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Le Figaro- 15 05 2018

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mardi 15 mai 2018 LE FIGARO - N° 22 940 - www.lefigaro.fr - France métropolitaine uniquement
Première édition
lefigaro.fr
« Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur » Beaumarchais
ZADISTES
DERNIÈRES DISCUSSIONS AVANT
L’ÉVACUATION DE NOTRE-DAMEDES-LANDES PAGES 8 ET 9
POLICE
Le ministère de
l’Intérieur cherche
8 000 recrues PAGE 6
GOUVERNEMENT
Édouard Philippe,
un an à la barre
de Matignon PAGE 7
CANNES
DEUX COMÉDIES
ÉGAYENT ENFIN
LA CROISETTE PAGES 28 ET 29
Ambassade américaine
à Jérusalem : Gaza s’embrase
ITALIE
Le M5S et la Ligue
peinent à
constituer leur
gouvernement
PAGE 10
ESPAGNE
IBRAHEEM ABU MUSTAFA/REUTERS
La Catalogne
a enfin un nouveau
président PAGE 10
ENTREPRISES
Voiture autonome :
le gouvernement
veut multiplier les
expérimentations
PAGE 24
AUTOMOBILE
Université
de Mossoul,
année zéro
Les ÉtatsUnis abusentils de leur
hégémonie ?
La tribune
de Jeannette
Bougrab
La tribune
de Xavier
Fontanet
La chronique
de Renaud
Girard
L’analyse
de Guillaume
Guichard
n
n
n
À Gaza, Tsahal a ouvert le feu sur les milliers de Palestiniens massés à la frontière pour protester
contre le déménagement de l’ambassade américaine à Jérusalem, faisant plus de 50 morts. PAGES 2 ET 3
Sécurité : Collomb cherche
à éteindre les polémiques
Gérard Collomb est sur tous
les fronts. Il fait face à une
longue phase de turbulences :
attentats de Paris, de Trèbes,
manifestations à Mayotte,
évacuation de Notre-Damedes-Landes, blocages des
universités, heurts du 1er mai,
rémunérations. Les négociations sociales ne devraient
reprendre qu’avec l’arrivée
d’un futur patron dans quelques mois. L’avenir de la
compagnie est toujours très
incertain.
PAGES 20, 21 ET L’ÉDITORIAL
ÉDITORIAL par Gaëtan de Capèle gdecapele@lefigaro.fr
PAGES 14 À 17
@
FIGARO OUI
FIGARO NON
Réponses à la question
de lundi :
Terrorisme : faut-il placer
les fichés S les plus
dangereux en détention ?
NON
11 %
OUI
89 %
TOTAL DE VOTANTS : 57 196
Votez aujourd’hui
sur lefigaro.fr
Terrorisme : faut-il durcir
les conditions d’obtention
de la naturalisation
en France ?
LOIC VENANCE/AFP- TED PACZULA CHRISTIAN HARTMANN/REUTERS
L
OFFREZ-VOUS
LE CONFORT LITERIE DUVIVIER
À PRIX ANNIVERSAIRE
Hors sol
es voyageurs croyaient avoir tout
vu avec le mouvement des cheminots à la SNCF, qui leur empoisonne la vie depuis plus d’un mois.
C’était compter sans Air France,
l’autre grand malade français de la gréviculture. Dans notre pays, les airs ne valent
pas mieux que le rail : pour les familles, les
entreprises et les touristes clients de la compagnie nationale, qui subissent l’annulation
de centaines de vols, les déplacements sont
aussi devenus un enfer. Comme l’an dernier, mais aussi l’année précédente, et celles
d’avant…
Quel drame subit donc l’entreprise pour que
les grèves clouent ainsi les avions au sol ?
Remet-on en question les avantages sociaux
du personnel ? Lance-t-on un grand plan de
licenciement ? Rien de tout cela. La raison
de ce conflit - qui a déjà coûté 300 millions à
Air France - laisse songeur : inquiète, comme tous les observateurs du monde, de la
fragilité financière du groupe, la direction
refuse d’accorder une augmentation générale et immédiate des salaires de 6 % exigée
par les syndicats. Elle s’en tient à 7 % d’ici à
2021. On a déjà connu pire violence sociale.
Dans n’importe quelle autre société en difficulté, pareil blocage serait inimaginable.
L’instinct de survie commanderait de se retrousser les manches, de restaurer au plus
vite une rentabilité en berne, de se dresser
face à une concurrence de plus en plus féroce. Pas chez Air France, entreprise hors
sol, où des années de couardise politique
face au chantage des pilotes - fers de lance
de la contestation - ont fait des ravages. Et
où la présence de l’État au capital entretient
un illusoire sentiment d’infaillibilité.
La réalité est, hélas,
bien éloignée. Minée par des années
de grèves à répétition, Air France se
transforme à la vitesse de l’escargot pendant
que le monde du transport aérien fait sa révolution. Ses clients, lassés par tant de désinvolture, passent en nombre à la concurrence. Quant à la puissance publique,
impécunieuse, elle ne peut plus lui être
d’aucun secours. La vérité est que notre pavillon national joue aujourd’hui ni plus ni
moins que sa survie. ■
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A
n
3’:HIKKLA=]UW[U^:?k@f@b@f@k";
Anne-Marie Couderc, ancienne ministre du gouvernement Juppé, sera nommée
mardi PDG par intérim d’Air
France-KLM. Elle remplacera Jean-Marc Janaillac, qui a
démissionné après avoir perdu son référendum sur les
n
n
M 00108 - 515 - F: 2,60 E
contrôle de la frontière italienne. Pas question pour lui
de laisser s’installer l’idée que
la menace islamiste n’est pas
prise très au sérieux. Le ministre de l’Intérieur veut
couper court au procès qui
monte. PAGES 4 ET 5
Minée par les grèves,
Air France joue sa survie
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mardi 15 mai 2018 LE FIGARO
L'ÉVÉNEMENT
2
Journée de colère et de sang
EVAN VUCCI/AP
Tsahal a ouvert le feu, lundi,
sur les milliers manifestants massés
à la frontière avec Israël faisant 52 morts,
dont huit enfants, et 2 400 blessés.
CYRILLE LOUIS £@cyrille_louis
ENVOYÉ SPÉCIAL À GAZA
LA « MARCHE DU RETOUR » a viré au
bain de sang. Plusieurs dizaines de milliers de Palestiniens ont manifesté lundi
contre le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem sur les treize
« camps » aménagés, dans la bande de
Gaza, le long de la frontière avec l’État
hébreu. Plus nombreux que lors des
précédents rassemblements, les manifestants semblaient également plus résolus à s’approcher de la clôture en dépit
des mises en garde formulées par l’armée israélienne. Un bilan publié en début de soirée par le ministère de la Santé
faisait état de 52 morts et de 2 410 blessés. Selon l’ambassadeur palestinien
auprès des Nations unies, Riyad Mansour, huit des victimes étaient des adolescents âgés de moins de 16 ans. Le président palestinien, Mahmoud Abbas, a
dénoncé un « massacre ».
Affluant des quatre coins de l’enclave
côtière, la plupart des manifestants sont
venus à pied, en bus, en charrette et à
bord de « touktouk » chargés de pneus
ou ornés d’une large pelote de barbelés
arrachée aux défenses israéliennes lors
d’un précédent rassemblement. Dans le
camp de Malaka, l’atmosphère semble
grave, moins festive que les semaines
précédentes. Peu après la prière de la
mi-journée, des coups de feu claquent à
un rythme soutenu au niveau d’un point
de fixation constitué quelques centaines
de mètres plus au sud. Les centaines de
chebab (les jeunes) massés sur cette
hauteur qui toisaient la clôture se replient en courant tandis que des ambulances fendent la foule. « La journée
commence très mal », confie un secouriste du Croissant-Rouge palestinien,
qui assure qu’une trentaine de manifestants au moins ont été blessés en quelques minutes.
En retrait de la ligne de front, des
haut-parleurs exhortent la foule à se
lancer à l’assaut de la clôture. Le Hamas
et les autres factions impliquées dans
l’organisation de ce rassemblement ont
de toute l’évidence décidé d’en faire un
Notre plus
grand espoir
est celui de la paix.
Les États-Unis
restent pleinement
engagés à faciliter
un accord de paix
durable.
Les États-Unis
resteront toujours
un grand ami
d’Israël
et un partenaire
pour la cause
de la liberté
et de la paix
»
DONALD TRUMP DANS
UN MESSAGE VIDÉO ADRESSÉ
AUX ISRAÉLIENS À L’OCCASION
DE L’INAUGURATION
DE L’AMBASSADE AMÉRICAINE
À JÉRUSALEM
52 morts
palestiniens
selon un bilan publié
en début de soirée
par le ministère
de la Santé
3 km
Un territoire sous blocus israélien depuis onze ans
Les 360 km2 de la bande de Gaza font partie de la zone administrée normalement par
l’Autorité palestinienne tel que définit les accords d’Oslo. Cependant, à la suite de
la prise de contrôle de ce territoire par le Hamas en 2007, l’Autorité n’y exerce plus
aucune fonction et les 1,88 million d’ habitants de la bande se retrouvent soumis
à un véritable blocus de la part d’Israël.
Tel-Aviv
point d’orgue. Une banderole ornée des
portraits de dix-neuf jeunes hommes
tués lors des précédents rassemblements a été déployée à l’entrée du
camp. La grande majorité des manifestants se tiennent dans le calme à bonne
distance de la clôture, mais les appels à
la confrontation recouvrent désormais
les odes à la non-violence entonnées
lors des premiers jours de mobilisation.
« Les jeunes de Khan Younès sont en
train de découper la clôture », hurle le
speaker pour encourager l’assistance à
se montrer à la hauteur. « C’est le jour
de la victoire, crie-t-il encore. Les soldats de l’occupation ont commencé à reculer sous les assauts de nos frères… » A
l’entrée du « camp » de Malaka, l’affiche représentant Nelson Mandela,
Martin Luther King et le Mahatma
Gandhi, qui symbolisaient depuis plusieurs semaines la conversion du Hamas
à la non-violence, a été remplacée par
le portrait géant d’un jeune Palestinien
armé d’une fronde.
“
Nous sommes ici
pour dire que nous
n’accepterons jamais
la décision américaine
de déplacer l’ambassade
à Jérusalem
”
YOUSSOU ABOU SALAH, 25 ANS
Mohammed Mansour, 24 ans, se dit
prêt à relever le défi. Vendredi dernier,
il a été blessé par un éclat de balle au
coude gauche alors qu’il jetait des pierres en direction des soldats mais il est
venu pour remettre ça. « La manifestation d’aujourd’hui est celle de la délivrance », veut-il croire. Originaire du faubourg de Shejaya, il prévoit de franchir
la clôture coûte que coûte. Et après ? At-il seulement jeté un œil aux cartes diffusées la veille sur les réseaux sociaux
pour indiquer aux Palestiniens les localités israéliennes les plus proches ?
« Non, dit-il. Je verrai ce que je pourrai
faire une fois sur place. Jeter des pierres,
peut-être tuer un soldat… » Est-il armé ?
Un palestinien est évacué
après avoir été touché par
un tir de l’armée israélienne
lors d’une manifestation
à la frontière de la bande
de Gaza, lundi. KHALIL HAMRA/AP
« Non plus », avoue-t-il encore. Un de
ses camarades sort de son sac à dos un
cutter orange. Ahmed Zinati, un adolescent de 17 ans, exhibe pour sa part un
couteau. Mais la plupart des manifestants semblent être venus les mains vides. « Voici notre terre, dit l’un d’eux en
désignant la plaine qui se dessine de
l’autre côté de la clôture, et nous allons la
reprendre aujourd’hui. »
Aux avant-postes du rassemblement,
la foule s’épaissit et les esprits s’échauffent. Des chebab agitent leur fronde ar-
Les États-Unis ouvrent
sous les ovations
leur ambassade à Jérusalem
Ramallah
MARC HENRY
Ashdod
Jérusalem
JÉRUSALEM
ISRAËL
Cisjordanie
Gaza
Me r
M édi te r ra n é e
Bande de Gaza
Bet Hanoun
Gaza Ville
ÉGYPTE
Beersheba
20 km
Deir al-Balah
Nuseirat
BANDE DE GAZA
Khan Younès
Khan Younès
Rafah
Rafah
ÉGYPTE
Rafah
Kerem Shalom
Source : Ocha
Infographie
Aéroport
international
Yasser Arafat
ISRAËL
Bureij
Maghazi
Deir al-Balah
A
Erez
Jabaliya
Shati
Principaux points
de rassemblement
des Palestiniens
Camps de réfugiés
gérés par l’ONU
Clôture de sécurité israélienne
doublé d’un no man’s land de
300 m en territoire palestinien
Frontière égypto-gazaouie
verrouillée par l’Égypte depuis
le retour au pouvoir des militaires
Point de passage épisodiquement
ouvert mais actuellement fermé
Point de passage fermé
Navigation interdite
Zone de pêche de 6 milles nautiques alors
que les accords prévoyaient 20 milles
Aéroport hors-service depuis 2000
tisanale en direction de la frontière.
D’autres courent en poussant d’énormes pneus en direction d’un brasier qui
dégage une épaisse fumée noire. Rompant avec la routine des rassemblements précédents, les manifestants ne
restent pas massés devant les campements mais s’étirent en longues files le
long de la clôture dans l’espoir de prendre l’ennemi par surprise. Les jeeps de
l’armée israélienne, qui patrouillent à
un train de sénateur, les suivent de loin.
Certains protestataires sont venus mu-
LES SANGLANTES émeutes dans
la bande de Gaza ont lourdement
pesé lors de l’inauguration de
l’ambassade
américaine
à
Jérusalem.
Cet
événement
« historique » que les Israéliens
attendaient depuis 70 ans s’est
déroulé au moment même où des
affrontements meurtriers avaient
lieu à la frontière entre Israël et
Gaza. Les télévisions et radios ont
dû se livrer à d’incessants allersretours entre Jérusalem et Gaza.
Jared Kushner, le gendre et
conseiller de Donald Trump, accompagné d’Ivanka Trump n’a pu
s’empêcher devant les 800 invités
de faire allusion aux islamistes du
Hamas « qui prônent la violence et
ne peuvent faire partie d’une solution, car ils font partie du problème
comme nous pouvons le constater
aujourd’hui ». Benyamin Nétanyahou a pour sa part profité de
l’occasion pour rendre un vibrant
hommage à « nos braves soldats
qui protègent nos frontières ».
Malgré ces nuages, la cérémonie s’est déroulée comme prévu
dans un style américain avec en
prime un message vidéo de Donald Trump, des discours de Jared
Kushner, qui a célébré Jérusalem
comme « le cœur éternel du peuple
juif », et de Benyamin Nétanyahou sur la même longueur
d’onde. Par précaution des centaines de policiers israéliens
avaient été déployés autour du
bâtiment de l’ambassade, qui servait jusqu’à présent de consulat
américain afin de l’isoler d’un
quartier arabe voisin d’où pouvaient partir d’éventuelles mani-
“
Nous avons cessé
d’être un État
de second ordre
”
NAFTALI BENNETT, MINISTRE ISRAÉLIEN
DE L’ÉDUCATION
festations. Un pasteur et un rabbin américains ont aussi pris la
parole. Tous les discours ont été
ponctués d’ovations debout à répétition. Une plaque et un sceau
sur lequel figure bien en évidence
le nom de Donald Trump ont été
dévoilés. Bref, le cérémonial a été
respecté.
Mais à l’extérieur, du côté des
Israéliens, l’heure était plutôt à
une satisfaction discrète. Personne n’est sorti danser de joie dans
les rues, dont certaines étaient
pavoisées de drapeaux américains
ou de pancartes à la gloire de Donald Trump. À titre anecdotique,
un petit magasin du centre-ville
proposait pour l’occasion des kip-
pas avec l’effigie du président
américain. Mais comme l’a reconnu le patron, les ventes n’ont
pas été à la hauteur des espérances. Des responsables du Beitar
Jerusalem l’équipe de football de
la ville a suggéré de changer le
nom du club, dont certains supporteurs sont connus pour leurs
débordements anti-arabes, en
« Betar Trump Jerusalem ». Mais
leur initiative a toute chance de
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LE FIGARO
mardi 15 mai 2018
L'ÉVÉNEMENT
3
dans la bande de Gaza
droits sur cette ville, ainsi que les revendications légitimes des réfugiés. Mais nous
ne l’accepterons jamais. » Des camions
chargés de jeunes hommes au visage recouvert d’un masque ou d’un keffieh
défilent sans interruption en direction
de la clôture. « Jérusalem, clament-ils,
nous arrivons, et serons martyrs par millions. » Souha Sidr, une mère de famille
venue avec son fils de 18 ans et ses cinq
filles, assure que le rassemblement n’a
pas perdu sa vocation pacifique. « Mais
si les Israéliens refusent de nous écouter,
dit-elle, nous serons bien obligés d’aller
reprendre par la force ce qui nous a été
volé par la force. »
Dix-sept heures. En lisière du camp
de réfugiés d’al-Bureij, quelques kilomètres plus au sud, un étrange engin
s’envole vers la clôture après s’être
brièvement emmêlé dans des câbles
électriques. Composé d’une dizaine de
ballons visiblement gonflés à l’hélium, il
traîne dans son sillage un drapeau palestinien. « C’est la première fois que je
participe à cette marche et je me suis dit
faire long feu. Le nom du président américain est une marque
déposée qu’il est impossible d’utiliser à sa guise.
Naftali Bennett, le ministre de
l’Éducation a sans doute bien résumé le sentiment général des Israéliens en affirmant que les
États-Unis ne faisaient que rendre
justice à Israël. « Nous avons cessé
d’être un État de second ordre »,
a-t-il affirmé en rappelant qu’il
avait fallu des décennies pour que
Jérusalem soit reconnue comme
capitale de l’État hébreu. Une
pointe d’inquiétude politique affleure également. Nombre de
commentateurs se demandent
qu’elles pourraient être les
concessions que Donald Trump
pourrait exiger d’Israël vis-à-vis
des Palestiniens. Interrogés sur ce
point, Benyamin Nétanyahou et
ses ministres pratiquent l’esquive
SEBASTIAN SCHEINER/AP
en se contentant de proclamer
que le président américain ne
portera jamais atteinte à la sécurité d’Israël.
Donald Trump a fait savoir dans
sa vidéo que s’il était bien le premier président américain à avoir
reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël, il n’avait pas renoncé
pour autant à être aussi celui qui
parrainera un accord entre Israël
et les Palestiniens. « Notre plus
grand espoir est celui de la paix.
Les États-Unis restent pleinement
engagés à faciliter un accord de
paix durable », a-t-il assuré.
Reste toutefois à trouver un
partenaire pour négocier. Mahmoud Abbas, le président palestinien boycotte les États-Unis depuis l’annonce en décembre du
transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem. Les Palestiniens, qui représentent pas moins
de 38 % de la population de Jérusalem, ont le sentiment que leur
rêve de voir un jour la partie arabe de la ville devenir la capitale de
leur futur État qu’ils appellent de
leurs vœux relève plus que jamais
du mirage. Leur amertume est
d’autant plus forte que la Maison
de l’Orient, qui a servi un temps
d’ambassade officieuse de l’Autorité palestinienne à JérusalemEst, a été fermée par Israël en
2001 et n’a pas la moindre chance
de rouvrir avec le gouvernement
israélien actuel. ■
Indignation
et condamnations
à travers le monde
Les manifestants tués par l’armée
israélienne ont suscité condamnations,
l’indignation et appels à la retenue
de la communauté internationale.
La France « condamne les violences »
à Gaza, par la voix de son président
de la République. Le secrétaire général
de l’ONU, Antonio Guterres, s’est dit
« particulièrement inquiet ».
« Les responsables de ces violations
flagrantes des droits de l’homme
doivent rendre des comptes »,
a renchéri le Haut-Commissaire
aux Droits de l’homme de l’ONU,
Zeid Raad al-Hussein. En début
d’après-midi, le ministre des Affaires
étrangères Jean-Yves Le Drian
appelait les autorités israéliennes
à faire preuve de « discernement
et de retenue » dans l’usage
de la force. La chef de la diplomatie
européenne Federica Mogherini
demandait « à toutes les parties
d’agir avec la plus grande retenue afin
d’éviter des pertes de vies humaines
supplémentaires ». Le ministère
égyptien des Affaires étrangères a, lui,
exprimé « sa vive dénonciation face
aux tirs des forces israéliennes contre
les civils palestiniens désarmés »,
qualifiant les tués de « martyrs »
et mettant en garde contre une
« escalade ». Le Koweït a demandé
lundi soir une réunion en urgence
mardi du Conseil de sécurité.
AFP
Guatemala et Paraguay
emboîtent le pas à Trump
Le secrétaire du Trésor
américain, Steve Mnuchin,
et Ivanka Trump
lors de l’inauguration
de l’ambassade américaine,
lundi à Jérusalem.
MENAHEM KAHANA/AFP
le corps de son cousin Mahmoud, 20
ans, qui a été mortellement blessé à
l’est de Gaza. « J’avais prévu d’aller
manifester avec lui, soupire le jeune
homme, mais mes parents me l’ont interdit au dernier moment. »
Au coucher du soleil, le calme était
revenu sur le camp de Malaka mais
Khalil al-Haya, numéro deux du bureau
politique du Hamas dans l’enclave, promettait de nouveaux accès de fièvre.
« Notre peuple a montré qu’il ne se laissera pas faire face aux manœuvres conjointes des sionistes et des États-Unis, a-t-il
lancé devant une petite foule de journalistes. Aujourd’hui Israël a répondu à notre marche pacifique en tirant sur nos enfants, mais cette révolution ne prendra fin
que le jour où nous aurons retrouvé nos
terres et repris pied à Jérusalem. » ■
BENYAMIN
NÉTANYAHOU
PREMIER MINISTRE
ISRAÉLIEN
Ceci est un moment
d’histoire.
Président Trump,
en reconnaissant
ce qui appartient à
l’histoire, vous avez
écrit l’histoire. Nous
sommes à Jérusalem
et nous y resterons.
C’est un grand jour.
Un grand jour pour
Jérusalem. Un grand
jour pour l’État
d’Israël. Un jour
qui restera gravé
dans notre mémoire
nationale pour
des générations
»
l’adoption par les députés israéliens
APRÈS les États-Unis, d’autres pays
d’une loi proclamant Jérusalem
en Amérique latine et en Europe
« capitale indivisible et éternelle ».
emboîteront le pas à Donald Trump,
ou envisagent de le faire. Le GuateFace à la rupture du statu quo
mala doit ouvrir à son tour son amavec les Palestiniens, qui espèrent
établir la capitale de leur futur État à
bassade à Jérusalem mercredi prochain. Le Paraguay devrait suivre
Jérusalem-Est, l’ONU avait voté
dans le courant du mois.
une résolution appelant ses pays
Le président guatémaltèque,
membres à déménager leur repréJimmy Morales, avait annoncé ce
sentation de Jérusalem à Tel-Aviv.
transfert quelques jours après avoir
Le Honduras, la République
soutenu aux Nations
tchèque et la Roumanie
unies la décision de
envisageraient aussi un
Donald Trump. Le predéménagement. Cemier ministre israélien,
pendant, aucune anBenyamin Nétanyanonce officielle n’a eu
hou, l’avait chaleureulieu à ce sujet.
sement
remercié.
Prague, Budapest et
« Que Dieu vous bénisse
Bucarest ont récemDate du transfert
mon ami, président Jimment
bloqué l’adoption
de l’ambassade
my Morales. Que Dieu
d’une
déclaration
du Guatemala
bénisse nos deux pays,
européenne
critique
à Jérusalem
face au transfert de
Israël et le Guatemala », avait-il déclaré, se
l’ambassade américaine à Jérusalem. Connu pour ses
disant « touché de voir de nouveau le
propos antimusulmans, le présidrapeau guatémaltèque » flotter sur
la « capitale éternelle » d’Israël.
dent Milos Zeman est aussi partisan
De son côté, le président parade l’installation de l’ambassade
guayen, Horacio Cartes, se rendra
tchèque à Jérusalem. « Il y a soixanen visite en Israël le 21 ou le 22 mai
te-dix ans, la Tchécoslovaquie a aidé
afin d’inaugurer la nouvelle ambasIsraël dans sa lutte pour l’indépensade à Jérusalem, a indiqué le goudance et, il y a 100 ans, les Étatsvernement d’Asuncion, confirmant
Unis ont aidé la Tchécoslovaquie à
des informations du ministère isémerger » en tant qu’État, a souliraélien des Affaires étrangères.
gné son porte-parole.
La Grande-Bretagne a fait savoir
Le Guatemala et douze autres
lundi qu’elle n’avait pas l’intention
pays, situés - tous sauf un - en Améde transférer son ambassade, soulirique latine, avaient conservé leur
gnant qu’elle désapprouvait touambassade à Jérusalem jusqu’en
jours l’initiative des États-Unis. ■
1980. Ils l’avaient transférée cette
P. S.-P. (AVEC AFP)
année-là à Tel-Aviv à la suite de
16
mai
A
nis de pinces coupantes pour sectionner
la barrière et passer de l’autre côté.
Lorsqu’ils s’approchent, les minidrones
israéliens intensifient leur bourdonnement puis lâchent une gerbe de grenades lacrymogènes. S’ils s’entêtent, les
ballent israéliennes se mettent à siffler.
« Nous sommes ici pour dire que nous
n’accepterons jamais la décision américaine de déplacer l’ambassade à Jérusalem, ajoute Youssou Abou Salah, 25 ans,
qui se tient prudemment en retrait. Ils
croient pouvoir réduire en poussière nos
qu’il fallait que j’apporte quelque chose de
spécial », sourit Ahmed Loulou, un garagiste de 22 ans, qui a écrit sur son
ouvrage : « Ceci est notre terre ». Mais
voici qu’un drone israélien se rapproche
à son tour et lâche une salve de tracts.
Sorti de nulle part, un homme à la barbe
noire brandit alors une kalachnikov et
se met à tirer des rafales en direction de
l’engin. Un autre l’imite, armé d’un revolver. La foule s’immobilise un instant,
peinant à comprendre ce qui se passe et
craignant une incursion de l’armée israélienne. Mais elle explose de joie en
voyant l’appareil s’immobiliser dans le
ciel, puis commencer sa chute libre.
« C’est notre victoire contre l’ennemi »,
s’enthousiasme un badaud tandis que
des dizaines de jeunes hommes courent
à travers les champs de tournesol en direction du point de chute puis en viennent aux mains pour savoir qui remportera le trophée.
L’armée israélienne, qui avait annoncé le déploiement de nombreux renforts
autour de la bande de Gaza, affirme
avoir été confrontée à des manifestants
particulièrement violents à Rafah, dans
le sud de l’enclave côtière. « Nous opérons avec détermination pour empêcher
les activités terroristes de masse
constamment menées par le Hamas », a
indiqué le porte-parole militaire, précisant que cinq camps d’entraînement du
mouvement islamiste ont été frappés
lundi en réponse à ces manifestations et
que trois positions ont été prises pour
cible après que des tirs ont visé des soldats israéliens – apparemment sans faire de victimes. Au total, l’armée affirme
avoir dénombré 40 000 participants le
long de la frontière.
Dans la cour de l’hôpital al-Shifa, en
fin d’après-midi, des centaines de Palestiniens attendent dans une atmosphère fiévreuse des nouvelles de leurs
proches blessés ou tués peu auparavant. Une zone de triage dotée de trente lits a été aménagée à l’abri de tentes
pour faire face à un afflux exceptionnel
de blessés. « Nous avons réussi à faire
acheminer par le terminal de Kerem
Shalom deux camions chargés d’un matériel qui devrait nous permettre d’opérer 550 blessés graves », indiquait en
début de journée Guislain Defurne, directeur de la Croix-Rouge à Gaza. Retranché dans son bureau pris d’assaut
par les familles angoissées, le directeur
de la morgue précise que quinze corps
sans vie y ont été acheminés depuis le
début de l’après-midi. « On n’avait pas
vu ça depuis la guerre de l’été 2014 »,
soupire-t-il. À l’extérieur, Ahmed
Joundish attend de pouvoir récupérer
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 15 mai 2018 LE FIGARO
4
POLITIQUE
Terrorisme :
Collomb veut
couper court
aux critiques
Le ministre de l’Intérieur entend bien
montrer qu’il a le contrôle de la situation,
en dépit des attaques de ses détracteurs.
MARCELO WESFREID £@mwesfreid
GOUVERNEMENT Réunion d’état-major
avec les forces de sécurité, réunion avec
les préfets des zones de défense et de sécurité, réunion de crises en tous genres :
depuis l’attaque au couteau de samedi
soir à Paris, le ministre de l’Intérieur organise conclave sur conclave et le fait savoir. Des photos sont publiées sur les réseaux sociaux. Pas question de laisser
s’installer l’idée que la menace islamiste
n’est pas prise très au sérieux. Gérard
Collomb veut couper court au procès qui
monte. « À quoi sert le ministre de l’Intérieur, qui balbutie à chaque attentat des
commentaires d’une vacuité affligeante », a ainsi déclaré Marine Le Pen sur
Twitter, dans les heures qui ont suivi
l’attentat de la rue Monsigny.
Sur tous les fronts, Gérard Collomb
doit gérer une longue période de turbulences sécuritaires, qui le place au centre
de l’attention : attentat de Trèbes, manifestations à Mayotte, évacuation de Notre-Dame-des-Landes, blocages des
universités, heurts du 1er mai, contrôle
de la frontière avec l’Italie et attaque au
couteau à Paris.
Un poste exposé
À chaque polémique sur les fichiers S,
l’ex-maire de Lyon se retrouve accusé
par l’opposition de ne pas être à la hauteur. Après les débordements du 1er mai,
Gérard Collomb faisait déjà l’objet d’un
feu nourri de critiques. Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a demandé
une commission d’enquête pour faire la
lumière sur « la chaîne de commandement ». Le PCF s’est interrogé, de son
côté, sur « l’attitude bien trouble des forces de police qui ont laissé faire pendant
près d’une heure ».
Place Beauvau, on ne se dit pas déstabilisé par ce flot de mises en cause :
« C’est le lot de tout ministre de l’Intérieur, explique-t-on. C’est un poste exposé, naturellement exposant. Ces criti-
ques sont de la littérature habituelle. Il
faut trouver une cible. » Les proches de
Gérard Collomb sont même persuadés
que cette convergence des piques renforce sa cote, qui « prend un ou deux
points par semaine dans les sondages ».
« Ce sont des polémiques aussi inutiles que
passagères », renchérit un conseiller du
premier ministre, Édouard Philippe.
Le décompte fait par des journalistes
de France 2 du nombre de déplacements
de l’ancien maire de Lyon dans la Capitale des Gaules et ses alentours n’a pas
manqué par ailleurs d’alimenter les
commentaires, dans la classe politique.
Le ministre a consacré 27 % de ses déplacements à quadriller son ancien fief.
Parallèlement, son style direct, sans circonvolution, ne passe pas inaperçu,
même dans la majorité. « Ce n’est pas
Sarkozy, ni Valls, en termes d’image de
ministre de l’Intérieur, reconnaît un pilier
de La République en marche. Il n’est ni le
grand frère, ni le père autoritaire, mais
une sorte de grand-père attaché à l’ordre,
qui veille sur la famille et crie parfois des
trucs un peu exagérés dans les dîners. »
Autre terrain de crispation : à Paris, le
torchon brûle entre la maire, Anne Hidalgo, et Gérard Collomb à propos de
l’afflux de migrants porte de la Villette.
La socialiste a écrit au premier ministre
pour l’alerter sur l’« impasse » de la situation et demander « une opération de
prise en charge », de ces personnes, alors
que Gérard Collomb vient de lui opposer
une fin de non-recevoir.
Le ministre de l’Intérieur a en effet
rappelé à Anne Hidalgo que « la commune reste garante de la salubrité et la propreté de son espace ». Il l’a encouragée à
« entamer des procédures judiciaires »,
préalable à toute intervention policière.
« La situation est intenable en termes humanitaires, sanitaires et de sécurité.
Mme Hidalgo et M. Collomb doivent enfin
se parler et trouver une solution durable :
hébergement ou reconduite », s’est insurgé, de son côté, la présidente LR de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse. ■
Christian Cambon (LR) préconise une
mobilisation des acteurs de « proximité »
EMMANUEL GALIERO egaliero@lefigaro.fr
CHRISTIAN CAMBON, hier,
dans le studio du Figaro.
FRANÇOIS BOUCHON/LE FIGARO
POUR CHRISTIAN CAMBON, sénateur
LR du Val-de- Marne, l’objectif de Daech
est de faire sortir la France de l’État de
droit. Aussi, en tant que président de la
commission des affaires étrangères, de la
défense et des forces armées au Sénat, il
préconise la prudence en matière de solutions. Par exemple, il n’adhère pas à la
proposition de Laurent Wauquiez, lorsque le président des Républicains propose l’internement de manière préventive
des individus fichés S les plus dangereux.
« Il faut faire très attention sur l’internement généralisé », a estimé Cambon, lundi, sur le plateau du « Talk Le Figaro ».
Le parlementaire préconise une mobilisation des acteurs de « proximité » tels
les maires. Favorable à la conservation
du fichier S, Christian Cambon rejoint les
mises en garde de Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur, contre les « propos
démagogiques ». « Il faut se garder de ces
déclarations à l’emporte-pièce qui laissent
à penser à l’opinion française que l’on a
une solution », a-t-il critiqué.
S’il ne croit pas plus à l’internement
préventif qu’à la création d’un délit d’in-
À Strasbourg,
L’enquête sur les éventuels complices d’Azimov
présage d’autres coups de filet chez les islamistes
A
PAULE GONZALES £@paulegonzales
ET JEAN-MARC LECLERC
£@leclercjm
L’AFFAIRE du tueur au couteau
du quartier de l’Opéra à Paris (un
mort et quatre blessés, le 12 mai
dernier), annonce peut-être une
nouvelle séquence dans la répression antiterroriste en France. Les
proches de Gérard Collomb assurent qu’« il n’a pas l’âme d’un
laxiste ». Et ceux d’Emmanuel
Macron réfutent toute idée de
« naïveté coupable » du président
face à l’islam radical. « La riposte
impose sang-froid et méthode »,
explique simplement un préfet.
D’abord, l’enquête judiciaire
progresse. Les parents de Khamzat Azimov, ce terroriste de
20 ans abattu par la police le soir
même de l’attentat, ont vu leur
garde à vue prolongée.
Le groupe État islamique (EI),
qui a rapidement revendiqué l’attaque, avait diffusé une vidéo dans
laquelle un jeune homme encapuchonné est présenté comme Azimov prêtant allégeance à Daech.
Elle est en cours d’analyse.
Mais surtout, un camarade
d’Azimov, Abdoul Hakim A., a
été transféré ce lundi au siège de
la Direction générale de la sécuri-
té intérieure (DGSI) à LevalloisPerret (Hauts-de-Seine) pour
24 heures de garde à vue supplémentaires. Il avait été arrêté dimanche dans le quartier de l’Esplanade, à Strasbourg, où Azimov
a vécu plusieurs d’années avant
d’arriver à Paris.
Lui aussi est d’origine tchétchène, né en 1997. La perquisition
à son domicile a permis de saisir
un ordinateur. Il est en cours
d’expertise, tout comme le sont
ses liaisons Internet, ainsi que la
téléphonie du suspect. Ce garçon
portait, au moment de son interpellation, un tee-shirt noir avec
l’inscription « Defend Grozny »
et le dessin d’une kalachnikov sérigraphiés.
Des liaisons troubles
Abdoul Hakim A. est suivi par les
services de renseignement depuis
son mariage religieux avec Inès
Hamza, une radicalisée qui avait
tenté de partir en Syrie en janvier 2017 avant d’être poursuivie
pour association de malfaiteurs à
visée terroriste, selon une source
proche de l’enquête. Et c’est en
raison de ses liens avec cet homme que Khamzat Azimov avait
été entendu il y a un an par la
section antiterroriste de la brigade criminelle.
« Khamzat Azimov et (Abdoul)
Hakim A. ont effectué leur scolarité
au lycée Marie-Curie de Strasbourg », précise le rectorat. Les
deux hommes étaient « dans la
même classe en 2016 en terminale
ES, très bons amis […], ils étaient
tout le temps ensemble au lycée et
en dehors », témoigne un ancien
élève de l’établissement.
Ce sont ces liaisons troubles qui
ont motivé non seulement le fichage S d’Azimov, au nom de la
sûreté de l’État, mais aussi son
inscription au Fichier des signalements pour la prévention de la
radicalisation à caractère terroriste (FSPRT).
La polémique sur l’efficacité
toute relative de telles précautions peut certes sembler injuste
aux policiers, mais elle pointe une
évidence : les autorités qui savent
identifier des individus à risque
ont parfois du mal à les traiter au
plan judiciaire.
Que faire désormais ? La prévention du terrorisme, inscrite
dans la dernière loi de novembre 2017 qui a remplacé l’état
d’urgence, laisse beaucoup de
marge aux services d’enquête.
En tout temps, l’autorité administrative peut permettre des
perquisitions désormais qualifiées
de « saisies et visites domiciliai-
res ». Il est aussi possible de prononcer des assignations à résidence rebaptisées pudiquement
« mesures
individuelles
de
contrôle administratif et de surveillance ». De quoi cibler les
personnes soupçonnées de représenter une menace mais qui ne
font pas l’objet d’une procédure
judiciaire.
En période d’attentat comme
actuellement, ce type de mesures
est tout à fait justifié, en sachant
cependant que le périmètre d’assignation ne pourra « pas être inférieur à la commune ». Si le
Conseil constitutionnel a partiellement censuré le dispositif en
imposant notamment le contrôle
effectif et rapide du juge administratif en cas de demande d’annulation de l’assignation à résidence, le législateur a cependant
jusqu’à novembre prochain pour
le faire. Autrement dit, la loi s’applique encore aujourd’hui dans sa
forme la plus extensive.
À quand les prochains coups de
filets policiers dans les milieux islamistes ? Rien n’est tranché mais
les préfets ont été sollicités pour
faire le point sur les cibles potentielles. Le « haut du spectre » des
fichés S est plus que jamais dans le
collimateur. « Des actes ! », réclame l’opposition. ■
citation à la haine de la France, le sénateur Cambon juge cependant qu’il faut
avancer sur l’expulsion des fichés S, le
non-retour des djihadistes français et sur
la déchéance de nationalité. « La France
ne doit pas être le réceptacle de tous ceux
qui mettent en danger la sécurité des Français », a jugé le sénateur LR.
Il n’exclut pas une évolution des règles
internationales dans ce domaine, compte
tenu des nouveaux dangers. « Il va bien
falloir que quelque part on bouge. Sans
cela, on peut mettre en avant tous les principes démocratiques en attendant les coups
du sort. C’est ce qu’un certain nombre de
responsables disent ici ou là, mais on a le
droit de se protéger. Regardez ce que font
les Américains : ils sont autrement plus sévères que nous sur ces sujets », plaide
Cambon.
Enfin, concernant la présence de radicalisés d’origine caucasienne en France,
sans vouloir mettre tout le monde « dans
le même sac », le sénateur a estimé
qu’une communauté de 15 000 Tchétchènes environ était présente sur le territoire. « On sait qu’ils sont excessivement
dangereux et je pense qu’ils méritent une
surveillance particulièrement sévère », a
préconisé Christian Cambon. ■
YOLANDE BALDEWECK
À STRASBOURG
« Lorsqu’un
appartement
est vide dans
un immeuble
où vivent
déjà des
Caucasiens,
il y a toujours
une famille
tchétchène
pour s’y
installer
»
LE MAIRE D’UNE COMMUNE
DE L’AGGLOMÉRATION
STRASBOURGEOISE
« L’AGRESSEUR a habité à Schiltigheim. Il faut que toute la vérité soit
faite par la justice, mais qu’on ne
fasse pas d’amalgame », souligne
Danièle Dambach, la maire écologiste – nouvellement élue – de cette
commune de la périphérie de Strasbourg. Elle-même vit près du quartier où avait habité la famille de
Khamzat Azimov et où ce dernier a
grandi. Un des quartiers pauvres du
nord de l’agglomération strasbourgeoise, mais sans violences urbaines notables.
Il y avait eu le précédent de Youssoup Nassoulkhanov, originaire du
Caucase, infographiste en contrat
aidé à la mairie de Schiltigheim, qui
avait quitté son poste du jour au
lendemain. Après les attentats de
Paris, ses anciens collègues l’ont
découvert sur une vidéo enregistrée
par Daech en Syrie. Il serait mort
depuis… Un autre Tchétchène, qui a
vécu en Alsace, est en attente d’un
procès.
Danièle Dambach apparaît dépourvue, comme ses collègues des
communes voisines. « Tous les
Tchétchènes ne sont pas forcément
djihadistes », nuance l’un d’eux, en
observant, sous couvert d’anonymat, qu’« ils n’ont pas de volonté
d’intégration ». « Lorsqu’un appartement est vide dans un immeuble où
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LE FIGARO
mardi 15 mai 2018
POLITIQUE
5
CONTRE-POINT
PAR GUILLAUME TABARD £@GTabard
Le nouveau défi
de Wauquiez à Macron
L
En dépit du feu nourri
de critiques
dont fait l’objet
Gérard Collomb,
sa cote dans les sondages
continue de progresser.
JEFF PACHOUD/AFP
La majorité macroniste fait face au procès
en angélisme instruit par l’opposition
L’ATTAQUE de Paris sera inévitablement
au cœur des discussions, mardi matin, en
réunion de groupe des députés de la majorité, en présence du premier ministre
Édouard Philippe. Fin mars, les attentats
de Trèbes et de Carcassonne avaient déjà
marqué les esprits et fait apparaître des
lignes de fracture entre les élus de La République en marche (LaREM). Le débat
sur la lutte contre le terrorisme est une
nouvelle fois relancé.
Lundi matin sur Radio Classique, le
député de Seine-et-Marne et ancien patron du Raid Jean-Michel Fauvergue a
plaidé pour une surveillance accrue des
profils jugés les plus à risque des fichés S.
« Il faut faire le tri, a assuré le parlementaire macroniste, séparer le bon grain de
l’ivraie » en confiant cette mission à un
« groupe de haut niveau ».
Dans ce contexte de menace terroriste, ce spécialiste des questions de sécurité multiplie les interventions dans les
médias. Alors que le gouvernement est
taxé d’« angélisme » par l’opposition,
Jean-Michel Fauvergue fait figure
d’atout pour la majorité. « Je m’insurge
contre ce procès-là, brocarde l’ex-policier. Notre programme est clair, et nous
avons fait passer des dispositifs de l’état
d’urgence dans le droit commun (la loi sur
la sécurité intérieure, NDLR). Notre positionnement est satisfaisant, mais dans le
domaine de la lutte contre le terrorisme, il
faut aller plus loin. »
Celui qui a dirigé l’assaut contre Amedy Coulibaly, lors de la prise d’otages du
magasin Hyper Cacher, en janvier 2015,
pilote un groupe de travail d’une trentaine de députés LaREM sur la sécurité. Il
assure qu’il va plancher sur des propositions et souhaite une meilleure mise en
œuvre des dispositifs existants.
Pragmatisme
Pour cet élu, le recours aux « visites domiciliaires administratives », encadrées par
la loi, reste insuffisant. Il avait déjà alerté
le premier ministre à ce sujet, fin mars.
Fauvergue s’inscrit totalement en faux
contre l’expulsion des fichés S, comme
demandée par Les Républicains et le
Front national. « En matière de sécurité, il
ne faut pas faire que de la politique, mais
plutôt du pragmatisme », somme le député. Depuis février, il planche avec la députée LaREM Alice Thourot sur une mis-
sion parlementaire sur la coopération
entre acteurs publics et privés de sécurité.
Plutôt bien vues au sein du groupe majoritaire, au contraire de Manuel Valls
qui avait fait tousser en proposant l’interdiction du salafisme, les interventions
de Jean-Michel Fauvergue font davantage consensus. « J’ai confiance en sa
connaissance du sujet, fait savoir Hugues
Renson, vice-président de l’Assemblée
nationale. Nous avons les outils juridiques,
il faut maintenant affiner le contrôle. »
Face aux « verbiages » de Laurent
Wauquiez et de Marine Le Pen, Hugues
Renson appelle à ne pas tomber dans la
« surenchère politicienne ». « L’efficacité,
ce n’est pas forcément tenir des propos
d’estrade. C’est avoir les meilleurs outils
pour faire face à la menace, et apprendre à
vivre avec. »
Les débats au sein du groupe, mardi,
promettent une nouvelle fois d’être animés. Car si les députés ne se bousculent
pas pour monter au créneau sur la lutte
contre le terrorisme ou l’impératif de sécurité, certains d’entre eux s’inquiètent
mezza voce du risque de passer ainsi pour
une majorité « tiède », voire timorée face
à la menace et aux accusations répétées
de l’opposition. ■
de nombreux fichés S
vivent déjà des Caucasiens, il y a toujours une famille tchétchène pour s’y
installer. D’ailleurs, les familles originaires du Maghreb ou de Turquie
refusent la cohabitation avec eux »,
explique-t-il, en observant cependant que « ces gens n’ont souvent
connu que la violence et la guerre ».
À Strasbourg, la population d’origine tchétchène est installée majoritairement dans les quartiers les
plus difficiles, comme Hautepierre
ou l’Elsau. Ce quartier de 7 000 habitants, proche de la maison d’arrêt,
n’a plus ni commerce ni même de
guichet automatique bancaire. « Les
services municipaux ont fermé aussi », pointe Jean-Emmanuel Robert, conseiller municipal d’opposition, en déplorant la baisse des
dotations aux bailleurs sociaux. Député PS jusqu’aux dernières législatives, Eric Elkouby regrette l’absence d’interlocuteurs, via des
associations. « Ils ne participent pas
à la vie de la cité, ne vont pas dans les
centres socio-culturels », témoignet-il. Néanmoins, à l’entendre, les
policiers font des rondes dans les
quartiers où vivent les Tchétchènes
depuis qu’il y a eu des problèmes
entre jeunes originaires du Caucase
et de Turquie. Avec un mort à Hautepierre, en 2017. Mais il y a aussi eu,
par le passé, des troubles dans un
établissement scolaire du centreville entre différents réfugiés du
Caucase.
Les Tchétchènes seraient 10 000 à
Strasbourg. « Il n’y a pas de statistique officielle par nationalité », rappelle la préfecture. D’autant que,
concernant les demandes d’asile, il
est question de « ressortissants russes ». Plus que des communautés, le
maire de Strasbourg, Roland Ries,
souhaiterait « être davantage informé des foyers de radicalisation »,
d’autant que « 10 % des fichés S vivraient dans l’Eurométropole ». « On
apprend tout par la presse, alors que
l’État nous demande de participer
aux actions de prévention », s’étonne-t-il. Danielle Dambach répond
en écho : « Les maires ont besoin de
plus de moyens pour assurer plus de
présence dans les quartiers. C’est
l’isolement qui conduit souvent à la
radicalisation… » ■
L’argument peut faire mouche
car la plupart des portraits
du président dessinés à l’occasion
du premier anniversaire de son
élection mettent en avant - selon
les points de vue - l’exercice
« vertical », « solitaire », voire
« autoritaire » de la fonction.
Que le chef de l’État accède
à sa demande, et le patron de LR
pourra se féliciter d’avoir fait
œuvre utile sur un dossier aussi
grave que le péril islamiste ; qu’il
garde sa porte close et il sera aisé
de dénoncer l’arrogance d’un
président sourd à tout autre avis
que le sien.
Ce que la gauche lui reproche
sur le terrain social, la droite
en apporterait ainsi la preuve sur
le terrain régalien. D’autant que
cette fois, les propositions
de la droite ou celles du FN
peuvent être reçues différemment
qu’au cours des mois passés. Déjà
approuvées par plus de quatre
Français sur cinq, les mesures plus
coercitives à l’égard des fichés S
les plus dangereux étaient rejetées
par la majorité sous prétexte
qu’elles seraient impossibles
à mettre en œuvre. Mais
l’accumulation des faits
dramatiques rend de plus en plus
difficile la justification selon
laquelle il n’y aurait rien
à modifier dans l’arsenal législatif
ou réglementaire. L’exécutif
jugeait démagogiques
les exigences de la droite.
Mais c’est l’immobilisme
du gouvernement qui pourrait
rapidement se retourner contre
lui. ■
» Retrouvez
Guillaume Tabard
tous les matins à 8h10
sur Radio Classique
Ce que la gauche
lui reproche sur
le terrain social,
la droite
en apporterait
la preuve
sur le terrain
regalien
»
Naturalisation des mineurs par filiation :
une remise en cause difficile
Le quartier
de Schiltigheim
où vivait
il y a encore quelques
mois la famille
de Khamzat Azimov.
