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Le Figaro - 09 05 2018

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mercredi 9 mai 2018 LE FIGARO - N° 22 935 - www.lefigaro.fr - France métropolitaine uniquement
Première édition
lefigaro.fr
« Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur » Beaumarchais
MAURANE
UNE DES GRANDES VOIX
DE « STARMANIA »
S’EST ÉTEINTE PAGE 26
REPORTAGE
QUAND LE COMPTEUR LINKY
CRISTALLISE LA COLÈRE
D’UN VILLAGE PAGE 12
Accord sur le nucléaire iranien
ÉLYSÉE
Un 8 Mai très
politique
pour Macron PAGE 5
Le choix de Trump met à mal
la stabilité du Moyen-Orient
GOUVERNEMENT
Aux Fêtes
johanniques,
Philippe dans
les pas du chef
de l’État PAGE 5
Dans une allocution télévisée, le président des États-Unis a annoncé, mardi, le retrait
de Washington du compromis de 2015 et le rétablissement des sanctions économiques.
CORÉE DU NORD
Kim et Xi affichent
leur rapprochement
Donald Trump a confirmé,
mardi, le retrait des États-Unis
de l’accord nucléaire iranien, au
risque de provoquer de vives
PAGE 7
VIOLENCES
SEXUELLES
Le projet de loi fait
polémique PAGE 8
tensions avec ses alliés européens. Une ère d’incertitudes
s’ouvre dans les relations avec
Téhéran, qui n’a jamais renoncé
à ses ambitions atomiques. Le
président américain, qui dénonce depuis longtemps l’« horrible » texte de 2015, a annoncé
le rétablissement dans leur totalité des sanctions qui avaient
été levées en contrepartie de
l’engagement iranien de ne pas
Cate Blanchett au « Figaro » :
« Le cinéma est un milieu d’hommes »
FOOTBALL
Un entretien
avec le président
du Montpellier
Hérault SC PAGE 10
TRAVAIL
Pénicaud détaille
l’usage des ruptures
conventionnelles
collectives PAGE 18
Combien y
aura-t-il de
députés dans
chaque
département ?
Les tribunes
de Brice
Couturier et de
Marin de Viry
L’analyse
de Guillaume
Perrault
L’appel de
Civico Europa
n
n
n
n
PAGES 13 À 15
@
FIGARO OUI
FIGARO NON
Réponses à la question
de mardi :
Pour relancer la SNCF,
l’État doit-il reprendre
la totalité de sa dette ?
OUI
22 %
NON
78 %
M 00108 - 509 - F: 2,60 E
3’:HIKKLA=]UW[U^:?a@f@a@t@k";
TOTAL DE VOTANTS : 50 468
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sur lefigaro.fr
Agressions sexuelles :
faut-il imposer la
castration chimique pour
éviter la récidive ?
SIMON ISABELLE/SIPA- P.FIDI/
COMMONS WIKIMEDIA-
Présidente d’un jury paritaire pour le 71e Festival de Cannes, l’actrice et productrice australienne voudrait changer
le regard d’une profession qui, si elle admet les femmes réalisatrices, peine à couronner leurs œuvres. PAGES 24 ET 25
PAGES 2 À 4 ET L’ÉDITORIAL
Révision de la
Constitution :
Macron
campe sur
ses positions
Le volet constitutionnel de la
réforme des institutions est
examiné ce mercredi en
Conseil des ministres. Au-delà des dispositions consensuelles, le texte prévoit un
renforcement des prérogatives de l’exécutif au détriment
du Parlement et surtout du
Sénat. Ce qui suscite depuis
plusieurs semaines une vive
réprobation de son président,
Gérard Larcher. Mais Emmanuel Macron n’entend pas, à
ce stade, céder. Fin mai, les
deux textes relatifs à l’élection des députés et des sénateurs seront à leur tour présentés. Ils entraîneront un
redécoupage des circonscriptions législatives. PAGE 6
ÉDITORIAL par Arnaud de La Grange adelagrange@lefigaro.fr
L
Atomisation
a carte nucléaire offre un statut de
puissance à l’État qui la détient et
une assurance-vie à ceux qui le dirigent. Nul doute que les destinées de
Saddam Hussein et de Mouammar
Kadhafi ont en leur temps renforcé la volonté
nord-coréenne et iranienne de poursuivre sur
le chemin de l’atome. De ce point de vue, le
sort réservé au dictateur libyen, qui avait renoncé à la bombe, n’est pas la meilleure publicité pour la lutte contre la prolifération…
La tentation nucléaire est si forte qu’il faut déployer des trésors de persuasion pour
convaincre un postulant d’y renoncer. C’est ce
qu’avaient réussi à faire de concert Américains, Européens, Russes et Chinois avec
l’Iran. C’est ce que Donald Trump qualifie de
« pire accord » jamais négocié depuis la Genèse. Déchirer ce « torchon » est depuis le début
son obsession.
Fort de sa relation personnelle avec Donald
Trump, Emmanuel Macron espérait sauver
l’accord iranien. Les démonstrations d’amitié
sur les rives du Potomac n’auront pas suffi.
Certes, cet accord n’est pas parfait, mais il a le
mérite d’exister. Et la France a proposé de
l’améliorer, en apportant un « complément »
pour l’après-2025. Avec les Européens et Poutine, elle voudrait convaincre les Américains
de ne pas tout mélanger : le nucléaire avec le
dossier balistique ou la « déstabilisation » régionale.
Trump espère sans doute faire plier Téhéran
comme Pyongyang. Mais l’Iran n’est pas un
pays ermite et sans ressources. Les mollahs
voient comment Kim Jongun a réussi à se faire respecter en se hissant dans le
« club » atomique. Ils voient
aussi que Trump vient de
s’entourer, à la CIA et au département d’État, de faucons
adeptes du « changement de
régime »…
Si cet accord nucléaire sombre définitivement, l’avenir est lourd de deux menaces. À
court terme, un affrontement entre Israël et
l’Iran. À plus long terme, une relance tous
azimuts de la course à l’atome. Au MoyenOrient, l’Arabie saoudite a déjà fait savoir
qu’elle ne resterait pas les bras ballants devant une relance iranienne. L’atomisation du
monde risque de s’accompagner de sa nucléarisation. ■
Macron
espérait
sauver
l’accord
iranien
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LUX : 2,60 € - NL : 3,20 € - PORT.CONT : 3,00 € - MAR : 22 DH - TUN : 4,20 DT - ZONE CFA : 2.300 CFA
ISSN 0182.5852
A
CHAMPS LIBRES
« Burger Quiz »,
« La Carte aux
trésors »... Le retour
des émissions
cultes PAGE 22
REGIS DUVIGNAU/REUTERS
TÉLÉVISION
se doter de l’arme nucléaire. De
son côté, Téhéran pourrait se
délier de ses engagements.
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mercredi 9 mai 2018 LE FIGARO
L'ÉVÉNEMENT
HANNAH MCKAY/REUTERS
2
Nous pensons
qu’on peut être
plus dur sur l’Iran,
répondre aux
inquiétudes
du président
(américain) sans
jeter le bébé avec
l’eau du bain
»
BORIS JOHNSON,
MINISTRE BRITANNIQUE
DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES
3,4
milliards
de dollars
d’investissements
directs étrangers en Iran
en 2016. Le président
iranien, Hassan Rohani,
visait 50 milliards
LES MISSILES
DE LA DISCORDE
Selon un récent rapport de
l’Institut international d’études
stratégiques (IISS) de Londres,
l’Iran développe aujourd’hui
une douzaine de types de
missiles balistiques d’une
portée de 200 à 2 000 km et
pouvant emporter des charges
de 450 à 1 200 kg. À partir
de 2006, le Conseil de sécurité
des Nations unies, par une série
de résolutions, a édicté
des mesures coercitives pour
entraver ces programmes,
craignant qu’ils ne servent
à développer des vecteurs
nucléaires. Ces résolutions
ont été suspendues par
la résolution 2231 de juillet 2015
par laquelle le Conseil
de sécurité a endossé
l’accord international sur
le nucléaire iranien.
Iran : Trump
déchire
l’accord sur
le nucléaire
Le président américain a qualifié
de « désastreux » le texte de 2015 et
annoncé le rétablissement des sanctions.
PHILIPPE GÉLIE £@geliefig
CORRESPONDANT À WASHINGTON
AU SEIZIÈME mois de sa présidence,
Donald Trump a pris mardi sa décision
de politique étrangère la plus osée, la
plus risquée et la plus lourde de
conséquences. S’exprimant en début
d’après-midi à la Maison-Blanche, il a
dénoncé l’accord nucléaire conclu en
2015 avec l’Iran (JCPOA) et amorcé le
rétablissement des sanctions américaines.
« J’annonce que les États-Unis se retirent de l’accord nucléaire iranien », a
déclaré mardi le président américain,
indiquant le rétablissement des « sanctions nucléaires américaines contre le régime » de Téhéran. Trump a dénoncé
l’accord « désastreux […] au cœur d’une
fiction géante selon laquelle un régime
meurtrier désirait seulement un programme nucléaire pacifique. Nous avons
aujourd’hui la preuve définitive que cette
promesse iranienne était un mensonge. »
Dénonçant avec virulence « le premier
État sponsor du terrorisme, qui alimente
les conflits » du Moyen-Orient, le chef
de la Maison-Blanche a promis d’appliquer « le plus haut niveau de sanctions
économiques », y compris contre « toute
nation qui aiderait l’Iran dans sa quête de
l’arme nucléaire ».
La symbolique est forte, même si les
implications concrètes paraissent limitées à court terme. La décision de
Trump scelle la dénonciation unilatérale
d’un accord international par l’un de
ses plus importants signataires. Elle fait
fi des tensions régionales et des appels à
la prudence des alliés. Elle place les promesses électorales du président au-dessus des risques géopolitiques. Elle jette
l’incertitude sur la parole et la signature
des États-Unis, confirmant Donald
Trump dans son rôle fétiche de « grand
perturbateur », un euphémisme pour
justifier la destruction de l’héritage de
son prédécesseur et la rupture « à l’instinct » du consensus international. Le
message pourrait décourager la Corée
du Nord à l’approche d’un sommet inédit, mais certains à Washington y voient
le moyen d’augmenter la pression en
indiquant à Pyongyang qu’il « faudra
faire mieux » que le JCPOA.
En pratique, la Maison-Blanche cesse
de recommander au Congrès que l’Iran
soit exonéré des sanctions américaines
prises en 2012 contre ses exportations
de pétrole. Les pays et les entreprises
refusant de s’y plier dans les six mois
s’exposeraient à leur tour à des mesures
punitives. Un autre éventail de sanctions touchant le secteur financier, les
assurances, les transports et le commerce maritime vient à échéance le
11 juillet prochain. Ces délais, ainsi que
la menace de mesures supplémentaires,
sont présentés par la Maison-Blanche
comme une occasion et un moyen de
pression sur les Iraniens et les Européens pour aboutir à un nouvel accord.
En attendant, les multinationales ayant
des intérêts aux États-Unis ou réalisant
“
Nous avons aujourd’hui
la preuve définitive que
cette promesse iranienne
était un mensonge
”
TRUMP
des transactions en dollars devraient
jouer la prudence, réduisant les bénéfices économiques pour Téhéran. Certaines sanctions américaines n’ont jamais
été levées en raison du soutien iranien
au terrorisme et des violations des
droits de l’homme.
Donald Trump n’a pas évoqué de
stratégie alternative au cas où le régime
s’estimerait libéré de ses contraintes
nucléaires. Encouragé par son nouveau
secrétaire d’État, Mike Pompeo, et son
conseiller à la sécurité nationale, John
Bolton, aussi allergiques à l’Iran que lui,
le président parie sur sa démonstration
de force pour amener les mollahs à négocier un « deal » plus contraignant.
Improbable à court terme, ce calcul
promet d’élever la température des relations bilatérales, au moins au niveau
rhétorique. Rudy Giuliani, dans son
nouveau rôle d’avocat présidentiel, a
proclamé au Congrès des moudjahidins
du peuple samedi que Trump était « engagé en faveur d’un changement de régime » à Téhéran. Cette organisation, fichée comme terroriste jusqu’en 2012,
entretient aussi des liens privilégiés
avec Pompeo et Bolton. Robert Satloff,
directeur du Washington Institute, envisage une ligne rouge en vertu de laquelle « tout enrichissement de matériau
fissile au-delà d’un certain niveau déclencherait une action militaire massive
destinée à mettre fin au régime ».
Emmanuel Macron, Angela Merkel et
Boris Johnson se sont succédé ces dernières semaines auprès de Trump, plaidant pour le maintien du JCPOA « en
l’absence de plan B », tout en proposant
de répondre aux griefs américains dans
un accord complémentaire. Ces griefs
concernent les « clauses crépusculaires » levant certaines obligations de
l’Iran après 2025 ou 2030, le régime
d’inspections internationales, l’absence
de limites au programme balistique et le
soutien iranien au « terrorisme régional », de l’Irak à la Syrie et au Yémen.
Le consensus recherché par les Européens aurait permis d’afficher un
« front uni » face à la Chine et la Russie,
cosignataires de l’accord. À défaut, « les
États-Unis se retrouvent isolés, pas Téhéran, dit Dennis Ross, expert du
Moyen-Orient. On crée l’illusion de la
fermeté sans les effets. » « C’est la plus
grande gifle infligée à nos alliés », ajoute
Ian Bremmer, président d’Eurasia
Group.
Donald Trump aurait eu recours à une
officine israélienne pour « salir » les
négociateurs du JCPOA dans l’équipe
Obama. Il a dénoncé l’activisme de
l’ancien secrétaire d’État John Kerry en
faveur de l’accord comme « possiblement illégal ». Il s’est en outre appuyé
mardi sur les « mensonges » de l’Iran
allégués la semaine dernière par le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou. Selon les experts, ces « révélations » étaient déjà connues et ont
justement motivé la négociation du JCPOA – dont la destruction va dispenser
Téhéran de s’expliquer… « La campagne
contre l’accord a été caractérisée par la
désinformation, a protesté l’ancien
secrétaire au Foreign Office Jack Straw.
Il est insensé de prétendre que l’abandonner puisse avoir un autre résultat que de
mettre en danger la sécurité internationale. » C’est au contraire « une étape
nécessaire pour affronter l’une des menaces les plus mortelles contre les Américains, les Israéliens et les Arabes du
Golfe », soutient le think-tank conservateur Heritage Foundation.
Selon un sondage pour CBS News,
57 % des Américains n’ont aucun avis
sur la question, 21 % se prononçant
pour l’abrogation et autant pour le
maintien du JCPOA. Même si les Européens refusent de suivre Washington et
échappent temporairement aux sanctions, le sort de l’accord nucléaire paraît
scellé à brève échéance. ■
Une rupture qui touche aux intérêts vitaux de l’Europe
JEAN-JACQUES MÉVEL £@jjmevel
ERIC FEFERBERG/AFP
CORRESPONDANT À BRUXELLES
Nous sommes
tout à fait
déterminés à
sauver cet accord,
parce qu’il nous
préserve de
la prolifération
nucléaire
A
»
JEAN-YVES LE DRIAN, MINISTRE
DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES
L’EUROPE a pris l’habitude des ultimatums jaillis du Bureau ovale, celui de
mai 2018 restera sans doute la goutte de
trop. La répudiation de l’accord climatique de Paris, puis le chantage aux
sanctions dans le commerce transatlantique restaient, dans l’ordre des égarements, jugés remédiables. La rupture
de l’accord nucléaire avec l’Iran touche
aux intérêts vitaux du Vieux Continent
et consacre l’abandon d’une priorité au
multilatéralisme respectée par les treize
prédécesseurs de Donald Trump.
Mardi, Bruxelles a adressé à
Washington un dernier plaidoyer en
faveur d’un contrat collectif « qui
fonctionne et qui empêche l’Iran de se
doter de l’arme nucléaire ». Mais se
préparait déjà à tourner la page. Avec
ou sans les États-Unis, l’UE « reste engagée par l’accord de juillet 2015 et
continuera de le mettre en œuvre intégralement », assure Maja Kocijancic,
porte-parole de la diplomatie européenne. Dans la soirée, Federica Mogherini, négociatrice du pacte avec
l’Iranien Mohammad Javad Zarif, de-
vait être la première à réagir à la décision de la Maison-Blanche.
Derrière cette façade, les trois puissances européennes signataires du
« plan d’action conjoint » avec l’Iran
avaient déjà perdu l’espoir de ramener
Donald Trump dans le rang. La récente
promotion de deux « faucons » à la tête
de la diplomatie américaine, Mike
Pompeo et John Bolton, a sonné l’alarme. Coup sur coup, les voyages à
Washington du président Macron, de la
chancelière Merkel et du chef de la diplomatie britannique Boris Johnson ont
approfondi le malaise.
Les sanctions en question
Les trois dirigeants ont admis, à des degrés divers, les « lacunes » liées à l’accord de 2015 et dénoncées par Donald
Trump. Ils ont laissé miroiter des remèdes : sur les missiles balistiques ira-
niens, sur l’implication iranienne en
Syrie et au Yémen et sur la surveillance
nucléaire post-2025. Mais c’était à la
condition que la Maison-Blanche
accepte de faire marche arrière.
Cette option écartée, la première urgence est de s’assurer que la République
islamique ne répudiera pas un pacte que
les Européens jugent eux-mêmes bancal.
Défiant, l’Iran avait refusé par avance
toute renégociation. Mardi, il a pris soin
de dépêcher à Bruxelles Abbas Araghchi,
son vice-ministre des Affaires étrangères, pour entendre les représentants de
la France, de l’Allemagne, du RoyaumeUni et de l’UE lui « réitérer leur soutien à
la poursuite de la mise en œuvre pleine et
effective du plan d’action conjoint par toutes les parties ». Pour Téhéran, dans un
premier temps, il est sans doute préférable d’isoler les États-Unis, plutôt que de
se retrouver sans les Européens.
MAJA KOCIJANCIC
PORTE-PAROLE DE LA DIPLOMATIE EUROPÉENNE
«
L’UE reste engagée par l’accord de juillet 2015
et continuera de le mettre en œuvre intégralement
DURSUN AYDEMIR/ANADOLU AGENCY
»
Viendra ensuite l’évaluation des pots
cassés. Avec les États-Unis, le vrai
coup de froid se précise, seize mois
après l’investiture de Donald Trump.
Aux dégâts infligés par l’unilatéralisme
américain s’ajoute le risque d’un regain de tension au Moyen-Orient et
autour d’Israël. Berlin redoute ouvertement une surenchère dans la région
et la diplomatie allemande invite les
Européens « à rester en contact avec
toutes les parties afin d’éviter une escalade incontrôlée dans les prochains
jours », d’après une source citée par
l’AFP.
La partie est également économique.
Donald Trump va-t-il rétablir toutes les
sanctions contre l’Iran, y compris celles
que Washington appliquait aux entreprises européennes ? L’accord nucléaire
et le déblocage de 50 milliards de dollars
gelés depuis la révolution de Khomeyni
ont rouvert aux Occidentaux - Européens surtout - les portes d’un marché
de 80 millions de consommateurs. Parmi
les firmes qui y ont réinvesti massivement figurent Airbus, Total ou Siemens,
sans compter le pétrole et la banque.
Tout mouvement de recul sous pression
américaine conduirait l’Iran à reconsidérer l’intérêt du pacte de 2015… ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
NICHOLAS KAMM/AFP
Donald Trump
confirme le retrait
des États-Unis
de l’accord nucléaire
iranien, mardi
à Washington.
Paris plaide pour sauver le texte
et tenter de l’améliorer
»
PETER PA
RKS/AFP
FLORENCE PARLY,
MINISTRE DES ARMÉES
EN 2015, lorsque les puissances internationales négociaient l’accord sur le nucléaire iranien, l’intransigeance française
s’était heurtée aux doutes de Barack Obama, prêt à lâcher du lest pour ramener la
République islamique dans le giron de la
communauté internationale. Il avait fallu
toute la capacité de conviction et de résistance de la diplomatie française, alors dirigée par Laurent Fabius, pour durcir un
accord que Paris trouvait trop mou. Trois
ans plus tard, les deux capitales sont à
fronts renversés. Cette fois, Washington
veut déchirer un accord jugé imparfait et
Paris désire le conserver malgré ses imperfections. « Les lacunes de l’accord de
2015 étaient telles que nous nous attendions
à ce qu’elles ressurgissent à un moment
donné. Mais, avec Trump, tout prend des
proportions énormes », confiait, il y a quelques jours, un diplomate français.
Jusqu’au bout, les Français auront
essayé d’influencer la décision du président américain. Emmanuel Macron s’est
entretenu mardi après-midi au téléphone avec Donald Trump dans l’espoir
d’éviter – au moins – la réimposition des
sanctions.
La France, qui se considère comme la
gardienne de la non-prolifération a tout
fait pour convaincre le nouveau président
américain de ne pas « déchirer » ce compromis arraché après de douloureuses négociations. Sur le fond, l’Élysée partage les
doutes de Trump. Les Français s’interrogent aussi sur le jour
d’après, c’est-à-dire sur l’avenir du programme en 2025, une
fois qu’auront expiré les clauses le gelant pour dix ans.
L’inquiétude est la même sur
le programme balistique, le
volet transport du programme nucléaire. « Il était trop
compliqué d’en parler en
2015. Mais l’Iran ne nous a
pas fait de cadeaux en multipliant les essais balistiques
dès la signature de l’accord,
et en transférant du matériel
balistique à ses alliés en Syrie, au Liban et au Yémen »,
regrette un diplomate. Dernier sujet de tension, la déstabilisation du MoyenOrient, à travers une
politique d’influence et de
renforcement militaire au Liban, en Syrie et au Yémen. « Il
est évident que nous avons besoin d’une négociation. Les Iraniens
doivent apporter des garanties »,
poursuit-il.
Emmanuel Macron a acquis la
certitude, depuis son déplacement à
Washington, que Donald Trump se
retirerait de l’accord nucléaire iranien.
Tout en reconnaissant ses imperfections, Paris considère l’accord du 15 juillet
comme la moins mauvaise des solutions.
« Cet accord, ce n’est pas le meilleur du
monde mais, sans être parfait, il a néanmoins un certain nombre de vertus » et les
Iraniens « le respectent », a affirmé dimanche Florence Parly, la ministre des Armées, sur RTL. Son annulation serait un
facteur supplémentaire de déstabilisation
dans une région déjà explosive. « Cet
accord nous préserve de la prolifération
nucléaire », rappelle aussi Jean-Yves Le
Drian. Le contexte n’est pas propice à une
telle secousse, au moment où des tensions
nouvelles sont apparues, avec l’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem, le 14 mai, et des affrontements militaires de plus en plus fréquents entre
Israéliens et Iran en Syrie.
Éviter une crise régionale
Emmanuel Macron ayant acquis la certitude, depuis son déplacement à Washington,
que Donald Trump mettrait sa menace à
exécution, la diplomatie française s’est
préparée depuis à l’hypothèse d’une sortie, qu’elle soit partielle ou totale. L’objectif est désormais d’essayer de sauver l’accord malgré le départ des États-Unis et
tout en essayant de l’améliorer. Quand
Donald Trump s’était retiré de l’accord sur
le climat, le président français avait essayé
de le contourner en mobilisant les autres
partenaires. La France entend refaire de
même avec le compromis international sur
le nucléaire. « Nous resterons dans l’accord. Nous voulons éviter qu’il y ait un
vide », affirme une source diplomatique à
l’Élysée. Car sortir de l’accord ne signifie
pas forcément la fin des discussions. « À
nous de convaincre les Iraniens de saisir
l’occasion pour aller vers un accord global
qui éviterait la confrontation, à laquelle personne n’a intérêt », expliquait un diplomate
français la semaine dernière. Emmanuel
Macron s’est longuement entretenu avec
le président Rohani pour lui demander de
rester dans l’accord. Paris croit discerner
une ouverture à Téhéran pour discuter du
sujet de l’influence régionale. Pas encore
de la question balistique.
Dans cette démarche, Paris compte sur
le soutien de la Russie et surtout de la
Chine. Avide de « préserver la paix dans la
région », elle pourrait s’avérer « une interlocutrice constructive », poursuit-il. Paris
veut plaider en faveur d’une amélioration
de l’accord, avec ou sans les États-Unis.
« Il doit être complété », dit Florence Parly.
Le but de Paris, partagé par les Européens, est d’éviter que la décision américaine n’entraîne une crise régionale et internationale dans une zone déjà volatile.
« Notre objectif n’est pas de créer une crise
transatlantique mais de favoriser la
construction d’une architecture régionale de
sécurité qui puisse permettre à tout le monde
de sortir la tête haute », commente un diplomate. Mais beaucoup dépendra de la
réaction iranienne. ■
TAG HEUER CARRERA LADY
« Pour moi,
moi le lion est
es symbole de courage
courag », Cara Delevingn
Delevingne
Photographié en condition
conditions réelles
David Yarrow
réelle par
pa Davi
Pour plus d’information YouTube et tagheuer.com⁄cara
A
le meilleur
du monde,
mais sans
être parfait,
il a
néanmoins
un certain
nombre
de vertus
et les
Iraniens
le
respectent
ISABELLE LASSERRE £@ilasserre
*Ne craquez pas sous la pression Informations: 01 55 27 00 07 *Photographie retouchée
accord,
« ceCetn’est
pas
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mercredi 9 mai 2018 LE FIGARO
4
L'ÉVÉNEMENT
Face à Washington, Téhéran
se tient prêt à toute éventualité
Ces dernières heures, les politiques ont présenté leurs différentes options, comme celles
de rester dans l’accord sans les Américains ou de reprendre le programme nucléaire.
DELPHINE MINOUI £@DelphineMinoui
CORRESPONDANTE À ISTANBUL
TÉHÉRAN n’a pas attendu la déclaration - tardive, décalage horaire oblige - de Donald Trump pour démultiplier les réactions, ce mardi 8 mai, à
un probable retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien. « Nous
sommes prêts à tous les scénarios. Si
l’Amérique se retire, notre économie ne
sera pas affectée », a ainsi promis Valiollah Seif, le gouverneur de la banque
centrale iranienne. L’objectif est clair :
tenter, par tous les moyens, d’apaiser
les craintes d’une population soucieuse de l’impact économique d’une telle
mesure.
La veille, l’Iran déclarait déjà que
son industrie pétrolière continuerait
de se développer même si les ÉtatsUnis optaient pour une reprise des
mesures de rétorsion contre Téhéran.
Les sanctions imposées, début 2012, à
l’Iran par l’Amérique et l’Union européenne sur son programme nucléaire
avaient drastiquement fait chuter les
exportations de brut, avant qu’elles ne
retrouvent un nouvel élan avec l’accord sur le nucléaire de 2015.
lation autour d’un consensus nationaliste. « La République islamique est loin
d’être soutenue par tous les Iraniens,
mais le consensus est large sur la question syrienne, la lutte contre l’organisation de l’État islamique (OEI) ou le
refus d’un ordre régional américain. En
opposant de façon binaire régime et société, on oublie que le nationalisme a
uni tous les Iraniens contre l’attaque
irakienne en 1980, sur la question du
nucléaire, et unirait la société en cas
d’agression », observe Bernard Hourcade, spécialiste de l’Iran, dans un article publié sur le site Orient XXI.
C’est que les Iraniens s’impatientent
également des retombées positives de
l’accord de 2015. Porteur de promesses
d’ouverture et de relance économique,
il peine à porter ses fruits : si des projets industriels ont été lancés, les banques occidentales restent frileuses (rares sont celles qui approuvent les
lettres de crédit) et les investisseurs
étrangers demeurent prudents. L’in-
certitude entretenue depuis un an par
Washington sur le sort du compromis
nucléaire n’a fait que renforcer cette
frilosité, privant l’Iran des retombées
attendues.
Dans ces conditions, quel impact attendre d’un retrait américain ? « Tout
dépend de la façon dont Washington envisage de se soustraire de l’accord »,
estime un journaliste iranien. Ces dernières semaines, les responsables politiques iraniens ont enchaîné les mises
en garde suggérant qu’ils se tenaient
prêts à toute éventualité. Parmi les réponses envisagées figure évidemment
une reprise du programme nucléaire
tel qu’il fonctionnait avant l’accord.
L’amiral Ali Chamkhani, qui dirige le
Conseil suprême de la Sécurité nationale iranienne, a même ouvertement
suggéré, le 24 avril, une sortie du traité
de non-prolifération des armes nucléaires (TNP).
Un tel geste pourrait ouvrir la voie
à la recherche d’une bombe atomi-
que, et provoquerait sans aucun doute des menaces militaires, notamment de la part d’Israël. « Nous avons
déjà songé à plusieurs options qui sont
prêtes, y compris la possibilité de reprendre nos activités nucléaires à un
rythme plus prononcé », a prévenu,
pour sa part, Mohammad Javad Zarif,
le ministre iranien des Affaires
étrangères, lors d’une visite à New
York, le 21 avril. Avant d’ajouter :
« L’Amérique n’aurait jamais dû
craindre que l’Iran produise la bombe
nucléaire, mais nous poursuivrons vigoureusement notre enrichissement
nucléaire. »
Mais de l’avis général, l’Iran ne devrait pas réagir fermement, du moins
dans un premier temps, afin de ménager les Européens. Ce lundi, Hassan
Rohani a lui-même laissé entendre que
la République islamique pourrait demeurer dans l’accord même sans
Washington, à condition que ce dernier lui donne des gages. ■
Notre nation
n’a pas peur
des sanctions
américaines
ou d’une attaque
militaire.
Nos ennemis […]
doivent savoir que
l’Iran s’est préparé
aux pires scénarios
et menaces
»
HOSSEIN SALAMI,
COMMANDANT ADJOINT DES
GARDIENS DE LA RÉVOLUTION
Le président iranien, Hassan
Rohani, lors d’une conférence,
mardi à Téhéran.
IRANIAN PRESIDENCY OFFICE/AP
“
Que nous soyons
sous sanction ou pas,
nous devons voler
de nos propres ailes
”
HASSAN ROHANI, PRÉSIDENT DE L’IRAN
Les réactions iraniennes sont surtout politiques. « Notre politique
étrangère est fondée sur des relations
constructives avec le monde », a insisté
ce mardi Hassan Rohani dans un discours diffusé en direct à la télévision.
« Que nous soyons sous sanction ou
pas, nous devons voler de nos propres
ailes. C’est très important pour le développement de notre pays », a-t-il
précisé. Le président réformiste iranien s’est évidemment voulu rassurant. Il sait combien la remise en
question du « deal » nucléaire pourrait lui coûter cher. Architecte en
chef de l’accord, il a maintes fois été
attaqué par le clan conservateur qui
lui reproche d’avoir fait « confiance »
à l’ennemi. La sortie des États-Unis
de l’accord pourrait ainsi faire le jeu
des ultras du régime qui en seraient
politiquement renforcés.
De façon générale, la rupture de
l’accord ne ferait que souder la popu-
En Israël, le gouvernement entretient une atmosphère de veillée d’armes
CYRILLE LOUIS £@cyrille_louis
A
CORRESPONDANT À JÉRUSALEM
BENYAMIN NÉTANYAHOU n’aurait raté
ça pour rien au monde. En apprenant,
lundi soir, que Donald Trump était sur le
point de faire connaître sa décision à propos de l’accord sur le nucléaire iranien, le
premier ministre a aussitôt décidé de
chambouler son programme. En visite
mardi matin à Nicosie à l’occasion d’un
sommet avec Chypre et la Grèce, il devait
ensuite se rendre directement à Moscou
mais a préféré repasser dans la soirée par
Jérusalem. Sans doute jugeait-il plus
confortable d’être à son bureau pour
commenter un revirement auquel il n’a
cessé d’appeler, mais que la Russie envisage à l’évidence d’un très mauvais œil.
Résolument hostile à l’accord signé en
juillet 2015 par Barack Obama, Benyamin
Nétanyahou a jeté ces derniers jours toutes ses forces dans la bataille pour
convaincre son successeur de le déchirer.
À l’occasion d’une rare rencontre avec la
presse étrangère, il a confié dimanche ne
pas savoir quelle serait en définitive la
décision de Donald Trump. Mais il a réitéré ses attaques contre ce texte truffé,
selon lui, de « lacunes fatales ». Accusant
la République islamique d’avoir menti en
dissimulant la dimension militaire de son
programme atomique, il a prévenu : « Si
vous gardez cet accord tel qu’il est, vous
aboutirez très rapidement à ce que l’Iran
dispose d’un arsenal nucléaire. » Mardi
matin, à Nicosie, il a élargi le champ de
son réquisitoire. « L’Iran appelle ouvertement à éliminer Israël de la surface de la
terre et pratique une agression sans retenue contre nous, a-t-il affirmé, notamment en cherchant à déployer des armes
très dangereuses en Syrie. »
Les yeux rivés sur la date fatidique du
12 mai, avant laquelle Donald Trump devait en principe sceller le sort de l’accord
de Vienne, les dirigeants israéliens ont
entretenu ces derniers jours une atmosphère de veillée d’armes. De hauts responsables militaires, cités par la presse,
assurent que Téhéran est sur le point de
riposter aux frappes israéliennes conduites les 9 et 29 avril dernier en Syrie. Plus
d’une dizaine de gardiens de la révolution auraient trouvé la mort durant ces
raids que plusieurs dirigeants iraniens
ont promis de ne pas laisser impunis. Dimanche soir, le niveau d’alerte est brutalement monté d’un cran lorsque plusieurs médias israéliens ont affirmé que
des miliciens chiites basés en Syrie
étaient sur le point de tirer des missiles
contre l’État hébreu. La prédiction ne
s’est pour l’heure pas matérialisée. Amos
Harel, correspondant militaire au quotidien Haaretz, croit savoir que l’Iran souhaite laver l’affront tout en maintenant
un certain flou sur l’origine de la riposte
afin d’éviter un embrasement. Des
manœuvres militaires en prévision
d’une éventuelle attaque devaient se dérouler mardi soir sur le plateau du Golan.
Le général de réserve Amos Yadlin,
ancien chef des renseignements militaires et directeur de l’Institut d’études
pour la sécurité nationale, souligne que
la posture iranienne dépendra étroitement de la décision exacte prise par
Donald Trump. « S’il s’en tient à un choix
purement déclaratif, dépourvu de conséquences pratiques et uniquement destiné à
satisfaire son électorat, explique-t-il, on
“
L’Iran appelle
ouvertement à éliminer
Israël de la surface
de la terre et pratique
une agression sans
retenue contre nous
BENYAMIN NÉTANYAHOU,
PREMIER MINISTRE ISRAÉLIEN
”
peut s’attendre à ce que les Iraniens
continuent à respecter cet accord dont ils
tirent un grand bénéfice. Mais s’il décide
de rétablir des sanctions contraignantes
et convainc les Européens de s’y associer,
alors l’Iran se trouvera face à un grave
dilemme… »
Les dirigeants israéliens, qui ont souvent assimilé l’accord de juillet 2015 à la
politique d’apaisement menée en 1938
face à l’Allemagne nazie, semblent faire
le pari qu’un durcissement de la position
américaine finira par faire plier Téhéran.
Yoav Galant, ancien général et membre
du cabinet de sécurité, veut croire que la
méthode Trump « pourrait mener l’Iran à
renoncer définitivement à son programme
nucléaire ». « Les défenseurs de l’accord
pensaient que la levée des sanctions
contribuerait à renforcer l’aile modérée du
régime, rappelle Amos Yadlin, mais hélas, ce qu’on voit depuis trois ans, c’est
que l’Iran est de plus en plus agressif en
Syrie, au Yémen et au Liban. Dans ces
conditions, il est peut-être temps de remettre l’accord en question. Mais ceci ne
peut être fait que si les Israéliens et les
Américains ont un plan B prêt à l’emploi
pour le cas où les Iraniens décideraient de
lancer une politique d’enrichissement à
marche forcée. »
Le face-à-face entre Israël et l’Iran,
qui s’est longtemps joué à distance et par
milices interposées, menace depuis
quelques mois de virer à la confrontation
directe. Après avoir activement contribué à sauver Bachar el-Assad, la
République islamique est désormais
soupçonnée de chercher à créer une implantation militaire durable en Syrie. Les
renseignements militaires israéliens affirment que les gardiens de la révolution
ont commencé à y acheminer des systèmes sophistiqués de défense antiaérienne, des missiles balistiques de précision et des drones de combat. Le
10 février dernier, un échange de feu a
pour la première fois opposé les deux
pays lorsqu’un drone iranien apparem-
ment équipé d’explosifs a été intercepté
au-dessus de Beït Shéan. L’aviation israélienne a répliqué en frappant la base
syrienne d’où l’engin était piloté, mais
l’un de ses F-16 a été abattu au cours de
l’opération. Elle a riposté par une vague
de bombardements d’une ampleur telle
que Moscou a dû intervenir pour limiter
les dégâts infligés à l’armée syrienne.
La Russie, qui se trouve en position de
force depuis son entrée en guerre aux
côtés de Bachar el-Assad, a dans un premier temps choisi de détourner le regard lorsque Israël frappait des convois
ou des dépôts d’armes destinés au Hezbollah. Mais elle semble désormais
s’agacer des attaques menées directement contre des implantations iraniennes dans le nord et le centre de la Syrie.
Le 9 avril dernier, Moscou a clairement
signifié son mécontentement en accusant l’armée israélienne d’avoir frappé
une base proche de Palmyre – alors que
celle-ci préfère généralement maintenir
une certaine ambiguïté autour de ses
raids. Vladimir Poutine semble craindre
que les tensions croissantes entre les
deux pays ne menacent la stabilisation
du régime syrien. Les dirigeants israéliens se disent pour leur part déterminés
à repousser l’expansion iranienne « quel
qu’en soit le prix ». Un désaccord de fond
que Vladimir Poutine et Benyamin Nétanyahou s’efforceront sans doute
d’aplanir lors de leur entretien ce mercredi à Moscou. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mercredi 9 mai 2018
POLITIQUE
5
Un 8 Mai très politique pour Macron
Le chef de l’État a promis, mardi, de l’« ordre » à un ancien combattant qui l’interpellait sur les « gauchos ».
ÉLYSÉE Un 8 Mai entre tradition et modernité. Côté pile, une cérémonie tout à
fait traditionnelle, avec dépôt de gerbe
au pied de la statue du général de Gaulle,
remontée des Champs-Élysées en voiture encadrée des chevaux de la Garde
républicaine, ravivage de la flamme de
la tombe du Soldat inconnu. Côté face,
un message politique sans ambiguïté
adressé au détour d’une discussion impromptue alors qu’Emmanuel Macron
salue les participants à la cérémonie.
« Soyez très ferme avec tous ces gauchos
de la politique qui ne veulent que foutre la
merde », l’interpelle ainsi un ancien
combattant en lui serrant longuement la
main. D’abord interloqué puis très vite
amusé, le chef de l’État ne lâche ni la
main ni le regard de l’homme qui lui fait
face. Puis après un moment de silence, il
se lance. « Ne vous inquiétez pas, regardez-moi faire. Je ne commenterai pas ce
que vous avez dit. Tout le monde peut
s’exprimer, mais il faut qu’il y ait un peu
d’ordre », répond Emmanuel Macron.
nimées. Il y a un an, François Hollande
avait accompagné Emmanuel Macron
tout au long de la cérémonie du 8 Mai.
Fraîchement élu, celui-ci effectuait
alors ses premiers pas de président et
n’avait pas encore été investi.
Présent en revanche, l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy,
qui essaye de ne jamais rater une céré-
monie du 8 Mai. Avec Emmanuel Macron, il a échangé une chaleureuse poignée de main. Absence de François
Hollande, proximité avec Nicolas
Sarkozy, l’édition 2018 du 8 Mai se pose
comme une illustration du climat politique du moment. À l’approche des élections européennes de 2019, Emmanuel
Macron se tourne de plus en plus vers sa
droite. Il s’agit d’achever le travail de
recomposition politique entamé l’année
dernière avec son élection. Pour l’heure, le président de la République ne voit
pas de danger du côté du PS, et les socialistes ont bien du mal à se remettre de
la campagne présidentielle catastrophique de Benoît Hamon. À droite en revanche, la menace plane toujours. Em-
manuel Macron compte sur le scrutin de
l’année prochaine pour accentuer chez
LR le clivage entre proeuropéens et
eurosceptiques. En la matière, une poignée de main appuyée avec Nicolas
Sarkozy ne peut qu’accentuer le trouble
dans l’électorat de droite. Voire pousser
les macronistes honteux à sortir de
l’ambiguïté. ■
“
EMMANUEL MACRON
CHRISTIAN HARTMANN/REUTERS
Ne vous inquiétez pas,
regardez-moi faire.
Je ne commenterai pas
ce que vous avez dit
”
Une version édulcorée du mot prononcé en 1968 par le général de Gaulle :
« La réforme, oui ! La chienlit, non ! »
Car Emmanuel Macron n’en est pas là.
Certes, la grève à la SNCF n’en finit pas.
Certes, celle d’Air France non plus. Certes, les Insoumis de Jean-Luc Mélenchon appellent à une nouvelle manifestation pour le 26 mai. Certes,
l’évacuation de la ZAD de Notre-Damedes-Landes ne va pas aussi vite que prévu. Mais pour contesté qu’il soit, le président de la République n’a pas été hué
lors de sa remontée des Champs-Élysées, comme François Hollande le fut
presque tout au long de son quinquennat. Le chef de l’État s’est même échappé du protocole, s’offrant ainsi un petit
bain de foule pour saluer les spectateurs
des premiers rangs et constatant qu’il
était toujours autant sollicité pour faire
des selfies.
Plusieurs membres du gouvernement
étaient présents, dont le premier ministre Édouard Philippe, qui devait ensuite
partir pour Orléans participer aux Fêtes
johanniques (lire ci-dessous). Convié
comme tous les anciens présidents de la
République, François Hollande avait
décliné cette année l’invitation, officiellement pour des raisons d’agenda.
« Il ne pouvait pas s’y rendre », a expliqué son entourage. L’ancien président
socialiste vient d’achever la tournée
promotionnelle de son livre Les Leçons
du pouvoir, au cours de laquelle il s’en
est régulièrement pris à Emmanuel Macron, le qualifiant notamment de « président des très riches ». Les relations entre les deux hommes se sont enve-
Emmanuel Macron passe les troupes en revue lors d’une cérémonie marquant le 73 e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, mardi à Paris.
Les propos du président sur les APL font polémique
On ne peut
« pas
avoir
des mots
raccourcis.
L’APL
est un sujet
important
pour
des millions
de familles
françaises
et il faut
qu’on le
traite avec
équité
»
GÉRARD LARCHER (LR),
PRÉSIDENT DU SÉNAT
EMMANUEL GALIERO £@EGaliero
ET TRISTAN QUINAULT-MAUPOIL
£@TristanQM
POUR le premier anniversaire de
son élection à l’Élysée, Emmanuel
Macron fait une nouvelle fois l’objet d’un procès en mépris social.
La polémique sur la baisse de
5 euros de l’aide personnalisée au
logement (APL), décidée à l’automne, rebondit à l’occasion d’un
documentaire diffusé lundi soir
sur France 3. Le président y fait
une analogie entre le lieutenantcolonel de gendarmerie Arnaud
Beltrame « mort parce que la
France, ce sont des idées, des valeurs, quelque chose d’une guerre
qui le dépasse » et « les gens qui
pensent que la France, c’est une espèce de syndic de copropriété où il
faudrait défendre un modèle social
qui ne sale plus (sic), une République dont on ne connaît plus
l’odeur », et où « l’on invoque la
tragédie dès qu’il faut réformer ceci
ou cela, et qui pensent que le summum de la lutte, c’est les 50 euros
d’APL ». Et Emmanuel Macron de
lâcher : «Ces gens-là ne savent pas
ce que c’est que l’histoire de notre
pays. »
Des propos qui, sans surprise,
ont fait réagir l’opposition. En tête
le leader de La France insoumise
(LFI) Jean-Luc Mélenchon. « Beltrame a exprimé le maximum humain du soin de l’autre. À Macron,
on ne demande que l’APL. Et même
ça, il en est incapable », a-t-il écrit
mardi sur Twitter en marge d’un
déplacement en Russie.
