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Le Figaro - 23 05 2018

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mercredi 23 mai 2018 LE FIGARO - N° 22 947 - www.lefigaro.fr - France métropolitaine uniquement
Première édition
lefigaro.fr
« Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur » Beaumarchais
ANIMAUX
SUR INTERNET LE TRAFIC
DES ESPÈCES PROTÉGÉES
EXPLOSE PAGE 9
IMPÔTS
IFI, PFU, ANNÉE BLANCHE :
COMMENT OPTIMISER SA
DÉCLARATION NOTRE CAHIER SPÉCIAL
Banlieues : Macron cherche
encore sa politique
CORÉE DU NORD
Trump et Moon
au chevet
du sommet
de Singapour PAGE 6
RELIGION
L’Algérie bride
l’expansion des
évangéliques PAGE 8
TENNIS
Rencontre avec
Lucas Pouille,
le n° 1 français PAGE 10
SANTÉ
Vers une refonte
des urgences PAGE 18
FONCTIONNAIRES
La mobilisation
s’affaiblit PAGE 19
Moulin
et Fournel,
les deux vigies
de Bercy
Le soutien
de l’opinion
à Macron
est-il vraiment
solide ?
Entretien avec
Marc Lazar
Entretien avec
Dominique
Reynié
L’analyse
de Guillaume
Perrault
La tribune
d’Olivier Hassid
et Artem
Ter-Pogosyan
n
n
n
n
n
n
PAGES 12 À 15
@
FIGARO OUI
FIGARO NON
Réponses à la question
de mardi :
Banlieues : faut-il investir
48 milliards d’euros
comme le préconise
Jean-Louis Borloo
dans son rapport ?
OUI
14 %
NON
86 %
TOTAL DE VOTANTS : 50 286
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sur lefigaro.fr
Emploi : êtes-vous
favorable à l’extension
des tests antidiscrimination
dans les entreprises ?
3’:HIKKLA=]UW[U^:?a@p@c@d@k";
M 00108 - 523 - F: 2,60 E
Dans un discours qu’il a tenu mardi à l’Élysée, le chef de l’État s’est refusé à annoncer
un nouveau plan banlieues détaillé, préférant dévoiler sa méthode de travail. PAGES 2 À 4 ET L’ÉDITORIAL
SIJORI IMAGES / VISUAL PRESS
AGENCY-ALESSANDRA TARANTINO/AP
Blocages : la colère
du président
de Panthéon-Sorbonne
En Italie, l’hypothèse Conte
suspendue au feu vert
du président Mattarella
Un mois après l’évacuation du
centre de Tolbiac, Georges
Haddad, le président de l’université Paris-I, fulmine toujours. « Nous avons eu des hommes encagoulés et des portes
Le président Sergio Mattarella,
qui a le dernier mot en matière
de nomination du gouvernement, n’avait toujours pas pris
de décision, mardi, concernant la proposition de nom-
d’examen cimentées. C’est donc
cela, le boulot d’un président ?
Gérer ce type d’incident ? » Il estime qu’à Paris-I 30 % des étudiants de licence n’ont pas pu
passer leurs examens. PAGE 7
mer Giuseppe Conte président
du Conseil. Celle-ci lui a été
faite lundi par les chefs de file
de la Ligue et du M5S. Depuis,
Conte a été accusé d’avoir
« gonflé » son CV. PAGE 5
ÉDITORIAL par Vincent Trémolet de Villers vtremolet@lefigaro.fr
Q
Mener la bataille
uarante-huit milliards d’économie en une journée : reconnaissons qu’il y a là de quoi satisfaire
les esprits les plus méfiants. De
propositions en longues considérations, Emmanuel Macron a escamoté le plan Borloo et avec lui des années
d’illusions. Né avec la politique de la ville, le
président de la République en est le fossoyeur,
et ce pragmatisme mérite d’être salué. Quels
sont, en effet, les résultats tangibles de ces plans
successifs ? Certes, de rénovations urbaines en
complexes sportifs, la vie s’est améliorée dans
de nombreux quartiers. Pourtant, de discours
victimaires en testings devant les boîtes de nuit,
rien, en trente ans, n’a empêché le « devenir
banlieue » de notre pays. Depuis les émeutes de
Vaulx-en-Velin au début des années 1990, les
échauffourées se sont multipliées, des mégalopoles aux petites villes de province, de Trappes
aux cités de Pau, au point de tracer inexorablement les lignes d’une partition. On y retrouve la
même trinité : chômage, communautarisme,
insécurité.
La France s’est habituée aux centaines de voitures brûlées chaque nuit du 31 décembre, aux
gamins agressés pour un regard, à l’exode des
Français juifs, aux lynchages en pleine rue, aux
parpaings jetés sur les pompiers, aux policiers
roués de coups sous une forêt de smartphones,
aux rues sans femmes, aux femmes sans visage.
Emmanuel Macron n’y est pour rien. Cela fait
douze mois qu’il est au pouvoir et cette sécession a entamé sa dérive mortifère voilà quarante
ans. La nouvelle méthode dont il a fait hier la
promotion paraît cependant timide pour mener
ce combat. « Nous avons perdu la bataille du trafic », a-t-il affirmé. La
scène de guerre filmée
la veille à Marseille en
est la triste illustration.
En vérité, comme l’explique Élisabeth Badinter, une contre-société s’installe dans
certaines banlieues.
Dans ces zones d’un autre droit, l’hybridation
entre la délinquance, le trafic de stupéfiants et
le « djihad rédempteur » est une réalité. L’attribution de 1 300 policiers supplémentaires, la
formation à la vigilance collective, la nomination de « référents égalité » ou « laïcité », les
amendes pour « outrage sexiste » suffirontelles à rendre ces territoires à la République ?
Le chef de l’État lui-même n’avait pas vraiment l’air d’y croire. ■
Systèmes de stockage automatisés
Une contresociété
s’installe
dans les
quartiers
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CHAMPS LIBRES
Ron Howard, un
pied dans la galaxie
« Star Wars » PAGE 34
LUDOVIC MARIN/AFP
CINÉMA
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mercredi 23 mai 2018 LE FIGARO
2
L'ÉVÉNEMENT
40 ANS DE
« PLANS BANLIEUES »
1977
« HABITAT ET VIE
SOCIALE », LE PREMIER
PLAN BANLIEUE
Plan de réhabilitation des cités
HLM par le ministre
du Logement, Jacques Barrot,
de Valéry Giscard d’Estaing.
1981
LA CRÉATION DES ZEP
Création des zones prioritaires
par Alain Savary, ministre
de l’Éducation nationale
de François Mitterrand
1983
LE PLAN « BANLIEUE 89 »
Mission interministérielle sous la
direction des architectes Roland
Castro et Michel Cantal-Dupart
sous François Mitterrand
Macron veut
changer de
méthode sur
les banlieues
Le président n’a pas annoncé mardi
un plan détaillé, préférant dévoiler sa
conception de la politique de la ville.
1991
20 % DE LOGEMENTS
SOCIAUX
La loi d’orientation pour la ville
Les villes de plus de
200 000 habitants doivent
construire obligatoirement 20 %
de logements sociaux dans leur
quartier, sous le gouvernement
Édith Cresson sous François
Mitterrand
1993
PLAN DE RELANCE
DE LA VILLE
Déblocage de 5 milliards
de francs, suivi de 10 milliards
sur quatre ans par le
gouvernement Édouard Balladur
sous François Mitterrand
1996
LE « PLAN MARSHALL »
POUR LA VILLE
Sous Jacques Chirac, création
de zones franches, les zones
urbaines sensibles…
1999
PLAN « DE RÉNOVATION
URBAINE ET DE
SOLIDARITÉ »
Déblocage de 20 milliards
de francs sur sixans par le
gouvernement Lionel Jospin,
sous Jacques Chirac
2000
LOI SRU
Taxation des communes qui
n’ont pas 20 % de logements
sociaux pendant le
gouvernement Lionel Jospin,
sous Jacques Chirac
2003
LOI BORLOO
Un plan pour la ville et la
rénovation urbaine de JeanLouis Borloo ministre délégué
à la Ville de Jacques Chirac
2006
LA LOI POUR L’ÉGALITÉ
DES CHANCES
Entre autres pour favoriser
l’emploi des jeunes résidant
dans les zones urbaines
sensibles, sous Jean-Louis
Borloo, sous Jacques Chirac
2008
LE PLAN « ESPOIR
BANLIEUES »
Préparé par Fadela Amara,
secrétaire d’État chargée
de la Politique de la ville
de Nicolas Sarkozy
2013
DISPOSITIF
« D’EMPLOIS FRANCS »
A
Le plan incite les entreprises
à employer des jeunes
de quartiers défavorisés sous
Jean-Marc Ayrault pendant la
présidence de François Hollande
FRANÇOIS-XAVIER BOURMAUD
ET MARCELO WESFREID
£@fxbourmaud £@mwesfreid
NI FLEURS, ni couronnes, juste un long
discours. Comme ses proches le laissaient entendre depuis quelques jours
déjà, Emmanuel Macron a enterré sans
états d’âme le rapport Borloo sur les
quartiers difficiles. Mardi à l’Élysée, c’est
en récusant la méthode de l’ancien ministre de la Ville de Jacques Chirac que le
président de la République a démarré son
propos devant 600 acteurs de la ville et
l’ensemble du gouvernement rassemblés
dans la salle des fêtes de l’Élysée pour
l’écouter.
« Je ne vais pas vous annoncer un plan
villes, un plan banlieues ou je ne sais quoi
parce que cette stratégie est aussi vieille
que moi, a démarré le président de la
République. Nous sommes au bout de ce
que cette méthode a pu produire […] et
pour tout vous dire, je n’y crois pas. » Au
cas où Jean-Louis Borloo n’aurait pas
bien compris, le chef de l’État a ensuite
précisé sa pensée : « Cela n’aurait aucun
sens que deux mâles blancs, ne vivant pas
dans ces quartiers, s’échangent l’un et
l’autre un rapport en disant : “on m’a remis un plan, je l’ai découvert”. Ce n’est
pas vrai, ça ne marche plus comme ça. »
Exit donc le rapport Borloo et « l’ancien
monde » avec lui.
À la place, Emmanuel Macron a longuement tenté d’exposer sa méthode,
s’égarant parfois dans les méandres de sa
pensée complexe, s’exprimant durant
une heure et demie, des fiches en désordre étalées devant lui. Emmanuel
Macron a navigué entre deux approches
parfois opposées. D’un côté, il a abordé le
sujet des banlieues comme celui d’un
territoire à part, nécessitant des mesures
spécifiques (aides de l’État pour trouver
des stages, création de places en crèche,
poursuite du dédoublement des classes,
emplois francs pour les salariés issus des
quartiers les plus difficiles, police de sécurité du quotidien). De l’autre, il s’est
dit opposé à toute « politique spécialisée », qui pourrait stigmatiser les habitants des quartiers, et a assumé l’absence
de ministère de la Ville au profit d’un ministère de la Cohésion des territoires.
Les banlieues « ne demandent pas
d’assistance » mais leur « place dans la
République », a argumenté le chef de
l’État. « Pour Emmanuel Macron, il n’y a
pas de politique spécifique à mener en direction des quartiers dans la mesure où
toutes les politiques du gouvernement doivent s’intéresser aux quartiers, explique
un conseiller du président. Mais cela
n’interdit pas d’aller plus loin sur certains
points lorsqu’il y en a besoin. »
Accélérer le tempo
Plus que de nouvelles mesures, Emmanuel Macron a surtout annoncé un nouveau tempo. « La première année, nous
n’étions pas au rendez-vous (de la rénovation urbaine, NDLR). C’est de ma faute », a assumé Emmanuel Macron, à propos de l’Agence nationale de rénovation
L’humoriste controversé
nommé par le président
STÉPHANE KOVACS £KovacsSt
PARVIENDRA-T-IL à éviter que « les
mecs avec qui (il a) grandi aillent faire des
galipettes en Syrie » ? L’humoriste
controversé Yassine Belattar fait donc
partie des vingt-cinq membres du Conseil
présidentiel des villes nommés par
Emmanuel Macron, qui a annoncé mardi
son intention de « changer de méthode »
pour les banlieues. « Une faute et un signe
de faiblesse », a jugé l’ancien premier ministre Manuel Valls. « Je suis très heureux
que Yassine Belattar fasse partie de cette
aventure, estime au contraire le député
LaREM Aurélien Taché. Si l’on n’entend
pas ce que vit cette France, on passera à
côté de quelque chose. »
Soutien en 2012 de François Hollande,
Belattar considère Emmanuel Macron
comme un « frère », qui le console,
confie-t-il à L’Obs, par texto : « Continue.
Les critiques suivent le talent ». Mais
« pourquoi le président fait-il
confiance à des gens comme Yassine Belattar ? », se demande
Laurent Bouvet, cofondateur du
Printemps républicain. « Je ne
pense pas qu’il soit représentatif
de qui que ce soit en banlieue,
affirme le politologue. Il
n’est pas né dans un endroit chaud comme
Trappes, mais à Conflans-Sainte-Honorine,
dans les Yvelines. Il fait
des spectacles, mais ce
n’est pas Desproges ni
Debbouze ! Choisir un
homme aussi virulent, c’est
aussi un risque, car il peut
dérailler complètement… »
Il y a quelques jours seulement, sur
C8, Belattar appelait à « aller récupérer »
les « djihadistes français », qu’il comparait à « des gamins qui foutent le bordel à
un anniversaire ».
Des représentations annulées
Régulièrement accusé de complaisance
avec l’islamisme, le propriétaire du Théâtre de Dix heures, à Paris, fils d’immigrés
marocains, estime être victime d’une
campagne de calomnie. En 2015, c’est « en
tant que républicain et non en tant que musulman » qu’il anime le gala du sulfureux
Collectif contre l’islamophobie en France
(CCIF). Et qu’il pose, tout sourire, aux côtés de Tariq Ramadan. « Pour ce qui est des
Frères musulmans, j’en suis aussi proche
que de Batman », élude le comique.
En novembre 2017, quand l’écrivain
Pascal Bruckner évoque, sur France 2, les
meurtres du Père Hamel, de Ilan Halimi
ou de Sarah Halimi, Yassine Belattar rétorque : « faits isolés. » Un « mon gars »,
accompagné d’un tutoiement, de l’ancien ministre Bernard Kouchner, le
mettent hors de lui : « Voilà où en est la
France avec les gens issus de l’immigration !, s’indigne-t-il. C’est fini la colonisation. Cette condescendance confirme que le combat est loin d’être
terminé. » Un mois plus tard,
après un article de l’hebdomadaire Marianne, intitulé
« Belattar, faux clown et
vrai danger », plusieurs
de ses représentations
sont annulées. Le titre
de son spectacle ?
« Ingérable ! » ■
Yassine Belattar.
OGRETMEN IBO/SIPA
Dans la salle des fêtes
de l’Élysée, mardi,
le chef de l’État a déroulé
sa liste de mesures devant
plus de 600 acteurs
de terrain et presque
tout le gouvernement.
urbaine (Anru), dont le doublement des
crédits a tardé à être effectif. Sans doute
aiguillonné par la colère de certains maires de banlieue, le chef de l’État promet
désormais d’accélérer. Il a ainsi annoncé
un « engagement de rendez-vous tous les
deux mois » avec des maires et des associations. Une sorte de « comité de suivi »
sur l’avancement des diverses mesures.
Premier rendez-vous en juillet donc,
date à laquelle le chef de l’État compte
également réunir les 120 plus grandes
entreprises françaises pour la signature
d’une série « de chartes concrètes » en
faveur des 1 500 quartiers labélisés « politique de la ville ».
Le président de la République veut
manifestement élargir le spectre de ses
interlocuteurs. En plus des élus de terrain
et des organismes habituels, il compte
également s’appuyer sur le tout nouveau
« conseil présidentiel de la ville » de 25
personnalités, dont les membres ont été
choisis par l’Élysée, et qui compte des
participants comme l’humoriste controversé Yassine Belattar (lire ci-dessous).
Emmanuel Macron a également abordé le thème de la radicalisation dans les
quartiers. Autour de lui, on déplorait que
le rapport Borloo n’ait pas abordé ce sujet
que le chef de l’État considère comme
essentiel. « Nous devons suivre un chemin
de crête, a-t-il expliqué. Lutter contre la
radicalisation sans stigmatiser la religion
musulmane. » Pour y parvenir, il a appelé
à « la reconquête républicaine des esprits » et à la construction de « héros républicains qui viennent des quartiers ».
Au passage, il a aussi rappelé les trois
fermetures de mosquées opérées par le
ministre de l’Intérieur pour leurs dérives
radicales. Outre la radicalisation, « qui
dans certains quartiers a gagné, est en
train de gagner », Emmanuel Macron a
aussi dénoncé les discours racistes et antisémites « en train d’empirer ». Des sujets sur lesquels il était très attendu et sur
lesquels il a, pour l’heure, déçu. ■
Une intervention du chef
de l’État très critiquée
SOPHIE DE RAVINEL £@S2RVNL
« TOUTES les cases ont été cochées ! »
Premier à réagir à l’issue de la longue
intervention du chef de l’État sur les
quartiers en difficulté, Jean-Louis Borloo s’est dit satisfait de voir repris mardi
matin « les 19 points » de son rapport,
remis le 26 avril dernier au premier ministre, Édouard Philippe. Beaucoup
d’observateurs le considéraient pourtant ces derniers jours comme déjà enterré. Poussé dans ses retranchements,
Borloo n’a manifesté qu’une seule réserve, relative à « l’exécution » à venir
des mesures.
Mais Jean-Louis Borloo s’est retrouvé
bien isolé au milieu d’un chœur de
réactions négatives. Dès la sortie de
l’Élysée, les élus de l’opposition, à droite comme à gauche, n’ont eu que des
mots durs contre le discours présidentiel. « Nous attendions des mesures
concrètes, et nous avons eu un meeting
de campagne », a regretté Bruno
Beschizza, maire (LR) d’Aulnay-sousBois (Seine-Saint-Denis). « Je l’ai écouté à Clichy-sous-Bois (Seine-SaintDenis) et à Tourcoing (Nord) pour ses
premiers discours sur ces dossiers, puis
ici à l’Élysée : nous restons sur du déclaratif, sans opérationnel », a regretté le
secrétaire national des Républicains en
charge de la sécurité.
« Il n’y a aucun engagement concret,
et c’est le vide sidéral. Pourquoi avoir fait
appel à Jean-Louis Borloo, alors qu’on le
dénigre tant aujourd’hui ? » s’est interrogé le député LR Damien Abad. « JeanLouis Borloo, comme beaucoup de maires
de France dans des villes de banlieue, at-il souligné, n’a aucune leçon à recevoir
de celles et ceux qui n’ont pas vécu en
banlieue. »
Porte-parole des Républicains, Lydia Guirous s’est étonnée, comme
d’autres, qu’Emmanuel Macron reprenne « la rhétorique des associations
communautaristes ». « Faut-il être “racisé.e” pour parler de banlieues ? »
s’est-elle interrogée alors qu’Emmanuel Macron a souligné qu’un échange
de rapport entre « deux mâles blancs ne
vivant pas dans ces quartiers » n’aurait
« aucun sens ». « Je trouve extrêmement
choquant que Macron évoque un argument racial digne des Indigènes de la
République, en délégitimant toute solution pour les banlieues qui émanerait de
“mâles blancs”, a commenté Marine
Le Pen. La présidente du FN y voit « la
consécration du communautarisme au
sommet de l’État ».
« Moins de pognon »
À gauche, le maire PCF de Montreuil
(Seine-Saint-Denis), Patrice Bessac,
ironisait dans la cour de l’Élysée : « Plus
les discours sont longs et moins il y a de
pognon… » Lui aussi a entendu « un discours de la méthode et pas d’action ».
« Quand il s’agit des entreprises, des
grosses fortunes de ce pays, là il y a des
objectifs très précis ; quand il s’agit des
banlieues, c’est beaucoup moins le cas »,
a pointé de son côté Stéphane Troussel,
président PS de Seine-Saint-Denis qui a
fait part de sa « très grande déception ».
« Un discours sur la glorification des
banlieues » ou sur « l’énergie qui y existe » ne « suffira pas à changer la réalité
de ces quartiers ». « Liquidation en direct
du plan Borloo », a observé de son côté,
lapidaire, l’ex-ministre de l’agriculture
Stéphane Le Foll. ■
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LE FIGARO
mercredi 23 mai 2018
L'ÉVÉNEMENT
Un patchwork de mesures
u
u
Encourager les entreprises
à recruter, et procéder
à des tests antidiscrimination
Appliquer le « Pacte de Dijon »
sur l’intégration des territoires
en difficulté
Jugeant « légitime » la demande
des élus locaux qui exigent d’être
informés des individus dangereux
présents sur leur territoire, Emmanuel Macron s’est engagé à instaurer un « dialogue systématique »
entre les maires et les préfets sur les
« personnes identifiées comme les
plus à risques » et fichées dans le
FSPRT.
Avant de réunir « en juillet l’ensemble » des principales entreprises
françaises, Emmanuel Macron a
appelé les 120 plus grandes à
« prendre leur part » dans la lutte
contre le chômage des jeunes des
quartiers défavorisés. Il a également annoncé que les sociétés du
SBF120 seraient en trois ans soumises à des « testing » (tests anonymes) pour détecter les cas de discrimination à l’embauche, au rythme
de 40 par an.
Persuadé que « le levier pertinent » en
matière de « logement et d’aménagement » est « celui de la métropole et de
l’agglomération », Emmanuel Macron s’est dit décidé à appliquer le
« Pacte de Dijon », un texte dans lequel plusieurs élus s’engagent à intégrer leurs quartiers populaires dans le
développement économique du bassin de vie.
Lutter contre « le trafic
de drogue et de stupéfiants »
dans les cités
Combattre les discours
racistes et antisémites
qui sont « en train d’empirer »
ARTHUR BERDAH £@arthurberdah
u
Informer les maires
des individus « les plus
à risque » sur leur territoire
u
Dénonçant un « embrasement des
trafics de drogue et de stupéfiants »
dans les cités mené par des « organisations au moins nationales et bien
souvent internationales », le président
a annoncé qu’il finaliserait « d’ici
juillet un plan de lutte contre le trafic de
drogue ».
u
Proposer 30 000 stages
de troisième via
les entreprises et l’État
BLONDET ELIOT/ABACA
3
Pour aider « tous les jeunes » des
quartiers en difficulté, le chef de
l’État a annoncé que 15 000 stages de
3e allaient être proposés par les entreprises et que 15 000 autres le seraient
par l’État. Il a également annoncé
qu’une « bourse des stages » serait
mise en place d’ici à septembre.
u
Soucieux de « faire République », le
président entend combattre le racisme et l’antisémitisme qui sont
« en train d’empirer » dans les banlieues. « Certains se sont habitués au
discours antisémite en pensant que
c’était la bonne réponse au discours
raciste », a-t-il constaté, refusant
toutefois de « stigmatiser » l’islam.
une « société
u Construire
de la vigilance » sans basculer
dans la « délation »
Dans un appel à « tous les acteurs de
la lutte contre les violences et les dérives », le chef de l’État a dit vouloir
« construire une société de la vigilance » d’ici à juillet, sans basculer
dans « une société de la délation »
pour autant.
u
Lancer une initiative
« cœur de quartier »,
calquée sur « cœur de ville »
Regrettant que l’Agence nationale
pour la rénovation urbaine ait été
« abîmée », le président a promis de
« prendre des engagements budgétaires » et de « lancer une initiative
“cœur de quartier”, qui serait le pendant de ce qui a été fait par le gouvernement avec l’initiative “cœur de ville” ». Comprendre : une convention
de revitalisation sur cinq ans pour redynamiser les centres-villes.
u
Mettre en place un site
Internet « La France
une chance »
Censée permettre aux citoyens
« d’alerter » les pouvoir publics sur
ce qui « ne marche pas », cette plateforme est présentée comme une
« garantie que les citoyens auront toujours une présence » vis-à-vis de
leurs représentants, ce qui implique
un « impérieux devoir de réussir ». ■
CONTRE-POINT
PAR GUILLAUME TABARD £@GTabard
L’étrange argument
des « deux mâles blancs »
UNE PLONGÉE
INTIME
la logique qui a jusqu’ici présidé
au traitement de la question
des banlieues.
Mais inverse-t-il vraiment cette
logique ? Revenons sur cette image
des « deux mâles blancs » glosant
entre eux sur la banlieue. Elle
correspond sans doute à du second
degré - encore qu’il ne sourit pas
le moins du monde en la prononçant.
En tout cas, il l’a utilisée, et les écrits
restent. Et il est pour le moins
étonnant d’entendre le président
d’une République « une et indivisible »
reprendre la sémantique des
Indigènes de la République et autres
cercles multiculturalistes considérant
qu’être « non racisé » - autrement dit,
blanc - disqualifie pour parler
de certains sujets, comme celui
des « quartiers ». Étrange méthode
de la part de Macron que d’utiliser
des mots véhiculant une idéologique
qu’il entend précisément combattre.
Simple maladresse ? Paradoxe,
à tout le moins, alors qu’il pointe par
ailleurs les dangers d’une ségrégation
qui conduit dans ces quartiers à un
antisémitisme « qui empire » et qu’il
intègre la question sécuritaire dans
son approche des banlieues. Ce qui
le conduit d’ailleurs à répondre enfin
à une demande des maires d’être au
minimum informés de l’identité des
fichés FSPRT résidant sur leur ville.
Sans pour autant aborder de front
la question de l’« apartheid » dans
les banlieues qu’avait diagnostiqué
Manuel Valls. Comme s’il était plus
allant à fustiger ce qui s’est fait avant
lui que convainquant à expliquer
ce qu’il veut faire, lui. ■
SANS FAUX-SEMBLANTS.
Anne Fulda, Le Figaro
«Un témoignage aussi
émouvant qu’élégant.»
Pierre de Boishue, Le Figaro Magazine
«Un ouvrage très touchant
où elle revient avec justesse
et sincérité sur sa vie
personnelle et professionnelle.»
Nikos Aliagas, Europe 1
«Au fil des pages s’égrène
le récit d’une fragilité
punaisée au bonheur.»
Pierre Vavasseur, Le Parisien
«Elle a dû écrire ses
“fragments de vie”
en pleine lumière pour
penser aussi bien.
Et être si transparente.»
Edouard Dutour, ELLE
«Une véritable héroïne
romanesque.»
» Retrouvez
Marion Ruggieri, C à Vous
Guillaume Tabard
tous les matins à 8h10
sur Radio Classique
Après tout,
le meilleur moyen
de ne pas avoir
à dézinguer
un plan Borloo
aurait été de ne
pas demander
un plan à Borloo
»
«Elle a aussi le cran
de dévoiler, dans un livre
intime, la femme face à la vie.»
Kerenn Elkaïm, Le Vif L’Express
«Un livre d’une sincérité rare.»
Christine Angot, On n’est pas couché
DANS TOUTES LES LISTES
DE MEILLEURES VENTES
www.facebook.com/editionsgrasset
www.twitter.com/editionsgrasset
Grasset
A
B
orloo humilié, mais Borloo
rassuré. À l’issue
du discours d’Emmanuel
Macron, l’ancien ministre
de la Ville feignait d’être satisfait.
« Tous les sujets du rapport ont été
cochés », a-t-il souligné avec
le soulagement de celui qui n’a pas
travaillé en vain. Pourtant, le propos
présidentiel avait commencé par
la cinglante exécution d’une méthode
« qui ne marche plus » consistant
à s’échanger un « plan » entre
« deux mâles blancs qui ne vivent pas
dans les quartiers ».
Quel est donc le message du chef
de l’État ? Cette intervention fut celle
de tous les paradoxes. À commencer
par la forme. Avec cet acte de décès
des « grands discours » prononcé
dans un long monologue de 1 h 40…
Avec cette sèche remise à sa place
d’un homme qui, avec un style et
une méthode que Macron connaissait
pourtant d’avance, a commis pour
seule faute de prendre au sérieux
l’invitation que lui avait faite le même
président de la République
de « remettre les mains dans
le cambouis ». Après tout, le meilleur
moyen de ne pas avoir à dézinguer
un plan Borloo aurait été de ne pas
demander un plan à Borloo.
Comme lors de son engueulade
publique du général de Villiers,
comme lorsqu’il s’en prend à ceux
qui « foutent le bordel » ou qu’il
rappelle qu’il a « mieux à faire »
le 1er mai qu’à regarder les cortèges
syndicaux à la télévision, il y a
toujours cette propension du chef
de l’État à pousser son avantage
par quelques flèches verbales que les
intéressés visés peuvent prendre
pour de l’arrogance ou du mépris.
Sur le fond, l’argumentation
présidentielle ne manque pas
de force. Il n’a pas tort de rappeler
que quatre décennies de politique de
la ville n’ont pas donné les résultats
espérés ; que les « plans » accumulés
ont produit plus d’opacité
qu’ils n’ont fait preuve d’efficacité ;
que l’approche sociale s’est faite
au détriment d’une véritable logique
de développement économique ;
que l’on a trop longtemps occulté
les mécanismes religieux conduisant
au communautarisme ; ou que, enfin,
l’addition des milliards n’est pas
en soi le gage de « l’émancipation »
des millions d’habitants des quartiers
concernés. Il y a donc quelque chose
de salutaire dans la volonté d’inverser
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 23 mai 2018 LE FIGARO
4
L'ÉVÉNEMENT
Banlieues : les soutiens de Borloo
veulent une fondation « efficace »
Certains élus territoriaux, qui s’étaient fortement engagés en faveur du projet défendu
par l’ancien ministre, ont accueilli les annonces élyséennes avec scepticisme.
EMMANUEL GALIERO £egaliero@lefigaro.fr
TERRITOIRES Le projet de lancer une
nouvelle fondation, comme structure
opérationnelle de son plan banlieues,
n’avait pas été annoncé par Jean-Louis
Borloo comme un moyen de pression sur
le gouvernement. Pourtant, cela y ressemblait bigrement et l’intéressé n’avait
pas caché son intention de peser sur le sujet, avec ou sans l’État. Après les déclarations d’Emmanuel Macron, mardi à l’Élysée, Borloo ira-t-il jusqu’au bout ? « JeanLouis m’est apparu très déçu. Il avait la
mine des mauvais jours », raconte un élu
de droite. Selon ce proche de l’ancien ministre, il faudra attendre la prochaine
conférence nationale des territoires en
juillet pour en savoir plus sur le contenu
concret des annonces présidentielles, jugées « très floues ». « C’est un camouflet,
non seulement pour Borloo mais pour les
territoires en difficulté », ajoute-t-on à
l’Association des maires de France.
Manifestement, Jean-Louis Borloo, qui
s’est entretenu avec le chef de l’État lundi
soir, a néanmoins choisi de temporiser.
Sur un ton conciliant, il s’est dit officiellement « très satisfait » après les annonces de Macron, en saluant le fait que
« tous les sujets » de son rapport « avaient
été cochés ». Avant le discours présidentiel, le projet de fondation avait été salué
par plusieurs amis politiques de l’ancien
ministre délégué à la Ville. Il avait réussi à
les convaincre de l’utilité et de l’efficacité
d’un nouveau levier, affranchi des lourdeurs paralysantes de l’Agence nationale
de la rénovation urbaine, jugée trop lente, complexe et bureaucratique. Tous réclament une structure « efficace ».
Une solution « ambitieuse »
Mardi, le chef de l’État a affirmé vouloir
conserver l’Anru alors que Borloo s’était
montré plutôt favorable à son remplacement. Mais Macron a également évoqué
une « agence nationale de la cohésion des
territoires », présentée comme un « opérateur de rattrapage » apte à mobiliser les
« financements publics » et « tous les acteurs ». « Cette agence, dont l’élaboration
a déjà été confiée à un préfet, n’a pas du
tout le même objet que la fondation de Borloo », s’étonne un élu local.
Les mots choisis par le président de la
République faisaient clairement écho à
certains propos de Jean-Louis Borloo,
notamment lorsqu’il avait vanté la création d’un « grand outil pour la qualité urbaine et le rattrapage des équipements publics ». La nouvelle fondation devrait
aussi s’inspirer de la Caisse des dépôts et
consignations, l’institution financière
publique qui exerce des activités d’intérêt
général pour le compte de l’État et des
collectivités territoriales.
Pour, l’ancien maire de Valenciennes,
cette solution « ambitieuse » devait s’appuyer sur les fonds d’Action logement,
l’acteur de référence du logement social
en France, chargé de financer des logements dans les zones tendues. Au-delà
des anciens ministres de la Ville rameutés
pour soutenir son projet - tels Maurice
Leroy, Marc-Philippe Daubresse, François Lamy, Valérie Létard, Catherine
Vautrin, Bernard Tapie, Fadela Amara,
Patrick Kanner et Claude Bartolone -,
Jean-Louis Borloo avait mobilisé les directeurs d’Action logement et de l’Agence nationale de l’habitat. Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France,
De Marseille à Grenoble, la police
confrontée à de multiples agressions
A
JEAN-MARC LECLERC £@leclercjm
MARSEILLE, décidément, a l’art
de prendre à contre-pied la communication
gouvernementale.
Alors qu’Emmanuel Macron dévoilait ce mardi son plan banlieue,
les réseaux sociaux, les sites et
chaînes d’information diffusaient
en boucle une scène de Far West
survenue la veille dans la Cité phocéenne. On y voit, en plein aprèsmidi, dans les quartiers nord, cité
de la Busserine, de courageux
équipages de la brigade anticriminalité submergés par le nombre et
la puissance de feu de voyous en
tenue de ninja qui manœuvrent à
bord de voitures semblables aux
leurs. Avec gyrophares et brassards de police, selon des riverains. Selon le procureur local, un
témoin assure même que la dizaine
de malfaiteurs impliquée a aussi
kidnappé un guetteur de la cité.
En 2015 déjà, Manuel Valls,
alors premier ministre, avait appris combien la situation peut se
retourner rapidement dans ces
zones de « non-droit ». Ce jourlà, un 9 février, il était venu affirmer son autorité autour du VieuxPort, avec tout un aréopage de
hauts responsables policiers arrivés de Paris. Ce fut une déroute
médiatique. Car, au même moment, la ville de Defferre, des
Guerini, du Belge, du Mat, est de-
venue un théâtre de guerre, dans
le quartier de la Castellane. Lors
de cette fusillade entre policiers et
trafiquants de drogue, le chef de la
Sécurité publique local a lui-même essuyé des tirs. Les truands
avaient été jusqu’à recruter des
« mercenaires kosovars » pour
une opération commando contre
des concurrents. Et la police a calé
au départ, face aux kalachnikovs.
Des effectifs en plus
Bien sûr, elle s’est ressaisie depuis
et les arrestations survenues dans
la foulée ont abouti à un jugement
le 6 avril, avec des condamnations
jusqu’à treize ans de prison. Pas de
quoi impressionner cependant
ceux qui se redistribuent localement le gâteau des stups, composé
de cannabis et de plus en plus de
cocaïne. Ce marché rapporte, il est
vrai, plus de 100 000 euros par
mois dans chacune des cités
considérées comme les plaques
tournantes du trafic. Face un tel
vivier criminel, la justice débordée
a toujours un train de retard. Et la
police fait de moins en moins peur.
Il suffit de lire les synthèses des
événements qui tombent jour
après jour sur le bureau du premier flic de France, Gérard Collomb, et de ses grands subordonnés. Ces faits divers trahissent la
dégradation inexorable du climat
sécuritaire, loin des slogans lancés
à coups de grands symposiums
après chaque changement de ministre Place Beauvau.
En seulement quatre mois depuis janvier, plus de 11 000 violences à dépositaires de l’autorité ont
été recensées, contre 10 400 durant la même période l’an dernier.
Cela fait quatre-vingt-onze policiers, gendarmes ou pompiers
agressés chaque jour… Entre trois
et quatre en moyenne toutes les
heures ! À Toulouse, mercredi,
cinq policiers ont été blessés alors
qu’ils tentaient de contrôler un
véhicule près d’un point de deal.
À Pau, vendredi, le lynchage à
mort d’un délinquant français
originaire du Burkina Faso par
une bande de voyous, âgés de 12
à 15 ans, a traumatisé les habitants du quartier de Saragosse. La
police reconnaît être dépassée par
cette violence juvénile radicalisée.
Enfin, à Grenoble, lundi, des
CRS en repos, de la CRS 43 de
Chalon-sur-Saône, qui rentraient
à leur cantonnement, ont été
agressés par une bande d’une
quinzaine de voyous embusquée
dans des buissons. Bilan : quatre
policiers blessés, dont deux hospitalisés. Un traquenard en règle
tendu à des agents en civil.
Pour ce qui est de Marseille, en
tout cas, Beauvau promet une
soixantaine d’effectifs de police en
plus. L’État donnera sans doute la
réplique. Mais de là à reconquérir
les quartiers… ■
était monté au créneau, laissant entendre
que le projet se ferait « si l’État traîne les
pieds ». Pour sa part, Jean Rottner, le président LR de la région Grand Est et exmaire de Mulhouse, a affiché son soutien
en lançant une initiative inspirée directement des principes de la fondation.
Le 4 mai à Strasbourg, en présence de
Jean-Louis Borloo et du président d’Action Logement, Bruno Arcadipane, il a signé une convention favorisant l’accès au
logement pour les jeunes.
Hervé Morin, le président centriste des
Régions de France, n’était pas en mesure
de dire, mardi, si la fondation Borloo pour
les banlieues allait exister. En revanche,
l’élu normand, déjà vent debout contre la
« recentralisation » du pouvoir, était
convaincu de l’inefficacité de la nouvelle
agence des territoires voulue par Emmanuel Macron, si celle-ci devait s’adosser à
l’Agence nationale de la rénovation urbaine. « Réétatisée depuis cinq ans, l’Anru
est entièrement pilotée par Bercy, et depuis, elle n’a sorti aucun projet », blâme
Hervé Morin, après avoir jugé les annonces élyséennes sur les banlieues « très en
deçà des attentes territoriales ». ■
Il n’y a aucun
engagement
concret, et c’est
le vide sidéral.
Pourquoi avoir
fait appel à
Jean-Louis Borloo,
alors qu’on
le dénigre tant
aujourd’hui ?
DAMIEN ABAD
»
DÉPUTÉ LR DE L’AIN
Emmanuel Macron, mardi,
à l’Élysée, en compagnie de
Julien Denormandie et de Jacques
Mézard, pendant la présentation
du rapport de Jean-Louis Borloo
(à droite) sur l’avenir des quartiers
prioritaires. LUDOVIC MARIN/AFP
Chenu (FN) : « Le plan Borloo
est complètement has been »
CHARLES SAPIN £@csapin
SÉBASTIEN CHENU,
hier, dans le studio
du Figaro.
J.- C. MARMARA/LE FIGARO
IL EXISTE finalement un point de
convergence entre l’Élysée et le
Front national : leur considération
pour le rapport de Jean-Louis
Borloo sur les banlieues. « Ce sont
des propositions complètement has
been. Jean-Louis Borloo nous sort
un plan gadget, fait de compilation
de mesures chiffrées à des prix
exorbitants, dont on sait bien qu’il
n’y aura pas le premier euro d’engagé », tacle le député FN du
Nord, Sébastien Chenu, invité ce
mardi du « Talk-Le Figaro ».
Pour l’élu du parti à la flamme,
les propositions de l’ancien ministre délégué à la ville de Jacques
Chirac ne prévoient « rien sur l’insécurité, le communautarisme ou
l’immigration, qui n’est citée qu’à
trois reprises sur un rapport de
dix-neuf pages », s’étranglerait
presque Sébastien Chenu.
Plus que de proposer « une caricature d’École nationale d’administration réservée aux gens issus
des banlieues », le parlementaire
plaide avant tout pour « rétablir
l’ordre républicain en s’attaquant à
l’économie souterraine de la drogue », ou encore pour « gérer une
véritable politique d’assimilation
républicaine » en interdisant la
création d’écoles coraniques ou en
arrêtant les « cours de langue des
pays d’origine ».
Quant à la journée de manifestations, mardi, dans la fonction
publique - à l’appel de neuf centrales syndicales -, le porte-parole du FN dit comprendre les mobilisations sans pour autant les
soutenir.
« Nous laissons nos militants
électeurs faire ce qu’ils veulent.
S’ils veulent aller manifester contre
le gouvernement Macron, ils sont
libres de le faire. Mais nous ne donnerons pas dans le mélange des rôles. Nous ne sommes pas un syndicat. Nous ne sommes pas la CGT
avec La France insoumise. Ce n’est
pas notre boulot. »
Une clarification qui n’empêche
pas le député de condamner la vision « uniquement comptable » du
président de la République quant à
la fonction publique : « Si on pose
le postulat de départ qu’il y a trop
de fonctionnaires, il faut savoir où.
Est-ce chez les policiers ? Chez les
agents hospitaliers ou dans les services de transports ? fait mine de
s’interroger le député. La vraie
question a se poser est de savoir
quel type de fonction publique nous
voulons, avec quelle organisation et
quelle modernisation. »
Des questions qui ne sont pas
tranchées par le chef de l’État, selon l’élu Front national, et qui
contribuent à parfaire son image
« d’homme du laisser-faire. Incarnant à la fois le pire de la droite et le
pire de la gauche ». ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mercredi 23 mai 2018
INTERNATIONAL
5
Italie : au centre du jeu, Sergio Mattarella
prolonge les consultations
La désignation de Giuseppe Conte à la présidence du Conseil est suspendue aux doutes du chef de l’État.
tions du 4 mars, le chef de la Ligue,
Matteo Salvini, s’oppose à ce choix et
c’est finalement un compromis qui
avait été trouvé lundi en la personne de
Giuseppe Conte.
Si ce dernier devait être confirmé, le
président de la République lui demanderait des clarifications sur son CV.
Giuseppe Conte avait indiqué qu’il avait
suivi des cours de perfectionnement à
la New York University. Le New York
Times a mené son enquête et n’en a pas
trouvé trace. Une question se pose aussi
sur son passage à Vienne, un institut de
langue et non une université.
RICHARD HEUZÉ rheuze@lefigaro.fr
ROME
ITALIE Jouant pleinement son rôle
d’arbitre du jeu politique, Sergio Mattarella prend son temps. Le président de
la République s’est abstenu, mardi, de
convoquer le professeur de droit privé
Giuseppe Conte pour le charger de former un nouveau gouvernement. Dans
le respect de ses prérogatives constitutionnelles, le chef de l’État a jugé bon de
prendre auparavant l’avis des présidents des deux Chambres, Roberto Fico
et Elisabetta Alberta Casellati.
Sergio Mattarella n’a pas apprécié
d’entendre le leader du Mouvement
5 étoiles (M5S), Luigi Di Maio, annoncer
à haute voix, dans la cour du Quirinal
d’abord, puis sur son blog, le nom de
son candidat à la présidence du Conseil
qu’il venait de lui soumettre. L’usage
républicain commande de laisser au
chef de l’État cette prérogative.
Le chef de l’État se pose aussi des
questions sur la personnalité même du
candidat. Il aurait préféré un choix plus
politique, à savoir le leader du M5S luimême, Luigi Di Maio. Depuis les élec-
gouvernement « antisystème » qui
donne déjà des sueurs froides à l’Europe. La convocation de Conte, si elle intervient, ne devrait pas avoir lieu
avant jeudi, estime-t-on dans les milieux politiques.
Enfin, le président n’a voulu prendre
en considération aucune liste de ministres, pressentis ou non. La composition
du gouvernement devra être discutée
directement entre le président du
Conseil désigné et le chef de l’État,
conformément à la Constitution.
Les noms qui circulent au sein de la
coalition concernent surtout l’attribution des ministères régaliens. Certains
portefeuilles seraient déjà garantis :
l’Intérieur au leader de la Ligue, qui
veut faire place nette dans l’accueil des
migrants. Les Affaires étrangères à
Giampiero Massolo, un diplomate de
63 ans avec une longue expérience qui
préside les chantiers navals Fincantieri.
Un rôle stratégique pour l’habile négociateur de la Ligue Giancarlo Giorgetti
(51 ans), probable secrétaire d’État à la
Présidence du Conseil. À moins qu’il ne
prenne le ministère de l’Économie. Le
Quirinal s’inquiétait en effet du possible
retour de Paolo Savona (81 ans), un
europhobe convaincu, déjà ministre de
l’Industrie en 1993 dans le gouvernement Ciampi. ■
Gouvernement « antisystème »
Si malgré tout l’option Giuseppe Conte
était retenue, le président Mattarella
lui demanderait de lui présenter le
programme de gouvernement qu’il
soumettra au Parlement. Il considère
en effet le « contrat » commun à la Ligue et au M5S comme un simple accord privé entre deux parties ne pouvant engager le gouvernement de
l’Italie. Aussi a-t-il voulu s’entourer
de toutes les précautions avant de
donner son feu vert à la formation d’un
L’attelage populiste s’avance
en terre inconnue
nement de coalition tandis que seulement
35 % étaient favorables à un retour immédiat aux urnes. La seule formation politique qui progresse dans l’opinion est la
Ligue de Matteo Salvini, qui siphonne
l’électorat de Silvio Berlusconi. L’institut
Ipsos la crédite aujourd’hui de 25 %,
contre 17 % le 4 mars.
Ce gouvernement sera un étrange
hybride politique dirigé par un technicien. Le président du Conseil sera appelé
à appliquer un programme qu’il n’a pas
choisi lui-même et sera contraint dans les
instances internationales à prendre l’avis
(ou les ordres) de ses « mandataires » –
ses « actionnaires de référence », ironise
A. SOLARO/AFP
LE PROFESSEUR de droit privé Giuseppe
Conte s’imposera-t-il à la tête du gouvernement « jaune-vert » pour le bien
de l’Italie ? Le choix de cet universitaire a
beaucoup surpris. Les Cinq Étoiles et la
Ligue avaient promis une candidature de
rupture avec le passé. Or tel n’est pas le
cas. Giuseppe Conte est un pur produit de
l’establishment et de la tradition. C’est un
technicien du droit, apprécié certes, mais
sans la moindre expérience politique ni
gouvernementale. Après avoir si vivement critiqué l’économiste Mario Monti
et les trois autres gouvernements de gauche (Enrico Letta, Matteo Renzi et Paolo
Gentiloni) qui lui ont succédé sans avoir
été légitimés par un vote populaire, M5S
et Ligue reprennent le même scénario en
désignant un président du Conseil qui n’a
jamais été élu.
« Une nouvelle aventure politique commence, en terre inconnue », ne peut que
constater le Corriere della Sera. Les élections du 4 mars ont marqué un tournant
populiste. Les états-majors politiques
traditionnels, ceux de gauche, mais aussi
Silvio Berlusconi à droite, ont été bousculés par le verdict des urnes. Une large
majorité d’Italiens a montré qu’elle voulait un changement radical. Selon l’institut de sondage Demos, six électeurs sur
dix accordent leurs faveurs à ce gouver-
“
Laissez démarrer
notre gouvernement.
Vous le jugerez
ensuite
”
LUIGI DI MAIO, DIRIGEANT DU M5S
La Repubblica - avant d’annoncer la position officielle de l’Italie. Luigi Di Maio en
était conscient quand il a déclaré en sortant du Quirinal que le véritable leader ne
sera pas le président du Conseil, mais le
« contrat » de gouvernement signé par
les deux formations de la coalition. De là à
Le président de la République italienne, Sergio Mattarella, le 5 avril à Rome.
proclamer que ce gouvernement « fera
naître la IIIe République », il faut une bonne dose d’optimisme.
De telles déclarations affaiblissent
l’exécutif avant même qu’il ne prête serment, en lui niant une liberté d’action
qu’il serait en droit d’attendre, et en le
soumettant au pouvoir absolu des deux
partis qui l’ont nommé. Giuseppe Conte
sera-t-il un président du Conseil « à souveraineté limitée ? », se demande La Repubblica. Du moins faut-il reconnaître à
la Ligue et au M5S le mérite, partagé avec
le président de la République, d’avoir fait
naître un gouvernement, « ce qui semblait pratiquement impossible au lendemain du vote du 4 mars ».
Ces grandes incertitudes, et ce risque
politique, le président Sergio Mattarella
les a bien présentes à l’esprit. Sans interrompre le dialogue avec les vainqueurs
des élections, il n’a cessé d’exiger des
ALESSANDRO BIANCHI/REUTERS
choix clairs qui respectent l’ancrage de
l’Italie en Europe. Sera-ce le cas ? Tout au
long de la campagne – et même durant les
consultations - M5S et Ligue ont promis
tout et son contraire aux électeurs. Ils
doivent maintenant faire preuve de réalisme et de sens des responsabilités. Or ce
ne sont pas leurs qualités premières.
Le danger pour l’équipe gouvernementale en formation serait de ne pas tenir
compte des avertissements qui proviennent de Bruxelles et des marchés. Il est
bien réel, à en juger par la réaction nerveuse de Matteo Salvini aux mises en garde
exprimées notamment par Bruno Le Maire
et par trois commissaires européens.
« Nous recevons de l’étranger un énième
avertissement sur ce qu’il nous faudra faire.
Qu’ils se rassurent : nous ferons exactement
le contraire », proclamait-il dimanche,
sous les hourras de ses militants. « Laissez
démarrer notre gouvernement. Vous le ju-
gerez ensuite », implorait de son côté lundi
Luigi Di Maio, en sortant du Quirinal.
Le risque est que l’Italie n’honore pas ses
engagements. La diatribe de Luigi Di Maio
sur « l’inutilité » du chantier ferroviaire
Lyon-Turin est de mauvais augure. L’expert de la Ligue en matière d’infrastructures, le sénateur Armando Siri, a tempéré
ces propos en rappelant qu’un traité ratifié
par les deux Parlements, français et italien,
avait défini le projet et devait être respecté. Le sénateur s’est dit « certain qu’on
trouvera une solution avec la France ».
La politique des grands chantiers est
assurément un terrain sur lequel M5S et
Ligue risquent de s’affronter. Mais la
politique d’immigration, la sécurité et les
questions fiscales pourraient également
faire rapidement tanguer l’attelage
populiste. ■
R. H.
+
» Lire aussi PAGES 14 ET 15
Espagne : Podemos éclaboussé par la villa de son chef
Les membres du parti anti-austérité sont appelés à se prononcer sur l’avenir de Pablo Iglesias et de sa compagne, Irene Montero.
MATHIEU DE TAILLAC £@mdetaillac
MADRID
ESPAGNE Le grand pourfendeur de la
« caste », paladin de « ceux d’en bas »
contre « ceux d’en haut », a-t-il le droit
d’acheter une villa à 600 000 euros avec
sa compagne et camarade de parti ? Telle
est la question, posée certes en des termes moins explicites, que doivent résoudre cette semaine par référendum les militants de Podemos (gauche radicale). Car
l’achat à crédit d’une maison par leur secrétaire général, Pablo Iglesias, et la porte-parole parlementaire Irene Montero,
futurs parents de jumeaux, s’est transformée en une crise politique de premier
plan. La polémique, c’était prévisible,
occupe les médias espagnols, qui ont décrit par le menu la maison de 250 m2
équipée d’une piscine et plantée au milieu d’un terrain de 2 000 m2 au pied des
montagnes de la Sierra de Madrid. Les
éditorialistes, on pouvait s’y attendre,
s’en sont donné à cœur joie pour souhaiter aux deux contempteurs du système la
bienvenue dans le confort petit-bour-
Le secrétaire général de Podemos, Pablo Iglesias, et sa compagne, Irene Montero,
porte-parole parlementaire du parti, lundi à Madrid. REUTERS
geois. Mais la controverse, qui semblait
de premier abord d’ordre privé, suscite
également les colères ou les silences gênés de nombre de dirigeants du parti et
monopolise les discussions des militants
appelés à décider de la démission ou de la
continuité des deux politiques.
Car le choix individuel du couple formé
par Pablo et Irene se fracasse violemment
contre les déclarations publiques des élus
Iglesias et Montero. En 2012 par exemple,
le secrétaire général de Podemos avait attaqué le ministre de l’Économie en ces termes : « Peut-on confier les clés de l’économie nationale à qui dépense 600 000 euros
dans un appartement de luxe ? » En 2015, il
conspuait encore « les hommes politiques
qui vivent isolés dans leurs villas ».
Et au-delà, c’est l’un des principes fondateurs de Podemos, créé dans le sillage
du mouvement des Indignés, qui est mis
en branle. « Si cette polémique avait touché
un autre parti, elle se serait terminée en
trois jours, analyse Lluis Orriols, professeur de sciences politiques à l’université
Carlos III de Madrid. Mais l’affaire attaque
l’un des piliers de Podemos : la représentation descriptive. » Les dirigeants de Podemos devaient, à l’inverse de la « caste »
stigmatisée, ressembler, jusque dans leur
style de vie, aux citoyens dont ils promettent de défendre les intérêts. Le parti avait
imposé une limitation salariale de trois fois
le smic à ses cadres, pour éviter qu’ils ne
soient coupés des réalités de l’Espagnol
moyen. « Minimiser ce scandale, c’est
oublier que Podemos est apparu pour résoudre la crise des hommes politiques qui ignorent le prix d’un café, ont des chauffeurs et
des privilèges », décrypte le politologue.
L’un des membres fondateurs de Podemos, aujourd’hui en retrait de la première ligne, évoque la situation de manière anonyme. « Le climat est très tendu,
confirme-t-il. Un premier débat porte sur
la cohérence d’acheter ce type de logement
quand on tient notre discours politique.
Une seconde polémique touche à la consultation : certains considèrent qu’un problème éthique privé ne doit pas être soumis à
un processus collectif. »
Critique des médias
Selon cet interlocuteur, les positionnements ne recoupent pas les divisions entre
familles politiques. Il y a des partisans du
courant de Pablo Iglesias qui ne comprennent pas l’achat de la maison, et des alliés
de son rival, Inigo Errejon, qui soutiennent
le couple. Iglesias et Montero sont toutefois
parvenus à créer un semblant d’unité dans
la critique des médias. « Il est intelligent de
leur part d’insister sur le harcèlement inacceptable dont ils font l’objet, une critique qui
fait consensus dans notre parti. »
La consultation résoudra-t-elle la crise ? « S’ils n’étaient pas sûrs de la remporter, ils ne l’auraient pas convoquée, avance
la source interne. Le vote peut être une solution à la crise de leadership, analyse Orriols. En revanche, Podemos traînera pendant longtemps la crise de la
représentation descriptive, qui frappe les
ciments de la formation. » ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 23 mai 2018 LE FIGARO
6
INTERNATIONAL
Corée du Nord : Trump et Moon
au chevet du sommet de Singapour
La Maison-Blanche
poursuit
les préparatifs,
mais l’hypothèse
d’une annulation
n’est pas écartée.
PHILIPPE GÉLIE £@geliefig
CORRESPONDANT À WASHINGTON
DIPLOMATIE Donald Trump s’était pris
à rêver « d’une grande nouvelle pour le
monde » : la pacification de la péninsule
coréenne via un accord de dénucléarisation avec Kim Jong-un. Le « deal par
excellence », qui avait échappé à tous ses
prédécesseurs depuis vingt-cinq ans, lui
semblait à portée de main lors d’un
sommet prévu le 12 juin avec le dictateur nord-coréen. La semaine dernière,
il jubilait tandis que ses supporteurs
scandaient « Nobel ! Nobel ! », lors d’un
rassemblement dans l’Indiana.