CEGARRA ELYXANDRO/SIPA
EN DROIT de la nationalité, on
appelle cela « l’effet collectif ». À
partir du moment où un des deux
parents étrangers acquiert la nationalité française, ses enfants
mineurs nés dans le pays d’origine, l’obtiendront également. Cette règle est commune à la totalité
des pays européens. Car elle est en
effet lié à un principe de droit civil
commun à tous, celui de l’état des
personnes. « Dépourvu de personnalité juridique du fait de sa minorité, l’enfant suit l’état de ses parents majeurs. Décider de remettre
en cause cette règle de naturalisation des mineurs, c’est remettre en
cause tous les fondements du droit
civil français pour ne pas dire
européen. Autrement dit, c’est
quasi impossible », souligne ce
magistrat, spécialiste des questions de nationalité et de l’asile en
France. Dans le cas de Khmazat
Azimov, le jeune terroriste tchétchène, c’est lorsque sa mère a acquis la nationalité qu’il l’a luimême obtenue par dévolution,
alors qu’il était âgé de 13 ans. En
revanche, son père, qui l’avait
également demandée, ne l’a pas
obtenue. « Sans doute pour défaut
d’assimilation », souligne le magistrat. Pour prouver son assimilation, il faut attester d’une présence de cinq ans au moins sur le
territoire, de sa capacité à comprendre une conversation simple
et à lire un document tout aussi
simple et affirmer son adhésion
aux valeurs de la République. « Le
défaut d’assimilation peut-être
tout autant des violences, que le
port du voile intégral ou le refus de
serrer la main à une femme, comme
nous l’avons vu récemment », souligne encore ce magistrat. Ce dernier estime que « la seule possibilité juridique de durcir les textes
concernant les mineurs serait
“
Dépourvu de
personnalité juridique
du fait de sa minorité,
l’enfant suit l’état de
ses parents majeurs
UN MAGISTRAT SPÉCIALISÉ
”
d’exiger que les deux parents aient
obtenu la naturalisation ». De quoi
respecter d’ailleurs un certain parallélisme des formes puisque,
comme le fait remarquer Patrick
Berdugo, l’avocat spécialiste du
droit des étrangers, « pour obtenir
la naturalisation d’une famille, il
faut que les deux parents aient fait
la demande de nationalité. Dans le
cas contraire, cela est compris
comme un défaut d’assimilation et
toutes les demandes déboutées ».
Depuis 1998, la législation s’est,
par ailleurs, légèrement durcie
pour les mineurs nés en France.
Alors que jusque-là, la nationalité
était automatique, les mineurs
âgés de 13 à 18 ans doivent désormais faire une déclaration d’intention afin d’obtenir la nationalité française à leur majorité, à la
condition d’avoir séjourné en
France durant ces cinq années.
Plus largement, les spécialistes du
droit des étrangers font remarquer que l’attribution de la nationalité s’harmonise en Europe,
terre d’immigration. « La doctrine générale étant qu’il est plus
dangereux d’avoir des étrangers
sur son sol que des personnes assimilées », note ce magistrat. Ainsi
l’Allemagne qui, jusqu’en 1998,
pratiquait le droit du sang, a assoupli les conditions de naturalisation jusqu’à accepter plus facilement la double nationalité.
« Sans doute est-il encore difficile
d’acquérir la nationalité en Pologne
par rapport à Malte ou au Monténégro, où si l’on y investit, il est
possible d’en acquérir facilement la
nationalité. Mais globalement,
nous retrouvons les mêmes
contraintes, de séjour, de langue et
d’assimilation
partout
en
Europe. » ■
P. G.
A
MATHILDE SIRAUD £@Mathilde_Sd
a droite va-t-elle regretter
François Hollande ?
En demandant
à Emmanuel Macron
de recevoir les responsables
des formations politiques pour
« échanger sur les mesures efficaces
à prendre dans la lutte contre
le terrorisme », Laurent Wauquiez
oppose l’attitude du chef de l’État
sur ce sujet à celle
de son prédécesseur.
Après le Bataclan, Hollande avait
en effet reçu tous les chefs de parti
à l’Élysée et avait accepté d’étudier
toutes leurs propositions. Jusqu’à
la fameuse déchéance de
nationalité pourtant honnie par la
gauche, mais réclamée par Les
Républicains et le Front national.
Le moins qu’on puisse dire est que
cela n’avait pas porté chance
politiquement au président
socialiste. Mais au moins avait-il
admis qu’il pouvait non seulement
examiner mais carrément
reprendre une idée venue du camp
d’en face.
Or, dès dimanche, au Grand Jury
RTL-Le Figaro-LCI, le porteparole du gouvernement,
Benjamin Griveaux, a balayé d’un
revers de main toutes les
propositions émanant de LR,
comme la rétention préventive
des fichés S les plus dangereux,
sans parler de celles qu’a formulées
le FN, comme l’expulsion
des étrangers fichés S. L’objectif
de Wauquiez est donc de souligner
qu’alors qu’un président aussi
clivant que Hollande était capable
de prendre en compte la voix
de l’opposition, un président
qui prétendait dépasser les clivages
partisans est, lui, incapable
d’écouter d’autres avis que le sien.
Cet angle d’attaque témoigne
d’une évolution tactique
du président des Républicains.
Jusqu’à présent - et jusque dans
les premières réactions ce weekend –, la droite pointait
« l’inaction » du gouvernement
face au terrorisme islamiste et face
aux causes qui y conduisent. Avec
le risque d’être accusée
de rechercher la polémique plutôt
que de construire « l’unité
nationale » face à ce danger.
En invitant le chef de l’État à
recevoir les représentants de tous
les courants politiques, Wauquiez
repasse à Macron le mistigri
du sectarisme et de l’entêtement.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 15 mai 2018 LE FIGARO
6
POLITIQUE
Cette année,
la police cherche
8 000 recrues
Confrontée à une menace terroriste qui
ne faiblit pas et aux défis de la sécurité du
quotidien, l’institution lance à partir de ce
mardi une campagne inédite depuis 18 ans.
SÉCURITÉ Alors que la menace terroriste reste forte, comme en témoigne le raid
au couteau perpétré samedi à Paris, la
police va effectuer quelque 8 000 recrutements en 2018 ! Soit dix fois plus qu’il y
a dix ans. Jamais les sergents recruteurs
n’ont autant travaillé. « Entre 20 000 et
25 000 candidats devraient se présenter
au concours de gardiens de la paix, ce qui
est particulièrement élevé si l’on excepte le
concours exceptionnel post-Bataclan qui
avait attiré 36 000 personnes en 2016 »,
rappelle le contrôleur général Jérôme
Bonet, patron du Service d’information
et de communication de la police nationale, qui précise qu’une « telle vague de
nouvelles recrues compensera les départs
naturels à la retraite, les évolutions de
carrières, les démissions et autres déta-
chements tout en garantissant l’objectif de
création de postes annoncés par le ministère de l’Intérieur ». À raison d’environ
1 500 postes supplémentaires chaque
année, la police devrait voir ses effectifs
augmenter de 7 500 hommes d’ici à la fin
du quinquennat. Au total, la promesse de
campagne d’Emmanuel Macron est de
créer 10 000 emplois dans les forces de
l’ordre, dont 2 500 postes de gendarmes.
Clip promotionnel
Pour Beauvau, où la main-d’œuvre représente près de 90 % du budget global,
soit 9 milliards d’euros, l’humain est au
cœur de la machine. « Si des gardiens de
la paix n’étaient pas intervenus dans les
premières minutes après l’attaque terroriste commise dans le quartier de l’Opéra,
Les élèves gardiens de la paix sur la place d’armes de l’École nationale de police, à Roubaix.
il y aurait eu beaucoup de morts et de blessés, a assuré lundi après-midi Gérard
Collomb devant un parterre de lycéens
et de policiers réunis près de l’École militaire. Il faut des policiers pour faire
rayonner un ordre républicain. Sans eux,
la vie en commun devient impossible. Nous
avons besoin d’une nouvelle génération et
c’est une bonne période pour passer le
concours. »
Dans leur écrasante majorité, les futurs policiers seront affectés en priorité
en région parisienne, mais aussi à Lille
ou Lyon, dans les rangs de la police en
tenue. Appelée à occuper un rôle stratégique dans la mise en place à
l’automne prochain des quartiers de
reconquête républicaine (QRR), cette
dernière a dû laisser partir beaucoup de
fonctionnaires afin de renforcer la lutte
antiterroriste.
Pour attirer de nouveaux profils, la
police nationale a décidé de changer de
braquet. « Pour la première fois depuis
dix-huit ans, nous allons lancer une campagne télévisée pour mobiliser les jeunes
pour la sécurité du quotidien et à travers
une adhésion à des valeurs fondamentales
telles que le courage, le dévouement, l’intégrité, l’exemplarité ou encore ou le dépassement de soi », précise le contrôleur
général Jérôme Bonet. Dès mardi, un
clip de 30 secondes, interprété par trois
comédiens et de vrais policiers qui incarnent leur propre rôle à l’écran, met
en scène des jeunes gens qui se promènent dans un quartier pavillonnaire où,
autour d’eux, des agents s’affairent à
VINCENT BOISOT/LE FIGARO
mener trois missions : protéger, enquêter et intervenir.
Pour revisiter la terminologie « gardien de la paix », la séquence s’achève
par ce slogan : « Devenez policier, gardien de notre paix ». Outre des saynètes à
vocation humoristique diffusées sur
YouTube pour attirer un public urbain,
la campagne intègre aussi un clip « choral » de policiers se succédant à l’image
pour témoigner de leur engagement.
Plus qu’un simple appel aux vocations,
l’ambition de la police nationale est de
faire parler d’elle après la grand-messe
du 20 heures pour valoriser son image.
Et ranimer le sentiment de fierté des
agents parfois en proie au blues. ■ C. C.
+
» Lire aussi PAGE 16
40 % des jeunes se disent motivés par l’« envie de mener des enquêtes »
CHRISTOPHE CORNEVIN £@ccornevin
L’effet de souffle des attentats sur l’opinion ne faiblit pas. Trois ans après les
attaques kamikazes ayant endeuillé le
pays et l’extraordinaire déferlante de
solidarité qui a ensuite porté les forces
de l’ordre, l’engouement des Français
pour leurs policiers se maintient à un
seuil élevé. Un sondage jusqu’ici confidentiel, commandé à l’institut Ipsos par
la Direction générale de la police nationale (DGPN) et que dévoile Le Figaro en
témoigne : 81 % de nos concitoyens ont
une bonne image de la police. « La perception est meilleure en province et en
milieu rural, et auprès des jeunes et des
plus diplômés », note-t-on au sein de
l’institution, où l’on se félicite de certains « traits d’image », puisque les
Français plébiscitent la police en la jugeant « compétente » (84 %), au « service de l’intérêt général » (82 %), ou encore « honnête » (79 %). À titre individuel,
les fonctionnaires surfent aussi sur les
bonnes opinions de nos concitoyens,
qui les considèrent comme « courageux » (89 %) ou encore « utiles aux
autres » (89 %).
Au-delà de son allure enchantée, le
paysage présente certains contrastes qui
sont autant de sujets de réflexion au sein
du ministère de l’Intérieur. Ainsi, les
deux tiers des interrogés (66 %) pensent
que la police est « dépassée par le contexte, les événements ». « Le grand public
sait que la police manque de moyens face à
un environnement compliqué où se mêlent
de grosses problématiques liées à la menace terroriste, à la crise migratoire mais
aussi aux violences qui traversent la société », détaille Stéphane Zumsteeg, directeur du département opinion et recherche sociale d’Ipsos. À l’instar
d’autres sondages parus ces derniers
mois, l’étude met en évidence que la police est jugée peu moderne par près de la
moitié des Français (48 %) mais aussi
éloignée de la population, selon l’avis de
40 % des administrés. Autant dire que la
nouvelle police de sécurité du quotidien
(PSQ), que Gérard Collomb a portée sur
les fonts baptismaux, est au cœur d’une
forte attente.
Établie à des « fins opérationnelles »
dans la perspective de la campagne de
recrutement, l’enquête a plus particulièrement pris le pouls de la population
Enquêtes et protection de la population sont les deux
attraits principaux de la police nationale selon les jeunes
À l'inverse, les risques et la difficulté
du métier en général sont les principaux freins
Question : QU'EST-CE QUI POURRAIT VOUS ATTIRER DANS LA POLICE NATIONALE ?
Question : QU'EST-CE QUI VOUS RETIENDRAIT D'ENTRER DANS LA POLICE NATIONALE ?
Total supérieur à 100 %, 3 réponses possibles
Total supérieur à 100 %, 3 réponses possibles
JEUNES DE 16 À 26 ANS
JEUNES DE 16 À 26 ANS
L'envie de mener des enquêtes
40 %
Les risques liés à ce métier
L'envie de protéger la population
40 %
Les conditions de travail
La volonté de servir l'intérêt général
37 %
Les difficultés du métier
La variété des missions
29 %
La réputation de la police
L'envie de faire respecter la loi
29 %
La mauvaise image de la police
nationale dans votre entourage
Le goût de l'action
27 %
La stabilité, la sécurité de l'emploi
17 %
51 %
34 %
28 %
17 %
14 %
Le salaire
13 %
Le manque d'intérêt du métier
8%
Les perspectives d'évolution
9%
Les perspectives d'évolution
7%
Le salaire
8%
Aucun de ces éléments
8%
Sources : DGPN - Ipsos
âgée de 16 à 26 ans. Cinquante ans après
le « joli » mois de Mai 68, et en dépit de
l’agitation actuelle d’activistes à la sortie
des facultés, l’esprit de fronde antiflic et
les slogans hostiles « CRS : SS » sont relégués à une imagerie désuète. Les chiffres sont sans appel : comme leurs aînés,
78 % des adolescents et des jeunes adultes ont une perception favorable des policiers. « L’utilité de la police est reconnue
par tous les jeunes, qui la voient comme la
garante de l’ordre, de la paix et du bien
vivre ensemble », affirme-t-on à la
DGPN, soulagée de constater que le
nouveau credo est devenu : « Sans la police, ce serait l’anarchie. »
« L’actualité, notamment terroriste,
mais aussi les fictions et les feuilletons télévisuels comme les Experts tirent les
opinions vers le haut », observe de son
côté Stéphane Zumsteeg dont l’étude
révèle que les entités les plus attirantes
aux yeux de la nouvelle génération sont
la police technique et scientifique, dans
72 % des cas, assez loin devant la police
judiciaire (46 %), le renseignement
(44 %) mais aussi le Raid, dont l’image
est iconique dans la guerre menée
contre le djihadisme. Même si les « mo-
Les informés de franceinfo
A
Une émission de Jean-Mathieu Pernin,
du lundi au vendredi de 20h à 21h
chaque mardi avec
Infographie
dalités d’entrée dans la police sont méconnues, puisque seuls 25 % des jeunes
estiment connaître le processus », les
moins de 26 ans ont une vision assez lucide de l’univers qui pourrait s’ouvrir à
eux. L’intérêt du métier est en effet au
rendez-vous puisque 40 % des jeunes
intéressés se disent motivés par l’« envie
de mener des enquêtes ».
“
L’élan patriotique
est encore au rendez-vous.
Les candidats
ne se présentent pas
dans l’espoir d’avoir un job
bien tranquille
UN HAUT FONCTIONNAIRE
”
Ou, dans une proportion analogue,
« par l’envie de protéger la population »
ou encore par la « volonté de servir l’intérêt général » (37 %). « L’élan patriotique
est encore au rendez-vous », se félicite un
haut fonctionnaire qui a bien noté que
« les candidats ne se présentent pas dans
l’espoir d’avoir un job bien tranquille ». De
fait, à peine 17 % de l’échantillon invoquent la « stabilité » et la « sécurité de
l’emploi ». La proportion dégringole à
9 % pour les « perspectives d’évolution »
et même 8 % pour l’attractivité du salaire. « À ce titre, déplore-t-on à la DGPN,
seuls 7 % des jeunes sondés situent correctement la rémunération des gardiens de la
paix, sous-évaluée de manière très générale. » Pour mémoire, un élève peut prétendre à un salaire net de 1 780 euros à sa
sortie d’école. « 31 % des jeunes ont déjà
envisagé d’entrer dans la police, mais
seulement 9 % de manière sérieuse », résume-t-on à la DGPN, où l’on ajoute que
« les hommes les plus jeunes (16-17 ans) et
ceux qui résident en province sont légèrement surreprésentés dans cette catégorie ». S’interrogeant sur les « renoncements à devenir policier », les stratèges de
Beauvau ont pointé « quatre freins ». « Le
premier, clairement identifié et principal
(cité par 51 % de l’échantillon, NDLR),
est relatif aux risques inhérents au métier », explique une « synthèse » du sondage, qui évoque les « risques ressentis
par les jeunes de se faire tirer dessus, se
faire caillasser ou avoir un accident » mais
aussi « l’entourage familial qui cherche à
les dissuader de s’engager dans cette
voie ».
À ce titre, le sondage montre l’attitude
ambivalente des parents, qui « se disent
à 87 % inquiets si leur enfant devenait policier », tout en reconnaissant à 79 %
qu’ils « en seraient fiers ». Les jeunes interrogés citent aussi les « conditions de
travail », considérées comme dégradées
par 34 % des sondés, notamment en raison d’un métier pas toujours compatible
avec la vie de famille et de « concours
photos » sur des commissariats vétustes
diffusés par les fonctionnaires. Enfin, de
manière plus marginale, les experts
n’ignorent pas une « réticence inhérente
à l’image du métier et son impact sur son
entourage », pour 14 % des sondés, mais
aussi les doutes des filles face à « l’image
d’un métier masculin, où il est difficile
pour les femmes de trouver une place, de
se faire respecter, d’être crédible face à la
population ». Le vieux slogan « la police,
un métier d’hommes » aurait donc la peau
dure. Pourtant, avec 28 % de représentation, la femme est l’avenir de l’ordre. ■
Les écoles tournent
à plein régime
Sous l’effet conjugué d’une fin de
carrière programmée pour toute une
génération de policiers et d’un plan
d’embauches exceptionnel, les écoles
de la police tournent à plein régime
pour répondre à la demande. Selon un
bilan remontant au 30 avril dernier,
pas moins de 3 873 élèves gardiens
de la paix, adjoints de sécurité et
cadets de la République apprennent
les fondamentaux de leur métier au
sein de 17 centres en métropole et
dans les DOM-TOM. « Fin 2012, il y
avait à peine 400 élèves dans les
écoles », a rappelé lundi le directeur
général de la police nationale (DGPN),
Éric Morvan, lors de la présentation
de la campagne de recrutement. Pour
décrocher un galon de lieutenant, la
pression reste forte, puisque quelque
5 203 candidats (bac + 2 minimum) se
sont pressés en 2016 aux portes de
l’école d’officiers de Cannes-Écluse,
qui offrait 67 places. Idem chez les
commissaires, où l’École nationale
supérieure de Saint-Cyr-au-Montd’Or (Rhône) a dû trier parmi
1 407 postulants bac + 4 pour
pourvoir 40 postes. Pour apporter
un soutien matériel et pédagogique
aux candidats d’origine modeste,
quelques places leur sont réservées
au sein de classes préparatoires
intégrées (CPI). Car seul le mérite
compte aux yeux des examinateurs.
C. C.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mardi 15 mai 2018
POLITIQUE
Édouard Philippe :
un an à la barre de Matignon
Le premier ministre
célèbre, mardi soir,
son premier
anniversaire
à Matignon.
MARCELO WESFREID £@mwesfreid
GOUVERNEMENT Il l’a dit et répété.
Édouard Philippe n’est pas un adepte des
« célébrations ». Sans doute un des effets
de l’école Juppé, qui ne goûte guère aux
envolées lyriques ni aux émotions collectives. Et pourtant, l’hôte de Matignon va
finalement participer, mardi soir à Paris,
à la « fête » anniversaire de la victoire
macroniste. Un événement qui n’était
inscrit à aucun agenda officiel, organisé
un an jour pour jour après sa propre nomination à Matignon. De nombreux ministres et députés macronistes ont prévu
d’y participer.
Il faut dire que le destin de ce conseiller
d’État, propulsé à Matignon après l’échec
cuisant de son mentor à la primaire de la
droite, restera comme l’une des résurrections politiques les plus spectaculaires
de ces dernières années. « Quelques semaines encore avant sa nomination,
Édouard Philippe rencontrait des chefs
d’entreprise pour chercher un job, en plus
de son travail de maire », se souvient l’une
de ses connaissances. Pour Édouard Philippe comme pour ses amis, il était difficile de banaliser cet épisode à la fois personnel et emblématique de la
recomposition du paysage politique.
Aujourd’hui, l’ex-maire du Havre s’est
fait un nom et un prénom. On lui prête
tous les avenirs (maire de Paris, maire de
Bordeaux, tête de liste aux européennes,
futur président de la région NouvelleAquitaine, etc.). Le voilà sur moult fronts,
courant quasiment sur tous les ballons :
de Notre-Dame-des-Landes à la Corse,
de la SNCF au Grand Paris Express, de la
réforme des institutions à la visite d’un
commissariat après les saccages des black
blocs à Paris, le 1er mai.
« Sois heureux, profite, c’est une belle
maison », lui avait glissé Manuel Valls à son
7
EN BREF
Mayotte : le gouvernement
va faire des annonces
pour le développement
La ministre des Outre-mer
Annick Girardin, en déplacement
à Mayotte, s’apprête à faire des
annonces pour le développement
de l’île. La ministre a été accueillie
dimanche dans une ambiance
plus chaleureuse que lors
de sa précédente visite. Elle devrait
notamment revenir sur la création
d’une Agence régionale de santé
et d’un rectorat « de plein
exercice », l’accélération
des constructions de classes
pour répondre au manque
d’infrastructures scolaires,
l’exonération de ticket modérateur
(le reste à charge) pour les « affiliés
sociaux » ou encore des moyens
supplémentaires pour le centre
hospitalier de Mamoudzou.
Pour Hamon, « Macron
a légitimé et mis en œuvre
la sécession des riches »
Édouard Philippe, lors
d’une conférence de presse,
fin octobre, à Matignon.
FRANÇOIS BOUCHON/LE FIGARO
arrivée à Matignon. Les débuts d’Édouard
Philippe furent un brin poussifs, comme
lors de son premier journal télévisé, où il
balbutiait son argumentaire, ou comme
lors de la rentrée 2017. Face à Jean-Jacques
Bourdin, il avait séché sur la revalorisation
des pensions d’invalidité et le minimum
vieillesse. « Je suis un gars sérieux, j’essaie
de faire les choses sérieusement. Quand je
sais, je dis. Quand je ne sais pas, je vérifie »,
avait-il répondu, ce 24 août au matin, sans
se départir de son calme, sans esquiver.
comme en avaient subi avant lui François
Fillon ou Manuel Valls. Seule certitude :
la limitation de la vitesse à 80 km/h,
voulue par Édouard Philippe, a provoqué
des interrogations chez le chef de l’État.
Lequel n’a pas voulu déjuger son premier
ministre.
Côté politique, Édouard Philippe a
conservé son identité d’homme de droi-
te. Plus membre de la famille des Républicains, il n’a pas pour autant adhéré à
La République en marche. Cultivant cet
entre-deux, il souhaite poursuivre le travail de recomposition à droite, commencé le 15 mai 2017. En privé, il se considère
volontiers comme « un porte-avions » sur
lequel viennent se poser les avions déboussolés de la droite. ■
Benoît Hamon critique en bloc
dans Libération lundi la politique
menée par Emmanuel Macron,
jugeant qu’il a « légitimé et mis en
œuvre la sécession des riches », et
qu’il est sur le plan diplomatique
« impuissant et inoffensif ».
Pour l’ancien candidat PS à la
présidentielle, « une bonne partie
des masques sont tombés »
un an après la présidentielle,
et il apparaît désormais que
la politique du gouvernement
est « 100 % dans la droite libérale
et conservatrice ».
Secret bien gardé
Au fil des mois, Édouard Philippe a réussi
une gageure : exister dans un système
pyramidal où tout remonte à Emmanuel
Macron, un chef de l’État qui délègue peu
et aime prendre la lumière. Son premier
acte fut d’ailleurs d’imposer Benoît Ribadeau-Dumas comme directeur de cabinet à Matignon, alors qu’Emmanuel Macron voulait désigner l’un de ses proches,
Nicolas Revel. Un haut fonctionnaire qui
fut secrétaire général adjoint de l’Élysée
en même temps qu’Emmanuel Macron
au début du précédent quinquennat.
Depuis, le duo au sommet de l’État
forme l’un des tandems les plus solides
de la Ve République. Leurs discussions
sont un secret bien gardé. Pas de couacs,
pas de petites vexations présidentielles
« Il ne trahit pas ses idées,
il n’a jamais été de droite »
« Un style à l’anglo-saxonne »
C’est exactement ce que pense Hervé
Morin, le président de la région Normandie, qui préside également l’Association des régions de France. Morin
avait critiqué l’attitude du premier ministre à l’égard des collectivités, regrettant de « vaines » réunions et des décisions prises « sans concertation ».
Pour autant, il estime que l’hôte de
Matignon « se débrouille plutôt bien »
dans ses nouvelles attributions, notamment pour quelqu’un qui n’avait « jamais » occupé de fonction gouvernementale auparavant. « Il a imprimé un
style, un peu à l’anglo-saxonne, à la fois
sérieux et décontracté », salue le président des Centristes. Ce constat lui permet-il de dresser un bilan après cette
première année Philippe à la tête du
gouvernement ? « Le bilan est plutôt celui du président de la République, pas le
sien », nuance l’élu normand. Un
constat qui revient souvent.
« Édouard Philippe n’imprime pas vraiment pour le moment. Avec un président
qui étouffe un peu tout le monde, c’est difficile pour le premier ministre d’exister »,
constate un juppéiste. « On est dans cette
situation où le premier ministre est un accessoire du président. Comme sur la réforme de la SNCF, c’est le bénéfice ou l’échec
du président », poursuit cet élu de droite
pourtant proche d’Édouard Philippe. ■
1
À DROITE, Édouard Philippe ne laisse
pas indifférent. Pour les uns, il est le
« traître en chef », celui qui par sa nomination à Matignon a contribué à faire affaiblir Les Républicains. « Ça nous a coûté 150 députés aux législatives », regrette
un ténor LR. Pour les autres, le premier
ministre serait le « grand gagnant du
Loto. Le type, il a quand même eu une
chance d’enfer », rit un élu LR. Pour son
ancien « patron », comme le chef du
gouvernement continue d’appeler Alain
Juppé, « Édouard Philippe se débrouille
bien. Il arrive à occuper sa place. Ce n’est
pas évident dans le système de la Ve République. Tous les présidents ont été envahissants. Mais Édouard Philippe marque
bien son territoire. » Un sans-faute ? À
voir, pour les élus LR restés actifs au sein
du parti.
« Édouard, je l’aime beaucoup », ajoute mi-figue mi-raisin un élu membre de
la direction, « mais franchement il n’est
pas de droite ! » En privé, Laurent Wauquiez ne dit pas autre chose. « Contrairement à certaines girouettes comme Gérald Darmanin, je n’en veux pas à
Édouard Philippe. Au fond, il n’a pas trahi
ses idées, il n’a jamais été de droite »,
raille le président de LR. « Sur la réforme
constitutionnelle, Édouard Philippe nous a
reçus », glisse Christian Jacob, président
du groupe LR à l’Assemblée nationale.
« Il était aimable, mais n’en avait rien à
faire. »
Pour les parlementaires de droite,
parmi lesquels beaucoup regrettent de
ne pas avoir pu faire passer un seul
amendement à l’Assemblée, le premier
ministre s’est simplement mis au service
de l’Élysée. Il s’inscrit dans le prolonge-
ment de la verticalité du pouvoir voulue
par Emmanuel Macron. À l’Association
des maires de France, où il cotisait lorsqu’il était encore maire du Havre,
Édouard Philippe n’a pas laissé un souvenir impérissable. « On ne le voyait jamais » critique un élu, fâché par la manière dont le gouvernement traite
aujourd’hui les territoires alors qu’il attendait autre chose d’un ancien élu local.
A
EMMANUEL GALIERO£@EGaliero
ET MARION MOURGUE £@MarionMourgue
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 15 mai 2018 LE FIGARO
8
SOCIÉTÉ
À Notre-Dame-des-Landes, la ZAD dans l’at
d’une nouvelle intervention des forces de
Seuls quinze des 29 projets agricoles déposés par les zadistes
ont été jugés valables par l’État.
ANGÉLIQUE NÉGRONI anegroni@lefigaro.fr
SÉCURITÉ Plus que jamais, la ZAD de
Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) est sur le qui-vive. Dans les prochains jours, ses 300 occupants s’attendent, en effet, à une nouvelle opération
d’expulsion, dont l’annonce a d’ailleurs
été faite par le premier ministre. « Ceux
qui ne sont pas engagés dans la démarche
permettant l’accueil de nouveaux projets
agricoles dans un cadre légal s’exposent à
la poursuite des procédures d’expulsion »,
a prévenu, il y a plus de deux semaines,
Édouard Philippe en fixant une date à
partir de laquelle les forces pourraient de
nouveau intervenir : le 14 mai. Le compte
à rebours a donc commencé depuis
lundi, minuit.
Tous évidemment s’interrogent sur
l’ampleur de cette nouvelle opération,
dont la première phase, menée le mois
passé, avait conduit au démantèlement
partiel de la ZAD. Le 9 avril dernier, durant plusieurs jours, 2 500 gendarmes
équipés de bulldozers étaient parvenus à
faire une percée notable au milieu de ce
territoire tenu depuis plus de dix ans par
les zadistes. Lors de violents affrontements opposant ces derniers aux forces
de l’ordre, 29 squats avaient été détruits,
sur les 97 dénombrés.
Mais aujourd’hui, il n’en reste pas, en
réalité, 68 à démolir, car au moins
29 d’entre eux seront épargnés. Ce
nombre correspond aux discussions pa-
rallèles engagées par l’État pour que ces
occupants illégaux se mettent en règle.
En effet, depuis l’abandon du projet de
l’aéroport sur Notre-Dame-des-Landes
en janvier dernier, le gouvernement a
fait le choix d’étudier les projets agricoles des zadistes à condition qu’ils soient
nominatifs et individuels. Des exigences
somme toute normales mais perçues
comme insurmontables pour ces occupants, voulant coûte que coûte imposer
un projet collectif sur le modèle du Larzac. Finalement, et après une fin de nonrecevoir entraînant ces premières démolitions, une partie d’entre eux se sont
résignés à se plier aux conditions de
l’État.
“
L’État souffle le chaud
et le froid
”
UN PORTE-PAROLE DES ZADISTES
Ainsi, ces 29 dossiers déposés le
20 avril dernier étaient ce lundi étudiés à
la préfecture lors d’un comité de pilotage
présidé par le ministre de l’Agriculture,
Stéphane Travert. Autour de cette table
ronde, rassemblant notamment la préfète, Nicole Klein, mais aussi maires,
collectivités locales et associations, les
zadistes n’étaient pas conviés. Quelquesuns d’entre eux, épaulés par des soutiens,
ont alors manifesté devant les grilles de la
préfecture. Pendant qu’on notait leur
copie, eux brandissaient des banderoles
pour s’opposer à de nouvelles expulsions.
Au sortir de ce comité en fin d’aprèsmidi, Stéphane Travert a signalé que
15 des 29 projets agricoles présentés
étaient retenus et jugés « éligibles » à la
signature de conventions d’occupation
précaire. Pour les autres, « nous avons
encore besoin de temps pour continuer à
les examiner », soit en raison de dossiers
incomplets, soit du fait de conflits d’usage avec d’autres exploitations agricoles,
a-t-il ajouté.
Mais ce traitement à double détente du
dossier Notre-Dame-des-Landes désarçonne les zadistes. « L’État souffle le
chaud et le froid. Il nous tend la main au
cours de ces réunions et brandit en même
temps la menace de nouvelles expulsions »,
relate l’un de ses porte-parole. Cette gestion pourrait aussi diviser ces occupants
illégaux. La ZAD bruisse de rumeurs selon lesquelles une partie n’apprécierait
pas de se voir dicter les règles par l’État.
Signe de tensions existantes : le traditionnel rassemblement estival, prévu
début juillet prochain, a été ajourné.
Pour l’heure, la ZAD est repliée sur
elle-même. Depuis la fin de la première
opération d’expulsion, les nombreux
renforts qui avaient afflué, faisant monter jusqu’à 600 le nombre de personnes
sur place, ont quitté les lieux. Les forces
de l’ordre ont également allégé leur présence sur place sans renoncer à une
étroite surveillance des accès aux bocages. Le calme avant, peut-être, une prochaine intervention. ■
Le projet d’Amamia pour ses cent brebis
Durant des semaines, les 300 zadistes
vivant sur place ont tenu tête, refusant de
déposer des projets agricoles individuels
auprès de la préfecture. Mais, depuis fin
avril, une petite poignée d’entre eux a
fini par se plier aux exigences de l’État,
qui étudie dorénavant 29 dossiers. Le
Figaro s’est penché sur l’un d’eux et sur
un autre pour l’instant « mis de côté ».
Loin de projets farfelus, il s’agit de suggestions plutôt classiques avec, à chaque
fois, comme socle commun, le bio, l’économie de partage et le respect de l’environnement.
Ainsi au sud-ouest de la ZAD, au lieudit du Rosier, avec cent brebis et cent ruches installées sur 21 hectares, Amamia
propose de poursuivre la production de la
laine et ses activités d’apicultrice. « On a
reconstruit une ferme et deux hangars sur
les ruines des habitations qui avaient été
détruites », raconte la jeune femme qui,
avec 3 000 m2 de potager, est aussi maraîchère. Hormis une partie des fruits et
légumes réservée à un usage personnel,
toute cette production est destinée à la
vente auprès de magasins de producteurs
du coin. Une fois par semaine aussi, la
commercialisation se fait sur place. Les
règles de la ZAD suppléent alors aux lois
habituelles du marché : chacun donne
selon ses moyens.
Une faiblesse de taille
Pour fonctionner, l’exploitation s’appuie
sur les services d’associations de zadistes :
« Abracadabois » qui se charge de tailler
les haies, et « Potedefoin », un atelier mécanique qui entretient et met à disposition de vieux tracteurs des années 1960.
La tête sur les épaules, Amamia ne
s’est pas improvisée agricultrice. « En
parallèle de cette exploitation sur la ZAD,
je suis ouvrière agricole chez des agriculteurs », dit-elle. Pour poursuivre ses
activités avec un associé, elle propose
dans son dossier la création d’un troisième poste, en charge de la communication. « Pour faire la promotion de nos produits », dit-elle en espérant obtenir le
feu vert total de ce qu’elle a mis en place.
Or les quatre cabanes qui se dressent sur
ces 21 hectares et qui sont des lieux de
vie sont, selon elle, menacées de destruction car contrevenant au plan local
d’urbanisme.
Dans le même secteur, à la ferme de
Saint-Jean-du-Tertre, Willem a, quant à
lui, déposé un dossier pour continuer
une exploitation bovine qu’il veut
convertir en bio. Détenant quarante vaches laitières et plusieurs bœufs, il vend
aujourd’hui du lait et de la viande. Côté
réglementation, ce Breton de 30 ans, qui
vit ici avec femme et enfant, se démarque des autres zadistes. Depuis 2016, il
est l’un des rares à cotiser à la Mutualité
sociale agricole (MSA). « Et tout est en règle pour mes bêtes », souligne Willem, qui
détient un diplôme d’enseignement
agricole.
Mais ce dossier particulièrement abouti détient une faiblesse de taille. Willem se
trouve sur une partie des terres qu’un
paysan qui en était parti veut récupérer.
Comme d’autres, depuis l’abandon du
projet d’aéroport, ce dernier veut en effet
retrouver ses champs. « L’État qui a mis
de côté notre candidature nous demande
de trouver un règlement à l’amiable », se
désole Willem, qui redoute de perdre ce
terrain. À ce jour, près de 100 hectares
sont concernés par ce type de conflits entre zadistes et agriculteurs. ■
A. N.
Marcel Thébault, la mémoire du bocage
SA TENUE de travail est immuable - combinaison et bottes - comme l’est son engagement. À 60 ans, Marcel Thébault et
ses faux airs à la Jacques Dufilho, incarne
toutes les luttes menées depuis le début
sur la ZAD. Contre le projet d’aéroport et
contre l’expropriation dont il a fait l’objet,
cet ouvrier agricole, qui cultive 25 hectares, a résisté en demeurant sur place et en
rejetant les indemnisations de l’État.
L’avenir lui a donné raison. Le projet
d’aéroport a été abandonné en janvier et,
dans l’attente d’une régularisation définitive, il vient d’obtenir une convention
d’occupation temporaire pour des
Hélène Roussel
le 5/7
A
avec tous les mercredis
Marcelo Wesfreid
du quotidien
champs et prairies où paissent ses 45 vaches. Pour ce fils de fermier, installé sur la
ZAD en 1999, c’est donc la fin du pesant
statut de squatteur. Mais pas la fin du
combat. Soutenant « une agriculture respectueuse de l’environnement », ce paysan
engagé œuvre toujours auprès des zadistes. En les aidant à ficeler leur projet agricole et individuel, demandé par l’État
pour régulariser leur situation.
« Je les accompagne
dans leurs réflexions »
Marcel Thébault, qui a appris à défendre
son pré carré, fait donc partie de la délégation qui représente ces occupants illégaux et qui pousse de temps à autre la
porte de la préfecture pour venir négocier
avec la préfète, Nicole Klein. On pouvait
imaginer que Marcel Thébault allait jouer
le rôle de sage auprès de ces zadistes entêtés qui rêvent d’un nouveau Larzac. Il réfute cette étiquette : « Je ne les conseille
pas, mais je les accompagne dans leurs réflexions, que je soutiens, et ces projets sont
les leurs », dit-il en évoquant un climat
tendu sur la ZAD. « On doit rapidement
faire des propositions, entrer en discussion
avec la préfète et en même temps on sait
qu’il peut y avoir à tout moment une
deuxième opération d’expulsion. » Lors de
la première intervention des forces de
l’ordre en avril dernier, Marcel Thébault
était présent, assistant à l’action des bulldozers détruisant des lieux. Des squats,
selon l’État, des fermes et des habitations,
selon lui. Des démolitions qui lui ont rappelé celles de 2012, et le fiasco de l’opération d’évacuation « César ». Un coup dur
pour le paysan. Des maisons autour de lui
avaient été rasées, le laissant plus seul que
jamais face à ses choix et un avenir incertain. Visé par une procédure d’expulsion,
il avait décidé d’entamer une grève de la
faim et de rester.
Aujourd’hui encore, bien des questions
se posent. Avec son épouse, il travaille sur
des terres que le département veut récupérer après les avoir cédées à l’État en vue
du projet aéroportuaire. Marcel Thébault
redoute de faire les frais de ces discussions
entre administrations. « Si ce transfert se
fait, rien ne dit que le département voudra
nous louer les champs », dit-il en espérant
retrouver enfin une stabilité professionnelle, pour « entreprendre mes projets bloqués depuis tellement d’années ». En l’occurrence, se lancer dans le bio. ■
A. N.
Manifestation
devant
la préfecture
de Nantes, hier,
contre la reprise
des expulsions
sur la ZAD
de Notre-Damedes-Landes.
Le maire exige « la réouverture
AVANT d’entamer un dialogue avec les
zadistes, le maire (sans étiquette) de
Notre-Dame-des-Landes,
Jean-Paul
Naud, exige la réouverture de toutes les
routes sur la ZAD.
LE FIGARO.- Quels sont vos liens avec
les occupants de la ZAD qui vivent,
Jean-Paul Naud, maire (sans étiquette)
de Notre-Dame-des-Landes, reste très
vigilant sur le devenir de ce territoire de
bocage. PHOTOPQR/OUEST FRANCE/MAXPPP
en majorité, sur le territoire
de votre commune ?
Jean-Paul NAUD. - À l’arrivée des premiers arrivants en 2007, j’avais passé
une soirée avec certains d’entre eux, le
temps de m’apercevoir que nous ne
pourrions pas faire route commune. Si
nous étions les uns et les autres opposés à
l’aéroport, j’ai compris que nos luttes
seraient différentes. À la différence du
leur, mon combat s’est toujours déroulé
dans le respect des lois républicaines.
Ces dernières semaines, des zadistes ont
souhaité me voir. Mais leur demande n’a
pas eu de suite car entre-temps, il y a eu
les expulsions menées en avril dernier.
Depuis, ils ont de nouveau fait signe
pour obtenir un autre rendez-vous et je
les recevrai sans doute.
Êtes-vous prêt à tendre la main
aux zadistes qui pourraient devenir
des habitants « légaux »
de votre commune ?
J’y consens sous conditions et je ne transigerai pas sur mes exigences. Je veux un
retour à la normalisation et cela passe
par la réouverture de toutes les routes
sur la ZAD. À ce jour, la RD 281, dite la
route des Chicanes, remise en état puis
de nouveau dégradée, reste interdite
d’accès. Une autre départementale qui
traverse la ZAD du nord au sud, la D 81,
fait l’objet, elle aussi, depuis quelques
jours, d’une interdiction de circulation,
car elle est aussi endommagée. Néanmoins et pour éviter des détours inter-
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mardi 15 mai 2018
SOCIÉTÉ
Évacuation du site :
l’autorité de l’exécutif mise à l’épreuve
MATHILDE SIRAUD £@Mathilde_Sd
EN RENONÇANT au projet de construction de l’aéroport de Notre-Dame-desLandes, le premier ministre, Édouard Philippe, s’était fermement engagé à
restaurer l’autorité de l’État. « Nous mettrons fin à la zone de non-droit qui prospère
depuis près de dix ans, avait-il dit le 17 janvier. Les occupants illégaux devront partir
d’ici le printemps prochain ou en seront expulsés. »
Mais les actes tardent à venir. Pas
d’évacuation à la fin de la trêve hivernale,
le 31 mars. L’État demande aux zadistes de
régulariser leur situation en déposant un
projet agricole. Rien n’évoluant, les forces
de l’ordre interviennent le 9 avril pour démanteler une partie de la ZAD. Après quoi,
Stéphane Travert, ministre
de l’Agriculture, au côté
de Nicole Klein, préfète de
la Loire-Atlantique (à droite),
lors d’un comité
de pilotage pour étudier
les dossiers des zadistes, hier,
à la préfecture de Nantes.
l’État rouvre des négociations et accorde
un nouveau délai pour le dépôt de leurs
projets individuels et nominatifs. Après
une réunion infructueuse, le 18 avril, avec
Nicolas Hulot, 40 dossiers sont finalement
déposés deux jours plus tard. Le gouvernement propose à nouveau un délai, jusqu’au 23 avril, pour que davantage de zadistes rentrent dans les clous.
Dernier tour de piste
Le 26 avril, le chef du gouvernement accorde encore un autre moratoire, jusqu’au 14 mai, tout en menaçant d’expulsion « ceux qui ne sont pas engagés dans la
démarche permettant l’accueil de nouveaux projets agricoles dans un cadre légal ». Le comité de pilotage, réuni ce lundi pour étudier les dossiers des zadistes,
fait figure de dernier tour de piste. « Ils
seront expulsés. C’est l’affaire de quelques
jours », assure-t-on dans l’entourage du
premier ministre. « Les choses avancent,
cela ne peut pas se régler en deux jours »,
maugrée un acteur du dossier. L’abandon
du projet d’aéroport avait déjà été perçu
comme un « renoncement » par l’opposition de droite. Las, les élus Républicains
commencent à perdre patience en voyant
le dossier s’enliser. « Cinq mois après avoir
cédé aux zadistes, le gouvernement est pris
à son propre piège, constate, dépité,
Bruno Retailleau, ex-président LR de la
région Pays de la Loire. L’aéroport est
abandonné, mais les zadistes, eux, sont
toujours là, les routes bloquées et les occupations illégales se poursuivent. La foudre
jupitérienne a fait long feu ! C’est l’autorité
de l’État et la démocratie qui ont été mises
en échec à Notre-Dame-des-Landes. » ■
FRANCK DUBRAY/PHOTOPQR/OUEST FRANCE/MAXPPP, FRED TANNEAU/AFP
Yohan, ce zadiste dépité par la « lutte
des classes » au sein de la communauté
MÊME s’il veut rester sur place,
Yohan*, sous couvert d’anonymat, livre un témoignage quelque peu désabusé de sa vie sur la ZAD. Venu avec
l’espoir de goûter à une vie en collectivité, libérée de toutes les contraintes
de notre société, il y retrouve finalement dit-il, « ce qu’il voulait fuir ». Le
pouvoir hiérarchique et même l’émergence de classes sociales existent,
selon lui, au cœur de cette communauté de 300 âmes qui brandit pourtant l’égalité pour tous.
« Pour prendre la moindre décision, il
y a des réunions à répétition. Il y a l’assemblée des usages, le conseil pour le
maintien des occupations et c’est en
réalité une poignée de personnes qui décide à chaque fois. Le pouvoir n’est pas
horizontal mais bien vertical », dit-il.
Mercredi dernier, sous un barnum tenant lieu de salle de réunion, le ton serait d’ailleurs monté pour dénoncer
trop de décisions adoptées sans
concertation. La ZAD qui défend bec et
ongles un mode de vie expérimental,
aurait donc du mal à vivre au rythme
de ses propres principes : égalité, solidarité, partage…
« Du coup, les règles ne sont pas les
mêmes pour tous », assure encore
Yohan en rappelant un événement qui
a fait le tour de la ZAD. Fin mars dernier, l’un des occupants illégaux a été
exfiltré sans ménagement des bocages.
Roué de coups, ligoté et placé dans un
coffre, ce dernier a été abandonné
quelques kilomètres plus loin devant
les portes d’un hôpital d’une ville voisine. Même si les zadistes ont toujours
éludé les questions relatives à cet épisode, Yohan relaie ce qui s’en dit.
« Contre l’avis qui avait été pris, celui
des routes » par les illégaux
minables, la population l’utilise quand
même tant bien que mal. Et je ne vous
parle pas des routes communales de la
ZAD dont on ne sait jamais si on peut les
emprunter ou non. Avant que les forces
de l’ordre ne viennent les retirer, des
barrages montés dans la nuit par les zadistes les rendent parfois inaccessibles.
Les habitants sont tout simplement excédés. Alors que le projet d’aéroport a
été abandonné, il n’y a jamais eu autant
de routes fermées à la circulation. Avant
d’aller plus loin avec les zadistes, je demande donc la réouverture de toutes ces
voies de communication.
Pourriez-vous créer une situation
de blocage ?
Très concrètement, j’ai reçu de la part
d’occupants de la ZAD diverses demandes pour être inscrit sur les listes électorales, pour qu’on accepte un enfant à
l’école ou pour bénéficier du ramassage
des ordures ménagères. Pour le moment,
j’ai refusé toutes ces demandes et je
n’étudierai pour l’instant aucun projet
culturel émanant de la ZAD. Par ailleurs,
lors du comité de pilotage de ce lundi
portant sur les projets agricoles, j’ai indiqué que je ne reconnaîtrai pas la quinzaine de conventions d’occupation précaire
qui pourrait être accordée aux zadistes.
Êtes-vous en phase avec l’action
de l’État qui, sur la ZAD, détruit
des habitations de zadistes
et en conserve d’autres ?
Je reste très vigilant sur le devenir de ce
territoire de bocage. J’ai combattu
l’aéroport pour justement protéger ces
terres et cet environnement exceptionnel. Ce n’est pas pour les voir aujourd’hui détruits par des habitations de zadistes. 98 % des 1 650 hectares de la ZAD
sont des zones humides qui, selon la loi,
sont interdites à toute construction.
Seuls 2 % de ce territoire, soit l’équivalent de plus de 30 hectares, peuvent accueillir du bâti. Aujourd’hui, je mène
tout un travail pour que ces règles soient
respectées.
Que faites-vous ?
Avec l’aide d’habitants qui sont la mémoire de la commune, je répertorie tous
les anciens lieux d’habitation de la ZAD
qui, au fil des ans et en prévision du projet d’aéroport, ont été rasés. Seuls ces
endroits, situés sur ces 2 % de zones non
humides ont vocation à accueillir un
nouvel habitat. Je dresse cette liste avec
d’autres maires concernés que je compte présenter le plus vite possible lors
d’un prochain comité de pilotage, présidé par la préfète et portant sur le devenir agricole de la ZAD. Ce comité, au
cours duquel les projets des zadistes
sont étudiés, doit tenir compte des intérêts de chacun. Il faut y trouver des terrains d’entente satisfaisant chacune des
parties pour éviter, par la suite, de possibles actions de contestation devant la
justice. ■
PROPOS RECUEILLIS PAR A. N.
ZOOM
Universités : les opposants
à la réforme tentent
de bloquer les partiels
Les forces de l’ordre ont évacué
lundi l’université de Rennes-II,
l’une des dernières occupées par
les opposants à la réforme de l’accès
à la fac. Mais les étudiants les plus
déterminés poursuivent le
mouvement en tentant d’empêcher
la tenue des examens. La
contestation vise la loi orientation
et réussite des étudiants (ORE),
accusée d’instaurer un système
de sélection. Selon le ministère
de l’Enseignement supérieur, seule
l’université de Nanterre restait
bloquée lundi matin tandis
que celle de Paris-VIII l’était
« partiellement ». Les opposants
à la réforme essayent désormais
de bloquer les partiels, souvent
délocalisés à l’extérieur des
universités. Lundi, des examens
n’ont pas pu se tenir à Marseille et
à Paris-VIII. À l’université Lyon 2,
les examens sur table de fin d’année
ont été annulés et seront remplacés
par des «modalités de contrôle
des connaissances alternatifs».
EN BREF
Violences sexuelles et
sexistes : débats sensibles
en vue à l’Assemblée
Des zadistes occupent l’accès au lieu-dit Bellevue, situé dans l’ouest de la ZAD.
LOÏC VENANCE/AFP
qui a été violenté avait détérioré la route
des Chicanes, la fameuse RD 281 qui
avait été remise en état. Alors certains
lui sont tombés dessus », dit-il en
poursuivant : « ceux qui l’ont viré sont
les mêmes qui aujourd’hui font des trous
ailleurs sur les routes, en prévision
d’une éventuelle deuxième opération
d’expulsion, pour empêcher les blindés
de passer. »
« C’était le coin
des petites gens »
La première série d’expulsions, survenue en avril dernier, lui a, dit-il,
fait perdre quelques illusions. Son habitation de fortune avait alors volé en
éclats sous les coups des pelleteuses
qui, encadrées par les gendarmes mobiles, avaient « nettoyé » la partie
sud-est de la ZAD. « C’était le coin des
petites gens, dit-il. Ces derniers étaient
installés le long de la route des Chicanes, dans une forêt, dite la zone non
motorisée. Dans ce bois, il y avait les
plus fragiles, les laissés-pour-compte
de la société et aussi des gens qui ne
sont pas bien dans leur tête car il y a
pas mal de dinguerie sur la ZAD. » Lors
de l’intervention des gendarmes,
Yohan estime avec amertume que la
communauté ne s’est pas trop mobilisée pour défendre « ce coin des
pauvres, de ceux qui n’ont jamais leur
mot à dire et qui, ici comme ailleurs,
dérangent ».
