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Le Figaro - 05 05 2018 - 06 05 2018

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samedi 5 - dimanche 6 mai 2018 LE FIGARO - N° 22 932 - www.lefigaro.fr - France métropolitaine uniquement
Première édition
lefigaro.fr
« Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur » Beaumarchais
FOOTBALL
COUPE DE FRANCE : LA VENDÉE
S’ENFLAMME POUR LE PETIT
CLUB DES HERBIERS PAGE 15
IMPÔTS
TOUT CE QU’IL FAUT SAVOIR POUR
BIEN REMPLIR SA DÉCLARATION
DE REVENUS PAGES 20 ET 21
Macron,
le rendez-vous
de l’an I
GAUCHE
Les enjeux
politiques de
« La fête à Macron »
PAGE 6
EXÉCUTIF
La venue
très attendue
de Macron à Ouvéa
PAGE 8
LIBAN
Premier scrutin
législatif
depuis dix ans PAGE 9
CHINE
L’interminable
calvaire de Liu Xia
PAGE 10
FOOTBALL
Emmanuel Macron fête ce week-end le premier anniversaire de son élection.
Depuis le 7 mai 2017, il a installé une pratique verticale du pouvoir
et une ambition réformatrice qui séduit et bouscule.
PATRONAT
Neuf candidats
validés pour
la présidence
du Medef PAGE 22
èEMMANUEL MACRON, PRÉSIDENT VERTICAL è EMPLOI, FINANCES PUBLIQUES, ÉDUCATION, IMMIGRATION, RÉFORME DES INSTITUTIONS, SÉCURITÉ, DIPLOMATIE,
POOL/ABACA
Pourquoi l’OM peut
y croire face
à l’Atlético PAGE 12
UNION EUROPÉENNE : LES PROMESSES DU CANDIDAT MACRON PASSÉES AU CRIBLE PAGES 2 À 5, 16 ET L’ÉDITORIAL
TÉLÉCOMS
Le fonds Elliott
prive Vivendi
du contrôle de
Telecom Italia PAGE 26
MUSIQUE
L’entretien
avec JeanPierre Le Goff
La chronique
de Natacha
Polony
L’analyse de
Philippe Gélie
Jean-Marc Janaillac a perdu
son pari. Consulté directement pour approuver les
propositions salariales de la
direction, le personnel d’Air
France a répondu non au
mul des mandats dans le temps
est même durcie et s’appliquerait au mandat en cours. Pour
amadouer François Bayrou, la
dose de proportionnelle serait
de 17 % et non de 15 %. PAGE 7
PDG, qui en a immédiatement tiré les conséquences.
Minée par un mouvement de
grève, la compagnie voit ses
comptes replonger dans le
rouge. PAGE 23
n
PAGES 16 ET 17
Réponses à la question
de vendredi :
Souhaitez-vous
l’indépendance
de la Nouvelle-Calédonie ?
OUI
50 %
NON
50 %
TOTAL DE VOTANTS : 39 860
Votez aujourd’hui
sur lefigaro.fr
« La fête à Macron » :
La France insoumise
attise-t-elle une « grande
violence », comme l’a dit
Emmanuel Macron ?
FRANCK DUBRAY/PHOTOPQR/OUEST
FRANCE/MAXPPP - NICOLAS KOVARIK/
IP3 - ERIC PIERMONT/AFP
ÉDITORIAL par Vincent Trémolet de Villers vtremolet@lefigaro.fr
La promesse du Louvre
C
e n’était pas mieux avant. Quand
François Hollande, entre deux
petites blagues murmurées aux
journalistes, prétendait représenter la France. Il y a un an, au
terme d’une campagne abracadabrantesque, Emmanuel Macron traversait l’esplanade du Louvre, avant d’entrer à l’Élysée. Depuis, notre pays a retrouvé des
évidences oubliées : l’école doit apprendre
à lire, écrire et compter ; la diplomatie
n’est pas une moraline, l’excellence une
discrimination. Le déficit n’est pas une fatalité, le Code du travail un dogme, l’impôt
sur la fortune une loi éternelle et le statut
des cheminots un fondement de notre démocratie…
Depuis trop longtemps le pouvoir n’était
plus qu’une jouissance, il a depuis un an les
reflets de l’exigence. De décors historiques
en discours fondateurs, de sourires enjôleurs en regards d’acier, Emmanuel Macron
a le souci constant d’en restaurer la liturgie
et la dignité. La France est à la mode, un
vent de confiance et de jeunesse souffle sur
notre économie, et les plus enthousiastes
s’imaginent déjà avoir accosté un nouveau
monde. Qu’ils prennent garde cependant à
ne pas oublier l’« ancien » : les classes
moyennes supérieures qui continuent de
subir une éprouvante pression fiscale, les
catégories populaires hantées par la crainte
du déclassement. À cette insécurité économique s’ajoutent insécurité physique (attentats, ensauvagement de la société, nouvel antisémitisme) et insécurité culturelle,
qu’alimentent l’immigration incontrôlée et les signes extérieurs d’islamisme.
Des inquiétudes profondes qui ne sont
pas forcément des
passions tristes. Elles
concentrent, en réalité, le plus grand défi
politique de notre temps : perpétuer fidèlement un pays millénaire, une République
séculaire. Tout l’enjeu pour le chef de l’État
est d’articuler sa transformation économique avec la profondeur de notre histoire,
l’équilibre de notre géographie, l’autorité de
l’État, le soin de la civilisation. C’était la
promesse subliminale de la nuit du Louvre.
Celle qu’Emmanuel Macron doit tenir. ■
En un an,
notre pays a
retrouvé des
évidences
oubliées
AND : 2,80 € - BEL : 2,60 € - CH : 4,00 FS - CAN : 5,40 $C - D : 3,20 € - A : 3,50 € - ESP : 2,90 € - Canaries : 3,00 € - GB : 2,50 £ - GR : 3,20 € - DOM : 3,00 € - ITA : 3,00 €
LUX : 2,60 € - NL : 3,20 € - PORT.CONT : 3,00 € - MAR : 22 DH - TUN : 4,20 DT - ZONE CFA : 2.300 CFA
ISSN 0182.5852
BOSS.COM
A
n
@
3’:HIKKLA=]UW[U^:?k@p@a@f@a";
L’exécutif n’a pas l’intention
de modifier les équilibres de la
réforme des institutions, comme en témoignent les projets
de loi que dévoile en exclusivité
Le Figaro. La limitation du cu-
n
FIGARO OUI
FIGARO NON
M 00108 - 505 - F: 2,60 E
Désavoué par les salariés,
le PDG d’Air France
donne sa démission
HUGO BOSS FRANCE SAS Téléphone + 33 1 44 17 16 70
CHAMPS LIBRES
Maître Gims
et Dadju : enquête
sur un business
qui tourne PAGE 28
Proportionnelle, cumul,
nombre de parlementaires :
le projet du gouvernement
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samedi 5 - dimanche 6 mai 2018 LE FIGARO
L'ÉVÉNEMENT
2
Emmanuel Macron
remonte les Champs-Élysées
à bord d’un command car,
le jour de son investiture,
le 14 mai 2017 à Paris.
Emmanuel Macron,
président vertical
FRANÇOIS BOUCHON/LE FIGARO
Élu il y a un an, le chef de l’État a choisi d’incarner
la fonction en multipliant les symboles et en affichant
sans complexe sa volonté de « transformation ».
FRANÇOIS-XAVIER BOURMAUD
ET MARCELO WESFREID
£@fxbourmaud @mwesfreid
LE GARDE DU CORPS d’Emmanuel Macron s’avance dans la cour du Louvre. Pas
facile au milieu des touristes. Par moments, il lève la main comme s’il saluait
une foule imaginaire. Les badauds le
regardent, intrigués. La pyramide est encore loin, c’est là que son parcours s’arrête. Auparavant, le bodygard doit mesurer,
pas à pas, le temps qu’il faut pour la rejoindre. Il doit aussi repérer précisément
le trajet. Demain, pour ses premiers pas
de président, Emmanuel Macron n’aura
pas le droit à l’erreur. En une image, il doit
réussir à gommer ces étiquettes que ses
détracteurs lui ont collées : trop jeune, jamais élu, sans expérience, ancien banquier d’affaires… Manque de « puissance
pour assumer la plus haute responsabilité
de l’État », jugeait, catégorique, l’ex-premier ministre Jean-Pierre Raffarin.
Les Français n’ont pas encore voté mais
l’issue du second tour de l’élection présidentielle ne laisse guère de doute. Face à
la candidate du Front national qui s’est
effondré lors du débat de l’entre-deux
tours, le leader d’En marche ! est donné
largement gagnant. Alors il faut préparer
la célébration de la victoire. Il faut surtout
trouver un lieu incarnant le « en même
temps », qui ne soit marqué ni trop à gauche comme la Bastille, ni trop à droite
comme la Concorde. La consigne vient
d’Emmanuel Macron. Lui avait d’abord
pensé au Champ-de-Mars sur fond de
tour Eiffel. Mais la Mairie de Paris a refusé, officiellement pour cause de visite du
Comité international olympique. C’est
surtout qu’Anne Hidalgo n’a pas l’air de
vouloir se montrer trop coopérative.
Alors pourquoi pas le Louvre ? Le monument dépend du ministère de la Cultu-
re, la maire de Paris n’aura donc pas son
mot à dire. En plus, l’endroit est facile à
sécuriser. Un coup de fil en catastrophe
au cabinet de la ministre et l’affaire est
entendue. Reste à imaginer une scénographie. Et voici donc le garde du corps
d’Emmanuel Macron et un membre de
l’équipe de campagne chargés des repérages, la veille du jour J. Le premier trace
le parcours, au milieu des touristes donc,
et pose des repères au sol. Le second filme
et chronomètre. Une scène improvisée à
la dernière minute mais qui marquera
toutefois les esprits à l’issue de cette élection présidentielle hors norme, la plus
improbable de l’histoire de la Ve République. Emmanuel Macron surgissant
seul de l’obscurité de la cour Carrée du
Louvre puis se dirigeant vers la pyramide
de Pei en une longue marche sur fond
d’Hymne à la joie de Beethoven. Ce soirlà, il se glisse dans le costume de président de la République comme on enfile
un costume de scène. Il est prêt pour le
rôle de sa vie. Autour de lui, on peut désormais broder sur cette soirée inaugurale du quinquennat comme si tout cela
avait été réfléchi, pensé et planifié très en
amont. « Il a choisi le Louvre car c’est un
concentré d’histoire, assure le porte-parole de l’Élysée, Bruno Roger-Petit. Toutes les histoires de France sont là. »
Pour Emmanuel Macron, cette victoire, c’est le saut dans l’inconnu. « Si la politique se résumait à cette sorte de chimie
qui fait son œuvre comme si de rien n’était,
je ne serais pas là, a-t-il confié dans un
entretien récent à la NRF. En réalité, je ne
suis que l’émanation du goût du peuple
français pour le romanesque. » Maintenant qu’il vient de remporter son impossible pari, il va lui falloir très vite s’imposer dans le regard des Français comme
leur nouveau chef. Côté application du
programme et conduite des réformes, pas
d’inquiétude outre mesure. « Le nouvel
Question : AVEZ-VOUS UNE BONNE OU
UNE MAUVAISE OPINION D’EMMANUEL MACRON ?
48 %
TOTAL BONNE
OPINION
1
A
”
Question : SELON VOUS, E. MACRON
Question : SOUHAITEZ-VOUS
MÈNE-T-IL UNE POLITIQUE PLUTÔT
DE GAUCHE, PLUTÔT DE DROITE OU
AUTANT DE GAUCHE QUE DE DROITE ?
QU’EMMANUEL MACRON
SE PRÉSENTE À L’ÉLECTION
PRÉSIDENTIELLE DE 2022 ?
Plutôt
de gauche
NON
TOTAL MAUVAISE
OPINION
Dynamique
78 %
Sait où il va
OUVRIERS
61 %
Incarne le renouveau
60 %
Français
aux plus bas
revenus
60 %
Compétent
Les urbains (villes
de plus de
52 %
100 000 hab.)
Agglomérations
de moins de
20 000 hab.
57 %
Diplômés de
niveau supérieur
au bac
62 %
Diplômés de
niveau inférieur
au bac
57 %
Les plus
de 65 ans
55 %
Les 18-34 ans
56 %
Français
aux revenus
les plus élevés
UN AMI DU PRÉSIDENT
ques politiques. À cela s’ajoutent des maladresses technocratiques, comme la
baisse des APL. Et puis, il y a ces ministres
qui se tirent dans les pattes par médias
interposés. Pour Emmanuel Macron, tout
cela fleure trop l’ancien monde. « Il y
avait tellement d’attente au début que cela
s’est forcément traduit par un moment de
flottement. Par rapport à l’espoir soulevé
par son élection, c’est vrai que dans les
premières semaines il ne se passe rien. Il y a
eu une sorte de temps mort qui était assez
naturel puisque le Parlement n’était pas
encore élu », reconnaît aujourd’hui un
membre de l’équipe de campagne.
D’ailleurs, avant même l’élection, le doute avait commencé à s’installer chez une
partie des proches d’Emmanuel Macron.
DITES S’IL S’APPLIQUE PLUTÔT BIEN À EMMANUEL MACRON.
70 %
CADRES
“
Il a été marqué
par l’inanité de François
Hollande durant sa première
année de mandat. Il est
obnubilé par le fait de faire
beaucoup dès le début
mentaire : « Je pense que ça n’est pas pour
moi. » Sans jamais recevoir de réponse.
Le jour de sa propre investiture, Emmanuel Macron innove, en remontant les
Champs-Élysées à bord d’un command
car. Le président a, il le sait, encore beaucoup de doutes à lever sur sa capacité à
jouer son rôle de chef des armées. Il a bien
essayé durant la campagne de se montrer
martial lors de son discours sur la défense
en promettant le retour du service militaire. Mais il n’a que modérément
convaincu. Alors, le jour de son intronisation, il va surligner à gros traits l’idée que
ce costume de président de la République,
c’est avant tout celui de chef des armées.
Il enchaîne les étapes : d’abord, une visite
sans presse ni caméra à l’hôpital militaire
Percy, où sont soignés les soldats blessés
au combat. Puis ce premier déplacement
officiel du chef de l’État en dehors de
l’Europe : une visite sur la base militaire
française de Gao, au Mali. Un déplacement éclair au cours duquel il participe à
une démonstration de « vol tactique » au
ras des dunes dans un hélicoptère de
combat. Une expérience dont le président
de la République ressortira un peu secoué,
le teint légèrement blême. Ça ira mieux en
mer, lorsqu’il se fera hélitreuiller en costume de sous-marinier à bord du Terrible,
qui croise au large de Brest. Ça ira mieux
aussi sur la base militaire 125 d’Istres, qu’il
visite en tenue de pilote. « On ne comprend pas la geste présidentielle d’Emmanuel Macron si, au fond du fond, on ne comprend pas que c’est un comédien. Il joue au
président de la République. Il a compris le
fonctionnement de la Ve République et intégré la demande d’autorité qui y est associée. Alors il la met en scène », raconte l’un
des amis du président.
Dans cette quête d’autorité, le jeune
président de la République commet toutefois un faux pas. Agacé par les prises de
position de son chef d’état-major des ar-
Question : POUR CHACUN DES QUALIFICATIFS SUIVANTS,
EN POSITIF
52 %
Et s’il n’obtenait pas de majorité à l’Assemblée nationale ? Daniel Cohn-Bendit
s’en inquiète dès la proclamation des résultats du premier tour lors de la soirée de
la Rotonde. Il en fait part à celui qui va
bientôt devenir président de la République et lui recommande de se préparer à
une sorte de cohabitation. Emmanuel
Macron, lui, n’a aucun doute. Les Français vont lui donner les moyens de
conduire son programme. Il aura sa majorité. D’ici là, il va mettre à profit le
temps mort qui s’annonce pour sculpter
sa stature de Jupiter.
Il y a d’abord cette rupture avec ses
prédécesseurs, qu’il veut souligner.
« Macron a été marqué par l’inanité de
François Hollande durant sa première année de mandat. Il est obnubilé par le fait de
faire beaucoup dès le début », raconte un
ami du président. Ce qu’il a vu à l’Élysée,
quand il avait 34 ans, sera son antimodèle, sa boussole inversée. « C’est de là que
vient cette idée de se poser en président jupitérien, abonde un conseiller de l’ombre
d’Emmanuel Macron. Parce qu’il s’est
rendu compte à quel point le concept de
“président normal” s’était finalement révélé totalement contre-productif. » Cette
volonté de se démarquer de celui qui lui a
ouvert les portes du monde politique va
peu à peu créer un gouffre entre les deux
hommes. Indifférence et mépris chez
Emmanuel Macron. Rancœur et amertume du côté de François Hollande. Ce dernier s’en épanchera d’ailleurs dans son livre Les Leçons du pouvoir, un récit à la
gloire de son quinquennat. Comme un
acte manqué, l’homme qui relit et corrige
le texte de l’ancien président, le directeur
de la rédaction de Libération, Laurent Joffrin, adressera par erreur le chapitre sur
la passation de pouvoir de 2012 au secrétariat d’Emmanuel Macron à l’Élysée. Lequel renverra par mail le chapitre en
question aux deux hommes avec ce com-
exécutif était très préparé à l’exercice du
pouvoir, assure un proche du président.
La conviction était établie qu’il fallait faire
les réformes systémiques dès le départ pour
bénéficier de l’effet de souffle politique provoqué par l’élection. En arrivant, on avait
un an devant nous pour enclencher les choses. » La mise en œuvre suppose tout de
même quelques ajustements. D’abord
parce que le gouvernement se retrouve
très vite dans la tourmente avec les mises
en cause de François Bayrou et de Richard Ferrand. Leur exfiltration s’avère
d’autant plus complexe qu’Emmanuel
Macron s’est fait élire, entre autres, sur la
promesse du renouvellement des prati-
66 %
59 %
Sympathique
76 %
72 %
68 %
7%
55 %
43 %
59 %
51 %
EN NÉGATIF
50 %
Pas humble
Président des riches
Pas proche des gens
OUI
Autant
de gauche
que de droite
Plutôt
de droite
Infographie
41 %
Enquête réalisée auprès d’un échantillon
de Français interrogés par internet les
2 et 3 mai 2018. Echantillon de
1 018 Français représentatif de la
population française âgée de 18 ans et
plus, parmi lesquels : 211 sympathisants
de gauche (dont 76 sympathisants
de La France insoumise, et 71 du PS),
149 sympathisants En marche !,
95 sympathisants LR et 157 du FN.
La représentativité de l’échantillon est
assurée par la méthode des quotas
appliqués aux variables suivantes :
sexe, âge, niveau de diplôme et
profession de l’interviewé après
stratification par région et catégorie
d’agglomération.
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LE FIGARO
samedi 5 - dimanche 6 mai 2018
L'ÉVÉNEMENT
mées, le général Pierre de Villiers, qui
critique publiquement le budget de la Défense, il s’en sépare sans ménagement. La
décision passe mal auprès des militaires,
qui apprécient l’homme. « S’il avait accepté, on l’aurait accusé de faiblesse, plaide l’un de ceux qui le conseillent dans
l’ombre. Et puis cela crée un précédent. Ce
choix de se séparer du général de Villiers,
c’est une grande décision d’autorité. Et
Emmanuel Macron est quelqu’un de très
autoritaire, qui n’aime pas se dédire. »
Les Français aussi s’interrogent.
D’ailleurs, en cet été 2017, les premières
alertes sur la popularité du président de la
République commencent à sonner. De
l’autorité à l’autoritarisme, il n’y a qu’un
pas. Emmanuel Macron oscille entre les
deux. Il est vrai que son ambition est vaste. « Il veut restaurer la figure du roi autour
du triptyque : autorité, volonté, optimisme », raconte l’un de ses proches. « J’assume totalement la verticalité du pouvoir,
qui croise l’horizontalité de l’action politique, explique le président, dans la suite de
son entretien à la NRF. J’assume les choix
qui sont faits et je hais l’exercice consistant
à expliquer les leviers de la décision (…).
L’enjeu est de retrouver la capacité à
construire, en assumant la part parfois univoque, unilatérale de toute décision. »
présidence de la République. « Macron
n’est pas un solitaire », assure Nathalie
Loiseau, la ministre chargée des Affaires
européennes. À l’issue des sommets à
Bruxelles, dont la coutume veut qu’ils ne
s’achèvent pas avant une heure très
avancée de la nuit, il n’est pas rare que le
chef de l’État s’attarde pour boire un verre avec sa ministre et Angela Merkel.
Pour débriefer le sommet. Puis, une fois
la chancelière allemande partie, il n’est
pas rare qu’Emmanuel Macron s’attarde
pour boire un autre verre avec ceux qui
restent, pour débriefer ce qu’Angela
Merkel leur a dit.
Le rythme est soutenu, pour ne pas
dire infernal. Les conseillers tirent la
langue. Malheur à ceux qui calent. « Emmanuel Macron est très darwinien, glisse
l’un de ses confidents. Seuls les meilleurs
survivent. » Malheur aussi à ceux qui
s’épanchent en parlant à la presse. Si le
président ne relâche pas le rythme, c’est
qu’il n’oublie pas que le temps est compté pour espérer avoir des résultats tangibles. Il a donc choisi de réformer sans
faire de pause. D’aborder tous les sujets,
comme un homme-orchestre. « Le président métabolise et intériorise tout, il est
comme une éponge, admire la ministre
du Travail, Muriel Pénicaud. Sa détermination est tournée vers le long terme. »
Cette frénésie crée un sentiment de
tournis difficile à gérer pour ses adversaires. À peine ont-ils préparé une riposte sur les ordonnances travail, la réforme du bac ou celle de la formation
professionnelle que l’actualité est déjà
passée à autre chose. Une construction
diaboliquement efficace, à condition
toutefois que l’exécutif évite les couacs
et les blocages internes.
« La politique, c’est l’art de l’exécution », aime justement à rappeler Emmanuel Macron, qui a opté pour une organisation du pouvoir pyramidale, où chacun
évolue dans son couloir. À commencer
par le premier ministre : un conseiller
d’État sans ambition présidentielle, un
élu bonhomme à l’humour pince-sansrire qui sait écouter les maires, les parlementaires, les syndicats, les organisations professionnelles pour donner à
chacun la possibilité de s’exprimer et
tenter d’atténuer les crispations. Une
sorte d’amortisseur des tensions. L’hôte
de Matignon n’apparaît quasiment jamais
au même endroit que son patron, jamais
sur la même photo, comme s’il ne fallait
surtout pas faire doublon. « Ces deux-là
se sont choisis devant l’église, résume un
proche. L’un est le GPS, l’autre conduit. »
Sous ce duo, on trouve un gouvernement
“
Il veut restaurer
la figure du roi autour
du triptyque : autorité,
volonté, optimisme
”
UN PROCHE D’EMMANUEL MACRON
En deux mois, celui que pas grand
monde n’imaginait installé à l’Élysée,
dans le bureau du général de Gaulle, en a
mis plein la vue aux Français et un peu au
reste du monde. D’abord en recevant Vladimir Poutine, ensuite Donald Trump. À
chaque fois, la mise en scène est scrupuleusement étudiée, les décors soigneusement choisis. C’est sous les ors du château
de Versailles qu’Emmanuel Macron reçoit
le président russe. C’est dans le restaurant
de la tour Eiffel qu’il convie à dîner, avec
son épouse Brigitte, le couple présidentiel
américain. « S’il a changé depuis son élection, c’est surtout sur la question des enjeux
internationaux. Ce n’est pas un sujet qui
avait imprégné sa campagne et il n’avait
pas passé beaucoup de temps dessus. Devenu président, il a très vite enchaîné les séquences avec succès », raconte un ancien
membre de l’équipe de campagne devenu
ministre. Il n’y avait de toute façon pas le
choix. Comme tous ses prédécesseurs,
Emmanuel Macron s’est très vite trouvé
aspiré par les sujets internationaux.
Parallèlement, il faut aussi prendre
possession de l’Élysée. Au début, les
équipes d’Emmanuel Macron ont du mal
à sortir de l’ambiance de campagne. La
victoire a grisé les esprits et installé un
sentiment de toute-puissance. « Le
boss » lui-même a l’air de planer en surplomb, monarque républicain en son palais. D’ailleurs, les traditionnels phénomènes de cour ne tardent pas à
apparaître. On se presse autour du nouveau chef de l’État, on essaye de se faire
voir de lui, de l’approcher. Naturellement, sa garde rapprochée serre les rangs
et verrouille. En accord avec Emmanuel
Macron, un groupe informel est officieusement créé, celui des fidèles de la première heure. Ils se réunissent une ou
deux fois par mois dans un salon de l’Élysée avec une consigne de confidentialité
absolue. Rien ne doit sortir de ce cénacle
privilégié, auquel assiste parfois Brigitte
Macron. C’est là que sont abordés les sujets les plus sensibles, les plus politiques.
Au fil de la première année du quinquennat, quelques nouveaux ont intégré ce
groupe. C’est le cas de Gérald Darmanin,
Bruno Le Maire et Édouard Philippe.
François Bayrou, qui ronge son frein à la
mairie de Pau, est à son tour convié.
Un fonctionnement à l’opposé de
l’exercice solitaire du pouvoir propre à la
3
de technocrates, bons élèves, disciplinés.
Personne ne brigue le fauteuil du voisin.
Personne n’a les moyens non plus de
s’émanciper comme le fit Emmanuel Macron depuis son bureau du troisième étage de Bercy, où il commença à échafauder ses plans pour conquérir l’Élysée.
Alors, les ministres ont beaucoup moins
de collaborateurs qu’avant. La moindre
interview est contrôlée et relue. Le président est bien placé pour savoir qu’on peut
nourrir deux agendas distincts, si l’Élysée
ne veille pas au grain.
Si le navire gouvernemental a un peu
tangué au début de l’été, aux premières
turbulences (APL, budget, gel des crédits
aux collectivités), l’exécutif a ensuite affronté, sans trembler, l’automne social.
« Je suis prêt à user de mon capital politique, car les Français ne supporteraient pas
qu’on ne fasse rien », explique alors le
président en privé, lors des premières
manifestations contre les ordonnances
sur le Code du travail. L’épreuve de force
est lancée. Mais le combat n’aura pas
vraiment lieu, tant l’opposition politique
et syndicale est encore groggy. Obligé de
constater que l’opinion publique ne s’est
pas cabrée, Jean-Luc Mélenchon concède même le « point » à Emmanuel Macron. C’est au printemps que les tensions
resurgissent. À force d’ouvrir tant de
fronts, le président a multiplié les mécontents : élus, France rurale, retraités
touchés par la hausse de la CSG, conducteurs remontés contre la limitation à
80 km/h, cheminots, fonctionnaires… La
droite dénonce un président déconnecté,
qui « ne sent pas la France », selon Laurent Wauquiez ; la gauche, un président
des riches, voire des « très riches ».
“
Il est très darwinien.
Seuls les meilleurs
survivent
”
UN CONFIDENT DU PRÉSIDENT
Emmanuel Macron, qui ne veut pas
être taxé de faible, met chaque jour un
peu plus en scène sa détermination. C’est
en quelque sorte « je résiste à la rue, donc
je suis ». Un jour, dans les rues de SaintDié, il fait face aux cheminots en colère,
un autre il répond aux puncheurs JeanJacques Bourdin et Edwy Plenel à la télévision. Dans les loges, ce soir-là, l’équipe
des débuts, celle qui fit le hold-up sur
l’Élysée, suit le débat attentivement. Emmanuel Macron sort ravi du Palais de
Chaillot. « Il aime le combat, comme un
gamin. C’est une adrénaline qu’il adore »,
glisse un proche. « Il ne lâche rien sur rien
mais la pugnacité n’est pas forcément la
meilleure arme de conviction », tempère
un ministre devant sa télé. Car le risque
de cliver n’est jamais loin. Le risque
d’être perçu comme arrogant non plus.
Au fil des mois, le visage s’est durci, un
brin buriné. Le sourire séducteur de la
campagne s’accompagne désormais
d’une nuance de défiance. Pour l’heure, il
y a eu des succès diplomatiques, mais pas
autant qu’espéré. Des discours volontaristes sur l’Europe, mais pas encore de
mouvement d’entraînement. Au contraire, les populismes poursuivent un peu
partout leur progression. Les indicateurs
économiques hésitent entre le vert
(croissance, baisse du chômage, réduction du déficit) et le rouge (endettement,
prélèvements obligatoires).
Quand il était secrétaire général adjoint de la présidence, Emmanuel Macron
avait été frappé par la rapidité avec laquelle François Hollande s’était retrouvé
démuni de « temps d’animation politique ». Il reste encore quarante-huit mois
au chef de l’État pour garder l’initiative,
retrouver le sens de la transgression qui a
fait son succès sans abîmer la fonction et
obtenir des résultats. Il saura alors si son
passage à l’Élysée n’a pas été qu’une traversée solennelle et symbolique. Comme
on s’avance dans le Louvre, un soir de
mai. ■
CE N’EST PAS le moindre des paradoxes.
Les Français font crédit à Emmanuel Macron d’être à la hauteur de la fonction,
mais une nette majorité (59 %) ne souhaite pas pour autant qu’il se représente
en 2022. C’est ce qui ressort du sondage
Odoxa-Dentsu Consulting pour Le Figaro et Franceinfo. Petite consolation :
après la première année de François Hollande à l’Élysée, ils étaient 77 % à ne pas
vouloir de reconduction. On connaît la
suite : le Corrézien n’a jamais réussi à redresser la barre.
Ce mauvais résultat pour Emmanuel
Macron s’explique par deux raisons.
D’abord, des traits d’image très contrastés. Si l’actuel chef de l’État est reconnu
comme dynamique (78 %), sachant où il
va (66 %), incarnant le renouveau (59%)
et même compétent (55%), il est vu
comme ni humble (76%) ni proche des
gens (68%).
Ensuite, l’orientation de sa politique est
jugée trop déséquilibrée, penchant plus à
droite qu’à gauche. Ses réformes sont
« socialement injustes » pour 72 % des
Français. Sept Français sur dix acceptent
de lui coller la désormais fameuse étiquette du « président des riches », qui
risque de s’enkyster. La suppression surprise de l’« exit tax », cette taxe censée
éviter l’exil fiscal des chefs d’entreprise,
ne va rien arranger. Elle arrive après la
transformation de l’ISF et la mise en place
d’une flat tax sur les revenus financiers
destinée à attirer les capitaux étrangers.
« Cette perception le poursuivra sans doute – avec plus ou moins d’intensité – jusqu’à la fin de son quinquennat et est clairement ce qui empêche les Français, pour le
moment, de tirer un bilan globalement positif d’un an de présidence Macron », analyse Gaël Sliman, le président d’Odoxa.
Les seniors l’apprécient
plus que les jeunes
Il en résulte une situation étonnante :
Emmanuel Macron a beau avoir été élu il
y a un an pile sur le dépassement des
fractures du pays, il clive très nettement. Deux France se font face. Celle qui
le plébiscite : des cadres, des CSP +, des
urbains, des diplômés (62 % des Français ayant un diplôme supérieur au bac),
qui ont trouvé une place dans la mondialisation ; et celle qui rejette sa politique : ouvriers (61% d’entre eux), France
périurbaine, personnes les moins qualifiées (57 %).
Les seniors, pourtant touchés par la
hausse de la CSG, l’apprécient (55 %)
plus que les jeunes. Sur le plan partisan,
Emmanuel Macron peut compter sur
l’appui inconditionnel des électeurs
d’En marche !, mais aussi sur un peu
plus d’un sympathisant PS sur deux
(51 %) et sur une majorité de sympathisants LR (57 %). Une bonne nouvelle
pour lui, s’il veut poursuivre son travail
de recomposition politique. À l’inverse,
le chef de l’État est rejeté très largement
par les sympathisants du FN (76 %) et
par ceux de La France insoumise (78 %).
Au final, 48 % des Français ont une bonne opinion de lui. Le « en même temps »
a ses limites.
Sur les réseaux sociaux, enfin, le nom
du chef de l’État a suscité en un an près
de 50 millions de messages, dont
20 millions à l’étranger. Une preuve de
l’intérêt et des polémiques que le président suscite. De son côté, Emmanuel
Macron a beaucoup tweeté. Il a même
posté plus de messages que Donald
Trump ! ■
M. W.
A
Deux France aux antipodes, deux appréciations opposées du chef de l’État
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 5 - dimanche 6 mai 2018 LE FIGARO
«
On assiste à une remise en cause sans
précédent du droit du travail. Le gouvernement
continue à parler d’excès de rigidité, de manque
de libertés qui seraient la cause du chômage
pour justifier la casse des droits des travailleurs
»
PHILIPPE MARTINEZ, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE LA CGT
DENIS DUPOUY/LE FIGARO
L'ÉVÉNEMENT
FRANÇOIS BOUCHON/LE FIGARO
4
«
À une décentralisation
qui fut triomphante a succédé
le sentiment d’une recentralisation
rampante
»
GÉRARD LARCHER, PRÉSIDENT DU SÉNAT
Emploi : l’emblématique réforme
du Code du travail a bien eu lieu
Finances publiques : moins de
déficit mais pas plus d’économies
Nous redéfinirons le dialogue social. Les principes
fondamentaux (durée légale du temps de travail, égalité
professionnelle, salaire minimum…) resteront dans la loi.
Mais, par exemple, les horaires effectifs ou l’organisation
seront négociés au plus près du terrain. Ils seront définis par
accord majoritaire ou par référendum d’entreprise sur la base
d’un accord. Emmanuel Macron, programme de campagne
Sur les 60 milliards d’euros de baisse de la dépense publique,
20 milliards d’euros seront consacrés à réduire le niveau
des prélèvements obligatoires. […] Nos objectifs sont clairs.
Soutenir le pouvoir d’achat des classes moyennes
et populaires, permettre de mieux vivre de son travail,
encourager l’investissement productif.
Emmanuel Macron, programme de campagne
MARC LANDRÉ £@marclandre
L’UNE DES PREMIÈRES réformes
que le président Macron avait, au
cours de sa campagne victorieuse,
promis de faire une fois élu est
celle du Code du travail. Et pas de
n’importe quelle manière : par ordonnances avant la fin de l’été,
après une phase expresse - mais
intense - de concertation avec
les partenaires sociaux, et ce
par souci d’efficacité. Malgré l’hostilité - ou à défaut
de la neutralité bienveillante - de tous les
syndicats de salariés, le chef de
l’État tient la
quasi-intégralité
de ses engagements de campagne en signant, le
22 septembre, dans la foulée
de leur présentation en Conseil
des ministres, les cinq ordonnances réformant en profondeur le
Code du travail.
Et il faut avouer qu’Emmanuel
Macron n’y est pas allé avec le dos
de la cuillère. Les « transformations », selon le nouvel élément de
langage inventé par les communicants de l’Élysée, sont intenses et
pour beaucoup inédites : plafonnement des dommages et intérêts
accordés par les conseils des prud’hommes en cas de licenciement
abusif, renvoi de la négociation
sociale aux niveaux des branches
et de l’entreprise, fusion obligatoire des instances de représentation du personnel dans les entreprises de plus de 50 salariés,
possibilité de négocier des accords
avec des élus non mandatés
par un syndicat dans
les entreprises de
moins de 20, primauté de l’accord
collectif qui modifie la durée du travail sur le contrat de
travail, instauration de
la rupture conventionnelle collective…
Ces cinq ordonnances,
complétées par deux autres
dans les semaines qui suivent, seront définitivement
validées mi-février, après le vote,
par le Parlement, de leur loi de ratification. Avec cette réforme,
Emmanuel Macron a démontré à
l’opinion publique qu’il était bien
décidé à mettre en œuvre le programme pour lequel il a été élu,
sans y déroger, malgré l’hostilité
des syndicats. ■
EN TERMES de finances publiques et
de fiscalité, le programme d’Emmanuel Macron était sur le papier assez
simple : il allait diminuer parallèlement dépenses et impôts. Pour que
le déficit se résorbe, les économies
seraient supérieures aux baisses
d’impôts. Après un an d’exercice de
pouvoir, le résultat apparaît mitigé,
malgré une belle victoire symbolique : le passage du déficit 2017 sous
la barre des 3 %, une première depuis dix ans. En 2018, le gouvernement a engagé deux chantiers
d’économies. L’un visant la politique du logement et l’autre sabrant le
nombre d’emplois aidés. L’assainissement des finances publiques est
toutefois bien davantage, en 2017
comme en 2018, le résultat du retour
de la croissance, qui a gonflé les recettes fiscales. Au point que le taux
de prélèvement obligatoire a augmenté d’un point en 2017.
Cette année, il devrait cependant
diminuer quelque peu sous l’effet
de plusieurs baisses d’impôts et de
cotisations sociales. Afin d’améliorer l’attractivité fiscale de la
France mise à mal par la politique
de François Hollande, Emmanuel
Macron a instauré une flat tax de
30 % sur les revenus financiers,
et le remplacement de l’ISF par
l’impôt sur la seule fortune immobilière (IFI).
Les entreprises profitent
quant à elles de la baisse de
l’impôt sur les sociétés. 80 %
des Français verront leurs impôts diminuer grâce à la baisse
de 30 % de leur taxe d’habitation. Les salariés profitent
d’une petite hausse de leur
salaire net à la suite de la
suppression en deux temps
(janvier puis octobre) des
cotisations maladie et chômage. Surtout, l’exécutif a
triplement alourdi cette année la fiscalité. Les taxes énergétiques et tabac ont augmenté en janvier, ainsi que la CSG
(+ 1,7 point). Cette dernière
hausse frappe de plein fouet les
retraités gagnant plus de
1 200 euros par mois, à qui
aucune compensation n’a été
accordée. ■
G. G. ET A. G.
Au cours
de la campagne
présidentielle,
Emmanuel Macron
avait fait
de nombreuses
promesses.
Retour sur
la concrétisation
de ces engagements
douze mois après
son élection.
Un an après, les promesses du can
Réforme des institutions :
un vaste chantier qui se précise
Sécurité : la police du quotidien
doit encore faire ses preuves
« Année après année, le regard que nous portons sur notre classe
politique se dégrade sans que rien ne change vraiment. […]
Il faut donc aller plus loin dans la transparence et l’exigence […].
Nous proposerons une grande loi de moralisation de la vie
publique. Nous améliorerons le renouvellement
et le pluralisme de notre vie politique. »
Emmanuel Macron, programme de campagne
« Ma politique est celle de la tolérance zéro à l’égard
de la délinquance […]. Je propose donc de créer une police
de sécurité quotidienne. » (Entretien dans Le Figaro,
le 17 février 2017)
2017). « Le terrorisme, c’est la priorité des
prochaines années. […] Pour prévenir plutôt que guérir, je vais
créer une “task force” auprès du président de la République. »
(Débat télévisé avec Marine Le Pen, le 3 mai)
A
1
MARCELO WESFREID £@mwesfreid
CE FUT le tout premier texte du
quinquennat. Et pour cause. Il
s’agissait d’un symbole. Élu en partie sur le rejet des affaires, Emmanuel Macron a immédiatement
voulu montrer qu’il tournait la
page. La loi de moralisation de la
vie publique, adoptée à l’été 2017,
instaure la fin des emplois familiaux
pour les ministres, les parlementaires et les exécutifs locaux, l’encadrement de la réserve parlementaire, un nouveau régime pour les
frais de mandat des parlementaires, la mise en place d’une vérification fiscale pour les parlementaires
après leur élection et l’encadrement de leurs activités de conseil…
De quoi, sur le papier, redorer le
blason d’une classe politique décriée depuis de nombreuses années. Sauf que l’exfiltration de
François Bayrou du gouvernement,
sur fond d’affaire des assistants du
MoDem au Parlement européen,
est venue ternir le retour de la
confiance. C’est le maire de Pau qui
avait porté cette thématique pendant la campagne. C’est lui, ensuite, qui avait présenté cette réforme,
comme garde des Sceaux.
Le deuxième volet des promesses
institutionnelles du candidat Ma-
cron concerne la réduction d’un
tiers du nombre de députés et de
sénateurs, la limitation des délais
d’examen des projets de loi, la suppression de la Cour de justice de la
République, la refonte du Conseil
économique social et environnemental, l’introduction d’une dose
de proportionnelle, etc.
Ce chantier devait être « parachevé » au début de l’été, avait annoncé le chef de l’État devant le
Congrès, en juillet 2017. Il aura finalement pris bien du retard. Cette
réforme a été découpée en trois textes : un projet de loi normal, un organique et un constitutionnel. Son
examen au Parlement ne commencera que cet été pour une adoption
en 2019. Raison de ce report : les
difficiles négociations avec le président LR du Sénat, Gérard Larcher,
pour obtenir un accord politique. ■
CHRISTOPHE CORNEVIN £@ccornevin
+
» Lire aussi
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APRÈS DES MOIS de gestation, la
police de sécurité du quotidien
(PSQ) a été dévoilée en février dernier par Gérard Collomb. Bâtie
après avoir consulté 70 057 policiers et gendarmes, cette réforme
vise à alléger le fardeau des effectifs
avec un double objectif : revenir
sur le cœur de métier, à savoir la
lutte contre la délinquance, et retisser le lien avec la population.
Outre la suppression des gardes
statiques et la reprise effective par
l’Administration pénitentiaire des
extractions judiciaires d’ici à 2019,
la PSQ va profiter d’un véritable
plan de numérisation des procèsverbaux. Selon Beauvau, les nouvelles méthodes de travail devraient permettre de réinjecter sur
le terrain 2 500 fonctionnaires et
1 500 militaires, soit 4 000 membres des forces de l’ordre, d’ici la
fin du quinquennat. Avant la fin
2020, 1 300 policiers sont attendus
en renfort au sein d’une soixantaine de quartiers dits de « reconquête
républicaine ».
Sur le front du terrorisme, la
« task force » basée à l’Élysée a dévoilé ses contours en septembre
dernier. Placée sous l’autorité du
préfet Pierre de Bousquet de Flo-
rian, la Coordination nationale du
renseignement (CNR) a changé de
dimension pour s’imposer comme
une pièce maîtresse dans l’échiquier. Elle abrite en son sein un
inédit Centre national de contreterrorisme (CNCT) qui tourne
24 h/24, à la manière d’un étatmajor, pour transmettre au chef de
l’État une information immédiate,
recoupée et pertinente.
Outre de l’analyse « maison », la
« task force » élyséenne, conçue
comme un « outil de pilotage stratégique », trie les remontées des
notes d’informations brutes des
services vers Emmanuel Macron.
Censée garantir la solidité du filet
antiterroriste au sortir de l’état
d’urgence, le 1er novembre dernier,
une loi antiterroriste voulue par
Gérard Collomb permet la « fermeture des lieux de culte radicaux » ou
encore les « visites domiciliaires »
de ceux qui adhèrent au terrorisme
et en font l’apologie. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 5 - dimanche 6 mai 2018
DONALD TRUMP, PRÉSIDENT DES ÉTATS-UNIS
Ce qui me préoccupe
beaucoup, c’est qu’on
a le sentiment d’une crise
profonde de l’autorité
»
LAURENT WAUQUIEZ, PRÉSIDENT DES RÉPUBLICAINS
Éducation : la promesse tenue
du retour aux fondamentaux
Immigration : trop dure pour
la gauche, trop timide face au réel
« Je souhaite qu’on ait une école qui transmette davantage,
je veux remettre des heures d’enseignement qui ont été
enlevées. Je veux remettre les classes bilangues,
l’enseignement des humanités. Faire plus, là aussi,
dans les zones d’éducation prioritaires. »
Interview d’Emmanuel Macron sur France 2, le 19 mars 2017
« La France doit prendre sa juste part dans l’accueil des réfugiés.
Elle doit délivrer des titres à tous ceux dont elle juge qu’ils ont
droit à l’asile sur son territoire. Ceux qui en revanche ne
remplissent pas les conditions pour se voir attribuer un tel titre
et, en conséquence, demeurer sur notre territoire doivent
pouvoir être effectivement reconduits à la frontière. »
Emmanuel Macron, programme de campagne
MARIE-ESTELLE PECH
£@MariEstellPech
RÉFORMES et communication
sont menées tous azimuts, avec
comme conducteur le thème du
« pragmatisme » affiché en bandoulière. En sourdine, une petite
musique conservatrice usant du
triptyque lire, écrire, compter rappelle l’époque de Nicolas Sarkozy,
quand Jean-Michel Blanquer officiait au ministère. Ce qui n’est pas
pour déplaire aux parents, à en
croire les sondages. D’entrée, sur
l’école, Emmanuel Macron et son
ministre se sont distingués de la
majorité sortante, engluée dans
plusieurs polémiques. Exit la semaine de quatre jours de classe.
Mises à mal par la réforme du collège, classes bilangues et latin ont
été en partie rétablis.
La vraie nouveauté, notamment
parce qu’il s’agit d’un choix budgétaire, ce sont ces classes de cours
préparatoires et de CE1 dédoublées
en zones d’éducation prioritaire. Il
s’agit là du volant social de la politique éducative d’Emmanuel Macron. Les écoles de zones rurales
ne cessent cependant d’accuser le
gouvernement - qui s’en défend de les avoir spoliées. Une simplification du bac avait été promise
avec quatre matières obligatoires à
l’examen final. Un projet qui fait
grincer des dents chez nombre
d’enseignants, persuadés que les
évaluations, passées au contrôle
continu sous forme d’examens,
alourdiront toute l’année scolaire.
C’est tôt pour en juger : la réforme
du bac et du lycée modulaire qui le
précède n’est pas encore effective.
La fin du tirage au sort à l’université a été actée, remplacée par
un examen des dossiers. Une petite
révolution, habilement menée par
le gouvernement et perçue par une
partie des étudiants comme une
volonté d’introduire la sélection.
Pour le moment la contestation
stagne. Mais, d’ici à cet été, lorsque
les lycéens recevront leurs premiers résultats d’admission, rien
ne dit qu’ils n’exprimeront, à leur
tour, leur mécontentement. ■
JEAN-MARC LECLERC £@leclercjm
AINSI Emmanuel Macron a-t-il
tenu à préciser, il y a six mois, son
programme, jusqu’alors assez flou,
sur les questions d’immigration.
Aujourd’hui, la loi Collomb qui
vient d’être votée en première lecture doit permettre de réduire les
délais d’instruction des dossiers de demande
d’asile à six mois et
de rendre plus efficaces les éloignements de clandestins et de déboutés.
Le délai de séjour
maximal en centre de
rétention administrative
(CRA) sera doublé (de 45 à
90 jours). En parallèle,
7 500 places supplémentaires devraient être créées en
2018 pour les demandeurs
d’asile ainsi que 5 000 places de plus
dans les centres provisoires d’hébergement pour les réfugiés.
Pour décongestionner le système,
des « équipes mobiles » devaient aller vérifier le statut des personnes
dans les centres d’hébergement
d’urgence. Mais la circulaire Collomb qui l’autorisait a été vidée de sa
substance après la bronca des asso-
ciations. En 2017, 120 000 migrants
ont demandé l’asile en France. Record « historique ». Ce chiffre inclut
les « dublinés », ces migrants qui
frappent au guichet français alors
qu’ils relèvent d’un autre pays européen où ils sont déjà enregistrés (au
titre du règlement « Dublin »).
L’immense majorité reste en France
et engorge les dispositifs d’accueil. En 2017, le nombre
d’éloignements de clandestins avoisine les 15 000.
Beauvau annonce 10 % de
plus que l’année précédente, mais en valeur
absolue cela ne représente que quelques
milliers d’expulsions en plus.
Depuis une loi
votée sous Hollande en 2016, la
justice annule un placement en rétention sur cinq. Ce
texte ne laisse plus que 48 heures à la
police pour étayer ses dossiers de
reconduite, au lieu de cinq jours
auparavant. Or Gérard Collomb ne
reviendra pas sur ce point, pas plus
qu’il n’envisage d’abroger la circulaire Valls de 2012, qui a contribué à
l’augmentation des régularisations
d’étrangers en situation irrégulière
de plus de 30 % en cinq ans. ■
didat Macron passées au crible
Diplomatie : le choix du réalisme
et de l’incarnation
Union européenne : un président
français en panne d’Europe
« Je souhaite mettre en œuvre une diplomatie claire et résolue,
dans la tradition gaulliste et mitterrandienne, pour faire
de la France une puissance indépendante, humaniste
et européenne.Nous conduirons notre action internationale,
à travers trois orientations politiques complémentaires
et indissociables : l’indépendance, l’humanisme et l’Europe. »
Emmanuel Macron, programme de campagne
« L’europe doit changer : elle ne doit pas avoir pour mission de
gérer une bureaucratie, mais de protéger notre présent et de
préparer notre avenir elle doit donc nous protéger dès aujourd’hui,
et investir pour demain. L’enjeu en Europe est aujourd’hui triple :
prendre le temps du débat et du rétablissement de la confiance,
réaffirmer les cinq dimensions de la souveraineté européenne
et renforcer l’identité européenne par des réalisations concrètes. »
Emmanuel Macron, programme de campagne
ISABELLE LASSERRE £@ilasserre
IL Y A D’ABORD une méthode, qui
consiste à parler à tout le monde,
avec pragmatisme et sans tabou.
Elle s’accompagne d’une légère inflexion de la politique étrangère.
« Par rapport à ses deux prédécesseurs, Emmanuel Macron rééquilibre le discours entre alliances,
valeurs et intérêts, en faveur de ces
derniers, tout en donnant à sa politique une orientation européenne
dépourvue de toute ambiguïté »,
analyse Thomas Gomart, le directeur de l’Ifri, dans une récente
étude. Il est trop tôt cependant
pour évaluer les résultats concrets
de la diplomatie française d’Emmanuel Macron, la plupart des
dossiers n’étant pas encore arrivés
à leur terme.
Avec Donald Trump, le président
français a fait le pari de l’entente. Il
a évité que l’accord de Paris sur le
climat ne se délite, mais n’a pas
convaincu le président américain
de le réintégrer. Son influence sur
la Maison-Blanche sera vraiment
testée le 12 mai, quand Donald
Trump dira quel avenir il entend
réserver à l’accord sur le nucléaire
iranien, que Paris veut à tout prix
sauver. En Europe, la coopération
renforcée avec l’Allemagne est
JEAN-JACQUES MÉVEL £@jjmevel
CORRESPONDANT À BRUXELLES
compliquée par l’affaiblissement
d’Angela Merkel depuis les élections. En Russie, enfin, la main tendue à Vladimir Poutine n’a pas débloqué les dossiers stratégiques.
Le retour de la France sur la scène internationale en tant que puissance de premier plan est en revanche bien engagé. Emmanuel
Macron est considéré comme le
principal leader en Europe. Il a imprimé sa marque au Moyen-Orient
en participant à des frappes alliées
contre des installations militaires
du régime. Il a maintenu le rang de
la France en Afrique et notamment
dans le Sahel, où se poursuit l’engagement militaire. Mais dans un
monde où les rapports de puissances sont en train de se rééquilibrer
au profit des pays émergents, sa
marge de manœuvre reste limitée.
Comme l’est celle des autres puissances occidentales. ■
UN AN APRÈS que l’Ode à la joie a
retenti dans la cour du Louvre,
l’Europe peut-elle devenir le talon
d’Achille d’Emmanuel Macron ? Le
président garde intacte son ambition continentale. Mais il a pris du
retard sur à peu près tous les fronts
de la « refondation » annoncée. Le
Brexit, les européennes puis une
relève générale au sommet de l’UE
lui laissent une chance d’imprimer
sa marque au printemps 2019. Le
temps presse : « si nous ne décidons
pas dans les mois qui viennent, nous
ne pourrons pas aller de
l’avant »,
concédait-il
récemment.
