de solidarité ou à une autre
personne pourront :
* Pour l’actionnaire nominatif : renvoyer le formulaire unique de vote par
correspondance ou par procuration, qui
lui sera adressé avec la convocation, à
l’aide de l’enveloppe de réponse prépayée jointe à la convocation.
* Pour l’actionnaire au porteur : demander ce formulaire par lettre au teneur
du compte. Cette demande devra être
parvenue au plus tard six (6) jours avant
la date de réunion de cette Assemblée.
Le formulaire unique de vote par correspondance ou par procuration devra
être renvoyé au teneur du compte, qui se
chargera de le transmettre à la Société
Générale accompagné d’une attestation
de participation justifiant de sa qualité
d’actionnaire à J-2.
* Pour être pris en compte, les formulaires de vote par correspondance devront être reçus par la Société Générale,
Service des assemblées générales, au
plus tard le 19 mai 2018.
* Les actionnaires pourront se procurer, dans les délais légaux, les documents prévus aux articles R.225-81 et
R.225.83 du Code de commerce par demande adressée à Société Générale,
Service des assemblées générales,
SGSS/SBO/CIS/ISS/GMS, CS 30812
44.308 Nantes Cedex 3.
Conformément aux dispositions de
l’article R.225-79 du Code de commerce,
la notification de la désignation et de la
révocation d’un mandataire peut également être effectuée par voie électronique, selon les modalités suivantes :
* Pour les actionnaires au nominatif
pur : en envoyant un email, contenant la
copie numérisée du formulaire complété
et signé, à l’adresse électronique suivante : assemblees.generales@sgss.socgen.com en précisant le
Nom de la Société concernée, la date de
l’assemblée, leurs nom, prénom, adresse
et leur identifiant auprès de Société Générale, Service des assemblées générales, ainsi que les nom, prénom et adresse
du mandataire désigné ou révoqué.
* Pour les actionnaires au nominatif
administré ou au porteur : en envoyant
un email, contenant la copie numérisée
du formulaire complété et signé, à
l’adresse électronique suivante : assemblees.generales@sgss.socgen.com en
précisant le Nom de la Société concernée, la date de l’assemblée, leurs nom,
prénom, adresse et références bancaires
complètes ainsi que les nom et prénom
du mandataire désigné ou révoqué ; puis,
en demandant à leur intermédiaire habilité qui assure la gestion de leur compte
titres d’envoyer une confirmation écrite à
Société Générale, Service des assemblées générales, SGSS/SBO/CIS/ISS/
GMS, CS 30812 44.308 Nantes Cedex
3.
* Afin que les désignations ou révocations de mandats exprimées par voie
électronique puissent être valablement
prises en compte, les confirmations devront être réceptionnées au plus tard la
veille de l’assemblée, à 15 heures (heure
de Paris). Les désignations ou révocations de mandats exprimées par voie papier devront être réceptionnées au plus
tard 3 jours calendaires avant la date de
l’assemblée. Les copies numérisées de
formulaires de procuration non signés ne
seront pas prises en compte.
Par ailleurs, seules les notifications de
désignation ou de révocation de mandats
pourront être adressées à l’adresse électronique susvisée, toute autre demande
ou notification portant sur un autre objet
ne pourra être prise en compte et/ou traitée.
Il est rappelé que les procurations écrites et signées doivent indiquer les nom,
prénom et adresse de l’actionnaire ainsi
que ceux de son mandataire. La révocation du mandat s’effectue dans les mêmes conditions de forme que celles utilisées pour sa désignation.
Il est précisé que pour toute procuration donnée par un actionnaire sans indication de mandataire, le Président de
l’assemblée générale émettra un vote selon les recommandations du conseil
d’administration.
C. Questions écrites
Chaque actionnaire a la faculté
d’adresser au Conseil d’administration,
lequel répondra en séance, les questions
écrites de son choix. Les questions doivent être envoyées par lettre recommandée avec demande d’avis de réception à
l’adresse suivante 23, rue du Roule,
75001 Paris ou par télécommunication
électronique à l’adresse suivante llacroix@euroressources.net.
Cet envoi doit être réalisé au plus tard
le quatrième jour ouvré précédant la date
de l’assemblée générale.
D. Droit de communication des actionnaires
Tous les documents et informations
prévus à l’article R.225-73-1 du Code de
commerce peuvent être consultés sur le
site de la Société : www.euroressources.fr, à compter du vingt et unième jour
précédent l’assemblée, soit le 2 mai
2018.
Le Conseil d’administration
92 • HAUTS-DE-SEINE
SOCIETES
12098032 – LE PUBLICATEUR LEGAL
GSR SOCIETE DE GESTION
DE SITES ET DE RESTAURATION
ENCONCESSION
velles de 16 € chacune, de réduire le capital d’une somme de 3.460.000 € pour
le ramener à 328.000 € par voie d’annulation de 216.250 actions afin d’apurer le
compte report à nouveau débiteur, et de
constater la reconstitution des capitaux
propres.
Modification au RCS de Nanterre.
12098033 – LE PUBLICATEUR LEGAL
RESTAURANTS ET SITES
S.A.S. au capital de 4.336.000 €
Siège social :
9-11, allée de l’Arche
92032 PARIS-LA DEFENSE CEDEX
349 812 867 RCS NANTERRE
Aux termes des décisions du
30/3/2018, l’associé unique, constatant
que les capitaux propres sont inférieurs
à la moitié du capital social, a décidé
d’augmenter le capital d’une somme de
42.532.800 € pour le porter à
46.868.80 0 € par la créati on de
2.658.300 actions nouvelles de 16 € chacune, de réduire le capital d’une somme
de 42.532.800 € pour le ramener à
4.336.000 € par voie d’annulation de
2.658.300 actions afin d’apurer le compte
report à nouveau débiteur, et de constater la reconstitution des capitaux propres.
Modification au RCS de Nanterre.
DIVERS
12100257 – LE PUBLICATEUR LEGAL
ANTALIS INTERNATIONAL
Société anonyme
au capital de 213.000.000 €
Siège social :
8, rue de Seine
92100 BOULOGNE-BILLANCOURT
410 336 069 RCS NANTERRE
Avis de convocation
Les actionnaires d’Antalis International
sont convoqués en assemblée générale
mixte, ordinaire et extraordinaire, le mercredi 23 mai 2018, à 10 heures 30, au
centre de conférences situé 32, rue de
Monceau, 75008 PARIS, à l’effet de délibérer sur l’ordre du jour suivant :
Ordre du jour
- Rapport de gestion du conseil d’administration et rapports des commissaires aux comptes sur les comptes annuels
sociaux et consolidés d’Antalis International de l’exercice clos le 31 décembre
2017 ;
- Rapports spéciaux des commissaires aux comptes sur les conventions et
engagements réglementés, sur l’autorisation à donner au conseil pour réduire
le capital social et sur les différentes délégations ou autorisations à donner au
conseil en matière d’émission de titres ou
valeurs mobilières.
Du ressort de l’assemblée générale ordinaire
1. Approbation des comptes sociaux
de l’exercice clos le 31 décembre 2017 ;
2. Approbation des comptes consolidés de l’exercice clos le 31 décembre
2017 ;
3. Résultat de l’exercice - affectation ;
4. Approbation des éléments de rémunération versés ou attribués à M. Hervé
Poncin en raison de son mandat de Directeur général au titre de l’exercice
2017 ;
5. Approbation des principes et critères de détermination, de répartition et
d’attribution des éléments fixes, variables
et exceptionnels composant la rémunération totale et les avantages de toute nature attribuables aux dirigeants mandataires sociaux ;
6. Approbation d’engagements réglementés pris en faveur de M. Hervé Poncin ;
7. Autorisation au conseil d’administration en vue de permettre à la société
d’opérer sur ses propres actions.
Du ressort de l’assemblée générale
extraordinaire
8. Changement de dénomination sociale et modification corrélative de l’article 3 des statuts ;
9. Modification de l’article 13 des statuts à l’effet de prévoir les modalités de
désignation d’un administrateur représentant les salariés ;
S.A.S. au capital de 328.000 €
Siège social :
9-11, allée de l’Arche
92032 PARIS-LA DEFENSE CEDEX
301 499 620 RCS NANTERRE
10. Modification de l’article 19 des statuts afin de le mettre en conformité avec
l’article L.823-1 du Code de commerce ;
Aux termes des décisions du
30/3/2018, l’associé unique, constatant
que les capitaux propres sont inférieurs
à la moitié du capital social, a décidé
d’augmenter le capital d’une somme de
3.460.000 € pour le porter à 3.788.000 €
par la création de 216.250 actions nou-
12. Délégation de compétence au
conseil d’administration pour procéder à
l’augmentation du capital par émission
d’actions et/ou de valeurs mobilières
donnant accès au capital, réservée aux
salariés de filiales étrangères du groupe
Antalis ;
11. Autorisation au conseil d’administration en vue de réduire le capital social
de la société par annulation d’actions
auto-détenues ;
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32 //
13. Autorisation au conseil d’administration pour procéder à l’attribution gratuite d’actions de la société au profit des
membres du personnel salarié et des dirigeants mandataires sociaux de la société et des sociétés du groupe ;
14. Pouvoirs pour l’exécution des formalités.
L’avis préalable prescrit par l’article R.
225-73 du Code de commerce, accessible sur le site Internet de la société, a été
publié dans le Bulletin des Annonces Légales Obligatoires du 16 avril 2018.
Il est précisé que le texte du projet de
3ème résolution figurant dans l’avis de réunion susmentionné a été modifié et doit
désormais se lire comme suit (seule la
phrase en italique a été modifiée) :
Troisième résolution
Résultat de l’exercice - Affectation
L’assemblée générale, statuant aux
conditions de quorum et de majorité
d’une assemblée générale ordinaire,
connaissance prise du rapport du conseil
d’administration, approuve l’affectation
du résultat de l’exercice social clos le
31 décembre 2017 telle qu’elle lui est
proposée par le conseil d’administration
et décide en conséquence de procéder à
la distribution et aux dotations suivantes :
Bénéfice de l’exercice : 12.028.514,14
euros
Report à nouveau antérieur (débiteur) : (5.309.328,89) euros
Affectation à la réserve légale :
335.959,26 euros
Bénéfice distribuable : 6.383.225,99
euros
Dividende distribué par action : 0,08
euro
Dividende global distribué(1) :
5.680.000,00 euros
Solde affecté au report à nouveau :
703.225,99 euros
(1)
Dividende global calculé sur les
71.000.000 actions composant le capital
social. Conformément aux dispositions
de l’article L.225-210 du Code de
commerce, les actions auto-détenues à
la date de mise en paiement ne bénéficieront pas du dividende ci-dessus visé
et les montants correspondants seront
en conséquence affectés au compte "report à nouveau".
L’assemblée générale délègue tous
pouvoirs au conseil d’administration
pour décider la date et plus généralement les modalités de mise en paiement du dividende.
La loi nº 2017-1837 du 30 décembre
2017 de finances pour 2018 a apporté
des changements au régime de taxation
des dividendes. Lorsqu’il est versé à des
personnes physiques domiciliées fiscalement en France, le dividende est soumis
soit à un prélèvement forfaitaire unique
sur le dividende brut au taux forfaitaire
de 12,8 % (article 200 A du code général
des impôts), soit, sur option, à l’impôt sur
le revenu selon le barème progressif
après un abattement de 40 % (article 200
A, 2. et 158,3-1º du code général des impôts). Cette option est à exercer lors du
dépôt de la déclaration de revenus et au
plus tard avant la date limite de déclaration. Le dividende est par ailleurs soumis
aux prélèvements sociaux au taux de
17,2 %.
Il est rappelé, conformément à l’article 243bis du code général des impôts,
que les dividendes distribués au titre des
trois exercices précédents ont été les suivants :
Exercice : Nombre d’actions ouvrant droit à dividende : Dividende total mis en distribution (en euros)
2014 : 71.000.000 : 2015 : 71.000.000 : 4.000.000(2)
2016 : 71.000.000 : (2)
L’intégralité de cette somme a été
versée à la société Sequana, qui était
alors l’actionnaire unique d’Antalis International, personne morale non éligible à
l’abattement de 40 % prévu à l’article 158-3.2º du code général des impôts.
Il est également rappelé que la société
a procédé, par prélèvements sur le poste
"autres réserves", à des distributions exceptionnelles de réserves comme suit :
- le 28 juillet 2014 pour un montant de
7.992.000 euros ;
- le 29 juin 2015 pour un montant de
4.000.000 euros ;
- le 3 août 2015 pour un montant de
4.000.000 euros ;
- le 1er juillet 2016 pour un montant de
4.000.000 euros ;
- le 3 mai 2017 pour un montant de
8.000.000 euros.".
Conditions de participation :
Tout actionnaire, quel que soit le nombre d’actions qu’il possède, peut participer à cette assemblée, soit en y assistant
personnellement, soit en s’y faisant représenter par toute personne physique
ou morale de son choix, soit en votant
par correspondance.
Conformément à l’article R. 225-85 du
Code de commerce, seront admis à participer à l’assemblée les actionnaires qui
justifieront de leur qualité par l’inscription
en compte des titres à leur nom ou au
nom de l’intermédiaire inscrit pour leur
compte, au 2ème jour ouvré précédant
l’assemblée, soit le 21 mai 2018, à zéro
heure, heure de Paris (J-2), soit dans les
comptes de titres nominatifs tenus pour
la société par son mandataire BNP Paribas Securities Services, soit dans les
comptes de titres au porteur tenus par
leurs intermédiaires habilités.
Pour les actionnaires dont les titres
sont inscrits au nominatif, l’inscription en
compte à J-2 suffit pour leur permettre de
participer à l’assemblée. Toutefois, afin
Lundi 7, mardi 8 mai 2018 Les Echos
de faciliter l’accès des actionnaires à l’assemblée générale, il leur est recommandé de se munir, préalablement à la
réunion, d’une carte d’admission qu’ils
pourront obtenir auprès de BNP Securities Services à l’adresse mentionnée cidessous. À défaut de carte d’admission,
ils pourront se présenter le jour de l’assemblée directement au guichet spécialement prévu à cet effet, munis d’une
pièce d’identité.
Pour les actionnaires dont les titres
sont inscrits au porteur, les intermédiaires habilités qui tiennent les comptes de
titres au porteur justifieront directement
de la qualité d’actionnaire de leurs clients
auprès du centralisateur de l’assemblée
par la production d’une attestation de
participation, qu’ils annexent au formulaire unique de vote par correspondance
ou par procuration ou de demande de
carte d’admission, établie au nom de l’actionnaire ou pour le compte de l’actionnaire représenté par l’intermédiaire inscrit. Toutefois, si un actionnaire au
porteur souhaite participer physiquement
à l’assemblée et n’a pas reçu sa carte
d’admission le 21 mai 2018, il devra demander à son intermédiaire financier de
lui délivrer une attestation de participation qui lui permettra de justifier de sa
qualité d’actionnaire à J-2 pour être admis à l’assemblée.
Vote par correspondance ou par procuration :
Les actionnaires n’assistant pas personnellement à cette assemblée et souhaitant voter par correspondance ou être
représentés en donnant pouvoir au Président de l’assemblée, à un autre actionnaire ou à toute autre personne physique
ou morale de leur choix dans les conditions légales et réglementaires, notamment celles prévues par l’article
L.225-106 § I du Code de commerce,
pourront utiliser le formulaire de vote par
correspondance ou par procuration
prévu à cet effet. Pour que les votes par
correspondance ou par procuration
soient admis, les formulaires de vote par
correspondance ou par procuration devront être reçus par BNP Paribas Securities Services à l’adresse mentionnée cidessous, au plus tard à 15 heures, heure
de Paris, la veille de l’assemblée. Les
propriétaires d’actions au porteur devront
veiller que leur intermédiaire financier
fasse parvenir ce formulaire, accompagné dans tous les cas d’une attestation
de participation, à BNP Paribas Securities Services en temps utile afin de respecter ce délai.
Il est rappelé que, conformément à
l’article R. 225-85 du Code de commerce,
tout actionnaire qui a déjà exprimé son
vote à distance, envoyé un pouvoir ou
demandé sa carte d’admission, peut
néanmoins céder tout ou partie de ses
actions. Cependant si le transfert de propriété intervient avant le 2ème jour ouvré
précédant l’assemblée à zéro heure,
heure de Paris, la société invalidera ou
modifiera en conséquence, selon le cas,
le vote exprimé à distance, le pouvoir, ou
la carte d’admission. Aucune cession, ni
aucune autre opération réalisée après le
2ème jour ouvré précédant l’assemblée à
zéro heure, heure de Paris, quel que soit
le moyen utilisé, n’est notifiée par l’intermédiaire mentionné à l’article L.211-3 du
code monétaire et financier ou prise en
considération par la société nonobstant
toute convention contraire.
Notification de la désignation et de la
révocation d’un mandataire par voie électronique :
Conformément aux dispositions de
l’article R. 225-79 du Code de commerce,
la notification de la désignation et de la
révocation d’un mandataire peut également être effectuée par voie électronique, selon les modalités suivantes :
Les actionnaires dont les titres sont
inscrits au nominatif pur devront envoyer
un email à l’adresse suivante : paris.bp2s.france.cts.mandats@bnpparibas.com. Cet email devra obligatoirement contenir les informations
suivantes : nom de la société concernée,
date de l’assemblée, nom, prénom,
adresse et numéro de compte courant
nominatif du mandant, ainsi que les nom,
prénom et adresse du mandataire.
Les actionnaires dont les titres sont
inscrits au nominatif administré ou au
porteur devront envoyer un email à
l’adresse suivante : paris.bp2s.france.cts.mandats@bnpparibas.com. Cet email devra obligatoirement contenir les informations
suivantes : nom de la société concernée,
date de l’assemblée, nom, prénom,
adresse, références bancaires du mandant ainsi que les nom, prénom et
adresse du mandataire. En outre, les actionnaires devront obligatoirement demander à l’intermédiaire financier qui assure la gestion de leur compte titres
d’envoyer une confirmation écrite au service Assemblées générales de BNP Paribas Securities Services à l’adresse
mentionnée ci-dessous.
Seules les notifications de désignation
ou de révocation de mandats pourront
être adressées à l’adresse électronique
susvisée, toute autre demande ou notification portant sur un autre objet ne
pourra être prise en compte et/ou traitée.
Afin que les désignations ou révocations de mandats exprimées par voie
électronique puissent être valablement
prises en compte, les confirmations devront être réceptionnées au plus tard la
veille de l’assemblée, à 15 heures (heure
de Paris).
Vote par Internet - Informations générales :
La participation et le vote par visioconférence ou par un moyen de télécommunication n’ont pas été retenus pour la réunion de cette assemblée. Aucun site visé
à l’article R. 225-61 du Code de
commerce ne sera aménagé à cette fin.
Toute correspondance doit être adressée à : BNP Paribas Securities Services,
Services Assemblées Générales,
Grands Moulins de Pantin, 9, rue du Débarcadère, 93761 Pantin Cedex.
Les actionnaires peuvent avoir accès,
sur le site Internet de la société (www.antalis.com) au rapport financier annuel
2017 de la société et à toute information
complémentaire portant sur l’ordre du
jour de cette assemblée.
Le Conseil d’administration
12100464 – LE PUBLICATEUR LEGAL
SEQUANA
Société anonyme
au capital de 65.183.351 €
Siège social :
8, rue de Seine
92100 BOULOGNE-BILLANCOURT
383 491 446 RCS NANTERRE
Avis de convocation
Les actionnaires de Sequana sont
convoqués en assemblée générale
mixte, ordinaire et extraordinaire, le jeudi
24 mai 2018, à 10 heures 30, au centre
de conférences situé 32, rue de Monceau, 75008 PARIS, conformément à
l’avis de réunion publié au Bulletin des
Annonces Légales Obligatoires nº 46 du
16 avril 2018.
La société a reçu, par courrier électronique en date du 26 avril 2018 dans les
conditions et délais fixés par les articles
L. 225-105 et R. 225-71 du Code de
commerce, de quelques actionnaires une
demande d’inscription de projets de résolutions à l’ordre du jour.
Cette demande a été régulièrement
adressée par les actionnaires suivants :
- M. Denis Nahas, demeurant 24 A, rue
de Charenton, 75012 Paris,
- M. Patrick Canal, demeurant 21, rue
du Midi, 94300 Vincennes,
- M. Jean-Pierre Brassely et Mme Marie-Claude Brassely, demeurant 11, allée
des Tilleuls, 59990 Curgies,
- M. Pascal Decool, demeurant 72, rue
Celony, 13100 Aix en Provence,
- M. Amaury Villalon, demeurant
441, avenue Louise, 1050 Ixelles (Belgique),
- M. Philippe Reynaud, demeurant
route du moulin de Tulette - 38760 Varces Allieres et Risset,
représentant ensemble un total de
703.998 actions, soit 1,08 % du capital
social de Sequana.