Prenant soin de rappeler qu’il livre à
chaque fois sa propre vision, Yohan
étrille la ZAD. Il n’hésite pas à décrire
une communauté hiérarchisée qui
s’est figée dans des quartiers bien distincts. « Les bobos intellos sont au cœur
de la ZAD, les riches au sud-ouest, les
diplômés qui ont le pouvoir sont à l’ouest
dans le secteur de Bellevue », dit-il. Il
ironise : « Et c’est donc le quartier des
plus démunis qui a été le premier rayé de
la carte. Finalement, la lutte des classes
existe aussi ici. »
Depuis que son lieu d’habitation a
été détruit avec tous ses effets personnels, Yohan a depuis trouvé un
nouveau point de chute sur la ZAD.
Tout en continuant à participer à cette
vie collective, il en est aussi un observateur critique. « Peut-être que je
partirai un jour, dit-il. Mais pour l’instant, je reste. Je veux poursuivre l’expérience. » ■
A. N.
*Le prénom a été changé
Le projet de loi est arrivé lundi en
débat dans l’Hémicycle dans un
climat tendu. Alors que Marlène
Schiappa, la secrétaire d’État à
l’Égalité entre les femmes et les
hommes, défend une « avancée
fondamentale », la polémique
enfle autour de l’article 2 du texte
sur la répression des infractions
sexuelles sur les mineurs
de moins de 15 ans. Lundi, près
de 250 personnes, dont l’actrice
Karin Viard, ont dénoncé un
risque de « correctionnalisation
massive des viols de mineurs ».
Des associations de protection
de l’enfance ont annoncé
une manifestation mardi matin
devant le Palais Bourbon.
La SNCF porte plainte après
des actes de malveillance
L’entreprise ferroviaire a décidé
de déposer une plainte après
une cinquantaine d’incidents et
d’actes de malveillance survenus
lundi dans la matinée. Elle
évoque « une cinquantaine
d’exactions de niveau variable »
allant du passage à niveau
en dérangement à la coupure
d’alimentation électrique à
Marseille ou au sectionnement
d’une caténaire en Normandie.
Loir-et-Cher : le zoo
de Beauval cambriolé
Un cambriolage s’est produit
dans la nuit de samedi
à dimanche au ZooParc
de Beauval, dans le Loir-et-Cher.
Un coffre-fort a été forcé
et 150 000 à 200 000 euros ont été
dérobés. « Une partie de l’argent
ne sera pas utilisable car le coffre
était verrouillé par des caissons
à encre. Il y avait de l’encre
partout », a indiqué
son directeur.
A
tente
l’ordre
9
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 15 mai 2018 LE FIGARO
10
INTERNATIONAL
La Catalogne a enfin un nouveau président
Le Parlement autonome a élu Quim Torra, candidat des indépendantistes, au poste de président de la Generalitat.
MATHIEU DE TAILLAC £@mdetaillac
ENVOYÉ SPÉCIAL À BARCELONE
ESPAGNE Quatre mois et demi après les
régionales, six mois et demi après la déclaration d’indépendance et la destitution du gouvernement de Carles Puigdemont, la majorité indépendantiste du
Parlement autonome a investi le successeur désigné par ce dernier : Quim Torra.
Le nouveau président du gouvernement
de la Generalitat l’a emporté à la majorité
relative par 66 oui (JpC de Puigdemont et
ERC) face à 65 non (Ciudadanos, Parti socialiste, CeCP, Parti populaire) et 4 abstentions (CUP, extrême gauche). Ces
longs mois ont été employés par JpC et
ERC pour vaincre deux obstacles : persuader Puigdemont de céder la main et
faire accepter à la petite CUP un retour relatif - à la normalité du cadre légal.
Chaque objectif a été rempli à moitié par
l’investiture de Torra. Puigdemont, qui attend à Berlin la décision d’un tribunal allemand de le livrer ou non à la justice espagnole, était un absent très présent dans les
deux discours de Torra, samedi et dimanche. « Notre président est Carles Puigdemont », a proclamé deux fois Torra, qui a
inscrit son action dans « un cadre provisoire ». Cette idée prolonge le concept de
« président légitime » que Puigdemont s’est
attribué. Alors que Torra doit s’occuper de
gérer les affaires « intérieures » et de lever
la tutelle imposée de Madrid, Puigdemont
continuerait de défendre la « République
catalane ».
Attelage binaire
Quant à la CUP, Torra a employé la quasiintégralité de son discours de samedi à lui
témoigner de son engagement pour la
« République ». Puisque le petit parti anticapitaliste exige une « rupture » avec le cadre légal, Torra promet de ne pas être un
président « régional ». Puisque les jusqu’au-boutistes demandent de poursuivre
la voie indépendantiste initiée lors du référendum du 1er octobre et la proclamation
de l’indépendance du 27, Torra assure vouloir « respecter le mandat de mettre en place
un État catalan indépendant sous forme de
république ». Il s’est engagé notamment à
ouvrir le chantier d’une Constitution qui
serait rédigée à l’issue d’un processus participatif. Pari a demi gagné. Après avoir
consulté ses militants dimanche, la CUP a
décidé de l’abstention de ses quatre députés, un feu vert de fait à l’investiture.
Une fois l’arithmétique parlementaire
assurée, Torra s’est permis lundi de modérer son ton au débat du second tour. Il a
présenté des excuses pour des tweets injurieux à l’égard des Espagnols que l’opposition anti-indépendance a ressortis des ar-
Le nouveau président
du parlement, Quim Torra,
prononce un discours lundi
devant les députés catalans
à Barcelone. MANU FERNANDEZ/AP
chives. « Je le regrette, cela ne se reproduira
pas », a-t-il concédé. Accusé de représenter un nationalisme étriqué, il a cité un poème catalan : « Je suis d’ici, je suis étranger. »
Présenté par ses adversaires comme un
candidat diviseur, qui ne s’adresse
qu’aux 48 % d’électeurs indépendantistes, il a dit vouloir « non pas une Catalogne
uniforme, mais unie dans la diversité ».
Reste à savoir que fera Torra de son mandat, dont on ignore jusqu’au terme. En
principe, il est au pouvoir pour quatre
ans. Mais le jour de son premier discours,
Puigdemont a rappelé la possibilité légale
de convoquer des élections anticipées à
partir du 27 octobre.
Le journal La Vanguardia, doyen de la
presse catalane, évoque « la stratégie de la
bifurcation » défendue dans la formation de
Puigdemont. D’un côté, le discours de la
République, une rhétorique épique et ronflante, appuyée sur des structures privées à
même de lancer des initiatives symboliques
à Barcelone ou à Berlin. De l’autre, la réalité
de la pratique, un respect scrupuleux du
système légal par les institutions officielles.
Un attelage binaire, capable de faire avancer une majorité unie jusqu’aux prochains
scrutins. Le caractère « provisoire » de
Torra autorise les indépendantistes à
convoquer un vote quand le climat politique et judiciaire - le procès des organisateurs du référendum est prévu à l’automne
- conviendra le mieux à leurs intérêts. ■
Quim Torra, le chantre d’un nationalisme
intransigeant et sectaire
INTELLECTUEL du nationalisme catalan
ou petit idéologue xénophobe ? Les
tweets et les articles publiés il y a plusieurs années par Quim Torra, et retrouvés par l’opposition anti-indépendantiste, ont occupé une partie importante
des débats d’investiture. Rien d’étonnant. Dans un texte, cité par la chef de
file de Ciudadanos, Torra décrit par
exemple « des bêtes à la forme humaine
qui distillent la haine […]. Ils sont là, parmi nous. Toute expression de catalanité
leur répugne ». Dans un autre, repris
également par Inés Arrimadas, il se
plaint de la prédominance de la langue
espagnole sur le catalan en ces termes :
« Tu marches dans la rue et rien n’indique
que c’est encore la rue de tes parents et de
tes grands-parents ; l’espagnol avance,
implacable, vorace, ultrarapide. » Et
dans un dernier : « Nous courons le risque
que la nation se défasse, prise dans l’avalanche migratoire. » Au Parlement, Torra a présenté ses excuses.
Ces écrits ont moins de dix ans. À cette époque, ce juriste de formation rentrait de Suisse où il avait été l’employé
d’une compagnie d’assurances. Il monte
alors, avec ses indemnités de licenciement, une maison d’édition qui sauve de
l’oubli les écrits de journalistes catalans
des années 1920 et 1930. Alfons López
Tena, un ancien député indépendantiste
en rupture avec la ligne officielle, le
connaît à cette époque. « Il s’inscrit, probablement sans le savoir, dans une tradition catalane que l’on pourrait dire maurrassienne, plus pétainiste que fasciste. »
Galaxie indépendantiste
Pour Oriol Bartomeu, professeur de
sciences politiques à l’Université autonome de Barcelone, « il a toujours existé
au sein du nationalisme catalan une faction suprémaciste résiduelle. Le fait de
choisir comme candidat l’auteur de tels
propos montre à quel point des idées si
minoritaires sont aujourd’hui normalisées ». Un ami de dix ans, proche de
l’ex-président Puigdemont, ramène les
écrits de Torra au rang d’« expression
très maladroite d’un intellectuel nationaliste conservateur ».
Naviguant dans la galaxie indépendantiste sans assumer de responsabilités
institutionnelles, Torra devient direc-
Les populistes italiens du M5S et de la Ligue
peinent à constituer leur gouvernement
Le Mouvement 5 étoiles et la Ligue n’ont pu annoncer lundi qui pourrait diriger le futur exécutif.
lué d’un iota. Comme on demandait lundi
à Matteo Salvini s’il y avait un accord pour
que Di Maio s’installe au Palais Chigi, la
réponse a fusé, cinglante : « non ».
Faute de parvenir à s’entendre, on
avait fini par comprendre que tous deux
seraient convenus de désigner un candidat tiers, acceptable à leurs yeux. Homme
politique de second rang ou personnalité
issue de la société civile. Sans pour autant
rééditer le gouvernement technique dirigé par l’économiste Mario Monti entre
2011 et 2013, qu’ils abhorrent. Certains
noms avaient été avancés. Giulio Sapelli,
professeur d’économie de 71 ans au cursus honorable, mais sans expérience de
gouvernement, figurait en pole position.
Luigi Di Maio et Matteo Salvini auraient
suppléé les faiblesses évidentes d’un tel
gouvernement « jaune-vert » - le premier entièrement populiste en Occident
- en devenant l’un et l’autre vice-présidents du Conseil et ministres, Di Maio aux
Affaires étrangères, Salvini à l’Intérieur.
RICHARD HEUZÉ
A
ROME
ITALIE Fumée noire lundi soir au Quirinal. Luigi Di Maio et Matteo Salvini, les
leaders du Mouvement 5 étoiles et de la
Ligue, devaient informer le président
Sergio Mattarella de leurs décisions en
vue de former un gouvernement. On
s’attendait même à ce qu’ils lui communiquent le nom sur lequel ils s’étaient entendus pour diriger cet exécutif. Las !
Luigi Di Maio, qui s’est présenté le premier au Quirinal, à 16 h 30, a demandé au
chef de l’État « encore quelques jours de
travail » pour « peaufiner un accord qui
durerait cinq ans et permettrait de faire
partir la IIIe République ». Matteo Salvini,
qui a été reçu ensuite, a lui aussi estimé
nécessaire de prendre du temps pour former un gouvernement. Le président
Mattarella a convenu d’attendre.
Les sessions intenses de travail commun de leurs délégations, vendredi à
Rome, ce week-end à Milan, n’ont donc
pas suffi. « Donnez-nous du temps. Nous
travaillons pour l’histoire », avait déjà lancé Di Maio. Depuis les élections du 4 mars,
les deux leaders se livrent une partie de
bras de fer, chacun revendiquant « l’honneur et le devoir » de devenir président du
Conseil. Sur ce point, les positions, après
soixante-dix jours de crise, n’ont pas évo-
« Contrat de gouvernement »
Le leader du Mouvement 5 étoiles,
Luigi Di Maio, après son entrevue avec
le président de la République italienne,
Sergio Mattarella, lundi au Quirinal.
RICCARDO ANTIMIANI/AP
Dans le compte rendu de l’entretien au
Quirinal, il n’en a pas été question. Luigi
Di Maio a affirmé que leur première préoccupation avait été de tomber d’accord
sur un programme commun. Il l’appelle
« contrat de gouvernement », en se référant au modèle allemand souscrit par la
CDU et le SPD : « un document dans lequel
nous écrirons noir sur blanc, point par
point, tout ce que nous voulons faire en
commun, où le faire et en combien de
temps », a-t-il écrit le 4 avril dernier dans
son blog. L’éminence grise des Cinq Étoiles, Davide Casaleggio, soumettra ce
contrat au vote des 37 000 affilés de sa
plateforme numérique Rousseau, démocratie directe oblige.
Le programme comporterait un surcroît
de dépenses de 65 milliards d’euros, voire
100 milliards. Avec une réforme fiscale
prévoyant seulement deux tranches d’impôt (15 % sous 80 000 euros de revenu annuel, 20 % au-delà) ; l’adoption d’un « revenu minimum garanti » de 780 euros par
mois ; une correction de la réforme sur les
retraites, une refonte des contrats de l’administration… Des désaccords persistent
sur la gestion des migrants, la Ligue prônant une fermeté extrême. En politique
étrangère, le « contrat » réaffirme la place
de l’Italie dans l’Otan et en Europe. Il ne
fait nulle référence à une sortie de l’euro.
L’accord engage le gouvernement à « diminuer les sanctions » imposées à la Russie
et se fait fort de « modifier les règlements
injustes édictés par Bruxelles ». À commencer par le traité de Schengen. Il réaffirme aussi la volonté de contraindre les
autres pays européens à reloger les clandestins débarqués en Italie. D’autres rendez-vous au Quirinal seront nécessaires
pour parvenir à une solution. ■
teur du centre culturel El Born. En 2014,
quand il fait visiter au Figaro les ruines
de l’époque du siège de Barcelone par les
troupes des Bourbons, il évoque « le terrorisme d’État » qui se serait abattu
contre sa région en 1714. Il devient ensuite président par intérim d’Omnium,
l’une des deux grandes associations indépendantistes, puis est placé à la tête
d’un think-tank par le gouvernement
catalan, avant d’être appelé par Puigdemont sur sa liste électorale.
Pourquoi donc avoir appelé un profil si
polémique pour présider la Catalogne ?
« Puigdemont pense que c’est le plus soumis des candidats possibles, analyse López
Tena. Parce qu’il manque de réseaux, il est
celui qui présente le moins de risques de se
rebeller contre les décisions qu’il prendra à
Berlin. » La source proche de Puigdemont
prétend le contraire : « C’est précisément
parce que c’est un homme sans parti qu’il
est libre de toute discipline. » Marionnette
ou homme libre, xénophobe ou simple
conservateur, Torra a pu maintenir jusqu’ici ses ambiguïtés loin des projecteurs.
Son investiture le contraint aujourd’hui à
sortir de l’ombre. ■ M. D. T. (À BARCELONE)
ZOOM
Irak : al-Abadi en difficulté
aux législatives
Les Irakiens ont créé la surprise
en plaçant lundi en tête des
législatives, selon des résultats
encore partiels, deux listes
antisystème, loin devant
le premier ministre Haider
al-Abadi, pourtant crédité
d’un large soutien international
et de la récente victoire
face aux djihadistes.
Pour le moment, les deux
mouvements en tête sont celui
du chef nationaliste chiite
Moqtada al-Sadr, qui s’est
rapproché de l’Arabie saoudite,
au grand dam de Téhéran, et le
Hachd al-Chaabi, des supplétifs
de l’armée proches de l’Iran.
EN BREF
Indonésie : nouveaux
attentats suicides commis
par deux familles
Au lendemain d’attaques contre
des églises perpétrées par
plusieurs membres d’une famille,
une autre famille de cinq
personnes, dont une fillette
de 8 ans, a commis un nouvel
attentat suicide lundi contre un
commissariat de Surabaya,
deuxième ville d’Indonésie.
Au moins dix personnes ont été
blessées. Cette série d’attentats
fait craindre une influence accrue
de l’État islamique en Asie du SudEst, qui a revendiqué ces attaques.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mardi 15 mai 2018
SCIENCES
11
Les seniors sont
plus facilement
distraits car ils
restent vigilants
Lorsqu’une notification nous
signale l’arrivée d’un message
sur notre smartphone, il est
presque impossible de résister
à la tentation de le regarder
immédiatement : tout n’est
pas une question d’âge !
VALERY HACHE / AFP
Des neuroscientifiques ont constaté que le
cerveau des seniors restait en alerte même
lorsqu’ils se concentrent sur une tâche.
NEUROSCIENCE Tel un vieux chat qui
semble assoupi mais ne dort que d’un
œil, le cerveau d’un senior reste vigilant. Même plongé dans la lecture de
son journal favori, le senior veille ! Bien
sûr, cette vigilance constante a un prix,
et ce prix, c’est la distraction.
Voilà ce que l’on pourrait déduire
d’une étude menée par des neuroscientifiques américains, anglais et japonais,
dont les résultats viennent d’être publiés dans le dernier numéro de la revue
Nature Human Behaviour (mai 2018).
Rester concentré est un défi auquel
chacun de nous est confronté quotidiennement. Pour le chercheur JeanPhilippe Lachaux, auteur du livre Le
Cerveau funambule (Odile Jacob, 2015),
« rester attentif, c’est un peu comme traverser une poutre d’un bout à l’autre
sans tomber. La poutre définit à chaque
instant ce que nous devons faire : avancer
d’un pas supplémentaire dans une direction bien précise. Selon que l’action est
bien choisie ou non, nous restons en équilibre ou non ».
C’est grâce à des protocoles expérimentaux élaborés que les neuroscientifiques ont donc observé en imagerie fonctionnelle (IRMf) l’équilibre attentionnel
de 24 seniors âgés en moyenne de 67 ans
(55 à 75 ans), soumis à des exercices de
concentration. Ils l’ont ensuite comparé
à celui de 28 jeunes adultes âgés de 18 à
34 ans (24 ans en moyenne).
Conclusion des auteurs : « Les adultes
âgés sont généralement mauvais pour
bloquer les informations non pertinentes
(qui arrivent au cerveau, NDLR). Ainsi,
des adultes âgés activent autant que des
jeunes les représentations mentales de la
tâche sur laquelle leur attention est focalisée, mais ils échouent à supprimer les
représentations qui devraient être ignorées. » Facilement distraits, donc.
Pourtant, à première vue, avoir un
objectif et s’y tenir paraît être une simple affaire de volonté, ce qui n’est pas
La France pratique-t-elle
trop de chirurgies de l’obésité ?
L’Hexagone est l’un des pays au monde où ce recours est le plus répandu.
Ce n’est pourtant pas celui qui compte le plus de personnes
en excès de poids.
AURÉLIE FRANC £@AurelieFranc
DIÉTÉTIQUE Le nombre de chirurgies bariatriques a été multiplié par 21 en 20 ans,
en France. Ces chirurgies, qui consistent
à réduire les capacités de l’estomac, sont
indiquées, en dernier recours, dans le
traitement de l’obésité morbide. Alors
qu’à peine 2 800 interventions avaient
été pratiquées dans l’Hexagone en 1997,
près de 60 000 ont été réalisées en 2016
selon un rapport de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et
des statistiques (Drees) de février 2018.
Outre une augmentation du nombre de
personnes obèses en France depuis la fin
des années 1990 (8 % de la population
française en 1997 contre 15 % en 2016),
l’augmentation de ces pratiques s’explique par le développement des techniques
chirurgicales. Depuis les premiers anneaux gastriques, ne tenant pas bien l’estomac et pouvant glisser, la chirurgie viscérale a fait des progrès. Aujourd’hui, les
anneaux ont été améliorés et d’autres
techniques se sont développées comme le
« bypass gastrique » (technique de
court-circuit entre l’estomac et l’intestin) ou le « sleeve gastrique » (une réduction de la taille de l’estomac).
La France est l’un des pays occidentaux
à réaliser le plus de ces interventions : sur
10 000 personnes, 8,4 ont eu recours à la
chirurgie bariatrique en 2014 en France,
contre 6,1 aux États-Unis et 1,2 en Angleterre. Pourtant, il y a peu d’obèses en
France au regard de ces pays : 15 %
contre 27 % au Royaume-Uni et 38 %
aux États-Unis. Pourquoi la France réalise-t-elle plus d’opérations ?
Des normes différentes
« Notre système de santé est complètement
différent de celui des autres pays occidentaux », explique Sébastien Czernichow,
chef de service nutrition à l’hôpital Georges-Pompidou (Paris) et auteur du livre
Obésité, quand et comment avoir recours à
la chirurgie bariatrique (Marabout). « En
France, nous ne limitons pas le recours à la
chirurgie, en restant dans le cadre des recommandations de la Haute Autorité de
santé. » À l’inverse le Royaume-Uni s’est
équipé, depuis 2012, d’une commission,
dirigée par la NHS (Sécurité sociale anglaise), et chargée de sélectionner les patients éligibles à la chirurgie de l’obésité.
Chaque année, les Anglais n’autorisent
que 5 000 opérations.
Les normes sont également différentes : en France, selon les recommandations de la HAS, une personne peut se faire opérer dès lors que son indice de masse
corporelle (IMC) dépasse 40 kg/m2 (soit
116 kg pour 1m70) ou 35 kg/m2 (soit
101 kg pour 1m70) associée à des comorbidités (apnée du sommeil, diabète, etc.).
Au Danemark, une chirurgie bariatrique
est envisageable seulement à partir de
50 kg/m2 d’IMC (soit 145 kg pour 1m70).
L’Assurance-maladie française rembourse enfin la plupart de ces interventions, ce qui n’est pas le cas dans d’autres
pays européens, tels que l’Allemagne.
Alors, la France en fait-elle trop par rapport aux autres pays occidentaux ? « Cet engouement pour la chirurgie bariatrique, c’est
la culture de la facilité », dénonce le Dr Laurent Chevallier, nutritionniste, praticien attaché au CHU de Montpellier et en cliniques.
« Cela arrange tout le monde face à la démission généralisée de la prise en charge médicale
de l’obésité. Sauf que les critères d’inclusion
sont inadaptés avant la chirurgie et, après, la
prise charge est le plus souvent catastrophique . » « Nous faisons beaucoup de chirurgie
bariatrique, c’est vrai, mais nous n’en faisons
pas trop », tempère le Pr François Pattou,
chirurgien au CHU de Lille. « Les personnes
que nous opérons sont une petite frange de la
totalité des patients éligibles à cette chirurgie.
Après, la question est de savoir si cela se fait
dans de bonnes conditions. »
Dans ses recommandations de 2009, la
HAS préconisait d’avoir recours à la
chirurgie uniquement en deuxième intention, après un échec d’autres traitements
(nutrition, psychothérapie, diététique, etc.) Il faut également que les patients
soient « bien informés au préalable » et
qu’ils aient « bénéficié d’une évaluation et
d’une prise en charge préopératoires pluridisciplinaires », note l’Autorité de santé.
« Derrière les recommandations de la
HAS, il y a tout et rien », explique le Pr
François Pattou. « Certains centres qui
réalisent ces opérations mettent en place de
vrais suivis pluridisciplinaires des patients
en amont avec des traitements, tandis que
d’autres font moins attention. » Aujourd’hui, environ 500 centres pratiquent la
chirurgie bariatrique en France. Et de
l’avis des spécialistes interrogés, les qualités de suivis pré et post-opératoires ne
sont pas équivalentes selon les établissements. La Société française et francophone de chirurgie de l’obésité (Soffco) recense d’ailleurs sur son site Internet, les
centres reconnus par la profession. ■
l’apanage de la jeunesse. En réalité, notre cerveau le plus primaire est programmé pour rester vigilant, donc facilement distrait. Il dispose en effet de
nombreux systèmes d’alerte, sans doute vitaux à l’époque où l’homme devait
échapper à ses prédateurs ou réagir vite
face à une menace imprévue.
“
Rester attentif,
c’est un peu comme
traverser une poutre
d’un bout à l’autre
sans tomber
”
PHILIPPE LACHAU, CHERCHEUR
C’est plus ennuyeux à l’ère de l’envahissement numérique. Car l’alerte cérébrale (la distraction) ne se désactive
pas si facilement. Ainsi, lorsque par
exemple une notification nous signale
l’arrivée d’un message sur notre smartphone, il est presque impossible de résister à la tentation de le regarder immédiatement. Nous n’avons alors
aucun moyen de savoir si le message est
important ou non. Et notre système
d’alerte cérébral va rester activé tant
que nous n’aurons pas réagi en conséquence. « Nous n’avons finalement que
trois façons de réagir, explique JeanPhilippe Lachaux, lui obéir en réalisant
tout de suite l’action proposée, différer
cette action et la réaliser plus tard ou
bien l’oublier. »
C’est encore plus gênant pour les seniors qui, même concentrés sur une tâche, restent soumis aux alertes et distractions perçues par leur cerveau. Mais
ce manque de contrôle cognitif, que des
jeunes peuvent aussi éprouver dans
certaines conditions (fatigue, alcool,
état euphorique) n’est pas toujours un
désavantage.
En 2016, dans la revue Trend in Cognitives Sciences, les psychologues Tarek Amer et Lynn Hascher, de l’université de Toronto, et leur collègue de
Harvard, le Pr Karen Campbell, le soulignaient : « le contrôle cognitif, la capacité à limiter son attention aux informations utiles à son objectif, aide à réussir
un certain nombre d’exercices en laboratoire. » Toutefois, ajoutaient-ils, « il y a
de nombreuses activités de la vie quotidienne qui ne requièrent pas ou peu de
contrôle et d’autres qui sont même favorisées par un contrôle réduit ».
Par exemple ? « S’appuyer sur l’expérience et des connaissances pour prendre
des décisions plus sages ou encore résoudre des problèmes par des solutions innovantes et créatives. » ■
A
DAMIEN MASCRET £@dmascret
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 15 mai 2018 LE FIGARO
12
SPORT
Ils rêvent de la Coupe
d’Europe… et du Mondial
GUILLAUME LOISY £@guiloisy
FOOTBALL 48 heures de plus. Pour étirer le suspense et offrir une dernière
danse au bal des ambitieux. Didier Deschamps devait initialement livrer sa liste
de joueurs (23 + 7 réservistes) pour la
Coupe du monde en Russie (14 juin15 juillet) ce mardi soir en direct dans le
jounal de TF1. Les qualifications de
l’Olympique de Marseille et de l’Atlético
Madrid en finale de la Ligue Europa
(mercredi, 20 h 45, sur M6 et beIN
Sports) ont poussé le sélectionneur à reporter de deux jours son tête-à-tête avec
Gilles Bouleau. « Afin de ne pas perturber
la préparation des joueurs français »
concernés par cette finale, a indiqué la
FFF. Une bonne nouvelle aurait donné
des ailes aux heureux élus sur la pelouse
du Groupama Stadium de Lyon. Une
mauvaise pouvait aussi logiquement
couper les pattes des déçus.
À Marseille, seul Steve Mandanda, doublure de Hugo Lloris et taulier des Bleus
depuis dix ans, est assuré de connaître
une deuxième Coupe du monde après
2010 (blessé, il avait dû déclarer forfait
en 2014). D’autres joueurs sont en ballottage plus ou moins favorable avec l’espoir d’embarquer dans l’avion pour la
Russie ou, a minima, de rejoindre Clairefontaine en tant que réservistes. La finale
de mercredi peut-elle encore changer la
donne ? « Didier a déjà son groupe dans la
tête, bien sûr, mais je ne pense pas qu’il ait
ses 23 joueurs de façon définitive. Jusqu’au
dernier moment, cela peut évoluer », croit
savoir Robert Pirès. Tour d’horizon des
candidats avec l’ancien joueur de l’OM et
champion du monde 1998.
u
Payet, conte de printemps
C’est l’homme en forme à Marseille. À
31 ans, Dimitri Payet revient sur le devant de la scène au meilleur moment
pour son club… et les Bleus. Premier passeur de Ligue 1, à égalité avec Neymar
(13 offrandes, 21 toutes compétitions
confondues), le gaucher réunionnais
porte actuellement l’OM avec sa palette
technique et sa science du jeu. Suffisant
pour disputer sa première Coupe du
monde ? « Il a un profil différent des
autres joueurs offensifs appelés par Deschamps. C’est un vrai meneur de jeu, qui
aime évoluer derrière l’attaquant et distribuer les ballons. Il est surtout très adroit
sur coups de pied arrêtés. Dans ce secteur,
c’est une arme fatale. Ce serait un vrai
avantage de l’avoir dans le groupe bleu »,
analyse Robert Pirès. En 2016, Payet
s’était invité à l’Euro après une saison
brillante avec West Ham. Même si la suite de son tournoi fut moins brillante,
Finalistes de la Ligue Europa, mercredi,
plusieurs Marseillais peuvent aussi
prétendre à une place en Russie.
FlorianThauvin et Dimitri Payet lors de la demi-finale de la Ligue Europa contre Salzbourg, le 26 avril au Stade-Vélodrome. Les deux attaquants réalisent une belle saison avec Marseille.
personne n’a oublié sa frappe somptueuse et décisive lors du match d’ouverture
contre la Roumanie (2-1). Bis repetita en
Russie ?
crack parmi
uThauvin,
les (très) nombreux
cracks
À 25 ans, Florian Thauvin réalise la plus belle saison de sa
jeune carrière (26 buts,
15 passes, toutes compétitions confondues).
Au
point
d’avoir été
nommé pour le titre
de meilleur joueur de Ligue 1 face
aux pointures parisiennes Neymar, Cavani et Mbappé. Mais rejoindre la Russie est presque aussi
difficile que d’arracher le trophée
UNFP - finalement remporté par
le Brésilien -, pour l’ancien Bastiais, avec une concurrence très
relevée au poste d’ailier droit
(Dembélé, Mbappé, Coman, voire
Sissoko). Malgré un CV maigrichon en bleu (3 matchs et 25 minutes de jeu en tout et pour tout), « Flotov » est de tous les rassemblements à
Clairefontaine depuis mars 2017. Un signe ? « Comme Payet, il peut faire la dif-
férence à tout moment. Il réalise une très
belle saison et mériterait d’être dans les
23 », estime Pirès.
Rami comme en 2016 ?
uAdil
Il y a deux ans, Adil Rami avait profité
du forfait de Raphaël Varane pour disputer l’Euro en France. Une nouvelle blessure, celle de Laurent Koscielny (rupture du tendon d’Achille), pourrait
lui permettre de s’envoler pour
Moscou. Titulaire jusqu’en 8es
de finale à l’Euro (suspendu en
quarts, il fut supplanté par
Umtiti jusqu’à la finale), le
défenseur marseillais n’a
porté qu’une seule fois le
maillot bleu depuis (contre la
Côte d’Ivoire en novembre
2016), et sa dernière convocation remonte au printemps 2017. Mais sa bonne
saison marseillaise et son expérience plaident pour lui
face à une adversité un peu
verte (Pavard, Lenglet, La-
porte, Hernandez, Upamecano). « Il a du
vécu et de l’importance dans le vestiaire, où
il apporte son sourire et sa bonne humeur »,
expose Pirès, qui trouverait « logique » sa
présence parmi les 23.
et Amavi,
uSarr
de bonnes
têtes de
réservistes
Dans un secteur
de jeu où Didier
Deschamps ne croule pas sous les talents,
avec deux titulaires
(Benjamin Mendy et
Djibril Sidibé) dont
l’état de forme pose
question, les latéraux
marseillais ont leur
carte à jouer. Ancien
joueur offensif reconverti défenseur
droit par Rudi Garcia, Bouna Sarr enflamme le Vélodro-
Adil Rami devrait profiter
du forfait de Laurent Koscielny
pour gagner sa place
en Russie, au centre
de la défense tricolore.
JB AUTISSIER / PANORAMIC
Gameiro : « L’OM ou pas, je veux gagner la Coupe d’Europe »
PROPOS RECUEILLIS PAR
BAPTISTE DESPREZ £@Batdesprez
L’ATTAQUANT de l’Atlético Madrid, qui
attend avec impatience de retrouver
l’OM mercredi en finale de la Ligue Europa s’est confié au Figaro. Avec en toile de
fond la liste des 23 de Didier Deschamps
pour la Coupe du monde.
LE FIGARO. - Quel sentiment prédomine
avant de disputer une quatrième finale
de Ligue Europa ?
Kevin GAMEIRO. - On est forcément impatient et excité à l’idée de jouer une finale, qui plus est en France et contre une
formation française. Ce n’est pas quelque
chose de classique. Je m’attends à une
belle et grosse ambiance dans les tribunes
dans un match qu’on veut gagner pour
s’offrir une Coupe d’Europe. C’est l’objectif numéro un de l’Atlético.
Auriez-vous été déçu d’affronter
Salzbourg ?
Franchement peu importe l’adversaire,
ce que je veux, c’est gagner la Coupe
d’Europe (sourire). Après, forcément,
jouer l’OM, à Lyon, pour un Français
comme moi, la sensation est particulière.
Depuis que je suis parti en Espagne, je ne
suis pas revenu au pays pour y jouer,
l’ambiance sera idéale pour une finale,
j’ai hâte.
A
En tant qu’ancien Parisien, retrouver
l’OM revêt-il un sentiment particulier ?
Pas spécialement. C’est surtout de revenir en France, devant ta famille et tes
amis qui me remplit de joie et de plaisir.
Affronter l’OM ou une autre formation de
Ligue 1, c’est pareil pour moi.
Déjà vainqueur de trois Ligues Europa
avec Séville, vous seriez le premier
Français à remporter quatre Coupes
d’Europe (Benzema et Varane peuvent
en faire de même avec le Real Madrid
en finale de la Ligue des champions
le 26 mai), qu’est-ce que cela
vous inspire ?
Fierté et honneur. Quatre trophées sur la
scène européenne, ce n’est pas anodin
quand même. J’y pense forcément. C’est
un « kiff » ultime d’empiler les trophées.
Au moins on se souviendra de moi en Ligue Europa et les organisateurs écriront
peut-être mon nom sur la coupe si on la
gagne (rires).
Il y a des semaines avec des hauts et des
bas. Quand vous ne jouez pas autant
qu’espérer, c’est parfois difficile à gérer,
mais c’est le quotidien de chaque footballeur. Il faut s’accrocher et si la situation n’est pas évidente, il faut persévérer, car je commence à bien connaître
tout ça. Maintenant, l’envie de jouer
prédomine, car il ne me reste plus quinze ans à jouer, je viens de fêter mes 31
ans, le temps passe aussi.
Malgré tout, vous vivez une saison
délicate avec l’Atlético, entre blessure
et temps de jeu réduit.
Comment la qualifieriez-vous ?
Compliquée. Rien n’a été facile. Je sors
d’une opération en début d’année (blessé
au pubis), j’étais indisponible a la reprise
du championnat et j’ai dû me contenter
d’un temps de jeu réduit depuis janvier et
l’arrivée de Diego Costa. Après, j’ai été
présent et efficace quand on a fait appel à
moi. Il est clair que j’aurais voulu avoir
beaucoup plus de temps de jeu; maintenant, le foot est comme ça, les effectifs des
grands clubs sont conséquents et il faut
s’adapter. En tout cas, je n’ai jamais lâché.
Il vous reste deux ans de contrat,
êtes-vous prêt à revivre une telle saison
l’an prochain ?
Pour le moment je suis focalisé sur la finale de Ligue Europa, qui est un défi immense et ces questions se poseront après
forcément. Mais en tant que footballeur,
on veut toujours jouer plus et dans mon
cas marquer encore plus. On verra de
quoi sera fait l’avenir.
Vous auriez pu au cours de la saison ?
Vous n’écartez donc aucune possibilité ?
Tout est possible dans le foot.
Au-delà de la finale de Ligue Europa,
l’autre événement de la semaine
concerne la liste de Didier Deschamps
pour la Coupe du monde dévoilée jeudi.
Un dispositif de sécurité « exceptionnel »
mis en place à Lyon
La finale de la Ligue Europa fera
l’objet d’un « dispositif exceptionnel
par rapport à ceux habituellement
mis en place pour les rencontres
de football à Lyon », a indiqué
ce lundi le préfet de région
Auvergne-Rhône-Alpes. « Nous
avons adapté le dispositif de sécurité
au regard des événements survenus
ce week-end à Paris », a-t-il précisé.
Ainsi, 1 250 hommes seront déployés,
appuyés par un hélicoptère,
deux canons à eau et 400 caméras.
« Quatre unités de force mobile
et 200 policiers seront positionnés
en centre-ville pour sécuriser la zone
et prévoir le moindre incident », a-t-il
ajouté, avant d’évoquer la mise
en place de « tout un dispositif
de transports en commun […] pour
étanchéifier les mouvements
de supporteurs ».
C. R.
Qu’en attendez-vous ?
Je me positionne en outsider. On verra ce
qu’il se passe et peut-être que mes qualités
de « super-sub » feront la différence. Je
l’espère de tout mon cœur en tout cas. Il y
a des joueurs indéboulonnables en équipe
de France dans mon secteur de jeu
(Giroud, Griezmann, Mbappé),
après, il reste peut-être une place à
prendre. On connaît mes qualités,
comment je réagis à certaines situations, le sélectionneur sait tout
ça. Je vais suivre l’annonce de la liste
avec attention.
Vous n’avez plus joué en équipe
de France depuis mars 2017.
Y croyez-vous encore ?
Il faut être lucide, ça va
être compliqué, mais on
le garde forcément dans
un coin de sa tête. C’est
un rêve de gamin de
jouer une Coupe du
monde avec le
maillot de son pays.
Ce serait fabuleux.
Dans tous les cas, je
ne pense pas que
ma convocation se
jouera sur la finale
contre l’OM.
Quel message
voudriez-vous
transmettre
à Didier
Deschamps ?
J’ai juste envie de
lui dire que suis prêt et ouvert à
toutes propositions pour la Coupe du
monde. Il peut compter sur moi. ■
Kevin Gameiro : « Depuis que je suis parti
en Espagne, je ne suis pas revenu au pays
pour y jouer, l’ambiance sera idéale pour
une finale, j’ai hâte. » SFP / PANORAMIC
me par ses raids. Il est « la révélation de la
saison marseillaise », plante Pirès.
Contrairement à l’ancien Messin, Jordan
Amavi a déjà découvert Clairefontaine
en octobre dernier, mais il ne compte
aucune sélection. Malgré l’exposition de
la Coupe d’Europe, les deux
Marseillais semblent partir
d’un peu loin. « Mais il y a
toujours des surprises. Je
pense qu’ils seront
dans les réservistes », prédit Pirès. Réponse
jeudi soir. ■
Bouna Sarr
et Jordan Amavi,
deux latéraux
offensifs,
pourraient créer
la surprise dans
un secteur où Didier
Deschamps est pauvre en
solutions. LIONEL URMAN/
SIPA ET CHRISTOF STACHE/AFP
EN BREF
Football : Tuchel confirmé
au Paris SG
Le PSG a officialisé la nomination
de l’entraîneur allemand,
Thomas Tuchel, âgé de 44 ans,
pour les deux prochaines saisons.
Ancien coach de Mayence
et de Dortmund, il prendra
ses fonctions en juillet.
Tennis : Tsonga forfait
pour Roland-Garros
Absent des courts depuis
février suite à une blessure
au genou gauche, le Manceau
a annoncé son forfait
pour RolandGarros.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 15 mai 2018
LE CARNET DU JOUR
Les annonces sont reçues avec justification d’identité
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Vœux
monastiques.
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son
le
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exte oi om
on on
Les annonces sont reprises sur
Téléphone abonnements
01 70 37 31 70
communications
l'Union nationale pour
les intérêts de la médecine
sont priés d'assister à
l'assemblée générale
extraordinaire
qui se tiendra
le samedi 9 juin 2018,
à 9 heures,
dans les salons du Grand Hôtel,
45, boulevard de la Croisette,
à Cannes, afin de délibérer
sur l'ordre du jour suivant :
Évolution des statuts
de l'association.
Les adhérents de
deuils
Mme Cécile Akoun,
les familles Akoun, Sarfati
et Charbit
ont la douleur
de vous faire part du décès du
professeur Georges AKOUN
l'assemblée générale
ordinaire
qui se tiendra
le samedi 9 juin 2018, à 10 h 30,
dans les salons du Grand Hôtel,
45, boulevard de la Croisette,
à Cannes, afin de délibérer
sur l'ordre du jour suivant :
1) rapport moral du président,
2) examen et approbation
des comptes de l'exercice
clos le 31 décembre 2017,
3) délégation
de l'assemblée générale
au conseil d'administration et
à son président pour négocier
et signer tout avenant
aux contrats d'assurances,
4) quitus aux administrateurs,
5) renouvellement
d'administrateurs,
6) ratification de la nomination
de nouveaux administrateurs,
7) détermination
de la cotisation annuelle de
l'association pour l'année 2019,
8) amélioration des garanties
en assurance emprunteur,
9) divers.
Pierre CASSELLE
archiviste-paléographe,
chevalier
des Arts et des Lettres,
conservateur général
honoraire
de la bibliothèque
de l'Hôtel de Ville,
président
de la Société de l'histoire
de Paris et de l'Île-de-France,
La cérémonie sera célébrée
le vendredi 18 mai, à 15 heures,
en l'église
Notre-Dame-de-l'Assomption,
à Bougival,
suivie de l'inhumation
dans le caveau de famille,
au cimetière de Bougival.
Cet avis tient lieu de faire-part.
14, rue Cauchy, 75015 Paris.
Lisieux.
Mme Marie-Anne Delos,
Mme Sylvie Kempf
et son conjoint Bruno,
ses filles,
Pierre, Stéphane et Emilie,
ses petits-enfants,
Gaspard, son arrière-petit-fils,
ainsi que toute sa famille
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Mme Eliane DELOS
survenu le 14 mai 2018,
à Paris.
Les obsèques auront lieu
ce mardi 15 mai, à 16 heures,
au cimetière parisien
de Bagneux, où on se réunira.
l'Union nationale pour
les intérêts de la médecine
sont priés d'assister à
ont le regret
de vous faire part du décès de
survenu le 12 mai 2018, à Paris.
www.carnetdujour.lefigaro.fr
www.dansnoscoeurs.fr
Les adhérents de
La cérémonie religieuse
sera célébrée
par l'abbé Georges Lapierre,
le mercredi 16 mai, à 10 heures,
en la chapelle de la
Maison Saint-Jean,
73, rue des Stations, à Lille.
Assemblée à la chapelle
à 9 h 50.
Où que vous soyez ce jour,
vous pouvez vous y unir
par la prière et la pensée.
Dans l'attente de ses obsèques,
son corps repose
à la chambre mortuaire
de la Maison Saint-Jean.
vendre
Naissances,
Il a plu au Seigneur
de rappeler à Lui,
Mme Odette BLANCHON
par téléphone au
Alain Bassière
et Françoise Manet,
son fils et sa belle-fille,
Manuel et Vincent,
ses petits-fils,
ont la tristesse
d'annoncer le décès de
Mme Maryse BASSIÈRE
professeur d'espagnol
à Vincennes,
chevalier
des Palmes académiques,
survenu le 11 mai 2018,
dans sa quatre-vingtdix-huitième année.
L'inhumation aura lieu
le mercredi 16 mai,
au cimetière nouveau
de Vincennes.
Alain Bassière,
3, rue Leroyer,
94300 Vincennes.
Une conférence
s’annonce toujours dans Le Figaro
née Traham,
survenu le 10 mai 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le vendredi 18 mai,
à 15 heures, en la cathédrale
Saint-Pierre de Lisieux.
Pas de plaques que des fleurs
naturelles.
Isabelle, Hugues,
Jérôme et Laurence Denis,
ses enfants et belle-fille,
Guillaume, Daphnée, Milena,
Xavier, Agathe, Etienne
et Antoine Denis,
ses petits-enfants,
sœur Nicole Denis, f.m.m.,
Geneviève de Saint-Affrique,
Monique de Contenson,
Anne-Marie Denis,
ses sœurs et belle-sœur,
ont la grande tristesse
de faire part
du rappel à Dieu de
Philippe DENIS
le vendredi 11 mai 2018,
dans sa 94e année, muni
des sacrements de l'Église.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le vendredi 18 mai, à 10 heures,
en l'église
Saint-François-Xavier,
à Paris (7e).
Anne Favatier-Dally,
Jean-Baptiste Favatier,
ses enfants,
Florence Favatier,
François Dally,
sa belle-fille et son gendre,
Aude, Aymeric, Guilhem, Inès,
Marie-Alix, Ombeline,
Victoria,
ses petits-enfants,
en union avec
Bernard Favatier (†),
son époux,
ont la tristesse
de faire part du décès,
dans la paix et l'espérance, de
Florence FAVATIER
née Dumont-Belin,
survenu le 9 mai 2018,
dans sa 84e année.
La cérémonie religieuse
sera célébrée en l'église
Saint-Thomas-d'Aquin,
à Paris (7e),
le jeudi 17 mai, à 15 heures.
28, boulevard Raspail,
75007 Paris.
M. et Mme Jean-Marc Forneri,
le docteur Bruno Forneri
et Mme Natalie Rivers,
ses enfants et ses belles-filles,
Marine, Victoire, Carla,
Saskia,
ses petits-enfants,
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Mme Yvette FORNERI
survenu à Marseille,
le 11 mai 2018,
à l'âge de 91 ans.
La cérémonie religieuse
aura lieu
le mercredi 16 mai, à 10 h 30,
en l'église Saint-Giniez,
19, boulevard Emile-Sicard,
Marseille (8e).
Cet avis tient lieu de faire-part.
Saint-Laurent-la-Gâtine
(Eure-et-Loir).
Mme Jean Gardet,
son épouse,
Sa famille
nous prie de vous faire part
du décès de
M. et Mme Jacques Baert,
M. et Mme Philippe Civit,
M. et Mme Patrick Merle,
ses enfants,
ses petits-enfants,
ses arrière-petits-enfants
Mme Gabrielle DENEUVILLE
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le jeudi 17 mai 2018,
à 15 h 30, en l'église
de Saint-Laurent-la-Gâtine,
où un registre à signatures
sera déposé,
suivie de la crémation à 17 h 30,
au crématorium de Vernouillet
(Eure-et-Loir).
Gérard Duroyon,
son époux,
Isabelle et Yves Dubief,
Bénédicte et Jean-Luc
Marchand,
Eric Duroyon
et Lydie, sa compagne,
Olivier et Christine Duroyon,
ses enfants et leurs conjoints,
Graziella
et Adrien, son conjoint,
Arnaud, Guillaume, Hugues,
Emmanuel, Thomas, Ludivine,
Matthieu, Cyrielle, Ambroise,
Eléonore, Marin,
ses petits-enfants,
Armelle Boisnier,
Yves et Geneviève Suzor,
Brigitte et Noël Bouffard,
Dominique
Brindejonc de Tréglodé,
son frère, ses sœurs,
leurs conjoints, et leurs enfants,
les familles Suzor, Bazin, Pirot
et Roussel
ont la tristesse de faire part
du décès de
Monique DUROYON
née Suzor,
Tél. 01 56 52 27 27 • Fax. 01 56 52 20 90
carnetdujour@media.figaro.fr
www.carnetdujour.lefigaro.fr
13
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Jean GARDET
architecte DPLG,
chevalier
de l'ordre national du Mérite,
chevalier
des Arts et des Lettres,
M. et Mme Dominique Goüin,
M. et Mme Bernard Goüin,
M. et Mme Pierre de l'Espinay,
M. et Mme Loïc Goüin,
M. et Mme Maxence Latrobe,
frère Hervé Goüin,
ses enfants,
ses 24 petits-enfants
et leurs conjoints,
ses 43 arrière-petits-enfants,
La cérémonie religieuse
aura lieu
le vendredi 18 mai, à 10 h 30,
en l'église Notre-Damede-la-Résurrection,
au Chesnay,
suivie de l'inhumation
au cimetière de Chaniers
(Charente-Maritime).
ont l'immense tristesse
de vous annoncer le décès de
M. Yves GOÜIN
survenu le 12 mai 2018,
à l'âge de 94 ans.
La cérémonie religieuse
aura lieu le mercredi 16 mai,
à 14 h 30, en la chapelle
de la maison Saint-Joseph,
63, rue Gaston-Turpin,
à Nantes.
La cérémonie sera suivie
de l'inhumation au cimetière
Miséricorde de Nantes.
La famille remercie
chaleureusement le personnel
de la maison Saint-Joseph,
pour leur dévouement
et leur accompagnement.
On nous prie d'annoncer
le rappel à Dieu de
Bruno LANDRY
avocat honoraire
à la cour de Paris,
le 12 mai 2018, à l'âge de 68 ans.
Sylviane, sa sœur,
Sophie et Marc,
Anne,
ses nièces et neveu,
Marion, Jules et Bastien,
ses petits-neveux,
Dominique Landry,
sa tante,
Gérard de Léotoing d'Anjony
et sa famille
vous prient d'assister
ou de vous unir d'intention
à la messe d'obsèques
qui sera célébrée
ce mardi 15 mai, à 14 h 30,
en l'église
Notre-Dame-de-la-Paix
de Sorèze (Tarn),
suivie de l'inhumation.