Depuis douze
mois, les réticences allemandes et
l’inertie du club
ont contrecarré ses plans.
Exit les listes
transnationales pour les européennes de
mai 2019. Remisé le budget de la
zone euro, avec son ministre et un
parlement propre aux 19 pays.
Même sur la taxe numérique, cen-
sée faire payer leur part d’impôt aux
géants du numérique, la France se
retrouve presque isolée.
« La France est de retour » répète
Bruxelles. La fraîcheur, l’énergie et
la modernité du nouveau président
continuent d’impressionner. Elles
n’ont pas changé l’Europe, ni fait
disparaître les clivages qui la paralysent depuis quinze ans. L’Allemagne se plaignait de l’absence d’un
partenaire à la hauteur. Elle l’a
trouvé. Cruelle désillusion pour
l’Élysée, ni les conservateurs d’Angela Merkel ni les sociaux-démocrates revenus au pouvoir ne paraissent décidés à lui faciliter la
tâche. Mêmes réserves sur le reste
d’un paysage politique européen
qu’Emmanuel Macron rêvait de
bousculer, comme il a dynamité
l’échiquier français. Dans le nord de
l’Europe, les libéraux seraient des
alliés naturels s’ils ne se méfiaient
d’une vieille fascination hexagonale : la verticale du pouvoir, incarnée
par « le plus jeune chef d’État français depuis Napoléon » que décrivent les commentateurs étrangers.
Au sud, rares sont ceux qui se rallient ouvertement à lui, hormis les
Espagnols de Ciudadanos. Ce qui
manque encore à Macron, c’est un
vrai succès. ■
1
»
«
A
Ce sera un grand président
pour la France, c’est ce que
je prédis. Il fait un excellent travail […].
Nous avons une relation
très privilégiée
5
ZSOLT NYULASZI/NYUL/STOCK.ADOBE.COM, MARKUS SCHREIBER/AP/SIPA, 872986/CPHOTO/STOCK.ADOBE.COM, PETER PARKS/AP, 76379456/ONIDJI/FOTOLIA, JEAN-CHRISTOPHE MARMARA/LE FIGARO, S.BONAIME/ZARG404/STOCK.ADOBE.COM,118051622/NEIRFY/STOCK.ADOBE.COM,
MANDEL NGAN/AFP
«
PHILIPPE WOJAZER/REUTERS
L'ÉVÉNEMENT
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samedi 5 - dimanche 6 mai 2018 LE FIGARO
6
POLITIQUE
Les enjeux politiques de « La fête à Macron »
Discret au départ, Jean-Luc Mélenchon est en embuscade pour récupérer le mouvement en cas de succès.
Le retour sur le devant de la scène du
député de Marseille n’est pas étranger
non plus au succès désormais attendu de
« La fête à Macron ». D’initiative potache, elle est devenue une affaire médiatique. Du coup, Mélenchon en parle :
« Nous ne devons pas tomber dans le panneau de La République en marche qui
pousse des cris d’orfraie au moindre signe
de violence pour dissuader les gens et les
familles de venir à la fête », a-t-il insisté
vendredi, assurant que « face à la violence de la société, c’est l’action de masse
et de classe qui doit l’emporter, pas la
violence ».
GAUCHE RADICALE François Ruffin était
sans doute loin d’imaginer qu’Emmanuel
Macron et le gouvernement allaient offrir
une telle publicité à sa « Fête à Macron »
organisée samedi entre l’Opéra et la Bastille. Le médiatique député de la Somme,
du groupe de La France insoumise, ne
pouvait pas non plus soupçonner que les
violences du défilé du 1er Mai, à Paris, allaient donner à sa manifestation - une
sorte de carnaval de la gauche radicale
destiné à faire converger les luttes sociales - une teinte contestataire aussi forte.
Mais depuis les violences du 1er Mai, rien
ne s’est passé comme prévu. Le chef de
l’État, le premier ministre Édouard Philippe, le ministre de l’Intérieur Gérard
Collomb, le porte-parole Benjamin Griveaux, le ministre de l’Action et des
Comptes publics Gérard Darmanin, tous,
ces derniers jours, ont dénoncé l’irresponsabilité des organisateurs, accusés de
mettre de l’huile sur le feu.
En cause : les affiches diffusées à des
dizaines de milliers d’exemplaires sur
lesquelles un jeune homme balance des
légumes contre les ennemis du peuple.
Une reprise des codes visuels de Mai 68,
les légumes prenant la place du pavé. Les
chars aussi, destinés à se moquer du chef
de l’État « et de son monde », sont dans la
ligne de mire. Un char « Jupiter », un
char « Dracula » et un char « Napoléon »
seront suivis d’un char « résistance ».
Macron et tout l’exécutif, inquiets de
possibles débordements violents (voir
ci-dessous), ont pointé les risques de dérive. Du « poujado-castrisme » a insisté
vendredi Gérald Darmanin, relevant
même une reprise « des méthodes de l’ex-
FRANCOIS NASCIMBENI/AFP
SOPHIE DE RAVINEL £@S2RVNL
Le député LFI de la Somme, François Ruffin, lors d’une manifestation contre la réforme du travail, le 3 octobre 2017 à Amiens.
trême droite ». Cette dernière accusation
était spécifiquement destinée à Jean-Luc
Mélenchon.
Jusqu’au 1er Mai, l’ex-candidat à la
présidentielle ne s’était pas mis en avant,
laissant la main à François Ruffin et à ses
proches, plutôt neutres au sein d’une
gauche radicale divisée.
Ruffin, le « député-reporter » comme il
s’est lui-même défini, maîtrisant parfaitement les codes de sa communication,
gouailleur, ironique, jouant de son allure
juvénile, récompensé en 2017 du César
du meilleur documentaire pour son film
Merci patron !, incarne à merveille la
contestation sociale de terrain.
Laisser la main à Ruffin aurait été une
stratégie parfaitement maîtrisée. C’est
du moins ce que Mélenchon a écrit sur
son blog le 2 mai. Objectif : contourner
l’obstacle des divisions et permettre une
plus grande mobilisation syndicale. Il est
vrai que sa tentative de rassembler les
centrales derrière lui, à l’automne dernier, avait été un échec cuisant. Mais
l’opposant préféré du chef de l’État et de
ses troupes s’est opportunément replacé
sur le devant de la scène ces derniers
jours, en réponse aux attaques de l’exécutif. Depuis l’Australie, Emmanuel Macron avait visé implicitement Jean-Luc
Mélenchon et son parti. « Beaucoup de
dirigeants politiques jouent aux pyromanes en permanence. Ce n’est pas bon
d’avoir ainsi constamment un discours
d’agitation. Ils veulent rejouer dans la rue
le jeu démocratique. Au fond, ils n’aiment
la démocratie que quand ils gagnent »,
avait-il dénoncé.
“
Face à la violence
de la société, c’est l’action
de masse et de classe
qui doit l’emporter,
pas la violence
JEAN-LUC MÉLENCHON
”
Lui comme Ruffin et les organisateurs,
politiques et syndicaux, ont tout intérêt à
ce que la journée se déroule dans le plus
grand calme. Car derrière cette fête se
prépare une mobilisation plus ample,
inédite, associant politiques et syndicats
- dont la CGT et La France insoumise prévue le 26 mai prochain. Une « marée
populaire » pour « l’égalité, la justice sociale et la solidarité ». « Un moment où le
mouvement citoyen, les syndicats, les partis se retrouvent tous ensemble », a salué
Ruffin vendredi sur France Inter, souhaitant que « des espèces de cloisons tombent ». Le rêve de Mélenchon, qui ne
laissera pas un autre que lui le mettre en
musique. ■
Pas moins de 2 000 policiers et gendarmes pour verrouiller le cortège
CHRISTOPHE CORNEVIN £@ccornevin
APRÈS LES HEURTS et la calamiteuse
séquence de saccages qui ont fait déraper la manifestation du 1er Mai à Paris,
les forces de l’ordre, soumises à forte
pression, montent en puissance pour
sécuriser samedi « La fête à Macron ».
Outre une belle météo qui pourrait inciter la foule des badauds à gonfler le
cortège qui s’ébranle à midi de l’Opéra
pour rejoindre vers 19 heures la place de
la Bastille, l’envie d’en découdre et de
mettre le pavé en fusion risque fort
d’attirer la cohorte des casseurs. Si la
direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP) n’avait pas
observé vendredi matin sur les réseaux
sociaux des appels à la violence analogues à ceux constatés avant la manifestation de mardi dernier, qui évoquaient
notamment « un 1er-Mai en enfer », les
stratèges parisiens n’ignorent pas que
les mots d’ordre peuvent être lancés au
dernier moment pour ménager l’effet
de surprise. « Il y a tout lieu de penser
que des individus tenteront de nouveau
de s’intégrer dans les manifestations afin
de constituer un black bloc », a d’ailleurs
prévenu le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, qui garde bien à l’esprit
la horde bien compacte des 1 200 nihilistes vêtus de noir qui ont semé la violence dans le cœur de la capitale et qui
n’ont qu’un but : démontrer que les
forces de l’ordre n’arrivent pas à tenir
la rue. Le comité d’accueil sera donc à
la hauteur des enjeux. Un « dispositif
conséquent et puissant », pour reprendre les termes du préfet de police, va
mobiliser quelque 2 000 policiers et
gendarmes pour garantir l’esprit pacifique de cet événement. Soit 500 de plus
que lors du 1er. « Vous avez là la traduction de l’effort supplémentaire voulu par
le gouvernement », a insisté le patron de
la police parisienne.
Côté organisateurs, un service
d’ordre de 150 personnes
En amont, sur réquisition du procureur
de la République, les participants seront
contrôlés aux sorties des stations du
métro et des fouilles seront menées
pour interpeller des personnes porteuses « d’objets pouvant constituer des armes par destination ». « Les fonctionnaires ne sont pas là pour être les cibles de
ces casseurs voyous », a prévenu Michel
Delpuech. « Pas question de déployer
systématiquement » des forces devant
certains lieux ou devantures, a aussi
rappelé Michel Delpuech, qui avait
considéré en début de semaine :
« Même si nous étions en capacité de le
faire, ce serait la double faute, car les
casseurs passeraient quand même à l’action et nos forces de l’ordre seraient exposées à des personnes qui les agresseraient de manière délibérée. Nous
aurions à la fois des hommes au tapis et
des magasins qui brûleraient. » Détaillant la stratégie qu’il a conçue au
sein de la préfecture de police, il a rappelé que « les forces de l’ordre, sans être
au contact direct avec les manifestants,
se déploieront tout au long de l’itinéraire
afin d’être en capacité d’intervenir dans
les délais les plus brefs pour prévenir
d’éventuelles exactions et y mettre fin ».
De son côté, le député La France insoumise François Ruffin a promis de
mobiliser un service d’ordre de
150 personnes et juré que son objectif
était d’organiser une « manifestation
sans violence ». Tout comme la police,
les fidèles de Jean-Luc Mélenchon
auront tout à perdre si le temps vire à
l’orage. ■
Pour Ian Brossat, Jean-Luc Mélenchon est
devenu le « meilleur ennemi » du pouvoir
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EMMANUEL GALIERO
egaliero@lefigaro..fr
LORSQU’IL observe la virulence
des échanges entre certains membres du gouvernement Philippe, jusqu’au sommet de l’État, et le leader de
La France insoumise, l’élu communiste
parisien Ian Brossat en tire une conclusion politique : « Mélenchon est devenu le
meilleur ennemi du gouvernement, bien
content de taper sur Jean-Luc Mélenchon
et de ne pas avoir face à lui une gauche en
état de marche », a-t-il déclaré vendredi, sur le plateau du « Talk Le Figaro ».
L’adjoint d’Anne Hidalgo, chargé du
logement à la Mairie de Paris, admet des
divergences avec les Insoumis, mais il a
bien l’intention de se joindre au « joyeux
mélange » de la manifestation de samedi
pour faire la « Fête à Macron », même
s’il n’a pas été « consulté » pour le choix
de l’intitulé du rassemblement parisien.
Selon Ian Brossat, les participants de samedi se retrouveront pour des « motifs
divers » autour d’une même idée : l’opposition à la politique d’Emmanuel Macron.
Le communiste milite pour un rassemblement de la gauche le plus large
possible. Il se dit plutôt favorable à la
« convergence des luttes ». « Il y a une
colère qui monte contre la politique du
gouvernement, il faut bien qu’elle s’exprime d’une manière ou d’une autre », juge-t-il, en souhaitant d’autres rassem-
IAN BROSSAT, hier, dans le studio
du Figaro.JEAN-CHRISTOPHE MARMARA/
LE FIGARO
blements au-delà du week-end. Pour
contrer la politique gouvernementale,
qu’il qualifie de « politique antisociale
marquée du sceau de l’injustice », Ian
Brossat estime que la gauche d’opposition n’a pas d’autres solutions que de
s’unir. « Les attaques auxquelles nous
sommes confrontés de la part du pouvoir
sont telles que si nous ne sommes pas capables de nous rassembler, nous n’arri-
verons à rien », prévient-il. Il pense
qu’Emmanuel Macron est devenu
aujourd’hui le « candidat de substitution
de la droite », après avoir été le « candidat de substitution de la gauche » à la
présidentielle. « C’est la droite qui souffre le plus de l’existence de La République
en marche », estime celui qui, par
ailleurs, souhaite « ardemment » une liste commune aux prochaines élections
européennes, du PC aux Insoumis jusqu’aux écologistes. Contrairement à
ceux qui évoquent un essoufflement de
l’opposition syndicale dans les manifestations, il juge les syndicats toujours
rassemblés, notamment à la SNCF et
chez les fonctionnaires. Concernant les
derniers débordements des black blocs
à Paris, l’élu parisien condamne les responsables des violences avec force.
« Ces gens sont des abrutis qu’il faut mettre hors d’état de nuire », insiste-t-il. En
même temps, il pointe « la responsabilité
de l’État » et confie ne pas avoir été
« convaincu » par les explications du
gouvernement alors que ces débordements étaient prévisibles. Enfin, l’invité
n’a pas manqué d’adresser un avertissement musclé à l’exécutif au sujet des
camps de migrants parisiens devenus
incontrôlables. « L’État ne fait rien. Cela
ne va pas pouvoir continuer. Il finira par y
avoir des drames. Laisser la situation
perdurer, c’est porter une très lourde responsabilité », a conclu Ian Brossat, comme un avertissement faisant écho aux
alertes déjà lancées par Anne Hidalgo. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
POLITIQUE
Institutions :
le chef de l’État
réunira bientôt
le Congrès
MATHILDE SIRAUD £@Mathilde_Sd
EXÉCUTIF Emmanuel Macron avait fait
de la « rénovation » de la démocratie un
marqueur fort de sa campagne présidentielle. Quelques semaines seulement après
son installation à l’Élysée, le chef de l’État
réitérait ses engagements devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles, le 3
juillet 2017. Dix mois plus tard, les
contours de cette réforme se précisent
nettement. Le volet constitutionnel sera
présenté mercredi 9 mai en Conseil des
ministres. À cette occasion, le premier
ministre ainsi que la garde des Sceaux devraient participer au compte rendu hebdomadaire du porte-parole du gouvernement. Ce premier projet de loi, qui aurait
reçu jeudi un avis favorable du Conseil
d’État, concerne notamment la suppression de la Cour de justice de la République,
la réforme du Conseil supérieur de la magistrature, l’inscription de la Corse dans la
Constitution et la réforme de la procédure
parlementaire. En dépit des protestations
des députés et sénateurs - et notamment
du président de la Haute Assemblée, Gé-
rard Larcher, qui voyait dans ce texte « un
affaiblissement des pouvoirs du Parlement »
-, l’intégralité des éléments a été validée
par le Conseil d’État. Les Sages, selon nos
informations, n’auraient apporté que des
modifications rédactionnelles.
Le premier étage de la fusée est donc
lancé. Les deux autres véhicules législatifs
- ordinaire et organique - sont en revanche toujours examinés au Palais-Royal.
Ces deux textes seront présentés avant la
fin mai en Conseil des ministres. Contrairement à ce qu’avait annoncé l’exécutif,
les trois volets de la réforme des institutions seront donc présentés séparément.
Un simple « retard technique » lié « à des
consultations obligatoires, notamment avec
les outre-mer », fait valoir un poids lourd
de la majorité. Même si l’examen au Parlement se fera texte par texte, l’exécutif espère aboutir à une majorité sur l’ensemble
de la réforme. Le président de la République, qui est en première ligne sur ce projet
d’envergure, va s’exprimer dans les prochaines semaines devant le Parlement
réuni en Congrès. Une intervention à Versailles début juillet, avant l’examen du
texte à l’Assemblée, fait partie des options
Emmanuel Macron lors de son discours devant les parlementaires réunis en Congrès, le 3 juillet 2017, à Versailles.
à l’étude. Le débat au Sénat commencera à
la rentrée. Un moment de vérité pour le
chef de l’État, puisqu’il n’a pas la majorité
au sein de la Chambre haute. Selon nos informations, une adoption en première
lecture est espérée avant le soixantième
anniversaire de la Constitution, à savoir
d’ici au 4 octobre. Ce texte nécessite d’être
voté dans les mêmes termes par les deux
Assemblées puis d’obtenir la majorité des
trois cinquièmes du Parlement. L’examen
des deux autres textes commencera au
plus tôt cet été à l’Assemblée.
Contrairement à ce qu’avait
annoncé l’exécutif, les
trois volets de la réforme
des institutions seront
présentés séparément
Ces deux avant-projets de loi, que Le Figaro dévoile en exclusivité, confirment
l’ambition initiale du président de la République (lire ci-dessous). Après la loi de
moralisation de la vie publique, adoptée à
Cumul des mandats, baisse du nombre de
parlementaires… Ce que les textes prévoient
EMMANUEL GALIERO
egaliero@lefigaro.fr
AVANT la présentation, en
Conseil des ministres mercredi
9 mai, du volet constitutionnel
de la réforme des institutions,
Le Figaro dévoile en exclusivité les projets de lois organique
et ordinaire. En voici les principaux points forts.
Parlement passe de
uLe
925 à 648 parlementaires
L’article 1er du projet de loi organique, présenté comme le
« cœur de la réforme », fixe le
nombre de parlementaires.
Comme prévu, la baisse est de
30 %. Le texte prévoit 404 députés contre 577 aujourd’hui,
et 244 sénateurs contre 348.
Soit la supression de 277 sièges
sur un total de 925 actuellement.
maximum
uUn
de trois mandats
parlementaires successifs
La limitation dans le temps de
l’exercice des mandats parlementaires ainsi que des fonctions exécutives locales est
confirmée à l’article 11. Il est
prévu d’interdire au titulaire
de trois mandats parlementaires ou fonctions exécutives locales, complets et consécutifs,
de se présenter à l’élection qui
suit le terme de son troisième
mandat. Les mandats incomplets sont pris en compte, dans
le calcul, si leur durée est inférieure à une année. À noter
que l’interdiction ne concerne
que le mandat identique et
n’empêche pas, par exemple,
le député sortant de se présenter aux élections sénatoriales,
ni à des élections locales avec
lesquelles son mandat de député était incompatible. Les
dispositions relatives à l’élection des députés prendront effet au prochain renouvellement général de l’Assemblée
nationale et celles relatives aux
sénateurs au prochain renouvellement du Sénat en septembre 2021.
d’une dose
uIntroduction
de proportionnelle à 15 %
L’article 1er de la loi ordinaire
institue une « dose » de proportionnelle de 15 % des effectifs de l’Assemblée nationale.
Ainsi, le jour du premier tour
de l’élection au scrutin uninominal majoritaire, 61 députés
seront élus au scrutin de liste
national à la représentation
proportionnelle sans panachage ni vote préférentiel. La répartition des sièges entre les
listes sera effectuée selon la règle de la représentation proportionnelle à la plus forte
moyenne, méthode utilisée
pour l’ensemble des autres
scrutins de liste en France. Un
seuil d’accès à la répartition
des 61 sièges pour les listes est
fixé à 5 % des suffrages exprimés. À noter enfin le passage à
la proportionnelle intégrale
pour l’élection des députés représentant les Français établis
hors de France. Ces parlementaires, élus jusqu’alors au scrutin uninominal majoritaire à
deux tours, seront désormais
élus au scrutin de liste à la représentation proportionnelle
dans une circonscription unique, sans panachage ni vote
préférentiel.
circonscriptions
uLes
redécoupées
La réduction du nombre de
parlementaires implique mécaniquement un redécoupage
des circonscriptions. Le chapitre III de la loi ordinaire prévoit ainsi une nouvelle répartition des sièges de députés et
de sénateurs entre départements et collectivités, ainsi
qu’une nouvelle délimitation
des circonscriptions législatives. Pour réaliser ce redécoupage, le gouvernement procédera par ordonnances, selon
plusieurs critères. Il est prévu
de garantir au moins un député et un sénateur pour chaque
département et chaque collectivité régie par les articles 73
et 74 de la Constitution, la
Nouvelle-Calédonie et les
Français établis hors de France. Par ailleurs, la nouvelle répartition sera effectuée selon
la méthode dite de la « tranche
de population ». Pour les sièges de députés, le gouvernement maintiendra la méthode
de la tranche unique, consistant à attribuer un siège à chaque département puis un siège
par tranche complète de
× milliers d’habitants (le niveau de la tranche est déterminé en fonction du nombre
de députés à répartir). Pour les
sièges de sénateurs, l’habilitation garantit l’existence d’un
siège par département et
conserve le cadre départemental de leur élection. La répartition des sièges de sénateurs sera donc fondée sur la
même méthode que celle utilisée pour la répartition des députés, en passant de la tranche
progressive à la tranche unique. Le redécoupage sera fondé « sur des bases essentiellement démographiques ». Le
respect du principe d’égalité
devant le suffrage impose que
la population d’une circonscription ne puisse s’écarter de
plus de 20 % de la population
moyenne des circonscriptions
du département. ■
l’été 2017, « l’heure est désormais au renforcement de l’efficacité et de la représentativité du Parlement ainsi qu’au renouvellement de nos élus », est-il écrit dans
l’exposé des motifs des deux textes. Il y est
question d’« un Parlement aux effectifs
resserrés mais plus efficace et plus représentatif de la diversité des sensibilités politiques de la nation », d’« une respiration démocratique permise par le renouvellement
des responsables politiques ». Ainsi,
conformément à ce qu’avait annoncé Emmanuel Macron, le projet de loi organique
prévoit la réduction d’un tiers du nombre
des députés et sénateurs. Le Parlement
français passerait ainsi de 925 à 648 élus - à
savoir 404 députés et 244 sénateurs. Parmi
ces députés, 61 seraient élus au scrutin de
liste à la représentation proportionnelle,
soit une dose de 15 %, comme l’avait annoncé Édouard Philippe le 4 avril, malgré
l’objection du président du MoDem, François Bayrou, favorable à une dose de 25 %.
Mais le diable se cache toujours dans les
détails… En plus de cette liste nationale,
les députés des Français de l’étranger seront eux aussi élus selon ce mode de scrutin, ce qui revient, au final, à une dose
parlementaires
est de 30 %. Le
texte prévoit
404 députés
contre 577
aujourd’hui, et
244 sénateurs
contre 348
»
L’hémicycle de
l’Assemblée nationale,
à Paris. JEAN-CHRISTOPHE
MARMARA/LE FIGARO
F. BOUCHON/LE FIGARO
d’environ 17 %, concernant donc 69 députés. Une proportionnelle voulue
« pure » et pas seulement « corrective »
du fait majoritaire, qui a vocation à s’appliquer dès les prochaines élections législatives, en 2022, et à garantir une meilleure représentation des petits partis. Les
électeurs auront donc deux bulletins de
vote à glisser dans l’urne.
En maintenant « au moins un député et
un sénateur pour chaque département »,
comme le confirme le texte, l’exécutif
cherche à ménager la majorité sénatoriale.
Car Gérard Larcher, président LR du Palais
du Luxembourg, avait fait de la représentativité des territoires l’une de ses « lignes
rouges ». Le gouvernement procédera à un
redécoupage des circonscriptions par ordonnances. La règle du non-cumul dans le
temps - l’autre source de crispation entre
le chef de l’État et le Sénat - est aussi précisée dans le projet de loi organique. Ce principe s’appliquera à partir du mandat en
cours. Les maires des communes de moins
de 9 000 habitants en sont exemptés. Une
nouvelle règle qui permettrait de servir de
soupape de sécurité démocratique pour
faire émerger de nouvelles têtes. ■
CONTRE-POINT
PAR GUILLAUME TABARD £@GTabard
Coup de pouce surprise
sur la proportionnelle
U
« duLa baisse
nombre de
7
ne petite consolation
pour Bayrou, des petites
complications pour
Larcher. Lorsque Édouard
Philippe avait présenté les grandes
lignes de la réforme institutionnelle,
le 4 avril, la dose de 15 % de
proportionnelle (61 députés) retenue
avait agacé François Bayrou
qui réclamait le chiffre symbolique
de 100 députés élus au scrutin de liste.
Inversement, Gérard Larcher
s’était réjoui de la prise en compte
de certaines de ses exigences, à
commencer par la garantie que tout
département (et toute collectivité)
conserverait au moins un député
et un sénateur. Un mois plus tard,
la copie rédigée par le gouvernement,
et en cours d’examen au Conseil
d’État, traduit un rééquilibrage qui
apaisera un peu son allié du MoDem
et ravivera les tensions avec un
président du Sénat déjà très remonté.
Certes, les grands principes n’ont
pas varié et les trois marqueurs
auxquels le chef de l’État tient
mordicus n’ont pas bougé :
diminution de près d’un tiers
du nombre des parlementaires,
part de proportionnelle et limitation
des mandats dans la durée. Mais
en matière électorale, les détails ont
souvent une importance capitale.
On découvre ainsi que les députés
représentant les Français établis
hors de France seront élus à la
proportionnelle. Ces députés (ils
étaient 11, ils seront 8) avaient été
créés par Nicolas Sarkozy. Il s’agissait
d’une aberration : dans ces
circonscriptions de taille démesurée
(de Moscou à Sydney, de Rome
à Jérusalem), l’abstention tournait
autour de 80 %. Le bon sens eût voulu
qu’on les supprime. Macron en a
trouvé un autre usage. Ces députés
seront élus à la proportionnelle sur
une liste unique. Comme ils n’auront
plus de lien territorial, ils auront
pour principal mérite d’augmenter le
quota de députés à la proportionnelle.
Ce ne seront pas uniquement 61 mais
69 députés qui seront ainsi élus
sur une liste. Soit 17 % de la future
Assemblée, et non 15 % comme
affiché. Ça n’est pas encore les 20 %
voulus par François Bayrou ou
François de Rugy, mais ça déplace
malgré tout un peu le curseur
dans le sens de la proportionnelle. Ça
énervera la droite, mais sur ce texte,
le gouvernement n’a besoin
que d’une majorité à l’Assemblée
nationale.
Sur la limitation dans le temps,
la précision apportée dans la loi
organique n’est pas mineure.
Pas plus de trois mandats identiques
et consécutifs : Macron l’avait
toujours dit, et Larcher n’en avait plus
fait une ligne rouge dans la mesure
où les maires de villes de moins
de 9 000 habitants n’étaient plus
concernés. Mais l’article 11 précise :
« Le décompte d’exercices consécutifs
de la même fonction intègre la fonction
en cours au moment de l’entrée
en vigueur du présent article. » Dans
l’esprit du président du Sénat l’accord
valait si le compteur ne commençait
à tourner qu’à partir des prochains
renouvellements. La différence
est de taille. Larcher, qui s’exprimera
mercredi, peut se sentir floué.
D’autant que le gouvernement
prévoit aussi de modifier la méthode
de répartition des sièges au Sénat.
Une disposition très technique passage de la « tranche progressive »
à la « tranche unique » mais
qui affaiblira les départements
les moins peuplés : un casus belli
pour le président d’une assemblée
attachée à son rôle de représentation
des territoires. La poursuite
du bras de fer, à la mode
impressionniste, se paiera
sans doute sur le troisième texte,
la révision constitutionnelle
proprement dite. ■
» Retrouvez
Guillaume Tabard
tous les matins à 8h10
sur Radio Classique
A
Malgré les critiques, Emmanuel Macron
conserve les équilibres de sa réforme.
« Le Figaro » dévoile les textes
ordinaire et organique.
samedi 5 - dimanche 6 mai 2018
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 5 - dimanche 6 mai 2018 LE FIGARO
8
POLITIQUE
Le drapeau du FLNKS (indépendantiste) flotte parmi des habitants du quartier sensible de Pierre Lenquette-Montravel qui attendent l’arrivée d’Emmanuel Macron, vendredi à Nouméa.
LUDOVIC MARIN/AFP
La venue très attendue de Macron à Ouvéa
Le président se rend ce samedi dans le « chaudron » indépendantiste trente ans après les événements tragiques.
FRANÇOIS-XAVIER BOURMAUD
£@fxbourmaud
ENVOYÉ SPÉCIAL EN NOUVELLE-CALÉDONIE
pas de problème. Mais choisir le 5, cela fait
acte d’autorité délibéré », s’étonne un
conseiller du gouvernement.
La route tracée par Rocard
EXÉCUTIF Le souffle de l’hélicoptère
Puma balaye puissamment la poussière
autour du siège de l’Assemblée de la province nord de Nouvelle-Calédonie, à
Koné. Devant la case traditionnelle kanake construite à l’entrée du bâtiment, les
chefs coutumiers et les élus locaux ne
bougent pas d’un pouce. Ils attendent
Emmanuel Macron qui vient d’atterrir.
Le président de la République doit les rejoindre pour faire « coutume ». C’est la
deuxième fois de son déplacement sur le
Caillou, après celle de la veille devant le
Sénat coutumier à Nouméa. Le chef de
l’État a fait bonne impression. « J’ai été
très impressionné par la profondeur du discours. Le respect de la culture, l’humilité,
les mots et la tonalité, tout y est », raconte
Richard Poido, le conseiller aux affaires
coutumières du Haut-Commissariat, sorte d’ambassadeur entre l’État et les Kanaks. À l’écouter, les chefs coutumiers
aussi ont apprécié cette attitude.
De quoi faire baisser un peu la tension
qui régnait sur l’île avant son arrivée,
principalement à Ouvéa. Le président de
la République s’y rend samedi pour honorer la mémoire des morts, Kanaks et
gendarmes, tués pendant l’assaut de la
grotte il y a trente ans. Une étape très critiquée de son déplacement, principalement à cause de la date choisie, le 5 mai,
jour officiel de la commémoration de
l’assaut sanglant de la grotte de Gossanah. Chez les indépendantistes, on dénonce une provocation. En fin d’aprèsmidi, dans le quartier sensible de Pierre
Lenquette-Montravel, une femme l’interpelle et lui recommande de ne pas y aller. « Ça va raviver les tensions », le prévient-elle. Chez les loyalistes, on n’est
pas loin de penser la même chose. En tout
cas, on s’étonne. « Le 4 ou le 6, il n’y avait
Depuis qu’Emmanuel Macron a annoncé
en octobre dernier sa venue sur cette île
des Loyautés, ses équipes s’activent pour
préparer ce déplacement à hauts risques.
« Cela fait six mois que l’on travaille dessus, sans compter les trente ans de connaissance que l’État a accumulés depuis les accords de paix », explique un conseiller du
président de la République. À l’époque, en
1988, c’est Michel Rocard qui les avait négociés. Pour souligner qu’il se place dans
le prolongement de l’œuvre de l’ancien
premier ministre, dont il fut proche, Emmanuel Macron a d’ailleurs choisi de visiter un établissement scolaire portant son
nom : le lycée agricole Michel Rocard de
Pouembout, toujours dans la province
Nord. Il s’y attarde longuement auprès
des élèves, discute, interroge et signe
même une casquette aux couleurs de La
République en marche, son parti, vissée
sur la tête d’un enfant. « T’as une belle
casquette, toi ! » lance-t-il rigolard. Puis
Décidément, sur le Caillou, tous les
chemins mènent à Ouvéa, symbole d’une
Calédonie aux deux visages. Côté pile, la
pureté cristalline d’un lagon bleu turquoise. Côté face, le déchaînement de
violence qui s’achève par un bain de sang
au fond d’une grotte. Au lycée de Pouembout, emblème du rééquilibrage entre la
région Nord et la région Sud, entre indépendantistes et loyalistes, le leader du
mouvement Calédonie Ensemble, Philippe Gomès, résume : « Aller à Ouvéa, c’est
dire que l’on n’oublie pas. Un pays sans
mémoire est un pays sans avenir. » ■
il s’approche du livre d’or de l’établissement. « Michel Rocard serait fier de ce lycée qui porte son nom. Je le suis », y écritil. Un lapsus ou un double sens évident.
Emmanuel Macron « est » fier du lycée
et, en même temps, il « suit » la route tracée par Michel Rocard il y a trente ans sur
le chemin de la paix. « La Nouvelle-Calédonie représentait pour lui un attachement
particulier. C’était un combat politique qu’il
avait mené en propre, quelques semaines
après Ouvéa, et il avait patiemment retissé
le fil d’une histoire républicaine », explique
ensuite Emmanuel Macron.
Le 5 mai 1988, l’assaut sanglant de la grotte
JEAN CHICHIZOLA
LA VIOLENCE de l’assaut du 5 mai
1988, les vives polémiques après les
faits ont fait oublier ce que fut la genèse
du drame d’Ouvéa. Tout commence le
22 avril 1988, avec une surenchère du
Front de libération nationale kanak et
socialiste (FLNKS), qui veut créer un
rapport de force à la faveur de l’élection
présidentielle.
Le moment est bien choisi. François
Mitterrand affronte son premier ministre, Jacques Chirac. En NouvelleCalédonie, le gouvernement français,
proche du Rassemblement pour la
Calédonie dans la République,
s’oppose au FLNKS rejetant le référendum de 1987 (98,3 % contre l’indépendance avec 59,1 % de participation
malgré le boycott indépendantiste) et
le statut « Pons », du nom du ministre
de l’Outre-Mer.
L’occupation armée, le 22 avril 1988,
de la gendarmerie de Fayaoué sur l’île
d’Ouvéa a trois objectifs : bafouer l’État
« colonial », parier sur une extension
des troubles et fragiliser Jacques
Chirac. Les assaillants, une trentaine
d’hommes, connaissent les lieux : la
gendarmerie a été occupée pacifiquement par deux fois. Mais l’opération
tourne mal. Face aux assaillants : trois
militaires permanents et vingt-huit
gendarmes mobiles arrivés en renfort.
L’un des Kanaks pointe un couteau sur
le ventre d’un gendarme en lui disant :
Deux soldats français et
dix-neuf indépendantistes
sont tués, les otages
sont tous libérés
« Si tu bouges, je te tue. » Des militaires
résistent, l’un d’eux est blessé à la tête
d’un coup de hache. Quatre gendarmes sont tués. Le reste est pris en otage
et séparé en deux groupes. Le premier,
emmené dans le sud de l’île, est libéré
trois jours plus tard. Le second est
conduit, sous la direction d’Alphonse
Dianou, dans une grotte du nord de
l’île.
Les ravisseurs se savent lâchés par
leur mouvement après la mort des gendarmes. Tueurs de militaires, ils savent
ce qui les attend s’ils sont arrêtés. Fort
des armes récupérées, le groupe se barricade et met une mitrailleuse en batterie. De son côté, le gouvernement ne tolère pas ce coup de force. L’île d’Ouvéa
est bouclée, des troupes d’élites (GIGN,
11e Choc, le bras armé de la DGSE…) sont
déployées.
Le 27 avril, les autorités repèrent la
grotte et des négociations commencent.
Menaçant de tuer un des gendarmes,
Dianou force sept membres du GIGN,
dont le capitaine Legorjus, un gendarme
mélanésien et Jean Bianconi, substitut
du procureur de Nouméa, à rejoindre les
otages. Libéré, Philippe Legorjus devient médiateur et le magistrat peut faire des allers et retours, ce qui lui permet
de faire entrer clandestinement des armes et des munitions pour les gendarmes du GIGN détenus.
À Paris, Bernard Pons contrôle les
opérations. Il écrira plus tard : « Chaque
jour, je tenais informés de l’évolution des
négociations et de la situation des otages
directement le premier ministre et le ministre de la Défense, et indirectement le
président de la République. » Les versions divergeront : l’Élysée dira avoir
souhaité une poursuite de la négociation. Matignon, conforté par certains
témoignages, expliquera que la situation
des otages se dégradait.
Le 5 mai, la grotte est prise d’assaut.
La résistance est forte. Deux soldats
français sont tués et dix-neuf indépendantistes trouvent la mort (le reste étant
fait prisonnier). Tous les otages sont libérés. Les indépendantistes dénonceront un massacre et l’exécution de prisonniers. Ce que nie l’armée et ce que
n’a pas confirmé une enquête menée
sous la responsabilité du ministre de la
Défense du gouvernement Rocard,
Jean-Pierre Chevènement. Selon certaines sources, Dianou, laissé sans soins,
serait notamment mort de ses blessures.
Le 10 janvier 1990, une loi est de toute
façon votée, « portant amnistie d’infractions commises à l’occasion d’événements
survenus en Nouvelle-Calédonie » avant
le 20 août 1988. Exit la tuerie de Fayaoué
et l’assaut de la grotte d’Ouvéa. ■
EN BREF
ETA n’est plus, reste la paix à construire
Un faux policier
interpellé après une série
d’agressions sexuelles
Une conférence s’est tenue vendredi au Pays basque
pour exhorter les États au compromis politique.
A
CAMBO-LES-BAINS (PYRÉNÉES-ATLANTIQUES)
DIPLOMATIE Dans cette mise en scène
très orchestrée, il y a eu des yeux remplis
d’émotion, des accolades discrètes.
C’était « un jour à célébrer », « un moment
fort de l’histoire du pays Basque », ont répété les personnalités présentes, rassemblées dans l’ancienne demeure d’Edmond
Rostand, la villa Arnaga, transformée
pour un jour en tribune pour la paix.
Au lendemain de la confirmation officielle par ETA de sa dissolution (via la
« déclaration finale au peuple basque »
par l’un de ses dirigeants encore en clandestinité), une rencontre internationale
était organisée vendredi à Cambo-lesBains. Gerry Adams, leader historique du
parti nationaliste irlandais Sinn Fein, ainsi que Bertie Ahern, ancien premier ministre d’Irlande, étaient notamment les
invités vedettes de cet événement orga-
nisé par le Groupe international de
contact, le Forum social permanent et
Bake Bidea, trois collectifs à la manœuvre
dans le processus de paix. Kofi Annan,
ancien secrétaire général de l’ONU, avait
fait parvenir une lettre pour saluer « la fin
du dernier conflit armé en Europe ».
VINCENT WEST/REUTERS
PAULINE BOYER £@Paulineboyer33
Madrid accusé de surdité
Cette journée diplomatique et symbolique (appuyée par de nombreux élus locaux, surtout côté français) avait pour but
d’acter la fin d’ETA, mais surtout d’interpeller les États français et espagnol sur les
enjeux à venir. « Toutes les parties ont encore beaucoup à faire », ont dit les intervenants dans leur déclaration commune,
lue en quatre langues. « Toute partie qui
recherche à obtenir une victoire totale risque de voir le conflit réapparaître (…) La
paix n’est pas un jeu à somme nulle mais
une question de compromis politique. »
Un message adressé en particulier au
gouvernement de Madrid que tous accu-
Le diplomate britannique Jonathan Powell lit la déclaration commune d’Arnaga,
vendredi, à Cambo-les-Bains, dans l’ancienne demeure d’Edmond Rostand.
sent ici de rester sourd au dialogue. « Je
demande aux gouvernements français et
espagnol de profiter de cette occasion, a
déclaré Gerry Adams. Le gouvernement
espagnol peut donner des signes positifs en
faveur des prisonniers basques. »
Car au-delà de la fin d’ETA, les questions sensibles, possibles entraves à une
paix durable, demeurent : le rapproche-
ment des prisonniers auprès de leur famille, la situation des personnes en fuite et
la reconnaissance des victimes. Pour Arnaldo Otegi (emprisonné pendant six ans
pour ses liens avec ETA, aujourd’hui à la
tête de EH Bildu, la gauche indépendantiste), présent lors de cette rencontre, « le
conflit politique » en Pays basque « existait avant ETA et existera encore ». ■
Un faux policier, soupçonné
d’une vingtaine d’agressions
sexuelles et viols sur mineures
au cours des dernières
semaines dans la région
de Lens (Pas-de-Calais),
a été interpellé mercredi.
Ce récidiviste, âgé d’une
trentaine d’années, se faisait
passer pour un policier circulant
à VTT et simulait des contrôles
antidrogue pour aborder
ses victimes âgées de 8 à 16 ans.
Quatorze ans de prison
requis contre l’agresseur
de Marin
L’avocat général a requis
vendredi une peine
de quatorze ans de prison ferme
à l’encontre de l’agresseur
de Marin, qui avait été laissé
pour mort parce qu’il défendait
un couple qui s’embrassait
dans la rue à Lyon. L’excuse
de minorité - l’accusé ayant
17 ans au moment des faits - n’a
pas été retenue.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 5 - dimanche 6 mai 2018
INTERNATIONAL
9
Liban : premières élections depuis 10 ans
Le premier ministre sortant, Saad Hariri, devrait être reconduit sans enthousiasme aux législatives dimanche.
SIBYLLE RIZK £@sibyllerizk
BEYROUTH
LIBAN Les Libanais se rendent aux urnes dimanche 6 mai pour le premier
scrutin législatif depuis dix ans, les députés ayant prorogé à plusieurs reprises leur mandat échu en 2013. Pourtant, l’événement est bien loin de
susciter l’enthousiasme habituel des
rendez-vous démocratiques et c’est la
résignation qui domine au sein d’une
population très largement convaincue
de l’absence d’alternative au système
de pouvoir en place depuis la fin de la
guerre de 1975-1990, malgré ses
échecs patents.
La liste des griefs des électeurs est
très longue. Une dette de plus de 150 %
du PIB, qui fait du Liban le troisième
pays le plus endetté au monde ; un
chômage – élevé mais non mesuré –
qui alimente une émigration massive
des Libanais, tandis que le pays accueille à l’inverse une population de
migrants et de réfugiés représentant
plus du tiers des résidents ; un taux de
pauvreté de 30 % ; une couverture santé à laquelle moins de la moitié de la
population a accès ; le rationnement du
courant électrique et de l’eau ; pas de
système de gestion des déchets ; une
corruption endémique ; une administration et un système judiciaire gangrenés par le clientélisme… les raisons
de vouloir une alternance ne manquent pas. Pourtant, à l’instar de Mohammad, obligé de contracter un très
lourd emprunt pour soigner sa fille,
l’écrasante majorité des Libanais vont
reconduire leur « zaïm » ou ceux que
ce dernier leur aura désignés. Ce terme
traduit la nature du leadership politique au Liban, fondé sur le contrôle
d’un groupe clanique ou communautaire à travers l’instrumentalisation
des institutions et des ressources de
l’État. « Je vais voter pour Saad Hariri,
quel autre choix ai-je ? » explique cet
électeur de Beyrouth, même s’il ne
cache pas l’écœurement que lui cause
le leader de la communauté sunnite, à
qui est réservée la fonction de premier
ministre.
Problématiques de succession
C’est très probablement le même gouvernement d’union nationale et le
même triumvirat qui seront reconduits
à la tête du pays après le scrutin. Le
président de la Chambre, Nabih Berri,
entamera sa vingt-sixième année à ce
poste réservé aux chiites, qu’il repré-
sente en tandem avec le Hezbollah.
Tandis que le duo Saad Hariri (président
du Conseil)-Michel Aoun (président de
la République) se maintiendra, côté
exécutif.
Ce partage du pouvoir est la traduction d’un consensus régional et international relatif quant au maintien de la
stabilité du Liban, qui s’est manifesté
le 6 avril dernier par des promesses de
soutien financier de plus de 10 milliards de dollars au pays du Cèdre, lors
d’une conférence de bailleurs à Paris
qui s’est tenue à l’initiative d’Emma-
Une nouvelle loi électorale aux multiples aberrations
Le Liban s’est doté d’une nouvelle loi
électorale censée élargir
la représentativité politique grâce
à l’introduction de la proportionnelle.
Mais celle-ci a subi une série
d’aménagements pour empêcher
le déverrouillage du système fondé
sur le quadrillage des inscrits
enregistrés dans leur village d’origine
plutôt que sur leur lieu de résidence.
Le choix de circonscriptions de taille
réduite, limite considérablement
la possibilité de répartition
proportionnelle des 128 sièges
dont l’allocation confessionnelle
est préétablie (les maronites
en ont 34, les sunnites et les chiites
27 chacun, etc.).
Le fait aussi de transférer à l’électeur
le soin de choisir l’ordre d’attribution
des sièges obtenus par chaque liste,
à travers l’outil du vote préférentiel,
conduit en amont les forces
politiques à des alliances purement
électoralistes pour la constitution
des listes et, en aval, à des résultats
aberrants : un candidat ayant collecté
beaucoup plus de votes préférentiels
qu’un autre peut être recalé
au profit de ce dernier si le quota
réservé à sa confession est déjà
rempli…
Bien qu’elle ait apporté quelques
avancées, la nouvelle loi est encore
loin des standards démocratiques :
la majorité électorale est maintenue
à 21 ans, les quotas féminins ont été
refusés (la législature sortante
ne comportait que quatre femmes)
et, surtout, en l’absence de loi sur
le financement des partis, les clauses
de la loi relatives aux dépenses
électorales consacrent en toute
impunité le règne du clientélisme
le plus débridé.
S. R.
nuel Macron. Scellé par l’élection de
Michel Aoun fin 2016 après 29 mois de
vacance à la tête de l’État, cet équilibre
est appelé à perdurer, à moins d’une
nouvelle bourrasque due à une éventuelle remise en cause de l’accord avec
l’Iran par l’Administration Trump,
dont la nouvelle orientation stratégique est attendue pour le 12 mai : le
Hezbollah, l’une des principales forces
du Liban, est aussi l’un des éléments
clés du dispositif militaire iranien dans
la région. De fait, le pays du Cèdre a
toujours été le théâtre de conflits par
procuration, et les changements
politiques y sont plus le reflet de
retournements d’alliances ou de bras
de fer entre les alliés respectifs des
leaders libanais que le fruit d’évolutions locales.
C’est pourquoi les enjeux du scrutin
de dimanche se réduisent à des problématiques de succession – la transmission du pouvoir étant très souvent
familiale, sous couvert de jeu démocratique – ou à des rééquilibrages entre les
différents acteurs du système au
pouvoir en place, l’opposition n’ayant
pas encore réussi à se structurer en
alternative suffisamment sérieuse
pour constituer une menace. Un élément d’incertitude toutefois qui
pourrait créer des surprises : quelque
600 000 électeurs (sur un total de
3,7 millions d’inscrits) votent pour la
première fois. ■
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Le Parlement libanais élu en 2009
128
députés
... dont 24 députés
du Courant du Futur
de Saad Hariri
(sunnite)
... dont 12 députés
du Hezbollah
d’Hassan Nasrallah
(chiite)
Tous les sièges du Parlement libanais sont réservés aux minorités
confessionnelles du pays, selon la répartition suivante :
64 chrétiens
Saad Hariri
en campagne
le 27 avril, à
Tripoli, au Liban.
HANDOUT/REUTERS
14
8
Grecs
orthodoxes
Maronites
64 musulmans
27
5
1
Arméniens
orthodoxes
Grecs
catholiques
1
Protestant
Arménien
catholique
Sources : AFP, L'Orient Le Jour
Le Hezbollah, force incontournable du jeu politique
SUNNIVA ROSE £@Sunniva_Rose
ENVOYÉE SPÉCIALE DANS LA BEKAA
DANS le village verdoyant d’Ali Nahri,
dans la plaine de la Bekaa au Liban, le
drapeau jaune du Hezbollah est omniprésent. Le mouvement politico-militaire chiite est fortement implanté dans
cette région voisine de la Syrie. Quelques jours avant les élections législatives prévues pour le 6 mai, les partisans
du candidat local du Hezbollah, Anouar
Jomaa, prennent le café devant la maison de location qui fait office de QG.
« S’il est élu, notre député défendra
nos idées. En premier lieu, notre droit
aux armes », déclare Ali Badra, 27 ans.
Il alterne une semaine au Liban, une
semaine en Syrie, où il se bat avec plusieurs milliers d’autres jeunes du
Hezbollah pour défendre le régime de
Bachar el-Assad. Contre qui ? « Le
Front al-Nosra et l’Armée syrienne
libre », répond-il, sans donner plus de
détails.
Au nom de la lutte contre Israël, le
Hezbollah est la seule milice à avoir
gardé ses armes après la fin de la guerre
civile libanaise (1975-1990). « Si les Libanais vivent en paix, c’est grâce à ces
jeunes-là », renchérit Anouar Jomaa,
ancien journaliste de la télévision du
Hezbollah, al-Manar, qui se lance pour
la première fois en politique. Dans son
salon, trône un portrait souriant du
chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah.
Le Parti de Dieu, pro-iranien, tire sa
force politique au Liban de ses prouesses militaires. Six ans après s’être battu
contre Israël en 2006, il s’est engagé
aux côtés de Bachar el-Assad pour
combattre la rébellion syrienne. Une
expérience qui lui a permis d’appuyer
l’armée libanaise lorsqu’elle a combattu l’État islamique à la frontière libanosyrienne l’été dernier.
« Les chiites, qui représentent entre
35 % et 40 % de la population libanaise,
se sentent menacés par les groupes djihadistes sunnites. Ils se positionnent naturellement derrière l’acteur politique le
plus fort », observe Joseph Daher, maître de conférences à l’université de
Lausanne. « Le Hezbollah s’est imposé
comme le représentant de tous les
chiites. C’est sa force. »
Et tant pis pour les chiites indépendants qui tentent de faire campagne
contre le Hezbollah. Ali el-Amine, candidat dans le Sud-Liban, fief du parti,
s’est fait rouer de coups par une trentaine de jeunes lorsqu’il a tenté de coller une de ses affiches dans son village
natal de Chakra. Selon lui, le Hezbollah
est derrière l’attaque. Le parti dément.
« Je ne représente objectivement aucun
danger en termes de votes, mais c’est
important pour le Hebzollah de montrer
que personne ne s’oppose à lui parmi les
chiites », explique-t-il.
Si le Hezbollah est fort, c’est surtout
parce que ses opposants sont faibles.
L’alliance pro-occidentale du 14 Mars,
née à la suite de l’assassinat du premier
ministre Rafic Hariri en 2005, est divisée. Selon Hanin Ghaddar, chercheuse
invitée au Washington Institute, « la
rhétorique anti-Hezbollah du 14 Mars,
caractéristique des dernières élections
législatives, s’est atténuée. Et tout le
monde se souvient de sa démonstration
de force de mai 2008 à Beyrouth, lorsque
le Hezbollah a prouvé sa capacité à
changer le cours de la politique libanaise
avec ses armes ».
« Des listes incohérentes »
Le bilan économique du pays, désastreux, offre également des arguments
faciles pour le Hezbollah. À près de
150 % du PIB, la dette publique libanaise est la troisième plus élevée au
monde, derrière le Japon et la Grèce.
Dans un discours, le 21 avril dernier,
Hassan Nasrallah accusait le Courant
du futur – dirigé par le premier minis-
tre Saad Hariri (sunnite) - d’avoir
« échoué » dans sa gestion économique
du Liban, alors que le Hezbollah peut se
targuer d’avoir « protégé le pays ».
