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Les Echos - 24 05 2018

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avec « Les Echos »
« TheInnovator »
LE QUOTIDIEN DE L'ÉCONOMIE // JEUDI 24 MAI 2018 // LESECHOS.FR
Mark Zuckerberg et Satya Nadella. Photo Pool / Charles Platiau/AFP
Paris accueille la tech mondiale
l Le Salon VivaTech réunit start-up
l Le patron de Microsoft prône une
et grands groupes jusqu’à samedi.
l Le message de Macron aux géants
de la tech mondiale.
approche responsable de l’innovation.
l Le PDG d’Uber vise une introduction
en Bourse dès 2019.
L’ESSENTIEL
MOSCOVICI JUGERA L’ITALIE
SUR SES ACTES
Le commissaire européen pense
qu’il sera possible de travailler
avec le futur gouvernement de
Giuseppe Conte. // P. 5
ACIER : LA HAUSSE DES PRIX
PROFITE AUX SIDÉRURGISTES
Depuis 2015, les prix de l’acier ont
gagné près de 70 %. Les sidérurgistes
européens en bénéficient, à l’inverse
des constructeurs auto. // P. 22
AUDIOVISUEL PUBLIC :
LES CHOIX SUR LA TABLE
La ministre de la Culture doit
annoncer dans les prochains jours
les grandes lignes de la réforme de
l’audiovisuel public. // P. 25
SOUS-MARINS : CHERBOURG
TOURNE À PLEIN RÉGIME
// L’ÉDITORIAL DE DAVID BARROUX PAGE 7
ET NOS INFORMATIONS PAGES 10, 11 ET 14 À 20
Facebook
après l’affaire
FINANCES La Turquie, en pleine crise, contrainte d’intervenir en urgence pour enrayer le plongeon de sa devise.
Le feuilleton italien a continué
de peser sur les marchés européens mercredi. L’euro a glissé
sous 1,17 dollar, un plus bas
depuis novembre. Les taux italiens ont poursuivi leur flambée
alors que la situation politique
restait très incertaine. Giuseppe
Conte, le candidat des deux partis populistes à la présidence du
Conseil, a été chargé par le prési-
dent Sergio Mattarella de former un gouvernement. D’autres
facteurs ont pesé sur les places
financières mondiales. Le président américain Donald
Trump, qui avait calmé les
craintes de guerre commerciale
avec la Chine, a de nouveau jeté
un froid. Wall Street évoluait
dans le rouge quand Paris a terminé en baisse de 1,32 %. La
LA BANALISATION DE LA CDC
EST EN MARCHE
La loi Pacte vise à moderniser la
gouvernance de la CDC. Les députés craignent un affaiblissement
du pouvoir du Parlement. // P. 28
La diminution de ces aides
serait étalée jusqu’en 2022.
situation alarmante de la Turquie a également concentré
l’attention des investisseurs. En
fin de journée, la banque centrale est intervenue en relevant
ses taux pour enrayer le plongeon de sa monnaie. Les marchés s’inquiètent de l’indépendance de l’institution à quelques
semaines d’une élection cruciale pour Erdogan. // PAGE 31
BUDGET Le ministre de l’Action et des Comptes
110e ANNÉE
36PAGES
Antilles Réunion 3,70 €. Guyane-St Martin
4,80 €. Belgique 3, 20 €. Espagne 4 €.
Grande-Bretagne 3£40. Grèce 3,70 €. Italie
4 €. Luxembourg 3,40 €. Maroc 28 DH. Suisse
5 , 4 0 F S . Tu n i s i e 4 , 5 T N D. Z o n e C FA
2.800 CFA.
publics, Gérald Darmanin, a indiqué mercredi
que le gouvernement voulait baisser de 5 milliards
d’euros les aides publiques aux entreprises. D’un
montant global de 140 milliards par an (dont
40 milliards pour le seul Pacte de responsabilité),
ces aides sont très variées : allégements de charges
Fillon, taux réduits de TVA, crédits d’impôt. Mais
ces sont les aides sectorielles qui seraient les plus
menacées. Ces 5 milliards de baisse, qui s’étaleront
jusqu’en 2022, devraient servir à réduire la
dépense publique. Des annonces du Premier
ministre sont attendues au mois de juin sur le sujet
dans le cadre du processus Action publique 2022.
// PAGE 2 ET L’ÉDITORIAL
D’ÉTIENNE LEFEBVRE PAGE 7
Christophe Archambault/AFP
CARNET // P. 35
ISSN0153.4831
NUMÉRO 22701
l’impact de l’intelligence artificielle.
Fort regain de tensions
sur les places financières
Le gouvernement
veut réduire de
5 milliards les aides
aux entreprises
Le site de Naval Group va profiter
d’une nouvelle commande française et des premiers chantiers de
déconstruction. // P. 26
l Radiographie de la French Tech.
l Monde du travail : McKinsey mesure
Le ministre de l’Action et des Comptes
publics Gérald Darmanin.
L’analyse
d’Anaïs Moutot
Fin avril, malgré l’affaire de pillage
de données Cambridge Analytica ,
le nombre de personnes connectées
au réseau social était en hausse de 13 %.
Le calcul bénéfices/risques et le manque
d’alternatives font que la plate-forme
continue à être utilisée. // PAGE 7
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02 //
Jeudi 24 mai 2018 Les Echos
FRANCE
Le Maire-Darmanin,
le mariage de raison
Les deux ministres de Bercy ont signé un pacte
de non-agression et ont pour l’instant évité les couacs
tout en creusant deux sillons bien différents.
LE FAIT
DU JOUR
POLITIQUE
Cécile
Cornudet
omme dans l’ancien
temps, un Conseil
des ministres peut
commencer par un rappel à
l’ordre. Mercredi, Emmanuel
Macron a invité ses ministres
à la « cohérence ». Une seule
action gouvernementale, tous
doivent la défendre, pourraiton parodier. Implicitement
visés, Gérard Collomb et
sa critique des 80 km/heure,
Bruno Le Maire, Gérald
Darmanin et leurs
divergences sur les dépenses
sociales. Il faut arracher
les mauvaises habitudes
dès qu’elles repoussent.
Et pourtant, à Bercy, les deux
ministres s’attachent à pousser
droit. Ils ont certes donné le
sentiment, à quelques jours
d’intervalle, de tenir des
discours opposés sur la
dépense publique. Puisque des
emplois se créent, « il peut être
légitime de réduire la politique
sociale sur l’emploi », a indiqué
Bruno Le Maire ; « il ne faut pas
toucher aux prestations sociales
individuelles », a poursuivi
Gérald Darmanin. Mais c’était
plus l’expression de
sensibilités différentes qu’un
véritable couac. Les murs de
Bercy hébergent un couple
Le Maire-Darmanin bien plus
sage que ses prédécesseurs
Dessins Fabien Clairefond pour « Les Echos »
C
(Sapin-Macron, MoscoviciMontebourg, etc.). Un couple
de raison, aurait-on dit dans
l’ancien temps. Il n’y a pas
d’amour entre eux, pas de
vieille rivalité non plus. Juste
une jalousie qu’ils ont vite
étouffée en comprenant
qu’Emmanuel Macron n’était
pas du genre à la tolérer. Poids
lourd de la droite, Bruno
Le Maire avait une vraie
légitimité à devenir ministre
des Finances. Jeune pousse
ambitieuse, Gérald Darmanin
avait pour lui sa proximité
avec Edouard Philippe. Un
débat budgétaire, la balle était
au centre, équilibrée. Forts de
leur pacte de non-agression, ils
affichent leur bonne entente
dès que possible. Ils ont
applaudi ensemble la sortie de
la France de la procédure pour
déficits excessifs.
Dans les mariages de raison,
pas de fusion, chacun a son
chemin. Bruno Le Maire se sent
porteur des engagements
européens de la France.
Réduire les déficits, s’attaquer
à la dette, telle est sa route.
Droite. Plus politique, héritier
autoproclamé du gaullisme
social, Gérald Darmanin est un
ministre des Comptes publics
qui rêverait de les lâcher. Il
peint la politique menée en rose,
ou plutôt en gauche : pouvoir
d’achat, retenue à la source
qualifiée de « mesure sociale »,
heures supplémentaires sans
charges. Peut-être est-ce cela, le
macronisme : une jambe droite
et une jambe gauche issues
de la même famille politique.
ccornudet@lesechos.fr
en bref
Macron observe à nouveau qu’« il n’y a
pas de convergence des luttes »
POLITIQUE Emmanuel Macron a estimé mercredi en Conseil
des ministres que la mobilisation de mardi pour le service public
était « moindre que celle de mars, ce qui tend à confirmer l’idée qu’il
n’y a pas de convergence des luttes », a rapporté le porte-parole du
gouvernement, Benjamin Griveaux. Il a aussi mis en avant « un
soutien croissant de la population à la réforme ferroviaire ». Evoquant la « vot’action » montrant le rejet par les cheminots de la
réforme de la SNCF, il a noté qu’« avec un score important, elle ne
dit pas comment il est envisageable de sortir de la crise ».
Le deuxième volet de la réforme
des institutions mis sur les rails
POLITIQUE 30 % de parlementaires en moins, 15 % de proportionnelle aux législatives et trois mandats consécutifs maximum :
les points les plus emblématiques de la réforme des institutions
ont été adoptés mercredi en Conseil des ministres et vont être soumis au Parlement. Cela va « permettre de changer totalement notre
panorama politique », a assuré le ministre de l’Intérieur, Gérard
Collomb, en présentant les deux projets de loi complétant le texte
constitutionnel adopté deux semaines plus tôt, consacré à l’indépendance de la justice et aux pouvoirs du Parlement.
RETROUVEZ NICOLAS BARRÉ
LE DIRECTEUR DE LA RÉDACTION DES ECHOS
DANS LE JOURNAL DE 8H D’EUROPE MATIN
PRÉSENTÉ PAR PATRICK COHEN
#E1Matin
Bercy cible une baisse de 5 milliards
d’euros des aides aux entreprises
l Le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, a annoncé mercredi
une réduction plus forte qu’attendu de ces aides d’ici à 2022.
l Elle servira principalement à réduire la dépense publique.
BUDGET
Renaud Honoré
@r_honore
et Marie Bellan
@mbellan1
Par où commencer à tailler dans les
dépenses publiques ? Alors que les
prestations sociales semblaient être
une cible de choix depuis les déclarations du ministre de l’Economie,
Bruno Le Maire, le week-end dernier, son comparse de Bercy semble
avoir une autre vision des choses. Le
ministre de l’Action et des Comptes
publics, Gérald Darmanin, a érigé
en priorité, mercredi, la baisse des
aides publiques aux entreprises.
« A un moment où l’on baisse la
fiscalité très fortement pour les
entreprises – on a baissé l’impôt sur
les sociétés, on a mis en place la flat
tax, on a supprimé l’ISF – et à un
moment où l’on a une croissance économique qui revient, des entreprises
qui vont un peu mieux, eh bien, il faut
accepter l’idée [d’une baisse des
aides aux entreprises] », a-t-il
insisté sur BFMTV-RMC. Alors
qu’une réduction de 2 à 3 milliards
était évoquée depuis quelques mois
au sein de l’exécutif, l’objectif est
désormais de baisser ces aides de
5 milliards d’ici à la fin du quinquennat, selon Gérald Darmanin.
Un maquis impénétrable
Le gouvernement d’Edouard Philippe n’est pas le premier à vouloir
faire le tri dans la masse des quelque 140 milliards d’euros d’aides
aux entreprises qui se sont accumulées depuis plusieurs années et dont
l’efficacité, pour certaines, est discutée. La dernière tentative remonte à 2013, au moment du rapp ort Queyran ne, qui visait à
l’époque la suppression de 3 milliards d’aides publiques aux entreprises. Ce rapport critiquait « des
interventions fragmentées, sédimentées, qui ne sont pas majoritairement
orientées vers les priorités de la com-
Mercredi, Gérald Darmanin, le ministre de l’Action et des Comptes publics, a érigé en priorité
la baisse des aides publiques aux entreprises. Photo Sipa
pétitivité de demain et qui demeurent
insuffisamment évaluées ».
Signe d’un maquis impénétrable,
les 46 milliards d’euros d’aides étudiées par le rapport Queyranne reposaient sur 660 dispositifs du côté
de l’Etat, et même « plusieurs milliers de dispositifs » portés par les
collectivités locales. A la suite de ce
rapport, le gouvernement Ayrault
avait décidé de retenir pour 1,5 milliard d’euros d’économies (1,1 milliard pour le seul Etat), ce qui s’était
notamment traduit pour les chambres de commerce et d’industrie
(CCI) par une baisse de leur taxe
affectée sur plusieurs années
(100 millions en 2014, 210 millions
en 2015 et 150 millions en 2016).
Aujourd’hui, sur les 140 milliards
d’euros d’aides distribuées, 40 milliards correspondent aux allégements de charges du pacte de res-
ponsabilité et au crédit d’impôt pour
la compétitivité et l’emploi (CICE),
transformé en baisse directe de
charges l’année prochaine, et donc
pérennisé. Pour le reste, on trouve à
Les aides ciblées
sur certains secteurs,
comme le taux réduit
de TICPE pour
le transport routier,
sont dans le viseur.
la fois des crédits d’impôt, comme le
crédit d’impôt recherche (6 milliards d’euros), et des taux réduits de
TVA pour certains secteurs d’activité (restauration, bâtiment).
Autant d’aides qui ne devraient
pas être remises en question par le
gouvernement. Ce sont davantage
les aides ciblées sur certains secteurs (les prix subventionnés de
l’électricité pour les industries
électro-intensives, par exemple, ou
encore le taux réduit de TICPE pour
le transport routier ou l’agriculture)
qui sont dans le viseur.
Le Premier ministre devrait en
dire davantage début juin, lors de la
présentation de la réforme de
l’action publique (CAP 2022). Les
arbitrages définitifs sont attendus
début juillet. « Cette baisse de 5 milliards d’euros sera principalement
affectée à la baisse de la dépense
publique », indique-t-on à Bercy, où
l’on se refuse pour le moment à
entrer dans le détail des mesures.
(
Lire l’éditorial
d’Etienne Lefebvre
Page 7
Le gouvernement veut réduire la facture de la prime d’activité
L’exécutif travaille à une
refonte de cette prime dont
le coût s’accroît fortement.
Un chantier compliqué, alors
que sa revalorisation de 50 %
était une mesure sociale
phare du candidat Macron.
Baisser les dépenses liées à la
sphère sociale, certes, mais lesquelles ? La question agite le gouvernement, au point que des « couacs »
commencent à se faire entendre.
Gérald Darmanin s’est ainsi démarqué de son voisin de Bercy, Bruno
Le Maire, qui avait appelé dimanche à « réduire la politique sociale
sur l’emploi ». « On a le droit d’avoir
des sensibilités différentes », a estimé
le ministre de l’Action et des Comptes publics mercredi sur BFMTVRMC, ajoutant qu’il « ne faut pas
toucher aux prestations sociales
individuelles ». Ce qui ne l’empêche
pas de faire à son tour des propositions pour réduire les dépenses du
domaine social, clairement identifiées par l’exécutif comme une piste
prioritaire pour dégager les économies promises.
C’est désormais la prime d’activité – ce complément de revenu
ciblant les travailleurs pauvres et
modestes – qui fait figure de nouvelle cible. « Il faut la réformer », a
expliqué Gérald Darmanin, regrettant qu’elle conduise parfois les
entreprises « à ne pas augmenter les
salaires ». En réalité, c’est surtout le
coût galopant du dispositif – fusion
de l’ancienne prime pour l’emploi et
du RSA activité – qui inquiète le
gouvernement.
Quand il avait été mis en place en
2016, celui-ci concernait 2,3 millions de personnes pour un coût global de 4,7 milliards d’euros. Mais ce
dernier est déjà passé à 5,3 milliards
en 2017, selon la Cour des comptes,
chiffre qui devrait passer à 5,8 milliards cette année et dépasser de
420 millions le budget prévu, soulignent les magistrats financiers.
Le dispositif, qui avait été pensé
pour éviter au maximum les nonrecours, affiche un succès certain
de ce point de vue : son nombre
d’allocataires devrait atteindre
2,8 millions en 2021, selon la Cour
des comptes. « Le problème de la
prime d’activité telle qu’elle est calibrée, c’est que la dynamique de l’activité économique n’empêche pas une
hausse des sommes distribuées »,
explique une source gouvernementale. Voilà pourquoi Gérald
Darmanin veut faire « baisser le
montant global ».
Revoir les critères
d’attribution ?
La prime d’activité est un complément de revenu ciblant
les travailleurs pauvres et modestes. Photo Wilfried Maisy/RÉA
Problème, Emmanuel Macron
avait fait de la revalorisation de
cette prime d’activité un des marqueurs sociaux de sa campagne.
Celle-ci doit augmenter de 50 % sur
le quinquennat, soit 80 euros en
plus par mois au niveau du SMIC,
avec une première augmentation
de 20 euros prévue en octobre.
Comment réduire la facture ? « A
ce stade, il n’y a pas d’objectif budgétaire, cela peut passer par un étalement des revalorisations prévues
dans les prochaines années ou par
une reconfiguration du barème pour
recentrer la prime », explique un bon
connaisseur du dossier. Interrogé,
Gérald Darmanin a parlé de revoir
les critères d’attribution pour les
rendre « plus sérieux, plus efficaces ». Depuis plusieurs mois, l’exécutif laisse d’ailleurs entendre qu’il
veut recentrer cette prime sur les
travailleurs très proches du SMIC.
— R. H. (avec Solveig Godeluck)
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FRANCE // 03
Les Echos Jeudi 24 mai 2018
La Cour des comptes pointe un déficit
de l’Etat « très faiblement réduit » en 2017
l Les magistrats financiers montrent dans un rapport paru mercredi que le déficit du seul Etat a peu diminué l’an dernier.
l La bonne fortune fiscale a permis de compenser les fortes hausses des dépenses.
Les niches
fiscales
toujours pas
maîtrisées
Une amélioration des comptes publics en trompe-l’œil. C’est en substance le constat que fait la Cour des
comptes pour l’année 2017, qui
aura pourtant vu le déficit public
chuter à 2,6 % du PIB, contre 3,4 %
un an auparavant. Cette amélioration masque en partie la situation
bien moins riante des finances de
l’Etat (auxquelles on doit ajouter
celle des administrations de Sécurité sociale et des collectivités locales
pour obtenir l’ensemble des comptes publics). Ainsi, « le déficit du budget de l’Etat, en très faible réduction,
reste d’un niveau élevé » et « supérieur de près de 22 milliards d’euros
au niveau qui permettrait de stabiliser
la dette », écrit la Cour des comptes
dans un rapport publié mercredi.
Ce document est une nouvelle
pierre dans le jardin de François
Hollande et de son gouvernement,
au moment où l’ancien président et
son ex-secrétaire d’Etat au Budget
Christian Eckert sont en tournée
promotionnelle pour leurs livres
respectifs. Presque un an après un
audit incendiaire, la Cour des
comptes pointe une nouvelle fois
dans son rapport « un accroissement des dépenses sans précédent
depuis 2007 », dont la paternité est
attribuée en creux à l’équipe gouvernementale précédente.
Leur coût a atteint
93 milliards d’euros en
2017, soit 3 milliards de plus
que prévu. La Cour
des comptes considère que
les pouvoirs publics ont
renoncé à leur maîtrise.
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BUDGET
Ingrid Feuerstein
@In_Feuerstein
La Cour des comptes le dit et le
répète : la France ne parvient toujours pas à maîtriser ses niches fiscales. Leur coût pour 2017 est évalué
à 93 milliards d’euros, soit 3 milliards de plus que dans la prévision
initiale. Entre 2016 et 2017, la facture
a encore augmenté de 5,4 milliards
d’euros. Si, par le passé, l’inflation
des niches fiscales avait pu être liée
à des mesures nouvelles, elle tient
surtout cette fois au dérapage de
certains crédits d’impôts. A commencer par le crédit d’impôt pour la
compétitivité et l’emploi (CICE), qui
a dépassé la prévision de 681 millions d’euros en 2017.
D’autres dépenses, comme le
régime fiscal des brevets ou les dons
des entreprises aux organismes
d’intérêt général, ont enregistré un
coût supérieur de plusieurs centaines de millions d’euros à ce qui était
prévu. « Les pouvoirs publics semblent avoir renoncé aux efforts de
maîtrise des dépenses fiscales », a
déploré mercredi Didier Migaud,
premier président de la Cour des
comptes, lors de la présentation de
la loi de règlement.
En creux, la Cour
attribue la hausse des
dépenses à l’équipe
gouvernementale
précédente.
La hausse pour les seuls budgets
des ministères (hors dette et pension) atteint ainsi 10,6 milliards
d’euros (+ 4,8 % par rapport à 2016),
et la facture monte même à 13,6 milliards (+6,2 %) en tenant compte de
la recapitalisation d’Areva et de normes comptables. « Les deux tiers de
cette hausse étaient prévus dès la loi de
finances initiale (LFI), et un tiers a été
constaté en exécution », écrivent les
sages de la Rue Cambon. En clair, le
budget 2017 présenté par l’équipe
Hollande portait les germes de cette
dérive, selon la Cour des comptes,
qui souligne la hausse de 3,9 % des
dépenses de personnel l’an dernier.
« Plus qu’au cours des six dernières
années cumulées », relève le rapport.
Plafond de dépenses
« Eléments d’insincérité »
L’équipe Macron arrivée à l’été 2017
a ensuite dû gérer, durant l’exécution, ce que la Cour nomme une
nouvelle fois « des éléments d’insincérité » – des sous-budgétisations –,
au risque d’agacer encore les membres du gouvernement précédent.
Ces éléments sont chiffrés à 6,4 milliards, dans le haut de la fourchette
de 4,6 à 6,6 milliards identifiée il y a
un an rue Cambon.
Face à cela, « il y a eu une mobilisation forte et un effort vigoureux »
du nouvel exécutif, note une source
à la Cour, ce qui a permis de limiter
l’ouverture de nouveaux crédits en
cours d’année à 3,1 milliards. Visiblement, le gouvernement a taillé
sans états d’âme dans les dépenses
d’investissements, qui sont stables
par rapport à 2016, alors que le budget initial prévoyait une hausse de
7,1 %. Si l’on regarde par missions,
c’est le ministère de l’Ecologie
(–2,9 % par rapport à la LFI) qui a le
plus été mis à contribution pour
trouver les économies.
Malgré cette dérive sur les dépenses, le déficit de l’Etat s’affiche en
baisse l’an dernier, à 67,7 milliards,
contre 69,3 milliards en 2016. Il est
vrai que le gouvernement a bénéficié de la divine surprise que constitue « la forte hausse des recettes permise par une conjoncture économique favorable », soit 14,4 milliards en plus par rapport à 2016. La
croissance a accéléré durant l’année,
et l’élasticité (qui désigne l’évolution
des recettes fiscales en réaction à la
conjoncture) s’est révélée exceptionnellement élevée, à 1,8. Cela se voit
pour la TVA (+3,2 milliards par rapport à la LFI) comme pour l’impôt
sur les sociétés (+6,6 milliards, dont
4,9 milliards dus à la surtaxe instituée pour financer les remboursements de taxe sur les dividendes).
A cette bonne fortune fiscale
s’ajoutent d’autres éléments exceptionnels, comme un versement au
budget européen finalement à « son
plus faible niveau depuis 2005 en raison d’une consommation plus lente
que prévu des crédits européens ».
Mais ces bonnes surprises ne sont
pas forcément appelées à se reproduire, raison pour laquelle la Cour,
en début d’année, a déjà pressé
Emmanuel Macron de hâter le pas
pour la réduction des dépenses
afin d’obtenir une résorption
pérenne des déficits. n
Une erreur à 1,5 milliard d’euros
dans les comptes de l’Etat
Le déficit de l’Etat aurait dû être de 1,5 milliard d’euros
inférieur en 2017 et le déficit 2018 sera majoré d’autant.
En effet, Bercy a avoué à l’occasion de la loi de règlement
une erreur de comptabilité sur des droits de mutation qui
ont été encaissés en 2018 au lieu de 2017. « Cette erreur
vient d’un nouveau logiciel de comptabilité », a expliqué
le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald
Darmanin, devant les sénateurs. La recette a été
constatée après le délai de vingt jours autorisé par la loi
organique relative aux lois de finances (LOLF).
« Dès lors, la signification des résultats budgétaires 2017,
mais aussi 2018, est faussée », avertit la Cour des comptes.
Les recettes ont pu être enregistrées dans la comptabilité
nationale, mais pas la comptabilité budgétaire.
En réalité, les dernières lois de programmation des finances publiques ont toutes acté la nécessité de
mieux maîtriser ces crédits d’impôts et divers remboursements.
Elles ont notamment instauré un
plafond de dépenses à ne pas dépasser. Ce mécanisme n’a pas été respecté. « Les dépassements continus
au cours des exercices 2015, 2016 et
2017 ne se sont traduits par aucune
mesure d’ajustement », constate la
Cour des comptes.
Et pour cause, il s’agit de plafonds
indicatifs. Les magistrats considèrent que la trajectoire adoptée en ce
début de quinquennat n’offre pas
de perspective d’amélioration. La
loi de programmation budgétaire
de 2018 à 2022, votée à l’automne
dernier, « amplifie cette renonciation en mettant en place un mécanisme de plafonnement non opérant, puisque placé près de 20 milliards d’euros au-dessus du niveau
actuel des dépenses fiscales ».
Autre initiative qui s’est avérée
inopérante : des « conférences fiscales » ont été instaurées depuis 2013,
de façon à discuter conjointement
des crédits budgétaires et des dépenses fiscales, en vue d’une meilleure
rationalisation. « Les résultats sont
particulièrement décevants dans les
faits », pointe le rapport. n
+ 5,4
MILLIARDS D’EUROS
L’augmentation du coût
des niches fiscales
entre 2016 et 2017.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
04 // FRANCE
Jeudi 24 mai 2018 Les Echos
Fraude fiscale : les députés pour
la fin du monopole de Bercy
Le dialogue social
existe aussi
dans les TPE
dive seraient soumis à cet examen. L’autre ouverture concernerait
les parquets, dont les marges de
manœuvre pourraient être accrues.
Le rapport ouvre la possibilité qu’un
parquet puisse poursuivre une
fraude fiscale aggravée si elle est
connexe à d’autres infractions faisant déjà l’objet d’une investigation.
FISCALITÉ
Un rapport parlementaire propose
un « changement
systémique » dans
le fonctionnement
du « verrou de Bercy ».
Avis consultatifs
Ingrid Feuerstein
@In_Feuerstein
Face à la montée du débat sur les
poursuites pénales en matière fiscale, le gouvernement a confié aux
parlementaires le soin de proposer
des évolutions législatives. Leurs
recommandations, remises ce mercredi, vont dans le sens d’une ouverture forte du fameux « verrou de
Bercy », le mécanisme qui confère à
l’administration un monopole sur le
lancement des poursuites pénales
pour fraude fiscale. « C’est un changement systémique que nous proposons », résume la députée LREM
Emilie Cariou, rapporteure de la
mission d’information à l’Assemblée
sur le « verrou de Bercy ». Les parlementaires ont évolué sur une ligne
de crête, entre des magistrats qui
déplorent l’impunité en matière de
fraude fiscale et Bercy, réticent à
l’idée de fragiliser l’articulation entre
droit fiscal et pénal. « La perception
Le ministère des Finances, à Paris. Photo AFP
de la société a changé à l’égard des
manquements fiscaux. La fraude fiscale, auparavant considérée comme
une simple atteinte aux intérêts financiers de l’Etat, est aujourd’hui perçue
comme un trouble public et une
atteinte à l’égalité des citoyens devant
la loi », pointe le rapport. C’est ce qui
justifie, pour les auteurs, de modifier
le « verrou de Bercy ».
A l’heure actuelle, ce verrou intervient à deux niveaux. Dans un premier temps, le fisc saisit la Commission des infractions fiscales (CIF),
qui décide, dans un second temps,
de transmettre ou non le dossier à la
justice. Un mécanisme critiqué
pour son opacité et qui engendre
une suspicion sur la sélection des
dossiers. « Il apparaît possible de faire
évoluer la procédure dans le sens
d’une plus grande coopération entre
les autorités judiciaires et l’administration fiscale », estime le rapport. La
mission recommande que les dossiers soient examinés par un comité
réunissant les pôles régionaux du
fisc et les différents parquets. « Au
lendemain des Panama Papers, les
directeurs du parquet national financier et du contrôle fiscal s’étaient réunis pour faire un plan sur les contrôles
à mener. C’est ce type d’initiatives que
nous aimerions généraliser », indique Emilie Cariou. Les dossiers
seraient sélectionnés selon des critères définis dans la loi, mais plus larges qu’actuellement. Ainsi les cas
correspondant à de la fraude fiscale
aggravée ou à une situation de réci-
Se pose la question de l’avenir de la
Commission des infractions fiscales,
sachant qu’elle ne pourra traiter
l’ensemble des dossiers. La mission
convient qu’il faut soit renforcer ses
moyens, soit rendre ses avis consultatifs, voire la supprimer. Dans tous
les cas, le rapport rejette la proposition de Gérald Darmanin, le ministre
de l’Action et des Comptes publics,
qui consiste à faire entrer des parlementaires au sein de la CIF. Il ne faut
pas « introduire de confusion sur le
rôle respectif de l’autorité judiciaire,
d’une part, et des pouvoirs exécutif et
législatif, d’autre part », souligne le
rapport. Reste à voir comment le
gouvernement se positionnera vis-àvis de ces propositions, qui pourraient être débattues dans le cadre de
la loi sur la fraude fiscale. Gérald
Darmanin a rappelé sur RMC mercredi matin l’intérêt de maintenir un
verrou. « Si l’on multipliait les plaintes, on mettrait du temps à récupérer
l’impôt », a-t-il déclaré. n
Pourquoi le taux de chômage
a rebondi en début d’année
EMPLOI
Le taux de chômage a
augmenté de 0,2 point
à 9,2 % au premier
trimestre après une
forte baisse fin 2017.
Claude Fouquet
@ClaudeFP
Guillaume de Calignon
@gcalignon
Le coup de mou de l’économie française au premier trimestre a eu un
impact sur le marché du travail.
L’Insee a annoncé mercredi que le
taux de chômage était remonté de
0,2 point au cours des trois premiers mois de 2018, à 9,2 % de la
population active. Pour la seule
métropole, il est revenu à 8,9 %.
Après avoir atteint un pic à la fin
de l’année dernière, la croissance a
décéléré, le PIB ayant progressé de
0,3 % au premier trimestre 2018
contre 0,7 % lors des trois mois précédents. La hausse des prélèvements obligatoires sur les ménages
a pesé sur le pouvoir d’achat, et
donc sur la consommation, en
LAURENT BAZIN
EUROPESOIR
18H-19H
#Informer
#Réagir
#Comprendre
#E1Soir
C’est ce que montre
une étude publiée
ce mercredi.
Dans les entreprises de moins
de 10 salariés, il n’existe pas de
forme institutionnalisée de dialogue social. Mais cela ne veut
pas dire qu’il n’y en a pas, montre
une étude de la Direction de la
recherche du ministère du Travail (Dares) publiée ce mercredi.
En 2016, 80 % des très petites
entreprises ont pris des mesures
concernant les salaires, l’emploi,
les conditions de travail et/ou le
temps de travail. Les salariés ont
été associés de façon informelle
à la prise de décision sur au
moins un de ces sujets dans 31 %
de ces entreprises, révèlent ces
travaux d’exploitation des quelque 30.000 questionnaires remplis par des TPE employant 2 à
9 salariés dans le cadre de
l’enquête Acemo réalisée au
deuxième trimestre de 2017.
Personnes découragées
national du travail (BIT), puisqu’elles
ne recherchaient pas activement un
emploi. Lorsqu’elles se remettent à
faire des démarches actives, alors
elles entrent de nouveau dans le calcul du chômage. Les chiffres publiés
mercredi sont donc moins négatifs
qu’il y paraît. Sur un an, le taux de
chômage est toujours orienté à la
baisse. Et le chômage de longue
durée reste quasi stable d’un trimestre à l’autre et « diminue de 0,5 point
sur un an », souligne l’Insee. Reste
deux questions : les créations
Les salariés sont
plus souvent qu’on
ne le croit associés
aux décisions par
les patrons de TPE.
Leïla de Comarmond
@leiladeco
début d’année. Mais ce n’est pas la
principale explication de ce rebond
du taux de chômage. « Après la très
forte baisse du taux de chômage au
quatrième trimestre 2017, nous anticipions un léger contrecoup au début
de l’année 2018 », explique Sylvain
Larrieu, chef de la division synthèse
et conjoncture du marché du travail
à l’Insee. Au quatrième trimestre
2017, le chômage avait baissé de
200.000 personnes en France
métropolitaine. Début 2018, il a
grimpé de 83.000.
L e s c r é a t i o n s d ’e m p l o i s o n t
d’ailleurs été moins nombreuses au
premier trimestre 2018 que sur les
trois derniers mois de 2017. Mais
elles sont restées toutefois fortes. Entre janvier et mars 2018, le secteur privé a créé 58.000 emplois,
contre 81.500 lors des trois mois précédents. En fait, « quand l’activité
s’améliore, les personnes sans-emploi
et découragées reviennent et se remettent à chercher du travail », explique
Eric Heyer, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Ces personnes
n’étaient pas considérées comme
chômeurs au sens du Bureau inter-
NÉGOCIATIONS
d’emplois vont-elles rester fortes et
les découragés vont-ils revenir sur le
marché du travail ? Les deux phénomènes jouent en sens inverse sur le
chômage. Si l’on en croit les économistes, les créations d’emplois
devraient ralentir, d’autant que de
nouveaux emplois aidés devraient
être supprimés cette année. L’OFCE
table sur environ 190.000 créations
d’emplois en 2018. Quant au nombre
de personnes découragées qui se
remettent à chercher un emploi, là,
c’est la grande inconnue. n
En 2016, 80 %
des TPE ont pris
des mesures
concernant les
salaires, l’emploi…
Comme dans les plus grandes entreprises, le dialogue est
plus fréquent sur les conditions
de travail et le temps de travail
que sur les salaires et l’emploi,
sujets en quelque sorte plus
« régaliens ». Seules 8 % des
très petites entreprises interrogées ont consulté leurs salariés
sur les rémunérations et 14 %
sur l’emploi, contre 31 % sur les
conditions de travail et 22 % sur
le temps de travail. Les entreprises les plus petites – de deux à
quatre salariés – font davantage
état de concertations avec le
collectif salarié sur les salaires.
A noter que dans certaines
des plus grandes TPE – de 8 à
9 salariés – les salariés sont le
plus souvent associés aux processus de décision via des « porte-parole ». Il n’est pas question
dans l’étude du référendum, cet
outil mis à la disposition des
patrons de TPE par la réforme
du Code du travail pour s’affranchir des accords de branche sur
le temps de travail ou les rémunérations hors minima conventionnels. Il faudra attendre un
peu pour en voir l’impact puisqu’il vient d’entrer en vigueur.
La recherche d’un appui auprès
d’une organisation patronale ou
de la Chambre de commerce et
d’industrie ou de l’artisanat est
moins fréquente qu’on aurait pu
le penser : seules 10 % des TPE
multisalariés y ont recours. Un
peu plus dans l’industrie, mais
le taux n’y est que de 14 %.
Tensions sociales
Si les tensions sociales ne prennent pas non plus la même
forme que dans les plus grandes
entreprises, les très petites
entreprises n’en sont pas totalement exonérées. « Selon les
déclarations des dirigeants, 5 %
des TPE multisalariés déclarent
avoir vécu en 2016 des conflits
entre certains salariés et la direction et 3 % des conflits entre certains salariés et leurs collègues »,
souligne l’auteur de l’étude,
Aguibou Tall. Comme chez les
autres employeurs, la conflictualité est plus forte quand les
salariés sont associés aux décisions. Plus de la moitié des entreprises ayant connu une tension
sociale avaient instauré un dialogue avec leur personnel. n
en bref
Fonctionnaires de l’Assemblée :
Rugy lance une réforme sensible
POLITIQUE Davantage de contractuels, externalisation de certains services, contrôle du temps de travail : le président de
l’Assemblée nationale a jeté mercredi les bases d’une réforme
pour les quelque 1.100 fonctionnaires de l’institution qui inquiète
en interne. « Les principes fondateurs » du statut ont été « définis
il y a plus de trente ans », « les attentes et les besoins des députés se
sont modifiés », écrivent les deux secrétaires généraux de
l’Assemblée dans un rapport présenté mercredi au bureau, plus
haute instance collégiale. Il faut « une capacité d’adaptation et de
la souplesse » dans les recrutements, plaide François de Rugy
(LREM), favorable à un recours accru aux contractuels.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 05
Les Echos Jeudi 24 mai 2018
MONDE
en
chiffres
FINLANDE : CHÔMAGE AU
PLUS BAS DEPUIS CINQ ANS
ROYAUME-UNI :
L’INFLATION RALENTIT
Le taux de chômage
en Finlande a baissé en avril
à 8 %, son plus bas niveau
depuis cinq ans, selon
l’Institut statistique national.
Cela confirme l’amélioration
de l’économie nationale
qui se relève peu à peu
depuis 2016 de quatre années
de marasme. Le chômage
a diminué de 0,9 point
par rapport à avril 2017.
L’inflation outre-Manche
a encore ralenti en avril, à 2,4 %
sur un an, atteignant son plus
bas niveau depuis mars 2017,
selon l’ONS. La hausse des prix
en rythme annuel avait
dépassé les 3 % de septembre
à janvier dernier, conséquence
du renchérissement
des importations dû au recul
de la livre sterling consécutive
au Brexit.
7.493
RESSORTISSANTS
BRITANNIQUES
C’est le nombre de ressortissants britanniques naturalisés en Allemagne en 2017,
selon l’Office statistique
allemand. En 2016 déjà,
leur nombre avait marqué
une hausse importante,
à 2.865, contre 622 en 2015.
INTERVIEW // PIERRE MOSCOVICI COMMISSAIRE EUROPÉEN À L’ÉCONOMIE ET AUX FINANCES
« Sur le plan budgétaire, l’Italie a déjà
bénéficié de toutes les flexibilités existantes »
l Dans une interview aux « Echos », le commissaire européen à l’Economie et
aux Finances revient sur la sortie de la France de la procédure pour déficit excessif.
l Il livre également son analyse sur l’été crucial qui s’annonce au sujet de la Grèce.
La France sort de la procédure
pour déficit excessif.
Retrouve-t-elle sa crédibilité
financière ?
La décision que nous prenons
aujourd’hui s’inscrit dans un contexte européen. La conjoncture
économique est en très nette amélioration et, pour la première fois
de l’histoire de l’euro, les dix-neuf
membres de la zone euro vont afficher un déficit inférieur à 3 % de
leur PIB. Le temps des déficits
excessifs est derrière nous. Il a fallu
des années de politiques budgétaires responsables pour en arriver là.
L’héritage de la crise se dissipe petit
à petit. Cela prouve que les procédures mises en place au niveau
européen sont efficaces : on a su
inciter sans punir.
Concernant la France, cette
bonne nouvelle est l’aboutissement
d’une dizaine d’années d’efforts, et
un signe de crédibilité retrouvée.
Mais cette victoire décisive contre
le déficit public ne peut pas suffire :
il faut désormais mener la bataille
du désendettement. La dette publique avoisine les 100 points de PIB,
ce qui reste très élevé, d’autant que
sa charge augmentera le jour où les
taux remonteront. Tout cycle économique est destiné, un jour ou
l’autre, à s’affaiblir ou à s’inverser.
Donc, en matière de dette publique,
la logique de court terme ne suffit
pas. Il faut voir loin. Cela implique
des choix politiques. Rappelons
que le chiffre des 3 % est un plafond
à ne pas dépasser, et en aucun cas
une cible.
La France vous semble-t-elle
être en bonne voie
pour poursuivre
ce redressement financier ?
Il ne m’appartient en aucun cas de
m’exprimer sur les arbitrages politiques que font les pays européens en
matière de finances publiques. Mais,
d’une manière générale, il faut être
clair : le rabot est inefficace pour économiser, et le saupoudrage l’est tout
autant pour dépenser. La France
doit se concentrer plus encore sur
son déficit structurel [calculé indépendamment de la conjoncture,
NDLR]. Il lui faut des priorités claires
dans les économies et la dépense. Je
crois qu’il faut développer une culture d’évaluation de la qualité de la
dépense publique, comme cela se
fait dans beaucoup d’autres pays
européens. Cela implique notamment de donner les moyens au Parlement et au monde de la recherche
de s’approprier ce débat. On mène
en France un débat sur les 3 %,
comme s’il s’agissait de la ligne Maginot ou d’un horizon indépassable de
la pensée. Ce faisant, on passe largement à côté des vrais débats : quelle
est la qualité des réformes ? La
dépense publique est-elle pertinente
et efficace ? Changeons de logiciel.
Fixons-nous d’autres caps, avec
d’autres cadres de réflexion.
La Grèce doit
redevenir un pays
comme les autres au
sein de la zone euro.
Etes-vous optimiste
sur une sortie de la Grèce,
cet été, de son programme
de sauvetage financier ?
L’Eurogroupe de ce jeudi doit être, à
mon sens, l’occasion de passer un
message politique. Un accord technique vient d’être trouvé entre Athènes et les institutions sur les dernières réformes à mettre en œuvre.
C’est une étape très importante qui
démontre que la Grèce respecte ses
engagements. Dès lors, ses partenaires doivent en faire autant sur l’allégement de la dette. Nous avons collectivement l’ardente obligation de
conclure favorablement ce programme d’assistance, pour mettre
derrière nous ces années de crise. Je
vais y consacrer beaucoup de temps
et d’énergie dans les prochaines
semaines.
Le cadre de la relation future
entre Athènes et ses anciens
créanciers reste très difficile
à établir…
Tout programme qui se conclut est
suivi par un mécanisme de surveillance. Cela a été le cas avec Chypre, l’Irlande et le Portugal. Il s’agit
de s’assurer que les engagements
pris à moyen terme soient respectés. Cette idée s’applique aussi au
cas grec, où la crise a été plus sévère,
ce qui nécessite donc des engagements puissants. Mon but est de
tenter de bâtir un compromis sur
plusieurs idées clefs. D’abord, dans
le camp grec, il faut que les réformes soient mises en œuvre, et
qu’une stratégie de croissance
solide se déploie afin que le pays
continue sur sa dynamique. Mais,
du côté des créanciers, il est essentiel de trouver un accord ambitieux
sur des mesures d’allégement de la
dette. L’accord doit être substantiel
et avoir un impact significatif aux
yeux des marchés. Il faut qu’il soit
clair pour tout le monde que la dette
de la Grèce va continuer à baisser
dans les prochaines décennies.
Enfin, nous devons trouver, pour
l’après-programme, un cadre équilibré qui offre à la fois un soutien
approprié à Athènes et des assurances réelles aux créanciers. La Grèce
doit redevenir un pays comme les
autres au sein de la zone euro.
L’idée française de lier
le désendettement grec
à la croissance future
du pays ne semble
pas électriser les foules…
C’est une contribution tout à fait
utile au débat, et une réflexion pertinente. Elle se heurte, on le sait, à des
réticences ou des résistances allemandes liées essentiellement au
système constitutionnel de ce pays
et au droit de regard de son parlement. Il faut continuer à réfléchir
ensemble pour voir comment
accommoder ce mécanisme.
Compte tenu des divergences
d’analyse avec le FMI,
faut-il à tout prix le garder
autour de la table ?
Je le souhaite. Le Fonds a été un partenaire important depuis le début du
programme, et même si nous ne
sommes pas d’accord sur tout, son
expertise et ses ressources financières ont été essentielles. J’espère
donc vivement qu’une décision sur
sa participation pourra être prise
dans les prochains jours. Je suis
conscient que cela implique une
compréhension commune sur la
question de la dette. Mais le FMI me
semble aujourd’hui être sur le
même niveau d’ambition que les
autres institutions. Je suis en contact
étroit avec sa directrice générale,
Christine Lagarde.
L’Italie, troisième
économie
de la zone euro,
doit avoir confiance
en elle-même.
L’inquiétude des marchés se
porte aujourd’hui sur l’Italie.
Quel message voulez-vous
envoyer au sujet
de ses finances publiques ?
Nous prenons en compte la situation telle qu’elle est à ce jour, et à politiques inchangées. Nous constatons
une amélioration, lente et limitée,
mais certaine, de la situation de
l’économie italienne. Pour le reste, il
serait stupide de nier la politique. Si
je ne me suis pas exprimé durant les
négociations de gouvernement en
Italie, c’est parce que je crois au respect du rythme démocratique. La
Commission analysera les actes,
c’est-à-dire le budget et les décisions
du futur gouvernement, une fois
désigné. Je ne me place pas dans
l’opposition systématique entre
Jhon Thys/AFP
Propos recueillis par
Gabriel Grésillon
@Ggresillon
— Bureau de Bruxelles
« Il faut désormais mener la bataille du désendettement. »
Bruxelles et Rome souhaitée par certains. Elle fait toujours gagner les
eurosceptiques. Nous allons travailler, demain, avec le prochain
gouvernement dont il faut respecter
la légitimité démocratique.
Serez-vous ouvert
à une éventuelle demande
italienne de flexibilité accrue
en matière budgétaire ?
L’Italie a déjà bénéficié de toutes les
flexibilités existantes. Mais je ne
veux pas parler d’avenir ou commenter des annonces encore incertaines. Sur le fond, je suis convaincu
qu’il est possible de trouver une voie
qui respecte les intérêts à moyen
terme des Italiens, tout en se conformant au cadre européen qui, je le
rappelle, a été décidé par tous et
pour tous. Les règles économiques
dont nous disposons ne sont ni arbitraires ni oppressives mais de bon
sens, surtout dans le contexte d’une
dette publique élevée, qui doit continuer à être maîtrisée. Je connais trop
ce pays pour ignorer deux réalités :
d’une part, la frustration des Italiens
par rapport au projet européen est
réelle et il n’aurait aucun sens de la
nier. Mais d’autre part, je sais aussi le
rôle fondateur et essentiel qu’a eu
Rome dans l’idée européenne. L’Italie, troisième économie de la zone
euro, doit aussi avoir confiance en
elle-même.
Cette incertitude italienne
met-elle à mal les projets
de réforme de la zone euro ?
Je pense toujours que l’approfondissement de la zone euro est une
nécessité si on veut avoir dans la
durée des politiques efficaces et un
fonctionnement plus démocratique. Ces impératifs demeurent.
C’est la raison pour laquelle je continue d’espérer que le sommet européen de juin permettra des avancées significatives. Sans faire
preuve d’inconscience, ne spéculons pas, à ce stade, sur ce qui se
passe en Italie. n
Giuseppe Conte, un président du Conseil sous tutelle
ITALIE
Malgré ses réserves,
Sergio Mattarella
a accepté le choix
des forces antisystème.
Olivier Tosseri
— Correspondant à Rome
« F i n al e m e n t l a I I I e R é p u b li que commence », exulte Luigi Di
Maio. Ce n’est ni lui ni Matteo Salvini qui dirigera son premier gouvernement mais un troisième
homme : Giuseppe Conte. Un triumvirat dont il sera le troisième
membre par ordre d’importance
placé sous la tutelle des deux intempérants leaders des partis antisystème. Ils ont déjà établi la liste de ses
ministres, dont ils feront partie.
Quant au programme, il devra se
référer point par point à un « contrat de gouvernement » à la rédaction duquel il n’a pas participé. Il
perd même la dernière prérogative
que lui octroie la Constitution, celle
de favoriser et de coordonner l’activité des ministres puisque les divergences sur l’action gouvernementale, seront soumises à un « comité
de conciliation ».
Sergio Mattarella a eu du mal à
être conciliant. La Ligue et le M5S,
après avoir critiqué des présidents
du Conseil non élus par le peuple,
désignent un juriste sans aucune
expérience politique. Il n’avait déjà
pas le physique du rôle, il s’avère
qu’il n’en a pas non plus le CV. Ses
passages dans les plus prestigieuses
universités, de la New York University à la Sorbonne se sont révélés
faux ou exagérés. Quant au « Social
Justice Group » de l’UE, dont il
aurait été l’un des experts, il n’existe
tout simplement pas.
Inquiétudes
Le juriste Guiseppe Conte.
Photo Tersigni/Eidon/Ropi-RÉA
A défaut d’avoir des garanties sur la
formation du président du Conseil,
Sergio Mattarella entend en obtenir
Sergio Mattarella
cherchera désormais
à peser sur le choix
des ministres.
sur celle du gouvernement. Le souverainisme et un programme sans
couvertures financières sérieuses
séduisent les électeurs mais inquiètent les marchés et les partenaires
de l’Italie. Il cherchera donc à obtenir des garanties sur les noms des
futurs ministres des Affaires étrangères mais surtout de l’Economie.
Le nom de l’économiste Paolo
Savona, soutenu par la Ligue, est
évoqué. Son passé de ministre de
l’Industrie du gouvernement
Ciampi de 1993 à 1994 devrait rassurer. Pas les bonnes feuilles de son
autobiographie sur le point de sortir en librairie.
Il y qualifie l’euro de « cage allemande » qui a « divisé par deux le
pouvoir d’achat des Italiens ». Il en
tire donc ses propres conclusions :
« Taper du poing sur la table ne sert à
rien. Il faut préparer un plan B. »
L’alternative est de « terminer
comme la Grèce ». Deux menaces
que Sergio Mattarella veut conjurer
en influant désormais sur la composition du gouvernement. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
06 // MONDE
Jeudi 24 mai 2018 Les Echos
Le dossier iranien réchauffe
les relations Macron-Poutine
RUSSIE
Benjamin Quénelle
— Correspondant à Moscou
Un an après avoir reçu Vladimir
Poutine à Versailles, Emmanuel
Macron aura, ce jeudi soir, droit à
son tour aux ors du palais Constantin. Dans l’ancienne résidence impériale de Pierre le Grand, près de
Saint-Pétersbourg, le président veut
chercher des « points d’accord » avec
le chef du Kremlin. « Nous avons les
yeux ouverts, mais avec la volonté de
construire ensemble », a assuré l’Elysée. Pour mieux préparer cette
visite, Emmanuel Macron a réuni
autour de lui vendredi dernier une
dizaine d’experts français de toutes
sensibilités, d’Hélène Carrère
d’Encausse à Antoine Arjakovsky.
« Dans l’entourage du président, il y
a eu de fortes pressions pour qu’il
annule ce voyage. Les atlantistes sont
toujours influents au Quai d’Orsay »,
confie une source diplomatique
française. Les récentes frappes en
Syrie et l’affaire de la tentative
d’empoisonnement d’un ex-espion
russe en Angleterre avaient, ces dernières semaines, ajouté de nouvelles
tensions après quatre ans de relations déjà difficiles depuis le début
de la crise ukrainienne et les sanctions occidentales contre Moscou.
« Mais le dossier iranien rapproche
aujourd’hui la France et la Russie. Car,
paradoxalement, Poutine est vu en
président plus prévisible et raisonnable que Trump », temporise Arnaud
Dubien, directeur de l’Observatoire
franco-russe. « Pour Macron, la Russie est un grand pays avec qui le dialogue est nécessaire. D’où une position
tout en équilibre, ferme et lucide, mais
ouverte et constructive », assure
Tatiana Kastouéva-Jean, spécialiste
de la Russie à l’Institut français des
relations internationales.
« Pour Poutine, le président français est désormais plus important que
la chancelière allemande, Angela
Merkel. Car il attend de lui de la flexibilité. Mais son indépendance vis-à-vis
des Etats-Unis est encore sujette à
question… », s’interroge pour sa part
Fiodor Loukianov, expert réputé
proche du Kremlin. Alors qu’à Moscou, Emmanuel Macron est souvent
présenté en meilleure chance de
« pont » avec l’Europe, personne ne
s’attend pour autant à des percées
sur l’Iran et encore moins sur les
sujets qui fâchent (Ukraine, Syrie,
sanctions…).
Déjouer l’isolationnisme
Après les discussions bilatérales de
ce soir, Emmanuel Macron sera
demain l’hôte d’honneur du Forum
économique de Saint-Pétersbourg.
Un « Davos russe » auquel il avait déjà
voulu participer en 2016 en tant que
ministre de l’Economie avant d’annuler sa venue à la dernière minute. A la
conférence plénière, le président sera
assis à côté de Vladimir Poutine mais
aussi du Premier ministre japonais,
Shinzo Abe, et de la directrice générale du FMI, Christine Lagarde. Un
prestigieux panel que le Kremlin a
soigneusement orchestré pour mettre en scène un président déjouant
l’isolation provoquée par les sanctions occidentales. Mais les organisateurs ont aussi été de durs négociateurs. Le pavillon France au forum a
été facturé à Business France
800.000 euros, couverts par 16 entreprises françaises. Organisé paradoxalement par l’un des quatre diplomates français récemment expulsés
par Moscou, il doit accueillir Emmanuel Macron pour relancer les relations économiques franco-russes. n
Stéphane de Sakutin/AFP
l Le premier voyage officiel du président en Russie a bien failli être annulé.
l Les relations avec Moscou sont difficiles, mais le président français
entend poursuivre le dialogue, en raison notamment du dossier iranien.
Un an après avoir reçu Vladimir Poutine à Versailles, Emmanuel
Macron aura droit à son tour aux ors du palais Constantin ce jeudi soir.
Total et Novatek, en tête de liste des nouveaux accords franco-russes
Une trentaine de signatures
sont prévues en marge de la
visite d’Emmanuel Macron
au forum économique
de Saint-Pétersbourg.
Jusqu’à la dernière minute, l’Elysée
et le Kremlin négocient les accords
économiques qui seront signés ce
jeudi soir en présence des deux présidents, Emmanuel Macron et Vladimir Poutine. « Paris veut se limiter à
deux, avec le moins de publicité possible. Moscou en veut au contraire le
maximum… », confie une source
proche des discussions. Au total,
plus d’une trentaine d’accords franco-russes sont prévus au forum économique de Saint-Pétersbourg. Un
seul a la certitude d’être paraphé au
palais Constantin, sous le regard des
deux présidents : l’accord entre Total
et Novatek sur Arctic LNG 2, le
deuxième projet d’usine de gaz natu-
présentent
rel liquéfié dans le grand Nord russe,
après le succès de leur partenariat
pour la première usine de Yamal.
Alors que les deux filières nucléaires essaient de relancer leur partenariat, un accord sur le combustible
fissile devrait être aussi signé en présence d’Emmanuel Macron et Vladimir Poutine. Ces dernières semaines, Framatome a notamment initié
des discussions avec Rasu qui, au
sein de l’immense structure russe
Rosatom intégrant tous les métiers
du nucléaire, est son interlocuteur
pour les systèmes de contrôle des
réacteurs. Après de longues discussions, le CNES (Centre national
d’études spatiales) et Roskosmos,
holding russe de l’aérospatial, ont de
leur côté décidé d’un accord-cadre.
« L’effet Macron a joué », confie une
source. « Les gens de Roskosmos
La dynamique est relancée
Safran, déjà très présent en Russie,
devrait par ailleurs signer pour
fournir un moteur à l’avion bombardier d’eau Beriev 200. Autre
signature : Accor pour un Novotel
à Saint-Pétersbourg. Poma et le
Northern Caucasus Resorts,
agence publique russe en charge
de développer les infrastructures
de ski dans le Caucase, créent pour
leur part une coentreprise avec
l’ouverture d’un site de production
en Russie.
Quant à la Caisse des Dépôts et
Consignations (CDC) et le Fonds
russe pour les investissements
(RDIF), ils s’accorderont sur le
financement de projets croisés.
Après le renflouement du verrier
Arc International en 2016 et alors
qu’ont échoué les négociations
pour une entrée conjointe au capital de Gefco, les deux fonds ont
choisi un nouveau bénéficiaire :
l’usine russe de la PME bretonne
Olmix spécialisée dans les dérivés
alimentaires à partir d’algues. Deux
autres projets de PME, dans la pharmacie et le pétrolier, pourraient
pareillement se concrétiser. « Entre
la France et la Russie, après plusieurs
années de disette, la dynamique est
bien relancée », s’enthousiasme une
autre source proche de ces négociations économiques. — B. Q.
Pour Téhéran, le pétrole
est la clef d’une sortie de crise
FORUM
La plupart des entreprises
occidentales vont devoir
se retirer de l’Iran,
où la situation sociale
s’avère tendue.
Yves Bourdillon
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L’étranglement de l’économie iranienne se précise, dans un contexte
régional que le ministre français des
Affaires étrangères, Jean-Yves Le
Drian, a estimé mercredi « au bord
de l’embrasement ». Deux semaines
après s’être retirés de l’accord JCPoA
sur le programme nucléaire iranien,
les Etats-Unis ont ajouté lundi, par la
voix de leur secrétaire d’Etat, Mike
Pompeo, des menaces de sanctions
« les plus dures de l’Histoire » si Téhéran ne se livrait pas à une véritable
reddition géopolitique, notamment
en retirant ses forces de tous les théâtres régionaux.
Dans ce contexte, rares seront les
entreprises qui oseront à partir de
novembre prochain risquer les foudres de l’administration américaine
en continuant de faire des affaires
avec Téhéran. Comme l’ont montré
les annonces de Total, Merck ou Siemens, le calcul est vite fait ; le marché américain est 200 fois plus vaste
et bien moins risqué que l’iranien.
« Seules s’obstineront quelques PME
n’ayant aucune exposition aux EtatsUnis et dont les produits compteront
moins de 10 % de composants américains », estime l’avocat Alexandre
Ebtedaei, du cabinet FTPA.
Même utiliser une tablette, une
puce Intel ou tout produit sous
licence américaine pourrait s’avérer
risqué, fait-il valoir, d’autant plus
qu’il est « très difficile de faire appel
des décisions de l’Ofac », le bras du
Trésor américain chargé d’appliquer les sanctions. Même les opérateurs des secteurs exonérés des
sanctions américaines, comme la
pharmacie ou l’agroalimentaire,
auront du mal à trouver des circuits
financiers, estime Matthieu Etourneau jusqu’à peu chargé du Centre
d’affaires français à Téhéran.
Les investissements occidentaux
en Iran ne constituent toutefois
qu’un volet mineur du dossier, ne
serait-ce que parce qu’ils n’avaient
pas vraiment décollé depuis deux
ans. L’essentiel pour Téhéran est de
pouvoir continuer à vendre son
pétrole, dont il exporte 2,67 millions
de barils par jour (Mbj) actuellement, contre 0,9 Mbj avant les sanctions de 2012. Téhéran pourrait commercer avec l’Inde, la Turquie et,
surtout, la Chine, en yuan ou via du
troc. Une expérience déjà menée
entre 2012 et 2016 mais dont Téhéran
a gardé un mauvais souvenir vu la
médiocrité des produits chinois.
Un pourrissement social
L’Iran pourrait aussi essayer de vendre son pétrole directement à des
Etats occidentaux, que Washington
n’oserait sans doute pas sanctionner,
à l’inverse de firmes. « Est-ce que
l’Union européenne va continuer à
acheter du pétrole aux Iraniens pour
les inciter à respecter ce qui reste du
JCPoA ? » s’interroge Clément
Therme, chercheur à l’Institut international des études stratégiques
(IISS).
Le régime des mollahs, où les durs
sont automatiquement renforcés
par la décision de Trump, pourrait
estimer que la survie du JCPoA n’a
plus aucun intérêt si les exportations de pétrole chutent trop. Les
chancelleries occidentales veulent
Le président iranien Hassan
Rohani est sous la pression
des durs du régime iranien qui
estiment que le JCPOA ne peut
plus être sauvé. Photo AFP
croire possible de sauver le JCPoA
en le remplaçant en fait par un
accord plus large, incluant les questions taboues pour Téhéran de ses
ingérences régionales et missiles
balistiques.
Fin de non recevoir très probable
de la part de Téhéran, qui « estimait
déjà que quand le JCPoA fonctionnait
il n’en recevait pas vraiment les bienfaits, pourquoi accepterait-il de négocier un accord plus large avec les EtatsUnis qui n’ont déjà pas respecté celuilà ? », souligne Clément Therme.
Sauf si le régime s’estime aux abois.
Sa devise a perdu 50 % en un an, le
chômage des jeunes frôle 30 % et des
émeutes se déroulent régulièrement
dans de nombreuses villes, comme à
Kazerun vendredi dernier, fait valoir
un Iranien de la diaspora. Washington mise clairement sur un pourrissement social jusqu’au renversement du régime. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 07
Les Echos Jeudi 24 mai 2018
idées&débats
SOMMAIRE
Le meilleur du Cercle Fusion Agirc-Arrco : les cadres pénalisés
des Echos
La Chronique
Comment faire face à l’irrésistible montée
du dollar
Le Point de vue
Parlez-vous la langue des entrepreneurs ?
