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Les Echos - 28 05 2018

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Maison d’Épargne et de Valeur
dnca-investments.com
Start-up Le Salon
VivaTech 2018
enregistre un
record d’affluence
// NOTRE SUPPLÉMENT DE 8 PAGES
LIRE NOS INFORMATIONS PP. 24-25
L’ESSENTIEL
BERCY VEUT RÉDUIRE LES
FONCTIONNAIRES À L’ÉTRANGER
LE QUOTIDIEN DE L'ÉCONOMIE // LUNDI 28 MAI 2018 // LESECHOS.FR
L’horizon social
se dégage pour Macron
Près de 10 % des effectifs sont
concernés. Les discussions avec
le Quai d’Orsay s’annoncent
rudes. // P. 3
l Conforté par la faible mobilisation de la rue, l’exécutif espère la fin du conflit à la SNCF.
l Le chef de l’Etat a déjà les yeux tournés vers une « nouvelle phase » de réformes.
BACS PROFESSIONNELS :
LE PLAN BLANQUER
ne sortie de crise qui se dessine à la SCNF après la
confirmation d’une reprise de sa dette par l’Etat à
hauteur de 35 milliards – un casse-tête pour les
comptes publics. Une faible mobilisation de la rue samedi,
très loin de la « marée populaire » promise. Et un exécutif qui
se sent conforté. Depuis la Russie, Emmanuel Macron a pré-
Le ministre présente ce lundi sa
réforme de la voie professionnelle . Il veut regrouper 50 spécialités de bacs professionnels
en 15 « familles de métiers ».
U
venu qu’« aucun désordre » ne saurait « arrêter » les réformes. A l’approche de la coupure estivale, l’Assemblée est en
surchauffe. Et quand les Français ont les yeux rivés sur la
réforme ferroviaire et Parcoursup, le chef de l’Etat est déjà
passé aux étapes suivantes. « On va engager une nouvelle
phase », dit un de ses proches. Notamment la réforme de
l’Etat, au menu d’un séminaire gouvernemental à l’Elysée ce
mercredi, et celle des retraites. Des chantiers à hauts risques
alors que, selon les sondages, les Français attendent toujours des preuves sur la capacité d’Emmanuel Macron à
obtenir des résultats. // PAGES 2-3, 17
ET L’ÉDITORIAL D’ÉTIENNE LEFEBVRE PAGE 8
// P. 4
ENTREPRISES
& MARCHÉS
THALES HOSTILE
À UN AIRBUS DES MERS
Inquiet pour son activité radar, le
patron de Thales, Patrice Caine,
est hostile au rapprochement
entre Naval Group et Fincantieri.
Le spectre d’une crise financière
hante à nouveau la zone euro
MARCHÉS Sur fond d’incertitudes politiques, les taux espagnol et italien
se tendent. Les Bourses reculent, l’euro est au plus bas depuis six mois.
// P. 17
MONDIAL DE FOOTBALL : TF1
DEVRAIT LIMITER LES FRAIS
Selon les estimations, la Une
pourrait toucher entre 40 et
80 millions d’euros de recettes
publicitaires nettes. // P. 22
L’Europe
relance son
union bancaire
FINANCE. Les ministres européens de
l’Economie ont adopté vendredi un
« paquet bancaire », qui encadre les
pratiques des établissement de crédit.
Fruit d’un compromis entre Paris et
Berlin, cet accord est une nouvelle étape
dans l’union bancaire. Mais il n’est toujours pas question d’une mutualisation
des risques réclamée par l’Italie et
l’Espagne. « Un nouvelle dynamique se
met en place », veut croire Olaf Scholz,
le ministre des Finances allemand.
// PAGE 6
VOITURES AUTONOMES : CE
QUE VEULENT LES ASSUREURS
Les professionnels demandent
l’accès aux boîtes noires des véhicules en cas d’accident. // P. 29
CARNET // P. 33
Quel avenir pour
la croissance ?
SNCF : plusieurs
régions s’apprêtent
à ouvrir leurs lignes
à la concurrence
L’analyse de
Jean-Marc Vittori
// P. 26
Shutterstock
Il flotte à nouveau comme un parfum de
crise de la zone euro sur les marchés. Après
l’Italie, c’est au tour de l’Espagne d’affronter
les doutes des investisseurs. La Bourse de
Madrid a perdu vendredi jusqu’à 2,4 % après
l’annonce du dépôt d’une motion de censure
contre le gouvernement. Les fonds actions
italiennes, eux, ont enregistré des sorties nettes de capitaux record alors que les marchés
s’interrogent sur le programme économique
de la coalition populiste, qui tentait dimanche de former un gouvernement. La montée
SUR
du risque politique dans les pays périphériques pourrait réveiller le spectre d’une nouvelle crise de la région. L’euro est d’ailleurs
retombé au plus bas depuis novembre 2017.
// PAGE 30 ET L’ÉDITORIAL
DE GUILLAUME MAUJEAN PAGE 8
Les croissances française et
mondiale ont passé un pic fin 2017.
Elles semblent revenues sur un
plateau. Mais des volcans sont prêts
à bouleverser le paysage, écrit
Jean-Marc Vittori.
// PAGE 8
Logiciel de gestion d’entrepôt
DOMINIQUE SEUX
DANS « L’ÉDITO ÉCO »
À 7H45
DU LUNDI AU VENDREDI
L’entrée du site parisien. Photo Thomas Samson/AFP
LafargeHolcim ferme ses
sièges de Paris et de Zurich
Deux cents suppressions d’emplois
sont prévues, dont la moitié à Paris.
ISSN0153.4831
NUMÉRO 22703
110e ANNÉE
34PAGES
Antilles Réunion 3,70 €. Guyane-St Martin
4,80 €. Belgique 3, 20 €. Espagne 4 €.
Grande-Bretagne 3£40. Grèce 3,70 €. Italie
4 €. Luxembourg 3,40 €. Maroc 28 DH. Suisse
5 , 4 0 F S . Tu n i s i e 4 , 5 T N D. Z o n e C FA
2.800 CFA.
BTP Après une semaine de rumeurs, le cimentier vient d’officialiser
la décision de fermer ses deux sites au profit d’une implantation
plus petite dans son berceau historique, le village de Holderbank, et
d’une autre à Zoug, connue pour sa fiscalité favorable. A la clef,
200 suppressions d’emplois, dont la moitié à Paris. // PAGE 16
Tel. 01 60 11 92 92 • www.mecalux.fr/software
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02 //
Lundi 28 mai 2018 Les Echos
FRANCE
POLITIQUE
Macron, l’œil rivé sur les pro
Macron-Mélenchon :
la victoire, vue de face
Pour la deuxième fois, Mélenchon rate son rapport
de force social avec Macron. Mais le climat n’est plus
le même qu’après le premier round de l’automne.
LE FAIT
DU JOUR
POLITIQUE
Cécile
Cornudet
’histoire bégaie parfois.
Au moment où il
regrette d’avoir concédé
un « point » à Emmanuel
Macron en octobre, Jean-Luc
Mélenchon doit lui en
reconnaître un deuxième sept
mois plus tard. La « marée
populaire » est restée bien
basse ce samedi. Code du
travail, SNCF : même ambition,
même échec. Avoir joué
l’alliance plus que l’OPA avec la
CGT n’y a rien changé,
Mélenchon a bu la tasse.
Mélenchon-Macron, quand
l’un des deux adversaires rate
sa cible, l’autre crie victoire.
Mais de quelle victoire s’agit-il ?
Facialement, c’est la même. La
gauche de la gauche n’a pas
réussi à freiner l’exécutif dans
son ambition de réforme. JeanLuc Mélenchon est même plus
affaibli aujourd’hui qu’il ne
l’était à l’automne. La jauge de
samedi lui fait frôler
l’humiliation : François Ruffin
avait réuni plus de monde le
5 mai à Paris dans sa « fête à
Macron » (38.900 selon le
comptage indépendant
Occurrence) que lui trois
semaines plus tard (31.700). A
la fin de l’automne, l’exécutif en
avait tiré une leçon : la voie est
libre, on peut foncer. Il avait
Dessin s Fabien Clairefond pour « Les Echos »
L
multiplié les annonces de
réformes et adopté la méthode
du bélier. Pas la peine de perdre
du temps à écouter les
organisations syndicales,
même réformistes, quand
l’opinion veut le mouvement.
Une victoire plus tard, la
situation a changé. La rue n’a
pas fait masse, mais les
expressions se sont
radicalisées. Dans les slogans,
les caricatures du chef de
l’Etat, les affrontements avec la
police, une violence nouvelle
est apparue, incontrôlable.
Dans l’opinion aussi, quelque
chose, incidemment, a bougé.
La lassitude politique ne s’est
pas dissipée. Un an après la
présidentielle, les Français
continuent à se tenir très loin
de tout ce qui touche à la
politique, mais leur regard sur
Emmanuel Macron s’est durci.
S’ils veulent des réformes, ils
sont aussi deux sur trois à
« souhaiter que le
gouvernement dialogue
davantage », insiste Bernard
Sananès, de l’institut Elabe.
Deux victoires peuvent se suivre
et ne pas se ressembler. Quelles
leçons l’exécutif tirera de celle
qu’il vient de remporter ? Des
réformes, assure-t-il déjà
(retraites, Etat…). Et le bélier ?
C’est moins sûr. Une bonne
partie du groupe LREM rêve
d’une année 2 du quinquennat
plus en rondeurs. Il reçoit
d’ailleurs ce mardi Laurent
Berger, le leader de la CFDT,
pour débattre de la loi Pacte.
ccornudet@lesechos.fr
en bref
La gauche pilonne Gérard Collomb
POLITIQUE Les propos du ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb,
qui a invité samedi les manifestants à se départir de « leur passivité »
face aux « casseurs », ont suscité dimanche des réactions outrées à la
gauche de la classe politique. Le premier secrétaire du Parti socialiste,
Olivier Faure, qui n’a pas participé à la manifestation, a fustigé des
propos « irresponsables ». « Je pense que Gérard Collomb est un ministre qui n’est pas à la hauteur de la fonction qu’il occupe », a-t-il tranché
sur RTL. Le chef de file de Génération. s, Benoît Hamon, qui était dans
la rue, a appelé la police à protéger les manifestants « au lieu de nous
faire porter la responsabilité du comportement de quelques-uns ».
Medef : l’IUMM fait l’éloge de Saubot
PATRONAT Ce n’est pas une surprise : le président de la puissante fédération de la métallurgie, Philippe Darmayan, a
annoncé son soutien à la candidature d’Alexandre Saubot, son
ex-président, dans la course à la tête du Medef. « C’est un vrai
entrepreneur au cuir tanné, qui a su prendre les bonnes décisions
dans les périodes les plus difficiles. Il maîtrise ses dossiers sur le
bout des doigts, tant sur l’économie que sur le social », a-t-il célébré dans le « JDD ». Bruno Cavagné, le président de la FNTP,
proche de l’UIMM, avait déjà jugé vendredi, dans « Les Echos »,
que Saubot était « le mieux armé pour incarner le Medef ».
RETROUVEZ DANIEL FORTIN
RÉDACTEUR EN CHEF DE LA RÉDACTION DES ECHOS
DANS LE JOURNAL DE 8H D’EUROPE MATIN
PRÉSENTÉ PAR PATRICK COHEN
#E1Matin
l La faible mobilisation de la rue
et la sortie de crise qui s’esquisse
à la SCNF confortent le chef de l’Etat.
l Même si l’équilibre reste fragile,
il a déjà les yeux tournés vers une
« nouvelle phase » de réformes.
Grégoire Poussielgue
@Poussielgue
« Aucun désordre ne m’arrêtera. »
Depuis Saint-Pétersbourg, vendredi dernier, sur l’antenne de
BFMTV, Emmanuel Macron a
redit sa détermination à ne pas laisser sa politique perturbée par les
nombreuses manifestations qui
agitent le pays. L’échec de la
« marée populaire » organisée
samedi un peu partout en France
– seulement 31.700 manifestants à
Paris – à l’appel de plusieurs partis
et syndicats de gauche, La France
insoumise et la CGT en tête, le conforte. Comme la faible mobilisation des fonctionnaires, le 22 mai.
« Le pays profond n’est pas crispé »,
avait glissé le chef de l’Etat à l’un de
ses proches la semaine dernière.
L’échec de la manifestation a
d’abord permis au Premier ministre, Edouard Philippe, de s’offrir une
petite phrase et d’ironiser dans le
« JDD » sur le « petit coefficient de
marée ». Même si Jean-Luc Mélenchon veut croire que « la marée fera
des petits », l’incapacité de l’opposition de gauche à mobiliser ne peut
qu’inciter l’exécutif à poursuivre ses
réformes sur le même rythme et
dans la même ampleur. Avec un
deuxième trimestre riche en projets
de loi examinés à l’Assemblée nation a l e e t u n e f i n d ’a n n é e q u i
s’annonce tout aussi intense, l’Elysée n’entend pas lever le pied d’ici la
fin de l’année. « Le contexte et les
signaux économiques ne conduisent
pas le président à poser le stylo et à
attendre que les choses continuent à
s’améliorer », estime l’Elysée.
Quand les Français ont les yeux
rivés sur deux réformes emblématiques, Parcoursup et la SNCF, où une
sortie de crise s’esquisse, l’exécutif est
déjà passé aux étapes suivantes. « On
va engager une nouvelle phase », explique un proche d’Emmanuel Macron.
A court terme, il s’agit du plan pauvreté ou de la loi Pacte. A horizon
2019, la réforme des retraites et celle
de l’action publique, qui sera au menu
du séminaire gouvernemental de
mercredi prochain. La semaine dernière, la passe d’armes entre Bruno Le
Maire et Gérald Darmanin sur la
question des aides sociales montre
« Le pays profond
est demandeur de
transformations,
comme pour la
SNCF. Si on recule,
on perd vingt ans.
Mais Macron est
aussi conscient que
seuls les résultats
comptent. »
UN CONSEILLER ÉLYSÉEN
que les décisions stratégiques sur le
budget 2019 sont entrées dans une
phase cruciale. Au-delà de ces seules
questions budgétaires se jouent aussi
les futures grandes orientations de la
politique de l’exécutif.
Une « obsession »
Emmanuel Macron reste très présent sur le terrain de la communication, sur lequel beaucoup se joue.
« France is changing like crazy », a-t-il
martelé, en anglais dans le texte,
depuis le salon VivaTech la semaine
dernière. Mais attention aussi à la
surchauffe et aux incompréhensions. Et à ne laisser personne sur le
bord de la route, alors que le chef de
l’Etat reste accusé d’être le président
des riches. « Le pays profond est
demandeur de transformations,
comme pour la SNCF. Si on recule, on
perd vingt ans. Mais Macron est aussi
conscient que seuls les résultats comptent. Son obsession est que les Français se rendent compte que sa politique est efficace », estime un
conseiller élyséen.
Or les résultats concrets ne se
voient pas encore aux yeux des Français. S’ils accordent le crédit à
Emmanuel Macron de faire ce qu’il
dit, ils attendent encore des preuves
sur sa capacité à obtenir des résultats. Imputable essentiellement à
des facteurs techniques, la hausse
du chômage au premier trimestre
n’en vient pas moins contredire le
discours officiel, et les données
macroéconomiques, sur l’amélioration de la situation. L’année dernière,
Emmanuel Macron, le 22 mai 2018. Photo Pool/Ludovic Marin/AFP
le chef de l’Etat avait donné rendezvous fin 2018 pour voir les premiers
résultats de sa politique. Quant à la
cote de popularité d’Emmanuel
Macron, elle reste à un bon niveau
quand on la compare à celle de ses
prédécesseurs un an après leur arrivée, mais présente aussi ses signes
de fragilité. Publiées en fin de
semaine, les enquêtes d’opinion des
instituts BVA et Ifop le créditaient de
3 points de baisse.
(
Lire l’éditorial
d’Etienne Lefebvre
Page 8
L’Assemblée en surchauffe avant l’été
Après un premier trimestre
calme, les députés vont
enchaîner avant
la coupure estivale.
Le Palais-Bourbon est en surchauffe, obligeant la mise en œuvre
de grands moyens pour optimiser
le temps. Devant l’afflux des textes
législatifs prévus dans l’hémicycle
avant la coupure estivale (loi agriculture et alimentation actuellement, loi sur le logement, deuxième
lecture pour la réforme ferroviaire,
loi sur les violences sexuelles, loi
asile, loi constitutionnelle…),
l’Assemblée nationale étend au
maximum ses horaires. Les députés ont siégé tout le week-end sur le
projet de loi agriculture et alimentation.
Mais les journées et semaines à
rallonge sont loin d’être suffisantes. L’Assemblée a aussi mis en
œuvre la procédure dite du
« temps législatif programmé ».
Décidée mi-mai pour la loi agriculture et la loi logement, cette procédure permet de limiter à 50 heures
le temps de parole parlementaire
pour un texte, répartis au prorata
pas tout. Des voix à l’Assemblée
nationale critiquent aussi la gestion de l’ordre du jour parlementaire par le gouvernement, qui a
contribué au déséquilibre entre les
deux premiers trimestres de
l’année. La session extraordinaire
devrait, comme l’année dernière,
s’étirer jusqu’au début du mois
d’août.
Des textes
reportés à la rentrée
L’Assemblée a mis en œuvre la procédure dite
du « temps législatif programmé ». Photo Gérard Julien/AFP
de chaque groupe. Mis en place par
la réforme constitutionnelle de
2008, utilisé beaucoup sous le
quinquennat Sarkozy et un peu
moins sous Hollande, le temps
législatif partagé est utilisé pour la
première fois sous l’actuelle législature. L’encombrement de ce
deuxième trimestre fait suite à un
premier trimestre relativement
calme. « Il y a eu un déséquilibre
majeur du travail législatif, ce qui
explique la frénésie de textes avant
la fin de la session ordinaire », explique le député LREM Gilles Le Gendre. Plusieurs textes ont aussi pris
du retard car leur finalisation a
duré plus longtemps que prévu.
Focalisé au printemps sur la
réforme de la SNCF, l’exécutif a
aussi fait attention à ne pas voir
plusieurs textes sensibles se télescoper au Palais-Bourbon, histoire
de ne pas donner des arguments à
la « convergence des luttes » chère
à la gauche. Mais ceci n’explique
Conséquence directe de cet
encombrement, l’examen de plusieurs projets de loi par l’Assemblée a été reporté à la rentrée. C’est
le cas de la loi Pacte, qui sera finalement présentée en Conseil des
ministres fin juin après plusieurs
semaines de retard et qui arrivera à
l’automne. La réforme de l’islam de
France a aussi été reportée à la fin
de l’année. Pour la réforme des institutions, seul le projet de loi constitutionnelle devrait être examiné
avant l’été. Les projets de loi organique et ordinaire, présentés la
semaine dernière en Conseil des
ministres, seront au Palais-Bourbon à la rentrée. — G. P.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FRANCE // 03
Les Echos Lundi 28 mai 2018
chaines réformes
Les syndicats pour
le moment à la peine
ANALYSE
Leïla de Comarmond
a CGT peut revendiquer
d’avoir fourni le gros des troupes qui ont défilé à l’appel
d’une soixantaine d’organisations,
samedi. Mais la « marée populaire »
annoncée n’a pas eu lieu. Selon le
comptage réalisé par Occurrence
pour un collectif de média, dont
« Les Echos », 31.700 personnes ont
défilé ce samedi de la Gare de l’Est à
la Bastille. L’affluence n’a pas non
plus été au rendez-vous en province.
Au total, entre 93.315 personnes,
selon la police, et 180.000 personnes
selon les organisateurs ont défilé
dans l’Hexagone. C’est à peine un
tiers du pic de la mobilisation contre
la réforme du Code du travail, en
septembre dernier, selon l’estimation de la CGT.
La convergence des luttes entre
L
L’exécutif aurait
cependant tort
de croire qu’il a
définitivement gagné
la partie.
syndicats et partis de gauche et en
particulier La France insoumise n’a
donc pas provoqué « l’onde de choc »,
dont rêve Jean-Luc Mélenchon. En
revanche, elle est venue bousculer
un peu plus les relations entre les
confédérations. « Cela fait un petit
moment qu’il n’y a pas d’unité syndicale, mais on y travaille », a déclaré
Philippe Martinez, le numéro un de
la CGT, au début du défilé parisien.
Mais si – en revenant sur la distanciation de la centrale vis-à-vis des partis
politiques – il s’assure une réélection
confortable en 2019, le syndicaliste
sait bien que son positionnement ne
facilite pas le travail en commun
alors même que, seul, il a échoué à
réussir une « convergence des luttes ».
Seules la FSU et Solidaires ont aussi
défilé samedi. La CFDT comme FO
ont critiqué une « mobilisation
d’ordre politique » et refusé un
« mélange des genres » décrié également par la CGC et la CFTC.
L’exécutif aurait cependant tort de
croire qu’il a définitivement gagné la
partie. La distance prise par Emmanuel Macron à l’égard des corps
intermédiaires a contribué à rétablir
le dialogue entre les centrales qui
ont toutes un important contentieux
avec lui. Leurs leaders se sont vus
déjà trois fois. Une nouvelle rencontre pourrait avoir lieu le mois prochain. Et pour la première fois
depuis avant même l’élection
d’Emmanuel Macron, Philippe
Martinez et son homologue cédétiste Laurent Berger se sont affichés
ensemble. C’était mardi dernier, lors
du défilé parisien des fonctionnaires. Même si leur présence ainsi que
celle de leurs trois homologues n’a
pas assuré son succès, elle était une
forme d’avertissement au gouvernement.
Tonalité protestataire
Pascal Pavageau, qui vient d’arriver
à la tête de FO, était, lui aussi, sur la
photo. Son discours à la tonalité
protestataire a focalisé l’attention à
raison. Mais cela ne doit pas faire
oublier que Force ouvrière a entériné l’abandon de sa tendance à l’isolement. Son leader a été mandaté
pour lancer une journée d’action
avec les autres syndicats. Le mano a
mano avec la CGT à l’œuvre contre
la loi El Khomri va-t-il se reproduire ? Du côté de la CFDT, il n’y a
pas de virage à 180 degrés à attendre
de son congrès qui s’ouvre dans une
semaine. En revanche, pourrait s’y
exprimer un large mécontentement contre le gouvernement et le
patronat modifiant le climat. Le
gouvernement a tout intérêt à y prêter garde alors qu’il a l’intention
d’ouvrir un nouveau dossier explosif : celui des retraites. n
« LE GRAND RENDEZ-VOUS » // EUROPE 1- « LES ÉCHOS » - CNEWS
« Déçue », Pécresse prépare un plan
« alternatif » pour les banlieues
Pierre-Alain Furbury
@paFurbury
Cela s’appelle taper du poing sur la
table : « Si l’Etat n’est pas au rendezvous, nous ferons sans l’Etat. » Valérie Pécresse n’a pas digéré l’abandon par Emmanuel Macron du
plan Borloo pour les banlieues,
dans lequel elle avait placé « énormément d’espoir ». Invitée du
« Grand Rendez-vous » Europe 1« Les Echos » – Cnews, la présidente de la région Ile-de-France
(LR) s’est dite, dimanche, « extraordinairement déçue et frustrée »,
assurant que l’ex-ministre de la
Ville, lui-même, n’avait « pas
accepté » d’être ainsi « délégitimé ».
L’ancienne ministre de Nicolas
Sarkozy a annoncé qu’un plan
« alternatif » serait présenté « dans
quelques semaines ». « Avec les
moyens qui sont les nôtres, nous
mettrons le paquet pour transformer nos villes et “déghettoïser”. [...]
On n’a pas tout essayé », a affirmé la
rivale de Laurent Wauquiez au
sein de LR, plaidant pour une
« réponse forte » qui combine
Marie Etchegoyen/Capa Pictures pour Europe 1
La présidente LR de la
région Ile-de-France a
critiqué dimanche l’abandon du plan Borloo par
Emmanuel Macron.
Valérie Pécresse.
« moyens supplémentaires »,
« autorité » et « mixité ». Selon son
entourage, la région travaille sur
un « plan de lutte contre les fractures ». « Il sera présenté avant l’été, en
lien avec Jean-Louis Borloo. Si
d’autres veulent s’y associer, ils sont
bienvenus », souligne un de ses proches. Une petite phrase du chef de
l’Etat reste tout particulièrement
en travers de la gorge de Valérie
Pécresse. Celle sur les « mâles
blancs ». « Ça n’aurait aucun sens
Les fonctionnaires
à l’étranger, nouvelle
cible d’économies
l Darmanin annonce une baisse de 10 % des effectifs.
l Ces dernières années, le nombre de fonctionnaires a
reculé mais la masse salariale a, elle, plutôt augmenté.
FONCTIONPUBLIQUE
Guillaume de Calignon
@gcalignon
et Ingrid Feuerstein
@In_Feuerstein
A l’approche des premiers arbitrages pour le budget 2019, les pistes
d’économies, encore floues jusqu’ici, commencent à se préciser.
A l’occasion de la présentation de
la loi de règlement, le ministre de
l’Action et des Comptes publics,
Gérald Darmanin, a annoncé une
baisse jamais vue sur les effectifs
de fonctionnaires à l’étranger.
Ambassades, consulats, missions
économiques… La France emploie
un peu moins de 14.000 équivalents temps plein dans sa mission
« action extérieure de l’Etat ». « Le
Premier ministre a annoncé, après
une réunion interministérielle, la
baisse de 10 % des effectifs des fonctionnaires à l’étranger, ce qui est la
plus grande économie que le Quai
d’Orsay et les autres services qui concourent, me semble-t-il, à l’action
extérieure de la France, auront à
apporter », a indiqué Gérald Darmanin, lors d’une audition au
Sénat. Le ministre a précisé que
cette réduction ne concernerait
pas le personnel éducatif de
l’AEFE, chargée de piloter les
lycées français, « qui fait l’objet
d’une autre réforme ».
Fonctions support
dans le viseur
Ce plan a été détaillé en fin de
semaine dernière lors d’un comité
technique ministériel, une instance qui se réunit deux fois par an
au sein du ministère des Affaires
étrangères. D’après le syndicat
CFDT, l’objectif est de réduire de
10 % la masse salariale sur trois ans,
de 2019 à 2022. Les fonctions support seraient particulièrement
dans le viseur. Il serait question de
les réduire de 33 %. Cette refonte
toucherait également les indemnités de résidence à l’étranger. Le tout
passerait probablement par une
« réduction drastique du réseau con-
La France emploie près de 14.000 équivalents temps plein dans
sa mission « action extérieure de l’Etat ». Photo Robert Kluba/RÉA
sulaire, en particulier en Europe »,
s’inquiète la CFDT, dans un communiqué. Le comité Action publique 2022 aurait suggéré que l’activité de guichet soit remplacée par
des services en ligne. Le syndicat
argue que la numérisation ne peut
justifier à elle seule des suppressions d’emplois, sachant que c’est la
prise en charge d’urgence qui
occupe le plus les agents sur place.
La CGT, elle, note que « le ministère
des Affaires étrangères a déjà vu ses
effectifs fondre ces dernières années
et les contrats locaux se multiplier ».
Par le passé, les affaires étrangères ont en effet contribué à la
réduction des effectifs de fonctionnaires, mais pas dans la même
ampleur. Un rapport sénatorial,
publié lors du dernier projet de loi
de finances, montre que la baisse
des effectifs a été de 11 % entre 2007
et 2012, puis de 6 % entre 2012
et 2017. Ce qui toutefois ne s’est pas
traduit par des économies sur la
masse salariale. « Les dépenses de
personnel ont continué de progresser, passant de 776 millions d’euros
en 2007 à 954 millions dans le pro-
jet de loi de finances 2017 (+23 % en
dix ans », note ce rapport. Ce décalage entre les deux courbes est
attribué à l’évolution du point
d’indice, aux promotions et aux
changements d’échelons.
La Cour des comptes considère
que le ministère des Affaires étrangères dispose encore « de marge de
manœuvre » pour réduire les
coûts. Dans la note budgétaire
publiée lors de la loi de règlement,
l’institution suggère de recruter
davantage d’agents de droit local à
la place d’expatriés et d’ouvrir une
réflexion sur les indemnités de
résidence. Toutefois, les discussions avec Bercy risquent d’être
rudes. Le ministre des Affaires
étrangères, Jean-Yves Le Drian,
lors d’une rencontre avec les partenaires sociaux jeudi dernier, s’est
désolidarisé des déclarations de
Gérald Darmanin, insistant sur le
fait que celles-ci ne reflétaient que
la position du ministre des Comptes publics. La décision finale n’est
pas encore prise et le Breton
compte bien plaider la cause de
son ministère à l’Elysée. n
que deux mâles blancs, ne vivant pas
dans ces quartiers, s’échangent un
rapport. […] Ça ne marche plus
comme ça », avait-il lâché en
public. « Il ne faut pas ouvrir la
porte au communautarisme, qui est
une gangrène de la société française.
Racialiser le propos politique, pour
moi, c’est plus qu’une erreur. C’est
dangereux. […] Je suis une femelle
blanche et je revendique d’avoir
quelque chose à dire sur les quartiers populaires », a-t-elle fustigé,
parlant de « régression républicaine ». Et s’enorgueillissant
d’avoir, elle, fait déménager le Conseil régional en Seine-Saint-Denis.
Un coup de pouce fiscal
à l’actionnariat salarié
Une France « fracturée »
Marie Bellan
@mbellan1
La présidente de la région Ile-deFrance, qui a jugé le climat social
toujours « très tendu dans une
France très fracturée », a également
fustigé les « dérapages », « saccages » et « outrances » de la gauche
radicale et, en particulier, de JeanLuc Mélenchon. « L’extrême gauche, qui dit qu’elle prêche la non-viol e n c e , e s t e n ré a l i t é p o m p i e r
pyromane dans cette affaire. Ils mettent le feu, ils veulent attiser la
haine », a accusé Valérie Pécresse,
réitérant sa proposition de créer
un « fichier des casseurs ». « Il faut
les exclure des manifestations dès
qu’ils arrivent », a-t-elle insisté. n
SOCIAL
Le projet de loi Pacte
prévoit de faire
passer le forfait social
appliqué à l’abondement de l’employeur
de 20 à 10 %.
Avec la prochaine loi Pacte, le gouvernement espère développer
l’intéressement et la participation
des salariés dans les entreprises.
Mais il s’est aussi fixé comme
objectif d’améliorer l’actionnariat
salarié. « Pour le diffuser plus largement, nous allons, dans le cadre du
projet de loi Pacte, diviser par deux
le taux de forfait social qui s’applique aux versements de l’employeur
dans les plans d’actionnariat salarié, a récemment indiqué le Premier ministre, Edouard Philippe.
Parce que c’est juste. Parce que c’est
sain. Et que je ne connais pas
d’actionnaires plus stables, plus
fidèles et plus soucieux du long
terme, que celui qui travaille dans
l’entreprise. »
Instabilité fiscale
En clair, le forfait social sera
abaissé à un taux de 10 % (au lieu de
2 0 % ) p o u r l ’a b o n d e m e n t
employeur. « C’est une très heureuse surprise pour nous », commente Jean-Baptiste Danet, président de Croissance Plus, dont le
mouvement milite depuis toujours
pour le développement de ce dispositif. Le projet de loi Pacte prévoit
également que l’employeur pourra
abonder unilatéralement un support d’investissement en actionnariat salarié dans un plan épargne
entreprise. L’obligation pour le
salarié d’effectuer également un
versement sera ainsi supprimée.
Des mesures qui pourraient convaincre davantage d’entreprises de
se lancer dans l’actionnariat salarié, dont le développement a été
freiné ces dernières années par
l’instabilité fiscale. Pour les entreprises cotées, la France est déjà très
bien placée. Au sein du CAC 40
notamment, près de 3,4 % du capital, selon les dernières estimations,
était détenu par les salariés. Avec
des champions de longue date que
sont Eiffage, Bouygues, Total ou
Safran. D’après le dernier recensement annuel établi par la Fédération européenne de l’actionnariat
salarié (FEAS), la France comptait
37 % de salariés actionnaires de
leur entreprise en 2017. Une
meilleure représentation des
actionnaires salariés et une
meilleure formation aux enjeux de
l’entreprise pourraient aussi faire
l’objet d’amendements pendant le
débat parlementaire. C’est une des
préoccupations du député LREM
Stanislas Guerini, qui souhaiterait
notamment revenir sur les exceptions qui font qu’une partie des
entreprises, qui ont l’obligation
d’avoir des représentants des
actionnaires salariés à leur conseil
d’administration (au-delà de 3 % du
capital détenu), s’en dédouanent. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
04 // FRANCE
Lundi 28 mai 2018 Les Echos
en bref
Agnès Buzyn promet des mesures
« immédiates » pour les Ehpad
Blanquer va revoir l’architecture
des bacs professionnels
DÉPENDANCE Un « plan de
Eric Feferber/AFP
prise en charge de la dépendance », dont des mesures
« immédiates » pour les
Ehpad, sera lancé ce mercredi, a annoncé dimanche la
ministre des Solidarités,
Agnès Buzyn, sur BFM TV.
Les salariés des maisons de
retraite médicalisés avaient
fait grève en janvier et mars.
La ministre « espère » pouvoir
faire des annonces pour un
accord sur le reste à charge en
matière de prothèses dentaires, auditives et optique.
Alzheimer : vers un possible
déremboursement des médicaments
SANTÉ La Haute Autorité de santé (HAS) a publié vendredi des
recommandations sur la prise en charge des malades de type
Alzheimer, qui pourraient être le prélude au déremboursement
des quatre médicaments utilisés pour traiter les symptômes de
la maladie, jugés peu efficaces. La HAS a rendu publics un guide
et des fiches pratiques qui visent à « mettre en place un parcours
de soins et d’accompagnement adapté » pour les patients souffrant d’Alzheimer et de maladies apparentées. En 2015, le remboursement des médicaments prescrits aux malades d’Alzheimer a représenté quelque 90 millions d’euros.
Prisons : nouveau record de détenus
JUSTICE Le nombre de détenus a atteint un nouveau record au
1er mai, avec 70.633 personnes incarcérées dans les prisons françaises, qui souffrent de surpopulation chronique, selon des chiffres officiels publiés vendredi. « Le nombre de détenus se maintient à plus de
70.000 durant deux mois consécutifs », a noté la Direction de l’administration pénitentiaire. Le précédent record datait d’avril 2017. Le
gouvernement a présenté en avril une réforme de la justice qui inclut
une réforme du système des peines. Emmanuel Macron est, en
revanche, revenu sur une promesse de campagne : l’objectif n’est
plus de 15.000 nouvelles places de prison mais de 7.000 d’ici à 2022.
ENSEIGNEMENT
Le ministre de
l’Education présente
la réforme ce lundi.
Il veut regrouper
50 spécialités de bacs
professionnels
en 15 « familles
de métiers ».
Marie-Christine Corbier
@mccorbier
Le ministre de l’Education répète
souvent que la voie professionnelle
est sa « deuxième priorité » après
l’école primaire. Jean-Michel Blanquer présente sa réforme ce lundi.
Fin février, le rapport Calvez-Marcon avait fait des propositions pour
« changer le regard » sur la filière professionnelle, trop souvent synonyme
de relégation pour ses 700.000 élèves. Le ministre veut faire des actuels
campus des métiers des « Harvard
du pro » pour « donner envie ».
A l’entrée en seconde, les élèves
passeraient des « tests de positionnement » et bénéficieraient d’un
« accompagnement » (remise à
niveau et orientation) de 3 h 30 par
semaine, inscrit dans de nouvelles
grilles horaires. Ils auraient moins
d’heures, mais elles seraient faites
en co-intervention, par des enseignants de disciplines générales et
de matières professionnelles. Les
diplômes intermédiaires (BEP,
CAP) actuels seraient supprimés et
Selon le rapport Calvez-Marcon, la filière professionnelle est trop souvent synonyme de relégation
pour ses 700.000 élèves. Photo Sipa
remplacés par des épreuves anticipées en première. Au lieu d’opter
pour une spécialité dès la seconde,
les élèves choisiraient une « famille
de métiers » comprenant quelques
spécialités. Selon plusieurs sources
syndicales, trois « familles » verraient le jour à la rentrée 2019 (tertiaire-commercial ; bâtiment-construction-travaux publics ; gestionadministration-transportlogistique).
Spécialisation progressive
Édition
12
START-UPS
FINALISTES
Région Auvergne-Rhône-Alpes - Graphisme : Skål Studio
2
MINUTES
POUR
CONVAINCRE
lun.
11
06
18
18h30
À l’Hôtel de Région
à Lyon
Suivez l’événement en direct
sur Facebook
RegionAuvergneRhoneAlpes
#TDS2018
Renseignement et inscription sur:
www.auvergnerhonealpes.fr
Il y en aurait quinze (regroupant
cinquante spécialités) d’ici à 2022.
Les spécialités réapparaîtraient en
classe de première. Cette spécialisation progressive fait craindre à
Sigrid Girardin, du syndicat SnuepFSU, une « déprofessionnalisation
des formations ». Cela reviendrait,
selon elle, à « passer d’un bac pro en
trois ans à un bac pro en deux ans, les
élèves perdant un an de savoir professionnel ». Au Snetaa-FO, principal
syndicat dans les lycées professionnels, la réforme n’est guère mieux
accueillie : « On nous refait le coup
du rapprochement des spécialités d’il
y a quelques années, déplore Pascal
Vivier. Or, il rend les jeunes moins
Les diplômes
intermédiaires (BEP,
CAP) actuels seraient
remplacés par des
épreuves anticipées
en première.
professionnels, les entreprises ne s’y
retrouvent pas et ensuite on dit que le
bac professionnel forme mal… » Il
évoque la fusion des anciens bacs
comptabilité et secrétariat qui a
débouché sur le bac gestion-administration. Ce dernier est justement
dans le collimateur du ministère. Il
accueille 70.000 élèves, confrontés
à de vraies difficultés d’insertion.
Jean-Michel Blanquer pourrait
supprimer la moitié de ses effectifs,
et envisager une reconversion pour
1.500 enseignants de cette spécialité. Comme 1.000 d’entre eux doivent partir à la retraite dans les cinq
ans, la reconversion toucherait
500 enseignants. Ils pourraient être
réorientés vers des métiers administratifs dans l’Education nationale, la fonction publique hospitalière ou territoriale. « Pourquoi ne
pas plutôt leur proposer d’enseigner
en BTS, pour y favoriser l’arrivée de
bacheliers professionnels ? »
demande avec insistance Vincent
Bernaud, du Sgen-CFDT. Enfin,
Jean-Michel Blanquer devrait
annoncer une unité de formation
apprentissage (UFA) dans chaque
lycée. « Cela ne veut pas dire que les
entreprises proposeront des contrats
d’apprentissage, prévient toutefois
Sigrid Girardin. Elles veulent des jeunes déjà formés ! » n
La loi littoral sur la sellette
ENVIRONNEMENT
La future loi Elan sur
le logement et l’aménagement prévoit,
dans certains cas, de
déroger à la loi littoral.
France Nature
Environnement
redoute des atteintes
à la biodiversité.
Joël Cossardeaux
@JolCossardeaux
Après le glyphosate, dont l’interdiction est absente du projet de loi alimentation, Nicolas Hulot pourrait
bien essuyer un nouveau camouflet.
Le ministre de la Transition écologique et solidaire risque fort, dans les
prochains jours, de voir la loi littoral
« affaiblie », ainsi que le redoute
France Nature Environnement
(FNE), par différentes dispositions
sur lesquelles les députés s’apprêtent à débattre. Celles que la commission des Affaires économiques
de l’Assemblée nationale a introduites, à la mi-mai dernier, dans le projet de loi portant évolution du logement, de l’aménagement et du
numérique (Elan). Ce texte, défendu
par Jacques Mézard, le ministre de
la Cohésion des territoires, et qui
sera examiné à partir de mercredi
en séance publique, a été enrichi de
plusieurs amendements portés par
des députés du groupe La République En marche (LREM) qui rendent
constructibles des espaces jusque-là
sanctuarisés par la loi littoral de
1986. Sont visées les « dents creuses », ces zones interstitielles vierges
qui séparent des constructions.
Combler ces vides permettrait,
selon l’exposé sommaire qui accompagne un de ces amendements, de
« répondre aux demandes relatives à
la possibilité de densifier les formes
urbaines intermédiaires entre le village et l’urbanisation diffuse ».
Dérogations
Un autre amendement crée la possibilité de déroger à la loi pour autoriser, en dehors des espaces proches
du rivage, « des constructions ou installations nécessaires aux activités
agricoles et forestières ». L’idée est de
mettre fin à certaines « situations
ubuesques », notamment celle de
conchyliculteurs contraints
d’exploiter des sites situés à près de
10 kilomètres du rivage. Enfin, l’obligation d’autoriser les constructions
en continuité du bâti existant, un
acquis de la loi littoral, cessera
d’avoir cours outre-mer et dans les
îles de métropole pour certains équipements d’intérêt collectif.
Autant de dispositions jugées
« inacceptables » par FNE qui
demande la suppression de ces
amendements « favorisant l’urbanisation sous de faux prétextes », selon
elle. « Cela va à l’encontre de la loi biodiversité qui prévoit de stopper l’artificialisation des sols à l’horizon 2020 »,
s’insurge Elodie Martinie-Cousty,
une de ses représentantes. Pas sûr,
également, que ces mesures aillent
dans le sens du plan pour la biodi-
versité que Nicolas Hulot doit présenter en juillet. Les défenseurs de
l’environnement dénoncent, en
outre, un passage en force. Ces
amendements n’ont été précédés
d’aucune concertation, ne serait-ce
que pour en mesurer la portée. « Les
dispositions sur les “dents creuses”
risquent d’ouvrir la boîte de Pandore.
On permet aux élus de préciser les
modalités d’application de la loi littoral », s’alarme Arnaud Gossement,
avocat spécialisé dans le droit de
l’environnement.
Sont visées les « dents
creuses », ces zones
interstitielles vierges
qui séparent
des constructions.
L’impact des autres dérogations
serait, selon lui, moins préoccupant.
« Cela concerne des cas extrêmement
limités et encadrés », estime-t-il. Il
s’agirait, entre autres, d’autoriser la
pose de panneaux solaires sur quelques anciennes friches, notamment
militaires, situées en zone littorale.
Des projets en cohérence avec le
déploiement des énergies renouvelables que le ministre de la Transition écologique et solidaire veut
accélérer. « Il n’y a pas de détricotage :
il y a des solutions précises et encadrées pour des problèmes précis et
identifiés », assure-t-on au ministère,
où l’on indique que le gouvernement
« est attaché à ne plus ouvrir d’autres
ajustements ». n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 05
Les Echos Lundi 28 mai 2018
MONDE
en
chiffres
LES ENTREPRISES MOINS
PESSIMISTES EN
ALLEMAGNE
Le moral des entrepreneurs
allemands a stagné en mai à
102,2 points, au même niveau
qu’en avril et après cinq mois
de recul d’affilée, dans un
contexte international
commercial confus, selon le
baromètre Ifo publié
vendredi. L’indicateur est
basé sur un sondage
d’environ 7.000 entreprises
ROYAUME UNI : FAIBLE
CROISSANCE CONFIRMÉE
23
La croissance du Royaume-Uni
a ralenti à 0,1% au premier
trimestre son plus faible niveau
depuis plus de cinq ans, a
confirmé l’Office des
statistiques nationales.
L’économie est atone avec une
consommation mitigée, des
investissements en berne et une
contribution nulle du
commerce extérieur malgré la
dégringolade de la livre sterling.
MILLIARDS DE DOLLARS
C’est la somme que Toyota déclare
avoir investi ces 60 dernières
années aux Etats-Unis, employant
aujourd’hui 136.000 personnes
dans 10 usines et 1500 concessionnaires. Le groupe a dénoncé
vendredi le choix de l’administration Trump d’imposer des taxes
sur les véhicules importés.
Blocage sur l’identité du ministre
de l’Economie en Italie
l La Ligue veut imposer Paolo Savona, économiste
critique à l’égard de la monnaie unique, le président
de la République entend mettre son veto.
l Le retour aux urnes est de nouveau évoqué.
ITALIE
Olivier Tosseri
— Correspondant à Rome
« Encore 24 heures pour tout conclure. Après on laisse tomber. » La
patience de Luigi Di Maio s’épuise.
Comme celle des acteurs de cette
crise politique italienne qui dure
depuis près de trois mois, un record.
L’heure n’est plus aux compromis
mais aux ultimatums. Nouveau
front contre front tendu dans la crise
politique italienne. La liste du futur
gouvernement est prête, ne manque
que l’accord sur le nom du ministre
le plus important : celui de l’Economie. Or le nom proposé par la Ligue
et le M5S essuie le veto du chef de
l’Etat. Paolo Savona, quatre vingt-un ans, économiste eurosceptique déclaré, a multiplié les attaques contre l’Allemagne et la
monnaie unique. Il remet en cause
l’hégémonie de la première et l’irréversibilité de la seconde. De quoi
nourrir les inquiétudes des partenaires européens et des marchés sur
lesquels le spread s’est déjà emballé.
Il a atteint son plus haut niveau
depuis 2013 en dépassant la barre
symbolique des 200 points. « Je
passe pour un des rares économistes
institutionnels antieuropéen mais ce
n’est pas vrai, répond Paolo Savona
dans un communiqué en assurant
vouloir respecter les engagements
pris par l’Italie. Je veux une Europe
différente, plus forte et plus juste. »
Un gage d’europhilie bien faible et
insuffisant pour le président de la
République qui a reçu ce dimanche
Giuseppe Conte de la part de qui il
s’attend à recevoir un autre nom.
« La ligue a déjà assez reculé. Ou on
commence à travailler ou j’arrête de
négocier », a tonné Matteo Salvini
qui devrait occuper le poste de
ministre de l’Intérieur. Une phrase
que pourrait également prononcer
Sergio Mattarella dont les prérogatives ont été régulièrement remises
en cause ces dernières semaines et
qui n’entend pas renoncer à son
droit de veto sur les ministres. Si personne ne devait céder, l’alternative
serait un retour aux urnes à
l’automne prochain avec un gouvernement de transition chargé d’assurer les affaires courantes jusqu’au
scrutin. La Ligue ne craint pas cette
menace. Elle a le vent en poupe dans
les sondages et son leader Matteo
Salvini est l’un des hommes politiques les plus populaires du pays. « Si
le gouvernement n’est pas investi, il y
aura une fracture entre le peuple et les
palais (de la République) » avait-il
commenté. Il a déjà le slogan de la
prochaine campagne électorale :
« Nous ne nous ferons pas imposer les
ministres par Bruxelles. » Les enquêtes d’opinion semblent lui donner
raison puisque 55 % des Italiens estiment profondément négatives les
« ingérences », réelles ou supposées,
de la part des partenaires européens
et seulement 17 % les jugent nécessaires.
Séparer le Trésor
et les Finances
Un compromis possible pourrait
être de séparer le ministère de l’économie entre le Trésor et les Finances. Le premier serait confié à une
personnalité qui conviendrait à Sergio Mattarella pour représenter
l’Italie dans les réunions internatio-
« Je passe pour
un des rares
économistes
institutionnels
antieuropéen mais
ce n’est pas vrai. Je
veux une Europe
différente, plus forte
et plus juste. »
PAOLO SAVONA
nales, les secondes reviendraient à
Paolo Savona, dont le nom est
devenu désormais un symbole. Le
bras de fer continue entre les deux
camps, celui des forces antisystème
et celui du président, aucun des
deux n’ayant l’intention de perdre la
face. Pier Carlo Padoan, le ministre
de l’Economie sortant, estime pour
sa part que le problème n’est pas tant
la personnalité de Paolo Savona
mais « l’évocation de la possibilité
d’un plan B lié à la politique économique exposé dans le contrat de gouvernement de la Ligue et du M5S qui
remet en cause la solidité des comptes
publics italiens. » n
La liste du futur gouvernement de Giuseppe Conte est prête, ne manque que l’accord sur le nom
du ministre le plus important : celui de l’Economie. Photo Alberto Lingria/Xinhua-RÉA
Paolo Savona, l’eurosceptique qui fait peur à l’Europe
La Ligue et le M5S veulent
imposer cet économiste de
81 ans à la tête du Trésor
italien malgré l’opposition
du chef de l’Etat et les
inquiétudes de Bruxelles.
« L’Italie est encore une nation souveraine qui a le droit de choisir son
ministre de l’Economie sans ingérence. Que Juncker et Merkel s’en fassent une raison ! » C’est justement le
s o u ve r a i n i s m e é c o n o m i q u e
qu’entend promouvoir la personne
choisie par la Ligue pour occuper ce
poste : Paolo Savona, 81 ans. Dans
son dernier ouvrage, il n’épargne
ses attaques ni à Bruxelles ni à Berlin unies dans sa critique de « l’euro
comme une prison allemande ».
Quant au « geôlier », il estime qu’il
« n’a pas changé de point de vue sur
son rôle en Europe après la fin du
nazisme, tout en ayant abandonné
l’idée de l’imposer militairement ».
Un ton qui inquiète aussi bien le
président de la République que
les partenaires européens de l’Italie
mais qui entre en parfaite résonance avec l’euroscepticisme du
M5S et de la Ligue qui le soutien-
nent. Un soutien des forces antisystème pour un pur produit de
l’« establishment » pourtant honni.
Né en Sardaigne en 1936, Paolo
Savona entame en 1961 sa carrière à
la Banque d’Italie auprès de son
gouverneur Guido Carli.
Il la quitte en 1976, après s’être
spécialisé en économie monétaire
au célèbre Massachusetts Institute
of Technology (MIT), pour enseigner la politique économique à
l’université de Cagliari. Directeur
général de la Confindustria, puis de
la Banca Nazionale del Lavoro
(BNL), il siège ensuite, voire préside,
de nombreux conseils d’administration, dont celui d’Aéroports de
Rome ou de Telecom Italia. De 1993
à 1994, il occupe le poste de ministre
du Commerce et de l’Industrie dans
le gouvernement technique de
Carlo Azeglio Ciampi.
Fort d’un tel CV qui aurait dû
immédiatement le rendre suspect
aux yeux des sympathisants du
M5S comme de la Ligue, il les rassure en leur expliquant que « les difficultés de l’Europe sont dues aux élites qui la dirigent : elles disent
s’occuper du peuple mais elles ne
s’occupent que d’elles-mêmes ». Il
avait pourtant été l’un des partisans
de la monnaie unique, qu’il qualifie
désormais de plus grande erreur de
l’Europe. « Taper du poing sur la
table ne sert maintenant à rien,
explique-t-il dans son dernier
livre. Il faut préparer un plan B pour
sortir de l’euro si on y est contraint, de
gré ou de force. L’alternative est de
finir comme la Grèce. » Un plan
expliqué en octobre 2015 à la Link
Campus University de Rome avec
un Guide pratique pour la sortie de
l’Euro à la rédaction duquel Paolo
Savona a participé.
Un saut dans l’inconnu
Pour lui, l’euro est l’une des principales causes des maux économiques de l’Italie, nuisant à sa compétitivité et ayant divisé par deux le
pourvoir d’achat de ses habitants.
La solution serait de pouvoir de
nouveau recourir aux dévaluations
et augmenter l’inflation. A cela
s’ajouterait une nationalisation de
la Banque d’Italie qui devra être
prête à émettre en grande quantité
des liquidités pour le système bancaire, réintroduire l’avance en
compte courant pour faire face aux
besoins de trésorerie, ou encore la
suppression de la règle d’or budgétaire inscrite dans la Constitution
italienne. Dans cette perspective, la
sortie de l’euro ne serait pas une
extrême nécessité à laquelle se
résoudre mais une « occasion à saisir pour gérer la nouvelle ère de l’économie souveraine ».
Pour Paolo Savona,
l’euro est l’une des
principales causes des
maux économiques
de l’Italie.
Plus qu’un bond dans l’avenir,
c’est un saut dans l’inconnu pour les
partenaires de l’Italie. Matteo Salvini estime que Paolo Savona « se
rendrait aux rendez-vous européens
non pas pour tout mettre sens dessus
dessous, mais pour reconstruire,
pour remettre en marche un moteur
qui, sinon, reste à l’arrêt ». A moins
que l’Italie ne décide tout simplement de changer de voiture. — O.T.
Mariano Rajoy sous la menace d’une motion de censure
ESPAGNE
Le PSOE appelle
l’opposition à s’unir
pour déloger du
pouvoir le parti populaire qui vient d’être
condamné pour
corruption.
Cécile Thibaud
@CecileThibaud
— Correspondante à Madrid
Mariano Rajoy va-t-il sauter ? Le
chef du gouvernement espagnol est
sur un siège éjectable après la
motion de censure déposée vendredi matin par le Parti socialiste
(PSOE), qui dénonce la « détérioration des institutions » et demande
aux formations de l’opposition de
s’unir pour chasser du pouvoir un
parti discrédité qui « vient d’être
condamné pour corruption ».
« Il faut en finir avec le roman noir
de la corruption », affirme le secrétaire général du PSOE, Pedro Sánchez. Mais les désaccords au sein de
l’opposition risquent de compliquer son projet, alors que les centristes de Ciudadanos, alliés critiques du PP, refusent d’entrer dans le
jeu de « l’opportunisme des socialistes, décidés à arriver au pouvoir par
tous les moyens ». Le PSOE, pre-
m i è r e f o r c e d e l ’o p p o s i t i o n ,
s’affirme malgré tout décidé à rassembler les appuis nécessaires
pour faire voter une motion de censure constructive, en proposant
une alternative de gouvernement
afin de déloger Mariano Rajoy, au
moment où la justice vient de rendre son verdict dans l’affaire Gürtel,
l’un des plus gros scandales de corruption éclaboussant sa formation,
le Parti populaire. La sentence rendue jeudi dernier a fait l’effet d’un
électrochoc en Espagne. Elle est
accablante, assortie de lourdes peines, jusqu’à cinquante et un ans
pour les principaux responsables
du réseau qui, durant des années, a
alimenté la caisse noire du Parti
populaire, à base de versements de
commissions illégales. Depuis des
années, Rajoy s’obstinait à minimiser l’impact de ce qui n’était pour lui
que de simples « cas isolés », mais
ses efforts n’ont pas abouti. Le jugement décrit « un authentique système de corruption institutionnelle »
et condamne le PP comme « participant à titre lucratif ».
Billard à trois bandes
Pour le socialiste Pedro Sánchez, il
est urgent de faire front contre « un
parti corrompu » et de « récupérer la
dignité de la démocratie ». Le renversement est arithmétiquement possible puisque le PP gouverne en
minorité, avec 137 sièges sur un total
de 350 dans l’hémicycle. Mais le
vote est stratégiquement compliqué
par la partie de billard à trois bandes
qui se joue dans l’opposition. Si, à
gauche, Po demos a annoncé
d’avance son soutien à la motion
socialiste, les centristes de Ciudadanos marquent leurs distances. Le
jeune parti libéral, qui est donné
gagnant dans les sondages, ne voit
pas l’intérêt de s’aligner derrière le
PSOE et préfère réclamer des élections anticipées. Pour gagner, la
motion socialiste aurait donc
besoin des votes des partis nationalistes régionaux, y compris ceux des
indépendantistes catalans qui
défient Madrid depuis des mois. La
manœuvre est considérée comme
« irresponsable » par Mariano Rajoy
qui tire à boulets rouges sur une
motion « mauvaise pour l’Espagne »
et espère profiter des conflits au sein
de l’opposition pour faire échouer
l’initiative. Mais les prochaines
semaines s’annoncent compliquées
pour le leader conservateur, de plus
en plus isolé. n
« Il faut en finir avec
le roman noir de la
corruption. »
PEDRO SÁNCHEZ
Secrétaire général du PSOE
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
06 // MONDE
Lundi 28 mai 2018 Les Echos
Paris et Berlin trouvent un premier
compromis pour l’Union bancaire
du fait que « l’Allemagne, après une
période d’attentisme, veut réellement
apporter des résultats concrets »,
veut croire une source européenne.
Une autre pointe l’inquiétude grandissante, côté allemand, de laisser à
la France le rôle du moteur esseulé
de l’Union européenne. C’est en tout
cas cette ligne volontariste qu’a
défendue Olaf Scholz, le ministre
des Finances allemand, aux côtés
de son homologue Bruno Le Maire :
« une nouvelle dynamique se met en
place », a-t-il affirmé, louant « un
accord très important » qui pourrait
faciliter l’obtention de « nouveaux
progrès » pour la zone euro.
ZONE EURO
Les ministres européens se sont mis
d’accord, vendredi, sur
le « paquet bancaire ».
C’est une négociation
entre Berlin et Paris
qui a permis ce déblocage symbolique pour
l’Union.
Gabriel Grésillon
@GGresillon
— Bureau de Bruxelles
Un sujet sensible
Les ministres des Finances français
et allemand côte à côte pour annoncer la bonne nouvelle. La mise en
scène était soignée, vendredi à
Bruxelles, pour expliquer aux
médias l’accord auquel sont parvenus les ministres européens sur le
« paquet bancaire ». Une façon
d’insister sur la dimension politique de ce texte très technique.
Le paquet bancaire, vaste réglementation fixant les règles encadrant les pratiques des banques,
était en discussion depuis plus d’un
an. Les négociations bloquaient
notamment sur la question de la
taille du coussin de dette subordonnée que devront constituer les banques à l’avenir, baptisé « MREL ».
C’est ce coussin qui a vocation à
être utilisé en premier lieu en cas de
nécessité de renflouer une banque –
le but étant d’éviter de mobiliser des
fonds publics. La France ne voulait
pas que la taille de ce MREL puisse
excéder 8 % des actifs totaux, car ses
grandes banques en auraient pâti.
« Le risque était qu’elles ne puissent
plus faire jeu égal avec leurs grands
concurrents internationaux », expli-
A Bruxelles vendredi, Olaf Scholz et Bruno Le Maire ont fait
une conférence de presse commune pour annoncer l’accord.
Photo Dursun Aydemir/Anadolu Agency/AFP
que un spécialiste. Berlin était, en
revanche, sur une ligne très ferme
de réduction des risques financiers
et voyait plutôt ce chiffre de 8 %
comme un plancher.
Négociation nocturne
Le compromis franco-allemand,
qui a ensuite été avalisé collectivement, fixe le niveau du MREL à 8 %
tout en permettant des marges à la
hausse et à la baisse, suivant un
mode de calcul qui les limite à un
niveau acceptable pour la France.
Berlin obtient, de son côté, que 14 de
ses banques régionales échappent
aux exigences de fonds propres. Et
la France arrache un autre compro-
mis essentiel pour ses banques fortement implantées en zone euro :
les transactions internes entre une
banque et ses filiales dans la zone
euro pourront ne pas être comptabilisées comme étrangères.
Si le signal politique est significatif, c’est qu’il est le premier élément
concret de convergence franco-allemande en matière financière
depuis l’arrivée à Berlin d’un nouveau gouvernement. C’est en effet
une négociation d’une nuit entre les
ministres et leurs équipes, à Berlin,
qui a permis de faire éclore ce compromis. Un compromis sans
grande surprise, presque prévisible
techniquement, mais qui témoigne
C’est tout le pari. Alors que les Européens se sont engagés, en 2016, à
réduire le risque bancaire tout en le
mutualisant, c’est jusqu’à présent la
ligne allemande qui l’a emportée,
mettant l’accent sur le premier volet
tout en repoussant régulièrement
le deuxième. Au point de provoquer
l’exaspération de pays comme l’Italie ou l’Espagne qui, jeudi soir, ont
failli retirer leur soutien au compromis franco-allemand – qui une
fois de plus se focalise sur la seule
réduction du risque.
La France a donc proposé, en
guise de compromis, une déclaration promettant que des décisions
relatives à la mutualisation du risque seront prises au mois de juin.
Cette concession encore vague aux
pays du Sud a obligé à convaincre,
ensuite, les Pays-Bas – sur une ligne
de fermeté absolue – de rester à
bord, ce qui s’est fait par un tête à
tête franco-néerlandais. Preuve
qu’en dépit du volontarisme affiché
par Paris et Berlin, un compromis
au mois de juin sur une « feuille de
route » pour la zone euro s’annonce
encore compliqué. n
Macron-Poutine : le bilan en demiteinte d’une rencontre au sommet
RUSSIE
Après la visite
du président
à Saint-Pétersbourg,
les divergences diplomatiques demeurent.
Mais la relation économique est relancée.
Benjamin Quénelle
— Correspondant à Moscou
Pour son premier voyage en Russie,
entre diplomatie et business,
Emmanuel Macron a voulu, à
Saint-Pétersbourg, chasser « les
vents mauvais » afin de se rapprocher de la Russie de Vladimir Poutine. Très en forme à côté du chef du
Kremlin, le président a multiplié
vendredi gestes chaleureux et propos amicaux, citant Dostoïevski,
Tolstoï et Soljenitsyne, dans l’espoir
de « rétablir la confiance » et de tour-
ner la page des « incompréhensions ». Un enthousiasme accueilli
avec un optimisme prudent par
l’élite politico-économique russe.
« On sent Macron sincère dans ses
velléités de rapprochement », a
c o n f i é , p a r m i d ’a u t r e s , a u x
« Echos » Andrei Sharonov, l’une
des figures libérales. « Mais son discours, long et avec des références littéraires un peu artificielles, est resté
vide en propositions réelles. Macron
semble vouloir faire le grand écart
entre Washington et Moscou. Sans
choisir… »
Loin des appels au boycott du
mondial russe de football le mois
prochain, Emmanuel Macron a fait
une annonce qui a visiblement plu à
Vladimir Poutine : il viendra sur
place pour soutenir l’équipe française en cas de demi-finale. Au-delà,
sur les grands dossiers diplomatiques, le rapprochement a néanmoins été plus dans le ton que dans
le concret. L’Elysée et le Kremlin ne
sont pas encore près de s’entendre
sur les moyens de « compléter »
l’accord nucléaire iranien rejeté par
Washington. Aucune initiative n’a
relancé le processus de paix en
Ukraine. Sur la Syrie, les deux présidents ont certes annoncé la création d’un « mécanisme » pour coordonner les discussions sur la
transition politique. Mais ils restent
en désaccord sur les preuves du
recours à l’arme chimique par
Damas. Un sujet à peine abordé
pour ne pas se fâcher. La tentative
d’empoisonnement d’un ex-espion
russe au Royaume Uni, cause des
récentes expulsions de diplomates,
a été pareillement ignorée.
Nouvelle dynamique
économique
Sur le plan économique, une nouvelle dynamique a, en revanche, bel
et bien été lancée avec la venue
d’Emmanuel Macron, après ses
entretiens bilatéraux, au forum de
Saint-Pétersbourg, sorte de « Davos
russe ». Devant les patrons des deux
pays, rassemblés dans la cohue
d’une salle trop petite mais enthou-
siaste, Emmanuel Macron a appelé
les entreprises françaises à « faire
beaucoup mieux » en Russie. « Il
leur a envoyé un signal clair. On
attend la suite », espère Denis Mantourov, ministre de l’Industrie et du
Commerce, présent parmi d’autres
officiels. De Total à la PME bretonne
Olmix, en passant par Suez, Dalkia,
Poma, Auchan, Orpea… une cinquantaine d’entreprises ont signé
des accords en marge de la visite
présidentielle.
Notamment avec le Fonds russe
d’investissements directs qui doit
ainsi participer au financement de
leurs projets. « Rien n’empêche donc
le développement de nos relations,
pas même les sanctions d’autres
pays ! », s’est exclamé l’oligarque
Guennadi Timtchenko, l’un des
chefs d’orchestre de ce partenariat.
Une manière d’évacuer la menace
des nouvelles sanctions américaines qui, avec leur extraterritorialité,
forment pourtant un nuage sur les
i nve s t i s s e m e n t s f r a n ç a i s e n
Russie. n
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Séoul ressuscite le
dialogue entre Kim
Jong-un et Trump
DIPLOMATIE
Le président
américain semble
de nouveau prêt
à rencontrer
le dictateur
nord-coréen.
Mais leurs attentes
restent très
décalées.
Yann Rousseau
@yannsan
— Correspondant à Tokyo
A l’issue de quarante-huit heures de folles manœuvres diplomatiques, le président sud-coréen Moon Jae-in, qui a même
retrouvé pendant deux heures,
samedi, Kim Jong-un pour un
sommet surprise sur la frontière entre les deux nations,
semblait, dimanche soir, avoir
réussi à relancer le dialogue
entre les Etats-Unis et la Corée
du Nord. Depuis Washington,
D o n a l d Tr u m p , q u i ava i t
annulé jeudi le projet de sommet avec Kim Jong-un le 12 juin
à Singapour, laissait ainsi
entendre que la rencontre était
de nouveau au programme.
« Nous progressons très bien sur
le sommet avec la Corée du
Nord », a lâché, samedi soir, le
président américain à la Maison-Blanche. « Ça progresse
parfaitement. Nous envisageons
donc le 12 juin à Singapour. Ça
n’a pas changé. »
L’espoir d’un accord
significatif
S’il n’a aucunement justifié ce
énième revirement, Donald
Trump semble avoir été
convaincu par Séoul et Pyongyang qu’une rencontre pourrait finalement déboucher sur
un accord significatif. Ces derniers jours, les cadres les plus
durs de la Maison-Blanche, et
notamment John Bolton, son
conseiller à la sécurité nationale, avaient expliqué que les
Etats-Unis allaient se retrouver
piégés au sommet par un pouvoir nord-coréen décidé à refuser toute concession majeure.
Plusieurs responsables du
Nord avaient d’ailleurs abruptement signalé qu’ils n’avaient
aucune intention d’accepter la
dénucléarisation immédiate,
complète et irréversible de leur
arsenal demandée par
Washington.
A l’issue de sa rencontre avec
Kim Jong-un, au cours de
laquelle les deux hommes ont
échangé moult accolades et
compliments, Moon Jae-in a
assuré que le dirigeant nord-coréen avait clairement réaffirmé
son engagement en faveur
d’une « dénucléarisation complète » de la péninsule et s’était
proposé d’évoquer le sujet
directement avec Donald
Trump. Par ailleurs, les négociateurs nord-coréens qui
avaient raté plusieurs des réunions préparatoires programmées avec leurs homologues
américains en vue du sommet
auraient renoué le contact.
La peur du
« bloody nose »
Pour Moon Jae-in, cette reprise
du dialogue est cruciale. Le président sud-coréen souhaite
absolument entretenir ces
échanges pour éviter de retomber dans le climat de la fin 2017,
lorsque des cadres du pouvoir
américain envisageaient des
frappes militaires sur des cibles
nord-coréennes. Une stratégie
du « bloody nose » qui a toujours été vue comme catastrophique par les grandes capitales d’Asie. S’il se réjouit du
revirement de Donald Trump,
le président sud-coréen ne
cache pas que les pourparlers
entre les Etats-Unis et la Corée
du Nord seront longs et délicats.
Commentant, dimanche
matin, ses échanges avec Kim
Jong-un, il a ainsi reconnu que
les deux nations ne partageaient pas la même définition
du concept de « dénucléarisation ». Pyongyang préfère une
dénucléarisation graduelle de
l’ensemble de la péninsule, et
donc le repli du parapluie
nucléaire actuellement déployé
par les Etats-Unis sur la Corée
du Sud et le Japon. Un retrait
que Washington n’a jamais
accepté d’envisager. n
Kim Jong-un pourrait finalement rencontrer son homologue américain le 12 juin à Singapour. Photo Laurant Thomet/AFP
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
MONDE // 07
Les Echos Lundi 28 mai 2018
En prison, Lula présente sa
candidature à la présidence
La Malaisie
découvre
l’ampleur
de la corruption
l Théoriquement
inéligible, il a été
désigné par son
parti pour briguer un nouveau
mandat.
l Mais il ne pourrait s’agir que
d’une candidature
en trompe-l’œil
ASIE
Le successeur
de Najib Razak
veut faire
la transparence
sur le scandale
du fonds souverain.
Michel De Grandi
@MdeGrandi
BRÉSIL
Thierry Ogier
@ThierryOgier
— Correspondant à São Paulo
« Lula est notre candidat à la présidence. » La mine souriante, la présidente du PT, Gleisi Hoffmann, avait
convoqué ses militants, dans une
vidéo du parti, à se mobiliser aux
quatre coins du Brésil pour lancer
dimanche la candidature de l’exchef de l’Etat. Les dépôts de candidatures devant la justice électorale
pour le scrutin d’octobre doivent
avoir lieu avant mi-août, et ce n’est
qu’à partir de là que le Tribunal
supérieur électoral pourrait être
appelé à invalider sa candidature en
raison de sa condamnation en
appel à douze ans de prison.
Du siège de la police fédérale de
Curitiba, où il a été placé en détention le 7 avril dernier, Lula n’a pas
cessé de marteler son désir de revenir aux affaires. Pourtant, la législation brésilienne stipule que les condamnés en appel, comme c’est son
cas, sont inéligibles. « A l’heure
actuelle, la candidature de Lula
paraît pratiquement impossible. Il
s’agit d’une initiative purement politique. Elle n’a aucune base juridique », estime l’ancien ministre et
intellectuel de renom Rubens Ricupero. Alors, pourquoi maintenir
cette candidature ?
Popularité en hausse
Tout d’abord parce que les sondages encouragent ses partisans à le
Depuis son placement en détention le 7 avril dernier, Lula n’a cessé de marteler son désir de revenir
aux affaires. Photo Nelson Almeida/AFP
faire : même après son incarcération, deux enquêtes placent l’ancien
président nettement en tête des
intentions de vote au premier
comme au second tour. Sa popularité aurait même progressé de trois
points depuis qu’il est en prison.
Selon un sondage Ipsos, il est le
plus populaire au classement des
personnalités brésiliennes, avec une
cote de 45 %. « Les électeurs, les pauvres se souviennent que lorsque Lula
était au pouvoir [2003-2010, NDLR],
les choses allaient bien, rappelle
Danilo Cersosimo, directeur d’Ipsos
Public Affairs. Il y a une partie de la
population qui ressent fortement le
besoin de se faire écouter, d’avoir quel-
qu’un comme Lula qui comprenne à
tel point leur vie est dure. »
Pour eux, les accusations de corruption contre Lula sont à relativiser. « Certes, il est en prison, mais ses
partisans estiment que d’autres ont
aussi commis des crimes, et que ce
que Lula a fait, finalement, ce n’est
pas si grave », explique-t-il.
Indéboulonnable
Même en prison, l’ancien président
demeure le chef incontesté de la
gauche. « Le PT sans Lula ne dispose
d’aucune alternative valable. Il y a
des noms qui circulent, mais aucun
n’arrive à son niveau », explique
l’ancien ministre Rubens Ricupero.
L’armée appelée pour mettre
un terme à la grève des routiers
L’économie brésilienne est asphyxiée par la grève des
routiers, qui entre dans sa deuxième semaine. Les chauffeurs de camions, qui protestent contre la hausse du prix
du diesel, ont établi des barrages aux points stratégiques
du pays pour empêcher la circulation des marchandises.
La pénurie de carburant et de denrées alimentaires a
gagné l’ensemble du pays en quelques jours. Après avoir
accordé très tôt des concessions aux grévistes, sans pour
autant mettre un terme au conflit, le gouvernement s’est
résolu à envoyer l’armée pour tenter de lever les barrages et éviter la paralysie totale du pays.
Il ne pourrait ainsi s’agir que d’une
candidature en trompe-l’œil. « Ses
partisans savent au fond que sa candidature sera invalidée, mais ils veulent préserver cette éventualité le plus
longtemps possible », ajoute Danilo
Cersosimo.
Le tribunal supérieur électoral
est déjà sous pression pour prendre
sa décision « d’office » avant même
la clôture officielle des candidatures, ce qui selon le politologue
David Fleischer pourrait intervenir
dès le mois prochain.
Mais le PT compte pour sa part
sur la lenteur de la justice et va
maintenir la candidature de Lula le
plus longtemps possible. Et si le tribunal électoral le déclarait finalement inéligible, il pourrait alors
« tenter de transférer sa popularité
en faveur d’un autre candidat de gauche », estime David Fleischer.
Cette stratégie viserait ainsi,
selon le directeur d’Ipsos, à barrer la
route au candidat de l’extrême
droite Jair Bolsonaro, qui figure
actuellement en deuxième position
dans les sondages derrière Lula, ou
à tout autre candidat conservateur
défendant les intérêts des marchés,
comme le gouverneur de São Paulo,
Geraldo Alckmin, ou le ministre
des Finances sortant, Henrique
Meirelles. n
Avis de très gros temps pour
Najib Razak, l’ex-Premier
ministre de Malaisie battu
sévèrement aux élections législatives de début mai. Cette
défaite cinglante, qui a mis fin à
soixante et un ans d’un règne
sans partage de sa coalition,
tient essentiellement à l’énorme
scandale qui agite la Malaisie
depuis 2015 et au centre duquel
se trouve l’ancien chef de gouvernement. A peine a-t-il été
destitué de son poste que la
police a jeté ses filets sur celui
qui est soupçonné d’avoir
d é t o u r n é l ’é q u i v a l e n t d e
640 millions d’euros au détrim e n t d u f o n d s s o u ve r a i n
1Malaysia Development Berhad
(1MDB), qu’il avait créé peu
après son arrivée à la tête du
pays en 2009. Les perquisitions
effectuées n’ont pas été vaines.
400 sacs et 30 millions
de dollars
La police malaisienne a saisi
près de 30 millions de dollars et
plus de 400 sacs à main. Cet
argent, ces sacs de grandes marques, ainsi que des montres et
des bijoux ont été trouvés dans
deux appartements à Kuala
Lumpur. Les devises étaient
réparties dans 35 sacs, tandis
que 37 autres de ces pièces de
maroquinerie contenaient des
montres et des bijoux, dont la
valeur sera calculée plus tard, a
précisé la police.
Le docteur Mahathir souhaite visiblement aller vite. A
peine avait-il retrouvé le fauteuil de Premier ministre qu’il a
occupé de 1981 à 2003 que le
nouveau chef du gouvernement, âgé de quatre-vingtdouze ans, a lancé les investigations sur ce scandale. Il a
interdit à Najib Razak de quitter
le territoire et l’a contraint à de
longs interrogatoires par
l’agence anticorruption.
Une cellule d’investigation
spéciale a même été créée. Elle
est chargée d’enquêter sur les
soupçons pesant sur certaines
personnes impliquées dans la
gestion du fonds souverain.
Cette structure, qui englobera
des représentants de l’agence
anticorruption, de la police et
de la banque centrale, va devoir
identifier et saisir les avoirs qui
auraient pu être acquis en
siphonnant le fonds souverain.
Compte personnel
Selon des documents du département américain de la Justice,
les quelque 680 millions de dollars de 1MDB manquants ont
été transférés sur le compte
personnel d’un individu identifié comme « Malaysian Official
One », qui, selon des sources
américaines et malaisiennes,
désigne Najib Razak.
Dans un souci de transparence, Lim Guan Eng, le nouveau ministre des Finances, à
peine installé, a divulgué des
montants corrigés de la dette de
la fédération. Celle-ci ne serait
pas de 685 milliards de ringgits
comme il était jusque-là
annoncé, mais supérieure à
1.000 milliards, soit 252 milliards de dollars. La différence
viendrait en partie de la situation de 1MDB. De quoi aider le
gouvernement à faire accepter
l’idée d’un relèvement des taxes,
notamment de la TVA qui pourrait passer de 6 à 10 %. Il veut
aussi tailler dans les dépenses de
personnel en réduisant le nombre de contractuels et le train de
vie des cabinets ministériels. n
Recrudescence de la pauvreté
La pauvreté ne se résorbe
pas au Brésil malgré
le retour de la croissance.
15 millions de personnes
y vivent avec moins
de 1,90 dollar par jour.
Le Brésil a beau avoir terrassé
l’inflation et connaître une certaine
embellie économique, il est loin
d’être venu à bout de la pauvreté. Au
contraire, celle-là a connu une
croissance à deux chiffres l’an dernier (11,2 %), pour toucher 7 % de la
population. Soit un contingent de
près de 15 millions de personnes
dont les revenus, selon les critères
de la Banque mondiale, sont inférieurs à 1,90 dollar par jour. Et ce,
alors que la récession était officiellement terminée et que le PIB
relevait la tête, avec une croissance
de 1 %.
Dans certains Etats du Nordeste,
la région la plus pauvre du Brésil,
près d’un cinquième de la population vit officiellement dans la
misère. Mais même à São Paulo, où
se concentre une grande partie des
richesses du pays, l’extrême pauvreté affiche une nette recrudescence. Entre 2016 et 2017, le nombre
de pauvres a même effectué un
bond de 24 %, selon les chiffres officiels. Motif ? La forte poussée du
chômage durant la récession qui a
conduit une partie de la population
vers le marché informel, ce qui a
entraîné une forte perte de revenus.
« On est juste au début du cycle de
reprise de l’activité économique et les
effets ne se sont pas encore fait sentir
sur l’emploi. Pendant la crise, on a
assisté à une forte chute des investissements publics, et le marché du travail en ressent encore les conséquences », explique l’économiste Cosmo
Donato, du cabinet de consultants
LCA à São Paulo. En quatre ans, le
n o m b r e d e B r é s i l i e n s ay a n t
renoncé à chercher du travail a triplé. Ils représentent un contingent
de 4,6 millions de personnes qui
n’apparaissent plus dans les statistiques du chômage. Au total, près
d’un Brésilien sur quatre en âge de
travailler vit actuellement en marge
du système, soit en étant demandeur d’emploi (le taux de chômage
s’élève à 13,1 %), soit en étant dans le
secteur informel, soit en ayant tout
bonnement abandonné la recherche d’un emploi.
Petits boulots
Pendant les années fastes, au début
des années 2010, la forte croissance
et la politique sociale du gouvernement Lula avaient permis à quelque
30 millions de Brésiliens de sortir
de la pauvreté. Mais beaucoup ont
depuis replongé dans la précarité.
« Les gens qui n’étaient pas forcément qualifiés parvenaient tout de
même à trouver un emploi il y a quelques années en arrière, lorsque le
marché du travail était en surchauffe. Ce n’est plus le cas. Ils doi-
« On est juste
au début du cycle
de reprise
de l’activité
économique
et les effets
ne se sont pas
encore fait sentir
sur l’emploi. »
Positive
BUSINESS
Jeudi 7 juin
2018
COSMO DONATO
du cabinet de consultants LCA
à São Paulo
Paris
#PositiveBusiness
vent désormais faire des petits boulots et gagnent beaucoup moins »,
ajoute l’économiste. « Le revenu
moyen du travailleur est très bas au
Brésil, ajoute Cosmo Donato. Si les
jeunes veulent poursuivre leurs études, ils doivent bosser. Mais s’il n’y a
pas de boulot… », ils abandonnent
leurs études, premier pas vers la
précarité.
La poussée du travail informel
est en grande partie responsable de
la chute de la productivité (-3,6 % en
trois ans), selon le centre d’études
économiques de la Fondation
Getúlio Vargas (FGV) à Rio. Ce qui
expliquerait la lenteur de la reprise
économique actuelle et de ses effets
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08 //
Lundi 28 mai 2018 Les Echos
idées&débats
SOMMAIRE
Le meilleur du Cercle
des Echos
La Chronique
Le Point de vue
Art et culture
Sciences
L’inculture économique, un danger
pour notre démocratie
Macron-Poutine, une voie bien étroite
Baisse des aides sociales : ce qu’en pensent
les Français
Des « ondes magnétiques » en petites
fréquences au Français
Les étonnants secrets de l’eau
LES ÉDITORIAUX
DES « ÉCHOS »
Les leçons de mai 2018
Dominique Boll pour « Les Echos »
La croissance mondiale sur
un plateau tapissé de volcans
Jean-Marc Vittori
@jmvittori
Le meilleur est passé. Le pire est-il à
venir ? Sûrement, mais sans doute
pas tout de suite. Voici en quelques
mots l’état de l’économie française et
mondiale en ce printemps 2018.
Commençons par le meilleur.
Incontestablement, l’année économique 2017 a été la plus tonique
depuis une décennie. Sur toute une
série d’indicateurs : production,
emploi, investissement, etc. A en
croire le FMI, seulement seize des
193 pays qu’il suit ont vu leur production reculer l’an dernier. Les experts
n’ont cessé de réviser à la hausse
leurs prévisions de croissance. En
France, l’Institut de la statistique
(Insee) a aussi rehaussé son chiffre
de croissance pour l’année dernière,
passé en un an d’une prévision de
1,6 % à une estimation de 2,3 %.