« Grâce à l’éclatement du paysage politique et l’apathie générale, personne ne
remet en cause les slogans du Hezbollah », souligne Joseph Bahout, chercheur invité à la Fondation Carnegie,
basée à Washington. « Après neuf ans
de blocage de la vie politique, on s’attendait à un débat plus conséquent sur les
grands enjeux politiques et économiques.
Mais les Libanais se retrouvent face à
des listes incohérentes. Les mêmes partis
s’allient dans certaines régions et pas
dans d’autres, simplement pour que
leurs candidats soient élus. » Repoussées plusieurs fois, les dernières élections législatives remontent à 2009.
Une nouvelle loi électorale votée
l’année dernière avait pourtant donné
espoir aux petits partis de percer en introduisant un mode de scrutin proportionnel. Mais le système de voix préférentielle renforce le vote confessionnel
dans un pays où 18 communautés religieuses coexistent. Avec son allié Amal,
le Hezbollah semble être parti pour
remporter à nouveau l’écrasante majorité des 27 sièges réservés aux chiites au
Parlement. ■
27
8
1
Autre
chrétien
2
Druzes
Sunnites
Chiites
Alaouites
Infographie
EN BREF
Abbas s’excuse après
des propos jugés antisémites
Mahmoud Abbas a présenté
vendredi des excuses après
des propos jugés antisémites sur
les causes des massacres perpétrés
contre les juifs. « Si mes propos
ont offensé des gens, en particulier
des gens de confession juive,
je leur présente mes excuses »,
a dit le président palestinien.
La Corée du Nord rejoint
le fuseau horaire du Sud
Nouveau signe de la détente en
cours dans la péninsule coréenne :
la Corée du Nord s’est alignée sur le
fuseau horaire de la Corée du Sud,
selon son agence de presse
officielle. Cette « réinitialisation
horaire est la première mesure
pratique prise […] pour accélérer le
processus pour que le Nord et le Sud
ne fassent plus qu’un », écrit KCNA.
Hawaï : des habitants fuient
une éruption volcanique
L’éruption spectaculaire du volcan
Kilauea, un des plus actifs au
monde, a causé des coulées de lave
jusque dans les zones d’habitation
jeudi, poussant des milliers
d’habitants de Hawaï à fuir.
A
34
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 5 - dimanche 6 mai 2018 LE FIGARO
10
INTERNATIONAL
L’interminable calvaire
de Liu Xia
Assignée à résidence et épuisée, la femme du Prix Nobel
de la paix Liu Xiaobo, décédé en 2017, envisage de se laisser mourir.
SÉBASTIEN FALLETTI £@fallettiseb
SHANGHAÏ
CHINE Jusqu’au bout, elle paie le prix de
son amour indéfectible pour Liu Xiaobo,
héraut de la démocratie en Chine et Prix
Nobel de la paix. Épuisée, Liu Xia envisage le suicide, dans sa résidence surveillée
de Pékin, devant le refus persistant du
régime de Xi Jinping de la laisser partir
en exil en Allemagne, a révélé un proche
de la veuve du célèbre poète. « Aujourd’hui, je ne crains plus rien. Si je ne peux
pas partir, je me laisserai mourir à la maison », raconte en sanglotant Liu, dans un
enregistrement d’une conversation téléphonique révélée par un ami écrivain
dissident, Liao Yiwu, vivant à Berlin. À
57 ans, cette femme privée de toute liberté de mouvement depuis la mort de
son mari l’an dernier semble dans un état
d’épuisement psychologique avancé,
devant la lenteur des tractations en
coulisses pour permettre son départ vers
l’Allemagne, qui a proposé de
l’accueillir.
La révélation de ces communications
marque un tournant dans la stratégie de
ses proches, inquiets de l’état psychologique de la martyre, qui envisage « la
mort comme une forme de protestation »,
explique Liao, à Radio Free Asia. Jusqu’ici, ils avaient privilégié une approche
discrète pour ne pas compliquer les négociations entre Berlin et Pékin. La poétesse concède cependant ne pas avoir les
moyens matériels de passer à l’acte, tant
la surveillance policière est étroite.
Accusée d’aucun crime
Dès l’an dernier, la chancelière Angela
Merkel a plusieurs fois soulevé le cas de
Liu auprès de Pékin et ouvert la porte à
un accueil de la poétesse. Depuis, la diplomatie allemande s’active en coulisses
et un départ en avril était espéré. Mais ce
nouveau rendez-vous manqué plonge la
veuve du champion de la démocratie
chinoise dans le « désespoir », selon
Liao. Le Parti communiste tente d’éradiquer la mémoire de Liu Xiaobo, auteur de
la Charte 08 qui réclama des réformes
démocratiques, et dont le nom est soigneusement effacé en ligne par la censure, désormais inconnu de la plupart des
habitants du pays le plus peuplé du monde. Les cendres du poète ont même été
jetées en mer pour prévenir tout culte à
la mémoire du martyr de la démocratie.
Le régime redoute que Liu Xia, devienne
la porte-voix du héros disparu, une fois
qu’elle aura retrouvé sa liberté de parole
à l’étranger. Elle a accompagné son mari
jusqu’à sa mort d’un cancer, en captivité.
Elle qui épousa Liu en prison n’est officiellement accusée d’aucun crime, mais
enfermée de façon arbitraire. Déjà, en
2013, elle avait écrit au numéro un
chinois pour supplier sa clémence.
« Monsieur le président, je suis privée de
ma liberté. Pourtant personne ne m’a dit
pourquoi je suis assignée à résidence. J’en
conclus que dans ce pays, c’est un “crime”
d’être l’épouse de Liu Xiaobo. » Les ÉtatsUnis, l’Union européenne et la France
ont régulièrement appelé la Chine à assurer la liberté de mouvement de Liu Xia,
au niveau ministériel. Mais hormis Merkel, les prises de position publiques des
dirigeants occidentaux sont rares, en dépit des appels des ONG. Ainsi, Emmanuel
Macron s’est abstenu de toute mention
publique sur les droits de l’homme, lors
de sa première visite en Chine, en janvier, malgré les recommandations de
Human Rights Watch. ■
Liu Xia (à droite) lors de la cérémonie d’incinération de son mari, Liu Xiaobo,
après une cérémonie privée, le 15 juillet 2017. AFP
Les désillusions de Feriana, fief de la révolution tunisienne
Appelés à voter, dimanche, pour le premier scrutin local libre depuis la révolution de 2011, les Tunisiens devraient bouder les urnes.
MARYLINE DUMAS £@Maryline_Dumas
FERIANA
MAGHREB Le printemps tunisien est
parfois trompeur. Alors qu’un doux soleil avait illuminé la matinée, la pluie a
ensuite inondé la ville de Feriana, à
350 km au sud-ouest de Tunis. Dans
cette région agricole, l’eau est une richesse. Les habitants ne se sont pas
plaints de devoir traverser les rues
transformées en rivières, mais ils n’ont
pas manqué de souligner qu’il reviendra
à leur prochain conseil municipal de leur
éviter pareils désagréments. Dimanche,
pour la première fois depuis la révolution de 2011, les Tunisiens sont appelés à
élire librement leurs élus locaux.
« Inch’Allah, la saison prochaine, il y
aura un système pour que l’eau s’écoule », sourit Fatma, qui cherche à traverser au sec. Cette quinquagénaire n’a pas
encore fait son choix : « Je ne voterai pas
pour un parti, c’est tout ce que je sais. Ils
n’ont apporté que corruption et lutte de
pouvoir. Les promesses des élections (législatives et présidentielle) de 2014, elles
se sont envolées ! » À Feriana, située dans
une région berceau de la révolution,
cinq listes se présentent : deux sont in-
dépendantes et trois représentent des
partis politiques. Selon la loi, ces listes
sont paritaires et comportent un sixième
de jeunes de moins de 35 ans. « Moi, je
voterai pour la liste où les jeunes sont le
plus mis en avant, affirme Chadly, enseignant retraité. C’est eux qui ont fait la révolution, c’est à eux de prendre les commandes. »
Les jeunes ne semblent pourtant pas
intéressés par ces élections. Dans le café
de l’hôtel Mabrouk, à deux pas de la
mairie, un groupe fume la chicha :
« Nous n’irons pas voter, nous ne sommes
même pas inscrits. Cela ne sert à rien. »
Dimanche 29 avril, soldats et policiers,
qui votaient par anticipation, ont donné
le ton avec une participation de 6 % à
Feriana. Au niveau national, celle-ci a
atteint 12 %. « Une participation de 35 %
serait déjà pas mal », commente un
fonctionnaire. « C’est Nidaa Tounès (le
parti présidentiel) et Ennahdha (le premier parti de l’Assemblée) qui vont en
profiter. Leurs militants iront voter, quoi
qu’il arrive. Nous, les indépendants, nous
savons que notre électorat se trouve chez
les abstentionnistes », explique Nasser
Tlili de la liste Feriana pour tous. Le
mode de scrutin proportionnel pourrait
cependant permettre à chaque liste de
siéger. « Cela va causer des problèmes de
gestion. Il va falloir discuter, négocier »,
regrette Mohamed Lamine, présenté
comme le « cheikh » du parti islamiste
Ennahdha à Feriana. Il s’attend à 30 %
de vote en faveur de sa formation : « Les
partis sont critiqués à cause de la déception liée au chômage et à la pauvreté, mais
ils vont remporter les élections car ce sont
les mieux organisés. » Dans le gouvernorat de Kasserine, où se situe Feriana, le
chômage est largement supérieur à la
moyenne nationale de 15 %.
Multiplication des promesses
En tête de la liste indépendante Feriana
pour tous, Ali Hermassi utilise sa puissance économique comme argument
électoral. Pour ce dirigeant d’une dizaine d’entreprises, avec 500 employés et
un chiffre d’affaires de 120 millions de
dinars (40,6 millions d’euros), le
1,3 million de dinars (440 200 €) de budget et les 64 agents de Feriana ne pèsent
guère. « Pour réussir, dit-il, il suffit
d’être un bon gestionnaire. Mes priorités
sont l’aménagement de la route principale
et la propreté. Je vais aider la municipalité
en prêtant le matériel de mes entreprises.
Pour obtenir des fonds, je vais utiliser mes
connaissances à Tunis. »
Abderahman Kachbouri, tête de liste
de Feriana premier, lui, compte faire le
ménage à la municipalité : « Les redevances ne sont pas toutes payées : si tu
connais une personne bien placée dans
l’administration, tu ne payes pas. Nous
avons besoin de remettre les choses à leur
place. » Les candidats multiplient les
annonces et promettent le développement, alors que la ville se sent oubliée du
pouvoir central. Mais peu sont au fait
des contraintes, notamment budgétaires. D’autant que le code des collectivités locales, censé encadrer la décentralisation - tant demandée par la
population - et les responsabilités des
municipalités, n’a été voté que vendredi
dernier.
Le redécoupage est une autre difficulté que les candidats ne semblent pas
avoir anticipée. Les territoires ont été
redéfinis ces trois dernières années pour
que tout le pays soit couvert par les municipalités, comme l’exige la Constitution de 2014. Ainsi, 86 communes ont
été créées. Et Feriana, comme 191 autres
villes, a incorporé trois hameaux et
quelque 4 000 habitants. Hannachi en
fait partie. Pour rejoindre cette zone depuis Feriana, les habitants font du stop.
« Nous n’avons que Dieu ici », soupire
l’un d’eux. Près du dos-d’âne, construit
par une famille après deux accidents,
sur la seule route goudronnée, Aïd
Belarbi et Mohamed Hadi dégustent un
thé en débattant. Le premier veut se
montrer positif : « La mairie va tout faire
ici. Nous allons avoir l’électricité et l’eau
courante », dit-il, sans vraiment y croire. Le second est catégorique : « Moi,
j’étais contre l’intégration. Avant, on
traitait avec le gouvernorat directement,
maintenant on doit passer par la mairie.
C’est une strate de plus. »
À la mairie de Feriana, gérée depuis
2011 par un fonctionnaire, les employés
ne sont guère plus optimistes. Le fonds
alloué par l’État est passé de quelque
256 500 euros à 217 500 euros entre 2016
et 2017. Arbi Harmassi, secrétaire générale de la municipalité, s’inquiète : « Il y
a 27 km entre Skhirat (un des nouveaux
hameaux) et Feriana, comment leur offrir
tous les services de transport, déchets,
voirie et autre ? On a déjà du mal à gérer
le quotidien avec un budget en diminution. » Un fonds spécial pour les nouvelles communes devrait apporter un coup
de pouce dès que les élus prendront
leurs fonctions. En attendant, à Feriana,
la sécheresse de l’été devrait régler le
problème des inondations. ■
Amiral Christophe Prazuck : « La haute mer se remilitarise »
Le chef d’état-major de la marine, invité du « Talk Stratégique », détaille des menaces en pleine évolution.
PROPOS RECUEILLIS PAR
ALAIN BARLUET £@abarluet
A
LE CHEF d’état-major de la marine,
l’amiral Christophe Prazuck, était vendredi l’invité du « Talk Stratégique »
du Figaro, consultable dans son intégralité sur le site www.lefigaro.fr
L’AMIRAL CHRISTOPHE PRAZUCK,
hier, dans le studio du Figaro.
JEAN-CHRISTOPHE MARMARA/LE FIGARO
Le FIGARO. – Quel est le rôle
de la marine militaire française ?
Amiral Christophe PRAZUCK.- La
France, avec ses départements et ses
régions d’outre-mer, est un grand pays
maritime. Notre zone économique exclusive (ZEE) atteint 11 millions de km2,
soit l’équivalent des États-Unis et du
Mexique réunis. Cette superficie est
source d’immenses richesses qu’il faut
protéger. Ce qui ne l’est pas est pillé,
pollué, contesté. J’invoquerais aussi
une raison économique : 90 % de nos
échanges transitent par voies maritimes et 99 % de nos données Internet
passent dans des câbles sous-marins.
Interrompez ces flux et notre vie change du tout au tout. Le premier rôle de la
marine nationale est de protéger nos
approches maritimes, notre ZEE et les
flux qui alimentent notre économie.
Comment décririez-vous notre
marine ?
C’est une force qui flotte, 80 bateaux ;
qui plonge, dix sous-marins nucléaires ; qui vole, 200 aéronefs ; et qui marche, les 2 500 commandos et fusiliersmarins. Cette variété de compétences
est très singulière en Europe et même
dans le monde. Notre marine est en
outre déployée sur tous les océans du
globe de l’Antarctique au cap Nord, de
la Guyane à la Polynésie française.
Des « problèmes techniques »
seraient intervenus le mois dernier
lors du raid en Syrie, auquel la marine
a participé…
J’ai lu des choses farfelues. Trois choses
sont sûres. Un, on a tiré pour la première fois des missiles de croisière navals.
Deux, ces missiles visaient des installations militaires du programme chimique syrien, et ils ont fait but. Trois,
comme après chaque opération, on
« débriefe ». Ce retour d’expérience ne
se fait pas sur la place publique, au bénéfice de nos futurs adversaires. Je n’en
dirai donc pas plus, sinon que l’opération a été un succès militaire.
Quand le porte-avions Charlesde-Gaulle reprendra-t-il la mer ?
Un porte-avions, c’est à la fois des
avions et un bateau. Actuellement, les
avions et les pilotes sont aux ÉtatsUnis, depuis un mois et pour deux semaines encore, pour s’entraîner avec
leurs camarades de la marine américaine. Le bateau, lui, est en rénovation à
mi-vie, pour lui redonner un potentiel
d’emploi d’une vingtaine d’années encore. D’ici à la fin de l’année, il aura fini
son entretien et ses essais et, début
2019, il pourra repartir dans un cycle
opérationnel.
Vos principaux défis pour l’avenir ?
En interne, je dois d’abord remporter la
bataille du recrutement. Nous avons besoin chaque année de 3 500 jeunes. Ensuite, je dois mener celle des compétences, car on exerce, dans la marine, des
métiers qui n’existent pas dans le civil. Il
nous faut conserver l’excellence de la
formation des marins français. Les défis
externes, ce sont d’abord des menaces
en pleine évolution. On assiste à une remilitarisation de la haute mer. Des arsenaux se constituent. Des grandes puissances, comme la Chine ou la Russie,
adoptent des postures de contestation
stratégique. Deuxième défi externe : la
prolifération des armes sophistiquées,
tels les missiles dotés d’autodirecteurs
ou les drones, qui, il y a quelques années, n’existaient que dans les arsenaux
des États, et qui sont aujourd’hui aux
mains de groupes non étatiques. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 5 - dimanche 6 mai 2018
SCIENCES
11
Après le tremblement de terre
qui a secoué la ville portuaire
de Pohang, en Corée du Sud,
le 5 novembre 2017. YONHAP/EPA
MARC CHERKI £@mcherki
La géothermie
profonde
pourrait créer
de forts séismes
Une technique expérimentale semble
à l’origine d’un tremblement de terre
qui a fait 70 blessés en Corée du Sud.
le même numéro de Science, une équipe
coréenne confirme ces localisations.
Les chercheurs européens ont noté, en
outre, que « la secousse principale et les
46 répliques, mesurées entre le 15 et le
30 novembre 2017, se sont toutes produites à une profondeur de 3 à 7 km. De telles profondeurs sont inhabituellement
“
La secousse principale
et les répliques les plus
importantes se sont
produites à moins de 2 km
du site de géothermie
”
UN CHERCHEUR DE L’ÉCOLE POLYTECHNIQUE
DE ZÜRICH (ETH)
faibles, comparativement à celles des
séismes naturels enregistrés dans cette
zone. » L’analyse des données par satellite a montré que la secousse principale
a provoqué un déplacement permanent
de la surface terrestre de 4 cm. Et la
faille activée, qui était inconnue jusqu’alors, passe sous la section inférieure du forage.
Il y a donc un faisceau d’indices qui
suggère une « relation de cause à effet
entre l’EGS et le puissant tremblement de
terre » de novembre 2017, le plus intense enregistré depuis le début des mesures dans la région, en 1903. Toutefois, la
secousse s’est produite environ deux
mois après l’arrêt de l’envoi d’eau froide sous haute pression. « Des milliers de
mètres cubes d’eau sous pression ont été
injectés entre le début de 2016 jusqu’à
septembre 2017, dans des puits forés jusqu’à 4 km de profondeur », précisent les
chercheurs. Et « il n’existe pas encore de
modèle quantitatif qui relie les activités
d’injection et l’occurrence de cet événement », ajoute l’auteur principal.
La piste d’un événement purement
naturel ne peut toutefois pas être écartée, notamment car des séismes plus
importants ont été ressentis au Moyen
Âge dans la même zone. De plus, « il est
très difficile à partir d’une seule suite
d’événements de tirer de telles conclusions. Il faudrait avoir une approche statistique sur les autres séismes dans une
région plus vaste. Est-ce que les séismes
ont été induits par la création de nouvelles fractures, une circulation d’eau
souterraine dans la croûte terrestre, ou
est-ce que des failles inconnues ont été
réveillées ? »
s’interroge
Raphaël
Grandin de l’IPGP, qui rappelle que les
« données GPS ont montré que la Corée
du Sud a été légèrement étirée de quelques centimètres par le séisme du Tohoku, le 11 mars 2011, au large du Japon ».
Sous terre, des failles dormantes
auraient pu être réactivées.
Mais si la corrélation est établie de
manière formelle, il s’agira alors de l’un
des plus importants tremblements de
terre créés par des activités humaines.
À cause de la fracturation hydraulique
et de sites souterrains de stockage
d’eaux usées en Oklahoma (ÉtatsUnis), le 3 septembre 2016, un séisme
de magnitude 5,8 avait été mesuré. ■
Un oiseau avec des dents
Les oiseaux sont des dinosaures comme les autres, et il y a 90 millions d’années
ils avaient encore des dents. Un fossile retrouvé en 2014 au Kansas à permis
de reconstituer le crâne complet (bec inclus) d’un Ichtyornis (illustration).
De la taille d’une mouette, cet ancien oiseau des mers volait dans le ciel du
crétacé. Particularité de l’Ichtyornis, la modélisation du crâne complet montre
à la fois des caractéristiques propres aux dinosaures et d’autres propres aux
oiseaux modernes. Si toute une partie du bec est dentée, le bout crochu est,
lui, totalement dépourvu de dents. Un avantage pour gagner en précision
dans la pêche aux poissons, expliquent les scientifiques dans la revue Nature. ■
VINCENT BORDENAVE £@bordenavev
MICHAEL HANSON AND BHART-ANJAN S. BHULLAR.
GÉOPHYSIQUE Un débat secoue la
Corée du Sud. Une nouvelle forme
expérimentale de géothermie profonde
pour produire de l’électricité, appelée
EGS, pour « Enhanced Geothermal
System » (système de géothermie stimulée), serait-elle à l’origine du séisme
d’une magnitude 5,5 qui a secoué la
ville portuaire de Pohang, le 15 novembre 2017, et blessé 70 personnes ? Une
enquête indépendante, diligentée par le
gouvernement sud-coréen, est en
cours.
Il s’agit d’un « cas possible de séisme
induit » assurent des chercheurs du
Service sismologique suisse, de l’École
polytechnique de Zürich (ETH), avec
d’autres scientifiques (universités de
Glasgow et de Potsdam) dans un article
publié dans la revue Science, jeudi
26 avril.
Les chercheurs européens se sont
penchés sur ce cas précis après avoir lu
dans la presse helvétique un article sur
le fort tremblement de terre près de
Pohang. « C’était la deuxième grosse secousse en quatorze mois en Corée du Sud.
Et compte tenu de notre implication dans
un projet européen de géothermie, nous
nous sommes intéressés au sujet.
D’autant plus que la géothermie profonde est importante pour le programme
d’énergie de la Suisse », précise Francesco Grigoli, d’ETH-Zurich et premier
auteur de la publication. « En 2009, la
Suisse avait conduit des expériences près
de Bâle, mais dans une zone où il y avait
des failles. Quand des secousses de magnitude 3 ont été mesurées, ils ont décidé
de tout arrêter », complète Raphaël
Grandin, maître de conférences à Paris-VII et à l’Institut de physique du
globe de Paris (IPGP).
La géothermie profonde permet aux
pays qui n’ont pas de volcans ni de
sources naturelles d’eau chaude de
produire de l’électricité renouvelable
24 heures sur 24. Cette méthode expérimentale est séduisante, mais elle n’a
pas encore démontré sa viabilité technique et économique. Elle a été testée
notamment en Alsace par le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières). Depuis 2008, plusieurs sites ont
aussi été explorés en Australie par l’entreprise Geodynamics, qui a renoncé il
y a deux ans. L’EGS consiste à injecter
de l’eau froide sous haute pression dans
une roche chaude, pour la fracturer et
la rendre perméable, à plusieurs kilomètres de profondeur. L’eau réchauffée est ensuite récupérée, et utilisée
pour actionner une turbine. Mais comme pour la fracturation hydraulique
pour récupérer du gaz de schiste, cette
méthode d’injection d’eau sous pression peut créer localement des séismes.
En Corée du Sud, « la secousse principale et les répliques les plus importantes
se sont produites à moins de 2 km du site
de géothermie. De plus, elles sont situées
à moins de 1,5 km d’un séisme induit qui
s’est produit en avril 2017, pendant l’une
des opérations de stimulation souterraine », précise-t-on à ETH-Zurich. Dans
Nouvelle plainte contre les auteurs de la tribune
sur les médecines alternatives, publiée dans « Le Figaro »
Le Syndicat national des médecins homéopathes veut lancer une procédure devant l’Ordre des médecins pour « non-confraternité ».
MÉDECINE Un mois et demi après sa publication dans les colonnes du Figaro, la
tribune de 124 professionnels de santé
contre les médecines alternatives suscite
toujours de fortes réactions. Elle provoque notamment une nouvelle procédure
contre ses auteurs auprès de l’Ordre des
médecins. En témoigne une lettre recommandée, envoyée au Conseil national de l’ordre des médecins le 13 avril
2018 par le Syndicat national des médecins homéopathes français (SNMHF).
L’organisation souhaite porter plainte
contre les 124 signataires de la tribune
pour « non-confraternité et non-respect
du code de déontologie ». Une procédure
qui rappelle celles déjà intentées contre
10 médecins, pris au hasard parmi les signataires, par un syndicat, l’Union collégiale, et des organisations de médecins
homéopathes, mésothérapeutes, acupuncteurs, installés dans les Alpes-Maritimes (nos éditions du 12 avril 2018).
Depuis l’envoi de la lettre, « le Conseil
national de l’ordre des médecins est revenu vers nous pour nous indiquer la procédure à suivre », explique au Figaro le
Dr Charles Bentz, président du SNMHF.
Car en l’état, la plainte ne devrait pas
être recevable comme l’explique le
Conseil national : « Il ne peut pas y avoir
d’action de groupe et une plainte ne peut
être déposée qu’à l’encontre d’un individu,
et à l’échelon départemental . »
2 400 signatures sur Internet
Autrement dit, le syndicat devra saisir
individuellement tous les conseils
départementaux dans lesquels sont installés les médecins signataires ! Le
Dr Charles Bentz assure qu’« il y aura
une plainte nominative contre les 124 premiers signataires du document ». Ou tout
au moins contre ceux qui sont médecins
parmi les 124 professionnels de santé qui
ont signé la tribune. Depuis, le texte a
recueilli près de 2 400 signatures sur
Internet.
Impossible pour le moment de savoir
ce que risquent vraiment les signataires.
Une fois que le conseil départemental
accuse réception de la plainte, il est tenu
d’organiser une séance de conciliation.
Si cela n’aboutit pas sur un accord, la
plainte doit être transmise à la chambre
disciplinaire de première instance
(échelon régional) du conseil.
C’est à cette phase de la procédure que
se retrouve actuellement le Dr Vincent
Ropars, un des dix médecins déjà attaqués. Les avocats des plaignants refu-
sant de se rendre à la réunion de conciliation organisée par le conseil
départemental, la plainte va automatiquement remonter à l’échelon régional.
Pour leur part, les neuf autres médecins
déjà attaqués n’ont pas été notifiés d’un
même refus de conciliation. « Je constate
que ceux qui nous attaquent ont choisi de
ne pas le faire sur le fond scientifique de
nos propos, à savoir l’absence de preuve
de l’efficacité des médecines alternatives,
mais simplement sur la forme, par la voie
d’une procédure auprès du Conseil de
l’ordre », regrette le Dr Jérémy Descoux,
l’un des premiers auteurs de la tribune
du 19 mars. ■
Dimanche 6 Mai 2018 I 12H-13H
NICOLAS
DUPONT-AIGNAN
Député de l’Essonne - Président de Debout la France
BENJAMIN SPORTOUCH - RTL
GUILLAUME ROQUETTE - LE FIGARO / CHRISTOPHE JAKUBYSZYN - TF1-LCI
A
AURÉLIE FRANC ET CYRILLE VANLERBERGHE
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 5 - dimanche 6 mai 2018 LE FIGARO
12
SPORT
Pourquoi l’OM peut y croire face à l’Atlético
Si le club espagnol partira favori le 16 mai lors de la finale de la Ligue Europa, Marseille a des arguments à présenter.
VINCENT DUCHESNE £@VinceSport24
Lyon espère « une
fête » sans excès
FOOTBALL Une sacrée montagne se
dressera sur la route de l’OM le 16 mai
prochain en finale de la Ligue Europa.
Sans manquer de respect à Braga, Bilbao, Leipzig et Salzbourg, les victimes
de Marseille cette saison, l’Atlético Madrid est d’un tout autre calibre. Une
équipe championne d’Espagne en 2014.
Taillée pour la Ligue des champions.
Habituée à disputer des finales européennes tous les deux ans (2010, 2012 et
2018 en C3, 2014 et 2016 en C1). Pour
deux titres glanés en Ligue Europa. La
mission s’annonce compliquée. Mais
loin d’être impossible.
pour l’OM. Mais presque. Dans moins de
deux semaines, Lyon sera évidemment
bleu et blanc. Une marée marseillaise va
déferler sur la capitale des Gaules, située
à 300 kilomètres de la Cité phocéenne.
Même si les deux clubs disposent du
même quota de places (11 556), il est fort
à parier que les fans marseillais, qui
auraient pu remplir trois stades Vélodrome contre Salzbourg, seront prêts à
tout pour supporter leurs héros. Quitte à
passer par le marché noir ou attendre
des heures sur la plateforme de revente
mis en place par l’UEFA, 36 000 billets
ayant déjà été vendus. Avec le soutien de
tout le peuple marseillais et « une bonne
partie de la France qui se reconnaît dans
les valeurs de cette équipe », selon Rudi
Garcia, l’OM a un avantage de poids.
un match, « c’est jouable »
uSur
C’est une lapalissade. Une formule
toute faite destinée surtout - diront les
mauvaises langues - à rassurer les plus
inquiets des supporteurs. Pourtant, difficile de ne pas la brandir. Même Rudi
Garcia n’a pas résisté à la tentation : «On
aura un statut d’outsider, car on aura une
finale au parfum de Ligue des champions,
a glissé l’entraîneur. L’Atlético sera fa-
KERSTIN JOENSSON/AP
finale est en France
uLa
La finale n’aura pas lieu à domicile
Les joueurs marseillais heureux après leur qualification en demi-finale de la Ligue Europa, jeudi, à Salzbourg.
vori, mais c’est sur un match. » Autant
sur une double confrontation, avec
matchs aller-retour, la tâche aurait pu
paraître quasi insurmontable face à
Griezmann et consorts. Autant là,
« c’est jouable », affirme haut et fort
Florian Thauvin. L’Atlético a beau être
un solide dauphin de Barcelone en Liga,
les Colchoneros ont laissé poindre quelques fissures dans leur cuirasse en 2018
en concédant six défaites (sur les huit de
cette saison). Dont une, récemment,
lourde contre la Real Sociedad (3-0).
OM-là a du caractère
uCet
Ce n’est sûrement pas l’OM le plus ta-
lentueux que Marseille a connu. Mais il a
un cœur énorme. Ce supplément d’âme
qui plaît tant. « C’est dans l’ADN de cette
équipe d’y croire jusqu’au bout », s’est
félicité Garcia jeudi soir. Au bord de la
rupture à Salzbourg, les Olympiens
n’ont jamais lâché. Pour finalement être
récompensé par un but salvateur de
l’inattendu Rolando. « Symboliquement
c’est intéressant, parce que quand on n’a
pas le bon tempo, le bon jour, dans tous les
métiers il faut savoir compenser par l’envie, et l’envie était là », a souligné Bernard Tapie au micro de RMC. Au-delà de
quelques individualités qui peuvent tirer
l’équipe vers le haut (Thauvin, Payet,
Luiz Gustavo), c’est vraiment la notion
de groupe qui est à saluer. Une équipe de
17-18 joueurs, composée de jeunes éléments entourés de quelques vieux briscards, qui mouillent le maillot. « C’est
un groupe tellement humain, soudé, heureux d’être ensemble et qui a tellement de
caractère, s’est enthousiasmé Jacques-
L’OL, qui accueillera dans son stade
la finale de la Ligue Europa MarseilleAtlético Madrid, le 16 mai prochain,
s’est réjoui vendredi de la qualification
de l’OM à Salzbourg et espère que la
finale sera « une grande fête » sans
écarts. Tout en regrettant « certains
excès verbaux qui pourraient laisser
craindre des débordements », le club
se dit « certain que les dirigeants de
l’OM mettront dès aujourd’hui tout en
œuvre pour que cette finale soit une
grande fête du football au Groupama
Stadium ». La semaine dernière,
les présidents de l’OL et de l’OM,
Jean-Michel Aulas et Jacques-Henri
Eyraud, s’étaient accrochés
verbalement. Depuis la tension est
retombée entre les dirigeants et le
patron de l’OM semble vouloir calmer
le jeu : « Je pense qu’à Lyon, il n’y aura
pas d’incidents. Nos supporteurs iront
avec enthousiasme mais ce sera une
fête », a-t-il affirmé.
36E JOURNÉE LIGUE 1
AMIENS (13)
ST-ÉTIENNE (5)
LYON (2)
CAEN (15)
DIJON (12)
METZ (20)
NANTES (10)
RENNES (6)
TOULOUSE (17)
MARSEILLE (4)
vendredi
dimanche
15 h beIN
16 h 30 C+
17 h beIN
21 h 05 C+
PARIS SG (1)
BORDEAUX (9)
TROYES (18)
MONACO (3)
GUINGAMP (11)
ANGERS (14)
MONTPELLIER (8)
STRASBOURG (16)
LILLE (19)
NICE (7)
Henri Eyraud, le président marseillais.
Ces garçons méritent tellement. »
une grande histoire
uL’Europe,
d’amour
Et si les Marseillais devenaient « à jamais les premiers » en France à soulever
la Ligue Europa, 25 ans presque jour
pour jour après le sacre en Ligue des
champions face à l’AC Milan, favori terrassé par une tête inoubliable de Basile
Boli ? Tout Marseille en rêve. Espère que
cet anniversaire sera une source d’inspiration. « La Coupe d’Europe est dans
l’ADN de Marseille », se plaisait à rappeler Garcia il y a quelques semaines. Car si
l’Atlético est devenu un habitué des finales dans un passé très récent, l’OM a
noué une histoire particulière avec l’Europe depuis presque trois décennies.
Marseille disputera en effet à Lyon sa
cinquième finale de Coupe d’Europe, un
record pour un club français. Quatorze
ans après la dernière, perdue contre
Valence en Coupe de l’UEFA (0-2),
Marseille veut entretenir sa légende. ■
Rougerie, ultime représentation
pour la légende de Clermont
A
DAVID REYRAT £@DavidReyrat
RUGBY Sans doute le dernier des Mohicans. Dans un rugby devenu professionnel, où les contrats ont remplacé la parole donnée pour être désormais
chiffonnés sans état d’âme, Aurélien
Rougerie est forcément une espèce en
voie de disparition. Ce samedi, il va être
célébré par le peuple arverne, le stade
Michelin lui réservant un hommage unique, inoubliable. À la hauteur du monument. Place de Jaude, il se dit que sa statue pourrait bientôt remplacer celle de
Vercingétorix. Un tantinet exagéré, mais
cela permet de mesurer l’admiration de
la Yellow Army envers son leader, son
combattant.
L’homme
qui,
le
29 mai 2010, lui donna fierté et bonheur
en devenant, après dix finales perdues,
le premier capitaine de l’ASM à soulever
le bouclier de Brennus. Ce jour-là, le capitaine est entré à jamais dans la légende.
Depuis des semaines, on sent l’émotion monter chez les supporters jaune et
bleu. Une immense gratitude envers leur
champion transpire sur les réseaux sociaux. De la tristesse aussi, à l’idée de ne
plus revoir son panache blond sur les pelouses. Un sacré vide après près de deux
décennies au service exclusif de
Clermont. Fidèle entre les fidèles, lui qui
a signé sa première licence à l’ASM en
1988, à l’âge de 8 ans.
Aurélien Rougerie a disputé son premier match professionnel sous le maillot
jaune et bleu le 17 août 1999. Face au Stade Français ce samedi, il tirera sa révérence sur une 418e rencontre ! Avec, également, le statut de meilleur marqueur
de l’histoire du club : 134 essais (dont 96
en Top 14), devant des pointures comme
Philippe Saint-André (119) et Napolioni
Nalaga (105). « Il y a les bons joueurs. Les
grands joueurs. Aurélien, lui, est un im-
Mal au corps. Et bleus à l’âme. « Le joueur
mense joueur. » L’hommage est signé
est aussi un mari et un papa. » Qui ne
Franck Azéma, le manager des Jaunards.
passe pas assez de temps avec son épouse
Car, à son palmarès (un second bouclier
et ses trois enfants.
de Brennus en 2017, trois finales de CouAlors, en début de saison, il a
pe d’Europe) en club
FIDÉLITÉ
prévenu. Ce sera la der des
s’ajoute un joli parcours en
ders. Le compte à rebours s’est
équipe de France : 76 séenclenché. Il se termine au
lections, trois Coupes du
pied des volcans endormis.
monde avec l’équipe de
saisons à Clermont
Sauf celui du stade Michelin
France (2003, 2007, 2011),
qui s’annonce en fusion, fudeux grands chelems dans
mant et pétaradant pour renle Tournoi des six nations,
dre honneur à l’enfant du
entre autres.
pays. Aurélien Rougerie ne fait
matchs officiels
Bleus à l’âme
pas mine de ne pas le savoir.
« Je ne dis pas que le public ne va
Aurélien Rougerie fait parpas me faire verser une petite
tie de cette génération dolarme. Il va y avoir beaucoup
rée, et encore pétrie de cet
essais, dont
d’émotion lors de ce match.
esprit amateur qui a désor96 en Top 14
Mais je le vois comme un bon
mais disparu, dont les dermoment. Je n’ai pas trop d’apniers rescapés - Vincent
préhension. Bien sûr, je me deClerc, Frédéric Michamande si cela va bien se passer,
lak… - vont à leur tour racmais je ne suis pas inquiet. »
crocher les crampons dans
cartons jaunes. Et
Une dernière fois les rituels,
quelques semaines, après
un seul rouge (en 2007)
le vestiaire avec les frères d’arThierry Dusautoir, Imanol
mes, l’adrénaline qui monte, le bruit
Harinordoquy ou Julien Bonnaire la saisourd des chocs. Puis il enlèvera son
son passée. La fin d’une époque…
maillot. Mais restera au club. Le rôle de
À force, les Auvergnats avaient fini par
croire que « Roro », fils de Jacques, pilier
de l’ASM dans les années 1970, et de
Christine Dulac, l’une des fameuses demoiselles de Clermont, ces basketteuses
du CUC qui enflammèrent l’Europe à la
même époque, était immortel. Malgré
La 26e et dernière journée de la phase
les blessures, il se relevait toujours. Mais
régulière va rendre ses ultimes verdicts
le poids des années a fini par peser. En
ce samedi soir. Montpellier assuré
début de saison, celui qui affiche
de terminer en tête, le second billet
37 printemps, ne le niait pas. « Les lendepour une qualification directe pour les
mains de match, c’est compliqué de se ledemi-finales va se jouer entre le Racing,
ver du lit. Je ne passe pas immédiatement
Toulouse, voire Toulon, qui se tiennent
de la position allongée à la position debout.
en deux points. Pour les deux dernières
Il faut en général une étape intermédiaire,
places en barrages, Lyon et Castres
par la position assise, le temps que le corps
sont en ballottage favorable.
se dérouille un peu. Et je sais que les douUne victoire à domicile et ils seront
leurs vont persister toute la journée… »
FAUGERE FRANCK/PRESSE SPORTS
Homme d’un seul club, le centre de l’ASM va tirer sa révérence ce samedi, à
37 ans. Sa retraite marque la fin d’une époque. Et d’une certaine idée du rugby.
19
417
134
8
Aurélien Rougerie porte le bouclier de Brennus, après la victoire de Clermont
face à Toulon, lors de la finale du Top 14, le 4 juin 2017, au Stade de France.
26E JOURNÉE TOP 14
RACING 92 (2)
CLERMONT (9)
PAU (8)
LYON (5)
CASTRES (6)
LA ROCHELLE (7)
BRIVE (14)
samedi
21 h C+
-
EN BREF
AGEN (11)
TOULOUSE (3)
TOULON (4)
MONTPELLIER (1)
OYONNAX (13)
ST. FRANÇAIS (12)
BORDEAUX B. (10)
recruteur lui est déjà dévolu. Une première étape. Car quelque chose nous dit
qu’Aurélien Rougerie n’a pas fini de rendre service au club de son cœur. De toute
une vie. Sans regret ? « Si je devais le faire, je le referais. Je suis parti du principe
que l’herbe n’était pas plus verte
ailleurs. » ■
Top 14 : ultimes enjeux avant la phase finale
assurés d’être dans le top 6. Derrière,
La Rochelle, voire Pau, peuvent profiter
d’un faux pas, à condition de s’imposer.
En bas de tableau, Brive descend.
La 13e place se joue entre Oyonnax (39
points) et le Stade Français (42). Si les
deux font le même résultat, ce sera
« Oyo » qui disputera le barrage face
au perdant de la finale d’accession,
disputée dimanche (15 heures, Canal +)
entre Perpignan et Grenoble.
D. R.
Foot : la liste de Deschamps
décalée après la finale
de l’OM
L’annonce de la liste des 23 joueurs
de l’équipe de France convoqués
pour la Coupe du monde en Russie
a été décalée du 15 au 17 mai « afin
de ne pas perturber la préparation
des joueurs français » concernés
par la finale de la Ligue Europa.
Cyclisme : Dumoulin
écrase Froome
Le Néerlandais Tom Dumoulin
(Sunweb), vainqueur de l’épreuve
l’an dernier, a endossé le premier
maillot rose du Giro 2018 en
remportant la 1re étape à
Jérusalem, un contre-la-montre
de 9,7 km. Chris Froome s’est
classé 21e à 37 secondes de
Dumoulin. Le Tour d’Italie reste
en Israël jusqu’à dimanche soir.
Voile : duel stressant
jusqu’à Nice
Au coude-à-coude vendredi,
Thomas Coville (Sodebo)
et Francis Joyon (Idec) concluent
ce samedi dans la baie des Anges
la 1re édition de la Nice Ultimed.
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samedi 5 - dimanche 6 mai 2018
LE CARNET DU JOUR
fiançailles
signatures
On nous prie de vous annoncer
les fiançailles de
Jean-Luc PUJO
Mlle Quitterie de SAMIE
dédicacera
fille du
colonel Hugues de Samie (†)
et de Mme, née
Marie-Georges Pherivong,
avec le
Un combat pour la France
l'action des Clubs
Penser la France,
le samedi 12 mai 2018,
à partir de 17 heures,
à la brasserie Le Falstaff
place de la Bastille, Paris (11e).
comte
Renaud de LIVONNIÈRE
fils du
comte Hugues de Livonnière
et de la comtesse, née Marie
de Tascher de La Pagerie.
conférences
L'Académie des beaux-arts
organise une journée dédiée à
M. Joseph VIRLET
et Mme, née Chantal Journeau,
Baudelaire et les arts
le mercredi 16 mai 2018
de 10 h 30 à 12 h 30
et de 17 heures à 18 h 30.
sont heureux de faire part
du mariage de leurs enfants
Emmanuelle et Bruno
Thèmes et horaires
des conférences sur le site
de l'Académie :
www.academiedesbeauxarts.fr
naissances
Entrée libre sur inscription
dans la limite des places
disponibles : conference@
academie-des-beaux-arts.fr
téléphone : 01 44 41 43 20.
Mme Edouard DELAPORTE
en union avec
M. Edouard Delaporte (†)
Mme Véronique DELAPORTE
ont la joie d'annoncer
la naissance de leur
arrière-petite-fille et petite-fille
Palais de l'Institut de France,
23, quai de Conti, Paris (6e).
de Gorguette d'Argœuves.
L'Assemblée nationale
propose un
Le baron Jean-Charles
de LA HAMAIDE
et la baronne, née
Marguerite de Fleurieu,
ont la joie d'annoncer
la naissance de
Jacynthe
le 11 avril 2018, à Paris.
Pierre et Béatrice
ROTHENBURGER
partagent avec Mathilde,
Eléonore, Inès, Adélaïde,
Maximilien, Aurélien
et Alexandre,
la joie de vous annoncer
la naissance de leur petit-fils
et cousin
Augustin
le 24 avril 2018, à Londres.
M. et Mme Guillaume de SERÉ
partagent avec Alekseï
et Thomas, la joie d'annoncer
la naissance de leur cousine
Joséphine
le 16 décembre 2017, chez
Etienne et Maylis GIRARD
et de leur frère
Matthieu
le 29 avril 2018, chez
François-Xavier
et Emmanuelle de SERÉ
accueilli
dans la Maison de Dieu.
Afin d'encourager
et de promouvoir la recherche
en histoire dans les domaines
intéressant directement
le Parlement français.
A cette fin,
l'Assemblée nationale
décerne cette année
un Prix de thèse en vue
de distinguer des thèses
de doctorat d'histoire
parlementaire depuis
la Révolution française.
Seront retenues les thèses
rédigées en langue française
et soutenues entre
le 1er janvier 2016
et le 31 décembre 2017.
Le Prix de thèse ouvre droit
à une aide à la publication
versée directement
à l'éditeur.
Les étudiants intéressés
peuvent se procurer
le formulaire de candidature
à l'adresse suivante :
Division des Archives,
Service de la Bibliothèque
et des Archives,
Assemblée Nationale,
126, rue de l'Université,
75355 Paris Cedex 07 SP
ou par courrier électronique à :
prixdethese@assemblee
-nationale.fr
Le dossier de candidature
est téléchargeable sur le site
internet de l'Assemblée
nationale :
Ses filles et gendres,
ses petits-enfants,
sa sœur et son beau-frère
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
ses petits-enfants
et arrière-petits-enfants
François CHEVET
le 3 mai 2018,
à l'âge de 71 ans, muni
des sacrements de l'Église.
La messe d'obsèques
sera célébrée
le mercredi 9 mai, à 14 h 30,
en l'église Saint-Louis
de Fontainebleau, suivie
de l'inhumation dans le caveau
familial du cimetière
de Samois-sur-Seine.
Il rejoint son épouse,
Marie-Elisabeth
décédée le 16 avril 2016.
ont la douleur
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Mme Christian FRÈRE
née Geneviève Fliche,
le 1er mai 2018,
dans sa 95e année.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le lundi 7 mai, à 10 heures,
en la chapelle Saint-Jean
de l'église Notre-Dame,
2, avenue des Alcyons,
à La Baule (Loire-Atlantique).
née Sylvie Mahiu,
décédée
le dimanche 15 avril 2018,
dans sa 66e année.
La cérémonie religieuse
a été célébrée en l'église
Saint-Romain de Rouen,
le vendredi 20 avril 2018.
Paris (16e).
Thierry, Sophie, Catherine,
Olivier, Frédérique, Pierre,
ses enfants,
ses petits-enfants
et arrière-petits-enfants
ont la grande tristesse
de faire part du décès de
La cérémonie religieuse
sera célébrée
en l'église Saint-Pierre,
90, avenue du Roule,
à Neuilly-sur-Seine,
le lundi 7 mai 2018, à 10 h 45.
Ni fleurs ni couronnes.
Cet avis tient lieu de faire-part.
25 bis, boulevard Lannes,
75116 Paris.
Mme Elisabeth Canalès,
son épouse,
Mmes Edith Canalès
et Noémie Veauvy,
ses filles,
MM. Rémi Canalès
et Renaud Canalès,
ses fils,
ses petits-enfants,
ses sœur et frère
et toute la famille
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Me Gérard CANALÈS
notaire honoraire,
chevalier
de la Légion d'honneur,
survenu le 2 mai 2018,
dans sa 69e année.
Un hommage lui sera rendu
le mercredi 9 mai, à 15 h 30,
au crématorium du cimetière
du Père-Lachaise, Paris (20e).
Ni fleurs ni couronnes.
Une dispersion des cendres
dans cette mer Méditerranée
qu'il aimait tant
aura lieu ultérieurement,
dans l'intimité familiale.
www2.assemblee-nationale.fr/
informations-pratiques/
bibliotheque-et-archives#node
_8065
Il a plu à Dieu de rappeler à Lui
Les candidats devront faire
parvenir leur thèse à l'adresse
électronique indiquée,
au format PDF.
L'impression sera assurée
par l'Assemblée nationale.
pieusement décédée
le 29 mars 2018,
dans sa 97e année.
La date limite de dépôt
des candidatures est fixée
au vendredi 25 mai 2018,
à 17 heures.
La Baule-Escoublac.
M. et Mme Bertrand Favreul,
M. et Mme Laurent Julien,
M. et Mme Stanislas Julien,
M. et Mme Antoine Julien,
M. et Mme Michel Favre,
Mme Claude CRESP
née Jacqueline Bullot,
En font part
Hervé (†), Laurent et Laura,
Pascal et Dominique, Martine,
leurs enfants et petits-enfants,
les familles Bullot, de la Brosse,
Cresp et Pellegrin.
Isabelle Demnard-Tellier,
son époux et leurs enfants,
François Demnard,
son épouse et leurs enfants,
Laurence
Demnard-Della Torre,
ses enfants,
Anne Troadec,
sa compagne,
Patrick Demnard,
son frère,
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Neuilly-sur-Seine
(Hauts-de-Seine).
La cérémonie religieuse
sera célébrée le lundi 7 mai,
à 11 heures, en la chapelle
Saint-Thomas-de-Villeneuve,
à Aix-en-Provence.
Anne-France et Christophe
Jacquillat,
Charles-Antoine et Elodie
Gruson,
ses enfants,
Guillaume, Théophile, Paul,
Maxence, Eugénie
et Charlotte,
ses petits-enfants,
Martine et Claude Lenfant,
sa sœur et son beau-frère,
ont la douleur de faire part
du rappel à Dieu de
M. Christian GRUSON
le 30 avril 2018,
à l'âge de 84 ans.
La cérémonie sera célébrée
le lundi 7 mai, à 10 h 30,
en l'église Saint-Antoinedes-Quinze-Vingts,
66, avenue Ledru-Rollin,
Paris (12e),
suivie de l'inhumation
au cimetière du Père-Lachaise.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Mme André Gastinel,
sa sœur,
et ses nièces et neveux
font part du rappel à Dieu de
Mme Jean GASTINEL
née Mireille Gandoulf,
le 29 avril 2018,
à l'âge de 92 ans, à
Guadalajara (Mexique), munie
des sacrements de l'Église.
M. Gilles DEMNARD
survenu le 30 mai 2018,
à l'âge de 86 ans,
à Aix-en-Provence.
Mme Christian Gruson,
son épouse,
Maman, Mamie,
Zabeth, Zarontine,
Elisabeth GLUCK
nous a quittés le 5 avril 2018.
Son courage et son sourire
nous manquent à tous.
Jeannine Marcouly,
sa sœur,
Béatrice Logiou,
sa filleule,
la famille Guyot,
sa famille de cœur,
Gabrielle Robert,
sa petite-fille de cœur,
ont la grande tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Jacques MARCOULY
HEC 57,
croix de la Valeur militaire,
le 29 avril 2018,
dans sa 82e année.
La cérémonie religieuse
sera célébrée dans l'intimité,
en l'église de Rueyres (Lot).
Cet avis tient lieu de faire-part.
Pascale et Pierre Blachon,
Pierre-Yvon et Carole Léonard,
Jean-Marie et Sylvia Léonard,
ses sœur, frères,
beau-frère et belles-sœurs,
ses neveux et nièces,
la famille Colloc'h
ont la tristesse d'annoncer
le décès le 3 mai 2018,
à l'âge de 84 ans, de
Camille DOSSOT
née Léonard.
La cérémonie religieuse
aura lieu le mercredi 9 mai,
à 10 h 30, en l'église
de l'Immaculée Conception,
à Boulogne-Billancourt.
8 bis, chemin de Kergadic,
22660 Trévou-Tréguignec.
4, rue de Londres, 75009 Paris.
ses frères et sœur,
sa belle-sœur et son beau-frère,
ses neveux et nièces,
toute sa famille
et ses amis d'enfance
Charlotte Gounant,
Clotilde Pidoux,
Elisabeth Gounant,
ses filles,
Jonathan Hébras,
Tara et Nicolas Pidoux,
ses petits-enfants,
Jean-Michel Attal,
François Pidoux,
ses gendres,
Eveline Brugier Verre,
sa sœur,
ont la tristesse
de faire part du décès de
survenu le 13 avril 2018,
à New Delhi (Inde).
Les obsèques auront lieu
en la salle de la Coupole
du crématorium du cimetière
du Père-Lachaise,
71, rue des Rondeaux,
à Paris (20e),
le mercredi 9 mai, à 10 h 30.
Tenue claire.