Ce mardi, le président sud-coréen,
Moon Jae-in, a été reçu à la MaisonBlanche pour d’ultimes consultations
avant le rendez-vous de Singapour.
Après avoir encouragé Trump à accepter
un face-à-face avec Kim, il devait s’employer à le rassurer pour faire en sorte
que le sommet ait bien lieu. « Il n’y a
aucun doute » que le président soit prêt à
tourner casaque s’il pense que les chances de succès sont trop faibles, a précisé
Mike Pence lundi sur Fox News. « Kim
Jong-un commettrait une grave erreur s’il
pensait pouvoir se jouer de Donald
Trump », a menacé le vice-président.
La raison de ce coup de froid tient au
communiqué publié à Pyongyang le
15 mai, suspendant le dialogue intercoréen et jetant le doute sur le sommet de
juin si Washington exige le désarmement unilatéral de la Corée du Nord. Le
« modèle libyen », évoqué deux jours
plus tôt par le conseiller à la sécurité
nationale, John Bolton, a provoqué une
réaction épidermique au nord du
38e parallèle. Donald Trump a rectifié
l’assertion de son collaborateur en assurant que la sécurité du régime serait
« garantie » en cas d’accord, mais qu’il
serait « décimé » comme Kadhafi en cas
d’échec.
Le président sud-coréen
Moon Jae-in est accueilli
par Donald Trump à la MaisonBlanche, mardi à Washington.
MANUEL BALCE CENETA/AP
Son objectif déclaré reste un désarmement « complet, vérifiable et irréversible » avant toute concession américaine, sous forme de levée des sanctions ou
d’assistance économique.
La fin de non-recevoir de Pyongyang
à cette exigence de reddition inconditionnelle a rendu la main aux « réalistes » à Washington, jusque-là brocardés comme les champions d’anciennes
méthodes ayant échoué. « Si Trump
attend vraiment la remise des armes
nucléaires dans les six mois sans rien en
échange, c’est tout à fait irréaliste »,
estime Joseph Yun, ex-négociateur
avec la Corée du Nord, tout juste retraité. « Le plus sûr moyen d’aboutir au désastre est que le président arrive au sommet avec l’illusion d’obtenir une
dénucléarisation unilatérale », renchérit
Vipin Narang du MIT.
Pour Jeffrey Lewis du Middlebury
Institute en Californie, « la position
nord-coréenne n’a jamais varié, c’est
notre interprétation des mêmes mots qui
a changé. Ce fiasco est entièrement de la
Malgré sa réaction prudente – la
poursuite des préparatifs et l’absence
notable de tweet –, Trump a commencé
à s’interroger sur son choix de négociations directes avec Kim. La semaine
dernière, il a pressé son entourage de
questions sur le « risque » d’aller à
Singapour. N’y tenant plus, il a téléphoné samedi soir à Moon Jae-in, trois
jours avant de l’accueillir à Washington, pour avoir son analyse du changement de ton à Pyongyang. Trump «
n’aime pas » la nouvelle attitude de Kim
et, s’il est toujours partant pour le sommet du 12 juin, celui-ci « pourrait être
reporté », a-t-il dit mardi.
Le président sud-coréen est en partie
responsable de l’euphorie qui avait saisi
la Maison-Blanche. Tout à sa politique
de rapprochement avec le Nord, Moon
a transmis l’invitation de Kim et relayé
le message qu’il était prêt à discuter
d’une « dénucléarisation totale » de la
péninsule. Il semble que le président se
soit un peu emballé sur le sens de cette
formule, et la méthode pour y parvenir.
responsabilité de la Maison-Blanche, estime ce spécialiste de la prolifération en
Asie. Washington répète les mêmes erreurs en disant à Trump ce qu’il veut entendre. Il est faux de prétendre que la Corée du Nord, sous le poids écrasant des
sanctions et intimidée par les menaces
sur Twitter, a offert d’abandonner son
arsenal nucléaire en échange d’investissements américains. »
Réunion de crise
Ce retour à la réalité a transformé la visite de Moon à la Maison-Blanche en
réunion de crise. Avant même de coordonner leurs positions de négociation,
les deux parties devaient se mettre
d’accord sur leur interprétation des intentions de Pyongyang et la définition
d’objectifs atteignables. « Les Américains restent fermés à toute idée de
concession rapide, tandis que les SudCoréens penchent en faveur d’incitations
économiques, observe Christopher
Green de l’International Crisis Group.
Ils doivent calibrer cela entre eux pour
Au Burundi, la victoire du « guide suprême »
Le président Nkurunziza a gagné le référendum qui lui permet de se maintenir au pouvoir jusqu’en 2034.
campagnes, les Imbonerakure ont battu
le rappel, traquant les abstentionnistes
jusque chez eux. Pour la plupart, ils ont
dû voter sans connaître le texte. La
nouvelle Constitution n’a été publiée
qu’une grosse semaine avant le référendum, et uniquement sur Internet,
une plaisanterie dans un pays où moins
de 10 % de la population dispose d’un
accès au Web. Et le gouvernement avait
interdit toute information indépendante. Pierre Nkurunziza avait d’ailleurs
promis « le ciel » à ceux qui tenteraient
de militer pour le non, une opinion qualifiée de « ligne rouge ».
A
TANGUY BERTHEMET £@tanguyber
Mégalomanie messianique
EVRARD NGENDAKUMANA/REUTERS
GRANDS LACS Les résultats sont tombés
sans surprise. Le oui l’a largement emporté au référendum constitutionnel organisé jeudi au Burundi. Le nouveau texte scelle la dérive autoritaire du pouvoir
dans ce petit pays d’Afrique centrale. Les
leviers de l’État sont désormais concentrés à l’extrême entre les mains du président Pierre Nkurunziza et de son parti, le
CNDD-FDD. Et pour longtemps. La
Constitution offre la possibilité au chef
de l’État, qui attaque déjà son troisième
mandat, d’en enfiler deux de plus. Pierre
Nkurunziza, 54 ans, pourrait donc se
maintenir jusqu’en 2034. Certes, l’ancien guérillero n’a pas formellement fait
part de ses intentions. Mais ce vote comme sa petite phrase en 2016 où il se disait
benoîtement prêt à rester « si le peuple le
demande » ne laissent pas de doute.
Le scrutin peut, au premier regard,
donner l’impression d’une onction démocratique au règne qui s’annonce. Le
oui a obtenu plus de 73 % des voix, avec
une participation écrasante de 96,4 %.
Mais, pour les opposants, ce plébiscite est
avant tout le signe de la peur qui enserre
le pays. Agathon Rwasa, chef de la coalition d’indépendants Amizero y’Abarundi (Espoir des Burundais), seul à avoir été
autorisé à brièvement soutenir le non affirme que le processus électoral n’a été
« ni libre, ni transparent, ni indépendant,
encore moins démocratique », en raison
des « intimidations et du harcèlement ».
Le jour du vote, qui s’est déroulé en
l’absence de missions d’observation,
Le président Nkurunziza, le 1er juillet 2017
à Bujumbura, au Burundi.
plusieurs témoins rapportent la présence massive de policiers et Imbonerakure, la ligue de jeunesse et milice du
CNDD-FDD, autour des bureaux. Leurs
présidents, tous membres du parti,
n’ont pas hésité à « guider » les électeurs jusque dans les isoloirs. Dans les
« Le référendum au Burundi a eu lieu
dans un climat d’abus généralisés, de
peur et de pressions, qui clairement n’est
pas favorable au libre choix », a estimé
Ida Sawyer, directrice pour l’Afrique
centrale à Human Rights Watch (HRW).
Selon l’ONG, la campagne a conduit à
au moins « 15 meurtres, six viols en forme de punition contre des personnes perçues comme hostiles au CNDD-FDD, huit
enlèvements ». La Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH),
dans un rapport, relève aussi de nombreux cas d’abus. Comme Simon Bizima
arrêté en février dans le centre du pays,
placé à l’isolement et torturé. Il avait
longuement expliqué auparavant refuser de voter pour des raisons religieuses. Mi-mars, il a été conduit à l’agonie
à l’hôpital. Il devait mourir peu après.
Dans un tweet, la police burundaise a
affirmé qu’il avait succombé à « une
crise de paludisme ».
Cette mort s’ajoute aux 1 700 autres
recensées depuis que Pierre Nkurunziza
s’est imposé une nouvelle fois à la présidence en 2015. La répression, sans cesse
plus brutale, a conduit 400 000 personnes à prendre la fuite, dont presque tous
les intellectuels. Pierre-Claver Mbonimpa, un militant associatif qui a fui après
une tentative d’assassinat s’inquiète :
« Où allons-nous avec ce référendum ?
On joue avec le feu. »
Selon lui la future Constitution porte
un coup aux accords d’Arusha. Ces accords, péniblement négociés par Nelson
Mandela, signés en 2000, avaient peu
après mis fin à une épouvantable guerre
civile qui fit 300 000 morts. Ils avaient
apaisé les tensions entre les groupes hutus et tustsis en imposant une savante et
complexe répartition des responsabilités
politiques et militaires entre les uns et les
autres. Ce système de quotas, clé de
voûte de la paix, n’est certes pas touché
par la nouvelle Loi fondamentale. Mais
cette dernière donne la possibilité au
Sénat de les modifier dans les cinq ans.
« C’est dangereux. Cela conduit au pouvoir d’un seul homme et au refus de l’inclusion des minorités. Le président veut
être roi », soutient Léonidas Hatungimana, ancien porte-parole du président
aujourd’hui exilé.
Et de fait, toute opposition à Pierre
Nkurunziza, de plus en plus hanté par
une mégalomanie messianique, est punie comme un crime de lèse-majesté. Le
CNDD-FDD semble encouragé cette vision d’un autre temps. Le parti l’a élevé
en mars au rang d’« Imboneza Yamaho », le « guide suprême éternel ». ■
empêcher Pyongyang d’exploiter leurs
divergences. »
Le choix de la méthode s’annonce
crucial. Selon tous les experts, le sommet de Singapour ne pourra échapper à
deux questions : la dénucléarisation
« réciproque » de la péninsule, incluant
le « parapluie atomique américain » et,
à terme, la présence des 28 500 GI en
Corée du Sud ; ainsi que la mise en
œuvre « progressive » de tout accord,
au risque de manœuvres dilatoires et de
promesses non tenues. Trump avait
promis de changer les règles du jeu : il
devrait maintenant choisir entre « le
processus normal de toute négociation
sur le contrôle des armements », selon
Green, et l’annulation du sommet.
« Dans ce cas, ou si les Nord-Coréens
tentent de rouler Trump, cela nous remet
sur le sentier de la guerre », commente
brutalement le sénateur Lindsey
Graham. Mais il semble que Kim et
Trump veuillent tenter le pari de leur
face-à-face sous les projecteurs du
monde entier. ■
ZOOM
Un policier belge accusé
de la mort d’une migrante
L’avocat des parents d’une
fillette kurde de 2 ans tuée
par balle lors d’une coursepoursuite entre une camionnette
transportant 30 migrants
et des voitures de la police,
jeudi en Belgique, a assuré mardi
que l’auteur du tir était bien
un policier et qu’il avait été
« identifié ». La fillette est morte
durant son transfert à l’hôpital.
L’affaire suscite l’émoi dans
la population belge, les parents
de la fillette réclamant
une enquête indépendante,
voire une commission
d’enquête parlementaire.
EN BREF
Attaque de l’EI en Syrie
Une attaque surprise du groupe
État islamique (EI) dans le désert
de Syrie a fait mardi 26 morts
au sein des forces pro-régime,
selon l’OSDH.
Israël a engagé ses F-35
Israël a engagé pour la première
fois ses F-35 dans des combats,
devenant le premier pays
à soumettre à l’épreuve du feu
ces chasseurs bombardiers furtifs.
Un djihadiste belge
condamné à mort en Irak
La Cour criminelle centrale d’Irak
a condamné à mort mardi Tarek
Jadaoun, un Belge d’origine
marocaine, pour appartenance
au groupe État islamique (EI).
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mercredi 23 mai 2018
SOCIÉTÉ
7
Ordre et fermeté
à Paris-I :
les leçons de
l’après-Tolbiac
Ci-contre, Georges Haddad, président
de Paris-I Panthéon-Sorbonne.
En bas, copie d’un(e) étudiant(e)
interdit(e) de partiel.
400 000 euros de location de locaux pour
passer les examens. « Je laisserai comme
héritage à mon successeur la transformation de Tolbiac en un seul centre de recherche », jure Georges Haddad, qui ne partira
qu’en mai 2020.
Dans le même temps, Paris-I a dû se
mettre en ordre de marche pour absorber
Parcoursup, la nouvelle plateforme
d’orientation vers les études supérieures,
imaginée cette année par le gouvernement. Un dispositif qui, comme le prévoit la loi ORE, adoptée en février, exige
des universités qu’elles classent les candidatures des futurs bacheliers en se basant sur leurs notes. Une chose de plus à
gérer. « La réforme n’est pas mauvaise,
mais elle a été imposée de manière trop
brutale. Nous avons dû travailler sans filet. » Mais pour le président de Paris-I, la
procédure est « plus humaine ». À force
de négociations, l’université est parvenue à sortir la tête haute du processus. À
Paris-I, toutes les filières, du droit à
l’économie, sans oublier les sciences hu-
UNIVERSITÉ « Moi, je vais bien. Mais le
président de Paris-I, lui, ne va pas bien. »
Affable, Georges Haddad salue les vigiles
qui contrôlent les entrées du centre Panthéon-Sorbonne, vieux de 250 ans, où se
situe le siège de la grande université plurisciplinaire. « Je suis très pessimiste »,
répète le président. En montant les escaliers qui le mènent à son bureau, les mots
fusent. Un mois après l’évacuation du
centre Tolbiac, l’agrégé de mathématiques en a gros sur le cœur. « Nous sommes dans un théâtre de l’absurde, fait de
postures et d’impostures. Mais il existe un
profond malaise, qui va bien au-delà de
Parcoursup (la nouvelle plateforme
d’orientation vers le supérieur, NDLR). À
Tolbiac, ils demandaient la fin du capitalisme, la démission de Macron et l’abolition
des frontières. »
À peine passée la porte de la présidence, sa directrice de cabinet, « Mme Urgences », l’interpelle : à l’entrée du centre Saint-Charles, qui abrite les arts
plastiques, un groupe d’individus
tente d’empêcher la tenue des examens. « Nous avons eu des hommes
encagoulés et des portes d’examen
cimentées. C’est donc cela le boulot
d’un président ? Gérer ce type
d’incident ? », lance l’homme en
colère. Sur son bureau, une dizaine de copies d’étudiants interdits de partiels. Ils y racontent
l’entrée de perturbateurs dans la
salle d’examen, leur envie, pourtant, de plancher sur le sujet
« qu’est-ce
que
l’informatique
aujourd’hui ? » et signent, comme cette jeune fille, « une étudiante qui voulait
passer son partiel ». Tous invoquent leur
« droit » à passer leurs épreuves. Des copies comme cela, il lui en arrive tous les
jours. Que leur répondre ? « Nous allons
rapidement proposer à ces étudiants des
oraux, afin de pouvoir les évaluer. Il n’y
aura pas de devoir à la maison. Pas question de galvauder les diplômes », affirme
Georges Haddad.
Après le blocage de site, le mouvement
de contestation contre la loi Orientation
et réussite des étudiants (ORE) entend
empêcher la tenue des examens. À Paris-I, 30 % des étudiants de licence n’ont
pas pu les passer. Convoqués début mai à
Rungis, les étudiants d’histoire ont été
privés de partiels par un groupe de grévistes soi-disant soutenus par les postiers
et des cheminots. Idem en philosophie et
en géographie, où des enseignants ont
participé au sabordage des examens en
refusant de distribuer les sujets. « Il faudra assumer. Ceux qui l’ont revendiqué seront poursuivis et, pour les autres, nous
rassemblons les éléments », prévient
Georges Haddad. « 10 % des étudiants
ont peut-être soutenu le blocage », estime
ce libéral qui n’hésite pas à agir. Et à créer
des précédents. L’intervention des forces
de l’ordre sur des campus universitaires,
autrefois politiquement inconcevable,
est en passe
de devenir la norme. « Jusqu’aux événements de Tolbiac, j’étais contre toute logique sécuritaire. Puis j’ai compris que je
n’avais plus le choix. Chaque fois qu’il sera
empêché d’enseigner ou d’étudier, il y aura
une action légale et républicaine immédiate. Nous avons trop attendu à Tolbiac »,
affirme celui qui s’est senti « littéralement abandonné par tout le monde, comme si cela arrangeait que Tolbiac fût un
abcès de fixation ».
Jamais le président de Paris-I,
n’oubliera ses visites nocturnes
au pied de la tour pour surveiller son université. Il affirme y avoir vu « tout l’éventail
de la délinquance ordinaire,
commise par une population
dans une grande précarité et
qui ne savait pas qui [il]étai[t]. La preuve
que Tolbiac avait été confisqué par des nonétudiants ». Son point de non-retour : le
feu d’artifice lancé du 22e étage tandis
qu’une rave party battait son plein au pied
de la tour. Il demande alors l’intervention
des forces de l’ordre. Qui renâclent, tandis que les syndicats le traînent par deux
fois en référé devant le tribunal administratif de Paris. Pour changer le paradigme
d’une université fragile, ouverte aux quatre vents d’une contestation qui n’est pas
la sienne, Georges Haddad a porté plainte
au pénal. « Il faut savoir qui sont les responsables des dégradations et d’un chaos
dont le monde universitaire paie le prix
aujourd’hui », affirme-t-il en faisant les
comptes : 400 000 euros de dégradations,
300 000 euros de sécurité privée et
À 18 heures, le site Parcoursup a buggé, comme prévu
« Cette page ne fonctionne pas »…
Voici le message d’erreur que les futurs
bacheliers ont vu s’afficher mardi, à
18 heures, sur leurs écrans, en tentant
de se connecter à Parcoursup,
la nouvelle plateforme d’orientation
vers le supérieur. « Prévisible », étant
donné la surcharge de connexions
sur le serveur, à cette heure
où étaient prévues les premières
réponses aux vœux
des 810 000 candidats, ont regretté
en masse les lycéens sur les réseaux
sociaux. Puis des messages réjouis,
ou de déception. « Je suis en attente
partout », écrivaient beaucoup
d’entre eux… « Plus de la moitié »
des candidats recevront dans la soirée
une réponse positive, avait affirmé
mardi matin le ministre de l’Éducation
sur RTL. L’autre moitié a donc reçu des
« en attente », « non » ou « oui si ».
Paris-I, université la plus demandée
en droit, économie et gestion, a reçu
plus de 100 000 candidatures pour
6 000 places. En droit, 640 dossiers
sur 17 000 ont été retenus, en gestion,
700 sur 8 000, en histoire 600 sur
3 000, et en géographie 175 sur 1 000.
L’université a réservé 1 000 places
en AES, sciences sociales et économie
à des « oui si ». Ces étudiants auront
droit à une remise à niveau.
C. B.
Un village ferme son école pour porter
l’attention sur deux enfants « violents »
Âgés de 5 et 6 ans, deux enfants atteints de troubles du comportement perturbent depuis trois ans
la vie de l’établissement.
MARIE-ESTELLE PECH
ÉDUCATION La fermeture symbolique
de l’école de Saint-Victor-Sur-Rhins
(Loire) pose bien les limites de l’acceptation du handicap en milieu scolaire. Avec
cette décision, le maire de cette commune rurale de 1 200 âmes a souhaité attirer
l’attention de l’Éducation nationale sur
deux écoliers qu’il qualifie de « violents ».
Âgés de 5 et 6 ans, ils « perturbent depuis trois ans la vie de l’établissement ». Ils
ont un « trouble du comportement » reconnu par la maison départementale du
handicap, ce qui leur permet de bénéficier chacun de l’assistance, à plein
temps, d’une auxiliaire de vie scolaire
(AVS) dans leurs classes respectives de
grande section de maternelle et de CP.
« Ce sont des enfants aux besoins éducatifs particuliers, extrêmement compliqués,
explique Yves Bornard, le représentant
local du SNUipp-FSU, principal syndicat
de l’enseignement primaire. L’aide des
AVS n’est pas suffisante. Nos collègues
essaient d’interpeller vainement l’inspec-
tion depuis trois ans. Tout le monde est en
souffrance, les enseignants, ces deux élèves, leurs camarades. » Cette situation
« n’est ni de la faute des parents, ni de la
faute de l’école », a précisé Delphine
Tournus, adjointe à la vie scolaire. « Nous
attendons des réponses de l’inspection
académique lors d’un conseil d’école extraordinaire ce mardi soir. » Ces deux enfants sont « en situation de mal-être à
l’école. Ils ne sont pas en mesure de suivre
un cursus normal », a expliqué l’élue, qui
évoque de « multiples incidents en direction du personnel de l’école tels que des insultes, coups, morsures, crachats ».
Lors du dernier incident, jeudi, une
institutrice courant derrière l’un d’eux
qui quittait la classe en plein cours, a trébuché et percuté un portemanteau. « Elle
s’est ouvert le front sur dix centimètres et
a reçu plus de 25 points de suture et un arrêt de travail d’une semaine », a déploré
Delphine Tournus. Elle espère de l’aide
auprès du service académique pour
mieux encadrer ces enfants.
« Nous devons inclure les élèves handicapés autant que possible, cela fait partie
du travail des enseignants depuis la loi sur
le handicap à l’école de 2005, souligne
Yves Bornard. Mais ce qui est mis en place
dans ce village est insuffisant. Peut-être
faudrait-il les envoyer dans un institut
spécialisé ou les envoyer seulement à
temps partiel à l’école ? La situation actuelle ne peut perdurer. »
« Nous allons tenter
d’améliorer l’existant »
De son côté, l’inspection académique de
la Loire a marqué sa désapprobation face
à cette solution de fermeture, jugée expéditive. D’autant plus que les deux enfants bénéficient d’un aménagement
important : une AVS les accompagne
dans la classe et ils sont suivis dans un
centre de soins, le service d’éducation
spéciale et de soins à domicile (Sessad).
Ils « font des crises, crient, entrent dans
des états d’agitation. Ce n’est pas facile de
s’occuper d’eux, tout le monde en
convient », indique l’inspecteur, JeanPierre Batailler, « nous allons tenter
d’améliorer l’existant. On pourrait par
exemple augmenter le nombre d’heures
qu’ils passent dans le Sessad ». Il n’est pas
pour autant question de les retirer de
l’école « alors qu’ils sont très jeunes et en
pleine évolution ». S’il comprend « l’émotion » du maire et de l’équipe éducative,
il dit penser aussi aux deux enfants et à
leurs familles « qui sont stigmatisés par
cette fermeture ».
Depuis la loi de 2005 qui impose d’accepter les enfants handicapés à l’école,
des professeurs se plaignent souvent de
n’être pas ou peu accompagnés ou formés. « Mais des critiques qui atteignent
une telle proportion, je n’en ai jamais vu ! »
dit-il, affirmant que la situation est
d’autant plus « complexe » que cette école rurale est petite, avec peu de ressources humaines. Certains enseignants peuvent ainsi se sentir « usés » car ils ont eu
ces enfants dans leur classe plusieurs années de suite. Même si les classes de
l’école ne comptent qu’une petite vingtaine d’élèves, un nombre bien inférieur
à la moyenne nationale, ce type d’enfants « est plus facile à intégrer dans des
écoles de plus grande taille, avec plus
d’adultes, plus de conseils, etc. ». ■
“
Nous avons eu
des hommes encagoulés
et des portes d’examen
cimentées. C’est donc cela
le boulot d’un président ?
Gérer ce type d’incident ?
”
GEORGES HADDAD,
PRÉSIDENT DE PARIS-I PANTHÉON-SORBONNE
maines sont « en tension », saturées. Au
total, Paris-I a reçu 100 000 candidatures
pour 6 000 places en première année.
« Tout le monde s’y est mis pour classer les
dossiers », affirme le président soulagé.
En droit, sur 17 000 candidats, 5 000
ont été d’abord retenus sur une pondération, prenant en compte les notes de
première, de terminale et la lettre de
motivation - « seulement quand elle était
rédigée par le candidat » ! « Il fallait obtenir 17 de moyenne », précise-t-il. Ensuite, les dossiers ont été passés au crible
pour n’en retenir que 640. « Un travail
de fourmi ». La fronde n’a concerné que
la philosophie. Les professeurs de la discipline ont refusé de procéder au tri des
1 300 dossiers, au motif d’une sélection à
peine déguisée. Les sciences humaines,
encore et toujours, au centre du malaise
étudiant. « Pourquoi la mobilisation étudiante n’a-t-elle pas touché les universités à dominante scientifique ou les facs de
droit ? », interroge Georges Haddad.
Sans aucun doute parce que ces futurs
diplômés voient se dessiner pour eux un
avenir prometteur. « Le mal-être est
exacerbé en sciences humaines. Il faut repenser ces filières. Les rendre transdisciplinaires, comme le font les AngloSaxons, pour leur redonner leurs lettres de
noblesse », lance ce chercheur en mathématiques, qui rêve, comme à Harvard, d’une année universitaire où toutes les disciplines travailleraient autour
du nombre pi. ■
ZOOM
Manifestations à Paris :
échauffourées
avec des forces de l’ordre,
17 interpellations
Alors que quelque
15 000 fonctionnaires,
selon la Préfecture de police,
manifestaient mardi à Paris pour
défendre leur statut et s’opposer
à la réforme du gouvernement,
de brèves échauffourées ont
éclaté entre forces de l’ordre et
manifestants encagoulés. Avant
que le cortège n’atteigne la place
de la Bastille, quelques dizaines
de manifestants ont détruit
des Abribus, brisé des vitrines
de magasin rue de Lyon, dans
le XIIe arrondissement, et jeté
des projectiles en direction
des forces de l’ordre.
Les policiers ont répliqué
en faisant usage de canons à eau
et de gaz lacrymogènes.
Ces incidents ont donné lieu
à 17 interpellations pour
« participation à un groupement
violent ». Le défilé du 1er Mai
avait été marqué cette année
par de nombreux incidents,
dégradations et heurts attribués
par les autorités à quelque
1 200 militants de l’ultragauche,
estampillés « black blocs ».
Mardi, 130 autres manifestations
ont également eu lieu un peu
partout en France.
A
CAROLINE BEYER ET PAULE GONZALÈS
£@BeyerCaroline @paulegonzales
APAYDIN ALAIN/ABACA
Selon son président, 30 % des étudiants de
licence n’ont pas pu passer leurs partiels. Audelà de la crise, la fac vit un profond malaise.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 23 mai 2018 LE FIGARO
8
SOCIÉTÉ
Notre-Dame-des-Landes : un militant
perd une main lors des affrontements
Au cours des habituelles échauffourées entre zadistes et forces de l’ordre, un activiste, qui aurait cherché
à s’emparer d’une grenade lancée par les gendarmes, a eu la main arrachée. Un accident longtemps redouté.
Nantes et sur la ZAD après les expulsions
d’avril avaient rassemblé des centaines
de personnes. Celles de ce week-end ont
peu mobilisé.
Face à un mouvement de contestation
qui semble bien s’essouffler, ce drame
peut-il entraîner un nouveau regain de
tension au sein de la ZAD ? Cet accident
pourrait ressouder ces occupants illégaux aujourd’hui divisés entre les modérés qui ont présenté des projets agricoles
et les radicaux qui refusent toute négociation avec l’État, depuis l’abandon du
ANGÉLIQUE NÉGRONI anegroni@lefigaro.fr
“
Parfois, les zadistes
se servent de raquettes
de tennis pour taper dans
la grenade et la réexpédier,
mais cette fois, le jeune
l’a prise à main nue
UN OBSERVATEUR
FRED TANNEAU/AFP
SÉCURITÉ L’accident que chacun redoutait a eu lieu. Ce mardi sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), un jeune de 21 ans a eu la main droite
arrachée par une grenade lacrymogène,
lancée par les gendarmes mobiles.
Les faits se sont déroulés vers midi, au
cours d’habituels affrontements entre
zadistes et forces de l’ordre qui, au petit
matin, arrivent sur place pour détruire
les barricades érigées dans la nuit par les
premiers. Également présents pour sécuriser des travaux de déblaiement après
la destruction de squats la semaine dernière, les gendarmes ont alors été pris à
partie. Face à une cinquantaine d’opposants radicaux encagoulés qui leur ont
lancé des cocktails Molotov, ils ont répliqué en utilisant des grenades de type F4,
« une munition à triple effet, lacrymogène,
sonore et de souffle ».
Selon les premiers éléments de l’enquête, un des jeunes s’est emparé d’une
de ces grenades pour la retourner vers
l’envoyeur. « Parfois, les zadistes se servent de raquettes de tennis pour taper dans
la grenade et la réexpédier, mais cette fois,
le jeune l’a prise à main nue », raconte un
observateur. Ce fut le geste de trop : la
munition a explosé alors que l’assaillant un jeune arrivé depuis peu sur la ZAD - la
tenait toujours. Également atteint au torse, celui-ci a aussitôt été secouru par les
gendarmes mobiles et évacué vers le
CHU de Nantes, où il a été amputé. Mais
sur la ZAD on conteste cette version des
faits : « Il est impossible que la victime ait
ramassé la munition. Il était de dos et courait quand la déflagration a eu lieu », indique un des porte-parole du mouvement.
Des zadistes lancent des projectiles contre les forces de l’ordre sur le site de Notre-Dame-des-Landes, le 17 mai.
Tandis que l’Inspection générale de la
gendarmerie nationale (IGGN) était saisie
pour préciser les circonstances de l’intervention, l’enquête a été confiée à la
section de recherches d’Angers pour déterminer les circonstances des blessures.
« Il s’agit du premier accident grave et
regrettable », a déclaré au Figaro la pré-
moins importante qu’en avril, lors d’une
première opération d’expulsions au
cours de laquelle 29 squats avaient été
rasés. Au lieu des scènes de guérilla
urbaine durant plusieurs jours en avril,
les gendarmes ont, cette fois, fait face à
quelques poches éphémères de résistance. De même, les manifestations à
fète, Nicole Klein. Celui-ci a lieu au moment où la situation semblait d’ailleurs
plus apaisée. La semaine dernière, en
effet, la démolition de dix nouveaux
squats s’est faite sans trop de résistance.
Même si des projectiles ont été lancés
contre les forces de l’ordre, la mobilisation parmi les opposants était nettement
L’Algérie bride l’expansion des évangéliques
Le gouvernement algérien, qui envoie 100 imams en France pour le ramadan, réprime tout acte de
conversion au christianisme. Des chrétiens algériens lancent un appel pour plus de liberté religieuse.
A
JEAN-MARIE GUÉNOIS jmguenois@lefigaro.fr
LOUAFI LARBI/REUTERS
RELIGION Il s’appelle Nourdine. Il habite à
Tiaret, près d’Oran, en Algérie. De nationalité algérienne, il a juste le malheur
d’être… chrétien. Ou plutôt de ne pas être
musulman, religion d’État dans ce pays.
Cet homme d’une trentaine d’années,
père de deux enfants, est totalement découragé. Lors d’un jugement prononcé le
16 mai, il a évité, certes, deux ans de prison
ferme, mais à quel prix ! 100 000 dinars
d’amende. Soit cinq fois le salaire de base
mensuel en Algérie. Son méfait ? Avoir été
arrêté lors d’un barrage routier, non pas
avec 3 kg de drogue dans sa voiture mais
trois… bibles ! Lors de l’interrogatoire de
police qui a suivi, cet homme honnête a
refusé de mentir. À la question : « Si un
musulman vous avait demandé une bible, la
lui auriez-vous donnée ? » il a répondu oui.
Des exemples similaires pleuvent. Stock
de bibles en arabe bloquées par les douanes, scellés apposés sur les lieux de culte
pour en interdire l’accès, intimidations en
tous genres, tracasseries administratives,
procès. « Même quand des juges tranchent
en faveur des chrétiens, les préfets passent
outre le droit et posent des scellés », affirment les chrétiens. « À l’heure où l’Algérie
envoie, d’une main, 100 imams en France
pour le ramadan, elle étouffe, de l’autre, le
droit des chrétiens à vivre leur foi et à se développer », accusent-ils. Et quand Gérard
Collomb, ministre de l’Intérieur, rencontre, le 15 mars à Alger, le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Mohamed
Aïssa - notamment sur la question de la
lutte contre la radicalisation et l’envoi de
100 imams en France -, silence total de ces
ministres, notent-ils, sur la persécution
radicale menée par l’Algérie contre les
chrétiens protestants.
Au point que jeudi 24 mai, l’EPA (Église protestante d’Algérie) convoque une
assemblée générale extraordinaire à Alger pour tenter de sortir de l’implacable
étau. Ces chrétiens jugent vraiment cocasse l’initiative de « la Journée internationale du vivre ensemble » lancée à
Dans une église
protestante à Tizi-Ouzou,
à 40 km d’Alger. En 2010,
des saccages de lieux
de culte chrétiens étaient
déjà constatés.
grand bruit dans le monde, par l’Algérie
le 16 mai dernier.
0,2 % de la population
Avec 68 500 chrétiens, soit 0,2 % d’une
population de 41 millions d’habitants, ces
croyants seraient une menace pour la sécurité du pays ? Les catholiques et les orthodoxes pèsent peu : respectivement
6 000 pour les premiers (expatriés et étudiants noirs africains) et 1 300 pour les seconds (expatriés). « Quand on demande
aux catholiques de prendre position et de
nous soutenir, ils se taisent. Ils restent neutres. L’État les laisse tranquilles tant qu’ils
ne font pas de baptêmes, ni de prosélytisme », explique Mustapha Krim, ancien
président de l’EPA et pasteur à Bejaïa. Il
donne l’exemple d’un homme de
conscience, pourtant ancien avocat, religieux dominicain et actuel évêque
d’Oran, Mgr Jean-Paul Vesco, qui n’est
pas intervenu sur la fermeture d’une
librairie à Oran, sa propre ville. Des scel-
lés ont été posés sur cet établissement
parce que le propriétaire est un chrétien
protestant. Même mutisme sur les scellés
posés sur les portes du temple protestant
historique de la ville et sur trois églises de
la région. « En France, les musulmans obtiennent des droits, et nous, chrétiens algériens, on nous les enlève. Nous demandons
seulement 1 % de la liberté religieuse en Algérie dont jouissent les ressortissants et
descendants algériens musulmans en
France, pas plus, propose Mustapha Krim.
Comment nos 45 lieux de culte et nos
60 000 fidèles seraient-ils une menace face
à 35 000 mosquées ? La vérité est que nous
dérangeons parce que nous enregistrons
des conversions. Si nous sommes à 95 % des
convertis de l’islam, nous demeurons des
citoyens algériens comme les autres avec
les mêmes droits. Et s’ils fermaient tous nos
lieux de culte, il y aurait alors une multiplication, avec 45 000 églises domestiques. »
Cet homme, avec Ali Khidri, secrétaire
général de la Société biblique, terminait,
la semaine dernière à Paris, une tournée
européenne pour alerter l’opinion sur
cette cause. Tout remonte à une ordonnance présidentielle de 2006 (lire ci-dessous) visant à endiguer le dynamisme des
communautés évangéliques protestantes. « Tout recommence, dénoncent ces
deux hommes, nous sommes repartis à la
case départ de la persécution. » ■
Deux à cinq ans de prison pour qui convertit un musulman
Depuis le 28 février 2006,
une ordonnance signée
par le président de la République
algérienne condamne lourdement
tout acte de conversion
d’un musulman à une autre religion.
L’article 3 précise toutefois que
« les associations religieuses autres
que musulmanes bénéficient
de la protection de l’État ».
Mais c’est l’article 11 qui pose tout
le problème puisqu’il prévoit que :
« Sans préjudice des peines plus
graves, est puni d’un emprisonnement
de deux à cinq ans et d’une amende
de 500 000 DA (dinars algériens, NDLR)
à 1 000 000 DA quiconque
1/ Incite, contraint ou utilise
des moyens de séduction tendant
à convertir un musulman à une autre
religion, ou en utilisant à cette fin
des établissements d’enseignement,
d’éducation, de santé, à caractère
social ou culturel, ou institutions de
formation, ou tout autre établissement,
ou tout moyen financier. 2/ Fabrique,
entrepose ou distribue des documents
imprimés ou métrages audiovisuels ou
tout autre support ou moyen qui vise
à ébranler la foi d’un musulman. » J.-M. G.
”
projet d’aéroport. D’ailleurs, et en dépit
d’un calme relatif, la situation est loin
d’être maîtrisée. Ainsi, les trois maisons
en dur qui ont été vidées de leurs squats
la semaine dernière et qui avaient été
murées ont été depuis démurées. L’une
d’elles accueille, de nouveau, des occupants illégaux qui seraient au nombre
d’une quinzaine. Par ailleurs, les principales routes, la RD 281 et la D 81, qui traversent ce territoire de bocage restent
toujours interdites d’accès. Malgré tout,
pour la préfète, « des avancées importantes ont été faites sur ce territoire », chasse
gardée des zadistes, « durant dix ans ».
Mais ce retour fragile vers la normale
peut, à tout moment, de nouveau basculer dans la violence. ■
EN BREF
Soirée Macron à Las Vegas :
Muriel Pénicaud s’est
expliquée face aux juges
La ministre du Travail,
Muriel Pénicaud, a été placée
sous le statut de témoin assisté
après plusieurs d’heures
d’audition mardi matin chez
les juges qui enquêtent sur
le déplacement controversé
organisé en 2016 pour Emmanuel
Macron à Las Vegas. La ministre
évite donc une mise en examen
dans cette enquête pour
« favoritisme et recel de
favoritisme » visant Business
France (BF), dont elle était
directrice générale à l’époque.
Trafic de crack :
cinq familles expulsées
de leur logement
Cinq familles ont été expulsées de
leur logement social dans une cité
du XIXe arrondissement de Paris
mardi matin après une décision
de justice, mettant un terme
à une lutte de dix années contre
le trafic de crack qui y sévissait.
Les ventes de drogue s’opéraient
selon un scénario élaboré par
une famille de locataires sur place
avec le concours d’autres
locataires ou de riverains. Des
jeunes mineurs ou sans-papiers
étaient employés comme
vendeurs. Les appartements
servaient de refuges.
Jusqu’à huit mois de prison
avec sursis pour
cinq militants anticorrida
Cinq militants anticorrida,
interpellés après une
manifestation devant les arènes
de Nîmes samedi, lors de la féria
de Pentecôte, ont été condamnés
mardi à des peines allant de
500 euros d’amende à huit mois
de prison avec sursis. Ils étaient
poursuivis pour dégradations de
biens ou rébellion, violences sur
des policiers et attroupement avec
armes. Dans le cadre des mesures
de sécurité qui entourent la feria
nîmoise, les manifestations
anticorrida sont frappées
d’interdiction préfectorale.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mercredi 23 mai 2018
SCIENCES
9
Explosion du
trafic d’espèces
protégées
sur Internet
NATURE Mais comment la faune sauvage
réussit-elle encore à survivre ? On sait
qu’un peu partout dans le monde ses territoires sont de plus en plus menacés,
l’homme exerçant une pression constante à laquelle vient s’ajouter celle du climat. Ce que le dernier rapport de l’ONG
Ifaw (Fonds international pour la protection des animaux) révèle, c’est l’ampleur
du trafic qui concerne désormais les espèces menacées, qu’elles soient vivantes
ou mortes. Cela fait quinze ans que l’ONG
s’intéresse à ce trafic criminel qui
concerne les animaux les plus emblématiques (les éléphants pour leur ivoire, les
rhinocéros pour transformer leurs cornes en poudre supposée aphrodisiaque)
comme ceux qui semblaient pourtant
moins populaires (serpents, grenouilles,
araignées) en passant par les tortues, les
primates, les perroquets…
L’ONG a vu exploser ces dernières années le rôle joué par Internet, le premier
marché du monde ouvert 24 heures sur
24. « Un nouvel espace virtuel où les risques de détection sont faibles et les profits
de la vente d’espèces sauvages menacées
peuvent être astronomiques », rappelle
leur rapport. Les enquêteurs se sont
concentrés sur le commerce en ligne
d’espèces menacées dans quatre pays ; La
France, l’Allemagne, la Russie et le
Royaume-Uni. En seulement six semaines la « récolte » a été particulièrement
fructueuse : « 11 772 spécimens d’espèces
sauvages menacées et en danger ont été
mis en vente via 5 381 annonces et messages diffusés sur 106 sites et quatre réseaux
sociaux pour une valeur approximative de
3,2 millions d’euros », explique le rapport.
En tête des ventes (45 %), les reptiles
dont les tortues marines et terrestres.
Viennent ensuite les oiseaux pour environ 25 %, les objets en ivoire (11 %) et
enfin des mammifères (félins, primates,
ours, rhinocéros…). « 80% des spécimens
étaient vivants ce qui prouve la popularité
des nouveaux animaux de compagnie »,
expliquent les experts.
Le problème principal sur Internet est
qu’il est très difficile de distinguer ce qui
En France, les enquêteurs de l’ONG Ifaw
ont recensé sur une vingtaine de sites
plus de 1 100 messages concernant près
de 2 000 animaux et produits animaux.
Un peu plus de la moitié de ces annonces
visaient des animaux vivants, et le reste
des objets en ivoire, ce qui fait que
la France semble être une championne
pour la vente de ces produits.
Des scientifiques américains confirment
les bénéfices de la consommation régulière
de poisson contre les maladies cardiovasculaires.
ALIMENTATION Manger régulièrement
du poisson, et notamment du poisson
gras riche en oméga 3, n’a pas seulement
des vertus pour la mémoire. C’est aussi
une façon de se protéger contre les maladies cardiovasculaires (infarctus, AVC,
mort subite, maladie coronaire) et l’hypertension, vient de rappeler l’American
Heart Association, organisme à but non
lucratif engagé en faveur de la santé cardiaque. Prendre au moins deux repas à
base de poisson par semaine a des bénéfices confirmés sur la santé, « surtout
lorsqu’il remplace des viandes riches en
graisses saturées susceptibles de boucher
les artères », explique le Pr Eric B. Rimm,
professeur de nutrition à l’école de santé
publique T.H. Chan de Harvard (ÉtatsUnis) et directeur du comité de révision
des recommandations nutritionnelles de
l’AHA. Pour rendre leurs conclusions,
les experts se sont appuyés sur des études scientifiques réalisées au cours des
décennies 2000 et 2010.
Recommandations détaillées
L’impact de la présence de mercure
dans certaines espèces de poissons n’est
pas occulté. En effet, on retrouve des
traces de ce métal lourd dans la plupart
des produits issus de la mer, mais il est
particulièrement présent dans les
grands poissons comme le requin, l’espadon, le maquereau royal, le marlin, le
thon. S’il est avéré que consommer du
mercure expose à des problèmes neurologiques sévères chez les bébés et les
jeunes enfants, chez l’adulte, les bienfaits de la consommation régulière de
poisson, notamment pour la santé cardiovasculaire, l’emportent. « Surtout si
Un cadre réglementaire
Depuis le premier rapport de Ifaw en
2008, les grandes entreprises de ventes
en lignes à travers le monde ont été sensibilisées et ont pris des engagements. Le
site eBay en fait partie. « Lorsque, en
2008, nous nous sommes intéressés au tra-
fic d’ivoire sur Internet, 40 % des ventes
dans le monde passaient par cette entreprise », se rappelle Céline Sissler-Bienvenu, directrice pour Ifaw France et Afrique
francophone. En 2016, sept entreprises
internationales se sont regroupées pour
adopter un cadre réglementaire élaboré
par trois ONG (Traffic, WWF, Ifaw). Et,
en mars 2018, ce sont 21 entreprises de
l’e-commerce et de réseaux sociaux qui
se sont engagées « pour lancer la première
coalition mondiale contre le trafic d’espèces sauvages en ligne dans le but de réduire
collectivement le commerce illicite sur leurs
plateformes de 80 % d’ici à 2020 ».
« Quand les entreprises s’engagent, ça
marche », souligne Céline Sissler-Bienvenu. « Après l’adoption de ce cadre en un
an seulement eBay a supprimé ou bloqué
La France très friande d’objets en ivoire
Double ration de
poisson pour le cœur
PAULINE FRÉOUR £@p_freour
est légal de ce qui ne l’est pas. Dans la
plupart des cas en effet, les papiers d’accompagnements comme les numéros de
certificat Cites (la convention qui régit le
commerce de la faune et de la flore sauvage menacées d’extinction) attestant de
l’éventuelle légitimité de la vente ne sont
pas présentés. Jusqu’à présent en Europe, seule la République tchèque exige ces
documents. Mais les choses commencent
à changer.
2
La législation européenne autorise
la vente d’ivoire au sein de l’UE
à condition qu’il soit antique (avant 1947
pour les objets sculptés). Encore faut-il
avoir les documents ou une certification.
Seulement « 40 % des annonces
identifiées comme ivoire authentique ou
présumé prétendaient être légales » sur
les sites français. En ce qui concerne les
N
V
OU
EA
espèces vivantes, les perroquets étaient
les animaux les plus vendus, suivis
par les tortues marines et terrestres
(tortues de Hermann et de Horsfield
notamment). Même si ces espèces sont
couramment élevées en captivité en
Europe, là encore « seulement 40 % des
annonces précisaient que les animaux
étaient vendus légalement ».
M. C.
U
PRÉSENTE
LA FRANCE
ET SES INVENTEURS DE GÉNIE !
TÉ
INVEN
ANCE
repas par semaine
EN FR
à base de poisson ont des effets
bénéfiques pour la santé
l’individu varie les espèces consommées », précise le document publié le
jeudi 17 mai dans la revue scientifique
Circulation. En revanche, l’AHA ne
conseille pas de prendre des compléments alimentaires d’oméga 3 pour prévenir les maladies cardiovasculaires,
leur efficacité n’ayant pas été prouvée.
En France, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a également publié des recommandations détaillées sur
la consommation de poisson, pour tous
les profils. Ainsi, les personnes qui n’en
mangent qu’une fois par semaine doivent privilégier les espèces grasses (sardine, saumon, maquereau, hareng,
rouget, anchois…). À deux repas de
poisson par semaine, on peut opter
pour des espèces un peu moins grasses :
la dorade, la truite, le bar, le turbot, le
flétan, le brochet. Pour un troisième repas hebdomadaire (ou plus !), il est
conseillé de choisir un poisson maigre
type thon en conserve, colin ou lieu
noir, cabillaud, merlan, sole, julienne,
raie, merlu, lotte.
Attention, les bébés, jeunes filles et
femmes enceintes doivent éviter de
consommer les poissons accumulateurs
de PCB, un perturbateur endocrinien,
ainsi que l’espadon, le marlin, ou la
lamproie. ■
plus de 25 000 annonces portant sur des
espèces sauvages qui étaient en infraction
avec ces règles ». En France, des mesures
prises avec Le Bon Coin ont permis de
faire diminuer les ventes de perroquets
gris du Gabon qui sont en voie d’extinction, même si le site n’a pas encore rejoint la coalition.
Ces avancées certaines ne peuvent toutefois pas cacher le chemin qu’il reste à
parcourir. « Il faut que ces mesures s’accompagnent de règlements par les États »,
poursuit Céline Sissler-Bienvenu, ce qui
n’est pas le cas actuellement, en instaurant notamment « une législation au niveau national et européen pour interdire
tout commerce d’ivoire travaillé, intérieur
ou international avec des exemptions limitées ». Sans compter que vendeurs et
acheteurs risquent d’être de plus en plus
tentés d’utiliser des langages codés pour
passer au travers des gouttes, voire de se
retrouver sur des sites non référencés. « Il
y a un peu plus de deux ans nous avons effectué des recherches sur ces sites. On y a
repéré quelques transactions. Nous n’avons
pas la naïveté de penser que cela nous donne une idée juste de ce qui se passe, mais
cela nous permet malgré tout d’avoir un
point “zéro” pour pouvoir faire des comparaisons plus tard », insiste la directrice
d’Ifaw France. « Les comportements criminels s’adaptent en permanence pour étudier les nouvelles possibilités d’écouler des
produits illégaux », rappelle le rapport. ■
Les Français sont fiers de compter dans
leur panthéon d’illustres inventeurs tels que
Louis Pasteur ou les frères Lumière.
Mais connaissent-ils le nom de Georges
Gauthier, l’inventeur du scooter, que tout
le monde croit italien ? Notre pays recèle de
merveilleux découvreurs dont les noms sont
souvent restés injustement méconnus.
Ces « 100 inventions » nous les remettent
en mémoire, en même temps qu’elles
témoignent de l’éternel génie de la France .
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1
MARIELLE COURT £@MarielleCourt
Un bébé orang-outan, soustrait de la forêt d’Aceh et destiné au trafic, a été saisi par les forces de sécurité de Pekanbaru,
sur l’île de Sumatra en Indonésie. ANTARA FOTO AGENCY
A
L’engagement récent des entreprises de
l’e-commerce contre les trafics d’animaux
pourrait faire diminuer les ventes illicites.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 23 mai 2018 LE FIGARO
10
SPORT
Le Havre débouté, l’AC Ajaccio délocalisé
Sanctionné à la suite
des incidents de ces
derniers jours,
le club corse reçoit
ce mercredi Toulouse
à Montpellier,
à huis clos,
en barrage L1-L2.
CHRISTOPHE REMISE £@Cremise77
FOOTBALL La Ligue de football professionnel (LFP) a tranché. Et sanctionné
l’AC Ajaccio, sans toutefois accéder aux
demandes du club du Havre en lui attribuant la victoire sur tapis vert, et donc
le droit d’affronter Toulouse, ce mercredi, au dernier tour des barrages
d’accession à la Ligue 1. Rappel des
faits. L’ACA et le HAC, pensionnaires de
Ligue 2 cette saison, devaient s’affronter vendredi dernier pour continuer à
rêver d’un billet au sein de l’élite.
Match qui avait finalement été reporté à
dimanche, sur décision préfectorale, le
bus havrais ayant été chahuté par quelques dizaines de supporteurs du club
corse à son arrivée au stade FrançoisCoty. Projectiles (le bus a été endommagé), engins pyrotechniques (fumigènes, pétards…), insultes (dont certaines
à caractère raciste, « Français de merde » et autres…)… Des scènes d’une
étonnante violence, déplorable.
Dimanche, c’est finalement Ajaccio
qui l’a emporté (2-2 après prolongation, 5-3 aux tirs au but). Et ce au terme
d’un match complètement fou, avec un
début de bagarre générale après le but
du 2-1 havrais (111e), cinq expulsions
(deux joueurs de chaque côté et le
coach corse Olivier Pantaloni) et un envahissement de terrain au moment du
but égalisateur de l’ACA (120e)… Le tout
dans une ambiance délétère, la députée
de Seine-Maritime, Agnès Firmin
Le Bodo, et le président du HAC, Vincent Volpe, ayant été exfiltrés. Ledit
Volpe a été agressé, comme le rapporte
Agnès Firmin Le Bodo, et une plainte
devait être déposée. L’ACA a fait état de
son intention de répondre par une autre
plainte pour « dénonciation calomnieuse », alors que le vice-président du club
corse, Alain Orsoni, a annoncé lundi sa
démission du conseil d’administration
Bousculades entre Havrais et Ajacciens, dimanche soir en Corse, après le but inscrit par l’attaquant normand Jean-Philippe Mateta
lors du match de pré-barrage d’accession en Ligue 1. PASCAL POCHARD-CASABIANCA/AFP
de la LFP, dénonçant « un lynchage médiatique ». Terme repris par le SC Bastia, relégué en 4e division l’été dernier.
« Une fois de plus, pour ne pas dire une
fois de trop, le football corse est traîné
dans la boue. Et, à travers lui, c’est la
Corse entière qui est bafouée », analyset-on au Sporting.
Le président du Conseil
exécutif de Corse, Gilles
Simeoni, a évoqué un
« climat d’hystérie anticorse » et dénonce des
« pressions politiques
venues du plus haut
niveau de l’État »
Même son de cloche du côté des élus
de l’île de beauté, à l’image du président
du Conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, lequel évoque un « climat d’hystérie anti-corse » et dénonce des « pressions politiques venues du plus haut niveau
de l’État ». Dans le même temps, d’autres
s’indignent du manque de dureté des
sanctions, avec par exemple cet édito de
L’Équipe, « Lâchetés », dans lequel on
fustige la « stratégie couarde et silencieuse des dirigeants de la Ligue de football
professionnel, suscitant un sentiment de
honte et de désolation. »
À noter qu’aucune des plaintes précédemment évoquées n’a, au moment
d’écrire ces lignes, été déposée. En revanche, le procureur de la République
d’Ajaccio, Éric Bouillard, a ouvert mardi plusieurs enquêtes de sa propre initiative, comme nous l’apprend l’AFP.
La première vise le caillassage du bus et
les injures racistes de vendredi. Une
deuxième investigation porte sur le
coup dans le dos reçu par Vincent Volpe. Enfin, une troisième enquête porte
sur le jet d’un fumigène pendant le
match.
De son côté, le club havrais a joué son
va-tout lundi, réclamant la victoire sur
tapis vert, avec la Ligue qui ne tardait pas
à annoncer une session extraordinaire de
la commission des compétitions et de la
commission de ciscipline pour ce mardi
(11 h et 13 h). Réunions qui ont abouti au
rejet de la requête normande. « Rien ne
permet de donner match perdu à l’AC
Ajaccio », assure-t-on dans un communiqué de la LFP. L’ACA n’est pas sorti
d’affaire pour autant… « Au vu de la gravité des faits, la commission de discipline a
décidé de placer le dossier en instruction et
Pouille : « Sortir sans
regret d’un match
à Roland-Garros »
de progresser. La finale de la Coupe Davis m’a fait du bien, comme la défaite en
demi-finale m’avait fait du bien (contre
le Serbe Dusan Lajovic). Ce jour-là, je
n’avais pas réussi à gérer mes émotions.
J’ai réussi en finale à ne pas reproduire
les mêmes erreurs.
Entretien avec le numéro 1 français
à quatre jours du Grand Chelem parisien.
PROPOS RECUEILLIS À MONACO PAR
ROMAIN SCHNEIDER rschneider@lefigaro.fr
A
TENNIS Le numéro 1 français a connu un
printemps sur terre battue maussade (1 victoire et 4 défaites), signant la semaine dernière à Rome sa première victoire depuis le
3 mars. En manque de confiance, le joueur
de 24 ans n’aborde pas le deuxième Grand
Chelem de l’année dans les meilleures dispositions. Le Figaro avait longuement rencontré le 16e mondial lors du Rolex MonteCarlo Masters, mi-avril. L’occasion pour le
Nordiste d’évoquer son rapport au tournoi
parisien, où il n’a pas encore dépassé le
3e tour et où sa performance sera forcément
scrutée alors que le tennis masculin français
tire la langue ces dernières semaines.
LE FIGARO. - Que représente pour vous
Roland-Garros ?
Lucas POUILLE. - J’ai commencé le tennis
en regardant la Coupe Davis et RolandGarros. On avait fait le déplacement en car
avec mon club la première fois où j’y suis
allé. C’était dans le cadre du défi Tecnifibre qui se déroulait au CNE. On disputait le
championnat de France des 10 ans… Cela a
toujours été un rêve de disputer ce tournoi. C’est celui que je préfère et que j’attends toujours avec impatience.
Est-ce le Grand Chelem que vous rêvez
de gagner ?