Une messe de requiem
sera dite le mercredi 6 juin,
à 16 h 30, en l'église
Saint-Thomas-d'Aquin,
Paris (7e).
« Le Montagnet »,
81540 Sorèze.
Eu (Seine-Maritime).
M. Jacques Paquin,
son époux,
Michael et Jannett Lovings,
son fils et sa bru,
Emily Lovings,
sa petite-fille,
Mme Yannick Yotte,
M. et Mme Michel Guignard,
ses sœurs et beau-frère,
François, Nicolas et Anne,
Anna, Juliette et Maher,
ses neveux et petits-neveux,
ont la douleur
de vous faire part du décès de
Mme Jacques PAQUIN
née Marie-Elsa Yotte,
survenu le mercredi 9 mai 2018,
à l'âge de 75 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le jeudi 17 mai, à 15 heures,
en la collégiale de Eu.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Mireille Franck de Préaumont,
sa belle-sœur,
Elisabeth et Thierry
Franck de Préaumont,
leurs enfants et petits-enfants,
Isabelle et Hervé Béjanin
et leurs enfants,
Jean François
Franck de Préaumont,
Santa Randazzo,
ses neveux et nièces,
Mme Pierre Haas,
née Jacqueline Follot,
son épouse,
Daphné de Saint Marceaux,
sa belle-fille,
Melchior et Sara
de Saint Marceaux,
ses petits-enfants,
survenu le 11 mai 2018.
ont la grande tristesse
de faire part du décès de
Les obsèques auront lieu
dans l'intimité.
ont la tristesse
de vous annoncer le décès de
Jean de PRÉAUMONT
ancien député de Paris,
Pierre HAAS
officier de la Légion d'honneur,
médaille militaire,
croix de guerre 1939-1945,
médaille
de la Résistance française,
médaille des évadés,
survenu le 13 mai 2018,
dans sa 99e année.
La célébration religieuse
aura lieu le mercredi 16 mai,
à 14 h 30, en l'église
Notre-Dame-de-Grâcede-Passy, 10, rue
de l'Annonciation, Paris (16e).
Les obsèques auront lieu
au cimetière du Montparnasse,
3, boulevard Edgar-Quinet,
à Paris (14e),
le jeudi 17 mai, à 15 heures.
Une messe sera célébrée
ultérieurement.
Demain avec Le Figaro
ses frères et sœurs
et les familles associées
le 12 mai 2018,
dans sa 93e année.
survenu le 12 mai 2018,
à Paris, dans sa 80e année.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Mme Yves Goüin,
née Soizick Mollat, son épouse,
condoléances
Michel Barbey
attristé par le décès
de son gendre, le 6 mai 2018,
M. Dominique TELLIER
chevalier
de la Légion d'honneur,
présente ses condoléances.
Requiescat in pace.
Les éditions du Figaro
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mardi 15 mai 2018 LE FIGARO
14
CHAMPS LIBRES
ENQUÊTE
Une jeune étudiante passe devant un bâtiment en ruine sur le campus de l’université de Mossoul, le 25 février dernier. Avant de reculer devant les forces irakiennes, les djihadistes y avaient mis le feu.
KHALID AL MOUSILY/X03710
Université de Mossoul, année zéro
Thierry Oberlé
£@ThierryOberle
Envoyé spécial à Mossoul
e la France, elle ne connaît que
J’adore, le parfum de Dior. En
cherchant bien, elle parvient à
citer le nom de la chanteuse Lara
Fabian. Ongles peints en ocre,
rouge à lèvres et turban coloré,
Wanda, 22 ans, est étudiante en
première année au département de français de
l’université de Mossoul. Elle s’ouvre sur le monde
après l’interminable parenthèse de l’occupation du
nord de l’Irak par l’État islamique.
Trois années marquées à Mossoul, pour toute une
génération, par la disparition de l’enseignement et
du savoir. En parcourant les livres de ce qu’il reste
de la bibliothèque, on trouve sur une étagère parmi
des mémoires d’étudiants, une thèse sur « les propriétés expressives du vocabulaire proustien » dans
Un amour de Swann. Elle est datée de 2012. Cette année-là, les djihadistes exerçaient déjà un pouvoir
invisible sur les esprits. Les étudiants et leurs professeurs adoptaient un profil bas pour échapper aux
griffes d’al-Qaida. Puis, Daech est arrivé en
juin 2014. Ceux qui ont pu ont pris la fuite. Les autres
sont restés, pris au piège. Le département de français a été l’un des premiers à être fermé pour cause
de « blasphème », puisqu’on y enseignait la littérature occidentale et le théâtre. Ses locaux ont été saccagés et ses livres sont partis dans des autodafés. Un
million de références papiers, 400 000 documents
numériques et 9 000 manuscrits, dont certains du
califat abbasside, ont disparu dans l’incendie de la
grande bibliothèque de l’université.
D
Les cours et la vie
estudiantine ont repris
sur le campus de
Mossoul, mais les trois
années où l’État
islamique régna sur le
nord de l’Irak ont causé
de lourds dégâts et
traumatismes. À la
faculté comme partout
à Mossoul, l’ancienne
mosaïque ethnicoreligieuse est brisée.
150 km
A
Une véritable ville dans la ville
Mohammed Zaidan, maître de conférences en littérature française, avait trouvé refuge au Kurdistan. Sa maison de Mossoul fut occupée par un sniper tchétchène. À son retour, son mobilier et ses
souvenirs avaient disparu. Hamad Hassan, le nouveau directeur du département français, est resté
enfermé chez lui avec sa femme dans le quartier
des professeurs. « J’avais la chance d’avoir une parabole. Je regardais TV5 et je lisais. La littérature
était une échappatoire, un remède à mes blessures »,
dit-il.
Le campus, véritable ville dans la ville, a fermé
ses portes au début de la campagne de bombardements de l’aviation de la coalition internationale.
Certaines facultés avaient été transformées en centre de propagande et de confection d’armes. Plusieurs d’entre elles ont été détruites comme celles
de médecine vétérinaire, d’informatique et d’ingénierie. À l’entrée du parc universitaire, le bâtiment
de la présidence a été déchiqueté.
Avant de reculer en janvier 2017 devant l’avancée des forces irakiennes, les djihadistes ont pratiqué la politique de la terre brûlée, en tentant d’incendier la zone. Dès mars, le personnel et les
étudiants sont venus nettoyer les lieux, réparer les
dégâts, repeindre les murs des amphithéâtres. Les
cours ont repris en septembre pour 35 000 étudiants de cette région sunnite mais longtemps
multiethnique. Un millier d’entre eux est issu de la
minorité yazidie et environ 600 autres sont chrétiens. La France participe à la reconstruction. La
réhabilitation de la faculté de médecine fait l’objet
Kurdistan autonome
irakien
TURQUIE
Mossoul
SYRIE
IRAN
Bagdad
IRAK
ARABIE
SAOUDITE
Infographie
Bassora
K.
d’un financement particulier dans le cadre du
fonds de stabilisation du PNUD avec une contribution de 2,5 millions d’euros. L’ambassade de France en Irak participe à la remise en état de la faculté
des arts et du département de français, avec la mise
en place d’un centre pilote d’apprentissage numérique du français. Un saut technologique qui permettra une offre de formation continue en ligne
pour l’ensemble du corps enseignant.
Mais il faut aussi reconstruire les têtes. Les années délétères de l’avant-Daech, la dictature de
l’État islamique puis la bataille de Mossoul ont forgé
une génération en déshérence. « La jeunesse est
désinvolte, voire indifférente. Elle a été privée d’études et s’est fait confisquer ses plus belles années. Elle
s’est habituée au pire et manque de confiance en elle.
À quoi bon construire puisque les maisons s’effondrent ? À quoi bon apprendre puisque la mort est
gratuite ? Le traumatisme est profond », estime
Mouayed Abdul Hassan, professeur de français.
« Beaucoup de jeunes s’enfoncent dans la dépression
et manquent de motivation. » Ses méthodes de thérapie passent par des activités ludiques et des ateliers de création. Il a monté avec ses étudiants une
pièce jouée le 21 mars pour la Journée de la francophonie, La Mésopotamie verse ses larmes, une mise
en perspective de l’épopée de Gilgamesh, récit légendaire de Babylone, avec l’occupation de Mossoul par Daech.
Le traumatisme n’épargne pas les enseignants.
Hamad Hassan, le directeur du département de
français, avoue ne pas vouloir traverser le fleuve
pour découvrir les ruines de la vieille ville, l’ancien
cœur battant de Mossoul. Il promet d’y revenir le
jour, bien lointain, où il aura été rebâti. Solin, une
jeune yazidie de 22 ans, est allée voir. Elle en est revenue « paniquée ». La brutalité de la fin de la reconquête de la cité marquée par l’anéantissement
des derniers djihadistes terrés dans leurs réduits
avec des civils hante les esprits. La présence des
cadavres sous les décombres des immeubles dix
mois après l’hécatombe dérange. Les fantômes des
« disparus », ces habitants enlevés pour être exécutés par les terroristes, empêchent les familles de
faire leur deuil. Sur le campus, la vie a pourtant repris le dessus, à l’ombre des squelettes des facultés
éventrées. Les étudiants pique-niquent sur les pelouses. Les filles portent presque toutes le voile. Des
couples déambulent. « J’ai vu un de mes potes mourir sous mes yeux, tué dans la rue par l’explosion de
la voiture d’un responsable de Daech visé par une
frappe aérienne. Je sortais d’un mariage, j’ai continué par des funérailles », dit Tamer, un élève ingénieur. « J’ai réparé des vélos dans le magasin de mon
père pendant l’occupation et suivi des leçons privées
pour revenir au niveau », raconte-t-il. « Je me suis
porté bénévole pour nettoyer les mosquées et les églises. C’était un bon moment parce que les activités
étaient mixtes. Il est presque impossible de rencontrer des filles en dehors de l’université. La société
mossouliote est tellement conservatrice. » Il trouve
son quotidien pénible. « C’est difficile de sortir de la
Je ne subis pas de discrimination,
mais je suis isolé. Je me sens en sécurité
dans la fac, mais je me dis que tout peut
recommencer
»
AYAZ, UN ÉTUDIANT EN FRANÇAIS YAZIDI
ville pour aller se promener. Sur les barrages des paramilitaires chiites, il suffit, avec nos noms sunnites à
rallonge, d’avoir une vague homonymie avec un terroriste recherché pour être longuement retenu. C’est
difficile d’effectuer des démarches administratives. Il
faut être pistonné ou payer les fonctionnaires pour
obtenir le moindre papier. Avant Daech, la corruption était généralisée mais clandestine. Après Daech,
elle se pratique à visage découvert », se plaint-il.
La mégapole a du mal à se relever en dépit de
l’apparente vitalité commerciale retrouvée de
Mossoul-Est, la ville nouvelle. La reconstruction
tarde. Les vieilles familles instruites de Mossoul
sont convaincues d’avoir été victimes d’un « complot ». Elles rejettent la responsabilité de la transformation de leur cité en « capitale de l’État islamique » sur les Turkmènes qui ont rejoint en masse
Daech, sur les villageois venus s’installer en ville,
et sur les « Arabes déplacés », ces populations
transférées par Saddam Hussein dans le nord de
l’Irak pour modifier la démographie et submerger
les minorités. La mosaïque ethnico-religieuse est
brisée.
« Je ne subis pas de discrimination, mais je suis
isolé. Je me sens en sécurité dans la fac, mais je me dis
que tout peut recommencer », commente Ayaz, un
étudiant en français yazidi. Il rentre tous les soirs à
Bachiqa, une ville multiculturelle de la province de
Ninive où se sont installés les étudiants yazidis. Il
en va de même pour les chrétiens. Pas question,
pour eux, de circuler dans Mossoul.
Nettoyage ethnique
Leur exode a commencé avant Daech avec le racket et les menaces des groupes islamistes. Il s’est
achevé avec le nettoyage ethnique imposé par
Daech en juin 2014. La mission des Dominicains,
qui fut l’un des hauts lieux historiques de la vie intellectuelle et spirituelle de Mossoul, est définitivement fermée. La plupart des familles chrétiennes
ne reviendront pas. Et leurs rejetons suivant un
cursus universitaire en ville logent ailleurs. Une
quarantaine d’entre eux est hébergée dans des bâtiments mis à leur disposition par l’Œuvre d’Orient
à Karamlesh, une bourgade à portée de son de cloche de Qaraqosh, pôle renaissant des chrétiens de
Ninive. « Je suis sortie de Mossoul il y a six ans, pour
ne plus y remettre les pieds. Notre famille avait reçu
une enveloppe contenant une balle et une lettre de
menaces », dit Noura. Sa copine Merna a quitté la
deuxième ville d’Irak en 2005 au début des guerres
sectaires. « Nous avons toujours notre maison làbas que nous louons. J’ai des copines musulmanes à
la fac. Elles m’invitent à des fêtes à l’orientale chez
elles, mais je n’y vais pas. Il n’est pas question que je
porte un voile pour y aller, et tête nue on me regarde
de travers », explique-t-elle.
Karamlesh se reconstruit. Les maisons incendiées par des villageois musulmans des environs
soudoyés par Daech sont rénovées une à une. Les
rues sont pimpantes. Les chrétiens cohabitent avec
des Shabaks, une minorité chiite. 320 familles sur
800 sont rentrées. L’Œuvre d’Orient a ouvert un
atelier de menuiserie. On y confectionne des bancs
de prière ainsi que des panneaux solaires, une activité en expansion. Il y a quatre églises. Rénovée
grâce à des financements américains, la principale
doit être inaugurée en grande pompe dans un mois
par le patriarche catholique chaldéen, Mgr Sako.
« Je me plais dans la plaine. On est habitué aux guerres », dit Merna. « On va s’en sortir, mais pas à
Mossoul », l’ancienne Ninive assyrienne, si proche
et si lointaine. ■
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LE FIGARO
mardi 15 mai 2018
CHAMPS LIBRES
15
ÉCONOMIE
Climat, commerce,
nucléaire iranien,
Donald Trump n’en
fait qu’à sa tête. La
suprématie militaire
américaine lui
permet d’imposer
ses règles
aux entreprises et
aux États étrangers.
Obama et Bush
en faisaient autant,
mais sans déchirer
les traités.
Une réaction
de panique face
à la montée
en puissance
de la Chine ?
1 La 1re puissance
mondiale
PIB 2017, en milliards de dollars
États-Unis
19 391
Chine
12 015
Japon
4 872
Allemagne
3 685
Royaume-Uni
Les États-Unis abusent-ils
de leur hégémonie ?
puissance, quel que soit le critère retenu.
Sauf pour la population. « Une position
hégémonique n’exige pas d’être le plus
grand pays de la planète, sinon l’Angleterre
n’aurait pas régné sur une grande partie du
monde, comme elle l’a fait durant plus d’un
siècle », rappelle l’économiste de
Harvard, Kenneh Rogoff, qui voit le
match Chine-États-Unis, comme celui
« de la main-d’œuvre chinoise et des robots
américains ».
La puissance n’est pas qu’une question de
taille. C’est « la capacité d’une unité politique d’imposer sa volonté aux autres unités », selon la définition classique de Raymond Aron. Et l’Amérique a de multiples
cordes à son arc pour faire passer ses lois.
Sa puissance de production la place en
tête (voir graphique) et son PIB représente
le quart de la richesse mondiale produite
annuellement. De même, le marché américain constitue le premier pôle d’importation (17,3 % du marché mondial selon
l’OMC), et l’US market fonctionne comme une pompe aspirante pour les autres
nations qui ne peuvent s’en passer. Notons que l’Union européenne, souvent
présentée comme le premier importateur
mondial, se trompe, car le commerce intra-européen doit être défalqué des chiffres, ce que l’OMC prend soin de faire.
Second attribut de la puissance, les forces
militaires expriment une prééminence
encore plus écrasante. « Nous dépensons
plus pour nos forces armées que les dix pays
suivants », s’était vanté en 2014 le président Obama, le Prix Nobel de la paix
2009, ce qui n’est d’ailleurs plus tout à fait
exact (voir tableau). Disposant de onze
porte-avions en activité, alors que nul
autre pays n’en a plus de deux, l’US Navy
s’est assuré un contrôle des mers sans
précédent, ce qui n’est pas pour rien dans
l’hégémonie du dollar. Au XIXe siècle
également la supériorité de la livre sterling était liée à la suprématie maritime de
l’Empire britannique.
Pour la maîtrise du cyberespace, le secteur privé est à la manœuvre, les Gafam
(Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) n’étant que la partie émergée de
l’iceberg et de son avance dans l’économie numérique. C’est une société de droit
privé californien, l’Icann (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers) qui attribue les noms de domaines et
les adresses sur Internet, et qui était totalement sous la tutelle du gouvernement
américain jusqu’à l’automne 2016.
Alors que les établissements d’outre-Atlantique, Harvard en tête, raflent dix-sept
des vingt premières places dans le classement mondial des universités de l’ARWU
de Shanghaï, la boucle est bouclée. Alliant
puissance de l’esprit et forces matérielles,
Mens sana in corpore sano disent-ils, « les
États-Unis sont la seule nation indispensable au monde », prétendait le président
Bill Clinton, au comble de l’hubris, dans
les années 1990. La décennie prodigieuse,
quand l’hyperpuissance américaine se
trouvait sans aucune concurrence.
L’URSS venait d’éclater, victime « de la
guerre des étoiles », la course aux arme-
Jean-Pierre Robin
jprobin@lefigaro.fr
MONDIALISATION Forte de son bud-
get militaire de 610 milliards de dollars,
qui dépasse les efforts d’armement des
sept pays suivants réunis, dont la Chine,
l’Amérique peut-elle s’ériger en shérif de
la planète ? Le flic armé jusqu’aux dents
du « village mondial », mais aussi « le
gendarme économique du monde », selon
l’expression de Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie épouvanté à l’idée que
Renault et PSA doivent faire une croix sur
le marché iranien.
En donnant trois à six mois aux entreprises européennes, entre autres, pour cesser leur commerce et arrêter tout investissement avec l’Iran, Donald Trump
n’est certes pas le premier président à faire la police économique et financière hors
de ses frontières. « L’extraterritorialité
du droit américain » est une pratique
constante depuis 1945 pour « le défenseur
du monde libre » comme on disait au
temps de la guerre froide.
En 2015, la banque BNP Paribas avait écopé d’une amende de 8,9 milliards de dollars « pour utilisation du dollar avec des
ennemis des États-Unis », en l’occurrence
le Soudan, l’Iran et Cuba. Alors à la Maison-Blanche, Barack Obama avait fait savoir à François Hollande que ce serait un
crime de lèse-majesté vis-à-vis de la justice américaine que de lui demander de
faire pression. Et Paris avait obtempéré.
Outre-Atlantique, on ne badine pas avec
la séparation des pouvoirs et le droit,
surtout quand c’est celui du plus fort. Domination du dollar, règles fiscales, supervision des banques, normes de l’Internet etc., les États-Unis s’arrogent des
privilèges exorbitants. Ils disposent
même d’un droit de veto au FMI !
Donald Trump ne prend plus de gants
pour déchirer les traités, de l’accord de
Paris sur le climat à celui de Vienne - le
plan de contrôle international sur le nucléaire iranien, sans oublier les humiliations faites à l’OMC (Organisation mondiale du commerce). La puissance
économique, militaire et technologique
confère-t-elle tous les droits ?
HÉGÉMONIE AUX
MULTIPLES FACETTES
❙ UNE
2 625
Inde
« La meilleure chose que vous puissiez faire, c’est de négocier en position de force »,
a écrit Donald Trump dans son livre sur
L’Art du deal, paru en 1988. Car il faut lire
les chefs d’État avant qu’ils n’arrivent au
pouvoir. Hitler avait annoncé tout ce qu’il
ferait dans Mein Kampf…
En situation de force, les États-Unis le
sont à tous égards. « America first »
(l’Amérique d’abord), le slogan isolationniste sur lequel leur président s’est fait
élire en 2016, s’entend aussi d’une autre
façon : l’Amérique a le rang de première
2 611
France
2 584
Brésil
2 055
Italie
1 938
Canada
1 652
2 Une suprématie militaire écrasante...
610
milliards de dollars
France
Que les différentes facettes de l’hégémonie entrent en résonance et se renforcent
mutuellement, voilà une réalité incontournable. Monnaie clé du commerce
mondial (42 % des échanges de biens et
services libellés en dollar) le billet vert est
plus encore la langue de la finance (59 %
des prêts bancaires internationaux). Le
doit-il à Mercure, le dieu romain du commerce, ou à Mars, celui de la guerre ? Aux
deux, mon capitaine, répond Barry
Eichengreen, l’un des rares économistes
vedettes américains à parler « du privilège
exorbitant du dollar », l’expression forgée
par le général de Gaulle en 1965.
Dans une étude d’avril 2018 du NBER, le
professeur Eichengreen explique que la
banque centrale populaire de Chine détient près de 60 % de ses réserves de
change en dollars parce qu’elle réalise une
part importante de ses exportations aux
États-Unis. En revanche pour la Corée et
le Japon, dont 80 % des réserves sont en
billets verts, sous la forme d’US Treasury
bills (bons du Trésor), cette préférence
tient aux accords de sécurité signés avec
Washington. C’est encore plus vrai pour
l’Allemagne et l’Arabie saoudite dont
pratiquement la totalité des réserves sont
constituées de dollars, en contrepartie du
parapluie nucléaire américain dont bénéficient les deux pays.
L’avantage financier qu’en retire
Washington est gigantesque. « Il suffirait
que les pays dépendant des États-Unis pour
leur sécurité réduisent de 30 % leurs avoirs
en dollars, pour que les taux d’intérêt américains à long terme montent de 80 points
de base (0,8 %), alourdissant de 115 milliards de dollars par an les charges du Trésor US », selon l’étude du NBER.
PRIVILÈGES TOUT
À FAIT EXORBITANTS
❙ DES
C’est l’ensemble de l’économie américaine qui profite de conditions de financement exceptionnelles. Le mécanisme remonte aux années 1950-1960, quand les
entreprises multinationales ont pris leur
essor : « Les États-Unis ont créé alors un
empire industriel considérable en dehors de
leur territoire. La rentabilité de ces investissements était supérieure à celle qui prévalait
chez eux. Les calculs de l’époque montrent
que 90 % des investissements ont été financés en fait par le pays d’accueil », analyse
Jacques de Larosière, qui a dirigé le FMI
(50 ans de crises financières, Odile Jacob).
Les déficits extérieurs de l’Amérique, dont
Donald Trump se plaint si amèrement sont
un leurre. Ces déficits sont financés à très
bas prix par l’épargne étrangère, et ces capitaux permettent aux multinationales, les
Gafam entre autres, de conquérir le mon-
NAUFRAGEUR
DE L’ORDRE LIBÉRAL
❙ TRUMP
Le scénario des relations internationales
en vigueur depuis 1945 semble avoir été
écrit par le fabuliste latin Phèdre, exact
contemporain de Jésus-Christ, dans La
Vache, la Chèvre, la Brebis et le Lion : après
avoir capturé un cerf, les quatre animaux
s’apprêtent à se partager sa dépouille, le
plus fort s’attribue les quatre parts, avec
pour seul argument, « parce que je m’appelle Lion ». Et Phèdre de donner cette
moralité, « il n’y a jamais de sécurité dans
l’association avec le puissant »…
Les alliés européens et asiatiques encaissent les coups sans broncher. Les premiers sont trop désunis commercialement (énorme excédent commercial
germano-américain) et stratégiquement
(la Pologne préfère les appareils de Lockheed Martin aux hélicoptères d’Airbus).
Et en Asie, la Chine fait peur.
Quant aux analystes chinois, ils se font
des gorges chaudes des dérives « de l’ordre libéral » mis en place après 1945 sous
leadership américain et aujourd’hui malmené par Donald Trump. « Les guerres
déclenchées ces dernières vingt ou trente
années par les États-Unis avaient toutes
pour but la défense de la suprématie du dollar », accuse l’ex-général Qiao Liang, expert reconnu de la mondialisation.
L’anglais dispose d’un mot qu’on n’a pas
en français : hegemon, celui qui exerce sa
domination sur les autres. Et pour en
faire comprendre le sens, le dictionnaire
de Cambridge donne cet exemple :
« Could the United States lose out to another global hegemon, China ? » Les ÉtatsUnis pourraient-ils céder la place de
« l’hegemon mondial » à la Chine ? C’est
la question. ■
LE DOLLAR, L’EURO, ETC, DANS LES RÉSERVES DES BANQUES CENTRALES, en %
66,3
47,2
DOIT TOUT
FORCES ARMÉES
❙ LEAUXDOLLAR
de et d’accumuler les profits. Lesquels
sont thésaurisés par les sociétés américaines à l’étranger à hauteur de 3 000 milliards de dollars selon les chiffres du Trésor américain.
Dans cette noria intercontinentale des capitaux, les alliés politiques de Washington
sont des spectateurs qui n’ont pas voix au
chapitre. « Depuis la fin des années 1990,
les crises financières internationales et les
récessions associées viennent toujours systématiquement de la politique monétaire
des États-Unis » observe, Patrick Artus, le
chef économiste de Natixis. La liste est
dans toutes les têtes : 1987 (krach du
19 octobre), 1997 (crise asiatique), 2000
(éclatement de la bulle Internet), et 2008
de sinistre mémoire.
L’asymétrie est la règle. Jamais de réciprocité. L’Ofac (Office of Foreign Assets
Control) et le Department of Justice infligent des amendes à tour de bras aux banques européennes, car « aucun individu,
aucune entité qui fait du mal à notre économie n’est au-dessus de la loi », selon les
termes du procureur général des ÉtatsUnis Eric Holder. Personne ne s’est avisé
que l’Europe aurait pu « punir » la banque
Goldman Sachs pour avoir aidé la Grèce à
falsifier ses comptes publics !
3 ... qui épaule le roi dollar...
DÉPENSES MILITAIRES ANNUELLES EN 2017, en milliards de dollars
Royaume-Uni
ments lancée en 1983 par l’Administration Reagan. Quant à la Chine, elle n’appartenait même pas à la communauté
commerciale internationale (elle n’entrera à l’OMC qu’en 2001).
Russie
64 %
19,7
4,2 1,1
Dollar
Euro
Yen
44,3 Allemagne
57,8
45,4
États-Unis
228
Chine
Arabie saoudite
Japon
39,2
Yuan*
*Renminbi chinois
Corée du Sud
69,4
4 Mais la Chine et l’Union européenne
65,9
sont de plus gros exportateurs
Inde
PART DES EXPORTATIONS MONDIALES DE MARCHANDISES
DE CHAQUE PAYS OU TERRITOIRE, en %
Les dépenses militaires
américaines dépassent
celles des sept pays
suivants réunis
États-Unis
Europe
Chine
Reste du monde
2,5
0,9
35,1
14,4
45,3
Infographie
Sources : FMI, Sipri, BCE, OMC
1948
12,6 %
1993
9,4 %
2015
A
37,3
21,6 %
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mardi 15 mai 2018 LE FIGARO
16
CHAMPS LIBRES
DÉBATS
Contre le terrorisme, osons ouvrir le débat
sur les mesures d’exception
e suis venu à vous avec
l’égorgement » : un des célèbres
hadiths prêtés au prophète
Mahomet trouve une résonance
particulière à l’heure actuelle
en France. Ce samedi 12 mai
devait être un soir festif dans le quartier de
l’Opéra, à Paris, où, le printemps arrivant,
les gens sortent dans les rues pour boire
un verre ou dîner entre amis. Mais cette
légèreté fut brutalement interrompue
quand un jeune homme armé d’un simple
couteau poignarda cinq personnes dont
une mortellement au cri d’« Allah akbar ».
L’histoire se répète inlassablement.
Khamzat Azimov, connu des services
de renseignement, était fiché S comme
environ 20 000 personnes sur notre
territoire. L’intéressé avait même
été entendu en 2017 par la section
antiterroriste de la brigade criminelle.
Mais voilà : il était jugé comme un petit
islamiste sans envergure.
Combien de ces apprentis djihadistes
font ainsi l’objet de discussions polies
dans les bureaux
feutrés
de l’administration
pour déterminer
leur degré
Un nouvel attentat, commis par un fiché S, a été
de dangerosité et les
perpétré à Paris samedi. L’État doit assumer des
suites à donner, sans
mesures privatives de liberté à titre préventif contre
qu’à l’arrivée des
les fichés S si des indices sérieux de radicalisation
mesures concrètes
sont réunis, affirme l’essayiste*.
soient prises ?
+
» Lire aussi PAGES 4, 5 ET 6
J
«
JEANNETTE BOUGRAB
Il est vrai que, comme le juge Trévidic
lui-même le dit très bien, les textes
juridiques ne sont plus adaptés à la
situation. De surcroît, en France, il y a
toujours une explication pour justifier et
dédouaner les islamistes qui nourrissent
le terrorisme. Le ministère de l’Intérieur
s’est heurté à de nombreux obstacles pour
expulser El Hadi Doudi, cet imam salafiste
de la mosquée As-Sounna, à Marseille,
fermée depuis. Selon la préfecture,
cet Algérien de 63 ans appelait à la
« destruction des mécréants », incitait
à l’application de la loi du talion
à l’encontre de ceux qui combattent Dieu
et son prophète et à l’égard desquels
la sentence de Dieu est la mort ou
la crucifixion », et présentait « les Juifs
comme des impurs, les frères des singes
et des porcs ». Ses fidèles le voyaient
toutefois comme un homme opposé à la
violence. Pendant toutes les années où
il a prêché dans cette mosquée, combien
de faibles esprits a-t-il empoisonnés ?
Le temps de l’administration
et le temps de la terreur ne sont
définitivement pas compatibles.
Prenons l’exemple de Radouane Lakdim,
qui, dans un supermarché à Trèbes,
a tué trois personnes, dont le colonel
de gendarmerie Arnaud Beltrame.
L’homme avait 25 ans et était fiché S
depuis l’été 2014. Il était suivi par les
services de renseignement depuis 2016,
mais, selon le procureur de la République
de Paris, François Molins, rien
ne présageait le passage à l’acte.
Ce genre de cas ne devrait pas exister.
Qu’attendait-on ?
Un faire-part ?
Au nom du principe de précaution,
il est nécessaire de pouvoir priver
de liberté toute personne liée de près
ou de loin à une organisation terroriste.
Des mesures fortes sont indispensables
pour venir à bout de l’islamisme :
faut-il rappeler que 247 personnes
ont été assassinées sur notre sol au nom
de cette idéologie mortifère ? Combien
de morts faudra-t-il encore pour
convaincre qu’une guerre est menée
par ces extrémistes au nom de l’islam
contre l’Occident ?
Prétendre distinguer grands et petits
islamistes est vain. Ceux qui ont connu
la décennie noire en Algérie, qui a fait plus
de 200 000 victimes, le savent bien.
L’imagination des terroristes n’a pas
de limite. Tout a été utilisé pour tuer :
armes, couteaux, ciseaux, bouteilles
de gaz, marteaux…
Il en va de même aujourd’hui en France.
Ainsi en juin 2015, en Isère, un islamiste,
Yassin Salhi, a égorgé et décapité son
patron, Hervé Cornara, puis il a accroché
la tête de sa victime au grillage d’une
usine. Le 13 juin 2016, à Magnanville,
un policier et sa compagne, Jean-Baptiste
Salvaing et Jessica Schneider, ont été tués
de plusieurs coups de couteau à leur
domicile devant leur enfant de 3 ans par
un islamiste nommé Larossi Abballa.
Le 26 juillet 2016, à Saint-Étienne-duRouvray, Adel Kermiche et Abdel Malik
Nabil Petitjean égorgèrent le père Jacques
Hamel, âgé de 86 ans. En octobre 2017, à la
gare de Saint-Charles à Marseille, Ahmed
Hanachi a poignardé, égorgé et éventré
deux étudiantes, Laura et Maurane,
âgées respectivement de 20 et 21 ans.
Ces tragédies répétées nous renvoient
aux propos du grand écrivain algérien
Boualem Sansal, pour qui le temps du
couteau et de l’égorgement s’est installé
en France. Lui, le Kabyle des montagnes,
ne cesse de nous alerter sur notre
angélisme. Soyons enfin lucides !
Nous pleurerons encore d’autres proches
aux chairs déchiquetées par les entailles
d’un couteau de boucher. La France
doit comprendre qu’elle se trouve face
à un ennemi qui divinise la mort.
Nous ne le vaincrons, répétons-le,
qu’en assumant des mesures privatives
de liberté à titre préventif contre les
fichés S. En outre, chacun de nous,
suivant l’exemple d’Arnaud Beltrame,
doit, s’il est confronté à un attentat,
réapprendre à être prêt à mourir pour
une plus haute idée de la vie, à être prêt
à payer de son sang la défense
de nos valeurs attaquées.
* Dernier ouvrage paru :
« Lettre d’exil. La barbarie et nous »
(Éditions du Cerf, 2017).
La « moyennite », faute stratégique d’Air France
DESSINS CLAIREFOND
+
our chacun de nous Air France
est un symbole : notre pays lui
a confié son nom, voilà
pourquoi tout ce qui lui arrive
nous concerne et ses
collaborateurs représentent
plus qu’eux-mêmes, comme le rappelait
jadis de Gaulle à ses ministres. Mais c’est
aussi une affaire d’argent, puisque l’État
(c’est-à-dire nous) en détient 14,3 %.
Nous sommes donc légitimes à parler
de la compagnie également en tant
qu’actionnaires.
Peu d’entreprises ont bénéficié
d’un environnement aussi favorable :
la mondialisation signifie voyage. L’aérien
a vu sa part de marché grandir aux dépens
de la route, du rail et du maritime.
En dépit de ces circonstances, sur dix ans,
Air France croît à peine de 1 % l’an, ses
résultats sont négatifs (si on les cumule)
et sa capitalisation a été pratiquement
divisée par trois. Où est l’erreur ?
La faute stratégique a pour nom
« moyennite ». De quoi s’agit-il ?
Une entreprise leader qui couvre un grand
nombre de créneaux a tendance à mal
allouer ses coûts ; des petits malins
détectent alors les segments de clientèle
moins chers à
satisfaire. L’exercice
est évident dans
l’aérien. Il y a en effet
La pratique de la grève à répétition n’est pas le seul
un monde entre un
passager qui se
défaut d’Air France, rappelle l’ancien PDG d’Essilor.
satisfait d’un bagage
Il analyse les faiblesses structurelles d’une compagnie
minimum en prenant
qui s’est laissé distancer par le low-cost.
son billet à l’avance
» Lire aussi PAGES 20 ET 21
P
XAVIER FONTANET
et celui qui veut pouvoir sauter à la
dernière minute dans l’avion avec
de volumineuses valises. Même différence
entre le client prêt à voyager serré
sans attendre de restauration et le client
qui veut de la place et goûter des mets
délicats ; quand les entreprises
ne reconnaissent pas suffisamment
ces différences dans leurs coûts, elles sont
en général trop chères dans l’entrée
de gamme et pas assez dans le haut
du marché ; s’enclenche alors
un mécanisme redoutable qui peut être
mortel. Des concurrents dédiés à l’entrée
de gamme attaquent par le bas en offrant
des prix serrés ; comme ils sont spécialisés,
ils sont même rentables. Les concurrents
diversifiés perdent de la part de marché
dans le bas de gamme et comme
ils ne facturent pas assez leur rentabilité
dans le haut de gamme, ce dernier
s’érode progressivement.
Voilà pourquoi easyJet et Ryanair
ont émergé depuis quinze ans ;
les comparaisons sont consternantes
pour Air France, et ces chiffres ne sont pas
assez connus du grand public actionnaire.
Ryanair, c’est aujourd’hui 430 avions, qui
transportent 129 millions de passagers ;
easyJet, 290 avions et 80 millions
de passagers ; Air France, 230 avions pour
41 millions de passagers. Faites le calcul :
la productivité d’Air France est moitié
moindre. C’est pour cette raison que les
résultats d’Air France sont nuls sur dix ans
alors que ceux de Ryanair explosent. Mais
le pot aux roses n’est pas là, il est dans la
capitalisation, autrement dit la valeur de
quotidiennement partout dans le monde.
C’est le coup de trop après les images
de la chemise déchirée de son DRH !
Le partenaire d’air France, KLM, peut être
furieux. Cette alliance était une excellente
stratégie de reconquête dans le segment
haut de gamme et contribuait à construire
l’Europe des entreprises. Delta et China
Airlines, ses deux actionnaires non
européens, sont méprisés dans cette
affaire. La nationalisation n’est plus
envisageable,
car l’État n’a pas
L’unique stratégie sérieuse,
le premier sou. On
le long-courrier haut de gamme,
peut réfléchir à un
LMBO (technique
est incompatible avec la pratique
de rachat d’une
systématique de la grève
entreprise par ses
cadres dirigeants
associés à des investisseurs, NDLR), mais à
Air France peut-elle jouer une stratégie
un niveau de capitalisation plus élevé, car
low-cost ? C’est bien tard, la partie est
la ficelle serait un peu grosse et l’utilisation
pratiquement jouée. Air France ne peut
du mot France devra être négociée.
faire autre chose qu’affronter sur le longL’unique stratégie sérieuse, le longcourrier les asiatiques, dont la ponctualité
est proverbiale, et les compagnies du Golfe, courrier haut de gamme, est incompatible
avec la pratique systématique de la grève.
qui bénéficient de carburant bon marché.
La compagnie peut encore se reprendre,
Ajoutons qu’à la faute stratégique
mais il faut retirer les demandes salariales
s’ajoute une aberration opérationnelle :
déraisonnables. Au moins, dans cette
la pratique de la grève à répétition.
affaire, les responsabilités sont clairement
Les pilotes et les syndicats, sans se soucier
du côté des syndicats : si Air France
de l’environnement et en pensant
ne se remet pas rapidement au travail,
d’abord à eux-mêmes, ont cassé
la compagnie connaîtra un jour le sort
leur outil de travail.
de Pan Am, TWA, Swiss Air et Sabena.
Au-delà des désagréments de la grève,
Ce sera l’occasion de faire atterrir dans
un nombre croissant de compatriotes
le XXIe siècle la partie des Français
n’acceptent plus de voir l’image de la
France (abondamment utilisée dans les
qui n’a pas encore compris que le monde
campagnes de pub d’Air France) abîmée
est en train de changer !
l’entreprise. Ryanair pèse (lisez bien)
six fois Air France. Autrement dit, Ryanair
a créé en vingt ans six fois plus de valeur
qu’Air France en quatre-vingts ans.
Ryanair pourrait avaler Air France comme
un noyau de cerise… Ce qu’il se gardera
bien évidemment de faire. La moyennite
a permis l’émergence d’un leader
low-cost hyperrentable et fait
descendre notre emblème national
dans la profondeur des classements.
«
»
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LE FIGARO
mardi 15 mai 2018
CHAMPS LIBRES
OPINIONS
Renaud Girard
rgirard@lefigaro.fr
UE : face à Trump, l’épreuve de vérité
e 15 mai se tient à Bruxelles
une réunion diplomatique
d’une importance cruciale
pour l’avenir de l’Union
européenne (UE) en tant
qu’entité politique. Autour
de la haute représentante pour les
Affaires étrangères, Federica Mogherini,
se réuniront les ministres des Affaires
étrangères d’Allemagne, de France et du
Royaume-Uni. Ces trois puissances
furent signataires, au nom de l’Europe,
de l’accord international de Vienne du
14 juillet 2015 sur le nucléaire iranien. Le
ministre iranien des Affaires étrangères
est invité à se joindre à la deuxième partie
de la réunion de Bruxelles.
Négocié pendant près de dix ans, cet
accord, dont le nom exact est JCPOA
(Joint Comprehensive Plan of Action),
C
@
100 000 citations
et proverbes sur evene.fr
permet à la Perse de redevenir une
grande puissance commerciale (grâce à
la suspension des sanctions
internationales dirigées contre elle), en
échange de son renoncement à devenir
une puissance nucléaire. Mme Mogherini
a affirmé le 11 mai que l’UE était
« déterminée à préserver » le JCPOA,
qu’elle a qualifié, à juste titre, de « l’une
des plus belles réussites jamais réalisées de
la diplomatie ».
Malgré le travail considérable qu’avait
réalisé le secrétaire d’État John Kerry
pour obtenir cet accord garantissant
l’arrêt de la prolifération nucléaire au
Moyen-Orient, Donald Trump a décidé
de le déchirer. L’allocution solennelle, le
8 mai, du président des États-Unis pour
annoncer leur retrait du JCPOA et le
rétablissement de leurs embargos contre
ENTRE GUILLEMETS
15 mai 1891 : publication de l’encyclique Rerum Novarum, qui fonde la doctrine sociale de l’Église
Léon XIII, « Rerum Novarum »
L’erreur capitale, c’est de croire
que les deux classes sont
ennemies-nées l’une de l’autre,
comme si la nature avait armé
les riches et les pauvres
pour qu’ils se combattent»
l’Iran, restera dans l’histoire diplomatique
pour deux raisons : d’une part, son
accumulation d’inexactitudes factuelles ;
d’autre part, le reniement de sa signature
par une grande puissance, pourtant jadis
fondatrice de l’ONU (laquelle avait
entériné le JCPOA sous forme de
résolution du Conseil de sécurité).
Que vaut un engagement international
de l’Amérique, s’il peut être déchiré à
tout moment, en fonction des
changements de locataire à la MaisonBlanche ? Opposé au traité de Rome de
1957, de Gaulle, revenu aux affaires en
1958, n’avait-il pas mis un point
d’honneur à ce que l’État remplisse à
l’avance toutes ses obligations découlant
du traité européen, car était en jeu le
respect de la signature de la France ? Lors
de leur réunion du 15 mai, les trois
ministres auront à relever deux défis. Le
premier, immédiat, consiste à sauver le
JCPOA, afin de prévenir la reprise par
l’Iran de ses activités d’enrichissement
d’uranium, et sa possible sortie du TNP
(traité de non-prolifération nucléaire de
1968). Ils trouveront, dans cette tâche, le
soutien de la Russie et de la Chine,
cosignataires avec eux du JCPOA.
Le deuxième défi est encore plus ardu.
Les Européens devront trouver une voie
pour protéger leurs entreprises des
sanctions promises par les États-Unis.
John Bolton, le nouveau conseiller à la
Sécurité nationale de Trump, a fait savoir
qu’il n’hésiterait pas à faire sanctionner
les sociétés européennes qui
continueraient à investir ou commercer
en Iran, dans les secteurs stratégiques
définis par Washington. Le 10 mai,
Richard Grenell, le nouvel ambassadeur
américain à Berlin avait, dans un tweet,
publiquement ordonné : « Les entreprises
allemandes qui font des affaires en Iran
doivent immédiatement se retirer ! » Les
Allemands croyaient avoir recouvré leur
pleine souveraineté il y a plus d’une
génération. Ils s’aperçoivent que ce n’est
pas une réalité internationale pour tout
le monde…
La Maison-Blanche menace de punir
des entreprises européennes qui ne font
qu’appliquer une résolution du Conseil
de sécurité de l’ONU, adoptée
unanimement il y a trois ans. On croit
rêver ! Que peuvent faire les Européens
face à une telle arrogance ? À court
terme, ils peuvent activer un règlement
du Conseil des communautés
européennes de 1996 – surnommé
« Blocking Regulations » -, qui interdit
à toute personne physique ou morale
européenne de se soumettre à des actes
administratifs, législatifs ou judiciaires
décidés par une puissance étrangère.
Cela rassurera un peu les PME
européennes, mais pas les grandes
sociétés, qui ont trop d’intérêts en jeu sur
le territoire américain. À moyen terme,
les Européens peuvent dissuader les
Américains de passer à l’acte, en
promettant que toute sanction de leur
part ferait l’objet de représailles de même
grandeur. À long terme, les Européens
devront se préparer à ne commercer
qu’en euros. La BNP a été condamnée en
2016 à 9 milliards de dollars d’amende,
au prétexte d’avoir utilisé des dollars
pour financer le commerce de pays sous
embargo américain. La compensation
finale s’étant faite sur le territoire
américain (au compte de la BNP à New
York), il était donc « normal » que le
droit américain s’appliquât à l’ensemble
de l’opération… À l’occasion de ce diktat
américain inouï, les Européens saurontils recouvrer leur indépendance ? C’est
l’épreuve de vérité pour le volet politique
de l’UE. Si elle se soumet à Trump,
elle perdra toute raison d’exister.
ANALYSE
Guillaume Guichard
gguichard@lefigaro.fr
Taxe d’habitation : Macron
n’a pas supprimé le bon impôt
Q
uand on préside un pays
aux finances publiques
exsangues, il faut bien
choisir les ristournes
d’impôt qu’on octroie
aux contribuables. Baisse
de l’impôt sur les
sociétés, transformation de l’ISF en
« impôt sur la fortune immobilière »,
instauration d’une flat tax de 30 %
sur les revenus financiers… toutes ces
mesures décidées par Emmanuel
Macron répondent, à en croire les
éléments de langage officiels, à un
impératif économique : renforcer
l’attractivité et la compétitivité de la
France. Mais quel est l’intérêt de
supprimer la taxe d’habitation, à part
rapporter des voix en avril et mai 2017
au candidat Macron ? D’après les
sondages, ce fut en effet la promesse la
plus populaire de la campagne, tous
thèmes confondus. Pour se justifier,
l’ex-ministre de l’Économie a mis en
avant « l’inégalité » des contribuables
devant cette taxe, qui les frappe
différemment selon leur commune
de résidence ou leur type de logement.
Abordée sous l’angle favori du chef
de l’État, c’est-à-dire l’efficacité
économique, la mesure laisse en
revanche perplexe. Quitte à s’attaquer à
la fiscalité du logement, il y avait mieux
à faire - et accessoirement pour deux
fois moins cher. Emmanuel Macron
aurait en effet pu supprimer les « frais
de notaire » sur les transactions
immobilières, qui rapportent environ
11 milliards d’euros aux collectivités
locales (contre 23 milliards pour la taxe
d’habitation). Ces « droits de mutation
à titre onéreux » (DMTO), de leur vrai
nom, sont une aberration économique,
Dassault Médias
14, boulevard Haussmann
75009 Paris
Président-directeur général
Serge Dassault
Administrateurs
Nicole Dassault, Olivier
Dassault, Thierry Dassault,
Jean-Pierre Bechter, Olivier
Costa de Beauregard, Benoît
Habert, Bernard Monassier,
Rudi Roussillon
SOCIÉTÉ DU FIGARO SAS Directeur des rédactions
14, boulevard Haussmann Alexis Brézet
Directeur délégué des rédactions
75009 Paris
Paul-Henri du Limbert
Président
Serge Dassault
Directeurs adjoints de la rédaction
Gaëtan de Capèle (Économie),
Directeur général,
Laurence de Charette (directeur
directeur de la publication de la rédaction du Figaro.fr),
Marc Feuillée
Anne-Sophie von Claer
(Style, Art de vivre, So Figaro),
de fiscalité des transactions
immobilières, qui pèse deux à six fois
plus lourd que dans les autres pays de
l’Union européenne. Ensuite, ce taux
fixe s’applique à des prix immobiliers
qui s’envolent depuis le printemps 2015,
gonflant d’autant plus la facture.
Les économistes ont pu récemment
mesurer in situ les effets toxiques des
frais de notaire. En 2014, François
Hollande n’avait pas trouvé mieux que
de laisser les départements augmenter
cet impôt afin de combler le trou creusé
dans leurs budgets par la flambée des
dépenses de RSA. Le président de
« l’inversion de la courbe du chômage »
finançant l’aide aux
chômeurs qui n’ont
Il est étonnant qu’un président
droit aux
« en marche » contre les « blocages » plus
allocations-chômage
ne s’attaque pas à un impôt qui
ou aux inactifs qui
n’ont droit à rien
assigne les propriétaires à résidence
en augmentant une
taxe… qui alimente le chômage, on ne
n’est à l’ordre du jour. Il est donc
pouvait faire plus ironique et décalé.
étonnant qu’un président « en marche »
Sans surprise, cette hausse quasi
contre tous les « blocages » dont souffre
généralisée des frais de notaire a fait
la France ne s’attaque pas à cet impôt
chuter de 4,6 % le nombre de
qui contribue à assigner les petits
transactions en France, selon une étude
propriétaires à résidence…
à paraître des économistes Guillaume
De nombreuses études corroborent
Bérard et Alain Trannoy. Mais il y a pire.
la nocivité des DMTO. Selon l’OCDE,
Selon une note récente du Commissariat
une hausse d’un point réduit de 4,5 %
général au développement durable, ce
la mobilité des résidents. Or, mettre
sont les zones dites « non tendues » qui
des bâtons dans les roues des petits
ont le plus pâti de cette décision.
propriétaires voulant déménager limite
Dans ces régions, la hausse des DMTO
leur propension à changer de travail,
a provoqué une baisse de… 20 % des
note l’organisation internationale, et
transactions à long terme ! De quoi
augmente donc le chômage et le nombre
alimenter donc le chômage dans ces
des offres d’emploi non satisfaites.
zones souvent sinistrées, que les
Les acquéreurs sont d’autant plus
habitants cherchent plus souvent
découragés qu’ils subissent une
qu’à leur tour à fuir pour trouver
véritable double peine. D’abord,
un travail ailleurs.
la France est championne en matière
clament tous les économistes. Pis, ils
« constituent un frein à la fluidité du
marché immobilier et à la mobilité
résidentielle des travailleurs », a abondé,
la semaine dernière, la mission officielle
sur la refonte de la fiscalité locale.
Et quel frein ! Aujourd’hui, pour acheter
un logement de 200 000 euros, il faut
débourser 16 000 euros de droits de
mutation en puisant dans son épargne
ou en empruntant, a calculé le courtier
Cafpi.