12, rue Delabordère,
92200 Neuilly-sur-Seine.
ont la profonde tristesse
de vous faire part du décès de
François FRANCHI
magistrat,
président de chambre
à la cour d'appel de Paris,
survenu le 24 avril 2018,
dans sa soixante-sixième
année.
Une bénédiction aura lieu
le lundi 14 mai 2018,
à 10 heures, en l'église
Saint-Jacques-du-Haut-Pas,
252, rue Saint-Jacques,
à Paris (5e).
Ni fleurs ni couronnes,
des dons peuvent être faits
au profit de l'Association
d'éducation et de protection
Concorde, boîte postale 22,
93370 Montfermeil.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Laurent et Anne-Noëlle,
Virginie et Eric,
Arnaud et Julie, Sabine,
Eléonore et Eric,
Emmanuel, Gilles et Marie,
Marie, Inès et Edouard,
Jérôme et Astrid, Delphine,
Quiterie et Romain, Timothé,
Pauline et Geoffroy,
Baudouin et Marie,
Hortense et Pierre,
Enguerrand, Héloïse,
ses petits-neveux
et petites-nièces,
ses arrière-petits-neveux
et arrière-petites-nièces
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Marie-Céline MÉDRINAL
survenu le 30 avril 2018,
à l'âge de 96 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée ce samedi 5 mai,
à 9 heures, en la collégiale
Notre-Dame-et-Saint-Laurent
d'Eu (Seine-Maritime).
Anne Nguyen-Tu
et Isabelle Monthiller,
ses filles,
Astrid, Priscille et Héloïse
Nguyen-Tu,
ses petites-filles,
Albane Morel d'Arleux,
sa sœur,
font part du rappel à Dieu de la
comtesse Guy
de MENTHON d'AVIERNOZ
née Guillemette de Gazeau,
le 30 avril 2018,
à l'âge de 79 ans, à Paris.
La cérémonie religieuse
sera célébrée en l'église
Notre-Dame-d'Auteuil,
à Paris (16e),
le lundi 7 mai 2018, à 14 h 30.
Neuilly-sur-Seine
(Hauts-de-Seine).
Christine GOUNANT VERRE
Elsa, Charles, Lolla Franchi,
ses enfants,
Sophie-Hélène Chateau,
sa compagne,
Monique Franchi,
sa mère,
Annick (†) et Philippe Carrez,
Eric et Véronique Médrinal,
Chantal Médrinal,
Brigitte (†) et Antoine Lecœur,
Evelyne Médrinal,
Carole Médrinal,
Bruno et Claire Médrinal,
ses neveux et nièces,
Dominique Lévy,
sa fille,
Claude Hersent,
sa compagne,
Françoise et Jean Jacquet,
sa sœur et son beau-frère,
Gérard et Hélène Lévy,
son frère et sa belle-sœur,
ont la tristesse
de faire part du décès de
M. Jean-Claude LÉVY
survenu le 3 mai 2018,
à l'âge de 82 ans, à Paris.
Les obsèques auront lieu
au cimetière parisien
de Bagneux (Hauts-de-Seine),
45, avenue Marx-Dormoy,
le lundi 7 mai 2018, à 15 h 15.
Le docteur Paul Mathé,
son époux,
ses enfants,
ses petits-enfants
et toute la famille
ont la douleur
de faire part
du rappel à Dieu de
Jacqueline MATHÉ
née Houel,
le 2 mai 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée en l'église
Saint-Ferdinand-des-Ternes,
Paris (17e),
le lundi 7 mai 2018, à 14 h 30,
suivie de l'inhumation
au cimetière ancien
de Saint-Germain-en-Laye.
29 bis, rue Pierre-Demours,
75017 Paris.
Dominique de Courcelles,
sa compagne,
Guillaume et Stéphanie,
Adèle et Maud,
ses enfants,
Emma, Lise et Paul,
ses petits-enfants,
Hélène Maury,
sa mère,
son frère, ses sœurs
et leurs conjoints
et toute sa famille
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Xavier MAURY
survenu le 3 mai 2018,
à l'âge de 68 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée le mercredi 9 mai,
à 10 h 30, en l'église
Saint-François-d'Assise,
à Paris (19e),
suivie de l'inhumation
au cimetière
de Ville-en-Woëvre (Meuse).
Françoise Blanchard,
sa compagne,
Olga et Antoine Destribats,
Isabelle et Emmanuel Gazo,
Simon de Montfort,
ses enfants,
ses petits-enfants
ont la tristesse
de vous faire part du décès du
vicomte Hubert de MONTFORT
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le mercredi 9 mai 2018,
à 10 heures, en l'église
d'Epernon (Eure-et-Loir),
suivie de l'inhumation
à 16 h 30, au cimetière
de Montmarault (Allier).
Philippe et Isabelle Moreau,
Caroline et Jean-Philippe
Audibert,
ses enfants,
Alexandre et Solenne,
Guillaume, Antoine, Benoit,
Maxime, Gabrielle,
ses petits-enfants,
vous font part du décès de
Marie-Louise MOREAU
née Van Robais,
survenu le 1er mai 2018,
à Rue (Somme),
à l'âge de 93 ans.
La cérémonie religieuse
aura lieu le lundi 7 mai,
à 14 h 30, en l'église
Saint-Wulphy de Rue,
suivie de l'inhumation
au cimetière.
le carnet du jour
suite en page 14
Un souvenir inoubliable !
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Tél. 01 56 52 27 27 - carnetdujour@media.figaro.fr
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le 2 mai 2018,
à Neuilly-sur-Seine.
Prix de thèse
d'histoire parlementaire
Fontainebleau,
Samois-sur-Seine
(Seine-et-Marne).
Mme Alain de BÉZENAC
survenu le 2 mai 2018,
à l'âge de 96 ans.
thèses
Guillaume HERSEN
et Sabine, née
Jade
M. et Mme Gérard Mahiu,
ses parents,
ses frère, sœurs,
beaux-frères et belles-sœurs
M. Jean-Marie BRUGÈRE
Eugénie
Sommala et Vincent GLADEL
M. et Mme Frank Kovacs,
M. et Mme
Renaud de Bézenac,
M. et Mme
Alexis de Bézenac,
M. et Mme
Bertrand de Bézenac,
M. et Mme
Aymeric de Bézenac,
M. Matthieu de Bézenac,
ses enfants,
ont la douleur de faire part
du rappel à Dieu de
M. André
VAYSON de PRADENNE
et Mme, née Odile Bense,
partagent avec Mia,
la joie de vous annoncer
la naissance de
Le bâtonnier Alain de Bézenac,
son époux,
ses petits-enfants,
mariages
le 23 mars 2018,
sœur de Camille, Léopold
et Ambroise, chez
deuils
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samedi 5 - dimanche 6 mai 2018
14
LE CARNET DU JOUR
Le comte et la comtesse
Pierre-Eynard de Monteynard,
le comte et la comtesse
Hubert de Monteynard,
M. et Mme Jean de Valbray,
le marquis et la marquise
d'Aviau de Ternay,
M. et Mme Desiront
Goethals de Nieuwland,
le marquis Alphée de Sinety,
le comte et la comtesse
de Sade,
M. et Mme
Le Monnier de Gouville,
Mme Alix de Sinety
et leurs enfants
font part du décès du
père Charles-Eynard
de MONTEYNARD
endormi
dans la Paix du Seigneur
le 4 mai 2018,
dans sa 91e année
et dans sa 65e année
de sacerdoce.
La cérémonie religieuse
sera célébrée à Paris, en l'église
Saint-Sulpice, Paris (6e),
le mercredi 9 mai, à 10 heures.
L'inhumation aura lieu
au cimetière de Rivière
(Indre-et-Loire),
à 17 heures, le même jour.
Le conseil de L'Eau Vive,
l'équipe des permanents
de L'Eau Vive
à Paris, Briançon et Blémur,
tous les membres
de l'encadrement, anciens
et actuels
vous font part
du rappel à Dieu du
père Charles-Eynard
de MONTEYNARD
père fondateur de L'Eau Vive,
le 4 mai 2018, à Paris.
Ils vous invitent à partager
leur foi en la Résurrection,
et leur espérance en la Vie
éternelle, en participant
ou en vous unissant
à la messe qui sera célébrée
le mercredi 9 mai, à 10 heures,
en l'église Saint-Sulpice,
Paris (6e).
7, rue Blomet, 75015 Paris.
www.leauvive.com
Paris. Marseille. Nice.
On nous prie d'annoncer
le rappel à Dieu le 12 avril 2018,
dans sa quatre-vingt-onzième
année, de
Mme Gérard ORIZET
née Régine Moullot.
De la part de
son mari,
ses enfants, petits-enfants
et leurs conjoints,
ses arrière-petits-enfants.
La cérémonie religieuse
a été célébrée
dans l'intimité familiale,
en la basilique
Notre-Dame-des-Victoires,
à Paris (2e), le 17 avril.
L'inhumation a eu lieu
dans le tombeau familial
au cimetière du Château,
à Nice, le 18 avril.
Cet avis tient lieu de faire-part.
11, rue de Beaujolais,
75001 Paris.
M. Charles-Eric Poussin,
M. et Mme Serge Bourdon,
M. et Mme Alexandre Poussin,
M. et Mme Stanislas Poussin,
ses enfants,
ses 11 petits-enfants,
sa famille et sa belle-famille
ont l'immense tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Mme Jean-François POUSSIN
née Béatrice de Naurois,
le 26 avril 2018,
dans sa 74e année.
La messe d'à Dieu a été
célébrée le vendredi 4 mai,
en l'église Saint-Martin
de Louveciennes (Yvelines),
suivie de l'inhumation
dans le caveau familial,
au cimetière du Père-Lachaise,
à Paris (20e).
Elle a rejoint son mari,
M. Jean-François Poussin
décédé le 23 septembre 2008.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Paris.
Yves Rouart,
son époux,
Lucie, Pierre, Charles-Elie, Isé,
Henri, Guillaume, Julie,
ses enfants,
ont la douleur
de faire part du décès de
Daphné ROUART
née Berthet,
survenu le 2 mai 2018, à Paris.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
en l'église Saint-Roch,
296, rue Saint-Honoré,
à Paris (1er),
le lundi 7 mai, à 10 h 30.
Mme Micheline Schwartz,
Sophie et Thierry Flam,
Eric e t Liza Schwartz,
ses enfants,
Jean Pierre Quême,
son époux,
Daouia Salah,
sa mère,
Saida Oulahiane,
Corinne Quême,
Philippe Quême,
Roland Quême,
Olivier Quême,
sa sœur, belle-sœur
et beaux-frères,
Delphine Quême,
Laure Quême,
Stéphane Quême,
ses belles-filles et beau-fils,
vous font part
avec la plus grande tristesse
du décès de
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
John SCHWARTZ
ingénieur Institut technique
de Roubaix,
survenu le 3 mai 2018,
dans sa 90e année.
Flore et Pascal Confavreux,
Albane, Augustin, Alice,
Juliette, Arthur, Pénélope,
Mélina, Amicie, Albéric, Pablo,
Philippine et Cyriac,
ses petits-enfants,
son frère, ses sœurs,
ses beaux-frères
et belles-sœurs
ont l'immense tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Jean-Marie PIERSON
le 3 mai 2018,
à l'âge de 81 ans, muni
des sacrements de l'Église.
La cérémonie religieuse
aura lieu
le lundi 7 mai, à 16 heures,
en l'église Saint-Joseph,
21, rue Smolett, à Nice.
ont la douleur de faire part
du rappel à Dieu du
docteur François TURPIN
le 29 avril 2018,
à l'âge de 78 ans, à Paris.
Une messe d'action de grâce
sera célébrée en la chapelle
des sœurs augustines
du Saint Cœur de Marie,
29, rue de la Santé,
à Paris (13e),
le samedi 5 mai 2018, à 15 h 30.
Famille Turpin,
21, rue Lhomond, 75005 Paris.
La cérémonie civile aura lieu
à la salle des fêtes du Vigan,
le lundi 7 mai, à 11 heures,
suivie de l'inhumation
au cimetière du Vigan.
Noèle Vollant,
née Kléber, son épouse,
Saint-Raphaël (Var).
Son époux,
Renaud Thierry-Mieg,
ses enfants,
Ulrich, Jérôme, Laure,
et leurs conjoints,
et ses petits-enfants
ont la tristesse
de faire part du décès de
Ses enfants,
Marie-Jeanne et Alain Vasselle,
Chantal et Guy Lafage Remy,
Dominique et Caroline Remy,
ses 16 petits-enfants
et ses 18 arrière-petits-enfants
survenu le 28 avril 2018,
à Saint-Raphaël.
Gisèle THIERRY-MIEG
La cérémonie dans l'intimité,
s'est déroulée le 2 mai,
au crematorium de Vidauban
(Var).
La cérémonie religieuse
sera célébrée en l'église
Saint-Léonard, à Fougères,
le lundi 7 mai 2018, à 14 h 30.
8, rue du Moulin-aux-Pauvres,
35300 Fougères.
joseph.remy.fougeres
@gmail.com
Hélène Tournier,
son épouse,
Roland, Claire (†), Régine,
Marc et Laure,
ses enfants,
Fabien, Prune, César, Maud,
Léo, Lily, Gaspard, Perle, Kiara
et Lou,
ses petits-enfants,
Louison, Victor, Noé et Basile,
ses arrière-petits-enfants,
ont la grande tristesse
de vous faire part du décès de
Jacques TOURNIER
Les familles Richardière,
Ladreyt-Richardière, Bellet,
Lévèque et Pointillart
ont la tristesse
de vous faire part
du décès de leur mère,
grand-mère, sœur, tante,
Marie Catherine
RICHARDIÈRE
La cérémonie religieuse sera
célébrée le lundi 7 mai,
à 11 heures, en l'église
Sainte-Marie-des-Vallées,
13, rue Pierre-Virol,
à Colombes (Hauts-de-Seine).
L'inhumation aura lieu
le vendredi 11 mai,
à 11 heures, au cimetière
de Cornillé-les-Caves
(Maine-et-Loire).
La vicomtesse Amaury
Robert de Saint Vincent,
M. Arthur
Robert de Saint Vincent,
Mlle Morgane
Robert de Saint Vincent
ont l'immense tristesse
de vous faire part du décès du
vicomte Hugues
ROBERT de SAINT VINCENT
survenu le 1er mai 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le mercredi 9 mai, à 10 h 30,
en l'église
Saint-Honoré-d'Eylau,
Paris (16e).
Bénédicte et Michel Bost,
Séverine et Bertrand Liger,
Valérie et Bruno Bourguignon,
Olivier et Marie-Lorraine
Vollant,
Raphaèle et Jean-Pierre
Armanet,
ses enfants,
Emilie et Casper,
Nicolas et Laure, Benjamin,
Alexandru, Marie et Rémy,
Adeline et Benjamin,
Pierre et Myriam,
Paul et Tatiana,
Victor, Valentine,
Pauline et Antoine,
Clément et Violette, Félix,
Antonin,
ses petits-enfants,
survenu le 22 avril 2018,
à l'âge de 96 ans.
La cérémonie religieuse
a eu lieu le 2 mai,
dans l'intimité familiale,
en l'église
Saint-François-de-Sales,
à Paris (17e).
M. et Mme
Jean-Christophe Gauriau,
M. et Mme Cyril Blanchetête,
Mme Bonne de Viry,
le lieutenant-colonel
et la vicomtesse Matthieu
Chéreil de La Rivière,
M. et Mme
Guy Chevallier-Chantepie,
le comte et la comtesse
Joson de Viry,
M. et Mme Stéphane
Passerat de La Chapelle,
ses filles, son fils,
sa belle-fille et ses gendres,
Maia, Axel, Mathilde, Rosalie,
Julie, Solen, Maxime,
Timothée, Laszlo, Oscar,
Ninon,
ses arrière-petits-enfants,
ses petits-enfants,
son arrière-petite-fille
ont la tristesse de vous
faire part du rappel à Dieu du
comte Bernard de VIRY
officier
de l'ordre national du Mérite,
commandeur
du Mérite agricole,
le 30 avril 2018, muni
des sacrements de l'Église.
Il rejoint son épouse, née
Marie
de Bourdoncle de Saint Salvy
(† 2010).
La messe d'A-Dieu aura lieu
le samedi 5 mai, à 15 heures,
en l'église Saint-Maurice
de Viry, suivie de l'inhumation
au cimetière.
chaque jouR
chez vous
Téléphone : 01 77 01 85 75
www.annonciade.info.fr
Yvette Pezet,
son épouse,
ses enfants, petits-enfants
et toute la famille,
très touchés des marques
de sympathie qui leur ont été
témoignées lors du décès de
M. Georges PEZET
vous prient de trouver ici,
leurs sincères remerciements.
messes
et anniversaires
En souvenir de
Patrice de MARGERIE
une messe sera célébrée
en l'église
Notre-Dame-d'Auteuil,
Paris (16e),
le mercredi 9 mai 2018,
à 16 heures.
Pour le premier anniversaire
de la mort de
Recevez Le Figaro
du lundi au samedi,
accompagné des suppléments
et des magazines du week-end.
Nicole PLÉ
une messe sera dite à 9 heures,
le mardi 8 mai 2018, en l'église
Saint-Ferdinand-des-Ternes,
Paris (17e).
Mathias POLAKOVITS
dit Paul MATHIAS
6 mois
209s
au lieu de 473,20E
décédé le 9 avril 1987.
souvenirs
55% de réduction
sur le prix de vente
en kiosque.
Eliane SOUHAM
était rappelée à Dieu.
La cérémonie religieuse
sera célébrée en l'église
Notre-Dame-de-Nazareth,
à Valréas, le lundi 7 mai,
à 14 heures,
suivie de l'inhumation
au cimetière de Grillon.
Elle a rejoint son fils,
Glenn
(† 1986)
et sa belle-fille,
Vanina
(† 1987).
118, chemin d'Authèze,
84600 Grillon.
Que ceux qui les ont connus
et aimés aient une pensée
ou une prière pour eux.
Douadic (Indre).
Vincent et Sébastien Wuidart,
ses fils,
Gillie et Apolline,
ses belles-filles,
Adrien, Flora et Emile,
ses petits-enfants,
Madeleine Jouanne
ont la grande tristesse
de vous faire part du décès de
Il y a quatre ans,
le 6 mai 2014, le
docteur Marie-Claude
TESSON-MILLET
nous quittait.
Nos pensées ne cessent
de l'accompagner.
Pour le cinquantième
anniversaire de la naissance de
survenu le 24 avril 2018,
à Casablanca (Maroc).
La cérémonie religieuse
sera célébrée en l'église
Saint-Ambroix de Douadic,
ce samedi 5 mai 2018, à 10 h 30.
Marie-Hélène
expriment
toute leur reconnaissance
à leurs bienfaiteurs
pour leurs dons en faveur
des travaux de rénovation
de leur monastère
qui ont débuté en janvier 2018.
Le 4 mai 2017,
les familles Guttinger,
Cormouls, Mellini, Vollant,
Dalamel de Bournet.
L'inhumation aura lieu
au cimetière de Douadic,
où il reposera aux côtés
de son épouse,
38, rue
Jean-François-Marmontel,
à Thiais (Val-de-Marne),
Une messe sera célébrée
le lundi 14 mai 2018,
à 10 heures, en l'église
Notre-Dame-de-l'Assomption,
88, rue de l'Assomption,
Paris (16e),
à la mémoire de
Thierry WUIDART
Viry (Haute-Savoie).
Recevez
Le FigaRo
Les moniales de l'Annonciade
In Memoriam.
Mme François
Dalamel de Bournet,
sa sœur,
ont la tristesse
de faire part du décès de
survenu le 3 mai 2018,
à l'âge de 94 ans, à Fougères.
chevalier
de la Légion d'honneur,
chevalier
de l'ordre national du Mérite,
maire honoraire de Grillon
(Vaucluse),
Ni fleurs ni couronnes.
La Vayssière,
46300 Le Vigan.
jeanpierre.queme@nordnet.fr
M. Joseph REMY
Pierre VOLLANT
s'est endormi dans
la Paix du Seigneur
le 2 mai 2018,
à l'âge de 90 ans.
Mme Fatima QUÊME
survenu le 2 mai 2018,
à l'âge de 77 ans.
Entouré de l'affection des siens,
Les obsèques auront lieu
le lundi 7 mai, à 11 heures,
au cimetière parisien
de Bagneux.
née Bellet,
Stéphanie et Antoine Mével,
Géraldine et François
des Garets,
Marina et Diego Magdelénat,
Bérénice et Bruno de Foresta,
ses enfants,
Camille et Cedric B äumer,
Fanny Turpin
et Mathieu Cortadellas,
Charles et Claire Turpin,
ses neveux et nièces,
Victoria, Oscar, Basile, Jules,
Gaspard, Joséphine, Suzanne,
ses petits-neveux
et petites-nièces,
ses petits-enfants
et arrière-petit-enfant
le 29 avril 2018,
dans sa 77e année.
Mme Jean-Marie Pierson,
née Nicole
du Bois-Tesselin du Bel,
son épouse,
remerciements
Gérard et Mireille Turpin,
son frère et sa belle-sœur,
Xavier-Norbert VIELLARD
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LE FIGARO
samedi 5 - dimanche 6 mai 2018
CHAMPS LIBRES
ENQUÊTE
Dans les tribunes du stade de la Beaujoire, le 17 avril à Nantes, la ferveur des supporteurs du Vendée Les Herbiers Football (VHF) lors du match de demi-finale contre les Picards de Chambly (2-0).
15
ALAIN MOUNIC/PRESSE SPORTS
Les Herbiers croient au miracle
de la Coupe de France
Envoyé spécial aux Herbiers
A
u lendemain de la victoire des
Herbiers en demi-finale de la
Coupe de France, le titre en une
du quotidien L’Équipe soufflait le
parfum divin d’un exploit inattendu : « La Vendée au paradis. »
La qualification inespérée du petit
club amateur de National 1 (3e division) résonnait
comme un conte de fées. Et c’était bien tout le peuple vendéen qui surfait les nuages vers le Stade de
France, ultime étape de l’épreuve reine du football
français. Depuis ce 18 avril, le phénomène « Petit
Poucet de la Coupe de France » a encore pris de
l’ampleur en Vendée. Là où Calais (en 2000) et l’US
Quevilly (en 2010 puis 2012) les avaient devancés
dans le passé, Les Herbiers sont entrés à leur tour
dans une autre dimension. Dès l’ouverture de la
billetterie réservée en avant-première aux supporteurs locaux, ce fut la ruée vers les précieux sésames. « L’euphorie totale ! », se souvient Dominique
Morin, patron de l’Hyper U des Herbiers, sponsor
du club et comptoir officiel de vente des billets de la
finale. Les 14 700 places disponibles en tribune Nord
du Stade de France (catégorie 5, 19 euros l’unité)
avaient toutes été vendues en moins de dix jours. Un
exploit de plus pour une commune de…
16 500 habitants. « Les gens faisaient la queue dès
6 h 30 sur le parking pour être les premiers à obtenir
leurs tickets, s’exclame Jocelyne, la cinquantaine pimpante, préposée à la vente. Je n’avais jamais vu ça ! »
Le petit club de football
vendéen, qui lutte dans
le championnat amateur
pour sauver sa place,
jouera la grande finale
au Stade de France mardi
8 mai, contre les stars
du Paris-SG. Son épopée
a déclenché une folie
médiatique.
Trente-cinq mille
supporteurs en rouge
et noir se préparent
à monter du bocage
pour envahir la capitale.
En rouge et noir
Dès la sortie 29 de l’autoroute A87, la couleur du
club s’est annoncée sur les cabines de péage, maquillées de rouge et de noir. Les 700 élèves du lycée
privé Jean XXIII sont devenus des ados bicolores et
les vitrines des magasins débordent aujourd’hui de
photos et de messages à la gloire des joueurs. Au
Café des sports, rue Neuve, le patron, Mario, repasse en boucle les images des buts inscrits en Coupe de
France : « Et celui-là, il est pas beau ? » La pompe à
bière s’active presque toute seule. « Je suis très fière
de nos joueurs et de l’engouement qui existe autour de
leur parcours, s’enflamme Véronique Besse, la députée-maire. C’est toute une ville et un département
entier qui soutiennent cette équipe. Beaucoup de
Français sauront désormais placer le pays des Herbiers sur une carte de France. Notre petit club de football incarne le panache vendéen. »
Les Herbiers, terre de foot, située à mi-chemin de
Cholet et de La Roche-sur-Yon, en plein bocage
vendéen. Le stade Massabielle, siège du Vendée Les
Herbiers Football (VHF), est un lieu qui compte
dans la vie de cette dynamique commune rurale :
«Y a pas que les beaux matchs de Coupe de France
pendant une saison de foot, rappelle Dominique Morin. Il y a aussi les matchs du National, le vendredi
soir, quand il pleut… » Une flamme très locale entretenue depuis 1949, année de création du club,
dans un département où le ballon rond passionne.
La Roche-sur Yon, Luçon, Bourg-sous-la-Roche,
Les Sables-d’Olonne, Le Poiré-sur-Vie… Toutes ces
équipes vendéennes ont brillé au meilleur niveau
amateur, voire en division 2, avec leurs propres
identités : celles du bocage, de la côte Atlantique ou
du marais… Aucun club n’était pourtant parvenu à
fédérer au-delà de son clocher avant Les Herbiers.
« Nous vivons une période heureuse, détaille Véronique Besse, élue sous la bannière du Mouvement
pour la France (MPF), créé par Philippe de Villiers.
Le taux de chômage est de 4,3 % aux Herbiers, c’est
le plein-emploi. Le succès du Puy du Fou (distant de
12 kilomètres) s’annonce encore cet été. Et le club de
foot est en finale ! Le lien commun entre tout ça ? C’est
l’état d’esprit vendéen. Nous sommes des combattants, des conquérants… On a coutume de dire qu’on
n’attend rien de Paris. On ne lâche pas. On va jusqu’au bout avec enthousiasme et énergie. »
Pour l’équipe du VHF, la récompense est à la mesure des efforts déployés depuis le début de l’année
2018 pour entretenir le rêve. Tandis qu’ils luttent
chaque week-end pour assurer leur maintien en
championnat, les anonymes joueurs vendéens ont
réalisé un parcours sans faute en Coupe de France.
D’abord contre Balma (3-0, pensionnaire de National 3), puis face à Romorantin (2-1, N2), Angoulême
(2-1, N3) et Saint-Lô (2-1, N3). Des victoires acquises contre des équipes réputées moins fortes, avant
que les professionnels d’Auxerre (3-0 en 8es de finale, Ligue 2) et de Lens (0-0 et 4-2 aux tirs au but
en quarts, L2) ne tombent à leurs pieds, juste avant
les copensionnaires en National 1 de Chambly (2-0
en demi-finale).
«Le département soutient le sport et les sportifs depuis longtemps, nous en sommes récompensés,
constate Yves Auvinet, président du conseil départemental de Vendée, qui verse 200 000 euros par an
de subvention aux Herbiers. Cet été, nous aurons le
départ du Tour de France à Noirmoutier et l’arrivée de
la Solitaire du Figaro à Saint-Gilles-Croix-de-Vie. En
plus de ça, le VHF joue la finale de la Coupe de France
de football. Que peut-on rêver de mieux ? »
Matthieu Pichot, Adrien Pagerie, Franck Héry,
Rodrigue Bonguongui, Joachim Eickmayer, Adrian
Dabasse ou Florian David… Leurs noms ne parlent
pas à grand-monde, mais ce sont bien eux, ces amateurs sous contrat fédéral dont les salaires varient
entre 2 000 et 3 000 euros par mois, qui ont conquis
le droit d’affronter les stars internationales du PSG
sur la pelouse du Stade de France. « Je n’en connais
pas un seul, mais ils méritent tous largement leur place en finale, souligne Léa Lafitte (16 ans), élève du lycée Pierre-Mendes-France de La Roche-sur-Yon.
J’étais à la demi-finale, avec tous les lycéens de La
Roche-sur-Yon qui étaient en tribune Erdre, à la
Beaujoire. C’était beaucoup mieux qu’un match du FC
Nantes ! J’ai adoré cette ambiance, ça rapproche les
gens. On est tous à crier et à rire ensemble. »
Beaucoup de Français sauront désormais
placer le pays des Herbiers sur une carte
de France. Notre petit club de football incarne
le panache vendéen
»
VÉRONIQUE BESSE, DÉPUTÉE -MAIRE DES HERBIERS (MPF) FRANCK DUBRAY/PHOTOPQR/OUEST FRANCE/MAXPPP
Une fois encore, la magie du football et de la Coupe de France opère. « La Vendée est un département
qui, depuis vingt ou trente ans, a retrouvé une certaine fierté, décrypte Denis Le Bars, directeur des rédactions d’Alouette FM, la radio locale dirigée par
Bertrand de Villiers, partenaire du VHF. Les feux
médiatiques cristallisent un peu cette fierté. Avec Les
Herbiers en finale, c’est l’impossible qu’on atteint enfin… Il existe ici un vrai sentiment d’appartenance à la
région. Pour les Vendéens, cet exploit sportif récompense les efforts collectifs et symbolise le succès. »
Dans la cour des très grands
Pour s’en convaincre, il suffit d’observer l’attitude
placide du staff et des joueurs, pourtant portés aux
nues. « On l’a déjà gagnée cette finale avec nos supporteurs, explique l’entraîneur Stéphane Masala. Il
faut simplement tout donner pour ne rien regretter.
Si cela fonctionne, c’est parce que l’on prendra du
plaisir… » Drôle de destin, d’ailleurs, que celui de
Masala, ex-adjoint promu entraîneur intérimaire
de l’équipe première en janvier dernier après le limogeage du coach en poste. Le club paye une
amende de 1 170 euros à chaque match parce qu’il
ne possède pas les diplômes requis pour entraîner
en National 1. Et il vient en plus d’être recalé par la
Fédération française pour intégrer la formation
2018 des entraîneurs. Bref, depuis la demi-finale,
l’entraîneur et ses joueurs ont choisi de garder le
silence pour mieux se concentrer. « On a encore
des échéances sportives avec le championnat, reprend Masalan, croisé au hasard d’un couloir. On
ne peut pas répondre aux sollicitations des médias
nationaux mais, par contre, on répond à toutes les
demandes des écoles. » Un choix conforté par le
président Michel Landreau : « On a dû refuser
beaucoup de propositions : “Envoyé spécial” sur
France 2, les grands reportages de M6…. Il y a même
des médias internationaux, comme la BBC ou CNN,
qui nous appellent. »
Stéphane Masala et son effectif ne se frotteront
aux journalistes avides de déclarations que dimanche, lors d’une conférence de presse donnée à Clairefontaine, où ils sont reclus en stage depuis trois
jours afin de préparer leur finale. Un mode opératoire calqué sur celui de… l’équipe de France. Les
Vendéens veulent croire au miracle jusqu’au bout.
Mardi prochain, ce sont près de 35 000 supporteurs vendéens qui investiront la capitale, montés
en bus et en train des Herbiers ou de La Roche-surYon. Les Voyages Rigaudeau sont submergés de demandes. « Vous vous rendez compte, insiste la maire
Véronique Besse, on est dans la cour des très grands.
Être au Stade de France avec le PSG, ce n’est quand
même pas rien. Que voulez-vous qu’il nous arrive,
maintenant ? » Invitée en tribune d’honneur au
côté du président Emmanuel Macron, l’élue est impatiente d’y retrouver Anne Hidalgo, la Parisienne :
« Deux femmes maires en finale de Coupe de France,
c’est rigolo, non ? » Elle qui a assisté aux matchs
précédents ne s’est jamais trompée dans ses pronostics. « Je crois que l’on va marquer un but très rapidement en prenant de court les Parisiens. L’honneur
sera sauf. J’imagine ensuite une victoire 3-1 de Paris », avance-t-elle aujourd’hui. « Quel que soit le
résultat final, conclut le président Landreau, j’aimerais bien aller demander un maillot à Neymar,
moi… » ■
A
Laurent Louët
£@LaurentLouet
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samedi 5 - dimanche 6 mai 2018 LE FIGARO
16
CHAMPS LIBRES
DÉBATS
ENTRETIEN
JEAN-PIERRE
LE GOFF
Un an après l’arrivée
à l’Élysée du plus
jeune président
de la Ve République,
le sociologue, qui vient
de publier un essai
indispensable
sur « Le Monde d’hier »
(Stock), dessine les
contours du « nouveau
monde » en marche.
S’il faut reconnaître
qu’Emmanuel Macron
se démarque de
ses prédécesseurs,
il accentue aussi un
phénomène antérieur
à son élection, celui d’un
président omniprésent,
notamment sur le
registre commémoratif.
Sans se prononcer sur
les réformes en cours,
l’auteur des « Illusions
du management »
analyse les enjeux
du projet volontariste
et adaptatif des
macroniens. Selon lui, la
promesse messianique
d’une France réconciliée
avec la mondialisation
ne peut faire sens
pour la majorité
de la population.
Alors que la révolte
gronde contre
le gouvernement,
le spécialiste
de « l’héritage
impossible » de Mai 68
ne voit rien de commun
entre les révoltés
des Trente Glorieuses
et les nihilistes violents
qui cassent et occupent
les universités
aujourd’hui.
+
» Lire aussi PAGES 2 À 5
Au-delà de la politique, comprendre
l’imaginaire macronien
PROPOS RECUEILLIS PAR
VINCENT TRÉMOLET DE VILLERS
£@Vtremolet
LE FIGARO.- Un an après son élection,
Emmanuel Macron a imposé un style et
une pratique politique. Comment définir
l’image que donne le président de la
République depuis son accès au pouvoir ?
Jean-Pierre LE GOFF.- Que l’on soit ou
non d’accord avec sa politique, commençons par reconnaître que le président Macron a rompu avec le pouvoir
informe de ses prédécesseurs. À sa manière, il apparaît cohérent dans sa volonté de réformer le pays ; sur le plan international, il a su revaloriser l’image et la
place de la France dans le monde. C’est
déjà beaucoup. Cette restauration de
l’autorité du politique n’en comporte pas
moins des points de faiblesse interne.
Emmanuel Macron entend retrouver la
hauteur et la distance qui sied à la fonction présidentielle, en même temps qu’il
est omniprésent sur tous les dossiers de
la réforme. SNCF, hôpitaux, Ehpad, handicap, formation, universités, religion et
routes à 80 km/h…, rien ne semble pouvoir lui échapper. Les compétences du
président sont transversales à tous les
domaines et il se fait fort de le montrer à
la moindre occasion, à tel point qu’on en
oublierait presque les responsabilités et
les compétences propres du premier ministre et du gouvernement. D’autre part,
ses références intellectuelles et historiques, ses discours soigneusement ciselés
contrastent avec nombre de ses déclarations à l’emporte-pièce sur le « premier
de cordée » ou sur les « gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien »… Il
n’hésite pas à affronter les critiques et les
oppositions, taclant ses adversaires et
des journalistes narcissiques soigneusement choisis comme dans un spectacle
d’affrontement entre ego. De la verticalité du pouvoir présidentiel à l’horizontalité d’une confrontation médiatique à
n’en plus finir (« Chiche » on remettra
ça !), de la stature du chef d’État et de
chef des armées (avec photos à l’appui), à
celle du communicant et du débatteur
omniscient, sans oublier le côté glamour
et people…, le président est présent à
tous les étages et la mise en scène est partout. C’est cette capacité de changer rapidement de fonction et d’image, d’incarner tous les plans, de mobiliser tous
les symboles, de vouloir maîtriser tous
les signes de la communication… qui me
frappe le plus. Il faut
s’interroger sur
cette volonté
d’incarner
tous les rô-
les à la fois, sur ce qu’elle nous dit d’un
état de la politique et de la société.
Le rôle des discours et des décors
historiques est-il essentiel dans la geste
macronienne ?
Oui, mais Emmanuel Macron accentue
un phénomène qui ne date pas de son
élection. Son prédécesseur qui se voulait
un « président normal » a fini par multiplier les commémorations à l’aune d’une
« mémoire » émotionnelle et victimaire
accompagnée de l’invocation éthérée de
nobles valeurs et de bons sentiments.
Pour une politique qui a perdu le fil du
récit national et européen et se dilue dans
l’adaptation gestionnaire et comptable,
l’histoire, tout comme la philosophie et
la littérature, sont avant tout célébrées
comme des références emblématiques
qui peuvent jouer le rôle de distinction et
de supplément d’âme à une fuite en
avant. On en rajoutera d’autant plus que
les réformes dans tous les domaines en-
riés, sans compter les soirées, voire les
nuits où vous pouvez être constamment
sollicité grâce aux nouvelles technologies de l’information et de communication. L’espace de la vie privée et familiale, les activités de libre sociabilité, la
littérature et les arts, la libre réflexion, la
spiritualité… n’ont plus vraiment leur
place dans ce modèle de la performance
à tout prix. Et pour nombre de ceux qui
ont choisi de faire une brillante carrière,
le fait d’avoir des enfants peut devenir
un handicap, car il faut avoir du temps à
leur consacrer.
déclarations sur la nécessité d’une « Europe protectrice ». C’est l’idée même
d’un progrès économique et social qui
paraît aujourd’hui en question dans un
monde de plus en plus concurrentiel où
le coût du travail et la main-d’œuvre
servent de variables d’ajustement. Le
« social » semble devenu une sorte
d’intendance et d’assurance minimale
pour l’adaptation au « changement ».
Depuis combien d’années répète-t-on à
satiété que l’on finira par voir le bout du
tunnel ? En attendant, l’activisme est
devenu un nouveau mode d’existence
sociale sur fond de déstabilisation et de
sourde angoisse sur soi-même : est-on
jamais sûr de son « employabilité »,
d’être toujours à la hauteur des compétences et des performances exigées pour
s’adapter à un monde chaotique ? Que
signifient la « mobilité », la « formation
tout au long de la vie », la « liberté de
choisir son avenir professionnel »…
pour des salariés et des chômeurs âgés
de 50 ans et plus ? Peut-on croire sérieusement qu’il n’y aura pas de laisséspour-compte dans la « bataille » de la
compétitivité et de la performance ? La
vision d’une société individualiste qui ne
serait composée que de « gagnants » n’a
rien de rassurant pour une majorité de la
population. Elle peut peut-être trouver
de l’écho dans une partie des nouvelles
générations, des jeunes diplômés, des
cadres, des entrepreneurs, des chefs
d’entreprise… Mais la France n’est pas
composée de millions de « petits Macron » à l’image de la personnalité hors
norme de son président ; elle n’est pas
une entreprise, et la politique ne se
confond pas avec le management. La
déculturation historique et la nouvelle
fracture générationnelle constituent
peut-être un terreau favorable, mais
une telle vision de la société ne peut
s’ancrer en profondeur dans le pays.
Faute de s’inscrire dans un cadre structurant et stable qui lui garde figure humaine, le changement est synonyme de
chaos et de régression, malgré tous les
efforts des politiques, des managers et
des communicants pour essayer de démontrer le bien-fondé économique des
réformes.
Comment voyez-vous le projet
d’Emmanuel Macron ? La notion
de « nouveau monde » invoquée
par les macroniens vous semble-t-elle
pertinente ?
Les macroniens intègrent les évolutions
dans un projet volontariste et adaptatif
qui véhicule une vision du monde qui ne
va pas de soi. Ils apparaissent optimistes
et résolus en faisant valoir
les bienfaits possibles de
l’adaptation de la France à
C’est cette capacité de changer
la mondialisation. Les rérapidement de fonction et d’image, formes orientées dans cette
impliquent des
d’incarner tous les plans, de mobiliser perspective
efforts et des sacrifices en
tous les symboles, de vouloir maîtriser supposant qu’au bout du
tous les signes de la communication… compte chacun y gagnera,
tout d’abord en termes
qui me frappe le plus
d’emploi ; la France, ayant
assaini sa dette et étant rétraînent subrepticement une reconfiguformée comme il se doit, pourra peser
ration sociale et culturelle du pays qui
plus efficacement au sein de l’Union
marque une rupture avec une filiation
européenne et dans le monde. Mais,
historique et une certaine « idée de la
par-delà l’appréciation portée sur telle
France ». Le président Macron en a sûou telle réforme, le macronisme ne se
rement conscience, mais il y a quelque
démarque pas fondamentalement d’un
chose de décalé et d’artificiel dans ses
imaginaire qui ne date pas d’aujour« images fortes » et ses exercices de styd’hui. Dans la rhétorique de la « Moderle. Il manie les symboles selon les cirnisation », de la « Réforme », du
constances et change rapidement de
« Changement » qui a envahi l’espace
personnage comme dans une pièce de
politique et médiatique depuis des anthéâtre où l’acteur principal voudrait
nées, les évolutions impliquent une sorte
jouer tous les rôles et séduire tous les pude révolution culturelle permanente où
blics, en choisissant les habits et le décor
chacun est appelé à prendre conscience
par la même occasion.
du monde nouveau et à se remettre perpétuellement en cause. Les individus se
doivent d’être toujours jeunes, brillants
Dès les années 1980, vous décriviez
et en bonne santé pour être constamla figure du manager, éternel gagnant,
ment « autonomes et responsables »,
comme une figure d’identification.
« ouverts » « mobiles » et « réactifs »…
Vous publiez un essai sur la France
Nous y sommes ?
La multiplication des chantiers de la réC’est l’un des traits frappants d’un noud’avant Mai 68. Que vous inspirent
forme, les annonces à répétition… donvel air du temps qui s’est développé deles mouvements étudiants ou zadistes
nent le tournis. Si le changement et
puis les années 1980. On a vu émerger la
de ce printemps 2018 ?
l’adaptation à tous crins deviennent pafigure du jeune manager qui anime et diLes violences de groupes minoritaires
radoxalement des normes, à quels repèrige ses équipes avec une « motivation »
ont assez duré et l’ordre républicain doit
res stables peut-on encore s’accrocher ?
hors du commun, de multiples « boîtes à
s’appliquer sans faiblesse. Au-delà des
L’économie et les compétences profesoutils » et un sourire déconcertant. Ce
aspects spectaculaires des désordres et
modèle a prospéré dans l’« ère du vide »
des affrontements, la
et du narcissisme qui a fait suite à la crise
comparaison avec les
La France n’est pas composée
des engagements collectifs, des idéoloévénements de mai-juin
gies et des grands récits historiques. Re68 ne tient pas. Ces
de millions de « petits Macron »
lativisme et patchwork culturel, capacité
sont interà l’image de la personnalité hors norme événements
de parler et d’avoir réponse à tout sans
venus en pleine période
de son président ; elle n’est pas une
être convaincu par grand-chose, règne
des Trente Glorieuses ;
de l’image et de la séduction… tels étaient
entreprise, et la politique ne se confond les références au mouvealors les traits de l’individualisme postment ouvrier, les idéolopas avec le management
moderne. Dans ce nouveau contexte,
gies et les récits historipassant outre l’expérience professionques
continuaient
sionnelles ne sont pas seules en cause,
nelle et humaine, la culture générale et le
d’imprégner les esprits ; les étudiants en
c’est toute une façon de vivre, d’agir et
recul réflexif, de multiples stages étaient
révolte étaient des « héritiers rebelles »
de penser qui peut paraître obsolète.
censés faire acquérir au plus vite des caconsidérés encore comme les futures
Par-delà les grands discours et les coups
pacités hors du commun. Ils permetélites de la nation… Aujourd’hui, on a afde chapeau donnés à l’histoire, aux
taient d’« être leader », de dévefaire à des minorités d’adolescents progrands hommes et à la culture, que delopper le « savoir être », de
longés nourris du « droit à la réussite
vient notre « cher et vieux pays », notre
« motiver » et de « mobilipour tous » et des restes d’un gauchisme
modèle républicain et social ? Quelle laïser » ses subordonnés… Des
post-soixante-huitard affaissé qui ont
cité ? Quelle conception nous faisons« outils miracles » prétenfait des facs de lettres et de sciences hunous de la condition humaine et de la vie
daient « exceller » dans la dimaines leur dernier bastion. Quant aux
en société ?…. Le flou et les dérobades
rection des équipes et la comcasseurs de l’ultragauche, ils témoignent
enveloppées dans de beaux discours me
munication en réduisant le
d’un nihilisme post-moderne pour qui
paraissent être des faiblesses du macrolangage à des codes et à des sila violence, « casser du flic » et détruire
nisme qui, à sa façon, continue la fuite
gnaux qu’on pourrait manipuconstitue un défoulement. D’un point de
en avant.
ler à loisir tout comme le comvue plus global, les analogies avec la siportement de l’être humain.
tuation en mai 1968 n’ont pas grand
Ce modèle de la « performansens. Les dirigeants de l’époque entenComment un tel projet et une telle vision
ce sans faille » flatte l’ego et
daient maintenir l’équilibre entre l’ordu monde pourraient-ils unifier le pays ?
peut constituer un miroir aux
dre et le changement ; ils inscrivaient la
La promesse messianique d’une France
alouettes pour des cadres et
modernisation dans une histoire sécuadaptée au nouveau monde de la mondes jeunes avides d’ascension
laire du pays ; ils étaient opposés au
dialisation, enfin réconciliée avec ellesociale. Dans ce modèle, les
mouvement de Mai 68, mais ils
même dans une Europe protectrice, se
limites et l’échec, les critiques
n’avaient pas moins conscience d’une
heurte à des réalités plus prosaïques.
et les contradictions sont vé« crise de civilisation ». Qu’en est-il
L’adaptation à la mondialisation dans
cus comme une remise en
aujourd’hui de cet équilibre, de cette
une logique de l’urgence, les restrictions
cause de l’image de la toutehistoire et de cette civilisation ? ■
budgétaires, la mobilité professionnelle
puissance, une blessure nardans un monde déstabilisant… ne peucissique difficile à cicatriser,
vent faire sens pour la majorité de la pomême si dans ce domaine, les
pulation, surtout quand ceux qui ne ces« psys » et les gourous
sent d’en appeler à faire des efforts
du bien-être peuvent
disposent de confortables situations. Le
jouer le rôle d’infirmerie
changement et les sacrifices demandés
■ La France
sociale. L’activisme dene semblent jamais avoir de fin. L’Union
d’hier
vient un mode d’existence qui
européenne ne parvient pas à sortir
Jean-Pierre Le Goff
abolit la séparation entre vie profesd’une vision comptable et technocrati-
«
»
«
A
FABIEN CLAIREFOND
»
sionnelle et vie privée, travail et loisirs,
jours ouvrables et week-ends et jours fé-
que, des dogmes de la libre concurrence
et du dumping social malgré les grandes
STOCK, 288 PAGES,
21,50 EUROS
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 5 - dimanche 6 mai 2018
CHAMPS LIBRES
OPINIONS
Natacha Polony
Alexandre le petit
u fond des victoires
d’Alexandre, on trouve
Aristote. » Cette remarque,
lancée dans La Nouvelle
Revue française par Michel
Crépu et Alexandre
Duval-Stalla, s’adresse à un président
qui tente depuis un an de peindre
l’autoportrait du technocrate
en philosophe. Plus encore, au fil
de cet entretien dans une revue autour de
laquelle flottent tous les grands fantômes
de la littérature française, se dessine par
petites touches une sensibilité aux mots,
une inscription dans l’histoire, qui veulent
transcender le caractère désespérément
prosaïque de la gestion de l’État pour
hisser ce quinquennat jusqu’aux heures
tragiques de l’histoire, celles où s’est joué
«
A
@
100 000 citations
et proverbes sur evene.fr
le destin de la France. Alexandre,
Aristote… et soudain le magazine Forbes.
La semaine où sort cette quintessence
de pensée présidentielle, le magazine
connu pour son classement des fortunes
mondiales publie un autre entretien
de celui qu’il baptise le « chef de file des
marchés libres ». La lecture concomitante
de ces deux textes, dont la publication
doit nourrir la légende forgée depuis un
an, laisse perplexe. Le penseur et l’homme
d’action ? Aristote et Alexandre réunis
en un jeune homme obsédé par la quête
de sens ? Ou plutôt Alcibiade, séduisant
et pressé, beau parleur et ambitieux,
qui conduisit Athènes à sa perte ?
L’Emmanuel Macron de Forbes est tel
que peut le rêver le magazine, parsemant
son discours de « business friendly »
ENTRE GUILLEMETS
5 mai 1821 à Sainte-Hélène : mort de Napoléon Bonaparte
François-René de Chateaubriand
MARY EVANS/RUE DES ARCHIVES
Bonaparte n’est point grand
par ses paroles, ses discours, ses
écrits, par l’amour des libertés
qu’il n’a jamais eu […] Il est grand
pour avoir fait renaître en France
l’ordre au sein du chaos»
CHRONIQUE
Philippe Gélie
£@geliefig
CORRESPONDANT À WASHINGTON
L’
SOCIÉTÉ DU FIGARO SAS Directeur des rédactions
14, boulevard Haussmann Alexis Brézet
Directeur délégué des rédactions
75009 Paris
Paul-Henri du Limbert
Président
Serge Dassault
Directeurs adjoints de la rédaction
Gaëtan de Capèle (Économie),
Directeur général,
Laurence de Charette (directeur
directeur de la publication de la rédaction du Figaro.fr),
Marc Feuillée
Anne-Sophie von Claer
(Style, Art de vivre, So Figaro),
…HISTOIRE
créance de plus de 10 000 dollars pesant
sur eux. Trump n’a jamais mentionné
sa dette envers Cohen dans
ses déclarations financières.
Accessoirement, Giuliani a donné
une explication au limogeage de James
Comey du FBI – son refus de déclarer
que le président n’était pas visé
par l’enquête sur les interférences
russes – ouvrant une nouvelle piste
aux enquêteurs. Après ces embardées,
Guilliani va-t-il rejoindre la cohorte
des collaborateurs passés à la trappe ?
« Il va se mettre au point sur les faits,
a dit Trump vendredi, mais il a compris
que c’est une chasse aux sorcières. »
Politiquement, tout semble glisser
sur ce président
Téflon. L’épisode
Politiquement, tout semble glisser
n’en porte pas
moins un coup à
sur ce président Téflon. L’épisode
la crédibilité de la
n’en porte pas moins un coup
Maison-Blanche.
Sarah Sanders se
à la crédibilité de la Maison-Blanche
défend en assurant
avoir été honnête sur ce qu’elle savait
la presse. « Je voulais passer à autre
au moment de ses déclarations.
chose », a-t-il confié au Washington
Sans grand succès : « C’est devenu
Post. La stratégie a fait long feu.
la procédure standard pour Trump et
Le risque d’être accusé d’infraction
ses collaborateurs de tromper le public
à la loi électorale – un délit passible
avec des affirmations mensongères
de cinq ans de prison, mais plus souvent
et des versions changeantes », écrit
puni d’une amende – est d’autant
le Washington Post. Au dernier
moins écarté que le bavard s’est
recensement, le président a prononcé
emmêlé les pinceaux. Tout en affirmant
3 001 fausses allégations en 466 jours de
que Cohen avait payé Daniels pour
pouvoir, un rythme de 6,5 par jour, en
« sauver le mariage » des Trump « ou
constante augmentation. « Nier, nier,
plutôt leur réputation » – et que cela
nier, c’est la réaction typique de Trump,
n’avait donc rien à voir avec l’élection
explique Sam Nunberg, un de ses
–, Giuliani a ajouté : « Imaginez que ce
anciens conseillers. Il doit comprendre
soit sorti le 15 octobre 2016, au milieu
que ce qui est possible pour un
du dernier débat avec Hillary Clinton ! »
entrepreneur ou une célébrité ne l’est pas
À la suite de ses déclarations,
pour le chef de l’État. » Sauf à inscrire
plusieurs plaintes ont été déposées
sa présidence dans l’histoire pour
pour violation d’une règle d’éthique
son combat constant avec la vérité.
qui impose aux élus de déclarer toute
.
de violation de la loi sur le financement
des campagnes électorales. Giuliani
explique que Cohen a été payé via
ses honoraires d’avocat à raison
de 35 000 dollars par mois après
l’entrée de Trump à la Maison-Blanche.