« Au secours Ricœur ! »
Au PS, le député Boris Vallaud a
jugé « petit d’opposer les héros
aux plus pauvres ». « Si Macron
pense que le summum du progrès,
c’est de baisser les APL et de supprimer l’ISF et l’exit tax, il n’a pas
compris l’histoire de notre pays »,
a-t-il poursuivi, en affirmant que
« ceux qui sont à 20 euros près ne
méritent pas ce mépris ». « Monsieur le président, il faut ne rien
comprendre à l’ordre des valeurs ni
des choses pour comparer la grogne contre la baisse des APL avec le
sacrifice d’un gendarme… Au secours Ricœur », a tweeté l’ancien
ministre Stéphane Le Foll, en référence au philosophe dont a été
proche le chef de l’État.
À droite, les réactions aux propos d’Emmanuel Macron sur les
APL oscillent entre reproches et
indignation. « On ne peut pas
avoir des mots raccourcis. L’APL
est un sujet important pour des
millions de familles françaises et il
faut qu’on le traite avec équité », a
déclaré le président LR du Sénat,
Gérard Larcher, sur LCI. Plus
mordant, Christian Jacob, président du groupe LR à l’Assemblée
nationale, trouve la confidence
présidentielle très révélatrice
« d’un technocrate totalement déconnecté des réalités du pays s’exprimant avec mépris et suffisance ». Florence Portelli, maire LR
de Taverny dans le Val-d’Oise, a
quant à elle invité Emmanuel Macron à venir à assister à l’une de
ses permanences. « Il y rencontrerait des personnes pour qui
50 euros d’APL ne sont pas rien.
Toujours ce mépris de classe détes-
Aux Fêtes johanniques,
Philippe dans les pas
du chef de l’État
rue, aux étudiants, aux zadistes… qui,
en ce mois de mai 2018, rêvent de rejouer mai 1968.
La cible des identitaires
Le premier ministre a fait résonner le parcours
de Jeanne d’Arc avec la situation politique
de la France.
GOUVERNEMENT Dans les pas d’Emmanuel Macron. Invité des Fêtes johanniques d’Orléans, le premier ministre, Édouard Philippe, a fait résonner
son discours avec celui prononcé il y a
deux ans à la même occasion par celui
qui était encore ministre de l’Économie. Se comparant à Jeanne d’Arc qui
« comme une flèche […] fend le système », Emmanuel Macron avait alors
délivré un message politique en appelant à « réconcilier les deux France […],
celle qui doute et celle qui est sûre
d’elle ».
Mardi, à Orléans, Édouard Philippe a
filé la même métaphore, évoquant lui
aussi en creux Emmanuel Macron, son
parcours et son projet pour le pays. La
France de Jeanne d’Arc ? « Un royaume
en proie aux luttes intestines […], l’histoire d’une armée découragée et celle
d’un peuple qui doute, raconte Édouard
Philippe. Mais dans cette histoire, sombre, tragique, surgit le plus inattendu des
visages. » Toute ressemblance avec
l’élection présidentielle de 2017 n’est
pas forcément fortuite, la suite en atteste.
Ce « plus inattendu des visages » se
trouve en effet confronté à « un pays
table à travers une comparaison
totalement hors de propos », a-telle critiqué. Pour sa part, le maire LR de Châteauroux, Gil Avérous, a souligné le fait que Julien
Denormandie avait reconnu que
la baisse des APL avait été une
« mauvaise décision ». « Courage
aux députés LaREM qui vont devoir
rétropédaler!», a estimé le président du comité des maires LR.
Côté Front national, sur Radio
Classique, Marine Le Pen a dénoncé une « indécence » et un
« mépris… à l’égard des Français
humbles » dans les mots d’Emmanuel Macron, tandis que Nicolas Dupont-Aignan, président
de Debout la France, juge que le
chef de l’État va « très vite lasser » avec sa parole « insupportable ». Selon Dupont-Aignan,
ce n’est pas parce que des millions de Français « à 10 euros
près » protestent contre 50 euros
d’APL en moins « qu’ils ne sont
pas de bons Français et qu’ils ne
comprennent pas ce qu’a fait de
manière extraordinaire le lieutenant Beltrame ». ■
À Orléans, mardi, le premier ministre, Édouard Philippe, salue Mathilde Edey Gamassou,
la jeune fille choisie pour incarner Jeanne d’Arc cette année. GUILLAUME SOUVANT/AFP
d’abîmes et de firmaments, un pays de
doutes, de divisions mais aussi d’espoir
et d’unité dans lequel le sursaut est toujours possible, surtout quand on ne l’attend plus ». Voilà pour le climat décliniste de l’arrivée d’Emmanuel Macron
au pouvoir. Mais face aux doutes, « notre pays a toujours le même choix, poursuit Édouard Philippe. D’un côté, celui
de la division, du repli et du découragement ; de l’autre, celui de l’unité […], celui de l’ambition et du courage. C’est ce
dernier choix, évidemment difficile parce
que le plus exigeant, que toute notre histoire, cette si longue, si tragique et si
belle histoire de France, nous encourage,
voire nous engage à faire. Puis à tenir ».
Résister donc. Aux corporatismes, à la
Jusqu’alors, Jeanne d’Arc était une figure de l’histoire que s’appropriait plutôt l’extrême droite, qui se réunit tous
les 1er Mai rue de Rivoli, à Paris, devant
sa statue. En se rendant il y a deux ans à
Orléans pour les Fêtes johanniques,
Emmanuel Macron avait alors expliqué
vouloir reprendre ce symbole au Front
national. Cette année, la jeune fille
choisie pour incarner Jeanne d’Arc,
Mathilde Edey Gamassou, avait subi sur
les réseaux sociaux un déferlement de
commentaires injurieux des tenants de
la droite identitaire en raison des origines de la jeune fille, béninoises par son
père et polonaises par sa mère.
C’est à elle qu’Édouard Philippe a réservé les derniers mots de son discours,
mardi, en en citant un autre : « Celui
qu’a prononcé André Malraux, ici même
je crois, le 8 mai 1961. Vers la fin de son
intervention, il évoque votre rôle et s’exclame : “Que les filles d’Orléans continuent à t’incarner à ton tour ! Toutes se
ressemblent, toutes te ressemblent.” »■
F.-X. B.
A
FRANÇOIS-XAVIER BOURMAUD
£@fxbourmaud
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 9 mai 2018 LE FIGARO
6
POLITIQUE
Révision constitutionnelle :
Macron tente l’épreuve de force
Le texte est examiné
ce mercredi
en Conseil des
ministres. Malgré
les critiques à droite,
le président campe
sur ses positions.
MARCELO WESFREID £@mwesfreid
EXÉCUTIF A président vertical, réforme
verticale. Avec la présentation en Conseil
des ministres, ce mercredi, du volet
constitutionnel de la réforme des institutions, le gouvernement entend renforcer
davantage ses prérogatives et sa capacité à
accélérer sur les réformes. Ainsi, les textes
législatifs les plus urgents pourront bénéficier d’« une inscription prioritaire à l’ordre du jour », le vote du budget sera plus
rapide (50 jours contre 70 actuellement),
les amendements devront avoir « une
réelle portée » et l’Assemblée aura plus
souvent le dernier mot. Le président LR du
Sénat Gérard Larcher y voit une « vraie
réduction des pouvoirs du Parlement ». Le
deuxième personnage de l’État doit exprimer à nouveau ses désaccords, lors d’une
conférence de presse organisée mercredi
après-midi. De son côté, le président
LaREM de l’Assemblée, François de Rugy,
compte sur l’« enrichissement » et le rééquilibrage du texte dans l’Hémicycle, à
partir de la fin juin ou du début juillet.
Le gouvernement, lui, balaie ces inquiétudes d’un revers de main. « Il ne s’agit ni
de revenir à la IVe République ni de passer à
la VIe, il s’agit bien au contraire de revenir
aux sources de notre Ve République », a expliqué Édouard Philippe, en avril. Il s’agit
en quelque sorte d’un hommage au texte
fondamental, à l’occasion de ses soixante
ans, qui tombent le 4 octobre 2018. « On
porte une rénovation du travail parlementaire pour qu’il gagne en efficacité », résume un conseiller de Matignon. Les projets
de loi ordinaire et organique, qui complètent l’édifice (dose de proportionnelle aux
législatives, limitation des mandats dans le
temps, redécoupage des circonscriptions, etc.), seront présentés ultérieurement, probablement dans deux ou trois
semaines. Leur contenu dévoilé en exclusivité par Le Figaro (nos éditions du samedi
5 mai) sera toutefois évoqué dès ce mercredi, au cours du Conseil des ministres.
Puis par le président, devant les parlementaires, qu’il compte réunir à
Versailles dans les prochaines semaines.
À ce stade, l’accord politique entre Emmanuel Macron et Gérard Larcher n’a pas
été trouvé. Il est pourtant indispensable
pour que la réforme ne capote pas. Il
n’empêche : l’exécutif semble prêt à entamer l’épreuve de force, ne voulant plus
rien lâcher. Il considère que les concessions ont été suffisantes : exemption des
maires des communes de plus de
9 000 habitants pour la limitation des
mandats dans le temps et garantie d’au
moins un sénateur par département pour
assurer une représentation des territoires
L’État souhaite réduire d’un tiers le nombre de députés et de sénateurs. L’effectif de l’Assemblée nationale passerait ainsi de 577 députés à 404.
ruraux. C’était les « lignes rouges » des sénateurs LR. En réalité, « rien n’est fini dans
les négociations, chaque camp va tendre au
maximum l’élastique jusqu’à la dernière
minute », décrypte un proche du chef de
l’État. Pour être adopté, soit par les trois
cinquièmes du Congrès soit par référendum, le texte constitutionnel a préalablement besoin d’avoir été voté dans les mêmes termes par les deux Chambres, à la
majorité absolue. Cela peut intervenir en
seconde lecture. Il reste donc encore du
temps pour croiser le fer et trouver un terrain d’entente.
“
Rien n’est fini dans les
négociations, chaque camp
va tendre au maximum
l’élastique jusqu’à
la dernière minute
UN PROCHE DU CHEF DE L’ÉTAT
”
Au sommet de l’État, on s’interroge sur
le degré de détermination de Gérard
Larcher. « L’exécutif trouve que le président du Sénat fait patte de velours quand il
voit Emmanuel Macron en petit comité,
mais qu’il montre les muscles dès qu’il a
quitté l’Élysée », commente un ami du chef
de l’État. Les macronistes gardent sous le
coude une arme de dissuasion massive : un
changement du mode de scrutin des sénateurs. Le président du groupe LaREM à
l’Assemblée nationale, Richard Ferrand,
avait même publiquement évoqué cette
menace. « Moi je considère qu’imaginer un
scrutin totalement proportionnel à l’échelle
des régions serait par exemple une hypothèse de travail intéressante, car cela garantit
une représentativité de qualité de l’ensemble
des régions, avait-il déclaré sur CNews.
Cela fait en sorte que toutes les sensibilités
soient bien représentées. » C’est le premier
ministre Édouard Philippe qui a eu l’idée,
au cours d’une des réunions de la majorité,
d’agiter ce chiffon rouge, qui affaiblirait
Gérard Larcher. Une provocation plus
qu’une piste sérieuse ? Sans aucun doute.
À l’Élysée, on avance également un autre
argument pour couper l’herbe sous le pied
des Républicains : la baisse du nombre de
parlementaires de 30 %, qui fait partie des
engagements de campagne, va se traduire
par une « surreprésentation des ruralités »,
dans la mesure où les départements les plus
peuplés seront les plus affectés par la réduction du nombre de députés et de sénateurs. À l’inverse, les départements actuellement représentés par un député et un
sénateur ne seront pas affectés par la réforme. L’exécutif assure également que cette
réforme se fera à budget constant. Il ne
s’agit donc pas, insiste-t-on, de faire des
économies sur le dos du pouvoir législatif.
L’enjeu pour Emmanuel Macron est
bien de réussir à tordre le bras du Sénat sur
les points qui fâchent sans pour autant
mettre en péril le reste de la réforme institutionnelle : suppression de la Cour de justice de la République (lire ci-dessous),
transformation du Conseil économique
social et écologique, inscription de la Corse
dans la Constitution, fin de la présence des
anciens chefs de l’État comme membre de
droit au Conseil constitutionnel et réforme
du Conseil supérieur de la magistrature.
Après avoir promis de « parachever » la
réforme à l’été 2018, le gouvernement a dû
prendre beaucoup plus de temps que prévu pour faire avancer le paquebot institutionnel. Il espère maintenant le faire arriver à bon port en 2019. ■
+
» Lire aussi PAGE 13
A
Après 25 ans d’existence, la fin programmée
de la Cour de justice de la République
LA COUR DE JUSTICE de la République
(CJR), dont les jours semblent comptés, a
été créée en 1993 afin de juger les ministres pour des actes commis dans l’exercice de leurs fonctions. Cette juridiction
d’exception a toujours été critiquée. Pour
la lourdeur de son fonctionnement,
d’une part : elle mobilise trois magistrats
professionnels de haut rang et douze
parlementaires (six députés et six sénateurs titulaires, défrayés à hauteur de
3 000 euros, 1 600 euros pour les suppléants), ainsi que le procureur général
près la Cour de cassation. Pour ses arrêts,
non susceptibles d’appel, d’autre part.
La CJR a statué à cinq reprises : sur l’affaire du sang contaminé (Edmond Hervé
condamné avec dispense de peine, Laurent Fabius et Georgina Dufoix relaxés) ;
sur une affaire de diffamation visant Ségolène Royal (relaxée) ; sur une escroquerie de 1,3 million d’euros au préjudice
de l’État par le secrétaire d’État aux Han-
dicapés Michel Gillibert (trois ans de prison avec sursis, 20 000 euros d’amende et
cinq ans d’inéligibilité) ; sur trois délits financiers reprochés à Charles Pasqua (un
an avec sursis pour l’un des trois) ; sur la
« négligence » de Christine Lagarde, alors
ministre de l’Économie, dans le cadre de
l’arbitrage Tapie-Crédit lyonnais, soit un
François Hollande avait
promis de supprimer
la CJR, née sous Mitterrand,
mais n’en avait rien fait
litige portant sur plus de 400 millions
d’euros. Reconnue coupable mais dispensée de peine, l’actuelle directrice générale du FMI a comparu seule devant la
CJR, bien que le volet correctionnel du
dossier n’ait pas encore été purgé, ce qui
pose un problème d’équité : la présomp-
tion d’innocence des personnes mises en
examen se retrouve, de facto, ébranlée,
car si Mme Lagarde est coupable, c’est
bien parce que la CJR a estimé qu’il y avait
délit constitué. Délit présumé seulement
pour ceux qui en contestent l’existence,
et vont devoir s’en expliquer devant une
juridiction ordinaire.
François Hollande avait promis de supprimer la CJR, née sous Mitterrand, mais
n’en avait rien fait. Emmanuel Macron
s’y emploie. Le fait, pour des ministres,
être traduits devant des personnalités issues de leur monde apparaît comme un
privilège. De surcroît, le nombre de juges
appelés à statuer sur des affaires qui, pour
le commun des mortels, relèvent d’une
formation collégiale (trois magistrats du
siège) en correctionnelle, a de quoi étonner. Plus encore au moment où le gouvernement envisage de se passer de jurés
populaires pour trancher certains dossiers de nature criminelle. ■
S. D.-S.
JEAN-CHRISTOPHE MARMARA/LE FIGARO
CONTRE-POINT
PAR GUILLAUME TABARD £@GTabard
Arrière-pensées et effets
cachés d’une réforme
N
e nous y trompons pas :
Emmanuel Macron n’est pas
attaché tant que cela à la
révision constitutionnelle.
Réforme du CSM, fin du statut de
membre de droit du Conseil
constitutionnel pour les anciens
présidents, modification du rôle
du Conseil économique, mention
de la Corse… Tout cela est peut-être
nécessaire, mais ne changera
radicalement ni la vie du pays ni
l’image de la politique. Le chef de
l’État le sait d’autant plus que bien
des ingrédients de ce fourre-tout
ne sont que la reprise d’anciennes
propositions de ses prédécesseurs.
Emmanuel Macron, en revanche, est
très attaché à sa réforme électorale qui
prévoit trois dispositions principales :
la réduction de 30 % du nombre de
parlementaires, l’instauration d’une
dose de 15 % de proportionnelle
à l’Assemblée et la limitation des
mandats dans la durée.
L’ensemble de ces sujets
- constitutionnels d’un côté,
électoraux de l’autre - est perçu
comme appartenant à un même
paquet institutionnel. Ils ne sont
pourtant pas liés entre eux, sauf dans
le rapport de forces qui oppose
le chef de l’État à la droite, majoritaire
au Sénat. Les dispositions
constitutionnelles - celles qui sont
présentées ce mercredi en Conseil
des ministres - sont pour la plupart
consensuelles. Sauf que le
gouvernement y a rajouté des mesures
relatives au travail parlementaire qui
renforcent les prérogatives du pouvoir
exécutif, au détriment du pouvoir
législatif (lire ci-contre). Ce qui permet
au président du Sénat, Gérard
Larcher, de conjuguer ses casquettes
d’opposant politique (modéré) et de
résistant institutionnel (déterminé).
Pour l’opposition, se poser en
défenseur des droits du Parlement
face à un président accusé de « dérive
d’exercice solitaire du pouvoir »,
comme le dit Valérie Pécresse dans
Les Échos, et de ne tolérer aucun
contre-pouvoir, peut être un créneau
porteur. Mais il ne suffira pas à
passionner une opinion peu concernée
par les subtilités de la mécanique
parlementaire. C’est pour cela qu’un
bras de fer n’effraie pas Emmanuel
Macron. Un échec au Congrès ou
un abandon avant vote de la révision
constitutionnelle seraient certes
un revers pour lui. Mais cela ne
l’empêcherait pas de faire voter ses
projets électoraux, inscrits dans
deux projets de loi distincts, et qui,
eux, ne nécessitent qu’une majorité
à l’Assemblée pour être adoptés.
Pour le coup, le chef de l’État ne se
priverait pas de jouer l’opinion contre
le conservatisme supposé des élus
de « l’ancien monde ». Non sans une
once de démagogie.
Car dire « moins d’élus » sera un
slogan toujours populaire et promettre
plus de « diversité » politique grâce
à de la proportionnelle sera toujours
une promesse applaudie. Or il faut
regarder de près la copie du
gouvernement. Ce que députés et
sénateurs gagneront peut-être en
efficacité dans le travail parlementaire,
ils le perdront sûrement en proximité,
obligés qu’ils seront de couvrir des
territoires près de deux fois plus
grands qu’aujourd’hui. Quant à la
justice électorale rétablie par une
pincée de proportionnelle, elle risque
d’être plus qu’annulée par l’effet de la
réduction du nombre d’élus. En clair,
le FN, les Insoumis, les centristes,
les écologistes, les « divers » de droite
et de gauche perdront plus de sièges
au majoritaire qu’ils en gagneront
à la proportionnelle. Ce décalage entre
objectifs affichés et effets obtenus
mérite un débat. Et justifient que
les citoyens s’intéressent un peu plus
à la science électorale. Par-delà
les symboles. ■
» Retrouvez
Guillaume Tabard
tous les matins à 8 h 10
sur Radio Classique
Dire « moins
d’élus » sera
un slogan
toujours
populaire et
promettre plus
de « diversité »
politique grâce
à de la
proportionnelle
sera toujours
une promesse
applaudie
»
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LE FIGARO
mercredi 9 mai 2018
INTERNATIONAL
7
Kim et Xi
affichent leur
rapprochement
Les deux dirigeants se sont rencontrés
mardi avant un sommet historique entre
le maître de Pyongyang et Donald Trump.
CYRILLE PLUYETTE £@CyrillePluyette
CORRESPONDANT À PÉKIN
CHINE Kim Jong-un et Xi Jinping ne se
quittent plus. Le jeune dictateur nordcoréen a rendu visite au numéro un
chinois pour la deuxième fois en moins
d’un mois et demi, alors que les deux dirigeants ne s’étaient jamais rencontrés
auparavant. Après être venu à Pékin fin
mars en train blindé, Kim Jong-un à cette
fois-ci emprunté un avion pour se rendre
à Dalian – près de la frontière nord-coréenne –, où il est arrivé lundi et dont il
est reparti mardi.
Ce nouvel entretien intervient à un
moment où la Chine essaye de retrouver
un rôle central dans la gestion de la crise
nucléaire nord-coréenne et de défendre
ses intérêts stratégiques dans la région,
alors que Kim Jong-un multiplie les initiatives diplomatiques. Le « Leader suprême » a ainsi participé fin avril avec le
dirigeant sud-coréen Moon Jae-in à un
premier sommet entre les deux Corées,
qui semble amorcer un apaisement des
tensions entre les deux pays. Il devrait par
ailleurs rencontrer le président américain
Donald Trump – événement tout aussi
historique – fin mai ou début juin dans un
lieu qui sera « bientôt » dévoilé, a indiqué
vendredi l’hôte de la Maison-Blanche.
En attendant, Kim Jong-un et Xi
Jinping ont cherché à afficher leur proximité. La télévision publique chinoise a
Le dirigeant nord-coréen
Kim Jong-un (à gauche)
et le président chinois
Xi Jinping, s’entretiennent
sur le bord de mer, à Dalian,
dans le nord-est de la Chine.
JU PENG/AP
montré les deux hommes marchant côte
à côte dans un parc en bord de mer puis
échangeant autour d’une table. Le maître
de Pékin s’est félicité des « avancées positives » concernant les relations avec son
voisin et sur la péninsule coréenne, selon
l’agence officielle Chine nouvelle.
Numéro d’équilibriste
Toujours selon cette source, Kim Jongun a redit à son interlocuteur qu’il
souhaite que les différentes parties impliquées prennent des mesures « progressives » et « synchronisées » afin de
parvenir à une dénucléarisation de la péninsule et à une paix durable entre le
Nord et le Sud. Si les acteurs concernés
« renoncent à leurs politiques d’hostilité et
à leurs menaces contre la Corée du Nord »,
celle-ci « n’aura plus besoin de capacités
nucléaires », a-t-il ajouté.
Même si la Chine est le principal soutien diplomatique et économique de la
Corée du Nord, les deux régimes étaient
en froid ces dernières années. Pékin a été
courroucé par les essais nucléaires nordcoréens et Pyongyang a reproché au
géant asiatique d’avoir voté des sanctions
de l’ONU à son encontre.
En se rapprochant de Séoul et de
Washington, Kim Jong-un prend soin de
ne pas devenir trop dépendant de Pékin.
Mais, dans un numéro d’équilibriste, il
cherche aussi probablement à rassurer la
Chine sur le fait qu’elle ne sera pas tenue à
l’écart des discussions avec les États-
Unis. Le « Leader suprême » a besoin de
s’assurer du soutien de son puissant voisin, au cas où les discussions échoueraient
avec Donald Trump. Il compte aussi vraisemblablement sur l’influence de la Chine
pour alléger les sanctions qui touchent le
royaume ermite. Et sait qu’il pourra difficilement se passer du géant communiste
s’il veut développer son économie. La
rencontre de Dalian s’est par ailleurs déroulée alors qu’un sommet entre la Chine,
le Japon et la Corée du Sud s’ouvre mercredi à Tokyo, pour discuter du dossier
nord-coréen. C’est le premier ministre Li
Keqiang qui représente la Chine lors de
ces premiers entretiens tripartites depuis
plus de deux ans. Kim Jong-un a tout intérêt à ce que Pékin y plaide sa cause. ■
L’Italie s’achemine vers de nouvelles élections
Faute d’accord de gouvernement, le président Mattarella plaide pour un gouvernement « neutre », en attendant un nouveau scrutin.
ROME
POLITIQUE Un retour aux urnes en
juillet, le 22 probablement. Ou encore
en octobre, en plein débat budgétaire. À
peine deux mois se sont écoulés depuis
les élections du 4 mars, et les vainqueurs - Mouvement 5 étoiles (M5S)
d’une part, coalition de droite de l’autre
- envisagent déjà de nouvelles élections. La rupture s’est consommée lundi soir au Quirinal, devant un président
de la République consterné de ne pouvoir amener à la raison les factions adverses. « Ce serait la première fois depuis l’avènement de la République (1947,
NDLR) qu’une législature se conclut
avant même d’avoir commencé », a-t-il
relevé, très amer.
Trois tours de consultations de Sergio
Mattarella et deux missions exploratoires
confiées aux présidents du Sénat et de la
Chambre des députés n’ont pas suffi à réduire les distances. « La tentative de donner vie à une majorité de centre droit avec
les 5 Étoiles n’a pas abouti. Ni celle du M5S
de constituer une majorité avec la seule
Ligue. Quant à une majorité entre 5 Étoiles
et Parti démocratique, elle s’est révélée impraticable », a souligné le président.
Quant à former un gouvernement minoritaire, comme l’a demandé avec insistance la Ligue - la coalition de droite
aurait eu 42 % des voix au Parlement -, le
président dit l’avoir « exclu dès le début ».
Faute de donner jour à un gouverne-
ment politique, le président de la République a avancé l’idée d’un gouvernement « neutre par rapport aux forces
politiques », un « gouvernement de garantie » qui ne durerait pas plus de six
mois et se démettrait aussitôt approuvé
le budget 2019, avec l’engagement de
tous ses membres de ne pas chercher à se
faire élire aux prochaines élections. Cela
permettrait à l’Italie d’être représentée
par un cabinet dans la plénitude de ses
fonctions à l’important Conseil européen des 28 et 29 juin, qui débattra du
budget communautaire pour les sept
prochaines années et des flux migratoires. Pour le chef de l’État, proroger le
gouvernement de Paolo Gentiloni qui
s’est démis à peine élu les présidents du
nouveau Parlement, le 31 mars, est im-
pensable : «Il représente une majorité
parlementaire qui n’existe plus. »
La craine d’un marasme
économique
À peine sortis du Quirinal, Matteo
Salvini et Luigi Di Maio ont torpillé l’idée
d’un gouvernement de techniciens :
«Nous refusons catégoriquement d’accorder notre confiance à un nouveau Monti
(Mario Monti, l’économiste nommé en
pleine tempête monétaire en septembre 2011 pour remplacer Silvio Berlusconi
comme président du Conseil). Il faut immédiatement redonner la parole aux électeurs », se sont-ils écriés l’un et l’autre.
Qu’importe à leurs yeux que les élections se déroulent en plein milieu des
vacances d’été - ce qui n’est jamais ad-
Arménie : l’opposant Pachinian au pouvoir
Nikol Pachinian a été élu premier ministre mardi, après une « révolution de velours » qui a duré 25 jours.
Mais le pays pourrait devoir attendre des mois avant que l’ancien système ne soit totalement renversé.
RÉGIS GENTÉ £@regisgente
TBILISSI
CAUCASE La journée a été vécue comme
historique au milieu des replis du Caucase. Avec 59 voix pour, 42 contre, Nikol
Pachinian a finalement été élu premier
ministre de l’Arménie, ce mardi. Son
élection sonne comme le triomphe de la
« révolution de velours » dont il a été le
catalyseur vingt-cinq jours durant.
L’énorme soutien populaire qu’il a su faire s’exprimer a poussé le Parti républicain - honni, il est vrai, mais fort de la
majorité au Parlement - à céder onze de
ses votes à celui qui n’est pourtant autre
que son tombeur.
Une semaine plus tôt, les Républicains,
qui avaient soutenu pendant dix ans le
président Serge Sarkissian, avant d’entériner ses manœuvres pour garder le pouvoir en devenant un premier ministre
aux pouvoirs renforcés, avaient refusé
d’élire le même Nikol Pachinian à la tête
du gouvernement. Une sorte de baroud
d’honneur, huit jours après la démission
de Serge Sarkissian, d’un système qui
s’imaginait mal l’avenir sans les prébendes qu’il s’est octroyées sur le dos d’une
population pourtant très pauvre. Ce
8 mai, le centre d’Erevan était à nouveau
Le leader de l’opposition, Nikol Pachinian, est applaudi par les députés à l’Assemblée
nationale, mardi à Erevan. Il a été élu avec 59 voix pour et 42 contre. MINASYAN/AFP
noir de monde, histoire de faire comprendre aux Républicains que le pouvoir
est désormais aux mains des près de
3 millions d’Arméniens. Et surtout qu’il
n’est plus entre celles d’une Assemblée
nationale élue au terme d’un scrutin, en
avril 2017, marqué par d’innombrables
fraudes, comme toujours depuis l’indépendance du pays.
Risque de « cohabitation »
Ce mouvement, qui a toujours su rester
pacifique, a assurément remporté une bataille. La victoire n’est néanmoins pas totale. Lors de son discours aux députés, ce
8 mai, Nikol Pachinian a appelé « toutes les
forces politiques à collaborer pour assurer
des élections justes et libres en Arménie le
plus tôt possible ». Mais cela est loin d’être
gagné et des élections anticipées pourraient n’intervenir que d’ici à plusieurs
mois. « La Constitution ne nous permet pas
de dissoudre aisément ce Parlement. Nous
n’avons quasiment aucune option pour ce
faire et nous risquons de devoir cohabiter
avec les Républicains. Peut-être pourra-ton obtenir d’eux un gentlemen’s agreement, puisqu’ils devraient comprendre que
le peuple ne veut plus d’eux. Pour le moment, Nikol Pachinian doit présenter son
programme d’ici à vingt jours et le soumettre aux députés », explique Babken Dergrigorian, un politologue membre de
l’équipe de transition qui vient d’accéder
au pouvoir. Cela s’annonce comme un
vrai casse-tête, d’autant que le grand
« frère russe », dont le président Vladimir
Poutine a été le premier à féliciter Nikol
Pachinian pour son élection, insiste pour
que tout se passe selon la Constitution.
Devant ses collègues, Pachinian a semblé parfois résigné à devoir cohabiter
quelque temps : « Même pendant la période
de transition, notre gouvernement devrait
mettre en œuvre des changements de
fond. » Il a à nouveau martelé vouloir éradiquer la corruption et mettre fin aux privilèges de la clique au pouvoir, avant
d’encourager chacun à créer des affaires.
Question clé s’il en est en Arménie, que
Nikol Pachinian aura rappelée aussi pour
mieux pousser la majorité « républicaine »
à partir ou, à défaut, à voter comme on le
lui dira. ■
venu - ou au début de l’automne.
Qu’importe de retourner aux urnes avec
la même loi électorale responsable du
désastre du vote du 4 mars. Qu’importe
encore les appels angoissés du président
du patronat Vincenzo Boccia face au
marasme économique dans lequel l’Italie
risque de replonger. Salvini et Di Maio y
voient un avantage personnel immédiat.
D’ici à la fin de la semaine, Sergio
Mattarella devrait pressentir un (ou plutôt une) personnalité de la société civile
pour former un exécutif « léger » de
douze membres. S’il n’obtient pas la
confiance du Parlement - ce qui paraît
probable - ce gouvernement restera en
place pour expédier les affaires courantes. Le temps de retourner aux urnes
avec l’espoir d’un changement. ■
EN BREF
Medvedev reconduit au
poste de premier ministre
Dmitri Medvedev a été reconduit
mardi au poste de premier
ministre, au lendemain
de l’investiture de Vladimir
Poutine comme président pour
son quatrième mandat.
Âgé de 52 ans, M. Medvedev
est à la tête du gouvernement
russe depuis 2012, après avoir
été président de 2008 à 2012.
Le procureur de New York
tombe pour harcèlement
Eric Schneiderman, procureur
de l’État de New York
et soutien du mouvement
#MeToo contre le harcèlement
sexuel, a démissionné lundi
après avoir été accusé
dans la presse de violences
contre quatre femmes.
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RICHARD HEUZÉ rheuze@lefigaro.fr
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mercredi 9 mai 2018 LE FIGARO
8
SOCIÉTÉ
Violences sexuelles : le texte fait polémique
Des associations souhaitent que le texte, en
commission des lois ce mercredi, fixe l’âge
du consentement sexuel pour les mineurs.
AGNÈS LECLAIR £@AgnesLeclair
DROIT DES FEMMES Les nombreuses polémiques qui ont marqué l’élaboration du
projet de loi renforçant la lutte contre les
violences sexuelles et sexistes sont loin
d’être closes. Mercredi, le texte porté par la
ministre de la Justice et la secrétaire d’État
chargée de l’Égalité entre les femmes et les
hommes, Marlène Schiappa, arrive en
commission des lois dans un climat d’inquiétude voire d’incompréhension des associations de protection de l’enfance.
Mis en avant par le gouvernement en
pleine onde de choc de l’affaire Weinstein,
ce projet de loi se veut aussi une réponse au
tollé provoqué par deux affaires de relations sexuelles entre une enfant de 11 ans et
un adulte. Des affaires où la qualification de
« viol » n’avait pas été retenue dans un
premier temps en l’absence de preuve de
« contrainte » sur les fillettes. C’est précisément cette épineuse question de la définition juridique du consentement sexuel des
mineurs qui fait le plus débat dans le texte.
Dans un premier temps, le gouvernement avait martelé sa volonté d’inscrire
dans la loi un âge limite de présomption de
« non-consentement » des mineurs à un
acte sexuel. 13 ans ? 15 ans ? Le débat portait alors sur l’âge à retenir, un âge qui
aurait pu permettre de qualifier le viol.
Mais les critiques des magistrats et les
mises en garde du Conseil d’État sur les
risques d’inconstitutionnalité ont finalement eu raison de ce projet. À la place, le
texte propose d’activer un autre ressort :
faciliter la reconnaissance d’éléments
constitutifs du viol, en l’occurrence « la
contrainte morale ou la surprise », lorsque
les faits sont commis sur un mineur de
moins de 15 ans. « La contrainte morale ou
la surprise peuvent résulter de l’abus de
l’ignorance de la victime ne disposant pas de
la maturité ou du discernement nécessaire
pour consentir à ces actes », précise l’exposé des motifs du texte.
Pour les associations de protection de
l’enfance, il s’agit d’une « marche arrière »,
d’un « recul inacceptable ». « Le gouvernement aggrave la situation des mineurs victimes en légalisant le débat sur le consentement quel que soit l’âge du mineur ! »
s’émeut l’association Enfance et Partage.
« Les magistrats pourront encore considérer
qu’une fille de 11 ans était consentante,
abonde la psychiatre Muriel Salmona. Et
comment va-t-on juger du discernement et
de l’ignorance d’une victime mineure au moment des faits dans les affaires qui sont jugés
vingt ans après ? »
“
Ce texte permettra
de requalifier un viol
sur mineur en délit
d’atteinte sexuelle.
On marche sur la tête !
La secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, lors d’une séance de questions
au gouvernement, le 7 mars, à l’Assemblée nationale. VINCENT ISORE/IP3 PRESS/MAXPPP
”
neur de 15 ans et un adulte sont prohibées et
peuvent être punies par une peine de dix
ans », explique-t-elle, avant de poursuivre
: « Comme le viol sur mineur pourra être plus
facilement reconnu par les juges, le risque de
déqualification en atteinte sexuel sera réduit. » Consciente de la fronde suscitée par
cette disposition, Marlène Schiappa se dit
ouverte aux suggestions d’amendements.
La députée Nathalie Élimas (MoDem) devrait proposer de créer un crime d’inceste,
lequel est encore considéré comme une
circonstance aggravante. Les autres mesures du projet de loi visent à créer une
amende pour « outrage sexiste » dans l’espace public, à allonger le délai de prescription pour crimes sexuels commis sur mineurs et à élargir la définition du
harcèlement en ligne pour lutter contre les
« raids numériques ». Débat en séance à
partir du 14 mai. ■
ISABELLE AUBRY, DE L’ASSOCIATION
INTERNATIONALE DES VICTIMES DE L’INCESTE
Une autre disposition du texte fait aussi
frémir le milieu associatif : le doublement
des peines de prison pour un délit d’atteinte sexuelle sans « violence, contrainte, menace ou surprise » sur mineur de moins de
15 ans, lorsque l’atteinte comporte une pénétration sexuelle. Isabelle Aubry, de l’Association internationale des victimes de
l’inceste (AIVI), juge cet article « très inquiétant ». « Il permettra de requalifier un
viol sur mineur en délit d’atteinte sexuelle.
On marche sur la tête ! », alerte-t-elle. Marie-Pierre Rixain (LaREM), présidente de la
délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale, défend cette mesure :
« En durcissant les peines, on envoie le message que les relations sexuelles entre un mi-
Marlène Schiappa juge que la castration
chimique pour les violeurs n’est pas efficace
Le viol et le meurtre de la jeune
Angélique, 13 ans, par un homme déjà
condamné pour un viol avec arme
commis sur une adolescente,
a relancé le débat sur la castration
chimique, un traitement hormonal
inhibiteur de libido. Mercredi dernier,
le président des Républicains, Laurent
Wauquiez, estimait qu’il fallait
la rendre obligatoire pour les
« prédateurs sexuels » dans
un entretien à 20 Minutes.
« La castration chimique, ce n’est pas
efficace, a rétorqué mardi Marlène
Schiappa sur RMC et BFMTV.
Factuellement, ce n’est pas une
solution qui a fait ses preuves, c’est
même plutôt le contraire. » « On peut
violer aussi avec des objets, a indiqué
la secrétaire d’État à l’Égalité
entre les femmes et les hommes.
Et souvent, dans ces cas-là, les
agresseurs, les prédateurs trouvent
d’autres moyens, il y a une escalade
dans la violence. » Une proposition
de loi pour que le juge puisse imposer
la castration chimique au violeur,
avec un accompagnement médical
et psychiatrique, va être déposée
par les Républicains.
A. L.
En colère, des maires décident de boycotter l’État
Dans le Lot, des dizaines de mairies ont fermé lundi. L’édile de Cholet, lui, refuse de participer aux réunions à la préfecture.
STÉPHANE KOVACS £@KovacsSt
COLLECTIVITÉS Des mairies fermées,
une grève administrative, un « plan d’actions coup de poing », un boycott de
l’État : nombre d’élus locaux sont en colère. Se sentant méprisés par les services
de l’État, inquiets pour l’avenir de leurs
collectivités, plusieurs dizaines d’élus de
la communauté de communes des Causses et Vallée de la Dordogne (Cauvaldor)
ont fermé leur mairie lundi dernier.
Le maire de Cholet (Maine-et-Loire),
Gilles Bourdouleix, demande pour sa part
nous refile des compétences, des missions,
proteste-t-il. Il n’y a certes pas de baisse
des dotations, mais on nous impose des
frais supplémentaires : c’est un système
d’une grande perversité. »
à sa majorité de boycotter l’État. « Nous
sommes en grève illimitée !, lance Gilles
Bourdouleix. Mais comme on ne veut pas
pénaliser nos concitoyens, cela se traduit
juste par un boycott total de toute initiative
ou manifestation qui vient de l’État.
Concrètement, il n’y aura plus d’élus aux
réunions de la préfecture, et nous ne répondrons plus aux sollicitations de l’État :
s’ils veulent le relevé des routes qui pourraient passer à 80 km/heure, que les services de l’État viennent faire le boulot euxmêmes ! » Pourquoi cette colère ? « C’est
le mépris dans lequel le pouvoir politique
actuel place les élus locaux : sans arrêt on
« Exigences démesurées »
Il y a aussi « ces petits pourcentages par ci,
par là », soustraits aux indemnités des
élus : « On a instauré en 2016 le droit individuel à la formation, 1 % sur les indemnités. Puis on s’est pris en janvier l’augmentation de la CSG, sans compensation !,
s’exclame le maire. Pour moi, c’est une
perte d’environ 1 000 euros par mois. Pas
un citoyen n’accepterait un pouvoir d’achat
aussi amputé que le nôtre ! On le voit chez
Air France, à la SNCF, pourquoi les élus locaux ne protesteraient pas eux aussi ? »
Dans le Lot, c’est justement ce qu’ils
font. Lundi, « une très grande majorité »
des 79 communes du Cauvaldor avaient
choisi de fermer leur mairie. Située au
nord du département, la communauté,
qui compte des villes comme Rocamadour, Floirac ou Bretenoux, fait part dans
un communiqué d’« une certaine lassitude
de devoir se battre de manière quasi permanente avec les services de l’État qui, au
lieu d’accompagner positivement leurs ini-
La croisade d’un élu contre les radars privés
Opposé à ces dispositifs embarqués, le maire d’une commune de Gironde a récemment pris un arrêté
pour les interdire à la circulation. La préfecture lui a demandé, mardi, de retirer ce texte « illégal ».
A
SÉCURITÉ ROUTIÈRE Déjà vent debout
contre la limitation de vitesse à 80 km/h,
les élus vont-ils désormais porter la fronde
contre les radars embarqués privés ? C’est
en tout cas ce qu’espère Jean-Bernard Dufourd, maire (LR) de Naujac-sur-Mer, en
Gironde, qui a pris un arrêté municipal
pour interdire la « circulation sur l’ensemble
du réseau routier de la commune à tous véhicules munis de systèmes de caméras embarquées en fonctionnement ». « C’est avant
tout le coup de gueule symbolique d’un Français moyen et d’un citoyen qui en a marre
d’être pris pour un mouton, explique JeanBernard Dufourd au Figaro. Il faut arrêter
de déléguer des missions régaliennes au privé
si l’on veut éviter les dérapages… » Sans
fard, l’édile, policier à la retraite, fait allusion aux déboires de Streeteo, entreprise en
charge de la gestion des infractions au stationnement à Paris, épinglée le mois dernier pour avoir procédé à des contrôles fictifs afin de gonfler artificiellement ses
chiffres et pour avoir eu recours à des
BRUNO BEBERT/BESTIMAGE
CHRISTOPHE CORNEVIN £@ccornevin
Le dispositif de radars embarqués privés
doit être étendu à toute la France d’ici
à 2020, avec à terme 383 véhicules.
agents non assermentés. La polémique sur
cette tendance à la verbalisation privée a
pris un relief particulier samedi dernier,
après le placement en garde à vue d’agents
de la société Moovia, autre opérateur sévis-
sant dans la capitale, impliqués dans une
violente empoignade avec un policier.
« Ces délégations de pouvoirs, très contraignantes et sans autre but que de générer des
profits, ne sont pas bonnes pour le fonctionnement de la cité et vont à l’encontre de l’intérêt du Français lambda, affirme le premier
magistrat de Naujac-sur-Mer. Ce travail
incombe aux policiers et aux gendarmes.
L’État n’a qu’à leur en donner les moyens ! »
Faire sa peau au dispositif
Pour justifier sa décision, l’édile se fonde
sur l’article R. 412-6 du Code de la route,
qui dispose que « tout conducteur doit se tenir constamment en état et en position
d’exécuter sans délai toutes les manœuvres
qui lui incombent » et qu’il est « interdit de
placer dans le champ de vision du conducteur un appareil doté d’un écran ne constituant pas une aide à la conduite ou à la navigation ». Pour l’heure, comme le précise
France Bleu Gironde, qui a révélé l’information, la préfecture n’a pas encore annoncé le déploiement des radars embarqués privés dans le département. « Je sais
que mon arrêté municipal gratte un peu et
que, éphémère tel le papillon, il va être vite
fracassé, retoqué par les pouvoirs publics »,
confie Jean-Bernard Dufourd. Aussitôt dit,
aussitôt fait : mardi, la préfecture lui a demandé de retirer son texte, qu’elle dit « illégal », évoquant un problème de « compétence » pour ce type d’arrêté. « En cas de
refus de l’élu, l’arrêté sera déféré par le préfet de la Gironde au tribunal administratif
pour annulation », ont indiqué les services
de l’État.
Déjà expérimenté depuis le 23 avril en
Normandie, avec 26 voitures, ce dispositif
controversé doit être étendu à toute la
France d’ici à 2020, avec à terme 383 véhicules. Ce qui devrait permettre de reployer
près de 400 membres des forces de l’ordre.
