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Les Echos - 04 06 2018

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« Les Echos
Executives »
LE QUOTIDIEN DE L'ÉCONOMIE // LUNDI 4 JUIN 2018 // LESECHOS.FR
// SUPPLÉMENT DE 8 PAGES
L’ESSENTIEL
CFDT : LAURENT BERGER
DEVRAIT ÊTRE CONFIRMÉ
Le 49e congrès de la CFDT s’ouvre
ce lundi à Rennes. Laurent Berger
devrait être largement confirmé à
sa tête, mais les débats s’annoncent animés.
// P. 2 ET L’ANALYSE P. 8
ESPAGNE : SCEPTICISME
AVEC L’ARRIVÉE DE SANCHEZ
Le nouveau chef de gouvernement
est à la tête d’une coalition hétéroclite de partis minoritaires pour
faire tomber Mariano Rajoy, mais
difficile à manœuvrer. // P. 6
Capital d’Air France-KLM :
le scénario de la sortie de l’Etat
l AccorHotels a approché l’Etat français, qui détient 14,3 % du transporteur aérien.
l Trois schémas sont à l’étude dans ce dossier potentiellement explosif sur le plan politique.
e groupe AccorHotels a approché l’Etat français
pour l’informer de son intérêt pour la reprise de sa
participation de 14,3 % au capital d’Air France-KLM.
Selon nos informations, trois scénarios sont à l’étude dans
L
ce dossier potentiellement explosif sur le plan politique. Et
ce, à l’heure où le groupe aérien n’a pas plus de pilote aux
commandes, à la suite de la démission de son PDG, JeanMarc Janaillac, désavoué par les salariés lors d’un référen-
dum sur ses propositions de hausses de salaires. Dans un
marché extrêmement dynamique, mais aussi particulièrement concurrentiel, Air France peine à se mettre au diapason des autres compagnies. // PAGE 16
ITALIE : PREMIERS PAS DU
GOUVERNEMENT CONTE
Le président du Conseil complètera cette semaine son équipe et
prononcera devant le Parlement
son discours de politique générale. // P. 7
ENTREPRISES
& MARCHÉS
Au G7 et à Pékin, front commun
face au protectionnisme américain
Dopé par l’engouement des Français pour le bio, le nombre de postes dans le secteur a bondi de 14 %
l’an dernier. La part des importations augmente encore. // P. 19
L’ESSOR DES CAMÉRAS
DE SURVEILLANCE
D’ici à 2023, le chiffre d’affaires des
vendeurs de matériel, de logiciels et
de services de sécurité par la vidéo
devrait augmenter à un rythme
moyen de 13,1 % par an. // P. 21
LA CUISINE JAPONAISE
SÉDUIT LES INDUSTRIELS
Les spécialités japonaises de
Marco Polo Foods, Fleury Michon
et Marie-LDC s’étendent dans les
rayons spécialisés de la grande
distribution. // P. 24
CARNET // P. 32
péenne veut « moderniser » la politique
agricole commune. Les aides vont nettement reculer et être recentrées sur les
petites et moyennes exploitations. Pour
l’expert Jean-Christophe Bureau, cette
réforme est « un renoncement ».
ministres des Finances,
les chefs d’Etat se réunissent cette semaine.
Déception, frustration, désaccord et
représailles. En relevant les taxes sur
l’acier et l’aluminium importés, Trump
a semé la zizanie avec les partenaires
des Etats-Unis. Les négociations sinoaméricaines se sont achevées dimanche sur une sévère mise en garde :
aucun compromis commercial ne sera
possible si l’administration Trump
venait à mettre à exécution ses menaces
de sanctions douanières contre la
Chine. Pékin n’est pas le seul à s’être livré
à une réprimande cinglante contre
Washington. Les alliés des Etats-Unis
ont unanimement protesté lors d’un G7
Finances contre la politique commerciale agressive menée par l’administration Trump. Un « G6 + 1 » a ironisé le
ministre de l’Economie, Bruno Le
Maire. D’ores et déjà, l’Union européenne, le Mexique et le Canada ont pris
des mesures pour taxer à leur tour des
produits américains. // PAGE 5
ET NOS INFORMATIONS PAGE 28
Michelin
AGRICULTURE La Commission euro-
COMMERCE Après les
LA FILIÈRE BIO CONNAÎT
UN BOOM DE L’EMPLOI
// PAGE 6, L’ÉDITORIAL DE
JEAN-FRANCIS PÉCRESSE PAGE 8
ET POINT DE VUE PAGE 10
La diplomatie n’est
pas du marketing
Le regard sur le monde
Dominique Moïsi
Steven Mnuchin, secrétaire du Trésor américain, a fait les frais du brusque
refroidissement des relations avec les grands argentiers des six autres premières
économies du monde. Photo Mark Schiefelbein/AP/Sipa
AUTOMOBILE Le patron de Fiat
SUR
Pour remplacer le système actuel, Anne Hidalgo dit
avoir des « discussions avec différents constructeurs ».
Photo AFP
Autolib’ : Hidalgo met en
cause le modèle Bolloré
Dans une interview aux « Echos »,
la maire de Paris rouvre le jeu.
COLLECTIVITÉS Dans une interview aux « Echos », Anne
ISSN0153.4831
NUMÉRO 22708
110e ANNÉE
34PAGES
Antilles Réunion 3,70 €. Guyane-St Martin
4,80 €. Belgique 3, 20 €. Espagne 4 €.
Grande-Bretagne 3£40. Grèce 3,70 €. Italie
4 €. Luxembourg 3,40 €. Maroc 28 DH. Suisse
5 , 4 0 F S . Tu n i s i e 4 , 5 T N D. Z o n e C FA
2.800 CFA.
Du futur sommet Trump-Kim Jongun, Washington n’a rien à gagner, selon Dominique Moïsi. // PAGE 9
Fiat Chrysler fixe
le cap pour
l’« après
Marchionne »
Pneus
Michelin contre
l’obsolescence
programmée // P. 18
DOMINIQUE SEUX
DANS « L’ÉDITO ÉCO »
À 7H45
DU LUNDI AU VENDREDI
Bruxelles lance
la réforme
de la PAC
Hidalgo juge « extravagante » la somme de 46 millions annuels
réclamée par le groupe Bolloré pour combler le déficit du dispositif de voiture électrique en libre service dans la capitale. « Nous
allons regarder ce qui se fait ailleurs », poursuit-elle, en évoquant
des discussions avec d’autres constructeurs. Elle se présente
aussi comme bon élève de la coopération avec le gouvernement,
au grand dam de sa majorité municipale. // PAGE 3
Chrysler, Sergio Marchionne, a
présenté vendredi son dernier
plan stratégique, avant de tirer
sa révérence l’an prochain. Le
groupe automobile prévoit
d’investir 9 milliards d’euros
dans l’électrification de ses
véhicules d’ici à quatre ans, un
domaine où il a pris beaucoup
de retard sur ses concurrents.
Dans le même temps, Fiat
devrait abandonner le diesel
pour ses voitures particulières
d’ici à 2021. Le groupe entend
s’appuyer sur des partenariats
dans le véhicule autonome. Il
mise sur le premium et les SUV
pour atteindre une marge opérationnelle comprise entre 9 %
et 11 % à l’horizon de 2022, contre 6,7 % l’an dernier. Jeep, Alfa
Romeo, Maserati et RAM
devraient représenter 80 % des
ventes totales à cette échéance,
soit 15 % de plus que l’an dernier.
L’homme de confiance de la
famille Agnelli avait promis de
porter la cravate s’il parvenait à
mettre fin à la dette de la branche automobil e. Il a tenu
parole. La dette aura disparu en
juin prochain. // PAGE 17
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02 //
Lundi 4 juin 2018 Les Echos
FRANCE
Le Pen en panne
de rassemblement
l Le 49e congrès de la CFDT s’ouvre ce lundi à Rennes.
l Laurent Berger devrait être largement confirmé à sa tête, mais les débats
s’annoncent animés.
Nicolas Dupont-Aignan, son allié de la présidentielle,
a sèchement éconduit ce dimanche la patronne du
nouveau Rassemblement national.
SOCIAL
LE FAIT
DU JOUR
POLITIQUE
Stéphane
Dupont
’est le genre de
télescopage, un peu
cruel, dont la vie
politique a le secret. Au
moment où Marine Le Pen,
appelait, dimanche sur RTL, en
vue des élections européennes
l’an prochain, au
« rassemblement national »,
en écho au nouveau nom du
Front national, Nicolas
Dupont-Aignan, sur France 3,
adressait une fin de nonrecevoir à l’offre d’alliance
qu’elle lui avait adressée il y a
quelques jours à peine. « Non à
la cuisine politicienne », lui a-t-il
sèchement répondu. Le député
de l’Essonne, qui avait rallié la
patronne de l’extrême droite
entre les deux tours de la
dernière présidentielle, est bien
décidé à aller sous ses propres
couleurs à ce scrutin. « Ce n’est
pas très grave, nous
rassemblerons quand même
avec des gens de l’ancienne droite
et de l’ancienne gauche », a tenté
de minimiser Marine Le Pen,
qui a accusé le coup. Car cette
rebuffade fait mal. Parce qu’elle
jette une lumière crue sur les
difficultés qu’a Marine Le Pen
à élargir sa base politique.
Depuis son cinglant échec l’an
passé face à Emmanuel
Macron, elle l’a même plutôt
vue se réduire. Son bras droit,
C
Dessins Fabien Clairefond pour « Les Echos »
Un congrès exutoire pour une
CFDT déstabilisée par Macron
Florian Philippot, qui incarnait
l’aile socialo-étatiste au sein du
FN, est parti monter Les
Patriotes. Sa nièce, Marion
Maréchal, s’est mise en retrait
du parti et prépare déjà la suite.
Et, idéologiquement, la
formation d’extrême droite a
rétréci son spectre, en se
recentrant sur ses
fondamentaux (immigration,
sécurité, autorité). Elle a bien
changé de nom vendredi lors
d’un conseil national à Lyon.
Mais… en gardant le même
leader, les mêmes dirigeants et
le même programme. Un nonévénement à mille lieues de la
« refondation » promise. Une
décision purement
« cosmétique » pour reprendre
la formule du politologue
Jérôme Fourquet dans
« Le Figaro ». Marine Le Pen
peine clairement aujourd’hui
à incarner une alternative au
chef de l’Etat et donne même
l’impression de régresser.
Il n’est pas dit que ce soit
définitif. Le Rassemblement
national reste la deuxième
force politique du pays, selon
les sondages, devant Les
Républicains et La France
insoumise. Il est crédité de
15 à 20 % des voix aux
européennes. Et le populisme
a le vent en poupe en Europe.
« Les idées que je porte sont
celles qui ont gagné en Italie »,
n’a pas manqué de souligner
Marine Le Pen ce dimanche.
Mais elle n’a, à l’évidence,
pas encore trouvé la recette
pour sortir de son isolement
en France.
sdupont@lesechos.fr
en bref
Service national universel : quinze
organisations de jeunesse s’y opposent
TRIBUNE « Nous ne voulons pas d’un service national obligatoire » : c’est le titre d’une tribune publiée dimanche dans le
« JDD » et signée par quinze organisations de jeunes, qui vont de
la Fage à l’Unef en passant par les syndicats lycéens SGL et UNL.
Elles déplorent un « décalage » entre la volonté des jeunes, au
quotidien, de « s’engager de façon souple et diverse » et « le cadre obligatoire, rigide et contraignant que le projet de l’exécutif semble faire
émerger ». Quant à l’objectif de mixité sociale, il leur semble
« utopique voire dangereux de la faire reposer sur un tel dispositif ».
Présidence du Medef : les deux favoris
reçoivent des soutiens clefs
PATRONAT A un mois de l’assemblée générale qui désignera le
président du Medef pour cinq ans, la course à la succession de
Pierre Gattaz s’accélère. Selon « Le Figaro », Dominique Carlac’h s’est désistée et ralliée à Geoffroy Roux de Bézieux, numéro
deux de l’organisation patronale en charge de l’économie. Elle
se verrait bien devenir porte-parole du Medef en cas de victoire
de son candidat. L’autre favori, Alexandre Saubot, a convaincu
Christophe Catoir, président France de The Adecco Group, de
devenir son numéro deux en cas de victoire.
RETROUVEZ NICOLAS BARRÉ
LEDIRECTEURDELARÉDACTIONDESECHOS
DANSLEJOURNALDE8HD’EUROPEMATIN
PRÉSENTÉPARPATRICKCOHEN
#E1Matin
Leïla de Comarmond
@leiladeco
Rennes ne sera pas la réplique de
Lille. La violence du règlement de
comptes interne qu’a connu Force
ouvrière lors de son congrès, fin
avril, ne se reproduira pas au
49 e congrès de la CFDT, qui se
déroule cette semaine dans la capitale bretonne. Si Jean-Claude
Mailly a dû sortir par la petite porte,
Laurent Berger, seul candidat,
devrait se voir confirmer sans difficultés pour la seconde fois à la tête
de la centrale dont il a pris la direction en 2010. Mais cela ne veut pas
dire que le rendez-vous sera un
long fleuve tranquille.
2017 aurait pourtant dû être
l’année de la consécration de la
CFDT et son congrès de 2018 celui
de l’affirmation de sa puissance. La
centrale tient en effet son Graal. Elle
peut s’enorgueillir d’avoir réussi à
ravir haut la main la place de
numéro un à la CGT aux élections
professionnelles dans le privé en
mars 2017.
Tsunami Macron
« Le syndicalisme vient de changer de
visage », s’était alors félicité Laurent
Berger. La performance électorale
intervenait à la fin d’un quinquennat où la CFDT avait été très écoutée.
Malgré quelques accrocs importants (le pacte de responsabilité et la
loi El Khomri première version),
François Hollande en avait fait son
interlocuteur privilégié. Qu’il
paraissait loin le temps où le prédécesseur de Laurent Berger, François
Chérèque, regrettait que « les orientations portées depuis 30 ans par la
CFDT se [soient] imposées à tous sans
que celle-ci en recueille [...] un bénéfice
électoral ». Sept ans après, tous les
clignotants étaient au vert.
Mais le tsunami Macron est
passé par là. La confédération s’est
trouvée confrontée à un chef de
l’Etat qui a fait du contournement
des corps intermédiaires un mode
de gouvernement, alors que le pouvoir donné aux partenaires sociaux
La gestion de la réforme du Code du travail par Laurent Berger et la direction du syndicat sera
au cœur des discussions. Photo Hamilton/RÉA
est un pilier du modèle de transformation sociale cédétiste. « On est les
premiers et on n’arrive pas à se faire
entendre car Macron rejette toute
forme de syndicalisme ! », s’exaspère une cédétiste. Son point de vue
est largement partagé dans l’organisation, profondément déstabilisée
par l’attitude de l’exécutif. Autant
dire que les oreilles du chef de l’Etat
risquent de siffler cette semaine à
Rennes. Il ne sera pas surpris. Evoquant son rendez-vous il y a quelques jours avec Emmanuel Macron,
Laurent Berger a expliqué devant
l’Association des journalistes de
l’information sociale lui avoir « dit
très franchement le mécontentement
de la CFDT ». Le syndicaliste n’évitera pas, lui non plus, les critiques.
Elles devraient s’exprimer lors du
débat sur le rapport faisant le bilan
des quatre années écoulées qu’il doit
présenter ce lundi. La gestion par la
direction cédétiste de la réforme du
Code du travail et son contenu
seront au centre des discussions. A
l’automne, déjà, la pression était
montée en interne, notamment
chez les métallos, qui avaient écrit à
Laurent Berger ; des métallos dont
le numéro un, Philippe Portier, va
monter à la commission exécutive
(direction resserrée), ce qui n’est évidemment pas anodin.
Laurent Berger et son équipe ont
bien pris leur bâton de pélerin pour
aller voir les équipes sur le terrain,
mais les premières conséquences
des ordonnances Macron ont entretenu le mécontentement. Avec la
fusion des instances du personnel
dans un Conseil social et économique, les syndicalistes sont le plus
souvent confrontés à une baisse de
leurs moyens. Le gouvernement
expliquait que la négociation per-
« On est les premiers
et on n’arrive pas
à se faire entendre
car Macron rejette
toute forme
de syndicalisme ! »
UNE CÉDÉDISTE
mettrait d’aller dans les faits au-delà
de ce que dit la loi, mais c’est rarement le cas. Ce n’est pas pour rien
que samedi, Laurent Berger a signé
avec les numéros un des fédérations
cédétistes syndiquant des salariés
du privé une tribune sur le site du
Huffingtonpost demandant au gouvernement de « s’engager à ce que, à
défau t d ’ en gagem en t réel d es
employeurs pour faire vivre le dialogue social, de nouveaux décrets fixant
le nombre d’élus et leurs moyens
soient pris ». Une façon de montrer
en amont du congrès aux militants
qu’ils sont déjà entendus.
Le malaise est d’autant plus
important que déjà, au dernier
congrès, en 2014, à Marseille, beaucoup de militants avaient réclamé
une pause dans les réformes, se
plaignant de la difficulté à traduire
les « droits » négociés au sommet en
avancées concrètes face à un patronat ne jouant pas le jeu du dialogue
social. Loi Rebsamen en 2015, loi
El Khomri en 2016, et ordonnances
Macron en 2017... En trois ans, les
modifications du Code du travail
sont allées crescendo... n
CFDT : une audience en progression,
mais des effectifs qui stagnent
La CFDT a vu son score
aux élections passer de 26 %
à 26,37 % dans le privé. Elle
compte 623.802 adhérents.
La CFDT a ravi l’an dernier la première place à la CGT dans le privé.
La première a vu son score aux
élections professionnelles passer
de 26 % à 26,37 % quand la seconde
a rétrogradé de 26,77 % à 24,85 %.
Pour devenir le premier syndicat
français, il reste cependant encore
une marche à franchir à la centrale
de Laurent Berger : elle est toujours
deuxième en comptant les fonctionnaires. En 2013, l’organisation
de Philippe Martinez a recueilli
100.000 voix de plus que le demimillion de suffrages de la CFDT, qui
a recueilli 19,20 % des voix. Pour
que la bascule totale ait lieu, il faudra que l’éca rt se réduise de
20.000 voix lors du rendez-vous
électoral du 6 décembre dans la
fonction publique.
Quoi qu’il en soit, le résultat de la
CFDT dans le privé est déjà une victoire. D’autant qu’elle est aussi la
centrale qui a passé dans le plus de
branches le seuil de représentativité de 8 % : 418, contre 410 pour la
CGT, 349 pour FO, 302 pour la CGC
et seulement 203 pour la CFTC.
depuis douze ans et la clôture de 2016
a été négative », note le projet de
résolution soumis aux militants
alors que le syndicat vient de se
livrer à une opération transparence sur ses effectifs.
50 ans de moyenne d’âge
Cela dit, elle n’est pas le syndicat qui
a le plus progressé. La palme
revient à la CGC. Celle-ci a
engrangé 81.130 suffrages supplémentaires entre 2013 et 2017,
20.000 de plus que la CFDT qui est à
égalité avec l’UNSA. La centrale de
Laurent Berger reconnaît par
ailleurs dans son rapport d’activité
avoir obtenu « des résultats décevants au regard de l’investissement
militant » dans les plus petites
entreprises et ce document alerte
aussi sur la stagnation de la représentativité chez les cadres, à un
niveau il est vrai élevé, puisqu’elle y
a confirmé sa première place.
Si la dynamique électorale est
avérée, ce n’est pas le cas de celle
des adhésions. « Alors que la CFDT
n’a cessé d’améliorer son audience,
son nombre d’adhérents stagne
Laurent Berger a saisi la victoire
électorale dans le privé pour mettre fin à la fiction d’un syndicat de
plus de 800.000 syndiqués, qui
permettait aux cédétistes de se
consoler d’être dépassés électoralement par la CGT en affichant
une centaine de milliers d’adhérents de plus. Des commissaires
aux comptes en attestent désormais, la CFDT compte 623.802
membres, donc moins que la CGT.
Il s’agirait d’en gagner 20 % en quatre ans, soit 125.000. Trop ambitieux ? Un amendement discuté en
congrès propose de diviser l’objectif par deux.
Une telle progression permettrait en tout cas de rajeunir les troupes, qui comptent 11,17 % de cadres
et 49,5 % de femmes. Si près de 94 %
des adhérents sont des actifs, la
moyenne d’âge est assez élevée :
50 ans environ. Et seulement 8 %
des adhérents a moins de 35 ans.
— L. de C.
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FRANCE // 03
Les Echos Lundi 4 juin 2018
INTERVIEW // ANNE HIDALGO Maire de Paris
« Le modèle Autolib’ est sérieusement questionné »
l La maire de Paris discute, avec d’autres constructeurs,
d’alternatives rentables au service de Bolloré.
l Elle se revendique comme bon élève de la coopération
avec le gouvernement, au dam de sa majorité municipale.
Pierre-Alain Furbury
@paFurbury
et Matthieu Quiret
@MQuiret
nne Hidalgo s’apprête à
faire voter lundi en conseil
municipal le pacte financier que Macron a proposé aux
grandes collectivités. Un accord
que ses alliés écologistes et communistes considèrent comme une
mise sous tutelle. Son opposition
municipale, elle, pointe l’endettement excessif de la Ville et l’accuse
de mauvaise gestion.