Sans hésiter, oui. Si j’avais un Grand Chelem à choisir, c’est Roland-Garros que
j’aimerais gagner en priorité. Je n’aimais
pas trop le Central, au début, car il est immense, et c’est difficile d’y trouver des repères. L’an dernier, je me suis beaucoup
entraîné dessus. J’y ai joué mes deux premiers matchs et j’ai beaucoup aimé les
sensations que j’ai eues sur ce court.
Quel regard portez-vous sur votre
élimination au 3e tour la saison dernière
et ces crampes de stress contre RamosVinolas ?
Quand on approche le 3e et le 4e tour, il y a
des très bons joueurs en face. Et puis, il y a
la gestion des émotions, car l’attente de
l’extérieur est plus importante à
Roland-Garros qu’ailleurs. J’avais beaucoup d’attentes de mon côté également.
J’avais trop d’envie, peut-être.
Quel serait un Roland-Garros réussi ?
J’aimerais sortir d’un match à RolandGarros sans regret. Me dire que j’ai perdu
à cause du jeu, pas sur un problème physique ou autre.
Pensez-vous avoir progressé
dans la gestion des émotions ?
Lucas Pouille, (ici le 15 mai, lors
du tournoi de Rome) arrive à RolandGarros en manque de confiance.
A. BALDASSARRE/INSIDE/PANORAMIC
Oui. J’estime avoir beaucoup progressé
et avoir grandi à ce niveau-là. La victoire
en finale de Coupe Davis m’a ouvert les
yeux sur pas mal de choses. Dans un
match décisif devant 27 000 personnes
(remporté contre le Belge Steve Darcis,
NDLR), j’étais largement favori sur le
papier et j’ai réussi à parfaitement gérer
mes émotions. Tout comme en quart de
finale cette année contre l’Italie (il a
remporté ses deux rencontres début avril).
C’est là où les meilleurs font la grande
différence, et c’est là-dessus que j’essaie
EN BREF
de suspendre le stade François-Coty à titre conservatoire. La rencontre AC Ajaccio- Toulouse FC se déroulera donc le
mercredi 23 mai à 20 h 45 à huis clos dans
un stade qui sera déterminé dans les prochaines heures par la LFP », ajoute-t-on.
En l’occurrence, c’est au stade de la
Mosson, habituel terrain de jeu du Montpellier-Hérault SC, que doit se dérouler
la partie, ce barrage aller d’accession en
Ligue 1 contre le TFC.
En plus de ses supporteurs et de son
stade, l’ACA devra se passer, face au 18e
de la L1, d’Olivier Pantaloni, Mathieu
Coutadeur et Joris Sainati, tous exclus
dimanche, mais aussi de Faiz Selemani,
suspendu à titre conservatoire pour un
coup porté au Normand Jean-Philippe
Mateta. Avant d’autres sanctions qui
pourraient tomber jeudi, lors de la session hebdomadaire de la commission de
discipline. Quoique Le Havre ne désarme pas, « poursuit son combat et fait appel » des décisions du jour. « Les joueurs
et les membres du staff ciel et marine,
quant à eux, maintiennent leur entraînement, prévu cet après-midi (mardi) »,
peut-on lire dans un bref communiqué.
Le feuilleton n’est pas terminé, et il doit
déjà sembler long du côté de Toulouse.
Le barrage retour est programmé dimanche, au Stadium. ■
Travaillez-vous cet aspect
spécifiquement ?
Je discute beaucoup avec
Manu Planque (son coach).
Quand j’étais plus jeune, j’ai
perdu plein de matchs à
cause du stress. Si on exprimait notre peur de mal faire
à nos entraîneurs, on nous
disait : “T’es un mouilleur.”
La première personne qui
m’a dit que c’était normal
d’avoir peur quand j’entre
sur un terrain, c’est Manu
Planque. J’ai attendu d’avoir
18 ans pour qu’on me le dise,
alors que je jouais depuis dix
ans ! Le stress est présent
chez tous les joueurs. Il s’exprime différemment. Même
les tout meilleurs en ont.
Après, ils le gèrent mieux
que les autres…
Rugby : Parra, Fofana et
Médard de retour en bleu
Jacques Brunel a dévoilé les noms
des 32 joueurs retenus pour la
tournée de juin du XV de France
en Nouvelle-Zélande. À noter les
retours en bleu de Parra, Plisson,
Fofana, Médard ou encore Maestri.
Guy Novès réclame 2,70 M€
pour son licenciement
Limogé fin décembre, l’exsélectionneur du XV de France
avait rendez-vous mardi devant le
conseil des prud’hommes pour une
audience de conciliation avec la
FFR. Elle a abouti à un PV de nonconciliation, Guy Novès réclamant
2,70 M€ au regard du « préjudice
moral et de notoriété ».
Cyclisme : Yates toujours
en rose au Giro, Pinot recule
L’Australien Rohan Dennis (BMC)
a remporté à Rovereto la 16e étape
du Tour d’Italie. Simon Yates
(Mitchelton, 22e à 1 min 37 s)
conserve le maillot rose de leader.
Thibaut Pinot (Groupama-FDJ,
66e à 3 min 19 s) glisse à la 5e place
du classement général.
mental et sur la gestion des émotions. On
n’a fait qu’une semaine pour le moment
en Australie. Mais ça a été très positif.
Comment jugez-vous vos difficultés dans
les Masters 1000 et les Grands Chelems,
depuis vos quarts de finale à Wimbledon
et à l’US Open en 2016 ?
En 2017, je fais une saison très moyenne. Il
y a eu des hauts et des bas. Je
gagne en effet peu de matchs
en Masters 1000 et en Grand
Chelem. Finir 17e mondial, ce
n’est pas une saison réussie.
J’ai tellement envie de bien
1994
faire que je me suis mis une
Naissance à Grandepression supplémentaire inuSynthe.
tile sur ces gros tournois. Il
2012
faut arriver sur le terrain léDébuts professionnels. ger. Ce n’est pas la peine de
2016
rajouter de la pression qui
1er titre (à Metz) ;
vient naturellement. Cela de5 titres à ce jour.
vient alors compliqué d’être
2017
libre sur le terrain…
Lauréat de la Coupe
Davis.
Quelles sont vos ambitions
2018
pour la suite de cette année
Entre dans le Top 10
2018 ?
(10e) du classement
L’objectif, c’est de ne pas
ATP en mars ;
faire seulement une appari16e ce lundi.
tion une semaine dans le
Bio
EXPRESS
Avez-vous recours à un préparateur
mental ?
Non. J’ai pleine confiance en Manu. S’il y
a une personne qui peut m’aider, c’est lui.
Quand j’ai confiance en une personne,
c’est cette personne que j’écoute, pas besoin d’avoir 50 avis différents derrière.
Comme à l’Open d’Australie, vous allez
toutefois être épaulé par l’Allemand
Tommy Haas (ancien numéro 2 mondial)
comme consultant durant ce RolandGarros. D’où vous est venue l’idée?
C’est une démarche personnelle. J’ai estimé qu’il pouvait m’aider sur le plan
top 10 (il a été classé 10e le
19 mars). Ce qui compte, c’est de finir
l’année dans le top 8 et de disputer le
Masters à Londres après Paris-Bercy.
Quand Tsonga et consorts prendront
leur retraite, vous allez vous retrouver
bien seul au sommet du tennis français…
On verra. J’espère que d’autres Français
arriveront et que l’on se tirera la bourre
tous ensemble. J’essaie d’abord de lutter
avec les Zverev, Thiem ou Kyrgios.
L’émulation vient de là. Numéro 1 français, c’est anecdotique. L’objectif reste
d’avoir de gros résultats sur les plus gros
tournois du monde. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 23 mai 2018
LE CARNET DU JOUR
Les annonces sont reçues avec justification d’identité
par téléphone au
01 56 52 27 27
deuils
Mme Gilles Avril,
née Monique Vibert,
son épouse,
par télécopie au
01 56 52 20 90
par e-mail : carnetdujour@media.figaro.fr
en nos bureaux : 14 boulevard Haussmann, 75009 Paris,
sur notre site : www.carnetdujour.lefigaro.fr
Ta
Dominique Avril,
Marie-Christine et Dominique
de Blignières,
Stéphanie et Emmanuel
Pradere,
ses enfants et beaux-enfants,
ses onze petits-enfants
et ses trois
arrière-petits-enfants
ont la tristesse
de faire part du décès de
M. Gilles AVRIL
vendre
survenu le 19 mai 2018.
Naissances,
Saint-Valentin,
Commémoration, Souvenirs,
Adoptions,
Noces,
Signatures,
Baptêmes,
Fiançailles,
Communications
diverses,
Vœux,
Mariages,
Conférences,
Deuils,
Anniversaires,
Thèses,
Condoléances,
Centenaires,
Portesouvertes,
Remerciements,
Ordination,
FêtedesMères,
Distinctions,
FêtedesPères,
Nominations,
Messeset
anniversaires,
Vœux
monastiques.
e
om
son
le
om
exte oi om
Officesreligieux,
Départsenretraite,
Prised’habit,
Jubilé,
Jubilésacerdotal,
Les annonces sont reprises sur
Téléphone abonnements
01 70 37 31 70
Les Associations Familiales
Catholiques (AFC)
organisent une conférence
A l'occasion
du 100e anniversaire du
soldat Joseph Dupraz
créé par
Charles-Ferdinand Ramuz
et Igor Stravinsky,
(conte musical
et philosophique),
venez écouter
la version nomade
en l'église Sainte-Rosalie,
50, boulevard Auguste-Blanqui,
Paris (13e), le samedi
26 mai 2018, à 20 heures.
Participation à prévoir.
conférences
Diversifier son patrimone
S'implanter ou investir
à Miami
À Paris (16 ) se tiendra
une conférence
sur le marché immobilier
de Miami,
ses meilleures opportunités
en 2018 et ses aspects fiscaux.
e
Animée par
Adam Redolfi,
directeur Barnes Miami
et Me Stéphanie Paillard,
avocat fiscaliste,
et suivie d'un cocktail,
le jeudi 24 mai 2018,
à 18 h 30,
au Sofitel, salle Trocadéro,
88 bis, avenue Kléber,
Paris (16e).
Inscription gratuite
et obligatoire :
Marion Garnier
m.garnier@
barnes-international.com
téléphone : 06 22 51 20 73.
Le docteur Paul Ben Aïm,
son époux,
Franck, Laurence et Alexandre,
ses enfants,
ainsi que leurs conjoints,
Bruno Krief,
Barbara Lempel,
Elias, Salomé, Maceo,
ses petits-enfants,
on on
www.carnetdujour.lefigaro.fr
www.dansnoscoeurs.fr
concerts
La cérémonie religieuse
sera célébrée en l'église
Saint-Martin, à Biarritz,
le vendredi 25 mai, à 14 h 15.
Chrétiens et politique :
comment s'engager ?
le jeudi 24 mai 2018,
à 19 heures,
à l'Institut catholique de Paris,
74, rue de Vaugirard, Paris (6e),
avec Rémi Brague,
Edouard Tétreau
et Valérie Boyer.
Entrée libre. Renseignements
et inscription sur
http://www.afc-france.org/
Les minorités créatrices
changent le monde.
Benoît XVI.
Henri Frajder,
son frère,
tous ses amis
ont la douleur
de vous faire part du décès du
docteur Nicole BEN AÏM
née Frajder,
dans sa 83e année,
le 21 mai 2018,
à l'hôpital Sainte Périne,
Paris (16e).
vous invite à deux conférences
avec
Raphaëlle Ziadé
responsable du département
byzantin du Petit Palais, à Paris,
Marie-Madeleine,
apôtre des apôtres
le mardi 29 mai 2018, à 19 h 30,
Gérard Leclerc
journaliste, philosophe
et essayiste,
Mai 1968 - mai 2018 :
où sont les pères ?
le mercredi 30 mai, à 19 h 30.
Entrée libre,
réservation préalable
au 01 44 71 07 72 ou par courriel
galerie.guillaume@wanadoo.fr
32, rue de Penthièvre, Paris (8e).
www.galerieguillaume.com
Une conférence
s’annonce toujours dans Le Figaro
Mme Pierre FOURNIER
née Chantal Bertin,
le 19 mai 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le vendredi 25 mai, à 10 heures,
en l'église Sainte-Cécile,
44, rue de l'Est,
à Boulogne-Billancourt.
M. Franque,
sœur Sibylle, csj,
M. et Mme
Jean-Emmanuel Franque,
M. et Mme
Xavier de Villanfray,
ses enfants,
Anaïs et Eugénie,
Colombe, Jean,
Jacques et Louis-Marie,
ses petits-enfants,
confient à votre prière
Mme FRANQUE
née Anne-Françoise
Desgrees du Loû,
« Tynane »,
rappelée à Dieu le 20 mai 2018,
au matin de la Pentecôte.
La messe sera célébrée
le jeudi 24 mai, à 11 heures,
en l'église de Pleugueneuc
(Ille-et-Vilaine).
Cet avis tient lieu de faire-part.
Ni fleurs ni couronnes.
le comte Roland de Longevialle,
son frère,
ses enfants et petits-enfants,
Cet avis tient lieu de faire-part.
M. Thomas Courteaud,
son père,
Mme Carmen Sonnois,
sa mère,
ses grands-parents,
sa famille
et tous ses amis
célèbreront
dans la douceur et la lumière,
le 23 mai 2018,
les funérailles, de
Notre belle petite parisienne
envolée à l'âge de 15 ans.
Olivier de Longevialle,
Emmanuel de Longevialle,
ses enfants,
Rémi, Antoine, Nathalie,
Solal et Rose,
ses petits-enfants,
Zachary,
son arrière-petit-fils,
ont le grand chagrin
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Guy
comte de LONGEVIALLE
le 18 mai 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée le jeudi 24 mai,
à 14 h 30, en l'église
Saint-François-Xavier,
Paris (7e),
suivie de l'inhumation
au cimetière de Villeconin
(Essonne).
Brive. Paris.
Sylvette Vanneau-Pasturel,
son épouse,
a la grande tristesse
de vous faire part du décès du
général (2S)
André PASTUREL
survenu le 18 mai 2018.
La cérémonie religieuse
aura lieu le jeudi 24 mai 2018,
à 14 h 30, en la collégiale
Saint-Martin de Brive,
suivie de l'inhumation
au cimetière de Dijon.
Bernard et Jeannette Perrette,
Yves et Marie-France Perrette,
Jean et Virginie Perrette,
Monique Perrette,
Cécile et Jean-Claude Grison,
ses frères, sœurs,
son beau-frère,
ses belles-sœurs,
ses neveux et nièces
et toute la famille
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Mme Renée
PERRETTE-VARNIER
survenu à l'âge de 90 ans,
le 17 mai 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée le vendredi
25 mai, à 14 h 30, en l'église
de Saint-Briac-sur-Mer, suivie
de l'inhumation au cimetière.
Catherine et Pierre
Laperche de Crozals,
Hervé et Léna Pilliard,
Agnès Rambaud Pilliard,
ses enfants,
Valentine et Telmo Rodriguez,
Eglantine Laperche de Crozals,
Constance et Fernando
Gutierrez,
Jean Pilliard (†),
Charlotte et Alexandre
Couturier,
Julie et Cyril Texier,
Camille et Laurent Busseau,
Marguerite et Alexis Maugey,
Paul Rambaud,
ses petits-enfants,
Pablo, Mateo, Olivia, Maia,
Colette, Clara, Lelio, Alice,
Margaux et Malo,
ses arrière-petits-enfants,
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Jean Louis PILLIARD
commandeur
de la Légion d'honneur,
commandeur
de l'ordre national du Mérite,
croix de guerre 1939-1945,
médaille
des engagés volontaires,
survenu le 19 mai 2018.
72, rue du Cherche-Midi,
75006 Paris.
Beauvoir, rue Jean-Vasnier,
14510 Houlgate.
Mme Bertrand
Magon de la Villehuchet,
née Martine Glasser,
sa femme,
Françoise de Changy,
Michel et Ghislaine de Place,
Xavier de Place,
Béatrice et Louis-René
de Gigord,
Antoine et Dominique de Place,
ses enfants,
La cérémonie religieuse
aura lieu le lundi 28 mai,
à 14 h 30, en l'église
d'Houlgate (Calvados),
suivie de l'inhumation
au cimetière d'Houlgate.
Philippe DECLÉTY
Sylvie et Stanislas de Larminat,
Guillaume et Isabelle
d'Eyssautier,
Véronique et Serge
de Beaufort,
ses enfants,
Frédéric et Anne-Laure,
Sébastien et Camille,
Louis-Robert et Ségolène,
Gonzague et Marie,
Aliénor et Steven,
Nathalie et Sébastien,
Olivia et Nicolas,
Bertrand et Claire,
Philippine et Julien, Edouard,
ses petits-enfants,
font part avec tristesse
du rappel à Dieu de
Mme Jean d'EYSSAUTIER
née Eliane Verdet-Kléber,
le 20 mai 2018.
Le culte d'action de grâces
sera célébré en l'église
de Saint-Etienne-du-Grès
(Bouches-du-Rhône),
le samedi 26 mai, à 9 h 30,
suivi de l'inhumation
au cimetière.
Je monte vers mon Père,
votre Père; vers mon Dieu,
votre Dieu.
Jean 20, 17.
« La Pascaline »,
5, chemin de l'Oratoire,
13210
Saint-Rémy-de-Provence.
ses 15 petits-enfants,
ses 25 arrière-petits-enfants
Stéphane et Pierre Monnier,
Bénédicte Darblay,
Marie et David Vital-Durand,
ses belles-filles et leurs maris,
ainsi que leurs enfants,
Zoé, Lou, Oscar, Léah (†),
Alice, Olga, Léon, Luna, Basil,
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
ont la tristesse de faire part
de la disparition de
le 20 mai 2018,
à l'âge de 101 ans.
Bertrand
MAGON de la VILLEHUCHET
le 18 mai 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le vendredi 25 mai,
à 10 h 30, en l'église
Saint-François-Xavier,
place du Président-Mithouard,
Paris (7e).
Laurent et Marc Michard
et toute leur famille
ont la tristesse de faire part
du décès de
Jean-Alex MICHARD
ancien directeur général
de l'Irsid,
ancien directeur de la
recherche d'Usinor Sacilor,
chevalier
de la Légion d'honneur,
survenu le 15 mai 2018,
à l'âge de 91 ans.
Les obsèques ont eu lieu
dans l'intimité.
née Dansette,
La cérémonie religieuse
aura lieu le vendredi
25 mai 2018, à 10 h 45,
en l'église Saint-Martin de
Sucy-en-Brie (Val-de-Marne).
Gérard Pollet,
son époux,
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Christian et Laétitia
Magon de la Villehuchet,
son fils et sa belle-fille,
Paul, Gaspard, Julien, Joseph,
ses petits-fils,
Françoise POLLET
décédée le lundi de Pentecôte,
21 mai 2018, à l'âge de 85 ans.
Annika et Eric C haurand,
sa fille et son gendre,
Mélanie, Olivia, Cécile,
ses petites-filles,
Ni fleurs ni couronnes.
La cérémonie religieuse
aura lieu
en l'église d'Orgeval (Yvelines),
le vendredi 25 mai, à 10 heures.
Le Seigneur a accueilli
dans Sa Lumière,
Saint-Briac-sur-Mer.
Viroflay (Yvelines).
Ni fleurs ni couronnes,
des dons à Solidarités
Nouvelles face au Chômage,
51, rue de la Fédération,
75015 Paris.
survenu le 20 mai 2018,
à l'âge de 91 ans.
« Aimer, c'est s'oublier
soi-même, pour chercher
toujours le bonheur des autres. »
L'inhumation se fera
le samedi 26 mai, à 14 h 30,
dans le caveau familial
du cimetière d'Herseaux
(Belgique).
Jean-Loup et Sabine Decléty,
Jean-Marc et Corinne Decléty,
Jean-François Decléty
et Laurence Maujean,
ses enfants,
ses 12 petits-enfants,
leurs conjoints
et ses 5 arrière-petits-enfants
ses 30 arrière-petits-enfants
Tél. 01 56 52 27 27 • Fax. 01 56 52 20 90
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www.carnetdujour.lefigaro.fr
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
La comtesse de Longevialle,
née Thérèse-Anne
de Langsdorff,
son épouse,
François-Xavier de Boissoudy
la Galerie Guillaume
M. Pierre Fournier,
son époux,
Stéphanie et Nicolas Frezouls,
Arnaud Fournier,
ses enfants,
Romane, Quitterie, Valentin
Frezouls,
ses petits-enfants,
M. et Mme Pierre Bertin,
M. et Mme Yves Bertin,
ses frères et belles-sœurs,
La cérémonie religieuse
sera célébrée au cimetière
parisien de Bagneux,
le vendredi 25 mai, à 14 heures.
Mlle Marianne
COURTEAUD SONNOIS
Avant la fin de l'exposition
« Paternité » de
11
Mme Yves de PLACE
née Marie-France
du Paty de Clam,
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le vendredi 25 mai 2018,
à 14 h 30, en l'église
Notre-Dame-d'Auteuil,
Paris (16e).
Son épouse,
Odile de Reynal,
sa mère,
Anne-Marie de Reynal,
Florent et Morgane,
Delphine et Laurent,
Stéphane et Séverine
ainsi que ses petits-enfants,
ses frères et sœurs
et toute sa famille
font part du rappel à Dieu de
Thierry
de REYNAL de SAINT-MICHEL
le 20 mai 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
en l'église Saint-Léon,
1, place du Cardinal-Amette,
à Paris (15e),
le jeudi 24 mai 2018, à 14 h 30.
De la part de
Laurent et Hélène
Pollet-Abiven,
Eric Pollet (†),
Gilles et Inès Pollet-Delesalle,
Hugues et Anne Pollet-Leduc,
ses enfants,
ses petits-enfants
et tous ceux qui l'ont connue
et aimée.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Saint-Briac-sur-Mer.
Nous sommes priés
de vous faire part du décès du
comte Hubert ROLLAND
de CHAMBAUDOIN
d'ERCEVILLE
survenu à l'âge de 61 ans.
De la part de
la comtesse Bernard Rolland
de Chambaudoin d'Erceville,
sa maman,
Pascale et Jean
Dufourmantelle,
Isabelle-France et Philippe
Joncquez,
ses sœurs et beaux-frères,
ses neveux et nièces
et toute la famille.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le vendredi 25 mai 2018,
à 10 h 30, en l'église
de Saint-Briac-sur-Mer.
Il a plu à Dieu
de rappeler à Lui,
Henri TARDY
le 21 mai 2018,
à l'âge de 91 ans.
Jacqueline Tardy,
née Chavagnac,
son épouse,
Emmanuelle, Anne-Christine,
Caroline et Sophie,
ses filles,
ses gendres,
ses 13 petits-enfants
et son arrière-petit-fils
vous prient d'assister
ou de vous unir d'intention
à la cérémonie religieuse
qui aura lieu le vendredi 25 mai,
à 14 heures, en l'église
Saint-Maurice-de-Bécon,
218, rue Armand-Silvestre,
à Courbevoie
(Hauts-de-Seine).
Christian Treuer,
son époux,
Cassian et Saskia,
ses enfants,
Catherine et Jean-Louis
Flageul,
ses parents,
Romain,
Erwan et Alison,
ses frères et sa belle-sœur,
Elisabeth et Marcus
Treuer-Felder,
Georges Treuer,
ses beaux-parents,
Alain et Claire Treuer,
Patrick et Jessica Treuer,
Olivier et Daniela Treuer,
ses beaux-frères
et belles-sœurs,
ont la douleur
de vous faire part du décès de
Justine TREUER-FLAGEUL
le 16 mai 2018, à Paris,
à l'âge de 31 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée dans l'intimité,
en l'église Saint-Michel,
à Grimaud (Var),
le jeudi 24 mai, à 14 heures.
Pornichet (Loire-Atlantique).
Mme Géraldine
Segond-Beigbeder,
sa fille,
Phoebe, Hadrien
et India Beigbeder,
ses petits-enfants,
M. Bernard Lingeman,
son frère,
Mlle Claude Segond,
sa belle-sœur,
ont la douleur
de faire part
du rappel à Dieu de
Mme Pierre-Bernard SEGOND
née Delphine Lingeman,
le 20 mai 2018,
dans sa 92e année.
La cérémonie religieuse
sera célébrée le jeudi 24 mai,
à 14 h 30, en l'église
Notre-Dame-de-Grâcede-Passy, Paris (16e).
Une bénédiction aura lieu
le vendredi 25 mai, à 15 heures,
en l'église de Saint-Sulpicede-Favières (Essonne),
suivie de l'inhumation
dans l'intimité familiale.
Laurence Stasser,
sa fille,
Claude et Bertrand
de Courrège d'Ustou,
Marie-Lorraine et Jean-Pierre
Salin,
Agnès et Hubert Hibon,
Tanneguy et Marie-José
de Vuillefroy de Silly,
Christian et Myriam
de Vuillefroy de Silly,
ses enfants,
ses 19 petits-enfants
et leurs conjoints,
ses 47 arrière-petits-enfants
et leurs conjoints,
ses 3
arrière-arrière-petits-enfants,
Mlle de Vuillefroy de Silly,
sa belle-sœur,
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Addy
de VUILLEFROY de SILLY
née Cayet,
le 21 mai 2018,
dans sa 104e année, dans
l'espérance de la Résurrection.
La cérémonie religieuse
sera célébrée le jeudi 24 mai,
à 10 h 30, en l'église
Notre-Dame-des-Dunes,
à Pornichet,
suivie de l'inhumation
au cimetière de Sarzeau
(Morbihan), à 15 heures.
Violette et Théodore Quiriny,
ses petits-enfants,
Anne Samson,
sa compagne,
ont la profonde tristesse
de faire part du décès de
Michel STASSER
survenu à Bruxelles,
le 19 mai 2018.
Le service religieux
sera célébré
en l'église Notre-Damede-l'Annonciation,
place Brugmann,
à Ixelles (Bruxelles),
le jeudi 24 mai, à 10 heures.
Rue des Glands 21,
B-1190 Bruxelles.
M. Didier Truchot,
son fils,
ses petits-enfants,
Alix, Noël, Julie, Louis
et Jeanne,
et ses proches
ont la tristesse
de faire part du décès de
Mme Denise
TRUCHOT-FOUGEROUSE
le 17 mai 2018,
dans sa 94e année.
L'inhumation aura lieu au
cimetière parisien de Bagneux,
45, avenue Marx-Dormoy,
le jeudi 24 mai, à 15 heures.
Ses enfants et petits-enfants
ont la douleur
de faire part du décès de
Mme Jeanne ZBIROU
le 21 mai 2018, à l'âge de 96 ans.
Les obsèques auront lieu
au cimetière du Montparnasse,
à Paris (14e),
ce mercredi 23 mai, à 13 heures
La levée de corps se fera
à 12 h 15, au 120, avenue
de Suffren, Paris (15e).
condoléances
Antonio Tajani,
président du
Parlement européen
a appris avec émotion
le décès de
Nicole FONTAINE
présidente
du Parlement européen
de 1999 à 2002.
Au nom du Parlement européen
il exprime sa reconnaissance
à l'ancienne présidente
de l'Institution et adresse
ses sincères condoléances
à sa famille et à ses proches.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 23 mai 2018 LE FIGARO
12
CHAMPS LIBRES
ENQUÊTE
FRANÇOIS BOUCHON/LE FIGARO
Gérald Darmanin
et Bruno Le Maire
(au centre, de gauche
à droite) entourés
de leur directeur
de cabinet respectif,
Jérôme Fournel
(à gauche),
et Emmanuel Moulin
(à droite).
Moulin et Fournel,
les deux vigies de Bercy
Guillaume Guichard
gguichard@lefigaro.fr
et Anne de Guigné
adeguigne@lefigaro.fr
our de consécration pour deux hommes de
l’ombre. Après dix ans sous la surveillance
de Bruxelles, la France quitte officiellement, ce mercredi, le club des mauvais
élèves européens en matière de déficit.
Une victoire symbolique pour Emmanuel
Moulin et Jérôme Fournel, les directeurs de
cabinet du ministre de l’Économie et des Finances
Bruno Le Maire et de celui de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin. Il y a encore quelques
mois, le blanc-seing de la Commission européenne
n’était pas acquis. Et les deux chefs d’orchestre de la
grande maison Bercy ont eu leur lot de sueurs froides en tentant de colmater les finances publiques
françaises l’année dernière.
« Il faut être zen ! », sourit Jérôme Fournel. Face
au stress, ils ont développé la même arme, l’humour, qui leur permet de ne pas lâcher grand-chose
sur le fond. Alexis Kohler, le secrétaire général de
l’Élysée, et ancien directeur de cabinet d’Emmanuel
Macron à Bercy, apprécie en connaisseur. « L’un
comme l’autre ont une qualité très importante : ils ont
beaucoup de recul sur ce qu’ils font, juge-t-il. C’est
essentiel pour bien réagir à ce que disent les administrations. À leurs postes, il faut avoir une vision globale
de la cohérence de tout ce que le gouvernement fait. »
« Emmanuel est calme en toutes circonstances, jamais rien ne le déstabilise », soutient Bruno Le Maire. Ce père de quatre enfants, de dix à vingt ans, originaire de l’ouest parisien était, il faut dire, aux
premières loges – au cabinet de Christine Lagarde
puis à l’Élysée avec Nicolas Sarkozy – au cœur de la
crise financière de 2008 à 2012.
J
Bruno Le Maire,
aux Finances, et Gérald
Darmanin, aux Comptes
publics, cohabitent
sans heurt à Bercy.
Une situation inédite.
Leurs deux directeurs
de cabinet, amis
de vingt-cinq ans,
œuvrent à cette entente
cordiale.
Des parcours parallèles
Ces deux jeunes quinquas (Jérôme Fournel est né en
1967, Emmanuel Moulin en 1968) portent des responsabilités gigantesques, sous la supervision pointilleuse de l’Élysée. À l’interface entre administration et politique, ils pilotent les administrations,
épaulent leurs ministres, arbitrent les conflits… Les
journées démarrent très tôt, les réunions s’enchaînent, pendant que s’entassent dans les parapheurs
notes techniques, courriers d’élus, propositions de
nominations… Pour la seule journée de vendredi
dernier, dix-huit notes du Trésor sont tombées dans
la bannette d’Emmanuel Moulin. Le dircab doit tout
vérifier et signer, ce qui mobilise les soirées jusque
tard dans la nuit et une bonne partie du week-end.
« Il faut injecter des idées, être créatif, se dégager un
minimum de temps pour voir du monde », précise Jérôme Fournel, qui ne tranche jamais un sujet sans
avoir vu toutes les parties prenantes. La méthode
paie ! « Jérôme est quelqu’un de très créatif. Il est capable de trouver une solution à des problèmes insolubles », juge son ancien patron, Bruno Le Maire.
Purs produits du sérail de la haute administration, les deux dircabs se connaissent depuis vingtcinq. Dans leurs jeunes années, à la sortie de l’Ena,
ils planchaient chacun sur des sujets transport, Emmanuel Moulin au Trésor, Jérôme Fournel au Bud-
A
Plus joueur que le chat de Darmanin
Cette sérénité ne vire pas au détachement, loin de
là ! Sur les réseaux sociaux, le « dircab » répond du
tac au tac à ceux qui critiquent son ministre. Il n’hésite pas non plus à appeler en direct les journalistes
jugés de mauvaise foi. Son voisin du cinquième étage – le ministre du Budget est classiquement installé
un étage en dessous de celui des Finances – peut
aussi sortir de ses gonds. Son entourage connaît ses
colères, parfois jouées pour remporter une négociation. « Même mon chat est moins joueur que mon dircab », s’amuse Gérald Darmanin, qui a adopté en
arrivant à Bercy un jeune félin de la SPA de Tourcoing. Mais, s’il est vraiment fâché, le Lyonnais refuse de répondre à ses interlocuteurs pendant quelques jours !
« Il n’est pas fait sur le modèle du haut fonctionnaire qui pense que le reste du monde est médiocre et n’a
pas besoin d’avoir raison à tout prix, tout le temps »,
observe son ami Stéphane Brimont, ancien des cabinets Raffarin et président France de Macquarie
Infrastructure and Real Assets. Car ce père de trois
enfants a dû lui aussi affronter des vents contraires.
En tant que conseiller budgétaire de Luc Ferry, à
l’Éducation nationale, il doit faire accepter la réforme Fillon des retraites aux puissants syndicats de la
maison. À Matignon, époque Villepin, à la tête de la
cellule économique, il lance la « conférence nationale des finances publiques ». Un format qui rappelle
l’opération macronienne « Action publique 2022 ».
Les deux super technos semblent faire l’unanimité. Le charme du pouvoir joue, bien sûr. Tout juste
évoque-t-on leurs mines épuisées. « Tiendront-ils
tout le quinquennat ? », s’interroge le petit monde
parisien. Leurs amis évoquent aussi de joyeuses
personnalités. « Tous les deux sont de bons vivants,
ils aiment la bonne bouffe, le vin. La vie, quoi ! »,
condense Bruno Le Maire, qui avait travaillé avec
Jérôme Fournel à Matignon. Alexis Kohler, ami avec
Emmanuel Moulin depuis leur rencontre dans un
cercle de rocardiens à Sciences Po, le club Opinions,
a des souvenirs émus de leurs années communes au
Club de Paris. « Je me souviens de nos voyages au Liban, en 2004, pour négocier la dette irakienne, raconte-t-il. Lors d’une après-midi de libre, nous
étions allés chez un pépiniériste nous acheter des petits cèdres que nous avons rapportés dans nos bagages. Après quelque temps, j’ai planté le mien, et le cèdre fait maintenant trois ou quatre mètres. »
Il n’y a pas de volonté de pouvoir entre
eux, ce qui est inédit. Ils se ressemblent
beaucoup. Ce ne sont pas des personnes
arrogantes
»
GILLES CARREZ , DÉPUTÉ LR DU VAL-DE-MARNE, PILIER DE LA COMMISSION DES FINANCES
JEAN-CHRISTOPHE MARMARA/LE FIGARO
get. À Washington, à la fin des années 1990, l’un se
retrouve à la Banque mondiale, l’autre au FMI. Les
familles se fréquentent au rythme des birthday parties des enfants. Emmanuel Moulin fera ensuite plusieurs incursions dans le privé – chez Eurotunnel et
dans la banque d’affaires Mediobanca –, quand Jérôme Fournel reste fidèle au public. Il y occupe notamment un des beaux postes de Bercy, la direction
des Douanes. « Lui qui connaissait déjà l’administration comme sa poche, il y a appris le management de
terrain », note Gérald Darmanin. Signe de son talent de négociateur, il restructure cette administration - sans laisser pour autant un mauvais souvenir
aux syndicalistes. Tenté un instant par le privé - en
l’occurrence une grande entreprise industrielle, il
préfère finalement rester à Bercy, à l’inspection générale des finances. Les liens entre les deux hommes
ne se sont pourtant jamais desserrés. Ils font partis
d’un groupe de copains qui se retrouvent pour courir le samedi matin, au Bois de Boulogne ; même si
« Emmanuel vient moins souvent », précise, taquin,
Jérôme Fournel. L’intéressé assume. Il n’a pas renoncé au sport, mais préfère désormais nager !
Leurs profils sont si proches que dans un premier
temps, ils avaient tous les deux été contactés par
Matignon pour des postes de dircab adjoint ou de
conseiller économique. Ils ont chacun préféré devenir patron de cabinet. Leur complicité joue un rôle
crucial à Bercy. « Il n’y a pas de volonté de pouvoir
entre eux, ce qui est inédit. Ils se ressemblent beaucoup : ce ne sont pas des personnes arrogantes »,
s’enthousiasme Gilles Carrez, député LR du Val-deMarne, pilier de la commission des Finances depuis
vingt-cinq ans. Durant les premiers mois, après la
publication des stratégiques « décrets d’attribution », qui rattachent les différentes administrations de Bercy à tel ou tel ministre, l’absence de
mauvais coups de part et d’autre a contribué à
construire rapidement la confiance. « Nos personnalités très complémentaires, à Bruno et à moi, y sont
pour quelque chose, mais Emmanuel et Jérôme y
contribuent largement aussi », relève Gérald Darmanin.
« C’est important que Bercy puisse fonctionner de
manière harmonieuse, approuve Alexis Kohler. De
nombreux dossiers sont à l’interface entre les deux
ministères. Typiquement, les sujets de fiscalité ont
souvent été source de conflits. Aujourd’hui, les deux
directeurs de cabinet travaillent parfaitement ensemble. Il y a eu des périodes moins heureuses ». Les deux
hommes se retrouvent tous les mardis matins, au
lendemain de la réunion des dircabs de Matignon,
pour un point formel sur leurs agendas. Une fois par
semaine, ils rencontrent aussi ensemble le patron
de la direction de la législation fiscale, avec qui ils
partagent de multiples sujets. Cette organisation
huilée a pour l’instant fait ses preuves. Ce mercredi,
ils n’ont pas pour autant prévu de fêter la sortie de la
France de la procédure européenne de déficit excessif. Ils sont déjà passés à autre chose, peut-être
plus dure encore : les arbitrages sur le programme
d’économies Cap 2022 attendues dans les prochaines semaines et le projet de budget 2019 sur fond de
promesse de retour dans le vert des finances publiques en 2022. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mercredi 23 mai 2018
CHAMPS LIBRES
POLITIQUE
13
Le soutien de l’opinion à Macron
est-il vraiment solide ?
Luc Rouban
À partir
de la dernière vague
de l’étude électorale
Ipsos-Cevipof,
Luc Rouban analyse
les ressorts
et les limites
de la satisfaction
des Français
à l’égard
d’Emmanuel
Macron*.
Directeur de recherche CNRS
- Cevipof- Sciences Po USPC (Sorbonne)
PRÉSIDENCE L’élection présidentielle
de 2017 a provoqué un choc dans le paysage politique français, du moins sur
l’organisation de l’offre partisane et sur
le positionnement stratégique du PS
comme des Républicains ou même du FN.
Son impact auprès des électeurs est plus
difficile à évaluer car plusieurs registres
se superposent et brouillent la perception
que l’on peut avoir des changements en
cours. À bien des égards, le renouveau
promis en 2017 s’est traduit par l’exacerbation de tout ce que l’on reprochait au
système de la Ve République. Les réformes du Code du travail ou de la SNCF sont
conduites sans véritable négociation avec
les syndicats, ce qui tourne le dos à une
social-démocratie bien comprise et
pourtant tant attendue. Les mesures libérales se succèdent et viennent démentir
les propositions de campagne visant à
instaurer en France une « flexisécurité » à
la scandinave. La réforme constitutionnelle, loin de répondre aux aspirations
vers une modernité faite d’horizontalité
et de participation, cherche à réduire le
pouvoir législatif et à concentrer encore
plus la puissance verticale de l’exécutif.
La vague 18 de l’enquête électorale du
Cevipof menée du 25 avril au 2 mai 2018
(https://www.enef.fr) montre du reste
que 55 % des 13 540 enquêtés considèrent
qu’Emmanuel Macron et son gouvernement sont trop autoritaires et que 76 %
d’entre eux estiment que leur politique
économique ne profite qu’aux plus aisés.
Qui alors est vraiment satisfait d’Emmanuel Macron et ce soutien est-il solide ?
SATISFACTION
LIÉE AU DIPLÔME
❙ UNE
On a construit un indice de satisfaction à
l’égard d’Emmanuel Macron reposant sur
les réponses positives à trois questions :
êtes-vous d’une manière générale satisfait
de l’action du président de la République ?
Un an après son élection, diriez-vous que
le bilan d’Emmanuel Macron est positif ?
Un an
de présidence
Macron
1 sur 2 pas du tout satisfait
POSITION SUR L’INDICE DE SATISFACTION
À L’ÉGARD DE L’ACTION D’EMMANUEL MACRON
Insatisfaits
Diriez-vous que la politique menée depuis
un an par Emmanuel Macron a amélioré la
situation du pays ?
Ces trois variables sont fortement liées sur
le plan statistique et constituent bien une
échelle mesurant une même dimension
(alpha de Cronbach = 0,689). On obtient
donc un indice allant de 0 à 3.
La première observation tient à ce que la
moitié des enquêtés se situent au degré 0 de
satisfaction, que 68 % ne dépassent pas le
niveau 1 et que 18 % se situent au niveau 3
de l’indice. Pour simplifier la présentation
de l’analyse, on peut dichotomiser cet indice entre ceux qui sont insatisfaits (niveaux 0 et 1) - qui représentent 68 % des
enquêtés - et ceux qui sont satisfaits (niveaux 2 et 3) - qui en constituent 32 %.
Quelles sont les caractéristiques sociales
des uns et des autres ? On remarque tout
d’abord que l’âge ne joue pas, sauf un peu
dans la tranche des 65 ans et plus, dans laquelle on trouve 37 % de satisfaits. On retrouve ici la distinction entre actifs (32 %
de satisfaits) et retraités (36 %).
En revanche, le niveau de diplôme a déjà
bien plus d’effet statistique puisque l’on
passe de 28 % de satisfaits pour les enquêtés de niveau BEPC ou CAP à 48 % pour
ceux qui sont diplômés d’une grande
école. Cette variabilité sociale se confirme
avec l’étude des catégories socioprofessionnelles réunies, selon les caractéristiques que l’on a retenues pour nos différents travaux (https://www.enef.fr/lesnotes), en trois grandes « classes ». Le
niveau de satisfaction passe ainsi de 28,4 %
dans les classes populaires à 32,6 % dans
les classes moyennes puis à 43,6 % dans les
catégories supérieures.
Ces résultats sont confirmés par l’étude du
niveau de satisfaction selon l’importance
du patrimoine. Celui-ci a fait l’objet d’un
indice, constitué de sept variables indiquant la possession de divers biens mobiliers ou immobiliers, que l’on a organisé en
quartiles (les données sont divisées en
quatre parts égales). Le niveau de satisfaction passe alors de 25 % dans le premier
quartile à 44 % dans le dernier.
L’analyse détaillée par profession montre
que la proportion de satisfaits de l’action
du président de la République passe de son
point le plus bas de 20 % chez les chômeurs
et les ouvriers spécialisés à son point le plus
haut de 47 % que l’on trouve chez les
La tentation est grande de conclure à une
lutte des riches contre les pauvres, ce qui
reste fortement réducteur. En fait, le niveau de soutien et de satisfaction à l’égard
de la politique d’Emmanuel Macron n’évolue pas de manière mécanique en fonction
des seules variables socioprofessionnelles
ou socio-économiques. Il reste fondamentalement politique et dépend avant tout du
niveau de libéralisme économique des en-
Nombre d’enquêtés
Positionnement
des enquêtés
sur l’échelle
gauche-droite
Satisfaits
3 000
32 %
RIME
AVEC LIBÉRALISME
❙ MACRONISME
Gauche-droite : comment les Français
se voient et voient Emmanuel Macron
3 500
68 %
cadres du privé qui distancent d’ailleurs
assez fortement les membres des professions libérales et les patrons d’entreprises
de plus de 10 salariés (39 %) ou les artisanscommerçants (37 %).
À niveau de qualification à peu près égal,
on remarque néanmoins des niveaux de
satisfaction plus élevés dans le secteur
privé que dans le secteur public. Les niveaux maximums de satisfaction sont atteints dans la fonction publique chez les
cadres A de la fonction publique territoriale (36 %) et de l’État (34 %) bien avant ceux
de l’hospitalière (29 %), qui est particulièrement sinistrée puisque c’est en son sein
que l’on trouve également le niveau le plus
bas de satisfaction : 22 % dans la catégorie C contre 26 % chez les agents de catégorie C de la territoriale.
L’analyse par secteurs ne montre pas beaucoup d’écarts à la moyenne et se cale sur le
niveau de diplôme ou de qualification des
enquêtés. C’est ainsi que la proportion de
satisfaits est de 30 % en moyenne chez les
policiers et militaires (N = 285) alors qu’elle
est de 31,5 % dans l’ensemble du monde
enseignant (N = 856) mais avec une progression liée à la situation professionnelle :
28 % chez les professeurs des écoles, 33 %
chez les enseignants du second degré et
39 % chez les enseignants du supérieur.
Le clivage social est donc très clair et se
revêt parfois d’un cynisme assez révélateur. C’est ainsi que 43 % seulement des
satisfaits pensent que la politique économique du gouvernement profite à tous les
Français alors que 47 % d’entre eux estiment qu’elle profite avant tout aux catégories aisées. Du côté des insatisfaits, en
revanche, la première affirmation ne recueille que 3 % de leurs évaluations alors
que la seconde en recueille 90 %.
Positionnement
d’Emmanuel Macron
selon les enquêtés
sur l’échelle
gauche-droite
2 500
51,7 %
2 000
1 500
16,2 %
14,3 %
17,8 %
1 000
500
0
Infographie
0
Sources : Luc Rouban, Enquête électorale française,
sur 13 540 enquêtés, vague 18, Cevipof
et Ipsos Cevipof FJJ Le Monde : Bilan d’un an
de présidence d’Emmanuel Macron - Mai 2018
1
2
3
0
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
 gauche
D’un point de vue politique, il reste que le
soutien à Emmanuel Macron reste fragile.
Les satisfaits ont voté pour lui au premier
tour de l’élection présidentielle de 2017 à
hauteur de 47 % mais aussi à 27 % pour
François Fillon, 10 % pour Marine Le Pen
et même 7 % pour Jean-Luc Mélenchon. Et
13 % d’entre eux ont tout de même voté
pour Marine Le Pen au second tour.
Si l’on part d’une autre lecture qui s’appuie
sur le niveau de libéralisme économique,
on voit que les « vrais libéraux » qui se situent sur le niveau 3 de l’indice n’ont voté
pour Emmanuel Macron qu’à hauteur de
18 % alors que 63 % d’entre eux lui préféraient François Fillon et 14 % Marine Le
Pen. Au second tour, ils étaient 36 % à
voter pour Marine Le Pen, car le niveau de
libéralisme économique ne préjuge pas
celui du libéralisme culturel. C’est ainsi
que les vrais libéraux économiques sont
antilibéraux sur le plan culturel à hauteur
de 65 %.
Emmanuel Macron a donc rallié des électeurs qui ont été séduits par un libéralisme
économique qu’il n’avait pas affiché avec
autant de clarté lors de la campagne électorale. Mais il s’agit d’un soutien conjoncturel qui dépend désormais de deux facteurs. Le premier tient au recentrage
éventuel de la politique économique et sociale afin d’augmenter la protection des
salariés, ce qui fera fuir les libéraux. À ce
titre, la réforme des retraites va s’avérer
très problématique. Le second tient à ce
que le macronisme est d’essence libérale
sur le terrain culturel, s’adresse aux diplômés et prône la diversité alors que la proportion de libéraux culturels en France
n’est que de 40 %.
Même si Emmanuel Macron s’est « droitisé » dans la perception qu’en ont les enquêtés, puisqu’il est désormais classé à
droite par 51 % d’entre eux, il demeure
qu’il se heurte toujours à la fracture gauche-droite sur le terrain des valeurs et
qu’il n’est pas en mesure d’occuper l’espace politique de la droite. C’est en cela que le
« et de gauche et de droite » ne pourra pas
tenir longtemps dès qu’il faudra sortir du
seul terrain économique. ■
*Note publiée sur le site
theconversation.com
 droite
Les catégories aisées perçues
comme bénéficiaires
POSITION D’EMMANUEL MACRON SUR L’AXE GAUCHE-DROITE,
SELON LES SYMPATHISANTS
PROPORTION DE SATISFAITS À L’ÉGARD DE L’ACTION D’EMMANUEL MACRON,
PAR PROFESSION
47 %
37 % 39 %
Sympathisants
36 %
32 %
27 %
27 %
29 % 27 %
CATÉGORIES SOCIALES BÉNÉFICIAIRES DE L’ACTION
GOUVERNEMENTALE, SELON LES SYMPATHISANTS
Position d’Emmanuel Macron
à gauche au centre à droite
Note Mai 2018/
(0 à4)
(4 à 6)
(6 à 10) moyenne Avril 2017
Sympathisants
Aisées
Catégories sociales bénéficiaires
Ensemble Populaires Classes
des Français
moyennes
Ensemble
7%
37 %
69 %
6,7
(+1,5)
Ensemble
76 %
16 %
5%
3%
Gauche
7%
23 %
82 %
7,2
(+1,3)
Gauche
91 %
6%
1%
2%
LaREM
3%
58 %
69 %
6,2
(+1)
LaREM
47 %
44 %
4%
5%
Droite
9%
47 %
67 %
6,3
(+1,8)
Droite
67 %
19 %
11 %
3%
Front national
11 %
32 %
58%
6,6
(+2,1)
FN
85 %
6%
6%
3%
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Re
tra
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FRACTURE GAUCHEDROITE PERSISTANTE
❙ UNE
Degré de satisfaction
Les cadres du privé sont les plus satisfaits
27 %
quêtés. C’est ce que confirme une analyse
de régression, qui permet de mesurer le
poids explicatif relatif de chaque variable
indépendante sur la variable dépendante
(la satisfaction à l’égard d’Emmanuel Macron). Le niveau de libéralisme économique apprécié par un indice - il faut réduire
le nombre de fonctionnaires, faire
confiance aux entreprises, ne pas prendre
aux riches pour donner aux pauvres dans
un but de justice sociale - a le pouvoir discriminant le plus fort sur le niveau de satisfaction. Il arrive avant le niveau de satisfaction existentielle - avoir le sentiment
d’avoir réussi dans la vie, d’avoir une situation meilleure que celle de ses parents,
être satisfait de ses perspectives d’avenir et le niveau de libéralisme culturel - ne pas
rétablir la peine de mort, il n’y a pas trop
d’immigrés, l’homosexualité est une manière acceptable de vivre sa sexualité.
Mais il surpasse de très loin les variables
objectives « lourdes » que sont le niveau de
diplôme, le niveau de patrimoine et la
tranche d’âge. On peut donc observer que
la proportion de satisfaits passe de 17 % au
niveau 0 de l’indice de libéralisme économique à 53 % à son niveau maximum de 3.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 23 mai 2018 LE FIGARO
14
CHAMPS LIBRES
DÉBATS
Coalition antisystème en Italie
■ Lundi, les chefs de file du Mouvement 5 étoiles et de la Ligue ont proposé le nom de
Giuseppe Conte pour diriger le premier gouvernement populiste dans un pays fondateur
de l’Union européenne. L’historien Marc Lazar analyse les enjeux d’une recomposition
politique sans précédent. Il
rappelle les faiblesses d’une
alliance entre deux partis
contestataires aux électorats
opposés. Le politologue
Dominique Reynié replace
cet événement dans la dynamique longue et profonde
d’un populisme européen
qui continuera de progresItalia, Fratelli d’Italia) n’avait pas la maser tant que ses causes ne
PROPOS RECUEILLIS PAR
jorité parlementaire, le Mouvement
GUILLAUME PERRAULT £@GuilPerrault
seront pas prises au sérieux.
5 étoiles non plus, et encore moins le Parti
Marc Lazar : « La Ligue et le M5S ont comme
point d’accord une sensibilité souverainiste »
+
» Lire aussi PAGE 5
LE FIGARO. – En quoi la constitution
en cours du nouveau gouvernement,
qu’on s’en inquiète ou qu’on s’en
réjouisse, représente-elle un événement
historique pour l’Italie ?
Marc LAZAR. – C’est un événement historique que de voir deux formations « populistes » arriver au pouvoir. Un processus de recomposition politique est engagé
et ce gouvernement tentera une réorientation de la politique italienne dans un
sens souverainiste, car c’est l’un des
points d’accord entre la Ligue et le Mouvement 5 étoiles (M5S). Une autre césure
s’était déjà produite en 1994 avec le premier gouvernement Berlusconi. L’Italie
était alors entrée dans la démocratie du
public, elle expérimente désormais ce
que j’appelle la « peuplocratie ». Celle-ci
résulte de la force des populistes qui imposent leurs thèmes à l’agenda politique,
leur style, leur manière de faire de la politique, leur temporalité (toujours l’urgence) et l’idée que le peuple souverain est
tout-puissant surtout grâce aux réseaux
sociaux, marginalisant ainsi les autres
formes et procédures de la démocratie libérale et représentative. Ce n’est pas par
hasard que leur contrat de gouvernement
contient tout un passage sur la démocratie directe avec des propositions de généralisation de la pratique des référendums.
ENTRETIEN
Directeur du Centre d’histoire de Sciences Po
et président de la School of Government
de la Luiss (Libera Università Internazionale
degli Studi Sociali) à Rome, l’historien* analyse
la rupture que représente, en Italie, la constitution
d’une majorité et d’un gouvernement formés
de deux partis contestataires.
L’accord de
gouvernement
entre le M5S et la
Ligue paraissait
improbable, or il a
donc été conclu.
Comment
l’expliquer ?
Parce que l’Italie était
dans une impasse. La
coalition de centre
droit (Ligue, Forza
démocrate (centre gauche). Plusieurs
combinaisons ont été envisagées, en
vain. Au final, ces deux partis ont passé
un compromis en pensant qu’ainsi ils
pourraient s’imposer comme des forces
politiques dominantes. Leur projet commun est dans un avenir proche de se partager le marché électoral, de faire en sorte que les Italiens aient à choisir soit la
Ligue soit le M5S.
Quels sont les facteurs de fragilité de cet
attelage ? Les programmes du M5S et de la
Ligue sont-ils compatibles ? Quelle sera
l’attitude de Forza Italia ?
Leur alliance est rendue fragile par de
multiples facteurs. Ils n’ont pas exactement le même programme, la Ligue est
de droite extrême, le M5S ni à gauche ni à
droite. Leurs électorats ont des attentes
opposées. Le M5S est surtout fort au Sud,
qui attend de la protection et de l’assistance de la part de l’État. La Ligue est
surtout présente dans le nord du pays,
qui se méfie de l’État. Enfin, il y a une rivalité politique entre les deux leaders,
Luigi Di Maio et Matteo Salvini. C’est
pourquoi je ne crois pas que ce gouvernement aura une durée de vie très longue. Forza Italia est dans une situation
compliquée. Une partie de son électorat
est attirée par la Ligue et une autre, modérée, refuse de soutenir ce gouvernement d’autant que le M5S est viscéralement antiberlusconien. Forza Italia va
jouer au contorsionniste : soutenir certains aspects de la politique du gouvernement tout en se présentant comme une
force d’opposition.
Jusqu’où le nouvel exécutif pourra-t-il
aller dans un bras de fer avec
les institutions européennes,
sur les questions budgétaires d’une part,
sur la question des demandeurs d’asile
d’autre part ?
Tout va dépendre de la composition du
gouvernement. Qui sera en charge de la
politique étrangère et des affaires européennes ? Or le président de la République a été très clair. Il a indiqué deux lignes
rouges : le respect de l’engagement européen de l’Italie et l’assainissement des
comptes publics. Et il a du pouvoir. Aux
termes de l’article 92 de la Constitution,
c’est lui qui nomme les ministres sur proposition du président du Conseil. Il sera
donc très vigilant sur le choix des ministres. L’article 74 dispose qu’il peut refuser
de promulguer une loi et la renvoyer pour
examen devant les Chambres. Or au Sénat, la Ligue et le M5S ont une courte majorité de sièges. Ce gouvernement devra
core moins Beppe Grillo. Le rapport à
l’Europe pourrait être l’un des sujets de la
discorde entre la Ligue et le M5S, et aussi
à l’intérieur de ce dernier.