Le total avoisinerait 250 000 dollars,
avec les intérêts et « un petit bénéfice »
pour Cohen. L’opération relèverait
de « pratiques très courantes chez
les gens riches et célèbres », confirme
le président dans une série de tweets.
Giuliani, 73 ans, ancien procureur
à la réputation de bagarreur, tient un
rôle de confident auprès de Trump. Il
l’a convaincu de dévoiler la vérité avant
d’être mis devant le fait accompli par
«
Anne Huet-Wuillème (Édition,
Photo, Révision),
Arnaud de La Grange
(International),
Étienne de Montety
(Figaro Littéraire),
Bertrand de Saint-Vincent
(Culture, Figaroscope, Télévision)
et Yves Thréard (Enquêtes,
Opérations spéciales, Sports)
»
Directeur artistique
Pierre Bayle
Rédacteur en chef
Frédéric Picard (Édition)
Éditeur
Sofia Bengana
Éditeur adjoint
Robert Mergui
demeure et influence le regard qu’on porte
sur le monde », il disserte sur la rencontre
entre le politique et la littérature. Mais
il le fait à propos de sa propre figure
romanesque, celle d’un Julien Sorel
se rêvant en Napoléon. Il tance l’Europe,
« vieux continent de petits-bourgeois se
sentant à l’abri dans le confort matériel »
qui, face au tragique ressurgi, pourrait
renouer avec un souffle. Mais un souffle
pour se porter jusqu’à quel sommet ?
Victor Hugo n’est cité qu’en passant :
l’épopée macronienne est individuelle.
Mais d’un individu qui n’est pas non plus
l’esprit empreint de doute et de mesure
d’un Montaigne face à la folie sanguinaire
des Guerres de religion.
Ce début de siècle nous confronte
à la possible dissolution de notre humanité
dans le transhumain, à l’emprise de la
technique sur la nature et sur l’homme,
à la dissolution des liens de sociabilité qui
permettaient la transmission des cultures,
et bientôt à des bouleversements
démographiques tels que l’Europe n’en a
pas connu depuis le IVe siècle. Un politique
qui serait autre chose qu’un technicien
se donnerait pour objectif, par-delà
la recherche nécessaire d’un retour des
investisseurs, de définir, face à ces enjeux,
ce que serait une société vivable, une
société respectueuse de la personne, au
sens où l’entendait Emmanuel Mounier.
À quoi sert la littérature, pour n’être pas
que le vernis brillant et coloré dont on
recouvre l’acceptation d’un utilitarisme
qui est son exact contraire ? Elle sert,
dans la matérialité sonore des mots,
à donner à voir l’homme, dans sa noirceur
insondable et dans ses grandeurs
soudaines, cet homme que le politique doit
aimer tel qu’il est, et non tel qu’il faudrait
qu’il soit. C’est à cette condition que
ses lois seront justes et porteront l’espoir
d’une société meilleure.
VOX
Trump, président englué
dans ses mensonges
affaire Stormy
Daniels, du nom
d’une actrice de films
pornographiques
qui affirme avoir
eu une relation
sexuelle avec Donald Trump, paraît
triviale – c’est le cas de le dire –
en comparaison des soupçons
de collusion avec le Kremlin
et d’obstruction à la justice sur lesquels
enquête le procureur spécial Robert
Mueller. Mais certains y voient
de grands dangers, légaux et politiques,
pour le président américain.
Depuis que le Wall Street Journal
a révélé le 4 novembre 2016, quatre
jours avant l’élection présidentielle,
que Stormy Daniels, alias Stephanie
Clifford de son vrai nom, était
en discussions avec la chaîne ABC pour
raconter son histoire, le président et
son entourage se sont enferrés dans une
litanie de mensonges. On compte au
moins huit démentis officiels sur tous
les aspects de cette saga, émanant de
Hope Hicks, ancienne directrice de la
communication, Sarah Sanders, porteparole de la Maison-Blanche, Michael
Cohen, avocat personnel de Trump au
cœur du scandale, et Donald Trump
lui-même. Les affirmations de la star
du X étaient « absolument fausses »,
le président n’était « pas au courant »
des 130 000 dollars versés pour la faire
taire, l’argent venait « des fonds
personnels » de Michael Cohen, etc.
Et soudain, au soir du 2 mai, lors
d’une interview avec Sean Hannity
sur Fox News, Rudy Giuliani, ancien
maire de New York tout récemment
recruté par Trump pour muscler sa
stratégie de défense, lâche une bombe :
« Le président l’a remboursé. » Il espère
par cet aveu écarter le soupçon
Dassault Médias
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Dassault, Thierry Dassault,
Jean-Pierre Bechter, Olivier
Costa de Beauregard, Benoît
Habert, Bernard Monassier,
Rudi Roussillon
et de « start-up ». Il est question
d’accélération, de changement, et, preuve
ultime de son ébouriffante modernité,
de « disruption ». l’Emmanuel Macron
de Forbes disrupte à tout-va. Il le martèle,
une fois, deux fois : «there is no other
choice ». Il n’y a pas d’alternative.
L’Emmanuel Macron de la NRF,
pourtant, nous parle profondeur et temps
long. Il cite Colette et Giono, et le parfum
des fleurs dont leur écriture dessine les
infinies subtilités. Colette et Giono qui,
plus que tout autre auteur, ont su rendre
par la puissance évocatoire d’une langue
musicale le miracle d’une incarnation,
ici et maintenant, dans un monde dont
la beauté nous dépasse. Non seulement
Colette et Giono ne disruptent pas, mais
le monde qu’ils nous chantent est celui
d’une humanité intemporelle. « Il y a de
petites places désertes où, dès que j’arrive,
en plein été, au gros du soleil, écrit Giono,
Œdipe, les yeux crevés, apparaît sur un
seuil et se met à beugler. Il y a des ruelles,
si je m’y promène tard un soir de mai,
dans l’odeur des lilas, j’y vois Vérone où la
nourrice de Juliette traîne sa pantoufle. »
La question est vertigineuse. Peut-on
vibrer à l’écriture de Colette et Giono,
et disserter sur une exit tax qui ne serait
pas « business friendly ». Ou, pour
le dire autrement, peut-il se concevoir
un homme d’action qui porterait
en lui l’ironie délicieuse de Jean Giono
vis-à-vis du progrès, le questionnement
enfiévré de René Char sur la capacité des
mots à nommer le réel sans en assécher le
sens, un homme d’action qui concevrait
son action en fonction de cette nécessité
pour l’homme de s’inscrire dans ce qui
le dépasse ? Un homme d’action dont
l’action serait véritablement orientée
par ce que les livres auraient fait de lui ?
L’Emmanuel Macron de la NRF parle
d’un « cadre sensible et intellectuel qui
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« Il n’y a jamais eu
autant d’antifascistes
depuis que le fascisme
a disparu », entretien
avec Frédéric Le Moal,
auteur d’«Histoire
du fascisme » (Perrin)
…SOCIÉTÉ
« Quand l’extrême
gauche ressuscite
la ségrégation raciale »,
la tribune de l’essayiste
Céline Pina
Blocages à Normale Sup :
« On ne réclame pas
des droits en bafouant
ceux des autres »,
la tribune d’un collectif
de jeunes normaliens
Impression L’Imprimerie, 79, rue de Roissy
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sous le numéro FI/37/01. Eutrophisation : Ptot 0.009 kg/tonne de papier.
Ce journal
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Édition nationale
1er cahier 18 pages
Cahier 2 Économie
8 pages
Cahier 3 Le Figaro
et vous 10 pages
Sur certaines éditions
Supplément 4
Magazine 120 pages
Cahier TV 64 pages
Supplément 5 Madame
144 pages
Promo Portage Wall
Street Journal :
diffusion sur une partie
du territoire national.
A
CHRONIQUE
17
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 5 - dimanche 6 mai 2018 LE FIGARO
18
Jean-Julien Ezvan
ournaliste et écrivain italien, né en 1948
(l’année du deuxième succès sur le Tour de
France de Gino Bartali), Alberto Toscano, à
Paris depuis 1986, sillonne dans Un vélo
contre la barbarie nazie (Éditions Armand
Colin) l’histoire révélée seulement après la
mort, en 2000, de Gino Bartali (surnommé « Gino le
Pieux »). La légende du cyclisme (vainqueur notamment de deux Tours de France en 1938 et 1948 et de
trois Tours d’Italie en 1936, 1937 et 1946) a participé
au sauvetage de plusieurs centaines de Juifs persécutés par les nazis.
LE FIGARO. - En introduction de votre ouvrage,
vous unissez Jesse Owens et Gino Bartali,
évoquant des moments où le sport fait l’histoire…
Alberto TOSCANO. - Il y a eu plusieurs moments
dans l’Histoire avec un grand H où le sport a été un
révélateur et parfois un moteur important, comme
avec Jesse Owens aux Jeux olympiques de Berlin en
1936. Ses victoires ont été un défi pour le régime nazi
et, à sa façon, Gino Bartali a défié le régime nazi. Il l’a
fait en 1943, 1944 à un moment où l’Italie centrale,
l’Italie septentrionale et une partie de l’Italie du Sud
sont encore occupées par l’Allemagne. À ce moment
où les Juifs, déjà persécutés, marginalisés par les fascistes, deviennent l’objet de tentatives de rafles et de
déportations se déroule un épisode important de
l’histoire italienne, la naissance d’un réseau de « déreligion » comme je l’ai appelé. Un réseau se crée
pour aider les persécutés. Les protagonistes sont des
évêques catholiques et des rabbins qui, après des siècles, des millénaires de polémiques, parfois des moments sanglants, se rassemblent. L’un des engrenages de ce réseau est Gino Bartali parce qu’il veut
profiter de sa popularité pour transporter dans son
vélo des faux papiers destinés à des centaines de Juifs
qui sont hébergés, réfugiés, cachés en Italie.
Comment se débrouillait-il ?
Il avait un prétexte extraordinaire, pour sa famille y
compris : l’entraînement. C’était un grand champion
cycliste qui avait gagné le Tour de France en 1938, le
Tour d’Italie en 1936. C’était un grimpeur, un mythe.
Il disait « il y a la guerre mais j’ai besoin de rester le
champion que je suis, je dois parcourir des centaines
et des centaines de kilomètres malgré la guerre, les
contrôles ». Ce prétexte, il l’utilisait avec sa femme,
qui se doutait de quelque chose mais qui savait que
c’était mieux pour elle et pour lui de ne pas savoir ; il
l’utilisait avec les militaires de la Wehrmacht et aussi
l’armée fasciste, qui effectuait des contrôles sur les
routes de l’Italie centrale. Chaque jour, il montait sur
RENCONTRE
J
« Quand Bartali
gagne le Tour
de France en 1938
(ci-contre,
son tour d’honneur,
à Colombes), tous
les journalistes italiens
sont là pour célébrer
la gloire du Duce,
du régime… mais
il refuse de faire
le salut et se signe ».
Alberto Toscano : « À sa façon,
Bartali a défié le régime nazi »
Le Tour d’Italie cycliste s’est, vendredi, élancé de Jérusalem. En hommage au
champion italien qui sauva des Juifs. Son compatriote revisite cet incroyable destin.
son vélo. Entre Florence et Assise, il y a plus ou moins
200 kilomètres. Il faisait ce chemin à l’aller et au retour, parfois en s’arrêtant, parfois en faisant l’allerretour en une seule journée avec de faux papiers. Cet
engagement sportif et moral, humanitaire de cet
homme extraordinaire est très touchant.
Le Tour d’Italie innove cette année
pour lui rendre hommage…
C’est la première fois qu’une grande compétition par
étapes démarre hors du continent européen. À Jérusalem, pour rendre hommage à Gino Bartali, qui a été
reconnu post mortem par le mémorial de Yad
Vashem comme « Juste parmi les nations ». Le réseau a sans doute sauvé au moins 800 Juifs. Bartali
était une pièce du réseau. Il n’a pas personnellement
sauvé 800 Juifs mais il a participé à cette œuvre.
Ce départ du Giro a-t-il été facile à organiser ?
L’idée de célébrer Bartali est née après sa mort. Bartali a toujours soigneusement évité de se glorifier. Il a
gardé le silence absolu. Il disait : « Ce qui m’intéresse,
ce sont mes succès sportifs. Toutes les autres choses me
regardent personnellement, regardent mon âme mais
je ne veux pas en parler. » Il n’a jamais voulu en parler. Après sa mort, en 2000, la République italienne
lui a décerné la médaille d’or. L’organisation du Giro
avec le départ de Jérusalem n’a pas été simple. Il y a
aujourd’hui des tensions politiques très fortes.
Confirmer le départ en Israël avec trois étapes mais le
faire à l’intérieur des frontières reconnues par l’ONU
est une affirmation de la fidélité aux valeurs de Gino
Bartali en hommage à l’État d’Israël et en même
temps une façon d’éviter des polémiques qui seraient
déplacées. On ne peut pas rendre hommage à Gino
Bartali en faisant des polémiques. La décision des organisateurs du Giro acceptée par l’État d’Israël qui
tient à ce départ est intelligente et sage. C’est un événement sportif et politique. Au nom de la paix.
La famille de Bartali sera-t-elle présente sur le Giro ?
Sa famille sera à Assise, le 16 mai, et certainement à
Rome (le 27 mai, dernière étape, NDLR). Son fils aîné
Andrea est décédé l’année dernière, les deux filles
d’Andrea collaborent avec le musée de la mémoire, à
Assise, qui sera rouvert le 16 mai. Les deux autres enfants de Gino seront à Assise.
C’est la première
« fois
qu’une grande
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qui a été reconnu
post mortem
par le mémorial
de Yad Vashem
comme
« Juste parmi
les nations »
ALBERTO TOSCANO
»
Pour résumer Bartali, vous parlez
d’« antifascite exemplaire »,
en citant Gianni Mura, de « La Repubblica »…
Il a toujours refusé de prendre la carte du parti. Lors
de la victoire de l’équipe de football d’Italie en finale
de la Coupe du monde 1938, disputée au stade de Colombes, tous les joueurs et membres de l’encadrement, tous membres du parti fasciste, font le salut
fasciste. Quand Bartali gagne, quelques jours après,
le Tour de France, tous les journalistes italiens sont là
pour célébrer la gloire du Duce, du régime… mais il
refuse de faire le salut et se signe. C’est un défi au régime. Bartali avait un caractère particulier. Il avait
mauvais caractère. Il adorait être polémique. Il avait
une phrase emblématique : « Tout est faux, tout est à
refaire. » Cette phrase exprimait sa façon d’être toujours insatisfait. C’était un grand râleur. Il avait
l’ambition pour lui-même et pour la société de quelque chose de plus juste. Il était tout sauf un intellectuel, il avait quitté l’école à l’âge de 12 ans pour aller
travailler. Il venait d’une famille de la campagne de
Florence, mais il avait cette énorme envie de s’engager. Surtout, il ne tolérait pas l’arrogance et les arrogants. Et le numéro 1 des arrogants pour lui, c’était
Mussolini…
Bartali-Coppi, c’était l’opposition de deux Italie ?
J’évoque trois couples de personnages en disant que
ces personnes sont en même temps des rivaux et des
alliés dans les moments du besoin. Un très politique,
celui du chef de la Démocratie chrétienne, Alcide De
Gasperi, le président du Conseil de l’après-guerre,
et Palmiro Togliatti, le chef du Parti communiste. Le
deuxième, un couple de frères rivaux imaginaires
Don Camillo-Peppone – le premier film de la série a
d’ailleurs été réalisé par un Français, Julien Duvivier. Ils se disputent tout le temps mais quand la collectivité est en danger, crue du Pô… ils se réunissent.
Et le troisième couple emblématique dans l’imaginaire collectif italien est composé de Coppi et
Bartali. Coppi, homme marié qui avait une relation
avec une femme mariée dans l’Italie des années
1950, condamné à une peine de prison (avec sursis)
pour adultère, était devenu un symbole de transgression et d’une certaine Italie projetée vers un
avenir industriel. Et Bartali, était, lui, le très catholique, le conservateur, le démocrate-chrétien, l’ami
du Pape, l’homme de la tradition. Dans cette antinomie Coppi-Bartali, il y avait une rivalité sportive
entre ces deux champions cyclistes, et il y avait
autre chose, mais à la fin de leur vie ils sont devenus
amis. C’est un symbole contradictoire mais optimiste de deux rivaux qui savent trouver une entente. ■
RENE DAZY/RUE DES ARCHIVES, JEAN-CHRISTOPHE MARMARA/ LE FIGARO
£@JeanJulienEzvan
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 5 - dimanche 6 mai 2018 LE FIGARO - N° 22 932 - Cahier N° 2 - Ne peut être vendu séparément - www.lefigaro.fr
> FOCUS
lefigaro.fr/economie
TELECOM ITALIA
JEAN-CHRISTOPHE MARMARA/LE FIGARO, CHARLES PLATIAU/REUTERS
COMMENT BIEN REMPLIR
SA DÉCLARATION
DE REVENUS PAGES 20 ET 21
LE FONDS ELLIOTT
PREND LE POUVOIR
FACE À VIVENDI PAGE 26
Les salariés
d’Air France
poussent
Janaillac
à la démission
Ils ont rejeté la proposition d’accord
salarial défendue par la direction.
Le PDG a démissionné de la compagnie
et de sa maison mère, Air France-KLM.
PAGE 23
Jean-Marc Janaillac,
PDG d’Air France-KLM.
Les tarifs réglementés de l’électricité sur la sellette
Les jours du Tarif bleu d’EDF sont
comptés et sa disparition se précise. Le rapporteur public du Conseil
d’État a préconisé vendredi d’annuler un arrêté tarifaire pris l’an
dernier par le gouvernement. Celui-ci majorait de 1,7 % les tarifs
réglementés de l’électricité au
1er août 2017.
Une telle annulation pourrait impliquer plus largement l’extinction
de ces tarifs historiques qui sont
toujours appliqués à 26,5 millions
de foyers et petits professionnels,
le PLUS du
FIGARO ÉCO
MEDEF
À La Rochelle,
Roux de Bézieux
joue la carte
de la proximité PAGE 22
LA SÉANCE
DU VENDREDI 04 MAI 2018
CAC 40
5516,05
+0,26%
DOW JONES (18h)
24182,52 +1,05%
ONCE D’OR
1309,40 (1315,05)
PÉTROLE (lond)
74,860 (73,150)
EUROSTOXX 50
3550,59 +0,61%
FOOTSIE
7567,14 +0,86%
NASDAQ (18h)
6741,23 +1,47%
NIKKEI
Marché clos
soit 82 % des clients résidentiels.
Le Conseil d’État a toujours le dernier mot en cas de litige entre l’administration et les administrés. Il
avait été saisi l’an dernier par Engie et par l’Association nationale
des opérateurs détaillants en énergie (Anode), qui représente les
fournisseurs alternatifs. Ceux-ci
considèrent les tarifs réglementés
comme une distorsion de concurrence qui nuit aux nouveaux entrants. La décision a été mise en
délibéré et devrait être rendue pu-
blique ce mois-ci. En général, le
Conseil d’État suit les conclusions
du rapporteur public. En juillet, il
avait d’ailleurs annulé un décret
sur les tarifs réglementés du gaz,
deux semaines après que le rapporteur public les eut jugés
contraires au droit européen. La
plus haute juridiction administrative estimait qu’il n’était « plus
possible de se fonder sur un objectif
d’intérêt général » pour justifier
leur maintien. Ils doivent disparaître d’ici à 2023.
Ces « tarifs publics » reposent à
l’origine sur le principe de péréquation, par lequel tous les Français paient leur kilowatt au même
prix, où qu’ils habitent. Mais leur
pertinence est remise en cause
dans un contexte de plus grande
concurrence où la quasi-totalité
des offres alternatives (Eni, Total
Spring, Cdiscount…) proposent
des prix inférieurs de 3 % à 15 %
sur le montant hors taxe. Or un
Français sur deux ignore toujours
qu’il peut changer de fournisseur.
L'HISTOIRE
Le préfet bloque le projet de la ferme
aux 4 000 bovins de Digoin
L
a course au gigantisme
des élevages en France a peutêtre connu vendredi un coup
d’arrêt. Le préfet de Saôneet-Loire a interdit un projet de
ferme-usine, près de Digoin, destiné
à accueillir plus de 4 000 bovins, auquel
s’opposait la Confédération paysanne.
Ce n’est pas seulement la présence
de la fondation Brigitte Bardot parmi les
opposants qui a permis de bloquer le projet.
Les « antécédents très défavorables (de
l’agriculteur) en matière de maîtrise des
nuisances et de la capacité à respecter les
obligations réglementaires applicables »
en sont aussi la
cause, comme l’a
indiqué le préfet
dans son arrêté.
Il reprenait ainsi
l’avis du conseil
départemental de
l’environnement
et des risques
sanitaires et
technologiques.
L’exploitant
dispose de deux
mois pour contester la décision. Plusieurs
projets sont sous haute surveillance. Ainsi
la ferme dite des 1 000 vaches, dans la
Somme, fait l’objet d’une longue polémique.
On y dénombrait en novembre près
de 850 vaches, soit deux fois plus que prévu.
La justice avait autorisé l’exploitant l’été
dernier à atteindre ce nombre, mais Nicolas
Hulot a fait appel de cette décision…
En février 2018, dans la Creuse, une ferme
capable d’accueillir 400 veaux a
eu l’autorisation de voir doubler sa capacité.
Parmi les conditions : que près
de 8 000 tonnes de fumier produites par an
puissent être transportées dans une usine
de méthanisation…
Ce projet fut l’un des
plus médiatisés :
en décembre 2016,
un incendie d’origine
criminelle avait détruit
l’un des bâtiments
de stockage. Le premier
ministre de l’époque,
Bernard Cazeneuve,
était venu sur place
soutenir le projet. ■
CHARLES GAUTIER
Dans un tweet de jubilation, Donald
Trump a salué la chute du taux de
chômage à moins de 4 % en avril.
« Vient de tomber : 3,9 % de chômage », proclame le président américain en ajoutant « 4 % is broken ! »,
que l’on peut traduire par « le plancher de 4 % est percé ». Et de terminer son tweet par : « Et pendant ce
temps, la chasse aux sorcières ! »,
en allusion à la poursuite de l’enquête du procureur Mueller sur l’ingérence russe pendant la campagne
présidentielle.
Voilà six mois que le taux de chômage était inchangé, à 4 %. Il faut remonter à dix-sept ans et demi pour
trouver un chiffre aussi bas. La nouvelle est cependant moins bonne
qu’il y paraît dans la mesure où la
sortie du marché du travail de
236 000 personnes est en partie
responsable de ce reflux historique.
Autre nuance importante : les créations nettes d’emplois recensées
par le département du Travail sont
un peu moins élevées que prévu en
avril, atteignant 164 000. C’est presque deux fois moins que le volume
considérable des embauches estimé
en février.
Pourtant, derrière ces chiffres mensuels décevants se cachent tout de
même deux tendances rassurantes.
La mesure du chômage la plus sévère, qui tient compte des personnes
employées à temps partiel faute de
poste à temps plein, recule à nouveau. Elle plonge à 7,8 %, ce qui ne
s’était pas vu depuis juillet 2001. Par
ailleurs, le taux de chômage parmi les
Noirs - recensés en tant que tels dans
le système statistique américain chute à 6,6 %. Il s’agit de son plus bas
niveau jamais mesuré. La plus grande
déception vient finalement de la maigreur de la hausse moyenne des rémunérations horaires : + 0,1 % seulement, contre 0,2 % en mars. La
crainte d’une envolée de l’inflation par
les coûts de la main-d’œuvre en raison de la pénurie d’employés qualifiés
retombe donc un peu. La politique de
relèvement très progressif du taux
directeur par la Réserve fédérale se
trouve confortée. Mais on table toujours sur une majoration du taux des
« Fed Funds » le mois prochain.
P.-Y. D.
(CORRESPONDANT À WASHINGTON)
L’assureur allemand
Allianz se désengage
du charbon
Pour l’assureur Allianz, la fin
du charbon commence maintenant. Le groupe allemand a
annoncé vendredi qu’il « cessera avec effet immédiat de proposer des solutions d’assurance
aux centrales au charbon ou aux
mines de charbon individuelles,
qu’elles soient en activité ou en
projet ». « En tant que leader de
l’assurance et des investissements, nous souhaitons promouvoir la transition vers une
économie respectueuse du climat », a déclaré le PDG, Oliver
Bäte.
En Allemagne, où la décision
de 2011 de sortir du nucléaire a
entraîné un regain d’activité
pour les centrales à énergies
fossiles, l’annonce n’est pas
passée inaperçue. Les centrales à charbon fournissaient
encore en 2017 37 % de l’électricité du pays, contre 33,1 %
pour les renouvelables et
11,6 % pour le nucléaire. Le
poids du charbon ne permettra pas à Berlin de tenir ses engagements de réduction
d’émissions de gaz à effet de
serre d’ici à 2020.
Pour symbolique qu’elle soit,
la décision d’Allianz répond
aussi à la pression des organisations
environnementales
comme Greenpeace, qui réclament depuis longtemps un
engagement plus fort des assureurs en faveur du climat.
En tant qu’investisseur, Allianz excluait déjà depuis 2015
de ses placements les entreprises où le charbon pèse plus de
30 % de l’activité. Cette part
sera réduite à 0 % d’ici à 2040.
En attendant, les sociétés qui
produisent de l’électricité à
partir de plusieurs sources
continueront d’être assurées.
Allianz a aussi communiqué
son intention de « doubler » à
terme sa part placée dans des
projets d’énergies renouvelables. À fin 2017, l’assureur était
investi pour à peine 2,5 milliards d’euros dans les énergies
vertes sur un portefeuille financier de plus de 660 milliards d’euros. N. B. (À BERLIN)
A
IMPÔTS
ÉTATS-UNIS : LE
CHÔMAGE SOUS
LE SEUIL DE 4 %
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 5 - dimanche 6 mai 2018 LE FIGARO
20
L'ÉVÉNEMENT
Bien remplir sa déclaration de
Il faut cette année renvoyer entre le 17 mai et le 5 juin la déclaration. Les points
ARNAUD SAUGERAS £@ASaugeras
IMPÔTS En 2017, 20,5 millions de
contribuables ont déclaré leurs revenus en ligne sur impots.gouv.fr. Un
chiffre amené à augmenter en 2018,
le seuil obligatoire de déclaration en
ligne étant abaissé à 15 000 euros de
revenu fiscal de référence cette année. Une formalité désormais très
simple pour la plupart des contribuables, à condition de faire quelques vérifications avant de valider sa
déclaration.
EST CONNU
DÈS LA FIN
❙DEL’IMPÔT
LA DÉCLARATION
La date limite de télédéclaration est
fixée au 22 mai 2018 si vous résidez
dans un département numéroté
de 1 à 19 (ainsi que pour les résidents
fiscaux à l’étranger), au 29 mai s’il est
numéroté 20 à 49, ou au 5 juin de 50 à
976. Pour les déclarants papier, le
délai est avancé au 17 mai à minuit.
Dès la fin de votre déclaration en ligne, vous connaissez le montant de
votre impôt ainsi que, nouveauté
cette année, votre taux de prélèvement à la source pour 2019 (voir ci-
après). Vous pouvez télécharger un
avis de situation déclarative à l’impôt
sur le revenu (Asdir), utile pour justifier de vos revenus et de vos charges auprès des tiers (banque,
bailleur, administration…). Les déclarants papier recevront leur avis
d’imposition durant l’été.
Si vous déclarez en ligne pour la
première fois, munissez-vous de
votre dernière déclaration papier et
de votre dernier avis d’imposition.
Vous y trouverez votre numéro fiscal (13 chiffres), de télédéclarant
(7 chiffres) et votre revenu fiscal de
référence. Ils vous permettront de
créer votre espace particulier et de
choisir un mot de passe. Si vous avez
au moins 20 ans et que vous déclarez
seul vos revenus pour la première
fois, vous avez dû recevoir un courrier avec vos identifiants.
CHAQUE OPÉRATION
PEUT ÊTRE
EFFECTUÉE EN LIGNE
❙
Quels que soient les changements
intervenus en 2017 dans votre situation (mariage, décès, déménagement…), signalez-les au début de
votre déclaration. Puis, cochez les
cases correspondant à vos revenus et
charges pour faire apparaître les rubriques qui vous concernent. En
principe, les informations inscrites
l’an dernier sont reprises dans votre
déclaration préremplie cette année.
Si vous avez déclaré l’ISF en 2017, la
nouvelle rubrique impôt sur la fortune immobilière (IFI) vous sera systématiquement proposée cette année.
SA DÉCLARATION
❙ CORRIGER
Votre déclaration (en ligne ou papier) est préremplie des informations
fournies au fisc par les tiers payeurs
(employeur, caisse de retraite, Pôle
emploi, banque…). Vérifiez les montants inscrits et corrigez-les au besoin. Inscrivez vos revenus non
connus du fisc (bénéfices professionnels, revenus locatifs…) et déduisez
vos frais réels, vos charges à déduire
du revenu global, ainsi que certains
abattements professionnels. Les revenus exonérés d’impôt ne sont pas à
déclarer, par exemple les salaires des
apprentis et les indemnités de stage,
à hauteur de 17 763 euros. Si vous faites du covoiturage, les sommes perçues ne sont pas à déclarer, dès lors
qu’elles correspondent à un simple
remboursement des frais (carburant,
microfoncier
u Le
jusqu’à 15 000 €
LE FIGARO GUIDE :
OPTIMISER
SON PATRIMOINE
A
Avec la mise en place
du prélèvement forfaitaire
unique de 30 % pour
ses revenus de placements
(la flat tax) et la disparition
de l’ISF au profit du nouvel
impôt sur la fortune
immobilière (IFI), 2018 n’est
pas une année classique
du point de vue fiscal.
Le premier budget
du quinquennat Macron
a débouché sur plusieurs
réformes d’importance,
ce qui nécessite de revoir
sa stratégie patrimoniale.
Ce guide aide à bien
comprendre ce nouvel
environnement pour
ses placements financiers
et ses actifs immobiliers,
afin d’agir en connaissance
de cause et de l’actualité.
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Pour un logement non meublé, le régime du « microfoncier » s’applique
si vos loyers perçus en 2017 n’excèdent pas 15 000 €. Vous êtes alors
imposé sur 70 % des sommes perçues, le fisc déduisant forfaitairement 30 % de charges. En contrepartie, vous ne pouvez déduire
aucune charge pour son montant
réel. Inscrivez vos loyers bruts de
2017 case 4BE de votre déclaration.
Au-delà de 15 000 € de recettes,
vous relevez du régime réel et pouvez déduire toutes les dépenses liées
à la location : charges de copropriété,
intérêts d’emprunt, frais de gestion,
assurance, entretien et réparation,
taxe foncière… Si vous relevez du
microfoncier et que vos charges excèdent 30 % des recettes, vous pouvez opter pour le régime réel, afin de
les déduire en totalité. Une option
valable pour 3 ans. Dans le régime
réel, si vous constatez un résultat
négatif, il se crée un déficit foncier.
Celui-ci est automatiquement déduit de votre revenu imposable,
dans la limite annuelle de 10 700 €,
ce qui minore votre impôt. Une situation fiscalement intéressante,
d’autant que cet avantage n’entre
pas dans le plafonnement global des
niches fiscales.
Si vous avez réalisé un investissement locatif en Pinel, c’est l’option
pour le dispositif qui déclenche la réduction d’impôt. Elle s’exerce l’année qui suit l’achat d’un logement
neuf ou l’achèvement de la
construction (pour un achat sur
plan), et non lors de l’investissement. Peu importe que le logement
ne soit pas encore loué lors du dépôt
de votre déclaration.
les revenus
u Tous
des meublés sont à déclarer
La location ou sous-location en
meublé est une activité commerciale. Vous relevez soit du micro-BIC,
soit d’un régime réel d’imposition.
Les plafonds du micro-BIC ont été
relevés cette année de 33 200 € à
70 000 € (de 82 800 € à 170 000 €
pour les locations saisonnières classées et les chambres d’hôtes). Le régime micro offre un abattement
pour charges de 50 % (ou 71 %) sur
vos revenus bruts. Au-delà de ces
montants, vous relevez du régime
réel d’imposition, ce qui vous permet de déduire l’ensemble de vos
dépenses pour leur montant réel.
Même lorsque vous louez pour de
courtes durées par l’intermédiaire
d’une plateforme Internet (Airbnb,
HomeAway…), vos loyers sont imposables dès le premier euro. Les
plateformes doivent vous informer
sur vos obligations fiscales et vous
remettre chaque année un document précisant le revenu généré par
leur intermédiaire. Par ailleurs, les
loueurs en meublé ayant le statut de
professionnel (23 000 € de loyers par
an représentant plus de 50 % des revenus professionnels du foyer fiscal)
sont exonérés d’IFI sur ces biens. En
outre, leurs déficits sont imputables
sans limite sur les autres revenus du
foyer. ■
A. S.
Cette année, l’ISF cède la place à
l’impôt sur la fortune immobilière
(IFI). Principale différence, le patrimoine imposable est désormais
centré exclusivement sur la pierre.
Si vos actifs immobiliers excédaient
1,3 M€ au 1er janvier 2018, vous devez les déclarer en même temps que
vos revenus.
LE NOMBRE
D’ASSUJETTIS À L’IFI
❙DEVRAIT
FONDRE
Avec la sortie des actifs financiers et
des biens mobiliers de l’impôt sur le
patrimoine, tous les contribuables
soumis à l’ISF l’an dernier paieront
mécaniquement moins d’IFI cette
année, et ceux dont le patrimoine
immobilier est inférieur à 1,3 M€
n’en paieront plus du tout. Selon les
projections de Bercy, le nombre
d’assujettis devrait fondre, de
350 000 en 2017 à 150 000 en 2018.
Tous vos biens et droits immobiliers
sont taxables à l’IFI. Ils incluent vos
parts ou actions de sociétés ou d’organismes pour leur sous-jacent immobilier, c’est-à-dire la fraction de
leur valeur représentative de biens
ou droits immobiliers (des unités de
compte constituées d’actifs immobiliers taxables, logées dans un
contrat d’assurance-vie, par exemple). Seuil d’assujettissement, composition du foyer fiscal, abattements applicables, barème de l’IFI,
décote et plafonnement de l’impôt… la plupart des règles applicables à l’ISF ont été transposées à
l’IFI. Comme pour l’ISF, les biens
immobiliers affectés à l’exercice de
votre activité professionnelle sont
exonérés d’IFI. En revanche, le
passif déductible est plus restreint,
et un plafond de déduction s’applique désormais si votre patrimoine
immobilier excède 5 M€. Enfin,
seule la réduction d’impôt pour
dons est maintenue. Celle accordée
pour vos investissements dans certaines PME et certains fonds de placement (FIP et FCPI) n’a pas été reprise. Toutefois, les versements
effectués dans ce cadre entre la déclaration d’ISF 2017 et le 31 décembre 2017 sont imputables sur votre
IFI de 2018.
VOTRE IFI
EN MÊME TEMPS
❙QUEDÉCLAREZ
VOS REVENUS
Si vous êtes taxable à l’IFI en 2018,
vous devez déclarer vos actifs immobiliers avec votre déclaration de
revenus. La déclaration IFI fait
70 %
C’est la part
de vos revenus locatifs
sur laquelle vous serez
imposé si vous avez
opté pour le régime
microfoncier
150 000
C’est le nombre
de foyers qui devraient
être soumis à l’IFI
en 2018, contre
350 000 pour l’ISF
De l’ISF à l’IFI, tous gagnants ?
l’objet d’une rubrique spéciale de la
déclaration en ligne. Pour les déclarants papier, vous devez remplir
le nouveau formulaire no 2042 IFI et
ses annexes. Si vous étiez redevable
de l’ISF en 2017, vous avez dû le recevoir cette année. Lors du dépôt
de votre déclaration, vous n’avez
pas à calculer vous-même votre IFI,
ni à effectuer de paiement. Vous recevrez, comme pour l’impôt sur le
revenu, un avis d’imposition avec
le montant à régler. ■
A. S.
Le prélèvement forfaitaire unique
(PFU) n’est pas obligatoire
Le prélèvement forfaitaire
unique (PFU) s’appliquera
à la plupart de vos revenus
financiers et plus-values
mobilières encaissés depuis
le 1er janvier. Cette flat tax
au taux global de 30 %
(12,8% d’impôt et 17,2 %
de prélèvements sociaux)
est libératoire de l’impôt.
Si vous êtes dans une
tranche inférieure à 30 %,
vous pouvez avoir intérêt
DU TAUX
DE PRÉLÈVEMENT
❙À CALCUL
LA SOURCE
Dès le 1er janvier 2019, avec le prélèvement à la source, votre impôt
s’adaptera immédiatement à vos revenus, à la hausse comme à la baisse.
Il sera prélevé chaque mois par un
tiers collecteur (employeur, caisse de
retraite, Pôle emploi…). Si vous êtes
travailleur indépendant ou si vous
percevez des revenus fonciers, l’impôt sera prélevé directement par le
fisc sur votre compte bancaire. Si
Réductions
et crédits
d’impôt : les
bonnes cases
à cocher
Déclarer ses revenus locatifs
Les revenus des locations non meublées sont imposés en revenus
fonciers, ceux des locations meublées en bénéfices industriels et
commerciaux (BIC).
péage). N’oubliez pas de mentionner
les avantages fiscaux dont vous pouvez bénéficier, réductions ou crédits
d’impôt. Si vous n’avez pas de modification à apporter, vous pouvez valider la déclaration directement sur
smartphone, en téléchargeant l’application Impots.gouv.
Une fois votre déclaration validée et
signée, vous pouvez la modifier jusqu’à la date limite de dépôt applicable dans votre département. Si vous
constatez ensuite une erreur, vous
pourrez intervenir sur votre déclaration, grâce au service « Corriger
ma déclaration en ligne », accessible
de début août à mi-décembre 2018.
à écarter le PFU,
en soumettant vos gains
financiers au barème
de l’impôt. Le taux
d’imposition ne doit pas être
votre seul critère de choix :
l’option pour le barème
permet de conserver
l’abattement de 40 % sur les
dividendes, celui applicable
pour vos plus-values
boursières, et la déductibilité
de 6,8 % de CSG.
A. S.
Les dépenses de 2017 vous ouvrant
droit à réduction ou crédit d’impôt
sont regroupées à la rubrique
« Charges » de la déclaration en ligne. Si vous déclarez sur papier,
remplissez une déclaration no 2042 C
ou no 2042 RICI, selon l’avantage demandé. Ne joignez pas les pièces justificatives à votre déclaration, mais
conservez-les pendant au moins
4 ans, pour pouvoir répondre à toute
demande du fisc. Si vos réductions
dépassent votre impôt, l’excédent
est perdu. En revanche, l’excédent
éventuel de crédit d’impôt est remboursé par le fisc à partir de 8 €.
L’ensemble des avantages fiscaux
dont vous pouvez bénéficier sont
soumis à une limite globale annuelle
de 10 000 €.
Divers services rendus à domicile
offrent un crédit d’impôt de 50 % :
ménage, petit jardinage, assistance
informatique, aide aux personnes
âgées ou invalides, garde des enfants
de moins de 3 ans… Pour vos enfants
de moins de 6 ans gardés hors du domicile, vous bénéficiez d’un avantage plafonné à 1 150 €. Quant aux frais
de scolarité, ils offrent une réduction
d’impôt de 61 € par enfant au collège, 153 € au lycée et 183 € dans l’enseignement supérieur.
75 % pour les dons
Certains travaux réalisés en 2017
dans votre résidence principale
ouvrent droit au crédit d’impôt pour
la transition énergétique : il est de
30 % du coût des matériaux, maind’œuvre exclue (sauf exception). Par
ailleurs, la loi de finances pour 2018 a
prolongé jusqu’en 2020 le crédit
d’impôt aide à la personne, qui facilite l’installation d’équipements destinés à améliorer la vie quotidienne
des personnes âgées ou handicapées.
Vos dons aux organismes d’aide
aux personnes en difficulté (Restos
du cœur, Croix-Rouge…) offrent
une réduction d’impôt de 75 %, dans
la limite de 531 € pour 2017. L’excédent s’ajoute à vos autres dons, qui
donnent droit à une réduction de
66 % des versements de l’année, retenus dans la limite de 20 % du revenu net imposable. D’autres dépenses
permettent de bénéficier d’un avantage fiscal : primes versées sur certains contrats d’assurance-vie, cotisations syndicales, financement de
la vie politique, investissement dans
les PME… ■
A. S.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 5 - dimanche 6 mai 2018
L'ÉVÉNEMENT
Combien paiera-t-on cette année ?
à vérifier et les nouveautés.
1 part
Revenu
imposable
18 000
19 000
20 000
21 000
22 000
23 000
24 000
25 000
26 000
27 000
28 000
29 000
30 000
31 000
32 000
33 000
34 000
35 000
36 000
37 000
38 000
39 000
40 000
41 000
42 000
43 000
44 000
45 000
46 000
47 000
48 000
49 000
50 000
51 000
53 000
55 000
57 000
61 000
66 000
69 000
72 000
75 000
78 000
81 000
84 000
87 000
90 000
93 000
96 000
100 000
120 000
135 000
150 000
200 000
Personne
664
894
1 228
1 565
1 707
1 847
1 987
2 127
2 267
2 407
2 693
2 993
3 293
3 593
3 893
4 193
4 493
4 793
5 093
5 393
5 693
5 993
6 293
6 593
6 893
7 193
7 493
7 793
8 093
8 393
8 693
8 993
9 293
9 593
10 193
10 793
11 393
12 593
14 093
14 993
15 893
17 055
18 285
19 515
20 745
21 975
23 205
24 435
25 665
27 305
35 505
41 655
47 805
70 154
Barème de l'impôt
pour une part de quotient familial
BARÈME DE L'IMPÔT 2018 (revenus de 2017)
Revenu
Taux marginal
imposable : R/N*
d'imposition**
Calcul de
l'impôt brut***
Jusqu'à 9 807 €
0%
0
De 9 807 à 27 086 €
14 %
(R x 0,14) - (1 372,98 x N)
De 27 086 à 72 617 €
30 %
(R x 0,3) - (5 706,74 x N)
De 72 617 à 153 783 €
41 %
(R x 0,41) - (13 694,61 x N)
Plus de 153 783 €
45 %
(R x 0,45) - (19 845,93 x N)
* Avant application éventuelle du plafonnement des effets du quotient familial,
de la décote et des réductions et crédits d'impôt.
** Le taux marginal d'imposition correspond à la tranche maximum du barème applicable
à vos revenus.
*** Avant application éventuelle du plafonnement des effets du quotient familial,
de la décote, de la réduction d'impôt pour les foyers modestes et des avantages fiscaux.
Exemple : pour un couple marié ou pacsé sans enfant (N = 2 parts) dont le revenu imposable est
de 85 000 €. Il est imposé au taux marginal de 30% (85 000 € / 2 = 42 500 €). Il faut appliquer la
formule [(85 000 € x 0,3) - (5 706,74 x 2)] pour connaître son impôt brut, soit 14 087 €.
1,5 part
2 parts
à charge
Personne vivant
seule,ayant élevé
un ou des enfants
pendant au moins 5 ans
96
292
488
733
1 052
1 345
1 581
1 721
1 861
2 001
2 141
2 281
2 421
2 666
2 966
3 266
3 566
3 866
4 166
4 466
4 766
5 066
5 366
5 666
5 966
6 266
6 566
6 866
7 166
7 466
7 766
8 066
8 666
9 266
9 866
11 066
12 566
13 466
14 366
15 528
16 758
17 988
19 218
20 448
21 678
22 908
24 138
25 778
33 978
40 128
46 278
68 627
96
292
488
733
1 052
1 345
1 581
1 721
1 861
2 081
2 381
2 681
2 981
3 281
3 581
3 881
4 181
4 481
4 781
5 081
5 381
5 681
5 981
6 281
6 581
6 881
7 181
7 481
7 781
8 081
8 381
8 681
9 281
9 881
10 481
11 681
13 181
14 081
14 981
16 143
17 373
18 603
19 833
21 063
22 293
23 523
24 753
26 393
34 593
40 743
46 893
69 242
(après réduction Personne en concubinage
+ 1 enfant
seule
de 10%)
Selon la Direction générale des finances publiques, seuls 43,5 % des
foyers fiscaux ont payé l’impôt sur
le revenu en 2017 (16,5 millions de
foyers imposés sur 37,9 millions de
foyers imposables). En outre, l’impôt sur le revenu étant progressif,
10 % des foyers fiscaux concentrent à eux seuls 70 % de l’impôt, et
les 1 % les plus fortunés près de
30 % à eux seuls.
global
Pour calculer votre impôt sur le revenu, le fisc va d’abord déterminer
votre revenu global. Il correspond
à la somme des revenus du travail,
du capital et du patrimoine déclarés par les membres de votre foyer
fiscal, après déduction des charges
ou abattements (la déduction de
10 % pour les frais professionnels
des salariés, par exemple).
Ce revenu global est ensuite diminué de certaines charges (pension
alimentaire versée à un enfant ou
un parent, déficit professionnel ou
foncier…) avant d’être soumis au
barème progressif de l’impôt. Un
barème qui tient compte du nombre de parts de quotient familial
dont vous bénéficiez, selon votre
situation de famille et les personnes à votre charge.
Pour les foyers aisés, l’économie
d’impôt liée au quotient familial
est limitée. Par exemple, pour un
couple marié ou pacsé avec deux
enfants à charge, à partir de
64 680 € de revenu net imposable,
l’avantage est plafonné à 1 527 €
par demi-part supplémentaire (la
moitié par quart de part pour un
enfant en résidence alternée).
Dans certaines situations, l’avan-
2,5 parts
Mariés ou Personne en Parent isolé
liés par concubinage + + 1 enfant
à charge
2 enfants
un pacs
à charge
92
288
484
680
876
1 072
1 268
1 464
1 660
1 856
2 132
2 390
2 655
2 933
3 134
3 274
3 414
3 554
3 694
3 834
3 974
4 114
4 254
4 394
4 674
5 087
5 687
6 887
8 387
9 287
10 187
11 087
11 987
12 887
13 787
14 687
15 587
16 487
17 387
18 587
24 587
29 087
34 111
54 611
barème progressif
uLe
s’applique sur un revenu
114
310
558
861
1 122
1 367
1 594
1 734
1 874
2 014
2 154
2 294
2 434
2 639
2 939
3 239
3 539
3 839
4 139
4 439
4 739
5 039
5 339
5 639
5 939
6 239
6 539
7 139
7 739
8 339
9 539
11 039
11 939
12 839
14 001
15 231
16 461
17 691
18 921
20 151
21 381
22 611
24 251
32 451
38 601
44 751
67 100
114
310
558
861
1 122
1 367
1 594
1 734
1 874
2 014
2 154
2 294
2 434
2 574
2 714
2 854
2 994
3 291
3 591
3 891
4 191
4 491
4 791
5 091
5 391
5 691
5 991
6 591
7 191
7 791
8 991
10 491
11 391
12 291
13 453
14 683
15 913
17 143
18 373
19 603
20 833
22 063
23 703
31 903
38 053
44 203
66 552
tage est plus important. Par exemple, il est plafonné à 3 050 € pour
les anciens combattants et les personnes invalides.
réductions d’impôt…
uDécote,
divers correctifs s’appliquent
Après application du barème, votre impôt brut va subir différents
correctifs, pratiqués dans l’ordre
directement par le fisc. Une décote, si votre impôt est inférieur à
2 585 € pour un couple, ou 1 569 €
pour une personne seule : elle est
égale à la différence entre 1 939 €
(couple) ou 1 177 € (personne seule) et les trois quarts de l’impôt
brut. Puis une réduction d’impôt
s’applique en faveur des foyers
dont le revenu fiscal de référence
est inférieur à 20 705 € pour une
part de quotient familial (personne seule) ou à 41 410 € pour deux
parts (couple). Ces limites sont
majorées de 3 700 € par demi-part
supplémentaire. En pratique, cette
réduction d’impôt a pour effet de
porter de 61 à 75 € le seuil de mise
en recouvrement de l’impôt. Puis,
le fisc impute les éventuels
réductions et crédits d’impôt dont
vous pouvez bénéficier. L’ensemble est pris en compte dans la limite globale de 10 000 €. Enfin, si
vous disposez de très hauts reve-
3 parts
3,5 parts
Mariés
Mariés
Parent isolé
Personne en
ou liés par un concubinage
ou liés par un + 2 enfants
pacs + 2 enfants + 3 enfants
pacs + 1 enfant à charge
à charge
à charge
à charge
112
308
504
700
896
1 092
1 288
1 484
1 680
1 980
2 313
2 573
2 847
3 008
3 148
3 288
3 428
3 568
3 708
3 988
4 268
4 548
5 360
6 860
7 760
8 660
9 560
10 460
11 360
12 260
13 160
14 060
14 960
15 860
17 060
23 060
27 560
32 584
53 084
135
375
657
902
1 147
1 392
1 608
1 748
1 888
2 028
2 168
2 308
2 448
2 588
2 728
2 868
3 008
3 264
3 564
3 864
4 164
4 464
5 064
5 664
6 264
7 464
8 964
9 864
10 764
11 926
13 156
14 386
15 616
16 846
18 076
19 306
20 536
22 176
30 376
36 526
42 676
65 025
130
326
522
718
914
1 110
1 306
1 517
1 820
2 147
2 487
2 741
2 881
3 021
3 301
3 581
3 861
4 421
5 333
6 233
7 133
8 033
8 933
9 833
10 733
11 633
12 533
13 433
14 333
15 533
21 533
26 033
31 057
51 557
178
435
680
925
1 170
1 415
1 621
1 761
1 901
2 041
2 181
2 321
2 461
2 601
2 885
3 185
3 485
4 085
4 685
5 285
6 485
7 985
8 885
9 785
10 947
12 177
13 407
14 637
15 867
17 097
18 327
19 557
21 197
29 397
35 547
41 697
64 046
nus (500 000 € pour un couple,
250 000 € pour une personne seule), vous êtes redevable d’une
contribution supplémentaire de
3 ou 4 %.
rattacher un enfant
uFaut-il
majeur ou déduire
une pension ?
Vos enfants majeurs âgés de moins
de 21 ans, ou de moins de 25 ans
s’ils poursuivent des études, peuvent être rattachés à votre foyer
fiscal et majorer votre quotient familial. Si vous aidez financièrement votre enfant, vous pouvez
choisir de ne pas le rattacher et déduire de vos revenus une pension
alimentaire, dans la limite de
5 795 €. Pour déterminer la
meilleure solution, faites une simulation de votre impôt dans les
deux situations. Vous devez tenir
compte des éventuels revenus personnels de votre enfant et de l’aide
que vous lui apportez, mais aussi
des autres avantages liés au rattachement : réduction d’impôt pour
frais de scolarité, majoration des
plafonds de dépenses pour certains
crédits d’impôt, abattement pour
la taxe d’habitation… Servez-vous
pour cela du simulateur de calcul
sur le site impots.gouv.fr ■
A. S.
5 parts
4 parts
Personne en
Mariés
Parent isolé
ou liés par un concubinage
+ 3 enfants
pacs + 3 enfants + 3 enfants
à charge
à charge
à charge
214
459
704
949
1 194
1 439
1 635
1 775
1 915
2 055
2 195
2 335
2 615
2 895
3 210
4 410
5 910
6 810
7 710
8 872
10 102
11 332
12 562
13 792
15 022
16 252
17 482
19 122
27 322
33 472
39 622
61 971
168
364
560
756
1 196
1 796
2 415
3 048
3 748
4 168
4 588
5 008
5 879
6 779
7 679
8 579
9 479
10 379
11 279
12 479
18 479
22 979
28 003
48 503
237
482
727
972
1 217
1 462
1 648
1 928
2 208
2 488
3 431
4 931
5 831
6 731
7 893
9 123
10 353
11 583
12 813
14 043
15 273
16 503
18 143
26 343
32 493
38 643
60 992
Mariés
ou liés par un pacs
+ 4 enfants
à charge
853
2 217
2 795
3 215
3 635
4 055
4 475
4 895
5 525
6 425
7 325
8 225
9 425
15 425
19 925
24 949
45 449
A
revenus
vous n’êtes pas imposable, vous
n’aurez rien à payer. Les revenus financiers et plus-values mobilières
ne sont pas concernés, car ils font
l’objet d’un prélèvement forfaitaire
spécifique de 30 %.