Continuons par le passé. Car,
depuis le début de l’année, les indicateurs sont moins favorables. Un
exemple parmi d’autres : au premier
trimestre, l’activité était sur une
pente de progression de 1,5 % en
Europe (chiffre annualisé), alors
qu’elle était constamment sur un
rythme proche de 3 % depuis la fin
2016.
Au début, les commentateurs ont
expliqué le ralentissement par des
causes ponctuelles : mois de février
glacial, grèves en France, grippe en
Allemagne, moindre activité autour
du week-end de Pâques en mars et
non en avril… Mais les tendances du
deuxième trimestre n’effacent pas le
ralentissement. Il faut se rendre à
l’évidence : la fin 2017 était un pic
conjoncturel. En économie comme
dans la vie quotidienne, la conscience d’un moment de félicité est
rarement immédiate. Elle vient plus
tard, en comparant.
Un dessin du « cartoonist » Bob
Rich, choisi par les fins conjoncturistes du courtier Aurel BGC pour
faire la couverture de leurs dernières
prévisions, montre bien la crainte
actuelle. Un ours et une vache per-
chés sur un pic rocheux regardent
vers le bas en demandant : « Et quoi
maintenant ? » Avons-nous passé
un sommet alpin… ou sommesnous montés sur un plateau auvergnat, avec de douces pentes ?
L’ANALYSE
DE LA RÉDACTION
Les croissances
mondiale et française
ont passé un pic fin
2017. Elles semblent
revenues sur
un plateau. Mais
des volcans sont prêts
à bouleverser
le paysage.
D
Les points à retenir
le début de l’année,
•lesDepuis
indicateurs économiques
sont moins favorables.
Pour certains analystes, ce
ralentissement fait suite à une
année 2017 particulièrement
tonique. D’autres
commentateurs y voient juste
un « trou d’air ».
Plusieurs éléments
perturbateurs contribuent à
créer de l’incertitude : les
revirements incessants de
Donald Trump, la facture
pétrolière alourdie par la
hausse des cours, les
craquements financiers de
certains pays émergents…
Un autre facteur moins
visible mais tout aussi
important pourrait peser sur
la croissance : la difficulté des
entreprises à recruter.
•
•
•
Euphorie excessive
La première réponse vient des
maniaques du graphique. « Les
déclins sont constatés en comparant
avec une situation antérieure d’une
vigueur inhabituelle, affirme Ben
May, directeur de la recherche
macro du cabinet Oxford Economics. L’euphorie sur la poussée de la
croissance avait sans doute été excessive, il en va de même pour le pessimisme sur la récente rechute. » Autrement dit, ça baisse seulement parce
que ça avait trop monté. Inutile donc
de s’inquiéter.
La deuxième réponse vient des
leçons de l’histoire. Là aussi, elle est
plutôt rassurante. Quand la croissance s’épanouit, elle reste au moins
deux ou trois ans dans un paysage
plus auvergnat qu’alpin – sauf pour
le cas de l’Europe en 2012, quand le
Vieux Continent avait replongé dans
la crise de la zone euro juste après
être sorti du choc Lehman Brothers
venu d’Amérique.
Il est frappant de voir ce qui s’était
passé en France non au milieu des
années 2000, où la croissance était
déséquilibrée, mais à la fin des
années 1990. En 1997, l’activité accélère. A l’automne 1998, la production
a gagné 3,6 % en un an. Des signes de
ralentissement apparaissent. Le
ministre de l’Economie de l’époque,
Dominique Strauss-Kahn, se fait
moquer en parlant de simple « trou
d’air ». Il a pourtant raison : la croissance reste bien au-delà de 3 % jusqu’à la fin 2000.
Autre leçon tirée des décennies
précédentes : aucune cause ayant
provoqué des retournements brutaux n’est présente. C’est du moins
l’hypothèse de Patrick Artus, économiste en chef de la banque Natixis :
s’il n’y a « ni inflation, ni hausse forte
des taux d’intérêt, ni excès d’endette-
ment des ménages ou des entreprises,
ni bulles sur les prix des actifs immobiliers ou sur les actions, alors il
devrait y avoir atterrissage en douceur ».
Aucun souci, donc, jusqu’à l’orée
des années 2020 ? Ce n’est hélas pas
si simple. Car il y a dans l’économie
mondiale, contrairement à l’Auvergne, plusieurs volcans très actifs qui
pourraient bousculer le paysage. Le
premier est roux et s’appelle Donald
Trump. A tout le moins, les revirements incessants du président du
premier importateur mondial sur le
marché international créent une
profonde incertitude.
Le deuxième volcan s’appelle
pétrole. La hausse des cours enregistrée ces derniers mois alourdit la facture pétrolière de 1.000 milliards de
dollars, d’après le calcul de Bruno
Cavalier, chef économiste de la banque Oddo BHF. Cet argent profite
certes aux pays producteurs, mais ils
en dépensent moins que les pays
consommateurs. Le pétrole de
schiste américain devait empêcher
les prix de s’envoler, mais il faudra
dix-huit mois pour achever les pipelines qui le transporteront. Le regain
de tensions au Moyen-Orient,
autour de l’Iran, ne calme rien.
Le troisième volcan, c’est celui des
pays émergents. Si les géants chinois
et indien semblent solides, des
craquements financiers se font
entendre au Venezuela, en Argentine, en Turquie. La Russie et le Brésil
sont des convalescents fragiles. Dans
les pays avancés, le Vésuve italien
commence à envoyer des coulées de
lave pour l’instant inoffensives.
Il y a aussi une autre force, plus
souterraine mais bien présente : la
difficulté des entreprises à recruter,
que l’on retrouve dans pratiquement
tous les pays avancés, y compris
ceux comme la France où le chômage est encore élevé. Nous ne sommes plus sur le versant de la
demande, mais sur celui de l’offre. Et
c’est de là que pourrait venir le plus
grand boulet sur la croissance des
prochaines années. n
Ils étaient environ 30.000, samedi à Paris,
et moins de 100.000 au total en France pour
la « marée populaire » anti-Macron à l’appel
de nombreuses associations, partis de
gauche et syndicats les plus contestataires.
Loin, très loin des objectifs caressés par
Jean-Luc Mélenchon (1 à 2 millions).
Après
ce nouvel échec, que va-t-il se passer
Par Etienne
maintenant, d’ici à l’été ? Pas grand-chose.
Lefebvre
Alors que la CGT comme La France
insoumise s’appuyaient sur la portée
Le flop de
symbolique de l’anniversaire de Mai 68 pour
la dernière
annoncer des mobilisations allant
mobilisation crescendo, grâce à la fameuse convergence
des luttes, c’est un tout autre scénario qui
des
s’écrit. Les syndicats, à l’instar de FO,
syndicats
rêvaient d’une grande manifestation
interprofessionnelle en juin, où les salariés
du public
du privé rejoindraient des fonctionnaires
a calmé
chauffés à blanc. Mais le flop de la dernière
les ardeurs. mobilisation des syndicats du public,
pourtant tous réunis pour l’occasion,
a calmé les ardeurs. Officieusement, les responsables syndicaux
donnent désormais rendez-vous à la rentrée. D’autant que la CFDT
va donner la priorité à son congrès (du 4 au 8 juin).
Les autres foyers de contestation s’amenuisent aussi. Les salariés
d’Air France sont en stand-by, les occupations d’universités ont pris
fin – non sans blocages d’examens aussi vains que scandaleux ici
ou là –, les personnels hospitaliers attendent le plan promis
par l’Elysée, les routiers renoncent à rentrer dans la danse. Reste
la SNCF, où le mouvement de grève subit un phénomène logique
d’usure, même si la mobilisation des conducteurs demeure forte.
Le rendez-vous de Matignon de vendredi dernier a constitué
un moment charnière. Le discours très positif de l’Unsa, deuxième
syndicat de la SNCF, laisse augurer d’une volonté d’arrêter
rapidement la grève. Côté CFDT, la tonalité est plus dure, proximité
du congrès oblige et parce que la base cheminote est plus
remontée. Mais Laurent Berger programme le point de sortie pour
la mi-juin, avec le vote définitif de la loi. Il n’est que temps, alors que
la réforme de la SNCF est approuvée par une majorité de Français
depuis le départ – soutien qui va croissant. Emmanuel Macron peut
donc souffler. La nouvelle séquence qui s’ouvre, avec la réforme des
politiques publiques et le budget 2019, s’annonce néanmoins
difficile sur le plan politique, et pourrait faire des vagues y compris
dans la majorité. La cacophonie sur les aides sociales a montré la
sensibilité de la question des économies. Mais ce dossier, soustraité depuis un an, ne peut être à nouveau repoussé. Après avoir
convaincu de la nécessité de réformer l’économie française, le chef
de l’Etat va devoir faire de même concernant la sphère publique.
(
Lire nos informations
Pages 2-3 et 17
Un air de déjà-vu
Par Guillaume Maujean
Bien sûr, ce n’est pas le printemps 2010, quand l’Europe avait dû
voler une première fois au secours de la Grèce, avec l’aide de la BCE
et du FMI. Encore moins l’été 2011, quand plusieurs banques
menaçaient de sombrer et que les marchés ciblaient à la fois
le Portugal, l’Espagne et l’Italie. Mais il flotte aujourd’hui comme un
petit parfum de crise financière dans la zone euro. Rome voit de
nouveau les taux auxquels elle emprunte remonter en flèche, alors
qu’une improbable coalition réunissant les populistes de gauche et
de droite s’apprête à accéder au pouvoir. Madrid revient aussi dans
le collimateur des marchés tandis que vacille le gouvernement
Rajoy, rattrapé par une affaire de corruption du Parti populaire.
L’euro cède du terrain, les Bourses accusent le coup, tirées vers le bas
par le secteur bancaire. Ce n’est pas la panique, mais il y a comme
un air de déjà-vu. Il serait absurde de dire que rien n’a changé ces
dernières années. Les déficits ont été considérablement réduits. Le
Portugal et l’Espagne ont réalisé de gros progrès. Les banques sont
désormais régulées par une instance commune. La BCE a réussi
à ramener le calme. Mais en parallèle, les institutions avancent trop
lentement. Les sommets européens ne débouchent que sur de petits
accommodements. Les membres de la zone euro sont très loin
d’avoir corrigé toutes les failles de l’union monétaire. Les projets
d’Emmanuel Macron pour refonder la zone euro sont encalminés.
L’Italie est à la fois la victime de cette situation (la percée des
populistes repose en partie sur l’incapacité de l’Europe à traiter
le sujet des migrants) et l’une des plus grosses sources de risques.
Les frictions du nouveau gouvernement avec Bruxelles ne font sans
doute que commencer. Cela ne débouchera pas nécessairement sur
une crise aiguë, car les institutions italiennes prévoient un certain
nombre de garde-fous. L’opposition entre le Mouvement 5 étoiles
et la Ligue du Nord est telle que l’espérance de vie de leur partenariat
paraît courte (la durée moyenne des derniers gouvernements
italiens est de quatorze mois). Et la BCE peut toujours intervenir
en cas d’urgence. Même si, huit ans après, la gardienne de la zone
euro aimerait passer à autre chose.
(
Lire nos informations
Pages 5 et 30
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IDEES & DEBATS // 09
Les Echos Lundi 28 mai 2018
opinions
LES ARTICLES LES PLUS LUS SUR LESECHOS.FR
LE MEILLEUR DU
CERCLE DES ÉCHOS
DANS LA PRESSE
ÉTRANGÈRE
L’inculture économique, un
danger pour notre démocratie
La presse américaine
vent debout contre la RGPD
Les Français n’ont pas les bases pour
comprendre l’économie. Pour Olivier
Babeau, président de l’Institut Sapiens,
et Pierre Robert, professeur agrégé
de sciences économiques et sociales, leur
donner les bases nécessaires est un enjeu
démocratique.
Manifestement, la presse améri•caine
goûte fort peu le nouveau règle-
POPULISME « Les Français sont nuls en
économie. Un constat qui pose évidemment
d’abord un grave problème économique,
puisque tant de décisions des acteurs,
publics comme privés, sont liées à une
compréhension des mécanismes en jeu. […] Il
est aussi possible de voir dans cette ignorance
une cause de la préoccupante montée
de propositions politiques extrêmes qui ont
pour point commun de piétiner la raison
et de bloquer les réformes. Familiariser enfin
les Français avec l’économie s’impose dès lors
comme un exercice indispensable pour
la santé de notre démocratie. »
IGNORANCE « Un sondage Ifop avait
montré en 2017 que deux tiers des Français
n’avaient aucune idée de l’ordre de grandeur
du PIB ou de la dette publique. Pis encore,
près de 40 % d’entre eux estimaient la
situation du commerce extérieur de la France
assez bonne ou même très bonne… Des
résultats semblables sont obtenus concernant
le montant du SMIC et le coût réel des charges
pour l’employeur. »
BACCALAURÉAT « La réforme annoncée
du baccalauréat offre une occasion unique
de remettre en chantier tout ce pan de notre
système éducatif. La nomination par
le gouvernement d’un groupe de travail dirigé
par l’économiste Philippe Aghion est la preuve
d’une prise de conscience réelle. Il faudra
la traduire en actes en revoyant en profondeur
le programme du lycée afin de laisser plus
de place aux concepts et mécanismes de base
et moins aux opinions militantes. »
a
A lire l’intégralité sur
lesechos.fr/idees-debats/cercle
ment européen sur la protection des
données – le RGPD – entré en
vigueur le vendredi 25 mai. Preuve
sans doute que l’Europe, pour une
fois unie, a frappé fort. Partout, les
commentaires critiques pleuvent,
allant de la « jungle » que va devenir
Internet sur le Vieux Continent aux
accusations à peine dissimulées de
protectionnisme dirigé contre les
Gafa.
S’il ne franchit pas explicitement
cette ligne, le « Wall Street Journal »
est néanmoins au diapason. Ce ne
sont pas seulement Google ou Facebook qui seront impactés, écrit le
journal. « Elles seront des centaines de
milliers d’entreprises dans le monde,
allant des multinationales comme
Mastercard à de petits industriels jusqu’aux simples restaurants à devoir
modifier la façon dont elles gèrent les
données de leurs clients, même si elles
ne disposent pas d’une implantation
physique en Europe. »
Selon différentes études, entre
60 % et 85 % des sociétés concernées
ne seraient pas en conformité avec
les nouvelles obligations européennes, risquant ainsi des pénalités pouvant aller jusqu’à 4 % de leur chiffre
d’affaires, rappelle notre confrère.
Si des groupes de grande taille
comme les compagnies aériennes
ou les géants du tourisme ont les ressources suffisantes pour réorganiser
leur processus interne de collecte, de
gestion et de partage des données,
ce qu’elles font en renforçant considérablement leurs équipes de Data,
d’autres ne sont pas dans ce cas,
explique le « Wall Street Journal ».
— Daniel Fortin
LE LIVRE
DU JOUR
Comment la consommation
se réinvente
LE SUJET. Loin de relever
de l’anecdote, les micro-faits de
la consommation sont devenus de
plus en plus prédictifs des grands
courants amenés à traverser
la société et ses modes d’achat.
Chaque semaine, la newsletter
L’Œil de L’Observatoire Cetelem
épingle, à la manière
d’un entomologiste, les
nouveautés et phénomènes
émergents. L’ouvrage rassemble
dix ans d’initiatives scrutées
de près par Patrice Duchemin,
tout en les mettant en perspective.
Il conseille d’hybrider deux
produits ou concepts a priori
éloignés comme d’initier de
nouveaux rites valorisant ceux
qui les pratiquent.S’il se penche
sur le passé récent, le livre permet
aussi de découvrir des mots très
2018, comme le « coffice » pour
désigner les lieux faisant à la fois
office de café et de bureau, le
« hauling » consistant à déballer
et commenter ses achats devant
des milliers d’internautes ou les
« Henry » pour « High earners
not rich yet », cible possible pour
les marques de luxe.
L’AUTEUR. Sociologue de la
consommation, Patrice Duchemin
Le Pouvoir des imaginaires
de Patrice Duchemin,
sous la direction de Flavien Neuvy,
Editions Arkhê, 216 pages,
14,90 euros.
réalise des veilles tous azimuts. Ce
spécialiste des tendances travaille
de longue date avec des marques.
Il enseigne en outre au Celsa.
LA CITATION. « C’est à la marge
que notre société se réinvente ,
car c’est là que naissent les petites
aspérités qui attirent l’attention,
relancent l’intérêt et le désir.
Les micro-faits sont des moteurs,
car ils sont capables de susciter
la préférence. »
— Clotilde Briard
Sipa
1. Alzheimer : Agnès Buzyn devrait annoncer la fin du remboursement des médicaments
2. Les clients des banques privées commencent à percevoir le choc de MIF 2
3. Bilan décevant pour la « Marée populaire » voulue par la gauche radicale
4. Ligue des champions : le Real de Zidane entre dans la légende avec un triplé inédit
5. Macron accorde sa première grâce présidentielle
En dépit des visions et des intérêts communs de Paris et Moscou sur un nombre toujours plus grand de dossiers,
il existe entre la France et la Russie des désaccords sur des questions essentielles comme l’Ukraine ou la Syrie.
Macron-Poutine,
une voie bien étroite
En Syrie comme sur le dossier du nucléaire iranien, Moscou
n’est plus sous-estimé comme il a pu l’être par le passé. Attention
toutefois à ne pas commettre l’erreur inverse en surestimant sa puissance.
LE REGARD
SUR
LE MONDE
de Dominique
Moïsi
our un président français qui
vient d’entrer dans la deuxième
année de son mandat, il convenait d’abord de dissiper les « ombres »
laissées par la récente rencontre à
Washington avec le président américain : trop de démonstrations d’affection
pour trop peu de résultats. Il fallait aussi
montrer que l’on pouvait – sans naïveté
mais sans rigidité excessive – au moins
« progresser à la marge » sur certains
dossiers.
Le premier objectif était plus facile à
atteindre que le second. Il est moins
aisé d’être « tactile » avec le maître du
Kremlin qu’avec celui de la MaisonBlanche. Le second objectif était plus
complexe. Comment hiérarchiser les
problèmes ? Le dossier nucléaire iranien ne peut reléguer la crise en Ukraine
et n’être plus qu’une simple divergence,
un détail de l’Histoire prudemment
laissé dans un tiroir. Pourtant, le
contexte international s’est modifié. Il ne
s’agit pas bien sûr pour la France de procéder à un renversement d’alliances
spectaculaire tout aussi dangereux
qu’irréaliste entre les Etats-Unis et la
Russie.
L’Amérique de Trump n’est certes
plus ce qu’elle était, mais la Russie de
Poutine n’est pas non plus dans la même
catégorie de puissance que la Chine.
Aussi convient-il de trouver avec Moscou un « ton juste ». Celui qui défend nos
intérêts sans brader nos valeurs, celui
qui prend la mesure du nouveau rôle
géopolitique de Moscou – en particulier
au Moyen-Orient – sans perdre de vue
que la Russie demeure, pour reprendre
l’expression de Georges Sokoloff, « La
Puissance pauvre ». Le risque de sousestimer la Russie a disparu depuis la
réussite – à court terme au moins – de
son action diplomatique et militaire en
Syrie. Moscou a atteint ses objectifs et a
consolidé sans le moindre état d’âme, le
régime de Damas.
Mais le danger inverse, celui de surestimer le pouvoir de la Russie est par
P
contre toujours présent en dépit de la
fragilité bien réelle de son économie et
les tensions politiques et sociales qui – en
dépit de la victoire incontestée de Poutine aux dernières élections présidentielles – pourraient bien resurgir un
jour : les peuples sont inconstants.
De fait, il doit exister sur le fond une
différence essentielle entre le traitement
de Trump et celui de Poutine. En dépit de
son président actuel, de son imprévisibilité et de la brutalité « tous azimuts » de
ses choix diplomatiques et commerciaux, l’Amérique continue à partager
avec la France des valeurs communes.
Et, en dépit des qualités – sans doute plus
tactiques que stratégiques – de Poutine,
et des visions et des intérêts communs de
Paris et Moscou sur un nombre toujours
plus grand de dossiers, il existe entre la
France et la Russie des désaccords sur
des questions essentielles, de l’Ukraine à
la Syrie.
La Russie ne crée pas
le populisme en Europe
ou aux Etats-Unis,
mais elle l’exploite
et l’encourage sans
vergogne et, souvent,
avec succès.
Rapprocher nos points de vue, tout en
gardant présent à l’esprit tout ce qui nous
sépare, c’est l’essence même de la diplomatie. Faire preuve de fermeté, sans
tomber dans le piège que nous tend Moscou : « Plus vous nous sanctionnez, plus
vous nous dénoncez, plus vous faites
l’unité des Russes contre vous et derrière le
pouvoir en place. » En Russie, l’amour de
la Nation, sinon la gloire de l’Empire,
sont plus forts que l’amour de la Liberté.
Mais du dossier du nucléaire iranien à
celui de la Syrie, en passant bien sûr par
la question de l’Ukraine, on ne peut
plus faire – comme les Américains en
ont eu la coûteuse illusion dans les
années 1990 – sans la Russie. Elle est
devenue incontournable. Sur la question du processus de paix au MoyenOrient entre Israël et les Palestiniens,
une fois que le plan de paix américain
aura été présenté par ses auteurs – en
juillet, selon les dernières estimations –
et qu’il aura, en toute probabilité,
échoué, il appartiendra peut-être à Paris
et à Moscou de reprendre l’initiative,
pour garder entrouvertes les portes de la
négociation. On disait hier qu’au MoyenOrient on ne pouvait faire la guerre sans
l’URSS et la paix sans les Etats-Unis. Tel
n’est clairement plus le cas aujourd’hui.
Les derniers avatars de la diplomatie
américaine ne sauraient brutalement
inverser l’ordre des priorités dans nos
relations avec la Russie. La première
question à traiter demeure celle de
l’Ukraine et elle est loin d’être simple.
Moscou souhaite une levée de la politique de sanctions à son encontre. Les
sanctions ralentissent plus encore la
progression de son économie et gênent
les proches de Poutine et les élites économiques russes dans leur ensemble.
L’Italie aux mains des populistes souhaite une levée sans contrepartie de la
politique de sanctions. La Grande-Bretagne promeut un discours de fermeté,
mais est-elle encore dans l’Union ? La
France et l’Allemagne, la seconde peutêtre plus encore que la première,
seraient favorables à un compromis.
Mais la Russie est-elle prête à accepter
une présence onusienne à l’est de
l’Ukraine, qui s’assurerait de la fin de la
violence entre les deux parties ? Il est évident que la nature confuse et peu exemplaire du pouvoir à Kiev ne facilite pas le
déblocage de la situation. Au-delà de la
question ukrainienne, comment faire
comprendre aux Russes qu’ils n’ont rien
à gagner à chercher à influencer nos
sociétés et à intervenir dans nos processus électoraux. La Russie ne crée pas le
populisme en Europe ou aux Etats-Unis,
mais elle l’exploite et l’encourage sans
vergogne et souvent, il nous faut l’admettre, avec succès.
« Une main de fer, dans un gant de
velours » : c’est ainsi que l’on décrivait
parfois le « Prince des diplomates », Talleyrand. La formule est plus que jamais
d’actualité dans notre approche de la
Russie. Ne rien laisser passer, quand en
matière de cybercrimes ou de crimes
tout court – comme récemment en
Grande-Bretagne – la Russie nous
agresse. Entrouvrir avec prudence des
portes quand l’occasion s’en présente.
La voie est étroite et doit être poursuivie
de manière déterminée, cohérente et
discrète.
Dominique Moïsi est chroniqueur
et conseiller spécial à l’IFRI.
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10 // IDEES & DEBATS
Lundi 28 mai 2018 Les Echos
LES ARTICLES LES PLUS PARTAGÉS
art&culture
1. Alzheimer : Agnès Buzyn devrait annoncer la fin du remboursement des médicaments
2. Mort de Pierre Bellemare, grand nom de la radio et de la télévision
3. Les députés votent pour 50 % de bio dans les cantines
4. Enfants mis en scène sur Youtube : une association saisit la justice pour « travail illégal »
5. Michel Platini se dit blanchit par la justice suisse
LE POINT
DE VUE
de Chloé Morin
oici quelques jours, Bruno Le
Maire a annoncé souhaiter
« réduire la politique sociale de
l’emploi », à la condition que nous réussissions à « créer des emplois dans le secteur privé […] à mieux qualifier, mieux former ». Ces déclarations, faisant suite à
une note de Bercy esquissant des pistes
pour revoir les critères d’attribution de
certaines aides sociales – notamment
l’APA et les APL –, ont immédiatement
lancé la polémique – jusqu’au sein du
gouvernement – sur un sujet hautement
sensible dans l’opinion : celui de la solidarité, et de l’organisation de la redistribution dans notre pays.
Comme sur la fonction publique, où
l’opinion est partagée entre dénonciation de « privilèges » perçus de manière
globale et abstraite et un profond attachement aux services publics et aux
hommes et femmes qui les incarnent au
quotidien, l’opinion est assez ambiguë
dans son rapport aux aides et à notre système social.
D’un côté, les Français sont attachés
à leur modèle social – défini comme
la Sécurité sociale, la retraite, et
l’assurance-chômage –, et jugent à 77 %
qu’il « faut le préserver, car il fait partie
de l’identité de la France » (sondage
Ifop). Mais « en même temps », ils souscrivent à 69 % à l’idée qu’il « faut le réformer, le redimensionner, pour le rendre
moins coûteux, quitte à réduire les
prestations ou le champ de ceux qui en
bénéficient ».
Certes, nos citoyens jugent de manière
écrasante que les personnes ayant une
situation et des revenus comparables
perçoivent plus qu’eux-mêmes, et 72 %
V
LE POINT
DE VUE
de Guy Vallancien
a formation initiale des médecins
et des infirmiers est devenue inadaptée à une prise en charge plus
globale des malades, des blessés et des
handicapés qui sonnent à la porte du système de soins.
Nous devons sortir de nos habitudes
ancestrales et de nos filières cloisonnées
pour lancer le schéma d’un cursus partagé reposant sur le constat suivant : tout
acte réalisé chez les patients doit être
considéré comme médical, impliquant
d’en finir avec la division malsaine entre
les infirmiers classés dans les professions dites paramédicales et les médecins. Cette étanchéité entre les métiers
est un frein majeur à l’harmonisation
des procédures mises en place dans les
parcours de soins, particulièrement
pour les maladies chroniques et du
vieillissement qui explosent.
De l’infirmière au professeur de
médecine, celles et ceux qui s’engagent
dans l’univers du soin devront dorénavant être tous considérés comme exerçant une profession médicale à responsabilité variable selon leurs
compétences. Le statut des sages-femmes, qui ont un niveau mastère, en est
l’exemple le plus parlant. Cette mutation
profonde est rendue possible
aujourd’hui grâce aux progrès de l’intelligence artificielle et de la robotique qui
facilitent de plus en plus les décisions
diagnostiques, les choix thérapeutiques
mais aussi la dispense des traitements et
la chirurgie.
Pour mener à bien une telle mutation,
nous devons repenser l’intégralité du
L
Baisse des aides
sociales : ce qu’en
pensent les Français
pensent que notre système social « favorise l’assistanat ». De l’autre, ils connaissent mal les aides auxquelles ils ont
droit. Une étude du ministère des Affaires sociales révélait ainsi en 2016 que
38 % des ouvriers savent précisément
qui peut recevoir la prime pour l’emploi
(PPE). Sur la méconnaissance prospèrent les fantasmes…
L’opinion est ambiguë
dans son rapport
aux aides et à notre
système social.
Ainsi, si 55 % jugent le modèle social
« trop coûteux et inefficace », il apparaît
que les problèmes de financement proviennent, aux yeux de la plupart des
Français, avant tout de « gaspillages » et
d’un manque de « contrôle », notamment face aux fraudes. Ces facteurs sont
jugés plus importants que le poids du
chômage, qui pourtant pèse en réalité
bien plus sur les comptes sociaux que les
fraudes.
Doit-on dès lors s’étonner de l’indignation suscitée, au cœur de l’été dernier,
par le coup de rabot gouvernemental sur
les APL ? Ou encore que, selon les
enquêtes, bien peu de pistes d’économies envisagées recueillent une adhésion majoritaire ? Tout se passe comme
si les Français réclamaient à cor et à cri
que l’on réduise les aides sociales, mais
avant tout celles des autres.
Ces contradictions procèdent d’une
crise qui va bien au-delà d’un simple problème comptable : elles révèlent le
malaise du « collectif France », l’affaiblissement des liens qui nous unissent, la
difficulté croissante à se projeter dans un
avenir commun qui justifierait la solidarité nationale. De plus en plus, nous voulons choisir « avec qui » nous voulons
être solidaires – trier entre les méritants,
et les « assistés », en excluant en premier
lieu les gens du voyage, les migrants, etc.
Dans ce contexte, la réforme de notre
modèle social est sans doute la condition
d’une réconciliation des Français avec la
solidarité nationale et le consentement à
l’impôt. Mais de simples mesures techniques et budgétaires ne suffiront sans
doute pas à venir à bout de notre crise
d’identité nationale.
Si une part écrasante des Français est
préoccupée par la montée des inégalités
et des injustices, il convient enfin de souligner que le traitement de la pauvreté et
de l’exclusion, qui était au cœur des priorités de la population en 1995, apparaît
de moins en moins urgent (36 %
jugeaient cela prioritaire en 2015, 14
points de moins qu’en 2008, et 27 points
de moins qu’en 1995). Un élément qui
devrait ouvrir la voie à une réforme
ambitieuse…
Mais les représentations dominantes
peuvent aussi représenter un piège
redoutable pour un gouvernement
perçu comme œuvrant avant tout
« pour les privilégiés » (par plus des trois
quarts des Français). Surtout si, comme
cela semble être le cas ici, la porte
d’entrée dans le débat est essentiellement budgétaire.
L’actuel concours
d’internat doit être
supprimé d’urgence.
celui qui voudra poursuivre ses études
intégrera un mastère en choisissant sa
filière : médecine générale, médecine de
spécialité, chirurgie, psychiatrie, santé
publique, recherche et industrie, sur la
base de son classement selon des quotas
régionaux calculés selon les besoins. Ce
niveau mastère donnera plus de responsabilités au professionnel, avec le titre
d’assistant chirurgien, assistant anesthésiste, cancérologue, gériatre ou d’autres
spécialités lui permettant d’effectuer
certaines prescriptions et certains gestes
opératoires.
Trois années supplémentaires seront
nécessaires pour obtenir le grade de docteur en médecine selon un quota régional plus restrictif reposant sur un nou-
Philippe Chevilley
@pchevilley
THÉÂTRE
La mise en scène, bien
réglée, n’a pas cette intensité
bravache qu’on retrouve
Le concept du spectacle de
de David Lescot
chez certains jeunes collecDavid Lescot au Vieux-CoParis, Vieux-Colombier tifs. Comme son personl o m b i e r av a i t d e q u o i
Comédie-Française
nage de Boss, David Lescot
séduire. Raconter l’histoire
(01 44 58 15 15)
cherche à créer « le bordel »,
des radios libres et de leur
du 23 mai au 1er juillet
mais peine à l’installer. Tout
transformation marDurée : 2 heures
au plus instille-t-il une intéchande à l’aube des années
ressante étrangeté dans les
1980, parallèlement à l’arrivée des socialisparties chantées – cabaret plutôt réjouissant
tes au pouvoir ; conduire ce récit de manière
de la contre-culture fantasmée des années
fragmentée, avec huit comédiens français
1980. Mais on cherche en vain la rage rebelle
(pour plus de seize rôles) enchaînant saynèdes premiers pirates des ondes, l’ivresse et le
tes et chansonnettes rock/pop/rap ; et aborglamour de Radio Nova, l’insolence de
der ainsi la question de la trahison des
Radio Fréquence Gaie (suggérée par quelidéaux : voilà ce que propose l’auteur-metques silhouettes interlopes et de vagues flirts
teur en scène avec « Les Ondes magnétitransgenres)…
ques ». Pourtant, ce voyage débridé en deux
heures nous a laissés sur notre faim.
Performance des comédiens
Chaque intention, bonne au départ, semHeureusement, les comédiens-français
ble se déliter au fil des scènes. Le décor
croient à ce projet écrit pour eux et défendéjanté, placé au milieu du public – un
dent vaillamment leurs personnages. Sylvia
appartement en désordre métamorphosé
Bergé en monteuse militante flegmatique,
peu à peu en vrai studio de radio – a un air de
Elsa Lepoivre en Voix, en bourgeoise collet
déjà-vu. La frénésie initiale (installation
monté ou en égérie « trans », Nâzim Boudjed’antenne, diffusion sporadique) tient plus
nah en DJ rappeur, Yoann Gasiorowski en
du brouhaha que du bouillonnement. Les
jeune idéaliste tout feu, tout flamme, et
passages didactiques (racontant les problèChristian Hecq en « boss » tout de cuir vêtu
mes des radios et les premiers mois de Mitou en travesti noyé dans sa fausse fourrure,
terrand) sont fluides, mais lassent à la lonfont merveille. Par flashs, on se dit que le
gue. Les séquences comiques manquent de
spectacle de David Lescot, plus abouti et
tranchant, quand les scènes lyriques ou intiorchestré avec davantage de folie, aurait pu
mes versent dans le convenu.
être vraiment magnétique. n
Les Ondes
magnétiques
Chloé Morin est consultante
en analyse et stratégie d’opinion.
Il faut revoir de fond en
comble les formations
en médecine
cursus universitaire traditionnel. Sans
toucher au principe du LMD (licence,
mastère, doctorat), les étudiants rentreront tous en première année après sélection sur les notes du baccalauréat général et entretien oral (deuxième chance)
quelle que soit la filière choisie pour en
finir avec le diktat des science dures qui
ne préparent pas mieux à la médecine
que les sections littéraires.
Les stages hospitaliers commenceront tôt, dès la deuxième année, et l’examen de licence en troisième année donnera droit au titre d’infirmier. Celle ou
Des « ondes magnétiques » en
petites fréquences au Français
veau classement. L’actuel examen
classant national (concours d’internat)
qui est une caricature de sélection bien
trop tardive (6e année), doit être supprimé d’urgence.
Les matières du cursus seront profondément repensées en introduisant dès la
licence des cours de psychologie et de
relations humaines avec les malades et
entre professionnels, des cours de
management, d’autres sur l’organisation
du système de santé, sur l’économie de
santé, sur les aspects juridiques et éthiques professionnels et sur les techniques
numériques. La prise en charge de la fin
vie ne sera pas omise.
Dans ce schéma, un licencié en infirmerie ou un assistant niveau mastère
pourra, s’il le désire, reprendre plus tard
ses études pour passer au niveau supérieur à l’aide de bourses ciblées. Faut-il
rappeler que le coût des échecs en première année de faculté de médecine est
prohibitif : cinq cents millions d’euros,
soit 10.000 euros/étudiant pour 50.500
recalés sur 58.000 candidats. Un gâchis
scandaleux qui permettrait de créer plusieurs milliers de bourses annuelles à
2000 euros/mois pour une formation
tout au long de la vie.
N’attendons pas dix ans que le système s’effondre de lui-même, pour transformer sur le fond les études de celles et
ceux qui nous soigneront.
Guy Vallancien est membre de
l’Académie de médecine et président
de la Convention on Health Analysis
and Management (CHAM).
Le Boss de la nouvelle radio (Christian Hecq) harangue ses troupes (de gauche
à droite : Elsa Lepoivre, Yoann Gasiorowski, Alexandre Pavloff, Jennifer Decker
et Sylvia Bergé). Photo © Pascal Victor/ArtComPress
L’Avantage du doute occupe
joyeusement la Bastille
Transformé en ouvreur
THÉÂTRE
Légende de Bornéo » et « Le
bénévole, Simon accueille
Occupation 2
bruit court que nous ne
les spectateurs du Théâtre
par L’Avantage du doute
sommes plus en direct ».
de la Bastille, vend ses gauParis, Théâtre de la
Qu’il s’agisse de la conféfres faites maison et pérore
Bastille (01 43 57 42 14)
rence de rédaction d’« Ethiavec humour sur sa situawww.theatre-bastille.com
que télé », de l’implosion
tion de vrai faux retraité. Sur
Du 23 mai au 16 juin.
d’une responsable de Pôle
la scène, Judith fait l’article
emploi ou du débriefing
de « Feuilles d’herbe » le recueil de poèmes
d’un couple, façon réunion d’entreprise, les
de Walt Whitman… « L’Occupation 2 » de
zygomatiques sont mis à rude épreuve.
L’Avantage du doute commence sur le mode
décontracté, mais l’heure de vérité approFolle énergie
che. Bientôt, le public va devoir tirer au sort
Le retour aux utopies de Mai avec Simon, ce
sept scènes issues des trois spectacles créés
« héros », pris à partie par ses filles ou dialodepuis dix ans par les cinq membres du colguant avec le fantôme de la femme aimée,
lectif né dans la mouvance de TG Stan.
distille autant d’ironie que de mélancolie.
En route pour une « Grande Traversée »,
Simon Bakhouche, Mélanie Bestel, Judith
chaque soir différente pour ce cycle d’ouverDavis, Claire Dumas et Nadir Legrand ont
ture (du 23 au 27 mai), prologue à leur
une approche très fine des sujets sociaux de
« Occupation ». Jusqu’au 18 juin, L’Avantage
notre temps. Leur célébration de « la puisdu doute proposera ensuite trois « veillées »
sance politique et poétique du doute » réjouit,
– sur leurs thèmes de prédilection (l’engageémeut, fait réfléchir, sans verser dans la
ment politique, les médias, le travail) – et sur
démagogie.
leurs méthodes de création; il présentera
Après le chaman Tiago Rodrigues,
aussi son nouveau spectacle tous publics
brillant maître d’œuvre de l’« Occupation 1 »
« La Caverne » (du 5 au 15 juin), inspiré de
en 2016, les trublions de l’Avantage du doute
l’allégorie de Platon.
devraient être aussi à l’aise dans les murs du
Rien de réchauffé ou de bancal dans leur
théâtre de la Bastille lors de cette saison 2…
traversée-patchwork. Le soir de notre
Un théâtre toutes portes ouvertes sur les
venue, le mix sera parfait entre « Tout ce qui
élans du cœur et les grincements de la vie.
reste de la révolution, c’est Simon », « La
— Ph. C.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
IDEES & DEBATS // 11
Les Echos Lundi 28 mai 2018
SUR LE
WEB
CAP SUR LE QUANTIQUE
« Nasniq » : c’est le nom de
la nouvelle chaire industrielle
sur l’informatique quantique
lancée par Atos et le CEA,
avec le soutien de l’ANR.
https://bit.ly/2sgjapI
1à
4
SUR LE FRONT DES OURAGANS
Pronostic des prévisionnistes américains :
de un à quatre ouragans de catégorie 3 ou
plus sont à craindre dans l’Atlantique Nord
pour la saison de début juin à fin novembre,
contre 6 l’an dernier.
http://www.noaa.gov
sciences
Informatique : débiaiser la
présentation médiatique
La molécule la plus simple et banale de l’univers n’en finit pas de surprendre les scientifiques.
Ils ont découvert que l’eau serait constituée de deux fluides qui peuvent se séparer.
LA
CHRONIQUE
de Gérard Berry
Les étonnants secrets de l’eau
Paul Molga
@paulmolga
S
Gérard Berry, Informaticien, est professeur
au Collège de France.
o
LA PUBLICATION
Un intrus
dans le Système solaire
l porte le doux petit nom de 2015 BZ509
et c’est… un intrus ! Cet astéroïde, découvert
il y a quatre ans par les télescopes
Pan-STARRS d’Hawaï, pourrait bien être
le premier corps avéré du Système solaire qui
n’y serait pas né, mais proviendrait du voisinage
d’une autre étoile. Gros d’environ 3 kilomètres
de diamètre, 2015 BZ509 occupe l’orbite de
Jupiter et tourne autour du Soleil à la même
vitesse que la planète géante, mais en sens
inverse. Or les astéroïdes qui ont de telles
orbites rétrogrades se trouvent habituellement
dans les confins du Système solaire.
Cette particularité a intrigué les signataires
de l’étude parue dans les « Monthly Notices
of the Royal Astronomical Society Letters ».
Utilisant le centre de calcul intensif Sigamm
hébergé par l’Observatoire de la Côte d’Azur, ces
deux chercheuses ont pu, grâce à la simulation
numérique, reconstituer sa trajectoire sur
4,5 milliards d’années, soit jusqu’à la naissance
du Système solaire. Et là, surprise : leurs calculs
ont fait apparaître que 2015 BZ509 a toujours eu
une orbite rétrograde, même à cette lointaine
époque, alors que tous les jeunes astéroïdes et
planètes tournaient tous dans le même sens.
Ce qui implique que le gros caillou découvert
en 2014 par les télescopes hawaïens a dû naître
dans un système stellaire voisin, avant de
se laisser gravitationnellement capturer
par Jupiter. — Yann Verdo
I
a molécule la plus importante de
l’univers nous réserve bien des surprises. L’eau serait en fait constituée
de non pas un, mais deux liquides ! C’est
l’hypothèse étonnante vers laquelle convergent plusieurs équipes après avoir fait subir
les pires tortures à ce petit édifice constitué
de deux atomes d’hydrogène et d’un atome
d’oxygène, en le soumettant à des températures et à des pressions phénoménales.
Pour parvenir à cette conclusion publiée
dans « Science », les chercheurs ont étudié
le comportement et la structure de l’eau en
surfusion. Cet état particulier est obtenu en
portant de l’eau ultra-pure à des températures négatives. Sans impuretés ni minéraux,
et à condition qu’elle ne bouge pas, elle reste
liquide. Les scientifiques ont travaillé à –
44 °C et confirmé l’existence, dans l’eau, de
deux liquides différents, correspondant à
deux états moléculaires distincts : un de
haute densité, où les molécules s’entassent
les unes sur les autres, et un autre plus
ordonné. « Avec leur densité différente, ces
deux liquides ne se mélangent pas. Ils cohabitent pour former l’eau,comme l’huile et le
vinaigre dans une vinaigrette », explique
Anders Nilsson, professeur de physico-chimie à l’université de Stockholm et coauteur
des travaux.
On sait décrire un liquide ordinaire : il est
constitué de molécules assez grosses qui
n’interagissent que par des liaisons de faible
énergie. A température suffisamment
basse, ces interactions figent les molécules
les unes par rapport aux autres et transforment le corps en solide. A l’inverse, si on
élève la température, les molécules deviennent plus mobiles, tournent les unes autour
des autres et limitent leurs interactions, ce
qui leur permet de glisser.
Rien de tel avec les molécules d’eau,
découvertes en 1908 par le chimiste et prix
Nobel Linus Pauling. Les scientifiques
expliquent la fluidité extrême de ce liquide
par les liaisons hydrogène. Grâce à cette
liaison chimique, la molécule établit des
ponts avec ses voisines, mais cette relation
ne dure pas : en une picoseconde, soit 1 millième de milliardième de seconde, la liaison
se rompt et une autre se reforme. Tout en
étant très mobiles, les molécules d’eau restent ainsi reliées ensemble.
L
Propriétés paradoxales
Ces liaisons hydrogène donnent à l’eau des
propriétés incroyablement paradoxales.
Elle s’écoule, par exemple, plus vite sous
pression car, les liaisons étant alors affaiblies, les molécules se déplacent plus facilement les unes par rapport aux autres. La
forme solide de l’eau est aussi, étonnamment, plus légère que la forme liquide car, à
l’état cristallin, les molécules se répartissent
dans un réseau moins dense. Encore plus
étrange : l’eau chaude gèle plus rapidement
que l’eau froide, sans doute parce qu’elle
contient moins de ces liaisons hydrogènes
qui font sa fluidité, et que, pour refroidir, elle
a donc moins besoin d’énergie.
Les scientifiques s’interrogent également
sur une autre invraisemblance : les liaisons
hydrogène sont très énergétiques et, théoriquement, il faudrait beaucoup plus de chaleur pour faire fondre un bloc de glace que
ce qui est effectivement nécessaire. Pour
expliquer ce paradoxe, certains scientifiques avancent, sans pouvoir encore le prouver, que les liaisons hydrogène, rectilignes à
l’état solide, se tordent à l’état liquide pour
prendre moins de place. Or, sous cette
forme tordue, elles consommeraient moins
d’énergie. Les travaux de l’université de
Stockholm ouvrent de nouvelles hypothèses. « Si ce résultat est validé, cela ferait de
l’eau l’un des seuls liquides purs connus à être
composé de deux phases distinctes et cela
poserait d’autres questions bien plus larges :
est-ce un hasard ou non que ce liquide soit
celui qui est à l’origine de la vie ? » demande
le chimiste suédois.
L’eau ne se définit pas seulement par les
Paul Zinken/Zuma Press/Zuma/RÉA
ur l’informatique, les médias ont pris
l’habitude de ne parler en chœur
que d’un seul sujet à la fois, comme si
les autres avaient brutalement disparu. Ce furent
par exemple le « codage », que tous devaient
apprendre, puis l’impression 3D, qui devait
bouleverser l’industrie. C’est maintenant
le traitement de données massives.
Or les nombreux domaines de l’informatique
progressent tous ensemble et sont tous
nécessaires pour les vraies applications.
La voiture est un cas typique : on ne parle
que de la conduite automatique, fondée sur
les algorithmes d’apprentissage, en oubliant
tous les algorithmes indispensables pour la faire
fonctionner : contrôle fin du moteur, boîte
automatique, stop-and-go, freinage, surveillance
générale des organes, etc. Ils sont pourtant
utilisés aussi dans les voitures classiques.
Et la présentation médiatique des données oscille
entre l’idyllique et le catastrophique : on parle
d’un côté de nouvelles méthodes Big Data
révolutionnant la médecine, de l’autre de gros
problèmes de protection de la vie privée, mais
en oubliant au centre des questions essentielles,
comme la présence de biais cachés dans les
données que les algorithmes d’apprentissage vont
obligatoirement préserver, faussant les résultats.
Les chercheurs et industriels travaillent
à comprendre et limiter ces biais, mais les médias
en parlent peu. Est-ce parce que le sujet est trop
technique et peu vendeur ? Pour que le public cesse
de traiter toutes ces questions de façon uniquement
émotionnelle, il faudrait au contraire insister sur le
fait que l’informatique est un champ vaste et varié,
allant de façon continue d’algorithmes très précis
et spécifiques mais travaillant sur peu de données,
comme la localisation GPS, à ceux d’agrégation
statistique de données massives de tous types,
en passant par les algorithmes subtils des bases
de données réparties, du traitement du signal,
de la conception par ordinateur des objets et de
leur contrôle en temps réel, par exemple. Et cela
devra aussi être un objectif pour les nouveaux
enseignements d’informatique qui vont bientôt
se mettre en place au lycée.
L’eau se caractérise par plus de 70 propriétés qui, prises ensemble, diffèrent de celles de la plupart
des liquides.
D
En chiffres
3 milliards de mil•liards.
En tonnes, la
quantité d’eau sur la
Terre. C’est un demimillième de la masse
terrestre.
10 millions. Le
nombre de comètes et
d’astéroïdes tombés
sur la Terre entre 50 et
100 millions d’années
après la formation de
notre planète. Ils
auraient apporté une
grande quantité de notre eau, pensent certains scientifiques.
97,5 %. La proportion d’eau salée sur la
totalité de l’eau présente sur la Terre. L’eau
douce représente
35 millions de kilomètres cubes, mais près de
70 % se trouvent sous
forme de glace et 30 %
sous terre.
6.600. Exprimé en
mètres cubes, ce chiffre
représente la réserve
d’eau par an et par habitant. Il était de
15.000 m3/an/habitant
en 1995. Il pourrait encore tomber à 4.800 en
2025 selon les prévisions. Le seuil de
« stress hydrique »
marquant un risque de
pénurie est de
1.700 m3/an/habitant.
•
•
•
différentes formes, liquide, solide ou
gazeuse, sous lesquelles elle existe. Elle se
caractérise aussi par plus de 70 propriétés
(densité, capacité calorifique, point de
fusion…) qui, prises ensemble, diffèrent de
celles de la plupart des liquides. C’est sans
doute grâce à cet ensemble de particularités
qu’elle a pu former le bouillon primordial
de l’océan primitif qui a accueilli les premières briques élémentaires de la vie sur terre :
acides aminés (la base des protéines), ADN,
ARN…
Les scientifiques ont fait une autre découverte : ils ont mis en évidence que l’eau pouvait aussi revêtir un état « superionique »,
une forme cristalline aux propriétés étranges. Cette forme est introuvable sur la Terre,
mais pourrait se rencontrer ailleurs dans
notre système solaire. Notamment, affirment le physicien américain Marius Millot
et ses collègues du Lawrence Livermore
National Laboratory de l’université de Californie, dans le manteau des planètes géantes comme Uranus et Neptune. Ce qui, si
cette hypothèse se confirme, accroîtrait la
probabilité de trouver une forme de vie
extraterrestre sur ces lointaines planètes.
Pas d’origine extraterrestre
En revanche, les dernières découvertes battent en brèche l’idée que l’eau présente sur
la Terre a elle-même une origine extraterrestre. Selon la théorie jusqu’ici dominante,
nos océans seraient nés d’un bombardement incessant de météorites chargées
d’eau. Mais, en avril, une équipe internationale de chercheurs, dont fait partie le Fran-
« Est-ce un hasard
ou non que ce liquide
soit celui qui est
à l’origine de la vie ? »
ANDERS NILSSON
Professeur de physico-chimie à
l’université de Stockholm
çais Jean-Alix Barrat, de l’université de Bretagne-Occidentale, a publié dans « Science
Advances » des mesures inédites de l’isotope 17 de l’oxygène contenu dans une cinquantaine de roches lunaires et des basaltes
océaniques terrestres prélevés dans les
fonds. Elles indiquent que la composition
de l’intérieur de la Terre et de la Lune est
identique.
« Pendant longtemps, on a cru que l’essentiel de l’eau présente aujourd’hui sur la Terre
avait été apporté tardivement, après la
formation de la Lune, par des astéroïdes et
des comètes. Notre travail démontre le contraire. Nous avons réussi à apporter la preuve
que l’eau, formée par les gaz originels de la
nébuleuse présolaire, a toujours été présente
sur la Terre. Seulement de 5 % à 30 % ont pu
venir d’ailleurs », explique le scientifique
brestois. Reste à comprendre comment
l’énergie de la collision entre la Terre et la
planète Théia, qui a donné naissance à
notre Lune il y a 4,5 milliards d’années, ne l’a
pas vaporisée. n
Eau cosmique
Quelle quantité d’eau contient le cosmos ? Une étude réalisée par un
groupe d’astronomes du California Institute of Technology (Caltech),
dirigé par Dariusz Lis, et une équipe de chercheurs du Jet Propulsion
Laboratory de la Nasa vient de donner une idée de son incroyable
mesure. Les scientifiques ont pointé leurs instruments autour du quasar APM 08279+5255 situé à 12 milliards d’années-lumière de la Terre.
Alimenté par un trou noir, cet objet céleste est connu comme la plus
puissante source d’énergie détectée à ce jour dans l’univers. Il concentre une radiation 65.000 fois plus puissante que celle de toute notre
galaxie. Les astronomes y ont détecté une masse de vapeur d’eau équivalant à 140 milliards de fois celle de tous les océans de la planète
Terre. C’est, selon eux, le plus grand réservoir d’eau détecté dans l’univers. La Nasa s’est également intéressée à la quantité d’eau sur la
Terre. Le 22 mai, elle a lancé deux satellites qui vont voler en orbite à
490 kilomètres d’altitude pendant cinq ans pour détecter des différences gravitaires. La mission précédente, Grace, a permis de mesurer
que les zones humides le devenaient encore plus et que les zones arides devenaient également de plus en plus sèches.
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12 //
Lundi 28 mai 2018 Les Echos
enquête
« Ces tensions
me rendent triste.
La politique, c’est la
défense d’intérêts.
Elle change. Je préfère
le monde des idées,
de la création, de la
culture. Il dure. »
Russie :
les nouveaux
francophiles
Benjamin Quénelle
— Correspondant à Moscou
e quoi parlent le porte-parole du
Kremlin et le directeur de la principale radio d’opposition moscovite
lorsqu’ils en ont fini avec les sujets d’actualité ? « De nos enfants. Et de Paris ! » raconte
en toute franchise Alexeï Venediktov, rédacteur en chef « d’Echo de Moscou », rare
média au ton critique dans la Russie de Vladimir Poutine. Figure de la presse libérale, il
connaît depuis longtemps Dimitri Peskov,
fidèle du chef du Kremlin et imperturbable
délivreur de la bonne parole présidentielle. « La politique nous oppose. Mais nous
avons un point commun, pères d’enfants adolescents qui ont leurs habitudes à Paris ! Pour
eux, nous sommes des papas-portefeuilles… »,
ironise Alexeï Venediktov. Son fils étudie en
fait à Londres depuis que, pour se protéger
de menaces venant de Tchétchénie, il a dû
fuir Moscou. Mais, seul ou en famille, il se
rend souvent en France – « pour nos retrouvailles préférées, à Avignon, au Mont-SaintMichel ! » confie le journaliste.
La fille de Dimitri Peskov, elle, vit un tout
autre destin, installée à Paris avec sa mère,
divorcée. Une expatriation qui, discrète mais
connue du Tout-Moscou, fait jaser en pleine
vague de patriotisme anti-occidental. « Vladimir Poutine n’aime pas que les enfants de sa
nomenklatura vivent à l’Ouest. Il vaut mieux
lui demander l’autorisation ! » assure Alexeï
Venediktov, qui a lui-même dû « informer »
l’administration présidentielle du départ
précipité de son fils.
D
« Vladimir Poutine
n’aime pas que
les enfants de sa
nomenklatura vivent
à l’Ouest. Il vaut mieux
lui demander
l’autorisation ! »
ALEXEÏ VENEDIKTOV,
Rédacteur en chef « d’Echo de Moscou »
Dans l’élite russe, Dimitri Peskov et Alexeï
Venediktov sont loin d’être les seuls à avoir
un lien spécial avec la France. « Nous avions
même pensé créer à Moscou un club des Russes honorés de la Légion d’honneur ! » se rappelle le journaliste, francophile et parfaitement francophone depuis l’enfance et l’école
spécialisée en langues, « mais surtout depuis
“Les Copains d’abord” et toutes les chansons de
Brassens, Adamo, Moustaki… »
Devenu rédacteur en chef réputé, Alexeï
Venediktov a été élevé par la France au rang
de « chevalier ». « Jacques Chirac a remis les
insignes de la grand-croix à Vladimir Poutine.
Et l’un de ses amis du KGB placé depuis à
divers postes clefs, Sergueï Narychkine, est officier. Avec lui, j’ai voulu créer ce club. Histoire de
nous retrouver entre francophiles, quelles que
soient nos positions politiques. Nous étions
une soixantaine, avec beaucoup d’officiels », se
souvient Alexeï Venediktov.
C’était en 2014. Après l’annexion de la Crimée, la guerre en Ukraine et les sanctions, le
projet est tombé à l’eau. « Les liens se sont
rompus. Avec les tensions géopolitiques, tous
ces officiels ont eu pour instruction de ne plus
afficher leurs liens avec l’Ouest », regrette
Alexeï Venediktov, qui, comme beaucoup
d’autres francophiles, espère que la visite
cette semaine en Russie d’Emmanuel
Macron permettra de « construire de nou-
qui tentent justement de s’ouvrir au
monde. « Alors que pour les KGBistes, de toute
façon centrés sur eux-mêmes, c’est la fête ! »
proteste-t-il en ponctuant sa réponse de jargon appris pendant ses années d’études à
Paris et ses conversations de chambrée rue
des Ecoles. « On n’y comprend que dalle ! »
finit-il par lancer, fataliste, mais déjà tourné
vers son refuge estival, petit hôtel perché
dans l’arrière-pays niçois.
C’est non loin de là, à Sophia Antipolis, qu’a
récemment vu le jour un club réunissant
informellement Russes francophiles et
Français russophiles. Depuis leur sommet
de Versailles l’an passé, Emmanuel Macron
et Vladimir Poutine ont mis en place le « dialogue de Trianon », lourde structure pour
rapprocher les deux sociétés civiles. « A
Sophia, vitrine de l’innovation en France, nos
rencontres entrent vite dans le concret. En Russie, se développe un réseau de technoparcs.
Nous avons beaucoup à apprendre les uns des
autres », raconte Viatcheslav Siniouguine,
professeur à la prestigieuse Académie russe
de l’économie nationale et du service public
(Ranepa).
Ekaterina Trofimova,
directrice de l’agence
de notation Akra.
veaux ponts ». D’autant plus que, contrairement à Londres, Berlin et Washington, Moscou n’a pas avec Paris de gros dossiers
bilatéraux qui fâchent.
« Une ouverture politique »
« Emmanuel Macron est personnellement
moins marqué par la crise ukrainienne. La
France a la possibilité de devenir notre partenaire privilégié en ces temps de crise », analyse
froidement Alexeï Pouchkov, sénateur fidèle
au Kremlin et voix anti-occidentale très présente sur les questions internationales. Lui
aussi s’exprime dans un français parfait,
incollable sur Tintin, les chevaliers du
Moyen Age et la Peugeot 404. « La culture
française s’est imprégnée en moi et a influencé
ma rationalité », affirme-t-il.
Alexeï Pouchkov a depuis tissé un étroit
réseau de connaissances en France. Mais pas
d’« amis » pour autant, reconnaît-il, lui qui,
le 9 mai dernier, a longuement échangé
autour d’un café près du Kremlin avec JeanLuc Mélenchon, vieille connaissance parmi
d’autres, de passage à Moscou. « J’ai toujours
gardé le contact avec mes interlocuteurs européens. Cela permet de limiter les dégâts… »
Sous sanction américaine et interdit de
voyage outre-Atlantique, Alexeï Pouchkov
se rend par contre régulièrement en France,
à Biarritz en vacances, à Paris pour le travail.
Une peinture de Notre-Dame trône au-dessus de son bureau.
Dans l’élite politique et les milieux économiques liés au pouvoir, ils sont nombreux à
parler ainsi ouvertement français et confier
leur francophilie. « Votre pays m’a formée et
ouverte au monde », témoigne Ekaterina
Trofimova, qui, ex-étudiante à Dauphine et à
la Sorbonne, « grâce à cette géniale bourse du
gouvernement français », dirige aujourd’hui
l’agence de notation Akra, créée en 2015 par
le Kremlin pour concurrencer S&P et
Moody’s.
« Les tensions actuelles sont un frein,
contredisant tout ce que j’ai appris en économie sur la globalisation et l’ouverture »,
s’inquiète Ekaterina Trofimova, choisie pour
animer ce vendredi la table ronde d’hommes
d’affaires russes et français autour d’Emmanuel Macron et de Vladimir Poutine. « Mais
je ne suis pas pour autant un ambassadeur de
la France dans l’élite russe », prévient-elle.
« Nous ne formons pas un lobby pro-français et, au final, cela n’implique pas une relation spéciale dans notre travail », explique
pareillement un cadre dans l’administration
présidentielle. Entre deux rendez-vous, il est
prêt à entonner « Nathalie », cette légendaire
chanson de Gilbert Bécaud qu’il avait interprétée jadis dans un concours entre étudiants et qui lui avait fait gagner une place
dans un camp de vacances pour jeunes près
de… Châteauroux. Dès que la conversation
revient à la politique, il rentre dans le moule
du système, avocat de la stabilité poutinienne et méfiant vis-à-vis de l’interlocuteur
français.
« Le problème relationnel entre la Russie et
l’Europe vient en partie de chez nous : les discours va-t-en-guerre et retour-en-arrière de
Poutine ; cette jeune génération à la mentalité
KGBiste qui n’a connu que Poutine et dont le
seul objectif est la survie du système, s’irrite, au
contraire, le bras droit d’un des principaux
oligarques. Nous, les héritiers des années libérales de la présidence Eltsine, nous aimerions
croire qu’avec Macron, premier président
français sérieux depuis Chirac, nous sommes
à un moment de vérité. Nous avons besoin
d’une ouverture politique, pas de sanctions
économiques. »
Selon lui, les mesures occidentales frappent de plein fouet beaucoup d’entreprises
Lassitude
Alexeï Pouchkov,
sénateur.
Dimitri Peskov,
porte-parole
de Vladimir Poutine.
Olga Sviblova,
fondatrice du musée
d’art multimédia
de Moscou.
Alexeï
Venediktov,
rédacteur en
chef « d’Echo de
Moscou ».
Il y a quelques jours, il était à Nice.
Aujourd’hui, il s’affaire à Moscou. « Cette
crise politique entre nos pays, c’est triste. Mais,
à notre niveau, nous faisons des petits pas pour
avancer », espère-t-il. « Parlons de vignoble,
pas de politique ! » s’enthousiasme pareillement Armen Grishkyan, l’un des principaux
importateurs de vins en Russie, qui rentre
d’une virée dans les châteaux bordelais. « La
France, le rêve de ma vie ! » s’exclame-t-il, intarissable sur la Champagne et ses trouvailles
gastronomiques à Arcachon. « L’essentiel,
c’est de se parler. Le vin, bien plus intéressant
que la politique, offre un langage commun. »
Dans les milieux culturels moscovites, les
francophiles sont pareillement nombreux.
Fidèles au Kremlin, prudents sur les sujets
politiques, ils ne cachent pas leur lassitude. « Ces tensions me rendent triste. La politique, c’est la défense d’intérêts. Elle change. Je
préfère le monde des idées, de la création, de la
culture. Il dure », rappelle Vladimir Spivakov,
violoniste et grand chef d’orchestre qui, dans
son bureau à Moscou, a placé deux tableaux
modernes français pour encadrer le portrait
de Chostakovitch.
« La France et la Russie ont énormément en
commun. Pour relancer les relations, commençons par la culture. Multiplions les échanges ! » lance Vladimir Spivakov, baigné de
poésie française dans son enfance puis de
philosophie française (« de Descartes à Pierre
Teilhard de Chardin »). Il est depuis trois
décennies le directeur artistique du Festival
de Colmar. « Le seul endroit avec Moscou où,
durant l’année, je reste deux semaines pleines », sourit-il.
« A mon niveau, les tensions géopolitiques
ne m’ont pas affecté. Ces crises sont artificielles, elles touchent les chefs d’Etat et gouvernements mais pas nous les gens », temporise
Maxime Galkine, chanteur people qui a
appris le français tel un hobby et, dans un
parler vif et précis, est capable de passer de
« L’Albatros » de Baudelaire à une imitation
de « Vie d’amour » d’Aznavour. Avant de
s’enflammer pour sa plus belle acquisition
d’antiquité aux enchères de Versailles.
« La culture est le meilleur moyen pour
construire des relations entre nos pays »,
insiste pareillement Olga Sviblova, fondatrice du musée d’art multimédia de Moscou
et grande dame de la culture à Moscou. Pour
elle, la France est un « deuxième pays natal
où [elle a] appris cette élégance dans la simplicité, tout un art de vivre ! » Mariée à un Français, elle a beaucoup vécu à Paris, sans
jamais s’y installer car elle a voulu rester à
Moscou où, « avec son explosion de liberté
dans les années 1990, tout était à construire ».
Aujourd’hui, en voyage permanent à travers l’Europe culturelle, Olga Sviblova confie
ne pas ressentir que « la Russie soit traitée en
pays toxique ». Elle multiplie les échanges, notamment avec Beaubourg. Et, comme
de nombreux Russes francophiles, soutiens
obligés de Vladimir Poutine, elle ne cache
pas aussi son enthousiasme en Emmanuel
Macron pour relancer la relation francorusse. Mais avec un certain scepticisme au
fond du sourire : « La politique et les tensions,
c’est comme les saisons : ça vient, ça passe… » n
Photos Yuri Kadorov/AFP-Igor Russak/Ria Novosti/AFP-Vladimir Fedorenko/Sputnik/Ria Novosti/AFP-Sergey Guneev / Sputnik/AFP-RiaNovosti/AFP-Vassily Maximov/AFP
Au temps des tsars, l’intelligentsia russe parlait
et pensait français. A l’occasion du sommet
d’Emmanuel Macron avec Vladimir Poutine,
rencontre avec ces Moscovites qui rêvent
de tisser de nouveaux liens avec l’Hexagone.
Vladimir Spivakov,
violoniste et chef
d’orchestre.
VLADIMIR SPIVAKOV
Violoniste et grand chef d’orchestre
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Les Echos
Lundi 28 mai 2018
,
Budget de l’Etat 2018 : 386,3 milliards d’euros // PIB 2017 : 2.283,6 milliards d’euros courants //
Plafond Sécurité sociale : 3.311 euros/mois à partir du 01-01-2018 // SMIC horaire : 9,88 euros
à partir du 01-01-2018 // Capitalisation boursière de Paris : 1.547,84 milliards d’euros (au 10-01-2018)
// Indice des prix (base 100 en 2015) : 101,85 en décembre 2017 // Taux de chômage (BIT) : 9,4 %
au 3e trimestre 2017 // Dette publique : 2.226,1 milliards d’euros au 3e trimestre 2017
Les chiffres
de l'économie
EN FRANCE
À L’ÉTRANGER
JUSTICE PREMIÈRE GRÂCE
ACCORDÉE PAR MACRON
IRLANDE LE DROIT À
L’AVORTEMENT EST PLÉBISCITÉ
Emmanuel Macron a commué la
peine d’une détenue condamnée
pour meurtre, une décision qui représente sa première grâce présidentielle, a indiqué l’Elysée. La détenue
concernée est une ancienne prostituée originaire de Guadeloupe âgée
de 73 ans, condamnée en 1988 à la
perpétuité pour avoir tué l’un de ses
clients. Sa peine a été commuée en
une peine de vingt ans, ce qui permettra d’alléger son régime de détention.
Les Irlandais se sont prononcés vendredi par référendum à 66 % en faveur
du droit à l’avortement dans un des
pays qui était considéré parmi les plus
conservateurs d’Europe d’un point de
vue sociétal. « C’est un jour historique
pour l’Irlande. L’aboutissement d’une
révolution tranquille », a déclaré le Premier ministre, Leo Varadkar. Ce résultat marque une baisse de l’influence
de l’Eglise catholique jadis toutepuissante. En 2015 déjà, l’Irlande avait
légalisé le mariage homosexuel.
AUDIOVISUEL MORT DE
L’ANIMATEUR PIERRE BELLEMARE
MONTPELLIER UNE PROCÉDURE
DISCIPLINAIRE RECOMMANDÉE
CONTRE LE DOYEN
Un rapport d’enquête administrative
après l’expédition punitive menée
fin mars contre les occupants d’un
amphi de l’université de Montpellier
recommande une « procédure disciplinaire » à l’encontre du doyen de la
faculté de droit, Philippe Pétel, tenu
responsable, a révélé le « JDD ». Un
professeur est aussi mis en cause.
ENCHÈRES UNE BOUTEILLE
DE VIN ADJUGÉE 103.700 EUROS
Une bouteille de Vin Jaune du Jura,
datée de 1774, a été adjugée
103.700 euros, et deux autres flacons
du même millésime ont atteint
76.250 euros et 73.200 euros lors d’une
vente aux enchères à Lons-le-Saunier.
Elles pourraient être les plus vieilles
bouteilles de vin en circulation. En
2011, des bouteilles de cette cuvée
avaient été vendues 57.000 euros,
38.300 euros en 2012.
Ecrasées sous des trombes d’eau, les vignes ont souffert des orages du week-end
Les services espagnols de sauvetage en
mer ont annoncé avoir secouru ce
week-end 408 migrants qui tentaient de
traverser la Méditerranée à partir de
l’Afrique du Nord. 115 migrants, qui
essayaient de traverser le détroit de
Gibraltar à bord de cinq petits bateaux,
ont été recueillis dimanche. Et samedi,
293 autres tentaient la traversée à bord
de neuf embarcations. Selon l’OIM pour
les migrations, plus de 22.400 personnes sont arrivées en Espagne par voie
maritime en 2017. 223 ont perdu la vie.
FOOTBALL TRIPLÉ LÉGENDAIRE
POUR LE REAL MADRID
DE ZIDANE
Les violents orages qui ont éclaté samedi 26 mai au soir ont malmené les vignobles du Bordelais, comme on peut le voir sur
cette image prise à Macau, commune du département de la Gironde, située sur la rive gauche de l’estuaire, dans la zone de
production du haut-médoc.
Photo : Georges Gobet / AFP
Franck Fife/AFP
SÉCURITÉ TROIS MORTS
DANS UN ACCIDENT DE CAR
La fête des demi-finales du Top 14 de
rugby, remportées par Montpellier et
Castres, a été endeuillée par la mort
de trois personnes, samedi soir sur
l’A7 dans la Drôme, dans l’accident
d’un autocar de spectateurs qui
retournaient dans le Gard. L’accident, dans lequel le chauffeur a
trouvé la mort, a aussi fait 11 blessés
graves et 17 blessés légers, selon un
dernier bilan.
LA PHOTO DU JOUR
ESPAGNE 408 MIGRANTS
SECOURUS EN MER CE WEEK-END
Joël Saget/AFP
Il était une grande figure populaire
de l’audiovisuel. L’animateur et
conteur Pierre Bellemare est mort
samedi à quatre-vingt huit ans, suscitant une avalanche d’hommages.
Le p ère du télé -achat, qui avait
importé l’usage du prompteur en
France, est décédé à l’hôpital Foch à
Suresnes, où il avait été admis pour
d e s ex a m en s . L a m i n i s t r e d e l a
Culture, Françoise Nyssen, a rendu
hommage à un « pionnier de la radio
et de la télévision modernes ».
Du jamais-vu ! Le Real Madrid de
Zinédine Zidane (photo) a remporté,
samedi à Kiev, sa 3e Coupe de la Ligue
des champions d’affilée grâce à sa victoire face à Liverpool (3-1) avec un but
d’anthologie de Gareth Bale et deux
boulettes du gardien des Reds, Loris
Karius. Le coach « Zizou » a réalisé
l’exploit de détrôner au palmarès tous
les plus grands entraîneurs de l’histoire de la compétition européenne.
ALLEMAGNE MANIFESTATIONS
SOUS TENSION À BERLIN
Les 5.000 manifestants de l’AfD
(extrême droite) qui ont défilé hier à
Berlin contre l’Islam et Angela Merkel
ont été surpassées par leur 25.000
opposants réunis à l’appel de syndicats, partis, associations et même de
boîtes de nuit. Ceux-ci ont pu détourner un temps le cortège de l’AfD de son
itinéraire original en bloquant un pont.
UKRAINE TROIS SOLDATS TUÉS
Trois soldats ukrainiens ont été tués
lors de combats dans l’est séparatiste
prorusse de l’Ukraine, en proie à une
flambée de violences, a annoncé
dimanche le gouvernement de Kiev.
Depuis les accords de Minsk signés
en février 2015, des trêves successives, dont la dernière a été décrétée fin
avril, ont permis de réduire le niveau
des violences sans toutefois mettre
un terme à l’effusion de sang.
ON EN PARLE À PÉKIN
Xi Jinping salue son « vieil ami » François Hollande
L’ex-chef de l’Etat français a été reçu par l’homme fort de Pékin dans le cadre
d’une visite informelle de cinq jours en Chine.
Frédéric Schaeffer
@fr_schaeffer
— Correspondant à Pékin
Xi Jinping saluant son « vieil
ami » et se remémorant
l’accueil qui lui avait été réservé
à Versailles lors de sa visite
d’Etat en mars 2014. François
Hollande a, lui, souligné sa
« relation intense » avec
l’homme fort de Pékin, au
moment des négociations de
l’Accord de Paris sur le climat.
Accompagné de son ami
Michel Sapin, l’ancien président a pu échanger sur les
grands enjeux internationaux,
confirmant sa volonté de rester
au premier rang des affaires du
monde. Il a mis son interlocuteur en garde contre la montée
des populismes en Europe « qui
visent la mondialisation, et donc
la Chine ».
rançois Hollande lui a
offert une édition
ancienne de « NotreDame de Paris » de Victor Hugo
et un exemplaire de son livre
« Les leçons du pouvoir ». En
retour, Xi Jinping lui a remis
une version française de son
pavé « La gouvernance de la
Chine, volume II ». L’ex-chef de
l’Etat français a été reçu vendredi à Pékin par le président
chinois dans le cadre d’une
visite informelle de cinq jours
s’achevant dimanche à Shanghai. Les deux hommes avaient
visiblement à cœur de se revoir,
F
« Le président chinois doit être
conscient – et il l’est – que s’il n’y a
pas d’effort pour un commerce
plus régulé, un accès plus facile au
marché, il peut y avoir l’utilisation par les populismes de cette
menace d’une Chine qui deviendrait trop puissante », a rapporté
François Hollande aux journalistes français. Le retrait américain de l’accord sur le nucléaire
iranien et la crise nord-coréenne
ont également été évoqués lors
d’un entretien suivi d’un dîner.
Concernant l’annulation du
sommet entre Donald Trump
et Kim Jong-un, « j’ai compris
que [Xi Jinping] pensait que ce
rendez-vous manqué pouvait
être reporté et qu’il n’y avait pas
de crainte d’un recul ou d’une
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MARDI
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MICHEL GROSSIORD REÇOIT
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JULIEN DENORMANDIE
Secrétaire d’État auprès du Ministre
de la Cohésion des Territoires
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dans L’ÉPREUVE DE VÉRITÉ
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MERCRED
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CE LUNDI À 18H SUR PUBLIC SÉNAT
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TOUS LES MOMENTS FORTS SUR RADIO CLASSIQUE
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MARDI
16/21
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REDIFFUSION À 22H45
annulation pure et simple du
processus qui avait été engagé », a
poursuivi l’ancien président.
Si François Hollande est
volontiers critique sur certains
choix diplomatiques de son successeur à l’Elysée, il n’était ici pas
question de faire de l’ombre à
Emmanuel Macron en menant
une « diplomatie parallèle »,
assure-t-on dans son entourage.
Soucieux de ne froisser personne, Xi Jinping a loué les
« nombreux fruits » de la coopération franco-chinoise durant le
mandat de François Hollande,
tout en rendant hommage à
Emmanuel Macron, reçu en
janvier dernier. Un nouveau
président qui a promis de revenir chaque année en Chine.
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AVEC :
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
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Lundi 28 mai 2018
www.lesechos.fr
La croissance
rapide du
marché des
climatiseurs fait
peser un risque
sur les émissions
de CO2. // P. 20
Shutterstock
Pourquoi le boom de la « clim »
inquiète
DEVISES EUR/GBP 0,8758 EUR/JPY 1,2757 EUR/CHF 1,1564 GBP/USD 1,3322 USD/JPY 1,0935 USD/CHF 0,9912 TAUX EONIA -0,365 LIFFE EURIBOR 3 MOIS -0,324 OAT 10 ANS 0,7583 T-BONDS 10 ANS 2,9856
INDUSTRIE & SERVICES
LAFARGEHOLCIM
DERNIÈRE HEURE
Le cimentier ferme ses sièges
de Paris et de Zurich. // P. 16
L’Opep et la Russie prêtes à augmenter
leur production de pétrole
SNCF
Avec la reprise de dette,
le gouvernement espère la fin
du conflit. // P. 17
ET L’ÉDITORIAL
D’ÉTIENNE LEFEBVRE P. 8
AGROALIMENTAIRE
Denis Meynard
— Correspondant à Saint-Etienne
Loi alimentation : les députés
mettent leur grain de sel. // P. 18
La négociation exclusive annoncée le
15 mai par les actionnaires de l’AS SaintEtienne (L1) pour céder leurs parts au
fonds américain Peak6 Investments LP
a tourné court. Vendredi, le club annonçait avoir cessé toute discussion
avec ce candidat, dont « les investissements prévus ne correspondent pas aux
engagements pris de faire de l’ASSE, un
club pérenne et ambitieux ».
La colère de Bernard Caïazzo, président de Première Ligue et du conseil de
surveillance de l’ASSE, n’est pas retombée depuis. Dimanche, il a affirmé aux
« Echos » : « Peak6 a fait preuve de mauvaise foi. On va agir en justice, car cela a
un impact en termes d’image et crée un
vrai préjudice. Avec Roland Romeyer
[son coactionnaire, président du directoire], nous avions monté un programme
d’obligations remboursables en actions,
mis en sommeil à leur demande depuis
quatre semaines. Il sera réactivé. »
Shutterstock
AGRICULTURE
Les vignerons misent sur
les « bonnes pratiques »
environnementales. // P. 19
SPECTACLE
Des Molières qui réconcilient
théâtre public et privé. // P. 21
HIGH-TECH & MÉDIAS
TF1
Coupe du monde de football :
la chaîne devrait limiter les frais.
// P. 22
DROITS D’AUTEUR
Bruxelles en voie de donner
à la presse les moyens de se faire
payer par les Gafa. // P. 23
La Russie envisage de mettre sur le marché 800.000 barils supplémentaires par jour. Photo AFP
Lucas Barioulet
pour « Les Echos »
START-UP
VIVATECH
Les innovateurs façonnent
le monde de demain. // P. 24-25
PME & RÉGIONS
TRANSPORT
Ferroviaire : ces régions qui vont
mettre en concurrence la SNCF.
// P. 26
TERRENA
Le groupe coopératif ressort
éprouvé de l’aventure Doux.
// P. 27
FINANCE & MARCHÉS
NEUFLIZE OBC
La perspective d’une hausse
de l’approvisionnement
mondial a fait plonger
les prix du brut de près
de 5 % la semaine dernière.
L’Arabie saoudite et la Russie ont fait trembler le marché pétrolier en fin de semaine
dernière. Après dix-sept mois à limiter leur
production, les deux pays, qui s’étaient entendus dans ce sens fin 2016, parlent de faire
machine arrière. « Il est probable qu’il y ait
une remontée progressive de la production au
second semestre », a fait savoir vendredi le
ministre saoudien de l’Energie. La veille, à
l’occasion d’un sommet économique à
Saint-Pétersbourg, Khaled Al Faleh avait
rencontré son homologue russe, Alexander
Novak, qui a confirmé ces remarques.
Membres de l’Organisation des pays
exportateurs de pétrole (Opep) et nonmembres pourraient aller jusqu’à mettre
un million de barils supplémentaires par
jour sur le marché, selon des sources de
Reuters. De son côté, Bloomberg évoque
différentes options : 300.000 barils supplémentaires par jour, option préférée par
l’Arabie saoudite, et 800.000 barils, option
ayant les faveurs de la Russie.
L’objectif de l’Arabie saoudite et de la Russie est de freiner une trop forte ascension des
cours. En début de semaine dernière, le baril
était monté au-delà de 80 dollars, son plus
haut niveau depuis 2014. Les pays producteurs veulent également compenser l’effondrement de la production du Venezuela, en
pleine crise, et les pertes potentielles de
pétrole de l’Iran, menacé de sanctions par les
Etats-Unis. Le ministre saoudien de l’Energie
a indiqué vendredi qu’il partageait « l’angoisse » de ses consommateurs.
Une réunion tendue
Les propos du ministre saoudien, même s’il
a précisé qu’aucune décision n’avait encore
été prise, ont immédiatement fait tanguer
les cours de l’or noir. En quelques instants,
le WTI américain a plongé de plus de 4 %, le
brent de 3 %. Le marché pétrolier n’avait pas
connu une telle chute depuis des mois.
Cette volatilité pourrait perdurer dans les
semaines à venir, au moins jusqu’à la prochaine réunion des membres de l’Opep à la
fin du mois de juin à Vienne, où ce revirement majeur de politique de production
pourrait alors être entériné. Le meeting
pourrait être tendu. Car l’ampleur de la
hausse devra être négociée avec les autres
membres de l’Organisation. Pour l’heure, la
plupart des pays n’ont pas été consultés,
rapporte Bloomberg. « Aucune décision
prise par deux ou trois pays ne sera approuvée », a assuré le ministre de l’Energie des
Emirats arabes unis, Suhail Al Mazrouei,
interviewé par l’agence de presse.