L’opinion publique italienne considèret-elle désormais que l’Europe aurait dû
rester un marché unique avec quelques
politiques communes, et non ambitionner
de se doter des accords de Schengen
et de l’euro ? Une majorité d’Italiens juget-elle que l’Europe a fait fausse route
depuis le traité de Maastricht ?
Les Italiens qui étaient europhiles sont
devenus eurosceptiques. Cela a commencé en effet après Maastricht. Nombre
d’Italiens critiquent l’euro (mais une
courte
majorité
d’entre eux veut
Soit le nouveau gouvernement
conserver la monnaie unique) comme
s’engage dans une épreuve de force
les politiques de riavec les autres membres de l’Union
gueur qui se sont traduites par deux aneuropéenne et la Commission, mais
nées de récession,
cela sera fort risqué ; soit sa volonté
une hausse du chôde rupture s’enlisera et quelques
mage, un accroissement des inégalités
compromis seront trouvés
et une extension de
la pauvreté. Ils ont eu le sentiment d’être
composer avec ces contraintes. Il va aussi
abandonnés par les pays de l’Union eurofalloir qu’il négocie avec les autres mempéenne, notamment par la France, à probres de l’Union européenne et la Compos des migrants. Cela a été instrumentamission européenne. Cela sera extrêmelisé par la Ligue et le M5S. Pour leur part,
ment compliqué. Il se heurtera à un mur
Silvio Berlusconi et Matteo Renzi (leaders
sur les questions budgétaires, d’autant
respectifs du centre droit et du centre gauque la dette publique italienne est de
che, alternativement au pouvoir, NDLR)
132 % du PIB et que le système bancaire
ont entretenu une certaine ambiguïté, se
italien est fragile. Deux hypothèses se
disant proeuropéens tout en s’en prenant
présentent. Soit le nouveau gouvernesouvent à « Bruxelles ». Aujourd’hui, l’un
ment s’engage dans une épreuve de foret l’autre se font les défenseurs zélés de
ce, mais cela sera fort risqué pour l’Italie,
l’Europe. Or ils sont en crise et il leur faul’Europe et l’euro ; soit sa volonté de rupdra convaincre les Italiens avec d’autres
ture s’enlisera progressivement et quelarguments que ceux traditionnellement
ques compromis seront trouvés. Cela
utilisés dans le passé. ■
créera des tensions entre la Ligue eurosceptique, du moins dans sa rhétorique, et
*Marc Lazar vient de publier en Italie, avec
un M5S qui, avec Di Maio, a un peu attéson coauteur Ilvo Diamanti, « Popolocrazia.
nué sa charge antieuropéenne, ce qui
La metamorfosi delle nostre democrazie »
d’ailleurs ne convainc pas sa base et en(Editori Laterza, 2018, 176 p., 15 €).
«
»
« Les votes populistes ne sont pas des coups
de force mais des colères froides »
PROPOS RECUEILLIS PAR
DESSINS CLAIREFOND
EUGÉNIE BASTIÉ £@EugenieBastie
LE FIGARO.- Pour la première fois,
un gouvernement « antisystème »
a pris la tête d’un pays fondateur de
l’Union européenne. Cet évènement
inédit signifie-t-il que la montée des
populismes est loin d’être terminée ?
Dominique REYNIÉ. - Certains ont pu
croire que la progression électorale des
populismes en Europe était en train de
s’essouffler, mais sans avoir pourtant les
raisons de le penser. C’est un vœu pieux
de la part de gouvernants et d’analystes
que ne venait étayer aucun indicateur.
Tout indique au contraire que la poussée
des populismes va se poursuivre. On
franchit un nouveau cap : d’abord les populistes ont fortement modifié l’agenda
politique, contraignant le monde médiatique à les prendre en compte ; puis, ils
ont pris part à certaines coalitions éphémères ; aujourd’hui s’ouvre la phase de
leur accès au pouvoir. En Italie, l’événement est très important mais vient de
loin : le Mouvement 5 étoiles a été fondé
en 2009 et Matteo Salvini relance la Ligue
depuis 2013, la faisant
passer d’un parti régionaliste europhile à
un parti nationaliste
eurosceptique. L’ItaLe directeur de la Fondapol s’étonne que certains
lie était l’un des pays
les plus favorables à
commentateurs nient encore les angoisses
l’UE. Comme nous
qui génèrent le vote « antisystème ».
l’avons mesuré dans
es gouvernements européens n’ont qu’une
notre enquête Où va
alternative : prendre au sérieux la question
la démocratie ? (Fondes frontières ou être balayés par
dation pour l’innovades coalitions populistes.
tion politique/Plon,
A
DOMINIQUE REYNIÉ
2017), il est lentement devenu l’un des
plus critiques vis-à-vis de l’Union européenne et même de l’euro.
Certains commentateurs prédisent déjà
l’échec de cette coalition hétéroclite aux
propositions démagogiques…
Évidemment, le programme politique de
cette coalition va être difficile à mettre en
œuvre ; il n’est pas compatible avec les
règles de l’Union européenne. Mais je
suis estomaqué par la cécité dont témoignent toujours les commentateurs. À
chaque élection européenne, on assiste
au même phénomène de déploration du
manque de jugement des électeurs. Cela
donne le sentiment, désastreux, que les
populismes, était donc une exception ?
En avril 2017 s’est jouée en France une finale entre une candidate « antisystème »
et un candidat « hors système ». Marine
Le Pen s’est heurtée au plafond monétaire : sa défense de la sortie de l’euro a
rendu son succès impossible. Partout en
Europe, le rejet des institutions européennes est plus fort que celui de l’euro.
D’après notre étude, il y a 51 % d’attachement à l’UE en moyenne (33 % pour
l’Italie) pour 60 % d’attachement à l’euro
(45 % en Italie).
Pourtant en Italie, le succès des populistes
repose à la fois sur une critique
de l’immigration incontrôlée et de la
rigueur budgétaire.
Est-ce l’économie
À chaque élection européenne,
ou l’identité qui
on assiste au même phénomène
prime dans le vote
de déploration du manque de jugement populiste ?
Je suis pour ma part
des électeurs
convaincu que le
« style de vie » ce
élites médiatiques et politiques n’arrivent
que j’appelle « patrimoine immatériel »
plus à accepter le résultat d’une expresa pris le dessus sur les considérations
sion de plus en plus forte, élection après
économiques. On commémore cette anélection. Les votes populistes ne sont pas
née la naissance de Marx mais c’est dédes coups de force mais des colères
sormais l’immatériel qui gouverne la pofroides. Ils sont l’expression claire, manilitique. Comme on peut le constater en
feste et répétée, d’inquiétudes qui ne
Europe centrale et orientale, il n’y a pas
s’expriment ni par la violence ni par la
de détermination entre crise économique
haine, mais par le vote, par des procéduet vote populiste. En Italie le vote est
res démocratiques et au profit d’organiavant tout « antisystème » contre « la
sations politiques qui ne sont pas interdicasta » comme dit Beppe Grillo.
tes. C’est précisément le refus obstiné
Voyez aussi ce qui se passe en Allemagne,
d’entendre cette colère qui fait le carbuqui est très important. Le système politirant des populismes !
que allemand peut-il encore fonctionner ? La coalition au pouvoir est celle qui
a été désavouée dans les urnes et les partis
La victoire d’Emmanuel Macron il y a un
qui la composent ne veulent pas prendre
an, qui a pu faire croire à un reflux des
«
»
le risque de nouvelles élections qui pourraient amplifier le résultat de septembre.
C’est là le résultat logique de la décision
d’Angela Merkel d’accueillir un million
de migrants. La désinvolture envers la
frontière est en train de cristalliser
l’orientation populiste des électorats. Le
parti de la déploration espère secrètement un retour à la normale, vers une
Europe qui serait redevenue indifférente
aux enjeux du populisme patrimonial.
Mais ça n’arrivera pas si rien n’est fait
pour conjurer l’angoisse des peuples. Il
est indispensable que l’Europe s’oriente
vers la défense d’une frontière commune,
ou bien l’Union européenne disparaîtra.
N’y a-t-il pas un début de prise
de conscience ?
Il y a quelques jours en Suède, on a vu un
durcissement très significatif de la politique d’immigration à l’initiative du gouvernement social-démocrate. En février 2018, au Danemark, c’était le centre
droit, appuyé par les populistes et les sociaux-démocrates, qui prenait des mesures drastiques pour répondre aux échecs
de l’intégration. Après vingt-cinq ans de
surdité, on observe depuis début 2018,
une évolution sensible dans une partie
croissante des pays européens en faveur
d’une régulation plus stricte de l’immigration et d’une gestion plus rigoureuse
de l’intégration. Il n’est peut-être pas encore trop tard. Le choix qui s’offre à nous
est limpide : ou bien les gouvernants
européens se montrent capables de répondre rapidement aux attentes exprimées électoralement, ou bien les coalitions populistes de gouvernement se
multiplieront, jusqu’à faire tomber l’euro
et donc l’Europe. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mercredi 23 mai 2018
CHAMPS LIBRES
OPINIONS
Guillaume Perrault
gperrault@lefigaro.fr
L’Europe, rêve brisé des élites italiennes
e croira-t-on ? L’artisan de
l’unité italienne (1860-1861),
Cavour, président du conseil
du royaume du Piémont
puis du royaume d’Italie,
ne s’est jamais rendu au sud
de Florence au cours de sa vie, nous
apprend l’historienne Elena Musiani
dans son livre Faire une nation. Les
Italiens et l’unité (XIXe-XXIe siècle).
Familier de Paris, de Londres et de
Vienne, Cavour, qui écrivait volontiers
en français, se sentait plus proche des
élites européennes que d’une partie
importante de ses propres compatriotes.
Mutatis mutandis, ce désir d’Europe,
tous les dirigeants italiens, à partir
de l’après-guerre, l’ont repris à leur
compte. On chercherait en vain un autre
L
+
@
» Lire aussi PAGES 5 ET 14
100 000 citations
et proverbes sur evene.fr
grand pays du vieux continent où
le projet européen a suscité une telle
unanimité tout en bénéficiant d’un
investissement et d’un attachement
presque affectifs. Volonté de retrouver
une honorabilité internationale après
le fascisme, inclination à une forme
pacifique d’universalisme liée à l’héritage
catholique, nécessité de reconstruire une
Italie en ruines et conviction que ce pays
irréformable avait besoin d’un aiguillon
extérieur ont conjugué leurs effets.
Le pape Pie XII a soutenu de toutes
ses forces la Démocratie chrétienne
après guerre puis a fait sonner les cloches
des églises de la Ville éternelle lors
de la signature du traité de Rome créant
la CEE (25 mars 1957). Plus tard, le grand
adversaire, le puissant parti communiste
ENTRE GUILLEMETS
23 mai 1430 : Jeanne d’Arc arrêtée à Compiègne et vendue aux Anglais.
Jules Michelet
RUE DES ARCHIVES/CCI
Voilà ce que ces taciturnes
Anglais ruminaient sans cesse
en eux-mêmes.
Une fille leur avait fait peur,
et il n’était pas bien sûr
qu’elle ne leur fit peur encore,
tout enchaînée qu’elle était»
italien, sous la houlette d’Enrico
Berlinguer de 1972 à 1984, a accepté
l’esprit des institutions communautaires.
Peu réputés pour leur esprit de suite,
les gouvernements italiens ont tous
maintenu le choix de l’engagement
supranational malgré les vicissitudes
de leur politique intérieure.
Plusieurs étapes décisives de la
construction européenne sont dues
à l’activisme discret de Rome. Après
l’échec de la CED, dont l’Assemblée
nationale refuse d’autoriser la ratification
en France (août 1954), le ministre des
Affaires étrangères italien, Gaetano
Martino, est le principal instigateur
de la conférence de Messine (juin 1955).
C’est là que les futurs six membres
fondateurs de la CEE arrêtent les principes
directeurs du traité à venir. Trente ans
plus tard, c’est au conseil européen de
Milan (juin 1985) que le socialiste Bettino
Craxi, appuyé par Mitterrand et Kohl,
rompt avec l’usage de la recherche de
l’unanimité à tout prix. Pour surmonter
les réticences de Margaret Thatcher
à voir s’accroître les prérogatives de la
commission, Craxi fait voter les chefs
d’État et de gouvernement des Dix et place
Londres en minorité. C’était la première
fois qu’on votait lors d’un Conseil
européen pour trancher un différend.
Ainsi est née la possibilité, pour un État
membre, d’être battu et de se voir imposer
une décision qu’il a désapprouvée.
C’est bien à l’initiative des Italiens que
fut abandonné le droit de veto coutumier
qui était reconnu à chaque membre de la
CEE depuis le compromis de Luxembourg
imposé par de Gaulle en 1966.
Plus récemment, enfin, des
personnalités italiennes (Mario Monti,
Romano Prodi, Mario Draghi) se sont
imposées pour des fonctions clés au sein
des institutions européennes, forts de la
La radicalisation tchétchène,
un nouveau risque terroriste ?
attentat au couteau
perpétré le samedi
12 mai à Paris renforce
l’idée que le phénomène
de radicalisation de
personnes tchétchènes
sur le territoire national doit être regardé
avec une grande attention. Moins
de quarante-huit heures après l’attentat,
en effet, les autorités ont révélé l’identité
de l’assaillant : Khamzat Azimov, un jeune
homme d’origine tchétchène naturalisé
en 2010. Avant de déménager à Paris,
l’homme vivait dans le quartier de l’Elsau,
à Strasbourg, où habitent entre 10 000
et 15 000 réfugiés tchétchènes. Il était
également fiché S en raison de sa proximité
avec des membres de la mouvance
islamiste radicale strasbourgeoise.
La diaspora tchétchène en France est
l’une des plus grandes en Europe et compte
environ 30 000 personnes. Jusqu’au milieu
des années 2010, même la partie radicale
restait discrète. Les extrémistes ne
voyaient pas la France et, de manière
plus générale, les pays européens comme
des cibles. Pour eux, l’Europe représentait
un lieu de repos, de collecte d’argent
et de recrutement de nouveaux membres
des cellules terroristes pour aller
combattre en zone de guerre.
Cette situation a changé récemment. Il
a, en effet, fallu attendre 2016 pour que des
réfugiés tchétchènes soient expulsés vers
la Russie pour des liens présumés avec les
extrémistes islamiques. C’était le premier
cas depuis vingt ans
et il représentait
une première alerte.
Cette montée de
l’islamisme radical
parmi les jeunes
Après l’attentat de l’Opéra, les deux chercheurs*
issus de Tchétchénie
analysent les enjeux de la montée de l’islamisme
est liée à la fois à la
situation actuelle en
radical dans la diaspora tchétchène européenne.
DESSINS : CLAIREFOND
L’
OLIVIER HASSID
ET ARTEM TER-POGOSYAN
Dassault Médias
14, boulevard Haussmann
75009 Paris
Président-directeur général
Serge Dassault
Administrateurs
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SOCIÉTÉ DU FIGARO SAS Directeur des rédactions
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Gaëtan de Capèle (Économie),
Directeur général,
Laurence de Charette (directeur
directeur de la publication de la rédaction du Figaro.fr),
Marc Feuillée
Anne-Sophie von Claer
(Style, Art de vivre, So Figaro),
envoyé des instructeurs militaires,
y compris les Spetsnaz, pour « protéger
le leader syrien ». D’autre part, selon
les données du ministère de l’Intérieur
russe et le cabinet de conseil Soufan Group,
1 700 Tchétchènes et 1 200 Daghestanais
sont partis faire le djihad en Syrie et en
Irak. Certains combattants venant du
Caucase occupent des postes à haute
responsabilité au sein de l’État islamique
(EI) comme Abou Omar al-Chicani qui
était « émir » de toute l’armée de l’EI. Les
Tchétchènes semblent respectés au sein
de l’organisation car une partie importante
d’entre eux ont une expérience militaire
acquise pendant deux guerres contre
la Russie ou l’insurrection clandestine
des années 2000.
La diaspora tchétchène en France Les défaites de l’EI
entraînent le retour de
est l’une des plus grandes
djihadistes dans leurs pays
d’origine et augmentent
en Europe et compte
le risque des attaques
environ 30 000 personnes
terroristes. Ainsi, plusieurs
attentats planifiés par des anciens de l’EI
Par ailleurs, les recruteurs des
ont été déjoués en Russie en 2017-2018.
terroristes instrumentalisent le sentiment
Dans ce contexte, l’Europe et plus
de frustration des réfugiés tchétchènes, le
particulièrement la France ne sont donc
chômage et la souffrance de leurs familles
pas à l’abri d’attaques de plus grande
dans les années 1990. L’attentat lors
ampleur. Les services de renseignements
du marathon de Boston en 2013 est un
allemands ont produit une note récente
exemple marquant de la radicalisation
soulignant un risque imminent d’attaques
réussie qui a poussé les jeunes d’origine
sur le territoire allemand.
tchétchène à passer à l’acte et à perpétrer
Même s’il convient d’être prudent
les attaques dans un pays occidental.
et de ne surestimer la menace terroriste
Enfin, depuis le déclenchement de la
provenant de personnes d’origine du Nord
guerre contre Daech, la Syrie et l’Irak sont
Caucase, il faut néanmoins que nos
devenus des lieux de prédilection pour
services de renseignement intérieur et
beaucoup d’extrémistes de Tchétchénie
extérieur surveillent plus particulièrement
et du Nord Caucase en général. En Syrie,
les personnes d’origine tchétchène et
du reste, on trouve probablement
daghestanaise qui sont déjà dans les radars.
des Tchétchènes dans les deux camps.
* Olivier Hassid est directeur de PwC
D’une part, des soldats tchétchènes
et enseignant à l’université Paris
combattraient aux côtés de l’armée
Ouest-Nanterre. Artem Ter-Pogosyan
de Bachar el-Assad car le président
est géopolitologue.
tchétchène, Ramzan Kadyrov, aurait
république caucasienne et à la guerre
contre Daech en Irak et en Syrie.
Même si la guerre de Tchétchénie s’est
terminée en 2000 et que le régime de
l’opération antiterroriste (KTO) a été levé
en 2009, les attaques terroristes dans
la république caucasienne continuent.
Les groupes terroristes en Tchétchénie
ont des liens avec la diaspora tchétchène
en Europe. Ainsi, en Autriche,
en 2012-2015, toutes les condamnations
prononcées pour le financement du
terrorisme concernaient les personnes qui
collectaient les fonds auprès de la diaspora
tchétchène en Europe pour soutenir les
organisations terroristes en Tchétchénie
telles que l’Émirat du Caucase.
«
Anne Huet-Wuillème (Édition,
Photo, Révision),
Arnaud de La Grange
(International),
Étienne de Montety
(Figaro Littéraire),
Bertrand de Saint-Vincent
(Culture, Figaroscope, Télévision)
et Yves Thréard (Enquêtes,
Opérations spéciales, Sports)
»
Directeur artistique
Pierre Bayle
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Éditeur
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14, boulevard Haussmann
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Tél. : 01 57 08 50 00
direction.redaction@lefigaro.fr
réputation de médiateurs des Italiens.
Sur le plan intérieur, Forza Italia
et le Parti démocrate (fusion des gros
bataillons de l’ex-PCI et de la gauche de
l’ancienne DC) soutenaient l’orientation
pro-européenne de l’exécutif.
À la vérité, quelques voix discordantes
étaient perceptibles de longue date.
Le propre fils du ministre des Affaires
étrangères lors de la signature du traité
de Rome, Antonio Martino, lui-même
ministre des Affaires étrangères puis
de la Défense de Berlusconi, avait affirmé
dès 2001 que l’euro risquait d’être
une catastrophe pour son pays. Puis,
lors des législatives du 4 mars 2018,
l’uomo qualunque (l’homme quelconque,
l’homme de la rue), a marqué sa volonté
d’un changement radical – soit
en matière de politique économique
et sociale, soit en matière d’asile,
d’immigration voire de nationalité, soit
encore dans tous ces domaines à la fois.
Nous voilà donc à la veille d’un
probable bras de fer entre l’Union et l’un
des pays fondateurs de l’Europe des Six.
Puisse ses acteurs méditer ce jugement
de Pierre Manent dans un grand
entretien au Figaro (31 juillet 2016) :
« Quand la référence européenne
s’interpose entre gouvernés et
gouvernants, le mandat représentatif fait
place à un mandat idéologique. La classe
politique n’est plus responsable devant le
peuple des électeurs, mais devant l’idée et
les “critères” européens. […] Il ne suffira
pas cependant, pour conjurer les effets de
ce mépris, de gonfler les joues et de dire “le
peuple, le peuple, le peuple”. […] Personne
ne peut arbitrer un match entre le mépris
et la colère. Ce que nous pouvons nous
proposer de faire, c’est essayer de nouer
des actions politiques nationales à une
perspective européenne qui soit politique
et non plus morale et idéologique. »
VOX
… PODEMOS
« Pablo Iglesias, nouvelle
figure du Tartuffe
de gauche », par Nicolas
Lecaussin, directeur de
l’Institut de recherches
économiques et fiscales
(Iref, think-tank libéral)
… IRAN
« En Iran, la France préfère
avoir tort avec Obama
que raison avec Trump »,
la chronique de GillesWilliam Goldnadel, avocat
à la Cour et essayiste
… ÉTATS-UNIS
« Nous n’avons rien
compris à la puissance
américaine ! », par Éric
Delbecque, expert en
intelligence économique
et stratégique et auteur
du « Bluff sécuritaire »
(Éditions du Cerf)
Impression L’Imprimerie, 79, rue de Roissy
93290 Tremblay-en-France
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Édition nationale
1er cahier 16 pages
Cahier 2 Économie
8 pages
Cahier 3 Patrimoine
8 pages
Cahier 4 Le Figaro
et vous 10 pages
Édition IDF
Cahier 5 Figaroscope
52 pages tabloïd
A
ANALYSE
15
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Photographie retouchée
L’Ame du Voyage
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mercredi 23 mai 2018 LE FIGARO - N° 22 947 - Cahier N° 2 - Ne peut être vendu séparément - www.lefigaro.fr
> FOCUS
lefigaro.fr/economie
COMMERCE
LE GRAND
MARCHANDAGE ENTRE
TRUMP ET XI PAGE 20
CASINO
LE DISTRIBUTEUR CRÉE UNE
COENTREPRISE DANS L’ÉNERGIE
SOLAIRE AVEC ENGIE PAGE 21
Saturation des urgences :
les pistes de réforme
Un rapport officiel, commandé à un député de la majorité, fait 19 propositions
pragmatiques pour rénover un système considéré comme à bout de souffle.
Son rapport, surtout dans le
contexte de l’affaire Naomi de défaillance du Samu, était on ne peut
plus attendu. Thomas Mesnier,
député LaREM de Charente et médecin urgentiste de profession à
Angoulême, a rendu à la ministre
de la Santé, Agnès Buzyn, pas
moins de 19 propositions concrè-
tes pour rénover un système qu’il
considère comme « à bout de souffle ». L’élu de la majorité propose
notamment de faire du 15, le numéro du Samu, le numéro unique
d’appel en cas de problème, qui
fonctionnerait sept jours sur sept
et 24 heures sur 24. Il propose
aussi qu’un généraliste accom-
pagne systématiquement les urgentistes dans leur tournée pour
prendre en charge les patients les
moins problématiques et répondre aux questions les plus simples.
Le jeune député LaREM suggère
encore de réserver une demijournée par semaine dans les cabinets des médecins généralistes
aux consultations non programmées. Pour le médecin urgentiste,
la coordination des activités des
praticiens grâce à l’intervention
d’une assistante permettrait aussi
de résoudre nombre de problèmes, notamment pendant les
fêtes de fin d’année, période de
fort engorgement des urgences.
èVERS UNE REFONTE DES URGENCES è RECHERCHE DÉSESPÉRÉMENT MAÎTRES DE STAGE POUR FUTURS MÉDECINS è LES ÉTUDIANTS ONT APPRIS À SOIGNER
UN CANCER MAIS NE SAVENT PAS TRAITER UN RHUME PAGE 18
SAUL LOEB/AFP, SÉBASTIEN SORIANO/LE FIGARO, JIM BOURG/REUTERS
Fonction
publique : la
mobilisation
en échec
La troisième journée
de manifestation et de
grève dans la fonction
publique depuis
l’élection d’Emmanuel
Macron s’est soldée
ce mardi par une
participation en chute
libre, deux fois moins
importante à Paris
que le 22 mars. PAGE 19
BANQUE
La Société générale
en quête de repères
PAGE 22
LA SÉANCE
DU MARDI 22 MAI 2018
CAC 40
5640,10 +0,05%
DOW JONES (18h)
24992,11 -0,08%
ONCE D’OR
1293,05 (1288,35)
PÉTROLE (lond)
80,370 (78,940)
EUROSTOXX 50
3587,25 +0,41%
FOOTSIE
7877,45 +0,23%
NASDAQ (18h)
6909,24 +0,05%
NIKKEI
22960,34 -0,18%
Le Brexit a coûté « environ 900 livres » (autour de 1 000 euros) à
chaque foyer britannique. Ce chiffre
spectaculaire ne provient pas d’un
obscur rapport mais a été évoqué
mardi par le gouverneur de la Banque d’Angleterre en personne, Mark
Carney (qui est de nationalité canadienne), lors d’une audition devant la
commission au Trésor de la Chambre
des communes.
Il est vrai que cette baisse de revenus des sujets de Sa Majesté n’est
pas une perte sèche. Il s’agit de la
comparaison entre ce que les ménages britanniques ont effectivement perçu et ce qu’ils auraient gagné s’ils avaient voté en juin 2016 en
faveur d’un maintien du RoyaumeUni dans l’Union européenne. Les
prévisions de la Banque d’Angleterre
tablaient sur une croissance du PIB
plus élevée d’un point par rapport à
sa trajectoire actuelle. Encore les
performances de l’économie britannique ont-ils été meilleures qu’attendu après le « non » au référendum. Des scénarios catastrophiques
avaient circulé. « La croissance a été
meilleure que certains ne l’attendaient après le référendum », a réagi
un porte-parole de Downing Street,
évoquant notamment, pour ces dernières semaines, « un taux de chômage au plus bas depuis 1975 » et
une « hausse des salaires réels ».
Alors que le Royaume-Uni n’est pas
encore sorti de l’UE, l’inflation due à la
dépréciation de la livre, la lente progression des salaires, la faiblesse de
la productivité et le manque d’investissements, à cause de l’incertitude
du Brexit, pèsent sur la croissance,
estime la Banque d’Angleterre.
Le Comité de politique monétaire
(MPC) de la banque centrale a revu à
la baisse il y a deux semaines ses
prévisions de croissance pour 2018
et 2019. Selon le MPC, la faible
croissance enregistrée au premier
trimestre (+ 0,1 %), le pire résultat en
cinq ans, est toutefois due aux
mauvaises conditions climatiques.
L’institution présidée par Mark
Carney s’attend à un meilleur
deuxième trimestre.
L'HISTOIRE
Barack et Michelle Obama vont
produire des séries pour Netflix
Y
es, they can. Après huit ans
dans les couloirs de la
Maison-Blanche, les Obama
entament une reconversion
professionnelle, de l’autre côté
des caméras. Le couple a annoncé lundi
la signature d’un contrat pluriannuel avec
le géant Netflix pour la réalisation de « séries,
documentaires et reportages ». Pour parfaire
leur panoplie de magnats de l’audiovisuel,
Barack et Michelle Obama ont même
créé leur propre société de production,
Higher Ground Productions.
Pas d’influence
anti-Trump
au programme,
selon des
proches du
couple. Malgré
tout, certains
abonnés
craignent
une orientation
politique de
la plateforme
de streaming
et appellent
au boycott.
Des soupçons nourris par le soutien de Reed
Hasting, son PDG, pour Hillary Clinton lors de
l’élection présidentielle. Netflix peut se pavaner.
Avec ce coup de communication d’envergure, le
géant américain assoit peu à peu son influence.
Et son tableau de chasse a de quoi faire des
envieux. Il s’est offert de grands noms comme
Martin Scorsese en 2017 et Ryan Murphy,
le producteur des séries à succès Glee et
American Horror Story, pour 300 millions
de dollars en 2018. À présent, Netflix recrute
ni plus ni moins qu’un ancien président.
Le montant du contrat n’a pas été révélé.
Une chose est
certaine : en 2018,
la plateforme
casse sa tirelire
avec 8 milliards
de dollars
d’investissement.
Façon corne
d’abondance,
elle promet
1 000 productions
originales
cette année,
un record ! ■
MARIUS FRANÇOIS
A
le PLUS du
FIGARO ÉCO
LE BREXIT
A COÛTÉ
1 000 EUROS À
CHAQUE FOYER
BRITANNIQUE
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mercredi 23 mai 2018 LE FIGARO
18
L'ÉVÉNEMENT
Vers une refonte des urgences
Le député Thomas Mesnier propose 19 mesures pour un système à bout de souffle.
20,3
millions
de passage par an dans
les services d’accueil
des urgences, dont 60%
sans orientation
médicale préalable
12 %
des consultations
en médecine de ville
ne sont pas
programmées
MANON MALHÈRE £@ManonMalhere
SOCIAL Une dizaine de jours seulement après la mise en cause du
Samu dans le décès de la jeune
Naomi Musenga, le député LaREM, Thomas Mesnier, tire à son
tour la sonnette d’alarme sur les
dysfonctionnements des urgences
hospitalières. « Notre système de
santé est arrivé à bout de souffle et
sa transformation est devenue indispensable », déplore l’élu de la
majorité, médecin-urgentiste à
Angoulême, dans un rapport remis ce mardi à Agnès Buzyn.
Commandé en novembre 2017, le
texte préconise 19 mesures pour
désengorger les urgences. Et ce,
en améliorant la prise en charge
des soins non programmés qui se
différencient des urgences vitales
comme, par exemple, une fièvre
aiguë ou un accident domestique.
De quoi accroître un peu plus la
pression sur Emmanuel Macron,
qui doit présenter un plan global
de transformation du système de
santé début juin.
Le phénomène n’est pas nouveau. Depuis une vingtaine d’années, la France fait face à une explosion du recours aux services
d’urgence. Estimé à 7 millions en
1990, le nombre de passages dépassait la barre des 20 millions en
2015 et les appels au Samu estimés
à 25 millions ! Les raisons sont bien
identifiées. Les demandes et
conseils en soins ne cessent de
croître du fait notamment du
vieillissement de la population
alors que le nombre de médecins
généralistes diminue. En outre, le
rapport pointe du doigt une « méconnaissance » du système des urgences avec 60 % des patients qui
se rendent aux urgences « faute de
meilleure orientation et de pouvoir
joindre leur médecin traitant ». Résultat des courses ? « Au fur et à
mesure, le Samu a dévié de l’essence
même de l’urgence et doit répondre
aux maux du quotidien », constate
Thomas Mesnier.
Pour remédier à ce fléau, le député préconise de supprimer tous
les numéros d’urgence comme le
112, le 116 117, SOS Médecin qui
suscitent beaucoup de débats et
faire du 15 (le numéro du Samu) le
« numéro unique de santé ». Celuici fonctionnerait « 24 heures sur
24, 7 jours sur 7 ». Et, à terme, il
devrait devenir un « élément obli-
gatoire et structurant du parcours
de soins, permettant d’apporter de
façon constante, dans tous les territoires une première réponse pertinente à la demande de soins », précise le député, persuadé qu’une
majorité des demandes de soins
non programmées pourraient alors
se résoudre sans consultation.
Concrètement, les urgentistes devraient être accompagnés des médecins généralistes pour répondre
aux questions. Ce qui nécessite la
mise en place de 650 médecins et
1 500 assistants de régulation en
plus, soit un coût supplémentaire
non négligeable estimé à environ
200 millions d’euros par an. Le député LaREM table sur une grande
campagne d’information pour sensibiliser la population sur le sujet.
Inciter les médecins
Autre recommandation clé du rapport : inciter les médecins généralistes à prendre davantage en
charge de consultations non programmées. « Je ne parle jamais
d’obligation dans le rapport mais je
rappelle le principe fort de la responsabilité territoriale des professionnels de territoire de santé en
matière de prise en charge des premiers soins », précise Thomas
Mesnier. L’idée est d’encourager
les médecins à s’organiser ensemble à l’aide d’un assistant chargé de
la coordination de leurs activités.
« Il s’agit par exemple de s’assurer
que tous les médecins ne partent pas
en vacances pendant les fêtes », explique le député. Cette assistance
davantage administrative coûterait
au total 72 millions d’euros par an.
Enfin, le rapport préconise
d’ouvrir aux autres professionnels
de santé que sont les pharmaciens,
les infirmiers et les kinésithérapeutes la possibilité de faire un certain nombre de premiers soins.
« Bien des demandes de soins non
programmés ne nécessitent pas
d’avoir fait dix ans de médecine »,
explique Thomas Mesnier. Il n’y a
plus qu’à… ■
Thomas Mesnier, député
LREM, en novembre,
à l’Assemblée nationale.
Y. BONNET/HANS LUCAS
Recherche désespérément maîtres de stage pour futurs médecins
A
MARIE-CÉCILE RENAULT £@Firenault
Sortir les internes des CHU et leur
faire passer six mois en cabinet de
médecine libérale. C’est une des
idées phares du plan d’accès aux
soins d’Agnès Buzyn pour lutter
contre les déserts médicaux, présenté en octobre dernier. La ministre de la Santé a même prévu,
entre autres, de simplifier les démarches pour devenir maître de
stage, revaloriser l’indemnité des
médecins accueillant un stagiaire
en zone sous-dense de 50 % (soit
300 euros mensuels), ouvrir près
de 500 nouveaux lieux de stages
dont 350 en spécialités médicales
hors médecine générale, etc. Car si
les stages ambulatoires se sont développés en médecine générale, ils
restent quasi inexistants dans les
autres spécialités.
Reste à trouver les médecins volontaires pour accueillir des jeunes.
Mailings, réunions dans les facs…
la campagne bat actuellement son
plein. Au 1er janvier 2017,
9 135 maîtres de stage des universités (MSU) accueillaient les étudiants en deuxième (externes) et
troisième cycles (internes), selon
le Syndicat national des enseignants de médecine générale
(SNEMG). Un chiffre, en hausse de
6,8 % sur un an, qui cache des déséquilibres régionaux : un interne
de médecine générale de Toulouse
effectue deux fois plus de stages
chez le praticien qu’un interne de
Dijon, selon un rapport Igas de décembre.
Un chiffre également à mettre
en regard de besoins importants,
car il faut 2 ou 3 MSU pour un
stage, chacun accueillant l’interne
un ou deux jours par semaine pendant un semestre… Et ce, sans
Il y a peu
« d’évolution,
de nombreux
freins
persistent.
Ainsi,
l’indemnisation des
temps
de formation
des
médecins,
obligatoires
pour
accueillir
un stagiaire
se réduit
comme peau
de chagrin.
Cela devient
du
bénévolat !
»
YANNICK SCHMITT,
MAÎTRE DE STAGE
PRÈS DE STRASBOURG
ET PRÉSIDENT DU
SYNDICAT REAGJIR
compter que les départs à la retraite de nombreux MSU nécessitent le recrutement régulier de
nouveaux maîtres de stage.
« On a 9 000 maîtres de stage,
mais il en faudrait 15 000 ! Car il est
essentiel de faire connaître aux jeunes
l’exercice libéral si on veut qu’ils
s’installent, estime Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des
médecins de France (FMF). Mais il
faut mettre les moyens, il ne faut pas
mégoter. » Pour l’accueil d’un inter-
ne, le médecin reçoit 600 euros brut
mensuels d’honoraires pédagogiques, à répartir entre les différents
MSU qui assurent son encadrement.
En contrepartie, le médecin s’engage à avoir une formation médicale
continue et à suivre un séminaire
sur la maîtrise de stage.
Œil critique
L’accueil d’étudiants nécessite
aussi que le MSU modifie son organisation, aussi bien en termes
d’agenda (consultations plus longues, plages horaires prévues pour
la supervision, etc.) que de gestion
de l’espace (pièce dédiée à l’interne avec poste informatique en
réseau et connexion Internet). Enfin, le MSU accepte de soumettre sa
pratique à l’œil critique de son jeune confrère, ce qui n’est pas simple. En revanche, côté patients,
dans l’immense majorité des cas, la
présence d’étudiants dans le cabinet est très bien acceptée. ■
DOCTEUR YANNICK SCHMITT
PRÉSIDENT DU SYNDICAT REAGJIR, MÉDECIN GÉNÉRALISTE À LINGOLSHEIM
« Les étudiants ont appris à soigner un cancer
mais ne savent pas traiter un rhume »
Médecin généraliste à Lingolsheim,
dans la banlieue de Strasbourg, le
Dr Yannick Schmitt accueille depuis
trois ans des internes en stage. Il
est président du syndicat des jeunes médecins Reagjir, qui en a fait
son cheval de bataille.
Les étudiants, eux, découvrent la
médecine générale : ils ont appris à
soigner un cancer mais ils ne savent pas traiter un rhume. Ils découvrent aussi tout le champ de la
communication et des relations
humaines, qui ne s’apprend pas
dans les livres !
LE FIGARO. - Quel intérêt
pour un généraliste
de prendre des internes
en stage ?
Le gouvernement veut
encourager les stages en libéral.
Y parvient-il ?
Dr Yannick SCHMITT. - C’est un
moyen de rompre son isolement,
un rempart contre le burn-out et le
plaisir de transmettre. Cela permet
aussi de trouver plus facilement
des remplaçants car les jeunes
s’installent et remplacent dans les
endroits qu’ils connaissent. Je n’ai
jamais eu de problème de remplacement, il suffit que je passe un
coup de fil à mes anciens internes !
Les patients sont satisfaits et demandent très rarement que le stagiaire sorte.
Il y a peu d’évolution, de nombreux
freins persistent. Ainsi, l’indemnisation des temps de formation des
médecins, obligatoires pour celui
qui va accueillir un stagiaire, se réduit comme peau de chagrin. Cela
devient du bénévolat ! De même,
les facs manquent de moyens pour
recruter les maîtres de stage. En
Aquitaine, des médecins maîtres de
stage ont mis en place un site Internet « Adopte un interne ».
C’est désolant de voir que ces initiatives locales issues de la bonne
volonté de quelques-uns ne sont
pas soutenues nationalement alors
que ce sont des outils concrets, qui
fonctionnent et coûtent trois fois
rien ! Enfin, les spécialistes libéraux
seraient prêts à accueillir des internes - des pédiatres et des gynécologues le font - mais les hôpitaux
préfèrent garder la main-d’œuvre
des internes pour eux. Bref, il y a
beaucoup de déclarations d’intention, mais cela reste marginal.
Le stage en libéral est-il
un outil efficace de lutte
contre les déserts médicaux ?
Avoir un interne en stage prend du
temps. Car même s’il peut assumer
seul la consultation et nous permettre pendant ce temps de faire
autre chose, il faut toujours superviser ce qu’il a fait. En zone sousdotée, les médecins sont tellement
débordés qu’ils n’ont pas le temps
de se poser ce genre de question !
PROPOS RECUEILLIS PAR M.-C. R.
Les
urgences
sont engorgées
parce que
la majorité
des personnes
qui s’y
présentent
ne devraient
pas y être
»
AGNÈS BUZYN, MINISTRE
DE LA SANTÉ
ier accès aux soins
Assurer le prem
non programmés
Organiser les soins
dans les territoires
as Mesnie
Rapport de Thom
Député de Charente
Établi avec l’appui
Erik Rance
r
de :
Julien Tiphine
publique)
(interne de santé
Laure Boisserie-Lacroix
sociales
générale des affaires
Membres de l’inspection
Et Elise Haffen
aire
Collaboratrice parlement
Rapport remis à Madame
Paris, mai 2018
la Ministre des Solidarités
et de la Santé
10
LES
PROPOSITIONS
LES PLUS FORTES
DU RAPPORT
MESNIER
èAssurer dans
tous les territoires
une réponse
aux demandes
de premiers soins (1)
èLabelliser
des organisations
de réponse
aux premiers soins (2)
èRendre obligatoires
dans les cabinets
des demi-journées
dédiées aux soins
non programmés (3)
èFaciliter le recours
direct aux examens
les plus simples
d’imagerie
et de biologie (6)
èDéployer un numéro
unique de santé
pour la régulation
téléphonique 24 h/24
(9)
èEnrichir le portail
sante.fr avec l’offre
de soins non
programmés dans
les territoires (13)
èMener des actions
d’information
ciblées (14)
èLibérer du temps
médical en renforçant
la coopération entre
les professionnels (15)
èEncourager
les visites à domicile
et les partager entre
les professionnels (16)
èDécloisonner
l’organisation
des transports
sanitaires grâce
à la régulation
téléphonique (19)
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mercredi 23 mai 2018
ÉCONOMIE
19
La mobilisation
des fonctionnaires
s’affaiblit
Malgré un appel unitaire à la grève, le défilé parisien
a réuni deux fois moins de personnes qu’en mars.
CÉCILE CROUZEL £@ccrouzel
FONCTION PUBLIQUE L’unité syndicale n’est pas toujours synonyme
de succès… Lancées par les neuf organisations de fonctionnaires, les
manifestations de mardi, qui ont
été émaillées de quelques incidents
à Paris, ont moins rassemblé que
les deux précédentes. Selon le chiffrage du cabinet Occurrence pour
un collectif de médias, le cortège
parisien, qui s’est rendu de la place
de la République à celle de la Nation, a réuni 16 400 personnes.
C’est deux fois moins que le 22 mars
(34 700 pour la partie dédiée à la
fonction publique) alors que, ce
jour-là, la CFDT et l’Unsa étaient
absentes. Dans l’ensemble de la
France, les manifestants n’ont été
que 139 000 mardi, selon la police,
loin des 323 000 de mars (avec les
cheminots) et des 209 000 d’octobre 2017. Même baisse du côté des
grévistes : 10,29 % des agents ont
cessé le travail dans la fonction publique d’État ce mardi, contre
12,8 % le 22 mars, selon le ministère
des comptes publics.
Pour les syndicats, ce demiéchec est d’autant plus un coup dur
que leurs leaders s’étaient mobilisés. Laurent Berger de la CFDT,
Pascal Pavageau de FO et Philippe
Martinez de la CGT se sont retrouvés mardi derrière la banderole de
tête parisienne. Les trois hommes
ont, l’espace d’un instant, posé ensemble devant les photographes.
Une image inédite depuis la mobilisation de 2010 contre les réformes
Sarkozy des retraites. Le 10 octobre
2017, alors que la protestation des
fonctionnaires était déjà unitaire,
les numéros un des grandes centrales avaient défilé dans des villes
différentes.
Gel du point d’indice et décalage
de l’accord de revalorisation des
carrières en 2018, simple compensation de la hausse de la CSG, rétablissement du jour de carence lors
d’un arrêt maladie : les fonctionnaires ont pourtant de quoi être
mécontents du tour de vis de l’actuel gouvernement (même si leur
rémunération dépend aussi de l’ancienneté, de primes). Sans compter
les 120 000 suppressions de postes
prévues d’ici à 2022. Peut-être un
certain fatalisme s’est-il instauré
chez les fonctionnaires, perceptible
jusque dans les rangs des manifestants. « C’est la même politique
d’austérité depuis quinze ans qui
s’aggrave à chaque nouvelle majorité », déplorait Christophe, de la
CGT-finances publiques.
Quant à la réforme de la fonction
publique lancée par l’exécutif, il
n’est pas sûr qu’elle heurte autant
les agents que leurs syndicats. Ces
derniers voient dans l’augmentation de la prime au mérite et de la
prime de départ, dans le recours
accru aux contractuels et la fusion
d’instances de représentation du
personnel « des coups de canif aux
principes forts de la fonction publi-
Les leaders syndicaux
sont en tête
de la manifestation
unitaire pour la fonction
publique, mardi,
à Paris.
S. SORIANO/LE FIGARO
139 000
manifestants
dans toute la France
le 22 mai
que », selon Bernadette Groison, de
la FSU. Les fonctionnaires sont
peut-être plus pragmatiques.
Front FO et CGT
En tout cas, la faible mobilisation
arrange le gouvernement, à l’approche d’annonces sur la réforme
de l’État et des négociations salariales de la mi-juin. Des négociations
que l’exécutif aborde en voulant
geler le point en 2019 et n’accorder
que des hausses catégorielles à certaines professions.
Néanmoins, il serait hasardeux
de croire le climat social dégagé.
Dès samedi, les associations et les
partis de la gauche de la gauche,
emmenés par la France Insoumise
organisent une « marée populaire »
contre la politique d’Emmanuel
Macron. La CGT, la FSU et Solidaires se joindront aux défilés. Mais
pas la CFDT et FO, qui tiennent à
leur indépendance syndicale.
Néanmoins, si Laurent Berger ne
croit pas à la convergence des luttes
et a précisé mardi que l’unité syn-
dicale chez les fonctionnaires s’était
faite « sur des objectifs précis », FO
est sur une ligne autre. Pascal Pavageau, son nouveau patron, a en effet déclaré que cette unité pourrait
« prendre une dimension interprofessionnelle (commune à plusieurs
professions, NDLR)», en écho aux
propos de Philippe Martinez espérant qu’il « s’agisse d’un premier
pas vers un mouvement interprofessionnel ». Un premier pas vers la reconstitution du front FO-CGT du
temps de la loi El Khomri… ■
Les cheminots « votent » contre la réforme ferroviaire
Nous nous
« attendons
à 80 %, voire
90 %, de votes
contre
la réforme.
La question
est plutôt
de savoir
quel est
le nombre
de votants !
»
ROGER DILLENSEGER,
SECRÉTAIRE GÉNÉRAL
DE L’UNSA
FERROVIAIRE
VALÉRIE COLLET £@V_Collet
SANS SURPRISE, le « vot’action »,
la consultation des cheminots organisée par les syndicats de la
SNCF, devrait aboutir à une écrasante majorité au rejet du pacte
ferroviaire porté par le gouvernement. « Nous nous attendons à
80 %, voire 90 %, de votes contre la
réforme, estime Roger Dillenseger,
secrétaire général de l’Unsa ferroviaire. La question est plutôt de savoir quel est le nombre de votants ! »
La portée de cette consultation – en
réalité une pétition – est avant tout
symbolique. Elle n’a aucune valeur
juridique. Le projet de loi suivra son
cours et les dirigeants de la SNCF
resteront à leur poste…
Mais les quatre organisations de
cheminots, mêlées mardi au cortège des syndicats de la fonction pu-
blique à Paris, sont convaincues
que tous les moyens sont bons pour
peser sur les négociations sociales
en cours.
Le projet de loi de « nouveau
pacte ferroviaire » arrive ce mercredi au Sénat alors que deux nouvelles journées de grève sont programmées le 23 et le 24 mai.
Vendredi, le premier ministre
rencontrera une nouvelle fois les
syndicats séparément pour « faire
le point » sur la discussion parlementaire du projet de loi, les négociations concernant la future
convention collective et l’agenda
social au sein de la SNCF. Il devrait
à cette occasion donner des précisions sur la « trajectoire économique » du groupe SNCF. En clair, les
efforts attendus de l’entreprise
publique et ceux de l’État pour investir davantage sur le réseau ferroviaire.
Enfin, comme il l’avait promis,
Édouard Philippe précisera vendredi les modalités de la reprise de
la dette de SNCF Réseau (46,6 milliards d’euros).
« Sortir du conflit »
Même si les quatre organisations
syndicales représentatives de la
SNCF affichent un front uni dans la
grève, certaines ont hâte d’en sortir
pour passer à l’étape suivante : la
négociation de la branche professionnelle. La semaine dernière,
Guillaume Pepy, président du
directoire de la SNCF, estimait
qu’« aujourd’hui, les conditions sont
réunies pour sortir du conflit » et que
« les organisations syndicales qui
veulent sortir de ce conflit, peuvent le
faire dès maintenant ». Pas si simple.
Pour appeler leurs adhérents à
cesser la grève, les syndicats estiment n’avoir pas encore obtenu
d’avancées majeures. L’inquiétude
porte notamment sur les modalités
de transferts des cheminots de la
SNCF chez un concurrent qui aurait
gagné un appel d’offres. La loi prévoit qu’un cheminot dont 50 % de
l’activité est consacrée au service
repris par un concurrent sera obligatoirement transféré. S’il n’est pas
d’accord pour changer d’employeur, il sera alors licencié. Certes, les opérateurs ferroviaires
comme Transdev, susceptibles de
devenir un employeur alternatif,
soulignent qu’ils seront plus « attractifs » que la SNCF. « Nous offrirons aux cheminots des conditions de
salaires, des carrières qui, de fait,
favoriseront le volontariat », résume Thierry Mallet, PDG de Transdev. Mais, pour des cheminots de la
SNCF qui ont le sentiment d’appartenir à la fonction publique, le pas
est décidément grand. ■
Marks & Spencer contraint de fermer plus de grands magasins
La marque britannique se séparera de plus de 100 points de vente d’ici à 2022 en Grande-Bretagne.
SOURCE : SOCIÉTÉ
1 035
magasins
au Royaume-Uni,
dont 696 exclusivement
alimentaires
18 %
des ventes d’habillement
sont réalisées sur
Internet
10,6
milliards de livres
(12 milliards d’euros)
de chiffre d’affaires
pour l’exercice annuel
clos en mars
MATHILDE VISSEYRIAS
£@MVisseyrias
DISTRIBUTION Marks & Spencer
n’en finit pas de serrer la vis.
L’enseigne de distribution britannique a annoncé la fermeture
de plus de cent magasins en
Grande-Bretagne d’ici 2022, accélérant la réorganisation de ses
activités dans l’espoir de se redresser. Malgré sa notoriété,
l’enseigne créé en 1884 à Leeds
peine à trouver ses marques face
à une concurrence de plus en plus
agressive, tant dans l’habillement
(40 % des ventes au RoyaumeUni) que l’alimentation.
Le géant américain du e-commerce Amazon, Zara et H&M lui
prennent inexorablement des
clients. Depuis plus d’un an, l’enseigne accuse aussi le coup du
Brexit, qui accentue la faiblesse
des dépenses de consommation.
Les fermetures représentent un
dixième des magasins britanniques. Mais elles concernent près
du tiers des plus gros points de
vente de l’enseigne au RoyaumeUni. Vingt et un ont déjà mis la
clé sous la porte et quatorze
autres ont été identifiés pour cesser leur activité. Les 626 salariés
de ces quatorze magasins rece-
vront des propositions de reclassement dans d’autres points de
vente avant un éventuel licenciement, indique la direction. « La
fermeture des magasins n’est pas
facile mais elle est vitale pour
l’avenir de M&S », a déclaré le directeur des opérations de vente
au détail, Sacha Berendji. En novembre, trois mois après l’arrivée
de son nouveau président, Archie
Norman, le distributeur avait dit
vouloir accélérer ses fermetures
de magasins, sans les chiffrer.
Un tiers de vente
en ligne
En faisant cela, ses dirigeants visent un double objectif : accélérer
le développement sur Internet et
offrir aux consommateurs une
meilleure expérience en boutique. L’objectif visé est de réaliser
un tiers de ventes d’habillement
en ligne, contre 18 % actuellement. Marks & Spencer n’est pas
encore présent dans l’alimentation sur Internet, mais il fait des
tests. Amazon commercialise, lui,
des milliers de produits de grande
consommation via son service
Pantry, en partenariat avec Morrisons. Des rumeurs font même
état d’un rachat de la quatrième
chaîne de supermarchés au
Royaume-Uni par le géant amé-
ricain. Marks & Spencer avait
déjà annoncé en 2016 vouloir réduire les espaces consacrés à
l’habillement et aux produits
pour la maison afin de se recentrer sur l’alimentation. Près de
70 % des magasins britanniques
sont déjà des « Simply Food ».
Avec l’essor d’Internet et de la
livraison à domicile, les grands
magasins sont confrontés à la
plus grande remise en cause de
leur histoire. Certes, le point de
vente n’est pas mort : le rachat
des supermarchés bio haut de
gamme Whole Foods par Amazon, pour 13,7 milliards de dollars
en 2017, l’atteste. Sarenza a ses
boutiques de chaussures et le site
Promovacances
son
réseau
d’agences de voyages. Mais les
clients consomment différemment. Ils offrent une prime aux
leaders, qui ont les prix les plus
bas. Ils n’ont pas le temps ni l’envie de se perdre dans des rayons.
Faute de repreneur, Carrefour
devrait fermer 227 anciens magasins Dia. Le distributeur français
s’est donné jusqu’au 4 juin pour
attirer des candidats à la reprise.
Mal placés, ces magasins de
proximité reconvertis en Carrefour Contact n’attirent pas le
chaland, malgré la promesse de
prix bas. ■
l’isf devient l’ifi,
mais cela ne change pas
les besoins des plus fragiles.
Soutenez la Fondation Caritas France
Votre don et plus d’informations sur
don-ifi.fondationcaritasfrance.org
A
MARKS & SPENCER
EN CHIFFRES
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 23 mai 2018 LE FIGARO
20
ENTREPRISES
Le grand marchandage de Trump avec Pékin
Washington prêt à troquer son embargo sur la firme chinoise de télécoms ZTE contre des marchés agricoles.
PIERRE-YVES DUGUA £@PDugua
CORRESPONDANT À WASHINGTON
COMMERCE La « méthode Trump »
est à l’œuvre. En dépit de protestations de multiples élus du Congrès,
y compris républicains, le département du Commerce propose de lever l’embargo radical qu’il vient
d’imposer aux fournisseurs américains en composants électroniques
du géant chinois des télécommunications ZTE.
Selon la presse américaine, l’affaire ZTE pourrait être réglée dans
le cadre d’un marchandage incorporant des gestes de la part de la
Chine pour accepter de plus fortes
importations de denrées agricoles
américaines. Le mélange de ces
deux sujets sans rapport choque
beaucoup à Washington. Il est
néanmoins typique de l’approche
pragmatique de Donald Trump le
« dealmaker ».
Ce dernier ne s’embarrasse guère
de considérations formelles. Pour
inspirer confiance à son homologue
chinois, Xi Jinping, et mieux saluer
au passage son aide sur le dossier
nord-coréen, Donald Trump est
prêt à tout mélanger. Mais ne fait-il
pas une grosse concession à Pékin
en échange d’une concession
chinoise sans grande portée
concrète ?
La Maison-Blanche prétend que
non. Wilbur Ross, secrétaire américain au Commerce, se rendra à
La Chine fait un geste sur
les voitures étrangères
Tas de soja,
à proximité
de silos agricoles
à New Richland,
Minnesota.
Pékin la semaine prochaine avec
plusieurs propositions. L’une d’entre elles est de sauver le chinois ZTE
de la paralysie créée par l’interdiction faite à ses fournisseurs américains de lui vendre des composants.
En effet, 25 % à 30 % des composants incorporés aux équipements
de ZTE proviennent des États-Unis.
En échange, ZTE devra changer sa
direction et la composition de son
conseil d’administration, a confirmé Donald Trump, mardi devant la
presse. Le président a aussi évoqué
une « très grosse amende » contre
ZTE, qui « pourrait être de 1,3 milliard de dollars », et le remplacement de la direction. Mais, selon
Trump, aucun accord n’était encore
scellé avec Pékin sur ZTE.
A
l’automobile obsède Donald
Trump, élu président grâce à des
États où le secteur compte beaucoup, comme le Michigan et
l’Ohio.