A
A l’automne, vous étiez sceptique sur la démarche de
contractualisation financière
avec l’Etat. Pourquoi avoir
accepté de signer ?
Il est normal que les collectivités
prennent leur part au redressement du pays, à condition qu’on
respecte leur autonomie. Les discussions que j’ai eues avec le Premier ministre et le ministre des
Comptes publics se sont bien
« Nous préparons avec
Jacques Mézard et
Julien Denormandie
des outils pour
maintenir les classes
moyennes à Paris. »
déroulées. Nous avons évité une
négociation ligne à ligne du budget
de la Ville. Il n’y a pas de mise sous
tutelle, ni aucune contrainte qui
m’empêcherait de réaliser les
engagements de mon mandat. La
maîtrise des dépenses de fonctionnement et de l’endettement sont
des objectifs que je m’étais déjà
fixés avec mon équipe. Les dépen-
ses de fonctionnement de la capitale, hors péréquation, n’ont progressé que de 0,8 % en 2015, que de
0,1 % en 2016 et que de 0,7 % en
2017. L’Etat a fixé un objectif national de +1,2 %. On s’est mis d’accord
à Paris sur un plafond de +1,14 %.
Nous sommes aussi sous la norme
des 12 ans de capacité de désendettement : elle est aujourd’hui de
9 ans. Paris est bon élève.
L’opposition estime que vous
ne pouvez pas terminer votre
programme de mandature
dans ce contexte financier.
Bien sûr que si. Certains programmes sont parfois retardés à cause de
recours, d’ailleurs souvent à l’initiative de l’opposition. Cela a été le cas
pendant dix ans des logements
sociaux à la porte d’Auteuil ! Mais
on va réaliser une très grande partie
de nos projets d’ici à 2020. Sur les
crèches, on sera même au-delà des
5.000 places prévues.
Vos alliés communistes et
écologistes vous jugent trop
conciliante avec le gouvernement…
Certains disent que je suis trop dans
l’opposition, d’autres que je suis trop
conciliante… C’est le jeu politique.
La capitalisation des loyers
de vos bailleurs sociaux, que
l’opposition vous reproche,
a été intégrée dans votre trajectoire budgétaire. Avez-vous
eu des garanties du gouvernement sur ce point ?
Oui, nous avons eu des discussions
constructives avec Gérald Darmanin. Nous continuons à mettre
progressivement fin à l’existence
d’un parc de logement privé de la
Ville qui n’avait ni sens ni justification, et à le transformer en parc
social. La capitalisation des loyers
qui en résulte, ce sont des recettes
de fonctionnement.
Sur quels autres sujets
discutez-vous avec le gouvernement ?
Nous préparons avec Jacques
Mézard et Julien Denormandie
des outils pour maintenir les classes moyennes à Paris. Dans le
cadre de la loi Elan, nous préparons un dispositif pour préserver
l’encadrement des loyers dans le
parc privé. Nous souhaitons par
ailleurs mieux réguler les locations de meublés touristiques, par
exemple en réduisant la durée
plafond de 120 jours de location
par an. Je crois aussi qu’ils ont
compris que notre opposition sur
la vente de logements sociaux
n’est pas idéologique mais pragmatique. Le logement social protège 450.000 Parisiens de la
cherté des loyers.
Le groupe Bolloré demande
46 millions d’euros par an
pour Autolib’. L’arrêt du
service est-il une option ?
Que les villes subventionnent une
offre de transports publics, cela
peut être entendu. Mais la somme
demandée par l’entreprise est
extravagante. Il est hors de question
que les communes, et donc les
contribuables, la prennent à leur
charge. Au-delà du coût, je veux
poser la question du modèle. Autolib’a été inventé il y a dix ans pour
imaginer de nouvelles formes de
mobilité. Ce dispositif devait être
rentable. Force est de constater qu’il
ne l’est pas. Sûrement a-t-il été percuté par d’autres évolutions technologiques et de la mobilité : les
VTC, les scooters en libre-service,
les vélos à assistance électrique… Le
fait est qu’aujourd’hui il est sérieusement questionné.
Pour remplacer Autolib’, Anne Hidalgo s’intéresse aux systèmes d’auto-partage en « free floating »,
dans lesquels les industriels prendraient en charge la gestion et la rentabilité. Photo Joël Saget/AFP
Qu’allez-vous faire concrètement ?
Nous allons regarder ce qui se fait
ailleurs. Il existe désormais des systèmes d’auto-partage en « free floating », comme le fait par exemple
Renault. Beaucoup de constructeurs automobiles veulent innover
à Paris et nous demandent de les
accueillir et de les accompagner. Il
faut donc se projeter dans un nouveau modèle, qui réponde aux usages des habitants et qui doit être
performant sur le plan économique. Doit-il être basé sur une subvention publique ? J’en doute. Je
préférerais que les industriels tentés par ce type de système en assurent la gestion et la rentabilité.
Vous êtes déjà en discussion ?
Oui, il y a des discussions avec différents constructeurs. Une autre
option peut être de dire que l’on
tient à un service public avec une
part de financement public permettant l’utilisation de ces véhicules à
un coût qui ne soit pas exorbitant.
Mais les villes qui accueillent
aujourd’hui Autolib’ sont-elles prêtes à y contribuer et dans quelle
mesure ? Nous devrons en discuter
« Nous travaillons
avec ce gouvernement
dans la continuité
de ce que nous faisions
avec le précédent. »
tous ensemble à l’échelle métropolitaine. Je souhaite d’ailleurs associer les élus parisiens, de la majorité
et de l’opposition, à ce travail.
S’agit-il de mettre en œuvre ce
système après 2023, date de la
fin du contrat avec Bolloré, ou
plus vite ?
Bien plus vite. Des constructeurs
ont des propositions opérationnelles, il n’y a aucune raison d’attendre.
Quel bilan faites-vous des
débuts du quinquennat
Macron ? La France va-t-elle
mieux qu’il y a un an ?
Je n’ai pas de bilan à faire de son
action. Ce que je sais, c’est que sur
l’attractivité et l’accompagnement
des entreprises parisiennes, nous
travaillons avec ce gouvernement
dans la continuité de ce que nous
faisions avec le précédent. Cela va
dans le bon sens. Paris va bien. C’est
une ville qui sur le plan économique rayonne dans le monde entier.
Vous avez séché l’investiture
d’Olivier Faure à la tête du PS.
Pour tenter de vous extraire
des difficultés de votre parti ?
Moi, mon sujet, c’est Paris, pas le
parti. J’ai failli quitter le PS ; je ne l’ai
pas fait parce que j’ai encore un attachement. Je suis une sociale-démocrate, écolo convaincue et européenne. J’observe d’ailleurs avec
intérêt ce qu’il vient de se passer en
Espagne, avec l’élection de mon ami
Pedro Sanchez. Mais là où je me sens
bien, là où j’ai envie d’exercer mon
goût pour la politique, c’est Paris. n
Crise migratoire : Castaner plaide pour
la création d’une agence européenne
« Nous devons être
plus généreux avec
les réfugiés et plus
fermes avec ceux
qui n’ont pas besoin
de rester en France »,
selon le secrétaire
d’Etat aux Relations
avec le Parlement.
Dominique Malécot
@Dmalecot
Ne rien lâcher. Interrogé sur la
guerre commerciale déclenchée
par les Etats-Unis, Christophe Castaner juge que le différend ne porte
que sur 7 milliards d’euros mais que
cela n’enlève rien à « l’irrationalité
économique de cette décision ».
Invité dimanche du « Grand Rendez-Vous » Europ e 1-« Les
Echos »-CNews, le secrétaire d’Etat
aux Relations avec le Parlement a
rapp elé que l’Europ e n’a pas
attendu pour annoncer, dès le
18 mai, la liste des produits qui
pourraient être taxés en réponse à
la décision américaine.
Europe encore, sur le dossier
immigration, pour Christophe Castaner, qui va se rendre à Rome. « Il
ne m’appartient pas de dire que les
Italiens ont mal voté. […] Si l’Italie a
un gouvernement populiste, c’est
Christophe Castaner. Photo Marie Etchegoyen / Capa Pictures pour Europe 1
parce que l’Europe n’a pas été à la
hauteur, la France non plus », a jugé
Christophe Castaner, partisan
d’une agence européenne de gestion des migrations. « C’est à
l’échelle de l’Europe qu’on doit se
donner les moyens de l’intégration et
de l’accueil » des migrants.
Le délégué général de La République En marche a ajouté ne pas
avoir de problème avec les déclarations du ministre de l’Intérieur,
Gérard Collomb, qui s’était attiré
une pluie de critiques après avoir
estimé que les migrants faisaient du
« benchmarking » en comparant
les pays européens. « Il y a un
moment où les choses doivent être
nommées », a-t-il estimé en évoquant une loi à venir. « Nous devons
être plus généreux avec les réfugiés et
plus fermes avec ceux qui n’ont pas
besoin de rester en France. »
Le poids du dialogue
Le secrétaire d’Etat est aussi droit
dans ses bottes alors que les députés ont balayé les engagements
d’Emmanuel Macron sur le glyphosate, l’élevage des poules et les
caméras dans les abattoirs. « Ce
n’étaient pas des promesses de
campagne, mais des promesses du
président de la République », tente -t-il d’argumenter. Et elles
seront tenues. « Les agriculteurs
ont pris des engagements sur le glyphosate, si dans quatre ans on voit
que cela n’avance pas, on le mettra
dans la loi. »
L’interdiction d’installer de nouvelles cages pour les poules règle le
problème et la vidéo dans les abattoirs viendra du dialogue. « Il ne
faut pas que l’accessoire l’emporte
sur l’essentiel de la loi, qui impose le
juste prix pour permettre aux agriculteurs de vivre de leur travail », a
poursuivi le ministre, pour lequel,
à Bruxelles, le gouvernement n’a
pas lâché sur la PAC, qui ne doit
plus être « un complément de
revenu », mais doit permettre à
l’agriculture de se transformer.
Interrogé sur la nouvelle identité du Front national, devenu
Rassemblement national, et
l’abandon par Marion Maréchal
de la mention Le Pen accolée à son
nom, il a jugé que cela ne changeait rien. « Ce parti reste dans la
dénonciation constante, sans proposer. […] On voit l’inutilité d’avoir
des députés FN à l’Assemblée
nationale. » n
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« LE GRAND RENDEZ-VOUS » // EUROPE 1 – « LES ECHOS » – CNEWS
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
04 // FRANCE
Lundi 4 juin 2018 Les Echos
CDD, précarité :
les députés LREM
se font entendre
SOCIAL
Les membres de
la majorité ont
apporté quelques
inflexions importantes au projet de loi
sur la réforme de
l’assurance-chômage.
Alain Ruello
@AlainRuello
Comme une lettre à la poste, ou
presque. L’examen, achevé
jeudi, en première lecture en
commission à l’Assemblée
du projet de loi pour la réforme
de la formation et de l’assurance-chômage n’a pas abouti à
des changements majeurs, hormis le maintien inattendu des
exemptions de taxe d’apprentissage. L’opposition a été très
critique, mais ses amendements n’avaient aucune chance
de passer. Les députés En marche, eux, ont marqué (un peu)
leur territoire vis-à-vis du gouvernement.
L’initiative est venue des
députés Denis Sommer et Frédéric Barbier, soutenus par
l’ensemble du groupe. Ils ont
présenté un amendement
visant à prendre en compte
l’intérim dans le bonus-malus
que le gouvernement veut
imposer aux employeurs si les
branches ne proposent pas d’ici
à la fin de l’année des solutions
pour réduire le recours aux
contrats de moins d’un mois.
L’article 29 prévoit de minorer ou de majorer le taux de
contribution chômage patronal en fonction, notamment,
du nombre de fins de contrat
de travail, démissions exceptées, sous réserve d’une inscription consécutive à Pôle
emploi. Aurélien Taché, rapporteur de cette partie du projet de loi, a donné un avis très
favorable à un amendement
qui permet, a-t-il dit, d’« imputer le bonus-malus aux entreprises qui ont recours à l’intérim plutôt qu’aux agences
d’intérim elles-mêmes ».
Les syndicats applaudiront :
cette question les avait durement opposés au patronat. Ils
apprécieront plus modérément
un autre amendement de l’élu
du Val-d’Oise qui permet de
conclure un CDD pour remplacer, non plus seulement un,
mais plusieurs salariés, si
ceux-ci sont à mi-temps ou
absents successivement, par
exemple.
L’état du droit actuel « a pour
effet mécanique d’augmenter le
nombre de CDD, notamment de
courte durée, dont la fin est la
plus coûteuse pour l’assurancechômage », a-t-il exposé. FO y
voit au contraire une source
d’abus au détriment des CDI. n
Une prime pour les enseignants
des quartiers difficiles
ÉDUCATION
Les discussions avec
les syndicats s’ouvrent
sur cette promesse de
campagne d’Emmanuel
Macron. Les premiers
versements sont envisagés en septembre.
Marie-Christine Corbier
@mccorbier
Au ministère de l’Education nationale, on qualifie le sujet de « prioritaire ». La prime de 3.000 euros net
par an pour les enseignants exerçant dans les 240 écoles et collèges
des réseaux d’éducation prioritaire
renforcés (REP+) doit commencer à
s’appliquer à la rentrée. « L’objectif
est bien qu’on ait quelque chose qui
commence en septembre », affirmet-on au ministère.
C’était une promesse de campagne d’Emmanuel Macron. « Il n’est
plus acceptable que les territoires où
la difficulté sociale et scolaire se concentre soient confrontés chaque
année à l’impossibilité de recruter
des enseignants, est-il écrit dans son
programme. Parce qu’il faut reconnaître cette difficulté et y répondre,
les enseignants, du premier et du
second degré qui exercent en REP+
seront mieux accompagnés et recevront une prime annuelle supplémentaire de 3.000 euros net. »
L’enjeu est d’« avoir des profils variés
et des équipes stables au sein des éco-
Les 240 écoles et collèges les plus défavorisés (REP+) regroupent 49.000 personnes (enseignants,
directeurs d’établissement, psychologues…). Photo Franck Crusiaux/RÉA
les et des collèges les plus difficiles »,
avait précisé le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, en
novembre, au « Parisien ».
Au ministère, on indique que les
discussions avec les syndicats vont
s’ouvrir « dans les quinze jours à
venir, dans le cadre de l’agenda social »
qui leur a été présenté le 16 mai. La
prime pour l’éducation prioritaire
sera le premier sujet abordé.
Son montant devrait être conforme
aux propos de l’entourage d’Emmanuel Macron durant la campagne, à
savoir 3.000 euros annuels net
venant s’ajouter à l’indemnité de
2.312 euros créée en 2015.
30.000 personnes (enseignants et
directeurs d’école) et les collèges,
19.000 (enseignants, conseillers
principaux d’éducation, documentalistes, personnels de direction).
La question de savoir si la prime
sera mensualisée ou non n’est pas
tranchée. Ni si elle sera étalée sur le
quinquennat ou si sa mise en œuvre
sera « plus rapide, en une seule fois »,
comme certaines sources bien
informées l’envisagent. « Le point
d’atterrissage n’est pas stabilisé »,
affirme-t-on au ministère.
« On sent que les discussions avec
Bercy sont tendues », commente
Stéphane Crochet, du syndicat SEUnsa. Elles vont avoir lieu, sur fond
Enseignants et autres
personnels
NUMéRO SPéCIAL FOOT
di
Vendre
avec
os
Les Ech
D’autres points sont plus flous.
Comme le fait de savoir si elle concernera les seuls enseignants ou si
elle s’appliquera aussi aux psychologues ou à d’autres. « Il n’y a pas que
les professeurs, il faut parler aussi
des personnels administratifs »,
avait glissé Jean-Michel Blanquer,
en février, sur France 2. Les écoles
des réseaux REP+ comptent
3.000
EUROS ANNUELS
Le montant de la prime pour
les enseignants en REP+ promise
par Emmanuel Macron durant
la campagne présidentielle.
de questionnements autour de
l’éducation prioritaire.
« Il y a des petites phrases qui
interrogent », confie Francette Popineau, du SNUipp-FSU. Elle évoque
Jean-Michel Blanquer, devant les
syndicats, le 16 mai, se demandant
« si on n’a pas mis trop d’argent dans
l’éducation prioritaire, au regard de
l’efficacité ». « Attention à ne pas
donner d’une main pour retirer de
l’autre », prévient-elle.
Or une remise à plat de la carte de
l’éducation prioritaire est prévue en
2019… Frédérique Rolet, du SNESFSU, s’interroge de son côté sur un
ministère qui dit vouloir discuter
des « conditions d’attribution » de la
prime, « comme s’il n’allait pas de soi
qu’elle s’applique à tous ».
De quoi méditer ce propos de JeanMichel Blanquer : en décembre, sur
RTL, il avait dit vouloir « améliorer
la qualité de la vie professionnelle
de[s] enseignants » : « Si votre carrière est plus ouverte, c’est bien selon
des critères, et ce critère, c’est bien le
mérite.[Quand] vous vous investissez
plus, c’est normal que cela soit
reconnu. » n
Coup d’envoi à la baisse du
prix des prothèses dentaires
SANTÉ
L’un des principaux
syndicats de dentistes
a donné vendredi son
feu vert à l’accord
négocié avec l’Assurance-maladie, qui va ainsi
entrer en vigueur.
Solveig Godeluck
@Solwii
C’est le début d’une réforme profonde des soins dentaires et le coup
d’envoi de la mise en place du reste à
charge zéro en santé. La négociation conventionnelle des dentistes
avec l’Assurance-maladie a abouti.
Après d’ultimes concessions, le dernier syndicat s’est prononcé positivement sur cet accord, vendredi, en
votant oui à plus de 90 %.
Avec 35 % de représentativité, la
Confédération nationale des syndicats dentaires (CNSD) avait le pouvoir de faire basculer la décision du
côté du « non » – suivant en cela la
Fédération des syndicats dentaires
libéraux (FSDL). Mais il a choisi le
« oui », comme l’a fait l’Union dentaire jeudi. Les dentistes jouaient
gros. En l’absence d’accord négocié,
le gouvernement leur aurait
imposé ses vues via un règlement
arbitral. C’est d’ailleurs ce qu’a fait
l’ex-ministre de la Santé Marisol
Touraine, en avril 2017, afin de mettre en place un plafonnement des
tarifs pour certaines prothèses très
coûteuses et très mal remboursées.
Agnès Buzyn a, elle, suspendu
l’application du règlement pour
tenter de renégocier un accord en y
ajoutant un nouveau volet : la création du reste à charge zéro sur les
prothèses dentaires, une promesse
du candidat Macron pendant la
campagne présidentielle.
Pour Jacques Le Voyer, président de l’Union dentaire, la décis i o n d e s i g n e r s’e s t i m p o s é e
comme une évidence, malgré des
débats intenses et beaucoup de
désinformation : « C’est une première étape pour qu’à moyen terme
notre profession puisse gagner sa vie
en faisant de la prévention et de la
conservation dentaire, ce qui n’est
pas le cas aujourd’hui », expliquet-il. Le projet prévoit 100 millions
d’euros d’investissements annuels
dans la prévention, avec des examens bucco-dentaires gratuits de
3 ans à 24 ans et une valorisation du
suivi des diabétiques.
287 millions par an
pour les dentistes
Reste la question délicate des tarifs
autrefois libres et désormais plafonnés, en contrepartie de la revalorisation des actes conservateurs et
de la prévention. Elle va de pair avec
la création d’une nouvelle nomenclature répartie dans trois paniers
de soins : totalement libres, à tarifs
modérés et gratuits. Chacun des
paniers pèse à peu près un tiers du
volume d’actes. « On revient de loin,
explique Jacques Le Voyer. Au
début de la négociation, seuls 12,5 %
des actes étaient à tarifs libres ! »
Le 25 mai, l’Assurance-maladie a
livré sa dernière version du projet
d’accord, avec une légère baisse de la
perte que devrait entraîner la mise
en place des plafonds pour les dentistes, à 417 millions d’euros par an.
En comptant les revalorisations, le
bilan est positif de 287 millions
d’euros par an pour la profession.
Les complémentaires
santé débourseront
300 millions
supplémentaires par an.
Les complémentaires santé, premiers financeurs des soins dentaires, devraient débourser plus de
300 millions supplémentaires par
an. Pour les patients, le reste à
charge zéro ne provoquera pas de
hausse excessive des tarifs des complémentaires santé, a garanti
samedi Nicolas Revel, directeur de
l’Assurance-maladie.
Jacques Le Voyer se félicite aussi
d’une clause obligeant les partenaires conventionnels à renégocier à
partir d’un certain seuil d’augmentation des charges des dentistes :
« Cette innovation est majeure. On est
allés la chercher avec les dents parce
que ce n’est pas dans la culture de
l’Assurance-maladie, mais il ne fallait
pas mettre en péril l’économie des
cabinets dentaires », explique-t-il. n
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// 05
Les Echos Lundi 4 juin 2018
MONDE
en
chiffres
ÉTATS-UNIS: LE CHÔMAGE
À SON PLUS BAS EN MAI
ZONE EURO : BAISSE
DU MANUFACTURIER
Le taux de chômage aux
Etats-Unis est tombé en mai
à son plus bas niveau depuis
dix-huit ans à 3,8 % après
de solides embauches, selon
le département du Travail.