Si elle devait se faire, cette hausse de production serait vue comme une victoire pour
Donald Trump, souligne le « Financial
Times ». Le mois dernier, dans un tweet, le
président américain a attaqué l’Opep pour
avoir « artificiellement » fait monter les prix
du pétrole. « Ce n’est pas bon et ce ne sera pas
accepté ! » avait-il prévenu. — M. Jq.
La banque privée poursuit sa mue.
// P. 28
CRÉDIT MUTUEL
La banque affiche sa volonté
de « transformation ». // P. 29
TAUX
L’Espagne et l’Italie dans le viseur
des marchés. // P. 30
LES ÉCHOS BUSINESS
CARNET // P. 33
SUR
DANS
« LA CHRONIQUE
BOURSE »
À 12H ET 17H35
DU LUNDI AU VENDREDI
Foot : SaintEtienne refuse
sa reprise par un
fonds américain
Donald Trump vole au secours de ZTE,
le géant chinois des télécoms
Raphaël Balenieri
@RBalenieri
C’est peut-être le dénouement de « l’affaire ZTE ». Après avoir mis le géant chinois
des télécoms au bord du précipice, Donald
Trump s’est félicité, vendredi, dans un tweet,
d’être parvenu à un accord. Depuis des
semaines, la multinationale de Shenzhen,
l’un des plus gros équipementiers télécoms
mondiaux avec Huawei, Nokia et Ericsson,
est au cœur d’un violent bras de fer qui a
empoisonné les relations sino-américaines.
Concrètement, l’administration américaine
propose à ZTE de s’acquitter d’une amende
de 1,3 milliard de dollars. En échange,
l’entreprise chinoise pourra à nouveau
importer les composants américains qui
entrent dans la fabrication de ses propres
produits, comme les microprocesseurs qui
se trouvent dans ses smartphones.
Cet accord avait été esquissé mardi dernier par le président américain. Mais ni la
Maison-Blanche ni le département américain du Commerce n’avaient alors confirmé
les informations. « J’envisage une très forte
amende. J’envisage peut-être un nouveau
management, un nouveau comité de directeurs, des règles de sécurité très strictes »,
avait simplement déclaré Donald Trump
lors d’une conférence de presse.
75.000 emplois en péril
Cet accord donne un peu de répit à ZTE, un
groupe né en 1985 et présent aujourd’hui
dans 160 pays. Mi-avril, l’administration
Trump avait bouleversé sa supply chain en
lui interdisant, pendant sept ans, d’acheter
des composants aux Etats-Unis. Une sanction inédite qui l’avait plongé dans un état
quasi végétatif. Report des résultats, suspension du cours en Bourse, cessation de
l’essentiel de ses activités… Au total, environ
75.000 emplois étaient en péril. Le département américain du Commerce reprochait
à ZTE d’avoir menti aux enquêteurs américains pendant leur enquête sur la violation
de l’embargo américain contre l’Iran et la
Corée du Nord.
Cet accord est crucial car il ouvre la voie
à la résolution d’un autre dossier : le rachat
du néerlandais NXP Semiconductors par
l’américain Qualcomm, le leader mondial
des puces pour smartphones. Cette opération d’un montant de 44 milliards de dollars a déjà été validée par huit des neuf
régulateurs internationaux incontournables sur ce sujet. Or, le dernier feu vert
nécessaire – celui de la Chine – était suspendu à l’apaisement des tensions autour
de ZTE. L’autorité chinoise de la concurrence pourrait à présent donner un avis
favorable dans les prochains jours. n
La valorisation du club
autour de 50 millions
ne semble pas en cause.
Mais Matthew Hulsizer
aurait refusé de s’engager
sur un investissement
important, contrairement
à Frank McCourt, qui
a promis 200 millions
à l’OM sur quatre ans.
Si la valorisation du club autour de
50 millions ne semble pas en cause, le
fondateur de Peak6, Matthew Hulsizer, aurait refusé de s’engager sur un
montant d’investissement important
pour les années à venir, contrairement
à son compatriote Frank McCourt, qui
a promis 200 millions à l’OM sur quatre ans. Un « revirement total incompréhensible », selon un proche du dossier,
« un amateurisme étrange ». Autre
point de désaccord : le projet de licencier Jean-Louis Gasset, lequel a
redressé l’ASSE ces derniers mois,
pour le remplacer par un entraîneur
américain ou sud-américain.
Peak6 disqualifié
« La confiance a été entachée et on a
repris notre liberté. S’il s’agit de faire des
investissements à la hauteur de Nice, Bordeaux ou Rennes, avec Roland nous sommes capables de le faire. D’ailleurs nous
sommes reconnus comme l’un des clubs
les mieux gérés d’Europe, le seul français
qui dégage un résultat d’exploitation
positif depuis sept ans », affirme Bernard Caïazzo. « L’objectif pour nous est
de franchir un cap. On veut un investisseur qui apporte à ce club, au potentiel
considérable, les moyens de rentrer dans
un Big Five à la française et de participer à
la Champions League », poursuit-il.
Parallèlement à l’examen d’autres
offres de reprise, à ce jour toutes d’origine étrangère, Bernard Caïazzo évoque « d’autres sources de financement »
pour préparer la prochaine saison. Des
obligations remboursables en actions,
de l’endettement bancaire ou le recours
à un fonds de dette privée, comme l’a
fait l’été dernier l’ASSE auprès de la
société londonienne 23 Capital pour un
prêt de 10 millions garanti sur les droits
audiovisuels. n
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16 //
Lundi 28 mai 2018 Les Echos
INDUSTRIE
&SERVICES LafargeHolcim ferme ses
sièges de Paris et de Zurich
l Après une semaine de rumeurs, le cimentier vient d’officialiser le choix
d’une implantation plus petite dans son berceau historique, le village
de Holderbank, et d’une autre à Zoug, connue pour sa fiscalité favorable.
l A la clef, 200 suppressions d’emplois, dont la moitié à Paris.
à suivre
MATÉRIAUX
DE CONSTRUCTION
Shutterstock
Myriam Chauvot
mchauvot@lesechos.fr
Les titres de transport sur smartphone
arrivent à Paris à l’automne
HIGH-TECH Acheter et valider son billet dans les transports en
commun en région parisienne via son smartphone va être expérimenté cet automne, avant l’ouverture à tous à l’été 2019 de ce
service présenté au salon VivaTech. L’expérimentation sera disponible sur les smartphones NFC Android de l’opérateur
Orange et des négociations sont en cours avec tous les autres
opérateurs, selon la RATP. Ce service pourra à terme être utilisé
par 3 millions de personnes en Ile-de-France.
Lactalis : la commission d’enquête
rendra ses conclusions mi-juillet
AGROALIMENTAIRE La commission d’enquête sur l’affaire Lactalis rendra ses conclusions « mi-juillet », a indiqué dimanche
son rapporteur, Grégory Besson-Moreau (LREM), le gouvernement affirmant que certaines préconisations pourraient être
intégrées au projet de loi agriculture dans la suite de son parcours parlementaire. Cette commission, présidée par le socialiste Christian Hutin, proposera des mesures fortes pour éviter
que ce genre de scandale ne se reproduise.Dans l’attente, le
député LREM a retiré les amendements déjà déposés.
Un nouveau biosimilaire de Novartis
approuvé en Europe
PHARMACIE Sandoz, la division de Novartis spécialisée dans les
génériques, a reçu l’autorisation européenne pour Zessly (infliximab), le quatrième biosimilaire du Remicade de Merck et Janssen, un médicament utilisé pour traiter les maladies autoimmunes (polyarthrite, maladie de Crohn, psoriasis). En 2015, ses
ventes ont dépassé les 6 milliards de dollars de chiffre d’affaires,
mais depuis, plusieurs biosimilaires ont été lancés qui les ont fait
fondre : Inflectra et Ixifi, de Pfizer, et Renflexis, de Biogen.
Un marché de
l’art dynamique
d’ouest en est
ENCHÈRES Après 2,8 milliards
de dollars d’œuvres adjugées à
New York lors des ventes de printemps (1,79 milliard pour Christie’s, incluant la collection Rockefeller, 859 millions pour Sotheby’s
et 155 pour Philips), la maison
Pinault vient de réaliser sa plus
haute vente d’art d’Asie du 20e siècle et contemporain à Hong-Kong
(133 millions de dollars). Les
6-7 juin, Sotheby’s s’apprête à
adjuger la plus importante vente
d’art contemporain jamais organisée par son antenne parisienne.
Couper dans les frais
généraux
Les effectifs du siège parisien ont
déjà été grandement réduits comparé aux 650 personnes qui y tra-
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Au siège social de LafargeHolcim, rue des Belles-Feuilles à Paris, 250 personnes assurent une partie
des fonctions mondiales du groupe, dont l’audit interne et la direction de la région Moyen-OrientAfrique. Photo Martin Bureau/AFP
vaillaient avant la fusion de 2015,
quand il était le siège de Lafarge, leader mondial du ciment. Mais
aujourd’hui encore, Paris assure
pour l’ensemble du groupe les fonctions d’audit interne, de santé et de
sécurité, la direction de la région
Moyen-Orient-Afrique, ainsi
qu’une partie des fonctions juridiques, de gestion des ressources
humaines et de communication (le
site Internet du groupe, par exemple, est géré depuis Paris).
Jan Jenisch, qui a pris la direction
générale de LafargeHolcim l’an dernier, coupe dans les frais généraux
après une année 2017 marquée par
une perte nette et plusieurs milliards d’euros de dépréciations
d’actifs. Le plan « Stratégie 2022 »,
lancé en mars 2018, a pour objectif
400
MILLIONS DE FRANCS SUISSES
L’objectif de réduction des frais
généraux prévu par le groupe
dans le cadre du plan « Stratégie
2022 », lancé en mars dernier.
de réduire les frais généraux de
400 millions de francs suisses
(347 millions d’euros) d’ici au premier trimestre 2019.
Le projet de fermeture des deux
sièges est soumis aux procédures et
consultations réglementaires dans
chaque pays. Il est, souligne le
cimentier, « en ligne avec d’autres
mesures déjà mises en œuvre, notamment la fermeture des bureaux corporate à Singapour et à Miami, la
suppression d’un niveau de management et le doublement des pays directement rattachés au comité exécutif
resserré du groupe ». n
Retour aux sources, loin de la France, pour Holcim
Shutterstock
AUTOMOBILE Fiat va rappeler
4,8 millions de véhicules aux
Etats-Unis à la suite du cas d’un
conducteur incapable de désactiver le régulateur de vitesse de sa
Dodge Journey 2017. Fiat Chrysler,
qui a subi 150 millions d’euros de
pénalités des autorités américaines pour des manquements à la
sécurité, n’a pas précisé le coût de
ce nouveau rappel qui porte sur
des modèles de véhicules à essence
datant de 2014 à 2018, équipés de
transmissions automatiques.
Bertrand Guay/AFP
Fiat rappelle
4,8 millions
de véhicules
Le couperet est tombé pour le siège
p a r i s i e n d e L a f a rg e H o l c i m .
L’immeuble de la rue des BellesFeuilles, dans le 16e arrondissement,
où est logée une partie des fonctions
mondiales du groupe suisse, va être
fermé. L’information, qui faisait
l’objet de rumeurs depuis une
semaine, a été confirmée vendredi
par le cimentier dans un communiqué. Il ferme aussi, côté suisse, son
siège actuel de Zurich. Le leader
mondial du ciment se replie sur son
berceau historique (lire ci-dessous),
le village de Holderbank, où Holcim
a été créé en 1912, et va également
s’implanter à Zoug (Suisse), une
place connue pour sa fiscalité très
négociable et comme une capitale
mondiale du trading.
A la clef, 200 suppressions
d’emplois. « 107 emplois seront affectés dans la région de Zurich et Holderbank et 97 à Paris. Aucun autre
site en France ne sera concerné, indique le cimentier. A Paris, les postes
restants seraient transférés à Clamart, en banlieue. Ce projet devrait
être intégralement mis en œuvre d’ici
à la fin de l’année 2018. »
Clamart est le siège de LafargeHolcim pour la France, où 450 personnes dirigent les activités situées
dans l’Hexagone. Le siège de Paris,
lui, héberge 250 personnes assurant une partie des fonctions mondiales du groupe, l’autre partie étant
pilotée depuis Zurich. Cette répartition à cheval entre deux pays provient des termes de la fusion de 2015
et devait incarner un « mariage
entre égaux » qui n’a de toute façon
pas fait illusion longtemps.
Holderbank constitue un
retour aux sources pour
Holcim. C’est aussi un tour
de vis qui ne sera pas le
dernier, car sur le marché
du ciment, la guerre
des prix fait rage.
A Paris, les partenaires sociaux
vont entamer, le 30 mai, la négociation du plan social de fermeture du
siège. A Zurich, 300 personnes se
préparent de même à la fermeture
de leur site. A la fin de l’année, les
fonctions centrales de LafargeHolcim auront été ramenées d’un millier de personnes à environ 800, en
incluant les 250 emplois restés
dans son berceau historique de
Holderbank, qui va monter en
puissance. C’est dans cette bourgade de 1.200 habitants de Suisse
alémanique que le cimentier suisse
est né en 1912 par la fusion – déjà –
de deux entreprises familiales. Il
s’appelait d’ailleurs Holderbank,
jusqu’à ce qu’il décide en 2001 de se
rebaptiser « Holcim ».
La phase suivante pourrait être
le retour à un nom 100 % suisse, vu
la manière dont l’affaire Lafarge
Syrie a abîmé l’image de Lafarge. La
fiction d’un « mariage entre
égaux » des deux groupes étant
enterrée depuis longtemps et la
suppression du siège parisien rendant cette option plus facile, la
Jan Jenisch, le directeur général arrivé l’an dernier, prévoit
de céder au minimum pour 2 milliards de francs suisses d’actifs
l’an prochain. Photo LafargeHolcim
question du nom devrait ressurgir
à l’avenir, au gré des rebondissements de l’enquête menée par la
justice française.
Changer le nom ne ferait sans
doute pas frémir Jan Jenisch, le
directeur général arrivé l’an dernier
pour remplacer Eric Olsen, emporté par la tourmente syrienne.
Mais pour l’heure, le groupe a
d’autres arbitrages à dévoiler. Vendredi, il n’a pas précisé comment il
se répartirait entre Holderbank et
Zoug, où il s’implante pour la première fois. Zoug présente surtout
un intérêt comme domiciliation fiscale ou comme place de trading
mais le groupe, interrogé par « Les
Echos », assure ne pas prévoir d’y
déplacer son siège fiscal. En revanche, à Zoug, Jan Jenisch retrouvera
le chimiste Sika. Il l’a dirigé jusqu’en
2017 et il est devenu une figure
nationale en s’opposant farouchement à sa prise de contrôle par le
français Saint-Gobain.
Surcapacités en Europe
Depuis, il a quitté Sika mais Sika ne
l’a pas quitté, comme le montrent
ses tropismes. Il a doté LafargeHolcim d’une quatrième division,
« solutions et produits » (produits
préfabriqués, mortiers,
asphalte, etc.), pour développer ce
créneau qui marche sur les platesbandes de Sika et de Saint-Gobain.
Ce pôle est un axe de croissance car
il est moins capitalistique que les
activités cimentières traditionnelles, avait justifié le dirigeant.
La croissance y coûte moins cher
et il peut être un amortisseur face à
un marché cimentier qui est dur, en
dépit de l’embellie économique. Les
volumes progressent mais la
guerre des prix fait rage sur fond de
surcapacités, tant dans les pays
émergents que sur le Vieux Continent, où l’ex-patron d’Holcim
Europe, Roland Köhler, les estimait
à 30 %. En France, les importations
cassent les prix, la consommation
n’a jamais retrouvé son niveau de
2008 et depuis quelques mois, les
promoteurs préviennent que les
ventes de logements retombent, la
rentrée pourrait donc être difficile
pour les cimentiers.
Chez LafargeHolcim, la fermeture des sièges ne sera de toute
façon pas le dernier tour de vis. Le
groupe veut céder pour au moins
2 milliards de francs suisses
(1,7 milliard d’euros) d’actifs l’an
prochain afin de financer sa croissance par ailleurs. — M. C.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 17
Les Echos Lundi 28 mai 2018
SNCF : avec la reprise de dette,
le gouvernement espère la fin du conflit
l L’exécutif, qui a confirmé vendredi une reprise de dette de 35 milliards de la SNCF, estime que la grève doit s’achever.
l Les syndicats attendront sans doute le vote de la réforme au Sénat, le 5 juin, pour se déterminer.
TRANSPORT
Lionel Steinmann
@lionelSteinmann
« La réforme est désormais complète.
[…] Je souhaite que chacun prenne ses
responsabilités. » En présentant vendredi l’ampleur et les modalités de la
reprise de dette du système ferroviaire que va consentir l’Etat,
Edouard Philippe a été clair : maintenant que ce volet majeur, sur lequel
le gouvernement a entretenu le suspense durant des mois, est connu, la
mobilisation des syndicats selon le
Premier ministre n’a plus lieu d’être.
Comme l’avaient annoncé « Les
Echos » en début de semaine dernière, L’Etat va reprendre à sa charge
35 des 47 milliards d’euros de dette
accumulée depuis des décennies par
SNCF Réseau, les gestionnaires des
infrastructures. L’opération se fera
en deux étapes : 25 milliards d’euros
en 2020, puis 10 milliards en 2022.
« Un engagement sans précédent de la
nation et du contribuable », a souligné Edouard Philippe. A court terme
toutefois, la grève à la SNCF va se
poursuivre. Décryptage.
CETTE REPRISE DE DETTE
•ÉTAIT-ELLE
INDISPENSABLE ?
Oui. Le déficit structurel du rail français s’élève aujourd’hui à 3 milliards
d’euros par an, et les intérêts que doit
payer SNCF Réseau en représentent
la moitié. La dette creuse donc la
dette, un cercle vicieux qui « menace
d’engloutir le système », a rappelé le
Premier ministre. Pour renouer avec
l’équilibre en 2022, l’exécutif
demande à la SNCF de se serrer la
ceinture pour gagner en productivité (avec par exemple la fin des
embauches au statut). Et fait en
retour sa part d’efforts en reprenant
les trois quarts d’une dette qui a été
notamment creusée par la construction de lignes TGV décidées par
l’Etat. Sur le plan économique, cette
décision était inéluctable. « Nous
mettons un terme à trente ans de nondécisions, durant lesquels les gouvernements successifs se sont refilés la
patate chaude », a pointé l’hôte de
Matignon.
35 MILLIARDS,
•CELA
SUFFIT-IL ?
La somme est considérable. Et pourtant, le gouvernement ne pouvait
pas faire moins ! SNCF Réseau est
aujourd’hui un établissement
public, et bénéficie de ce fait d’une
garantie implicite de l’Etat sur sa
dette. Ce ne sera plus le cas début
2020, lorsque Réseau passera sous le
régime des sociétés anonymes. Son
niveau d’endettement devra dès lors
rester proportionné à sa marge opérationnelle, ce qui imposait de le
délester de 35 milliards a minima.
« L’engagement du gouvernement est
sérieux, pensé, et non pas incantatoire
comme cela a été le cas par le passé,
reconnaît Fanny Arav, de l’Unsa-Ferroviaire. Mais la trajectoire financière
proposée pour SNCF Réseau est au
cordeau, et peut être fragilisée par des
éléments extérieurs, comme l’évolution du coût des matières premières
par exemple. » D’autant que la dette
va continuer à progresser avant que
la réforme ne commence à produire
tous ses effets, et devrait atteindre
53 milliards en 2020. Mais l’impact
est déjà si lourd pour les finances
publiques que le gouvernement ne
voulait aller au-delà du strict
nécessaire.
ÉVITER
•QUECOMMENT
CETTE DETTE NE SE
RECONSTITUE À L’AVENIR ?
Edouard Philippe veut intégrer lors
de l’examen du texte une « règle
d’or » interdisant que Réseau ne voit
à nouveau sa dette s’envoler. En réalité, une telle règle avait déjà été
introduite lors de la précédente
réforme ferroviaire de 2016. Pour ne
pas rééditer les errements du passé,
la mesure la plus efficace sera sans
doute le passage sous le régime des
sociétés anonymes, qui fera bondir
les taux d’intérêt si la dette prend
trop d’embonpoint.
Edouard Philippe a été clair : maintenant que les modalités de reprise de la dette sont connues, la mobilisation des syndicats,
selon le Premier ministre, n’a plus lieu d’être. Photo Jacques Demarthon/AFP
Le gouvernement Hollande avait
programmé pour les années à venir
une hausse irréaliste des péages ferroviaires (les montants que doivent
payer les opérateurs à SNCF Réseau
pour faire circuler des trains). Une
décision destinée à entretenir la fiction que le système pourrait se passer de reprise de dette. Ces augmentations vont être revues à la baisse, en
les indexant sur l’inflation. Edouard
Philippe a par ailleurs annoncé une
hausse des investissements destinés
à la modernisation du réseau, qui
passeront de 3,6 à 3,8 milliards
d’euros par an à partir de 2022.
au moins une dizaine de
jours. L’Unsa-Ferroviaire, qui a eu la
primeur des annonces gouvernementales, s’était montré très ouvert à
la sortie de Matignon. « On sort de
cette réunion avec une vision plus
favorable que jamais », avait annoncé
son secrétaire général de l’Unsa-Ferroviaire, Roger Dillenseger.
Mais la réaction de la base semble
avoir été nettement plus fraîche, et le
syndicat a décidé de rester dans le
mouvement jusqu’au vote du texte
par le Sénat le 5 juin, et peut-être jusqu’à la commission mixte paritaire
(CMP) prévue pour mi-juin, pour
aboutir à la version définitive du
texte. La CFDT compte elle aussi
« peser jusqu’au bout du processus ».
La CGT-Cheminots a, elle, pris acte
des annonces, tout en relevant
qu’elles étaient « très loin des attentes
des cheminots ». SUD-Rail enfin, persiste à demander le retrait du projet.
Ces deux organisations voudront
sans doute prolonger le combat audelà de la CMP mi-juin, mais cela se
fera probablement sans l’Unsa ni la
CFDT.
LA GRÈVE VA-T-ELLE
•S’ARRÊTER
?
(
SONT
•LESQUELLES
AUTRES MESURES
ANNONCÉES ?
Non, elle va sans doute durer encore
Lire l’éditorial
d’Etienne Lefebvre
Page 8
Un casse-tête pour les comptes publics
Les 35 milliards reclassés
en dette d’Etat pourraient
augmenter le déficit public
d’1,4 point de PIB. Bercy
conteste cette analyse.
L. S.,
avec Renaud Honoré
@r_honore
et Grégoire Poussielgue
@Poussielgue
Inévitable pour sauver le système
ferroviaire de l’asphyxie, la reprise
par l’Etat de 35 milliards de dette de
la SNCF va compliquer la trajectoire des comptes publics dans les
années à venir. Au regard des critères de Maastricht, l’opération était
jusqu’à présent réputée avoir un
double impact : aggraver la dette de
l’Etat, mais également peser sur le
niveau de déficit budgétaire l’année
où elle est effectuée.
Un effet « fromage et dessert »
qui explique pourquoi Bercy s’est
opposé mordicus pendant des
années au sauvetage financier de la
SNCF. C’est cette lecture qu’a
reprise vendredi Joël Giraud, le
rapporteur général de la commission des Finances à l’Assemblée.
Selon ses calculs, la première
phase de reprise de dette (20 milliards en 2020) pourrait représenter cette année-là « une hausse du
déficit public d’environ un point de
PIB ».
Bercy veut convaincre
l’Insee
Ce qui rétrécirait les marges de
manœuvre du gouvernement,
même si le programme de stabilité
transmis à Bruxelles en avril dernier prévoit opportunément un
déficit réduit à –0,9 % en 2020, contre –2,4 % l’année d’avant. A –1,9 %,
il resterait donc loin (en théorie) de
la barre des –3 %.
De la même manière, la seconde
phase de reprise (10 milliards en
2022) avec un impact de 0,4 point
de PIB ferait passer le solde budgétaire de +0,3 % à –0,1 % cette
année-là. Ces estimations ont fait
bondir Bruno Le Maire et Gérald
Darmanin, qui se sont immédiate-
ment fendus d’un communiqué
pour assurer qu’il était impossible
de se prononcer à ce stade. L’Elysée
et Bercy ont bon espoir de convaincre l’Insee et Eurostat que l’opération ne doit pas être prise en
compte dans le calcul du déficit.
« Tout le monde sait que c’est un oneoff », une opération non récurrente, argumente un conseiller
d’Emmanuel Macron.
L’impact sur le niveau de dette
publique, lui, ne pourra être évité.
Mais il sera minoré par le fait que
l’Insee avait déjà reclassé 10,8 milliards de dette de SNCF Réseau en
dette publique en 2014, estimant
que l’établissement « dépendait
structurellement de l’Etat pour couvrir ses charges », rappelle Joël
Giraud. Sur le plan comptable, la
reprise de dette ne portera donc
« que » sur 25 milliards, soit un
point de PIB de dette publique supplémentaire. Sur le plan budgétaire, par contre, les intérêts à
acquitter p orteront bien sur
35 milliards, soit 1,2 milliard à trouver chaque année. n
Thales craint le rapprochement entre Naval Group et Fincantieri
NAVAL
Le patron de Thales,
Patrice Caine,
ne montre aucun
enthousiasme à l’idée
de créer un « Airbus
des mers ».
Il s’inquiète de l’impact du projet sur son
activité radar.
Anne Bauer
@annebauerbrux
La chose est claire. Le patron de
Thales, actionnaire au côté de l’Etat
français du constructeur militaire
Naval Group, ne montre aucun
enthousiasme pour un rapprochement franco-italien dans le naval
militaire. Tandis que les patrons de
Naval Group et de Fincantieri,
Hervé Guillou et Giuseppe Bono,
poursuivent leurs rencontres pour
étudier la création d’un « Airbus
des mers », via un échange de participations croisées, Patrice Caine
multiplie, lui, les avertissements…
rant pour Thales et Naval Group ».
Thales s’inquiète de ne plus être
l’équipementier exclusif de la
Marine française, notamment dans
le secteur des radars, face à un Leonardo très compétitif. Alors que le
rapprochement des deux entreprises ne peut passer que par des
échanges de participations croisées, Patrice Caine aurait menacé
de ne céder aucune action de Naval
Group si Thales ne récupérait pas la
compétence du système de combat,
apportée il y a plus de dix ans.
Une alliance à vie
« Naval Group est un grand partenaire pour Thales et je souhaite que
cela dure » a-t-il déclaré vendredi,
lors d’une rencontre avec la presse.
« Nous sommes davantage qu’un
actionnaire puisque nous avons
apporté en 2007 nos systèmes de
combat en échange d’une montée
dans le capital du constructeur
naval, afin de partager notre destin.
Quand on fait la frégate FTI avec
Naval Group, c’est comme pour le
Rafale avec Dassault, c’est une
alliance à la vie, à la mort », ajoutet-il, en s’interrogeant sur les intentions du nouveau gouvernement
italien anti-européen. Deux jours
p l u s t ô t , P a t r i c e C a i n e ava i t
Chantage inadmissible
La frégate « Forbin », du programme franco-italien Horizon,
appartient à une génération déjà ancienne. Photo Marcel Mochet/AFP
répondu en assemblée générale à
un actionnaire que le projet
d’alliance « était porté par le management de Naval Group » mais qu’il
ne pouvait en juger l’intérêt, alors
même que le nouveau programme
de frégate de taille intermédiaire
doit démarrer et s’avère « structu-
Un chantage inadmissible pour le
constructeur naval français, dont la
valeur ajoutée par rapport à ses
concurrents réside bien dans sa
capacité à offrir un système de combat plutôt qu’une coque flottante.
Parmi les opposants au projet, on
trouve aussi les syndicats de Naval
Group, notamment la CGT qui
s’inquiète d’entrer en compétition
avec les Italiens, mais aussi toute
une galaxie d’ingénieurs et de hauts
fonctionnaires, qui craignent que la
France ne perde sa souveraineté au
nom de la coopération européenne.
Face à ces vents contraires, Hervé
Guillou et Giuseppe Bono restent
convaincus que l’industrie navale
européenne ne résistera pas à
la concurrence mondiale, et notamment au rouleau compresseur chinois, sans se regrouper. Les travaux
menés depuis neuf mois les amènent à estimer que, en étant alliés, ils
pourraient construire chaque anné
une frégate et une corvette de plus.
Fin juin, ils soumettront comme
prévu leurs propositions aux gouvernements français et italien, ainsi
que le montant des participations
croisées envisagées, entre 10 et
20 %. Thales n’a guère envie de voir
sa participation diminuer, le groupe
souhaite, au contraire, devenir le
pivot des systèmes de combat du
futur sur les mers et dans les airs. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
18 // INDUSTRIE & SERVICES
Lundi 28 mai 2018 Les Echos
Loi alimentation : les députés
mettent leur grain de sel
pour chacun des consommateurs. »
Côté professionnels, Coop de France
s’est réjoui de l’élargissement de
l’encadrement des promotions aux
marques de distributeur, en plus des
marques d’industriels. « Une mesure
d’équité », juge Pascal Viné, son délégué général. Déterminés à mettre fin
aux excès, les députés ont même
adopté un amendement LREM
AGROALIMENTAIRE
A l’issue de vifs débats,
l’Assemblée a adopté
les articles clefs du
projet de loi.
Mais les députés
renforcent l’étiquetage
des produits alimentaires et interdisent
le mot « gratuit »
ou ses dérivés lors
des promotions.
L’amendement,
défendu par Barbara
Pompili (LREM),
prévoit de faire figurer
sur certains produits
des mentions comme
« nourri aux OGM ».
Joël Cossardeaux
et Emmanuel Grasland
Les questions d’alimentation étaient
au menu de l’Assemblée nationale
ce week-end. Engagés dans l’examen de plus de 2.600 amendements, les députés ont adopté ces
trois derniers jours les articles clefs
de la loi sur l’agriculture et l’alimentation. Une majoration de 10 % du
seuil de revente à perte (SRP) pour
les produits alimentaires, un encadrement des promotions et l’essor
du bio dans la restauration collective. Mais ils ont aussi fait des ajouts
substantiels. Mise en cause par
Leclerc, la hausse du SRP a suscité
un vif débat. Les agriculteurs en
bénéficieront-ils ? Le raisonnement
se tient pour des produits non transformés mais pas forcément pour les
autres, a jugé Christian Jacob (LR).
Dans le cas des viennoiseries, « le
prix de la céréale représente environ
4 % du prix total : comment s’assurer
que le producteur sortira gagnant du
calcul de marge ? Nous n’avons
aucun moyen de le lui garantir. »
Le coût des mesures pour les consommateurs est aussi revenu sur le
tapis. Mais le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, a remis les
pendules à l’heure. « Les associations
et la grande distribution avaient évalué
l’impact sur les prix à hauteur de
5 milliards d’euros. Selon l’étude faite
[pour l’Assemblée nationale : NDLR],
l’impact serait de 0,7 %, soit 870 millions d’euros par an, ce qui représente
une augmentation de 2 euros par mois
75 • PARIS
- Approbation des comptes consolidés
de l’exercice 2017 ;
SOCIETES
12102197 – LE PUBLICATEUR LEGAL
HOLDINGS SPORTS &
EVENEMENTS
S.A. au capital de 497.700 €
Siège social :
6, rue Christophe Colomb
75008 PARIS
398 395 673 RCS PARIS
Aux termes d’une décision en date du
11/5/2018, la société COLFILM, S.A.S.,
6, rue Christophe Colomb, 75008 Paris,
434 361 168 RCS PARIS a, en sa qualité
d’actionnaire unique de la société, décidé
la dissolution anticipée de la société à
compter du 11/5/2018, sans qu’il y ait lieu
à liquidation.
Conformément aux dispositions de
l’article 1844-5, alinéa 3 du Code civil, les
créanciers de la société HOLDINGS
SPORTS & EVENEMENTS peuvent former opposition à la dissolution dans un
délai de trente jours à compter de la présente publication, devant le tribunal de
commerce de Paris.
L’actionnaire unique
DIVERS
12102106-10 – LE PUBLICATEUR LEGAL
ADVENIS
Société anonyme
au capital de 4.725.492 €
Siège social :
52, rue de Bassano - 75008 PARIS
402 002 687 RCS PARIS
Avis de convocation
Les actionnaires de la société Advenis
(la "Société") sont convoqués le vendredi 15 juin 2018 à 14 heures au siège
social, en assemblée générale mixte ordinaire et extraordinaire, en vue de délibérer sur l’ordre du jour suivant :
Ordre du jour
Du ressort de l’assemblée générale ordinaire :
- Approbation des comptes sociaux de
l’exercice 2017 ;
Stéphane Travert, le ministre
de l’Agriculture.
Photo Gérard Julien/AFP
- Affectation du résultat ;
- Approbation des conventions et engagements visés par les articles L.
225-38 et suivants du Code de
commerce ;
- Avis sur les éléments de la rémunération due ou attribuée au titre de l’exercice clos le 31 décembre 2017 à Monsieur Stéphane AMINE,
président-directeur général ;
- Avis sur les éléments de la rémunération due ou attribuée au titre de l’exercice clos le 31 décembre 2017 à Monsieur Rodolphe MANASTERSKI,
directeur général délégué ;
- Approbation des principes et critères
de détermination, de répartition et d’attribution des éléments composant la rémunération totale et les avantages de toute
nature, attribuables à Monsieur Stéphane AMINE, président-directeur général, à compter du 1er janvier 2018 ;
- Approbation des principes et critères
de détermination, de répartition et d’attribution des éléments composant la rémunération totale et les avantages de toute
nature, attribuables à Monsieur Rodolphe MANASTERSKI, directeur général
délégué, à compter du 1er janvier 2018 ;
- Ratification de la cooptation de Madame Sandrine FOUGEIROL DU BOULLAY en tant que nouvel administrateur ;
- Renouvellement du mandat d’administrateur de Madame Sandrine FOUGEIROL DU BOULLAY ;
- Non-renouvellement du mandat de
Monsieur Frédéric BOUTE en tant qu’administrateur ;
- Décisions relatives à l’échéance du
mandat d’un co-commissaire aux
comptes et de son suppléant ;
- Autorisation à conférer au conseil
d’administration pour opérer sur les actions de la société ; et
Du ressort de l’assemblée générale
extraordinaire :
- Autorisation à conférer au conseil
d’administration en vue de réduire le capital social par annulation d’actions acquises dans le cadre d’un programme de
rachat ;
- Augmentation du capital réservée
aux salariés ;
- Pouvoirs pour formalités.
Participation et vote à l’Assemblée
Tout actionnaire, quel que soit le nombre d’actions qu’il possède, peut prendre
part à l’Assemblée, muni d’une pièce
d’identité.
interdisant l’emploi du terme « gratuit » ou ses dérivés pour les promotions alimentaires.
L’Assemblée a voté samedi l’article visant au moins 50 % de produits
bio ou intégrant la préservation
environnementale, en restauration
collective d’ici à 2022. Un objectif
que prévoyait déjà le Grenelle de
l’environnement en 2007. La droite
s’est inquiétée de son coût budgétaire. Le bio est plus cher. Comment
en proposer dans des hôpitaux ou
des cantines sous forte pression
financière ? L’Assemblée nationale
a aussi décidé de renforcer l’étiquetage de certaines denrées alimentaires, malgré l’avis défavorable du
gouvernement. L’amendement,
défendu par Barbara Pompili
(LREM), prévoit de faire figurer sur
Les actionnaires pourront participer à
l’Assemblée, soit en y assistant personnellement soit, à défaut :
- en se faisant représenter par un autre
actionnaire, son conjoint ou son partenaire pacsé, ou par toute autre personne
physique ou morale de son choix, ou
- en adressant à la Société une procuration sans indication de mandataire, ou
- en votant à distance, en utilisant un
formulaire de vote par correspondance.
Toutefois, seront seuls admis à participer à cette assemblée, les actionnaires
qui auront au préalable justifié de la propriété de leurs actions au deuxième jour
ouvré précédant l’assemblée, à zéro
heure, heure de Paris :
- pour les actions nominatives, par
l’inscription desdites actions dans les
comptes de titres nominatifs tenus pour
la Société par CACEIS Corporate Trust,
14, rue Rouget de Lisle - 92862 ISSYLES-MOULINEAUX Cedex 9,
- pour les actions au porteur, par l’enregistrement comptable desdites actions
au nom de l’actionnaire ou de l’intermédiaire inscrit pour son compte, dans les
comptes de titres au porteur tenus par
l’intermédiaire habilité. Cet enregistrement comptable doit être constaté par
une attestation de participation délivrée
par ce dernier, le cas échéant par voie
électronique, et annexée au formulaire
de vote à distance ou par procuration ou
à la demande de carte d’admission.
Conformément aux dispositions de
l’article R.225-85 du Code de commerce,
tout actionnaire ayant exprimé son vote
à distance, envoyé un pouvoir ou demandé sa carte d’admission ou une attestation de participation dans les conditions susvisées, ne pourra plus choisir un
autre mode de participation à l’assemblée.
certains produits des mentions
comme « nourri aux OGM », le
mode d’élevage ou « le nombre de
traitements, par des produits phytosanitaires sur les fruits et légumes
frais » à partir de 2023. Par contre,
l’introduction de menus végétariens, portée par des députés LREM,
LFI, UAI et Modem a été rejetée, tout
comme l’interdiction des contenants en plastique et des publicités
alimentaires sur les produits peu
sains visant les enfants.
Au global, la partie dédiée à une
alimentation « saine, sûre et durable », a laissé sur leur faim les ONG.
Ces principes « ne trouvent pas de
concrétisation budgétaire », déplore
Michel Rivasi, député européen écologiste. La bataille qu’elles ont
menée pour y faire inscrire l’interdiction du glyphosate, a d’ailleurs
tourné au pugilat avec Stéphane
Travert. Ce dernier s’en est pris vendredi aux « petits marquis de l’écologie » qui le soupçonnent d’être « aux
mains des lobbies » de l’industrie
agrochimique. Il visait notamment
Delphine Batho, la députée des
Deux-Sèvres, qui avait accusé
l’Union des industries pour la protection des plantes (UIPP) d’avoir eu
accès à son amendement d’interdiction de cet herbicide « plus de
90 heures », avant ses collègues parlementaires. Pour Stéphane Travert,
la mise au ban du glyphosate n’a
« jamais figuré » dans le projet de loi.
Fort de quoi, il s’est opposé à un autre
amendement visant à le proscrire
sous trois ans, porté par Matthieu
Orphelin, député LREM et proche
de Nicolas Hulot. n
Les actionnaires désirant participer
physiquement à l’assemblée recevront
une carte d’admission en demandant à
leur intermédiaire habilité qui assure la
gestion de leurs comptes-titres qu’une
carte d’admission leur soit adressée par
CACEIS Corporate Trust, au vu de l’attestation de participation qui lui aura été
transmise.
Dans tous les cas, les actionnaires au
porteur souhaitant participer physiquement à l’Assemblée, qui n’auront pas
reçu leur carte d’admission le deuxième
jour ouvré précédant l’Assemblée à zéro
heure, pourront y participer en étant muni
d’une pièce d’identité et d’une attestation
de participation obtenue auprès de leur
intermédiaire habilité.
La maison mère
Ludendo a présenté
un plan de sauvegarde de l’emploi
aux syndicats.
La Grande Récré s’apprête à
réduire la voilure. La maison
mère de la chaîne de magasins
de jouets, Ludendo, a présenté
jeudi 24 mai aux instances
représentatives du personnel
un plan de sauvegarde de
l’emploi. Une information du
« Figaro » confirmée par un
porte-parole du groupe.
Le groupe prévoit de fermer
53 magasins sur 252 en France.
Les 88 magasins franchisés
n’étant pas concernés, le groupe
n’en conserverait que 109 en
propre.
« On a fait le calcul des magasins qui sont peu, voire très peu
rentables, et ceux qui ne sont pas
rentables du tout. On va progressivement mais rapidement fermer, à partir du mois prochain,
260
SALARIÉS EN FRANCE
vont être touchés par la
fermeture des 53 magasins.
- par lettre simple adressée au siège
de la société, sis 52, rue de Bassano 75008 PARIS ou à CACEIS Corporate
Trust - Service Assemblées Générales
Centralisées - 14, rue Rouget de Lisle 92862 ISSY-LES-MOULINEAUX Cedex
9, ou
- si la cession intervient avant le
deuxième jour ouvré précédant l’assemblée à zéro heure, heure de Paris, la Société invalidera ou modifiera en conséquence, selon le cas, le vote exprimé à
distance, le pouvoir, la carte d’admission
ou l’attestation de participation. A cette
fin, l’intermédiaire habilité devra notifier
la cession à la Société ou à CACEIS Corporate Trust et lui transmettre les informations nécessaires.
Cette demande devra être parvenue
au moins six jours avant la date de l’assemblée.
Les formulaires uniques ne seront pris
en compte que s’ils parviennent à la Société ou à CACEIS Corporate Trust
comme il est dit ci-dessus, trois jours
avant l’assemblée. Toutefois, les formulaires électroniques de vote à distance ou
par procuration pourront être reçus par la
Société jusqu’à la veille de la réunion de
l’assemblée générale, au plus tard à
15 heures, heure de Paris. Pour les titulaires d’actions au porteur, une attestation de participation devra être annexée
au formulaire.
Conformément aux dispositions de
l’article R.225-79 du Code de commerce,
la notification de la désignation et de la
révocation d’un mandataire peut égale-
Ce plan intervient deux mois
après le placement en redressement judiciaire de Ludendo,
après un Noël décevant. Le
groupe, détenu à 65 % par la
famille du président JeanMichel Grunberg, enregistre
plus de 400 millions d’euros de
chiffre d’affaires.
Mais Ludendo accumule les
difficultés depuis 2015. Face à
une contraction de son résultat
brut d’exploitation, il avait, cette
année-là, décidé de se séparer
de son joyau britannique,
Hamleys, acquis trois ans plus
tôt, et lancé un plan de modernisation. Celui-ci n’a jamais été
achevé.
Comme le géant américain
Toys’R’Us, qui a annoncé en
mars la fermeture de ses
735 magasins aux Etats-Unis,
La Grande Récré souffre
du ralentissement du marché
du jouet et de la concurrence
des géants de l’e-commerce
comme Amazon. n
92 • HAUTS-DE-SEINE
SOCIETES
Seules seront prises en compte, les
notifications de désignation ou de révocation de mandats dûment signées,
complétées et réceptionnées au plus tard
trois jours avant l’assemblée.
Les actionnaires pourront également
obtenir ce formulaire unique en en faisant la demande :
En redressement judiciaire depuis deux mois
- pour les actionnaires au nominatif :
en envoyant un e-mail à l’adresse électronique suivante : voteag15062018@advenis.com en précisant leurs nom, prénom, adresse et leur
identifiant CACEIS Corporate Trust pour
les actionnaires au nominatif pur (information disponible en haut et à gauche de
leur relevé de compte titres) ou leur identifiant auprès de leur intermédiaire financier pour les actionnaires au nominatif
administré, ainsi que les nom et prénom
du mandataire désigné ou révoqué ;
Le formulaire unique de vote par correspondance ou par procuration sera par
ailleurs adressé automatiquement aux
actionnaires inscrits en compte nominatif
pur ou administré par courrier postal.
Vote par correspondance ou par procuration
53 magasins en France », a précisé le porte-parole.
Environ 260 employés
seraient touchés, d’après « Le
Figaro » : plus de 200 travaillant dans les magasins et
une soixantaine au siège. Les
1.600 salariés que compte au
t o t a l L u d e n d o e n Fr a n c e
devaient être prévenus jeudi
soir par une lettre interne.
ment être effectuée par voie électronique, selon les modalités suivantes :
Au plus tard le vingt-et-unième jour
précédant l’assemblée, le formulaire unique de vote par correspondance ou par
procuration sera mis en ligne sur le site
de la Société : www.advenis.com.
Les actionnaires au nominatif qui n’auront pas reçu leur carte d’admission au
jour de l’Assemblée, pourront y participer
en se présentant à l’accueil de la société,
munis d’une pièce d’identité.
- par courrier électronique adressé à :
voteag15062018@advenis.com
Participation en personne à l’Assemblée
JOUETS
- pour les actionnaires au porteur : en
envoyant un e-mail à l’adresse électronique suivante : voteag15062018@advenis.com en précisant leur nom, prénom,
adresse et références bancaires complètes ainsi que les nom et prénom du mandataire désigné ou révoqué, puis en demandant impérativement à leur
intermédiaire financier qui assure la gestion de leur compte-titres d’envoyer une
confirmation écrite par courrier à CACEIS Corporate Trust - Service Assemblées Générales Centralisées - 14, rue
Rouget de Lisle - 92862 Issy-les-Moulineaux Cedex 9 ou par fax au
01.49.08.05.82.
L’actionnaire pourra à tout moment céder tout ou partie de ses actions :
- si la cession ou toute autre opération
est réalisée après le deuxième jour ouvré
précédant l’assemblée à zéro heure,
heure de Paris, quel que soit le moyen
utilisé, elle ne sera ni notifiée par l’intermédiaire habilité ni prise en considération par la société.
La Grande Récré
va fermer
53 magasins
Dépôt de questions écrites
Tout actionnaire a la faculté de poser
par écrit des questions auxquelles le
conseil d’administration sera tenu de répondre au cours de l’assemblée. Ces
questions écrites doivent être adressées
au président du conseil d’administration,
par lettre recommandée avec demande
d’avis de réception envoyée au siège social ou par voie électronique (voteag15062018@advenis.com), au plus
tard le quatrième jour ouvré précédant la
date de l’assemblée générale. Pour les
actionnaires au porteur, une attestation
de participation devra être jointe.
Documents mis à la disposition des actionnaires
L’assemblée générale ne sera pas retransmise sur Internet et il ne pourra pas
y être voté par des moyens électroniques
de communication.
12102454 – LE PUBLICATEUR LEGAL
S I P IMPRESSIONS
S.A.S. au capital de 200.000 €
Siège social :
26, rue de l’Industrie
92400 COURBEVOIE
484 900 725 RCS NANTERRE
Suivant procès-verbal de l’associé unique en date du 22/12/2017, il a été pris
acte du non-renouvellement du mandat
de Monsieur Pascal BOURHIS, commissaire aux comptes suppléant.
93 • SEINE-SAINT-DENIS
SOCIETES
12102387 – LE PUBLICATEUR LEGAL
Aux termes d’un acte SSP en date à
Paris du 17/5/2018, il a été constitué une
Société civile immobilière présentant les
caractéristiques suivantes :
Dénomination :
SCI BVEII CANNES PROPERTIES
Siège social : 40, rue Jean Jaurès,
Les Mercuriales, 93170 BAGNOLET.
Capital : 1.000 €.
Objet : l’acquisition, la détention, l’administration, la gestion, l’exploitation par
bail, location ou autrement, de tous immeubles et biens et droits immobiliers,
quels qu’en soient l’usage ou la destination ; la mise en valeur desdits immeubles et biens immobiliers par toutes édifications, améliorations et tous travaux.
Durée : 99 ans.
Cession des parts sociales : il existe
des clauses d’agrément.
Les documents qui doivent être
communiqués aux assemblées générales seront tenus à la disposition des actionnaires dans les conditions légales. Ils
seront adressés aux actionnaires justifiant de cette qualité et qui en feront la
demande jusqu’au cinquième jour inclusivement avant la réunion.
La société sera immatriculée au registre
du commerce et des sociétés de Bobigny.
Le Conseil d’administration
La gérance
Gérance : M. Ian KELLEY, demeurant
32, avenue de Suffren, 75015 Paris, et
M. Adrien BRION, demeurant 4, rue de
Bazeilles, 75005 Paris.
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INDUSTRIE & SERVICES // 19
Les Echos Lundi 28 mai 2018
Les vignerons misent sur les « bonnes
pratiques » environnementales
l La préservation de la biodiversité et la réduction des intrants mobilisent
de plus en plus de professionnels.
l La certification Haute Valeur Environnementale, qui vise à relever la part
du naturel dans les exploitations agricoles, sort de sa confidentialité.
AGRICULTURE
Joël Cossardeaux
@JolCossardeaux
C’est une mutation lente de l’espace
viticole, qui semble s’opérer au
bénéfice de tous. De « déserts biologiques » qu’elles étaient il y a encore
peu, plusieurs centaines d’exploitations viticoles sont quasiment
devenues des réservoirs de biodiversité. Des lieux où les « bonnes
pratiques », consistant à utiliser les
services rendus par la nature, ont
pris le pas sur les pesticides, conformément aux principes édictés par
la certification Haute Valeur Environnementale (HVE).
Hérité du Grenelle de l’environnement, en 2008, le dispositif était un
peu tombé dans l’oubli. Jusqu’à ce
que Vignerons indépendants de
France, un syndicat professionnel
qui revendique plus de 6.000 exploitants à l’origine de plus de 15 % de la
production française de vin, obtienne sa relance, en 2012. Puis la
création, en 2014, d’un label pour stimuler une démarche qui s’est mise à
faire des adeptes dans ses rangs.
Vents porteurs
Fin décembre 2017, à la faveur des
Etats généraux de l’alimentation, la
HVE bénéficiait de nouveaux vents
porteurs. Les acteurs des cinq secteurs agricoles – vigne et vin, fruits
et légumes, horticulture, céréales et
blé –, qui font l’objet d’un plan de
filière promu par l’Etat, ont été incités à la développer. L’exploitant doit
répondre à toute une série d’indicateurs de performance, dont ceux
définis par l’ONG France Nature
Environnement (FNE), dans trois
domaines : état de la biodiversité,
stratégie phytosanitaire, gestion de
la ressource en eau et des fertili-
TRANSPORT
MARITIME
La compagnie a
signé avec le suédois
Stena RoRo un
contrat d’affrètement
avec option d’achat.
Stanislas du Guerny
— Correspondant à Rennes
En France, plus de 500 exploitations viticoles ont reçu à ce jour la certification Haute Valeur
Environnementale (HVE), à l’issue d’un cycle de trois ans. Photo Shutterstock
sants. Ici, c’est la qualité de l’exploitation au plan environnemental
qui est certifiée, pas celle du produit
comme dans le cas du bio.
A ce jour, 12.000 exploitations
françaises sont engagées dans ce
processus, mais seules 850 sont
déjà capables d’afficher la mention
HVE. Un chiffre modeste, car il faut
au minimum trois ans pour décrocher le label. « La très grosse majorité des exploitations certifiées sont
des exploitations viticoles », indique
Laurent Brault, chargé du développement des entreprises au sein de
Vignerons indépendants de France.
Son explication : la filière vigne et
vin est courte. Le consommateur
identifie très vite le producteur, qui
a tout intérêt à mettre en avant ses
bonnes pratiques. L’exercice est
plus ardu s’agissant de la filière
céréales, où les aliments sont le
résultat de multiples transforma-
12.000
EXPLOITATIONS FRANÇAISES
sont engagées dans
le processus de certification
Haute Qualité Environnementale.
Mais 850 seulement peuvent
d’ores et déjà afficher le label.
En Espagne, Pernod Ricard
expérimente la viticulture durable
tions réalisées en amont. Problème,
« le niveau de notoriété de la HVE est
extrêmement faible. On est dans la
même situation que pour le bio il y a
trente ans », déplore Jean-Jacques
Jarjanette, directeur général de
Vignerons indépendants de France.
Tous les espoirs n’en sont pas moins
permis quand on sait que, aujourd’hui, 27,3 % de ses adhérents
sont certifiés Agriculture biologique. D’ores et déjà, 13,5 % des vignerons sont à la limite du seuil d’admission à la certification HVE. Et ils
sont 40 % à vouloir s’engager dans
une démarche environnementale,
en priorité pour bénéficier de ce
précieux label. n
Brittany Ferries continue de
renouveler sa flotte. L’armateur
breton vient en effet d’annoncer
un contrat d’affrètement, d’une
durée de cinq ans, avec l’armateur suédois Stena RoRo. « Il se
charge de financer la construction de deux navires en Chine, au
chantier naval Avic International Weihai », indique aux
« Echos » Jean-Marc Roué, le
président du conseil de surveillance de Brittany Ferries.
La compagnie bretonne va les
exploiter moyennant un loyer,
puis les achètera dans cinq ans.
« C’est une façon pour nous de ne
pas charger notre dette actuelle »,
indique encore Jean-Marc
Roué. Ces deux navires, dont le
premier sera mis en service
avant la saison estivale 2021, le
second un peu plus tard, seront
affectés aux lignes anglo-espagnoles de la compagnie à partir
des ports du sud de l’Angleterre
– Portsmouth, Plymouth et
Poole –, afin de rejoindre ceux de
Santander et Bilbao, en Espagne.
Trafic en hausse de 80 %
Ce renouvellement permettra à
Brittany Ferries de renforcer ses
capacités d’accueil de passagers
et de fret. L’an dernier, le breton a
transporté 331.000 personnes,
150.000 voitures et 40.000 camions vers l’Espagne. « Au cours
de la décennie écoulée, ce trafic a
progressé de 80 % et représente
désormais le tiers de nos activités », continue Jean-Marc Roué.
Longs de 215 mètres chacun,
les futurs bateaux pourront accueillir 1.000 passagers et disposeront de 300 cabines, soit le
double des capacités des deux
navires affectés à ces lignes. « Ce
renforcement de notre offre nous
permettra de rapidement dépasser les 500 millions d’euros de
chiffre d’affaires annuel », poursuit le président de la compagnie contrôlée par des organisations agricoles, principalement
la Sica Saint-Pol-de-Léon.
En 2017, Brittany Ferries a réalisé un chiffre d’affaires de
470 millions d’euros. Il a progressé légèrement, malgré la
perspective du Brexit. La saison
estivale s’annonce positive pour
l’armateur, avec quelques bémols. Si le nombre de ses passagers britanniques – les deux tiers
de sa clientèle – progresse, leurs
achats à bord des bateaux risquent d’être en retrait.
Pour se développer dans ce
contexte incertain, Brittany
Ferries mise sur la modernisation de l’ensemble de sa flotte
afin de proposer des traversées
plutôt de haut de gamme. Il a
commandé auprès du chantier
naval allemand Flensburger
S chiffbau-Gesellschaft le
ferry Le Honfleur. Propulsé au
gaz naturel liquéfié, il sera
exploité en 2019 sur la ligne
entre Ouistreham (Caen) et
Portsmouth. Globalement,
Brittany Ferries annonce un
investissement de 450 millions
d’euros sur cinq ans pour ces
trois nouveaux navires.
Une quatrième commande
est en vue, elle concerne le remplaçant du « Bretagne ». Construit à Saint-Nazaire, aux Chantiers de l’Atlantique, devenus
STX, ce dernier est exploité par
la compagnie depuis 1989. Le
choix du lieu de construction
du nouveau navire devrait être
connu au premier semestre
2019. La région Bretagne participera à son financement. n
APPEL D’OFFRES
AVIS D’APPEL à PROJETS PALAIS FONTETTE
Ville de Caen
Hôtel de Ville de Caen
Esplanade Jean-Marie Louvel
14 027 Caen cedex 9
Le groupe use de mille
et une bonnes pratiques
pour valoriser
le campo-viejo, un vin
emblématique de la Rioja.
Des perchoirs entre les rangs de
vigne, d’où les chouettes peuvent
épier les rongeurs, une hêtraie
plantée à proximité des parcelles
pour abriter les chauves-souris qui
se gavent d’insectes ravageurs, une
substance – la phéromone – génératrice de confusion sexuelle pour
empêcher leur reproduction… Sur
les 57 hectares du domaine de
Campo Viejo, au cœur de la Rioja,
dans le nord de l’Espagne, les trucs
et astuces empruntés à la nature
pour limiter au maximum l’usage
de phytosanitaires sont légion.
Dans la région, « la consommation de pesticides a baissé de 40 à
50 % », s’enorgueillit Mario Ezquerro, en charge des récoltes au
sein de Pernod Ricard Winemakers
Spain (PRWSp), propriétaire des
lieux depuis 2005. Campo Viejo ne
pouvait faire que des émules. Le raisin avec lequel ses vins sont élaborés
lui est fourni par 850 viticulteurs de
la haute et de la basse Rioja. Aucun
n’a intérêt à ignorer les méthodes
vertes expérimentées dans ses
vignes, comme le goutte-à-goutte.
Une technique qui s’est d’ailleurs
généralisée sur les 7.000 hectares
portant l’appellation Rioja.
« Nous travaillons 11 % de ce vignoble. Alors, forcément, tout le monde
nous regarde », explique Elena
Adell, l’alchimiste en chef du
Brittany Ferries
commande
deux bateaux
La cave de Campo Viejo, dans la Rioja. Photo Pernod Ricard
Campo Viejo. L’immense « winery »
de ce domaine est aussi devenue
une référence dans la région. Les
45.000 m2 de cet ouvrage, réalisé en
2001, se trouvent dans leur plus
grande partie sous le niveau du sol,
des cuves au laboratoire en passant
par l’unité de conditionnement
robotisée et les vastes salles de repos
du compo-viejo (6 millions de bouteilles et 70.000 barriques).
Avantage compétitif
La température y est constante
toute l’année et les distances entre
chaque phase de traitement du raisin réduites au maximum. « C’est
moins d’électricité consommée et
c’est aussi plus de qualité », indique
Elena Adell, précisant que l’approvisionnement énergétique du site
est 100 % renouvelable. Pour éviter
de trop bousculer le produit, l’écou-
lement du raisin s’opère par gravitation naturelle, et non par pompage,
tandis que les cuves sont toujours
maintenues pleines, garantissant
sa stabilité au vin. La consommation d’eau a été réduite au maximum dans la « winery », où elle est
entièrement recyclée, comme sur
les parcelles des vignerons partenaires PRWSp. Chaque hectare ne
boit désormais plus que 300 litres
contre 2.100 auparavant.
A la force d’innovations vertes,
Campo Viejo est devenu en 2012 la
première cave d’Espagne certifiée
« carbon neutral ». De quoi donner
à ses vins une visibilité très forte à
l’export, notamment vers les pays
anglo-saxons. Ses rouges arrivent
en tête des ventes au Royaume-Uni.
Dans les prochains mois, le campoviejo fera son apparition sur le marché français. — J. C.
Objet
La Ville de Caen organise une consultation
pour conier à un opérateur la transformation
et la valorisation du site de l’ancien tribunal
Fontette, inoccupé depuis deux ans et dont la
Ville deviendra propriétaire d’ici l’été.
Le Palais Fontette fait partie du patrimoine emblématique du centre ancien de Caen. Inscrit au
titre de la législation des monuments historiques,
il est situé au cœur du centre historique et touristique, à proximité de l’Abbaye aux Hommes
(siège de l’Hôtel-de-Ville), de la place Saint Sauveur et des rues piétonnes. Sa reconversion est
un vecteur de rayonnement et d’image pour l’ensemble du centre-ville.
L’objectif de la consultation est de retenir un projet mettant en valeur ce patrimoine d’exception
tout en renforçant l’attractivité et le dynamisme
économique du centre-ville.
Choix de l’opérateur
Le présent appel à projets n’est ni un marché
public, ni une concession au sens des ordonnances n°2015-899 du 23 juillet 2015 et n°201665 du 29 janvier 2016.
A l’issue de l’appel à projets, il est envisagé la
mise à disposition des biens compris dans le
périmètre de l’appel à projets par un bail de
longue durée octroyant des droits réels.
Procédure non formalisée : les modalités de
l’appel à projets sont précisées dans le règlement de la consultation.
* Voir le règlement
de l’appel à projets
sur caen.fr ou,
sur demande, à
urbanisme@caen.fr
Composition de l’équipe candidate*
Composition du jury de sélection*
Critères de sélection des propositions*
• Qualité et valeur ajoutées apportées par le
projet, notamment en termes d’attractivité
économique et de rayonnement du centre-ville,
• Composition et références du candidat ou
du groupement candidat,
• Réalisme et solidité du montage juridicoinancier envisagé,
• Réalisme du calendrier de réalisation global
de l’opération et des différents programmes
le composant (délais, phasage).
Calendrier
• Retrait du dossier de consultation :
jusqu’au 22 juin 2018 sur caen.fr, rubrique
actualités /appel-projet-fontette
• Demande de renseignements :
jusqu’au 30 octobre 2018
• Remise des offres :
pour le 26 novembre 2018
Hôtel de Ville de Caen
Direction de l’Urbanisme
Esplanade JM Louvel – 14 027 Caen Cedex
• Audition des candidats ayant fait la meilleure
offre : à partir de février 2019
• Désignation du projet lauréat : avril 2019
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20 // INDUSTRIE & SERVICES
Lundi 28 mai 2018 Les Echos
Pourquoi le boom de la « clim » inquiète
l Les climatiseurs représentent
aujourd’hui environ 10 %
de la demande mondiale d’électricité.
l Leur croissance rapide fait peser
un risque sur les émissions de CO2,
pointe l’AIE.
ÉNERGIE
Véronique Le Billon
@VLeBillon
C’est une réalité qui échappe souvent aux Européens, lesquels voient
la demande d’électricité stagner
sous l’effet combiné de la désindustrialisation et de leurs efforts d’efficacité énergétique : la climatisation
croît « à lavitesse grand V » dans le
reste du monde. Entre 1990 et 2016,
la présence de climatiseurs a ainsi
triplé, avec une puissance installée
de près de 12.000 gigawatts (GW),
indique l’Agence internationale de
l’énergie (AIE) dans un récent rap-
port. Un air conditionné très inégalement réparti dans le monde : tandis que l’Union européenne capte
6 % des équipements mondiaux, les
Etats-Unis, pourtant moins peuplés, mobilisent 23 % des capacités.
Etats-Unis, Chine, Japon
Avec la Chine, les Etats-Unis et le
Japon concentrent à eux seuls deux
tiers du stock de climatiseurs en
fonctionnement. Les industriels de
ces pays sont d’ailleurs les leaders
historiques du secteur, des japonais
Daikin, Hitachi, Mitsubishi ou
Panasonic à l’américain Carrier
(filiale de United Technologies),
inventeur du premier climatiseur
au début du XXe siècle.
Surtout, pointe l’AIE, « il n’y a
aucun doute que la demande globale
de refroidissement et que l’énergie
nécessaire pour la satisfaire vont
continuer à progresser ces prochaines années ». A l’aune de son ana-
NRJ
1 RADIO DE FRANCE
SUR SMARTPHONE
ÈRE
(1)
lyse, une seule observation : sur les
2,8 milliards de personnes vivant
dans les pays les plus chauds de
la planète, seules 8 % disposent
aujourd’hui d’un climatiseur,
contre 90 % de la population aux
Etats-Unis et au Japon.
Les pays les plus dynamiques
économiquement et démographiquement aujourd’hui étant, en
outre, ceux où il fait aussi le plus
chaud, la demande d’énergie pour
se rafraîchir dans les bâtiments
(résidentiels et tertiaires) pourrait
tripler d’ici à 2050, à 6.200 térawattheures, selon le scénario central de
l’AIE. Ce qui représenterait, à cet
horizon, l’ajout de la demande
d’électricité actuelle des Etats-Unis
et de l’Allemagne. En 2016, les
2.000 TWh d’électricité consommée pour se refroidir représentaient 10 % de la demande globale
d’électricité (21.000 TWh).
Etats-Unis, la climatisation a représenté jusqu’à 74 % de la demande. Et
lors d’un épisode caniculaire l’an
dernier en Chine, c’était plus de la
moitié de la demande. En France,
pendant la canicule de 2003, la chaleur avait fait croître la demande de
seulement 4 gigawatts, soit 10 % de
la demande totale d’électricité.
Si le développement de l’énergie
solaire, abondante aux heures les
plus chaudes, doit permettre
d’absorber une part de la consommation de climatisation, l’AIE
estime que les panneaux solaires ne
pourront en absorber qu’une part
minoritaire. Dès lors, ils pointent le
risque de croissance des émissions
de CO2 liée à la production d’électricité à partir de gaz ou de charbon.
L’enjeu est désormais, selon l’AIE,
de favoriser les équipements les
moins énergivores. n
Impact sur la production
90 %
Dans les pays fortement consommateurs de « clim », celle-ci peut
avoir un impact massif sur la production d’électricité aux moments
les plus chauds de l’année : en
juillet 2011, à Philadelphie, aux
OURS
J
U
O
T
ET ÈRE RADIO
NRJ 1 ANCE
DE FR MOINS
S
SUR LE ANS(2)
DE 65
La France encore peu
sensible à la chaleur
DeBonneville-Orlandini
Même en cas de canicule, le
système électrique français
devrait passer l’été sans
encombre, assure RTE.
La sensibilité du système électrique
français aux températures hivernales est bien connue, compte tenu du
poids du chauffage électrique dans
l’Hexagone (environ 30 % des foyers
en sont équipés). La sensibilité aux
fortes chaleurs est moins débattue…
parce qu’elle est pour l’instant très
limitée. « A conditions normales de
température, il n’y a aucun souci. Et
en cas de canicule, on n’entrevoit pas
de souci non plus », explique JeanPaul Roubin, directeur de l’exploitation de RTE, à l’occasion de la publication annuelle d’une étude sur le
« passage de l’été ». « RTE estime que
lorsque la température augmente de
1 degré en été, la consommation électrique augmente en moyenne de
500 MW à la pointe journalière, soit
l’équivalent de la consommation de
l’agglomération de Bordeaux », note
le gestionnaire du réseau de transport d’électricité. En hiver, un degré
en moins entraîne une consommation supplémentaire de 2.400 MW
(soit 2,4 GW).
Creux de consommation
Sources : Médiamétrie, Janvier-Mars 2018, LàV, 5h-24h, AC en Milliers,(1) Global
Radio, 13+, support téléphone mobile digital - (2) 126 000 Radio, 13-64 ans
Contact NRJ Global : Laurence BUCQUET - 01 40 71 44 06 - lbucquet@nrjglobal.fr - www.nrjglobal.com
DE LA POPULATION
des Etats-Unis et du Japon
possèdent un climatiseur.
Avec une consommation prévue
autour de 55 GW au pic de
demande cet été (en cas de températures normales), le système électrique conservera de confortables
marges : des capacités éoliennes
(+ 1,7 GW) et solaires (+ 0,9 GW) ont
été ajoutées en France depuis l’an
dernier, et EDF prévoit davantage
de réacteurs nucléaires disponi-
bles. « La problématique de l’été sera
plutôt de gérer les creux de consommation », estime Jean-Paul Roubin.
Le week-end, en août, la consommation pourrait baisser autour de
30.000 MW (30 GW). « On peut
imaginer qu’il y aura des réacteurs
arrêtés le vendredi soir et rallumés le
lundi », poursuit-il.
En cas de canicule, certaines
capacités de production pourraient
être mécaniquement réduites. Car
les centrales nucléaires en bord de
fleuve doivent respecter des normes environnementales en matière
de température de l’eau, ce qui peut
les conduire à devoir arrêter un
réacteur. Un sujet qu’EDF regarde
d’ailleurs à plus long terme, en raison du réchauffement climatique.
« En cas de canicule,
on n’entrevoit
pas de souci. »
JEAN-PAUL ROUBIN
Directeur de l’exploitation
de RTE
Le rendement des unités thermiques est aussi réduit en cas de forte
chaleur – mais elles sont peu utilisées l’été. Enfin, note RTE, si les
éoliennes tournent en moyenne
18 % du temps l’été, leur facteur de
charge baisse à 12 % en cas de canicule, celle-ci se caractérisant souvent par un anticyclone – autrement dit, l’absence de vent.
— V. L. B.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 21
Les Echos Lundi 28 mai 2018
Des Molières qui réconcilient
théâtre public et privé
l La 30e Cérémonie des Molières se déroule ce lundi.
l Le clivage public-privé tend à s’effacer au profit de modèles hybrides.
SPECTACLE
Martine Robert
@martiRD
En avril dernier, le Syndicat du théâtre privé (SNDTP) et celui du théâtre
public (Syndeac) s’écharpaient par
tribune et communiqué de presse
interposés, le premier reprochant
au second de ne pas diffuser ses pièces, ce dernier ayant tendance à
dédaigner ces scènes de boulevard :
la guéguerre fait rage depuis longtemps. Ce lundi soir, à l’occasion de
la 30e Cérémonie des Molières, celui
qui a fait renaître cet événement il y
a cinq ans, tient un discours d’apaisement. « Le monde de la culture est
composé de gens curieux, ouverts ; il
doit donc être bienveillant », insiste
Jean-Marc Dumontet, lui-même à
la tête de six salles à Paris et une à
Saint-Malo.
Si, depuis André Malraux et
Jack Lang, le théâtre public est
subventionné pour créer, éduquer, apporter une programmation exigeante partout en France
et si le théâtre privé parisien mise
plutôt sur des comédies et des
« one man shows » commerciaux, en fait les frontières n’ont
cessé de se brouiller et des formes
hybrides sont apparues. L’arrivée
d’hommes d’affaires aux manettes de salles privées n’a pas forcément été synonyme de rentabilité
à tout prix. Jean-Marc Dumontet
a même accueilli la ComédieFrançaise au Théâtre Antoine,
Francis Lombrail, à Hébertot, ne
fait pas dans la facilité.
Plus longtemps à l’affiche
Marc Ladreit de Lacharrière laisse
Jean-Robert Charrier reprendre, à
la Porte-Saint-Martin, des pièces
créées dans le public ou produire
des artistes habitués aux salles subventionnées : d’ailleurs, ce soir, son
« Cendrillon », mis en scène par
Joël Pommerat (lequel a été moult
fois primé dans le public), est
nominé, de même que « Le Jeu de
l’amour et du hasard » mis en scène
par Catherine Hiegel sociétaire
honoraire de la Comédie-Française). « Nous ne gagnons pas forcément d’argent avec ces productions,
on équilibre ; mais plus nous
accueillerons d’artistes dignes d’intérêt, plus cela en fera venir d’autres et
assoira notre image auprès des spec-
Christiane Navas
— Correspondante à Nice
C’est une coproduction d’Anthéa, le
théâtre d’Antibes, qui ouvrira le Festival d’Avignon 2018, « Thyeste »,
une pièce de Sénèque mise en scène
par Thomas Jolly (un Molière en
2015 pour « Henry VI »). « Thyeste »
et sept autres créations produites
ou coproduites par Anthéa seront
au menu de la saison 2018-2019,
concoctée par son directeur, Daniel
Benoin : « Nous proposons pas
moins de 72 spectacles, certains en
exclusivité, mais la création est essentielle pour notre visibilité et je reste
avant tout un metteur en scène. »
Les créations d’Anthéa s’exportent, « Misery », d’après Stephen
King, sera donnée en coproduction
au théâtre Hébertot, « Tu te souviendras de moi », avec Patrick
Chesnais, sera jouée au Théâtre de
Monica Bellucci
bouscule son image
pour Nivea
ANTI-ÂGE
Avec son spot pour sa crème
anti-âge, Nivea met en scène
Monica Bellucci, nouvelle
ambassadrice de la marque.
Une quinqua qui conjugue
maturité et séduction
glamour. La fin d’un tabou ?
Véronique Richebois
@vrichebois
Pour l’une comme pour l’autre,
le pari est gonflé. A cinquantetrois ans, Monica Bellucci, élue à
plusieurs reprises « la plus belle
femme du monde », prête son
visage lisse de madone à la
gamme de soins anti-âge Hyaluron Cellular Filler de Nivea.
Quant à la filiale de Beiersdorf,
elle s’offre une double opération
marketing et com redoutable.
Mercredi, dans les couloirs
du restaurant La Réserve, avenue Gabriel, dans le 8e arrondissement parisien, une dizaine de
journalistes de la presse féminine patientaient. Elles s’apprêtaient à interviewer Monica Bel-
Milan et diffusé depuis le 21 mai
en France et dans l’Europe du
Sud, met en scène une femme
lumineuse et résolument positive : « La jeunesse, c’est une façon
de voir la vie », y déclare-t-elle. En
optant pour Monica Bellucci
comme nouvelle ambassadrice
pour 2018 et 2019, Nivea, numéro
deux sur le segment des soins
anti-âge, a pesé son choix :
« Dans notre plate-forme d’études
en ligne, l’actrice ressort comme
“la femme” par excellence, avec
une féminité très assumée dans
laquelle se reconnaissent les
femmes de cinquante ans, explique Morgane Jouot, directrice
marketing Nivea pour la France
et le Benelux. Ces quinquas font
face à des préoccupations complexes. Beaucoup continuent de
mener une vie active tout en
s’interrogeant sur ce qu’est la
séduction à cinquante ans. »
Quelque chose
à « corriger »
Que Monica Bellucci ait accepté
de camper, à cinquante ans, une
James Bond Girl dans « 007
Spectre » – la première quinqua
Le projet de la Scala, théâtre privé de 550 places qui ouvrira boulevard de Strasbourg, à Paris,
en septembre, a été élaboré avec des artistes vedettes des programmations publiques. Photo La Scala de Paris
tateurs : c’est d’autant plus important que nos pièces restent beaucoup
plus longtemps à l’affiche que dans le
public », explique Jean-Robert
Charrier.
Le projet de la Scala, salle contemporaine de 550 places qui
ouvrira boulevard de Strasbourg, à
Paris, en septembre, à l’initiative de
Frédéric et Mélanie Biessy, produc-
« Le monde
de la culture est
composé de gens
curieux, ouverts ;
il doit donc être
bienveillant. »
JEAN-MARC DUMONTET
Directeur de théâtre
teur et banquière, a été élaboré avec
des artistes vedettes des programmations publiques. « Nous sommes
un théâtre d’art privé d’intérêt public,
les artistes n’ont que faire des clivages », souligne Frédéric Biessy. Et
d’ajouter : « La création se fait beaucoup dans le secteur subventionné
grâce à des moyens supérieurs, mais
l’Etat et les collectivités étant au
maximum de leurs financements, il
faut que l’aide privée entre en jeu. »
Privatisations d’espaces
D’ailleurs, les productions de la
Scala vont tourner en France dans
des scènes subventionnées. Chacun
doit réinventer son modèle. La
Scala aura son grand mécène, la
Société Générale, ce qui était plutôt
l’apanage du public, le privé s’orientant plutôt vers des privatisations
d’espaces, des « packages » en carré
or… Les Bouffes du Nord, théâtre
privé né de la compagnie subven-
tionnée de Peter Brook, donc apparenté à une scène publique dans
son fonctionnement (deux tiers de
créations, beaucoup de jeunes
artistes) et faiblement aidé avec
85 % de ressources propres, fait
énormément tourner ses productions en Europe : de 300 à 400 dates
par an contre 250 levers de rideaux
dans sa propre salle. Quant à l’Athénée, subventionné à 60 %, il veut
changer de statut pour diversifier
ses recettes. Son directeur, Patrice
Martinez, souhaiterait abriter sa
s a l le d a n s u n e f o n d a t i o n l u i
ouvrant l’accès à un mécénat défiscalisé, ce que ne lui permet pas son
statut de SARL.
4
À NOTER
Le théâtre privé draine environ
3,2 millions de spectateurs
payants par an.
A Antibes, Anthéa a trouvé ses spectateurs
Cinq ans après son ouverture, le théâtre public est
devenu la première scène
de la région. Ses créations
sont présentées au public
parisien.
marketing
Paris. « La coopération entre théâtres publics et privés ne peut que se
développer, même si la façon de créer
un spectacle est différente car le soutien financier des tutelles influe sur la
relation au public, sur la prise de risque », estime Daniel Benoin.
Cinq ans après son ouverture,
avec 120 000 spectateurs par saison,
le théâtre antibois est devenu la première scène de la région ProvenceAlpes-Côte d’Azur. Créée sous
forme de société publique locale, à
l’initiative de la Communauté
d’agglomération de Sophia Antipolis, Anthéa (un budget de 5,8 millions d’euros dont 2,6 millions
d’euros de recettes propres) jongle
entre spectacle vivant, musique et
opéra.
Décloisonner
« La moitié des spectateurs n’étaient
jamais venus au théâtre. Il faut
répondre à leurs attentes, mais aussi
les amener à s’intéresser à des spectacles émergents. Un travail de fond qui
repose sur la confiance », explique
Daniel Benoin. Et cela est plus facile
en province : « Je travaille avec un
public que je connais. Ce n’est pas le
A 53 ans, Monica Bellucci prête son visage lisse de madone
à la gamme de soins anti-âge de Nivea.
Photo from the set of Bruno Aveillan@mfilomeno
lucci. Une actrice qui a cessé
d’être jeune femme active,
même si elle élève encore ses
enfants. Mais une comédienne
qui, pour autant, n’est pas
encore senior. En somme, une
« femme entre deux âges »,
comme on disait jadis, lorsqu’il
était acquis que passé quarantecinq ans, la femme pénètre dans
un espace-temps indéfinissable
assorti d’une apparence physique asexuée, où le mot glamour
rime avec tabou. Dans
« L’Impensable Désir », publié
aux éditions Denoël, MarieChristine Laznik, psychanalyste, rappelle alors que « au
Moyen Age, les femmes mûres
prises en flagrant délit de séduction étaient brûlées comme
sorcières. Et cette histoire de sorcières n’est pas dépassée. La
société a du mal à admettre
qu’une femme qui ne peut plus
enfanter ait un amant ».
Age et séduction
Cinq ans après son ouverture, avec 120.000 spectateurs par
saison, le théâtre Anthéa, à Antibes, est devenu la première scène
de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Photo Milène Servelle
cas des scènes parisiennes, soumises
en outre à des contingences financières. » Assuré d’un ancrage régional
solide, Anthéa s’aventure aussi sur
la scène numérique avec « Immersion » et ses performances, qui
mêlent technologies et arts vivants.
« Il faut préparer le renouvellement
du public : nous le faisons avec les
scolaires mais aussi en repensant le
théâtre comme lieu d’initiation à la
création de demain. » n
Le bûcher a cessé d’être une fatalité. Mais son existence donne
une idée de la violence de
l’inconscient collectif. D’où l’intérêt de la démarche marketing de
Nivea consistant à associer deux
thèmes : l’âge et la séduction.
D’où aussi l’audace de Monica
Bellucci qui, en faisant le choix
de figurer dans un spot pour un
produit anti-âge, encourt le risque d’être rejetée par certains
réalisateurs. Même si le film de
30 secondes, réalisé par FCB
de l’histoire de l’espion inoxydable – a joué un rôle déterminant
dans son choix.
Pour autant, les choses
deviennent-elles plus faciles ?
« Cela demeure compliqué et
sensible de parler en publicité du
vieillissement », estime Béatrice
Desailly, directrice de création
sur Dove Hair chez Ogilvy.
« Toutes les marques de beauté
considèrent l’âge comme quelque chose qu’il faut “corriger”.
Dove a été la première marque à
dire “Vieillir, ce n’est pas un
moins, c’est un plus”. Et ça ne
s’est pas fait d’un coup. La première gamme de produits proâge – et non anti-âge – lancée en
2007 a été un échec : les femmes
n’étaient pas prêtes à entendre
que vieillir, c’est bien. »
Mais les choses évoluent.
Après avoir rompu son contrat
avec Isabella Rossellini en
jugeant que, à quarante-deux
ans, elle devenait trop âgée, Lancôme a resigné avec elle en mars.
La voilà à nouveau la muse de la
marque de cosmétiques, alors
qu’elle a soixante-trois ans. Pragmatique, Mercedes Erra, présidente executive d’Havas, en conclut : « Les femmes vieillissent
mieux car elles ne baissent plus les
bras passé quarante ans… Elles
s’assument mieux. Même si, pour
les hommes, l’âge des femmes continue d’être un problème, ce sont
elles qui achètent les crèmes ! Et
c’est cela, l’enjeu des annonceurs :
plaire à leur cible. » n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
22 //
Lundi 28 mai 2018 Les Echos
en
pixels
Eric Feferberg/AFP
HIGH-TECH
&MEDIAS
Yves de Kerdrel (photo) a quitté
vendredi la direction de
Valmonde, l’éditeur du magazine
classé très à droite « Valeurs
actuelles » et qu’il dirigeait
depuis 2012. Il est remplacé par
le président de l’agence de presse
6Médias, Erik Monjalous,ancien
directeur commercial et marketing de l’AFP, de 2006 à 2011.