Propriété intellectuelle
Le geste chinois sur l’automobile
est à ajouter à d’autres ces dernières semaines. En avril, la banque centrale chinoise a décidé de
laisser les banques étrangères
concurrencer d’égales à égales
les banques chinoises d’ici à la fin
de l’année. Le Trésor américain
est convaincu que les établissements américains seront bien
placés pour profiter de la possibilité pour les firmes étrangères
de monter à 51 % dans le capital
de banques d’investissements, de
sociétés de courtage, de gestion
d’actifs et d’assurance-vie. Les
barrières à l’entrée de sociétés
américaines de paiement comme
Visa, MasterCard et American
Express restent un sujet de désaccord, en dépit d’une décision
de l’OMC à l’encontre de la
Chine.
Mais ces avancées ne sont
qu’une partie des barrières que
Donald Trump tente de faire
tomber. Sa menace de droits de
douane, portant sur 50 milliards
de dollars d’importations chinoises, vise à pousser Pékin à démanteler un système plus ou
moins formel qui oblige les firmes
étrangères à partager leur propriété intellectuelle avec des partenaires chinois qui leur sont parfois imposés, comme condition
d’accès au plus grand marché du
monde. ■
P.-Y. D.
Le Pentagone inquiet
L’embargo décidé le mois dernier
n’avait initialement rien à voir avec
le bras de fer engagé par Donald
Trump pour forcer la Chine, sous la
menace de droits de douane, à
ouvrir davantage son marché aux
produits américains. Outre le
Congrès, c’est aussi le Pentagone
qui s’alarme du mélange des deux
dossiers. ZTE est en effet par ailleurs
suspecté de vendre des équipements facilement manipulables par
les services secrets chinois pour espionner ses clients américains.
Face à ces préoccupations, Donald Trump voit d’abord un moyen
d’aider les agriculteurs américains à
vendre plus de denrées à la Chine.
En pleine campagne pour les législatives de novembre, la clientèle
républicaine agricole de la « farm
belt » est à soigner. Cette approche
pèche cependant par excès de naïveté. D’abord parce que les productions américaines de soja ou de sorgho, par exemple, ne sont pas
élastiques. Ce que la Chine achètera
en plus ne sera pas vendu à d’autres
pays.
Ensuite parce que bien d’autres
facteurs plus délicats sont à l’œuvre
pour expliquer l’énormité du déficit
commercial américain avec la
Chine. Qu’il s’agisse de barrières
non tarifaires, de l’insuffisance de
l’épargne américaine ou de l’attrait
pour Apple, Cisco, Walmart ou
Target de fournisseurs à bas prix en
Chine. Pour ne rien arranger, l’Administration Trump est divisée entre libre-échangistes et nationalistes. Les uns ont peur d’une guerre
commerciale, les autres pensent
qu’elle est nécessaire pour forcer la
Chine à ouvrir son marché et à ne
plus exiger des cessions de propriété intellectuelle. La carte du sauvetage de ZTE aurait donc pu être
mieux jouée par Donald Trump
pour obliger Pékin à céder sur ces
terrains-là.
Il reste que le grand marchandage ne fait que commencer. Donald Trump n’a pas renoncé aux
sanctions pour libéraliser le marché
chinois. Pékin, de son côté, multiplie les gestes apaisants. Ses inspections tatillonnes et autres barrières
non tarifaires aux produits agricoles
américains sont mises en sourdine.
La suspension de l’examen du dossier de rachat de NXP Semiconductors NV par Qualcomm vient d’être
levée. Et, sur l’automobile (lire cidessous), les protections chinoises
sont abaissées. ■
L’Allemagne, cible de l’appétit chinois
KARL PLUME/REUTERS
NICOLAS BAROTTE
£@NicolasBarotte
CORRESPONDANT À BERLIN
Ford et Tesla applaudissent la
nouvelle venue de Pékin : la
Chine réduit de 25 à 15 % ses
droits de douane applicables aux
automobiles. La mesure sera effective au 1er juillet. Les constructeurs européens, comme Daimler,
BMW, mais aussi indiens comme
Tata Motors, se félicitent aussi.
Officiellement, la décision
chinoise n’a pas été prise en réponse aux menaces de droits de
douane proférées par Donald
Trump ces dernières semaines. Il
n’empêche, en pleines négociations commerciales entre Pékin
et Washington, le geste ne passe
pas inaperçu.
La Chine a importé pour
51 milliards de dollars d’automobiles l’an dernier. Dont 13,5 milliards provenaient d’Amérique
du Nord, y compris des usines
aux États-Unis de Mercedes et
BMW. Si General Motors produit
des Cadillac et des Buick dans son
usine de Shanghaï, en revanche
pour des constructeurs comme
Ford, ou Tesla, leader américain
des véhicules tout électrique,
l’abaissement
des
barrières
douanières chinoises est une
aubaine.
Le gouvernement chinois veut
démontrer qu’il n’est pas insensible aux arguments des Occidentaux, et que l’ouverture de
son marché peut répondre aux
besoins de sa population. Le président Xi Jinping espère aussi
montrer à son homologue américain que le dialogue est susceptible de produire plus de résultats
que les menaces de guerre commerciale. Il sait à quel point
Washington entend punir la firme chinoise pour avoir enfreint la
loi américaine en 2016, (avant
l’élection de Trump) en vendant des
équipements de télécommunications au Soudan, à l’Iran, à la Corée
du Nord, à la Syrie et à Cuba. ZTE
avait promis de punir les responsables de ces infractions mais ne l’a
pas fait.
Entre les deux géants économiques, elle va porter la voix de l’Europe et défendre les intérêts de
l’Allemagne. Tandis que les ÉtatsUnis et la Chine dialoguent pour
éviter une guerre commerciale
(lire ci-dessus), Angela Merkel est
attendue jeudi et vendredi à Pékin,
pour sa onzième visite sur place en
douze ans. Avec 186,8 milliards
d’euros d’échange en 2017, la
Chine est devenue le principal partenaire commercial de l’Allemagne. L’Allemagne est aussi l’une
des cibles principales en Europe de
l’appétit économique chinois.
L’acquisition au début de l’an-
née par le milliardaire Li Shufu de
9,69 % du capital de Daimler, la
maison mère de Mercedes, a relancé les inquiétudes. Dans l’entourage de la chancelière, on élude toutefois le sujet, sans dire s’il en sera
question à Pékin. Mais le gouvernement étudie les lacunes dans la
législation. Le seuil à partir duquel
un actionnaire étranger doit signaler son acquisition est fixé à 10 %.
Robots et médecine
L’Allemagne craint pour ses fleurons, notamment ses PME performantes. L’alerte a retenti vraiment
pour la première fois après le rachat en 2016 de Kuka, champion
allemand des robots-outils et
symbole du « made in Germany »,
par le chinois Midea pour 4,5 mil-
Délicates tractations transatlantiques
Officiellement, l’Union
européenne ne négociera rien
tant que plane la menace
de droits de douane prohibitifs.
À une semaine du verdict
de Donald Trump, tout porte
à croire pourtant que les
discussions s’intensifient
pour éviter une guerre
commerciale que les Européens
redoutent davantage que les
Américains.
« Il ne s’agit pas seulement
de l’acier et de l’aluminium,
mais aussi de l’avenir de la
relation transatlantique,
assure Peter Altmaier, ministre
allemand de l’Économie,
proche de la chancelière.
Nous allons mettre à profit les
neuf jours qui viennent pour
trouver la solution. »
La République fédérale a le plus
à perdre d’une confrontation,
mais elle n’est pas seule à
tendre un rameau d’olivier.
Jeudi, un sommet européen a
mis sur la table une offre qui
répond à des exigences de la
maison Trump : importations de
gaz de schiste, harmonisation
de normes industrielles,
réforme de l’OMC (Organisation
mondiale du commerce) ou
encore mise à plat des taxes
sur les importations de voitures
américaines.
Pour Paris, le préalable est
une dispense définitive le
1er juin des droits agités
par la Maison-Blanche.
Si c’est le cas, « nous sommes
prêts à discuter », précise
Jean-Yves Le Drian après
un rendez-vous ministériel
à Bruxelles.
Cecilia Malmström,
commissaire au Commerce
international, semble indiquer
que les tractations n’ont
pas attendu, « Je crois que
les États-Unis estiment que
ce n’est pas assez », disait-elle
toutefois mardi après un de ses
fréquents échanges avec
l’Américain Wilbur Ross.
J.-J. M. (À BRUXELLES)
liards d’euros. Après avoir examiné l’opération, les autorités allemandes l’ont finalement autorisée.
Mais Berlin a ensuite mis sur
pied un nouvel arsenal juridique
pour protéger ses secteurs clés
avec l’intention, soutenue par Paris, de transposer le dispositif à
l’échelon européen. L’économie
allemande « a toujours été très
ouverte, et c’est positif, mais il ne
faut pas être naïf », explique-t-on
à la chancellerie.
Depuis, les relations entre les
deux pays se sont tendues. « La
Chine voit une tendance protectionniste en Allemagne », a déclaré la
semaine dernière l’ambassadeur
de Chine à Berlin, Shi Mingde dans
une mise en garde inhabituelle.
Une étude de la Fondation Bertelsmann rendue publique mardi
démontre l’intérêt croissant de la
Chine pour les entreprises allemandes les plus compétitives et à
la pointe de l’innovation. Sur les
175 prises de participation chinoises (au-delà de 10 %) analysées,
entre 2014 et 2017, 112 concernent
des entreprises des secteurs clés
explicitement nommés dans la
stratégie « Made in China 2025 » :
l’automobile et la voiture autonome sont particulièrement ciblées
(21 % des prises de participation),
suivies par l’énergie (19 %), la médecine (16 %) et les robots (15 %).
« Ni l’Allemagne ni l’UE n’ont mis
en œuvre des moyens pour contrer
la stratégie de politique industrielle
de la Chine », écrivent les auteurs.
Dans l’entourage d’Angela
Merkel, on insiste sur les objectifs
de la visite de la chancelière : obtenir la réciprocité des échanges ainsi qu’un meilleur accès au marché
chinois pour les entreprises européennes. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mercredi 23 mai 2018
ENTREPRISES
21
Casino et Engie
alliés pour convertir
les entreprises
à l’énergie solaire
Ils créent une coentreprise à partir de GreenYellow,
filiale du distributeur, afin de les inciter à produire
leur énergie et à s’émanciper du réseau classique.
ÉNERGIE GreenYellow se lance
dans la cour des grands. La filiale
énergie, propriété du groupe de
distribution Casino, et Engie entament des négociations exclusives
pour créer la première joint-venture (société commune) de production décentralisée d’énergie solaire
à l’attention des professionnels.
Engie Entreprises & Collectivités
et GreenYellow mettront en commun leurs équipes dédiées à l’énergie solaire pour fournir un nouveau
service aux entreprises et collectivités, toujours avares d’économies.
« Plutôt que de dépendre du réseau
électrique classique comme le fait la
très large majorité des entreprises,
nous leur proposons de produire une
partie de leur électricité en équipant
leurs toits entre autres de panneaux
solaires », résume Otmane Hajji,
président de GreenYellow.
Cette production, dite décentralisée, offre un double avantage à
l’entreprise cliente. À l’heure du
développement durable, c’est l’occasion pour les entreprises et collectivités de participer à la fabrica-
Un champ
de panneaux
photovoltaïques
GreenYellow,
à Baranquilla,
en Colombie.
GREEN YELLOW
tion et à la consommation de leur
propre électricité verte via des panneaux photovoltaïques. 30 % des
besoins de l’entreprise peuvent être
ainsi couverts, selon GreenYellow.
C’est aussi l’opportunité de réaliser
de substantielles économies. « Par
rapport au tarif en réseau, elles pourront réduire leur facture énergétique
de 10 % à 25 % selon leur localisation
et la surface équipée », explique Caroline Flaissier, directrice générale
d’Engie Entreprises et Collectivités.
Produite sur place, à partir d’un toit
ou d’une ombrière par exemple,
l’énergie issue d’une centrale solaire
installée est en réalité bien plus économique. « 50 % du prix de l’électricité produite en réseau provient de
son acheminement, de sa distribution
et de ses taxes, autant de charges que
l’on évite en autoconsommation »,
selon le président de GreenYellow.
Souvent rebutées par le coût de
telles infrastructures, les collectivités et entreprises n’y songent parfois même pas. En contrepartie
d’un contrat signé pour 20 à 25 ans,
la joint-venture leur propose de
supporter le coût de d’installation
de l’équipement solaire – encore
exorbitant à 1 million d’euros par
Orano transforme ses mines d’uranium en centrales photovoltaïques
GUILLAUME MOLLARET
£@Newsdusud
ENVOYÉ SPÉCIAL À LODÈVE (HÉRAULT)
Irradiant, le soleil frappe les milliers de cellules noires du nouveau
parc photovoltaïque des hauteurs
de Lodève, à 50 kilomètres de
Montpellier. Sous les panneaux de
cette centrale solaire était jadis extrait de l’uranium, activité abandonnée en 2001 à cause de la chute
des cours.
Depuis, Orano (ex-Areva) s’attelle à réhabiliter les 236 sites
hexagonaux sous sa responsabilité.
« Certains n’ont jamais été exploités. Une galerie a parfois été creusée
à des fins d’exploration, mais les
choses ne sont pas allées plus loin.
D’autres sites dépollués ont été cé-
dés à des communautés des communes pour la création de zones d’activité », détaille Victoire Luquet de
Saint-Germain, directrice aprèsmines France d’Orano. Même si le
sous-sol n’est plus exploité, le
groupe doit s’assurer que la réhabilitation respecte la réglementation environnementale.
Sur l’ex-mine d’uranium de
Lodève, la plus grande du pays
(14 000 tonnes extraites en trentehuit ans), trois personnes sont
chargées de l’analyse de l’air, des
sols et des eaux de la station de
pompage et d’épuration des eaux
minières. La nature des sites oblige
les opérateurs photovoltaïques à
respecter des contraintes de poids
des structures, liées à un risque
d’effondrement. À Lodève, parce
qu’Engie Green s’est installée sur
une verse à stérile, issue de l’exploitation minière, elle a dû planter
des pins, dont le système racinaire
de surface permet de prévenir des
glissements de terrains.
« Douze centrales
à horizon 2022 »
À ce jour, quatre parcs photovoltaïques, dont deux à Lodève, habillent d’ex-sites miniers français.
« Notre objectif est de créer douze
centrales à horizon 2022 », explique
Victoire Luquet de Saint-Germain.
Sept seront exploités par Neoen,
cinq font l’objet d’un appel d’offres
dont les résultats seront bientôt
connus. 200 hectares promettent
d’être valorisés en apportant au réseau une production équivalente à
la consommation de 70 000 foyers.
Orano, qui consacre 10 millions
d’euros par an à l’entretien de ses
sites, voit dans le photovoltaïque
un moyen de financer cette activité. « Grâce à ce type d’activité, nous
devrions arriver à générer 1 million
d’euros de revenus d’ici cinq ans »,
dévoile le groupe.
« Tous les sites ne sont pas éligibles à ce type de réhabilitation pour
des questions de topographie »,
précise Isabelle Blanc-Potard, responsable Orano après-mines dans
le Sud-Est. Outre des centrales solaires, exploitations forestières,
zones de pâturage et étang recouvrent des mines ne portant plus
que quelques traces de leur passé. À
Lodève, un menhir avait été planté
par les mineurs pour marquer la fin
d’exploitation d’un filon. Déplacé
pour la construction de la centrale,
il est aujourd’hui sur le flanc… ■
« àGrâce
ce type
d’activité,
nous
devrions
arriver
à générer
1 million
d’euros de
revenus d’ici
à cinq ans
»
UN DIRIGEANT D’ORANO
La France veut cinq fois plus de voitures électriques
Le nouveau contrat de filière place la transition énergétique en priorité.
EMMANUEL EGLOFF £@eegloff
AUTOMOBILE Pour l’industrie
automobile, la crise de 2008-2009
est bien terminée. Mais les bonnes
pratiques
demeurent.
Carlos
Ghosn, PDG de Renault, Carlos
Tavares, son homologue chez PSA,
et les dirigeants de Michelin, Valeo,
de Faurecia et de Plastic Omnium
s’étaient donné rendez-vous mardi
22 mai, à Bercy, pour signer le nouveau Contrat de filière automobile
pour 2018-2022. La crise avait incité
pouvoirs publics et industriels à se
mettre d’accord sur une feuille de
route. L’exercice est renouvelé avec
des engagements de part et d’autre.
La principale annonce de ce nouveau « contrat de filière automobile » porte sur le véhicule électrique.
Toutes les parties prenantes s’engagent à multiplier par 5 les ventes de
véhicules 100 % électriques d’ici
2022. L’an dernier, il s’est écoulé en
France un peu plus de 30 000 véhicules électriques. Les immatriculations devraient atteindre au moins
150 000 véhicules d’ici quatre ans.
La progression est impressionnante. Pour autant, si le marché
reste stable sur la période, ces
150 000 véhicules ne pèseront encore que 6 % des ventes. Les voitures hybrides rechargeables (disposant d’un moteur thermique mais
Le nombre de bornes
accessibles au public
devrait passer d’environ
20 000 actuellement à
100 000 en 2022.
SÉBASTIEN SORIANO/
LE FIGARO
capable de rouler plusieurs dizaines
de kilomètre en mode électrique)
seront également poussées. Au niveau du parc, les intervenants visent 600 000 véhicules électriques
et 400 000 hybrides rechargeables
en 2022.
« Des engagements
réciproques »
« Cet objectif implique des engagements réciproques forts, explique
Luc Chatel, le président de la PFA,
la Plateforme automobile qui regroupe tous les acteurs de l’automobile en France et a mené les discussions avec l’État. Des milliards
d’investissement pour nos entreprises, afin de développer l’offre de véhicules électriques et hybrides, et du
côté de l’État, le développement des
bornes de recharge avec le maintien
d’incitations fiscales suffisantes. »
C’est le principe de ce contrat. Le
nombre de bornes accessibles au
public devra passer d’environ
20 000 actuellement à 100 000 en
2022, ce qui permettra d’atteindre
le ratio d’une borne pour 10 véhicules rechargeables (électrique ou hybride). Ensuite, le gouvernement
promet de maintenir une prime à
l’achat pour les véhicules électriques, et va s’engager sur une enve-
loppe globale pour la durée du plan.
La technologie est également
prioritaire. « Il faut prendre garde à
ce que l’électrification du parc ne se
traduise pas par un transfert massif
de valeur ajoutée vers l’Asie », prévient Luc Chatel. Nouvelle génération de batterie, hydrogène, gaz naturel… Les sujets de recherche ne
manquent pas. La semaine dernière, le gouvernement a présenté une
feuille de route concernant la
conduite autonome, avec l’ambition de multiplier les essais. L’État a
consacré 650 millions d’euros dans
l’industrie automobile depuis 2011.
Bercy estime pouvoir faire au moins
aussi bien dans les prochaines années. Un « accélérateur automobile » va, notamment, être lancé afin
d’accompagner la montée en puissance de 150 à 180 PME.
Dernier point, positif pour le
gouvernement : les emplois. La
filière auto va bien. Et va fortement
embaucher. Du côté de la production, 25 000 salariés devraient être
embauchés chaque année. Et, du
côté de la commercialisation et
l’après-vente, 40 000 postes seront
à pouvoir. Les besoins vont cependant fortement évoluer. Ce sera aux
pouvoirs publics et aux industriels
d’adapter les formations et de
préparer la reconversion des
salariés en poste pour satisfaire ces
besoins. ■
Mégawatt installé –, comme celui
de son exploitation et de sa maintenance. Il en va de même pour des
risques liés aux éventuelles évolutions réglementaires. « À l’issue du
contrat, l’entreprise peut devenir
propriétaire de son installation pour
un euro symbolique, à moins de signer un nouveau contrat avec
nous », précise Otmane Hajji.
“
L’entreprise peut
devenir propriétaire
de son installation
OTMANE HAJJI (GREENYELLOW)
”
Fondé en 2007, GreenYellow a
acquis un savoir-faire en permettant au groupe Casino de réduire sa
facture énergétique en France de
25 millions d’euros par an, à
120 millions d’euros, selon sa filiale.
Une expertise que l’entreprise souhaite vendre aux collectivités et entreprises. « La France compte
20 000 km² de toitures (dont un tiers
appartient à des professionnels), relève Otmane Hajji. Et rien qu’en
couvrant 15 % de tous ces toits, on
subviendrait aux besoins du pays. »
Déjà leader en France dans le solaire avec une production de
900 MW/an et 45 000 clients, Engie
Entreprises & Collectivités entend
consolider sa place de numéro 1.
« D’ici à deux ans, nous prévoyons
de solariser chaque jour un nouveau
site en France », assure Caroline
Flaissier. Avec la coentreprise, Engie pourra également élargir sa base
de clients… et proposer de leur
fournir l’énergie dont elles ont besoin et qu’elles ne produisent pas. ■
EN BREF
VICTOIRE DU CRÉDIT
AGRICOLE FACE
AU FISC
£ La justice a donné raison
en appel à la banque française
Crédit agricole sur un
contentieux remontant à 2012
avec les services fiscaux, soit
un gain d’environ 800 millions
d’euros pour le groupe. Dans
la foulée de la crise financière,
l’affaire concernait la
déduction des pertes générées
par la cession de sa filiale
grecque Emporiki.
RHÔNE-ALPES : LE
BUDGET 2016 ANNULÉ
£ Le tribunal administratif
de Lyon a annulé mardi
la délibération approuvant
le budget 2016 de la région
Auvergne-Rhône-Alpes
dirigée par le président
des Républicains, Laurent
Wauquiez.
ITALIE : CROISSANCE
PRÉVUE DE 1,4 %
£ L’économie italienne,
soutenue par les dépenses
des ménages, devrait bien
enregistrer une croissance
de 1,4 % cette année, mais des
risques se profilent à l’horizon,
prévient l’institut italien
de la statistique. L’emploi
va également progresser cette
année et le chômage refluer
en moyenne à 10,8 %.
A
DELPHINE DENUIT £@ddnuit
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 23 mai 2018 LE FIGARO
22
ENTREPRISES
La Société générale en quête de repères
Contrairement à ses concurrentes, la banque peine à tourner la page de la crise financière.
DANIÈLE GUINOT £@danieleguinot
FINANCE Lors de l’assemblée générale des actionnaires de la Société
générale qui se tient ce mercredi à la
Grande Arche de la Défense, une
question risque d’être posée avec
insistance : quand la banque soldera-t-elle ses litiges américains ? Ces
incertitudes pèsent sur l’action de la
quatrième banque française, qui
souffre d’une décote par rapport au
secteur européen.
Contrairement à ses concurrentes, la Société générale n’a pas encore tourné la page de la crise et elle
traverse actuellement des trous
d’air. Elle doit ainsi régler trois importants litiges aux États-Unis :
pour manipulation du taux interbancaire Libor, pour des accusations de corruption en Libye après
la plainte du fonds souverain libyen
Libyan Investment Authority (LIA),
et concernant le respect des règles
d’embargo américain.
En mars, les négociations avec le
ministère de la Justice américain ont
coûté son poste à Didier Valet, le
bras droit et possible dauphin de
Frédéric Oudéa, directeur général
de la Société Générale. « Cela a mis
en évidence la faiblesse de la banque
depuis les départs de plusieurs dirigeants dans la foulée de l’affaire Kerviel », pointe un observateur. Il a été
difficile à remplacer. « Recruter un
dauphin potentiel à l’extérieur de la
banque prend du temps, explique
Florence Soulé de Lafont, associé
chez Heidrick & Struggles. À ce niveau-là, les candidats sont peu nombreux. L’expérience a montré que les
greffes extérieures ne prennent pas
toujours. »
La direction de la banque a donc
privilégié la solution interne pour
remplacer Didier Valet. Quatre directeurs délégués ont été nommés
et Frédéric Oudéa, arrivé à la tête de
la banque prise en pleine affaire
Kerviel, devrait être renouvelé à ce
poste en 2019. Cette solution, appréciée à l’intérieur de la banque,
suscite des interrogations à l’extérieur. « Il faut que la société puisse
avoir la capacité de se renouveler »,
fait valoir un analyste. Et de souligner que François Pérol, président
du directoire de BPCE (Banque populaire et Caisse d’épargne), laissera sa place le 1er juin à Laurent Mignon, neuf ans après avoir pris la
tête du groupe mutualiste. Ce dernier a, selon les rumeurs, été approché pour remplacer Didier Valet.
Déficit de confiance
La direction de la Société générale
souffre sur les marchés d’un déficit
de confiance, d’autant qu’elle n’est
pas parvenue ces dernières années à
tenir tous ses objectifs financiers.
Elle « manque d’inspiration stratégique », estime un analyste, et son
modèle économique a peu évolué
depuis la crise, contrairement à ses
concurrentes. « Elle est toujours en
période de transition », juge JeanPierre Lambert chez Keefe Bruyette.
Il y a dix ans, la Société générale
Le siège de la Société
générale, dans
le quartier d’affaires
de la Défense à Paris.
VINCENT ISORE/
IP3 PRESS/MAXPPP
était perçue comme une banque en
croissance et haut de gamme. « Depuis la crise, elle a perdu plusieurs de
ses moteurs de croissance comme la
gestion d’actifs. La banque d’investissement est moins rentable et elle est
encore à la peine avec la banque de
détail internationale dont la présence
géographique doit être revue »,
poursuit l’analyste. À l’inverse ses
rivales ont changé de braquet. BNP
Paribas, qui aujourd’hui multiplie
les petites acquisitions tactiques, a
pris du poids dans la banque de détail avec le rachat des activités de
Fortis en Belgique ; le Crédit agricole a simplifié sa structure et créée
Amundi, le leader de la gestion
d’actifs en Europe. Natixis, un
temps au bord du gouffre, est à nouveau florissante grâce à sa diversification à l’international, dans la gestion d’actifs et dans l’assurance.
Toutefois, plusieurs observateurs
jugent les critiques trop sévères.
« La Société générale souffre à court
terme d’un manque de dynamisme
par rapport au Crédit agricole ou
BNP Paribas et les résultats récents
ont été décevants, concède Romain
Burnand, chez Moneta AM. Mais,
ces dernières années, la banque a gagné des parts de marché dans la banque de détail et la banque d’investissement. Si on la compare au reste du
secteur européen, on s’aperçoit
qu’elle n’est pas mal lotie. » Elle devrait trouver une nouvelle impulsion une fois tous les litiges réglés. ■
Tranchant apprend à exploiter le premier club de jeux à Paris
D’autres casinotiers (Barrière, Partouche, le belge Ardent et Raineau) sont sur les rangs pour investir la capitale.
Nous
escomptons
être
profitables en
exploitation
à la fin
de l’année
»
SÉBASTIEN
TRANCHANT,
DIRECTEUR GÉNÉRAL
DU GROUPE
TRANCHANT
JEAN-YVES GUÉRIN £@jyguerin
JEUX Tout proche d’une boutique
Lagerfeld et d’un restaurant italien.
Depuis près d’un mois, le premier
club de jeu parisien, baptisé Paris
Élysées Club, a ouvert rue Marbeuf,
à deux pas des Champs-Élysées. Un
établissement de 2 500 m2 exploité
par le groupe Tranchant, qui compte 17 casinos. « Nous nous développons toujours en créant des sites, pas
par croissance externe, explique Sébastien Tranchant, directeur général du groupe. De plus, nous sommes
parisiens. Nous avions donc à cœur
d’ouvrir un club. »
Comme le prévoit la loi, pas de
machines à sous, de roulette ou de
table où l’on pourrait jouer au
black-jack dans ce type d’établissement, qui a pris la suite des cercles de jeux. Ici, on joue au punto
banco ou à différentes variantes de
poker. Entre l’aménagement des
locaux et le rachat du fonds de
commerce, le groupe Tranchant a
investi 10 millions d’euros. Pour
l’instant, ce club est ouvert de
18 heures à 4 heures et exploite une
quinzaine de tables de jeux avec
LES DÉCIDEURS
â GILLES DENOYEL
Dexia
Après validation de sa nomination par l’AG,
Gilles Denoyel prend comme prévu la présidence de la banque franco-belge, où il succède à Robert de Metz. À 63 ans, cet X-Mines et
énarque a dirigé HSBC France de 2012 à 2015.
Il est par ailleurs président de BGD Conseils et
advisor pour le cabinet Bain.
â JEAN-PASCAL DE PERETTI
Engie
ESCP entré chez Engie en 2000, il prend
désormais la tête du métier B to B du groupe
dirigé par Isabelle Kocher et présidé par JeanPierre Clamadieu. Depuis 2010, Jean-Pascal
de Peretti pilotait l’entité Engie Axima.
A
â ALAIN POSTIC
Vivarte
Nouveau tournant pour celui qui
évolue depuis plus de quinze ans à
la direction financière de grandes
entreprises, dont dernièrement Thomas
Cook et Flo. À 51 ans, cet Edhec rejoint
Vivarte (La Halle, Minelli, Caroll…) comme
secrétaire général et membre du comité
exécutif.
près de 120 salariés. Dans quelques
semaines, le lieu fonctionnera de
14 heures à 6 heures avec la totalité
des tables (23) ouvertes aux joueurs.
Le temps que l’administration habilite 50 collaborateurs supplémentaires pour travailler dans ce club.
Licence pour trois ans
Malgré ce petit retard à l’allumage,
Tranchant se montre optimiste sur
le démarrage de cette activité.
« Nous sommes en phase avec notre
business plan, affirme Sébastien
Tranchant. Nous escomptons être
profitables en exploitation à la fin de
l’année et réaliser un produit brut des
jeux de 20 millions d’euros d’ici à avril
2019. » C’est que le temps presse :
selon la loi, la licence pour les clubs
n’est attribuée que pour trois ans.
Cet opérateur ne devrait pas rester
sans concurrence très longtemps. Le
leader des casinos en France, Barrière, compte ouvrir son club à
l’automne… s’il obtient l’autorisation de la commission consultative
des jeux, qui doit se réunir en juin. Il
s’installera au 104, avenue des
Champs-Élysées, l’adresse de l’exAviation Club de France, un cercle
de jeux fermé en 2014.
PAR Carole Bellemare avec Amaury Bucco
Jean-Jacques Sebbag : le fonds Perceva
confie sa lingerie à cet ex-Swarovski
Après New York, retour à
Paris pour Jean-Jacques
Sebbag qui, depuis 2015,
dirigeait les bijoux Swarovski en Amérique du
Nord. Après avoir réalisé son rêve américain, le Marseillais de 49 ans, marié et père
de deux garçons, qui souhaitait « évoluer
vers autre chose », change de vie et rejoint le
fonds d’investissement Perceva (Dalloyau,
BPI Groupe, Simmons, Treca…) comme président de Vanity Fair Brands Lingerie (VFB
Lingerie). « On était à la fin d’un cycle »,
explique celui qui dut réorganiser et renormer la filiale américaine.
Portefeuille de 17 marques
C’est en 2015 que Perceva a racheté à l’américain Fruit of The Loom le portefeuille de
17 marques de lingerie, dont certaines référentes sur leur marché domestique, comme
Gemma ou Cherry Beach en Espagne. S’il est
numéro deux en grande distribution, le
groupe conçoit et distribue aussi quatre
marques à l’identité forte : Vanity Fair, Lou,
Bestform et Variance, qu’il a commencé à
positionner. Un travail que devra poursuivre
Jean-Jacques Sebbag tout en faisant monter
en puissance l’ensemble en France et à
l’international (40 % des ventes). « J’ai bien
apprécié la démarche de long terme de Perceva et le côté entrepreneur de la mission »,
confie celui qui devient aussi actionnaire de
VFB. Son challenge :« mettre à profit l’expérience clients appliquée aux marques de luxe
et l’adapter à la lingerie ». Grâce à leurs positionnements très ciblés, les marques qu’il
prend en main séduisent des profils de femmes très différents. Or les consommatrices,
la distribution, les marchés, Jean-Jacques
Sebbag connaît intimement. Une expertise
qui faisait de lui l’homme de la situation aux
yeux de son nouvel employeur. L’associéfondateur Franck Kelif précise : « Cette
nomination s’inscrit dans la poursuite du projet d’entreprise de VFB, qui repose sur un
développement multicanal fort en France
comme à l’international ainsi que sur une
volonté de participer activement à la consolidation du secteur au travers d’acquisitions
ciblées. » Sebbag, fan de foot et de ski et Corse de cœur, tire ainsi un trait sur les grands
groupes de luxe. Cet ancien de l’ISG, qui
débuta chez Arthur Andersen, avait mis le
pied en 1997 chez Richemont, tour à tour
chez Montblanc, Lancel et Dunhill, à la tête
de l’Europe de l’Ouest après une parenthèse
chez Samsonite. Celui qui se qualifie de
« développeur » avait ensuite dirigé et boosté, à partir de 2011, Swarovski France. C. B.
Le Belge Ardent, qui attend la réponse de l’administration, veut
ouvrir un établissement boulevard
Murat (XVIe arrondissement) en fin
d’année ou début 2019. « Nous sommes candidats notamment parce que
nous voulons grandir en France »,
souligne Sébastien Leclercq, directeur opérationnel d’Ardent pour la
France, où le groupe est actionnaire
majoritaire de trois petits casinos. Le
numéro deux du secteur, Partouche,
et un petit opérateur, Raineau, sont
aussi sur les rangs. « Il y a de la place
pour une dizaine d’acteurs à Paris »,
selon Sébastien Tranchant. ■
www.lefigaro.fr/decideurs
â CHARLES DELAPALME
Christian Dior Couture
Fidèle du groupe LVMH depuis 2005,
l’ingénieur des Mines diplômé de
Sciences Po et de l’Insead poursuit
son ascension. Il laisse sa casquette de directeur général retail et wholesale de Fendi pour
prendre en main la direction générale de la
maison Dior, chargé des activités commerciales. Cet ancien de McKinsey avait aussi fait ses
preuves chez Louis Vuitton, outre-Atlantique
notamment. Chez Dior, il retrouve un homme
qu’il connaît bien, le nouveau patron, Pietro
Beccari, qu’il avait convaincu chez Fendi.
â STACEY CUNNINGHAM
Wall Street
C’est une femme qui présidera la plus
grosse place boursière mondiale
après le règne de 66 « hommes forts »
depuis la création de la Bourse de New York en
1792. Si Catherine Kinney avait occupé ce poste en tandem en 2002, Stacey Cunningham,
qui n’a que 43 ans et était jusqu’alors directrice
opérationnelle, prendra la présidence, seule,
ce vendredi, succédant à Thomas Farley. Diplômée en industrie de l’ingénierie, c’est au
Nyse précisément qu’elle avait débuté. Comme stagiaire… Le Nasdaq, où elle œuvra aussi
en 2007, est également dirigé par une femme,
Adena Friedman, depuis l’an dernier.
AP PHOTOGRAPHY, VANITY FAIR, DANIELE LA MALFA, RICHARD DREW/AP
«
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mercredi 23 mai 2018
TECH
23
Paris accueillera
le gouvernement
mondial d’Internet
Zuckerberg fait
le service minimum
à Bruxelles
À l’occasion du sommet Tech
for Good qui se réunira demain
à l’Élysée, Emmanuel Macron
doit annoncer la tenue de l’Internet
Governance Forum à Paris,
en novembre. Cet évènement
majeur du numérique est
convoqué par les Nations unies.
Cette manifestation, qui a été créé
en 2006, veut encourager les
discussions à propos des questions
de politique publiques autour
d’Internet. Y sont conviés
toutes sortes de professionnels
du numérique : entreprises,
associations, membres de la
société civile, organes politiques
ou de gouvernance d’Internet.
La dernière édition du forum,
en 2017, s’est tenue à Genève, en
Suisse. En faisant venir ce forum
à Paris, Emmanuel Macron pourra
exposer sa vision d’un « Internet
pour le bien commun ». L.R. ET E.R.
Le PDG de Facebook était auditionné
mardi au Parlement européen.
LUCIE RONFAUT £@LucieRonfaut
INTERNET Les députés européens
voulaient une grande confrontation
avec Mark Zuckerberg, à la manière
de ses auditions devant le Congrès
américain. Ils ont dû se contenter
d’une version abrégée. Mardi soir, le
PDG de Facebook a répondu aux
questions des chefs des groupes politiques du Parlement européen. Ce
grand oral était la première étape
d’une tournée européenne express,
qui emmènera Mark Zuckerberg
cette semaine de Bruxelles à l’Élysée.
Les élus européens réclamaient
depuis plusieurs semaines la venue
du PDG de Facebook, afin de l’interroger sur cette affaire. Ils espéraient reproduire un exercice similaire aux deux auditions qui ont déjà
eu lieu devant la Chambre des représentants et le Sénat américain,
début avril. Au final, l’entretien n’a
pas eu grand-chose à voir avec celui
mené par les élus américains. Mark
Zuckerberg ne s’est entretenu
qu’avec une poignée de députés
européens pour une durée courte,
un peu plus d’une heure. Aux ÉtatsUnis, chacune de ses auditions avait
pris au moins trois heures. En outre,
Facebook avait d’abord demandé
que l’évènement à Bruxelles ne soit
pas filmé. Le réseau social a finalement accepté une retransmission
en direct sur Internet, face aux critiques des députés.
Néanmoins, les députés européens se sont montrés plus préparés
que leurs confrères américains.
Leurs questions étaient, pour la plupart, précises et renseignées. Mark
Zuckerberg était invité à y répondre
d’un bloc, à la fin de son audition.
Ce système lui a permis d’échapper
aux questions les plus gênantes. Pas
question de discuter de « shadow
profiles », des concurrents de Facebook, ou même de parler de sa domination du marché publicitaire en
ligne. Habilement, le PDG de Facebook a affirmé que sa société captait
6 % du marché mondial de la publicité. La vérité est un peu plus complexe. Facebook capte en vérité
18 % du marché mondial de la publicité sur Internet. Avec Google, il
accapare aussi 100 % de la croissance de la publicité numérique aux
États-Unis ou en France.
Marc Zuckerberg
arrive au Parlement
européen, mardi,
pour répondre
aux questions
des députés.
FRANÇOIS LENOIR/
REUTERS
4%
du chiffre
d’affaires
mondial
Députés surpris et agacés
Plusieurs députés européens ont
remis franchement en question la
capacité de Mark Zuckerberg à
améliorer son entreprise. « J’ai des
doutes très sérieux quant à savoir si
vous allez réussir à modifier le modèle d’entreprise, s’est interrogée la
députée allemande Gabriele Zimmer. Faudrait-il débrancher Facebook ? Débrancher la prise ? Pou-
Le montant
de l’amende qui pourra
toucher les sociétés
ne respectant pas
le réglement européen
de protection des
données personnelles
vez-vous débrancher la prise ? » Le
dirigeant s’est montré stoïque. Son
calme apparent s’est néanmoins
transformé en une vague arrogance
quand il a décidé, sans qu’on ne lui
demande, de mettre fin à sa propre
audition. Laissant une dernière impression amère aux députés, surpris
et agacés. Le PDG de Facebook a
même refusé de répondre aux dernières questions.
Si Cambridge Analytica, la raison
de la venue de Mark Zuckerberg au
Parlement européen, a beaucoup
occupé les esprits ces dernières se-
maines, l’affaire n’est qu’un symptôme d’une crise plus générale qui
affecte Facebook. Le réseau social
tente d’éteindre plusieurs feux à la
fois, certains spécifiques à l’Europe.
On lui reproche son optimisation
fiscale, sa mauvaise modération des
contenus ou des pratiques anticoncurrentielles. Le sujet le plus sensible pour Facebook reste néanmoins
sa collecte de données personnelles.
La tournée européenne de Mark
Zuckerberg tombe justement la semaine où doit être appliqué le réglement européen de protection des
données personnelles, le RGPD. Ce
texte prévoit des nouvelles obligations pour les entreprises qui traitent des informations sur leurs utilisateurs en ligne. Il promet que
Facebook sera prêt dès vendredi.
Pour cette tournée européenne,
le pari de Mark Zuckerberg sera
d’attirer l’attention sur des sujets
plus positifs pour son entreprise.
Mercredi, il assistera à l’évènement
Tech For Good (« la technologie pour
le bien commun », NDLR), organisé à
l’Élysée. Il s’entretiendra à cette occasion avec Emmanuel Macron. Le
PDG assistera ensuite à un évènement organisé à l’occasion des trois
ans du centre de recherche de Facebook en intelligence artificielle
(FAIR) à Paris, vitrine flatteuse des
activités du réseau social et de ses
investissements. Enfin, jeudi, Mark
Zuckerberg donnera une conférence au salon VivaTech. ■
Les opérateurs télécoms dans la course à l’investissement
Après l’avoir évoquée, le régulateur des télécoms écarte finalement l’hypothèse d’un retour à trois opérateurs.
ELSA BEMBARON £@elsabembaron
« L’Arcep travaille
pour que le marché
soit viable à quatre »,
a déclaré son président,
Sébastien Soriano.
SORIANO/LE FIGARO
TÉLÉCOMS Record battu. L’année
dernière, les opérateurs télécoms
ont investi plus de 9,6 milliards
d’euros dans leurs réseaux fixe et
mobile, soit une hausse de 700 millions d’euros en un an. Leurs revenus sont, eux, restés stables, à
36,2 milliards d’euros, selon les
chiffres communiqués par le régulateur des télécoms (Arcep).
Cette course à l’investissement
est motivée par la hausse constante
des besoins en télécommunications. Les Français veulent des
connexions fiables et à très haut dé-
bit. Ils sont demandeurs de la fibre
et de 4G. Ils consomment toujours
plus de données en mobilité : près
de 5 Gigas par mois. C’est d’ailleurs
un des principaux paradoxes de ce
secteur : les investissements augmentent, la consommation flambe,
mais les revenus stagnent, quand ils
ne baissent pas. Les opérateurs télécoms ne parviennent plus à monétiser leurs innovations ou leurs services à valeur ajoutée.
Les marchés financiers rêvent
d’ailleurs à une issue qui passe par
un retour à trois opérateurs au lieu
de quatre. Le serpent de mer a été
ressorti de l’eau par Sébastien Soriano, le président de l’Arcep, dans
une interview au journal Le Monde.
Mais, mardi matin, à l’occasion de
la présentation des chiffres du secteur, il s’est empressé d’éteindre
l’incendie qu’il avait lui-même allumé. « Je ne suis pas bienveillant à
l’égard de projets de consolidation.
L’Arcep travaille pour que le marché
soit viable à quatre », a-t-il déclaré.
Plus de mutualisation
Toutefois, de nouvelles alliances se
dessinent, motivées par le régulateur et le gouvernement. Dans le
mobile, le « New Deal », contrat
passé en début d’année entre l’État
et les opérateurs, contraint ces derniers à accélérer leurs efforts de cou-
verture du pays en 4G. En échange,
ils ont obtenu des garanties sur les
fréquences et la possibilité, dans
certains cas, de partager leur réseau.
Bouygues Telecom et SFR mutualisent déjà les leurs sur les deux tiers
du territoire. Free bénéficie de l’itinérance chez Orange. Dans le fixe,
l’approche est différente. Orange a
pris la tête du déploiement, embarquant avec lui deux investisseurs,
Free et Bouygues Telecom, tandis
que SFR fait cavalier seul.
Les opérateurs ne sont pas au
bout de leurs peines en matière
d’investissement. Sébastien Soriano a rappelé que la France reste très
mal classée en Europe en matière de
connectivité, un 21e rang qui n’est
pas loin de lui valoir un zéro pointé.
L’ambition de l’Arcep est claire :
placer la France dans la moitié de
tête, d’ici deux ou trois ans !
En outre, le secteur est d’ores et
déjà confronté à l’émergence de la
prochaine génération de téléphonie
mobile, la 5G, pour laquelle il faut
investir. « La France devra arbitrer
entre renflouer les caisses de l’État en
vendant très cher ses fréquences ou
l’aménagement du territoire, en laissant aux opérateurs les moyens financiers d’investir », mentionne Sébastien Soriano. Les récentes
décisions de l’exécutif plaident en
faveur de la deuxième hypothèse. ■
LA SÉANCE DU MARDI 22 MAI
LE CAC
JOUR
%VAR.
ACCOR .............................................. 48,06
♣
AIR LIQUIDE ..................................
112,8
AIRBUS ..............................................100,66
ARCELORMITTAL SA ..................................
30,115
ATOS .............................................. 114,85
AXA .............................................. 22,95
BNP PARIBAS ACT.A ..................................
62,7
BOUYGUES ..............................................
41,9
CAPGEMINI ..............................................
114,6
CARREFOUR ..............................................
16,57
CREDIT AGRICOLE ..................................
13,26
DANONE ..............................................65,63
ENGIE .............................................. 14,28
ESSILOR INTL. ..................................118,5
KERING ..............................................486,3
L'OREAL ..............................................
205,3
LAFARGEHOLCIM LTD ..................................
45,85
LEGRAND ..............................................67,22
LVMH .............................................. 309
♣
MICHELIN ..............................................
116,8
+HAUTJOUR
-0,21
48,44
0
113,3
-0,16 101,1
+2,03 30,19
-0,3
116
-0,04 23,08
+1,74 62,83
+4,54 41,9
-0,48 115,6
+0,39
16,69
+2,75
13,41
-0,42 66,13
+0,21
14,33
-0,34 119,15
+0,04 489,1
-0,24 206,8
+1,73 46,05
+0,39 67,44
-0,87 312,5
+0,39 118,5
+BAS JOUR %CAP.ECH 31/12
48,05
0,29
112,45
0,199
100
0,176
29,02
0,177
114,7
0,263
22,875 0,201
61,71
0,412
40,48
0,553
114,6
0,202
16,47
0,35
13,01
0,393
65,28
0,205
14,085 0,204
117,85
0,205
483,3
0,11
203,8
0,097
45,18
0,048
66,56
0,151
308,75
0,103
116,5
0,248
+11,77
+7,38
+21,28
+11,06
-5,36
-7,22
+0,72
-3,26
+15,89
-8,15
-3,91
-6,18
-0,38
+3,09
+33,13
+11
-2,53
+4,72
+25,92
-2,3
JOUR
ORANGE ..............................................14,875
PERNOD RICARD ..................................
140,95
PEUGEOT ..............................................
20,95
♣ 61,82
PUBLICIS GROUPE SA .............................
RENAULT ..............................................
91,87
SAFRAN ..............................................
101,95
SAINT GOBAIN ..................................
45,57
SANOFI ..............................................66,37
SCHNEIDER ELECTRIC .............................
78,04
SOCIETE GENERALE ♣
..................................
41,72
SODEXO ..............................................85,18
SOLVAY ..............................................
116,45
STMICROELECTRONICS .............................
20,17
TECHNIPFMC ..................................28,95
TOTAL .............................................. 54,12
UNIBAIL-RODAMCO ..................................
192,95
VALEO .............................................. 58,8
VEOLIA ENVIRON. ..................................
20,07
♣
VINCI .............................................. 87,26
VIVENDI ..............................................23,11
%VAR.
+4,06
-0,25
+0,43
-1,02
+0,58
-0,39
-0,16
+0,29
-0,08
+0,77
+0,21
-0,26
-0,35
+0,7
-0,7
-0,03
-0,41
+0,38
+0,39
+1,14
+HAUTJOUR +BAS JOUR
14,93
141,95
21,02
62,56
92,37
102,65
45,77
66,57
78,56
41,89
85,5
117,4
20,44
29,17
54,69
193,65
59,6
20,2
87,34
23,27
14,38
140,7
20,86
61,82
91,58
101,65
45,4
65,94
77,94
41,485
84,78
116,45
20
28,68
53,75
191,8
58,6
19,9
86,74
22,75
%CAP.ECH
0,527
0,139
0,237
0,229
0,292
0,157
0,205
0,146
0,198
0,458
0,186
0,209
0,213
0
0,243
0,387
0,806
0,249
0,198
0,215
31/12
+2,76
+6,82
+23,56
+9,13
+9,49
+18,67
-0,89
-7,63
+10,13
-3,09
-23,98
+0,47
+10,79
+11,99
+17,54
-8,12
-5,57
-5,66
+2,48
+3,08
LES DEVISES
MONNAIE
AUSTRALIE ................................................................................
DOLLAR AUSTRALIEN
CANADA ................................................................................
DOLLAR CANADIEN
GDE BRETAGNE ................................................................................
LIVRE STERLING
HONG KONG ................................................................................
DOLLAR DE HONG KONG
JAPON ................................................................................
YEN
SUISSE ................................................................................
FRANC SUISSE
ETATS-UNIS ................................................................................
DOLLAR
TUNISIE ................................................................................
DINAR TUNISIEN
MAROC ................................................................................
DIHRAM
TURQUIE ................................................................................
NOUVELLE LIVRE TURQUE
EGYPTE ................................................................................
LIVRE EGYPTIENNE
CHINE ................................................................................
YUAN
INDE ................................................................................
ROUPIE
ALGERIE ................................................................................
DINAR ALGERIEN
1 EURO=
1,5543
1,5066
0,8769
9,2565
130,7
1,1738
1,1794
2,9682
11,103
5,4704
20,93
7,5112
80,2105
136,674
AUD
CAD
GBP
HKD
JPY
CHF
USD
TND
MAD
TRY
EGP
CNY
INR
DZD
L’OR
JOUR
VEILLE
31/12
COTATION QUOTIDIENNE ASSURÉE PAR TESSI-CPOR
www.cpordevises.com
LINGOT DE 1KG ENV .....................................................
34900
34990
+0,43
NAPOLEON ..................................................... 206
205
-0,43
PIECE 10 DOL USA .....................................................
588
588
PIECE 10 FLORINS .....................................................
208
210
-2,26
PIECE 20 DOLLARS .....................................................
1190
1190
+1,88
PIECE 20F TUNISIE .....................................................
208
207
+1,96
PIECE 5 DOL US (H) .....................................................
296
295
-2,95
PIECE 50 PESOS MEX .....................................................
1321
1311
+0,84
PIECE FR 10 FR (H) .....................................................
108,1
110
-1,55
PIECE SUISSE 20F .....................................................
205,1
205,1
+1,18
PIECE LATINE 20F .....................................................
205
204
+1,03
SOUVERAIN ..................................................... 260,9
252
+0,08
KRUGERRAND .....................................................1165
1163
+4,13
SICAV ET FCP
VALEURS LIQUIDATIVES EN EUROS (OU EN DEVISES), HORS FRAIS
VALEUR
DATE DE
LIQUID. VALORISAT.
42 rue d’Anjou,
75008 Paris
Tél. : 01 55 27 94 94
www.palatine.fr
SICAV
UNI HOCHE C ................................................
289,49 17/05/18
Cybèle Asset Management
37 av. des Champs-Elysées
75008 Paris
Tel. : 01 56 43 62 50
BETELGEUSE ................................................
50,21 17/05/18
BELLATRIX C ................................................
341,23 17/05/18
SIRIUS ................................................57,47 17/05/18
RETROUVEZ
SITE D’INFORMATIONS EXCLUSIVES
WWW.WANSQUARE.COM
réseau d’Eurofins dans ce secteur
compte déjà une trentaine de sites en
Europe, en Inde et aux États-Unis.
Mais les ambitions de la société française vont bien au-delà. Eurofins indique
en effet que cet accord constitue une
« bonne base de départ » pour étendre
ses activités en Asie. Le laboratoire
d’analyses d’Astellas, Astellas Analytical
Science Laboratories (ASL), est basé à
Kyoto. Il a été créé il y a un peu plus de
20 ans et emploie aujourd’hui environ
140 collaborateurs. Il effectue des tests
sur les matières premières et les substances médicamenteuses, évalue la
qualité des formules et des méthodes de
tests et réalise aussi des analyses physico-chimiques et micro-biologiques.
Eurofins poursuit ainsi sa politique
de croissance à marche forcée. Le
groupe français fait preuve d’un appétit insatiable qui lui a permis d’étendre
ses activités à un grand nombre de
secteurs : agroalimentaire, produits
pharmaceutiques, cosmétiques ou encore hygiène, et de développer son
maillage géographique. Le groupe est
aujourd’hui présent dans 44 pays et
emploie 35 000 personnes. L’an dernier, son chiffre d’affaires a grimpé de
plus de 17 %, à près de 3 milliards
d’euros. Eurofins compte passer la
barre des 4 milliards d’euros dès 2019.
Le titre a avancé mardi de 0,8 % à
455,60 euros, dans la foulée de cette
annonce. ■
H. R.
A
EUROFINS FAIT SON ENTRÉE SUR LE MARCHÉ JAPONAIS DES TESTS BIOPHARMACEUTIQUES
Le français Eurofins va reprendre « en
sous-traitance » le laboratoire d’analyses du groupe pharmaceutique japonais
Astellas. Avec cet accord, Eurofins fait
son entrée sur le marché japonais des
produits biopharmaceutiques. Il étend
du même coup son maillage du marché
très disputé des tests relatifs aux bonnes pratiques de fabrication (BPF). Le
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 23 mai 2018 LE FIGARO
24
MÉDIAS et PUBLICITÉ
Réforme
de l’audiovisuel
public : verdict
imminent
ZOOM
LAGARDÈRE DEVRAIT
VENDRE SA PART
DANS MARIE CLAIRE
£ Le groupe Marie Claire
devrait bientôt être à 100 %
la propriété de sa famille
fondatrice, les Prouvost.
Arnaud de Contades, président
du directoire de Marie Claire,
et Arnaud Lagardère ont
officialisé les discussions
entre les deux parties.
Le groupe Lagardère devrait
céder les 42 % qu’il possède
dans le groupe Marie Claire
à la Holding Évelyne Prouvost
(HEP), qui en détient déjà
les 58 % restants. Le montant
devrait être proche
des 53 millions d’euros
qui représentent la valeur
de Marie Claire dans
les comptes de Lagardère.
Les arbitrages sont attendus
ces prochains jours, avant
les discussions sur le budget 2019.
CAROLINE SALLÉ £@carolinesalle
AUDIOVISUEL La réforme de
l’audiovisuel public repart de plus
belle après une période d’accalmie.
Le calme relatif qui avait suivi les
déclarations explosives du président de la République, la révocation
de Mathieu Gallet, le PDG de Radio
France, la suspension du grand
projet de SVOD porté par France
Télévisions, augurait d’un retour à
la normale. Mais les apparences
sont trompeuses. Car en coulisses,
le calendrier est désormais serré.
Lundi en fin d’après-midi, le
premier ministre Édouard Philippe
a reçu coup sur coup Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, et Sibyle Veil, PDG de Radio
France. Puis, dans la foulée, il a animé en début de soirée une réunion
sur le chantier de l’audiovisuel public en présence de Françoise Nyssen, la locataire de la rue de Valois,
Bruno Le Maire, le ministre de
l’Économie, et Gérald Darmanin,
celui des Comptes publics.
Depuis plusieurs mois, le dossier
mobilise plus d’une centaine de personnes, aussi bien chez les parlementaires que dans les différents
ministères et dans les entreprises de
l’audiovisuel public. « Tout ce travail
est en train de converger. Des annonces interviendront dans les prochains
jours », indique le député Gabriel
Attal, chargé de la Commission
culture au sein du groupe LaREM.
Pile, en somme, au moment où doi-
vent débuter les premières discussions concernant le budget de 2019.
La commission d’action publique
CAP 22, chargée de faire des économies dans tous les secteurs de la
fonction publique, a déjà rendu sa
copie. Surprise, elle n’était pas chiffrée. Faut-il y voir un lien de cause à
effet, toujours est-il que l’entité
vient d’être dessaisie du dossier.
« La transformation de l’audiovisuel
public ne fait plus partie de son champ
d’action », confirme un député.