Le conseil d’administration, réuni le
2 mai 2018 pour examiner cette demande, a en conséquence inscrit à l’ordre du jour les points demandés qui relèvent de la compétence de l’assemblée
générale et émis la recommandation de
voter contre les résolutions ainsi proposées. Les résolutions proposées ainsi
que les motifs du conseil d’administration
sont disponibles sur le site Internet de la
société (www.sequana.com, dans la rubrique Finance\Actionnaires\Assemblée
générale) ainsi que dans la brochure
d’avis de convocation qui peut être demandée à la société. Ils peuvent être
consultés dans les conditions légales.
En outre, le conseil d’administration
dans sa réunion du 2 mai 2018 a décidé
de modifier l’ordre du jour qu’il propose
à cette assemblée pour y introduire un
nouveau point 22 relatif à une modification de l’alinéa 2 de l’article 13 des statuts, le point 22 de l’ordre du jour tel que
publié au Bulletin des Annonces Légales
Obligatoires nº 46 du 16 avril 2018 relatif
aux pouvoirs pour l’exécution des formalités étant de facto renuméroté en point
23, la résolution correspondante demeurant inchangée.
En conséquence, l’assemblée générale convoquée pour le 24 mai 2018 aura
à délibérer des points suivants inscrits à
l’ordre du jour :
Ordre du jour
* Rapport de gestion du conseil d’administration et rapports des commissaires aux comptes sur les comptes annuels
sociaux et consolidés de Sequana de
l’exercice clos le 31 décembre 2017 ;
* Rapports spéciaux des commissaires aux comptes sur les conventions et
engagements réglementés, sur l’autorisation à donner au conseil pour réduire
le capital social et sur les différentes délégations ou autorisations à donner au
conseil d’administration en matière
d’émission de titres ou valeurs mobilières.
Résolutions agréées par le conseil
d’administration
* Du ressort de l’assemblée générale ordinaire
1. Approbation des comptes sociaux
de l’exercice clos le 31 décembre 2017
2. Approbation des comptes consolidés de l’exercice clos le 31 décembre
2017
3. Résultat de l’exercice - affectation
4. Approbation de conventions réglementées conclues avec Bpifrance Participations les 31 juillet 2017, 15 septembre 2017, 31 janvier 2018, 13 mars 2018,
29 mars 2018 et 9 avril 2018 relatives au
financement du groupe
5. Approbation des éléments de rémunération versés ou attribués à M. Pascal
Lebard en raison de son mandat de président-directeur général au titre de l’exercice 2017
6. Approbation des principes et critères de détermination, de répartition et
d’attribution des éléments fixes, variables
et exceptionnels composant la rémunération totale et les avantages de toute nature attribuables au Directeur général et
aux éventuels Directeurs généraux délégués
7. Approbation des principes et critères de détermination, de répartition et
d’attribution des éléments fixes, variables
et exceptionnels composant la rémunération totale et les avantages de toute nature attribuables au Président du conseil
d’administration
8. Renouvellement du mandat d’administrateur de M. Jean-Pascal Beaufret
9. Renouvellement du mandat d’administrateur de Mme Christine Bénard
10. Renouvellement du mandat d’administrateur de M. Jean-Yves Durance
11. Renouvellement du mandat de
commissaire aux comptes titulaire de la
société Constantin Associés
12. Autorisation au conseil d’administration en vue de permettre à la société
d’opérer sur ses propres actions
* Du ressort de l’assemblée générale extraordinaire
13. Autorisation au conseil d’administration en vue de réduire le capital social
de la société par annulation d’actions
auto-détenues
14. Modification des articles 13 et 14
des statuts relative aux restrictions liées
à l’âge des administrateurs et du Président du conseil d’administration
15. Modification de l’article 13 des statuts à l’effet de prévoir les modalités de
désignation d’un administrateur représentant les salariés
16. Modification de l’article 19 des statuts relative à la nomination de commissaires aux comptes suppléants
17. Modification de l’article 16 des statuts relative aux pouvoirs du conseil
18. Délégation de compétence au
conseil d’administration à l’effet de procéder à l’émission, avec suppression du
droit préférentiel de souscription des actionnaires, d’actions et/ou de toutes valeurs mobilières régies par les articles L.
228-92 al. 1, L. 228-93 al. 1 et 3 et L.
228-94 al. 2 du Code de commerce, avec
possibilité de conférer un délai de priorité
19. Autorisation au conseil d’administration à l’effet d’augmenter le nombre de
titres à émettre en cas d’émission sans
droit préférentiel de souscription, en application de la 18ème résolution de la
présente assemblée
20. Limitation globale des autorisations et délégations de compétence
21. Délégation de compétence au
conseil d’administration pour procéder à
l’augmentation du capital par émission
d’actions et/ou de valeurs mobilières
donnant accès au capital, réservée aux
salariés de filiales étrangères du groupe
Sequana
22. Modification de l’alinéa 2 de l’article 13 des statuts - Conseil d’administration, pour fixer à 2.000 le nombre d’actions de la société que chaque
administrateur doit détenir pendant la durée de son mandat
23. Pouvoirs pour l’exécution des formalités
Résolutions non agréées par le conseil
d’administration
* Du ressort de l’assemblée générale ordinaire
Résolution A : Fixation des jetons de
présence alloués au conseil d’administration
Résolution B : Remplacement d’un
des critères de la rémunération variable
de M. Pascal Lebard au titre de l’année
2018
Résolution C : Révocation d’un administrateur (M. Pascal Lebard)
Résolution D : Nomination d’un administrateur (M. Denis Nahas)
Résolution E : Nomination d’un administrateur (M. Arnaud Kermagoret)
Résolution F : Nomination d’un administrateur (M. Eladio Criado)
* Du ressort de l’assemblée générale extraordinaire
Résolution G : Augmentation du nombre de titres requis par administrateurs
Le conseil d’administration précise le
texte des résolutions correspondant aux
points 22 et 23 de l’ordre du jour qu’il a
modifiés :
22ème résolution (Modification de l’alinéa 2 de l’article 13 des statuts - Conseil
d’administration, pour fixer à 2.000 le
nombre d’actions de la société que chaque administrateur doit détenir pendant
la durée de son mandat)
L’assemblée générale, statuant aux
conditions de quorum et de majorité
d’une assemblée générale extraordinaire, connaissance prise du rapport du
conseil d’administration, décide de modifier le 2ème alinéa de l’article 13 des statuts (Conseil d’administration) qui sera libellé comme suit :
"Chaque administrateur doit être, pendant toute la durée de ses fonctions, propriétaire au moins de deux mille actions."
Le reste de l’article 13 des statuts demeure inchangé, sous réserve du vote
des modifications proposées aux 14ème et
15ème résolutions.
23ème résolution (Pouvoirs pour l’exécution des formalités)
L’assemblée générale donne tous
pouvoirs au porteur d’un original, d’une
copie ou d’un extrait du procès-verbal de
la présente assemblée pour effectuer
tous dépôts et formalités où besoin sera.
Conditions de participation :
Tout actionnaire, quel que soit le nombre d’actions qu’il possède, peut participer à cette assemblée, soit en y assistant
personnellement, soit en s’y faisant représenter par toute personne physique
ou morale de son choix, soit en votant
par correspondance.
Conformément à l’article R. 225-85 du
Code de commerce, seront admis à participer à l’assemblée les actionnaires qui
justifieront de leur qualité par l’inscription
en compte des titres à leur nom ou au
nom de l’intermédiaire inscrit pour leur
compte, au 2ème jour ouvré précédant
l’assemblée, soit le 22 mai 2018, à zéro
heure, heure de Paris (J-2), soit dans les
comptes de titres nominatifs tenus pour
la société par son mandataire BNP Paribas Securities Services, soit dans les
comptes de titres au porteur tenus par
leurs intermédiaires habilités.
Pour les actionnaires dont les titres
sont inscrits au nominatif, l’inscription en
compte à J-2 suffit pour leur permettre de
participer à l’assemblée. Toutefois, afin
de faciliter l’accès des actionnaires à l’assemblée générale, il leur est recommandé de se munir, préalablement à la
réunion, d’une carte d’admission qu’ils
pourront obtenir auprès de BNP Securities Services à l’adresse mentionnée cidessous. À défaut de carte d’admission,
ils pourront se présenter le jour de l’assemblée directement au guichet spécialement prévu à cet effet, munis d’une
pièce d’identité.
Pour les actionnaires dont les titres
sont inscrits au porteur, les intermédiaires habilités qui tiennent les comptes de
titres au porteur justifieront directement
de la qualité d’actionnaire de leurs clients
auprès du centralisateur de l’assemblée
par la production d’une attestation de
participation, qu’ils annexent au formulaire unique de vote par correspondance
ou par procuration ou de demande de
carte d’admission, établie au nom de l’actionnaire ou pour le compte de l’actionnaire représenté par l’intermédiaire inscrit. Toutefois, si un actionnaire au
porteur souhaite participer physiquement
à l’assemblée et n’a pas reçu sa carte
d’admission le 22 mai 2018, il devra demander à son intermédiaire financier de
lui délivrer une attestation de participation qui lui permettra de justifier de sa
qualité d’actionnaire à J-2 pour être admis à l’assemblée.
Vote par correspondance ou par
procuration :
Les actionnaires n’assistant pas personnellement à cette assemblée et souhaitant voter par correspondance ou être
représentés en donnant pouvoir au Président de l’assemblée, à un autre actionnaire ou à toute autre personne physique
ou morale de leur choix dans les conditions légales et réglementaires, notamment celles prévues par l’article
L.225-106-I du Code de commerce,
pourront utiliser le formulaire de vote par
correspondance ou par procuration
prévu à cet effet. Pour que les votes par
correspondance ou par procuration
soient admis, les formulaires de vote par
correspondance ou par procuration devront être reçus par BNP Paribas Securities Services à l’adresse mentionnée cidessous, au plus tard à 15 heures, heure
de Paris, la veille de l’assemblée. Les
propriétaires d’actions au porteur devront
veiller que leur intermédiaire financier
fasse parvenir ce formulaire, accompagné dans tous les cas d’une attestation
de participation, à BNP Paribas Securities Services en temps utile afin de respecter ce délai.
Il est rappelé que, conformément à
l’article R. 225-85 du Code de commerce,
tout actionnaire qui a déjà exprimé son
vote à distance, envoyé un pouvoir ou
demandé sa carte d’admission, peut
néanmoins céder tout ou partie de ses
actions. Cependant si le transfert de propriété intervient avant le 2ème jour ouvré
précédant l’assemblée à zéro heure,
heure de Paris, la société invalidera ou
modifiera en conséquence, selon le cas,
le vote exprimé à distance, le pouvoir, ou
la carte d’admission. Aucune cession, ni
aucune autre opération réalisée après le
2ème jour ouvré précédant l’assemblée à
zéro heure, heure de Paris, quel que soit
le moyen utilisé, n’est notifiée par l’intermédiaire mentionné à l’article L.211-3 du
code monétaire et financier ou prise en
considération par la société nonobstant
toute convention contraire.
Notification de la désignation et de
la révocation d’un mandataire par voie
électronique :
Conformément aux dispositions de
l’article R. 225-79 du Code de commerce,
la notification de la désignation et de la
révocation d’un mandataire peut également être effectuée par voie électronique, selon les modalités suivantes :
Les actionnaires dont les titres sont
inscrits au nominatif pur devront envoyer
un email à l’adresse suivante : paris.bp2s.france.cts.mandats@bnpparibas.com. Cet email devra obligatoirement contenir les informations
suivantes : nom de la société concernée,
date de l’assemblée, nom, prénom,
adresse et numéro de compte courant
nominatif du mandant, ainsi que les nom,
prénom et adresse du mandataire.
Les actionnaires dont les titres sont
inscrits au nominatif administré ou au
porteur devront envoyer un email à
l’adresse suivante : paris.bp2s.france.cts.mandats@bnpparibas.com. Cet email devra obligatoirement contenir les informations
suivantes : nom de la société concernée,
date de l’assemblée, nom, prénom,
adresse, références bancaires du mandant ainsi que les nom, prénom et
adresse du mandataire. En outre, les actionnaires devront obligatoirement demander à l’intermédiaire financier qui assure la gestion de leur compte titres
d’envoyer une confirmation écrite au service Assemblées générales de BNP Paribas Securities Services à l’adresse
mentionnée ci-dessous.
Seules les notifications de désignation
ou de révocation de mandats pourront
être adressées à l’adresse électronique
susvisée, toute autre demande ou notification portant sur un autre objet ne
pourra être prise en compte et/ou traitée.
Afin que les désignations ou révocations de mandats exprimées par voie
électronique puissent être valablement
prises en compte, les confirmations devront être réceptionnées au plus tard la
veille de l’assemblée, à 15 heures (heure
de Paris).
Vote par Internet - Informations générales :
La participation et le vote par visioconférence ou par un moyen de télécommunication n’ont pas été retenus pour la réunion de cette assemblée. Aucun site visé
à l’article R. 225-61 du Code de
commerce ne sera aménagé à cette fin.
Toute correspondance doit être adressée à : BNP Paribas Securities Services,
Services Assemblées Générales,
Grands Moulins de Pantin, 9, rue du Débarcadère, 93761 Pantin Cedex.
L’avis préalable prescrit par l’article R.
225-73 du Code de commerce, accessible sur le site Internet de la société, a été
publié dans le Bulletin des Annonces Légales Obligatoires du 16 avril 2018.
Les actionnaires peuvent avoir accès,
sur le site Internet de la société (www.sequana.com) au document de référence
D.18-0438 déposé auprès de l’Autorité
des marchés financiers (AMF) le 27 avril
2018 (également accessible sur le site Internet de l’Autorité des marchés financiers : www.amf-france.org) et à toute information complémentaire portant sur
l’ordre du jour de cette assemblée.
Le Conseil d’administration
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 33
Les Echos Lundi 7, mardi 8 mai 2018
euronext
séAncE du 04 - 05 - 2018
CaC 40 : 5516,05 (0,26 %) neXt 20 : 11916,47 (0,17 %)
CaC larGe 60 : 6105,54 (0,25 %)
CaC all-tradaBle : 4335,77 (0,26 %)
Date De ProroGation : 28 mai
CAC 40
srD suite
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Devise / Date Détach. / Div
accor (ac) R
a
fr0000120404
air liQuiDe (ai) R
12/05/17 1,05
a
fr0000120073
15/05/17 2,6
airBus GrouP (air) R
a
nl0000235190
16/04/18 1,28
arcelormittal (mt)
a
lu1598757687
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2838
28,65
fr0000074148
12/06/17 1 15.668.216
28,4
atari (ata)
c 0,608
0,585
4431176
0,61
fr0010478248
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c 40,4
40,45
9895
41,2
fr0000063737
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40,3
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c 8,84
8,8
3483
8,84
fr0000039232
27/06/17 0,1 11.850.669
8,76
aVenir telecom (avt) g
c 0,365
0,363
196272
0,374
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B 20,45
20,7
12517
20,7
fr0011040500
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a 18,46
18,62
99222
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fr0000035164
14/02/18 0,25 82.789.840
18,36
Bic (bb) G
a 83,5
83,95
123738
85,1
fr0000120966
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83,5
BiGBen int. (biG) g
c 13,76
14,3
93768
14,5
fr0000074072
04/01/18 0,1 18.363.339
13,76
BiomérieuX (bim)
a 67,3
67,8
91908
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fr0013280286
118.361.220
67,3
Boiron (boi) g
a 74,8
74,6
3836
75
fr0000061129
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Bolloré (bol) G
a 4,23
4,226
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fr0000039299
08/09/17 0,02 2.921.611.290
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BonDuelle (bon) g
B 35,95
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36
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1375
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3,115
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cGG (cGG) g
c 1,98
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fr0013181864
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c 26,04
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15437
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cHristian Dior (cDi)
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352,2
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19665
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fr0000130403
17/04/18 3,4 180.507.516
352,1
fr0000053837
altarea (alta) g
A : indicateur acompte, solde ou total du dividende. BPA : bénfice par action. PER : price earning ratio. les plus hauts et plus bas ajustés sont sur l’année
civile. les valeurs classées par ordre alphabétique sont regroupées en trois classes de capitalisation signalées par les lettres a pour les capitalisations
supérieures à 1 milliard d’euros, B pour les capitalisations comprises entre 1 milliard d’euros et 150 millions d’euros et c pour les capitalisations inférieures
à 150 millions d’euros. L : valeurs de l’indice cacnext20. R : valeurs de l’indice caclarge60. G : valeurs de l’indice cacmid60. g : valeurs de l’indice
cacsmall. les bénéfices par action : source facset Jcf estimates. mise en ligne intégrale des informations réglementées sur www.lesechos-comfi.fr
- 1,49 - 40,65
-38,96 11,15
- 67,39
4,76
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7,17
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6,27
- 2,73 - 17,38
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9,87
- 58,4
7
+ 0,63 - 25,12
+ 8,42
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+11,17
8,49
- 2,65
7,01
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- 1,14 + 14,45
+ 2,2 186,5
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- 2,86 - 40,38
- 5,07 14,51
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4,1
- 22,14
1,295
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- 0,26 + 15,65
+ 8,27 357,1
+ 37,85 291,6
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Date Détach. coupon / Div
cie Du camBoDGe (cbDG)
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1,07
1,03
1,64
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4,72
1,19
1,83
3,11
1,75
1,94
3,52
0,57
1,14
1,93
1,34
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0,7
2,15
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2,54
0,84
3,66
0,96
0,97
a
clot
% Veil % an
bpa
+ haut % mois + haut an per
+ bas % 52 s. + bas an rDt
/030518
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c 0,986
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a 20,3
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coFace (cofa) g
a 10,48
176418
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colas (re)
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1250
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a 1653
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B 37,4
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B 7,19
163978
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c 89,8
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a 28,89
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fr0010908533
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a 11,53
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a 16,58
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c 3,4
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B 106,5
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a 924
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a 26,4
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c 1,13
n/P reGr.
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2,9
ouv
vol.
nb titres
0,976
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100,4
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20,82
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142,6
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49,96
49,82
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+ 0,67 + 27,82
+ 8,08 1708
+ 29,87 1267
0,73
+ 1,07 + 22,93
+ 0,32 113
+ 30,26 87,52
0,49
+ 0,64 - 10,16
- 0,21 47,38
- 41,48 32,88
+ 0,14 - 20,76
+ 0,91
9,18
+ 48,56
6,96
1,94
- 1,56 + 17,97
+ 2,67 92,8
+ 43,44 72,5
0,68
- 0,05 + 6,71
+45,71 42,8
+ 6,95 28,3
0,59
+ 10,68 + 55,84
+29,87 10
+ 39,54
5,8
4,42
- 0,59 + 18,57
+ 1,88 29,41
+ 17,86 23,74
2,16
+ 1,69 + 12,81
+ 2,57
11,985
+ 36,35
9,832
1,28
+ 0,14 + 9,48
+ 9,6 100,4
+ 25,82 87
1,5
- 0,97 - 23,61
-14,88
5,49
- 35,02
3,46
- 1,15 - 5,14
- 1,45 19,71
- 30,17
16,1
2,57
+ 0,68 - 10,15
+ 6,49 23,94
+ 5,62 18,51
1,79
+ 1,31 + 12,97
+ 6,93
5,92
+ 15,88
4,75
+ 3,39 + 57,12
+40,31 167,2
+291,5
98,2
+ 0,69 - 5,35
+ 2,04 19,57
- 28,97 16,01
- 2,57 - 18,49
- 1,56 47
- 31,72 34,8
+ 2,19 - 4,61
+ 1,24 82,286
+ 18,68 67,9
1,79
- 0,88 - 2,86
+ 0,89
3,61
- 3,13
3,14
4,41
- 0,31 - 11,66
+ 8,99 545,5
- 2,94 382,2
0,45
+ 1,53 - 6,34
+10,09 11,78
- 15,12
8,59
4,25
- 0,21 + 9,38
+ 3,58 12,49
+ 13,07 10,11
2,22
- 0,49 - 4,85
+10,94 19,845
- 19,21
15,845
6,59
- 8,62
+ 0,47 125,5
+ 15,47 102
1,49
- 0,14 + 7,02
+ 9,97 74,5
+ 51,52 62,32
1,29
+ 0,4 + 1,1
+ 3,79 106,2
+ 12,98 94,5
1,78
- 0,98 - 14,77
- 2,07 19,5
- 20,49 15,76
- 5,27
- 7,98 1090
+ 16,02 884
0,11
- 0,22 - 9,93
+ 6,71 106,6
+ 39
81,05
+ 1,14 - 6,71
- 6,97 29,9
+ 4,26 26
+ 1,13 - 0,4
+ 4,5
94,6
+ 12,05 84,6
+ 5,11
- 2,38 63,4
+ 16,69 54,4
- 4,8 - 2,85
- 3,64 565
- 12,18 476
2,05
+ 0,44 + 0,44
+ 0,44
1,14
+ 0,44
1,125
+ 10,38 +124,44
- 5,16
0,32
- 32,67
0,09
- 0,49 - 7,34
+ 1,35 161,9
+ 9,63 137,3
- 0,3 + 0,67
4,21
+ 0,38 50,14
11,83
- 7,72 49,1
+ 0,34 - 1,25
+ 1,11
28,28
- 24,42 22
- 1,6 - 50,16
+ 3,7
7,68
- 56
2,56
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Devise / Date Détach. / Div
Genticel (Gtcl) g
Valeurs françaIses
ouv
clot
vol.