Bien que la mission Bur-Richard
conseille d’« envisager une baisse
progressive du taux applicable aux
DMTO », aucune réforme de ce type
«
Anne Huet-Wuillème (Édition,
Photo, Révision),
Arnaud de La Grange
(International),
Étienne de Montety
(Figaro Littéraire),
Bertrand de Saint-Vincent
(Culture, Figaroscope, Télévision)
et Yves Thréard (Enquêtes,
Opérations spéciales, Sports)
»
Directeur artistique
Pierre Bayle
Rédacteur en chef
Frédéric Picard (Édition)
Éditeur
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Éditeur adjoint
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FIGAROMEDIAS
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Aurore Domont
Direction, administration, rédaction
14, boulevard Haussmann
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direction.redaction@lefigaro.fr
VOX
… SÉCURITÉ
« Le gouvernement
n’a pas pris la mesure
d’un conflit de longue
durée contre l’islamisme
radical »,
la tribune des Arvernes,
groupe de hauts
fonctionnaires
… SOCIÉTÉ
« Immigration : totems
multiculturalistes
et tabous antiracistes »,
la tribune de la
philosophe Renée Fregosi
… POLITIQUE
« Derrière la com’, que
cache la réforme de la
Constitution ? »,
l’analyse d’Arnaud
Benedetti, auteur
de Le Coup de com’
permanent
(Éd. du Cerf, 2017)
Impression L’Imprimerie, 79, rue de Roissy
93290 Tremblay-en-France
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Ce journal
se compose de :
Édition nationale
1er cahier 18 pages
Cahier 2 Économie
8 pages
Cahier 3 Le Figaro
et vous 10 pages
A
CHRONIQUE
17
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 15 mai 2018 LE FIGARO
18
Tanguy Berthemet
£@tanguyber
arc-Antoine Pérouse de Montclos est directeur de recherche à
l’Institut de recherche pour le
développement (IRD), spécialiste des conflits armés en Afrique.
Dans son dernier ouvrage,
L’Afrique, nouvelle frontière du djihad ? (La Découverte, mai 2018), il explique que les conflits islamistes au Mali, au Nigeria ou en Somalie, fréquemment présentés comme importés du MoyenOrient, sont souvent le produit de luttes anciennes
et très locales.
Ce conflit dans le Sahel n’a-t-il pas simplement
des racines historiques ?
Dans les conflits sahéliens d’aujourd’hui, les dynamiques locales et historiques priment sur les références à un modèle révolutionnaire global. C’est
vrai dans les trois gros foyers djihadistes que sont
la Corne de l’Afrique, avec al-Chebab en Somalie,
autour du lac Tchad, avec Boko Haram, et dans le
nord du Mali avec la nébuleuse Aqmi. Il y a des références à l’État islamique ou à al-Qaida, mais ces
groupes sont enracinés dans des terroirs et dans
une histoire. De l’empire de Sokoto, qui s’étendait
Pérouse de Montclos : « Les djihads
africains ont des racines historiques »
Le chercheur analyse la poussée islamiste sur le continent, du Nigeria au Mali,
et brise quelques idées reçues.
bien au-delà du nord du Nigeria, jusqu’au Macina
dans l’actuel Mali, il ne faut pas oublier que les
grands djihads sahéliens du XIXe siècle étaient
portés par des doctrines soufies et réclamaient
déjà l’application de la charia. Ces proto-États islamiques ont gouverné puis lutté contre le colonisateur. Ils servent toujours de référence aux
groupes djihadistes contemporains. Du coup, cela
invite à s’interroger sur cette idée d’un clivage entre un islam arabe radical et importé en Afrique,
d’une part, et un islam africain soufi qui serait tolérant et démocratique, d’autre part.
Vous luttez aussi contre la notion d’une
internationale djihadiste, au moins en Afrique…
Il n’y a pas un central command, quelque part dans le
sud de la Libye, qui appuierait sur un bouton pour
dire à al-Chebab ou à Boko Haram de passer à l’attaque. Cela n’existe pas. Il y a eu quelques contacts
individuels entre groupes, une référence à un modèle commun, mais les agendas sont d’abord locaux
avec des méthodes de combats qui sont différentes.
Il n’y a pas en Afrique de grands centres où ces différents groupes s’entraîneraient ensemble. Quand
une faction de Boko Haram a prêté allégeance à l’EI,
Le grand djihad,
« celui
qui fait
rêver dans nos
banlieues, c’est
celui de l’État
islamique en Irak
ou en Syrie.
L’Afrique du
djihad n’est
attractive ni sur
le plan logistique
et stratégique
ni sur le plan
idéologique.
D’ailleurs,
aucun de ces
mouvements
n’a jamais commis
d’attentat
en Europe ou
en Amérique
du Nord
»
MARC-ANTOINE PÉROUSE
DE MONTCLOS
A
« Le vrai moteur
des djihads tient
plus
à la déliquescence
des États, à la
corruption des
élites, à la violence
des forces de
sécurité qu’à
l’idéologie. »
cela n’a rien changé sur le terrain. C’est même le
contraire. Boko Haram n’a depuis cessé de reculer.
Il y a là une contradiction avec l’idée que ces groupes deviendraient plus puissants à mesure qu’ils se
rapprochent du Proche-Orient. Il ne faut pas avoir
une vision descendante de ces conflits. Il n’y a pas
importation d’un djihad arabe. Les Subsahariens
sont parfaitement capables de développer seuls
leurs propres théologies de la libération, y compris
via l’islam. Le vrai moteur des djihads tient plus à la
déliquescence des États, à la corruption des élites, à
la violence des forces de sécurité qu’à l’idéologie. Il
ne s’agit pas de dire que la religion ne tient aucun
rôle, mais qu’en fait il y a des logiques insurrectionnelles où le Coran est utilisé pour justifier une rébellion contre les pouvoirs établis.
L’Afrique n’est donc pas une nouvelle frontière
du djihad ?
On compare les djihadistes d’ici dans nos banlieues
ou dans le monde arabe avec ceux d’Afrique en imaginant que les combattants peuls d’Aqmi ou kanouris de Boko Haram seraient également endoctrinés
par le biais d’Internet. C’est un pur délire car l’accès
à Internet est extrêmement faible dans ces régions.
Il y a une propagande salafiste, mais le recrutement
se fait essentiellement localement sur un sentiment
de persécution, de frustration, de vengeance ou de
la peur d’une arrestation arbitraire par les forces de
sécurité. Ces guerres n’ont pas de combattants venus d’outre-mer, à l’exception, peut-être, d’alChebab qui s’appuie sur la diaspora somalie.
D’abord, parce que pour un Occidental, c’était
beaucoup plus facile de se rendre à Raqqa. Il suffisait
de prendre un avion pour Istanbul, puis un bus pour
se trouver à la frontière syrienne. Il est nettement
plus complexe d’aller clandestinement à Maiduguri,
au Nigeria, ou dans le nord du Mali. Les conditions
de vie y sont aussi beaucoup plus difficiles. Ces régions n’ont pas du tout les infrastructures qu’ont
l’Irak ou la Syrie. Et puis, il faut le souligner, il y a
une forme de mépris vis-à-vis de ces djihads africains noirs. Le grand djihad, celui qui fait rêver dans
nos banlieues, c’est celui de l’État islamique en Irak
ou en Syrie. L’Afrique du djihad n’est attractive ni
sur le plan logistique et stratégique ni sur le plan
idéologique. D’ailleurs, aucun de ces mouvements
n’a jamais commis d’attentat en Europe ou en Amérique du Nord.
Pourquoi doutez-vous de l’efficacité des engagements
militaires contre les groupes islamistes ?
J’irai plus loin. Ils sont parfois la cause des conflits
et, à tout le moins, contribuent à les prolonger. Par
exemple, c’est l’exécution extrajudiciaire du fondateur de Boko Haram qui a poussé la secte dans la
clandestinité et le terrorisme. Le problème est que
l’on a des armées africaines qui agissent en toute
impunité et tuent beaucoup de civils. Cela crée du
ressentiment, légitime le djihad et pousse des jeunes dans les bras des islamistes. Les méthodes de
contre-terrorisme - cette politique de terre brûlée - appauvrissent les populations et font naître
une misère qui ne laisse d’autre choix que de rejoindre les groupes insurgés et leurs razzias. Les armées occidentales ne commettent, elles, pas directement d’exactions, à quelques exceptions près.
Mais elles légitiment, forment, approvisionnent, financent et arment les troupes africaines qui sont à
l’origine de ces exactions. Nos décideurs politiques,
quels que soient leurs partis, refusent d’admettre
que le comportement de nos alliés locaux nourrit
les insurrections. C’est un vrai problème politique
et stratégique. ■
JEAN-CHRISTOPHE MARMARA / LE FIGARO
LE FIGARO. - Pour vous, le djihadisme
en Afrique génère tant de fantasmes que sa réalité
est méconnue…
Marc-Antoine PÉROUSE DE MONTCLOS. - La notion « d’arc de crise » me gêne à plusieurs titres.
C’est une construction intellectuelle qui tente
d’expliquer le terrorisme islamiste comme un ensemble homogène qui s’étendrait de l’Afghanistan
à la Mauritanie via le Sahel et les pays arabes. Tous
les conflits de la bande sahélo-saharienne seraient
semblables, interconnectés et répondraient à la
même logique. Si vous avez un djihad en Somalie,
il se répandrait comme une traînée de poudre jusqu’en Mauritanie, sur des milliers de kilomètres.
On passe sur le fait que les logiques insurrectionnelles sont quand même très différentes au sein du
Sahel même et, bien sûr, plus encore avec celles du
monde arabe ou de l’Afghanistan. Il est également
surprenant de constater que, dans les discours officiels de Sarkozy et Hollande hier, ou de Macron
aujourd’hui, l’usage du mot « Sahel » renvoie en
fait à cinq pays exclusivement francophones de
l’Ouest sahélien. Alors que le Sahel concerne aussi
le Soudan et va jusqu’à la Corne de l’Afrique. Il y a
là une contradiction avec l’idée d’un arc de crise
plus ou moins transnational. Ou alors, il fallait déployer l’armée française dans tout ce fameux arc.
RENCONTRE
M
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 15 mai 2018 LE FIGARO - N° 22 940 - Cahier N° 2 - Ne peut être vendu séparément - www.lefigaro.fr
> FOCUS
SNCF : LA
MOBILISATION
REPART
lefigaro.fr/economie
SANTÉ
ELIOT BLONDET/ABACA, ELOY ALONSO/REUTERS, CHRISTIAN HARTMANN/REUTERS, DOMINIQUE GUTEKUNST/PHOTOPQR/L’ALSACE/MAXPPP
Agnès Buzyn,
ministre
de la Santé.
ÉNERGIE
BUZYN PROMET
DES MESURES SUR
LE SAMU À L’ÉTÉ PAGE 22
L’OPA CHINOISE
QUI INQUIÈTE
L’EUROPE PAGE 23
Air France
en pilotage
automatique
L’ancienne ministre Anne-Marie Couderc
est nommée PDG par intérim. Les négociations
sociales ne devraient reprendre qu’avec l’arrivée
d’un futur patron
dans quelques mois.
PAGES 20 ET 21
L’interdiction des paris sportifs levée en Amérique
LÉGISLATION Les États-Unis ont
beau avoir inventé les machines à
sous et les casinos géants, une loi
interdisait depuis 1992 les paris
sportifs dans 46 des 50 États
d’Amérique. Après des années de
combat, le New Jersey vient d’obtenir l’abolition de cette règle
auprès de la Cour suprême, à
Washington. À la majorité, ses Sages ont estimé que la loi en vigueur
était contraire à la Constitution.
« C’est un grand jour pour le droit
des États et de leurs populations à
DU LUNDI 14 MAI 2018
CAC 40
5540,68 -0,02%
DOW JONES (18h)
24949,29 +0,48%
ONCE D’OR
1319,85 (1324,35)
PÉTROLE (lond)
78,130 (77,300)
EUROSTOXX 50
3565,74 +0,01%
FOOTSIE
7710,98 -0,18%
NASDAQ (18h)
6987,31 +0,50%
NIKKEI
22865,86 +0,47%
K. L.
M. V.
L’
exécutif a une hantise : que les
Français ne comprennent rien à
sa politique fiscale,
il est vrai particulièrement
complexe avec la hausse
de CSG et la suppression de cotisations
salariales cette année, et la mise en œuvre
du prélèvement à la source en 2019. En
plus des campagnes médias, le
gouvernement a donc
décidé d’utiliser le bulletin
de salaire comme vecteur
de communication.
Et tant pis si la feuille
de paie, censée être
simplifiée, se voit
rallongée de quelques
lignes ! Un arrêté publié le
12 mai au Journal officiel
précise ainsi que les
entreprises doivent
désormais y mentionner
le gain lié au relèvement
de la CSG et à la
suppression des
cotisations salariales,
qui sera de 258 euros
IT
IV
LU
S
Le gouvernement demande de grossir
une petite ligne du bulletin de salaire
É
L'HISTOIRE
par an pour un smicard, une fois la mesure
pleinement en place le 1er octobre. Pas
question, donc, que cela passe inaperçu.
Et ce d’autant que se profile, le 1er janvier,
l’écueil du prélèvement à la source.
Le risque ? Que des salariés, regardant
uniquement la dernière ligne de leur bulletin,
dès lors amputée de l’impôt sur le revenu,
pensent gagner moins. L’exécutif
a donc pris les devants :
l’arrêté signé par les
ministres Buzyn (Santé),
Pénicaud (Travail) et
Darmanin (Comptes publics)
ordonne que la ligne « net à
payer avant impôt sur le
revenu », soit écrite en plus
gros ! Précisément, dans
« un corps de caractère
dont le nombre de points est
au moins égal à 1,5 fois le
nombre de points du corps
de caractère […] des autres
lignes ». Rien ne doit être
laissé au hasard dans cette
affaire. ■
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A
LA SÉANCE
blissements de jeu d’Atlantic City,
Donald Trump avait également
fait campagne contre cette loi, au
motif que les paris sportifs pourraient être une planche de salut.
Au moins 18 États rêvent de s’engouffrer dans la brèche créée par
le New Jersey. En revanche, c’est
un revers pour des groupes religieux chrétiens et musulmans, qui
avaient adressé aux juges des argumentaires contre l’extension
des paris sportifs en Amérique.
X
C
AGROALIMENTAIRE
Le groupe Avril
achète un champion
italien de l’huile
d’olive PAGE 23
Bradley. Cette ancienne vedette
de basket-ball avait défendu la loi
de 1992 au nom de la protection de
la jeunesse.
Le texte n’a pas empêché les paris
sportifs d’exister, de manière illégale. Ce marché clandestin se
chiffre en dizaines de milliards de
dollars. Le gouverneur du New
Jersey militait pour sa légalisation
afin que l’État puisse tirer parti de
cette manne financière, sous forme de taxes et de licences. Face
aux difficultés financières des éta-
E
le PLUS du
FIGARO ÉCO
décider par eux-mêmes », a réagi
Chris Christie, gouverneur du New
Jersey entre 2010 et début 2018.
Le texte avait banni les paris sur
les sports professionnels et
universitaires, sauf dans quatre
États où ils existaient déjà
(Nevada, Delaware, Montana et
Oregon). Le motif ? « Les paris
sportifs sous l’égide des États véhiculeraient le message que, dans le
sport, l’argent est plus important
que le dépassement de soi et l’esprit
sportif », selon le sénateur Bill
Les cheminots reprennent du poil
de la bête. Après 18 jours de grève
contre la réforme ferroviaire, la
mobilisation qui s’essoufflait est
repartie à la SNCF. Près de 28 % des
cheminots se sont croisé les bras
lundi. C’est la plus forte participation
en semaine depuis le début de cette
grève par intermittence, le 3 avril.
La mobilisation s’est envolée chez
les conducteurs (74,4 %), contrôleurs (74,3 %) et aiguilleurs (36,7 %).
Un fort rebond a été constaté chez
les cadres : un sur dix était en grève.
Le trafic a aussi été perturbé par
une cinquantaine d’exactions (ruptures de caténaires, blocages des
voies…) dans les Hauts-de-France,
en Normandie et dans Grand Sud. À
Marseille, plus de 10 000 personnes
ont été bloquées à la gare SaintCharles après l’envahissement des
voies par des grévistes et la rupture
d’un câble d’alimentation, également qualifié d’« acte de malveillance » par la direction.
Ce rebond de la mobilisation intervient sur fond d’exacerbation des
tensions. D’une part, en raison de
l’ouverture d’une « vot’action », une
consultation ouverte par les syndicats, qui invitent les 147 000 salariés
de la SNCF à s’exprimer jusqu’au
21 mai sur la réforme ferroviaire. Ce
vote n’a « aucune légitimité », a
souligné le président de la SNCF,
Guillaume Pepy, tandis que plusieurs
rassemblements ont eu lieu dans la
journée, à Paris et à Biarritz notamment. D’autre part, le compte rendu
d’une réunion entre des services de
la SNCF et le ministère des Transports et évoquant la privatisation a
été révélé par Le Parisien. Les
syndicats y voient la preuve de la
volonté de la direction et du
gouvernement d’ouvrir la porte à
une privatisation partielle de l’entreprise. « La position de la SNCF
comme celle du gouvernement est
claire : le choix de la mise en
concurrence exclut toute hypothèse de privatisation », a affirmé la
direction.
Le projet de loi qui provoque la
colère des cheminots arrivera le
23 mai en commission au Sénat, puis
le 29 à l’Assemblée nationale. La
tension devrait rester vive d’ici là.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 15 mai 2018 LE FIGARO
20
L'ÉVÉNEMENT
L’avenir d’Air France-KLM toujours aussi
Anne-Marie Couderc prend ce mardi la présidence par intérim du transporteur aérien après le départ de
BERTILLE BAYART £@BertilleBayart
ET VALÉRIE COLLET £@V_Collet
TRANSPORT C’est, ce mardi, la
deuxième et déjà la dernière assemblée générale ordinaire d’Air
France KLM pour Jean-Marc Janaillac. À l’issue de la réunion, il
quittera la compagnie, qu’il aura
pilotée moins de deux ans, dix
jours à peine après avoir démissionné de son poste de PDG. Le
4 mai, il a tiré les conséquences de
son pari perdu : à 55,44 %, les salariés d’Air France ont rejeté l’accord sur les rémunérations mis
sur la table par la direction.
Quand, il y a quelques mois, Air
France-KLM semblait avoir renoué avec la croissance et se projeter de nouveau dans une perspective de développement, voilà
la compagnie de nouveau en
panne. En panne de gouvernance
d’abord. Ce mardi, une solution
intérimaire sera annoncée. Le
conseil d’administration nommera à la présidence non exécutive
l’une de ses membres, Anne-Marie Couderc, ex-dirigeante d’Hachette et de Presstalis et ancienne
ministre déléguée du gouvernement Juppé. Ce choix a été arrêté
lundi, au terme d’un long weekend de tractations. Anne-Marie
Idrac, elle aussi administratrice du
groupe, ancienne PDG de la SNCF
et de la RATP et ancienne ministre, a décliné. Jean-Marc Janaillac
a refusé d’assurer son propre intérim. « Cela aurait atténué l’électrochoc dont il espère qu’il pourra
sortir quelque chose de positif pour
le groupe », explique un proche du
dossier.
Anne-Marie Couderc
(ci-dessous, à gauche) a
été nommée présidente
par intérim d’Air France.
Au centre, Philippe
Evain, président du
Syndicat national des
pilotes de ligne (SNPL)
d’Air France, est
en première ligne
du mouvement social
(à droite, des pilotes
en grève).
Les mois qui viennent s’annoncent compliqués. Anne-Marie
Couderc s’appuiera sur un trio de
dirigeants opérationnels : le directeur financier Frédéric Gagey, le
patron d’Air France, Franck Terner, et celui de KLM, Pieter Elbers. Pris au dépourvu, le comité
des nominations d’Air FranceKLM va se mettre, avec un cabinet
de chasseur de têtes, en quête
d’un successeur. Encore une fois.
En 2016, le groupe avait eu du mal
à convaincre des professionnels
du secteur de tenter l’aventure. La
chute de Jean-Marc Janaillac rend
cette recherche encore plus difficile. Le conseil devra décider s’il
brise à cette occasion certains tabous et envisage de nommer un
dirigeant étranger et - pourquoi
pas ? - néerlandais. Le processus
pourrait en tout cas prendre plusieurs mois.
Low-cost long-courrier
Janaillac parti, sa politique n’a pas
été remise en cause par le conseil.
Conclusion, dixit un proche du
dossier, « la direction d’Air France
n’a pas de mandat pour lancer une
nouvelle négociation avec l’intersyndicale ». Un autre expert traduit : « Cela s’appelle jouer la stratégie du pourrissement, et c’est
risqué, surtout pendant l’été, c’està-dire la haute saison. »
Attendre un patron pour lancer
la refondation sociale chez Air
France serait une façon de mettre
devant leurs responsabilités les
organisations syndicales, et en
particulier celle des pilotes, le
SNPL, qui a soufflé sur les braises
du conflit. Pour l’heure, l’intersyndicale n’a pas déposé de nouveau préavis. La tactique guide
aussi la posture de l’État actionnaire : le gouvernement reste délibérément en retrait, renvoyant
la recherche de solutions à la gouvernance de l’entreprise.
Ce temps suspendu intervient au
plus mauvais moment. « Les compagnies aériennes ont atteint le pic
du cycle favorable où le prix bas du
carburant se conjugue à une forte
demande, dit Yan Derocles, analyste chez Oddo. C’était l’année à
ne pas rater. » Pour Air France,
Une entreprise
en crise chronique
A
Dialogue social
dysfonctionnel
Ces mouvements ont deux origines.
La première, c’est la course d’Air
France pour coller à un peloton
mondial du transport aérien qui
s’échappe. La compagnie française
souffre d’un grave déficit de compétitivité, en partie imputable à la lourdeur des charges sociales et fiscales
en France. Et elle a pris du retard
dans ses mouvements stratégiques,
sur le renouvellement de ses classes
prestigieuses, la première et surtout
la très rentable business, sur le lowcost, sur le long-courrier, etc.
La seconde, c’est son dialogue
social dysfonctionnel, marqué par
l’héritage de son passé nationalisé
qui lui a légué une organisation rigide et en silos. Chez Air France aussi,
les intérêts catégoriels et la prétention des pilotes à la cogestion sont
exacerbés. D’autres compagnies
aériennes sont confrontées à cette
situation, créée par la culture d’une
profession dont les membres sont
formés à être, selon l’expression
consacrée, « seuls maîtres à bord »
de leur appareil. Mais, chez Air
France, le rapport de force est particulièrement brutal. « Il n’y a
aucune confiance de part et d’autre
de la table des négociations. Alors
chacun a érigé des règles pour se
protéger au point de créer un système
totalement rigide qui ne fait que des
perdants », analyse un proche du
groupe. « La compagnie n’a avancé
dans son histoire que dans les moments où la direction a su gagner ce
rapport de force, dans le cadre de
conflits sociaux qui ont été fondateurs », explique un bon connaisseur de l’entreprise. Ce fut le cas en
1994 et en 1998, pas en 2014. Parmi
les facteurs qui ont, par le passé, fait
pencher la balance figure en bonne
place la position du gouvernement.
Ces dernières années, les pilotes
ont plutôt gagné en influence dans
l’entreprise, qui pour lancer ses
plans stratégiques successifs de
transformation a lâché du lest et
donné à leurs représentants un
droit de regard sur de multiples aspects, comme le nombre d’avions
exploités par les nouvelles filiales.
Le désaveu que les pilotes avaient
infligé à leur premier syndicat, le
SNPL, en 2015 sur le lancement de
Joon, n’a que temporairement affaibli celui-ci. Les prochains mois
diront si le départ de Jean-Marc Janaillac relégitime l’actuel bureau du
SNPL ou, au contraire, provoque un
électrochoc de sa base. ■
B. B.
AIR FRANCE-KLM
AIR FRANCE, KLM, TRANSAVIA, HOP !, JOON
Chiffre d’affaires
25,7
milliards d’euros
Marge d’EBITDA
12,4 %
LUFTHANSA
LUFTHANSA, AUSTRIAN, SWISS,
EUROWINGS, AIR DOLOMITI…
Chiffre d’affaires
Sources : Bloomberg, sociétés
Est-ce une culture ou une malédiction ? Air France n’en finit plus de
faire les titres de l’actualité avec le
mot « crise » associé à son nom. À
l’étranger, les médias n’ont pas
manqué l’occasion de dire que les
mêmes qui avaient arraché la chemise de leur DRH en 2015 ont eu le
4 mai la tête de leur PDG. En France,
beaucoup se désespèrent aujourd’hui que la compagnie soit à nouveau engluée dans un conflit social
et une vacance de gouvernance.
Certes, Air France navigue dans
un ciel du transport aérien traversé
de turbulences, où les soubresauts
de la conjoncture économique et
géopolitique sont violents et où la
concurrence est exacerbée. Certes,
Air France n’a pas le monopole des
conflits sociaux qui ont récemment
pénalisé l’allemande Lufthansa et sa
filiale Brussel Airlines. Mais il y a
tout de même une singularité Air
France, une capacité particulière à
entrer en crise.
Ce fut le cas en 1994, quand la
compagnie a frôlé le crash financier. Le patron de l’époque, Christian Blanc, avait imposé un électrochoc, dont il avait demandé la
validation par un référendum d’entreprise. Il y eut à la clé une recapitalisation massive de la compagnie
par le contribuable. Ce fut de nouveau le cas en 1998. Les pilotes d’Air
France ont déclenché, sur des revendications salariales, une grève à
la veille de la Coupe du monde de
football. Depuis le début des années
2000, la chronique des négociations
sociales chez Air France est émaillée
de pics de tension, souvent accompagnée de quelques jours de grève,
pour des motifs divers, entre rémunérations, conditions de départ à la
retraite ou encore service garanti.
En septembre 2014, la crise est
maximale quand elle se cristallise
sur le développement de Transavia.
Un an plus tard, elle dérape avec
l’affaire de la chemise arrachée.
35,5
milliards d’euros
Marge d’Ebitda
15,1 %
Capitalisation boursière
11,8
milliards d’euros
Capitalisation boursière
3,1
IAG
BRITISH AIRWAYS, IBERIA, VUELING
milliards d’euros
Chiffre d’affaires
AIR FRANCE
KLM
15,4
10,3
milliards d’euros
milliards d’euros
CHIFFRE D’AFFAIRES
CHIFFRE D’AFFAIRES
22,9
18,3 %
Capitalisation boursière
11 % 14,5 %
MARGE D’EBITDA
7,8
MARGE D’EBITDA
L’État actionnaire en première ligne
Dans le portefeuille des participations
de l’État, les 14,3 % du capital d’Air
France-KLM pèsent financièrement
peu - à peine 450 millions d’euros mais symboliquement et politiquement lourd. La crise de ces derniers
jours oblige mécaniquement l’exécutif à entrer dans la mêlée. Le gouvernement connaît ce jeu de rôle, classique dans les entreprises à
participation publique en général et
chez Air France en particulier.
Bruno Le Maire a prévenu, dimanche : « Ceux qui pensent que
quoi qu’il arrive, l’État viendra à la
rescousse d’Air France et épongera
les pertes d’Air France, se trompent. » Le ministre de l’Économie
répondait ainsi à une question qui
n’est pas encore posée. Air FranceKLM est certes plongé dans une crise sociale et de gouvernance, mais
pas dans une crise financière. Pas
encore. « La compagnie a besoin de
ressources pour financer le développement de Joon et le renouvellement
de sa flotte. Elle doit les trouver par la
baisse des coûts, mais le besoin de
capital risque aussi de se faire sentir », explique un bon connaisseur
du dossier. Or Bercy n’entend pas
faire les fins de mois d’Air France.
Certains experts poussent même
le gouvernement à envisager l’op-
tion radicale de sortir du capital de la
compagnie. Ce serait après tout cohérent avec le discours de Bruno Le
Maire. Il considère que la régulation
est souvent suffisante pour assurer le
rôle de l’État et qu’elle peut être préférable à l’actionnariat public. Ce serait surtout la fin d’une ambiguïté.
Option radicale
Dans une lettre adressée la semaine
dernière au Syndicat national des
pilotes de ligne (SNPL), Jean-Marc
Janaillac a tordu le cou à cette « idée
que le gouvernement serait le réel dirigeant d’Air France, son président
n’étant qu’une “marionnette” et son
DRH l’exécuteur des directives de
l’État ». « Les gens continuent de
croire que l’État est le patron. Et cela
donne à la compagnie un sentiment
d’invulnérabilité », confie un proche
du dossier.
En théorie, une sortie du capital
de la compagnie aérienne pourrait
tenter l’exécutif, malgré la faible
valorisation du titre. En pratique,
une telle option radicale semble peu
opportune au moment où le gouvernement donne la priorité à la
gestion du conflit social à la SNCF.
Mais le débat sur le rôle de l’État
ne fait que commencer. Au niveau
politique, la droite, notamment par
la voix de Virginie Calmels, dénonce cet État actionnaire incapable
d’enrayer la chute de ses fleurons.
Dans l’entreprise, beaucoup s’agacent aussi de cet État qui intervient
dans l’urgence des crises sociales et
de gouvernance, mais évolue bien
peu dans sa pratique d’actionnaire
et d’administrateur.
Enfin, chez Air France, on a souvent le sentiment de perdre les arbitrages d’un État en situation de
conflit d’intérêts permanent entre
ses différentes participations. « Les
salariés de la compagnie pensent que
l’État maltraite Air France dans ses
choix », décrit un bon connaisseur
de l’entreprise. C’est en particulier
le cas s’agissant d’ADP (Aéroports
de Paris) dont Air France estime
faire les frais des augmentations de
tarifs qui sont l’un des moteurs de la
valorisation boursière de l’entreprise détenue à 50 % par l’État. Et
dans l’hypothèse probable d’une
privatisation d’ADP, le gouvernement a déjà prévenu qu’il n’entendait pas remettre en cause le système actuel de la double caisse - l’une
pour les services aéronautiques,
l’autre pour les services commerciaux - malgré le plaidoyer en faveur d’une caisse unique développé
par Jean-Marc Janaillac. ■
B. B.
milliards d’euros
Marge d’EBITDA
milliards d’euros
KLM se fait une
Ceux qui
« pensent
que, quoi qu’il
arrive, l’État
viendra
à la rescousse
d’Air France
et épongera
les pertes
d’Air France,
se trompent
»
BRUNO LE MAIRE,
MINISTRE DE L’ÉCONOMIE
Inquiets qu’Air France puisse faire pencher dangereusement la
barque du groupe, les salariés de
KLM et, plus largement, l’opinion publique aux Pays-Bas,
s’interrogent sur l’avenir du couple franco-néerlandais. Certains
n’hésitent pas à parler d’un nécessaire divorce : « On en a marre
d’être dépendant d’Air France. En
fait, il y a des discussions chez
KLM sur la légalité d’un vote des
salariés sur une forme de divorce
avec le boulet qu’est la compagnie
nationale française. Nous refusons
qu’ils tirent notre compagnie vers
le fond », s’exclame un pilote de
la compagnie néerlandaise.
Il est vrai que, en quatorze ans
de mariage, la santé de KLM s’est
nettement améliorée. La compagnie royale a fait sa part d’effort :
des plans d’économies, des suppressions de postes. Et à présent,
KLM est plus rentable que sa
« compagne »
régulièrement
tourmentée par des crises sociales
coûteuses. En 2015 déjà, l’État
néerlandais, toujours présent au
capital de KLM (avec 5,92 % des
droits de vote), était monté au
créneau contre un projet de la
gestion commune de la trésorerie… KLM craignait qu’Air France
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mardi 15 mai 2018
ÉCONOMIE
L’Asie en sera de loin la première bénéficiaire.
Après la première guerre
du Golfe et la chute
du trafic, Air France
est au bord de la faillite.
1993
Douze jours de grève
contre le plan d’austérité
du PDG, Bernard Attali,
qui démissionne.
Son successeur, Christian
Blanc, fait approuver
son plan, Reconstruire Air
France, par référendum.
1994
FRANÇOIS BOUCHON/LE FIGARO, AURELIEN MORISSARD/IP3 PRESS/MAXPPP, CHRISTOPHE ENA/AP
» Lire aussi PAGE 16
L’État s’engage
à privatiser Air France.
C’est la contrepartie
exigée par Bruxelles
après la recapitalisation
de la compagnie.
1997
Lionel Jospin, premier
ministre, ajourne
la privatisation. Christian
Blanc, qui a redressé
Air France, démissionne.
Jean-Cyril Spinetta
lui succède.
1998
Le processus de
privatisation est relancé
puis arrêté après 10 jours
de grève des pilotes
pendant la Coupe
du monde de football.
1999
Air France entre
en Bourse en février.
2002
Grève de 4 jours
en septembre pour
une hausse des salaires
de 10 %.
RYANAIR
EASYJET
Chiffre d’affaires
Chiffre d’affaires
6,6
5,7
milliards d’euros
milliards d’euros
Marge d’EBITDA
Marge d’EBITDA
30 %
12,5 %
Capitalisation boursière
Capitalisation boursière
17,9
7,6
milliards d’euros
milliards d’euros
raison
ne lui vole son magot. Cette crise
était justement survenue quelques
mois après la grève de deux semaines des pilotes d’Air France.
« Je comprends
votre colère »
À force de dénigrer son acquéreur, KLM pourrait-elle vraiment quitter Air France pour vivre sa croissance sereinement ?
Selon un bon connaisseur du
dossier, un divorce serait tout à
fait possible si Air France acceptait de se séparer de KLM et, surtout, si un acquéreur se présentait. Avec une telle opération, Air
France dégagerait des liquidités,
pourrait lâcher du lest sur les salaires et… continuer à « décliner
en douceur ». Déjà actionnaire,
Delta Air Lines pourrait, en théorie, être intéressée. Mais la législation communautaire interdit à
une compagnie non ressortissante de l’Union européenne de détenir la majorité d’une compagnie aérienne européenne.
Yan Derocles, analyste chez
Oddo, ne croit pas au scénario du
divorce. « Aujourd’hui, expliquet-il, aucune compagnie ne peut
survire si elle n’atteint pas une
taille critique. Air France n’en est
pas là. Elle n’a pas un besoin impérieux de cash. Et pour KLM, se
rapprocher d’un groupe européen
comme Lufthansa ou IAG poserait
de nombreux problèmes. Il faudrait
casser tous les contrats commerciaux. La déperdition serait énorme. » Au fil des ans, KLM a profité
de la puissance commerciale d’Air
France. Les deux compagnies ont
tissé un réseau de partenariats solides sur tous les continents. Leurs
deux plateformes de correspondance - hubs - de Paris et Amsterdam sont efficaces pour relier
l’Occident à l’Orient.
Il y a quelques jours, le PDG de
KLM, Pieter Elbers, a pris
conscience du flottement chez
ses salariés. « Je comprends la colère que vous pourriez avoir. Je
pourrais la partager aussi, leur at-il écrit. Je comprends même les
spéculations concernant l’avenir. » Mais le dirigeant leur demande un geste d’« unité et de
solidarité », dit-il. « Alors ce que
je vous demande à tous chez KLM,
restez calmes et optimistes, gardez confiance dans votre compagnie, continuez à travailler ensemble. » Un message que leurs
collègues d’Air France n’ont pas
su entendre. ■
V. C.
ARMELLE BOHINEUST £@armelella
DÉVELOPPEMENT DURABLE En
apparence, l’équation est simple.
À l’horizon 2030, la mise en place
d’une économie plus respectueuse
de l’environnement générera
18 millions d’emplois nets dans le
monde, prévoit l’Organisation internationale du travail (OIT).
Les actions pour limiter le réchauffement climatique à 2 °C vont
se traduire par 24 millions de
créations d’emploi. C’est beaucoup plus que les 6 millions de
postes qui devraient être supprimés dans les activités à forte intensité de carbone et de ressources
grâce au passage aux énergies renouvelables, aux véhicules électriques et à l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments.
La plupart des quelque 163 secteurs économiques passés au crible devraient en profiter, assurent
les auteurs du rapport « Emploi et
questions sociales dans le monde
2018 : une économie verte et créatrice d’emplois ». À l’exception
notable de l’extraction pétrolière
et du raffinage, qui afficheront des
pertes supérieures à 1 million
d’emplois.
La répartition géographique des
emplois créés par la transition
vers une économie verte est loin
d’être égalitaire. La région AsiePacifique devrait en récupérer
l’essentiel, soit 14 millions de
postes. L’Europe et l’ensemble du
continent américain devraient
obtenir respectivement 2 et
3 millions. En revanche, le
Moyen-Orient et l’Afrique sortiront perdants de cette nouvelle
répartition du travail. L’OIT s’attend à quelque 300 000 pertes
nettes d’emploi au Moyen-Orient
et 350 000 en Afrique « si les tendances actuelles se prolongent, en
raison de la dépendance de ces régions à l’égard, respectivement,
des énergies fossiles et des mines ».
Le rapport s’attarde peu sur le
cas particulier de l’agriculture.
Toutefois, dans la plupart des pays
émergents, développer « une agriculture plus respectueuse, une agriculture dite de conservation,
conduirait à une baisse des emplois », en raison notamment de
l’abandon du labour, souligne Catherine Saget, responsable du rapport de l’organisme affilié à l’ONU.
Il faut impérativement mettre en
place des mesures d’accompagnement au risque, sinon, on risquerait de détruire jusqu’à 4,8 % des
emplois, essentiellement en Asie
(100 000 postes) et en Afrique
(20 000), met en garde le rapport.
Moins d’heures travaillées
C’est également ce secteur d’activité qui souffrirait le plus de la
hausse des températures. Le réchauffement provoquerait ce que
l’on appelle le stress thermique,
« en particulier dans l’agriculture,
un phénomène courant à l’origine
de graves problèmes de santé »
(coups de chaleur, épuisement…),
affirme le rapport de l’OIT. D’ici à
2030, il pourrait entraîner au niveau mondial une perte égale à
2 % des heures travaillées pour
cause de maladie.
Lundi, une autre organisation a
également souligné le rôle positif
de la lutte en faveur de l’environnement sur l’emploi. Le rapport
2018 de l’Agence internationale de
l’énergie renouvelable (Irena)
évalue à 10,3 millions le nombre
de postes créés l’an dernier dans
son domaine. Plus d’un tiers de
ces nouveaux postes ont concerné
le photovoltaïque, devant la bioénergie et l’éolien. Ces emplois
sont concentrés dans une poignée
de pays : la Chine (43 % des nouveaux jobs), le Brésil, les ÉtatsUnis, l’Inde, l’Allemagne et le
Japon. Maigre consolation pour
l’Afrique, qui crée jusqu’ici très
peu d’emplois dans le renouvelable : le potentiel s’élève au fur et
à mesure que l’accès à l’énergie
s’améliore, souligne l’Irena. ■
L’Afrique devrait sortir
perdante de cette
nouvelle répartition
du travail. L’OIT s’attend
à 350 000 pertes nettes
d’emploi sur le continent
africain. STOCK.ADOBE.COM
2004
Acquisition de KLM.
2008
Quatre jours de grève
des pilotes contre le report
de l’âge maximal de départ
à la retraite, de 60 à 65 ans.
2012
Après la crise de 2008,
mise en œuvre du plan
Transform 2015 par le PDG
d’Air France, Alexandre
de Juniac, pour résorber
les pertes, réduire la dette
(qui a triplé en quatre ans)
et restaurer sa
productivité. Grève de
2 jours en février contre
l’application d’un service
garanti en cas de grève.
2014
Le plan Perform 2020
s’inscrit dans la suite de
Transform 2015. Grève de
14 jours des pilotes contre
le projet de développer
la filiale low-cost Transavia.
2016
Jean-Marc Janaillac,
nommé PDG, met
en œuvre le plan Trust
Together, qui comporte la
création d’une compagnie
à prix modéré, Joon.
2018
Entre le 22 février et
le 8 mai, 15 jours de grève
des pilotes et des PNC
qui réclament une forte
hausse des salaires.
Jean-Marc Janaillac
démissionne le 4 mai après
le référendum sur l’accord
salarial proposé
par la direction.
La France fustige la baisse
du budget agricole européen
Plusieurs États s’opposent à la copie de Bruxelles
sur l’enveloppe de crédits pour l’après-Brexit.
EUROPE Cette fois, le marathon
de la négociation du budget de
l’Union européenne pour la période post-2020 a vraiment démarré.
Les ministres des Affaires étrangères des Vingt-Huit ont échangé
leurs premières passes d’armes
lundi à Bruxelles, autour de la copie de la Commission sur le budget
2021-2027 qui ne concernera plus
que 27 États puisque le RoyaumeUni aura en principe quitté
l’Union.
Alors que la Commission veut
mettre l’accent sur le financement
de nouvelles priorités - sécurité,
immigration, environnement -, le
grand classique des disputes budgétaires européennes, à savoir
l’agriculture, est revenu sur le devant de la scène. Car dans le cadre
du départ du Royaume-Uni,
contributeur majeur, et de la redéfinition des priorités, la Commission propose de baisser de 5 %
l’enveloppe de la PAC dont environ 4 % pour son volet des aides
directes aux agriculteurs.
La France « ne peut pas accepter
la baisse drastique » du financement de la PAC, a déclaré la ministre chargée des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, qui
participait au Conseil européen.
« Nous nous opposerons aux coupes
envisagées par la Commission dans
les paiements directs qui ont un impact direct pour les agriculteurs »,
a-t-elle ajouté, assurant que la
proposition présente « un risque
sur la viabilité des exploitations ».
La première puissance agricole du
continent n’est pas isolée autour
de la table. L’Espagne, la Grèce,
l’Estonie, la Slovénie, la Croatie, la
Slovaquie et la Roumanie se sont
élevées contre les coupes proposées par Bruxelles. Ainsi que deux
pays par ailleurs opposés à Paris
sur le respect de l’État de droit, la
Hongrie et la Pologne. Les premiers ministres de ces deux « démocraties libérales », Viktor Orban et Mateusz Morawiecki, en
sommet à Varsovie lundi, sont
montés au créneau pour fustiger
les atteintes projetées contre les
soutiens aux agriculteurs.
Taxe sur le numérique
De leur côté, l’Italie et l’Irlande
ont fait part de leur préoccupation. Quant aux Pays-Bas, ils figurent parmi les rares États qui soutiennent ouvertement la baisse
des crédits de la PAC au nom d’un
budget modernisé.
Nathalie Loiseau a en outre regretté la « timidité » de certaines
propositions de l’exécutif européen. Paris souhaiterait inclure
dans le futur budget la taxe sur les
géants du numérique, encore en
discussion entre États européens.
De longs mois de négociation
qui risquent fort de déborder
après les élections européennes
vont à présent démarrer pour
dessiner le premier budget à 27. ■
F. N.-L.
5%
de baisse
de l’enveloppe
financière proposée
pour la politique
agricole commune
pour 2021-2027
A
du low-cost. Développer ou acheter une low-cost long-courrier devient un questionnement urgent
pour Air France KLM.
Deuxième enjeu : la restructuration de Hop!, l’activité court et
moyen-courrier d’Air France au
départ d’Orly, qui regroupe ses
anciennes filiales régionales (Regional, Brit air et Airlinair). Troisième priorité : définir le plan de
développement de Transavia. La
croissance de la low-cost du
groupe est bridée par la limitation
à 40 appareils de la flotte de la filiale française. Le SNPL avait fixé
cette limite. Transavia y est clairement aujourd’hui à l’étroit. ■
+
1991
1987
Jean-Marc Janaillac.
après une séquence de grèves, c’est
manqué. En Bourse, l’action pique
du nez, à 7,45 euros, contre 14
euros début 2018. Financièrement,
le désendettement a été massif,
mais Jean-Marc Janaillac a annoncé en janvier un gros appel d’offres
pour renouveler les flottes de Hop!,
Transavia, Air France et KLM.
Jean-Marc Janaillac comptait
refondre l’organisation et le management. Son successeur aura à le
faire et devra aussi mettre sa patte
sur le plan stratégique qui était en
cours de finalisation. Le premier
défi de la compagnie est de consolider sa position sur le long-courrier, appuyée sur ses alliances, au
moment où cette activité affronte à
son tour le défi de la concurrence
Début de la libéralisation
du transport aérien
dans l’Union européenne.
La lutte pour le climat va
créer 18 millions d’emplois
CHRONOLOGIE
incertain
21
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 15 mai 2018 LE FIGARO
22
ÉCONOMIE
Samu : Buzyn promet des mesures à l’été
La ministre de la Santé a reçu les syndicats d’urgentistes. Ceux-ci doivent lui rendre leur copie le 1er juillet.
MARIE-CÉCILE RENAULT £@Firenault
SANTÉ Comme elle s’y était engagée, Agnès Buzyn a reçu ce lundi avenue Duquesne les syndicats
de médecins urgentistes, pour réfléchir avec eux aux améliorations
nécessaires à apporter au fonctionnement du service d’aide médicale d’urgence (Samu), mis en
cause suite à la révélation du décès
fin décembre de Naomi Musenga.
Service sursaturé, selon les professionnels, le Samu prend en
charge 30 millions d’appels chaque année… « Il convient qu’il n’y
ait plus d’erreur de ce type », a
d’emblée déclaré la ministre de la
Santé, face à un mur de journalistes, ajoutant que « dans 99,9 % des
cas, fort heureusement, le Samu
travaille merveilleusement mais
doit faire face à une multiplicité
d’appels qui ne sont pas toujours
des appels d’urgence ». Le ton de la
ministre s’est voulu rassurant et
apaisant, alors que l’ambiance
électrique parmi les journalistes
montrait à quel point le sujet a
touché l’opinion.
Sans attendre les conclusions de
l’enquête judiciaire en cours et de
l’enquête administrative confiée à
l’Inspection générale des affaires
sociales (Igas), Agnès Buzyn et les
syndicats d’urgentistes ont prévu
de « travailler sur trois thèmes »
afin d’établir une « feuille de route
qui sera présentée le 1er juillet, pour
mettre en œuvre des mesures correctrices cet été », a indiqué la mi-
nistre. « Nous fixons un calendrier,
car nous avons un impératif de résultat », a-t-elle ajouté.
La réflexion portera « sur la formation des personnels - en particulier des auxiliaires de régulation
médicale (ARM) qui répondent au
téléphone -, sur le respect des procédures et sur l’assurance qualité »,
a encore précisé l’ex-présidente
de la Haute Autorité de santé.
L’objectif est de vérifier que tous
les services travaillent de la même
façon, font remonter les incidents,
répondent correctement aux appels. « Il faut améliorer la politique
qualité. Certains services, comme à
Nantes ou Toulouse, sont déjà dans
cette démarche. Quand on analyse
les dysfonctionnements, on est capable d’améliorer sans cesse les
process », a abondé François
Braun, le président de Samu-urgences de France.
Formation insuffisante
La formation des ARM est aussi au
cœur des discussions, alors qu’il
n’existe pas de diplôme homologué ni de formation homogène sur
le territoire. En 2017, un rapport
du Sénat sur les urgences avait notamment jugé leur formation « insuffisante » au regard des missions, a encore rappelé François
Braun, qui souhaite une formation
« améliorée, plus longue et reconnue dans un métier de santé ».
Agnès Buzyn n’a en revanche
pas annoncé de moyens supplémentaires pour le Samu, ni humains, ni financiers. « Cela
n’était pas l’objectif de la rencontre », a-t-elle affirmé, sans l’exclure à terme. « Si à l’issue de tout
cela, ça nécessite des moyens supplémentaires, notamment sur la
formation des professionnels, il y
aura des moyens dégagés », a-telle promis.
Interrogée sur la nécessité de
fusionner les différents numéros
d’appels d’urgence (police, pompier, Samu) en un seul comme cela
existe à l’étranger, la ministre de
la Santé a indiqué qu’il n’y avait
pas de système parfait. « Dès qu’il
y a des intermédiaires, il y a des inconvénients », a-t-elle rappelé.
Il convient
« qu’il
n’y ait
plus d’erreur
de ce type.
Et cela même
si dans 99,9 %
des cas, fort
heureusement,
le Samu
travaille
merveilleusement
Numéro unique
« Il y a un débat entre nous sur le
numéro unique, sur quelle doit être
la plateforme de régulation », a indiqué Patrick Pelloux, le président
de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf), pour
qui la coordination entre les pompiers et le Samu « pourrait être
meilleure ». Et le plus médiatique
des urgentistes de préciser : « Nous
sommes face à la gestion d’un très
grand système qui doit sauver des
vies, prendre en charge des urgences graves. Or, comme il est sursaturé d’activité, beaucoup de gens
qui y travaillent banalisent l’urgence. » Pour lui, « il faut le réformer
et lui donner les moyens de travailler », avec « plus de capacités »
humaines, car les permanenciers
ne sont pas, dans certaines plateformes, tout bonnement assez
nombreux face aux appels. ■
»
AGNÈS BUZYN,
MINISTRE DE LA SANTÉ
« Nous fixons
un calendrier car nous
avons un impératif
de résultat », a annoncé,
lundi, la ministre de la
Santé, Agnès Buzyn.
BLONDET ELIOT/ABACA
La Cour des comptes fustige la gestion des œuvres sociales des hôpitaux
Trop généreuse, « l’action sociale
hospitalière doit être rénovée ».
Tel est le verdict de la Cour des
comptes, qui a rendu public lundi
un référé, adressé le 14 février
2018 au premier ministre, sur le
Comité de gestion des œuvres sociales des établissements hospitaliers publics (CGOS) et l’action
sociale hospitalière.