Le salaire horaire moyen
a gagné 0,3 % à 26,92 dollars.
Cela porte l’augmentation
sur un an à 2,7 %, la plus
forte depuis janvier,
l’inflation restant à 2,5 %.
L’activité manufacturière
a ralenti, en mai, à un plus
bas de quinze mois,
pénalisée le calendrier des
vacances, et les indicateurs
avancés suggèrent qu’elle
restera au mieux modérée
dans les mois à venir.
L’indice PMI IHS Markit a
fléchi pour un cinquième
mois d’affilée, tombant à 55,5
en mai contre 56,2 en avril.
+13,5 %
LE REBOND DES
EXPORTATIONS
SUD-CORÉENNES EN MAI
Les produits sud-coréens
(semi-conducteurs essentiellement) se sont particulièrement bien vendus en mai,
dégageant un excédent
commercial de 6,73 milliards
de dollars face à des importations en hausse de 12,6 %.
Les Etats-Unis mis en garde
par la Chine et par leurs alliés
l Les Etats-Unis sont sommés d’apaiser
les tensions commerciales par Pékin,
comme par ses plus proches alliés.
l Les chefs d’Etat du G7 se réunissent
cette semaine au Québec.
COMMERCE
Frédéric Schaeffer,
— Correspondant à Pékin
Virginie Robert
et Gabriel Grésillon
— Bureau de Bruxelles
Ce qui avait alors été considéré
comme un armistice semble avoir
fait long feu. Les Etats-Unis et la
Chine négocient tout en se menaçant mutuellement. Loin de faire
profil bas, Pékin a averti dimanche, à
l’issue de discussions sino-américaines, qu’aucun compromis commercial ne serait possible si l’administration Trump venait à mettre à
exécution ses menaces de sanctions
douanières.
Une façon de répondre à la Maison-Blanche, qui avait ravivé les tensions mardi dernier en remettant
sur la table la menace d’imposer de
nouvelles taxes sur 50 milliards de
dollars de produits chinois importés
à la mi-juin, ainsi que de nouvelles
restrictions aux investissements chinois aux Etats-Unis. Le régime com-
muniste a aussitôt dénoncé une
« volte-face » de Washington et
menacé de prendre des « mesures
fermes » afin de protéger ses intérêts. Pékin n’est pas le seul à s’être
livré à une mise en garde cinglante à
Washington. Les alliés des EtatsUnis ont unanimement protesté lors
d’un G7 Finances contre la politique
commerciale agressive menée par
l’administration Trump.
Les ministres des Finances et gouverneurs de banque centrale du G7 se sont retrouvés le 1er juin en Colombie-Britannique. Photo Bloomberg
« Complet désaccord »
Steve Mnuchin, le secrétaire au Trésor américain, a fait les frais ce
week-end à Whistle, au Canada, du
brusque refroidissement des relations avec les grands argentiers des
six autres premières économies du
monde. « Des inquiétudes ont été
exprimées à propos des taxes imposées par les Etats-Unis sur ses amis et
alliés au motif d’un risque à la sécurité nationale, sapant le libreéchange comme la confiance dans
l’économie globale », résume le communiqué. A lui de faire passer le
message de « complet désaccord »,
comme l’a qualifié Bill Morneau, le
ministre canadien des Finances, à
l’égard des Etats-Unis. Les échanges, qualifiés de francs, vont reprendre cette semaine à Charlevoix, au
Québec, lors de la réunion des chefs
d’Etat du G7 (Canada, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Etats-Unis).
« La semaine prochaine dépendra
de la décision que l’administration
[américaine] est prête à prendre
dans les prochains jours et dans les
prochaines heures, je ne parle pas de
semaines à venir », pour éviter une
guerre commerciale, a ainsi estimé
samedi Bruno Le Maire. Ironisant
sur un « G6 + 1 », le ministre français de l’Economie a fustigé des
Etats-Unis « seuls contre tous, qui
font courir le risque de déstabilisation économique à la planète ».
Un jeu dangereux
La décision américaine de taxer
l’acier (25 %) et l’aluminium (10 %)
importés aux Etats-Unis « affaiblit
un peu plus la relation transatlantique », avait affirmé en fin de semaine
la commissaire européenne au
Commerce, Cecilia Malmström, estimant que Washington joue à un « jeu
dangereux ». Désormais, l’Union
européenne va enclencher sa
réponse aux attaques américaines,
avec le dépôt d’une plainte et, sur-
Les patrons et élus américains profondément divisés
Les producteurs d’acier
américain promettent de
relancer leurs hauts
fourneaux, tandis que les
agriculteurs craignent de
subir des représailles aux
mesures de Donald Trump.
« Ces mesures
sont vitales pour
défendre
les intérêts des
Etats-unis. »
DAVID BURRITT
Le patron de US Steel
Elsa Conesa
@ElsaConesa
— Bureau de New York
Ce n’est pas la première fois que
Trump pose un cas de conscience
aux patrons américains.
Effrayés par sa politique d’immigration, galvanisés par sa réforme
fiscale, les voilà divisés face à sa
politique commerciale. Dès
l’annonce des surtaxes en mars dernier, des lignes de fracture sont
apparues dans le monde des affaires, avec, d’un côté, quelques sidérurgistes américains qui faisaient
du lobbying depuis des années. Et,
de l’autre, l’essentiel des entreprises
industrielles, le secteur des biens de
grande consommation, les PME, et
les agriculteurs.
« Ces mesures sont vitales pour
défendre les intérêts des EtatsUnis », s’est félicité dès le mois de
mars le patron de US Steel, David
Burritt, promettant de redémarrer
un de ses hauts-fourneaux dans
l’Illinois. « Il est plus que temps d’agir
pour endiguer le flot d’importations
illégales dans ce pays », a renchéri
celui de Nucor, John Ferriola, tandis
que son homologue de Century
Aluminium prédisait « une invasion d’importations qui ne va faire
que s’accélérer si on n’agit pas ».
A leurs côtés : les grands syndicats industriels (USW, UAW) qui
Le patron de US Steel, David Burritt, a promis de redémarrer un de ses
hauts fourneaux dans l’Illinois. Photo Julian Stratenschulte/Zuma Press
plaident pour des mesures protectrices de l’emploi depuis plusieurs
années. Et quelques élus démocrates de la « Rust Belt », comme le
sénateur de l’Ohio, Sherrod Brown,
pour qui « ces mesures auraient dû
être prises depuis longtemps ».
Pour autant, le secteur lui-même
n’est pas unanime. Le producteur
d’aluminium Alcoa, qui a deux fonderies au Canada, a interpellé
Trump aux côtés de 113 autres producteurs dans un courrier il y a
quelques semaines. « Nous craignons que les surtaxes fassent plus de
mal que de bien », écrivent-ils, plaidant pour des mesures contre la
Chine plutôt que contre des partenaires historiques.
Attachés au libre-échange, les
grands lobbys patronaux ont de
leur côté fait circuler des chiffres
alarmistes – 2,6 millions d’emplois
seraient menacés par les mesures
prises et envisagées par la MaisonBlanche en matière commerciale, selon la Chambre de commerce, l’équivalent du Medef, qui
fait valoir que les bénéfices de la
réforme fiscale seraient amoindris.
Augmentation des prix
Un discours repris en chœur par
certains élus républicains, comme
le sénateur du Nebraska Ben Sasse.
« On s’attendrait à une telle politique
de la part d’une administration de
gauchistes, pas de républicains ! »,
s’est-il exclamé. Aucun élu n’a toutefois cherché à freiner Trump, alors
même que celui-ci a pris le soin de
contourner le Congrès en utilisant
une loi de 1962. De nombreuses
PME industrielles ont aussi mis en
garde contre une augmentation des
prix finaux pour les consommateurs – un argument balayé d’un
revers de la main par la MaisonBlanche. « Pour les boîtes de soupe,
les canettes de bière ou de soda, ça ne
représentera qu’une fraction de centime en plus, a assuré à plusieurs
reprises le secrétaire au Commerce,
Wilbur Ross, en brandissant une
boîte de soupe Cambell. Pour l’automobile, c’est pareil, ce sera une fraction de 1 % et pour l’économie dans
son ensemble c’est moins de 1 %. »
Paradoxalement, c’est sans doute
le secteur agricole qui a protesté le
plus vigoureusement. « Ces mesures ouvrent la porte à des milliards de
taxes sur les produits agricoles américains, a déploré Brian Kuehl, responsable de l’association Farmers
for Free Trade. La liste des pays susceptibles de taxer les produits agricoles américains comprend maintenant les 28 membres de l’Union
européenne, nos partenaires les plus
proches, qui sont le Canada et le
Mexique, et les plus gros marchés que
sont la Chine et l’Inde ! » Le tout en
rappelant que « les agriculteurs
américains ont massivement soutenu Trump en 2016 ». n
tout, la mise en place de mesures de
« rééquilibrage » pour taxer des produits américains sur le sol européen.
Le montant potentiel a été
estimé jusqu’à 2,8 milliards d’euros.
Le Mexique a également adopté des
représailles sur des produits américains. Le Canada, de son côté, est prêt
à hausser les droits de douane sur
12,8 milliards de dollars de biens
importés des Etats-Unis : « C’est
l’action commerciale la plus forte que
le Canada ait décidée depuis la
guerre », a souligné vendredi Chrystia Freeland, la ministre canadienne
du Commerce. n
L’industrie européenne
s’inquiète des conséquences
Seuls quelques grands
sidérurgistes américains
profiteront des nouvelles
taxes. Les sidérurgistes
européens et les industries
consommatrices aux
Etats-Unis s’alarment
de l’impact des mesures.
Anne Feitz
@afeitz
Chez les géants de l’industrie, c’est
plutôt l’inquiétude et la consternation qui dominent au lendemain des
annonces de Donald Trump. De fait,
seuls quelques grands sidérurgistes
américains, les moins bien gérés,
vont réellement profiter de l’instauration des droits de douane sur
l’acier outre-Atlantique. Pour le
cabinet spécialisé Laplace Conseil, il
s’agit essentiellement de protéger les
sites d’ArcelorMittal, US Steel et AK
Steel, qui produisent un tiers de
l’acier américain et dont une moitié
des usines ne sont pas performantes. « De fait, nous profitons de la
remontée des prix outre-Atlantique »,
a reconnu Philippe Darmayan, président d’ArcelorMittal en France,
lors d’une rencontre avec la presse la
semaine dernière. « Mais cela ne
nous empêche pas d’être favorables au
libre-échange ! »
Une menace considérable
Pour la sidérurgie européenne, la
menace est considérable. Pas tant en
raison des taxes elles-mêmes,
l’Europe ne représentant que 5 des
35 millions de tonnes d’acier importées chaque année aux Etats-Unis.
Les géants de l’acier européen craignent avant tout le détournement de
flux qui risquent de se déverser sur le
Vieux Continent, faute de débouchés outre-Atlantique,
Même si les importations supplémentaires ne représentaient que
20 millions de tonnes, il y aurait de
quoi faire plonger les prix. Vendredi,
le patron des activités néerlandaises
de Tata Steel a joint sa voix à celle
d’ArcelorMittal, évoquant un possible « tsunami d’acier bon marché et
de mauvaise qualité » en Europe.
Inquiet, le secteur réclame des
mesures de sauvegarde auprès de la
Commission européenne.
Même les consommateurs d’acier
européen, qui pourtant pourraient
bénéficier d’une baisse des prix,
s’interrogent. Les constructeurs
automobiles craignent notamment
une escalade dans la guerre commerciale qui pourrait déboucher sur
la taxation des importations de voitures aux Etats-Unis – comme
Donald Trump l’a d’ailleurs déjà évoqué. Volkswagen a fait part vendredi
de son « regret » et de ses « inquiétu-
L’Europe ne
représente que 5 des
35 millions de tonnes
d’acier importées
chaque année
aux Etats-Unis.
des », tandis que BMW a rappelé que
« l’accès sans barrières au marché est
un facteur crucial pour le modèle économique du groupe comme pour la
croissance et l’emploi dans le monde ».
Enfin, les nouvelles taxes risquent
de pénaliser les industries gourmandes en acier outre-Atlantique, qui
agitent le risque d’une flambée des
prix, déjà entamée depuis mars.
Parmi elles, les constructeurs auto (y
compris les Européens, qui, comme
BMW, ont des usines aux Etats-Unis)
ont déjà fait part de leurs vives inquiétudes, alors que l’acier représente
plusieurs pour-cent de leur prix de
vente sortie d’usine. Mais ils ne sont
pas les seuls. Selon un rapport du
think tank Cato Institute, l’acier
emploie 140.000 personnes aux
Etats-Unis, contre 6,5 millions pour
les secteurs qui en dépendent. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
06 // MONDE
Lundi 4 juin 2018 Les Echos
PAC : Bruxelles lance une refonte
aux allures de renationalisation
L’arrivée
de Pedro
Sánchez est
accueillie avec
scepticisme
l La Commission européenne veut « moderniser » la politique agricole commune.
l Les aides vont nettement reculer et être recentrées sur les petites et moyennes exploitations.
ESPAGNE
EUROPE
Derek Perrotte
@Derek Perrotte
— Bureau de Bruxelles
La future politique agricole commune sera « plus moderne », « plus
souple », « plus efficace », « plus écologique » et « plus ambitieuse ». Le
commissaire européen Phil Hogan
n’a pas lésiné sur l’emphase pour
défendre son projet de refonte de la
PAC pour l’exercice 2021-2027,
dévoilé vendredi à Bruxelles.
Cela ne suffit pas à masquer sa
fébrilité, tant l’exercice est, derrière
ses aspects technocratiques, lourd
d’enjeux économiques, politiques et
symboliques. Plus qu’un classique
toilettage, c’est de fait à une rénovation de fond de ce monument historique que s’attaque la Commission.
Sous couvert de laisser plus de latitudes aux Etats dans la distribution des
aides, elle entame une forme de
« renationalisation partielle » de la
plus ancienne et la plus aboutie des
politiques communautaires,
comme s’en inquiètent déjà les eurodéputés Michel Dantin (LR) et Eric
Andrieu (PS).
Si Bruxelles s’attache dans le discours à dissocier les deux questions,
cette refonte est bien à lire aussi à
l’aune des importantes coupes budgétaires proposées : pour financer
ses nouvelles priorités (défense,
sécurité, numérique), la Commission table sur un recul de 5 % « en
euros constants » des fonds de la PAC
dans le budget 2021-2027 de l’Union
La France, premier bénéficiaire de ces fonds, verrait son enveloppe annuelle chuter de 9,4 milliards
d’euros aujourd’hui à 8,9 milliards demain. Photo Robert Kluba/RÉA
européenne, avec une enveloppe
de 365 milliards d’euros sur sept
ans. Le coup sera en réalité plus
rude qu’affiché : en euros courants
(en intégrant l’inflation), c’est
une baisse de l’ordre de 15 % qui se
profile.
De quoi faire bondir la France,
premier bénéficiaire de ces fonds,
qui verrait son enveloppe annuelle
chuter de 9,4 milliards d’euros
aujourd’hui à 8,9 milliards demain.
Avec cinq autres pays dont l’Allemagne et l’Espagne, elle a de nouveau réclamé jeudi un budget stable
pour la future PAC. Pas de pro-
Politique de cohésion :
la France pourrait
limiter la casse
Bruxelles propose une
baisse de 10 % de cet autre
pilier du budget européen.
La France ne subirait cette
baisse que pour moitié.
Gabriel Grésillon
— Bureau de Bruxelles
La politique de cohésion, petit lot de
consolation pour Paris ? Alors que la
France se prépare à une âpre bataille
pour défendre la politique agricole
commune (PAC) dans le prochain
budget pluriannuel de l’UE, elle pourrait limiter la casse pour ce qui concerne les fonds structurels. C’est en
tout cas la proposition avancée par la
Commission européenne.
La politique de cohésion est
le deuxième pilier du budget européen, derrière la PAC : elle représente
un peu plus d’un tiers des dépenses
européennes. Sa finalité est d’aider les
régions les moins riches à se développer plus rapidement. Dans un contexte où le Brexit va fortement contraindre le budget européen,
Bruxelles propose de réduire la cohésion de 10 % (en euros constants).
Dans ce contexte, la France ne verrait
son enveloppe diminuer que de 5 % :
elle toucherait 16 milliards d’euros
sur sept ans (en euros constants),
contre les 16,9 qu’elle aura touchés
sur la période 2014-2020. « On peut
considérer que la France ne s’en sort
pas trop mal », résume le député
européen Marc Joulaud, auteur d’un
récent rapport sur le sujet.
Cette évolution tient essentiellement au fait que, parmi les trois catégories de régions identifiées par
Bruxelles, celle au niveau de développement intermédiaire serait élargie
pour accueillir les territoires dont le
PIB par habitant se situe entre 90 % et
100 % de la moyenne européenne.
« Nous voyons beaucoup de régions
dans cette zone faire face à des difficul-
tés, souvent liées à la désindustrialisation », explique une source à la Commission.
Pour la France, cette évolution
serait déterminante : avec une telle
catégorisation, tout le territoire français, à l’exception de l’Ile-de-France et
de Rhône-Alpes, ferait désormais
partie de cette catégorie et pourrait
prétendre à plus d’aides, avec un taux
de financement européen légèrement amélioré. Pour Marc Joulaud, il
manque encore, dans la proposition
de Bruxelles, la reconnaissance d’un
statut spécifique pour les régions qui,
du fait du Brexit, vont avoir à gérer
une frontière extérieure de l’Union.
Grincements des dents
Mais la proposition de Bruxelles est
loin d’être acceptée car, à l’est de
l’Union, elle fait grincer des dents. La
Pologne et la Hongrie, en particulier,
verraient leurs subventions fondre
de 23 % et 24 % respectivement.
Sanction politique face à des
pays qui s’éloignent des normes de
l’Etat de droit ? Bruxelles s’en défend
vigoureusement et avance deux
arguments.
D’abord, le fait que cette région a
connu un développement accéléré
depuis sept ans. Le calcul des financements étant essentiellement lié au
PIB par habitant, il est logique que
ces zones reçoivent moins qu’avant,
contrairement à des pays comme la
Grèce, l’Espagne et l’Italie, qui, eux,
voient leur attribution progresser de
8 %, 5 % et 6 % respectivement. La
Commission prévient même qu’elle
a limité la casse pour plusieurs pays,
en particulier la Hongrie, qui avait
eu droit à 4 milliards d’euros supplémentaires dans le budget en cours :
dans une volonté de limiter les
écarts, elle propose qu’aucun pays
ne voie son enveloppe diminuer de
plus de 24 % – en plafonnant les
hausses, mais à 8 %. n
blème, « il suffit que les Etats acceptent de contribuer plus au budget
européen », les a renvoyés dans
leurs buts le commissaire Hogan.
Une position complexe
Pour faire mieux avec moins et au
nom de l’« équité », la Commission
européenne veut recentrer le « premier pilier » (les aides directes) sur
les petites et moyennes exploitations, « cœur de notre modèle
agricole familial ». Les aides, basées
sur la taille, seraient plafonnées
à 10 0 .0 0 0 euros pa r a n, avec
une dégressivité à partir de
60.000 euros. C’est une manière de
faire peser l’austérité sur les plus
grosses exploitations, appelées à se
tourner directement vers les banques. Chaque Etat pourrait fixer le
curseur du plafonnement où il veut
entre ses deux bornes.
C’est l’une des conséquences de
l’autre révolution culturelle préconisée : « Fini les politiques décidées à
100 % à Bruxelles », explique-t-on.
La Commission propose un nouveau système, où les objectifs généraux de la PAC, avec un accent
accru sur le verdissement et le soutien aux jeunes agriculteurs,
seraient fixés à Bruxelles mais
déclinés ensuite par les Etats au
plus près de leurs besoins et contraintes. « Pourquoi un Italien
devrait-il avoir les mêmes contraintes environnementales qu’un Finlandais ? », argue l’exécutif européen,
selon qui « plus de subsidiarité »
rimera avec « plus d’efficacité ».
Le risque est que cette subsidiarité
entraîne des distorsions de concurrence entre agriculteurs européens,
ce que la PAC a vocation à éviter.
Pour y parer, la Commission aurait
un rôle de « gardienne du temple »
chargée de contrôler et valider les
plans que devront présenter les
Etats membres. Le projet introduit
aussi des possibilités accrues de
réallouer une partie des fonds du
premier piler vers le second pilier,
les aides au développement rural. Ce
qui est une manière de pousser les
Etats à faire leurs propres arbitrages
internes pour compenser la forte
baisse programmée des fonds de ce
second pilier.
Le gouvernement français se
refusait vendredi à tout commentaire officiel, préférant se laisser « le
temps de l’analyse. » Depuis son
arrivée, Emmanuel Macron a
défendu à plusieurs reprises une
plus forte subsidiarité dans la gestion des fonds de la PAC. Mais Paris
se retrouve dans une position complexe tant les progrès en ce sens ne
sauraient compenser à ses yeux le
recul budgétaire annoncé.
(
Lire l’éditorial de
Jean-Francis Pécresse
Page 8
INTERVIEW // JEAN-CHRISTOPHE BUREAU
Professeur à AgroParisTech, université Paris-Saclay
« Cette réforme de la PAC est un renoncement,
faute de consensus européen »
Propos recueillis par
Catherine Chatignoux
our l’expert des questions
agricoles qu’est Jean-Christophe Bureau, la réforme
proposée vendredi par la Commission européenne manque d’ambition et reflète de profondes divergences entre Etats membres.