Mais les opposants aux radars privés ne
désarment pas et gardent d’autres cartes
dans leur manche pour faire sa peau au
dispositif. Dans leur collimateur ? La plaque d’immatriculation avant, censée cacher le dispositif, est amovible et donc non
rivée, comme l’exige pourtant l’article
R. 317-8 du Code de la route. La croisade
contre ces très impopulaires « flasheurs de
vitesse » ne fait que commencer. ■
tiatives de développement, s’érigent trop
souvent en censeurs ». Ces services, déplorent les élus, « bloquent, par leurs exigences démesurées, les projets qu’ils souhaitent
mettre en œuvre dans l’intérêt du territoire
et des habitants ». Lors d’un Conseil communautaire, ils se sont prononcés pour
une « non-participation aux réunions organisées par la préfecture, les sous-préfectures ou les services de l’État », ainsi que
pour une « suspension de l’exercice de certaines compétences ». En attendant « l’instauration d’un véritable dialogue de confiance et d’un partenariat constructif avec
les services de l’État ». ■
EN BREF
Muriel Pénicaud convoquée
chez le juge dans l’affaire
Business France
La ministre du Travail, Muriel
Pénicaud, est convoquée par
un juge d’instruction le 22 mai
prochain en tant que témoin
assisté dans l’affaire Business
France, selon une information
du Canard enchaîné.
Cette affaire porte sur des
soupçons de marché public passé
sans appel d’offres, autour
d’un déplacement d’Emmanuel
Macron à Las Vegas en 2016.
Business France, une structure
chargée de promouvoir les
entreprises françaises à
l’étranger, était à l’époque
dirigée par Muriel Pénicaud.
À Nice, le diocèse suspend
un prêtre accusé
de pédophilie
Un prêtre accusé d’agressions
sexuelles sur mineurs a été
suspendu de ses fonctions après
l’ouverture, lundi par le parquet
de Nice, d’une information
judiciaire à son encontre.
Une première plainte, en février,
avait conduit le diocèse à
suspendre le prêtre de tout
ministère auprès de mineurs.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mercredi 9 mai 2018
SCIENCES
9
Une nouvelle
piste contre
la dépression
résistante
aux traitements
lorsqu’elle restait élevée. « Ce n’est pas
une corrélation absolue, mais c’est une
bonne corrélation. Peut-être que ce marqueur est meilleur chez certains que chez
d’autres. »
Dans un article de 2012, le Dr Gustavo
Turecki et ses collègues du groupe
d’étude sur le suicide de l’université
McGill rappelaient déjà que, pour un
certain nombre de personnes manifestant des comportements suicidaires
dans un contexte dépressif, de nombreuses données « suggèrent que l’adversité rencontrée tôt dans la vie pouvait
accroître le risque de suicide en induisant
des changements épigénétiques » portant
sur les systèmes cérébraux de régulation
du stress.
« On sait qu’Elk1 est beaucoup modifiée
par le stress, il va maintenant falloir voir si
cette voie est impliquée dans la susceptibilité individuelle de développer une dépression », explique le Dr Tzavara. La décou-
Un biomarqueur intracellulaire pourrait
prédire le risque de rechute et déboucher
sur une nouvelle famille d’antidépresseurs.
PSYCHIATRIE Chaque année en France,
deux millions de personnes sont confrontées à la dépression. De Paris à Marseille, et de Montréal à Berlin, des dizaines de chercheurs se sont lancés dans
une quête du Graal originale : en percer
les mécanismes biologiques. Avec l’espoir de comprendre enfin pourquoi certaines personnes sont plus vulnérables
que d’autres.
« Une question centrale qui pourrait
aider à mieux définir le risque individuel et
la résilience dans les troubles psychiatriques, est de comprendre comment l’environnement (adversité) interagit avec des
prédispositions génétiques au niveau moléculaire », écrivait en janvier dernier le
Dr Elisabeth Binder, qui dirige le groupe
de recherche sur la génétique moléculaire de la dépression à l’Institut de psychiatrie Max-Planck de Munich (Allemagne).
C’est la piste suivie par des équipes
françaises et canadiennes, membres du
réseau de psychiatrie FondaMental, dont
les résultats ont été publiés le 7 mai dans
la revue scientifique internationale Natu-
re Medicine. « Nous nous demandions
pourquoi les antidépresseurs mettent deux
à trois semaines avant d’agir et aussi
pourquoi ils sont inefficaces chez un tiers
des patients traités, explique au Figaro le
Dr Eléni Tzavara (Inserm, Paris) qui a dirigé ce travail. On s’est dit qu’il fallait
peut-être aller en amont des synapses
(connexion entre les neurones) et remonter
au cœur de la cellule. »
«La dépression est une maladie multifactorielle complexe. Elle peut être très génétique ou très environnementale, sachant
que l’environnement agit sur l’expression
du génome (épigénétique). La voie biologique intracellulaire que nous avons découverte est assez spécifique de la part biologique de la dépression », remarque le Dr
Raoul Belzeaux (Assistance public des
hôpitaux de Marseille, Institut des neurosciences de la Timone).
« C’est un mécanisme qui n’a pas encore
été décrit, ajoute le Dr Tzavara. Il y a une
dizaine d’années, des chercheurs américains s’étaient intéressés à cette voie, mais
ils avaient échoué, car ils n’avaient pas les
outils suffisants. » Ils avaient envisagé
l’ensemble d’une cascade biologique
alors que la clé reposait sur la voie de la
Écouter les vibrations
du sol pour suivre
les éléphants à la trace
LES DOCTEURS BELZEAUX ET TZAVARA.
PATRICK ALLARD/REA
DAMIEN MASCRET £@dmascret
“
Le médicament agit
au cœur des neurones, ce
qui devrait permettre d’agir
plus rapidement que les
antidépresseurs qui agissent
à la surface des cellules
Deux millions de personnes sont confrontées à la dépression chaque année en France.
protéine Elk1 (facteur de transcription). « C’est comme s’ils avaient considéré tout l’arbre alors que nous avons
regardé une branche particulière », raconte le Dr Tzavara.
« Cette approche chirurgicale pourrait
nous permettre d’éviter les effets indésirables des antidépresseurs classiques », a
déclaré le Pr Bruno Giros (CNRS, université McGill). En utilisant la banque de cerveau Douglas–Bell Canada (BCDBC), son
équipe a constaté que Elk1 était effectivement surexprimé dans l’hippocampe
(zone impliquée dans les émotions) de
trente personnes en dépression qui
s’étaient suicidées, alors que ça n’était
pas le cas dans celui de vingt-deux cerveaux témoins.
À Marseille et à Montréal, ce sont des
patients qui ont ensuite été intégrés à
l’étude. « On arrive à mesurer l’activité de
cette voie biologique par une prise de sang,
raconte le Dr Belzeaux, ce qui permet de
suivre les variations du biomarqueur en
même temps que l’évolution de la dépression. » Les chercheurs ont alors observé
que la baisse de l’activité de Elk1 témoignait de l’amélioration des symptômes
chez des patients sous traitement d’antidépresseurs et d’un risque de rechute
”
verte pourrait ainsi permettre potentiellement d’identifier les personnes à
risque de dépression prolongée ou résistante aux traitements. « C’est un système
dynamique, l’hypothèse est qu’un traumatisme altère Elk1, mais si le système s’adapte grâce aux ressources psychologiques de
la personne ou aux antidépresseurs, l’individu va surmonter l’adversité, souligne le
Dr Belzeaux, en revanche, s’il ne s’adapte
pas, ce sera très difficile de refaire fonctionner correctement cette voie. »
Dans des modèles animaux de la dépression, les chercheurs ont déjà pu vérifier l’implication de la voie Elk1, mais
aussi qu’il était possible d’agir sur cette
voie grâce à un peptide, qui a fait l’objet
d’un brevet. « Le médicament agit au
cœur des neurones, ce qui devrait permettre d’être plus spécifique et d’agir plus rapidement que les antidépresseurs qui agissent à la surface des cellules et peut-être
en adjuvant (en association aux antidépresseurs) », espèrent le Dr Belzeaux et le
Dr Tzavara. ■
U
EA018
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NOAVRIL –
M
Des chercheurs ont enregistré les ondes sismiques
émises par les grands mammifères africains.
NATURE Avec une masse pouvant atteindre 6 tonnes à l’âge adulte, l’éléphant de savane d’Afrique ne peut prétendre à la discrétion quand il se déplace.
Mais cette lourdeur a tout de même un
avantage : ces géants provoquent des vibrations dans le sol qu’il est possible de
détecter à des kilomètres à la ronde et
qui pourraient donc aider les scientifiques à les suivre sans avoir besoin de les
voir. Deux jeunes chercheurs de l’université d’Oxford, Beth Mortimer et
William Lake Rees, ont réalisé des mesures sismiques au Kenya au passage de
plusieurs éléphants, dans des conditions
variées. Ils affirment dans la revue Current Biology que la technique de surveillance « sismique » pourrait être efficace en conditions réelles, même avec
une pollution sonore provoquée par l’activité humaine (passage de voitures notamment).
Comme les insectes
Mais avant de mettre en place des réseaux sismiques en Afrique pour traquer
les mammifères, les auteurs s’intéressent surtout à la manière dont les éléphants eux-mêmes se servent des ondes
sonores transmises dans le sol pour communiquer. Cette capacité étonnante a été
découverte dans les années 1990 par une
chercheuse américaine, Caitlin O’Connell, qui avait auparavant travaillé sur la
manière dont certains insectes « écoutent » les vibrations du sol sur lequel ils
marchaient pour échapper à des prédateurs. De manière surprenante, elle a
trouvé des points communs entre les minuscules insectes et les plus grands
mammifères terrestres : dans certains
cas, des éléphants s’arrêtent de marcher,
une jambe en suspension pendant quelques secondes. Avant de refaire quelques
pas et de se figer de nouveau en place.
Comme les insectes, le mammifère s’arrête quelques secondes pour « écouter »
avec ses pattes, et parfois sa trompe, les
vibrations transmises par le sol.
Après des études plus poussées, Caitlin
O’Connell s’est aperçue que deux signaux étaient particulièrement utiles
pour les éléphants : des bruits de course
ou de marche rapide, signe d’agitation et
donc souvent de danger, et des barrissements d’alerte émis à très basse fréquence (en dessous de 25 Hz). Des grognements tellement bas qu’ils sont difficilement audibles par l’homme mais se
propagent très bien dans le sol.
Lors d’une expérience menée en 2004
au Kenya, la chercheuse américaine a
émis dans le sol les fréquences d’un cri
d’alerte émis par une femelle adulte,
provoquant l’alerte immédiate d’un
troupeau situé à plusieurs centaines de
mètres. En théorie, les ondes sonores
émises par ces animaux, surtout lorsqu’ils se déplacent en troupeau, pourraient voyager sur des dizaines de kilomètres. Mais sur le terrain, les mesures
récentes des deux jeunes Anglais confirment que les signaux ne semblent plus
perceptibles au-delà de 3 kilomètres. Ce
qui en fait déjà une portée efficace bien
plus longue que celle des bruits dans l’air
ou la ligne de vision. Autre conclusion,
les sols sableux en surface conduisent
bien mieux les ondes produites par les
éléphants que les roches dures. Des paramètres à prendre en compte pour une
éventuelle surveillance sismique de ces
grands mammifères. ■
L’Iran, de la Perse des shahs à la République islamique
En 1501, la fondation de la dynastie safavide donne naissance à l’Iran
moderne. Pendant quatre siècles, la Perse, comme on continuera
de l’appeler en Occident, alterne heures de gloire et décadence,
jusqu’au renversement du dernier shah par la révolution islamique
de 1979. Les meilleurs spécialistes font revivre pour Le Figaro
Histoire ses grandes f
igures comme le conquérant Nader, admiré par
Napoléon, décryptent les arcanes et les singularités de l’Etat chiite,
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mercredi 9 mai 2018 LE FIGARO
10
SPORT
Laurent Nicollin :
« Sans nouveau
stade, Montpellier
mourra… »
Ce sera compliqué… Après, dans le football, on ne sait jamais. Peut-être que
dans dix ans, je serai trois fois champion
de France, j’aurai gagné deux Coupes de
France et une Coupe d’Europe. Bon, je
n’y crois pas trop (sourire)… Ce qui est
sûr, c’est que dans dix je serai certainement encore là, alors que d’autres
présidents, qui nous expliquent le football à chaque réunion de la Ligue, ne seront plus là depuis très longtemps…
Quels souvenirs gardez-vous
de cette épopée de 2012 ?
On avait touché le summum ! C’est à
vie. Ce sont des moments fabuleux sur
le plan humain, affectif, les plus beaux
que l’on peut vivre dans ce métier… On
avait un groupe fabuleux. Quand on
était en Ligue 2, j’avais dit que je voulais
faire la Ligue des champions et amener
les Montpelliérains en finale d’une coupe au Stade de France. Ça fait chier parce que j’ai déjà fait les deux (rires). Le
rêve ? Gagner une coupe et rejouer la
Ligue des champions. Dans le nouveau
stade ? L’inaugurer comme ça, ce ne serait pas mal !
Le président du Montpellier Hérault SC
parle de la succession de « Loulou », son
père, et du projet vital pour l’avenir du club.
CHRISTOPHE REMISE £@CRemise77
FOOTBALL Au nom du père. Un an
après la disparition de Louis Nicollin,
mort le jour de ses 74 ans, le MHSC,
8e de Ligue 1, est, à deux journées de la
fin du championnat, toujours en course
pour une place européenne. Loin d’être
grisé par cette réussite sportive, le président Laurent Nicollin reste persuadé
que l’avenir du club, fondé par « Loulou » il y a un peu plus de quarante ans,
passera par le nouveau stade. Entretien.
LE FIGARO. - Comment voyez-vous
l’avenir de Montpellier ?
Laurent NICOLLIN. - On vise toujours à
s’appuyer et à former les jeunes. On est
à fond là-dedans. Il y a quatre ou cinq
clubs qui peuvent se dire qu’ils visent la
Ligue des champions et la Ligue Europa.
Et les 15-16 autres qui se battent pour ne
pas descendre. Cette année, on fait une
belle saison. L’objectif, c’est de pérenniser le club dans les dix premiers. Mais
tant que je n’ai pas mon nouveau stade,
on fait des miracles, on s’accroche avec
les moyens qu’on a. Avec le nouveau
stade, on aura peut-être de nouvelles
ambitions. Parce que si on fait bien le
montage financier avec les banques, on
aura un potentiel financier plus important. On pourra donc se permettre de ne
pas vendre les joueurs qu’on ne veut pas
vendre, ou les vendre à des prix plus
élevés, parce qu’on n’y sera pas obligé.
Chaque année, on a un déficit structurel
de 5-6 M€. On jongle. Tout est fragile.
Le projet du nouveau stade est si vital ?
C’est simple : s’il n’y a pas le nouveau
stade, on restera le temps qu’on restera
en Ligue 1, et on mourra à La Paillade. Et
c’est peut-être beau aussi de mourir où
on est né ! Mais, à un moment donné, je
suis persuadé qu’on ne s’en sortira pas.
Pas de foot fric ? Oui, mais il faut un peu
d’argent quand même… Après, il ne faut
pas nous reprocher qu’on n’a pas d’ambition, qu’on joue seulement le
maintien. Tant que je n’aurai pas de
nouveau stade, chaque saison, j’aurai
pour objectif le maintien.
Il a été question d’un début du chantier
en 2019, d’une mise en service en 2022…
Je ne sais pas, je ne suis pas architecte.
On avance avec le maire (Philippe
Saurel) sur différents projets. On a acté
le lieu, on sait ce qu’on veut faire et il y a
la volonté politique. Maintenant, on est
en phase financière, c’est-à-dire trouver ce qui coûtera le moins possible aux
Montpelliérains, ce qui impactera le
moins le groupe Nicollin et le club. On
cherche. On veut trouver les meilleures
solutions pour que tout le monde sorte
grandi. Et on ne veut pas que certains
profitent de cela pour s’attaquer au
maire. C’est quelqu’un de bien, il nous
aide. Et j’aime les gens qui nous aident.
Le projet est acté, mais si on ne trouve
“
Cette année, on fait
une belle saison. L’objectif,
c’est de pérenniser le club
dans les dix premiers
LAURENT NICOLLIN
RENAUD BOUCHEZ/SOFOOT/SIGNATURES
PROPOS RECUEILLIS À MONTPELLIER PAR
«Tant que je n’ai pas mon nouveau stade, on fait des miracles, on s’accroche avec
les moyens qu’on a », explique Laurent Nicollin, président du Montpellier Hérault SC.
avoir des retombées financières, un
meilleur outil et accueillir les gens dans
de meilleures conditions, il faut en
passer par là.
pas les sous, à un moment donné… Financer le stade par nous-même, peut
aussi être une possibilité. Il faut tout
étudier. Je ne veux pas qu’on nous
reproche de nous servir de l’argent
public. C’est pour cela qu’on cherche de
notre côté. Si Nice, Lyon, Lille ou
Bordeaux l’ont fait, c’est que, pour
Avec, dans un coin de la tête,
le rêve de refaire le coup de 2012,
quand vous aviez été sacrés champions ?
Encore convalescent, Gaël Monfils
défie le maître de la terre, Rafael Nadal
En quête de confiance, le Français affronte l’Espagnol au deuxième tour du Masters 1000 de Madrid.
mauvaise période et ça commence à devenir long. » Cruel aveu…
A
ROMAIN SCHNEIDER rschneider@lefigaro.fr
« Je m’accroche »
JUANJO MARTIN/EPA/MAXPPP
TENNIS Au pied de la montagne. Gaël
Monfils défie au deuxième tour du Masters 1000 de Madrid le roi de la terre battue, invaincu sur cette surface depuis son
quart de finale perdu à Rome en 2017 face
à Dominic Thiem. Un Nadal plus impitoyable que jamais et sans rival sur ocre.
Vainqueur de ses onzièmes titres à Monte-Carlo et à Barcelone, le Majorquin est
plus que jamais l’immense favori du
tournoi madrilène.
Que peut espérer Gaël Monfils face au
maître des lieux ? Un exploit de la Monf’
semble clairement relever de la sciencefiction. En quinze confrontations, l’ancien numéro 6 mondial a battu seulement
à deux reprises l’Espagnol, les deux fois à
Doha (2009 et 2012), sur dur. Sur terre, il
n’a inscrit qu’un set en cinq matchs
contre lui. Et le Français ne respire pas la
grande confiance en 2018.
Vainqueur à Doha en ouverture de la
saison, après quatre mois d’absence,
l’actuel 41e mondial n’a pas particulièrement brillé depuis. Engagé dans une longue tournée sud-américaine sur terre
battue lors du mois de février, il n’a pas
fait mieux qu’une demi-finale à Buenos
Aires en quatre tournois disputés sur
ocre, remportant six matchs pour quatre
défaites. À 31 ans, Monfils participait à sa
première tournée en Amérique latine.
Objectifs : remonter au classement et faire ses gammes sur terre battue, avec,
pour point de mire, Roland-Garros, du
28 mai au 11 juin.
Bilan mitigé. « Cette tournée sud-américaine, j’y pense depuis le milieu de la saison dernière, confiait-il alors à L’Équipe.
C’est l’envie de faire plus de matchs sur
terre, d’en gagner le plus possible. Assimiler, assimiler… J’ai envie de préparer
Roland-Garros de façon différente. On dit
Gaël Monfils a battu Nadal seulement à deux reprises en quinze confrontations.
toujours qu’il faut jouer le plus possible sur
terre battue avant. Pourquoi ne pas essayer ? Je me suis dit : “On va faire cette
petite tournée ! Allez, on y va !” Je suis en
mode Roland. »
Souvent trahi par son corps dans sa
carrière, le Parisien a ensuite jeté
l’éponge en 8e de finale d’Indian Wells
(sur dur) en raison de douleurs dorsales.
Pour son retour à la compétition à
Munich (sur terre battue), après une
pause de sept semaines, il a chuté d’entrée face au Bosnien Mirza Basic,
90e mondial (6-2, 3-6, 6-3). « Ça fait
tout de même un an et demi que je n’arrive
plus à jouer mon meilleur tennis. C’est une
Le 41e mondial a battu lundi, sans
convaincre, le Géorgien issu des qualifications Nikoloz Basilashvili, 77e mondial
(6-2, 3-6, 6-3). Pas idéal avant d’affronter le patron du tennis mondial. Mais
Monfils positive : « Je joue moins bien,
mais je m’accroche en espérant que ça se
passe mieux. Ça se passe bien à l’entraînement et de mieux en mieux en match.
J’ai un peu plus confiance. »
Ses saisons terriennes ont souvent été
tronquées ces dernières années en raison
de pépins physiques récurrents. Battu
par Stan Wawrinka en huitièmes de
finale lors du dernier Grand Chelem parisien, le demi-finaliste de l’édition 2008
avait été trop juste physiquement pour
viser plus haut. Sera-t-il enfin épargné
par les blessures d’ici la fin du printemps ? Une certitude : Monfils adore la
surface ocre et reste l’un des meilleurs
joueurs tricolores sur terre battue, si ce
n’est le meilleur. Pourtant, le Parisien
n’y a remporté qu’un seul trophée et celui-ci remonte à Sopot, en 2005… Il frapperait évidemment un immense coup s’il
dominait Nadal chez lui, ce mercredi. ■
Jo-Wilfried Tsonga toujours incertain pour Roland-Garros
Tsonga n’a pas encore la certitude
d’être prêt pour Roland-Garros
(27 mai-10 juin). Va-t-il manquer le
Grand Chelem parisien pour la première
fois depuis 2008? Un mois après
une opération du genou gauche (pour
une fissure du ménisque), le désormais
36e mondial a repris le chemin
de l’entraînement lundi à Genève.
Il décidera en fin de semaine s’il s’aligne
à Roland-Garros. C’est ce qu’a déclaré
à L’Equipe.fr son coach Thierry Ascione.
« Nous avons le feu vert médical pour
reprendre les grosses cadences sur le
court. Après avoir poussé sur son genou
la semaine dernière, Jo avait un week-
end de récupération pour voir comment
son articulation allait réagir. Ça s’est bien
passé. » Dans l’idéal, Jo-Wilfried Tsonga
aimerait d’abord retrouver les terrains au
tournoi de Lyon (dont il est tenant du titre
et ambassadeur) avant d’enchaîner avec
les courts de la Porte d’Auteuil. La course
R. S.
contre la montre est lancée.
”
Votre père avait noué des relations
étroites avec le président du PSG,
Nasser al-Khelaïfi…
C’est quelqu’un que j’apprécie énormément également. Je le soutiens, j’étais
embêté pour lui, pour la Ligue des
champions. C’est quelqu’un qui fait de
belles choses avec le Paris Saint-Germain, et j’espère qu’un jour le PSG arrivera à décrocher ce Graal qu’il cherche.
C’est quelqu’un de sincère, honnête, et
qui, malgré la position qu’il pourrait
avoir, se met au niveau des gens. Humainement, il est très bien. L’argent du
Qatar ? Je ne boxe pas dans la même catégorie. Ceux que ça dérange n’ont qu’à
trouver un prince ou un pays qui rachète une partie de leur club et leur donne
des sous ! Ce qu’ils font, c’est fabuleux.
C’est la locomotive du championnat de
France. Il faut continuer à bien la remplir de charbon pour qu’elle avance et
qu’elle nous booste. Pour, grâce à elle,
avoir des droits TV plus importants
dans deux ans. ■
ZOOM
Volvo Ocean Race : scénario
haletant à Newport
La 8e étape du tour du monde en
équipage avec escales a offert un
final à couper le souffle à Newport.
Dans la pétole et le brouillard,
la Mecque de la voile américaine
a vu la victoire sur le fil des
Espagnols de Mapfre devant les
Néerlandais de Brunel (+1’01). À
la bagarre pour la victoire durant
une bonne partie des 5 700 milles
et des 15 jours de course entre
le Brésil (Itajai) et les États-Unis,
Charles Caudrelier et l’équipage
franco-chinois de Dongfeng
terminent au pied du podium.
À trois étapes de l’arrivée finale à
La Haye, fin juin, ils cèdent la place
de leader du classement général
à Mapfre, 53 points contre 50.
EN BREF
Football : sir Alex Ferguson
va mieux
Trois jours après une opération
au cerveau suite à une hémorragie
cérébrale, l’entraîneur historique
de Manchester United, âgé de
76 ans, s’assied et parle à sa famille.
Koscielny absent six mois
Victime d’une rupture du tendon
d’Achille la semaine dernière
avec Arsenal, le défenseur
tricolore sera absent des terrains
durant six mois. « Laurent
est effondré », a confié son
entraîneur, Arsène Wenger.
Ronaldo apte pour la finale
de Ligue des champions
Touché lors du Clasico, Cristiano
Ronaldo souffre d’une « petite
entorse » à la cheville droite,
mais il remarche déjà et sera
opérationnel « à 150 % » avec le
Real Madrid pour la finale de Ligue
des champions contre Liverpool
le 26 mai, a déclaré mardi
son entraîneur Zinédine Zidane.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 9 mai 2018
LE CARNET DU JOUR
Les annonces sont reçues
avec justification d’identité
par téléphone
TéL. :
01 56 52 27 27
par courriel
carnetdujour@media.figaro.fr
signatures
Jean-Luc PUJO
dédicacera
Un combat pour la France
l'action des Clubs
Penser la France,
le samedi 12 mai 2018,
à partir de 17 heures,
à la brasserie Le Falstaff
place de la Bastille, Paris (11e).
deuils
Marie-France Bodin,
née Balling,
son épouse,
ses enfants et beaux-enfants,
ses petits-enfants,
ses arrière-petits-enfants
annoncent
avec une profonde émotion
le décès survenu le 5 mai 2018,
de
Jacques BODIN
inspecteur général
de l'Éducation nationale
honoraire,
fondateur
et président-directeur général
honoraire de SFERE SA,
officier de la Légion d'honneur,
officier
de l'ordre national du Mérite,
chevalier
des Palmes académiques,
officier du Mérite agricole.
« Mes rêves sont derrière moi,
l'Espérance est devant... »
La cérémonie religieuse
aura lieu le vendredi 11 mai,
à 11 heures, en l'église
de L'Étang-la-Ville (Yvelines).
Merci de remplacer vos fleurs
par des dons à l'Institut
du cerveau et de la moelle
épinière en précisant
« en mémoire
de Jacques Bodin ».
Mme Régis
Espivent de la Villesboisnet,
ses enfants,
Mme Henri
Espivent de la Villesboisnet,
Mme Bernard S auzey
ont la tristesse
de faire part du décès,
le 30 avril 2018, de
Régis ESPIVENT
de la VILLESBOISNET
La cérémonie religieuse
a été célébrée
en l'église de Lazenay (Cher),
dans l'intimité familiale
le jeudi 3 mai 2018.
Mme Geneviève Farinaud,
son épouse,
Edith Farinaud,
Catherine Farinaud Gardès,
Isabelle Farinaud,
Agnès Massebieau,
Cécile Farinaud,
ses filles,
Jean-Pierre, Jean-Paul
et Didier,
ses gendres,
ses petits-enfants
et son arrière-petit-fils
ont la tristesse d'annoncer
le décès du
colonel (h.)
Michel FARINAUD
Saint Cyr,
promotion Union Française,
École supérieure d'électricité,
chevalier
de la Légion d'honneur,
officier
de l'ordre national du Mérite,
survenu le 5 mai 2018, à Paris,
à l'âge de quatre-vingt-six ans.
La messe sera célébrée
en l'église d'Aime (Savoie),
le vendredi 11 mai, à 10 h 30.
Il repose au pavillon funéraire
de la maison Jeanne Garnier,
106, avenue Émile-Zola,
Paris (15e), où un hommage
lui sera rendu ce mercredi
9 mai 2018, à 14 heures.
Nice. Paris.
Ses enfants et petits-enfants,
son frères,
parents et amis
ont la douleur
de faire part du décès de
M. Jean-François FAVRE
Mme Gilles Bouyer,
son épouse,
Mme Antoine Rousselot,
sa mère,
M. et Mme Arnaud Bouyer,
M. et Mme Florent Bouyer,
ses enfants,
survenu à Nice, le 5 mai 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
ce mercredi 9 mai, à 14 h 30,
en l'église réformée de Nice,
21, boulevard Victor-Hugo.
Paris (4e).
Archibald, Philomène, Eliott,
Melchior et Orville,
ses petits-enfants,
Les familles Franchon, Ponty,
Revert, de Léocour et Aubertin
son frère, sa sœur
et toute sa famille
ont la tristesse
de faire part du décès de
ont la profonde tristesse
de faire part du décès de
Gilles BOUYER
survenu le 6 mai 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le vendredi 11 mai, à 15 heures,
en l'église Saint-Nicolas
de Clairefontaine-en-Yvelines.
Geneviève Burel,
son épouse,
ses enfants, petits-enfants
et arrière-petits-enfants,
les familles Burel, Champion,
Allegret, Mazet
et Casanova-Mazet
ont la douleur
de vous faire part du décès de
Pierre BUREL
survenu le 3 mai 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée le samedi
12 mai, à 10 h 15, en l'église
du Sacré-Cœur de Menton.
Dommartin (Nièvre).
La vicomtesse Michel
de Champs de Saint-Léger,
son épouse,
Laure
de Champs de Saint-Léger,
Bruno
de Champs de Saint-Léger (†),
Christine et David Genty,
Eric
de Champs de Saint-Léger,
ses enfants,
Camille et Louis,
ses petits-enfants,
le bâtonnier Gérard Firmin,
son beau-père,
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu du
vicomte Michel de CHAMPS
de SAINT-LÉGER
le 6 mai 2018, à l'âge de 76 ans,
muni des sacrements
de l'Église.
La cérémonie religieuse
aura lieu
le vendredi 11 mai, à 14 h 30,
en l'église de Dommartin.
M. Dominique GAUTIER
survenu le 5 mai 2018,
à l'âge de 67 ans,
à Andard-Loire-Authion
(Maine-et-Loire).
La cérémonie religieuse
sera célébrée
en l'église Saint-Pierrede-la-Croix-Blanche, à Angers,
9, square Henri-Cormeau,
le vendredi 11 mai, à 10 heures.
Mme Jean-Claude Geffrin,
son épouse,
Jean-Marc et Sandrine,
ses enfants,
Suzanne et Ambroise,
ses petits-enfants,
ont l'immense douleur
de vous annoncer le décès de
M. Jean-Claude GEFFRIN
survenu le 6 mai 2018,
à Compiègne.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le vendredi 11 mai, à 15 heures,
en l'église Saint-Jacques
de Compiègne.
La marquise
de Ginestet-Puivert,
sa mère,
la comtesse Georges
de Ginestet-Puivert,
François et Jacqueline,
Aude, Laure, Louis,
son épouse et ses enfants,
le marquis et la marquise
de Ginestet-Puivert,
son frère et sa belle-sœur,
MM. Frédéric et Christian
Poulle,
ses beaux-frères,
ont la douleur
de vous faire part
du rappel à Dieu du
comte Georges
de GINESTET-PUIVERT
le 6 mai 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le vendredi 11 mai, à 14 h 30,
en l'église Saint-Étienne
de Castries (Hérault),
suivie de l'inhumation
au cimetière vieux de Béziers.
24, avenue de la Gare,
34160 Castries.
11
Anne et Yves Savale,
sa sœur et son beau-frère,
Isabelle, Agnès, Nathalie,
ses nièces,
Mathieu, Claire, Thomas, Izia,
ses petits-neveux
et petites-nièces,
Nicole Gros,
sa sœur,
sa famille
et ses amis
Jean Mady,
son époux,
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
et l'ensemble de la famille
Claude GROS
le 6 mai 2018,
dans sa 86e année.
La cérémonie religieuse
aura lieu le vendredi 11 mai,
à 15 heures, en l'église
protestante unie de l'Étoile,
54-56, avenue
de la Grande-Armée,
Paris (17e).
Angers.
Jacqueline Guex-Gastambide,
son épouse,
Aubeline et Bruno Reboud,
ses enfants,
Priscille, Evrard,
Vinciane Reboud
et Adrien Gragy,
ses petits-enfants,
Philippe et Sophie Mady,
Sophie et Antoine Hallopeau,
Olivier Mady,
ses enfants,
Raphaëlle et Victor Mady,
Aurélien et Marie Hallopeau,
ses petits-enfants,
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Anne MADY-COIRIER
décédée à Paris, le 3 mai 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le vendredi 11 mai 2018,
à 15 h 30, en l'église
Saint-Pierre-de-Montmartre,
2, rue du Mont-Cenis,
à Paris (18e),
suivie de l'inhumation
au cimetière de Montmartre,
20, avenue Rachel,
à Paris (18e).
Fleurs blanches naturelles
uniquement, pas de plaques.
Vincent Rey,
Pierre-Stéphane
et Catherine Rey,
ses enfants,
Recevez
Le FigaRo
Augustin, Louis, Théophile,
Eugénie, Maëlle, Marceau
et Tiphaine,
ses petits-enfants,
André et Véronique Boyer,
Hélène Poulet,
Marie-Claire Tabarin,
Dominique
et Jacques Boyer Barbe,
son frère, ses sœurs
et leurs conjoints,
chaque jouR
chez vous
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Mme Jeannine REY
survenu à Lyon, le 3 mai 2018,
dans sa 79e année.
La messe aura lieu
le vendredi 11 mai,
à 10 heures, en la basilique
Saint-Martin-d'Ainay,
Lyon (2e),
suivie de l'inhumation,
à 16 heures, au cimetière
de Voiron (Isère).
Ni fleurs ni couronnes.
2, place Marcel-Aymé,
75018 Paris.
vous font part du décès de
Francis GUEX-GASTAMBIDE
survenu dans sa 98e année.
Dans l'espérance
de la Résurrection,
un service d'action de grâce
sera célébré
le samedi 12 mai 2018,
à 9 heures, en l'église réformée
d'Angers, 5, rue du Musée,
suivie de l'inhumation
à 15 heures, au cimetière
du Père-Lachaise, à Paris (20e).
Celui qui se confie en l'Éternel
est environné de Miséricorde.
Psaume 32, 10.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Les Sables-d'Olonne (Vendée).
Béatrice Lamort,
son épouse,
François et Delphine Lamort,
Tom et Jules,
Jean et Juliette Lamort,
Paul et Jim,
ses enfants et petits-enfants,
Pierre Lamort,
son frère,
Bernadette Daubresse,
sa sœur,
leurs enfants et petits-enfants,
toute sa famille et ses amis
ont la tristesse
de faire part du décès de
M. Jeanpierre LAMORT
industriel à Vitry-le-François,
survenu le 5 mai 2018,
à l'âge de 83 ans,
aux Sables-d'Olonne.
La cérémonie religieuse
aura lieu
en l'église Saint-Michel,
aux Sables-d'Olonne,
le vendredi 11 mai, à 14 heures.
Une messe sera célébrée
le même jour, à 14 h 30,
à sa mémoire, en la cathédrale
de Vitry-le-François (Marne).
Levallois-Perret
(Hauts-de-Seine).
Sermages, Millay (Nièvre).
Christine et Hervé Papi,
Bernadette Milers,
Serge Le Breton,
ses enfants,
Benoit et Jennifer Papi,
Amélie et Frédéric Paimparay,
Bertrand Papi et Caroline,
Martin Le Breton et Clarisse,
Charlotte Le Breton,
ses petits-enfants,
Arthur, Louise,
Baptiste, Edouard,
ses arrière-petits-enfants,
Mme Alain Mongon,
née Maud d 'Humières,
son épouse,
M. et Mme
Emmanuel Mongon,
M. et Mme Hubert Mongon,
Mlle Valérie Mongon,
M. et Mme Thibaut Mongon,
ses enfants,
André MILERS
HEC 47,
chevalier
de l'ordre national du Mérite,
survenu le 4 mai 2018,
à l'âge de 93 ans, à Paris (15e).
La cérémonie religieuse
sera célébrée
en l'église Saint-Pierre
de Larochemillay (Nièvre),
le vendredi 11 mai 2018,
à 14 h 30, suivie de l'inhumation
dans le caveau familial
au cimetière de Larochemillay.
La famille tient à remercier
le personnel de la
Villa Beausoleil, à Levallois
et celui de la maison médicale
Jeanne Garnier, à Paris (15e).
Cet avis tient lieu de faire-part.
Bernadette Milers,
47, rue Saint-Ferdinand,
75017 Paris.
Chantal Razel Rouanet,
Dominique Razel Dubrule,
Françoise Razel Brown (†),
Marie-Paule et Jacques
Meillère,
René-François et Laurence
Razel,
Christian et Catherine Razel,
ses enfants,
Erwan Mongon,
Alix et Jean-Samuel
de Boissieu,
Ghislain Mongon,
Priscille Mongon,
Jean Mongon,
Joseph Mongon,
Victor Mongon,
ses petits-enfants,
Mathilde et Juan Pedro,
Flavie et Bastien, David et Eva,
Maxence (†), Ambre, Meredith,
Sébastien, Arthur, Alizée,
Audrey, Mathieu, Candice,
Clarisse,
ses petits-enfants,
Antoine de Boissieu,
son arrière-petit-fils,
Samantha, Joao, Pablo,
Camille, Siloé, Capucine,
Maélie,
ses arrière-petits-enfants,
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
M. Alain MONGON
chevalier
de l'ordre national du Mérite,
membre de l'Institut de France,
à Conros, le 7 mai 2018,
dans sa 87e année.
La messe d'A-Dieu
sera célébrée
le vendredi 11 mai, à 10 h 30,
en l'église
d'Arpajon-sur-Cère (Cantal).
Vineuil-Saint-Firmin (Oise).
En union avec
Bernard Pauly (†),
son époux,
Isabelle, Christophe
et Laurence (†),
ses enfants,
Elisabeth, sa belle-fille,
Guillaume, Sophie, Cécile,
Charlotte, Vincent, Nicolas,
Elisabeth, Florence et Aurore,
ses petits-enfants,
Gabriel, son arrière-petit-fils,
ont la douleur
de faire part du décès de
Mme Bernard PAULY
née Monique Soulary,
professeur de lettres,
Claude et Chantal Razel,
son frère et sa belle-sœur,
Mona Bourgeot,
sa belle-sœur,
les collaborateurs
et le personnel de
l'Entreprise Razel Frères
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Paul RAZEL
ingénieur de l'École spéciale
des travaux publics (ESTP),
entrepreneur
de travaux publics,
officier de la Légion d'honneur,
officier
de l'ordre national du Mérite,
vice-président d'honneur
du Syndicat des entrepreneurs
de travaux publics de France,
5, cité Berryer (25, rue Royale),
75008 Paris.
Benjamin, Louis, Pierre,
Margaux, Clémence, Louise,
Gaspard,
ses petits-enfants,
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Monique THIROUIN
née Bouchain,
le 5 mai 2018, à l'âge de 76 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
en l'église Saint-Germain
du Chesnay (Yvelines),
le vendredi 11 mai, à 14 h 30.
2, square du Printemps,
78150 Le Chesnay.
55% de réduction
sur le prix de vente
en kiosque.
les familles Razel, Delassus,
Riaux, Bourgeot, Mendlewicz,
Szmir, Schoonheere,
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le vendredi 11 mai, à 15 h 30,
en l'église Saint-Jean-Baptiste
de Sceaux (Hauts-de-Seine),
suivie de l'inhumation
au cimetière de Sceaux,
dans le caveau de famille.
Arnaud et Coralie Thirouin,
David T hirouin,
Thomas Thirouin
et Anne Baverel,
Stéphanie et Olivier Monpoix,
ses enfants,
209s
au lieu de 473,20E
ses cousins et cousines,
le 5 mai 2018,
dans sa 91e année.
Cet avis tient lieu de faire-part.
6 mois
ses neveux et nièces,
La cérémonie religieuse
sera célébrée en l'église
de Vineuil-Saint-Firmin,
le vendredi 11 mai, à 14 h 30.
Priez pour elle.
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Stéphane et Lily Szmir,
Kevin, Raphaël, Sacha, Noa,
Liam,
ses beaux-fils, ses belles-filles
et leurs enfants,
survenu le 4 mai 2018,
à l'âge de 89 ans.
les familles Milers, Barré,
Adams, Roth, Müller
ont la douleur
de faire part du décès de
Mme Paul Razel,
son épouse,
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et toute sa famille
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lors du décès le 22 avril 2018,
à l'âge de 59 ans, de
Philippe BREDIN
et vous prient de trouver ici,
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Pendant 35 ans, il a vécu près
de vous la vie dont il rêvait.
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mercredi 9 mai 2018 LE FIGARO
CHAMPS LIBRES
ENQUÊTE
P. FIDI/COMMONS WIKIMEDIA
12
À Bagnols-en-Forêt, où les affichettes « Stop Linky » ont fleuri comme les pâquerettes dans les prés, les habitants dénoncent les méthodes des poseurs qui se sont déployés dans le village depuis quelques semaines.
Compteurs Linky : le jour où
Bagnols-en-Forêt a disjoncté…
Vincent-Xavier Morvan
£@vincentxaviermo
’
Nice (Alpes-Maritimes)
ai fait une connerie. » Même si la phrase est
aussitôt suivie de justifications tendant à atténuer sa responsabilité, elle ressemble à un
aveu. Les gendarmes de Fayence n’ont
d’ailleurs eu aucun mal à pincer le suspect, il
s’est spontanément présenté à eux. De quoi,
peut-être, bénéficier plus tard d’une certaine
mansuétude de la part de la justice…
Les faits remontent au lundi 30 avril. À l’heure du
déjeuner, chemin des Combes, à l’écart du bourg de
Bagnols-en-Forêt, l’un des neuf villages perchés du
bucolique pays de Fayence, un employé s’affaire à
installer un compteur Linky dans le coffret situé sur le
mur d’enceinte d’une villa. Une voiture s’arrête, un
couple en descend. Selon le témoignage du poseur,
salarié d’Insiema, un sous-traitant d’Enedis, la passagère se porte à sa hauteur, l’invective, le prend à la
gorge et le gifle. Le conducteur s’approche à son tour,
lui arrache son badge et assène au malheureux un violent coup de tête avant de le menacer de représailles
s’il venait à se plaindre. Seule l’intervention d’un voisin permet d’éviter le pire. « J’ai eu mon collègue plusieurs fois au téléphone et je peux vous dire que l’agression a été extrêmement violente, ils l’ont laissé là, dans
le fossé, gisant dans son sang, en se moquant de lui. Il a
eu l’impression d’être abandonné comme un chien »,
raconte Nathalie Alexandre, directrice territoriale
d’Enedis dans le Var. Si l’auteur des violences, qui fait
l’objet d’une plainte, ne s’était pas rendu aux enquêteurs, il aurait été facile de l’identifier. L’homme, qui
siège au conseil municipal comme élu d’opposition,
n’est autre qu’un voisin qui rentrait chez lui.
J
Fin avril, un poseur
de compteurs Linky était
violemment agressé dans
cette commune du Var.
Par-delà le fait divers,
l’histoire révèle le malaise
d’une France d’en bas
en révolte contre
les changements imposés
par la « superstructure ».
15 km
ALPES-DE-HAUTEPROVENCE
ALPESMARITIMES
Bagnols-en-Forêt
Draguignan
Fréjus
A
Au nom du principe de précaution
« Ce qui s’est passé est inexcusable », tranche Michel
Tosan, le maire de Bagnols-en-Forêt, qui se présente
comme « de gauche et plutôt écolo », mais sans étiquette. Dans son petit bureau mansardé de l’hôtel de
ville situé sur la place du village aux platanes centenaires, le sexagénaire, commerçant à la retraite,
moustache rebelle et allure sportive, explique que « ça
arrive dans un contexte pas spécialement bagnolais où
tous les jours on parle de Linky, que ça soit l’UFC, la
Cour des comptes… ». Surtout, dans un climat local
tendu depuis deux ans. Le 1er juin 2016, le conseil municipal de Bagnols-en-Forêt, à la quasi-unanimité, a
voté une délibération demandant un moratoire de
trois ans pour l’installation des compteurs Linky. « Le
préfet a attaqué la délibération, il m’a demandé de la retirer, j’ai refusé », confirme Michel Tosan, estimant
que la population devait pouvoir choisir, au nom du
principe de précaution, de se faire installer ou non un
compteur Linky. Une procédure est actuellement en
cours au tribunal administratif de Toulon. M. Tosan,
qui s’était déjà battu contre une décharge illégale située sur sa commune, combat qui l’avait porté à la
mairie en 2014, évoque des arguments idéologiques.