À l’issue de votre déclaration en ligne, vous connaîtrez le taux de prélèvement qui sera appliqué à vos revenus en 2019. Vous pourrez alors
accéder au nouveau service « Gérer
mon prélèvement à la source », afin
d’opter pour un taux individualisé au
sein du couple, intéressant lorsqu’il
existe une forte disparité de revenus. Si vous voulez masquer votre
taux de prélèvement à votre employeur, vous pouvez opter pour un
taux par défaut, calculé sur votre
seul salaire. Les déclarants papier
devront attendre de recevoir leur
avis d’imposition pour connaître
leur taux de prélèvement et exercer
leurs options. Il faudra toujours
remplir une déclaration de revenus
annuelle qui servira à calculer l’impôt définitif et à imputer les réductions et crédits d’impôt. Et aussi à
recalculer le taux de prélèvement
applicable de septembre à août de
l’année suivante. ■
21
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 5 - dimanche 6 mai 2018 LE FIGARO
22
ÉCONOMIE
Pas moins de neuf candidats sont autorisés
à se présenter à la présidence du Medef
Le comité statutaire de l’organisation patronale a validé tous les dossiers pour la succession de Pierre Gattaz
le 3 juillet. De premiers rapprochements ont déjà été annoncés. L’issue du scrutin est, pour l’heure, incertaine.
CHRONOLOGIE
3 JUILLET
Élection du successeur
de Pierre Gattaz par
l’assemblée générale
11 JUIN
Avis du conseil exécutif
sur les candidats en lice
28 MAI
Audition des candidats
devant le conseil
exécutif du Medef
17 ET 18 MAI
Audition des candidats
devant les deux plus
grosses fédérations :
bâtiment et métallurgie
ALEXANDRE
SAUBOT
MARC LANDRÉ £@marclandre
PATRONAT Cette fois, la course
pour la présidence du Medef est
lancée avec l’ouverture officielle, ce
vendredi, de la campagne électorale. Le comité statutaire de l’organisation patronale a en effet publié la
liste des candidats qui ont le droit de
concourir pour la succession de
Pierre Gattaz, le 3 juillet. Et sur les
neuf dossiers de candidature reçus,
l’organe interne qui, entre autres,
« veille à l’application des statuts
dans leur lettre et leur esprit » en a
retenu… neuf.
Tous les candidats - Pierre Brajeux, Dominique Carlac’h (seule
femme), Olivier Klotz, Fabrice Le
Saché, Patrick Martin, Frédéric
Motte, Geoffroy Roux de Bézieux,
Alexandre Saubot et Jean-Charles
Simon - ont rempli les conditions de
l’article 16 des statuts pour se présenter. C’est-à-dire « ne pas être âgé
de plus de 65 ans à la date de l’élection, appartenir à une organisation
membre actif du Medef et présenter
les signatures de 50 membres de
FRÉDÉRIC
MOTTE
Gattaz fait lui-même le bilan de ses 5 ans de mandat
On n’est jamais mieux servi que
par soi-même… Aucun des neuf
candidats pour
sa succession
ne s’y attelant,
Pierre Gattaz a
décidé de faire
lui-même le bilan
de ses cinq
années de
présidence
du Medef dans un
livre bleu
de 46 pages intitulé 2013-2018,
regard sur 5 années de combat.
Le patron des patrons
français
- qui va prendre en juillet la
tête de Business Europe,
l’organisation qui fédère les
patronats européens revient tant sur la situation
qu’il a trouvée après son
élection que sur sa
méthode à la tête de
l’organisation, ses actions,
l’assemblée générale ayant voix délibérative ». Cet afflux inédit de candidatures - il n’y en avait eu que 5 en
2013 et 3 en 2005 - démontre bien
que le poste occupé depuis 2013 par
le patron de Radiall attire toujours
autant.
Les regroupements ont d’ailleurs
commencé. Pierre Brajeux et Fabrice Le Saché ont ainsi déjà officialisé
leur alliance avec Patrick Martin, le
patron du Medef Auvergne-RhôneAlpes, qui présentera donc leur
candidature commune. « Ce rassemblement est une réponse crédible
aux aspirations de notre réseau, expliquent-ils. C’est également l’alliance entre trois dirigeants de TPE,
PME et ETI, de l’industrie et des services, de Paris et des territoires, tout
ce qui doit faire la diversité et la richesse de notre mouvement. » Cette
alliance vise surtout à contrer les
DOMINIQUE
CARLAC’H
Geoffroy Roux de Bézieux,
en campagne à La Rochelle,
joue la carte de la proximité
REPORTAGE
CÉCILE CROUZEL £@ccrouzel
A
ENVOYÉE SPÉCIALE À LA ROCHELLE
Dans la campagne pour la succession de Pierre Gattaz, les électeurs à
convaincre ne sont pas 47 millions,
comme pour une présidentielle,
mais 570. C’est en effet l’Assemblée
générale (AG) de l’organisation, et
ses 570 membres, qui éliront le
nouveau président du Medef le
3 juillet. Autant dire que chaque
voix compte. Et c’est pour cela que
Geoffroy Roux de Bézieux, l’un des
neuf entrepreneurs dont la candidature a été validée vendredi par le
comité statutaire de l’organisation,
enchaîne les rendez-vous et auditions. Comme ce jeudi 3 mai où le
président de Notus Technologies est
en déplacement à La Rochelle.
À midi, un petit comité attend,
dans le hall de l’hôtel Mercure,
l’hôte du jour parti le matin de Châtellerault (Vienne). Pas le temps de
visiter le vieux port, malgré un soleil radieux. Le déjeuner doit se terminer vers 14 h 20, afin de ne pas
rater le TGV de 14 h 44 qui permettra au fondateur de l’enseigne The
Phone House d’être à l’heure à son
audition de 18 h 30 à Paris devant
l’Unicem, la fédération des producteurs de matériaux minéraux.
Le kir d’apéritif est directement
servi à table, dans un salon réservé.
Les convives, membres des directions des Medef Deux-Sèvres et
Charente-Maritime, prennent place. Huit hommes, costard et chemise bleue ou blanche de rigueur,
pour une femme : le patronat est
très loin de la parité. Le plan de ta-
ble, établi d’un commun accord,
n’a rien d’anodin : les deux détenteurs des droits de vote pour l’AG
du 3 juillet, soit le président du
Medef Deux-Sèvres Paul-François
Arrighi (1 voix) et celui du Medef
Charente-Maritime François Papin
(2 voix), s’assoient face au candidat.
Geoffroy Roux de Bézieux se lance d’abord dans un « pitch » de
quinze minutes - il dégustera plus
tard ses rillettes de thon. Ses premiers mots sont calibrés pour
l’auditoire, composé pour une
grande part de patrons de PME,
comme toujours dans les structures
du Medef en région. « Je suis entrepreneur depuis l’âge de 33 ans », déclare-t-il. Avant de souligner qu’il
est vice-président délégué de l’organisation en charge « la fiscalité,
de l’économie et du numérique » et,
point important, « pas du social ».
Une manière de se démarquer de
son principal rival dans la campagne, l’autre grand favori de l’élection, Alexandre Saubot, qui a piloté
ce domaine à compter de 2015. Et ce
pour en tirer un avantage concurrentiel, la gestion de régimes sociaux et les grandes négociations
avec les syndicats étant critiquées
sur le terrain par de nombreux
chefs d’entreprise…
Difficulté à se différencier
Reste que l’ancien « M. Social » du
Medef - il a démissionné de ses
fonctions pour faire campagne « librement » - a aussi pris ses distances
avec le paritarisme depuis qu’il est
candidat. À vrai dire, les prétendants à la succession de Pierre Gattaz ont des programmes très proches, sur le social, l’économie, ou
JEAN-CHARLES
SIMON
OLIVIER
KLOTZ
ses réussites et ses échecs. Il
évoque aussi « la suite » et donne
quelques conseils à celui qui
s’installera le 4 juillet dans son
fauteuil. « Il reste beaucoup à faire
pour consolider nos premières
avancées : adapter
nos organisations, continuer à
faire de la pédagogie, pousser à
de nouvelles réformes… : les
chantiers restent énormes »,
explique-t-il, avant de conclure par
un simple… « merci ».
M. L.
pronostics qui ont fait, dès le début
de la campagne, de Geoffroy Roux
de Bézieux et Alexandre Saubot
- qui ont tous deux été vice-présidents de l’organisation, en charge
respectivement de l’économie et du
social - les favoris à la succession de
Pierre Gattaz. « Le match est loin
d’être plié », assure Patrick Martin.
Peu de chose, sur le fond, différencie les programmes des candi-
FABRICE
LE SACHÉ
PIERRE
BRAJEUX
GEOFFROY
ROUX
DE BEZIEUX
sur la réforme de l’organisation. Pour se différencier et incarner les
aspirations des chefs
d’entreprise, Geoffroy
Roux de Bézieux joue
donc la carte de la révolution numérique. Un
domaine qu’il connaît
pour avoir créé notamment Virgin Mobile et le
célèbre fonds d’investissement Isai. « Tous les secteurs
sont concernés par cette transformation. Il faut aborder cela
avec un angle positif », expliquet-il dans son pitch.
Les convives semblent approuver. Mais lors des questions
qui suivent la présentation, au
moment du poisson et alors que
personne ne prend de vin - en
cela, les mœurs patronales ont
changé -, ce sont des thèmes plus
classiques qui sont abordés en premier. Avec, d’abord, le décrochage
de nombreuses villes moyennes
par rapport aux métropoles régionales. « C’est compliqué de vivre
dans ce monde à deux vitesses »,
souligne Paul-François Arrighi,
directeur régional du groupe
Eiffage Construction. « Les petites
entreprises sont-elles vraiment représentées au Medef et écoutées ? », interroge ensuite Laurent
Lopez, gérant de restaurants McDonald’s. Preuve que ces fractures alimentent une certaine
fronde de la base, trois candidats
- Patrick Martin, Frédéric Motte et
Olivier Klotz - président des Medef
régionaux ou locaux. Geoffroy
Roux de Bézieux y répond en
proposant de revoir la gouver-
La révolution
technologique est
tout sauf un recul
pour notre société
et notre économie.
Elle est, au contraire,
une formidable
source d’espoir
»
FRANÇOIS BOUCHON/LE
FIGARO ; ERIC PIERMONT/
AFP FORUM ; NATHALIE
OUNDJIAN ; VINCENT
ISORE/IP3 ; ROMUALD
MEIGNEUX/SIPA
dats. Mis à part le projet disruptif de
Jean-Charles Simon, ancien directeur délégué de l’organisation sous
Laurence Parisot, les autres
convergent vers un Medef d’accompagnement des réformes lancées et non, comme sous Pierre
Gattaz, de combat.
Séduire 570 électeurs
Même sur le paritarisme et le dialogue social, les candidats se rejoignent en refusant la mainmise de
l’État sur la gestion de l’assurancechômage et par une prise de distance par rapport aux grandes négociations nationales avec les
syndicats.
Chacun mène actuellement une
campagne de terrain. L’enjeu est de
taille : séduire les 570 électeurs de
l’assemblée générale - représentant, pour deux tiers, les fédérations
professionnelles (métallurgie, banque, assurance et bâtiment, en tête)
et, pour le tiers restant, les territoires - qui désigneront le successeur
de Pierre Gattaz. Verdict, de ce
scrutin très ouvert, le
3 juillet. ■
PATRICK
MARTIN
nance et d’accorder plus de moyens
aux structures territoriales. Mais
aussi en jouant à nouveau sur la
corde de la proximité. « J’ai un
groupe de PME et moi aussi je dois
me coltiner le prélèvement à la source, la RGDP (directive de protection
des données, NDLR) », précise-t-il.
Revendications classiques
Refus de la taxation des contrats
courts, poids des normes et des dépenses publiques, nécessité pour le
Medef d’être plus réactif face à un
gouvernement qui enchaîne les réformes : la conversation roule ensuite à la fois sur des sujets prosaïques et prospectifs. C’est lorsque le
café est servi que François Papin,
directeur d’Alstom près de La Rochelle, aborde le nerf de la guerre.
« Vous souhaitez que le Medef vive
uniquement des cotisations des adhérents. Est-ce réaliste ? », lance-til. Oui, à cinq ans, répond le candidat. Le sujet est néanmoins délicat
pour l’organisation, dont un quart
du budget dépend de versements
semi-publics.
Il est désormais l’heure pour
Geoffroy Roux de Bézieux de clore
le débat et de rejoindre à pied la
gare toute proche. À l’hôtel Mercure, les convives ont prévu de prolonger la discussion pour se forger
une opinion commune sur le prétendant. Ils recevront d’autres candidats, et notamment Alexandre
Saubot, dans les semaines à venir.
Ce marathon est le lot de tous les
concurrents à la présidence du Medef. Au menu, ce ne sont pas uniquement des déjeuners conviviaux,
mais aussi des auditions devant des
parterres de chefs d’entreprise plus
nombreux, dans les territoires et
dans les fédérations. Ce sont aussi
quelques débats entre candidats,
des rencontres de grands patrons et
des interventions médiatiques. Une
longue route, donc, pour devenir le
patron des patrons. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 5 - dimanche 6 mai 2018
ENTREPRISES
23
Le PDG d’Air France-KLM démissionne
À l’issue du référendum organisé à l’initiative de Jean-Marc Janaillac, la majorité des salariés
se sont prononcés contre l’accord sur les salaires proposé par la direction de la compagnie française.
Air France-KLM chute en Bourse
AIR FRANCE - KLM
AU PREMIER TRIMESTRE 2018
ACTION AIR FRANCE-KLM, en euros
14,3 €
8 janvier 2017
14
Chiffre d'affaires :
5,7 milliards d'euros
13
Perte nette :
12
269 millions d'euros
11
Perte d'exploitation :
10
118 millions d'euros
9
Nombre de passagers :
19,3 millions d'euros
8
Coût de la grève
7,73 €
300 millions d'euros
16 avr. 4 mai
(de fin février à fin avril)
7
Jean-Marc Janaillac,
à l’issue de la
conférence de presse
où il a annoncé son
départ de la direction
d’Air France-KLM,
vendredi à Paris.
C. PLATIAU/REUTERS
VALÉRIE COLLET £@V_Collet
TRANSPORT Le résultat de la
consultation devait être un électrochoc pour sortir de la grève,
c’est un choc tout court. Comme il
s’y était engagé, Jean-Marc Janaillac, le PDG d’Air France-KLM,
présente sa démission après la victoire du non à 55,44 % à la consultation des employés d’Air France
sur l’accord salarial proposé pour
les quatre prochaines années. La
direction d’Air France avait proposé 2 % d’augmentation de salaire
pour tous en 2018 puis 5 % au cours
des trois années suivantes. Mais
l’intersyndicale composée d’une
dizaine de syndicats s’y était opposée en lançant une grève fin mars.
Depuis, treize journées de débrayage se sont enchaînées. La
mécanique est telle que même
après le départ du PDG du groupe,
les préavis des 7 et 8 mai sont
maintenus.
Le dirigeant a-t-il commis un
péché d’orgueil en mettant son départ dans la balance pour un accord
qui était négocié par les dirigeants
d’Air France ? « J’espère que mon
départ permettra de créer une prise
de conscience collective et d’amorcer
les conditions d’un rebond », a déclaré le dirigeant d’une voix blan-
che devant une forêt de caméras
dans les locaux de la compagnie,
aux Invalides. En deux ans, pourtant, le dirigeant avait impulsé une
dynamique positive au sein du
groupe. Des alliances internationales et une entrée de China Eastern
et de Delta au capital d’Air FranceKLM, une prise de participation du
groupe franco-néerlandais dans
Virgin, la création d’une nouvelle
compagnie dont les coûts d’exploitation permettaient de conserver
des destinations fortement concurrencées. Les relations avec KLM
s’étaient aussi apaisées. Mais JeanMarc Janaillac n’a pas réussi à restaurer la confiance au sein d’Air
France, tourmentée par des conflits
sociaux toujours prêts à s’envenimer. Les négociations salariales ont
fait flamber les syndicats.
À la veille du résultat, certains
cadres commençaient à s’inquiéter. « Doit-on attendre que 15 % de
grévistes coulent la boîte ? » Le président du Syndicat national des pilotes de lignes (SNPL), Philippe
Evain, avait maintenu obstinément son cap à la tête de l’intersyndicale : il avait été mandaté par
son syndicat à la suite d’une
consultation en mars (qui a recueilli 71 % des voix) pour aller
chercher 10 % d’augmentation
pour les pilotes. Cette mission a
30 nov.
22 déc.
23 jan.
2017 2018
ensuite évolué. Le président du
SNPL et son bureau ont décidé
d’embarquer d’autres organisations dans un mouvement collectif, ce qui a surpris un grand nombre de pilotes.
Cette tactique a visiblement
convaincu une majorité de salariés. Pourtant, le SNPL avait fait un
pari. S’associer à une dizaine de
syndicats permettait surtout aux
pilotes de ne pas renouveler le scénario catastrophique de 2014. Cette
année-là, ils avaient fait grève
“
Doit-on attendre
que 15 % de grévistes
coulent la boîte ?
UN CADRE D’AIR FRANCE
”
pendant deux semaines sans rien
obtenir. La facture de ce mouvement avait atteint 425 millions
d’euros. Les pilotes avaient été
conspués par les autres salariés de
l’entreprise. Dans l’opinion publique, ils avaient alors été considérés
comme des privilégiés centrés sur
leurs intérêts catégoriels. Une critique que leurs nouveaux représentants peuvent désormais parer
en manifestant aux côtés de la
CGT, des syndicats les plus radicaux d’hôtesses et des stewards
14 fév.
8 mars
23 mars
Source : Bloomberg, AIR FRANCE-KLM
d’Air France déçus de ne pas profiter, contrairement aux pilotes, de
la croissance des deux filiales
Transavia et de Joon.
Désormais, Philippe Martinez,
secrétaire général de la CGT, prend
la défense des pilotes et de l’ensemble des salariés grévistes d’Air
France en jugeant qu’ils « réclament leur dû parce que l’entreprise
se porte bien ».
Les résultats du groupe Air
France-KLM au premier trimestre,
publiés vendredi, l’ont sérieusement, démenti : Air France plonge
dans le rouge avec une perte nette
de 269 millions d’euros. « Le groupe n’a pas pu bénéficier du bon environnement commercial », résumait
Frédéric Gagey, le directeur financier d’Air France. Il soulignait cependant une tendance positive
avec une hausse de la demande et
des recettes unitaires. L’impact de
la grève est évalué à 75 millions
d’euros sur cette période.
Que vont décider les dirigeants
d’Air France face à la logique dangereuse de l’intersyndicale ? Attendront-ils que la mobilisation
diminue d’elle-même ? Jean-Marc
Janaillac devait présenter un nouveau plan stratégique en juin. Désormais, Air France-KLM avance
sur sa lancée, un peu dans le
brouillard. ■
L’arme du référendum s’est retournée contre Jean-Marc Janaillac
« ilArrivé
ya
presque deux
ans à la tête
d’Air FranceKLM, il avait
placé
le retour de
la confiance
au cœur de
sa stratégie.
Il a donc
vécu ce
mouvement
social comme
un immense
gâchis
et un échec
personnel
»
Jean-Marc Janaillac a perdu son
pari. Ces derniers jours, le PDG
d’Air France-KLM était fébrile.
Jeudi, à la veille des résultats de la
consultation des employés de la
compagnie tricolore sur l’accord
salarial, Jean-Marc Janaillac, tout
juste 65 ans, se demandait s’il ne
serait pas en retraite le lendemain. « Je pourrais, s’exclamait-il
tristement. J’ai l’âge… »
Ce n’est pas du tout le scénario
de fin de carrière qu’espérait le
dirigeant. Déterminé à ce que son
groupe renoue avec la croissance,
raccroche le peloton de tête des
meilleures compagnies européennes, rassemble les salariés autour
d’un projet commun, il comptait
s’y atteler avec une énergie redoublée. Mais il s’était engagé à
partir si le non l’emportait… et il a
tenu parole.
Arrivé il y a presque deux ans à
la tête du groupe franco-néerlandais , il avait placé le retour de la
confiance au cœur de sa stratégie.
Il a donc vécu ce mouvement social comme un immense gâchis et
un échec personnel. Confronté à
sa première grève dure, JeanMarc Janaillac avait mis son mandat dans la balance pour tenter de
sortir de cette grève intermittente, dont le coût a déjà atteint
300 millions d’euros.
Dans l’entreprise, la méthode
du référendum avait fait l’effet
d’un pavé dans la mare. Jusqu’à
présent, le dirigeant, qui cumule
la présidence du groupe Air
France-KLM et celle de la filiale
Air France, avait fait preuve de
discrétion dans les négociations
sociales au sein de la compagnie
tricolore. Aux manettes, Franck
Terner, directeur général de la
compagnie, et Gilles Gateau, le
DRH. Aucun d’eux n’avait imaginé, lors des négociations annuelles sur les salaires, qu’un
mouvement traversant les différentes catégories de personnels
(pilotes, hôtesses et stewards,
personnel au sol) pourrait une
nouvelle fois menacer l’équilibre
de la compagnie.
Frustrations et déceptions
En arrivant, Jean-Marc Janaillac
avait confié à Jérôme Nanty, déjà
à ses côtés chez Transdev (filiale
de transport public de la Caisse
des dépôts), les négociations
avec les pilotes. Avec lui, ces
derniers ont beaucoup gagné. Au
propre comme au figuré. La
compagnie Joon a été créée grâce
à leur accord. Lorsque Jérôme
Nanty est parti chez Carrefour,
les pilotes n’ont pas noué la
même complicité avec leurs
nouveaux interlocuteurs.
Depuis mars, ils ont confié au
président du Syndicat national
des pilotes (SNPL) un mandat
pour une augmentation de 10 %.
Le chef de file des pilotes en a
profité pour jouer les Robin des
bois, entraînant avec lui une dizaine d’organisations syndicales
campées sur une augmentation
de salaire de 6 % tout de suite.
Mais Jean-Marc Janaillac l’a
compris, la grève a cristallisé une
série de frustrations et de déceptions bien au-delà des hausses de
salaires.
Se projetant dans l’après-grève, il se donnait pour priorité de
« refonder » Air France, où le
dialogue social ne tourne décidément pas rond. Il avait déjà en tête
une nouvelle organisation où les
managers de proximité auraient
eu toute leur place. Les chantiers
qui se présentent à son successeur
seront bien plus colossaux… ■ V. C.
Infographie
EN BREF
UN MILLION D’EUROS
POUR LES CHEMINOTS
£ La cagnotte lancée par
des intellectuels en soutien
aux cheminots grévistes
de la SNCF a dépassé un million
d’euros sur Leetchi vendredi, en
fin de matinée. Un faux chèque
d’un million d’euros avait été
remis symboliquement jeudi
aux syndicats des cheminots par
le sociologue Jean-Marc Salmon,
à l’origine de cette initiative.
FEU VERT AU RACHAT
DE ROCKWELL
£ La Commission européenne
a autorisé, sous condition, le
rachat de Rockwell Collins par le
géant United Technologies (UTC)
pour 23 milliards de dollars.
Il s’agit de la plus importante
fusion dans le domaine des
équipements aéronautiques.
MÉRIEUX INVESTIT
DANS LE BIO
£ La société d’investissement
Mérieux Développement, filiale
de l’institut Mérieux, entre au
capital de la société belge Biobest,
de pollinisation et de lutte
biologique contre les ravageurs
des plantes. Elle se dit prête
à investir jusqu’à 20 millions
d’euros. Fondé en 1987, Biobest
(1 000 salariés) ambitionne
de se hisser au 1er rang mondial.
+@
» À partir de vos photos,
Facebook veut recréer
des souvenirs en réalité virtuelle
www.lefigaro.fr/economie
l’isf devient l’ifi,
mais cela ne change pas
les besoins des plus fragiles.
Votre don IFI est indispensable pour agir contre la pauvreté et l’exclusion.
Soutenez la
Fondation Caritas France
Votre don et plus d’informations sur
don-ifi.fondationcaritasfrance.org
A
7 nov .
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 5 - dimanche 6 mai 2018 LE FIGARO
24 ENTREPRISES
BNP Paribas
et Société générale
à la peine en Bourse
Chez BNP Paribas,
les recettes de la banque
de financement
et d’investissement
ont fondu de presque 10 %.
SÉBASTIEN SORIANO/LE FIGARO
Legras, responsable de la recherche chez Axiom AI. Elles sont
sorties de la crise plus tôt qu’elles et
ont un peu moins de contraintes
réglementaires. »
Au premier trimestre, les deux banques ont été
pénalisées par leurs activités sur les marchés.
BNP PARIBAS ET
SOCIÉTÉ GÉNÉRALE
PREMIER TRIMESTRE 2018
1,6
milliard d’euros de résultat
net pour BNP Paribas,
en baisse de 17 %
10,79
milliards d’euros
de produit net bancaire
pour BNP Paribas (- 4,4 %).
850
millions d’euros de résultat
net pour Société générale
(+ 13,8 %)
6,3
milliards d’euros de
produit net bancaire pour
Société générale (- 2,8 %).
DANIÈLE GUINOT £@danieleguinot
FINANCE Le début de l’année s’est
finalement avéré un peu plus compliqué que prévu pour BNP Paribas
et Société générale. Ces deux poids
lourds de la banque française, qui
ont présenté leurs résultats vendredi, ont été pénalisés par le ralentissement de leurs activités sur les
marchés financiers. Ce qui a fait
chuter leurs cours en Bourse. Société générale, dont les investisseurs
attendent fébrilement le règlement
de deux litiges aux États-Unis (pour
manipulation du taux interbancaire
Libor et des accusations de corruption en Libye), a été la plus durement sanctionnée, perdant 5,17 %,
alors que BNP Paribas a cédé 1,15 %.
Au premier trimestre, malgré de
fortes turbulences boursières, synonymes habituellement d’un regain de transactions et donc de recettes, leurs activités dans le
courtage sont restées déprimées.
« Sur les marchés, nous avons eu un
trimestre très bizarre, très fort
contraste d’une géographie à l’autre,
très fort contraste d’une activité à
l’autre », a expliqué vendredi sur
BFM Business Frédéric Oudéa, directeur général de Société générale,
qui vient de réorganiser son étatmajor (nos éditions du 4 mai).
Les deux grandes banques, dont
une bonne partie des revenus de la
banque d’investissement sont libellés en dollars, ont aussi fait les frais
de la hausse de l’euro face au billet
vert. Ce qui a réduit, après conversion, la taille du chiffre d’affaires
réalisé à l’étranger. Résultat, chez
BNP Paribas, les recettes de la banque de financement et d’investissement (BFI), où sont gérées les activités de marchés, ont fondu de
presque 10 %. À la Société générale,
les recettes des activités de marché
et services aux investisseurs se sont
dégradées de presque 20 %.
BNP Paribas et Société générale
mettent en avant le fait que le premier trimestre 2017 s’était traduit
par des performances sans précé-
Du mieux attendu
dans la banque de détail
dent sur les marchés. Cependant,
les résultats de ces établissements
contrastent avec ceux enregistrés
par les principales banques américaines au cours des trois premiers
mois de l’année. Surfant sur le retour d’une forte volatilité sur les
marchés financiers aux États-Unis
(les Bourses américaines ont plongé plusieurs fois en début d’année),
elles ont engrangé d’importantes
commissions, à l’image de JP Morgan ou de Goldman Sachs, dont les
revenus dans les activités de marché ont bondi de près de 31 % entre
janvier et mars. « Les banques
américaines continuent de gagner
des parts de marché dans les activités de banque de financement et
d’investissement au détriment de
leurs concurrentes européennes
moins présentes », avance Jérôme
BNP Paribas et Société générale ont
toutefois eu des résultats un peu
plus encourageants au premier trimestre dans la banque de détail.
« Les revenus ont dans l’ensemble été
stables », a souligné vendredi
l’agence de notation Moody’s. Depuis plusieurs années, cette activité
est mise à rude épreuve par des taux
d’intérêt bas qui compliquent la tâche des banques pour faire fructifier
les dépôts des clients et incitent les
emprunteurs à renégocier les taux
de leurs crédits immobiliers. Or, les
renégociations touchent à leur fin.
« La forte baisse constatée depuis
juin 2017 des renégociations et remboursements se confirme », s’est
ainsi félicitée BNP Paribas. Les difficultés vont cependant persister. La
vague sans précédent des renégociations de crédit s’est certes traduite par des commissions ponctuelles pour les banques. Mais à plus
long terme, elles ont dégradé le taux
d’intérêt moyen du portefeuille de
prêts immobiliers. Les banques devront par ricochet compter avec
des recettes en moins dans ce secteur ces prochaines années. ■
Argentine : la banque centrale tente d’enrayer la chute du peso
L’affaiblissement de la devise risque d’accélérer l’inflation déjà élevée et de freiner la fragile reprise.
22,7
%
Estimation
de l’inflation
en 2018
ANNE CHEYVIALLE £@AnneCheyvialle
AMÉRIQUE LATINE L’Argentine
va-t-elle renouer avec ses vieux
démons et tomber dans la spirale
inflation, chute de la monnaie, crise de liquidités ? Le peso argentin a
fortement reculé ces derniers jours,
il a perdu 8 % dans la semaine. Au
risque d’accélérer la hausse des
prix attendue sur l’année à plus de
22 % par le FMI.
La banque centrale a déclenché
les grandes manœuvres en relevant
son principal taux directeur à trois
reprises cette semaine, de 30,25 %
à 40 %. L’institut monétaire a également vendu massivement des
dollars - 7,5 milliards sur dix jours afin d’enrayer la chute de la devise.
« Depuis le début de l’année, la banque centrale d’Argentine a dépensé
l’équivalent de 10 % des réserves extérieures du pays, sans succès »,
note Éric Dor, directeur des études
économiques à l’IESEG School of
Management.
Première raison à ces turbulences, l’Argentine pâtit du contexte
international. « La recomposition
des portefeuilles mondiaux sous l’effet de la hausse des taux d’intérêt
aux États-Unis impacte les devises
émergentes », commente Carlos
Winograd de l’École d’économie de
Paris (PSE), expert de l’Amérique
latine. Si la tourmente est plus forte
LES DÉCIDEURS
â JEAN-JACQUES VAN OOSTEN
Richemont
Le groupe de luxe suisse (Cartier, Van Cleef &
Arpels, Montblanc, Lancel…) voit partir son
directeur technologique pour « des raisons
personnelles » quatre mois seulement après
son arrivée et la création de ce poste.
â ELSA MARTINEAU
Sia Partners
L’accélérateur et incubateur d’entreprises a
nommé cette EM Lyon - Centrale Lyon, passée chez Procter et Rolex, à la tête de Studio,
son fonds d’investissement.
A
â THOMAS PIQUEMAL
Fimalac
Après avoir quitté la présidence de
la Deutsche Bank en France et la
responsabilité monde des fusions
acquisitions, le banquier de 48 ans rejoindra
Fimalac, la holding de Marc Ladreit de
Lacharrière. Déjà membre du conseil
d’administration depuis 2010, l’Essec intégrera désormais le comité exécutif comme
DG délégué. Fimalac, qui a récemment cédé
20 % de Fitch Group, annonce « une nouvelle
phase de développement ».
en Argentine, comparée aux autres
pays sud-américains, ajoute-t-il,
c’est que l’économie reste fragile
malgré le processus de normalisation entamé par le gouvernement
centriste de Mauricio Macri qui a
succédé à l’ère Kirchner fin 2015.
Soutenabilité
S’il a restauré la crédibilité du pays,
permettant son retour sur les marchés internationaux grâce au règlement du contentieux avec les fonds
vautours, héritage de la faillite de
2001, et redonné de l’attractivité en
mettant fin au contrôle des changes
et en levant plusieurs freins aux
échanges, l’enjeu principal reste
l’inflation. Pour restaurer les finan-
ces de l’État, sans trop toucher aux
dépenses publiques et aux programmes sociaux, Mauricio Macri
s’est attaqué au régime des subventions sur les services publics - eau,
gaz, électricité, transports. De nouvelles augmentations des prix en
fin d’année ont provoqué des tensions inflationnistes. « L’inflation
annuelle est de 48 % pour l’eau,
l’électricité le gaz, et de 38,4 % pour
les communications », précise Éric
Dor. La récente chute du peso pèse
sur l’inflation, car elle renchérit le
coût des produits importés. De quoi
freiner le pouvoir d’achat des Argentins. Or la croissance argentine,
repassée dans le vert en 2017
(2,8 %), dépend pour beaucoup de
PAR Carole Bellemare avec Amaury Bucco
Neoma, un engagement éducatif
pour Michel-Édouard Leclerc
Pour ceux qui le connaissent bien, la nomination
de
Michel-Édouard
Leclerc à la présidence du
conseil d’administration
de Neoma (fusion de l’ESC Reims et Rouen)
n’est pas vraiment une surprise. Très engagé
dans l’éducation, le PDG de la coopérative
de grande distribution sillonne depuis trente
ans les IUT, écoles de commerce et universités pour témoigner devant les élèves. Il a
donc suffi d’un signe de Jean-Paul Pageau,
président de la chambre de commerce de
Reims et propriétaire d’un Leclerc, pour
convaincre le fils du fondateur, Édouard, de
prendre la direction de cette école de commerce qui a formé de nombreux cadres de la
distribution.
Aux manettes de Neoma, Michel-Édouard
Leclerc œuvre désormais en tandem avec
une professionnelle de l’enseignement
supérieur, Delphine Manceau, ex-directrice
académique de l’ESCP, et ex-DG de l’EBS
jusqu’en septembre dernier. Leur chantier
comporte plusieurs volets : fusion totale de
Reims et Rouen, renforcement du campus
parisien, développement des partenariats,
notamment dans le digital, avec l’objectif
d’intégrer le légendaire top 5 des business
schools où trônent les trois parisiennes. Un
top 5 que l’homme d’affaires breton connaît
bien par ailleurs, puisque trois de ses quatre
enfants y sont passés, alors qu’il est, lui, un
pur produit universitaire.
D’abord professeur d’économie et pigiste, il
lui faudra attendre ses 27 ans pour suivre
finalement les pas de son entrepreneur de
père dans la distribution, où tous deux se
distinguent par leurs redoutables « combats
Leclerc » : triple action médiatique, juridique et commerciale, devenue aujourd’hui
cas d’école. C’est ainsi que ce passionné de
livres et BD, qui consacre deux à trois heures
par jour à la lecture, parvient à introduire les
produits parapharmaceutiques et culturels
en grande distribution et gagne ses galons,
pour rejoindre son père à la présidence de
Leclerc à partir des années 1980. Impliqué
dans de multiples causes, comme la Ligue
contre le cancer ou la fondation culturelle de
Landernau, berceau familial des Leclerc, ce
fervent « voileux » et amateur de régates
n’en est pas à son premier engagement
extraprofessionnel. « Convaincu que le succès doit être partagé », il a su conserver dans
sa vie bien remplie « une place pour les
autres ». À 65 ans, il aura donc désormais à
cœur d’offrir le meilleur CV possible aux
9 000 élèves de la 8e école de commerce
A. B.
française.
la demande interne. À cela s’ajoute
l’impact négatif d’une sécheresse
exceptionnelle sur la production
agricole, principal produit d’exportation et source de rentrées de
devises. Cela risque de fragiliser la
soutenabilité du pays, qui dépend
de l’apport en devises étrangères.
La dette externe est en forte augmentation depuis l’arrivée de Macri
pour financer l’économie. Si Buenos Aires dispose de réserves suffisantes pour faire face à la défiance
temporaire des investisseurs, le
pays n’est pas à l’abri d’une crise de
liquidités. « La mémoire de l’instabilité argentine ne disparaît pas du
jour au lendemain », ponctue Carlos
Winograd. ■
www.lefigaro.fr/decideurs
â ROB BURROWS
UPS
Arrivé en 1990 dans le groupe de logistique
comme directeur des ventes au RoyaumeUni, il dirigera désormais l’entité française.
â ÉRIC BOUSTOULLER
Solocal Group
Le patron de l’ex-PagesJaunes Groupe achève
la constitution de son comité exécutif par
trois dernières nominations. Frédéric Obala
(HEC) prend la direction média, présence et
contenu ; Amaury Lelong (HEC) dirigera la
publicité digitale, data et nouveaux produits ;
Philippe de Boissieu (IAE) pilotera la transformation.
â BART BOTS
Korian
Nouvelles nominations chez le numéro un européen des maisons de
retraite médicalisées et autres établissements destinés aux personnes âgées :
Bart Bots, 60 ans, ancien DG de la Belgique qui
avait rejoint le groupe après la fusion avec
Medica, prend les rênes du développement
international. Dominiek Beelen le remplacera
à la tête des activités belges.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 5 - dimanche 6 mai 2018
MARCHÉS
25
Les foncières face à la
hausse des taux et au
défi de l’e-commerce
QUESTIONS
D’ARGENT AVEC
Peut-on rentabiliser
une installation
photovoltaïque ?
Après avoir flambé, le secteur souffre en Bourse,
mais conserve toutefois de sérieux atouts.
ANALYSE
HERVÉ ROUSSEAU
hrousseau@lefigaro.fr
MARCHÉS Les temps sont rudes
pour les sociétés foncières cotées.
Le secteur est attaqué sur deux
fronts : il doit faire face à la hausse
attendue des taux d’intérêt et à
une concurrence de plus en plus
vive du commerce en ligne qui
menace de vider peu à peu les
centres commerciaux.
La hausse des taux qui se profile
est une très mauvaise nouvelle
pour les foncières cotées. Ces sociétés, qui vivent de la location de
leur patrimoine immobilier, sont
en effet emprunteuses par nature.
Elles ont donc, a priori, tout à
perdre de la hausse du loyer de
l’argent. Pour le moment, en
Europe, ce risque n’est qu’un frémissement : le taux de l’OAT est
passé de 0,4 % à un peu plus de
0,8 % en un an et demi. Mais, aux
États-Unis, le mouvement est
bien plus brutal : le rendement des
bons du Trésor américain à dix
ans, qui fait référence sur le marché du crédit outre-Atlantique,
s’est récemment hissé à plus de
3 %, un sommet inconnu depuis
plus de quatre ans.
Dans le même temps, le formidable développement de la vente
en ligne oblige les foncières spécialisées dans les centres commerciaux à se réinventer. L’ecommerce représente une part
encore relativement faible des
échanges à l’échelle mondiale
(moins de 5 %), mais sa progression est fulgurante. Selon le cabinet de conseil Mazars, le chiffre
d’affaires du commerce en ligne a
fait un bond de 17 % l’an dernier
dans le monde, avec une croissance particulièrement marquée
en Asie (+ 20 %), mais aussi en Europe (+ 19 %).
Pris en tenaille, le secteur des
foncières, qui avait fait des étincelles en Bourse ces dernières années soutenu par les politiques
monétaires ultragénéreuses, fait
désormais grise mine. L’indice
Euronext IEIF SIIC France, qui regroupe les principales sociétés
foncières cotées à la Bourse de Paris, lâche ainsi 3,25 % depuis le
début de l’année, quand le CAC 40
affiche une hausse proche de 4 %.
Parmi les grandes foncières françaises, Unibail Rodamco perd un
peu plus de 6 % depuis le 1er janvier, Mercialys cède 13,5 %, Gécina 6,7 % et Klépierre environ 8 %.
Le mouvement est perceptible
dans toute d’Europe, avec un recul de 1,5 % pour l’indice Euronext IEIF REIT Europe, contre un
gain légèrement supérieur à 1 %
pour l’Euro Stoxx 50.
Des fondamentaux solides
Bon nombre de professionnels jugent que la sanction a été excessive sur ce secteur qui conserve
de solides atouts. Selon Philippe
Le Trung, à la Fédération des sociétés immobilières et foncières
(FSIF), « les marchés ont surréagi
à la remontée des taux, qui s’annonce très progressive, notamment
Le secteur souffre en Bourse
INDICE IEIF SIIC FRANCE (SOCIÉTÉS FONCIÈRES COTÉES À PARIS)
En points
3 050
3 000
2 915,35
2 950
2 900
2 850
2 800
3 novembre 2017
4 mai 2018
Source : Bloomberg
Infographie
en Europe, où la politique de la
Banque centrale européenne (BCE)
devrait rester accommodante ».
D’autant, ajoute Laurent Saint
Aubin, gérant actions chez Sofidy, « que les foncières ont largement mis à profit la crise pour diminuer leur endettement. Le taux
de dette sur fonds propres est passé
de 60 % à environ 40 %, ce qui a
fortement réduit la sensibilité des
foncières aux taux d’intérêt ». Selon lui, « pour que la hausse des
taux se fasse sentir sur les résultats, il faudrait qu’ils grimpent à
plus de 2,5 % ». On en est encore
loin. De plus, ajoute le gérant, « la
hausse des taux devrait s’accompagner d’un retour de l’inflation,
or les sociétés foncières dont les
loyers sont indexés offrent une solide protection ».
Autre atout des foncières : elles
permettent de faire jouer à plein
l’effet de levier. Une aubaine dont
les sociétés ont largement profité
ces dernières années et qui continue de produire ses effets. Même
dans un environnement de taux
moins favorable, ces sociétés parviennent à améliorer leurs bilans.
Ces dernières années, « elles ont
considérablement allongé la maturité de leur dette, qui est passée
d’environ quatre ans à plus de six
ans, et elles conservent encore de la
marge pour renégocier certaines
lignes de crédit », selon Paul Reuge, gérant chez Rothschild Martin
Maurel Asset Management.
Ces conditions de financement
plus favorables devraient permettre aux foncières de maintenir
des dividendes attractifs. Le secteur parvient aujourd’hui à offrir
des rendements compris entre 4
et 6 %.
Pour Frédéric Tempel, gérant
chez Axa IM, « la hausse des taux
est la conséquence de la reprise
économique qui se confirme en Europe ». Or, « cette amélioration de
la conjoncture est de bon augure
pour les sociétés foncières, dont les
taux d’occupation et les loyers devraient progresser ». Par ailleurs,
explique Frédéric Tempel, pour
faire face à la menace de l’e-commerce, les foncières s’adaptent en
permanence : « Elles modernisent
leurs centres commerciaux en misant bien souvent sur le haut de
gamme, proposent de nouveaux
services et améliorent ainsi leur
rentabilité, mais aussi la qualité de
leur patrimoine. » ■
IMMOBILIER Depuis 2017, il est
possible d’utiliser la production
électrique de ses panneaux photovoltaïques pour son propre usage et
de revendre le surplus non utilisé
(décret sur l’autoconsommation
n° 2017-676 du 28 avril 2017). Depuis ce décret, plus de la moitié des
nouvelles demandes de raccordement de production photovoltaïque
se font en autoconsommation. Profitant de cette vague, des vendeurs
peu scrupuleux font miroiter un
rendement élevé et une autonomie
énergétique, notamment sur des
foires et salons, où le client ne bénéficie pas d’un délai de rétractation. Pourtant, la plus grande prudence s’impose avant de signer un
contrat.
à suivre sur
lefigaro.fr/bourse
n
Les matières
premières et les
produits dérivés
n Le crible
des sicav
et des fonds
n Les portefeuilles
de Roland Laskine
n Les cotations
en direct
sur iPhone
1
Avez-vous intérêt à faire
installer des panneaux
photovoltaïques ?
Avant d’investir dans une installation de panneaux sur votre toit,
commencez par faire réaliser une
étude personnalisée par un professionnel qualifié, qui va vérifier le
potentiel de votre habitation. À
commencer par l’exposition de votre toit. Si une toiture orientée plein
sud optimise la production, une exposition à l’ouest n’est pas rédhibitoire. Elle viendra seulement amputer votre rendement de 15 à 20 %.
L’inclinaison du toit est également
un critère important. L’idéal est de
disposer d’une pente de 30 à 35 degrés. Avec un toit plat, vous perdrez
environ 10 % de rendement. Le
professionnel va aussi repérer tous
les ombrages qui peuvent faire chuter votre rendement de 30 %. C’est
le cas si vous avez dans votre voisinage direct des bâtiments, arbres,
antennes ou cheminées masquant
partiellement la lumière.
2
Pouvez-vous devenir
autonome en électricité ?
Non. Dans leur discours, les
vendeurs de panneaux affirment
qu’une installation photovoltaïque
en autoconsommation permet de se
passer de fournisseur d’énergie. Or,
vous ne produirez jamais toute
l’électricité nécessaire à votre logement. Pour la plupart des installations de faible puissance (maximum
de 3 kilowatts-crête, ou kWc), la
production permet de couvrir la
consommation courante des appareils ménagers de faible puissance.
Si vous branchez un four de
1 000 watts ou un aspirateur de
1 200 watts, la puissance instantanée de l’installation sera insuffisante. Un abonnement est donc indispensable pour faire face aux pics de
consommation.
3
En combien de temps
l’installation
sera-t-elle rentabilisée ?
Même si le tarif d’achat de l’électricité par EDF est supérieur si vous
vendez la totalité de votre production, l’autoconsommation peut être
rentable. En moyenne, un particulier disposant d’une installation de
3 kWc peut espérer économiser
près de 1 000 € sur sa facture électrique annuelle et vendre 200 € de
surplus à EDF. Il lui faudra alors environ huit ans pour rentabiliser son
investissement.
À condition, tout d’abord, de ne pas
surpayer son installation. Or les
particuliers n’ont souvent aucune
idée de son vrai tarif. Il faut compter, en moyenne, entre 7 500 et
10 000 € pour une installation d’une
puissance de 3 kWc, correspondant
à environ 12 panneaux. Or, sur les
foires ou salons, il n’est pas rare de
voir ces installations vendues entre
20 000 et 30 000 €. Dans ce cas, il
faudra parfois plusieurs dizaines
d’années pour rentabiliser votre
achat. D’autant que les aides à l’installation, longtemps versées par des
collectivités locales (mairies, régions…), ont disparu du paysage.
Seul l’État verse aujourd’hui une
prime à l’installation (390 € par kWc
installé pour une puissance maximale de 3 kWc au deuxième trimestre 2018). Souvent mise en avant par
l’argumentaire des commerciaux,
cette prime ne doit pas justifier de
surpayer vos panneaux.
Deuxième condition pour rentabiliser votre opération : vous devez
pouvoir consommer l’énergie produite. Le rendement dépend de la
présence des usagers chez eux, au
moment du pic de production, soit
entre 12 et 14 heures. Vous devez
mettre en route vos équipements
électriques pendant ce créneau, ou
les programmer. Vous pouvez installer un boîtier pour piloter vos
installations, par exemple pour déclencher votre chauffe-eau pendant le pic de production. Avec ce
type de boîtier, un particulier peut
exploiter jusqu’à 70 % de sa production et ainsi maximiser le rendement. De même, mieux vaut être
présent à son domicile en été, où la
production des panneaux est de 6 à
7 fois supérieure aux autres saisons.
L’autoconsommation est donc particulièrement conseillée si vous disposez d’une piscine ou d’une climatisation fonctionnant toute la
journée. Si, en revanche, vous êtes
absent la journée et partez pour une
longue période en été, l’autoconsommation n’est pas faite pour
vous. ■
PASCAL FRASNETTI
LA SÉANCE DU VENDREDI 4 MAI
LE CAC
JOUR
ACCOR .............................................. 46,92
♣
AIR LIQUIDE ..................................
108,65
AIRBUS .............................................. 98,69
ARCELORMITTAL SA ..................................
29,02
ATOS .............................................. 110,1
AXA .............................................. 22,555
BNP PARIBAS ACT.A ..................................
62,67
BOUYGUES ..............................................
42,24
CAPGEMINI ..............................................
114,65
CARREFOUR ..............................................
16,7
CREDIT AGRICOLE ..................................
13,43
DANONE ..............................................65,08
ENGIE .............................................. 14,7
ESSILOR INTL. ..................................113,8
KERING ..............................................483,5
L'OREAL ..............................................199
LAFARGEHOLCIM LTD ..................................
47,05
LEGRAND ..............................................65,14
LVMH .............................................. 291,8
♣
MICHELIN ..............................................
117,75
%VAR.
+HAUTJOUR
-0,28 47,41
+0,65 108,75
+0,64 98,88
+2,82 29,02
-0,45 112,25
+0,67 22,575
-1,15
62,67
+1,78 42,28
+0,48 115,3
-0,42
16,9
+0,37
13,47
+0,31
65,33
+0,89 14,815
0
114,35
-0,17 487,4
+1,58 199
+0,75 47,12
+1,31
65,4
+0,19 294,05
+0,21 118,3
+BAS JOUR %CAP.ECH 31/12
46,89
0,323 +9,12
107,9
0,24 +3,43
97,84
0,168 +18,9
28,205 0,149 +7,03
109,85
0,326 -9,27
22,265 0,293 -8,81
61,16
0,456 +0,67
41,63
0,277 -2,47
114,35
0,328 +15,94
16,67
0,311 -7,43
13,23
0,206 -2,68
64,85
0,295 -6,96
14,64
0,234 +2,55
113,5
0,236 -1
483,3
0,116 +23,03
196
0,13
+7,6
46,7
0,042 +0,02
64,54
0,202 +1,48
290,8
0,095 +18,91
116,45
0,271 -1,51
JOUR
ORANGE ..............................................15,16
PERNOD RICARD ..................................
137,9
PEUGEOT ..............................................
20,1
♣ 62,12
PUBLICIS GROUPE SA .............................
RENAULT ..............................................
89,4
SAFRAN ..............................................97,5
SAINT GOBAIN ..................................
44,36
SANOFI ..............................................65,5
SCHNEIDER ELECTRIC .............................
74,8
SOCIETE GENERALE ♣
..................................
42,58
SODEXO ..............................................82,32
SOLVAY ..............................................
112,25
STMICROELECTRONICS .............................
19,24
TECHNIPFMC ..................................27,48
TOTAL .............................................. 52,27
UNIBAIL-RODAMCO ..................................
197,5
VALEO .............................................. 56,8
VEOLIA ENVIRON. ..................................
20,36
♣
VINCI .............................................. 84,7
VIVENDI ..............................................23,12
%VAR.