P
Pourquoi la PAC actuelle
doit-elle être réformée ?
Depuis quelques années, la Commission est sous le feu des critiques.
Il y a une insatisfaction générale à
l’égard de la PAC. Les agriculteurs la
jugent très compliquée et ne se sentent plus protégés contre les aléas
des cours mondiaux. Les Etats
membres déplorent sa complexité,
même s’ils en sont souvent responsables du fait de leurs adaptations
nationales. Enfin, la société civile et
les ONG estiment qu’elle ne répond
pas aux exigences environnementales et de santé publique. La PAC
est devenue une simple perfusion
financière du revenu, qui ne manque pas d’effets indésirables.
Le « verdissement » des
pratiques n’a-t-il pas été efficace ?
Non, il ne s’est pas passé grandchose dans ce domaine. Il y a sur le
papier une conditionnalité des
aides au respect de pratiques écologiques. Depuis 2013, 30 % des subventions sont liées à des cultures
diversifiées. Mais, en France, par
exemple, les producteurs ont
obtenu de considérer comme cultures diversifiées quelques semaines d’interculture entre deux
monocultures de maïs. Ou encore,
du blé semé à l’automne est comptabilisé comme une culture différence du blé semé au printemps.
Donc les objectifs de verdissement
ont été contournés. Et encore, la
« La PAC est devenue une simple perfusion financière du revenu,
qui ne manque pas d’effets indésirables. » Photo DR
France a plutôt été un élève vertueux de l’Union européenne.
Comment évaluez-vous cette
nouvelle réforme de la PAC ?
Elle s’inscrit dans le cadre du futur
budget 2020-2027 de l’Union européenne. Il s’agit moins d’une réforme
sur le contenu des politiques que sur
les moyens financiers qui lui sont
alloués et son mode de gouvernance, qui est largement délégué
aux Etats membres. C’est une PAC
qui repose sur une subsidiarité
généralisée. On a l’impression que la
Commission renvoie la définition
des politiques mais aussi leur gestion aux Etats et acte le fait qu’il n’y a
plus d’ambition commune.
Les Etats ont tout de même
une obligation de résultat,
notamment sur les pratiques
écologiques ?
Les Etats vont soumettre des plans
stratégiques à l’approbation de la
Commission. Mais l’approbation et
le financement de ces plans seront
fonction des engagements et bien
peu conditionnés aux résultats
r é e l s , s i c e n’e s t p e u t- ê t r e l e
« bonus » environnemental que les
Etats vertueux pourront obtenir
– mais il ne s’élèverait qu’à environ
1 % du budget agriculture. Il aurait
fallu maintenir des objectifs plus
ambitieux. Or on lit que 30 % des
aides du deuxième pilier seraient
affectées à l’environnement. C’est
une régression puisque, jusqu’ici, le
verdissement conditionnait 30 %
des aides du premier pilier, c’est-àdire le plus gros des aides aux agriculteurs. Enfin, il y a un « eco
scheme » demandé à chaque Etat,
mais il sera totalement facultatif
pour les agriculteurs. Autrement
dit, si un Etat membre veut se contenter du minimum en matière
d’environnement, on voit mal ce qui
l’en empêcherait.
Comment expliquer ce désengagement de la Commission ?
J’y vois un renoncement, faute de
consensus européen. Les divergences entre Etats membres sur la
PAC sont considérables et la
Commission cherche un dénominateur commun par la subsidiarité.
Le cadre budgétaire contraint
nécessitera une baisse des aides et je
crains que l’ont assiste à un marchandage entre les syndicats agricoles et les Etats : une réduction des
aides contre moins de contraintes
administratives mais aussi
environnementales. n
Il prend la relève
de Rajoy dans
des conditions
acrobatiques.
Mais il espère
s’appuyer sur
l’exemple portugais
pour gouverner
avec une minorité.
Cécile Thibaud
@CecileThibaud
— Correspondante à Madrid
A quoi va ressembler l’aprèsRajoy ? L’Espagne s’interroge,
trois jours après la motion de
censure surprise qui a fait tomber le leader conservateur
Mariano Rajoy. Le socialiste
Pedro Sánchez, nouveau chef
du gouvernement, a déjà prêté
serment devant le roi Felipe
samedi. Il devrait présenter en
début de semaine la composition du nouvel exécutif, qui
pourrait donner des pistes sur
ses objectifs.
La situation est insolite, car il
arrive à l’issue d’une offensive
parlementaire éclair, porté par
la vague d’indignation contre
Rajoy dont le détonateur a été le
verdict, qui vient de désigner le
Parti populaire comme partie
prenante d’un vaste réseau de
corruption. Le voilà au pouvoir
sans campagne ni élections, tête
de file d’un mouvement protestataire hétéroclite composé de
partis qui n’ont que peu de chose
en commun, si ce n’est leur
intention de chasser le PP.
Les centristes
de Ciudadanos
dénoncent
l’arrivée d’un
« gouvernement
Frankenstein ».
Les centristes de Ciudadanos, qui ont refusé de se joindre
à l’initiative des socialistes du
PSOE, dénoncent l’arrivée d’un
« gouvernement Frankenstein », bricolage aberrant
d’intérêts contradictoires selon
eux. Lors des débats préalables,
Pedro Sánchez s’est effectivement engagé à garantir à la fois
la stabilité budgétaire à ses
alliés nationalistes basques et
un nouvel agenda social pour
contenter Podemos, tout en
promettant aux indépendantistes catalans l’ouverture d’un
dialogue qui fait frémir dans les
rangs socialistes.
Des alliés incontrôlables
Les analystes politiques et éditorialistes ne donnent pas cher
de l’avenir de celui qui est déjà
rebaptisé « Pedro le bref » ou
bien « Pedro le téméraire ». Que pourra-t-il faire
avec 84 députés, seulement,
sur les 350 au total au Parlement, alors qu’il se trouve soumis à des alliés incontrôlables ?
Il semble chercher l’inspiration du côté de Lisbonne, où le
Premier ministre socialiste,
A n t ó n i o C o s t a , g o u ve r n e
depuis deux ans et demi en
minorité grâce à l’appui de formations d’extrême gauche. La
formule portugaise, qui était
vouée à l’échec par tous les
observateurs, a porté ses fruits,
contre toute attente. Elle est
même applaudie à Bruxelles
alors que le pays a réussi à
tourner la page de l’austérité et
à relancer la croissance tout
en respectant ses objectifs
budgétaires. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
MONDE // 07
Les Echos Lundi 4 juin 2018
Les premiers pas
du gouvernement Conte
Zone euro : la
réponse de Merkel
ALLEMAGNE
Dans une interview,
la chancelière
détaille sa position.
l Le président du Conseil complétera cette semaine son équipe
et prononcera mardi devant le Parlement son discours de politique générale.
l Sceptiques, les milieux d’affaires attendent les premières mesures.
ITALIE
Giuseppe Conte prononcera ce
mardi son discours de politique
générale avant d’obtenir le vote de
confiance du Parlement. Les points
cardinaux sont connus : suppression
de la réforme sur le système des
retraites, ramener les barèmes des
impôts à deux taux de 15 et 20 %,
introduire un revenu citoyen de
780 euros par mois pour certaines
catégories de la population, et
embaucher 10.000 fonctionnaires
dans les forces de l’ordre. Appliquer
un programme estimé entre 110 et
150 milliards d’euros, avec seulement
500 millions d’euros de couverture
financière et une dette de 132 %
du PIB, revient à vouloir trouver la
quadrature du cercle. « Ayez
confiance, nous vous surprendrons »,
rassure-t-il.
Bruxelles craint surtout les mauvaises surprises, avec l’inévitable
explosion des déficits et les attaques
contre la monnaie unique lancées
par Paolo Savona, le ministre
aux Affaires européennes. « Personne en Italie ne veut sortir de l’euro »,
a immédiatement déclaré le ministre
de l’Economie, Giovanni Tria, eurocritique, mais pas eurosceptique. Il
pourra le répéter à ses collègues à la
fin du mois à l’Eurogroupe et à l’Ecofin, où il discutera des marges de
manœuvre sur les déficits que Rome
peut espérer dans l’élaboration de
son prochain budget.
Des dossiers urgents
Des dossiers industriels urgents se
retrouvent sur la table du nouveau
ministre du Développement économique et du Travail, Luigi Di Maio, à
commencer par l’aciérie Ilva et la
compagnie Alitalia. La première
attend une réponse sur son éventuelle fermeture et la seconde sur son
potentiel repreneur. Le leader du
M5S veut par ailleurs faire payer les
entreprises qui délocalisent et une
mesure pourrait être insérée dans le
premier décret adopté par le gouvernement. Y figurera aussi la réduction
drastique des 5 milliards d’euros destinés à l’accueil des migrants.
L’annonce a été faite par le ministre
de l’Intérieur, Matteo Salvini, qui
entend au plus vite remettre en ques-
USQ/Ropi/RÉA
Olivier Tosseri
— Correspondant à Rome
Le président Sergio Mattarella (au centre) a validé la liste des membres du nouveau gouvernement.
« Ayez confiance,
nous vous
surprendrons. »
GIUSEPPE CONTE
Le président du Conseil
tion le règlement de Dublin sur le
droit d’asile. Mais les premières
mesures concerneront les nominations des sous-secrétaires d’Etat et
surtout des dirigeants de la Cassa
Depositi e Prestiti, acteur central de la
politique industrielle du gouvernement. Cela donnera des précisions
sur l’équilibre entre les deux forces
antisystème. « La Ligue aboie au
niveau national mais, au niveau local,
fait preuve de compétence, constate
l’économiste Giovanni Fiori de l’université Bocconi de Milan. Le M5S est
en revanche, une catastrophe, comme
il l’a prouvé dans les villes qu’il administre. Si la composante de la Ligue
arrive à prendre le dessus, les dégâts
devraient être limités, d’autant plus
que le ministre de l’Economie a des
positions moins extrémistes en
matière fiscale. » Il n’en demeure pas
moins que le programme présenté
inquiète les milieux d’affaires italiens
et les marchés. Ils ont néanmoins
décidé de mettre le nouveau gouvernement à l’épreuve des faits. La
Bourse de Milan a récupéré une partie du terrain perdu ces derniers jours
et l’écart des taux avec l’Allemagne a
baissé. Retour au calme avant une
nouvelle tempête ? n
Giovanni Tria, le nouvel homme
fort du gouvernement italien
Cet économiste proche
des idées de la Ligue devra
concilier les promesses
de la Ligue et du M5S
sans effrayer Bruxelles
ni mettre en péril les
comptes publics du pays.
sance, afin de faire baisser le ratio dette-PIB. Ce qui va à l’encontre de la
vision de Berlin, qu’il ne ménage
pas. Il juge ainsi problématique
« l’excédent commercial allemand, qui
n’est pas compatible avec la poursuite
de la politique monétaire de la BCE ».
Comment réaliser un programme
estimé à plus de 110 milliards d’euros
avec une dette de 132 % du PIB tout en
respectant les engagements européens de l’Italie ? C’est la mission
(impossible) de son nouveau ministre de l’Economie, Giovanni Tria,
soixante-neuf ans. Ce professeur
d’économie politique à l’université
Tor Vergata, à la périphérie de Rome,
est également président de l’Ecole
nationale d’administration italienne.
A l’inverse de Paolo Savona, qui lui
était préféré à l’origine par les forces
antisystème, mais sur lequel Sergio
Mattarella avait mis son veto, il
estime qu’il ne « convient pas de sortir
de l’euro ». S’il n’est pas classé comme
eurosceptique, il est qualifié d’eurocritique. Giovanni Tria plaide
ainsi pour une politique de création
monétaire pour relancer la crois-
Faible marge de manœuvre
Devant faire coïncider les comptes
avec la réalité, il a déjà évoqué quelques doutes sur les mesures qu’il est
chargé de mettre en œuvre. Le
revenu citoyen promis par le M5S
ne le convainc pas. Il se déclare
opposé à « une société dans laquelle
une part de la population produit et
l’autre consomme ». Bien que trouvant intéressante l’idée d’une flat
tax de 15 et 20 % promise par la
Ligue, il estime qu’il faudrait néanmoins la modifier pour ne pas faire
subir un choc trop brutal au système fiscal. Un système qu’il veut
simplifier et dans lequel il pourrait
être nécessaire d’augmenter la
TVA. Il commence à travailler avec
une marge de manœuvre extrêmement réduite aussi bien sur les marchés qu’à Bruxelles. n
A moins d’un mois d’un sommet sur la réforme européenne
et alors qu’un gouvernement
très critique envers l’Allemagne
accède au pouvoir en Italie, la
chancelière a détaillé sa position dimanche dans une interview au « Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung ».
Angela Merkel accepte le
principe de deux mécanismes
limités d’entraide entre pays de
la zone euro : un budget d’investissement et un système nouveau de prêts pour les Etats
confrontés à des difficultés
importantes. Mais ce budget
sera modeste : « limité à deux
chiffres en milliards d’euros »,
précise la chancelière, soit quelques dizaines de milliards
d’euros. C’est très loin des souhaits du président Emmanuel
Macron, qui avait évoqué l’an
dernier un budget équivalant à
« plusieurs points du PIB de la
zone euro », soit plusieurs
centaines de milliards d’euros.
« La solidarité entre partenaires
de la zone euro ne doit jamais
conduire à une union de l’endettement », où la dette serait
mutualisée, a-t-elle prévenu.
Prêts de très long terme
La chancelière a également
détaillé la proposition allemande d’un Fonds monétaire
européen (FME). Il reprendrait
d’une part les prérogatives du
Mécanisme européen de stabilité (MES), en accordant aux
pays en crise des prêts de très
long terme. « A côté de cela, je
peux m’imaginer la possibilité
d’une ligne de crédit à plus court
terme, cinq ans par exemple,
pour résister à des difficultés
d’origine extérieure », a-t-elle
ajouté. En contrepartie, les pays
devraient accepter que ce FME
ait un droit de regard et d’intervention dans leurs politiques
nationales. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
08 //
Lundi 4 juin 2018 Les Echos
idées&débats
SOMMAIRE
Le meilleur du Cercle Pas de croissance sans endettement
des Echos
La Chronique
Non, M. Trump, la diplomatie
n’est pas du marketing
Le Point de vue
Le vrai rôle de l’Etat : réguler, non posséder
Art et culture
« Life is a cabaret » au Poche-Montparnasse
Science
La pollution de l’air, un danger pour les fœtus
LES ÉDITORIAUX
DES « ÉCHOS »
La PAC est morte,
vive la PAC
Les agriculteurs le savent bien : pour s’en
sortir aujourd’hui, ils ne peuvent plus rester
le nez collé sur leur sillon. Au nom de cette
même logique qui invite à anticiper le modèle
agricole de demain, la France devrait cesser
de taper sur la nouvelle politique agricole
commune (PAC), présentée vendredi par
la Commission européenne. C’est certes une
Par Jean-Francis
révolution douloureuse à court terme que
Pécresse
défend Bruxelles, mais elle sera salutaire à
moyen terme. Car elle permettra d’adapter
C’est une
les aides de l’Europe aux nouvelles réalités
révolution
agricoles. En proposant de convertir des
douloureuse aides directes aux exploitants en subventions
à la gestion des risques – risques de marché,
à court
risques climatiques, risques sanitaires –,
terme, mais le commissaire Phil Hogan veut, au fond,
changer la nature de la PAC. D’une politique
elle sera
de régulation des marchés agricoles au sein
salutaire
de l’Union, celle-ci deviendrait une politique
à moyen
de correction des risques de marché. Au lieu
de s’attaquer aux causes des crises agricoles,
terme.
l’Europe préfère en atténuer les
conséquences. La France et d’autres peuvent bien pleurer sur le lait
versé : comme outil de régulation des marchés, la PAC a échoué.
Il suffit, pour s’en convaincre, de constater l’étendue des stocks de
lait, de poudre de lait, de beurre… Nombre d’éleveurs ne survivent
plus que grâce à l’arrivée des aides directes. Une politique agricole
a vécu, le mérite de Bruxelles est d’en proposer une nouvelle, en
adéquation avec la volatilité mondiale des cours mais aussi avec la
montée des risques climatiques. Lorsque, chaque année désormais,
le gel ou la grêle frappe au printemps les exploitations viticoles,
lorsque les cultures céréalières sont submergées par les eaux ou
asséchées dès le printemps, les travailleurs de la terre n’ont-ils pas
davantage besoin que l’Europe les aide à mieux s’assurer ou à
constituer une épargne de précaution, plutôt que de combler la
trésorerie de fin de mois ? C’est bien plus structurant pour l’avenir.
Bien sûr, cela impliquera une transition douloureuse, et il est naturel
que ses conséquences sociales effraient l’exécutif. Mais, comme
beaucoup de réformes douloureuses, celle-ci est nécessaire. Et puis
la France ne peut pas s’obstiner à demander le beurre et l’argent
du beurre, autrement dit exiger de l’Europe qu’elle consacre plus
d’argent à de nouvelles priorités, comme la sécurisation de ses
frontières, et lui refuser le droit de les financer par des économies.
Il ne faut d’ailleurs pas s’étonner que Bruxelles, excédée d’avoir le
mauvais rôle, veuille redonner aux Etats la faculté de renationaliser
la PAC. C’est ce qui s’appelle rendre la monnaie de sa pièce.
(
Lire nos informations
Page 6
Médicaments : il faut
supprimer le taux de 15 %
Par Etienne Lefebvre
Les médicaments anti-Alzheimer que le gouvernement s’apprête
à dérembourser ont vu leur « service médical rendu » (SMR) révisé à
la baisse par deux fois, en 2012 puis en 2016. Qualifié d’« important »
puis de « faible », ce SMR conduisait à un taux de remboursement
de 15 %. Leur intérêt étant désormais jugé « insuffisant », aucune
prise en charge ne sera plus accordée. L’enjeu n’est pas si mineur,
puisque, si le remboursement n’était « facialement » que de 15 %,
pour les malades bénéficiant du régime des affections de longue
durée (pathologies lourdes et chroniques), les traitements en lien
avec l’affection sont pris en charge à 100 % par la Sécurité sociale.
Voilà pourquoi le taux effectif de prise en charge des anti-Alzheimer
atteint en réalité 90 %, alors même qu’ils sont jugés peu efficaces,
voire pas du tout, et que la Haute Autorité de santé pointe
« l’existence d’effets indésirables potentiellement graves ». Cet exemple
est certes complexe et divise le monde médical en raison
de l’absence de traitements alternatifs. Il n’est jamais facile de dire
à un patient qu’aucun médicament ne peut l’aider. Mais cet exemple
illustre les défauts du système d’évaluation des médicaments
en France, d’où découle la fixation des prix et des taux de
remboursement. Outre le SMR, les autorités se basent sur un autre
critère pour les nouveaux médicaments, à savoir l’amélioration
du service médical rendu (ASMR) par rapport aux traitements
existants. Sachant que cet ASMR est le plus souvent « inexistant ».
La France se distingue aussi par la grande variété des niveaux de
prise en charge (15 %, 30 %, 65 %, 100 %) et, au final, des incohérences
manifestes. Le rapport Polton publié fin 2015 proposait de simplifier
ce système, en établissant un critère d’évaluation unique et un taux
de remboursement unique (à 60 %), comme dans la plupart
des pays. Une mesure était jugée prioritaire : la suppression
du taux de 15 %, instauré en 2010 pour faire des économies sur
les médicaments inefficaces sans avoir à subir l’impopularité d’un
déremboursement. La sortie des anti-Alzheimer de cette catégorie
constitue une bonne occasion de supprimer ce taux de 15 %. n
Boll pour « Les Echos »
Les tiraillements de la
deuxième gauche macroniste
Elsa Freyssenet
— Grand reporter au service France
Cela pourrait commencer par une
devinette… A quoi reconnaît-on un
partisan d’Emmanuel Macron issu
de la deuxième gauche ? Il commence par vous dire tout le bien qu’il
pense de la stature présidentielle restaurée, du regard positif à l’étranger,
de la « solidité » du chef de l’Etat. Puis
il lâche tout à trac : « L’élection présidentielle ne vous donne pas les pleins
pouvoirs, ou je n’ai rien compris à la
démocratie. » C’est Jean Kaspar,
ancien secrétaire général de la CFDT
et adhérent d’En marche dès la création du mouvement, qui parle ainsi.
De quoi faire écho aux propos
tenus en mars dans « Les Echos
Week-End » par le conseiller de
l’ombre du président Philippe Grangeon : « Cela n’existe pas, la relation
unilatérale avec le peuple. » S’ils n’ont
pas le même degré de proximité
avec le chef de l’Etat, ces deux hommes ont un point commun : ce sont
des sociaux-démocrates, nourris
par l’idée qu’il y a des intelligences
collectives dans la société civile, chez
les syndicats et les associations, et
qu’on ne peut transformer le pays
en les humiliant. Ils scruteront
certainement l’humeur de la CFDT
lors du congrès qui s’ouvre ce lundi.