Art et culture
L’Amérique orpheline de Philip Roth
Stratégie
Les entreprises face à la révolution
des compétences
LES ÉDITORIAUX
DES « ÉCHOS »
Un monde meilleur
Boll pour « Les Echos »
Cambridge Analytica n’a pas fait
fuir les utilisateurs de Facebook
Anaïs Moutot
—Correspondante à San Francisco
Depuis deux mois, Mark Zuckerberg multiplie les interventions
pour réparer les dommages causés
par l’affaire Cambridge Analytica,
cette firme de marketing politique
qui a siphonné les données de
87 millions d’utilisateurs du réseau
social. Après le Capitole début avril,
le PDG de Facebook a fait face aux
élus du Parlement européen mardi,
rencontré Emmanuel Macron mercredi et sera sur la scène de la conférence VivaTech jeudi. La répétition
de l’exercice donne l’impression
qu’il y a péril en la demeure. En réalité, le réseau social sait qu’il n’est pas
vraiment menacé. Malgré le hashtag #deletefacebook et le départ de
quelques célébrités, le scandale n’a
pas fait fuir les utilisateurs. Les
résultats du premier trimestre,
publiés fin avril, attestent d’une
croissance ininterrompue : le nombre de personnes se connectant chaque mois au réseau social a augmenté de 13 % pour atteindre
2,2 milliards d’utilisateurs.
Certes, l’affaire a éclaté quinze
jours seulement avant la fin de ce
premier trimestre et il faut attendre
les résultats du deuxième exercice
fiscal pour mesurer entièrement
l’impact du scandale. Mais l’équipe
de direction de Facebook a indiqué à
plusieurs reprises que le nombre de
désinscriptions n’était pas « significatif ». Le réseau social bénéfice de
ce que les chercheurs appellent le
« privacy paradox ». « Quand vous
interrogez les gens sur la protection de
leur vie privée, ils expriment leur
aversion face à la perte de celle-ci,
mais ils ont tendance à ne pas faire les
choix correspondant à ces préférences », explique Susan Athey.
Cette professeur en économie de
l’université de Stanford est l’un des
auteurs d’une récente étude expliquant les mécanismes derrière cette
apparente contradiction. Avec deux
collègues du MIT, elle a proposé à
3.108 étudiants de l’université de
L’ANALYSE
DE LA RÉDACTION
Fin avril, malgré le
scandale, le nombre
de personnes
connectées au réseau
social était en hausse
de 13 %. Le calcul
bénéfices-risques
et le manque
d’alternatives font
qu’elles continuent
d’utiliser
la plate-forme.
recevoir une pizza gratuitement en
échange de la communication des
courriels de trois amis. Une majorité
écrasante a soumis les e-mails… y
compris les personnes indiquant
être soucieuses de la protection de la
vie privée.
Cela illustre bien la manière dont
les utilisateurs mettent dans la
balance les incitations à partager
leur vie en ligne et les risques qui en
découlent. « Les bénéfices sont
immédiats et garantis. Les risques se
situent dans un futur lointain et sont
très incertains », résume Laura
Brandimarte, professeur à University of Arizona. Du côté des incitations, Facebook a su se rendre indispensable. Le réseau social a fait
disparaître tout « le travail émotionnel » qu’il fallait accomplir avant son
apparition, raconte une journaliste
de The Verge qui a tenté (sans succès) de se passer du réseau social :
conserver et classer ses cartes de
visite, envoyer des cartes de vœux à
Noël, passer des coups de fil pour
organiser une soirée…
Une certaine forme
d’autocensure
D
Les points à retenir
Depuis l’affaire Cambridge
•Analytica,
cette firme de
marketing politique qui
a siphonné les données
de 87 millions d’utilisateurs de
Facebook, Mark Zuckerberg
multiplie les excuses.
Malgré le hashtag
#deletefacebook et le départ
de quelques célébrités, l’affaire
n’a pas fait fuir les utilisateurs.
La plate-forme joue
désormais un rôle central
dans le maintien de relations
sociales et de travail.
•
•
La plate-forme joue désormais un
rôle central dans le maintien de relations sociales, mais aussi le travail à
l’université (à travers les groupes
Facebook), et même la recherche
d’emploi grâce à l’accès à un réseau
étendu de contacts. Les dommages
résultant de la collecte et de l’utilisation de données sont, eux, plus difficiles à mesurer. Il n’est ainsi pas certain que l’utilisation par Cambridge
Analytica de données de profils
Facebook ait permis de mieux cibler
les campagnes de Donald Trump et
des partisans du Brexit.
Faire reposer la responsabilité de
la protection de leurs données personnelles sur les utilisateurs est
donc une gageure. « La protection
des données est comme la qualité de
l’air ou de l’eau potable, c’est un bien
public qui ne peut pas être effectivement régulé en faisant confiance à la
sagesse de millions de choix indivi-
duels. Une réponse plus collective est
nécessaire », estime Zeynep Tufekci,
chercheuse à University of North
Carolina.
Les utilisateurs sont également
conscients de l’inutilité d’un retrait
de Facebook s’ils continuent d’utiliser d’autres services reposant sur
l’exploitation de leurs données,
comme Google. Comme le résume
avec humour Arvind Narayanan,
professeur à Princeton, sur Twitter :
« Pour contrôler votre vie privée en
ligne, voici sept étapes simples : quitter Facebook, installer un bloqueur de
publicités, détruire votre téléphone,
peindre votre visage avant d’aller
dehors, écrire des lettres à chacun des
4.000 data brokers pour leur demander de ne plus collecter vos données,
éviter les autres humains (Facebook
obtient des données sur vous auprès
d’eux), déménager dans une forêt
reculée. »
Les utilisateurs restent donc sur
Facebook, mais ils adaptent ce qu’ils
partagent, en optant pour une certaine forme d’autocensure. Celle-ci
réduit l’étendue des informations
auxquelles Facebook a accès et donc
l’effectivité du ciblage publicitaire
pointu qu’offre la firme aux annonceurs. L’introduction par l’entreprise
californienne d’outils permettant de
mieux contrôler le partage de données – suppression de l’historique de
navigation, refus de publicités
basées sur les données de sites tiers…
– doit permettre de rétablir la confiance. Quant à quitter Facebook
pour d’autres alternatives plus respectueuses de la vie privée, l’entreprise californienne s’est assurée que
ce ne soit pas une option. Elle a
racheté ses concurrents Instagram
et WhatsApp et copie les inventions
de start-up lui résistant, comme
Snapchat. Un groupement d’associations vient de demander au régulateur américain du commerce d’examiner un démantèlement de
Facebook, mais les chances sont
maigres pour que sa requête aboutisse. Le réseau social va pouvoir continuer son « business as usual ». n
La peur est mauvaise conseillère. En pleine
révolution digitale, la France de Descartes
aurait pu se dire que, en ce nouvel âge des
Lumières, l’heure était venue d’embrasser le
progrès et de s’enthousiasmer pour
l’innovation. Mais non. Cédant à ses vieux
démons, la France a peur. Préférant voir le
verre à moitié vide des menaces plutôt que
Par David
celui à moitié plein des opportunités, notre
Barroux
patrie du principe de précaution broie du
noir technologique. Dans les débats, les unes
La
de journaux ou les prises de parole des
révolution
politiques, quasi systématiquement, c’est la
digitale nous face sombre du numérique qui retient notre
attention. Nous n’avons, bien sûr, pas le
fait peur.
monopole du doute. Dans le sillage de
Ne nous
l’affaire Facebook Cambridge Analytica, la
question du respect de notre vie privée a
laissons
toute la planète. Mais, plus qu’ailleurs,
pas tétaniser agité
nous faisons le pari que la montée en
par le doute. puissance de l’intelligence artificielle va
détruire plus d’emplois qu’elle ne va en créer.
Agissons.
Nous redoutons que le développement du
commerce électronique ne profite qu’à Amazon et tue tout le petit
commerce. Nous craignons la mise en place d’une société à la Big
Brother dans laquelle le citoyen-consommateur sera en
permanence espionné par les pouvoirs publics comme par les
entreprises.
Toutes ces menaces existent et ne sont pas que de purs
fantasmes. Mais ce n’est pas pour autant que le scénario du pire est
forcément écrit d’avance. Plutôt que de baser notre réaction sur le
terrain de l’émotion, c’est la raison qui doit dicter nos actions.
Certes, si nous ne faisons que subir et ne prenons pas les devants,
nous risquons de passer à côté des effets bénéfiques de la
gigantesque transformation numérique déjà enclenchée. Mais si,
encore plus que d’autres, nous investissons dans l’éducation et la
formation, si comme à VivaTech nous favorisons les partenariats
entre start-up et grands groupes, si nous faisons des choix et nous
positionnons sur des secteurs porteurs et si nous faisons évoluer
notre cadre législatif pour stimuler entrepreneuriat et la prise de
risques, alors nous pourrons aller de l’avant de façon constructive.
Les périodes de transition sont souvent douloureuses. Elles
commencent par causer des dégâts avant de nourrir un rebond.
Mais les promesses de la médecine personnalisée, de la voiture
autonome, des énergies propres ou de l’intelligence artificielle sont
telles qu’elles ont aussi de fortes chances de déboucher sur un
monde meilleur. Conscientes qu’elles doivent agir dans ce sens si
elles ne veulent pas que l’opinion publique les rejette, les
multinationales ont compris qu’elles devaient s’engager en faveur
d’une « good tech ». A nous de veiller à ce que leurs actes soient en
conformité avec leurs paroles. Mais à nous aussi de leur faire un
peu confiance.
(
Lire nos informations
Pages 10, 11 et 14 à 20
Vigie parlementaire
Par Etienne Lefebvre
La majorité parlementaire l’a promis : elle entend jouer un rôle de
contrôle et de suivi budgétaire plus strict que dans le « monde
d’avant ». Au lieu de consacrer toute leur énergie à des joutes stériles
dans l’Hémicycle ou à la défense d’amendements identiques année
après année, les députés souhaitent consacrer plus de temps à
l’évaluation des politiques publiques, dont doivent leur rendre
compte les ministres. Avec l’examen dans les prochaines semaines
de la loi sur l’exécution du budget 2017, les élus vont pouvoir s’y
essayer, même si celle-ci traduit principalement les dernières
décisions du quinquennat Hollande. Le rapport publié mercredi par
la Cour des comptes est instructif à plus d’un titre. Il confirme que la
baisse du déficit a été liée avant tout à la croissance et à l’accélération
plus forte que prévu des recettes fiscales. Mais la dépense publique,
et singulièrement celle des ministères, a elle aussi accéléré, en dépit
des mesures d’économies (contrats aidés, notamment) prises en
cours d’année par le gouvernement d’Edouard Philippe. Les
dépenses fiscales ont également continué de prospérer, avec
quelques dérapages singuliers par rapport à la prévision initiale
(brevets, dons des entreprises, TVA réduite sur la restauration, etc.).
La Cour souligne enfin la faible pertinence des indicateurs de
performance.
L’exécutif, dans le budget 2018, a fait un ménage salutaire par
rapport aux dérives précédentes. Les dépenses de fin d’année
reportées artificiellement sur l’année suivante ont été réduites, et
nombre de missions sous-budgétées ont été remises à niveau,
rendant le projet de loi de finances beaucoup plus crédible. Certains
postes de dépenses risquent néanmoins de déraper, à l’instar de la
prime d’activité. Au-delà de l’évaluation des politiques publiques et
du contrôle de la dépense, les députés devront aussi passer au stade
des préconisations de réformes, et d’économies budgétaires. Ils
resteront sinon dans une posture défensive par rapport aux
décisions gouvernementales. Les parlementaires LREM ont du
pain sur la planche. Et l’occasion de prendre leur indépendance.
(
Lire nos informations
Pages 2 et 3
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08 // IDEES & DEBATS
Jeudi 24 mai 2018 Les Echos
LES ARTICLES LES PLUS LUS SUR LESECHOS.FR
opinions
1. Fusion Agirc-Arrco : avant-goût de la réforme des retraites de 2019 ?
2. Amsterdam dégaine un arsenal contre le tourisme de masse
3. Vol MH370 : des experts pensent avoir (enfin) résolu le mystère
4. Elon Musk dévoile les premières images de son tunnel sous Los Angeles
5. Le chômage est reparti à la hausse en début d'année
LE MEILLEUR DU
CERCLE DES ÉCHOS
DANS LA PRESSE
ÉTRANGÈRE
Fusion Agirc-Arrco :
les cadres pénalisés
Quand la police
américaine se dote
de reconnaissance faciale
Avec la fusion des deux caisses de retraite
complémentaire Agirc et Arrco, les cadres
rémunérés en dessous de certains seuils
risquent d’être désavantagés. Les
explications de Christel Bonnet,
consultante retraite chez Mercer France.
la retraite des salariés et des cadres dépendra
d’une seule et même caisse : Agirc-Arrco.
Bien que cette appellation laisse sousentendre une continuité dans la gestion des
caisses de retraite, il en sera tout autre. Les
sociétaires verront le système de calcul de
leurs droits uniformisé. »
SEUIL MINIMUM. « Les cadres dont les
revenus sont inférieurs ou s’établissent
légèrement au-dessus des 39.000 euros brut
annuels pourraient se retrouver lésés. […]
Légalement, le cadre est tenu d’obtenir un
minimum de 120 points de retraite dans
l’année […]. En 2017, le seuil minimum de
salaire a été fixé à hauteur de
43.337,76 euros brut dans l’année. Pour tous
les cadres se trouvant en deçà, une
compensation leur était attribuée, la garantie
minimale de points (GMP) permettant
d’atteindre les 120 points demandés. »
BAISSE DES PENSIONS. « La réforme
Agirc-Arrco prévoit tout bonnement la
suppression de la GMP, ce qui signifie que les
cadres avec un salaire en dessous de ce seuil
se trouveront pénalisés. Par ailleurs, au
1er janvier 2019, les points Agirc vont être
convertis en points Agirc-Arrco et se
baseront sur une valeur équivalente au point
Arrco. Au moment de cette transformation,
la valeur en euros des droits acquis sera
maintenue. Toutefois, il est aujourd’hui
difficile de savoir si cette équivalence des
droits perdurera sur le long terme. »
a
A lire en intégralité sur Le Cercle,
le site participatif des Echos
lesechos.fr/idees-debats/cercle
Plus d’une vingtaine d’associations
•américaines
de défense des droits
humains, avec en tête l’American
Civil Liberties Union, ont signé une
lettre, publiée mardi 22 mai, dans
laquelle elles appellent Amazon à
cesser la vente de son outil de reconnaissance faciale, Rekognition, aux
services de police, rapporte le « New
York Times ». Aux Etats-Unis, quelq u e s c o m t é s o n t e f f e c t i ve m e n t
adopté ce système qui permet
« d’identifier des personnes, des
objets ou des activités ».
« Amazon Rekognition pourrait
conduire à des abus dans les mains de
certains gouvernements. Ce produit
représente une grave menace envers les
communautés, dont les personnes de
couleur et les immigrants », écrivent
les auteurs de la lettre.
Le géant américain du numérique, plus connu pour son site de
vente en ligne, n’est pas le premier à
se lancer dans ce type de solution ni
à la vendre à des autorités, mais
« peu d’entreprises ont la capacité
d’Amazon à pousser efficacement
l’adoption à grande échelle de produits technologiques », précise le
journaliste Nick Wingfield.
Les craintes concernent aussi
bien des potentielles atteintes à la
vie privée qu’une utilisation pour
épier des opposants politiques, mais
a u s s i u n t a u x d ’e r r e u r e n c o r e
important : « Une étude du Massachusetts Institute of Technology a
montré que le genre des femmes à la
peau sombre était mal identifié dans
35 % des cas. » Un pourcentage plus
élevé que pour les hommes à la peau
claire : 1 % pour ces derniers.
— Rémy Demichelis
LE LIVRE
DU JOUR
Redécouvrir l’Ouest
américain
LE PROPOS « Go West, young
man. » Ian Frazier, plume du
« New Yorker » multiprimée
pour son humour
communicatif, a toujours été
attiré par l’Ouest américain. Un
jour, l’intello new-yorkais décide
de s’installer à Kalispell
(Montana). A bord de son vieux
van rouillé, il mange
40.000 kilomètres de poussière
dans treize Etats des Grandes
Plaines. A la découverte de ces
terres « peu photogéniques ou au
moins peu photographiées », jadis
encensées par les visiteurs, les
aventuriers et les pouvoirs
publics, et aujourd’hui regardées
de haut par les Américains
depuis l’avion qui les transporte
d’une côte à l’autre.
L’INTÉRÊT Cet exceptionnel
reportage au long cours, bestseller aux Etats-Unis en 1989, est
enfin publié en France, dans la
bien nommée collection
Etonnants Voyageurs que dirige
Michel Le Bris chez Hoëbeke
(Gallimard) depuis 2000. Frazier
fait partager sa jubilation pour
une région dont il confronte
brillamment le glorieux passé et
« Grandes Plaines »
de Ian Frazier, traduit de l’anglais
par Alexandra Maillard. Hoëbeke,
21 euros, 286 pages.
les personnages de légende (de
Crazy Horse à Bonnie et Clyde)
avec la triste réalité moderne
(zone de stockage pour les
missiles nucléaires). Un
émouvant rappel que « ça aurait
pu marcher, la démocratie
américaine, cette terre de liberté,
d’égalité, de quête du bonheur »
si seulement le pays n’était pas
devenu « un supermarché à ciel
ouvert ».— Isabelle Lesniak
La dégringolade du peso
argentin tient en partie
à l’appréciation du dollar.
Comment faire face
à l’irrésistible montée du dollar
L’appréciation récente du dollar pèse de plus en plus lourd sur un certain
nombre d’économies, notamment celles des pays émergents. Il est urgent
de s’organiser pour faire face à une tendance qui risque de durer et pour
diminuer la pression sur les marchés des changes.
LA
CHRONIQUE
de Mohamed
A. El-Erian
e gouvernement du président
argentin Mauricio Macri a
demandé un prêt au FMI dans
l’espoir de mettre un coup d’arrêt à la
dégringolade du peso, qui pousse les
taux d’intérêt à la hausse, menace les
réformes et va ralentir l’économie. Ce
revers de fortune tient en partie à la
récente appréciation du dollar – un processus qui devrait s’accélérer, car la
situation monétaire et le différentiel de
croissance entre les deux pays jouent en
faveur des Etats-Unis.
La Réserve fédérale américaine (FED)
a été la première des banques centrales
d’importance systémique à normaliser
sa politique monétaire. Et la divergence
croissante entre les résultats économiques américains et ceux du reste du
monde est un autre facteur favorable à
la récente appréciation du dollar.
Durant la plus grande partie de
l’année dernière, les marchés ont essayé
de s’adapter aux indicateurs de croissance hors des Etats-Unis, nettement
moins bons que ce à quoi ils s’attendaient. C’est ainsi que le « dollar index »
ou « broad index » [moyenne pondérée
de la valeur du dollar par rapport à un
panier de devises étrangères] a chuté de
10 % l’année dernière. Les investisseurs
ont cherché à tirer parti de cette situation, tout en bénéficiant de meilleurs
rendements et de la possibilité de gains
en capitaux liés aux variations des taux
de change. De ce fait, les flux de capitaux vers l’Europe et les principaux
pays émergents se sont intensifiés.
Mais depuis quelques mois, le regain
de croissance dont ont bénéficié
l’Europe et d’autres régions perd de sa
force.
L’Europe et les pays émergents font
maintenant moins la chasse au retour
des capitaux, d’autant que certains sont
déjà revenus. Aussi peut-on s’attendre à
ce que le contexte économique et financier continue à favoriser l’appréciation
du dollar. Il faut donc adopter une politique efficace pour contrer cette pres-
L
sion à la hausse et limiter les risques de
contagion.
Heureusement, les outils nécessaires
pour réduire le risque de crise existent.
Mais il faut que les différents pays s’en
emparent et parviennent à une
meilleure coordination internationale.
On peut, certes, considérer que
l’appréciation du dollar s’accorde avec
un rééquilibrage à long terme de l’économie mondiale. Mais, comme le montre la situation en Argentine, l’appréciation brutale d’une devise d’importance
systémique dans un pays donné peut
provoquer des déséquilibres bien audelà de ses frontières.
Les pays émergents sont particulièrement vulnérables à ce phénomène.
Avant la crise financière asiatique des
années 1990, nombre d’entre eux arrimaient leur devise de façon rigide au
L’appréciation brutale
d’une devise
d’importance systémique
peut provoquer des
déséquilibres bien
au-delà de ses frontières.
dollar et faisaient des emprunts dans
cette même monnaie, alors que la plus
grande partie de leurs recettes se comptait dans leur devise nationale (ce que
les économistes appellent le « péché
originel »).
Tandis que le dollar s’appréciait sur
les marchés internationaux, ces pays ont
vu leur compétitivité s’éroder et leurs
comptes courants se détériorer. Les flux
de capitaux sortants (qu’ils soient potentiels ou réels) ont contraint les banques
centrales à relever leurs taux d’intérêt
locaux, ce qui a augmenté les pressions
économiques sur leurs entreprises.
Beaucoup de pays en développement
ont maintenant un taux de change flexible. Ils peuvent donc réduire les problèmes de taux de change associés à leur
passif en se rabattant sur des sources
nationales pour emprunter. Néanmoins subsistent deux vulnérabilités :
– La récente période inhabituelle de
volatilité réprimée des marchés financiers, de taux d’intérêt extrêmement bas
et de faiblesse du dollar a suscité un nouveau flux de capitaux vers les pays émer-
gents. Or, ce flux comportait des « dollars qui font du tourisme », prêts à
repartir aux premiers signes de troubles.
– Encouragés par des conditions de
financement exceptionnellement généreuses sur la scène internationale, de
plus en plus d’entreprises des pays
émergents ont emprunté des dollars à
l’étranger, augmentant ainsi leur vulnérabilité financière face à une hausse des
taux d’intérêt ou à des variations défavorables du taux de change.
Les pays émergents étant structurellement vulnérables face au risque de
contagion à court terme, ce n’est en
général qu’une question de temps pour
que les problèmes propres à quelques
pays conduisent à un resserrement des
conditions financières pour des classes
entières d’actifs.
Au-delà d’un risque pour la stabilité
des marchés émergents, une appréciation brutale du dollar (en particulier la
perte de compétitivité qu’elle entraîne)
pourrait compliquer des négociations
commerciales déjà délicates. Les tentatives visant à moderniser l’Accord de
libre-échange nord-américain (Aléna)
et à établir des relations commerciales
plus équitables entre les Etats-Unis et la
Chine pourraient notamment en pâtir.
Dans ce contexte, les dirigeants politiques devraient adopter une stratégie
visant à diminuer les pressions qui
s’exercent sur les marchés des changes.
Cela passe en priorité par des mesures
d’encouragement à la croissance,
notamment en Europe qui fait face à
des difficultés structurelles malgré son
redressement économique récent.
Quant aux pays émergents, ils
devraient veiller à maintenir un bilan
solide, à améliorer leur compréhension
de la dynamique des marchés et à protéger leur crédibilité politique.
Il faudrait une meilleure coordination
internationale, notamment pour éviter
ou briser les cercles vicieux. Le FMI a un
rôle important à jouer, car il pourrait
être confronté prochainement à une
hausse des demandes de financement.
De toute évidence il est préférable de
prendre toutes les mesures de prévention nécessaires, plutôt que de risquer
une crise qui sera difficile à résoudre.
Mohamed A. El Erian est conseiller
économique en chef d’Allianz. Cet
article est publié en collaboration
avec Project Syndicate 2018.
Natacha Pisarenko/AP/Sipa
CALCUL DES DROITS. « Au 1er janvier 2019,
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IDEES & DEBATS // 09
Les Echos Jeudi 24 mai 2018
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4. Près d'un quart de la population mondiale pourrait être obèse d'ici à 2045
5. Parcoursup : 29.000 candidats n'ont reçu que des « non » à leurs vœux
LE POINT
DE VUE
de Sylvain Bureau,
Julien Vaulpré
et Corine Waroquiers
Parlez-vous la langue
des entrepreneurs ?
Philippe Chevilley
@pchevilley
es grands groupes ont deux défis
majeurs : attirer et conserver les
talents et faire face à la concurrence des nouveaux acteurs du digital.
Avec un tiers des étudiants français qui
veulent devenir entrepreneurs, la
France a l’intention entrepreneuriale
chez les jeunes la plus élevée des pays de
l’OCDE (*) !
Une fois en poste, beaucoup de managers partent ou prévoient de partir pour
créer leurs propres entreprises. Ils se forment à l’entrepreneuriat et au digital le
soir et le week-end (chez The Family,
Lion Executive, Le Wagon et bien
d’autres). Côté concurrence, le paysage
est chamboulé. Tous les marchés ou
presque connaissent des ruptures rapides avec l’émergence d’acteurs qui n’existaient pas il y a dix ans. Le cas du spatial
est emblématique, avec SpaceX ou les
projets toujours plus fous des Gafa.
Les grands groupes ont pris la
mesure de ces transformations. Ils
développent des stratégies dont l’enjeu
premier est de changer le travail et son
organisation. Les mesures sont tangibles : limiter le nombre de niveaux hiérarchiques, réinventer les espaces de
travail en multipliant les bureaux situés
dans des tiers-lieux (type WeWork,
Kwerk, Anticafé, The Bureau…), recruter d’anciens entrepreneurs à des postes à responsabilité, adopter des méthodes agiles pour éviter les planifications
rigides, investir dans les pépites de
demain via le « corporate venture capital », lancer des accélérateurs de projets
innovants ou encore des partenariats
avec des start-up (100 % des entreprises
du CAC s’y sont mises, soutenues par
l’initiative David avec Goliath de la
société d’investissement Raise).
Dans ce nouveau contexte, c’est la
logique entrepreneuriale qui prévaut.
Le paradigme managérial dont l’enjeu
premier était de faire faire ce qui avait
été validé par les dirigeants recule. A
présent, il faut faire soi-même à son
niveau.
LE POINT
DE VUE
Réformer la zone euro
pour faire reculer
le populisme
L
d’Hélène Rey
’Italie est peut-être en train de
mettre en place un gouvernement
populiste, fruit d’une alliance
entre le Mouvement 5 étoiles et la Ligue.
L’extrême droite est déjà aux affaires
dans le gouvernement autrichien. Les
causes de la montée de l’extrême droite
en Europe sont multiples.
Des articles de recherche récents (1),
qui utilisent des données géographiques
détaillées, montrent que la montée des
extrêmes en Europe est due à l’interaction de chocs économiques majeurs
avec des réponses macroéconomiques
et sociales très inadaptées. Ainsi, les
chocs économiques (augmentation des
importations chinoises, crises financières transatlantiques et de la zone euro)
n’ont pas été amortis suffisamment dans
la zone euro en raison de politiques
d’austérité procycliques et du manque
de mécanismes permettant de mutualiser le risque entre les pays ou même les
régions. Une partie de la population, la
plus vulnérable à la conjoncture économique, s’est sentie abandonnée et non
représentée dans le système démocratique. C’est pour cela qu’une réforme de la
zone euro visant au moins à établir des
règles fiscales moins procycliques et
plus efficaces, et à améliorer le partage
du risque entre pays tout en conservant
une certaine discipline, est très urgente.
Des propositions en ce sens ont été faites
par un groupe de 7 économistes allemands et 7 économistes français dont je
fais partie (2). Ne rien faire, c’est courir le
risque d’une montée plus forte de
l’extrême droite dans les pays européens, un scénario historique trop familier. La crise de 2008 ressemble à bien
L
L’Amérique orpheline
de Philip Roth
Le paradigme managérial
dont l’enjeu premier
était de faire faire ce qui
avait été validé par
les dirigeants recule.
A présent, il faut faire
soi-même à son niveau.
Ce bouleversement achoppe cependant sur un point dans les grandes
entreprises : le langage. Malgré toutes
les mesures prises, les résultats ne peuvent pas être au rendez-vous si la langue
n’évolue pas pour devenir, elle aussi,
plus entrepreneuriale. Les PowerPoint
surchargés de mots et de chiffres en
réunion, les e-mails formels et impersonnels ne conviennent plus. Les entrepreneurs utilisent une langue incarnée,
simple, directe, visuelle et digitale, qui
vise à produire de l’impact ici et maintenant. Les entrepreneurs parlent pour
agir immédiatement, à leur échelle.
des égards à celle de 1929 et nous
devrions tout faire pour éviter que ces
retombées politiques soient similaires à
celles des années 1930.
En Allemagne, où la crise économique a été nettement moins ressentie
qu’en Italie, c’est le changement d’offre
politique qui expliquerait la montée du
parti d’extrême droite AfD. Dans un
e-book récent sur l’Allemagne, édité par
Dalia Marin, professeur à Munich, on
apprend qu’il y a une corrélation très
Une partie
de la population,
la plus vulnérable
à la conjoncture
économique, s’est sentie
abandonnée et non
représentée dans le
système démocratique.
élevée entre les votes pour l’AfD dans
les élections de 2016-2017 et les votes
pour le parti nazi dans les années 1920
et 1930 (3). Ce sont les mêmes municipalités qui votent pour l’extrême droite
maintenant qui votaient jadis nazi. Cette
corrélation est apparue seulement après
2015, c’est-à-dire quand l’AfD s’est trouvée dominée par le courant xénophobe
et n’était pas là en 2013 au temps où l’AfD
prônait plutôt l’austérité budgétaire.
Pour les pays qui ont le plus souffert
de la crise, où les conditions économiques ont été un catalyseur fort de la
montée des extrêmes, il est plus que
Apprendre les fondamentaux pour
comprendre cette nouvelle grammaire
est possible en quelques heures. Ensuite,
il faut pratiquer encore et encore, pour
maîtriser la langue entrepreneuriale qui
se résume en un mot : le « pitch ». Le
monde n’entend plus les dirigeants qui
ne vivent pas leur discours. Le monde
n’écoute plus les patrons qui font faire
leur storytelling par d’autres. Le monde
attend des dirigeants qu’ils parlent par
eux-mêmes, qu’ils fabriquent eux-mêmes leur communication, qu’ils vivent
eux-mêmes leurs messages. Faire soimême sa communication, exprimer sa
conviction, créer son récit, sa « story »,
développer son narratif, son pitch et le
faire soi-même, c’est à la fois plus satisfaisant et plus efficace.
Quant au conseil, il est là pour
apprendre à faire, pas pour mettre dans
la bouche des dirigeants des mots tout
faits, indifférenciés, une sorte de
novlangue communicante vague et peu
convaincante Pourquoi ne pas devenir
des « storymakers » en se réappropriant la puissance de la langue ?
Sylvain Bureau est cofondateur
et directeur du développement
de Storymakers.
Julien Vaulpré est directeur général
de Taddeo.
Corine Waroquiers est cofondatrice
et directrice générale de Storymakers.
DISPARITION
Trente et un romans ou essais, une vingtaine de prix à son actif (plusieurs National
Book Awards, le Pulitzer pour « Pastorale
américaine », le Médicis étranger pour « La
Tache ») : Philip Roth, mort mardi soir à
l’âge quatre-vingt-cinq ans, n’a pas usurpé
son statut de géant de la littérature. Seule
anomalie dans sa fructueuse carrière, il n’a
pas décroché le Nobel. Comme si son talent
hors norme avait été jugé « hors compétition » par l’Académie suédoise… Après la
disparition de Jim Harrison en 2016, et celle
toute récente de Tom Wolfe, l’armée des
ombres s’agrandit dans le monde des lettres
américaines. Prétendre qu’avec Roth
s’éteint le dernier des géants serait aller un
peu vite en besogne. Il reste les plumes
majeures de Joyce Carol Oates, Richard
Ford, Toni Morrison, Russel Banks, Louise
Erdrich, John Irving… Mais l’auteur du
cycle de Nathan Zuckerman n’était-il pas le
meilleur d’entre tous ? Sans doute, par sa
façon d’aborder, à travers ses mots si forts, si
tranchants, tous les maux de l’Amérique.
Entré en littérature avec des nouvelles
(« Goodbye Columbus ») en 1959, le natif de
Newark défraie la chronique dix ans plus
tard en publiant « Portnoy et son complexe », les confessions débridées d’un trentenaire juif à son psy. Avec ou sans son héros
récurrent Zuckerman, l’écrivain s’attaque
ensuite à tous les sujets qui fâchent. Sans fil-
tre, ni manichéisme, il fustige l’antisémitisme latent,
le racisme anti-Noirs, le
puritanisme yankee, l’hypocrisie des
mœurs, la violence sociale ou politique.
Humaniste pessimiste, il anticipe l’avènement de Trump dans sa glaçante uchronie
« Le Complot contre l’Amérique » (2004).
Emotion suprême
En évitant sciemment les chemins balisés
du didactisme, il parvient à dire des choses
essentielles. Jusqu’à son dernier opus,
« Némesis » (2010), où il imagine les séquelles psychologiques de la propagation d’une
épidémie de polio dans les années 1940, il
surprend par la singularité de ses intrigues
et par leur force de frappe inattendue. Roth
conçoit ses romans comme autant de métaphores, résumant une société ou une époque. Et s’avère un merveilleux styliste : peu
d’effets, de la précision et de l’élégance, une
ironie qui tourne vite à la mélancolie. Sa
plume incisive ne bute sur aucun obstacle :
fluidité de l’action, percée des cœurs et des
âmes… Jusqu’à l’émotion suprême distillée
par « Exit-le Fantôme » (2007), son œuvre
testament (avant l’heure), qui rallume la
flamme d’un Zuckerman vieilli et amoindri.
On n’a pas fini de lire et de relire ses ouvrages si pénétrants. Philip Roth a légué suffisamment de pages indispensables pour
nous aider à comprendre le monde, à ne pas
désespérer totalement des errements des
hommes et des femmes de notre temps. n
(*) Les chiffres présentés dans ce papier
sont issus de la dernière étude réalisée par EY
et la chaire entrepreneuriat ESCP Europe.
temps de proposer une réponse macroéconomique et sociale forte au niveau
de la zone euro. Les événements pourraient accélérer les choses.
Les discussions actuelles par la coalition populiste italienne d’introduction
de mini-BOT (Buoni Ordinari del Tresorio), qui seraient des reconnaissances de
dette émises par l’Etat Italien, est une tentative d’augmenter la dette italienne en
s’affranchissant des règles européennes
(qui sont, il est vrai trop procycliques).
Si ces mini-BOT servaient à financer
les dépenses budgétaires massives
découlant du contrat de gouvernement entre Di Maio et Salvini et une
partie non négligeable des futures
recettes fiscales étaient affectées à leur
remboursement, la stabilité financière
de l’Italie et de la zone euro s’en trouverait menacée. Il est d’ailleurs probable
que la Liga conçoit ces titres, qui
seraient de petite dénomination, ne
porteraient pas d’intérêts et n’auraient
pas d’échéances, comme une monnaie
parallèle appelée à favoriser la sortie de
l’euro.
Hélène Rey est professeure
à la London Business School.
1) « Global Crises and Populism : The Role
of Eurozone Institutions », L. Guiso,
H. Herrera, M. Morelli and T. Sonno (2018) à
paraître dans « Economic Policy ».
2) « Reconciling risk sharing with market
discipline : A constructive approach to euro
area reform », CEPR Policy Insight n° 91.
3)« Explaining Germany’s Exceptional
Recovery », D. Marin (2018), CEPR Press,
e-book : VoxEU.org.
Philip Roth, dans les bureaux de son agent à New York. Photo Peter Pereira/4see-RÉA
« Orfeo ed Euridice » :
enfer orchestral
Le fait est suffisamment
OPÉRA
tes, car sa musique laisse le
rare pour être souligné :
Orfeo ed Euridice
rôle-titre masculin seul la
l’orchestre I Barocchisti, par
de Christoph Willibald Gluck
plupart du temps.
ses approximations permaA Paris, Théâtre des
nentes, ses problèmes de
Champs-Elysées , jusqu'au
La voix aérienne
justesse, ses sonorités vinai2 juin (01 49 52 50 50).
de Jaroussky
grées, a gâché la première
Château de Versailles
Il faut en tout cas reconnaîreprésentation d’« Orfeo ed
(chateauversaillestre que Robert Carsen fait
Euridice », l’opéra de Gluck
spectacles.fr)
toujours preuve d’un goût
au Théâtre des Champsles 8 et 10 juin.
toujours très sûr, soutenu
Elysées. C’est d’autant plus
1 h 30 sans entracte.
par une scénographie épusurprenant que cet ensemrée de Tobias Hoheisel et
ble suisse, spécialisé dans le répertoire barodes lumières superbes de Peter van Praet.
que, a signé nombre d’enregistrements de
Gluck réclamait une simplicité que le specpremier ordre (Bach, Haendel, Vivaldi) et
tacle lui concède volontiers. Le chœur, très
qu’il vient tout juste d’enregistrer cet opéra
présent, celui de Radio France, fort bien pré(Erato) avec Philippe Jaroussky. Certes, il ne
paré par Joël Suhubiette, s’aventure en
s’agit pas de la même version ni exactement
revanche dans quelques rondes un peu
de la même instrumentation, mais il y a de
désuètes.
quoi être stupéfait par une telle fragilité techVocalement et dramatiquement, le rôle
nique. Quant à la direction de Diego Fasolis,
d’Orfeo est le plus exposé : il est le cobaye de
dont on apprécie habituellement la fougue
cette expérience sur l’amour et la mort. Phiet l’enthousiasme, elle a paru superficielle.
lippe Jaroussky lui prête sa haute silhouette
Que retenir de la mise en scène de Robert
et sa voix aérienne, qu’il ponctue régulièreCarsen ? Elle n’a rien de révolutionnaire,
ment d’accents tragiques jamais affectés ni
mais elle inscrit le drame dans un environforcés. Sa douleur d’époux reste sans cesse
nement rural méditerranéen respectueux
palpable. De la brève apparition d’Euridice
du livret, même s’il préfère les années 1940(un seul air solo), Patricia Petibon fait un
1950 à l’Antiquité. Et ce décor minéral peut
intense moment de théâtre marqué par
aussi bien devenir le séjour des Enfers. Mais
l’incompréhension et la fureur. En Amour,
il faut occuper ce grand espace (dont le
qui prend successivement une apparence
cyclorama de fond de scène aurait pu être
masculine puis féminine, la soprano honmieux tendu) et ne pas y abandonner Orfeo
groise Emöke Baráth se montre une fois de
(il s’agit de la partition originale italienne).
plus superbe de ligne vocale et d’intelliRude tâche qu’impose Gluck à ses interprègence scénique. — Philippe Venturini
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
10 // IDEES & DEBATS
Jeudi 24 mai 2018 Les Echos
stratégie
Dividendes :
cessons de hurler
avec les loups
LA
CHRONIQUE
de Xavier Fontanet
UN DÉCHET EN OR
Appelée « cascara », la pulpe
qui entoure le grain de café
vaut à présent cinq fois plus
que le grain lui-même ! Une
mode lancée par Starbucks,
explique Businessweek.
bloom.bg/2s4ugha
SUR
LE WEB
60
millions
DE TÉLÉCHARGEMENTS
POUR « FORTNITE »
C’est le jeu vidéo le plus poulaire auprès des jeunes. Un
succès que le « New Yorker »
compare à la Beatlemania...
ou à l’addiction aux opiacés.
bit.ly/2rELNgu
Dans une nouvelle étude présentée à VivaTech, McKinsey analyse
l’impact de l’automatisation et de l’intelligence artificielle sur le monde du travail à l’horizon 2030.
INTELLIGENCE ARTIFICIELLE //
Les entreprises face à la révolution des compétences
LE
DÉCRYPTAGE
de
Benoît Georges
ette année les attaques contre les
dividendes des entreprises viennent
de l’ONG Oxfam, qui dénonce un partage
des profits trop favorable aux actionnaires en
évoquant le chiffre de 67,5 %. Les journaux
financiers donnent : « bénéfices, 92,7 milliards ;
dividendes, 46,8 », soit un taux de versement de
50,5 %. L’étude est biaisée et, surtout, occulte
complètement la dimension fiscale ! Rappelons
les taux (34,4 % pour l’IS et 30 % sur le dividende
payé par le particulier) et proposons de partager
les bénéfices en trois parties : Etat, actionnaires
et entreprises. Pour obtenir un bénéfice net de
100, il faut 153, sur lequel l’Etat prélève 53 d’IS.
L’entreprise verse alors un dividende de 50 (sur
lequel l’Etat prend 15), l’entreprise recevant les
autres 50. L’Etat touche donc 68, soit 44 % du
bénéfice, l’entreprise, 33 % et l’actionnaire, 23 % !
(pas 67 %). Du temps de Hollande c’était 8 % pour
les actionnaires payant un gros ISF (aujourd’hui
supprimé) ! Autre point, on oublie de préciser
que les actionnaires du CAC sont pour 50 % des
fonds de pension étrangers. On regrette cette
financiarisation de l’économie, c’est pourtant
la fiscalité française sur le capital qui a spolié
et chassé les actionnaires individuels.
Beaucoup de nos enseignants, formés à la
macroéconomie, hurlent avec les loups sans
vérifier les chiffres et rappeler ces réalités
élémentaires. On pourrait suggérer aux recteurs
de leur demander d’arrêter de se précipiter sur
les plateaux télé et de consacrer ce temps à
étudier la finance d’entreprise qu’ils connaissent
manifestement très mal. L’actionnariat salarié est
un vrai sujet. Le bon sens veut qu’on le favorise
énergiquement et ce pour trois raisons : c’est la
réponse aux questions sur le partage de la valeur,
ça marche (il est prouvé que les entreprises à fort
actionnariat salarié performent mieux) et c’est
la meilleure façon de régler les problèmes de
la retraite. Il faut pousser dans cette direction
sans pour autant proférer des contrevérités
sur les entreprises et leurs actionnaires.
C
Xavier Fontanet
est professeur de stratégie à HEC
o
L’ ÉTUDE
Dans le rayon
de l’économie circulaire
u chemin a été parcouru depuis la
publication du livre « Cradle to Cradle »
en 2002 par Michael Braungart et William
McDonough. Ils théorisaient ce que l’on appelle
dorénavant l’économie circulaire : le fait non
seulement de recycler, mais aussi d’imaginer des
produits pour ne plus envoyer quoi que ce soit à la
déchetterie lorsqu’ils sont produits ou lorsqu’ils
arrivent en fin de vie. « Le Créateur industriel au
service de l’économie circulaire », publié par le
think tank La Fabrique de l’industrie ce mois-ci,
revient ainsi sur les applications depuis créées et
sur la route qu’il reste à parcourir. Car le constat
est le suivant : l’écoconception est encore « perçue
comme une source de contraintes supplémentaires
[…] Les produits sont la plupart du temps reconçus
en vue de réduire leurs impacts plutôt que conçus
avec cette intention dès le départ. » Pourtant, la
création de valeur peut être au rendez-vous,
comme avec la paire de chaussures Flyknit de
Nike, aujourd’hui produit indissociable de la
marque. Elle n’utilise pas de colle et elle est teinte
sans eau (ce qui a permis d’économiser
20 millions de litres). Tout l’enjeu, indique
l’auteure, Stéphanie Souan, est de savoir tirer parti
des produits durables sans attendre d’eux qu’ils
reproduisent les propriétés des matériaux
polluants ; les leurs sont juste différentes, pas
nécessairement moins bonnes, loin de là. — R. D.
D
lutôt que de s’alarmer d’une hypothétique disparition du travail, mieux
vaut dès à présent se préparer à ses
mutations. Tel est, en substance, le constat
dressé par la dernière étude du McKinsey
Global Institute (*), présentée en ouverture
de VivaTech. Venant après de nombreux
rapports universitaires ou de cabinets d’études sur les emplois qui pourraient être
détruits par les progrès de l’automatisation,
de la robotique et de l’intelligence artificielle,
cette nouvelle étude ne cherche pas à trancher cette question, mais à estimer quelles
compétences seront les plus utiles à l’horizon 2030.
Le nouveau rapport a pris le parti de diviser le marché du travail – plus précisément le
nombre total d’heures travaillées aux EtatsUnis et dans 14 pays européens – en 25 compétences, rassemblées dans cinq grandes
familles. « Ensuite, nous avons mesuré quelles
tâches pouvaient être automatisées, et nous
avons relié les tâches et les compétences pour
estimer leur évolution », explique Eric Hazan,
responsable de McKinsey Digital France.
Cette première partie de l’étude, qui est déclinée dans cinq grands secteurs (lire ci-contre), se double d’une enquête menée auprès
de 3.000 cadres dirigeants sur leurs attentes
et leurs craintes en matière d’automatisation. En voici les principaux enseignements.
P
1 PAS DE DESTRUCTION
D’EMPLOIS, MAIS UN DÉPLACEMENT
Selon les calculs de McKinsey, le nombre
total d’heures travaillées en 2030 dans les
pays étudiés ne sera pas inférieur à celui de
2016. Il devrait même progresser d’environ
5 % (683 milliards d’heures en 2030 contre
650 milliards aujourd’hui). Mais les compétences nécessaires, elles, vont grandement
évoluer. Quel que soit le secteur étudié, les
compétences physiques et manuelles, ainsi
que les compétences intellectuelles de base,
vont reculer de respectivement 14 % et 15 % à
mesure que les robots, d’une part, et l’intelligence artificielle, d’autre part, vont se charger d’un plus grand nombre de tâches. Or ces
compétences représentent aujourd’hui près
de la moitié des heures de travail (318 milliards d’heures sur 650) – elles sont exercées,
par exemple, par les caissiers, les conducteurs d’engins et de véhicules, les assistants
comptables, etc. D’ici à 2030, elles vont fortement décliner au profit de trois domaines.
Les compétences intellectuelles élevées, tout
d’abord, telles que la créativité, la gestion de
projets, la lecture ou l’écriture de niveau
supérieur (+ 8 %). Les compétences technologiques, ensuite, en particulier celles liées
au numérique, à l’informatique et à l’analyse
de données, qui connaîtront la plus forte
hausse (+ 55 %). Rien de surprenant, jusque-là, dans une société de la connaissance
et du numérique, caractéristique de tous les
pays développés depuis la fin du XXe siècle.
Le plus étonnant, c’est l’accent mis sur les
compétences sociales et émotionnelles
(+ 24 %), telles que la capacité à négocier, à
manager, à prendre soin des autres, mais
aussi à former et à enseigner. Le message est
simple : à mesure que les machines progressent, les aspects strictement humains du
travail auront une importance croissante.
2 L’AVENIR EST AUX
« COLS NEUFS »
Notre représentation du marché du travail
est encore marquée par une séparation des
métiers entre « cols bleus » et « cols blancs ».
Mais cette image ne correspond déjà plus à
la réalité des emplois, et elle y correspondra
de moins en moins. Par exemple, « dans le
passé, les mineurs de charbon portaient de
Les enjeux
par secteurs
Banque et
•assurance.
Déjà très
fortement numérisé,
le secteur doit encore
évoluer dans les
prochaines années.
Les postes dans le
back-office (38 % des
effectifs aujourd’hui)
apparaissent
comme les plus
menacés.
Mines et énergie.
Jusqu’à 30 % des tâches
manuelles répétitives
(conducteurs d’engin,
opérateurs…)
pourraient disparaître.
En parallèle, l’usage
d’outils d’IA dans
l’exploration et la
production nécessitera
plus de profils
technologiques.
Santé. Avec le
vieillissement de la
population, c’est le seul
secteur de l’étude où
les tâches manuelles
et physiques devraient
continuer de croître.
Industrie. Depuis
2008, le secteur crée à
nouveau des emplois.
Mais l’industrie 4.0
demandera beaucoup
moins de travail à la
chaîne et beaucoup
plus d’ingénieurs.
Distribution. Là
aussi, le travail manuel
prédictif (conducteurs,
préparateurs de
commande…) devrait
décliner de plus de 25 %.
Les emplois restants
seront concentrés dans
la relation client, le
management et les
technologies.
•
•
•
•
lourdes charges et manipulaient des engins
simples, explique le rapport. Aujourd’hui, ils
supervisent des machines qui effectuent le travail pénible ». La robotisation et les progrès
de l’industrie devraient donc faire apparaître une nouvelle catégorie de travailleurs
capables de gérer des situations auparavant
dévolues aux professions intellectuelles – ni
cols bleus ni cols blancs, l’étude de McKinsey
les appelle « cols neufs ». Le mouvement va
s’accélérer, mais il est déjà à l’œuvre depuis
que les ordinateurs sont apparus dans toutes les entreprises. Le travail des secrétaires –
devenues « assistant(e)s » – consiste moins à
taper du texte qu’à gérer des demandes multiples. Et si les assistants numériques animés
par l’IA, encore balbutiants, finissent par
effectuer une partie des tâches des assistantes humaines, d’autres, à plus forte valeur
ajoutée, pourraient leur être attribuées.
3
BIFURCATION DES PERFORMANCES
La deuxième partie de l’étude, basée sur une
enquête auprès de cadres dirigeants, montre
que toutes les entreprises ne sont pas égales
face à cette évolution. Certaines se sont déjà
engagées dans cette voie en ne privilégiant
que les compétences à très forte valeur ajoutée – c’est notamment le cas des géants du
Net, comme Google et Facebook, et cela
explique pourquoi leurs salaires médians
sont les plus élevés (« Les Echos » du 17 mai
2018). Plus largement, estime l’étude, les
entreprises qui prennent conscience très tôt
du besoin de faire évoluer les compétences
tireront le meilleur profit de l’intelligence
artificielle et de l’automatisation. « On constate déjà une bifurcation de la performance
entre les entreprises qui investissent dans les
compétences les plus adaptées (par la formation, la requalification et le recrutement) et celles qui tardent à prendre des mesures, explique Eric Hazan. Le risque, c’est d’aboutir à
une bifurcation accrue. »
4 VERS UNE NOUVELLE
ORGANISATION
La montée des « cols neufs » et le partage des
compétences devraient aller de pair avec des
changements profonds dans l’organisation
du travail : en effet, le modèle pyramidal,
bien adapté au monde des cols bleus et des
cols blancs, ne fonctionne plus quand les
tâches et compétences complexes sont lar-
gement redistribuées. C’est ce qui explique,
selon le rapport, le fait que les organisations
dites « agiles », où les employés sont réunis
en équipes autonomes et flexibles, aient le
vent en poupe. McKinsey appelle les entreprises à aller encore plus loin, en évoquant
l’exemple de Zappos, vendeur de chaussures
en ligne américain devenu le champion de
l’entreprise sans managers : depuis 2013, ses
1.500 employés sont organisés en cercles,
animés par des chefs de projet temporaires.
5 LIMITER LE CREUSEMENT
DES INÉGALITÉS
Conséquence prévisible de ces évolutions : la
demande pour les personnes les mieux formées et qui possèdent des performances
supérieures va continuer à s’accroître – et
leurs salaires avec. Les autres vont continuer
à être de plus en plus menacées. « Il faut éviter
que ne se crée un déséquilibre majeur du marché du travail : sans un effort ambitieux et
concerté en vue de développer les compétences
correspondant aux besoins des employeurs,
nous ferons face à un excès d’offre de compétences de base et à un déficit de compétences
avancées » Et c’est ce scénario qui, lui, amènerait à détruire des emplois sans en créer de
nouveaux. D’où l’importance de revoir la formation, initiale comme professionnelle, en
prenant en compte ce glissement des compétences. Un chantier d’envergure, qui se
jouera à la fois au niveau des pays comme des
entreprises. Pour ces dernières, la remise à
niveau, à mesure que les outils évoluent et
tout au long des carrières, doit être une priorité. « Les entreprises de la technologie l’ont
bien compris. Le meilleur exemple est Google,
qui assure une montée en compétences permanente de ses ingénieurs, explique Eric
Hazan. Mais ce n’est pas le seul : ATT a
annoncé que 140.000 personnes seraient formées sur les cinq ans à venir, et IBM travaille
déjà sur les “new collar jobs”. » Pour rester
dans la course entre l’homme et la machine,
les entreprises de tous les secteurs vont
devoir faire de même. « La bonne nouvelle,
conclut Eric Hazan, c’est qu’il est pour la première fois possible d’anticiper les effets de la
révolution à l’œuvre : nous avons une quinzaine d’années pour nous adapter. »
(*) « Skill shift : automation and the future of the
workforce », www.mckinsey.com
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 11
Les Echos Jeudi 24 mai 2018
le grand entretien
« L’Afrique
a basculé
dans le
financement
de l’innovation »
David Morganti / Sipa / Orange - DR
BRUNO METTLING
Président d’Orange Afrique
WAJDI BEN REJEB
Entrepreneur tunisien
Propos recueillis par
Sébastien Dumoulin
@sebastiendmln
et Fabienne Schmitt
@FabienneSchmitt
l’occasion de VivaTech, qui réunit
à partir d’aujourd’hui, à Paris,
grands groupes et start-up, « Les
Echos » donnent la parole sous forme
d’entretiens croisés aux acteurs de la révolution digitale. Le président d’Orange Afrique, Bruno Mettling, et Wajdi Ben Rejeb,
entrepreneur tunisien, évoquent la situation du continent africain dans le domaine
des technologies numériques.
A
A quoi ressemble l’écosystème
africain des start-up ?
Bruno Mettling : Il n’y a pas un seul écosystème africain, car le paysage est extrêmement diversifié suivant le degré de développement et de maturité des Etats
africains. De partout des start-up émergent,
mais il faut observer une grande concentration dans quelques grands pays comme le
Nigeria, le Kenya et l’Afrique du Sud, ainsi
qu’en Afrique du Nord – Tunisie, Maroc,
Egypte, notamment.
Wajdi Ben Rejeb : L’Afrique, c’est plusieurs pays, avec des richesses, un héritage
colonial, des ressources naturelles et des
modes de développement économique différents… On peut vraiment parler d’Afrique
à deux vitesses. Dans mon pays, en Tunisie,
l’écosystème gagne en efficacité, même si ce
n’est pas encore la Silicon Valley ! Une loi, le
Startup Act, vient notamment d’y être votée
qui reconnaît le statut de start-up, donne
des facilités en matière de financement,
encourage les entrepreneurs. Cela concerne beaucoup de jeunes, pour certains
dès l’université. Cette loi va faire décoller
l’écosystème des start-up en Tunisie.
Quel rôle jouent les grands groupes
internationaux dans l’émergence
des start-up ?
B. M. : En ce qui concerne Orange, le
groupe est présent dans dix-huit pays
d’Afrique, où il accompagne les start-up.
Nous sommes très attendus, et de diverses
manières. Les start-up sont ainsi particulièrement intéressées par l’accès aux platesformes d’Orange pour distribuer et commercialiser leurs produits, car nous avons
plus de 120 millions de clients en Afrique. La
clef, ce sont les API [NDLR : les interfaces de
programmation qui permettent de connecter les logiciels]. Mais on ne peut pas
accueillir toute l’innovation bien sûr, il y a
notamment des enjeux de sécurité et de gestion, des interfaces client. J’ai en tête l’exemple de Télé-Irrigation, une innovation qui
permet de déclencher à distance l’irrigation
des sols via son mobile. Grâce à Orange, son
inventeur a immédiatement eu accès à des
milliers d’utilisateurs.
Par ailleurs, en Afrique, Orange possède
quatre incubateurs qui ont accompagné
plusieurs centaines de start-up et trois accélérateurs pour celles qui veulent changer
d’échelle. Enfin, nous avons Orange Digital
Venture Africa, un fonds piloté depuis
Dakar de 50 millions d’euros dédié aux jeunes pousses du continent.
W. B. R. : Orange est l’une des entreprises
très actives pour soutenir l’entrepreneuriat
africain et l’innovation. Moi-même j’ai pu
en bénéficier en remportant la 3e place au
Prix Orange de l’entrepreneur social en
« Pour la Tunisie,
c’est la double peine. Nous
finançons les formations
et les business ne sont
pas créés ici. »
WAJDI BEN REJEB
Afrique et au Moyen-Orient. Cela représente 4.000 dinars (1.300 euros) pour le prix
national et 10.000 euros pour le prix international, de quoi recruter quelques développeurs indépendants. Surtout, c’est un
énorme coup de publicité. Aujourd’hui,
j’aimerais passer à l’étape suivante et obtenir des fonds ou de l’assistance technique
pour mettre à jour mon application eFret,
qui est une plate-forme collaborative de
mise en relation dans le domaine du transport routier.
Malgré tout, beaucoup de start-up
connaissent encore de réels
problèmes de financement…
B. M. : La bonne nouvelle, c’est que les fonds
d’investissement s’y intéressent. L’an dernier, ils ont mobilisé 560 millions de dollars
pour financer les start-up en Afrique. On
n’est plus sur quelque chose d’anecdotique :
le continent a basculé dans le financement
de l’innovation. Le problème, c’est que
plus de la moitié de ces investissements
se concentrent sur quelques Etats : le Nigeria, le Kenya, l’Afrique du Sud. L’enjeu
aujourd’hui, c’est d’homogénéiser et de les
élargir à tous les pays du continent. Notre
fonds Orange Digital Venture Africa a vocation à y contribuer.
W. B. R. : C’est vrai qu’il est très difficile de
lever des fonds. Ici, les sociétés d’investissement ou les banques ne valorisent pas beaucoup les actifs immatériels et préfèrent
financer des activités « plus classiques » et
moins risquées. Souvent, pour grandir, les
start-up sont obligées de se vendre… Quand
on n’arrive pas à passer à l’échelle supérieure, on finit par chercher un repreneur.
Moi-même, j’en suis à ma troisième création d’entreprise. J’ai dû vendre les
deux autres. Je n’arrivais pas à financer la
croissance, surtout dans le domaine du
B to B frappé de plein fouet par le contexte
économique actuel, où on met souvent de
douze à dix-huit mois pour signer et pour
être payés.
Les Etats doivent-ils s’impliquer
plus ?
B. M. : C’est surtout l’instabilité du cadre
réglementaire et fiscal qui pose problème
sur le continent. Il y a encore beaucoup trop
de bureaucratie. Le parcours du combattant pour créer une start-up en Afrique peut
être rédhibitoire. Et chaque Etat fonctionne
suivant ses propres règles, il n’y a pas d’intégration globale. De ce point de vue, l’Afrique
de l’Est semble soutenir plus efficacement
ses startuppeurs.
W. B. R. : En Tunisie, par exemple, nous
avons un vrai problème de taxation. Régulièrement, on nous demande de faire des
sacrifices en nous augmentant le taux
de TVA. Cela nous contraint à diminuer
nos marges pour être compétitif et pouvoir
vendre.
L’autre enjeu majeur est celui
des compétences…
W. B. R. : En Tunisie, on a de bonnes formations. La question, en tant que patron de
start-up, c’est : est-ce que j’ai les moyens de
me payer des talents ? Et l’autre vrai problème, c’est la fuite de ces talents. Ingénieurs, médecins, enseignants-cher-
cheurs… J’enseigne dans une école
d’ingénieurs et la majorité des élèves partent au Moyen-Orient ou en Europe. C’est
très difficile pour eux de résister. Or la vraie
richesse, c’est la matière grise. Et pour la
Tunisie, c’est la double peine. Nous finançons les formations et les business ne sont
pas créés ici.
B. M. : Il y a une différence entre le
Maghreb, où les compétences nécessaires
au numérique sont là, et l’Afrique subsaharienne, où beaucoup reste à faire. Il faudrait
que les Etats se mobilisent pour organiser la
« Pour réussir en Afrique,
il faut s’engager dans
la durée, investir dans
plusieurs pays et faire
pleinement confiance
aux talents du continent. »
BRUNO METTLING
chaîne de transformation numérique. Si
l’on ne forme pas au code, on va revivre les
vieux schémas d’importation des technologies clefs en main et la valeur ajoutée échappera en particulier à l’Afrique de l’Ouest.
Orange a ouvert une école de code au Sénégal. Il y a eu 12.000 candidats pour 50 places.
Nous avons aussi lancé la première formation de data scientists à Abidjan, dont les
25 premiers étudiants viennent d’être diplômés. Mais il en faut des dizaines de milliers
à l’échelle du continent.
Les grands groupes peuvent aussi apporter leur pierre, et nous le faisons, en identifiant les talents africains dans les grandes
formations d’excellence européennes et
américaines et en leur proposant des contrats et des parcours de cadres dirigeants, y
compris dans leurs pays d’origine, pour
ceux qui le souhaitent, avec une rémunération qui tient compte de leurs parcours. Il
serait regrettable que les grandes entreprises du numérique comme les Gafa captent
tous les talents africains de l’autre côté de
l’Atlantique. C’est là une des clefs de la réussite de la transformation numérique de
l’Afrique.
Qu’est-ce qui peut attirer
un investisseur en Afrique ?