Certaines pistes
commencent à fuiter
Le ministère de la Culture, qui avait
mis en place un comité stratégique
avec les différents patrons de
l’audiovisuel, a joué la carte du collectif en effectuant un travail « en
transparence » avec Sibyle Veil à
Radio France et surtout Delphine
Ernotte à France Télévisions. Personne n’aura ainsi de mauvaise surprise, même si chacun a remis son
propre dossier au premier ministre
Édouard Philippe.
S’il avance, le dossier reste néanmoins complexe. Pour preuve, les
groupes de parlementaires qui s’y
sont attelés n’ont pas encore réussi à
dégager de véritable consensus sur
les réformes à mener. « Certains ne
veulent rien changer au squelette de
l’audiovisuel public et s’opposent à la
moindre économie. D’autres surinterprètent les propos d’Emmanuel Macron qualifiant le secteur de “honte de
la République” et sont bien décidés à
tout sulfater. La vérité est sans doute
NOMINATIONS CHEZ TF1
£ Anne de Coudenhove
deviendra le 1er juin directrice
adjointe de l’information de
TF1 auprès de Thierry Thuillier.
Elle devra notamment piloter
le projet Info 2020. Éric Monier
est, lui, nommé directeur
de la rédaction de la chaîne.
ailleurs », glisse une source proche
du dossier. « Concernant l’audiovisuel public, tout le monde a bien en tête
les priorités fixées par le président, qui
sont les jeunes, la gouvernance, la
question des territoires, de l’efficacité
et de l’organisation interne des groupes », temporise Gabriel Attal.
Si certaines pistes commencent à
fuiter, comme la fusion de France 4
et de France 5 évoquée dans L’Opinion, ou encore celle d’un basculement de France 4 et de la radio
Mouv’ sur le digital, option mentionnée par Gabriel Attal dans
l’émission « Télématin », personne
ne se risque en revanche à avancer
le chiffrage des économies prévues.
« Il existe des hypothèses à 75 millions d’euros et d’autres qui vont jusqu’à 800 millions d’euros d’économie
nette d’ici à 2022 », confie un parlementaire. « On ne fait pas une réforme pour faire des économies. Il y en
aura évidemment, mais le cœur de la
réforme est de repositionner les missions, les objectifs et l’organisation
de France Télévisions et de Radio
France pour les adapter à la nouvelle
donne, notamment numérique », insiste Gabriel Attal.
Une certitude : plus le temps passe, plus il sera difficile au gouvernement d’avoir les coudées franches.
« La majorité commence à connaître
des difficultés, les douze prochains
mois seront moins flamboyants et les
réformes plus compliquées, pronostique un conseiller politique. On se
rapproche du moment de vérité. Attention à l’occasion manquée. » ■
Les nouvelles technologies s’invitent
dans les soins à domicile
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Espoirs ou craintes,
les prémices d’une révolution fondamentale
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homme-machine ?
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PLUS QUE TROIS
CANDIDATS POUR
LA REPRISE DE « XXI »
£ Le groupe Le Monde
a retiré sa candidature pour
la reprise des mooks de Rollin
Publications, XXI et 6Mois.
Editis a fait de même. Restent
en lice le groupe Hildegarde
(Première, Causette), Le Seuil
et Thierry Mandon.
Sony croque
EMI Music Publishing
Le conglomérat japonais va débourser 2 milliards de
dollars pour devenir le premier éditeur de musique
grâce aux droits de plus de 4 millions de chansons.
«
SANTÉ À
DOMICILE
L’immeuble de France
Télevisions, dans
le XVe arrondissement
de Paris.
Le marché
de la
musique se
relève grâce
aux offres
de streaming.
Pour profiter
au mieux
des droits
de propriété
intellectuelle,
il faut
la quantité
et la qualité
»
KENICHIRO YOSHIDA,
PDG DE SONY
CHLOÉ WOITIER £@W_Chloe
MUSIQUE Sony entend consolider
sa place de leader de l’édition musicale et s’en donne les moyens. Le
conglomérat japonais va mettre
près de 2 milliards de dollars sur la
table pour acquérir les 60 % détenus par le fonds d’investissement
émirien Mubadala Invest Company dans la société britannique EMI
Music Publishing. Si l’opération
arrive à son terme, Sony détiendra plus de 90 % de l’éditeur musical, dont il contrôlait déjà près
d’un tiers du capital.
EMI Music Publishing est né en
2011 de la scission en deux entités
du géant britannique de la musique EMI Group. Le label EMI est
détenu par Universal Music.
L’activité d’édition musicale est,
elle, partagée entre plusieurs actionnaires, dont Sony et le fonds
Mubadala. EMI Music Publishing
gère les droits de plus de deux
millions de chansons, dont le catalogue de David Bowie, Queen,
ou plus récemment Kanye West,
Pharrell Williams ou Drake. Quiconque souhaite utiliser une de
leurs chansons dans un film, une
publicité ou une série doit régler
des droits à EMI Music Publishing. Cette activité a généré
663 millions de dollars de chiffre
d’affaires en 2017 pour un bénéfice opérationnel de 249 millions
de dollars.
Ce catalogue vient parfaitement
compléter celui de Sony/ATV, aux
2,5 millions de titres. Codétenu en
1995 par Sony et Michael Jackson,
la société japonaise a racheté en
2016 une grande partie des parts
des héritiers du roi de la pop pour
750 millions de dollars. Sony
contrôle ainsi les droits des catalogues des Beatles, Bob Dylan, Depeche Mode, les Rolling Stones ou
les thèmes de James Bond, Mission : Impossible ou Rocky. « L’édition musicale est une activité qui
génère des revenus récurrents et
cet investissement va jouer un
grand rôle dans notre croissance à
long terme », a déclaré le nouveau
PDG de Sony, Kenichiro Yoshida.
L’acquisition la plus
importante de la décennie
Sans prendre en compte l’absorption d’EMI, la branche musique de Sony (qui comprend le label Sony Music) devrait rapporter
5,7 milliards d’euros en 2019 et
devenir la troisième plus importante activité du groupe à l’horizon 2021 derrière les jeux vidéo et
les semi-conducteurs. « Le marché de la musique a connu diverses
fortunes, mais il se relève ces dernières années grâce aux offres de
streaming. Pour profiter au mieux
des droits de propriété intellectuelle, il faut la quantité et la qualité », poursuit le PDG, qui souligne ainsi le regain de forme de
l’industrie musicale.
L’acquisition d’EMI Music Publishing est la plus importante de
la décennie dans le secteur de la
musique. Certains analystes estiment que Sony paye trop cher son
opération, qui valorise l’éditeur
4,7 milliards de dollars, soit deux
fois plus qu’en 2011. « C’est un sacré prix à payer pour la nouvelle
stratégie de Sony », qui consiste à
réduire sa dépendance envers
l’électronique au profit des contenus et des abonnements digitaux,
estime le cabinet Sanford Bernstein dans Bloomberg. Lors de la
présentation de son plan triennal,
Kenichiro Yoshida a souligné
l’importance de faire grossir le
catalogue de propriétés intellectuelles de Sony dans la musique, le
cinéma, les dessins animés et les
jeux vidéo. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
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mercredi 23 mai 2018 LE FIGARO - N° 22 947 - www.lefigaro.fr - France métropolitaine uniquement
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de la nouvelle donne fiscale
IFI, année blanche, prélèvement forfaitaire unique : tout ce qu’il faut savoir
pour bien déclarer votre patrimoine et gérer votre épargne. PAGES 26 À 28
’est une première. La déclaration de patrimoine des
Français cette année ne porte que sur les biens immobiliers. Valeurs mobilières, bateaux et assurances-vie sont sortis du champ de
l’IFI, qui remplace l’ISF. Tous ceux qui
avaient un patrimoine net taxable
d’au moins 1,3 million d’euros au
1er janvier 2018 ont jusqu’au 15 juin
pour remplir et envoyer leur déclaration. Bercy a en effet donné un délai supplémentaire
aux
Attention,
contribuables
beaucoup de
qui devaient
initialement
règles ont
faire leur déclachangé
ration de patrimoine
en
même temps
que celle de leurs
revenus. Ils peuvent donc encore
faire des dons jusqu’à
cette date à des organismes caritatifs pour réduire
leur impôt (il est possible de déduire
75 % du montant du don de l’IFI, dans
la limite de 50 000 €). Attention, certaines règles ont changé, notamment la déductibilité des dettes ;
mieux vaut donc y regarder à deux
fois en remplissant cette nouvelle
déclaration de patrimoine. Avec la
mise en place cette année du prélèvement forfaitaire unique de 30 %
sur les placements financiers et l’arrivée en 2019 du prélèvement à la
source, tous les contribuables vont
devoir faire leur apprentissage des
nouvelles règles. Le Figaro Patrimoine est là pour les y aider !
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mercredi 23 mai 2018 LE FIGARO
26
L'ÉVÉNEMENT
Placements :
nos conseils face au grand
chambardement fiscal
Ce qu’il faut savoir pour bien anticiper l’impact de l’année
blanche et du prélèvement à la source, bien programmer
des travaux ou quand toucher des revenus exceptionnels.
Depuis le 1er janvier 2018, nous
sommes entrés dans l’ère de
« l’année blanche », cette période
de transition avant l’entrée en vigueur du grand chambardement
fiscal que sera le prélèvement de
l’impôt à la source. Afin d’éviter
que les contribuables ne soient mis
doublement à contribution l’année
prochaine, à la fois sur leurs revenus 2018 et sur ceux de 2019, les
revenus réguliers perçus cette année ne seront pas imposés.
Pour ce faire, l’administration fiscale a imaginé un mécanisme
complexe : un crédit d’impôt,
baptisé crédit d’impôt de modernisation du recouvrement (CIMR),
viendra annuler l’impôt sur vos
revenus de 2018. Mais il ne couvrira que les revenus courants soumis
au prélèvement à la source.
A contrario, les revenus qui ne
sont pas concernés par l’entrée en
vigueur du prélèvement à la source – comme les intérêts, dividendes ou plus-values de cession de
valeurs mobilières – ainsi que les
« revenus exceptionnels » ne seront pas couverts par le CIMR.
Autrement dit, si vous ne percevez
en 2018 que des revenus couverts
par le CIMR (revenus courants),
vous n’aurez pas d’impôt à payer
en 2019.
En revanche, si vous percevez en
2018 des revenus exceptionnels ou
non concernés par le prélèvement
à la source, vous devrez payer
l’impôt correspondant. Une bonne
nouvelle toutefois : « Les contribuables peuvent avoir intérêt à
avoir des revenus exceptionnels en
2018. Car ils seront taxés au taux
moyen du foyer fiscal au lieu de
l’être au taux marginal », analyse
Valérie Bentz, responsable des
études patrimoniales à l’UFF.
u
Quels sont les revenus
considérés comme
exceptionnels ?
Pour chaque catégorie de revenus,
le législateur a défini ce qui doit
être considéré comme exceptionnel en 2018 et donc imposable en
2019 au titre de 2018.
Dans ce qui entre dans la catégorie
des salaires doivent notamment
être considérés comme exceptionnels la fraction imposable des indemnités de licenciement et de
rupture conventionnelle, les golden hello, les parachutes dorés, les
primes de départ à la retraite, la
participation et les primes d’intéressement dont le contribuable
demande le versement immédiat…
ainsi que toutes les primes sans
lien avec le contrat de travail et/ou
qui ne correspondent pas à leur
date de versement habituelle. En
revanche, les primes, bonus, variables prévus par le contrat de
travail, la convention ou un accord
collectif devraient normalement
être considérés comme des revenus habituels.
Pour les chefs d’entreprise et dirigeants de société, le caractère
exceptionnel de leurs bénéfices
professionnels ou de leur rémunération est apprécié sur une base
pluriannuelle. Concrètement, si
CHIFFRES CLÉS
70 %
C’est la part des emprunts
contractés pour l’achat
de la résidence principale
qui est désormais
déductible du patrimoine
soumis à l’IFI. La totalité
l’était l’année dernière
30 %
Taux d’imposition sur
les revenus de l’épargne
soumis au prélèvement
forfaitaire unique (PFU)
66 %
Part des dons réalisés
à des organismes
d’intérêt général
déductible de l’impôt
sur le revenu
Dossier réalisé
par Nathalie
CheyssonKaplan
leur bénéfice ou rémunération de
2018 est supérieur au bénéfice ou à
la rémunération le plus élevé
d’une des trois années précédentes
(2017, 2016 et 2015), le CIMR sera
plafonné à ce montant et ils devront payer l’impôt sur la fraction
de leur bénéfice ou rémunération
de 2018 qui dépasse ce montant.
Mais si leur bénéfice ou rémunération de 2019 est à nouveau en
hausse, ils auront le droit à un
complément de CIMR, qui viendra
gommer tout ou partie de l’impôt à
payer en 2019 sur leurs revenus de
2018 !
cas particulier
u Le
des revenus fonciers
Les propriétaires bailleurs n’auront
pas d’impôt à payer sur leurs revenus fonciers de 2018, car ils seront
effacés par le crédit d’impôt de modernisation du recouvrement
(CIMR). Mais, pour éviter qu’ils ne
reportent le paiement de leurs
charges et de leurs travaux en 2019,
des règles particulières de déduction ont été mises en place. Les
charges récurrentes de 2018 (charges de copropriété, impôts locaux,
intérêts d’emprunt, rémunération
des gardiens…) ne pourront être
déduites qu’en 2018. Il ne sera pas
possible de les déduire en 2019,
même si elles sont effectivement
payées en 2019. Quant aux travaux,
ceux réalisés en 2018 seront intégralement déductibles en 2018,
tandis que ceux effectués en 2019
ne seront déductibles qu’à hauteur
de la moyenne des dépenses payées
en 2018 et 2019. « Cette règle ne
concerne toutefois que les travaux
dits pilotables. Elle ne s’applique pas
aux travaux urgents ni aux travaux
effectués sur des biens acquis en
2019 », précise Christine ChiozzaVauterin, avocate à la Cour chez
LightHouse LHLF. Conséquence :
ceux qui ne feront pas de travaux
en 2018 n’auront pas intérêt à en
faire non plus en 2019, car ils ne
pourront déduire que la moitié de
ce qu’ils auront payé ! En revanche,
s’ils réalisent des travaux en 2018,
ces travaux seront déductibles en
totalité en 2018, puis une nouvelle
fois à hauteur de 50 % en 2019.
Tous les contribuables n’auront pas
pour autant intérêt à se lancer dans
des travaux en 2018. « Le cas le plus
Les dons et les investissements qui permettent de réduire ses impôts
uRéduction d’impôt pour dons
«
Pour les
contribuables
assujettis
à l’IFI,
le dispositif
don est
désormais
la seule
manière
de réduire
leurs impôts
»
CHLOÉ BAUNARD-PINEL,
FONDATION DES
APPRENTIS D’AUTEUIL.
Avec le remplacement de l’ISF
par l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), le nombre de foyers
fiscaux assujettis à ce nouvel impôt devrait passer de 350 000 à
150 000. Ce qui devrait avoir des
retombées importantes sur les acteurs du monde de la philanthropie qui redoutent non seulement une baisse du nombre de
donateurs mais aussi une diminution du montant des dons. « Ces
dons représentent 20 % du budget
de notre centre de recherche. C’est
grâce à cette source de financement que nous avons pu innover et
garder notre indépendance », souligne Agnès Hubert, directrice des
relations donateurs et grand public à l’Institut Curie. Inquiétude
partagée par la fondation des
Apprentis d’Auteuil dont le tiers
des ressources provient également de la générosité publique.
Selon le dernier baromètre publié
par cette fondation, 49 % des donateurs ne savent pas qu’ils pourront toujours bénéficier d’une réduction grâce à leurs dons. « Or,
pour les contribuables assujettis à
l’IFI, le dispositif don est désormais
la seule manière de réduire leurs
impôts. Ils ont jusqu’à la date limite
de dépôt de leur déclaration pour
effectuer un versement leur
ouvrant droit à cet avantage »,
rappelle Chloé Baunard-Pinel,
responsable
philanthropie
à
Apprentis d’Auteuil. Soit le 15
juin, pour les contribuables qui
déclarent leurs revenus en ligne
comme ceux qui le font sur papier. Ce dispositif a été reconduit
à l’identique et permet aux
contribuables qui consentent des
dons à certains organismes d’intérêt général d’imputer 75 % de
leurs versements sur le montant
de l’IFI à payer, l’avantage étant
plafonné à 50 000 € par an (cette
limite est abaissée à 45 000 € pour
les contribuables qui vont profiter
pour la dernière fois de la réduction IFI-PME).
La liste des organismes éligibles à
ce dispositif est également inchangée : fondations reconnues
d’utilité publique, fondations
abritées, organismes agissant
dans le domaine de la recherche,
de l’enseignement supérieur et
de l’insertion des personnes en
difficulté, associations reconnues d’utilité publique œuvrant
pour le financement et l’accompagnement de la création et de la
reprise d’entreprises…
d’impôt
uRéduction
sur le revenu
Quant aux donateurs précédemment redevables de l’ISF mais qui
ne seront pas soumis à l’IFI, « ils
peuvent toujours bénéficier d’une
réduction d’impôt dans le cadre de
l’impôt sur le revenu. Elle correspond à 75 % des sommes versées
dans la limite d’un don de 537 €
pour les dons consentis aux organismes qui viennent en aide aux
personnes en difficulté, comme
Apprentis d’Auteuil », souligne
Chloé Baunard-Pinel. Au-delà et
pour les dons consentis au profit
d’autres organismes, la réduction
est égale à 66 % des sommes versées dans la limite de 20 % du revenu imposable.
Mais attention, le calendrier n’est
pas le même que pour l’IFI : les
dons consentis jusqu’à la fin de
l’année 2018 permettent de bénéficier d’une réduction de l’impôt
dû au titre des revenus de 2018 (il
est trop tard pour la déclaration à
remplir portant sur les revenus de
2017). Compte tenu de l’année
blanche, cette réduction sera
remboursée ou imputée sur l’impôt à payer en septembre 2019.
d’impôt
uRéduction
pour souscription
A
au capital d’une PME
Les dons,
comme ceux accordés
aux organismes
agissant dans
le domaine de la
recherche, permettent
aux contribuables
d’imputer 75 % de leurs
versements
sur le montant
de l’IFI.
SOLISIMAGES STOCK.ADOBE.COM
À la différence de la réduction
d’impôt pour dons, la réduction
d’ISF accordée en contrepartie de
la souscription au capital d’une
PME a été purement et simplement supprimée. « Mais les
contribuables qui ont effectué des
souscriptions au capital de PME,
y compris au travers de fonds
communs de placement dans l’innovation (FCPI) ou de fonds d’investissement de proximité (FIP)
avant le 31 décembre 2017 peuvent
encore en profiter, pour la dernière
fois cette année, pour l’IFI à payer
en 2018 », explique Stéphanie
Auféril, avocate associée chez
Arkwood. La réduction est égale à
la moitié des versements effectués
jusqu’au 31 décembre et son
montant est plafonné à 45 000 €
(dont 18 000 € au titre des sous-
criptions de parts de FIP et de
FCPI).
Pour compenser la suppression de
cet avantage, le taux de la réduction d’impôt sur le revenu accordée en contrepartie de la souscription au capital d’une PME est
relevé de 18 % à 25 %. Cette mesure concerne les investissements
en direct, mais également les investissements au travers de FCPI
et FIP. Pour ces derniers, la réduction d’impôt ne s’applique
toutefois qu’à hauteur de la fraction des versements éligibles à la
réduction IR-PME. Autrement
dit, la poche d’investissement libre, investie en titres monétaires,
actions de grandes entreprises…
n’ouvre plus droit à la réduction
d’impôt.
Dans le cadre d’un investissement
direct, les versements sont retenus dans la limite annuelle de
50 000 € (pour un célibataire) et
de 100 000 € (pour un couple marié ou pacsé). Pour les investissements intermédiés, les versements sont retenus pour chaque
catégorie de véhicule d’investissement dans la limite de 12 000 €
par an pour un célibataire et de
24 000 € pour un couple marié ou
pacsé. Mais attention, ce taux bonifié de 25 % ne s’applique qu’aux
versements effectués jusqu’au
31 décembre 2018 pour l’impôt à
payer au titre des revenus de 2018
(pour l’imposition des revenus de
2017, le taux reste fixé à 18 %).
Compte tenu de l’année blanche,
les ménages qui n’ont que des revenus non exceptionnels dans le
champ du prélèvement à la source, la réduction d’impôt sera
remboursée lors de la régularisation du solde de l’impôt à payer
en septembre 2019. ■
N. C.-K.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mercredi 23 mai 2018
L'ÉVÉNEMENT
27
Ces changements à prendre en compte
dans votre déclaration de revenus
patrimoine, à déclarer
uLe
cette année en même temps
que les revenus
Pour la première fois cette année,
tous les contribuables redevables
de l’IFI devront déclarer leur patrimoine taxable en même temps
que leurs revenus. Il n’y a plus de
distinction entre les « petits » et
les « gros » patrimoines : tous les
ménages dont le patrimoine immobilier, net de dettes, excède
1 300 000 € au 1er janvier 2018
doivent reporter sur leur déclaration de revenus la liste de leurs
biens imposables. Si vous aviez
l’habitude de remplir une déclaration simplifiée, c’est fini. Vous
devrez à nouveau remplir une déclaration détaillée cette année,
quel que soit le montant de votre
patrimoine. Exceptionnellement
cette année, vous bénéficiez d’un
délai supplémentaire, jusqu’au 15
juin, pour déclarer vos revenus et
votre patrimoine si vous êtes redevables de l’IFI.
délai pour payer l’IFI
uUn
Autre changement pour ceux
qui avaient l’habitude de remplir
une déclaration séparée d’ISF en
juin : ils n’auront pas à s’acquitter
immédiatement de l’impôt à
payer. L’IFI sera recouvré par un
avis d’imposition distinct de l’impôt sur le revenu mais envoyé en
même temps. Il devra être payé
pour le 15 septembre au plus tard,
et si son montant dépasse 1 000 €,
vous devrez obligatoirement utiliser un moyen de paiement dématérialisé : soit en payant directement sur impôts.gouv, soit en
instaurant un prélèvement mensuel ou à l’échéance sur votre
compte bancaire.
important et reportable sur leurs revenus fonciers des dix années suivantes. Le plus de cette année, c’est
que ces mêmes travaux seront à
nouveau retenus en 2019 pour la
moitié de leur montant, venant
augmenter la poche de déficit foncier
reportable », conclut Christine
Chiozza-Vauterin. ■
N. C.-K.
STÉPHANE JACQUIN
RESPONSABLE DE L’INGÉNIERIE PATRIMONIALE
CHEZ LAZARD FRÈRES GESTION
Année blanche, prélèvement
à la source, IFI : quelques
réponses »
Avec l’année blanche,
de nombreux contribuables
s’interrogent : faut-il engager
en 2018 des dépenses ouvrant
droit à un crédit ou une réduction
d’impôt, ou déductibles
de leurs revenus ?
Le bénéfice des crédits et réductions d’impôt est préservé pour
tous les contribuables, et pas seulement pour ceux qui vont encaisser
des revenus exceptionnels cette
année. S’ils ont des revenus exceptionnels, ces avantages viendront
diminuer l’impôt afférent à ces revenus. S’ils n’ont pas de revenus
exceptionnels, ces avantages leur
seront remboursés.
Mais attention, s’il s’agit de réductions d’impôt dont le montant est
supérieur à l’impôt théorique à
payer, le remboursement sera plafonné au montant de l’impôt dû
(par exemple dons aux associations, emploi d’un salarié à domicile
et investissement Pinel, NDLR).
En revanche, les avantages procurés par les charges déductibles
du revenu (pensions alimentaires
ou sommes versées sur un PERP)
ne sont pas préservés avec ce
mécanisme.
L’entrée en vigueur
du prélèvement à la source
au 1er janvier 2019 remet-elle
en cause le nouveau
prélèvement forfaitaire unique
sur les revenus financiers ?
Non, les dividendes, intérêts et
plus-values de cession soumis au
prélèvement forfaitaire unique de
30 % ne sont pas concernés par la
mise en place du prélèvement à la
source à compter de 2019.
Il n’est plus possible
de déduire de l’IFI la totalité
de l’emprunt contracté pour
acheter sa résidence principale.
Que pensez-vous de
ces nouvelles règles ?
Il s’agit d’une position de l’administration qui ne me paraît pas fondée.
Elle figure pour l’instant dans une
simple notice. Mais il est vraisemblable qu’elle sera reprise dans une
instruction administrative. Cette
position est différente de celle retenue pour l’ISF. Pour l’ISF, il était
écrit noir sur blanc que l’emprunt
immobilier contracté pour l’acquisition de sa résidence principale était
déductible en totalité dans la
mesure où on ne pouvait pas considérer que l’abattement de 30 %
constituait une exonération partielle. Et pour cause ! La résidence
principale est bien imposable en totalité. Mais c’est pour tenir compte
de son occupation par son propriétaire que l’on peut appliquer un
abattement. Cela résulte d’une décision de la Cour de cassation, qui a
conduit le législateur à instituer cet
abattement. Malheureusement, on
peut craindre que les contribuables
qui ne se plieront pas à ces nouvelles règles fassent l’objet de redressement… jusqu’à ce que la question
soit tranchée par les juges. ■
PROPOS RECUEILLIS PAR N. C.-K.
Si vous réalisez
des travaux en 2018,
ceux-ci seront
déductibles en
totalité en 2018, puis
une nouvelle fois
à hauteur de 50 %
en 2019.
FRANÇOISE BRO STOCK.ADOBE.COM
déclaration
uUne
en ligne pour presque
tous les contribuables
La date limite de dépôt des déclarations dépend du mode de déclaration utilisé. Les ménages
dont la résidence principale est
équipée d’un accès Internet et qui
ont déclaré plus de 15 000 € de
revenus en 2016 doivent en principe obligatoirement remplir leur
déclaration en ligne. Toutefois,
s’ils ne sont pas suffisamment familiers avec Internet, ils peuvent
continuer à remplir un formulaire
papier. La date limite de dépôt du
formulaire papier était fixée au
17 mai minuit. Pour ceux qui déclarent leurs revenus en ligne,
cette date était reportée au 22 mai
minuit pour les départements numérotés de 1 à 19 et les non-résidents, repoussée au 29 mai pour
les départements de 20 à 49 et au
5 juin à minuit pour les départements dont le numéro est supérieur ou égal à 50, y compris les
départements d’outre-mer.
taux de prélèvement
uLe
à la source sera connu
à l’issue de la déclaration
Cette déclaration est la dernière
déclaration à remplir avant l’en-
Le ministère de l’Économie et des Finances à Bercy.
MARMARA/LE FIGARO
trée en vigueur du prélèvement à
la source. Mais contrairement à
une idée encore largement répandue, ce n’est pas la dernière !
La mise en place, à compter du
1er janvier prochain, d’un prélèvement à la source concomitant
de la perception des revenus ne
supprimera pas l’obligation de
déposer en N + 1 une déclaration
portant sur les revenus de l’année
précédente ! Pas plus qu’elle ne
modifiera les règles de calcul de
l’impôt. Même si l’impôt est prélevé à la source sur les revenus de
chacun, il restera calculé par
foyer fiscal. Le barème progressif
n’est pas remis en cause non plus,
même si un taux unique de prélèvement est attribué à chaque
foyer fiscal. Ce taux, que vous
allez découvrir à la fin du processus de déclaration, si vous utilisez
Internet, servira de base de calcul
aux prélèvements effectués à
partir du 1er janvier prochain sur
vos salaires, vos pensions de re-
traite… Il reflète votre taux
moyen d’imposition, abstraction
faite des crédits et réductions
d’impôt.
si vous le souhaitez,
uOptez,
pour un taux neutre
ou individualisé
Grâce à un lien direct vers le
service « Gérer mon prélèvement à la source » sur le site impots.gouv, vous pourrez indiquer si vous préférez opter pour
un taux individualisé (pour les
couples mariés ou pacsés) ou
pour la non-communication de
votre taux à votre employeur. Si
vous utilisez le formulaire de
déclaration papier, vous pourrez
exercer ces options à partir du
16 juillet prochain. Mais, dans
tous les cas, vous devrez vous
décider avant le 15 septembre si
vous ne voulez pas que le taux
de votre foyer soit transmis à
votre employeur . ■
N. C.-K.
Avec votre don IFI
Soutenez la Fondation FSJU
Grâce à votre don IFI, la Fondation FSJU sous l’égide
de la Fondation du Judaïsme Français, reconnue
d’utilité publique, soutient des actions sociales
et éducatives.
Les grandes missions pour 2018
• Lutter contre la précarité et soutenir les familles, les enfants,
les personnes âgées ou en situation d’isolement, de façon pérenne.
• Favoriser l’éducation et la transmission en finançant des
programmes pour l’enfance défavorisée et la jeunesse.
• Faire rayonner une culture juive, ouverte sur la Cité, en valorisant
son caractère universel.
Votre don à la Fondation FSJU est déductible à 75% de
l’Impôt sur la Fortune Immobilière.
Pour une information en toute confidentialité
Fondation FSJU – Esther Fargeon
01 42 17 11 38 ou e.fargeon@aujf.org
sous l’égide de la Fondation du Judaïsme Français
A
intéressant est celui des personnes
qui n’ont pas encore de revenus fonciers mais qui ont un projet d’investissement locatif dans l’ancien. Il est
intelligent de le réaliser en 2018 si ce
projet comporte d’importants travaux leur permettant de constater
immédiatement un déficit foncier
imputable à hauteur de 10 700 € sur
leur revenu global, puis un reliquat
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 23 mai 2018 LE FIGARO
28
L'ÉVÉNEMENT
Impôt sur la fortune immobilière :
évaluez votre patrimoine sans erreur
Plusieurs règles changent cette année. Notamment pour l’immobilier détenu en usufruit
après une succession et pour les crédits souscrits pour acheter la résidence principale.
Comme son nom l’indique,
l’impôt
sur
la
fortune
immobilière (IFI) ne devrait
concerner que les biens
immobiliers, étant entendu
que les biens qui sont affectés
à l’activité professionnelle du
contribuable sont exclus de
son assiette. En pratique, cet
impôt couvre un spectre un
peu
plus
large
que
l’immobilier au sens strict du
terme…
situés
uImmeubles
à l’étranger
62,6
%
des
ménages
détiennent au moins
un bien immobilier
L’IFI, comme l’ISF, conserve une
base mondiale pour les personnes
domiciliées en France. « Les résidents français doivent donc tenir
compte de tous leurs biens, qu’ils
soient situés en France ou à
l’étranger, pour apprécier s’ils
sont redevables de ce nouvel impôt.
Pour les non-résidents, seuls les
biens situés en France entrent dans
le champ d’application de l’IFI »,
souligne Marion Capèle, directrice adjointe du pôle solutions patrimoniales chez Natixis Wealth
Management.
principale
uRésidence
et immeubles à déclarer
Appartements, maisons, locaux
professionnels, hangars, ateliers,
piscine, courts de tennis… tous
les biens immobiliers que vous
détenez en direct font partie de
votre patrimoine imposable à
l’IFI. Peu importe que vous vous
en réserviez l’usage ou qu’ils
soient donnés en location. Comme pour l’ISF, ils doivent être déclarés pour leur valeur vénale
réelle. « Les contribuables sont
désormais tenus d’indiquer dans
leur déclaration la date à laquelle
ils ont acquis leurs biens, mais
aussi le prix auquel ils les ont
achetés. Cela risque de poser un
problème pour les biens ayant subi
de fortes évolutions de valeur et
manifestement sous-évalués pour
l’ISF ! » explique Anne Frede, Managing Partner de Grant Thornton Société d’avocats. L’abattement légal sur la résidence
principale de 30 % est maintenu.
« Mais la notice qui est en ligne sur
le site de l’administration fiscale
précise que, compte tenu de cet
abattement, les dettes contractées
pour l’acquisition de la résidence
principale doivent être retenues à
hauteur de 70 % de leur valeur.
Cette mention ne figure pas, en revanche, dans la notice papier envoyée à domicile ! La publication du
Bofip au plus tard le 8 juin va permettre à l’administration fiscale de
rendre sa doctrine opposable dès
cette première déclaration »,
poursuit Anne Frede.
bois
uTerrains,
et forêts
Les terres agricoles, les terrains à
bâtir et autres parcelles font également partie du patrimoine imposable à l’IFI. Comme pour l’ISF,
les bois et forêts ainsi que les
biens ruraux loués à très long terme bénéficient toujours, sous
certaines conditions, d’une exonération égale à 75 % de leur valeur, sans limitation de montant.
Idem pour les parts de groupements fonciers agricoles (GFA) et
viticoles (GFV), qui restent exonérés à hauteur des trois quarts
de leur valeur jusqu’à 101 897 €,
puis à concurrence de la moitié
de leur valeur au-delà de ce seuil.
loués
uLogements
meublés
Ils font partie du patrimoine im-
posable à l’IFI, sauf pour ceux qui
peuvent revendiquer le statut de
loueur en meublé professionnel
réservé à ceux dont l’activité de
location meublée représente plus
de 23 000 € par an et plus de la
moitié des revenus professionnels
de l’ensemble des membres du
foyer fiscal.
détenus
uImmeubles
en usufruit
Les immeubles démembrés doivent être déclarés par l’usufruitier pour leur valeur en pleine
propriété, sauf lorsque le démembrement résulte de l’usufruit
légal du conjoint survivant. Dans
cette hypothèse, usufruitiers et
nus-propriétaires sont désormais
imposés sur la valeur respective
de leurs droits, d’après l’âge de
l’usufruitier au 1er janvier. Attention, toutefois : lorsque le
conjoint survivant a hérité de
l’usufruit d’un bien par testament
ou donation au dernier vivant, il
doit continuer à déclarer la valeur
de la pleine propriété.
et parts de SCPI
uImmeubles
en nue-propriété
Les immeubles et parts de SCPI
achetés en nue-propriété (l’usufruit temporaire ayant été acquis
simultanément par un bailleur
institutionnel) ne font pas partie
du patrimoine imposable du nupropriétaire pendant toute la période du démembrement.
de sicav
uParts
et de FCP
Dès lors que vous détenez moins
de 10 % des droits et que le fonds
est investi à moins de 20 % en immobilier, vous n’avez pas à tenir
compte de la valeur de vos parts.
Ce sont les sociétés elles-mêmes
dans le cas de titre détenus en direct ou les sociétés de gestion qui
doivent
communiquer
aux
contribuables les éléments nécessaires pour estimer la fraction de
la valeur de vos actions ou parts
représentative de l’immobilier.
Les contribuables ne seront pas
redressés s’ils démontrent qu’ils
n’ont pas les informations nécessaires.
Mais attention, cette mesure de
clémence ne vaut que pour les sociétés dont le contribuable détient moins de 10 % du capital ou
des droits de vote.
de sociétés
uParts
immobilières
Les parts de société civile immobilière (SCI), de société civile de
placement immobilier (SCPI) ou
d’OPCI, y compris celles détenues sur un contrat d’assurancevie ou de capitalisation en unités
de compte, font partie du patrimoine imposable, à hauteur de
l’immobilier imposable détenu
par ces organismes. En revanche,
vous n’avez pas à tenir compte
des actions de SIIC (sociétés d’investissement immobilier cotées)
si vous détenez moins de 5 % de
capital ou des droits de vote.
Les
contentieux
pourraient être
plus nombreux
qu’avec l’ISF.
D’où le report
de la date limite
de déclaration,
le Bofip
(commentaires de
l’administration)
n’étant toujours
pas publié
YVES GAMBART
DE LIGNIÈRES,
CONSEIL FINANCIER.
Les
contribuables
sont désormais
tenus d’indiquer
la date à laquelle
ils ont acquis
leurs biens mais
aussi le prix
auquel ils les ont
achetés
»
uActions
et parts sociales
Vous devez en principe retenir la
fraction de leur valeur représentative des biens immobiliers, non
affectés à l’exercice de l’activité
« opérationnelle » de la société.
En pratique, vous n’avez pas à tenir compte de vos titres si vous
détenez moins de 10 % du capital
ou des droits de vote. Ce qui revient à exclure les placements
boursiers de l’assiette de l’IFI.
N. C.-K.
Prélèvement forfaitaire unique : les nouvelles règles du jeu
Depuis 2013, les revenus de l’épargne – intérêts et dividendes – ainsi
que les plus-values de cession de
valeurs mobilières sont imposables
au barème progressif de l’impôt sur
le revenu. « Les revenus et plus-values de 2017 qui doivent être déclarés
cette année seront les derniers à être
soumis au barème progressif de
l’impôt sur le revenu. On revient au
principe d’une imposition forfaitaire
à 30 %, prélèvements sociaux compris à compter de l’imposition des
revenus de 2018 », explique Stéphane Jacquin, directeur de l’ingénierie patrimoniale chez Lazard
Frère. Ce qui ramène le taux d’imposition maximum de ces revenus
à 33 % ou 34 % pour les contribuables assujettis à la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus
de 3 % ou 4 %.
A
Le cas particulier
de l’assurance-vie
La fiscalité des rachats n’est
pas modifiée pour les primes
versées jusqu’au
26 septembre 2017 : les
produits continuent à être
taxés au barème progressif
de l’impôt sur le revenu ou
sur option du contribuable
à un prélèvement forfaitaire
libératoire de 35 % avant
4 ans, de 15% entre 4 et
8 ans, puis au taux de 7,5 %
après 8 ans, mais après un
abattement de 4 600 €
(personne seule) ou de
9 200 € (couple). En
revanche, le nouveau
prélèvement forfaitaire
unique de 12,8 % s’applique
uniformément pour les
primes versées à compter du
27 septembre 2017, en cas de
rachat avant 8 ans. Si le
rachat intervient après 8 ans,
il reste possible d’opter pour
le prélèvement forfaitaire
libératoire de 7,5 % si le total
des primes versées par le
souscripteur, tous contrats
confondus, n’excède pas
150 000 €. Au-delà de
150 000 € d’encours, le taux
de 7,5 % est maintenu pour la
quote-part des produits ne
dépassant pas 150 000 €.
L’imposition forfaitaire de
12,8 % s’applique à la fraction
excédentaire.
N. C.-K.
Les contribuables conservent
toutefois la possibilité d’opter pour
l’imposition au barème progressif
de l’impôt sur le revenu. Attention, cette option est annuelle et
globale : elle s’applique à l’ensemble des revenus concernés par le
prélèvement forfaitaire unique :
dividendes, intérêts, y compris
ceux perçus sur un contrat d’assurance-vie, et plus-values de cession de valeurs mobilières. Il n’est
pas possible de choisir de soumettre ses dividendes au prélèvement
forfaitaire unique et d’opter pour
l’imposition au barème progressif
pour ses intérêts et plus-values de
cession. Les contribuables doivent
donc désormais apprécier chaque
année, lors du dépôt de leur déclaration de revenus effectuée l’année suivant celle de la perception
des revenus, s’ils ont intérêt ou
non à opter pour le barème de l’IR.
En cas d’option globale pour le
barème, les dividendes continuent
à profiter de l’abattement de 40 %
et les contribuables peuvent toujours bénéficier de l’abattement de
droit commun de 50 % (titres détenus entre deux et huit ans) ou de
65 % (titres détenus depuis plus de
8 ans) pour le calcul des plus-values imposables (uniquement pour
les actions acquises ou souscrites
avant le 1er janvier 2018).
Dans certaines situations, en cas
de cession de titres de PME, il est
toujours possible de bénéficier
d’un abattement renforcé pouvant
atteindre 85 %. Dernier intérêt de
l’option pour le barème : elle entraîne la déductibilité partielle de
la CSG, à hauteur de 6,8 %.
Le nouveau prélèvement forfaitaire unique de 30 % concerne
tous les placements dont les revenus étaient jusqu’à présent soumis
au barème progressif de l’impôt
La fiscalité des contrats d'assurance-vie
Hors prélèvements sociaux
Primes versées
Taux de prélèvement forfaitaire
libératoire (PFL) (1)
Taux de prélèvement (2)
entre le 26/09/1997 et le 26/09/2017
à partir du 27/09/2017
Encours inférieurs
à 150 000 €
Moins de 4 ans
35 %
12,8 %
Entre 4 et 8 ans
15 %
12,8 %
7,5 %
Plus de 8 ans
Encours supérieurs
à 150 000 €
12,8 %
12,8 %
7,5 % sur une fraction de l’encours
et 12,8 % au-delà
Après application de l’abattement de 4 600 € (pour une personne seule) ou de 9 200 € (pour un couple)
(1) Le PFL est une option, sinon le barème progressif de l'impôt sur le revenu s'applique
(2) Il est possible de choisir d'être imposé au barème progressif de l'impôt sur le revenu
sur le revenu : intérêts des livrets
d’épargne, des comptes à vue rémunérés et des comptes à terme,
des obligations, etc. Sa mise en
place ne change rien en revanche
pour les placements dont les revenus sont exonérés d’impôt sur le
revenu : livrets défiscalisés, plan
d’épargne en actions, plan d’épar-
Pour les intérêts et
dividendes, l’imposition
va s’effectuer
en deux temps
gne entreprise, Perco, etc. Ils
continuent à garder leur régime
fiscal de faveur. Seule exception :
les intérêts des plans et compte
d’épargne logement ouverts à
compter du 1er janvier 2018 sont
désormais soumis au prélèvement
forfaitaire unique dès la première
année.
« Il n’y aura pas d’année blanche
pour les revenus financiers, puisqu’ils ne rentrent pas dans le champ
d’application du prélèvement à la
source », souligne Stéphane Jacquin. Les revenus et plus-values de
2018 seront donc bel et bien imposables.
Pour les intérêts et dividendes,
l’imposition va s’effectuer en deux
temps. Cette année, lors de leur
inscription en compte ou de leur
versement, ils sont soumis à un
prélèvement forfaitaire non libératoire de 12,8 % (contre 21 % pour
les dividendes et 24 % pour les intérêts perçus en 2017), auquel
s’ajoutera 17,2 % de prélèvements
sociaux, recouvrés par l’établissement bancaire. Les contribuables
modestes peuvent toujours demander à être dispensés du versement de l’acompte.
L’année prochaine, en 2019, intérêts et dividendes seront soumis
à l’impôt sur le revenu à un taux
Infographie
forfaitaire de 12,8 %, sauf option
globale pour le barème progressif.
Le prélèvement forfaitaire non libératoire, perçu en 2018, viendra
en déduction de l’impôt à payer en
2019, ou sera restitué, en cas d’excédent.
Quant aux plus-values de cession, l’imposition se fera toujours
avec un an de décalage. La déclaration de revenu déposée au printemps 2019 permettra d’imputer
sur les plus-values les moins-values éventuelles réalisées au cours
de la même année, de même que
celles en report des dix années précédentes. Une fois la compensation
opérée, elles seront soumises au
prélèvement forfaitaire unique de
12, 8 %, sauf option pour le barème. En plus de l’impôt sur le revenu, les plus-values supporteront
17,2 % de prélèvements sociaux
recouvrés par un avis d’imposition
distinct. ■
N. C.-K.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 23 mai 2018 LE FIGARO
30 PATRIMOINE
PEA : un outil très sophistiqué
Tout ce qu’il faut savoir pour bien utiliser le plan d’épargne en actions.
Le Plan d’épargne en actions
(PEA) conserve de beaux atouts,
même si la fiscalité de cette enveloppe s’alourdit un peu (voir encadré). En fait, le PEA est plutôt dans
l’air du temps. Les obligations ont
perdu en grande partie leurs
atouts classiques de rendement et
de sécurité. D’un autre côté, certains marchés d’actions, comme le
marché américain, sont devenus
chers. Par comparaison, les actions européennes semblent encore présenter du potentiel, au vu
d’une dynamique de croissance
prometteuse pour 2018 en zone
euro. Justement, c’est la destination du PEA que de permettre
d’investir dans cette classe d’actifs.
Être plus sélectif
Après les belles performances de
l’an dernier, il convient aujourd’hui d’être plus sélectif et de privilégier en cœur de portefeuille
des produits dits de « stock picking » (sélection de titres), c’està-dire capables par construction
de s’éloigner assez fortement des
grands indices pour sélectionner
les actions capables de faire mieux
que l’indice. Citons, par exemple,
le fonds BDL Convictions (BDL Capital Management), qui affiche
une performance annualisée de
10,5 % sur cinq ans et construit, à
partir des vues de treize analystes
financiers, un portefeuille assez
concentré (moins de 50 titres), ou
le fonds European Dynamic
Growth (Fidelity International).
Toujours dans cette logique de
ne pas acheter aveuglément toutes
les actions des grands indices,
d’autres produits de gestion vont
vous permettre d’introduire certains biais dans votre portefeuille.
Ainsi, alors que les marchés sont
globalement assez chers, il semble
judicieux de privilégier des fonds
dits « value », qui ciblent les valeurs décotées capables d’opérer
un rattrapage, ce que s’attachent
par exemple à faire des fonds
comme Échiquier Value (Financière de l’Échiquier) ou Mandarine
Valeur (Mandarine Gestion).
Ensuite, alors que la dynamique
économique semble redécoller en
France, après des années où la
croissance européenne était surtout tirée par l’Allemagne, pourquoi ne pas opter pour des fonds
actions plus centrés sur l’Hexagone, comme Moneta Multi Caps
(Moneta AM), qui a enregistré une
très belle performance (+16,9 %)
avec un portefeuille très diversifié
intégrant aussi bien des grandes
valeurs du CAC 40 (BNP Paribas ou
Sanofi font partie du portefeuille
actuellement) que des moyennes
société ayant une trésorerie importante, qui pourront à nouveau
tirer des bénéfices de leurs placements avec des taux plus élevés.
ou des petites. Un cocktail gagnant l’an dernier (+16,9 % en
2017) mais surtout une performance durablement bonne puisque le fonds a généré au profit des
investisseurs 178,7 % de plus-values entre son lancement en mars
2006 et fin avril 2018, à comparer
à une hausse de 50,4 % pour le
CAC 40 (dividendes réinvestis).
Puisqu’on parle des petites valeurs, en plus de leurs atouts
structurels (un potentiel de croissance supérieur), elles semblent
aussi en phase avec la conjoncture. C’est bien du côté de l’Europe
que la croissance accélère : le cycle
d’expansion économique a des
chances d’y durer plus longtemps
qu’aux États-Unis, où il est déjà à
un stade plus mûr. Justement, les
petites et moyennes valeurs ont en
moyenne une activité plus centrée
sur l’Europe : on peut y investir au
travers de fonds spécialisés comme Groupama Avenir Euro (Groupama) ou Comgest Growth Europe
Smaller Companies (Comgest).
Certains fonds ont des biais plus
subtils. Alors que le point bas en
matière de taux d’intérêt semble
passé, la dynamique européenne
actuelle pose la question du rythme de la remontée à venir. Celleci n’est pas en soi mauvaise pour
les actions, mais en pénalisera
certaines, à commencer par les
sociétés les plus endettées devant
se refinancer.
A contrario, le fonds Lazard
Equity Expansion (Lazard Frères
Gestion) favorise les actions des
entreprises qui bénéficieront de
la hausse des taux : il peut s’agir
de valeurs financières (ce secteur
représente près d’un quart des
investissements du fonds) ou de
On pourra ainsi être surpris de
constater que Morningstar recense
près de 200 fonds dits d’allocation,
c’est-à-dire répartissant leurs
avoirs sur plusieurs classes d’actifs, éligibles au PEA. En fait, ces
fonds respectent bien la règle des
75 %, mais vont utiliser des produits dérivés pour modifier leur
exposition effective au marché.
Ainsi, certains fonds patrimoniaux
sont éligibles, tel Carmignac EuroPatrimoine
(Carmignac)
ou
Amundi Patrimoine PEA (Amundi
AM) qui, à fin avril 2018, intégrait
effectivement 78 % d’actions mais
était seulement exposé à hauteur
de 36 % aux marchés d’actions
contre 52 % pour la composante
taux.
D’autres fonds vont utiliser une
méthode similaire mais en ayant
une logique plus agressive : il s’agit
Les possibilités
insoupçonnées du PEA
Conçu pour investir en actions
européennes, le PEA ne signifie
pas que votre argent soit systématiquement et pleinement exposé
au risque actions. D’abord, si vous
avez peur d’un krach, rien ne vous
interdit de laisser en « cash » l’argent que vous y avez injecté, tout
en conservant votre plan. Ensuite,
une foule de produits vous permettent de contourner - en toute
légalité, cela va de soi - la règle qui
veut que 75 % au moins de l’actif
d’un fonds soient investis en actions européennes pour qu’il soit
éligible au PEA.
Toujours intéressant fiscalement
Le PEA reste hors du champ
de la nouvelle « flat tax »
de 30 % (12,8 % d’imposition
+ 17,2 % de prélèvements
sociaux) sur les gains sur
valeurs mobilières. Pour
autant, ce dernier voit sa
fiscalité s’alourdir à compter
du 1er janvier 2018, en même
temps qu’elle est simplifiée.
Depuis leur apparition
en 1996 sur le PEA, les
prélèvements sociaux sur
les gains réalisés n’ont cessé
d’augmenter, mais faisaient
l’objet d’un système assez
complexe : les gains étaient
taxés au moment d’un retrait
partiel ou d’une clôture du
PEA, mais sur la base du taux
de prélèvements sociaux en
vigueur l’année où les gains
en question avaient été
constatés. Il en résultait des
calculs assez illisibles dès
lors qu’on procédait à un
retrait sur son PEA. Ce
système va perdurer pour
les produits déjà présents
sur votre PEA avant
le 31 décembre 2017.
Pour ceux acquis après, le
système sera plus simple,
les gains étant taxés aux
taux en vigueur au moment
du « fait générateur »,
c’est-à-dire du retrait ou de
la clôture du PEA. Le bémol,
c’est évidemment que le
taux de prélèvements
sociaux augmente aussi pour
le PEA (17,2 % désormais,
contre 15,5 % à fin 2017).
Il n’en reste pas moins que
ce système d’imposition
différée demeure
intéressant : dès lors que
vous laissez l’argent
à l’intérieur de l’enveloppe
du PEA, vous pouvez opérer
autant d’achats et ventes de
titres sans subir d’imposition
immédiate sur les gains
réalisés.
L. C.
Une performance de près de 16 % depuis janvier 2017
26 mars 2018 :
Le CAC 40 tombe à moins
de 5 000 points en séance
ÉVOLUTION DU CAC 40 DEPUIS JANVIER 2017
5 652,35
22 mai 2018
5 500
5 300
5 100
20 janvier 2017 :
investiture
de Donald Trump
4 900
Février 2018 :
la volatilité explose
à plus de 37 pour le Vix
Juin 2017 :
Le pétrole tombe à moins
de 45 dollars le baril
4 882,38
2 janv. 2017
4 700
4 500
Janvier Février
Mars
Source : Bloomberg
Avril
Mai
Juin
Juillet
Août
Sept.
Oct.
Nov.
Déc.
Janvier
2017
Février
Mars
Avril
Mai
2018
Infographie
LUC MAGDELEIN
des fonds actions flexibles, dont
l’ambition est bien de participer à
la hausse des marchés d’actions,
tout en réservant la possibilité de
« couper le robinet » du risque. Un
beau succès dans ce domaine est à
mettre à l’actif de Dorval AM avec
son produit Dorval Convictions
PEA, qui peut faire varier son exposition actions de 0 à 100 % (le
niveau actuel est de 50 % environ) : sur cinq ans, la performance
est de 67 %, soit 18 points de mieux
que l’indice Euro Stoxx 50, avec
une volatilité bien moindre.
Si les foncières cotées ne sont
plus éligibles au PEA, il reste possible de mettre de l’immobilier
dans un PEA : c’est ce que propose
Novaxia Immo Club 4, qui n’est
pas un fonds mais une société en
commandite par actions qui collecte actuellement des souscriptions et va investir dans des projets
de
transformation
immobilière liés au Grand Paris
avec l’ambition de fournir 6 à 8 %
de performance annualisée et de
rendre l’argent aux investisseurs
entre 2023 et 2025.
Enfin, avec le monde des ETF,
ces fonds indiciels cotés en Bourse,
les possibilités d’investissement au
sein d’un PEA deviennent presque
infinies, du moins pour ceux qui
utilisent une méthode dite synthétique. Leur actif est investi
dans un panier de titres (qui peut
être éligible au PEA), dont la performance est ensuite « swappée »,
c’est-à-dire échangée, contre celle d’un indice. Ainsi, des fournisseurs comme Amundi, BNP Paribas Easy, Lyxor ou Ossiam
proposent-elles des fonds permettant d’investir sur les marchés
américain, japonais, chinois ou
d’autres pays émergents. Alors
que les prix du pétrole ont surpris
à la hausse, un produit comme
Lyxor Russia PEA permet de jouer
une diversification sur le marché
russe, très centré sur le secteur
énergétique et très faiblement valorisé.
Mettre un peu de Japon dans son
PEA semble une autre idée judicieuse actuellement. On peut
même retrouver de l’effet de levier dans le PEA, alors que les opérations au SRD y sont impossibles :
Amundi et Lyxor proposent des
produits construits pour générer
le double de la performance journalière du CAC 40, mais aussi
d’autres indices. On peut même
jouer la baisse des actions avec des
produits « short » qui vont mécaniquement monter quand l’indice
de référence baisse, et inversement. Mais attention à ne pas abuser de ces outils « court-termistes » au sein d’une enveloppe de
long terme comme le PEA. À réserver aux investisseurs aguerris ! ■
Le private equity séduit les investisseurs fortunés
L’appétit des particuliers pour le capital-investissement se renforce et BNP Paribas va lancer une nouvelle offre.
HERVÉ ROUSSEAU
hrousseau@lefigaro.fr
50 %
A
des investisseurs
fortunés se disent
prêts à investir 50 %
en 2018 en fonds de
private equity ou
d‘immobilier non coté
FINANCE Avec la suppression de
l’impôt sur la fortune et de la
création d’un prélèvement forfaitaire unique sur les revenus du
capital, le président Macron souhaite flécher l’épargne vers les
entreprises. À côté des grandes
sociétés cotées, qui devraient
être les premières à en bénéficier,
les sociétés de plus petite taille
espèrent également profiter du
mouvement. Le private equity
apporte une réponse à ces entreprises qui ont généralement plus
de difficulté pour accéder aux capitaux.
Les investisseurs privés sont
visiblement prêts à jouer le jeu.
Selon une étude menée par Scorpio Partnership pour le compte
de BNP Paribas Wealth Management (1), 50 % des investisseurs
fortunés se déclarent prêts à investir à court terme un minimum
de 500 000 dollars dans le private
equity et l’immobilier non coté.
Une tendance confirmée par le
baromètre de l’Association française du family office (Affo), réalisé en collaboration avec OpinionWay, selon lequel « 64 % des
family officers comptent augmenter les investissements directs
dans le private equity essentiellement (56 %) via des fonds ».
De nouveaux fonds
dans les prochains mois
Les clients fortunés qui sont souvent des entrepreneurs connaissent bien cet univers : selon Scorpio Partnership et BNP Paribas
Wealth Management, 60 % s’estiment « familiers ou très fami-
liers avec ce type d’investissement ». Ceux qui possèdent déjà
des parts de fonds de private
equity et d’immobilier non coté
sont satisfaits : ils y consacrent la
plus large part de leur épargne
disponible. « Ils investissent
16,3 % de leur portefeuille, ce qui
en fait leur premier investissement
devant les liquidités (15,8 %) et les
actions (15,3 %) », constatent les
auteurs de l’étude.