Cette association loi 1901, gérée
de manière paritaire, a pour mission depuis 1960 de gérer l’action
sociale en faveur des agents non
médicaux actifs ou retraités des
établissements publics sanitaires,
sociaux et médico-sociaux. Soit
plus de 950 000 bénéficiaires. À
ce titre, le CGOS sert une large
gamme de prestations, qui représentaient 355 millions d’euros de
dépenses en 2016. Un montant en
hausse de 17 % depuis 2010.
Mais pour les Sages de la Rue
Cambon, la gestion du CGOS « est
insuffisamment encadrée et circonscrite ». Financé par une
contribution obligatoire payée par
plus de 2 400 établissements, le
CGOS « dispose de ressources
abondantes », mais un tiers de ses
dépenses « n’entrent pas dans le
champ légal de l’action sociale hospitalière », affirme la Cour. Sur les
355 millions d’euros de prestations
versées en 2016, 124 correspondent en effet à la compensation de
pertes de salaires lors d’arrêts ma-
200
millions d’euros
Les économies
réalisables par an,
selon la Cour
des comptes, grâce à
une gestion rigoureuse
des œuvres sociales
des hôpitaux publics
ladie prolongés et à une prime forfaitaire de départ en retraite.
Par ailleurs, le CGOS a constitué
d’importantes réserves financières, notamment une provision de
« près de 20 millions d’euros » pour
faire face à « des risques élevés de
redressement » pour non-paiement de cotisations sociales sur
certaines prestations servies.
306 équivalents
temps plein
Ces prestations et cette cagnotte
« ne devraient pas être financées
par la contribution obligatoire »,
jugent les magistrats de la Rue
Cambon, calculant que les établissements publics pourraient ainsi
réaliser « a minima de l’ordre de
200 millions d’euros d’économies »
par an. La Cour considère en outre
comme « irrégulière » la mise à
disposition « de fait » et gratuite de
personnels hospitaliers permettant au CGOS de quadrupler ses
effectifs. L’association, qui emploie 306 équivalents temps plein
(ETP), peut de cette manière s’appuyer sur « environ 930 ETP » supplémentaires, aux frais des établissements qui supportent « un
coût global annuel estimé à
44,6 millions d’euros ».
Enfin, le CGOS a souscrit pour
les agents hospitaliers un contrat
collectif d’assurance de retraite
complémentaire facultative, qui se
EN BREF
Les mutuelles d’assurances
au mieux de leur forme
CROISSANCE STABLE
AU DEUXIÈME
TRIMESTRE
La Maif et la Macif affichent des résultats records.
A
DANIÈLE GUINOT £@danieleguinot
SERVICES Les mutuelles d’assurances ont su braver les vents
contraires l’an dernier. En 2017, elles se sont acquittées d’une taxe exceptionnelle élevée, remplaçant
celle sur les dividendes (qu’elles ne
payaient pas car elles ne versent pas
de dividendes). Certaines ont aussi
fait face à des catastrophes naturelles. Elles sont pourtant parvenues à
dégager des résultats records. Le
bénéfice net de la Maif a ainsi bondi
de 44 % en 2017 par rapport à 2016, à
183,9 millions d’euros, a annoncé
lundi la mutuelle. « Il s’agit de la seconde meilleure performance des dix
dernières années, après un pic de
194 millions atteint en 2014 », se félicite son directeur général, Pascal
Demurger. L’assureur mutualiste de
Niort a toutefois bénéficié de coups
de pouce, comme la vente d’une
participation de 15 % dans BPCE Assurances. Toiletté des effets exceptionnels, le bénéfice a augmenté de
1,6 % en 2017. « Cette progression est
assez proche de celle du marché, mais
elle a été réalisée pour la Maif avec
des augmentations de tarifs inférieures à celles de ses rivaux », souligne
Pascal Demurger. Il y a quelques semaines, sa concurrente la Macif a,
elle, présenté les meilleurs résultats
de son histoire commencée en 1960
(265 millions d’euros, en hausse de
43 % par rapport à 2016).
Pascal Demurger,
directeur général
de la Maif.
PRM/SIPA/SIPA
Forces
EN PRÉSENCE
Projets de mariage
Le secret de la bonne forme de ces
mutuelles ? « Leur positionnement
sur le marché des assurances dommages des particuliers (habitation et
auto) qui résiste plutôt bien », répond
Guillaume Leroy, actuaire associé
chez Prim’Act. Ces groupes sont
donc moins dépendants des marchés financiers et moins sensibles à
la conjoncture. « Comme ils proposent peu ou pas d’assurance-vie, ils
sont moins impactés que les autres
assureurs par les taux d’intérêt très
bas », poursuit Guillaume Leroy. Les
mutuelles ont d’autres atouts. « Un
bon modèle économique et une clientèle relativement fidèle », souligne
Marc-Philippe Juilliard, directeur
chez S&P Global Ratings. Leur bonne image leur permet d’un peu
mieux résister que les assureurs tra-
■ MAIF
Chiffre d’affaires
3,5 milliards d’euros
en 2017 (+ 2,5 %)
Résultat net
183,9 millions d’euros
(+ 44 %)
Nombre de sociétaires
3,12 millions (+ 36 000
en un an)
■ MACIF
Chiffre d’affaires
6,2 milliards d’euros
en 2017 (- 2%)
Résultat net
265 millions d’euros
(+ 43%)
Nombre de sociétaires
5,3 millions (+ 51 000
en un an)
trouve dans une situation financière délicate.
Ces dérives appellent une reprise en main par l’État, dont le
contrôle du CGOS a jusqu’à présent souffert de multiples « défaillances », observe pudiquement
la Cour, qui préconise de créer un
contrat d’objectifs et de gestion
(COG) sous la double tutelle des
ministères de la Santé et des
Comptes publics.
Dans sa réponse, en date du
20 avril, le premier ministre dit
« partager de manière globale » les
préoccupations de la Cour, qui,
assure-t-il, vont « conduire l’État
à prendre un certain nombre de mesures d’ajustement ». ■
M.-C. R.
ditionnels au renforcement de la
concurrence voulu par la loi Hamon
(changement de contrat facilité) et à
la montée en puissance inexorable
des bancassureurs (Crédit agricole,
Crédit mutuel, Société générale…).
Le secteur est en pleine reconfiguration, les mutuelles profitant de
leur bonne santé financière pour
grandir et élargir leurs horizons. La
tendance n’est pas nouvelle depuis
la création de Covéa, regroupant
MMA, Maaf et GMF. Mais elle s’est
accélérée ces derniers mois, avec
l’annonce de plusieurs projets de
mariage avec des mutuelles spécialisées dans la santé et la prévoyance. La Macif est ainsi en train de se
rapprocher d’Aesio et Matmut du
groupe AG2R La Mondiale. La Maif
a, elle, noué un partenariat avec
Vyv, le géant de l’assurance-santé
né l’an dernier, pour commerciali-
ser une nouvelle offre d’assurancevie. « Il ne faut pas voir les mariages
comme une réponse à une situation
périlleuse pour les mutuelles d’assurances », explique Marc-Philippe
Juilliard. Bien au contraire. « Ces
opérations servent à préparer l’avenir et à réaliser des économies
d’échelle afin de rendre les groupes
plus compétitifs. » EIles permettent
aussi aux mutuelles de diversifier
leurs activités afin d’être mieux armées pour faire face aux contraintes
réglementaires. Ces stratégies sont
quelque peu opportunistes. « Les
assureurs santé sont confrontés à de
nombreux changements réglementaires qui les affaiblissent », pointe
Guillaume Leroy. Reste à savoir si
tous les projets verront finalement
le jour, car, par le passé, de nombreuses fiançailles entre assureurs
mutualistes ont été rompues. ■
£ Le PIB devrait progresser
de 0,3% au deuxième
trimestre, soit le même taux
qu’au premier trimestre,
selon la Banque de France.
Les chefs d’entreprise
prévoient en mai une
« stabilisation de l’activité »
industrielle, « une croissance
moins soutenue » dans
les services ainsi qu’une
« progression de moindre
ampleur » dans le secteur
« dynamique » du bâtiment.
ACCOR SE RENFORCE
EN AMÉRIQUE LATINE
£ Allié au fonds chilien
Algeciras, AccorHotels rachète
Atton Hoteles, qui compte
11 établissements milieu et haut
de gamme (2 259 chambres)
au Chili et Pérou, ainsi
qu’en Colombie et Floride.
Pour 105 millions de dollars,
le groupe français détiendra
la société d’exploitation et aura
20% de la société immobilière,
propriétaire des hôtels.
+@
» Macron a-t-il
une dent contre les syndics
de copropriété ?
www.lefigaro.fr/economie
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LE FIGARO
mardi 15 mai 2018
ENTREPRISES
23
L’OPA chinoise sur EDP inquiète l’Europe
Le groupe public China Three Gorges veut racheter le champion portugais de l’énergie.
DELPHINE DENUIT
BOURSE À peine lancée vendredi
soir, l’offre publique d’achat
(OPA) du groupe public chinois
China Three Gorges (CTG) sur
Energias de Portugal (EDP) fait
déjà polémique. Déjà détenteur de
23,3 % du capital, CTG compte acquérir le solde, soit 76,7 % de la
plus grande entreprise publique
portugaise, pour environ 9 milliards d’euros (soit près de 23 milliards d’euros si l’on inclut la dette
de 13,8 milliards d’EDP à fin 2017).
Selon les médias portugais, la
direction d’EDP considérerait
cette offre comme hostile. L’exécutif portugais, lui, se dit neutre.
« Le gouvernement n’a rien contre,
aucune réserve, a expliqué le premier ministre, socialiste, Antonio
Costa. Les Chinois ont été de bons
investisseurs, que ce soit dans le
REN (groupe énergétique national, NDLR), EDP ou d’autres secteurs. »
La Bourse aussi apprécie l’opération. EDP a bondi, jusqu’à clôturer en hausse de près de 10 %, à
3,40 euros, soit 22 centimes de
plus que le prix d’acquisition proposé par le groupe chinois ! Cette
flambée du titre traduit l’attrait
spéculatif du marché à l’égard de
cette OPA : les investisseurs miseraient sur un relèvement de prix
de la part de CTG ou sur l’entrée
en scène d’un chevalier blanc.
Depuis des mois, des rumeurs
évoquent l’intérêt de concurrents
européens comme le français Engie, l’italien Enel ou l’espagnol
Gas Natural.
En tout cas, CTG semble déterminé. « Les Chinois mènent une
stratégie offensive en matière
d’énergie, ils maîtrisent déjà les différents moyens de production
d’électricité, le stockage d’électricité et commencent à exporter des
centrales nucléaires, analyse Colette Lewiner, conseillère énergie du
président de Capgemini. Acquérir
l’opérateur public portugais leur
permettrait de prendre le contrôle
d’un actif intéressant tout en injectant du capital dans une entreprise
très endettée qui en a besoin. »
« Imaginez EDF racheté
par l’État chinois ! »
Mais cette OPA soulève la question de la souveraineté énergétique du Portugal. « Que la Chine
acquière plus de 21 % du capital
d’EDP en 2011, suite à la crise de la
dette que traverse le pays, cela peut
se comprendre, dit Philippe Le
Corre, chercheur à la Harvard
Kennedy School. Mais de là à
prendre le contrôle d’un actif public
aussi stratégique qu’EDP, c’est un
pas que je n’imagine pas. Ce serait
un cataclysme… Imaginez un peu
EDF se faire racheter par l’État
chinois, ce serait extrêmement
dangereux en termes de souveraineté énergétique et absolument pas
Le groupe chinois
détenait déjà 23,3% du
capital d’EDP depuis
2011, à la suite de la
crise de la dette que
traversait le Portugal.
ELOY ALONSO/REUTERS
nécessaire ! » Et de pointer du
doigt l’absence d’outil européen
pour contrer ce type d’opération
en Europe, pour l’instant du
moins. Le Parlement européen,
réuni en commission parlementaire, doit adopter le 28 mai un
projet de règlement imposant « un
cadre communautaire pour filtrer
les investissements directs étrangers dans l’Union européenne ».
« Des secteurs d’activité sont
menacés en Europe par les investissements chinois, et nous ne possédons toujours pas de mécanisme à
l’image du Comité des investissements étrangers aux États-Unis
(CFIUS) », regrette son rapporteur, Franck Proust. Il plaide pour
faire appliquer ce règlement avant
la fin de l’année. Faute d’avoir les
moyens de réagir, l’Europe pour-
rait bien trouver un soutien
auprès du CFIUS justement. Celui-ci a son mot à dire sur cette
opération qui vise aussi sa filiale
d’énergies renouvelables EDPR,
acteur majeur outre-Atlantique.
En 2016 déjà, le CFIUS avait bloqué le rachat du fabricant de
semi-conducteurs allemand Aixtron par un fonds d’investissement chinois. ■
Lesieur et Puget doublent de poids dans l’huile d’olive
AGROALIMENTAIRE La diète méditerranéenne continue de faire des
adeptes. C’est le cas d’Avril, poids
lourd des filières huiles et protéines
et détenteur des marques Lesieur
ou Puget. Lundi, le groupe a signé le
rachat de l’entreprise familiale Costa d’Oro, dont il acquiert une part
majoritaire auprès des familles fondatrices Sabatini et Santirosi. Créée
en 1968 à Spolète, à 150 kilomètres
au nord de Rome, cette société, représentative du tissu agroalimentaire italien, s’est fait un nom pour
ses huiles d’olive vierges extraites à
froid. Elle réalise la moitié de son
chiffre d’affaires de 143 millions
d’euros hors d’Italie, dans une centaine de pays.
L’opération, dont le montant n’est
pas révélé, reste petite pour Avril et
ses 5,9 milliards d’euros de chiffres
d’affaires – dont 1,1 milliard dans les
huiles et condiments. Mais il place
ainsi ses pions sur un marché mondial qui doit passer de 12 à 17 milliards
d’euros d’ici à 2025. Pour s’offrir
Costa d’Oro, Avril s’est associé à son
partenaire historique, le groupe Castel (vins, bières, boissons gazeuses…).
Avril double donc de poids sur un
segment en croissance de 4 à 5 %
par an, pour dépasser 310 millions
Costa d’Oro réalise
un chiffre d’affaires
de 143 millions d’euros.
LES DÉCIDEURS
â OLIVIER BUCAILLE
Altarea Cogedim
Patron de Cogedim grands projets, il est promu
président de la nouvelle entité Altarea Cogedim
développement urbain.
â SAFIA LIMOUSIN
A.T. Kearney
À 45 ans, cette partner de chez EY passe dans le
cabinet de conseil américain A.T. Kearney, toujours comme partner. Diplômée de l’École
polytechnique féminine (EPF), elle avait connu
ses premières fonctions de partner chez l’Allemand Roland Berger, en 2012.
â GUILLAUME DARRASSE
In Vivo
Directeur général délégué de la coopérative Système U, dirigée par Serge
Papin, il prend les commandes opérationnelles de la branche retail du groupe coopératif agricole français InVivo. À 54 ans, cet ingénieur agronome dispose d’une longue
expérience dans la grande distribution. Après
avoir commencé chez Pomona en 1988, à des
postes d’achat et de vente, il avait rejoint le
groupe Leclerc, puis Casino, avant de rejoindre
Système U, dont il était DG délégué depuis 2006.
d’euros de chiffre d’affaires. « Nous
venons consolider notre présence sur
un marché encore très atomisé mais
avec d’importantes perspectives de
création de valeur, détaille Olivier
Delaméa, DG du pôle huile et
condiments du groupe Avril. Même
si nous voulons faire de Costa d’Oro
une marque mondiale, la qualité
l’emporte sur la course à la taille.
Dans ce secteur, le souci majeur est
d’assurer un niveau de qualité et de
traçabilité élevé. »
Numéro 3 mondial
Le nouveau propriétaire compte sur
le savoir-faire de Costa d’Oro dans
les approvisionnements et dans
l’assemblage des saveurs et des espèces.
Après l’achat en 2003 de Lesieur,
puis en 2004 de Puget et, dans une
moindre mesure, du marocain Lesieur Cristal en 2011, l’acquisition de
Costa d’Oro amplifie la présence
d’Avril sur les huiles d’olive de
marque dans le monde. Il y prend la
troisième place derrière l’espagnol
Deoleo et ses célèbres Carapelli,
Bertolli et Carbonell (10 % du marché mondial, avec 1,2 milliard
d’euros de chiffre d’affaires) et derrière Bright Food (430 millions
d’euros).
« L’objectif est d’abord de faire de
Costa d’Oro une marque mondiale,
PAR Carole Bellemare avec Amaury Bucco
Céline Lazorthes cède les rênes
opérationnelles de Leetchi.com
Elle aura sûrement le droit
à une belle cagnotte de
départ ! Après neuf ans à la
tête de Leetchi.com, la
fondatrice de la première
cagnotte en ligne cède les rênes opérationnelles du site pour se concentrer sur sa
seconde entreprise, la solution de e-paiement Mangopay, créée en 2013. Une décision
mûrement réfléchie pour la jeune trentenaire, qui assure ne plus pouvoir « assurer sur les
deux tableaux » face à la croissance verticale
de ses deux sociétés. Car Céline Lazorthes
peut être fière de son succès. En 2018, Leetchi
(réunion de Mangopay et Leetchi.com)
devrait brasser 2 milliards d’euros de valeur
d’affaire, contre 220 millions en 2015. Deux
noms d’entreprises fruités pour une réussite
plus que juteuse, qui dénote dans le tableau
très masculin de l’entrepreneuriat français.
Cédée à 86 % au Crédit mutuel Arkéa pour
une valeur de 50 millions d’euros, Leetchi
comptabilise aujourd’hui près d’une centaine
de salariés répartis entre la France, l’Allemagne, l’Irlande et le Luxembourg.
C’est en récoltant l’argent pour le week-end
d’intégration d’HEC en 2007 que Céline
Lazorthes songe à la création d’une plateforme de collecte sécurisée. Née à HEC, l’idée y
restera jusqu’à sa création dans l’incubateur
de l’école, où sa voisine de bureau n’est autre
qu’Alix Poulet, désormais nommée aux
manettes opérationnelles de Leetchi.com.
« J’ai tout de suite pensé à elle, c’était comme
une évidence », confie l’entrepreneur, qui
loue une personne « extrêmement brillante,
avec beaucoup d’empathie, un très bon relationnel et une bonne connaissance de l’économie solidaire ».
Une amie comme nouvelle DG
Bonne connaisseuse de Leetchi.com, qu’elle
a vu croître dans l’incubateur, la nouvelle
DG est également « une amie très proche »,
créatrice de la plateforme de produits écologiques e-Citizen. Loin des commandes opérationnelles de la cagnotte en ligne, dont elle
reste présidente, Céline Lazorthes se consacrera désormais pleinement aux enjeux « B
to B et technologique » de Mangopay. Mais
aussi à son hobby favori… l’entrepreneuriat.
La native de Toulouse est à la tête d’un holding d’investissement impliqué dans une
quinzaine de start-up dont Le Slip français
ou Frichti pour les plus connues. D’un caractère simple et communicatif, que le succès
n’a en rien altéré, Céline Lazorthes sait
encore trouver un peu de temps pour ses
autres loisirs : le voyage, la cuisine et le sport.
A. B.
poursuit Olivier Delaméa. Il est trop
tôt pour dire si elle a un potentiel en
France. Mais la Chine ou l’Amérique
du Nord figurent parmi nos zones
prioritaires de développement. »
L’opération s’inscrit du plan 2020
d’Avril : il donne la priorité au développement à l’international, à
l’innovation et aux activités à plus
forte valeur ajoutée, comme les
marques de grande consommation.
Aujourd’hui, 50 % de ses ventes
d’huile, tous oléagineux confondus,
sont celles de produits de marque :
Puget, Lesieur et Isio 4 en France,
Lesieur, Huilor et Al Horra au Maroc, Bunica en Roumanie ou Cristal
en Tunisie. ■
www.lefigaro.fr/decideurs
â STÉPHANE ANFOSSO
Groupe Figaro
Leader tricolore des annonces classées sur Internet, Figaro Classifieds
accueille un nouveau directeur général adjoint pour sa branche immobilier.
À 46 ans, cet ingénieur de Telecom ParisTech
également diplômé de Sciences Po et passé
par les bancs de l’ESCP, dirigeait depuis 2014
le pôle annonces du groupe Solocal (ex-PagesJaunes). Notamment en charge de l’immobilier dans ses précédentes fonctions, l’arrivée de Stéphane Anfosso marque une
nouvelle orientation pour Figaro Classifieds,
qui souhaite placer « la marque Figaro, gage
de confiance et de qualité, au centre de ses sites
immobiliers et conforter sa place de no 3 dans le
secteur sur Internet en France ».
â CHRISTOPHE DUHAYER
Johnson & Johnson
À 41 ans, il pilotera désormais le secteur des dispositifs médicaux de
Johnson & Johnson en France, dont
il devient président pour la branche Medical.
Entré dans une première fois dans le groupe
en 1999, par la filiale Ethicon EndoSurgery, il
avait retrouvé le groupe en 2016, comme président de J&J Medical BV pour la Belgique et le
Luxembourg. Christophe Duhayer est diplômé de Kedge (ex- ESC Bordeaux).
A
OLIVIA DÉTROYAT £@Oliviader
COSTA D’ORO
Le groupe Avril rachète la société familiale italienne Costa d’Oro pour se renforcer sur un marché en croissance.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 15 mai 2018 LE FIGARO
24
ENTREPRISES
Voiture autonome : le gouvernement
veut multiplier les expérimentations
Pour être dans la course, la France doit adapter son cadre réglementaire et favoriser les tests.
EMMANUEL EGLOFF £@eegloff
AUTOMOBILE Faire circuler sur
les routes françaises des véhicules
ne nécessitant pas, en permanence, un contrôle humain, d’ici à
2020 ou 2022. C’est l’ambition
exprimée par Anne-Marie Idrac,
nommée par le gouvernement en
octobre 2017 Haute Responsable
pour la stratégie nationale du
développement des véhicules
autonomes.
Lundi 14 mai, l’ancienne ministre des Transports a déroulé, en
présence de plusieurs ministres,
la feuille de route du gouvernement pour le développement de
cette technologie de rupture. « Le
changement apporté par le véhicule autonome sera radical, souligne
Élisabeth Borne, ministre des
Transports. Et il arrivera plus vite
que ce que beaucoup pensent. » Le
gouvernement veut soutenir son
développement afin que l’écosystème automobile français conserve sa place dans un environnement très compétitif. L’objectif
fixé est donc de « construire un
cadre pour permettre la circulation
de voitures particulières, de véhicules de transport public et de
marchandises hautement automatisés en France », selon Anne-Marie Idrac. Ce qui signifie des véhicules autonomes de niveaux 3 et
4, ne nécessitant pas de supervi-
sion du conducteur dans certaines
conditions de circulation. Il ne
s’agit pas encore, donc, de voiture sans conducteur, le mythique
niveau 5. Pour autant, ce type de
véhicules pourrait circuler rapidement mais en phase de test. Car
cette guerre économique, livrée
face aux États-Unis et à la Chine,
porte sur les tests.
« Il y a une course mondiale au
nombre de kilomètres parcourus en
mode autonome, rappelle Bruno
Le Maire, le ministre de l’Économie. Il faut ouvrir toutes les possibilités. Ce sera l’un des objets de la
loi pacte qui sera présentée en juin
“
Christophe Sapet,
fondateur de Navya,
à bord de sa navette
« Autonom Cab »,
lors la présentation du
véhicule en novembre
2017 à Saint-Denis (93).
ÉRIC PIERMONT/AFP
cas d’accident. Il faudra, ensuite,
mettre en place le cadre définitif
pour la commercialisation des véhicules de niveaux 3 et 4. Cela nécessite une mise à jour de la réglementation routière, du cadre
d’homologation, de la réglementation technique en matière de sécurité (pour empêcher la prise de
contrôle à distance de la voiture)
ou du développement des infra-
structures communicantes. Tout
cela exigera un grand effort de
coordination des services techniques de l’État. Ce qui explique le
grand nombre de ministres présents pour la présentation de cette
feuille de route. Et l’appel à l’Europe pour avancer sur ce terrain,
notamment en matière de réglementation.
« Il est important que l’on joue
Les mots-clés sont
sécurité, progressivité
et utilité
”
ANNE-MARIE IDRAC, HAUTE
RESPONSABLE POUR LA STRATÉGIE
NATIONALE DES VÉHICULES AUTONOMES
en Conseil des ministres, et doit
permettre l’expérimentation sur
route ouverte jusqu’au niveau 5,
c’est-à-dire le véhicule sans
conducteur. » Si la loi pacte est
votée cette année, les tests de voiture de niveau 5 pourraient ainsi
commencer dès 2019.
Le texte devra, notamment,
créer un régime de responsabilité
civile et pénale adapté à ces expérimentations : le titulaire des
autorisations sera responsable en
collectif, car ce n’est pas un petit
défi pour nos industriels », reconnaît Luc Chatel, président de la
Plateforme française de l’automobile (PFA), qui réunit les acteurs
du secteur. Constructeurs, équipementiers, start-up sont déjà engagés dans une cinquantaine d’expérimentations dans l’Hexagone.
L’État compte les soutenir financièrement. Bpifrance et l’Agence
de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) ont déjà
lancé des appels à projets qui ont
permis de mobiliser plus de
100 millions d’euros. « Je souhaite
que l’on puisse aller plus loin », affirme Bruno Le Maire.
Le succès du véhicule autonome repose cependant sur l’adhésion des Français. « Il faut travailler sur l’acceptabilité du
véhicule autonome, prévient Anne-Marie Idrac. Les mots-clés
sont sécurité, progressivité et utilité. » Si la compétition internationale est vive, elle ne doit pas faire
oublier les règles de sécurité. En
mars, aux États-Unis, l’accident
mortel provoqué par un véhicule
testé par Uber a marqué les esprits. La voiture autonome devra
être plus sûre que l’être humain.
Ce ne devrait pas être trop difficile : « 90 % des accidents sont provoqués par une erreur humaine
aujourd’hui », rappelle Emmanuel
Barbe, délégué interministériel à
la Sécurité routière. ■
Airbus cherche un nouveau « grand argentier »
Le directeur financier quittera le groupe en même temps que Tom Enders au printemps 2019.
VÉRONIQUE GUILLERMARD
£@vguillermard
Harald Wilhelm était
directeur financier au
sein du géant européen
depuis 18 ans.
RÉGIS DUVIGNAU/REUTERS
AÉRONAUTIQUE Nouveau départ
en vue chez Airbus. Le conseil d’administration a annoncé, lundi
14 mai, la fin du mandat de son directeur financier, Harald Wilhelm. À
52 ans, après avoir passé dix-huit ans
au sein du géant européen de l’aéronautique, il a « décidé de quitter Airbus en 2019, en accord avec les administrateurs ». Il devrait partir en
même temps que Tom Enders, président exécutif (CEO) du groupe, à l’issue de l’assemblée générale, prévue
en avril 2019.
Tom Enders a décidé, mi-décembre 2017, de ne pas briguer un
3e mandat, tirant les conséquences
de l’opération mains propres qu’il a
lancée, avec le soutien unanime du
conseil. Des enquêtes pour soupçon
de corruption dans la vente d’avions
commerciaux ont été ouvertes, à
partir d’avril 2016, en Grande-Bretagne, puis en France, après qu’Airbus s’est dénoncé suite à la découverte de « déclarations erronées »
concernant la rémunération d’intermédiaires.
Airbus, qui a choisi de pleinement coopérer avec la justice des
deux côtés de la Manche, connaît le
prix à payer. « Comme Rolls Royce,
qui a donné des gages à la justice en
se séparant de dirigeants qui ont été
impliqués dans les malversations, ou
qui, de par leur fonction, auraient dû
les connaître, Airbus renouvelle ses
dirigeants en profondeur », explique
un observateur averti.
Pour certains, l’opération mains
propres aura abouti à une décapitation du groupe. « C’est un jeu de massacre », lâche un proche du dossier.
Les têtes tombent les unes après les
autres, privant Airbus de compétences et d’expérience précieuses au
moment où la concurrence n’a jamais été aussi rude avec Boeing et où
les dossiers stratégiques se multiplient (intégration du CSeries, digitalisation d’Airbus, relance commerciale sur le marché des avions longcourriers après la perte d’un contrat
avec American Airlines, Brexit…).
Près de dix dirigeants
perdus
En moins de deux ans, le constructeur aura perdu près de dix dirigeants, de Tom Enders à Fabrice
Brégier, ex-numéro 2 d’Airbus et
président de la puissante filiale
d’aviation commerciale, parti fin février 2018, en passant par Marwan
Lahoud, patron de la direction stratégie et international, qui a démissionné un an plus tôt. Et désormais
Harald Wilhelm, fidèle d’entre les
fidèles de Tom Enders qu’il connaît
depuis ses débuts chez Dasa, l’entité
allemande d’Airbus, où il a débuté
au département fusions-acquisitions. Ces départs s’ajoutent à ceux
de plusieurs très hauts cadres qui
sont partis à la retraite fin 2017, à
l’instar de John Leahy, le supervendeur d’Airbus, ou de Charles
Champion, l’ingénieur talentueux
qui est un des pères de l’A380.
Les administrateurs travaillent à
« une succession organisée et maîtrisée ». Le conseil évalue des profils
en interne, dont celui de Guillaume
Faury, qui a succédé à Fabrice Bré-
gier, la tête d’Airbus aviation commerciale. « Il est en train de prendre
la mesure de la complexité d’Airbus,
qui n’a rien à voir avec l’activité hélicoptères qu’il dirigeait auparavant. Il
aborde les sujets avec une certaine
humilité », confie un proche du
groupe. Mis sur orbite par Tom Enders, Guillaume Faury sera-t-il prêt
en 2019 ? Certains s’interrogent.
Du coup, le nom de Patrice Caine a
ressurgi ces dernières semaines.
Mais le PDG de Thales s’en tient à ce
qu’il a toujours assuré : il est pleinement engagé chez Thales, où il doit
s’atteler à l’intégration de Gemalto.
Le conseil d’Airbus, qui évalue des
profils externes repérés par le chasseur de têtes Spencer Stuart qu’il a
mandaté, a prévu de rendre publique
le nom du successeur de Tom Enders, fin 2018. ■
LA SÉANCE DU LUNDI 14 MAI
LE CAC
JOUR
%VAR.
ACCOR .............................................. 46,83
♣
AIR LIQUIDE ..................................
107,9
AIRBUS .............................................. 97,08
ARCELORMITTAL SA ..................................
30,475
ATOS .............................................. 111,4
AXA .............................................. 22,565
BNP PARIBAS ACT.A ..................................
62,88
BOUYGUES ..............................................
42,53
CAPGEMINI ..............................................
115,95
CARREFOUR ..............................................
16,31
CREDIT AGRICOLE ..................................
13,41
DANONE ..............................................64,78
ENGIE .............................................. 14,69
ESSILOR INTL. ..................................114,95
KERING ..............................................458,6
L'OREAL ..............................................201,7
LAFARGEHOLCIM LTD ..................................
43,86
LEGRAND ..............................................66,18
LVMH .............................................. 294,75
♣
MICHELIN ..............................................
118,5
+HAUTJOUR
+0,82 46,87
-0,19 108,25
-2,38 98,99
+0,83 30,485
+0,59 112,8
+0,31
22,6
+0,18
62,98
-1,14
42,96
+0,09 116,15
-0,85
16,465
-0,45
13,505
+0,08 64,88
+0,34 14,715
+0,17 115,4
+8,39 462,7
+0,7 202
-0,59 44,4
-0,42 66,5
+0,39 295,4
-0,5
118,9
+BAS JOUR %CAP.ECH 31/12
46,45
107,65
96,36
29,88
110,65
22,39
62,57
42,45
114,9
16,24
13,285
64,47
14,6
114,55
455,3
199,85
43,74
66,06
293,1
117,7
0,21
0,165
0,223
0,118
0,237
0,2
0,172
0,169
0,174
0,284
0,24
0,156
0,172
0,127
0,208
0,064
0,043
0,075
0,066
0,167
+8,91
+2,71
+16,96
+12,39
-8,2
-8,77
+1,01
-1,8
+17,25
-9,59
-2,83
-7,39
+2,48
+25,54
+9,06
-6,76
+3,1
+20,11
-0,88
JOUR
ORANGE ..............................................15,01
PERNOD RICARD ..................................
139,05
PEUGEOT ..............................................
20,06
♣ 61,32
PUBLICIS GROUPE SA .............................
RENAULT ..............................................
88,67
SAFRAN ..............................................98,86
SAINT GOBAIN ..................................
44,81
SANOFI ..............................................64,4
SCHNEIDER ELECTRIC .............................
75,26
SOCIETE GENERALE ♣
..................................
42,735
SODEXO ..............................................83,3
SOLVAY ..............................................
115,05
STMICROELECTRONICS .............................
20,37
TECHNIPFMC ..................................26,8
TOTAL .............................................. 53,7
UNIBAIL-RODAMCO ..................................
196
VALEO .............................................. 57,38
VEOLIA ENVIRON. ..................................
19,73
♣
VINCI .............................................. 85,78
VIVENDI ..............................................23,43
%VAR.
-1,18
+0,51
-0,1
-1,16
-0,37
-0,56
-0,96
+1,04
-0,5
+0,01
-0,5
-0,9
+0,84
-0,81
+0,69
+0,28
+0,35
-0,7
+0,28
+0,82
+HAUTJOUR +BAS JOUR
15,235
139,05
20,08
62,06
89,44
99,7
45,435
64,66
75,66
42,795
84,08
116,1
20,48
27,02
53,78
196,8
57,38
19,96
85,78
23,55
15,01
137,8
19,985
61,2
87,62
98,56
44,72
63,84
74,9
42,465
83,24
114,6
20,05
26,64
53,08
195,45
56,7
19,595
85,12
23,1
%CAP.ECH
0,241
0,095
0,163
0,226
0,26
0,112
0,254
0,202
0,177
0,323
0,181
0,193
0,189
0
0,17
0,227
0,714
0,359
0,133
0,243
31/12
+3,7
+5,38
+18,31
+8,24
+5,67
+15,07
-2,54
-10,37
+6,21
-0,73
-25,66
-0,73
+11,89
+3,68
+16,63
-6,67
-7,85
-7,26
+0,74
+4,5
LES DEVISES
MONNAIE
AUSTRALIE ................................................................................
DOLLAR AUSTRALIEN
CANADA ................................................................................
DOLLAR CANADIEN
GDE BRETAGNE ................................................................................
LIVRE STERLING
HONG KONG ................................................................................
DOLLAR DE HONG KONG
JAPON ................................................................................
YEN
SUISSE ................................................................................
FRANC SUISSE
ETATS-UNIS ................................................................................
DOLLAR
TUNISIE ................................................................................
DINAR TUNISIEN
MAROC ................................................................................
DIHRAM
TURQUIE ................................................................................
NOUVELLE LIVRE TURQUE
EGYPTE ................................................................................
LIVRE EGYPTIENNE
CHINE ................................................................................
YUAN
INDE ................................................................................
ROUPIE
ALGERIE ................................................................................
DINAR ALGERIEN
A
Sanofi avait lancé fin janvier une OPA
sur Ablynx pour un montant total de
3,9 milliards d’euros. L’annonce de cette
acquisition avait entraîné une forte baisse
du titre, le marché ayant considéré que le
groupe français l’avait surpayé pour être
sûr d’emporter le morceau. Début janvier,
la biotech belge avait repoussé une offre
de 2,6 milliards d’euros du laboratoire da-
AUD
CAD
GBP
HKD
JPY
CHF
USD
TND
MAD
TRY
EGP
CNY
INR
DZD
L’OR
JOUR
VEILLE
31/12
COTATION QUOTIDIENNE ASSURÉE PAR TESSI-CPOR
www.cpordevises.com
LINGOT DE 1KG ENV .....................................................
35300
35300
+1,58
NAPOLEON ..................................................... 208,9
207
+0,97
PIECE 10 DOL USA .....................................................
588
588
PIECE 10 FLORINS .....................................................
214,7
214,5
+0,89
PIECE 20 DOLLARS .....................................................
1130
1130
-3,25
PIECE 20F TUNISIE .....................................................
207
207
+1,47
PIECE 5 DOL US (H) .....................................................
300
300
-1,64
PIECE 50 PESOS MEX .....................................................
1322,75
1314
+0,97
PIECE FR 10 FR (H) .....................................................
113,7
111,9
+3,55
PIECE SUISSE 20F .....................................................
206,9
205,9
+2,07
PIECE LATINE 20F .....................................................
205
205
+1,03
SOUVERAIN ..................................................... 261,9
261,9
+0,46
KRUGERRAND .....................................................1163
1165
+3,96
SICAV ET FCP
VALEURS LIQUIDATIVES EN EUROS (OU EN DEVISES), HORS FRAIS
VALEUR
DATE DE
LIQUID. VALORISAT.
Cybèle Asset Management
37 av. des Champs-Elysées
75008 Paris
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42 rue d’Anjou,
75008 Paris
Tél. : 01 55 27 94 94
www.palatine.fr
SICAV
UNI HOCHE C ................................................
285,68 09/05/18
BETELGEUSE ................................................
49,78 04/05/18
BELLATRIX C ................................................
332,92 19/03/18
SIRIUS ................................................57,16 09/05/18
SANOFI PARVIENT À RASSURER LE MARCHÉ SUR SES PERSPECTIVES DE RECHERCHE
À 64,40 euros (+ 1,04 %), l’action Sanofi
est arrivée, ce lundi, en tête des plus fortes hausses du CAC 40. Les investisseurs
ont salué l’annonce du succès de l’offre
publique d’achat du groupe pharmaceutique français sur la biotech belge Ablynx.
Sanofi annonce détenir 95,60 % du capital, ce qui lui permettra de retirer les titres
de la cote à la Bourse de Bruxelles.
1 EURO=
1,5861
1,5301
0,8824
9,4103
131,27
1,1965
1,1988
2,9816
11,103
5,1748
21,33
7,5973
80,9545
138,204
nois Novo Nordisk. Après un tel refus, il
fallait donc se montrer généreux pour espérer séduire les actionnaires. C’est ce
que n’a pas hésité à faire le laboratoire
français. Cette acquisition permet à Sanofi de notamment mettre la main sur le
Caplacizumab, le plus avancé des produits
d’Ablynx destiné au traitement du purpura thrombotique, une maladie qui peut
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rlaskine@lefigaro.fr
être mortelle. Fin avril, la direction avait
aussi annoncé que la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis a accepté d’examiner en priorité la demande
de licence d’un produit mis au point par le
groupe et destiné au traitement du carcinome épidermoïde cutané (CEC), qui est
le cancer de la peau non-mélanome le
plus mortel. Elle avait par ailleurs annoncé
qu’elle vise toujours une hausse de 2 à 5 %
de son bénéfice net par action des activités (hors effets de change et dépréciations d’actifs).
Ces nouvelles positives incitent les investisseurs à progressivement revenir
sur la valeur, mais celle-ci affiche toujours
une baisse de plus de 10 % depuis le début
de l’année. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mardi 15 mai 2018
MÉDIAS et PUBLICITÉ
25
Toussaint, des matins de France Info aux soirées de BFMTV
Malgré ses bons résultats d’audience, le journaliste a décidé de retourner à la télévision.
ENGUÉRAND RENAULT £@erenault
ET CAROLINE SALLÉ £@carolinesalle
AUDIOVISUEL Une saison et puis
s’en va. Bruce Toussaint ne sera pas
aux commandes de la matinale de
France Info à la rentrée prochaine.
Le journaliste, qui est à l’origine de
cette décision, a choisi d’animer
l’an prochain la tranche horaire
entre 22 heures et minuit sur la
chaîne BFMTV, du lundi au jeudi.
Motif ? Il ne veut « plus se lever à
4 heures du matin », a indiqué dans
un tweet Vincent Giret, le directeur
de France Info.
Âgé de 44 ans, le matinalier de la
radio publique était parfaitement
rodé à l’exercice. Entre 2004 et
2008, il avait présenté l’émission
Bruce Toussaint
ne veut « plus se lever
à 4 heures du matin ».
FRANÇOIS BOUCHON/
LE FIGARO
« La Matinale » sur Canal +, puis
animé « Europe 1 Matin » à la radio
de 2011 à 2013, avant de prendre les
commandes de « #TeamToussaint », la matinale d’information
d’iTélé de 2013 à 2016. Mais la fonction est toutefois harassante et impose une hygiène de vie de marathonien.
Pour France Info, ce départ n’est
pas une surprise. Bruce Toussaint
avait prévenu depuis un moment
qu’il ne rempilerait pas. Cela laisse
le temps à la station de se retourner.
Néanmoins, ce n’est pas pour autant
une bonne nouvelle. À la rentrée
dernière, le journaliste avait fait gagner « 200 000 auditeurs à cette
tranche horaire, soit une croissance
de 10 %, expliquait le patron de la
radio au Figaro en novembre. Dé-
sormais, plus 2 millions de personnes
écoutent la matinale. La greffe a bien
pris. » Mais elle aura été de courte
durée et la station va devoir se trouver un nouveau visage entre 7 heures et 9 heures du matin.
Delahousse arrête
« 19 h le dimanche »
Avec ce recrutement, BFMTV signe
de son côté une jolie prise. Bruce
Toussaint fait partie des « marques » du PAF et sa visibilité a été
dopée grâce à la matinale de France
Info. La chaîne d’info en continu
espère ainsi profiter de cette incarnation forte pour faire briller ses
soirées. Si ses audiences demeurent
plus modestes que celles d’une matinale, la tranche n’en reste pas
moins stratégique. « C’est à ce mo-
mieux sa visibilité retrouvée sur une
chaîne privée.
Cette annonce signe le coup d’envoi du mercato. Sur BFMTV, le journaliste succède à Jean-Baptiste
Boursier, qui quitte la chaîne mais
pourrait arriver sur Numéro 23, une
autre antenne du groupe Altice.
Quid du prochain matinalier de
France Info ? La direction se refuse
pour l’heure à tout commentaire.
Sur France 5, plusieurs noms circulent déjà pour la présentation de « C
dans l’air », notamment celui de
Karim Rissouli. À France Télévisions, une autre case devrait susciter
un jeu de chaises musicales. Si Laurent Delahousse conserve les JT de
20 heures le week-end sur France 2,
son émission « 19 h le dimanche » ne
sera pas reconduite à la rentrée. ■
ment que les fictions ou les émissions
prennent fin. Les gens zappent alors
sur les chaînes d’info et se rebranchent à l’actualité », indique un patron de télévision.
En prenant la tête de la tranche
« Grand Angle » tous les soirs sur
BFMTV, Bruce Toussaint passera du
statut de couche-tôt à celui de lèvetard. L’animateur a visiblement
choisi de changer radicalement de
rythme de vie : il ne sera plus également sur France 5. La chaîne vient
d’annoncer son départ à la présentation de « C dans l’air » le vendredi
et le samedi. Il y officiait depuis deux
ans, avec Caroline Roux, depuis
qu’Yves Calvi était parti pour la
chaîne d’info LCI puis pour Canal +.
En somme, Bruce Toussaint quitte le
service public pour monétiser au
Google et Facebook écrasent le marché
américain de la pub en ligne
JULIAN STRATENSCHULTE/JULIAN STRATENSCHULTE/PICTURE-ALLIANCE/DPA/AP IMAGES
Outre-Atlantique, les deux géants captent la totalité
de la croissance de l’e-publicité.
États-Unis, la publicité dominée par le digital
RÉPARTITION DES REVENUS PUBLICITAIRES
En milliards de dollars en 2017
Digital
Télévision
Radio
Presse
Affichage
20,9
26,11
T4 2017
88
25
70,1
20
15
10
17,6
5 1,63
17
0
9,6
2003 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 2017
ALEXANDRE DEBOUTÉ £@axel_deb
PUBLICITÉ La course folle d’Internet ne faiblit pas sur le premier
marché publicitaire de la planète.
Aux États-Unis l’an dernier, l’epublicité a pesé 34 % du marché
total des médias, soit 88 milliards
de dollars d’un gâteau de 254 milliards, selon les chiffres que vient
de publier l’IAB, le syndicat des acteurs du Web, avec PwC. La croissance du premier segment du marché,
devant
la
télévision
(70,1 milliards de dollars) et la
presse magazine (21 milliards), est
insolente : + 21,4 % en 2017.
Mais le plus incroyable est la part
de cette croissance captée par
Google et Facebook. Les deux
géants ont vu leurs revenus progresser de 13,4 milliards de dollars,
soit plus que l’ensemble de la pro-
gression du marché qui s’est élevée
à 13,3 milliards de dollars. Ce qui
veut dire que l’ensemble des autres
acteurs se sont affaiblis (avec des
revenus en décroissance d’une
centaine de millions de dollars) et
qu’en conséquence le duopole s’est
renforcé. Ensemble, Google et Facebook totalisent un chiffre d’affaires en ligne de 64,6 milliards de
dollars, soit quasiment les trois
quarts du marché de la publicité en
ligne outre-Atlantique.
Source : IAB
Magazines
REVENUS PUBLICITAIRES SUR INTERNET
PAR TRIMESTRE, en milliards de dollars
Ensemble, Google
et Facebook totalisent
un chiffre d’affaires en
ligne de 64,6 milliards
de dollars.
Impact incertain de l’affaire
Cambridge Analytica
Les deux géants profitent à plein de
la poursuite de deux tendances.
D’abord, de l’essor des dépenses
des annonceurs dans les moteurs
de recherche en ligne, et donc essentiellement chez Google. Ensuite, de la position désormais clé des
réseaux sociaux dans l’achat d’es-
paces en ligne. Ils s’appellent Facebook, Instagram, YouTube. Ce sont
eux qui sont devenus les principaux carrefours d’audience sur
lesquels fleurissent les bannières
publicitaires, qui ont représenté en
2017 une manne de 27,5 milliards
de dollars (+23 %).
En progression de 18 % l’an dernier, le « search » sur fixe et mobile
a représenté un peu plus de 40 milliards de dollars, soit 46 % des dépenses en ligne des annonceurs.
Quel que soit son budget, une entreprise qui souhaite se faire
connaître est en effet obligée de
passer par la case Web et, au minimum, d’acheter des mots clés pour
être identifiée dans les moteurs de
recherche. Le développement des
usages mobiles (pour faire une recherche rapide, se situer géographiquement…), support sur lequel
ont été investies 57 % des dépenses
des annonceurs en 2017 (+36 %),
conforte ce mouvement. Google
est en effet leader écrasant de ces
deux fonctionnalités les plus mobiles avec Google Search et Google
Maps.
Quant à Facebook, qui trône sur
le marché des réseaux avec sa plateforme historique et Instagram
mais aussi sur celui des messageries avec Messenger et WhatsApp,
il a ramassé près de 20 milliards de
dollars de revenus aux États-Unis
l’an dernier, en croissance de 43 %.
Le groupe dirigé par Mark Zuckerberg est peut-être arrivé à un point
haut. Les problèmes de « brand safety », c’est-à-dire de sûreté de
contexte pour la communication
des marques, auxquels s’est ajouté
le scandale Cambridge Analytica,
qui a jeté l’opprobre sur l’exploitation des données par le puissant réseau social, auront probablement
des effets, mais ceux-ci ne pourront le cas échéant être visibles
qu’à partir du deuxième trimestre
2018. On verra alors si, sur certains
critères précis comme le temps
passé sur Facebook ou le rythme de
croissance du nombre d’utilisateurs actifs aux États-Unis, la donne évolue vers un peu plus de
concurrence et s’accompagne
d’une baisse de la part de marché
du réseau social.
En 2017, les principaux perdants
du marché ont été la télévision et la
presse quotidienne. Avec un peu
plus de 70 milliards de dollars investis l’an dernier, en recul de
2,6 %, le petit écran amorce son
reflux face à une consommation de
plus en plus délinéarisée, c’est-àdire que l’on peut consommer
n’importe quand et n’importe où,
et à l’avènement de la télévision
connectée. ■
EN BREF
La chaîne payante va proposer à ses clients de louer le décodeur d’Apple pour 6 euros
par mois, en plus du prix d’un abonnement à Canal +.
13
millions
Le nombre
de téléchargements
mobiles sur
l’application myCanal
ELSA BEMBARON £@elsabembaron
AUDIOVISUEL « Le meilleur décodeur du marché. » C’est ainsi que
Maxime Saada, le président du
directoire de Canal +, présente
l’Apple TV 4K. Le groupe audiovisuel a signé un partenariat avec
le géant américain, aux termes
duquel il va proposer à ses abonnés une Apple TV, moyennant un
loyer de 6 euros par mois et un
engagement de deux ans. Somme
qui viendra s’ajouter à l’abonnement à une offre Canal, à partir de
19,99 euros par mois. L’Apple TV
4K est vendue 199 euros avec
32 Go de stockage.
Ce modèle de location en partenariat avec un acteur local est
une première mondiale pour
Apple. Le fabricant espère ainsi
élargir sa base de clients, en rendant son équipement plus accessible financièrement. Pour Canal,
le risque financier est plus important puisqu’il sera propriétaire
des Apple TV proposées à la location. Ce qui implique une importante mise de fonds, que le groupe
n’a pas rendue publique.
Canal prend le pari que sa nouvelle offre commerciale attirera
de nouveaux clients « plus jeunes
et plus urbains » et en fidélisera
d’anciens. Il table aussi sur le fait
que les clients d’Apple ont un
pouvoir d’achat sensiblement
plus élevé que la moyenne et sont
enclins à souscrire à plus de
services. Sur un plan technique,
la collaboration entre Canal et
Apple évolue peu. L’application
MyCanal est déjà embarquée par
défaut dans les Apple TV. L’application myCanal compte plus de
13 millions de téléchargements
mobiles et 1 million d’utilisateurs
quotidiens. Le groupe audiovisuel
a déjà pu constater que ses abonnés détenteurs d’une Apple TV
utilisent davantage ses services.