B. M. : Orange investit 1 milliard d’euros par
an en Afrique. C’est pertinent et rentable. Le
continent est un pôle de croissance pour le
groupe. Il représente 12 % de nos revenus et
15 % de notre Ebitda. Il y a du risque, mais la
rentabilité est au rendez-vous pour les
entreprises avec un ancrage local fort. Pour
réussir en Afrique, il faut s’engager dans la
durée, investir dans plusieurs pays et faire
pleinement confiance aux talents du continent. Pour Orange, qui doit évoluer d’un
rôle de fournisseur de connectivité à un rôle
de fournisseur de services, l’Afrique est une
formidable terre d’innovation. D’autant
plus que les Gafa y sont peu présents. Et
puis, soutenir l’écosystème des start-up africaines, c’est soutenir toute l’économie africaine et donc, aussi, le développement de
notre groupe. Quand nous investissons
75 millions d’euros dans Jumia [NDLR : une
start-up nigériane devenue un équivalent
d’Amazon en Afrique], c’est avec la conviction que nous renforçons nos activités de
demain. Certaines start-up que nous finançons deviennent d’ailleurs nos partenaires.
En quoi l’Afrique est-elle une terre
d’innovation ?
W. B. R. : Il y a un beau potentiel en Afrique.
Il y a beaucoup de jeunes et la technologie
n’est pas vraiment en retard. Tout reste à
faire ! Aux dernières élections municipales,
il y avait des applis pour suivre les budgets.
Même nos problèmes peuvent être source
d’innovation !
B. M. : Aujourd’hui, le retard est parfois
grand dans les infrastructures physiques,
mais il peut être comblé par le numérique.
C’est ce que les spécialistes appellent l’effet
« leapfrog » [NDLR : le saut de grenouille].
C’est vrai pour la banque, mais aussi pour
l’éducation, l’électricité, la santé, l’agriculture… En Afrique subsaharienne, seule une
personne sur trois a accès à l’énergie. En
partenariat avec la start-up Bboxx, nous
commercialisons des kits solaires pour
apporter l’énergie en zone rurale à des prix
très abordables.
L’avantage en Afrique, c’est aussi qu’il n’y
a pas la pesanteur de l’économie traditionnelle qui peine à s’adapter au numérique
comme ici en Europe. Il y a beaucoup moins
de réticences à accueillir l’innovation. En
Guinée, toutes les vignettes automobiles se
payent désormais sur mobile. L’Afrique est,
et sera à bien des égards, beaucoup plus
moderne que l’Europe. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
12 //
Jeudi 24 mai 2018Les Echos
,
Budget de l’Etat 2018 : 386,3 milliards d’euros // PIB 2017 : 2.283,6 milliards d’euros courants //
Plafond Sécurité sociale : 3.311 euros/mois à partir du 01-01-2018 // SMIC horaire : 9,88 euros
à partir du 01-01-2018 // Capitalisation boursière de Paris : 1.547,84 milliards d’euros (au 10-01-2018)
// Indice des prix (base 100 en 2015) : 101,85 en décembre 2017 // Taux de chômage (BIT) : 9,4 %
au 3e trimestre 2017 // Dette publique : 2.226,1 milliards d’euros au 3e trimestre 2017
Les chiffres
de l'économie
EN FRANCE
À L’ÉTRANGER
MIGRANTS COLLOMB PROMET
D’ÉVACUER LES CAMPEMENTS
PARISIENS « À BREF DÉLAI »
ÉTATS-UNIS PAS DE
MANŒUVRES AVEC PÉKIN
Les Etats-Unis ont annoncé mercredi
avoir retiré une invitation présentée
précédemment à la Chine de participer pour la première fois à des exercices militaires annuels dans le Pacifique, pour protester contre la
militarisation par Pékin d’îles disputées. « Nous avons des preuves claires
du fait que la Chine a déployé des missiles anti-navires et des missiles sol-air,
ainsi que des brouilleurs électroniques
sur les îles contestées des Spratleys, en
mer de Chine », a indiqué le Pentagone.
Le ministre de l’Intérieur a annoncé
mercredi l’évacuation, « à bref délai »,
des quelque 2.300 migrants vivant sur
des campements à Paris, en rappelant
sèchement la Ville à ses responsabilités
sur ce dossier qui oppose le gouvernement à la maire Anne Hidalgo. La situation « se répétera indéfiniment » si la
Mairie ne prend pas « des mesures pour
éviter que les campements ne se reconstituent », prévient Gérard Collomb.
FOOTBALL RABIOT REFUSE
D’ÊTRE SUPPLÉANT DES BLEUS
Le Kilauea lance des fontaines de lave
LIBAN NABIH BERRI RÉÉLU
À LA TÊTE DE L’ASSEMBLÉE
AFP
Le milieu de terrain du PSG, Adrien
Rabiot, a écrit au sélectionneur des Bleus
pour lui annoncer qu’il refusait d’être
suppléant en vue du Mondial. « Une
énorme erreur [...] Il s’auto-exclut de luimême », a commenté Didier Deschamps
mercredi : « Dans le très haut niveau, il n’y
a pas de place pour les états d’âme, on se
doit d’être professionnel. » Les onze suppléants sont appelés à remplacer un
éventuel blessé dans la liste finale transmise à la Fifa le 4 juin.
LA PHOTO DU JOUR
Et de six ! Nabih Berri, chef de file du
mouvement chiite Amal, étroitement
lié au Hezbollah depuis la fin de la
guerre civile en 1990, a été réélu à
80 ans, mercredi, à la tête du Parlement libanais. Il a annoncé dans la
foulée que le président Michel Aoun
entamerait ce jeudi des consultations
avec les députés sur la désignation du
prochain Premier ministre. Saad
Hariri, qui occupait ce poste, devrait
le conserver, celui-ci étant traditionnellement réservé à un sunnite.
ESPAGNE LE GOUVERNEMENT
CATALAN REPORTE
SA PRISE DE FONCTION
Une large fissure s’est ouverte sur les flancs du volcan Kilauea, à Hawaï, d’où sortent des fontaines de lave fluide d’une cinquantaine de mètres de haut. Les autorités ont mis en garde contre un risque de diffusion de gaz et laves, même si les abords
du volcan sont peu peuplés. Le Kilauea est un des volcans les plus actifs de la planète, une de ses bouches est notamment
active sans interruption depuis 1983.
« CHEMISE ARRACHÉE » JUSQU’À
4 MOIS AVEC SURSIS POUR
DES EX-SALARIÉS D’AIR FRANCE
NOTRE-DAMES-DES-LANDES
L’EXÉCUTIF « POURSUIVRA »
L’ÉVACUATION DE LA ZAD
AFP
Quatre ex-salariés d’Air France, dont l’un
avait été relaxé en première instance, ont
été condamnés mercredi pour violences
à des peines de 3 à 4 mois de prison avec
sursis dans l’affaire de la « chemise arrachée » du DRH de la compagnie aérienne
en octobre 2015. Ce jour-là, une foule de
salariés en colère avait envahi le siège
d’Air France, à Roissy, pour protester
contre un plan de restructuration menaçant près de 3.000 emplois.
Photo US Geological Survey/AFP
Le nouveau président catalan, l’indépendantiste Quim Torra, qui a pris
ses fonctions jeudi, a reporté en
revanche celle de son gouvernement,
prévue mercredi, face au blocage par
Madrid de la nomination de membres de l’exécutif régional emprisonnés ou exilés. L’entrée en fonction
d’un gouvernement régional est la
condition indispensable à la levée de
la tutelle du gouvernement central.
ON EN PARLE À PYONGYANG
La Corée du Nord prête à détruire Punggye-ri
Des journalistes étrangers sont en route vers le site qui a servi aux tirs nucléaires.
Michel De Grandi
@MdeGrandi
semble pas bouleverser le calendrier ni les intentions du régime
ermite. Le Nord avait annoncé,
en avril, qu’il allait
détruire Punggye-ri, avant le
sommet. Il s’agit du site d’où sont
partis six tirs nucléaires, le dernier, le plus puissant à ce jour, a
eu lieu en septembre. Pyongyang veut le neutraliser en faisant exploser ses tunnels
d’accès. Ce démantèlement est
censé intervenir entre mercredi
et vendredi. Des journalistes
étrangers (Chine, Russie et
Etats-Unis), invités par le
régime, et auxquels se sont joints
in extremis des reporters sudcoréens, étaient en route mercredi pour couvrir l’événement.
Le geste est avant tout politique,
car, sur un plan technique,
BRÉSIL LULA RESTE EN PRISON
L’évacuation des opposants à l’ancien
projet d’aéroport à Notre-Dames-desLandes (Loire-Atlantique) se poursuivra, a assuré mercredi le porte-parole
du gouvernement, Benjamin Griveaux,
au lendemain d’un « incident grave » au
cours duquel un militant de 21 ans a été
gravement blessé. Le zadiste, blessé par
l’explosion d’une grenade lacrymogène,
a dû être amputé de la main droite.
Le Comité des droits de l’homme de
l ’O N U a r e j e t é un e d e m a n d e d e
l’ancien président brésilien Lula, qui
réclamait une action urgente contre
son emprisonnement. Ces mesures
sont prises lorsque la personne concernée risque la torture ou une exécution. La demande pour Lula avait
été déposée avant son incarcération
en avril.
VOILE BRUNO JULLIARD FUSTIGE
LES DIRIGEANTS DE L’UNEF
MACÉDOINE PRISON FERME
POUR L’EX-PREMIER MINISTRE
L’ex-président de l’Unef, Bruno Julliard,
a fustigé le soutien du syndicat étudiant
à Maryam Pougetoux, présidente de la
section locale de Paris-IV qui porte le
voile. Les dirigeants de l’Unef « ne se
rendent pas compte qu’ils défendent des
pratiques en contradiction totale avec
l’histoire et les valeurs de ce syndicat », a
affirmé, dans « Marianne », le premier
adjoint PS de la Maire de Paris.
L’ex-Premier ministre, Nikola Gruevski, qui a gouverné la Macédoine de
2006 à 2016, a été condamné mercredi à deux ans de prison dans une
affaire d’abus de pouvoir. Le leader de
la droite nationaliste macédonienne
a été reconnu coupable d’avoir reçu
pour son usage personnel une Mercedes d’une valeur de 600.000 euros,
payée sur les deniers publics.
imple posture diplomatique ou réel coup de froid
avant le sommet du
12 juin à Singapour ? Tout est
parti du communiqué du 15 mai
dans lequel Pyongyang annonçait mettre fin au dialogue intercoréen. La décision a semé le
trouble avant la rencontre entre
Donald Trump et Kim Jong-un.
Au point que le président américain, après s’être entretenu avec
son homologue sud-coréen en
visite à Washington, n’a pas
exclu un report pur et simple de
cette rencontre historique. « Elle
aura peut-être lieu plus tard »,
a-t-il ajouté sans donner plus de
détails. Ce regain de tensions ne
S
les spécialistes sont divisés pour
dire si ces destructions suffiront
à rendre le site non opérationnel. Certains estiment qu’il l’est
peut-être déjà ; pour d’autres, il
peut être remis en service.
Médaille commémorative
La cérémonie de Punggye-ri
sera l’occasion d’en savoir
davantage sur l’état d’esprit des
dirigeants nord-coréens. Le
démantèlement devant les
caméras étrangères permettra
à Pyongyang de gagner des
points à l’international, même
en cas d’échec du sommet. Signe
que les Etats-Unis accordent
une haute importance à cet événement : une médaille commémorative a déjà été frappée. Seulement, l’euphorie qui flottait
depuis l’annonce d’un accord
sur cette rencontre a depuis
c é d é l a p l a c e a u
doute. Washington exige une
dénucléarisation « complète,
vérifiable et irréversible » de la
Corée du Nord, mais celle-ci a
toujours affirmé qu’elle ne
renoncerait pas à des armes atomiques qu’elle a développées
comme une assurance-vie contre ce qu’elle perçoit comme des
menaces américaines. « Nous
voulons nous assurer que nous
sommes sur la même longueur
d’onde au sujet du contenu de ce
qui sera discuté », a déclaré le
secrétaire d’Etat américain
Mike Pompeo. Mais « nous
ferons tout notre possible pour
que cette rencontre soit une réussite », a-t-il ajouté. n
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Jeudi 24 mai 2018
www.lesechos.fr
Un 5e sous-marin
va être construit
à Cherbourg,
déjà impliqué
sur le contrat
avec l’Australie.
// P. 26
DEVISES EUR/GBP 0,8769 EUR/JPY 1,2874 EUR/CHF 1,164 GBP/USD 1,3338 USD/JPY 1,1008 USD/CHF 0,9952 TAUX EONIA -0,366 LIFFE EURIBOR 3 MOIS -0,324 OAT 10 ANS 0,8305 T-BONDS 10 ANS 3,101
START-UP
INTERVIEW
DERNIÈRE HEURE
Satya Nadella PDG de Microsoft.
Deutsche Bank envisage
de supprimer 10.000 postes
// PP. 16-17
INTERVIEW
Dara Khosrowshahi PDG d’Uber.
// P. 18
DIGITAL
La fièvre des fusions-acquisitions
s’empare de la French Tech.
// P. 20 ET L’ÉDITORIAL
DE DAVID BARROUX P.7
Bras de fer
en vue sur
l’économie
circulaire
Myriam Chauvot
mchauvot@lesechos.fr
LEVÉE DE FONDS
Quand la feuille de route sur l’économie circulaire a été présentée en avril,
on en était aux grands principes et ils
faisaient consensus. Dont la hausse
de la taxe générale sur les activités
polluantes (TGAP) payée sur les
déchets incinérés ou mis en décharge.
Mais « il n’y avait pas de chiffres, nous
les avons découverts à la Conférence
nationale des territoires le 17 mai,
résume Nicolas Garnier, pour l’association de collectivités locales
Amorce. Nous voyons le cabinet de
Brune Poirson mercredi soir, et nous
allons écrire à Matignon ». Car tous
calent. L’association des maires de
France, Amorce, l’Assemblée des
communautés de France, France
Urbaine : c’est le front uni.
Les collectivités locales paient la
TGAP, alors que la quantité de déchets
non recyclables finissant dans les
poubelles des Français ne dépend pas
d’elles. Pour diminuer le non-recyclable voué à être incinéré ou enfoui,
Amorce avait réclamé que l’Etat fasse
Platform.sh pousse
au développement du cloud.
// P. 20
Mehdi Fedouach/AFP
INDUSTRIE & SERVICES
SNCF
Le « vot’action » cristallise
la défiance des syndicats vis-à-vis
de Guillaume Pepy. // P. 22
DÉFENSE
Florence Parly veut ouvrir
les armées aux innovations du civil.
// P. 23
ART
Paris Gallery Weekend, une alternative aux foires d’art. // P. 24
Christian Sewing, le nouveau patron du leader bancaire allemand. Photo Susann Prautsch/AFP
HIGH-TECH & MÉDIAS
TÉLÉVISION
Le nouveau patron, Christian
Sewing, pourrait profiter
de l’assemblée générale
des actionnaires, jeudi
à Francfort, pour dévoiler
des coupes massives.
Audiovisuel public : le gouvernement va trancher. // P. 25
PME & RÉGIONS
PAYS DE LA LOIRE
Cogelec à la conquête du marché
européen de l’interphonie. // P. 27
Thibaut Madelin
— Correspondant à Berlin
Lionel Bonaventure/AFP
FINANCE & MARCHÉS
INSTITUTIONFINANCIÈRE
La Caisse des Dépôts en marche
forcée vers sa normalisation.
// P. 28
RÉGULATION
L’Europe peaufine le cadre
de sa régulation bancaire. // P. 29
Quand Christian Sewing a dévoilé sa stratégie fin avril, à peine trois semaines après
sa nomination, les marchés ont préféré
rester prudents. Trop souvent, leurs
espoirs ont été déçus par Deutsche Bank.
Un mois plus tard, le nouveau patron du
leader bancaire allemand joue sa crédibilité et devrait annoncer jeudi, à l’occasion
d’une assemblée générale des actionnaires
très attendue, la suppression possible de
quelque 10.000 postes supplémentaires,
soit un dixième des effectifs du groupe.
« Le dernier plan, comportant des réductions qui iraient probablement jusqu’en
2019, succède à plusieurs mois de débats épineux sur le rythme et l’étendue des suppres-
sions de postes au sein de la banque allemande menacée », écrit le « Wall Street
Journal », qui a révélé l’information. Le
groupe francfortois a refusé de commenter. Certaines sources ont toutefois jugé
crédibles les chiffres cités par le quotidien
américain.
Le nouveau patron
joue sa crédibilité
John Cryan, l’ex-patron britannique poussé
vers la sortie le mois dernier, avait émis un
objectif de réduction des effectifs de
9.000 postes d’ici à 2020. La banque, régulièrement critiquée pour ses ratios de coûts
très élevés, n’aurait cependant pas beaucoup avancé. Issu de la banque de détail,
Christian Sewing veut réduire la voilure
dans la banque de financement et d’investissement, particulièrement dans les activités d’actions, et fermer des agences.
Le temps presse. Mercredi, le titre cotait
10,80 euros, se rapprochant dangereusement du seuil symbolique des 10 euros qu’il
avait tutoyé en septembre 2016, lorsque
Deutsche Bank faisait l’objet de rumeurs
de sauvetage de la part du gouvernement
allemand. Depuis le début de l’année, sa
capitalisation boursière a fondu, passant
de 32,8 à 22,5 milliards d’euros et effaçant
le capital de 8 milliards d’euros levé en
avril 2017 auprès des actionnaires.
Impatients, certains d’entre eux veulent
en découdre jeudi avec le président du conseil de surveillance, Paul Achleitner, qu’ils
jugent responsable des déboires de
l’ancien fleuron de la Deutschland AG. Le
gestionnaire d’actifs britannique Hermes a
demandé mardi que soient lancés les préparatifs de sa succession. Jusqu’ici,
l’ancien chef de Goldman Sachs Allemagne bénéficie du soutien de gros actionnaires, dont le groupe chinois HNA, mais le
vent menace de tourner.
Selon toute vraisemblance, les actionnaires devraient majoritairement accorder leur quitus au président du conseil de
surveillance, comme c’est la tradition en
Allemagne. Mais si le vote protestataire
prend des proportions importantes, Paul
Achleitner pourrait être contraint de tirer
à son tour sa révérence. En 2015, 39 % des
voix s’étaient prononcées contre l’ex-coprésident du directoire, Anshu Jain, qui
avait quitté le groupe quelques semaines
plus tard. n
MATIÈRES PREMIÈRES
Le marché mondial du sucre face à
une surabondance record. // P. 30
MARCHÉS
Les marchés sous pression
L’euro passe sous 1,17 dollar, un
plus bas depuis novembre.// P. 31
LES ÉCHOS BUSINESS
CARNET // P. 28
SUR
DANS
« LA CHRONIQUE
BOURSE »
À 12H ET 17H35
DU LUNDI AU VENDREDI
Trading en ligne : l’AMF vise IG Markets
Laurence Boisseau
@boisseaul
Les sites de trading en ligne font toujours
l’objet d’une attention particulière de la part
de l’AMF (Autorité des Marchés Financiers). Ce mercredi avait ainsi lieu devant la
Commission des sanctions l’audition
d’IG Markets, un des leaders mondiaux du
trading en ligne, spécialisé sur les CFD, des
instruments financiers permettant de spéculer sur l’évolution des marchés. Des instruments licites, mais considérés comme
dangereux. IG Markets est un prestataire de
services autorisé et régulé par l’AMF.
Le Collège (équivalent du procureur) a
requis une sanction de 800.000 euros à son
encontre. Il lui reproche des défaillances
dans sa communication auprès de ses
clients. IG Markets aurait publié des informations inexactes de nature à induire en
erreur ses clients. Notamment, il aurait
menti sur l’identité des conseillers en investissement, présentés comme des analystes,
mais qui n’étaient que des commerciaux. Il
n’aurait pas, non plus, mentionné des conflits d’intérêts. L’AMF a relevé aussi des
insuffisances dans les questionnaires
adressés aux clients permettant d’apprécier
si, en fonction de leur profil de risque, tel ou
tel produit peut leur être proposé.
86 % des clients ont subi des pertes
Le représentant du Collège de l’AMF s’est dit
« extrêmement préoccupé » de voir un prestataire comme IG Markets, « faire la promotion active de produits comme les CFD sans
respecter les règles entourant la commercialisation ». Et ce « auprès d’un large public qui
n’a, a priori, pas été formé à l’utilisation des
CFD ». Circonstance aggravante, au
moment du contrôle de l’AMF, entre janvier 2014 et juin 2015, il a été établi que 86 %
des clients d’IG Markets avaient enregistré
des pertes, pour un montant moyen de
5.000 euros, sur ces produits financiers.
La défense d’IG Markets a, de son côté,
qualifié de « coup de tonnerre suscitant
l’incompréhension » le montant de l’amende
requise par la commission des sanctions.
« IG est un acteur de premier plan, une sentinelle qui alerte sur les pratiques d’autres
acteurs qui ne sont pas en France. Il contribue
à un écosystème sain », a déclaré Jean-Baptiste Poulle, l’avocat de la défense, assurant
que le courtier n’a « pas la volonté de tromper ». L’amende requise représente 11 % du
chiffre d’affaires de la succursale française
d’IG, dont la maison mère est cotée à la
Bourse de Londres. La Commission des
sanctions doit rendre sa décision dans les
semaines à venir. n
Les collectivités locales
paient la TGAP, alors
que la quantité de
déchets non recyclables
finissant dans les
poubelles des Français
ne dépend pas d’elles.
payer les pollueurs en créant une
TGAP amont, à acquitter par les fabricants et les distributeurs mettant sur
le marché des produits non recyclables et imposant l’éco-conception. En
vain. La feuille de route a exclu la
TGAP amont.
Bruxelles inspire
Mais si le tonnage de non-recyclable
ne diminue pas, vu le renchérissement de la TGAP à la tonne, Amorce
calcule que la TGAP passera de
475 millions d’euros cette année à…
1,4 milliard d’euros ! Même si les
objectifs de recyclage sont atteints,
elle sera de 850 à 900 millions d’euros.
Bien plus que les 160 millions d’euros
avancés par le gouvernement en présentant la feuille de route en avril. Si
les collectivités ne réduisent pas leurs
dépenses, ce sont les contribuables
qui paieront cette hausse via les
impôts locaux.
Autre sujet qui fâche, « la TGAP va
dans le budget général de l’Etat, rappelle Nicolas Garnier. Et il n’existe
aucune garantie à ce stade que sa
hausse prochaine sera reversée à
l’Ademe ou à l’économie circulaire.
Cette feuille de route ne provoquera
aucun recyclage supplémentaire des
déchets, en revanche cela fait des recettes pour Bercy. Ce qui était d’ailleurs
probablement son vrai but ». Un bras
de fer s’engage. Les élus lo caux
applaudissent le projet de directive
sur le plastique que Bruxelles présentera la semaine prochaine. Il apporte
de l’eau à leur moulin avec des mesures que la feuille de route n’a pas osé
prendre : l’interdiction pure et simple
de vendre certains produits en plastique à usage unique et des contributions financières de fabricants pour
d’autres produits non recyclables. n
Naval Group
Naval Group monte en régime à
Cherbourg et à Nantes
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
14 //
Jeudi 24 mai 2018 Les Echos
SPÉCIAL
VIVATECH
INNOVATION
Macron place Paris au cœur
l Après le One Planet Summit et le Choose France, le sommet Tech for Good s’est tenu
l Le Salon Viva Technology ouvre ses portes ce jeudi à Paris.
à suivre
Lodi Franck/Sipa
Grégoire Poussielgue
@Poussielgue
Facebook investit un tiers de plus
qu’annoncé dans l’IA en France
INFORMATIQUE Après avoir promis 10 millions d’euros en janvier pour financer des bourses, des thèses et des équipements
pour la recherche française en intelligence artificielle, le groupe
de Mark Zuckerberg remet au pot. La multinationale américaine multiplie par deux le nombre de bourses d’études et de
thèses qu’elle compte financer dans l’Hexagone d’ici à 2022 (respectivement portées à 48 et 8). Elle double également le nombre
de serveurs offerts à des instituts de recherche français (porté à
20). Facebook maintient par ailleurs son objectif de doubler ses
effectifs de chercheurs dans son labo parisien FAIR d’ici à 2022.
Le fonds d’Alphabet investit
dans la jeune pousse française Owkin
BIOTECH La société tricolore Owkin, qui utilise le « machine
learning » pour accélérer la recherche en biologie et en médecine, annonce l’extension de sa série A auprès de GV (anciennement Google Ventures, le fonds de capital-risque d’Alphabet).
Cet investissement porte à 18 millions de dollars le financement
total de la pépite tricolore, qui a vu le jour en 2016. Grâce à ces
fonds, Owkin compte accélérer le développement de sa technologie propriétaire, engager des partenariats stratégiques et
poursuivre le recrutement de talents en intelligence artificielle.
Cette opération est par ailleurs la première de GV en France.
Plusieurs vertus
eLichens lève 7 millions d’euros
Ces grand-messes, qui réunissent
les poids lourds mondiaux d’un secteur ou d’un sujet, ont plusieurs vertus aux yeux de l’exécutif. D’abord,
et avant tout, celle de la communication, puisque ces manifestations
mettent en scène une présidence
dynamique autour d’un « casting »
de premier ordre.
Mercredi, la photo de famille de
Tech for Good sur la terrasse de
l’Elysée et sous un beau soleil, l’a
ENVIRONNEMENT Concepteur de capteurs de gaz brevetés et
d’une plate-forme d’analyse et de prédiction de la qualité de l’air,
eLichens a annonce avoir bouclé un tour de table de 7 millions
d’euros. Outre le soutien renouvelé des actionnaires actuels, dont
le fonds Emertec 5 géré par Demeter Venture, SOFIMAC Innovation, les réseaux de Business Angels (membres de France Angels)
et Aereco, la start-up créée en décembre 2014 accueille le Fonds
Ville de Demain, géré par bpifrance dans le cadre du Programme
d’Investissements d’Avenir et BNP Paribas Développement.
Amazon
accusé de jouer
à Big Brother
VIE PRIVÉE A quelques jours
Photo de famille d’Emmanuel Macron, du président rwandais, Paul Kagame, et des PDG des géants de la tech,
bien illustré. Emmanuel Macron
était entouré de leaders du monde
de la tech, de la PDG d’IBM, Virginia
Rometty, à son homologue de Facebook, Mark Zuckerberg, sans
oublier Satya Nadella de Microsoft
et Dara Khosrowshahi d’Uber.
Avec, en invité d’honneur, Paul
Kagame, le président du Rwanda,
alors que l’Afrique est à l’honneur
du Salon VivaTech, qui ouvre ses
portes ce jeudi à Paris. Pour quelques jours, Paris est devenu la capitale de la tech mondiale, détrônant,
un instant, la Silicon Valley.
Ensuite, ces sommets illustrent le
retour de l’attractivité de la France
alors qu’Emmanuel Macron se veut
le premier VRP du « plan de transformation » qu’il a engagé depuis
son élection. Le président est dans
la continuation du « France is
back », qu’il avait martelé à Davos.
Ces sommets sont aussi là pour
mettre à l’agenda des débats impor-
tants au niveau mondial : hier
l’environnement et l’intelligence
artificielle, aujourd’hui la protection sociale et l’engagement en
faveur de la collectivité à l’heure de
l’ubérisation de l’économie, demain
la paix, avec le sommet prévu en
novembre à Paris à l’occasion du
Le président est
dans la continuation
du « France is back »,
qu’il avait martelé
à Davos.
centenaire de l’armistice de 1918.
Enfin, ces réunions permettent
aussi des annonces concrètes.
L’Elysée ne doute pas de l’utilité
d’un sommet comme Tech for
Good, et de sa capacité à produire
des résultats concrets. « Tous ces
patrons sont au même endroit,
donc ils n’ont pas envie d’être
moins-disants que leurs voisins », explique-t-on. On assure
que Macron met tout son poids
dans ses échanges avec les leaders de la tech – les PDG de
Facebook, Microsoft, Uber et
IBM ont eu droit à un entretien
avec lui – et se montre direct
dans ses discussions.
« Pas de déjeuner gratuit »
Le risque est que ces rencontres
se transforment en coquilles
vides. « Merci d’être là, mais
comme vous le savez, dans ce
monde, il n’y a pas de déjeuner
gratuit », leur a lancé Emmanuel Macron, avant de les inviter à passer à table dans la salle
des fêtes de l’Elysée. Le ton était
celui de la plaisanterie, mais,
sur le fond, Emmanuel Macron
sait qu’il sera jugé sur la capa-
Les acteurs de la tech mondiale s’engagent pour le bien c
DR
de l’entrée en application du
règlement européen sur la protection des données personnelles, le fabricant d’iPhones et
de Macbook se plie à l’une des
nouvelles obligations prévues
par le texte. Il vient d’ouvrir
une page Web via laquelle ses
clients européens peuvent
récupérer une copie de toutes
les données déjà collectées par
l’entreprise et liées à leurs identifiants Apple. Le service sera
étendu au monde entier.
Invités par l’Elysée à la
veille de l’ouverture de
VivaTech, une cinquantaine
de leaders d’entreprises
tech planchent sur l’avenir
du travail, la diversité et
l’éducation. Treize sociétés
annoncent déjà des
investissements en ce sens.
Guillaume Bregeras
@gbregeras
NUMÉRIQUE Dans une lettre
ouverte envoyée mardi à Jeff
Bezos, 30 ONG ont accusé le
patron d’Amazon de favoriser
la surveillance en masse via
« Rekognition », son outil de
reconnaissance faciale. Les
ONG s’alarment du potentiel
de cette technologie, qui pourrait analyser plusieurs millions
de visages instantanément,
selon la communication
même d’Amazon. Le géant
américain a publiquement
évoqué son logiciel en novembre 2017, et cherche depuis à le
vendre à diverses entreprises.
SUR
« C’EST MON ARGENT »
Chaque vendredi
à 6 h 25 et 10 h 50
DR
Apple rend
leurs données
à ses utilisateurs
Il y a eu le One Planet Summit sur
l’environnement en décembre, le
Choose France sur l’investissement
en janvier pour précéder Davos, le
AI for Humanity sur l’intelligence
artificielle en mars et, mercredi, le
Tech for Good sur l’implication des
géants de la technologie dans
le bien commun… Plus besoin de le
démontrer, depuis son accession à
la présidence de la République il y a
un an, Emmanuel Macron a le goût
d’organiser, à l’Elysée, au château de
Versailles ou autre endroit prestigieux, des sommets internationaux
destinés à marquer les esprits.
Organisé à Matignon après un
déjeuner à l’Elysée, Tech for Good
s’inscrit dans cette stratégie politique. « Tech for Good est là pour créer
un catalyseur. On a appris à fonctionner comme ça avec ces entreprises », explique l’Elysée. A la veille du
Salon VivaTech, le chef de l’Etat
français a tenu à rassembler beaucoup de grands noms de la technologie mondiale, de Facebook à Google en passant par Uber, Intel ou
encore Deliveroo. Beaucoup de présents – une soixantaine de groupes
d’Europe et d’Amérique du Nord
représentés le plus souvent par
leur PDG – et quelques absents de
marque, comme les américains
Twitter et Amazon. De son côté,
l’Asie n’était représentée que par le
sud-coréen Samsung et le chinois
Tencent.
L’appel a été entendu. Face aux
scandales de piratage de données
personnelles marqué par l’affaire
Cambridge Analytica de Facebook,
les géants de la Tech mondiale ont
décidé de reprendre la main. Le
sommet Tech for Good organisé par
l’Elysée la veille de l’ouverture de
VivaTech leur offre la plate-forme
qui leur manquait pour parler d’une
seule voix alors que sera appliqué,
dans quelques heures, le Règlement
général sur la protection des données (RGPD), qui les encadre plus
strictement sur ce sujet.
Mercredi après-midi, une cinquantaine de patrons ont planché
collectivement dans les salons de
Matignon autour des thèmes de
l’avenir du travail, de la diversité et
de l’éducation. Des ateliers qui
devraient déboucher sur des
recommandations portées par le
Premier ministre, Edouard Philippe, en fin de journée. Dans le
même temps, 13 entreprises s’engagent à travers une série d’investissements, dont une partie en France.
D’ici à 2020, Accenture va ainsi
Virginia Rometty, PDG d’IBM, salue Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook,
dans le cadre du sommet Tech for Good. Photo Charles Platiau/AFP
investir 200 millions de dollars à
l’échelle mondiale pour aider à
ramener les personnes éloignées de
l’emploi vers le monde du travail. En
parallèle, le group e va aider
150.000 personnes en France pour
leur permettre d’acquérir des compétences pour retrouver un emploi,
ou créer leur entreprise.
Le groupe RATP, quant à lui,
devient partenaire fondateur de
l’alliance Net Zéro, dont l’objectif est
d’établir une meilleure méthode
pour calculer les émissions de gaz à
effet de serre. De son côté, Booking.com engage 5 millions d’euros
pour l’année 2018, durant laquelle la
plate-forme néerlandaise de réser-
vation d’hôtels va créer un incubateur pour accompagner les start-up
du tourisme durable, avec un système de bourses qui pourront également leur être allouées.
100 millions de dollars
pour Google
Dans la foulée du soutien financier
accordé à quatre start-up françaises
le mois dernier (3 millions d’euros),
Google étend son action envers les
projets à but non lucratif s’appuyant
sur les technologies. L’enveloppe
allouée à ce programme est montée
à 100 millions de dollars sur cinq
ans et sera utilisée pour aider des
organisations européennes, africai-
nes et moyen-orientales. Microsoft
déploie quant à lui son programme
innovation autour de l’intelligence
artificielle avec le recrutement
d’une centaine de collaborateurs
spécialisés. Et IBM va créer
1.800 postes en France d’ici à deux
ans, incluant les 400 déjà annoncés
lors du plan IA du gouvernement.
Trois autres géants américains
affichent leur engagement pour
une Tech davantage tournée vers le
bien commun : Intel sera le partenaire de l’Institut Curie pour implémenter le supercalculateur pour
lutter contre le cancer. SAP veut
œuvrer pour aider à passer la part
des femmes dans les postes déci-
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
SPÉCIAL VIVATECH // 15
Les Echos Jeudi 24 mai 2018
3
du débat sur l’innovation
INTERVIEW // VALÉRIE PÉCRESSE Présidente de la région Île-de-France
u mercredi.
« Notre région va investir 100 millions d’euros
sur le véhicule autonome »
Propos recueillis par
Guillaume Bregeras
@gbregeras
et Dominique Malécot
@DMalecot
résente à VivaTech, la présidente de la région francilienne va annoncer la mise
à disposition de la carte Navigo sur
smartphone. Elle détaille sa politique en faveur de l’innovation et des
start-up, et dévoile un plan d’investissement de 100 millions d’euros
en faveur du véhicule autonome.
Charles Platiau/AFP
P
mercredi, à l’Elysée.
cité de ces sommets à produire
des résultats concrets et à faire
avancer les dossiers.
Sur le « bien commun »,
ligne maîtresse de Tech for
Good, les choses avancent,
mais elles seront longues à se
mettre en place. L’assurance
proposée par Uber ou Deliveroo à leurs chauffeurs n’est
même pas l’équivalent du
régime de base des salariés en
France. A l’Elysée, on insiste sur
le fait que la discussion sur la
protection sociale à l’heure des
nouvelles formes de travail n’en
est qu’à ses débuts. « Les entreprises de la tech ne peuvent pas
être les passagers clandestins de
la collectivité », plaide-t-on à
l’Elysée.
(
Lire l’éditorial
de David Barroux
Page 7
commun
sionnels au sein des entreprises
de 22 à 30 % en 2022. Et Visa va
implanter un centre européen
de l’innovation à Paris.
Assurance gratuite
Les start-up ne sont pas en reste
avec l’annonce d’Uber d’étendre
sa couverture gratuite en partenariat avec AXA à l’ensemble de
ses 150.000 chauffeurs et coursiers répartis dans 21 pays en
Europe. Un credo auquel souscrit aussi Deliveroo, qui va faire
bénéficier d’une assurance gratuite couvrant « accidents » et
« responsabilité civile » tous ses
livreurs. En marge de cette
annonce, la pépite britannique
de la livraison prend aussi
l ’e n g a g e m e n t d ’ i n v e s t i r
100 millions d’euros en France
pour étendre sa présence géographique.
De son côté, la licorne américaine Stripe renforce son soutien aux pépites tricolores en
triplant ses effectifs (jusqu’à
50 personnes) avec la volonté
d’accompagner 10.000 nouvelles entreprises situées en province au cours des cinq prochaines années pour les aider à
croître à l’international.
Enfin, la jeune pousse française OpenClassrooms, qui
vient de lever 53 millions
d’euros, s’engage notamment à
trouver un emploi à un million
de personnes chaque année
dans le monde à partir de
2025. n
Quelles sont les thématiques
clefs de l’innovation
pour la région ?
Nous essayons d’accompagner
les innovations de rupture comme
l’intelligence artificielle, l’ordinateur du futur ou le véhicule autonome. Sur ce point, nous allons
investir 100 millions d’euros, car
le quart des emplois industriels
situés dans notre région se trouvent dans l’automobile. Et cela ne
fait pas sens de continuer à produire des véhicules diesel !
Que manque-t-il à cet
écosystème pour qu’il puisse
se déployer plus rapidement ?
Un marché ! La typologie des villes
américaines en forme de damier
rend les expérimentations plus
faciles et leur cadre décisionnel est
plus simple. Dans les métropoles
françaises, c’est très compliqué.
C’est pourquoi nous sommes convenus avec l’Etat d’ouvrir un certain
nombre de sites propices à ces tests
de véhicule autonome. Concrètement, nous allons investir dans la
route intelligente, aménager les
bandes d’arrêt d’urgence et des
tronçons d’autoroute pour qu’ils
puissent y rouler dès janvier 2019.
Pour ce thème, comme pour
d’autres liés à l’innovation, cela
pose la question de l’accès aux
assez facilement ces touristes.
données publiques. Comment
allez-vous faciliter leur accès ?
Nous prenons le virage de l’open
data par défaut depuis deux ans.
Avec certains acteurs, dans le
transport notamment, nous nous
battons pour faire accepter cette
idée. Par exemple, nous lançons la
dématérialisation de la carte
Navigo pour qu’elle soit accessible
sur smartphone et la SNCF comme
la RATP freinent l’accès aux données. Ils veulent une solution propriétaire pour garder la donnée.
Le pôle de Saclay reste enclavé
aux yeux des investisseurs. C’est
pourtant un site clef pour l’innovation dans la région, comment
pouvez-vous les attirer ?
En convainquant le président de la
République de construire la
ligne 18 du métro du Grand Paris !
« Notre potentiel
touristique
est totalement
sous-exploité. »
« Concrètement,
nous allons investir
dans la route
intelligente, aménager
les bandes d’arrêt
d’urgence
et des tronçons
d’autoroute... »
Nous essayons de les faire évoluer
en se mettant d’accord sur son
usage, mais nous voulons pousser
l’utilisation de logiciels libres et
prévenir les effets de rente et les
impasses technologiques.
Le tourisme est un autre
secteur économique de poids
pour la région, quel rôle
la tech peut-elle y jouer ?
Notre potentiel touristique est
totalement sous-exploité. Nous
avons besoin d’une plate-forme
totalement intégrée qui se positionne comme une place de marché avec une offre très large. Les
touristes ont besoin d’accéder à des
informations dans leur langue, pas
uniquement en anglais, et elle doit
présenter autre chose que les
Folies Bergère ou la tour Eiffel !
Des sites comme Village Nature,
Vaux-le- Vicomte, Fontainebleau,
Provins ne peuvent pas toucher
Valérie Pécresse. Photo Eric Dessons/Sipa
Sur ce sujet, le ministère des Transports se positionne avec une vision
à court terme. Il raisonne en heures
de pointe le matin et le soir et non
en fonction de son intérêt stratégique. Les rapports pour tuer la
ligne 18 se sont amoncelés, notamment sur sa rentabilité, alors que ce
n’est pas le sujet principal. Je repositionne actuellement le projet afin
de proposer la réalisation de la
ligne Saclay-Massy en 2025 et celle
de Massy-Orly en 2027… n
i
Vendred
avec
os
Les Ech
« Il faut arrêter de parler
de la Seine-Saint-Denis
comme d’un quartier-ghetto »
Quels sont les véhicules
d’investissement de la région
pour soutenir les entreprises
innovantes ?
No u s avo n s f i n a n c é e nv i r o n
6.000 entreprises en deux ans et
avons augmenté les moyens de
30 % par rapport à l’an passé. Nous
avons injecté 50 millions d’euros
sur Innov’Up en 2017, qui accompagne les PME industrielles dans leur
phase d’exp érimentation, et
30 millions d’euros sur PM’Up, dont
l’objectif est de les aider à moderniser leur outil de production et à se
développer à l’international.
La région a-t-elle les moyens
de devenir un pôle d’excellence
sur l’intelligence artificielle ?
Nous avions affiché l’ambition que
l’Ile-de-France devienne la première région européenne de l’intelligence artificielle avant le rapport
Villani. 40 % des mathématiciens
français sont situés dans la région.
Microsoft, Facebook, Huawei, IBM,
General Electric ont tous investi ici.
A VivaTech, nous avons également lancé un challenge international de start-up sur ce thème doté
de 1 million d’euros pour les trois
lauréats.
Les start-up s’installent
principalement à Paris,
comment pouvez-vous
les inciter à venir au-delà
du périphérique ?
Il faut arrêter de parler de la SeineSaint-Denis comme d’un quartierghetto, par exemple. Nous y avons
installé le nouveau siège de la
région, c’est situé à cinq minutes du
périphérique avec une vue impre-
« Nous avions affiché
l’ambition que l’Ilede-France devienne
la première région
européenne de l’IA
avant le rapport
Villani. »
nable sur la tour Eiffel et sur Montmartre… Si l’on veut vendre la
région, il faut changer de discours
et les exemples sont nombreux : la
Défense, Saclay, Villejuif avec le
cluster Cancer Campus, Aubervilliers et les industries créatives, la
Seine-et-Marne et le tourisme…
Propos recueillis par
G. B. et D. Ma
Videz-vous la tête avec
un magazine qui la remplit
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
16 // SPÉCIAL VIVA TECHNOLOGY
Jeudi 24 mai 2018 Les Echos
3 INNOVATION
INTERVIEW // SATYA NADELLA PDG de Microsoft
« La défense de la vie
privée est un droit
de l’homme »
l Dans un entretien aux « Echos », Satya Nadella défend
les opportunités de l’intelligence artificielle pour la France.
l Il appelle à une approche éthique de la technologie.
vec ce patron, Microsoft
joue modeste et pour les
autres. « Notre ambition,
ce n’est pas de changer le monde, c’est
de favoriser la démocratisation
des outils digitaux que nous créons »,
a expliqué Sat ya Nadella aux
« Echos » à la veille de l’ouverture
du Salon VivaTech, au cours d’une
journée marathon entre le campus
de start-up Station F et l’Elysée.
Le patron en a profité pour souligner les investissements de Microsoft dans l’intelligence artificielle
en France, alors que Google et
même IBM ont déjà marqué des
points dans la bataille de communication mondiale que se livrent les
géants des technologies à ce sujet.
Fidèle à la mission de Microsoft
– permettre d’accomplir davantage –, Satya Nadella se dit
convaincu que l’intelligence artificielle présente des opportunités et
pas que des menaces sur l’emploi
ou la vie privée. Ce mercredi, son
patron s’est enthousiasmé sans
peine devant les réalisations à
impacts sociétaux des étudiants de
l’Ecole IA de sa filiale française.
A
L’intelligence artificielle,
c’est du buzz ou cela va
vraiment changer nos vies ?
Dans tous les cycles technologiques,
il y a toujours une part d’enthousiasme qui dépasse la réalité, mais
concernant l’intelligence artificielle
– l’IA –, il faut tout de même regarder
la vitesse à laquelle nous progressons. Rien qu’en quatre ans, le chemin parcouru est impressionnant.
Aujourd’hui, la machine reconnaît
aussi bien que l’homme les objets,
elle comprend quand on parle, elle
traduit… Autant de choses qui
étaient encore purement théoriques il y a peu. Notre mission, chez
Microsoft, c’est de faire de l’IA une
technologie au service du plus
grand nombre pour qu’ils puissent
innover à leur tour. Les grands grou-
pes, comme la start-up que j’ai vue
ce matin et qui, grâce aux technologies de reconnaissance des objets,
peut détecter les morceaux de plastique dans les déchets et ensuite
favoriser le recyclage et la réutilisation du plastique.
Et vous pensez que c’est
comme ça qu’on va changer
le monde ?
Notre ambition, ce n’est pas de changer le monde, c’est de favoriser la
démocratisation des outils digitaux
que nous créons. La France jouit par
exemple d’avantages compétitifs
dans certaines industries comme
les transports, l’énergie, l’agriculture… A nous, avec l’IA, de permettre à la France de faire de vrais gains
de productivité dans ces domaines.
On peut le faire en travaillant, là
encore, avec un grand groupe,
comme Schneider Electric, ou des
start-up. On peut avoir un impact
sur le développement du capital
humain et contribuer à développer
des écosystèmes.
« L’ambition
de l’IA, pour nous,
ce n’est pas de
remplacer l’homme,
c’est de l’aider à être
plus efficace. »
Il pourrait quand même
y avoir un impact négatif
sur les emplois ?
Toutes les technologies qui permettent des gains en matière d’automatisation ont un impact sur le
marché du travail. Mais ne partons
pas du principe que cet impact ne
sera que négatif. L’IA, par exemple,
peut permettre à ceux qui souffrent
d’un handicap de surmonter certaines difficultés. Quand une start-up
développe une tablette pour déficients visuels, cela leur permet
d’étudier puis d’entrer sur le marché
du travail. Cela crée de nouvelles
opportunités. L’ambition de l’IA,
pour nous, ce n’est pas de remplacer
l’homme, c’est de l’aider à être plus
efficace. Et dans tous les domaines.
Dans les usines, les laboratoires
mais aussi pour les artistes, les
avocats, les designers… En faisant
naître de nouvelles compétences,
on développera de nouveaux
emplois. C’est pour ça qu’il faut
aujourd’hui mettre la priorité
sur l’éducation et la formation.
Et pas seulement des élites.
N’êtes-vous pas un peu trop
optimiste ?
On ne peut pas diriger une entreprise de nouvelles technologies sans
être optimiste. Mais on ne peut pas
pour autant être un techno-optimiste naïf. L’innovation doit aller de
pair avec la responsabilité. Il faut à la
fois envisager tout ce qu’une nouvelle technologie peut apporter de
positif et en même temps garder
une vision lucide des éventuelles
conséquences négatives. Il faut
avoir une approche responsable
et ne pas avoir peur de se poser
des questions sur le plan de la vie
privée, par exemple. Il faut avoir
une approche éthique de l’IA.
Une entreprise est là
pour faire des profits…
Pas pour être éthique !
Chez Microsoft, nous avons mis
en place un conseil éthique dans
lequel siègent des personnalités
qualifiées venant de plein d’horizons différents. Nous le faisons
parce que j’ai la conviction que des
décisions à court terme peuvent
avoir un impact économique intéressant mais peuvent aussi être
destructrices de valeur sur le long
terme, si nous n’avons pas la bonne
approche. Le marché devrait
d’ailleurs récompenser les entreprises qui se préoccupent de créer de la
valeur sur le long terme en mesurant le poids de leurs décisions.
Mais une IA ne peut pas
par nature être éthique ?
Les humains ont bien des principes.
A nous de faire en sorte que, dans la
conception même de l’IA, nous intégrions en amont des valeurs comme
la transparence, l’honnêteté… Il faut
établir des frontières.
Gregor Fischer/DPA/AFP
Propos recueillis par
David Barroux
@DavidBarroux
et Florian Dèbes
@FL_Debes
Pour le PDG de Microsoft, « il faut aujourd’hui mettre la priorité sur l’éducation et la formation ».
Avec le boom de la reconnaissance vocale, c’est la dernière
frontière de notre vie privée
qui risque de tomber…
La défense de la vie privée est un
droit de l’homme. C’est un principe
de base. Cela veut dire que dans tous
les produits ou solutions que nous
développons, nous devons intégrer
cette notion – ce qui implique que
nous donnions à l’usager le contrôle. Il doit pouvoir savoir quelles
informations on collecte sur lui et
nous devons agir de façon transparente. C’est pour cela que nous soutenons l’initiative européenne sur la
protection des données personnelles, le RGPD. Cela dit, comme pour
la sécurité, la défense de la vie privée, c’est un chemin permanent. On
ne franchit pas une ligne d’arrivée
avec le RGPD. Ce n’est qu’un début.
« L’innovation doit
aller de pair avec
la responsabilité. »
Faut-il une régulation
mondiale de l’IA ?
Il faut une part d’autorégulation de
la part des entreprises. Il faut des lois
comme le RPDG en Europe. Et pour
limiter les coûts de transaction ou
les frottements, notre vision est qu’il
vaut mieux qu’émergent des standards mondiaux. C’est d’ailleurs
parce que nous voulons limiter les
risques de fragmentation que nous
avons décidé d’appliquer le RGPD à
l’échelle mondiale pour tous nos
utilisateurs. Les informations, les
données, ne s’arrêtent pas aux
frontières.
Microsoft est parfois
vu comme l’entreprise
qui a manqué les dernières
révolutions du numérique
comme Internet
ou le smartphone.
En quoi restez-vous utiles ?
Nous n’avons pas complètement
« manqué » ces révolutions, si
l’on reprend votre terme. Le fait
que notre entreprise ait connu
un grand succès dans le passé
ne veut pas dire que nous n’en vivons
plus aujourd’hui et que nous n’en
remporterons pas d’autres demain.
Les entreprises avec lesquelles
nous sommes en concurrence
aujourd’hui sont d’ailleurs très différentes de celles auxquelles nous
nous comparions il y a dix ans. Le
fait que nous soyons toujours dans
la liste des cinq entreprises les plus
importantes doit bien signifier que
nous faisons bien quelque chose.
Nous ne mesurons pas notre succès
au regard de ce que nous avons fait
dans le passé. Il y a tant de « hype »
dans la technologie, ce qui compte
c’est notre utilité pour les autres. On
ne cherche pas à être les plus cools
mais à concevoir des outils pour que
nos clients soient cools.
Qui sont vos plus grands
compétiteurs aujourd’hui ?
Toute entreprise qui a une plus
grande capitalisation boursière
avec un autre agenda que le nôtre est
un concurrent. Google et Amazon
sont bien sûr les premiers des concurrents, mais nos groupes sont différents : Microsoft n’a pas de place
de marché en ligne et ne vend pas de
publicités. Pour nous, c’est simple :
nous construisons des outils et des
plates-formes pour que les autres
soient plus productifs et construisent davantage de technologies.
« Les informations, les
données, ne s’arrêtent
pas aux frontières. »
Microsoft est numéro deux
sur le marché de la location
de serveurs en ligne.
Pensez-vous pouvoir rattraper
Amazon et son AWS ?
Nous sommes déjà très compétitifs.
Au dernier trimestre, nous avons
fait une croissance de 93 % sur ce
segment. Ce n’est pas un mauvais
chiffre (sourire). Bien sûr, nous sommes encore plus petits qu’eux, mais
nous avons des chiffres incroyables
aussi. Le monde a besoin de plusieurs fournisseurs de technologie
cloud. Je pense que les clients nous
font confiance.
Quel est le plus gros challenge
de Microsoft ?
L’objectif a toujours été le même,
nous forcer à être une entreprise qui
n’arrête pas de se réinventer, avec de
nouvelles idées, de nouveaux
concepts. Notre challenge, c’est de
créer cette culture d’entreprise. n
Ces spécialistes auront
pour mission d’accompagner
des entreprises françaises
issues de cinq secteurs
jugés à même d’augmenter
le PIB grâce à l’IA.
« Ecole IA », « Compétence IA »,
« Impact IA » et maintenant « Innovation IA »… Microsoft continue à
décliner le dictionnaire pour présenter ses initiatives en faveur de
l’écosystème français des technologies d’intelligence artificielle (IA).
Satya Nadella, le PDG de l’entreprise américaine, a profité de son
passage en France à l’occasion du
sommet Tech For Good organisé
par la présidence de la République, quelques heures avant le début
du Salon VivaTech à Paris, pour
annoncer que sa filiale française
allait embaucher une centaine
d’experts de l’IA si prometteuse.
Ces spécialistes ne sont pas des
scientifiques. Ils auront pour mission d’accompagner des entreprises
du monde de la santé, de l’environnement-énergie, du transport, des
services financiers et de l’agroalimentaire. « Nous avons choisi de travailler avec ces cinq secteurs, car il
s’agit de marchés où des projets ayant
recours à l’intelligence artificielle
peuvent impacter positivement le PIB
français si notre investissement leur
permet d’accélérer la réflexion des
entreprises », note Carlo Purassanta,
le président de Microsoft France.
Multiplication
des initiatives
Sous l’œil avisé de ces conseillers,
les entreprises apprendront autant
à manipuler les technologies de
base de l’IA commercialisées par
Microsoft qu’à travailler avec des
start-up repérées par l’entreprise de
Redmond. Les seize jeunes pousses
qui ont rejoint son programme AI
Factory à Paris seront incitées à
innover avec les grands groupes
français clients du géant américain.
Par ailleurs, Microsoft et Schneider
Electric vont ouvrir un incubateur
commun.
Cette initiative s’inscrit dans un
plan d’investissement plus large et
déjà connu de Microsoft en France.
Au mois de mars, l’entreprise a
ouvert quatre centres de données –
trois en région parisienne et un
autre aux alentours de Marseille –
afin de faciliter l’accès aux technologies d’informatique en ligne sur
lesquelles repose son offre en IA.
Par ailleurs, Microsoft ne ménage
pas ses efforts pour former des professionnels de l’apprentissage automatique et des messageries automatisées (« chatbot »). Avec « Ecole
IA », l’entreprise entend former,
d’ici à 2021, 500 personnes issues
de publics éloignés de l’emploi,
en partenariat avec l’école du numérique Simplon.co. Avec « Compétence IA », Microsoft met sur la table
30 millions de dollars sur trois ans
pour initier 400.000 personnes à
l’informatique en ligne, à l’IA et à la
programmation. Par ailleurs,
Microsoft participe également au
financement de l’institut de recherche en IA de Paris (Prairie) et anime
le collectif de réflexion « Impact IA »
mêlant start-up et grands groupes
souhaitant comprendre les conséquences sociétales de l’IA.
Certains observateurs critiques
ne verront dans cette succession
d’annonces que d’habiles offres
commerciales adressées aux clients
français du groupe américain.
« Microsoft cherche à former les nouvelles générations à ses outils, l’IA lui
sert d’appât pour vendre ses technolo-
Elaine Thompson/AP/Sipa
Microsoft va embaucher en France une centaine
d’experts de l’intelligence artificielle
Microsoft est à l’origine de plusieurs initiatives en faveur
de l’écosystème français des technologies de l’IA.
gies d’informatique en ligne », note
Patrick Albert, le président de Hub
France IA, une association cherchant à fédérer la filière française de
l’IA. « Microsoft surfe sur le besoin de
formation des cadres des grands
groupes, alors que la France a besoin
d’entrepreneurs de l’IA », retient
Stéphane Mallard, auteur du livre
« Disruption : intelligence artificielle, fin du salariat, humanité augmentée ». L’entreprise américaine
rétorque que les bénéficiaires de ses
programmes en profitent aussi
pour découvrir d’autres technologies que les siennes. — Fl. D.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
SPÉCIAL VIVA TECHNOLOGY // 17
Les Echos Jeudi 24 mai 2018
3
L’Europe des start-up de l’intelligence artificielle reste à construire
Un rapport du cabinet
Roland Berger met
en avant la fragmentation
de l’Europe face aux start-up
américaines et chinoises.
Le Brexit pourrait encore
aggraver la situation.
« Il faut que nos
grands groupes
aient une politique
plus ambitieuse de
mutualisation des
données, d’investissement et de rachat
de start-up. »
Benoît Georges
@bengeorges
Un acteur important, mais beaucoup trop fragmenté pour peser
réellement sur la scène mondiale. Le
rapport que viennent de consacrer
le cabinet Roland Berger et le fonds
de capital-risque Asgard* aux
start-up européennes de l’intelligence artificielle (IA) appelle à une
stratégie d’alliance entre les pays du
Vieux Continent face aux Etats-Unis
et à la Chine. Et estime que les investisseurs, l’Europe et les grandes
entreprises doivent miser davantage
sur les jeunes pousses du secteur.
Faisant le constat que l’IA et l’automatisation vont entraîner une révolution majeure des processus de
production, l’étude a choisi de se
concentrer sur les start-up, car
« dans l’intelligence artificielle, les
moteurs de l’innovation de rupture
sont les start-up », explique Axelle
Lemaire, ancienne secrétaire d’Etat
chargée du Numérique et désormais
associée du cabinet de conseil en
stratégie.
Un espace trop restreint
la moitié des start-up au monde
(1.393 sur 3.465). L’Europe pointe
certes à la deuxième place (769),
loin devant la Chine (383), mais il
s’agit d’une position très virtuelle :
elle le doit avant tout à la GrandeBretagne, seul pays européen dans
le Top 5 mondial, et qui concentre à
elle seule plus de start-up que la
France et l’Allemagne réunies. Or
avec le Brexit, il devient de plus en
plus difficile d’imaginer que les
entreprises britanniques s’intégreront à une vision européenne.
Résultat : cumulant à peine 6 %
des start-up d’IA dans le monde,
Paris et Berlin occupent aujourd’hui
un espace bien trop restreint pour
pouvoir peser sur les enjeux économiques et éthiques actuels. « Est-ce
que l’on veut être un continent d’utilisateurs passifs de l’intelligence artificielle, ou bien est-ce que l’on veut être
un continent qui produit des techno-
logies dans ce domaine ? » s’interroge Axelle Lemaire.
« Chacun finance
dans son coin »
Pour inverser la tendance, le rapport
appelle les investisseurs des deux
pays à se coordonner. « Aujourd’hui,
chacun finance dans son coin et il y a
très peu de fonds d’investissement et
de capital-risque qui aient une vision
paneuropéenne, poursuit Axelle
Lemaire. On est encore dans une concurrence, notamment entre Paris et
Berlin, alors qu’on n’a pas d’autre
choix que de partir unis. »
Autre constat de l’étude : la faiblesse du financement public en la
matière. Si le cabinet salue le lancement du programme de capital-risque VentureEU en avril dernier
(avec un objectif de 2,1 milliards de
fonds publics et privés, dont
400 millions apportés par l’Europe),
il souhaite que le fonds européen
d’investissement fasse plus en direction des start-up.
Enfin, le rapport de Roland Berger estime que les entreprises ont
aussi un rôle à jouer dans la création
d’un écosystème favorable aux
start-up locales. « En l’absence de très
grandes plates-formes à l’américaine
ou à la chinoise, les grands groupes
européens doivent prendre le relais,
explique Axelle Lemaire. Et cela ne
doit pas se limiter aux interfaces avec
les clients, aux “chatbots” et aux outils
de marketing : il faut que les grands
groupes aient la volonté de tester l’IA
sur l’ensemble de la chaîne de production et sur le back-office. Il faut aussi
que nos grands groupes aient une
politique plus ambitieuse de mutualisation des données, d’investissement
et de rachat de start-up. »
* « Artificial Intelligence – A strategy
for European startups », Roland
Berger/Asgard, mai 2018.
EDF 552 081 317 RCS PARIS, 75008 Paris – Photo : Getty Images –
Or l’état des lieux dressé par Roland
Berger souligne la faiblesse de l’écosystème européen. Limité aux jeunes pousses développant et produisant des technologies d’IA, il
constate la domination absolue des
Etats-Unis, qui rassemblent près de
AXELLE LEMAIRE
Ancienne secrétaire d’Etat
chargée du Numérique, associée
du cabinet Roland Berger
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
18 // SPÉCIAL VIVA TECHNOLOGY
Jeudi 24 mai 2018 Les Echos
3 INNOVATION
INTERVIEW // DARA KHOSROWSHAHI PDG d’Uber
« L’objectif d’Uber est
d’entrer en Bourse en 2019 »
l Le nouveau patron de la start-up dresse un premier bilan.
l Il veut construire une offre de mobilité allant au-delà des VTC.
Propos recueillis par
Nicolas Barré
@nicolasbarre_
et Lionel Steinmann
@lionelSteinmann
Pour son premier déplacement en
France à l’occasion du sommet
Tech for Good, organisé par l’Elysée, et du Salon Viva Technology,
Dara Khosrowshahi, qui a pris les
rênes d’Uber l’automne dernier,
détaille dans une interview exclusive aux « Echos » les changements
de culture et de stratégie qu’il a
impulsés dans l’entreprise.