« On ne peut plus, sous prétexte qu’on est à la base, être
considérés comme des moutons par une superstructure
sachante », affirme-t-il. Mais ce sont des arguments
VAR
Toulon
Mer Méditerranée
Infographie
sanitaires qui ont emporté l’adhésion des élus. Et là,
un homme a joué un rôle clé, un élu tête de liste malheureux aux municipales, classé divers droite. « Je me
retrouve avec le maire sur la défense des enfants », indique cet homme, Lionel Fabre, un chirurgien-dentiste qui a longtemps exercé en région parisienne
avant de poser ses valises au pays de Fayence il y a une
douzaine d’années. L’homme se dit fort de « trente ans de chirurgie dentaire et d’un CES d’embryologie
génétique ». Il a aussi reçu une formation de « personne compétente en radioprotection ». « Le courant
porteur en ligne, la technologie utilisée, est très mal
supporté par les jeunes enfants dont la boîte crânienne
n’est pas encore calcifiée, affirme-t-il. J’ai peur qu’on
ait dans quelques années une augmentation du nombre
d’adultes électro-sensibles. » M. Fabre dénonce aussi
la vente de données qu’Enedis voudrait, selon lui,
pratiquer. « Avec la technologie du courant pulsé, ils
pourront savoir quels sont vos appareils en fin de vie et
vendre cette information aux fabricants », croit-il
savoir.
L’arrivée, il y a quelques semaines, des camionnettes d’Insiema venu installer les premiers compteurs
dans ce village de 2 700 âmes, a mis le feu aux poudres.
M. Fabre a fourni à la mairie deux formulaires, pour
qu’elle les mette à la disposition des administrés réfractaires, à charge pour eux de les adresser en recommandé au siège d’Enedis, à la Défense. « J’ai moimême envoyé mon courrier et, comme mon compteur
est à l’extérieur de ma maison, je l’ai cadenassé », indique l’élu. En quelques semaines, entre 180 et 200 habitants sont venus retirer lesdits formulaires pour les
expédier à Enedis, laissant à l’accueil de la mairie une
copie qui sera versée à la procédure. À l’hôtel de ville,
les premiers jours du déploiement des équipes d’Insiema, le standard a été pris d’assaut. « Rien que ce
matin, j’ai encore eu cinq appels de gens qui avaient refusé le compteur et à qui on l’a posé quand même, me
demandant ce qu’ils pouvaient faire. Je leur réponds que
je ne peux quand même pas m’enchaîner à leur compteur ! », raconte une employée. Car dans le village, où
les affichettes « Stop Linky » ont fleuri comme les pâquerettes dans les prés, les habitants dénoncent les
méthodes des poseurs. Marie-Noëlle, graphiste à la
retraite, a elle aussi envoyé le recommandé et apposé
sur son compteur extérieur un extrait du jugement du
tribunal d’instance de La Rochelle, censé faire jurisprudence, donnant raison à un propriétaire de l’île de
Ré qui avait éconduit manu militari un installateur de
son domicile. « La maison de mon père est dans le village. Comme le compteur était accessible, ils l’ont changé
sans m’avertir, indique-t-elle. Et tout le monde me
parle des petites menaces reçues par téléphone pour les
faire changer d’avis. » Méfiante, Marie-Noëlle vérifie
La maison de mon père est dans le village.
Comme le compteur était accessible,
ils l’ont changé sans m’avertir. Et tout
le monde me parle des petites menaces reçues
par téléphone pour les faire changer d’avis
MARIE-NOËLLE, HABITANTE DE BAGNOLS-EN-FORÊT
»
tous les jours que les poseurs ne sont pas passés changer son compteur…
Sur la place du village, une commerçante confirme : « J’ai fait mon recommandé, un peu comme tout le
monde, et ils m’ont appelée deux fois. On va essayer de
continuer mais ça nous inquiète. » À la mairie, Michel
Tosan dénonce lui aussi les méthodes d’Insiema, des
« pressions sur certaines personnes », « des sous-traitants payés à la prise de rendez-vous » et des poseurs
qui entreraient dans des lieux privés. « On peut le faire, on le fait, voilà leur raisonnement », souligne le maire, qui voit dans l’arrivée des camionnettes des installateurs, avec le climat actuel, « une forme de
provocation » de la part d’Enedis. Pour étayer son
dossier, Michel Tosan a lancé auprès de ses administrés un appel à témoignages sur les pratiques supposées agressives d’Enedis, pratiques que l’entreprise
dément formellement. « Mon juriste me l’a demandé
pour étayer mon dossier », explique le maire. L’un de
ses adjoints, plutôt remonté, s’emporte. « S’ils viennent chez moi, je sors le fusil ! », lance-t-il, avant de se
raviser : « Non ! Ne dites pas ça, disons que je m’y opposerai… »
30 000 compteurs installés en France
Au sein du village, toutefois, la fronde anti-Linky ne
fait pas l’unanimité. Ils sont nombreux à épouser les
vues de ce retraité parisien, voisin de la villa où
l’agression a eu lieu et dont la propriétaire, au demeurant, était tout à fait d’accord pour que l’installation
du nouveau compteur ait lieu. L’homme déclare
s’être fait une opinion. « J’ai été démarché par courrier
et j’attends qu’ils m’appellent pour le rendez-vous, explique-t-il. Des ondes, entre la box et la téléphonie, on
en a déjà un peu partout. J’ai regardé sur Internet et je
n’ai pas vu de raisons particulières de m’y opposer. »
Chez Enedis, à Toulon, on tente de calmer le jeu.
Nathalie Alexandre, la directrice, note que, chaque
jour qui passe, 30 000 compteurs sont installés en
France. Au total, 10 millions ont été posés. « Nous en
sommes à un foyer équipé sur deux dans les Alpes-Maritimes et plus de quatre sur dix dans le Var », précise la
responsable, pour qui « le déploiement se passe très
bien ». Bagnols n’est pourtant pas la seule commune
récalcitrante. D’autres municipalités ont voté semblables délibérations. Le week-end dernier encore, des
habitants d’Autrans, dans le Vercors, ont formé une
chaîne humaine contre Linky. « Dites aux gens la vérité, voilà de quoi me supplie mon collègue qui a été agressé », plaide Nathalie Alexandre. La vérité, pour Enedis,
c’est que Linky serait indispensable à la transition
énergétique, pour pouvoir piloter le réseau en temps
réel et intégrer la révolution des usages, à commencer
par les 5 millions de véhicules électriques attendus
d’ici à 2030. Une innovation qui serait donc nécessaire
et inoffensive puisque le champ électrique d’un compteur Linky serait de 0,2 à 0,8 volt/m à 20 cm de l’installation, quand celui d’un grille-pain flirterait avec les
80 volts/m. D’autant que le courant pulsé serait déjà
présent dans 11 millions de foyers français pour déclencher le ballon d’eau chaude aux heures creuses ou
surveiller le petit dernier via un babyphone. Enfin,
Enedis affirme ne pouvoir transmettre de données
personnelles, Linky ne mesurant qu’une consommation en kWh, sans faire le détail entre téléviseur et lave-linge. Mais, à Bagnols-en-Forêt, ces arguments
semblent bien difficiles à faire entendre. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 9 mai 2018
LE FIGARO
CHAMPS LIBRES
13
POLITIQUE
Combien y aura-t-il de députés
dans chaque département ?
Le gouvernement
veut diminuer
de 30 % le nombre
de députés.
Quelle incidence
sur la répartition
territoriale
des sièges ?
1 À ce jour, 1 député pour 116 000 habitants
Emmanuel Galiero £@ E G a l i er o
Marion Mourgue £@ M a r i o nM o ur g ue
Guillaume Tabard £@ G T a ba r d
Espagne
577 aujourd’hui. C’est ce que prévoit la
réforme des institutions voulue par Emmanuel Macron, visant à réduire de 30 %
le nombre de parlementaires. Le texte de
la future loi, dévoilé samedi dans Le Figaro, précise que 61 de ces 404 députés
(15 %) seront élus à la proportionnelle et
que 8 députés représentant les Français
de l’étranger ne seront plus élus au scrutin majoritaire dans le cadre de circonscriptions territoriales, mais, eux aussi, à
la proportionnelle, sur une liste unique.
Ainsi, le nombre de députés territoriaux
passera de 577 à 335. Cette réduction
obligera donc à un redécoupage des circonscriptions, comme ce fut le cas en
1986 (pour les législatives de 1988) et en
2009 (pour les législatives de 2012). Cette
opération se fera en deux temps. Il faudra
d’abord déterminer le nombre de députés par département. Puis établir le découpage géographique à l’intérieur de
chaque département. En sachant que
chaque département (ou collectivité)
doit être représenté par au moins un député et qu’une même circonscription ne
peut pas être à cheval sur deux départements différents.
Allemagne
116 392
(82 521 653 habitants)
France
116 099
(66 989 083 habitants)
Royaume-Uni
101 244
(65 808 573 habitants)
Italie
Pologne
Infographie
96 174
(60 589 445 habitants)
82 550
(37 972 964 habitants)
Sources : Rapport d’Olivier Marleix pour la commission des lois de l’Assemblée nationale et Eurostat
sous la Ve République (Classiques Garnier, 2017). Le gouvernement a retenu la
« méthode de la tranche », dite aussi
« méthode d’Adams », consistant à attribuer les sièges non encore répartis en
fonction du plus fort reste après division.
C’est ce qui conduit à la carte établie par
Olivier Marleix (voir ci dessous).
que d’autres circonscriptions soient audessus de ce seuil de 200 000 habitants.
La future commission qui établira la répartition et le découpage travaillera
donc à partir d’un « quotient » qui partira de cette moyenne de 200 000 habitants en la corrigeant en raison des paramètres et des spécificités évoquées.
Le Figaro s’est procuré un projet établi
par le député LR d’Eure-et-Loir Olivier
Marleix et que celui-ci présente ce mercredi en commission des lois de l’Assemblée nationale. Ce projet n’est donc
pas la version officielle que retiendra le
gouvernement, mais, les critères d’étude étant strictement arithmétiques, il ne
devrait pas en être très éloigné.
Ce projet a fixé ce quotient à 238 000 habitants. Il permet d’établir une « tranche » servant à effectuer la répartition
des sièges par département. Ainsi, un
département se voit attribuer autant de
sièges que de nombre de « tranches » de
238 000 habitants. Un député pour
238 000 habitants, un deuxième député à
partir de 476 000 habitants, un troisième
à partir de 714 000, etc. Évidemment,
cette division ne donne pas un compte
rond. Comme dans toute division, une
fois le quotient établi, il y a un « reste ».
Donc un certain nombre de sièges ne seront pas encore répartis par cette seule
division. Pour ce faire, il existe de très
nombreux modèles mathématiques détaillés dans la thèse de l’universitaire
Thomas Ehrard Le Découpage électoral
Dans l’Assemblée actuelle, un député représente en moyenne 116 000 habitants.
Dans la future Assemblée les 335 députés
territoriaux représenteront en moyenne
200 000 habitants chacun. Ce chiffre ne
peut pourtant pas servir à établir la répartition des sièges par département.
Celle-ci, en effet, ne peut pas être strictement proportionnelle à la démographie. On l’a dit : chaque département
doit avoir au moins un député. Or, de la
Lozère (76 360 habitants) à la Meuse
(191 530 habitants), treize départements
métropolitains sont en dessous de ce
seuil. C’est vrai plus encore de plusieurs
collectivités ultramarines (6 000 habitants
à
Saint-Pierre-et-Miquelon,
12 000 à Wallis-et-Futuna, qui conserveront aussi chacune un siège). À nombre de députés constant, il faudra bien
» Lire aussi PAGE 6
132 937
(46 528 024 habitants)
ÉLECTIONS 404 députés au lieu de
TRANCHE »
❙ LADE LA« MÉTHODE
+
L’argument est juste dans une approche
territoriale. Dans les départements ruraux, les futurs députés seront astreints
à des trajets considérables pour couvrir
leur circonscription. Et il est vrai que,
jusqu’en 1988, le seuil minimal était de
deux élus par département et que ce
n’est qu’à titre d’exception que le
Conseil constitutionnel avait permis que
le redécoupage de 2009 descende au
seuil d’un seul député, mais pour deux
départements seulement.
L’argument est cependant réversible
dans une approche démographique ;
celle que retient le gouvernement. En
effet, quelque 76 000 habitants de la
Lozère ou 140 000 habitants des Hautes-Alpes seront représentés par un
élu, quand il en faudra quelque 200 000
dans les départements les plus urbanisés, comme ceux de la région parisienne. On peut dire aussi que des départements peu peuplés comme la Corrèze
ou le Tarn-et-Garonne garderont leurs
deux députés, ou que d’autres départements à dominante rurale (Aveyron,
Orne, Mayenne, Allier…) ne perdront
qu’un tiers de leurs députés (1 sur 3),
quand Paris et des départements dominés par de grosses agglomérations
(Nord, Bouches-du-Rhône, Rhône,
Gironde) en perdront près de la moitié.
NOMBRE D’HABITANTS PAR DÉPUTÉ DANS LES PAYS EUROPÉENS LES PLUS PEUPLÉS (2017)
COLLECTIVITÉS
UN SEUL DÉPUTÉ
❙ 21AVEC
LA DIVERSITÉ POLITIQUE
MENACÉE ?
Ainsi, d’après les calculs de l’élu LR
d’Eure-et-Loir, 18 départements métropolitains désigneraient un seul député,
contre deux seulement aujourd’hui, la
Lozère et la Creuse. Soit près d’un département métropolitain sur cinq. Auxquels
s’ajouteraient les trois collectivités de
Saint-Pierre-et-Miquelon, Wallis-etFutuna et Saint-Barthélemy-SaintMartin, qui conserveraient leur député.
Même quelques départements de plus de
200 000 habitants, comme la HauteSaône, la Haute-Loire, l’Indre ou la Nièvre, n’auraient plus qu’un député.
C’est ce qui fait dire à Olivier Marleix que
« cette réforme prévoit un écrasement total de la représentation des territoires ruraux ». Et encore, d’autres méthodes de
calcul que celle de la tranche auraient
conduit à ce qu’une vingtaine d’autres
départements n’aient plus qu’un député.
« Macron ne réduit pas le nombre de députés ; il supprime des députés dans le monde
rural », poursuit Marleix.
Marleix pointe encore un risque sur le
pluralisme politique. Car, si l’introduction d’une dose de proportionnelle
vise à favoriser la représentation de
toutes les formations, la réduction du
nombre de députés favorisera les
grands partis. Par définition, l’équilibre ne sera plus possible là où il n’y
aura plus qu’un député. Comme en
Haute-Marne, par exemple, où il y a
aujourd’hui un député de la majorité et
un de l’opposition. Des circonscriptions plus grandes feront disparaître
certaines enclaves sociologiques ou
spécifiques qui permettaient à un parti
de décrocher un élu dans un territoire
globalement acquis à un autre courant.
Le Front national et La France insoumise pourraient en être victimes, perdant ainsi plus par cette diminution du
nombre de circonscriptions qu’ils ne
gagneraient par le « rattrapage » de la
proportionnelle. ■
2 La nouvelle géographie de la France des députés
SeineSt-Denis
7
NOMBRE DE DÉPARTEMENTS OU COLLECTIVITÉS D'OUTRE-MER AVEC ...
32
Hauts- 7
de-Seine
SeineMaritime
20
17*
15
10
10
6
*voir le nombre
de députés
sur la carte
Calvados
Manche
Oise
... 1
... 2
... 3
... 4
... 5 ... plus de 5
député députés députés députés députés députés
6
Orne
Côtes-d’Armor
Actuellement
Projection pour 2022
(selon les calculs du député LR Olivier Marleix)
Finistère
Ille-etVilaine
Mayenne
6
Meurtheet-Moselle
Seine-etMarne
Aube
Sarthe
Morbihan
Marne
6
Essonne
Eure-etLoir
Moselle
Meuse
6
Yvelines
(découpage de 2009)
HauteMarne
12
12
21
13
10
7
8
10
12
9
6
11
10
8
HautRhin
HauteSaône
10
7
6
10
577 députés
12
répartis par
« tranches »
de 125 000 hab.**
9
6
10
9
moins les 61 députés
élus à la proportionnelle
(15 % des députés)
et les 8 députés réservés
aux Français établis à l’étranger
** La « tranche » est un quotient de calcul établi
par les instances gouvernementales. Il part du
ratio moyen de population par député (116 000
en 2009, 200 000 après la réforme), mais est
augmenté de près de 20 % pour corriger le fait
que pour des raisons géographiques ou
institutionnelles, une collectivité représentée
par un député compte nettement moins
d’habitants que la moyenne démographique.
6
14
Guyane
Martinique
Loir-etCher
Indreet-Loire
Côte-d’Or
Cher
= 335 députés
répartis par « tranches »
de 238 000 habitants**
6
6
6
Maineet-Loire
6
404 députés
18
11
8
LoireAtlantique
Guadeloupe
16
Saône-etLoire
Vienne
Loire
Rhône
Puy-de-Dôme
Savoie
Isère
Corrèze
Dordogne
Cantal
Lot
Lot-etGaronne
Gard
Vaucluse
9
Tarn
Hérault
HauteGaronne
6
8
Drôme
Aveyron
Gers
HautesPyrénées
Ardèche
Bouchesdu-Rhône
Mayotte
St-Pierre-et-Miquelon
St-Martin et St-Barthélemy
Alpesde-HauteAlpesProvence Maritimes
Var
Aude
Ariège
Pyrénées-Orientales
Réunion
HautesAlpes
Lozère
Tarn-etGaronne
Landes
PyrénéesAtlantiques
6
Haute-Loire
Gironde
7
HauteSavoie
8
HauteVienne
Charente
Jura
Ain
Creuse
CharenteMaritime
Territoire
de Belfort
Allier
6
7
Doubs
Nièvre
Indre
DeuxSèvres
Vendée
BasRhin
Vosges
Loiret
Yonne
6
6
Val-deMarne
Ardennes
Val-d’Oise
Eure
6
... 1
... 2
... 3
... 4
... 5 ... plus de 5
député députés députés députés députés députés
Aisne
Wallis-et-Futuna
Nouvelle-Calédonie
HauteCorse
Polynésie française
Corsedu-Sud
A
19
10
Paris
Somme
21
5
7
11
Nord
36*
21
Pas-de-Calais
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 9 mai 2018 LE FIGARO
14
CHAMPS LIBRES
DÉBATS
L’entretien de Macron à la « NRF »
■ Depuis
qu’il est entré en politique, Emmanuel Macron confie régulièrement ses goûts
littéraires. Il vient de donner un long entretien à la prestigieuse Nouvelle Revue française
(NRF) dans lequel il évoque ses lectures, les deux grands présidents littéraires qui l’ont
précédé, mais aussi le retour
du tragique de l’histoire.
Pour Brice Couturier, auteur
de Macron, un président philosophe (Éditions de l’Observatoire), il faut prendre au
sérieux ce souci du président
pour la quête de sens. L’écrimmanuel Macron n’a toujours désignation : « En réalité, je ne suis que
vain Marin de Viry s’interropas compris sa victoire
l’émanation du goût romanesque du peuple
de l’an dernier. La preuve :
français. » Les électeurs auraient choisi
ge en revanche sur les
il la considère comme un
un personnage de roman. Comme ils ont
contradictions du « nouveau
accident,
«
une
aberration
»,
aimé Rodrigue et Julien Sorel, ils auraient
monde » macronien : peutpour reprendre ses propres
préféré Macron à Fillon, trop notaire, et à
on en même temps aimer
termes du système politique. Et cette
Mélenchon, emporté et grognon comme
Giono et vouloir transformer
erreur d’appréciation sur le sens de
un abbé chez Zola. Ils auraient aimé ce
sa propre irruption risque de l’amener
jeune homme balzacien, tombé
la France en « start-up naà commettre des erreurs sur la manière
amoureux de sa jolie prof de lycée au
tion » ?
Macron n’a cessé de s’inquiéter
de « la montée de l’insignifiance »
E
de mener à bien sa mission. Déjà, dans
Révolution, il écrivait : « Rien ne me
prédestinait aux fonctions que j’ai
occupées comme ministre de l’Économie,
ni à l’engagement politique qui est le mien
aujourd’hui. » Il avait tort : quand on rate
Normale sup mais qu’on sort de l’ENA
dans les premiers, qu’on devient
secrétaire général adjoint de l’Élysée,
il n’est pas nécessairement donné de
devenir président de la République,
mais ce n’est pas exclu non plus.
Macron a été élu parce que le système
politique, qui donnait depuis une
quinzaine d’années déjà des signes de
dysfonctionnement, était arrivé au bout
de son usure. L’incapacité des deux
ci-devant « partis de gouvernement »
à ajuster notre pays aux exigences du
XXIe siècle était devenue éclatante.
L’exaspération populiste risquait de nous
amener à l’Élysée une Le Pen ou un
Mélenchon. Retenez-moi ou je fais un
malheur, menaçait l’électeur. Macron a
gagné en proposant de rebattre les cartes,
en faisant du déminage idéologique,
en proposant une alternative à la guerre
civile. Il est arrivé
au bon moment.
Mais lui-même
donne, dans
l’interview qui vient
Le président de la République habille sa geste
de paraître à la NRF,
politique de références littéraires.
une explication bien
Pour l’essayiste*, il ne s’agit pas d’une posture,
plus romantique – et
et cela témoigne d’ un réel souci du tragique
plus flatteuse – de sa
BRICE COUTURIER
l’action politique ») et incarner la nation
(« la verticale du pouvoir »). On se
souvient de l’émoi provoqué dans les
chaumières par l’allusion à « cet absent,
la figure du roi » « dans le processus
démocratique », qui figurait dans la
fameuse interview de Macron dans
l’hebdomadaire Le 1 du 8 juillet 2015.
Gouverner, il sait faire. Même si les
circonstances lui imposent, confesset-il, d’« avancer à petits pas ». Incarner,
point de l’épouser. On comprend mieux
c’est plus compliqué. Et l’exemple qu’il
le soin qu’il a mis à se forger une « identité
en donne est fort : ses hésitations sur
narrative » (Ricœur). C’était pour mieux
l’attitude à adopter lors des obsèques de
nous séduire.
Johnny Hallyday.
La littérature, il a raison de le souligner, Il a renoncé,
ce jour-là, à
est du côté du sens. La technocratie
prononcer un
discours sur lequel
atrophie la dimension tragique
il avait travaillé
de la politique. C’est sa réponse à ceux
toute la nuit.
qui l’accusent d’être un pur gestionnaire
« Les gens ne vous
reconnaissent
comme l’un des leurs que si vous prouvez
Mais de Gaulle et Napoléon III,
que vous êtes capable de partager leur
ses deux grands prédécesseurs, n’étaient
émotion. » Se sentant en déficit
nullement des séducteurs. Plutôt
de légitimité historique, il croit
des Pères Fouettard. Le peuple français
compenser par l’épaisseur romanesque.
les a appelés parce qu’il était las des
Et par les références littéraires. Giono,
désordres, qu’il redoutait la guerre civile
Colette, Giraudoux… toute une tradition
et qu’il avait pris conscience d’un certain
littéraire des années 1930 et 1940 qui lui
nombre de retards nationaux. Macron,
vient de cette fameuse grand-mère
lui, n’est ni le neveu d’un empereur ni
enseignante.
l’homme du 18 juin 1940. Malgré une
La littérature, il a raison de le
élection aux deux tiers à la présidentielle
souligner, est du côté du sens.
et une victoire nette aux législatives, il
La technocratie atrophie la dimension
semble souffrir d’un déficit de légitimité
tragique de la politique. C’est sa réponse
historique. À force d’entendre
à ceux qui l’accusent d’être un pur
Mélenchon brailler dans les micros
gestionnaire, qui limiterait ses ambitions
complaisants que le président de la
à une « adaptation du pays » à une
République n’a pas le droit moral
modernité vide. Mais ce reproche
d’appliquer son programme, peut-être
provient de ceux qui ne l’ont jamais lu.
s’en est-il laissé lui-même convaincre.
Macron n’a cessé de s’inquiéter de ce que
Macron revient une fois de plus dans
Castoriadis avait nommé, dès les années
cette interview sur les deux missions
1990, « la montée de l’insignifiance »,
que lui semble imposer sa fonction :
« la décomposition se voit surtout
gouverner la société (« l’horizontale de
«
»
dans la disparition des significations,
l’évanescence presque complète des
valeurs ». Politiquement, disait Casto,
cela donne l’apathie et le cynisme
qui dominent les vieilles démocraties
occidentales, oublieuses de leurs
traditions (les Grecs, les Lumières),
vautrées dans une haine de soi
complaisante.
À nouveau, on voit Macron déplorer
nos déconstructions récentes, dénoncer
le cynisme et le nihilisme. Preuve que
l’exercice du pouvoir ne nous l’a pas
encore trop corrompu. Au passage,
il indique que Mai 68 « ne (le) fascine pas
du tout » - contrairement à une légende
de droite. Et pour cause : ceux qui rêvent
de rejouer les barricades imaginent ainsi
se débarrasser de lui…
Mais le plus étonnant, c’est cette
invocation romantique aux « orages
désirés » par laquelle se conclut
l’interview. Ce qui peut nous faire sortir
de l’insignifiance, dit Macron, c’est
le retour du tragique dans l’histoire
européenne. Le Vieux Continent des
« petits-bourgeois » se croyait « à l’abri »,
sorti de l’histoire, vacciné contre
les aventures. Mais la zone des tempêtes
ne cesse de se rapprocher. La guerre
commerciale entre les États-Unis
et la Chine pourrait déboucher sur la
guerre tout court. « La ruée vers
l’Europe » (Stephen Smith) d’une Afrique
en explosion démographique a
commencé. Le changement climatique
n’épargnera pas les zones tempérées.
À se demander si ce n’est pas sur de
grandes catastrophes que compte notre
président pour parvenir à entraîner ses
partenaires de l’Union européenne,
peu désireux pour l’instant de le suivre
dans ses grands projets…
* Journaliste, auteur de
« Macron, un président philosophe »
(Éditions de l’Observatoire).
Les injonctions paradoxales
du président à la littérature
l est étrange et notable que,
lorsqu’un littéraire rencontre
le chef de l’État, le lecteur sente
souvent une intention à peine
voilée de prendre les instructions
auprès de l’autorité. Comme une
soumission, comme si la littérature
était née à genoux devant le pouvoir,
et que personne n’y pouvait rien.
C’est comme ça, le président est le
protecteur de l’Académie française.
Quiets, les moutons paissent sous les
hauts remparts du puissant seigneur.
Inquiets, ils l’assiègent dans son logis
pour lui enjoindre de tracer leur route.
Dans l’entretien que vient d’accorder
le président de la République à la NRF,
organe périodique des Éditions
Gallimard, la revue de haute culture,
désemparée, demande au président
pourquoi, au temps jadis, le bloc-notes
de Mauriac et le récit tragique grand
genre façon François-René liaient
l’histoire aux grands esprits et les
grands esprits au grand nombre,
tandis que depuis la mort de Johnny
et de Jean d’Ormesson l’émotion
populaire, la littérature et la politique
semblent découplées. Que faire
de nos plumes, de nos sensations,
de nos observations, mon général ?
Vous tombez bien, semble répondre
le président, je regrette comme vous
la disparition de ces auteurs dont le
peuple dévorait la vision qu’ils avaient
du tragique de l’époque, et qui faisaient
fonction d’enjoliveurs de la gloire du
chef, fussent-ils contre. Naturellement,
poursuit-il, être écrivain, c’est être
« embarqué » dans l’histoire,
s’extravaser de sa
sphère personnelle
pour épouser
le tragique. Or,
je la fais, l’histoire.
L’écrivain a lu l’entretien accordé
Voyez plutôt :
par Emmanuel Macron à la NRF
je transcende, je
et se demande quel genre de littérature
fracture, j’incarne,
peut produire une start-up nation
j’évoque les
DESSINS CLAIREFOND
I
A
MARIN DE VIRY
puissances endormies, je convoque
l’invisible, j’y ajoute un côté pas de
charge et odeur de poudre qui n’est pas
sans faire songer au pont d’Arcole.
Bienvenue à bord, chers auteurs futurs.
« Petits-bourgeois » allergiques
au tragique s’abstenir. Commencez
à tricoter la tapisserie de Bayeux,
mon quinquennat en vaut la peine.
Corneille, à moi !
Le président aurait pu faire
différemment : rendre hommage
à la littérature, montrer qu’il l’aime et
comment, et ensuite passer au rapport
entre les lettres et la politique. Certes,
nous saurons en lisant cet entretien
que Giono, Colette, García Márquez,
Molière, Chateaubriand, Pascal, Senghor
ont fait quelque chose dans son esprit –
apparemment plus que la philosophie et
la sociologie, ce qui est bon signe –, qu’il
reconnaît à la fiction une capacité à
se substituer avec profit à l’expérience
du réel, et qu’il la voit comme un souffle
profond où l’individuel et le collectif
entrent en phase, dans l’enthousiasme
esthétique. Pas bouleversant de
nouveauté, mais comme me le disait
un ami à qui je parlais de cet entretien :
« Tu ne vas pas te plaindre : pour une fois
qu’on en tient un qui est capable de parler
littérature… Le précédent lisait Tintin
et l’avant-dernier ne devait qu’à son
mariage un rapport tardif et expiatoire
à la culture littéraire. À tout prendre… »
Sage remarque, qui n’épuise toutefois
pas ma curiosité.
Nous saurons aussi, sur la fonction
sociale de la littérature, que le président
la tient pour une nécessité organique :
le peuple a besoin de fiction, dit-il,
car il n’aime pas les robots,
la technique, le resserrement
des prestiges culturels et politiques sur
leurs institutions et leurs savoir-faire.
Il faut filer des grandes métaphores
pour faire traverser cette vallée
de larmes aux Français. L’approche
technique de l’existence ne suffira
Tout cela ne nous apprend rien que
nous ne sachions déjà sur le rapport
entre le pouvoir et la littérature.
L’autorité et la verticalité, dont
il est beaucoup question dans cet
entretien, s’expriment à plein. Il est
demandé aux écrivains de se bouger,
d’arrêter de tergiverser au carrefour
nihiliste de la réflexion et de l’action.
D’embrayer. De se mettre en marche.
Just do it.
Pardon : la littérature se sera
vraiment mise en marche quand
elle décrira de façon à la fois
personnelle et
générale cette
la littérature se sera vraiment mise
implacable
en marche quand elle décrira de façon convergence
entre le pire
à la fois personnelle et générale cette
de l’étatisme
et le pire du règne
implacable convergence entre le pire
des sociétés
de l’étatisme et le pire du règne des
privées, qui
sociétés privées, qui rend à peu près
rend à peu
près désespéré
désespéré chacun de nos compatriotes,
chacun de nos
de bas en haut de la société
compatriotes, de
bas en haut
de la société. Il est d’ailleurs significatif
par les commentateurs, par laquelle il
que Michel Houellebecq n’ait pas été
manifeste son impatience que ne soient
cité dans cet entretien, car c’est
pas déjà nés et au travail, tels de
l’auteur de cette quête-là. Le vrai
nouveaux Tacite dans l’Empire de
drame : les robots sont en marche,
Néron, les auteurs du renouveau. Mais
et c’est à la littérature de sentir si, en
cette injonction d’inspirational leader
effet, notre président de la République
de start-up qui réveille ses managers
et nous-mêmes sommes complices
accrochés par fainéantise au paradigme
des robots, victimes des robots, ou
culturel du vieux monde sera-t-il
si nous serons capables de canaliser
compris des écrivains, gens lents,
les forces contre les robots. Dans
à chats, de complexion délicate,
cette affaire, l’homme du « en même
d’appétit modeste, d’ego souffrants ?
temps » a de bonnes chances de
Rien n’est moins sûr. Je me permets
devenir un personnage littéraire,
une suggestion : coller dans un charter
car on ne sait pas trop s’il est complice
en direction des ateliers d’écriture
ou victime du resserrement sûr et
américains les écrivains les plus
progressif de l’étau sur la psyché des
capables d’ériger une littérature
hommes modernes, ou s’il le combat.
macro-compatible qui « dépote ».
Dernier ouvrage paru :
Des bataillons de Guillaume Musso
« Un roi immédiatement »
pourront édifier les générations futures
(Pierre-Guillaume de Roux, 2017).
sur le moment macronien.
jamais à un peuple dont l’aïeul est
Homère, et le berceau, la Chanson
de Roland.
Bref, cet entretien laisse l’impression
que le président pense que l’histoire
allant enfin redevenir implacablement
tragique selon des formes nouvelles et
radicales aux accents apocalyptiques,
elle aura besoin de héros, et qu’il fera
volontiers, en s’offrant en modèle, le
sacrifice de sa modestie au renouveau
de la gloire française. Il y a également
cette nuance d’« au boulot ! » quand il
s’exprime, qui a déjà été souvent notée
«
»
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mercredi 9 mai 2018
CHAMPS LIBRES
OPINIONS
Guillaume Perrault
£@GuilPerrault
Mai 68 en Angleterre ? L’affaire Enoch Powell
n Grande-Bretagne, mai 1968
n’évoque nullement les
mêmes souvenirs qu’en
France. Pas de barricades
dans les rues de Londres.
Une agitation étudiante
limitée à quelques universités. Aucune
grève générale. La gauche au pouvoir.
Des institutions politiques immuables.
Les radical sixties ont certes modifié
E
@
100 000 citations
et proverbes sur evene.fr
ENTRE GUILLEMETS
9 mai 1630 : mort du poète
huguenot Théodore Agrippa
d’Aubigné.
« Les Tragiques »
RUE DES ARCHIVES/PVDE
Mes sens n’ont plus
de sens, l’esprit
de moi s’envole,
Le cœur ravi se tait,
ma bouche est sans
parole : Tout meurt,
l’âme s’enfuit,
et reprenant son lieu
Extatique se pâme
au giron de son Dieu
»
en profondeur la société britannique,
mais le bouleversement ne s’est pas
manifesté par un accès de fièvre
spectaculaire comme en France.
À une exception près. Au printemps
1968, pendant qu’une partie des étudiants
français parodiaient les révolutions
du XIXe siècle au Quartier latin,
les Britanniques, eux, se déchiraient
sur la question de l’immigration. Tout
a commencé le 20 avril 1968. Ce jour-là,
une figure notable du Parti conservateur,
Enoch Powell, prononce le discours le
plus controversé de l’histoire britannique
depuis un demi-siècle. Devant les
militants de sa circonscription des West
Midlands, l’ancien professeur de lettres
classiques adopte un ton apocalyptique
et affirme que la Grande-Bretagne se
désintégrera si l’immigration originaire
des pays du Commonwealth ne cesse pas.
« Pour des raisons qu’ils ne comprennent
pas, en application de décisions prises par
défaut, pour lesquelles [les Britanniques]
ne furent jamais consultés, ils se retrouvent
étrangers dans leur propre pays », soutient
l’ancien ministre de la Santé (Powell avait
siégé dans plusieurs gouvernements).
Le député réclame l’immigration zéro
et une politique d’aide au retour.
Powell fustige un projet de loi antidiscriminations (Race Relations Bill)
alors élaboré par la majorité travailliste.
« La discrimination et la dépossession,
le sentiment de crainte et d’inquiétude, ce
ne sont pas les populations immigrées qui
les ressentent, mais ceux parmi lesquels
[ces populations immigrées] sont arrivées
et continuent à arriver », déclare Powell.
Le parlementaire qualifie le projet de loi de
« moyen de montrer que les communautés
immigrées peuvent s’organiser et soutenir
leurs membres, faire campagne contre leurs
concitoyens, intimider et dominer les autres
grâce aux moyens juridiques que les
ignorants et les mal-informés leur ont
fournis ». Il conclut : « Je contemple l’avenir
et je suis rempli d’effroi. Comme les
Romains, je vois confusément “le Tibre
écumant d’un sang abondant” », citation
d’un vers de l’Énéide de Virgile
où la Sibylle prédit l’avenir à Enée.
Aussitôt, le pays s’enflamme. Élus
et éditorialistes condamnent Powell.
Les uns le tiennent pour raciste, les
autres le voient comme un démagogue et
un imprécateur qui flatte de bas instincts.
D’aucuns l’accusent de porter une
responsabilité dans des agressions
racistes advenues après son discours et
suggèrent des poursuites pour incitation
à la haine raciale. Le député avait émaillé
son discours de citations de propos très
véhéments sur des immigrés, attribués
à des électeurs (en particulier une vieille
dame) qu’il affirmait avoir rencontrés en
circonscription et qui lui auraient confié
leur colère ou leur désarroi en réclamant
l’anonymat. Or, des journalistes,
enquêtant sur place, contestent
l’existence de ces témoignages. Ils
affirment que Powell a menti pour faire
endosser par des électeurs imaginaires
ses accusations les plus violentes.
Au contraire, bien plus tard, le Daily Mail
(le 2 février 2007) affirmera avoir
identifié la vieille dame en question.
Quoi qu’il en soit, à l’époque conscient
VOX
Pour un renouveau
démocratique en Europe
ans cette période de reprise
économique et d’accalmie,
n’oublions pas qu’il y a peu
nous avons frôlé l’abîme
et que notre réalité
reste pleine d’incertitudes
géopolitiques et financières, avec un
niveau de dette mondial record pouvant
entraîner une nouvelle crise. Ne croyons
pas non plus que nos dirigeants puissent
seuls, sans la participation active des
citoyens, relever les défis de notre temps.
Le 9 mai 2016, nous lancions
un appel pour une nouvelle renaissance
européenne. Notre préoccupation : éviter
l’implosion de l’Union dans une période
de vide politique sans précédent,
de montée des populismes et de repli
national. Notre conviction : seule
une dynamique rassemblant leaders
d’opinion et citoyens de toutes sensibilités
permettrait de créer la pression politique
suffisante pour garantir l’unité des VingtSept en cas de vote négatif au référendum
sur l’appartenance du Royaume-Uni
à l’UE. Les leaders européens avaient
en effet accepté la demande de David
Cameron de ne pas préparer de plan B,
susceptible selon lui d’augmenter
les risques d’une issue défavorable.
Notre appel a été formidablement
entendu. Des dizaines de milliers
de citoyens ont réagi. Des chefs d’État
et de gouvernement nous ont reçus et,
surtout, ont suivi notre double
recommandation : unité dans
la négociation et ébauche d’une feuille
de route de relance de l’Union. Les
présidents de la Commission européenne
et du Conseil européen nous ont demandé
de réfléchir à cette feuille de route
et à la manière d’articuler au mieux
souverainetés
nationale
et européenne. Ce fut
chose faite dans
le rapport « la Voie
70 personnalités* de divers pays, parmi lesquelles
européenne pour
Alain Juppé, Daniel Cohn-Bendit et Cynthia Fleury,
un futur meilleur »
appellent à une participation active des citoyens
que nous leur avons
à l’Union européenne.
remis en mars 2017.
D
APPEL CIVICO EUROPA
Dassault Médias
14, boulevard Haussmann
75009 Paris
Président-directeur général
Serge Dassault
Administrateurs
Nicole Dassault, Olivier
Dassault, Thierry Dassault,
Jean-Pierre Bechter, Olivier
Costa de Beauregard, Benoît
Habert, Bernard Monassier,
Rudi Roussillon
SOCIÉTÉ DU FIGARO SAS Directeur des rédactions
14, boulevard Haussmann Alexis Brézet
Directeur délégué des rédactions
75009 Paris
Paul-Henri du Limbert
Président
Serge Dassault
Directeurs adjoints de la rédaction
Gaëtan de Capèle (Économie),
Directeur général,
Laurence de Charette (directeur
directeur de la publication de la rédaction du Figaro.fr),
Marc Feuillée
Anne-Sophie von Claer
(Style, Art de vivre, So Figaro),
L’essentiel de nos propositions a depuis
fait l’objet d’un puissant portage politique,
aussi bien par le président
de la Commission européenne lors
de son intervention sur l’État de l’Union,
que par le président de la République
française dans ses discours de la Sorbonne
et de Strasbourg. Le Parlement européen
s’en est également saisi.
Certaines recommandations
deviennent réalité, comme les
consultations citoyennes, la nouvelle
priorité donnée à l’intelligence artificielle
par la Commission européenne, le travail
mené pour la qualité de l’information, la
modernisation du modèle social européen,
ou encore le projet d’un Erasmus
des collégiens et lycéens. Ces avancées
devront être confirmées par un budget
permettant effectivement de démocratiser
Erasmus, de maintenir un programme
ambitieux pour la culture, et d’accroître
l’effort de recherche et développement.
Nous nous réjouissions de ces succès,
mais restons inquiets.
L’envie d’Europe manifestée
par nos concitoyens après le référendum
britannique menace de fléchir
si davantage d’actes concrets
n’accompagnent pas les paroles
des dirigeants. Les derniers résultats
électoraux témoignent d’une montée des
partis populistes. Pire, le respect de l’État
de droit et des valeurs fondamentales,
cœur du projet européen, n’a jamais été
à ce point menacé au sein de l’Union.
Ce 9 mai, nous appelons donc
à un nouveau sursaut des gouvernants
mais aussi des citoyens, des leaders
d’opinion et des dirigeants syndicaux
et d’entreprise de ce continent. Sans
engagement du Conseil européen de juin
sur un plan et un calendrier précis fixant
une relance européenne, faite d’actions
concrètes impactant positivement le
quotidien de nos concitoyens, les élections
européennes signeront une montée
en puissance sans précédent des forces
populistes. Aussi encourageons-nous
la participation de tous aux consultations
citoyennes qui doivent inclure les plus
Anne Huet-Wuillème (Édition,
Photo, Révision),
Arnaud de La Grange
(International),
Étienne de Montety
(Figaro Littéraire),
Bertrand de Saint-Vincent
(Culture, Figaroscope, Télévision)
et Yves Thréard (Enquêtes,
Opérations spéciales, Sports)
Directeur artistique
Pierre Bayle
Rédacteur en chef
Frédéric Picard (Édition)
Éditeur
Sofia Bengana
Éditeur adjoint
Robert Mergui
… CHRONIQUE
vulnérables et donner lieu à une véritable
écoute des opinions exprimées.
Mais notre conviction est qu’il faut oser
l’ambition et inventer une nouvelle étape
de la démocratie européenne.
Nous proposons de créer un droit
à la participation continue de chacun
à la vie politique de l’Union et invitons
tous ceux qui le souhaitent à nous
rejoindre pour bâtir avec nous civico.eu,
une plateforme civique permanente,
transnationale et multilingue, permettant
aux citoyens européens non seulement
d’être consultés mais d’être eux-mêmes
les initiateurs d’un dialogue civique direct
ayant pour but de faire émerger
des propositions concrètes nourrissant
en continu les institutions européennes.
Les technologies numériques,
la traduction automatique avancée,
l’intelligence artificielle, permettent
de penser différemment la démocratie.
Il ne s’agit nullement de mettre fin
à la démocratie représentative mais
de la compléter à travers une démocratie
délibérative et participative continue.
Nous croyons plus que jamais à la nécessité
pour nos concitoyens européens de se
constituer en force civique transnationale.
Soixante-dix ans après le congrès
fondateur de La Haye, nous appelons
à un nouveau congrès des consciences
européennes qui rassemble citoyens,
leaders d’opinion et dirigeants de toutes
sensibilités, pour écrire ensemble une
page inédite de notre histoire commune.
C’est en misant sur des avancées concrètes
et rapides, un renouveau démocratique
et un rassemblement des bonnes volontés,
que nous rétablirons la confiance entre
les citoyens et les institutions européennes
dans un esprit renouvelé de solidarité.
C’est la condition pour transformer
l’Union en puissance démocratique,
culturelle, sociale, écologique
et industrielle, capable de peser
sur les évolutions de la planète,
de défendre les intérêts des Européens
et de contribuer à un monde meilleur.