+ haut
nb titres
+ bas
1,494
1,488
6308
1,494
fr0011790542
77.850.006
1,47
Gl eVents (Glo) g
B 26,2
26,2
6618
26,55
fr0000066672
30/06/17 0,65 23.402.711
26,05
GrouPe crit (cen) g
B 89,3
90
3119
90,1
fr0000036675
28/06/17 0,4 11.250.000
88,4
GrouPe Flo (flo) g
c 0,272
0,263
eX D s 13/06/17
240894
0,275
fr0004076891
08/07/14 0,06 765.157.113
0,259
GrouPe GorGé (Goe) g
B 16,76
16,58
3392
16,78
fr0000062671
26/06/15 0,32 13.502.843
16,52
GrouPe lDlc (lDl) g
c 17,22
16,98
nom.
4803
17,22
06/10/16 0,5 6.322.106
fr0000075442
16,92
GrouPe PartoucHe (parp)
28,1
27,5
reGr.
1062
28,1
fr0012612646
11/09/17 0,31 9.627.034
27,2
Gtt (Gtt) Gg
a 52,85
52,8
43493
53,2
fr0011726835
27/09/17 1,33 37.028.800
52,65
Haulotte GrouP (piG)
B 16,46
16,42
4281
16,48
fr0000066755
05/07/17 0,22 31.371.274
16,38
Hermès international (rms) LRa 552,4
548
75691
555,6
fr0000052292
20/02/18 1,5 105.569.412
546,6
HiGH co (hco) g
c 4,9
4,89
5325
4,9
fr0000054231
02/06/17 0,12 22.421.332
4,88
HuBwoo (hbW) g
c 0,189
0,189
2500
0,189
fr0004052561
136.345.527
0,189
icaDe (icaD) G
a 77,85
77,8
53312
78,4
fr0000035081
02/05/18 4,3 74.111.186
77,65
iD loGistic (iDl) g
B 149,4
150
1701
150,2
fr0010929125
5.593.975
149,4
iliaD (ilD) LR
a 164,3
164,55
98213
165,9
fr0004035913
21/06/17 0,44 58.946.268
163,65
imerYs (nK) G
a 76,15
76,35
64610
76,6
fr0000120859
09/05/17 1,87 79.604.285
75,7
inGenico GrouP (inG) LR
a 72,46
72,68
260542
73,9
fr0000125346
17/05/17 1,5 62.363.114
72,46
innate PHarma (iph) g
B 6,52
6,33
93536
6,52
fr0010331421
57.600.100
6,33
insiDe secure (insD)
c 2,5
2,505
42331
2,52
fr0010291245
44.119.162
2,465
inter ParFums (itp) g
B 40
39,35
19531
40,55
fr0004024222
05/05/17 0,55 39.059.662
39,35
iPsen (ipn) G
a 132,5
133,2
57997
134,2
fr0010259150
09/06/17 0,85 83.782.308
132,45
iPsos (ips) G
a 31,24
31,46
61459
31,54
fr0000073298
03/07/17 0,85 44.436.235
30,94
JacQuet metal serVice (JcQ) g B 32,7
31,6
44176
32,7
fr0000033904
05/07/17 0,5 24.028.438
31,3
JcDecauX (Dec) G
a 29,72
29,62
135240
29,84
fr0000077919
16/05/17 0,56 212.676.701
29,46
KauFman & BroaD (Kof)
B 43,8
43,88
23024
44,16
fr0004007813
16/05/17 1,85 21.073.535
43,64
KlePierre (li) LR
a 33,7
33,75
552308
33,82
fr0000121964
26/04/18 1,96 314.356.063
33,52
Korian (Kori)
a 29,02
29,36
129454
29,5
fr0010386334
28/06/17 0,6 80.983.563
29,02
laGarDère (mmb) G
a 24,71
24,22
706110
24,71
fr0000130213
08/05/17 1,3 131.133.286
23,91
latecoere (lat) g
c 5,32
5,39
126224
5,4
fr0000032278
29/06/07 0,75 94.394.902
5,32
le Bélier (beli) g
c 59,1
58,2
1266
59,2
fr0000072399
06/06/17 1,1 6.582.120
58,2
lna santé (lna) g
B 54,8
53,8
4971
54,9
fr0004170017
06/07/17 0,24 9.705.937
53,7
lectra (lss)
B 22,3
22,5
24098
22,8
fr0000065484
02/05/18 0,38 31.577.881
22,3
lineData sVices (lin) g
B 33,5
33,55
555
33,65
fr0004156297
05/07/17 1,5 7.293.356
33,5
lisi (fii) g
a 30,55
30,3
27320
31
fr0000050353
02/05/18 0,48 54.023.875
30,25
m6-métroPole tV (mmt) G
a 20,68
20,48
50455
20,8
fr0000053225
17/05/17 0,85 126.414.248
20,44
maisons Du monDe (mDm)
B 33,5
35,1
419985
36,14
10/07/17 0,31 45.241.894
fr0013153541
33,5
maisons France conF. (mfc) g B 51
51,1
616
51,4
fr0004159473
06/06/17 1 6.937.593
51
manitou (mtu) g
B 37,2
37,3
14412
37,75
fr0000038606
09/06/17 0,43 39.617.974
36,9
marie BrizarD w & s (mbWs)
B 7,79
7,6
27119
7,79
fr0000060873
27/09/07 0,5 28.336.515
7,53
mauna Kea (mKea)
c 2,755
2,745
72047
2,765
fr0010609263
23.147.338
2,72
mercialYs (merY) G
a 16,01
15,9
98141
16,09
fr0010241638
30/04/18 0,68 92.049.169
15,86
mersen (mrn) g
B 39,6
39,5
26699
39,8
fr0000039620
04/07/17 0,5 20.635.491
39,4
metaBolic eXPlorer (meteX) g c 2,07
2,05
32519
2,08
fr0004177046
23.261.500
2,035
mGi coutier (mGic) g
B 29
29,2
18946
29,25
fr0000053027
04/07/17 0,3 26.741.040
29
nanoBiotiX (nano) g
B 13,52
12,95
46874
13,56
fr0011341205
19.633.373
12,9
natiXis (Kn) LR
a 6,78
6,838
4536299
6,858
fr0000120685
26/05/17 0,35 3.138.305.787
6,732
natureX (nrX) g
B 134,4
134
6979
134,6
fr0000054694
03/07/14 0,1 9.548.741
134
netGem (ntG) g
c 2,39
2,38
6581
2,4
fr0004154060
07/06/17 0,15 29.664.667
2,36
neXans (neX) G
a 40
40,32
623728
40,42
fr0000044448
16/05/17 0,5 43.494.691
38,84
neXitY (nXi) G
a 52,35
51,8
71842
52,5
fr0010112524
06/06/17 2,4 56.129.724
51,7
nicoX (coX)
B 8,91
8,7
269692
8,975
fr0013018124
22.869.669
8,555
nrJ GrouP (nrG) g
B 8,52
8,6
7588
8,6
fr0000121691
15/05/12 0,3 78.417.846
8,52
oeneo (sbt) g
B 9,99
9,82
33094
10
fr0000052680
31/07/17 0,14 63.180.843
9,82
onXeo (onXeo) g
B 1,33
1,311
121506
1,349
fr0010095596
50.695.653
1,31
orPéa (orp) G
a 108,3
107,2
63428
108,45
fr0000184798
07/07/17 1 64.586.323
107
Parrot (parro) g
B 5,29
5,33
33343
5,5
fr0004038263
30.174.671
5,22
PHarmaGest int. (pha)
57,7
57
1595
57,7
fr0012882389
29/06/17 0,65 15.174.125
56,1
Pierre & Vacances (vac) g
B 40,1
40
1853
40,5
fr0000073041
19/03/12 0,7 9.804.565
40
PiXium Vision (piX) g
c 2,2
2,15
134569
2,215
fr0011950641
15.137.428
2,12
Plastic omnium (pom) G
a 39,33
39,6
150171
39,76
fr0000124570
02/05/18 0,67 150.976.720
39,32
PlastiValoire (pvl)
B 19,3
19,24
DiV 8 02/05/17
9384
19,48
fr0013252186
05/04/18 0,27 22.125.600
19,22
PsB inDust. (psb)
c 46,5
46,5
1
46,5
fr0000060329
25/04/17 1,8 3.675.000
46,5
Quantel (Qua) g
c 12
11,44
96755
12,08
fr0000038242
15.771.457
11,4
rallYe (ral)
a 13,31
13,18
78425
13,37
fr0000060618
18/05/17 1,4 52.064.824
13,02
recYleX sa (rX)
c 10,25
10,29
49197
10,41
fr0000120388
04/07/90 0,61 25.533.982
10,11
rémY cointreau (rco) G
a 115
115,7
46036
116,5
fr0000130395
01/08/17 1,65 50.223.800
115
reXel (rXl) G
a 12,8
12,835
868701
12,925
fr0010451203
05/07/17 0,4 303.674.322
12,8
roBertet sa (cbe)
B
/260418
c.i.P.
fr0000045601
29/06/17 4,6 143.616
roBertet sa (cbr)
B
/121016
c.D.V. nom.
fr0000045619
rotHscHilD & co (roth)
a 30,5
30,5
25599
30,65
fr0000031684
02/10/17 0,68 77.407.512
30,05
ruBis (rui)
a 64,7
65
DiV 2 28/07/17
106144
65,45
fr0013269123
95.065.740
64,7
% Veil % an
bpa
% mois + haut an per
% 52 s. + bas an rDt
- 0,27 - 10,36
- 4,12
2,08
- 30,79
1,45
- 0,38 + 6,94
+ 9,17
27,9
+ 16,5
22,6
2,48
+ 1,7 + 23,66
+ 2,39 95
+ 20,13 72
0,44
+ 4,99 + 1,15
+ 3,54
0,34
- 66,71
0,23
- 1,19 + 5,81
+17,76 19,04
- 23,21
13,44
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33
2,31
- 6,67
0,205
0,14
+ 14,59
108,2
92
2,26
- 9,81
2,011
1,26
- 17,7
14,925
10,58
5,39
- 7,66
2,32
1,508
+ 9,34
37,3
32,5
3,24
+ 20,77
53,8
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- 29,5
37,34
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2,43
- 50,17
3,328
1,152
+ 13,69
137,2
111
1,36
- 0,7
48,2
39,2
- 14,2
12,89
9,76
3,32
+ 20,88
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0,41
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2,92
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12,4
9,1
- 1,77
3,46
2,715
+ 4,82
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135
0,84
+ 30,68
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- 3,26
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+ 41,88
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70,9
59,55
2,32
- 34,8
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56,4
2,78
+ 0,4
130,4
103
+ 1,27
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124
0,4
- 13,23
152,6
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+ 1,4
47
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11
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+ 20,39
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244
Autres Valeurs de la Zone euro
Gemalto (Gto) L
nl0000400653
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fi0009000681
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lu0088087324
a 49,95
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0,3
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3,34
6,11
VAleurs Zone InternatIonale
General electric (Gne)
11,86
11,72
8409
11,86
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8,137
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Gb0005405286
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laFarGeHolcim ltD (lhn)
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47,05
256724
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ch0012214059
chf 08/05/17 2 606.909.080
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rusal Plc (rusal)
/090418
reG. s
us9098832093
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57
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Gb00bZ21rf93
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24,6
us3696041033
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a
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+11,2
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51
+ 2,45 - 34,82
-10,52 41,7
- 27,96 24,05
La cote a changé.
Vous pouvez retrouver
les Bourses internationales
sur http://investir.lesechos.fr
1,29
52,19
4
3,45
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
34 // FINANCE & MARCHES
Lundi 7, mardi 8 mai 2018 Les Echos
euronext//taux&changes//matières premières
euronexT hors srd
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isin
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c 36
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1,98
1,95
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c
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338
338
338
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c
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a
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c 17,6
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b 39,4 39,5
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c
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c 53
53
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c
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17
17
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5,13
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c
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9,35
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45,1
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c
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18,9
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c
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36
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c
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c
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c
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122
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c
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c 7,28
7,28
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c 14,4
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122135
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2017
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c
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1993
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540
540
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c 18,5
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18,5
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130
130
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11,1
11
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c
0,25
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6,75
6,75
6,75
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c 3,31
3,37
3,16
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126
126
126
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c881
881
881
881
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c
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c 6
6
6
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1267
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c
105
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c
0,001
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3,09 3,125
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b
1570
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29,8
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198
197
197
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51
51
51
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c
1,63
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c
116
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37,8
37,8
37,8
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39,6
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c
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17,75
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b 28,6
28,6
28,6
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45
45
45
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137
134
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c 101
101
101
101
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c 56,6
57,2
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8
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52,5
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c
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49
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c
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a 22
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c100
100
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c 3,04 3,07
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b
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c 72
72
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c
sodifrance
c
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c
sofibus
c
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15,1
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c
tayninh
c
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c 91,5
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202
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avec
Consultez les cotations
en direct
sur tous les marchés
internationaux
http://investir.lesechos.fr
Marché obligataire
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cours
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b
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04-05-2018
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sek
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04-05-2018
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veNte
a 1 mois
achat
veNte
a 3 mois
achat
veNte
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achat
veNte
a 12 mois
achat
veNte
bce
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usa
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fonDs feDeraux
1.75 %
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japon
boj tokyo
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-0.50 %
Taux repo (refi)
-0.10 %
10 ans
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btf
taux
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6 Mois
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1 aN
2 aNs
5 aNs
10 aNs
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-0,58
-0,56
-0,59
-0,56
-0,51
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0,80
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moy.
mens.
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avr. 16
mai 16
juin 16
juil. 16
août 16
sept. 16
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déc. 16
janv. 17
fév. 17
mars 17
avr. 17
mai 17
juin 17
juil. 17
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sept. 17
oct. 17
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déc. 17
janv. 18
fév. 18
mars 18
avr. 18
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moy.
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euribor
tec
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the
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paris
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03/05
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Mai 18
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1374,2
settleMeNt
03/05
898,2
903,8
909,6
915,1
931
cathodes : 5842 a coMPter du 04/05/
autres demi produits cuivreux :
base cuivre
665,51 dePuis le 04/05
base laMiNé laitoN 1 titre 562,05 dePuis le 04/05
base laMiNé laitoN 70/30
571,45 dePuis le 04/05
base laMiNé laitoN 85/15
618,45 dePuis le 04/05
base laMiNé broNze 94/6
757,86 dePuis le 04/05
base laMiNé broNze 94/4
727,07 dePuis le 04/05
London MeTaL exchange
04/05
03/05
alliage d`alumin. (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
1915-1925
1925-1935
11920
1915-1925
1925-1935
11920
aluminium (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
2348-2349
2340-2342
1319300
2268-2269
2269,5-2270
1323425
cuivre (en $ par tonne)
cash
3 Mois
stocks
6836-6837
6873-6874
316400
6784,5-6785
6818-6820
324225
etain (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
21375-21400
21100-21150
2225
21260-21270
21150-21175
2225
13980-13985
14045-14050
315696
éLecTriciTé
ice
(eN gbP Par MWh)
clôture
04/05
base
40,69
PoiNte
46,28
ice futures
(eN gbP Par MWh)
clôture
13910-13915
13960-13970
306762
plomb (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
2278-2279
2278-2279
131650
2319-2320
2324-2325
130725
Zinc (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
3027,5-3028
3042,5-3043
236775
3065-3065,5
3077-3078
237000
neW YorK
cuivre (en cents par lb)
settleMeNt settleMeNt
Mai 18
JuiN 18
Juil. 18
aout 18
04/05
3,07
3,08
3,09
3,1
03/05
3,07
3,08
3,09
3,1
vol
353
664
79774
76
base Jul 18
base dec 18
PoiNte JuN 18
PoiNte Jul 18
04/05
51,93
58,1
55,61
55,83
KuaLa LuMpur
settleMeNt settleMeNt
Jou r
04/05
21150
03/05
21150
vol
clôture
03/05
40,69
46,28
clôture
03/05
51,15
57,02
54,8
55,26
vol
364004
192492
vol
clôture
clôture
JuiN 18
Juil. 18
sePt. 18
déc. 19
Mars 10
04/05
69,72
69,58
68,62
60,55
59,24
03/05
68,43
68,25
67,23
59,35
58,05
415,5
387,5
singapour
gasoliNe 97
gas oil
Fuel oil (180)
Fuel oil (380)
83,4
84,34
415,5
387
84,75
84,81
448,5
416,5
éMission co2
nymex emissions (eN euros Par toNNe)
clôture
04/05
12,77
clôture
settleMeNt settleMeNt
vol
03/05
21,5
21,95
22,05
gaz naTureL
JuiN 18
Juil. 18
aout 18
04/05
2,72
2,75
2,75
clôture
vol
03/05
2,73
2,76
2,77
clôture
03/05
20,28
vol
vol
16560
538
7
2
settleMeNt settleMeNt
04/05
JuiN 2018 20,54
Juil 2018 20,6
août 2018 20,57
03/05
20,57
20,6
20,5
03/05
84,85
84,42
79,57
41499
20711
13971
9012
clôture
clôture
vol
04/05
03/05
Mai 18
1884
1898
Juil. 18
1932
1943
sePt. 18
1974
1981
déc. 18
1972
1975
Mars 19 1953
1958
new york (eN $ Par toNNe)
604
8709
4305
4175
3031
Mai 18
sePt. 18
déc. 18
Mai 19
Mai 19
04/05
0
2800
2790
2753
2753
03/05
2822
2866
2850
2807
2807
vol
6840
2977
244
244
settleMeNt settleMeNt
04/05
600,5
576,5
559,9
03/05
583,5
565,7
549,9
vol
settleMeNt settleMeNt
04/05
03/05
JuiN 18
167
167,25
aout 18 171,75
171,5
Nov. 18
170,75
170,75
mais à chicago (eN ceNts Par
boisseau)
clôture
vol
04/05
03/05
Mai 18
1808
1830
733
Juil. 18
1813
1828
7353
Nov. 18
1799
1808
1628
JaNv. 19 1800
1810
350
Mars 19 1806
1816
15
new york-arabica (en cents par lb)
settleMeNt settleMeNt
vol
13
22439
9289
Mai 18
sePt. 18
déc. 18
Mars 19
04/05
120,45
124,95
128,4
131,85
03/05
122,45
126,6
130
133,35
vol
vol
1
7012
2828
1573
new york (coNt. No2 - eN ceNts Par lb)
Jou r
04/05
03/05
112,45
115,7
20
171
13
settleMeNt settleMeNt
vol
311
17
settleMeNt settleMeNt
vol
03/05
143
147
153
23
235
veau vivaNt - bresil - brl :
141.95
le 03/05//18
betail vivaNt - cMe - usd :
1.0605
le 03/05//18
betail d'eNgrais - cMe - usd : 1.404
le 03/05//18
Porc Maigre - cMe - usd :
0.67075
le 03/05//18
Porc FraNce e - eur :
1.5
indices
rJ crb
settleMeNt settleMeNt
vol
BeTaiLs
londres-robusta (en $ par tonne)
clôture
vol
settleMeNt settleMeNt
vol
vol
2089
143125
43827
04/05
03/05
Mai 18
12,68
12,67
Juil. 18
12,93
13,01
sePt. 18
12,21
12,21
avoine à chicago
(eN ceNts Par boisseau)
04/05
145,4
148,15
153,75
11
6
247
225
180
settleMeNt settleMeNt
04/05
03/05
Mai 18
398,75
399,25
Juil. 18
406,25
408
sePt. 18
413,75
415,5
riZ à chicago (eN ceNts Par lb)
Mai 18
Juil. 18
Nov. 18
jus d’orange
chicago (eN $ Par 1000 bdFt)
settleMeNt settleMeNt
04/05
03/05
Mai 18
527,5
540,5
sePt. 18
541,75
552,75
déc. 18
563
572,75
mais à paris (eN euros Par toNNe)
caFé
Bois
Mai 18
Juil. 18
sePt. 18
03/05
0
11,71
11,98
13,07
13,34
vol
Prix indicatif de l'organisation internationale du
café (cents us/livre) :
Prix composé : 116.87
Moyenne quinze derniers jours : 205.461
new york (cont. n°2 - cents par lb)
settleMeNt settleMeNt
04/05
11,51
11,51
11,79
12,9
13,19
vol
settleMeNt settleMeNt
04/05
03/05
Mai 18
169,5
172
5447
sePt. 18
175,5
175,5
22989
déc. 18
178,5
178,5
27001
blé à chicago (eN ceNts Par boisseau)
vol
coTon
04/05
86,35
86,9
80,57
JuiN 18
Juil. 18
oct. 18
Mars 19
Mai 19
clôture
blé de meunerie n°2 à paris
(eN euros Par toNNe)
04/05
03/05
Mai 18
223,75
226
Juil. 18
235
237
sePt. 18
239,75
240
blé fourrager à londres
(eN £ Par toNNe)
iNdice cotlook a : 93,5, le 04/05//18
Mai 18
Juil. 18
Déc. 18
clôture
settleMeNt settleMeNt
nymex ( eN $ Par Mbtu)
clôture
vol
3010
1115
576
404
155
Prix indicatif de l'organisation internationale du
cacao (dollars/tonne) : le 02/05/
Prix indicatif : 2767,13
londres (eN £ Par toNNe)
uranium nymex (en $ par lb)
04/05
21,5
21,95
22,05
clôture
cacao
uraniuM
aout 18
déc. 18
JaNv. 19
clôture
04/05
03/05
aout 18 320,7
324,2
oct. 18
320,2
323,2
déc. 18
326,3
330,2
Mars 19 333
338
Mai 19
338,3
344,1
new york (eN ceNts Par lb)
vol
03/05
12,77
powernext gas futures
vol
04/05
03/05
Mai 18
651,5
642
38046
JuiN 18
649
639,25
94001
Juil. 18
647,25
638
56386
Nov. 18
641,5
632,5
4836
Fév. 19
635,5
626,25
1064
new york nymex wti (eN $ Par baril)
clôture
415,5
387,5
sPot
céréaLes
12,05 cts/lb
londres (eN dollars Par toNNe)
620
fuel
Fuel oil (hs 180)
Fuel oil (hs 380)
clôture
04/05
03/05
Jour
74,87
73,62
Juil. 18
74,87
73,62
282833
aout 18 74,52
73,22
146346
londres-gaZole (eN $ Par toNNe)
clôture
sucre
london daily price:
04/05
Nord da 19,91
londres-brent (eN $ Par baril)
clôture
produiTs péTroLiers
rotterdam
(barges - Fob) (eN $ Par toNNe)
gas oil 0.1% sul.