Vous êtes PDG d’Uber depuis
neuf mois. Qu’est-ce qui vous a
surpris le plus à votre arrivée ?
Le poids et l’importance qu’a pris
Uber dans le monde. On en a conscience en théorie, mais quand on est
à l’intérieur, on réalise ce qu’Uber
représente dans la vie de dizaine de
millions de gens à travers le monde
pour se déplacer dans leur vie quotidienne à des prix abordables.
Depuis mon arrivée, j’ai eu des bonnes et des mauvaises surprises,
mais rien que nous ne puissions
gérer. C’est un secteur où tout va très
vite, et il faut savoir réagir de la
même manière. Jusqu’ici, nous
avons plutôt bien manœuvré entre
les obstacles, même s’il reste encore
beaucoup à faire.
Avez-vous rencontré la maire
de Paris, Anne Hidalgo ?
Pas encore, mais nous sommes désireux d’une collaboration. Paris est
une ville particulière pour nous, c’est
la première ville dans laquelle nous
nous sommes lancés hors des EtatsUnis. Nous avons ici une très forte
activité. Notre principal sujet, à
Paris, comme en France, est le
récent changement de réglementation, qui contribue d’un côté à un
environnement plus sûr, mais qui a
également comme conséquence,
avec des examens d’entrée dans la
profession plus durs et de nouvelles
barrières financières, d’écarter de
nombreux candidats. C’est l’un de
nos sujets de discussion avec les
pouvoirs publics.
« Quand je suis arrivé,
la crise était si
profonde que toutes
les équipes en interne
étaient convaincues
qu’il fallait changer
les choses. »
Ces dernières années, Uber a
souvent flirté avec la légalité
pour développer son activité.
Vous avez tourné cette page ?
Notre posture a été plutôt agressive
par le passé, c’est vrai. Elle est désormais beaucoup plus basée sur le dialogue, l’écoute et le partenariat avec
les pouvoirs publics. Il est possible
d’avoir des accords gagnant-gagnant, comme le montre l’accord
totalement innovant que nous
avons annoncé mercredi avec AXA.
Cela renforce la protection sociale
de nos chauffeurs partenaires. Mais
cela correspond à la volonté du gouvernement français, et plus largement aux gouvernements des
autres pays européens, de s’assurer
que tous les travailleurs bénéficient
d’une protection sociale de qualité.
Vous avez pris la tête
d’une entreprise en crise et
dont la culture interne était
critiquée. Comment l’avezvous changée ?
Quand je suis arrivé, la crise était si
profonde que toutes les équipes en
interne étaient convaincues qu’il fallait changer les choses. Du coup, le
changement de culture est venu de
l’interne. Ce sont les salariés qui ont
rebâti le corpus de valeurs de l’entreprise. Une partie du changement a
consisté à remettre les chauffeurs
au centre, à mieux les écouter, à les
considérer comme de véritables
partenaires. Ils sont 3 millions, à
temps plein ou à temps partiel, et ils
sont les visages d’Uber pour les
clients. Notre appli est certes formidable, mais l’expérience Uber, c’est
ce qui se passe dans la voiture, avec
le chauffeur, durant le trajet. Pour la
mise au point de la nouvelle appli,
nous les avons beaucoup consultés.
Désormais, à chacun de mes déplacements, je rencontre un panel de
chauffeurs et j’écoute ce qu’ils ont à
dire que ce soit en bien ou en mal.
Nous avons aussi changé de
manière significative notre manière
de travailler avec les villes et les gouvernements. Le dialogue établi avec
Londres, par exemple, est prometteur. Je voyage beaucoup, au Brésil,
en Europe, ailleurs, pour écouter,
rencontrer les régulateurs. C’est
nouveau pour nous.
A quoi ressemblera Uber
demain ?
Nous ne voulons pas nous limiter à la
voiture. Notre stratégie consiste à
offrir des solutions de mobilité au
sens large. Nous voulons être une
plate-forme qui proposera des
déplacements porte à porte, aux
clients comme aux villes. Nous commençons déjà à intégrer dans notre
offre des vélos électriques, comme le
montre le rachat il y a quelques
semaines de la start-up Jump. Nous
souhaitons aussi travailler avec les
entreprises des transports publics, le
métro, le bus, pour intégrer leur
offre en temps réel dans l’appli Uber,
donner des informations sur le trafic, permettre, comme nous allons le
faire à Washington DC ou à New
York, d’acheter un ticket de transport avec son smartphone, etc. Notre
appli a vocation à proposer à chaque
utilisateur différentes options pour
aller d’un point à un autre, pas seulement la voiture. Nous pouvons également proposer aux autorités organisatrices de transport nos capacités
à analyser les données, pour les aider
à améliorer leurs services.
Comment est-ce vu en France ?
Nous commençons tout juste à discuter. Comme toujours, certains
partenaires sont réticents, d’autres
sont plus ouverts à notre vision de
l’avenir des transports. Nous nous
engagerons avec ceux qui sont dans
cet état d’esprit pour bâtir un produit pour lequel nous avons beaucoup d’ambition, non seulement
pour les clients, mais aussi pour les
villes. Nous pensons vraiment que
nous pouvons être une solution de
transport pour les villes du futur. Je
pense vraiment que ceux qui résisteront au changement prendront
du retard.
A New York, Uber et Lyft
sont accusés de contribuer
aux embouteillages…
Les embouteillages sont et seront
un problème récurrent dans toutes
les grandes villes du monde. Il me
paraît injuste de nous désigner
nous ou Lyft comme responsables.
La jeune pousse étend la couverture sociale
offerte à ses chauffeurs et à ses coursiers
L’annonce, faite mercredi
par le PDG d’Uber lors du
sommet Tech for Good à
l’Elysée, concerne
150.000 partenaires en
Europe dont plus de 35.000
en France.
Uber poursuit son opération séduction en direction des chauffeurs
VTC et des pouvoirs publics. Dara
Khosrowshahi, le PDG de la jeune
pousse californienne, a annoncé
mercredi lors du sommet Tech for
Good, une extension de la couverture sociale dont peuvent bénéficier les travailleurs indépendants
utilisant l’application Uber en
Europe, en partenariat avec AXA.
Fin octobre 2017, les deux partenaires avaient déjà lancé une assurance gratuite couvrant les quelque
20.000 chauffeurs travaillant pour
Uber en France. Le nouveau dispositif, baptisé « Protection partenaire », ajoute de nouvelles garanties et sera opérationnel dès le
1er juin prochain. Il couvrira également les coursiers effectuant des
livraisons de repas pour Uber Eats.
En cas d’accident survenu lors
d’une course obtenue via Uber, le
chauffeur pourra prétendre à une
allocation forfaitaire de 1.000 euros
pour l’hospitalisation, ainsi qu’à
une indemnité journalière de
40 euros par jour (25 euros pour les
coursiers), pour une durée de convalescence allant jusqu’à un mois.
Un second niveau de garantie
concernera les « partenaires »
ayant effectué au moins 150 courses
pour Uber durant les deux derniers
mois, ou 30 livraisons pour Uber
Eats. Ils toucheront alors, en cas de
maladie ou d’accident en dehors du
travail, une « compensation journalière » de 40 euros par jour sur un
laps de temps allant jusqu’à 15 jours.
Par ailleurs, un « partenaire »
(chauffeur comme coursier) attendant un enfant touchera
1.000 euros à la naissance.
Un dispositif « entièrement
financé par Uber »
Ce nouveau dispositif s’appliquera
non seulement en France, mais
aussi dans 20 autres pays européens, du Royaume-Uni à l’Estonie
en passant par l’Allemagne. Il sera
« entièrement financé par Uber »,
indique la firme de San Francisco,
qui se refuse toutefois à fournir un
chiffre sur le coût que représente
cette mesure.
Cette initiative est une nouvelle
illustration de la stratégie menée
par Uber pour reconquérir les bonnes grâces des chauffeurs, qui
avaient pris l’application en grippe,
particulièrement en France, lui
reprochant son taux de commission trop élevé et son manque de
considération.
Mais le modèle popularisé par la
start-up américaine, qui remplace
l’emploi de salariés par le recours à
des travailleurs indépendants, est
également critiqué par un certain
nombre de gouvernements parce
qu’il fait supporter l’essentiel des
risques économiques sur les partenaires. En élevant le niveau de protection dont ces derniers bénéficient, Uber veut désamorcer ces
critiques et se poser en pionnier
d’un nouveau modèle social. — L. S.
« Nous pensons vraiment que nous pouvons être une solution
de transport pour les villes du futur. » Photo Simon Dawson/Bloomberg
Nous pouvons au contraire faire
partie de la solution comme alternative à la voiture individuelle, et
c’est, entre autres, pour cela que
nous avons investi des centaines de
millions de dollars pour promouvoir le partage de VTC entre plusieurs clients (« pooling »), ce qui
diminue la circulation. Ou que nous
investissons dans les vélos électriques, qui sont une alternative à la
voiture pour les trajets courts : à Los
Angeles, la moyenne est de 4 kilomètres par trajet.
Que faites-vous en termes
de protection des données ?
Nous ne vendons pas les données,
nous ne les monétiserons jamais,
nous ne les utilisons que pour améliorer le service au client. C’est la différence avec d’autres plates-formes.
Nous investissons des millions de
dollars dans la protection des données, pour s’assurer qu’elles sont
sûres. Uber ne dégage pas 1 dollar de
plus grâce aux données, elles ne servent qu’à améliorer le service au
client et à lui faire gagner du temps.
Etes-vous prêts à entrer
en Bourse en 2019 ?
Oui, c’est bien notre objectif, nous
améliorons notre rentabilité et
nous renforçons nos procédures de
contrôle interne, financier et réglementaire, ce qui est crucial pour la
confiance des investisseurs.
« Avec Uber Elevate, nous
visons un transport de masse »
Où en est Uber Elevate, votre
projet de véhicule volant ?
Nous allons investir 20 millions
d’euros en France pour créer un
centre de recherche qui se concentrera au départ sur Uber Elevate.
Avec Elevate, notre objectif est de
projeter les services de transport
dans une autre dimension. Plus de
la moitié de la population mondiale
vit dans des centres urbains et ce
sera les deux tiers dans quelques
années. Les villes seront de plus en
plus denses et les infrastructures de
transport ne pourront pas rester à
deux dimensions alors que les villes
seront de plus en plus construites
en hauteur. Le projet Elevate
consiste à ajouter une troisième
dimension au transport de masse
pour des distances plus longues à
l’intérieur des « super-cities ».
Y aura-t-il des taxis volants
à Paris en 2024 pour les JO ?
Je vois les premières applications
commerciales se développer autour
de 2025 et au-delà. Ça risque d’être
un peu juste pour 2024 ! Attention :
il ne s’agit pas d’expériences de laboratoire. On parle ici de transport de
masse à des prix abordables. Le but
d’Uber n’est pas de proposer des trajets à 300 ou 400 euros, nous visons
un marché pour tout le monde.
N’est-ce pas irréaliste ?
Nous voulons participer à la révolution des transports qui arrive, nous
nous devons de faire des paris technologiques et nous en avons désormais les moyens car le cœur de nos
activités est rentable. Nous gagnons
de l’argent sur les marchés mûrs,
dans les pays développés.
Quand verrons-nous des taxis
autonomes ?
Les voitures autonomes vont être
introduites dans notre offre d’ici 3 à
4 ans à une échelle commerciale.
Mais, pendant longtemps, elles
coexisteront avec les véhicules classiques. Il y a encore beaucoup de
sujets réglementaires à traiter.
4
À NOTER
Uber annonce ce jeudi
un partenariat avec l’Ecole
Polytechnique pour créer
une chaire sur la « mobilité
urbaine intégrée ».
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
SPÉCIAL VIVA TECHNOLOGY // 19
Les Echos Jeudi 24 mai 2018
3
Coup d’envoi du rendez-vous mondial de l’innovation à Paris
Le Salon, qui se tient
Porte de Versailles
jusqu’au samedi 26 mai,
franchit un cap en termes
de taille cette année, avec
plus de 2.000 exposants.
Les chiffres clefs
1.800
START-UP
de 50 pays seront
présentes à VivaTech.
Anaëlle Grondin
@AnaelleGrondin
Pour la troisième année d’affilée,
Paris devient la capitale mondiale
de l’innovation et des start-up
durant trois jours à l’occasion de
l’événement Viva Technology. Le
coup d’envoi de l’édition 2018 est
donné ce jeudi matin avec un discours inaugural du président de
la République, Emmanuel Macron.
Le rendez-vous, coorganisé
par Publicis et « Les Echos », qui se
tient Porte de Versailles jusqu’au
samedi 26 mai, franchit un cap en
termes de taille cette année avec
plus de 2.000 exposants présents
dans le hall 1 de Paris Expo. En
particulier, plus de 1.800 start-up
de 50 pays seront présentes dans
un des 23 labs d’« open innovation »
ou participeront à des concours
de pitch. La part belle sera donnée
aux robots, à la réalité virtuelle
et augmentée, mais aussi aux
nouvelles mobilités.
Mark Zuckerberg attendu
sur scène
La relation entre jeunes pousses
et grands groupes constitue ainsi,
comme les années précédentes,
le fil rouge de l’événement. Parmi
les partenaires figurent Airbus,
BNP Paribas, La Poste, LVMH
(propriétaire des « Echos »), Sanofi,
Thales, Microsoft, Salesforce,
SA P o u e n c o r e Vo l k s w a g e n .
400
INTERVENANTS
parmi les plus prestigieux
du monde de la tech
se succéderont
sur les différentes scènes.
68.000
VISITEURS
En 2017, Viva Technology a
connu un grand succès avec
plus de 68.000 visiteurs.
23
LABS
d’« open innovation »
sont programmés
pour cette édition 2018.
Des expériences de réalité virtuelle lors de l’édition 2017 du salon Viva Technology. Photo Denis/RÉA
Par ailleurs, des grands noms de la
tech mondiale restent fidèles au
Salon, comme Alibaba, Cisco, Facebook, Google, IBM, Lenovo, Orange
et Tencent. L’ambition internationale de VivaTech se traduit également par un focus sur le développement des technologies en Afrique.
Plus de 100 start-up parmi les plus
prometteuses du continent sont
présentes cette année (lire nos
informations page 11).
Du côté des conférences, plus de
400 intervenants parmi les plus
prestigieux du monde de la tech se
succéderont sur les différentes
scènes. Au-delà du patron de Facebook, Mark Zuckerberg, les personnalités suivantes prendront
la parole : Satya Nadella, PDG
de Microsoft (lire nos informations
page 16), Eric Schmidt, membre du
conseil d’administration d’Alphabet (ex-Google), Chuck Robbins,
PDG de Cisco, Bill McDermott, PDG
de SAP, Dara Khosrowshahi, PDG
d’Uber, Stewart Butterfield, PDG de
Slack, Frédéric Mazzella, président
de BlaBlaCar, Bernard Arnault,
PDG de LVMH, ou encore Patrice
Caine, PDG de Thales.
Avant-premières
mondiales et compétitions
Parmi les temps forts des trois
jours à venir : des produits présen-
tés en avant-première mondiale,
un espace de 150 mètres carrés
dédié à des expériences exclusives
en réalité virtuelle, des véhicules
autonomes à découvrir et tester,
un concours organisé en partenariat avec le site américain TechCrunch, qui récompensera les
start-up européennes les plus prometteuses, la remise du LVMH
Innovation Award, ainsi que la
conférence Girl Power rassem-
blant des « role models » inspirantes du monde de l’entrepreneuriat,
du code ou des sciences. Les visiteurs auront également accès
à Talent Connect, un « jobboard »
recensant plus de 400 offres
d’emploi dans la tech.
En 2017, Viva Technology a
c o n n u u n g r a n d s u c c è s ave c
plus de 68.000 visiteurs, contre
45.000 pour sa première édition
l’année précédente. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
20 // SPÉCIAL VIVA TECHNOLOGY
Jeudi 24 mai 2018 Les Echos
3 INNOVATION
La fièvre des fusions-acquisitions
s’empare de la French Tech
l Plus de 245 start-up françaises ont changé de mains l’an dernier, 34 de plus qu’en 2016.
l Grands groupes et entreprises françaises ciblent les entrepreneurs de plus en plus précocement,
et creusent l’écart avec les acheteurs étrangers, en particulier américains.
DIGITAL
Anne Drif
@Anndrif
La vague de cessions dans la tech
retombe ? Ce n’est pas le cas en
France. Plus de 245 « deals » se sont
scellés dans le digital l’an dernier au
sein de l’Hexagone, soit 16 % de plus
qu’en 2016, selon l’indicateur d’eCap
Partner.
Le réveil du CAC 40 et des entreprises françaises face au tsunami
digital a alimenté la chasse aux
acquisitions des pépites tricolores.
BNP Paribas s’est offert CompteNickel, Carrefour Greenweez, tandis qu’Accor a mis la main sur trois
cibles en douze mois (VeryChic,
Gekko et Availpro), autant que La
Poste (Stuart, Ametix, KissKissBankBank), Webedia (MyPoseo, IDZ,
uptilab) et Econocom (Lp digital,
BiBOARD, Aciernet). Les groupes
français ont ainsi racheté
45 start-up de plus qu’en 2016, soit
206 au total. « Jusqu’à présent, les
industriels français voyaient le digital comme un levier de croissance et
d’innovation, en prenant pour
l’essentiel des participations dans des
fonds de capital-risque. Aujourd’hui,
ils savent que s’ils n’investissent pas
massivement par acquisitions, dans
dix ans leur métier pourrait ne plus
exister », expliquent Quentin Molinié et Numa Bourragué, les fondateurs d’eCap Partner.
Américains et Britanniques
distancés
Résultat, malgré quelques acquisitions phares, comme Zenly par
Snapchat et Regaind par Apple, les
concurrents étrangers des entrepri-
« Les industriels
français savent que,
s’ils n’investissent
pas massivement
par acquisitions,
dans dix ans, leur
métier pourrait ne
plus exister. »
QUENTIN MOLINIÉ,
NUMA BOURRAGUÉ
Fondateurs d’eCap Partner
ses françaises se sont retrouvés
complètement distancés. Ils n’ont
signé que 39 acquisitions l’an dernier, soit 11 de moins qu’en 2016 ! Les
Américains, premiers acquéreurs
de pépites françaises, n’ont bouclé
que 12 rachats, contre 18 en 2016, et
les Britanniques, seulement 3, contre 10 l’année précédente.
Les entrepreneurs de la French
Tech ne sont pas devenus soudain
protectionnistes. « En réalité, les
start-up sont identifiées et rachetées
de plus en plus jeunes par les groupes
français, qui prennent ainsi de court
leurs concurrents », notent les deux
banquiers d’affaires. En 2017,
27 start-up de moins de deux ans
d’existence ont ainsi changé de
mains, c’est 9 de plus qu’en 2016. Et la
large majorité des pépites cédées
(137) comptent moins de 20 salariés.
Au-delà de ce seuil, elles ont beaucoup moins séduit les acheteurs l’an
dernier. « Les acquéreurs veulent
mettre la main de plus en plus tôt sur
des pépites technologiques, car ces
start-up sont à la fois plus abordables
en valeur, plus agiles, et elles posent
moins de problèmes d’intégration et
de synergies », expliquent Quentin
Molinié et Numa Bourragué.
Cette chasse aux jeunes cibles
précoces sévit aussi dans les levées
de fonds. « La moyenne des levées a
été divisée de moitié, de 8 millions
d’euros à 4,5 millions d’euros, cela
traduit la volonté des investisseurs
d’identifier les futures pépites et de
capter leur valeur plus en amont »,
ajoutent-ils.
La génération Y
en première ligne
Deux types d’acquéreurs se sont
révélés particulièrement perspica-
ces l’an dernier pour identifier ces
jeunes pépites bien avant les autres :
les acteurs du digital de la génération Y, créés après les années 2000,
et une frange d’acquéreurs plutôt
discrète jusqu’à présent, les sociétés
de services et de conseil. « La montée
en puissance des sociétés de services
va de pair avec celle de la French Tech,
car elles sont au cœur de la transformation digitale des entreprises. Elles
doivent s’équiper à la fois en marketing digital, en compétences informatiques et en stratégie numérique »,
soulignent les deux banquiers. Ils
ont ainsi signé 80 acquisitions, soit
autant que les nouveaux venus de la
génération Y. n
Ces pépites et corporate qui se sont rencontrées
à VivaTech
Le rendez-vous mondial
consacré à l’innovation,
qui se tient à Paris
depuis 2016, a permis
à de grandes entreprises
et de jeunes pousses
de se rencontrer et a lancé
des collaborations.
En voici cinq exemples.
Anaëlle Grondin
@AnaelleGrondin
1 SENSORWAKE
ET ACCORHOTELS
En 2017, BeScent (ex-Sensorwake)
avait remporté le challenge « Sleeping in box » organisé par AccorHotels à VivaTech, grâce à son
concept de réveil par les odeurs.
« Nous avions beaucoup apprécié la
simplicité́ du produit et surtout le
gros potentiel qu’il y avait derrière »,
a indiqué Jacques Bolze, directeur
des produits chez AccorHotels.
Depuis, la jeune pousse a intégré la
« Smart Room » du groupe, une
chambre témoin proposant un
avant-goût de la chambre d’hôtel du
futur. Par ailleurs, la nouvelle génération de son réveil olfactif, le Sensorwake 2, est en cours de déploiement dans les chambres Novotel.
2
HEURITECH ET LVMH
La start-up, spécialisée dans le deep
learning appliqué au secteur de la
mode et du luxe, avait remporté le
LVMH Innovation Award à Viva
Technology en 2017. Cette récompense a donné à Heuritech, qui met
cette année le cap sur les Etats-Unis
et l’Asie, une visibilité précieuse.
« Le prix a permis de renforcer nos
liens avec les dirigeants d’autres maisons du groupe LVMH », a confié
Tony Pinville, fondateur de Heuritech. Cette année, la société a
d’ailleurs rejoint l’incubateur de
LVMH à Station F à Paris.
3
NUTRINO ET SANOFI
Les deux entreprises se sont rencontrées par hasard pour la première fois à ce rendez-vous mondial. Dagmar Kastelan, responsable
des nouveaux business models
pour le diabète chez Sanofi, dit avoir
découvert Nutrino sur le stand de…
Carrefour. La start-up israélienne
permet à chacun de mesurer
l’impact de son alimentation sur
son organisme. Une démarche qui
a immédiatement séduit la multinationale française de la santé. « En
collaborant avec Nutrino, nous
avons accès à des technologies de
pointe », a indiqué Dagmar Kastelan, en précisant : « A ses côtés,
Sanofi veut aider les diabétiques à
mieux prendre des décisions alimentaires en leur donnant une meilleure
idée de leurs réactions somatiques. »
4
KLAXIT ET SODEXO
L’application de covoiturage courte
distance (qui s’appelait anciennement WayzUp) a séduit de nombreux clients de Sodexo sur le stand
de l’entreprise de services à VivaTech l’an dernier. En février 2018, un
partenariat a été conclu entre Klaxit
et Sodexo, qui a d’ailleurs investi
dans la start-up. « Nous sommes le
leader mondial des services de la qualité de vie et rien qu’en France, nous
travaillons pour 2.000 entreprises de
plus de 100 salariés. Avec Klaxit,
nous serons capables de leur propo-
ser des services de mobilité », confirme Géraldine Delplanque, directrice marketing international
Sodexo mobilité. La société souhaite aujourd’hui proposer ce service de covoiturage à des entreprises des 50 plus grandes villes de
France.
5
WAKATOON ET TF1
La jeune pousse, qui permet de
transformer des coloriages sur
papier en dessins animés, se trouvait sur le Media Lab TF1 à VivaTech
en 2017. Wakatoon fait aujourd’hui
partie des start-up bénéficiant du
programme d’accélération du
groupe audiovisuel privé à Station
F. Sa technologie ouvre de nouveaux horizons aux pôles Entertainment et Licencing de TF1. Elle
permettra au groupe, qui l’a trouvée
très fédératrice, de proposer aux
téléspectateurs et annonceurs des
contenus ludiques en explorant
tout le catalogue de héros et dessins
animés connus pour toucher un
maximum de monde, explique
Pierrick Chabi, fondateur et PDG de
Wakatoon. n
Platform.sh pousse au développement du cloud
LEVÉE DE FONDS
La plate-forme qui
simplifie les infrastructures cloud
a bouclé une levée
de fonds de 28 millions
d’euros.
La start-up parisienne, qui a conçu
une solution pour aider les développeurs à gérer les infrastructures
du cloud, vient de boucler un tour
de table de 28 millions d’euros,
mené par Partech, avec la participation d’Idinvest Partners, de Benhamou Global Ventures basé à Palo
Alto, et de SNCF Digital Ventures,
géré par Hi inov. La société avait
levé 3,2 millions d’euros en série A
puis 5,5 millions en série B en 2014.
Ces nouveaux fonds permettront
à Platform.sh de « continuer à innover et d’accélérer sa commercialisation aux Etats-Unis », indique Frédéric Plais, cofondateur et CEO de
Platform.sh, qui vit aujourd’hui à
San Francisco, où sa start-up a un
bureau. Il regarde également vers la
Chine cette année.
Platform.sh est un spin-off de la
société Commerce Guys, créée en
2010 et qui avait développé la solution d’e-commerce Drupal Commerce. Cette société a développé en
2014 une solution de « Platform-as-a
Service » (PaaS) pour permettre aux
entreprises de développer, tester et
déployer facilement leurs applications en continu sur le cloud : Platform.sh. « On s’était retrouvé avec
deux business dans un business. En
2016, on a séparé Drupal Commerce et
Platform.sh pour en faire deux sociétés différentes », explique Frédéric
Plais. La société d’origine a ainsi été
Platform.sh est un
spin-off de la société
Commerce Guys,
créée en 2010 et
qui avait développé
la solution
d’e-commerce Drupal
Commerce.
transformée en Platform.sh. Cette
dernière compte aujourd’hui 80 collaborateurs environ dans le monde.
650 grands comptes
Plus de 650 grands comptes utilisent Platform.sh, qui fonctionne
sous forme d’abonnement annuel
(15.000 euros par an minimum).
Parmi eux : Hachette, le « Financial
Times », Gap, Orange, Harvard
University, le British Council ou
encore Lufthansa. « Platform.sh
aide les entreprises à bénéficier du
plein potentiel du cloud – vitesse, performance, et sécurité, tout en suppri-
mant les contraintes liées à l’administration de l’infrastructure »,
commente Reza Malekzadeh, associé chez Partech.
Selon le cabinet d’analyse Gartner, le marché des services du cloud
– qui inclut la sous-catégorie « Platform-as-a Service » va exploser cette
année, avec des revenus estimés à
15 milliards de dollars. Il devrait
peser quasi le double en 2021. Par
ailleurs, « le cloud s’est énormément
complexifié », commente Frédéric
Plais. Il se tient prêt à saisir les opportunités offertes par cette révolution
et ses contraintes. — A. G.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
BASECAMP VASCULAR
Création de cathéters actifs pour
améliorer la précision, la sécurité
et la rapidité des gestes lors
d’interventions endovasculaires.
Lauréat INNOV’up Proto.
« En remportant l’appel à projets INNOV’up Proto de
la Région Île-de-France, nous avons pu développer un
dispositif plus performant et améliorer sa maniabilité
grâce à l’électronique embarquée dans une nouvelle
poignée ergonomique. »
Raphaël Blanc,
Co-fondateur et Président de BaseCamp Vascular
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22 // INDUSTRIE & SERVICES
Jeudi 24 mai 2018 Les Echos
SNCF : le « vot’action » cristallise la défiance
des syndicats vis-à-vis de Guillaume Pepy
TRANSPORT
Sans surprise, près de
95 % des cheminots qui
se sont exprimés se
sont déclarés opposés
à la réforme ferroviaire voulue par le
gouvernement.
Elsa Dicharry
@dicharry_e
A peine l’idée lancée, Guillaume
Pepy avait fait savoir que le résultat
de la consultation interne organisée
par les syndicats de la SNCF, baptisée « vot’action », n’aurait aucun
impact sur le devenir du « nouveau
pacte ferroviaire » qui doit être voté
le 5 juin au Sénat. Par la suite, le
groupe s’est aussi employé à en
minorer le résultat, soulignant que
son organisation ne présentait pas
« toutes les garanties qui auraient pu
être réunies : ni isoloir pour garantir
le secret du vote ni présence d’huissiers ou de tiers permettant de garan-
tir la sincérité de l’expression, ni listing coordonné des salariés pour
éviter les votes multiples. »
L’intersyndicale de la SNCF ne
s’est pas moins félicitée, ce mercredi,
du résultat de cette consultation
menée du 14 au 22 mai, avec, selon
leurs chiffres, 91.068 cheminots participants, soit un taux de participation de 61,15 %, 94,97 % des votants
s’étant prononcés contre le projet
gouvernemental. Cela « témoigne
d’une hostilité incontestable des cheminots » contre la réforme du rail, a
estimé le secrétaire général de la
CGT-cheminots Laurent Brun, qui a
appelé encore une fois l’exécutif à
« revoir sa copie ». Alors que les syndicats de la SNCF doivent rencontrer
le Premier ministre, ce vendredi, ils
réclament à nouveau « l’organisation de tables rondes tripartites » avec le patronat – et l’ouverture –
enfin – de « véritables négociations ».
Mais la présentation du bilan de
ce vot’action a surtout été marquée
par un net durcissement de ton visà-vis de la direction de la SNCF,
« totalement discréditée » par ce
résultat, selon Laurent Brun. Si
Le passe Navigo remboursé
à 50 % pour avril et mai
La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse,
a annoncé que 50 % du prix des passes Navigo seraient
remboursés par la SNCF pour les mois d’avril et mai, pour
compenser les désagréments liés à la grève des cheminots. Les détenteurs de la carte ImagineR bénéficieront
du même dispositif. Les modalités précises de dédommagement seront précisées sur le site Mondedommagement.
transilien. com mis en place par la SNCF à la mi-juin.
le corps social est extrêmement forte
et ça, c’est une question qui doit être
traitée d’une façon ou d’une autre. »
Les représentants syndicaux de la SNCF ont présenté mercredi
les résultats de la consultation interne. Photo Sevgi/Sipa
SUD-rail est la seule organisation
syndicale à demander la tête de
Guillaume Pepy, tous les syndicats
s’accordent pour souligner la
défiance croissante vis-à-vis de
l’équipe dirigeante – attisée notamment il y a une dizaine de jours par la
révélation par « Le Parisien » d’une
note interne accréditant la thèse
d’une possible privatisation de certaines branches de la SNCF. « On
n’est pas sur des questions de personnes, a ainsi indiqué Sébastien
Mariani, secrétaire général adjoint
de la CFDT-cheminots, mais la rupture de confiance entre la direction et
Vingt-deuxième jour
de grève
« La démission de Pepy ? On n’a pas
basé le vot’action sur ce mot d’ordre
[…], a déclaré de son côté le patron de
la CGT-cheminots. Après, comment
Guillaume Pepy, qui a annoncé qu’il
effectuait là son dernier mandat, va
pouvoir négocier un pacte d’entreprise dont il n’aura pas la responsabilité de la mise en œuvre ? » a-t-il interrogé, en référence aux négociations
cruciales qui doivent s’ouvrir en
interne sur le nouveau plan stratégique de la SNCF.
« Tôt ou tard, ce conflit va se terminer, a renchéri Roger Dillenseger,
secrétaire général de l’Unsa-ferroviaire. Et la reprise en main de
l’entreprise sera très difficile. » En
attendant, une nouvelle journée de
grève est programmée ce jeudi – la
vingt-deuxième depuis le début du
mouvement, le 3 avril. Ce mercredi,
la direction de la SNCF faisait état
d’un taux de participation en baisse,
à 14,22 %, 49,2 % de conducteurs
étant grévistes. n
Les sidérurgistes européens profitent
de l’envolée des prix de l’acier
SIDÉRURGIE
Depuis le creux
de 2015, les prix
de l’acier ont rebondi
de près de 70 %.
Une bouffée d’oxygène
pour les acteurs
européens, qui
s’inquiètent
des initiatives
protectionnistes
de Donald Trump.
Anne Feitz
@afeitz
Le soleil continue de briller dans le
ciel des sidérurgistes. Le numéro
un mondial de l’acier, ArcelorMittal, a dévoilé des résultats supérieurs aux attentes sur le premier
trimestre, et l’allemand ThyssenKrupp a annoncé la semaine dernière le doublement du bénéfice de
ses activités sidérurgiques sur la
période. C’est que les deux mastodontes ont à nouveau bénéficié de
la remontée spectaculaire d’un
paramètre clef de leurs revenus : les
prix de l’acier. Chez ArcelorMittal,
le prix de vente moyen a augmenté
de 8,2 % sur les trois premiers mois
de l’année, après 20,4 % en 2017.
« Le prix de la tonne d’acier plat
laminé à chaud, sans doute le
meilleur indicateur dans ce
domaine, est passé en Europe de
350 euros début 2016, à 550 euros
c o u ra n t 2 0 17, e t e l l e a t t e i n t
aujourd’hui 580 euros », indique
Marcel Genet, expert et fondateur
du cabinet Laplace Conseil. Soit,
une hausse de près de 70 % en deux
ans ! Il faut dire que la situation en
2015 n’était pas brillante. « Nous
partons de loin : le marché était alors
très difficile, notamment en raison
des pratiques de dumping chinoises », rappelle Philippe Darmayan,
président pour la France d’ArcelorMittal.
Depuis ce point bas, le marché
s’est nettement amélioré. D’abord,
la forme retrouvée de l’économie
mondiale a dopé la demande
d’acier : +1 % en 2016, +3,5 % en
2017, après une baisse de 2,4 % en
2015. « Nous avons aussi obtenu que
Bruxelles engage des mesures antidumping à l’encontre de la Chine »,
avance Philippe Darmayan. De fait,
les exportations chinoises, qui
étaient passées de 56 à 112 millions
de tonnes entre 2012 et 2015 et
pesaient sur les prix, sont retombées depuis. « Les pouvoirs publics
chinois les ont ramenées l’an dernier
à environ 65 millions de tonnes »,
explique Marcel Genet. Les experts
estiment également que les surcapacités chinoises, estimées à
300 millions de tonnes en 2015, ont
été réduites d’environ 50 millions
de tonnes – un niveau jugé encore
trop faible. « On est loin du
compte », commente Philippe Darmayan.
Si les perspectives de croissance
mondiales, plutôt positives pour la
demande d’acier (+1,8 % cette
année selon la World Steel Association), poussent les aciéristes à l’optimisme sur le reste de l’année,
les velléités protectionnistes de
Donald Trump pourraient changer
l a d o n n e s u r l e Vi e u x C o n t i nent. L’exécutif américain, qui a
instauré début mars une taxe de
25 % sur les importations d’acier, a
exempté l’Europe mais doit décider
d’ici le 31 mai au soir si cette exemp-
tion est maintenue. La mesure a
déjà fait flamber les prix outre-Atlantique, qui ont gagné près de
200 euros la tonne depuis février –
bénéficiant au passage à ArcelorMittal très bien implanté sur place.
A contrario, la consolidation en
cours en Europe (Tata Steel/ThyssenKrupp, ArcelorMittal/Ilva)
pourrait, elle, tirer les prix à la
hausse.
Les constructeurs automobiles
pénalisés par la hausse des cours
Regards tournés
vers la Chine
Pierre qui rit, Jean qui pleure. Si la
hausse spectaculaire des prix de
l’acier depuis deux ans (près de 70 %)
réjouit les géants de la sidérurgie, elle
ne fait pas les affaires des constructeurs auto. L’an dernier, la hausse du
coût des matières (et autres coûts
externes) a pesé pour 358 millions
d’euros sur les résultats du groupe
PSA, tandis que l’impact négatif a
atteint 394 millions chez Renault
« reflétant en grande partie la hausse
des prix de l’acier », indique le groupe
dans son document de référence.
Avec 900 kilos en moyenne par voiture, soit 67 % de son poids, l’acier
représente une part non négligeable
de ses coûts de fabrication. « Les
matières premières représentent environ 8 % du prix de vente sortie d’usine
d’un véhicule », estiment les analystes de la Deutsche Bank, dans une
Les regards sont aussi tournés vers
la Chine, qui, avec la moitié de la
production mondiale, joue un rôle
important sur les prix. « Le rythme
de croissance des infrastructures en
Chine est en train de ralentir, ce qui
pourrait peser sur la demande
d’acier locale et pousser les chinois à
exporter », souligne Marcel Genet.
« Mais c’est difficile à prévoir,
car cela dépend de décisions politiques. » Les analystes sont partagés.
Pacific Securities, cité par l’agence
Bloomberg mi-mai, anticipe une
baisse de la demande chinoise, tandis que pour Citigroup, non seulement la Chine sera plus gourmande
en acier, mais la croissance de la
consommation excédera celle de la
production. Difficile de trancher. n
L’envolée des cours a coûté
plusieurs centaines de
millions d’euros à Renault
et PSA en 2017. Cela devrait
encore être le cas en 2018.
note récente. Dont environ le tiers
pour l’acier. L’impact des hausses
n’est toutefois pas le même selon les
constructeurs. D’abord, parce que le
poids relatif de l’acier dans la valeur
d’une voiture varie d’un modèle à
l’autre. « Ce n’est pas tout à fait la
même chose selon que la voiture est
vendue 9.000 ou 40.000 euros », souligne Gaetan Toulemonde, analyste
à la Deutsche Bank.
Par ailleurs, les constructeurs
concluent généralement des
contrats sur plusieurs mois, voire
plusieurs années. « Il peut y avoir des
variations extrêmement importantes
au cours d’un trimestre », poursuit
l’analyste. « En fonction du moment
900
KILOGRAMMES
La part de l’acier dans le poids
d’une voiture, soit 67 % de son
poids total.
où le constructeur renouvelle son
contrat, l’impact des matières premières est plus ou moins élevé. »
Un impact compensé
La flambée des prix de l’acier ne sera
en tout cas pas neutre pour les constructeurs européens cette année.
Deutsche Bank estime que les matières premières coûteront 200 millions d’euros à Daimler, 100 millions
à BMW, 400 millions à Renault et
PSA, et « sans doute davantage à Volkswagen ». « Mais nous continuons à
tabler sur une hausse des profits des
constructeurs européens, estimant
que l’impact des effets de change et des
matières premières sera totalement
compensé par la croissance des volumes, les économies, davantage de discipline dans les prix de vente », écrivent les analystes. Quant aux
constructeurs américains, ils ne doivent pas vraiment remercier Donald
Trump, dont les initiatives protectionnistes ont fait grimper les prix de
l’acier outre-Atlantique de quelque
200 euros depuis février. — A. F.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 23
Les Echos Jeudi 24 mai 2018
Florence Parly veut ouvrir
les armées aux innovations du civil
l Le ministère des Armées souhaite créer d’ici à la fin de l’année une agence de l’innovation.
l Afin d’ouvrir le monde de la défense aux technologies du civil.
DÉFENSE
Anne Bauer
@annebauerbrux
C’est à un chantier d’ampleur que
s’attaque Florence Parly. Mi-mars,
la ministre des Armées a annoncé
la création d’une agence de l’innovation de défense « ouverte sur l’économie civile, les start-up, tournée
vers l’Europe pour permettre le développement de projets de défense
innovants ». Avec le milliard d’euros
que prévoit d’affecter aux études
amont la loi de programmation
militaire (LPM), cette nouvelle
agence vise à « piloter l’innovation
du ministère dans une logique de
portefeuille de projets, sans peur de
l’échec, sans aversion au risque »,
expliquait Florence Parly. Un défi.
Dans l’entourage de la ministre,
on explique qu’il s’agit d’accélérer le
tempo par rapport à ce que fait la
Direction générale de l’armement
(DGA), qui pilote les programmes
d’armement et investit chaque
année 11 milliards d’euros. « La DGA
est robuste pour construire et mener
dans la durée de grands programmes : sous-marins, porte-avions,
missiles – soit autant de systèmes
complexes qui disposent d’un temps
L’agence devrait gérer
des centaines de
projets et son autorité
s’étendre à l’utilisation
d’environ un milliard
d’euros par an.
long et de fortes barrières à l’entrée –,
mais cette planification longue
s’adapte mal aux technologies numériques et électroniques qui viennent
du grand public. »
Résultat, les militaires de Sentinelle ou les gendarmes préfèrent
utiliser leur smartphone personnel
pour communiquer entre eux leurs
positions, plutôt que de recourir à
un téléphone sécurisé qui ne permet pas d’échange d’images. Ce
sont d’ailleurs des équipes de
l’armée de terre, qui ont développé
un système de communication par
smartphone standardisé sur un
réseau sécurisé pour les soldats de
Sentinelle. Une initiative reprise
par Atos pour coupler un smartphone sous Android à un modem
dédié assurant le roaming entre la
4G publique et des réseaux privés
sécurisés, afin de ne jamais perdre
la connexion. Chez les militaires, on
a l’habitude de dire que les technologies numériques sont « proliférantes et nivelantes ». Proliférantes,
ces technologies s’introduisent sur
le champ de bataille… sans avertissement. Comme lorsque des djihadistes arment de petits drones commerciaux ou bien décident
d’utiliser de petits capteurs de
lumière qui s’allument quand vous
approchez, pour déclencher leurs
charges explosives. L’investissement pour ce déclencheur de
bombe ne dépasse pas les 2 euros !
Aussi faut-il que la DGA veille à
être plus réactive. « On a besoin d’un
développement en mode opportuniste et en cycle plus court », souligne-t-on à l’Hôtel de Brienne.
Impossible d’attendre le successeur
du Rafale pour intégrer les nouveautés électroniques, comme le faisaient auparavant les ingénieurs de
l’armement. Il faut avancer en parallèle. Le ministère des Armées a ainsi
demandé à la DGA de renoncer à de
grandes planifications pour adopter
des méthodes plus incrémentales.
Un guichet unique
La future agence de l’innovation a
vocation à fédérer les outils déjà
existants, qu’il s’agisse des crédits
Rapid de la DGA, du DGA Lab, des
aides aux thèses (Astrid), du nouveau fonds p our les start-up
(Def’Invest), ou des subventions
d’institutions comme le CNES ou le
CEA… Subventions, crédits, prises
de participation, l’agence veut aussi
être la porte d’entrée unique à
laquelle pourront s’adresser tous
les porteurs de projets, notamment
ceux qui viennent du civil. L’agence
devrait gérer des centaines de projets et son autorité s’étendre à l’utilisation d’environ un milliard d’euros
par an, en incluant les fonds pour
les études amont (730 millions
d’euros en 2018) qui accompagnent
les grands programmes d’armement et les aides à l’innovation dispersées dans de nombreux dispositifs. A l’Hôtel de Brienne, on déclare
que le projet est bien avancé. Reste à
trancher sur un sujet essentiel : la
gouvernance de l’agence. Pour associer le monde civil, il faudra l’ouvrir
à d’autres acteurs que les états-majors et la DGA. Des personnalités
extérieures devraient au minium
rejoindre un conseil scientifique.
Un changement de paradigme pour
des ingénieurs de l’armement, habitués à l’entre-soi. n
L’électricien a publié sa
contribution au débat
public sur la programmation pluriannuelle
de l’énergie.
Véronique Le Billon
@VLeBillon
Pas de graphe, très peu de chiffres :
EDF, qui produit plus de 80 % de
l’électricité en France, livre une version littéraire de sa vision du mix
énergétique à l’horizon de dix
ans. Dans le cadre du débat public
organisé pour la programmation
pluriannuelle de l’énergie (PPE) qui
fixera la feuille de route du gouvernement pour la période 2019-2023,
puis 2024-2028, EDF vient de transmettre son « cahier d’acteurs ». Sur
la forme, l’exercice est succinct – une
note de quatre pages, selon les normes édictées par la commission particulière du débat public. Et sur le
fond, EDF ne voit guère ses grands
équilibres changer ces dix prochaines années. La seule donnée sur
laquelle EDF se prononce précisément est sa perspective d’évolution
de la consommation d’électricité.
Tandis que les scénarios de RTE
(le gestionnaire du réseau haute
tension) parient au mieux sur une
stabilisation de la demande à l’horizon 2035 et plus probablement sur
une nette baisse, EDF table sur une
croissance de 0 à 0,5 % par an ces
vingt prochaines années.
Une hausse annuelle modeste,
mais qui pourrait au final se traduire à l’horizon 2035 par une
consommation supplémentaire de
40 à 50 térawattheures (par rapport
à un total de 482 TWh en France l’an
dernier). Selon EDF, l’efficacité
Nucléaire : Berlin
indemnise RWE
et Vattenfall
ÉNERGIE Le gouvernement
allemand a approuvé mercredi un projet de loi pour
indemniser à hauteur de plusieurs centaines de millions
d’euros les énergéticiens
RWE et Vattenfall suite à la
décision de 2011 de sortir du
nucléaire. Le montant exact
de l’indemnisation ne
pourra être déterminé
qu’une fois toutes les centrales nucléaires du pays fermées, soit en 2022. Le gouvernement table sur moins
d ’u n m i l l i a r d d ’e u r o s d e
dédommagements. Berlin
met ainsi en œuvre une décision de justice de 2016 donnant en partie raison aux
producteurs d’énergie, qui
réclamaient à Berlin des
indemnités pour la sortie
accélérée du nucléaire.
Jaguar Land
Rover investit
5 milliards
Mi-mars, la ministre des Armées a annoncé la création d’une agence de l’innovation de défense
« pour permettre le développement de projets de défense innovants ». Photo Jacques Witt/Sipa
L’armée recadre le projet de campus
high-tech du renseignement
L’écosystème de nouvelles
technologies du renseignement est recentré sur les
objectifs de la Direction du
renseignement militaire,
explique aux « Echos »
l’ingénieur général de
l’armement, Caroline
Gervais.
début d’année, a d’ailleurs jugé ses
objectifs et sa faisabilité très vertueux.
Mais la marche pour y parvenir était
trop haute », explique aux « Echos »
l’ingénieur général de l’armement,
Caroline Gervais, nommée pour
recentrer ce programme, lancé
après les attentats de 2015.
La DGA freine le projet
Anne Drif
@Anndrif
Retour à la réalité. L’Intelligence
Campus, le nouvel écosystème
high-tech qui devait associer pour
la première fois en Europe le renseignement militaire, les services
secrets (DGSE, DGSI) et les entreprises, initié il y a un an par celui qui
était alors ministre de la Défense,
Jean-Yves Le Drian, et celui qui était
chef d’état-major des armées, Pierre
de Villiers, voit ses objectifs recadrés. « Tous les services de renseignement courent après l’innovation
technologique et l’ambition de l’Intelligence campus était légitimement
très forte. Le contrôleur général des
armées, qui a rendu son rapport en
Alors que le précédent projet souhaitait associer des acteurs civils et
des entreprises aux recherches des
divers services de renseignements
français, l’initiative a fait long feu.
La DGA, jalouse de ses prérogatives,
va recentrer les ambitions sur celles
de la seule Direction du renseignement militaire.
Dans un second temps seulement, précise Caroline Gervais, qui
s’occupait dans son précédent poste
du nouveau système de versement
des soldes des militaires, « l’Intelligence Campus pourra profiter à
l’ensemble des services de renseignement de l’Etat, s’ils en expriment le
besoin. Cette phase ne pourra cependant intervenir que lorsque nous
aurons rodé les processus d’innova-
tion en matière d’analyse de données
et de géo-intelligence ». « L’alliance
avec plus de 170 entreprises, telles que
Thales, Atos, Airbus ou AXA, et des
start-up, qui constituait la grande
innovation du programme, n’est pas
remise en cause », promet toutefois
l’officier. Mais sans expliquer comment, puisque le groupement
d’intérêt public qui devait réunir les
acteurs privés et publics a été abandonné. Le projet de fonds d’investissement public-privé, qui devait
déployer 150 millions d’euros dans
de nouvelles technologies d’analyse
de données et de géo-intelligence,
n’est plus à l’ordre du jour.
Pour le projet Intelligence Campus, répond la Direction des renseignements militaires, « nous ferons
appel au programme Def’Invest, qui
vise, dans le prolongement de
l’accompagnement déployé par la
DGA (Régime d’appui pour l’innovation duale – RAPID), à prendre des
participations au capital des entreprises clefs de la base industrielle et
technologique de défense (BITD) et
des pépites technologiques du secteur
de la défense ». n
EDF croit toujours à une hausse de la consommation
ÉNERGIE
en bref
énergétique serait en effet plus que
compensée par les transferts
d’usage : la mobilité électrique mais
aussi un changement, que l’entreprise appelle de ses vœux, de la
réglementation thermique dans les
logements neufs, aujourd’hui favorable au gaz. EDF a toutefois infléchi sa position par rapport à 2015. Il
tablait alors, à l’horizon 2030, sur
une croissance de la demande en
électricité entre 0,5 et 1 % par an.
Côté production, EDF n’entend
pas céder de terrain d’ici à 2028,
l’horizon de la PPE. Alors que le
gouvernement a repoussé au-delà
de 2025 l’objectif de réduction de
75 % à 50 % de la part du nucléaire
dans la production d’électricité,
EDF confirme vouloir faire fonctionner ses réacteurs jusqu’à, au
moins, leur cinquantième anniversaire – soit 2029 pour les réacteurs
les plus anciens, comme Tricastin
(Drôme). « Nous envisageons cer-
tains des arrêts dès le début des
échéances des cinquièmes visites
décennales, à partir de 2029 », indique EDF dans sa note, sans cadencer ni proposer de rythme de fermeture ultérieur.
Nouveau nucléaire
« Il s’agit là de la vision industrielle et
économique d’EDF », précise tout de
même l’électricien, rappelant que
« les décisions d’évolution du mix de
production relèvent évidemment de
la puissance publique ». Ce qui signifie, en creux, que si le gouvernement veut fermer des réacteurs
avant 2029, il faudra indemniser
EDF – comme l’Etat s’apprête à le
faire à Fessenheim. En parallèle,
EDF pro duira plus d’énergie
solaire : son plan présenté en
décembre pourrait, s’il se concrétise dans les délais, mettre sur le
marché une quinzaine de térawattheures de production annuelle
supplémentaire dans une dizaine
d’années. Alors que l’émergence
des batteries, la meilleure isolation
des logements ou le compteur
Linky devraient à moyen terme
limiter les pics de consommation,
EDF ne livre pas de vision sur la gestion des surcapacités, ni même sur
ses exportations à dix ans. En
revanche, EDF estime déjà « nécessaire » de soulever la question de la
construction de nouveaux réacteurs nucléaires en France.
« Un engagement rapide conduit à
une première mise en service d’une
nouvelle centrale en 2030 ou peu
après », indique le groupe dans sa
note. En faisant poindre, à défaut, le
risque de la perte d’attractivité du
secteur. A la demande du gouvernement, le conseiller du PDG d’EDF
Yannick d’Escatha et l’ancien directeur général de l’armement Laurent
Collet-Billon plancheraient sur le
sujet. n
AUTOMOBILE Jaguar Land
R ove r (J L R) i nve s t i r a
4,5 milliards de livres
(5,1 milliards d’euros) cette
a n n é e d a n s d e n o u ve a u x
mo dèles et technologies.
Cette annonce fait suite à un
investissement de 4,2 milliards de livres au cours de
l’exercice clos fin mars 2018.
Les ventes de JLR, propriété
d e l ’ i n d i e n Ta t a M o t o r s ,
n’ont progressé que de 1,7 %
l ’a n d e r n i e r. L e g r o u p e
investit dans sa filiale britannique de voitures de luxe
alors que la Chine, l’un des
principaux moteurs de la
croissance, réduit ses tarifs
douaniers sur les importat i o n s d e vé h i c u l e s . C e t t e
mesure devrait profiter à
Jaguar Land Rover.
Autodis Group :
introduction
en Bourse
suspendue
DISTRIBUTION Le spécialiste
de la distribution de pièces
détachées automobile Autodis et son actionnaire, le
fonds Bain Capital, ont
décidé de suspendre leur
projet d’introduction en
Bourse. « L’environnement
de marché particulièrement
prudent ne permet pas
aujourd’hui de refléter pleinement le potentiel d’Autodis
Group », indique le communiqué publié. Autodis réalise
1,9 milliard de chiffre d’affaires sous enseigne.
Vuitton resigne
avec Ghesquière
LUXE Louis Vuitton a décidé
de renouveler le contrat de
son directeur artistique
Nicolas Ghesquière, chargé
des collections féminines
depuis près de cinq ans. Une
annonce qui intervient alors
q u e LV M H ( p r o p r i é t a i r e
des « Echos ») a changé plusieurs stylistes ces derniers
mois dans ses maisons. « Je
suis très heureux de poursuivre notre voyage avec Nicolas », a déclaré Bernard
Arnault, le PD G du géant
mondial du luxe. Louis Vuitton a connu une forte croissance ces dernières années et
« a vu son identité se renouveler », souligne le groupe. Au
premier trimestre, les ventes
du maroquinier ont bondi de
16 % pour un chiffre d’affaires
annuel estimé à plus de 8 milliards d’euros.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
24 // INDUSTRIE & SERVICES
Jeudi 24 mai 2018 Les Echos
Paris Gallery Weekend,
une alternative aux foires d’art
La marque Angelina
change de dimension
Une quarantaine
de galeries convient
leurs clients
et prospects à de
multiples événements
de vendredi
à dimanche.
Jennyfer
Grassi
« Les Fleurs,
le Manque »
2017, huile
sur toile
300 × 200 cm
Martine Robert
@martiRD
Selon le rapport Art Basel UBS 2018,
46 % du chiffre d’affaires des galeries est réalisé dans les foires, une
part en hausse de 17 % par rapport à
2017. Une dépendance dangereuse,
car participer à ces manifestations
coûte de plus en plus cher, alors que
parallèlement les galeries sont de
plus en plus désertées. C’est en réaction que la galeriste Marion
Papillon a lancé Paris Gallery Weekend en 2014.
La cinquième édition de cet événement au succès croissant, rassemblera vendredi, samedi et
dimanche 44 galeries parisiennes,
soit 40 % de plus que l’an dernier :
ces professionnels vont présenter
une centaine d’artistes dont 39 % de
Français et proposer une quarantaine de rendez-vous festifs, vernis-
marketing
Courtesy galerie
Eva Hober
RESTAURATION
Connue pour son Mont-Blanc
et son chocolat chaud,
l’enseigne de salons de thé
de Groupe Bertrand se
démultiplie à l’international,
avec un fort développement
en Chine et une future
arrivée à New York.
Clotilde Briard
@ClotildeBriard
sages, performances, concerts, conférences, rencontres avec les
artistes, brunchs, goûters ou cocktails. « Notre ambition est de souligner
le dynamisme de la scène parisienne
pour l’art moderne et contemporain.
Chaque galerie participante joue le jeu
et invite ses clients et prospects dans ce
parcours étendu du Marais à Belleville, du 8e au 18e arrondissement, en
passant par Saint-Germain-desPrés », souligne Marion Papillon.
ANNLEGALECH
annonces judiciaires & légales
REUBLIQUE FRANCAISE
DEPARTEMENT DES HAUTS-DE-SEINE
COMMUNE DE BAGNEUX
RAPPEL - AVIS DE MISE A DISPOSITION
relative AU PERMIS D’AMENAGER DU
PROJET DES MATHURINS à BAGNEUX
Du mardi 22 mai 2018 au vendredi 22 juin 2018
Par arrêté n°ARR_2018_024 du 3 Mai 2018, le Maire de Bagneux
a prescrit la mise à disposition sur le permis d’aménager au titre de
l’article R. 421-19 k) du code de l’urbanisme du projet des Mathurins à Bagneux
sollicitée par la SAS de Bagneux lequel a fait l’objet d’une concertation préalable
sur le fondement de l’article L. 300-2 du code de l’urbanisme.
Le projet consiste en la réalisation de travaux d’afouillement/exhaussement
et démolition nécessaires à la réalisation de l’opération d’aménagement
« La colline des Mathurins » visant à requaliier le site d’une surface de 15,6 ha en
un quartier urbain mixte, est soumis à évaluation environnementale en application
de l’article L. 122-1 du code de l’environnement. En application des articles
L. 300-2 du code de l’urbanisme et L. 123-1 du code de l’environnement, les
projets soumis à permis d’aménager qui ont fait l’objet d’une concertation préalable
doivent faire l’objet d’une mise à disposition auprès du public par voie électronique
conformément à l’article L. 123-19 du code de l’environnement.
Conformément à l’article L.122-1-1 du code de l’environnement, la présente
mise à disposition a pour objet d’assurer l’information et la participation du public
lors de l’élaboration des décisions susceptibles d’afecter l’environnement. Les
observations et propositions qui seront recueillies concernant le permis
d’aménager du projet de requaliication du site des Mathurins permettront à
l’autorité compétente, à savoir la ville de Bagneux, de disposer de tous les éléments
nécessaires à son information pour prendre sa décision.
La mise à disposition se déroulera du mardi 22 mai 2018
au vendredi 22 juin 2018 inclus, soit pendant 32 jours consécutifs ;
Le dossier sera mis à disposition par voie électronique sur le site internet de la
ville de Bagneux, à l’adresse suivante www.bagneux92.fr. ainsi que sur le site de
la Sas de Bagneux à l’adresse suivante : www.bagneux-collinedesmathurins.fr
Le dossier sera également consultable sur support papier auprès de la Direction
de l’Aménagement Urbain mairie de Bagneux, Bâtiment Garlande, 57 Avenue
Ravera, 92 220 Bagneux, aux horaires suivants :
- les lundis, mercredis, jeudis, vendredis, de 8h30 à 12h00 et de 13h30 à 17h00,
- les mardis, de 13h30 à 17h30. L’avis de la Mission Régionale de l’Autorité
Environnementale sur l’évaluation environnementale est consultable sur le site
internet de la DRIEE Ile de France, à l’adresse suivante : http://www.driee.ile-defrance.developpement-durable.gouv.fr/
Il comprend notamment l’étude d’impact, l’avis de l’autorité environnementale,
la note de présentation non technique du projet, le bilan de la concertation
préalable.
Des informations peuvent être demandées sur ce dossier auprès :
- de la personne responsable du projet, Madame Marie Hélène Amiable, Maire
de Bagneux, par l’intermédiaire de la Direction de l’Aménagement Urbain de la
mairie de Bagneux, aux horaires habituels d’ouverture du service et Monsieur
Florian Druon (lorian.druon@mairie-bagneux.fr ; tel : 01 42 31 60 82)
- de la SAS de Bagneux, Monsieur Nicolas Virol (n.virol@linkcity.com . Tel mob :
07 63 23 53 76)
Toute personne peut, sur sa demande et à ses frais, obtenir communication
du dossier de mise à disposition. Pendant la durée de la mise à disposition, le
public pourra consigner ses observations, propositions ou contre-propositions
par voie électronique à l’adresse suivante : mad.pamathurins@mairie-bagneux.
fr à la Direction de l’Aménagement Urbain de la mairie de Bagneux, aux heures
d’ouverture mentionnées ci-dessus ou les adresser par écrit à l’attention de
Madame le Maire à l’adresse suivante : Hôtel de ville de Bagneux, 57 avenue Henri
Ravera, 92 220 Bagneux
Madame la Maire de la ville de BAGNEUX, dont les coordonnées sont
57 avenue Henri Ravera, 92220 BAGNEUX, statuera sur la demande de permis
d’aménager dans un délai qui ne peut être inférieur à quatre jours à compter
de la date de la clôture de la consultation, sauf en cas d'absence d'observations
et propositions.
Au plus tard, à la date de la publication de la décision de madame le Maire
et pendant une durée minimale de trois mois, la synthèse des observations et
propositions du public avec l'indication de celles dont il a été tenu compte, les
observations et propositions déposées par voie électronique ainsi que, dans
un document séparé, les motifs de la décision seront rendus publics, par voie
électronique à l’adresse suivante www.bagneux92 .fr.
Le Maire de Bagneux
Marie Hélène Amiable
EP18-202
enquête-publique@publilegal.fr
La ligne de référence est de 40 signes en corps minimal de 6 points didot.
Le calibrage de l’annonce est établi de filet à filet.
Les départements habilités sont 75, 78, 91, 92, 93, 94, 95 et 69.
LES ECHOS SOCIÉTÉS - LE PUBLICATEUR LÉGAL - LA VIE JUDICIAIRE
Des galeristes prêts à mutualiser
leurs fichiers parce qu’ils se cooptent et qu’ils ont pour les deux tiers
d’entre eux réalisé au moins une
vente pendant la dernière édition,
notamment auprès d’amateurs
étrangers. Certains de ces marchands sont des habitués de foires
internationales comme Nathalie
Obadia, Thaddaeus Ropac, Chantal
Crousel, Applicat-Prazan, Lelong,
Templon, Tornabuoni, Vallois,
Jousse ; d’autres positionnés davantage sur le segment intermédiaire
ou l’émergence comme Semiose,
Jocelyn Wolff, Odile Ouizeman,
Jérôme Poggi, Untilthen.