Et la vapeur ne devrait pas
s’inverser de sitôt : « Les investisseurs privés sondés, à la fois des
millennials de moins de 35 ans, des
membres de la génération X et Y
mais aussi des baby-boomers, affirment avoir de plus en plus
confiance dans le private equity »,
ajoute l’étude. Selon celle-ci, un
investisseur sur trois estime toutefois ne pas avoir été suffisamment informé sur cet investisse-
ment dans un univers de
placement qui reste bien souvent
perçu comme complexe et périlleux.
BNP Paribas Wealth Management compte bien surfer sur cette vague. Cette année, la banque
compte collecter « 1 milliard
d’euros dans des fonds de private
equity et d’immobilier non coté »,
explique Claire Roborel de Climens, responsable mondiale des
investissements privés et alternatifs chez BNP Paribas Wealth
Management. Cela revient « à
doubler les levées de fonds par
rapport à l’an dernier », ajoute-telle. « Avec la faiblesse des taux,
les investisseurs recherchent à diversifier leur placement et ils se
tournent naturellement vers le private equity, qui offre de généreux
rendements », explique Claire
Roborel de Climens.
La banque va lancer « toute une
gamme de stratégies d’investissement qui permettent de sortir des
sentiers battus, comme les rachats
d’entreprise avec effet de levier
(LBO), le capital-développement,
mais aussi de participer à des programmes immobiliers à fort potentiel de création de valeur ». Le
ticket
d’entrée
est
de
250 000 euros, mais il s’agit d’un
outil de diversification du patrimoine.
Cette offre s’adresse donc en
priorité à des clients qui disposent de plusieurs millions d’euros
de patrimoine liquide. ■
(1) Étude basée sur l’opinion de
337 investisseurs fortunés (High
Net Worth Individuals) provenant
de neuf pays d’Europe, d’Asie et
du Golfe, avec au moins 5 millions
de dollars d’actifs à investir.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mercredi 23 mai 2018
PATRIMOINE
31
Financer les études de ses enfants
et petits-enfants
La meilleure stratégie consiste
à épargner le plus tôt possible
ou à faire une donation
temporaire d’usufruit.
âgé de moins de 80 ans et celui qui
reçoit doit être majeur », précise
Murielle Gamet, notaire au sein de
l’étude Cheuvreux.
Penser à la donation
d’usufruit temporaire
JULIETTE SERRE
Il est
« possible
de donner
31 865 euros
sans fiscalité
à un petitenfant
majeur.
Le donateur
doit avoir
moins de
80 ans
»
MURIELLE GAMET,
CHEUVREUX NOTAIRES
FAMILLES Financer les années
d’études de ses enfants ou petitsenfants doit se prévoir. Mieux
vaut mettre de l’argent de côté le
plus tôt possible, idéalement dès
ses premiers pas.
« Plus on épargne tôt, plus ces
dépenses sont indolores, explique
Bertrand Giboulet, agent général
chez Axa. Cela permet de placer
une épargne régulière sur des fonds
plus ou moins risqués en fonction de
l’âge de l’enfant. Plus il est jeune,
plus l’horizon de placement est
long. Dans ce cas, on peut privilégier des fonds dynamiques. » Pour
obtenir un capital de 30 000 €, il
faut, par exemple, épargner
100 euros par mois pendant 15 ans
en acceptant de placer une partie
de cette somme sur des fonds diversifiés (30 % en fonds en euros
garanti et 70 % en actions) en faisant l’hypothèse de performances
bourisères dans la moyenne historique.
Plusieurs placements peuvent
néanmoins être envisagés en
fonction de ses capacités financières. Épargner sur un livret défiscalisé (livret A) ouvert au nom du
futur étudiant est peu rémunérateur (0,75 % net), mais les fonds
placés sur ce produit sont disponibles immédiatement et garantis.
Le livret A est adapté si l’enfant est
très proche de l’âge des études supérieures. À l’inverse, souscrire
un plan d’épargne logement
(0,70 % net) a désormais peu
d’intérêt. Les plans ouverts depuis
le 1er janvier 2018 sont imposables
dès la première année. Ils donnent
droit à un prêt à 2,2 %, mais sans
Le livret A est plus adapté si l’enfant est très proche de l’âge des études supérieures.
possibilité d’obtenir de prime
d’État.
Attention, seuls les représentants légaux (généralement les
parents) peuvent ouvrir un livret A au nom d’un mineur. Lorsqu’un enfant dispose d’un livret A, c’est seulement à 16 ans
qu’il peut effectuer seul des retraits.
Autre possibilité : épargner sur
un contrat d’assurance-vie au
nom de son descendant. « Cette
enveloppe a l’avantage d’être flexible en plaçant ses avoirs sur des
fonds sécuritaires ou risqués, ajoute Bertrand Giboulet. On peut y
associer une clause qui permet de
fixer les modalités d’utilisation des
sommes lorsqu’il sera majeur. »
Sur un contrat d’assurance-vie,
on peut faire des versements réguliers ou uniques provenant, par
exemple, d’une donation. Le lé-
DE RUSSE/LE FIGARO MAGAZINE
gislateur autorise chaque parent à
donner, tous les 15 ans, jusqu’à
100 000 euros sans impôt à chacun
de ses enfants (et jusqu’à
31 865 euros à chacun de ses petits- enfants).
À cela s’ajoute un don supplémentaire de sommes d’argent (espèce, chèque ou virement), tous
les 15 ans et totalement défiscalisé, pouvant atteindre 31 865 euros.
« Dans ce cas, le donateur doit être
Pour anticiper le coût des études,
une autre possibilité consiste à investir dans un bien locatif en profitant des taux d’intérêt avantageux (en moyenne 1,29 % sur
15 ans, selon le baromètre Crédit
logement CSA). Le moment venu,
l’enfant pourra y loger, et, s’il décide de faire ses études dans une
autre ville, il sera toujours possible
de lui faire une « donation temporaire d’usufruit » sur ce bien. Cette stratégie consiste à transmettre
à l’enfant pendant plusieurs années le droit de l’utiliser ou d’en
percevoir les revenus.
Concrètement, il touche à votre
place les loyers le temps qu’il devienne financièrement autonome,
pour vivre et se loger. « Ce dispositif permet d’aider son enfant tout
en optimisant sa fiscalité », rappelle Murielle Gamet.
Ce montage est surtout intéressant si vous payez l’impôt sur la
fortune immobilière (IFI). « Durant cette période, le bien sort du
patrimoine imposable à l’IFI, puisque seul l’usufruitier en est redevable », ajoute Murielle Gamet. Or,
comme votre enfant usufruitier
est généralement loin du seuil de
taxation à l’IFI, il n’est pas imposable.
Lorsque la donation arrive à son
terme, la pleine propriété du bien
vous revient, sans impôt. Cette
donation est taxée à 23 % sur la
valeur du bien lorsqu’elle est
consentie pour 10 ans, mais elle
peut bénéficier de l’abattement
entre parent et enfant. Cette dernière doit être déclarée à la publicité foncière (environ 600 euros,
auxquels il faut ajouter la rémunération du notaire). Cette opération
ne doit pas uniquement être réalisée dans un but fiscal. Elle doit
permettre d’aider un enfant dans
le besoin. ■
EN CHIFFRES
184
euros
Frais annuels
pour les trois premières
années de licence
15
000
euros
Coût annuel de la
scolarité dans une école
de commerce recherchée
610
euros
Frais annuels pour
une école d’ingénieurs
publique
300
euros
Budget mensuel
à prévoir pour
la nourriture
et les frais divers
d’un étudiant
Selon une étude Cofidis/CSA research, le budget global consacré
aux études supérieures est de 7118
euros par an et par enfant. Les principaux postes de dépenses sont le
logement (2107 euros), les frais de
scolarité (1897 euros) et l’alimentation (1182 euros). Voie souhaitée
massivement par les jeunes bacheliers (39 % des vœux en 2017),
l’université est quasiment gratuite :
184 € par an les trois premières années de licence, 256 € par an en
master. Si le bachelier opte pour le
DUT (diplôme universitaire de
technologique), les tarifs sont les
mêmes. Il faudra ajouter à cela 217 €
par an pour la Sécurité sociale.
Si le bachelier opte pour une classe préparatoire dans le public, la
scolarité est gratuite puisqu’elle se
déroule au lycée. On demandera à
l’étudiant de s’inscrire en parallèle
à l’université, il devra donc tout de
même s’acquitter des frais de scolarité universitaires. Si la classe préparatoire est dans un lycée privé
sous contrat, la facture peut être
plus élevée, de l’ordre de 2 645 €
par an (Danielou à Rueil-Malmaison). Pour les premiers de la classe,
la plus onéreuse est sans aucun
doute Sainte-Geneviève (Ginette) à
Versailles, qui facture l’année entre
5 661 et 18 732 €. Mais à ce prix-là,
la pension est comprise et le suivi
quatre étoiles. Moins nombreuses,
les classes préparatoires privées
hors contrat, comme Ipesup, sont
bien plus chères : 11 000 € par an.
Côté écoles d’ingénieurs, la formation est quasiment gratuite. Pour
les écoles publiques, les plus nombreuses, comptez 610 euros par an.
Certaines écoles publiques ont cependant augmenté leurs frais de
scolarité ces dernières années. Ainsi, il fallait compter 3 500 € par an
pour CentraleSupélec à la rentrée
2017. Pour les écoles d’ingénieurs
privées, le coût est plus élevé :
7 725 € pour l’ESTP (École supérieure des travaux publics), par
exemple. La plus prestigieuse,
l’École polytechnique, est gratuite.
Les étudiants y sont même payés
959,51 € par mois. Les écoles d’ingénieurs en informatique, de création plus récente, sont en revanche
souvent payantes et privées, à l’instar de l’Epita (9 500 € environ).
Les écoles de commerce sont les
plus onéreuses. Créées la plupart à
l’initiative des chambres de commerce, elles sont bien plus chères
que les écoles d’ingénieurs. Comptez entre 9 000 € et 15 000 euros
par an environ pendant trois ans,
les écoles postbac étant globalement les moins chères. Si vous envisagez d’intégrer l’une de ces dernières, réfléchissez bien. Le fait
d’opter pour la classe préparatoire
ou une admission parallèle après un
DUT ou une licence peut permettre
d’économiser 20 000 euros !
Reste que le budget le plus important est souvent celui consacré
au logement. À Paris, il faut quasiment compter 800 euros pour se loger dans le privé, moitié moins si
l’on peut décrocher une chambre
étudiante du Crous (réservées en
priorité aux boursiers). Les aides au
logement viennent adoucir la note à
raison de 241 à 295,05 € versés par
mois en Île-de-France. En plus des
frais de scolarité et de logements, il
faudra prévoir de verser à l’étudiant
environ 300 € par mois pour qu’il
puisse se nourrir, sortir un peu… ■
DONNER À LA FONDATION ABBÉ PIERRE PERMET D’AIDER
LES PLUS DÉMUNIS TOUT EN RÉDUISANT VOTRE IFI.
Aider les plus démunis, c’est créer des « Pensions de famille » pour
loger les personnes en détresse, développer le réseau d’accueils de
jour des « Boutiques solidarité » destiné aux sans-abri, améliorer et
rendre l’habitat décent grâce à « SOS Taudis », construire des logements
d’insertion avec le programme « Toits d’abord ». Réduire son IFI, c’est
déduire 75% du montant de votre don fait à la Fondation Abbé Pierre,
reconnue d’utilité publique.
AIDEZ-NOUS À AGIR ! DONNEZ. don.fondationabbepierre.org
A
SOPHIE DE TARLÉ £@sophiedetarle
Crédit photo : Cyrille Choupas -
Quel budget faut-il prévoir ?
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 23 mai 2018 LE FIGARO - N° 22 947 - Cahier N° 4 - Ne peut être vendu séparément - www.lefigaro.fr
BEAUTÉ
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VENUS DE CHINE PAGE 38
Han Solo
L’étoffe d’un
antihéros
Le réalisateur Ron Howard raconte
la jeunesse du personnage
emblématique de la saga
dans « Solo : A Star Wars Story ».
Un film qui revient de loin. PAGE 34
Han Solo
(Alden
Ehrenreich)
et Chewbacca
(Joonas
Suotamo).
Étienne Saglio,
maître des sortilèges
THÉÂTRE Le magicien présente « Les Limbes »,
un extraordinaire spectacle au Rond-Point.
Armelle Héliot
aheliot@lefigaro.fr
omment est-ce possible ?
Comment fait ce jeune
homme, haute silhouette
et visage très ouvert, qui
s’aventure dans la salle du
Rond-Point ? Au-dessus des spectateurs va et vient, filant droit, rasant
les têtes, passant entre les rangées de
fauteuils, montant parfois vers la
grande charpente de bois et piquant
soudain, une comète à longue traîne
qui semble lui obéir… Ce vol est l’un
des moments les plus impressionnants, les plus « magiques », les plus
poétiques du spectacle d’Étienne Saglio intitulé Les Limbes.
Cette magie, cette poésie tiennent
au fait que l’objet semble doué d’intelligence, d’autonomie et paraît
taillé dans une étoffe de songes : on
dirait du coton mal cardé qui s’effilocherait et pourtant se recompose
sous nos yeux ébahis… Une comète
matérielle et immatérielle qui, à peine reposée sur le plateau, disparaît,
se recroquevillant sur elle-même
jusqu’à s’effacer complètement.
D’entrée de jeu, Étienne Saglio
nous subjugue. Avant cette envolée
fantastique, il y a d’autres jeux avec
cette étoupe miraculeuse. Mais il y a
surtout un pas de deux, un dialogue
qui vire à l’affrontement avec un
étrange personnage en manteau
rouge, crâne chauve, visage assez inquiétant, part de lui-même mais
C
CHANEL, ONE PLUS
doué d’une vie indépendante. Une
marionnette, pas de doute. Que lui
veut-elle ? Et est-ce bien elle qui envoie l’homme valdinguer dans les
airs ? Est-ce bien lui, Étienne Saglio
qui tombe des cintres dans un grand
bruit angoissant ? Ou est-ce l’autre
homme ? Ce troisième personnage
que l’on est certain de voir, de pouvoir toucher. Et pourtant, au moment de saluer, sur cette grande estrade qu’est la scène de la salle
Renaud-Barrault, il n’y a, comme au
début, que le seul Étienne Saglio !
Frontières estompées
On sort émerveillé de ce « travail »,
cette parenthèse qui nous arrache à
tout raisonnement cartésien, comme
le font les artistes de la « Magie nouvelle ». Comme on avait été émerveillé l’an dernier par Nous, rêveurs
définitifs ou d’autres créations. Les
Limbes date d’ailleurs d’il y a quatre
ans. Le spectacle avait été créé dans
la cadre du festival Mettre en scène.
Enfant, adolescent, Étienne Saglio a
appris, seul, le jonglage avant de fréquenter les écoles de magie et de cirque : Châtellerault, Toulouse, Châlons-en-Champagne. Personnalité
forte, unique, il aime partager et a
collaboré aussi bien avec Alexandre
Gauthier, chef cuisinier, qu’avec le
trompettiste Erik Truffaz.
Ce qui trouble le plus, ici, c’est que
s’estompent les frontières entre rêve
heureux et cauchemar… ■
Rond-Point (Paris VIIIe), jusqu’au 31 mai,
à 20 h 30 mar.-sam., à 15 heures dim.
Tél. : 01 44 95 98 21. Durée : 55 minutes.
Du 7 au 9 juin, à Lyon, aux Célestins.
A
MORCEAU CHOISI
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 23 mai 2018 LE FIGARO
34
L'ÉVÉNEMENT
4 FILMS
CULTES
Ron Howard pendant
le tournage de Solo :
A Star Wars Story .
JOHN WILSON /LUCASFILM LTD. / THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE
Ron Howard,
un pied dans
la galaxie
CINÉMA Le
réalisateur d’« Apollo 13 »
a été appelé pour sauver le projet
« Solo : A Star Wars Story ». Rencontre.
an Solo lui doit une fière chandelle. Sans Ron Howard, le spinoff consacré au plus sympathique des
contrebandiers de la saga Star Wars
aurait pu virer à l’accident industriel pur
et simple. C’était mal connaître ce turbulent rejeton de Hollywood, issu d’une famille de comédiens, et qui s’est fait
connaître du grand public dès les années
1970 en incarnant le jeune Richie Cunningham dans la série rock’n roll Happy
Days (1974-1984). Le plus incroyable,
c’est qu’à discuter avec le réalisateur de
Rush, éternellement flanqué de sa casquette vissée sur le crâne, on oublie rapidement que ce jeune homme de 64 ans a
fait ses débuts au cinéma… en 1973 dans
American Graffiti de George Lucas.
Au départ, le projet Solo a été confié à
un duo de jeunes réalisateurs dans le
vent, un brin iconoclastes, Phil Lord et
Chris Miller, très cotés à Hollywood depuis le succès de La Grande Aventure
Lego. Pourtant, entre le début du tournage en juillet 2015 et leur départ en catastrophe deux ans après, Disney a frôlé
la bérézina. Howard est appelé à la rescousse en un claquement de doigts par
Kathleen Kennedy, la présidente de
Lucasfilm. « Je me souviens que j’étais
venu à Londres pour affaires, raconte Ron
Howard. Je travaillais avec des romanciers pour une série de projets destinés à
mes prochains films. Kathleen et moi
“
Je voulais surtout
comprendre cette faim de
liberté qui habite Han Solo
A
RON HOWARD
”
avons dîné au restaurant ce soir-là. Elle
était particulièrement abattue, et a évoqué
tristement le fait qu’elle avait dû prendre la
décision de trouver un autre réalisateur
pour Solo. » Pour le réalisateur de Splash
et de Willow, la surprise est totale, et inhabituelle pour la productrice, réputée
pour s’accrocher jusqu’au bout. « Elle
m’a dit : “Maintenant, nous devons trouver quelqu’un d’autre. Aurais-tu envie de
le faire ?” » Le réalisateur oscarisé en
2002 pour son biopic Un homme d’exception répond du tac au tac : « Oh ! non. Je
ne crois pas, mais je suis très flatté. »
Kennedy insiste : « Voudrais-tu quand
même lire le script ? » Ron Howard accepte de prendre le scénario de Lawrence et Jonathan Kasdan dans ses bagages.
« Je l’ai lu dans l’Eurostar qui me ramenait
à Paris. Et je l’ai trouvé formidable, poursuit-il. De retour à la maison, j’ai demandé à ma femme d’y jeter un œil. Elle adore
la science-fiction et a trouvé l’intrigue
passionnante. Vous savez, j’écoute ma
femme. Elle est très futée et surtout, elle
me connaît bien. Quand j’étais à l’agonie,
ne sachant plus quoi faire à propos de cette
décision, c’est elle qui m’a soufflé à
l’oreille : “Tu sais, tu vas regretter de ne
pas l’avoir fait !” Et elle avait raison, bien
sûr. Je crois que c’est la décision la plus
rapide que j’ai prise depuis longtemps. Il
ne m’aura fallu que 48 heures. »
la direction d’acteur, j’ai découvert au fil
des années que je pouvais diriger des séquences d’action qui déménagent en y
prenant beaucoup de plaisir. C’est finalement la combinaison de mon expérience,
de mon enthousiasme et de ma sensibilité
pour raconter des histoires qui a permis de
renverser la situation. J’ai commencé par
regarder tous les rushes. J’ai consulté les
acteurs, puis l’équipe du film. Mon travail
a consisté à leur redonner confiance. Ce
que j’avais à leur offrir, c’est une forme
d’objectivité, et quelques idées neuves sur
le sujet. » À l’époque, les rumeurs qui
circulent sur la première mouture du
film signée Chris Lord et Phil Miller, évoquent l’idée d’un blockbuster opératique, une sorte de comédie de sciencefiction décalée lorgnant vers la parodie et
le second degré. À son arrivée, Ron
Howard, qui a su piloter un film comme
Rush (2013), orchestrer la rencontre au
sommet entre le président Nixon et le
journaliste David Frost dans Frost/Nixon
(2008), sans oublier sa relecture de l’histoire de Moby Dick dans Au cœur de
l’océan (2015), compte bien remettre Solo
sur de bons rails.
« En reprenant le script à zéro, explique-t-il, je n’ai pas cherché ce qui manquait dans le film, j’ai plutôt cherché à enrichir et à développer ce qui était déjà
présent dans l’histoire. Je voulais surtout
comprendre cette faim de liberté qui habite
Han Solo. À mon sens, ce n’est pas seulement un type cool, un “king of cool” à la
Steve McQueen, mais un personnage qui
cache une tristesse et une mélancolie qui
courent en lui comme une rivière souterraine. Quand j’ai parlé de cela à Harrison
Ford, il m’a révélé sa propre compréhension du personnage. Solo est un héros pétri
de contradictions. Sa trajectoire intime
ressemble à une quête de liberté. Mais au
moment où nous prenons le personnage, il
n’est pas encore trop cynique et désabusé.
C’est un jeune homme idéaliste, bagarreur, téméraire, un cow-boy de l’espace
indompté. C’est pour cela que nous avons
joué à fond la carte du western… Le jeune
Alden Ehrenreich a été parfait pour le rôle,
lui qui a été repéré par Coppola ». Han
Solo dégaine son blaster comme jadis
Clint Eastwood son colt. À l’ouest d’une
galaxie lointaine, très lointaine, il y a
donc du nouveau… ■
Avec Rush, Howard retrace
l’histoire vraie d’une rivalité aux
temps héroïques de la Formule 1
dans les années 1970. Le film
conte l’affrontement entre
l’aristocrate play-boy James Hunt
et le coureur autrichien
méthodique, accro à la gestion
des risques, Niki Lauda.
Un film grisant.
« FROST/NIXON »
(2008)
Avec ce suspense politique, Ron
Howard orchestre un duel subtil
entre un animateur télé en mal
d’audience, David Frost, et
le président Richard Nixon, en
disgrâce depuis le Watergate.
Lutte d’ego de haute voltige,
Frost/Nixon est un combat de
gladiateurs armés de leurs seuls
mots, adapté d’une pièce
de théâtre à succès montée
à Londres en 2006.
« Solo : A Star Wars Story », un trépidant
western galactique
Tout le monde se souvient de cette séquence dans la Cantina bondée et enfumée de la planète Tatooine, au début de
l’Épisode IV – Un nouvel espoir, premier
film de la saga Star Wars (1977). Poursuivis par les soldats de l’Empire, le jeune
Luke Skywalker et son mentor Obi-Wan
Kenobi cherchent un vaisseau capable de
faciliter leur évasion rapide.
Un certain Han Solo s’assoit crânement à leur table, accompagné de son
impressionnant compagnon, un Wookie
de plus de deux mètres. Le sympathique
contrebandier (incarné par Harrison
Ford) vante les mérites de son Faucon
Millenium, « le vaisseau spatial le plus rapide de la galaxie, qui a parcouru le raid de
Kessel en 12 parsecs ! » Voilà. En une
phrase, le personnage du « gentil vaurien » Solo était planté. Quarante et un
ans après, le personnage a pris de l’étoffe.
L’antihéros est même devenu un mythe,
une icône de la pop culture. Bien des zones d’ombre subsistaient. La principale
étant de savoir ce qu’était exactement
l’exploit du raid de Kessel, consistant à
traverser en un temps record cette dangereuse route spatiale utilisée par les
contrebandiers et autres criminels de
l’espace. C’est en partie pour cela que
George Lucas a très tôt voulu développer
un film indépendant consacré à Han Solo.
Ni sabre laser, ni Force, ni Jedi
Depuis le rachat en 2012 par Disney de
Lucasfilm pour la somme rondelette de
4 milliards de dollars, la franchise Star
Wars est repartie de plus belle. Après Le
Réveil de la Force (2015), Les Derniers Jedi
(2017), sans oublier un premier film alternatif Rogue One (2016), la présidente
de Lucasfilm Kathleen Kennedy a lancé
Solo : A Star Wars Story, nouvel épisode
indépendant de la saga qui affiche l’am-
« APOLLO 13 » (1995)
LUCASFILM LTD.
H
OLIVIER DELCROIX
£@Delcroixx
L’arrivée surprise du cinéaste vétéran
Ron Howard sur le tournage échoué de
Solo va renverser la vapeur. L’équipe du
film l’attend comme le messie. Il faut dire
que l’homme rassure. Sa carrière, qui
s’étend sur près de soixante ans maintenant, parle pour lui. Il signe son premier
film dès 1977 dans l’écurie de Roger
Corman avec Lâchez les bolides. Suivra la
jolie comédie Splash (1984), où Daryl
Hannah apparaît en sirène romantique
face à Tom Hanks. Lucas lui fait
confiance, et produit un film d’héroic
fantasy, demeuré un classique du genre,
Willow (1988). Avec Backdraft en 1991,
Ron Howard se frotte également aux
effets pyrotechniques. Ce qui lui met le
pied à l’étrier pour des superproductions
plus imposantes comme Horizons lointains, La Rançon en passant par le filmcatastrophe spatial Apollo 13.
Il le reconnaît aujourd’hui, tous ces
films à gros budget lui ont appris à maîtriser les tournages complexes. « Je sais
m’organiser, analyse-t-il. Mon expérience fait que tout l’aspect logistique du projet
ne m’effrayait pas. Qui plus est, moi qui ai
longtemps été un réalisateur réputé pour
« RUSH » (2013)
« Allo Huston, on a un
problème », cette phrase terrible
résonne dans le casque d’un
scientifique de la Nasa le 13 avril
1970. Ron Howard embarque
Tom Hanks dans un suspense
cauchemardesque, adapté d’une
des plus terribles mésaventures
des missions spatiales
américaine. Efficace et maîtrisé.
Han Solo (Alden Ehrenreich) et son fidèle Chewbacca (Joonas Suotamo).
bition de narrer les origines du plus célèbre personnage jadis imaginé par George
Lucas.
Après une avant-première cannoise, le
film de Ron Howard débarque en salle
avec une réputation de grand brûlé, le
duo de réalisateurs mandaté à l’origine
ayant été remercié. Ron Howard a repris
le flambeau au pied levé en 48 heures.
Alors ? L’ex-Richie Cunningham de la
série Happy Days a-t-il réussi le sauvetage de ce blockbuster en perdition ? La réponse est oui. Solo est un bon film, l’un de
ces « pop-corn movies » décomplexés
qui plongent directement dans l’action
sans se chercher d’excuses. Le grand défi
était avant tout de conter les origines de
ce brigand au cœur tendre, séducteur,
roublard, charismatique et téméraire,
sans trahir ce qu’en avait fait Harrison
Ford, ni risquer d’ennuyer les spectateurs. Surtout, sans sabre laser, ni Force,
ni Jedi, il fallait que ce long-métrage garde l’entêtant parfum de Star Wars. C’est à
Lawrence Kasdan (scénariste vétéran de
L’Empire contre-attaque et du Retour du
Jedi) et à son fils Jonathan qu’en revient le
mérite. Le jeune Alden Ehrenreich se
glisse dans le personnage avec assurance,
l’acteur ayant passé de nombreuses heures devant sa glace à parfaire son rôle,
mémorisant les inflexions de jeu de Ford,
son flegme, ses mouvements faussement
relax.
Lorgnant vers un genre bien connu du
public, Solo se transforme en un western
galactique, dans la lignée de La Horde
sauvage de Peckinpah ou des Professionnels de Richard Brooks. Comme à l’époque de John Wayne, Han Solo pilote le
Faucon Millenium avec l’instinct du
cow-boy chevauchant sa monture.
« Yippee Ki Yay » Han Solo, que la Force
soit avec toi !
O. D.
« Solo : A Star Wars story »
Science-fiction de Ron Howard
Avec Alden Ehrenreich,
Woody Harrelson
Durée 2 h 15
■ L’avis du Figaro : ○○○¡
« WILLOW » (1988)
Sous la houlette de George Lucas,
Ron Howard offre une féerie
violente, bourrée d’humour
et d’action. Cette histoire d’heroic
fantasy conte la destinée d’une
enfant pourchassée par une reine
cruelle, bientôt protégée
par un nain magicien, Willow,
dans un royaume féerique peuplé
de nelwyns. Un film culte.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
CULTURE
mercredi 23 mai 2018
35
Autant-Lara, un diable de cinéaste
CHRONIQUE Du réalisateur s’érigeant contre la censure au vieux réactionnaire, Jean-Pierre Bleys
retrace le parcours du sulfureux réalisateur de « La Traversée de Paris ». Une biographie captivante.
son adolescence, en avait fait la cible de
son célèbre article « Une certaine
tendance du cinéma français ». AutantLara ne décolérait pas contre « ce jeune
voyou du journalisme ».
LE CINÉMA
Éric Neuhoff
eneuhoff@lefigaro.fr
adresse est devenue mythique. Sans Claude
Autant-Lara, personne
n’aurait entendu parler
du 45, rue Poliveau. Dans
La Traversée de Paris, Jean Gabin hurle à
pleins poumons « Jambier, 45, rue Poliveau ! » pour affoler de Funès, trafiquant
de marché noir. On sait peut-être moins
que le metteur en scène fut le premier à
réaliser un film en Cinémascope,
Construire un feu (1927), d’après Jack
London. La copie a été perdue. Ces
détails, et bien d’autres, émaillent la
volumineuse biographie de Jean-Pierre
Bleys. Elle est exhaustive, fouillée, minutieuse. Quel travail ! L’auteur n’ignore aucune zone d’ombre, se place à la
juste distance. N’oublions pas que, pour
l’opinion, Autant-Lara est un vieux
réactionnaire antisémite. Cela n’est pas
faux. L’homme fut pourtant longtemps
proche du Parti communiste et des
syndicats, bouffeur de curés invétéré,
emmerdeur patenté. Son sale caractère
était légendaire.
Il est né en 1901, d’une mère comédienne et d’un père architecte pour qui
le cinéma n’était pas un métier. Le
jeune Claude envisage une carrière de
sculpteur. Son avenir bifurque avec la
rencontre de Marcel L’Herbier. Dans
les années 1930, il se rend à Hollywood
où il tourne les versions françaises de
films avec Buster Keaton ou Douglas
Fairbanks Jr. À son retour en France, il
se lance dans son premier vrai longmétrage en portant à l’écran Ciboulette,
opérette de Reynaldo Hahn. Ses scénaristes s’appellent Prévert, Aurenche et
Bost. Avec Henri Jeanson, les rapports
seront en dents de scie. Celui-ci encourage Odette Joyeux à figurer au géné-
Sombre, inclassable et révolté
L’
Brigitte Bardot et Claude Autant-Lara pendant le tournage d’En cas de malheur, en 1958.
rique de Douce : « Tu verras, c’est un
con, mais il a du talent. » Les démêlés
d’Autant-Lara avec les producteurs
sont sa marque de fabrique. À l’un
d’eux qui lui reproche de coûter trop
cher, il répond : « Oui, mais mon cher,
moi je ne fais que de l’exceptionnel. »
Pierre Braunberger déclarait : « Si un
jour on trouve le cadavre d’Autant-Lara,
ce sera moi l’assassin. » Sa capacité de
travail défie l’entendement. « Pas de
temps mort, aller comme le feu de Dieu,
sans jamais ralentir », lit-on dans ses
notes de tournage. Il épuise ses équipes,
engueule les acteurs, ne mange que tous
les deux jours. Une de ses manies
consiste à s’asseoir à côté de la caméra
et à mimer le jeu des comédiens pendant les prises. Cela en irrite certains.
Excédé, Gabin lui lance : « Dis donc,
quand tu auras fini tes pitreries, on
pourra jouer normalement. »
Il a du flair, s’entend bien avec les
femmes, a un peu peur des hommes.
C’est lui qui, avec En cas de malheur,
prouve que Bardot n’est pas seulement
une starlette. Il a donné des rôles à Danielle Darrieux, Micheline Presle, Nicole Berger, Marie-Josée Nat. Ses sujets
déclenchent la polémique. En 1947, à
RUE DES ARCHIVES/LIMOT
Bruxelles, l’ambassadeur de France
quitte la projection du Diable au corps.
Les autorités lui mettent des bâtons
dans les roues au moment de Tu ne tueras point, sur l’objection de conscience.
« Un des seuls mérites que je me reconnaisse, là où j’ai été le plus pionnier,
c’est dans ma lutte opiniâtre, inlassable,
contre la censure », disait celui qui
n’aimait « que les films dérangeants ». Il
vitupérait les États-Unis qui écrasent la
culture française, s’emportait contre les
critiques. Il était devenu la bête noire
des Cahiers du cinéma. Truffaut, qui
pourtant avait vu Douce sept fois durant
Il a adapté Stendhal (Le Rouge et le
Noir), Colette (Le Blé en herbe), Dumas
(Le Comte de Monte-Cristo), Radiguet,
Mac Orlan (Marguerite de la nuit),
Marcel Aymé (La Jument verte). Il a touché au théâtre (Occupe-toi d’Amélie) et
au fantastique (Sylvie et le fantôme).
Comme tout le monde, il a essayé en
vain de s’attaquer au Voyage au bout de
la nuit et ne s’est pas remis de ne pas
avoir pu tourner La Chartreuse de Parme. Il a dirigé Pierre Perret dans Les
Patates. Son dernier film est un mélo
commandé par Marcel Dassault. Finir
sa carrière sur Gloria, comme apothéose, c’est tarte !
L’aigreur prend le dessus. En 1988, il
entre à l’Académie des beaux-arts : dans
son discours de réception, il fustige la
décadence. En 1989, il est élu député
européen sous la bannière du Front national. Dans le mensuel Globe, il attaque
bassement Simone Veil. Il envoie bouler
les César qui espéraient lui rendre un
hommage. Ces embardées ont beaucoup
terni l’œuvre de ce cinéaste sombre, inclassable, révolté. Autant-Lara était,
oui, un créateur. On retiendra le
commentaire de Fernandel, une fois
l’ultime bobine de L’Auberge rouge mise
en boîte : « Eh bé, on m’y reprendra, à
faire un film artistique ! » La phrase était
accompagnée d’un bras d’honneur. La
scène aurait pu apparaître dans un film
d’Autant-Lara. Une question reste en
suspens, néanmoins : qui habite aujourd’hui 45, rue Poliveau ? ■
« Claude Autant-Lara », de Jean-Pierre
Bleys. Préface de Bertrand Tavernier
(Institut Lumière-Actes Sud), 720 p., 30 €.
Rétrospective Autant-Lara
à l’Institut Lumière de Lyon.
Treize fois
Cate Blanchett
CINÉMA Dans « Manifesto », l’actrice enfile
plusieurs costumes pour réinterpréter les
mouvements d’avant-garde du XXe siècle.
evoilà Cate Blanchett. À peine
replié le chapiteau du Barnum
cannois, la présidente du jury
est de retour sur les écrans. On
frise l’overdose mais, s’agissant de l’actrice australienne, la lassitude
est encore loin. Avant de la retrouver dans
Ocean’s 8, le 13 juin, la star hollywoodienne se démultiplie dans Manifesto. Elle ne
joue pas un personnage mais treize : une
clocharde, une trader, une chorégraphe,
une chanteuse punk, une ouvrière, une
présentatrice télé, une maîtresse d’école…
Une performance à la Fregoli imaginée
par Julian Rosefeldt. L’artiste et vidéaste
allemand a eu l’idée de mettre dans la
bouche de Cate et ses avatars des extraits
de manifestes artistiques pour faire entendre leur actualité. On trouve la plupart des
mouvements d’avant-garde du XXe siècle
(futurisme, dadaïsme, surréalisme, situationnisme, Fluxus) ainsi que des textes
d’architectes, danseurs et cinéastes (Sol
LeWitt, Yvonne Rainer, Jim Jarmusch).
R
Une installation muséale
« J’ai découvert le travail de Julian Rosefeldt
à Berlin, grâce à Thomas Ostermeier, qui
me l’a fait rencontrer, nous expliquait Cate
Blanchett à Cannes. Manifesto a été tourné
en dix jours, sans répétitions. J’adore ne pas
savoir quel va être le résultat à l’arrivée.
C’est ce qui m’excite le plus dans un projet.
C’est ce j’aime à propos du jury, je ne sais
pas ce qu’il va sortir de cette aventure. Le
process est intéressant. »
Manifesto a d’abord été conçu comme
une installation muséale, présentée en
2017 à l’École des beaux-arts (Paris VIe).
Julian Rosefeldt a ensuite choisi de monter
les différentes séquences pour en faire un
film linéaire. « J’étais un peu inquiète,
avoue Cate Blanchett. Au cinéma, le public
attend une intrigue. Voir chaque séquence
de façon séparée sur treize écrans différents
dans un musée n’a rien à voir, le spectateur
peut aller et venir à sa guise. J’espère donc
qu’un jour Julian Rosefeldt tournera un
long-métrage de cinéma. Je n’arrête pas de
l’appeler toutes les deux semaines pour le
convaincre. »
Les citations ne sont pas sourcées – on
ne sait pas qui a dit : « Je suis pour un art
qui se développe sans savoir qu’il est un
art. » Il est souvent question de modernité, de la place de l’art dans la société, de
son pouvoir de subversion. Le tout pourrait être un pensum mais Cate Blanchett
incarne ces manifestes avec un humour
bienvenu.
Manifesto oblige à se demander où se situe l’avant-garde artistique. « Elle est plutôt à chercher du côté du cross-over, répond l’actrice. Lorsque les artistes visuels
se déplacent vers le cinéma, quand les musiciens vont vers la performance ou quand
les acteurs se mettent à faire de la musique.
Les “slash artists”. Rares sont les créateurs
de la nouvelle génération qui se cantonnent
à un seul domaine. Et le mélange des formes
a un grand potentiel. Mais il faut un certain
recul pour désigner ce qui relève ou non de
l’avant-garde. Seul un regard rétrospectif
peut nous permettre de le dire. »
Pourquoi pas. On aurait tendance à dire
que donner une palme d’or spéciale à
Godard comme cela a été le cas à Cannes
samedi dernier est le signe que l’avantgarde est morte. ■
« Manifesto »
Expérimental de Julian Rosefeldt
Avec Cate Blanchett, Ruby Bustamante,
Ralf Tempel
Durée : 1 h 38
■ L’avis du Figaro : ○○¡¡
A
ÉTIENNE SORIN esorin@lefigaro.fr
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mercredi 23 mai 2018 LE FIGARO
Miriam Leone
incarne Flora
dans la comédie
sur la mafia
de Pierfrancesco
Diliberto.
36 CULTURE
Amour, guerre
et Mafia
P. CIRIELLO/SAJE
DISTRIBUTION
Les autres
films
■ « MUTAFUKAZ »
Animation de Guillaume
« Run » Renard et Shojiro
Nishimi, 1 h 30.
ANKAMA ANIMATIONS
CINÉMA Dans « Bienvenue en Sicile »,
Pierfrancesco Diliberto joue la carte de la
comédie pour raconter le débarquement
américain en Italie.
a comédie commence en
Amérique en 1943, avec trois protagonistes. Deux sont célèbres : le président
des États-Unis, Franklin Roosevelt, qui
prépare le débarquement en Sicile, et,
dans sa prison, le gangster Lucky Luciano, qui a des connaissances là-bas. Le
troisième, Arturo (interprété par le réalisateur, Pierfrancesco Diliberto), est un
obscur Italo-Américain de New York,
très amoureux de Flora, nièce de son patron, le restaurateur Carmelo. Mais Carmelo a arrangé les fiançailles de la jeune
fille, Flora, avec un garçon plus utile à
ses intérêts de petit mafioso. La seule
chance pour Arturo serait d’être agréé
par le père de Flora, resté en Sicile. « En
Sicile ? Mais il y a la Seconde Guerre mondiale ! », se récrie le jeune héros, pas très
belliqueux. D’un autre côté, ça tombe
bien : l’armée lui offre le voyage. Largué, à tous les sens du mot, il va découvrir le pays de ses pères et se mettre en
quête de son futur beau-père, au milieu
des bombardements, des ruines et du
chaos général : dès son arrivée (parachuté avec un âne), Arturo voit, dans la
panique de l’alerte, deux villageois se
disputer la priorité, l’une portant une
statue de la Vierge, l’autre du Duce.
Bienvenue en Sicile, de Pierfrancesco
Diliberto, joue avec dextérité sur deux
Le Français « Run » adapte
sa bande dessinée, l’histoire
d’Angelino, livreur de pizza
minable à Dark Meat City.
Un hommage à la pop culture,
du manga au hip-hop, avec
les voix des rappeurs
Orelsan et Gringe. Étienne Sorin
■ L’avis du Figaro : ○○¡¡
tableaux aux registres différents : l’histoire sentimentale et picaresque d’Arturo, amoureux légèrement ahuri, se
détache sur un fond historique plus vaste et plus noir. Arturo y croise le capitaine Philip Catelli (Andrea Di Stefano),
inspiré d’un personnage historique, le
capitaine William E. Scotten. Vice-consul à Palerme entre 1938 et 1941, avant
d’être affecté à Tanger, Scotten est le
premier à avoir pointé l’alliance dangereuse qui était en train de se nouer entre
les services américains et la Mafia.
■ « LE CIEL ÉTOILÉ
AU-DESSUS DE MA TÊTE »
Comédie de Ilan Klipper, 1 h 17.
STRAY DOGS DISTRIBUTION
L
MARIE-NOËLLE TRANCHANT
mntranchant@lefigaro.fr
« Solution anticommuniste »
« Je cherchais un film, qui, dans le plus
grand respect des traditions de la comédie
italienne, nous ferait vivre parallèlement
une histoire isolée et l’Histoire avec un
grand H », explique Pierfrancesco Diliberto. Le réalisateur palermitain, très
populaire à la télévision sous le pseudonyme de Pif, est un spécialiste des passes
d’armes satiriques avec Cosa Nostra,
qu’il ridiculise avec un culot fort apprécié des Italiens. C’était aussi le thème de
son premier long-métrage autobiographique, La Mafia tue seulement l’été
(2013), situé dans les années 1990. Bienvenue en Sicile remonte à l’origine de ce
pouvoir tentaculaire : « Le pacte de collaboration et d’alliance étroite entre les
Alliés et la Mafia, qui allait perdurer », dit
le réalisateur, précisant : « Si l’on se base
sur les documents secrets de l’armée
américaine, il est évident que la Mafia n’a
pas été considérée comme une organisation criminelle, mais comme un interlocuteur à part entière. » Les Alliés ont pu libérer le Sud grâce à la Mafia, qui va dès
lors prendre une importance mondiale
« en se positionnant comme solution anticommuniste ». Diliberto note que le sujet
était resté inédit au cinéma. Cela renforce l’intérêt du film, qui prend un tour
politique menaçant sans perdre l’esprit
de la comédie, tantôt pittoresque, tantôt
satirique : les portraits de mafieux de
plus en plus triomphants, à la fin, résument en quelques caricatures saignantes
le passage de l’alliance à la collusion. ■
« Bienvenue en Sicile »
Comédie de Pierfrancesco Diliberto
Avec Pierfrancesco Diliberto,
Andrea Di Stefano
Durée : 1 h 39
■ L’avis du Figaro : ○○○¡
Écrivain sur le déclin, Bruno
(Laurent Poitrenaux, en forme)
cherche l’inspiration enfermé
chez lui en caleçon. Inquiets,
ses proches songent à
l’interner. Une comédie aussi
pénible que son sujet.
Nathalie Simon
■ L’avis
du Figaro : ○¡¡¡
■ « GUEULE D’ANGE »
Drame de Vanessa Filho, 1 h 48.
MARS DISTRIBUTION
Effroi sur pellicule
CINÉMA Sorti en 1960, « Le Voyeur » de Michael Powell n’a rien perdu de son pouvoir de fascination.
mpressionnant ! C’est le mot, en
somme, pour une histoire de photographe et cameraman obsessionnel.
Toute la vie de Mark Lewis, héros du
Voyeur de Michael Powell, consiste
à impressionner de la pellicule et dès le
premier plan, on est derrière le viseur de
sa caméra, guettant une blonde qui tapine devant une vitrine et qu’il suit dans sa
chambre sans lâcher son appareil. On revoit la même scène après, projetée sur
l’écran dans le studio privé que Mark a
aménagé chez lui. La fille un peu amusée
I
d’abord, puis surprise, puis inquiète.
Images en noir et blanc dans une pièce
noire aux lueurs vert fluo, rouge incandescent des lampes du photographe.
Qui est Mark Lewis, avec son apparence classique de jeune homme bien élevé
(Karleinz Böhm, qui fut le François-Joseph des Sissi) ? L’art de Michael Powell
consiste à nous le révéler par séquences
successives, chacune faisant un pas de
plus non seulement dans le récit de sa vie,
mais vers le dénouement des films qu’il
tourne obstinément. Le même film, à vrai
dire, toujours sur le même motif : l’effet
de terreur et de surprise sur le visage des
femmes.
Le cinéaste anglais célèbre pour Colonel
Blimp et Les Chaussons rouges, a fait tellement sensation avec Le Voyeur, que son
film a été censuré à sa sortie en 1960 (la
même année que Psychose de Hitchcock).
Peut-être ne raconterait-on pas de la
même manière aujourd’hui le côté clinique de l’histoire. Mais la mise en scène est
magnifiquement inventive, tant par
l’utilisation des décors, la variété des ca-
drages, que par ce chromatisme singulier, typique de Powell. Elle exprime jusqu’au vertige le conflit qui est au fond du
fond du fond du film, entre le libre arbitre
qui va avec l’amour et le conditionnement fatal. ■
M.-N. T.
« Le Voyeur »
Thriller de Michael Powell
Avec Karlheinz Böhm, Moira Shearer
Durée 1 h 41
■ L’avis du Figaro : ○○○¡
À Cannes, les enfants n’étaient
pas à la fête. Comme le bambin
de l’horrible Capharnaüm, la
fillette de Gueule d’ange (Un
certain regard) pourrait traîner
sa mère devant les tribunaux
pour lui avoir donné la vie. Mais
sa « môman » (une cagole
alcoolique) est jouée par Marion
Cotillard et elle n’ose pas. Un
premier film embarrassant. É. S.
■ L’avis du Figaro : ¡¡¡¡
Ghislaine Thesmar, le ballet au corps
LIVRE Inoubliable Sylphide, la danseuse étoile raconte une vie de passion auprès des plus grands.
ARIANE BAVELIER£@arianebavelier
est assez rare pour une
danseuse de passer à
l’écrit. Ghislaine Thesmar
s’y risque. Elle a toujours
été à part. Son père diplomate l’entraînait au bout du monde, de
La Havane à Bombay. Sa mère avait très
peu envie de s’embarrasser de cette fille
unique. À La Havane, pour un goûter déguisé, elle reçoit son premier tutu, fabriqué dans les ateliers du ballet. La vocation
surgit plus tard : un jour au Maroc, elle assiste à trois heures de ballet du Bolchoï en
kinopanorama. Un monde s’ouvre.
C’
Fille solitaire, sans ligne de partage
bien nette entre le bien et le mal, elle vit
la tête bourrée d’histoires imaginaires.
La danse semble en phase avec ce film
intérieur, idéale pour l’extérioriser. Bouger lui est plutôt facile. Ghislaine a toujours été souple et musicale. Sa plume
saute d’une image à l’autre pour conter
cet itinéraire.
À Paris, elle commence son cursus au
conservatoire à 15 ans et demi. C’est tard.
À cet âge-là, d’autres entrent déjà danseuses professionnelles dans le ballet de
l’Opéra. Parmi les membres du jury, le
danseur et chorégraphe Pierre Lacotte la
remarque et la classe première du
concours d’entrée. Quinze ans après, il
l’épousera. Entre-temps, elle aura dansé
dans le corps du ballet du Marquis de Cuevas, entamé un partenariat avec Rudolf
Noureev, créé Proust ou les intermittences
du cœur avec Roland Petit et travaillé Giselle avec Yvette Chauviré.
La force de la pensée
Son grand triomphe, c’est La Sylphide
créée par Filippo Taglioni pour sa fille
Marie que Pierre Lacotte ressuscite avec
Michael Denard et elle, dans un film pour
la télévision en 1972. Cela lui ouvre les
portes de l’Opéra de Paris. Rolf Liebermann la nomme étoile, sans même un
passage par le corps de ballet. George Balanchine la lui emprunte pour le New
York City Ballet, dès qu’elle n’est pas
distribuée à Paris.
Avec un abattage et une élégance absolue, Ghislaine Thesmar n’en fait qu’à
sa tête. Se faufile un pied sur chaque
continent. Ce qui la passionne, ce qui fait
la force de sa danse, elle le sait, ce sont
les récits qu’on met sur les gestes.
Si beau soit le pied ou le visage, c’est la
force de la pensée qui lui donne sa qualité. La méthode Stanislavski l’éclaire.
Elle travaille ses rôles à la source. Elle
plonge dans les archives de la création
de La Sylphide pour mieux comprendre
son
A
le même
mais pas le même
sens
cette femme
fatale née du
fantasme
d’un
jeune
Écossais.
Elle passe
de nombreuses années à
transmettre, attentive à ce que les danseurs ne copient pas les interprétations
des autres mais inventent la leur. On
aurait aimé qu’elle détaille davantage
cette partie. Sa devise en toutes choses :
« Il faut s’utiliser et pas se subir. » Un
succès. ■
Une vie en pointes, de Ghislaine Thesmar,
Éditions Odile Jacob, 22, 90 €.
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LE FIGARO
mercredi 23 mai 2018
STYLE
37
Des parfums qui montent à la tête
1
BEAUTÉ Les jeunes filles sont nombreuses à parfumer leurs cheveux (longs) avec
des brumes enrichies en actifs de soin. Un rituel séduisant pour toutes les générations.
arfumer ses cheveux n’a rien de
révolutionnaire, c’est même un geste
joliment désuet, hérité de nos grandsmères. « Il y a plus de vingt ans, la parfumeuse Annick Goutal, auprès de qui
j’ai démarré ma carrière, recommandait
de pulvériser un nuage de sa fragrance
dans l’air afin d’en imprimer sa chevelure et ses vêtements », se souvient
Myriam Badault, directrice de la création de produits Diptyque (2). Fortement encouragées par les marques de
beauté, toujours prêtes à créer de
« nouveaux » besoins, les jeunes filles se
réapproprient ce rituel. « Le phénomène
a commencé aux États-Unis, un pays
que l’on sait hyper-hygiéniste. Les adolescentes raffolent des brumes capillaires
qu’elles achètent dans les drugstores ou
chez Victoria’s Secret, souvent des
odeurs fruitées, gourmandes, qui sentent
le propre, la crème et le shampooing.
C’est un premier pas vers le parfum,
grâce à des prix plus accessibles que
ceux des eaux de toilette classiques et à
des formats nomades qui plaisent à cette
génération mobile », explique Pascale
Brousse, directrice de l’agence de prospective Trendsourcing. Porté par la vague des textures mist (« brume », en
anglais), ce cosmétique hybride séduit
aussi les Asiatiques pour la légèreté de
son odeur, un critère crucial dans une
culture où ne pas incommoder son entourage reste fondamental.
Une sensation de propre
La tendance des brumes capillaires parfumées arrive en France, boostée par
un phénomène typiquement millennials. Cela ne vous aura pas échappé,
dans la rue, les jeunes filles sont de plus
en plus nombreuses à porter les cheveux longs, très longs : c’est le cas de
74 % des Françaises entre 15 et 34 ans,
avec en moyenne dix centimètres de
plus qu’il y a dix ans (étude L’Oréal Paris). Une aubaine pour les lignes de
soins capillaires ; le hashtag #longhair
recueille 24 millions de publications sur
Instagram. « Toutes mes clientes, même
3
2
TED MORRISON, AVEDA,FREDERIC MALLE, DIPTYQUE, MYRIAM KBRUME , JASON LLOYD EVANS
P
LAURENCE FÉRAT
propre fragrance de cheveux, Oriental
Warm Oud (3). Dans la même veine,
Aveda a développé trois sprays parfumés aux huiles essentielles, à vaporiser
sur mèches sèches et coiffées (Pur-Fume). « Les femmes qui l’utilisent sont
celles qui n’aiment pas se laver les cheveux plus d’une fois par semaine. Entre
deux shampoings, après leur séance de
sport ou en fin de journée, la formule apporte une sensation de frais. Or, un cheveu propre, dans la tête des gens, c’est
un cheveu qui sent bon. Les fumeuses
aussi sont concernées », souligne Emmanuel Montecino, créateur du salon
éponyme qui distribue Aveda (5), 7, rue
du Louvre, Paris Ier.
Pour les vacances
4
plus âgées, aiment sortir du salon la chevelure parfumée, raconte la coiffeuse
Myriam K (au 55, rue Pierre-Charron,
Paris VIIIe). Hors les parfums classiques
contiennent beaucoup d’alcool, qui dessèche la fibre et agresse le cuir chevelu, a
fortiori l’été au soleil. Les brumes sont,
elles, formulées pour embaumer en même
5
temps que nourrir (grâce à des huiles,
des eaux florales, de la kératine), discipliner (actifs coiffants) et faire briller. »
La Parisienne vient ainsi de créer sa
La saison du sucre
La « marketplace » anglaise
OnBuy.com vient de réaliser une étude
auprès de 500 000 amoureux
de parfums afin de décrypter
les grandes tendances de l’été 2018.
Côté senteurs, les accords sucrés
(notamment vanille et lait d’amande)
ont toujours l’avantage (70 %),
devant les notes boisées et florales,
avec des flacons à l’avenant (couleur
rose gourmand à 75 %). Les marques
préférées des internautes sont
majoritairement françaises. Dans
l’ordre : Chanel, Guerlain, Lancôme,
Viktor & Rolf et Thierry Mugler pour
leurs nouveautés respectives, Coco
Mademoiselle Intense (désignée
comme la plus populaire de la saison),
Météorites Le Parfum, La Nuit Trésor
à la Folie, Flowerbomb Nectar
et Alien Flora Futura.
É. V.
La brume de chevelure est aussi un produit saisonnier, lié à l’été. « À cette période, en plus de redouter de porter un
parfum à même la peau de peur des réactions au soleil, on a souvent envie de se
parfumer autrement, reprend Myriam
Baudault. Cela fait partie des petits plaisirs des vacances. Notre brume Eau des
Sens restitue bien le côté zesté, frais, des
agrumes, à la manière d’une cologne. »
À l’approche des beaux jours, l’industrie du luxe commercialise donc ses
best-sellers dans des formules capillaires, contenant moins d’alcool mais des
ingrédients hydratants et des filtres
solaires : Tom Ford (Black Orchid, 1),
Chanel (No 5 L’Eau et Coco Noir), Frédéric Malle (Portrait of a Lady, 4 ou
Carnal Flower), conçues pour que les
notes s’épanouissent au contact de la
chaleur du cuir chevelu).
« Ce geste renoue avec une idée de raffinement et, finalement, une envie de
séduction qui parlent à toutes les générations, conclut Pascale Brousse. Il s’inscrit également dans le rituel de layering,
très tendance dans la parfumerie. » Une
superposition d’odeurs venue cette fois
du Moyen-Orient, qui permet non plus
d’alléger mais de personnaliser et
d’intensifier son sillage. ■
+ @SUR LE WEB
» Plus de beauté
www.lefigaro.fr/madame
Stephan Jaulin, des bonnes ondes pour la peau
ÉMILIE VEYRETOUT eveyretout@lefigaro.fr
a France aussi a ses beauty
gurus, des spécialistes de la
peau aux adresses confidentielles que les clientes VIP se
passent sous le manteau. À
chacun sa spécialité, et sa personnalité.