* Retrouvez la liste complète des signataires
sur le Figaro.fr
FIGAROMEDIAS
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Tél. : 01 56 52 20 00
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direction.redaction@lefigaro.fr
que Powell vise sa place, Edward Heath,
chef du Parti conservateur, le révoque
du shadow cabinet (où il était en charge
de la Défense). L’homme par qui le
scandale arrive, convié à prendre la
parole dans des universités, est accueilli
par des broncas. Même les Beatles s’en
mêlent et tournent en dérision le discours
de Powell dans la première version
de leur chanson Get Back.
A contrario, le député a bénéficié
d’une importante approbation dans
les couches populaires britanniques.
Dès l’annonce de l’éviction de Powell du
shadow cabinet, les dockers de Londres
manifestent devant la Chambre des
communes pour le soutenir. Des heurts les
opposent à une manifestation d’étudiants
hostiles à Powell. L’intéressé aurait reçu
quelque 100 000 lettres de soutien. Selon
plusieurs journaux britanniques (ainsi
The Guardian du 27 avril 2001), un sondage
Gallup, réalisé au plus fort
de la controverse, aurait conclu
à un assentiment massif des sondés (74 %)
envers les préconisations de Powell.
L’intéressé ne réussira pas à prendre
la tête du Parti conservateur et sera
marginalisé. Depuis, conservateurs
et travaillistes ont paru considérer que
moins ils parleraient d’immigration,
mieux cela vaudrait pour ne pas réveiller
les passions. Le multiculturalisme devint
un modèle de société. L’opinion d’une
partie importante des Britanniques sur
ces sujets n’a plus trouvé d’expression
dans les partis de gouvernement.
Jusqu’au réveil brutal du référendum
de juin 2016 sur le Brexit.
« Propos antisémites tenus
par Mahmoud Abbas :
le mur de Jérusalem
n’est pas si éloigné
que cela de la rue
du Temple »
par Gilles-William
Goldnadel,
avocat et essayiste.
… POLITIQUE
« Emmanuel Macron
a réhabilité l’usage
des symboles
en politique »,
par Arnaud Benedetti
et Frédéric Vallois.
… RELIGION
« Frapper d’obsolescence
certains versets
du Coran ?
Les musulmans l’ont déjà
fait ! », par Razika Adnani,
membre du conseil
d’orientation
de la Fondation de l’islam
de France.
Impression L’Imprimerie, 79, rue de Roissy
93290 Tremblay-en-France
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sous le numéro FI/37/01. Eutrophisation : Ptot 0.009 kg/tonne de papier.
Ce journal
se compose de :
Édition nationale :
1er cahier 16 pages
Cahier 2 Économie
6 pages
Cahier 3 Le Figaro
et vous 10 pages
Édition IDF :
Cahier 4 Figaroscope
48 pages tabloïd
A
ANALYSE
15
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 9 mai 2018 LE FIGARO - N° 22 935 - Cahier N° 2 - Ne peut être vendu séparément - www.lefigaro.fr
> FOCUS
AIR FRANCE :
LA SITUATION
RESTE BLOQUÉE
lefigaro.fr/economie
ÉNERGIE
LE SUCCÈS
DES FOURGONS
ÉLECTRIQUES DE DHL PAGE 20
LA PRATIQUE
DES ACHATS GROUPÉS
SE DÉVELOPPE PAGE 21
L’État fait le pari des ruptures
conventionnelles collectives
Ce nouveau dispositif permet d’organiser des plans de départs volontaires
sans avoir à justifier de difficultés économiques.
Le ministère du Travail vient de publier un document d’une dizaine de
pages dans lequel sont détaillées les
modalités précises de la rupture
conventionnelle collective. Un dis-
positif mis en place par les ordonnances réformant le Code du travail.
Il s’agit, selon le gouvernement,
d’éviter le traumatisme du licenciement dans le cadre d’un plan social,
quand une entreprise veut se réorganiser en interne. Plus d’une dizaine
d’entreprises ont déjà mis en œuvre
une telle mesure depuis l’automne.
Le gouvernement s’est inspiré du
succès des ruptures conventionnelles individuelles, instaurées il y a huit
ans, dont le nombre a atteint plus de
3 millions et qui ont pris le pas sur les
licenciements économiques.
èUN PARI RISQUÉ QUI S’APPUIE SUR UN SUCCÈS INDISCUTABLE èDEBORAH DAVID (JEANTET) : « LA PROCÉDURE EST TRÈS ENCADRÉE ET SÉCURISÉE » PAGE 18
ETIENNE JEANNERET/TF1, , IMAGEFORUM
Le retour
de plusieurs
jeux cultes à
la télévision
Alain Chabat, animateur de « Burger Quiz ».
le PLUS du
FIGARO ÉCO
LIBYE
Malgré la crise,
des jeunes misent
sur leur pays
PAGE 19
LA SÉANCE
DU MARDI 08 MAI 2018
CAC 40
5521,93
-0,17%
DOW JONES (18h)
24316,80 -0,17%
ONCE D’OR
1306,60 (1309,40)
PÉTROLE (lond)
74,870 (76,020)
EUROSTOXX 50
3557,88 -0,18%
FOOTSIE
7565,75 -0,02%
NASDAQ (18h)
6803,37 -0,27%
NIKKEI
22508,69 +0,18%
« Burger Quiz » sur
TMC, « La Carte aux
trésors » sur France 3,
« Avis de recherche »
sur C8... Inaugurés
dans les années 1980
ou 1990, les vieux
cartons d’audience
du PAF font un retour
remarqué sur le petit
écran. La guerre
de l’audience se durcit
sur la TNT. PAGE 22
Comcast se prépare
à défier Disney
pour lui ravir Fox
L'HISTOIRE
Appel à candidatures pour booster
la croissance des TPE et PME
F
ranchir le cap de la première
phase de croissance et des
premiers recrutements est un
passage délicat pour chaque
entreprise. C’est pourquoi
Initiative Île-de-France, membre d’Initiative
France, premier réseau associatif français
de financement et d’accompagnement
d’entreprises, lance pour la deuxième
année consécutive un appel à candidatures
afin d’inciter les TPE et PME franciliennes à
participer au « Programme Croissance
Initiative CCI ». Élaboré en 2015
en partenariat avec la
CCI Paris Île-deFrance, la Caisse
des dépôts et la
Banque populaire
Rives de Paris,
ce dispositif permet
à un chef d’entreprise
de lever
des fonds pour
financer son
développement,
qu’il s’agisse
notamment d’investir
dans du matériel
La reprise du dialogue s’annonce délicate. L’intersyndicale d’Air France a
écrit mardi à la direction de la compagnie pour lui demander de « revenir à la table des négociations ». La
réponse n’a pas tardé. « La période
qui s’ouvre ne permet pas d’engager
une quelconque négociation », a rétorqué la direction, dans un bref
communiqué. L’action du groupe Air
France-KLM a chuté de plus de 10 %
depuis le début de la semaine, en
réaction à la démission vendredi soir
de son PDG, Jean-Marc Janaillac. Le
patron avait mis en jeu son poste
dans un référendum sur les revalorisations salariales qui a été rejeté par
les personnels de la compagnie.
L’entreprise proposait 2 % d’augmentation, quand les syndicats réclamaient 5,1 %.
Un tract du syndicat de pilotes SNPL
qualifiant Jean-Marc Janaillac de
« marionnette de l’État » a encore
fait monter la tension d’un cran. Le
PDG, qui formalisera sa démission
mardi prochain, s’est dit « stupéfié »,
fustigeant une campagne de « désinformation » et une « volonté délibérée de créer une situation de blocage » qui a entraîné « ce gâchis que
nous regrettons tous ».
La ministre des Transports, Elisabeth Borne, s’alarme de la tournure
des événements. « Chacun doit être
conscient qu’Air France joue dans
une compétition mondiale, européenne, où ses concurrents sont
plus compétitifs », a-t-elle souligné
mardi. La situation fait aussi grincer
des dents chez le partenaire néerlandais KLM, qui se porte mieux
financièrement. « Nous voulons
continuer avec Air France et nous ne
demandons pas un divorce, mais,
sans une solution rapide, nous devons penser à un plan B. L’un des
scénarios envisageables est un rachat de KLM par un autre partenaire,
comme Delta », a confié le représentant du syndicat hollandais CNV,
Michiel Wallaard, interrogé par
Reuters.
Les quinze journées de grève ont
coûté plus de 300 millions d’euros au
groupe. L’action Air France-KLM a
plongé de 46 % depuis le début de
l’année. La firme vaut 3,1 milliards
d’euros en Bourse, contre… 11,8 milliards pour son rival Lufthansa. T. L.
nouveau, de s’implanter à l’étranger
ou de diversifier son activité. Après
une analyse de faisabilité du projet,
et grâce à un accompagnement sur mesure,
un prêt personnel pouvant atteindre
jusqu’à 75 000 € pourra lui être octroyé.
En ayant ainsi renforcé ses fonds propres,
le dirigeant pourra dans un deuxième temps
bénéficier d’un prêt auprès
d’un établissement bancaire. Sur les
175 entreprises ayant répondu, l’an dernier,
à l’appel à candidatures, 92 ont été éligibles
au « Programme Croissance Initiative CCI »
et 72 ont pu être
financées sur 2017.
Ainsi les prêts d’honneur
accordés se sont élevés
à 2,4 millions d’euros
et les prêts bancaires
associés à 8,5 millions.
Pour 2018, Initiative
Île-de-France vise 10 %
d’entreprises aidées
en plus. Ces dernières
ont jusqu’au 15 juin pour
s’inscrire sur le site initiative-iledefrance.fr. ■
CO. C.
Comcast se donne les
moyens de pousser Fox à
rompre ses fiançailles avec
Disney. Le câblo-opérateur
géant négocie avec ses banques pour disposer de quelque 60 milliards de dollars
en vue de racheter les actifs
des studios de 21st Century
Fox dans le cinéma et la production télévisée ainsi que
Star India.
La démarche s’annonce
compliquée et coûteuse car,
depuis décembre, Fox est
tombé d’accord pour se faire
reprendre par Disney, pour
la somme de 52 milliards de
dollars payables en actions
Disney. En cas d’offensive
de Comcast, le numéro un
mondial de la communication ne se laisserait pas faire,
ce qui promet une grande
bataille boursière.
Toutefois, selon la presse
américaine, avant de faire
une offre qui serait en numéraire, le groupe Comcast, qui détient déjà
NBCUniversal et dont la capitalisation atteint 149 milliards de dollars, attend
l’issue du procès en antitrust de l’opération d’AT&T
sur Time Warner.
Si le juge Richard Leon autorise l’opérateur de télécommunications AT&T à prendre le contrôle du studio et
des chaînes de Time Warner,
alors Comcast se relancerait
à l’assaut de Fox. Ce dernier,
contrôlé par Rupert Murdoch et sa famille, a déjà rejeté une proposition de
Comcast de 64 milliards de
dollars, préférant être rémunéré en actions Disney.
La décision du juge Leon est
attendue le 12 juin.
Par ailleurs, Comcast a déjà
fait une offre de 30 milliards
de dollars pour acquérir
61 % du capital de l’opérateur européen de télévision
par satellite Sky. À ce jour,
le reste du capital de Sky est
déjà détenu par Fox.
P.-Y. D.
A
DEUTSCHE POST
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 9 mai 2018 LE FIGARO
18
L'ÉVÉNEMENT
Pénicaud détaille l’usage des ruptures
conventionnelles collectives
Un document de la ministre du Travail précise, sous forme de questions-réponses,
le mode d’emploi du dispositif de départs volontaires instauré par les ordonnances.
MANON MALHÈRE £ManonMalhère
SOCIAL Les employeurs n’ont
pas attendu longtemps pour se
saisir de la rupture conventionnelle collective - la fameuse RCC
- qui permet d’organiser des
plans de départs volontaires sans
avoir à justifier de difficultés économiques. PSA, Société générale,
IBM… plus d’une dizaine d’entreprises ont déjà déployé cette mesure clé des ordonnances réformant le Code du travail en
vigueur depuis l’automne. Le
gouvernement, en tout cas, est
convaincu que la RCC évitera le
traumatisme du licenciement
dans le cadre d’un plan social – le
plan de sauvegarde de l’emploi
(PSE)- lorsqu’une entreprise veut
se réorganiser en interne.
« Le PSE est en effet vécu comme
une agression du fait de la brutalité
des licenciements économiques,
confirme Nicolas de Savin, président du syndicat des avocats
d’entreprise Avosial. La RCC est
une procédure bien plus souple basée par principe sur le consentement des salariés. » Reste que le
dispositif, contesté par les syndicats, suscite bon nombre d’interrogations. Des interrogations
concrètes auxquelles le ministère
du Travail a tenté de répondre via
un document d’une dizaine de
pages, rédigé sous la forme de
questions-réponses, qu’il vient de
publier.
Pas question, en tout cas, comme le redoutent les syndicats et
les détracteurs des ordonnances,
que les entreprises utilisent les
RCC pour contourner les plans
sociaux. L’accord de RCC, qui vise
seulement des salariés volontaires
au départ, « exclut tout licenciement économique », rappellent
ainsi les services de la Rue de
Grenelle. L’employeur doit « expressément » mentionner, dans
l’accord de RCC, l’engagement au
maintien dans l’emploi pour les
»
MURIEL PÉNICAUD,
MINISTRE DU TRAVAIL
RECORDS
BATTUS
L’accord de rupture
conventionnelle
collective, qui vise
seulement des salariés
volontaires au départ,
« exclut tout
licenciement
économique »,
rappellent les services
du ministère
du Travail. DEMAERRE/
GETTY IMAGES/ISTOCKPHOTO
salariés qui n’optent pas pour un
départ. Enfin, un accord de RCC
doit être approuvé par les syndicats représentant au moins 50 %
des suffrages exprimés, rappelle
encore le ministère.
Cette dernière garantie a déjà
fait ses preuves lorsque les syndicats de Pimkie ont rejeté, début
janvier, l’accord présenté par la
direction. Et si, finalement, l’employeur réussit à faire passer sous
forme de RCC un « plan social déguisé », il pourrait être fermement condamné par les juges.
« En particulier, si les salariés font
l’objet de pressions avérées pour
obtenir leur consentement », souligne le ministère.
Le sort des « seniors »
Autre clarification attendue : une
entreprise ne peut pas mettre en
place « simultanément » une RCC
et un plan social. En revanche, les
discussions sur une RCC peuvent
évoluer vers un plan social. Par
ailleurs, les ruptures conventionnelles collectives n’interdisent
pas les plans de départs volontaires autonomes (PDVA) qui imposent aux entreprises de démontrer l’existence de difficultés
économiques. « C’est important,
car, pour ces plans de départs volontaires, il n’y a pas besoin d’accord majoritaire avec les syndicats.
L’employeur conserve la possibilité
de les mener unilatéralement »,
précise Joël Grangé, avocat associé au cabinet Flichy-Grangé.
Enfin, les entreprises vont-elles
en profiter pour se séparer plus
facilement des « seniors » ? Une
RCC ne peut se fonder sur le critère de l’âge qui est discriminatoire et donc interdit par la loi,
martèlent enfin les experts du
ministère, bien conscients que
« l’appel au volontariat peut susci-
ter l’intérêt des salariés âgés qui y
voient un moyen de partir plus tôt à
la retraite ». Mais pas question,
par ricochet, de venir gonfler les
chiffres du chômage. L’employeur doit faire en sorte qu’un
« senior » volontaire au départ ne
se retrouve pas directement au
chômage même s’il peut en bénéficier.
Il doit lui permettre de liquider
sa retraite ou lui financer une
prépension ou encore l’aider à
réaliser un « projet professionnel
réel ». Une règle qui s’applique
d’ailleurs aux autres catégories de
salariés volontaires au départ qui
doivent bénéficier d’un accompagnement externe comme des actions de formation. Bref, « la RCC
ne peut pas juste déboucher sur un
chèque », insiste Joël Grangé. ■
+
Deborah David (Jeantet) : « La procédure
est très encadrée et sécurisée »
A
LE FIGARO.- Pourquoi
les ruptures conventionnelles
collectives (RCC) constituentelles un outil clé pour
les entreprises ?
Deborah DAVID.- Les RCC permettent aux entreprises d’adapter
leur effectif et leur organisation
aux réalités économiques même si
elles n’ont pas de difficultés économiques imminentes. Par exemple, lorsqu’une agence de publicité en bonne santé veut se
réorganiser en interne pour faire
face à la digitalisation de ses services et ainsi se séparer de certains salariés pour recruter
d’autres talents, elle peut désormais le faire. Avant les ordonnances Macron, c’était particulièrement difficile : les entreprises
devaient utiliser les plans sociaux
(PSE) et procéder à des licenciements économiques. Or, ce sont
des procédures de restructuration
ultranormées, disruptives pour
l’activité et les salariés concernés
et qui nécessitent de démontrer
des difficultés économiques.
Les entreprises ont-elles compris
que les RCC ne peuvent
pas être des « PSE déguisés » ?
C’est encore confus. Bon nombre
d’entreprises pensent toujours
pouvoir faire des RCC pour fermer
un atelier ou supprimer un établissement car elles font face à des
difficultés économiques. Dans ce
cas, je leur déconseille fortement
et leur suggère de mettre en place
un PSE. La frontière est très ténue
entre la restructuration et la réorganisation interne. Mais les entreprises doivent faire attention. Par
exemple, si une entreprise échoue
à faire une RCC et se lance ensuite
dans un plan social et donc des licenciements économiques, les
services déconcentrés du ministère du Travail seront particulièrement vigilants et pourront décider de ne pas homologuer le
plan in fine.
En quoi les RCC diffèrent-elles
des ruptures conventionnelles
individuelles ?
Les ruptures conventionnelles individuelles ne reposent sur aucun
motif alors que les RCC répondent
à un besoin de réorganisation interne. En outre, elles ne sont pas
faites pour faire partir des salariés
collectivement et les services du
ministère du Travail s’interrogent
toujours quand une entreprise
procède à plusieurs ruptures dans
le même mois.
Existe-t-il des zones d’ombre
autour de la procédure de RCC ?
La procédure est particulièrement
bien encadrée et sécurisée. Toutefois, je m’interroge sur l’obligation qui incombe aux entreprises
de prendre des mesures d’accompagnement – formation, reconversion… - pour les salariés qui
décident de partir dans le cadre
de la RCC. Quid alors des salariés
qui se portent volontaires au départ sans avoir de projet professionnel précis et qui ont de fortes
chances de s’inscrire à Pôle emploi ? La loi reste floue sur ce
point. Mais l’administration sera
visiblement vigilante et se réservera la possibilité de ne pas valider l’accord de RCC car l’objectif
n’est pas de gonfler les chiffres du
chômage. En revanche, rien n’est
encore très clair concernant le
traitement social et fiscal des mesures prises par l’entreprise pour
accompagner les salariés qui partent. À ce stade, l’exonération annoncée de ces mesures ne repose
sur aucun texte législatif. ■
PROPOS RECUEILLIS PAR M. M.
» Lire aussi PAGE 8
3,012
millions
de ruptures
conventionnelles
individuelles
homologuées
depuis août 2008
4%
de refus
par mois
d’homologation
de ruptures
individuelles depuis
le début de l’année :
du jamais-vu
Un pari risqué qui s’appuie
sur un succès indiscutable
DÉCRYPTAGE
Marc Landré
mlandre@lefigaro.fr
« estLa frontière
très ténue
entre la
restructuration
et la
réorganisation
interne.
Les
entreprises
doivent faire
attention
»
DEBORAH DAVID
FELIX LEDRU/JEANTET
Deborah David, avocate associée
au cabinet Jeantet, présente au Figaro les opportunités et les limites
des ruptures conventionnelles
collectives pour les entreprises.
Ce nouveau
dispositif
intéressera
certains cas de
restructuration,
de réorganisation,
où ni l’entreprise
ni les salariés
ne veulent vivre
le traumatisme
du licenciement,
mais sont
d’accord […]
pour avoir
une forme
négociée
Deborah David, avocate associée au cabinet Jeantet.
Une réussite que l’on doit aux partenaires sociaux ! Ce sont en effet
les syndicats (à l’exception de la
CGT) et le patronat qui ont créé,
dans l’accord du 11 janvier 2008 de
modernisation du marché du travail, les ruptures conventionnelles,
dispositif de « divorce professionnel amiable » entre un salarié et son
employeur, qui a donné l’idée aux
services de Muriel Pénicaud d’en
étendre le principe neuf ans plus
tard - sous couvert d’un accord
majoritaire en entreprise - à un cadre collectif. Et, cette fois-ci, avec
l’hostilité (CFDT comprise) de tous
les syndicats de salariés.
« La vie, la santé, l’amour sont
précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? », avait l’habitude de justifier Laurence Parisot,
présidente à l’époque du Medef, sur
la création d’un dispositif sécurisé
facilitant les séparations professionnelles d’un commun accord.
Une précarité relative, le salarié bénéficiaire ayant droit à une indemnisation chômage, après un délai de
carence d’au plus six mois, délai qui
dépend du montant de la rupture.
Quoi qu’il en soit, le dispositif des
ruptures conventionnelles ne
connaît pas la crise tant il bat, mois
après mois depuis dix ans, les records. En mars 2018, leur nombre a
ainsi atteint les 3,012 millions au
bout de 116 mois d’existence et le
niveau, jamais vu, de 37 192 en décembre. Quant à la moyenne chaque mois, elle dépasse les 36 200
ruptures sur le seul premier trimestre 2018, là encore du jamais vu !
Erreur de Macron
Le succès des ruptures conventionnelles est tel qu’elles représentent
désormais 17 % des fins de CDI, loin
derrière les démissions (55 % de
parts de marché) et les licenciements individuels autres qu’économiques (plus de 20 %). Au point
qu’Emmanuel Macron les voit, à
tort, comme des « démissions déguisées » et « le premier » motif de
rupture du contrat de travail. Et
c’est la raison pour laquelle il a proposé de permettre à plus de démissionnaires, sous certaines conditions, de toucher les allocationschômage - ce que le projet de loi
« avenir professionnel » traduit
dans les faits.
Au final, les ruptures conventionnelles individuelles ont pris la
place des licenciements économiques (dont la part de marché est
aujourd’hui proche de 7 %, contre
plus de 15 % il y a dix ans) dans les
séparations de contrat de travail.
Rendez-vous dans cinq ans pour
voir si leur extension à un cadre
collectif aura permis de ramener
- c’est tout le pari d’Emmanuel Macron - la proportion de licenciements après un plan social sous la
barre symbolique des 5 %… ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mercredi 9 mai 2018
ÉCONOMIE
19
Ces jeunes Libyens qui entreprennent
dans leur pays pour s’en sortir
L’UE aide la création d’entreprise. Perdurer et se développer reste un défi dans un environnement instable.
REPORTAGE
MARYLINE DUMAS
£@Maryline_Dumas
ENVOYÉE SPÉCIALE À TRIPOLI
MAGHREB « J’espère au moins que
tu les as rendus, ces 50 dinars ! » :
Moaid, qui expliquait au Figaro
avoir emprunté cette somme à un
ami pour lancer son commerce,
est interrompu par cette blague
d’un ami. Les rires fusent. En ce
samedi après-midi, quelques jeunes entrepreneurs se réunissent
dans un espace de coworking baptisé Deraz. Ils se sont rencontrés
grâce au programme Sleidse, financé par l’Union européenne
pour soutenir start-up et PME, et
ont gardé contact. Ils partagent
ainsi leurs expériences, oscillant
entre la facilité de lancer un business et les défis liés à l’instabilité
du pays.
Amira Emsaaed et Mohamed
Altee sont un couple de docteurs.
La première vend des bijoux. Le
second des accessoires de mode,
high-tech… Ensherah Bentraboun, diplômée en management,
fabrique des vêtements. Moaid
Shabani, physicien de formation,
commercialise des poteries traditionnelles. Enfin, Assadik Assalak,
ingénieur en mécanique, propose
des produits cosmétiques. Tous
assurent que lancer une société en
Libye est facile. Moaid a donc emprunté 50 dinars (30,90 euros au
marché officiel) pour se lancer :
« J’ai simplement acheté deux-trois
poteries de Gharyan, ma ville (dans
le Nord-Ouest, NDLR) pour les
présenter à différents magasins de
la capitale qui en ont ensuite commandé. » C’était en septembre
dernier. Aujourd’hui, « Fokharstore » approvisionne quelques dizaines de commerces partout en
Libye
et
dit
faire
3 000 dinars (1 854 euros) de profits par mois. Ensherah vend, sur
Facebook, les vêtements qu’elle
fabrique avec sa mère. Elles gagnent 3 000 dinars par mois.
De jeunes chefs
d’entreprise
à la troisième édition
du Libya Startups Expo,
qui s’est déroulée
en mars à Tripoli.
HAMZA TURKIA/XINHUA-REA
50 % de moins qu’avant 2011. Mais
les blocages passés ont prouvé que
l’économie libyenne ne devait plus
s’appuyer que sur l’or noir.
« Favoriser l’entrepreneuriat répond à un double objectif, explique
Alexandre Chatillon-Mounier, directeur de projet chez Expertise
France, l’agence publique qui met
en œuvre le programme Sleidse.
Cela permet de diversifier l’économie et d’offrir une opportunité à
travers un emploi autogénéré. Ces
entrepreneurs, ce sont autant de
jeunes qui ne rejoindront pas des
milices. » La pénurie de liquidités,
qui sévit depuis 2015, a effectivement entraîné une hausse des activités criminelles.
Amira et Mohamed le reconnaissent, l’entrepreneuriat leur
permet de vivre confortablement.
Ces médecins de formation, qui se
sont lancés dans le commerce en
ligne avec la page Facebook Styly
et le site Web meem.ly, estiment
gagner plus de 4 000 dinars libyens (2 470 €) par mois alors
qu’un docteur débutant dans un
hôpital atteint à peine 900 dinars
(555 €). « Grâce à ce salaire, j’ai pu
me marier, se réjouit Mohamed.
Mes camarades d’études, eux, dépendent encore de leurs parents ».
En plus, le couple touche de l’argent en liquide, grâce à un système
de paiement à la livraison quand
les fonctionnaires, qui représentent 7 actifs sur 10, font la queue
plusieurs heures devant les banques pour retirer une somme limitée. « Avec 400 000 étudiants pour
une population estimée entre 6 et
7 millions, l’État libyen n’aurait de
toute façon pas la possibilité d’absorber les arrivées sur le marché de
l’emploi » précise Alexandre Chatillon-Mounier.
La formation proposée par
Sleidse permet de faire découvrir
l’entrepreneuriat aux Libyens.
Nos jeunes médecins disent avoir
« appris le métier grâce à Expertise
France ». Assadik, issu d’une famille qui tient différentes entreprises, en a surtout retenu le réseau qu’il a pu se constituer. Car
on ne réussit pas, dans le monde
des affaires libyennes, sans
contact. Ainsi Moaid arrive à exporter ses poteries en se faisant
payer sur le compte bancaire
étranger d’Assadik, qui a étudié en
Angleterre.
Fonds de garantie
« C’est un casse-tête, détaille
Moaid. PayPal n’existe pas en Libye. J’ai pensé un moment ouvrir un
compte bancaire à l’étranger, mais
on m’a demandé d’y mettre 400 €.
Je n’en ai pas les moyens, étant
donné les taux de change. » Pour
préserver la valeur du dinar libyen, la banque centrale limite les
retraits de devises. Seule solution :
le marché noir, un vaste business.
Début avril, l’euro s’achète ainsi
7,60 dinars contre 1,64 au marché
officiel. Autre problème : la pénurie de liquide décourage la
consommation. Depuis trois mois,
Ensherah propose à ses clients de
payer par carte bancaire, un
moyen de paiement peu développé en Libye. « Seulement trois l’ont
fait, affirme-t-elle. Certains ont
peur que j’ajoute une taxe pour
paiement par carte. C’est ce que
font certains magasins qui préfèrent le cash. »
Malgré ces difficultés, la Libyenne, comme ses acolytes, rêve
de développer son entreprise.
Mais pour passer à l’étape supérieure, plus question de demander
50 dinars à un ami. Or, les banques
sont frileuses : en 2017, moins de
20 millions de dinars (12 millions
d’euros) ont été prêtés aux entreprises. Expertise France compte
réactiver les choses. Un partenariat avec la banque centrale et cinq
banques libyennes a été signé pour
créer un fonds de garantie afin de
rassurer les établissements financiers. Objectif : 150 millions de dinars (92 millions d’euros) prêtés
pour 2018. Enfin, une première
agence de micro-crédit, Assaray
Namaa (croissance), devrait voir
le jour avant la fin de l’année grâce
à un accord signé le 2 mai par Expertise France et le département
Développement international du
Royaume-Uni. ■
Pénurie de liquidités
Une idée, un petit financement des
proches et une page Facebook :
généralement, en Libye, la création d’une entreprise ne va pas
plus loin. Les démarches administratives sont souvent oubliées.
« 80 % des entreprises sont dans
l’informel, explique un diplomate.
Mais ce n’est pas aussi grave que
dans d’autres pays dans la mesure
où l’État libyen, grâce au pétrole, ne
compte pas sur les impôts. » Après
une crise, liée au blocage de sites
pétroliers par un groupe fédéraliste entre 2013 et 2016, la production
est repartie. Elle tourne autour du
million de barils par jour, soit 1,5
fois plus qu’en 2016, mais encore
Les défis colossaux du ministre du Plan
Investir et se projeter dans l’avenir, c’est la mission du ministre du
Plan du gouvernement d’union
nationale, Taher Jehaimi. Sur un
territoire qui n’est pas entièrement contrôlé et avec de maigres
moyens financiers, celle-ci se révèle ardue. Depuis 2014 et la division politique du pays, la banque
centrale libyenne a arrêté le versement de la tranche allouée
autrefois aux investissements. Parallèlement, le pays pétrolier a
souffert de la chute du prix de l’or
noir. « Nous priorisons certains
projets et réfléchissons à de nouvelles options, explique Taher Jehaimi. Nous choisissons des projets
qui sont dans des zones sécurisées.
Certains secteurs sont plus importants que d’autres, comme le pétrole, le gaz et l’électricité. »
Ainsi, trois centrales sont actuellement en construction. Un
contrat vient d’être signé pour en
construire trois autres. Au total, le
coût s’élève à plus de 2 200 millions de dinars (746 millions
d’euros). L’objectif étant de répondre aux besoins de la population qui souffre de coupures
d’électricité régulières. Concernant le pétrole, le budget de la
compagnie nationale sera doublé
en 2018 pour atteindre 1,25 milliard d’euros.
Taher Jehaimi souhaite également relancer les projets à un stade avancé, notamment les travaux
entamés par des entreprises
étrangères avant la révolution et
gelés depuis. « Nous discutons
avec la Turquie et bientôt avec la
Chine. Des contacts ont également
été pris de façon individuelle entre
entreprises, notamment européennes et américaines dans les secteurs
du pétrole, de l’énergie et de la santé. L’objectif est de relancer les
chantiers des projets d’infrastructures du plan quinquennal 20082012. » Ce ne sera qu’un début. La
Banque mondiale estime le coût
de la reconstruction à 167 milliards de dollars. ■
M. D (À TRIPOLI)
Le FMI alerte sur le retour de l’endettement de l’Afrique
ANNE CHEYVIALLE
£@AnneCheyvialle
3,4%
Taux
de croissance globale
attendu en 2018,
contre 2,8 % en 2017
PROSPECTIVE Jouer les Cassandre, c’est un peu la spécialité du
FMI, qui met en avant les risques
et les fragilités des économies.
Dans un rapport dédié à l’Afrique,
rendu public mardi, les experts de
Washington tablent sur une croissance globale plus forte cette année à 3,4 %, contre 2,8 % en 2017,
en hausse pour environ deux tiers
des pays du continent.
Une embellie, souligne Abebe
Aemro Sélassié, directeur du département Afrique du Fonds, « largement due à l’amélioration des politiques, ainsi qu’à une conjoncture
extérieure favorable avec une crois-
sance mondiale plus vigoureuse et
une hausse des produits de base ».
Ce qui a permis « d’importantes entrées de capitaux, et ainsi de rééquilibrer les comptes extérieurs et d’accumuler des réserves », complètet-il.
Après deux années difficiles, les
producteurs de pétrole - Angola,
Gabon, Nigeria - profitent des prix
du baril (en hausse de 36 % depuis
début 2017). La croissance restera
soutenue, au-delà de 6 %, en Côte
d’Ivoire (7,4 %), locomotive de
l’Afrique de l’Ouest, au Sénégal
(7 %) ou en Éthiopie (8,5 %), un
marché de 100 millions d’habitants
qui séduit les investissements
étrangers, notamment de la Chine,
attirée par les coûts bas de la maind’œuvre. Le FMI insiste sur la gran-
de disparité des 54 pays - citant les
deux poids lourds économiques,
l’Afrique du Sud et le Nigeria, encore « en dessous de la normale » et
la persistance des conflits dans plusieurs États. Et alerte sur les risques
à moyen terme.
Dette publique
Toujours très dépendante des chocs
extérieurs, l’Afrique pâtira de l’essoufflement attendu de la conjoncture mondiale et des conditions
d’emprunt moins favorables sous
l’effet du resserrement de la politique monétaire américaine. Une situation d’autant plus inquiétante
que les « vulnérabilités macroéconomiques » se sont aggravées dans
plusieurs pays. La dette publique
s’est nettement creusée, passant de
30 % du PIB en moyenne sur le
continent en 2013 à 40 % prévus
cette année, jusqu’à une situation
de surendettement dans 15 pays sur
35 à faible revenu. « La forte hausse
du service de la dette accapare les
ressources qui pourraient être
consacrées à des domaines essentiels
tels que la santé, l’éducation et les
infrastructures », s’inquiète le directeur Afrique.
Il faut poursuivre l’assainissement des finances publiques et
- priorité des priorités - augmenter
les recettes fiscales. Même s’il y a eu
des progrès depuis vingt ans,
l’Afrique demeure la région où le
ratio recettes sur PIB est le plus faible. Elle pourrait « accroître ses recettes de 3 à 5 % du PIB, 50 à
80 milliards de dollars, soit nette-
ment plus que les 36 milliards de dollars d’aide au développement international » (en 2016), note le
rapport. Le FMI recommande de
renforcer les régimes de TVA,
d’élargir l’assiette de l’impôt sur le
revenu et de créer de nouvelles
sources d’imposition comme l’impôt foncier. En recourant davantage aux nouvelles technologies, qui
permettront de lutter contre la
fraude et de collecter des informations plus fiables.
L’autre priorité pour une croissance durable doit être de créer des
cadres plus favorables à l’investissement privé, là encore parent
pauvre comparé au reste du monde, en facilitant l’accès au crédit et
en stimulant les échanges interafricains. ■
A
Il redoute les effets d’une hausse des taux d’intérêt et plaide pour une réforme de la collecte de l’impôt.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 9 mai 2018 LE FIGARO
20
ENTREPRISES
Le succès de
la fourgonnette
électrique
de DHL
Le postier allemand s’est mué
en constructeur pour fabriquer
son propre véhicule de livraison.
DAVID PHILIPPOT
BERLIN
SERVICES La fourgonnette jaune
estampillée DHL se faufile en silence dans les rues piétonnes du
vieux Düsseldorf. Coup de volant à
droite et le Streetscooter stoppe.
En descend Theo Zimmermann,
facteur depuis trente-cinq ans. Au
volant de sa fourgonnette électrique depuis l’automne dernier, il se
joue du panneau « Umweltzone »
qui interdit l’accès du centre-ville
aux voitures trop polluantes. Pas
de vignette sur le pare-brise. La
cité rhénane est l’une des deux villes ciblées par l’interdiction du
diesel prononcée cet hiver par la
justice allemande. « Pas de problème, sourit Theo Zimmermann,
l’interdiction peut tomber, nous
sommes parés. » Pas tout à fait, car
les véhicules électriques ne composent encore que 5 500 des
55 000 unités de la Deutsche Post.
Mais en optant pour la production
de ses propres fourgonnettes électriques, elle a pu prendre une longueur d’avance.
Au sommet de la Post Tower,
qui surplombe les lents méandres
du Rhin à Bonn, Jürgen Gerdes,
membre du directoire de la Deutsche Post, détaille les réflexions
qui l’ont poussé à promouvoir ce
choix industriel auprès de ses patrons. Alors en charge de la distribution des lettres et des paquets, il
pressent la collision possible entre
l’explosion de la livraison des colis
et la limitation à venir du trafic
dans les centres-villes en raison
notamment de l’essor de nouveaux standards de pollution. « Il
m’est apparu clairement que nous
ne pourrions accompagner cette
évolution, qui portera bientôt à
60 % la part de la population mon-
diale qui vivra en ville, que si nous
réussissons à la mettre en œuvre
sans véhicules bruyants et polluants », souligne-t-il. Il lui faut
alors convaincre les constructeurs
automobiles allemands. Surprise :
aucun ne veut l’accompagner
dans l’aventure, alors même que
la Deutsche Post possède la plus
importante flotte de véhicules
d’Allemagne. Avec un petit sourire de défi au bord des lèvres, le
manager commente: « Quand on
n’a pas de boulanger, on fait son
pain soi-même et, du coup, on s’est
lancé nous-mêmes dans la conception du véhicule idéal. Peut-être
que certains ont pensé que l’on ne
serait pas capable, en tant que logisticien, de se lancer dans la
construction automobile. »
Les véhicules électriques
représentent aujourd’hui
5 500 des 55 000 unités
de la Deutsche Post.
IMAGEFORUM
Production doublée
Au démarrage, il y a quatre ans, le
prototype de la camionnette électrique est dessiné en collaboration
avec une poignée d’ingénieurs de
l’université technique d’Aix-laChapelle, eux-mêmes fondateurs
« équipement ». Ces vans commencent aussi à s’exporter en
Europe, où la Poste néerlandaise a
commandé 200 exemplaires, mais
aussi vers l’Asie.
Conviction écologique
et intérêt commercial
Avec l’interdiction du diesel qui
menace, la liste du carnet de
commandes s’allonge. Pour les
artisans, obligés de circuler en
centre-ville, les convictions écologiques s’allient souvent à l’intérêt commercial. C’est le cas de
Roland Schüren, un boulanger
qui vient d’acquérir le mois dernier un véhicule à 48 000 euros.
Un prix deux fois plus élevé qu’un
véhicule de livraison classique,
mais son heureux propriétaire
compte bien rentabiliser son
achat d’ici à trois ans : «Une camionnette au diesel, cela coûte environ 13 cents du kilomètre, calcule
l’artisan. Mais si vous utilisez
comme moi l’énergie solaire, une
camionnette électrique revient cinq
fois moins cher, et quand on roule
40 000 kilomètres par an, cela se
ressent sur le chiffre d’affaires. »
Streetscooter a engrangé 200 000
euros de bénéfice en 2016. Mais le
développement de la production
des transporteurs électriques a
grevé les chiffres trimestriels de
Deutsche Post publiés mardi, en
deçà des attentes des investisseurs. Le groupe postal chercherait, selon Bloomberg, à ouvrir le
capital de sa filiale afin d’accélérer son expansion. ■
Le management de la Deutsche Post sous le feu des critiques
«
Les critères
d’embauche
jettent
une lumière
crue sur
le recours
systématique
au CDD
»
Avant d’embaucher un facteur en
CDI, la Deutsche Post dénombre
ses absences. Une note interne révélée par l’édition dominicale du
journal Bild a détaillé les critères
choisis par la poste allemande.
« En deux ans, les employés ne doivent pas avoir été malades plus de
six fois, pour une durée maximale
d’absence de vingt jours. » Les directeurs de centre doivent également surveiller leur productivité :
« En trois mois, ils ne doivent pas
excéder de trente heures la durée
LES DÉCIDEURS
â PASCALE AUCLAIR
La Française
Arrivée en 2006 dans la société française de
gestion d’actifs (au moment de la fusion entre
LFP et UFG), Pascale Auclair devrait intégrer
le directoire du groupe comme secrétaire
générale.
â DIDIER DOMANGE
Safran
L’ancien président du conseil de surveillance
de Zodiac Aerospace devrait être nommé
administrateur de Safran pour un mandat de
quatre ans lors de l’assemblée générale qui se
tiendra le 25 mai prochain.
â ÉRIC DUCOURNAU
Laboratoires Pierre Fabre
A
d’une start-up spécialisée dans
l’électro-mobilité. Streetscooter
est ainsi rachetée en 2014 par la
Deutsche Post, et son ingénieur en
chef prend la tête de cette filiale
aujourd’hui valorisée à 1 milliard
d’euros. Son fourgon zéro émission initialement destiné à satisfaire ses propres besoins, est commercialisé à des tiers. Cette année,
la production des trois modèles
Work (4,3 m3 de chargement)
Work L et XL (8 m3 et 20 m3) de
50 unités par jour, doit doubler
avec l’ouverture d’une deuxième
ligne de production. L’équipementier principal s’appelle Bosch,
et le châssis est fourni par Ford, ce
qui ouvre également les portes de
ses concessions aux trois modèles,
blanc, jaune Poste et orange
Changement de patron au sein du laboratoire français Pierre Fabre (Eau thermale Avène, Klorane, Ducray…). Le
quinquagénaire Éric Ducournau, directeur de
la branche dermo-cosmétique depuis 2012 - la
plus importante du groupe -, va succéder
le 2 juillet prochain à Bertrand Parmentier à la
direction générale. Diplômé de Sciences Po
Bordeaux, il était entré en 2000 au sein du laboratoire comme chef du cabinet du président.
prévue pour leur tournée. » Enfin, la
prudence est également requise :
« Pas plus de deux accidents provoqués dans les deux ans, pour des dégâts de 5 000 euros maximum. » Le
service de communication précise
qu’il s’agit « d’orientations » mais
l’aspect forfaitaire des critères a
provoqué des réactions virulentes.
« Moralement dégradant »
« Indigne », « méprisant », « moralement dégradant » : les qualificatifs ont fusé chez les politiques
et les syndicalistes. Le ministre
des Finances, Olaf Scholz, a même
promis d’user de son influence
pour changer ces pratiques.
L’État, représenté au conseil de
surveillance, est le plus gros actionnaire de Deutsche Post avec
20,6 % du capital.
En fait, ce n’est pas tant l’écriture noir sur blanc des critères qui
pose problème. Ces derniers ne
font qu’objectiver des jugements
que tous les employeurs émettent
avant l’embauche. Mais ils jettent
PAR Carole Bellemare avec Amaury Bucco
Éric Larchevêque, le roi français
du bitcoin, veut conquérir l’Amérique
Avec 61 millions d’euros
levés au début de l’année,
la start-up de sécurisation
de cryptomonnaie Ledger
peut désormais regarder
du côté des États-Unis pour imposer sa technologie de pointe. C’est en tout cas l’ambition du Français Éric Larchevêque, président
exécutif de la société, désireux d’en faire un
futur Gafa tricolore des cryptomonnaies.
À 44 ans, cet entrepreneur n’en est d’ailleurs
pas à son coup d’essai. Diplômé d’ingénierie
en électronique en 1996, il monte deux
entreprises tournées vers le digital et part
pour la Roumanie lorsque la deuxième est
rachetée par Natixis pour 27 millions
d’euros. Un joli coup qui lui permet de se
lancer dans l’immobilier roumain, puis,
trois ans plus tard, de poser ses valises à
Riga, en Lettonie, où il se choisit un nouveau
terrain de jeu : l’hôtellerie. Pas de quoi pour
autant mettre fin à l’hyperactivité de cet
aventurier des temps modernes, qui se passionne en 2008 pour le poker, jusqu’à devenir joueur professionnel pendant deux ans.
Marié à une Lettone, l’infatigable russophone brouille de nouveau les cartes lors de son
retour en France, en 2010.
Associé à Thomas France, il retrouve ses
premières amours numériques en dévelop-
pant une application de comparateur de prix
pour supermarchés. Et si l’activité est
revendue, elle aussi, en 2013, son associé,
lui, restera pour contribuer à ce qui sera la
première brique d’un solide édifice : la Maison du bitcoin. Un nom quelque peu désuet,
mais justement « destiné à rassurer le grand
public ». Et une fois de plus, Éric Larchevêque a du flair, lui qui voit alors dans les cryptomonnaies « une révolution comparable à ce
qu’a été Internet dans les années 90 ».