Les mauvaises relations entre l’exécutif et les corps intermédiaires les
inquiètent. Leur débat intérieur
résume bien l’état d’esprit actuel des
compagnons de route de Michel
Rocard et des spectateurs effarés
de la chute de Dominique StraussKahn qui s’étaient mis « en marche »
pour Emmanuel Macron. Les plus
optimistes disent « leur interrogation » et cherchent à peser ; d’autres
sont gagnés par le blues et en viennent à penser que « Macron est un
grand joueur au bord du gouffre ».
Tous partagent la conviction qu’il
faut réformer le service public et
restaurer la compétitivité des entreprises avant de redistribuer. A condition que la politique soit perçue
comme « juste », ajoutent-ils, tout en
sachant que ce n’est pas le cas.
L’ANALYSE
DE LA RÉDACTION
Le style vertical
de la présidence
Macron et sa défiance
envers les corps
intermédiaires
inquiètent
les personnalités
de la deuxième
gauche qui ont rejoint
En marche.
Leur message :
mieux vaut un bon
compromis
qu’une réforme
à la hussarde.
D
Les points à retenir
Les mauvaises relations
•entre
l’exécutif et les corps
intermédiaires inquiètent
les disciples de Michel Rocard
qui ont rejoint les rangs
d’Emmanuel Macron.
Tous partagent la conviction
qu’il faut réformer le service
public et restaurer la
compétitivité des entreprises
avant de redistribuer.
Ils veulent redonner
tout leur rôle aux partenaires
sociaux dans un souci
d’efficacité des réformes.
•
•
Les plus jeunes, issus des réseaux
Strauss-Kahn, qui peuplent désormais les cabinets ministériels,
sont restés fans. Mais d’autres, plus
aguerris ou plus indépendants,
confient leurs griefs ou leurs alertes
par tribune de presse. Le désaccord
le plus retentissant a été formulé à
propos du traitement des migrants
par le directeur général du think
tank Terra Nova, Thierry Pech (un
« sparring-partner » de la première
heure), et par Jean Pisani-Ferry, le
chef d’orchestre du programme présidentiel. L’analyse la plus précise
est venue du directeur de la publication de la revue « Esprit », Olivier
Mongin : « A vouloir passer en force,
[Emmanuel Macron] s’installe dans
la joute verbale chère au populisme »,
a-t-il déclaré au « Monde ».
La somme de ces réflexions peut
se résumer ainsi : asphyxier des
partenaires potentiels en mettant
constamment en scène un face-àface entre exécutif et organisations
radicales est payant à court terme,
mais peut être dangereux à moyen
terme. Pour la France (les électeurs
n’aiment pas les choix contraints),
pour le président (qui s’isole) et pour
l’avenir des réformes.
S’agit-il de raisonnements de
cassandres nourris par une conception datée de la société qui ignore la
demande d’autorité et la crise des
corps intermédiaires ? De vains
regrets de la part d’un groupe qui n’a
pas su renouveler la pensée socialedémocrate à l’heure de la mondialisation ? C’est sans doute ce que
pense Emmanuel Macron à la lecture des sondages. Il a conservé son
socle du premier tour de la présidentielle (à 68 %, selon l’enquête
d’Ipsos pour Cevipof), les Français
lui reconnaissent majoritairement
une énergie réformatrice et le mouvement est, pour l’heure, son
meilleur rempart. Tout ce qui peut
ralentir le rythme est donc à proscrire. Jean Pisani-Ferry s’interroge :
« Est-ce un mode permanent d’exercice du pouvoir ou une phase ? » Olivier Mongin a sa réponse : « C’est un
homme des nouvelles technologies et
celles-ci font l’impasse sur les médiations. » Affaire, selon lui, de génération. De conception du rôle de l’Etat,
aussi : « Son premier engagement
politique, c’est Chevènement. » A
quoi il faut ajouter le glissement à
droite de la société française et la
volonté de toujours faire le contraire
de François Hollande…
Autant de débats qui mettent en
jeu des conceptions divergentes de
la démocratie et la soutenabilité des
réformes. Pour l’avoir expérimenté
par le passé, les sociaux-démocrates répètent qu’il ne suffit pas de
voter des lois pour qu’elles s’appliquent. Encore faut-il que les publics
concernés s’en saisissent. Ce n’est
pas un hasard si Nicole Notat estime
que « l’exécutif devrait mobiliser les
acteurs sociaux pour appliquer les
lois ». A la SNCF, ce n’est pas gagné, vu
le climat délétère qui y règne. Ainsi,
la victoire présidentielle sur les syndicats pourrait finir par handicaper
la transformation de l’entreprise.
Entre Emmanuel Macron et la
CFDT, il y a, on le sait, une querelle
de légitimité. Le président s’estime
seul détenteur de l’intérêt général
du fait de son élection, ce que la centrale conteste. La démocratie consiste-t-elle en un rendez-vous électoral tous les cinq ans ou est-elle un
exercice continu de débat et de
recherche de compromis ? La question est d’autant plus prégnante
quand l’administration pèse de tout
son poids sur des cabinets ministériels anémiés et que le pouvoir est
concentré dans les mains de quelques hommes (Emmanuel Macron,
Alexis Kohler et Edouard Philippe),
tous issus de la haute fonction publique. Avec deux travers possibles : la
certitude d’avoir raison et le rétrécissement de la pensée. « Je ne crois pas
au fait que l’intelligence technocratique soit supérieure à celle des corps
sociaux. Le risque, c’est la dérive des
sachants », souligne Jean Kaspar. La
crainte de ces hommes de centre
gauche macronistes : que s’installe
une forme de surdité aux réalités de
terrain qui, en France, pardonne
rarement. n
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IDEES & DEBATS // 09
Les Echos Lundi 4 juin 2018
LES ARTICLES LES PLUS LUS SUR LESECHOS.FR
opinions
1. Anne Hidalgo : « Le modèle Autolib est sérieusement questionné »
2. Galileo : la Grande-Bretagne prise au piège du Brexit
3. Education : une prime aux enseignants des quartiers difficiles
4. Michelin part en guerre contre l’obsolescence programmée
5. Australie : Amazon restreint l’accès à son site pour combattre
une nouvelle taxe
LE MEILLEUR DU
CERCLE DES ÉCHOS
DANS LA PRESSE
ÉTRANGÈRE
Pas de croissance
sans endettement
Une histoire
de gros cerveaux
Pour l’économiste Claude Sicard, si
la France ne recourait pas à la dette, la
croissance de son PIB serait marginale.
DETTE PUBLIQUE « La France est un pays
qui alimente sa croissance en recourant
à l’endettement. Aussi la dette publique
augmente-t-elle régulièrement depuis
quarante ans. Elle est passée de 12 % du PIB
à la fin de la période des Trente Glorieuses
à 60 % en 2000, puis à 80 % en 2010, pour
atteindre, à présent, 97 % de la richesse
produite annuellement. Fin 2017, elle se
montait à 2.218,4 milliards d’euros, selon
l’Insee. »
SECTEUR INDUSTRIEL « La France a une
production industrielle per capita de
4.500 dollars, alors que l’Allemagne en est à
7.700. […] La taille de notre secteur industriel
par rapport à ce qu’il devrait être nous coûte
430 milliards de dollars de PIB chaque
année. En 2018, l’Etat a prévu d’emprunter
195 milliards d’euros sur les marchés, soit
234 milliards de dollars environ. C’est,
sensiblement, les recettes que lui
procureraient ces 430 milliards de dollars
qui manquent au PIB, en impôts et taxes,
selon le système fiscal actuel. »
CROISSANCE DU PIB « Vu l’immense
déséquilibre que crée à notre économie
l’amputation qu’a subie progressivement
notre secteur secondaire depuis notre entrée
dans la mondialisation, s’interdire de
recourir à l’endettement pour alimenter
notre économie ne pourra que conduire à des
taux de croissance extrêmement réduits. Il est
hautement probable que ce gouvernement,
tout comme un quelconque autre qui lui
succédera, ne pourra guère se résoudre à
accepter de gérer une situation de stagnation
car chacun attend notre président sur
ses performances économiques. »
a
A lire en intégralité sur le Cercle
lesechos.fr/idees-debats/cercle/
Dans « Histoires comme ça », Rudyard
•Kipling
a probablement oublié une histoire, celle de « comment l’être humain
acquit son cerveau ». L’écrivain britannique décrit l’invention de l’alphabet et de
l’écriture. Mais, note « The Economist »,
il tenait pour acquis que l’être humain
soit doté d’un cerveau capable de faire
ces inventions. Selon l’hebdomadaire,
deux études publiées récemment sont
peut-être en train de combler cette
lacune. Ces deux études concernent un
gène baptisé « NOTCH2 », qui est connu
pour être impliqué dans le développement embryonnaire. Elles suggèrent
qu’un événement a transformé ce gène,
lui permettant de jouer un rôle dans
l’évolution qui a conduit à l’être humain
moderne. Une évolution qui a été déterminante dans l’émergence de gros
cerveaux, qui distinguent les êtres
humains des autres espèces. Ces deux
études, l’une de l’équipe du bio-informaticien David Haussler de l’université de
Californie, Santa Cruz, et l’autre des associés d’un biologiste du développement,
Pierre Vanderhaeghen, de l’Université
libre de Bruxelles. Elles suggèrent que le
gène NOTCH2NL découvert par ces
scientifiques, pourrait jouer le rôle principal dans une nouvelle histoire à la
Rudyard Kipling et expliquer comment
l’être humain a obtenu un cerveau plus
gros que les autres. Seuls problèmes avec
nos gros cerveaux : les animaux avec de
plus petits organes se débrouillent très
bien et il faut dépenser beaucoup plus en
termes de calories pour les entretenir. Ce
qui nécessite d’apprendre à cuisiner.
« The Economist » ne mentionne pas
l’histoire du chat qui s’en allait tout seul
parce que tous les endroits se valaient. Or
ce petit félin savait se faire nourrir en
échange de ce qu’il sait le mieux faire :
ronronner et dormir. — J. H.-R.
LE LIVRE
DU JOUR
La face sombre
du sport russe
LE PROPOS Le sport russe, c’est
connu, a ses côtés sombres. JeanChristophe Collin, journaliste
à « L’Equipe », les raconte dans
un livre très fouillé. Depuis l’URSS,
le sport est un instrument de
propagande au service du Kremlin,
mais, surtout, la pièce maîtresse
du « soft power » russe. Le pays
organise dans quelques jours la
Coupe du monde de football, après
avoir accueilli les Jeux Olympiques
d’hiver de Sotchi en 2014.
L’INTÉRÊT Cet essai montre à quel
point les Russes pensent le sport
comme une question nationale
centrale. L’objectif est de briller sur
la scène internationale, peu
importe si les moyens employés
bafouent les valeurs éthiques
et morales du sport. Cela explique
– sans pour autant le justifier –
pourquoi la Russie s’appuie sur
son appareil d’Etat et ses services
secrets pour gagner, en organisant,
avec la complicité de ses agents,
des opérations de substitution
ou d’escamotage des échantillons
d’urine positifs. Et gare aux
instances qui se mettent en travers
de son chemin. En 2016, au
moment des Jeux Olympiques
Le Livre noir du sport russe
Jean-Christophe Collin, Stock,
309 pages, 19,50 euros.
de Rio au Brésil, le site Internet du
Comité international olympique
(CIO) « subit cinq cents millions
d’attaques » informatiques. Simple
coïncidence ou riposte après
l’exclusion de l’équipe d’athlétisme
russe, en raison des nombreux
scandales de dopage ?
LA CITATION « Pour Staline,
le sport n’est pas une activité
ordinaire, il a vocation de montrer
la supériorité du système soviétique.
L’incertitude du sport, très peu pour
lui. » — Kevin Badeau
Pour le régime de Pyongyang, obsédé par sa survie politique et physique, il convient de gagner du temps,
d’alterner les menaces les plus folles avec les offensives de charme. Photo Jung Yeon-je
Non, M. Trump, la diplomatie
n’est pas du marketing
Le désormais très probable sommet du 12 juin entre Kim Jong-un et Donald Trump ne marquera pas une victoire pour la diplomatie
américaine. Au contraire : si les bénéfices pour Pyongyang paraissent
évidents, Washington n’a rien à y gagner.
LE REGARD
SUR LE MONDE
de Dominique
Moïsi
ous, Occidentaux, vous êtes très
bons aux échecs, nous, Asiatiques, nous sommes passés maîtres au jeu de go. Cela nous donne un
avantage à long terme. » C’est à Pékin, il y
a quelques années, qu’un de mes amis
chinois me fit ce commentaire.
Il me revient à l’esprit au moment où
Kim Jong-un et Donald Trump se
livrent sous nos yeux à une partie de
p oker menteur. Nous sommes à
Las Vegas ou à Macao, très loin de Kissinger et de Chou En-lai. Les qualités
requises ne sont pas la réflexion stratégique, la vision à long terme, mais l’art
du bluff et l’absolue confiance en soi,
quel que puisse être le jeu dont on dispose. Il peut encore y avoir de nombreux
retournements d’ici au 12 juin, mais il est
désormais presque certain que les dirigeants américains et nord-coréens se
rencontreront bien à Singapour dans
quelques jours. Faut-il voir dans ce sommet spectaculaire le triomphe conjoint
des deux leaders, le modèle presque
parfait d’une formule « gagnant-gagnant » ? Ou le résultat du sommet risque-t-il d’être infiniment plus complexe,
sinon déséquilibré ? Dans un tweet
datant de 2015, Donald Trump, qui
n’était pas encore le candidat choisi par
le Parti républicain, dénonçait la faiblesse de Barack Obama comme négociateur. « L’art du deal lui est totalement
étranger », disait-il.
Au vu de sa gestion récente des crises
iranienne et coréenne, comment ne pas
penser que Trump n’a de leçons à donner à personne ? L’occupant de la Maison-Blanche sait se mettre en scène,
monopoliser l’attention comme personne. Admettons qu’il soit bon en
« marketing ». Mais l’art de la négociation, c’est tout autre chose. Il s’agit de partir d’une juste estimation du point de vue
de l’autre. Et d’une compréhension des
intérêts respectifs des deux parties : ce
qui est négociable, ce qui ne l’est pas. Si le
sommet du 12 juin a bien lieu, c’est parce
que Kim Jong-un a tout à gagner à sa
tenue et que, désormais, Donald Trump
V
a tout à perdre à son annulation ou
même à son report. En accordant dès le
départ à Pyongyang le principe même
d’un sommet, sans réelle contrepartie,
Washington contrevenait à toutes les
règles de l’art de la diplomatie : donner
sans rien recevoir.
De ce sommet, il est raisonnable de
ne rien attendre sinon une série de
malentendus. Le 12 juin restera probablement aux yeux de l’Histoire comme
une « journée des Dupes », qui, loin de
rapprocher de la paix, risque d’assombrir l’avenir et de rendre l’hypothèse
d’un conflit plus grande encore. Comment penser que le régime nord-coréen
soit, en dépit de ses déclarations, prêt à
abandonner l’arme nucléaire ?
En évoquant comme il le fit il y a
Seuls les Coréens du Sud peuvent se laisser séduire par une telle vision irénique.
Ils sont partagés entre la crainte de la
guerre et l’espoir de rapprochement
dans la prospérité avec leurs frères
nord-coréens. Mais le regard de Séoul
n’est pas celui de Pyongyang, même si
les espoirs des premiers servent les calculs cyniques des seconds. Dans sa
vision « marketing » de la politique
internationale, Donald Trump penset-il vraiment qu’il peut résoudre le
maelström coréen avant d’imposer son
plan de paix à un Moyen-Orient séduit
et admiratif ? Ou s’agit-il pour lui avant
tout, dans un cas comme dans l’autre, de
séduire son électorat à la veille des élections de mi-mandat de novembre ?
Bonne opération pour la Chine
Le 12 juin restera
probablement aux yeux
de l’Histoire comme une
« journée des Dupes »
qui risque d’assombrir
l’avenir.
quelques semaines l’exemple libyen, le
conseiller national à la sécurité John
Bolton n’a pu que renforcer les appréhensions du régime nord-coréen.
Renoncer à la possession de l’arme atomique, n’est-ce pas prendre le risque de
connaître la fin tragique du colonel Kadhafi ? Et comment se fier à la parole
américaine après le retrait unilatéral
des Etats-Unis de l’accord signé à Vienne
en 2015 sur le nucléaire iranien ? Pour
un régime comme celui de Pyongyang,
obsédé par sa survie politique et physique – les deux allant de pair –, il convient
de louvoyer pour gagner du temps,
d’alterner les menaces les plus brutales
et les plus folles avec les offensives de
charme les plus séduisantes parce que
les plus inattendues. Il semblerait que le
régime nord-coréen comprenne beaucoup mieux désormais le pouvoir américain que l’inverse. Fermeture absolue
d’un côté, ouverture confuse de l’autre,
comment pourrait-il en être autrement ? Washington croit faire rêver les
Coréens du Nord en évoquant les
incroyables possibilités de croissance
économique qui accompagneraient la
signature d’un accord de dénucléarisation globale de la péninsule coréenne.
Avec toujours, du Moyen-Orient à l’Asie,
cette même obsession de montrer qu’en
faisant l’inverse d’Obama on peut
gagner gros. Ou perdre beaucoup. S’il y a
une puissance qui discrètement ne peut
que se réjouir de la « journée des
Dupes » qui se prépare, c’est, bien
entendu, la Chine. Les Etats-Unis continuent de se disqualifier sur la scène
internationale et tout particulièrement
sur la scène asiatique. Et, à court terme
au moins, ce voisin et allié difficile et
imprévisible qu’est la Corée du Nord sort
renforcé, car doté d’une légitimité plus
grande, de la rencontre au sommet avec
le président des Etats-Unis à Singapour.
Dans le nouveau paradigme diplomatique en Asie, Séoul favorise désormais le
jeu de Pyongyang, et Washington, celui
de Pékin. Les seuls acteurs « rationnels », ceux qui cherchent vraiment à
défendre ou avancer leurs pions, sont la
Corée du Nord et, plus encore, la Chine.
Ceux qui cherchent à analyser la pensée stratégique de Donald Trump et
voient en lui un héritier direct du président Henry Jackson – le chantre du
nationalisme yankee au début du
XIXe siècle – ne font pas seulement
insulte à ce dernier. Ils se trompent.
Donald Trump peut bien être un héritier au niveau économique, il n’a pas de
modèle, et pas d’ancêtre sur le plan de la
pensée politique et de la réflexion diplomatique. Son traitement du dossier
nord-coréen en est la preuve.
Dominique Moïsi professeur
au King’s College, est conseiller
spécial à l’Institut Montaigne.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
10 // IDEES & DEBATS
Lundi 4 juin 2018 Les Echos
LES ARTICLES LES PLUS PARTAGÉS SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX
art&culture
1. Financements libyens : Nicolas Sarkozy demande l'annulation des poursuites
2. Erdogan interdit Uber en Turquie
3. Michelin part en guerre contre l'obsolescence programmée
4. Bayer-Monsanto : les contours d'un nouveau géant de l'agrochimie
5. Education : une prime aux enseignants des quartiers difficiles
LE POINT
DE VUE
de Thomas Courtel
Le vrai rôle de l’Etat :
réguler non posséder
« Life is a cabaret »
au Poche-Montparnasse
Philippe Chevilley
@pchevilley
lors que la loi Pacte (Plan
d’action pour la croissance et la
transformation des entreprises) peine à trouver une place dans
l’agenda législatif, déjà des voix s’élèvent
pour condamner ce qui ne sera probablement qu’une partie mineure du
texte : les privatisations.
Le projet de loi n’étant pas encore
publié, on comprend des informations
distillées par le gouvernement que
l’Etat souhaiterait céder une partie de
ses participations afin de financer le
fonds de l’innovation de rupture. Afin
d’alimenter ce fonds, l’Etat privatiserait
notamment la Française des Jeux (FDJ)
et groupe ADP (Aéroports de Paris).
Mais parler de privatisations comme
un processus uniforme et unique pour
décrire la cession des participations de
l’Etat dans FDJ et ADP, c’est oublier qu’il
joue un rôle très différent dans chacune
d’entre elles et que les conditions de son
désengagement ne seront pas les
mêmes.
Actionnaire à 72 % dans la société qui
gère les jeux de loterie et de paris sportifs, l’Etat poursuit ici un double objectif : historiquement, il s’agissait de venir
en aide aux invalides de guerre, aux
anciens combattants et aux victimes de
calamités agricoles, aujourd’hui il s’agit
de promouvoir le « jeu responsable » et
d’encadrer le risque de dépendance.
Pour ADP, le rôle de l’Etat n’est plus le
même qu’en 1945 lorsque l’ordonnance
attribue à l’établissement public autonome L’Aéroport de Paris la mission de
développer l’activité aéroportuaire
dans la région parisienne. Aujourd’hui,
avec 51 % du capital d’une société cotée
en Bourse, l’Etat accompagne une
entreprise mature qui opère sur un
marché concurrentiel et mondialisé.
Quelles seront alors les modalités du
désengagement ? Pour la FDJ, peut-être
une introduction en Bourse avec une
minorité de blocage pour l’Etat, la création d’une autorité de régulation ou la
réforme de l’Autorité de régulation des
jeux en ligne (Arjel), voire une adaptation du régime juridique de l’entreprise.