620
powernext gas spot
produiTs péTroLiers
clôture
etain (en dollars par tonne)
03/05
antimoine 99,65% (par tonne)
8450
8450
bismuth 99,99% (par lb)
5,15
5,15
cadmium 99,95% (par lb)
1,45
1,45
cobalt (cathodes) 99,80% (par lb)
44
44
eponge de titane 99,60% (par kg)
7,65
7,65
ferro manganese (hc) (par tonne)
1125
1125
ferro molybdene (par kg)
29,75
29,75
germanium (par kg)
1750
1750
selenium 99,50% (par lb)
23,5
23,5
silicium (par tonne)
2250
2250
nickel (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
04/05
vol
112.45
04/05
03/05
207,66
206,47
reuters coM. 2309,86
2296,57
Moodys coM. 6217,16
6217,65
or iNdustriel 35442
35460
lMex
3317,4
3292,6
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHÉS // 35
Les Echos Lundi 7, mardi 8 mai 2018
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
Mirabaud Asset Management
Tél. 058 200 60 01
www.mirabaud.com
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Tél. : 01 56 88 71 00
www.assetmanagement.pictet
code isin
désignation
des valeurs
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
LU0130728842 Pictet-emerging euroPe
342,87 03/05
LU0130729220 Pictet-emerging mkts
600,52 04/05
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
code isin
désignation
des valeurs
551,09 04/05
LU0144509717 Pictet-euroPean sust. eq.
250,19 04/05
LU0128467544 Pictet-gloBal emerg.deBt
363,6 04/05
désignation
des valeurs
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
LU0168449691 Pictet-greater china
599,48 04/05
LU0188501257 Pictet-health
248,46 04/05
549,39 04/05
LU1048876350 ram (l) sf gB shldr yld eq
106,76 03/05
LU1626130063 sWiss small & mid caPs (chf)
112,41 03/05
LU0704154292 ram (l) sf em mkt eq
189,22 03/05
LU1626129727 sWiss all caPs (chf)
102,47 03/05
LU0375629556 ram (l) sf euroPean eq
461,84 03/05
LU1626130816 silk road Zone stocks (usd)
102,7 03/05
131,35 03/05
LU0851564897 euroPean equity (eur)
170,91 03/05
LU0176900511 Pictet-JaPanese eq. sel.
15887,67 02/05
LU0705072691 ram (l) sf l/s em mkt eq
122,14 30/04
LU1626130220 high div. euroPe stocks (eur)
100,48 03/05
LU0217139020 Pictet-Premium Brands
156,85 04/05
LU0705071701 ram (l) sf l/s euroPean eq
154,06 30/04
LU0851564541 World equity (eur)
151,81 03/05
280,48 04/05
LU1279334210 Pictet-roBotics
132,18 04/05
LU0375630729 ram (l) sf north am eq
295,17 03/05
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143,38 03/05
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139,54 03/05
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91,39 04/05
code isin
LU0340554913 Pictet-digital
290,11 04/05
LU0130732364 Pictet-small caP eur.
LU0255798109 Pictet-emerg lc deBt
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LU0104884860 Pictet-Water
1243,5 04/05
dernier
dividende net
en euros**
mont.
date
synchrony (lu)
LU0935268721 ram (l) sf em mkt core eq
LU0155303323 Pictet-asian eq. JaPan
LU0280430660 Pictet-clean energy
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
Banque Cantonale
de Genève (France) SA
Tél. 04 72 07 31 50
bcgef.fr/fonds
LU0128490280 Pictet-eur Bonds
LU0070964530 Pictet-indian eq.
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
classification
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
classification
désignation
des valeurs
code isin
classification
classification
sicav//fcp
287,67 04/05
Valeur unitaire hors frais : valeur de la part ou de l’action hors droits d’entrée ou de sortie éventuels. Les SICAV éligibles au PEA sont signalées par un astérisque *. Le pictogramme P indique la cotation d’un FCP.
Classification des OPCVM : actions françaises (AF), actions de la zone EURO (AE), actions internationales (AI), monétaires EURO (ME), monétaires à vocation internationale (MI), obligations et autres titres de créances libellés en EURO (OE), obligations et autres titres de créances internationaux (OI), sicav luxembourgeoises (LX), diversifiés (DI), garantis ou assortis d’une protection (GP). ** : en euros ou dans la devise indiquée dans la colonne «DéSIGnAtIOn DES VALEURS».
carnet
fr
PORTRAIT
par Hélène David
–– Correspondante à Strasbourg
un homme de l’ombre
chez Electricité
de Strasbourg
C’est un record ! Cédric Lewandowski est le seul
directeur de cabinet ministériel à avoir gardé
ses fonctions pendant l’intégralité du quinquennat de François Hollande. Cette longévité,
ce Lyonnais de 49 ans dit la devoir à « la qualité
du tandem avec Jean-Yves Le Drian ». Les deux
hommes ont très tôt eu l’« ambition commune
d’être un jour à la tête de la Défense ». Dès 2006,
Cédric Lewandowski crée Sémaphore, un
réseau informel d’experts décidé à porter le duo
jusqu’à l’Hôtel de Brienne. Et qu’importe si ce
dernier, diplômé de Sciences Po et titulaire d’un
DEA de géopolitique, n’appartient à aucun
grand corps de l’Etat. Cet homme de l’ombre
deviendra, en 2012, le tout-puissant bras droit
du ministre. « En 2012, nous ne nous découvrons
pas », souligne Cédric Lewandowski, souvent
décrit comme le « bad cop », craint et autoritaire, de ce binôme.
A son actif ? Trois opérations militaires et,
dans le contexte que l’on connaît, une intensification de la lutte antiterroriste. « J’ai quitté le
ministère avec le sentiment du devoir accompli »,
résume l’ancien dircab, qui retrouve, dès 2017,
EDF, rue de Wagram. Il connaît la maison. Car si
l’homme, aussi courageux que redouté, a beaucoup fait parler de lui lors de ses cinq ans parmi
les militaires, son engagement chez l’énergéti-
ENTREPRISES
ARKEMA
Marie-José Donsion
rejoindra Arkema le 1er juin en
tant que directrice générale
finance du groupe. Elle sera
membre du comité exécutif.
Marie-José Donsion, 46 ans, diplômée de l’ESCP Europe, a occupé
différents postes financiers opérationnels chez Alstom en France et à
l’international. Actuellement, elle
Knaub Julien
Cédric
Lewandowski,
cien français date, lui, de deux décennies.
C’est François Roussely, arrivé en 1998 à la
présidence d’EDF, qui l’emmène « dans ses bagages », pour en faire son directeur de cabinet. Les
deux hommes se sont croisés au cabinet du
ministre de la Défense, Alain Richard. « J’ai
découvert quelqu’un d’une grande efficacité et
d’une capacité de travail hors du commun », se
souvient François Roussely. Ils resteront très
proches. Le « mentor » d’hier porte aujourd’hui
« un regard à la fois amical et admiratif » sur cet
homme « de confiance », pour lequel il entrevoit
« un avenir considérable ».
La passion du « temps long »
Chez EDF, Cédric Lewandowski deviendra tour
à tour contrôleur général, directeur des transports et des véhicules électriques et directeur de
la division collectivités territoriales pour finalement rejoindre, au sortir de Brienne, le poste de
directeur exécutif du groupe, en charge de la
direction innovation, stratégie et programmation.Un titre qui va comme un gant à ce fondu de
géopolitique, passionné par « le temps long ».
« Qu’il s’agisse de défense ou d’énergie, on est à
chaque fois dans des projets qui s’entendent à
vingt ans, voire à l’horizon d’un siècle, développe
Cédric Lewandowski. Le temps long, c’est à la fois
est directrice financière, membre
du comité exécutif d’Alstom.
Depuis 2016, elle était membre du
conseil d’administration et présidente du comité d’audit d’Arkema.
PIERRE FABRE
Eric Ducournau
sera le directeur général
du groupe Pierre Fabre, à partir
du 2 juillet prochain. Il remplace
Bertrand Parmentier.
Eric Ducournau, 50 ans, titulaire
le passé, l’inscription dans l’Histoire, je le revendique, mais c’est aussi la projection, l’anticipation
du futur. » Ce goût stratégique de la « projection », il entend bien le pratiquer au sein de
l’entreprise locale de distribution et filiale
d’EDF, Electricité de Strasbourg (ES). Il vient, en
février, d’en être nommé président. Il la perçoit
comme « une pépite très originale. EDF a énormément appris d’ES et de son intégration territoriale, retrace-t-il. Le lien direct qui unit l’entreprise à son territoire permet d’être beaucoup plus
agile. ES est révélateur d’un nouveau dialogue,
d’une coconstruction avec les collectivités locales
des politiques énergétiques ».
Nouvelles technologies, énergies renouvelables (avec le développement de la biomasse ou
de la géothermie profonde), rapprochements
avec les start-up du territoire : la filiale d’EDF a
su s’affranchir de l’idéologie centralisatrice qui
a fondé l’électricien. Un terrain de jeu enthousiasmant pour ce patron décidé à faire entrer
l’énergie dans « le nouveau monde ».
« Militant de l’Etat »
Reste que, le soir et le week-end, c’est à des figures patrimoniales que cet acharné de travail se
consacre. Cédric Lewandowski est membre
fondateur de l’association des Amis de l’hôtel de
Brienne, qui vise à « préserver et faire connaître
ce haut lieu de la République tout en le protégeant
d’une éventuelle cession ». Il travaille à une biographie de Lucien Bonaparte, dont il a occupé le
bureau pendant cinq ans et qui, depuis lors, le
fascine. Ancien militant socialiste, Cédric
Lewandowski se décrit aujourd’hui comme
« un militant de l’Etat, de l’intérêt général ».
« C’est quelqu’un qui concilie tous les jours ses
opinions politiques personnelles et ses responsabilités professionnelles ; c’est précieux », ajoute
François Roussely. C’est un homme de pouvoir
aussi, qui avoue préférer l’anonymat à l’apparat.
« J’aime vivre dans une forme de discrétion, confie-t-il. Cela ne m’a jamais empêché d’exercer pleinement le pouvoir auprès des politiques et au service de l’Etat. Mais c’est une tout autre chose que
d’être dans la lumière en permanence. » n
d’un master de droit public,
diplômé de l’IEP de Bordeaux,
dirige la branche dermo-cosmétique du groupe depuis 2012. En
poste dans l’entreprise dès 2000,
il a d’abord assumé les fonctions
de chef de cabinet du président
(de 2000 à 2005), puis est devenu
le secrétaire général du groupe
(2006-2011). En 2011, il avait été
nommé directeur général adjoint
du groupe. Il a par ailleurs été, en
tant que représentant du groupe,
l’un des fondateurs du G5 Santé.
MATMUT
François Farcy
David Quantin
Olivier Requin
François Farcy sera responsable
de la coordination métiers,
David Quantin est nommé
directeur général adjoint
organisation, systèmes
d’information et innovation et
Olivier Requi devient directeur
général adjoint assurance IARD.
Tous trois sont membres du
comité de direction du groupe.
François Farcy, 58 ans, est titulaire
d’une maîtrise en droit des affaires.
C’est en 1984 qu’il a rejoint le
groupe Matmut. Au sein de l’entreprise, il a travaillé dans les domaines de la rédaction, de l’inspection,
de l’organisation, des contrats et
des indemnisations et services. Il
était directeur général adjoint
indemnisations et services depuis
2011.
nationale de communication et
d’information (Anci) du groupe
avant de devenir, en 2011, représentant Ile-de-France du président du
directoire de La Banque Postale. En
2013, il a été nommé président du
directoire de La Banque Postale
Gestion Privée, puis, en 2015, membre du directoire de BPE, la banque
privée de La Banque Postale.
David Quantin, 46 ans, ingénieur
diplômé de l’UTC de Compiègne,
est titulaire de l’executive MBA
CHEA de l’université Dauphine. Il a
notamment évolué chez IBM
France à la Caisse des Dépôts et
Consignations. Entré dans le
groupe Matmut en 2010, il y a
occupé les postes de directeur
adjoint, puis de directeur groupe à
la direction générale adjointe organisation, systèmes d’information
et innovation.
ILS SONT NÉS
UN 7 MAI
Sylvain Augier,
journaliste, 63 ans.
Gilles Babinet,
entrepreneur, digital champion
de la France auprès
de la Commission européenne,
51 ans.
Gérard Déprez,
PDG de Loxam, 64 ans.
Fabienne Dulac,
directrice générale adjointe
d’Orange, PDG d’Orange
France, 51 ans.
Marie-George Buffet,
députée de Seine-Saint-Denis,
ex-secrétaire nationale du PCF,
69 ans.
Philippe Contamine,
historien médiéviste, 86 ans.
Jean Gandois,
ancien PDG de Pechiney,
ancien président du CNPF,
88 ans.
Serge Grudzinski,
PDG de Humour Consulting
Group, 62 ans.
Jean-François Julliard,
directeur général
de Greenpeace, 45 ans.
Emmanuel Krivine,
violoniste et chef d’orchestre,
71 ans.
Didier Lamouche,
PDG d’Idemia (ex-Oberthur
Technologies), 59 ans.
Dominik Moll,
réalisateur, 56 ans.
Thomas Piketty,
économiste, 47 ans.
Daniel Rondeau,
écrivain et diplomate, 70 ans.
Amaury de Sèze,
administrateur de sociétés
cotées, 72 ans.
Olivier Requin, 39 ans, ancien
élève de l’Ecole polytechnique,
titulaire d’un master de mathématiques avancées de l’université de
Cambridge a d’abord travaillé chez
de JP Morgan (2003-2005), puis
chez Merrill Lynch (2005-2006)
avant de rejoindre OFI Asset
Management (2006-2015). Chez
Matmut dès 2015, il a été directeur
groupe comptabilité-finances,
puis directeur groupe à la direction
générale adjointe production
IARD, marketing et prévention.
LA BANQUE POSTALE
Olivier Solère
devient directeur
des rémunérations, des cadres
dirigeants et stratégiques
de La Banque Postale et
de La Poste (réseau et services
financiers).
Olivier Solère, 47 ans, diplômé de
l’Ecole nationale des postes et télécommunications et de Neoma, a
réalisé l’essentiel de sa carrière au
sein du groupe La Poste, qu’il a
rejoint en 1998. D’abord directeur
commercial à Paris, puis dans les
Yvelines, il est devenu, en 2003,
conseiller technique chargé des
relations avec le Parlement et les
cabinets ministériels au sein du
cabinet de Jean-Paul Bailly, alors
président de La Poste. En 2006, il a
créé et pris la direction de l’Agence
, Envoyez vos nominations à
carnetlesechos@nomination.fr
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Lundi 7, mardi 8 mai 2018
` SUR LE WEB WWW.LESECHOS.FR
L’appel du vide
Les vieux démons du déclin n’ont pas fini
de poursuivre Air France.
L’INVITÉ
DES « ÉCHOS »
« Les Echos »
+
crible
Sébastien Tranchant
Codirecteur général
du groupe Tranchant
CLUBS DE JEUX « Les clubs de jeux ont été créés récemment,
puisqu’ils sont autorisés depuis le 1er janvier 2018 pour une période d’expérimentation de trois ans, période au cours de laquelle l’activité sera pérennisée ou non par le ministère de l’Intérieur. Le challenge c’est de démontrer que l’activité de jeux à
Paris peut être exploitée sans créer de trouble à l’ordre public.
Nous sommes assez confiants pour démontrer qu’à Paris le
jeu peut être encadré, exploité et réglementé de façon tout à
fait normale. »
PARIS ELYSÉE CLUB « Nous sommes à une semaine d’exploitation et le succès est déjà au rendez-vous. Les joueurs attendaient un établissement à disposition à Paris depuis plus
de trois ans. C’est un avantage pour nous d’être les premiers à
se lancer. Le bouche-à-oreille se fait très rapidement, notamment avec la médiatisation dont a bénéficié l’établissement.
L’objectif maintenant est d’être profitable dès les premiers
mois d’exploitation, et d’amortir notre investissement de
10 millions d’euros sur la période d’expérimentation. »
CASINOS « Interdiction du tabac, contrôle d’identité, crise…
L’activité des casinos a connu dix années difficiles, avec une
baisse d’activité de 20 %, que nous n’avons jamais récupérée.
Depuis début 2018, l’activité française connaît une légère progression. »
Interview réalisée par Etienne Lefebvre
L’intégralité de l’émission sur lesechos.fr/invitedesechos
« Cas sans précédent de suicide en plein bonheur », écrivait François Mauriac
au lendemain du référendum gaulliste d’avril 1969. Le « bonheur » de JeanMarc Janaillac était cependant très relatif. Si le patron d’Air France-KLM
depuis moins de deux ans pouvait s’enorgueillir du meilleur bénéfice opérationnel de l’histoire du groupe l’an dernier, celui-ci s’accompagnait aussi
d’une stabilité des coûts de chaque siège qui inquiétait les investisseurs. La
grève entamée en février et sa facture d’au moins 300 millions d’euros amputeront d’un cinquième le résultat attendu cette année en faisant repartir
les dépenses à la hausse. Avec une croissance au-dessus du PIB mondial,
l’industrie des voyages est « bénie des dieux », constate le PDG d’AccorHotels, Sébastien Bazin. Mais c’est la foudre qui s’abat toujours sur l’empennage tricolore. Le « non » des salariés, à 55,44 %, à l’évolution de leur paie est
un « oui » à l’appel du vide. Les personnels pensent avoir fait leur part des
efforts, mais les chiffres sont têtus. Les salaires d’Air France-KLM absorbent encore 5,8 % du chiffre d’affaires en plus par rapport à la moyenne
européenne, selon AlphaValue. Une partie tient certes aux charges propres
à l’Hexagone, mais cet écart de productivité n’a baissé que de 0,2 point en
dix ans. En Bourse, Lufthansa pèse plus du triple d’Air France-KLM et IAG
fait 4,5 fois sa taille, alors que le groupe n’était distancé que de 15 % à 30 %
après le mariage avec KLM il y a quatorze ans. Les dieux sont parfois cruels.
Facebook 23
Ferrari 15
Flipkart 15
Fujifilm 23
Lendosphere 29
L’Oréal 30
Mediaset 22
Messenger 23
Netco » 22
Netflix 23
Octoly 20
Oddo BHF 28
Open Fiber 22
Orange Bank 29
Pathé 23
Petroquimica
Comodoro Rivadavia 30
Pioneer Natural
Ressources 18
PSA 17
Le nouvel état-major de Société Générale
ne fait pas diversion de l’adversité.
Vivendi n’aura peut-être pas à regretter
sa défaite face à Elliott chez Telecom Italia.
Calculer la dérivée d’une dérivée, rien de bien difficile pour les investisseurs, ces matheux en costume. Mais mesurer la dérive éventuelle du « business dérivés actions » de la Société Générale, c’est une autre histoire. Les
revenus de l’écrin de ce joyau historique – le métier actions et prime services – ont reculé de 10,7 % au premier trimestre, loin de la stabilité espérée
par la Bourse. Les explications sérieuses ne manquent pas, liées au profil
spécifique par solutions – plus de produits structurés que la moyenne – et
par géographies – plus d’Europe. Ceux qui croient au Vieux Continent n’ont
d’ailleurs pas pu se consoler avec les cours de BNP Paribas et HSBC, qui publiaient en même temps que le fleuron de la Défense (respectivement –1,1 %,
–0,96 % et –5,2 % le vendredi 4 mai). Le loupé de l’enseigne rouge et noir
tombe quand même au mauvais moment. Le départ du patron de la banque de financement et d’investissement Didier Valet, puis celui de Richard
Quessette chargé des actions et dérivés, ont ajouté de l’incertitude dans les
boules de cristal des pronostiqueurs. Et le board n’a pas fait diversion en
confirmant par anticipation le numéro un de la blue-chip, Frédéric Oudéa,
sans apporter de nouveau sang neuf international, vu le départ de Bernardo Sanchez Incera. Faute d’annonce supplémentaire sur les litiges américains et faute de pouvoir se faire déjà une religion sur tous les effets secondaires de la directive européenne MiFID 2, les portefeuilles n’ont pas
d’équation pour trouver le temps moins long.