Les députés disent
non au Nutri-Score
DR
Le patron de
« Valeurs actuelles »
démissionne
L’Assemblée nationale a rejeté,
dimanche, un amendement
au projet de loi « agriculture
et alimentation » qui proposait
de rendre obligatoire le NutriScore (étiquetage avec un code
couleur) sur tous les supports
publicitaires pour les produits
alimentaires. L’amendement
était défendu notamment par
Olivier Véran (LREM, ex-PS).
1,5
MILLION
Le nombre d’utilisateurs de
de Netflix en Espagne. En un
an, le géant américain de la
vidéo à la demande (VoD) a
triplé sa base d’abonnés dans
le pays, selon le régulateur
espagnol. Au total, Netflix
compte 125 millions d’utilisateurs dans plus de 190 pays.
Coupe du monde de football :
TF1 devrait limiter les frais
l Les recettes publicitaires de la Une
pourraient dépasser 80 millions net.
l Systématiquement déficitaire, l’événement pourrait être l’un des mieux
rentabilisés par TF1 si les Bleus font
un beau parcours.
Marina Alcaraz
@marina_alcaraz
Personne ne peut prédire qui va
gagner la Coupe du monde de football mais, d’après les premiers pronostics, TF1 ne devrait pas figurer
parmi les plus grands perdants.
L’événement, qui débutera le 14 juin
en Russie, représente un enjeu
majeur pour la filiale de Bouygues,
qui en est le traditionnel diffuseur.
Le groupe aurait déboursé entre 65
et 70 millions d’euros, selon Natixis
et Mainfirst, pour s’offrir les 28 principales affiches de la compétition.
C’est moins que pour la précédente
Coupe en 2014 (74 millions), car il
avait alors acquis l’intégralité des
rencontres et en avait revendu quelques-unes. Comme toujours, l’événement sera difficilement rentabilisable : trop cher par rapport aux
recettes publicitaires que la chaîne
peut espérer. Mais pour la Une, il est
inconcevable de passer à côté de
cette prestigieuse compétition pour
une question d’image.
Un enjeu majeur
Certains experts estiment néanmoins que ce Mondial pourrait faire
date. « Si l’équipe de France fait un
beau parcours, cette Coupe du monde
pourrait être l’une des mieux rentabilisées par TF1 depuis au moins
2006 », déclare ainsi Philippe
Nouchi, expert chez Publicis Média,
qui prévoit entre 40 millions et
55 millions (si les Bleus vont en
finale) de recettes publicitaires nettes. Dentsu Aegis Network est
encore plus optimiste, anticipant
des revenus net entre 50 et plus de
80 millions (hors parrainage).
« Dans ce dernier cas, ce serait donc la
première fois depuis au moins
vingt ans que cet événement serait
rentable ! » pointe Jean-Baptiste Sergeant, analyste chez Mainfirst.
« Les annonceurs publicitaires
sont de plus en plus diversifiés, notamment des marques positionnées sur
les femmes et les jeunes », note pour
sa part Isabelle Vignon, directrice de
l’expertise médias de Dentsu Aegis.
Le prix brut des spots varie suivant le
parcours des équipes : il atteint jusqu’à 280.000 euros pour la finale,
voire 364.000 euros pour la toute
première publicité d’une plage. Ils
représentent les tarifs les plus onéreux de la Une cette année, tous programmes confondus.
Fortes audiences attendues
Une chose est sûre, les audiences
promettent d’être au rendez-vous.
« Il y a peu de décalage horaire avec la
Russie et l’équipe de France est redevenue compétitive », note Vincent
Chaudel, expert sport chez Wavestone. « L’engouement pour les Bleus
est de plus en plus fort, notamment
depuis l’Euro de 2016 », renchérit
Christophe Lepetit, chargé d’études
au Centre du droit et d’économie du
sport. Dentsu Aegis s’attend à ce que
48 millions de Français regardent
une partie de cette fête sportive. Soit
davantage qu’en 2014 (le Mondial se
déroulait au Brésil), où 45,5 millions
de Français avaient regardé au
moins la moitié d’un match. Et à peu
près autant qu’en 2006 en Allemagne (47,6 millions).
TF1, en tout cas, s’est mis en ordre
de bataille pour attirer le maximum
d’aficionados, en relayant l’événement sur l’ensemble de ses antennes
et sur le digital (réalité virtuelle, etc.).
Par exemple, il y aura une plage spéciale dans « Quotidien » sur TMC,
des rediffusions sur LCI, etc. « C’est
la première fois que l’on a les droits
groupe », se félicite François Pellissier, directeur des sports. n
Mladen Antonov/AFP
TÉLÉVISION
TF1 a acheté les droits de retransmission télévisée de 28 matchs de la Coupe du monde de football, qui débutera le 14 juin en Russie.
BeIN Sports victime d’un piratage sans précédent
La chaîne qatarie,
qui détient l’intégralité des
droits de diffusion
de la Coupe du monde,
pourrait être victime
d’un conflit politique.
annuel d’une centaine d’euros,
l’intégralité de la grille des programmes de la chaîne qatarie BeIN Sports
y est accessible par satellite ! Ses
responsables ont annoncé avoir
dépensé plus de 200.000 dollars
pour enquêter sur ce piratage…
main par le pouvoir saoudien. Certains officiels du régime, comme
l’un des conseillers du prince héritier Mohammed Ben Salman, professaient même dernièrement « la
fin de l’ère BeIN Sports ».
Samir Touzani
stouzani@lesechos.fr
Une opération politique
Parmi les amoureux de football qui
auront les yeux rivés sur leur écran
pour suivre la Coupe du monde en
Russie, nombreux seront les supporters à vibrer dans le monde
arabe. Mais en coulisse, c’est un
autre match qui se joue sur fond de
querelle diplomatique entre l’Arabie saoudite et le Qatar. Au centre du
jeu, une opération de piratage inédite dans la télévision.
Depuis quelque mois, des décodeurs flanqués du logo beoutQ se
répandent dans toute la péninsule
Arabique. Contre un abonnement
Après enquête, Tom Keaveny,
directeur général de BeIN au
Moyen-Orient, cité dans plusieurs
médias, a conclu que « le signal
pirate [était] transmis par le fournisseur de satellites Arabsat, basé à
Riyad ». Principal actionnaire de
l’entreprise : le royaume saoudien,
ennemi juré de l’émirat Qatari
depuis que l’Arabie saoudite a lancé,
en juin 2017, un blocus contre Doha
qu’elle accuse de conspirer avec
l’Iran et de soutenir le terrorisme.
Derrière beoutQ se cacherait
donc une opération de piratage de
grande envergure pilotée en sous-
Riyad a toujours nié
avoir violé les droits
sportifs de la chaîne.
Le groupe a déposé des plaintes
auprès de l’Organisation mondiale
du commerce et de l’Organisation
de la coopération islamique, qui
regroupe de nombreux pays dont
l’Arabie saoudite et le Qatar. Riyad a
toujours nié avoir violé les droits
sportifs de la chaîne qatarie, ni
même avoir de lien avec beoutQ, qui
est présentée comme une entreprise cubano-colombienne sur son
site Internet.
Emblème national de l’émirat,
BeIN dépense des milliards de dollars pour garantir des droits exclusifs sur les plus grands événements
sportifs. Pour s’assurer la suprématie dans le monde arabe et au-delà, le
groupe a cumulé plus d’1 milliard d’euros de pertes depuis son
lancement. Avec la diffusion de la
Coupe du monde le mois prochain,
les dirigeants qataris craignent le
pire : voir l’intégralité de la compétition diffusée sur beoutQ au nez et à
la barbe de Doha… Si les Saoudiens
devaient être reconnus comme responsables de ce piratage, la Fifa, qui
a vendu les droits de diffusion exclusifs à BeIN, pourrait leur demander
des comptes. Sauf que sa situation
est compliquée depuis qu’un groupe
d’investisseurs soutenus par le
r o y a u m e a p r o p o s é d ’ i nve s tir 25 milliards pour lancer deux
nouveaux tournois avec l’instance
dirigeante du football mondial… n
Le marché publicitaire confirme son embellie… grâce à Internet
Les recettes publicitaires
des médias historiques ont
baissé de 2 % au premier
trimestre 2018. Mais si l’on
intègre Internet, l’ensemble
enregistre une hausse
comprise entre 1,5 % et 2 %.
Véronique Richebois
@VRichebois
La tendance a beau n’avoir évolué
qu’à la marge au premier trimestre
2018, elle reste baissière sur le terrain des médias traditionnels. Vendredi, l’Institut de recherches et
d’études publicitaires (Irep), France
Pub et Kantar Media ont dévoilé un
recul de 2,1 % des recettes publicitaires nettes des cinq médias historiques (télévision, cinéma, radio,
presse, publicité extérieure). Cependant, une fois Internet pris en
compte, ce panorama global vire du
gris au rose pâle. « Nous estimons
qu’en intégrant les recettes nettes du
digital au premier trimestre 2018, la
situation du marché publicitaire
médias serait en augmentation de
1,5 % à 2 % », indique Philippe Legendre, directeur délégué de l’Irep.
Comme à l’accoutumée, chacun
des médias historiques subit des
évolutions contrastées. Pour la
deuxième année d’affilée, la radio
encaisse une baisse de 3,6 % de ses
recettes, après avoir déjà enregistré
un recul de 3,7 % l’an dernier à la
même période. La faute à la concurrence brutale des chaînes d’information. « Mais aussi à l’audience
croissante des radios digitales, non
prise en compte », estime Florence
Doré, directrice du marketing et de
la communication chez Kantar
Media. De son côté, le cinéma, en
hausse de 14,4 %, alors qu’il accusait
un recul de 14,1 % l’an dernier, se
redresse de façon flamboyante. La
télévision, elle, troque une hausse
de 1,8 % de ses recettes contre une
baisse de 0,8 % l’an dernier. « En
hausse de 32 %, le parrainage, qui
explose depuis la modification de
la loi en février 2017, a joué un rôle
déterminant dans ce redressement,
décrypte Florence Doré. Désormais,
les marques qui parrainent un programme ont la possibilité de donner
beaucoup plus d’informations sur
leurs produits. Et certains parrainages ressemblent de plus en plus à
des campagnes de pub. » Ceci expli-
que-t-il cela ? Les espaces publicitaires dits « classiques » (spot TV)
demeurent quasi stables.
Recul de la presse papier
En revanche, la presse papier accentue sa descente aux abîmes, multipliant quasiment par deux la
chute de ses recettes publicitaires
nettes, de 5 % au 1er trimestre 2017… à
9,6 % ces trois derniers mois. La
presse quotidienne nationale, en
baisse de 14,5 % (contre +1,2 % il y a
un an) et les magazines (–10 %) en
sont les victimes majeures. La progression des diffusions digitales, non
prise en compte, atténue la noirceur
du tableau. Pour Philippe Legendre, « la prévision annuelle globale de
croissance du marché de 2 % pour
2018 est néanmoins confirmée ». n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
HIGH-TECH & MEDIAS // 23
Les Echos Lundi 28 mai 2018
Bruxelles en voie de donner à la presse
les moyens de se faire payer par les Gafa
DROITS D’AUTEUR
Une première étape
cruciale a été franchie
pour l’instauration
d’un droit voisin pour
les sites d’information.
De plus, les ayants droit
de contenus musicaux
et audiovisuels pourraient être en position
de mieux négocier avec
les plates-formes.
Nicolas Madelaine
@NLMadelaine
Un mois après avoir entériné le
principe de l’exception culturelle
pour l’industrie de la vidéo à la
demande (VoD), les institutions
européennes ont fait vendredi un
pas important en faveur d’une
meilleure rémunération par les
Gafa des sites de presse, ainsi que
des contenus vidéo et musicaux.
Vendredi, dans le cadre de la
directive européenne sur le droit
d’auteur, le comité des représentants
permanents (Coreper) des Etats
membres à Bruxelles a instauré un
droit voisin pour que les plates-formes comme Google ou Facebook
rémunèrent mieux les contenus des
sites Internet des éditeurs de presse
quand elles les indexent.
L’accord concerne aussi les
ayants droit de musiques et de contenus vidéo, leur reconnaissant
aussi le droit à être rémunéré par les
Gafa. « On est en quarts de finale, ce
n’est pas gagné, mais le ministère de la
Culture et la représentation française
se sont démenés et c’est une étape
importante », dit David El Sayegh,
secrétaire général de la Sacem, le
principal collecteur en France de
droits de la musique en référence au
deuxième point.
Cette version de la directive droit
d’auteur doit désormais être validée
par les ministres des Etats eux-mêmes, côté Conseil. Le Parlement doit
ensuite faire passer sa mouture
entre fin juin et début juillet. Ensuite,
la Commission, le Conseil et le Parlement doivent réconcilier leurs versions. N’empêche, le ministère de la
Culture français brûlait déjà d’impatience, vendredi, à la perspective de
saluer une deuxième victoire en un
mois pour la vision française après
celle concernant la VoD.
sent le droit voisin parce qu’ils sont
plus faibles individuellement face
aux Gafa que toute l’Europe unie,
comme l’ont montré des tentatives
isolées en Allemagne et en Espagne
qui se sont soldées par des échecs.
Il est difficile d’évaluer
l’impact qu’aurait ce droit
voisin pour le secteur de la
presse. Photo Shutterstock
Rémunération des contenus
Un droit « consacré »
En tout cas, le droit voisin de la
presse est « consacré » par le Coreper, se félicitait-on au ministère. Et,
point important, relevé notamment
par Denis Bouchez, le directeur du
Syndicat de la presse quotidienne
nationale (SPQN), la définition des
« courts extraits » de contenus pouvant ne pas être soumis à rémunération serait laissée aux législateurs
nationaux alors qu’on pouvait craindre que la définition de ces parties
dites « non substantielles » soit large
au niveau européen et vide ainsi la
directive de sa substance. En France,
on est pour une définition stricte.
Difficile d’évaluer l’impact
qu’aurait ce droit voisin pour le secteur. Le député Patrick Mignola
(Modem), qui a essayé d’instaurer
un droit voisin en France récemment, parlait de plusieurs centaines
de millions de revenus supplémentaires pour les éditeurs de presse.
« C’est difficile à dire, explique un
connaisseur de ces questions. Mais
avant, aucune discussion n’était possible avec Google et Facebook, et c’est
ça qui peut changer les choses. » Déjà,
le marché des « crawlers », ces services qui font des revues de presse
Web sans toujours payer les conte-
« Il n’est pas acceptable que YouTube
concentre 80 % des
streams et ne pèse
que 20 % de la
rémunération de la
musique streamée. »
DAVID EL SAYEGH
Secrétaire général de la Sacem
nus qu’ils récupèrent, se chiffre à
une trentaine de millions d’euros
par an en France.
Denis Bouchez ajoute que le Parlement français est prêt à aller vite
pour instaurer ce droit voisin puisqu’existe la proposition de loi
Mignola, rejetée la semaine dernière. Au ministère, on explique au
passage que le parti du président a
bien fait de bloquer cette proposition de loi car ce qui est important
est que le droit voisin soit imposé
dans toute l’Europe. Selon le ministère, Google poussait pour que ce
soit les pays eux-mêmes qui impo-
En ce qui concerne le droit d’auteur
des contenus vidéo ou musicaux, le
Coreper entérine la nécessité pour
les plates-formes comme YouTube
et Facebook de rémunérer les ayants
droit et d’être proactifs dans le déréférencement d’œuvres qui ne sont
pas couvertes par un droit d’auteur.
« Si la directive passe telle quelle,
les plates-formes ne pourront plus se
réfugier derrière leur statut d’hébergeur passif de contenus, explique
David El Sayegh. Elles ne deviendraient pas des éditeurs mais
devraient conclure des accords de
licences et prendre des mesures proportionnées contre le piratage. »
Alors qu’aujourd’hui les ayants droit
estiment qu’un YouTube ou un Facebook leur donne seulement ce qu’il
veut bien leur donner pour diffuser
leurs œuvres, « la relation asymétrique se rééquilibre », poursuit ce dirigeant de la Sacem. Là encore, il est
difficile de chiffrer l’impact qu’aurait
cette partie de la directive droit
d’auteur, mais il pourrait être important. « Nous ne voulons pas interdire
les plates-formes de diffuser les contenus, mais il n’est pas acceptable que
YouTube concentre 80 % des streams
et ne pèse que 20 % de la rémunération de la musique streamée », poursuit David El Sayegh. n
Vidéo : les majors de la musique
capitulent face à YouTube
MUSIQUE
Teads a développé un canal de communication digital unique pour
les annonceurs, au coeur des plus grands médias, proposant pour la
première fois une alternative aux grandes plateformes américaines.
Plateforme technologique innovante développée par une équipe de 120
ingénieurs à Montpellier et Paris, Teads compte désormais 700 collaborateurs
dans 35 bureaux à travers 24 pays en Europe, Amérique et Asie.
Vevo, le portail
des majors qui aurait
pu devenir la première
destination de la toile
pour les clips vidéo,
ferme ses sites.
En France, Teads est numéro 1 devant Facebook et Youtube et touche
chaque mois 89% des français, soit 46,9 millions d’internautes*.
Vevo/YouTube
Dans le secteur des médias, le
contenu n’est pas toujours roi face
à la puissance de distribution.
C’est ce que prouve le portail de
vidéoclips Vevo – qui appartient
aux labels de musique Universal
Music, le numéro un mondial,
et Sony Music – en procédant à ce
qui est interprété comme une capitulation face à YouTube.
Vevo avait un accès privilégié aux
contenus vidéo les plus prisés pour
réussir dans le domaine, comme le
prouve la place prépondérante de la
musique sur YouTube justement.
Il avait même l’été dernier passé
un accord avec Warner Music, la
troisième major de la musique,
pour accéder à ses catalogues.
En août 2016, Vevo réfléchissait à
s’introduire en Bourse et à lever
entre 300 et 500 millions de dollars.
Le site et l’application avaient
été refaits et il était question de lancer un site payant.
Mais cette semaine, il a annoncé
dans un post qu’il allait « fermer
progressivement ses propres platesformes » et « continuer à chasser les
opportunités de croissance » en
permettant à son « catalogue premium […] d’atteindre des audiences
croissantes sur YouTube » tout en
précisant qu’il cherchait à s’allier
à d’autres plates-formes.
En réalité, le portail lancé en 2008
par des labels agacés de voir YouTube décoller grâce aux clips piratés n’a jamais réussi ou ne s’est
jamais donné les moyens de devenir
une destination en soi. Vevo est au
mieux perçu comme la chaîne You-
Le portail Vevo avait été lancé en 2008 par des labels agacés
de voir YouTube décoller grâce aux clips piratés (ici, Calogero).
Tube qu’il a ouverte et qui n’a jamais
cessé de représenter l’essentiel de
son audience. « Et même, en réalité,
les fans de musique cherchent les
artistes et les morceaux qu’ils veulent
écouter, pas la chaîne Vevo », dit Alice
Enders, spécialiste du secteur de la
musique chez le bureau Enders.
En tout cas, le site Recode cite
un témoignage éclairant d’un cadre
de YouTube sur le rapport de force
entre Vevo et la plate-forme qui
accueille ses contenus. Ainsi, explique-t-il, l’idée pour la filiale de
Google était que Vevo ait assez de
succès pour que les labels ne retirent pas leur musique de YouTube,
Vidéos piratées
Selon le « Financial Times », Vevo
a dégagé un revenu en hausse de
30 %, à 650 millions de dollars,
en 2017 et a atteint l’équilibre. Il
aurait profité notamment des
inquiétudes de « brand safety » sur
le portail de Google. Mais sa décision d’aujourd’hui montre qu’il est
surtout une structure pour confier
à YouTube au nom des majors la
vente d’espaces publicitaires devant
des clips. Il faut dire qu’il est difficile de lutter avec la force de
frappe de YouTube, composée de
15.000 commerciaux. D’ailleurs,
les labels ont dû faire des concessions pour renouveler leurs licences
avec YouTube ces derniers mois.
Vevo est au mieux
perçu comme la chaîne
YouTube qu’il a ouverte
et qui n’a jamais cessé
de représenter l’essentiel de son audience.
mais n’en ait pas suffisamment pour
le concurrencer. Et d’ajouter : « YouTube avait besoin que Vevo existe
assez longtemps pour lui permettre
de devenir suffisamment populaire
afin que les majors n’aient plus assez
de poids dans les négociations concernant leur portail. » — N. M.
46 899 000
Teads
46 096 000
Facebook
Youtube
4
44 680 000
*Source : Mediametrie//NetRatings – Audience Internet Global – France – Mars 2018
“Teads, pépite de la publicité en ligne”
EMMANUEL MACRON
24 mai 2018, Viva Technology
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
24 //
Lundi 28 mai 2018 Les Echos
START
UP
START
Q
L’APPLI
Z
Pour en savoir plus sur les start-up
présentes à Viva Technology, la plateforme Skopai propose des informations sur les 1.800 participants en partenariat avec
le Salon. La jeune pousse, qui ambitionne de devenir une source d’information objective sur les
start-up du monde entier, a développé une technologie qui repose notamment sur l’intelligence artificielle. Elle compte dans ses rangs l’ancien directeur de la French Tech, David Monteau, qui l’a
rejoint en janvier en tant que directeur marketing.
60
MILLIONS DE DOLLARS
C’est le montant, non confirmé, que la start-up
Lyst aurait levé auprès de LVMH, Accel, Balderton, Draper et 14W. Ce moteur de recherche spécialisé dans la mode renvoie ses utilisateurs vers
des sites d’e-commerce multi ou monomarque.
Jetro, organisme paragouvernemental
japonais pour la promotion des échanges et des investissements, annonce le
lancement d'un accélérateur international. En partenariat avec Paris&Co, Jetro va soutenir le développement en France de start-up japonaises et leur
délivrer les dernières informations sur les tendances de l'écosystème français. Il pourra également
assister les jeunes pousses françaises dans leurs
levées de fonds au Japon.
SALON VIVA TECHNOLOGIE
A VivaTech,
les innovateurs façonnent
le monde de demain
l Le Salon a rassemblé 100.500 visiteurs en trois jours.
l De nombreux engagements y ont été pris pour garantir
une croissance qui profitera au plus grand nombre.
Guillaume Bregeras
@gbregeras
et Anaëlle Grondin
@AnaelleGrondin
Ils sont venus, ils sont tous là !
D’Emmanuel Macron à Mark
Zuckerberg, en passant par le
groupe de musique électronique
ALB, toutes les figures de l’innovation étaient représentées durant la
3e édition de VivaTech (coorganisé
par Publicis et « Les Echos ») qui
s’est bouclée samedi 26 mai. Une
édition qui marque une nette progression en termes de visitorat,
puisque le millésime 2018 affiche
100.500 visiteurs, soit 47 % de plus
que l’an passé, avec 125 nationalités,
300 conférenciers et 9.000 start-up
ayant répondu au rendez-vous.
Au-delà des chiffres, quelques
thématiques et temps forts ont
dominé ces trois journées : Selon
Publicis Sapient, qui a analysé le
contenu des conférences, le mot
« penser » a été utilisé 65 fois par Eric
Schmidt, ancien patron d’Alphabet,
lors de sa keynote. Une obsession
partagée par le secrétaire d’Etat au
Numérique, Mounir Mahjoubi, qui
en a fait le mot le plus usité lors de sa
présentation des nouvelles priorités
de la French Tech. De cette analyse,
un autre terme émerge : « people »
a été le plus mentionné durant
les 200 conférences de VivaTech.
Un terme que l’on peut traduire ici
par « employé » ou « collaborateur ». Cette idée obsède les startuppeurs et les grands groupes en
quête de talents sur tous les métiers
technologiques pour nourrir leur
croissance. Un chantier colossal,
puisque 50 % des tâches dans le
monde sont en passe d’être automatisées, selon une étude McKinsey qui
a servi de base de travail durant le
sommet Tech for Good.
Engager les jeunes
générations
La génération Z, largement représentée dans les allées durant la journée grand public du samedi, a conscience de cet enjeu et a suivi de près
la remise du prix Change.org qui
récompense une action en particulier pour donner une chance à chacun. C’est le projet « passeport de
l’engagement » qui a été retenu : cet
outil a pour vocation d’accompagner les enfants durant leur scolarité
pour les inciter à réaliser des actions
concrètes en faveur des autres et de
la société afin de développer leur
sens civique. Il devrait être testé à
l’échelle d’une région dans les mois à
venir, avant d’envisager un déploiement national.
En quête de réassurance sur les
stratégies qu’ils mettent en place au
sein de leur entreprise, les exposants de VivaTech ont montré plus
d’innovations que lors des deux éditions précédentes. Parmi elles, le
taxi volant d’Airbus était l’une des
attractions les plus spectaculaires
de cette édition. Le « Pop Up » était
exposé en taille réelle et les visiteurs
s’agglutinaient sur le stand de
l’industriel afin de le découvrir.
L’objet volant futuriste ressemble à
la fois à une voiture et à un drone. Sa
capsule modulaire biplace en fibre
de carbone peut circuler de façon
entièrement automatisée à 100 km/
h sur route, sur rails, ou encore dans
les airs grâce à ses huit rotors, en
fonction de la configuration choisie.
C’était l’un des milliers de produits et de solutions que l’on pouvait
dénicher porte de Versailles durant
ces trois jours. Et au regard du succès populaire de cette 3e édition, il est
probable que la prochaine, qui aura
lieu du 16 au 18 mai 2019, soit de
nouveau l’un des principaux temps
forts européens de l’innovation. n
Toutes les figures de l’innovation étaient représentées durant la 3e éditio
Wingly remporte
25.000 euros
Quatre start-up qui réinventent la mobilité
Les modes de déplacement
du futur faisaient partie
des thématiques phares
de la 3e édition de Viva
Technology, qui s’est
terminée samedi.
encore d’être alerté en cas de vol. La
batterie amovible de l’engin, d’une
autonomie de deux heures, selon
Ujet, est équipée de roulettes pour
pouvoir être transportée comme
une petite valise. La start-up, qui
emploie une cinquantaine de personnes, vient de recevoir l’homologation européenne pour commercialiser son deux-roues (qui coûtera
entre 9.000 et 10.000 dollars) dans
les prochains mois. « Nous venons
d’entrer en phase de production », se
réjouit le patron d’Ujet, Hugues
Despres. Ujet cible les grandes villes
et a identifié Paris comme le marché le plus intéressant, devant Barcelone et Rome.
Pour la 3e édition du Salon mondial
de l’innovation, un « Mobility
Park » avait été installé à VivaTech,
permettant aux visiteurs d’avoir
un aperçu des modes de déplacement du futur. Au milieu des grands
groupes, comme Airbus qui exposait un spectaculaire prototype en
taille réelle de voiture volante
(Pop.Up), plusieurs start-up ont
tenté de se démarquer dans le
domaine des nouvelles mobilités.
En voici quatre exemples.
ELECTRIC VISIONARY
•AIRCRAFTS
Installée près de Toulouse depuis
l’an dernier, EVA projette de commercialiser des appareils volants
électriques, autonomes et compacts. A terme, la start-up a l’ambition de développer un service de
taxis aériens, faisant cinq mètres de
long par deux mètres de large, « ce
qui leur permettra de se garer sur une
place de parking », assure la jeune
pousse. Pour l’heure, l’EVA X01 est
présentée sous la forme d’une
maquette à taille réelle. Un premier
prototype devrait voler à la fin 2018
au-dessus de la Ville rose et une
phase de test en milieu urbain est
prévue courant 2019. L’équipe, qui
Navya a notamment conçu des navettes et taxis autonomes
pour des trajets à la demande. Photo Navya
cherche à lever des fonds, aimerait
voir voler ses appareils en 2022.
• NAVYA
Créé en 2014, Navya a pour ambition de fluidifier le trafic en ville. La
société lyonnaise, qui évalue le coût
des embouteillages à 340 milliards
de dollars par an dans le monde, a
notamment conçu des navettes et
taxis autonomes pour des trajets à
la demande. Des navettes sont déjà
déployées dans une quinzaine de
pays. Navya, qui s’appuie sur une
équipe de 210 personnes, a déjà
déployé une soixantaine de véhicules dans le monde et revendique le
transport de près de 300.000 passagers. Son chiffre d’affaires s’élève à
11 millions d’euros. En octobre 2016,
la jeune pousse avait réalisé une
augmentation de capital de 30 millions d’euros avec le fonds d’investissement Robolution Capital,
CapDecisif Management, le holding Gravitation et les groupes
français Valeo et Keolis.
• UJET
Cette société luxembourgeoise travaille sur un scooter électrique connecté. Grâce à une application
mobile, il est possible de le déverrouiller à distance, de le localiser ou
• SEABUBBLE
Un an après de premiers essais, les
taxis volants sur l’eau du navigateur
français Alain Thébault ont de nouveau fait leur apparition sur la Seine
à Paris pour une série de tests. A
terme, ces engins à propulsion électrique pourraient permettre de proposer un mode de transport alternatif et écologique dans la capitale. Les
petits bateaux blancs reprennent le
principe de l’hydroptère développé
par Alain Thébault, avec des
« foils », sorte d’arcs en fibre de verre
immergés qui, grâce à la vitesse,
maintiennent le bateau hors de l’eau
à environ 50 centimètres au-dessus
des vagues. Les premiers exemplaires de ces « bulles » ont été commercialisés à VivaTech à 140.000 euros,
en précommande. — A. G.
La plate-forme de mise
en relation entre pilotes
d’avion privé et voyageurs
participait au concours
de start-up organisé
par le site TechCrunch.
La jeune société française Wingly
a brillé sur la plus grande scène
de VivaTech jeudi soir, juste
après l’intervention du patron de
Facebook, Mark Zuckerberg.
La plate-forme de coavionnage,
qui pourrait être présentée
comme le BlaBlaCar des airs, a
remporté le TechCrunch Startup
Battlefield Europe 2018, concours
organisé par le média américain
pour identifier et mettre à l’honneur les pépites européennes.
Wingly a reçu un chèque de
25.000 euros signé par Michelin,
sponsor de la compétition. La
start-up a également gagné le
droit de participer au prestigieux
TechCrunch Disrupt à San Francisco en septembre.
Quatre sociétés françaises
en finale
Pourtant, après le pitch final
d’Emeric de Waziers, cofondateur de Wingly, Roxanne Varza, la
directrice de Station F, qui faisait
partie du jury, fronçait les sourcils. « Votre plate-forme a l’air terrifiante », a-t-elle ri jaune, interrogeant le jeune homme, lui-même
pilote, sur les compétences de
ceux qui proposent de voler à
bord de leur engin sur Wingly. Le
cofondateur de la jeune pousse a
su la rassurer en énumérant les
garanties affichées sur le site (système de notation et vérifications,
notamment). Wingly, qui compte
16 collaborateurs aujourd’hui, a
été créé en juillet 2015. La plateforme est accessible en France, en
Allemagne et au Royaume-Uni
pour le moment, et revendique
plus de 150.000 utilisateurs dont
10.000 pilotes privés. Elle a bouclé
deux tours de table jusqu’à présent : 500.000 euros qui ont permis de réaliser des POC (« proof of
concept », les premières expérimentations), puis 2 millions
d’euros récemment auprès d’un
fonds d’investissement angloluxembourgeois et de business
angels. Wingly se rémunère en
prenant une commission de
4 euros, ainsi que 15 % du prix de
la réservation pour un vol. « Au
départ, on cherchait à faire vivre
une expérience au public plutôt
qu’un moyen de transport », a
indiqué Emeric de Waziers.
A l’issue de la compétition
jeudi soir, l’entrepreneur a expliqué : « Cette exposition mondiale,
grâce à TechCrunch, va nous permettre de toucher plus d’utilisateurs et de préparer notre lancement aux Etats-Unis ».
De manière générale, les Français ont eu la cote auprès des jurés
internationaux de ce TechCrunch Battlefield Europe. Sur les
cinq finalistes, quatre jeunes
pousses, dont Wingly, sont basées
dans l’Hexagone, les autres étant
IOV, Wakeo et Glowee.
Cette dernière a elle aussi
séduit le jury avec son système de
lumière biologique. « Wow, je
n’avais jamais rien vu de tel auparavant », s’est exclamée Liron
Azrielant, associée au fonds
israélien Meron Capital, après la
présentation faite par Sandra
Rey, fondatrice et PDG de la jeune
pousse. — A. G.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 25
Lundi 28 mai 2018 Les Echos
LE BUZZ
e
REBOND
U
MaPreuve.com, solution qui met à la disposition des start-up un panel de services en rapport avec la protection juridique de leurs propriétés intellectuelles, a été sélectionnée par CCI Store, la
market place d’e-services des chambres de commerce et
d’industrie de France, dans le cadre de la 3e édition de
VivaTech la semaine dernière. La jeune pousse a pu présenter sa solution sur le stand de CCI Store et bénéficier
d’une visibilité inédite.
201
MILLIONS D’EUROS
C’est le montant levé par la société de capital-risque
Draper Esprit pour investir dans les start-up britanniques et européennes. La structure, basée à
Londres, a ouvert un bureau à Paris en janvier.
Après avoir récompensé 16 entrepreneuses africaines
issues de 30 pays en 2017, la Fondation Women In Africa
(WIA) Philanthropy réunira les 27 et 28 septembre 2018,
à Marrakech, une promotion de 54 lauréates, lors du Sommet mondial WIA Initiative. A ce jour, ce « Projet 54 » a reçu 1.200 candidatures, qui seront examinées en juin par un jury international présidé
par Fatoumata Ba, cofondatrice de Jumia Côte d’Ivoire. Les lauréates bénéficieront notamment de connexions avec plus de 500 leaders et investisseurs majeurs et d’un accès à une plate-forme dédiée
de formation WIA (MOOC thématiques sur la prise de parole, le
pitch, les opportunités business).
Oyst remporte le LVMH Innovation Award
Sélectionnée parmi
800 candidats, la fintech
française propose
une solution d’achat
en un clic aux entreprises
d’e-commerce.
Elle compte lever des fonds
et s’attaquer au marché
américain dès 2019.
Lucas Barioulet pour « Les Echos »
Basile Dekonink
on de VivaTech.
portable », estime celui qui a investi
10 millions d’euros en fonds propres
pour mener à bien son projet. Après
un an de R&D, la start-up propose
donc depuis janvier une solution de
paiement en un clic aux marchands
en ligne, à l’image de 1-click, développé par Amazon. Après avoir
enregistré ses coordonnées et son
moyen de paiement, le consommateur n’a plus qu’à cliquer sur le produit de son choix pour valider la
transaction.
@Bdekonink
Françaises mais aussi coréennes,
canadiennes ou israéliennes : elles
étaient 800 start-up du luxe, de la
mode et de l’e-commerce à candidater dans le cadre de la seconde
édition du prix LVMH Innovation
Award, remis vendredi à Viva Technology. Parmi les 30 finalistes retenus, c’est finalement la jeune pousse
française Oyst qui a obtenu les
faveurs d’un jur y notamment
composé de la PDG d’IBM, Ginni
Rometty, et du cofondateur de
Beats, Jimmy Iovine.
Son fondateur, Julien Foussard,
n’en est pas à son coup d’essai. Après
plusieurs aventures sur le Web
(« dans les noms de domaines,
l’hébergement et même la vente de
sapins »), il revend fin 2017 le spécialiste de la conciergerie et de l’assistance administrative Iron Group
pour se consacrer exclusivement à
Oyst, fondée en 2016. « Sur les sites
d’e-commerce, l’expérience de sortie
des utilisateurs [tout ce qui suit le
choix d’un produit, NDLR] est insup-
Malgré un chiffre
d’affaires encore anecdotique, la start-up
compte 50 collaborateurs et prépare une
levée de fonds de plusieurs dizaines de millions d’euros.
Bernard Arnault, PDG du groupe LVMH, a prophétisé sur la scène de Viva Technology l’émergence de
géants technologiques européens dans la prochaine décennie. Photo Bruno Levy pour « Les Echos »
« Nous réduisons les dépenses
publicitaires des vendeurs tout en
augmentant leur chiffre d’affaires »,
reprend Julien Foussard, qui revendique déjà 500 partenaires et bénéficiera d’une collaboration d’un an
avec le groupe LVMH grâce au prix.
En échange, Oyst prélève une commission de 3 % en moyenne sur le
volume de leurs ventes. A l’image de
Bernard Arnault (PDG du groupe
LVMH, propriétaire des « Echos »),
qui a prophétisé sur la scène de Viva
Technology l’émergence de géants
technologiques européens dans la
prochaine décennie, Oyst ne manque pas d’ambition. Malgré un chiffre d’affaires encore anecdotique, la
start-up compte 50 collaborateurs
et prépare une levée de fonds de plusieurs dizaines de millions d’euros.
« Je nous donne entre dix et quinze
ans pour dépasser Paypal », avance
Julien Foussard. Le startuppeur de
trente-deux ans, qui cible aussi le
Royaume-Uni, ira s’installer aux
Etats-Unis dès l’année prochaine.
Conquérir le marché américain,
c’est également l’ambition du lauréat de l’édition précédente, Heuritech. « Si nous pouvons ouvrir un premier bureau à l’international, nous
irons à New York », détaille le cofondateur Charles Ollion. Grâce au deep
learning, la start-up – qui compte
aujourd’hui 25 salariés et une
dizaine de clients – conseille les marques du luxe et de la mode sur les
produits à mettre en avant dans leur
catalogue. Elle souhaite désormais
étendre son activité à la beauté, la
décoration et aux vins et spiritueux.
« Nous avons besoin de 5 millions
d’euros, mais nous lèverons peut-être
plus », estime Charles Ollion. Lui et
son associé Tony Pinville pourraient
s’adresser à un fonds britannique
spécialisé dans la tech et la mode
afin de finaliser une première série
A. Pour les lauréats du LVMH Innovation Award, l’heure est décidément au changement d’échelle. n
TF1
Visiter la pyramide de
Khéops en réalité virtuelle,
une immersion bluffante
Les téléspectateurs de TF1 pourront suivre les 28 matchs
de la Coupe du monde de football dans une expérience immersive.
LiveLike booste l’expérience
télé de la Coupe du monde
de football
Dans les prochaines
semaines, TF1 va rendre
disponible gratuitement
cette application d’immersion en réalité virtuelle.
Le 14 juin prochain, des millions de
téléspectateurs français vont suivre
le match Russie-Arabie saoudite
pour le coup d’envoi de la Coupe du
monde de football. Une poignée
d’entre eux, équipés de casques de
réalité virtuelle, vont pouvoir vivre
une toute nouvelle expérience :
s’immerger au cœur de la rencontre
en direct, se téléporter à différents
endroits du stade, y compris derrière les buts ou dans une loge, simplement en les fixant du regard.
TF1 renchérit sur son offre
de réalité virtuelle
C’est la start-up new-yorkaise LiveLike (14,7 millions de dollars levés au
total), fondée par les Français André
Lorenceau, Fabrice Lorenceau et
Jérémie Lasnier, qui est à l’origine de
cette expérience et qui a été choisie
par la Fifa pour être l’unique partenaire technique. En tant que déten-
teur des droits de diffusion pour
28 des matchs de la compétition, TF1
mise sur ce nouveau débouché pour
offrir à ses téléspectateurs une
manière plus immersive de vivre les
rencontres. « Nous avons déjà développé plusieurs applications pour nos
programmes, comme “Koh-Lanta”,
“Ushuaïa” et “The Voice”, rappelle
Guillaume Esmiol, directeur de
l’innovation chez TF1. Nous allons la
mettre à disposition des utilisateurs,
qu’ils soient sur Android ou sur iOS,
de manière gratuite quelques jours
avant le début de la compétition, et ils
pourront également accéder à des
contenus bonus. » Pour ne pas limiter l’expérience aux seuls possesseurs de casques virtuels, TF1 la rend
accessible sur tablette et smartphone. La chaîne finance ce projet
avec du sponsoring, et Bouygues
Telecom sera visible à différents
endroits virtuels du stade.— G. B.
L’entreprise parisienne
Emissive, spécialisée
dans la VR, proposait une
découverte historique à
plusieurs à VivaTech.
Visiter la pyramide de Khéops et
admirer les dernières découvertes
qui y ont été faites ? Rien de plus
simple. Grâce à la société Emissive, il suffit d’un casque de réalité
virtuelle Oculus Rift et d’un ordinateur porté comme un sac à dos
pour y être transporté en quelques
secondes sur son stand au Salon
Viva Technology. De l’extérieur, les
passants voient des participants
marcher les uns derrière les autres
à l’aveugle dans un espace vide de
60 mètres carrés. Sous le casque,
ceux-ci ont l’impression de se promener dans la célèbre pyramide,
en taille réelle, en évitant les obstacles qui se présentent par réflexe.
Outre l’immersion bluffante, la
société créée il y a douze ans permet de vivre cette expérience à
plusieurs en simultané. En temps
normal, elle dure 45 minutes sur
200 mètres carrés et fonctionne
jusqu’à 20 participants. Même
avec un casque sur le nez, ils voient
les silhouettes des autres déambuler dans les galeries du site égyptien reconstitué en images de synthèse. « C’est comme le jeu vidéo en
réseau, sauf que la localisation des
participants doit être très précise »,
indique Fabien Barati, le PDG
d’Emissive, qui compte 25 collaborateurs à Paris.
Le divertissement devrait
prendre plus d’ampleur
Si les parcs d’attraction représentent des clients potentiels, sa technologie est surtout utilisée pour
des actions de communication
événementielle et de la formation,
par des sociétés comme Lacoste,
Orange, Ikea, Adidas, Total, SNCF
ou Dassault Systèmes. Les applic a t i o n s d e d i ve r t i s s e m e n t
devraient prendre plus d’ampleur
dans le futur, lorsque la VR se
démocratisera réellement, fait
savoir Fabien Barati. Emissive,
qui réalisait en 2017 un chiffre
d’affaires de 2,7 millions, n’a
jamais levé de fonds mais envisage de le faire pour se développer sur ce segment. — A. G.
À NOTER
Spécialisée dans le sport,
LiveLike a aussi noué des
partenariats avec Roland-Garros,
la Premier League et la NFL.
Les participants ont l’impression de se promener
dans la célèbre pyramide, en taille réelle. Photo Emissive
Feelobject fabrique une carte en relief et interactive, afin
de permettre aux mal et non-voyants de se repérer. Photo Feelobject
La French Tech
au côté des personnes
en situation de handicap
Une association,
la Handitech, s’est lancée
sur VivaTech pour faire
connaître les 170 start-up
identifiées sur le secteur
en France.
« Tech for Good », vraiment ?
Lorsque les décideurs politiques
et les grands patrons de la Tech
scandent ce thème, savent-ils que
seules une poignée de start-up
œuvrent directement pour améliorer le quotidien des personnes
en situation de handicap ou en
perte d’autonomie ? Elles sont
concrètement 170 entreprises en
France à être recensées par
la Handitech, une association
créée par JobinLive et CGI qui
vient de réaffirmer son positionnement lors de VivaTech, et
dont l’objet est d’accompagner
leur développement et de coordonner les différentes innovations à travers le territoire.
L’association organise un
concours qui lui permet d’identifier les principaux acteurs du
secteur, et s’est rendue à VivaTech
avec plusieurs start-up.
Répondre aux problèmes
quotidiens
Feelobject est l’une d’entre elles.
Basée à Toulouse et spécialisée
dans l’impression 3D, elle fabrique une carte en relief et interactive afin de permettre aux mal et
non-voyants de se repérer dans
un bâtiment sans apprendre le
chemin par cœur. Autre projet,
celui de My D i s e a s e 2 E Z . Ce
réseau social s’est spécialisé pour
aider les personnes atteintes de
maladies rares, ainsi que leurs
familles et le personnel soignant
qui les accompagne. Elle vient de
signer un accord avec le CentreVal-de-Loire pour se déployer
dans les établissements spécialisés de la région. — G. B.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
26 //
Lundi 28 mai 2018 Les Echos
en
direct
La Baule : Veolia
reprend la plage
NOUVELLE-AQUITAINE
PAYS DE LA LOIRE La concession
de la célèbre plage de La Baule
au groupe privé Veolia, une
situation unique en France,
se met en place progressivement
avant la saison estivale, un an
après une fronde d’une partie
des exploitants contre l’arrivée
de ce nouveau gestionnaire.
Vingt-six exploitants de restaurants, clubs de plage ont signé
Le tribunal de Limoges, qui a
examiné la demande d’annulation
du plan social chez GM&S devrait
trancher mardi. L’équipementier
automobile creusois a été repris
sous pavillon LSI par l’industriel
Alain Martineau (photo), dirigeant
du groupe GMD. L’avocat des
salariés invoque la non-conformité
de certaines procédures du PSE.
Pascal Lachenaud/AFP
PME
&REGIONS
GM&S : la justice
va trancher
un contrat avec Veolia, et quatre
lots doivent encore être attribués.
Une majorité des permis
de construire pour mettre
aux normes les établissements,
en application du « décret plage »
(lequel impose un seuil d’occupation maximale et la démontabilité des installations), ont été
déposés. Sollicitée par l’Etat, la
mairie avait refusé de reprendre
la gestion de la plage en raison
de la « lourdeur administrative »
imposée par ce décret.
Ferroviaire : ces régions qui vont mettre
en concurrence la SNCF
l Plusieurs régions, dont Paca, Grand Est et les Hauts-de-France, veulent ouvrir à la concurrence certaines lignes
de TER en 2020, avant l’obligation légale de 2023.
l Elles espèrent améliorer la ponctualité et baisser les coûts, qui ont doublé depuis 2002.
mettre en concurrence seulement la
ligne de tram-train de l’Ouest lyonnais et la liaison hivernale SaintGervais - Vallorcine.
TRANSPORT
Laurent Marcaillou
— Correspondant à Toulouse
Un écheveau de lignes
Des concurrents de la SNCF apparaîtront bientôt sur les lignes de trains
express régionaux (TER). Le projet
de loi pour un nouveau pacte ferroviaire, en discussion au Sénat le
29 mai, donne la possibilité aux
régions de choisir d’autres opérateurs dès décembre 2019 et rend la
concurrence obligatoire en 2023.
Toutefois, elles pourront encore
signer avant 2023 des conventions
avec la SNCF courant jusqu’en 2033,
sans compter les exceptions que la
loi rend possibles. La Corse n’est pas
concernée, car son réseau est
exploité par une société d’économie
mixte. L’Ile-de-France aura un délai
supplémentaire en raison de la complexité de son réseau. Plusieurs opérateurs sont dans les starting-blocks
comme Transdev, Arriva (Deutsche
Bahn), Thello (Trenitalia), etc.
La mise en concurrence progressive est une demande de l’association Régions de France. Celle-ci
déplore que, depuis la décentralisation des TER en 2002, la contribution des régions a doublé, à 2,9 milliards d’euros par an, représentant
les trois quarts du prix du billet. La
hausse du coût du train-kilomètre
est plutôt de 60 %, car l’offre a augmenté. Il faut encore y ajouter les
importants investissements pour
renouveler trains et réseau. Ces
efforts ont permis d’accroître la fré-
D’importants investissements ont permis d’accroître la fréquentation des TER de 48 % depuis 2002. Photo Laurent Cerino/RÉA
quentation de 48 % depuis 2002.
Mais nombre de conseils régionaux
se plaignent de la qualité du service,
avec un taux de ponctualité de
90,6 % en 2016 (variable selon les
régions), et 1,9 % de trains supprimés, alors que les TER engloutissent près de 20 % de leur budget.
« Beaucoup de régions ont l’impression d’avoir été les vaches à lait de la
SNCF, déplore Michel Neugnot (PS),
président de la commission transports et mobilités de Régions de
2,9
MILLIARDS
La contribution annuelle
des régions au fonctionnement
des TER. Ce qui représente
les trois quarts du prix du billet.
L’Occitanie fait confiance à la SNCF
pour accroître l’offre et la ponctualité
Refusant de faire jouer
la concurrence, le conseil
régional augmente
sa contribution de 12 %
et le nombre de dessertes
de 11 % dans sa nouvelle
convention TER 2018-2025.
Le Conseil régional d’Occitanie a
choisi de ne pas faire jouer la concurrence tout en accroissant les dessertes dans la nouvelle convention
TER 2018-2025 signée en avril avec
la SNCF. Il augmentera les circulations de 11 % et le nombre de sièges
de 40 %, soit 72 trains supplémentaires par jour d’ici à la fin de 2020,
notamment autour de Toulouse et
sur le littoral méditerranéen, pour
répondre à la croissance de la population de 50.000 habitants par an.
Ce faisant, le coût d’exploitation
pour la région progresse de 12 %, à
plus de 300 millions d’euros par an,
auxquels s’ajouteront les investissements estimés à 200 millions par
an. La remise en état du réseau
depuis la régionalisation a accru la
fréquentation de 60 % en une quinzaine d’années, à 66.000 voyageurs
par jour de semaine sur les 20 lignes
de train et les 43 d’autocar.
Après avoir organisé les états
généraux du rail, qui ont fait
remonter les demandes des habitants, la région veut même rouvrir
cinq petites lignes comme RodezMillau, Alès-Bessèges, MontréjeauLuchon et régénérer le Train jaune
dans les montagnes catalanes, pour
un coût estimé à 510 millions
d’euros. Elle reprend aussi deux
La région veut même
rouvrir cinq petites
lignes comme RodezMillau, Alès-Bessèges,
Montréjeau-Luchon.
lignes de train Intercités, NîmesClermont-Ferrand et BéziersClermont-Ferrand (expérimentées
pendant deux ans).
Une négociation rude
Malgré l’augmentation de la
dépense, la présidente de la région
Occitanie, Carole Delga (PS), fait
valoir que « cette convention revient
moins cher que la précédente, car le
coût du train au kilomètre passe de
19,20 à 17,90 euros ». Elle a été signée
avec plus d’un an de retard, car la
négociation avec la SNCF a été difficile. « La SNCF voulait fermer un
tiers des gares et fixer un coût du
train au kilomètre de 22 euros ! »,
déplore l’ancienne ministre. Le conseil régional a exigé une amélioration du taux de ponctualité, de
87,6 % en 2017 à 92 % d’ici à 2025, et
une diminution de 20 % du nombre
de trains supprimés, sous peine
d’infliger les pénalités « les plus élevées de France, à 6,50 euros le train/
kilomètre ».
Pour autant, la région Occitanie,
dirigée par la gauche, est l’une des
rares à n’avoir pas voulu faire jouer
la concurrence pour baisser le
coût. « Vouloir ouvrir à la concurrence, c’est ne pas avoir une vision
d’aménagement du territoire, car
certaines lignes ne sont pas rentables, mais utiles à la population,
insiste Carole Delga. Il faut être réaliste : aucun opérateur ne voudra
aller sur Mende ou la montagne
catalane ! J’ai préféré une négociation rude avec la SNCF plutôt qu’une
mise en concurrence qui ne va rien
amener. »
— L. M. (à Toulouse)
France. Le coût de fonctionnement
des TER a augmenté sans que la SNCF
puisse justifier les causes réelles. Il a
atteint 23 euros du train-kilomètre en
2015, alors qu’il a diminué à 15 euros
en Allemagne, où la concurrence
existe depuis 1994. L’organisation
n’est pas optimisée. » Pour challenger
la SNCF, trois régions, Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca), Grand Est et
les Hauts-de-France veulent expérimenter le plus tôt possible la concurrence sur certaines lignes. Beau-
coup d’autres comme Pays de la
Loire ou Nouvelle-Aquitaine l’ont
prévue dans leur convention ou vont
le faire. En revanche, l’Occitanie et la
Bretagne restent fidèles à la SNCF.
Bourgogne -Franche-Comté a
adopté vendredi une nouvelle convention 2018-2025, expurgée d’une
option d’ouverture à la concurrence
critiquée par une partie de la majorité de gauche. Auvergne-Rhône-Alpes a été prudente : sa convention
2017-2022 prévoit la possibilité de
La région Paca est la première à
avoir lancé un appel à manifestation d’intérêt pour trois lignes
auquel dix opérateurs ont répondu
(lire ci-dessous). Le Grand Est a
prévu dans sa convention 20172024 la mise en concurrence de
moins de 10 % du réseau à la fin
2020. Les Hauts-de-France vont
diviser leur réseau en six lots pour
en soumettre certains à l’appel
d’offres dans la convention en négociation avec la SNCF. « De 10 à 25 %
du réseau sera ouvert à la concurrence le plus tôt possible, c’est la seule
façon de réveiller la SNCF », affirme
Xavier Bertrand (DVD), président
des Hauts-de-France, qui déplore le
manque de ponctualité : « Les gens
du sud de l’Oise ne peuvent pas être
recrutés en région parisienne à cause
des retards permanents ! » Les lots
soumis à un appel d’offres mêleront
des lignes plus ou moins rentables.
Car l’ouverture à la concurrence
est semée d’embûches. Les régions
ont du mal à obtenir de la SNCF un
décompte précis du personnel et de
la maintenance affectés aux lignes
pour préparer les appels d’offres.
« Toutes les lignes sont imbriquées,
constate Michel Neugnot. Il faut
faire un détourage des coûts. Ceux
qui ne l’étudient pas risquent de se
réveiller avec un surcoût lié à la
désorganisation du service. » n
Provence-Alpes-Côte d’Azur veut
anticiper la libéralisation des TER
La région a lancé un appel
à manifestation d’intérêt
pour l’exploitation de ses
trains. Elle veut en finir avec
les retards et annulations.
Paul Molga
— Correspondant à Marseille
Pas moins de dix opérateurs ont
répondu à l’appel à manifestation
d’intérêt pour l’exploitation des
TER lancé fin février par la région
Provence-Alpes-Côte d’Azur afin
de « recueillir des avis techniques
en vue de définir au mieux les services qui pourraient faire l’objet des
premiers appels d’offres en 2019 »,
selon le règlement de cette consultation inédite. Le périmètre concerne la circulation des trains, leur
maintenance et la sûreté sur les
principales lignes de la région,
dont Marseille-Nice-Vintimille,
Nice-Breil-Tende et MarseilleBriançon-Valence. « Nous voulons
ainsi préparer la prochaine ouverture à la concurrence et initier des
premiers échanges, de façon égalitaire, avec les entreprises susceptibles d’être intéressées à l’avenir »,
précise encore le règlement.
La région est pressée. Depuis
qu’il en a pris la présidence l’an
passé, Renaud Muselier réclame
du gouvernement qu’il l’autorise
par anticipation à ouvrir ses lignes
TER à la concurrence dès 2019, une
possibilité qui a été incluse dans le
nouveau pacte ferroviaire actuellement examiné au Parlement. « Il
ne s’agit pas d’un choix idéologique,
expliquait déjà l’an passé son viceprésident chargé des transports et
de la sécurité, Philippe Tabarot. Nous sommes contraints par
une situation compliquée : outre les
infrastructures vieillissantes, nous
pâtissons d’un opérateur unique
auquel sont imputables 80 % des
suppressions de trains et 50 % des
retards alors que nous payons ici le
prix le plus élevé en kilomètre de
TER par habitant. »
Contentieux en série
Les difficultés de communication
entre la région et la SNCF ne datent
pas d’hier. Pendant dix ans, la précédente mandature a multiplié les
contentieux, jusqu’à obtenir de son
président, Guillaume Pepy, la
signature en 2011 d’un programme
de modernisation des lignes. Tem-
porairement, le taux de ponctualité
était remonté à près de 93 %, avant
de plonger : aujourd’hui, 20 % des
trains régionaux qui circulent en
Provence-Alpes-Côte d’Azur sont
Depuis 2014,
le marché des liaisons
internationales
est déjà libéralisé.
en retard chaque jour et 10 % sont
annulés. Lassée de promesses, la
région a rompu les discussions
avec la SNCF et impose désormais
ses propres conditions financières.
Outre Keolis (filiale de la SNCF),
Transdev, le groupe anglais
Arriva, le métro de Hong Kong
(MTR), une filiale de la RATP, ainsi
que Thello (contrôlé par les chemins de fer italiens) se sont notamment mis sur les rangs. Depuis
2014, le marché des liaisons internationales étant déjà libéralisé,
Thello opère une ligne quotidienne au départ de Marseille qui
dessert les gares de Toulon, SaintRaphaël, Cannes, Antibes, Nice et
Monaco avant de filer sur Milan. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
PME & REGIONS // 27
Les Echos Lundi 28 mai 2018
206.600
HAUTS-DE-FRANCE La cour de
cassation a annulé une décision
de la cour d’appel de Douai, qui
avait condamné la société Recylex à indemniser pour 8 millions
d’euros 187 anciens salariés
de Metaleurop Nord. Licenciés
après la liquidation de l’entreprise en 2003, ils avaient touché
entre 15.000 et 50.000 euros.
ses artisanales franciliennes. Interrogés, 18 % des chefs d’entreprise
disent avoir recruté et 37 % assurent
avoir investi en 2017. Enfin, 20 %
envisagent de céder leur entreprise
d’ici à trois ans, la valeur moyenne
de rachat s’élevant à 209.000 euros.
Philippe Huguen/AFP
ENTREPRISES ARTISANALES EN ÎLE-DE-FRANCE EN 2017
Selon les derniers chiffres de la
Chambre des métiers et de l’artisanat d’Ile-de France, 33.000 entreprises artisanales ont été créées
dans la région en 2017. Les secteurs
des services et du bâtiment représentent 70 % des 206.600 entrepri-
innovateurs
Les indemnités
des ex-Metaleurop
contestées
Pili fait produire les
colorants et pigments
par des bactéries
LDC, entérinée le 18 mai dernier, est
donc un soulagement pour le
groupe coopératif. « Elle donne de
nouvelles perspectives aux éleveurs et
les salariés ont été repris, c’est une sortie honorable », estime Hubert
Garaud, le président de Terrena
dont le pôle volaille, Galliance,
représente encore 1 milliard d’euros
de chiffre d’affaires, son résultat
étant aussi en retrait.
AGRICULTURE
Pour la deuxième
année d’affilée,
les pertes du volailler
breton ont lourdement
pesé sur les comptes
du groupe coopératif
en quête d’un nouveau
souffle.
Pili
Terrena ressort éprouvé
de l’aventure Doux
LE FINANCEMENT
PILI
Date de création : 2015
Président : Jérémie Blache
Montant : 2,5 millions d’euros
Effectif : 10 personnes
Secteur : biotechnologies
Pôle bovin à la peine
Emmanuel Guimard
— Correspondant à Nantes
C’était attendu, la défaillance du
volailler Doux a plombé les comptes
de Terrena l’an dernier. Pour la première coopérative alimentaire
généraliste de France, l’exercice 2017
s’est donc traduit par une perte nette
de 97 millions d’euros sur un chiffre
d’affaires de 5,1 milliards d’euros
quasi stable. C’est la deuxième
année que le groupe d’Ancenis (Loire-Atlantique) se retrouve dans le
rouge. L’année d’avant, la perte
s’était élevée à 22,4 millions d’euros
sous le poids de Doux mais aussi de
la crise laitière et de la maigre récolte
céréalières. « Sans Doux, le résultat
aurait été à l’équilibre en 2017 », tempère Maxime Vandoni, le directeur
général de Terrena, expliquant le
résultat 2017 intègre d’importantes
Le marché du poulet halal s’est dégradé avec la chute des prix
au Moyen-Orient et la fermeture du débouché yéménite pour
cause de guerre. Photo Fred tanneau/AFP
provisions « en vue d’une désensibilisation de Doux, afin qu’il n’y ait plus
d’impact en 2018 ».
La reprise de Doux, en mars 2016
« correspondait à une volonté forte de
développement international »,
explique le dirigeant, décrivant une
dégradation immédiate du marché
avec la chute des prix au Moyen-
Orient, la fermeture du marché
yéménite et la grippe aviaire. A cela
s’e sont ajoutées une parité euro-dollar défavorable et une concurrence
féroce des Brésiliens. En définitive,
Doux a représenté une p erte
annuelle de 35 millions par an, sur
un chiffre d’affaires d’environ
300 millions. La reprise de Doux par
Pour ne rien arranger, Elivia, pôle
bovin de Terrena, a également souffert. La hausse des matières premières, en l’occurrence le prix des animaux, n’a pu être répercutée auprès
des distributeurs dans un contexte
de déclin de la consommation de
viande. Ces contre-performances et
le rebond qui s’impose seront assurément l’un des sujets de l’assemblée
générale de la coopérative, le 29 mai
prochain. Pour rassurer ses 16.000
salariés et ses 29.000 agriculteurs
adhérents, le groupe, présent sur de
nombreux segments de l’alimentation, affiche la progression de ses
marges sur son pôle amont et végétal spécialisé. Terrena peut aussi
faire valoir l’essor commercial de
33 % qu’a enregistré sa marque de
boucherie et volailles La Nouvelle
Agriculture, obéissant à des modes
culturaux plus respectueux de
l’environnement. n
Chantal Houzelle
@HouzelleChantal
Le pilus désigne une excroissance qui permet un échange
génétique entre deux bactéries.
D’où le nom de « Pili » porté par
cette start-up parisienne, qui a
inventé une technologie capable
de fabriquer des colorants et
pigments par fermentation
microbienne. « Elle consiste à
faire produire des molécules colorées à des bactéries en utilisant
leur capacité à consommer du
sucre et à fabriquer des molécules
organiques », explique
Guillaume Boissonnat, cofondateur et directeur scientifique
de Pili. Sa création, en juin 2015,
a été financée avec une enveloppe de 80.000 euros du fonds
Le groupe Ricoh supprime 248 postes
sur son site alsacien de Wettolsheim
La filiale française du
groupe japonais Ricoh
a annoncé un projet
de transformation
de son site industriel.
Hélène David
— Correspondante à Strasbourg
D’ici à la fin 2018, 248 postes vont
être supprimés sur le site alsacien
de Ricoh, le groupe japonais spécialisé dans les marchés d’impres-
RÉUSSIR
sion bureautique et industrielle.
Cette mesure fait partie d’un « projet de transformation » du site hautrhinois de Wettolsheim présenté
mercredi dernier devant le comité
central d’entreprise. Il comprend
l’arrêt des activités toner et notices
d’utilisation, la réorganisation de
l’activité recyclage et un renforcement de la fabrication de papiers et
rubans thermiques, « une activité
d’avenir porteuse de développement
et permettant d’assurer la pérennité
du site », indique Ricoh Industrie
France dans un communiqué. A
cette fin, le groupe prévoit un
investissement de 20 millions
avec
d’euros sur le site de Wettolsheim à
l’horizon 2020.
Seul site industriel français du
groupe, l’usine implantée à Wettolsheim depuis 1987 emploie
actuellement 950 personnes, dont
une centaine d’intérimaires, et réalise un chiffre d’affaires de 200 millions d’euros.
Plan de départs volontaires
Le groupe entend mettre en place
un plan de départs volontaires et
annonce vouloir limiter à 150 le
nombre de licenciements. Ces
mesures vont faire l’objet, à partir
du 18 juin, de négociations avec les
organisations syndicales. Mardi, en
prévision de cette annonce, les salariés avaient mis en place un piquet
de grève, destiné à obtenir une revalorisation des salaires. Il a été levé
jeudi. En mars dernier, la dégradation du marché de la copie avait
conduit la filiale française du
groupe japonais à mettre au point
un projet global de transformation
comprenant, en France, un plan de
sauvegarde de l’emploi concernant
360 salariés sur un total de 2.300. Le
Groupe Ricoh emploie 110.000 collaborateurs dans le monde et a réalisé un chiffre d’affaires de 17,9 milliards d’euros en 2017. n
l’ofre digitale de la CCI Paris Ile-de-France
LECOINRECRUTEMENT.FR :
RÉACTIVITÉ ET SIMPLICITÉ
AU SERVICE DES BESOINS
RH
réel les personnes disponibles sur un territoire défini,
permettant aux entreprises de choisir en quelques
clics seulement le (ou les) profil(s) correspondant le
mieux à leurs attentes. De quoi dénicher la perle rare
en un temps record !
Plateforme digitale de mise en relation, Lecoinrecrutement.fr permet aux TPE-PME de gérer en quelques
minutes seulement leurs urgences de recrutement
en faisant appel aux actifs disponibles autour d’eux.
« Les petites structures rencontrent souvent des
dificultés lorsqu’il s’agit de faire face à des besoins
RH, notamment suite à des pics d’activité, où il faut
réagir très vite », analyse Marion Varlet, présidente et
co-fondatrice de la société Lazarys, à l’origine du portail numérique. « Notre objectif consiste à les aider
dans leurs démarches, de façon simple et rapide ».
Pour ce faire, Lecoinrecrutement.fr recense en temps
SE FORMER ET ÉLARGIR SON RÉSEAU
« Le projet me tient à cœur depuis quelques années
déjà », explique-t-elle. « Le premier prototype étant
terminé, notre objectif consiste désormais à développer une version bêta de la plateforme pour la
tester auprès d’un panel d’entreprises implantées
dans le Val-de-Marne ». Un projet aussi ambitieux
que prometteur. Finaliste de l’édition 2017 du Prix
de la Solution Digitale, organisé par la CCI Paris Ilede-France et son dispositif Les Digiteurs, dédié à la
transformation numérique des entreprises, Marion
Varlet ne compte pas s’arrêter là. « Les ateliers et
Retrouvez les informations sur lesdigiteurs.fr - Projet co-financé par les fonds Européens
conférences organisés par la CCI m’ont permis de
me former et d’élargir mon réseau », poursuit la jeune
entrepreneure, également membre du Réseau Plato
Nouveaux dirigeants. « C’est à la fois intéressant et
enrichissant, j’en suis vraiment ravie ! Sans compter
que l’appui de la CCI nous a permis de faire de nombreuses rencontres, y compris avec des personnes
intéressées par notre solution ». Nouer des contacts
pour toujours aller de l’avant! « Nous sommes
encore au début de l’aventure
entrepreneuriale, mais notre
collaboration avec la CCI sera
amenée à s’inscrire dans la
durée », conclut-elle. « Nos
interlocuteurs ont toujours
été de très bons conseils,
Varlet
animés par la volonté sincère Marion
Présidente de Lazarys
de nous faire avancer ».
Sans produit chimique
A titre comparatif, « la fabrication de 1 kg de colorant d’origine
pétrochimique nécessite environ
100 kg de résidus pétrolifères,
10 kg d’acides forts et 1.000 litres
d’eau. Notre technologie de fermentation permet de produire ce
même kilogramme avec 200 litres
d’eau, sans pétrole ni produit chimique », assure-t-il. A ce stade,
Pili a déjà montré que le coût de
ses colorants renouvelables
serait équivalent et pourrait
même être plus compétitif, à
grande échelle, d’ici à 2020.
Sa priorité est l’industrie textile. « Nous sommes convaincus
que notre technologie est de
nature à contribuer à son renouveau en France », estime Jérémie Blache, président et cofondateur. « Tout le secteur de la
mode a les yeux rivés sur le développement durable, car c’est un
engagement demandé par les
consommateurs, qui devient un
enjeu économique majeur. » n
Devismes va lancer
sa serrure connectée
à un smartphone
Devismes
GRAND EST
américain SOSV. Il participe au
refinancement de l’entreprise,
qui réunit 900.000 euros avec
Fashion For Good, Wiseed et des
business angels. S’y ajoute une
aide de 1,6 million de bpifrance,
dans le cadre du Concours mondial d’innovation. « Ces 2,5 millions vont nous permettre d’améliorer notre technologie, de la
protéger par de nouveaux brevets
et de confirmer sa performance
avec des productions pilotes pour
différents secteurs industriels »,
précise-t-il.
LA TECHNOLOGIE
DEVISMES
Date de création : 1976
Directeur général :
Frédéric Devismes
Chiffre d’affaires :
13 millions d'euros en 2017
Effectif : 100 personnes
Secteur : serrurerie
Guillaume Roussange
— Correspondant à Amiens
Fabricant historique de serrures, Devismes lancera cet été sa
première serrure connectée
pilotable via un simple smartphone. Cette innovation a été
élaborée à partir d’un modèle de
serrure multipoint, courante
dans les appartements, auquel a
été ajouté un système de surverrouillage électronique. Fonctionnant sous Android, comme
sous iOS, l’application téléchargeable permet de commander le
signal envoyé depuis le smartphone, donnant l’ordre d’ouver-
ture du pêne. Une fois celui-ci
libéré, l’utilisateur peut actionner la clef, qui reste indispensable pour ouvrir la porte. « L’intérêt est de pouvoir envoyer une clef
virtuelle de déverrouillage par
e-mail. On peut ainsi donner
accès à tout ou partie d’un lieu,
sur une période définie », explique Frédéric Devismes, directeur général de l’entreprise
basée à Feuquières-en-Vimeu,
dans la Somme. Le système peut
être complété par l’installation
d’une box qui permet d’interdire
l’accès à distance. En cas de tentative d’effraction, les serrures
envoient un signal à la box, qui
relaie l’alarme au propriétaire.
Deux brevets déposés
Première innovation connectée
du groupe familial, ce système,
qui n’a pas encore de nom comm e r c i a l , a é t é d é ve l o p p é
en interne par un ingénieur de
l’Ecole supérieure en électronique et électrotechnique
d’Amiens (Esiee) en contrat
de professionnalisation. Le
projet, estimé entre 80.000 et
100.000 euros, a donné lieu au
dépôt de deux brevets. Devismes
compte perfectionner son système en lançant, à l’automne, un
modèle de serrure commandé
par un bouton puis, avant la fin
2018, une version entièrement
numérique. En attendant, les
modèles avec clef devraient être
commercialisés à 1.500 euros. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
28 //
Lundi 28 mai 2018 Les Echos
LE PRIX DU BLÉ AU PLUS
HAUT DEPUIS PRÈS D’UN AN
FINANCE
&MARCHES
Les inquiétudes sur les conditions météorologiques dans
plusieurs grandes zones de
production planent sur le marché du blé. Des problèmes de
sécheresse ont affecté la récolte
aux Etats-Unis, tandis que l’Australie, le Canada et la Russie
manquent de précipitations. A la
Bourse de Chicago comme sur
Euronext, le cours du blé est au
plus haut depuis juillet 2017.
les
indices
Neuflize OBC poursuit sa mue
l En pleine réorganisation, la filiale
du groupe bancaire néerlandais ABN
AMRO a enregistré une hausse de son
résultat net l’année dernière.
l Grâce notamment à sa diversification.
BANQUE PRIVÉE
Solenn Poullennec
@SolennMorgan
La banque privée Neuflize OBC fait
le dos rond. La filiale française du
néerlandais ABN AMRO a vu son
produit net bancaire rester quasiment stable entre 2016 et 2017 (à
plus de 317 millions d’euros), alors
que le montant de ses actifs gérés a
légèrement crû (+ 2,6 %) pour
atteindre 47,3 milliards d’euros en
fin d’année dernière. Dans le même
temps, le résultat net dégagé par la
banque a progressé de plus de 13 %
sur un an pour atteindre 57,8 millions d’euros en fin d’année dernière. « Nous sommes très résilients
sur le marché car nous avons déjà
une diversification de nos revenus
assez forte », assure Laurent
Garret, à la tête de Neuflize OBC
depuis 2017.
La banque a choisi
de relever son ticket
d’entrée à
500.000 euros, et
de se séparer de
ses clients les moins
fortunés en les cédant
à La Financière
de l’Echiquier.
A l’heure où la faiblesse des taux
d’intérêt pèse sur les revenus des
banques privées, l’établissement
s’efforce de se diversifier au-delà de
l’offre de gestion classique en développant les activités de crédit et
d’autres services. « L’idée est que
nous fassions plus de fusions et
acquisitions (M&A) », explique
ainsi Laurent Garret. Positionnée
sur l’accompagnement des entrepreneurs de plusieurs secteurs tels
que celui du cinéma, Neuflize OBC
souhaite étendre son expertise aux
entreprises du développement
durable. Enfin, « nous voulons être
consolidateur en Europe de l’Ouest,
et notamment en France », assure
Laurent Garret.
Le marché est en pleine consolidation car les établissements cherchent à atteindre une taille critique
pour maintenir leur profitabilité.
Dans ce contexte, ABN AMRO a
d’ailleurs décidé de céder ses activités de banque privée luxembourgeoises. Dans l’Hexagone, les cibles
potentielles de Neuflize OBC semblent cependant peu nombreuses.
D’autant que la banque a choisi de
r e l e ve r s o n t i c ke t d ’e n t r é e à
500.000 euros, et de se séparer de
ses clients les moins fortunés en les
cédant à La Financière de l’Echiquier. Cette stratégie de montée en
gamme, adoptée par d’autres banques privées pour faire face à l’augmentation de leurs coûts fixes, n’est
qu’un des chantiers actuels de Neuflize OBC. Celle-ci a lancé l’année
dernière une vaste restructuration,
avec à la clef la disparition de quelque 245 postes d’ici à 2019, soit près
d’un emploi sur quatre. Une centaine de personnes devraient avoir
quitté la banque d’ici au début de
l’été, avant de nouveaux départs à
l’automne.
Cette restructuration se veut
aller de pair avec la digitalisation, et
donc l’évolution, de nombreuses
fonctions « support ». La banque
estime devoir encore améliorer ses
outils digitaux à destination de ses
clients. En interne, une mise au
goût du jour des outils informatiques doit aussi lui faciliter l’application des réglementations, parmi
lesquelles MIF 2. Neuflize OBC
avait anticipé une partie des exigences de cette régulation européenne en vigueur depuis le début
de l’année en renonçant à toucher
des commissions sur les produits
distribués aux clients. Le nouveau
cadre réglementaire pousse par
ailleurs la banque à repenser son
offre de gestion et à miser davantage sur la gestion sous mandat. n
« Nous voulons être consolidateur en Europe de l’Ouest, et notamment en France », assure Laurent Garret, président du directoire
de la banque Neuflize OBC. Photo DR
Les clients des banques privées commencent
à percevoir le choc de MIF 2
Depuis l’entrée en vigueur
de la régulation, près d’un
tiers des clients a constaté
une hausse des tarifs et
une restriction de l’offre
de leur banque privée,
selon une étude.
La régulation européenne MIF 2
ne se réduit pas à un acronyme
abscons pour les clients des banques privées. Moins de cinq mois
après son entrée en vigueur, une
partie d’entre eux assure qu’elle est
allée de pair avec des services de
gestion de fortune plus chers et plus
restreints, d’après une étude
récente.
Dans le détail, 29 % des quelque
250 clients de banque privée interrogés par l’institut OpinionWay
pour Swiss Life Banque Privée ont
constaté une « évolution à la hausse
de la tarification des services délivrés » par leur banque à l’occasion
du passage à MIF 2.
Des revenus en moins
De fait, MIF 2 pousse les banques
privées à revoir leur prix en bouleversant leur modèle. Pour mieux
protéger les investisseurs contre les
conflits d’intérêts, la régulation
encadre voire empêche les banques
de percevoir des rétrocessions de la
part des sociétés de gestion en
échange de la distribution de leurs
produits. Face à la perte de revenus
qui en découle et au renforcement
des obligations de transparence sur
les frais également prévus par
MIF 2, les banques refondent leurs
prix et peuvent chercher à faire
payer des services qu’elles ne facturent pas aujourd’hui.
L’Observatoire publié par Swiss
Life Banque Privée montre par
ailleurs que 18 % des clients de banque privée interrogés ont constaté
« un rétrécissement de l’offre des placements qui leur était proposée »
avec MIF 2. Là encore, cette perception peut s’expliquer par l’encadrement des rétrocessions. Celui-ci
peut dissuader les banques privées
de fonctionner en « architecture
ouverte » c’est-à-dire de proposer à
leurs clients les produits financiers
de tiers. « Si on ne peut plus être
payés pour promouvoir des sociétés
de gestion de la Place, nous n’allons
plus faire cette promotion », résume
Tanguy Polet, président du direc-
toire de Swiss Life Banque Privée.
Dans l’ensemble du secteur, « on va
proposer de plus en plus aux clients
des solutions maison », estime-t-il.
Des clients peuvent avoir aussi le
sentiment que l’offre se rétrécit car
MIF 2 encadre de façon drastique la
distribution des produits financiers. En s’appuyant sur de longs
questionnaires, les banques doivent déterminer précisément et
régulièrement le profil financier de
leurs clients. En fonction de celui-ci,
elles ne peuvent proposer que certains types de produits.
Compte tenu de ces nouvelles
règles du jeu, « tout le challenge pour
les banques privées est de faire comprendre au client que cette réglementation est dans son intérêt », résume
Tanguy Polet. — S. P.
2018, année de la dernière chance pour l’activiste Bill Ackman
FONDS ALTERNATIF
Dos au mur, le célèbre
hedge fund activiste
va tenter de remonter
la pente, après trois
années consécutives
de pertes.
Nessim Aït-Kacimi
@NessimAitKacimi
Dans le monde ultra-compétitif des
hedge funds, une troisième année
de contre-performance est un signe
funeste pour l’avenir du fonds alternatif. Pershing, le hedge fund activiste flamboyant fondé par Bill Ack-
man, est dans cette situation. Il a
perdu 4 % l’année passée après des
chutes de son rendement de 13,5 %
et 20,5 %, respectivement en 2016
et 2015. La sanction ne s’est pas fait
attendre. La grande majorité des
investisseurs institutionnels clients
du fonds ont décidé de retirer leur
argent. Et la chute de 8,6 % de la performance au premier trimestre
leur a donné raison.
Heureusement que Pershing
s’était aussi assuré un capital stable,
grâce à son introduction à la Bourse
d’Amsterdam, où il avait levé 3 milliards de dollars en 2014. Sans ce
matelas de sécurité, le fonds aurait
sans doute été contraint de se transformer en « family office », une
société d’investissement chargée de
gérer la fortune personnelle de Bill
Ackman et des employés. Ces derniers détiennent près de la moitié
des capitaux du hedge fund, alors
que la fortune du fondateur de
Pershing est estimée à 1,3 milliard
de dollars par « Forbes ».
Moins ambitieux,
le hedge fund a réduit
de 20 % ses effectifs.
Cette année, le fonds activiste a
pris une participation de 1 milliard
de dollars dans la chaîne de distribution de matériel de jardinage
Lowe’s. Il avait déjà investi dans ce
groupe en 2011, et il rejoint au capi-
tal un autre hedge fund, D.E. Shaw.
Ce secteur du commerce de détail
ne lui a pourtant pas toujours réussi
par le passé, comme le rappellent
ses déconvenues sur les titres
JC Penney (2010) et Target (2007).
Compte tenu de la chute de ses
actifs, dorénavant de l’ordre de
8 milliards de dollars contre 18 milliards à son apogée, en 2015, le fonds
va devoir s’attaquer à des cibles de
taille plus modeste que par le passé.
Moins ambitieux, le hedge fund a
réduit de 20 % ses effectifs, et les
rémunérations ont chuté. Soixante-dix-sept collaborateurs se sont
partagé une centaine de millions de
dollars de salaires et bonus en 2017.
En 2015, une année phare pour le
hedge fund, quatre-vingt-deux
employés s’étaient partagé 563 millions de dollars.
En 2017, la remontée du titre Herbalife a beaucoup pénalisé le hedge
fund car il avait parié sur sa chute,
d’abord au travers de la vente à
découvert puis grâce à des options
de vente. Il a décidé de reconnaître sa
défaite et son échec face à Carl Icahn.
Il a aussi perdu de l’argent sur ses
investissements dans Mondelez,
Chipotle, Federal National Mortgage
Association et Valeant. Pour limiter
ses risques, le hedge fund peut effectuer des placements opportunistes
de court terme, moins aventureux
que les longues campagnes activistes à l’issue toujours incertaine et qui
ont fait sa renommée. L’année passée, le fonds a vendu sa participation
dans le groupe Nike au bout de seulement quatre mois et en empochant
un profit de 100 millions de dollars,
après une hausse de près de 34 % du
titre. Il a aussi revendu avec profits
ses titres de l’agence de notation
S&P, estimant que « la forte hausse
du titre au moment où nous étions en
train d’en acheter nous a empêchés
d’établir un investissement significatif ». Scrutés de près par les marchés
et les traders, les hedge funds activistes renommés doivent être le plus
discret possible quand ils achètent
des actions. En diminuant fortement de taille, Pershing va être plus
discret, mais il va perdre en capacité
d’influence p our convaincre
d’autres investisseurs de le suivre
dans ses campagnes activistes. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 29
Les Echos Lundi 28 mai 2018
Crédit Mutuel affiche sa
volonté de « transformation »
BANQUE
Réuni vendredi en
assemblée générale,
le groupe CM11-CIC a
précisé le calendrier
de validation de son
plan 2019-2023, qui
sera lancé à partir
de cet automne.