Pour ADP, si l’on ne sait pas encore si le
LE POINT
DE VUE
Politique agricole :
le double discours
du gouvernement
A
de Jean Bizet
e ministre de l’Agriculture a bien
tardivement jugé « inacceptable » les propositions budgétaires de la Commission européenne,
pour la future politique agricole commune (PAC). Or les autorités françaises
avaient bien demandé avec force,
durant les négociations au Conseil, des
coupes budgétaires dans le budget
2021-2027 de l’Union, à la surprise de
son principal partenaire, l’Allemagne.
Cette information embarrassante,
apportée aux sénateurs lors de l’audition du commissaire Oettinger le
24 mai, a fait apparaître un « double discours » dévastateur.
In fine, la victime de ces postures
politiciennes sera notre agriculture,
tandis que les sujets d’incompréhension et d’inquiétude s’accumulent entre
le gouvernement et les agriculteurs.
Le premier d’entre eux porte naturellement sur l’ampleur des sacrifices
financiers qui seront réalisés aux
dépens de la PAC, durant la période
2021-2027. D’ores et déjà, la position
trouble des autorités française a été
interprétée comme un « permis de
tuer » par les adversaires de la PAC.
D’où la proposition initiale de la Commission, très défavorable : – 5 % en
euros courants, correspondant en fait à
une diminution de 15 %, en raison de
l’inflation. Comment y consentir lorsqu’un tiers des agriculteurs français vit
déjà, en moyenne, avec 350 euros de
revenus mensuels ?
Ces inquiétudes portent également
sur le contenu même de la future PAC.
L
Le désengagement de
l’Etat dans FDJ et ADP
ne signe pas la fin
de l’Etat stratège.
La régulation est un outil
puissant pour contrôler
les actifs stratégiques.
désengagement sera partiel ou total, il
devrait ne pas y avoir de modification
profonde de son régime : la loi de 2005
relative aux aéroports avait déjà organisé la transformation d’ADP en société
anonyme.
Ce sont cette même loi et un cahier
des charges approuvé par décret qui
encadrent aujourd’hui l’activité d’ADP :
sa mission fixée par le législateur est
d’exploiter les trois aéroports de la
région parisienne, l’Etat étant libre d’en
modifier les termes en fonction des considérations d’intérêt général qui sont les
Dans deux résolutions, adoptées les
20 juillet 2017 et 19 avril 2018, les sénateurs ont refusé le quasi-statu quo, qui
semble se dessiner, sur les règles de
concurrence, comme sur la gestion des
crises. Ils ont également mis en garde
contre le risque d’une « vraie-fausse »
simplification du mode de mise en
œuvre de la PAC. C’est maintenant qu’il
faut agir, si l’on veut éviter une nouvelle
« usine à gaz » – à savoir un transfert de
bureaucratie du niveau européen au
niveau national.
La position trouble des
autorités françaises a été
interprétée comme
un « permis de tuer »
par les adversaires
de la politique agricole
commune.
Le président de la République avait
spectaculairement annoncé, le
27 novembre 2017, l’interdiction du glyphosate « dès que des alternatives auront
été trouvées, et au plus tard dans trois
ans ». Sans revenir sur la fragilité juridique de ce singulier « cavalier seul »
français au regard du droit européen,
force est de constater l’absence de solution alternative à ce pesticide. Comment, sur le terrain, vont faire nos agriculteurs d’ici trois ans ? Comment
éviter une distorsion de concurrence,
pour nos importations et nos exporta-
siennes. Par ailleurs, la sécurité aéroportuaire et la sûreté d’ensemble de
l’aéroport sont sous contrôle étroit de
l’Etat, ce dernier pouvant imposer à
l’entreprise les mesures qu’il juge adaptées à la situation. L’Etat fixe également
le modèle économique et financier de la
société : les redevances versées par les
compagnies aériennes sont définies par
la réglementation, et le contrat de régulation économique (CRE), qui est révisé
tous les cinq ans, encadre l’évolution
des tarifs, empêche tous surprofits qui
pourraient être dégagés en régulant le
niveau de rémunération des capitaux
investis et assure un niveau d’investissements suffisant pour la société. Enfin,
les ouvertures des lignes, qui sont l’élément le plus structurant de l’activité
d’un aéroport, sont décidées par la
DGAC.
Alors faut-il agiter le chiffon rouge
des privatisations ? Peut-être, mais le
désengagement de l’Etat dans FDJ et
ADP ne va pas de pair avec la fin d’un
Etat stratège. Face aux inquiétudes et
aux débats que suscitent les privatisations, l’Etat disposera toujours d’un
outil puissant et efficient afin de garder
le contrôle des actifs stratégiques : la
régulation. D’Etat actionnaire, il peut
redevenir alors l’Etat régulateur, tout
autant catalyseur du savoir et de l’innovation que garant de l’alignement des
intérêts entre les entreprises et les
citoyens. Privatisation est donc tout
sauf synonyme de blanc-seing.
SPECTACLE
Berlin Kabarett
avec bonheur, dans le rôle
très brechtien de Karl.
de Stephan Druet
Entrez, entrez, Damen und
Paris, PocheMenace nazie
Herren ! L’illusion est presMontparnasse
Stephan Druet s’est beauque parfaite. A partir de
(01 45 44 50 21)
coup inspiré des films
21 heures, la petite salle du
Du jeudi au dimanche,
« Cabaret » et « L’Ange
Théâtre de Poche-Montparjusqu’au 15 juillet.
bleu », des écrits de Brecht,
nasse a troqué ses allures de
Wedekind et Isherwood…
cave parisienne pour celles d’un cabaret bermais son spectacle est plus qu’une reconstilinois des années 1920-1930. Avec ses musitution soignée. La musique est vraiment
cos en bas résille et maquillés, son barman
bonne (portée par Stéphane Corbin ou
blond peu vêtu qui passe entre les tables avec
Simon Legendre au piano, Victor Ros au
des coupes de champagne… Il ne reste plus
cornet et Loïc Olivier ou Hugo Chassaniol
qu’aux vedettes à entrer en scène : Kirsten, la
aux percussions), les numéros s’avèrent
monstrueuse patronne des lieux, Karl, son
bien maîtrisés, le troublant vibrato de
ancien amant souteneur, et Viktor, le fils
Marisa Berenson et la puissance vocale de
homosexuel qu’elle a eu contre son gré…
Sebastian Galeota séduisent… Quant au pro« Willkommen, welcome, bienvenue » au
pos, il n’a rien de gratuit : derrière l’appa« Berlin Kabarett », spectacle concocté par
rente gaieté des numéros, pointe sans cesse
Stephan Druet tout juste auréolé du molière
la menace de la barbarie nazie. Point de
du meilleur spectacle musical pour son « Hisgrand final consensuel : le spectacle se clôt
toire du soldat » ! Côté musique, vous ne serez
sur une scène brutale de rafle et de viol, laispas déçus : le talentueux Stéphane Corbin a
sant le spectateur groggy.
concocté un « tour de chant » imparable,
Stephan Druet aurait pu développer
mixant ses propres compositions, Kurt Weilldavantage son argument et ses personnages,
Brecht (« Alabama Song ») et des airs popumais, pour rester dans le tempo frénétique
laires de l’époque. Quant aux interprètes, ils
du cabaret, sa marge de manœuvre était
vont vous emballer : la patronne qui vend son
étroite. L’essentiel est qu’on croit à ce « Berlin
âme aux nazis (en leur livrant son personnel
Kabarett » : il nous fait rire et nous émeut. La
juif communiste et son fils travesti) est camchanson culte du film de Bob Fosse n’est pas
pée par la sulfureuse Marisa Berenson. Son
dans le spectacle, mais on ne peut s’empêfils, Viktor, cultive la grâce du héros interlope,
cher de la fredonner en sortant : « Life is a
incarné par le virevoltant Sebastian Galeota.
cabaret, old chum ! ». Pour le meilleur et pour
Jacques Verzier et Olivier Breitman alternent
le pire… souvenons-nous-en. n
Thomas Courtel est avocat associé
chez Gide.
tions, puisque les autres pays de l’Union
ne seront pas, eux, concernés par cette
interdiction franco-française ?
Plus largement, c’est l’ensemble du
projet de loi issu des travaux des Etats
généraux de l’alimentation qui est en
passe de décevoir les attentes. En effet,
les représentants des agriculteurs ont
loyalement joué le jeu de la concertation. Au final, ce projet de loi repose sur
un double pari : que les distributeurs
d’abord, les gros industriels ensuite,
acceptent sans y être contraints, de
diminuer leurs profits pour augmenter
le revenu agricole… Rien n’est moins sûr.
S’agissant du plan de modernisation
de l’agriculture de 5 milliards d’euros,
l’intention est louable et le chiffre élevé. Il
frappe les esprits, mais quel sera son contenu ? Il en va de même pour l’objectif de
50 % de produits bio ou locaux dans la
restauration collective. Au demeurant, la
redéfinition de la stratégie agricole française ne peut se résumer au seul bio, en
faisant l’impasse sur tout le reste.
Les effets d’une politique de communication, aussi brillante soit-elle,
n’auront qu’un temps. Immanquablement, le prix des ambiguïtés, des habiletés, voire du « double discours » s’exprimera par de cruelles désillusions. Les
agriculteurs français méritent beaucoup mieux que cela, notre balance
commerciale aussi !
Jean Bizet est sénateur
de la Manche et président
de la commission
des Affaires européennes.
Marisa Berenson incarne Kirsten, la sulfureuse patronne
du « Berlin Kabarett », qui vend son âme aux nazis. Photo © Delalande/Sipa
« Les Créanciers »,
faux-monnayeurs de l’amour
révéler le vrai visage et « disséquer l’âme humaine » de sa
d’August Strindberg,
compagne.
Après les bons amis, les
mise en scène Anne Kessler
Ce huis clos psycholobons comptes feraient-ils
Paris, Studio-Théâtre
gique aux accents un brin
les bons amants ? Chez
de la Comédie-Française
vieillis aurait pu trouver
Strindberg, l’amour n’est
(01 44 58 98 98), jusqu’au
son salut dans l’âpreté de
pas un engagement désin8 juillet. Durée : 1 h 20.
ses dialogues, pour la plutéressé, cet abandon de soi
part finement ciselés. Las, à
dépeint par les plus fervents romantiques.
l’image de ce décor en forme de chambre
Dans « Les Créanciers », le dramaturge
d’hôtel tout droit sortie d’un catalogue suéplace la relation amoureuse dans la logique
dois, la mise en scène d’Anne Kessler, aussi
maussienne du don/contre-don. Pour tenhonnête soit-elle, est trop lisse pour faire
ter de construire un équilibre, chacun doit
monter ce stratagème en pression. A trop
confier une part égale de lui-même à l’autre.
vouloir bannir la haine de ce règlement de
En rompant avec Gustaf voilà quelques
comptes, elle le transforme en drame chic,
années, Tekla a brisé cette symétrie. Elle lui
expurgée de l’odeur soufrée du machiavéa volé son honneur, qu’elle a depuis
lisme qui en fait pourtant tout le sel.
« digéré ». Heurté par cette dépossession,
Restent les comédiens-français sur qui,
l’homme est bien décidé à lui rendre la
en définitive, tout repose. En séductrice
monnaie de sa pièce, quitte à faire des
ambivalente et impertinente, Adeline
victimes collatérales sur son chemin.
d’Hermy joue avec engagement une partition délicate. Elle réussit à exfiltrer Tekla de
Drame chic
son statut de femme-objet dans lequel les
Organisée en trois temps, comme autant
flots de misogynie déversés par ses deux
d’arêtes tranchantes d’un triangle amouprétendants la retranchent. Particulièrereux, cette valse vengeresse embarque Adolf,
ment convaincant dans « L’Eveil du prinle nouvel amant de Tekla. Malgré lui, le jeune
temps », Sébastien Pouderoux reste cette
amoureux jaloux se retrouve au cœur de la
fois en retrait dans son rôle de primo-amoumachination de Gustaf, dont il ignore la vérireux abusé, quand Didier Sandre, que l’on a
table identité. Se présentant comme son ami,
connu meilleur, surjoue la pédanterie avec
utilisant les faiblesses intimes de ce peintre à
une diction parfois chuintante et précieuse.
l’inspiration déclinante, le vieil homme lui
Pas de quoi régler, avec panache et férocité,
propose d’échafauder un subterfuge pour
la dette de ses « Créanciers ». n
Vincent Bouquet
@VincentBouquet
THÉÂTRE
Les Créanciers
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
IDEES & DEBATS // 11
Les Echos Lundi 4 juin 2018
SUR LE
WEB
CITOYENS… DE LA NATURE
Le déclin de la biodiversité
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les sciences participatives ?
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du genre, est fait pour vous.
www.open-sciencesparticipatives.org
L’ADN, disque
dur de demain ?
1/10
e
sciences
IL FAUT SAUVER
LE SOLDAT ABEILLE
Un dixième des insectes pollinisateurs est en voie d’extinction, un
tiers des abeilles et des papillons
en déclin. Face à ce désastre,
la Commission européenne
annonce de nouvelles mesures.
bit.ly/2HafOKl
SCIENCES // Les particules fines seraient responsables de près de la moitié des cas d’hypotrophie,
un développement insuffisant durant la grossesse, avec parfois de lourdes séquelles neurologiques.
La pollution de l’air, un danger pour les fœtus
LA
CHRONIQUE
de David Bikard
Yann Verdo
@verdoyann
otre monde devient de plus en plus
numérique : nos photos, vidéos, données
de travail ou personnelles, tout
se retrouve encodé sous forme binaire sur des
supports optiques ou magnétiques. Cependant,
tandis qu’un livre peut facilement survivre plusieurs
centaines d’années, nos supports de stockage
informatique ne sont souvent pas stables au-delà
d’une cinquantaine d’années et les technologies
deviennent rapidement obsolètes. Qui est encore
capable de récupérer les informations d’une
disquette ? Il existe cependant un support
d’information que nous sommes capables de lire
après plus de 100.000 ans d’existence, comme le
montrent les travaux de paléogénétique et que nous
continuerons à lire tant que nous existerons : l’ADN.
Au-delà de son impressionnante stabilité, l’ADN
domine de loin toutes les autres technologies
en ce qui concerne la densité d’information qu’il
peut stocker. Chacune des cellules de notre corps
contient près de 1 gigaoctet de données. L’année
dernière, une équipe américaine a démontré une
densité de stockage de 215 petaoctets (1 million de
gigaoctets) par gramme d’ADN, de quoi enregistrer
plusieurs millions de films haute définition dans
le volume d’une tête d’épingle ! De nombreux
problèmes restent cependant à résoudre avant
que cette technologie n’arrive sur le marché. Pour
le moment, le coût et la vitesse de la synthèse d’ADN
restent rédhibitoires. Autre obstacle, une fois
les données écrites en ADN, on ne peut plus
les modifier. Par ailleurs, récupérer un fichier
particulier parmi l’ensemble des données
sauvegardées représente un vrai défi. Imaginez lire
tout un disque dur chaque fois que vous voulez
ouvrir une photo… C’est ce problème que vient de
résoudre une équipe de Microsoft en collaboration
avec l’université de Washington. Les techniques
utilisées s’apparentent plus à de la biologie
moléculaire qu’à de la physique des matériaux,
un véritable changement de culture dans cette
industrie, mais ces nouvelles méthodes pourraient
bien, à terme, remplacer nos bandes magnétiques
et disques durs.
ême découverts et pointés du
doigt par des études scientifiques,
tous les scandales de santé publique ne bénéficient malheureusement de la
même caisse de résonance médiatique.
C’est le cas de l’exposition des femmes
enceintes à la pollution de l’air et de ses
conséquences sur le développement du
fœtus, un sujet encore trop peu débattu sur
la place publique.
Les faits sont pourtant là, et ils sont graves. Chaque année, environ un bébé sur
50 naît avec un poids – à terme – de moins de
2,5 kilogrammes. On parle alors de retard
de croissance intra-utérin (RCIU) ou
d’hypotrophie. Ce qui n’a rien d’anodin
quand on sait que l’hypotrophie, bien souvent, n’est pas sans séquelles d’ordre neurologique : retards de langage, problèmes de
coordination motrice fine, difficultés
d’apprentissage et scolaires, etc. Voire, dans
les cas les plus sévères, une déficience intellectuelle globale se traduisant par un score
anormalement bas aux tests de quotient
intellectuel (QI). Or, si bien des facteurs biologiques peuvent entraîner un RCIU, depuis
une anomalie du cordon ou du placenta jusqu’à une hypertension artérielle de la mère,
sans parler du tabagisme, il apparaît, à la
lumière des dernières études en date, que
près de la moitié de ces cas d’hypotrophie
sont dus aux particules fines en suspension
dans l’air. Celles-là mêmes dont les deux
sources principales, dans des grandes villes
comme Paris, sont le secteur résidentiel et
tertiaire (chauffage domestique) et le trafic
routier (véhicules diesel, en particulier).
Pour affirmer cela, la science s’appuie sur
des données solides. A commencer par celles du projet européen Escape (European
Study of Cohorts for Air Pollution Effects),
qui s’attache à évaluer les conséquences
sanitaires, et notamment respiratoires, de
la pollution de l’air. Escape agrège les observations faites sur 16 cohortes de patients
dans une douzaine de pays européens. En
tout, plus de 300.000 personnes.
M
N
David Bikard est cofondateur et directeur
d’Eligo Bioscience.
o
L’INSTRUMENT
Un nouveau traqueur
d’exoplanètes
nommé SPIRou
a première forme de vie extraterrestre
découverte par l’homme ressemblera-t-elle
au Marsupilami ? C’est encore trop tôt pour
le dire, mais, ce qui est sûr, c’est que le nouveau
chasseur d’exoplanètes s’appelle SPIRou,
acronyme de spectropolarimètre infrarouge.
Instrument international porté par la France,
ce détecteur ultra sophistiqué équipe désormais
le télescope Canada-France-Hawaii (TCFH) situé
dans l’archipel océanien et sur lequel il vient d’être
installé et testé de façon intensive durant quatre
mois. Un test concluant puisque le CNRS annonce
que SPIRou a collecté sa « première lumière »,
c’est-à-dire observé sa première étoile, AD Leonis,
une « naine rouge » dans la constellation du Lion
et distante de seize années-lumière du Soleil, notre
proche banlieue à l’échelle cosmique. Ces petites
étoiles beaucoup plus froides que la nôtre sont les
plus fréquentes aux abords de notre système.
C’est au sein de cette population stellaire que
le nouvel instrument traquera des exoplanètes.
En couplant, pour ce faire, l’utilisation de deux
techniques : la vélocimétrie, capable de révéler
par effet Doppler les minuscules fluctuations
de vitesse des étoiles, fluctuations qui témoignent
de la présence de planètes en orbite, et la
spectrographie qui détecte les infimes signatures
spectrales induites dans la lumière des étoiles
par les atmosphères de ces planètes. — Y. V.
L
Retard mental
« Les résultats de l’étude Escape ont montré
que l’exposition aux particules fines entraînait, pour les femmes enceintes, un risque
significativement accru d’hypotrophie du
fœtus », indique l’épidémiologiste Isabella
Annesi-Maesano, directeur de recherche à
l’Inserm. La chercheuse et son équipe du
laboratoire épidémiologie des maladies
allergiques et respiratoires (Epar) ont mouliné les données d’Escape et conclu que, en
France, 45 % des cas d’hypotrophie étaient
imputables aux particules fines. Ainsi, pour
l’année 2012, la Sécurité sociale avait
recensé quelque 18.500 naissances de bébés
hypotrophes, soit 2,3 % du total. Sur ces
18.500 cas, environ 8.300 auraient pu être
évités si la mère n’avait pas été exposée à la
pollution de l’air. Et, ce qui est proprement
dramatique, sur ces 8.300, 1.880, soit près
d’un quart, ont présenté un important
retard mental.