Dans une cour de la place de la Madeleine, à Paris, Joëlle Ciocco, la plus
connue, traite l’équilibre cutané par
l’hygiène et la respiration : elle a inventé un terme pour cela, l’épidermologie.
Avenue Montaigne, après un premier
contact établi par téléphone (il n’accepte pas n’importe qui), le charismatique Hervé Hérau mêle connaissances
scientifiques et don intuitif pour soigner l’éclat : Laetitia Casta, Isabelle
Adjani et Carine Roitfeld ne jurent que
par lui.
Et puis, place de Breteuil (Paris XVe),
il y a Stephan Jaulin, le plus discret,
branché neurosciences, naturopathie
et alimentation vivante. Ce Français de
47 ans, qui en paraît quinze de moins,
a longtemps dirigé les achats beauté
pour le concept store Colette. En 2006,
il ouvre l’Appartement 217 rue SaintHonoré, un spa avant-gardiste consacré à la détoxification du corps avec,
notamment, les premiers saunas japonais aux infrarouges en France (Iyashi
Dôme). Depuis trois ans, il a déménagé
rive gauche et se consacre au visage.
Dans son quatre-pièces haussmannien
baigné de lumière, la clientèle boostée
par le bouche-à-oreille est un mélange
de modeuses, de résidentes du quartier
et de femmes d’affaires du monde entier. « Elles ont en commun d’avoir tout
L
essayé mais de ne pas trouver les soins
qui leur correspondent, et cela n’a rien à
avoir avec une histoire de budget,
raconte-t-il. L’épiderme reflète l’état
intérieur, ce que j’appelle les harmoniques internes : la communication cellulaire, l’équilibre général des organes,
les circulations des énergies physiologiques et émotionnelles. On peut discerner
trois grands profils, qui s’accentuent
avec l’âge. Les émotives - mamans
poules, femmes aux failles narcissiques -, dont la silhouette s’arrondit au
fil des ans, présentent des rougeurs, des
poches sous les yeux et des rides prononcées. Celles qui subissent un stress
externe, qui se sentent agressées par la
vie et les autres : leur corps est plus sec,
leur peau déshydratée, sujette aux
ridules et aux cernes, avec un teint gris.
Les dernières, souvent d’anciennes
adolescentes à boutons, sont des femmes de pouvoir, avec des responsabilités : leur tronc devient carré avec le
temps, se masculinise, et leur peau est
sèche, épaisse, cuirassée. » Ces trois
tempéraments, mesurés à l’aide d’une
machine à ondes hertziennes, s’apparentent aux traditionnels types taoïstes et autres doshas de la médecine
ayurvédique.
Rééquilibrer les dynamiques
physiologique et émotionnelle
Développé avec un expert en neurosciences et un spécialiste de l’aromathérapie énergétique, le protocole de
Stephan Jaulin propose donc de relancer l’équilibre interne grâce à un mélange d’actifs naturels (huiles essentielles et plantes), de points de shiatsu et
d’une diffusion sonore de fréquences
L’institut Stephan Jaulin à Paris.
STEPHAN JAULIN
électromagnétiques. « C’est aujourd’hui
prouvé scientifiquement, toutes nos cellules communiquent entre elles et elles
communiquent avec l’extérieur. Le fait
de “ne pas sentir quelqu’un”, par exemple, a été objectivé. Mon approche cosmétique repose sur les fractales, l’une des
branches des neurosciences qui va explo-
ser dans les prochaines années, reprend
Stephan Jaulin. Certaines synergies
d’actifs permettent de transmettre des
signaux aux couches profondes de l’organisme, car leur structure et leur fréquence d’ondes entrent en résonance
avec le corps humain. En seulement sept
secondes, une huile essentielle se retrouve dans le sang, sans passer par la barrière du mental. »
Après deux heures et demie de manipulations sur fond de musique new age
(planante, entre bols tibétains et chants
de baleines), la peau est vibrante. L’expérience dépasse de loin un simple soin
esthétique. L’idéal est de refaire un
bilan huit semaines plus tard, afin de
comprendre pourquoi l’épiderme
change. Et d’entretenir ses bonnes ondes à la maison avec des préparations
naturelles hyperconcentrées (huiles essentielles personnalisées selon le type,
algues et omégas), suivant un protocole
simple : nettoyant, sérum, crème
(vendus à l’institut entre 55 € et 145 €).
Rien de très compliqué mais au fil des
jours le visage se métamorphose, et
avec lui le moral. « J’ai longtemps traité
le visage par le corps, je crois désormais
que par la peau on peut toucher l’organisme entier et l’émotionnel des individus, donc amener même les plus cartésiens au bien-être. »
M. Jaulin concocte aussi des
protocoles personnalisés (nutrition,
compléments alimentaires et hygiène
de vie) pour aider ses clients à maîtriser
leur stress et conserver leur vitalité. ■
350 € le soin « Dynamie »,
120 € la consultation de naturopathie.
8, place de Breteuil, Paris XVe.
Infos www.stephanjaulin.com
A
RENCONTRE Rien de mystique mais des effets extraordinaires. Dans son institut parisien de la place de Breteuil, ce naturopathe
propose des soins du visage basés sur la cosmétique fréquentielle.
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mercredi 23 mai 2018 LE FIGARO
38
HIGH-TECH
La nouvelle vague des smartphones
chinois au banc d’essai
GUIDE Venus de l’empire du Milieu, des constructeurs plus ou moins connus lancent
cette semaine leurs derniers modèles. « Le Figaro » fait les présentations.
DIDIER SANZ £@sanzdidier
519 € dans sa version de base (32 Go de
mémoire) et jusqu’à 569 € avec 256 Go
de mémoire.
1
2
ONEPLUS, la Porsche
du smartphone
LA MARQUE. Difficile de considérer
OnePlus comme un banal constructeur
de smartphones lambda. Même si la
marque est jeune (elle a été créée en
2013 par des cadres d’Oppo, numéro un
des smartphones en Chine), elle a déjà
son histoire et ses faits d’armes. Ses
premiers modèles, vendus uniquement
sur invitation, ont connu un tel succès
que la société s’est retrouvée en rupture
de stock. Et chaque nouveau lancement
s’accompagne de rumeurs et de fuites.
D’ailleurs, chez OnePlus, on ne parle
pas d’utilisateurs mais de « fans ». Ses
dirigeants rappellent sans cesse que
c’est en écoutant leurs suggestions
qu’elle fait évoluer ses produits. Lesquels produits reposent sur une recette
simple : vendre à la moitié du prix des
poids lourds du secteur un mobile Android équipé des composants les plus
performants. Résultat : les derniers
modèles de la marque, élégants et incroyablement rapides, peuvent se
comparer aux voitures de Porsche.
LE DERNIER MODÈLE. Lancé la semaine
dernière avec le slogan « The speed you
need » (la vitesse dont vous avez besoin),
le OnePlus 6 est équipé du processeur le
plus puissant de Qualcomm, le Snapdragon 845, et sa batterie se recharge en un
clin d’œil (30 min pour 8 heures d’autonomie). Particulièrement agréable à utiliser, il est aussi plutôt élégant avec son
bel écran Oled de 6,2 pouces qui affiche
2 280 × 1 080 points et son dos en verre.
Comme le dernier iPhone,
il présente une encoche
au sommet de la face
avant pour loger la caméra et le hautparleur. Et, comme sur
l’iPhone X, la caméra
sert aussi à déverrouiller l’appareil par
reconnaissance faciale,
avec une rapidité et
une efficacité impressionnantes. Ce qui
n’empêche pas ce modèle d’être aussi équipé, au dos, d’un capteur
d’empreinte
digitale
tout aussi efficace. Son
appareil photo donne
d’excellents résultats
grâce à son double objectif très lumineux,
qui, en mode portrait,
isole un visage et rend
flou l’arrière-plan, et
qui permet de filmer les
vidéos avec une stabilisation optique très
performante. Attention : comme la mémoire n’est pas extensible, il faudra bien
choisir le modèle le
mieux adapté…
XIAOMI, un géant méconnu
LA MARQUE. Inconnue en Europe
hormis d’une petite communauté
de curieux, cette société chinoise est
devenue en sept ans d’existence… le
4e fabricant de téléphones au monde,
derrière Samsung, Apple et Huawei ! À
l’origine spécialisée dans des smartphones inspirés de l’iPhone à prix
cassé, Xiaomi a progressivement évolué
pour produire des modèles originaux
bien équipés et bon marché. Elle propose également un catalogue d’accessoires assez large, qui va du bracelet
connecté au scooter électrique.
LE DERNIER MODÈLE. Son nouveau téléphone haut de gamme, le Mi Mix 2S, se
caractérise par un design original et
d’excellentes performances pour un prix
raisonnable. On note d’abord la qualité
de l’écran de 6 pouces, qui affiche 2 160 ×
1 080 pixels avec une belle précision et
qui occupe pratiquement toute la surface
avant. Pas d’encoche ici. En fait, le hautparleur est dissimulé dans la bordure supérieure et l’appareil photo frontal se situe… au bas du téléphone. Il faut donc
faire pivoter celui-ci pour prendre des
selfies… Un capteur d’empreintes digitales, au dos, permet de déverrouiller l’appareil.
Comme le OnePlus 6, ce modèle est
équipé du dernier processeur Qualcomm, ce qui se traduit par une remarquable rapidité. On regrette néanmoins, sur l’exemplaire que nous avons
testé, une francisation incomplète de
1
2
l’interface : certaines explications s’affichent en anglais et les caractères accentuées sont victimes d’un espacement inadapté. On apprécie quand
même des fonctions originales, comme
la possibilité d’afficher la vitesse de
connexion dans la barre d’état ou de
bloquer certaines applications par un
mot de passe.
Le Mi Mix 2S est équipé à l’arrière d’un
double appareil photo composé d’une
optique plutôt grand angle et d’une
autre qui vient l’épauler quand on veut
zoomer et réaliser des flous en arrièreplan. Les résultats sont honorables, du
moins dans des conditions de bonne luminosité. En pénombre, le rendu est
bien moins satisfaisant. À l’image des
derniers modèles de Huawei et de
Honor, le Mi Mix 2S est censé s’appuyer
sur des algorithmes d’intelligence artificielle pour optimiser la prise de vue en
fonction du sujet (fleurs, animaux,
nourriture, etc.). Concrètement, on a
du mal à distinguer les améliorations…
En revanche, l’enregistrement vidéo est
plutôt de bonne qualité, aidé par une
stabilisation efficace. À la différence de
ses rivaux, le Mi Mix 2S dispose d’un
emplacement pour augmenter la mémoire, mais pas de prise audio minijack.
499,90 euros avec 64 Go de mémoire
et 599,90 euros avec 128 Go.
3
HONOR, le design bon marché
LA MARQUE. Créée par Huawei en
2014, la marque Honor devait permettre au groupe, handicapé par son
nom trop « chinois », de s’attaquer aux
marchés européen et américain. Vendus
uniquement en ligne, les smartphones
3
Honor s’adressent plutôt aux jeunes générations. Ils se caractérisent par un design assez élégant, des composants performants et des prix alléchants. Qui plus
est, ils profitent avec un léger décalage
des innovations étrennées par Huawei
sur ses propres produits.
LE DERNIER MODÈLE. Le nouveau venu, le
Honor 10, ne déroge pas à la règle. Inspiré de celui du Huawei P20 Pro, son double appareil photo offre un procédé de
reconnaissance d’objets animé par une
intelligence artificielle qui applique les
meilleurs réglages en fonction du sujet. Il
peut même en identifier plusieurs dans
une même image. En pratique, le système fonctionne plutôt bien et traite différemment le paysage, les fleurs et le chien
qui apparaissent dans le cadre. Mais, selon les conditions d’éclairage, la photo
peut s’accompagner de grain ou d’un lissage artificiel déplaisant.
Son appareil photo avant, d’une définition record de 24 mégapixels, est optimisé pour les selfies : mode portrait avec
flou en arrière-plan, photos de groupe au
grand angle, mise au point ultraprécise, etc. Qui plus est, il sert aussi à la reconnaissance de visage et permet de déverrouiller
rapidement
l’appareil.
Original, un capteur d’empreintes digitales se dissimule au bas de l’écran, sous
la surface en verre. L’idée est intéressante, mais le résultat plus discutable. Il faut
appuyer franchement sur sa zone pour
réussir à l’activer. L’écran de 5,8 pouces
d’une définition de 2 280 × 1 080 points
offre une excellente visibilité en extérieur. Comme de plus en plus de smartphones, il présente une encoche sur la
face avant, mais une option permet de la
faire disparaître en affichant une bande
noire qui couvrira alors les
parties
de
chaque côté.
Exploitant le
même processeur Kirin
que les derniers smartphones
de
Huawei,
le
Honor 10 est
particulièrement agréable à
utiliser.
En
bonus, il attire
l’œil, notamment grâce à sa
façade arrière,
revêtue
de
15 couches de
verre, qui produit
un effet d’irisation
particulièrement
esthétique.
Lui
aussi est dépourvu
d’emplacement
mémoire. Reste un
prix qui défie toute
concurrence.
399 euros en version
64 Go et
449 euros avec
128 Go. ■
Le robot téléphonique de Google mis en doute
INNOVATION Des analystes s’interrogent sur la crédibilité de l’assistant vocal Duplex, censé réserver
à notre place une table au restaurant ou prendre un rendez-vous chez le coiffeur.
«
llo, euh, je voudrais réserver
une table pour quatre personnes… vendredi prochain
à 20 heures. » L’appel téléphonique que reçoit le restaurant semble d’une banalité affligeante. Sauf qu’il a été passé par un robot
avec une voix de synthèse qui présente
toutes les caractéristiques d’un appel
humain : les intonations, les hésitations,
les petits « mmhh » pour acquiescer…
Dévoilée lors de la conférence Google
I/O, la technologie Duplex marquerait
une véritable rupture dans la reconnaissance vocale et dans le principe même de
l’assistant personnel. Plus besoin de décrocher le téléphone pour prendre un
rendez-vous. Le compagnon numérique
s’en charge. Et avec brio, si l’on en croit
A
A
la démonstration présentée par le PDG
de Google, Sundar Pichai (1).
Des détails qui clochent
Invité à réserver une table au restaurant,
l’assistant Google passe automatiquement l’appel téléphonique. Et la conversation est d’un naturel confondant. Le
robot énonce sa demande avec une voix
masculine, répond sans problème aux
questions de l’employée, ne se laisse pas
démonter quand celle-ci se trompe sur le
nombre de personnes et rectifie poliment, ne soupire pas quand il doit répéter
la date et l’heure et se permet même de se
renseigner sur le temps d’attente… Démonstration encore plus bluffante avec
un appel à un salon de coiffure. Le robot
annonce d’abord d’une voix de femme
qu’il appelle pour réserver « une coupe de
cheveux pour une cliente » à une date
précise. Mais l’horaire demandé, midi,
n’est pas libre. L’employée propose alors
un rendez-vous le même jour à 13 h 15,
et le robot réagit avec un parfait naturel
en demandant s’il reste de la place entre
10 h et midi. Une chance : l’horaire
convient.
Sauf qu’il y a des détails qui clochent,
comme l’ont relevé des journalistes du
site américain d’information Axios.
D’abord, ni le restaurant ni le salon de
coiffure ne se présentent avec une formule du genre « Restaurant la Toque
d’Or, bonjour ! », contrairement à l’usage. Pour vérifier, les enquêteurs ont appelé une douzaine d’établissements qui
ont tous fourni leur nom en décrochant.
Ensuite, aucun bruit de fond ne vient
perturber la conversation, une situation
étonnante quand on imagine l’activité du
salon de coiffure ou du restaurant. Enfin,
les réservations sont enregistrées par les
commerçants sans qu’ils demandent un
nom de famille ou un numéro de téléphone… Pire : en raison de son mode de
fonctionnement, le système de Google
doit enregistrer et transmettre les paroles à un serveur qui les convertira et les
analysera. Or la législation impose d’informer son correspondant que la
conversation sera enregistrée, ce qui
n’apparaît pas dans la démonstration.
Bref, Google nous aurait-il mystifiés
avec une mise en scène? ■
D. S.
(1) À regarder sur youtube.com/watch?
v=D5VN56jQMWM
Question
du jour
Quelles données
conserve Apple
à mon sujet ?
Si vous possédez un Mac, un
iPad ou un iPhone, et si vous
disposez d’un compte iTunes
ou iCloud pour acheter des
applications ou de la musique
en ligne, vous avez forcément
fourni diverses informations
personnelles à Apple. Même
si la marque jure de ne pas
monnayer ces données, il reste
intéressant de savoir en quoi
elles consistent.
■ Apple explique sa politique
de traitement des données sur
apple.com/fr/privacy/ et sur
les pages qui figurent dans les
liens à cette adresse. Pour
en savoir plus, il faut se rendre
sur apple.com/legal/privacy/
fr-ww/. Le texte, plus détaillé,
comporte une section intitulée
« Accès aux données
à caractère personnel »
dans laquelle il est question
d’un formulaire « Questions
sur la confidentialité ».
En cliquant sur ce lien, on peut
alors accéder à une page dans
laquelle l’utilisateur doit dérouler
le menu qui s’affiche
et choisir « J’ai une question
concernant les problèmes de
confidentialité » pour demander
une copie de toutes les données
qu’Apple détient sur lui.
■ C’est ce qu’a fait un
journaliste de ZDNet. Titulaire
d’un compte Apple depuis 2010,
il a reçu une semaine plus tard
une archive contenant
une vingtaine de feuilles Excel
répertoriant les informations
récoltées et ses activités
associées à ce compte.
il y a trouvé naturellement
des renseignements liés à son
identité (nom, adresse, numéro
de téléphone, identifiants
du compte Apple), ainsi qu’un
inventaire des appareils
qu’il a utilisés pour se connecter
à iTunes ou à iCloud (incluant
leur numéro de série) et un
tableau des produits qu’il a
achetés sur l’Apple Store.
En prime, il a découvert
un historique des transferts de
ses photos et de ses contacts
sur iCloud (sans les fichiers
eux-mêmes) et des
téléchargements effectués
avec Safari. À quoi s’ajoutent
la liste des SMS échangés
par iMessage (mais pas leurs
contenus) et des appels
Facetime, un journal des appels
à l’assistance téléphonique
d’Apple et des accès aux pages
Web d’Apple pour changer ou
réinitialiser le mot de passe du
compte, la liste complète des
applications et des morceaux
de musique achetés sur iTunes
ou sur l’App Store, ainsi que
les titres remplacés par des
versions de meilleure qualité
avec le service iTunes Match.
■ Pour le journaliste, les
données personnelles qu’Apple
conserve sont « une goutte
d’eau dans l’océan par rapport
à ce que collectent les réseaux
sociaux ou les géants
de la recherche ». Pour lui,
cette situation s’explique
« parce que Apple est avant
tout un fabricant de matériel,
et ne dépend pas de la publicité
comme Facebook et Google ».
D. S.
+ @ SUR LE WEB
» Notre test du casque de réalité virtuelle
Oculus Go
» Quelles applications mobile utiliser
les jours de grève ?
www.lefigaro.fr/high-tech
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mercredi 23 mai 2018
AUTOMOBILE
39
La nouvelle Mercedes Classe A, présentée le jeudi
17 mai chez Mercedes-Benz Groupe Sofibrie
Mercedes-Benz Groupe Sofibrie a présenté
jeudi dernier à ses clients la nouvelle Mercedes Classe A, c’était un moment attendu et
récompensé par un succès. Nous avons demandé à Cathy HAVARD, Directrice Générale
des trois Mercedes de Fontenay-sous-Bois,
Bonneuil-Sur-Marne et Bondy de nous en
dire quelques mots...
tème de conduite semi-autonome et une technologie embarquée digne d’une Mercedes Classe S. Elle
existe en 4 versions : Style Line, Business Line, Progressive Line et AMG Line. De quoi séduire nos
clients et futurs clients qui attendent d'une
Mercedes-Benz un niveau de prestations haut de
gamme irréprochable ! Elle offre un surcroit de raffinement dans le segment des Compactes. Mainte-
LE FIGARO : Quels sont les atouts de cette nou-
velle Mercedes Classe A ?
CATHY HAVARD : Nous avons présenté à nos
clients la nouvelle Mercedes Classe A, hier
soir, lors d'une soirée privée à Etoile des
Nations à Fontenay-sous-Bois. Succès attendu et confirmé pour ce nouveau modèle
phare de Mercedes. Cette soirée était agrémentée entre autres, d’un show laser
particulièrement original, d’une œuvre
d’art moderne représentant la Nouvelle
Classe A réalisée par un graffeur en live La nouvelle Mercedes Classe A présentée jeudi 17 mai par Cathy
HAVARD et ses équipes commerciales.
très appréciés de nos clients.
La nouvelle Classe A s’inspire du design du nouveau
nant, il ne vous reste plus qu'à venir l'essayer dans
CLS et des technologies de confort et de sécurité
l'un de nos trois sites Mercedes-Benz de Fontenaydes véhicules hauts de gamme de la marque. A la
sous-Bois, Bonneuil-sur-Marne ou Bondy et si
pointe de la technologie, elle offre plus d’habilité et
vous souhaitez réaliser votre demande d’essai par
de confort au quotidien. L’assistant personnel
mail n’hésitez pas ! Contactez-nous à l’adresse sui« HEY MERCEDES » commandes vocales douées
vante :
d’intelligence artificielle fera date. Il se présente en
essainouvelleclassea@sofibrie.fr
nouvelle référence automobile, avec un seul objecNos équipes sont à votre disposition pour vous faire
tif : vous simplifier la vie ! Pour la première fois
découvrir la Nouvelle Classe A.
chez Mercedes-Benz, la nouvelle classe A dispose
d’un écran tactile situé au milieu du tableau de
Mercedes-Benz Groupe SOFIBRIE :
bord, le conducteur dispose d’un écran digital lui
Etoile des Nations - Fontenay-sous-Bois - 01 48 77 09 09
permettant d’avoir toutes les informations sur son
Etoile Rive Est - Bondy - 01 48 47 29 11
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mercredi 23 mai 2018 LE FIGARO
40
TÉLÉVISION
BIEN VU
Anthony Palou
apalou@lefigaro.fr
Œufs
brouillés
Michel Bussi,
du livre
à l’écran
« Les Grandes Gueules »
RMC | 10h00 | Mardi
S
Dans « Maman a tort », adapté
du polar éponyme du romancier, un
bambin de 3 ans affirme que sa mère
n’est pas la sienne. Cette minisérie
sonde les mystères de la mémoire
enfantine. Prenant et perturbant.
ophie Marceau, guerrière,
vole au secours des poules.
L’actrice vient de publier,
dimanche, une petite vidéo sur
le site de l’association L214. Elle
dit, commentant des images de
ces volatiles maltraités, déplumés,
tout bancals, tout choses, oui
elle demande l’interdiction
de l’élevage en batterie, on
la soutient : « Dans ces cages
surpeuplées, les poules sont privées
de comportements essentiels
comme explorer leur
environnement, gratter le sol,
étendre leurs ailes tout simplement.
Dans cet élevage, de nombreuses
poules meurent mais tous les corps
ne sont pas ramassés ; certains
sont laissés dans les cages et où
ils finissent par se décomposer.
D’autres sont même dans un état
de fossiles gisant parmi
les survivantes. » C’est le festival
des cannées. Sophie Marceau est,
nous n’en avions jamais douté,
notre nouvelle Brigitte Bardot.
La cause est généreuse mais bien
plus compliquée qu’elle n’y paraît.
Ce n’est pas parce que la France
éradiquera ce genre de pratique
infecte que l’on interdira à nos
industriels pâtissiers d’importer
des œufs de Pologne ou
des pays de l’Est où le traitement
des poules ne doit pas être
très folichon.
Le rendement, le rendement !
What else ? Ah, oui, le vin rosé.
Nous serions en pénurie,
nous dit Gilles Bouleau sur TF1.
La France en serait le premier
producteur. Le rosé est un vin
qui ne mérite pas beaucoup
de considération.
Le rosé, « boisson emblématique
de l’été », qui sent bon la tong,
les mocassins Tod’s
et le bermuda, on le boit, ainsi
que le champagne, « façon
piscine », gorgé de glaçons.
« Nos journalistes, nous dit notre
Bouleau, voulaient en avoir le cœur
net. » Nous voilà dans le Var,
écouté ce sympathique viticulteur
et nous avons, disons-le
franchement, un peu décroché.
Nous sommes allés plutôt faire
la boum et nous faire cuire
un œuf à la coque bien bio
en pensant à la belle Sophie.
Tom d’Ornano
incarne Malone
dans Maman à tort.
A. GUIZARD/ MFP/ FTV
CONSTANCE JAMET £@constancejamet
e Figaro vous le révélait en début d’année, l’auteur de polars
Michel Bussi est le troisième
romancier le plus lu de
l’Hexagone. Cette popularité
ne pouvait être ignorée bien longtemps
par la télévision et le cinéma. France 2
est la première à se lancer dans la brèche et dévoile ce soir son adaptation de
l’ouvrage Maman a tort. La minisérie
commence par ces mots énigmatiques
qui captent l’attention, ceux de Malone.
Le garçonnet de 3 ans révèle au psychologue Vasile « ignorer laquelle de ses
deux mamans est la bonne ».
La déclaration est si perturbante que
le spécialiste débarque au commissariat pour demander à la commandante
Marianne une enquête. La policière de
la SRPJ accepte sans grande conviction : elle a un braqueur de banque à
coffrer. Mais cette investigation se ré-
L
vélera bien moins anodine qu’il n’y
paraît.
Le concept troublant de Maman a tort
repose sur la mémoire défaillante infantile. Dans les premières années de sa vie,
un bambin oublie ses activités quotidiennes, à moins qu’on ne les lui rappelle. « J’ai observé cela chez ma fille, expliquait Michel Bussi. Cette amnésie, cette
mémoire éphémère, cette boîte noire des
traumas m’intriguait. Dans l’enfance, on
dépend des autres pour ses
souvenirs. »
Course-poursuite
Malone ne parle pas le
○○○¡
langage des adultes. Il invoque pour expliquer le monde extérieur une imagerie fantastique : où est la
réalité, où est l’imagination ? Comment
un enfant tisse-t-il son lien à la vérité ?
Une frontière trouble que le réalisateur
François Veille (Bones, Une chance de
trop), qui a revu pour l’occasion Sixième
sens, de M. Night Shyamalan, amplifie
en posant sa caméra dans les recoins du
Havre. Il tire aussi parti du port, de ses
conteneurs bigarrés, dans une coursepoursuite osée.
« L’influence du lieu sur l’enquête ne
saurait être sous-estimée, Michel Bussi
est géographe de métier », dit au Figaro
Anne Charrier. L’interprète de Marianne, récompensée au festival Séries Mania, jubile avec son personnage de flic
un peu tyrannique, sans savoir-vivre, à
la douleur sourde qui
n’est « ni dans la séduction, ni dans la féminité ». « J’avais très
envie de retrouver la
base du jeu, de revenir
aux gendarmes et aux voleurs », raconte
la comédienne de Maison close qui rudoie son adjoint et mentor, le diplomate
Papy (Pascal Elbé).
Marianne n’est qu’une face du triptyque féminin, fil d’Ariane du feuilleton
qui pose une réflexion sur la famille. Marianne, sa copine Angie (l’épatante
20.55
chanteuse Camille Lou, déjà vue dans Les
Bracelets rouges), la mère « officielle » de
Malone, Amanda (Sophie Quinton),
aimante malgré les difficultés financières
et un mari louche, illustrent différentes
possibilités d’amour maternel qui ne se
résument pas aux liens du sang.
Si le scénario de Véronique Lecharpy
(Speakerine) garde intact le suspense de
Michel Bussi, c’est aussi grâce à l’étonnant Tom d’Ornano, qui prête ses traits
angéliques à Malone. Le garçon a bluffé
ses partenaires. « Il était infatigable,
toujours prêt à refaire ses prises. Il savait
ce qu’il voulait, il a demandé à sa mère de
lui bâtir un site web pour montrer sa filmographie ! », se souvient Anne Charrier. L’alchimie entre intrigue, acteurs
et mise en scène est si efficace qu’il y a
de quoi regretter que Maman a tort ne
dure que six épisodes. À défaut d’une
saison 2, les spectateurs pourront découvrir dans plusieurs mois sur M6
l’adaptation d’un autre roman à succès
du maître Bussi, Un avion sans elle. ■
De Gaulle-Pompidou : la double méprise
Catherine Nay et Antoine Coursat racontent l’histoire d’une émancipation.
GUILLAUME TABARD gtabard@lefigaro.fr
e la confiance à la défiance.
De la révérence à l’indépendance. Ainsi se résume
l’histoire des relations entre le général de Gaulle et
Georges Pompidou. Que ce long et passionnant documentaire de Catherine
Nay et Antoine Coursat soit diffusé ce
mercredi soir sur France 3 est un choix
judicieux. Les événements de mai 1968
furent en effet l’aboutissement d’une
lente dégradation entre les deux hommes ou d’une progressive émancipation
de ce collaborateur devenu premier
ministre avant, en ce mois troublé,
D
Ce documentaire met en lumière
les relations complexes qu’entretinrent
les deux premiers présidents
de la Ve République. PAMPA PRODUCTION
d’exercer de fait un pouvoir qui tombait
des mains du vieux président. « Un
coup d’État intérieur », va jusqu’à dire
l’amiral Flohic, l’un des intervenants
principaux de ce documentaire où alternent images d’archives et témoignages de proches des deux hommes. Avec
Flohic en avocat de De Gaulle et
Édouard Balladur en défenseur d’un
Pompidou à « la volonté affirmée de ne
pas faire ce qu’il ne voulait faire ».
L’ascension d’un homme
Il n’est pas étonnant
que Catherine Nay se
soit intéressée à ce couple détonant des deux
premiers présidents de
MOTS CROISÉS
Par Vincent Labbé
1
PROBLÈME N° 4733
HORIZONTALEMENT
1. Fête juive de la Pentecôte. - 2.
Son existence ne saurait précéder
l’essence. - 3. Langue noire.
Prendre dans les cordes. - 4.
Souris en lisant Zola. Incite à
reprendre encore un morceau. - 5.
Spasme musculaire. - 6. Devant
Degas et Hoover. Lieu de trafic.
- 7. Région attachée au cours
de l’or. - 8. Celés. Doit bouffer
pour rester en forme. - 9. Opèrent
en secret. S’écoule à Varna. - 10.
Travailles avec peine. - 11. Jules
romain. Joue un rôle dans la reprise
des affaires. - 12. Dans la galerie
avec Grimbert et Chantecler.
VERTICALEMENT
1. Acteur aux deux oscars consécutifs, il fut complice à l’écran
comme à la ville de Katharine
Hepburn (prénom et nom). - 2.
Il s’envoya en l’air jusqu’à la folie,
conquit Hollywood et séduisit
Katharine Hepburn (prénom et
nom). - 3. Mis dans de bonnes
dispositions. Dieu mortel. - 4. Géant
pétrolier. Vie sauve garantie au
vaincu. Biblique ou microscopique,
selon le sens. - 5. Standard pour
le 2 horizontal. Le « Monsieur
Rugby » des Anglais. Des sables
mouvants. - 6. Courant dans la
langue. Point brillants. - 7. A perdu
sa place. Passage obligé. N’est
en tête qu’une fois sur sept. - 8.
Pêcheur de morues et chasseur
de phoques.
SOLUTION DU PROBLÈME N° 4732
HORIZONTALEMENT 1. Scratche. - 2. Aréquier. - 3. Ban. Évin.
- 4. Octo. Ine. - 5. Thalès. - 6. Doberman. - 7. Étirées. - 8. Vélo. STO.
- 9. eminA. Rr. - 10. Nés. Miam. - 11. Unetelle. - 12. Strasses.
A
○○○○
VERTICALEMENT 1. Sabot-de-Vénus. - 2. Crachotement. - 3.
Rentabiliser. - 4. Aq. Oléron. Ta. - 5. Tue. Ère. Âmes. - 6. Civismes. Ils.
- 7. Hein. Astrale. - 8. Ernéen. Ormes.
1
2
3
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5
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11
12
2
3
4
5
6
7
8
la Ve. Depuis son livre La Double Méprise, racontant la guerre Giscard-Chirac,
cette grande dame du journalisme politique n’a pas son pareil pour croquer ces
tandems nés dans la complicité et basculant dans la rivalité. En mariant la
justesse de l’analyse politique et la finesse de l’analyse psychologique. Dans
ce documentaire en fait centré sur la
personnalité de Pompidou, elle nous
décrit l’ascension d’un homme « qui ne
se prenait pas pour une mandarine »,
comme elle le dit drôlement. Pompidou,
« un homme sans ambition qui sut se rendre indispensable » avant de
se voir à la place de celui
qu’il avait servi. ■
20.55
BRIDGE
+ @SUR LE WEB
» « Koh-Lanta » annulé :
un candidat alsacien raconte son périple
aux Fidji
» « Au tableau ! » avec François Hollande
le 13 juin sur C8.
www.lefigaro.fr
Par Philippe Cronier www.lebridgeur.com
TEST D’ENCHÈRES N° 2833
Votre main en Sud
1 - AD4
2-43
3 - R 10 8 2
4-R8
5-R7
V6
93
AV3
D
86
D87
RV6
D
ARV7
AD8
RV765
A R D 10 8 7
AV986
A V 10 9 7 3
ARD973
Le début de la séquence :
Sud Ouest Nord
Est
1
passe 1SA
2
?
Quelle est votre enchère en Sud avec
chacune des cinq mains ci-contre ?
SOLUTION DU PROBLÈME N° 2832 : Pas trop tôt !
Contrat : Sud joue 6 Trèfles.
Entame : Roi de pour l’As du mort.
Pour gagner, il va vous falloir trouver le Roi de en Ouest et ne concéder aucun atout.
Pour ce qui est des , pas de problème avec le partage 2-1. Si Ouest a les trois manquants,
dites adieu à votre chelem. Enfin, si Est a les trois atouts manquants, vous le découvrirez en
tirant l’As.
Mais avant de tirer l’As d’atout, vous devez absolument jouer d’abord As de et . Est prend
et insiste à , coupé. Maintenant seulement vous jouez D86
pour l’As (Ouest défaussant). Vous encaissez la Dame de 643
(défausse du perdant) et poursuivez d’un petit pour
A842
A32
le Valet. Égal !
R9542
V985
RD93
-
N
O
E
S
V 10 7
D 10 2
V 10 6 5
D 10 8
A3
AR7
7
RV97654
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 23 mai 2018
LE FIGARO
TÉLÉVISION
MÉTÉO
41
PAR
ÉPHÉMÉRIDE St-Didier
Soleil : Lever 05h58 - Coucher 21h36 - Lune croissante
19.20 Demain nous appartient. Feuilleton 20.00 Le 20h 20.35 Le 20h le
mag 20.50 C’est Canteloup
19.20 N’oubliez pas les paroles ! Jeu
20.00 20 heures 20.40 Vu 20.45 Alcaline 20.50 Parents mode d’emploi
19.00 19/20 20.00 Tout le sport.
Magazine 20.30 Plus belle la vie.
Feuilleton.
19.05 Grey’s Anatomy. Série 20.55
LolyWood. Divertissement.
21.00 Joséphine, ange gardien
21.00
20.55
20.55
Série. Comédie dramatique
Série. Drame
Documentaire. Société
MATIN
12
Série. Comédie. Fra. 1999. Saison 3.
Avec Mimie Mathy. Une santé d’enfer. Camille Monnin, 35 ans, médecin
du travail, se bat pour faire interdire
le DH4, un solvant très nocif.
30
9
11
13
13
12
11
12
11
11
10
22.50 Joséphine, ange gardien. Série
0.40 Confessions intimes. Mag.
12
12
10
11
14
11
12
12
10
Grey’s Anatomy
Maman a tort
EU. Saison 14. Avec Sarah Drew,
Ellen Pompeo, Justin Chambers,
Chandra Wilson. 2 épisodes. Inédits.
April, qui traverse une période délicate et dont la foi en Dieu est ébranlée, rencontre un rabbin.
Fra. Saison 1. Avec Anne Charrier,
Pascal Elbé, Sophie Quinton, Camille
Lou. 2 épisodes. Inédits. Marianne
Aubrais, policière, tente de comprendre pourquoi un enfant parle
d’un échange de mamans.
22.50 Chicago Med Série. Equipe
22.40 Questions directes Mag.
de nuit. Inédit - Effet miroir. Inédit
0.30 Night Shift. Série.
Crimes sexuels : peut-on éviter la récidive ? Inédit 0.15 Secrets d’Histoire
De Gaulle et Pompidou,
jusqu’à la rupture
13
14
13
19.00 C à vous 20.00 C à vous, la
suite 20.20 Entrée libre. Magazine.
15
12
13
15
20.50 Fin de vie, le dernier exil
2018. Réal. : Catherine Nay et Antoine Coursat. 1h45. Inédit. L’itinéraire de Georges Pompidou, qui
remuera ciel et terre pour lier son
destin à celui du Général.
Doc. Fra. 2018. Réal. : A. Rouaux et
M. Garreau de Labarre. 1h10. Inédit. Dans le quotidien de Français
atteints de maladies incurables et
qui ont pris la décision de mourir.
22.40 Soixante-huitards de
droite Documentaire. Inédit 23.40
22.00 Débat 22.45 C dans l’air. Magazine 23.50 C à vous. Mag.
Soir/3 0.10 Sénat en action. Mag.
15
15
15
12
16
15
15
20
16
APRÈS-MIDI
25
20
24
23
19.00 La vie secrète des lacs. Série doc. 19.45 Arte journal 20.05
28 minutes. Magazine.
18.40 Chasseurs d’appart’. Jeu 19.45
Le 19.45 20.25 Scènes de ménages.
Série. Avec Frédéric Bouraly.
21.00
20.55
21.00
Documentaire. Société
Film. Drame
Magazine. Culinaire
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24
21
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26
25
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24
20.55 Elite squad
24
24
Film TV. Action. GB. 2017. Réal. : M.
Hope. 1h30. Avec William Fichtner.
Un chasseur de primes est obligé de
se rendre à Londres à la recherche
d’un agent de la CIA désavoué.
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24
22
25
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24
22.50 Apocalypse Revolution.
Film TV. Action.
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19
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24
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20
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26
19.00 Wheeler Dealers - Occasions
à saisir. Série documentaire.
Get up ! Stand up !
Le fils de Saul
Cauchemar en cuisine
Réal. : Florent Bodin et Matthieu Vollaire. 1h30. Inédit. Jamel Debbouze,
Gad Elmaleh, Malik Bentalha, Blanche
Gardin, Kyan Khojandi, Roman Frayssinet ou encore Fary invitent à pénétrer dans les coulisses du stand up.
Hongrie. 2014. Réal. : László Nemes.
1h55. Inédit. Avec Géza Röhrig, Levente Molnár, Urs Rechn. Membre
d’un Sonderkommando à Auschwitz, Saul croit reconnaître son
fils parmi les cadavres de déportés.
Prés. : P. Etchebest. 1h55. Marseille.
Inédit. Sitôt arrivé dans l’établissement d’Aline et de Sandrine, le chef
se demande où il a mis les pieds... car
l’endroit ressemble davantage à un
institut de beauté qu’à un restaurant !
22.30 Baywatch - Alerte à Malibu
C o m é d i e 0.25 Versailles.
22.40 Destruction 23.35 Sophie
Scholl - Les derniers jours. Film 1.30
Ipu - Condamné à vie. Film.
22.55 Cauchemar en cuisine,
que sont-ils devenus ? Mag. 0.25
Série 2.20 Surprises
18
T (en °c)
20.50 High Side
Mag. Prés. : Bader Benlekehal. 1h45.
Assurance tout risque ? Une moto
sportive très sécurisée, la Kawasaki ZX10R, permet-elle d’éviter la
chute ? - Laponie, le défi ultime.
22.35 High Side 23.30 Périphérique,
les secrets d’une mégastructure
Cauchemar en cuisine
<-10 à 0
19.05 Once Upon a Time. Série.
2 épisodes. Avec Rebecca Mader.
19.20 Quotidien, première partie.
Talk-show 19.40 Quotidien
20.55 Mathieu Madénian et Thomas
VDB au bord de la crise de nerfs
19.05 TPMP : première partie 20.10
Touche pas à mon poste !
21.00 Burger Quiz
21.00 Enquêtes criminelles :
le magazine des faits divers
21.00 Les Chevaliers du Fiel :
«L’assassin est toujours…
Mag. Prés. : Nathalie Renoux. 2h00.
Inédit. Au sommaire, notamment :
«Affaire Jonathann Daval : le mari
aux deux visages».
… dans la salle»
Spectacle. 2h00. En direct. Les Chevaliers du Fiel se glissent à nouveau
dans la peau de deux inspecteurs.
23.00 Enquêtes criminelles : le magazine des faits divers
23.00 Langue de bois s’abstenir.
Magazine.
Jeu. Prés. : Alain Chabat. 1h45.
Inédit. Seize ans après son arrêt,
«Burger Quiz» a fait son grand retour, et Alain Chabat est à nouveau
aux manettes.
22.45 Burger Quiz. Jeu 23.50 90’
enquêtes. Magazine.
SU DO KU
GRILLE 2516 MOYEN
SOLUTION DU N° 2515
6
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5
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6
21.00 Storage Wars :
enchères surprises
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2
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2
1
7
NAISSANCE
COURSE
AU FINISH
EXPRIMERAIT
ACTEUR
FRANÇAIS
SIÈGE
INCONFORTABLE
MARQUE
ATHÈNES
BERLIN
BUDAPEST
LISBONNE
PRAGUE
TUNIS
15/23
18/28
17/26
15/21
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18/24
22.20 Storage Wars : enchères
surprises. Téléréalité.
16/28
20/28
15/24
17/26
16/24
14/21
18/27
SAMEDI
16/24
13/21
15/23
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18/27
14/23
18/26
14/25
9/16
18/28
17/26
VENDREDI
15/23
Téléréalité. 1h20. Le réveil de l’ours.
Les acheteurs se rendent à Laguna Niguel - Twist à Laguna - Le
nouveau nabab.
10 à 20 20 à 30 30 à >40
AMSTERDAM
BELGRADE
BRUXELLES
DUBLIN
MADRID
ROME
JEUDI
18/29
18/28
17/27
19/26
20/27
lachainemeteo.com
Tous les programmes
dans TV Magazine
et sur l’appli TV Mag
par téléphone :
LIVE 24/24 SUR
et sur
2,99 €/appel
MOTS FLÉCHÉS N°1978
Chaque jour un peu plus difficile
8
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10/22
17/22
ALGER
BARCELONE
BERNE
COPENHAGUE
LONDRES
RABAT
0 à 10
FORCE 2
PRENDRAIS TON
TEMPS
DIFFICILE
À AVALER
ATTÉNUÉ
MAXIMES
PREMIER
MOT ÉMIS
PRÉFIXE
PRIVATIF
CAP À
TENIR
CHEVAL
AU HARAS
TOMBEAUX
DES
PHARAONS
PALABRER
CHAPEAU
D’AMÉRIQUE
PARFUM
DE
CUISINE
C’EST PIRE
ARME MÉDIÉVALE
COUPE
DE PLAN
CARTE
DE JEU
A RÉAGI
AU GAG
SYMBOLE
DU
GALLIUM
LIEU DE
DÉCISIONS
PEU COURANTS
RADIUM
GIRON
NÉCESSAIRE
D’ÉCOLIER
BERGE
DEVANT
CE QUI
EST À TOI
RUSÉE
QUI NE
S’APPREND
PAS
PILIER
DE COIN
IL ATTIRE
L’ATTENTION
REMÈDE
DE BONNE
FEMME
PETITE
SOMME
D’AUTREFOIS
C’EST LOIN
D’ÊTRE
TOUT
BLASON
EXPORTATEUR DE
CAVIAR
UN LIEN
GARDÉS
EN
MÉMOIRE
DE LILLE
À MARSEILLE
SOLUTION DU NUMÉRO PRÉCÉDENT
ON
L’UTILISE
A
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POUR
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MONTRER E N V E R G U R E S
INSTITUT
DE
CONSOMMATEURS
IL ACCOMPAGNE LES
TROUPEAUX
PAS POUR
TOUTES
LES
OREILLES
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I N
R N
M E
A
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S
U
E
E
S
A
18.40 L’info du vrai (C). Magazine
20.40 Canalbis (C) 20.55 Catherine
et Liliane (C). Divertissement.
25
23
18
18.55 Les Anges 10 - Let’s Celebrate ! 19.55 The Big Bang Theory
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 23 mai 2018 LE FIGARO
42
Marisa Berenson,
ombres et lumières
LUDOVIC BARON
SUCCÈS Elle joue et chante, dans « Berlin Kabarett »
de Stéphan Druet, une femme de la nuit,
belle et cruelle. Ses débuts sur scène à Paris.
que vient le temps des vacances, des voyages, la
jeune Berenson est plongée dans un bain scintillant
de jet-set et d’aristocratie. Son père, Robert
Lawrence, est d’origine lituanienne. Il est américain, a été longtemps président de la compagnie de
l’armateur grec Aristote Onassis avant de devenir
diplomate. Sa mère, comtesse, est la fille de la grande couturière italienne Elsa Schiaparelli, créatrice
de mode inspirée installée à Paris,
excentrique et autoritaire. Elle s’est
éteinte en 1973. « Un moment, elle
m’avait laissé un petit appartement
dans le grenier de son hôtel particulier.
Mais j’avais mon entrée et elle ne se
1965
préoccupait pas de moi. » Autre granMort de son père et
de figure de la famille, son grand-pèdépart pour Paris.
re, épris de théosophie, Giovanni
1971
Schiaparelli et du côté du père, BerJoue dans Mort à Venise
nard Berenson, l’un des très grands
de Luchino Visconti.
spécialistes de l’art et sa sœur Senda,
1973
athlète étonnante. Elle a de la branJoue dans Cabaret de
che Marisa ! Et c’est comme si elle
Bob Fosse.
avait fait fructifier en elle ces racines
1975
très particulières…
Joue dans Barry Lindon
« Mon père m’a guidée. J’étais revede Stanley Kubrick.
nue à New York, en 1965, parce qu’il se
1976
faisait soigner là-bas. Il souffrait d’une
Premier mariage.
leucémie, mais nous ne le savions pas
1977
et sa mort nous a laissées démunies,
Naissance de sa fille.
ma sœur et moi. Quelque temps avant,
1978
il était sorti de l’hôpital et m’avait fait
Divorce puis se remarie
rencontrer Diana Vreeland qui m’a dit
en 1982.
que j’avais l’air d’un Modigliani… »
2018
Dès lors, Marisa connaît la vie des coJoue dans Berlin
ver-girls. « Ces années 1960 étaient
Kabarett, à Paris.
un tourbillon. J’ai beaucoup voyagé, les
films dans lesquels on m’a offert des rôles étaient des
films dirigés par des artistes immenses, des films qui
sont entrés dans l’histoire du cinéma. Je ne peux pas
faire semblant de pas le savoir… » Si elle a grandi
dans une famille célèbre, Marisa Berenson a connu
les chagrins, les tragédies qui déchirent le cours des
vies les plus brillantes.
Armelle Héliot
aheliot@lefigaro.fr
arisa Berenson au Théâtre
de Poche ! Une légende de
beauté et d’esprit qui répète,
sérieuse comme une toute
jeune fille, heureuse de travailler avec l’équipe réunie
par le metteur en scène Stéphan Druet, fondue dans la
troupe, disciplinée, simple, bosseuse. Marisa Berenson, sa grave beauté, son visage lisse de madone
et ses sourires, ses rires très expressifs, ses yeux
uniques d’un vert profond, mystérieux, pétillant
du bonheur d’être une parmi les autres, les garçons
de sa bande de Berlin Kabarett. « Lorsque Stéphan
Druet m’a fait parvenir le texte qu’il a écrit et les
chansons de Berlin Kabarett, je n’ai pas hésité. J’ai
été séduite. Il y a longtemps que je rêvais de jouer à
Paris. À New York, à Londres, il m’est arrivé de participer à des spectacles de théâtre, j’ai joué Shakespeare cinq mois durant sous la direction de Kenneth
Branagh, mais avec le personnage de Kirsten, j’avais
un défi nouveau à relever. Incarner, chanter, danser
dans ce monde du Berlin des années 1930, décadent et
violent ! »
Depuis plusieurs semaines, Marisa Berenson répète donc avec ses camarades. Accessible et chaleureuse, elle fait oublier quelle star internationale elle
est. « J’ai eu beaucoup de chance et des débuts exceptionnels car, après mes années dans la mode, les trois
M
« J’étais très mystique »
Née en Europe, elle traverse l’Atlantique, dès ses deux ans, avec ses parents et sa petite sœur, sa cadette de
quatorze mois, Berry. « Dès l’âge de
cinq ans, j’ai été mise en pension en
Suisse. Cela n’a pas été facile. Je me
suis sentie abandonnée dans une grande solitude. Je suis passée par trois
écoles différentes, avant d’être envoyée en Angleterre et de terminer mes
études à Florence. Même si cette enfance en pension a pu me renforcer, j’ai
des souvenirs de mélancolie… Dans
mon milieu, on s’occupe de donner de
belles éducations aux enfants, mais de
loin. Ma mère était parfois très dure
avec moi. J’étais maigre, introvertie,
elle me disait que j’étais moche. »
Dès ces années-là, Marisa se pose
des questions sur le sens de la vie, sur
les mystères de l’existence. « J’étais
très mystique. Je me raccrochais à la
religion. J’étais exaltée et voulais entrer dans les ordres… » Plus tard, cette quête la conduira jusqu’en Inde et
ses règles de vie en seront pour toujours marquées. Évidemment, lors-
Bio
EXPRESS
gens se sentaient libres, il y avait une osmose entre des
êtres très fantasques. » C’est en Italie que va se nouer
vraiment son destin. « Ma mère avait une maison à
Ischia. Luchino Visconti aussi. Moi, j’avais un ami
merveilleux, Helmut Berger. L’été passe, je rentre à
New York, et Luchino m’écrit pour me dire qu’il a besoin d’une actrice très émotionnelle dans Mort à Venise pour Madame von Aschenbach et qu’il a pensé à
moi… On n’a jamais fait d’essai. Le premier jour du
tournage, à la première scène, j’ai compris que c’était
le lieu de mon destin… Le soir, Luchino m’a dit : “Tu as
fait une entrée à la Sarah Bernhardt !” et je l’ai pris
comme un compliment. »
Elle est encore sur le tournage lorsqu’elle reçoit un
appel pour Cabaret de Bob Fosse. À Londres, elle travaille son accent allemand. Elle est Natalia, la jeune
fille juive. Tournage à Berlin. « Le mur était debout, il
régnait une atmosphère très étrange dans la ville, une
ambiance très tendue. » Tout s’enchaîne. Stanley Kubrick qui prépare Barry Lindon a vu Cabaret et repéré
Marisa. Grand ami de la famille, Stanley Donen prévient la jeune femme. Une épopée qui mériterait un
film ! Marisa a pris la plume par deux fois, pour se
souvenir, parler de sa vie, de ses choix spirituels, de
ses quêtes. En 2001, sa sœur Berry, qui avait consacré
sa vie aux enfants pauvres, en Jamaïque, meurt dans
le premier avion qui s’écrase sur les Twins Towers.
Marisa, rentre d’Europe et se trouve dans un autre
avion, au-dessus de l’Atlantique… Autre tragédie
cruelle dans la vie d’une femme entreprenante, qui a
lancé sa ligne de produits naturels, et est très fière de
sa fille, qui, à Los Angeles, est psychologue pour les
enfants. Une femme qui ne s’arrête jamais. Une femme de foi, dans l’éclat d’une maturité rayonnante.
Une fée qui distille sa poudre d’or de sérénité tout
autour d’elle. ■
UN DERNIER MOT
Par Étienne de Montety
edemontety@lefigaro.fr
Piscine [pi-si-n’] n. f.
Peut faire des vagues.
n Espagne, le secrétaire général du mouvement Podemos est au cœur
d’une polémique après son achat d’une villa cossue avec piscine.
Le mot vient du latin piscina, dérivé de piscis, le poisson. À l’origine, la piscina
désigne un bassin de purification. Avec l’affaire Pablo Iglesias, on voit à quel point
le sens du mot a évolué : au fil du temps, la piscine est devenue un objet peccamineux
et non plus un lieu de guérison.
C’est qu’en étant associé à ce signe extérieur de prospérité, le dirigeant de la gauche
radicale apparaît aussi hors sol qu’une vulgaire pataugeoire dans un jardin.
Comme si son goût pour les longueurs trahissait une absence de profondeur.
Cette malencontreuse piscine est évidemment une aubaine pour ses adversaires. Leur
propos indigné tient en un mot qu’on pourrait traduire ainsi : non pas « J’accuse ! »,
mais Jacuzzi ! Que peut faire Iglesias pour vider cette querelle ? Pas grand-chose.
Pour nombre d’observateurs, cette histoire est ce qu’on peut appeler
une tempête dans un verre d’eau mais qui pourtant vient remplir
une coupe. Et après tant de leçons de morale, celle-ci semble pleine. ■
BELGRADE
CARREFOUR ENTRE L’ORIENT
ET L’OCCIDENT
Une dizaine de parlementaires français
en colloque à Moscou
Avec Jean-Christophe Buisson
Du 13 au 16 septembre 2018
« La reine des Balkans, c’est elle :
Belgrade, capitale de la Serbie, ville au passé
tumultueux sur laquelle souflent depuis des
siècles les vents de l’Histoire. Je vous invite
à découvrir avec moi son âme baroque et agitée . »
JEAN-CHRISTOPHE BUISSON
Directeur Adjoint de la rédaction du Figaro Magazine
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Une dizaine de parlementaires français se rendront à Moscou,
les 4 et 5 juin, à l’invitation de leurs homologues russes pour
un colloque d’échanges. La Russie organise ces rencontres
une fois par an, avec des tables rondes thématiques
réunissant une centaine de députés européens. L’objectif
du colloque est surtout d’entretenir les relations à l’échelle
européenne. Thierry Mariani (photo), ex-député LR des
Français de l’étranger, devrait y participer au titre d’expert.
Un UDI rejoint le parti
Les Républicains
Georges Ziegler, le président UDI
du conseil départemental
de la Loire, a annoncé
samedi qu’il rejoignait
Les Républicains, avec plusieurs
conseillers départementaux.
Ziegler souhaite y animer
une nouvelle sensibilité,
République et Humanisme.
Un symbole alors que
Jean-Christophe Lagarde
avait justement choisi la Loire
pour expliquer que la ligne
politique de Laurent Wauquiez était
incompatible avec celle de l’UDI.
Un barbier
à Vivatech !
Le stand de SIA Partners
s’apprête à recevoir de
nombreuses visites pendant
le salon Vivatech qui s’ouvre
mercredi, à Paris. La société
de conseil de Matthieu
Courtecuisse, experte dans
les chatbots et le consulting 4.0,
offrira les services d’un barbier
de la société Big Moustache,
une start-up qu’elle soutient
par son fonds d’incubation.
Succès assuré dans le monde
de la high-tech où fleurissent
les barbes de trois jours !
FRANÇOIS BOUCHON/LE FIGARO
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