ASSURANCE
Les textes actuels
sur l’assurance
automobile conviendraient aux véhicules autonomes.
Edouard Lederer
@EdouardLederer
Choucroute pour tout le monde !
La Fédération Centre Est Europe
du Crédit Mutuel a sacrifié à la tradition, vendredi, en servant pas
moins de 6.500 couverts à l’occasion de son assemblée générale, au
Parc des Expositions de Strasbourg. La puissante fédération est
l’une des pièces maîtresse du
groupe CM11-CIC (qui regroupe
onze fédérations ainsi que le CIC),
un ensemble qui représente environ 80 % des résultats du groupe
Crédit Mutuel.
Un taux d’imposition
de 44,3 %
L’occasion pour Daniel Baal – intronisé l’an dernier numéro 2 de CM11CIC – de rappeler pour la première
fois devant cette assemblée la performance 2017 du groupe, dont le
résultat net a diminué de 10,5 % sur
un an à 2,4 milliards d’euros. La
nette augmentation des revenus de
commission (+6,5 % sur un an)
n’aura pas compensé les marges
d’intérêt – qui stagnent. Hors une
charge exceptionnelle d’impôt sur
les sociétés – près de 300 millions
d’euros – le résultat net aurait été en
hausse de 3,8 %, souligne le dirigeant. Au passage, CM11 calcule
avoir été la banque française la plus
imposée en 2017 (à hauteur de
44,3 %), les autres grandes banques
évoluant antre 27,4 % et 33,2 %
d’imposition.
Les assureurs
demandent
néanmoins l’accès
aux données
des enregistreurs.
Nicolas Théry, qui préside à la fois le CM11-CIC et la Confédération nationale du Crédit Mutuel,
l’affirme : « Il s’agit d’une transformation profonde de notre groupe pour qu’il soit à la pointe
de la transformation numérique, dans le respect de notre ambition mutualiste. » Photo Sipa
Le groupe en a également donné
quelques détails sur son futur plan
stratégique 2019-2023. Annoncés
depuis l’an dernier, ces travaux touchent désormais à leur but. Tout au
long du mois de juin, les ambitions
chiffrées pour les réseaux vont être
saisies, avant d’être définitivement
validées en septembre en chambre
syndicale. Le lancement doit s’étaler
ensuite entre novembre 2018 et
février 2019. Sur le contenu précis, il
faudra encore patienter. Mais la promesse est élevée. « Il ne s’agit pas
d’un simple plan à moyen terme,
d’une habituelle compilation de plans
d’action commerciale : il s’agit de
l’affirmation d’une volonté », a
insisté Nicolas Théry, qui préside à
la fois le CM11-CIC, et la Confédération nationale du Crédit Mutuel.
« Celle d’une transformation profonde de notre groupe pour qu’il soit à
la pointe de la transformation numérique, dans le respect de notre ambition mutualiste ». La veille, lors du
salon des start-up VivaTech, Crédit
Mutuel avait en outre annoncé avec
IBM la création d’une « cognitive
factory » à Strasbourg, et l’utilisation du robot Watson dans 100 % de
ses métiers « où cela fait sens ».
« Pas au bout
de nos peines »
Outre ce volet industriel, le dirigeant a également fait passer quelques messages au turbulent groupe
Crédit Mutuel Arkéa (qui regroupe
la Bretagne, le Sud-Ouest et pour
l’heure, le Massif Central) qui souhaite quitter la confédération et
voler de ses propres ailes. « Leur
volonté de faire exploser le groupe
par la voie judiciaire a échoué », a
martelé Nicolas Théry, livrant son
analyse sur « l’avalanche de contentieux que les dirigeants du Crédit
Mutuel Arkéa ont menée contre la
Confédération depuis près de quatre
ans ». Le dirigeant le reconnaît tout
de même : dans ce conflit « nous ne
« Leur volonté
de faire exploser
le groupe
par la voie judiciaire
a échoué. »
NICOLAS THÉRY
Président de CM11-CIC
et de la Confédération nationale
du Crédit Mutuel
sommes pas au bout de nos peines ».
Il faut dire qu’outre sa dimension
juridique, le conflit prend aussi une
tournure politique, comme en
témoigne la manifestation du
17 mai dernier de nombreux salariés d’Arkéa venus défiler jusque
sous les fenêtres de Bercy. n
Comment PayPal s’attaque
aux populations sous-bancarisées
compte courant – fin janvier, Bank
of America a introduit une commission mensuelle de 12 dollars
pour les clients ayant moins de
1.500 dollars sur leur compte et pas
un seul dépôt supérieur à 250 dollars par mois. Le produit de PayPal
n’a ni frais mensuel ni minimum de
fonds requis.
L’ancienne division d’eBay n’a pas
de licence bancaire et a donc noué
des partenariats avec des établissements existants : une banque du
Delaware émet la carte de débit et
u n e a u t r e s i t u é e e n G e o rg i e
s’occupe du dépôt de chèques.
PAIEMENT
Le géant des paiements
en ligne lance
une carte de débit
et se positionne
en équivalent
d’un compte courant.
Un nouveau terrain
sur lequel se place
également Square.
Anaïs Moutot
@AnaisMoutot
— Correspondante à San Francisco
Pour satisfaire son objectif d’atteindre un milliard d’utilisateurs, contre 237 millions aujourd’hui, le
géant des paiements en ligne PayPal a décidé de s’attaquer aux populations sous-bancarisées. « 2 milliards de personnes dans le monde ne
sont pas desservies par les services
financiers existants. Nous pouvons
en amener une grande partie vers
notre plate-forme », a déclaré Daniel
Schulman, le PDG de l’entreprise
californienne, à l’occasion d’une
journée pour les investisseurs organisée jeudi à San Francisco.
Rien qu’aux Etats-Unis, 59 millions de personnes ont eu recours à
des services financiers alternatifs
– mandats cash, guichets échangeant des chèques contre du
liquide, prêts auprès de différentes
officines… – l’année dernière,
selon un rapport de la Réserve fédé-
Voiture autonome :
les assureurs
réclament l’accès
aux données
en cas d’accident
Nouveau terrain de Square
et d’Amazon
L’année dernière aux Etats-Unis, 59 millions de personnes ont eu
recours à des services financiers alternatifs. Parmi eux, 13 millions n’ont pas de compte bancaire. Photo Paypal
rale publié mardi. Parmi eux,
13 millions n’ont pas de compte bancaire. Problème : ces services alternatifs ont un coût significatif :
2.400 dollars par an en commissions et intérêts, soit près de 10 % des
revenus des foyers concernés,
selon une étude des services postaux américains publiée en 2014.
Le portefeuille digital
devient un compte courant
Afin d’offrir à cette population une
solution moins onéreuse et de les
attirer au sein de son écosystème,
PayPal transforme son portefeuille
numérique en équivalent d’un
compte courant. Depuis le mois
d’avril, elle a introduit une carte de
débit qui permet de réaliser des
transactions auprès des 19 millions
de commerçants de son réseau,
mais aussi de retirer de l’argent à
des distributeurs. Le compte permet également d’encaisser des chèques via la caméra de son smartphone et de recevoir des virements
de son employeur.
L’alternative pourrait intéresser
une large partie de la population au
moment où certaines banques durcissent leurs conditions d’accès à un
Les premiers résultats sont encourageants : les testeurs ont eu
recours à PayPal 5 fois par jour, contre 2 à 3 fois par mois pour un utilisateur moyen. L’entreprise de paiements a également lancé un pilote
pour une carte de débit Venmo permettant d’utiliser les fonds stockés
sur ce service de virements entre
particuliers. Cet hiver, elle a déjà
étendu les usages de l’application
en p ermettant de payer avec
Venmo chez 2 millions de commerçants.
La société n’est pas la seule sur ce
nouveau terrain. Square a également lancé une carte de débit liée à
son application de virements entre
particuliers Cash App. Et Amazon
étudie la possibilité de créer un produit de type compte courant en partenariat avec les banques JP Morgan et Capital One. n
Laurent Thévenin
@laurentthevenin
C’est un virage qui se rapproche
à toute vitesse et que les assureurs veulent pouvoir aborder
en toute sécurité. Alors
que l’arrivée des voitures autonomes sur les routes françaises
pourrait intervenir dès 2020, ils
se montrent rassurés sur un
point. Selon eux, les textes
régissant le fonctionnement de
l’assurance automobile – une
directive européenne et le Code
des assurances – sont parfaitement adaptés à ce type de véhicules, ont-ils affirmé lors d’une
conférence organisée jeudi
dernier par la Fédération française de l’assurance (FFA) et
l’institut Vedecom.
« Pas une virgule
à changer »
« Nous les avons passés au peigne fin […] Il n’y a pas une virgule
à changer pour que l’objectif du
législateur qu’il y ait toujours
une assurance qui puisse indemniser les victimes soit respecté »,
a déclaré Stéphane Penet,
directeur des assurances dommages et de responsabilité à la
FFA. Cela vaudrait aussi bien
p o u r l e s vé h i c u l e s ay a n t
des systèmes de délégation de
conduite partielle ou totale que
pour ceux 100 % automatisés et
sans conducteur à bord.
Il est en effet aujourd’hui stipulé que l’obligation d’assurance s’applique au conducteur,
au propriétaire du véhicule ou à
la personne en ayant la garde.
Par ailleurs, le régime actuel
prévoit que c’est l’assureur « du
véhicule impliqué » qui indemnise les victimes, comme l’a rappelé Stéphane Penet. Ce mécanisme permet de garantir une
indemnisation – sachant que
l’assureur peut ensuite se
retourner contre le responsable
du sinistre.
« Sans le consentement
du conducteur »
Mais un point préoccupe tout
particulièrement les assureurs. Avec les véhicules autonomes, les recherches de responsabilité après une collision
ou une sortie de route risquent
d’être compliquées. Il s’agira
notamment d’établir si le mode
autonome était activé ou non
au moment de la collision ou de
la sortie de route. « Il nous semble que toute délégation de conduite doit impliquer la présence
d’un Event Data Recorder [un
enregistreur de données,
NDLR] standardisé », a fait
valoir Bernard Spitz, le président de la FFA.
En cas d’accident, les assureurs veulent avoir « un accès
gratuit, fluide et sans le consentement du conducteur » aux
données de ces boîtes noires
« pour permettre au système
d’assurance de jouer rapidement ». Le sujet fait l’objet de
discussions dans le cadre de la
future loi d’orientation sur les
mobilités. n
Vers un cadre plus
protecteur en Europe
La Commission européenne a présenté jeudi
une proposition de révision de la directive sur
l’assurance automobile afin de « mieux protéger » les victimes d’accidents et d’améliorer les
droits des assurés. Bruxelles propose notamment qu’en cas de défaillance de l’assureur du
véhicule responsable de l’accident, les victimes soient « rapidement et entièrement
indemnisées dans leur Etat membre de résidence ». Il est aussi demandé une harmonisation au sein de l’Union européenne des montants minimum de garanties prévus dans les
contrats d’assurance.
en bref
L’assurance-vie continue de bien
se porter en 2018
ÉPARGNE Au mois d’avril, la collecte nette d’assurance-vie (les
cotisations moins les prestations versées), s’est élevée à 2 milliards d’euros, selon les statistiques publiées vendredi par la
Fédération française de l’assurance. Depuis le début de l’année,
le solde est positif de 7,5 milliards d’euros. En quatre mois, le
marché aura donc déjà fait mieux que sur l’ensemble de l’exercice 2017, qui s’était terminé par une collecte nette cumulée d’à
peine 7,2 milliards d’euros. L’an dernier, les incertitudes préélectorales avaient poussé les épargnants à un certain attentisme et plombé l’assurance-vie. Mais la dynamique est revenue
depuis. Point particulier, les épargnants continuent de se porter
vers les unités de compte (27 % des cotisations sur le mois d’avril
et 29 % depuis début janvier). C’est ce qui importe aux assureurs.
Les UC font en effet davantage leurs affaires que les fonds euros
offrant la garantie du capital qui leur demandent d’immobiliser
plus de fonds propres. Autre bonne nouvelle pour eux, l’encours
total des contrats d’assurance-vie continue d’augmenter pour
atteindre 1.697 milliards d’euros à fin avril (+3 % sur un an).
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
30 // FINANCE & MARCHES
Lundi 28 mai 2018 Les Echos
LA SÉANCE DU 25 MAI 2018
L’Espagne et l’Italie
dans le viseur des marchés
l Sur fond d’incertitude politique, les taux espagnol et italien se tendent.
l Les Bourses reculent, l’euro est au plus bas depuis six mois.
Le contexte
géopolitique
pèse
sur la Bourse
de Paris
La Bourse de Paris a fini en
•léger
recul, vendredi. Le mar-
TAUX
Il y a eu vendredi comme un parfum
de crise de la zone euro. Après l’Italie, c’est au tour de l’Espagne
d’affronter les doutes du marché,
dans un contexte de remontée du
risque géopolitique. La Bourse de
Madrid a perdu jusqu’à 2,4 %, après
l’annonce du dépôt d’une motion de
censure contre le gouvernement.
L’opposition au président du gouvernement Mariano Rajoy, le parti
socialiste et Ciudadanos, souhaiterait peser en faveur d’élections législatives anticipées, à la suite dela condamnation pour corruption du Parti
populaire. L’indice Ibex a finalement
perdu 1,7 %, sa plus forte baisse
depuis le 2 mars.
L’écart de rendement entre les
titres espagnols et allemands a
dépassé 106 points de base, son
plus haut niveau depuis janvier.
Par contagion, les taux portugais
se sont tendus de plus de 10 points
en séance. Pour l’instant, les autres
marchés résistent, mais la montée
du risque politique dans les pays
périphériques pourrait finir par
réveiller le spectre d’une nouvelle
crise de la zone euro. La devise
européenne est d’ailleurs retombée sous 1,17 dollar, un plus bas
depuis novembre 2017. « Les
espoirs suscités par une Union européenne forte constatés après le
Brexit sont en train de s’évanouir ,
constate Jean-Jacques Friedman,
chez Natixis Wealth Management,
ce qui peut accentuer la correction
de l’euro contre le dollar. »
Sorties de capitaux
Cela commence à se ressentir sur les
flux, notamment en Italie. Selon les
chiffres d’EPFR Global, les fonds
actions italiennes ont subi, la
semaine close au 18 mai, 380 millions de dollars (325 millions
d’euros) de sorties nettes de capitaux. Conséquence directe de
l’annonce de l’arrivée au pouvoir de
la coalition antisystème et eurosceptique entre le Mouvement 5 étoiles et
la Ligue, et avant même la formation
du gouvernement. C’est un montant
record, supérieur à celui enregistré
en milieu d’année 2014 lorsque l’Italie, troisième économie de la zone
euro, avait basculé dans sa troisième
récession depuis la crise financière.
Cela pèse sur la Bourse de Milan qui
a perdu 4 % sur la semaine. Le rendement du taux à 10 ans italien est
revenu à son plus haut niveau depuis
octobre 2014, grimpant même à
2,54 % en séance, soit une hausse de
75 points de base depuis le 7 mai. Le
« spread » (écart de taux) avec le
Bund allemand s’est de nouveau
creusé pour atteindre 202 points de
base. Il était, début février, de moins
de 130 points de base.
« Les “credit default swaps” sur
cinq ans, soit le coût de l’assurance de
la dette italienne, ont quant à eux
augmenté à 166 points de base, un
niveau également jamais vu en onze
mois », souligne Stéphane Monier,
chez Lombard Odier. Vendredi soir,
l’agence Moody’s a placé la note de
la dette italienne sous surveillance.
« Bien loin d’annoncer la poursuite
de la consolidation budgétaire, le
“contrat” de gouvernement signé par
les deux parties comporte des mesures fiscales et de dépenses potentiellement coûteuses, sans qu’il soit clairement dit comment elles seront
financées », a justifié l’agence, qui est
la dernière des trois grandes à avoir
maintenu une perspective négative.
« Cet épisode remet de l’incertitude
sur le marché italien et a incité les
investisseurs à prendre des bénéfices
sur une position qui était largement
gagnante cette année », reconnaît
Gilles Guibout, responsable d’un
fonds actions italiennes chez
AXA IM. « On sent bien que cela va
être compliqué et volatil sur les marchés italiens. Ces incertitudes sont
légitimes. La question, à plus long
terme, est de savoir comment on va
en sortir, poursuit Gilles Guibout.
Notre conviction, c’est que cela sera
une sortie vers le haut, que le projet
européen va redémarrer et que cela
va se normaliser. »
Dans ce contexte incertain, toutefois, Nomura estime que le
« spread » de taux avec l’Allemagne
a plus de chance de s’élargir que de
se réduire, et il pourrait même se
rappro cher de son plus haut
d’avril 2017, à 213 points de base,
lorsque les investisseurs s’inquiétaient du risque d’une victoire de
Marine Le Pen à la présidentielle en
France. « Le plus inquiétant, poursuit le courtier japonais, c’est que la
phase critique des négociations entre
Bruxelles et le nouveau gouvernement n’a pas encore démarré. » Et
l’on peut s’attendre à un débat houleux, prévient l’analyste. — P. Fay
(
Lire l’éditorial
de Guillaume Maujean
Page 8
INTERVIEW // HERVÉ GOULLETQUER Responsable de la stratégie de La Banque Postale AM
« La BCE ne peut prendre des mesures de rétorsion
contre l’Italie ni être dans une logique d’aide… »
Propos recueillis par
Pierrick Fay
@PierrickFay
Il y a de nouveau un parfum
de crise dans la zone euro ?
Qu’il y ait, en Italie, une vraie interrogation sur la conduite des affaires,
sur la politique économique menée
et sur la réponse que Bruxelles pourrait apporter, c’est une réalité. Mais
qu’il puisse y avoir un élargissement
de cette question politique à l’Espagne, je n’y crois pas. C’est plus la faute
à pas de chance… On savait qu’il y
avait un problème de corruption au
sein du parti du président du gouvernement Rajoy et que la Justice
enquêtait. Le Parti socialiste propose
une motion de censure et les centristes de Ciudadanos demandent que
les élections de 2020 soient avancées.
Jusqu’ici, concernant l’Espagne, les
marchés étaient focalisés sur la Catalogne et cette affaire leur rappelle la
fragilité de la situation politique à
Madrid alors que le Parti populaire
n’a pas la majorité aux Cortes. La
résurgence du risque politique a
donc créé une forme d’analogie pour
les marchés, ce qui a entraîné des
turbulences. Mais L’Espagne n’est
pas l’Italie. La situation économique
est bien meilleure. Une arrivée au
pouvoir de Ciudadanos n’aurait pas
le même impact que le Mouvement
5 étoiles en Italie. Ce n’est pas un parti
radical, son p ositionnement
centriste et sa nouveauté se rapprocheraient de l’arrivée au pouvoir
d’Emmanuel Macron en France. Ce
dont les marchés n’ont pas eu à se
plaindre.
L’Italie est un pays plus
systémique que la Grèce…
Spontanément, les difficultés d’un
pays dix fois plus gros que la Grèce
feraient que la gestion financière et
politique d’une crise serait plus compliquée. Ce qui explique l’inquiétude
des investisseurs. La coalition arrive
avec la promesse de desserrer les
contraintes budgétaires pour
redonner du pouvoir d’achat aux Italiens alors que le PIB par habitant n’a
progressé que de 3 % en 20 ans. Cela
aura un impact sur les déficits
publics et les investisseurs s’interrogent sur les futures relations avec
Bruxelles. Ils attendent aussi de con-
naître le nom du ministre des Finances et la tonalité du discours de politique générale du futur chef de
gouvernement. En la matière, on
approche du dénouement.
Hervé Goulletquer s’inquiète
de la promesse de la coalition
amenée à diriger l’Italie
de « desserrer les contraintes
budgétaires ». Photo Julien Millet
Comment la BCE peut-elle
réagir ?
La Banque centrale européenne ne
cesse de rappeler son « motto » :
persévérance, patience et prudence.
Persévérance, car elle veut poursuivre la normalisation de sa politique
monétaire, mais comme, dans le
même temps, elle reconnaît que la
croissance dans la zone euro n’est
pas aussi bonne que prévu, que
l’inflation ne remonte pas aussi vite,
elle maintient cette double carte de
prudence et de patience. Le problème est qu’elle est dans une situation inconfortable face à l’Italie. Il y a
un risque de bras de fer avec l’UE et
la BCE ne peut pas grand-chose. Elle
a commencé à envoyer des messages de prudence à Rome, d’abord de
façon discrète. Et elle le fera peutêtre ensuite de façon plus bruyante.
Mais, pour l’instant elle ne peut ni
prendre des mesures de rétorsion ni
être dans une logique d’aide… n
ché a été assombri par des
craintes géopolitiques. Les
investisseurs ont privilégié la
prudence, mettant ainsi un
terme à huit semaines de
hausse d’affilée. Le CAC 40 a
perdu 0,11 %, à 5.542,55 points,
dans un volume d’échanges
étoffé de 4 milliards d’euros. Au
cours de la semaine, l’indice a
reculé de 1,28 %. Ses gains
depuis le 1er janvier atteignent
4,33 %. La cote parisienne a
commencé à fléchir jeudi soir
après l’annonce par Donald
Trump de l’annulation d’un
sommet avec le dirigeant nordcoréen Kim Jong-un. La réaction de la Corée du Nord, qui se
disait toujours prête à dialoguer
avec Washington, n’a pas suffi à
éloigner les peurs. En parallèle,
les inquiétudes à propos de la
formation du gouvernement en
Italie, puis l’annonce du dépôt
d’une motion de censure contre
le gouvernement espagnol, ont
aussi dégradé la tendance.
Les titres liés au secteur
pétrolier ont souffert du recul
du prix du baril, à l’image de
Vallourec (–4,92 %), TechnipFMC (–3,06 %). Total a
perdu 1,45 %. Le groupe compte
investir 2,5 milliards de dollars
pour prendre 10 % d’un nouveau projet géant de gaz naturel
liquéfié dans l’Arctique russe de
Novatek.
Le secteur bancaire est
demeuré, comme la veille, dans
le rouge. Crédit Agricole SA
s’e s t d é p r é c i é d e 0 , 9 8 % ,
Société Générale de 0,95 % et
BNP Paribas de 1,14 %.
Parmi les autres baisses
notables sur le CAC 40, Carrefour a cédé 1,78 %, Saint-Gobain 1,50 %, Engie 1,45 % et
Bouygues 1,15 %.
A l’inverse, les valeurs technologiques ont profité de la
dynamique solide de leur secteur et d’un effet favorable de la
hausse du dollar. STMicroelectronics a gagné 1,58 %,
Soitec 4,31 % et Atos 1,09 %.
Egalement recherchés, Pern o d R i c a r d a pris 1,68 %,
Sodexo 1,29 %, Essilor 1,22 %.
De son côté, Eramet a cédé
3,89 %. Le groupe bénéficie de
marchés « globalement bien
orientés » au début du
deuxième trimestre, mais il y a
« quelques signes de ralentissement », a-t-il indiqué jeudi
lors de son assemblée générale.
ANNLEGALECH
annonces judiciaires & légales
AVIS D’ENQUÊTE PUBLIQUE
RELATIF A LA MODIFICATION DU PLAN LOCAL
D’URBANISME (PLU) DE LA VILLE D’ARGENTEUIL
Par arrêté n° 2018/21 du 17 avril 2018, le Président de l’Etablissement Public
Territorial (EPT) Boucle Nord de Seine a engagé la procédure de modiication du
Plan Local d’Urbanisme de la Ville d’Argenteuil en vue de l’adaptation du rapport
de présentation, du règlement, du zonage et des pièces graphiques.
L’enquête publique aura lieu
du mardi 12 juin 2018 au vendredi 13 juillet 2018 inclus,
soit durant 32 jours consécutifs.
Monsieur Daniel THIERIET, Ingénieur, a été désigné en qualité de CommissaireEnquêteur.
Le Commissaire-Enquêteur se tiendra à la disposition du public, à l’Hôtel de
Ville d’Argenteuil, à la Direction de l’Urbanisme Opérationnel, pour recevoir ses
observations, aux dates suivantes :
- le mardi
12 juin
2018 de
9 h 00 à 12 h 00,
- le mardi
19 juin
2018 de 14 h 00 à 17 h 00,
- le jeudi
28 juin
2018 de 14 h 00 à 17 h 00,
- le samedi
7 juillet 2018 de
9 h 00 à 12 h 00,
- le vendredi
13 juillet 2018 de 14 h 00 à 17 h 00,
Le dossier de modiication du PLU comprenant le projet de modiication,
l’exposé de ses motifs et le cas échéant les avis des personnes publiques
associées, sera consultable à la Mairie d’Argenteuil, à la Direction de l’Urbanisme
opérationnel (service Droit des Sols, rez-de-chaussée) aux jours et heures
d’ouverture des services (Soit de 8h30 à 12h et de 13h30 à 17h30 du lundi au
vendredi, sauf le jeudi à partir de 11h, et de 8h30 à 12h le samedi)
Le même dossier sera consultable au siège de l’Etablissement public territorial
(EPT) Boucle Nord de Seine aux jours et heures habituels d’ouverture de
l’établissement.
Deux registres papier à feuillets non mobiles, cotés et paraphés par le président
de l’EPT seront mis à disposition, l’un à la mairie d’Argenteuil et l’autre au siège
de l’EPT pour récolter les observations du public sur le projet de modiication.
Un registre électronique est également mis en ligne pour recueillir les
informations du public.
Il sera accessible depuis l’adresse suivante :
https://www.registre-dematerialise.fr/803
Chacun pourra prendre connaissance du dossier et consigner ses observations
sur le registre d’enquête ou les adresser par écrit à la mairie d’Argenteuil, à
l’attention du Commissaire-Enquêteur, aux adresses suivantes :
Hôtel de Ville d’Argenteuil
Etablissement Boucle
Direction de l’Urbanisme opérationnel Nord de Seine
12-14 boulevard Léon Feix - BP 721
1 bis rue de la Paix
95 107 ARGENTEUIL CEDEX
92230 GENEVILLIERS
Toute personne peut également, sur sa demande et à ses frais, obtenir
communication du dossier d’enquête publique dès la publication de l’arrêté
d’ouverture de l’enquête. Les demandes devront être adressées à la Mairie
d’Argenteuil, Direction de l’Urbanisme Opérationnel.
A l’expiration du délai d’enquête, le registre sera clos et signé par le
Commissaire-Enquêteur qui disposera d’un mois pour transmettre au Président
de l’EPT Boucle Nord de Seine le dossier avec son rapport et ses conclusions
motivées.
A l'issue de l’enquête publique, le rapport et les conclusions du CommissaireEnquêteur seront consultables aux heures habituelles d’ouverture au public
pendant une durée d’un an en Préfectures des Hauts-de-Seine et du Val
d’Oise, au siège administratif de l’EPT situé 177, Avenue Gabriel Péri 92230
GENNEVILLIERS et à la Mairie d’Argenteuil.
Le présent avis fera l’objet d’une mention dans deux journaux locaux
d’annonces légales, quinze jours au moins avant le début de l’enquête et rappelé
dans les huit premiers jours de l’enquête.
Le présent avis est aiché au siège de l’EPT Boucle Nord de Seine et en Mairie
d’Argenteuil et publié par tout autre procédé en usage à la ville d’Argenteuil.
EP18-234
enquête-publique@publilegal.fr
La ligne de référence est de 40 signes en corps minimal de 6 points didot.
Le calibrage de l’annonce est établi de filet à filet.
Les départements habilités sont 75, 78, 91, 92, 93, 94, 95 et 69.
LES ECHOS SOCIÉTÉS - LE PUBLICATEUR LÉGAL - LA VIE JUDICIAIRE
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 31
Les Echos Lundi 28 mai 2018
séAncE du 25 - 05 - 2018
CaC 40 : 5542,55 (-0,11 %) neXt 20 : 12126,13 (0,14 %)
CaC larGe 60 : 6143,04 (-0,08 %)
CaC all-tradaBle : 4358,83 (-0,03 %)
Date De ProroGation : 28 mai
euronext
srD suite
CAC 40
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Devise / Date Détach. / Div
accor (ac) R
a
fr0000120404
air liQuiDe (ai) R
11/05/18 1,05
a
fr0000120073
15/05/17 2,6
airBus GrouP (air) R
a
nl0000235190
16/04/18 1,28
arcelormittal (mt)
a
lu1598757687
atos se (ato) R
fr0000051732
aXa (cs) R
A : indicateur acompte, solde ou total du dividende. BPA : bénfice par action. PER : price earning ratio. les plus hauts et plus bas ajustés sont sur l’année
civile. les valeurs classées par ordre alphabétique sont regroupées en trois classes de capitalisation signalées par les lettres a pour les capitalisations
supérieures à 1 milliard d’euros, B pour les capitalisations comprises entre 1 milliard d’euros et 150 millions d’euros et c pour les capitalisations inférieures
à 150 millions d’euros. L : valeurs de l’indice cacnext20. R : valeurs de l’indice caclarge60. ! : valeurs de l’indice cacmid60. g : valeurs de l’indice
cacsmall. les bénéfices par action : source facset Jcf estimates. mise en ligne intégrale des informations réglementées sur www.lesechos-comfi.fr
17/05/18 0,09
a
26/05/17 1,6
a
fr0000120628
03/05/18 1,26
BnP PariBas (bnp) R
a
fr0000131104
BouYGues (en) R
30/05/17 2,7
a
fr0000120503
caP-Gemini (cap) R
02/05/18 1,7
a
fr0000125338
22/05/17 1,55
carreFour (ca) R
a
fr0000120172
21/06/17 0,7
creDit aGricole (aca) R
a
fr0000045072
Danone (bn) R
22/05/18 0,63
a
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enGie (enGi) R
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essilor international (ei) R a
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KerinG (Ker) R
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a
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l.V.m.H. (mc) R
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a
fr0000121014
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a
ch0012214059
leGranD (lr) R
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a
fr0010307819
l'oréal (or) R
02/06/17 1,19
a
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micHelin (ml) R
25/04/18 3,55
a
fr0000121261
22/05/18 3,55
ouv
vol.
nb titres
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289.335.970
111,5
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374767
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179.521.119
clot
+ haut
+ bas
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48,7
48,27
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110,4
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116,7
114,8
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22,705
22,285
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61,57
59,81
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41,37
40,2
116
116,75
115,25
15,99
16,24
15,945
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12,825
12,54
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119,85
118,7
487,5
493,4
485,4
305,85
308,6
304,15
45,09
45,44
44,91
66,8
67,26
66,62
207,1
208,5
206
116,1
116,85
115,2
% Veil
% mois
% 52 s.
+ 0,56
+ 6,96
+ 14,63
+ 0,36
+ 6,1
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+ 4,04
- 6,73
- 0,27
- 4,14
- 5,87
- 1,14
- 4,66
- 9,04
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+ 0,69
+10,9
+ 25,15
- 1,78
- 3,44
- 30,78
- 0,98
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- 13,05
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+ 1,23
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+ 0,08
+14,41
+ 77,48
+ 0,26
+ 8,98
+ 33,44
+ 0,49
- 0,24
- 14,46
+ 0,06
+ 4,64
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+ 0,44
+ 8,83
+ 9,75
+ 0,04
+ 0,48
+ 0,26
% an
bpa
+ haut an per
+ bas an rDt
+ 12,86
48,7
42,1
2,16
+ 6,04
113,3
97,12
2,33
+ 18,33
3,4
101,1
28,93
81,33
1,53
+ 5,05
30,765
24,335
- 4,61
130,55
103,65
1,38
- 9,26
27,69
20,935
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- 2,75
68,66
58,33
4,46
- 6,67
45,98
39,18
4,21
+ 17,3
116,95
97,38
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12,54
4,98
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71,78
63,23
2,83
- 2,69
1,21
14,815 11,57
12,165
2,51
+ 4,26
119,85
105,35
1,28
+ 33,45
493,4
338,263 0,82
+ 24,63
313,7
232,5
1,11
- 4,15
4
51,1
43,3
4,44
+ 4,07
67,44
60,42
1,78
+ 11,98
210,2
170,3
1,71
- 2,89
130,85
113,95
3,06
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Devise / Date Détach. / Div
oranGe (ora) R
a
fr0000133308
05/12/17 0,25
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a
fr0000120693
PeuGeot (uG) R
20/11/17 1,08
a
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a
fr0000130577
renault (rno) R
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06/06/17 1,85
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a
fr0000073272
19/06/17 0,83
saint-GoBain (sGo) R
a
fr0000125007
sanoFi (san) R
12/06/17 1,26
a
fr0000120578
11/05/18 3,03
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fr0000121972
02/05/18 2,2
société Générale (Gle) R a
fr0000130809
soDeXo (sW) R
31/05/17 2,2
a
fr0000121220
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a
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19/03/18 0,05
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a
Gb00bDsfG982
total (fp) R
21/05/18 0,13
a
fr0000120271
19/03/18 0,62
uniBail-roDamco (ul)
a
fr0000124711
04/07/17 5,4
Valeo (fr)
a
DiV 3 06/06/16
fr0013176526
30/05/17 1,25
Veolia enV. (vie) R
a
fr0000124141
Vinci (DG) R
14/05/18 0,84
a
fr0000125486
ViVenDi (viv) R
24/04/18 1,76
a
fr0000127771
20/04/18 0,45
ouv
vol.
nb titres
15,015
6260091
2.660.056.599
143,3
477929
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86,08
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102
806767
443.680.643
44,95
2535872
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65,92
1908515
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77
1582612
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41,195
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347950
150.830.449
117,5
290222
105.876.416
20,29
3053078
911.134.420
27,23
2100658
461.721.594
51,82
7037082
2.658.514.603
192,8
667808
99.922.605
56,92
1094452
239.653.121
19,95
1743016
563.364.823
86,04
1331670
591.953.483
22,67
3557077
1.300.044.709
srD
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Date Détach. coupon / Div
aB science (ab) g
% Veil
% mois
% 52 s.
- 0,37
+ 1,12
- 4,81
+ 1,68
+ 7,14
+ 20,98
+ 0,83
+ 2,48
+ 14,19
+ 0,93
+ 2,78
- 8,49
+ 0,16
- 7,69
+ 0,21
+ 1
+12,13
+ 29,35
- 1,5
+ 1,58
- 11,87
- 0,14
- 24,66
- 0,34
+ 3,35
+ 10,61
- 0,95
-11,16
- 19
+ 1,29
+ 7,73
- 27,99
+ 1,03
+ 3,14
+ 0,64
+ 1,58
+12,9
+ 39,26
- 3,06
- 4,08
- 1,87
- 1,45
- 0,18
+ 6,98
+ 0,65
- 16,43
- 0,74
+ 2,55
- 13,46
+ 0,15
+ 3,81
+ 0,05
+ 3,88
+ 11,46
+ 0,8
+ 7,13
+ 17,93
% an
bpa
+ haut an per
+ bas an rDt
+ 3,18
15,235
13,315
1,67
+ 10,34
145,65
120,05
0,74
+ 21,97
21,02
16,455 2,56
+ 7,08
63,18
52,88
3,05
+ 2,05
100,8
81,53
3,68
+ 18,15
102,85
81,04
0,82
- 4,07
48,6
41,795 2,86
- 8,45
75,23
62,88
4,61
+ 7,85
78,56
68,18
2,88
- 5,6
47,505
40,19
5,41
- 23,14
113,05
76
3,19
+ 2,03
7,98
120,65 14,82
108,25
+ 12,72
0,23
20,98 90,30
16,57
0,25
+ 1,74
29,17
22,9
+ 10,89
54,95
43,09
1,21
- 7,98 10,36
214,2
18,65
177,35
- 9,75
66,48
52
2,22
- 6,42
22,29
18,57
4,22
+ 0,65
88,8
77,56
2,05
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555284
fr0010221234
21/11/17 1,21 232.774.635
eXel inDustries (eXe) g
B 107,5
52
fr0004527638
14/02/18 1,58 6.787.900
Faurecia (eo) !
a 74
357522
fr0000121147
02/06/17 0,9 138.035.801
FFP (ffp) g
a 103,4
12752
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22/05/18 2 25.072.589
FiGeac aero (fGa) g
B 17,96
15561
fr0011665280
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Fin. oDet (oDet)
a 944
334
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12/06/17 1 6.585.990
Fnac DartY (fnac)
a 94
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a 26,8
1735
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Foncière Des réGions (fDr) ! a 90,5
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Foncière lYonnaise (flY)
a 57,2
1127
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FromaGeries Bel (fbel)
a 478
18
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Futuren (ftrn)
c 1,13
n/P reGr.
4849
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Geci international (Gecp) g
c 0,196
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Gecina (Gfc) !
a 142,4
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a 50,18
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GenFit (Gnft) !
B 24,98
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GensiGHt (siGht)
c 3,08
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claranoVa (cla) g
2,92
clot
% Veil % an
bpa
+ haut % mois + haut an per
+ bas % 52 s. + bas an rDt
ouv
vol.
nb titres
0,919
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0,902
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9,85
9,65
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183,2
182
1687
1703
1681
117,05
117,05
114,75
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41,44
40,82
5,655
5,92
5,65
97
97
95,7
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42,5
42,36
8,06
8,06
7,88
27,98
28,22
27,69
11,59
12,015
11,42
98,02
98,76
97,7
3,51
3,53
3,51
14,8
15,27
14,34
19,71
20,12
19,41
4,86
4,93
4,79
150,8
155,2
148
16,45
16,7
16,29
39,5
40
39,5
66,95
67,9
66,65
3,39
3,39
3,38
453,4
455,4
448,2
9,305
9,48
9,245
11,6
11,675
11,57
16,485
16,735
16,43
108
108
107,5
73,74
74,62
72,7
105
105,4
103,4
18,04
18,18
17,88
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952
934
94,25
94,7
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26,8
27
26,8
90,8
91,3
90,05
57,4
57,4
56,6
470
478
470
1,13
1,14
1,13
0,199
0,199
0,195
143
143,3
142
50,18
50,38
50,12
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25,24
24,76
3,05
3,1
3,04
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4800
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+ 0,22
1,223
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+ 12,55 54,4
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1,125
+121,11
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- 7,08
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+ 1,37
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49,1
+ 4,35
28,28
22
- 50,65
7,68
2,56
4,21
11,91
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Devise / Date Détach. / Div
Genticel (Gtcl) g
Valeurs françaIses
ouv
clot
vol.
+ haut
nb titres
+ bas
1,52
1,528
90705
1,536
fr0011790542
77.850.006
1,5
Gl eVents (Glo) g
B 25,55
25,4
4791
25,6
fr0000066672
30/06/17 0,65 23.402.711
25,4
GrouPe crit (cen) g
B 87,2
89,5
5921
89,5
fr0000036675
28/06/17 0,4 11.250.000
87,2
GrouPe Flo (flo) g
c 0,258
0,262
eX D s 13/06/17
4952
0,262
fr0004076891
08/07/14 0,06 765.157.113
0,258
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B 14,64
15,08
11354
15,1
fr0000062671
26/06/15 0,32 13.502.843
14,62
GrouPe lDlc (lDl) g
c 15,88
16,1
nom.
2765
16,12
06/10/16 0,5 6.322.106
fr0000075442
15,88
GrouPe PartoucHe (parp)
27,4
27,5
reGr.
390
27,5
fr0012612646
11/09/17 0,31 9.627.034
27,1
Gtt (Gtt) !g
a 53,15
53,6
84941
54,4
fr0011726835
27/09/17 1,33 37.028.800
53,1
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B 16,1
16,26
69029
16,42
fr0000066755
05/07/17 0,22 31.371.274
16,04
Hermès international (rms) LRa 607
608
98029
611,2
fr0000052292
20/02/18 1,5 105.569.412
605
HiGH co (hco) g
c 4,67
4,725
3814
4,75
fr0000054231
02/06/17 0,12 22.421.332
4,67
HuBwoo (hbW) g
c 0,181
0,177
35318
0,181
fr0004052561
136.345.527
0,17
icaDe (icaD) !
a 80,05
79,8
75560
80,5
fr0000035081
02/05/18 4,3 74.111.186
79,6
iD loGistic (iDl) g
B 154,4
154,2
3780
155
fr0010929125
5.593.975
153,6
iliaD (ilD) LR
a 145,45
144,5
174420
146,25
fr0004035913
21/06/17 0,44 58.975.840
143
imerYs (nK) !
a 74,15
74,1
121147
74,85
fr0000120859
11/05/18 2,08 79.604.285
73,4
inGenico GrouP (inG) LR
a 68,58
68,46
252338
69,24
fr0000125346
23/05/18 1,6 62.363.114
67,92
innate PHarma (iph) g
B 6,22
6,06
120278
6,225
fr0010331421
57.600.100
6,02
insiDe secure (insD)
c 2,27
2,27
27029
2,31
fr0010291245
44.119.162
2,255
inter ParFums (itp) g
B 39,6
40,05
13834
40,65
fr0004024222
09/05/18 0,67 39.059.662
39,6
iPsen (ipn) !
a 135,4
135,3
55239
136,7
fr0010259150
09/06/17 0,85 83.782.308
134,7
iPsos (ips) !
a 28,5
29,16
84477
29,36
fr0000073298
03/07/17 0,85 44.436.235
28,44
JacQuet metal serVice (JcQ) g B 28,25
28,2
22037
28,4
fr0000033904
05/07/17 0,5 24.028.438
28,1
JcDecauX (Dec) !
a 26,66
27
260688
27,28
fr0000077919
22/05/18 0,56 212.685.201
26,66
KauFman & BroaD (Kof)
B 41,82
41,86
21882
42,3
fr0004007813
09/05/18 2,1 21.073.535
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KlePierre (li) LR
a 33,86
33,78
769692
33,86
fr0000121964
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Korian (Kori)
a 29,06
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139421
29,66
fr0010386334
28/06/17 0,6 80.983.563
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laGarDère (mmb) !
a 22,77
22,84
499964
22,89
fr0000130213
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22,7
latecoere (lat) g
c 5,06
5,06
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5,15
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le Bélier (beli) g
c 57,7
58,4
1547
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fr0000072399
06/06/17 1,1 6.582.120
57,5
lna santé (lna) g
B 51,5
52,4
4589
52,4
fr0004170017
06/07/17 0,24 9.705.937
51,5
lectra (lss)
B 22,7
22,3
24172
22,8
fr0000065484
02/05/18 0,38 31.577.881
22,2
lineData sVices (lin) g
B 35,25
35,05
1132
35,35
fr0004156297
05/07/17 1,5 7.293.356
35
lisi (fii) g
a 32,6
33,45
35337
33,45
fr0000050353
02/05/18 0,48 54.114.317
32,35
lumiBirD (lbirD) g
c 11,5
11,32
10713
11,64
fr0000038242
15.771.457
11,32
m6-métroPole tV (mmt) !
a 18,8
18,99
135878
19,26
16/05/18 0,95 126.414.248
18,75
fr0000053225
maisons Du monDe (mDm)
B 35,76
35,68
59235
36,18
fr0013153541
10/07/17 0,31 45.241.894
35,32
maisons France conF. (mfc) g B 47,8
47,5
3204
47,8
fr0004159473
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47,25
manitou (mtu) g
B 36,55
36,5
9938
37
fr0000038606
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marie BrizarD w & s (mbWs)
B 6,9
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c 3,19
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fr0010609263
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mercialYs (merY) !
a 15,63
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118967
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fr0010241638
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mersen (mrn) g
B 37,15
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fr0000039620
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metaBolic eXPlorer (meteX) g c 2,04
2,04
10158
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fr0004177046
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2,03
mGi coutier (mGic) g
B 28,75
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20252
29
fr0000053027
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28,05
nanoBiotiX (nano) g
B 12,75
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56489
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fr0011341205
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natiXis (Kn) LR
a 7,05
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7,05
fr0000120685
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B 134,2
134
33342
134,2
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134
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c 2,5
2,49
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2,48
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49,5
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reXel (rXl) !
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B
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bpa
% mois + haut an per
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2,08
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72
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60,15
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srD suite
Valeurs françaIses
Valeurs mnémo / info /
ouv
ost
vol.
isin / Devise / Date Détach. / Div nb titres
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+ haut
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32,46
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0,53
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6,91
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85,1
85,1
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300
298
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bpa
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+ bas an rDt
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0,4
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+ 61,73 39,74
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11
+ 3,88
7,63
- 0,66 + 16,5
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Autres Valeurs de la Zone euro
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nl0000400653
noKia (noKia) R
fi0009000681
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lu0088087324
a 50,18
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24/05/17 0,12 5.839.404.303
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50,18
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5,124
13,63
13,875
13,605
+ 0,08 + 1,37
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+16,15
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11,91
0,3
17,48
3,28
5,87
VALeurs Zone InternatIonale
General electric (Gne)
12,3
11924
usD 23/02/18 0,08 8.685.338.000
8,379
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Gb0005405286
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laFarGeHolcim ltD (lhn)
a 45,19
303840
ch0012214059
chf 11/05/18 2 606.909.080
scHlumBerGer (slb)
a 60,6
11652
an8068571086
usD 06/02/18 0,5 1.434.212.164
stallerGenes Greer (staGr) a 24,2
1950
Gb00bZ21rf93
19.738.742
us3696041033
HsBc (hsb)
a
12,42
12,6
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58,6
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24
- 0,16
+8
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43,3
+ 4,91
65,4
51
- 37,68
41,7
22,6
La cote a changé.
Vous pouvez retrouver
les Bourses internationales
sur http://investir.lesechos.fr
1,29
52,19
4
3,45
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
32 // FINANCE & MARCHES
Lundi 28 mai 2018 Les Echos
euronext//taux&changes//matières premières
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378
378
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b
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c
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c
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139
133
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c
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c
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c 6
6
6
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c
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c
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c
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b
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28,6
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195
195
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a
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c 121
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c
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137
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8,1
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50,5
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b 46,3 46,7
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c
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57,3
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c418
418
418
418
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c
2,3
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7,66
7,64
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c
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b 31,8
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32
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b 95
95
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c
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185
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2,14
b 52
52
50
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1,265
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b 22,1
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22
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c
535
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b 86,4 86,4
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a 5,64 5,7
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5,35
5,41
5,33
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c 1,95
2
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c 0,41
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c 13,9
13,9
13,9
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c 1,975 1,99
1,975
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c 1,415 1,43
1,415
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actions
françaises
EuronExT hors srd suite
isin
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fr0000060196
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fr0000039109
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fr0000060790
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fr0010209809
fr0000072563
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fr0000038804
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fr0000065864
fr0000131732
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fr0000066482
fr0000060949
fr0000064388
valeur
ouv
+ht
mndg
4,575 4,575
moul. strasbourg c
mr bricolage sa
b 14,7
14,75
mrm
c 1,69
1,7
musée grévin
c
b 12,75 13,33
nanobiotixg
neopost!
a 22,66 24,18
neuronesg
b 24,9 25
nextstage
c103
103
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1,75
ol groupeg
c 3,01
3,03
orapig
c 9,72
9,72
orchestra-pre.
c 2,15
2,2
orege
3,49 3,58
paragon id
c 31,05 31,75
parefg
c 85
85
paris. de chauf.
b 201
201
passat
c 4,85 4,88
patrimoine & com
b 19,8 20
pcas g
c 17,78 17,78
poujoulat
c
poxelg
c 7,23
7,25
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c 212
212
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c 18,3
18,65
prodways group
b 4,27 4,27
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c 0,619 0,625
quotium tech.
c
ramsay gds
b 20
20,2
riberg
c 3,62
3,62
robertet sa
b544
558
s.a.m.s.e.
b 176
176
sabeton
c
scbsmg
c 7
7
séché env.g
b 29
29,4
selectirente
c 72,5
72,5
sergeferrari group c 9,28 9,38
signaux girod
c 26,6
27,2
sii
c 26,6 26,8
smcp
a 21,6
22,24
smtpcg
b 23,9 24,5
soc. fr. casinos
c 2
2
sodifrance
c
soditech ing.
c
sofibus
c
soft computingg c 14
14
c 46,1
46,4
sogeclairg
spir com.
c
tayninh
c
tessig
b 175,5 176,5
thermocompactg c
tipiak
c 91,5 92
tivoly
c 33,2
33,2
tonna elect.
c
+bs
4,55
clôt écart vol
4,55 - 0,44
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610
14,5
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2,09
3,49
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201
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102
- 0,97
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9,72
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20
+ 1,52
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540
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40
7,15
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208
212
18,3
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47352
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175
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tour eiffel
txcellg
u10g
unibel
union fin. fr. bque g
utig
verneuil part.
vetoquinolg
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viel et cieg
viktoria investg
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xilam animationg
ymagisg
ouv
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c 4,04 4,04
b 54,8 55
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a
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c
b 9,93 9,94
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4,04 + 0,5
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aperam
beni stabili
celyad
cnova nv
dexia
euronext
fedon
mainstay medical
montea cva
nokiaR
rentabiliweb gpg
robeco nv
rolinco
a 40,2
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c 25,48
a 4,08
c 4,85
a 54,25
c
cours
bce
var.
veille
en %
var.
année
en %
dollar us
1,1668
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1,1564
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yeN JaPoNais
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72,4946
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couroNNe tcheQue
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real
4,2673
dollar siNgaPour
1,5646
raNd sud-aFricaiN
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livre turQue
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-0,47
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25-05-2018
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11,732
avec
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Taux marchés monétaires et eurodevises
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25-05-2018
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25-05-2018
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veNte
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achat
veNte
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veNte
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-0,58
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0,00
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-0,328
-0,328
-0,327
-0,326
-0,327
-0,326
-0,326
-0,326
-0,326
-0,326
-0,325
-0,324
-0,323
-0,324
0,69
0,77
0,79
0,83
0,82
0,85
0,83
0,78
0,78
0,79
0,80
0,76
0,76
0,77
0,81
0,79
0,77
0,81
0,84
0,84
0,86
0,86
0,83
0,83
0,80
0,80
0,74
thor.
pub.
priv.
0,96
0,96
1,02
1,02
1,02
1,02
1,02
1,08
1,08
1,08
1,08
1,05
1,05
1,05
1,05
1,05
1,04
1,04
1,04
1,04
1,04
1,04
1,04
1,04
1,11
1,11
1,05
0,96
0,96
1,02
1,02
1,02
1,02
1,02
1,08
1,08
1,08
1,08
1,05
1,05
1,05
1,05
1,05
1,04
1,04
1,04
1,04
1,04
1,04
1,04
1,04
1,11
1,11
1,05
MaTièrEs prEMièrEs
MéTaux préciEux
MéTaux non FErrEux
MéTaux sTraTégiQuEs
paris
OR (euros cPror/*cours hebdo)
25/05
24/05
COURS PriMe Prec.
lingot
35450
0
34850
10 florins
214
-0,22
214,7
5 dollars*
299
12,16
299
10 dollars
588
10,28
588
20 dollars
1215
13,9
1210
5 roubles*
0
-100
0
50 pesos
1335
0,42
1311
latine
208
1,06
208
napoleon
207,8
0,96
207,1
1/2 napoleon* 113,7
10,48
113,7
souverain eli i* 278
7,13
278
souverain
261,8
0,89
261,8
1/2 souverain* 135
4,05
135
suisse
207,8
0,96
206,9
tunisienne*
208
1,06
208
mark*
257
1,25
260
krugerrand
1185
7,47
1175
lingotin 500grs 18390
3,75
18290
lingotin 250grs 9270
4,6
9220
lingotin 100grs 3705
4,51
3680
argent c3e (euro Par kilo) (csFaNMP)
549,39
543,6
cuivre (girm):
LondrEs
(eN dollars)
palladium (euro Par kilo) (csFaNMP)
Fix1
26 895
26 509
Fix2
26 944
26 653
cathodes : 6081 a coMPter du 25/05/
autres demi produits cuivreux :
691,81 dePuis le 25/05
base cuivre
base laMiNé laitoN 1 titre 585,1 dePuis le 25/05
594,8 dePuis le 25/05
base laMiNé laitoN 70/30
base laMiNé laitoN 85/15
643,3 dePuis le 25/05
base laMiNé broNze 94/6
780,71 dePuis le 25/05
base laMiNé broNze 94/4
751,07 dePuis le 25/05
London METaL ExchangE
25/05
24/05
alliage d`alumin. (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
aluminium (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
2270-2271
2270-2271
1227900
cash
3 Mois
stocks
London BuLLion MarKET
25/05
24/05
argent (eN ceNts Par oz)
Fixage
1 648
1 662
etain (en $ par tonne)
1 289
palladium (eN dollars Par oNce troy)
968
978
platine (eN dollars Par oNce troy)
908
904
settleMeNt
settleMeNt
25/05
Mai 18
16,53
Juil. 18
16,55
sePt. 18
16,63
déc. 18
16,76
JaNv. 19
16,81
or (eN dollars Par oNce)
settleMeNt
24/05
16,6
16,69
16,78
16,91
16,97
settleMeNt
25/05
898,2
901,3
906,3
912,2
918,6
24/05
1289,6
1309,6
1323
1335,5
1347
settleMeNt
24/05
922,4
910,5
915,8
924,5
914
6834,5-6835
6858-6860
300125
20445-20450
20250-20300
2635
cash
3 Mois
vol.
14520-14525
14580-14590
296898
éLEcTriciTé
6798-6800
6828-6829
298000
20625-20650
20550-20575
2565
14500-14510
14550-14570
297672
plomb (en $ par tonne)
2501,5-2502
2505-2507
133300
2440,5-2441
2450-2450,5
133300
Zinc (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
3021-3022
3029-3029,5
229275
3005,5-3006
3014-3015
230000
nEW YorK
cuivre (en cents par lb)
settleMeNt settleMeNt
Mai 18
JuiN 18
Juil. 18
aout 18
25/05
3,07
3,07
3,08
3,09
24/05
3,09
3,09
3,1
3,11
vol
123
482
85547
222
KuaLa LuMpur
etain (en dollars par tonne)
settleMeNt settleMeNt
Jou r
25/05
20420
24/05
20550
24/05
antimoine 99,65% (par tonne)
8100
8100
bismuth 99,99% (par lb)
5,2
5,2
cadmium 99,95% (par lb)
1,4
1,4
cobalt (cathodes) 99,80% (par lb)
43,95
43,95
eponge de titane 99,60% (par kg)
7,65
7,65
ferro manganese (hc) (par tonne)
1070
1070
ferro molybdene (par kg)
30
30
germanium (par kg)
1760
1760
selenium 99,50% (par lb)
24,25
24,25
silicium (par tonne)
2275
2275
ice
(eN gbP Par MWh)
clôture
25/05
base
40,69
PoiNte
46,28
ice futures
(eN gbP Par MWh)
nickel (en $ par tonne)
settleMeNt
25/05
Mai 18
1303,3
aout 18
1309
déc. 18
1321,7
avr. 19
1334,4
déc. 19
1361,4
platine (eN dollars Par oNce)
Mai 18
Juil. 18
oct. 18
JaNv. 19
avr. 19
cash
3 Mois
vol.
cash
3 Mois
vol.
nEW YorK
argent (eN ceNts Par oNce)
2226-2227
2240-2240,5
1231000
cuivre (en $ par tonne)
platine (euro Par kilo) (csFaNMP)
Fix1
25 029
24 866
Fix2
25 015
24 925
or (eN dollars Par oz)
Fix
1 305
1790-1800
1805-1815
12220
1880-1885
1885-1895
12220
25/05
vol
base Jul 18
base dec 18
PoiNte JuN 18
PoiNte Jul 18
clôture
24/05
40,69
46,28
clôture
clôture
25/05
54,8
62,07
58,42
59,23
24/05
56,26
63,49
60,01
60,35
vol
364004
192492
vol
produiTs péTroLiErs
sucrE
rotterdam
(barges - Fob) (eN $ Par toNNe)
gas oil 0.1% sul.
664,5
london daily price:
459,5
432
467,5
439
singapour
gasoliNe 97
gas oil
Fuel oil (180)
Fuel oil (380)
92,3
89,94
482,5
450,5
92,1
89,38
492,5
460,5
éMission co2
nymex emissions (eN euros Par toNNe)
sPot
clôture
Juil. 18
aout 18
sePt. 18
déc. 19
Mars 10
clôture
clôture
24/05
70,7
70,58
70,2
63,55
62,43
vol
24/05
23,1
23,55
23,7
gaz naTurEL
JuiN 18
Juil. 18
aout 18
clôture
25/05
2,93
2,96
2,98
24/05
2,93
2,97
2,98
vol
vol
19761
626
87
1
vol
25/05
12,46
12,76
13,6
13,67
13,7
24/05
12,29
12,61
13,43
13,58
13,62
Juil. 18
oct. 18
Mars 19
Mai 19
Juil. 19
25/05
JuiN 2018 23,01
Juil 2018 23,11
août 2018 23,33
clôture
clôture
25/05
24/05
Juil. 18
1844
1866
déc. 18
1899
1902
Mars 19 1887
1890
Mai 19
1882
1897
Juil. 19
1880
1895
new york (eN $ Par toNNe)
4755
2156
1487
446
88
24/05
87,41
85,49
85,08
25/05
2613
2633
2619
2619
2619
24/05
2655
2671
2657
2674
2674
vol
13005
4579
492
71
71
vol
25/05
24/05
Mai 18
1720
1733
3
Juil. 18
1752
1757
3957
Nov. 18
1742
1750
760
JaNv. 19 1744
1755
262
Mars 19 1752
1763
19
new york-arabica (en cents par lb)
settleMeNt settleMeNt
vol
24918
19880
3020
sePt. 18
déc. 18
Mars 19
Mars 19
25/05
122,65
126,2
129,65
135,6
24/05
122,8
126,3
129,75
135,45
vol
4224
2277
879
103
chicago (eN $ Par 1000 bdFt)
settleMeNt settleMeNt
25/05
599,3
584,6
549,5
24/05
589,3
574,6
539,5
settleMeNt settleMeNt
vol
new york (coNt. No2 - eN ceNts Par lb)
settleMeNt settleMeNt
Jou r
25/05
24/05
112,45
115,7
vol
settleMeNt settleMeNt
vol
25/05
24/05
Juil. 18
11,57
11,55
sePt. 18
11,44
11,35
Nov. 18
11,65
11,68
avoine à chicago
(eN ceNts Par boisseau)
944
277
84
settleMeNt settleMeNt
vol
387
31
18
settleMeNt settleMeNt
25/05
156
158,25
160,55
vol
24/05
156
156,5
0
66
317
veau vivaNt - bresil - brl : 140.35
le 24/05//18
betail vivaNt - cMe - usd :
1.0465
le 24/05//18
betail d'eNgrais - cMe - usd :1.44925
le 24/05//18
Porc Maigre - cMe - usd :
0.742
le 24/05//18
Porc FraNce e - eur :
1.5
indicEs
rJ crb
jus d’orangE
Bois
666
1126
737
BETaiLs
londres-robusta (en $ par tonne)
clôture
vol
25/05
24/05
Juil. 18
406
404
115699
sePt. 18
415
412,75
37274
déc. 18
425
421,75
55984
riZ à chicago (eN ceNts Par lb)
vol
clôture
23
10
settleMeNt settleMeNt
Juil. 18
Nov. 18
JaNv. 19
24/05
23,14
23,46
23,52
settleMeNt settleMeNt
sePt. 18
déc. 18
Mai 19
sePt. 19
sePt. 19
vol
25/05
24/05
JuiN 18
170
169,25
aout 18 172
172
Nov. 18
174,75
174,25
mais à chicago (eN ceNts Par
boisseau)
caFé
new york (cont. n°2 - cents par lb)
Juil. 18
sePt. 18
Nov. 18
vol
settleMeNt settleMeNt
Prix indicatif de l'organisation internationale du
café (cents us/livre) :
Prix composé : 113.38
Moyenne quinze derniers jours : 205.461
coTon
Juil. 18
Déc. 18
Mars 19
clôture
vol
25/05
24/05
sePt. 18
559,75
547
déc. 18
578,5
566,5
Mars 19 594,5
583,25
mais à paris (eN euros Par toNNe)
vol
iNdice cotlook a : 94,45, le 25/05//18
25/05
89,21
86,65
86,24
65927
35642
17626
5277
3010
settleMeNt settleMeNt
25/05
24/05
sePt. 18
182,5
180,25
16460
déc. 18
186
183,75
29351
Mars 19 187,75
185,25
5844
blé à chicago (eN ceNts Par boisseau)
25/05
24/05
Juil. 18
248,75
245
sePt. 18
252
246,75
déc. 18
257,75
254
blé fourrager à londres
(eN £ Par toNNe)
24/05
23,29
settleMeNt settleMeNt
vol
clôture
settleMeNt settleMeNt
clôture
powernext gas futures
vol
clôture
nymex ( eN $ Par Mbtu)
clôture
25/05
24/05
JuiN 18
679,75
698,75
73087
Juil. 18
675,5
694,5
81137
Nov. 18
670,75
688,75
7021
Fév. 19
666
683
3068
avr. 19
662,5
679,25
1182
new york nymex wti (eN $ Par baril)
25/05
67,88
67,78
67,45
61,61
60,56
25/05
23,1
23,55
23,7
vol
4907
2812
770
263
69
Prix indicatif de l'organisation internationale du
cacao (dollars/tonne) : le 23/05/
Prix indicatif : 2593,81
londres (eN £ Par toNNe)
settleMeNt settleMeNt
aout 18
déc. 18
JaNv. 19
clôture
cacao
uranium nymex (en $ par lb)
25/05
Nord da 22,82
25/05
24/05
Jour
76,44
78,79
Juil. 18
76,44
78,79
266070
aout 18 76,47
78,83
276155
londres-gaZole (eN $ Par toNNe)
clôture
24/05
16,23
powernext gas spot
produiTs péTroLiErs
clôture
25/05
16,23
clôture
25/05
24/05
aout 18 351
348,8
oct. 18
346,9
344,3
déc. 18
352
349,5
Mars 19 356,8
354,2
Mai 19
359,3
356,4
new york (eN ceNts Par lb)
vol
uraniuM
londres-brent (eN $ Par baril)
clôture
clôture
blé de meunerie n°2 à paris
(eN euros Par toNNe)
londres (eN dollars Par toNNe)
672,5
fuel
Fuel oil (hs 180)
Fuel oil (hs 380)
clôture
céréaLEs
12,71 cts/lb
vol
112.45
25/05
24/05
207,98
210,34
reuters coM. 2332,09
2320,83
Moodys coM. 6250,65
6268,82
or iNdustriel 36076
35791
lMex
3331,1
3343,3
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHÉS // 33
Les Echos Lundi 28 mai 2018
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
code isin
désignation
des valeurs
LU0130728842 Pictet-emerging euroPe
Mirabaud Asset Management
Tél. 058 200 60 01
www.mirabaud.com
marketing@mirabaud-am.com
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Tél. : 01 56 88 71 00
www.assetmanagement.pictet
607,29 25/05
LU0128490280 Pictet-eur Bonds
546,91 25/05
code isin
désignation
des valeurs
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
code isin
désignation
des valeurs
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
synchrony (lu)
256
25/05
LU0128467544 Pictet-gloBal emerg.deBt
364,1
25/05
LU0935268721 ram (l) sf em mkt core eq
106,97 24/05
LU1626130063 sWiss small & mid caPs (chf)
113,93 24/05
LU0168449691 Pictet-greater china
625,5 25/05
LU0704154292 ram (l) sf em mkt eq
189,91 24/05
LU1626129727 sWiss all caPs (chf)
103,56 24/05
LU0188501257 Pictet-health
256,93 25/05
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58,38 25/05
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139,7 24/05
LU1279334210 Pictet-roBotics
LU0090689299 Pictet-Biotech
704,32 25/05
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305,16 25/05
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162,89 25/05
LU0104884860 Pictet-Water
298,35 25/05
dernier
dividende net
en euros**
mont.
date
Banque Cantonale
de Genève (France) SA
Tél. 04 72 07 31 50
bcgef.fr/fonds
LU0144509717 Pictet-euroPean sust. eq.
285,76 25/05
94,37 25/05
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
334,12 25/05
LU0130729220 Pictet-emerging mkts
LU0155303323 Pictet-asian eq. JaPan
LU0280430660 Pictet-clean energy
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
classification
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
classification
désignation
des valeurs
classification
code isin
classification
sicav//fcp
Valeur unitaire hors frais : valeur de la part ou de l’action hors droits d’entrée ou de sortie éventuels. Les SICAV éligibles au PEA sont signalées par un astérisque *. Le pictogramme P indique la cotation d’un FCP.
Classification des OPCVM : actions françaises (AF), actions de la zone EURO (AE), actions internationales (AI), monétaires EURO (ME), monétaires à vocation internationale (MI), obligations et autres titres de créances libellés en EURO (OE), obligations et autres titres de créances internationaux (OI), sicav luxembourgeoises (LX), diversifiés (DI), garantis ou assortis d’une protection (GP). ** : en euros ou dans la devise indiquée dans la colonne «DéSIGnAtIOn DES VALEURS».
carnet
fr
PORTRAIT
par Pascale Braun
Correspondante à Metz
DR
Krista
Finstad-Milion
lance un think
tank au féminin
Après l’association, le think tank. Voici dix ans,
Krista Finstad-Milion avait déjà cofondé l’association Est’elles Executive, devenu le principal
réseau professionnel féminin du Grand Est. Vendredi, elle a posé les jalons d’une chaire intitulée
« recherche et pédagogie innovatrice sur les femmes et le leadership, la mixité et la performance
organisationnelle ». Lancée à Nancy sous forme
de think tank, elle abrite, pour l’heure, un groupe
de travail essentiellement féminin d’une cinquantaine de membres qui étudieront – en
anglais – l’impact de la présence des femmes aux
postes clefs des organisations. « Le groupe comporte des élues, des responsables des ressources
humaines de grandes entreprises, des représentants de l’Etat, des enseignants, des étudiantes… Il
faut des gens différents pour trouver des idées nouvelles et développer un langage commun autour du
leadership féminin de demain », précise la docteure ès sciences de gestion.
Krista Finstad-Milion, également référente
égalité hommes-femmes de l’ICN Business
School auprès de la Conférence des grandes écoles, a toujours placé la barre haut. Installée dans
un fauteuil de la bibliothèque de l’ICN, sur le nouveau campus nancéien Artem, l’élégante Canadienne, robe blanche, ongles et souliers roses,
boucles d’oreille en forme de cœur, se définit
comme une « engaged scholar ». Pour lancer son
think tank, elle a invité Susan Madsen, fondatrice
de l’Utah Women in Higher Education Network et
chercheuse de réputation internationale, qu’elle
tient en haute estime. « Elle est aussi à l’aise face à
un auditoire universitaire de 3.000 personnes que
dans un groupe de femmes au chômage », souligne
Krista Finstad-Milion.
Elle non plus ne s’est jamais lassée du terrain.
Convaincue de l’inestimable valeur ajoutée de
profils féminins et internationaux, l’enseignante,
désormais lorraine, sait comme nulle autre mettre en contact des industries locales et des étudiantes marocaines, brésiliennes ou japonaises.
Un tourbillon de travail
Sa propre trajectoire témoigne d’un souci constant d’ouverture. Alors qu’elle étudie les langues et
la littérature dans son Ontario natal, dans les
années 1980, elle se sent perturbée par les aspirations indépendantistes du Québec. Pour manifester son attachement aux principes d’unité et de
biculturalisme, elle s’astreint à une parfaite maîtrise du français – qu’elle parle aujourd’hui encore
avec un bel accent anglo-saxon. Arrivée à Nancy
au hasard d’un poste d’assistante, Krista Finstad
rencontre l’étudiant en médecine Vincent Milion
et se fixe définitivement en Lorraine... C’était il y a
30 ans. La jeune Canadienne est bientôt engagée à
l’Institut d’administration et de gestion de Nancy
et ne se sent nullement intimidée lorsqu’elle enseigne l’anglais à des dirigeants français deux fois
plus âgés qu’elle. Et elle s’estime en phase avec son
employeur, qui la nomme responsable des relations avec les entreprises…, jusqu’au jour où elle
annonce son intention d’entamer un doctorat.
Contrariés, ses supérieurs la renvoient à son
statut de jeune mère de famille pour l’en dissuader. « Je viens d’une culture où l’on encourage
l’ambition. J’ai été stupéfaite par cette réaction, qui
m’a bien sûr galvanisée », raconte la quinquagénaire. Commence alors un tourbillon de travail,
d’études et de voyages où les jeunes filles et garçons au pair venus du monde entier occupent une
grande place dans sa vie. Briefés dans les moindres détails, ils gèrent le quotidien des trois fils du
couple Finstad-Milion tandis que Krista décroche
son doctorat à Versailles, et poursuit ses recherches en Allemagne, en Pologne et au Sénégal.
Devenue directrice du programme Executive
MBA d’ICN en 2006, elle sent bien que la parité
coince : l’institut compte en moyenne une femme
sur 20 parmi ses intervenants, et les conflits
s’enchaînent sans que la gouvernance masculine
n’entrevoie ni problème ni solution. Krista Finstad-Milion recourt à son carnet d’adresses pour
faire progresser la mixité.
Aux responsabilités professionnelles qui
s’enchaînent – l’enseignante est désormais chargée de l’atelier Artem Organisational Best Practices, membre de l’Academy of Management ou,
encore, évaluatrice des conférences annuelles de
l’association de la gestion des ressources humaines – s’est ajouté, en 2014, un mandat politique.
Krista Finstad-Milion est la première femme
élue à la mairie de Fontenay, une commune
de 520 habitants dans les Vosges. Et exerce depuis
lors une gestion énergique… et parfois conflictuelle. Lors des dernières élections présidentielles, elle a accordé son parrainage à Rama Yade.
Conquise par l’Afrique, où elle se rend régulièrement, la sémillante Canadienne élargit maintenant ses réseaux féminins jusqu’au Sénégal. n
directeur marketing réseau, directeur relation client B to B et enfin,
en 2015, directeur général BtoB.
Grégoire Castaing
secrétaire général-directeur
financier de l’entité France installations et services associés en
2005. Depuis 2010, il occupe le
poste de directeur général
d’Engie Axima.
est nommé directeur général
adjoint chargé des finances et
de la stratégie du groupe Canal+.
FÉDÉRATION
PROFESSIONNELLE
CANAL+
Grégoire Castaing, 41 ans, normalien, agrégé d’économie et titulaire
d’un DEA de finance, est membre
du directoire du groupe Canal+.
Il a débuté chez Arthur Andersen
avant de rejoindre EY. Au sein
du groupe Canal+ depuis
dix ans, il a été successivement
d i r e c t e u r a d j o i n t d e l ’a u d i t ,
directeur des services financiers
puis directeur financier du groupe,
avant d’entrer au directoire en 2015.
NATIXIS
Cyril Marie
est nommé, au sein
du comité exécutif de Natixis,
directeur financier de Natixis
Investment Managers.
Cyril Marie, 43 ans, titulaire d’un
DEA finance de l’université ParisDauphine, a rejoint dès 2001 le
group e BPCE, où il a o ccup é
divers postes financiers. En 2009,
il a rejoint Natixis Investment
Managers avec pour responsabilité première de superviser la
stratégie et les opportunités de
développement de l’entreprise.
L’an dernier, il était devenu directeur financier délégué et directeur de la stratégie et du développement de Natixis Investment
Managers. Il continue, par
ailleurs, à superviser la stratégie
et le développement corporate.
ENGIE
ENTREPRISES
VALLOUREC
Rémi Dujon
teur juridique d’Orange Business
Services, chargé du juridique, du
réglementaire et de la conformité.
devient secrétaire général
du groupe, membre
du comité exécutif et secrétaire
du conseil de surveillance.
sera chef de marché France,
à compter du 1er juillet.
Rémi Dujon, 49 ans, est titulaire
d’un master 2 en droit des affaires
de l’université de Reims. Il a
occupé plusieurs postes dans la
fonction juridique du groupe
Orange. Depuis 2014, il était direc-
Christophe Cornu, 54 ans,
diplômé de l’ESC Lille, est entré
dans le groupe Nestlé en 1997.
D’abord directeur de Nespresso
France, il a été nommé directeur
marketing international de
NESTLÉ
Christophe Cornu
Nestlé Nespresso en 1999. Quatre
ans plus tard, il a rejoint le siège
de Nestlé Waters pour y être
directeur commercial international devenant chef du marché
allemand de Nestlé Waters en
2005. Il a intégré le siège de Nestlé
(à Vevey en Suisse), en 2007, en
tant que directeur du projet super
premium de la « SBU confiserie »,
avant de retourner, en 2008,
chez Nespresso en qualité de
chief commercial officer. En
2015, il avait été promu chef du
marché suisse.
GROUPE ADP
Jean-Pascal de Peretti
accède au poste de directeur
général de Hub One.
sera directeur du métier BtoB
d’Engie dès l’été prochain.
Il sera membre de son équipe
de direction.
Guillaume de Lavallade
Guillaume de Lavallade, 48 ans,
diplômé de Supélec et de l’IEP de
Paris, a d’abord été consultant en
stratégie au Boston Consulting
Group. En 2002, il a été nommé
directeur d’une division chez
Thomson puis au sein du jointventure créé avec la société chinoise TCL. En 2007, il a rejoint
SFR, où il a été successivement
Jean-Pascal de Peretti, 57 ans,
diplômé de l’ESCP Europe, a travaillé dix-sept ans au sein de
Ciments Français en qualité de
directeur financier d’entités
comme Scori, GSM et Arena. En
2000, il a rejoint le groupe Engie
où il a été secrétaire général –
directeur financier d’Ineo, puis
FMB
Marc Ténart
est élu président de la
Fédération des magasins de
bricolage et de l’aménagement
de la maison pour trois ans.
Marc Ténart, 50 ans, diplômé
d’une école de commerce, est,
depuis un an, le directeur général
France de Kingfisher. Entré chez
Kingfisher en 2000, il a d’abord
été directeur financier (Castorama France, région France-Espagne, Castorama et Brico Dépôt
dans les six pays où ces enseignes
sont implantées). Il est devenu
directeur général de Brico Dépôt
Espagne en 2012 puis de Castorama France en 2014.
ILS SONT NÉS
UN 28 MAI
Jean-Luc Bret, fondateur
de La Croissanterie, 72 ans.
Isabelle Carré, actrice, 47 ans.
Xavier Dupuy, président
de Bassines SAS, 64 ans.
Romain Duris, acteur, 44 ans.
Denis Gautier-Sauvagnac,
ancien président délégué
général de l’UIMM, 75 ans.
Rudy Giuliani, ancien maire
de New York, 74 ans.
Jean-Pierre Léaud,
acteur, 74 ans.
Chiara Mastroianni,
actrice, 46 ans.
Dominique Paillé, ancien
président de l’Office français
de l’immigration
et de l’intégration, 62 ans.
François-Henri Pinault,
PDG de Kering et président
d’Artémis, 56 ans.
Jean-Marc Sauvé,
vice-président du Conseil
d’Etat, 69 ans.
, Envoyez vos nominations à
carnetlesechos@nomination.fr
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
crible
Lundi 28 mai 2018
` SUR LE WEB WWW.LESECHOS.FR
Gap ne réconcilie pas Wall Street
avec l’habillement.
L’INVITÉ
DES « ÉCHOS »
« Un arbre seul ne fait pas une forêt. » Ce proverbe chinois, les Occidentaux
l’avaient oublié il y a quatorze ans lorsque Lenovo faisait les gros titres
des journaux économiques. Le groupe informatique, né en 1988 dans
le giron de l’Académie des sciences pékinoise, apparaissait comme l’annonciateur d’un coup de bambou pour les entreprises technologiques
du « vieux monde » : il venait alors d’acquérir les ordinateurs personnels
de l’une de ses icônes, IBM, dont les fameux ThinkPad. Il y a quatre ans,
ce PC central, loin de la diplomatie du panda, enfonçait le clou en rachetant
successivement les mobiles Motorola à Google et ses serveurs d’entrée
de gamme à « Big Blue ». Aujourd’hui pourtant, la forêt est bien différente
de l’arbre qui la précédait. Avec Watson dans l’intelligence artificielle,
IBM est en pointe, tandis que l’ex-Legend ne fait pas partie du mythe des
BATX de la République populaire (Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi), qui se
veulent les égaux des Gafa américains (Google, Amazon, Facebook, Apple).
Depuis ses dernières emplettes, le titre Lenovo a perdu plus de la moitié de
sa valeur pendant que l’indice phare de la place hong-kongaise, le Hang
Seng, grimpait de 58 % et que Tencent quadruplait. Hewlett-Packard a repris
l’an dernier à Lenovo sa couronne sur un marché mondial du PC sur le déclin
depuis trois ans et demi. Cette branche demeure la seule activité rentable
du Chinois qui perd de l’argent dans les smartphones et les serveurs. Restent
de ses acquisitions plus de 5 milliards de dollars de survaleurs qu’il faudra
un jour éponger (soit 78 % de sa capitalisation boursière). La plus petite
valeur du Hang Seng doit quitter l’indice le mois prochain. La légende a vécu.
« Les Echos »
+
Fossé de génération
Mounir Mahjoubi Secrétaire
d’Etat chargé du Numérique
FONDS INNOVATION Il y a un an, lors de l’édition 2017
de VivaTech, Emmanuel Macron avait promis un fonds
d’innovation de 10 milliards d’euros. « Pour réaliser ce fonds,
il fallait que l’Etat commence à céder des actifs qu’il avait déjà
dans des grandes entreprises. Et dans ces entreprises où
nous avons considéré que la participation de l’Etat n’était pas
stratégique, nous avons déjà démarré ces cessions. […] Elles
continuent. […] Ce sont toujours des discussions complexes,
mais elles avancent », déclare Mounir Mahjoubi.
INVESTISSEMENTS Questionné sur les montants
des cessions de l’Etat pour abonder ce fonds, Mounir
Mahjoubi déclare : « Nous en sommes à plusieurs milliards
d’euros déjà cédés, avec plusieurs milliards d’euros en décision
finale de cessions. Il faut continuer d’avancer, car ce qui
intéresse lorsque l’on fait un fonds, c’est de vendre ces participations pour mobiliser cet argent dans le fonds. Mais, ensuite,
il faut créer le véhicule pour investir : cela sera une réalité
d’ici à quelques semaines ou à quelques mois. […] L’objectif
que nous nous sommes fixé avec Bruno Le Maire
est qu’il y ait les premiers investissements dès la fin de 2018. »
ENTREPRENEURIAT Mounir Mahjoubi annonce « plus
de cent mesures » pour « faciliter la vie des entrepreneurs
en France dans tous les domaines » ainsi qu’une
réorganisation de la French Tech avec « une nouvelle
directrice, une nouvelle équipe ».
Interview réalisée par Olivier Harmant
a L’intégralité de l’émission sur lesechos.fr/invitedesechos
Fictions et réalités
Le fossé des générations – « The Generation Gap » – était bien utile pour
se baptiser à l’époque des hippies. Sous le règne des Millennials malheureusement, le nom Gap semble surtout renvoyer au risque de décalage entre les attentes et la réalité, un « Expectation Gap » qui concerne surtout sa
génération de chiffre d’affaires à magasins comparables. Même si la chaîne
de vêtements californienne maintient ses objectifs annuels après sa publication trimestrielle, sa griffe historique toujours en décroissance (–4 %)
et son bénéfice par action trop juste, lui ont valu un coup de ciseau boursier
mémorable (–14,6 %). Le patron Art Peck, qui dessine depuis déjà quatre
ans la stratégie omni-channel et multimarque (Banana Republic, Old Navy,
Athleta…) a avoué en février dernier, lors du départ du directeur de la marque Gap, que le dessein pêchait encore dans son exécution. Les investisseurs rationnels semblent naviguer à vue depuis lors, eux qui avaient bien
voulu croire à une accélération de la « blue chip » dont 80 % de l’activité se
réalise outre-Atlantique, malgré leur méfiance pour l’habillement. Ce n’est
pas l’excuse du climat qui va les rassurer. La baisse du taux d’imposition
(26 contre 38 % auparavant) leur avait semblé fort seyante. Pour un effet
induit supplémentaire de la réforme Trump – un coup d’accélérateur
automatique sur toutes les dépenses des ménages – ils redoutent de devoir
aller se rhabiller.