Mariage de trois start-up
Fusion de trois start-up françaises complémentaires (Chronocoin, BTChip et la Maison
du bitcoin), Ledger a su produire les premiers coffres-forts numériques à bitcoins
aux allures de clefs USB. Une technologie
poussée, que la start-up prétend être la seule
à détenir grâce à l’expertise française des
« cartes à puce » et une équipe de pointe qui
compte notamment Nicolas Bacca, spécialiste de l’innovation en sécurité embarquée
ou encore l’ancien de Criteo Pascal Gautier.
Leur dernier bébé, le Nano S, s’est vendu à
plus d’un million d’exemplaires dans
165 pays, explosant les prévisions les plus
optimistes. Une croissance verticale donc,
que la start-up entend bien prolonger outreAtlantique.
A. B.
surtout une lumière crue sur le recours systématique aux CDD, dans
une branche en expansion. Trois
milliards de paquets doivent être
délivrés cette année en Allemagne. Il y en aura 4 milliards en
2021. La « Post » a créé une filiale
low-cost, Delivery, et continue
d’enrôler des intérimaires, de 4 %
à 14 % selon le syndicat Verdi. La
Deutsche Post, qui refuse de préciser son nombre de CDD, rappelle
qu’elle a embauché 9 000 personnes l’an dernier. ■
D. PH
www.lefigaro.fr/decideurs
â CHRISTOPHE DURAND
Celgene France
À 47 ans, il dirigera désormais la filiale
française du groupe de biopharmaceutique américain. Avec vingt ans
d’expérience à des postes de direction générale
dans le secteur, notamment chez L’Oréal et
Novartis, il était depuis 2016 à la tête d’Alexion
France et Benelux.
â CAROLINE BRUEL
Belambra Clubs
Beau parcours au sein des acteurs français du
tourisme. Après avoir dirigé la communication
du Club Med, la quadragénaire pilotera désormais celle de Balembra, numéro un des clubs de
vacances tricolores.
â CAROLE FERRAND
Capgemini
Le géant du conseil et des services informatiques se dote d’une nouvelle directrice financière. Avec plus de vingtcinq ans d’expérience dans la finance,
notamment chez Sony France, Europacorp et
Artémis, cette HEC devrait rejoindre Capgemini
le mois prochain. Familière du groupe, elle siégeait depuis deux ans au conseil d’administration.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mercredi 9 mai 2018
ENTREPRISES
21
Les achats groupés se déploient dans l’énergie
Les consommateurs peuvent ainsi souscrire à une offre de gaz ou d’électricité à un tarif plus intéressant.
l’empressement autour de ces achats
groupés », décrypte Bruno Lescoeur, ancien DG adjoint d’EDF.
Encore faut-il avoir les capacités informatiques suffisantes pour gérer
l’afflux de milliers de clients d’un
coup. De ce point de vue, Lampiris
avait rencontré des difficultés lorsqu’il a gagné le premier achat groupé. « C’est un véritable test d’agilité
pour les fournisseurs lauréats », résume Clémentine Père.
THOMAS LESTAVEL £@lestavelt
Concurrence accrue
PHILIPPE TURPIN/PHOTONONSTOP
ÉNERGIE Avis à nos lecteurs qui
grincent des dents au moment de
payer leur facture de gaz ou d’électricité. Le spécialiste du déménagement Be Move organise en ce moment sur Internet un achat groupé
dans l’énergie (achatgroupe.bemove.fr), gratuit et ouvert à tous. Le
principe est simple : on rassemble
le maximum de consommateurs
pour mettre en concurrence les
fournisseurs comme Direct Énergie, Eni ou Engie, en vue de décrocher un tarif plus avantageux.
L’union fait la force. « Concrètement, pour une famille de quatre
personnes habitant un logement de
110 m2 chauffé à l’électricité, l’économie pourrait grimper à plus de
200 euros par an », annonce la PME
Be Move, basée à Rennes, qui a segmenté l’achat groupé en trois offres : classique avec service client
téléphonique, 100 % digitale et
énergie verte. Le participant souscrira en juin si l’une des offres retenues l’intéresse.
C’est déjà la cinquième opération
de ce genre cette année, après les
achats groupés de Simply Move, de
Greenprice et ceux de Selectra dédiés aux seniors et aux clients EJP
(effacement jours de pointe, voir nos
éditions du 12 mars). « Les achats
groupés ont une vertu évidente, ils
montrent aux Français que le marché
de l’énergie est ouvert à la concurrence », souligne le médiateur de
l’énergie, Jean Gobert. Plus de 80 %
des foyers sont abonnés à EDF et la
moitié des consommateurs ignorent qu’ils peuvent changer de
fournisseur.
Seulement la moitié
des consommateurs
savent qu’ils peuvent
changer de fournisseur
de gaz ou d’électricité.
Pourtant, depuis 2013,
une quinzaine
d’opérations d’achats
groupés ont déjà
eu lieu.
« Aux États-Unis, les achats
groupés génèrent jusqu’à 20 %
d’économies dans l’électricité et
33 % dans le gaz », indique Clémentine Père, du cabinet Wavestone. En France, une quinzaine
d’opérations ont déjà eu lieu. C’est
l’association de consommateurs
UFC-Que choisir qui a lancé les
hostilités fin 2013. L’opération
« Gaz moins cher ensemble » a attiré 140 000 inscrits, dont 70 000
ont finalement souscrit à une offre
proposée par Lampiris. Ils ont bénéficié d’une remise de 15,5 % sur
le prix du kilowattheure (kWh)
hors taxe par rapport au tarif réglementé - le Tarif bleu d’EDF - pendant un an. Le même fournisseur
Lampiris a également remporté les
deux achats groupés suivants
d’UFC-Que choisir, en 2014 et
2016, prêt à casser les prix pour
remporter la mise dans l’espoir de
faire grossir son portefeuille de
clients. En 2016, il a ainsi consenti
une réduction de 23 % sur l’électricité et de 17 % sur le gaz (hors
taxes) pendant un an, récupérant
107 000 clients au passage.
Ces clients sont toutefois avertis
et plutôt infidèles, car à l’affût de
toute opportunité. Au bout d’un an,
seulement 40 % sont ainsi restés
chez Lampiris, qui a été racheté par
Total et rebaptisé Total Spring. Les
autres ont changé de fournisseur.
Sachant cela, la participation à ces
enchères est-elle si intéressante que
cela pour les entreprises comme Direct Énergie ? « Les marchés financiers raisonnent un peu bêtement, ils
valorisent les fournisseurs à leur
nombre de clients plutôt qu’à leur
marge par client, ce qui explique
UFC-Que choisir se distingue des
autres acteurs du marché car il ne
négocie pas de commission auprès
du vainqueur de l’enchère. Par
souci de transparence, l’organisation se rémunère directement
auprès des particuliers, à hauteur
de 10 euros pour une énergie et
14 euros pour gaz et électricité (les
adhérents de l’association bénéficient d’un tarif préférentiel). Elle
fournit en outre une aide juridique
en cas de litige et exige dans son
cahier des charges un accès direct
au système de réclamation du fournisseur. « Notre valeur ajoutée, c’est
autant le prix que la sécurité juridique », explique Cédric Musso, directeur de l’action politique chez
UFC-Que choisir.
Reste qu’avec l’intensification de
la concurrence sur la fourniture
d’énergie aux particuliers, les
achats groupés devraient progressivement disparaître. C’est du
moins ce qui s’est passé au Royaume-Uni, pays où la libéralisation
date de 1999. « Une fois que le marché est devenu réellement concurrentiel, ces achats groupés n’ont plus
de raison d’être », observe Bruno
Lescoeur. ■
Orangina surfe sur la vague des thés glacés et boissons fruitées
Le groupe résiste à la baisse du marché des boissons rafraîchissantes.
29 %
Part
du marché
détenue par le groupe
Orangina
sur les boissons
rafraîchissantes
hors cola
OLIVIA DÉTROYAT £@Oliviader
BOISSONS Orangina
Suntory
poursuit sa lancée positive. Dans
un marché des boissons sans
alcool en légère décroissance, le
groupe propriété depuis 2009 du
japonais Suntory a fait croître de
3,9 % de ses volumes, à 870 millions d’euros (+ 2,5 % en valeur).
Dans un secteur des boissons
rafraîchissantes où les colas ont à
nouveau dévissé de 83 millions de
litres en 2017 (- 5 %), le hors colas
a vu ses volumes progresser de
56 millions de litres. Précisément,
le segment sur lequel Orangina est
positionné avec ses cinq marques
phares (Orangina, Oasis, Schwep-
pes…). Une performance permise
par l’excellente santé de sa marque éponyme (+ 9,6 % en volumes), mais aussi par Oasis
(+ 1,7 %) ou Pulco (+ 14,5 %). Elle
profite du travail fait sur la réduction de la teneur en sucre engagée
en 2006, qui a mené à une baisse
de 20 % des taux de sucre en onze
ans. Selon Orangina, la réduction
devrait atteindre 25 % pour l’ensemble des marques de son portefeuille d’ici à 2020.
Le deuxième acteur des boissons
rafraîchissantes en France derrière Coca-Cola (et le premier sur le
hors-cola avec 29 % du marché)
récolte aussi les fruits du succès
incontestable de May Tea. Cette
nouvelle marque de thé infusé gla-
cé, avec 40 % de sucres en moins
que la moyenne des autres boissons sucrées, a été lancée il y a
deux ans. Elle a progressé de 127 %
l’an dernier. Le groupe s’attend à
ce que sa croissance moyenne annuelle reste autour de 40 % sur les
cinq prochaines années.
Transformer l’essai
Orangina y met les moyens : les
investissements médias sur la
marque ont été doublés, et deux
nouveaux parfums arrivent en
format 1 litre. « May Tea est le
symbole de ce renouveau du marché, favorable aux boissons moins
sucrées, plus naturelles, mais qui
reste dans le registre du plaisir »,
résume Bertrand Delmas, qui a
pris les rênes d’Orangina Suntory
France le 1er janvier. « Les thés
glacés et les boissons aux fruits plates sont les premiers contributeurs à
la croissance du hors-cola », ajoute
le dirigeant. Pour transformer
l’essai, Orangina poussera cette
année encore ses investissements
médias, de 40 % notamment sur
MayTea, Pulco et Oasis. Il a aussi
lancé la refonte des plates-formes
de communication de ses cinq
marques. Côté Schweppes, seule
boisson de son portefeuille à reculer (- 3,6 % sur un an), « nous nous
recentrons sur les piliers de la marque », appuie Bertrand Delmas.
Toutes les références de la gamme
sont nettoyées pour garder la version Agrum’, Indian Tonic et
Mojito, en croissance. Après deux
années de progression à deux
chiffres, Pulco lance une version
« Fines bulles », sans colorants ni
conservateurs, avec trois parfums.
Ainsi qu’un format verre en
33 centilitres. L’Oasis Tropical, la
plus grosse référence de la marque, sera aussi relancé.
Pour accompagner ces innovations, la filiale du groupe japonais
a investi 21 millions d’euros sur
son site lyonnais.
Après le premier trimestre en
croissance, Orangina espère bien
continuer à profiter de cette recette gagnante. Pour 2018, il anticipe pour cette année une nouvelle croissance de 4 % à 6 % de
ses volumes. ■
LA SÉANCE DU MERCREDI 9 MAI
JOUR
%VAR.
+HAUTJOUR
+BAS JOUR %CAP.ECH 31/12
+0,74 47,66
46,91
0,261 +10,84
0
108,65
108,05
0,235 +3,28
-0,18 100,4
99,42
0,146 +20,77
-0,78 29,495
29,03
0,11
+7,39
+0,86 112,2
110,75
0,263 -7,7
-0,55 22,68
22,335 0,282 -8,93
-0,66 62,48
61,42
0,263 -0,47
-0,07 42,84
42,62
0,295 -1,2
+0,61 115,5
114,45
0,231 +16,64
-0,27
16,885
16,575 0,34 -7,4
-0,3
13,52
13,31
0,159 -2,86
+0,28 65,6
64,91
0,196 -6,55
+0,14
14,745
14,59
0,231 +2,69
+0,39 115,1
114,25
0,174 +0,09
+1,57 485,5
477,2
0,176 +23,54
+0,93 200,7
198,1
0,1
+8,14
-2,18 46,87
45,46
0,096 -2,49
+0,4
65,88
65,34
0,145 +2,63
+0,24 291,95
289,35
0,084 +18,85
+0,6
117,65
116,05
0,326 -1,88
JOUR
ORANGE ..............................................15,145
PERNOD RICARD ..................................
138,15
PEUGEOT ..............................................
20,31
♣ 62,82
PUBLICIS GROUPE SA .............................
RENAULT ..............................................
89,13
SAFRAN ..............................................98,2
SAINT GOBAIN ..................................
44,225
SANOFI ..............................................65,91
SCHNEIDER ELECTRIC .............................
75,4
SOCIETE GENERALE ♣
..................................
42,18
SODEXO ..............................................83,2
SOLVAY ..............................................
113,9
STMICROELECTRONICS .............................
19,595
TECHNIPFMC ..................................26,94
TOTAL .............................................. 51,81
UNIBAIL-RODAMCO ..................................
197,5
VALEO .............................................. 57,28
VEOLIA ENVIRON. ..................................
20,62
♣
VINCI .............................................. 84,76
VIVENDI ..............................................23,13
APPLE AU PLUS HAUT HISTORIQUE
Le milliardaire américain Warren Buffett a
mis le feu à l’action Apple, qui vole de record en record à Wall Street. À plus de
185 dollars, le titre se traite aujourd’hui à
son plus haut historique. La capitalisation
boursière du groupe à la pomme dépasse
désormais les 935 milliards de dollars, ce
qui en fait la valeur la plus lourde de la
Bourse de New York. Cette formidable
%VAR.
+0,43
+0,04
+1,1
+1,32
-0,69
-0,08
+0,34
+0,11
+0,45
-0,21
+0,85
+0,8
-1,61
-4,06
-1,71
0
-0,49
-0,72
-0,4
-0,13
+HAUTJOUR +BAS JOUR
15,185
138,85
20,34
62,9
90,13
98,46
44,29
65,92
75,4
42,46
83,3
114,1
19,925
27,72
52,41
197,7
57,76
20,78
85
23,14
14,995
137,5
19,965
61,8
88,81
97,7
43,855
65,21
74,74
41,78
82,02
112,2
19,405
26,94
51,69
196,6
56,84
20,52
84,38
22,97
%CAP.ECH
0,187
0,168
0,254
0,225
0,244
0,185
0,251
0,292
0,171
0,419
0,218
0,303
0,314
0
0,289
0,301
0,965
0,336
0,186
0,186
31/12
+4,63
+4,7
+19,79
+10,89
+6,22
+14,31
-3,82
-8,27
+6,41
-2,02
-25,75
-1,73
+7,64
+4,22
+12,52
-5,95
-8,01
-3,08
-0,46
+3,17
LES DEVISES
MONNAIE
AUSTRALIE ................................................................................
DOLLAR AUSTRALIEN
CANADA ................................................................................
DOLLAR CANADIEN
GDE BRETAGNE ................................................................................
LIVRE STERLING
HONG KONG ................................................................................
DOLLAR DE HONG KONG
JAPON ................................................................................
YEN
SUISSE ................................................................................
FRANC SUISSE
ETATS-UNIS ................................................................................
DOLLAR
TUNISIE ................................................................................
DINAR TUNISIEN
MAROC ................................................................................
DIHRAM
TURQUIE ................................................................................
NOUVELLE LIVRE TURQUE
EGYPTE ................................................................................
LIVRE EGYPTIENNE
CHINE ................................................................................
YUAN
INDE ................................................................................
ROUPIE
ALGERIE ................................................................................
DINAR ALGERIEN
1 EURO=
1,5929
1,5398
0,8793
9,3178
129,45
1,1906
1,187
2,9516
11,103
5,0904
21,08
7,5586
79,63
137,83
AUD
CAD
GBP
HKD
JPY
CHF
USD
TND
MAD
TRY
EGP
CNY
INR
DZD
L’OR
JOUR
VEILLE
31/12
COTATION QUOTIDIENNE ASSURÉE PAR TESSI-CPOR
www.cpordevises.com
LINGOT DE 1KG ENV .....................................................
35100
35100
+1,01
NAPOLEON ..................................................... 205,3
205,3
-0,77
PIECE 10 DOL USA .....................................................
588
588
PIECE 10 FLORINS .....................................................
214
214
+0,56
PIECE 20 DOLLARS .....................................................
1150
1150
-1,54
PIECE 20F TUNISIE .....................................................
205
205
+0,49
PIECE 5 DOL US (H) .....................................................
290
290
-4,92
PIECE 50 PESOS MEX .....................................................
1311
1311
+0,08
PIECE FR 10 FR (H) .....................................................
109
109
-0,73
PIECE SUISSE 20F .....................................................
202
202
-0,35
PIECE LATINE 20F .....................................................
206
206
+1,53
SOUVERAIN ..................................................... 261,9
261,9
+0,46
KRUGERRAND .....................................................1139,5
1139,5
+1,85
SICAV ET FCP
VALEURS LIQUIDATIVES EN EUROS (OU EN DEVISES), HORS FRAIS
VALEUR
DATE DE
LIQUID. VALORISAT.
42 rue d’Anjou,
75008 Paris
Tél. : 01 55 27 94 94
www.palatine.fr
SICAV
UNI HOCHE C ................................................
284,26 04/05/18
Cybèle Asset Management
37 av. des Champs-Elysées
75008 Paris
Tel. : 01 56 43 62 50
BETELGEUSE ................................................
49,78 04/05/18
BELLATRIX C ................................................
332,92 19/03/18
SIRIUS ................................................57,01 04/05/18
RETROUVEZ
SITE D’INFORMATIONS EXCLUSIVES
WWW.WANSQUARE.COM
rlaskine@lefigaro.fr
accélération du cours de Bourse est intervenue après les déclarations du président
fondateur du célèbre holding de participations Berkshire Hathaway. Warren Buffett a en effet déclaré avoir acheté
75 millions d’actions de la firme californienne la semaine dernière, ce qui place
Berkshire Hathaway en position de troisième plus gros actionnaire d’Apple, avec
240 millions de titres, soit environ 5 % du
capital. Warren Buffett a expliqué en plaisantant à peine qu’il « adorerait posséder
100 % du capital ».
Il apprécie particulièrement le vaste
programme de rachat d’actions mis en place par Apple, qui devrait conduire, selon ses
calculs, à transformer d’ici à deux ans sa
participation de 5 % en 6 % du capital « sans
sortir un seul dollar ». Le fabricant d’iPhone
a racheté 23,5 milliards de dollars de ses
propres actions au cours du trimestre
écoulé. Dans leur rapport trimestriel, ses
dirigeants expliquent que 100 milliards de
dollars seront dépensés dans un nouveau
programme de rachat de titres, qui succède à celui de 210 milliards entamé en 2012
et achevé le mois dernier. Le titre a égale-
ment bénéficié de la publication d’un résultat net trimestriel de 13,82 milliards de dollars, en progression de 25,3 %, et d’un
chiffre d’affaires de 61,14 milliards de dollars
(+ 15,6 %), supérieur aux attentes des analystes. Les dirigeants d’Apple ont livré des
prévisions d’activités optimistes pour le
trimestre en cours, avec une marge d’exploitation attendue entre 38 et 38,5 % . ■
A
LE CAC
ACCOR .............................................. 47,66
♣
AIR LIQUIDE ..................................
108,5
AIRBUS ..............................................100,24
ARCELORMITTAL SA ..................................
29,12
ATOS .............................................. 112
AXA .............................................. 22,525
BNP PARIBAS ACT.A ..................................
61,96
BOUYGUES ..............................................
42,79
CAPGEMINI ..............................................
115,35
CARREFOUR ..............................................
16,705
CREDIT AGRICOLE ..................................
13,405
DANONE ..............................................65,37
ENGIE .............................................. 14,72
ESSILOR INTL. ..................................115,05
KERING ..............................................485,5
L'OREAL ..............................................
200
LAFARGEHOLCIM LTD ..................................
45,87
LEGRAND ..............................................65,88
LVMH .............................................. 291,65
♣
MICHELIN ..............................................
117,3
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 9 mai 2018 LE FIGARO
22
MÉDIAS et ENTREPRISES
« Burger Quiz », « La Carte aux trésors », « Avis
de recherche »... Le retour d’émissions cultes
TMC réalise un carton avec le jeu animé par Alain Chabat. C8 mise sur la nostalgie avec Patrick Sabatier.
De gauche à droite :
« Burger Quiz »,
avec Alain Chabat, ;
« La Carte aux
trésors » ; « Avis
de recherche », en 1989,
avec Patrick Sabatier.
ÉTIENNE JEANNERET/TF1,
FRANCE 3, RUTMAN/TF1/SIPA
ALEXANDRE DEBOUTÉ £@axel_deb
TÉLÉVISION C’est bien connu,
c’est dans les vieux pots que l’on fait
la meilleure soupe. Les chaînes de
télévision sont toujours tentées de
ranimer la flamme de vieilles gloires du PAF pour réussir de nouveaux succès d’audience. France 3 a
ainsi ressuscité l’émission très régionaliste « La Carte aux trésors »,
jeu diffusé l’été sur France 3 de 1996
à 2009, lui-même version modernisée de « La Chasse aux trésors »
animée de 1981 à 1984 par le reporter disparu Philippe de Dieuleveult.
Les candidats et leurs déplacements
en hélicoptère ont fait leur grand
retour le 25 avril dernier.
TMC vient aussi de reprogrammer une autre émission culte, cellelà un peu plus récente : « Burger
Quiz », vénérable institution de Canal + (saison 2001-2002), avec l’espoir de confirmer le succès enregistré depuis quinze jours. La chaîne
diffusera ce mercredi en prime time
une troisième soirée consacrée au
jeu dans lequel s’affrontent les
équipes Mayo et Ketchup, sur le gril
des questions loufoques et/ou lu-
naires d’Alain Chabat pour remporter les épreuves Nuggets et Sel
ou Poivre. Pour le premier prime du
mercredi 25 avril, TMC a revendiqué un record historique pour un
programme de divertissement sur
la TNT : 2,3 millions de téléspectateurs en moyenne, auxquels se sont
ajoutés 400 000 téléspectateurs en
replay. La deuxième soirée a elle
aussi rempli ses promesses avec
plus de 1,6 million de téléspectateurs, classant TMC deuxième chaîne nationale - derrière sa maison
mère TF1 - sur les 25-49 ans (16 %
de part d’audience) et sur les CSP+
de la même tranche d’âge (23,3 %
de PDA), deux des cibles préférées
des publicitaires avec les femmes
responsables des achats.
Humour plus cérébral
Le programme a très bien tourné
également dans les réseaux sociaux,
notamment sur Twitter. En ayant
signé pour quarante émissions, soit
vingt soirées de deux épisodes, TMC
tient là, en renfort hebdomadaire
de son émission phare « Quotidien » présentée par Yann Barthès,
une carte maîtresse pour imprimer
l’esprit de la maison, mélange
d’impertinence et d’humour plus
cérébral que potache, héritier de
celui de Canal +.
D’ailleurs, l’émission culte « Burger Quiz » a auparavant été proposée à Canal +, sa maison d’origine.
Mais la filiale de Vivendi a décliné.
Cyril Hanouna, star de C8, l’autre
chaîne généraliste de la TNT, filiale
du groupe Canal, a expliqué à L’Express qu’il préférait « lancer de nouvelles marques sur C8 et pas reprendre d’anciens succès ». L’explication
est plutôt cocasse lorsque l’on sait
que C8 a confirmé au Figaro qu’elle
organisera bien, à la rentrée de septembre, une soirée exceptionnelle
autour du retour d’une autre émission culte, encore plus ancienne que
« Burger Quiz » : « Avis de recherche », diffusée sur TF1 de 1980 à
1982 puis de 1988 à 1990.
Comme pour « Burger Quiz »,
réanimée par Alain Chabat, c’est son
présentateur historique, Patrick Sabatier, 66 ans, qui reprendra du service avec comme invité vedette un
certain… Cyril Hanouna, qui retrouvera ses copains de classe à partir
d’une vieille photo, comme le veut
le principe de l’émission. H20, la société de production de Cyril Hanou-
Pluie de promotions
pour les télés avant
le Mondial de foot
L’émergence de nouvelles
technologies au cœur de la bataille.
A
ELSA BEMBARON £ @elsabembaron
TÉLÉVISEURS Le football, cela se
regarde au stade. Ou devant un
grand écran de télévision. Les
mois de Coupe du monde sont
traditionnellement une période
faste pour les ventes de téléviseurs. Cette année devrait particulièrement l’être car à l’impact
de l’événement s’ajoute l’émergence de nouvelles technologies
qui portent les ventes.
« Pour la première fois, tous les
distributeurs ont mis des téléviseurs Oled dans leurs catalogues
promotionnels », souligne Éric Novel, le directeur général de Panasonic France. Cette nouvelle technologie, portée par le coréen LG
depuis quelques années, a rapidement été adoptée par Panasonic,
Sony et Philips. Elle est surtout
appréciée pour la qualité des couleurs. De son côté, le leader du
marché Samsung met en avant
une technologie maison, le Qled.
« Samsung ne produit pas de dalles
pour téléviseurs Oled. À terme, ce
choix pourrait lui coûter sa place de
leader mondial », ajoute un observateur du marché. Mais d’ici là, le
groupe coréen a encore de la ressource : plus d’un téléviseur sur
trois vendus dans le monde est un
Samsung. Il est suivi de son compatriote LG. Grâce à ses Oled de
grande taille, ce dernier grignote
des parts de marché auprès des
consommateurs, mais aussi comme fournisseur de dalles auprès
d’autres industriels du secteur.
Les mois qui viennent vont servir de révélateur dans ce duel,
alors que les téléviseurs Oled gagnent des parts de marché, essentiellement pour des téléviseurs de
grande taille : 50 pouces et plus
(1,28 mètre de diagonale). Une
véritable manne pour les fabricants, puisque ces téléviseurs sont
encore vendus plus de 1 800 euros
(promotions comprises). Or, les
marges sont toujours plus élevées
dans le haut de gamme. Les
consommateurs consacrent davantage d’argent à l’achat de leur
La technologie Qled
de Samsung, présentée
au salon de Las Vegas,
en 2017. STEVE MARCUS/
REUTERS
téléviseur, dans la mesure où ils
n’en achètent plus qu’un seul.
L’heure n’est plus au multi-équipement : la télé de la chambre ou
de la cuisine est aujourd’hui remplacée par un PC ou une tablette.
En revanche, le téléviseur du salon prend ses aises, avec son écran
4K, pour apprécier à plein séries,
films ou compétitions sportives.
Les marques chinoises
patinent
La concurrence est rude pour
s’imposer. La qualité de l’image
est le premier critère de choix,
suivi du design et enfin du prix.
Parmi les marques postées en embuscade figurent les chinoises.
Hisense a d’ailleurs choisi de casser sa tirelire pour figurer parmi
les sponsors du Mondial en Russie, dans l’espoir de gagner en notoriété dans les pays occidentaux.
Cela fait pourtant plus de dix ans
que les groupes chinois s’y cassent
na, la produira. Dans les années
1980, « Avis de recherche » réalisait
des audiences records, avec jusqu’à
40 % voire 50 % de part de marché !
Il faut dire qu’à l’époque il n’y avait
que quelques chaînes… Le contexte
a bien changé. Avec aujourd’hui une
petite trentaine de chaînes gratuites, les téléspectateurs ont l’embarras du choix. En conséquence de
quoi, la tendance à l’érosion de
l’audience des grandes chaînes
commerciales TF1 et M6 a conduit
leurs groupes respectifs à se lancer
dans des stratégies multichaînes.
Les satellites de la TNT (TMC pour
TF1, C8 pour Canal ou W9 pour M6)
permettent de compenser la baisse
d’audience de la chaîne amirale.
Avec « Burger Quiz » comme nouveau programme emblématique
avec « Quotidien » et « Salut les
Terriens ! » (Thierry Ardisson) - qui
changera de nom à la rentrée -,
TMC s’installe progressivement sur
la TNT comme un carrefour
d’audience qui contribuera de plus
en plus à défendre la part de marché
du groupe TF1. Le levier de l’émission culte peut parfois s’avérer
payant, et en image et en audience
sonnante et trébuchante. ■
les dents. Aucun n’est encore parvenu à franchir le cap des 2 % ou
3 % de parts de marché en Europe
de l’Ouest. Haier et Changhong
ont, chacun en leur temps, affiché
de grandes ambitions avant de rétropédaler. « Cela prend du temps
de construire une marque. C’est
pourquoi TPV a préféré miser sur
Philips », résume Marc Langevin,
directeur général de Philips France. Le groupe chinois TPV a racheté la division téléviseurs de
Philips en 2012. Après trois années
déficitaires, TPV est repassé dans
le vert en 2017 et réaffirme des
ambitions mondiales sur le marché. Son grand rival TCL a, lui,
parié sur la marque Thomson, qui
n’est guère connue hors de France, et tente de s’imposer sous son
propre nom chez nos voisins.
« Les ventes de téléviseurs entraînent une hausse de celles des
barres de son. C’est un marché très
dynamique », ajoute Éric Novel.
L’appétit des consommateurs
pour cet accessoire répond au
principal point faible des écrans
ultrafins de dernière génération :
impossible de loger une enceinte
décente dans quelques millimètres. Il faut donc compléter le dispositif par un équipement extérieur. Sony est le seul à avoir
développé une technologie qui
utilise l’intégralité de la dalle
comme une enceinte « Acoustic
Surface ». Elle est réservée pour le
moment aux écrans Oled à plus de
2 500 euros. De son côté, Philips
devrait présenter des nouveautés
dans le domaine du son pour les
téléviseurs en septembre, avec
des solutions intégrées. ■
EN BREF
TAKEDA PRÊT
À ACQUÉRIR SHIRE
£ Après plusieurs semaines
de discussions, le laboratoire
pharmaceutique nippon Takeda
a fait mardi une offre ferme
d’acquisition de 46 milliards
de livres (52 milliards d’euros)
sur la société irlandaise
de biotechnologie Shire.
Un montant record au Japon.
AUDI À NOUVEAU
ACCUSÉ DE FRAUDE
£ L’agence fédérale allemande
KBA a lancé une enquête pour
manipulation du système
antipollution AdBlue qui équipe
les modèles A6 et A7 d’Audi.
La marque du groupe
Volkswagen est déjà empêtrée
dans le scandale du dieselgate.
Elle aurait trafiqué
60 000 véhicules.
NOUVELLE CESSION
POUR SHELL
£ Shell a annoncé mardi
la vente de ses parts dans le
producteur Canadian Natural
pour 3,3 milliards de dollars
(2,8 milliards d’euros). Le géant
des hydrocarbures poursuit
ainsi son vaste programme
de cessions d’actifs de
30 milliards de dollars.
10 MILLIONS D’EMPLOIS
LIÉS AUX ÉNERGIES
RENOUVELABLES
£ Le secteur des énergies
renouvelables a créé dans
le monde 500 000 nouveaux
emplois l’an dernier pour
dépasser la barre des 10 millions
pour la première fois, a déclaré
l’Agence internationale pour les
énergies renouvelables.
Chine, Brésil, États-Unis, Inde,
Allemagne et Japon
représentent 70 % des emplois
du secteur, selon le rapport.
LE CHÔMAGE SUISSE
AU PLUS BAS : 2,7 %
£ Le taux de chômage
en Suisse, l’un des plus bas
au monde, a poursuivi son recul
en avril, à 2,7 % contre 2,9 %
en mars, selon les chiffres
officiels. En rythme annuel,
le chômage s’est effondré
de 18,1 %, avec 26 546 inscrits
en moins qu’en avril 2017.
» Festival de Cannes :
197 millions d’euros
de retombées économiques
» Paris : les agents
des catacombes en grève
www.lefigaro.fr/economie
+@
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mercredi 9 mai 2018 LE FIGARO - N° 22 935 - Cahier N° 3 - Ne peut être vendu séparément - www.lefigaro.fr
BEAUTÉ
L’ENGOUEMENT DES HOMMES
POUR LE SPORT DONNE
LIEU À DES NOUVELLES LIGNES
DE COSMÉTIQUES PAGE 27
VOYAGE
EN IRLANDE,
DANS LES DÉCORS
DU DERNIER « STAR WARS »
PAGES 28 ET 29
AURORE MARECHAL/ABACA POUR LE FIGARO
Le Festival de Cannes en habits de stars
Dans un entretien au « Figaro », Cate Blanchett confie sa fierté et son enthousiasme de présider le jury de la 71e édition.
Et Martin Scorsese, qui recevra le carrosse d’or, se souvient de ses débuts sur la Croisette en 1974. PAGES 24 ET 25
Démons et merveilles au Rond-Point
THÉÂTRE Sur une musique d’Ibrahim Maalouf, « Wade in the Water » est un
spectacle sombre et poétique dans lequel se déploie l’art de la magie nouvelle.
Armelle Héliot
ahéliot@lefigaro.fr
ARMELLE HÉLIOT aheliot@lefigaro.fr
n homme se démène, va et
vient entre une table de salle à
manger et un lit. Un homme
s’allonge, épuisé. Il disparaît,
comme avalé par le matelas.
Un homme s’efface, s’envole, se dissipe
comme se dissipe un nuage, un homme fait
la planche dans les airs comme s’il était sur
la mer.
Cet homme est AragoRn Boulanger,
danseur et chorégraphe, artiste qui, ici,
échappe aux lois de la pesanteur par la
science de Clément Debailleul et Raphaël
Navarro. Ils sont cofondateurs, avec
Valentine Losseau, du mouvement « la
magie nouvelle » et de la Compagnie 14:20.
Ils ont imaginé cet extraordinaire spectacle écrit collectivement. Le titre, Wade in
U
Wade in the Water : un miracle de poésie.
the Water (« marcher dans l’eau »), est
emprunté à un chant d’esclaves, un negro
spiritual qui appelle à la libération.
Libres ici sont les objets et les interprètes. Si AragoRn Boulanger est sidérant, ses
camarades, Ingrid Estarque, qui, dans la
COURTESY OF HOUSE 99,JONATHAN OLLEY, CLÉMENT DEBAILLEUL
fable, pourrait être la femme de l’homme
qui vole, et Marco Bataille-Testu, son père,
sont tout aussi étonnants. Forte présence,
grâce, mobilité, précision des mouvements, des gestes, car, ici, tout est réglé à
la seconde près.
L’inspiration de Wade in the Water est
sombre, mais jamais sinistre. Les images
d’apparence simple (la table, le lit) se complexifient, semblent taillées dans l’étoffe
des songes. Dans un monde qui recourt de
plus en plus à des vidéos criardes, Wade in
the Water est un miracle de poésie. Certains
tableaux sont stupéfiants de beauté. On est
projeté dans un univers littéralement incroyable : et pourtant l’on voit, et pourtant,
porté par la belle musique d’Ibrahim Maalouf, on adhère à ces sortilèges.
Créé à Chaillot, repris au Centquatre, le
spectacle prend une dimension encore
plus magique sous la charpente de bois
chaud du Rond-Point à Paris. ■
Wade in The Water, au Théâtre du Rond-Point
(Paris VIIIe), à 20 h 30 en semaine,
dimanche 13, dernière à 15 heures.
Tél. : 01 44 95 98 21. Relâche le 10 mai.
A
MORCEAU CHOISI
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mercredi 9 mai 2018 LE FIGARO
24
L'ÉVÉNEMENT
LA FÊTE
À FRÉMEAUX
24 heures
croisette
par François Aubel
Il est souriant. Très souriant même.
« Cela en devient suspect »,
s’interrogent les journalistes auxquels
Thierry Frémaux (ci-contre) vient
d’adresser une tape amicale dans le dos.
Le délégué général du Festival de
Cannes s’est lancé dans une entreprise
de câlinothérapie envers la presse dont
il n’est pas vraiment familier. Le prix
à payer, pense-t-il, pour calmer les
critiques qui, avec les nouvelles grilles de
projection, ne pourront plus voir les films
de la compétition avant tout le monde.
L’ambition est de redonner toute
leur attractivité aux soirées de gala
avec de vraies avant-premières, pour
« réenchanter » le Festival, dit-il. Et
surtout ne pas se priver de certaines
stars américaines qui n’apprécient guère
de se faire étriller sur les réseaux
sociaux avant même la montée
des marches. Et tant pis si Thierry
Frémaux bouscule la chronologie
des médias et surtout celle de la presse
quotidienne.
« Je fais partie d’une génération qui peut
attendre deux jours pour lire une
critique dans un journal », a-t-il lancé,
lundi en milieu d’après-midi, à la sortie
d’une conférence de presse improvisée
au cours de laquelle il a tenté d’étouffer
la grogne qui monte sur la Croisette.
« Ce n’est pas très macronien tout ça.
Cate Blanchett :
« Nous aurons
un regard d’artistes
et non de critiques
sur les films »
ENTRETIEN L’actrice australienne est
la onzième femme à présider le jury du Festival.
Un rôle qu’elle endosse avec enthousiasme
tout en admettant que ses consœurs ont encore
du chemin à faire pour se faire entendre.
P
PROPOS RECUEILLIS PAR
ÉTIENNE SORIN
esorin@lefigaro.fr
erchée sur des talons aiguilles sans fin, Cate Blanchett traverse la suite du Carlton.
48 ans, deux Oscars (Aviator, de
Martin Scorsese, et Blue Jasmine,
de Woody Allen), quatre enfants,
la présidente du jury ne boude pas
son plaisir d’être de retour à Cannes dans un rôle inédit.
LE FIGARO. - Quand Thierry
Frémaux vous a-t-il proposé
d’être Présidente du jury ?
Cate
BLANCHETT.Thierry
m’avait déjà proposé d’être membre du jury il y a quelque temps.
Entre mon métier d’actrice, mes
enfants, la compagnie de théâtre
que je dirigeais, je ne pouvais pas
me libérer. Quand il m’a offert
d’être présidente, je crois que
c’était l’année dernière, j’ai décidé de prendre une année off.
Avez-vous hésité ?
Pas du tout. J’aime depuis longtemps le Festival de Cannes. C’est
une plateforme unique et merveilleuse pour le cinéma. Je suis
venue ici pour bien des raisons et
celle-ci est la plus belle. Je suis là
comme spectatrice. Avec une incroyable responsabilité ! Cannes
est la juxtaposition de toutes les
formes et tous les styles de cinéma. Vous trouvez des courts-métrages, des premiers longs-mé-
trages – dont l’un est en
compétition (Yomeddine, de
l’Égyptien A. B. Shawky, NDLR)…
Nous ne regarderons pas les films
comme des critiques mais comme
des artistes. Voir la façon dont les
films se répondent ou s’opposent,
la tâche s’annonce difficile mais
aussi terriblement excitante.
Connaissiez-vous les membres
de votre jury avant de les réunir
lundi ?
J’ai déjà rencontré Léa Seydoux.
Par Time’s Up, je connais Ava DuVernay. Je suis une grande admiratrice de l’œuvre de Denis Villeneuve et d’Andreï Zviaguintsev.
Chang Chen, je le connais comme
acteur. Kristen Stewart fait des
choix fascinants, l’évolution de sa
carrière m’intéresse beaucoup. La
musique de Khadja Nin (chanteuse
burundaise) est une découverte
pour moi. Et j’ai rencontré Robert
Guédiguian ici pour la première
fois mais j’ai vu son dernier film,
La Villa.
Festival
« deLe Cannes
est une
plateforme
unique et
merveilleuse
pour le
cinéma. Je
suis venue ici
pour bien
des raisons
et celle-ci
est la plus
belle
»
CATE BLANCHETT
vailler au corps de façon plus lente
et plus profonde… Il faudra trouver un consensus et j’espère que
ce jury, composé d’artistes forts,
saura travailler ensemble.
Allez-vous vous réunir
chaque jour ?
C’est ce que nous avons prévu de
faire. Plus nous pourrons échanger, mieux ce sera. Sur chaque film
mais aussi sur le cinéma. Qu’est-ce
qui fait un bon film ? Comment un
film reflète-t-il ou non le monde ?
Est-ce qu’un film doit refléter ou
non le monde ? Nous discuterons
de toutes ces questions.
Que pensez-vous des films
en compétition ? Connaissez-vous
l’œuvre des cinéastes
sélectionnés ?
Je connais la plupart. Parfois, il est
mieux de voir un film en tant que
tel, sans le mettre en perspective
par rapport à l’œuvre de son
auteur. Un cinéaste qui signe son
premier long-métrage et un autre
qui réalise son trentième sont sur
un pied d’égalité. Ce que j’adore
chez Thierry, c’est son ouverture
d’esprit. Il est aussi un provocateur, au meilleur sens du terme. Il
entretient un dialogue formidable
avec les cinéastes. Ses critiques
sont toujours constructives. Il
Que leur avez-vous dit
lors de votre première réunion ?
Je leur ai dit que nous vivions des
temps très polarisés, une époque
qui ne laisse que peu de place au
doute, aux questionnements.
Alors que l’art est le lieu de l’incertitude. Je leur ai dit que nous
ne devions pas avoir peur du débat. Ni de changer d’avis. Dans un
festival, vous pouvez voir un film
qui vous frappe immédiatement.
Vous vous dites alors : « C’est le
bon ! » Mais un autre va vous tra-
« Everybody Knows » :
Farhadi perdu
LE CINÉMA
Éric Neuhoff
A
eneuhoff@lefigaro.fr
Certains alcools ne voyagent pas.
Comme une célèbre marque de
bière irlandaise, le cinéma de Farhadi semble perdre de sa saveur
dès qu’il s’exile. On en avait eu un
aperçu avec Le Passé qui se déroulait à Paris. Everybody Knows, qui
ouvre le Festival de Cannes, a pour
cadre un vignoble espagnol. Penélope Cruz, qui vit en Argentine, revient dans son village natal pour le
mariage de sa sœur. Les retrou-
vailles sont enjouées, bruyantes.
Javier Bardem, qui gère maintenant le domaine, a un anneau à
l’oreille. On lui fait bien comprendre que ses parents étaient domestiques. Les regards qu’il échange
avec la brune piquante sont lourds
de sous-entendus. Ces deux-là ont
eu jadis une histoire. Hé, hé.
Empilage de clichés
Durant la noce, il y a une panne
d’électricité. Des malfaisants en
profitent pour kidnapper la fille de
Penélope. Cela gâche un peu la fête.
Il faut installer un groupe électrogène. La pluie se met de la partie. La
panique s’empare de la famille. La
rançon réclamée est exorbitante.
Le talent de Penélope
Cruz et de Javier
Bardem ne parvient pas
à sauver un film sans
suspense.
300 000 euros, c’est une somme.
Penélope téléphone à son mari resté en Amérique du Sud. Ça ne peut
être que Ricardo Darin, qui saute
dans le premier avion. Les locaux
soutient autant les nouvelles voix
que les artistes bien établis ou à
mi-parcours.
Thierry Frémaux est rétif
à toute discrimination positive
pour augmenter le nombre
de réalisatrices en compétition.
L’approuvez-vous ?
Thierry a été très clair avec moi. Il
m’a dit : « Ne crois pas que tu es
présidente du jury parce que tu es
une femme. » Et les femmes retenues en compétition le sont grâce
à leur talent, pas à cause de leur
genre. Voulons-nous voir plus de
réalisatrices en compétition ?
Absolument. Il n’y a pas de parité
cette année mais en 2020 il y aura
peut-être quinze films réalisés par
des femmes et sept par des hommes. L’année suivante, ce pourrait être l’inverse.
Pour cette édition, seuls trois films
en compétition sur vingt et un
sont réalisés par des femmes.
Ont-elles moins de talent
que les hommes ?
Les femmes réalisent des films très
intéressants, il n’y a aucun doute
là-dessus. Mais ont-elles accès
aux budgets importants, aux
équipes expérimentées et aux mêmes réseaux de distribution que
les hommes ? Non. Le cinéma est
s’imaginent qu’il roule sur l’or : il
est chômeur et alcoolique repenti.
Il n’a pas bu une goutte depuis treize ans, car il a demandé à Dieu soit
de le tuer, soit de le sauver. À la
place, le Très Haut, qui n’a pas bien
écouté, l’a inscrit d’office au générique du film. C’est cruel.