Visites exclusives
« Les visiteurs apprécient le côté plus
intime et convivial que dans une foire.
C’est une autre manière de découvrir
les artistes, et cela permet de valoriser
nos espaces alors qu’outre les foires,
les maisons de vente commencent à
nous concurrencer en ouvrant des
galeries comme Sotheby’s à Londres », poursuit Marion Papillon. « Il
y a une grande diversité de galeries à
Paris et cette opération permet de le
montrer », renchérit Nathalie Val-
lois. Et pour cette édition, l’optimisme est de rigueur alors que
depuis la rentrée 2017 le marché
reprend des couleurs.
Il n’existe pas moins de 27 Gallery
Weekend de ce type dans le monde,
en Allemagne, en Espagne, en
Europe de l’Est, aux Etats-Unis, en
Chine… Pour financer les
270.000 euros de budget nécessaire
pour monter la version parisienne,
chaque galeriste contribue de 2.500
à 3.750 euros selon son nombre
d’invités, mais des partenaires
apportent aussi un soutien financier
ou en compétences, comme le promoteur Emerige ou le groupe ESCP.
L’intérêt est aussi que ces partenaires apportent également de nouveaux publics aux galeries.
Enfin, sur le modèle des foires, les
institutions publiques et privées
proposent des visites exclusives aux
collectionneurs pendant Paris Gallery Weekend comme le Centre
Pompidou, la Monnaie de Paris, le
Frac Ile-de-France, le Musée de la
Chasse et de la Nature, les fondations Galeries Lafayette et Ricard.
L’an dernier l’événement avait
accueilli plus de 5.000 personnes. n
Si Groupe Bertrand s’est rapidement développé ces dernières
années au travers d’acquisitions
comme celle, récente,
de Groupe Flo, il n’en oublie pas
pour autant de faire monter en
puissance les marques déjà
dans son portefeuille. A l’instar
d’Angelina. La griffe de salons de
thé et pâtisseries, connue pour
ses cho colats chauds, ses
gâteaux Mont-Blanc et son
navire amiral parisien de la rue
de Rivoli, où les touristes attendent patiemment qu’une table
se libère, est en pleine phase
d’accélération à l’international.
De 28 points de vente
aujourd’hui, l’enseigne née en
1903 devrait passer à plus de 80
dans cinq ans. Lors de sa reprise
en 2005 par Olivier Bertrand,
elle ne comptait que deux lieux,
prendre ses quartiers à New
York début 2019. Trois sites au
total sont prévus dans un premier temps. Parmi les pays où la
maison prévoit de s’implanter,
on trouve aussi la Corée, le
Canada mais aussi l’Europe, à
Londres ou à Bruxelles, et, à plus
court terme, le Bahreïn.
Accepter les adaptations
Le développement à l’étranger
fait aussi évoluer le métier de la
maison qui, au-delà du salon de
thé, prend de l’ampleur du côté
de la restauration, les espaces
étant généralement ouverts le
soir, ce qui n’est pas le cas dans
l’Hexagone. Dans certains pays,
il est ainsi important de pouvoir
proposer des desserts chauds
servis à l’assiette. Il faut aussi
s’adapter à d’autres demandes
comme la présentation de la
carte sur des tablettes. Côté
mets, les Chinois aimant les
pâtisseries pas trop sucrées et
un peu molles, les roulés et les
mokas seront donc au menu. Au
Moyen-Orient, il est indispensable de prévoir des plats avec du
riz. La France n’est pas oubliée
pour autant. Un Angelina
ouvrira sous peu, en franchise,
dans le tout nouveau village de
marques baptisé « The Village »
à Villefontaine-en-Isère, non
loin de Lyon. La marque a un
peu changé ses codes couleur
Les fondateurs
d’O’Tacos s’associent
à un fonds belge
RESTAURATION
Les créateurs de la
chaîne de restaurants
rapides ont cédé
le contrôle à Kharis
Capital.
Philippe Bertrand
@Bertra1Philippe
O’Tacos a achevé sa crise d’adolescence. La chaîne de restauration
rapide entre dans une nouvelle
phase de développement. Ses trois
fondateurs ont cédé le contrôle à
Kharis Capital, un fonds d’investissement familial belge. Ce spécialiste de l’alimentation détient la
master franchise de Burger King
pour la Belgique, l’Italie et la Pologne, ainsi que le réseau Quick
d’outre-Quiévrain.
Le montant de l’opération n’a pas
été dévoilé. « L’objectif est l’accélération du développement, notamment
à l’étranger », explique un porte-parole. « L’expertise de Kharis sera particulièrement utile pour l’expansion
à l’international, le recrutement de
nouveaux franchisés », confirme
Daniel Grossmann, associé gérant
de Kharis dans le communiqué
publié ce jeudi. Créé en 2011 à Bordeaux par les frères Silman et
Samba Traoré avec Patrick Pelonero, jeunes entrepreneurs de Grenoble, O’Tacos a multiplié les
ouvertures grâce au levier de la
franchise. L’enseigne comptera, fin
2018, 220 restaurants, après une
soixantaine d’ouvertures en douze
mois.
Le succès d’O’Tacos repose sur
une recette à base de sauce au fromage qui rapproche le plat mexicain du goût français. Le client choisit entre plusieurs viandes, toutes
halal pour séduire les jeunes de
confession musulmane. L’enseigne
fait le « buzz » sur les réseaux
sociaux avec son Gigatacos de plus
de 2 kilos. Elle rembourse celui qui
l’avale jusqu’à la dernière bouchée.
Le succès d’O’Tacos
repose sur une recette
à base de sauce
au fromage qui
rapproche le plat
mexicain du goût
français.
Des rappeurs animent les inaugurations. Parfois, une émeute se produit. Le jeune public fait la queue au
comptoir. « L’expertise de Kharis
sera particulièrement utile pour
l’expansion à l’international, le recrutement de nouveaux franchisés, ou
encore le renforcement des standards
de marques, des outils de gestion et du
sourcing », ajoute le représentant de
Kharis Capital. 0’Tacos entre dans
l’âge adulte. n
La dernière ouverture s’est faite mi-avril à Djeddah,
en Arabie saoudite. Photo Angelina
à Paris. « Angelina dispose d’un
vrai potentiel de développement.
La maison a une attractivité forte
et une grande capacité à s’exporter », estime Isabelle de Bardies,
sa directrice générale.
Complétant une présence en
pleine expansion au MoyenOrient, la dernière ouverture
s’est faite mi-avril à Djeddah, en
Arabie saoudite, au travers d’un
ensemble spectaculaire de
1.200 mètres carrés sur le front
de mer autour d’une terrasse,
d’un salon de thé, d’un restaurant et d’une boutique. Les prochaines auront lieu en Chine, où
un partenariat a été noué avec le
groupe Belle Vie, spécialiste de
cours de pâtisserie française
dans le pays. Une quarantaine
de points de vente seront progressivement déployés dans des
villes phares, avec cinq salons de
thé et le reste sous forme de boutiques.
Si l’enseigne est historiquement présente en Asie, notamment au Japon, elle va, en revanche, faire son entrée sur le
continent américain, en arrivant aux Etats-Unis, avec la
famille Elbase, qui détient une
« master franchise ». Elle doit
pour être en adéquation avec le
cadre global du centre. Et elle
estime avoir encore des marges
de manœuvre de développement à Paris, en particulier rive
gauche, mais aussi dans
d’autres villes.
L’objectif est également
d’élargir les moments de consommation. « Nous communiquons davantage sur le snacking
à toute heure », remarque Isabelle de Bardies. Une manière
de faire grimper le ticket moyen.
La carte était segmentée selon
l’heure de la journée ? Désormais, elle est décloisonnée. « Il
faut pouvoir répondre à une
clientèle internationale, qui non
seulement peut être en décalage
horaire mais qui a aussi des habitudes différentes », ajoute-t-elle.
Participant à un objectif de
montée en gamme, les packagings viennent d’être retravaillés. « C’est un élément clef à
l’international. Ils étaient assez
masculins ; ils vont devenir plus
féminins, en rose poudré avec un
liseré blanc », détaille la directrice générale. Le changement
commencera à être visible dans
les boutiques hexagonales d’ici
à deux ou trois semaines. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 25
Les Echos Jeudi 24 mai 2018
Wiko monte
en gamme
Le géant du câble américain
Comcast a confirmé qu’il était à
une « étape avancée » de la
préparation d’une offre mieuxdisante sur 21st Century Fox pour
empêcher Disney de mettre la
main pour 66 milliards de dollars
sur cette partie télé et cinéma de
l’empire Murdoch. Comcast a
déjà surrenchéri sur Fox pour sa
filiale de pay-tv anglaise, Sky.
Le fabricant de smartphones à
petits prix a lancé mercredi deux
nouveaux téléphones, dont le
View 2 Pro. Avec ce smartphone
vendu 299 euros, le constructeur
né en 2011 à Marseille franchit
un palier. Jusqu’à présent, les
téléphones Wiko oscillaient
plutôt entre 100 et 150 euros, un
segment sur lequel il est le
numéro deux du marché.
Audiovisuel public :
le gouvernement
va trancher
Wiko
en
pixels
Sipa
HIGH-TECH
&MEDIAS
Comcast proche
d’une offre sur Fox
30 %
L’ACTION ALTICE
POURSUIT À LA HAUSSE
Après la scission des activités américaines du groupe
mardi, le titre était jugé
sous-évalué par les investisseurs, qui spéculent sur une
relance de la consolidation
en France. Altice avait
déjà bondi de 45 % mardi.
Le siège de France Télévisions, à Paris.
Photo Ludovic Marin/AFP
l Les derniers arbitrages sont en train de se faire
sur la réforme de l’audiovisuel public.
l Le gouvernement s’est beaucoup inspiré de la BBC.
l Fermeture de chaînes, régionalisation etc.
les spéculations vont bon train.
TÉLÉVISION
Marina Alcaraz
@marina_alcaraz
et Nicolas Madelaine
@NLMadelaine
Attendue depuis plusieurs mois et
repoussée, la réforme de l’audiovisuel public est dans sa dernière
ligne droite. Les ultimes arbitrages
sont en train de se faire, à Matignon.
Le gouvernement – par l’intermédiaire de la ministre de la Culture,
appuyée par le Premier ministre –
devrait se prononcer dans les prochains jours, sur les grandes orientations sur l’évolution du service
public.
Même s’il ne faut pas s’attendre à
connaître tous les détails, par exemple des chaînes à supprimer, ou des
économies à faire. D’autant qu’une
concertation est prévue avec le secteur. Le mot d’ordre est cependant
ambitieux : transformer en profondeur le service public, conformément à ce qu’avait annoncé Emmanuel Macron. Le tout en faisant des
économies. Si le montant des
réductions de coûts pourrait n’être
dévoilé qu’un peu avant l’été, une
source proche du dossier indique
que différents scénarios sont sur la
table, pouvant aller jusqu’à un peu
moins de 500 millions d’euros à
horizon 2022, l’essentiel concernant France TV, comme « Les
Echos » l’avait indiqué.
Plus de coopérations entre
France Bleu et France 3
Le Premier ministre a reçu lundi
Françoise Nyssen, ainsi que les présidentes de Radio France et France
Télévisions, Sybile Veil et Delphine
Ernotte, pour faire un point d’étape
sur l’avancement de la réforme.
Parallèlement, en plus de ses pro-
pres réflexions avec les différents
patrons de l’audiovisuel public, le
ministère de la Culture a repris les
travaux entrepris par les spécialistes audiovisuels du comité Action
publique (CAP 2022), composé
d’experts chargés de travailler sur la
transformation de l’action publique
en général.
En attendant les prochaines
annonces, les propositions de chacun vont bon train. « Il y a sans doute
des galops d’essai pour voir comment
l’opinion publique réagit », dit un
bon connaisseur du sujet. Parmi les
pistes qui semblent plausibles :
davantage de coopérations entre
France Bleu et France 3. Déjà à
l’automne, les deux médias vont
expérimenter des matinales communes à Paris et dans le sud de la
France. Et d’autres projets (interviews politiques etc.) sont dans les
tuyaux. Par ailleurs, la chaîne
France O (la chaîne consacrée à
l’outre-mer, qui a un budget autour
de 30 millions d’euros) pourrait disparaître et une partie de ses contenus (ultramarins) se retrouver sur
France 3 qui deviendrait une véritable chaîne régionale, à plein-temps.
« Travailler plus
et produire plus »
Un autre projet, révélé par « L’Opinion », serait de fusionner France 4
(la chaîne jeunesse qui a un budget
de 45 millions) et France 5 (la
chaîne de la connaissance, avec un
budget de 135 millions) ou en basculer une sur le numérique. « Il est
clair que les arbitrages linéaires/
numériques vont se poser », souligne une source bien informée. Ces
sujets sont explosifs. Tant du côté
de tous les producteurs qui vivent
des commandes de l’audiovisuel
public, qu’en interne socialement,
voire politiquement pour ce qui
concerne France 3 et France O. « Il
semble admis qu’il sera au moins
demandé aux équipes de France 3 de
travailler plus et de produire plus de
deux heures par jour de programmes
locaux », dit un connaisseur du dossier.
Ce que l’on sait, c’est que Françoise Nyssen a beaucoup travaillé
sur les exemples étrangers, notamment la BBC. « On a regardé ce qui
pouvait être source d’inspiration,
malgré des histoires et des cultures
différentes. La BBC est très populaire
notamment auprès des jeunes », souligne Catherine Smadja, chargée de
mission au ministère.
Parmi les exemples à suivre, les
rédactions de la BBC sont davantage intégrées, pour gagner en rapi-
« On a regardé ce
qui pouvait être
source d’inspiration,
malgré des histoires
et des cultures
différentes. La BBC
est très populaire
notamment auprès
des jeunes. »
CATHERINE SMADJA
chargée de mission
au ministère de la Culture
et de la Communication
dité et valeur ajoutée. La chaîne est
davantage axée sur les audiences
globales plutôt que l’audience de la
télévision. Par ailleurs, la BBC a des
chaînes enfants en journée, mais
l’une devient le soir BBC 4 c’est-àdire l’équivalent d’Arte.
Autre idée à creuser : le développement sur le numérique, notamment pour attirer les jeunes et pour
mettre en avant des offres pédagogiques. L’offre en direction des jeunes (BBC 3) est ainsi devenue numérique en 2016.
France Télévisions et Radio
France ne font aucun commentaire. « On a interpellé la direction
sur ce sujet, indique Eric Vial, secrétaire général FO Médias chez
France TV. Mais on nous a répondu
que les arbitrages n’étaient pas
encore faits et qu’on ne voulait pas
faire peur aux salariés… » n
Canal dégaine une arme anti-Netflix pour la jeunesse
Le groupe va proposer en
France un abonnement
pour les moins de 26 ans à
10 euros. Il avancera
prudemment en évaluant
l’effet de cannibalisation.
Nicolas Madelaine
nmadelaine@lesechos.fr
En quête de croissance en France,
Canal+ poursuit la segmentation de
ses offres et la recherche de l’effet
volume avec des prix plus attractifs.
Après avoir lancé des mini-bouquets avec les opérateurs télécoms,
la filiale de Vivendi a ainsi lancé une
offre à 10 euros pour les 18 à 26 ans,
un prix qui rappelle celui d’une plate-forme américaine de vidéo à la
demande à succès. Et qui vaut donc à
cette nouvelle proposition d’être surnommée « arme clairement antiNetflix » sur le segment de la jeunesse par Thomas Coudry, analyste
chez Bryan Garnier. Canal va avancer prudemment sur cette proposition sans engagement qui permet un
accès aux contenus uniquement par
la Toile (en OTT) et qui vaut deux fois
moins que son offre la moins chère.
Lorsque le seuil de 100.000 abonnements sera atteint, le groupe va en
effet tester l’impact sur ses offres aux
prix normaux. Des couples avec
enfants pourraient notamment
choisir leur rejeton de moins de 26
ans comme point d’accès à Canal+
pour tout le foyer et se désabonner
des offres plus chères. « Or on peut
difficilement rentabiliser les droits de
la Ligue 1 avec des offres à 10 euros »,
dit Thomas Coudry. Ce n’est que si la
cannibalisation n’est pas trop forte
que la chaîne exploitera le potentiel
des 6 millions de gens dans cette
tranche d’âge en France, dont la moitié d’étudiants, selon les hypothèses
du groupe. Potentiel d’autant plus
important que le groupe se dit inspiré par l’initiative de passe culture
du gouvernement Macron, auquel
l’offre sera éligible.
Baisse des résiliations
La confrontation entre une offre
Canal+ donnant accès à la chaîne
dans son intégralité, c’est-à-dire au
sport, aux films récents et aux créations originales, et une offre Netflix
qui fait de plus en plus la part belle
aux séries, souvent luxueusement
produites, pour la jeunesse va être
intéressante à suivre pour les professionnels du secteur qui s’intéressent aux goûts du public de demain.
Pour les analystes, il est difficile de
savoir comment évoluent les abonnés et le chiffre d’affaires de Canal+
en France trimestre par trimestre à
mesure que se met en place la nouvelle politique commerciale du
groupe depuis fin 2016. Vivendi
change en effet régulièrement les
indicateurs qu’il publie, ne comptant par exemple plus les abonnés
CanalPlay (SVoD) depuis le premier
trimestre 2018 ou les revenus des
chaînes en clair depuis le quatrième
trimestre 2017. Quant à la rentabilité
de l’activité française, le groupe ne la
d é t a i l l e p a s . C a n a l ex p l i q u e
aujourd’hui que la perte des abon-
nés remonte à 2004 et s’est accélérée
depuis l’arrivée de B eIN avec
600.000 autodistribués perdus
depuis 2012. Depuis mi-2015, la perte
est de 150.000 abonnés. Ce recul est
logique, plaide la chaîne, en raison
de l’abandon des offres CanalSat
autodistribuées au profit des bouquets distribués par les opérateurs
télécoms. De même, le groupe a plus
ou moins tiré un trait sur son service
CanalPlay, qu’il n’estime pas viable.
Mais il assure que les abonnements
à ses offres Canal+ se redressent
bien, eux, depuis septembre 2017,
« même si la route est longue », et que
la pente des résiliations baisse de
15 % à 30 % chaque mois. Ce que
montre cependant l’offre à 10 euros
lancée ces jours-ci est que le groupe
ne peut négliger aucun public. n
Hugging Face, un ami virtuel aux ambitions mondiales
RÉSEAUX SOCIAUX
La start-up créée par
des Français veut
exporter son intelligence artificielle
partout.
Elle vient de lever
4 millions de dollars.
Nicolas Rauline
@nrauline
— Bureau de New York
Les Français de Hugging Face ne se
sont pas fait que des amis virtuels
aux Etats-Unis. S’ils ont développé
une intelligence artificielle à michemin entre Siri et Snapchat,
capable de se substituer aux tamagotchis et autres animaux de compagnie, ce sont des investisseurs
bien réels – et non des moindres –
qui ont misé sur eux. La start-up
franco-américaine vient ainsi de
lever 4 millions de dollars, un an
après une première levée de 1,2 million. Cette fois, c’est Ronny Conway,
fils de la légende des business
angels américains Ron Conway, qui
a mené le tour de table. Cet ancien
associé d’Andreessen Horowitz a
été l’un des premiers à investir dans
Instagram. « Son expérience sur un
produit grand public comme Instagram va être incomparable pour
nous, se réjouit Clément Delangue,
co-fondateur de Hugging Face. Il
n’est pas là pour faire un coup, il veut
construire avec nous une vraie belle
entreprise sur le long terme. »
Parti s’installer à New York il y a
cinq ans pour travailler dans une
autre start-up, Clément Delangue a
fondé Hugging Face en 2016 avec
Julien Chaumond, ancien de Stan-
ford. « L’approche des Gafa sur
l’intelligence artificielle était limitée,
focalisée sur la transaction et les
gains de productivité. Nous voulions
créer quelque chose qui soit divertissant », explique-t-il. Les deux entrepreneurs conçoivent alors un « ami
virtuel », avec qui l’on peut interagir, par texte ou par voix (en anglais
seulement, pour le moment).
100 millions de messages
Un produit destiné au grand public,
directement lancé sur le marché le
plus mature au monde et soutenu
par des mentors et des investisseurs
américains, pour la plupart. « Nous
voulons vraiment toucher le plus
grand monde, c’est le meilleur moyen
d’y arriver, ajoute Clément Delangue.
Mais nous sommes une entreprise
franco-américaine. » Une partie de
l’équipe est ainsi basée à Paris, dans le
programme d’intelligence artificielle
de Microsoft, hébergé à Station F. Le
service va être lancé ces jours-ci sur
Facebook Messenger. « Potentiellement, on s’adresse à un milliard de
personnes !, s’exclame Clément
Delangue. On ne craint pas la cannibalisation, on pense que les gens utiliseront différents canaux, comme ils
utilisent le téléphone, le mail… » La
croissance est au rendez-vous : Hugging Face vient de dépasser les
100 millions de messages échangés
sur sa plate-forme. En moyenne, ses
utilisateurs envoient 35 messages
par jour. Parmi les priorités des prochains mois, désormais : le recrutement (les effectifs vont être doublés
pour passer à une vingtaine de personnes), et l’amélioration de la technologie. La jeune pousse est déjà
régulièrement invitée dans les conférences scientifiques sur le machine
learning, aux côtés des géants du secteur et des grandes universités. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
26 //
Jeudi 24 mai 2018 Les Echos
en
direct
Le budget 2016
de Wauquiez retoqué
HAUTS-DE-FRANCE Le tribunal
AUVERGNE-RHÔNE-ALPES Le
de Strasbourg a prolongé
mercredi jusqu’au 26 septembre
la période d’observation de l’aciérie Ascoval de Saint-Saulve dans
le Nord (détenue par Vallourec et
Asco Industrie), en redressement
judiciaire depuis janvier. Les
quatre candidats à la reprise de
cette PME de 290 salariés pourront ainsi affiner leurs offres.
tribunal administratif de Lyon
a annulé mardi le budget 2016
de la région Auvergne-RhôneAlpes. La décision « purement
formelle » n’aura « aucune incidence », affirme l’entourage de
Laurent Wauquiez, le budget
ayant déjà été exécuté. Le groupe
Rassemblement citoyen écologiste solidaire (RCES) avait saisi
AFP
PME
&REGIONS
Quatre mois de répit
pour Ascoval
le tribunal sur « un défaut
d’information des élus » concernant une subvention de 4,7 millions au Center Parcs de Roybon,
en Isère. « Soit un millième du
budget », souligne-t-on à la
Région, en dénonçant « une
utilisation de la justice administrative à des fins politiques ».
Le groupe RCES, qui souligne
la nécessité de procéder à un
nouveau vote le 14 juin, attend
de Laurent Wauquiez qu’il
« change ses pratiques ».
Quatre sous-marins nucléaires d’attaque Barracuda sont en construction à Cherbourg, le « Suffren », premier achevé, devrait être livré à la Marine nationale en 2020. Photo DCNS
Naval Group monte en régime
à Cherbourg et à Nantes
l Un 5e sous-marin va être construit à Cherbourg, déjà impliqué sur le contrat avec l’Australie.
l Le site de Nantes-Indret compte sur de nouvelles technologies de propulsion.
DÉFENSE
Emmanuel Guimard
et Philippe Legueltel
— Correspondants à Nantes et Caen
Un t weet de la ministre de la
Défense, posté le 4 mai, a apporté la
bonne nouvelle à Cherbourg. « J’ai
décidé la commande d’un cinquième
sous-marin nucléaire d’attaque Barracuda », a écrit Florence Parly. Sur
le site cherbourgeois de Naval
Group, qui affiche un carnet de
commandes bien rempli, l’annonce
était attendue, mais son officialisation a remotivé les effectifs.
Avec six sous-marins prévus, le
programme Barracuda représente
à lui seul 70 % de la charge de travail
de Cherbourg. Quatre bâtiments
sont déjà en cours de construction.
Sous l’immense nef Laubeuf, le premier de série, baptisé « Suffren »,
connaît ses derniers branchements.
Les essais à bord sont en cours pour
une mise à l’eau attendue l’an prochain, en vue d’une livraison à la
Marine nationale en 2020. Soit
un retard de trois ans sur le
programme initial. Les autres
devraient être livrés à partir de 2022,
tous les deux ans. Avec 2.300 sala-
riés et plus de 1.000 sous-traitants, le
site tourne à plein. A l’image
du groupe français dont le chiffre
d’affaires atteint 3,7 milliards
d’euros en 2017, en hausse de 16 %.
Cet essor tient en grande partie à la
volonté réaffichée de la France en
matière de dissuasion et au renouvellement de la flotte de la Marine
nationale qui en découle, sur des
technologies et des designs de sousmarins profondément repensés.
« Nous devons préparer l’avenir
avec, notamment, l’arrivée des sousmarins [nucléaires] lanceurs
d’engins (SNLE) de 3e génération, que
nous allons concevoir et construire
ici », souligne Alain Morvan, le
directeur du site cherbourgeois
qui a recruté 300 CDI en 2017 et en
prévoit autant cette année. A Cherbourg, on suit aussi de près le
« contrat du siècle » avec l’Australie
et les transferts de technologie vers
le Brésil et l’Inde.
Pour les SNLE 3G, Cherbourg est
dans les starting-blocks. Dédié à
leur conception et à leur ingénierie,
un bâtiment de 6.200 m2, baptisé
« Archimède », est sorti de terre. Il
pourra accueillir 300 personnes.
« “Archimède” est un véritable symbole de renouveau pour le site de
Cherbourg », affirmait Her vé
Guillou, le PDG du groupe, venu
l’inaugurer en février.
Barracuda
Près de Nantes, le site Naval Group
d’Indret a déjà démarré la production des pièces du moteur du cinquième Barracuda, tandis que le
système propulsif du premier est
déjà à l’essai à terre. La propulsion
nucléaire représente les deux tiers
de l’activité de ce site industriel
dévolu à la propulsion des navires.
Indret s’attache aussi à maintenir
des diversifications, notamment
dans le nucléaire civil ou l’énergie
thermique des mers. « Nous sommes engagés dans 22 programmes »,
mentionne Jean-Luc France, le
directeur de Naval Group Indret,
qui a engagé une transformation
profonde du site en vue de la croissance qui se profile d’ici à 2022. Car
la convergence de plusieurs programmes devrait entraîner, pour
l’usine nantaise, un point culminant
d’activité à 1,9 million d’heures de
travail, soit 30 % de plus qu’en 2016.
Dès lors, un plan d’investissement de 90 millions d’euros sur
Une enclave australienne
Cherbourg, nouvelle ville australienne ? Même si le
contrat de 12 sous-marins pour l’Australie prévoit que
la fabrication aura lieu près d’Adélaïde, Cherbourg et ses
bureaux d’études sont bien pour l’instant le centre de
gravité du programme. L’Australie y envoie ses techniciens et ingénieurs. Pour loger les premières familles,
habituées à de grandes maisons, les agents immobiliers
ont dû revoir leurs premières offres. Un bâtiment, baptisé « Hugues House », a été construit et accueille déjà
une quarantaine de salariés australiens. Il est hautement sécurisé avec des communications cryptées. Pour
l’instant, les salariés de Cherbourg partent en mission
au siège de Keswick, dans la banlieue d’Adélaïde.
Bientôt, certains s’installeront aussi là-bas.
quatre ans a été défini. Il s’agit
notamment de renouveler des
« machines stratégiques » et de
mettre en place des technologies
innovantes, notamment dans la
production additive. Le site, qui
emploie 1.200 salariés, cherche
aussi à attirer de nouvelles compétences : 200 recrutements ont
été effectués l’année dernière et
250 sont programmés cette année.
Au-delà du secteur nucléaire, le
site mise aussi sur la propulsion
conventionnelle, notamment pour
l’export, puisque la France n’autorise
pas l’exportation de sous-marins
nucléaires. Dans ce domaine, le site
a déjà travaillé pour le programme
des sous-marins Scorpène en Inde et
au Brésil. Indret met les bouchées
doubles sur une nouvelle génération
de système AIP (« air indépendant
propulsion ») permettant aux sousmarins de rester en plongée de trois
à quatre semaines au lieu de trois ou
quatre jours. Eviter les remontées à
la surface étant un gage de sécurité
primordial. Ce mode de propulsion
permet la production d’hydrogène
pur à bord du sous-marin à partir de
gazole. Cela permet d’éviter le danger d’embarquer directement de
l’hydrogène, comme le proposent
les systèmes concurrents. n
A Brest,
l’entreprise achève
l’installation
des missiles M51
Le quatrième sous-marin
nucléaire lanceur d’engins
de la Défense nationale
est en cours d’équipement.
Un chantier de 4 millions
d’heures de travail
sur trente mois.
Stanislas du Guerny
— Correspondant à Rennes
Depuis des mois, le chantier Naval
Group de Brest est en surcroît d’activité, en raison de l’installation sur 3
des 4 sous-marins nucléaires lanceurs d’engins français (SNLE) du
nouveau missile balistique stratégique M51. « Le Téméraire » est le
dernier SNLE en cours d’équipement. « Ce chantier de 4 millions
d’heures de travail réparties sur trente
mois devrait se terminer au début de
l’an prochain », indique Eric Balufin,
directeur de Naval Group à Brest.
Plus de 1.100 personnes, y compris
les équipes des 45 entreprises de
sous-traitance référencées, interviennent sur « Le Téméraire », afin
de l’équiper des moyens technologiques nécessaires aux 16 missiles
M51 qu’il pourra transporter en mission opérationnelle. Haute de
12 mètres et d’un poids supérieur à
50 tonnes, chacune de ces armes
balistiques intercontinentales est
d’une portée de plus de 6.000 kilomètres. Elles sont installées de l’autre
côté de la rade de Brest, à l’île Longue,
où la marine concentre la force
océanique stratégique française.
Une visite générale
Cherbourg va déconstruire les SNLE de première génération
Cinq sous-marins nucléaires
lanceurs d’engins, datant
des années 1960, vont être
déconstruits. Le programme
débute en septembre.
Philippe Legueltel
— Correspondant à Caen
Seul « Le Redoutable » va y échapper ! Posé à l’entrée de la Cité de
la Mer de Cherbourg-Octeville
(Manche) dans le Cotentin, il est
devenu un musée depuis l’inauguration en 2002 de ce parc scientifique et ludique consacré à l’explo-
ration des fonds sous-marins. Mis
à l’eau en 1967, il restera à jamais
réservé à la visite.
A quelques centaines de mètres,
de l’autre côté du port de plaisance, le site de Naval Group va
s’occuper de ses cinq petits frères,
« Le Terrible », « Le Foudroyant »,
« L’Indomptable », « Le Tonnant »
et « L’Inflexible ». Ces bâtiments,
tous des sous-marins nucléaires
lanceurs d’engins (SNLE) de la
première génération commencée
par « Le Redoutable », vont être
déconstruits. « Cherbourg va conclure l’épopée des SNLE lancée ici
même par le général de Gaulle. Cette
opération, qui s’étalera sur une
période de 6 à 10 ans, va impliquer
une cinquantaine de personnes,
dont une dizaine de collaborateurs
de Naval Group », indique Alain
Morvan, directeur du site. Les
autres personnels seront issus des
deux entreprises retenues, Veolia
pour la déconstruction, la gestion
et la valorisation des déchets, et
Vinci pour le désamiantage.
« Nous condamnons cette externalisation. Nous nous battons depuis
des années pour faire de la déconstruction une vraie filière d’avenir sur
Cherbourg car, après ces premiers
SNLE, d’autres seront à détruire. Il y
a moyen de pérenniser des emplois
à haut niveau social », regrette
Vincent Hurel, secrétaire général
CGT du site de la Manche.
Un chantier de dix ans
Tout va commencer cet été. Pour
chacune des cinq coques (longues
de 128 mètres pour un poids de
7.000 tonnes) qui patientent déjà
dans l’enceinte du port militaire,
dix-huit mois d’activité seront
nécessaires pour leur déconstruction. La partie nucléaire, c’est-à-dire
la chaufferie située au centre du
sous-marin, a déjà été retirée, puis
démantelée pour chacun des cinq
sous-marins.
Les derniers travaux de la zone
du futur chantier, classée au titre de
la protection de l’environnement
(ICPE), s’achèvent. Une grue de
10 tonnes sur rail sera installée pour
lever les morceaux de coque, une
salle blanche sera aménagée pour
le désamiantage ainsi qu’une plateforme de tri des déchets. En raison
de la nature des opérations, le site
de déconstruction sera clos, sécurisé et son accès réglementé. n
Des essais en mer seront effectués
afin de valider le chantier. « Nous en
profitons pour effectuer une révision
totale du sous-marin. Elle a obligatoirement lieu tous les neuf ans pour
chacun des SNLE », continue Eric
Balufin. Les adaptations du « Téméraire », qui ont nécessité des investissements lourds en termes
d’outillage et de manutention,
s’effectuent non pas bord à quai
mais à sec. Et pour éviter les regards
indiscrets, le bateau est couvert par
une infrastructure. L’an prochain,
Naval Group à Brest, qui
emploie 2.700 salariés, va retrouver
un rythme d’activité normal, avec
l’entretien courant des 4 sous-marins de la force océanique de dissuasion de la marine, qui passeront de
7 à 8 semaines sur le chantier. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
PME & REGIONS // 27
Les Echos Jeudi 24 mai 2018
34 %
sociale (Odas) confirme l’effet de la
baisse du nombre d’allocataires du
RSA. Elle révèle aussi que le poids
des allocations est passé de 26 % à
34 % en quatre ans, compressant
les marges de manœuvre pour les
autres dépenses des départements.
Rougier SA
DES CHARGES DES DÉPARTEMENTS
Les dépenses sociales des départements ont peu progressé en 2017
(+1,6 % à 37,43 milliards d’euros)
pour la seconde année consécutive
après plusieurs années de fortes
hausses. L’étude annuelle de
l’Observatoire national de l’action
innovateurs
Pas de décision
sur Rougier
NOUVELLE AQUITAINE Le
tribunal de commerce de
Poitiers a repoussé au 13 juillet
sa décision concernant le holding du négociant français en
bois tropicaux Rougier SA
(2.900 salariés), en procédure
de sauvegarde, et sa branche
Afrique International, en redressement judiciaire, qui porte
l’essentiel de l’activité du groupe.
DualSun lève des fonds
pour ses panneaux
solaires hybrides
changé de modèle économique, en
cessant de vendre du produit pour
passer à un système d’abonnement », résume Roger Leclerc.
L’interphonie filaire représente
encore 95 % du marché français.
La société équipe 850.000 logements dont 150.000 gagnés en
2017, le p otentiel s’élevant à
15,4 millions de logements à équiper. En 2017, Cogelec a marqué
une croissance de 17 %, portant
son chiffre d’affaires à 30,6 millions d’euros dont 8 % à l’export.
Le résultat opérationnel ressortant à 5 millions d’euros. Selon
Roger Leclerc, l’entreprise est en
mesure de tripler ses ventes à
l’horizon 2021.
PAYS DE LA LOIRE
La PME vendéenne,
pionnière de l’interphonie GSM, s’introduit en Bourse avec
l’objectif de tripler de
volume en quatre ans.
Emmanuel Guimard
— Correspondant à Nantes
Exit le combiné de l’interphone
accroché dans l’entrée. Depuis
près de dix ans, sous la marque
Intratone, la PME vendéenne
Cogelec transfère l’interphonie
sur le réseau GSM. Ce spécialiste
du contrôle d’accès pour l’habitat
collectif, surtout présent en
France, entend désormais accélérer sa croissance, notamment à
l’international.
Il annonce à cette fin son introduction sur le marché réglementé
d’Euronext Paris. « Il nous faut
aller vite et pour cela renforcer nos
fonds propres », résume Roger
Leclerc, PDG et fondateur de cette
entreprise de 139 salariés, basée à
Mortagne-sur-Sèvre. Les modalités financières de l’opération
DualSun
Cogelec à la conquête du marché
européen de l’interphonie
LA LEVÉE DE FONDS
DUALSUN
Date de création : 2010
Président : Jérôme Mouterde
Montant : 2,4 millions d’euros
Effectif : 17 personnes
Secteur : énergie
Paul Molga
— Correspondant à Marseille
Nouvelle accélération pour
DualSun, le pionnier des panneaux solaires hybrides qui délivrent de l’énergie photovoltaïque et de l’eau chaude sanitaire.
Créée en 2010, la société marseillaise vient de boucler un troisième tour de table à 2,4 mill i o n s d ’e u r o s a v e c s e s
actionnaires historiques : Provence Business Angels, CAAP
Création, Noria et Opalic, ainsi
que le fonds régional Paca Investissement. Les deux premières
levées de fonds, en 2012 et 2014,
ont totalisé 1,8 million. Cette
nouvelle opération laisse les
deux associés fondateurs avec
une minorité de blocage.
Clef universelle
Cogelec propose des solutions d’interphonie sans fil, passant
par le réseau GSM. Photo Cogelec
seront connues dans les prochains
jours, sitôt le visa de l’AMF délivré.
GMS versus filaire
Avec Intratone, le visiteur contacte,
comme avant, le résident via
l’interphone au pied de l’immeuble. Mais ce dernier le voit et lui
répond sur son téléphone fixe ou
mobile, sa tablette… La solution a
le mérite de supprimer les travaux, au-delà de la platine
d’entrée, et réduit la maintenance.
Et pour les gestionnaires
d’immeubles, toutes les opérations s’effectuent en ligne. « On a
Cette croissance sera également
soutenue par des innovations, telle
la clef universelle Kibolt permettant d’ouvrir non plus la seule porte
d’entrée de l’immeuble mais également l’ensemble des portes (local
poubelles, local vélos, portes intérieures) grâce à un cylindre électronique permettant une gestion centralisée des droits d’accès. Ce
produit, qui sera commercialisé en
janvier 2019, a mobilisé 3,2 millions
d’euros et fait l’objet de 9 brevets. n
Sidérurgie : LME Beltrame
Group retrouve des couleurs
Le valenciennois
LME Beltrame,
spécialiste des laminés
marchands, embauche
à nouveau et développe de nouveaux
produits : les billettes.
Optimisation énergétique
Olivier Ducuing
— Correspondant à Lille
Après avoir accumulé près de
100 millions d’euros de pertes en
cinq ans, la seule unité française du
groupe italien Beltrame opère un
Comme toute la sidérurgie mondiale, le groupe Beltrame a été très
impacté par la crise. La société, qui
compte 2.000 salariés et réalise
1 milliard d’euros de chiffre d’affaires, a même dû fermer deux sites en
Belgique et au Luxembourg, dont
les productions ont été rapatriées
dans le Nord. Depuis 2015, cette dernière unité a engagé un plan de
redressement : optimisation énergétique – l’usine consomme autant
d’électricité que la ville de Valenciennes, formation, maîtrise des coûts.
Elle en tire les dividendes : la
société a réalisé en 2017 un chiffre
d’affaires en hausse de 11 %, à hauteur de 260 millions d’euros, avec
un Ebitda de 19 millions d’euros. Sa
santé retrouvée lui permet de réinvestir 14 millions dans ses équipements et les procédés énergétiques. En 2017, 100 recrutements
(dont 60 CDI) sont prévus, et vingt à
nouveau en 2018. A la peine pour
recruter certains profils (pontiers,
oxycoupeurs, lamineurs…), LME
s’est doté de sa propre école depuis
le 1er janvier.
En parallèle, la société a recherché de nouveaux marchés. Si ses
produits finis voyagent peu – LME
exporte 65 % de sa production,
essentiellement dans le Benelux et
au Maghreb – la société vend de
plus en plus de demi-produits, les
billettes. Il s’agit de masses de métal
coulé ressemblant à une grande
barre. La société exporte désormais aux Etats-Unis, en Equateur
et même en Turquie, pourtant
grand producteur d’acier. Son
enjeu est de saturer l’outil de production : l’usine peut fabriquer
700.000 tonnes mais n’a sorti
« que » 500.000 tonnes de laminés
l’an dernier. n
Jean Lutz ancre les ouvrages dans le sol
LA PME À SUIVRE
NOUVELLE
AQUITAINE
Effectif : 60 salariés
Chiffre d’affaires : 10,5 millions
Activité : matériel de TP
Pierre Etcheleku
— Correspondant à Bayonne
Les grands ouvrages tels que tunnels, barrages, immeubles,
métros ne valent que par la qualité de leur ancrage dans le sol.
Depuis 1975, l’entreprise Jean
Lutz met au point des instruments pour préparer, mesurer et
tester les fondations, et cette
société béarnaise fournit ces
outils dans le monde entier.
L’ensemble-type livré par Jean
Lutz se compose d’un appareil, de
capteurs, de modules d’émission
sur Internet et de logiciels. Ses
capteurs appréhendent la profondeur, la déviation, la proximité ou
la pression ainsi que l’inclinaison.
Ses solutions permettent de visualiser le déroulement d’un chantier
en temps réel. « Aujourd’hui, nous
sommes à l’œuvre pour le métro du
Grand Paris, nous l’étions autour
du canal de Panama ou afin de
contrôler les pieux nécessaires à la
couverture de la centrale de Tchernobyl, détaille Marc Lutz, dirigeant de la société. Et nous le
serons encore sur la ligne ferroviaire
à vitesse dite HST2 en Angleterre
entre Londres et Birmingham. »
Démarrée dans un garage, l’entreprise familiale – leader européen
dans sa spécialité – prospère à
Jurançon, près de Pau, où sont
basées 60 personnes. Totalisant
des ventes de 10,5 millions d’euros
en 2017, ses marchés s’étoffent
après un effondrement du secteur
suite à la crise de 2008.
Filiale aux Etats-Unis
Ils se partagent pour un tiers entre
la France, le reste de l’Union européenne et le « grand export », tels
la Turquie ou le métro de Toronto.
Lutz s’est implanté aux Etats-Unis
où les clients « veulent des interlocuteurs sur place ». Depuis Canfield (Ohio) Jean Lutz North America œuvre ainsi aux fondations
d’une université. Travaillant sur
« ce que l’on ne voit pas naturellement », Jean Lutz forme les opérateurs de ses clients et garantit des
interventions 24 heures sur 24. Et
si l’entreprise a accumulé en quarante ans des compétences géologiques, ses matériels recourent de
plus en plus à la mécanique et à
l’électronique embarquées. « Nos
tâches sont d’assurer des mesures
brutes, nuance Marc Lutz, mais
chaque jour nous devons imaginer
de nouvelles solutions et maîtriser
d’autres contextes ainsi que des
masses de données supplémentaires. » Jean Lutz et ses collaborateurs ont donc devant eux, à Pau et
sur les chantiers dans le monde,
un champ immense pour l’intelligence artificielle. n
Maison passive
Les premières unités ont été
commercialisées en 2014.
Depuis, l’entreprise a réalisé
800 installations, avec de belles
références comme la maison
passive en énergie de Philippe
Starck ou le siège social de Bouygues Construction. Avec ces
fonds, DualSun va accélérer son
déploiement commercial, en
ciblant notamment les maisons
à énergie positive et les piscines
publiques, « pour atteindre
l’équilibre dès l’an prochain »,
espère le président de la société,
qui a réalisé un chiffre d’affaires
de 1,5 million en 2017. Face à la
concurrence émergente en Allemagne et en Italie, elle mise sur
sa deuxième version, moins
chère et plus performante, et les
relations commerciales qu’elle a
nouées avec des leaders du secteur, comme Vinci et Daikin. n
Securkeys vous livre
un double de vos clefs
en une heure ou un jour
vier, l’expert en sécurité qui a
créé Securkeys en juin 2016, à
Paris. « Lorsque vous avez
besoin des clefs de votre domicile
ou de votre véhicule, un agent de
sécurité vous les apporte en une
heure dans votre département ou
en vingt-quatre heures ailleurs
en France ou dans la Communauté européenne. »
Securkeys
HAUTS-DE-FRANCE
rebond spectaculaire. « Le fait
d’appartenir à un groupe familial
privé a beaucoup aidé LME », souligne son directeur, David Iroz. Le
sidérurgiste de Trith-Saint-Léger,
en périphérie de Valenciennes, qui
emploie 526 salariés entre son aciérie et ses laminoirs produit des
laminés marchands destinés à différents secteurs, à commencer par
celui de la construction.
L’entreprise a mis au point
une technologie brevetée qui
associe un échangeur thermique et un module photovoltaïque dont l’assemblage, réalisé
avec le CNRS, a nécessité trois
ans de développement. Ces produits délivrent, selon elle, entre
deux et quatre fois plus d’énergie
qu’un panneau photovoltaïque
de même surface, suivant qu’il
s’agit d’une maison individuelle
ou d’un habitat collectif. « Nous
valorisons les 85 % de chaleur qui
sont habituellement perdus par
les panneaux classiques », explique Jérôme Mouterde, président et cofondateur de DualSun.
25 euros par an
LE SERVICE
SECURKEYS
Date de création : 2016
PDG : Pascal Metivier
Effectif : 10 personnes
Secteur : sécurité
Jacques Henno
@jhennoparis
Vous avez claqué la porte de
votre maison en oubliant votre
trousseau à l’intérieur ? A
moins que vous n’ayez eu la
bonne idée de confier un jeu de
clefs à un proche, vous n’avez
pas d’autre solution que de faire
appel à un serrurier. Depuis ce
jeudi, il existe une autre solution : envoyer un double de
votre sésame à Securkeys, qui le
gardera et s’engage à vous le
faire livrer en une heure dans le
département de votre lieu de
résidence. « Nous anonymisons
vos clefs et nous les confions à
une des sociétés spécialisées dans
la sécurité avec qui nous travaillons », détaille Pascal Meti-
Securkeys a déjà levé plus de
1 million d’euros auprès d’entrepreneurs français. Plus de
500.000 euros ont été investis
dans le seul développement de
la plate-forme informatique, qui
permet de gérer le dépôt des
clefs de façon anonyme – seulement identifiables par un QR
Code – chez un prestataire agréé
par le Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS),
placé sous la tutelle du ministère
de l’Intérieur, puis leur demande
de restitution via une application sur smartphone. Pour se
développer, Pascal Metivier
e n t e n d s’a p p u ye r s u r d e s
accords avec des compagnies
d’assurances, comme Allianz,
dont les clients ont bénéficié
d’un prélancement en exclusivité. Le prix ? Il est fixé à 25 euros
par an, pour la garde des clefs
mais un seul dépannage. Pour
une seconde intervention, le
coût revient à 150 euros pour la
livraison dans le département
de votre domicile ou à 75 euros
pour un envoi postal sécurisé
sous 24 heures en Europe. n
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28 //
Jeudi 24 mai 2018 Les Echos
FINANCE
&MARCHES
LE CUIVRE AFFECTÉ PAR
LA MOROSITÉ DES MARCHÉS
Les cours du cuivre à Londres
n’avaient pas autant reculé
depuis avril. Vu comme un
indicateur de la santé économique mondiale, le métal a pâti
mercredi de la monté du risque
sur les marchés émergents, et
notamment des inquiétudes sur
la Corée du nord et la Turquie.
Depuis le début de l’année, le
cuivre a baissé de 5 %, après une
hausse de plus de 30 % en 2017.
les
indices
La Caisse des Dépôts en marche forcée
vers sa normalisation
l La loi Pacte doit acter la normalisation de la gouvernance de l’institution
publique.
l Les députés ont fait évoluer
le projet initial du gouvernement,
mais des craintes subsistent.
INSTITUTION
FINANCIÈRE
Sharon Wajsbrot
@Sharonwaj
La loi Pacte doit certes favoriser la
croissance des PME, mais elle
devrait aussi acter une réforme
d’ampleur de la gouvernance de la
Caisse des Dépôts, qui, unique en
son genre, a très peu évolué depuis
sa création en 1816. « La modernisation de la gouvernance de la CDC vise
principalement à rapprocher son
fonctionnement des meilleurs standards. Le projet de texte réforme également l’organisation comptable et
prudentielle de la CDC », indique le
texte de la loi dont « Les Echos » ont
pu consulter l’exposé des motifs
avant sa présentation en Conseil
des ministres prévue en juin.
Dans le détail, cette réforme
devrait se traduire par la suppression de plusieurs spécificités propres à l’institution. La fonction de
caissier général, responsable de
l’encaissement des paiements,
devrait ainsi disparaître au profit
d’une comptabilité plus alignée
avec « les meilleures pratiques en
matière de gouvernance d’entreprise », fait valoir le texte. Par
ailleurs, le directeur général devrait
pouvoir désigner lui-même ses
directeurs sans passer par un décret
comme c’est le cas actuellement.
Sur le plan prudentiel, le gendarme bancaire (ACPR) devrait
exercer son contrôle directement
sur la Caisse. Jusqu’à présent, celle-ci ne devait rendre compte de sa
supervision qu’à sa commission de
surveillance – l’instance chargée de
la contrôler pour le compte du Parlement. Initialement, le texte prévoyait ainsi de retirer toutes les prérogatives prudentielles de cette
commission au profit de nouvelles
prérogatives comme l’approbation
des comptes annuels de la CDC (lire
« Les Echos » du 11 mars).
Une mission historique
préservée
Vent debout contre cette réforme,
les députés ont pu faire bouger les
lignes sur ce point. « Le gouvernement a accepté de nous laisser la responsabilité de la surveillance de la
solvabilité et de la liquidité de la
Caisse, en utilisant le modèle prudentiel que nous sommes chargés d’élaborer », indique un élu de l’opposition. Le sujet n’est pas anodin
puisqu’il fait référence à la mission
historique du Parlement de protéger les deniers placés par les Fran-
« Les députés et les commissaires surveillants de la CDC ont toujours joué leur rôle de contre-pouvoir. […] Il faut préserver
la séparation des pouvoirs », fait valoir un membre de la commission. Photo Lionel Bonaventure/AFP
çais entre les mains de la CDC
(via leurs Livret A) des vues à court
terme de l’exécutif.
Les parlementaires n’ont toutefois pas eu gain de cause sur la composition de la commission de surveillance que le gouvernement veut
également faire évoluer. Le projet
de texte prévoit de substituer aux
quatre représentants de la Banque
de France, du Conseil d’Etat et de la
Cour des comptes qui y siègent,
quatre personnalités désignées par
l’Etat. Pour les députés, ce serait le
signe clair d’un affaiblissement du
Parlement : « Les députés et les commissaires surveillants de la CDC ont
toujours joué leur rôle de contre-pouvoir et cela encore récemment lorsque l’Etat a voulu utiliser les fonds de
la CDC pour recapitaliser l’Agence
française de développement ! Il faut
préserver la séparation des pouvoirs », fait valoir un membre de
cette commission. La question sera
tranchée par le Parlement et par la
majorité, nettement moins sensible
aux spécificités de la Caisse que
n’ont pu l’être les générations précédentes de députés… n
Après quelques mois de concertations internes, la Caisse des Dépôts a
arrêté les contours de sa future
« banque des territoires », la structure qui rassemblera ses outils pour
financer le secteur public local et
investir à ses côtés. Valeurs, doctrine, ambition, promesses commerciales et modalités d’organisation interne pour mettre sur pied
cette nouvelle banque viennent
d’être présentées aux représentants
des salariés de la CDC. Selon nos
informations, la « banque des territoires », qui rassemblera quatre
directions de la Caisse et deux de ses
filiales jusqu’à présent autonomes,
s’est dotée de valeurs similaires à celles promues par bpifrance : « optimisme », « simplicité », « proximité ». Une valeur toutefois se
distingue, celle de la « solidarité ».
De fait, cette banque se veut un
outil favorisant « l’attractivité et la
cohésion sociale et territoriale ». Elle
doit aussi contribuer à « la création,
dans tous les territoires, d’un cadre
de vie durable et de développement
économique ».
Son principe ? Agréger plusieurs
métiers existants de la CDC (le
financement des bailleurs sociaux,
des collectivités, les investissements locaux, ou encore les services bancaires pour les notaires)
pour simplifier leur distribution
tout en les mettant en valeur par
une communication plus vigoureuse. Au sein de l’établissement
public, ce projet va toutefois faire
bouger les lignes : une nouvelle
direction baptisée « banque des territoires » doit voir le jour et une partie des 1.591 personnes qui la composent vont être rassemblées dans
les locaux de la CDC, avenue Pierre
Mendès-France, à Paris.
Mutualisation
des fonctions support
Par ailleurs, la direction des fonds
d’épargne qui gère les avoirs placés
sur les Livret A va évoluer : elle confiera désormais la distribution de
ses fonds aux équipes de la banque
Le placement réglementé
qui célèbre cette semaine
ses 200 ans a collecté
1,78 milliard d’euros
de dépôts au mois d’avril.
C’est une belle performance pour
le placement réglementé qui
fêtait mardi ses 200 printemps.
Au mois d’avril, les Livret A ont
collecté un total de 1,78 milliard
d’euros de dépôts. Un record
depuis le mois d’avril 2013, lors de
la période qui a suivi le relèvement du plafond du Livret A à
22.950 euros. Au total, le mois
dernier, les Livret A et les livrets
de développement durable et solidaire (LDDS) ont attiré 2,24 milliards d’euros de dépôts.
Les contours de la
« banque des territoires »
se précisent
La Caisse des Dépôts a
arrêté le schéma de sa
réorganisation interne
pour créer sa « banque »
dédiée aux « territoires ».
Les syndicats s’inquiètent
des conséquences de ce
projet pour l’emploi.
Le Livret A fait
le plein de dépôts
pour ses 200 ans
Le Livret A profite
du désaveu
des épargnants
pour le PEL.
La nouvelle « banque des territoires » sera placée sous l’autorité
du directeur général adjoint de la CDC, Olivier Sichel. Photo RÉA
des territoires et la gestion de ses
placements à la nouvelle direction
des « gestions d’actifs » également
créée à la CDC. Enfin, les fonctions
supports de chacune des directions
qui vont se fondre dans la « banque
des territoires » vont être mutualisées. Ce dernier point inquiète particulièrement en interne : « Là où il
y avait quatre personnes pour assurer les ressources humaines, les
finances ou la communication, il n’y
en aura plus qu’une », avertit la
CFDT, qui critique aussi les zones
d’ombre du projet, notamment visà-vis du rôle de La Banque Postale
dans cet ensemble, en cas de rapprochement entre La Poste et la
CDC.
Interrogés sur le projet qui doit
être présenté en grande pompe à la
Cité de la mode et du design le
30 mai, trois syndicats se sont prononcés contre (CFDT, CGT, FSU) et
deux se sont abstenus (Unsa,
CGC). — S. W.
« C’est un rythme de collecte
extrêmement rapide qui atteste de
l’anxiété des épargnants. Alors que
le contexte économique est plutôt
favorable, ils ont continué de mettre de l’argent de côté ces derniers
mois », indique Philippe Crevel,
qui dirige le Cercle de l’épargne.
Pour les épargnants, cette précaution vise surtout à prévenir le
retour de l’inflation, qui pourrait
entraîner de nouvelles dépenses.
« Les évolutions fiscales liées à la
CSG et l’entrée en vigueur de
l’impôt à la source peuvent aussi
avoir un effet psychologique favorable à l’épargne », note encore
Philippe Crevel.
Dans ce contexte, le Livret A
profite aussi du désaveu des épar-
gnants pour le PEL (plan épargne
l o g e m e n t) . A l a s u i t e d e l a
réforme du gouvernement qui a
soumis les intérêts du placement
à l’impôt sur le revenu – dès sa
première année de détention –, sa
collecte s’est effondrée : en février
elle atteint 83 millions d’euros,
puis à peine 31 millions d’euros au
mois de mars… Un désaveu quelque peu irrationnel puisque la
réforme ne s’applique qu’aux PEL
ouverts après le 1er janvier 2018.
Au fur et à mesure de l’année, la
collecte du Livret A risque néanmoins de s’étioler. « Plus chargé en
dépenses, le deuxième semestre est
généralement moins porteur pour
le placement réglementé », rappelle Philippe Crevel. La remontée
lente de l’inflation – pour 2018 la
Commission européenne table
sur un rythme de 1,5 %, puis de
1,6 % en 2019 – pourrait aussi convaincre les épargnants de se tourner vers d’autres placements. D’ici
à début 2020, le taux du Livret A
doit en effet rester figé à 0,75 %.
— S. W.
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FINANCE & MARCHES // 29
Les Echos Jeudi 24 mai 2018
L’Europe peaufine
le cadre de sa
régulation bancaire
Barclays
en quête
de leviers
stratégiques
BANQUE
Sous la pression de
l’activiste Edward
Bramson, la banque
britannique étudie
différentes options.
l Les ministres des Finances de l’UE se rencontrent vendredi.
l Ils tenteront de s’accorder sur l’actualisation des règles
relatives aux fonds propres et à la résolution des banques.
RÉGULATION
Solenn Poullennec
@SolennMorgan
Le menu proposé lors de la réunion
des grands argentiers européens de
vendredi peut paraître un peu roboratif… Les ministres des Finances de
l’Union européenne tenteront
notamment d’accorder leurs violons
sur une mise à jour de la régulation
bancaire présentée par la Commission européenne à la fin de l’année
2016. Un sujet qui reste essentiel, dix
ans après la faillite de Lehman Brothers et alors que de nouvelles
inquiétudes se font jour en Italie. Un
compromis a été mis sur la table des
représentants des Etats. « On pense
qu’il pourra être adopté », assure un
officiel français, tout en reconnaissant que la situation politique italienne complique la donne.
Obligations
plus contraignantes
Concrètement, une partie du
« paquet » de législations qui sera
discuté amende les règles adoptées
par Bruxelles en 2014 pour faciliter
la prévention et la gestion des crises
bancaires. Ce cadre de résolution
demande notamment aux banques
de mettre en place un coussin de
sécurité (MREL) susceptible
d’absorber leurs pertes en cas de difficultés et ainsi d’éviter que les contribuables ne soient mis à contribution d’un sauvetage bancaire.
L’enjeu pour les Européens est
d’articuler cette exigence avec celle
qui, sous le nom de TLAC, a été élaborée au niveau international dans
le même esprit mais avec un mode
de calcul différent et un périmètre
d’application moins large qu’en
Europe. Les banques européennes
redoutent de se voir appliquer des
obligations plus contraignantes que
leurs concurrentes internationales.
« Il faut qu’il y ait un plafond des exigences imposées aux banques européennes qui soit aligné sur l’obligation
internationale qu’est le TLAC »,
insiste la patronne de la Fédération
bancaire française (FBF), MarieAnne Barbat-Layani. Les établissements réclament un plafond de 8 %
de leurs fonds propres et engagements éligibles. « Une des questions
importantes est de savoir si les banques sont obligées de respecter une
exigence telle que le MREL dans toutes
leurs filiales ou succursales dans la
zone euro, comme si la zone euro
n’existait pas », ajoute-t-elle.
Les Etats membres doivent par
ailleurs amender les règles européennes de 2013 qui, en vertu des
accords de Bâle III, obligent les banques à avoir plus de fonds propres de
meilleure qualité. Sur nombre de
Un rapprochement
avec Standard Chartered est évoqué.
points, « les enjeux sont relativement
limités », considère un connaisseur
du dossier. Les règles en discussion
pourraient même amortir en partie
l’impact des exigences réglementaires sur le financement des infrastructures et des PME, estime la FBF.
Alexandre Counis
@alexandrecounis
— Correspondant à Londres
Sur leurs gardes
Pour autant, les banques sont sur
leurs gardes. En 2016, Bruxelles a
proposé de préciser dans le droit
européen la façon dont les banques
doivent appréhender les risques de
leurs activités de marché pour déterminer leurs exigences en fonds propres. Or le Comité de Bâle a accepté
fin 2017 de revoir sa copie sur ce
sujet. Le scénario noir pour les banques serait donc d’avoir à appliquer à
court terme des règles qui évolueront prochainement. « Les choses
ont plutôt avancé positivement »,
temporise un officiel français.
Un compromis des Etats européens vendredi sur le paquet bancaire ne serait qu’une première
étape. Le nouveau jeu de règles doit
faire l’objet d’un accord avec le Parlement européen. Par ailleurs, le chantier de la réglementation post-crise
est loin d’être terminé pour les banques. Bruxelles doit encore décliner
dans son droit la finalisation des
règles de Bâle III (dite « Bâle IV ») sur
laquelle un accord a été trouvé au
niveau international en 2017. n
O n n’e n e s t p a s e n c o r e à
l’annonce d’une grande fusion
avec une banque rivale. Mais
tous les scénarios semblent à
l’étude chez Barclays. Mise sous
pression par l’activiste Edward
Bramson, qui vient d’acquérir
via son fonds Sherborne 5,2 %
des droits de vote, la banque britannique aurait chargé certains
administrateurs de passer au
crible les différentes options
qui lui permettraient de sortir
de l’ornière pour satisfaire cet
encombrant actionnaire.