I was a Legend
Lenovo rappelle la fragilité de certains
dragons chinois.
Quand Netflix double Disney en Bourse, c’est un peu la fiction de demain
qui dépasse la réalité d’hier à Hollywood. S’il est symbolique, le croisement
des courbes, confirmé vendredi à la clôture de la place new-yorkaise après
l’essai de la veille, n’en reste pas moins trompeur. La plate-forme de streaming, déjà oscarisée et primée aux Emmy Awards, exhibe un trophée
de la première entreprise des médias par la capitalisation qui ne reflète pas
la compétition à laquelle elle concourt. Il faudrait en effet y ajouter les opérateurs télécoms qui se battent sur le même terrain des contenus. Là,
les 200 milliards de dollars de valeur boursière de chacun des deux leaders
(Verizon et AT&T) toisent encore les 152,7 milliards du créateur de « The
Crown ». Ce n’est pas sa rentabilité qui justifie le passage de relais : la maison
de Mickey Mouse et des Avengers dégage 17 fois plus de profit d’exploitation
que celle abritant « Casa de Papel ». Ce n’est pas non plus sa croissance.
Bien qu’en passe de devenir la première major mondiale du cinéma par
le nombre de films en production, la compagnie co-fondée il y a vingt-et-an
par Reed Hastings n’aura pas encore tout à fait rattrapé en 2025 le niveau
de résultat de Disney de l’an dernier, à en croire le marc de café des courtiers.
Le bond de 83% du titre Netflix depuis le 1er janvier tient avant tout à son
appartenance au Gafan (Google, Apple, Facebook, Amazon) et au rééquilibrage des risques de la part des investisseurs au sein de cette bulle. Il a apporté cette année 18 % de la croissance de cet ensemble valant 3.145 milliards,
bien qu’il en pèse moins de 5 %. Une réalité bien plus forte que la fiction.
LES ENTREPRISES CITÉES
Airbus 24
Alphabet 24
Atos 30
BeIN 22
BNP Paribas 30
Bouygues 3, 30
Brittany Ferries 19
Carrefour 30
Crédit Agricole SA 30
Devismes 27
Eiffage 3
Emissive 25
Engie 30
Eramet 30
Essilor 30
Facebook 23
Fincantieri 17
Google 23
LafargeHolcim 16
La Grande Récré 18
LCI 22
LiveLike 24
Ludendo 18
LVMH 25
Naval Group 17
Navya 24
Nivea 21
Oyst 25
Pernod Ricard 19, 30
Pershing 28
Pili 27
Publicis 24
Ricoh 27
Safran 3
Saint-Gobain 30
SeaBubble 24
Société Générale
21, 30
Sodexo 30
Soitec 30
Sony Music 23
STMicroelectronics 30
TechnipFMC 30
TF1 22, 24
Thales 17
TMC 22
Total 30
Ujet 24
Universal Music 23
Vallourec 30
Vevo 23
Wingly 24
YouTube 23
ZTE 15
Les Echos est une publication du
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Tél. : 01 70 37 61 36. Fax : 01 55 56 70 38 du lundi au vendredi de 9 h à 18 h
IMPRESSION L’Imprimerie (Tremblay-en-France), Midi Libre (Montpellier).
TIRAGE DU 25 MAI 2018 : 111.097 exemplaires
Origine du papier : Belgique. Taux de fibres recyclées : 100%.
Ce journal est imprimé sur du papier porteur de l’Ecolabel européen
sous le numéro FI/37/002. Eutrophisation : Ptot 0.013kg/tonne de papier
Membre de OJD-Difusion contrôle CPPAP : 0421 c 83015. Toute reproduction, même partielle,
est interdite sans l’autorisation expresse de l’éditeur (loi du 11 mars 1957)
Ce numéro comporte un 3e cahier de 8 pages « Echos Exécutives » et un 4e cahier de 16 pages
« Partenaires - Salon du Handicap »
Netflix doit à la bulle des Gafan de dépasser
Disney en Bourse.
EN VUE
Ariane Mnouchkine
ors de la cérémonie des Molières
l’an dernier, Philippe Caubère
avait remis les p endules à
l’heure. Avec une certaine morgue, il
faut le reconnaître, mais à l’immortel
Molière de l’immortel film d’Ariane
Mnouchkine (1978), il peut être beaucoup pardonné. C’est d’ailleurs le sort
d’Ariane qui fut l’objet de son clash
l’année dernière. Caubère, recevant le
trophée du meilleur comédien d’un
spectacle public (distinguo ô combien
ridicule), s’indigna que le spectacle de
son mentor ait été écarté de la sélection.
Il lui dédia donc son Molière. Philippe
n’est-il pas un peu le fils d’Ariane ?
L’affront est réparé. Mnouchkine,
79 ans, qui a fêté en 2014 les cinquante
ans de son Théâtre du Soleil, pourra,
cette fois, rayonner. « Une chambre en
Inde » concourra donc ce lundi 28 mai
dans les catégories « spectacle du théâtre public » et « metteur en scène ». La
L
première fois qu’Ariane est allée en
Inde, il y avait plus de 400 millions
d’habitants, aujourd’hui il y en a plus de
1,2 milliard. Son théâtre, lui, est inaltéré. Elle s’installa avec sa bande – Philippe Léotard en faisait partie – à la Cartoucherie de Vincennes en 1964. Jadis,
on y fabriquait des armes et de la poudre. La fille du producteur de « Fanfan
la Tulipe », de « L’Homme de Rio » et
des « Gauloises bleues » va y produire
un vrai « théâtre populaire de qualité ».
Vive les grands auteurs, beaucoup de
Shakespeare – « Richard II », « La Nuit
des rois » –, des vrais textes, mort aux
cuistres ! Dans la SCOP (société coopérative ouvrière de production) du
Soleil, tout le monde est payé pareil.
Avec elle, le théâtre n’a plus été le
même.
(
Lire nos informations
Page 21
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
COMMUNIQUÉ
LUNDI 28 MAI 2018
Comprendre - Préface d’Edouard Philippe, Premier ministre – Les principales situations de handicap – Résultats du baromètre handicap, emploi et prévention en entreprise - P. 2 |
Agir - Emploi des personnes handicapées : chronique d’une réforme annoncée - P. 4 | Sous-traiter - “Handi-sous-traitez !” - P. 6 | Innover - Accessibilité numérique : une
opportunité business - P. 8 | Start-up : prêtes à embaucher des personnes handicapées ? - P. 9 | Recruter - Bonnes pratiques d’acteurs engagés - P. 10 | Accompagner - Burn-out :
gérer, légiférer - P. 11 | Professionnaliser - Le Club Être au cœur de la réforme - P. 12 | S’ouvrir - Roland-Garros dans un fauteuil – Le handicap fait son cinéma – Mai-68 - P. 14 |
Repenser - Femmes et handicapées : la double discrimination – Philo : invitation à l’excellence - P. 15 | Échanger - Regards croisés : la nécessaire implication du top management - P. 16 |
SUPPLÉMENT PARTENAIRE
Handicap
en entreprise :
réinventons
JÉRÔME DEYA
DR
L’EMPLOI DES PERSONNES HANDICAPÉES
INSPIRE UN MODÈLE DE CROISSANCE INCLUSIVE
À
côté de la Semaine européenne pour l’emploi
des personnes handicapées, qui aura lieu
en novembre prochain, le Salon Handicap,
Emploi & Achats Responsables du Groupe Les Echos
s’impose, avec cette 3e édition, comme le grand rendez-vous national annuel de l’emploi des personnes
handicapées. Ses organisateurs ont eu l’intelligence
de ne pas s’enfermer dans un entre soi confortable
mais stérile, dans un parti pris, certes novateur pour
le handicap et sans doute à un moment nécessaire du
tout business, pour s’ouvrir à la complexité sociale et
humaine de la thématique et à la multitude des acteurs qui la composent et la font vivre. Ils relèvent le
déi de tous les réunir pour un moment de rencontre,
d’échange, parfois de business, parfois de rélexion,
de progrès et d’innovation. Le fait qu’ils aient conié
la réalisation de leur journal Supplément Partenaire
Les Echos du salon à la rédaction du magazine Être
en offre un témoignage.
La divulgation des résultats du baromètre inédit
« Emploi, handicap et prévention en entreprise »
de Kantar TNS pour le Club Être, à l’occasion de
ce salon, en est un autre. Pour la première fois, les
principaux acteurs impliqués au quotidien : responsables de Mission Handicap, mais aussi chargés de
Ressources humaines, managers, dirigeants d’entreprises de différentes tailles ont pris la parole pour
exprimer leur ressenti, leur analyse et leurs attentes.
À ce titre, ils doivent être pris en compte dans le
cadre des réformes en cours et à venir sur la politique
d’emploi des personnes handicapées.
L’amélioration de cette politique passe certes par
une impulsion de l’État, à travers des mesures législatives et réglementaires, un cadre légal, des obligations et des incitations…, mais elle est surtout le fait
des acteurs mobilisés et impliqués au quotidien : les
entreprises engagées dans des politiques d’emploi
- 50%
- 25%
- 17%
- 8%
des personnes handicapées (privées, publiques, Ésat,
EA…), les partenaires sociaux, les associations représentatives et les personnes handicapées elles-mêmes
qui, pour créer leur emploi lorsqu’elles ne peuvent en
trouver, rivalisent d’esprit d’entreprise, d’innovation
et d’ingéniosité en lançant leur activité en tant que
travailleur indépendant, en montant leur start-up...
Toute organisation qui s’inscrit dans une politique
d’emploi des personnes handicapées montre sa responsabilité sociale par l’inclusion de ces personnes,
souvent en phase avec ses valeurs et sa démarche citoyenne. Mais, au-delà, elle va faire l’expérience d’une
approche enrichissante de la diversité, avec de nouvelles procédures, des innovations sociales et technologiques, des capacités d’agilité et d’adaptation exacerbées, une quête d’excellence et de performance,
aujourd’hui nécessaire dans notre monde en pleine
transformation. De surcroît, elle va déployer dans le
prolongement de la mise en en œuvre de cette politique, bien qu’en amont, une véritable démarche de
prévention souvent peu présente dans notre culture
et utile à tous pour lutter contre la désinsertion
professionnelle.
Ne tient-on pas là les ferments d’un nouveau modèle
d’inclusion qui dépasserait les frontières et les dualités entre économique et social, gauche et droite,
business et responsable, ordinaire et spécialisé, handicapé et non handicapé ? L’emploi des personnes en
situation de handicap pourrait bien s’avérer l’un des
thèmes sur lesquels le gouvernement compterait
pour répondre à la demande de « croissance inclusive » exprimée par les Français et dessiner ainsi la
société du mieux vivre et mieux travailler-ensemble,
un nouveau contrat social en quelque sorte.
Michaël Couybes,
Rédacteur en chef du magazine Être
et du Supplément Partenaire Les Echos SHEAR
dans le secteur
privé
dans le secteur
public
dans le secteur
du travail protégé
et adapté
900000
500000
Demandeurs d’emploi
en situation de handicap
DR
Personnes handicapées
dans l’emploi
de travailleurs
indépendants
En haut : 2800 visiteurs en 2017 et 3500 visiteurs attendus pour cette 3e édition du Salon Handicap
Au centre : la sous-traitance inclusive (STPA et TIH) emploie plus de 200000 femmes et hommes
En bas : l’innovation, le numérique, l’intelligence artificielle gagnent le domaine du handicap
SUPPLÉMENT RÉALISÉ PAR LE SALON HANDICAP, EMPLOI & ACHATS RESPONSABLES
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
2
COMPRENDRE
COMMUNIQUÉ
Quelles sont les principales
situations de handicap ?
ÉDOUARD PHILIPPE, PREMIER MINISTRE
L’emploi pour tous
n’est pas une utopie
Depuis la loi de 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté
des personnes handicapées, la définition du handicap s’est élargie à des situations dépassant
le traditionnel handicap moteur, sensoriel ou mental. 12 millions de personnes en France seraient
ainsi aujourd’hui concernées. Elles seraient 80 millions en Europe et un milliard dans le monde.
Concerne les personnes
atteintes de troubles de la
dextérité, paralysie… Un
handicap moteur recouvre l’ensemble des
troubles pouvant entraîner une atteinte
partielle ou totale de la motricité. Les
causes peuvent être très variées : maladie acquise ou génétique, malformation
congénitale, traumatisme dû à un accident,
vieillissement...
Le handicap visuel
Concerne les personnes
aveugles, malvoyantes, mais
également les personnes
atteintes d’affections oculaires, de
daltonisme... Les causes peuvent
être des maladies comme la cataracte
(opacification d’une lentille interne), le
glaucome (touchant le nerf optique) ou
des maladies héréditaires.
Le handicap auditif
Concerne les personnes
sourdes, mais également
les personnes atteintes de
déiciences auditives, d’acouphènes...
Il s’agit d’un état pathologique caractérisé
par une perte partielle ou totale du sens
de l’ouïe. Ce handicap peut être présent
dès la naissance ou acquis durant la vie
de la personne. Les causes de la surdité
peuvent être génétiques, virales ou parasitaires (pendant la grossesse), dues à des
maladies comme la méningite, otoxicité
médicamenteuse, accidentelles ou à un
traumatisme sonore.
Le handicap psychique
Concerne les personnes atteintes de psychoses, et en
particulier de schizophrénie, bipolarité, troubles de la personnalité, certains troubles névrotiques...
Le handicap psychique se distingue du
handicap mental. Le handicap psychique
apparaît souvent à l’âge adulte. Les capacités intellectuelles sont indemnes et
peuvent évoluer de manière satisfaisante.
C’est la possibilité de les utiliser qui est
déiciente.
La déficience mentale
Concerne les personnes
atteintes de polyhandicap,
du syndrome de l’X fragile…
Le handicap mental est un arrêt du développement mental ou un développement
mental incomplet, caractérisé par une
insufisance des facultés et du niveau global d’intelligence, notamment au niveau
des fonctions cognitives, du langage, de
la motricité et des performances sociales.
L’autisme
Longtemps classé dans le
handicap psychique ou la
déiciencementale,l’autisme
occupe aujourd’hui une place à part,
à la suite de récents progrès dans la
recherche et dans la prise en charge.
Même si certaines personnes en situation
d’autisme présentent des problèmes de
développement mental et/ou cognitif,
d’autres, autistes Asperger, dits de « hautniveau », bien que confrontés à des
problèmes derelations sociales, présentent
un niveau global d’intelligence normal,
voire parfois supérieur à la moyenne.
BENOÎT GRANIER / MATIGNON
Le handicap moteur
Faciliter le recrutement des travailleurs handicapés puis les accompagner au quotidien sont des objectifs
concrets qui doivent tous nous mobiliser. Parce que les travailleurs handicapés n’handicapent pas les entreprises, bien au contraire : quelques
semaines après la mort de Stephen
Hawking, qui doute encore des immenses potentialités qu’un travailleur
handicapé apporte à la société – et à
l’humanité ?
Pourtant, trente ans après la loi de
1987 en faveur de l’emploi des travailleurs handicapés, le compte n’y est
pas. Le taux de chômage reste deux
fois plus élevé parmi eux.
Sous l’autorité du président de la
République, Emmanuel Macron, le
Gouvernement veut changer cela et
trouver des solutions concrètes, eficaces, qui modiient la donne.
Les maladies chroniques
invalidantes (MCI)
Toutes les maladies respiratoires, digestives, cardiovasculaires, insufisances parasitaires,
infectieuses (diabète, sida, cancer…),
insuffisance rénale chronique, sclérose en plaques... Les MCI peuvent être
momentanées, permanentes ou évolutives. Ces maladies sont nombreuses et
entraînent des problèmes de santé et
des incapacités nécessitant une prise en
charge chronique ou pendant une période
de plusieurs années. Ce sont des maladies
évolutives, souvent partiellement invalidantes et susceptibles de complications.
Notre premier objectif est de simplifier le recrutement des travailleurs
handicapés. Actuellement, beaucoup d’entreprises sont exonérées
de l’obligation des 6 %. Je ne l’accepte
pas. Je n’accepte pas non plus que
l’employeur doive renseigner plus de
80 informations dans sa déclaration
administrative. C’est trois fois plus
que nécessaire ! Ce premier objectif
fait l’objet de concertations avec les
partenaires sociaux et les associations. Il se traduira au Parlement
dans le projet de loi pour la Liberté
de choisir son avenir professionnel et dans le plan d’action pour la
croissance et la transformation des
entreprises.
Notre deuxième objectif consiste à
améliorer les aides et les soutiens
apportés aux personnes handicapées
comme à leurs employeurs. L’emploi
d’une personne handicapée nécessite
souvent une adaptation du poste de
travail, une formation de l’équipe
et un accompagnement sur le long
terme. Nous devons réformer l’offre
de service actuelle, la rendre plus
complète, plus eficace et plus agile.
Enfin, pour que l’insertion professionnelle des personnes handicapées
devienne la norme, reste à gagner la
bataille des mentalités. Je sais que
nous pouvons compter sur l’implication de vous tous qui vous réunissez à
l’occasion du 3e Salon Handicap. Vous
pouvez aussi compter sur la détermination du Gouvernement.
Baromètre Club Être-Kantar TNS
Emploi, handicap et prévention en entreprise
L’ENJEU
97%
57%
des entreprises interrogées s’accordent à dire
que le handicap est un sujet important
reconnaissent que dans les faits leur entreprise
a d’autres priorités à traiter au quotidien.
LES BÉNÉFICES
Handi-ready, et si nous mettions le
numérique au service de l’innovation sociale ?
Agissons pour notre monde numérique
www.lahanditech.fr
L’innovation technologique est le pilier de
notre réussite. Les talents, la diversité et
l’engagement de nos collaborateur.rice.s en
sont les fondements.
Handi-ready synthétise notre capacité
à penser de nouvelles organisations,
partenariats et offres techniques adaptées
aux enjeux d’inclusion d’aujourd’hui et de
demain. En intégrant le secteur adapté et
protégé dans nos solutions de prestation
informatique, nous créons pour chacun
de nos clients une démarche spéciique,
innovante et solidaire.
www.cgi.fr
Des améliorations induites par une politique
emploi et handicap en entreprise :
Solidarité
Fierté
et engagement
Réputation
2
1
3
LE CADRE LÉGAL
81% des entreprises le jugent utile, mais perfectible
(78 %), contraignant (67 %) et complexe (66 %).
LES ATTENTES
84 % des entreprises estiment indispensable un dialogue
plus eficace avec les institutionnels, 79 % une simplification,
65 % un portage par la direction, 57 % un rôle plus important
des acteurs de la santé au travail.
Enquête conduite auprès d’un échantillon national de 240 dirigeants, DRH
et responsables Mission Handicap d’entreprises de 20 salariés et plus
entre mars et avril 2018.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
3
COMPRENDRE
COMMUNIQUÉ
Salon Handicap, Emploi & Achats Responsables :
le rendez-vous des acteurs économiques mobilisés
CHRISTIAN SANCHEZ, XAVIER KERGALL
150 fournisseurs du STPA réunis autour de 15 pôles d’activités
Comment se présente cette 3e édition du Salon Handicap, Emploi
& Achats Responsables ?
Un programme exceptionnel de 60 conférences et ateliers
Le salon s’agrandit encore, avec un nombre plus important d’exposants mais
également de visiteurs attendus que l’an dernier, et fait évoluer son offre pour
répondre toujours mieux aux attentes des acteurs et décideurs économiques.
C’est sans doute pour nous le salon de la maturité.
CYCLE SENSIBILISATION
• Handicap et préjugés : où en êtes-vous ?
• Accessibilité numérique : obligations, diagnostic et solutions
• Comment le handicap devient-il un levier de
business ?
Quelles en sont les nouveautés ?
Votre salon s’installe comme le rendez-vous national annuel de l’emploi
des personnes handicapées ?
Il est le parfait complément, côté acteurs économiques, de la Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées (SEEPH), dont l’organisateur
Ladapt est désormais notre partenaire. Le salon poursuit toujours le même objectif de proposer une véritable place de marché où les entreprises : donneuses
d’ordres, EA et Ésat, mais aussi travailleurs indépendants handicapés (TIH)
puissent se rencontrer et échanger. Cette année, une session de pitchs (courtes
présentations) d’acheteurs va d’ailleurs être inaugurée. Mais il devient aussi le
salon où il faut être pour tous les acteurs mobilisés en faveur de l’emploi des
personnes en situation de handicap : employeurs, partenaires sociaux, représentants politiques, institutionnels, syndicaux, associatifs… Nous voulons continuer à sensibiliser et à convaincre de l’intérêt des politiques Diversité et RSE,
mais aussi montrer qu’au-delà de cet aspect sociétal, l’emploi des personnes
handicapées et les achats responsables sont un puissant levier de business et de
développement économique qui participent à la performance des entreprises
et de notre économie.
CYCLE ACHATS RESPONSABLES
• Cotraitance avec le secteur protégé : grands
principes et partenariats innovants.
• Innovation et nouvelles tendances : panorama
des services proposés par les EA/ESAT.
• Achats responsables : comment mettre en place
une organisation performante et eficace ?
Comité scientifique sous la direction d’Olivier Theophile – LVMH
Dominique BELLION • Éric BLANCHET • Servane CHAUVEL • Hugues DEFOY • Marc DESJARDINS • Laure BRUERE-DAWSON • Valérie FANGET •
MayaHAGEGE•JérémyKREINS•MarieLANGLADEDEMOYEN•BlandineLANGLOIS•Jean-FrançoisMAGNE•FaridMAROUANI•FrançoisMARTINEZ•
Christophe MORIN • Ya-Fang de MOYA • Charles MYARA • Martin de NEUVILLE • Sylvie NOEL • Pierre NOUGUÉ • Emmanuel PERRET • Nicolas PLANTY •
Morgane RECKEL • Sandrine ROY • Christelle TAVARES • Guy TISSERANT • Marie-Aude TORRES MAGUEDANO • Serge WIDAWSKI
Infos pratiques
Quand ? Le 28 mai 2018, de 8 h 30 à 19 h – Où ? Palais des Congrès - 2, place de la Porte-Maillot - 75017 Paris
Programme complet et inscription sur www.salonhandicap.com
LE POINT DE VUE DE MARIE-ANNE MONTCHAMP - CNSA
« Engagements partagés »
La contribution de la fonction achats
et des acheteurs à la responsabilité
sociale et environnementale des entreprises est éminente, chacun le sait.
C’est à n’en pas douter par cette voie
que les avancées les plus tangibles ont
pu être réalisées en matière de RSE. Au
sein de cette contribution, l’importance
du recours au secteur du travail protégé et adapté mérite d’être rappelée et
valorisée.
L’emploi indirect est et reste de l’emploi.
Nos concitoyens éloignés du marché du
travail, du fait du handicap, de la maladie,
ceux dont l’employabilité a été fragilisée
par l’inaptitude, trouvent dans les entreprises adaptées un accompagnement eficient dans l’emploi. La qualité des liens
qui unissent ces organisations à leurs
donneurs d’ordre et à leurs clients-partenaires, permet de projeter le retour de
nombreux salariés à l’emploi ordinaire.
Mais au-delà, ces liens permettent à
l’entreprise « cliente » de faire l’apprentissage d’un accompagnement opérationnel
de ses salariés en situation de handicap. Il
est proitable à tous.
C’est toute la force du Salon Handicap,
Emploi & Achats Responsables que de
réunir l’ensemble des parties prenantes :
les entreprises, les responsables et animateurs des politiques sociales des firmes
et leurs fournisseurs-partenaires, du
secteur du travail protégé et adapté. Ce
n’est pas une market place que le groupe
Les Echos organise mais plutôt un lieu
de production de sens, de convergence
des acteurs, de partage d’engagements
pour une société réellement inclusive et
responsable.
L’entreprise inclusive se construit en se
nourrissant des initiatives et des savoirfaire du secteur du travail protégé et adapté, en les enrichissant de ses partenariats
commerciaux et éthiques par des engagements de sous-traitance durables et
DR
DR
DR
En plus des parcours destinés aux experts RH et Missions Handicap, aux
Acheteurs responsables et aux managers opérationnels, un parcours a été
spécialement conçu pour les instances représentatives du personnel (IRP) et
les organisations syndicales (OS) qui jouent un
rôle clé dans l’emploi des
personnes handicapées
et qui nous ont fait part
de leur souhait de mieux
appréhender les sujets
liés au handicap en entreprise. Parallèlement, nous
mettons en place un dispositif de conférences et
d’ateliers pratiques pour
aider les PME, TPE et ETI,
en partenariat avec l’AgeChristian Sanchez,
Xavier Kergall,
iph et le Club Handicap et
Directeur du comité
Directeur du Salon
Compétences. Côté exposistratégique du Salon
tion, de nouveaux espaces
sont installés, comme l’espace innovation & start-up, l’espace accessibilité numérique, l’espace emploi
& formation, ou encore le village de la fonction publique qui va regrouper le
FIPHFP et des employeurs publics engagés.
CYCLE EMPLOI
• Reconnaissance du handicap en entreprise :
comment lever les freins ?
• Processus de recrutement : sourcing, intégration
et maintien dans l’emploi.
• De l’inaptitude au retour à l’emploi : quels dipositifs et quelle organisation mettre en place ?
Marie-Anne Montchamp, présidente
de la Caisse nationale de solidarité pour
l’autonomie (CNSA), ancien Ministre
pérennes. Dans le projet de société inclusive que nous voulons pour demain, l’entreprise tient ainsi une place structurante.
TRIBUNE OLIVIER THÉOPHILE - LVMH
LA PAROLE À… VALÉRIE FANGET - SOCIÉTÉ GÉNÉRALE
« Valeur ajoutée sociale »
« La diversité :
levier de performance »
DR
Avant de devenir le Salon
social, des ressorts encore
Handicap, Emploi & Achats
plus importants pour ceux qui
Responsables, l’initiative
ne peuvent pas travailler, de
de faire se rencontrer les
manière temporaire ou déiniÉsat et EA et leurs donneurs
tive, dans le secteur ordinaire.
d’ordre est née en 2012 chez
Nous considérons par ailleurs
LVMH. Nous voulions dévequ’il est primordial de décloilopper encore nos relations
sonner le milieu ordinaire et
avec le STPA et, pour cela,
le STPA. Si le STPA peut être
nous avions souhaité donner
un recours en cas de perte
l’opportunité à nos acheteurs,
d’autonomie, il ne doit pas y
nos resp onsables op éraenfermer le travailleur, ni être
tionnels et nos responsables
un ghetto. Il doit être ouvert
ressources humaines de renet les passerelles multiples.
contrer les établissements
Ainsi chez LVMH, nous cheret les travailleurs du secteur
chons à favoriser le recours
protégé et adapté. Fort de ce
aux travailleurs détachés.
premier succès, 2016, avec
Olivier Théophile, en charge de la
Dans cet esprit par exemple,
le concours des Echos, de
Responsabilité sociale de LVMH
nous avons créé MHEA (Moët
la Société Générale et d’EY,
Hennessy Entreprise Adaptée)
nous avons ouvert le dispositif à toutes les
en 2011 à Épernay. Cette entreprise adaptée (EA),
entreprises qui souhaitaient se mobiliser sur
qui réalise notamment des prestations d’emboîle sujet. Depuis, le chiffre d’affaires de LVMH
tage des champagnes, a été imaginée pour receavec le STPA progresse de 10 % chaque année.
voir des travailleurs de manière temporaire ou
Au-delà de l’offre de biens et de services, les étadéinitive. Pour LVMH, ce passage par MHEA est
blissements du secteur protégé et adapté (STPA)
un moyen de leur permettre de trouver un second
font un formidable travail en favorisant l’inclusoufle, de les réintégrer. Les gens sont iers d’y
sion des personnes en situation de handicap. Le
travailler. La finalité, chaque fois que cela est
travail contribue chez chacun à la construction
possible, est un retour dans le milieu ordinaire.
d’une identité complète par l’expression de son
Nous y tenons beaucoup.
talent, de ses compétences et sa motivation, il
L’impact de notre engagement et du salon est
permet aussi de participer à un projet collectif.
fort. Nous en sommes d’autant plus satisfaits
Bref, il développe l’estime de soi et crée du lien
que le STPA participe à une société plus inclusive.
La diversité est un axe majeur de
L’enjeu de la formation est égalenotre politique RH. Car c’est pour
ment fondamental : 84 % des salanous un véritable levier de perriés handicapés sont sans qualiiformance pour l’entreprise. Notre
cation. Pour cela, nous travaillons
engagement envers les personnes
sur la formation en alternance,
en situation de handicap est d’ailen accueillant par exemple des
leurs bien antérieur à la création
étudiants dans le cadre du prode notre Mission Handicap, en
gramme HandiFormaBanques.
2007, dont l’action repose sur
La contribution de Société
trois axes : le recrutement ; l’améGénérale à l’emploi et à la formanagement des postes de travail des
tion passe aussi par son engagecollaborateurs ; la sensibilisation
ment auprès du secteur du travail
des équipes, recruteurs et manaprotégé et adapté (STPA). Notre
gers au sujet du handicap et aux
objectif est de contribuer au déveproblématiques d’intégration.
loppement du parcours de proSur ces trois axes, notre politique
fessionnalisation des personnes
porte ses fruits avec notamment
Valérie Fanget, Responsable
en situation de handicap dans les
ces 10 dernières années une proInclusion & Mission Handicap
Ésat, les EA et jusqu’à l’intégration
gression de 77 % du taux d’emploi,
de Société Générale
dans nos propres structures. Nous
près de 4 000 aménagements de
accompagnons la professionnaposte et 420 recrutements de collaborateurs en situalisation de ce secteur par le financement de l’outil
tion de handicap, dont plus de la moitié en CDI. Nous
GPEC mis en place en 2015 dans les EA, mais aussi
avons également signé l’année dernière notre 4e accord
par une stratégie d’achats responsables. Nous priviléen faveur de l’emploi et de l’insertion professionnelle
gions les achats auprès du STPA, notamment dans le
des personnes en situation de handicap. Mais il y a
cadre de prestations intellectuelles et informatiques.
encore beaucoup de chemin à parcourir !
Depuis la création de notre Mission Handicap, le
Pour aller plus loin, nous sommes convaincus qu’il
chiffre d’affaires du groupe dans ce secteur a été mulest nécessaire de sortir de nos murs et de nous implitiplié par six ! Le dernier levier auquel nous croyons
quer auprès de toutes nos parties prenantes : collaboprofondément est l’innovation, valeur fondatrice
rateurs, clients, associations, pouvoirs publics, entredu Groupe, et nous venons de renouveler notre souprises sur tout le territoire. Ainsi nous avons signé en
tien à la chaire universitaire Biomecam Innovation
2016 la charte Entreprises & Handicap de l’Organi& Handicap en partenariat avec Paris Tech. Il s’agit
sation internationale du travail (OIT) qui engage le
d’un programme international d’enseignement et de
Groupe dans le monde entier et favorise les échanges
recherche focalisé autour de la modélisation biomécade bonnes pratiques en France et à l’international.
nique personnalisée du système musculo-squelettique.
DR
À l’initiative du Salon Handicap, Emploi & Achats
Responsables, LVMH considère le secteur protégé
et adapté comme un partenaire essentiel.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
4
AGIR
Chronique d’une réforme
annoncée
LA PAROLE À… LAETITIA DE MONTGOLFIER
« Un vrai engagement
pour Amazon »
Muriel Pénicaud, Bruno Le Maire et Sophie Cluzel, trois ministres au cœur de la réforme
renforce le cadre d’intervention des entreprises
adaptées et prévoit l’accessibilité numérique de
toute information publique. Dans le prolongement
de la redéinition et de la simpliication de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés, le gouvernement a programmé l’intégration de la déclaration
de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés
(DOETH) dans la Déclaration sociale nominative
(DSN) pour le 1er janvier 2020. Il prévoit également,
sans doute dans le cadre des amendements et des décrets, de revoir le dispositif d’« arrondi » des calculs
de l’OETH, ainsi que le système de minorations et
de déductions. Mais le Conseil d’État a d’ores et déjà
alerté le gouvernement sur le fait que ces modalités
de collecte de la contribution ne pouvaient être renvoyées par décret, mais devaient être inscrites dans
la loi même.
Le Plan pour la croissance et la transformation des
entreprises (Pacte), porté par le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, est le deuxième véhicule
législatif choisi pour embarquer d’autres mesures
réformant l’emploi des personnes handicapées. Il
est présenté ce lundi 28 mai à la commission Emploi
du Conseil national consultatif pour les personnes
handicapées (CNCPH).
Au second semestre 2018, une deuxième séquence du
projet de réforme devrait s’ouvrir. Elle vise l’amélioration de l’offre de services et d’aides inancières, tant
à destination des personnes en situation de handicap
que des employeurs, en s’intéressant à la gouvernance des dispositifs spécialisés et à leur meilleure
articulation avec ceux de droit commun.
Chez Amazon, nous considérons la diversité comme
une richesse. C’est le cœur
de notre engagement.
Le principe d’égalité des
chances s’inscrit pleinement dans nos valeurs,
et nous sommes très sensibles à la question du
handicap. L’an dernier,
nous avons signé avec trois
organisations syndicales
un accord sur l’emploi des
travailleurs en situation de
handicap. Recrutement,
maintien dans l’emploi,
accompagnement, recours
au secteur du travail protégé et adapté, mais aussi
formation et sensibilisation sont les priorités de
notre action.
Force est de constater qu’en
matière de handicap, les
stéréotypes sont tenaces
et les idées reçues nombreuses. C’est pourquoi,
afin de faire évoluer la
connaissance et le regard,
nos premières actions ont
concerné la communicaLaetitia de Montgolfier, Directrice des Ressources humaines d’Amazon
tion et la sensibilisation.
France Logistique
Nous avons organisé des
animations et des rencontres dans le cadre de
par exemple bénéficier d’un entretien avec un
la Semaine européenne pour l’emploi des perergonome ain de recevoir des conseils et des résonnes handicapées sur chacun de nos sites
ponses à leurs besoins. Nous offrons la possibilité
français ain de démystiier l’image du handicap.
à nos collaborateurs de contacter de façon coniNous avons réalisé des triptyques d’information
dentielle un consultant extérieur spécialisé. Les
sur la RQTH et les démarches associées.
référents handicap implantés sur chacun de nos
Tous nos managers sont formés pour qu’ils
sites sont aussi à leur disposition. Ils contribuent
puissent accompagner leurs équipes. Chacun
à déployer des actions concrètes et à porter les
d’entre nous doit être mobilisé pour promouvoir
projets d’accompagnement. Nous avons mis en
la diversité chez Amazon.
place du tutorat, des formations et des études de
Amazon veille à garantir un traitement équitable
postes. En termes de maintien dans l’emploi, des
et non discriminatoire à tous les collaborateurs,
postes de travail ont été aménagés et des travaux
mais aussi à tous les candidats qui postulent.
d’accessibilité ont été réalisés sur plusieurs sites.
Nous avons mis en place des actions d’accueil,
En parallèle, des partenariats avec les EA et Ésat
d’accompagnement et de suivi qui sont au cœur
ont vu le jour.
de notre démarche. Elles visent à leur offrir le
De nombreuses autres actions sont encore prémeilleur environnement de travail possible
vues ain de permettre de concilier parcours proain qu’ils puissent développer pleinement leur
fessionnel réussi et situation de handicap chez
potentiel. Les personnes concernées peuvent
Amazon.
DR
MC
MC
DR
Lancé en septembre dernier lors de la Conférence
interministérielle du handicap (CIH), le projet de réforme
de l’emploi des personnes handicapées devrait voir entérinées
ses premières mesures dans les prochaines semaines.
Pas moins de trois ministres (Bruno Le Maire,
Olivier Dussopt et Sophie Cluzel) avaient lancé le
premier tour de concertation – « consultation »
corrigent certains – sur le projet de réforme de la
politique d’emploi des personnes handicapées, le
15 février dernier, avec une vingtaine de partenaires
sociaux, et en présence de trois représentants du
Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH). Plus de trois mois après, le 2e tour de
concertation, principalement axé autour des accords
agréés en faveur de l’emploi des personnes handicapées et des Ecap (emplois exigeant des conditions
d’aptitude particulières), devrait s’achever demain
avec la présentation par le gouvernement d’un nouveau scénario pour entériner les premières mesures
de la réforme. Du moins pour celles inscrites dans
le projet de loi Pénicaud « pour la liberté de choisir
son avenir professionnel », l’un des deux véhicules
législatifs prévus à cet effet. Ce dernier, qui paradoxalement comporte peu de mesures spéciiques
aux personnes handicapées dans ses grandes thématiques (apprentissage, formation professionnelle…),
consacre six articles à la réforme de la politique
d’emploi qui leur est dédiée (de 41 à 46) : il maintient le taux légal de 6 %, mais avec une clause de
revoyure tous les cinq ans en fonction du nombre de
personnes handicapées dans la population active. Il
sort l’emploi indirect, à savoir le recours au secteur
du travail protégé et adapté (STPA), du calcul du
taux d’emploi, tout en permettant la poursuite de sa
déduction inancière de la contribution. Il demande
une homogénéisation entre secteurs public et privé,
COMMUNIQUÉ
BONNE PRATIQUE FIPHFP
Conventions gagnantes
L’Unapei, 1er acteur du travail adapté,
rassemble 600 Esat et
120 entreprises adaptées
partout en France.
Pour trouver un partenaire
près de chez vous :
http://carto.unapei.org
www.unapei.org
Son action est peut-être peu connue du grand
public. Pourtant, le Fonds pour l’insertion
des personnes handicapées dans la fonction publique (FIPHFP) a concouru en 2017
à 28 000 recrutements et 17 000 maintiens
dans l’emploi réalisés dans les trois fonctions
publiques : d’État, hospitalière et territoriale.
Il n’est pas étranger à la progression du taux
d’emploi des personnes handicapées dans
le public de 3,7 % à 5,5 %, avec aujourd’hui
240 000 agents en situation de handicap, soit
un quart du quasi-million de travailleurs handicapés en France.
« Afin de favoriser, de déployer, de piloter
et de structurer les politiques d’emploi des
personnes handicapées chez les employeurs
publics, tout en offrant une égalité de traitement, nous multiplions avec eux les conventions », indique Marc Desjardins, directeur
général du FIPHFP. 400 conventions ont déjà
été conclues, dont 300 directement avec des
employeurs et 100 avec les centres départementaux de gestion (CDG) qui gèrent les ressources humaines des petites et moyennes
mairies. 75 % des fonds distribués directement par le FIPHFP concernent des employeurs sous convention.
Paris est l’une des premières collectivités à
l’avoir signée. La plus grosse collectivité de
France, à la fois ville et département, emploie
quelque 3 100 agents en situation de handicap. « Depuis 2016, nous avons intégré les
questions liées à l’emploi et au maintien dans
l’emploi des personnes handicapées dans
notre politique RH de droit commun », explique Delphine Bellet, déléguée au Handicap
Ville de Paris. « Le document de suivi budgétaire de la convention FIPHFP nous sert de
tableau de bord à partir duquel nous tirons
des tendances par métier, par direction et
des pistes d’amélioration…, souligne-t-elle.
Le réseau Handipacte, prestataire de service
du FIPHFP, nous est également très précieux,
en termes de veille juridique, d’échange sur
les dificultés rencontrées et les bonnes pratiques pour y remédier. »
Dans la fonction publique hospitalière, la
convention signée entre le FIPHFP et le
Groupement hospitalier de territoire Paris
psychiatrie et neurosciences, qui rassemble
les hôpitaux Sainte-Anne, Maison Blanche et
Perray-Vaucluse, a permis la réalisation d’un
projet inédit et innovant : l’accueil en stage
d’une dizaine d’élèves inirmiers en situation
de handicap, formés dans un Institut de formation en soins inirmiers (Ifsi) du Centre de
rééducation et d’insertion professionnelle
(CRIP) 34. Ce dernier forme chaque année
une trentaine d’élèves inirmiers et aides-soignants en situation de handicap. Le FIPHFP
soutient cette école dans le cadre de la convention signée avec la Fédération hospitalière de
France (FHF) et a permis sa mise en relation
avec la référente Handicap et Inaptitude de
DR
Le Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique
(FIPHFP) impulse et soutient les bonnes pratiques des employeurs publics,
en particulier dans le cadre de conventions.
Sainte-Anne, Maylis Boxberger. « Grâce à ce
dispositif, une inirmière a été embauchée en
2015, précise-t-elle. La démarche de conventionnement assure un inancement, apporte
une approche pluridisciplinaire, permet de
faire un état des lieux et de mieux structurer
sa démarche. Un objectif de recrutement est
fixé avec le FIPHFP et plusieurs soignants
sourds ont ainsi intégré notre pôle Surdité. »
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
5
AGIR
COMMUNIQUÉ
TRIBUNE DE DIDIER EYSSARTIER
« Convertir la filière droit »
« La nouvelle offre
de l’Agefiph »
Le 12 décembre dernier, à l’occasion de la célébration
de la journée internationale des personnes handicapées, EY a lancé oficiellement son ambitieux projet
fomenté depuis plusieurs mois : ouvrir la ilière du
droit aux personnes en situation de handicap. « Le
déclic a eu lieu en février 2017 », raconte Stéphane
Baller, associé d’EY Société d’avocats. « Nous nous
étions engagés cinq ans plus tôt à recruter 14 avocats en situation de handicap dans le cadre de notre
accord et, à cette date, nous ne comptabilisions
dans nos effectifs que 4 collaborateurs », poursuit-il.
Plusieurs rencontres avec des personnes en situation
de handicap inissent par convaincre le responsable
du développement et de la recherche de talents du
cabinet qu’il doit agir : « nous avons remonté la
“ilière de production” des juristes et des iscalistes
en commençant par l’école de la cour d’appel de
Versailles (Hedac) où aucun élève avocat n’était déclaré en situation de handicap, tout comme au PréBarreau, l’un des leaders du marché de la préparation à l’accès aux écoles d’avocat ». Si, en première
année, certaines universités de droit permettent
aux jeunes en situation de handicap d’être accompagnés par des étudiants du collège de droit, cette
aide s’interrompt dès la deuxième année. L’équipe
projet sollicite également l’Association française des
juristes d’entreprises (AFJE), mais aussi l’univers
des LegalTech, ces start-up qui facilitent l’accès au
droit par le digital, avec l’association “Open Law, le
droit ouvert”, pour ouvrir la formation du juriste de
demain aux personnes handicapées. Le réseau de
partenaires est mobilisé et la feuille de route, présentée lors du Grenelle du Droit en novembre 2017, est
tracée. Il s’agit tout d’abord de sensibiliser les élèves
et les personnels des partenaires pour identiier et
former des coaches étudiants dans les universités, en
école d’avocat, et des mentors venant de l’entreprise
ou du cabinet qui accompagneront les jeunes tout au
long du parcours. Ensuite, il faut trouver des cabinets
et des entreprises, voire des juridictions, pour proposer des stages en prenant la précaution de former
l’entourage de travail à l’accueil du handicap.
« Notre objectif pour la rentrée de septembre est
d’identiier, avec les Référents Handicap des universités partenaires, une dizaine de jeunes en situation
de handicap avec des niveaux allant de la L2 au M1,
NICOLAS RAVELLI
C’est sans doute l’une des plus ambitieuses afaires
dans laquelle EY Société d’avocats a décidé de se lancer :
ouvrir la filière droit aux personnes en situation de handicap
et démontrer qu’elles peuvent répondre aux critères
de performance des cabinets.
Mathieu Juglard, non-voyant, ancien de EY pendant
un concours de plaidoirie
des dossiers académiques solides, un bon niveau
d’anglais et un intérêt pour le conseil aux entreprises », indique Stéphane Baller. Pour mobiliser
et sensibiliser les étudiants coaches et les professionnels mentors qui accompagneront ces jeunes,
EY Société d’avocats a inauguré en avril dernier un
séminaire qui a réuni 160 élèves avocats de l’Hedac.
C’est ce même séminaire “H0” qui sera déployé dans
les universités partenaires, chez les collaborateurs
d’EY et ceux de ses alliés qui accueilleront des stagiaires. Un module d’apprentissage “H1”, construit
avec la Mission Handicap d’EY et l’aide possible
d’associations, va être testé en juin pour accompagner et mettre en réseau les coaches volontaires des
universités partenaires. « Enin, passée la rentrée de
septembre 2018, nous voudrions mettre en place un
atelier “H2” qui permettrait à l’équipe de direction
d’un cabinet de pouvoir être accompagnée dans sa
rélexion sur l’apport, mais aussi les dificultés managériales d’une telle démarche et les solutions pour
les surmonter », précise Stéphane Baller. Conscient
qu’une impulsion forte du management est nécessaire, tout comme le travail sur le modèle économique des cabinets, il va organiser ce séminaire pour
inciter les patrons du secteur à prendre en compte
le handicap dans leurs schémas de développement.
L’associé d’EY Société d’avocats ne compte pas encore
déposer son bâton.
Un an après le vote de son ambitieux plan stratégique qui l’a invité à revisiter toutes ses prestations, l’Ageiph révèle sa nouvelle offre de services et d’aides financières. Elle est le fruit des
évaluations et des expérimentations régulières
que nous avons conduites pour améliorer de façon continue notre réponse aux enjeux de l’emploi des personnes handicapées. Elle s’adresse
aux demandeurs d’emploi comme aux salariés
en situation de handicap, à tous les employeurs
privés quelle que soit la taille de leur entreprise,
ainsi qu’aux travailleurs indépendants. Son évolution traduit concrètement notre volonté d’être
au service de tous et de toujours mieux répondre
aux besoins des personnes handicapées et des
entreprises.
Notre nouvelle offre va être déployée durant toute
l’année 2018. Une partie est d’ores et déjà opérationnelle, comme la plus grande accessibilité
et lisibilité de nos services et aides inancières,
répondant davantage aux besoins qu’aux statuts
(demandeur d’emploi, salarié, en formation…) ou
encore l’accompagnement direct des entreprises,
quels que soient leur taille et leur secteur, dans
la mise en œuvre et le développement d’une politique d’emploi. De nombreuses entreprises ont
déjà fait appel à ce nouveau service. Notre ambition est d’accompagner mille entreprises dans
l’année. Sur le terrain, cet appui se traduit par
du conseil et un accompagnement personnalisé
délivrés par les collaborateurs des délégations
régionales et du siège de l’Ageiph, la généralisation progressive du Réseau de référents handicap (RRH) à l’ensemble des régions et la création
d’outils méthodologiques en ligne. Un appui renforcé est également proposé aux plus petites entreprises : PME et TPE. En assurant directement
ces services, l’Ageiph dépasse ses missions initiales de collecte et de inancement pour devenir
le référent d’un réseau actif et mobilisé autour de
l’emploi des personnes handicapées.
D’autres services de notre nouvelle offre vont
être progressivement mis en place tels que les
prestations d’appuis spéciiques à certaines situations de handicap, le repositionnement des Cap
emploi, le renforcement du partenariat avec les
acteurs de droit commun (Pôle emploi, Missions
locales, Régions...). La personne en situation de
handicap ou l’entreprise doit en effet pouvoir
solliciter ces acteurs, appuyés par l’Agefiph et
les Cap emploi, pour être conseillée et aidée dans
les moments clés. Ainsi, notre offre rénovée va
INTERVIEW DE MAGALI FABRE
CGI : le numérique au service
de l’innovation sociale
Le handicap n’est aujourd’hui plus un sujet
purement RH. Au contraire, il constitue un levier pour penser de nouvelles organisations,
partenariats et offres adaptées aux enjeux
d’inclusion aujourd’hui et demain.
Au sein du secteur adapté, en sous-traitance
ou en cotraitance, nous avons découvert
des partenaires inattendus, agiles et performants. Depuis 2017, c’est du côté des startup et de l’innovation que nous cherchons à
progresser.
L’idée est toujours la même : considérer le
handicap comme un moyen de voir les sujets
sous un angle nouveau sur la forme et sur le
fond pour adapter nos services aux attentes
de la société.
Justement, quelles sont ces attentes ?
Mobilité, santé ou accessibilité sont des prérequis pour tous les citoyens, au-delà du handicap, et d’autant plus dans un contexte de
vieillissement de la population. Sur ces sujets,
la technologie a un rôle à jouer et l’écosystème des start-up sera un puissant levier de
développement.
Mais il y a aussi un autre besoin : celui de
donner du sens à son travail que l’on attribue souvent aux jeunes générations, mais qui
est en réalité un moteur pour de nombreux
salariés. Permettre à des développeurs, ingénieurs, chefs de projet, recruteurs, acheteurs,
etc. d’exercer leur responsabilité sociale et
d’œuvrer à leur échelle pour plus de diversité
et d’ouverture, c’est également possible grâce
à cette nouvelle vision globale et transverse.
Vous avez des indicateurs, des exemples ?
Le plus évident des indicateurs, c’est notre
taux d’emploi qui augmente ainsi que le
nombre de déclarations spontanées. Mais,
au-delà des chiffres, il se passe depuis plusieurs années de belles choses au sein de
CGI : des collaborateurs qui participent à des
groupes de travail sur des innovations pour
faciliter l’inclusion (à la suite d’hackathons),
des intégrations réussies grâce à la collaboration de tous les acteurs RH et opérationnels,
la mise en place de projets pilotes pour des
besoins spécifiques tels que la malentendance ou l’autisme Asperger...
Et quelles sont les prochaines étapes ?
L’enjeu est de poursuivre et d’ancrer les
bonnes pratiques dans des fonctionnements systématiques. Notamment en ce qui
concerne la sous-traitance et la cotraitance,
DR
CGI expérimente depuis quelques
années différents dispositifs pour
intégrer des personnes en situation
de handicap dans les métiers du
numérique. En quoi peut-on parler
d’innovation sociale ?
Magali Fabre, Responsable Mission Handicap
CGI
nous sommes loin d’avoir exploité l’ensemble
des potentialités de sujets de collaboration.
Cela prend du temps pour identiier, former,
accompagner l’ensemble de l’écosystème à
cette transformation.
De la même manière dans le domaine de
l’innovation, CGI participe à la création de la
Handitech pour déployer les innovations et
les rendre accessibles au plus grand nombre.
SYLVIE SCALA
BONNE PRATIQUE EY
Didier Eyssartier, Directeur général de l’Agefiph
permettre des parcours professionnels mieux
sécurisés, en évitant au maximum les ruptures,
centrée sur la compensation du handicap et dans
une logique de complémentarité avec les dispositifs “tout public”.
Dans le cadre de sa double mission de mobilisation du monde économique et social, l’Ageiph agit aux côtés des acteurs publics et veille
qu’à l’échelle nationale et régionale l’emploi des
personnes en situation de handicap bénéficie
de l’ensemble des programmes de droit commun, comme du Plan d’investissement pour
les compétences (PIC) dont elles devraient représenter environ 15 % du public cible des personnes les plus éloignées de l’emploi. D’ici à la
in de l’année, l’Ageiph va également mettre en
place des “Ressources Handicap Formation” en
coconstruction avec les Régions pour permettre
aux personnes handicapées de disposer d’une
compensation adaptée pour s’engager de manière sécurisée dans la formation.
L’évolution stratégique et la nouvelle offre de
l’Ageiph s’inscrivent pleinement dans le projet
de réforme de l’emploi des personnes handicapées du gouvernement auquel elle participe
activement en partageant ses informations, son
expérience et son expertise avec les pouvoirs publics, les partenaires sociaux et les associations.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
6
SOUS-TRAITER
“Handi-sous-traitez” !
INTERVIEW DE BÉATRICE AMSELLEM - RÉSEAU GESAT
« Une inclusion économique,
sociale et citoyenne »
Les politiques de responsabilité sociale des entreprises (RSE)
prennent de plus en plus d’importance dans les opportunités
business. La sous-traitance inclusive auprès du secteur
du travail protégé et adapté (STPA) et des travailleurs
indépendants handicapés (TIH) participe de ces stratégies.
En quoi le secteur du travail protégé et
adapté est un acteur clé de l’économie ?
ALEXANDRA LUTHEREAU
Le rôle fondamental du secteur du travail protégé et adapté (STPA) est l’inclusion par le travail.
Travailler en Établissements et services d’aide
par le travail (Ésat) et en entreprises adaptées
(EA) est pour les personnes handicapées un facteur de participation à l’économie française, mais
cela leur permet également d’être acteur de leur
vie en même temps que citoyen à part entière. La
philosophie de ce secteur doit donc être pensée
en termes d’apport humain et pas uniquement
de gains inanciers.
Comment réussir à développer ses achats
responsables ?
JÉRÔME DEYA
développent également des actions pour favoriser le
développement de ces achats responsables.
La sous-traitance au secteur du travail protégé et
adapté (STPA) ne cesse de s’adapter et le contour
législatif permettant son recours d’évoluer. Parmi
les dernières modiications, la loi de 2015 « pour la
croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques », dite « loi Macron », entrée en vigueur à partir de 2016, permet aux entreprises soumises à l’obligation d’emploi de personnes handicapées de remplir
une partie de leur obligation d’emploi en recourant à
des travailleurs indépendants handicapés (TIH). Dans
la loi de inances 2018, le nombre d’aides au poste augmente de 23036 à 24026 ETP, soit 1000 aides au poste
supplémentaires pour les entreprises adaptées (EA).
Par ailleurs, la réforme du mode de inancement des
entreprises adaptées est reportée à 2019. En effet, elle
induirait une baisse de 8 millions d’euros du montant global de l’aide, en plus d’une baisse de 9 millions
d’euros de subvention spéciique. Enin, dans le projet
de loi pour la Liberté de choisir son avenir professionnel porté par la ministre du Travail Muriel Pénicaud,
l’article 44 prévoit que, tout en restant déductible de
la contribution, le recours au STPA sorte du calcul du
taux d’emploi des personnes handicapées.
Pour les acheteurs aujourd’hui, il est important d’imaginer de nouvelles formes de partenariats avec les Ésat et EA, qui aillent au-delà
de la relation client/fournisseur traditionnelle.
La curiosité et l’ouverture d’esprit doivent être
leurs maîtres mots à l’égard d’un secteur qu’ils
connaissent parfois encore mal. Le STPA allie
l’humain, la réponse professionnelle et l’engagement. Il apporte un travail de même qualité que
celui réalisé par le milieu ordinaire. Ce secteur
encore trop méconnu est une source de nouvelles
richesses pour l’entreprise qui permettent à la
fois de faire grandir les entreprises et progresser
les travailleurs handicapés.
Vous insistez sur l’innovation en tant
qu’atout majeur du STPA. Que permet-elle ?
En effet, l’innovation n’est pas uniquement
le champ des start-up et des grands groupes
Béatrice Amsellem, Directrice générale
Réseau Gésat
du milieu ordinaire. Les « PME » du STPA ont
l’habitude d’être adaptables, réactives, et autant que possible à la recherche d’innovations
(techniques, organisationnelles) pour répondre
aux besoins des entreprises. Ce potentiel du STPA
doit être accompagné par les entreprises et il est
important qu’elles soutiennent le développement
des partenariats en cotraitance. Ces nouveaux
modes de contractualisation mettent en mouvement les parties prenantes (les structures du
STPA autant que les entreprises) et offrent un
modèle qui « engage ».
C’est le message que le Réseau Gésat diffuse
auprès des Missions Handicap et des donneurs
d’ordres des entreprises privées et publiques, de
la PME au grand groupe, qu’il accompagne dans
le développement de leurs relations avec les Ésat
et EA.
LE POINT DE VUE D’ARNAUD MINVIELLE - ADRA
« Un état d’esprit
à cultiver »
Arnaud Minvielle, ex-directeur Achats du groupe BPCE,
est devenu secrétaire général de l’Association
des directeurs et responsables achats (Adra),
qui compte aujourd’hui 110 membres issus de grands
groupes comme de plus petites structures.
Depuis la création de l’Adra,
En parallèle, la mise en place
en 2002, nous avons vu la
d’unités bénéiciaires a balayé
Responsabilité sociale des
les réticences liées au fait
entreprises (RSE) se dévelopque ces entreprises adaptées
per, en particulier dans les
pouvaient être plus chères
grands groupes. Si, concerque d’autres fournisseurs
nant l’emploi indirect de
classiques. Autre évolution
travailleurs handicapés, ils
intéressante : l’apparition de
furent incités, au départ, par
contrats tripartites entre un
la réglementation (pour remgroupe, son fournisseur habiplir son obligation de 6 %
tuel et une entreprise du STPA.
d’employés en situation de
C’est, par exemple, ce que j’ai
handicap, une entreprise peut
mis en place chez BPCE pour
comptabiliser jusqu’à 3 % les
répondre au besoin de numépersonnes qu’elle fait travailriser des dossiers clients :
ler dans le secteur du travail
nous avons demandé à notre
protégé et adapté, ndlr), ils se
fournisseur de faire appel, en
sont ensuite emparés du sujet
sous-traitance, à une société
au point de souvent dépasser
Arnaud Minvielle, Secrétaire
dont les employés handicapés
les impératifs réglementaires.
général de l’Adra
étaient spéciiquement formés
Ainsi, au sein du groupe
à la scannérisation. Une expéBanque populaire Caisse d’épargne (BPCE), j’ai
rience très réussie, dont j’ai témoigné auprès des
vu de nouveaux usages s’installer et finir par
adhérents de l’Adra lors d’un événement spécientrer totalement dans les mœurs, comme le
ique avec les groupes LVMH et Pierre & Vacances,
recours à un annuaire achats comportant systous deux très en pointe en matière de politique
tématiquement, dans toutes les catégories, des
handicap et d’achats responsables. Aujourd’hui,
références d’entreprises du STPA. Concevoir un
avec Sylvie Noël, présidente de l’Adra, nous contiannuaire spécialisé est d’ailleurs un de nos projets
nuons à accompagner cette démarche, que ce soit
au niveau de l’Adra : nos adhérents ont besoin de
à travers des événements auxquels nous particicontacts et d’informations sur les bonnes prapons, comme le Salon Handicap du Groupe Les
tiques de ce secteur. Rappelons que ce dernier
Echos, ou lors d’autres que nous organisons, tels
a beaucoup évolué en dix ans : des PME, réunisles Jeudis de l’Adra, une fois par mois. C’est un état
sant au départ quelques personnes, ont grandi
d’esprit à cultiver chez nos adhérents, notamment
et se sont surtout professionnalisées. De jeunes
les plus petites entreprises qui n’ont pas le même
diplômés de grandes écoles de commerce y sont
niveau de sensibilisation et d’engagement. Le but,
entrés et les ont réorganisées ain qu’elles puissent
c’est que le recours au secteur protégé fasse parrépondre aux demandes de grands comptes aux
tie du fonctionnement habituel d’une entreprise.
exigences de qualité toujours plus importantes.
Et il y a encore du travail !
DR
200000 emplois en France. Voilà ce que représentent
les effectifs des entreprises adaptées (780 EA en
France), Établissements et services d’aide par le travail (1 350 Ésat) et travailleurs indépendants handicapés (75040 TIH en France en 2017). Les entreprises
de plus de 20 salariés peuvent remplir leur obligation d’emploi de personnes handicapées – à hauteur
de 50 % au maximum – en y recourant. Selon une
enquête de la Fédération des entreprises d’insertion,
42 % des entreprises qui y font appel indiquent le
faire dans une démarche citoyenne et RSE à l’égard
des personnes handicapées. Au-delà des idées reçues, le STPA ne réalise pas uniquement des prestations de conditionnement, d’entretien d’espaces
verts ou de blanchisserie. Il intervient aussi dans les
secteurs de la communication, de l’événementiel, des
nouvelles technologies, de l’aéronautique, etc. Il fait
encore l’objet de préjugés. Ainsi 54 % des entreprises
publiques et établissements privés pensent que
le STPA est moins attentif aux besoins du client et
53 % d’entre eux pensent que les Ésat-EA sont moins
réactifs que des fournisseurs traditionnels. Pourtant
98 % des entreprises et établissements publics sont
satisfaits des Ésat et EA avec lesquels ils collaborent.
Parmi les nouvelles formes de partenariats, la cotraitance, c’est-à-dire la mise en place d’un contrat
tripartite entre un donneur d’ordre, un sous-traitant
du milieu ordinaire et un autre du STPA, est une tendance forte.
Pour développer et réussir une politique d’achats
responsables, cinq attitudes clés peuvent dessiner
la feuille de route. Il est primordial d’analyser ses
familles d’achats, ses besoins, ses contraintes et
d’identiier les prestataires du secteur susceptibles
de pouvoir y répondre. Ensuite, rencontrer les structures ou les indépendants, grâce notamment au Salon
Handicap, Emploi & Achats Responsables. Puis,
échanger et coconstruire la mission : qualité exigée,
délais, rendu de la prestation, contraintes de part et
d’autre… Pour commencer : sous-traiter une mission
simple à réaliser et qui sera facile à expliquer aux
salariés de l’entreprise. Enin, il est important d’informer et de sensibiliser en interne les collaborateurs.
Des associations nationales peuvent vous aider à
réussir vos achats, par exemple le Réseau Gésat, qui
accompagne les entreprises dans leurs achats responsables ; l’Union nationale des entreprises adaptées
(Unea) qui promeut et défend les EA ; TIH Business
qui met en relation les travailleurs indépendants handicapés et les donneurs d’ordres. Des associations de
responsables achats comme le CNA ou encore l’Adra
COMMUNIQUÉ
Son HANDICAP
ne l’a pas empêché
de développer
des compétences
te
#SEEPH2018
#SANSLIMITES
Doctorante en chimie
Championne du monde de handi-escalade
en catégorie «amputé jambe» en 2016
Entreprises, rejoignez-nous !
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
7
SOUS-TRAITER
COMMUNIQUÉ
L’Unea, nouvelle formule
« L’humain avant tout »
L’Unea a pour mission de dédes personnes en situation de
fendre et de représenter les
handicap.
entreprises adaptées (EA) auDans la continuité des dé près des pouvoirs publics, des
marches de professionnalisaadministrations, ainsi que des
tion et RSE déclinées pour les
entreprises publiques et prientreprises adaptées, l’Unea
vées, tout en se portant garante
compte valoriser ses prestations
de leurs valeurs. En soutenant
à valeur ajoutée sociale : gestion
la création et le développement
prévisionnelle de l’emploi et
des EA, en participant à la prodes compétences, formation,
fessionnalisation de leurs difaccessibilité numérique, avec
férents acteurs, et en facilitant
une attention particulière porles échanges entre les acteurs
tée aux jeunes et aux seniors en
des territoires, l’Unea concourt
situation de handicap, font parà la progression et à l’amélioratie des axes RH poursuivis ain
Pénélope Guy, Responsable
tion de l’emploi des travailleurs
de développer et de pérenniser
des partenariats et filières
handicapés.
l’emploi des personnes en situamétiers de l’Unea
Dans cet esprit, l’Unea, avec les
tion de handicap.
entreprises adaptées adhérentes
L’Unea travaille également sur
et les membres du Consortium (Anact – 2APH –
un outil de diagnostic qui permettra aux entreCheops – CLPS Scop – Scop Co-Savoirs – Différent
prises d’évaluer leur politique globale d’emploi
& Compétent Réseau – Fagerh – Préférence
des personnes en situation de handicap et leur
Formations – UNML), a conçu un programme
politique achats et de disposer de leviers d’acd’une vingtaine d’actions pour les cinq protions opérationnels et adaptés à leur contexte.
chaines années. Ensemble, ils ont identiié des
Riche de nombreux accompagnements, l’Unea
leviers pour répondre aux enjeux majeurs du
souhaite dupliquer ses actions sur tous les
secteur adapté : le développement économique
territoires. Pour exemple, voici deux récentes
des entreprises adaptées, la professionnalisation
illustrations réussies du modèle qu’elle souhaite
des personnes en situation de handicap, l’accès
développer :
à l’emploi des jeunes, ou encore l’accessibilité de
• Dans le cadre d’un partenariat avec l’associal’offre de formation…
tion Aides, l’Unea a appuyé la création d’une
Dans le cadre de son plan stratégique « Cap 2016 »
plateforme logistique prise en charge par les
et à la suite d’une expérimentation menée en
entreprises adaptées.
Grand Ouest en 2014, l’Unea a décidé de créer un
• La conception et l’animation de formation/
réseau territorial de chargés de mission, salariés
action personnalisée d’acheteurs du Crédit
de l’Union qui, en appui aux Délégués régionaux
Mutuel Arkea, ponctuée par une matinale de
(dirigeants d’EA bénévoles), ont pour objectif de
“business meeting” avec les entreprises adaprenforcer la proximité des EA avec leurs parties
tées du territoire.
prenantes.
Sa volonté d’ouverture et de réseau dépasse les
La nouvelle offre de l’Unea prévoit un accomfrontières : cofondatrice in 2017 de l’association
pagnement renforcé des entreprises de taille
EuCIE, première fédération européenne des
intermédiaire (ETI) et des grands comptes : une
entreprises inclusives et adaptées, l’Unea entend
mise en relation avec les EA du territoire, mais
faire la promotion des performances inclusives
aussi de la formation et un accompagnement
du modèle entreprise adaptée en Europe et
dans la mise en œuvre de leur politique d’emploi
même au-delà.
L’Association pour l’insertion et la réinsertion professionnelle
et humaine des handicapés (ANRH), de marque commerciale
ANR Services, a fait de la qualité de vie au travail des salariés
de ses entreprises adaptées (EA) un axe stratégique,
en prolongement de sa démarche qualité Iso 9001.
INTERVIEW DE NATHALIE DELEVILLE - CNA
« Faire des achats une fonction
de plus en plus responsable »
En quoi votre mission peut favoriser
l’emploi des personnes handicapées
et le recours au secteur du travail protégé
et adapté ?
refondu : en septembre nous disposerons d’un
nouvel outil en ligne, plus performant et bien
plus rapidement exploitable. Nous serons aussi
davantage réactifs et pourrons mener des enquêtes avant et après des salons comme celuici, dont nous avons fait la promotion il y deux
semaines auprès de 800 directeurs achats venus
de toute la France pour notre rendez-vous annuel, l’Université des achats. Aujourd’hui, nous
souhaitons témoigner de l’engagement social
du CNA. Le Salon Handicap
va nous permettre de rencontrer d’autres prestataires pour
développer et animer nos
réseaux, d’autant que nous
bénéicions d’une couverture
nationale et que nous pouvons
épauler des actions en région,
comme celles d’entreprises de
sourcing par exemple.
DR
Mon rôle est de servir la vocation du Conseil
national des achats (CNA), qui est de favoriser le
partage et le relais d’informations auprès de nos
adhérents, soit 13 000 hommes et femmes acheteurs et directeurs achats au sein d’institutions
publiques, de grandes entreprises, de PME, de start-up...
Informer et mettre en relation
sont deux actions capitales
pour faire avancer les choses
en matière de handicap. Cela
passe par l’organisation de
temps d’échanges (conférences thématiques, groupes
d’étude et de benchmark…),
la réalisation d’enquêtes, la
Que proposez-vous
production et diffusion de
en particulier sur le Salon
revues spécialisées, mais égaHandicap ?
lement par la participation
à plus de 150 événements
par an sur toute la France
Il y a encore beaucoup d’apautour de l’action éconopréhension et d’interrogamique et sociale, comme
Nathalie Deleville, Déléguée
tions autour de l’emploi de
le Salon Handicap, Emploi
générale du CNA
personnes en situation de han& Achats Responsables ce
dicap. Les acheteurs peuvent
mois-ci, à Paris, ou le Forum des Achats publics
hésiter, ne pas savoir comment s’y prendre, se
à Lyon, en mars dernier. Ces sujets me tiennent
demander si la qualité sera là, si les prestations
particulièrement à cœur et je compte bien les
réalisées par des entreprises adaptées seront au
développer avec mon équipe de permanent(e)s
même niveau que les autres… alors qu’elles sont
– dont une personne est en situation de handiparfois plus créatives que celles des fournisseurs
cap – pour faire des achats une fonction de plus
classiques, et qu’elles œuvrent dans de nomen plus responsable, et pas seulement purement
breux domaines différents. Pour développer la
économique.
coniance, nous organisons sur le salon un atelier spéciique et très pragmatique avec l’aide de
Comment mesurer l’impact de votre action ? Maître Ludovic Midol-Monnet, avocat spécialiste
des clauses sociales. Nous expliquerons notamGrâce à des partenariats avec des sociétés
ment comment mieux rédiger un appel d’offres,
d’enquêtes et d’analyses, à la contribution à un
comment apporter une dimension sociale à l’objet
baromètre, nous voyons le secteur des achats
du marché, comment travailler sur les critères
évoluer, les tendances se dessiner. Notre système
d’attribution et les spéciications techniques. Tout
d’information sera d’ailleurs bientôt entièrement
ce qui peut lever les freins vis-à-vis du handicap.
L’EA d’Étampes, dans l’Essonne, emploie plus
de 40 agents de production qui assurent le
service après-vente d’une des plus grandes
marques mondiales de cafetières à capsules.
« C’est un très beau modèle qui participe pleinement à notre engagement responsable et
solidaire et à notre démarche de développement durable en luttant contre l’obsolescence
des produits », explique Christine Auclair,
directrice des opérations d’ANR Services
Paris. Avec l’un des leaders mondiaux du petit
électroménager, qui lutte également contre
l’obsolescence programmée, ANR Services
essaime sur d’autres établissements le même
service après-vente (SAV). « Ce sont les premiers à avoir affiché le logo “réparabilité
10 ans” et ils ont donné l’agrément à nos EA
pour la réparation de leurs appareils », précise Arnaud Pascal directeur des opérations
de l’EA d’Étampes.
ANR Services a obtenu la certification
Iso 9001 pour l’ensemble de ses activités en
B to B et en B to C avec 25 sites en France et
1 800 collaborateurs.
De nombreuses prestations (blanchisserie,
imprimerie, saisie de données, vidéocodage…) permettent aux entreprises, quelle
que soit leur taille, d’identiier des solutions
à leurs besoins.
ANR Services, au-delà de la satisfaction client,
a élargi sa démarche à l’ensemble des parties
intéressées : les clients, les partenaires, les
travailleurs, les fournisseurs… « Notre EA de
Paris fait par exemple partie des 10 premières
EA signataires de la charte Relations fournisseurs responsables sous l’égide du médiateur
des entreprises à Bercy, souligne Christine Auclair.
Mais notre priorité ce sont les hommes et les femmes
qui sont au cœur de notre activité, poursuit-elle. Il
ne faudrait pas, sous les pressions économiques et
politiques pesant sur notre secteur et les exigences
accrues de rentabilité et de productivité, que nous
nous détachions des valeurs humaines, ADN de notre
association. »
ANR Services mène une véritable démarche de qualité de vie au travail et d’accompagnement. Chacun des
opérateurs coconstruit un projet professionnel, objet
de l’engagement d’accompagnement. Tous les encadrants opérationnels ont suivi une formation animée
DR
BONNE PRATIQUE ANRH
DR
TRIBUNE DE PÉNÉLOPE GUY
par l’Aract Paris sur ce thème. À la suite de cette formation, plusieurs actions ont été lancées dans les
EA d’ANR Services, comme l’indice de satisfaction
des salariés, de réunions d’expression collective ou
encore de iches d’alerte sur les risques psychosociaux. « Dans le cadre de nos axes stratégiques, nous
sommes vigilants au bien-être au travail, au développement des compétences de nos salariés, à l’égalité
femmes hommes… », énumère Arnaud Pascal.
« Le développement durable, déclare Christine
Auclair, c’est aussi et surtout accompagner tout au
long de leur carrière les collaborateurs en situation
de handicap dans un monde actif. »
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
8
INNOVER
COMMUNIQUÉ
La filière s’anime
Selon l’OMS, le marché potentiel de l’accessibilité numérique
concernerait 12 millions de personnes en situation de
handicap. Si les entreprises ne sont pas contraintes par la loi,
elles sont nombreuses à voir l’intérêt de cette question
et à mettre leurs savoir-faire au service de l’accessibilité.
APF Entreprises déploie une stratégie d’anticipation des métiers
en tension en vue de positionner durablement ses collaborateurs
en situation de handicap sur des secteurs d’activités à forte
croissance. Illustration avec le lancement de sa nouvelle activité
« films d’animation ».
Roger Voice, une application de reconnaissance
l’accessibilité numérique est vaste et garantit
vocale, qui permet aux sourds et malentendants
un accès pour tous à ces progrès. L’enjeu est que
de téléphoner via une transcription écrite et inschaque acteur de l’économie saisisse l’opportutantanée de la voix en texte ; Inside Vision, une
nité business qu’une telle politique offre. Pour
tablette tactile dotée d’un clavier braille virtuel ;
cela, les entreprises peuvent s’appuyer sur les
Ava, une application qui convertit les messages
spécialistes de l’accessibilité numérique, tels que
vocaux en messages textes ; IVèS, une plateforme
Océane Consulting, cabinet conseil en technolode communication s’adressant aux personnes
gie de l’information, spécialiste de
sourdes et malentendantes qui propose des
l’accessibilité numérique et édisolutions de visio-interprétation et des relais
teur de l’Observatoire de l’accestéléphoniques ; Autic
sibilité numérique. Elles pourront
solutions numériqu
ainsi offrir à leurs collaborateurs
(applications et tablet
comme à leurs clients les outils
Amikeo) pour l’auton
numériques les plus accessibles.
mie et l’apprentissage d
À ce jour, trois lois prépersonnes en situation
c i s e n t l a q u e s t i on d e
handicap mental... Com
l’accessibilité numérique,
en attestent les esp
sans contraindre les
« Accessibilité numérique »
entreprises privées. La
et « Innovations et start-up »
loi de février 2005, dite
du Salon Handicap, Emploi &
loi « handicap » (art. 47),
Achats Responsables, les innoimpose l’accessibilité
L’accessibilité numérique fait l’objet
vations concernant l’accessibilinumérique à « tous les
de nombreuses innovations
té numérique sont nombreuses.
services de communicaPartenaire de l’espace Accessibilité du Salon,
tion publique en ligne des services de l’État, des
Orange, pour sa part, accompagne depuis 2010
collectivités territoriales et des établissements
des start-up développant des solutions dans le
publics qui en dépendent ». La loi pour une
domaine des télécommunications (telle Roger
République numérique de 2016 (art. 106) réafVoice citée plus haut) ou au-delà. Certaines inirme l’obligation des services publics de rendre
novations développées par les start-up, que le
accessibles leurs sites Internet, extranet, intranet,
groupe Orange incube, intègrent l’offre de serleurs applications mobiles et progiciels métiers
vices de l’opérateur…
(décrets d’application non publiés). L’obligation
L’accessibilité numérique recouvre l’ensemble
est étendue à toutes les entreprises délégataires
des règles et bonnes pratiques (fonctionnelles,
d’une mission de service public. Par ailleurs,
éditoriales, techniques, graphiques…) qui
les entreprises privées dont le chiffre d’affaires
concourent à l’accès pour tous des documents
dépasse un certain seuil devront également être
numériques (sites web, logiciels, pdf, documents
accessibles aux personnes handicapées. Enin,
word, e-mails…), y compris pour les personnes
la loi El Khomry, dite loi « travail », d’août 2016,
handicapées quelle que soit leur situation de
demande aux entreprises d’assurer l’accessibilité
handicap. Chacun doit en effet pouvoir accéder
numérique de leurs postes de travail.
au même niveau d’information, selon ses besoins
Le projet de loi pour la liberté de choisir son aveet usages propres.
nir professionnel porté par la ministre du Travail
Les nouvelles technologies du numérique perMuriel Pénicaud prévoit dans son article 45 une
mettent et accentuent les opportunités d’ofrévision de la loi sur l’accessibilité numérique.
frir une société plus inclusive. Le champ de
À suivre donc…
Il y a tout juste un an, le réseau d’Ésat (Établissements
et services d’aide par le travail) et d’entreprises
adaptées (EA) d’APF Entreprises réussissait un pari
insensé et loin d’être gagné d’avance : présenter de
manière ludique les résultats d’APF France handicap
aux administrateurs et élus de l’association lors de
son assemblée générale. Leur idée : communiquer
via un ilm d’animation réalisé par leurs soins.
« Nous sommes partis du constat que, dans les Ésat
et EA d’APF Entreprises, beaucoup d’activités étaient
tournées vers le graphisme print et disposaient de
studios, d’outils, de logiciels et de talents de création… et, avec la diminution chaque année de la communication print, risquaient de décroître »,
explique Serge Widawski, directeur national
APF Entreprises. « Pour sauvegarder les emplois, j’ai alerté les directeurs de ces établissements ain de réléchir à des projets d’évolution, voire de transformation, et de s’orienter
vers le film d’animation », poursuit-il. APF
Entreprises se lance alors dans une étude
de marché et part de plusieurs constats :
l’animation est un fort secteur en développement. Il représente actuellement en France
près de 10 % de la production audiovisuelle
et emploie plus de 5 000 salariés. Le ilm d’animation n’existe pas encore vraiment dans les entreprises
et c’est un secteur qui n’a pas encore été investi par
les acteurs du milieu adapté et protégé. Les grandes
sociétés de films d’animation n’ont pas accès aux
entreprises ou ne les prospectent pas. « Pour nous,
un boulevard », s’exclame avec enthousiasme Serge
Widawski. Un enthousiasme à peine douché par les
avis de ces proches qui à l’époque n’y croient pas. Et
puis un jour, en 2017, un directeur des achats d’un
grand groupe partenaire vient le rencontrer pour
lui conier qu’il doit mettre en place un logiciel dont
personne ne veut. « Je lui ai proposé de réaliser un
ilm d’animation pour sensibiliser et convaincre ses
acheteurs. Il a dit “banco”. Le ilm a beaucoup plu
et a rempli son objectif », indique-t-il. À partir de là,
le directeur d’APF Entreprises réunit les directeurs
d’établissements intéressés pour un séminaire de
deux jours sur tous les métiers du ilm d’animation,
animé par un jeune monteur professionnel. Une
BONNE PRATIQUE APF ENTREPRISES
demi-douzaine d’établissements s’engage dans le
projet. Les salariés et usagers, dont les compétences
en graphisme, création, dessin… sont identiiées, sont
formés sur les logiciels d’animation.
Aujourd’hui, 7 Ésat et EA participent à cette ilière
avec 70 personnes en formation. Grâce au numérique, chaque établissement intervient selon ses
compétences propres : l’un travaille sur les décors,
l’autre sur les personnages, le dernier sur le script…
Seules les voix sont pour l’instant sous-traitées.
En un an, dix ilms d’animation ont déjà été réalisés
pour le service Communication APF France handicap, Engie, la Croix-Rouge… Les directeurs des achats
APF ENTREPRISES
DR
Accessibilité numérique :
une opportunité business
d’autres grands groupes ont été approchés. « Nous
avons une dizaine de commandes en cours et de
nombreuses commandes potentielles en attente »,
annonce Serge Widawski. Mais le directeur voit plus
loin : « À terme, APF Entreprises pourra proposer des
prestations de motion design et de videotelling pour
la réalisation de ilms complets. » Le réseau a également pour ambition de réaliser des prestations de
sous-traitance de l’animation de certaines parties de
gros projets d’animation pour les leaders du marché
(compositing).
« Cette nouvelle activité située à la confluence du
numérique et de la communication, deux filières
phares d’APF Entreprises, s’inscrit dans l’évolution
naturelle des métiers du graphisme et de l’audiovisuel que nous proposons, souligne le directeur d’APF
Entreprises. Elle illustre notre volonté d’intégrer nos
collaborateurs dans une démarche de gestion prévisionnelle des compétences… Ces métiers leur sont
accessibles… et en plus ils s’éclatent ! »
LA PAROLE À… PHILIPPE TROTIN - MICROSOFT
« De l’intelligence artificielle,
mais pas uniquement… »
QUEDES
Grands groupes internationaux
ETI
PME
Start-ups
Organismes publics
20 000
86
@MazarsFrance
Audit Financier I Consulting I Financial Advisory Services I Accompagnement comptable et financier I Fiscalité I Actuariat et Finance quantitative
Mazars . 61, rue Henri Regnault, 92075 Paris-La Défense Cedex . www.mazars.fr . Société Anonyme à conseil d’administration . 784 824 153 RCS Nanterre.