Renault Trucks
Defense 18
Shell 18
Société Générale 28, 30
Squad 26
State Street 27
Tata Consultancy
Services 17
TechnipFMC 30
Telecom Argentina 30
Telecom Italia 22
Vanguard 27
Vivendi 22
Walmart 15
Xerox 23
AVIS FINANCIERS
AGTA Record 16
BNP Paribas AM 29
Natixis 21
Rexel 29
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ImPressIon l’imprimerie (tremblay-en-france), midi libre (montpellier).
tirage Du 4 mai 2018 : 112.891 exemplaires
origine du papier : belgique. taux de fibres recyclées : 100%.
ce journal est imprimé sur du papier porteur de l’ecolabel européen
sous le numéro fi/37/002. eutrophisation : ptot 0.013kg/tonne de papier
membre de oJD-Diffusion contrôle cppap : 0421 c 83015. toute reproduction, même partielle,
est interdite sans l’autorisation expresse de l’éditeur (loi du 11 mars 1957)
ce numéro comporte un 3e cahier de 8 pages « les echos exécutives »
Calculs de dérivés
Divorce à l’italienne
LES ENTREPRISES CITÉES
Air France 9, 16
Air France-KLM 30
Allianz 30
Alphabet 15
Amazon 15
ArcelorMittal 30
Berkshire Hathaway 27
Black-Rock, 27
BNP Paribas 30
Bouygues 30
Canal+ 22
Chevron 18
Colas 26
Disney 23
EDF 15
Enel 22
Engie 15
EOG 18
EuropaCorp 23
ExxonMobil 18
« Il n’y a qu’une réponse à la défaite, et c’est la victoire. » De l’antienne churchillienne, Vincent Bolloré a fait un principe tactique, et son dernier revers
chez Telecom Italia n’y dérogera probablement pas. Le plus italien des capitaines d’industrie français pourrait certes légitimement vivre comme
une blessure d’orgueil le triomphe du financier américain Paul Singer : la
prise de contrôle du conseil d’administration d’un ancien monopole public, avec moins de 9 % du capital et le soutien décisif d’une vénérable institution de la Botte, la Caisse des dépôts (CDP), décroche une bonne place
dans la galerie des trophées du patron d’Elliott. L’influence des cabinets de
conseil de vote, qui penchaient en faveur de la liste d’administrateurs soumise par le hedge fund, a bien sûr joué dans le soutien très limité apporté
par les autres actionnaires (11 % des voix en assemblée générale) à celle de
Vivendi, qui avait en main 36 % des voix de l’AG. Le Français conservant
un tiers du conseil, ce divorce à l’italienne ressemble néanmoins à un mariage, celui des projets stratégiques pour Telecom Italia. Elliott a beaucoup
édulcoré ses exigences, devenues depuis des « propositions de création de
valeur ». Le fonds soutient le patron choisi l’an dernier par Vivendi, Amos
Genish, et estime même désormais qu’il n’y a « pas d’alternative » à son
plan d’affaires. Devenu la tête de Turc des Italiens, Vincent Bolloré gagne à
passer ce flambeau sans compromettre le retour à meilleure fortune de
l’opérateur. Chez Bouygues, Aegis, et encore récemment Ubisoft, il a toujours transformé d’apparentes ornières stratégiques en mines d’or. « Embrassons-nous, Folleville ! » sera le titre de cette dernière commedia dell’arte des télécoms.
Q
Edouard Philippe
ui sait ? Ce grand collectionneur de
boutons de manchettes aura peutêtre mis ce lundi pour recevoir les
syndicats de la SNCF cette paire où il est gravé
discrètement, élégance british oblige :
« Keep calm and stay positive ! » Celle-là
même que le Premier ministre portait lors de
sa dernière interview au « Parisien », consacrée à… la réforme de la SNCF. A moins qu’il
n’ait opté pour celle représentant un extincteur, arboré non sans autodérision et une
pointe de culot quand il a fallu éteindre le
début d’incendie en décembre sur le coût de
l’avion privé loué pour rentrer plus vite de
Nouvelle-Calédonie. L’ancien maire
du Havre va-t-il, à l’instar de son « boss » – pas
son idole Bruce Springsteen mais Emmanuel Macron – qui ne manque pas une occasion de rappeler qu’il est petit-fils de cheminot, souligner qu’il est, lui, arrière-petit-fils de
docker, dont la carte de membre de la CGT
trônait dans son bureau de premier édile ?
Peu probable. Très pudique, l’animal juppéiste appartient à une espèce qui rechigne à
faire jouer la corde sensible. Peut-il, pour
amadouer un Philippe Martinez, arriver
dans Matignon comme au matin de la
mort de Johnny en chantant à tue-tête
« Que je t’aime » ? Peu compatible avec la
« fermeté » affichée, même si la chanson
n’est plus au « cheminot-bashing » ni à la
raideur de son ex-patron, Alain Juppé, en
1995. Les accueillir sabre au clair avec
celui de son grand-père, exposé à Matignon ? Trop « ancien monde », même si
cet « homme qui lit » a une admiration
sans bornes pour le panache de Cyrano
ou la bravoure de Churchill. Quant à
l’uppercut, ce boxeur le réserve à la salle
d’entraînement. Mais il sait qu’il aura
besoin, pour arriver à ses fins, de tout le
contrôle de la respiration enseigné par le
« noble art ». C’est celui qui la maîtrise le
mieux, explique-t-il dans son dernier
livre, qui reste debout le plus longtemps.
(
Lire nos informations
Page 19
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LUNDI 7 MAI 2018 // SUPPLÉMENT GRATUIT AU NUMÉRO 22691 | ISSN 0.153.4831 | NE PEUT ÊTRE VENDU SÉPARÉMENT
EXECUTIVES.LESECHOS.FR
COMMERCIAL l DIGITAL l DIRECTION GÉNÉRALE l FINANCE l JURIDIQUE l MARKETING l RH
LEADERSHIP
Ces jeunes
patrons qui
changent
l’entreprise
A lire p. 04
Travailler autrement,
ça marche vraiment ?
L’ÉDITO de Muriel Jasor
Le travail
change,
les managers
aussi
I
Les réussites, les freins
8 Les bonnes pratiques du monde entier
8 Business cases : Orange, Nexity,
Société Générale, Suez...
SPL/PHANIE
8
MANAGEMENT
Méthodes et espaces
collaboratifs connaissent
un grand succès. Mais
les raisons de déchanter
ne manquent pas.
Géraldine Dauvergne
@Geraldinedauver
C
o-working, Fab Lab, makerspaces, corpo-working… Quelle
entreprise ne dispose pas encore
de son espace de travail collaboratif ?
Selon le groupe BAP – Bureaux A
Partager –, près de 700 espaces de
co-working existent déjà en France.
L’Ile-de-France en regroupe à elle seule
près du tiers, dont les trois quarts ont été
créés après 2010. Et ce n’est pas fini !
Julien Denormandie, secrétaire d’Etat
auprès du ministre de la Cohésion des
territoires, vient de confier à la
Fondation Travailler autrement la
mission de formuler des propositions
pour développer encore davantage ces
lieux collaboratifs.
#1 Des réussites et échecs
non quantifiés
Depuis dix ans, rien ne semble devoir
arrêter l’engouement des entreprises
pour les modes de travail inédits.
De l’intrapreneuriat (lire page 6) aux
approches de co-design (page 7),
les sociétés en quête d’innovation multiplient les initiatives. Pourtant, réussites
et échecs des expériences menées jusqu’à
ce jour ont rarement été quantifiés.
l faudrait tout faire autrement,
s’alimenter, se former, acheter,
s’informer, penser. Et, dans la
foulée, changer notre façon de
travailler. Mais pourquoi diable ?
Parce que nous n’avons plus le
choix. Uber, Airbnb, Amazon et
autres Netflix ont bouleversé des pans
entiers de l’économie et, avec d’autres
acteurs de la disruption, continuent
de peser sur un environnement que
les experts qualifient de « VUCA »,
toujours plus volatil, incertain,
complexe et ambigu. Dans cette
atmosphère, les évolutions sociales,
politiques, technologiques,
environnementales, économiques et
démographiques n’ont jamais autant
poussé à repenser le lieu, le moment
et la façon dont on accomplit
le travail. Bien davantage que son
espace géographique et les modes
opératoires, ce seraient les valeurs
communes et l’engagement de
chaque salarié qui viendraient souder
la culture d’entreprise et garantir la
réalisation du travail et ses résultats.
Le manager dans tout cela ? Il voit sa
mission se complexifier. Pour preuve,
plus de six personnes sur dix
interrogées par le cabinet Hays jugent
son rôle plus difficile à endosser
que par le passé. Sa « to-do list »
ne cesse de s’allonger : intégrer les
conséquences de nouvelles lois,
coacher des équipes aux
aspirations diverses (car intergénérationnelles), s’adapter à des
organisations agiles et moins
hiérarchisées, développer de
nouvelles qualités comportementales,
éclairer sur le sens des actions, veiller
à l’éthique, innover à coups de
« design thinking » ou de « lean startup », une approche destinée à réduire
les cycles de commercialisation d’un
produit… Chef d’orchestre de moult
espaces – fixes, à distance,
modulables, virtuels, collaboratifs –,
le manager a à cœur de favoriser les
interactions, l’ouverture et le partage,
autant d’éléments devenus
absolument clefs pour toute
entreprise soucieuse de pérennité. n
La liquidation, en 2017, de Fabshop à
Saint-Malo, celle de Tradmatik à Nice, ou
d’Artilect Lab, à Toulouse, ont été aussi
discrètes que leur lancement fut tonitruant. En 2011, Bruno Moriset, maître
de conférences au Centre de recherches
en géographie et aménagement à l’université Jean-Moulin-Lyon-III, avait fait un
tour de France de ce qui s’appelait encore
des « télécentres ». Sur 28 tiers-lieux de
province, 10 ne voyaient jamais passer
aucun télétravailleur et 8 en accueillaient
moins de 6 réguliers. « Si l’on est seul, il
n’y a ni co-working ni brassage », rappelle
l’enseignant-chercheur.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
02 // A LA UNE
Lundi 7 mai 2018 Les Echos
NWoW ou NFOT…
LES NOUVELLES
FORMES
D’ORGANISATION
DU TRAVAIL
ent,
utreem
a
r
e
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l
l
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n
a
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a
ça m
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SUITE DE LA PAGE 1
#2 Un phénomène de bulle ?
Au sein des métropoles, la demande est
extrêmement forte, on ne peut le nier.
L’industrie immobilière a d’ailleurs saisi
la tendance, Nexity en créant sa filiale
Blue Office et Bouygues, avec
AccorHotels, Nextdoor. Quant au géant
américain WeWork, il vient d’annoncer
l’ouverture, en juin prochain, d’un
quatrième espace parisien : 3.200 mètres
carrés sur les Champs-Elysées, et
500 nouveaux bureaux. « WeWork se
développe à toute vitesse en brûlant du
cash, commente Bruno Moriset. Seuls 10 %
de salariés viennent y prendre l’air.
Comment atteindre la rentabilité avec une
clientèle composée majoritairement de
free-lances et d’autoentrepreneurs ? »
La réalité est peut-être plus prosaïque.
« Nous sommes dans un processus de
renouvellement accéléré de l’immobilier
de bureau, dont une part colossale est
obsolète », analyse l’enseignant-chercheur.
Entre le traditionnel open space et l’espace
de co-working, la frontière reste floue.
#3 Partage et convivialité,
danger !
Les salariés des entreprises apprécient
de trouver dans les tiers-lieux de la
complémentarité, du dynamisme
intellectuel et des outils. Ils ont
rapidement le sentiment d’être dans une
grande famille, au point d’oublier qu’ils
n’en sont pas une. « Une idée brevetable
s’autodétruit du fait même qu’elle est
divulguée, prévient Gérald Sadde, associé
chez Shift avocats, intervenant en
propriété intellectuelle et des nouvelles
technologies. Certains oublient aussi que
leur propriété intellectuelle n’existe pas,
quand leur métier n’est que savoir-faire
intangibles, algorithmes, process, ou
connaissances très fines et donc très
difficiles à capter par le droit.
Un co-worker peut s’emparer d’une idée,
la concrétiser plus rapidement et en
dépossèder son voisin qui l’a eue. »
Autre conseil aux inconditionnels du
co-working : ne jamais oublier de
verrouiller une session de travail sur
l’ordinateur qui traîne. « Assurer la
sécurité au sein d’une entreprise, c’est déjà
compliqué, rappelle l’avocat. Cela devient
périlleux dans une auberge espagnole ! J’ai
vu des sociétés importantes, qui font des
millions de chiffres d’affaires, installer des
salariés dans ces espaces. Ce n’est pas
impossible mais cela va demander de la
rigueur et ajouter de la contrainte. Par
exemple si vous désirez être en conformité
RGPD lorsque vous manipulez des données
sensibles dans de tels environnements de
travail. » Une situation qui peut tourner
au cauchemar.
#4 Agent transformateur…
ou pas
Le cabinet de conseil d’Emmanuelle
Roux, Sc21, a ouvert six Labs au sein
même de grandes entreprises : chez
Adeo (maison mère de Leroy Merlin),
Atlantic, GRDF, Sodebo, Système U, et
SKF. « Ceux-ci diffèrent des Fab Labs
qui prônent le partage de la propriété
intellectuelle, nuance-t-elle. Ce sont
des lieux d’émergence au cœur des
entreprises, ouverts à l’ensemble de ses
acteurs, voire à tout son écosystème :
clients, dirigeants, collaborateurs. »
Cinq ans après, estime Emmanuelle
Roux, leur bilan est « très mitigé ».
« Chez tous nos clients, il s’est produit
le même phénomène : l’entreprise a
internalisé le dispositif. Ces Labs
ne jouent pas assez leur rôle d’agent
transformateur. Les collaborateurs
ne peuvent plus développer leurs projets
les plus fous, sans être impactés par les
enjeux de l’organisation. Or le Lab doit
être un détecteur de talents passionnés,
d’entrepreneurs, de porteurs de projets. »
Pour contourner ce biais, Emmanuelle
Roux a créé le réseau leChaudron.io pour
des projets que ses propres équipes
pilotent, de bout en bout, chez des clients
tels que Decathlon ou l’Acoss, caisse
nationale des Urssaf. La réussite de ces
lieux passe par une vraie volonté de la
direction générale. « Elle doit laisser ses
collaborateurs aller jusqu’au bout, donner
au Lab des moyens et du temps, et surtout
accepter que des projets apparaissent,
meurent ou échouent. La réussite du Lab
ne se mesure pas au nombre de projets
déposés, mais au changement de posture
d’une équipe. » Les collaborateurs, quel
que soit le niveau de leur formation,
doivent se sentir libres de venir au
Lab. Quant aux managers, ils voient
souvent comme une menace cet espace
de liberté ouvert à tous et où ils n’ont pas
de rôles spécifiques. « Il faut les rassurer,
montrer que leur rôle est aussi de coacher
des équipes en mode projet », signale
Emmanuelle Roux. n
Jargon
3.0
Face au foisonnement
de méthodes de travail
inédites, de nouvelles
expressions – souvent
anglo-saxonnes –
ont envahi l’univers
de l’entreprise.
Co-design
Inspiré du « design thinking », du
« design sprint » et de techniques
empruntées au marketing et à la
communication, le « co-design »
promet de résoudre en quelques jours
un problème habituellement soluble en
plusieurs mois grâce au collaboratif.
Le principe ? Réunir, pendant quelques
dizaines d’heures, une quinzaine de
personnes en équipe transerse et hors
hiérarchie en lien étroit avec une
problématique donnée pour tenter d’y
apporter une solution. L’équipe compte
des clients, des utilisateurs, des
fournisseurs ou encore des start-up.
Corpo-working
Contraction des mots « corporate » et
« co-working », cette organisation vise
à créer un espace de travail ouvert et
partagé à l’intérieur d’une entreprise.
Modulable en fonction des besoins des
collaborateurs, il peut accueillir des
salariés de la société hôte en mode
projet, des startuppeurs et des freelances externes. Objectif : faire infuser,
par capillarité, des méthodes de
management innovantes.
Co-working
Cet espace ouvert comprend des locaux
hautement équipés et meublés que des
travailleurs ou des entreprises louent
durant une certaine période. Ces
dernières années, les espaces de coworking sont devenus des alternatives
aux bureaux classiques. Ils facilitent
notamment le travail collaboratif.
Ci-dessus le Milan FabLab. Une idée brevetable s’autodétruit du fait même qu’elle est divulguée. Pensez ainsi à protéger vos données sensibles en open space. Photo Dino Fracchia/RÉA
Co-working :
témoignage d’une
entreprise convertie
Arrivé en fin de bail, le cabinet de recrutement Taste
décide d’opter pour le co-working. Ses coûts d’installation
s’élèvent à 220.000 euros par an, contre 180.000 euros de
loyer auparavant. Mais il bénéficie de multiples prestations.
Muriel Jasor
@Mljr75112
A
rrivée en fin de bail, la société
Taste se pose la question de troquer les 350 mètres carrés qu’elle
loue dans un immeuble du 17e arrondissement de Paris contre l’installation de sa
vingtaine de salariés dans un espace de
co-working. « Notre cabinet de recrutement,
porté sur l’innovation, cherche en permanence à inventer de nouveaux modes de
collaboration. Nous installer dans un tierslieu qui corresponde à notre état d’esprit
pouvait être porteur », explique Damien
Créquer, l’un des quatre associés de Taste.
Kwerk, Nextdoor, The Bureau, WeWork…
Les associés ont procédé à une étude
comparative de différents sites de
co-working dans Paris et porté leur choix
sur Kwerk. « La capacité d’écoute des
responsables, la qualité des autres résidents,
l’atmosphère design et peu bruyante nous
ont convaincus », justifie-t-on chez Taste,
où, entre les premières réflexions de
février 2016 et l’installation chez Kwerk en
mai 2016, les choses sont allées très vite.
Retour d’expérience.
Analyser les usages
Pour annihiler les dernières réticences
de ses associés, Damien Créquer a analysé
les différentes tâches accomplies
par ses collaborateurs. Nombre d’entre
elles étaient susceptibles de se tenir dans
une pluralité de lieux : établir un contrat
en bibliothèque, faire passer un entretien
de recrutement dans une salle de
réunion, organiser une séquence de
partage au bar, procéder à un briefing
au lobby, partager un moment de
convivialité autour d’une table en
terrasse, etc. « Quant à nos 4 à 5 missions
hyperconfidentielles par an, elles pouvaient
être traitées dans un cadre spécifique »,
explique Damien Créquer. Conséquence :
de l’associé à l’assistante, chacun a été
équipé d’une tablette pro PC. Un
investissement de quelque 30.000 euros
en informatique mobile qui facilite
le travail en mode projet.
surcoût, in fine, peut-être moindre puisque le contrat, signé pour cinq ans, inclut
l’accès au réseau IT de Kwerk, nombre de
consommables (chauffage, climatisation,
photocopieuses, café, etc.) ainsi que des
prestations d’accueil, de ménage ou
encore d’organisation d’événements. Sans
compter les services d’un espace de bienêtre, géré par une « chief wellness officer ». « Nous avons retrouvé une agilité
colossale ! », apprécie-t-on chez Taste.
Outil flexible, l’espace de co-working
permet, selon les besoins, d’ajouter ou
bien de libérer un bureau. Autre avantage : ce lieu ouvert se révèle être aussi un
accélérateur de rencontres entre entreprises, membres ou non.
Préserver la culture interne
Un point névralgique toutefois :
« Dans les six mois qui ont suivi notre
installation, nous avons enregistré 30 % de
turnover. Ceux qui partaient estimaient ne
plus percevoir la culture d’entreprise
d’antan », reconnaît Damien Créquer.
Un groupe de travail a très vite planché
sur cette question : « Comment préserver
son identité dans un espace ouvert de
200 personnes ? » « Et depuis, tout est
rentré dans l’ordre et nous nous attachons
à développer davantage de séminaires
internes et de moments de convivialité afin
de souder la culture commune », assure
l’expert en recrutement.
L’étape suivante ? « Il est trop tôt pour
la définir, mais nous y réfléchissons »,
prévient Damien Créquer, convaincu
du rôle crucial d’accompagnement que
joue l’architecture, que l’on œuvre au
sein d’un grand groupe, d’une PME,
d’une TPE ou encore d’une start-up.
À NOTER
On dénombre 13.800 espaces
de co-working à travers le monde,
contre 11.300 en 2016.