Dans une étude récemment parue dans
la revue « Archives de la pédiatrie », les épidémiologistes de l’Epar ont cherché à chiffrer le coût global, pour la société, de cette
situation. En additionnant les coûts relatifs
à la prise en charge à la maternité de ces
8.300 bébés poids plume et ceux induits par
le handicap des 1.880 mentalement déficients, les auteurs de l’étude arrivent à la
somme, pour la totalité de la durée de vie
probable de ces enfants nés en 2012, de
1,2 milliard d’euros. Encore n’est-ce là que le
coût tangible, auquel il conviendrait d’ajouter le manque à gagner pour l’économie de
cette gabegie de matière grise. « Nous sommes partis d’études d’économistes valorisant
chaque point de QI à 13.000 euros par an »,
explique Isabella Annesi-Maesano, faisant
notamment référence à des travaux antérieurs sur le coût de l’intoxication au plomb
ou des naissances très prématurées. En
multipliant ces 13.000 euros par le nombre
de points que les particules fines ont fait
perdre à ces enfants, aujourd’hui âgés de six
L’exposition du fœtus aux particules fines accroît significativement le risque d’hypotrophie. Photo Shutterstock
Un tueur
de masse
Outre leur
incidence sur
les femmes
enceintes, la pollution
atmosphérique
est directement
responsable
de maladies
chroniques
et de maladies
graves telles
que l’asthme,
les problèmes
cardio-vasculaires
et le cancer
du poumon.
l Une étude
de l’Agence nationale
de santé publique,
parue en 2016,
estime que, en
France, le nombre
de morts dues
aux seules
particules fines
s’élève
à 48.000 par an,
soit 9 % de la
mortalité nationale.
l Une autre étude
a montré que, à Paris,
à proximité d’un axe
routier comme
le périphérique,
le trafic local était
responsable
de 45 % des PM2,5
(particules fines
de 2,5 microns
ou moins) mesurées.
l
ans, les auteurs de l’étude situent le « coût
intangible » dans une fourchette de 240 à
980 millions d’euros. Si cynique puisse-telle paraître, cette démonstration a au
moins le mérite de frapper les esprits. Elle
permet aussi de relativiser le coût des
mesures sanitaires, assez simples à mettre
en œuvre, que l’on pourrait prendre pour
réduire ce fléau. Permettre aux femmes
enceintes de ne pas aller travailler lors des
pics de pollution, par exemple, pourrait
finalement, au vu de ces chiffres, se révéler
être moins onéreux qu’on pourrait le penser…
Souffrance fœtale chronique
Les processus de développement du fœtus
dans le ventre maternel sont aussi fragiles
que complexes, raison pour laquelle
l’inhalation par la mère de particules fines
– d’un diamètre inférieur ou égal à
2,5 microns – peut si facilement les entraver. Cet impact est lui-même complexe. Un
premier levier a trait à l’oxygène. En réduisant la quantité d’oxygène qui se transmet
de la mère à l’enfant via le placenta et le
cordon, les particules fines peuvent ainsi
aller jusqu’à mettre le futur bébé en état de
souffrance fœtale chronique, avec toutes
les conséquences que cela implique. La
nature est très résiliente et des mécanismes existent pour se protéger contre ce
genre d’agressions. Ainsi, lorsqu’un organisme est soumis à une mauvaise oxygénation, tout est fait pour protéger au maximum l’organe vital entre tous, c’est-à-dire
le cerveau – ce que les biologistes anglosaxons appellent le « brain-sparing
effect ». Mais cette réponse adaptative a
des limites et le cerveau finit par être
touché : insuffisamment oxygéné, il se
développe moins bien.
Les hydrocarbures
aromatiques polycycliques
sont pour le fœtus
des substances tératogènes.
Un autre levier est lié à la composition
chimique des particules fines et notamment à la présence en leur sein d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP).
Très toxiques et classés parmi les polluants prioritaires dans les listes des EtatsUnis, de l’Organisation mondiale de la
santé et de la Commission européenne, les
HAP sont, pour le fœtus, des substances
tératogènes, susceptibles d’en entraver le
bon développement et d’engendrer des
malformations.
Or, ils continuent d’être très présents en
milieu urbain, du fait de l’importance des
émissions liées au chauffage domestique
ou à l’automobile (notamment les véhicules
diesel). « Des prises de sang effectuées sur des
bébés dont le retard de croissance intra-utérin
pouvait être imputé à la pollution de l’air ont
montré un taux de HAP supérieur à la
moyenne », déclare la chercheuse de
l’Inserm et principale auteure de l’étude. n
La France sur le banc des accusés
La France fait partie des six pays (avec l’Allemagne, l’Italie et le RoyaumeUni, notamment) qui se sont vus renvoyés mi-mai par la Commission
européenne devant la Cour de justice de l’Union « pour dépassement des
valeurs limites de qualité de l’air et manquement à l’obligation de prendre
des mesures appropriées ». Bruxelles rappelle que, s’agissant des deux
principaux polluants nocifs, le dioxyde d’azote et les particules, les dates
butoirs pour ramener leur taux dans l’air ambiant en dessous
de la valeur limite étaient respectivement de 2010 et 2005. Et pourtant,
les dépassements persistent… et perdurent. A l’inverse de l’Italie,
mais aussi de la Hongrie et de la Roumanie, ce n’est pas sur le front des
particules, mais sur celui du dioxyde d’azote que la France se fait attaquer
cette fois par l’exécutif bruxellois. Alors que la valeur limite pour
ce gaz produit par les moteurs à combustion interne et les centrales
thermiques est fixée à 40 microgrammes par mètre cube d’air, les relevés
ont montré que, à Paris, Lyon ou Marseille, les concentrations avaient
allégrement franchi ce seuil, jusqu’à atteindre (en 2016) 96 microgrammes par mètre cube d’air dans la capitale. Et la situation n’est guère plus
reluisante dans le domaine des particules, même si ce n’est pas pour cette
raison que la France est renvoyée devant la Cour : à l’instar de quinze
autres pays européens, elle fait déjà l’objet d’une procédure d’infraction
aux normes européennes concernant cet autre polluant.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
12 //
Lundi 4 juin 2018 Les Echos
enquête
Depuis quarante ans, Fessenheim
et ses environs ont vécu par et pour
le nucléaire. Photo Alamy Stock Photo
« Pour l’après-Fessenheim, nous sommes
prêts à la coopération », a déclaré, lors d’une
conférence de presse commune, Winfried
Kretschmann, le ministre-président du
Bade-Wurtemberg, le Länder frontalier.
Dans un premier temps, cela prendra la
forme d’une étude cofinancée pour élargir,
voire créer une voie ferrée sur le pont sur le
Rhin qui relie Colmar à Fribourg, au nord de
Fessenheim. C’est ici que l’économie et la
politique se mêlent à l’histoire. Ce petit
pont, une route à deux voies seulement,
est le seul à n’avoir pas été reconstruit
en grand après la guerre.
Elsa Freyssenet
@ElsaFreyssenet
— Envoyée spéciale dans le Haut-Rhin
Fessenheim, la banderole autrefois
tendue entre la mairie et l’église de
ce bourg de 2.400 habitants, a finalement été décrochée. « Centrale fermée,
population et services publics sacrifiés », proclamait-elle, en témoignage de la résistance
de la population locale à la fermeture de la
plus vieille centrale nucléaire de France.
« La banderole commençait à être défraîchie,
comme notre combat d’ailleurs », soupire le
maire divers droite de la commune, Claude
Brender. Le gouvernement avait promis un
arrêt des deux réacteurs de Fessenheim
pour fin 2018. Un report de « quelques mois »,
jusqu’à l’été 2019, est prévu du fait des
retards enregistrés dans la construction de
l’EPR de Flamanville en Normandie (à
laquelle la fermeture de la centrale de Fessenheim est conditionnée), mais le maire
« ne se fait plus d’illusions ». Le gouvernement répète que la fermeture est « irréversible » et EDF prévoit les premiers départs de
salariés l’an prochain.
On ne sait pas encore si c’est le début d’une
histoire triste, un nouveau cas de désertification industrielle, ou le commencement
d’une mutation territoriale passionnante.
Depuis quarante ans, Fessenheim et ses
environs ont vécu par et pour le nucléaire.
Le tableau est saisissant vu du ciel : la centrale forme deux grosses taches blanches
entourées de forêts, de terres agricoles et de
quelques bourgs, au bord du canal d’Alsace
qui longe le Rhin. Il faut parcourir 50 km
vers le sud jusqu’à Mulhouse pour retrouver,
avec l’usine PSA, un pôle industriel d’importance équivalente.
A
Partenariat franco-allemand
L’exécutif et le département sont très allants
pour impliquer l’Allemagne. Et pour cause :
cela pourrait être un dossier concret dans le
nouveau traité de l’Elysée voulu par Emmanuel Macron, et c’est surtout une opportunité économique. Sur l’autre rive du Rhin,
une base de l’Otan, fermée en 1994, a été
transformée en parc industriel prospère où
les entreprises manquent de terrain et de
main-d’œuvre qualifiée. Chômage zéro côté
allemand contre 8 à 9 % dans le Bas-Rhin, et
une zone d’activité de 220 hectares quasi
vide au nord de Fessenheim… « Au fil des
ans, nous avons eu tellement de rencontres
avec les Français où nous avons très bien
mangé mais débouché sur rien ! », se plaint un
officiel d’outre-Rhin. Les Allemands sont
désormais intégrés au comité de pilotage et
à la société d’économie mixte qui doit identifier et gérer les terrains vacants côté français. Mais, en Alsace, l’implication de l’Allemagne suscite autant d’enthousiasme que
de crainte. Côté français, des élus préféreraient un projet co-construit plutôt qu’une
adaptation à la hâte aux besoins de leurs voisins. Et puis les Allemands sont pressés de
s’agrandir et d’embaucher, mais ils y mettent
des conditions : une fiscalité et un droit du
travail dérogatoires que l’Etat peut difficilement leur accorder.
2.000 emplois directs et indirects
Les voisins allemands et suisses applaudissent la fermeture, promise par François Hollande en 2012 et confirmée par Emmanuel
Macron en 2017, de ces réacteurs nucléaires
construits sur une zone sismique dans les
années 1970. Tout comme les écologistes
locaux. Mais cette perspective donne le vertige aux élus et à tous ceux que la centrale
fait vivre. Les 850 salariés d’EDF devraient
être recasés ailleurs en France et indemnisés – ils vivent depuis 2012 dans l’incertitude – mais il reste les 350 sous-traitants et
les quelque 1.000 autres emplois induits. Le
démantèlement doit prendre vingt ans,
mais la plupart des salariés partiront les
trois premières années. L’activité des commerçants va s’en ressentir, des classes pourraient fermer et les collectivités du Bas-Rhin
vont perdre 14,3 millions d’euros en impôts
et taxes divers.
« Nous sommes sacrifiés
sur l’autel de la politique
parisienne ! »
CLAUDE BRENDER
Maire de Fessenheim
« Nous sommes sacrifiés sur l’autel de la
politique parisienne ! » s’emporte Claude
Brender. Le maire est un homme en colère.
Il était adolescent quand la centrale a été
construite et il a vu son village – à l’époque
« l’un des plus pauvres d’Alsace » – tripler de
population et profiter de la manne financière d’EDF. Si bien que personne ne s’est
décarcassé pour attirer d’autres entreprises.
Aujourd’hui, le maire s’en mord les doigts et
peine à tourner la page. Autour de lui, pourtant, les autres élus ont décidé de se retrousser les manches pour inventer l’avenir.
Rien n’est encore fait, mais c’est maintenant que tout se construit. « C’est l’occasion
d’écrire un nouvel âge de l’histoire de l’énergie
au cœur de l’Europe », souligne la présidente
du Conseil départemental du Haut-Rhin,
Brigitte Klinkert, qui a l’ambition d’en « faire
le premier département entièrement alimenté
par des énergies vertes ». « Cette transition,
nous devons nous en saisir comme une
chance. On n’a pas le droit de rater », confie le
président de la région Grand Est, Jean Rottner. Les idées fusent : création d’un pôle de
recherche sur les énergies vertes, implantation d’un méthaniseur, d’éoliennes, nouvelles dessertes routières et ferroviaires…
Faire travailler ensemble ces deux élus
LR (qui se disputent à propos du statut de
l’Alsace) n’est pas gagné d’avance. Le secrétaire d’Etat Sébastien Lecornu, chargé de
piloter l’« après-Fessenheim » au nom du
« Nous avons eu
tellement de rencontres
avec les Français où nous
avons très bien mangé
mais débouché sur rien ! »
A Fessenheim,
l’après-nucléaire
s’invente maintenant
ÉNERGIE // Nouveau cas de désertification industrielle
ou commencement d’une mutation territoriale passionnante, l’avenir de
Fessenheim, dont la fermeture devrait intervenir courant 2019, fait l’objet
d’une concertation de terrain tous azimuts.
gouvernement, en a fait l’expérience lors de
son dernier déplacement sur place. Le
12 avril au matin, lors de son arrivée en
Alsace, il avait dans sa mallette les réflexions
des élus sur l’avenir : chaque collectivité
avait produit sa plaquette… chacune dans
son coin. Dans les réunions, la tension était
palpable. « Je ne serai pas chef d’une délégation de pignoufs ! » a-t-il lancé. Le lendemain,
le président de région tendait la main à la
communauté de communes et, huit jours
plus tard, au département.
Ces propos ont été tenus dans les réunions
où tout se décide, d’ordinaire, sans journalistes. « Les Echos » ont pu assister à ces huis
clos durant deux jours, les 12 et 13 avril. Il y a
quelque chose d’étonnant et de passionnant
à voir tous les acteurs locaux – élus, CCI, syndicats, services de l’Etat, défenseurs de l’environnement et responsable d’EDF – confronter leurs points de vue et imaginer l’avenir.
Dans les grandes réunions ou les comités
plus restreints, la forme est solennelle, mais
les propos échangés sont directs. Lors d’un
dîner à la préfecture à Colmar, le maire de
Fessenheim critique l’insuffisance de la
compensation fiscale envisagée par l’Etat
– « une ligne rouge », dit-il. Le secrétaire
d’Etat réplique : « Le problème de la fiscalité
nucléaire, c’est qu’elle peut endormir un territoire. Je m’étonne qu’il n’y ait rien à côté de
cette centrale depuis vingt ans. »
Le secrétaire d’Etat auprès de Nicolas
Hulot s’est trouvé une mission : assurer la
tuyauterie de la politique environnementale. Il veut pouvoir présenter un projet de
reconversion économique ficelé au
moment de l’arrêt de la centrale. Ancien président LR du Conseil général de l’Eure, il
connaît les problématiques des élus locaux.
A seulement trente et un ans, il a tout à prouver et une carrière à bâtir. Aussi maintient-il
les acteurs locaux sous pression : « Tout le
monde commence à y croire, donc il faut accélérer », répète-t-il.
Axes de reconversion
Les Alsaciens ont un atout. S’agissant de la
première centrale nucléaire qui fermera en
France, ni l’Etat ni EDF ne veulent donner
l’impression qu’ils abandonnent un territoire. Pour les locaux, c’est une opportunité
d’obtenir un accompagnement hors norme.
« Nous n’aurons plus jamais un alignement
des astres comme maintenant », souligne le
président de la communauté de communes
Gérard Hug. Trois axes de reconversion
sont envisagés : faire venir des entreprises
allemandes, structurer une filière énergies
renouvelables et une autre sur le démantèlement des centrales.
Précis et roué à la fois, Sébastien Lecornu
a une technique : il n’arrive jamais sur place
les mains vides (même s’il n’apporte pas toujours ce que les élus attendent) et repart avec
au moins une décision. Lors de sa première
visite en janvier, il a joué du contraste avec le
quinquennat Hollande – aucun ministre
n’était venu à Fessenheim pendant cinq ans –
et il a lancé des groupes de travail sous la
houlette du préfet. En avril, il est venu
accompagné des dirigeants de RTE, EDF, et
de la Caisse des Dépôts, ainsi que du nouveau
délégué interministériel David Coste, chargé
de faire avancer le dossier au jour le jour. Il a
aussi annoncé un appel d’offres pour
300 mégawatts de panneaux solaires et jeté
les ponts d’un partenariat franco-allemand.
UN OFFICIEL D’OUTRE-RHIN
Emmanuel Macron a beau souhaiter une
reconversion « exemplaire », dixit Lecornu,
la réalité de terrain n’est pas toujours aussi
simple que le voudrait l’exécutif. Et pas seulement du fait des acteurs locaux. Car l’Etat
impose des procédures sur le foncier qui,
« mises bout à bout, prennent deux ans »,
lâche-t-on à la préfecture. Ce qui fait dire au
président de la CCI Alsace Eurométropole,
Jean-Luc Heimburger : « Chaque fois qu’on
veut développer un truc, les services de l’Etat
trouvent un oiseau ou une libellule qui nous
en empêche. Nous avons besoin d’un calendrier clair pour démarcher des entreprises. »
Les silences de l’Etat sur le montant de
son aide financière et le flou d’EDF sur ses
projets dans le territoire suscitent aussi des
inquiétudes. Dans les réunions, les dirigeants de l’énergéticien prennent plus de
notes qu’ils ne parlent. Or l’avenir de leur
activité sur place est un point crucial de la
reconversion. Au-delà du démantèlement
de la centrale, EDF est-il prêt à investir dans
un autre grand équipement ? Les élus le
souhaitent ardemment, mais la direction de
l’entreprise ne dit rien avant la fin de sa
grande négociation avec l’Etat sur la politique énergétique des prochaines années, qui
doit être formalisée cet été dans un projet de
loi de programmation. La direction d’EDF
concède une seule certitude : l’appel d’offres
sur le solaire « s’intègre parfaitement dans
[ses] plans ».
« Le photovoltaïque, ça consomme beaucoup de terrain sans créer beaucoup
d’emplois ! » objecte Claude Brender, à
l’unisson sur ce point avec la CGT locale.
Quant aux aides pour les investissements
qui seront nécessaires à la reconversion, le
gouvernement veut d’abord un projet
ficelé.« Je ne sais pas quels moyens l’Etat et
EDF sont prêts à mettre », souligne Gérard
Hug. Moins belliqueux que son collègue, il
décrypte le courroux de Claude Brender :
« Nous avons deux échelles de temps qui se
télescopent : l’arrêt immédiat de la centrale et
le développement économique, qui va prendre
de dix à quinze ans. » Toute la difficulté pour
eux est de gérer l’entre-deux. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Les Echos
Lundi 4 juin 2018
,
Budget de l’Etat 2018 : 386,3 milliards d’euros // PIB 2017 : 2.283,6 milliards d’euros courants //
Plafond Sécurité sociale : 3.311 euros/mois à partir du 01-01-2018 // SMIC horaire : 9,88 euros
à partir du 01-01-2018 // Capitalisation boursière de Paris : 1.547,84 milliards d’euros (au 10-01-2018)
// Indice des prix (base 100 en 2015) : 101,85 en décembre 2017 // Taux de chômage (BIT) : 9,4 %
au 3e trimestre 2017 // Dette publique : 2.226,1 milliards d’euros au 3e trimestre 2017
Les chiffres
de l'économie
EN FRANCE
À L’ÉTRANGER
INONDATIONS MÉTÉO-FRANCE
PLACE 48 DÉPARTEMENTS
EN VIGILANCE ORANGE
TUNISIE TRENTE-CINQ CORPS
DE MIGRANTS REPÊCHÉS EN MER
LA PHOTO DU JOUR
Trente-cinq corps de migrants ont
été repêchés et soixante-huit personnes ont été secourues au large du sud
de la Tunisie, selon un bilan provisoire. Parmi les rescapés figurent des
Tunisiens et sept ressortissants de
Côte-d’Ivoire, du Mali, du Maroc et
du Cameroun. Après un pic en septembre et o ctobre derniers, les
départs ont baissé fin 2017, mais
« depuis janvier cette pause a pris
fin », selon Matt Herbert, chercheur
au sein de l’Initiative mondiale contre le crime organisé transnational.
Météo-France a placé 48 départements de l’ouest, du centre et de l’est
du pays en « vigilance orange » dimanche, prévenant du risque d’orages violents, de fortes pluies et donc d’inondations. La foudre devait d’abord
frapper toute la façade atlantique
avant de traverser le pays en direction
de l’est. Météo-France prévoyait
« localement des inondations éclairs ».
PROCÈS MÉLINA BOUGHEDIR
CONDAMNÉE A PERPÉTUITÉ
// 13
Castres, champion de France, célèbre le rugby des territoires
AFP
NICARAGUA LA VIOLENCE
SE POURSUIT EN PROVINCE
La Française Mélina Boughedir a été
condamnée dimanche à la perpétuité
pour avoir rejoint le groupe Etat islamique (EI), après avoir été déclarée
libérable à l’issue d’un premier procès en février. Samedi, l’un de ses avocats français, William Bourdon, avait
affirmé à l’AFP qu’il existait de « lourdes interrogations sur les pressions qui
auraient été exercées par la France
pour provoquer un nouveau procès ».
Six morts, dont un Américain de
48 ans, plusieurs blessés, des arrestations et des dégâts matériels : la violence s’est poursuivie samedi au
Nicaragua, où la ville de Masaya, près
de la capitale Managua, a connu de
nouveaux et violents affrontements
entre manifestants et police antiémeute. Le pape François a demandé
dimanche la reprise du dialogue dans
le pays, secoué depuis plus d’un mois
par des manifestations meurtrières.
ÉTATS-UNIS PAS DE RÉPIT POUR
PYONGYANG ASSURE, LE CHEF
DU PENTAGONE
Plusieurs milliers de personnes, vêtues aux couleurs du Castres Olympique, se sont massées, dimanche en début d’aprèsmidi dans le centre de la sous-préfecture du Tarn, pour accueillir le bouclier de Brennus et leurs champions, qui ont arraché
samedi soir un 5e titre de champion de France à l’issue des phases finales du Top 14 contre Montpellier. Propriété des Laboratoires Pierre Fabre, implantés à Castres, et 11e budget, le CO a fait briller le rugby des territoires.
SEINE-ET-MARNE DES PARENTS
D’ÉLÈVES APPROUVENT LE PORT
DE L’UNIFORME À L’ÉCOLE
JUSTICE SARKOZY DEMANDE
L’ANNULATION DE SA MISE
EN EXAMEN
Nicolas Sarkozy a demandé à la justice d’annuler pour vices de procédure sa mise en examen prononcée
en mars dans l’enquête sur des soupçons de financement libyen entourant sa campagne présidentielle de
2007. Selon le « JDD », l’avocat de
l ’a n c i e n p r é s i d e n t , M e T h i e r r y
Herzog, a saisi mercredi la chambre
de l’instruction de la cour d’appel de
Paris en ce sens.