Une des pistes serait de
fusionner avec un autre établissement. Selon le « Financial
Times », Standard Chartered
figurerait en tête de liste. Des
discussions auraient même eu
lieu entre un administrateur de
chaque banque pour examiner
les avantages d’un tel rapprochement.
Les représentants de l’Etat de l’Union européenne vont discuter
lors de l’Ecofin de l’actualisation de la réglementation bancaire
que la Commission a proposé d’adopter en novembre 2016.
Photo Sipa
Le couple franco-allemand planche sur l’Union bancaire
Des avancées se dessinent
sur la mise en place d’un
filet de sécurité commun
pour les banques placées
en résolution. Le chantier
de la garantie des dépôts
reste plus polémique.
Edouard Lederer,
Thibaut Madelin
— Correspondant à Berlin
et Gabriel Grésillon
— Correspondant à Bruxelles
Le 16 mai dernier, à Berlin, Bruno Le
Maire et Olaf Scholz devaient se rencontrer pour quelques heures. Les
deux ministres des Finances auront
finalement discuté toute la nuit.
Parmi les sujets abordés, en vue du
sommet de la zone euro de la fin du
mois de juin : la poursuite du chantier de l’Union bancaire, cet ensemble de règles et de protections destinées à bâtir une Europe des
banques. Cette rencontre « intensive » – dixit une source allemande –
ne signifie pas que les deux partenaires sont sur la même longueur
d’onde, tant leurs systèmes bancaires diffèrent. Mais elle marque la
mobilisation du couple franco-allemand sur la poursuite de ce chantier technique et politique majeur.
De fait, depuis 2014, cette Union
bancaire a déjà porté ses premiers
fruits : la BCE est devenue le gendarme des principales banques de
la zone euro, et il existe désormais
des règles de résolution, permettant de sauver une banque en difficulté sans faire payer les contribua-
bles (principe du « bail in »). Mais
d’importantes pièces manquent
encore, en particulier la mise
en place d’un « filet de sécurité commun » d’argent public (« common
backstop »). Ce dernier serait sollicité en dernier ressort, après la mise
à contribution de tous les acteurs
privés (en vertu du « bail-in »).
Un dispositif similaire
aux Etats-Unis
En coulisse, c’est sur ce volet que les
Européens se montrent les plus
optimistes. Ce rôle de « backstop »
pourrait échoir au Mécanisme
européen de stabilité (MES), instrument européen anti-crise capable
de mobiliser 700 milliards d’euros
de financements. « Concernant le
MES, le plus probable est que nous
ayons en juin une décision d’en faire le
fameux backstop, mais que cela ne
soit pas fait immédiatement », explique un bon connaisseur des rouages
de la zone euro. Dans un récent discours, le président de la BCE, Mario
Draghi, plaidait lui aussi dans ce
sens, indiquant qu’un « backstop »
de ce type existait aussi aux EtatsUnis, sous la forme d’une ligne de
crédit auprès du Trésor américain,
qui n’avait d’ailleurs jamais été tirée.
L’autre pièce manquant au puzzle
est plus polémique : il s’agit de la
mise en place d’une garantie unique
des dépôts à travers l’Union européenne. Ce volet reste a priori dans
les limbes, tant le sujet reste épidermique dans l’opinion outre-Rhin.
« L’assurance des dépôts bancaires,
en particulier, s’annonce compliquée.
Les Allemands détestent cette idée.
Les pousser trop fort sur ce sujet est
risqué. Et l’arrivée au pouvoir du SPD
ne change pas grand-chose à la donne
car ce sont les électeurs allemands qui
n’en veulent pas », reprend ce même
expert européen.
Est-ce à dire que toute avancée est
exclue ? Pas forcément. Un « faucon » proche des positions allemandes reconnaît même qu’à terme, un
tel dispositif va dans le sens de l’histoire. Mais avant d’avancer, Berlin
exige une réduction des risques
dans le secteur bancaire, notamment via une réduction des créances douteuses, et un nouveau coussin de capital (« MREL »). Ensuite
seulement viendraient la question
du « backstop », puis le débat sur la
garantie des dépôts. n
Trump exempte une trentaine de banques
des contraintes post-crise
Grandes gagnantes de
la réforme fiscale, les banques
de Wall Street font profil bas.
Photo Shutterstock
Le texte voté par le Congrès
américain ne bénéficie
néanmoins pas aux grandes
banques de Wall Street.
ture de Trump en début d’année dernière. Le texte, qui a été soutenu par
33 démocrates, devrait rapidement
être promulgué par le président.
Elsa Conesa
@ElsaConesa
— Bureau de New York
La portée de la loi
Dodd-Franck réduite
Trump pourra accrocher un trophée supplémentaire à son tableau
de chasse à l’approche des élections
de novembre. Le Congrès a adopté
mardi soir la première loi défaisant
la réglementation mise en place
après la crise, conformément aux
promesses de campagne du candidat Trump. Après le Sénat fin mars,
c’est la Chambre des représentants
qui a voté à une large majorité un
texte allégeant les principales contraintes réglementaires découlant
de la loi Dodd-Frank, votée en 2010,
pour les banques petites et moyennes. Il s’agit de la réforme financière
la plus ambitieuse depuis l’investi-
Pour l’essentiel, la loi conserve
l’architecture de Dodd-Frank, mais
relève le seuil au-delà duquel ses
principales dispositions s’appliquent, le portant de 50 à 250 milliards de dollars d’actifs. Seule une
douzaine de banques seront ainsi
soumises aux tests de résistance
périodiques, contre une quarantaine aujourd’hui.
Les banques régionales se plaignaient, depuis des années, de
devoir se conformer à des réglementations n’ayant pas été conçues
pour elles mais pour les grandes
maisons de Wall Street, et font
valoir qu’elles brident leur capacité
à prêter et financer l’économie. Un
sujet très politique, dans un pays qui
compte des milliers de banques
régionales. D’autres mesures ont
aussi vocation à faciliter leur vie,
comme la suppression de l’obligation de publier des données sociologiques sur les prêts aux particuliers.
Les banques ayant moins de 10 milliards d’actifs seront en outre
exemptées de la « règle Volcker »,
qui proscrit le trading pour compte
propre.
Le texte laisse toutefois une
importante marge de manœuvre
aux régulateurs, qui pourront décider de soumettre à des règles spécifiques certains établissements dont
la taille de bilan est comprise entre
100 et 250 milliards de dollars,
comme American Express. Ceux-ci
resteront soumis à une surveillance
rapprochée de la Fed, qui pourrait
par exemple leur imposer des tests
de résistance périodiques.
Le détricotage de la loi DoddFrank, symbole fort de la présidence
Obama, a constitué l’une des gran-
des promesses de la campagne de
Trump. Une fois élu, le président a
toutefois privilégié des mesures plus
consensuelles et susceptibles de passer le cap d’un Congrès très divisé, et
où les démocrates ont une minorité
de blocage au Sénat. Certains points
réclamés par les républicains,
comme la réforme du bureau de
protection des consommateurs
(CFPB) – une création de DoddFrank très critiquée par les banques
– ont ainsi été laissés de côté.
La réforme, qui cible les banques
régionales, ne bénéficie pas aux
maisons de Wall Street. Grandes
gagnantes de la réforme fiscale, celles-ci ont préféré faire profil bas ces
derniers mois, craignant d’être trop
ouvertement associées à Trump.
« Elles redoutent un retour de bâton
si les démocrates reprennent le Congrès cet automne, décrypte un
observateur. Elles ont préféré pousser des réformes moins ambitieuses
et bipartisanes. » n
Plusieurs options
« Aucune transaction n’est à
l’étude et nous n’envisageons pas
de regrouper nos opérations avec
celles de l’une de nos concurrentes », ont néanmoins indiqué à
Reuters des sources proches de
Barclays, tandis que Standard
Chartered a fait savoir qu’elle
restait « entièrement concentrée
sur l’exécution de sa stratégie, et
se refusait à commenter ce type
de spéculation ».
Selon le « FT », Barclays passe
en revue des « combinaisons
potentielles » avec d’autres banques, comme Deutsche Bank,
Credit Suisse ou la Development Bank of Singapore. Elle
étudie aussi les moyens d’étendre ses activités de banque de
détail au Royaume-Uni. Elle
cherche enfin comment rendre
plus de capital aux actionnaires
- au-delà du doublement du
dividende annoncé pour 2018.
Reste à savoir ce que veut,
exactement, Edward Bramson.
Le quatrième actionnaire de la
banque, qui a rencontré son
directeur général Jes Staley ce
mois-ci à New York, n’a toujours pas dévoilé ses propositions pour l’avenir de la banque.
Une chose est sûre : comme
d’autres actionnaires, il paraît
s’impatienter devant les performances des activités de banque
d’investissement, sur lesquelles
Jes Staley a misé.
Barclays met en avant l’augmentation des revenus tirés de
ces métiers, plus forte
qu’attendu pour le deuxième
trimestre consécutif (+ 8 %
sur un an). Et leur patron Joe
McGrath nourrit pour eux de
grandes ambitions, en visant
une place au sein du
Top 5 mondial.
Pas de quoi impressionner
Edward Bramson. Selon l’un de
ses proches, le financier pourrait exiger que l’essentiel des
25 milliards de livres allouées
aux activités de « corporate and
investment banking » de Barclays soit rendu aux actionnaires. Ce qui reviendrait évidemment à tailler dans les métiers.
(
Lire « Crible »
Page 36
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30 // FINANCE & MARCHES
Jeudi 24 mai 2018 Les Echos
Le marché mondial du sucre
face à une surabondance record
l Les plus grands producteurs, Thaïlande et Inde, n’ont jamais autant récolté.
l Après la fin des quotas, les prix dans l’UE ont touché un creux historique.
MATIÈRES
PREMIÈRES
Muryel Jacque
@MuryelJacque
Les prix mondiaux du sucre sont
sous haute tension. A New York, les
cours du sucre roux – la référence
majeure – ont été divisés par deux
en un an et demi. A Londres, ceux
du sucre blanc sont proches de leur
niveau le plus faible depuis 2008.
L’ingrédient signe cette année la
pire performance parmi une trentaine de grandes matières premières
cotées sur les marchés. Et, si la chute
a été enrayée ces derniers jours (lire
ci-dessous), les traders comme les
producteurs ne sont guère optimistes pour les mois à venir. Car, « le
monde est en surproduction, explique Arthur Portier, consultant chez
Agritel. Le dépassement pourrait
atteindre 10 millions de tonnes cette
année. C’est beaucoup. » Et cette
situation risque de perdurer, poursuit-il, avec un excédent probable de
8 millions l’an prochain.
La raison ? Les plus grands producteurs de sucre de la planète ont
fait des récoltes abondantes. C’est le
cas en Inde et en Thaïlande, le
deuxième producteur et le
deuxième exportateur respectivement. « L’Inde, qui subventionne ses
planteurs et soutient donc artificiellement les prix locaux, est d’ailleurs en
passe de détrôner le Brésil », souligne
le spécialiste. A cela s’ajoute le retour
en force de l’Union européenne (UE)
sur le marché mondial. Avec la suppression des quotas à l’automne der-
nier, la production de sucre de l’UE
fait en effet un bond de 25 % cette
année. Ainsi, plus de 194 millions de
tonnes de sucre devraient être produites sur 2017-2018 et près de
193 millions encore sur la saison suivante, selon la première estimation
des analystes de marché allemands
de F.O. Licht. Au moment même où
la demande mondiale n’est plus ce
qu’elle était, ni dans les pays développés ni dans les pays émergents.
Avec les changements d’habitudes alimentaires et le fait que les
consommateurs commencent à
fuir les sucres ajoutés et à bouder
les boissons sucrées, la consommation mondiale devrait connaître sa
croissance la plus faible depuis au
moins l’an 2000 : un ralentissement
jugé « dangereux » par le directeur
général de l’Organisation interna-
tionale du sucre (ISO), José Orive,
lors de la Sugar Week organisée à
New York début mai.
Des marges en baisse
Pour l’industrie sucrière, les conséquences se font déjà sentir. Du Brésil à l’Europe, leurs résultats sont en
baisse. « Les perspectives sont marquées par un degré d’incertitude élevé
dans un environnement de marché
en profonde mutation », déplore
Südzucker, le premier groupe
sucrier européen, dans son rapport
annuel publié la semaine dernière.
Et « le recul drastique des prix du
sucre à un niveau historiquement
bas [en Europe, NDLR] ne peut en
aucun cas être compensé par des
coûts de production plus faibles et des
volumes de vente plus importants »,
assure le producteur allemand. n
Avant les élections, l’Inde
donne un coup de pouce
à son secteur sucrier
Partenaires Oiciels
28
MAI 2018
Palais des Congrès
PARIS
Les planteurs de canne indiens vendent leur production aux raffineurs
à des prix fixés par le gouvernement central. Photo Prakash Singg/AFP
PLÉNIÈRE D’OUVERTURE I 10H30 - 12H
L’Inde, deuxième plus gros
producteur de sucre,
envisage de constituer
des stocks afin d’éponger
les surplus.
HANDICAP & INCLUSION,
LA NOUVELLE DONNE ?
Marjorie Cessac
— Correspondante à New Delhi
Anne
BALTAZAR
Présidente
AGEFIPH
Luc
GATEAU
Wenceslas
BAUDRILLART
Emmanuel
CONSTANS
Président
LADAPT
Président
FÉDÉRATION
DES APAJH
Javier
GUEMES
Caroline
GUILLAUMIN
Isabelle
KENNEDY
Directrice RH et
Communication
SOCIÉTÉ GÉNÉRALE
Directrice Déléguée
ABERDEEN ASSET
MANAGEMENT
Jean-Louis
RIBES
Christian
SANCHEZ
Président
AIA
Président
UNAPEI
Directeur technique
des relations
internationales
ONCE
Jean-Pierre
LETARTRE
Dominique
PIERROT
Président/CEO,
EY pour la France,
le Luxembourg
et le Maghreb
Bertrand
SIGNE
Président
ARPEJEH
Jean-louis
GARCIA
Président du
Comité National
FIPHFP
Prosper
TEBOUL
Fondateur
et Président
DSl
Président du Comité
Stratégique
du Salon
Allocution de clôture
Directeur Général
APF FRANCE
HANDICAP
Sophie CLUZEL
Secrétaire d'Etat auprès du Premier Ministre,
chargée des Personnes handicapées
Sous réserve de confirmation
Partenaires Associés
Partenaires accessibilité
Infos & inscriptions sur
salonhandicap.com
Avec les élections générales qui
approchent, en 2019, les paysans
indiens font l’objet de tous les
égards. Qui plus est dans le
domaine sucrier, où les 50 millions
de planteurs de canne à sucre constituent un lobby politique influent.
En début de semaine, le gouvernement a donc indiqué qu’il allait mettre en œuvre des mesures visant à
soutenir les cours du sucre domestique, très déprimés du fait d’une production record. Pour la saison en
cours, qui a démarré fin septembre 2017, cette dernière pourrait
atteindre 32 millions de tonnes, contre 20 millions l’an dernier (+56 %),
selon S&P Global Platts. Ce qui, malgré l’importance de la consommation indienne, la première au monde
(25 millions de tonnes), et des exportations ordonnées, en mars dernier,
par le gouvernement (2 millions de
tonnes), laisse toujours craindre un
excédent de 5 millions de tonnes.
Pour limiter ces surplus, les autorités
indiennes envisagent d’autoriser les
raffineurs à constituer, sur une
période donnée, des stocks de 3 millions de tonnes.
Une fois le plan approuvé, ces derniers pourront ainsi garder une partie de la matière première dans leurs
entrepôts. Le tout étant subventionné par le gouvernement. Le coût
de cette aide est estimé autour de
178,5 millions de dollars. Mais
d’autres mesures sont aussi dans les
cartons, comme celle de créer un
prix plancher pour le sucre raffiné
ou encore de fournir des prêts gra-
tuits aux usines pour les aider à
fabriquer plus d’éthanol. « Les stocks
vont permettre de soutenir les prix en
réduisant l’offre de sucre disponible
sur le marché », estime un trader,
ajoutant que cela aidera les usines à
obtenir un meilleur prix et, du coup,
à payer les agriculteurs en temps et
en heure. Le but de ces initiatives est
de soulager à la fois les raffineurs et
les planteurs. Les premiers ont vu
leurs marges mises à mal du fait de
l’effondrement des prix indiens du
sucre raffiné.
Chute des cours de 28 %
Depuis le début de la saison, ils ont
plongé de plus de 28 % sur le NCDX,
marché de Kolhapur, au Maharashtra. Une situation qui a aggravé leur
endettement vis-à-vis des planteurs
de canne, qui leur vendent la matière
première à un prix fixé par le gouvernement central chaque année. Un
prix que l’Etat de l’Uttar Pradesh tend
à réévaluer à la faveur de ses agriculteurs. Selon l’association des raffineurs indiens, si rien n’est fait pour
enrayer la tendance, les raffineries
risquent de voir leurs arriérés passer
de 220 à 250 milliards de roupies (3,2
à 3,6 milliards de dollars) entre avril
dernier et la fin de la saison en septembre prochain. Dans les Etats du
Maharashtra et de l’Uttar Pradesh,
elles perdent actuellement entre 8 et
10 roupies par kilo de sucre vendu
par rapport à l’an passé.
Le gouvernement indien a indiqué que ces aides locales n’étaient
en aucun cas en contradiction
avec les règles de l’Organisation
mondiale du commerce. En début
de semaine, cette perspective de
voir l’Inde, le deuxième pays producteur de sucre au monde après
le Brésil, réduire ses excédents,
sans inonder davantage le marché international, a, au contraire,
soutenu les cours globaux. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 31
Les Echos Jeudi 24 mai 2018
Les marchés sous pression
LA SÉANCE DU 23 MAI 2018
l L’euro passe sous 1,17 dollar, un plus bas depuis novembre.
l Les indices reculent et le taux italien grimpe sur fond d’incertitudes politiques.
MARCHÉS
La Bourse
de Paris
arrêtée
dans son élan
Etienne Goetz
@etiennegoetz
Populistes à deux pas du pouvoir en
Italie, regain de tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine,
crise de change en Turquie… les
investisseurs sont gagnés par les doutes. Ce climat d’incertitudes pesait
sur les indices boursiers mercredi : le
CAC 40 a cédé 1,32 %. Francfort a
perdu 1,47 % et Milan 1,31 %. La tendance était la même à Wall Street où
les trois indices phares ont ouvert en
baisse de 0,3 % environ.
Après les tentatives pour calmer
les craintes au sujet d’une guerre
commerciale entre les Etats-Unis et
la Chine, le président des Etats-Unis
a jeté un froid en déclarant ne pas
être satisfait des discussions.
Donald Trump a même émis quelques doutes à l’approche du sommet avec la Corée du Nord. De quoi
pousser les investisseurs à préférer
les actifs sûrs, comme la dette américaine. Le taux américain à 10 ans
est ainsi repassé brièvement sous
les 3 %. Le dollar s’est renforcé légèrement à l’approche de la publication du compte rendu des débats de
la dernière réunion du comité de
politique monétaire. Ce document
devrait apporter des explications
sur l’utilisation du terme « symétrique » pour qualifier son objectif
d’inflation de 2 %.
L’euro au plus bas depuis
novembre
Les marchés européens avaient les
yeux rivés sur l’Italie où Giuseppe
Conte a été désigné chef du gouvernement dans la soirée par le président Mattarella. L’affaire du faux CV
du candidat a entretenu l’incertitude sur sa nomination et donc sur
une issue à l’imbroglio politique qui
paralyse l’Italie. Le rapprochement
entre la Ligue et le Mouvement
5 étoiles, deux partis eurosceptiques aux propositions hétérodoxes,
pour former un gouvernement,
inquiète les investisseurs depuis
une semaine. L’euro, sous pression,
est retombé à son plus bas depuis
Après avoir enregistré huit
•semaines
de hausse consécuti-
novembre dernier : il a même glissé
un temps sous 1,17 dollar. La flambée du taux des emprunts d’Etat italien s’est poursuivi. En séance, le
rendement à 10 ans a grimpé de plus
de 10 points de base à 2,45 %, après
avoir déjà pris plus de 50 points de
base en une semaine.
Les taux du Portugal et de
l’Espagne se sont légèrement tendus. En revanche, le taux allemand à 10 ans a reculé de 5 points
de base à 0,5 %. La situation dans
la péninsule pénalise particulièrement les valeurs bancaires :
l’indice Euro STOXX Banks a cédé
1,49 %. Sur le marché des devises,
un autre sujet a préoccupé la planète finance : le plongeon de la
livre turque, enrayé in extremis
par la banque centrale. Après
l’Argentine, les turbulences en
Turquie ravivent les craintes
autour des pays émergents. n
Titrisation des dettes d’Etat : Bruxelles dévoile son plan
Non, les « eurobonds » ne sont pas
de retour. C’est le message que veut faire
passer la Commission au moment de
dévoiler son projet de titrisation des dettes
publiques de la zone euro. Ce plan, baptisé
« SBBS », vise à « encourager une plus
grande intégration et diversification du
secteur financier européen », explique une
porte-parole. Mais sans aucune mutualisation des risques entre Etats. Autrement dit
sans transfert budgétaire. La mécanique
est la suivante : un véhicule se constitue un
portefeuille composé des différents dettes
souveraines de la zone euro, selon une
pondération qui, a priori, répliquerait le
poids de chaque Etat au capital de la Banque centrale européenne. Le véhicule émet
deux types de titres adossés à ce portefeuille : des titres « seniors », c’est-à-dire
très sûrs et des « juniors ». Répondant à
certaines inquiétudes, Bruxelles préconise
que « les SBBS soient émis par des acteurs
privés et non par des gouvernements
ou institutions européennes ». Et précise :
« Ce sont des opérateurs privés qui achèteront les obligations des Etats. » Pour rendre
le projet attrayant auprès des banques,
qui pourront ainsi « réduire leur exposition
à la dette de leur Etat », les SBBS devront
bénéficier du même traitement réglementaire que le « papier » souverain. Philip
Lane, de la BCE, estime que les SBBS seront
un « actif naturel » pour servir de garantie
au guichet de la banque centrale.
La banque centrale de Turquie relève ses taux
pour interrompre le plongeon de sa monnaie
incertitudes les ont ensuite découragés d’y investir. Les particuliers ne
vendent pas encore la livre turque de
manière agressive », estime Yujiro
Goto, stratège chez Nomura.
Une hausse des taux
de 300 points de base
limite le recul de la livre
à 1,5 %.
Nessim Aït-Kacimi
@NessimAitKacimi
La banque centrale turque est
intervenue pour soutenir sa devise
en perdition depuis plusieurs séances. Elle a relevé un de ses taux
d’intérêt de 300 points de base de
13,5 %, à 16,5 %. » La monnaie turque avait connu sa plus forte baisse
depuis le 11 novembre 2008 (–3,8 %)
à l’occasion d’une séance très nerveuse. Signe des inquiétudes grandissantes des marchés, sa volatilité
a été multipliée par deux en six
mois car les problèmes du pays ne
datent pas d’hier.
La banque centrale aurait pu
inter venir sur le marché des
changes pour soutenir sa devise
en vendant des dollars contre des
livres. Mais elle aurait dû pour
cela puiser dans ses réserves de
changes de 110 milliards de dollars, son matelas de sécurité
financier. Il y a une semaine, la
banque centrale avait menacé les
marchés d’intervenir en déclarant qu’elle « surveillait étroitement les développements malsains » sur sa monnaie et que
« des mesures nécessaires seraient
prises ». Des menaces alors peu
prises au sérieux.
La chute continue
de la devise
turque a attiré
les spéculateurs
de toute la planète.
La forte détérioration des fondamentaux de l’économie turque
(endettement, croissance, inflation), conjuguée aux risques politiques (Erdogan) et géopolitiques
(terrorisme), fait de nouveau de la
livre turque le maillon faible de la
sphère émergente.
Pas de contagion
La contagion aux autres devises
émergentes est pour le moment
limitée. Pourtant habituée aux crises de changes (1994, 2001…), du fait
de la fragilité de son système bancaire et de la versatilité des flux de
capitaux étrangers, la devise turque semble dans l’impasse du fait
de ses nombreux problèmes structurels. La hausse des taux n’offre
qu’un court répit à la devise, et les
spéculateurs n’ont pas dit leur dernier mot. Les particuliers japonais,
adeptes de la spéculation sur les
changes, auraient été les artisans
de cette nouvelle chute de la livre
mercredi. Certains ont récemment
pu parier à tort sur le rebond de la
devise turque, et les courtiers ont
dû précipitamment « liquider » les
portefeuilles perdants de leurs
clients en vendant massivement
des livres contre des yens. Les devises à haut rendement comme la
livre turque « avaient attiré les particuliers japonais en 2017, mais les
En octobre dernier à Londres,
première place mondiale sur les
monnaies, il se traitait chaque jour
en moyenne 53,3 milliards de dollars
sur la paire dollar-livre turque, soit
autant que sur la paire dollarrenminbi. La chute continue de la
devise turque a attiré les spéculateurs (« hedge funds »…) de toute
la planète.
La volonté du président Erdogan de reprendre en main la
politique monétaire du pays s’il
remporte les prochaines
élections augure de la p erte
d’indépendance de sa banque
centrale. Mais, « dans un pays
émergent, un leader politique a
deux fois plus de chances de quitter le pouvoir dans les six mois
quand se produit un krach de la
devise nationale », souligne Jeff r e y Fr a n k e l d e l ’u n i ve r s i t é
d’Harvard. n
ves, et battu un nouveau record
en 10 ans lundi dernier, la
Bourse de Paris a vu son élan
coupé net. Dans un volume
d’échanges élevé de 4,7 milliards d’euros, l’indice CAC 40
a perdu 74,25 points, à
5.565,85 points, soit 1,32 %.
Le contexte géopolitique
tendu a pesé sur la séance. Les
incertitudes sur la situation
politique en Italie, sur la trêve
commerciale entre Pékin et
Washington et sur l’avenir de
l’accord iranien ont fait grandir
l’aversion au risque chez les
investisseurs. De plus, la baisse
de l’euro, qui est à un plus bas
depuis six mois face au dollar,
commence à inquiéter les
marchés.
Conséquence logique, les
q u e l q u e s va l e u r s à avo i r
terminé dans le vert appartiennent à des secteurs défensifs. L’Oréal, en hausse de
0,73 %, a ainsi pris la tête du
C AC 4 0 , d e va n t Pe r n o d
Ricard (0,53 %) et Orange
(+0,47 %).
Les entreprises minières ont
en revanche pâti des tensions
sur le commerce mondial, à
l’instar d’A r c e l o r M i t t a l
(–3,89 %) et Eramet (–3,35 %).
Les valeurs pétrolières ont subi
des prises de bénéfices après
leur beau parcours des derniers
jours. TechnipFMC a reculé de
4,56 %, Total de 3,10 % et Vallourec de 3,58 %.
Hors du CAC 40, Euronext a
été pénalisé par un abaissement de sa recommandation à
« vendre » contre « neutre »
précédemment par UBS et a
perdu 6,27 %.
en bref
La Société Générale condamnée
pour fraude fiscale en Allemagne
BANQUE La Société Générale a été condamnée fin avril par la justice allemande à verser environ 23 millions d’euros de dommages
et intérêts à la banque publique régionale allemande Helaba dans
une vaste affaire de fraude fiscale, a rapporté mercredi l’AFP. Le
tribunal de Francfort a reconnu la banque française responsable
d’avoir procédé à un montage complexe baptisé « cum-ex » :
celle-ci avait vendu à Helaba des actions comportant un avantage
fiscal indu lié à l’imposition du dividende. Les ventes d’actions se
sont déroulées à 35 reprises entre janvier et juin 2007 pour un
montant total de 3,2 milliards d’euros, est-il détaillé dans le jugement. La Helaba avait déposé plainte contre la Société Générale
en juin 2016, après avoir eu à débourser en 2013 la somme de
18,4 millions d’euros ainsi que des intérêts de 4,5 millions d’euros
suite à un redressement fiscal. La banque française a un mois
pour faire appel à compter de la notification du jugement.
AVIS FINANCIERS
Deutsche Concept
société d’investissement à capital variable
2, Boulevard Konrad Adenauer, 1115 Luxembourg, Luxembourg
Registre du commerce de Luxembourg B 160.062
Les actionnaires de Deutsche Concept (la « Société ») sont invités par la présente à
l’Assemblée Générale Extraordinaire (l’« Assemblée »)
qui se tiendra le 7 juin 2018 à 12 h 00 (midi, heure de Paris) au siège de la Société
avec l’ordre du jour suivant :
Ordre du jour :
1. Changement de dénomination de la Société « Deutsche Concept » qui devient
« DWS Concept », avec effet à la date du 2 juillet 2018 et, en conséquence de
quoi, modification de l’article 1 des statuts de la Société (les « Statuts »).
2. Modification de l’article 19 des Statuts pour donner au Conseil d’administration
le pouvoir de décider chaque année, pour chaque compartiment, si un dividende
doit être distribué et du montant de celui-ci.
3. Suppression de références à des articles spécifiques de la loi du 10 août 1915
concernant les sociétés commerciales, dans la version en vigueur.
4. Divers.
Les actionnaires qui fournissent l’attestation de dépôt d’un établissement de crédit
au plus tard le 1 juin 2018, indiquant que les actions sont détenues et bloquées
jusqu’à la fin de l’Assemblée, sont autorisés à participer et à exercer leur droit de
vote à l’Assemblée. Les actionnaires peuvent se faire représenter par un mandataire,
autorisé par écrit à cette fin.
Les points à l’ordre du jour de l’Assemblée exigent un quorum de 50 % des actions
émises, ainsi qu’une majorité des deux tiers des actions présentes ou représentées.
Si le quorum susmentionné n’est pas atteint lors de l’Assemblée, une deuxième
Assemblée Générale Extraordinaire sera convoquée à la même adresse,
conformément à la loi luxembourgeoise afin de voter sur les points indiqués à
l’ordre du jour. Aucun quorum n’est appliqué pour cette deuxième Assemblée
Générale Extraordinaire et les résolutions sont prises à la majorité des deux tiers
des actions présentes ou représentées.
Les actionnaires peuvent demander à consulter les statuts provisoires mis à jour
auprès du siège social de la Société.
Luxembourg, mai 2018
Le Conseil d’administration
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
32 //
Jeudi 24 mai 2018 Les Echos
ANNLEGALWK
75 • PARIS
SOCIETES
154468A – LES ECHOS
Avis de constitution
Par acte SSP, il a été constitué une
SASU dénommée UppRose Capital :
1000 € Siège social : 10 rue Aristide
Bruant 75018 PARIS Objet : Conseil
pour les affaires et autres conseils de
gestion notamment dans le domaine
stratégique ; L’organisation d’événements (hors spectacle vivant) ; développement, édition et gestion d’applications
en ligne d’apprentissage des langues via
la mise en relation à destination des particuliers et entreprises. Président : COLLINS Victoria Mei Elizabeth 10 rue Aristide Bruant 75018 PARIS Durée : 99 ans.
Immatriculation au RCS PARIS
157647A – LES ECHOS
Par ASSP du 09/04/18, il a été constitué
une SAS dénommée NOWGUA. Siège
social : 5 av ingres 75016 Paris. Cap :
5000 €. Objet : l’édition et la commercialisation de logiciels utilisés à des fins professionnelles ou personnelles installés
sur des serveurs distants. Président :
M.Michael ABELANSKI, 23 ma-agal hashalom 7580118 Rishon letzion (israël).
Durée : 99 ans. Immatriculation au RCS
de PARIS.
157681A – LES ECHOS
Par ASSP du 22/04/18, il a été constitué
une SAS dénommée AGENCE
MIND.Siège social : 168 rue de charenton 75012 Paris. Capital : 5000 €. Objet : Économie de la construction et activités connexes. Président : Mme Marine
Prigent, 168 rue de charenton 75012 Paris. Durée : 99 ans. Immatriculation au
RCS de Paris.
157691A – LES ECHOS
Constitution de la sasu : He consulting,
101 bd poniatowski 75012 Paris. Cap. :
1000 €. Objet : conseil en gestion. Pdt :
Wadie Elmasmodi, 101 bd poniatowski
75012 Paris. Durée : 99 ans au rcs de
Paris.
157749A – LES ECHOS
Par ASSP du 23/04/18, il a été constitué
une SAS dénommée SETENTA ENGINEERING.Siège social : 4 rue baillou
75014 Paris. Capital : 1500 €. Objet : Services d’ingénierie en génie chimique,
conseil en gestion d’entreprises, conception et développement informatique pour
applications. Président : M. Mohamed
Khemir, 4 rue baillou 75014 Paris. Durée : 99 ans. Immatriculation au RCS de
Paris.
157776A – LES ECHOS
Par ASSP du 24/04/18, il a été constitué
une SAS à capital variable dénommée
MEDICOLOGIE.Siège social : 29 rue du
cotentin 75015 Paris. Capital
min : 100 €, capital initial : 1000 €, capital
max : 100000000 € Objet : conseil et assistance opérationnelle en gestion, management et stratégie commerciale. Président : M. Pierre DELPEY, 29 rue du
cotentin 75015 Paris. Durée : 99 ans. Immatriculation au RCS de Paris.
157725A – LES ECHOS
157715A – LES ECHOS
157736A – LES ECHOS
157670A – LES ECHOS
157728A – LES ECHOS
Le 19.02.18, l’age de la sci montparis, capital 1525 €, 1 imp de la gaité 75011 paris, rcs 379329246 paris, transfère le
siège au 29 r collin d’harleville 28130
maintenon. Rad paris, Immat Chartres.
Centurion transport, SASU au capital de
3000 €. Siège social : 5 rue de presle
78920 Ecquevilly. 821321809 RCS Versailles. Le 08/03/18, l’associé unique a
approuvé les comptes de liquidation, déchargé le liquidateur de son mandat et
constaté la clôture des opérations de liquidation. Radiation au RCS de Versailles.
Par ASSP du 20/04/18, il a été constitué
une SAS dénommée KANDAÓG. Siège
social : 54 rue perronet 92200 Neuilly sur
seine. Capital : 100 €. Objet : Conseil et
dématérialisation de documentation, outils juridiques en ligne. Président : Mme
Coumba SIDIBE, 54 rue perronet 92200
Neuilly sur seine . Durée : 99 ans. Immatriculation au RCS de NANTERRE.
BOOK2GO, SAS au capital de
1500 €. Siège social : 12 rue anselme
93400 Saint ouen. 822759692 RCS Bobigny. Le 31/12/17, les associés ont approuvé les comptes de liquidation, déchargé le liquidateur de son mandat et
constaté la clôture des opérations de liquidation. Radiation au RCS de Bobigny.
Par ASSP du 23/04/18, il a été constitué
une SAS dénommée C-CUBE.Siège social : 10 rue du chesnay 95510 Vienne
en arthies. Capital : 6000 €. Objet : Maitrise d’oeuvre Et Contractant Général. Président : M. Samuel Cartier, 10 rue
du chesnay 95510 Vienne en arthies.
Tout actionnaire est convoqué aux assemblées. Chaque action donne droit à
une voix. Durée : 99 ans. Immatriculation
au RCS de Pontoise.
157810A – LES ECHOS
APG, SASU au capital de 1 € Siège social : 13 Rue Baillou 75014 Paris
830248936 RCS Paris. Le 18/04/2018,
l’associé unique a décidé de modifier
l’objet social qui devient : Commerce de
voitures et de véhicules automobiles légers (4511Z) à compter du 23/04/2018.
Mention au RCS de Paris
157866A – LES ECHOS
Cette annonce paraît dans les départements 75 et 92
KELLER & KOHL. SASU au capital de 1
201 000 euros. Siège social : 23 avenue
de la Celle Saint-Cloud, 92420 Vaucresson. 838 161 453 RCS Nanterre. Le
22/04/2018, l’associé unique a décidé de
transférer le siège social au 44 rue Caulaincourt 75018 Paris. Dirigeant : Eric
Saiz demeurant au 44 rue Caulaincourt
75018 Paris. En conséquence elle sera
immatriculée au RCS de Paris et elle
sera radiée au RCS de Nanterre.
156506A – LES ECHOS
SOCIETE CIVILE IMMOBILIERE LES
HAUTS DE POUVOURVILLE
Société civile immobilière Au capital de
990,92 €
Siège social : 163, rue du Faubourg
Saint Honoré 75008 Paris
RCS Paris 380 966 176
Par AGE du 27/02/2013, il a été décidé
la dissolution de ladite société à compter
du 27/02/2013 Monsieur OUAKNIN Michel, demeurant au 48 Avenue Kleber
75008 Paris, a été nommé liquidateur. Le
siège de liquidation a été fixé au siège
social, adresse à laquelle toute correspondance devra être envoyée, et, actes
et documents relatifs à la liquidation devront être notifiés.
Par AGE du 27/02/2013, il a été approuvé les comptes définitifs de liquidation, donné quitus au liquidateur.Monsieur OUAKNIN Michel, demeurant au 48
Avenue Kleber 75008 Paris, pour sa gestion, le déchargé de son mandat et
constaté la clôture définitive de la liquidation à compter du 27/02/2013
Radiation du RCS de Paris.
MH Consulting, SARL au capital de
5000 €. Siège social : 6 passage de la
main d’or 75011 Paris. 798263646 RCS
Paris. Le 02/01/18, les associés ont approuvé les comptes de liquidation, déchargé le liquidateur de son mandat et
constaté la clôture des opérations de liquidation. Radiation au RCS de Paris.
157680A – LES ECHOS
Normand Immobilier, SARL au capital de
20 €. Siège social : 9 rue de quatrefages
75005 Paris. 829252949 RCS Paris. Le
31/12/17, les associés ont approuvé les
comptes de liquidation, déchargé le liquidateur de son mandat et constaté la clôture des opérations de liquidation. Radiation au RCS de Paris.
157821A – LES ECHOS
157762A – LES ECHOS
LIVE DATA, EURL au capital de
150 €. Siège social : 30, rue claude terrasse 75016 Paris. 820532653 RCS PARIS. Le 30/06/17, l’associé unique a approuvé les comptes de liquidation,
déchargé le liquidateur de son mandat et
constaté la clôture des opérations de liquidation. Radiation au RCS de PARIS.
Par ASSP du 24/04/18, il a été constitué
une SAS dénommée PIERRE MYARD
CONSULTANT. Sigle : P.M.C..Siège social : 20 rue de la federation 75015 Paris. Capital : 1000 €. Objet : le conseil et
l’assistance opérationnelle apportés aux
entreprises et autres organisations en
matière de gestion et de comptabilité. Président : M.PIERRE MYARD, 20
rue de la federation 75015 Paris. Durée : 99 ans. Immatriculation au RCS de
PARIS.
91 • ESSONNE
SOCIETES
157605A – LES ECHOS
Par ASSP du 20/04/18, il a été constitué
une EURL dénommée SUTO.Siège social : 72 av de la république 91230 Montgeron.Capital : 100 €.Objet : vente de
pizzas sur place à emporter.Gérance :
Mme ADRIANA LUMINITA SUCUTURDEAN, 72 av de la république 91230
Montgeron.Durée : 99ans.Immatriculation au RCS de EVRY.
157628A – LES ECHOS
Par ASSP du 22/04/18, il a été constitué
une SAS dénommée BJA SOLUTIONS.
Siège social : 27 av du moulin de la planche 91120 Palaiseau. Capital : 2
000 €. Objet : Conseil dans le domaine
de mécanique de fluides et combustion.
Réalisation de projets utilisant méthodes
numériques de CFD (Computational
Fluid Dynamics). Réalisation de projets
dans le domaine de rédaction technique
de manuels de logiciels. Président : Mme
Barbara Zielinska, 27 av du moulin de la
planche 91120 Palaiseau. Durée : 99
ans. Immatriculation au RCS de EVRY.
157671A – LES ECHOS
Par ASSP du 17/04/18, il a été constitué
une SAS à capital variable dénommée
COCOPLANT.Siège social : incubateur
centralesupélec, 3 rue joliot curie 91190
Gif-sur-yvette.Cap min : 1500 €, cap init :
2000 €, capital maximum : 15000 €. Objet : Conception, fabrication et vente
d’appareils liés aux milieux aquatiques et
végétaux, notamment dans le domaine
de l’animalerie et de la jardinerie ; Durée : 99ans. Président : M.Maël Levet, 17
avenue du parc de sceaux 92160 Antony. DG : M. Marc Laperche, 58 allée de
lasplanes 31770 Colomiers.Durée : 99
ans. Immatriculation au RCS de EVRY.
157660A – LES ECHOS
Par ASSP du 24/04/18, il a été constitué
une SAS dénommée R.Y.R..Siège social : 39 rue joseph de maistre 75018 Paris. Capital : 1000 €. Objet : - Direction artistique et conseil en image Organisation et promotion d’événements
- Coordination de projets et management
d’artistes - Développement et commercialisation de concepts et de produits dérivés. Président : Mme Rosane Mazzer, 39 rue joseph de maistre 75018
Paris. Durée : 99 ans. Immatriculation au
RCS de Paris.
157822A – LES ECHOS
157765A – LES ECHOS
157757A – LES ECHOS
Par ASSP du 23/04/18, il a été constitué
une SAS dénommée MONTEIRO PRIMEURS.Siège social : 15 rue jenner
91600 Savigny sur orge. Capital :
1000 €. Objet : Vente de fruits et légumes sur les marchés. Président : M.
Alexandre Monteiro, 15 rue jenner 91600
Savigny sur orge. Durée : 99 ans. Immatriculation au RCS d’Evry.
92 • HAUTS-DE-SEINE
SOCIETES
153203A – LES ECHOS
Par acte SSP du 05/04/2018 il a été
constitué une SARL à associé unique dénommée :
SAKURA
Siège social : 4 rue mertens 92270
BOIS COLOMBES
Capital : 2.000 €
78 • YVELINES
SOCIETES
Objet : Massage du bien être, relaxation
et vente de produits s’y rapportant
Gérant : Mme LIU EP VIGNAUDON
Yunping 7 rue de l’Avenir 91260 JUVISY
SUR ORGE
Durée : 99 ans à compter de l’immatriculation au RCS de NANTERRE
Par ASSP du 24/04/18, il a été constitué
une SAS dénommée ALGOGIX.Siège
social : 9 rue d’estienne d’orves 92320
Chatillon. Capital : 2000 €. Objet : programmation Informatique, conseil et
étude des systèmes informatiques, la
conception et développement. Président : M. gregoire toussaint, 9 rue d’estienne d’orves 92320 Chatillon. Durée : 99 ans. Immatriculation au RCS de
Nanterre.
157640A – LES ECHOS
Le 01.12.2013, l’age de la sci du 21 boulevard henri IV, 15 r du chateau 92250 la
garenne colombes, rcs nanterre
349020255, a décidé de proroger la durée de la société jusqu’au 30.11.2038.
Rcs Nanterre.
94 • VAL-DE-MARNE
SOCIETES
157607A – LES ECHOS
Suivant acte SSP du 23/04/2018 constitution de la SAS A.2.L Capital fixe : 8500 €. Siège social : 28 avenue
des pépinières 94260 FRESNES. Objet
social : Transports routiers de marchandises à l’aide de véhicules n’excédant
pas 3.5 tonnes. Président : Mr Vincent
VALENTIN demeurant chez Marice Littre
3 rue des Carreaux 95110 SANNOIS élu
pour une durée illimitée. Admissions aux
assemblées et exercice du droit de
vote : chaque actionnaire est convoqué
au Assemblées. Chaque action donne
droit à une voix. Clauses d’agrément : Tte cession est soumise à agrément des associés. Durée de la société :
99 ans à compter de son immatriculation
au RCS de CRETEIL.
157770A – LES ECHOS
Cette annonce paraît dans les départements 92 et 75
157723A – LES ECHOS
ADETIG, SC au capital de
1000000 €.Siège social : 35 rue Vauvenargues 75018 Paris 819330341 RCS
Paris.Le 12/04/2018, les associés ont :
décidé de transférer le siège social au 24
rue Vauthier 92100 Boulogne Billancourt ; Radiation au RCS de Paris ; Inscription au RCS de Nanterre.
Par acte SSP du 23/04/2018 constitution
de la SASU SANTANA CONSEIL. Capital : 500 euros. Siège social : 38 avenue
du Petit Parc 94300 Vincennes. Objet :
Conseil en développement de vente physique et sur Internet. Président : Sophie
Krebs, 38 avenue du Petit Parc 94300
Vincennes. Durée : 99 ans à compter de
l’immatriculation au RCS de Créteil
157638A – LES ECHOS
157786A – LES ECHOS
SERIOUS 3D, SASU au capital de
6000 €. Siège social : 23 allée des dahlias 92320 Châtillon. 820926665 RCS
Nanterre. Le 28/02/18, l’associé unique
a approuvé les comptes de liquidation,
déchargé le liquidateur de son mandat et
constaté la clôture des opérations de liquidation. Radiation au RCS de Nanterre.
Par ASSP du 24/04/18, il a été constitué
une SAS dénommée HARVESTR. Siège
social : 5 av du général de gaulle 94160
Saint-mandé. Capital : 1000 €. Objet :
édition et commercialisation de logiciels
utilisés à des fins professionnelles ou
personnelles installés sur des serveurs
distants. Président : M. Valentin
Huang, 78 bd saint-michel 75006 Paris. DG : M. Valentin Berthomier, 80 rue
de lyon 03000 Moulins. Durée : 99 ans.
Immatriculation au RCS de CRETEIL.
157735A – LES ECHOS
SBS, SAS au capital de 1500 €. Siège
social : 132 rue du r.p.c. gilbert 92600 Asnieres-sur-seine. 830793519 RCS Nanterre. Le 17/01/18, les associés ont approuvé les comptes de liquidation,
déchargé le liquidateur de son mandat et
constaté la clôture des opérations de liquidation. Radiation au RCS de Nanterre.
157758A – LES ECHOS
Lotss, SAS au capital de 100 €. Siège social : 5 bis avenue philippe le boucher
92200 Neuilly sur seine. 830550646 RCS
Nanterre. Le 25/01/18, les associés ont
approuvé les comptes de liquidation, déchargé le liquidateur de son mandat et
constaté la clôture des opérations de liquidation. Radiation au RCS de Nanterre.
93 • SEINE-SAINT-DENIS
SOCIETES
157818A – LES ECHOS
PG COMPANY, SAS au capital de
6000 € Siège social : 14 rue Paul Verlaine 93130 Noisy-le-Sec 819698523
RCS Bobigny. Le 23/04/2018, les associés ont
157824A – LES ECHOS
Par ASSP du 24/04/18, il a été constitué
une SAS dénommée SOCIÉTÉ PRESTIGE TRANSPORT.Siège social : 47 rue
paul cezanne 94320 Thiais. Capital : 100 €. Objet : l’exploitation de voiture
de transport avec chauffeur (VTC). location de voiture sans chauffeur. Président : M. Tarek Amrani, 47 rue paul cezanne 94320 Thiais. Durée : 99 ans.
Immatriculation au RCS de Créteil.
157823A – LES ECHOS
Par ASSP du 19/04/18, il a été constitué
une SARL dénommée ADL CORP.Siège
social : 3, rue de chauffour 95350 Saint
brice sous foret.Capital : 1000 €.Objet :
Détention et gestion des participations
dans d’autres sociétés.Gérance : M.
Loutfi ROMDHANE 3, rue de chauffour
95350 Saint brice sous foret.Durée :
99ans.Immatriculation au RCS de PONTOISE.
157829A – LES ECHOS
Par ASSP du 19/04/18, il a été constitué
une SARL dénommée DRIVE CONSULTING.Siège social : 3, rue de chauffour
95350 Saint-brice-sous-foret.Capital :
1000 €.Objet : Conseil pour les affaires
et autres conseils de gestion. Gérance : M. Loutfi ROMDHANE, 3 rue de
chauffour 95350 Saint-brice-sous-foret.Durée : 99ans. Immatriculation au
RCS de PONTOISE.
157128A – LES ECHOS
O’FIB
SARL au capital de 1.000 €
Siège : 2 ALLEE GERMAIN PETITOU
95210 ST GRATIEN
827847807 RCS de PONTOISE
Par décision de l’AGE du 01/04/2018, il
a été décidé de transférer le siège social
au 19 BIS RUE DE LA TOURELLE
95170 DEUIL LA BARRE. Mention au
RCS de PONTOISE.
157129A – LES ECHOS
O’FIB
SARL au capital de 1.000 €
Siège : 2 ALLEE GERMAIN PETITOU
95210 ST GRATIEN
827847807 RCS de PONTOISE
157796A – LES ECHOS
BEDMINSTER HOLDING, SASU au capital de 2000 € Siège social : 7 rue Alphonse Brault 94600 Choisy-le-roi
838882835 RCS Créteil. Le 22/04/2018,
l’associé unique a décidé de transférer le
siège social au 1095, rue Henri Becquerel 34000 Montpellier à compter du
25/04/2018. Radiation au RCS de Créteil, inscription au RCS de Montpellier
157814A – LES ECHOS
cvo conseils, SASU au capital de
1000 €. Siège social : 62 rue edouard
vaillant 94140 Alfortville. 809146491
RCS creteil. Le 18/04/18, l’associé unique a approuvé les comptes de liquidation, déchargé le liquidateur de son mandat et constaté la clôture des opérations
de liquidation. Radiation au RCS de creteil.
pris acte de la démission de Paulo JEAN,
ancien Président ; en remplacement, décidé de nommer Président M. Aboubecrine Touré, 5 rue Paul Vaillant Couturier
93130 Noisy-le-Sec. Mention au RCS de
Bobigny
95 • VAL-D'OISE
157634A – LES ECHOS
157506A – LES ECHOS
Jean Mermoz, SCI au capital de
152449.017 €. Siège social : 85, av henri
barbusse 93700 Drancy. 401561873
RCS Bobigny. Le 31/12/17, les associés
ont approuvé les comptes de liquidation,
déchargé le liquidateur de son mandat et
constaté la clôture des opérations de liquidation. Radiation au RCS de Bobigny.
Par acte SSP du 23/03/2018, il a été
constitué une SAS dénommée ATOZ
RENOVATION. Capital : 1000 €. Siège :
44 rue du Gibet 95100 ARGENTEUIL.
Objet : travaux de rénovation. Président :
M. Sadequr RAHMAN KHAN, 44 rue du
Gibet 95100 ARGENTEUIL. Durée :
99 ans. RCS PONTOISE
SOCIETES
Par décision de l’AGE du 01/04/2018, il
a été décidé de :
- nommer Gérant M. OUACHEKRADI
Naim 13 rue guynemer 95360 MONTMAGNY en remplacement de M. OUACHEKRADI MARWANE démissionnaire.
Mention au RCS de PONTOISE
157699A – LES ECHOS
Cette annonce paraît dans les départements 95 et 78
MAYA IMMO. SCI au capital de 1.000 €.
Siège social : 34 rue des Sureaux 78500 SARTROUVILLE. 504 314 584
R.C.S. VERSAILLES. Le 17/04/2018,
l’AGE a décidé de transférer le siège social au 51 Rue des Glaises, 95370 Montigny-lès-Cormeilles. Co-gérant : Nicolas
ZOZAYA demeurant à Montigny-LèsCormeilles (95370) 51, rue des Glaises.
Co-gérant : David MARIE, demeurant à
Herblay (95220) 89, rue Emile Zola. Durée : 99 ans. Objet social : Gestion immobilière. En conséquence elle sera immatriculée au RCS de Pontoise et elle sera
radiée au RCS de Versailles.
157658A – LES ECHOS
157830A – LES ECHOS
Par ASSP du 24/04/18, il a été constitué
une SAS dénommée Poppascal.Siège
social : 16 rue vincent van gogh 78114
Magny les hameaux. Capital : 1000 €. Objet : Service à la personne
à domicile. Président : M. Pascal
POPO, 16 rue vincent van gogh 78114
Magny les hameaux. Durée : 99 ans. Immatriculation au RCS de Versailles.
157783A – LES ECHOS
Par acte SSP du 07/04/208 constitution
de la SARL Air Business Consultants
Holding. Capital : 1000 euros. Siège social : Le Dôme, 1 rue de la haye, BP
12910, 95731 Roissy CDG. Objet :
Conseil, audit, formation, recrutement.
Gérance : Monsieur Francine Barban,
344 route de vaux, 60100 creil. Durée :
99 ans à compter de l’immatriculation au
RCS de Bobigny
JS EVENTS, SAS au capital de
100 €. Siège social : 20 grande rue
95690 Hedouville. 822893822 RCS
PONTOISE. Le 28/02/18, les associés
ont approuvé les comptes de liquidation,
déchargé le liquidateur de son mandat et
constaté la clôture des opérations de liquidation. Radiation au RCS de PONTOISE.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 33
Les Echos Jeudi 24 mai 2018
séAncE du 23 - 05 - 2018
CaC 40 : 5565,85 (-1,32 %) neXt 20 : 12104,83 (-0,45 %)
CaC larGe 60 : 6164,98 (-1,23 %)
CaC all-tradaBle : 4370,18 (-1,22 %)
Date De ProroGation : 28 mai
euronext
srD suite
CAC 40
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Devise / Date Détach. / Div
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a
fr0000120404
air liQuiDe (ai) R
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a
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16/04/18 1,28
arcelormittal (mt)
a
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atos se (ato) R
fr0000051732
aXa (cs) R
A : indicateur acompte, solde ou total du dividende. BPA : bénfice par action. PER : price earning ratio. les plus hauts et plus bas ajustés sont sur l’année
civile. les valeurs classées par ordre alphabétique sont regroupées en trois classes de capitalisation signalées par les lettres a pour les capitalisations
supérieures à 1 milliard d’euros, B pour les capitalisations comprises entre 1 milliard d’euros et 150 millions d’euros et c pour les capitalisations inférieures
à 150 millions d’euros. L : valeurs de l’indice cacnext20. R : valeurs de l’indice caclarge60. ! : valeurs de l’indice cacmid60. g : valeurs de l’indice
cacsmall. les bénéfices par action : source facset Jcf estimates. mise en ligne intégrale des informations réglementées sur www.lesechos-comfi.fr
17/05/18 0,09
a
26/05/17 1,6
a
fr0000120628
03/05/18 1,26
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nb titres
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206,8
206,8
204,1
116,8
117,7
116,15
% Veil
% mois
% 52 s.
- 0,08
+ 4,39
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% an
bpa
+ haut an per
+ bas an rDt
+ 11,67
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4,07
+ 15,68
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4
51,1
43,3
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1,79
+ 11,81
206,8
170,3
1,72
- 2,3
130,85
113,95
3,04
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Devise / Date Détach. / Div
oranGe (ora) R
a
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ost
isin / Date Détach. coupon / Div
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1,8
1,08
1,01
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3,92
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a
/220518
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+ 4,42
7,68
- 54,38
2,56
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Devise / Date Détach. / Div
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Valeurs françaIses
ouv
vol.
nb titres
1,584
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c
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clot
+ haut
+ bas
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1,584
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53
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605
595,2
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4,835
4,7
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bpa
% mois + haut an per
% 52 s. + bas an rDt
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1,14
- 1,2 + 7,29
+ 4,47 60,15
+ 46,52 47,76
2,47
- 0,98 + 0,19
- 2,42 19,68
+ 9,86 15,64
1,36
+ 35,57
+16,89 608
+ 38,27 417,9
0,25
- 1,67 - 3,67
- 2,68
5,43
- 24,6
4,3
2,54
+ 13,13
- 6,7
0,204
+ 20,67
0,172
- 0,13 - 2,48
+ 1,27 88,65
+ 12,68 76,25
+ 0,65 + 14,5
+ 3,34 155
+ 15
120
+ 2,72 - 27,21
-14,34 214,4
- 36,1
129,85
0,3
- 0,53 - 4,83
- 7,89 87,8
- 4,26 71
2,78
- 0,03 - 23
- 2,64 94,34
- 21,23 62,52
2,19
- 1,5 + 31,05
- 2,2
6,995
- 48,34
4,714
+ 0,67 - 22,79
-11,67
3,12
- 19,79
2,215
+ 0,13 + 14,47
+ 4,22 40,55
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1,69
+ 0,23 + 34,43
+ 4,65 137,35
+ 21,46 99
0,64
- 1,5 - 5,6
-8
34,5
- 15,87 28,7
2,93
- 2,73 + 3,64
-11,35 32,9
+ 10
26,7
1,75
- 1,1 - 19,83
- 7,23 36,9
- 9,4
26,7
2,08
- 0,05 + 7,75
- 3,83 45,3
+ 8,24 38,9
4,33
+ 0,41 - 6,89
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+ 5,76 30,38
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2,07
- 0,74 - 14,93
- 2,02 27,17
- 18,86 21,99
5,72
- 3,21 - 10,16
- 1,91
6
+ 34,29
4,35
- 4,45 + 15,98
- 2,85 66,3
+ 41,98 50,1
1,9
- 1,71 - 12,22
- 7,68 60
- 10,4
50,5
0,46
- 0,22 - 10,54
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1,69
+ 0,14 - 10,2
+ 5,22 39,45
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4,25
+ 0,46 - 18,33
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1,47
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+103,58
6,8
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- 1,46 - 7,28
+ 5,11
38,58
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0,89
- 1
- 17,07
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2,01
+ 0,13 + 22,62
+ 8,56 37,95
+ 37,45 29,5
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- 0,43 - 44,59
-12,66 13
- 55,61
6,82
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5,41
+ 11,11
2,68
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+ 44,34 35,3
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- 10,75
+ 1,5
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99,05
1,34
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-7
15,58
- 18,02 12,455
3,09
+ 46,33
+10,03 439
+ 69,41 330
460
136.345.527
a 80
79,9
61030
80,05
fr0000035081
02/05/18 4,3 74.111.186
79,65
iD loGistic (iDl) g
B 153,8
154,8
3202
154,8
fr0010929125
5.593.975
153
iliaD (ilD) LR
a 141,75
145,4
514682
148,1
fr0004035913
21/06/17 0,44 58.975.840
140
imerYs (nK) !
a 74,75
74,75
143412
75,45
fr0000120859
11/05/18 2,08 79.604.285
74,45
inGenico GrouP (inG) LR
a 69,04
68,54
388736
69,3
fr0000125346
23/05/18 1,6 62.363.114
68,28
innate PHarma (iph) g
B 6,305
6,225
102289
6,305
fr0010331421
57.600.100
6,18
insiDe secure (insD)
c 2,26
2,27
31919
2,33
fr0010291245
44.119.162
2,26
inter ParFums (itp) g
B 39,5
39,55
83988
39,7
fr0004024222
09/05/18 0,67 39.059.662
39,35
iPsen (ipn) !
a 133,55
133,85
62141
134,3
fr0010259150
09/06/17 0,85 83.782.308
132
iPsos (ips) !
a 29,28
28,98
82149
29,34
fr0000073298
03/07/17 0,85 44.436.235
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JacQuet metal serVice (JcQ) g B 29,2
28,5
41547
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fr0000033904
05/07/17 0,5 24.028.438
28,25
JcDecauX (Dec) !
a 27,16
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270323
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fr0000077919
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KauFman & BroaD (Kof)
B 42,72
42,7
25004
43,18
fr0004007813
09/05/18 2,1 21.073.535
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KlePierre (li) LR
a 33,96
34,14
631080
34,23
fr0000121964
26/04/18 1,96 314.356.063
33,92
Korian (Kori)
a 28,9
29
90390
29,14
fr0010386334
28/06/17 0,6 80.983.563
28,56
laGarDère (mmb) !
a 22,91
22,74
760592
23,01
fr0000130213
07/05/18 1,3 131.133.286
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latecoere (lat) g
c 5,32
5,13
139351
5,32
fr0000032278
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5,1
le Bélier (beli) g
c 60,3
58
1790
60,4
fr0000072399
06/06/17 1,1 6.582.120
57,9
lna santé (lna) g
B 52,5
51,7
3753
52,5
fr0004170017
06/07/17 0,24 9.705.937
51,3
lectra (lss)
B 22,35
22,5
13675
22,55
fr0000065484
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lineData sVices (lin) g
B 35,25
35,3
1759
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fr0004156297
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lisi (fii) g
a 32,6
32,75
18792
32,8
fr0000050353
02/05/18 0,48 54.114.317
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lumiBirD (lbirD) g
c 11,58
11,38
14337
11,58
fr0000038242
15.771.457
11,22
m6-métroPole tV (mmt) !
a 19,27
19,08
111409
19,29
16/05/18 0,95 126.414.248
18,93
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maisons Du monDe (mDm)
B 35,44
35
68731
35,66
fr0013153541
10/07/17 0,31 45.241.894
34,9
maisons France conF. (mfc) g B 50,2
49,7
4485
50,3
fr0004159473
06/06/17 1 6.937.593
49,25
manitou (mtu) g
B 37,35
37,4
16361
37,45
fr0000038606
09/06/17 0,43 39.617.974
37,1
marie BrizarD w & s (mbWs)
B7
6,97
35705
7,06
fr0000060873
27/09/07 0,5 28.336.515
6,93
mauna Kea (mKea)
c 2,825
2,8
40944
2,83
fr0010609263
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2,78
mercialYs (merY) !
a 15,79
15,7
97999
15,8
fr0010241638
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mersen (mrn) g
B 37,45
36,95
44310
37,5
fr0000039620
04/07/17 0,5 20.635.491
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metaBolic eXPlorer (meteX) g c 2,05
2,035
12630
2,05
fr0004177046
23.261.500
2,02
mGi coutier (mGic) g
B 30,15
28,8
42773
30,15
fr0000053027
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nanoBiotiX (nano) g
B 13,16
13,05
22754
13,16
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natiXis (Kn) LR
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7,044
5048902
7,17
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B 134
134
1898
134,2
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134
netGem (ntG) g
c 2,56
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2,57
fr0004154060
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2,51
neXans (neX) !
a 39,41
39,57
259660
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fr0000044448
22/05/18 0,7 43.494.691
38,67
neXitY (nXi) !
a 51,65
50,6
149985
51,65
fr0010112524
06/06/17 2,4 56.129.724
50,55
nicoX (coX)
B 8,93
8,83
29625
8,93
fr0013018124
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8,79
nrJ GrouP (nrG) g
B 8,48
8,2
11929
8,48
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8,1
oeneo (sbt) g
B 10,04
10,04
13302
10,04
fr0000052680
31/07/17 0,14 63.180.843
9,98
onXeo (onXeo) g
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1,275
53755
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fr0010095596
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orPéa (orp) !
a 108,05
108,2
70261
108,3
fr0000184798
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Parrot (parro) g
B 4,9
4,93
68147
4,935
fr0004038263
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4,73
PHarmaGest int. (pha)
61,8
60,1
2730
61,8
fr0012882389
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Pierre & Vacances (vac) g
B 39,5
39
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c 2,06
2,025
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2,06
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Plastic omnium (pom) !