+0,43
-0,22
+1,49
-0,42
-0,07
-0,33
+1,56
+0,46
+1,22
-5,17
-0,05
+1,13
+1,26
+1,66
+0,95
-0,15
+0,14
+0,69
+0,86
+1
+HAUTJOUR +BAS JOUR
15,16
139
20,12
62,62
89,81
98,88
44,365
65,51
74,8
42,995
82,86
112,7
19,285
27,56
52,27
197,95
57,14
20,43
84,9
23,29
15,065
137,9
19,705
62,12
88,8
97,38
43,665
65,02
73,74
41,58
82,22
110,5
18,945
26,93
51,78
196,3
56,58
20,2
84,14
22,88
%CAP.ECH
0,202
0,146
0,319
0,267
0,243
0,292
0,346
0,173
0,196
1,6
0,274
0,386
0,263
0
0,208
0,346
1,278
0,389
0,187
0,281
31/12
+4,73
+4,51
+18,55
+9,66
+6,54
+13,49
-3,52
-8,84
+5,56
-1,09
-26,53
-3,15
+5,69
+6,31
+13,52
-5,95
-8,78
-4,3
-0,53
+3,12
LES DEVISES
MONNAIE
AUSTRALIE ................................................................................
DOLLAR AUSTRALIEN
CANADA ................................................................................
DOLLAR CANADIEN
GDE BRETAGNE ................................................................................
LIVRE STERLING
HONG KONG ................................................................................
DOLLAR DE HONG KONG
JAPON ................................................................................
YEN
SUISSE ................................................................................
FRANC SUISSE
ETATS-UNIS ................................................................................
DOLLAR
TUNISIE ................................................................................
DINAR TUNISIEN
MAROC ................................................................................
DIHRAM
TURQUIE ................................................................................
NOUVELLE LIVRE TURQUE
EGYPTE ................................................................................
LIVRE EGYPTIENNE
CHINE ................................................................................
YUAN
INDE ................................................................................
ROUPIE
ALGERIE ................................................................................
DINAR ALGERIEN
1 EURO=
1,5915
1,541
0,8824
9,3952
130,37
1,195
1,1969
2,9416
11,103
5,0963
21,05
7,6113
80,027
137,93
AUD
CAD
GBP
HKD
JPY
CHF
USD
TND
MAD
TRY
EGP
CNY
INR
DZD
L’OR
JOUR
VEILLE
31/12
COTATION QUOTIDIENNE ASSURÉE PAR TESSI-CPOR
www.cpordevises.com
LINGOT DE 1KG ENV .....................................................
35000
34520
+0,72
NAPOLEON ..................................................... 205
213,6
-0,92
PIECE 10 DOL USA .....................................................
588
588
PIECE 10 FLORINS .....................................................
213,9
213,9
+0,52
PIECE 20 DOLLARS .....................................................
1170
1150
+0,17
PIECE 20F TUNISIE .....................................................
205
205
+0,49
PIECE 5 DOL US (H) .....................................................
299
299
-1,97
PIECE 50 PESOS MEX .....................................................
1311
1314
+0,08
PIECE FR 10 FR (H) .....................................................
109
111,9
-0,73
PIECE SUISSE 20F .....................................................
205
205
+1,13
PIECE LATINE 20F .....................................................
204,9
204,9
+0,99
SOUVERAIN ..................................................... 258,8
258
-0,73
KRUGERRAND .....................................................1139
1130
+1,81
SICAV ET FCP
VALEURS LIQUIDATIVES EN EUROS (OU EN DEVISES), HORS FRAIS
VALEUR
DATE DE
LIQUID. VALORISAT.
42 rue d’Anjou,
75008 Paris
Tél. : 01 55 27 94 94
www.palatine.fr
SICAV
UNI HOCHE C ................................................
283,99 02/05/18
Cybèle Asset Management
37 av. des Champs-Elysées
75008 Paris
Tel. : 01 56 43 62 50
BETELGEUSE ................................................
47,54 19/03/18
BELLATRIX C ................................................
332,92 19/03/18
SIRIUS ................................................56,95 02/05/18
RETROUVEZ
SITE D’INFORMATIONS EXCLUSIVES
WWW.WANSQUARE.COM
que Donald Trump ne cesse d’agiter.
Cette semaine, la Chine et les ÉtatsUnis sont parvenus à un consensus sur
certains points de leur contentieux
commercial. Mais l’accord semble bien
fragile et d’importantes divergences
demeurent entre les deux pays. Pour
les analystes, le président des ÉtatsUnis, qui a été élu sur un programme en
grande partie protectionniste, devrait
maintenir la pression au moins jusqu’aux élections de mi-mandat qui
doivent se tenir au mois de novembre
prochain. La menace devrait donc encore planer pendant de longs mois sur
les marchés.
L’autre sujet qui taraude les investisseurs est celui du rythme de la hausse
des taux que va adopter la Réserve fédérale (Fed). Les statistiques dévoilées
ces derniers temps sont plutôt encourageantes avec une croissance au beau
fixe et un marché de l’emploi en grande
forme. Mais les opérateurs préfèrent
voir le verre à moitié vide plutôt qu’à
moitié plein. Ces bonnes nouvelles économiques sont ainsi perçues comme de
mauvaises nouvelles pour les marchés,
car elles risquent d’encourager la Fed à
relever plus franchement et plus rapidement que prévu ses taux.
D’ailleurs, le marché a retrouvé vendredi un peu de tonus après la publication d’un rapport mensuel sur l’emploi
américain jugé légèrement décevant. ■
H. R.
A
LE MOIS DE MAI DÉBUTE TIMIDEMENT À LA BOURSE DE PARIS
De timides rebonds en mornes séances,
le CAC 40 a entamé le mois de mai à
tâtons. Vendredi, il a grignoté 0,26 %,
après avoir reculé de 0,50 % la veille et
avancé de 0,16 % mercredi.
Les investisseurs sont tiraillés entre
des résultats d’entreprises de très bonne facture, notamment aux États-Unis,
et la menace de guerre commerciale
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 5 - dimanche 6 mai 2018 LE FIGARO
26
MÉDIAS et PUBLICITÉ
Le fonds Elliott prive Vivendi du
contrôle de l’opérateur Telecom Italia
Grâce au vote de la Caisse des dépôts italienne, il détient deux tiers des administrateurs.
ELSA BEMBARON £@elsabembaron
TÉLÉCOMS C’est un camouflet
pour Vivendi en Italie. Le fonds activiste Elliott Capital, qui contrôle
9 % du capital, emporte dix sièges
au conseil d’administration de
Telecom Italia (TIM). Les cinq restants reviennent mécaniquement
au groupe de Vincent Bolloré, qui
détient 23,9 % de l’opérateur.
Il s’en est fallu d’une courte tête
pour que l’assemblée générale des
actionnaires choisisse la liste proposée par le fonds activiste. Il l’a
emporté avec 49,84 % des votants,
contre 47,18 % pour Vivendi. La
Caisse des dépôts italienne (CDP),
qui a pris 4,78 % des actions de TIM,
a joué les arbitres dans ce duel, en
votant en faveur d’Elliott. « Nous
sommes surpris, nous pensions que la
CDP s’abstiendrait et non pas qu’elle
voterait en faveur d’un fonds activiste, au détriment d’un actionnaire de
long terme. Nous nous interrogeons
sur la légalité de ce vote », a déclaré
au Figaro Simon Guillham, président de Vivendi Village et membre
du directoire de Vivendi.
Elliott a régulièrement bénéficié
du soutien de l’État italien. La prise
de contrôle de Telecom Italia par
Vivendi n’a jamais été acceptée par
Rome. Si les motivations d’Elliott et
du gouvernement italien ne sont
pas nécessairement les mêmes, la
finalité est commune. Le fonds a
bénéficié d’un précieux allié de circonstance. Carlo Calenda, le ministre italien du Développement économique, n’a cessé de répéter que
« Vivendi a été un très mauvais actionnaire ».
La gestion quotidienne de
Telecom Italia s’annonce compliquée. Car le premier actionnaire est
en guerre ouverte avec les deux
tiers du conseil d’administration.
Pour compliquer encore la donne,
le fonds Elliott réitère son soutien à
Amos Genish, directeur général de
l’opérateur télécoms et qui est un
STÉPHANE RICHARD
RENOUVELÉ À LA TÊTE
D’ORANGE
£ Stéphane Richard, le PDG
d’Orange, a été reconduit dans
ses fonctions pour un troisième
mandat de quatre ans. Son
action à la tête du groupe a été
saluée pendant l’assemblée
générale des actionnaires.
LA TÉLÉ DOPE NRJ
GROUP DÉBUT 2018
£ Le groupe NRJ a publié
son chiffre d’affaires pour
le premier trimestre. L’activité
radio se contracte de 7,1 %,
à 52 millions d’euros, en raison
des baisses d’audience sur NRJ.
En revanche, l’activité
télévision affiche un bond de
10,8 %, à 21,6 millions d’euros,
grâce aux bonnes audiences
de NRJ 12 et Chérie 25.
Au total, le groupe de médias
affiche un volume d’activité
de 90 millions d’euros,
en hausse de 1,5 %.
homme de Vivendi. D’ailleurs,
Amos Genish et Arnaud de Puyfontaine, président du directoire de
Vivendi, comptent parmi les représentants du français au conseil
d’administration de Telecom Italia.
du réseau fixe de TIM. Amos Genish
a déjà annoncé que ces actifs seront
logés dans une entité dédiée Netco,
qui serait détenue à 100 % par
Telecom Italia. Le fonds Elliott pencherait en faveur d’une cession totale ou partielle, éventuellement
par le biais d’une cotation en
Bourse, ce qui serait un moyen de
générer rapidement du cash pour
l’opérateur. Rome pousse aussi à
cette séparation, avec des visées
politiques : l’Italie doit combler rapidement son retard dans le déploiement de la fibre optique. Un
rapprochement entre Netco et Enel
Fiber, l’autre grand acteur local, est
régulièrement évoqué. Vivendi
s’oppose à la cession de Netco, estimant que le réseau est un actif clé
pour un opérateur télécoms.
La troisième mesure est plus
technique que stratégique. Elliott
prône la conversion des actions
d’épargne en actions ordinaires.
Destinées aux petits porteurs, ces
actions d’épargne donnent droit à
une distribution préférentielle de
Le titre en nette hausse
Pour le moment, le groupe de
Vincent Bolloré réaffirme être un
actionnaire soucieux de s’inscrire
dans la durée. Mais en perdant le
contrôle de Telecom Italia, Vivendi
perd la possibilité de mettre en
œuvre son projet stratégique de
constituer un groupe convergent
entre Telecom Italia, Canal+ et Mediaset en Italie. Cela ne va pas l’arranger dans les négociations avec la
famille Berlusconi pour régler le
différend entre Vivendi et Mediaset.
Désormais majoritaire au conseil
d’administration, le fonds Elliott
propose trois mesures phares, à
commencer par la mise en place
d’un dividende « dans un délai approprié ». Le deuxième dossier est
plus sensible : il concerne l’avenir
dividendes, mais pas à certains
droits de vote.
La Bourse de Milan a salué la victoire du fonds américain. Le cours a
bondi de près de 2 % en séance, pour
atteindre 85 centimes. Le titre est
encore loin de ses plus hauts d’octobre 2015, à 1,27 euro. Et, surtout, loin
des 1,20 euro, qui représentent le
prix moyen d’acquisition de la participation de Vivendi. Le groupe
français affiche donc une moins-value latente de 1,2 milliard d’euros. ■
Je ne suis pas classique,
je suis culte
© Bernhard Winkelmann
Sandwich
Pop corn
Préparation :
20 minutes
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Un hors-série dédié à l’amitié, truffé de recettes originales,
chics et rapides spéciales grandes tablées !
Chez votre marchand de journaux
Parce que la cuisine est aussi une afaire de tendances
Le groupe
de Vincent Bolloré,
auquel revient
cinq sièges au conseil
d’administration contre
dix pour Elliot capital,
a réaffirmé être un
actionnaire de long
terme de Telecom Italia.
THOMAS PADILLA/MAXPPP
» Sur
« L’ACTUALITÉ
DES MÉDIAS »
dans le 17 h-19 h
par Catherine Pottier
et Enguérand Renault
chaque dimanche
à 17 h 25
et sur franceinfo.fr
Le groupe M6 fait carton
plein dans le football
Avec la Ligue Europa, W9 a réalisé son record
d’audience. M6 diffusera la finale le 16 mai.
ALEXANDRE DEBOUTÉ £@axel_deb
A
EN BREF
TÉLÉVISION Le groupe M6 peut
dire merci à l’Olympique de Marseille. Jeudi soir, pour le match retour de la demi-finale de la Ligue
Europa qui opposait l’OM au Red
Bull Salzbourg, sa chaîne W9 s’est
hissée largement en tête des
audiences. La qualification du club
phocéen a été suivie en moyenne
par 4,68 millions de téléspectateurs,
soit 22,8 % du public âgé de 4 ans et
plus, selon Médiamétrie. Un pic a
été atteint à 5,3 millions de téléspectateurs à 22 h 50. C’est le record
d’audience de W9. Le précédent remontait au 26 mai 2015 lors de la
diffusion du match AllemagneFrance en quart de finale de la Coupe du monde féminine de football,
avec 4,1 millions de téléspectateurs.
La semaine dernière, le match aller
de la demi-finale de la Ligue Europa
avait attiré 3,7 millions de téléspectateurs, soit 16,3 % du public.
Au niveau publicitaire, la régie du
groupe M6 a fait carton plein. Jeudi
soir, la configuration mise en place
était classique, avec un dispositif
renforcé avant le match, une coupure de 12 minutes à la mi-temps et
un écran spécial entre la fin du
match et les prolongations. Pour
cette coupure spéciale de moins
d’une minute, deux annonceurs,
Amazon et EDF, s’étaient positionnés. « Le match de jeudi nous a permis d’atteindre des scores très intéressants : 37 % du public des hommes
de moins de 50 ans et 18 % des femmes responsables des achats », se félicite Guillaume Charles, directeur
général adjoint de M6 Publicité.
Pour la finale de la Ligue Europa,
qui opposera l’OM à l’Atlético de
Madrid à Lyon le mercredi 16 mai et
sera retransmise en direct par M6 à
partir de 20 h 45, les tarifs pour
30 secondes de publicité seront
communiqués lundi. Ils devraient
être très élevés, sans atteindre le ni-
veau himalayen, toutes télévisions
confondues, de la finale de l’Euro de
football diffusée par M6 en 2016.
Pour ce match historique, qui avait
été suivi par 20,8 millions de téléspectateurs, le spot de 30 secondes
était vendu 320 000 euros ! Les tarifs
pour s’associer au match de jeudi
sur W9 avaient été fixés entre
55 000 et 58 000 euros, les plus
hauts jamais proposés par la chaîne
de la TNT.
Stratégie payante
Habituellement, les coupures publicitaires lors des matchs de football attirent les annonceurs des
secteurs classés comme spécifiquement masculins (automobile,
produits de rasage) mais aussi des
secteurs mixtes comme la banqueassurance, les télécoms ou la distribution. Pour la finale du 16 mai,
la régie de M6 proposera aux annonceurs, comme elle l’avait fait
pour la finale de l’Euro 2016, des
habillages spéciaux ou des dispositifs interactifs avec, par exemple,
l’incrustation dans les spots du
score à la mi-temps. D’autres sophistications seront également
proposées dans le cadre du flux en
live diffusé sur 6play, la plateforme
Web de M6, avec des boucles
publicitaires spécifiques. Lors des
matchs de football, les audiences
de ce canal, surtout connu pour le
service de replay d’émissions de
téléréalité ou de séries, sont devenues significatives, enregistrant
entre 500 000 et 1,5 million de
connexions.
Le parcours de l’OM en Ligue
Europa conforte en tout cas la stratégie récente du groupe dirigé par
Nicolas de Tavernost qui, après
avoir misé sur l’équipe de France
aux championnats du monde féminin de football, sera codiffuseur, à
partir de septembre, des matchs de
qualification et de préparation des
Bleus pour l’Euro 2020 et la Coupe
du monde de 2022. ■
AUDIENCES DU MATCH
DE JEUDI SOIR SUR W9
(SOURCE MÉDIAMÉTRIE)
4,68
millions
de téléspectateurs
en moyenne
22,8 %
du public âgé de 4 ans
et plus
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samedi 5 - dimanche 6 mai 2018 LE FIGARO - N° 22 932 - Cahier N° 3 - Ne peut être vendu séparément - www.lefigaro.fr
COLLECTION
LA CROISIÈRE CHANEL 2018-2019
S’AMUSE AU GRAND PALAIS
PAGE 30
GASTRONOMIE
CHRISTIAN CONSTANT ÉLU
« CHEF MENTOR » DE L’ANNÉE
PAR LE GUIDE MICHELIN PAGE 32
Maître Gims
en concert
à Monaco,
le 9 septembre
dernier.
SYSPEO/SIPA
Milord Gims
Le chanteur occupe les premières places des ventes d’albums, remplit les salles, s’impose sur tous les dancefloors,
s’exporte dans le monde entier et bat des records sur les réseaux sociaux.
Un modèle suivi pas à pas par son frère Dadju, qui utilise les mêmes recettes avec succès. Enquête. PAGE 28
La tour Eiffel se cherche un nouvel écrin
PATRIMOINE La Mairie de Paris a présenté, hier, les quatre finalistes sélectionnés pour embellir les alentours du monument
et fluidifier l’accès pour les visiteurs. Un projet qui cherche à unifier l’espace entre le Trocadéro et le Champ-de-Mars.
« Cet objet vertical masque les dysfonctionnements à hauteur humaine, et il y a
des dysfonctionnements. » C’est le
constat dressé par Jean-Louis Missika,
adjoint à la Mairie de Paris, chargé de
l’urbanisme et de l’attractivité. Régler
les problèmes de files d’attente interminables, de sécurité et d’accessibilité
de l’un des monuments les plus célèbres du monde – 6 millions de visiteurs
annuels –, c’est tout le défi de ce projet
« Grand site tour Eiffel : découvrir, approcher, visiter », lancé en janvier
dernier. Un chantier de 40 millions
d’euros financé par la Ville de Paris,
qui s’étend jusqu’au métro Bir-Hakeim et à la place du Trocadéro. L’objectif est de réaménager les 54 hectares
qui entourent la dame de fer, et ce,
avant les JO 2024. Mais il ne s’agit pas
d’un grand projet architectural, « il est
déjà là, l’idée est d’apporter une réponse
en termes de paysage et de gestion des
flux », souligne l’adjoint.
« La modestie, maître mot »
Ils étaient quarante-deux à candidater, ils ne sont plus que quatre. La sélection s’est faite sur la pluridisciplinarité des équipes : « Nous voulions
qu’elles aient des références dans le domaine de l’aménagement urbain et pas
seulement dans l’architecture, précise
Jean-Louis Missika. C’est un site qui
doit être respecté et la modestie est le
maître mot. »
Parmi ces quatre finalistes, deux
sont pilotés par des architectes :
l’agence britannique AL_A Amanda
Levete Architects et la parisienne KOZ
Architectes. Les autres par des paysa-
CHANEL ; GILLES TARGAT/PHOTO12/AFP ; JEAN-CHRISTOPHE MARMARA/LE FIGARO
L’objectif du projet est de réaménager
les 54 hectares qui entourent la dame
de fer, et ce, avant les JO 2024.
gistes : l’agence londonienne Gustafson
Porter + Bowman et la française TER.
Pour Olivier Philippe, associé de cette
dernière, l’enjeu principal concerne la
mobilité. Il s’agit de redonner la place
aux piétons : « Aujourd’hui, descendre
du Trocadéro et traverser pour passer
de l’autre côté, c’est l’enfer. » La principale mission est donc de proposer
une unité entre la place du Trocadéro
et le Champ-de-Mars.
Première phase : établir un dialogue
compétitif entre les différentes équipes. Elles devront d’abord travailler
sur l’amélioration de l’accueil des visiteurs. Il faudra d’ailleurs qu’elles gèrent la présence du mur de verre antiballes actuellement en construction. Il
s’agira aussi de mettre en valeur les
alentours de la dame de fer avec de
nouvelles promenades jalonnées de
points d’accueil et de petits commer-
ces. « L’expérience de la visite touristique de la tour Eiffel ne se résume pas à y
monter, mais à l’apprécier sous toutes
ses coutures », résume Jean-François
Martins, adjoint au tourisme, qui souhaite également attirer les Parisiens
vers ce lieu emblématique de la capitale. Par ailleurs, pour réduire les files
d’attente, le système de gestion de la
billetterie a d’ores et déjà été revu. Dès
cet été, l’objectif est de réaliser 50 %
des réservations sur Internet et d’atteindre les 80 % en 2020.
L’intervention, qui a lieu dans un
périmètre classé, a reçu l’aval des architectes des Bâtiments de France.
Pour aider les quatre lauréats à modéliser leur projet, la société Autodesk a réalisé une maquette du site en
3D. Il faut désormais patienter jusqu’en mai 2019 pour connaître
l’équipe gagnante. ■
A
MICHAËL NAULIN mnaulin@lefigaro.fr
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samedi 5 - dimanche 6 mai 2018 LE FIGARO
L'ÉVÉNEMENT
Maître Gims et Dadju
donnent la note
Des musiciens en commun
En coulisse, ils partagent les mêmes réseaux bien organisés. Après Wati B, Gims
et Dadju ont rejoint les producteurs Saïd
Boussif et Hicham Ben Daoud. Partagent
la même avocate, Laurence Goldgrab,
également conseil de Kendji Girac et de
Louane. Font appel aux mêmes musiciens. Comme Dany Synthé. Seigneur des
beatmakers (ceux qui fabriquent les rythmes), il a cosigné Sapé comme jamais et
s’est occupé de l’album de Dadju. Businessmen avisés, Dadju et Maître Gims ont
chacun leur société. Baptisées Chahawat
et Amaterasu, ces PME produisent leurs
albums et coproduisent leurs concerts.
Rien ne se perd. Pour favoriser son envolée, Maître Gims s’est associé avec Sébastien Duclos et Julien Godin. Deux producteurs à qui l’on doit le succès international
de Zaz, la folie des Kids United, le retour
de MC Solaar et la dernière tournée mondiale de Robbie Williams.
Les deux frères ont de l’ambition. « Édifiant de tranquillité, Maître Gims gère particulièrement bien le stress, soulignent ses
deux producteurs. Ultracréatif, obsédé par
l’idée de toujours se renouveler, il est clair
dans ce qu’il veut et franc. » Maître Gims a
quand même un défaut : il n’est jamais à
l’heure. Dadju, lui, pourrait être moins
impatient. Les voir ensemble sur scène, ce
serait possible, mais en Afrique. Vincent
Bolloré qui y développe les loisirs culturels
(salles de cinéma et de concerts) multiplie
les propositions. Là-bas, les deux frères
sont incroyablement populaires. Des
Africains qui ont percé en France. À leurs
concerts, les jeunes affluent par milliers
pour « s’ambiancer » dans les stades.
Mais, si faire deux ou trois concerts est enthousiasmant, une tournée, c’est plus
compliqué. Outre la logistique qui bute sur
le manque d’électricité et l’état des routes
se pose le problème de la sécurité. Les
mouvements de foule avec des blessés,
Maître Gims a connu ça en Guinée.
« L’Afrique bascule, assure Christophe Sabot du groupe Bolloré. C’est un continent
plein d’avenir pour des pionniers comme
Dadju et Maître Gims. » Ensuite, il sera
toujours temps de lancer les
autres membres de la fratrie. Djelass, Trésor
Djuna, Saty, X Gangs,
Warano, Bedjik et
Darcy ont déjà leurs
noms de scène. ■
pour le clip « Sapés
comme jamais »
sur YouTube
3 recettes
pour réussir
1
Le look
Silhouette impeccable,
sapé avec soin et lunettes noires taille parebrise
jamais ôtées en public,
Maître Gims peaufine
son image dans le
moindre détail. Ses
lunettes sont l’équivalent du casque chez
les Daft Punk. Tout
en le protégeant,
elles lui permettent
d’être immédiatement
identifiable. Sans elles,
il a des chances de ne
pas être reconnu.
2
3
2,6
millions
C’est le nombre
d’abonnés au compte
Twitter de Maître Gims
344
millions
de vues
Parue chez Fayard en 2014,
Vise le soleil, l’autobiographie
de Maître Gims cosignée avec
Eugénie Guazco est
particulièrement bien écrite,
ce qui est rare au rayon des
livres people. Des histoires
familiales compliquées, sa
vocation de dessinateur, ses
galères dans la musique avant
le succès en 2010, Maître Gims
se souvient avec précision.
La voix
Qu’il chante accompagné d’un piano,
qu’il rape ou susurre
une mélodie sucrée
comme Bella ou de la
pure variété façon Daniel Balavoine, Maître Gims peut tout
faire avec sa voix de ténor. Un
timbre reconnaissable entre tous
et un charisme réel. Du rap et des
cours de théâtre, il a gardé une
diction impeccable et un sens du
rythme.
FIFOU ET OJOZ
teurs en un soir, « c’est possible, se rassurent Julien Godin et Sébastien Duclos.
Lors de sa précédente tournée, il a rempli
trois Bercy. »
Face à ce grand frère superstar, Dadju
aurait pu être écrasé. C’est tout le contraire. Ils grimpent en parallèle. Certes, ils ont
enregistré deux titres ensemble, Par
amour et Ma fierté, mais, contrairement à
Stromae et son frère Luc, ils évitent de
mettre en avant leurs liens de parenté.
MAÎTRE GIMS
dole des ados lorsqu’il avait leur
âge, Maître Gims s’est métamorphosé en
quelques années en poids lourd de la variété française. Et c’était bien là son ambition depuis le début, même lorsqu’il
hérissait les parents des jeunes qui écoutaient Sexion d’Assaut, le collectif qu’il a
fondé en 2002. Il ne lui aura fallu que trois
albums sous son nom pour atteindre cette consécration. Désormais le trentenaire
a plus en commun avec Florent Pagny et
Pascal Obispo qu’avec Joey Starr qui ne
manque d’ailleurs pas une occasion de le
railler. Qu’importe les moqueries,
l’homme se place aux antipodes du bad
boy de la Seine-Saint-Denis et gère sa
carrière avec l’assurance d’un homme
d’affaires sans rien laisser au hasard. À
32 ans, Gandhi Djuna, alias Maître Gims,
passe un cap. Locomotive de l’industrie
au même titre que Soprano, Vianney et
Kendji Girac, il caracole en tête du top
singles pour La Même, un duo avec Vianney. Numéro un depuis quatre semaines,
son troisième album solo, Ceinture noire,
se dirige vers 600 000 ventes, estiment les
producteurs Julien Godin et Sébastien
Duclos en charge de sa sortie. Le chanteur
est à deux doigts d’entrer dans la cour des
grands, celle où Stromae côtoie Renaud.
Dans les classements des meilleures
ventes, figure aussi son jeune frère Dadju,
26 ans, l’un des phénomènes de l’année.
Cinq mois après sa sortie, son Gentleman 2.0 est toujours dans le top 10. Chaque
semaine, 10 000 nouveaux fans s’offrent
son album. Sur Instagram, le garçon
compte déjà 1 million d’abonnés. « Personne n’avait prévu un lancement aussi
foudroyant. Vivre ça, c’est très rare, souligne Christophe Sabot, directeur d’Olympia Production (Vivendi), qui gère la tournée. Vu la demande, nous ajoutons
plusieurs Zénith. » D’ici là, le 11 mai, ce sera
la consécration : les cinq lettres de Dadju
scintilleront en rouge sur la façade de
l’Olympia, cinq ans seulement après son
aîné. Avant-hier pour son premier
concert à Paris, Dadju a mis le feu à la Cigale. Dans la salle pleine à craquer, le public, 80 % de jeunes femmes de 25 à 35 ans,
connaît chaque parole par cœur. Les bras
en l’air, elles sautillent, filment avec leur
portable. Tout de blanc vêtu, sourire ravageur. Dadju est le lover du R’n’B. Avec
aisance, il métisse son rap de sonorités
africaines, caribéennes et orientales. Sa
mère, la si jolie Dalida, essuie une larme :
« Si je suis fière ? Il n’y a pas de mot. »
Pour les Djuna, famille de musiciens
depuis trois générations, voir les deux rejetons en haut de l’affiche est une consécration. Un succès qui venge la dégringolade du patriarche Djuna Djanana. En
République démocratique du Congo, le
père de Dadju et de Maître Gims tournait
avec Papa Wemba. En 1986, il fuit la dictature de Mobutu et redémarre à zéro en
France.
En 2002, à 16 ans, Maître Gims crée
Sexion d’Assaut. En 2010, le groupe explose après avoir signé avec Dawala,
l’homme-orchestre du rap, à la tête du label Wati B. Encore au lycée, Dadju voit
son frère enchaîner les enregistrements
en studio. À 20 ans, Dadju intègre le collectif Wati B. À 22 ans, il crée le groupe de
pop urbaine The Shin Sekaï. L’année suivante, en 2013, Maître Gims se lance en
solo. Dadju fera vite de même. Il avoue
volontiers que l’expérience de son grand
frère lui a fait gagner dix ans. « C’est vraiment le bon élève qui n’a pas triché », souligne ce dernier.
Pour toucher le plus grand nombre, ces
auteurs-compositeurs jouent le clan et la
version bling-bling de valeurs universelles : la famille, l’amour, la « classe ». Outre
la pop et le hip-hop, ils misent sur le métissage musical. Toujours avec des refrains entêtants. Tout en gardant leur look
tapageur, les rappeurs du début se sont
tous deux mués en chanteurs de variété.
Preuve qu’il a passé un cap et intégré tous
les codes, en une semaine, Maître Gims a
eu les honneurs du journal télévisé de TF1,
celui de France 2 et « C à vous ». Son Fuego Tour est l’une des plus importantes
tournées de la saison 2018-2019. Comme
Michel Polnareff et Indochine, Maître
Gims répétera et lancera sa tournée en
Champagne au Millesium à Épernay. Lever de rideau le 17 novembre pour un final
en apothéose au Stade de France le
28 septembre 2019. Attirer 72 000 specta-
DADJU
A
I
Venus
du rap, les deux
frères trustent
les meilleures
ventes d’albums.
S’ils évitent de
mettre en avant
leur lien de
parenté, ils gèrent
leurs carrières en
famille. Enquête
sur un business
qui tourne.
MUSIQUE
LENA LUTAUD
£@LenaLutaud
UNE AUTOBIOGRAPHIE
POUR SES 28 ANS
FAYARD
28
Internationaliser
sa carrière
Son modèle d’exportation reste David
Guetta. Au Bureau
Export qui aide les
artistes à percer, il est l’une des
valeurs sûres avec Christine
& The Queens, Koons et Jain. Où
qu’il chante, il pourra compter
sur les communautés francophones, turques, arabes et africaines.
En 2017, son tube Est-ce que tu
m’aimes a été certifié triple diamant à l’export. Mon cœur a ses
raisons est triple platine. L’artiste
figure au Top Streaming en Allemagne, Autriche et au Danemark. Sur Spotify, ses plus fortes
audiences sont en Allemagne et
en Suisse. Il figure également au
Top 20 Shazam aux Pays-Bas,
Danemark, Autriche, République
tchèque, Bulgarie, Roumanie,
Kazakhstan, Turquie, Libye et
Égypte. En Afrique, il peut remplir un stade quatre soirs d’affilée. En 2018, ses producteurs
veulent consolider son succès en
France avant de l’envoyer faire
des concerts et de la promotion
en Allemagne, en Autriche, en
Suisse et au Canada. Selon le site
d’analyse de données musicales
Next Big Sound, les morceaux
comptabilisant le plus de vues sur
la plateforme internationale Vevo
sont Bella, Sapé comme jamais et
Est-ce que tu m’aimes ? ■
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LE FIGARO
samedi 5 - dimanche 6 mai 2018
CULTURE
29
CLASSIQUE
Depuis l’ouverture
de la salle
parisienne,
la formation y était
en résidence.
Selon la volonté
du ministère de
la Culture, les deux
vont fusionner.
L
CHRISTIAN MERLIN
a nouvelle est tombée la
semaine dernière sous forme d’un
communiqué du ministère de la Culture, et a pris tout le monde par surprise :
l’Orchestre de Paris allait donc fusionner avec la Philharmonie. N’était-ce
pas déjà le cas, allez-vous dire. Pas tout
à fait. À l’ouverture de la nouvelle salle,
l’Orchestre de Paris en est devenu la
formation en résidence, avec ses locaux
dans l’enceinte du bâtiment et une
priorité pour les dates. Mais il gardait
son indépendance artistique et son statut d’association loi 1901. L’orchestre se
plaignait alors régulièrement de son
manque de marge de manœuvre, ne
pouvant par exemple engager un chef
qui avait été préempté par la Philharmonie avec un orchestre invité. Assez
vite, au lieu de travailler en bonne intelligence, les deux structures se sont
regardées en chiens de faïence, chacune campant sur ses prérogatives.
Tant que l’on ne savait pas encore si
Laurent Bayle, fondateur et premier directeur de la Philharmonie, allait voir
son mandat prolongé, Bruno Hamard,
directeur de l’Orchestre de Paris, ne
faisait pas mystère de son souhait de
prendre la tête du tout, ce qui aurait signifié de fait une fusion. Laurent Bayle
est resté, avec un pouvoir consolidé par
le succès inespéré de la salle. Bruno
Hamard a conservé la direction de l’orchestre, mais les deux hommes ne se
sont plus parlé. L’idée d’un rapprochement n’est donc pas nouvelle. Elle figurait dans le document de travail du ministère qui avait fuité en décembre
dernier avant d’être démenti.
Ce n’est pas une surprise en soi, mais
la décision est arrivée au moment où
L’Orchestre de Paris
et la Philharmonie à l’unisson
l’on ne s’y attendait pas, non sans une
certaine impression de brutalité. Laurent Bayle se veut rassurant, soulignant
« qu’il ne s’agit en aucun cas d’une fusion,
mais d’une intégration. Le statut, la
convention collective et la subvention sont
conservés à l’identique ». Il y voit surtout
une chance pour l’orchestre de ne plus
« rester dans son coin », mais de bénéficier de la force de frappe de la Philharmonie en matière de communication, de
réseaux internationaux (utiles pour les
tournées), de ressources éducatives.
Entre prudence et espoir
nomie est légitime, l’orchestre peut
aussi y gagner une visibilité plus grande. Enjeu pour la Philharmonie : le mettre en valeur au maximum pour qu’il
incarne la salle et n’en soit pas un rouage parmi d’autres.
Selon Laurent Bayle, « le processus
d’intégration donnera à l’orchestre plus
d’armes pour franchir une nouvelle étape
artistique ». Parmi les exemples étrangers où une salle et un orchestre forment une entité unique, il existe plusieurs modèles. À la Philharmonie de
Berlin, c’est l’orchestre qui a la haute
main sur la programmation de la salle,
donc sur les invitations, beaucoup
moins développée qu’à Paris. À Los Angeles, le Philharmonique assure à lui
seul les activités du Walt Disney Concert
Hall, politique protectionniste facilitée
par le fait que l’orchestre est le seul de la
ville, alors que Paris en compte quatre.
À Luxembourg, il y a direction commune pour la salle et l’orchestre local.
Ailleurs, à Vienne ou New York par
exemple, l’orchestre est indépendant et
loue la salle où il joue en apportant des
programmes clés en main, sans se sou-
WILLIAM BEAUCARDET
L’Orchestre de Paris
dans les locaux
de la Philharmonie,
le 14 juin 2017.
cier de cohérence. Chaque modèle a ses
avantages et ses inconvénients.
Restent des questions spécifiques.
Conjoncturelles : qu’adviendra-t-il du
processus, apparemment bien avancé,
de recherche d’un nouveau directeur
musical ? Et structurelles : l’identité de
l’Orchestre de Paris sera-t-elle renforcée, et non diluée, et son ambition, affichée dès sa création en 1967, de faire
partie de l’élite mondiale, sera-t-elle
enfin affirmée de manière volontariste ? La méthode a été cavalière, le jeu en
vaut la chandelle. ■
Si cette décision est une défaite pour
Bruno Hamard, qui devrait selon toute
probabilité annoncer sa démission, elle
ne doit pas occulter le fait qu’il laisse un
Orchestre de Paris en bonne santé. Il
n’a jamais aussi bien joué, les ressources propres ont augmenté, le public répond présent, le rythme de croisière est
revenu à la normale – il donnait
65 concerts par an avant son arrivée, il
en joue 100 actuellement. Hamard a
montré un grand talent de gestionnaire, mais certains lui reprochent
d’avoir aussi voulu se mêler de l’artistique. Avoir laissé partir Didier de Cottignies, directeur artistique au précieux
carnet d’adresses, puis les directeurs
musicaux Paavo Järvi et Daniel Harding, n’a pas été un bon signal.
Les musiciens sont maintenant dans
l’expectative, partagés entre inquiétude, prudence et espoir. Car si la
crainte de perte de souplesse et d’auto-
Le Nobel de littérature ne
sera pas décerné en 2018
LETTRES Le scandale lié à des accusations
d’agressions sexuelles qui touche l’Académie
suédoise l’a obligée à prendre une décision inédite.
a dernière fois, c’était à cause de
la Seconde Guerre mondiale :
les prix Nobel de littérature
n’avaient pas été décernés entre 1940 et 1943. Cette fois, c’est
un scandale lié à des accusations de viols
et d’agressions sexuelles qui a abouti à
reporter l’annonce du Nobel de littérature 2018 en 2019. On s’y attendait un peu
après le tsunami médiatique qui a touché
la prestigieuse institution et la démission,
il y a quelques jours, de sa secrétaire perpétuelle Sara Danius (lire nos éditions du
25 avril 2018). L’Académie suédoise a fait
cette annonce dans un climat délétère
après les révélations visant l’époux français d’une immortelle qui aurait agressé
des académiciennes, des femmes et des
filles d’académiciens.
Face à cette situation, trois de ses éminents membres ont donné leur démission le mois dernier : le président du comité Nobel, Kjell Espmark, ainsi que
Peter Englund, l’ancien secrétaire perpétuel, dont la voix compte toujours, et
Klas Östergren. Le coup était d’autant
plus violent que Kjell Espmark déclarait,
pour justifier son départ : « Dès lors que
des membres éminents de l’Académie placent l’amitié avant la responsabilité et l’intégrité, je ne peux plus participer à ses travaux. » L’Académie s’en est trouvée
éclaboussée. Les trois démissionnaires
étaient amers, ils auraient voulu protéger
l’Académie. Au Figaro, ils déclaraient :
L
« Nous souhaiterions faire une mise au
point au sujet de notre retrait de l’Académie suédoise. L’emploi du terme “éclaboussé” suggère que nous serions impliqués dans le scandale, alors que,
justement, nous nous sommes retirés pour
ne pas l’être. Nous avons pris cette mesure
pour protester contre les réticences d’une
partie de l’Académie à prendre les mesures
d’assainissement nécessaires défendues
par notre secrétaire perpétuelle, Sara
Danius. »
« Restaurer la confiance »
L’institution n’y a pas résisté, elle a implosé. Les académiciens doivent engager
« un travail de réforme long et énergique », a justifié Anders Olsson, son secrétaire perpétuel par intérim. « Nous jugeons indispensable de nous donner du
temps pour restaurer la confiance avant la
désignation du prochain lauréat, a-t-il
ajouté. Et ce par respect tant pour les lauréats passés que pour ceux à venir. »
La crise est aussi d’ordre pratique et
institutionnelle : ces dernières semaines, six des dix-huit sages ont abandonné leur fauteuil. Deux membres ne participaient déjà plus depuis longtemps à
ses travaux (pour des raisons personnelles sans lien avec l’affaire), réduisant à
dix le nombre d’actifs. Or, selon les statuts de l’Académie, au moins douze
membres actifs sur les dix-huit fauteuils
sont nécessaires pour en choisir un nouveau.
En 2019, deux lauréats seront proclamés en même temps. Si tout va bien. ■
A
MOHAMMED AÏSSAOUI maissaoui@lefigaro.fr
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 5 - dimanche 6 mai 2018 LE FIGARO
30
STYLE
Chanel, vogue la croisière
COLLECTION Les images de ce paquebot griffé du double C ont fait le tour de la planète. Jeudi soir, le défilé
spectaculaire de Karl Lagerfeld embarquait ses clientes pour une saison de tweeds revus à la culture pop.
La collection Chanel croisière 2018-2019 présentée au Grand Palais.
A
HÉLÈNE GUILLAUME
hguillaume@lefigaro.fr
l’heure où quelques
comptes Instagram terrorisent les marques en traquant les plagiats des designers, Chanel cultive sa singularité,
sans snobisme, mais avec la sérénité et
l’aplomb des pionniers. Sous l’ère Karl
Lagerfeld, depuis 1983, la griffe a maintes fois innové, en présentant par
exemple ses shows croisière aux quatre
coins du monde. Un principe repris depuis par tous les grands noms. Ces derniers temps, elle a décidé de défiler à
nouveau à la maison. Eh bien, toutes les
autres orchestrent, ce printemps, leurs
présentations en France : Dior à
Chantilly, Gucci à Arles, Louis Vuitton à
la Fondation Maeght… Et dans leur
sillage, les clientes fortunées, les médias
étrangers, les célébrités n’ont d’yeux
que pour l’Hexagone. Ce qui n’est pas
pour déplaire au Kaiser, le plus franchouillard des designers. « Personne n’a
fait autant que moi, un étranger, pour la
mode française », confirmait-il la veille
du défilé. Il montrait alors les photos du
décor en construction, un paquebot de
près de 100 mètres de long, accosté
dans la nef du Grand Palais.
Nous étions donc au parfum, et pourtant, jeudi soir, face à ce transatlantique
d’un autre siècle, construit comme un
vrai - avec bois, acier blanc rouillé par
LAURENTVU/SIPA ; CHANEL
endroits, jeux de lumière reproduisant
l’onde, fumée s’échappant de la cheminée et chant des goélands -, l’effet est
grisant.
Une pause à « La Pausa »
Sur la coque est inscrit en lettres blanches La Pausa, du nom de la demeure
de Coco Chanel sur les hauteurs de
Roquebrune-Cap-Martin que la marque a rachetée récemment. Si Karl Lagerfeld détourne le patronyme également sur de la maille et des accessoires,
c’est surtout pour la sémantique (qui dit
croisière dit pause) car sa préférence va
à la Villa E-1027 construite en contrebas
sur les rochers par Eileen Gray, trésor
d’architecture de villégiature. « Je
connaissais ce patrimoine avant de travailler pour Chanel, je résidais déjà à
Monte-Carlo », précise le couturier qui
fait semblant de s’offusquer quand on
lui demande si, à ses débuts, lui aussi a
suivi le fameux stage de « culture Chanel » comme aujourd’hui les nouveaux
entrants. « Je ne fais aucun stage, rétorque-t-il. Je n’ai jamais été en école de
mode. Mon métier, je l’ai appris sur le
tas, surtout aux côtés de M. Gabriel chez
Patou. À cette époque, on avait le temps,
avec seulement deux collections par an !
Ce qui d’ailleurs me convenait très bien.
Mon père me donnait une nouvelle voiture
chaque année et j’en profitais pour sortir
avec mes amis. » Les virées en coupé
Mercedes du jeune Allemand et du tout
aussi jeune Saint Laurent font partie de
l’histoire de la mode. Malgré la rupture
amicale qui a suivi, Lagerfeld évoque
souvent le souvenir de l’autre grand
couturier… même quand il s’agit d’une
vacherie. Comme lorsqu’il désigne la
première silhouette qu’il a dessinée
pour cette croisière, inspirée des robes
à la Watteau du XVIIIe siècle qu’« Yves
s’est contenté de refaire ! ».
Si l’histoire du costume habite
Lagerfeld, les évocations des robes à la
française sont très très distanciées dans
cette collection, délibérément plus casual car commercialisée en novembre à
destination d’une clientèle qui part au
soleil en hiver. On saisit les références à
Coco qu’une photographie de 1935, diffusée sur le site de Chanel, montre
alanguie sur le pont du Flying Cloud (le
yacht de son amant le duc de
Westminster) en simple polo, pantalon
large en lin et salomés blanches aux
pieds. Effectivement, les premiers passages avec des pantalons à rayures,
pulls « La Pausa » façon mantra et babies-baskets (« Une babies montée sur
une semelle de basket, c’est génial, non ?
Et pourtant, personne ne l’avait fait ») en
sont une relecture. En revanche, la suite s’affranchit sans scrupule de ce chic
garçonne et verse à plein dans la pop
culture, mixant les tweeds rose chimique, les mailles aux couleurs de sucre
d’orge, les cuirs lamés rouge Buick, les
imprimés « dents de requin » (« inspirés
d’un bout de papier peint que j’avais gardé et qui ne date pas d’hier ! »)… Acces-
soirisées de sacs (un Boy recalibré, un
cabas en cordage de bateau, un format
rond « bouée »…), de collants blancs et
de bérets, les robes de sirène en résille
et broderies mosaïque de piscine croisent les vestes en tweed oversized d’un
blanc optique très cool, les jeans tailladés, les joggings de luxe en éponge et les
chemises bouffantes à taille smockée
d’écolière kawaï. On pourrait même
parler d’un tropisme japonais dans cette collection, à ranger moins dans le
classique rue Cambon que du côté de
Comme des Garçons.
Donner du rêve à tous
« Diabolique », qualifie un styliste admiratif de cette singularité Chanel dans
une période de la mode très « suiveuse »
et, en l’occurrence, tirée par le
sportswear. « J’ai aimé les robes maillots
de bain, les mailles rayées et Titanic est
mon film préféré, rit le jeune créateur
Simon Porte Jacquemus, au premier
rang. Et puis j’adore la musique ! C’est ma
playlist du moment. » De l’italo-disco
Les sent-bon de la rue Cambon en villégiature
A
ÉMILIE VEYRETOUT eveyretout@lefigaro.fr
Des longs week-ends en série, déjà la
promesse des vacances d’été et ce défilé croisière… Chanel a bien choisi son
moment pour lancer ses Eaux, trois
colognes mixtes qui parlent d’évasion,
de mise au vert et de bord de mer.
Serez-vous Paris-Deauville, ParisBiarritz ou Paris-Venise ? « Attention,
rien n’est littéral. C’est plutôt, à chaque
fois, l’idée que les citadins peuvent se
faire de ces destinations, explique
Olivier Polge, le parfumeur de la marque. Il était intéressant de réfléchir dans
le cloisonnement d’un lieu, comme cela
peut l’être quand on travaille autour
d’une personne, par exemple. La
contrainte aiguise l’esprit. Mais l’idée de
départ de cette collection était surtout la
fraîcheur, on en manquait un peu, chez
nous, bien que nous possédions Cologne
depuis 2007 dans la ligne les Exceptions,
et peut-être Cristalle. »
Quand la maison du sulfureux N° 5 se
lance dans un territoire inexploré, elle
suit la trajectoire de sa fondatrice.
Deauville, où la modiste découvre au
printemps 1912 les joies des courses
hippiques et les vêtements masculins,
la marinière, le jersey, la plage et l’huile à bronzer. Biarritz, trois ans plus
tard, avec Boy Capel : Coco ouvre une
boutique et un atelier, joue au golf et
goûte à la vie balnéaire bourgeoise de
la côte basque. Enfin Venise, la ville où
elle part se réfugier en 1920 après la
mort de son amant, le monde de l’art et
des lettres, le baroque, Misia Sert, les
palazzi byzantins - « L’Orient de Chanel
s’arrête à Venise », dit-on d’ailleurs
rue Cambon.
Une fraîcheur particulière
pour nez cultivé
Trois lieux fondamentaux dans la
culture Chanel qui donnent naissance à
trois eaux pour homme et femme (pas
pensées pour être mélangées mais rien
n’est interdit), présentées dans des
genres de flasques d’alcool à glisser
dans la poche d’un veston. ParisDeauville évoque « une promenade au
milieu des herbes hautes », fantasme de
campagne normande autour de l’écorce d’orange, du petit-grain, de la
feuille de basilic et du patchouli. En effet, rien de littéral, c’est lumineux,
plus vert et ensoleillé qu’on ne l’aurait
imaginé.
Paris-Biarritz est la plus fraîche de
toutes, accord un peu ozonique et savonneux autour du pamplemousse, du
muguet, du vétiver et des muscs. « Je
voulais qu’on ait la sensation, sur la
peau, que chaque ingrédient est imprégné d’eau, reprend Olivier Polge.
Conjuguer fraîcheur et concentration
n’est pas évident, d’ailleurs j’avais en
Coco Chanel à Biarritz, en 1928. TOPFOTO/ROGER-VIOLLET ; CHANEL
tête, au départ, de développer des eaux
de Cologne, mais j’ai fini par m’en éloigner. » La preuve avec Paris-Venise,
ultracitadine, plus chaude et très féminine, un vrai bouquet orientalisant
(fruits rouges, iris, bois de cèdre et vanille).
Détail technique, mais qui fait son
effet, les flacons sont équipés d’un vaporisateur diffusant plus longuement
ses gouttelettes qu’une pompe classique : résultat sur la peau, une pulvérisation plus généreuse. On en revient à
l’art du sent-bon, dont on s’asperge à
grandes rasades et dont on se souvient,
toute sa vie, à chaque retour des beaux
jours. ■
Les Eaux de Chanel, 112 € les 125 ml,
à partir du 4 juin dans une sélection
de boutiques et sur www.chanel.com
(My Mine, Pino d’Angio) remixé par le
complice de toujours, Michel Gaubert.
Une autre fidèle, Virginie Viard, la directrice du studio et bras droit de
Lagerfeld, est à l’honneur ce jeudi soir :
elle vient saluer avec Karl. Ce qui ne
manque pas d’alimenter les rumeurs sur
une passation de pouvoir, coupées net
par les équipes de la griffe expliquant
que ce n’est pas la première fois qu’elle
sort en fin de défilé. Il est vrai qu’elle
n’est pas de ces artisans de l’ombre
qu’on cache dans d’autres studios, le
couturier loue à qui veut l’entendre ses
qualités, ainsi qu’il le fait souvent au sujet de son entourage.
Le show fini, une voix au micro invite
l’assistance à pénétrer dans le paquebot,
sorte de coque blanche à plusieurs ponts
où l’on sirote des cocktails de Love Boat
au son du piano de Sébastien Tellier.
Certains s’interrogent sur l’avenir de ce
bateau monumental. C’est qu’ils n’ont
pas lu la mention du dossier de presse :
« Chanel s’engage à recycler, réemployer, réutiliser et/ou valoriser les éléments qui composent les décors de ce défilé. » « Suite à notre dernier prêt-àporter était née une polémique au sujet de
notre utilisation d’arbres pour la scénographie, explique Bruno Pavlovsky,
président des activités mode de Chanel.
Or, ils faisaient partie de la coupe réglementée, suivie par un sylviculteur, mais
nous ne pensions pas devoir communiquer. Cette fois, nous prenons les devants
et, de la même façon que par le passé,
nous avons recyclé les décors en les donnant, par exemple, à des compagnies de
théâtre amateur, les éléments de ce navire seront revalorisés au maximum. Ainsi
le bois du quai sera transformé en panneaux, en fibre de bois ou en pâte à
papier. »
Une communication inattendue pour
une maison qui, de tout temps et même
si elle s’en défend, cultive le goût du secret (à l’image de ses très discrets propriétaires, les frères Wertheimer).
« Nous devons répondre à ce besoin de
transparence mais ce n’est pas un changement de culture d’entreprise : nous
sommes et serons toujours concentrés sur
nos collections. Un défilé est l’expression
de la création qui est au cœur de tout,
chez nous, insiste M. Pavlovsky. Je dirais encore plus justement que notre
communication vise à donner du rêve à
tout le monde, nous voulons que chacun
puisse s’évader même s’il ne peut pas y
accéder. » Hier et aujourd’hui, la marque reproduit son show, invitant pour
la première fois ses équipes ainsi que
des étudiants d’une vingtaine d’écoles
de mode « afin qu’ils puissent toucher la
réalité de la création, conclut le président, et de ce qu’est Chanel. » ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 5 - dimanche 6 mai 2018
VIN
31
COUP DE CŒUR
Un (Bob)
BOUCHARD PÈRE & FILS,
SAVIGNY-LÈS-BEAUNE
PREMIER CRU LES LAVIÈRES,
ROUGE
Dylan
HEAVEN’S DOOR WHISKEY
pour la route
L’artiste Bob Dylan.