« Nous avons constaté que le taux
d’utilisation était un facteur clef
pour fidéliser nos abonnés », résume Maxime Saada.
Facilité d’utilisation
Une des forces de l’Apple TV est
sa facilité d’utilisation. Entre sa
télécommande tactile et la reconnaissance vocale, il est aussi facile
de retrouver un film, une série ou
une émission sur son poste de télévision que depuis un PC. Canal +
met en avant de nouvelles fonctionnalités, dont la possibilité de
regarder en même temps quatre
événements sportifs en direct et
d’avoir accès aux statistiques
sportives en même temps.
Ce partenariat comporte une
subtilité. Lorsqu’un client Canal +
s’équipe d’une Apple TV, l’intégralité de son abonnement est
perçue par le groupe audiovisuel.
Quand un client s’abonne via une
Apple TV, il y a partage de la valeur entre Canal et la marque
américaine. Les deux groupes
n’ont pas donné d’information
sur la répartition des revenus ainsi générés. ■
PROTECTION
DES DONNÉES :
LE TEXTE ADOPTÉ
£ L’Assemblée nationale
a adopté définitivement lundi
à une large majorité le projet
de loi renforçant la protection
des données personnelles,
un texte d’application
d’un nouveau règlement
européen, le Règlement général
sur la protection des données
personnelles (RGPD),
qui entrera en vigueur le 25 mai
prochain.
JCDECAUX EN
CROISSANCE
£ Le groupe français, leader
mondial de l’affichage, a publié
au premier trimestre un chiffre
d’affaires de 742,5 millions
d’euros, en croissance organique
de 2,8 %. L’activité a notamment
été portée par le segment
dans les transports (aéroports
et gares) en hausse de 5 %,
à plus de 300 millions d’euros.
A
Canal + met l’Apple TV en location
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 15 mai 2018 LE FIGARO - N° 22 940 - Cahier N° 3 - Ne peut être vendu séparément - www.lefigaro.fr
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24 heures
PAGE 32
croisette
Le réalisateur
Pierre Salvadori,
dimanche à Cannes.
par François Aubel
TENUE DE BAIN
EXIGÉE
« Tu vois, c’est l’histoire d’un groupe
de danseurs hip-hop. Enfin, l’histoire, c’est
un grand mot. Ils font du voguing. Il s’agit
apparemment d’une danse émancipatrice
de la communauté gay dans les années
1980. Mais, un peu plus tard, ils vont en
soirée et boivent de la sangria. Et, là, tout
dégénère. Un vrai cauchemar », explique,
atterrée, une journaliste. Elle sort à peine
de Climax, le nouveau Gaspar Noé présenté
dimanche à la Quinzaine des réalisateurs
(à 8 h 30 du matin !). Avant la projection
de ce « thriller psychédélique », l’attachée
de presse, qui connaît les goûts de cette
critique, l’avait pourtant prévenue :
« C’est bien simple, si vous sortez de ce film
en me disant que vous l’avez aimé, j’entre
au Carmel. »
Le réalisateur d’Irréversible a plus
d’adeptes qu’on ne le croit. Il offrirait,
entend-on comme à chaque fois, une
« vraie proposition de cinéma ». Affreuse
sentence dont on cherche encore
et toujours la signification. Pour Philippe
Rouyer, de la revue Positif, le nouveau Noé
serait même une « transe fascinante
et glaçante en huis clos qui croise Bunuel
et Pasolini pour explorer les mystères
de la vie sur les ailes de la danse ». L’abus
de sangria est dangereux pour la santé…
Notre confrère Étienne Sorin clôt le débat,
martial : « Ce film, c’est Le Bal d’Ettore
Scola sous LSD. Punk et marrant au début,
pénible à la fin. »
AURORE MARECHAL/ABACAPRESS.COM ; FRANÇOIS BOUCHON/LE FIGARO
EN EAUX LIBRES
■ L’attente a, semble-t-il, été longue,
Surprise au Festival
Cannes a ri !
Présentées à la Quinzaine des réalisateurs et hors compétition, deux comédies
françaises réussies, « En liberté ! », de Pierre Salvadori, et « Le Grand Bain»,
de Gilles Lellouche, égayent la croisette. PAGES 28 ET 29
trop longue, pour la présentation ce même
dimanche hors compétition du Grand Bain,
le second film de Gilles Lellouche. Fatale
ou presque à Benoît Poelvoorde, « très
en forme », comme l’on dit parfois d’une
litote, sur le tapis rouge. Agité, l’acteur
n’a de cesse de rompre le rang formé par
la belle troupe de ce film (Marina Foïs, Leïla
Bekhti, Virginie Efira, Guillaume Canet,
Mathieu Amalric, Philippe Katerine…).
Le chef du protocole tente de remettre
un peu d’ordre. En vain. En haut des
marches, l’acteur étreint ardemment
Frédérique Bredin. Un vrai baiser
de cinéma. La directrice du CNC
n’en demandait sans doute pas tant.
« Maintenant on regarde et on juge.
Il y a un moment pour rire et rêvasser
et un moment pour juger », vocifère-t-il
dans la salle, soulevant des vivats
jusqu’au poulailler.
SUITE PAGE 28
Pour l’Amérique, la ferronnerie est un fer de lance
ARTS Le Clark Art Institute va emprunter les pièces les plus étonnantes du Musée Le Secq des Tournelles, à Rouen.
En dehors des Rouennais peu de gens
savent que la France possède à Rouen
un temple culturel unique. Non, il n’est
pas question du somptueux Musée des
beaux-arts de la préfecture normande,
mais d’un lieu juste derrière qui, sur un
espace bien inférieur, n’en concentre
pas moins des trésors originaux.
Un temps fermé, entre les murs de
l’ancienne église gothique Saint-Laurent pourtant sise dans le centre historique (15 000 visiteurs en 2017), le Musée Le Secq des Tournelles n’a qu’une
spécialité : la ferronnerie européenne
de l’Antiquité à l’Art déco. Entre enseignes populaires, ceintures de chasteté et masques d’infamie médiévaux ;
parmi les 16 000 outils, objets de cuisine, grilles, girouettes, balustrades,
balcons, coffres, marteaux de porte,
broches et autres bijoux, la seule collection de serrures et de clés est riche
de 348 références.
« Ingéniosité exceptionnelle »
Voilà donc un petit sanctuaire doté du
fonds le plus important au monde dans
le genre. Il est issu de la donation, faite
en 1917 à la ville par Henri Le Secq des
Tournelles dont le père avait, à partir de
1862, collecté ces témoignages virtuoses
de l’âge préindustriel. Il tirait là profit
de son activité de photographe du patrimoine requis par Prosper Mérimée.
Consécration : une sélection des éléments les plus étonnants vient d’être
demandée par le Clark Art Institute, qui
l’exposera du 9 juin au 16 septembre. À
Williamstown (Massachusetts), cette
institution américaine n’est pas seulement réputée pour ses tableaux et
sculptures hérités par centaines d’une
famille ayant fait fortune avec les machines à coudre Singer. Dans ses locaux
1950 et 1970 complétés durant la dernière décennie par l’architecte Tadao
Ando, un centre accueille une communauté internationale d’historiens d’art
et forme les meilleurs conservateurs du
pays.
« Alors que le fer forgé est depuis longtemps une composante de l’architecture
dans la plupart des capitales, la collection
rouennaise nous invite à considérer ce
travail pour sa beauté et à apprécier l’ingéniosité exceptionnelle déployée par les
forgerons et serruriers. Ils ont pris ce matériau humble et l’ont élevé à une forme
d’art », expliquent avec enthousiasme
les responsables du lieu.
On ne sait si, au passage en douane, le
lot sera frappé des mêmes taxes que celles imposées par le président Trump
pour l’acier et l’aluminium d’importation. Mais qu’importe : « La première fois
que j’ai visité la collection Le Secq des
Tournelles, j’ai eu le souffle coupé, se
souvient l’historienne à l’initiative du
projet. Je tiens à cette présentation. Elle
devrait captiver nos visiteurs. » Il semble
en effet que les Américains soient plus
sensibles que nous à l’art du fer. On en
veut pour preuve le goût d’Albert Barnes (1872-1951). À Philadelphie, dans le
musée privé que ce milliardaire philanthrope a laissé, l’accrochage conçu
par ses soins et qui, selon son testament,
ne peut être modifié, fait alterner les
Renoir, Cézanne et Matisse avec des appliques forgées dans les fermes de l’Est
et du Midwest au XIXe siècle. Déjà, en
2015, la Fondation Barnes avait accueilli
un choix de chefs-d’œuvre venus de
l’ancienne église Saint-Laurent. ■
Musée Le Secq des Tournelles, Rouen (76).
Tél. : 02 35 88 42 92.
A
ÉRIC BIÉTRY-RIVIERRE
ebietryrivierre@lefigaro.fr
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mardi 15 mai 2018 LE FIGARO
28
L'ÉVÉNEMENT
SUITE DE LA PAGE 27
Gilles Lellouche n’a plus d’humour. En
apnée, il a hâte de savoir si sa comédie
sur des hommes dépressifs engagés
dans un championnat de natation
synchronisée ne fait rire que lui.
Deux heures plus tard, il est rassuré. La
standing ovation s’éternise. Il en pleure.
Des centaines de « Merci » descendent
des travées. Cannes nage dans le
bonheur. En conférence de presse,
le lendemain, les acteurs (sans Benoît
24 heures
croisette
par François Aubel
Poelvoorde !) confient avoir beaucoup
travaillé les chorégraphies aquatiques.
« Et croyez-moi, c’est vraiment difficile
de trouver la grâce quand on a, comme
moi, un corps de boulanger », explique
l’acteur Alban Ivanov. Il est des souvenirs
que l’on aimerait à jamais noyer.
RETOUR VERS LE FUTUR
■ Isabelle Adjani a un rêve. Elle l’a confié
à Augustin Trapenard sur France Inter
dans « Boomerang ». Elle voudrait venir
à Cannes en jean, se nourrir de films
Pierre Salvadori :
« C’est très long
et dur d’écrire
une comédie »
ENTRETIEN Avec « En liberté ! », le cinéaste
vient pour la première fois à Cannes.
À travers ses personnages, il y exprime
ses propres émotions. Rencontre joyeuse.
E
le raconter en couleur, un peu plus grand,
un peu plus beau.
PROPOS RECUEILLIS PAR
NATHALIE SIMON
nsimon@lefigaro.fr
n tee-shirt et jean à
Cannes, Pierre Salvadori, réalisateur
d’En liberté !, sirote un verre de blanc,
avale un sandwich. Simple et souriant, il
essaie de vous transmettre un texto,
s’excuse de ne pas réussir à l’envoyer
jusqu’à ce qu’il se rende compte : « Mais
oui, je suis dans l’avion ! » Une mise en
bouche pour parler de la genèse de sa
comédie sélectionnée à la Quinzaine des
réalisateurs. Yvonne (Adèle Haenel),
lieutenant de police, comble la disparition de son mari (Vincent Elbaz) en racontant à leur fils les aventures rocambolesques qu’il est censé vivre dans la
peau d’un superflic.
LE FIGARO. – Vous présentez un film
à Cannes pour la première fois.
Une reconnaissance tardive ?
Pierre SALVADORI. – J’ai toujours eu de
la chance avec les critiques. Il y a toujours
eu une forme de respect pour mon travail
avec des films qu’ils trouvaient plus ou
moins bons. Depuis Dans la cour, c’est
comme si les précédents avaient été reconsidérés. C’est un concours de circonstances. Edward Waintrop, délégué général de la Quinzaine des réalisateurs, a
ramené le film de genre et s’est autorisé à
programmer des comédies. Je me réjouis
d’être dans un lieu de la cinéphilie et de
l’amour du cinéma.
Vous avez soigné la relation entre
le petit garçon du film et sa mère…
Elle a peur de détruire l’image qu’il a de
son père disparu. À travers de petites histoires, elle a recours à la poésie et à la fiction. L’histoire d’une mère qui essaie de
dire la vérité à son enfant est très présente.
Elle se met à la hauteur de l’enfant…
Il fallait qu’on voie ses histoires, que le
gamin s’en empare. J’ai joué avec les codes pour mettre en scène le père, ce héros. C’était compliqué. Les moments où
on a l’impression d’attraper des situations stimulantes et intéressantes sont
rares. Quand la porte de l’appartement
apparaît, il fallait que le spectateur se
dise : chouette, encore une nouvelle
aventure de l’affreux inspecteur Santi !
Fan de Blake Edwards, vous mélangez
souvent différents registres…
Oui, dans des histoires d’amour et d’amitié. Quand je vois un film de Blake
Edwards, je suis à l’écoute de mon film. Il
vous propose des solutions, des digressions, il faut savoir les saisir et les amplifier, être aux aguets.
Pour le scénario, vous avez collaboré
avec Benoît Graffin et Benjamin Charbit…
On aime tous les trois la comédie américaine. Ils sont érudits, on digresse, on
thésaurise, on rit, mais surtout on tourne
Adèle Haenel et Pio Marmaï dans En liberté !.
CLAIRE NICOL
« En liberté ! », flic et voyou
autour du sujet. Comme pour la scène du
psychopathe qui va au commissariat et
répète : « J’ai tué quelqu’un » et qui attend
qu’on l’arrête ! C’est devenu un truc
théorique. On voulait informer le spectateur. Ce n’est pas un film à intrigue ni un
polar. Vous ne pouvez pas savoir comme
c’est intéressant, la dramaturgie. Réfléchir, pour créer des histoires, des personnages. Ça me plaît de plus en plus.
ÉTIENNE SORIN esorin@lefigaro.fr
QUINZAINE DES RÉALISATEURS On
avait laissé Pierre Salvadori en petite forme. Dans la cour mettait en scène Catherine Deneuve et Gustave Kervern en duo
dépressif dans un immeuble fissuré. Le
réalisateur de Cible émouvante, Les
Apprentis ou De vrais mensonges semblait
avoir perdu le moral.
En liberté ! donne des nouvelles rassurantes du meilleur auteur de comédie
« made in France ». Salvadori a retrouvé
le sourire. Mieux, il pète le feu. On
connaissait le dialoguiste affûté, le metteur en scène élégant, le directeur d’acteurs consciencieux. On découvre ici un
cinéaste en liberté, décidé à faire exploser
Avez-vous besoin de temps
entre chaque film ?
(Soupir.) C’est douloureux… Pour celuici, j’ai eu de petits soucis de santé. C’est
très long et très dur d’écrire une comédie.
Un jour, Lubitsch croise Richard D.
Zanuck. Celui-ci lui demande : « Comment
avance le film ? » et Lubitsch lui répond :
« Lentement, mais bien. » Le producteur
reprend : « Je m’en réjouis. La seule chose
que j’aurais préféré t’entendre dire, c’est :
“Très lentement, mais très bien.” » ■
tous les carcans. Ça commence par une
parodie de film d’action avec Vincent
Elbaz en flic castagneur. Ça continue par
l’interpellation de participants à une
partie SM. Tout le monde au poste. Le latex est à la fête. La scène est géniale.
Déjanté et extrême
Yvonne (Adèle Haenel) est inspectrice de
police. Elle découvre que son mari, le capitaine Santi (Vincent Elbaz), n’est pas le
flic héroïque tombé au combat et salué
par la ville mais un ripou. Il a envoyé un
innocent en prison pour huit ans : Antoine (Pio Marmaï). Quand il en sort, Antoine a un grain. Sa femme (Audrey Tautou)
ne le reconnaît pas. Il braque des cigarettes au tabac avec un sac-poubelle sur la
tête. Il mord les oreilles de tout le monde.
PRESSE
EN COMPÉTITION Cela manquait. Il fallait un idiot du village.
Comme il s’appelle Lazzaro, on se doute bien qu’il va y avoir
une résurrection. Ça ne loupe pas. Dans le domaine d’Inviolata, la marquise
Alfonsina de Luna exploite ses paysans. Ils ne savent même pas qu’ils
devraient être payés. Le gentil paysan copine avec le fils de la propriétaire,
mais on est loin de 1900. Attention, fable. Elle est douloureuse. Alice
Rohrwacher louche du côté d’Affreux, sales et méchants, singe Pasolini
(ah, ces innocents au regard pur : l’acteur n’est pas sans évoquer Ninetto
Davoli). La poésie lourdingue qui imprégnait Les Merveilles est à nouveau
au rendez-vous. La fausse naïveté voisine avec une prétention auteuriste.
En cadeau, Sergi Lopez incarne un cambrioleur, car l’originalité consiste
à choisir un Espagnol pour parler italien. Po-é-sie, on vous dit.
Plus cul-cul et bien pensant, tu meurs. Pas grave, Lazzaro : tu ressuscites.
É. N.
Date de sortie non communiquée.
« Climax » danse avec les chelous
COUP DE POMPE
Comment est née l’histoire ?
Je voulais raconter l’histoire d’un innocent qui a été en prison et qui décide en
sortant de faire ce pour quoi il a été
condamné. Or ce sujet de l’amateur qui
veut faire un braquage tournait vite
court. Puis est venue l’idée de cette jeune
femme qui découvre que son mari n’est
pas l’homme qu’elle croyait, qu’il lui a
menti et que sa vie a été une illusion. Ma
mère m’a dit un jour : « Les mères font les
pères. » Elle me disait que mon père
n’était pas aussi extraordinaire. Je voulais
« Heureux comme Lazzaro » :
le bon, la brute et le néant
COUP DE GRIFFE
A
Antoine est le personnage principal de
Dans la cour. Il revient dans En liberté !
Une obsession ?
Un jour, une amie m’a dit qu’il faut parler
des choses qu’on connaît et qui vous occupent, pour ne pas les oublier. Je me suis
dit que le personnage porterait mon
deuxième prénom. Il faut être sincère
dans les émotions des personnages, surtout dans la comédie. Dans ce film, j’ai
essayé de les faire s’exprimer sur des
choses qui m’occupent. C’est comme une
chronique avec des personnages un peu
burlesques.
2018 WILD BUNCH
Grimperez-vous les marches du Palais ?
Non, je n’ai jamais eu cette obsession
cannoise. J’adore l’idée d’un festival cinéphile et glamour, mais je vois les gens
souffrir énormément avant, se demander
s’ils seront sélectionnés ou pas… Cet état
de vassalisation du cinéma français trois
mois avant le début du Festival, j’ai toujours trouvé ça un peu étrange.
QUINZAINE DES RÉALISATEURS Des danseurs se déhanchent sur des musiques
techno. « Gardez le secret sur la fin », demande Gaspar Noé. On s’en moque,
de la fin. Au début de Climax, le cinéaste argentin se prend pour le Godard
d’Adieu au langage. Générique cafouilleux, abscons, scène d’une femme
qui rampe dans la neige en gémissant. Suivie d’une séquence
de « témoignages » des artistes qui s’épanchent sur la danse, la drogue, leurs
motivations. Un énième verre de sangria et la fiesta dérape. Qui a empoisonné
la boisson qui rend tout le monde malade ? On s’accuse, s’agresse, se bat,
se touche, tombe dans la parano. La violence est parfois insoutenable.
En transe, les danseurs deviennent des individus hors d’eux-mêmes.
Le film bascule dans l’horreur. Le tournage a duré quinze jours, ça se voit.
Les dialogues sont minimalistes. Les « acteurs » sont des amateurs,
sauf Sofia Boutella. Leur énergie transpire, mais est mal exploitée. Gaspar Noé
se dit fasciné par un « fait divers qui ressemble à la vie ou à ce qu’il a envie
de montrer de la vie ». Il devrait arrêter de fumer la moquette.
N. S.
Sortie le 19 septembre.
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mardi 15 mai 2018
L'ÉVÉNEMENT
et d’eau fraîche… Christopher Nolan
découvre, lui, les joies de la Croisette.
Pour son tout premier Festival, il est
venu avec un chef-d’œuvre, 2001 :
l’Odyssée de l’espace (notre photo).
Pour les 50 ans de la sortie du film de
Kubrick, une projection comme à
l’époque, en copie 70 millimètres (dont le
cinéaste britanno-américain a supervisé
la restauration) et un entracte de quinze
minutes, a été présentée. Une faille
spatio-temporelle dans laquelle s’est
engouffré le juré Denis Villeneuve.
LA FEMME EST L’AVENIR
DU CINÉMA
■ Au dîner organisé par le groupe
femmes. Est-ce un hasard si le prix
Women in Motion (notre photo),
qui souhaite mettre en lumière
leur contribution dans l’industrie
cinématographique, célèbre cette année
Patty Jenkins, la réalisatrice de Wonder
Woman ? « Comment définir ces douze
derniers mois? L’histoire prouve que
l’on s’est battu pour une juste cause »,
estime François-Henri Pinault .
Pierre Lescure salue les journalistes
qui estimaient que ce prix, décerné en
partenariat avec le Festival, faisait de lui
Kering dans le magnifique décor du
Suquet, toutes les stars du Festival. Ou
presque. Celles du Grand Bain ont rejoint
la terrasse du Club d’Albane. Il y a une
piscine. Au photocall, Cate Blanchett
éclipse toutes ses consœurs. Son jury
l’attend déjà sous la tente. Prêt à
déguster l’aïoli de Julia Sedefdjian, plus
jeune chef étoilée de France. Depuis
quatre ans mijote ici la révolte des
« Le Grand Bain » :
nos plus belles apnées
29
DILTZ/RUE DES ARCHIVES ; V. ZUNINO CELOTTO/GETTY IMAGES
LE FIGARO
« l’employé du mois » du groupe de luxe.
Serait-il rancunier ? À la table 16, Rosalie
Varda fait face à la jeune réalisatrice
catalane Carla Simone, récompensée
elle aussi lors de cette soirée. Elle va
sortir le 4 juillet une version restaurée
de L’une chante, l’autre pas, film musical
de 1975. Elle en explique la genèse : « À
l’époque, ma mère, Agnès, voyant que
les hommes ne voulaient pas entendre
la parole des femmes, a décidé de faire
chanter ses héroïnes. » Il semblerait
que le message soit enfin passé.
« Une affaire de famille » :
Kore-eda en vol libre
Des quinquas vont participer au championnat du monde de natation synchronisée.
La
Canet, Benoît Poelvoorde, Leïla Bekhti
Durée 2 h 02
■
L’avis du Figaro : ○○○¡
Sortie le 24 octobre
STÉPHANIE BRANCHU LES FILMS DU KIOSQUE
ALEJANDRO FADEL
ne
en
» Revivez en vidéo notre émission
« 24 heures croisette »
avec Jean Labadie :
« La plupart des réalisateurs
sont nés à Cannes »
» 2001 : l’odyssée de l’espace
présenté à Cannes comme
au premier jour
» Un certain regard :
la bouleversante bande-annonce
des Chatouilles (ci-dessous)
« Meurs, monstre, meurs » :
l’horreur a du plomb dans la tête
» Climax, le chaos orgiastique
de Gaspar Noé
www.lefigaro.fr/festival de Cannes
Nuit
pé
ro
Eu
LE TAPIS ROUGE
COUP DE SANG
Date de sortie non communiquée
Avec Mathieu Amalric, Guillaume
+ @ DU WEB
UN CERTAIN REGARD Fritz Lang avait prévenu : M est une lettre maudite.
Après avoir coproduit Grave, tout de chair et de sang, Julie Gayet présente
un drôle de thriller sur la Croisette. Et sa trouvaille argentine coupe le cou
au film d’horreur. Dans les reliefs arides de la cordillère des Andes, la robe
blanche d’un troupeau de mouton vire à l’écarlate. Une bergère a perdu la tête.
Les corps de plusieurs femmes décapitées vont suivre. On accuse un homme
devenu fou. Il entend les voix de la montagne qui lui ordonnent : « Meurs,
monstre, meurs. » En poète voyant, Alejandro Fadel mêle les codes
de la série B d’horreur à une obsession contemplative. Éclairés par une
photographie remarquable, les flammes, les cols, les vallées et la brume
sont inquiétants. La seconde partie est plus dégoulinante. Les têtes coupées
roulent, d’absurdes créatures freudiennes forniquent, de la morve
monstrosoïde suinte des gueules. Un film aussi beau que dérangeant.
C’est la rançon du cinéma fantastique.
JEAN TALABOT
Date de sortie non communiquée.
Mayu Matsuoka
Durée 2 h 01
■ L’avis du Figaro : ○○¡¡
des
nuitdesmusees.fr
#nuitdesmusees
Musées
Entrée
gratuite*
2018
A
L’avis du Figaro : ○○○¡
de Gilles Lellouche
« Une affaire de famille »
Drame de Hirokazu Kore-eda
Avec Lily Franky, Sakura Andô,
⁕ Dans la majorité des établissements participants
■
Sortie le 31 octobre
« Le Grand Bain »
Comédie dramatique
rôle du sage, petite personne douée de
raison. Il observe, réfléchit, s’interroge
sur la possibilité ou non d’une vie de
mensonges. Lui, si jeune, a pris Juri sous
son aile, en vrai grand frère. Lorsque la
fillette, qui le suit comme son ombre,
devient sa complice dans des vols, le
gamin tique.
Kore-eda filme ses acteurs avec beaucoup d’empathie sans jamais forcer le
trait. L’humour sourd par légères touches pour mettre en scène ce qui pourrait s’apparenter à une fable, un brin picaresque. Il privilégie la tendresse, voire
la douceur, qui font ressortir l’étrangeté
de la situation. Il embrume le spectateur
pour mieux lui ouvrir les yeux. Ce sera
fait en un retournement de situation et
quelques phrases bien senties. Après la
farce, l’épure. ■
m
ai
Pio Marmaï, Audrey Tautou
Durée 1 h 47
Deux fois par semaine, les entraînements leur offrent une parenthèse qui
est la bienvenue, même si leur coach
leur lit les Lettres à un jeune poète, perchée sur le plongeoir. C’est Virginie
Efira, ex-alcoolique toujours amoureuse de l’homme qui l’a quittée. Leïla
Bekhti prend le relais, dans son fauteuil
roulant. Son infirmité ne l’empêche pas
de hurler sur cette troupe dépareillée.
Grâce à elles, ils se décident à participer
au championnat du monde en Norvège.
On voit par là que chacun trimbale son
Cette Affaire de famille s’inscrit dans la
lignée des films précédents de Koreeda, un habitué du Festival de Cannes
qui n’aime rien tant qu’étudier à la loupe
les fratries et les clans. À la longue, il
commence à en avoir une idée plus précise. Cette fois, il semble même avoir
voulu réunir ses figures emblématiques
dans une même maison : grand-mère
indigne, père espiègle, gamin déviant,
petite sœur.
Mais de quelle famille parle-t-on ?
Celle qui vole sans vergogne mais aime
sans retour une fillette tombée du nid en
est-elle d’ailleurs bien une ? Osamu tente d’assumer un rôle de père sans y parvenir. C’est son fils Shota qui tiendra le
Les Shibata, une famille dysfonctionnelle
mais sympathique.
19
« En liberté ! »
Comédie de Pierre Salvadori
Avec Adèle Haenel, Vincent Elbaz,
Mâles à la dérive
Une fable un brin picaresque
sa
m
ed
i
Un vrai héros salvadorien, en plus déjanté et extrême. Salvadori lâche les chevaux, fait tenir ensemble tous les genres :
parodie, comédie policière et romantique, screwball… Il ne craint pas les ruptures de ton, les changements de rythme.
La musique de Camille Bazbaz fait groover le tout. La France a son Blake Edwards. Trois idées à la seconde et pas une
à jeter. Plaisir d’offrir, joie de recevoir. ■
HORS COMPÉTITION À quoi reconnaît-on un film drôle à Cannes ? Il est
projeté hors compétition. Des éclats de
rire dans la vraie sélection feraient désordre. Dans Le Grand Bain, des quinquagénaires en maillot de bain forment une aimable équipe de natation
synchronisée. Ce ne sont pas des athlètes. Ils ont des bourrelets. Leurs biceps, s’ils ont jamais existé, ont fondu
avec les années. Louons les acteurs qui
n’ont pas hésité à montrer leur silhouette banale, enrobée. Il faut voir la
distribution. Amalric est en pleine dépression, Poelvoorde au bord de la
faillite. Anglade est un musicien raté
aux longs cheveux qui vit dans son
mobil-home sur un parking. Guillaume Canet un industriel qui râle tout le
temps. Philippe Katerine, employé à la
piscine, range les bouées.
petit désastre intime. Pas de quoi en
faire un drame. La comédie s’impose au
milieu des malheurs. Elle semble être le
terrain d’élection de Gilles Lellouche,
qui filme avec aisance et robustesse les
efforts de ces mâles à la dérive. Une
complicité s’installe, malgré les humeurs et les différences. Les dialogues
crépitent comme des sarments dans un
feu de camp. Des tubes démodés (donc
des années 1980) accompagnent ce Full
Monty aux odeurs de chlore. On détecte
par-ci par-là des touches à la Yves
Robert, de brèves embardées dans la
gravité. La solitude des personnages ne
les empêche pas de s’amuser.
Mine de rien, la France d’aujourd’hui se retrouve sur l’écran, avec ses
banlieues résidentielles à l’américaine,
ses faux pubs anglais où la bière est hors
de prix, ses centres commerciaux surveillés par des vigiles. Ne pas oublier
cette vieille mère qui croupit dans un
hospice et qui est méchante comme
une teigne. Et ces épouses qui contemplent leur mari d’un œil qu’ils croient
rempli de mépris quand il s’agit plutôt
de tendresse. La piscine Lellouche
vient d’ouvrir ses portes. On plonge. ■
Design : Akatre, assisté de Victor Tual
ÉRIC NEUHOFF eneuhoff@lefigaro.fr
EN COMPÉTITION Une petite maison
perdue au milieu des immeubles d’une
cité japonaise. Il y eut jadis un bassin
avec des carpes, croit se souvenir la
femme d’Osamu, qui vit là avec sa famille. Mais ce souvenir est nébuleux
comme le sont les liens qui unissent les
Shibata. La grand-mère semble tenir un
rôle central. C’est elle qui perçoit la retraite assurant l’essentiel. Elle aussi qui
loge tout le monde dans sa minuscule
bâtisse en bois. Elle est du genre coriace
et pragmatique. Elle a appris à compter
sur les larcins d’Osamu, son beau-fils, et
du jeune Shota, son petit-fils, pour améliorer le quotidien qu’elle accommode
aux petits oignons. Une famille dysfonctionnelle peut-être, mais sympathique,
qui se réunit souvent autour de la table
pour discuter, se retrouver et blaguer.
Un soir, Osamu recueille une fillette
qui semble livrée à elle-même. La
grand-mère lui donne la becquée comme à un oisillon tombé du nid. Juri ne
parle pas beaucoup. Les Shibata comprennent vite qu’elle a été battue. La
femme d’Osamu rechignait à la prendre
pour une nuit, elle insiste désormais
pour la garder. L’affection semble la
chose la mieux partagée chez eux, comme l’argent qu’on met dans le pot,
qu’importe sa provenance.
LE PACTE
STUDIOCANAL
FRANÇOISE DARGENT fdargent@lefigaro.fr
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mardi 15 mai 2018 LE FIGARO
30
CULTURE
Avec « Parsifal », Philippe Jordan trouve son Graal
CHRONIQUE À l’Opéra Bastille, le directeur musical transcende l’œuvre de Wagner. La mise en scène, elle, déçoit par sa faiblesse.
LE CLASSIQUE
Christian Merlin
ette fois ça y est ! Après un incident technique suffisamment grave pour fermer
l’Opéra Bastille pendant trois
semaines et annuler quatre
représentations de Parsifal, le rideau
s’est enfin levé sur le testament spirituel de Richard Wagner. Avouons-le :
c’était surtout un rendez-vous attendu
avec Philippe Jordan. Après Tristan et
Isolde, Les Maîtres chanteurs, Lohengrin
et deux cycles complets des quatre opéras du Ring, c’était une nouvelle occasion de se convaincre que l’on dispose à
Paris d’un des grands chefs wagnériens
de notre époque. Et l’on a été conforté
dans cette conviction.
Sa direction a quelque chose de boulézien dans sa rapidité sans précipita-
C
tion, sa transparence pré-debussyste et
sa fluidité des enchaînements : aucune
pesanteur germanique, aucune surcharge d’affects dans ce phrasé fondu et
cette sonorité opalescente où l’Orchestre de l’Opéra est aujourd’hui sans rival. Le Chœur est à l’avenant, confirmant lui aussi par son chant plastique et
sans heurt le niveau exceptionnel atteint avec José Luis Basso. Niveau musical transcendant, donc, pour cette première retardée, suffisant pour recueillir
au rideau des ovations méritées, où le
chef est, c’est une habitude maintenant, le premier à l’applaudimètre : il
s’est tissé un lien entre Jordan et le public parisien, et cela n’a pas de prix.
munauté du Graal est une secte, et que
les sectes, c’est mal. Le récit mis à plat
vide de toute substance cette œuvre au
contenu philosophique si complexe, en
s’en tenant à une pure illustration. On
attend un peu plus d’engagement de la
part d’un metteur en scène se colletant
avec Parsifal.
Là où on lui en veut le plus, c’est
d’avoir à ce point négligé la direction
d’acteurs, alors qu’il disposait de bêtes
de scène. Le souvenir d’Andreas Schager et Anja Kampe avec Tcherniakov à
Berlin, ou de Peter Mattei avec François
Girard au Met, nous frustrait de les voir
ainsi livrés à eux-mêmes à Paris. Ils
n’en restent pas moins des interprètes
d’exception. Le ténor a une projection
et une éloquence inouïes, la soprano un
lyrisme et une intensité incandescents,
le baryton une palette expressive tout
entière au service de l’incarnation.
Evgeny Nikitin fait ce qu’on attend de
lui en Klingsor, seul le très noble et très
musical Günther Groissböck déçoit légèrement, à défaut de l’ampleur vocale
et de la variété de couleurs qui font les
très grands Gurnemanz et permettent
d’en animer les longs récits. ■
Parsifal, Opéra Bastille (Paris XIIe),
jusqu’au 23 mai. www.operadeparis.fr.
Diffusion sur France Musique le 27 mai.
(un trio, Ah nous sommes bénis ). Et deux
pièces qui peuvent se lire comme autant
de lettres d’amour à Marie Vasnier : un
duo entre Anacréon et Hymnis, Sous nos
pas le ciel a mis (scène 1), ainsi que la
chanson incomplète d’Anacréon : Quand
par un jour de soleil (scène 2).
Ce manuscrit, qui est donc à ce jour le
plus complet d’Hymnis et comporte
même une page d’esquisses au crayon
(non reconnaissable), n’a en effet jamais
fait l’objet de la moindre description dans
un catalogue de vente. « La dernière fois
qu’on l’a vu, c’est en juin 1926, lors de sa
vente par Simon Kra (fondateur des célèbres Éditions du Sagittaire, NDLR) », explique-t-on chez Christie’s. Il n’a pas été
possible de retracer son cheminement
avant cette date. « Tout indique qu’il s’agit
d’une mise au propre que Debussy avait
l’intention d’offrir à Marie Vasnier », raconte Adrien Legendre. Est-il passé entre
les mains de la chanteuse ? On l’ignore.
Mais c’est bien à la suite de la vente Simon
Kra qu’il est revenu, par descendance, à
son actuel propriétaire. « Ce dernier gardait ce manuscrit dans son grenier depuis
des décennies mais ne savait pas trop à
quoi il correspondait. C’est en entendant que cette année
était celle du centenaire de la mort de Debussy qu’il a eu la bonne idée de frapper à
notre porte », poursuit l’expert.
Une idée qui pourrait lui rapporter
gros. Avec une estimation annoncée entre 120 000 et 180 000 euros, le manuscrit
sera l’un des lots phares de la vente du
29 mai. Mais il apportera aussi, en cette
année Debussy, un émouvant éclairage
sur la relation du compositeur avec Marie
Vasnier. Avant la vente, Christie’s en
proposera d’ailleurs, le 24 mai, une restitution privée par la voix de trois spécialistes de la mélodie française : Pauline
Texier (révélation lyrique de l’Adami en
2015), Tassis Christoyannis (à qui l’on
doit l’enregistrement de rares mélodies
de Saint-Saëns chez Aparté), ainsi que le
pianiste accompagnateur Jeff Cohen.
C’est à eux que reviendra la primeur de
faire revivre ces mélodies inédites, telles
que mises au propre par Debussy lui-même. En espérant qu’elles ne retombent
pas, après la vente, dans un nouveau
sommeil presque centenaire. ■
Vente chez Christie’s (Paris VIIIe) le 29 mai
à 14 h 30. Exposition publique du 24 au 28 mai.
www.christies.com
Une pure illustration
Günther Groissböck (Gurnemanz), Andreas Schager (Parsifal) et Anja Kampe (Kundry)
sont des interprètes d’exception. EMILIE BROUCHON/OPÉRA NATIONAL DE PARIS
Si l’on n’est pas sorti transporté de ces
plus de cinq heures de spectacle, entractes compris, c’est à cause de la nouvelle production de Richard Jones. Une
fois admiré l’habileté du décor coulissant conçu par Ultz, qui permet de varier les aires de jeu avec lisibilité, on
s’étonne de la faiblesse du propos du
Britannique. Très littéral, jusqu’à des
filles-fleurs en très lascifs épis de maïs
émergeant de leurs feuilles (seule note
un peu surprenante de la soirée), le
spectacle nous dit surtout que la com-
Debussy inédit
et amoureux
sous le marteau
EXCLUSIF Le 29 mai, Christie’s met
aux enchères un manuscrit d’« Hymnis »
vu pour la dernière fois en 1926. Une
déclaration en musique à sa maîtresse.
L
THIERRY HILLÉRITEAU
£@thilleriteau
es manuscrits du compositeur Claude Debussy, dont on commémore cette année, partout en France, les cent
ans de la disparition, sont rares à la vente.
Selon Adrien Legendre, directeur du département livres anciens et manuscrits
chez Christie’s, à Paris, « les dernières
ventes de manuscrits du musicien ont eu lieu
entre 1980 et 1990. Depuis, il n’y a eu que
des partitions éditées ou des pages isolées,
mais jamais un manuscrit aussi complet ».
De quoi faire monter les enchères, le
29 mai prochain, lors de la vente de livres
rares qui verra entre autres la dispersion
de la bibliothèque de Samuel Josefowitz.
Au milieu des joyaux littéraires acquis
par le collectionneur (dont un exemplaire
du Corbeau de Poe traduit par Mallarmé et
illustré par Manet) figureront bien
d’autres trésors. Comme une pharaonique Description de l’Égypte achevée en
1830, ayant appartenu au scientifique Dubois-Aymé (mise en vente entre 300 000
et 500 000 euros). Un exemplaire des
Fleurs du mal offert par Baudelaire à Mallarmé. Et surtout, pour les mélomanes, un
manuscrit en très grande partie inédit de
Claude Debussy : Hymnis. Une œuvre de
jeunesse, mais à la valeur symbolique des
plus importantes. Elle fut composée au
plus fort de sa relation avec la soprano
Marie-Blanche Vasnier. Le présent
manuscrit, 38 feuillets noircis à l’encre
brune, dans une précision calligraphique d’une rare propreté, caractéristique du futur géniteur de La Mer et
Pelléas et Mélisande, lui est d’ailleurs
adressé. Et « il apparaît clairement que Debussy se sert de cette partition pour parler
de leur amour, lui-même se voyant en Anacréon et assimilant Mme Vasnier à Hymnis », poursuit Adrien Legendre.
De près de quinze ans son aînée, mariée
à l’un des protecteurs de Debussy (Henri
Vasnier), celle que le jeune AchilleClaude accompagnera au piano lors de ses
cours de chant fut l’objet d’une passion
de huit années. Une passion commencée,
pour le compositeur, à l’âge de 18 ans. S’il
est probable que le jeune musicien trouva
chez elle, en plus de l’éveil amoureux,
une bienveillance maternelle, elle fut
sans le moindre doute, à cette époque-là,
sa principale muse… Et l’inspiratrice de
nombreuses mélodies, dont les toutes
premières versions d’En sourdine et Clair
de lune extraites des Fêtes galantes.
De la présente Hymnis, musique de
scène écrite pour une comédie-lyrique de
Théodore de Banville (dont Debussy mettra en musique trois pièces et une douzaine de poèmes), on ne connaissait jusqu’à
présent que la mélodie Il dort encore , extraite de la scène 1 (qui a fait l’objet d’une
édition posthume chez Jobert en 1984).
Ainsi que l’ode bachique du début de la
scène 7. « Ces extraits figurent sur deux
Hymnis, vers 1882, manuscrit musical
de 38 feuillets signé Debussy et adressé
à la soprano Marie-Blanche Vasnier.
Estimation entre 120 000 et 180 000 euros.
CHRISTIE’S
autographes. L’un conservé à la Fondation
Martin Bodmer à Genève, l’autre provenant de la vente de la collection Toscanini
en 1983 », précise encore Adrien Legendre. La partition autographe qui passera
le 29 mai sous le marteau, authentifiée
par le spécialiste Denis Herlin, comporte
“
Les dernières ventes
de manuscrits
du musicien ont eu lieu
entre 1980 et 1990
”
ADRIEN LEGENDRE, DIRECTEUR
DU DÉPARTEMENT LIVRES ANCIENS
ET MANUSCRITS CHEZ CHRISTIE’S, À PARIS
naturellement ces deux extraits (avec
quelques variantes). Mais aussi et surtout
quinze pages supplémentaires. Soit trois
séquences entièrement inédites, qui ne
figurent même pas au catalogue de
l’œuvre de Debussy : le final de la scène 7
Un quatuor d’excellence pour un alphabet musical
THÉÂTRE Au Lucernaire, des virtuoses au féminin nous régalent avec leur « ABC d’airs ».
ARMELLE HÉLIOT aheliot@lefigaro.fr
lles sont quatre. Quatre filles
qui ont la musique dans le sang.
Quatre virtuoses, une chanteuse et comédienne, Anne Baquet, et trois instrumentistes
d’excellence. Anne Regnier, hautbois et
cor anglais, est soliste à l’orchestre de
l’Opéra de Paris, Claude Collet, pianiste,
premier prix du Conservatoire de Paris,
est engagée sans cesse comme soliste ou
dans des orchestres. La benjamine,
Amandine Dehant, contrebasse, elle
aussi premier prix du conservatoire, est
A
E
membre de l’Orchestre de l’Opéra de
Paris.
C’est Anne Regnier qui a eu l’idée de ce
quatuor insolite qui enchante et subjugue. Ces demoiselles ont fait appel à un
metteur en scène sensible, féru de musique et plein d’esprit, Gérard Rauber. On
devine l’admiration qu’il a pour les interprètes qui jouent sans partition et
bougent sans cesse, dans un mouvement
ininterrompu qui nous mène, en une
heure trente qui passe comme un souffle,
de A à Z.
Cela commence par une irruption dans
la salle avec des « Ah ! » imaginés par
Amandine Dehant et cela se termine
avec un « Ze », un final signé Gabriel
Philippot. Entre-temps, on aura écouté,
émerveillé, à B comme baroque, Les
Sauvages de Jean-Philippe Rameau, à
G comme géant, Le Grand Lustucru de
Kurt Weill, à N comme néant, La Môme
néant de Jean Tardieu. On aura souri en
contemplant les trois belles alignées et
immobiles pour S comme Silence de John
Cage et on aura été époustouflé par les
performances magistrales des unes et des
autres, avec, par exemple, la seule
Claude Collet dans une Toccata de Pierre-Max Dubois.
Astor Piazzolla, Jean Wiener, Enrique
Granados, Saint-Saëns, la bande des
quatre sait tout jouer ! Anne Baquet mène
la danse, blonde, juvénile, irrésistible
dans la vivacité et les prouesses vocales.
Hautbois et cor anglais, Anne Regnier
possède un son d’une musicalité de cristal. Tout comme Claude Collet, avec
autant de précision que de douceur, au
piano. La fine Amandine Dehant dialogue et danse avec sa déchirante contrebasse. L’humour est au rendez-vous. Cet
ABC d’airs donne de l’énergie et met
pour longtemps de très bonne humeur ! ■
ABC d’airs, au Lucernaire (Paris VIe),
à 19 heures du mardi au samedi,
16 heures le dimanche. Jusqu’au 17 juin.
Tél. : 01 45 44 57 34.
EN BREF
Erratum
Dans l’article consacré aux
dessins de Cabu pour le théâtre,
« Pour Cabu, les planches ont
un dessein », dans nos éditions
du 14 mai, une malencontreuse
erreur s’est glissée.
L’artiste était né à Châlons-surMarne (depuis 1995, Châlonsen-Champagne), et c’est dans
cette ville qu’il avait pris goût,
dès le collège, au théâtre, rêvant
même de devenir comédien.
Une étourderie nous a fait écrire
« Chalon-sur-Saône ».
Nos lecteurs ont été nombreux
à rectifier d’eux-mêmes.
Nous nous en excusons auprès
de tous ceux qui aiment Cabu
et ses talents multiples.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mardi 15 mai 2018
STYLE
31
« C’est la première
et la dernière vente
Supreme chez Artcurial »
INTERVIEW Fabien Naudan, vice-président de la maison
parisienne, met à l’encan, demain, trente ans de culture urbaine
américaine, dont de nombreux lots de la marque de skate culte.
LE FIGARO. - La culture urbaine a-t-elle
sa place dans une salle des ventes ?
Fabien NAUDAN. - Nous arrivons au
terme de trois décennies de culture urbaine. Dans les années 1990-2000, les
DJ, photographes, artistes et labels de
mode sont des marginaux qui créent
sans rien calculer, sans approche marketing, mais avec beaucoup de génie. Ils
se moquent de la propriété intellectuelle,
en plagiant des photos, en détournant
des logos, en samplant de la musique.
Entre 2000 et 2010, le mouvement bascule et se professionnalise, les créateurs
se muent en chefs d’entreprise, en producteurs, en managers. Ils vont chercher
les talents alors qu’ils étaient ce talent,
ils n’opèrent plus dans la rue mais dans
des bureaux. Depuis 2010, nous sommes
dans la décennie du « cash out », c’est
maintenant que cette culture génère
beaucoup d’argent. Cette vente n’est pas
un hommage à Supreme, nous ne leur
avons pas demandé leur accord et
n’avons pas cherché à rentrer en contact
avec eux. Ils n’ont pas davantage financé
le catalogue, simplement ils représentent le porte-drapeau de ce courant.
MARKO DAPIC
Certains puristes déplorent ce succès
à leurs yeux trop commercial.
Pourquoi un objet, une fois devenu populaire et accessible, perdrait-il de son
intérêt ? Quels contre-courants, hormis
peut-être les plus nihilistes, ne souhaitent pas accéder à la notoriété ? Ces puristes sont-ils les clients des premières
heures ou des influenceurs persuadés que
l’image appartient à celui qui la découvre ? Les fans historiques de Supreme,
des skateurs dans le Manhattan des années 1990, étaient une poignée. James
Jebbia a toujours rêvé d’être populaire, la
rareté de ses produits n’était pas calculée, mais parce qu’il ne pouvait pas gérer
de stock, il a fonctionné par drops, des livraisons aléatoires en fonction de ce qu’il
était en mesure de produire. C’est ce modèle que duplique aujourd’hui le monde
de la distribution et du luxe afin de doper
la désirabilité d’un vêtement.
Les amateurs d’art contemporain
s’intéressent-ils à ce courant ?
Quand vous circulez dans une foire d’art
contemporain, vous croisez peu de gens
portant le Box Logo - ils ont plutôt vu
leurs enfants avec ce tee-shirt. Mais ceux
qui adhèrent en sont fiers, c’est une manière d’afficher qu’on connaît la rue, son
côté avant-gardiste et malin. Bien en-
Fabien Naudan devant quelques pièces de la vente C.R.E.A.M. À gauche : les fameux
tee-shirts Box Logo de Supreme (estimés de 500 à 2 500 euros l’unité).
d’Artcurial, aujourd’hui nous parlons
aussi à leurs enfants. Nous aimons surprendre, comme lorsque nous avons
ajouté des jeans Levi’s aux enchères
consacrées au design américain en 2008.
Que d’autres s’engouffrent dans la brèche du streetwear après m’est égal, ce
qui compte est de l’avoir fait avant. Pour
nous, c’est la première et la dernière
vente Supreme chez Artcurial, il n’y en
aura pas d’autre. Qu’importe les résultats
obtenus. ■
Vente C.R.E.A.M. le 16 mai à 18 heures,
chez Artcurial, 7, rond-point
des Champs-Élysées (Paris VIIIe).
www.artcurial.com
tendu, revendiquer une contre-culture
avec un tee-shirt à 900 euros en collaboration avec Louis Vuitton peut faire sourire - mais nous sommes à l’aise avec ce
genre de paradoxe depuis un moment.
Cette vente vise-t-elle à rajeunir
la cible d’Artcurial ?
Elle montre surtout l’évolution de notre
métier. J’ai commencé ma carrière dans
l’industrie du prêt-à-porter, chez Paul
Smith et A.P.C., où l’on m’a appris à
m’intéresser à l’acheteur. C’est cette attention au client que j’ai importée dans
ce monde des enchères où traditionnellement le vendeur est roi ! Il y a les clients
On peut être une bonne
pâte et totalement
craquante
Tarte de Polenta
Préparation :
20 minutes
Quand a eu lieu le passage de marque
de niche à marque mondiale ?