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B 20,1
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c 50,6
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rallYe (ral)
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recYleX sa (rX)
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rémY cointreau (rco) !
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123,6
reXel (rXl) !
a 13,195
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B
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a
La cote a changé.
Vous pouvez retrouver
les Bourses internationales
sur http://investir.lesechos.fr
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34 // FINANCE & MARCHES
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23-05-2018
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eur
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a
LA BOURSE
3
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23-05-2018
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23-05-2018
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-0,313
-0,325
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,33
-0,33
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,328
-0,328
-0,329
-0,328
-0,329
tme
0,56
0,50
0,55
0,45
0,23
0,21
0,25
0,36
0,70
0,80
0,91
1,11
1,10
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0,87
0,71
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0,77
0,77
0,65
0,62
0,82
0,97
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0,80
source cdc ixis
tmor.
pub. priv.
moy.
eonia
euribor
tec
hebdo
1 mois 3 mois 10
the
0,76
0,70
0,75
0,65
0,43
0,41
0,45
0,56
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
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1,02
0
0
0
16-04
17-04
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0,85
0,85
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0,84
0,84
0,84
0,84
0,84
0,84
0,84
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1,00
-0,364
-0,364
-0,367
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-0,368
-0,368
-0,368
-0,368
-0,367
-0,366
-0,367
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-0,355
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-0,36
-0,363
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-0,361
-0,36
-0,361
-0,369
-0,371
-0,371
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-0,371
-0,371
-0,371
-0,372
-0,372
-0,372
-0,372
-0,371
-0,372
-0,372
-0,371
-0,371
-0,372
-0,372
-0,372
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-0,371
-0,371
-0,371
-0,371
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-0,371
-0,371
-0,371
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-0,371
-0,329
-0,329
-0,328
-0,328
-0,328
-0,328
-0,328
-0,328
-0,328
-0,328
-0,329
-0,329
-0,329
-0,328
-0,328
-0,328
-0,328
-0,327
-0,326
-0,327
-0,326
-0,326
-0,326
-0,326
-0,326
-0,325
-0,324
0,75
0,73
0,69
0,77
0,79
0,83
0,82
0,85
0,83
0,78
0,78
0,79
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0,76
0,76
0,77
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0,79
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thor.
pub.
priv.
0,96
0,96
0,96
0,96
1,02
1,02
1,02
1,02
1,02
1,08
1,08
1,08
1,08
1,05
1,05
1,05
1,05
1,05
1,04
1,04
1,04
1,04
1,04
1,04
1,04
1,04
1,11
0,96
0,96
0,96
0,96
1,02
1,02
1,02
1,02
1,02
1,08
1,08
1,08
1,08
1,05
1,05
1,05
1,05
1,05
1,04
1,04
1,04
1,04
1,04
1,04
1,04
1,04
1,11
MaTièrEs prEMièrEs
34,97
3,98
18,25 + 0,28
29,4
2288
95
35,6
+ 1,48
- 0,49
- 0,89
- 0,44
- 0,62
- 0,25
- 4,72
1
433
55
4178
121794
437
230
131
162
34,45 - 2,63
22,5 - 1,32
3,33 - 1,48
5749
680
314717
24
137
101
3,33
1,36
64,4
8,06
50,5
25,6
1,67
0,91
56,7 + 1,07
4,96 - 8,15
0,286
42
+ 0,96
8,84
15,75 + 2,27
8,52 + 0,24
49,6 - 1,98
148,5 + 0,34
47,9 - 0,62
6254
85449
1
354
1369
14251
1228
3101
49
51
1,04
70
- 5,41
58
- 0,17
6,28 - 3,09
418
+ 0,48
208
5853
6445
2,3
7,64
11
4,2
7,12
9,52
7,4
+ 1,87
- 1,79
- 0,47
- 0,84
- 7,12
- 2,12
3157
2125
2351
140
8622
9131
57
32
- 1,54
24,6 + 2,5
32
94,6 - 1,05
1807
160
152
247
2,04
- 1,07
897
53,4 - 0,19
1,28 - 1,54
1207
20069
185
MéTaux préciEux
MéTaux non FErrEux
MéTaux sTraTégiQuEs
paris
OR (euros cPror/*cours hebdo)
23/05
22/05
COURS PriMe Prec.
lingot
35000
0
34900
10 florins
214,7
1,39
208
5 dollars*
299
13,6
296
10 dollars
588
11,7
588
20 dollars
1210
14,89
1190
5 roubles*
0
-100
0
50 pesos
1320
0,57
1321
latine
208
2,36
205
napoleon
207
1,87
206
1/2 napoleon*
113,7
11,9
108,1
souverain eli i* 278
8,51
275
souverain
260
1,48
260,9
1/2 souverain* 135
5,39
135
suisse
205,1
0,93
205,1
tunisienne*
208
2,36
208
mark*
261
4,15
261
krugerrand
1175
7,94
1165
lingotin 500grs 18250
4,29
18250
lingotin 250grs 9140
4,46
9100
lingotin 100grs 3580
2,29
3640
argent c3e (euro Par kilo) (csFaNMP)
544,38
541,67
cuivre (girm):
LondrEs
(eN dollars)
palladium (euro Par kilo) (csFaNMP)
Fix1
26 829
27 169
Fix2
26 721
27 320
platine (euro Par kilo) (csFaNMP)
Fix1
24 799
24 583
Fix2
24 824
24 727
London BuLLion MarKET
23/05
22/05
argent (eN ceNts Par oz)
Fixage
1 629
1 651
or (eN dollars Par oz)
Fix
1 293
palladium (eN dollars Par oNce troy)
998
972
platine (eN dollars Par oNce troy)
903
880
settleMeNt
22,2
88,2 - 0,45
266
5,47 - 9,74 1070462
5,26 - 0,76
17649
2,04 + 0,99
10
0,419
21805
13,95 - 1,41
421
1,955- 0,26
4345
1,45 - 1,36
87578
settleMeNt
23/05
Mai 18
16,57
Juil. 18
16,41
sePt. 18
16,5
déc. 18
16,63
JaNv. 19
16,67
or (eN dollars Par oNce)
settleMeNt
22/05
16,6
16,56
16,64
16,79
16,72
settleMeNt
23/05
895,3
900,8
906
910,6
910,7
22/05
1289,6
1295,9
1308,5
1324,4
1349
settleMeNt
22/05
922,4
907,4
912,1
918,5
925
682,09 dePuis le 23/05
base cuivre
base laMiNé laitoN 1 titre 576,95 dePuis le 23/05
base laMiNé laitoN 70/30
586,51 dePuis le 23/05
base laMiNé laitoN 85/15
634,29 dePuis le 23/05
base laMiNé broNze 94/6
772,36 dePuis le 23/05
base laMiNé broNze 94/4
742,26 dePuis le 23/05
London METaL ExchangE
23/05
22/05
alliage d`alumin. (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
1885-1895
1890-1900
12220
1835-1845
1840-1850
12220
aluminium (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
2265-2265
2273-2274
1232775
2278-2278,5
2279,5-2280
1234575
cuivre (en $ par tonne)
cash
3 Mois
stocks
6930,5-6931,5
6960-6961
300175
cash
3 Mois
vol.
20675-20725
20675-20725
2510
antimoine 99,65% (par tonne)
8200
8200
bismuth 99,99% (par lb)
5,2
5,2
cadmium 99,95% (par lb)
1,48
1,48
cobalt (cathodes) 99,80% (par lb)
44,25
44,25
eponge de titane 99,60% (par kg)
7,65
7,65
ferro manganese (hc) (par tonne)
1075
1075
ferro molybdene (par kg)
30
30
germanium (par kg)
1750
1750
selenium 99,50% (par lb)
24,25
24,25
silicium (par tonne)
2275
2275
6860-6861
6895-6896
302900
20600-20650
20525-20530
2440
ice
(eN gbP Par MWh)
clôture
23/05
base
40,69
PoiNte
46,28
ice futures
(eN gbP Par MWh)
nickel (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
14690-14700
14760-14770
300126
14610-14615
14650-14665
303576
plomb (en $ par tonne)
2447,5-2448
2457-2458
133275
2359,5-2360
2365-2367
133275
Zinc (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
3038-3038,5
3051-3053
230775
3097,5-3098
3101-3103
231100
nEW YorK
cuivre (en cents par lb)
settleMeNt settleMeNt
Mai 18
JuiN 18
Juil. 18
aout 18
23/05
3,06
3,06
3,07
3,09
22/05
3,11
3,11
3,12
3,14
vol
310
674
108898
195
KuaLa LuMpur
etain (en dollars par tonne)
settleMeNt settleMeNt
Jou r
23/05
20550
22/05
20700
22/05
éLEcTriciTé
etain (en $ par tonne)
settleMeNt
23/05
Mai 18
1289,9
aout 18
1296,4
déc. 18
1310,5
avr. 19
1324,8
déc. 19
1348,5
platine (eN dollars Par oNce)
Mai 18
Juil. 18
oct. 18
JaNv. 19
avr. 19
autres demi produits cuivreux :
cash
3 Mois
vol.
nEW YorK
argent (eN ceNts Par oNce)
2,14
535
1 288
cathodes : 5991 a coMPter du 23/05/
23/05
vol
base Jul 18
base dec 18
PoiNte JuN 18
PoiNte Jul 18
clôture
22/05
40,69
46,28
clôture
clôture
23/05
56,68
63,86
60,35
60,93
22/05
56,68
63,86
60,35
60,93
vol
364004
192492
vol
produiTs péTroLiErs
sucrE
rotterdam
(barges - Fob) (eN $ Par toNNe)
gas oil 0.1% sul.
667,5
london daily price:
469,5
441,5
469,5
441,5
singapour
gasoliNe 97
gas oil
Fuel oil (180)
Fuel oil (380)
93,15
90,65
490,5
458,5
92,45
90,25
493,5
461,5
éMission co2
nymex emissions (eN euros Par toNNe)
clôture
Juil. 18
aout 18
sePt. 18
déc. 19
Mars 10
clôture
clôture
23/05
71,9
71,68
71,28
64,28
63,05
22/05
72,2
72,03
71,58
64,25
63,05
clôture
23/05
2,93
2,96
2,98
22/05
2,9
2,93
2,95
vol
clôture
vol
9819
180
31
4
23/05
12,37
12,72
13,56
13,61
13,63
22/05
12,15
12,5
13,34
13,4
13,44
Juil. 18
oct. 18
Mars 19
Mai 19
Juil. 19
23/05
JuiN 2018 23,45
Juil 2018 23,6
août 2018 23,7
clôture
23/05
22/05
Juil. 18
1883
1860
déc. 18
1920
1891
Mars 19 1908
1880
Mai 19
1904
1877
Juil. 19
1902
1895
new york (eN $ Par toNNe)
5357
2802
1508
315
84
22/05
87,29
83,82
83,39
23/05
2665
2682
2664
2653
2653
22/05
2652
2673
2663
2655
2655
vol
12104
4590
483
39
39
clôture
vol
23/05
22/05
Mai 18
1740
1729
12
Juil. 18
1763
1786
4614
Nov. 18
1756
1778
668
JaNv. 19 1758
1784
289
Mars 19 1768
1790
72
new york-arabica (en cents par lb)
settleMeNt settleMeNt
vol
13173
8179
2238
sePt. 18
déc. 18
Mars 19
Mars 19
23/05
121,3
124,85
128,3
134,5
22/05
123
126,6
130,05
136,15
vol
4339
2110
1728
157
chicago (eN $ Par 1000 bdFt)
settleMeNt settleMeNt
23/05
594
579,6
544,1
22/05
594
579,6
544,1
settleMeNt settleMeNt
vol
80724
19041
51423
settleMeNt settleMeNt
vol
23/05
22/05
Juil. 18
12,21
12,36
sePt. 18
11,84
11,93
Nov. 18
12
11,97
avoine à chicago
(eN ceNts Par boisseau)
vol
new york (coNt. No2 - eN ceNts Par lb)
settleMeNt settleMeNt
Jou r
23/05
22/05
112,45
115,7
150
52
5
settleMeNt settleMeNt
vol
408
18
64
settleMeNt settleMeNt
23/05
153,25
155
155
vol
22/05
152
155,2
0
33
188
veau vivaNt - bresil - brl : 140.55
le 22/05//18
betail vivaNt - cMe - usd :
1.049
le 22/05//18
betail d'eNgrais - cMe - usd : 1.3395
le 22/05//18
Porc Maigre - cMe - usd :
0.73125
le 22/05//18
Porc FraNce e - eur :
1.5
indicEs
rJ crb
jus d’orangE
Bois
781
387
206
BETaiLs
londres-robusta (en $ par tonne)
clôture
vol
23/05
22/05
Juil. 18
407,25
404,5
sePt. 18
416
413,25
déc. 18
425,5
423,25
riZ à chicago (eN ceNts Par lb)
vol
22/05
22,73
22,3
22,41
settleMeNt settleMeNt
sePt. 18
déc. 18
Mai 19
sePt. 19
sePt. 19
19
8
settleMeNt settleMeNt
Juil. 18
Nov. 18
JaNv. 19
new york (cont. n°2 - cents par lb)
Juil. 18
sePt. 18
Nov. 18
vol
vol
23/05
22/05
JuiN 18
168,75
168,5
aout 18 171,25
171,25
Nov. 18
172,5
172,75
mais à chicago (eN ceNts Par
boisseau)
caFé
coTon
23/05
87,05
83,95
83,5
clôture
settleMeNt settleMeNt
Prix indicatif de l'organisation internationale du
café (cents us/livre) :
Prix composé : 114.22
Moyenne quinze derniers jours : 205.461
iNdice cotlook a : 95,9, le 23/05//18
Juil. 18
Déc. 18
Mars 19
68916
36805
13913
2627
1138
vol
23/05
22/05
sePt. 18
536,63
538,5
déc. 18
561,13
559,75
Mars 19 579,13
578
mais à paris (eN euros Par toNNe)
vol
22/05
22,21
settleMeNt settleMeNt
vol
vol
settleMeNt settleMeNt
23/05
22/05
sePt. 18
179,25
178,75
15343
déc. 18
182,5
182,25
31437
Mars 19 184,75
184,25
1728
blé à chicago (eN ceNts Par boisseau)
23/05
22/05
Juil. 18
251,75
249,75
sePt. 18
254,75
252,5
déc. 18
261
261
blé fourrager à londres
(eN £ Par toNNe)
powernext gas futures
23/05
22/05
JuiN 18
697
702,5
93768
Juil. 18
693,5
699,5
99378
Nov. 18
688,5
694,75
3852
Fév. 19
682,75
688,75
1917
avr. 19
679
685
556
new york nymex wti (eN $ Par baril)
clôture
settleMeNt settleMeNt
clôture
clôture
vol
clôture
nymex ( eN $ Par Mbtu)
23/05
Nord da 23,12
23/05
22/05
Jour
79,45
79,57
Juil. 18
79,45
79,57
226168
aout 18 79,51
79,59
182079
londres-gaZole (eN $ Par toNNe)
clôture
vol
22/05
23,1
23,55
23,7
gaz naTurEL
JuiN 18
Juil. 18
aout 18
vol
8345
4559
1188
345
186
Prix indicatif de l'organisation internationale du
cacao (dollars/tonne) : le 21/05/
Prix indicatif : 2587,46
londres (eN £ Par toNNe)
settleMeNt settleMeNt
23/05
23,1
23,55
23,7
clôture
cacao
uranium nymex (en $ par lb)
aout 18
déc. 18
JaNv. 19
clôture
23/05
22/05
aout 18 349,8
342,5
oct. 18
346,2
338,5
déc. 18
349,7
342,5
Mars 19 353,6
346,5
Mai 19
355,1
349,3
new york (eN ceNts Par lb)
vol
uraniuM
londres-brent (eN $ Par baril)
clôture
clôture
22/05
15,88
powernext gas spot
produiTs péTroLiErs
clôture
clôture
23/05
15,88
blé de meunerie n°2 à paris
(eN euros Par toNNe)
londres (eN dollars Par toNNe)
675
fuel
Fuel oil (hs 180)
Fuel oil (hs 380)
sPot
céréaLEs
12,5 cts/lb
vol
23/05
22/05
211,1
210,87
reuters coM. 2317,27
2303,17
Moodys coM. 6230,44
6156,44
or iNdustriel 35726
112.45
lMex
3362,4
35481
3343
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHÉS // 35
Les Echos Jeudi 24 mai 2018
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code isin
désignation
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val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
code isin
désignation
des valeurs
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
code isin
désignation
des valeurs
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
342,38 23/05
LU0130729220 Pictet-emerging mkts
608,84 23/05
LU0128490280 Pictet-eur Bonds
544,71 23/05
LU0144509717 Pictet-euroPean sust. eq.
259,2 23/05
LU0128467544 Pictet-gloBal emerg.deBt
362,76 23/05
LU0935268721 ram (l) sf em mkt core eq
LU0168449691 Pictet-greater china
621,89 23/05
LU0188501257 Pictet-health
256,96 23/05
525,58 23/05
synchrony (lu)
108,24 22/05
LU1626130063 sWiss small & mid caPs (chf)
115,09 22/05
LU0704154292 ram (l) sf em mkt eq
192,17 22/05
LU1626129727 sWiss all caPs (chf)
104,89 22/05
LU0375629556 ram (l) sf euroPean eq
477,27 22/05
LU1626130816 silk road Zone stocks (usd)
106,43 22/05
LU1048876350 ram (l) sf gB shldr yld eq
134,46 22/05
LU0851564897 euroPean equity (eur)
173,72 22/05
LU0176900511 Pictet-JaPanese eq. sel.
16153,14 23/05
LU0705072691 ram (l) sf l/s em mkt eq
122,86 18/05
LU1626130220 high div. euroPe stocks (eur)
102,36 22/05
LU0217139020 Pictet-Premium Brands
163,12 23/05
LU0705071701 ram (l) sf l/s euroPean eq
155,44 18/05
LU0851564541 World equity (eur)
156,71 22/05
140,77 23/05
LU0375630729 ram (l) sf north am eq
307,17 22/05
59,21 23/05
LU1074511459 ram (l) tf conv euroPe
150,64 22/05
238,82 23/05
LU0419186167 ram (l) tf gB Bd tot ret
142,92 22/05
LU0935723782 ram (l) tf ii asia Bd tot ret
139,54 22/05
LU0155303323 Pictet-asian eq. JaPan
283,35 23/05
LU1279334210 Pictet-roBotics
LU0090689299 Pictet-Biotech
702,89 23/05
LU0338483075 Pictet-russian equities
LU0280430660 Pictet-clean energy
95,2 23/05
LU0256846139 Pictet-security
LU0340554913 Pictet-digital
301,91 23/05
LU0130732364 Pictet-small caP eur.
LU0255798109 Pictet-emerg lc deBt
163,47 23/05
LU0104884860 Pictet-Water
1280,33 23/05
dernier
dividende net
en euros**
mont.
date
Banque Cantonale
de Genève (France) SA
Tél. 04 72 07 31 50
bcgef.fr/fonds
LU0130728842 Pictet-emerging euroPe
LU0070964530 Pictet-indian eq.
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
classification
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
classification
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
classification
désignation
des valeurs
code isin
classification
sicav//fcp
297,92 23/05
Valeur unitaire hors frais : valeur de la part ou de l’action hors droits d’entrée ou de sortie éventuels. Les SICAV éligibles au PEA sont signalées par un astérisque *. Le pictogramme P indique la cotation d’un FCP.
Classification des OPCVM : actions françaises (AF), actions de la zone EURO (AE), actions internationales (AI), monétaires EURO (ME), monétaires à vocation internationale (MI), obligations et autres titres de créances libellés en EURO (OE), obligations et autres titres de créances internationaux (OI), sicav luxembourgeoises (LX), diversifiés (DI), garantis ou assortis d’une protection (GP). ** : en euros ou dans la devise indiquée dans la colonne «DéSIGnAtIOn DES VALEURS».
carnet
fr
PORTRAIT
par Hélène David
— Correspondante à Strasbourg
Klara Beck
Jean
HansMaennel,
bâtisseur d’art
Un squelette de mammouth flottant devant la
cathédrale, une accumulation de chariots place
Broglie, un gigantesque coquillage doré, signé
Marc Quinn, place Gutenberg… et beaucoup
d’autres œuvres, disséminées sur les places
strasbourgeoises : c’est le spectacle à ciel ouvert
qu’a offert pendant onze jours la capitale alsacienne, L’Industrie Magnifique. Inédite, cette
opération de mécénat, qui a fédéré 25 entreprises
alsaciennes et autant d’artistes venus des quatre
coins du monde aux côtés d’acteurs privés et
institutionnels, a accueilli 330.000 visiteurs.
A l’origine de ce projet un peu fou qui a conquis Strasbourgeois et touristes de passage :
Jean HansMaennel. Qui d’autre que ce personnage qui s’affranchit depuis toujours des étiquettes pour mener à bien ce mouvement à la fois
exigeant et populaire, à la croisée entre art et
industrie ? « Quand je l’ai rencontré, il faisait trois
DEA et devenait moniteur de ski. Ça partait déjà
dans tous les sens », retrace l’artiste Sophie
Hoang Trong, sa coéquipière de toujours et son
épouse depuis trente ans. Depuis, l’homme originaire d’Alsace, qui vit entre Strasbourg, Paris et
Lyon, a continué à mener de front ce qu’il
nomme ses « voies parallèles ».
Moniteur de ski, donc, diplômé en histoire et
en philosophie, aujourd’hui écrivain, musicien,
ENTREPRISES
PERCEVA
Jean-Jacques Sebbag
devient président du groupe
VFB Lingerie (Vanity Fair, LOU,
Bestform, Variance).
Jean-Jacques Sebbag, 49 ans,
diplômé de l’ISG cycle international,
a d’abord été auditeur chez Arthur
Andersen, puis responsable commercial au sein de l’agence Mediagerance. En 1997, il a rejoint le groupe
entrepreneur, manager, mais aussi époux et père
de trois enfants : à 55 ans, Jean HansMaennel
cumule les casquettes avec un naturel déconcertant. « Il a une capacité à s’approprier tous les
domaines et à être bon partout, admire l’un de ses
proches. Il ne se contente pas de dire qu’il fait,
quand il lance un projet, il le mène à bout. »
A 25 ans, ce leader d’un groupe de rock fait ses
débuts professionnels en tant que concepteurrédacteur dans une agence de publicité. Mais la
communication stratégique s’impose rapidement à celui qui reste convaincu que « les choses
existent quand on les nomme », et n’aime rien tant
que « faire émerger le récit et le partager le plus largement possible ».
La danse dans les usines
Après un passage chez Havas pendant quatre
ans, il hésite entre l’industrie et la direction
d’un établissement culturel. Il opte pour « un
saut dans le vide » et devient directeur de la
communication interne, puis directeur de la
communication du groupe SEB, où il passe
quatorze ans. « J’ai grandi en même temps que la
boîte », retrace-t-il.
A l’époque, comme un prélude à l’Industrie
Magnifique, il fait intervenir une compagnie de
danse dans des usines du groupe, initiant en
Richemont en tant que directeur
commercial de la société Montblanc
France. Il est devenu directeur international de la marque Lancel en
2003 et directeur général Europe de
l’Ouest pour la maison Alfred Dunhill en 2007, après avoir dirigé un an
l’activité marché émergent de Samsonite. En 2011, il est entré chez Swarovski en qualité de directeur général de Swarovski France, division
produits finis, avant d’être promu
senior vice-president en charge de
l’Amérique du Nord en 2015.
entreprise le dialogue interdisciplinaire qui
l’anime personnellement au quotidien. Une
œuvre qu’il poursuit dès 2006 chez Kronenbourg, « une marque de chez lui ». « J’avais des
responsabilités très larges : la com, le développement durable, le mécénat, se souvient-il. Cela me
permettait de combiner les choses, ce que j’aime
bien faire. » Administrateur d’une douzaine
d’associations et de fondations professionnelles,
culturelles ou sociales, jonglant entre un emploi
en Alsace, des impératifs à Paris et une famille
restée à Lyon, il décide en 2016 de « passer du
plein au vide. J’avais des engagements partout,
quelque part on ne s’appartient plus », dit-il.
Dès lors, le quinquagénaire, qui a alors déjà
deux livres publiés au Cherche Midi à son actif,
sera guidé par ses « trois E », pour « écrire, entreprendre et être utile ». Mais sa boulimie d’aventures humaines, artistiques et professionnelles
ne tardera pas à se rappeler à lui. A la demande
de Julie Brochen, l’ancienne directrice du TNS,
il prend la présidence de la compagnie de théâtre Les Compagnons de Jeu, à Paris.
Il lance Protagoras, son entreprise d’accompagnement stratégique qui l’amènera à prendre
en janvier la direction générale du groupe alsacien de construction, de promotion et d’aménagement immobilier Vivialys, un ancien client.
Il écrit, toujours, quand et où il peut, notamment pendant ses nombreux trajets en train,
son « moment à lui ». Et se lance éperdument
dans l’Industrie Magnifique, prenant la présidence de l’association Industrie et Territoire, et
ne cessant, bénévolement, pendant deux ans,
de convaincre et entraîner dans la danse un
maximum d’acteurs.
Pendant dix jours, c’est un rêve à la « paternité
collective » qu’il a vu se réaliser à Strasbourg. « Ça
aurait été impossible sans les artistes, les partenaires, les collectivités, ceux qui ont voulu y croire dès
le début. » L’homme, qui a érigé il y a longtemps
la fraternité en principe absolu, laisse d’ailleurs
au collectif le soin de décider de la suite que va
prendre cet objet culturel non identifié. Mais
« c’est à peu près sûr que nous allons réitérer
l’expérience. A Strasbourg, voire ailleurs. » n
CHRISTIAN DIOR COUTURE
Charles Delapalme
sera directeur général, chargé
des activités commerciales
à compter du 15 juin.
Charles Delapalme, 44 ans, ancien
élève de l’Ecole des mines de Paris,
est également diplômé de l’IEP de
Paris et de l’Insead. Ayant débuté
chez McKinsey & Company en 1998,
il a rejoint, en 2005, la maison Louis
Vuitton pour optimiser les opérations retail. Il a ensuite été nommé
general manager Canada, puis
senior vice president western pour la
région Amérique du Nord. Devenu
directeur du développement retail et
des opérations chez Fendi en 2012, il
était directeur général retail & wholesale depuis deux ans.
DUVAL
Julien Auffret
est nommé responsable
de la communication du groupe.
Julien Auffret, 25 ans, diplômé
en histoire-géographie de l’université de Rennes-II, est professeur d’histoire-géographie de
formation. Dernièrement, il était
consultant chez Image 7.
marchés dès 1994, de gestionnaire
ALM à partir de 1997 et enfin de responsable du programme Bâle II au
sein de la direction crédit à compter
de 2001. Entre 2012 et 2017, elle était
directrice des risques retail.
SPIE BATIGNOLLES
Lou Martinez Sancho
UPS
entre au comité exécutif
du groupe en prenant la
direction de l’innovation.
Lou Rivieccio
prend les commandes
des opérations européennes.
Lou Martinez Sancho, 41 ans, diplômée de l’université Ramon Llull
(Barcelone), est titulaire de masters
en sciences physiologie, biomécanique et en ergonomie cognitive.
Au cours des sept dernières années,
elle a travaillé dans l’innovation de
l’industrie nucléaire.
Lou Rivieccio, 52 ans, diplômé en
business de St Thomas Aquinas
College, est entré voilà trente-quatre ans chez UPS. Il fut notamment
vice-président des opérations
pour UPS Canada, président du
district Northern Plains et président du district de l’Ohio Valley
aux Etats-Unis. Il était président de
la région UPS Est aux Etats-Unis.
ICADE
Carine Robert
rejoint Icade comme directrice
grands projets au sein de
synergies urbaines. Elle intègre
le comité de coordination.
Carine Robert, 45 ans, titulaire d’une
maîtrise de géographie et d’un DESS
urbanisme et aménagement, mais
aussi diplômée de l’Ecole d’architecture de Paris-Belleville, a suivi le
cycle des hautes études pour le développement économique. De 1998 à
2006, elle était directrice du développement et responsable de secteur (conduite d’opérations d’aménagement) chez Sadev94. En 2007,
elle a rejoint le pôle ensemblier
urbain – villes et projets de Nexity
comme directrice générale adjointe
chargée du développement des
grands projets urbains Grand Paris
et régions, ainsi que des missions
d’innovations pour les collectivités
locales, des actions territoriales du
groupe, et du Grand Paris. Depuis
2016, elle était directrice générale
d’Ogic grands projets et innovations.
DSOGROUP
Barbara Lucas
rejoint DSOgroup au poste
de directrice marché banque
et finance.
Barbara Lucas, 47 ans, titulaire du
MSG de l’université Paris-Dauphine, est ingénieure télécom. Elle
a réalisé l’essentiel de sa carrière au
sein de groupe CCF (aujourd’hui
HSBC France). Ainsi, elle a assumé
les fonctions de contrôleur salle des
ILS SONT NÉS
UN 24 MAI
Jean-Pierre Bacri,
acteur, 67 ans.
Erick Berville,
PDG de Finaxy Group, 55 ans.
Eric Cantona,
ex-footballeur, acteur, 52 ans.
Pierre Dutilleul, éditeur,
directeur général du Syndicat
national de l’édition, 67 ans.
Bob Dylan, chanteur, 77 ans.
Bénédicte Guettier,
auteure, illustratrice, 56 ans.
Xavier Hürstel,
chief transformation & people
management officer de Sopra
Steria, ancien PDG du PMU,
49 ans.
Michaël Lonsdale,
comédien, peintre, 87 ans.
Baudouin Prot,
ancien président du groupe
BNP Paribas, 67 ans.
Kristin Scott Thomas,
actrice, 58 ans.
Laurent Souloumiac, directeur
general de Glowbl, 57 ans.
Serge Trigano,
ex-PDG du Club Méditerranée,
cofondateur et président
de Mama Shelter, 72 ans.
Jean-François Vilotte,
ex-président de l’Arjel, 61 ans.
, Envoyez vos nominations à
carnetlesechos@nomination.fr
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
crible
Jeudi 24 mai 2018
` SUR LE WEB WWW.LESECHOS.FR
Les ménages britanniques ne sont pas les seuls
perdants du Brexit, les actionnaires aussi.
L’INVITÉ
DES « ÉCHOS »
« Les Echos »
+
Moneyxit
Antoine Jouteau Directeur
général de LeBonCoin
EMPLOI « LeBonCoin a grandi sur le marché de l’emploi
depuis trois ans. il est devenu le premier site d’emploi privé
avec plus de 2,5 millions de personnes qui consultent
uniquement la catégorie emploi. En général, on retrouve
60.000 offres d’emploi et, l’année dernière, 800.000 offres
d’emploi ont été pourvues grâce à LeBonCoin. Il nous
manquait une branche importante à notre offre : servir
mieux les cadres. Nous avons réfléchi à la manière
dont on pouvait mieux s’adresser à ce marché très
dynamique. Nous avons proposé un service complètement
différent pour les cadres, spécifique et adapté à leurs besoins. »
GAFA « Par rapport à Google et à Facebook nous allons nous
différencier par la puissance. Nous sommes aujourd’hui plus
puissants que ces acteurs-là dans le domaine de l’emploi en
France. Ils vont grandir mais, pour l’instant, ils n’ont pas
d’audience. Nous allons apporter une technologie différente.
Nous allons nous baser sur nos algorithmes de “matching”
pour proposer des offres personnalisées, ce que ces géants
ne feront pas. »
DÉVELOPPEMENT « Il y aura de nouvelles acquisitions,
probablement cette année. Nous étudions plusieurs
potentiels. A la rentrée, nous ferons également des annonces
concernant les évolutions et les marchés prioritaires.
Un service de paiement est en cours de test. C’est
un élément important de la sécurisation de la transaction
sur LeBonCoin. »
Interview réalisée par Fabienne Schmitt
L’intégralité de l’émission sur lesechos.fr/invitedesechos
Transat en solitaire
« Economie, économie, Horatio ! » On n’a pas été jusqu’à servir froides au repas
du mariage royal les viandes rôties de funérailles comme le faisait Hamlet,
mais la mélancolie des lendemains de fête n’épargne pas pour autant les sujets
de Sa Majesté. Le patron de leur banque centrale, le Canadien Mark Carney,
s’est chargé de l’apparition du spectre shakespearien du Brexit en rappelant
sa facture : 1 point de PIB envolé par rapport aux anticipations d’avant
le référendum de juin 2016, soit 40 milliards de livres (46 milliards d’euros),
et 900 livres de revenu disponible en moins par ménage. Ceux qui croyaient
la place financière londonienne « hors sol » ont également dû réviser leurs
certitudes. Outre les « délocalisations » d’emplois bancaires, sa Bourse a offert
depuis le « No » le plus faible des gains totaux (dividendes réinvestis) des cotes
occidentales. A 17,1 % une fois ajusté de la chute de 13 % de la livre, son indice
phare, le Footsie 100, a rapporté presque deux fois moins que le CAC 40
français et 40 % de moins que l’américain S & P 500. Le manque à gagner, par
rapport au rendement du STOXX 600 européen (+21,9 %), s’élève à plus
de 350 milliards d’euros, dont 12 % reviennent aux « petits porteurs » britanniques. Les valeurs minières et pétrolières ont bien joué leur rôle d’amortisseurs, mais les coups de Trafalgar chez quelques emblèmes de l’indice
(BT Group, GlaxoSmithKline, Kingfisher, Reckitt Benckiser, Vodafone, WPP)
ont noyé l’effet favorable du contexte international. God save the City !
Google 19
Heuritech 20
IBM 19
IG Markets 13
Jean Lutz 27
La Poste 19
Lenovo 19
LME 27
LVMH 19
L’Oréal 31
Microsoft 16, 19
Naval Group 26
Orange 11, 19, 31
Pernod Ricard 31
Platform.sh 20
PSA 22
Publicis 19
Wall Street faite une pause dans l’ascension
de Hewlett-Packard Enterprise.
« Le succès n’est pas final, l’échec n’est pas fatal, c’est le courage de continuer
qui compte. » Barclays et Standard Chartered peuvent citer une autre fierté
britannique, Churchill, pour éviter d’accuser le coup après avoir vu
la City hermétique à l’idée de les marier. L’action Barclays a bien débuté
dans le vert en apprenant du « Financial Times » que son board
planchait sur des fusions pour essayer de calmer l’investisseur activiste
Edward Bramson. Les prises de bénéfice l’ont quand même emporté
(–1,5 %) : les gérants des bords de la Tamise peinent à calculer les synergies
dans un secteur si réglementé. Ils ont vu la barrière élevée en droit par
les gendarmes de Sa Très Gracieuse Majesté autour des activités de banque
de détail – le « ring fencing » – et tous les pays abritent en fait des régulateurs sourcilleux. La cible de cœur du « chairman » John McFarlane –
Standard Chartered – en est même restée de marbre (+0,1 %). Quant aux
autres « touches » envisagées – Deutsche Bank, Credit Suisse ou le singapourien DBS –, elles représenteraient un casse-tête culturel d’intégration
bien plus ardu. Autant dire que le défi de la banque de financement et d’investissement de Barclays – le principal vu l’ampleur des capitaux immobilisés – continue d’être relevé en solitaire par son patron américain, Jes Staley,
désireux de capitaliser sur ses capacités transatlantiques. Et ce n’est
donc pas le M&A qui pourra amadouer son activiste maison, le fondateur
anglo-américain du fonds Sherborne, qui connaît toute la puissance
de la concurrence à Wall Street.
Salesforce 19
Sanofi 19
SAP 19
Schneider Electric 16
Securkeys 27
SNCF 22
TechnipFMC 31
Tencent 19
TF1 20
Thales 19
Total 31
Vallourec 31
Volkswagen 19
AVIS FINANCIER
Deutsche Concept 31
EN VUE
les echos est une publication du
principal associé ufipar (lVmH)
présiDent-Directeur général Pierre Louette
Directeur général Délégué Christophe Victor
Directeur Délégué Bernard Villeneuve
Directeur De la puBlication & présiDent De la sas les ecHos Pierre Louette
edité par les echos, sas au capital de 794.240 euros rcs 582 071 437
10, boulevard de Grenelle, CS10817, 75738 Paris Cedex 15 Tél. : 01 87 39 70 00.
www.lessechos.fr
éDitrice Bérénice Lajouanie
éDitrice Déléguée Capucine Marraud des Grottes
Directeur Des DéVeloppements éDitoriaux Du pôle les ecHos Henri Gibier
Directeur De la réDaction Nicolas Barré
eDitorialistes Cécile Cornudet,
Directeurs Délégués De la réDaction
Jacques Hubert-Rodier, Eric Le Boucher,
Dominique Seux et François Vidal
Jean-Francis Pécresse, Jean-Marc Vittori,
réDacteurs en cHef
Sabine Delanglade, Laurent Flallo,
David Barroux (entreprises)
Sylvie Ramadier (le crible)
Laura Berny (enquêtes)
LES ECHOS EXECUTIVES
Daniel Fortin (magazine, opinions, innovation)
Directeur Délégué De la réDaction
Arnaud Le Gal (les echos entrepreneurs
Laurent Guez
et opérations spéciales)
réDactrice en cHef Muriel Jasor
Etienne Lefebvre (france et international)
LES
ECHOS WEEK-END
Clémence Lemaistre (information digitale)
Directeur De la réDaction Henri Gibier
Guillaume Maujean (finance-marchés)
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en cHef Gilles Denis,
Pascal Pogam (information
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et transformation digitale)
Directrice
artistique
Cécile Texeraud
réDacteur en cHef tecHnique Didier Boileau
SÉRIE LIMITÉE
Directeur De création Fabien Laborde
réDactrice en cHef Frédérique Dedet
Directrice artistique aDJointe
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Clarice Fensterseifer
Directeur De la Diffusion et Du marKeting clients Etienne Porteaux
Directeur stratégie et communication Fabrice Février
PUBLICITÉ Les Echos Team Media tél. : 01 87 39 78 00.
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Directrice puBlicité commerciale Emmanuelle Denis
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SERVICE ABONNEMENTS les ecHos 4, rue de mouchy 60438 noailles cedex
tél. : 01 70 37 61 36. fax : 01 55 56 70 38 du lundi au vendredi de 9 h à 18 h
IMPRESSION l’imprimerie (tremblay-en-france), midi libre (montpellier).
tirage Du 23 mai 2018 : 86.035 exemplaires
origine du papier : Belgique. taux de fibres recyclées : 100%.
ce journal est imprimé sur du papier porteur de l’ecolabel européen
sous le numéro fi/37/002. eutrophisation : ptot 0.013kg/tonne de papier
membre de oJD-Difusion contrôle cppap : 0421 c 83015. toute reproduction, même partielle,
est interdite sans l’autorisation expresse de l’éditeur (loi du 11 mars 1957)
ce numéro comporte un 3e cahier de 16 pages « Vivatechnology ».
Standard Chartered ne fera pas oublier
le défi lancé à Barclays.
Pastorale américaine
LES ENTREPRISES CITÉES
Accor 20
Airbus 19
Alibaba 19
ArcelorMittal
22, 31
AXA 18
Barclays 29
BNP Paribas 19
Cisco 19
Cogelec 27
Deutsche Bank 13
DualSun 27
Econocom 20
EDF 23
Erame 31
Euronext 31
Facebook 19
« La route de l’enfer est pavée de travaux en cours. » Philip Roth aurait pu
y ajouter celle du paradis, brusquement quittée à Wall Street par HewlettPackard Entreprise qui voguait sur un plus que doublement du titre depuis
la scission du géant de l’informatique et des serveurs il y a deux ans et demi.
Sa chute de plus de 10 % en Bourse mercredi (en cours de séance) ne signifie
pas pour autant que l’Eden soit à jamais perdu. Un tel délestage est plutôt
rare quand il s’accompagne de résultats trimestriels plus roboratifs que
prévu et d’un relèvement de 3 à 4 % de l’objectif de bénéfice net par action
ajusté pour l’exercice 2018. Mais un peu plus de la moitié de cette meilleure
perspective dépend d’effets fiscaux favorables, liés pour certains au traitement de ses spin-off successifs (trois entre 2015 et 2017). La prudence du
directeur général de HPE depuis quatre mois, Antonio Neri, sur la croissance des revenus « plus modérée » à prévoir pour le reste de l’année, après une
progression de plus de 10 % au premier semestre, a suffi à persuader les investisseurs de faire une pause sur une progression boursière qui reste plus
élevée (+93 %, dividendes réinvestis depuis novembre 2015), que celle de
son cousin, désormais éloigné, des PC et des imprimantes (+70,1 %). Les
promesses de nouvelles améliorations de la marge opérationnelle, notamment grâce à 750 millions de dollars d’économies sur trois ans, d’une hausse de 50 % du dividende et de 5,5 milliards de dollars de rachats d’actions
d’ici l’automne 2019 – réalisés jusqu’ici à hauteur de 30 % seulement –
devraient relativiser l’appréhension des gérants face aux travaux, en cours,
de développement des services, du cloud et de l’intelligence artificielle.
Léon Luciani
es hommes comme les lieux
échappent-ils à leur destin ?
François Coty ne fut pas seulement, dans les années 1920, un des
hommes les plus riches du monde.
Inventeur de la parfumerie moderne,
il fit un produit de grande consommation de ce luxe jusque-là réservé aux
« très riches », comme dirait François
Hollande. Chez lui ça sentait la rose.
Moins, le week-end dernier, dans le
stade d’Ajaccio qui porte son nom,
empesté par les bombes agricoles,
projectiles puants confectionnés à
l’aide d’engrais. Cot y, élu maire
d’Ajaccio en 1931, s’illustra également
dans l’entre-deux-guerres par un soutien très actif à l’extrême droite. A-t-il
transmis à son stade les mânes de la
violence ? En tout cas, celle-ci est bien
réelle dans le club, présidé depuis
2015 par Léon Luciani, cinquanteneuf ans. Le langage de l’ancien jour-
L
naliste de FR3 est aussi fleuri que les
parfums de François Coty : « Monsieur Volpe [président du club havrais, NDLR] n’a pas été agressé. En
revanche, il s’est tourné vers les gens
pour leur faire des doigts d’honneur. »
De part et d’autre on crie au racisme
avec une belle inconséquence. Après
que les Havrais se firent accueillir par
le caillassage de leur bus aux cris de
« Français de merde », « sales négros »,
« ramasseurs de coton », Luciani
riposte en hurlant au « racisme anticorse ». Naguère, Luciani critiqua (à
juste titre) Domenech : « On ne va pas
élire un gars qui n’a pas été capable de
faire descendre vingt-cinq joueurs d’un
bus. » Lui n’a pas su protéger celui de
ses visiteurs. Un match vraiment nul.
Edouard Philippe, l’ex-maire du
Havre, « consterné », n’a plus qu’à citer
Alphonse Allais : « Je suis navré
comme un Havrais lui-même. »
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
MAY 24-26
2018 PARIS
WWW.VIVATECHNOLOGY.COM
CONTENT / P.02_SESSIONS & SPEAKERS / P.04_PARTNERS & LABS / P.10_HALL OF TECH / P.13_EMPOWERMENT / P.14_ACCELERATE
THE RENDEZVOUS
FOR GAME CHANGERS
LE RENDEZ-VOUS
DES GAME-CHANGERS
VivaTech is a hub for the world's innovators, tech-lovers, and pioneers of the future—we
exist to create relationships that will change the face of business and society. For three
days, VivaTech transforms Paris into a grand celebration of innovation, gathering the world’s
game changers under one roof. The most innovative startups meet with global leaders to
collaborate and forge meaningful relationships, conceive bold new solutions for the future,
and bring their vision to life! All while surrounded by cutting-edge robots, drones, amazing
VR demos, and so much more.
VivaTech est l’événement où se réunissent les startups les plus innovantes et les plus
grands leaders du monde entier. Durant trois jours, VivaTech fait de Paris un rendez-vous
incontournable pour les « Game Changers » célébrant ensemble l’innovation et le progrès.
Après 2 journées consacrées aux professionnels les 24 et 25 mai, VivaTech ouvre ses portes
au grand public le samedi 26 mai*.
VivaTech is founded on the simple idea that meaningful relationships can happen between
unlikely partners. We believe that innovation will secure richer possibilities for our shared
future. Co-organized by Publicis Groupe and Groupe Les Echos, VivaTech is designed to
help global leaders, disruptors, and tech pioneers discover today's best innovations, explore
tomorrow's trends, and be inspired by the most disruptive ideas on the planet.
Our 2017 igures: 68,000 attendees / 6,000 startups / 400 speakers / 103 countries /
1,400 investors and 1,500 journalists
Thursday, May 24
Friday, May 25
10:30 / 11:00 • STAGE ONE
10:00 / 11:15 • STAGE ONE
Opening Keynote
The LVMH Innovation Award
Ceremony: An Introduction to
The Future of Luxury
Emmanuel Macron, President
of the French Republic
11:30 / 12:00 • STAGE ONE
Achieving Exponential Impact AI in the Era of Responsible Tech
Bernard Arnault, Chairman
and CEO, LVMH
Ian Rogers, CDO, LVMH
Ginni Rometty, Chairman,
President and CEO, IBM
12:45 / 13:15 • STAGE ONE
14:00 / 14:50 • STAGE ONE
Eric Schmidt, Technical Advisor
and Member of the Board,
Alphabet Inc.
Keynote Presentation
& Presentation of Marcel
Satya Nadella, CEO, Microsoft
Arthur Sadoun, Chairman and CEO,
Publicis Groupe
17:30 / 18:00 • STAGE ONE
Fireside Interview
Mark Zuckerberg, Founder,
Chairman and CEO, Facebook
Cette rencontre co-organisée par Publicis Groupe et le Groupe Les Echos permet aux
grands groupes et startups de construire des relations solides et durables pour co-innover et
faire grandir leurs entreprises. VivaTech représente l’opportunité d’explorer les tendances
de demain, de découvrir les plus belles innovations et d’être inspiré par les idées les plus
disruptives de la planète.
Nos chifres 2017 : 68 000 visiteurs / 6 000 startups / 400 conférenciers / 103 pays /
1 400 investisseurs et 1 500 journalistes
*Retrouvez plus d’info sur la journée ouverte au public en page 16.
ivaTech returns in 2018 with an intensiied
international ambition and a platform for
the world’s most impactful and spectacular
innovations. Thanks to the continual support and trust of our partners, visitors from around
the world will hear from speakers they have not seen
anywhere else, live out unique experiences and gain
understanding of both the fundamentals and major
trends of the digital revolution.
Pierre Louette,
President and CEO, Groupe Les Echos-Le Parisien
The Machine Learning
Revolution
17:00 /17:45 • STAGE ONE
Startups, French Tech: France
Needs You!
Mounir Mahjoubi, Secretary of State
for Digital, French Republic
hen we launched Viva Technology with
Les Echos in 2016, we were hoping it
would be a success, but we didn’t expect it to grow this big, this quickly. In
2017, VivaTech not only matched its initial success but
expanded on it, emerging as the leading international
expo for innovators and inventors in technology and
artiicial intelligence. I am immensely thankful to all
who supported us from the very beginning and those
who have since joined us. For these supporters and
for startups, budding entrepreneurs and students, this
year’s schedule of events, its major partners and its
keynote speakers will ensure the 2018 edition of VivaTech
takes another giant leap into the future.
Maurice Lévy,
Chairman of the Supervisory Board, Publicis Groupe
Download
the VivaTech App
• Networking: start making business
connections and scan attendees passes
• Program: create your own program,
choose sessions, pitches & demos you
want to attend
• Map: ind your way to stages, exhibitors’
booths and restaurants on the
interactive map
1
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
SESSIONS & SPEAKERS
150 INSPIRING
SESSIONS FROM
TECH LEADERS
AND VISIONARIES
Emmanuel
Macron,
Paul Kagame,
President
the
French Republic
President
ofof
the
Rwandan
Republic
#VivaTech
Follow us on
social
networks
Key Speakers
Ginni Rometty,
Chairman,
President and
CEO, IBM
Dara
Khosrowshahi,
CEO, Uber
Eric Schmidt,
Technical
Advisor &
Member of the
Board,
Alphabet INC
Sophie Heller,
COO Retail
Banking & Services,
BNP Paribas
Leila Janah,
Founder and
CEO,
Samasource
& LXMI
Stéphane
Richard,
Chairman and
CEO, Orange
Bo Ewald,
President,
D-Wave
Systems
Philippe Wahl,
Chairman and
CEO, La Poste
Octave Klaba,
Founder,
Chairman and
CEO, OVH
Steve Lucas,
CEO, Marketo
Viola
Llewellyn,
Co-Founder
and President,
Ovamba
Solutions INC
Ian Rogers,
CDO, LVMH
Sébastien
Missofe,
Vice President
and Managing
Director
France, Google
Tony Prophet,
Chief Equality
Oicer,
Salesforce
Stewart
Butterfield,
Co-founder and
CEO, Slack
Joe Lubin,
Co-founder
of Ethereum,
Founder of
ConsenSys
Aurélie Jean,
Computational
Scientist and
Entrepreneur,
MIXR
Christina Lu,
General
Manager,
Alibaba Group
Bill McDermott,
CEO, SAP
Marc
Pritchard,
Chief Brand
Oicer, P&G
Christophe
Galfard,
Physicist, Writer
Aaron Fu,
Managing
Director, MEST
las
ico
©N
2
Mark
Zuckerberg,
Founder,
Chairman and
CEO, Facebook
Satya Nadella,
CEO, Microsoft
Gu
erb
e
Mounir Mahjoubi,
Secretary of State
for Digital, French
Republic
Rachel
Haurwitz,
CEO, Caribou
Biosciences
Emily Le Proust,
Ph.D.,
Co-founder
and CEO, Twist
Bioscience
Ksibi Loubna,
Co-founder,
MEET MY
MAMA
Isabelle Kocher,
CEO, ENGIE
Matt Hancock,
Secretary of
State for Digital,
Culture, Media
and Sport
Ministry, UK
Ersilia Vaudo,
Astrophysicist,
Chief Diversity
Oicer, European
Space Agency
Caroline Hyde,
Anchor,
BLOOMBERG
Saeed Amidi,
Founder and
CEO, Plug and
Play
Chuck
Robbins,
Chairman and
CEO, Cisco
Tim Draper,
CEO, Draper
Esprit
Karen Tso,
Europe Anchor,
CNBC
Stage One
Afric@Tech
Impact Summit
Startup Academy
CEO Forum
Future Tech
CMO Forum
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
MAY 24-26
2018 PARIS
Key Sessions
CEO Forum
Leading the Way to Digital Transformation
Stage One
#AI&MachineLearning, #Cybersecurity
#IoT&BigData
When Lives Are at Stake:
Digital Transformation Under
Pressure
Big ideas to shape our Future
#PositiveImpact, #Connectivity&ITservices
#AI&MachineLearning
Achieving Exponential Impact:
AI in the Era of Responsible Tech
The Machine Learning
Revolution
#Afric@Tech
#EdTech&Talent&HR
Tech for Africa
The Future of Work
#PositiveImpact, #Empowerment,
#CleanTech&Energy, #Coding, #FinTech
#StartupAcademy, #VC&Accelerators
Can the Private Sector Help
Make Society More Equitable
and Sustainable?
From Startups to Scale up
Take the Pulse of the Booming Continent
Africa: The Story of Disruption
& The Emerging Startup
Landscape
The story of Africa is a story of Earth’s irst
techno-geeks. When we talk about innovation
and technology we talk about the Greeks and the
Romans, but Africa is often forgotten in the
discussion. How do the continent’s historic roots
in technology relate to where Africa is on the
startup scene today? What would have happened
if we had NOT been disrupted 500 years ago?
Let’s talk about the 4th Industrial Revolution and
the future of Africa’s “2nd Era of Disruption”.
#Afric@Tech, #Connectivity&ITServices
Strategies for Connecting
Africa
With 35% of the population accessing the
Internet once a month as opposed to 54%
globally, the rate of Internet penetration remains
relatively low in Africa. More investment in ixed
broadband networks is needed, although mobile
coverage has become faster and cheaper in
#Automotive&Mobility
The Three Revolutions Driving
the Automotive World
Electriication, self-driving cars, digital mobility:
three interrelated revolutions that are bringing
fast-paced, radical change to vehicles and the
way we use them, with the car gradually giving
way to the smart car in much the same way as
the phone has been superseded by the
smartphone.
Afric@Tech
#Afric@Tech
Social networks like to predict what they think
we want to see. If they get it wrong, it doesn’t
really matter. However, in an increasingly
fast-moving world, companies, governments
and institutions operating critical infrastructures
are facing decisive moments in which people’s
lives can depend on the outcome.
recent years. We take a look at the diferent
parties seeking to connect the continent, and
new technologies that may improve coverage.
#Afric@Tech, #Edtech&Talent&HR,
#Empowerment
A Youthful Wave
Africa is home to the world’s largest
concentration of young people, and they are
joining the Internet-enabled economy at a faster
pace than ever before. What drives them? How
can we help?
#Afric@Tech, #Fintech, #VC&Accelerator
Financing: From a
Trickle to a Tide
Venture funding to African Startup one word
has reportedly doubled over the past two years,
reaching $560 million in 2017. Beyond money,
though, the region’s entrepreneurs also need
mentoring and support from experienced
business people if they are to achieve lasting
success. The panel reviews techniques for
attracting investors to Africa.
#Health&Wellbeing, #PersonalServices
La Poste: A Trusted Third Party
for E-Health
E-health by La Poste supports the patient and
not only cures the disease, it enables him to be
an actor of his own health through health IoT
and manage his own health data. Telemedicine
and home hospitalization becomes possible
with a secured application and a Digital Health
Platform operated by La Poste.
#Health&Wellbeing
Digital Innovation to Create
the Future of Beauty
How do L’Oréal brands create new consumer
engagement through digital innovation? They
provide useful services and experiences, by
leveraging beauty technologies. They deploy
their marketing and advertising creativity.
They reinvent their go-to-market through
e-commerce. L’Oréal’s digital transformation is
building new competitive advantages for the
Group.
Future Tech
What’s Next
#Future Tech, #AI&MachineLearning
#FutureTech
The Leading Edge of Artiicial
Intelligence
Goodbye Silicon Chips,
Hello DNA Strands
AI is here, changing our lives in subtle ways,
mostly going unnoticed. Yet the ield is still in its
infancy. Big questions loom: How far can we
go? And should we? AI may take surprising
forms 10, 20, or 50 years from now when it’s
embedded in daily life.
Computers as we know them are losing out to
DNA in the race to improve data storage
devices. Programming DNA could usher in a
new era of biological computers and a data
storage revolution.
#FutureTech
#FutureTech
Quantum Computing:
To Ininity and Beyond?
Quantum computers can analyze big data, run
new types of algorithms and solve complex
optimization problems. A discussion of how
quantum computing is redeining inancial
services, data security, drug development,
supply chain logistics and even the weather.
Web 3.0: The Internet of
Blockchains
Why does blockchain matter? How is it
restructuring every industry and redistributing
power? Are blockchain-based technologies
rewiring our future?
Impact Summit
CMO Forum
Tech Support... For Human Beings
How Tech is Disrupting Marketing, Advertising and Media
#PositiveImpact
#CMOForum, #Marketing&Advertising
Tech to the Rescue
Tech can help tackle the world’s toughest
problems: climate change, overpopulation, and
unsustainable food systems, for starters. Yet too
often the digital giants and the bright minds they
employ have focused their energies on
entertaining and distracting us. Can this be
changed? We hear from people trying to do just
that.
#PositiveImpact, #Coding, #Womenrock
Biased Algorithms: Let the Fight
Begin
Algorithms are regarded as the most neutral way
to gather information, recognize our faces,
identify criminals… But algorithms also interpret
the way we see the world around us, raising the
spectre of unconscious bias.
#PositiveImpact, #Empowerment,
#Govtech&Civictech
Tackling Inequality with
Technology
As the tech giants race to ill our lives with new
devices and gadgets, some people are working
to harness the power of technology to reduce
inequality and put power into the hands of those
left behind.
#PositiveImpact, #AI&MachineLearning
AI for Good
Just as these new technologies can improve
businesses or make actions more eicient, they
can also help people trying to do good in the
world. The speakers on this panel have thought a
lot about how to bring AI to bear to make the
world a better place.
Startup Academy
Does Marketing Still Matter
for your Brand?
Digital is everywhere, e-commerce delivers
anywhere and direct-to-consumer strategies
enable new brands to “rise and shine” faster than
ever. Meanwhile, AI combined with IoT promises
to mastermind an ever-growing amount of data
meant to deliver a targeted message to each of
us through voice interface. How to market all of
this in tomorrow’s world?
#CMOForum, #Marketing&Advertising,
#Iot&BigData
Data Disrupted or Data
Disruption?
The General Data Protection Regulation (GDPR)
comes into efect May 25. This EU regulation
represents a major shift on data management
with worldwide consequences. What does GDPR
change for consumers? How are brands,
agencies and media coping with it?
#CMOForum, #Marketing&Advertising,
#Iot&BigData
AI, Voice, IoT: Look Who’s
Talking Now
Voice interface is on track to become the new
standard, making our hardware disappear. How
much do you need to adapt or rethink your
messages? Whispering or saying it out loud?
What sounds best for you?
#CMOForum, #Marketing&Advertising
Will Agencies and News Media
Survive?
Where they once focused their business on
creative advertising strategies, agencies today are
talking big data and performance marketing as
they try to keep the consulting companies at bay.
News media organizations, meanwhile, continue
to deliver news while hunting for new revenue
streams. What lies ahead?
From Pony to Unicorn
#StartupAcademy
How to Manage Hyper-Growth
When startups enter a period of rapid growth, they
face a whole new set of challenges. They have to
recruit talent, manage expanded teams, and
protect the company’s culture. Some tales from
those who managed, and from some of the
stafers who rose to the occasion.
#StartupAcademy
Injecting a Startup Spirit in a Big
Organization
New companies and old companies actually have
a lot to teach each other. Startups bring new ways
of doing things and a sense of urgency, while big
companies know their markets inside out. How
can the two better work together?
#StartupAcademy, #VC&Accelerator
The Lure of the U.S.
As the host country for Silicon Valley, the world’s
original technology hub, the U.S. has long been a
dream destination for startup founders. But there’s
the myth of the place, and then there’s the reality.
Is the United States still the best place to grow a
company? This panel addresses that question and
provides insights on how to access the U.S. market.
#StartupAcademy, #VC&Accelerator
#StartupAcademy, #VC&Accelerator
Picking Tomorrow’s Winners
Erasing the Border Between
Funding and Accelerating
What grabs the attention of top venture capitalists
today? What are their next big bets? Are they using
more data-driven tools to choose investments, or
does instinct still play a big role in what Startups
they choose to back?