Le talentueux Iranien s’égare
dans ce drame qui évoque les séries
diffusées l’été sur TF1. De lourds secrets minent les rapports. Penélope
reçoit des SMS menaçants. Pourquoi la femme de Bardem y a-t-elle
droit aussi ? C’est sûr, il y avait un
complice parmi les invités. Damned ! Penélope, qui a des faux airs de
Lio, regrette d’avoir dansé la sévillane durant la soirée. Elle aurait
mieux fait de surveiller sa gamine,
qui est malade et qui a oublié sa
ventoline (on ne pense pas à tout
quand on est enlevée). Dans la finca,
un milieu d’hommes. Les sélectionneurs à la tête des festivals
sont des hommes. Ils ont un prisme particulier.
La dernière fois que vous êtes
venue à Cannes avec un film,
c’était en 2015 pour Carol, réalisé
par Todd Haynes et distribué
par Harvey Weinstein.
Vous connaissez ce dernier depuis
vingt ans, depuis Le Talentueux
Mr. Ripley. Dans un entretien
au magazine Variety,
vous dites qu’il a vous a harcelé
sexuellement.
La vérité est que j’ai eu des entrevues déplaisantes avec Harvey. Je
crois que c’est le cas de tout le
monde, hommes ou femmes. Les
médias ne doivent pas réduire ce
problème à un cas particulier.
Harvey est souvent venu à Cannes
donc il est normal que la question
vienne sur le tapis. Mais il est le représentant d’un type d’individus
qui existent en dehors de l’industrie du cinéma. Certaines femmes
ont eu des expériences horribles
avec lui et je n’en fais pas partie.
Vous ne pouviez pas dénoncer
les agissements de Harvey
Weinstein à l’époque ?
Il y a certaines choses qu’il voulait
que je fasse, artistiquement par-
les autochtones se rongent les ongles. Qui a bien pu faire le coup ?
Les acteurs roulent des yeux. Tout
le monde soupçonne tout le monde.
Même l’auteur de ces lignes, qui
pourtant n’a pas inventé la poudre,
a deviné qui était le coupable. Le
seul suspense réside dans la nature
de la cuvée : Rioja ou Ribera del
Duero ? Bardem, prudent, refuse de
goûter à son vin. Il a d’autres chats
à fouetter. Comment perdre les kilos qu’il a pris récemment pour incarner Pablo Escobar s’il accepte
les verres qu’on lui tend ? Le mystère s’épaissit. Le grand-père est un
ivrogne qui sème la pagaille au bistrot du coin. Il joue au poker et titube sur ses béquilles. Allez, viens,
papy, on va rentrer.
À propos, êtes-vous sûr que la
disparue est bien la fille de Darin ?
Fins sourires dans l’assistance.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 9 mai 2018
L'ÉVÉNEMENT
en faire la chasse. Malheur aux
récalcitrants, ils seront expulsés
des marches manu militari.
Mardi matin, loin de ces considérations
belliqueuses, Javier Bardem pénètre en
sifflotant à l’hôtel Marriott, Penélope
Cruz dans son sillage. Personne, il est
vrai, n’a encore émis la moindre critique
sur Twitter de Everybody Knows,
le film d’Asghar Farhadi dont le couple
tient la vedette. Les stars vont saluer
Martin Scorsese qui enchaîne les
En fait, vous appartenez au vieux
monde », l’apostrophe en plaisantant
à moitié un journaliste de presse écrite
à l’issue de cette opération séduction.
Happé par les micros des télévisions
en continu, le patron de Cannes
se garde bien de répondre.
On notera qu’il s’est plié d’assez bonne
grâce au jeu des selfies, pratique
prohibée cette année sur le tapis rouge
car jugée trop vulgaire. Composée de
six agents de sécurité, une brigade doit
25
interviews sur la terrasse du Club
d’Albane. Le réalisateur, qui vient de
terminer le tournage de The Irishman
pour Netflix, plateforme évincée
du Festival cette année, est l’invité
de la Quinzaine des réalisateurs,
qui célèbre sa cinquantième édition.
En 1974, l’ex-monteur de la Warner
Bros, encouragé par John Cassavetes,
y présenta Mean Streets. Tout cela
appartient à l’ancien monde, mais reste
heureusement d’actualité.
A.-C. POUJOULAT/AFP ; R. DUVIGNAU/REUTERS
LE FIGARO
Martin Scorsese en carrosse d’or sur la Croisette
Pourriez-vous retravailler
avec Woody Allen,
alors que les accusations
d’abus sexuel portées par sa fille
Dylan Farrow ont de plus en plus
d’écho ?
Et voilà ! Que vient faire Woody
Allen à Cannes ? Pourquoi revenir
encore sur ce sujet ? Quel est l’intérêt pour moi de répondre à cette
question ? J’y ai répondu plein de
fois. Je ne veux pas éviter la question mais les médias doivent avoir
une vue d’ensemble sur ce problème.
Que pensez-vous de l’éviction
de Roman Polanski
de l’académie des Oscars ?
C’est une question très, très, très
compliquée.
Incroyablement
compliquée. Les artistes font et
disent des choses provocatrices.
Allons-nous décrocher des murs
certains tableaux du Louvre ? Je
ne dis pas que je suis d’accord ou
pas d’accord. C’est un débat intéressant. ■
Asghar Farhadi empile les clichés,
filme les champs comme autant de
cartes postales (on regrette presque
le dernier Klapish, situé en Bourgogne). Où est passée la subtilité d’Une
séparation ? Qu’est devenu le trouble distillé par Le Client ? À Téhéran,
le vin est interdit. Ça n’est pas pour
rien. Le Farhadi nouveau est arrivé.
Inutile d’en réserver des litres. Quel
pauvre micmac. Les premières images montrent un mécanisme d’horlogerie. On voit la finesse. Le compte à rebours a commencé. Ne nous
remettez pas ça, patron. ■
« Everybody Knows »
Drame d’Asghar Farhadi
Avec Penélope Cruz, Javier
Bardem, Ricardo Darin
Durée 2 h 12, en salle ce mercredi
■ L’avis du Figaro : ○¡¡¡
Cate Blanchett,
hier à Cannes.
AURORE MARECHAL/
ABACA POUR LE FIGARO
Un enthousiasme intact
Petit, très élégant en costume bleu
assorti à une chemise griffée à ses
initiales, Martin Scorsese, 75 ans,
s’anime dès qu’il est question de
parler de cinéma. Cinquante années d’une activité soutenue depuis
la réalisation de son premier longmétrage n’ont en rien émoussé son
enthousiasme. Désormais au Panthéon des réalisateurs mondiaux, il
ne fait pas l’impasse sur les périodes
plus difficiles qu’il a traversées.
Lorsqu’il reçoit le prix du meilleur
réalisateur pour After Hours, en
1986, il est en délicatesse avec les
studios. « En Amérique, avant Sexe,
mensonges et vidéo et la reconnais-
sance du cinéma indépendant, les
films de ce calibre n’étaient pas
considérés comme de vrais films.
Pourtant, celui-là avait été produit
par David Geffen ! Je pense que son
thème se rapportait au fait que je me
sentais désorienté sur tous les plans
de ma vie, à l’époque. » Pendant une
bonne partie des années 1980, le
réalisateur rencontrait les plus
grandes difficultés dans le financement de ses projets. « On me proposait d’autres films, mais je ne me
sentais pas de travailler ainsi. »
La nouvelle projection de Mean
Streets permet de mesurer à quel
point ce film a bouleversé l’utilisation de la musique dans le cinéma.
Entre rock, pop, opéra et chanson
populaire italienne, l’œuvre regorge de sons d’une manière jamais
utilisée auparavant. Martin Scorsese explique qu’il s’était inspiré de la
bande-son du classique 2001,
l’Odyssée de l’espace. « La leçon de
ce film, c’est qu’on pouvait utiliser la
musique que l’on voulait. »
À la fin des années 1950, alors
étudiant à la New York University,
cet admirateur de Claude Chabrol
rêvait de montrer un de ses courtsmétrages, dans un cinéma de la
Ve Avenue. Mais les questions de
droit rendaient difficile l’utilisation
de musiques préexistantes dans son
travail. « Un film expérimental comme Scorpio Rising de Kenneth Anger
ne se souciait pas de ce genre de problème. Je me demandais pourquoi de
jeunes cinéastes comme nous devions
passer par ces questions qui concernaient la manière classique de monter des films. Au moment de Mean
Streets, le producteur Jonathan Taplin a passé les accords nécessaires
pour avoir les droits de chansons que
je désirais. »
Vingt ans avant Tarantino, Scorsese monte la bande-son de Mean
Streets comme une programmation
radio rêvée. « J’adorais les compositeurs de l’âge d’or du cinéma hollywoodien, bien sûr, mais cela ne
concernait pas ma génération. J’entendais d’autres musiques. 2001 m’a
prouvé qu’on pouvait voir un grand
film sans musique originale. »
« génération rock’n’roll »
À l’issue de la projection de son film Mean Streets (1976), Martin Scorsese
recevra aujourd’hui le prix de la Société des réalisateurs de films.
La musique, et le rock en particulier, a toujours été au cœur du travail de Scorsese, qui a consacré des
documentaires réussis au Band (The
Last Waltz), à Bob Dylan (No Direction Home : Bob Dylan), aux Rolling
Stones (Shine a Light) et George
Harrison (Living in the Material
World). « J’ai grandi dans une famille de la classe ouvrière qui ne pouvait pas s’offrir de livres ou de caméras 8 mm. Il y avait la télévision,
mais elle était limitée à trois chaînes
seulement, et surtout la musique,
autant celle de la radio que les
78-tours. Le premier disque dont je
me souviens était de Django Reinhardt et du Hot Club de France. C’est
là que j’ai commencé à combiner la
musique avec ce qui se passait
autour de moi, cela m’a inspiré des
histoires marquées par la musique.
Plus tard, adolescent dans le Lower
East Side, la musique était un
contrepoint permanent aux événements de ma vie. J’appartiens à la
génération du rock’n’roll : Little Richard, Chuck Berry et Elvis Presley
sont arrivés alors que j’avais 13 ans,
et ils s’infiltraient partout. » ■
L’Arabie saoudite à Cannes : première !
CLAIRE BOMMELAER
cbommelaer@lefigaro.fr
Après
« trentecinq ans
d’interdiction,
les grands
écrans font
leur retour
en Arabie
saoudite.
En avril,
une salle
et un
multiplexe
ont ouvert
à Riyad
»
Pour la première fois dans son histoire, l’Arabie saoudite s’est invitée
au Festival de Cannes, et s’apprête à
présenter neuf courts-métrages, les
14 et 15 mai. Petit événement sur la
Croisette, la présence d’un pavillon
du Conseil du cinéma saoudien sur
les plages de la Riviera est une véritable affaire d’État vue de Riyad.
Depuis que le prince héritier
Mohammed Ben Salman a présenté
son plan de réforme économique et
sociale, Vision 2030, c’est l’effervescence au pays de La Mecque. Le
train volontariste de l’ouverture est
en marche. Et tout le monde veut
grimper dedans.
Après trente-cinq ans d’interdiction, les grands écrans font leur retour. En avril, une salle et un multiplexe ont ouvert à Riyad - ville dans
laquelle on s’ennuie ferme, à moins
d’aimer passer sa vie dans les centres commerciaux. Située dans un
quartier financier, blanche et gigantesque, la nouvelle salle AMC affiche complet tous les jours – en dépit d’un prix d’entrée à 10 euros.
Mardi 1er mai, on y projetait Avengers, le film de superhéros qui a dépassé le milliard de dollars de recettes en seulement onze jours.
À l’entrée, les ouvreurs distribuaient les quatorze règles comportementales à adopter dans une salle
obscure : ne pas parler trop fort, ar-
river en début de séance, ne pas filmer avec son portable, avoir une
tenue « en accord avec les valeurs
du royaume ». Les femmes étaient
assises à côté des hommes, et tout le
monde piochait du pop-corn dans
des seaux géants. Scène banale, si
l’on fait abstraction des longs manteaux et des foulards islamiques,
passeport non négociable. « Ces salles sont des espaces collectifs et familiaux, qui répondent à l’appétence
des Saoudiens pour les loisirs », résume Bader Alzahrani, directeur
général du développement des médias à la Commission générale des
médias audiovisuels (CGMA).
Une offre « familiale »
Alors que, dans certains endroits du
monde, les cinémas ferment un à
un, l’Arabie saoudite a vu large :
AMC et Vox, deux exploitants américains, ont mis la main sur un marché de 350 salles et 2 500 écrans
d’ici à 2030, répartis dans tout le
pays, y compris dans les régions les
plus traditionnelles. L’offre, on le
devine, sera « familiale ». Une commission de censure, installée dans
les bâtiments de la CGMA, veille au
grain, avec un système d’interdiction drastique - tout public, moins
de 12, 15 ou 18 ans. Les scènes de
sexe seront évidemment coupées.
Qu’importe. Il se trouve quantité
de films internationaux « mainstream » n’ayant pas besoin d’un
coup de ciseau. Après Black Panther
ou Avengers viendra le tour des In-
destructibles 2. « Nous ne sommes
tout de même pas des débutants face
à l’image, rit Sultan Al Mutairi, un
producteur qui œuvre sur les réseaux de la télévision saoudienne.
Cela fait des années que les Saoudiens
regardent ce qu’ils veulent sur YouTube ou même Netflix. Et on ne parle
même pas du piratage, qui est un
sport national. » Les 350 salles saoudiennes éviteront aux plus aisés de
se rendre au Bahreïn ou à Dubaï
pour voir les dernières sorties. Et
donneront de l’air aux jeunes : 65 %
de la population a moins de 35 ans.
« À terme, elle permettront aussi de
diffuser une production locale, espère, de son côté, le réalisateur Ali
Kalthami. Car l’histoire saoudienne
n’a pas encore été racontée. »
Pour l’instant, la production du
pays se cantonne à quelques longsmétrages, et des programmes télé,
dont bon nombre de séries B - au
regard des standards occidentaux.
La France a tout de même découvert, en 2012, le premier long-métrage de Haifaa al-Mansour,
Wadjda, qui racontait le combat
d’une fillette pour avoir une bicyclette, et à travers lui, celui de sa
mère pour pouvoir conduire. La
réalisatrice avait dû se cacher dans
un camion et diriger ses comédiens
à distance. Elle est, depuis, installée
à Los Angeles, comme tant de jeunes artistes saoudiens qui ont fui
une société trop corsetée. Ceux qui
sont restés naviguent entre les tabous - outre le sexe, il ne peut être
question ni de politique, ni de religion dans les films - et la fenêtre de
liberté qui s’est entrouverte, il y a à
peine un an. Chaque court-métrage, publicité ou documentaire réclame un travail de dentelière.
Une communauté d’espoir
Chacun tâtonne, tente de se préserver de la censure, mais aussi
d’éventuels rejets du public. « J’ai
introduit une actrice tête nue dans
une de mes séries, ce qui il y a à peine
un an aurait provoqué une descente
des autorités, poursuit Sultan Al
Mutairi. Mais j’avance à pas comptés. Il serait contreproductif de mener
toutes les batailles en même temps. »
L’an dernier, Hind Alfahad a filmé
l’histoire des vendeuses de rue, celles « qu’on voit mais qu’on ne regarde pas ». La réalisatrice a passé deux
mois sur le trottoir avec l’une d’elles, dans des conditions difficiles,
les passants ne comprenant pas ce
qu’une femme faisait là, caméra au
poing. Hind, plusieurs fois récompensée dans les pays limitrophes, a
été la première à faire appel au
crowdfunding pour son prochain
court-métrage, sur la plateforme
Indiegogo. Le succès a dépassé ses
espérances et fédéré une communauté d’espoir. Avec Hanna Al
Omair, autre réalisatrice qui vient
d’être nommée au Conseil du cinéma par les autorités et a fait le voyage à Cannes, elle en est désormais
persuadée : « La société ne reviendra
jamais en arrière. » ■
A
lant. Il voulait que je trahisse des
amitiés, que je me déshonore. Il
pouvait se mettre dans des colères
noires quand je refusais. Cet homme était une brute. Je n’ai rien
d’autre à ajouter. La suite doit se
juger dans un tribunal.
QUINZAINE DES RÉALISATEURS
C’est en grand habitué que Martin
Scorsese est présent au Festival de
Cannes cette année. Le réalisateur
américain, qui présida le jury de
l’édition 1998, est mis à l’honneur
par la Société des réalisateurs de
films, qui fête ses 50 ans. À l’issue
de la projection du film Mean
Streets ce jour, il recevra le carrosse d’or. « C’est un grand honneur
pour moi. La Quinzaine des réalisateurs offre depuis de longues années
une plateforme à des cinéastes particuliers. Elle a permis à leurs voix de
se faire entendre dans le monde entier. Mon introduction au cinéma international s’est passée ici même, en
1974. Plus de quarante ans plus tard,
cela méritait le déplacement, rien
que pour remercier. C’est ici que
tout a commencé pour moi. Ce prix a
une résonance profonde. Je suis heureux d’être encore ici, à ce stade de
ma vie. »
Lors de cette première participation, ce boulimique de cinéma avait
rencontré Federico Fellini, Werner
Herzog ou Wim Wenders. « À cette
époque, le Festival était moins business qu’il ne l’est aujourd’hui. J’étais
heureux de parler de moi et de mon
film. J’arrêtais pratiquement les gens
dans la rue pour leur dire qui
j’étais. » Avec Robert De Niro, qui
l’accompagnait, Scorsese résidait à
l’hôtel Negresco de Nice. Ces deux
inconnus vivaient une expérience
trépidante. « C’était la fête permanente, pour nous, même si nous ne
prenions rien (sic). » Deux ans plus
tard seulement, l’Italo-Américain
recevait la palme d’or pour Taxi
Driver. Ses yeux s’illuminent à ce
souvenir. « Entre-temps, j’avais
présenté Alice n’est plus ici. Au moment de Taxi Driver, j’avais passé
deux jours et deux nuits seulement.
Ça a constitué une expérience intéressante, sauf que le président du
jury, Tennesse Williams, avait déclaré être opposé au film, qu’il considérait comme trop violent. » Par
chance pour Scorsese, deux mem-
bres du jury ont cette année-là
poussé le film : Sergio Leone et Costa-Gavras. « Ils nous ont emmenés
dîner dans un lieu qui s’appelait
L’Oasis. On parlait plus de leurs
films que du mien. Je n’avais pas
compris qu’ils étaient aussi favorables à Taxi Driver. Nous sommes
rentrés précipitamment aux ÉtatsUnis. J’espérais obtenir un prix du
meilleur acteur ou du meilleur scénario, mais certainement pas la palme
d’or. »
AURORE MARECHAL/ABACA POUR LE FIGARO
OLIVIER NUC £@oliviernuc
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 9 mai 2018 LE FIGARO
26 CULTURE
Maurane, une
dame de cœur
qui donnait
de la voix
Maurane, le 19 mai 2015
aux Folies Bergère, à Paris.
CARPENTIER/DALLE APRF
artiste francophone, coiffant Céline
Dion au poteau.
Elle s’est beaucoup impliquée dans les
tournées Sol en Si, organisées par Solidarité Enfants Sida, et aussi celles des
Enfoirés, au profit des Restos du cœur.
Sa voix profonde aux accents blues y
faisait des merveilles sur des titres du
répertoire français. Parmi nos chanteurs, elle avait une tendresse particulière pour Claude Nougaro, lui rendant
hommage en enregistrant un album entier de ses chansons à l’occasion des
80 ans de sa naissance, en 2009. Entre 2012 et 2014, c’est à la télévision,
comme jurée du télé-crochet « Nouvelle Star », qu’elle s’était illustrée, aux côtés de Sinclair et d’André Manoukian.
DISPARITION La chanteuse belge a été
retrouvée morte à son domicile bruxellois.
Elle avait 57 ans et venait d’annoncer
son retour sur scène. PAR OLIVIER NUC £@oliviernuc
C’
est avec une joie
non feinte que
Maurane avait elle-même annoncé
son retour sur scène il y a quelques
jours. Depuis deux
ans, en raison de
problèmes de voix, la chanteuse avait
dû renoncer à se produire en concert.
Née Claudine Luypaerts, en 1960, Maurane a été retrouvée morte à son domicile en périphérie de Bruxelles. Annoncé par la RTBF, son décès a été confirmé
à l’agence de presse Belga par le parquet
de Bruxelles. Une autopsie devra en déterminer la cause exacte. La piste criminelle a d’ores et déjà été écartée.
En France, Maurane avait été découverte dans les années 1980 lors de sa
participation à la reprise de la comédie
musicale Starmania, écrite par Luc Plamondon et composée par Michel Berger. Son interprétation du tube Les Uns
contre les autres avait notamment fait
sensation. Elle y tenait le rôle de MarieJeanne, qu’elle avait néanmoins dû
abandonner rapidement afin de poursuivre sa carrière d’auteur-compositeur amorcée sous le parrainage de
Pierre Barouh.
L’homme de la bande-son du film
Un homme et une femme, fondateur de
Saravah, était le vrai « découvreur » de
la chanteuse. Elle avait sorti ses premiers 45-tours sous le label dès 1980,
Une dizaine d’albums
tout en continuant à être choriste, notamment auprès de Viktor Lazlo, Jo
Lemaire ou Philippe Lafontaine. Le
succès de sa première scène parisienne, au Forum des Halles de Paris en
1983, lui permet d’enregistrer son premier album, Danser, sorti un an plus
tard. C’est sur son disque suivant que
figure ce qui reste son plus grand succès, Toutes les mamas, tube de l’année
1989. Il faut également citer la ballade
Sur un prélude de Bach, fruit d’une collaboration avec l’immense JeanClaude Vannier en 1991. Trois ans plus
tard, elle décroche une Victoire de la
musique dans la catégorie meilleure
En mars dernier, elle avait fait part de
ses nouveaux projets dans une vidéo
reprise sur les réseaux sociaux : un album de reprises de Jacques Brel, pour
les 40 ans de sa disparition. C’est
d’ailleurs avec le répertoire de celui-ci
qu’elle était remontée sur scène, le
3 mai dernier. Le 6, elle chantait La
Chanson des vieux amants en compagnie du groupe Typh Barrow.
Elle laisse Lou, une fille de 25 ans née
de son mariage avec le chanteur et comédien espagnol Pablo Villafranca.
Connue pour son franc-parler, elle
avait eu maille à partir avec plusieurs
internautes, en particulier sur Twitter.
Officier dans l’ordre des Arts et des Lettres en France depuis 2011, elle a réalisé
une dizaine d’albums. Elle avait aussi
tourné dans une poignée de films, notamment Le Collier rouge, de Jean
Becker, sorti le 28 mars dernier. ■
Les autres
« Miracle » sauve son porc
films
CINÉMA Quand la Lituanie post-Union soviétique rencontre le capitalisme
américain, l’histoire vire à la tragi-comédie burlesque. Premier film talentueux.
NATHALIE SIMON nsimon@lefigaro.fr
oici un film qui porte bien
son nom. L’action de Miracle se situe en 1992. La piquante scénariste et réalisatrice lituanienne Egle
Vertelyte met en scène une rencontre
au sommet entre deux personnages
hauts en couleur. Irena, une femme aux
cheveux relevés en chignon portant des
bottes en plastique, gère depuis 1978
une ferme collective d’élevage de
porcs. Depuis la chute de l’Union soviétique, l’établissement reste le seul encore à peu près « viable » dans cette
province isolée de Lituanie, mais Irena
a du mal à joindre les deux bouts et à
payer les ouvriers. Habituée à se débrouiller seule, elle va avoir affaire à
URBAN DISTRIBUTION
V
Dans Miracle, la réalisatrice Egle
Vertelyte met en scène une rencontre
au sommet entre deux personnages
hauts en couleur, Irena et Bernadas.
Bernadas, qui débarque un jour dans
une Cadillac rouge.
Joli portrait de femme
Ce géant massif, blond comme Donald
Trump, anneau à l’oreille gauche, arrive des États-Unis tel le Messie. Promettant monts et merveilles, comme sauver la ferme et la moderniser. Il raconte
qu’autrefois ses parents y ont habité.
Irena est d’abord sous le charme. Avant
de voir débarquer ce bonhomme, elle
menait une existence morne uniquement dédiée au labeur. Elle est mariée à
un alcoolique qui la délaisse. Sans enfant, elle s’occupe de ses porcs comme
s’ils étaient ses bébés.
Au contact de Bernadas, elle change. Déboutonne les premiers boutons
de son chemisier, met du rouge à lèvres, s’observe dans le miroir. Puis,
pas dupe, elle commence à douter du
beau parleur.
Egle Vertelyte dessine un joli portrait de femme dans cette tragi-comédie fellinienne qui balance entre
rire et émotion. Mine de rien, la cinéaste critique en passant la politique
de la Lituanie paralysée par l’inertie.
Pointe la religion du doigt. « J’ai déjà
réservé une chambre en enfer, la file
d’attente est plus courte », balance
Irena au prêtre. Telle la porte-parole
d’une femme libre. ■
« Miracle »
Comédie dramatique d’Egle Vertelyte
Avec Eglè Mikulionyté, Vyto Ruginis,
Andrius Bialobzeskis
Durée 1 h 31
■ L’avis du Figaro : ○○○¡
Houllebecq-Iggy Pop, la possibilité d’une idylle
DOCUMENTAIRE L’auteur et le chanteur échangent agréablement dans « Rester vivant. Méthode ».
n 2009, Iggy Pop nous révélait
sa passion pour la culture
française, et l’œuvre de
Michel Houellebecq en particulier. On ne savait pas James
Osterberg, rocker originaire du Midwest, si féru de culture française. « Je
n’en ai jamais trop parlé, mais cela fait
des années que je m’intéresse à votre
culture. Depuis les années 1980, quand
j’ai découvert les livres de Camus et le
mouvement surréaliste », expliquait-il
alors. Cette année-là, il sortait l’album
Préliminaires, un disque inspiré en partie par le roman La Possibilité d’une île,
de Michel Houellebecq.
E
C’est autour de l’essai Rester vivant,
publié en 1991, que les deux hommes se
retrouvent. Ce beau texte autour de la
survie, de la folie et de l’art est devenu un
film. La définition proposée, « un feel
good movie sur la souffrance », correspond assez bien à la teneur de ce longmétrage au charme fou.
Dans les passages filmés à son domicile
de Miami, Iggy Pop, rock star de 70 ans au
corps noueux, lit des passages de l’ouvrage de sa belle voix grave et rocailleuse.
Claudiquant, il impose son charisme extraordinaire sans avoir besoin de revêtir
ses oripeaux de bête de scène. Rarement
employé au cinéma, sinon par John Wa-
ters (Cry-Baby, 1990) et Jim Jarmusch
(Dead Man, 1996, et Coffee and Cigarettes,
2004), le très cinégénique Pop est parfait.
Sa chanson Open Up and Bleed résonne
comme une correspondance aux mots de
Houellebecq.
Témoignages saisissants
Face à lui, le mutique Houellebecq retrouve les caméras, après deux téléfilms
de Guillaume Nicloux et deux longs-métrages de Kervern et Delépine. Mais le
film ne se contente pas de montrer ces
deux figures. Manière d’enquête autour
des artistes en difficulté et des problèmes
de santé mentale, il s’articule autour des
■ « LÉO ET LES EXTRATERRESTRES »
Comédie de Christoph et
Wolfgang Lauenstein, 1 h 26.
Léo, 12 ans, vit seul avec son père,
chercheur fou passionné
par les extraterrestres,
quand trois petits hommes verts
débarquent sur Terre.
Ils emmènent Léo et le sauvent
des griffes d’un alien qui prend
l’apparence d’une assistante
sociale. Un dessin animé plaisant.
Dès 8 ans.
AGATHE MOREAUX
■ L’avis du Figaro : ○○○¡
■ « LOS ADIOSES » Drame
de Natalia Beristain, 1 h 26.
Une évocation de Rosario
Castellanos, philosophe
et poétesse mexicaine engagée
dans le féminisme et la défense
des Indiens, à travers ses amours
compliquées avec le journaliste
Ricardo Guerra. L’actrice Karina
Gidi est superbe d’élégance
mélancolique. Mais le film,
partagé en deux époques,
jeunesse et maturité, avec deux
couples d’acteurs différents,
manque d’unité profonde.
MARIE-NOËLLE TRANCHANT
■ L’avis du Figaro : ○○¡¡
témoignages saisissants d’Anne Claire
Bourdin, de Jérôme Tessier et du peintre
Robert Combas. Dans un touchant plan
final, on les voit arpenter le boulevard
Saint-Germain, coupé à la circulation,
comme une injonction à ne jamais renoncer. Filmé habilement, Rester vivant.
Méthode est une glorieuse surprise. ■ O. N.
« Rester vivant. Méthode »
Documentaire d’Erik Lieshout
et Reinier Van Brummelen
Avec Iggy Pop et Michel Houellebecq
Durée 1 h 10
■ L’avis du Figaro : ○○○¡
■ « SENSES 3&4 » Drame
de Ryusuke Hamaguchi, 1 h 25.
Deux nouveaux épisodes
de la fresque intimiste
de Ryusuke Hamaguchi sortent
aujourd’hui, avant sa conclusion
le 16 mai. Jun a disparu,
ses amies s’interrogent, son mari
a engagé un détective
et n’accepte pas de divorcer.
Hamaguchi prend son temps
mais dessine finement le Japon
d’aujourd’hui à travers ses
héroïnes et leur mal de vivre.
ÉTIENNE SORIN
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Composé d’un jury de personnalités reconnues dans le monde de la Culture et de la restauration du Patrimoine, Le Grand Trophée récompensera la plus belle
restauration d’un édi�ce ou d’un jardin pri�é proté�é au titre des monuments histori�ues et accessible au public�
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LE FIGARO
mercredi 9 mai 2018
BEAUTÉ
27
Il va y avoir du sport
HOMME Alors que David Beckham lance sa ligne de cosmétiques chez Sephora, de plus en plus de marques
développent des soins musclés pour coacher la peau avant, pendant et après l’entraînement.
« L’engouement pour le sport n’est pas
nouveau, mais il engendre désormais
tout un univers, un art de vivre notamment lorsqu’on habite en ville, analyse
Emmanuelle Moirand, directrice de la
communication scientifique Europe de
Clinique. On s’échappe de l’open space à
l’heure du déjeuner pour un cours de cycling, on chausse ses baskets avant ou
après une réunion pour aller courir dans
un parc afin d’évacuer le stress et de
s’oxygéner. La mouvance athleisure (de
la contraction en anglais d’“athlétique”
et de “loisir”), apparue dans la mode ces
dernières années, se décline aujourd’hui
dans l’industrie cosmétique et dynamise
le secteur. » La marque a été l’une des
premières à rebondir avec Clinique Fit,
une ligne de lingettes rafraîchissantes,
de soins hydratants matifiants (3) mais
aussi de mascara et de rose aux joues
waterproof à glisser dans le sac des
sportives.
Comme souvent dans la beauté, la
tendance a démarré au vestiaire féminin… mais d’un constat physiologique
qui vaut pour tous : lors d’une séance de
sport, la fréquence cardiaque augmente
et, avec elle, la chaleur corporelle. Les
glandes sudoripares, responsables de la
transpiration, se mettent en action
pour réguler la température selon un
processus naturel indispensable à l’organisme. Sauf que cela implique, dans
nos miroirs hyperhygiénistes, quelques désagréments sur le visage - des
rougeurs, une déshydratation, des
brillances et, pour les femmes, un
maquillage qui coule.
Aux États-Unis, la catégorie athleisure beauty connaît un boom
phénoménal voyant naître une ribambelle de jeunes labels dont
Sweat Cosmetics (« sueur » en anglais), conçu par des athlètes américaines et spécialisé dans les fards ultrarésistants, ou Yuni, des soins aux
huiles essentielles « made in » Californie censés apaiser les tensions et
accroître les performances des yo-
1
gis. L’enseigne Sephora dédie même des
corners au genre.
« Chez Clinique, la philosophie a toujours été de répondre aux besoins particuliers des moments particuliers, continue Emmanuelle Moirand. Comme on
court mieux avec de bonnes semelles, on
protège mieux sa peau échauffée avec des
formules adaptées. Après l’effort, les
hommes boivent mais oublient d’appliquer une crème réhydratante pour le vi-
COURTESY OF HOUSE 99
sage. Essentielle, par exemple, en cas de
couperose qui peut s’aggraver avec la
vasodilatation des vaisseaux sanguins.
En salle, ils ne se méfient pas non plus des
rayons UV qui traversent les vitres, alors
qu’il faudrait systématiquement appliquer un écran solaire. » Traditionnellement réfractaires aux cosmétiques
(seuls 13 % des Français utiliseraient un
soin visage selon une source Kantar),
ces messieurs se laisseront-ils convaincre par le storytelling du sport ?
Sur le terrain du bien-être
2
3
Côté corps, les sportifs, assidus ou du
dimanche, trouvaient jusque-là des
onguents chez Decathlon et Go Sport,
dans la grande distribution et les
pharmacies. Gel douche énergisant,
baume camphré pour les pieds
échauffés et crème à l’arnica n’ont
rien de révolutionnaire. Mais de nouvelles marques de niche réinventent
l’expérience grâce à des textures hédonistes et un design pointu. « Lorsque vous aimez pratiquer un sport,
vous vous faites plaisir en achetant la
LE FIGARO. - Après la mèche,
le carré, l’iroquoise et le blond
peroxydé, vous venez de raser la tête
de la star de l’Atlético de Madrid…
Landry AGRES. - La coupe de cheveux
d’un footballeur est un moyen de
s’exprimer et d’afficher sa personnalité, Antoine Griezmann l’a vite compris. Il n’aime pas suivre la mode, il
préfère créer des tendances. Pour
cela, nous réfléchissons constamment
à de nouveaux looks pour susciter la
surprise. Après les excentricités, je
crois qu’il avait envie d’un style propre et commode sur le terrain. Cela
correspond sans doute, aussi, à une
période de sa vie.
Ces changements de looks ont-ils
un impact dans les salons de coiffure ?
Vous n’imaginez pas à quel point, et
pas seulement de la part des supporteurs ! Je reçois chaque jour des adolescents, des hommes plus mûrs, des
pères accompagnés de leurs fils qui
arrivent en nous montrant une capture d’écran du compte Instagram de
leur joueur préféré. Les footballeurs
sont jeunes, beaux, milliardaires et ils
se sont faits eux-mêmes : ils sont les
nouvelles rock stars ! Ce sport est le
plus médiatisé au monde, et leur rôle
de prescripteurs a considérablement
augmenté sous l’effet des réseaux sociaux. Avec des dizaines de millions de
followers, certains exercent plus d’influence que la plupart des musiciens
ou des mannequins. Les plus suivis,
selon une enquête Head & Shoulders
réalisée récemment, sont Griezmann
(on me demande déjà son crâne rasé),
Giroux, Neymar et Ronaldo.
+
SUR LE WEB
» Plus de beauté homme
www.lefigaro.fr/lifestyle
CONCENTRÉ DE CORÉE
S’il fallait définir la cosmétique
coréenne, on donnerait le nom de
Dr. Jart+, soit un sens de la formule
dernier cri, associé à une gestuelle
inédite et un packaging
qui ne se prend pas au sérieux.
Derrière la marque créée en 2004 ?
Un docteur en dermatologie
et un jeune entrepreneur
en architecture, dont les masques
de soin en biocellulose dignes
de Fantômas sont devenus
ultrapopulaires dans les magasins
Sephora et sur les réseaux
sociaux. Bonne nouvelle, Dr. Jart+
inaugure son premier pop-up store
parisien lundi 14 mai. Au menu,
outre les best-sellers,
de nouveaux masques peel-off
Shake & shot (photo) à préparer
chez soi en mixant les actifs (acide
hyaluronique pour l’hydratation,
acide alpha-lipoïque pour l’élasticité
+
« C’est le grand retour
des coupes de footballeurs »
Il est possible de reconnaître une période du football aux coupes de cheveux de ses joueurs. Bol à la Beatles
pour George Best dans les années
1960 ; longueurs hippies prisées par
les Hollandais et les Allemands dont
Franz Beckenbauer courant seventies ; nuque longue dite « mulet »
pour Chris Waddle fin 1980… Et puis,
au milieu des années 1990, naît le
phénomène David Beckham. Il y aura
un avant et un après le Mancunien
sur le terrain qui sera moqué, copié,
admiré pour sa mèche blonde à la
boys band, sa boule à zéro en 1998, sa
crête (qui a relancé les ventes de gel
modelant) en 2002, sa queue-decheval, son mulet revisité, son blond
platine, etc. Beckham importe la
mode sur le gazon, faisant de la coiffure un signe de distinction et un
outil marketing. Depuis lors, la plupart des footballeurs peaufinent leur
style capillaire, à tel point que Didier
Deschamps reproche régulièrement
aux Bleus de se préoccuper plus de
leurs cheveux que de leurs crampons.
Installé à San Sebastian, le coiffeur
espagnol Landry Agres s’occupe des
coupes d’Antoine Griezmann depuis
six ans. Il vient de rejoindre, comme
le champion, l’équipe des ambassadeurs Head & Shoulders. Entretien.
routine cosmétique qui va avec, raconte
David Frossard, passionné de boxe et
cofondateur de la ligne naturelle Bast
(un acronyme pour bravoure, authenticité, sport et technique). Nous proposons à la fois des produits fonctionnels,
comme un déodorant non chimique pour
les gants (dont les enzymes “grignotent”
les bactéries) et des formules plus axées
sur le plaisir tel notre liniment (2), adapté
du “namman muay”, la pommade des
boxeurs thaïlandais, à frictionner sur les
muscles et les articulations. Tout est naturel, et les packagings sont beaux à regarder, ils ne détonnent pas sur l’étagère
de la salle de bains ou dans les vestiaires
d’un club de sport branché. Le culte du
corps aujourd’hui est dépassé, la pratique physique répond à une quête de bienêtre et à un désir de gratification. » Des
petits luxes destinés à panser l’ego
autant qu’aux muscles endoloris. ■
Landry Agres coiffe Antoine Griezmann depuis six ans.
Que ce phénomène dit-il des hommes,
en général ?
Qu’ils se lâchent côté couleur, coiffure… Qu’ils soignent davantage
leurs cheveux, qu’ils veulent beaux
et de bonne qualité, avec plus de
produits, plus performants. Peutêtre sont-ils devenus des femmes
comme les autres (rire) ? Les tresses,
les longueurs décolorées ou la
queue-de-cheval sont entrées dans
les mœurs aujourd’hui, grâce aux
footballeurs. Évidemment, certaines
tendances sont plus difficiles à adop-
PRESSE
ter dans la vie de tous les jours, comme le scalp art, ces sculptures du cuir
chevelu. En France, vous avez aussi
le style Pompadour d’Olivier Giroud,
très branché et inspiré d’une maîtresse de Louis XV - intéressant, non
(rire) ? C’est le grand retour des coupes de footballeurs et, dans un mois
en Russie, la Coupe du monde promet son lot de nouveautés. Les
joueurs seront au maximum de leur
beauté et il y a fort à parier que cela
remplisse les salons.
PROPOS RECUEILLIS PAR É. V.
ou gingembre rouge pour
les peaux sensibles) au shaker.
En prime, des ateliers ludiques
(cabines photobox, machines
à grappin de fête foraine)
qui devraient ravir les millennials.
JULIE NIRCHIO
Du 14 au 20 mai,
au 7, rue Bachaumont (Paris IIe)
Sur rdv via Facebook @DrJartFR
A
Protéger et réhydrater
le visage
House 99 est la marque créée par David Beckham, mais également une communauté d’hommes qui prennent soin d’eux.
DR JART
es Français, hommes et
femmes, n’ont jamais été aussi sportifs.
L’exercice est leur loisir préféré (avant
la lecture, la télévision et la musique),
ils lui consacrent un budget annuel de
250 euros (selon une étude de la Direction générale des entreprises en 2017).
Surtout, ils en sont fiers et ils le disent.
Dans une société où la performance et
l’endurance se mesurent en « likes »
sur les réseaux sociaux, le marketing du
sport reste une valeur sûre. Et qui
mieux que David Beckham pour incarner le sens de l’effort, l’énergie et une
hygiène de vie saine ? Le footballeur
britannique vient de lancer, avec le
groupe L’Oréal, une gamme complète
de soins pour la peau (1), la barbe et les
cheveux sous le nom de House 99, en
clin d’œil à l’année de son mariage, de
la naissance de son fils Brooklyn et de la
victoire de Manchester United à la
Ligue des champions de l’UEFA.
Au-delà des produits, la philosophie de
la marque (adaptée aux réseaux sociaux) est communautaire. Sur le
compte Instagram, des garçons de tous
styles et tous horizons donnent leurs
conseils de beauté et vantent les mérites du gel tonifiant pour le visage à la
spiruline ou du spray hydratant pour
les corps musclés… et tatoués (il protège
des UV et prolonge la tenue de l’encre).
Focus
L
ÉMILIE VEYRETOUT
eveyretout@lefigaro.fr
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 9 mai 2018 LE FIGARO
VOYAGE
A
Skellig Michael, sur les traces
À l’occasion de la récente sortie en DVD
du dernier volet de « Star Wars », « Le Figaro » s’est
rendu dans le sud-ouest de l’Irlande, où des scènes
avec Mark Hamill et Daisy Ridley ont été tournées.
DÉCOUVERTE
T
En haut, les huttes de pierres de Skellig Michael. Ci-dessus, les macareux
qui peuplent les îles ont inspiré les Porgs, créatures présentes
dans le dernier épisode de Star Wars. VALERIE O’SULLIVAN, OT SKELLIG MICHAEL
VINCENT JOLLY
vjolly@lefigaro.fr
ENVOYÉ SPÉCIAL
À SKELLIG MICHAEL
ourisme et cinéma
font souvent la paire. La Nouvelle-Zélande et Le Seigneur des anneaux, le Japon et Le Dernier Samouraï, la Grèce et Mamma Mia !,
Montmartre et Amélie Poulain, le
Royaume-Uni et Harry Potter…
L’Irlande et Star Wars.
Quarante ans après le passage
de George Lucas dans le désert de
Tunisie pour les scènes se déroulant sur la planète de Tatooine,
J. J. Abrams concluait le VIIe épisode (Le Réveil de la Force) par une
séquence épique sur Skellig Michael. Une île classée au patrimoine mondial de l’Unesco pour abriter les vestiges d’un monastère
chrétien du VIe siècle.
Avec ses falaises qui atteignent
plus de 200 mètres de haut, Skellig Michael se dresse majestueusement à une quinzaine de kilomètres à l’ouest des côtes irlandaises.
Balayée par la force des siècles,
par de multiples invasions vikings
et par les puissants vents marins
soufflant sur l’Atlantique Nord,
elle est la grande sœur de Little
Skellig, plus connue, quant à elle,
pour abriter une importante colonie de fous de Bassan et de macareux moines.
« On a toujours eu des visiteurs.
Mais, depuis 2015, rien qu’avec la
sortie du Réveil de la Force – et on
ne voyait pas beaucoup l’île -, la
fréquentation a doublé ! Alors, avec
Les Derniers Jedi, je pense que ça
20 km
Dunmore Head
Tralee
Dingle
KERRY
Killarney
Portmagee
Kenmare Sheen Falls
Lodge
S k e l l i g M ic h a e l
Île de
Garnish
OCÉAN
ATLANTIQUE
Infographie
va être encore plus flagrant », raconte le gardien du musée de
Skellig, qui propose une courte
exposition retraçant l’historique
du site. De 17 000 visiteurs en
2014, le musée a enregistré
26 000 entrées en 2015 et près de
50 000 l’an dernier.
Magnifiques marches
millénaires
« Star Wars sort en hiver, ce qui
n’est pas idéal pour visiter la région. Mais, cet été, ça va devenir
intéressant… », poursuit le gardien. Star Wars : Les Derniers Jedi,
sorti en salle le 13 décembre dernier, est disponible en DVD et
Blu-ray depuis fin avril en France.