(Source : Deskmag)
Considérés parfois comme trop rigides,
les locaux des entreprises peuvent être
porteurs d’une mentalité et régis par
des procédures inhibantes. Pour favoriser l’innovation, des entreprises font le
choix d’extirper le lieu de créativité de
leur propre structure. Pour pouvoir
réfléchir en dehors du cadre existant.
Fab Lab
Contraction de l’anglais « fabrication
laboratory », littéralement « laboratoire de fabrication », cet espace ouvert
indépendant permet aux usagers de
réaliser des expériences et des créations en tout genre. Le principe consiste
à partager un même lieu, des outils
numériques, des machines, des compétences et des savoirs afin de répondre
aux besoins d’une communauté.
Incubateur d’entreprises
Cette structure d’accompagnement de
start-up est souvent à l’initiative de
grands groupes. Grâce aux outils et aux
compétences mis à leur disposition,
tout est mis en œuvre pour nourrir et
développer des projets pour, in fine,
servir les entreprises qui les hébergent.
Intrapreneuriat
Il s’agit de l’activité à laquelle s’adonne
un intrapreneur, autrement dit un
entrepreneur qui travaille au sein d’une
entreprise. Le salarié s’engage dans
des programmes qui lui permettent de
lancer un projet en toute autonomie,
mais avec le soutien de son groupe.
Il redéfinit, par exemple, de nouvelles
activités commerciales à potentiel de
croissance.
Makerspaces
Evaluer toutes les prestations
A ce premier investissement se sont
ajoutés les coûts d’installation : environ
220.000 euros par an, contre quelque
180.000 euros de loyer auparavant. Un
Excubateur
Les associés de Taste ont procédé à une étude comparative de différents sites
de co-working dans Paris et porté leur choix sur Kwerk. Photo Taste/Kwerk
Ces lieux sont équipés d’instruments
techniques, des imprimantes 3D
et des découpeuses laser, etc.
Ils permettent à des entrepreneurs
de cocréer, notamment dans des phases
de prototypage. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
qui a
dit
?
Les Echos Lundi 7 mai 2018
A LA UNE // 03
« Pour manager,
je n’imite jamais
les hommes »
echo.st/m320629
Six pratiques managériales du monde
entier à découvrir
Nombreuses sont les
entreprises dans le monde
qui redéfinissent le mot
« travail » pour améliorer
le quotidien des salariés.
Camille Marchais
cmarchais@lesechos.fr
H
ugo et François, deux étudiants
de l’emlyon business school et
de l’Edhec, « baroudeurs de
l’innovation managériale » 2017, ont réalisé
un tour du monde de six mois en vue de
répertorier des pratiques managériales
innovantes. Aperçu de six d’entre elles,
qui améliorent le quotidien du travail.
1. SEMCO, BRÉSIL
Fini, le top management
Chez Semco, fabricant brésilien de matériel
industriel, tous les salariés sont valorisés,
quel que soit leur niveau hiérarchique.
L’entreprise leur propose de participer aux
réunions stratégiques, habituellement
réservées aux dirigeants. Le nombre de
places reste néanmoins limité. « Le salarié
d’une usine située à 500 kilomètres du siège
peut venir s’asseoir autour de la table, en
compagnie des plus hauts responsables de
l’entreprise », explique Hugo. « Cela lui
permet de faire entendre sa voix. » Les salariés
se sentent écoutés et, surtout, valorisés.
En 2017, Hugo et François (à gauche), étudiants à
l’emlyon business school, ont passé à la loupe les
innovations managériales de 50 entreprises, dans
15 pays différents. Photos Patagonia - Shutterstock - PaloIt
enfants » ou « offrir un voyage à un proche
qui n’en a pas les moyens ». L’ensemble
des employés vote pour le rêve qu’il préfère.
Une fois par an, l’entreprise se charge
de le financer et de le réaliser.
Selon le même principe, l’entreprise Aneo
en France propose un « mur des exploits ».
Depuis 2016, chaque collaborateur peut
déposer un dossier qui détaille un exploit
accompli. Après un vote collectif, celui
qui l’emporte gagne un prix. « Ce genre
d’initiative stimule la reconnaissance au sein
de l’entreprise, ajoute Hugo. Le succès est tel
qu’Aneo a décidé de réitérer le projet, mais
en séparant cette fois l’action individuelle
et l’action collective. »
2.
GREAT LITTLE BOX COMPANY, 3. CRISP, SUÈDE
CANADA
Faire des rêves une réalité
Le designer et fabricant canadien de
packaging s’est récemment lancé dans un
projet innovant. A travers le programme
« Dream Outside the Box », le groupe
propose à chaque salarié d’afficher sur un
mur, de manière anonyme, un rêve qu’il
aimerait réaliser. Parmi les exemples,
Hugo cite « le financement des études de ses
Rester à l’école
En Suède, beaucoup n’en reviennent pas et
considèrent que la promesse était pourtant
impossible à tenir. Crisp, une entreprise
spécialisée dans le conseil digital, bloque
une journée par semaine pour l’apprentissage. La quarantaine de salariés l’utilisent
soit pour enseigner, soit pour apprendre.
Comme le précise Hugo, « ils investissent
une partie de leur temps à donner ou à suivre
des cours, à lire, à s’enrichir afin de toujours
progresser et exceller dans leur domaine ».
Une initiative qui stimule le salarié dans
son travail, lui apporte un épanouissement
et lui offre une liberté dans ses choix.
4. SICLO, VIETNAM
Un simple merci suffit
Siclo est une petite entreprise
vietnamienne qui a trouvé le moyen de
remercier ses collaborateurs en créant une
boutique en ligne reliée à la plate-forme de
communication collaborative Slack. A la
fin de la journée, chacun peut envoyer un
emoji pour remercier un collègue. Chaque
fois qu’un emoji est distribué dans la
conversation, il est comptabilisé dans la
boutique en ligne. Le salarié choisit ensuite
parmi les cadeaux qu’il préfère : une
activité, un bon d’achat, des accessoires…
« Il se sent reconnu et encouragé
publiquement, ce qui est particulièrement
valorisant », confie Hugo.
5. PALO IT, SINGAPOUR
Faire respecter des valeurs
Créé en 2009, le cabinet de conseil Palo IT,
qui aide les entreprises à tirer parti de la
révolution digitale, veut faire de l’éthique
un fil rouge. Au travers de son Ethical Lab,
l’entreprise veille au respect de ses valeurs.
Ce groupe de personnes indépendantes
basé à Singapour s’assure que les missions
effectuées par les collaborateurs ne sont pas
nocives pour la société. Selon Hugo, de cette
façon, « les salariés auront confiance en une
entreprise qui met un point d’honneur à faire
respecter ses valeurs plutôt que de les afficher
simplement sur un mur ».
6. PATAGONIA, ÉTATS-UNIS
La famille au cœur de l’entreprise
Le fabricant de vêtements écoresponsables
américain est précurseur dans l’installation
de crèches dans l’entreprise. Très tendance
aux Etats-Unis, elles facilitent le quotidien
des salariés en leur permettant de
réconcilier vie professionnelle et vie
personnelle. Résultat ? Moins de congés
parentaux et moins d’absentéisme.
Le réceptionniste de l’accueil « était ravi
de voir ses enfants grandir et aujourd’hui,
son fils travaille pour le groupe », témoigne
Hugo. Un moyen très efficace de fidéliser
ses salariés. n
EN BREF
BAISSE DES
EMPLOIS MENACÉS
Selon un rapport Deloitte/Altares
sur les défaillances d’entreprise
dans l’Hexagone, l’année 2017
permet de constater une baisse
des emplois menacés de 11 %,
pour s’établir à un niveau de
171.667. La baisse des
défaillances se confirme :
55.175 en 2017, soit 4,6 %
de moins qu’en 2016, la situation
s’améliore et revient au niveau
constaté près de dix ans
en arrière, en 2008.
LA VIDÉO, STRATÉGIE
MARKETING
Une étude publiée par LinkedIn
confirme l’importance de la
vidéo dans les campagnes
de marketing B to B. 65,5 % des
professionnels pensent qu’elle
sera stratégique pour leurs
campagnes, suivi de l’e-mail
(48,5 %), des médias sociaux
(33,5 %) et des webinars (27,5 %).
ENGAGER LES MILLENNIALS
La plate-forme d'achat média
programmatique Gamned a
publié les cinq composantes
pour engager les Millennials :
communiquer avec le mobile,
recourir au format vidéo
et audio, personnaliser les
messages, miser sur les réseaux
sociaux et les influenceurs, et
utiliser les jeux comme canal
publicitaire.
REMIX OUVRE UN NOUVEL
ESPACE DE CO-WORKING
Remix, un acteur français du
co-working, s’apprête à ouvrir
un sixième espace dans l’ancien
tribunal de Provins, en
Seine-et-Marne. Il ouvrira
ses portes à la fin de l’été.
lisés par Awabot, pour une première
phase d’expérimentation sur le site
technique de Lannion.
« L’usage principal est de permettre le
télétravail ou la collaboration dans des
équipes projet, assure Jérémie Koessler,
Des PME multisites
en particulier
ont fait appel
aux robots Awabot.
Les salariés d’Orange peuvent désormais piloter depuis leur domicile, avec leur ordinateur, un robot installé dans les locaux de l’entreprise, monté sur des roues
et doté de caméras. Cette technologie permet le télétravail des collaborateurs mais aussi de faire intervenir un professionnel en showroom, par exemple. Photo Awabot
Un robot pour vous
remplacer au bureau
Les salariés d’Orange ont
la possibilité de prendre
à distance le contrôle
d’un robot pour se déplacer
dans les locaux. Comme
s’ils y étaient...
Florent Vairet
fvairet@lesechos.fr
O
ffrir le don d’ubiquité, c’est la
promesse faite par Orange à une
partie de ses salariés. Via un
robot doté de deux roues et d’autant de
caméras, ils ont désormais la possibilité
de travailler de chez eux tout en étant
présent dans l’entreprise : depuis leur
ordinateur, ils prennent à distance le
contrôle d’un robot installé dans les
locaux. Grâce à des caméras retransmettant la vision du robot, ils peuvent
ainsi naviguer dans les bureaux
de l’entreprise en toute autonomie.
Favoriser la flexibilité
Si l’enjeu, chez Orange, n’est pas de
remplacer les salariés par des robots,
ces derniers se montrent fort utiles aux
salariés en déplacement ou désireux de
faire intervenir des experts lors d’une
réunion. « Vingt minutes de présence en
entreprise contre deux heures de transport, ce n’est pas très rationnel. Ces robots
offrent une grande flexibilité ! », explique
Robin Martine, anticipation marketing
manager chez Orange. Le géant des
télécommunications a acheté plusieurs
dizaines de robots Beam +, commercia-
le directeur général d’Awabot. Mais l’outil
se développe de plus en plus dans le cadre
de showrooms pour faire intervenir un
professionnel. » Il s’agit d’une nouvelle
façon d’appréhender l’environnement de
travail, à la fois pour le salarié, mais aussi
pour le manager. « C’est un changement
conséquent pour ce dernier qui doit
apprendre à manager une équipe dont une
partie n’est plus en face de lui », explique
Céline Chaverot, porte-parole de
Majencia, spécialiste de l’aménagement
d’espaces professionnels.
Une frontière plus floue entre vie
privée et vie professionnelle
Pour cette spécialiste convaincue de
l’avenir de la pratique, le risque est
de rendre plus floue encore la frontière
entre vie privée et professionnelle
du salarié, avec un robot installé à
domicile. « Quand nous installons cet
outil chez les clients, nous conseillons
aux managers de laisser la liberté à leurs
salariés de mettre le curseur là où ils le
souhaitent », explique-t-elle.
Pour l’heure, l’entreprise Awabot, dont
les robots sont fabriqués aux Etats Unis,
déclare avoir vendu 400 robots à une
centaine de clients français. Leur prix
oscille entre 3.000 et 22.000 euros pour
les plus sophistiqués. « Ce sont en
particulier les PME multisites qui y ont
recours », avance Jérémie Koessler. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
04 //
Lundi 7 mai 2018 Les Echos
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Travrche vraim
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A peine quadra, ils
conduisent le changement
LEADERSHIP
Une nouvelle génération
est aux responsabilités avec
la volonté d’impulser des
modèles stratégiques inédits
et d’incarner une autre
culture managériale.
1.
Une vision à long terme
et opérationnelle
Des parcours diversifiés donnent à
ces profils polymorphes une plus grande
sensibilité à la dimension culturelle de la
transformation que leurs aînés, à l’image
de Sébastien Musset, 38 ans. Ce Centralien
a été directeur des ressources humaines,
puis directeur de la transformation dans
de grosses entreprises de la banque et de
l’assurance, avant de prendre la direction
générale exécutive du groupe spécialisé
Pourquoi
travailler
autrement ?
T
A
lexandre Bompard, 45 ans, PDG
de Carrefour, Nicolas et
Guillaume Houzé, 43 et 37 ans,
respectivement directeur général des
Galeries Lafayette et du BHV, et président
de la Fondation Galeries Lafayette, Bris
Rocher, 40 ans, PDG du groupe Rocher,
Yannick Bolloré, 38 ans, président du
conseil de surveillance de Vivendi, et
Michaël Fribourg, 36 ans, PDG du groupe
Chargeurs, sont parmi les plus visibles
d’entre eux.
Une nouvelle génération de dirigeants
accède aux responsabilités dans les
entreprises, parfois au détriment des
quinquagénaires qui patientaient. Peu
importe. A la barre ou au comité
exécutif de grands groupes et de PME,
ces trentenaires ou jeunes quadras sont
décidés à bousculer les schémas
traditionnels d’exercice du pouvoir et à
incarner la culture du changement.
« Ils ont l’enthousiasme, la force, et
l’énergie, et ne se laissent pas arrêter par
les obstacles », témoigne un membre
du comex de Chargeurs. Les avantages
de l’âge ? Pas seulement. Cette génération dispose d’un atout unique : celui
de pouvoir agir comme une courroie de
transmission entre les Anciens et les
Modernes. « Nous servons d’adaptateur,
de facilitateur de transition, de filtre en
deux générations, car nous les comprenons
mieux qu’elles ne se comprennent entre
elles, avec leurs systèmes de valeurs, leurs
priorités et leur mode de fonctionnement
spécifiques », résume une cadre
dirigeante de 38 ans d’un géant du Web.
Caractéristiques de ces nouveaux leaders.
ARRÊT SUR SOI
De gauche à droite et de haut en bas : Alexandre Bompard (Carrefour), Guillaume
Houzé et Nicolas Houzé (Galeries Lafayette), Bris Rocher (Groupe Rocher), Yannick
Bolloré (Vivendi), Michaël Fribourg (Chargeurs). Photos Eric Piermont/AFP - Christophe Simon/AFP Denis Allard/RÉA Stéphane Lagoutte/Challenges-RÉA - Thomas Deron
dans la transformation numérique
Econocom, avec la mission d’y construire
une culture spécifique. « Nous avons vu
venir un manque d’authenticité et de sens
dans les entreprises, et nous avons appris
à écouter, à communiquer, à décider vite, à
accepter de faire des erreurs et à être à la
fois dans le macro et le micromanagement »,
commente l’intéressé. Autre secteur,
autre taille d’entreprise avec Chargeurs,
mais c’est cette même capacité à marier,
au quotidien, vision à long terme et
implication dans l’opérationnel que salue
la garde rapprochée de Michaël Fribourg.
2. Une culture internationale
Rompue à la mondialisation dès sa
formation – une exception chez les plus
de 50 ans– , la nouvelle génération de
dirigeants et de top managers a
l’habitude de travailler avec plusieurs
cultures, un élément désormais
déterminant. « La génération précédente
a internationalisé les entreprises, mais
au fond elles restaient très françaises
dans leur fonctionnement », pointe
Michaël Fribourg. Lui a mondialisé
le management opérationnel de
Chargeurs. Il y a trois mois, il a nommé
une Sino-Américaine basée à New York,
en tant que patronne de la branche
Fashion Technologies – historiquement
française. « Je souhaite mettre en accord
les profils des dirigeants du groupe avec
la géographie de mes clients et les
opportunités futures », explique le PDG.
3.
Une familiarité
avec la complexité
Ne pas vivre sur les acquis et changer
la façon de jouer dans la compétition
mondiale, tels sont les choix de ces
nouveaux dirigeants. « Notre
programme de transformation diffère des
grands plans stratégiques à l’ancienne et
pourrait incarner ce renouveau de
génération », illustre Michaël Fribourg
en présentant la segmentation de l’offre
et les nouveaux services. « Nous
vendions du film plastique, nous avons
décidé de créer le leader des machines
qui permettent d’appliquer ce film, à la
manière de Nespresso. C’est une
révolution extrêmement payante que
les générations précédemment en place
n’auraient pas osé mettre en œuvre »,
estime-t-il. « Nous avons grandi
professionnellement dans un
environnement complexe et nous savons
qu’il n’y a pas de solutions toutes faites »,
diagnostique, à une autre échelle,
Frédérique Chemaly, la DRH des
Galeries Lafayette et du BHV.
— V. La.
À NOTER
La troisième édition des
« Next Leaders Awards »,
qui récompensent des dirigeants
de moins de 40 ans, organisée
par « Les Echos Executives »,
aura lieu en décembre 2018.
out le monde sent bien que
c’est un sujet important.
Il s’impose par les
bouleversements auxquels chacun
est confronté, tous les jours, dans
sa pratique professionnelle.
Le digital, le rythme effréné des
innovations, l’arrivée de nouveaux
acteurs qui s’insèrent dans la
chaîne de valeur, l’intelligence
artificielle, les nouveaux usages,
les nouvelles relations au travail…
Arrêtons là l’énumération. Seuls
ou combinés, ces différents
paramètres modifient le travail
(ou devraient le faire). Mais
comment les prendre en compte
pour structurer différemment
notre activité au quotidien ?
Bien souvent, les initiatives se
multiplient et se superposent.
Organisation des locaux en flex
office, mise en place de réseaux
sociaux d’entreprise, télétravail,
droit à la déconnexion, mise
en réseau des experts entre eux,
appel à contribution sur les
projets, mise en place de shadow
comex, etc. Les initiatives ne
manquent pas. Chacune suit une
logique bien définie, mais le sens
général est noyé dans la
superposition.
En quoi et pourquoi est-il
si nécessaire de travailler
autrement ? Pour chacun d’entre
nous, la première question est
celle de la place que l’on donne
à sa vie professionnelle au sein
de son existence. Puis, il s’agit
d’ajuster ses attentes à son
investissement et de se donner un
cadre permettant de se consacrer
réellement à ses autres champs de
vie. Cette relation à soi conduit
surtout à s’interroger sur sa valeur
ajoutée dans des environnements
professionnels très mouvants. Si
l’on ne se pose pas cette question
en permanence, l’environnement
de travail s’en chargera, avec des
conséquences qui peuvent être
brutales. Enfin, la relation à soi
DR
L’ACTUALITÉ
BUSINESS
P. 4-7
ÉRIC ALBERT
Associé gérant d’Uside
suppose de ne plus subir les
mutations, mais de s’y adapter
pour en tirer bénéfice.
Conséquence : dans notre relation
au temps, tout nous conduit à être
dans l’immédiateté et dans le
zapping permanent. De l’usage
du smartphone en réunion à celui
des deux écrans le soir devant la
télévision, il devient de plus en
plus difficile de ne faire qu’une
chose à la fois et de ne pas être
dans l’hyperréactivité. Or, il n’a
jamais été aussi important de
combiner les temps. Celui centré
sur le présent et la rapidité et celui
consacré au moyen terme (sans
compter les temps de prise de
recul). D’ailleurs, de plus en plus,
les dirigeants devraient être
évalués sur la réussite de leur
successeur plutôt que sur leurs
seuls résultats à court terme.
Enfin, la relation aux autres
s’inscrit dans la complémentarité
et le partage plus que dans le
territoire et la rivalité. D’où la
nécessité de partager autrement
les lieux, les informations, les
contributions.
p
ET APRÈS ?
L’importance des mutations que
vit le monde du travail nous
impacte principalement sur
ces trois dimensions : soi-même,
le temps et les autres. Ces trois
piliers sont nécessaires à la
construction d’une nouvelle façon
de travailler plus harmonieuse et
épanouissante. Car les outils
digitaux menacent de capter en
permanence ces biens précieux
que sont l’attention et l’énergie.
Ce lien numérique permanent
conduit à ne plus choisir, mais à
subir. Dès lors, les compétences
comportementales deviennent
essentielles.
À NE PAS MANQUER
« Des moins de 40 ans
aux comex, c’ est possible »
INTERVIEW
Les nouvelles compétences
exigées pour les fonctions
du comité exécutif ouvrent
la porte aux trentenaires
et aux quadras. Analyse
d’Anne Chevillotte et Olivia
Gallois, managing partners
de Transearch.
de leadership différenciées de celles
qui étaient attendues des générations
précédentes.
Lesquelles ?
Propos recueillis par Valérie Landrieu
@ValLandrieu
Pourquoi les trentenaires et
quadras montent-ils en puissance
dans les comités exécutifs ?