#StartupAcademy, #VC&Accelerator
New modes of co-operation are emerging
between accelerators and startups. A growing
number of accelerators are investing in their
startups while more investors are boosting and
incubating their startups.
To Accelerate or Not to
Accelerate
What criteria should companies consider before
deciding if they need an accelerator? And how can
they gain from the experience?
3
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
PARTNERS & LABS
#VivaTech
AccorHotels
innovates
to disrupt travel
Follow us on
social
networks
OPEN
INNOVATION
TO DRIVE
GROWTH
VivaTech ofers one of the world’s largest coworking
spaces organized around 23 open innovation Labs, each
dedicated to collaboration between sector leaders and
today’s brightest startups. Big companies get access
to top startup talent while startups get a chance to bring
their ideas to market – a classic win-win!
Sponsored by leading key partners in industrial sectors
including telecoms, energy, automotive, mobile, and
luxury, each Lab ofers a series of challenges, providing
startups with a platform to share new solutions and build
partnerships. The best ones get to work on the challenge
with a Lab Partner for 3 days during VivaTech. Innovative
solutions emerge.
THREE QUESTIONS FOR…
Frédéric Fontaine,
SVP Global Innovation Lab
and Thibault Viort,
Chief Disruption & Growth Oicer
and CEO New Businesses, at AccorHotels
—What does open innovation
mean for AccorHotels?
Frédéric Fontaine > Our goal
is to build a vast community of
mutual enrichment, both internally and externally. That will
enable us to discover new territories and accelerate the Group’s
transformation. We seek to create value for all our stakeholders,
for society and for the planet.
Thibault Viort > Innovation is
everywhere at AccorHotels: for
example, in our hotel rooms, in
our ecology and CSR policies,
and in digital, whether before,
during or after the stay. Eighty
people work in more than 10
departments to apply open innovation methods across the
company and share these methods with our partners. The result
is that we have hosted more than
1,000 startups and rolled out 50
Startups and
aerospace: A winning
combination?
THREE QUESTIONS FOR…
Bruno Guttières,
Head of Airbus BizLab
—Airbus and startups—give us
an overview.
Bruno Gutièrres > We take a
two-part approach: on one
hand, we connect with startups
who can give us the skills and
technologies that we haven’t
harnessed yet—AI, robotics,
virtual reality, augmented reality.
On the other hand, we aim to
build balanced relationships
with startups, and that’s what
motivated us to create our
three accelerators, the Airbus
BizLabs, in Toulouse, Hamburg
and Bangalore. We also work
to develop these relationships
in fields outside the aerospace
industry, so the BizLabs can
acquire a diversified customer
portfolio.
4
—What sets your startup
support apart?
BG > The Airbus BizLabs offer
strong tailored support on a
partnership or integrated basis
for early-stage startups. They
do so by limiting each annual
class to a maximum of seven
startups, which ensures a close
relationship between each
startup and their Airbus coach,
who can serve as a link between
the startup and Airbus divisions,
to help them find a sponsor.
The BizLabs then function as
hybrid accelerators. The result:
nearly half of the 33 startups
incubated during seasons one
and two signed a contract with
the Group.
and costly market: not the
most enticing playing field for
startups. We often pick startups
who develop a technology or
service in another sector and
invite them to apply their skills
to our businesses. What’s in it for
them? Faster access to markets,
thanks to our customer portfolio
and the credibility we provide. •
—What’s in it for startups?
BG > Aerospace is a complex
AIRBUS BIZLABS,
HYBRID INCUBATORS
Airbus BizLabs host an equal share of external
startups and intrapreneurs: 47 startups and 56 internal projects over three years, to be exact. This
mix ensures complementary relationships and
makes it easier for internal teams to harness the
innovation capacity of startups. This immense
advantage blurs boundaries and creates a single,
unified innovation community. Remember that
the season four call for projects is now underway
and startups can apply on our site.
pilot initiatives on our website or
in our hotels in just two years.
—What have you rolled out?
FF > A powerful ecosystem of
collective intelligence that is vibrant and always on the move.
Innovation must cut across the
entire company if it is to be sustainable. That’s why it is steered
by an internal ecosystem, including the Innovation Lab that I
manage. The Lab works on new
concepts by focusing on trends
and customer uses. For example,
our team launched the Jo&Joe
brand to respond to the speciic
uses of millennials. Another strategic initiative: the development
of startups led by intrapreneurs.
We are working with the American accelerator Techstars on a
close partnership that includes
an intrapreneurial aspect. The
project is now in the test phase.
TV > My team of 15 people
identiies new growth levers, in
synergy with the Group’s hotel activity, and invests in these
startups, while providing support as they grow. For example:
onefinestay, John Paul, Availpro, Verychic and Gekko. In two
years, we have invested several
hundred million euros in more
than 10 startups.
—Why VivaTech?
FF > VivaTech is an excellent forum for orchestrating and illustrating the Group’s ambitions in
terms of (open) innovation.
TV > It’s a unique meeting that
makes it possible to unify teams,
build ties with startups and recruit new partners, including
corporates. •
BNP Paribas, committed
to startups and
a sustainable future
F
or several years, BNP Paribas has affirmed its position as the leading
bank for startups and innovative businesses.
Collaboration and co-creation with startups
represent two major components of BNP
Paribas’ transformation plan. Reinventing the
customer experience requires a new way of
thinking and the development of new capacities, which startups help to ensure by ofering
diferent approaches.
BNP Paribas has developed acceleration
programs around the world, such as Fintech
Boost and the BNP Paribas Plug and Play Acceleration Program, to foster collaboration
between startups and the bank’s businesses.
In addition to these collaborations, the Group
ofers many other support solutions to startups at every stage in their development and in
every business sector, such as the WAI, We Are
Innovation ofer developed by the French Retail Banking network.
These eforts have produced rewarding collaborations based on artiicial intelligence,
blockchain, robotics and issues tied to the energy transition and social entrepreneurship.
Since 2017, BNP Paribas has taken a new step
forward in addressing societal and environmental challenges. Alongside the creation of
its Corporate Engagement Department, which
acts in key areas for the future of our society,
the Group is rolling out a vast range of eforts
To help startups to grow and to accelerate,
such is the creed of BNP Paribas.
in favor of innovative businesses and entrepreneurs with a positive impact.
For example, the French Retail Banking network, which supports 30% of France’s 9,000
startups, launched the Act For Impact label at
the start of this year to extend special ofers
and actions to social entrepreneurs.
At the Viva Technology expo, head to the
Group’s Lab to discover BNP Paribas’ flagship
projects and open innovation. Come chat
about support for startups with teams from
WAI, L’Atelier BNP Paribas, BNP Paribas Plug
and Play, L’Échangeur and DAB Fintech. The
Group is eager to meet you on its dedicated
space! •
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
MAY 24-26
2018 PARIS
Accelerate
and secure your digital
transformation
Since 1984, Cisco has developed solutions that drive the growth
and transformation of SMEs and multinationals.
Cisco, since its inception, has
expanded with the aid of a
powerful ecosystem of business and technical partners.
Moreover, collaborating with
startups is an integral part of
this strategy. This ecosystem
enables Cisco to continue
ofering the most innovative
solutions to its customers, so
they can ensure a successful
digital transformation of their
business.
1
Software and network solutions. To
ensure a successful
digital transformation, businesses need access to more
agile networks adapted to
new consumer uses and demands. To make this happen,
Cisco has developed software solutions for managing
networks remotely and flexibly, while shortening the time
needed for setup.
2
Network and data
security
solutions.
Businesses are facing
a growing number of cyberattacks that are increasingly
diverse and targeted. A majority of web traic worldwide
runs on Cisco infrastructure,
which gives businesses a
unique opportunity to develop expertise in data and infrastructure security. In this way,
Cisco has harnessed its solutions to shorten threat-de-
Collaborate to innovate
Together with ENGIE, imagine future solutions for a more harmonious world by responding to our calls for projects or by proposing
your own innovative solutions on our open innovation platform.
T
he winners will become ENGIE’s partners for a collaboration that may
take many different forms.
tection time, which subsequently limits the damage
attacks cause through their
propagation across networks.
3
New tools for new
ways of working.
Recent years have
brought substantial changes to the way we work, fueled
notably by a growing need
for mobility. In response,
Cisco has designed a complete, fully secure digital
work environment, allowing employees to work from
anywhere and still access all
their data from any channel.
Voltaware
For example, ENGIE and Voltaware work together to develop
energy-efficiency solutions.
“Our partnership with ENGIE
expanded our visibility at the top
international tech events, which
increased our new business by
30%,” explains Eleanor Schneiders, Business Development
Manager at Voltaware.
Come try out our software
solutions at VivaTech! •
80
calls for projects launched
— Why go to 100 cities in
France?
SM › Since 2012, 230,000 people have taken part in the Digital
Workshops, whether online or
at sessions hosted by our partners (CCI or universities, for
example). Driven by our conviction that digital can provide
opportunities for everyone, we
stepped up our eforts this year
by ofering training in 100 cities of every size. Some 70,000
— What is the next step in your
commitment to teach digital
skills?
SM › Sundar Pichai (CEO of
Google) announced it in January
To learn more about innovation
at ENGIE, visit
innovation.engie.com.
Come see us on stand J44 at
VivaTech! •
at the Choose France summit in
Paris, with Emmanuel Macron in
attendance: we are going to open
four spaces dedicated to digital
culture and training in different
regions of France, with the goal
of training 100,000 people a year.
The first physical Digital Workshop will soon open its doors in
Rennes, Brittany. •
HARNESSING TECHNOLOGIES
TO BOOST EMPLOYMENT
Google.org, the philanthropic arm of Google,
supports organizations that have a strong local,
regional or global impact on major issues. In the
same vein as the Digital Workshops, Google.org
recently donated €3 million to four French social
enterprises working to facilitate access to jobs:
Chance, INCO Academy, OpenClassrooms and
Bayes Impact.
2,300 130
submissions from startups
winners
HPE innovates
at VivaTech
THREE QUESTIONS FOR…
Maud Samagalski,
Chief Marketing and Communications Oicer
at Hewlett Packard Enterprise (HPE)
THREE QUESTIONS FOR…
Sébastien Missofe,
Managing Director of Google France
people have thus acquired new
skills, including professionals,
students, jobseekers, parents
and more.
With Timetonic, ENGIE develops
solutions for the industries of the
future. Thanks to its collaboration with ENGIE, Timetonic has
become a stronger company:
“Now we support more than
80 businesses—in less than 18
months,” explains Jean-Michel
Durocher, Founder and President of Timetonic.
Some key figures
Digital Workshops:
Free training
provided in 100 cities
— Why did you create the
Digital Workshops?
Sébastien Missoffe › According to a study published by the
French government in February 2016, digital is estimated
to bring 50,000 jobs to France.
These jobs are critical for the
French economy! At Google,
we think digital players have a
duty to tackle this challenge.
That’s why, since 2012, we
have provided free training in
digital skills to people in France,
through our “Ateliers Numériques” or Digital Workshops.
Timetonic
— Why take part in VivaTech
2018?
Maud Samagalski › In light of last
year’s positive experience in the
Hall of Tech, we decided to step
up our game in 2018. We opted for
even more visibility to encourage
business connections: a 390m²
laboratory called Accelerate Innovation. We see the event as an
incredible opportunity to meet with
our customers, a way to set our
company apart in our market and
spotlight the participants in HPE’s
startup program.
— What sparked the Group’s
commitment to innovation?
MS › Our innovative DNA came
directly from the visionaries who
founded Silicon Valley’s very
irst garage startup in 1939—Bill
Hewlett and Dave Packard. Over
the years, HPE has maintained its
R&D investment to reinvent its
business. Our policy of buying
innovative leaders, like the recent
acquisitions of SimpliVity, Nimble
Storage or Niara, further contributes to this dynamic. Our Lab
highlights this innovation, which
serves both as our tradition and
our roadmap.
— What innovations can we expect at the HPE Lab @ VivaTech?
MS › The Accelerate Innovation
Lab by HPE aims to underscore
B2B solutions in artificial intelligence, connected objects for
industry and mobility, hybrid IT in
cloud mode, and the energy use
of solutions and services. Each
solution will be illustrated through
projects developed in cooperation with some 30 partners and
startups from the last four classes
of our startup program. We will
also have the honor of hosting
the Grand Prix National de l’Entreprise Numérique, organized
by France Entreprise Digital and
Le Monde Informatique in collaboration with French CIO and
CSO clubs. •
A SPACE ODYSSEY
The International Space Station orbits the Earth
(and sees a sunrise) once every 92 minutes. It recently added a supercomputer that can keep up
with this rhythm to receive and analyze all data
collected from space. Visitors to the HPE Lab can
discover an exact replica of the compartment
housing the supercomputer developed by HPE
and NASA, which shot into orbit aboard a SpaceX
rocket last August.
5
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
PARTNERS & LABS
Discover all La Poste’s
innovations to simplify
daily life
Startups spotlighted
at the LVMH Luxury Lab
For the third consecutive year,
LVMH is taking part in VivaTech
and supporting the entrepreneurial
spirit, one of its core values.
As a partner of VivaTech, La Poste presents
innovations that simplify daily life for citizens.
The leading company for local personal services
welcomes 40 startups to its Lab to showcase
innovations in line with its strategy. Here are five
reasons to visit the Lab!
2
Check out our city
space. La Poste supports the digitalization
of many procedures with offers that simplify interactions
between citizens and municipalities: secure digital identity, an application to digitalize the Carte Grise application
process, chatbots to register
for the written driving test or
interact with the personal records department at city hall,
as well as connected objects
for the smart home.
3
Demos of our health
innovations. As the
leading
healthcare
data host, La Poste presents
its solutions for patients and
healthcare professionals. The
La Poste eSanté app enables
users to securely manage and
share their health data, notably from connected devices,
with medical professionals.
4
A focus on our innovative
services,
which support the
boom in e-commerce, an
aging population and the development of businesses. For
example? Digiposte Pro, the
web app that simpliies and
secures administrative and inancial procedures for small
businesses, or Colissimo Pass,
a yearly subscription service
for free delivery from participating businesses. Not to
mention La Boutique France,
a simple and comprehensive solution to help busi-
T
nesses access the Chinese
market—523 million e-shoppers—via three titans of the
web: Alibaba’s Tmall Global,
JD Worldwide and Kaola.
5
Meet your postal
workers! Ten mail
carriers and customer service managers will be at
the Lab to guide visitors, lead
innovation demos and present La Poste’s local services.
On Saturday, you can attend
the oicial swearing-in ceremony for mail carriers! •
For the occasion, the Group will distribute
the second LVMH Innovation Award to one of
the 30 inalist startups featured on the LVMH
Luxury Lab. As a powerful growth accelerator
for startups, this award reairms LVMH’s commitment to young entrepreneurs with new
ideas. Selected from among more than 800
applicants, the 30 featured startups hail from
China, Canada, Israel, South Korea, the United
Kingdom, the United States and France. Each
one will have the chance to make their pitch
on the Lab and present their model before an
international audience of business heads, investors and opinion leaders.
Visitors to the Lab can also discover innovations from all 22 Houses in the LVMH Group, in
areas ranging from the customer experience
to product innovation, as well as the Internet
of Things, virtual reality and augmented reality.
“The second edition of the
LVMH Innovation Award reairms
the Group’s support for the
entrepreneurial spirit and creativity,
two of the Group’s core values.”
©DR/LVMH
1
2018, the year of
maturity. La Poste
moves from POCs
and prototypes to industrializing services for the public,
all across France. Our Lab
features a central grand staircase to symbolize this movement. It is topped with a tree,
which has become the symbol of our innovation ecosystem since the last edition of
VivaTech.
he LVMH Group, at its space of over
500m2 dedicated exclusively to the
luxury sector, will present its conception of innovation, a conception
that blends digital and know-how, technology
and heritage. It’s a way to underline the driving role startups play by inspiring new ways
of thinking at luxury Houses, while beneiting
from the excellence of the Group’s ecosystem.
Across 500m , the LVMH Luxury Lab at VivaTech
presents the innovations of the Group’s 22 Houses and
the inalist startups for the LVMH Innovation Award.
2
Ian Rogers,
Chief Digital Oicer, LVMH
Orange & startups:
Co-innovation @VivaTech
VivaTech,
where work meets
the future
Orange identifies, supports and promotes startups
that change the way of life for customers.
THREE QUESTIONS FOR…
Alain Roumilhac,
President of ManpowerGroup France
—Why is ManpowerGroup
the exclusive HR partner of
VivaTech?
Alain Roumilhac › We took part
in the irst edition as VivaTech is
an opportunity for corporates,
startups and jobseekers to
co-construct the future of
employment. This is imperative
fo r o ur indus t r y, w h ich is
undergoing an HRevolution.
Harnessing HR innovation to
serve employment and training
for everyone remains the key
mission of ManpowerGroup.
That’s why we’re taking part in
VivaTech!
6
—W h a t d o y o u m e a n b y
HRevolution?
AR › The job market is undergoing
a vast trans-formation—just as
HR entrepreneurs have become
bolder than ever and the general
public has grown eager for
answers. The challenge is to
anticipate changes in recruiting
and the transformation of
skills so that everyone has
easy access to jobs. Meeting
these challenges by combining
innovative technology with the
expertise of the men and women
at ManpowerGroup—that’s the
HRevolution. HR needs to help
people and companies adjust to
a rapidly changing world of work,
so everyone can find the right
job that matches their potential,
while building agile companies
that post strong performance in
their markets
when it serves the purpose of
revealing each person’s potential
and development. Using new
digital evaluation tools has
already provided new insight into
talents, enabling us to avoid bias
and other social determinisms.
We co-construct these solutions
together with a vibrant startup
ecosystem, within our Éclaireur
Oice innovation unit. •
—How can innovation serve
employment?
AR › Innovative technology can
bring about major advances
TALENT CONNECT 2018
After a successful first run, ManpowerGroup is
bringing back its recruiting platform created exclusively for VivaTech—Talent Connect. The platform helps partner companies promote their job
ofers so they can attract and meet top talents
during the event. In 2017, Talent Connect enabled 150 companies to present 850 job ofers and
collected more than 3,500 applications.
O
range invests primarily in areas
that reshape the way we communicate, work, have fun and
manage our day-to-day lives. It’s
a mission which embraces not only our home
life, but education, health, cities and regions,
industry, agriculture and environmental protection. Convinced that a collaborative approach gives rise to increased creativity, eiciency and economic impact, Orange nurtures
ecosystems of exchange, where knowledge
and co-development are propagated as part
of an open innovation approach.
CREATIVE AND AGILE, STARTUPS ARE AT
THE HEART OF PROLIFIC INNOVATION
In all of its regions, Orange, either on its own
or in partnership, ofers seed-stage startups
access to incubators, co-working spaces and
expert advice. Until May 31, startups can enter
the 8th Orange Social Venture Prize in Africa
and the Middle East.
Fledgling startups also beneit from a variety
of support systems. They can join the Orange
Fabs network, accelerators set up in 15 countries spanning four continents which support them in their development, in particular
through co-innovation or commercial partnerships with Orange. In addition, the Imagine
community allows startups to test their concept and gather feedback from 56 countries.
For the third consecutive year, Orange will attend Viva
Technology alongside more than 100 startup partners,
including CityTaps, Isahit, WaryMe and FollowAnalytics.
Finally, mature startups beneit from funding
which is tailored to their growth. All startuppers can count on tech resources such as
development kits, API turnkeys and opportunities to attend hackathons, among others. •
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
MAY 24-26
2018 PARIS
RATP Group shakes
up the smart city
PMU imagines the
customer experience
and journeys of the
future
PMU, Europe’s leading horse betting operator, is taking part in
VivaTech for the third time. This year, PMU will present three experiential corners based on the customer journey to anticipate
the use cases of the future.
F
or each edition of Viva
Technology, PMU ofers
startups a chance to
contribute to its innovation
strategy. This year, as PMU
seeks to win over younger and
more diverse customers, the
company has challenged
startups to imagine the customer journeys of the future
by integrating new distribution channels, new technologies (FinTech, blockchain,
data) and new forms of betting. More than 20 startups
will present their projects on
the PMU Lab, which will also
feature three immersive corner stores based on these new
experiences. Aiming to help
PMU recruit new customers
via gamiication, all projects
will soon be tested by the
company.
1
The Play for Fun experience. Designed in collaboration with Hammerson
and the startup Think&Go, a
brand of the Ingenico Group,
the Retail Gallery corner will
ofer a fun and interactive
experience for shopping mall
visitors.
2
Fun ride-hailing trips.
This corner reproduces
the inside of a ride-hailing vehicle. On board, customers can use the integrated
tablet to place bets during
their trip. This gamiication
concept is ofered with the
support of LeCab and developed by PMU teams.
lenge themselves through a
TV show.
4
From planning to completion. During the
2017 edition, the Canadian startup EyeLive won one
of PMU’s challenges. That
enabled them to develop the
world’s irst 360° live video
broadcasting service, which
was mounted for the irst time
on a jockey during a horse
race. Visitors can relive this
never-before-seen experience
on the PMU stand.•
3
A moment of fun at the
hotel bar. This bar corner, developed with the
startup ANSE Technology, will
ofer an enhanced social TV
experience inviting customers
to answer questions and chal-
THREE QUESTIONS FOR…
Mathieu Dunant,
Head of Innovation at RATP Group
—Why take part in VivaTech
2018?
Mathieu Dunant › Because we
want to work with a bustling
group of startups that have innovative ideas, so we can work
together to develop innovative
services across 14 countries and
four continents. Through our
Spark program, we carry out
business-oriented collaborations
with the single innovation-driven
goal of making mobility the matrix of the smart city. We buy the
startups’ products, submit joint
applications to calls for bids and
invest in their growth through our
RATP Capital Innovation fund.
—What smart city topics do
you work on?
MD › The smart city is a feelgood city where living together
is fun and pleasant. It is quiet
and healthy, thanks to electriied
mobility. It is also energy-efficient, reducing energy use to
preserve our planet—without
a smart grid, there’s no smart
city. It’s a streamlined city that
views mobility as a service and
offers personalized, door-to-
1
The Auvergne-RhôneAlpesAgritechFoodtech
Lab. The AuvergneRhône-Alpes
Region
has
63,000 farms and 116,300
permanent jobs in agriculture.
One of its priorities is to make
farmers’ daily lives easier and
help them farm in a more sustainable way, whilst keeping
their costs down. Development of Agritech-Foodtech is
now indispensable.
2
A unique digital ecosystem. The Tech Region is therefore inviting its key Agritech partners to
a packed program of events.
Limagrain and Michelin will
be talking about open innovation in the agricultural sector,
Seb is speaking on ”Building
up the Next Tech Valley in
Europe“ at the CEO Forum,
the Auvergne-Rhône-Alpes
Entreprises Agency is ofering an exclusive ”Start up,
think global“ session, whilst
the Regional Chamber of
Agriculture, Céréales Vallée,
Terralia and the AuvergneRhône-Alpes Bio Cluster will
be talking about agriculture of
the future. Last but not least,
the keynote conference of
the Region Lab is dedicated
to its attractiveness (“Invest
in the #1 Tech Region”), with
speeches from the AuvergneRhône-Alpes Entreprises and
the Foodtech network.
3
Innovative
gems.
Thirty-two Startups
developing innovative
solutions in agri-feed sectors have been selected to
display their ideas and make
a pitch during the three days
of the Region Lab. This testiies to the very strong, innovative entrepreneurial drive in
Auvergne-Rhône-Alpes, 100%
French Tech. Thanks to the
involvement of investors in
partnership with AuvergneRhône-Alpes Entreprises, startups will have dedicated meetings with inancial partners
able to provide their expertise
and help them take a step forward in their development.
4
Apps and demos for
the General Public Day.
Test apps for inding
the right bottle of wine, ordering a product directly from the
farmer, becoming a baker of
the future or saving bees by
creating a connected hive…
On Saturday, May 26, innovation from the “ield to the plate”
is at the Lab of the AuvergneRhône-Alpes Region! •
Read about the detailed
program of the AuvergneRhône-Alpes Region Lab and
the list of startups exhibiting
on stand D37.
—What smart city topics do
you work on?
MD › We work on five topics:
smart transportation (AI, big data),
smart infrastructure (3D digital
modelling), well-being in the city
(environment, solidarity), disruptive mobility solutions (drones)
and HR tech. Each startup present at our Lab works with us on
one of these topics. •
WYRES AND RIDY:
TWO SUCCESS STORIES
RATP Group teamed up with NomoSense and
Wyres to test out a GPS service built on LoRa technology, in order to identify people and machines
on a worksite within a tunnel. The Group also
partnered with Ridy to ofer a bike repair service
to passengers with bikes at the Joinville-le-Pont
and Bourg-la-Reine stations. Passengers can drop
of bikes needing repair in the morning and pick
them up in the evening.
Discover
the irst govtech
lab at VivaTech
Europe’s leading tech region
and a gold VivaTech partner
For its 3rd year of participation, the Auvergne-Rhône-Alpes
Region is joining the club of gold Vivatech partners with a
#Agritech #Foodtech Lab, the star themes of the regional
ecosystem, featured on stand D37.
door mobility, notably through
autonomous vehicles and new
mobility projects. To this end,
we’ve recently bought stakes
in four companies (City Scoot,
Klaxit, Citizen Mobility and
Communauto). It’s a city that’s
easy to live in, ofering comfortable and practical transit that
simpliies daily life for residents.
Finally, the feel-good city is a
uniied, accessible and collaborative city that fosters strong
local ties throughout its territory.
THREE QUESTIONS FOR…
François Bonneau,
President of the Centre-Val de Loire Regional Council
—Why did you choose govtech?
François Bonneau › Regional
councils like ours work with local residents on topics ranging
from education and health to
transportation and jobs on a daily
basis. We consult them when implementing policies. Digital technology ofers many possibilities in
these ields: new teaching methods, telemedicine, smart transportation, citizens’ consultations
and civic tech. The Centre-Val
de Loire Regional Council makes
digital technology a central part
of its planning, because public
services should match citizens’
lifestyles.
—Why does your Lab focus on
tourism?
FB › Our region is home to an
amazing and vast cultural heritage, including the Loire Valley
and its Renaissance châteaux,
which attract millions of visitors
from all around the world. Our
cultural heritage is not stuck in
the past, and digital allows us to
ofer new experiences to reinvent
tours. In Chambord, for example,
Histovery’s Histopad transports us
back to the time of kings. Our Lab
will showcase all the latest innovations in terms of smart cultural
heritage and augmented tours.
—Who will be present on your
Lab?
FB › Some 40 startups in each of
our topics will be present, as well
as corporate partners who will
share their ongoing research.
Some examples: Géonomie
and Geovelo in transportation,
OpenNort, Neolink and Cap
Collectif in civic tech, Mash Up
in education, AdEchoTech in
the ield of remote ultrasound,
as well as Meyko and Tylac for
chronic disease management.
Not to mention Timescope,
Charles5 and Yakaygo in the
tourism and leisure sector. •
FRENCH TECH LOIRE VALLEY
French Tech Loire Valley is a dynamic ecosystem
comprising 3,400 tech companies, 20,000 jobs,
the Loire Valley Invest investment fund and more
than 300 events every year. At VivaTech, Orléans,
Blois, Bourges, Tours, Loir-et-Cher and Châteauroux will present their incubators, as well as their
“totem sites” of Lab’O in Orléans and Mame in
Tours, which bring together startups of all sizes
from Centre-Val de Loire.
7
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
PARTNERS & LABS
Real world evidence
to improve health
outcomes
SAP at the heart
of IT innovation
in France
Understanding the data from patients’ daily lives are
essential for improving care. The DARWIN platform’s
objective is to collect and analyze these data.
T
echnical and analytical advances
and the accessibility to real life data
are contributing to the generation
of new information. These advances are leading toward a modernized approach
to real life data to document eicacy, tolerance
and use for better personalized medicine. Integration of clinical, genomic, and healthcare databases is opening new ways of improving the
diagnosis and management of patients.
Sanoi is investing in the use of anonymized reallife data and in the development of data science
skills to better understand the use of medicines.
The company beneits from various partnerships, especially for the integration of patient
data from diferent sources. The mission of our
big data platform is to:
• Gather data from real life, randomized clinical
trials, electronic medical records and public
data;
• Analyze this data lake through analytical modeling tools, visualization and machine learning.
DARWIN is a unique platform that provides access to both data and tools.
This journey began 18 months ago: since then
more than 300 million life data elements have
been collected and 45 studies have been conducted. Tangible results and applications from this
platform are going to emerge very quickly.•
“The implication of
medical data generation
and analyses on future
treatment is huge when
increased amounts of
data become available.”
SNCF promotes
zero-carbon
mobility
THREE QUESTIONS FOR…
David Leborgne,
CDO at SNCF Group
—Mobility has changed. What
are the challenges?
David Leborgne › Three things
are at stake: purchasing power,
solidarity and the environment.
Owning a car costs a typical
French family the equivalent of
a month’s earnings, even though
it is left unused 95% of the time.
Road transport accounts for 15%
of CO2 emissions and 40-70% of
particulate matter in urban areas.
That’s why SNCF fights against
single-occupancy vehicles—cars
only occupied by the driver—by
promoting shared and sustainable mobility.
8
—How does digital technology
contribute to this ight?
DL › Digital technology has put
passengers in control of mobility:
they choose the experience they
want for their lives. This promise
of multimodal mobility—which
has already been achieved to an
extent–is made possible by data.
To give you an idea, the SNCF
app now has nine million downloads. It helps passengers ind the
best combination of transportation options, in real time, so they
can reach their destination: train,
bus, carsharing, carpooling, etc.
This service aggregator can be
personalized even further if passengers provide location data.
SNCF uses its customers’ data
exclusively to enhance their passenger experience.
—How does SNCF Group innovate?
DL › SNCF innovates through an
internal and external ecosystem
that also includes startups. For
the past ive years, we have collaborated with startups in four
key areas: improving passenger
experience, enhancing employee experience, optimizing
industrial operations and improving rail safety. For example,
we’re using predictive machine
learning from Prevision.io or
Deepki to help us optimize our
energy use with big data. •
MOBILITY MEANS JOBS
In France, a quarter of all jobseekers turned
down a job or a training ofer because it was not
accessible to them. This situation is especially
critical in remote or rural areas. SNCF’s goal is
to restore job growth in regions through more
connected and agile mobility. Making this possible requires end-to-end connectivity, with a
transit experience adapted to the context.
THREE QUESTIONS FOR…
Gérald Karsenti,
Gérald Karsenti, CEO of SAP France
—What is SAP’s strategy in
terms of innovation?
Gérald Karsenti › Innovation is
central to SAP’s DNA. We operate research and development
centers almost everywhere in
the world, focusing on analytics,
user experience, predictive tech,
machine learning, security, etc.
In France, we have three Labs
and one Innovation Center – the
Leonardo Center – to invent and
co-construct tomorrow’s uses
with new technologies like big
data, IoT, blockchain, artiicial intelligence and machine learning.
Last January, we announced a
broad plan to ramp up innovation in France. We kicked of the
program by acquiring Recast.AI,
investing in startups and working
to open an incubator in France
to incubate 50 startups over ive
years.
—Why meet with your customers at VivaTech?
GK > VivaTech is an opportunity
for us to show a new side of SAP
and demonstrate how we bring
more innovation, intelligence—
including artiicial intelligence—
and agility to the activities of our
customers. We support them in a
world marked by rapidly changing environments and increasingly porous industries. Our goal is to
help them reinvent their internal
processes and ofer new experiences to their customers, suppliers, employees, etc.
logical expertise to the table. We
have thorough knowledge of the
business of each startup we support. We deliver the capacity to
industrialize and market their IT
solutions by giving them access
to our customer portfolio, which
is one of the broadest and most
varied in the world. •
—How does SAP support the
startup ecosystem?
GK > We are more than just another investor. We bring additional commercial and techno-
KEY FIGURE: €3.3 BILLION
… invested last year in research and innovation
by SAP, representing 14% of the Group’s global
revenue. France plays an especially active role in
this process, with 950 employees dedicated to
R&D among nearly 2,300 employees in the country. This commitment will be expanded through
recently announced investments of €150 million
each year.
Social innovation:
Sodexo blazes a trail
at the regional level
THREE QUESTIONS FOR…
Sophie Bellon,
Chairwoman of the Board of Directors of Sodexo
—What is the main innovation
focus at Sodexo?
Sophie Bellon › It has to be social innovation. In 1966, Pierre
Bellon deined our mission: “To
improve the quality of life of
our employees and all those we
serve, while contributing to the
economic, social and environmental development of cities,
regions and countries where
we operate.” Sodexo grew as a
company based on this visionary model to become the top
French employer worldwide
and a company recognized for
its commitments, topping the
Dow Jones Sustainability Index
for 13 consecutive years.
—Why did you decide to do
more in terms of social innovation?
SB › New fault lines divide our
society, largely along regional
boundaries. Some areas now
show the highest rates of unemployment, while also bearing
the full brunt of shuttered public services (a lack of emergency rooms, maternity wards, post
offices, public transportation
services). This has placed vast
swathes of the population in a
state of isolation and inancial
instability, which can generate
a sense of abandonment. That’s
why swift and strong responses
are so urgent.
—What is Sodexo’s concrete
engagement in this field?
SB › We operate in close connection with regions and their
residents. We locally source
our activities, and we recruit
and train local workers. Our
customers include SMEs, middle-market irms, public establishments and local municipalities. We serve their employees,
customers and users. This local
connection is an advantage
that we want to harness in order to have a strong impact on
the lives of people, in the areas
where they live. To have a broad
impact, we want to join forces
with local municipalities and
businesses in the social and
solidarity economy. By partnering with these institutions,
we are better able to identify
the specific challenges facing
their region, prioritize actions
that will revitalize activity, and
rebuild social ties, while also
locating the resources needed
to achieve these goals together. We recently set up a team
dedicated to social innovation
to lead these eforts.•
WHAT IS
SOCIAL
INNOVATION?
“Social innovation consists
of coming up with innovative
responses to new or poorly
served social needs (…) that
actively engage (…) the users.
These innovations concern
the product or service as well
as the organization or distribution method in fields such
as aging, early childhood,
housing, health, poverty reduction, exclusion, etc.”
Conseil Supérieur de
l’Économie Sociale et Solidaire
(CSESS), 2011
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
MAY 24-26
2018 PARIS
TF1 Group accelerates
its transformation
through the MediaLab
IT security:
A citadel to improve
communications
From an acceleration program at Station F to the
launch of its One Innovation investment fund, for
more than two years the TF1 Group has ramped
up its collaborations with the startup ecosystem to
accelerate its digital transformation. Check in with
the Group at VivaTech to learn more!
—What is Citadel?
Laurent Duquesne › Citadel
has been specially designed
for companies and administrations that have to deal with the
scourge of “shadow IT”—external IT systems used by employees for work purposes. It’s
dangerous because the company loses all control over who
can access or use their data and
where their data is stored. With
Citadel, Thales ofers a trusted
collaborative mobile application
for secure and transparent data
exchanges: group chats, instant
messaging, calls and videoconferences, ile sharing, etc.
F
or the third year in a row, TF1 will
represent the media industry at
VivaTech with a MediaLab decked
out in the colors of the year’s biggest sports event: the 2018 FIFA World Cup™.
You can notably discover the exclusive MYTF1
VR FIFA World Cup™ virtual reality app.
THE EXCLUSIVE MYTF1 VR 2018 FIFA WORLD
CUP™ VIRTUAL REALITY APP
As the oicial broadcaster of the FIFA World
Cup™, TF1 is always developing ambitious innovations for the competition: 4K broadcasts
of matches on its TV channel, augmented reality content on its digital platforms and more.
This year, the Group will release the irst virtual
reality application for the World Cup, MYTF1
VR FIFA World Cup™, available on June 14.
This exclusive immersive experience takes
users inside the stadium to watch the top
matches from virtual VIP box seats: 180° views
of the pitch, real-time statistics and access to
exclusive 360° content. Come check it out!
THREE QUESTIONS FOR…
Laurent Duquesne,
Intrapreneur & CEO @Citadel – Thales
Sports tech in all its glory at the MediaLab with the
MYTF1 VR FIFA World Cup™ virtual reality app.
The MediaLab will also host some 30 startups,
including several from the acceleration program at Station F.•
—How was Citadel developed?
LD › Citadel was developed
within the Thales Digital Factory, a center of excellence for
the Group’s digital technologies,
with the aim of accelerating the
digital transformation for its
customers. Among its various
missions, it incubates internal
and external startups. The Citadel
V
aleo, as an automotive supplier,
develops technologies that are
central to the three revolutions
currently transforming automobiles: vehicle electriication, autonomous vehicles and digital mobility.
One in every three cars worldwide is already
equipped with a Valeo electric system that
helps to limit its CO2 emissions. In terms of
intuitive driving, Valeo ofers the most extensive range of sensors on the market, including the irst and only laser scanner to be mass
produced. Its automated parking systems have
already been integrated into more than 12 million vehicles worldwide.
Valeo has performed several world irsts with
its autonomous vehicles, including 24 hours
around the Paris beltway and tours of Europe
and the United States. Finally, the company also develops digital solutions to improve
everyday comfort for car users, such as Valeo
In’Blue®, a securely shareable virtual smart
key for locking, unlocking and starting a vehicle from a smartphone.
Valeo invested nearly €1.9 billion into R&D in
2017, representing 12% of its original equipment sales. In 2017, the automotive supplier
once again took irst place in France’s INPI
ranking with the most patents iled in France.
Innovation is clearly instrumental in driving
Valeo’s growth, with products introduced
less than three years ago representing 50% of
order intake in 2017. •
“Innovation is the engine
of our growth.”
Guillaume Devauchelle,
Vice-President Innovation
and Scientiic Development at Valeo
Learn more: citadel.team
CITADEL IN BRIEF
With ANSSI-qualification pending, the application ofers instant messaging, encrypted telephone services (voice and conference), and document-sharing capacities with a high level of
security for sharing data (messages, documents)
both internally and externally.
The service is available on mobile (in the iOS and
Android stores) and on the web or through PC
and Mac desktop applications.
Human beyond digital, that’s how we think of our business and our approach to innovation. It’s also the topic of our Lab at VivaTech. Discover
future technologies, demos, meetings and immersive experiences that
put people at the center of technology. We can’t wait to meet you!
1
Valeo has equipped 12 million vehicles with
its automated parking systems
—Who can use Citadel?
LD › Citadel applications can be
accessed by anyone with a work
email address. Citadel specifically targets organizations that
need to secure their data. We
offer a freemium model, with
a free version that is available
to all professionals, combining
all the essential features (chat,
group chat, file sharing). Advanced features (fleet management, telephony) are available
by subscription. We will also
ofer business-oriented services through a set of integrated
applications. Thales employees
have used Citadel for more than
18 months—a sign of their conidence. •
Top 4 reasons
to visit the VINCI
Energies Lab
Inventing tomorrow’s
mobility today
Meet us at VivaTech to discover all Valeo’s
technologies that are helping develop the electric,
autonomous and connected vehicle.
team is one of the internal startups using a user-centric and design-centric approach.
Observe
energy
transition and digital transformation
in action. At the intersection
of these two revolutions and
our expertise, we’re setting
up our ecosystem of partners
who’re making a diference—
startups, universities and corporate partners—and are waiting to meet you at VivaTech.
You’ll ind us on our Lab, but
also at VINCI Energies—Total
at the Afric@TECH Lab.
2
Understand how
technologies step
aside and place
people at the center. This is
what we mean by Human beyond digital. Technologies in
our businesses are all impacted by artiicial intelligence
(AI): cobotics, cybersecurity,
face and voice recognition,
machine learning, etc. Eventually, AI will help make technologies more transparent
to put people at the center,
while focusing on uses,
needs and services to deliver
new tools to help them make
the right decisions.
3
Meet more than
40 startups from
12 countries at our
Lab. Industrial cybersecurity
with Sentryo, virtual reality
with the Israeli startup Skillreal, AI with XXII, nanosensors
with FeelIT Technologies and
predictive maintenance with
Monixo. Come discover the
technologies and applications of the future.
based on its businesses. Also
discover the Nomad Mapping
System from Omexom, a mobile 3D solution that collects
data and an automated industrial inspection demonstration
with cobotics and augmented
reality. And you can vote for
your favorite startup with the
Heasy robot. •
4
Dive into the digital experiences of
the future. Be prepared to be surprised. VINCI
Energies invites you to step
into the cockpit of the Smart
City Command Center, an interactive and immersive game
#VivaTech
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networks
9
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
HALL OF TECH
L’Oréal
The New
Beauty
Experience
Immerse yourself in new digital
beauty experiences on a journey
across three areas of daily life –
a bathroom, a hair salon and a
boutique. In each area, L’Oréal
brands will display a range of personalized products, connected devices, as well as beauty services
fueled by augmented reality and
artificial intelligence. Among the
innovations presented, L’Oréal
will showcase a smart mirror experience which allows visitors to
virtually try on makeup and find
makeup looks based on their outfit. This prototype technology
has been designed exclusively for
Viva Technology by ModiFace and
L’Oréal’s startup partner MemoMi.
Facebook
Supporting innovative
people and ideas
Explore concepts in artiicial intelligence from Facebook
AI Research, hear about the success of their startups at
Startup Garage at Station F, and learn about the digital
skills trainings they offer to help make ideas reality.
Groupe Bouygues
Flowell
HALL
OF
Flowell eases lane traffic by
giving a set group of users
priority at certain periods of
time during the day. This includes turning delivery zones
into parking lots at night,
creating temporary dropoff zones and improving the
safety and visibility of pedestrian crossings
VivaTech is more than a place to hear about
the latest innovations that are transforming
the way we work and play: it’s a place to experience them. Our Hall of Tech, a living display of tech premieres, global launches and
showcases, welcomes guests into the future.
The Hall of Tech gives way to a central arena
featuring demos of drone flights, robot dance
shows, robot fights, a sparkling musical setlist
of the brightest new talent, today’s most advanced VR/AR and AI experiences, and a main
stage that spotlights keynote speakers, awards
and pitches.
#VivaTech
Follow us on
social
networks
SoftBank Robotics
Microsoft
Pepper Android
and NAO6 Unveiling
Equadex, a Tool
for Children with Autism
Spectrum Disorder
SoftBank Robotics, worldwide leader in humanoid robotics,
will present its new Pepper Android during Pepper World
Paris. The 2018 edition will take place for the very first time
at VivaTech. This annual event is meant to give the opportunity to discover Pepper’s capabilities and uses in business
and education through applications developed by 16 of our
certified partners. The new NAO6 will also be unveiled.
Side Event: Viva on the Docks
by VivaTech & Uzik
V
iva on the Docks is the unmissable rendezvous to wind down after your day at VivaTech.
As an afterwork, Flow and its its terrace will welcome you alongside the River Seine. Then, for
the bravest, the party will continue at Debonair, Paris’ largest rooftop, and Garage, a Berlin style club.
THURSDAY AND FRIDAY
› OPEN TO ALL VIVATECH
ATTENDEES AND
PARTNERS
› From 19:00 to 22:00 @Flow, Quai d’Orsay (Subway Invalides)
› From 22:00 to 04:00 @Debonair and Garage, Quai d’Austerlitz
(Subway Quai de la Gare or Gare d’Austerlitz)
Free entrance and one cocktail for those who register.
Register on: votd.uzik.io
Equadex provides communication tools for nonverbal children
on the autism spectrum through a mobile app named Helpicto,
enhanced with artificial intelligence.
More information on Microsoft AI at Vivatech: aka.ms/VivaTech.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
MAY 24-26
2018 PARIS
Sopra Steria
Digital Twin
Factory
IBM
Lenovo
IBM’s Quantum
Computer
Lenovo Mirage™
Solo wi
headse
The new standal
Daydream™ head
including with the
The Wild Immers
enables you to ca
and then relive the
PE RASTOIN
Quantum computers are incredibly powerful
machines that take a new approach to processing information. Powered by IBM Cloud, the
IBM Q System, one of the most advanced, scalable universal quantum computing systems
available, ushers in a new era of innovation
and opens remarkable opportunities in many
industries.
Air Liquide
Industry 4.0: Smart Innovative
Operations Center
Industry 4.0: Smart Innovative Operations Center, the Air Liquide remote operation
center combining big data with human intelligence, enables to adapt in real time
the production of plants, optimize energy consumption and improve reliability leveraging predictive maintenance.
KPMG
KPMG VR
Studio:
DecisionMaking in
the Workplace
of the Future
CAREWAN BY KPMG
This factory mock-up, equipped with numerous sensors, is
connected to its digital 3D Model
to illustrate the concept of digital twins. This project simulates
the manufacturing environment
(physical and real) that creates
the product. This process allows
a simulation by extension in a
virtual environment before implementing modifications in the
manufacturing process, without
stopping production.
Carewan by KPMG VR experiential
journey offers an immersive experience that stresses the impact of
emotions in the decision-making
process, especially in a tech work
environment.
VR Park
A
150m2 space dedicated to virtual
reality (VR). Come and live exclusive
immersive experiences with the
MK2 VR Pod & ScanPyramids VR: discover the
secrets of the ancient Kheops pyramid and its
hidden rooms.
Sponsored by Alibaba Group
Robot Park
C
ome and discover 10 star robots in
their very own specialized space!
Make the acquaintance of Cybedroid,
Hease Robotics, Inmoov, MIP Robotics,
Robot Livreur (La Poste Group), Rovenso,
Unsupervised... and many more!
Mobility Park
T
he place where smart and sustainable
new mobility solutions are invented
and put to the test! Come and see:
E.V.A., Seabubbles, Navya Keolis, Coup, Ujet,
Kickmaker, Inoveli... and much more!
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
MAY 24-26
2018 PARIS
HALL OF TECH
LUDOCARE
JOE makes it easier
to treat children with
asthma
LUDOCARE empowers people in their
day-to-day care with playful solutions. Its
irst product, JOE, is a connected robot
companion. He helps children with asthma
to follow their daily medicine routines.
Keecker
The first
multimedia
robot for
home
Keecker is the irst voice-activated
robot that disrupts the entertainment,
communication and security of your
home.
UniExo
DISCOVERY
Modular
robotic
exoskeleton
Interact with robots, drones, VR & AR, connected objects,
and as-yet unclassifiable hardware in Discovery, our area
dedicated to amazing demos by the most creative
entrepreneurs and visionaries.
Sponsored by EDF
UniExo aims to help people with injuries and
movement problems to restore the motor
functions of their bodies with modular robotic
exoskeleton devices. Our device gives a new
hope to people with disabilities and special
movement problems for quick rehabilitation
after injuries.
Gyrolift
Inclusive
mobility
Gyrolift is a universal solution for inclusive
mobility based on the combination of a
Segway and a Robotic Module.
Helper
Rescue drone
at sea
Unsupervised A.I.
Beyond delivery
The HELPER is a #MadeInLandes drone
designed to assist in rescue procedures at
sea. This drone, approved by the DGAC
(the French General Directorate for Civil
Aviation), deposits a self-inflating buoy close
to a person in diiculty.
Unsupervised A.I. conceives and produces
intelligent robots to revolutionize delivery.
Whether it is delivering parcels to houses or
sending items between diferent locations
in factories and warehouses, we change the
delivery world. Come and meet Unsupervised
A.I.’s two robots, Aida and Maryam!
Cybedroid
Welcome to
the robot era
LONO
KubeKo box
In order to provide households and public
institutions with an adapted and eicient
sanitation service, LONO has designed and
tested a compact, modular and easy-touse solution: the KubeKo Box. The KubeKo
converts organic waste into compost and
biogas for cooking.
The Cybedroid company was founded
by three robotic enthusiasts in 2011 to drive
their vision of a world where robots could
relieve humans of menial tasks, support
them in their day-to-day lives,
and ultimately provide companionship.
MEDICSEN
AI for diabetes
MEDICSEN is a health-tech company focused on closing the
loop of diabetes treatments (and automating it) with a glucose
prediction algorithm, an easy chatbot interface to promote patient
interaction through a smartphone app and a needle-free insulin
smartpatch to deliver insulin.
Zephyr Solar
Aerial autonomous
energy platforms
12
Zephyr Solar designs aerial autonomous energy platforms that
take the form of rapidly deployable solar balloons. Our aerial
platforms integrate embedded functionalities made autonomous
in energy thanks to ultralight solar panels covering our balloons.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
EMPOWERMENT
SPECIALIZED
PROGRAMS
TO EMPOWER
YOU
VivaTech wants to empower all visitors to make the
most of the opportunities ofered by technology.
Mentoring, coaching, recruitment, diversity, women
in technology, coding for kids... Take part in our
numerous programs to develop your digital skills and
network, find your dream job or boost the growth of
your startup with the best mentors.
#VivaTech
Follow us on
social
networks
#GirlPower Session
The big Girl Power conference with ELLE gathers on Saturday 10 inspiring
female speakers to encourage today’s young women to get involved in
entrepreneurship, coding and scientiic occupations, among them: Axelle
Tessandier, Founder of AXL Agency, Céline Lazorthes, Founder and CEO of
Leetchi, Samantha Jerusalmy, Partner at Elaia Partners and Fleur Pellerin,
Founder of Korelya Capital. Saturday, May 26 • 10:50 / 11:25 • STAGE ONE
Equality Lounge
Gender equality and diversity in the tech industry are crucial in today’s world
and businesses are now powerful drivers for social change. The Equality Lounge,
powered by Salesforce, will ofer interactive panel sessions about women in
technology, diversity and corporate equality programs. Network with the best
experts on diversity and learn useful tips to become an Equality Ally.
Talent
Connect
Account Manager, Business
Developer, Digital & CRM
Manager, Full Stack developer...
More than 400 job ofers
are waiting for you on Talent
Connect, Viva Technology’s
jobboard developed by
ManpowerGroup! Meet the
HR teams of VivaTech’s partner
companies (large corporations
and startups) and beneit from
ManpowerGroup’s expert
advice in the Talent Connect
area.
More info on
www.talentconnectvivatechnology.com
Mentor Lounge
Looking for an incredible mentor to help grow your business? The Mentor
Lounge, powered by CCI Paris Ile-de-France, will enable you to connect with
outstanding entrepreneurs willing to guide you to success. Marketing, sales,
funding, HR... they all have their own areas of expertise! Come and discover
how to boost your development with mentoring.
Nos Quartiers
ont des
Talents
Talents.START
by Les Echos START
Les Echos START organizes the irst edition of Talents.START
at VivaTech to reward young entrepreneurs or promising
intrapreneurial projects. Eight winners will be awarded in
four categories: social entrepreneurs, entrepreneurs, business
intrapreneurs and intrapreneur engineers.
Since 2006, Nos Quartiers ont des Talents
(NQT) has been building bridges between
companies and young graduates, for more
equality towards employment. During
VivaTech, NQT ofers young graduates
the opportunity to meet business experts,
sponsors of the NQT association, to discuss
their professional project and job search
tools: resumé, cover letter, recruitment
interview, network, etc.
13
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
ACCELERATE
MEET, PITCH,
AND GROW
Being the best and brightest of global tech needs
collaboration - VivaTech ofers startups insider
access to the best corporate partners, investment
funds and accelerators in the world. Everything that
boosts startups business is at VivaTech. Not only will
you build strong industry relations to take startups
to the next level, but you can also scout next
generation talent!
#VivaTech
Follow us on
social
networks
INVESTORS
ECOSYSTEM PARTNERS
V
S
ivaTech attendees are granted on-site
access to 1,400 investors from all over
the world. The best investment funds will
be attending, among them: Accel Partners,
Atomico, Balderton Capital, e.ventures,
Earlybird venture capital, Index Ventures,
Insight Venture Partners, Index Ventures, JVP,
General Atlantic, Partech Ventures. Use the
VivaTech App to get in touch with the VCs you
would like to meet. Our top funds will hold
oice hours in a closed-of dedicated area.
tartups at all stages of development
are ofered a boost with more than
250 partners in the attendance. Discuss
with top accelerators from all over the world.
With the attendance of Alchemist, HAX,
Mass Challenge, Plug and Play, Skydeck,
Rocketspace and Techstars, VivaTech has
the best ecosystem partners in the world
including French leaders NUMA and The Family.
In addition, we’ve gathered top consultants,
mentors and scale ups founders to solve your
trickiest growth problems and share their
insightful experiences. The Scale up Lounge
will feature a series of talks and one-to-one
coaching sessions to help you level-up your
business and become a unicorn.
STARTUPS FROM
COUNTRIES
STARTUPS
FROM REGIONS
T
7
his year, 20 pavilions from the best
ecosystem in the world will join VivaTech
as exhibitors. The most innovative countries
such as Israel, South Korea or Japan will
attend. Our main european partners as well
with the attendance of Italy, the UK and
Germany. Five African countries will also be
represented in the Afric@Tech zone: Rwanda,
Tunisia, Marocco, Nigeria and South Africa.
major French regions will present the
most promising startups through demos,
networking opportunities and pitches.
The regions will also be presenting turnkey solutions for setting-up and thriving in
France, including 2 open innovative labs from
Région Centre-Val-de-Loire in GovTech and
Région Auvergne-Rhône-Alpes in AgriTech
and pavilions from Ile-de-France, Nouvelle
Aquitaine, Provence-Alpes-Côte d’Azur,
Grand Est and Bourgogne-Franche-Comté.
Startup Pitches
and Challenges
Startups have every occasion to grab the limelight
at VivaTech, with more than 50 sessions and prizes
being handed from our prestigious partners.
Samsung
Klépierre
Bring the Power of AI to the Real
World
Samsung Electronics has a breadth
and depth of markets that is hard to
match. From cell phones, laptops, and
tablets to home appliances, and the
semiconductor components that go
into making technology smarter. As
we look to extend the capabilities of
these products, as well as to push into
new markets, we see Artiicial
Intelligence (AI) as a vast source of
potential to create smarter, simpler,
and more meaningful interactions
with the world around us through the
devices we love.
Shopping Centers as Value Creators
for Local Communities and the
Environment
Klépierre shopping centers drive around
1.1 billion visitors every year which is
generating big opportunities for our CSR
initiatives. ACT FOR GOOD WITH
KLEPIERRE reconciles the requirements
of operational excellence with
environmental, local and social
performance. Klépierre’s major priorities
are based upon the planet, territories and
people. As local actors, Klépierre’s
shopping centers’ ambition is to enrich
their communities’ experiences. Their
responsibilities are to deliver shared value,
drive sustainable involvement and open
up new opportunities for communities.
This is in keeping with their irst promise:
a shopping mall with a positive impact.
The prize: Collaboration reward
with Samsung on AI.
Thursday, May 24 • 11:30 / 13:00 •
PITCH A
The prize: €10,000 in funding, pilot
tests of their ideas in Klépierre’s malls,
as well as personalized meetings with
the Group’s major retailer partners,
1 Cloud Lab session with Microsoft.
Friday, May 25 • 09:30 / 12:30 •
PITCH B
Métropole du Grand
Paris (City Hub)
Help Transform Our Cities into
Vibrant, Intelligent, Resilient and
Inclusive Places
Creating the Métropole du Grand
Paris is an opportunity to look to the
future, to anticipate the uses, services
and urban spaces of tomorrow. It’s
about designing the 21st century
metropolis, a territory in touch with
the major urban, social and
environmental issues thanks to
startups and innovation players
across 4 tracks:
- Vibrant and attractive metropolis
- Intelligent metropolis
- Resilient metropolis
- Inclusive metropolis
The prize: collaboration with
Métropole du Grand Paris including
the following: a residency in the
Essca incubator, participation in a
3-month incubator program by Paris
& Co, admission to the So Digital
Booster and possibility for on-thespot experimentation, opportunity
to experiment in the “digital
explorers” Metropolis Program.
May 24-26 • CITY HUB
TechCrunch Hackathon
echCrunch and VivaTech have partnered up to
organize the largest Corporate Hackathon in Europe,
bringing together 1,000 hackers for 24 hours. Groupe
Renault, IBM, leboncoin, Microsoft, Talan & Gefco will
challenge hackers and the best projects will be awarded
with prize money, incubation, hardware, and lots of
surprises! TechCrunch will also award the most awesome
project with a €5,000 reward and tickets to TechCrunch
Disrupt 2018. Catch the teams ahead of their sleepless night
working towards the best hack!
Friday, May 25 • 15:00 > Saturday, May 26 • 13:00 •
TECHCRUNCH HACKATHON, 1st FLOOR: Prototyping Phase
Saturday, May 26 • 15:00 / 18:00 • CEO FORUM: Project Presentations & Awards Ceremony
T
14
T
he LVMH Innovation Award
supports emerging entrepreneurs & stimulates fresh
ideas by scouting path-breaking talents & accelerating their
growth. Over 800 startups from
more than 50 countries have
applied for a chance to present
their disruptive ideas on the
LVMH stand, and to be granted
privileged access to networking
opportunities within the Group
and its Maisons.
From 30 preselected contestants, the prestigious prize will
celebrate the most creative
startup in line with the Group’s
business activities in areas such
as sourcing, retail, product design, and customer experience,
with Bernard Arnault, Ian Rogers
& other industry stalwarts in attendance.
Friday, May 25 • 10:00 / 11:15 •
STAGE ONE
A PRESTIGIOUS JURY:
› Bernard Arnault,
Chairman & CEO, LVMH
› Alexandre Arnault,
CEO, RIMOWA
› Ian Rogers,
Chief Digital Oicer, LVMH
› Alex Da Kid,
Grammy Award-Winning
Music Producer
› Ginni Rommety,
Chairman, President and
Chief Executive Oicer, IBM
› Jimmy Iovine,
Co-CEO, Beats Electronics
› José Neves,
Founder & CEO, Farfetch
› Peggy Johnson,
Executive Vice President,
Business Development,
Microsoft
› Richard Liu,
Founder, Chairman & CEO,
JD.com
TechCrunch Startup
Battleield
echCrunch will host Startup Battleield Europe
sponsored by Michelin at VivaTech on May 24th
to ind the best startup in Europe! 15 pre-selected
startups by TechCrunch will battle it out by pitching
their project in front of a live jury. The winning startup
will receive €25,000 prize money plus an all-expenses
paid trip for two to compete at Disrupt San Francisco
Battleield in September 2018.
Thursday, May 24 • 09:00 / 13:00 •
PITCH B: Preliminary Rounds
Thursday, May 24 • 18:00 / 20:00 • STAGE ONE: Final Round
T
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
THANKS TO OUR 2018 PARTNERS
AMBASSADOR
PARTNERS
AMBASSADOR PARTNERS
Fonds d’expertise d’entrepreneurs
SEED
Innovation
to Health
Les Pépites Tech
INTERNATIONAL
PRIVATE EQUITY
MARKET
astorya.vc
ACCELERATE
BUSINESS
PARTNERS
ACCELERATE
BUSINESS PARTNERS
Good iD
LeLab
DATA DRIVEN MARKETING
O
Octomine
France
Make he future. Today.
Powered by
PTGEM
SEED.UP
Bounty Fact ry
Innovation Management Solutions
by
OFFICIAL
OFFICIAL SUPPLIERS
SUPPLIERS
leetd3sign
ACADEMIC
PARTNERS
ACADEMICS
PARTNERS
15
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THANKS TO OUR 2018 PARTNERS
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PARTNERS
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GOLD
EXPERIENCE
EXPERIENCES
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HR PARTNER
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STRATEGIC
STRATEGIC
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HOSTING
HOSTING
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VIVALOUNGE
VIVALOUNGE
PARTNER
PARTNER
MEDIA
PARTNERS
MEDIA PARTNERS
AFRIQUE MAGAZINE
HALL
OFOF
TECH
HALL
TECHPARTNERS
PARTNERS
SMART MORPHOSIZING
HEALTHY MIND
®
16
®
Experience the Future
on Saturday May 26
Venez vivre le futur
ce samedi 26 mai
On May 26th at Paris Porte de Versailles, VivaTech is opening its doors to the public. Come
experience the latest innovations, and meet the tech world’s most inspiring companies
and personalities! Watch drone races, meet human-like robots, understand artificial intelligence, travel in self-driving vehicles, and more. Take this golden opportunity for an exciting look into the world of tomorrow! At VivaTech, more than 70,000 visitors and thousands of startups, executives, and thought leaders from around the world are all gathered
under the same roof to celebrate innovation.
Le 26 mai à Paris Porte de Versailles, VivaTech vous invite à tester les dernières innovations
et rencontrer les entreprises et les personnalités les plus inspirantes du monde de la tech !
Venez assister à des courses de drônes, rencontrer des robots humanoïdes, comprendre
l’intelligence artificielle, voyager à bord de véhicules autonomes… L’occasion rêvée de
comprendre le monde de demain tout en s’amusant! VivaTech c’est 70 000 visiteurs, des
milliers de startups, dirigeants et leaders d’opinion du monde entier réunis sous le même
toit pour célébrer l’innovation.
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