Dans ce long-métrage très critiqué (ou célébré) pour déconstruire (ou reconstruire) l’héritage de
la saga intergalactique, le réalisa-
ESCAPADE
BÉRÉNICE DEBRAS
Le Sheen Falls Lodge (à droite)
se dresse sur les bords
de la rivière Sheen.
Des démonstrations de
fauconnerie y sont présentées
après une balade sur la lande
irlandaise. SHEEN FALLS LODGE
aie de Kenmare, comté
du Kerry, sud-ouest de
l’Irlande. Le Sheen Falls
Lodge se dresse paisiblement sur les bords
de l’Atlantique et de la rivière
Sheen. C’est ici, croit-on, qu’un
premier relais de pêche et de
chasse fut érigé sur les terres de
l’Anglais sir William Petty, après
sa cartographie de l’Irlande réalisée entre 1655 et 1658.
Les siècles ont passé et le relais,
devenu hôtel de luxe, a rejoint le
réseau Relais & Châteaux. Mais
les lieux ont gardé l’esprit d’une
maison de campagne où il fait
bon lâcher prise. La cascade lave
l’esprit et les cœurs, et le temps
se délite autour de la cheminée
ou d’un high tea. Un livre puisé
dans l’excellente bibliothèque,
on rejoint l’une des soixante-six
chambres tout juste rénovées.
Deux fauteuils y sont tournés
vers les eaux, invitant à la
contemplation de la nature ou au
savoureux sentiment d’ennui, si
rare. Lequel ne dure guère. À entendre
sourdre
la
rivière
Pêche au saumon,
balade équestre…
Dans la baie
de Kenmare,
l’hôtel Sheen Falls
Lodge offre
une parenthèse
enchantée entre
lande et mer sur
fond de légendes
irlandaises.
ENVOYÉE SPÉCIALE À KENMARE
B
Carnet de route
Partie de campagne dans le Kerry
CIRCUIT
Avec Safrans du monde,
spécialiste des voyages sur
mesure : à partir de 1 350 €
pour 3 nuits en chambre
double au Sheen Falls Lodge,
avec le vol A/R au départ de
Paris en classe éco. Ce tarif
comprend également les
petits déjeuners, un dîner à
l’hôtel et un autre à Kenmare,
une voiture de location, un
soin au spa, une expérience de
fauconnerie et de tir au pigeon
et la visite de l’île de Garnish
(Tél. : 01 48 78 71 51 et
www.safransdumonde.com)
+
SPÉCIAL IRLANDE
28
SÉJOUR
Le Sheen Falls Lodge propose
la chambre double à partir
de 180 € avec petit déjeuner
en basse saison, et 370 €
en haute saison
(Tél. : +353 64 664 1600
et www.sheenfallslodge.ie).
RENSEIGNEMENTS
Tourisme irlandais :
www.irlande-tourisme.fr
B. D.
grouillante de saumons sauvages,
on finit par vouloir attraper le
poisson de la connaissance, celui
qui donna la sagesse éternelle au
héros national Fionn Mac Cumhail.
Pêche à la mouche
Hélas, la pêche à la mouche ne
s’apprend pas en une heure, malgré les conseils de Brendan, jardinier en chef de la propriété,
maniant aussi bien la conduite
d’un tracteur John Deere que le
lancer de ligne (autorisé de mars
à octobre pour le saumon). Il explique à merveille les cycles du
saumon jusqu’à ses saltos, l’été,
pour franchir les rochers et remonter la rivière – spectacle garanti sous les fenêtres du lodge.
Côté écuries, Joyce, une Hollandaise qui a pris racine sur
l’île depuis trente-huit ans, apprête les chevaux pour une balade. Un cœur généreux et une
main de fer dans un gant de velours, elle dirige au son de sa
voix ses Irish Cobs, gaillards
trapus aux longs poils et longs
crins.
Trottant sur la lande humide
caressée par les vents, Joyce raconte la vie locale empreinte de
légendes et de croyances. À sa façon, elle nous en apprend plus
que n’importe quel guide. La partie de campagne se prolonge par
une démonstration de fauconnerie. Jeff, de Killarney Falconry,
est ravi de présenter ses autres
amis, hiboux et chouettes. L’un
d’eux aurait un cri proche de celui de la Banshee, cette fée maléfique annonciatrice de la mort.
Malheur à celui qui l’entend aux
abords d’un cimetière dans la
brume matinale ou l’encre de la
nuit ! Justement, le cimetière est
à l’entrée de l’hôtel ! Il abrite les
restes d’une église du IXe siècle et
une fosse commune rappelant la
famine des années 1840 qui déci-
ma la population. C’est après cet
événement tragique que la communauté des Poor Clare Nuns
(que l’on peut traduire par
« sœurs clarisses ») fonda une
école réputée pour la dentelle à
Kenmare, à deux kilomètres de
là. Un minuscule atelier-boutique en propose une démonstration, juste au-dessus de l’office
de tourisme. Cette petite ville de
moins de deux mille cinq cents
habitants à l’année est prisée des
touristes pour ses charmantes
maisons colorées et son cercle de
pierres érigé à l’âge de bronze.
On y trouve parfois des offrandes
comme des billes ou encore des
M&M’s…
Garnish, douce surprise
Kenmare est aussi courue pour
ses nombreux pubs, qui, par les
longues soirées pluvieuses pratiqueraient le lock in. « Enfermés
de l’intérieur » après les heures
officielles, les clients continuent
de trinquer tout en chantant des
hymnes à faire tirer les larmes. Il
serait tentant d’en rester là, de
naviguer entre l’hôtel et la petite
ville. Mais alors on ne connaîtrait
pas cette mélancolie planant sur
les tourbières à perte de vue ni le
soleil sculptant le paysage sur les
roches et les falaises en quelques
secondes à peine.
Il faut donc s’aventurer plus
loin, franchir les montagnes de
Caha et rejoindre la petite île de
Garnish, douce surprise émergeant des flots au milieu des phoques. Ses jardins romantiques, à
l’ombre des pins parasols, évoquent étrangement la Grèce et
l’Italie. Créé à partir des années
1910, cet éden est encore chargé
de l’amour des anciens propriétaires, John Annan Bryce et sa
femme, Violet. On pourra y voir,
aussi, le cadeau des bonnes fées.
Preuve qu’elles existent bien en
Irlande. ■
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LE FIGARO
mercredi 9 mai 2018
VOYAGE 29
+
Carnet de route
des derniers Jedi
TRAVERSÉE
Visites possibles des îles
Skellig Michael uniquement
du 14 mai au 2 octobre.
Compter 85 € par personne
pour un départ le matin et un
retour en début d’après-midi
au départ de Portmagee.
Traversée, potentiellement
mouvementée, d’environ
40 minutes pour atteindre l’île.
Informations sur les
embarcations : http://
www.skelligexperience.com/
other-sea-tours/
SÉJOURNER
Situé plus au nord du comté
de Kerry, dans le Limerick,
Adare Monor, manoir du
XIXe siècle dormant au bord
de la Maigue, vaut à lui seul le
détour et constitue une étape
idéale – et luxueuse – avant
de s’engager vers
les péninsules plus au sud.
À partir de 450 € la nuit
en chambre double.
https://ww.adaremanor.com/
S’ORGANISER
rings, le restaurant-auberge de
Portmagee qui a vu défiler les acteurs et les équipes de tournage
pendant
plusieurs
mois.
« Conseillez à vos lecteurs de réserver longtemps – très longtemps – à
l’avance, surtout en été ! » prévient-il. Mais partir sur les traces
du tournage de Star Wars ne se limite pas à visiter Skellig.
teur Rian Johnson a choisi de
poursuivre les scènes de tournage
en Irlande et a fait la part belle à
ses sublimes paysages côtiers, que
sillonne un long fragment de la
mythique Wild Atlantic Way.
Monument de la réapparition
du célèbre maître Jedi Luke
Skywalker, Skellig Michael ne se
visite pas toute l’année : les expéditions permettant de fouler les
magnifiques marches millénaires
sculptées à flanc de falaise et de se
faufiler entre les petites huttes de
pierres jusqu’au sommet de l’île
(ou a été tournée la fameuse scène
de la rencontre entre Luke et Rey)
ne sont organisées que du 14 mai
au 2 octobre. « Le nombre de personnes voulant aller sur Skellig a
augmenté, mais pas celui de bateaux et de capitaines habilités à
les y conduire ! » s’amuse Gerard
Kennedy, patron de The Moo-
Balades sur les bords
de mer
Le sud-ouest de l’Irlande, et plus
particulièrement le comté de
Kerry (lire ci-dessous), rassemble
cinq grandes péninsules aux
noms de villages et de lieux-dits
semblant tout droit sortis d’un livre de Tolkien. Comptez cinq
heures de route depuis Dublin
pour atteindre Portmagee et ensuite rayonner sur la région, en
voiture, ou surtout à vélo, sans
aucun doute le meilleur moyen
de locomotion pour profiter de la
Wild Atlantic Way.
Dans la péninsule de Dingle, la
mer azur vient s’écraser sur les
sombres falaises escarpées que
coiffent des prairies émeraude.
C’est là que la pointe de Dunmore
dispute le titre de point le plus à
l’ouest de l’Europe au Bjargtangar
d’Islande.
À Dingle, les fans de Star Wars
peuvent tenter de retrouver, lors
de balades sur les bords de mer,
tous les lieux de certaines scènes
du VIIIe épisode. Un exercice qui
peut s’avérer difficile, tant le
tournage n’a laissé aucune trace.
« On a ratissé toutes les zones
avec des détecteurs de métaux,
raconte Mike O’Shea, directeur
de Work at Height, l’entreprise
responsable de la logistique et de
la sécurité du tournage des deux
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À gauche, Rey,
interprètée par
Daisy Ridley, part,
sur l’île de Skellig
Michael, à la
rencontre de Luke
Skywalker dans
Les Derniers Jedi.
Ci-dessus, les
falaises escarpées
de la péninsule de
Dingle, également
lieu de tournage
du VIIIe épisode
de Star Wars.
JULES HEATH, PRESSE
AUTOMOBILE
BONNES AFFAIRES
« L'abus d'alcool est
dangereux pour la santé.
Consommez avec
modération. »
derniers Star Wars en Irlande.
La logistique a été infernale pour
ces deux films. On a parfois dû
arriver plusieurs mois avant les
acteurs. Mais, à part les paysages, on n’a rien abandonné derrière nous. »
Simple amateur de Star Wars
ou aficionado de longue date,
Les Derniers Jedi n’est finalement
qu’un prétexte pour s’aventurer
dans des contrées qui n’ont pas
attendu Luke Skywalker pour séduire les voyageurs de toute la
galaxie. Et quand bien même
vous feriez partie des déçus du
film de Rian Johnson (à l’instar
de l’auteur de ces lignes), une excursion le temps d’un long weekend dans cet ouest de l’Irlande est
un excellent remède pour se
consoler, et patienter avant la
sortie de l’épisode IX… en décembre 2019. ■
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Si c’est en famille ou en groupe
que vous souhaitez partir
sur les traces des derniers Jedi,
Vagabond Tours propose
(entre autres programmes
couvrant toute l’Irlande)
un parcours de 6 jours
à travers le sud-ouest du pays
et couvrant le fameux comté
de Kerry où se trouvent
Dunmore Head, Skellig Michael
et les autres lieux de tournage.
N’hésitez pas à contacter
cette équipe de guides
connaissant ces péninsules
comme leur poche pour
un trajet sur mesure : https://
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mercredi 9 mai 2018 LE FIGARO
30
TÉLÉVISION
La guerre à hauteur d’enfant
BIEN VU
Anthony Palou
apalou@lefigaro.fr
À travers les témoignages de ceux qui avaient une dizaine d’années en 1940, Michèle Durren et Julien
Johan racontent la France sous l’Occupation vue à travers le regard des plus jeunes. Un film poignant.
Sueur
et poils
BLAISE DE CHABALIER £@dechab
e premier devoir que
l’on m’a demandé,
c’était de dessiner un
Juif. Moi, je suis rentré
à la maison, mais je ne
savais pas ce que c’était… » Tomi, 8 ans
en 1940, aujourd’hui un homme aux
cheveux blancs, se souvient de sa scolarité sous le joug des nazis, à Colmar,
alors que les Allemands ont annexé
l’Alsace. Tomi Ungerer, qui confie faire
encore des cauchemars toutes les nuits,
est l’un de ceux qui évoquent leur destin bouleversé dans le documentaire
poignant de Michèle Durren et Julien
Johan, 39-45 : la guerre des enfants, diffusé ce soir sur France 3.
Un film qui s’appuie sur de nombreux
témoignages et sur des lectures en voix
off d’extraits de journaux intimes de ces
jeunes propulsés subitement dans le
tourbillon de la guerre.
Un film riche également
d’images d’archives et
de séquences d’animation fort réussies réali○○○○
sées par Olivier Patté.
Une façon saisissante et inhabituelle de
raconter la guerre, à hauteur de gosse,
dans une France qui compte alors
650 000 orphelins, 120 000 jeunes délinquants, 90 000 gamins perdus pendant l’exode, et 11 500 enfants juifs déportés.
La violence, le sang, le jeune Massin
les découvre en juin 1940 alors qu’il a
14 ans et vit à Chartres entre sa mère
institutrice et son père sculpteur. Alors
que des milliers de réfugiés hollandais
et belges affluent, la famille décide de
prendre la fuite en voiture. Mais au moment de partir, six avions allemands
approchent… « Je me suis mis à courir
jusqu’au petit bois le plus proche, dit
«
« Village médias »
Europe 1 | 9 h 30 | Mardi
C’
+ @ SUR LE WEB
» Festival de Cannes : les chaînes
font leur cinéma sur la Croisette
» Eurovision 2018 : André Manoukian,
l’apprenti commentateur
sur les demi-finales
www.lefigaro.fr
L
20.55
L’innocence volée
Pétain fait alors tout pour endoctriner
les enfants. Dans les écoles, les bambins
doivent entonner le chant Maréchal,
nous voilà ! et disserter sur les bienfaits
du régime de Vichy. Face au désastre et
à la complexité de la situation, les petits
ont du mal à comprendre ce qui se passe. L’exemple de Jean Touyarot, 11 ans
en 1941, fils d’un hôtelier de Pau, le
montre bien. Un jour, le gamin s’étonne
auprès de son père de la ressemblance
MARIE-NOËLLE TRANCHANT
mntranchant@lefigaro.fr
Q
Annulée pour cause de guerre,
la première édition du Festival se tiendra
finalement en 1946.
uand arrive le Festival de
Cannes, on a plutôt l’habitude de voir à la télévision
des rétrospectives glamour
égrenant les années de luxe
et de stars. Le documentaire de Frédéric Chaudier est plus sérieux
- et plus docte. Avec la voix de Charlotte
Rampling sur de nombreuses images
d’archives, il retrace la naissance très
politique du festival. Son histoire commence en 1938 à la Mostra de Venise, à
laquelle assiste Philippe Erlanger,
directeur de l’Association française
d’action artistique. On y voit papillon-
Par Vincent Labbé
1
PROBLÈME N° 4721
VERTICALEMENT
1. Enthousiasmes soudains. - 2.
Elle est due à une alimentation
inadéquate. - 3. Relèvent de la
direction générale. Visitée en
Amérique ou visiteur en Amérique.
- 4. Fit une infidélité. A eu des
pépins, mais quoi de plus normal
après ce qu’elle a fait. Avis aux
lecteurs. - 5. Gai ou maussade.
Proche de l’oméga. Mitraille
à Timisoara. - 6. Préposition.
Chargé de la réanimation. Partis
en tournées. - 7. Prit la poudre
d’escampette. Troublée et troublée.
- 8. Elle prend les gens au mot.
SOLUTION DU PROBLÈME N° 4719
HORIZONTALEMENT 1. Thanatos. - 2. Ruminant. - 3. Abominée.
- 4. Nénés. Tr. - 5. SR. Secte. - 6. VTT. Trio. - 7. Éructe. - 8. Renie. Me.
- 9. Séné. Bât. - 10. Ave. Pair. - 11. Lélian. - 12. Essouche.
A
d’un des clients avec un de leurs amis
anglais d’avant-guerre. Le papa affirme
à Jean qu’il se trompe. L’enfant ne découvrira la vérité, à savoir que ce client
est bien ce fameux ami et qu’il fait de la
Résistance avec son père, qu’en menant
lui-même son enquête.
Se faire voler son innocence, c’est
aussi ce qui est arrivé à Francine Christophe, 9 ans en 1942. Elle écrivait dans
son journal : «Maman a peur, j’ai peur,
partout, tout le temps, les gens à étoiles
disparaissent sans retour. » Aujourd’hui, femme élégante aux cheveux
gris, Francine, rescapée de Bergen Belsen avec sa mère, dit : «Le fait de devenir une Juive installera en moi une peur
qui ne me quittera jamais. » Robert
Charles, seul après que ses parents et
ses frères et sœurs ont été raflés, est miraculeusement sauvé grâce à un réseau
de résistance protestant en 1943. Il a
11 ans. Seule avec ses deux petites
sœurs, une fois sa mère déportée, Raymonde, 13 ans en 1943, réussira à trouver refuge chez un cousin. Quant à Bernard Dermont, 11 ans en 1942, symbole
de la jeunesse défavorisée, il est à la rue
alors que son père, malade, est à l’hospice, et que sa mère le délaisse. Jeté en
prison pour des petits larcins, il y est
maltraité. Pour ces enfants, quel que
soit leur profil, la guerre apparaît comme une injustice insupportable. ■
La manifestation cannoise fut imaginée en 1938 par Philippe Erlanger et Jean Zay.
MOTS CROISÉS
HORIZONTALEMENT
1. Coupées sur les bords. - 2. Il a
introduit le collage dans le roman
avec La femme 100 cent têtes
(prénom et nom). - 3. Crêpe aux
œufs. Moutonnier chez nous,
existentiel en face. - 4. Journaliste
de salon à Louveciennes (prénom
et nom). - 5. Fut aux commandes
sur des airs de samba… voire de
be-bop ! Personnel de l’Antiquité.
- 6. Terme de révolte. Il est monté
sur piles. - 7. Cercles de marins.
Commune doublement à l’est
d’Épernay ! - 8. Note. Tourne à
droite dans les bois. - 9. Mis en
question sur les planches. Mot
d’aveu. - 10. Marche au pas.
Consultées ou hors concours,
selon le sens. - 11. Foudre de
guère… - 12. Affectation spéciale.
Une image colorisée tirée du documentaire La Guerre des enfants. FTV
Massin. (…) Sous les arbres, il y a eu six
morts, (…) quand je me suis relevé mon
imperméable était couvert de morceaux
de chair. »
Un festival pour le monde libre
JEAN-GABRIEL DOMERGUE /BRIDGEMAN IMAGES
est le grand jour pour
Les Herbiers. Opération
tonnerre. On ne parle
que de ça, ce matin, de la finale
de la Coupe de France.
Sur Europe 1, le sympathique
Philippe Vandel, l’animateur
du « Village médias » (9 h 30), nous
éclaire un peu sur ce match sans,
faut bien le dire, grand suspense,
sans grand enjeu sportif.
Les Herbiers vs le PSG, le puceron
contre le géant, David contre
Goliath, le pot de terre contre le pot
de fer, la lutte des classes contre
le patronat, etc., les métaphores
sociologiques valsent, les clichés
fleurissent, c’est le printemps.
Vandel, donc : « Cette rencontre
dépasse le cadre du football car tout
le monde peut s’y identifier. Je ne
vais donner qu’un chiffre pour
les gens qui ne suivent le foot :
Les Herbiers sont un club semiamateur, c’est pour ça qu’on parle à
ce point. Le plus gros salaire
là-bas ? 3 000 € par mois quand
Neymar touche 3 millions. C’est-àdire que, pour gagner un an
de salaire de Neymar, il faudrait
à un joueur des Herbiers mille ans
de football pour obtenir ce salaire. »
Ouais, ouais, mais n’est pas
Neymar qui veut.
Sa cheville vaut du lingot et on s’en
fiche un peu puisque c’est le Qatar
qui rince. Si nous étions Neymar,
tous les mois nous aurions un
tendon qui lâche, la vie serait
un carnaval. Avons entendu une
interview de Philippe Katerine,
le Houellebecq de la chanson
française. Un fieffé supporteur des
Herbiers. Il leur a même composé
une faribole rap avec le groupe
MC Circulaire, qui deviendra une
sorte de Marseillaise vendéenne.
« Allez-vous voir les joueurs
des Herbiers dans les vestiaires
après le match ? » Réponse du barde
Katerine : « Non, je ne vais pas trop
dans les vestiaires. Je suis d’un
naturel timide et puis cette ambiance
de sueur, de vapeur et de poils
pubiens, je pense que ça n’appartient
qu’aux joueurs. » Il a raison,
Philippe Katerine. Tout ça sent
un peu trop fort la chaussette.
VERTICALEMENT 1. Transversale. - 2. Hubert Reeves. - 3. Amon.
Tunnels. - 4. Nîmes. Cie. Io. - 5. Anisette. Pau. - 6. Tan. Cré. Banc. - 7.
Onetti. Mai. - 8. Stéréométrie.
1
2
3
2
3
4
5
6
7
8
ner la jeune Corinne Luchaire et parader la triomphale Leni Riefenstahl, réalisatrice du documentaire Les Dieux du
stade. Le film est imposé au palmarès
par les nazis, en même
temps qu’est primé un
film supervisé par le fils
de Mussolini. Erlanger
et quelques autres per○○○¡
sonnalités quittent la
salle avec indignation. Au retour, il
soumet une idée à son ministre de tutelle, Jean Zay, ministre de l’Instruction
publique et des Beaux-Arts : créer un
grand festival de cinéma du monde libre. Le projet va si rapidement prendre
corps que tout est prêt pour l’ouverture… le 1er septembre 1939. Cannes attendra l’année 1946.
BRIDGE
Le documentaire mêle les préparatifs
de la guerre à ceux du Festival et retrace
avec empathie le destin tragique de Jean
Zay, assassiné par des miliciens en 1944.
Par contraste, il blâme
Philippe Erlanger, premier délégué général du
Festival, d’avoir été plus
timoré qu’à la Mostra de
1938, en ne défendant
pas Nuit et brouillard d’Alain Resnais, en
1956. Dommage que le montage soit accompagné d’un commentaire trop sentencieux. Charlotte Rampling l’aggrave
par des inflexions scolaires ou courroucées : difficile d’ignorer ce qu’il convient
de penser. ■
22.15
+
» Lire aussi PAGES 24 ET 25
Par Philippe Cronier www.lebridgeur.com
TEST D’ENCHÈRES N° 2823
Votre main en Sud
1 - RD8762
2-DV97
3-V876
4 - R V 10 6
5-AV943
97
876
76
76
76
V6
RV987
2
RD82
R76
♣ V 10 8
♣9
♣ADV765
♣AV7
♣R87
Le début de la séquence :
Sud Ouest Nord
Est
1
passe
1
2
passe passe
?
Quelle est votre enchère en Sud avec
chacune des cinq mains ci-contre ?
4
5
6
7
8
9
10
11
12
SOLUTION DU PROBLÈME N° 2821 : Un p’tit coup de rouges
Contrat : Sud joue 6 Sans-Atout.
Entame : 10 de pour votre As (le 4 en Est).
Cumulez vos chances dans les couleurs rouges de trouver une douzième levée en jouant
un petit des deux mains.
Imaginons qu’Est prenne et contre-attaque à (meilleure défense) pour votre Roi.
Il est maintenant temps de tester les en tirant As-Roi. Si la
V32
couleur est 3-3, fin de vos soucis. Si la couleur est 4-2, montez
R54
à l’As de ♣ pour tenter l’impasse à .
7654
A82
10 9 8 7
D86
V83
543
N
O
E
S
ARD
AV7
AR2
R D V 10
654
10 9 3 2
D 10 9
976
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 9 mai 2018
LE FIGARO
TÉLÉVISION
MÉTÉO
31
PAR
ÉPHÉMÉRIDE St-Pacôme
Soleil : Lever 06h16 - Coucher 21h17 - Dernier croissant de Lune
19.20 Demain nous appartient. Feuilleton 20.00 Le 20h 20.35 Le 20h le
mag. 20.50 C’est Canteloup
18.40 N’oubliez pas les paroles ! Jeu
20.00 20 heures 20.40 Vu. Magazine
20.50 Parents mode d’emploi. Série.
19.00 19/20 20.00 Tout le sport.
Magazine 20.30 Plus belle la vie.
Feuilleton. Avec Michel Cordes.
19.05 Grey’s Anatomy. Série 20.55
LolyWood. Divertissement.
MATIN
21.00 Joséphine, ange gardien
21.00
20.55
20.55
Série. Comédie dramatique
Film TV. Policier
Documentaire. Historique
11
Série. Comédie. Fra. 2006. Saison
10. Avec Mimie Mathy. La couleur de
l’amour. Dans une ferme, Joséphine
doit veiller sur un amour que tous
s’acharnent à compromettre.
20
10
12
9
12
8
13
12
10
10
11
22.45 Joséphine, ange gardien. Série
0.45 Confessions intimes. Magazine.
12
13
13
12
12
10
12
11
20
Grey’s Anatomy
Je suis coupable
EU. Saison 14. Avec James Pickens
Jr., Chandra Wilson, Jesse Williams.
2 épisodes. Inédits. Richard, qui
s’inquiète du retour prématuré de
Bailey, décide de s’assurer qu’elle se
ménage suffisamment.
Fra. 2017. Réal. : C. Lamotte. 1h29.
Avec B. Debrandt. Un coup de feu.
Une femme, mère de deux enfants,
vient de se suicider. Sous le choc,
son mari, Vincent, enchaîne les erreurs : il jette l’arme, déplace le corps.
22.50 Chicago Med Série. Drame.
22.35 Dans les yeux d’Olivier
EU. 2016. Saison 2. (2 épisodes) 0.30
Night Shift. Série (2 épisodes).
Mag. 2.00 Kaïros. Emission religieuse 2.25 Le jour du Seigneur
39-45 :
la guerre des enfants
B. 2016. Réal. : J. Johan et M. Dominici.
1h30. Inédit. L’expérience enfantine
de la Seconde Guerre mondiale a
longtemps été tue. Retour sur l’histoire des bambins jetés dans le chaos.
22.25 La bataille du charbon
(1944-1948) Doc. 23.30 Soir/3 0.00
11
11
14
19.00 C à vous. Magazine 20.00 C
à vous, la suite 20.20 Entrée libre
14
13
13
14
20.50 Année zéro
(enfin la retraite ?)
16
16
13
Société. Fra. 2018. Réal. : M. Agostini.
1h10. Inédit. Dans notre société, la
retraite est vécue comme une transition parfois déroutante.
22.00 Débat 22.40 C dans l’air 23.50
C à vous 0.45 C à vous, la suite
10
16
16
17
20
15
APRÈS-MIDI
23
Unforgotten : le passé déterré. Série.
10
21
19
19.00 Les plus beaux parcs nationaux d’Asie. Série doc. 19.45 Arte
journal 20.05 28 minutes. Magazine.
18.40 Chasseurs d’appart’. Jeu 19.45
Le 19.45 20.25 Scènes de ménages.
Série. Avec Marion Game.
21.00
20.55
21.00
Film. Documentaire
Film. Comédie dramatique
Spectacle. One-man show
24
25
13
18
26
25
19
22
21
20.55 Bad Asses on the Bayou
20
18
Film TV. Action. EU. 2015. Réal. :
Craig Moss. 1h25. Avec Danny Trejo.
Frank Vega et Bernie Pope partent
pour la Louisiane assister au mariage de leur amie Carmen.
25
20
21
25
30
23
21
22.35 Dernière mission. Film TV.
Action 0.30 Empire State. Film TV.
23
22
27
19
26
17
20
24
19
10
24
19.00 Survivre à la nature. Home
sweet home - Dernière ligne droite.
Visages villages
L’effet aquatique
Fra. 2016. Réal. : Agnès Varda,
JR. 1h29. Inédit. JR, photographe,
accompagne Agnès Varda sur les
routes de France et part à la rencontre des gens. L’occasion de portraits empreints de poésie.
Fra-Islande. 2014. Réal. : Solveig
Anspach. 1h23. Inédit. Avec Samir
Guesmi, Florence Loiret-Caille. Un
grutier romantique de Montreuil
imagine un stratagème pour séduire
une maître-nageuse farouche.
22.30 Les fantômes d’Ismaël
22.15 Cannes, le festival libre
Film. Thriller 0.20 Versailles. Série
2.10 Surprises 2.25 Zapsport
Doc. 23.10 Le trésor. Film 0.35 L’ ami
Fritz. Film. Comédie dramatique.
19
T (en °c)
20.50 France,
le retour d’un mythe
Michaël Gregorio :
« J’ai 10 ans ! »
2h15. Inédit. Pas moins d’un million
de spectateurs ont applaudi Michaël
Gregorio. L’idée lui est donc venue
de fêter ce succès sur les planches
de l’AccorHotels Arena.
<-10 à 0
Doc. Science et technique. 2018.
Réal. : C. Doridon. 1h00. Inédit. Ce
documentaire propose de revivre
l’épopée du paquebot «France».
21.50 Le Meraviglia : géant des mers
22.50 Ultimes véhicules. Série doc.
23.15 Michaël Gregorio, le
prodige Doc. 1.00 Michaël Gregorio :
«En concert(s)». Spectacle.
19.05 Once Upon a Time. Série. Lily Des héros et des méchants.
20.55 Mathieu Madénian et Thomas
VDB au bord de la crise de nerfs
19.05 TPMP : première partie 20.10
Touche pas à mon poste !
21.00 Burger Quiz
21.00 Enquêtes criminelles :
le magazine des faits divers
21.00 Le grand bêtisier
des animaux
Société. Prés. : N. Renoux. 2h00.
Sommaire : «Affaire Dupuis : jalousie mortelle» - «Affaire Nathalie
Villermet : l’hôtel des 10 suspects».
Divertissement. 1h50. Inédit. Au
menu de ce bêtisier notamment :
les moments les plus drôles de nos
animaux de compagnie.
23.00 Enquêtes criminelles : le magazine des faits divers. Magazine.
22.50 Le grand bêtisier des animaux.
Divertissement.
Jeu. Présentation : Alain Chabat.
1h40. Inédit. Seize ans après son
arrêt, «Burger Quiz» a fait son grand
retour, et Alain Chabat est à nouveau aux manettes.
22.45 Burger Quiz. Jeu 23.50 90’ enquêtes. Mag. Prés. : C. Rousseau.
SU DO KU
GRILLE 2502 MOYEN
9 4
8 7 5 9
2 6
5
8
4 3 5
2
6
7
3 4 8
6 7
AUTEUR
DE PIÈCES
GRAVIT
LA CÔTE
SY
AU CINÉMA
PRÉTENTIEUSE
1 4
7
4
8
2 6
9
1
8 6
6 7 5
9 4
9/25
14/22
9/12
11/12
14/23
16/22
lachainemeteo.com
par téléphone :
LIVE 24/24 SUR
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2,99 €/appel
PARCOURS
TOURISTIQUE
CHECK-UP
AU BAS
DE LA
COLONNE
COUVRIS
AVEC
LA POLICE
CORNE
CUBAIN
OU
JAMAÏCAIN
PROCHES
PARENTS
HOMME
CULTIVÉ
présente
Volume
17
DE FORME
RAYONNANTE
IL SUIT
LE VOTE
L’OR AU
LABO
PIERRE
DRESSÉE
RÉGIME
SOCIAL
CORDE DE
TARZAN
TOUCHE
DE PIANO
ELLE SUIT
SON RAJA
ENTIER
HABILLER
ADVERSAIRE EN
AMOUR
DISTINGUÉ
ABSENCE
DE
LUMIÈRE
SORS
OUVRAGES
D’ART
LE
MEILLEUR
DES GENS
AUTOUR
D’UNE
TABLE
PLATINE
POUR LE
CHIMISTE
A N E + C A P = C
QUI NE
FAIT PAS
LE POIDS
A
9/13
7/20
16/22
Tous les programmes
dans TV Magazine
et sur l’appli TV Mag
FIXER LA
VEDETTE
JAUNE
DORÉ
FAUTE
D’IMPRESSION
O
10/14
8/20
VERSER
LENTEMENT
SPORT
D’ÉPÉE
En regroupant et en mélangeant les lettres des
deux mots de trois lettres proposés, composez un
troisième mot de six lettres.
I D E + B A L =
12/17
22.20 Rénovation impossible. 3x7
- Page blanche - Battre le fer tant…
SAMEDI
FORCE 2
FLEUVE
DU
SUD-EST
OFFRIR
8 7
MOTS À MOT
L O F + T E T =
11/14
19/25
16/27
15/24
15/18
13/22
16/22
ATHÈNES
BERLIN
BUDAPEST
LISBONNE
PRAGUE
TUNIS
7/18
8/17
12/16
10/13
16/25
15/26
15/25
7/10
16/27
16/25
VENDREDI
11/14
Film TV. Animation. EU. 2005. Réal. :
Saul Andrew Blinkoff, Elliott M. Bour.
1h11. Depuis qu’Yzma a été répudiée,
Kronk, son fidèle serviteur, a repris
une vie tranquille et heureuse.
MOTS FLÉCHÉS N°1966
Chaque jour un peu plus difficile
AMSTERDAM
BELGRADE
BRUXELLES
DUBLIN
MADRID
ROME
JEUDI
21.00 Kuzco 2 : King Kronk
19.20 Quotidien, première partie.
Talk-show 19.40 Quotidien
16/23
15/22
13/23
11/19
7/20
16/21
ALGER
BARCELONE
BERNE
COPENHAGUE
LONDRES
RABAT
10 à 20 20 à 30 30 à >40
0 à 10
QUI A FAIT
SON
APPARITION
IL SE
MONTRE
TRÈS
REGARDANT
INITIALES
DE PRINCE
ESTOUEST
Édition Collector
F
D
I
SYSTÈMES
D’ÉCHANGES
F
P
SOLUTION DU NUMÉRO PRÉCÉDENT
F
U
P
A
I
S
C
E S S E E
B A N D O N E O
R A T U R E E
F E U I L L
R U E
O C R E R
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I N S T A N T
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E T E I N T
E
E M U L E
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R E S S E E
A N S E
I
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A
20.20 Le petit cercle (C) 20.30 Le
journal du Festival (C). Magazine
20.50 Catherine et Liliane (C)
26
24
18
18.55 Les Anges 10 - Let’s Celebrate ! 19.55 The Big Bang Theory
Solution : CANAPÉ - FLOTTE - DÉBLAI
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mercredi 9 mai 2018 LE FIGARO
32
Catherine Balandina,
sens dessus dessous
Philippe Doucet
pdoucet@lefigaro.fr
ataille de Kiev, août 1941. Larissa
Balandina soigne les blessures des
soldats russes, les recoud, et,
parfois, doit se résoudre à les amputer. Cette jeune chirurgienne,
âgée d’à peine plus de 20 ans, n’a
guère le choix. Elle ne doit pas
hésiter à prendre une décision :
elle tient la vie sous son scalpel. Plus tard, bien
plus tard, devenue une praticienne réputée dans
la chirurgie abdominale, elle enseignera son art
à de jeunes médecins chinois au nom de « l’amitié entre les peuples » en vigueur dans le bloc
communiste au cours des années 1950. Fille d’un
père révolutionnaire et d’une mère aristocrate,
Larissa est un personnage que n’aurait pas renié
Boris Pasternak, l’auteur du Docteur Jivago.
« Son énergie me porte », dit Catherine Balandina,
sa petite-fille. « Elle a le caractère de Larissa »,
confirme sa famille. Mais Catherine se situe sur
un tout autre théâtre d’opérations : celui des sens
et de leurs mystères.
Il y a trois ans, elle a fondé State of Mind, un
« état d’esprit » proposant une variété de parfums et de thés vendus associés en fonction de
leurs senteurs et de leurs saveurs. State of Mind
B
COLLECTION PERSONNELLE
SUCCÈS Cette Franco-Russe polyglotte, formée dans l’industrie
du luxe, a fondé State of Mind. Elle propose à travers le thé
et le parfum une expérience multisensorielle.
tous les cas, on s’adresse à l’inconscient. « Nos
capteurs sont saturés. Nous vivons dans un monde
aseptisé qui nous prive de notre capacité de sentir.
Il faut réveiller nos sens ! », tranche-t-elle. « Je
suis fascinée et guidée par les couples état d’espritétat d’âme, thé-parfum, homme-femme. Je veux
partout susciter une découverte intellectuelle et
sensorielle », déclare-t-elle.
Cette profession de foi un brin
martiale ferait sourire si elle ne
s’était pas concrétisée par un réseau
commercial qu’elle a mis en place
avec une énergie que n’aurait pas
reniée « babou » (grand-mère) La1970
rissa. Une toile tissée en peu d’anNaissance à Minsk
nées, qui s’étend de la France à la
(Biélorussie).
Russie, en passant par les Émirats,
1989
le Liban et l’Arménie. Dans son colArrivée en France.
limateur se trouvent aujourd’hui la
1992
Grande-Bretagne, l’Espagne, la
Diplôme d’étude
Grèce, l’Iran et l’Inde. Tout cela
approfondie (DEA)
sent les avions pris au petit matin,
de littérature comparée
les attentes interminables dans des
à l’université de Picardie.
aéroports entre deux vols, les repas
1997
sur le pouce, les longues négociaDiplômée en marketing
tions, le stress et la fatigue.
de l’université McGill
Tradition française
(Montréal).
2000-2015
Catherine Balandina a choisi cette
Directrice à l’international vie. Mariée à 22 ans, mère à 23,
dans l’industrie du luxe.
cette diplômée de littérature com2015
parée aurait pu se satisfaire d’une
Création
vie confortable et de la douce chade State of Mind.
leur du milieu russe parisien de
est « une création autobiographique basée sur la
bissociation de mes racines franco-russes », assure-t-elle. Bissociation ? Arthur Koestler la définissait comme la mise en contact, souvent fortuite, de deux contextes différents. Elle serait
selon lui à l’origine de la plupart des actes de
création, littéraire ou scientifique. Mais c’est
d’abord à un voyage intérieur que Catherine Balandina nous invite.
« Nos capteurs
sont saturés ! »
Arrivée en France juste avant la
chute du mur de Berlin et l’effondrement de l’URSS, elle est la femme de plusieurs univers. « Regardez le capot en cristal facetté à la
main de mon flacon de parfum : il est
typique d’un esprit cartésien occidental. Mais le fond du flacon suggère une âme féminine slave et joyeuse.
Comme moi », dit-elle.
Avec le concours du parfumeur
Karine Dubreuil et du maître de thé
Olivier Scala, Catherine Balandina
multiplie les alliances inédites. Ses
parfums, puissants sans être enivrants, sont mis en valeur lors de la
dégustation des thés avec lesquels
ils ont été réunis. Cette expérience
multisensorielle entre l’olfaction et
le goût évoque la synesthésie en
vogue au XIXe siècle ou certains
travaux de Carl Gustav Jung. Dans
Bio
EXPRESS
l’émigration, dont son époux est issu. À l’orée de
la quarantaine, après une formation en marketing obtenue au Canada, elle a choisi de reprendre la route. L’univers de la mode et du luxe lui
tend les bras.
Elle va l’investir en commençant par développer l’e-commerce à l’exportation pour une filiale
du groupe L’Oréal. Son professionnalisme et sa
capacité de passer sans difficulté du français au
russe, du russe à l’anglais, de l’anglais à l’espagnol ou à l’italien, font merveille. De 2001 à 2005,
cap à l’Est, vers les nouvelles républiques issues
de la désintégration de l’empire soviétique. « J’ai
vécu alors une période kazakhe », se souvient-elle.
Elle va parfaire en quelques années sa maîtrise du
secteur et prendre la direction du marketing international d’un grand nom de la parfumerie.
« En même temps que j’apprenais à sentir les “jus”,
je comprenais comment être en phase avec un marché », dit-elle.
Le grand saut intervient fin 2015. Toutes les
économies et les énergies sont rassemblées pour
créer State of Mind. « Certes, le nom de ma marque est anglo-saxon, mais elle s’inscrit dans les
traditions françaises du parfum et de la gastronomie », martèle-t-elle, quand on lui reproche un
certain cosmopolitisme. « Assemblage, distribution, marketing, j’ai tout conçu de A jusqu’à Z. J’ai
parfois l’impression d’avoir accouché d’un éléphant », soupire-t-elle, en sortant de son sac à
main un billet d’avion. Dans sa valise se trouve
peut-être un exemplaire du Parfum, le célèbre
ouvrage de Patrick Süskind. Elle le relira si elle en
trouve le temps. ■
UN DERNIER MOT
Par Étienne de Montety
edemontety@lefigaro.fr
Jean-Christophe Buisson
Les grands mystères
par les grands
historiens
Parade [pa-ra-d’] n. f.
Tour que prend la défense.
F
ace à Emmanuel Macron, élu il y a un an, la droite cherche incontestablement
ce qu’il faut bien appeler la parade.
Le mot vient du verbe parer, orner ; comme premier sens, une parade
est une cérémonie militaire dont l’éclat est rehaussé par un défilé de troupes.
Donc le rituel militaire qui s’est déroulé le 8 mai à Paris pour commémorer
la capitulation de l’Allemagne ne ressortit pas tout à fait à une parade.
En revanche, il permet au chef de l’État de parader. Dépôt de gerbes, recueillement
à l’Arc de triomphe, chant des partisans, il y a dans la solennité de l’instant
devant la tombe du soldat inconnu quelque chose de paradisiaque qu’un président
en exercice ne peut que savourer.
On n’en connaît pas qui n’ait à son goût trouvé cette parade. Pendant ce temps,
l’opposition de droite, elle, n’a pas trouvé la parade ; tout simplement.
Le président en chef militaire, c’est imparable : les Français en raffolent.
Ce paradoxe prive Laurent Wauquiez de parade.
Il s’interroge toujours : comment parer un homme qui l’est si bien ? ■
FIGARO-CI ... FIGARO-LÀ
Bruno Le Maire en avocat de l’Europe
devant les industriels allemands
Le ministre de l’Économie ira plaider la cause, le 8 juin,
de la réforme de l’Europe et de la zone euro portée par Emmanuel
Macron devant les dirigeants du BDI allemand, la puissante
fédération patronale de l’industrie. En première ligne
dans l’élaboration de la feuille de route franco-allemande que le
président de la République et la chancelière allemande doivent présenter le 26 juin,
Bruno Le Maire entend « prendre les Allemands à témoin », selon son expression.
Il a prévu de s’exprimer pour cela non en français ou en anglais, mais dans
leur langue maternelle. « Le moment est historique, on ne peut pas se permettre de
le rater », explique l’ex-candidat à la primaire de la droite et europhile convaincu.
Retrouvez-nous sur
A
et sur www.editions-perrin.fr
Les Républicains
se renforcent
en Seine-Maritime
Saint-Gobain
va investir
dans le rugby
Avocat parisien originaire de Seine-SaintDenis, Jonas Haddad va être nommé,
lors du prochain bureau politique de LR,
secrétaire départemental adjoint
de la fédération de Seine-Maritime.
Il a été précédemment militant dans
le XVIe arrondissement à Paris, puis adjoint
au maire de Bernay, dans l’Eure.
Bruno Le Maire et Sébastien Lecornu l’ont
ensuite positionné à Rouen, en vue des
municipales de 2020. Ce proche de Xavier
Bertrand pourrait être candidat en octobre
pour la présidence départementale
du parti de Laurent Wauquiez.
L’accession en Top 14 acquise,
les dirigeants de Perpignan sont
à la recherche de ressources
financières pour porter
leur budget de 10 à 15 millions
d’euros. Cette promotion dans
l’élite du rugby français a séduit
le leader mondial de l’habitat
(39 milliards d’euros de chiffre
d’affaires en 2016). SaintGobain serait disposé à apporter
500 000 euros par an, pendant
trois ans, pour devenir
le sponsor principal de l’Usap.
SÉBASTIEN SORIANO/LE FIGARO
« Un ouvrage rigoureux,
pétillant d’érudition, qui se lit comme
s’il s’agissait de vingt nouvelles policières. »
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