Entre 2005 et 2010, James Jebbia augmente à peine les quantités alors que la
demande explose et que les files d’attente
s’allongent devant la boutique new-yor-
LA MODE AUSSI
TIENT LE HAUT DU PAVÉ
Quand Sonia Rykiel ouvre
sa boutique au coin de la rue de
Grenelle début mai 1968, les pavés
commencent à voler. Elle prend
la sage décision de fermer le soir
même, mais heureusement pas pour
longtemps. Aujourd’hui, la maison
Rykiel fête comme il se doit
ses 50 ans avec la façade du
175, boulevard Saint-Germain
transformée par l’étudiante
en art Juliette Minchin, et
le lancement d’un sac, genre
de boîte en cuir (signée
de l’actuelle directrice
artistique, Julie de Libran)
et justement nommé
Le Pavé (notre photo).
Elle soutient également
l’exposition « Fais ce
+
Focus
Comment décrire Supreme au grand
public ? Est-ce une griffe de mode ?
À mon sens non, dans la mesure où ils ne
dessinent pas de vêtements, ils ne sont
pas stylistes. Ils se contentent d’acheter
des produits finis et leur studio de graphistes crée l’image, détourne, imprime
les différents messages qu’ils souhaitent
véhiculer. Les tee-shirts mis en vente,
les Box Logo emblématiques commercialisés entre 2000 et 2017, sont neufs,
pour la majorité, et sous blister. L’objet
vêtement est un placard publicitaire,
cette logique échappe à la mode et se
rapproche de celle des collectionneurs.
Supreme est aussi un des labels qui a jeté
le plus de passerelles avec le monde de
l’art à travers des collaborations. Leur
tableau de chasse réunit Damien Hirst,
Takashi Murakami, Jeff Koons, Richard
Prince, John Baldessari… Refuser une
collaboration avec Supreme, c’est se faire désirer mais cela ne dure jamais longtemps. C’est Bob Dylan qui traîne pour
récupérer son prix Nobel.
Quel est le profil des vendeurs ?
En temps normal, notre travail consiste à
convaincre des propriétaires de tableaux
de les mettre à l’encan et nous savons faire. Là, vous êtes face à des collectionneurs difficiles à séduire, parfois peu fiables, voire carrément escrocs. La culture
du « flip » est terrible pour le monde des
enchères : dès lors que le vendeur comprend la valeur estimée de son bien, il essaye de vous court-circuiter. Je suis un
habitué des filous, mais plutôt en col
blanc! Ce travail de longue haleine ne fait
pas de nous des experts de Supreme, il
n’en existe d’ailleurs pas et, pour cette
raison, je ne m’avancerai pas sur les prix
adjugés.
qu’il te plaît », aux Beaux-Arts
de Paris, et l’on découvre à cette
occasion que son président, JeanMarc Loubier, n’a pas qu’une passion
dans la vie. Sa propre collection
(compilée avec son épouse Hedieh)
d’une centaine de documents de
Mai 68 -du Petit Livre rouge de Mao
aux exemplaires de
L’Enragé, la revue
de Jean-Jacques
Pauvert, et aux
magazines des
Black Panthers est présentée dans
les galeries de la
cour vitrée.
CATHERINE DEYDIER
Jusqu’au 20 mai
aux Beaux-Arts,
14, rue Bonaparte
(Paris VIe).
₤
Un hors-série dédié à l’amitié, truffé de recettes originales,
chics et rapides spéciales grandes tablées !
Chez votre marchand de journaux
Parce que la cuisine est aussi une afaire de tendances
A
l vous reste jusqu’à ce soir pour
découvrir les lots de la vente C.R.E.A.M.
tenue demain 16 mai, à 18 heures, chez
Artcurial. C.R.E.A.M. ? C’est le titre d’un
tube du Wu-Tang Clan datant de 1994,
acronyme de « Cash Rules Everything
Around Me » (« l’argent règne en maître
autour de moi »), un résumé de ce que la
culture « street » engendre aujourd’hui
comme profit. Ces enchères d’un genre
inédit réunissent avant tout un grand
nombre de pièces de Supreme, la marque
culte de skate fondée en 1994 à New York
par le Britannique James Jebbia (qui, pour
la petite histoire, n’a jamais fait de planche à roulettes). Outre une dizaine de teeshirts Box Logo imprimés du logo (notre
photo) qui excitent les 15-40 ans, on trouve une malle Louis Vuitton x Supreme
estimée entre 70 000 euros et
100 000 euros, un marteau Hardcore
Hammers x Supreme (600-800 euros),
mais aussi un pistolet à eau, un
nunchaku, un harmonica, un sablier… La
vente rassemble également des œuvres
d’artistes liés à ce mouvement mêlant le
skate, le graffiti et le hip-hop tels que
l’Américaine Barbara Kruger (dont le slogan « I shop therefore I am » en lettres
blanches sur fond de rectangle rouge de
1990 a plus qu’inspiré le logo Supreme),
Todd James, Futura 2000, Kaws… Valorisée à plus d’un milliard d’euros, la marque de skate est devenu un phénomène
de société, que Fabien Naudan, vice-président d’Artcurial à l’origine de l’événement, raconte en 145 lots.
FRANÇOIS BOUCHON/LE FIGARO ; SUPREME
ÉMILIE FAURE
efaure@lefigaro.fr
© Bernhard Winkelmann
I
kaise, alors unique, du 274 Lafayette
Street. C’est là que naît le phénomène du
« flip », ces clients qui achètent 40 dollars
un tee-shirt et le revendent 600 dollars
l’heure qui suit à des fans capables de débourser beaucoup. Une pratique désormais courante dans l’univers du
streetwear. Certains clients sont prêts à
dépenser une fortune en passant par un
revendeur, en quoi est-ce un problème ?
PROPOS RECUEILLIS PAR
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 15 mai 2018 LE FIGARO
32
AUTOMOBILE
Un kit pour rouler plus vert
et moitié moins cher
ESSAI Les boîtiers de conversion permettant de faire le plein avec un Superéthanol E85 à 0,70 € le litre
valent-ils l’investissement ? Verdict après un test de 3 000 kilomètres.
T
THIERRY ÉTIENNE
tetienne@lefigaro.fr
andis que le prix des carburants flambe, l’idée de rouler au Superéthanol E85, un biocarburant vendu en
moyenne 0,70 € le litre, redevient
d’actualité. Le nombre de pompes distribuant de l’E85 a augmenté de 23 %
en 2017, pour franchir le cap du millier
en avril dernier. Une application « Mes
stations E85 » permet de les localiser
facilement et l’avantage d’un véhicule
modifié pour rouler à l’E85 est qu’il
peut toujours fonctionner avec de l’essence SP95, SP95 E10 ou SP98. Pour
alimenter un moteur essence au Superéthanol sans risquer de casse mécanique, il faut cependant en modifier les
réglages. Pour que la combustion reste
optimale, l’E85 doit en effet être injecté
en plus grande quantité que l’essence,
ce qui implique l’utilisation d’un boîtier
modifiant les paramètres d’injection.
Ce type de montage était illégal jusqu’à
la publication, en décembre dernier,
d’un arrêté définissant un cadre réglementaire. Aujourd’hui, quelles mécaniques sont compatibles ? Quel est le
coût d’une installation ? Quel est son
impact sur la consommation et le fonctionnement du moteur ? Nos réponses
après 3 000 kilomètres d’essai.
voitures concernées
uLes
La conversion à l’E85 n’est possible
que pour une voiture d’occasion, déjà
immatriculée. En revanche, elle
concerne tous les types de moteurs essence : à injection directe ou indirecte,
turbo ou pas, et même hybride, pourvu
que l’automobile réponde au minimum
à la norme Euro 3 et ne dépasse pas une
puissance fiscale de 14 CV. Ces derniers
critères ont été retenus par l’État pour
écarter les modèles trop polluants et les
grosses cylindrées. Lorsque la voiture
est modifiable, il reste à choisir un boîtier. Si l’offre pullule sur Internet, seul
un boîtier dûment homologué posé par
un installateur agréé permettra de profiter de tous les avantages offerts par
l’E85, notamment de bénéficier d’une
garantie et de faire modifier la carte
grise afin de ne pas être recalé au
contrôle technique. Pour mener à bien
notre essai, réalisé avec une Subaru XV
2.0 de 2017, nous nous sommes tournés
vers la société Flexfuel, qui fut l’un des
artisans de l’élaboration des critères
d’homologation définis par l’arrêté.
Fort d’une expérience sur 25 000 kits
Un kit homologué, installé sur les véhicules essence afin de rouler au Superéthanol E85, augmente toutefois la consommation de carburant de 15 à 25 %.
de conversion déjà installés et d’un
réseau de 200 garages partenaires,
Flexfuel propose une gamme de huit
boîtiers dont les tarifs s’échelonnent de
300 € à 1 300 €, selon le type de moteur, hors pose.
uConsommation en hausse
Le montage du kit prend de deux à
trois heures, selon le modèle. Le boîtier
vient s’intercaler entre les injecteurs et
le calculateur d’origine afin d’enrichir
le mélange air/carburant. Le technicien de Flexfuel procède d’abord à un
relevé des courbes d’origine du
moteur pour ensuite déterminer la correction à apporter.
Une vérification et, si nécessaire, un
ajustement
des réglages
est
effectué
après trois
pleins. Entre-temps,
nous
avons
découvert que la
conversion
avait
modifié le comportement du moteur.
La sonorité est devenue plus feutrée et
la souplesse s’est passablement améliorée. Ces bénéfices résultent d’un indice
d’octane plus élevé (104 au lieu de 95).
Côté consommation, Flexfuel annonce
à ses clients une augmentation comprise entre 15 % et 25 %. Nous avons effectivement relevé 23 %. Précision utile, dans notre Subaru, comme dans
plusieurs autres voitures, l’ordinateur
de bord ne prend pas cette augmentation en compte. Pour juger
de l’autonomie, on ne
peut plus se fier qu’à la jauge. Les démarrages peuvent aussi s’avérer plus
difficiles en hiver, car l’alcool est moins
prompt à s’enflammer à froid que l’essence. Flexfuel parle d’un effet « crêpe
flambée ». Ce défaut est toutefois atténué durant les mois les plus froids par
un E85 ne contenant que 65 % d’éthanol au lieu de 85 %. Économique à
l’usage, l’E85 est surtout moins polluant. En grande partie renouvelable, il
permet de réduire de 66 % les émissions de CO2 du puits à la roue comparé
au SP95. D’autre part, des mesures réalisées par un laboratoire indépendant,
lors d’un test RDE (Real Drive Emissions), ont enregistré une réduction des
émissions de particules de 90 % et des
NOx de 30 %.
boîtier vite amorti
uUn
La facture totale du kit, son montage
et la nécessaire modification de la carte
grise avoisine, dans notre cas, le millier
d’euros. Malgré l’augmentation notable de la consommation, en se basant
sur le kilométrage moyen annuel de
l’automobiliste français établi à
12 700 km, compte tenu de l’écart de
prix entre E85 et SP95, l’investissement
sera amorti en seize mois, ce qui reste
F. BOUCHON/LE FIGARO
une excellente affaire. Les véhicules
conçus ou modifiés dans les règles pour
fonctionner à l’E85 bénéficient par
ailleurs d’une carte grise gratuite ou à
moitié prix dans de nombreuses régions. Le Superéthanol bénéficie aussi
d’une TICPE (taxe intérieure de
consommation sur les produits énergétiques) nettement plus faible que celles
du SP95 et du gazole, c’est d’ailleurs ce
qui explique son prix très bas. Pour les
sociétés, la TVA est en outre récupérable à 80 %, comme pour le gazole. En
cas de pépin mécanique, l’arrêté prévoit que la garantie du fabricant du
boîtier doit se substituer à celle du
constructeur pour toutes les pièces en
contact avec le carburant y compris
l’échappement. Les kits fournis par
Flexfuel sont garantis cinq ans. Reste
que, questionnés sur le sujet, les
constructeurs automobiles menacent
de supprimer toute garantie aux modèles ainsi modifiés. À bon entendeur…
Après la publication de l’arrêté au Journal officiel, les fabricants de boîtiers attendent maintenant les agréments délivrés par l’Utac, organisme chargé des
homologations, nécessaires à la modification de la carte grise. Cela devrait
être réglé avant l’été. ■
L’encrassement, le pire ennemi
de votre moteur
PRATIQUE Pour satisfaire au contrôle technique, mieux vaut conserver
son diesel propre. Des solutions existent pour le nettoyer.
PHILIPPE DOUCET pdoucet@lefigaro.fr
a nouvelle réglementation qui
s’appliquera à partir du 20 mai
au contrôle technique a transformé ce dernier en épouvantail. Transposée d’une directive européenne de 2014, elle impose
132 points de contrôle et recense plus
600 défaillances. Une voiture bien entretenue passera-t-elle l’épreuve ?
Seules les très graves carences (absence
de liquide de frein, jeu excessif dans la
direction, par exemple) seront qualifiées de défaillances « critiques », et
justifieront une immobilisation du
véhicule. Mais ces défauts d’importance ne doivent pas masquer ceux qui
s’installent au quotidien de façon plus
insidieuse.
L’encrassement des mécaniques est le
premier d’entre eux. Avec pour conséquence l’allumage possible au tableau de
bord du voyant orange « alerte moteur »
qui vous fera recaler au contrôle. La cala-
A
L
mine touche essentiellement les motorisations diesel, destinées à l’origine aux
grands rouleurs. Elles souffrent d’être
utilisées sur de petits trajets urbains et
s’encrassent alors dès 20 000 km. Il s’agit
d’un mal bien français : les voitures
fonctionnant au gazole représenteraient
22 millions de véhicules, soit plus de
60 % du parc national.
Pour satisfaire à des exigences de performances mais aussi de dépollution, les
moteurs Diesel se sont complexifiés. En
plus d’injecteurs high-tech et de turbocompresseurs dotés de pales à géométrie
variable, ces mécaniques comportent
deux dispositifs antipollution : le filtre à
particules (le FAP) et la vanne de recirculation des gaz d’échappement (EGR),
destinée à abaisser le niveau des oxydes
d’azote (NOx). Tous ces composants,
auxquels s’ajoute le circuit d’admission,
sont sujets à l’encrassement.
En vue d’un contrôle technique, ces
éléments peuvent être nettoyés par une
injection de gaz (hydrogène et oxygène)
ou de détergents. Nous avons testé cette
seconde méthode sur un coupé Renault
Laguna de 2009 doté d’un 2 l diesel de
150 ch, totalisant 34 000 km. Le diagnostic effectué avant traitement révèle un bon
état de l’injection, du turbocompresseur,
et du FAP. Malgré le faible kilométrage, la
vanne EGR et le circuit d’admission sont
en revanche déjà sales. Après leur nettoyage, le résultat se montre plutôt probant. Au ralenti, les émissions de CO2 passent de 48 g par minute à 25 grammes.
Cela signifie également que la voiture consommera légèrement moins.
La limitation à 80 km/h
ne va rien arranger
L’ensemble du processus (tests et nettoyage) est assez long : environ deux
heures, pendant lesquelles le véhicule
tourne au ralenti pendant une heure et
demie. Son coût est de 70 à 80 € si l’on
opte, par exemple, pour l’« Éconettoyage moteur » proposé par Bardahl. Il faut
ensuite procéder, en sus, à une vidange,
car un peu de produit de nettoyage risque de passer dans l’huile pendant l’opé-
Deux heures sont nécessaires pour que l’« Éconettoyage moteur »,
proposé par Bardahl, « rattrape » un véhicule mal entretenu. BARDHL
ration. Le décrassage du FAP est plus
cher (199 €). Il peut toutefois éviter son
remplacement (de 600 à 1 500 €) dans
bien des cas.
Nettoyer injecteurs, turbo, vanne,
admission et filtre en vue d’un contrôle
technique peut donc se révéler intéressant, en particulier sur les diesels de petites cylindrées très encrassés. On arrive ainsi à « rattraper » un moteur, mais
pas à le sauver. S’il a mal été entretenu,
un nettoyage ne compensera pas son
usure. Réservé actuellement aux diesels, il pourrait s’étendre aux nouveaux
moteurs essence à injection directe,
équipés eux aussi d’un filtre à particules, et, pour certains d’entre eux, d’une
vanne EGR. Les fabricants de produits
d’entretien moteurs se frottent les
mains. Ils ont d’autant plus de raisons
de le faire que la situation ne va pas
s’améliorer. « Avec la limitation de
vitesse à 80 km/h, les moteurs, en sousrégime à cette allure, vont s’encrasser
encore plus », pronostique Samuel
Tudoce, opérateur chez Bardahl. ■
+ @ SUR LE WEB
» Présentation Aston Martin DB11 AMR
» Jaguar XK140 Michelotti,
vendue sept fois l’estimation initiale
» Essai Porsche Cayenne E-Hybrid
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mardi 15 mai 2018
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Chaque semaine, quatre professionnels de l’immobilier s’expriment sur un marché et présentent une sélection de biens.
Aujourd’hui, un marché résidentiel au caractère familial affirmé.
Par Nelly Chevais
Convoitée, la
« sectorisation
Pasteur
»
AGATHE DELORME
CONSULTANTS IMMOBILIER :
L’emplacement « prime » se situe
près de la station de métro Sablons,
surtout s’il bénéficie de la sectorisation du collège
et du lycée Pasteur. Tel est le cas de cet appartement
en étage élevé, exposé au sud et au sein d’un
immeuble de belle facture en pierre de taille. Un tel
bien pourrait trouver preneur en quelques heures sur
ce marché tendu, inférieur en offre par rapport à la
demande. Pour notre part, nous n’enregistrons
pas de repli des ventes depuis le début de l’année.
Le marché reste bien orienté.
Des prix autour
« de
10 000 €/m
2
»
JEAN-LOUIS SADONE
AGENCE SADONE :
Soutenu par le retour de l’optimisme, ce marché progresse à
deux chiffres en termes de transactions et de prix.
La moyenne atteint 10 000 €/m2, en forte hausse sur
un an de 15 à 20 %. Mais des disparités subsistent
entre les bons produits et ceux d’une qualité moindre. Dans nos ventes récentes, un rez-de-chaussée
des Sablons a été cédé à 8 000 €/m2 et de très beaux
produits sont partis à 13 000, voire 15 000 €/m2.
Le bien convoité est, comme celui-ci, familial, bien
placé et d’une architecture intéressante.
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Toutes les annonces qui ne comprennent pas la mention
« Part. » pour les particuliers ou « Agents Co. » pour les agents
commerciaux sont des annonces émanant d’agents immobiliers
ou de promoteurs. Sans mention explicite d’honoraires dans les
annonces, les prix présentés s’entendent nets pour l’acquéreur.
Toutes les annonces des rubriques « appartements » sont réputées
être des lots de copropriétés, sauf mention contraire. Ces biens
faisant partie d’une copropriété, le vendeur doit vous informer du
nombre de lots de la copropriété, des charges annuelles du bien
proposé à la vente et de l’existence ou non d’un recours à
l’encontre de la copropriété à la date de la parution de l’annonce.
Les honoraires de l’agence immobilière et les commissions de
chaque bien sont consultables sur le site de l’annonceur.
Légende des sigles utilisés dans nos annonces : ◆ membre
F.N.A.I.M (Fédération nationale de l’immobilier) membre
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nous ont contactés dans l’optique de prendre
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de marché haut de gamme, nous assistons souvent
à des ventes « flash » à des prix ambitieux. Les
acquéreurs s’emparent rapidement des rares
opportunités, et cela sans négociation possible.
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mardi 15 mai 2018 LE FIGARO
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Harlan Coben frappe encore !
BIEN VU
Anthony Palou
apalou@lefigaro.fr
Dans « Safe », sa deuxième série, le romancier explore un quartier résidentiel aisé chamboulé par la disparition
de deux adolescents. Un thriller haletant qui permet de revoir la star de « Dexter », Michael C. Hall.
Bouteille
à la mer
CONSTANCE JAMET £@constancejamet
« Journal »
TF1 | 20 heures | Dimanche
L
ouis Bodin, le monsieur météo
boule à zéro de TF1, nous a
alerté sur l’état de nos océans,
et le moins que l’on puisse dire,
ce n’était pas bien rassurant.
Qu’avons-nous appris lors de sa
minute nécessaire au journal de
l’exquise Anne-Claire Coudray ? Eh
bien, ce que malheureusement nous
savions déjà, que la grande bleue
est devenue une vraie décharge
publique. À chaque seconde, cent
tonnes de déchets qui sont rejetés
dans la mer, et principalement du
plastique ! Huit millions de macrodéchets plastiques qui circuleraient
actuellement sur nos océans. Louis
Bodin nous a donné quelques pistes
pour débarrasser l’océan de toutes
ces saloperies. Un projet du
navigateur Yvan Bourgnon pourrait,
peut-être, faire un peu l’affaire, une
sorte de bateau-poubelle, « The Sea
Cleaners », qui retiendrait les
déchets avant qu’ils ne se dégradent
ou qu’ils disparaissent au fond de la
mer, polluant durablement tout
l’écosystème marin. Et tout cela sans
nuire à la faune. Autre solution, celle
d’un Néerlandais, un filet piloté par
un robot qui traiterait le problème
en surface. On croise les doigts.
Étranglons ce passé où ces pauvres
plaisanciers balançaient
impunément leurs bouteilles
en plastique par-dessus bord, ces
bouteilles aux messages toxiques.
PS : Une plage d’intelligence avec
le documentaire Angelica Huston
raconte James Joyce, vu sur Arte
dimanche soir (22 h 55). On se
souvient du film de son père, John,
inspiré par la nouvelle Les Morts.
Joyce n’est pas si compliqué que ça.
Les Morts raconte la vie. L’histoire
de Gabriel Conroy, fin lettré qui
a épousé une fille d’une éducation
inférieure, Gretta. Gabriel est jaloux
du passé de sa femme qui lui raconte
son ancienne histoire d’amour avec
Michael Furey qui travaillait dans une
usine à gaz et est mort si jeune. On se
souvient de cette phrase de Gretta :
« Je pense qu’il est mort pour moi. »
Et c’est à chialer.
LE BUZZ TV
Invités : Paga et Benjamin
interviewés par Damien Canivez
et Sarah Lecoeuvre aujourd’hui
sur :
e conçois mes séries comme
mes romans. Je veux que
vous vous couchiez en pensant “je vais lire quelques pages”. En fait, vous vous retrouvez au dernier chapitre ou à l’ultime
épisode à 4 heures du matin », expliquait avec facétie Harlan Coben au festival CanneSéries, mi-avril. Le romancier américain y présentait Safe, sa
nouvelle série originale qui tient ses
promesses. Cette coproduction entre
C8 et Netflix invite au binge-watching
(visionnage boulimique de nombreux
épisodes). La chaîne du groupe Canal +
a l’exclusivité pour l’Hexagone du
feuilleton qui démarre ce soir. La plateforme assure, elle, la diffusion à
l’étranger. Pour attirer le sériephile,
Safe peut compter sur une énigme qui
ne laisse ni le temps de reprendre son
souffle, ni celui de réfléchir aux éventuelles failles du récit. En prime, Safe
offre un casting alléchant avec Michael
C. Hall et, caution française oblige, Audrey
Fleurot.
C’est la première fois
○○○¡
que l’acteur vedette de
Dexter et Six feet under
revient au petit écran dans un rôle récurrent depuis ses adieux au pathologiste tueur en série de Miami. Il joue
Tom Delaney, un chirurgien pédiatrique, tout juste veuf, qui vit dans un
quartier résidentiel aisé et sécurisé de la
banlieue de Manchester. Le praticien a
toutes les peines du monde à nouer un
lien avec ses deux adolescentes. Lorsque sa fille aînée disparaît avec son petit
ami au cours d’une fête bien arrosée, le
médecin, ancien militaire, va se muer
en détective privé.
Audrey Fleurot, que Harlan Coben a
repérée dans Engrenages, incarne la
voisine Zoe Chahal, une professeur de
J
«
21.00
L’actrice française Audrey Fleurot et Michael C. Hall mènent l’enquête pour retrouver leurs enfants respectifs.
français mariée depuis vingt-cinq ans à
un Anglais et mère du disparu. Amanda
Abbington (Sherlock) campe le sergent
Sophie Mason en charge de l’affaire.
Sens du rythme
Harlan Coben laboure, comme dans ses
ouvrages et sa série précédente The
Five, ses thèmes de prédilection : la famille, les secrets et un rebondissement
final venu de nulle part. « J’avais envie
d’écrire sur le quotidien de ces lotissements entourés d’une clôture. Normalement, le mur sert à repousser le mal,
mais il peut aussi le retenir prisonnier »,
confiait-il au Figaro. Il prend un malin
Invité de la cérémonie de clôture du
festival CanneSéries, l’Américain Michael C.Hall, 47 ans, interprète de Dexter pendant huit saisons, nous a confié
son bonheur de revenir avec Safe, dans
un rôle de père de famille bien loin de
celui du célèbre tueur en série justicier.
extraordinaires, Tom est un gars ordinaire qui traverse des événements hors
du commun. Le fait que Safe ait une fin
définitive n’était pas pour me déplaire.
Je ne pouvais pas non plus laisser passer la chance de vivre au Royaume-Uni
et de camper un Anglais !
LE FIGARO. - Pourquoi faire
votre retour sur le petit écran
avec la série Safe ?
Michael C. HALL. - Je n’avais jamais lu
un roman d’Harlan Coben, mais je le
connaissais de nom. J’ai été happé par
la qualité du scénario et son microcosme de personnages ciselés qui pourraient tous être coupables. J’ai apprécié
l’association pas si fréquente du drame
familial et du thriller. Dexter était un
type fou auquel il arrivait des choses
Comment avez-vous relevé ce défi ?
Il a fallu trouver mon accent. Je résidais
depuis plusieurs mois à Londres quand
j’ai accepté le rôle, donc j’ai ouvert
grand mes oreilles et travaillé avec un
coach. Les Britanniques ont développé
une relation avec l’anglais différente
des Américains. Outre-Manche, il y a
une certaine délectation à parler avec
élégance. En Angleterre, la façon de
travailler est aussi plus civilisée, moins
éprouvante qu’aux États-Unis où on
Par Louis Morand
1
PROBLÈME N° 4726
VERTICALEMENT
1. Marques une grande prédilection.
- 2. Pour une époque comprise
entre la défaite de Vercingétorix
et le sacre de Clovis. - 3. Se payer
un menu pas menu. - 4. Œuvre de la
Martine. Développe des lanceurs.
Pour la pression ou dans la chanson.
- 5. Traversées par un courant.
Note. Observation du maître. - 6.
Si on y met le ton, c’est du luxe.
Tenir à distance. - 7. Extraites
de la fève de Calabar. Lopin de
garenne. - 8. Retranchements au
bloc.
SOLUTION DU PROBLÈME N° 4725
HORIZONTALEMENT 1. Embâtées. - 2. Porridge. - 3. Inaction.
- 4. Coi. Otto. - 5. Opes. Air. - 6. Nh. Tutsi. - 7. Dylan. Tt. - 8. Yser. DEA.
- 9. Lisser. - 10. Ite. Bai. - 11. Ténorino. - 12. Estienne.
VERTICALEMENT 1. Épicondylite. - 2. Monophysites. - 3. Braie. Lèsent.
- 4. Arc. Stars. Oi. - 5. Tito. Un. Èbre. - 6. Éditât. Drain. - 7. Égotiste. Inn.
- 8. Señoritas. Œ.
2
3
4
5
6
7
8
peut tourner jusqu’à 16 heures par jour.
Ce qui peut devenir insoutenable.
Safe dit-elle quelque chose
de notre société ?
La série se fait l’écho de notre monde
perclus de peurs, lesquelles sont atti-
“
Je n’avais jamais
lu un roman
d’Harlan Coben
MICHAEL C. HALL
3
BRIDGE
PROBLÈME N° 2827 :
Quadruple option
AD
RD87
D65
ARD6
N
O
4
5
6
7
9
10
11
12
”
sées en Amérique par certains médias
qui nous encouragent à être effrayés.
Cette série montre des gens qui essaient
de s’isoler de l’extérieur. Leur stratégie
s’avère contre-productive.
1
2
8
A
plaisir à dépeindre deux mondes parallèles, celui des adultes et celui des enfants, au final peut-être bien plus futés
que leurs parents. Malgré ses cadavres,
la série n’oublie pas de rire aux dépens
des Marshall, des bourgeois m’as-tu vu.
Une note d’humour pas toujours subtile, mais efficace.
La force du feuilleton, qui n’a d’autre
ambition que de divertir et dépeint un
Royaume-Uni générique et hors du
temps, est d’aligner une galerie de personnages aux motivations troubles.
Chacun fait un excellent suspect : pourquoi Tom se sent-il aussi coupable
après la mort de sa femme ? Que cachait
cette dernière ? Que penser du mari alcoolique de l’inspectrice qui se débarrasse la nuit tombée de vêtements féminins ? Etc. Le sens du rythme de
Harlan Coben est diabolique. Chaque
épisode, qui couvre un jour d’enquête
façon 24 heures chrono, s’ouvre sur une
révélation et s’achève sur un traquenard d’intérêt (ou cliffhanger en VO).
Difficile de ne pas vouloir aller jusqu’au bout. Ça tombe bien ! Tel un
roman d’Agatha Christie, Safe apporte
les réponses escomptées à la fin et ne
nécessite pas de deuxième saison. « La
vérité m’a vraiment surpris », promet
Michael C. Hall. ■
« “Safe” se fait l’écho de notre monde perclus de peurs »
MOTS CROISÉS
HORIZONTALEMENT
1. Aller de mal en pis. - 2. Elle fait
naître des troubles. - 3. Ont perdu
leur fraîcheur. - 4. Touché par la
grâce. Côtoie le néant chez Sartre.
- 5. Coup donné par le parrain
sur la nuque de celui qui était fait
chevalier. Romains de Cicéron ou
de Poincaré. - 6. Font la queue. - 7.
Une fois retournée, cette lettre
est à toi. Née de l’éclatement d’un
bloc. - 8. Coule en tout sens en
Éthiopie. Heureux à tous les coups.
- 9. Donner un gage. - 10. Rota
familièrement. Lieu d’apprentissage.
- 11. Toucher le point sensible.
- 12. Postes d’observation discrets.
BEN BLACKALL/© RED PRODUCTION COMPANY
34
E
S
R8
AV954
A 10 4 3 2
7
Contrat : Sud joue 6 Cœurs.
Entame : Valet de pris du Roi.
Vous encaissez As-Roi d’atout
(tout le monde fournit), la tierce
à ♣ en écartant deux puis
coupez un ♣ (Est défaussant
un ).
Quel souvenir gardez-vous de votre
rencontre avec Audrey Fleurot ?
On s’est tout de suite sentis des affinités. Déjà, nous étions les deux étrangers du projet, l’Américain et la Française ! Je ne connaissais pas sa
filmographie mais j’ai compris pourquoi elle est une star. Elle a une présence charismatique.
X-Files, Gilmore Girls, Prison Break,
la mode est à la résurrection des séries
cultes. Dexter peut-il revenir ?
Avez-vous le bon scénario sous le coude ? (rires) J’aimerais jouer dans une
série fantastique type Game of Thrones.
Ce genre manque à mon CV : je pourrai
arborer des peaux d’animaux et des
perruques (rires). ■
PROPOS RECUEILLIS PAR C. J.
Par Philippe Cronier www.lebridgeur.com
SOLUTION DU PROBLÈME N° 2826 :
Une carte qui doit vous alerter
Contrat : Sud joue 4 Piques.
Entame : 8 de .
Avec le 7 au mort, cette entame du 8 provient d’un
doubleton ou, pire, d’un singleton.
Pour vous prémunir au mieux contre cette dernière
éventualité, mettez l’As du mort, descendez en main à
l’As d’atout sans velléité d’impasse et rejouez vers le
mort en lob. Observez les quatre jeux. Ouest n’a aucun
intérêt à couper dans le vide. Vous faites alors votre Roi
de et poursuivez du Valet de afin d’expasser la Dame.
- Si Est fournit la Dame, coupez. Ouest surcoupe. La défense prend deux et Est contre-attaque à ♣ mais il
vous suffit d’appeler l’As. Le 10 d’atout vous permettra
d’accéder au mort pour encaisser le 10 de (et votre ♣
perdant s’évanouira par la même occasion).
- Si Est fournit petit, défaussez un et rien de mal ne
peut vous arriver.
10 3 2
A R V 10 7
10 9 4
53
R4
5
N
8
D9652
AD653 O E R72
S
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ADV9876
43
V8
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 15 mai 2018
LE FIGARO
TÉLÉVISION
MÉTÉO
35
PAR
ÉPHÉMÉRIDE Ste-Denise
Soleil : Lever 06h08 - Coucher 21h25 - Nouvelle Lune
19.20 Demain nous appartient 20.00
Le 20h 20.35 Le 20h le mag 20.50
C’est Canteloup. Divertissement.
20.00 20 heures 20.40 Vu 20.45
Alcaline. Magazine 20.50 Parents
mode d’emploi. Série.
19.00 19/20 20.00 Tout le sport. Magazine. Présentation : Céline Géraud
20.30 Plus belle la vie. Feuilleton.
21.00
20.55
20.55
Série. Policière
Magazine. Historique
Série. Policière
19.05 Grey’s Anatomy. Série 20.55
LolyWood. Divertissement.
MATIN
21.00 Chaos
11
Film. Action. GB-Can-EU. Réal. : T.
Giglio, D. DeFalco. 1h35. Avec W.
Snipes. Lors d’un braquage, le chef
du gang exige comme interlocuteur
un inspecteur qui a été suspendu.
30
10
10
10
10
11
11
12
10
10
10
23.00 R.I.P.D. Brigade Fantôme. Film
0.50 Shark Alert. Film TV.
11
11
10
9
10
12
12
9
50
L’arme fatale
Secrets d’Histoire
Capitaine Marleau
EU. Saison 2. Avec Damon Wayans Jr.,
Clayne Crawford, Jordana Brewster,
Keesha Sharp. 2 épisodes. Inédits.
Roger Murtaugh et Martin Riggs se
lancent dans la traque du braqueur
d’une bijouterie locale.
Présentation : Stéphane Bern. 1h55.
Le prince Charles aux marches du
trône. Inédit. Stéphane Bern revient
sur la vie, les passions et les engagements du futur roi d’Angleterre,
le prince Charles.
Fra. Saison 1. Avec Corinne Masiero,
Gérard Depardieu, Hélène Vincent,
Catherine Wilkening. Philippe Muir.
Une femme est retrouvée morte
assassinée dans l’entreprise de
transport d’un certain Philippe Muir.
20.50 L’histoire du cheval
de Troie
22.50 L’arme fatale Série. Leo
22.50 Elizabeth II, histoire d’un
couronnement Doc. Inédit 23.50
22.30 Édouard, mon pote de
droite Documentaire. Inédit 0.05
21.45 L’Acropole d’Athènes. Documentaire 22.35 C dans l’air. Mag.
L’héritage de Diana. Documentaire.
Soir/3 0.35 Le pitch cinéma
pour vous servir 23.35 Chicago
Police Department. Série.
9
10
11
19.00 C à vous 20.00 C à vous, la
suite 20.20 Entrée libre. Magazine.
12
9
10
10
12
12
11
Doc. Historique. 2014. Réal. : Tom
Fowlie. 0h55. Ce documentaire revisite le récit de la guerre de Troie et
de sa fin tragique pour les Troyens.
10
12
12
11
30
10
APRÈS-MIDI
24
30
22
17
20.20 Le petit cercle (C) 20.30 Le
journal du Festival (C). Magazine
20.50 Catherine et Liliane (C)
19.00 La vie secrète des lacs.
Série doc. 19.45 Arte journal 20.05
28 minutes. Magazine.
18.40 Chasseurs d’appart’. Jeu 19.45
Le 19.45 20.25 Scènes de ménages.
Série. Avec David Mora.
21.00
20.50
21.00
Film. Thriller
Documentaire. Société
Téléréalité
22
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16
18.55 Les Anges 10 - Let’s Celebrate ! 19.55 The Big Bang Theory
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16
19
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22
23
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20.55 Le chaos
Film. Action. EU-Can. 2014. Réal. : Vic
Armstrong. 1h40. Avec N. Cage. La
Terre est plongée dans le chaos. La
destruction se rapproche rappelant
certaines prédictions funestes.
21
21
19
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19
18
50
17
20
23.00 Last Passenger. Film. Thriller
0.55 Empire State. Film TV.
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17
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15
13
21
17
40
18
19.00 Wheeler Dealers - Occasions
à saisir. Série documentaire.
Money Monster
Iran, rêves d’empire ?
The Island célébrités
EU. 2016. Réal. : Jodie Foster. 1h35.
Inédit. Avec George Clooney, Julia
Roberts, Jack O’Connell, Dominic
West. Lee Gates, présentateur
d’une émission sur la finance, est
pris en otage en plateau.
Fra. 2018. Réal. : Vincent de
Cointet. 0h55. Inédit. Au MoyenOrient, les cartes sont redistribuées : l’Iran est redevenu une
puissance incontournable.
21.45 L’Iran à court d’eau. Doc.
Prés. : Mike Horn. 2h15. Inédit. Pour
cette nouvelle saison de «The Island», onze célébrités ont accepté
de relever le défi de survivre sur
une île déserte du Pacifique pendant
quinze jours sans eau ni nourriture.
22.40 Profession... Mag. Inédit
23.35 Cessez-le-feu. Film 1.15 La
colère d’un homme patient. Film.
22.45 Kadyrov, Ubu dictateur de
Tchétchénie Documentaire 23.40
23.15 The Island célébrités, les
secrets de l’île 0.40 Primal Survi-
Bornéo, les ravages du pouvoir. Doc.
vor, l’aventurier de l’extrême
16
T (en °c)
20.50 La dernière bataille
des Templiers
<-10 à 0
Série doc. 1h00. Un tournant crucial.
En 1179, au nord de Jérusalem, Croisés et Templiers sont défaits par les
Musulmans au Gué de Jacob.
21.50 La France des mystères. Série
documentaire.
19.05 Once Upon a Time. Série. L’attrape-rêves - La quête de Mérida.
20.55 Mathieu Madénian et Thomas
VDB au bord de la crise de nerfs
19.05 TPMP : première partie 20.10
Touche pas à mon poste !
21.00 90’ enquêtes
21.00 Minute par minute
21.00 Safe
Mag. Prés. : C. Rousseau. 2h25.
Pompiers de Seine-Saint-Denis : les
héros du 93. Inédit. «90’ enquêtes»
a partagé le quotidien de pompiers
de Seine-Saint-Denis.
Mag. Société. Prés. : S. Renouvin.
1h30. La chute de DSK. Inédit. Retour sur l’affaire Dominique StraussKahn, du 16 mai 2011 à l’abandon des
poursuites en août 2011.
Série. Thriller. GB. 2018. Saison 1.
Avec Michael C. Hall. 2 épisodes. Inédits. Sans nouvelle de sa fille adolescente après une soirée trop arrosée,
Tom Delaney se met à sa recherche.
23.25 90’ enquêtes. Magazine. Présentation : Carole Rousseau.
22.30 État de choc. Magazine. Présentation : Stéphanie Renouvin.
22.50 Safe. Série. Avec Michael C.
Hall, Audrey Fleurot.
GRILLE 2508 FACILE
5 9
6
1 3 8
6 8
7
1 9 3
4
2
6 2
4
3 1
8 3 5
EXIGER
2
4
6
9
1 2 5
3
9
5
4
6 9
5 3
7 8
SOLUTION DU NUMÉRO PRÉCÉDENT
G
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DISTANCERAS
TEL
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13/22
par téléphone :
8/17
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et sur
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17
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METS
INDIEN
RÉPERTORIE
ACTE
DE CHAPARDEUR
SE RENDIT
A PROUVÉ
SA BONNE
HUMEUR
COULE
DE
SOURCE
REMIS
EN
PLACE
ABSURDE
RÉSERVE
À GRAINS
BIÈRE
BLONDE
PETIT PAIN
ANGLAIS
SUDOUEST
DEUXIÈME
SOUS SOL
HAUTE
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PRÉNOM
D’ORIGINE
ARABE
BOULETTE
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LE COBALT
GRANDES
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8/17
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12/18
13/17
14/23
15/24
14/23
10/16
11/24
13/16
JEUDI
12/19
Film. Comédie. Fra. 2012. Réal. : G.
Nakache, H. Mimran. 1h38. Avec
Leïla Bekhti. Trois trentenaires de
Nanterre débarquent à New York
pour fêter l’anniversaire d’une amie.
10 à 20 20 à 30 30 à >40
AMSTERDAM
BELGRADE
BRUXELLES
DUBLIN
MADRID
ROME
MERCREDI
21.00 Nous York
19.20 Quotidien, première partie.
Talk-show 19.40 Quotidien
16/22
11/22
9/15
13/21
9/23
15/26
ALGER
BARCELONE
BERNE
COPENHAGUE
LONDRES
RABAT
0 à 10
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mardi 15 mai 2018 LE FIGARO
36
Omar Hasan,
JEAN-CHRISTOPHE MARMARA/ LE FIGARO
le baryton sorti de la mêlée
SUCCÈS L’ex-rugbyman argentin, au palmarès bien garni,
a pris sa retraite en 2008. Depuis, il se consacre à son autre passion,
l’art lyrique. Reconversion réussie.
David Reyrat
dreyrat@lefigaro.fr
étais la femme à barbe. Le rugbyman-chanteur. » L’ex-pilier
au cou d’aurochs rigole. Un
rugbyman d’excellent niveau,
même : trois Coupes du monde au compteur avec l’Argentine, une brillante carrière en
France, commencée à Auch,
terminée au Stade Toulousain un soir de sacre au
Stade de France, le 28 juin 2008. Champion de
France deux ans après avoir conquis la Coupe
d’Europe. Dix-huit saisons au plus haut niveau et
l’heure, enfin, de se consacrer à sa première passion. « À 7 ans, je me suis inscrit à la chorale de
l’école. Depuis tout petit, j’étais attiré par le chant.
J’
«
Le rugby, je ne l’ai découvert que deux ans plus
tard », se souvient Omar Hasan, né en 1971 à
Tucuman, où son grand-père syrien s’était installé
et où ses parents avaient repris l’épicerie familiale.
Cet attrait pour le chant ? Les disques de tango et
de folklore argentin tant prisés par son père et
fredonnés en boucle.
Chanter. Tous les jours. Pour le plus grand plaisir de ses coéquipiers. Dans les vestiaires après les
victoires, dans le bus du retour, lors des troisièmes
mi-temps. À chaque fois, ses frères d’armes lui réclament ses chansons fétiches. New York, New
York et My Way, version Frank Sinatra ou Funiculi,
funicula. « Mon “public”, les joueurs donc, adorait
ça. Ils me réclamaient toujours ce répertoire. Sont
venues ensuite les chansons napolitaines par
Luciano Pavarotti, que j’ai découvertes plus tard »,
avoue avec délectation celui qui se qualifie
d’« amuseur » avec ses « chansons marrantes », ses
« poésies décalées ». Jusqu’au jour où, lors d’une
fiesta d’après-match, un professeur d’art lyrique
le remarque. « Je m’étais bien rendu compte que
j’avais une voix puissante. Mais lui m’a conseillé de
la travailler. C’était le moment… »
Il rejoint les élèves de son nouveau mentor,
Jean-François Gardeil, donne des récitals puis,
quand il signe au Stade Toulousain, s’inscrit au
conservatoire de la Ville rose. « J’étais dans une situation particulière car hors d’âge. Mais, pendant
deux ans, j’ai pu apprendre la mélodie, ainsi que
l’italien et l’allemand. » Il suit les cours de la
mezzo-soprano Jane Berbié. « Ce n’était pas évident car, en même temps, j’étais joueur de rugby
professionnel. » Il trouve vite des similitudes entre
le rugby et le chant. « Cette discipline, ce travail
permanent à la recherche de l’excellence. Il faut
s’entraîner, répéter. » Les émotions aussi sont
communes. « Cette adrénaline très forte. Dans le
chant, il y a même une sorte de jouissance quand on
réussit à transmettre quelque chose. » Et le trac ?
Est-il le même au moment de jaillir dans l’arène
ou de monter sur scène ? « Ça ressemble un peu oui.
Dans les deux cas, j’en ai besoin. Je serai inquiet le
jour où je serai cool. » Des sensations qui compen-
V
EA
U
Bio
EXPRESS
N
O
U
1971
Naissance à Tucuman
(Argentine).
1995
1re de ses 64 sélections
pour le XV d’Argentine.
Participe à trois Coupes
du monde.
1998
Recruté par Auch,
puis Agen et Toulouse.
2005
Champion d’Europe
avec le Stade Toulousain.
2008
Dernier match, la finale du
Top 14 (avec Toulouse).
HALTE AUX
DOULEURS
sent la fameuse « petite mort » des sportifs ayant
raccroché les crampons ? « En partie oui, acquiesce
Omar Hasan. Mais il demeure des manques : le besoin de me donner physiquement, de me faire mal
entre guillemets, de sentir des courbatures après un
entraînement très dur. Parfois, j’ai tellement envie
de retrouver le contact, ce pow ! » dit-il en frappant
vigoureusement dans sa main pour reproduire le
bruit sourd de l’impact.
« Transmettre l’intensité »
Il reconnaît cependant être sorti « vidé » du premier opéra où il a tenu un rôle important, les
Contes d’Hoffmann d’Offenbach. « Il y a une exigence physique dans le rôle du Diable, il faut transmettre l’intensité. » L’ancien rugbyman préfère
néanmoins les opéras de Verdi et « rêve d’interpréter le marquis de Posa dans Don Carlos »… Il aime
tellement être sur scène qu’il ne se contente pas
d’interpréter. Il crée également ses propres spectacles. Le dernier, Belcantor, va bientôt débuter.
Un mélange de chant lyrique et d’humour. « J’ai
toujours écrit. Des textes et des poèmes. » Avec
l’objectif, un jour, de se produire sur une scène
mythique pour lui : le Teatro Colon à Buenos Aires,
mais aussi « dans de grands opéras français ».
Hasan n’a cependant pas oublié le rugby. « Il
m’a tant donné que j’ai le devoir de lui rendre un peu.
Ça passe par l’enseignement. Je l’ai fait au Stade
Toulousain, puis à Agen jusqu’à la saison dernière. »
Est-il, à 47 ans depuis quelques jours, plus fier de
sa carrière accomplie de rugbyman ou d’avoir relevé le défi de changer de voie ? « Les deux ! Quand
je jouais, j’étais un éternel insatisfait. Mais, quand
j’ai arrêté, les gens m’arrêtaient pour me remercier.
Je me suis alors rendu compte de mon parcours.
Pour le chant, j’ai commencé plus tard. Pour l’instant, je travaille pour rattraper le temps perdu, me
mettre à niveau. » Avec, comme références, Luciano Pavarotti et Placido Domingo, bien sûr, mais
aussi Boby Lapointe, Georges Brassens, Bourvil.
Un éclectisme que l’Argentin, désormais naturalisé français, revendique. En couvant la relève. L’un
de ses fils joue au rugby et chante « tout le temps ».
Son prénom ? « Luciano. » Évidemment… ■
UN DERNIER MOT
Par Étienne de Montety
edemontety@lefigaro.fr
Latin [la-tin] adj.
PSYCH O :
Le s mét h o d es
pour sur v i v r e
à u n e v i e ul t r a
conne c t ée.
Langue sur laquelle un député aurait dû mettre
un bœuf.
n élu LaREM a comparé les prêches en arabe des mosquées surveillées
par la police à la messe en latin.
Le mot vient de la plus haute Antiquité, comme aurait dit Vialatte. C’est un adjectif
issu du Latium, le plat pays autour de Rome. On ne sait pas si notre homme a jamais
fréquenté des offices catholiques. En tout cas, le latin est pour lui de l’hébreu.
Et force est de constater que sa comparaison est mal venue. Sans même parler
de la nature des discours tenus dans les lieux incriminés, une messe, dans sa déclinaison
latine, prévoit une homélie en français. Pas besoin d’être grand clerc pour le savoir.
On se souvient de Chrysale dans les Femmes savantes : « Je n’aime pas céans
tous vos gens à latin » : il parlait non pas des prêtres, mais des cuistres,
proférant doctement des sottises. Celle du député en est une, énoncée en français.
On n’accablera pas davantage ce « pauper spiritu », on allait écrire ce « stultus vir »,
lui conseillant plutôt de prononcer publiquement ces mots dont le sens en français
lui est peut-être parvenu : mea culpa, mea maxima culpa. ■
U
FIGARO-CI ... FIGARO-LÀ
Rugby : Jacques Rivoal, futur président
de l’organisation de la Coupe du monde
Pressenti pour prendre la tête du groupe d’intérêt public
de la Coupe du monde de rugby 2023, qui sera organisée
par la France, le sénateur socialiste Didier Guillaume
a finalement renoncé. Ce mardi, les membres
de l’instance organisatrice de la compétition
vont certainement désigner Jacques Rivoal,
l’ancien dirigeant de Renault Allemagne, puis président
du directoire de Volkswagen France, à la tête du GIP.
Geoffroy Didier sur tous les fronts
avril - mai - juin
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Devenu député au Parlement européen il y a quatre mois, Geoffroy Didier prend
actuellement une série de contacts à l’étranger. Après un déplacement au Canada,
où il a rencontré Andrew Scheer, leader de l’opposition à Justin Trudeau,
et à qui il a adressé un message de la part de Laurent Wauquiez, il se rendra dans
les prochaines semaines à Berlin, Londres et Copenhague. Le 15 juin, il lancera
son site Internet sur l’Europe. Au lendemain du conseil national des Républicains
du 30 juin, qui fixera la ligne du parti sur l’Union européenne, le plus jeune député
européen de sa famille politique commencera une série de réunions publiques
dans toute la France. Cette tournée débutera le 5 juillet, dans l’Essonne,
à l’invitation de la sénatrice Laure Darcos.
VINCENT BOISOT/LE FIGARO
SP O RT :
Amé l i o r er
sa l on g év i t é
grâce à l ’a c t i v i t é
phy siqu e.
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