Il y a dix ans, la demande était extrêmement centrée sur le nombre d’années
d’expérience – et donc l’âge – et sur la
formation d’origine ; elle restait très
attachée au secteur dans lequel le parcours
avait été réalisé. Il y existe encore quelques
réflexes de ce type, mais c’est beaucoup
moins vrai. Et il est assez rare que l’on nous
mette une limite d’âge. Nous pouvons
Anne Chevillotte et Olivia Gallois. Photo DR
aujourd’hui très bien présenter des
candidats de moins de 40 ans pour des
postes de comité exécutif, ce qui n’était pas
du tout le cas auparavant.
L’expérience n’est plus une force ?
La compétence métier reste le socle, mais
une attention particulière sera portée à
la personnalité et à l’aptitude à gérer le
changement. Cela passe par des qualités
Depuis quelques années, les compétences
exigées pour toutes les fonctions du comité
exécutif et celles immédiatement en
dessous ont radicalement évolué. Nos
clients nous demandent des cadres
dirigeants qui savent gérer l’incertitude,
porter l’innovation, réfléchir et diriger de
manière transversale, et non en silo, et
travailler sur l’intelligence collective. Les
trentenaires et les quadras naviguent dans
ces nouvelles demandes ; ils en ont une
compréhension fine et se sont adaptés.
Est-ce un atout ?
Pas uniquement. Alors que les nouvelles
technologies creusent le fossé entre les
générations, ils apparaissent armés pour
faire le lien entre les Millennials et les
seniors. Car s’ils ne sont pas nés avec
ces technologies, ils s’y sont volontiers mis,
à la différence de leurs aînés. n
Les 4 et 5 juin au Paris Event Center à Paris se tiendra le Food Hotel
Tech, premier Salon du digital et de la technologie dédié à l'hôtellerie
et la restauration en France // Les 5 et 6 juin se tiendra le Salon Smart
Energies Expo, le rendez-vous B to B des professionnels de la filière
énergie de demain, à la Grande Arche, dans le quartier de la Défense
à Paris // Du 29 au 31 mai aura lieu le Salon Préventica à l’Eurexpo de
Lyon, dédié à la sécurité au travail, des biens, des personnes et
à la santé // Le 28 juin le NPA Conseil organise à Paris la 5e édition
des Trophées des apps et de la vie numérique // Du 21 au 23 juin,
Futur.e.s présentera les dernières innovations françaises et
internationales dans la Grande Halle de la Villette à travers
des parcours thématiques.
ILS ONT BOUGÉ en partenariat avec Nominations.fr
Feliciano González Muñoz est nommé directeur des ressources
humaines de LafargeHolcim // Matthieu Bourgeois devient associé
de KGA Avocats // Laurent Lemaire prend la direction financière du
groupe Idemia // Mokhtar Ben Belgacem est nommé DSI du groupe
bpifrance et membre du comité de management général // Julien
Bessière est nommé directeur des ventes de la marque Volkswagen
Véhicules Utilitaires // Blandine Dalon-Virondaud devient directrice
commerciale et marketing du groupe Covage // Farid
Khanouch devient directeur commercial d’Hub One.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
EXECUTIVES // 05
Les Echos Lundi 7 mai 2018
FORMATION :
DEVENEZ MAÎTRE
DE VOTRE
CARRIÈRE !
echo.st/m318732
APPRENTISSAGE 2.0
Cultura forme
ses salariés en
mobile learning
Une application mobile, créée par la start-up
Sparted, permet de doper la formation
de ses 4.000 collaborateurs. Personnalisable,
elle propose des séquences de micro learning
pour une expérience d’apprentissage inédite.
Camille Marchais
E
Expérimentée depuis plus d’un an auprès de 3.300 vendeurs Cultura dans 85 magasins, l’application maison – baptisée
« Start » – a convaincu 60 % d’utilisateurs, et 87 % des vendeurs considèrent avoir découvert de nouveaux aspects de leur
métier et appris de nouvelles connaissances grâce à elle. Photo Patrick Allard/RÉA
t si le numérique pouvait casser les codes des
formations RH traditionnelles ? Le temps où les employés
devaient se voir imposer une date précise pour assister
à une réunion d’apprentissage semble aujourd’hui révolu.
Un apprentissage 2.0 dans le travail est possible grâce à l’offre de
Sparted. Cette start-up propose aux entreprises des applications
personnalisables de formation à séquences courtes, aussi
appelées « micro learning », pour leurs salariés. « Il suffit
de trois minutes par jour : les collaborateurs jouent sur leur
smartphone en répondant, sur différentes thématiques, à des
questions, des mini-jeux ou des textes à trous », explique Camille
Biscay, chargée de communication pour Sparted.
La formation classique peu optimale
Au nombre des entreprises qui ont fait appel à la start-up :
l’enseigne de distribution de biens et loisirs culturels
Cultura. Grâce à un back-office ad hoc, le groupe a pu établir
des statistiques sur ses modes de formation et leurs taux de
satisfaction : « Je me suis rendu compte que l’expérience proposée
n’était pas optimale pour nos apprenants », confie Maxime
Salabert, ancien chef de projet digital learning chez Cultura,
à présent responsable SEO (search engine optimisation).
Expérimentée depuis plus d’un an auprès de 3.300 vendeurs
dans 85 magasins, l’application maison – baptisée « Start » –
a convaincu 60 % d’utilisateurs. Grâce à cette appli, 87 % des
vendeurs considèrent avoir découvert de nouveaux aspects de leur
métier et appris de nouvelles connaissances, et 51 % se sont sentis
plus performants en recourant à ce procédé de mobile learning.
L’esprit d’équipe favorisé
Accompagnement dans la vente, connaissance du produit, gestes
métier… Chaque jour, le vendeur répond à des questions relatives
à des opérations commerciales et à la culture de l’enseigne. Pour
chaque bonne réponse, il accumule des points qui le positionnent
dans un classement. « Nous ne voulions pas de compétition entre
nos collaborateurs. Nous avons préféré le faire entre nos différents
magasins pour favoriser l’esprit d’équipe et la création de
synergies », indique Maxime Salabert.
Mieux qu’une formation, un passe-temps
Plus moderne, dynamique et surtout ludique, cet outil de formation
offre une expérience d’apprentissage totalement différente et
inédite. « L’idée est née d’un besoin de se distancier des formations
vieillissantes et peu attractives qui échouent à générer des réflexes
opérationnels. Il fallait s’adapter aux nouvelles habitudes de l’ère
du digital », précise Camille Biscay. Ce format – qui ne requiert pas
la présence en salle du salarié – lui permet néanmoins d’être
totalement attentif. Il s’agit d’un passage « aux temps modernes »,
selon l’ancien chef de projet de Cultura : « Le collaborateur n’a plus
envie d’aller s’isoler dans une salle austère pour se former sur un vieil
ordinateur. A l’inverse, l’application est un passe-temps. »
Un faible coût
Même si l’application n’a pas encore permis à l’enseigne d’évaluer
un retour sur investissement, Cultura ne regrette rien. Le coût des
anciennes formations était bien plus élevé que l’option digitale.
« Pour une formation en présentiel, il faut compter le déplacement
des collaborateurs, les frais de logement, la nourriture, le cours
dispensé par l’expert et le temps de préparation… C’est très cher »,
indique Maxime Salabert. n
TPE/PME
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L’appli créée par Sparted propose aux collaborateurs de se former
sur leur smartphone. Trois minutes par jour suffisent, assure
la start-up. Photo Shutterstock
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
72 %
06 // EXECUTIVES
Lundi 7 mai 2018 Les Echos
des salariés
français
SONT INTÉRESSÉS
PAR LA CRÉATION
DE PROJETS EN
AUTONOMIE
AVEC LE SOUTIEN
D’UN GROUPE
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11110
L’intrapreneuriat : l’innovation
qui peut rapporter gros
INITIATIVES
De plus en plus
d’entreprises sont
convaincues que leurs
salariés peuvent être une
source d’innovation.
L’intrapreneuriat fait ainsi
florès, jusqu’à parfois se
transformer en projet
d’entreprise.
Q
uand on demande à GeorgesEtienne Faure, directeur
de l’innovation chez Nexity,
s’il attend de son programme
d’intrapreneuriat qu’il en sorte le futur
Facebook, sa réponse fuse : « Non. » Et
d’ajouter : « Nous cherchons des projets
générateurs de business, sans craindre la
notion d’échec. » Suivant l’exemple bien
connu de Google qui autorise ses salariés
à consacrer un jour par semaine à un
projet autre que celui de leur mission,
Nexity, mais aussi le groupe Société
Générale ou encore Suez, se sont
engagés eux aussi dans la voie de
l’intrapreneuriat. Une source
d’innovation, souvent vertueuse et
rarement dispendieuse, qui intéresserait
plus de 74 % des actifs, selon le cabinet
Deloitte.
Que ce soit en interne ou en externe,
l’intrapreneuriat suscite des
interrogations. Est-ce réellement le rôle
de l’entreprise ? N’éparpille-t-elle pas ses
efforts ? « Une partie importante de mon
travail consiste à convaincre en interne »,
confesse Benoît Bonello, directeur de
l’innovation sociale chez Suez. Le son de
cloche est le même chez tous ces porteurs
de projets d’un type nouveau. Ils assurent
que, outre cette source d’innovation
qui ne coûte que quelques salaires
et un modeste budget de départ,
l’intrapreneuriat répond aux désirs des
de chiffre d’affaires en 2017. Des designers
produits et des graphistes sont mis à leur
disposition pour les aider dans leur phase
de production. D’autre part, c’est toute
l’entreprise qui peut collaborer au
projet. Tous les quinze jours, des « sprints
reviews » sont organisés pour faire le
point sur leur avancement. C’est lors de
ces rendez-vous que le reste des salariés
de Nexity – des juristes aux équipes
marketing – peuvent venir apporter leur
précieuse expertise à ces start-up en
devenir. A la question de savoir si
l’initiative ne risque pas de susciter de
l’envie chez ses autres salariés, GeorgesEtienne Faure répond par la négative. « Si
les collaborateurs sentent qu’il est possible
pour eux aussi d’intégrer le start-up studio,
cela devient une source d’émulation. »
Le projet est considéré comme un outil
d’animation RH, pour valoriser les carrières et promouvoir la mobilité interne.
Le « start-up studio » de Nexity a pour
enjeu d’aller chercher de nouvelles lignes
de business. Photo Vincent Bourdon
salariés, de plus de sens et d’autonomie
dans leurs missions quotidiennes.
Nexity : un outil d’émulation
Société Générale : le codir
en sponsor
Chez Nexity, l’initiative intrapreneuriale
« start-up studio » existe depuis un an.
Après avoir repéré des projets à fort
potentiel, les premiers intrapreneurs ont
été intégrés à l’incubateur. « Quatre mois
pour réussir », indique Georges-Etienne
Faure. « C’est le temps qui nous a paru
suffisant pour faire la preuve de leur
concept. » Les équipes disposent d’un
budget de 60.000 euros et d’une personne
à plein temps. « L’enjeu de ces projets est
d’aller chercher de nouvelles lignes de
business pour Nexity », explique le
directeur de l’innovation, qui est aussi
directeur des nouveaux métiers. « Il ne
s’agit pas d’innovation incrémentale et de
simplement nous moderniser, mais bien
de créer les métiers de demain, avec les
salariés. » Pour cela, Nexity souhaite faire
du start-up studio un projet d’entreprise.
D’une part, les intrapreneurs peuvent
compter sur une synergie avec cette
grande entreprise, affichant 3,5 milliards
Pour son projet intrapreneurial, la Société
Générale a vu les choses en grand.
Conscient de la disruption qui
touche son secteur, le groupe a mis à
contribution ses collaborateurs pour
inventer « la banque de demain ». Dans
le cadre de son « internal start-up call »,
600 concepts ont été proposés et 144
sélectionnés pour être « pitchés »
devant le comité de direction de l’établissement bancaire, réuni en conclave,
le 16 février. « En mode venture capital,
chaque équipe menée par deux à quatre
personnes devait décrocher un sponsor
parmi les membres du codir pour pouvoir
se lancer », explique Xavier Lofficial,
directeur des systèmes d’information et
de la transformation du groupe. Au sortir
de cette journée marathon, 60 projets ont
été retenus. Si, avant cette date, ces
intrapreneurs ont dû plancher en
De directrice de la com
à intrapreneure
Lauréate du prix Margaret de la Femme digitale intrapreneure, Siham Laux était
directrice de la communication de La Banque Postale avant de faire le choix
de l’intrapreneuriat et de fonder Ôfildesvoisins au sein du groupe La Poste.
Propos recueillis par Florent Vairet
@florentvairet
Ce poste était prestigieux,
d’autant plus pour une personne
de 35 ans. Pourquoi vous être
lancée dans l’intrapreneuriat ?
En quoi consiste votre projet ?
Pourquoi avoir choisi de lancer
ce projet au sein du groupe
La Poste ?
Je me suis aussi posé la question de
développer cette idée en externe, à mon
propre compte. Cela impliquait de
renoncer à un certain confort offert par
le salariat, ce qui n’est pas toujours évident
Depuis quelque temps, j’avais en tête de
développer une solution pour promouvoir
la co-conception des logements. Mais à
ce moment-là de ma carrière, c’était une
envie de changer de métier et de
progresser dans la hiérarchie. Or, dans
un grand groupe, les promotions sont
souvent lentes. Avec ce projet, je deviens
la responsable d’une petite entreprise.
Et enfin, c’était l’idée de développer un
sujet qui avait du sens pour moi.
DR
Ôfildesvoisins est une plate-forme dédiée
à l’habitat participatif. Nous montons
des programmes immobiliers avec des
promoteurs partenaires pour concevoir
des logements et des espaces partagés
entre les voisins. Grâce à un algorithme,
nous faisons correspondre les futurs
copropriétaires selon leurs valeurs et
ce qu’ils ont envie de partager.
quand on est une maman de deux enfants.
A posteriori, je ne regrette absolument pas
d’avoir fait grandir cette start-up en
interne. Ce projet fait partie du plan
stratégique « 20 projets pour 2020 » et est
soutenu par le comex. Le porter m’apporte
un capital confiance considérable de la
part de la direction. Enfin, l’aide de la
grande entreprise a été primordiale.
Je pense que tout ce que nous avons fait
depuis un an aurait nécessité au moins
deux années si le projet avait été
développé en externe. Indéniablement,
cela m’a ouvert des portes. Et évidemment,
j’ai pu mobiliser mon réseau que j’avais
tissé en tant que directrice de la
communication de La Banque Postale.
Comment s’engage La Poste
à vos côtés ?
D’une part, je reste salariée de La Poste,
avec mon contrat et mes vacances – même
si dans les faits, avec ce projet, je n’ai plus
tellement le temps de les prendre (rire) !
D’autre part, il était acté qu’en cas de
réussite, il y aurait un système d’acquisition d’actions gratuites pour les fondateurs, et des actions pour le groupe. Ce qui
est rassurant et motivant car il ne s’agit
pas simplement d’un fait d’opportunité de
La Poste. L’entreprise s’engage bel et bien
dans une relation durable avec nous.
D’ailleurs, c’est ce qu’il se produit actuellement. Puisque Ôfildesvoisins a été rentable dès la deuxième année, l’entreprise va
devenir une filiale du groupe La Poste.
Prochaine étape : les recrutements ! n
dehors de leurs horaires de travail,
après sélection par le codir, les lauréats
sont extraits de leur service pour se
consacrer exclusivement à leur projet.
Contrairement à Nexity, la Société
Générale leur laisse dix-huit mois pour
faire leurs preuves. Le fonds consacré
à l’innovation, doté de 150 millions
d’euros, est mobilisable pour financer
les phases d’amorçage. « Ensuite, nous
laissons les projets grandir, grâce à
l’appui de moyens d’accompagnement
internes ou externes, et des infrastructures de la Société Générale », assure
Xavier Lofficial.
Suez : un laboratoire
d’innovation sociale
Suez finance la Maison pour rebondir, qui
soutient les demandeurs d’emploi dans leur
création d’entreprise. Photo François Passerini
La Société Générale met à contribution
ses collaborateurs pour inventer
« la banque de demain ». Photo Société Générale
le retour à l’emploi de personnes qui en
sont éloignées. La visée est philanthropique, mais pas seulement. Au sein de cet
incubateur social doté de sept salariés,
« les demandeurs d’emploi créent leur
propre entreprise et des partenariats se
nouent avec les acteurs de l’économie
sociale et solidaire, dans le domaine
de l’environnement », explique Benoît
Bonello. Ainsi, des business complémentaires voient le jour et cela participe au
développement de l’écosystème sur lequel
Suez cherche à étendre son emprise.
Véritable laboratoire d’innovation sociale,
la Maison pour rebondir est, avec le
temps, devenu un pôle d’expertise au sein
du groupe Suez. Elle conseille les
différentes filiales et les aide à incorporer
la dimension sociale dans leurs réponses
aux appels d’offres. Un critère regardé de
près par les collectivités. Face au succès
de l’initiative bordelaise, « l’objectif est
désormais de couvrir tout le territoire »,
assure Benoît Bonello. « Ce projet intrapreneurial transforme progressivement
les process de l’entreprise. »
— F. V.
Mais l’intrapreneuriat ne se réalise pas
uniquement en… interne. Il est parfois
préférable de sortir ces lieux de création
hors de l’entreprise pour travailler sur des
idées novatrices et investir de nouveaux
marchés. C’est le cas de Suez. Via sa
fondation, le groupe finance la Maison
pour rebondir, une entité implantée à
Bordeaux, dont la mission est de favoriser
TREND SPOTTING
Publicitaires en mode
start-up
L
a publicité est, par définition,
un métier jeune et créatif. Plus
encore ces dix dernières années
– avec l’arrivée des médias du Web :
réseaux sociaux, influenceurs… –,
on a vu naître de nouvelles agences
« digitales » opérant sur un mode
start-up et empruntant leurs
fonctionnements à ceux de Facebook ou
d’Apple. Ainsi, beaucoup d’agences ont
opté pour des bureaux ouverts dans
lesquels la plupart des commerciaux
et créatifs n’ont pas de place attribuée.
Lorsqu’on pénètre boulevard
Haussmann, chez Hungry & Foolish,
cette jeune agence de « conseil en culot
stratégique et créatif », on a l’impression
de visiter une bibliothèque d’université
américaine. A l’entrée : un grand espace
de travail avec vue sur tout Paris, une
cuisine américaine et une boutique
shopping. De même, chez BETC, la plus
grosse agence française qui a installé ses
900 salariés à Pantin, sur le canal de
l’Ourcq : aucun bureau n’est attribué,
une application smartphone permet au
salarié de se localiser dans l’immeuble,
de communiquer en réseau avec les
autres ou encore de réserver son repas
à la cantine ou sa salle de réunion. Là
aussi, des espaces sont prévus pour se
sentir « comme à la maison » :
boutiques, salles de sport, baby-foot
ou tables de ping-pong. Tendance
analogue chez les clients annonceurs.
La marque Michel et Augustin a conçu
ses locaux de Boulogne pour qu’ils
soient ouverts au public. Sa philosophie
est de faire du consommateur l’acteur
GILLES
FRAYSSE
Conseil
en valeur
de marque
gf@idgni.com
du marketing, par des consultations
hebdomadaires sur les recettes, les
packagings et un accueil régulier à la
Bananeraie – l’endroit dédié aux portes
ouvertes – des abonnés ou « followers »
de la marque. Les entreprises de ce type
cherchent, en vérité, à séduire la
génération des Millennials, ces jeunes
qui ne veulent plus « appartenir » à une
entreprise et qui sont surtout en quête
de sens. D’où des expérimentations
menées de-ci, de-là et quelques
expériences d’autogestion pour doper
l’innovation, car lorsqu’il y a des
patrons, une hiérarchie, certaines
personnalités se bloquent, n’osent pas
créer. Alors on s’organise en collectif
et c’est le collectif qui fait avancer
l’entreprise. Dans l’agence By Art,
fondée par Nathalie Cogis, ancienne
publicitaire, l’idée est d’utiliser l’art et
la culture pour donner un sens aux
marques et aux organisations. A la place
des classiques duos créatifs directeur
artistique/concepteur-rédacteur,
l’agence monte des ateliers créatifs
constitués d’artistes afin de trouver
les idées les plus nouvelles au service
de ses clients. Une petite révolution
dans la manière d’aborder le métier
de publicitaire… n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
EXECUTIVES // 07
Les Echos Lundi 7 mai 2018
ET SI VOUS VOUS
PIQUIEZ DE DESIGN
THINKING ?
echo.st/m311089
COLLABORATION
Bouygues, Vinci… parient sur le « co-design »
empruntées au marketing et à la
communication, le « co-design » promet
de « résoudre en trois ou quatre jours ce
qui prend habituellement six mois, grâce
à une absence de rupture de charge et à
un environnement fondé sur la fluidité et
l’entraide », résume Eric Lemoine.