SPIRITUEUX L’artiste américain, musicien, poète et Prix Nobel de littérature,
lance la marque de whiskey Heaven’s Door. Une idée de l’entrepreneur
Marc Bushala, qui a su le convaincre de mettre en bouteille sa propre légende.
Grâce à une relation commune, Bushala
entre en contact avec le Prix Nobel. Ce
dernier aurait été « obsédé pendant des
semaines par ce concept, se demandant
quel type d’alcool pourrait être un whiskey Dylan », affirme Bushala, qui ajoute
au passage : « Dylan a une grande
authenticité. Il représente la quintessence
de l’Américain. Il fait ce qu’il veut comme
il veut. Autant de bons points pour un
whiskey superpremium. » Un discours
qui sonne comme une cascade de pièces
éjectées d’une machine à sous.
Ensemble, les deux compères créent
la marque The Heaven’s Door Spirits et
trois flacons différents : un Tennessee
straight bourbon, un double barrel
whiskey, un straight rye. La mise au
point de l’eau-de-vie stricto sensu est
réalisée par Jordan Via, ancien distillateur de la Breckenridge Distillery, dans
le Colorado. Dylan aurait donné quelques directives, souhaitant un je-nesais-quoi de boisé. À la fin, le Heaven’s
Door aurait « cette douce odeur de moisi
de grange », selon Bushala. Tout un
programme.
Pétri de tradition, connaisseur
de milliers de chansons
du répertoire de la musique
populaire américaine, Bob Dylan
connaît les textes des bluesmen
sur le bout des doigts.
Il n’a pas manqué d’y déceler
de nombreuses références
à la boisson, en particulier
au whiskey sous toutes ses
formes. Parolier révolutionnaire,
Dylan a incorporé ce lexique
au moment d’écrire ses propres
chansons. Sur le mal aimé
et mal aimable album
Self Portrait de 1970, le
chanteur évoque la boisson au
détour d’un couplet de Copper
Kettle (The Pale Moonlight).
« Mon père fabriquait du
whiskey, mon grand-père aussi,
nous n’avons pas payé la taxe
sur le whiskey depuis 1792. »
Dans Blind Willie McTell, une
des plus belles perles de son
répertoire, enregistrée en 1983
mais diffusée huit ans
plus tard seulement,
Dylan décrit le bluesman
en ces termes : « Il est
vêtu comme un écuyer,
du whiskey de
contrebande à la main. »
Plus étonnant, le tube qui
marquait sa conversion
au christianisme à la fin
des années 1970,
Gotta Serve Somebody,
rassemble buveurs de lait
et buveurs de whiskey
dans la même admiration
pour Jésus.
Olivier Nuc
Nobel. Il ne va pas se mettre à racoler
maintenant », a expliqué Bushala au
quotidien The Guardian.
La décoration du flacon, quant à
elle, s’inspire des motifs des sculptures en métal de Dylan : un univers de
pionniers, très rural, à base de roues
de chariot, d’outils agricoles, de corbeaux. Heaven’s Door va-t-elle devenir la gnôle des nostalgiques de
l’Amérique profonde ? Elle sera, en
tout cas, réservée aux plus argentés
d’entre eux, car les flacons sont vendus entre 60 et 90 dollars. Les séries
limitées, en flasques de céramique,
avec reproduction des huiles et aquarelles de l’artiste, devraient être mises
sur le marché au tarif de 300 dollars.
Dans un premier temps, ces trois
eaux-de-vie, fabriquées dans une distillerie installée dans une église déconsacrée du Tennessee, ne seront
disponibles que dans six États américains (Tennessee, Floride, Californie,
Illinois, New York et Texas).
À 52 ans, l’homme d’affaires Bushala
n’en est pas à son coup d’essai. En 2010,
il lançait le bourbon Angel’s Envy, fabriqué par Lincoln Henderson, un maître distillateur du Kentucky. À cette
même période, les barmen commençaient à s’intéresser aux vieilles recettes
de cocktail qu’ils remettaient au goût
du jour en utilisant de nouvelles marques de bourbon. Début 2015,
jackpot, Bushala vendait Angel’s
Envy au groupe Bacardi pour la
somme de 150 millions d’euros.
Séduire les millennials
Aux États-Unis, le nombre de
marques de spiritueux augmente sensiblement chaque année en raison des
créations de distilleries artisanales et des nouvelles
liqueurs parfumées lancées
par les grands groupes
pour séduire les millennials. Selon le Distilled Spirits Council of the United
States, le nombre de petites
distilleries aux États-Unis
serait passé de moins de 50
en 2000 à plus de 2 000
aujourd’hui. Selon cette
même source, de 2010 à
La ruée vers les alcools artisanaux touche aussi la France
En France comme aux États-Unis,
microdistillations et marques
de niche ont le vent en poupe.
Plus une semaine ne passe
sans qu’on entende parler d’une
nouvelle référence de gin, de vodka
voire de rhum, forcément « made
in France ». Mais c’est le whisky
qui tient le haut du pavé, simplement
parce que nos compatriotes
dégustent la bagatelle de 142 millions
de litres par an, plus de deux bouteilles
par personne et par an.
Comme outre-Atlantique,
les initiatives de start-up rivalisent
avec celles des grands groupes.
On voit des propriétaires de maisons
de négoce et de prestigieux domaines
créer leur structure pour se lancer
dans l’aventure sans parasiter
leur activité première. Le dynamique
Jean Moueix, à la tête de la holding
Vitelot (qui chapeaute la société
de négoce bordelaise Duclot,
avec ses deux sites Internet
- chateaunet et chateauprimeur -
et six grands magasins dont la cave
des Galeries Lafayette, à Paris)
et de Pétrus, vient de lancer
avec son associé Alexandre Sirech
le whisky français Bellevoye,
qui fait un joli départ. Avantage
des Français, toutes tailles
d’entreprises confondues : une matière
première irréprochable, un savoir-faire
exceptionnel en ce qui concerne
la distillation, et le meilleur matériel
disponible grâce à l’industrie
du cognac.
S. R.
2015, les ventes de bourbons américains et de whiskeys du Tennessee sont
passées de 1,9 milliard de dollars à
2,9 milliards de dollars, une hausse de
52 %. Pour suivre le mouvement, les
grands groupes, tels Diageo, Constellation Brands ou Moët Hennessy, investissent dans des petites sociétés porteuses de jolies histoires. Marc Bushala
connaît parfaitement la chanson.
De son côté, Dylan peut être sensible
aux profits dégagés par les spiritueux.
Avant lui, le rappeur Sean Combs, alias
Puff Daddy, avec la vodka Cîroc, et
l’acteur George Clooney, avec la tequila Casamigos, ont gagné de très coquettes sommes. En mettant la légende
de Dylan dans une bouteille, Bushala
pourrait bien faire le hit du siècle. ■
VALÉRIE FAUST
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une société
A
Ni visage ni patronyme
Paroles distillées
urant sa longue carrière, il n’est jamais allé là où on l’attendait. Une fois de plus, Dylan déroute ses
fans et les autres. Ceux qui voyaient encore en lui une icône de la contre-culture sont surpris d’apprendre que l’artiste, à 77 ans, lance une gamme de
whiskeys. « Vous ne trouvez pas toujours l’inspiration. Parfois, c’est elle qui
vous trouve », écrit-il dans le dossier de
presse diffusé depuis le début de la semaine. Pour l’occasion, l’artiste s’est
associé avec l’entrepreneur spécialiste
des spiritueux, Marc Bushala. Un business réglé comme du papier à musique.
Bushala frappe à la porte de Bob Dylan le jour où il apprend que le musicien
a déposé le nom « bootleg whiskey »
lors de l’enregistrement de ses Bootleg
Series. L’idée serait donc partie de ce
jeu de mots facile puisque bootleg signifie aussi bien « enregistrement illégal »
qu’« alcool de contrebande ».
L’artiste ne s’est pas contenté
d’autoriser le businessman à utiliser
son nom, il s’est associé à lui au sein
d’une société qui a levé 35 millions de
dollars auprès d’investisseurs. Ni son
visage ni son patronyme n’apparaissent
sur l’étiquette faciale. La signature du
poète est seulement visible au dos de
l’étiquette, une fois la bouteille vide. « Il
n’a pas souhaité hurler son nom sur le
flacon. Et il fait ce qu’il veut. On parle
quand même de quelqu’un qui n’a pas
pris la peine d’aller chercher son prix
+
D
STÉPHANE REYNAUD
sreynaud@lefigaro.fr
En 1995, la maison Henriot
(champagnes, vins, liqueurs)
reprend Bouchard Père & Fils,
fondée voilà trois siècles.
Neveu et successeur de Joseph
Henriot, Gilles de Larouzière
préside le groupe familial,
tandis qu’un nouveau directeur
général, Thomas Seiter,
vient de rejoindre Bouchard
Père & Fils. Propriétaire
de 130 hectares de vignes depuis
la Côte d’Or jusqu’à Mâcon, la
maison bourguignonne vinifie en
plus l’équivalent de 220 hectares
grâce à l’achat de raisins. Le tout
sous la responsabilité du chef
de cave Frédéric Weber.
Les nombreuses appellations
produites par la maison ont été
classées en trois grandes séries :
les « Découvertes » invitent
à l’initiation, les « Trésors »
expriment les terroirs
et les « Icônes » reflètent
la quintessence de la Bourgogne.
Parmi ces « Trésors »,
ce savigny-lès-beaune rubis
profond, au nez délicatement
boisé. La bouche ronde,
voluptueuse, salivante,
aux saveurs de fruits rouges
(cerise) et tanins fondus,
s’achève sur une finale longue,
épicée (poivre).
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 5 - dimanche 6 mai 2018 LE FIGARO
32
À TABLE
MINUTES GOURMANDES
Stéphane
Durand-Souffland
sdurandsouffland@lefigaro.fr
Vive
le latin
de cuisine
uand il ne s’affaire pas
chez Antoine, son
restaurant étoilé avec
vue sur la tour Eiffel,
Thibault Sombardier
apprend le latin à des gourmands
plus popu. Après Mensae
(« tables »), entre Belleville
et les Buttes-Chaumont, le jeune
chef vient d’ouvrir un deuxième
bistrot, Sellae (« chaises »). Celuici se trouve sans concurrence
immédiate dans un quartier
tranquille (euphémisme) du
XIIIe arrondissement, entre
la Pitié-Salpêtrière et la Clinique
du sport, et dispose pour les
beaux jours d’une agréable
terrasse - pour la traduction, voir
le Gaffiot. Le principe : de bons
produits associés avec modernité
et, parfois, une hardiesse
bien venue.
Thibault Sombardier a installé
aux fourneaux l’un de ses
lieutenants de Mensae, le
Vénitien aux yeux bleus Matteo
Vianello. Ce dernier concocte une
cuisine dynamique et gaie. Ici, il y
a une vraie carte, pas de diktat du
menu obligé – même si la formule
du déjeuner et ses trois assiettes
pour 22 € est rudement tentante :
la clientèle du quartier, trop
heureuse de trouver un troquet
aussi pimpant, a vite remarqué
l’aubaine.
Ce jour-là, un tartare de veau à
l’anguille fumée, soupe de laitue
froide (15 €) ouvre le ban, atoll
rose tendre au milieu d’une mer
verte. La viande, finement
tranchée au couteau, est
délicieuse (juste un poil trop
froide, dommage), soutenue par
une crème d’anguille entêtante,
tandis que la soupe froide apporte
une touche chromatique
et végétale. Miam.
Le plat du jour : linguine
à la sardine et à l’anchois, plat
typique de la Sérénissime. Il se
présente comme un joli chignon
posé sur une porcelaine blanche,
surmonté d’une tombée de
puntarella, une sorte de chicorée
italienne. Voici un plat insolent
de saveurs, qui ose l’alliance de
poissons roturiers aux goûts
puissants, contrebalancée par la
crâne amertume de la puntarella.
Inutile de préciser que les pâtes
sont cuites exactement comme
il le faut. On se croirait près
du Rialto, dans l’un de ces
irrésistibles restaurants du
marché aux poissons, où le patron
vous fait l’addition sur le coin
de la nappe en papier.
C’est épatant de trouver
à Paris, dans le fin fond du
XIIIe arrondissement, un
restaurateur qui décide d’éduquer
le palais du chaland sans céder
à la facilité de l’époque, laquelle
le conduirait à servir ce qu’attend
le client parce qu’il l’a mangé
ailleurs. À la carte, il y a aussi
des escargots, des cuisses
de grenouille, des moules au vin
jaune, en bon voisinage avec
des poissons au four ou des côtes
d’agneau rôties à la sarriette.
C’est aussi cela qui distingue
un authentique restaurant
d’une boutique à nourriture.
Au dessert, il serait ballot
de passer à côté de la mousse
au chocolat tiède, avec glace
à la vanille et sablé à la fleur de sel
(7 €). La combinaison a déjà fait
ses preuves au Mensae où,
paraît-il, les marmitons
continuent à lécher la casserole,
définitivement dépendants
de cette diablerie cacaotée.
Sellae. 18, rue des Wallons, Paris XIIIe.
01 43 31 36 04. Menus à 19 € ou 22 €
(déjeuner). À la carte, compter 50 €
hors vin. Fermé le dimanche.
Q
Christian Constant, dans son restaurant
Le Violon d’Ingres, à Paris.
JEAN-CHRISTOPHE MARMARA/LE FIGARO
Christian Constant,
la cuisine comme un sport d’équipe
GASTRONOMIE Le cuisinier étoilé vient de recevoir le prix de « chef mentor » de l’année,
décerné pour la première fois par le Guide Michelin. Un bel hommage à la transmission.
P
COLETTE MONSAT
cmonsat@lefigaro.fr
etite précaution stylistique.
Ceci est un papier velours, sans épines ni
aspérités, limite hagiographique. Pourtant, le chef Christian Constant n’est pas
un saint. Mais son parcours et ses valeurs
sont si prégnants que le Guide Michelin
vient de lui décerner, fin mars, à Budapest, l’European Chef Mentor Award
2018. Une distinction qui récompense son
implication dans la formation d’une nouvelle génération de grands chefs, euxmêmes devenus des figures incontournables de la gastronomie. C’est la première
fois que le bréviaire rouge remet ce prix,
ce qui ne lasse pas d’émerveiller l’intéressé. Petit retour sur un CV sans bosses.
Christian Constant, 68 ans (le 18 mai prochain), est né à Montauban. Tendance
cancre à l’école, il est orienté très jeune
vers la cuisine. Après une longue et fructueuse période d’apprentissage chez Marcel Delmas, l’un des cuisiniers de sa ville
natale, il travaille ensuite pendant quatorze ans sous la tutelle de Guy Legay,
d’abord chez Ledoyen, puis au Ritz. Fin
prêt, il entre comme chef cuisinier à l’Hôtel de Crillon en 1988, où il restera sept ans
et obtiendra 2 étoiles. L’envie d’avoir sa
propre affaire devenant la plus forte, il
explore alors diverses pistes avant
d’ouvrir dans une rue commerçante et
chic du VIIe arrondissement de Paris son
Violon d’Ingres, couronné d’un macaron
par le Bibendum dès 1996. Peu de temps
après, il leur accolera deux bistrots gourmands à forte personnalité, le Café
Constant et les Cocottes, elles-mêmes
dupliquées au sein du Sofitel Tour Eiffel,
quelques années plus tard. Outre ces quatre établissements parisiens, il a aussi repris en 2011 une brasserie emblématique
de Toulouse, le Bibent, sur la place du
Capitole, et monté un bistrot de campagne à Montech, en 2014. Le grand public,
quant à lui, l’a découvert dans l’émission
« Top Chef », dont il fut juré de 2010 à
2014.
avoir eues, a peut-être été ma chance. Cela
m’a permis de m’exprimer dans un autre
registre et d’être devenu patron, parce que
sinon je serais peut-être encore employé du
Crillon ! »
Le palace de la Concorde, qui a rouvert ses
portes l’an passé après quatre ans de rénovation, a été un véritable incubateur de
talents. Parmi les chefs emblématiques
que Christian Constant a formés, et sans
ordre de préséance, il y eut notamment
Yves Camdeborde, Éric Frechon, Emmanuel Renaut, Jean-François Piège, JeanFrançois Rouquette, Jean Chauvel, ou encore des pâtissiers comme Christophe
Felder et Gilles Marchal. Beaucoup d’étoilés, de meilleurs ouvriers de France, de
meilleurs apprentis de France, la liste est
longue et spectaculaire (voir ci-dessous).
Le Michelin, cette année, ne s’y est pas
trompé en le sacrant champion de la
transmission. Alors, bien sûr, on a envie
de connaître la « méthode Constant ».
Sans doute un mélange de travail, de rigueur absolue, mais aussi de bienveillance, pour permettre aux jeunes pousses de
s’émanciper et trouver leur propre voie.
« La cuisine est un art totalement vivant.
Apprendre la cuisine ne peut donc pas être
théorique, il faut se confronter à la réalité, à
la vie, a-t-il expliqué lors de sa remise de
prix. J’ai appris de quelqu’un, puis j’ai appris à apprendre aux autres. Ce passage de
témoin, c’est magnifique, je dois donner
aux autres ce que j’ai reçu de certains.
Chacun de nous est de passage dans ce mé-
tier. Nous sommes là pour faire vivre la cuisine, pour y contribuer, pour veiller à ce que
les recettes perdurent, que les techniques ne
soient pas oubliées. On doit chacun veiller à
ce que les fondamentaux soient acquis par
tous, à ce qu’ils ne tombent pas dans l’oubli.
Une fois les bases transmises, et c’est cela
qui est paradoxal, on doit aussi transmettre
le goût de l’imagination pour que chacun ait
la possibilité d’imprimer sa patte et faire vivre sa cuisine. »
Passion rugby
L’autre clé pour comprendre Christian
Constant, c’est sa seconde passion, le rugby. À jeu égal avec la cuisine. Il rappelle
souvent qu’« une cuisine, c’est comme
dans un pack, il n’y a pas un chef et les
autres. On a besoin de tout le monde pour
avancer. » Avec les rugosités, les coups de
gueule et les tensions inhérents aux coups
de feu. Cela n’en reste pas moins une
équipe très soudée qui, malgré les horaires impossibles, se retrouve autour d’un
verre après le service du soir pour le débriefing, les ajustements à opérer. Le chef
Yves Camdeborde, rugbyman et palois
- presque un pléonasme -, qui a passé
« quatre années de rêve et de plénitude » à
ses côtés, au Crillon, se souvient de cette
période. « Il y avait beaucoup de rigueur,
de pression, de discipline, mais toujours
dans la joie et la bonne humeur. Monsieur
Constant a mis en place une équipe et un
discours pleins de valeurs humaines. Il fallait que l’on se parle, que l’on trouve des so-
Tableau d’honneur
Impossible de ne pas le voir, il est fait
pour ça ! Dans son restaurant gastronomique, le Violon d’Ingres, Christian Constant a mis en place un immense panneau lumineux avec les
photos de ses anciens lieutenants,
époque Crillon. Ils sont tous là, plus
d’une vingtaine, l’entourant comme
une famille recomposée autour du
patriarche.
Et le plus remarquable, c’est que
chacun d’entre eux a fait un chemin
A
Passage de témoin
Lorsqu’on lui demande s’il ne vit pas cette
toute fraîche récompense comme un lot
de consolation, lui qui n’a jamais pu obtenir cette fameuse troisième étoile du
temps du Crillon, la réponse ne se fait pas
attendre. « Je n’ai aucune rancune. C’est
vrai, cela a été pour moi une défaite, parce
que j’avais l’équipe, le lieu, les hommes,
tout pour réussir. On travaillait comme des
dingues et tout le monde disait qu’on la méritait, mais je ne peux pas leur en vouloir. Le
Michelin ne me l’a pas donnée parce qu’à
l’époque ce n’était pas non plus dans sa politique d’attribuer les trois macarons, en
France, aux hôtels. Sauf pour Alain Ducasse, mais il était à Monaco (le Louis XV à
l’Hôtel de Paris, NDLR). Heureusement
que je ne suis pas rancunier, car sinon je
n’avancerais pas dans la vie. De ne pas les
lutions ensemble, en profitant des qualités
de chacun. Cela bouillonnait ! D’ailleurs, on
se revoit tous ! Nous n’étions pas les
meilleurs, mais, humainement, il s’est passé quelque chose de magique, qui n’a jamais
été reproduit. On est tous devenus des
hommes. » Pourtant, ce n’est pas demain
qu’ils se mettront à le tutoyer et à l’appeler par son prénom !
Plus tard sont venues les années télé
avec l’émission « Top Chef », cinq saisons
durant. Elle a fait émerger de jeunes talents, comme Stéphanie Le Quellec, Pierre Augé, Pierre Sang Boyer, jusqu’alors
inconnus. D’anciens candidats sont revenus le voir, plus tard, pour lui demander
conseil, se confier. Le chef a aimé ce challenge, même si, pour lui, le bilan de ces
shows télévisés reste mitigé. Cela a certes
mis un coup de projecteur sur les cuisiniers, a rendu la cuisine sexy, mais, après
les paillettes et le strass, il ne reste que très
peu d’élus et beaucoup de déçus. Quant à
la starisation des chefs jurés, cela peut vite
monter à la tête. « C’est bien, la télé, mais il
ne faut pas disjoncter, se prendre pour une
vedette. Il y en a plein qui sont meilleurs que
vous et qui n’y sont pas ! » Toujours la touche Constant. Savoir d’où l’on vient et où
l’on va. Et ce qui le rend aujourd’hui le
plus fier, c’est le nombre impressionnant
de chefs double ou triple étoilés qu’il a
formés. «Quand les élèves dépassent le
maître, c’est que le but est atteint. Ce n’est
pas pour cela que je ne continue pas, moi, à
faire ma soupe ! » ■
Une liste de chefs cuisiniers qui ont été formés par Christian Constant et leurs photos
accrochés dans son restaurant Le Violon d’Ingres, à Paris. J.C. MARMARA/LE FIGARO
d’excellence, en palace, dans la haute
pâtisserie ou la bistronomie. Le temps
passant, on oublie même parfois que
c’est Yves Camdeborde qui, le premier, a décliné dans son Comptoir du
Relais (Paris VIe), les techniques apprises au sein du palace pour les appliquer
à des produits plus modestes et ainsi
les sublimer. Une cuisson, un mariage
inédit, une recette détournée… la bistronomie était née.
Éric Frechon, Emmanuel Renaut
brillent aujourd’hui au firmament du
Michelin, Jean-François Piège, Jean
Chauvel, Jean-François Rouquette,
Alain Pégouret constellent le ciel de
leurs propres étoiles. Et si le formidable Laurent Jeannin (chef pâtissier
du Bristol) n’est plus, Gilles Marchal et
Christophe Felder continuent d’entretenir le feu sucré à son plus haut
niveau.
À voir cette liste impressionnante de
talents, on perçoit mieux la marque de
fabrique Constant. Un rapport aux
jeunes cuisiniers qui forme, fédère,
émancipe aussi. Si, à leur tour, les dauphins transmettent cet héritage aux
nouvelles générations, pas de souci, on
continuera de collectionner les bonnes
tables en France. ■
C. M.
Retrouvez les personnages
de Jacques Pessis lundi 7 mai
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samedi 5 - dimanche 6 mai 2018
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ce terme. Un acteur qui, dans la
Rome antique, mime les farces les
plus grossières. Sa « Fête à Macron »
(lire page 6), ce samedi, en est une.
Ancien petit soldat du journalisme,
devenu député de la Somme,
il imagine sa mobilisation comme
une manifestation « pot-au-feu ».
L’appellation culinaire, pense-t-il,
va le préserver de toute violence.
Ambiance carnaval, donc.
« On a prévu un char d’anniversaire,
un Macron Dracula et le capitaine
Marleau (alias Corinne Masiero)
et d’autres prendront la parole »,
explique-t-il. «Vous savez que la
caractéristique du carnaval, c’est le
retour à l’ordre », signale avec malice
Nicolas Demorand. Pas de réaction
chez Ruffin, qui déroule ses éléments
de langage. Il ne rêve pas de
débordements, mais que le fleuve
du mécontentement déborde.
Édouard Baer auquel « Boomerang »
déroule le tapis rouge a l’habitude,
lui, de nager à contre-courant.
Pour la troisième fois en dix ans,
il va ouvrir et fermer les portes du
Festival de Cannes, les 8 et 19 mai.
« Qu’est-ce qu’un bon maître de
cérémonie ? », lui demande Augustin
Trapenard, qui accepte de bonne
grâce de se faire voler la vedette.
« Il faut essayer que cela soit un peu
détendu. Et enlever cette image
d’arrogance associée au Festival.
De faire ressentir que l’on a de la joie
d’être là. C’est une représentation
d’un soir. Les gens dans le public n’en
attendent rien, ils ne paient pas leur
place », explique l’acteur qui, dans
sa prime jeunesse, rêvait de faire
de la politique. C’était avant
de découvrir les cours Florent.
Lui qui prétend n’être « que soleil ,
réconciliations et embrassades
humides ! », le promet : il ne
s’interdira aucun sujet sur la scène
du Grand Théâtre Lumière.
On l’écouterait des heures cabotiner.
Baer, dans son meilleur rôle. Le sien.
Se fatigue d’être lui d’ailleurs.
Au point de reconnaître, au terme
de l’émission, qu’il est temps de
passer le micro car il n’en fait pas
grand-chose. Deux histrions donc.
L’un, lucide et drôle. L’autre, pas.
Il y a 150 ans, l’Archipel s’ouvrait au monde,
provoquant un tsunami culturel qui fascina
et influença en particulier les impressionnistes.
ÉRIC BIÉTRY-RIVIERRE
ebietryrivierre@lefigaro.fr
lus qu’une mode, c’est une passion profonde et durable qu’a
éprouvée l’Europe. Il y a cent
cinquante ans, l’ouverture du
Japon au commerce mondial
entraînait une curiosité générale envers
ce pays des plus éloignés. Son esthétique
à la fois si raffinée et absolument différente alors de la nôtre comptait parmi les
premiers motifs d’émerveillement.
Celle-ci s’exprimait notamment dans
les laques, les paravents, les objets de dévotion, les textiles et surtout la gravure
sur bois. Les estampes venaient des ports
tout comme les albums d’images populaires et divertissantes appelés manga ou
les très prisés « shunga » érotiques. Elles
étaient aussi très recherchées par les premiers voyageurs collectionneurs tels
Guimet et Cernuschi.
Le japonisme était né, qui serait partagé par toutes les avant-gardes, pionniers
de l’abstraction inclus. Jérôme Lambert
et Philippe Picard, dans leur beau documentaire Quand les impressionnistes découvrent le Japon, surfent sur ce tsunami
comparable à la célèbre Grande vague de
P
Yvan Hallouin fête le 100e numéro de son émission qui revisite la capitale.
« Je me suis rendu compte que les
Parisiens ont plein de choses à raconter
et sont très imaginatifs », confie
Yvan Hallouin. FRANÇOIS REOLANTS
Par Louis Morand
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GRILLE 2498 FACILE
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Chaque jour un peu plus difficile
GRILLE 2499 CHAMPION
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SU DO KU
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Très épanoui, Lorenzo Ré, sculpteur de
formes en bois pour chapeaux. « Il a réalisé les formes des chapeaux pour le mariage
de Kate et William, qui ont été utilisées par
un grand chapelier anglais », explique le
reporter parisien. Étonnant aussi, le parasolier Michel Heurtault, fabriquant de parapluies d’exception. « Il n’en existe plus
qu’un, c’est lui ! Sa clientèle est américaine
et il travaille aussi pour le
cinéma. Il a fourni des parasols pour la série “Versailles”. Nous aimons
○○○¡
rencontrer des gens com-
En partant des chifres déjà placés, remplissez les grilles de manière à ce que chaque ligne,
chaque colonne, et chaque carré de 3 x 3 contienne une seule et unique fois tous les chifres de 1 à 9.
3
8
« Rencontrer des gens
authentiques »
me ça, authentiques, qui ne sont pas dans le
marketing. » Tout comme Bruno Legeron,
plumassier. Il confectionne de somptueux
boas en plumes d’autruche. À l’image
aussi de Michel Boudoux, bottier des
stars, qui chaussa la Callas et transmet
aujourd’hui son art aux jeunes.
Ajoutez à ces face-à-face des visites
gastronomiques (du restaurant Chartier
au glacier Berthillon) et des échappées
dans des lieux aussi variés que le Musée
de la Légion d’honneur (dont l’entrée
est gratuite) ou ce club très curieux dans
lequel, batte de base-ball en main, on
vous invite à détruire divers objets, et
vous avez la recette saDIMANCHE voureuse de « Paname ». Vivement la prochaine
saison,
en
septembre ! ■
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SOLUTION DU PROBLÈME N° 4717
HORIZONTALEMENT 1. Sponsors. - 2. Tyrannie.
- 3. Orly. Dom. - 4. Cré. Côte. - 5. Khat. Ian. - 6.
Honore. - 7. Onirisme. - 8. Lises. - 9. Météores.
- 10. One. Téra. - 11. In. Steak. - 12. Séniorie.
VERTICALEMENT 1. Stockholmois. - 2.
Pyrrhonienne. - 3. Orléaniste. - 4. Nay. Torée.
Si. - 5. Sn. Risotto. - 6. Ondoies. Réer. - 7. Riota.
Muerai. - 8. Semence. Saké.
SOLUTION DU N° 2497
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A
arbe au vent, à vélo, cela fait
quatre ans qu’Yvan Hallouin
sillonne la capitale, à la découverte de Parisiens étonnants et
de lieux magiques. Pour fêter le
100e numéro de « Paname », rendezvous hebdomadaire diffusé le dimanche
sur France 3 Île-de-France (mais aussi
dans tout le pays via les box), l’animateur
et son compère le journaliste passionné
d’histoire Frédérick Gersal reviennent
sur quelques moments forts d’une émission qui a changé leur vision de la Ville
Lumière. « Je me suis rendu compte que
l’autre patrimoine de Paris, ce sont les
Parisiens. Ils ont plein de choses à raconter,
sont très imaginatifs et, contrairement à
B
MOTS CROISÉS
VERTICALEMENT
1. Premiers partisans du modèle héliocentrique. - 2. Manie de se ronger les
ongles. - 3. La cité du Taj Mahal. Bidons à lait
suisses. - 4. Varoise bien armée. Meule qui
fait du foin. - 5. Valeur statistique. Nœud
pour attacher deux cordages entre eux.
- 6. Support de colonne. Ligérienne aux
belles faïences. Fait la queue en Grèce. - 7.
Elles voyagent d’un pôle à l’autre. Quaker
qui fonda Philadelphie. - 8. Axe pour deux
roues. Triples crétins.
l’idée qu’on s’en fait, ils sont heureux de vivre dans leur ville […]. Ils sont bien dans
leur peau », dit Yvan Hallouin.
BLAISE DE CHABALIER £@dechab
+ @SUR LE WEB
HORIZONTALEMENT
1. Pas seul à être incriminé. - 2. S’appliquent
en embrocation. - 3. Chaîne binationale.
- 4. Pas de côté. Participe avec joie. - 5. Antigène. Imprime sa marque personnelle.
- 6. Effet retourné. Le sien est la mer. - 7.
Patates douces. - 8. Île grecque de la mer
Égée, proche de la Turquie. - 9. On y coupa
les chleuhs en trois. A eu la faculté. - 10.
Elles sont pleines de vers de terre. - 11. Ne
convient pas. A beaucoup de voix. - 12.
Sortent parfois de l’ordinaire à la chambre.
17.45
Paris sera toujours « Paname »
» Michaël Youn accusé de plagiat
pour plusieurs de ses sketchs
» France Télévisions s’allie
avec des chaînes étrangères
www.lefigaro.fr
PROBLÈME N° 4718
Hokusai, et l’on se laisse volontiers submerger par leurs reconstitutions ou leurs
évocations, parfois à la manière poétique
du théâtre d’ombres. De Paris à Londres,
des galeries (Bing) aux journaux (les
Goncourt), le bouillonnement créatif
n’est comparable qu’à l’orientalisme, ce
mouvement né quelques décennies plus
tôt avec Chateaubriand,
Hugo et Delacroix.
DIMANCHE
Les impressionnistes
et leurs successeurs,
○○○¡
Portrait d’Émile Zola, Édouard Manet, 1868.
dont les nabis, tel Bonnard (surnommé le japonard), absorbent goulûment ce nouvel
comme saugrenu de plonger son regard
nippones qu’il renferme jusqu’au plafond
exotisme pour produire leurs modernités
dans l’eau d’un modeste étang (nymdepuis son origine sont fragiles. La sagespropres. Et il n’y a pas que la peinture : les
phéas), de ne considérer qu’un coin de
se paisible, la force du samouraï, la beauté
arts décoratifs, la musique (Debussy,
barque (En bateau, de Manet) ou de méde la geisha, le grotesque et le fantastique :
Saint-Saens) avec l’opéra et l’opérette, la
diter sur un pan de mur (Proust). L’imtout cela séduit. Et plus encore : dans les
danse (Loïe Fuller), la littérature (Pierre
portant n’est plus le sujet, mais de captugravures collectionnées par centaines par
Loti), les affiches et jusqu’au cirque, rien
rer les mille beautés de l’instant. D’où le
un Monet ou un Van Gogh, les toits peune semble échapper au mouvement. L’ilgoût pour la série (voir les cathédrales ou
vent être rouges, les routes jaunes, la pluie
lustrent parfaitement les scènes tournées
les meules de Monet…).
une strie rectiligne. Vivacité des couleurs,
à l’intérieur de l’hôtel d’Ennery (avenue
En savourant à la manière shintoïste ce
absence de modelé ou de volumes - les
Foch, à Paris).
qui l’environne hic et nunc, l’artiste en
formes étant traitées en aplats -, compovient à ne plus considérer son œuvre que
sitions fondées sur l’asymétrie : telles sont
Une vision du monde rafraîchie
pour elle-même. Un tableau comme
les formules découvertes et poussées par
« une surface plane recouverte de couleurs
ceux qui souhaitent aller au-delà du caAujourd’hui dépendance du Musée Guien un certain ordre assemblées ». La définon académique.
met des arts asiatiques, ce lieu, un des plus
nition est d’un autre maître zen, un nabi
Même la vision du monde se trouve raexquis de la capitale, se visite sur la pointe
appelé Maurice Denis. ■
fraîchie. Désormais il n’est plus perçu
des pieds, tant les collections de figurines
RMN-GRAND PALAIS (MUSÉE D’ORSAY)/HERVÉ LEWANDOWSKI
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 5 - dimanche 6 mai 2018
LE FIGARO
TÉLÉVISION
MÉTÉO
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PAR
ÉPHÉMÉRIDE Ste-Judith
Soleil : Lever 06h22 - Coucher 21h11 - Lune décroissante
19.05 50 mn Inside. Magazine 20.00
Le 20h 20.50 Quotidien express.
Talk-show. Prés. : Yann Barthès.
18.40 N’oubliez pas les paroles ! Jeu
20.00 20 heures. Prés. : Laurent Delahousse 20.45 Stade 2. Magazine.
19.00 19/20 20.00 Tout le sport
20.30 Zorro. Série. Zorro relève le
défi 20.50 Nice Ultimed. Magazine.
21.00
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Divertissement
Magazine. Historique
Film TV. Policier
19.40 Appels d’urgence. Mulhouse : vidéo-surveillance contre délinquance.
SAMEDI
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20.55 Chroniques criminelles
­ „ L u n e l .
1 h 5 0 . « A f f a ri B é a t r i c E d o u i n :
+. ! u n
& 3 m y s t é r i e u 4 › .
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22.45 Chroniques criminelles. Magazine. Présentation : Magali Lunel.
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The Voice
„ ¦' !& (
€ 2 ˜ / $ g r a n d s
0 ¨  # 23.25 The Voice, la suite D i v e r „ ¦' ! e t
( F e r r i 0.20 Les experts. Série.
Secrets d’Histoire
„ ­  2 h 2 0 .
% ‰ I n é d ti .
­  $ #1 J é s u s ,
n o m b r e u x
c h erc h e urs .
23.15 On n’est pas couché T a l k 0 „  R u q u i e r 2.00 Vu.
Magazine 2.15 Les enfants de la télé
Mongeville et Magellan
€ “  
1 ) • ! € P e r r i n .
% D e l p h i n e ,
"
# d ’ u n e
& +"2
22.30 Commissaire Magellan
­ 0.00 Soir/3. • G i l l e s
« 0.30 Psyché. Ballet
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20.50 Échappées belles
— „ ­ J o 1 ) ¯' – › • ! & :
4› m é t i e r s »
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20.00 C l’hebdo, la suite 20.20 Nature fragile. Série doc. Les déserts.
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DIMANCHE
22.20 Échappées belles 23.55 C
dans l’air 1.00 L’œil et la main. Mag.
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19.30 Le dessous des cartes. Magazine 19.45 Arte journal 20.05 Vox
pop 20.35 Karambolage. Magazine.
19.45 Le 19.45. Présentation : Marie-Ange Casalta 20.25 Scènes de
ménages. Série. Avec Marion Game;
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Rugby
Série documentaire. Historique
Série. Policière
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20.55 The Big Bang Theory
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­ c o n t r a i n t
d p r e n d s e j o u r s d c o n g é e t
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22.10 The Big Bang Theory. Série.
Avec Kaley Cuoco. 12 épisodes.
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19.00 Les maîtres de l’auto. Beauté
d’Antan - Reprise de flambeau.
Top 14
A
C a s t r e s
   L y o n
  R o c h e l l e / S t a d
F r a n ç a i s  R a c i n g 9 2 / A  P a u
…  … 2 6
e
Les Celtes
u
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/
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/
22.55 Jour de rugby M a g a z i n e
23.40 La compile Zapsport 23.50
La semaine de Catherine et Liliane
Hawaii 5-0
†  ‰ † H .
­ 2 !
R o m e .
" a r c h é o l o # $   †
  % ­ “ ! !
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 •
 & ! – l ’ e m p l a c e m e n t
# a p p a r – $
23.30 Régalec, premiers
contacts avec le poisson-roi D o c .
22.50 Hawaii 5-0 ­ „ $
% ­ ˜ •' H a n a u K a h u
( 1.15 Supernatural. Série.
0.25 Streetphilosophy. Mag.
20.50 Alien Theory
­ ­ # %
1  ¦ m o n u m e s s a g e s
 22.30 Alien Theory. Série documentaire. 2 épisodes.
20
T (en °c)
<-10 à 0
19.20 Norbert commis d’office.
Magazine. Prés. : Norbert Tarayre.
18.20 Nos chers voisins. Série. Avec
Martin Lamotte, Isabelle Vitari.
19.55 Les Simpson. Série. Animation.
Fric-Frack - Simpsorama.
18.50 Salut les Terriens ! Invité,
notamment : Me Xavier Nogueras.
21.00 Daredevil
­ ! % ˜ ­ 1 .
! I n é „ › " & €' " à
21.00 Les Simpson
­ ! % S a i œ) * % –­+ p o u r
$ d u
,›
21.00 Chevallier et Laspalès :
«Vous reprendrez bien…
£ ## ' -.
­ 2 + –t r e n t e
# $› " + 22.55 Daredevil. Série. Stick - Jeux
d’ombres - L’habit du diable.
22.10 Les Simpson. Série 23.30 Fun
Radio Ibiza Experience. Concert.
23.20 Olivier de Benoist
«0/40 ans». Spectacle.
TA KU ZU
FRANCTIREUR
CLIO OU
EUTERPE
FAIT
LA PEAU
AIR À RÉPÉTITION
FLÈCHES
DE PERSIFLEURS
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SOLUTION DU TAKUZU
et sur
AIR
SYNCOPÉ
CRIE AU
SCANDALE
NOUVEAU
MAUDIT
BÂTON DE
SAPEUR
PROCHE
DU LETTE
LE
CALCIUM
1
COUPE
SÈCHE
ENGAGE
LA MISE
PERSONNEL
FINE ET
ÉLANCÉE
GENS
CHERS
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LIVE 24/24 SUR
HALTE AUX
DOULEURS
RIVIÈRE
DU PAIN
AVEC
LE THÉ
LOCUTION
CONJONCTIVE
CHLORE
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0
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2,99 €/appel
FORCE 3
PAQUET
PARFOIS
PACTOLE
BUGLE
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CRU ET
SALÉ
SUR LA
BOUSSOLE
RENOUVELLE
L’AIR
POLIS
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AU POINT
GRAND
LAC
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lachainemeteo.com
Tous les programmes
dans TV Magazine
et sur l’appli TV Mag
BIOTITE,
S’IL EST
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FORETS
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BUDAPEST
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22.35 Rénovation impossible. La
vieille école - Maison à la française…
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MARDI
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AMSTERDAM
BELGRADE
BRUXELLES
DUBLIN
MADRID
ROME
LUNDI
MOTS FLÉCHÉS N°1963
Remplir la grille avec les chiffres 0 et 1. Chaque
ligne et chaque colonne doit contenir autant de 0
que de 1. Les lignes ou colonnes identiques sont
interdites. Il ne doit pas y avoir plus de deux 0 ou 1
placés l’un à côté ou en dessous de l’autre.
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avril - mai - juin
SOLUTION DU NUMÉRO PRÉCÉDENT
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samedi 5 - dimanche 6 mai 2018 LE FIGARO
36
Danielle Thiéry,
FRANÇOIS BOUCHON/LE FIGARO
une plume et des crocs
SUCCÈS Première femme divisionnaire de l’histoire
de la police française, elle écrit aujourd’hui des polars
au méchant goût de réel.
Jean-Marc Leclerc
jmleclerc@lefigaro.fr
écouverte d’ossements sans
tête au zoo de Vincennes,
disparition d’une fillette à
Thoiry… les membres de la
famille de la Panouse, qui gèrent ce « parc safari » à quelques encablures de Paris, se
souviendront du dernier
ouvrage de Danielle Thiéry. Pour écrire son polar Féroce, paru chez Flammarion, cette excommissaire s’est rendue à maintes reprises
dans leur propriété, entre l’enclos des hyènes et
le tunnel des lions. Elle a interrogé ses hôtes,
cherchant à confronter leur science de la prédation animale à sa connaissance empirique des
tréfonds de l’âme criminelle. Qui de l’homme
ou de la bête est vraiment le plus cruel ? La réponse se fait prévisible, mais quel récit haletant
pour qui a le cœur bien accroché !
La police n’a jamais quitté la commissaire Thiéry. Comment échapper à un milieu qui vous a tout
donné ? Son père, policier, formait près de Dijon
les profs de judo et de self-défense des élèves gardiens de la paix. Son frère était chez les CRS. Il lui a
fallu éduquer ses deux enfants, Frédéric et Marie,
tout en exerçant « un métier d’homme ».
Avec déjà vingt-cinq ouvrages à son actif, elle
marche sur les brisées des Borniche, des Le
Taillanter. En tête de gondole avec les Pagan, les
D
Souvira. Les flics romanciers, garants d’un réaun peu formatée aujourd’hui. Et puis, il n’y a plus
lisme saisissant, ont la cote chez les éditeurs. Prix
de braqueurs, ils ont sombré avec les distributeurs
de Cognac, prix de sa Bourgogne natale, prix du
de billets », assène-t-elle.
Quai des Orfèvres pour son roman Des clous dans
Très tôt, elle se distingue. En 1974, alors chef
le cœur, elle l’avoue : « La chasse, la traque, c’est
des « stups » à la Sûreté de Lyon, la voici
ce qui m’a toujours fait vibrer. » La bonne vieille
bombardée porte-drapeau de la cause féminine
PJ, en somme.
version chic et choc. Elle participe à l’émission
Et pourtant, la commissaire Thiéry
« Les femmes à la barre », sur Raa surtout servi à la police aux frondio France. Trois jours à courir
tières. À 42 ans, elle crée et dirige,
les studios, aux côtés de la presous l’impulsion d’un Michel Rocard
mière femme à avoir gravi l’Evevisionnaire, la brigade de sécurité
rest ou de Régine Deforges, célédes chemins de fer, pour pacifier les
brée pour ses écrits libertins.
trains de la banlieue parisienne, de1976. C’est le grand saut ! Elle
1947
venus de véritables coupe-jarrets à
passe le concours interne de
Naissance à Viévigne
la fin des années 1980.
l’école des commissaires et y entre
(Côte-d’Or).
major. Ses études classiques latin1965-1969
La baraka
grec au lycée lui ont assuré des
Études de droit
bases solides. À l’oral, elle ne se
Plus tard, elle animera, là encore en
et éducatrice spécialisée.
démonte pas. Et elle a la baraka.
précurseur, la direction de la sûreté
1969
d’Air France. Elle a vécu en direct à
Officier de police adjoint
Verbe sans détour
ce poste la prise d’otages de l’Airbus
(ex-inspecteur).
de Marignane, en 1994. « Le télépho« Toute ma vie, on est venu me
1976
ne a sonné en plein réveillon de Noël et
chercher »,
s’amuse-t-elle.
Commissaire de police.
je me suis retrouvée embarquée pour
« Surtout la gauche », persiflent
1989
cinquante-quatre heures d’intensité
ses détracteurs. « Danielle a diriChef de la brigade
extrême », se souvient-elle.
gé des centaines d’hommes et a
de sécurité
Mais avant, bien avant, c’est vrai,
fait de la bonne police », corrige
des chemins de fer.
il y eut les mineurs, la drogue, les
un ancien de l’Antigang. En 1986,
1992
mœurs. La « grande maison » qui l’a
elle œuvre à la sécurisation du
Secrétaire général
vue naître était peuplée de figures.
tunnel sous la Manche, dossier
adjoint du Syndicat
Ses collègues et patrons avaient pour
sensible s’il en est. « C’est cudes commissaires.
nom Claudius Poussière, Aimé Parieux, on a mis vingt ans à suppri1995
quet, Archange Colonna. « Des tromer les contrôles aux frontières, et
Détachée à la sûreté
gnes ! », lâche-t-elle. Nostalgique,
là, on nous annonce qu’il est urd’Air France, publie
Mme la commissaire ? « La police est
gent de les rétablir », ironise celle
son premier roman.
Bio
EXPRESS
qui codirigea également, avec Émile Pérez, le
Syndicat des commissaires et des hauts fonctionnaires de la police nationale.
Attachante, incisive, Danielle Thiéry est un
peu comme son héroïne, la commissaire Edwige
Marion, qui revient dans treize de ses livres.
« Au fil du temps, elle m’ennuyait et j’ai besoin
d’être surprise. Alors je lui ai mis une balle dans
la tête. Je lui ai fait subir des outrages. » Edwige
n’est pas morte. « Elle avait 30 ans quand je l’ai
inventée. Elle en a 48. Elle vieillit. Un peu borderline, dépressive, c’est une femme libre. On sait
qu’elle a eu un mari. Ni fidèle ni jalouse, c’est elle
qui s’identifie à moi. » Sauf que Danielle Thiéry
est mariée au même homme depuis toujours.
Il y a vingt-sept ans, Michel Drucker est tombé sous son charme à la Mireille Darc et lui a fait
rencontrer le père du feuilleton Navarro. Hervé
Bourges encouragea son premier projet de série
télévisée, finalement portée à l’écran, Quai no 1.
Elle fut, en 1991, la toute première femme
nommée commissaire divisionnaire. Une promotion accordée peu de temps après, cette année-là,
à deux autres patronnes de caractère, Mireille
Ballestrazzi et Martine Monteil, qui se succédèrent comme directrice centrale de la police judiciaire (la première est toujours en poste). Nos
trois divisionnaires héritèrent à l’époque du surnom des « Trois Grâces ».
Féroce, la « maison poulaga » ? La commissaire
Thiéry s’y est fait les crocs. Sa plume et son verbe
sont sans détour. « Je refuse le voyeurisme, déclare-t-elle. Décrire les viols, c’est un truc de mecs.
Les femmes ne sont pas comme ça ! » Et quand elle
le dit avec ces yeux-là, on n’a pas envie de la
contredire. ■
UN DERNIER MOT
UV
O
Par Étienne de Montety
edemontety@lefigaro.fr
U
EA
Fête [fè-t’] n. f.
Manifestation, normalement de joie.
présente
é
N
Volume
17
e député François Ruffin organise ce samedi une manifestation intitulée « la fête
à Macron ».
Le mot vient du latin festa et désigne une célébration ; une fête. Le mot a plutôt
une acception joyeuse : actuellement la nature est en fête, et la France aussi,
qui va de 1er Mai en Ascension. Insatiable, François Ruffin en rajoute une entre la Fête
du travail et celle de la capitulation de l’Allemagne : « la fête à Macron ». Passons
sur ce « à » qui écorche l’oreille : un Insoumis se doit de l’être en toutes choses,
même vis-à-vis de la langue française. La « fête à Macron » ne sera pas carillonnée,
mais, espère son organisateur, l’occasion de sonner les cloches du président.
« Faire fête » à quelqu’un, ou lui « faire sa fête » : un déterminant s’immisce
et l’esprit change. Ainsi, une sympathique réjouissance peut se transformer
en rassemblement non plus festif, mais véritablement fétide. Soyons clair : pour Ruffin,
faire « la fête à Macron », c’est faire en sorte que celui-ci n’y soit pas, en fait.
Emmanuel Macron célèbre sa première année à l’Élysée, l’Insoumis et ses amis
ne veulent surtout pas y participer à la liesse, ou plutôt si : en trouble-fêtes. ■
L
FIGARO-CI ... FIGARO-LÀ
Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur,
et Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement,
ont récemment inauguré le commissariat
du XIIIe arrondissement, boulevard de l’Hôpital à Paris.
Pas de quoi faire les une des journaux même si quelques élus
parisiens ont grincé des dents en découvrant que la plaque
commémorative apposée sur le commissariat réunissait
aussi le nom des deux ministres. Certains n’ont pas manqué
d’ironiser sur l’appétit décidément gargantuesque
de Benjamin Griveaux pour la capitale. « Deux ans avant
les municipales, il est déjà partout », ont-ils ironisé.
Édition collector
} Le Figaro Magazine rend hommage au pape des verbicrucistes. Une compilation de 40 de
ses meilleures grilles pour vous faire découvrir ou apprécier à nouveau l’art de croiser les mots.
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Brigitte Kuster veut
en savoir plus sur les
groupuscules d’ultragauche
Deux Français
sur trois s’intéressent
à l’économie
La députée LR de Paris va déposer
une proposition de résolution en vue de
la création d’une commission d’enquête
sur les groupuscules d’ultragauche
prônant la violence. Une vingtaine de
députés LR l’ont déjà cosignée. « L’enjeu,
écrit-elle, n’est pas que le Parlement se
substitue à la justice dans l’établissement
des faits survenus le 1er mai à Paris, mais
de proposer des mécanismes » permettant
d’éradiquer ces mouvements radicaux
prêts à tout pour « casser du flic
et détruire l’État capitaliste ».
Le Cercle Jean-Baptiste Say,
fondé par François
de Saint-Pierre, associé-gérant
chez Lazard, lance son premier
baromètre annuel sur
les Français et l’économie.
Les résultats montrent que deux
Français sur trois s’intéressent
à l’économie, mais plus de 85 %
d’entre eux attendent davantage
d’information et de pédagogie
de la part de l’enseignement,
des politiques et des médias.
FRANÇOIS BOUCHON/LE FIGARO
Paris : Benjamin Griveaux s’y voit-il déjà ?
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