CHIFFRES
Depuis l’arrivée de Satya Nadella à la tête de
Microsoft, l’entreprise s’est donné pour mission d’ « offrir à chaque individu et à chaque
organisation les moyens de réaliser ses ambitions ». Cette mission se décline en trois priorités : la conception universelle, qui permet le
développement de solutions pour l’ensemble
des utilisateurs ; la transparence sur l’accessibilité des produits, ain de garantir à tous
une bonne vision des usages possibles ; et le
développement d’une culture d’entreprise
plus inclusive, au travers d’une politique de
recrutement ouverte. Sous l’impulsion du
patron de Microsoft, père de deux enfants
handicapés, le groupe s’est fortement engagé
sur le développement et l’utilisation de l’intelligence artiicielle (IA) au service de l’accessibilité numérique. Le groupe a ainsi annoncé,
le 7 mai, un investissement de 25 millions de
dollars sur cinq ans pour aider développeurs,
entreprises et chercheurs à mettre au point
des produits et solutions d’IA à destination
des personnes en situation de handicap.
En France, Microsoft soutient également le
projet “Université Aspie-Friendly”, qui a pour
ambition d’améliorer l’intégration universitaire et professionnelle d’étudiants souffrant
de troubles du spectre de l’autisme (TSA) sans
déicience intellectuelle (syndrome d’Asperger), à travers un nouveau cursus et le parrainage d’entreprises. Coordonné par l’université fédérale Toulouse Midi-Pyrénées et porté
par le professeur Bertrand
Toulouse III – Paul Sabatier.
Monthubert, ce projet est
Le Salon Handicap, Emploi
soutenu par le Programme
& Achats Resp onsables
d’investissement d’avenir
2018 représente l’opportu(PIA) 3 de la Banque publique
nité pour Microsoft France
d’investissement (BPI), dont
(1 600 personnes) de présenla dotation s’élève à 7 milter ses solutions d’accessibilions d’euros sur dix ans.
lité numérique et, au-delà,
L’université Aspie-Friendly
de montrer comment les
rassemble à ce jour 15 étainnovations technologiques
blissements d’enseignement
aident à rendre notre monde
et 10 partenaires en France,
plus inclusif. C’est aussi, indidont deux entreprises,
rectement, un moyen de faMicrosoft et Auticonsult.
voriser l’intégration sociale
Chacun apporte ses compéet l’emploi de personnes
tences, que ce soit en matière
en situation de handicap :
d’expertise sur l’autisme,
si les entreprises disposent
d’innovation pédagogique,
Philippe Trotin, Référent
d’un environnement plus
de technologies numériques
handicap chez Microsoft
accessible, elles seront plus à
ou encore d’inclusion de
France
même de recruter des travailpersonnes en situation de
leurs handicapés... Le Salon
handicap. Microsoft aidera en particulier
Handicap, Emploi & Achats Responsables
sur les outils numériques – dans le cadre
est encore l’occasion d’attirer de nouveaux
du projet en lui-même, mais aussi pour les
talents chez Microsoft. Les études montrent
étudiants (création de communautés) et les
que les sociétés qui embauchent une mainentreprises les parrainant (création d’espaces
d’œuvre plus diversiiée sont plus innovantes
de travail et d’échange) – et sur la recherche
et plus performantes que les autres – des end’entreprises référentes. En attendant un
jeux vitaux quand on se veut en pointe dans
cursus spécifique (2020), une expérimences domaines. Il permet, enfin, d’entrer en
tation sera lancée à la rentrée 2018 auprès
contact avec des entreprises adaptées afin
d’une quinzaine d’étudiants en ilières sciende mettre en place une politique volontariste
tiiques et mathématiques à Cergy-Pontoise et
d’achats plus solidaires.
DR
PLUS
DES VALEURS
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
9
INNOVER
Start-up : prêtes à embaucher
des personnes handicapées ?
Les start-up proposent des solutions innovantes dans
les domaines de l’accessibilité, de la santé et de la prévention
des risques, qui révolutionnent la vie quotidienne des personnes
handicapées. Mais comment se comportent-elles en matière
d’emploi des personnes handicapées ?
FOTOLIA/FOTOINFOT
« Ce n’est pas une priorité », « les compétences priment »,
« la croissance rapide et l’exigence de rentabilité d’une
start-up ne permettent pas forcément à ses fondateurs
de prendre le temps de réléchir aux critères de diversité
dans l’emploi. » Les start-uppers à qui l’on demande leur
sentiment vis-à-vis de l’embauche des personnes handicapées répondent de façon pragmatique.
Si certaines start-up se penchent sur ce sujet, c’est encore
bien souvent parce que les fondateurs sont eux-mêmes
touchés, de près ou de loin, par le handicap ou que la
valeur ajoutée des recrues est primordiale. Plusieurs
start-up ont en effet axé leur recrutement sur des personnes autistes Asperger, très recherchées dans les nou-
veaux métiers de l’informatique et de l’analyse des données. C’est le cas d’Avencod, d’Asperteam, d’ASPertise,
d’Auticonsult…
L’ENS Urbilog, spécialisée dans l’adaptation du Web
aux personnes déficientes, a développé une filiale,
Compéthance, qui a pour but de former des personnes
autistes aux métiers du numérique et de les rendre
employables au sein de grandes entreprises clientes.
La start-up compte 4 collaborateurs handicapés.
Autre exemple : Roger Voice dont le fondateur, Olivier
Jeannel, est sourd. « Quand on est soi-même touché par
le handicap, on a tendance à avoir cette maturité, car on comprend la valeur qu’apporte une
personne handicapée dans son équipe », explique
ce dernier. Notre rôle en tant que start-uppers
handicapés, c’est de lever les freins, de dire : c’est
possible ! Tout en n’oubliant pas que l’on doit
recruter des compétences en priorité. »
Quatre leviers sont aujourd’hui actionnables :
sensibiliser les start-up à l’embauche des personnes handicapées, favoriser leur création
par des personnes handicapées, les inciter à
développer un produit ou un service innovant
qui facilite directement leur emploi ou participe indirectement à leur employabilité. Les trophées et concours offrent
également un bon moyen de poser la
question des start-up et de l’emploi.
L’Handi Tech Trophy, créé en 2017
par Jobinlive, associé à BPIFrance et
au Figaro Économie, a intégré dans les
cinq catégories qui récompensent les
start-up de la French Tech, une catégorie « Emploi », dont le premier lauréat
Asperteam a mis en place un dispositif
d’accompagnement connecté et individualisé pour l’inclusion des collaborateurs autistes Asperger en entreprise.
Le Trophée innovation & start-up 2018
du Salon Handicap, Emploi & Achats
Responsables s’apprête, pour sa part, à
décerner trois prix : Trophée innovation
& start-up, Trophée Ageiph emploi &
formation et le coup de cœur du jury.
Même si les attendus concernent des
produits et services technologiques innovants
qui contribuent à améliorer le quotidien des personnes en situation de handicap, les organisateurs
du salon précisent qu’ils devront néanmoins tous
justifier de l’apport social et du potentiel économique du projet présenté. En 2017, c’est Ava,
créée par Thibault Duchemin, un « Coda » (enfant de parents déicients auditifs), qui avait été
récompensée pour sa solution de sous-titrage de
conversations de groupe et qui emploie plusieurs
personnes malentendantes.
BONNE PRATIQUE H’UP
Les 1er « Trophées h’up
entrepreneurs »
DR
COMMUNIQUÉ
Didier Roche, Dorine Bourneton et Laurent Froissart, « entrepreneurs avant tout »
Sous le haut patronage de monsieur Emmanuel
Macron, président de la République, l’association
h’up entrepreneurs organise pour la première
fois les « Trophées h’up entrepreneurs 2018 » en
octobre prochain. Anciennement Union professionnelle des TIH (Uptih), h’up entrepreneurs
représente et accompagne depuis dix ans les
entrepreneurs en situation de handicap, aussi
bien les créateurs pour lancer leur projet que les
entrepreneurs installés pour surmonter un déi.
L’association aide également les entrepreneurs
à maintenir leur activité en cas de survenance
d’un handicap. La communauté H’up compte
aujourd’hui 600 entrepreneurs handicapés et a
accompagné plus de 300 entrepreneurs depuis
sa création. « La société imagine bien souvent la
personne handicapée qui travaille dans le salariat
ou dans le secteur protégé et adapté, mais très
rarement dans l’entreprenariat, explique Didier
Roche, président et cofondateur de H’up. Il faut
montrer que cela existe et mettre en avant et en
valeur l’entrepreneur handicapé ain que le grand
public porte un autre regard sur les personnes
handicapées. »
« À travers la remise de quatre Trophées h’up,
ce sont les près de 75 000 entrepreneur(e)s
français(e)s en situation de handicap qui seront
mis à l’honneur », poursuit-il. Quatre parcours
entrepreneuriaux hors du commun seront
révélés et récompensés dans quatre catégories
correspondant à autant de moments clés dans
le parcours d’un entrepreneur : l’entrepreneur
créateur, l’entrepreneur repreneur, l’entrepreneur expérimenté et enfin l’entrepreneur de
TRIBUNE DE MATTHIEU FOUQUET - ONEPOINT
Offrir aux collaborateurs un espace
de discussion sur le handicap
Ces dernières années, onepoint n’a cessé
de se développer, en France et à l’étranger. Le groupe compte aujourd’hui plus de
1 800 salariés, dont 1 300 en France. « Nous
avons mené plusieurs actions par le passé,
avec un objectif principal : que le handicap
ne soit jamais un frein au recrutement et à
l’intégration », assure Matthieu Fouquet,
responsable Ressources humaines et secrétaire général du groupe. En 2010, onepoint
a ainsi eu recours à des jobboards, ces plateformes dédiées à l’emploi de travailleurs
en situation de handicap telles que Hanploi.
com. « Mais cette démarche a vite montré ses
limites, notamment parce que les proils, en
termes d’études et de compétences souhaités
pour nos activités, manquent. » Pour autant,
une première vague de sensibilisation et de
formation des équipes RH (une vingtaine de
personnes) est menée, qui sera suivie d’une
deuxième en 2018. Mais, surtout, un important accord est conclu en 2014 avec les partenaires sociaux ixant la politique handicap
du groupe. Il comprend, tel que le prévoit la
loi, un plan d’embauche, un plan de maintien
dans l’emploi et de formation ainsi qu’un plan
de recours au secteur de travail adapté et protégé. Dans ce cadre, une responsable Diversité
DR
Créé en 2002, onepoint est un groupe de conseil qui accompagne la transformation
numérique des entreprises et des administrations. En seize ans, qu’a-t-il mis en place
pour l’emploi des personnes handicapées ?
Matthieu Fouquet, Responsable Ressources
humaines et secrétaire général du groupe.
est nommée, et des partenariats ont été noués
avec des grandes écoles et des associations
étudiantes pour repérer et soutenir les proils
de diplômés handicapés. En 2016-2017, deux
jeunes bénéiciant d’une reconnaissance de la
qualité de travailleur handicapé (RQTH) sont
ainsi accueillis en stage. Un contrat avec une
entreprise adaptée, spécialisée dans la collecte de déchet, est signé, ainsi qu’un partenariat avec l’association Made in TH, pour
offrir aux collaborateurs un accès à un espace
de discussion et d’information sur le handicap. « Le but était qu’ils puissent poser toutes
les questions qu’ils souhaitent sur le sujet,
pour eux-mêmes ou pour leurs proches.
À la suite à cette action, deux personnes
ont demandé et obtenu une RQTH, et trois
autres nous l’ont spontanément signalée »,
témoigne Matthieu Fouquet. Aujourd’hui, le
groupe ne compte que 3,5 % de travailleurs
handicapés, avec des différences locales
toutefois puisque outre Nantes, Bordeaux et
Paris, onepoint a développé son activité en
Belgique, au Luxembourg, aux Pays-Bas, au
Canada et en Tunisie – soit 14 villes en tout,
aux règlementations différentes en matière
d’emploi. « Nous allons améliorer ce chiffre à
l’échelle du groupe, notamment en travaillant
auprès de collaborateurs qui ont demandé
des aménagements de poste, mais n’ont pas
fait la démarche RQTH par peur de la stigmatisation », explique le DRH. Onepoint souhaite aussi développer une véritable équipe
Diversité, ain de coordonner les actions autour de l’emploi des TH et d’en créer de nouvelles. « Nous comptons d’ailleurs sur notre
première participation au Salon Handicap,
Emploi & Achats Responsables pour rencontrer et échanger avec d’autres partenaires,
et par la suite concevoir des événements ensemble. » À bon entendeur…
l’année. « L’agenda du Président a été préempté
afin qu’il puisse venir remettre ce dernier trophée, conie-t-il. Nous n’oublions pas que la loi
Macron a permis d’ouvrir une 3e voie de la soustraitance inclusive aux travailleurs indépendants
handicapés (TIH). »
Le jury des Trophées sera composé de dirigeants
d’entreprise reconnus et de personnalités du
monde économique, associatif et des médias, et des
partenaires de l’événement, dont Christian Sautter,
le président de France active, le réseau d’économie
sociale et solidaire qui aide les personnes à créer
leur entreprise ou à trouver un emploi.
Ces Trophées sont organisés avec le soutien de
la Fondation Handicap Malakoff Médéric et des
discussions sont en cours pour les trois autres
partenaires. Pour promouvoir cet événement des
partenariats médias ont été mis en place avec le
Groupe Les Echos/Le Parisien, ÉcoRéseau business et Handicap.fr.
En attendant, le comité d’experts, composé de
la direction générale de H’up, de directeurs de
boutiques de gestion, de journalistes, de spécialistes de l’accompagnement d’entrepreneurs,
recense et sélectionne actuellement les candidats
potentiels et les candidatures spontanées aux
Trophées h’up pour arriver à une liste de 12 nominés. « Les personnes peuvent nous recommander des parcours d’entrepreneurs en situation
de handicap qui les ont marqués via notre site
www.h-up.fr… et venir nous rencontrer sur le
stand h’up entrepreneurs de l’espace “Emploi et
Formation” du Salon Handicap, Emploi & Achats
Responsables », invite Didier Roche.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
10
RECRUTER
COMMUNIQUÉ
«Soyezlesbienvenu•e•s!»
« Le recrutement 3.0 »
Depuis 1989, Charlestown est spécialisé dans les prestations d’accueil en entreprise (80 % de son activité),
d’accueil événementiel (4 200 événements par an)
et de promotion des ventes. « Chez Charlestown, le
handicap est l’affaire de tous, explique Fabien Vallet,
directeur général de Charlestown. Nous souhaitons
développer le recrutement de personnes handicapées
et lever les peurs liées au jugement et à la déclaration de la reconnaissance de la qualité de travailleur
handicapé (RQTH) pour maintenir nos talents dans
l’emploi. »
Pour atteindre ces deux objectifs, l’entreprise développe une communication et des actions de sensibilisation adaptées sur ces questions. La spéciicité de
Charlestown, qui compte 1 500 collaborateurs partout en France, réside dans le fait que 90 % d’entre
eux travaillent chez le client. « Nous mettons donc en
place une stratégie digitale pour être en contact avec
chacun d’entre eux : nous disposons d’un intranet
(pour nos salariés), d’un extranet (pour ceux et celles
qui veulent nous rejoindre), d’une web TV et d’une
webradio sur lesquelles chacun peut se connecter.
Sur ces différents supports nous communiquons sur
le handicap. À titre d’exemple, dernièrement, nous
DR
Fabien Vallet, Directeur général de Charlestown
avons lancé une sensibilisation sur les handicaps
invisibles. Par ailleurs, nous avons mis en ligne des
tutoriels de formation sur notre page e-learning,
notamment sur l’accompagnement des personnes
malvoyantes, ainsi que des personnes sourdes et
malentendantes. »
Lors des sessions de recrutement, qu’elles soient collectives ou individuelles, l’entreprise évoque le handicap et rassure sur sa prise en compte en son sein,
en même temps qu’elle détaille les types d’accompagnement qu’elle peut proposer : monter un dossier de
demande de RQTH, adapter le poste de travail ou son
organisation, acquérir du matériel pour compenser
le handicap… « Parce que la prévention et la santé
au travail sont des facteurs de performance accrue
pour l’entreprise, nous mettons à la disposition de
nos équipes une cellule d’écoute accessible 24h/24
et 7j/7, précise le directeur général avant d’ajouter : notre but est d’accompagner et de idéliser nos
collaborateurs. »
L’engagement de Charlestown est également tourné
vers ses clients, via une offre de prestation de services en
cotraitance avec des entreprises adaptées (EA) du secteur du travail protégé et adapté (STPA). « Lorsque nos
clients nous sollicitent pour assurer leur accueil avec
4 à 5 collaborateurs, explique Fabien Vallet, nous leur
proposons ce dispositif. C’est une autre façon de faire
changer le regard et de montrer notre implication. »
Le salon Hello Handicap est le premier salon de recrutement en ligne et sur mobile. Proposant des entretiens entre recruteurs et candidats par téléphone
et chat, il permet de se concentrer sur les compétences des candidats, sans se déplacer. Depuis 2011,
il s’adapte continuellement pour répondre toujours
mieux aux besoins des entreprises.
Aujourd’hui, il propose deux formules. La première est destinée aux grandes entreprises (plus
de 300 salariés) et se déroule deux fois par an, en
mars et octobre. L’audience de la dernière édition
de ce salon a doublé. Elle a réuni en mars dernier
12 000 candidats postulant à 4 000 postes proposés par plus de 50 entreprises issues de plusieurs
secteurs : BTP, audit, administration, commerce,
communication, inance, recherche, ingénierie,
santé… Et plus de 1 100 candidats ont déjà été
retenus. La seconde formule est conçue pour les
PME et se déroule après la Semaine européenne
pour l’emploi des personnes handicapées. « Les
équipes du salon Hello Handicap gèrent tout le
recrutement pour les PME (sourcing, accompagnement administratif), explique Gilles Barbier,
cofondateur et président de Handicap.fr, créateur
du salon Hello Handicap. Grâce au partenariat
avec Klésia, nous sommes en mesure de réaliser une première sélection et de leur proposer
les quelques candidats les plus pertinents pour
le(s) poste(s) qu’elles ont à pourvoir. » 125 PME
ont participé à la première édition de ce salon en
décembre dernier.
« Nous ne cessons de progresser sur les outils que
nous mettons à la disposition des candidats et des
entreprises. Cette année, nous avons mis en ligne
sur le site hello-handicap.fr une série de vidéos
à destination des candidats intitulée “Hello boulot”. Elles dispensent des conseils pour postuler
sur Hello Handicap, rédiger leur CV le plus eficacement possible, être bon en entretien et bien
le préparer », développe-t-il.
DR
TRIBUNE DE HANDICAP.FR
DR
LA PAROLE À FABIEN VALLET - CHARLESTOWN
Gilles Barbier, Cofondateur et Président
de Handicap.fr, créateur du salon Hello Handicap
De nombreuses entreprises nous font coniance
pour contribuer à leur recrutement. Le salon
Hello Handicap leur permet non seulement de
trouver leurs candidats, mais aussi de constituer
un vivier de proils pour leurs futurs besoins.
« Pour les prochaines éditions, nous attendons
70 entreprises pour le salon Hello Handicap
qui se déroulera du 16 au 19 octobre et 250 PME
pour le salon Hello Handicap PME in novembre
2018 », précise Gilles Barbier.
Cette année encore, Handicap.fr, jeune entreprise
innovante et initiateur du salon Hello Handicap,
est ière et heureuse de soutenir l’espace village
Innovation du Salon Handicap, Emploi & Achats
Responsables et ses entreprises qui favorisent
l’émergence de solutions, l’entraide et l’emploi
des travailleurs handicapés.
INTERVIEW D’ALEXIS RÉROLLE - HACHETTE LIVRE
« Faciliter l’embauche
et l’employabilité »
Plus claire, plus simple, plus lisible...
L’Agefiph propose une nouvelle offre de services et
d’aides financières répondant au mieux aux besoins des entreprises
et des personnes en situation de handicap.
Le 28 mai 2018, lors du 3e Salon
Handicap Emploi et Achats Responsables, au Palais des congrès de Paris,
venez rencontrer les référents entreprise de l’Agefiph
sur le stand P11 pour trouver les solutions
à vos questions emploi et handicap !
Assistez à la table-ronde Handicap, inclusion, réseau :
leviers d’agilité et de dynamisme économique pour les TPE-PME
avec
Maria Giuseppina Bruna,
directrice de la Chaire de l’Ipag Business School « Entreprise inclusive »,
qui viendra échanger avec les participants
et les entreprises qui témoigneront pour construire
des pistes de travail pour l’avenir.
DE 9H00 A 18H00 - APPEL GRATUIT DEPUIS UN POSTE FIXE
A. GUÉDON
Avancez avec
l’Agefiph !
d’Hachette Livre en France. Tous nos postes sont
ouverts aux personnes en situation de handicap,
aussi bien dans la distribution que dans l’édition. il s’agit également de tout mettre en œuvre
Filiale du groupe Lagardère, Hachette Livre
pour favoriser le maintien dans l’emploi de nos
regroupe en son sein des maisons de taille,
collaborateurs en situation de handicap en les
d’histoire et de culture différentes et de nomaccompagnant dans leurs démarches de déclabreuses sociétés juridiquement autonomes. Ce
ration de reconnaissance de la qualité de traprincipe d’autonomie et de diversité est un de
vailleur handicapé (RQTH) et dans les éventuels
nos atouts, car l’édition est
aménagements de poste nécesessentiellement un métier de
saires. À titre d’exemple, nous
création. Rien qu’en France,
avons équipé le poste d’une
on compte près de 50 marques
personne malentendante dans
qui touchent au métier du livre
une maison d’édition et avons
et qui cultivent leurs identités
pris en charge les aménagepropres.
ments de son bureau et l’achat
En ce qui concerne notre polide ses appareils auditifs. Autre
tique en faveur de l’emploi hanexemple : dans notre entrepôt
dicapé, nous avons estimé qu’il
de distribution, nous avons mis
fallait unir nos moyens pour
en place un appareil de manurendre nos actions visibles et
tention pour soulager le tradonc plus eficaces. Organisée
vail d’un opérateur. Enin, une
sous forme d’association, la
des missions essentielles de la
Mission Handicap est donc
Mission Handicap est la sensifinancée par toutes les sociéAlexis Rérolle, DRH groupe
bilisation et la formation des
tés du groupe qui reversent
Hachette Livre
managers et des salariés, via
un pourcentage de leur contrides animations ponctuelles ou
bution Agefiph. Elle dispose donc d’un budget
des communications ou formations spéciiques.
propre, qui lui assure une autonomie de foncTous les nouveaux embauchés sont sensibilisés
tionnement.
aux handicaps lors des sessions d’intégration.
En France, le Groupe Hachette Livre est présent
Quelles sont les prochaines étapes ?
dans trois métiers : l’édition, la distribution et les
fascicules ; et il emploie 2 800 personnes dont
800 dans la distribution. Si le taux d’emploi de
Après des opérations de sensibilisation des salapersonnes handicapées dans le secteur de la disriés (comme les ateliers de lecture et de dégustatribution se rapproche de l’obligation légale de
tion dans le noir), nous poursuivons dans cette
6 %, il se situe à moins de 3 % dans les métiers de
voie avec un projet de journée handisport sur
l’édition et les fonctions transverses. La Mission
notre site de Maurepas et des prestations de masHandicap est encore toute jeune, mais elle va
sages réalisés par des non-voyants sur le lieu de
nous permettre de faire progresser ce taux. C’est
travail. Très prochainement, nous allons mettre
notre objectif.
en place une hotline, “handi pro line” avec Ethik
Event, à destination de nos salariés pour qu’ils
Quels sont les objectifs de la Mission
puissent obtenir une information claire et précise
Handicap ?
sur tout sujet concernant le handicap. Et nous
prévoyons de recruter une personne en charge
La Mission Handicap est l’outil de notre politique
d’animer la Mission Handicap. Nous mettons
volontariste. Elle centralise donc nos actions et
tout en œuvre pour que cette Mission soit idencommunique auprès des collaborateurs.
tiiée, reconnue par tous et que nous puissions
Ses objectifs : tout d’abord recruter des personnes
accueillir et conserver nos talents en situation
en situation de handicap au sein des sociétés
de handicap.
En 2015, vous avez créé une Mission
Handicap au sein d’Hachette Livre.
Pourquoi ?
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
PAULINE AUBRY
Enjeu santé de taille : le burn-out pourrait concerner plus
de 3 millions de salariés selon une enquête de Technologia.
Des dispositifs existent pour le prévenir et le gérer, tandis
que les politiques s’emparent de la question.
appliquée aux entreprises où l’on
recense le plus grand nombre de
cas. La question a fait l’objet de plusieurs propositions de lois. En 2016,
Benoit Hamon déposait un projet de
loi pour demander la suppression
de l’exigence du seuil de 25 % d’IPP
(incapacité permanente partielle)
qui éliminait en pratique l’écrasante
majorité des cas de burn-out pour
pouvoir engager une procédure de
reconnaissance de maladie professionnelle. Plus récemment, le député François
Ruffin a déposé un projet de loi proposant la
reconnaissance burn-out comme maladie professionnelle, rejeté par l’Assemblée nationale
en février 2018. La ministre du Travail, Muriel
Pénicaud, souhaite qu’un travail visant à mieux
déinir le burn-out soit mené avant de légiférer.
Pour prévenir le burn-out, la Direction générale
du travail a édité un guide, Le syndrome d’épuisement professionnel ou burn-out, mieux comprendre pour mieux agir, qui présente les définitions, manifestations et causes, les moyens de
prévention, les recommandations pour agir aux
niveaux individuel et collectif.
Pour gérer l’après burn-out, il peut être important
de faire accompagner le salarié par un tiers, par
exemple le cabinet spécialisé Cefra, qui permet
un suivi individualisé avec le salarié en dificulté
et d’apaiser tout le collectif de travail. Par ailleurs,
plusieurs structures proposent des dispositifs de
remobilisation, tel le Médialab de Vivre FM, et
des sessions d’aide au retour à l’emploi, comme
celles organisées par le centre Être.
TÉMOIGNAGE DE SABINE LATORRE
« Une chance de travailler
à Enedis »
DR
de reprise du travail. Les
expertises médicales
que j’ai passées, accompagnée par l’assistante
sociale, m’ont déclarée
apte à reprendre : j’ai
commencé par 9 mois
de mi-temps thérapeutique. J’ai retrouvé mon
poste au même endroit
à Toulouse, à 1 km de
chez moi. Je prends un
transport à la demande,
pris en charge à 50 % par
Enedis.
La Mission Diversité
nationale et son correspondant handicap
régional sont ensuite
intervenus pour m’aider
dans la partie administrative très lourde, et me proposer des aménagements : horaire, organisationnel et de mon poste.
Après mes 9 mois de mi-temps thérapeutique,
je suis passée à 20 heures par semaine. Mais
l’intervention d’Enedis a également concerné
ma vie personnelle, avec la prise en charge des
roues à assistance électrique de mon fauteuil et
d’une partie de l’aménagement de mon appartement, grâce aux aides individuelles prévues
dans l’accord handicap. L’entreprise m’a aidée à
réléchir à une évolution professionnelle – ce à
quoi je ne croyais pas – en me faisant effectuer
un bilan professionnel. Mon projet : une mobilité
vers l’ingénierie ou le transport d’électricité.
Avant mon accident et ma situation de handicap,
je savais qu’Enedis proposait des services pour
les collaborateurs handicapés, mais je ne pensais
pas qu’ils étaient aussi réels et importants. En
centre de rééducation, j’ai côtoyé des personnes
qui avaient tout perdu : non seulement leur intégrité physique, mais également leur emploi.
Je mesure la chance d’avoir été employée par
Enedis : l’entreprise m’a maintenue dans mon
emploi et m’a toujours accompagnée. »
Sabine Latorre, Chargée d’afaires à Enedis
« Rentrée en mars 2009 à Enedis*, chargée d’affaires à la maîtrise d’ouvrage dans le domaine du
raccordement au réseau d’électricité à la direction régionale Midi-Pyrénées Sud, j’ai été victime
d’un grave accident de ski trois ans plus tard lors
d’un séjour organisé par le comité d’entreprise
régional. Je me suis retrouvée en fauteuil, mais
miraculeusement en vie. Durant les 19 mois qu’a
duré ma rééducation, Enedis n’a eu de cesse de
m’accompagner. L’assistante sociale et les représentants du comité d’entreprise local sont intervenus tout de suite et ont, par exemple, assisté
mes parents dans leurs démarches. Le médecin
conseil d’Enedis m’a rendu visite à plusieurs
reprises sur mon lieu de rééducation. Mes collègues et mes managers sont venus me voir
à tour de rôle pendant mon arrêt de travail, y
compris mon chef d’agence de l’époque pendant
ses congés d’été. Tous les services ont œuvré
ensemble pour me prendre en charge et me permettre de garder un lien avec mon monde professionnel. Ils ne m’ont jamais fait sentir que j’étais
handicapée. Tous m’ont invitée à ne m’occuper de
rien pour les démarches administratives et à me
concentrer sur ma santé et ma reprise. Je n’ai rien
lâché et je voulais reprendre le plus vite possible.
La Caisse mutuelle complémentaire d’action sociale et le médecin conseil d’Enedis m’ont informée sur les possibilités qui s’offraient à moi en cas
* Enedis (ex-ERDF), qui a signé son 3e accord en 2017,
mène une politique volontariste pour favoriser l’emploi
des personnes handicapées et accompagner ses plus de
1 500 salariés en situation de handicap.
LE POINT DE VUE DE FRANÇOIS PINTE - SYNERGIE
« Osez le handicap par l’intérim ! »
L’intérim constitue une formidable opportunité pour
du handicap, la mise à l’emploi et les éventuelles
recruter des personnes en situation de handicap. Par
démarches d’adaptation au poste. Les équipes sont
les missions plus ou moins longues et les opportuniégalement formées pour toute démarche de recontés de maintien dans l’emploi (CDD, CDI) que cette
naissance, ainsi que pour accueillir les travailleurs
forme de travail offre, l’intérim permet de faire tomhandicapés. Des partenariats avec Ladapt et les Cap
ber les éventuels préjugés des entreprises sur le hanemploi leur permettent d’avoir une connaissance
dicap. En outre, les unités bénéiciaires (comptabilipointue des lois en vigueur. L’objectif est de labelsées dans le taux d’emploi) reviennent à l’entreprise
liser 20 agences dès cette année et 60 d’ici à 2020.
accueillante. Tout est donc fait pour que l’intérim inNous mettons également tout en œuvre en interne
cite les entreprises à oser le handicap.
pour être exemplaires en matière
Premier groupe français indépendant
d’emploi des personnes handicaet 5e réseau européen de services RH
pées. Un nouvel accord d’entreprise
(intérim, recrutement, formation),
(2018-2020) vise un taux d’emploi TH
Synergie, ce sont 665 agences et
de 4,5 %. Pour atteindre cet objectif,
100000 entreprises clientes. Alors que
Synergie a mis en place une polile groupe représente 5 % du chiffre
tique volontariste. Les chargé.e.s de
d’affaires du travail temporaire en
Mission Handicap sont systématiFrance, il fournit beaucoup plus que sa
quement associés pour proposer à la
part de marché en déléguant 1600 traDRH des candidatures de personnes
vailleurs handicapés chez ses clients
en situation de handicap pour toute
chaque année. Synergie a pour ambiouverture de poste. Ils ont aussi pour
tion de devenir la référence en mamission de conseiller des collaboraFrançois Pinte, Secrétaire
tière de recrutement responsable de
teurs permanents qui souhaiteraient
général et Responsable
personnes en situation de handicap.
faire reconnaître leur handicap. Pour
RSE du groupe Synergie
Dans cette optique, Synergie s’est
les accompagner au quotidien sont
doté de nombreux outils qui sont
mis en place des aides individuelles
autant de facilitateurs pour ses clients. Il propose
ou le recours au télétravail ; Synergie offre jusqu’à
des dispositifs dans les domaines de la sensibilisadeux jours payés à ses permanents pour effectuer
tion, du recrutement et de l’accompagnement en
les démarches administratives de reconnaissance
entreprises. Ainsi nos clients peuvent s’appuyer
RQTH. Synergie est également mobilisé pour dévesur les “Handi’Matinales”, sessions de jobdating
lopper son recours au secteur du travail protégé
et les “Handi’Sensib”, modules de sensibilisation
et adapté (STPA) en systématisant, par exemple,
auprès des collaborateurs au sein des entreprises.
le principe d’un double devis sur les petits traSi toutes les agences françaises du réseau ont été
vaux en agence. L’objectif est de voir progresser de
sensibilisées au handicap, Synergie a créé le label
30 % les dépenses auprès du STPA d’ici à trois ans.
“Handi C’est Oui” pour identifier ses agences exEnfin, Synergie milite activement au côté de son
pertes sur les questions d’insertion dans l’emploi
Syndicat professionnel pour l’adoption d’une procéde personnes handicapées. Ce label se fonde sur
dure simpliiée qui permette aux entreprises de recruun cahier des charges exigeant. Grâce à une équipe
ter des intérimaires en situation de handicap sans dede chargé.e.s de Mission Handicap, les agences
voir répondre aux autres motifs habituels. Cette meexpertes sont en mesure de former et d’accompasure, très incitative, permettrait d’augmenter sensigner nos clients notamment dans la reconnaissance
blement le taux de personnes handicapées déléguées.
DR
Burn-out : gérer, légiférer
Le burn-out, ou syndrome d’épuisement professionnel, ne cesse de se développer. Dès in 2014,
une centaine de médecins du travail lançaient un
appel aux politiques pour que le burn-out soit
reconnu comme maladie professionnelle.
Si les symptômes peuvent être très divers et font
débat, Bernard Morat, médecin du travail à l’origine de l’appel de 2014, était alors déjà très clair :
« Un burn-out est un syndrome avec un tableau
clinique relativement précis et constant, observé
dans différents métiers et secteurs d’activité. C’est
un trouble de l’adaptation à l’environnement de
travail complexe, aux conséquences extrêmes :
un effondrement nerveux, physique et émotionnel qui peut s’accompagner de suicides, d’accidents de la route, mais aussi de troubles musculo-squelettiques, de maladies inlammatoires ou
cardiovasculaires. »
Après un burn-out, 60 à 70 % des personnes
changent de poste ou quittent leur entreprise. La
reconnaissance de ces troubles comme maladie
professionnelle permettrait une meilleure prise
en charge. Une sanction inancière pourrait être
11
ACCOMPAGNER
COMMUNIQUÉ
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
12
PROFESSIONNALISER
Le 14 mai dernier, au siège du Groupe Les Echos-Le
Parisien, le Club Être a présenté en exclusivité les résultats du premier baromètre « Emploi, handicap et
prévention en entreprise (voir chiffres clés en page 2).
Réalisée par l’institut de sondage Kantar TNS, cette
étude offre un éclairage concret et inédit sur la façon dont les entreprises abordent au quotidien les
questions liées à l’emploi et à la prévention. Des
responsables de Mission Handicap, mais aussi des
dirigeants, des DRH, managers… y expriment leur
perception, leurs problématiques et leurs attentes.
« Ce baromètre donne pour la première fois la parole à celles et ceux qui, au sein de l’entreprise, font
vivre les politiques d’inclusion », indique Emmanuel
Perret, directeur du Club Être. « En s’appuyant sur
leur ressenti et leur analyse, cette enquête fait émerger très clairement les freins à lever et les leviers à
développer. » Et aussitôt de souligner : « Ce retour
d’expérience peut et doit être pris en compte dans le
cadre des réformes en cours à venir sur la politique
d’emploi des personnes en situation de handicap. »
Depuis trois ans, avec la publication dans le magazine Être de ses recommandations à l’occasion des
10 ans de la loi de 2005, sa participation à la commission emploi du Conseil national consultatif pour les
personnes handicapées (CNCPH) et aux travaux du
Conseil national du handicap (CNH) pour un nouveau
modèle, le Club Être s’est imposé comme un interlocuteur et un partenaire des pouvoirs publics. « Avec
la multiplication des rapports et des missions sur le
sujet, les sollicitations se sont intensiiées de la part
de l’Igas, de cabinets ministériels, de conseillers interministériels… », précise Emmanuel Perret. « Dans
le cadre de la Mission sur l’emploi et le maintien dans
l’emploi que m’a coniée le gouvernement in 2017 je
me suis appuyée sur l’investissement et l’expertise
des entreprises du Club Être, dont une soixantaine
ont participé à deux de nos tables rondes à Paris et
à Lille », témoigne Dominique Gillot, présidente du
CNCPH. « Dans leur prolongement, deux rencontres
ont été organisées en mars, cette fois avec les collaborateurs en situation de handicap de 20 entreprises
du Club Être », ajoute-t-elle.
« À côté de ses missions de porte-parole, le Club Être
poursuit son travail de réseau de professionnalisation, d’échange et d’entraide pour ses membres »,
explique Laetitia Lacaille, responsable du Club Être.
« Nous organisons périodiquement des réunions thématiques à Paris, Lille, Lyon et Nantes et travaillons
sur des outils opérationnels et utiles à tous pour les
responsables de Mission Handicap », poursuit-elle.
Après le baromètre « Handicap, emploi et prévention
en entreprise », le Club Être va diffuser avant l’été à
l’ensemble de ses responsables de Mission Handicap
un guide des Indicateurs clés d’une politique Emploi
et Handicap. « Ce guide a été conçu et rédigé grâce à
l’engagement d’un groupe de travail de 4 entreprises
membres du Club », souligne Laetitia Lacaille. « Il
va nous permettre de mieux identifier les indicateurs pertinents de notre tableau de bord, et rejoint
la rélexion des pouvoirs publics pour simpliier les
démarches administratives des Missions Handicap
et optimiser leurs actions, en particulier en matière
d’accompagnement humain », déclare Florence
Quesson, responsable Mission Handicap du Club
Med, qui a participé activement à ces travaux.
10 points clés pour agir
Cette année, BNP Paribas fête ses 10 ans d’accord
d’entreprise agréé en faveur de l’emploi des personnes
handicapées. L’occasion de revenir sur la dynamique
générée, en compagnie de Dominique Bellion, responsable
de la Mission Handicap.
1. Pour la direction générale et les organisations
syndicales de l’entreprise, c’est un sujet humain
qui fait sens en tant qu’employeur responsable et
se traduit par un engagement commun dans un
cadre légal à long terme.
2. Les objectifs chiffrés sont concrets et propres à
l’entreprise, à sa culture et à son histoire, et plus
forts qu’une impulsion donnée au plan national.
3. Ils engagent de ce fait les opérationnels et pas
seulement la ilière RH, ce qui facilite l’action de
chacun à son niveau.
4. Un pilotage par l’équipe dédiée Mission
Handicap garantit la mise en œuvre de la politique handicap de l’entreprise, ainsi que l’équité
de traitement entre tous pour plus d’eficacité au
service de l’intégration professionnelle des personnes en situation de handicap et de la réussite
de l’entreprise.
5. Les résultats, partagés à échéance régulière
avec les organisations syndicales et l’ensemble des
salariés, sont concrets : près de 400 embauches en
10 ans et plus de 500 collaborateurs en situation
de handicap accompagnés chaque année pour
leur maintien dans l’emploi. Le taux d’emploi de
3,84 % a progressé de 48 %.
6. Les inancements sont réactifs et au plus près
des besoins des salariés en situation de handicap, car ils prennent en compte la réalité opérationnelle du métier et évitent ainsi de solliciter
l’Ageiph.
7. Les actions collectives pour lever les stéréotypes font changer de regard sur le handicap :
20 sessions de formation et 40 sensibilisations
en moyenne sont ouvertes à tous chaque année.
8. La variété des actions menées et l’utilisation
de nouvelles technologies favorisent le développement d’une politique active d’inclusion et d’innovation sociale : conférence en live streaming,
robot de téléprésence, motion design…
DR
MC
Le Club Être, qui réunit plus de 200 entreprises et branches
engagées dans une politique d’emploi des personnes
handicapées, s’afirme comme le porte-parole des Missions
Handicap auprès des pouvoirs publics et des partenaires.
BONNE PRATIQUE DE BNP PARIBAS
9. Le volume de chiffre d’affaires avec le STPA
a été multiplié par 2,5. Les Ésat et EA sont des
fournisseurs reconnus et référencés pour leurs
compétences et la qualité de leurs prestations,
sur des filières variées où notre entreprise ne
dispose pas des compétences en interne.
10. Les partenariats avec le CIDJ, Arpejeh, les universités et grandes écoles, ainsi que la convention Atouts pour Tous Île-de-France pilotée par
la Direccte permettent à l’entreprise de contribuer à l’orientation professionnelle des jeunes
en situation de handicap et de préparer la relève
de demain.
Ces dix années d’actions ont été renforcées par la
signature en 2016 de la charte Entreprise et handicap de l’Organisation internationale du travail
(OIT), exprimant ainsi la volonté de BNP Paribas
de s’inscrire sur la durée dans une politique de
diversité et d’inclusion sur tous les territoires où
la banque est présente.
TRIBUNE DE ENGIE
« Travailler avec le STPA :
une vraie ambition »
Au sein de la BU France BtoB chez ENGIE, le recours
au secteur du travail protégé et adapté ofre un fort
potentiel de croissance pour l’emploi des personnes
en situation de handicap.
Au sein du Groupe ENGIE,
la BU France BtoB regroupe
4 entités (ENGIE Axima,
ENGIE Cofely, Endel ENGIE
et ENGIE Ineo) et représente
42 000 salariés en France. Si la
nécessité de recrutement est
très importante en leur sein
(6 300 recrutements en 2017),
l’embauche directe de personnes en situation de handicap demeure complexe, compte tenu du niveau
de formation demandée, de la technicité et de
la contrainte des postes recherchés. « Avec un
taux d’emploi direct de personnes handicapées
de 4,29 hors secteur du travail protégé et adapté
(STPA), nous atteignons un palier que nous nous
efforçons de compenser par le recours à la soustraitance », estime Stéphane Randretsa, directeur
des Ressources humaines.
Représentant 0,4 % de l’obligation d’emploi (soit
un taux global de 4,69 %) et pesant 3,4 millions
d’euros de chiffre d’affaires, le STPA est une réelle
opportunité de croissance de l’emploi des personnes handicapées pour la BU France BtoB et
un atout précieux pour remporter des marchés.
« Important donneur d’ordres, nous sommes
capables d’adresser des volumes d’affaires aux
entreprises adaptées (EA) et aux Établissements
et services d’aide par le travail (Ésat) susceptibles
de concerner de nombreux travailleurs handicapés », explique Sabine Lunel-Suzanne, directrice
du Développement social et de la formation.
Pour développer ces initiatives
et collaborations avec le STPA,
seul ou en cotraitance, la BU
France BtoB a mis en place
plusieurs actions. Le groupe a
noué un partenariat avec APF
entreprises. Il a pour objectif
de dresser une cartographie
sur tout le territoire des EA et
Ésat auxquels ENGIE pourrait
faire appel, mais aussi d’imaginer des missions que le groupe pourrait conier
au STPA. Par ailleurs, « chacune des entités
mène une expérimentation pilote en vue de son
déploiement, complète Patrick Petit-Belleville, directeur des Achats. ENGIE Axima développe avec
le secteur protégé la formation de personnes en
situation de handicap sur les métiers de bureau
d’études (chiffreurs, dessinateurs). ENGIE Cofely
mène une étude pour renforcer le recours aux
STPA dans les contrats de Facility Management
(Services aux bâtiments et aux occupants) et
ENGIE Ineo fait l’inventaire des sous-traitances
opérationnelles qui pourraient être réalisées par
le STPA ». Pour remplir ces objectifs, les équipes
sont continuellement sensibilisées au handicap
et à la valeur ajoutée commerciale de recourir à
ce type de partenariats.
« Compte tenu de la durée des contrats de services de nos entités, travailler avec le STPA est
une vraie ambition et un engagement fort »,
conclut Stéphane Randretsa, directeur des
Ressources humaines.
MICHEL PLASSART
Le Club Être au cœur
de la réforme
COMMUNIQUÉ
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
13
S’ENGAGER
COMMUNIQUÉ
INTERVIEW DE LAURENCE HULIN
La diversité : levier
d’attractivité pour les jeunes
« La Poste : 1er handi-employeur »
Martin Huerre, Directeur des Ressources
humaines, Mazars France
Avec une moyenne d’âge de 29 ans et le recrutement de plus de 1 000 jeunes diplômés par an,
Mazars vit aujourd’hui une situation bien connue
par l’ensemble des grands acteurs de l’audit et
du conseil, celle de la part prépondérante des
jeunes collaborateurs au sein de ses effectifs. Une
richesse qui pousse les organisations que nous
sommes à s’adapter en permanence aux attentes,
aux modes de management et de collaboration
de ces nouvelles générations.
Aujourd’hui plus que jamais, les politiques RSE,
la quête de sens, revêtent pour les plus jeunes une
dimension primordiale.
Des collaborateurs GenY ou GenZ qui interrogent
la place de leur (futur) employeur en tant qu’acteur de la vie économique et sociale, et pour qui
l’entreprise doit prendre part au débat collectif,
notamment sur ces questions d’intégration de la
diversité, dont le handicap fait partie.
Face à ce public, gare aux effets d’annonce, aux
discours décorrélés de la réalité ou aux actions
trop parcellaires, morcelées : c’est au contraire
une politique globale, concrète et prouvée qui
saura retenir leur attention. C’est valable pour la
parité, la diversité, pour les engagements sociétaux ou environnementaux et c’est aussi valable
en matière de handicap.
Le recrutement et le maintien dans l’emploi des
personnes handicapées constituent un axe fort,
porté par notre mission handicap “YouHand’
Mazars” : appel à un ergonome pour l’aménagement physique et organisationnel des postes
de travail, mise en place d’un télétravail adapté,
recrutement via l’Ésat “Hors les Murs” et accompagnement au sein de l’entreprise grâce à un
tutorat renforcé…
Au-delà des équipes RH, la diversité et le handicap sont l’affaire de tous. Pour être pleinement intégré culturellement, le sujet du handicap nécessite la sensibilisation de l’ensemble des acteurs
et la multiplication des canaux d’informations.
Nous proposons ainsi à nos collaborateurs des
formations au recrutement de personnes en
situation de handicap et à la connaissance des
situations de handicap au travail. Lors des séminaires d’intégration puis de passages de grades,
qui demeurent des moments symboliquement
forts dans la vie des cabinets d’audit et de conseil,
nous avons choisi d’aborder de manière systématique notre politique handicap.
Les jeunes collaborateurs attendent aujourd’hui
de l’entreprise qu’elle se fasse le relet d’une société plus diverse, aux identités et aux parcours multiples ; un changement profond que nous avons
initié depuis plusieurs années et qui doit, pour
réussir, impliquer ces nouvelles générations.
BONNE PRATIQUE UNAPEI
« On peut vous aider »
L’Unapei* prouve avec ses ateliers Falc que les personnes
handicapées intellectuelles qu’elle défend peuvent produire
des prestations de services intellectuels.
CITIZEN IDF ESAT
d’une logique de construction de
phrases incluant la compréhension
des mots utilisés, la typographie et la
syntaxe. »
Si la monitrice conduit l’atelier et
transmet le résultat au client, ce sont
les personnes handicapées qui réalisent le travail. « Pour chaque texte,
nous faisons de la même façon : nous
le lisons et le surlignons à chaque
fois que nous ne comprenons pas
un mot », explique Sarah Gaudin,
travailleuse dans l’atelier. « Ensuite,
tous ensemble, travailleurs et moniteur, nous retraduisons les mots en
cherchant sur Google un mot ou un
groupe de mots plus simples, sinon
un pictogramme qui pourrait convenir sur l’un des sites de pictogrammes. Nous
faisons des phrases courtes », poursuit Julien
Herbert, lui aussi travailleur au sein de l’atelier.
« Ce travail est très important pour nous. On
prend plaisir à le faire, et on apprend. En plus,
c’est très utile et ça sert à plein de gens », ajoutent
Sarah Gaudin et Julien Herbert. Au-delà d’une
activité économique, le Falc est une activité de
socialisation.
« Il y a un très fort intérêt des pouvoirs publics
pour ce service », précise Luc Pallier. Parmi les
clients de l’Ésat, des conseils départementaux,
des mutuelles, La Croix-Rouge, la préfecture, des
ministères, des établissements médico-sociaux,
le Conseil régional d’Île-de-France, qui nous a
permis de démarrer l’activité. Et « dernièrement
la SNCF pour une transcription en Falc des messages d’alerte en gares ».
« Désormais, l’enjeu est de développer la formation du Falc et sa transversalité dans un esprit
d’accessibilité et d’inclusion sociale. Plus il y aura
d’établissements à savoir le transcrire, plus nous
pourrons développer l’offre, y compris en cotraitance, pour d’importantes demandes », conclut
Luc Pallier.
Aujourd’hui, 12 Ésat (Établissement et service
d’aide par le travail) du mouvement Unapei proposent une offre de transcription en Falc. Issue
d’un projet européen, la méthode du “Facile à lire
et à comprendre” (Falc) promeut un ensemble
de règles de bon sens pour faciliter la compréhension des informations. Utiliser des mots
simples, éviter le jargon, avoir recours à des pictogrammes… Elle peut aussi être très utile pour
les primo-arrivants et toutes les personnes en
dificulté avec la lecture et la compréhension.
Pour déployer le Falc, plusieurs Ésat du mouvement Unapei ont ouvert dès 2013 des ateliers de
transcription dans plusieurs de ses Ésat, faisant
des personnes handicapées les experts et les promoteurs de cette méthode. Parmi eux, celui de la
Roseraie, situé dans les Yvelines et dirigé par Luc
Pallier. « En 2015 nous avons initié cette activité
qui se développe progressivement, explique le
directeur. À l’origine, sa mise en place a nécessité
la formation de plusieurs personnes, moniteurs
et travailleurs de l’Ésat par l’Unapei. Aujourd’hui,
une éducatrice spécialisée en science de l’éducation supervise l’activité, qui mobilise sept travailleurs handicapés. Pour ces derniers, la formation
est parfois complexe et fatigante, mais elle leur
donne les outils nécessaires pour être légitimes
en transcription/validation, avec l’acquisition
* Premier mouvement de défense des personnes handicapées intellectuelles et de leur famille.
Les CRME permettent de partager une vision complète des compétences, capacités, contraintes et
restrictions du collaborateur afin d’orienter les
recherches de solutions et lui permettre de trouver
À in 2017, La Poste est le premier employeur de colun emploi qui tient compte de ses restrictions. Elles
laborateurs en situation de handicap en France en
sont composées de membres permanents : médecin
termes d’effectifs. Avec 12 800 collaborateurs recondu travail de La Poste, conseiller mobilité, assistante
nus travailleurs handicapés, La
sociale, référent handicap, RH de
Poste atteint un taux de 6,42 %. Ces
proximité et des experts en fonction
résultats sont le fruit d’une politique
des besoins.
très volontaire. Pour mémoire, nous
Enin, nous développons le recours
avions un taux de 2,88 % en 2012.
au secteur du travail protégé et
adapté (STPA), en déployant nos
Qu’avez-vous mis en place pour
commandes sur différentes activiparvenir à ce résultat ?
tés non seulement sur des missions
classiques : impression, mise sous
Notre engagement pour l’emploi des
pli, tri, mais aussi plus spéciiques
personnes s’est afirmé dès le début
comme la réparation de vélos…
des années 2000. Notre 6e accord (le
Notre accord prévoyait 35,5 mil2e agréé), qui court jusqu’à in 2018,
lions d’euros de commandes. Fin
est très ambitieux.
2017, nous avons cumulé 46 milNous avons mis en place une imporlions d’euros d’achats au STPA.
tante politique de sensibilisation
Laurence Hulin, Directrice
Nous travaillons avec 800 fournisauprès de salariés et des managers,
Diversité et Égalité des
seurs sur l’ensemble du territoire.
pour les informer sur les opportuchances, groupe La Poste
Après le franchissement
nités d’une reconnaissance de la
des 6 %, quels sont vos nouveaux objectifs ?
qualité de travailleur handicapé (RQTH) et lever les
peurs de toutes sortes. Cela a permis une réelle prise
de conscience et mise en coniance de chacun. Nous
Recrutement, maintien dans l’emploi (qui représente
veillons à ce que la formation, l’évolution profes60 % du budget) et recours au STPA demeurent nos
sionnelle et la promotion des personnes reconnues
priorités. Nous y consacrons 8 millions d’euros cette
handicapées soient comparables aux autres collaboannée et plus de 13 millions pour les achats aux
rateurs.
STPA. Nous travaillons également à l’accessibilité
En termes de recrutement, sur les trois dernières annumérique de nos outils et sites (clients et internes)
nées, nous en avons réalisé 529 dont 198 en CDI. Tous
depuis plusieurs années. La confiance de nos colnos postes sont ouverts aux travailleurs en situation
laborateurs en poste et à venir est précieuse. Une
de handicap et tous nos métiers (facteurs, guicherécente enquête, auprès des postiers en situation de
tiers, fonctions support) sont représentés.
handicap, montre que plus de 80 % d’entre eux sont
En parallèle, sur le maintien dans l’emploi, nous avons
satisfaits de l’accompagnement et se sentent bien
mis en place plus de 700 commissions de retour et de
intégrés au sein de La Poste. Un facteur de motivamaintien dans l’emploi (CRME) sur tout le territoire.
tion supplémentaire pour poursuivre notre action.
L’emploi des personnes handicapées ne cesse
de progresser au sein du groupe La Poste. Où
en est-il aujourd’hui ?
DR
DR
TRIBUNE DE MARTIN HUERRE - MAZARS
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
14
S’OUVRIR
COMMUNIQUÉ
Le handicap
fait son cinéma
Pour la 5e année consécutive, une « Journée tous en fauteuil
à Roland-Garros » est organisée le 6 juin, en plein tournoi.
Le lendemain, les Internationaux de France de tennis fauteuil
réunissent les 8 meilleur(e)s joueurs et joueuses du monde.
Alors que plusieurs festivals de cinéma, dont deux à Cannes,
se sont spécialisés sur le thème du handicap, ce dernier
s’impose auprès du grand public comme l’une des stars
des comédies françaises.
FFT
Roland-Garros…
dans un fauteuil
Hier ont démarré à Roland-Garros les Internationaux
de France de tennis… et de tennis fauteuil. En effet,
depuis 2006, les meilleurs joueurs et joueuses du
monde de tennis fauteuil s’affrontent dans ce tournoi. Ils et elles seront 8 en compétition entre le 7 et le
9 juin. « À l’époque, j’avais demandé à la Fédération
française de tennis (FFT) lors du traditionnel dîner
des champions pourquoi Roland-Garros était le dernier grand tournoi du Grand Chelem à ne pas proposer d’Internationaux de tennis fauteuil », se rappelle
Michaël Jeremiasz*, ancien champion du monde
de tennis fauteuil, porte drapeau de la délégation
française aux JO de Rio et aujourd’hui membre de
la commission des athlètes pour Paris 2024. Son vœu
a été exaucé et on peut même dire qu’il a été et qu’il
reste l’un des principaux artisans de la promotion du
tennis fauteuil à Roland-Garros pour avoir été parmi
les premiers joueurs à participer aux démonstrations
de tennis fauteuil proposées par Adecco Group dans
le cadre de ce tournoi. Depuis cinq ans, c’est son association Handiamo, qui organise cette sensibilisation,
toujours avec le soutien d’Adecco Group, rejoint par
Lacoste et Babola.
Mercredi 6 juin, lors de la 2e semaine de compétition, l’opération de découverte et de sensibilisation
au tennis fauteuil, baptisée « Journée tous en fauteuil
à Roland-Garros », va prendre place en plein cœur du
site, sur la place des Mousquetaires. « Nous invitons
tous les sportifs et non sportifs, de tous les âges, en
situation ou non de handicap, à venir découvrir le
tennis fauteuil », indique Michaël Jeremiasz. L’aprèsmidi, des personnalités du monde du sport, de la
politique, des médias et du show-biz viendront s’y
essayer, avant que ne soit effectué en in de journée
le tirage au sort du tournoi international de tennis
fauteuil qui débute le lendemain.
Après un premier gros coup de projecteur sur Paris
2024, l’an dernier à Roland-Garros, le conseiller du
Comité d’organisation des jeux olympiques (Cojo) pour
les athlètes, promet cette année encore un clin d’œil à
l’événement olympique et paralympique que toute la
France attend, avec la participation de Tony Estanguet,
le président du Cojo. « Nous sentons aujourd’hui que
le paralympisme est devenu un sujet extrêmement
porteur pour les acteurs politiques, économiques,
médiatiques… », souligne-t-il. Parallèlement, Michaël
Jeremiasz finalise l’organisation de la 2e édition de
l’Open de tennis fauteuil qu’il a créé l’an dernier et qu’il
dirige : le French riviera open, qui aura lieu du 25 au
29 septembre à Biot-Sophia-Antipolis. « J’ambitionne
de faire de cet open le plus gros tournoi international
de tennis fauteuil, explique-t-il. Mais, à côté de la compétition, je souhaite y poursuivre la sensibilisation avec
l’accueil de centaines d’enfants et un forum emploi
pendant le tournoi. »
* Il sera présent sur le Salon Handicap aux côtés de Louis
Debouzy (Amabilis) pour la table ronde « handicap, résilience,
performance et dépassement de soi ».
Pendant que la 71 e édition du
festival de Cannes se tenait du
8 au 19 mai sur la prestigieuse
Croisette, un autre festival,
« Entr’2 marches », était organisé
simultanément de l’autre côté de
la voie ferrée, dans la salle municipale des mutilés (ça ne s’invente pas). Pour cette 9e édition,
marrainée par l’ex-Nul Chantal
Lauby, la sélection oficielle comportait 39 courts-métrages sur le
thème du handicap provenant
de 14 pays du monde entier. Un
autre festival du film international sur le handicap, parrainé
par Jean-Claude Carrière, s’est également tenu à
Cannes en 2016 et 2017. Pour sa 3e édition, qui
aura lieu du 1er au 6 février 2019, ce festival s’installera dans la ville historique du cinéma,
récemment récompensée par le premier
prix européen de l’Access City Award :
Lyon.
Mais, parallèlement à la création de
ces festivals « spécialisés », le cinéma
« grand-public » semble avoir
intégré le handicap et les
personnages en situation de
handicap (quoique souvent
joués par des personnes non
handicapées) comme deux
ingrédients d’une comédie
française réussie et
synonyme de succès au box-office.
Même si certaines
c o m é d i e s av a i e n t
précédemment montré la voie (comme Le
Huitième Jour avec
Daniel Auteuil et l’acteur trisomique Pascal
Duquenne), le phénomène trouve son origine
dans l’incroyable succès populaire rencontré par Intouchables,
ilm francophone le plus vu dans
le monde, suivi trois ans plus
tard, par La Famille Bélier. Les
chiffres parlent d’eux-mêmes,
avec respectivement 20 millions
et 7 millions d’entrées, les deux
comédies se classent dans le top
10 des plus gros succès du box-ofice de ces dix dernières années en
France. Plus récemment, Tout le
monde debout, la première comédie de Franck Dubosc, saluée par
la critique et le public, a atteint
les 2,5 millions d’entrées en deux
mois. Enin, Monsieur je sais tout, sorti le 9 mai,
qui confronte un prof de sport à son neveu autiste
Asperger, est bien parti pour connaître le même
sort.
« Le cinéma est un media populaire qui parle à tous, valides et
handicapés. Avec l’humour, l’idée
est de faire passer au public une
bonne soirée tout en le sensibilisant et en suscitant rélexion et
échange », explique Éric Blanchet,
directeur de Ladapt. Son association l’a bien compris, elle qui organise depuis quatre ans « Ouverture
de champ ». Cette opération qui
voyage de mars à juin dans
10 villes de France,
allie cinéma et humour pour changer le
regard sur le handicap.
« Cette année, les salles
sont pleines, on sent un
véritable engouement »,
se réjouit-t-il. Avant de
donner rendez-vous le
14 juin pour la soirée de
clôture de l’édition 2018 au
Gaumont-Alésia à Paris.
« Sous les pavés, le handicap »
Plateforme naionale au service
du développement des achats
responsables
Vous facilite les achats auprès des
secteurs protégé et adapté !
Handeco déploie une ofre de services complète,
innovante et unique sur le marché : annuaire
naional qualiié des ESAT/EA, place de marché
web, formaion, accompagnement de projets
achats, organisaion d’évènements, ...
« Plus de 98% des acheteurs * expriment un
niveau de satisfaction elevé de leur expérience
avec les ESAT et les EA »
*Baromètre Handeco ObsAR/Opinion Way 2018
Quelques exemples de missions que nous réalisons
pour les entreprises et organismes publics :
• Ideniier les fournisseurs ESAT/EA avec lesquels
vous travaillez
• Développer votre connaissance de l’ofre locale
et naionale
• Accompagner l’étude de projets de nouvelles
prestaions à conier aux secteurs protégé
et adapté
Site internet : www.handeco.org
Adresse mail : contact@handeco.org
Mai-68 a profondément modifié la perception et la condition des personnes
handicapées. Un acquis social « collatéral » et peu connu des événements
dont nous commémorons ce mois-ci le 50e anniversaire.
Mai-68 marque l’éveil d’une sensibilité nouvelle à la diversité des cultures
et au droit de parole et de citoyenneté
pour certaines minorités en France,
dont les personnes en situation de
handicap qui jusqu’alors sont reléguées à un statut d’indigent, enfermé,
assisté ou soigné, en tout cas d’exclu
de la société.
Interdite en France durant un siècle,
la Langue des signes française doit
par exemple sa renaissance à Mai-68.
S outenu par le sociologue des
Sourds, Bernard Mottez (1930-2009),
alors praticien du Centre d’étude des
mouvements sociaux créé dans le
prolongement des événements de
Mai-68, et par des chercheurs américains, la communauté sourde va
se réapproprier sa langue en tant
qu’instrument de sa culture.
Dans le sillage du mouvement de
Mai-68, des petits groupes d’étudiants et de travailleurs handicapés commencent à revendiquer non seulement leur
droit à la différence, mais aussi au travail
sans discrimination, à l’adaptation des logements et des transports, à une vie sexuelle.
Deux associations d’étudiants handicapés :
le centre des paralysés étudiants et l’Association générale des étudiants en maison de
cure – (qui deviendra plus tard l’Association
générale des étudiants santé) – décident de
mener une première action révolutionnaire
en afirmant que « leurs membres sont des
étudiants avant d’être handicapés » et en demandant une afiliation à la puissante Union
nationale des étudiants de France (Unef).
Quelque 250 jeunes adultes handicapés déjà
engagés dans des partis d’extrême gauche arrivent ainsi à inluencer les débats politiques
de l’Unef et à inciter à la prise en compte de
l’accessibilité des universités.
Ce mouvement préigure l’arrivée quelques années plus tard d’associations représentatives
de personnes handicapées militantes
et l’idée que le handicap peut être
généré et/ou renforcé par l’environnement et les inégalités sociales. Une
rélexion qui va conduire au débat des
années 1980 autour de la déinition du
handicap : « il n’y a pas de problème
de handicap, il n’y a que des aspects
spéciiques de problèmes beaucoup
plus généraux ».
De leur côté, les associations
d’étudiants handicapés de Mai-68
donnent naissance à deux associations militantes : le Mouvement de
défense des handicapés et le Comité
de lutte des handicapés. Ces deux
mouvements soutiendront la lutte
des travailleurs handicapés du CAT
(ex-Ésat) de Besançon pour revendiquer un salaire égal au Smic. Ils
organiseront en avril 1974 des actions
communes contre la politique sociale
et santé du gouvernement et en janvier 1975 la première manifestation jamais
tenue à l’Assemblée nationale.
L’impact de Mai-68 pour la condition des personnes handicapées, tout comme d’ailleurs
pour la condition féminine, pourra se lire
quelques années plus tard à travers plusieurs
grandes réformes sociétales : loi sur l’IVG, loi
d’orientation en faveur des personnes handicapées, Déclaration des droits des personnes
handicapées adoptée par l’Organisation des
Nations unies (ONU)…
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
15
REPENSER
COMMUNIQUÉ
Femmes et handicapées :
la double discrimination
Depuis plusieurs mois, un vent de libération
de la parole féminine s’est levé pour faire
savoir que les femmes souhaitent plus que
jamais une autre réalité quotidienne et ne plus
subir les inégalités, violences et harcèlement.
Parmi elles, celles en situation de handicap
semblent être victimes d’une double discrimination tant les inégalités qu’elles subissent
sont exacerbées. Dans son numéro de printemps, le magazine Être y a consacré une
enquête exclusive. Il y révèle que les femmes
sont davantage touchées que les hommes par
les Maladies chroniques invalidantes (MCI)
du fait de différences anatomiques, mais aussi
de la pénibilité des emplois qu’elles occupent.
La prévention et l’accès aux soins des femmes
handicapées sont également très inégaux, au
point de se demander si ce ne sont pas des
« patientes oubliées ». Une femme handicapée sur trois n’est pas dépistée pour le cancer
du col de l’utérus. Elles sont 7 % de moins
que les autres à avoir accès à la mammographie.
Bénéicier d’un bon suivi gynécologique et obstétrical relève pour les femmes handicapées d’un
véritable parcours du combattant : difficultés
d’accessibilité dans les cabinets de ville, tables
d’examen non adaptées, équipes médicales peu
formées… Rares sont les centres hospitaliers à
avoir ouvert des consultations spéciiques comme
l’Institut mutualiste Montsouris ou encore La
Pitié-Salpêtrière. Autre révélation de l’enquête
du magazine Être, dont le hashtag pourrait être
« #Ellesaussiellessurtout » : les femmes en situation de handicap sont celles qui subissent le plus
de violence et de harcèlement. Ce que corrobore
une étude menée par Femmes pour le Dire,
Femmes pour Agir (FDFA), une association qui
accompagne les victimes.
Dans le domaine de l’emploi, les femmes en
situation de handicap sont tout d’abord moins
présentes que les hommes sur le marché du travail, que ce soit dans le milieu ordinaire ou dans
le secteur du travail protégé et adapté (STPA),
ainsi que dans les dispositifs d’accompagnement
La #SEEPH2018
au féminin
Pour la 22e édition de la Semaine européenne pour l’emploi
des personnes handicapées (SEEPH) en novembre prochain,
Ladapt a décidé de faire de l’emploi des femmes en situation de
handicap son thème principal.
“Vivre ensemble, égaux et difde la SEEPH et des Jobdatings©
férents”. Ladapt reste fidèle à sa
dédiés aux femmes en situation
mission débutée il y a près de
de handicap et, le 20 novembre,
90 ans d’accompagner la personne
des débats sur les conditions de
handicapée dans son combat orditravail des femmes en situation
naire, celui de sa vie quotidienne
de handicap… Pour symboliser
et de sa citoyenneté. Mais, à l’occacette cause, Ladapt a demandé
sion de la 22e édition de la Semaine
à Lucie Jarrige, doctorante en
européenne pour l’emploi des
chimie, lauréate de la bourse
personnes handicapées (SEEPH)
l’Oréal-Unesco et championne du
qu’elle organise en novembre promonde d’Handi-escalade, d’être
chain, l’association va lui donner
l’ambassadrice de la SEEPH 2018.
une nouvelle dimension en assoCe thème devrait également être
Lucie Jarrige sera l’ambassadrice
ciant la différence d’être femme à
relayé dans les autres pays eurode la SEEPH 2018
celle d’être en situation de handipéens partenaires de la Semaine
cap. « En France, si vous êtes une
au moment où des institutions
femme en situation de handicap, les obstacles et les
et associations européennes, telles que le Conseil
discriminations dans l’accès à l’emploi, le maintien
européen et le Forum européen des personnes handans l’emploi, la formation et la promotion, sont endicapées, y prêtent une attention particulière. Ils s’apcore plus forts que pour les hommes en situation de
puient sur la résolution prise le 21 novembre 2017 par
handicap, mais également que les autres femmes »,
l’Assemblée générale des Nations unies, dans le cadre
explique Éric Blanchet, directeur général de Ladapt.
de la mise en œuvre de la Convention internationale
L’absence de données oficielles chiffrées interdit une
relative aux droits des personnes handicapées, qui
étude précise de la situation, cependant les témoidénonce « les discriminations multiples et transvergnages et les rapports sur la situation singulière des
sales subies par les femmes et illes handicapées »
femmes handicapées au travail montrent l’existence
et recommande « des mesures de sensibilisation sur
d’un véritable plafond de verre.
leurs droits, ain d’éliminer les stéréotypes, les préAprès un premier rapport de l’association Femmes
judices et la violence ».
pour le Dire, Femmes pour Agir (FDFA) en 2014, puis
« Au-delà de Semaine et de la communication, nous
un second rapport, du Défenseur des droits, en nocomptons nous inscrire dans une action concrète et
vembre 2016, Ladapt constate que la situation ne s’est
durable », prévient le directeur général de Ladapt.
pas améliorée, ni sur la visibilité des femmes handicaL’association projette notamment de lancer une
pées et la lutte contre les stéréotypes, ni sur toutes les
étude statistique qui recoupe ces deux discriminainégalités qu’elles rencontrent dans l’emploi.
tions et permette de faire ressortir les principales
« En partenariat avec le Défenseur des droits et
problématiques rencontrées par les femmes en situaFDFA, nous avons décidé de passer à l’action pour
tion de handicap, et obtenir un engagement de l’État
sensibiliser le public, les institutions et pouvoirs
sur leur prise en compte dans toutes ses politiques
publics, le monde économique, la classe politique
et ses projets de réforme. Objectif afiché : mettre in
et les partenaires sociaux », annonce Éric Blanchet.
à la double discrimination subie par les femmes en
Au programme : le 19 novembre, une table ronde
situation de handicap dans l’emploi et dans les autres
sur cette thématique lors de la plénière d’ouverture
domaines de la vie.
DR
Pour l’instant invisibles dans la grande cause nationale
du gouvernement vers l’égalité entre les femmes et les
hommes, les femmes en situation de handicap sont victimes
de violences, de harcèlement et d’importantes inégalités
en matière d’accès aux soins et à l’emploi.
TRIBUNE DE LADAPT
spéciiques tels que Cap Emploi. Seulement 30 %
des personnes accompagnées par l’Ageiph pour
la création d’activités sont des femmes.
En cas de survenue d’un handicap en cours d’emploi, les témoignages montrent que les femmes
sont davantage victimes de dificultés de reclassement et de déclarations d’inaptitude trop rapides,
souvent plus rapides que les hommes.
L’accès à la formation continue et aux évolutions
de carrière leur est plus limité. Le plafond de
verre auquel se heurtent de nombreuses femmes
est encore plus dificile à briser pour celles qui
sont handicapées.
Pour favoriser l’emploi des femmes en situation
de handicap, le Défenseur des droits recommande
d’effectuer un recensement des réalités du handicap différenciant femmes et hommes. Il demande
de rendre ces femmes plus visibles dans les supports de communication, de favoriser leur accès
aux études, de développer une approche spéciique pour les femmes dans l’orientation professionnelle et l’accompagnement, ainsi que dans les
négociations collectives et la formation.
L’ENTRETIEN PHILO AVEC VINCENT CESPEDES*
L’excellence est une quête au long cours.
La réussite et l’échec ici ne comptent pas,
comme dans la performance. La confrontation à l’échec, à la négativité, au handicap peut même être un stimulant pour
viser l’excellence.
Elle n’est pas dans le faire, elle est dans
l’être et le savoir-être, et encore davantage
dans le devenir inspirant. Déconnectée de
la performance, elle n’a pas de graduation,
on n’est pas plus ou moins excellent…
Les exploits d’un Philippe Croizon se rapprochent des performances artistiques :
ils sont un passage à l’acte du potentiel
qui inspire les autres. Comment la volonté met en place des scénarii alors que la
personne doit faire avec des conditions
restreintes, réduites… quelles qualités, physiques et mentales, il lui a fallu
mettre en œuvre pour y arriver. En ce sens,
les réalisations des personnes handicapées
dépassent la performance. Elles sont excellentes, édiiantes.
Dans un monde qui bouge, en proie à de
profondes transformations, l’excellence permet de se maintenir. Face à la volatilité des
décisions, ses valeurs fondatrices sont des
gardiennes et évitent que l’on soit déboussolé par cet état d’urgence permanent. Les
mutations s’accélérant, dans un milieu très
DR
« Invitation à l’excellence »
concurrentiel, l’excellence permet de s’adapter au changement et d’avoir toujours un
temps d’avance.
Les entreprises qui emploient des personnes
handicapées sont dans cette quête d’excellence. Elles ont eu cette approche inclusive,
fait cette démarche créative du travail à fournir pour accueillir la diversité des proils qui
est fondamentale. Les solutions que leurs collaborateurs en situation de handicap mettent
en œuvre pour pouvoir travailler – sortes de
R&D incarnée et vivante, – tout comme
celles que le collectif déploie pour les accueillir, inspirent tous les autres et font de
ces lieux de travail des foyers innovants.
Les personnes handicapées ont développé des sens hors du commun dans leur
rapport aux autres, au monde, au langage, au toucher, à la discrimination…
Elles représentent une immense richesse
pour toutes les organisations.
Le « travailler et vivre ensemble » avec
une personne en situation de handicap
invite l’entreprise à faire preuve d’innovation, à prendre en compte l’humain
dans toute sa complexité et sa richesse,
à se remettre en question, à réinventer la
relation manager-managé pour tendre
vers le « management complice ». Une
entreprise engagée dans cette quête devient excellente et son excellence se voit, se
partage, se raconte et devient une puissante
valeur ajoutée pour sa marque employeur et
son attractivité auprès des clients, des partenaires et des jeunes, leurs collaborateurs de
demain.
* Vincent Cespedes est philosophe, écrivain, conférencier et compositeur. Son dernier ouvrage : Vivre
au printemps, philosophie du clash et clash de la philosophie (Matkaline, 2018). http://vincentcespedes.net
Nos savoir-faire
Logistique - Conditionnement - Reprographie
Imprimerie - Mailing – Routage - Blanchisserie
Repassage - Facility management - Nettoyage
industriel - Production horticole - Végétalisation des sites - Espaces verts - Cuisine centrale
Traiteur - Portage de repas à domicile - Menuiserie - Travaux de peinture - Electromécanique
Mécanique - Artisanat - Création sur mesure Bagagerie souple et marquage textile - Numérisation de documents - Prestation maintenance
informatique - Recyclage - Gestion des déchets
Rendez-vous
sur l’annuaire
esat-ea.apajh.org
Supplément Partenaire Les Echos le Salon Handicap, Emploi & Achats Responsables, réalisé par la rédaction du magazine Être
(Emmanuel Perret, Michaël Couybes, Willy Persello, Gérard Bakalian, Gaëlle Desportes et Françoise Martin-Borret). Remerciements
aux contributeurs du Supplément Partenaire : Laurent Baccouche, Maxime Baduel (coordinateur du Supplément), Thomas Defresne,
Sophie Duparc, William Jameux, Xavier Kergall, Julie Letartre, Sophie Rouxel, ainsi qu’aux équipes du Salon.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
16
ÉCHANGER
COMMUNIQUÉ
INTERVIEW CROISÉE
« La nécessaire implication du top management »
Les trois partenaires historiques du Salon Handicap, LVMH, Société Générale et EY, s’engagent depuis de nombreuses années
dans une politique d’emploi des personnes handicapées, portée jusqu’au plus haut niveau de leur direction.
Youssef Bouni : Ce salon qui jouit d’une
vraie dynamique est l’endroit où il faut
être pour continuer à faire de la pédagogie, rencontrer les réseaux, saisir les
opportunités. C’est à la fois notre responsabilité, mais également une étape importante du développement et de l’évolution
de notre politique d’achats au secteur
du travail protégé et adapté (STPA) et de
recrutement. Tous deux sont parties prenantes dans le cadre de nos valeurs.
Jean-Pierre Letartre : Je connais bien le
Groupe Les Echos avec qui nous avions
été partenaires lors de la création du
C. S. : Notre politique emploi et handicap doit refléter le dynamisme de notre
Groupe. Nous présentons un taux d’emploi
de 5 % tout confondu, dont la moitié générée par le STPA auquel nous consacrons
annuellement 8 millions d’euros. Notre
Groupe compte un millier de collaborateurs en situation de handicap et continue
d’embaucher. Le secteur du luxe est souvent perçu comme loin de ces problématiques, et pourtant on est là et on surprend.
Y. B. : Tout en restant très réalistes et
pragmatiques, nous devons montrer que
nos valeurs restent les mêmes en situation de transformation. Le recrutement
continue d’évoluer de manière significative et nous avons multiplié par six le
chiffre d’affaires avec le STPA.
Notre adaptation au nouveau monde
bancaire, avec de nouvelles priorités
Christian Sanchez,
Directeur du comité
stratégique du Salon
Youssef Bouni, Directeur
des Relations sociales
de Société Générale
et attentes des clients, ne doit pas se
faire au détriment d’une responsabilité
sociale forte. Nous n’avons pas terminé
de faire encore mieux et nous devons
regarder comment les politiques vont
s’accaparer le sujet pour nous pousser
encore davantage et jusqu’où nous pourrons aller.
J.-P. L : L’accélération de la transformation de notre environnement est telle que
les entreprises doivent avoir des collaborateurs et managers à l’écoute des différences, qui ont la capacité de comprendre
les bouleversements du monde et les signaux faibles. La diversité est essentielle
pour que l’entreprise s’adapte au monde
qui se transforme. On me dit parfois
DR
Dans une économie en pleine
transformation, comment peut-on
concilier l’emploi des personnes
handicapées et la recherche de
performance toujours plus grande ?
yeux serait une grave erreur, mais aussi
de celle de réduction des possibilités de
sensibilisation et de communication qui
sont essentielles. C’est dommage que le
gouvernement envisage de réduire la
portée des accords, car il est dificile de
mener une politique d’emploi des personnes handicapées sans accord.
DR
Christian Sanchez : En effet en 5 ans,
nous sommes passés d’un salon interne
à LVMH avec une vingtaine d’EA et Ésat
et 80 décideurs au grand rendez-vous
annuel de l’emploi des personnes handicapées, ouvert aux autres entreprises,
mais aussi aux partenaires institutionnels, associatifs… avec 150 EA/Ésat/TIH et
plus de 3 500 visiteurs. Cette opération de
mise en relation directe a montré tous ses
bénéices en réunissant tous les acteurs,
en boostant le business et en levant les
stéréotypes. L’édition 2018 devrait être
celle de la maturité, de l’équilibre, mais
aussi un peu celle des interrogations face
aux réformes gouvernementales.
salon des entrepreneurs il y a 25 ans.
J’ai été aussi partenaire à la création
de VivaTech. Le Salon Handicap a pris
l’ampleur nécessaire pour poser le sujet
du handicap et de l’emploi en entreprise,
dans son environnement économique et
avec ses acteurs.
DR
Du chemin a été parcouru depuis la
première édition du Salon Handicap ?
Jean-Pierre Letartre,
Président d’EY France et
CEO France, Luxembourg
et Maghreb
que je m’engage dans le handicap pour
satisfaire aux actions sociales, mais non
la raison principale est de satisfaire aux
besoins de développement de l’entreprise
et de la rendre plus performante dans la
durée. L’implication de toute la ligne managériale reste plus que jamais essentielle
ain de créer les conditions pour que chacun, quelle que soit sa différence, puisse
exprimer son potentiel.
Quel regard portez-vous sur
le projet de réforme de l’emploi
des personnes handicapées ?
C. S. : Je suis quelque peu inquiet, en particulier de la proposition de séparation
de l’emploi direct et indirect qui à mes
Y. B. : L’exclusion du STPA du taux d’emploi ne serait pas une bonne nouvelle.
Nous avons beaucoup progressé et investi en la matière. L’incitation via la RSE,
notamment dans le cadre de la future loi
Pacte entreprise, pourrait être un bon
levier en conduisant les entreprises à
plus d’intelligence dans le handicap, en
France comme à l’échelle internationale.
Avec une vraie responsabilité du management et de la fonction RH sur le sujet
pour favoriser et consolider l’emploi des
personnes handicapées.