Le principe est aussi basique que
méthodique. Pendant quelques dizaines
d’heures, une quinzaine ou une
vingtaine de personnes en lien étroit
avec une problématique donnée se
réunissent pour tenter d’y apporter une
solution. Hiérarchiquement et fonctionnellement transverse, cette équipe doit
aussi être ouverte au-delà de l’entreprise
et compter des clients, des utilisateurs,
des fournisseurs ou encore des start-up.
Ouvrir le champ des possibles
Inspiré du « design
thinking », le « co-design »
s’invite dans un nombre
croissant d’entreprises.
Objectif : résoudre en
quelques jours un problème
habituellement soluble
en plusieurs mois grâce
au collaboratif.
Vincent Bouquet
vbouquet@lesechos.fr
A
vant de se lancer à corps perdu
dans le « co-design », Eric
Lemoine est parti d’un constat
simple : « Avec la transformation
numérique est advenu le royaume du
temps réel, explique-t-il. Il impose aux
entreprises d’agir plus rapidement, mais
aussi de résoudre des problèmes plus
complexes. Or, leur modèle organisation-
nel, qui date de la révolution industrielle,
est trop lent et sclérosant pour apporter
des réponses adéquates. Il est donc temps
qu’elles fassent évoluer leurs pratiques. »
Pour les y aider, le fondateur de la
start-up Reloaded mise sur une
méthode de gestion de projets qui se
veut innovante et a déjà séduit AG2R,
Bouygues, Globecast, Vinci ou encore
le ministère de l’Education nationale.
Inspiré du « design thinking », du
« design sprint » et de techniques
Comment Orange
invente le bureau du futur
ORGANISATION
En France, le groupe de télécommunication fait figure de précurseur
avec sa Villa Bonne Nouvelle, un espace de « corpo-working »
où se côtoient salariés, free-lances et startuppeurs.
Se lier aux start-up et
importer les meilleures pratiques
Sélectionnés sur la base du volontariat, le
manager d’Orange et ses équipes côtoient
des startuppeurs et des free-lances
externes « recrutés en fonction des valeurs
qu’ils peuvent insuffler pour créer du
collectif », précise le groupe. Actuellement, la Villa Bonne Nouvelle accueille un
éventail très large de jeunes pousses,
Conçue comme un « laboratoire vivant », la Villa Bonne Nouvelle offre à une
soixantaine de participants – salariés d’Orange, startuppeurs et free-lances – la
possibilité de travailler côte à côte pendant neuf à douze mois. Photo A.Huot/Sipa/Orange
spécialisées dans le bien-être au travail
(Einaï), l’achat de billets d’avion (Algofly),
l’apprentissage du code (Coding Days) ou
les jeux écologiques et durables pour les
enfants (Les Jouets Libres). « La Villa
Bonne Nouvelle se présente comme un lieu
d’apprentissage privilégié puisque, aucontact des autres, chacun a accès à un
panel considérable de compétences », assure
Orange, qui dit y observer l’émergence de
méthodes de management différentes.
Pour le groupe, l’objectif est double :
entretenir une connexion étroite avec les
start-up parisiennes, mais aussi mieux
comprendre leurs modes de fonctionnement et importer les meilleures
pratiques. Dédié au pilotage de
l’expérience salarié, l’outil de la start-up
Bloomin, hébergée pendant un an à
la Villa, a par exemple été généralisé
auprès des 3.000 collaborateurs du
campus Orange Garden. « Concernant
l’aménagement de l’espace de travail, il a
été analysé que le changement de postures
pour travailler permettait plus de
créativité et d’échanges. De même, devant
le constat que, dans ce fourmillement
d’idées permanent, les gens avaient parfois
besoin de s’isoler pour se concentrer, du
mobilier permettant de s’isoler et de passer
des appels personnels a été ajouté »,
souligne le groupe, qui propose
désormais une variété d’espaces ouverts
et fermés adaptés à la flexibilité d’usage
des résidents.
— V. B.
Le 3 mai, Reloaded a ouvert,
aux portes de Paris, sa « House
of co-design ». Un espace
modulable de 280 mètres carrés
entièrement dédié
à cette méthode.
DIGITAL NEW WORLD
Ouvrez, ouvrez
et ouvrez encore
votre entreprise !
B
A
près le co-working, place au
« corpo-working ». Contraction
des mots « corporate » et
« co-working », cette nouvelle organisation, qui ambitionne de créer un espace
de travail ouvert et partagé à l’intérieur
d’une entreprise, essaime progressivement au sein de plusieurs sociétés
comme ING, Procter & Gamble, SAP, SIG
ou encore Spintank. En France, avec sa
Villa Bonne Nouvelle, Orange propose,
selon les experts, l’expérience la plus
aboutie en la matière.
Conçu comme un « laboratoire vivant »,
cet espace de 350 m² situé dans le
quartier parisien du « Silicon Sentier »
offre à une soixantaine de participants
– salariés d’Orange, startuppeurs et
free-lances – la possibilité de travailler
côte à côte pendant neuf à douze mois.
Entièrement ouvert, le lieu est modulable
en fonction des besoins des collaborateurs. Avec la cuisine collective et le salon
comme seuls points intangibles, chacun
dispose d’un casier et d’un caisson à
roulettes, arrangeables à souhait, et peut
accéder à une salle de repos où a
récemment été expérimenté un « cocon
à sieste » permettant de faire des microsiestes de 15 ou 25 minutes.
À NOTER
aby-foot, poufs colorés,
réunions debout : tel est le
cliché du quotidien des startup. Les nouvelles façons de
travailler se résument-elles à cette
caricature ? Evidemment non. D’une
part, parce que ces éléments n’ont
aucune valeur s’ils ne reflètent pas
une culture d’entreprise. D’autre
part, parce que travailler autrement
ne signifie pas nécessairement
travailler en mode start-up. Le futur
du travail n’est pas fonction de la
taille de l’entreprise, mais de sa
capacité d’ouverture.
Exit l’époque où les mêmes profils
peuplaient un open space : travailler
autrement, c’est s’ouvrir à des
profils différents. Les anciens
entrepreneurs ou les formations en
sciences humaines, en histoire ou en
anthropologie, comptent ainsi
parmi les cibles très recherchées,
comme c’est le cas au i-Lab Air
Liquide. De même, l’âge ne doit pas
être une barrière au recrutement ou
au positionnement dans les
instances de décision. Dans cette
logique, AccorHotels ou la Macif ont
créé un shadow comex de
Millennials. A l’inverse, il ne
faudrait pas non plus tomber dans
le jeunisme. Certaines d’entre elles
s’arment ainsi d’un conseil
scientifique pour éviter cette dérive.
Travailler autrement implique
aussi une plus grande ouverture
vers les autres collaborateurs de
l’entreprise. Casser les silos figure
parmi les priorités et cet enjeu se
pose également aux start-up qui,
LAURE-ANNE
WARLIN
Directrice
tendance et
innovation
chez Equancy.
DR
Le principe du co-design est basique et méthodique. Des professionnels en lien étroit avec une problématique se réunissent pour y
apporter une solution. L’équipe, hiérarchiquement et fonctionnellement transverse, est aussi ouverte au-delà de l’entreprise. Photo DR
La première mission de ces « co-designers » ? Reformuler la problématique
de la façon la plus sobre possible et
aboutir à une « minimum “value
proposition” ». « Pour concevoir une
voiture, par exemple, il suffit de poser
trois préalables : la solution devra
avancer, accélérer, aller à droite et à
gauche, à la manière d’un karting, note
le fondateur de Reloaded. Revenir à
un tel degré de frugalité permet de faire
primer le fonctionnel sur l’esthétique,
d’ouvrir le champ des possibles et de ne
pas se contenter d’améliorer l’existant. »
Une fois le cadre conceptuel posé, avec
si besoin l’aide d’experts extérieurs,
l’équipe doit mettre au point un
prototype. « C’est un terrain de discussion et de partage essentiel, poursuit le
consultant. Il permet à chacun de se
projeter très concrètement dans la
solution. » A la fin de la session, un pitch
est présenté au commanditaire. Il doit
répondre à trois questions clefs :
pourquoi s’être penché sur ce sujet ?
Quelle solution concrète est apportée ?
Comment s’organiser aux niveaux
humain et financier pour la mettre
en place ? « L’idéal est de réaliser cette
présentation face à un responsable en
mesure de donner, ou non, son feu vert »,
souligne Eric Lemoine.
A en croire l’expert, cette nouvelle
méthode, aujourd’hui surtout employée
dans de grosses organisations pour des
missions de transformation numérique,
permettrait de gagner du temps, de
l’argent, mais aussi d’améliorer la
satisfaction des clients et les relations au
sein des équipes. « Au terme de ces trois
ou quatre jours de travail, vous disposez
d’un dispositif solide et, surtout, de vingt
ambassadeurs qui, en s’assurant qu’ils
puissent dérouler à leur retour, vont
pousser le projet à travers toute l’entreprise », assure le fondateur de Reloaded.
Utilisé il y a quelques mois au ministère
de l’Education nationale, le « co-design »
a permis, en seulement quatre jours,
grâce au travail d’universitaires,
d’enseignants des milieux scolaires
et professionnels, du responsable
pédagogique de l’Ecole 42, de
représentants académiques et des
universités de formation d’Air Liquide,
Orange et Mercedes de mettre au point
un TOEFL des compétences digitales
pour les élèves, salariés et citoyens.
« Appelé Pix, ce concept n’est aujourd’hui
rien de moins qu’une start-up d’Etat avec
20 collaborateurs », se félicite Eric
Lemoine.
après quelques années, affichent parfois
une croissance exponentielle
complexifiant rapidement
l’organisation et la communication
interne.
Un autre défi consiste à créer du lien
entre les générations : il faut répondre
à la volonté de responsabilité et
d’autonomie des plus jeunes tout en
capitalisant sur le talent et l’expertise
des seniors. Cela peut s’incarner dans
des « feature teams » autonomes et
transversales, comme chez OUI. sncf
par exemple.
Enfin, travailler autrement
implique des modèles d’organisation
ouverts sur l’extérieur. Nous entrons
dans l’ère de l’entreprise plate-forme :
les leaders de demain bâtissent des
écosystèmes de partenaires pour éviter
de fonctionner en vase clos. Cela se
traduit par la mobilisation croissante de
free-lances. Aux Etats-Unis, plus d’un
tiers de la population est free-lance et
ce chiffre devrait dépasser les 50 % d’ici
à dix ans, selon Upwork et le syndicat
Freelancers. Une autre illustration
tient à la start-up Oscarh qui permet
le détachement ponctuel de
collaborateurs de grands groupes vers
des jeunes pousses… dans un échange
gagnant-gagnant ! n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
08 //
Lundi 7 mai 2018 Les Echos
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LU POUR VOUS
Les 4 idées
à retenir de…
PIERRE-MICHEL MENGER, SOCIOLOGUE ET PROFESSEUR AU COLLÈGE DE FRANCE
« Le travail n’a de sens
que s’il est formateur »
« Métamorphose
des managers »
Cécile Dejoux et Emmanuelle
Léon (éditions Pearson,
préface de Joël de Rosnay)
L
a fonction de manager devrait
changer du tout au tout.
Ce professionnel va devoir
s’approprier les outils de la transformation, notamment les plates-formes
numériques et l’intelligence artificielle
(IA) assortie de son « deep learning »
et de ses chatbots. Il ne pourra avoir
d’autre choix, prédisent les deux
coauteures de l’ouvrage, que d’augmenter ses compétences à coups de numérique, d’agilité et de design thinking.
Pierre-Michel Menger a consacré ses derniers cours et recherches au travail, à sa valeur et son évaluation,
ainsi qu’à la nature du talent. Il publiera au Seuil, à l’automne 2019, « Talent. Economie et sociologie ».
En quoi consistera le travail
de demain ?
Pour penser le futur, il faut s’arracher à
la tendance simpliste de ne raisonner que
par extrapolation à partir du passé et du
présent. Sinon, on privilégie l’image de
ce qu’on perd, faute d’imaginer vraiment
ce qui pourrait être gagné. S’agissant du
travail, on peut chercher à estimer la vitesse
de robotisation des emplois. Mais ce
raisonnement, en insistant sur la
substitution, n’inclut pas la complémentarité entre humains et robots. Or s’il y a
complémentarité, il y aura relation
d’apprentissage réciproque. Enrichir
les tâches en contenu d’apprentissage et
relations formatrices, c’est la clef de tout.
Le travail n’est productif, inventif, et doté
de sens qu’à proportion de son caractère
formateur. Algorithmes, robots…
Le déterminisme technologique est plus
sexy à commenter et à discuter que la
machinerie des protections sociales et des
formes de travail à inventer. Parce que
s’engouffrent ici la diversité des emplois,
la signification de la flexibilité, la rupture
des scansions linéaires entre formation
initiale, carrière professionnelle et retraite…
Tout sera chahuté. Mais le défi sera de tenir
ensemble une demande croissante
d’individualisation et une demande de juste
égalité.
Le défi sera de tenir
ensemble une
demande croissante
d’individualisation
et une demande
de juste égalité.
Les pratiques collaboratives
et numériques modifient-elles
le domaine de l’enseignement ?
Les technologies ont commencé à devenir
complémentaires, voire substitutives des
enseignants. L’Ecole 42, qui enseigne le
code, dit : « Les choses à savoir, vous les
trouvez par Internet. Ce qu’il reste à
apprendre, c’est travailler en équipe, résoudre
les problèmes et inventer. » Il faudra vérifier
ça. Mais une évolution mérite attention.
Les entreprises sont plus nombreuses à
créer leurs propres écoles. Les plus
puissantes attirent des chercheurs qui
gardent le contact avec des universités
pour se procurer des doctorants, mais
bénéficient de moyens que les universités
ne peuvent pas offrir. L’universalisme
de la science peut être menacé si les
partenariats entre universités et entreprises
se déséquilibrent trop vite. Cédric Villani
insiste là-dessus dans son rapport récent.
Diriger, est-ce une science,
une pratique, un art ?
Faut-il du talent ?
Regardez le travail des chefs d’orchestre.
Il faut une connaissance approfondie
des partitions et des instruments, un
professionnalisme sans faille, sinon vous
êtes vite déstabilisé. Puis il y a le dosage
de charisme, d’écoute, de complicité et
d’autorité, le sens de l’ajustement à
l’imprévisible, et la résistance à la pression.
1 S’approprier de nouveaux
espaces de travail
hard skills, soft skills : rien n’est simplement
additif, dès que vous vous élevez dans
l’échelle de la complexité du travail à
réaliser. Pour franchir les épreuves de
sélection qui conduisent aux fonctions
de direction, il faut combiner toutes
ces qualités sans espérer trouver un
algorithme. Il y a la force de l’expérience
acquise, mais aussi la déstabilisation de
l’expérience par les situations critiques ou
les prises de risque élevées. Tout cela ne se
déroule pas simplement dans le silence
feutré des « C-suites ». Un patron
d’entreprise, c’est aussi une équipe,
des alliances, un réseau de soutiens, une
pression darwinienne de la mise en jeu de
sa responsabilité. Ce qui intrigue, pour ces
dirigeants, c’est la relation entre le salaire et
la quantité présumée de talent, mesurée
aux résultats, selon la taille de l’entreprise.
Une relation beaucoup plus paradoxale
que ce qu’une rationalité de compétition
pure et parfaite pourrait faire croire.
Aujourd’hui, directions générales et
managers doivent apprendre de
nouveaux modes de travail adaptés à la
civilisation numérique. Nécessairement agiles, les managers sont désormais poussés à se réinventer et à penser
différemment, grâce notamment au
design thinking. Il leur faut aussi se
focaliser sur leur capacité à écouter,
à faire preuve d’empathie ainsi qu’à
comprendre et gérer les émotions.
2 Co-working et Fab Lab
pour partager et innover
Le développement de tiers-lieux illustre
la volonté de repenser l’espace pour
l’adapter à un nouveau rapport aux
autres. En plein essor, l’espace de
co-working s’adapte tout particulièrement aux fonctionnements en mode
projet. Quant aux Fab Lab, initiés par le
MIT, aux Etats-Unis, ces laboratoires
de fabrication se font incontournables
en entreprises. Les groupes Renault,
Leroy Merlin, Airbus, Safran, Air
Liquide disposent du leur pour réaliser
ce qu’ils ne peuvent faire en interne :
du prototypage, collaborer avec des
salariés d’autres entités, disposer
d’espaces de liberté hors hiérarchie, etc.
Un patron
d’entreprise, c’est
aussi une équipe,
des alliances, un
réseau de soutiens.
3 Travailler avec les robots
Quel regard portez-vous
sur les usages du mot « talent »
dans le management ?
La notion de talent s’est répandue dans les
entreprises après la publication du fameux
rapport McKinsey, « The War for Talent ».
Avec deux orientations très différentes.
L’une est inclusive et désigne par « talents »
tout le personnel qualifié des firmes, en
sollicitant ce qui fait l’équation de la
méritocratie : « mérite = effort + talent ».
L’autre orientation est exclusive : 10 à 20 %
des salariés dans les emplois très qualifiés
ont une performance supérieure à la
normale, 70 à 80 % une performance
normale et 10 % sont sous-productifs.
Le vocabulaire du talent correspond à
des opérations de recrutement sélectif,
non sur la base des acquis, mais sur des
promesses de performance et de capacités.
Le talent est-il réservé
à une élite ?
La philosophie sociale du siècle des
Lumières a fait du talent l’arme n° 1 contre
les privilèges héréditaires, et inventé une
doctrine des « justes inégalités », qui
constitue la base de notre méritocratie.
Egaliser les chances d’accès aux emplois
supérieurs, c’est ouvrir la carrière aux
« talents », comme le dit l’article 6 de la
Déclaration des droits de l’homme et du
citoyen de 1789. Si la compétition est juste,
l’élite de la profession sera légitime.
Regardez les sciences, les arts ou les
sports, qui célèbrent leurs vedettes par
des prix, des cérémonies et des médailles.
La situation est différente dans les
entreprises. L’élite qui les dirige est logée
au sein de l’organisation et n’émerge pas
de la concurrence entre tous les membres
d’une communauté professionnelle.
Professeur au Collège de France,
était-ce pour vous un objectif
depuis toujours ?
La France aime les systèmes pyramidaux
et adore les institutions multiséculaires.
Toujours plus puissants et intelligents,
les robots vont prêter assistance aux
managers… Assistera-t-on, demain, à
l’émergence d’un robot manager qui
proposera, dictera et contrôlera,
reconnaîtra le travail humain ?
4 Bientôt des managers
« augmentés »
Sa source
d’inspiration
Pierre-Michel Menger a
découvert la philosophie
très jeune et en solo.
Il lui en est resté une soif
inextinguible de découverte, d’étonnement,
d’énigmes à résoudre,
ainsi que l’aspiration à
n’être pas enfermé dans
les limites d’une seule
discipline. « Mais ça a son
prix, prévient-il. Le risque
d’ouvrir trop de fenêtres est
de voir ses papiers s’envoler
et d’attraper froid dans
les courants d’air ! »
Aujourd’hui, il a des
dialogues inépuisables
avec sa compagne,
Béatrice Longuenesse,
fameuse philosophe
française qui enseigne à
l’Université de New York.
DR
Propos recueillis
par Géraldine Dauvergne
@Geraldinedauver
Le Collège de France aura 500 ans en 2030
et occupe, à sa manière, le sommet d’une
pyramide d’institutions du supérieur.
Tout chercheur et enseignant implanté
en France connaît le relief de ce paysage.
Je me suis livré avec mon équipe à
l’analyse des parcours académiques :
ce sont des emboîtements d’épreuves
concurrentielles et sélectives. L’aléa y a sa
part. A un moment, la fréquentation des
œuvres de professeurs du Collège donne
le goût d’en avoir davantage sur le lieu de
leur collégialité. Pierre Rosanvallon et
Roger Guesnerie, tous deux professeurs
au Collège de France, m’y ont encouragé
et m’ont guidé. La chance d’en faire partie,
c’est d’abord de se sentir plus libre, libre
de chercher à relever d’incessants
et exigeants défis, d’en communiquer
les résultats, en prenant ses risques.
C’est la seule demande que vous adresse
le Collège. Pour moi, c’est ainsi depuis
2013. n
Epaulés par l’intelligence artificielle,
leur nouveau collaborateur virtuel,
les managers auront la possibilité
« d’augmenter » leur temps productif
et la qualité de leur décision. Le
management des entreprises portera,
du coup, moins sur le contrôle et la
programmation que sur la vision à long
terme, la communication et la catalyse
des activités pour favoriser projets
communs et innovation.
— Muriel Jasor
La rubrique « Ils ont bougé »
présente dans ce numéro, qui rend
compte des principaux mouvements
à l’intérieur de chaque grande
fonction de l’entreprise, nous a été
fournie par notre partenaire
Nomination.fr, le service de veille
et d’information sur les décideurs.
LES ECHOS FORMATION
5 LUNCH & LEARN
Réalisez votre veille digitale en 2 h !
Le 30 mai : « growth hacking,
développer des techniques astucieuses
de croissance grâce au digital », animée
par le co-fondateur de CitizenPlane.
www.lesechos-formation.fr/lunch-and-learn.htm
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