J.-P. L. : Je suis sensible à la recherche
d’eficacité, d’employabilité et de simpliication portée par le gouvernement. Sur
cela, la réforme envisagée a l’air d’aller
dans le bon sens. Je ne crois pas que l’intention est de réduire l’investissement de
l’État ou des entreprises, mais plutôt de
le rendre plus efficace. Pour moi, l’important est aussi d’offrir une plus grande
accessibilité des études et de la formation
ain de bien accompagner les personnes
handicapées vers l’emploi.
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LUNDI 28 MAI 2018 // SUPPLÉMENT GRATUIT AU NUMÉRO 22703 | ISSN 0.153.4831 | NE PEUT ÊTRE VENDU SÉPARÉMENT
EXECUTIVES.LESECHOS.FR
COMMERCIAL l DIGITAL l DIRECTION GÉNÉRALE l FINANCE l JURIDIQUE l MARKETING l RH
L' ÉDITO
Ginni Rometty
IBM
de Muriel Jasor
Vers une
tech positive
et responsable
ntrepreneurs, dirigeants et managers de grandes entreprises,
startuppeurs, étudiants ou simples curieux technophiles, beaucoup ont
répondu présents au rendez-vous qui
leur a été donné, du 24 au 26 mai derniers, porte de Versailles, à Paris. Bilan :
la troisième édition de VivaTech, coorganisé par « Les Echos » et Publicis, a
consolidé son caractère de rencontre
internationale incontournable. .
Parmi les plusieurs dizaines de milliers
de visiteurs, beaucoup se sont déplacés
pour s’inspirer des conférenciers les plus
emblématiques du moment : Mark
Zuckerberg, le patron de Facebook, qui
s’était auparavant exprimé devant les
eurodéputés, Eric Schmidt, membre du
conseil d’administration d’Alphabet
(ex-Google), Ginni Rometty, la patronne
d’IBM et rare femme emblématique de la
tech mondiale, Dara Khosrowshahi,
celui d’Uber, ou encore Satya Nadella, le
CEO de Microsoft. Ces mêmes visiteurs
ou exposants ont aussi eu l’occasion de
transformer les 45.000 m2 consacrés à
l’événement en terrain de chasse… de
têtes : difficile d’imaginer meilleure
occasion de recruter des talents ! Glaner
de nouvelles idées, débattre entre professionnels et réseauter figuraient aussi au
nombre des priorités de beaucoup
d’entre eux. Tout comme la possibilité,
pour les plus férus d’open innovation, de
nouer des partenariats. Enfin, au dire
d’un groupe de managers du secteur
parapétrolier rencontré dans les travées
du salon, les « executives tours » (voir
page 3) ont fait florès.
Preuve que l’appétence pour le changement et l’innovation est importante en
France. Mais l’écosystème high-tech doit
encore convaincre l’opinion publique,
méfiante face à des géants numériques
surpuissants et susceptibles de nous
épier, de jongler avec nos données personnelles et de détruire nos emplois.
Beaucoup, à présent, placent leurs
espoirs dans une approche positive
et responsable de l’innovation, une
« Tech for Good » qu’Emmanuel Macron,
le président de la République,
lui aussi présent à VivaTech, a appelée
de ses vœux. n
E
Mark Zuckerberg
Facebook
Trois jours d’immersion
dans la French Tech
l Les profils numériques les plus recherchés l Les collaborations entre grands groupes
et start-up l Première interview de la nouvelle directrice de la mission French Tech
Isabelle Kocher
Engie
Eric Schmidt
Google
Sophie Bellon
Sodexo
Photos Lucas Barioulet pour « Les Echos » – Xavier Popy/RÉA
Dara Khosrowhahi
Uber
roisième édition plus que réussie pour le salon VivaTech, coorganisé par
le groupe « Les Echos » et Publicis qui a refermé ses portes samedi soir,
après trois journées d’ébullition technologique. L’occasion pour Paris de
réaffirmer son ambition de leadership européen sur le terrain de l’innovation.
Et pour les start-up, les grands groupes, les « speakers » de renom et les investisseurs de tous pays – coup de chapeau, au passage, à la dynamique African
Tech – de se lancer dans de fructueux échanges.
— La rédaction des « Echos Executives »
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
02 // A LA UNE
Lundi 28 mai 2018 Les Echos
… Trois jours d’immersion dans la French Tech
ACHATS OU DSI : QUI
GÈRE LA RELATION
AVEC LES START-UP ?
echo.st/m310712
Comment les grands groupes
apprivoisent les jeunes pousses
Blockchain, intelligence artificielle, réalité virtuelle ou encore assistants vocaux… les grands groupes multiplient
les partenariats avec les start-up, qui deviennent des acteurs incontournables de leur transformation numérique.
A VivaTech, du 24 au 26 mai, l’open innovation a fait florès.
Florent Vairet
@florentvairet
industrie aussi complexe que l’aérospatiale, il y a de la place pour la collaboration avec les start-up, affirme Bruno
Gutierres, directeur des accélérateurs de
l’entreprise. Elles nous permettent de
nous imprégner des nouvelles tendances et
de faire croître le digital au sein d’Airbus. »
Pour Marie Guillemot, associée KPMG,
membre du comité exécutif et spécialiste
des sujets innovation, le foisonnement
de collaborations avec les start-up
s’explique par leur agilité : « Elles vont
plus vite et sont plus audacieuses dans
leur capacité à remettre en cause les usages et processus existants. »
chacun son lot de start-up.
Pendant les trois jours du salon
Viva Technology, les plus
grands groupes français et internationaux sont venus présenter leurs dernières innovations et n’ont pas manqué
d’arborer fièrement leur panel de
start-up. Du simple partenariat à la
montée au capital, celles-ci sont plus
que jamais mises à contribution pour
aider les grandes entreprises à dégager
des pistes d’innovation et à les mettre
sur les rails de la transformation numérique, qui tarde parfois à prendre forme.
A
Des collaborations
en trompe-l’œil ?
L’importance du mobile
Nombre d’entreprises peinent encore à
saisir son importance. Telle est la conclusion d’une étude menée par le cabinet
Lynx, spécialisé en performance marketing, commerciale et digitale, sur
1.125 grandes entreprises et ETI françaises. 53 % des premières disposent d’une
direction du digital et ce chiffre tombe à
25 % pour les secondes. A titre d’exemple,
seules 3 % des entreprises étudiées
– parmi lesquelles Renault, PagesJaunes,
Air France et Microsoft – intègrent
l’ensemble des expertises digitales clefs
dans leurs effectifs, à l’instar de l’interface
et l’expérience utilisateur (23 %), le développement mobile (12 %) ou encore le data
management (23 %). Pourtant, les entreprises qui intègrent ces expertises présentent de meilleurs résultats, assure l’étude.
Autre enseignement, seuls 73 % du panel
ont mis en place une stratégie pour le
mobile, alors que cet appareil est devenu
le principal terminal d’évaluation des sites
par Google pour effectuer le référencement. Publié la semaine dernière, le rapport 2018 d’Eurostat pointe également les
mauvais résultats des entreprises françaises, dont plus de la moitié n’a toujours pas
investi lourdement dans les technologies.
L’horloger Baume a présenté, lors du Salon Vivatech, une expérience de réalité augmentée : l’utilisateur peut personnaliser
sa montre en ligne grâce à un configurateur de représentation 3D et la visualiser virtuellement à son poignet grâce à un bracelet
équipé d’une puce NFC. Photo Lucas Barioulet pour « Les Echos »
Les groupes français seraient-ils pris de
court par la transformation digitale ? En tout cas, les start-up apparaissent – à point nommé – comme une
source d’innovations intarissable. Viva
Technology a été l’occasion de présenter
les nouvelles collaborations. L’énergéticien Engie a accueilli pas moins de
48 start-up sur son stand. Parmi elles se
trouvait OpenDataSoft qui a conçu une
plate-forme pour fluidifier le partage des
données au sein de villes. Cette jeune
pousse travaille avec la branche Energies
renouvelables d’Engie sur la mise à
disposition des données de parcs éoliens.
Blockchain Studio, une start-up née à la
suite d’un challenge Innovation lancé
auprès des collaborateurs de l’énergéticien, était également présente. Elle a fait
la démonstration auprès des partici-
pants de la création d’un smart contract
en 30 minutes via la blockchain. « Entre
grands groupes et start-up, il ne s’agit
plus de deux mondes qui s’observent
mais bien qui collaborent ! » assure
Stéphane Quéré, senior VP Innovation
d’Engie. De son côté, EDF a présenté les
douze start-up finalistes de son concours
EDF Pulse. Vinci Energies a organisé des
challenges de jeunes pousses tous azimuts sur des thèmes aussi variés que « la
nouvelle vision du monde », « la sécurité
de l’humain dans l’industrie » ou encore
« la cybersécurité, l’optimisation
d’infrastructures et la gestion d’actifs ».
La réalité virtuelle en guest star
La réalité virtuelle était la star de ces
collaborations. L’horloger Baume,
nouveau-né du groupe Richemont, a
présenté, en partenariat avec deux
start-up françaises, ses innovations
en matière de parcours client. L’utilisateur a pu personnaliser sa montre
en ligne grâce à̀ un configurateur de
représentation 3D. Ensuite, il lui était
possible d’essayer sa montre au poignet grâce à un bracelet équipé d’une
puce NFC capable d’offrir une expérience de réalité augmentée. Orange
immergeait des utilisateurs dans le
bureau d’un groupe bancaire au sein
duquel ils devaient y trouver dix
sources de non-conformité en
matière de sécurité.
Chaque groupe a rivalisé en termes
d’annonces. Airbus a annoncé l’ouverture de son quatrième accélérateur de
start-up à Madrid. « Nous voulons
envoyer le message que même dans une
L’écosystème semble se féliciter de ces
synergies, mais certains experts s’interrogent sur la réalité du business derrière la pléthore de pitchs et de challenges organisés par les grands groupes.
S’il ne fait pas de doute que certains
aboutissent à des contrats, quelle est la
part de cosmétique, s’interroge en
substance Kat Borlongan, la nouvelle
patronne de la French Tech (voir interview page 8). Une étude réalisée par
son entreprise Five by Five a montré
que le volume médian dépensé par les
grands groupes français pour se fournir auprès des start-up restait limité à
0,1 % de leur budget global. Une inquiétude qui est aussi partagée par Gilles
Babinet, le digital champion de la
France auprès de la Commission européenne avec qui « Les Echos Executives » organisent le classement du
eCac40. « Attention aux effets d’annonce
en matière d’intelligence artificielle ou
de blockchain, qui peuvent avoir pour
but de cacher la poussière sous le tapis,
assure-t-il. La tendance de fond est que
les grands groupes comprennent
aujourd’hui douloureusement que la
puissance de la révolution digitale est
plus importante qu’imaginé. » n
Devenu grand, Le Bon Coin dorlote les start-up
Le leader français de l’économie collaborative se place aussi
dans le giron de Google, sur l’immobilier et la recherche d’emploi.
Camille Marchais
cmarchais@lesechos.fr
ien n’arrête Le Bon Coin. Malgré
ses 800 collaborateurs et ses
28 millions d’annonces en ligne,
l’entreprise créée en 2006 ne s’accommode pas d’un rythme de croisière, et
met un point d’honneur à innover.
L’ancienne start-up, qui se pose en
leader français de l’économie collaborative, a participé pour la deuxième fois
à VivaTech. Dans la cour des grandes.
Le sixième site français le plus visité,
avec 7 milliards de pages vues par
mois, s’intéresse à son tour au petit
monde de l’innovation et des start-up.
L’équipe de son lab, lancé en 2015,
comprend trois développeurs et deux
responsables de projets. Elle explore
de nouveaux marchés, mène des projets complémentaires aux activités du
Bon Coin et intègre de nouvelles idées
de services, de méthodes de travail ou
de technologies. Parmi ses créations
marquantes, signalons l’application
labonnevisite, qui facilite la recherche
immobilière. Quant à son accélérateur
inauguré l’an dernier, il accompagné la
croissance de trois jeunes pousses :
R
PayCar, spécialisée dans les solutions
de paiement des véhicules d’occasion ;
Réassurez-moi, courtier d’assuranceemprunteur ; ainsi que BoxHome,
plate-forme numérique de livraison
d’objets volumineux.
Rencontrer des utilisateurs
experts
L’attractivité de VivaTech est la première raison qui a incité Le Bon Coin à
honorer le grand rendez-vous de la
porte de Versailles, à Paris. L’occasion
pour le site d’annonces « d’accéder à
une expertise technologique que peu de
salons peuvent offrir à l’échelle mondiale », confie Claire Blanquart, la
directrice du Lab. S’inspirer des
start-up n’est cependant pas l’unique
volonté du groupe. « L’idée est de rencontrer des utilisateurs experts, qui
savent faire des retours critiques et
constructifs sur notre service », confie
Antoine Jouteau, directeur général du
Bon Coin. Grandir donc, mais à coups
de challenges. Car bien que sa plateforme soit aujourd’hui leader dans
son domaine, l’entrepreneur sait que
pour qu’elle le demeure, il doit aborder tous les sujets avec ses clients,
même les plus tabous. « Nous nous
testons, c’est dans notre ADN »,
justifie le dirigeant.
Pour sa deuxième participation à
VivaTech, pas de stand ni porte-parole. Le groupe a sponsorisé un hackathon sur le thème : « Imaginez la marketplace Le Bon Coin de demain ».
Cette compétition de moins de 24 heures a rassemblé une centaine de concurrents. Les objectifs ? Rencontrer de
nouveaux profils, s’inspirer d’idées
originales et les soutenir. « Nous souhaitons mettre à profit notre savoirfaire et nos technologies au service d’un
sujet utile pour l’avenir », espère le
CEO. Avec 5.000 euros à la clef pour le
gagnant, cette initiative attire de nombreux développeurs et fait ainsi la
promotion de la marque employeur.
Le Bon Coin a également présenté
sur le stand de Google son service de
recherche d’emploi via Google Home.
Elaboré avec le Lab, le lancement de
ce nouvel outil est prévu avant l’été.
La recherche parmi 2.000 métiers
référencés s’effectue par commande
vocale et en fonction de plusieurs
données : l’expérience, le niveau
d’études, la localisation, la durée du
Avec ses 7 milliards de pages vues par mois, le sixième site français a déjà investi
le monde de la start-up et de l’innovation avec un Lab et un accélérateur.Photo RP Ribiere
contrat ou le temps de travail… Il
sera possible, à terme, d’envoyer sa
candidature directement au recruteur par ce biais. Antoine Jouteau
voit un fort potentiel dans le voice
bot. « Cette technologie est très répandue aux Etats-Unis. En France, la
croissance est forte. » n
z
LE BON COIN
LA FICHE D'IDENTITÉ
Chiffre d'affaire 2017 : 257,4 millions
d’euros
Effectif : 800 collaborateurs
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
1
Les Echos Lundi 28 mai 2018
A LA UNE // 03
MILLION DE
VÉHICULES
SERONT ÉQUIPÉS DE
PNEUS CONNECTÉS
EN 2020
À lire sur :
echo.st/m314882
« Les technologies vont
magnifier l’humanité »
Dans le domaine agricole, nous développons des puces pour pneus, couplées à des
systèmes de gestion de gonflage automatique, qui permettront de maîtriser la pression et donc la surface de contact entre le
pneu et la terre. L’enjeu est de maximiser
les rendements en écrasant le moins
possible les sols.
Hamilton/RÉA
Ces innovations impliquent-elles
un changement de modèle
économique ?
Florent Menegaux, qui devrait succéder, dans un an, à JeanDominique Sénard à la tête du fabricant de pneumatiques,
est convaincu de l’importance des technologies. Et promet
qu’à terme, tout sera digital chez Michelin.
Propos recueillis par Florent Vairet
@florentvairet
Quel était le sens de votre
présence à Viva Technology ?
Nous souhaitions délivrer un message de
fond : Michelin est très impliqué dans le
digital, avec la volonté de le mettre au
service de l’humain et d’une mobilité plus
durable. Nous travaillons sur plusieurs
innovations qui vont dans ce sens.
Quelques exemples ?
Nous avons développé, pour le Club Porsche, le Michelin Track Connect. Il s’agit
d’un capteur qui permet de connaître l’état
du pneu de la voiture. Le pilote sait lorsqu’il faut le ménager ou, au contraire, s’il
peut accélérer. Ainsi, il optimise la durée
de vie du pneu, améliore ses performances
mais aussi ses émotions au volant. Ce
dispositif a vocation à être installé sur tous
les types de véhicule.
Autre exemple : sur les imposants
camions du génie civil, la valeur d’un pneu
est énorme. Nos capteurs permettent de
contrôler la température, la pression et
l’état des pneus. Au regard des charges
qu’ils transportent, ces données sont loin
d’être anecdotiques.
L’objet « pneu » sera connecté et cela
ouvre la voie à des services supplémentaires. Notre entité Michelin Solutions
réalise aujourd’hui un chiffre d’affaires
d’un milliard d’euros, notamment grâce
au digital. L’objectif est de le doubler d’ici
à trois ans.
Mais le digital nous permet aussi de nous
transformer en interne, sur les lignes de
production par exemple. Nous avons mis
au point un bracelet connecté pour
informer l’opérateur de l’état de fonctionnement de la machine et de la qualité de
la production. C’est du stress en moins
pour ce salarié, qui peut ainsi mieux
exercer son intelligence.
Comment vous êtes-vous
sensibilisé au numérique ?
Je suis comme né dedans. Lorsque j’étais
étudiant, au début de l’informatique,
j’avais acheté à crédit un ordinateur transportable et j’avais développé un logiciel
pour gagner un peu d’argent. Au début des
années 2000, j’ai conçu les premiers sites
Internet de Michelin. J’ai toujours regardé
les technologies avec bienveillance et je
suis convaincu que bien utilisées, elles
peuvent magnifier l’humanité.
Votre nomination prochaine
à la tête du groupe est éloquente :
priorité au digital ?
Au-delà des enjeux de succession, je peux
vous dire qu’à terme, tout sera digital chez
Michelin. n
Des circuits guidés
pour dirigeants
A Viva Technology, les « executive tours » ont fourni
aux équipes de direction des parcours clefs en main,
qui évoluent au fil des éditions.
Valérie Landrieu
@ValLandrieu
’année dernière, Jean-Marc Janaillac, le PDG
d’Air France, avait participé à un « executive
tour » organisé sur le salon Viva Technology.
Tout juste nommée présidente de transition de la
compagnie aérienne, Anne-Marie Couderc n’a
probablement pas pu se prêter à l’exercice, comme
certains de ses lieutenants. Tel cette directrice de
la relation client ou ce directeur des opérations
du hub, tous deux membres de comités de direction d’Air France et conviés par Anne Grjebine,
la directrice formation et Campus Air France.
« Un format court, expérientiel, stratégique et
adapté », commente cette dernière.
L
Faisabilité des projets
Organisés par Hub Institute, un think tank numérique indépendant, les parcours durent deux heures.
Exposés, rencontres avec des start-up, des grands
groupes et des partenaires, démonstrations de
technologies mises en œuvre… ces circuits destinés
aux cadres dirigeants ont évolué au fil des éditions.
« En année 1, les directeurs de l’innovation souhaitaient surtout acculturer en douceur les équipes de
direction et nous avions carte blanche. En année 2,
tous voulaient connaître le programme à l’avance.
Et cette année, ils nous ont fait part de leurs avancées
sur les sujets de transformation pour que nous
adaptions le circuit à leur niveau de maturité digitale. Les participants étaient très concentrés sur la
faisabilité des projets et cherchaient d’éventuels
partenaires », explique Vincent Ducrey, cofondateur de ce think tank familier des CES de Las Vegas
et de Shanghai et autres Mobile World Congress
de Barcelone. « Nous leur avons soumis les quatre axes stratégiques de notre digitalisation »,
confirme de son côté Anne Grjebine.
De son côté, Microsoft inaugurait ses propres
tours orientés « C-Level » : « Nous voulions aller
à l’essentiel pour les comités de direction », confie
Laurence Lafont, la directrice de la division marketing et opérations du groupe informatique en
France. L’objectif était de leur « montrer les
meilleures innovations, notamment en intelligence
artificielle, pour les aider à réussir leur transformation digitale ». Une belle occasion aussi d’entrer en
contact avec un plus grand nombre d’interlocuteurs. En la matière, « notre panel s’est enrichi,
convient Laurence Lafont. Les DSI et les CDO
restent en première ligne, mais nous voyons de plus
en plus de directeurs du marketing, de directeurs des
relations client, et de directions générales ».
Qu’ils viennent d’AXA, de Saint-Gobain, de Kiabi
ou d’une des cent vingt autres entreprises inscrites aux parcours, les top managers étaient là
pour « mieux appréhender la technologie, mieux
envisager ses usages, et du coup les projeter dans
leur propre organisation », partageait l’un d’eux. n
ARRÊT SUR SOI
Tech et modèles
de management
armi les très nombreux
thèmes présents à l’événement VivaTech, le management était partiellement présent à
travers deux sujets : l’empowerment
et le bien-être et la santé. Est-ce à
dire que le management se limitera
à ces deux questions dans l’avenir ?
Pourtant la tech est déjà présente
sur les sujets de management. La
gestion des ressources humaines
cherche à agir vis-à-vis des collaborateurs comme les commerciaux
vis-à-vis de leurs clients. C’est-à-dire
mieux les comprendre, mieux
savoir ce qu’ils ressentent, ce dont
ils ont envie, comment ils organisent leur temps, leurs relations
entre eux, etc. Mais pour quoi
faire ? Pour mieux les accompagner, les rendre plus performants,
les aider, diront les promoteurs de
ces techniques. Ou pour mieux les
manipuler afin d’en tirer le plus de
profit possible comme le pratiquent
les Gafa vis-à-vis des utilisateurs de
leurs services ? Le doute subsistera
toujours.
Prenons des exemples qui fonctionnent déjà sur d’autres continents. Le badge ou la puce souscutanée proposée aux salariés qui
permet de les suivre partout et de
connaître leurs interactions et leur
niveau émotionnel. Les zélateurs
de la technologie nous expliqueront que c’est pour les accompagner et permettre de détecter les
individus qui vont mal et d’adapter
de façon individuelle les programmes de développement. Dans un
esprit bienveillant, avoir ces informations sur les salariés peut
servir à cela. Mais comment penser que cela ne va pas aussi servir
à leur mettre une pression supplémentaire dans un cadre codifié
dans lequel chacun devra entrer.
c’est toute la question de l’intimité
P
RENDEZ-VOUS
PARTENAIRES
DR
FLORENT MENEGAUX, DIRECTEUR GÉNÉRAL EXÉCUTIF DE MICHELIN
ÉRIC ALBERT
Associé gérant
d’Uside
du sujet. La tech pousse de plus en
plus son intrusion par la quantité
de données recueillies et leur
recoupement. Or nous ne mesurons pas l’effet que cela produit
sur des individus qui savent que
leur intimité est surveillée par des
acteurs qui ont un pouvoir sur
eux, au moins économique. La
perspective évoque les pires dystopies que l’on peut imaginer. A
l’évidence, ceux qui entreront dans
ce cadre contraignant seront en
permanence dans une autocensure pour tenter de correspondre
à ce qui est supposé souhaité par
le système. On peut douter des
capacités de créativité et d’adaptabilité d’un tel modèle.
p
ET APRÈS ?
Il peut paraître paradoxal que
ceux dont l’ADN est la créativité
et l’innovation proposent des
solutions dont l’un des effets
premiers sera de les assécher
chez leurs utilisateurs. L’enjeu
n’est pas de maîtriser, mais au
contraire de libérer. Plutôt que
de chercher à tout savoir sur un
individu pour mieux le cadrer,
l’utiliser, le manipuler, il faudrait
lui donner envie de booster ses
capacités à contribuer au collectif
en utilisant son intelligence et ses
capacités émotionnelles. La tech
du XXIe siècle ne doit pas se mettre au service de modèle de
management du XXe siècle. Lorsque le fantasme du patron était
de tout contrôler, et surtout ses
équipes. C’est au contraire lorsqu’elle favorise les capacités
des individus à sortir des cadres,
à imaginer et à tirer le meilleur
de leur humanité que la tech
apporte de la valeur.
par
Gestion de créances : une nouvelle dynamique
de développement pour Intrum
En juin 2017, Intrum a fusionné avec Lindorff
pour donner naissance au leader mondial de la
gestion de créances. Anne Williart, directeur
général France d’Intrum, nous en dit plus sur ce
métier et le nouveau positionnement de l’entreprise pour ses clients.
UN MAILLON ESSENTIEL DE LA CHAÎNE
ÉCONOMIQUE
25 % des défaillances d’entreprises en France
sont dues à des retards de paiement. « En France,
cela représente une perte annuelle de 56 milliards d’euros et 300 000 emplois menacés »,
alerte Anne Williart, directeur général France
d’Intrum. Intrum, dont le métier est de gérer
et d’acquérir des créances, se positionne ainsi
comme un vecteur de croissance pour les entreprises pour améliorer leurs lux de trésorerie
et leur rentabilité à long terme, tout en prenant
soin de leurs clients.
UN LEADER EN PRISE AVEC LE MONDE
D’AUJOURD’HUI
Une dynamique que la fusion avec Lindorff permet d’ampliier et qui bénéicie aux clients d’Intrum. Avec plus d’1 milliard d’euros de chiffre
d’affaires et 8 000 collaborateurs dans 160 pays
- dont 700 en France - Intrum est aujourd’hui un
leader mondial de la gestion de créances. « Choisir nos solutions multinationales, c’est bénéicier
d’une approche unique : celle de la proximité,
qui marie une excellente connaissance de l’environnement règlementaire local avec une forte
maîtrise des spéciicités culturelles », explique
Anne Williart.
Avec le rachat d’Intractiv et les opportunités offertes par l’intelligence artiicielle, Intrum fait
aussi proiter ses clients des leviers du numérique en prenant leur relais dans la relation et la
médiation inancière avec leurs propres clients.
Enin, première entreprise du secteur à avoir
mis en place une démarche RSE, Intrum place
la coniance et le respect de tous les acteurs du
crédit au cœur de son activité.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
04 //
l DIRECTION GÉNÉRALE
Lundi 28 mai 2018 Les Echos
L’ACTUALITÉ
BUSINESS
COMPÉTENCE
PAR COMPÉTENCE
P. 4-7
Le CDO, au cœur
de l’équipe dirigeante
DIGITAL
NEW WORLD
PROFILS
Facebook :
fin ou début
de la
démocratie ?
Quelques nominations sont devenues
emblématiques de la proximité de la fonction
avec le PDG ou le DG. Mais le digital n’a
pas partout de représentant direct
dans les instances de direction.
n chief digital officer au comex
ou au codir ? Les grandes entreprises n’appliquent pas la même
doctrine. En nommant Lubomira
Rochet à la tête du digital de L’Oréal, il
y a quatre ans, et en l’inscrivant de fait
dans son premier cercle, le PDG du
groupe de cosmétiques Jean-Paul Agon
avait créé un électrochoc. Depuis,
Sodexo a promu son CDO (chief digital
officer), Denis Machuel, à la direction
U
générale. Et quelques nominations sont
devenues emblématiques de l’évolution
de la fonction et de sa place dans les
organigrammes. C’est notamment le cas
de profils internationaux stars, comme
Ian Rogers chez LVMH (propriétaire des
« Echos »). Autres exemples : Maud
Bailly, énarque passée par Matignon. Elle
a été appelée par Sébastien Bazin, chez
AccorHotels, pour piloter tout à la fois
digital, distribution, ventes et systèmes
d’information. Et Marie Cheval, ex-patronne de Boursorama, qui a rejoint son
ancien condisciple de l’ENA, Alexandre
Bompard, pour être l’un des piliers de la
transformation de Carrefour.
Chez Kering, François-Henri Pinault a
fait venir à la table du comité exécutif, en
décembre dernier, un ancien directeur
général d’eBay France, habitué des
start-up. Grégory Boutté est chargé du
digital et de la relation client, et à ce titre
du développement des fonctions e-commerce, CRM et gestion des données.
Plus discret dans l’industrie
Dans le secteur industriel, le CDO se fait
plus discret. Chez TechnipFMC, il reporte
à un membre de l’équipe de direction du
groupe, le vice-président chargé du développement corporate, de la stratégie, du
digital et de l’IT. Et aucune trace d’une
direction digitale dans l’organigramme
de Valeo, groupe pourtant réputé très en
pointe sur la question. « Un CDO est peut-
Sébastien Bazin, PDG d’AccorHotels
Photo AccorHotels
ORGANIGRAMME
ans la tech, la guerre des talents
est tellement sensible que la
direction se serait bien passé de
la publication des noms de famille des
membres de son état-major. Mais les
évolutions de l’équipe dirigeante méritent que l’on s’y arrête.
Alors que Marion Carrette (Essec), la
fondatrice du site de location de voitures
entre particuliers, a récemment pris du
champ, le directeur général Benoît
Sineau (HEC, Harvard) s’est vu confier la
présidence du conseil d’administration.
Le voilà donc PDG d’une entreprise de
l’économie collaborative. « Je suis un
dirigeant, au sens traditionnel du terme,
comme celui de n’importe quelle PME
française avec laquelle nous partageons les
mêmes problématiques. La différence tient
D
au rythme d’innovation très élevé et à la
capacité à contrôler la qualité d’un service
dont on ne maîtrise ni l’offre ni la
demande », commente-t-il. Ancien consultant d’AT Kearney passé par l’entrepreneuriat, il s’est appliqué depuis un an
et demi à épaissir et « senioriser » l’organigramme de OuiCar. « Lorsque la phase
start-up se termine, vous devez piloter le
développement et la croissance, expliquet-il. Viennent alors des problématiques
métier qui nécessitent des profils capables
de structurer et de porter le projet à plus
grande échelle. Ce ne sont ni les mêmes
parcours, ni les mêmes envies, ni la même
façon de fonctionner. »
Ouverture du marché espagnol
Pour preuve, le recrutement, en janvier 2017, de Christophe Pichon pour
refondre la technologie du site. A plus
de 40 ans, cet ingénieur de l’INSA Lyon
avait déjà eu à gérer des équipes de
développement de plus de 60 personnes
dans des entreprises internationales.
« Le précédent CTO avait un profil très
entrepreneur », signale Benoît Sineau.
Même logique avec Vincent SaintMartin (ESTP, Essec) : c’est lui, le fondateur de Voiturealouer, site racheté par
OuiCar en 2014, qui déployait le marketing payant du site, jusqu’à l’arrivée de
Célia Da Silva (université Aix-Marseille),
il y a quelques mois. Forte de ses quinze
ans de digital chez PriceMinister,
Sephora et Fnac.com, cette dernière
implante un marketing digital exigeant
en algorithmes et outils de pointe tandis
que Vincent Saint-Martin s’apprête à
reprendre sa casquette d’entrepreneur
pour ouvrir le marché espagnol. Autre
changement de cette phase d’accélération : la création d’une direction produit
pilotée par une ancienne de la FNAC
et de Photobox, Teresa Karrer (GEM,
Grenoble école de management).
rès souvent, quand l’affaire
autour de Facebook et Cambridge Analytica est évoquée, c’est pour décrire les déboires
de Mark Zuckerberg devant le
Congrès des Etats-Unis ou la chute
du cours de l’action et les milliards
partis en fumée.
Il n’est pas certain que nous prenions
la mesure du bouleversement que
pourrait engendrer cette affaire. Il faut
se souvenir que dans les démocraties
matures, 90 % des élections se
gagnent ou se perdent dans un mouchoir de poche. Lorsqu’une technologie algorithmique permet d’identifier
qui sont les indécis, elle fournit potentiellement un avantage comparatif
majeur à celui qui détient l’information. L’honnêteté oblige de rappeler
que la méthode qui fait polémique
était déjà utilisée par les équipes de
Barack Obama. Ce qui change alors ?
L’ampleur ! La logique artisanale
d’optimisation d’une campagne électorale, qui pourrait adopter un candidat futé à la délégation de classe au
collège, s’est transformée avec l’utilisation d’outils industriels de ciblage et
de matraquage. Ce passage du bricolage ponctuel à l’ultraprécis général
pourrait être à nos démocraties ce que
fut la météorite Chicxulub aux dinosaures : d’abord un grand coup de
froid et une extinction.
Rappelons que ce cataclysme fut une
bonne nouvelle pour nous. La vie
avec des hordes de tyrannosaures
aurait été moins confortable.
N’avons-nous pas aujourd’hui une
opportunité historique de revisiter
nos modèles démocratiques à l’aune
des nouvelles technologies ?
N’oublions pas que nos démocraties
ont été pensées il y a 2.500 ans et pour
5.000 personnes capables d’échanger
en face-à-face dans une Agora. Dans
notre langage, le hardware devient
infiniment sous-dimensionné. Un
nouveau monde est à inventer. Serat-il si angoissant ? Ce qui, aujourd’hui,
fait controverse ne pourrait-il pas
justement devenir notre solution ? Il
existe actuellement sur les data un
quasi-monopole, ou plutôt un oligopole diraient les puristes, avec le cortège de déviances que cela suppose.
Cette défaillance ne se corrigera que
par l’instauration d’un service public
de la donnée porté par des initiatives
privées. Certes, la poignée d’entreprises qui « profitent » de cette position
dominante de marché dispose d’une
avance technologique indéniable.
Mais personne n’a le monopole de
l’entrepreneuriat, ni de l’inventivité,
ni de l’expertise locale. Il y a un travail
colossal pour les managers et les
chefs d’entreprise qui envisageraient
de participer à la redistribution du
pouvoir sur les données.
Une entreprise qui offrirait aux
pouvoirs publics l’opportunité
d’organiser des consultations démocratiques ciblées, transparentes et
parfaitement légales en utilisant les
smartphones des usagés rendrait
nos institutions tellement plus
agiles et utiles. Les avantages de
Platon et ceux d’un microprocesseur
« core i9 » réunis. Voilà qui donne
envie, non ? n
T
Maud Bailly pilote le digital, la distribution, les ventes et les systèmes d’information
d’AccorHotels. Photo AccorHotels
être nécessaire au début du processus de
digitalisation, mais c’est ensuite la direction
générale qui la porte », commente un
porte-parole de l’équipementier automobile. « Nous n’avons pas de Monsieur ou
Madame Digital au comité exécutif, mais
Jacques Aschenbroich s’est exprimé pour
faire de la digitalisation une priorité. Les
patrons de divisions s’organisent comme ils
veulent et cela fonctionne », ajoute-t-on.
Valeo a mis en place des référents digitaux
transversaux, insoupçonnables aux plus
hauts échelons de l’organigramme.
En tout état de cause, comme Meriem
Riadi chez Suez, les CDO bénéficient
d’une attention particulière de la direction générale, dans le contexte de transformation des business models. Et si la
jeune femme n’est pas présente au
comité exécutif, elle reporte au secrétaire
général. Autre cas de figure : au sein du
groupe Société Générale, autour du
directeur général Frédéric Oudéa, chacun des directeurs généraux délégués de
la nouvelle organisation porte le sujet
digital. Et des CDO sont présents dans les
trois grands métiers de la banque.
Membre du comex ou pas, le CDO reporte
aujourd’hui à un échelon élevé de l’entreprise. Mais « la vraie question est de savoir
qui reporte au CDO », questionne Emmanuel Stanislas, à la tête du cabinet de
recrutement Clémentine, spécialisé en
talents digitaux. Avec un budget et des
équipes souvent réduits, « il est plutôt
dans un jeu d’influence auprès des directeurs de filiales », estime le chasseur de
têtes. Les nominations, le mois dernier, de
Cédric Taravella, ex-CDO d’Etam, à la tête
du groupe de prêt-à-porter, et de Caroline
Flaissier, ex-CDO d’une filiale de Total, à la
direction de Engie Entreprises & Collectivités, semblent cependant attester que la
situation est en train de changer. n
OuiCar fait évoluer son management
Dans les sociétés du Web,
l’histoire commence souvent
avec une petite équipe
très jeune. Vient ensuite le
moment où la start-up
choisit de recruter des
profils plus expérimentés,
comme l’a fait le spécialiste
de la location de voitures
entre particuliers.
PDG du datalab
Big Mama, éditeur de logiciels
et enseignant de
Big Data à Sciences Po Paris.
@hadjkhelil
Vincent Boisot
Valérie Landrieu
@ValLandrieu
et Florent Vairet
@florentvairet
HADJ KHELIL
L'ÉQUIPE DIRIGEANTE
Benoît Sineau
Président directeur général
Christophe Pichon
Valentine Courcoux Perrin
Technologie
Communication
Christophe
Quetier
Célia Da Silva
Marketing
Assurance et
professionnels
Myriam
Kœnig
Kieran
Connolly
Finances
OuiCar
Connect
Térésa Karrer
David Rifet
Produit
Service client
Vincent Saint-Martin
International
« LES ÉCHOS » / SOURCE : SOCIÉTÉ / PHOTOS : SOCIÉTÉ
La gestion des contrats d’assurance,
portée depuis dix-huit mois par Christophe Quétier (emlyon business
school), ancien d’Ada, est suivie de près
en comité de direction : « Nous avons
gagné significativement en rentabilité »,
glisse Benoît Sineau. De quoi contenter,
en partie, Myriam Koenig (MSTCF de
l’université de Strasbourg). Cette
ancienne de Conforama, passée par
l’université PPR, est arrivée l’été dernier
pour piloter les finances, qui étaient
confiées à un cabinet comptable
externe. La société, dont l’actionnaire
de référence, la SNCF, explore
aujourd’hui les possibilités d’évolution
du capital, cherche encore l’équilibre.
Mais, à la manière d’une grande, pratique l’itération budgétaire trimestrielle
et le contrôle de gestion.
A la communication, Valentine Courcoux Perrin (Dauphine, Sciences Po
Paris) voit le fruit de plusieurs semaines de travail : depuis le début du
mois, OuiCar est à l’affiche dans le
métro et les gares franciliennes. Kieran Connolly, à la barre des innovations et de OuiCar Connect – un boîtier
connecté placé dans les véhicules –,
et David Riffet, au service client, sont
prêts pour un nouveau coup d’accélérateur. — V. La.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
EXECUTIVES // 05
l RESSOURCES HUMAINES
Les Echos Lundi 28 mai 2018
NUMÉRIQUE :
LES SALAIRES QUI
DÉCOLLENT EN 2018
echo.st/m317236
Manpower : 4 expériences RH
présentées à VivaTech
SOCIALEMENT
VÔTRE
FORMATION
MARIE
HAUTEFORT
Bruno Levy
Pour recruter, évaluer ou
former, le géant de l’intérim
explore toutes les
ressources de l’intelligence
artificielle, de la réalité
virtuelle et de la réalité
augmentée. A vos casques !
RGPD : ce
qui change
pour les RH
Juriste aux
Editions Lamy
e règlement général sur la
protection des données personnelles, dit « RGPD », est entré
en vigueur le 25 mai dernier. Il bouleverse les habitudes des directions des
ressources humaines en ce qui concerne leurs rapports avec la CNIL.
Il allège les formalités administratives
et responsabilise les acteurs.
Le RGPD a une portée générale, il ne
vise pas que le monde du travail.
Il distingue deux catégories, les
« responsables de traitements » et les
« sous-traitants ». Sur le site de la
CNIL, les entreprises doivent
se reconnaître comme étant les
« responsables de traitements ».
Afin d’assurer une protection optimale
des données personnelles qu’ils traitent
de manière continue, les responsables
de traitements et les sous-traitants
doivent mettre en place des mesures
de protection des données appropriées,
et être en mesure de démontrer cette
conformité à tout moment.
La conséquence de cette responsabilisation est la suppression des obligations déclaratives qui, jusque-là, constituaient l’essentiel des obligations
patronales. Désormais, les devoirs
vis-à-vis de la CNIL s’organisent autour
de six actions : la tenue d’un registre
des traitements mis en œuvre ; la
notification de failles de sécurité aux
autorités et personnes concernées ; la
certification des traitements ; l’adhésion à des codes de conduite ; la désignation d’un délégué à la protection des
données (DPD) ; et les études d’impact
des traitements sur la vie privée.
En cas de méconnaissance du RGPD,
les entreprises peuvent faire l’objet
de sanctions administratives : avertissement, mise en demeure, limitation temporaire ou définitive d’un
traitement, suspension des flux de
données et injonction de satisfaire
aux demandes des personnes qui
s’estiment lésées. n
L
Christian Boghos, directeur général
communication, marketing stratégique
et influence de ManpowerGroup France.
Photo ManpowerGroup
Géraldine Dauvergne
@Geraldinedauver
epuis trois ans, ManpowerGroup réserve à VivaTech
l’exclusivité de ses innovations
RH. Mieux : elles sont mises à la disposition des visiteurs, exposants et entreprises. Voici quatre expériences qui ont
marqué cette édition 2018.
D
1 S’entretenir avec un robot
La « digital room » de ManpowerGroup
débarque en France avec VivaTech.
« Cette plate-forme accélère les recrutements en nombre, explique Christian
Boghos, directeur général communication, marketing stratégique et influence
de ManpowerGroup France. Pour recruter 200 personnes d’un seul coup, par
exemple, la digital room effectue une
présélection d’un millier de candidats
à partir de 10.000 entretiens. » Un lien
Internet est envoyé au candidat, sur son
mobile ou son ordinateur personnel.
Un avatar, nommé Zara, lui pose des
questions en rapport avec le poste à
pourvoir, afin de déterminer son niveau
d’expertise et sa motivation. Une
caméra et un micro captent en temps
réel ses gestes, ses sourires, et le ton de
sa voix. Des algorithmes analysent ces
RECRUTEMENT
Récentes, les directions
du numérique s’étoffent
de compétences techniques,
mais le chief digital officer
doit rester avant tout un
leader capable d’insuffler
la transformation.
L’utilisation d’un casque de réalité virtuelle permet à Manpower de former les intérimaires dans les secteurs du BTP,
du merchandising et de l’industrie. Photo Manpower
données afin de préciser si le candidat
est junior, senior, à l’aise ou non pour
le poste. Il reçoit ensuite un rapport
d’entretien détaillé avec quelques
conseils. Le dispositif peut être adapté
à l’entreprise, à son secteur, et au profil
de poste. La plate-forme Web d’assessment ASkE, destinée à évaluer les compétences et savoir-être, vient en appoint
de ce premier entretien. « Elle affine
l’échantillon des candidats qui rencontreront finalement le DRH, lequel reste
décisionnaire, souligne Christian
Boghos. Non seulement ces outils facilitent considérablement le travail du DRH,
mais ils lèvent les biais de jugement
sociaux, raciaux, d’âge, de mixité ou
de parité. Ils offrent plus de chances
à tous d’être présélectionnés. »
2 Eviter des accidents virtuels
Prévention 3D est un test de sensibilisation à la sécurité destiné aux intérimaires du BTP. « Il s’agit d’identifier
les situations à risques sur le chantier où
ils sont amenés à vivre et travailler, grâce
à un casque de réalité virtuelle, détaille
Christian Boghos. Conçu comme un jeu
vidéo, en collaboration avec 2J Process,
start-up de Montpellier spécialisée dans
l’édition de supports pédagogiques, cet
outil est développé en partenariat avec
des entreprises du secteur. » Immersive
et ludique, cette technologie s’articule
autour de quatre modules couvrant
l’ensemble des métiers du BTP : gros
œuvre, second œuvre, travaux publics,
électricité. Plus de 15.000 intérimaires
ont déjà passé ce test, lancé il y a un an.
un rayon
3 Présenter
à moitié réel
La réalité augmentée ouvre de vraies
perspectives en matière de formation.
L’« augmented learning room » de
Manpower permet de tester deux
séquences de formation extraites de
cursus métier, en merchandising et
dans l’industrie. « Le casque de réalité
augmentée combine une situation réelle
ainsi que des éléments virtuels, détaille
Christian Boghos. Il permet de s’immerger dans les rayons d’un magasin, de
veiller au réassort, et de mettre en valeur
des produits. » Là encore, tout est modulaire, en fonction du secteur et de la
demande de l’entreprise qui recrute.
« Il est ainsi possible de délocaliser facilement la formation et de l’ouvrir à beaucoup de monde en même temps », apprécie Christian Boghos.
4 Tester son DigiQuotient
Jonas Prising, PDG du groupe Manpower, aime évoquer l’importance du
leader connecté. Le groupe a mis au
point, à partir d’une cartographie, des
caractéristiques partagées des leaders
de haut niveau, le DigiQuotient qui permet à chacun de déterminer son profil de
leader connecté. « Le candidat souhaitant
mesurer sa culture digitale est là encore
face à un avatar », explicite Christian
Boghos. Celui-ci évalue les réponses
verbales et non verbales afin de jauger
la capacité du participant à diriger, à l’ère
du numérique. Avant de préciser :
« L’objectif n’est pas de faire un classement, mais d’évaluer le niveau de formation dont chacun a besoin et de moduler
l’intensité de la formation à venir. » n
z
MANPOWER
LA FICHE D'IDENTITÉ
6 marques : Manpower, Right Management, ManpowerGroup Solutions,
Experis, Proservia et FuturSkilleuros
Clients : Plus de 400.000 dans 80 pays
Emplois proposés/ jour : 600.000
Le manager-technicien, profil le plus recherché
Florent Vairet
@florentvairet
elon une étude de Strategy&,
l’entité de conseil en stratégie de
PwC, près de 62 % des grandes
entreprises françaises – 75 groupes
interrogés – ont aujourd’hui un chief
digital officer (CDO). La France est à la
pointe de ce mouvement, devant l’Allemagne (39 %) et le Royaume-Uni (35 %).
Mais sur fond de guerre des talents dans
le numérique, les entreprises s’interrogent quant au profil du responsable
numérique à choisir : un expert technique ou bien un as du management ?
S
Sa mission : être un facilitateur
Avant tout facilitateur, le CDO a la
charge de diffuser le digital et d’acculturer les collaborateurs aux nouvelles
pratiques et technologies. Les profils
aux compétences managériales, souvent issus d’école de commerce, justifiant d’une expérience dans la vente
ou le marketing avec une forte appétence pour les sujets technologiques,
ont le vent en poupe. La capacité à
pouvoir emmener à la fois la direction
Les profils aux compétences managériales,
justifiant d’une expérience dans la vente ou
le marketing avec une
forte appétence pour les
sujets technologiques,
ont le vent en poupe.
et les collaborateurs, grâce à un bon
réseau, est décisive. Selon Emmanuel
Stanislas à la tête du cabinet de recrutement Clémentine, « les entreprises
recherchent un manager doté d’un
fort leadership qui saura convaincre de
transformer l’entreprise ».
Meriem Riadi, qui dirige la direction
numérique du groupe Suez, estime que
c’est son leadership et ses expériences en
conseil qui ont fait la différence. Après
sept ans au sein du cabinet Roland Berger, cette diplômée de l’ESCP Europe
intègre l’assureur Groupama où elle
devient CDO, avant de se faire « chasser »
par Suez. « La mission du CDO consiste à
définir une feuille de route qui sera ensuite
portée par de grandes organisations, assure-t-elle. Il doit surtout avoir une vision
business pour l’aider à définir les priorités
parmi les projets à développer. »
S’entourer de compétences
pointues
Pour compléter le savoir-faire de la
direction numérique, le responsable
digital s’entoure de profils plus techniques. Par exemple, si la direction chapeaute le marketing digital, on y trouvera des search engine marketingoptimization managers, le responsable
de l’expérience utilisateur ainsi que celui
qui a la charge de la relance commerciale via l’analyse des bases de données.
Pour Meriem Riadi, « l’important est de
recruter des compétences pointues pour
être tout de suite crédible en interne, ce
qui est crucial pour une fonction transversale ». Ces talents technologiques viennent ainsi compléter le profil moins
technique de cette CDO. « Cependant,
depuis peu, les CDO gagnent de plus en
plus en expertise sur le volet technique »,
assure Sophie Cohendet, directrice
générale de l’entreprise Learn Assembly
et animatrice du jeu « Dans la peau d’un
CDO » au sein du master humanités
digitales de Sciences Po Paris. Certaines
entreprises font le choix de rapprocher
le poste de responsable de la transformation digitale de celui de directeur des
systèmes d’information (DSI). Le manager doit alors maîtriser les problématiques IT. C’est le cas de Marc Fontaine
(Edhec, Aston Business School), à la fois
CDO du groupe Airbus et responsable de
l’IT et du programme de cybersécurité.
Mouvement similaire à la Macif qui a
fusionné ses directions du digital et des
systèmes d’information.
Enfin, face à l’importance stratégique que
revêt désormais la gestion des données,
les pôles data ont fleuri au sein des directions du numérique et un nouveau CDO a
fait son apparition : le chief data officer,
accompagné de ses équipes de data scientists et autres data engineers. « L’enjeu
est d’améliorer nos process et d’alimenter
nos bases avec des données de qualité ainsi que de donner plus d’impact
business aux cas d’usage de data science »,
affirme Meriem Riadi qui recrute actuellement son chief data officer. n
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06 // EXECUTIVES
l JURIDIQUE
Lundi 28 mai 2018 Les Echos
LA BLOCKCHAIN
S’INFILTRE DANS
LES ENTREPRISES
echo.st/m319580
Les juristes d’IBM se saisissent
de la blockchain
INNOVATION
Face à la révolution introduite par la
blockchain, les juristes d’IBM ont décidé
de s’y impliquer pleinement. Il faut dire que
cette technologie leur correspond bien.
Delphine Iweins
diwens@lesechos.fr
echnologie basée sur la cryptographie, la blockchain « reste
juridiquement une terra incognita », reconnaît Bruno Massot, directeur juridique d’IBM France. La dizaine
de juristes présentes au siège a ainsi été
formée en interne à ce système d’enregistrement qui permet de conserver de
façon durable toute trace de transaction
et de flux. Il leur est indispensable de le
comprendre pour assister les équipes
commerciales et techniques déjà très
actives sur le sujet.
T
Bruno Massot, directeur juridique
d’IBM France. Photo IBM
Appréhender un nouvel
environnement juridique
Depuis près de cinq ans, IBM a lancé
plus de 500 projets, en cours ou déjà
réalisés dans le monde. Lorsque le
leader informatique accompagne ses
clients dans de tels projets, la direction
juridique négocie les contrats,
finalement de manière assez classique.
Mais généralement à la demande de ses
clients, leur implication va bien plus
loin. « On ne se limite plus à négocier
le contrat, on participe à l’identification,
l’environnement juridique dans lequel
opère la blockchain », détaille Bruno
Massot. Il s’agit alors d’identifier le
niveau de risque des projets et parfois
de détourner une question au lieu de
lui trouver une réponse précise.
Cette position demande aux juristes
une certaine souplesse et la capacité de
réfléchir à partir d’une page blanche.
« Le fait que les questions ne soient pas
complètement banalisées impose
d’accepter qu’il n’y ait pas un chemin
de réponses bien défini et de revenir
Depuis près de cinq ans, IBM a déjà lancé plus de 500 projets faisant appel à la technologie de la blockchain. Photo Shutterstock
à des réflexes de juristes en se posant
des questions en amont », confirme le
directeur juridique.
a aussi travaillé avec des organismes de
collecte de droits d’auteur à un projet de
répartition des droits collectés.
Répondre à nombre de questions
Utiliser une blockchain privée
La dimension réglementaire est assez
importante, mais la blockchain soulève
aussi des questions plus traditionnelles
de propriété intellectuelle, de droit à
l’oubli, de durée de traitement des
données, etc. Par exemple, IBM a
développé avec la société Everledger
un système permettant de tracer le cycle
de production d’un diamant afin de
s’assurer qu’il n’est pas d’origine douteuse
ou qu’il ne contribue pas au financement
d’activités illicites. La direction juridique
En parallèle, les juristes se sont penchés sur des cas d’usage possibles où
leur département serait celui dont le
besoin est en cause. Ainsi, ils étudient
la manière d’utiliser la blockchain pour
automatiser certains contrôles en
matière de prévention de la lutte contre
la corruption. Et dans une partie
de leur réseau, la direction juridique,
en partenariat étroit avec des ingénieurs,
a créé une blockchain privée gérant le
flux documentaire d’IBM Global
EN BREF
AU NOM DE LA LOI
L
des changements complexes dans les
centaines de processus et d’applications
touchées. Des associations vont sans
doute entreprendre des actions de
groupe qui pourraient être visibles.
Cependant, elles prendront plusieurs
mois avant d’aboutir à des contrôles,
voire des sanctions.
Des notifications de violations de
données ? Oui, c’est le plus probable.
La notification de violation de données
est un point majeur, souvent omis.
Toute organisation qui subit une fuite
de données à caractère personnel,
par inadvertance ou du fait d’une
malveillance, a l’obligation
d’enregistrer l’incident, d’évaluer le
risque pris au regard de la vie privée
des personnes touchées et de prévenir
le régulateur et potentiellement les
individus concernés. De toutes les
mesures du règlement, c’est celle qui
fera le plus rapidement parler d’elle !
Si quasiment 75 % ont lancé un projet
en ce sens, des lacunes importantes
subsistent dans la détection des fuites.
85 % ne surveillent pas plus de 50 %
des systèmes informatiques concernés.
Pour les cas graves, les individus
GÉRÔME
BILLOIS
DR
RGPD :
Simulez des crises !
e RGPD, ou règlement pour la
protection des données
personnelles, impose de
nouvelles obligations aux entreprises
et aux administrations. A l’occasion
de son entrée en vigueur le 25 mai
dernier, nous avons évalué le niveau
de préparation de quinze grandes
sociétés françaises aux secteurs
d’activité divers. A l’image de l’ensemble
des entreprises hexagonales, toutes
ne seront pas prêtes. Résumé de ce
à quoi elles peuvent s’attendre.
Des demandes de récupération de
data ? Oui, certainement. L’attention
médiatique va motiver les individus
à exercer leurs droits, en particulier
pour récupérer leurs données. Un
mouvement d’ores et déjà entamé
chez certains de nos clients en
augmentation de plus de 50 %. Vérifiez
que le processus fonctionne, au moins
la partie qui permettra d’accuser bonne
réception des demandes.
Des contrôles ou des sanctions ?
Pas immédiatement. La CNIL l’a dit,
les contrôles sur les nouvelles exigences
ne commenceront pas avant 2019.
Ceci pour laisser le temps de finaliser
Financing. Le transfert des informations
est ainsi fluidifié. Cette blockchain privée
permet d’organiser, de tracer et de gérer
les flux documentaires et d’assurer
le contract management, avec comme
principale conséquence la réduction
du risque contentieux.
Les experts du droit se sont aussi posé la
question d’une telle utilisation à propos
de l’automatisation des smart contrats
et de certaines modalités du contrat.
« Les applications n’ont de limite que
l’imagination, dès lors que ses fonctions
propres sont utilisées », estime Bruno
Massot. Et ce sont bien ces différents
paramètres qui rendent le sujet
passionnant pour les juristes. n
Partner cybersécurité chez
Wavestone.
@gbillois
devront être notifiés directement.
Cette phase – critique vu les impacts
juridiques et réputationnels – doit être
rapide et massive pour éviter que les
clients n’apprennent la fuite dans les
médias. Seulement 45 % du panel
disposent d’un outillage de notification
massif et 30 % ont prévu des canaux
spécifiques, comme un call center
dédié, pour éviter l’engorgement des
canaux traditionnels.
Comment progresser rapidement ?
La meilleure façon d’avancer est de
s’entraîner via un exercice de crise.
Réunissez l’équipe du DPO (digital
protection officer), la DSI, le
département juridique, la
communication, la direction générale
et déroulez un scénario fictif mais
réaliste de fuite de données. Qui fait
quoi ? Quels messages aux clients, à la
presse ? Comment contacter les
clients ? Se poser ces questions via un
exercice est plus efficace que de
théoriser pendant de longues réunions.
Mais 80 % du panel n’a pas encore
conduit ce type d’exercice. C’est
sûrement l’action à planifier pour être
serein après le 25 mai ! n
UN CHATBOT EXPERT DU RGDP
Le cabinet d’avocats Norton Rose
Fulbright a lancé « Parker », chatbot
capable de répondre aux questions
liées au nouveau règlement général
sur la protection des données
(RGPD). Celui-ci aidera les clients du
cabinet en dehors de l’Union europénne à déterminer si le RGPD s’applique à leur activité.
CE QUI RETIENT LES SALARIÉS
FRANÇAIS DE PARTIR
Selon une étude d’ADP, 37 %
des salariés français veulent partir
travailler à l’étranger dans les
deux ans. Pour 32 % d’entre eux,
famille et amis constituent un frein,
suivi de la barrière de la langue
(21 %) et des formalités administratives (12 %).
ILS ONT BOUGÉ en partenariat avec Nominations.fr
Caroline Courtin est nommée responsable diversité et inclusion du
groupe chez BNP Paribas // Katia Belhiteche est cooptée associée chez
De Pardieu Brocas Maffei // Christophe Lamboeuf est nommé DAF de
Mauna Kea Technologies // Arnaud Vandesmet devient directeur
protection des données chez Ramsay Générale de Santé // Alexandre
Hulen est le nouveau vice-président sales & marketing de Sun Resorts
À NE PAS MANQUER
Les 4 et 5 juin se tiendra la 2e édition du Salon Food Hotel Tech,
à Paris, porte de la Villette, dédié à l’innovation digitale pour les
professionnels de l’hôtellerie et de la restauration // Les 5 et
6 juin se dérouleront la 35e édition du Salon Top DRH et la 8e édition
du Salon Top DAF, à l’hôtel Barrière Le Royal de Deauville. Au programme : rendez-vous d’affaires, ateliers thématiques.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Les Echos Lundi 28 mai 2018
EXECUTIVES // 07
l FINANCE l JURIDIQUE
UN CHANTAGE
AU BITCOIN PRÈS
DE CHEZ VOUS
echo.st/m321062
Quand les grands
groupes notent les start-up
INVESTISSEMENT
Avant d’entamer un rapprochement avec des jeunes pousses, Early Metrics propose
aux investisseurs, mais aussi aux grandes entreprises et aux ETI, d’évaluer leur potentiel
de croissance. Revue de détails d’une méthode d’analyse innovante avec son PDG,
Antoine Baschiera.
Vincent Bouquet
vbouquet@lesechos.fr
résente sur le salon VivaTech
qui s’est tenu à Paris du 24 au
26 mai, Early Metrics n’y affichait qu’une ambition : attirer dans ses
filets les grands groupes qui échappent
encore à son portefeuille de 230 clients,
où figurent déjà, à en croire son PDG
Antoine Baschiera, « près de 70 % du
CAC 40 ». Créée en 2014, la start-up, qui
compte aujourd’hui 50 collaborateurs
– répartis dans ses bureaux de Paris,
Londres, Tel-Aviv et Berlin –, s’est installée sur un segment de marché où aucun
acteur n’était encore présent : la notation de start-up et de PME innovantes.
« A l’époque, nous avions un seul objectif
en tête, devenir le Moody’s ou le Standard
& Poor’s de ces entreprises particulières », raconte Antoine Baschiera.
D’abord pensée pour les investisseurs
désireux d’engager des capitaux dans
des jeunes pousses prometteuses, l’offre
de service proposée par Early Metrics
s’est, à leur demande, ouverte aux
grands groupes et aux ETI. « Des entreprises comme SNCF, LCL, Neopost ou
L’Oréal sont venues toquer à notre porte
pour que nous les aidions à analyser les
start-up et les PME innovantes avec
lesquelles ils souhaitaient travailler, par
exemple, sur des sujets d’innovation ou
de développement de nouveaux produits,
se souvient Antoine Baschiera. Pour
eux, il était en effet particulièrement
compliqué d’évaluer le potentiel de ces
acteurs inhabituels. » Depuis, la start-up
a su convaincre, en plus des investis-
P
Antoine Baschiera, PDG d’Early Metrics.
Photo Early Metrics
ées aux Etats-Unis dans les
années 2000, les legaltech ont
fait leur apparition en France
en 2012, souvent en opposition aux
avocats, et ont depuis changé la donne
en bousculant, avec leurs innovations
technologiques, le marché du droit.
L’Observatoire permanent de la legaltech du Village de la justice comptabilise, pour 2017, au moins 164 acteurs.
Prenant en considération l’importance
d’une certaine transparence des services rendus par ces nouveaux acteurs,
l’Association pour le développement
de l’informatique juridique (Adij)
et Open Law ont élaboré, en 2016, une
charte éthique commune aux legaltech
et aux professions réglementées.
Celle-ci propose un ensemble de règles
pour donner à tous les usagers du
droit des garanties de compétences,
de confidentialité et de responsabilité.
Depuis peu, certains avocats, organisés
en syndicat professionnel, AvoTech,
proposent à leur tour des innovations.
D’après l’Observatoire permanent,
13 % des acteurs de la legaltech sont
des professionnels du droit ou des
étudiants. Ces chiffres démontrent
que l’heure n’est plus à la confrontation, mais à la collaboration.
Toutes les start-up du droit n’ont pas
résisté à la rude concurrence. Ainsi,
au début de l’année, le groupe Septeo,
acteur dans le domaine du service des
professions juridiques, a acquis l’éditeur de logiciels juridiques Legal Suite.
N
Le groupe aéronautique Safran fait partie des prestigieux clients de la start-up Early
Metrics. Photo Pascal Pavani/AFP
l’entreprise commanditaire. « Cette
analyse, qui vient alimenter un processus de décision, peut avoir trois conséquences : réassurer le grand groupe
dans sa bonne intuition de départ,
annuler le projet de collaboration ou
réenvisager les contours de la relation à
nouer, précise Antoine Baschiera. Du
côté des start-up, qui acceptent volontiers d’être notées, le bénéfice est triple :
avoir un retour objectif et désintéressé
sur leur activité, gagner en visibilité
auprès de nos propres clients, et récupérer leur note qu’elles pourront utiliser
auprès de leurs prospects. »
Pour parfaire la pertinence de son
modèle, qui en est déjà à sa quatrième
itération, Early Metrics en éprouve
régulièrement la robustesse. Via des
sessions de « back testing », elle examine tous les trois mois les corrélations
entre les prédictions émises et la réalité
des faits. Résultat : nonobstant les
« incontournables » faux positifs et faux
négatifs, plus de 70 % des sociétés les
mieux notées par Early Metrics « surperforment » sur leur marché dans les
mois suivant son évaluation, et plus de
80 % des start-up les moins bien notées
connaissent effectivement des difficultés de croissance. n
seurs, moult grandes entreprises telles
que Total, Renault, Airbus, Safran,
Orange, Allianz ou Matmut pour le
compte desquelles elle a réalisé, en tout,
quelque 2.000 rapports de notation.
Une note entre 0 et 100
Plutôt que le risque de défaut de crédit
évalué par les agences de notation
traditionnelles, Early Metrics analyse le
potentiel de croissance et de survie, à
horizon deux ou trois ans, de ces structures. « Comme les grands groupes veulent s’engager dans une relation solide
avec les start-up, et pas seulement leur
accorder un prêt d’argent, une évaluation
purement financière ne leur suffit pas »,
assure le PDG.
Fondé sur trois piliers – le management, le projet et/ou la technologie
développée, l’écosystème – déclinés en
une trentaine de critères financiers et
extrafinanciers, le travail des collaborateurs d’Early Metrics débouche sur
une note comprise entre 0 et 100.
Accompagnée d’un rapport de notation, elle est ensuite adressée aux
directeurs de l’innovation ou du numérique, aux directeurs achats, aux responsables de business units ou du
fonds de « corporate venture » de
contre la fraude fiscale grâce au Big Data.
Quoi de surprenant dans la rencontre
entre les codeurs et le Code général des
impôts, ou entre les data scientists et les
data rooms des « due diligence » ? C’est
un mouvement naturel et logique.
Pour autant, remarquons que nos
métiers se font appeler en langage digital
des « practices », mot difficilement
traduisible, mais dont on comprend qu’il
véhicule des notions d’expertise, de
discernement, d’expérience pratique,
accumulées en strates successives, et
formant le terreau d’une créativité
possible. En effet, la créativité est au
cœur de la notion de conseil. La
créativité, voilà ce qui fait défaut à l’IA et
d’après les meilleurs spécialistes, il n’y
aura pas d’avancée à cet égard avant de
très nombreuses années. En attendant, il
Ivan Mathie
Demain, le techno-fiscaliste
L
Bouleversant le marché
du droit depuis plusieurs
années, les start-up
lèvent de plus en plus
de fonds afin de proposer
leurs services aux grands
comptes.
Delphine Iweins
diweins@lesechos.fr
DES CHIFFRES ET DES LETTRES
es nouvelles technologies – dont
l’intelligence artificielle (IA) –
promettent de transformer les
anciens modèles d’affaires et les chaînes
de valeur, y compris dans le milieu du
conseil, et en particulier en fiscalité.
Elles se fondent presque exclusivement
sur les données, et sur des moyens très
efficaces de les traiter, les analyser,
prédire leur évolution, même quand elles
sont très hétérogènes et non structurées.
Dès lors, puisque la fiscalité produit et
absorbe quantité de données – d’ailleurs
souvent assez structurées et
quantifiées –, on ne doit pas s’étonner
que cette matière puisse être un champ
d’application naturel pour ces nouvelles
technologies. On voit d’ailleurs
régulièrement Bercy y faire référence,
notamment dans son action pour lutter
Les legaltech
travaillent avec
de grandes entreprises
CONSEIL
FRÉDÉRIC
DONNEDIEU
DE VABRES
avocat associé
chez Arsene.
reste que les technologies numériques,
après vingt ans d’évolutions régulières,
semblent aujourd’hui constituer une
rupture pour les fiscalistes, notamment
en termes, par exemple, de recherche,
d’aide à la décision ou bien encore
d’automatisation de certains justificatifs.
Elles soulèvent aussi de forts enjeux de
sécurité et de respect du secret
professionnel dont est garante la
profession d’avocat fiscaliste. Ces
évolutions imposent aux acteurs
installés d’inventer des formes inédites
de collaborations transdisciplinaires,
entre droit fiscal et digital, parfois
la création de nouvelles fonctions,
pour des aventures entrepreneuriales
des plus fécondes. n
périlleux exercice
•deLela levée
de fonds
Au nombre des poids lourds du marché figurent Captain Contrat, Legalstart, Demander Justice, Rocket
Lawyer, Doctrine, Predictice. Le premier a levé 4 millions d’euros fin 2017
pour se développer à l’international.
La même année, 16,5 % de ces acteurs
ont levé des fonds pour un montant
total de 12,8 millions d’euros.
Parmi les entreprises qui ont accepté
d’en communiquer le montant et les
investisseurs, 55,6 % des levées ont été
effectuées auprès d’avocats, d’huissiers
et d’autres professionnels du droit.
Des services en pleine
•mutation
A l’origine, les services proposés par
les legaltech convoitaient les TPEPME et les particuliers. La rédaction
d’actes est l’un des premiers domaines visés (37 %), vient ensuite l’information juridique (21 %) — qui diffère
rappelons-le du conseil juridique que
seuls les avocats sont habilités à
donner — puis la mise en relation
entre acteurs du droit et particuliers
(20 %) et des outils métier (20 %).
Cependant, ces deux dernières
années, la cible des start-up du droit
s’est considérablement diversifiée.
Les entreprises seraient même directement concernées par 58 % des
nouveaux services proposés.
Pour convaincre les directions juridiques, les legaltech mettent en avant
leur positionnement de niche. La
legaltech eJust, qui offre des services
d’arbitrage en ligne, a suivi la même
stratégie que LegalStart en s’associant avec le réseau d’avocats et
d’huissiers Eurojuris. Les membres
du réseau sont formés à l’arbitrage et
la plate-forme dispose d’arbitres
spécialisés dans les domaines rattachés aux litiges commerciaux. Objectif affiché : proposer aux entreprises
une solution d’arbitrage certifiée
entièrement en ligne, donc moins
coûteuse. De son côté, Yousign a fait
le pari de la signature électronique.
Ce service accessible sur un site
Internet géré par la legaltech et qui
vise particulièrement les milieux
bancaires, d’assurances et immobiliers est déjà utilisé par de grands
comptes comme bpifrance, la Caisse
d’Epargne et Allianz.
artificielle,
•unL’intelligence
atout qui convainc
Les services d’aide à la décision bénéficient d’un intérêt croissant de la part
des directions juridiques.
Le développement le plus prisé
concerne l’analyse statistique des
décisions de justice à l’aide de l’intelligence artificielle, plus communément appelé « maching learning ».
Selon l’étude « Droit & digital : réalité et prospectives » réalisée, en
2017, par le cabinet de conseil Day
One, 11 % des legaltech se situeraient
sur ce marché. Case Law Analytics,
par exemple, offre une solution
spécifique de quantification et de
visualisation de l’aléa judiciaire
grâce à des outils mathématiques
et des données chiffrées.
Les services de justice prédictive
proposent aux directions juridiques
un outil de prédiction susceptible
d’optimiser leur stratégie de gestion
des contentieux qui commence à
séduire. Orange, SNCF Transilien,
AXA se sont déjà emparés des solutions proposées par Predictice et Doctrine, leaders du secteur.
Enfin, le marché des smart contrats,
issus de la technologie blockchain,
pourrait être une nouvelle manière
d’aborder les directions juridiques,
mais il n’en est qu’à ses balbutiements. n
L’Observatoire permanent de la legaltech du Village de la justice comptabilise,
pour 2017, au moins 164 acteurs. Photo Shutterstock
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
08 //
Lundi 28 mai 2018 Les Echos
KAT BORLONGAN, DIRECTRICE DE LA MISSION FRENCH TECH
LU POUR VOUS
« La spécificité du management
féminin n’existe pas »
Les 5 idées
à retenir de…
« #Like ton job »
Olivier Bas (Dunod)
eux communautés s’opposent
au sein de nos entreprises : les
entrepreneurs du Web et les
digital natives face aux anciens qui
incarnent une vision plus conservatrice.
Aujourd’hui, nous avons le pouvoir de
concilier le meilleur des deux. Plus rien ne
nous empêchera de « liker notre job ».
D
Nommée par Mounir Mahjoubi, le secrétaire d’Etat au Numérique, Kat Borlongan est la nouvelle patronne de
la mission French Tech. Entrepreneuse de 35 ans et passionnée des sujets d’innovation, elle aura pour objectif
de faire passer l’écosystème de start-up françaises dans sa deuxième phase : l’internationalisation.
Votre nomination a été annoncée
lors du salon Viva Technology.
Pourquoi vous ?
Je crois que la raison principale est que, avec
Mounir Mahjoubi, nous étions très alignés
sur la vision. Ensuite, je pense que mon
parcours a bien sûr joué. J’ai fait mes études
à l’international, qui doit être l’horizon de la
French Tech. J’ai rejoint la France tardivement, en choisissant délibérément de m’y
installer [elle est originaire des Philippines,
NDLR]. Ainsi, je connais bien les problématiques des immigrés de la tech. Enfin, j’ai
créé une entreprise, Five by Five, dont le but
est de bâtir et renforcer des équipes d’innovation. Parmi les clients, il y avait des grands
groupes et des institutions internationales
qui cherchaient à s’emparer du sujet « innovation ». Mon but était de décloisonner la
question, de favoriser les partenariats avec
les start-up et de montrer qu’elles n’étaient
pas des chevaux de Troie mais bien des
vecteurs de changement. Je vais continuer
cela, cette fois pour l’Etat.
Justement et plus précisément,
comment envisagez-vous la relation avec le gouvernement ?
Je suis désormais au sein de l’administration et, dans ce cadre, travaillerai sous
l’autorité du gouvernement. J’agirai en
forte collaboration avec le secrétaire d’Etat
au Numérique [Mounir Mahjoubi, NDLR]
qui porte la vision politique sur les
start-up. Je veux rester immergée dans
l’écosystème pour être sûre de prendre les
meilleures décisions.
Le sujet de
l’innovation passe
par une prise
de conscience au
niveau des comités
exécutifs. Je vais
faire appel à leur
sens du business.
Quelles vont être les grandes
orientations de la nouvelle mission French Tech ?
Nous allons concentrer nos efforts sur le
développement des « scale-up ». Il s’agit de
celles qui ont dépassé la phase de développement et qui se tournent vers l’international avec une force de frappe importante. Elles constituent le vrai moteur de
l’écosystème mais elles manquent de financement et de talents au niveau hiérarchique
le plus élevé. Sur ce dernier point, nous
allons lancer des initiatives pour attirer
davantage de compétences sur notre territoire. L’une des priorités sera donnée aux
start-up de la « deep tech », celles qui proposent des innovations de rupture et qui
s’attaquent à la résolution des grands défis
du XXIe siècle. Enfin, nous allons renforcer
le programme « French Tech Central », qui
regroupe des services administratifs
(Urssaf, CNIL, préfecture, CCI, etc.) dont le
but est de faciliter le développement des
start-up en hypercroissance.
Comment jugez-vous la collaboration entre les start-up
et les grands groupes français ?
Elle est très insuffisante. L’organisation de
challenges et autres hackathons a fait son
temps et il faut aller au-delà des simples
financements de prototypes à
15.000 euros. Les grands groupes doivent
1 N’allons pas
à contre-courant
pleinement jouer leur rôle dans l’économie
française et conclure de vrais contrats avec
les start-up. Quelle est la pertinence de
continuer d’investir en R&D alors que des
jeunes pousses ont déjà développé les services qu’ils recherchent ? Enfin, je voudrais
voir plus d’acquisitions. Trop de pépites
françaises se font racheter par des entreprises étrangères.
Allons-nous vivre dans la peur de
disparaître ou dans le bonheur de
renaître ? A nous de choisir. Les Gafa
(Google, Apple, Facebook, Amazon),
ensuite les Natu (Netflix, Airbnb, Tesla,
Uber), moins puissants financièrement
mais plus disruptifs dans les usages
proposés, ces entreprises 2.0 sont parties
à la conquête du monde. Simplifier les
processus, implémenter de nouvelles
méthodes de travail, supprimer les
lourdeurs hiérarchiques, voilà le cœur
de la transformation. Ceux qui résistent
vont s’épuiser tant les freins
consomment de l’énergie négative.
J’ai du mal à faire
les choses plus de
trois ans. Au-delà
s’instaure une logique
de carrière que je veux
éviter. Je me fixe
trois ans auxquels
je consacrerai 100 %
de mon énergie.
2 Joyeuse bousculade
du numérique
Nos routines nous rassurent. Tenir nous
paraît plus sûr que courir. Dommage,
car cela rabougrit nos esprits. L’un des
fondements de la culture start-up, c’est
imaginer le meilleur plutôt qu’envisager
le pire en transformant le risque d’échec
en source de progrès. Un projet inédit
n’est pas le début de nos ennuis mais
la fin de notre ennui.
Comment comptez-vous vous y
prendre pour opérer un changement de mentalité ?
Il va falloir faire preuve de leadership pour
déverrouiller ce blocage. Le sujet de l’innovation est complexe et passe par une prise
de conscience au niveau des comités
exécutifs pour pouvoir amorcer ce changement. Je vais faire appel à leur sens du
business en leur prouvant qu’une start-up
peut faire aussi bien que les sociétés avec
lesquelles ils ont l’habitude de travailler.
3 Au nom de l’innovation
A force de vouloir suivre les tendances
indécises du moment, nous finirons
comme des girouettes. Que de conseillers
essaient de nous décourager dans les
organisations ! Des frileux soufflent le
chaud et le froid. Des gentils paresseux
produisent de l’inaction. Or, prendre une
décision est l’acte le plus fréquent.
De quelle façon dirigerez-vous
la nouvelle French Tech ?
4 Clic, clic, clic hourra !
De manière collégiale et inclusive. La
French Tech est l’outil des entrepreneurs
avant tout, et ces derniers doivent pouvoir
contribuer à la définition des initiatives et
de la feuille de route. Pour cela, je souhaite
être en concertation permanente avec
eux : par des rencontres physiques, des
espaces de discussion en ligne, etc. Nous
préciserons ces outils dans les prochaines
semaines, mais ce sera significatif. A
l’intérieur de l’Etat aussi, je souhaite avoir
un fonctionnement en réseau. Je
m’appuierai notamment sur un correspondant start-up par ministère, qui aura
pour mission d’« évangéliser » son administration à la cause de ces dernières.
Souhaitez-vous insuffler plus
de diversité de genre, d’origine
et de formation dans le milieu
des start-up ?
La diversité est un enjeu de talents. J’aimerais que l’écosystème French Tech puisse
attirer les meilleurs talents, peu importe
d’où ils viennent. Ma mission sera de diminuer les barrières à l’entrée, économiques
comme géographiques. Concernant la
mixité hommes-femmes, je ne vais pas
créer de projet particulier, car la problématique sera intégrée à tous les programmes
de la French Tech. Favoriser la présence
des femmes doit être un combat porté par
tous, hommes et femmes confondus. Je ne
suis pas sensible au discours sur l’entrepreneuriat féminin, car la spécificité du management féminin n’existe pas. J’exerce ma
mission de la même façon que le ferait un
homme, sans priorité particulière. J’ai
d’ailleurs précisé lors de mon embauche
que je ne voulais pas être recrutée pour
servir de faire-valoir en faveur d’une quelconque diversité. Je serai davantage utile à
la cause féministe si je réussis dans mon
travail plutôt que si je deviens un alibi. La
mixité s’améliorera par la déconstruction
de nos stéréotypes et l’émergence de rôles
modèles de femmes qui ont réussi dans le
monde de l’entreprise.
Bruno Levy pour « Les Echos »
Propos recueillis par Florent Vairet
@florentvairet
Quid de la question de l’éthique
dans la tech ?
Comment vous
ressourcezvous ?
Au contraire de ceux qui
se régénèrent dans le
repos et la méditation, je
me ressource dans le
mouvement perpétuel, à
l’instar d’un requin qui
ne peut s’arrêter. J’ai un
amour pour l’apprentissage et je me suis toujours lancée dans de
nouvelles aventures,
dans de nouveaux environnements. Je carbure
à la passion.
Dans cette course à la croissance, nous
devons nous poser les bonnes questions,
effectivement en matière de diversité mais
aussi de protection des données ou encore
d’environnement. L’Etat a son rôle à jouer
car le but de ce développement reste de
tendre vers une société plus heureuse, sans
négliger les conséquences des changements sur les personnes. Je trouve que la
France est un pays qui réfléchit beaucoup,
avec une culture de l’introspection, et c’est
sa grande force. Lorsque le monde de la
tech aura fait n’importe quoi, la France doit
rester ce pays qui ne se fourvoie pas.
Alors que votre contrat ne comporte pas de date limite, vous vous
fixez un mandat de trois ans.
Pourquoi ?
J’ai du mal à faire les choses plus de trois ans.
Au-delà s’instaure une logique de carrière
que je veux éviter. Je me fixe trois ans auxquels je consacrerai 100 % de mon énergie.
Quels seront les indicateurs
de la réussite de votre mission ?
J’aurai réussi si, d’ici trois ans, l’écosystème n’a plus besoin de l’aide de la mission
French Tech. C’est un principe bien
connu : toute équipe d’innovation crée
les conditions de sa propre disparition. n
Soyons startuppeur dans l’âme : en-thousiaste. Les journées de travail que nous
trouvons plaisantes sont le plus souvent
composées d’une multitude de petites
minutes de joie que de grands bonheurs.
N’attendons plus que le sens de ce que
nous faisons soit révélé, fabriquons-le
nous-mêmes.
5 Mail-toi
de ce qui te regarde
Répondre de manière intempestive à un
e-mail nous expose à un effet boomerang.
Laissons certains messages reposer en
paix et consacrons-nous à traiter ceux qui
ont une réelle utilité pour nous. Trop
souvent, nous transformons nos smartphones en doudous électroniques. Le soir,
déconnectons-nous des machines pour
nous reconnecter à l’essentiel,
nous-mêmes. —Régine Turmeau
La rubrique « Ils ont bougé »
présente dans ce numéro, qui rend
compte des principaux mouvements
à l’intérieur de chaque grande
fonction de l’entreprise, nous a été
fournie par notre partenaire
Nomination.fr, le service de veille
et d’information sur les décideurs.
LES ECHOS FORMATION
5 QUELLES TECHNOLOGIES POUR
SE TRANSFORMER ET INNOVER SUR
VOTRE MARCHÉ ?
Api, Blockchain, Chatbots, IoT, Réalité
augmentée, I.A… et leurs projections
business.
lesechos-formation.fr/technologies-innover.htm
Un service proposé par Les Echos Solutions
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