AFP
Photo : Eric Cabanis/AFP
Une majorité de parents d’élèves (plus
de 62 %) des écoles élémentaires de
Provins s’est prononcée en faveur du
port, non obligatoire, de l’uniforme
lors d’une consultation organisée par
la mairie LR de cette ville de Seine-etMarne. Au retour des vacances de la
Toussaint, les élèves des six écoles
élémentaires de la ville porteront un
uniforme dont le coût sera, selon le
maire, « au maximum », de 145 euros.
La Corée du Nord ne connaîtra de
répit sur le front des sanctions que
quand elle aura pris des mesures
« irréversibles » vers la dénucléarisation, a déclaré dimanche à Singapour
le secrétaire américain à la Défense
Jim Mattis, lors d’une conférence sur
la sécurité. Le sommet entre le président Trump et Kim Jong-un le 12 juin
prochain a été confirmé vendredi par
la Maison Blanche.
JORDANIE MANIFESTATIONS
CONTRE LES HAUSSES DE PRIX
La Jordanie est le théâtre depuis plusieurs nuits de manifestations contre
des hausses de prix et un projet de loi
augmentant les impôts, alors
qu’Amman est sous pression du FMI
pour entreprendre des réformes économiques structurelles. Le roi Abdallah II a appelé à « un dialogue national
global et raisonnable ».
VENEZUELA LE RÉGIME LIBÈRE
DES DÉTENUS POLITIQUES
LOGEMENT LES DÉPUTÉS
VOTENT POUR FACILITER
LA VENTE DES HLM
Les députés ont voté dimanche un
article visant à faciliter la vente de
logements sociaux pour atteindre les
40.000 ventes par an, contre 8.000
actuellement, et dégager, selon le gouvernement, des fonds pour créer de
nouveaux logements. L’article, intégré dans le projet de loi Elan, débattu
en première lecture à l’Assemblée, a
été adopté après de longs débats.
Quarante opposants vénézuéliens
emprisonnés ont été libérés samedi,
dans un nouveau geste d’apaisement
du présiden t so cialiste Nicolas
Maduro, qui porte à 80 en deux jours
le nombre d’opposants remis en
liberté. Ces mesures interviennent
alors que Nicolas Maduro est sous
forte pression internationale après sa
réélection contestée à un nouveau
mandat présidentiel le 20 mai.
ON EN PARLE AU CAIRE
Le rêve pharaonique du président Al Sissi
Abdel Fattah Al Sissi a entamé son deuxième mandat à la tête de l’Egypte.
Jacques Hubert-Rodier
@jhrodier
chal Al Sissi, ancien patron des
services de renseignements
militaires, a prêté serment pour
un deuxième mandat de quatre
ans, en principe le dernier selon
la Constitution.
a cité de rêve ! Un projet
pharaonique ! En 2015 le
gouvernement du président Abdel Fattah Al Sissi avait
annoncé l’un des plus grands
projets urbains au MoyenOrient : la construction à une
soixantaine de kilomètres à l’est
du Caire d’une nouvelle capitale
administrative pour décongestionner l’actuelle capitale de
18 millions d’habitants. Un projet à 40 milliards de dollars,
avec notamment la réalisation
de 1.250 mosquées et églises, un
centre de conf érences de
5.000 sièges, 2.000 écoles, des
universités… Samedi, devant le
Parlement du Caire, le maré-
L
Régime autoritaire
En mars, il avait été réélu, sans
opposant réel, à l’exception d’un
candidat de dernière minute,
avec plus de 97 % des voix, mais
une forte abstention. Il est plus
que jamais déterminé à poursuivre la construction de sa nouvelle capitale, qui devrait
accueillir quelque 6,5 millions
d’habitants et où les institutions
commenceront à déménager en
2019. Al Sissi, arrivé au pouvoir
en juillet 2013 à l’issue d’un coup
d’Etat appuyé par une révolte
populaire contre la dérive islamiste du pouvoir en place,
renoue avec les régimes autoritaires, comme celui d’Hosni
Moubarak. Après avoir réprimé
les Frères musulmans et fait
emprisonner l’ancien président
islamique destitué Mohamed
Morsi, le gouvernement égyptien a poursuivi la répression
contre ses opposants.
D ’a p r è s H u m a n R i g h t s
Watch (HRW), la police a mené
ces derniers jours des raids nocturnes contre des activistes de la
société civile. « Le message est
clair : toute critique, même ironique, mène directement à la prison », affirme Sarah Leah Whitson, directrice de l’ONG pour le
2
25
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MARDI
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MICHEL GROSSIORD REÇOIT
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PATRICK KANNER
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Président du groupe socialiste au Sénat
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dans L’ÉPREUVE DE VÉRITÉ
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MERCRED
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CE LUNDI À 18H SUR PUBLIC SÉNAT
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TOUS LES MOMENTS FORTS SUR RADIO CLASSIQUE
AVEC :
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MARDI
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REDIFFUSION À 22H45
Moyen-Orient et l’Afrique du
Nord. Selon l’AFP, la vague
d’arrestations actuelle reflète les
craintes du pouvoir face à de
possibles mouvements sociaux.
Cette agitation tient largement
au fait que ni les réformes lancées par le régime ni la reprise
économique (5,2 % de croissance espérée en 2018, après
4,2 % en 2017) n’ont amélioré le
sort de la population. Le FMI
doit prochainement décaisser
une tranche de prêts de 2 milliards de dollars, qui portera
ainsi à 8 milliards le montant
déjà engagé dans le cadre d’un
plan de 12 milliards annoncé en
novembre 2016. Mais les contraintes financières ne stopperont pas le rêve de Pharaon. n
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Lundi 4 juin 2018
www.lesechos.fr
Le groupe
immobilier
américain
a finalement
accepté de payer
les intérêts
de sa dette. // P. 28
DEVISES EUR/GBP 0,874 EUR/JPY 1,2771 EUR/CHF 1,1528 GBP/USD 1,3345 USD/JPY 1,095 USD/CHF 0,9884 TAUX EONIA -0,353 LIFFE EURIBOR 3 MOIS -0,321 OAT 10 ANS 0,6618 T-BONDS 10 ANS 2,8553
INDUSTRIE & SERVICES
AIR FRANCE-KLM
DERNIÈRE HEURE
AccorHotels convoite
la participation de l’Etat. // P. 16
Harold Cunningham/AFP
FIAT CHRYSLER
Le groupe fixe le cap pour l’aprèsMarchionne. // P. 17
Réforme de l’audiovisuel public :
ce qui se prépare
La ministre de la Culture
dévoile ce lundi les grandes
orientations de la réforme,
notamment sur l’offre en
région.
Thierry Ogier
— Correspondant à São Paulo
MICHELIN
Marina Alcaraz
@marina_alcaraz
Le manufacturier part
en guerre contre l’obsolescence
programmée. // P. 18
AGRICULTURE
Boom de l’emploi chez les acteurs
du bio. // P. 19
SAMSONITE
Le PDG démissionne
sous la pression d’un fonds.
// P. 19 ET « CRIBLE » P. 33
PHARMACIE
Nouvelles avancées dans la lutte
contre le cancer du sein. // P. 20
HIGH-TECH & MÉDIAS
CYBERSÉCURITÉ
Insécurité, villes connectées :
le boom du marché des caméras
de surveillance. // P. 21
AUDIOVISUEL
SFR et Orange prêts à rapprocher
leurs chaînes cinéma et séries.
// P. 22
START-UP
TOURISME
PerfectStay lève 15 millions pour
bousculer la distribution de voyages
à l’international. // P. 23
Benoît Decout/RÉA
PME & RÉGIONS
ALIMENTATION
Sushis, yakitoris, champignons
shiitakés : les industriels se mettent
à la cuisine japonaise. // P. 24
La réforme de l’audiovisuel public est sur
les rails. Après un travail préparatoire,
mené depuis l’automne par les patrons des
groupes, le ministère de la Culture, les
experts audiovisuels rattachés au départ à
Cap 2022 (un comité qui travaille plus
généralement sur la transformation de
l’action publique) et des députés, Françoise Nyssen va annoncer les orientations
retenues.
L’objectif est ambitieux : transformer en
profondeur l’audiovisuel public. La ministre
devrait annoncer les grands axes : investir
davantage dans le numérique, créer une
offre publique très distinctive, conserver un
soutien fort à la création et renforcer l’offre
de proximité. Le tout en accentuant les collaborations. « L’idée est de penser média global
avec un fort axe numérique », dit un proche
du dossier. Le gouvernement s’est beaucoup
inspiré de l’exemple de la BBC. A priori, Françoise Nyssen ne devrait pas détailler les
mesures à prendre pour parvenir à ses objectifs. A charge pour les sociétés de l’audiovisuel de plancher sur le sujet d’ici au milieu de
l’été. La dernière phase sera législative.
Une mission va être installée pour travailler avec les patrons des groupes et, via des
concertations, sur ces sujets. En particulier
sur le devenir de France O (la chaîne de
l’outre-mer), sur l’audiovisuel extérieur et la
mise en place des coopérations entre
France TV et Radio France pour renforcer
l’offre de proximité. Selon nos informations
– recoupant celles du « Journal du dimanche » –, cette mission doit être confiée à
Catherine Smadja (chargée de mission au
ministère de la Culture), Marc Tessier
(ancien président de France TV), Isabelle
Giordano (directrice d’UniFrance), Claire
Leproust (fondatrice de Fablabchannel) et
Frédéric Lenica (ex-directeur du Conseil
supérieur de l’audiovisuel).
Françoise Nyssen (à gauche), ministre de la Culture, et Delphine Ernotte,
présidente de France Télévisions. Photo Erez Lichtfeld/Sipa
Pas sûr que la question des économies
– bien que cruciale – soit abordée ce lundi.
« Le problème, c’est que, dès que l’on parle
chiffres, cela occulte tout le reste », dit un
proche du gouvernement. Mais il semble
qu’à ce stade les efforts demandés soient
moins importants que ce qui était initialement envisagé. « A priori, ce devrait être
bien moins de 500 millions d’euros d’ici à
2022. La Culture a gagné des premiers arbitrages », indique un connaisseur du dossier. La question de la gouvernance, non
plus, ne devrait pas être au centre du débat
lundi.
Média quotidien régional
Si le scénario d’ensemble devrait rester
assez général, son impact sera loin d’être
neutre. « L’idée, par exemple, est que Radio
France et France TV produisent ensemble du
contenu, comme pour la chaîne Franceinfo,
et ce en région pour le décliner en TV, radio et
numérique dans un média quotidien régional, dit une source bien informée. Cela peut
donc avoir des conséquences importantes sur
leur schéma d’organisation. » Les deux groupes ont déjà annoncé des matinales communes dans plusieurs villes à la rentrée. La
ministre pourrait aussi dire que des chaînes
hertziennes pourraient être remises en
question. L’une des possibilités est que
France 4, la chaîne jeunesse et famille, et
France O passent en numérique.
Les arbitrages anticipés inquiètent. Le
Syndicat des producteurs de films d’animation a d’ailleurs lancé une campagne de
communication pour « sauver » France 4.
Toutefois « pour préserver l’investissement
dans l’animation, les moyens pourraient être
réalloués sur d’autres chaînes, voire carrément d’autres groupes comme Arte », nuance
un bon connaisseur. n
FINANCE & MARCHÉS
PAIEMENT
// P. 26
Les marchés sous tension. // P. 28
Systèmes de stockage automatisés
CHANGES
JP Morgan leader du plus grand
marché du monde. // P. 29
LES ÉCHOS BUSINESS
CARNET // P. 32
SUR
DANS
« LA CHRONIQUE
BOURSE »
À 12H ET 17H35
DU LUNDI AU VENDREDI
La grève des routiers aura finalement
coûté très cher à Petrobras. En un peu
plus de dix jours, l’entreprise publique
pétrolière aura chuté de plus d’un tiers
en Bourse et perdu son PDG.
A l’issue de la grève, le mouvement
social a arraché une réduction de 10 %
du gazole, ainsi qu’une série de concessions. Le PDG, Pedro Parente, a considéré que cela violait la règle d’or de
l’entreprise : celle de pouvoir déterminer les prix du carburant sans ingérence de l’Etat. Il avait déjà prévenu
durant la crise : s’il s’agit de remettre en
cause la politique des prix de Petrobras,
alignée sur le marché du pétrole et le
cours du dollar, il faudra le faire sans lui.
« La grève des chauffeurs de camions et
ses graves conséquences pour la vie du
pays ont déclenché un débat intense et
parfois plein d’émotion sur les origines de
la crise et remis en cause la politique des
prix de Petrobras », a-t-il écrit dans sa lettre de démission. Avant de conclure :
« Ma présence à la tête de Petrobras n’est
plus positive. »
Pedro Parente était
reconnu pour avoir remis
sur pied le géant pétrolier,
après une grave crise
de corruption.
Nommé par le président conservateur Michel Temer il y a deux ans, Pedro
Parente était considéré par les investisseurs comme le garant de l’orthodoxie. Il
était également reconnu pour avoir
remis sur pied le géant pétrolier, après
une grave crise de corruption. Les
comptes étaient repassés au vert au premier trimestre de cette année et l’endettement paraissait maîtrisé, à mesure
que se poursuivait un programme de
désinvestissement. Petrobras avait aussi
conclu une série d’alliances stratégiques, notamment avec Total. La production a atteint récemment 2,68 millions
de barils équivalent pétrole par jour.
Solution de continuité
BPCE s’allie à TransferWise pour
les envois d’argent internationaux.
MATIÈRES PREMIÈRES
Petrobras
ébranlé par
la démission
de son patron
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Cette trajectoire vertueuse pourrait être
interrompue. « Il est possible que le
départ de Parente indique que l’amélioration des politiques financières de Petrobras soit remise en question », juge
Nymia Almeida, vice-présidente de
l’agence de notation Moodys. De son
côté, Fitch redoute « le retour à une plus
grande ingérence politique dans la stratégie de Petrobras […], qui pourrait remettre
en cause ses objectifs de désendettement ».
Pour tenter de rassurer les investisseurs, le gouvernement a promu le
directeur financier de Petrobras, Ivan
Monteiro, à la présidence. C’est lui qui
avait piloté un vaste plan de vente
d’actifs, qui a injecté 13,5 milliards de
dollars dans les coffres de Petrobras
depuis 2016. A partir de lundi, il sera en
première ligne pour rétablir la confiance des marchés.
Mais, au-delà de Petrobras, la crise a
mis en évidence la fragilité du gouvernement de Michel Temer, déjà affaibli
par de nombreuses accusations de corruption. Le pouvoir a cédé très tôt aux
grévistes en accordant des subventions
aux routiers, sans parvenir à mettre un
terme à une grève qui a désorganisé
l’économie. n
DR
Hovnanian renonce à déclencher
artificiellement son CDS
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
16 //
Lundi 4 juin 2018 Les Echos
INDUSTRIE
&SERVICES Air France-KLM : AccorHotels
convoite la participation de l’Etat
à suivre
l Le groupe hôtelier aurait proposé d’acheter les 14,3 % détenus par l’Etat.
l Les discussions qui viennent de s’engager explorent trois scénarios.
AÉRIEN
Xavier Popy/RÉA
François Vidal
@Vidal110
Les matelas Dunlopillo et Treca
vont supprimer 14 % de leurs effectifs
LITERIE Adova, le propriétaire des matelas Simmons, Dunlopillo et Treca va supprimer 191 postes en France, soit près de
14 % du total de ses effectifs, selon l’AFP. Ce projet se traduirait
par 155 départs contraints, le reste devant faire l’objet de départs
volontaires et de reclassements internes. La restructuration,
qui va concerner la production et les services commerciaux est
une « étape nécessaire » pour assurer « la relance et la pérennité
du groupe », a justifié le président d’Adova, Jacques Schaffnit
dans une lettre aux salariés. Le groupe, repris à la barre du tribunal en 2016 par le fonds Perceva, a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires de 200 millions d’euros
Castorama : les syndicats signent
l’accord sur les suppressions de postes
DISTRIBUTION Un accord majoritaire entre syndicats et direction a été signé vendredi chez Castorama et Bricot Dépôt, entérinant la suppression de 409 postes en France dans le cadre de
délocalisation de services de comptabilité en Pologne. « La
direction de Brico Dépôt France a signé un accord avec trois organisations syndicales sur quatre, rendant cet accord majoritaire ; la
direction de Castorama France a signé un accord avec toutes les
organisations syndicales », a annoncé dans un communiqué la
direction des ressources humaines de Kingfisher France, propriétaire des deux enseignes.
L’assemblée générale de Total
envahie par l’ONG Greenpeace
ÉNERGIE L’assemblée générale du groupe pétrolier Total, vendredi, a été perturbée par l’ONG Greenpeace venue protester
contre un projet de forage du groupe à l’embouchure du fleuve
Amazone, au large du Brésil. L’Institut brésilien pour l’environnement (Ibama) a une nouvelle fois demandé mardi au groupe
français de revoir sa copie, considérant les études d’impact
environnemental « insuffisantes ». « On a quatre mois pour
répondre, on nous demande de faire des études complémentaires
et on va les faire », a indiqué le PDG de Total, Patrick Pouyanné.
V I T I C U LT U R E Q u e l q u e
3.500 hectares de vignes du
Cognac ont été détruits à 80 %
par la grêle fin mai, a indiqué
vendredi la préfecture de
Nouvelle-Aquitaine, à l’issue
d ’u n e r é u n i o n ave c l e s
acteurs. Devant la fréquence
des aléas climatiques dans
le vignoble charentais
(70.000 hectares), la filière a
demandé une amélioration
du « contrat-socle » des assurances récolte, contrat aidé à
hauteur de 65 % par l’Union
européenne ».
Le PDG d’AccorHotels, Sébastien Bazin. Photo Eric Piermont/AFP
Lors de l’introduction
en Bourse d’Air France
en 1999, l’idée
d’une entrée au capital
d’Accor avait déjà
été évoquée.
Un coup de tonnerre
Georges Gobet/AFP
3.500 hectares
de Cognac
touchés
par la grêle
Et si Air France-KLM volait de ses
propres ailes ? Officiellement, le
sujet n’est pas d’actualité. L’Etat
actionnaire et les autres membres
du conseil de la compagnie affirment n’avoir qu’une chose en tête :
trouver un nouveau PDG pour
reprendre les commandes du
groupe franco-néerlandais après le
départ précipité de Jean-Marc
Janaillac. Une « chasse » a d’ailleurs
été lancée au lendemain de l’assemblée générale du 15 mai pour trouver l’oiseau rare, avec pour objectif
de sortir dès que possible de la crise
de gouvernance déclenchée par le
référendum salarial perdu à la surprise générale par l’ancien PDG
début mai.
Mais, en coulisse, un scénario
beaucoup plus ambitieux serait à
l’étude. Afin de régler le « cas Air
France » une fois pour toutes, l’Etat
envisagerait de se défaire de tout ou
partie de ses 14,3 % au capital du
groupe franco-néerlandais. Selon
nos informations, il en étudierait en
tout cas sérieusement la possibilité,
depuis que les dirigeants d’AccorHotels ont manifesté leur intérêt
pour sa participation. Le processus
ne fait que débuter et, côté Etat
actionnaire, on ne se serait pas
encore fait une religion sur le sujet.
Certains refusent en effet de s’engager dans cette voie sans l’accord du
conseil d’Air France-KLM. Mais des
discussions auraient bel et bien été
entamées pour définir la forme que
pourrait prendre une éventuelle
opération. Au sein de l’exécutif
comme dans l’entourage du leader
mondial de l’hôtellerie hors EtatsUnis, on se refusait dimanche à tout
commentaire.
Il faut dire que le dossier est extrêmement sensible. Depuis la naissance d’Air France, la puissance
publique a toujours été l’actionnaire
dominant de la compagnie nationale. Rien n’est encore fait, mais si
les négociations en cours devaient
aboutir, ce serait donc un véritable
coup de tonnerre. Pour Air FranceKLM, bien sûr. Privée du parapluie
public sous lequel s’abrite un certain
nombre de ses salariés pour résister
à toute réforme d’envergure, l’entreprise n’aurait plus d’autre choix que
de s’adapter pour de bon à un environnement devenu hyperconcurrentiel. A l’échelle du pays, ensuite.
Dans la foulée de la réforme ferroviaire, cela confirmerait la volonté
du gouvernement de montrer
que ce n’est plus au contribuable
de financer éternellement les
déficits d’entreprises certes emblé-
Bazin. Sur le papier, cette troisième
solution présente plusieurs avantages. Pour l’Etat actionnaire, d’abord.
Puisqu’il pourrait espérer retrouver
une partie de sa mise, alors que la
capitalisation boursière du transporteur aérien a fondu de moitié
depuis le début de l’année. Pour les
deux parties, ensuite. Puisque en
restant actionnaire du nouvel
ensemble, l’Etat ferait coup double.
Il garderait un droit de regard sur
l’avenir d’Air France-KLM, tout en
sécurisant le tour de table d’AccorHotels, un champion français. De
quoi revêtir l’opération des habits
du patriotisme économique.
Quant au management d’Accor, il
y trouverait un soutien actionnarial
bienvenu, alors que le capital du
groupe est loin d’être verrouillé, et
qu’il doit faire face aux ambitions de
son premier actionnaire, le chinois
Jinjiang, par ailleurs l’un de ses
grands concurrents.
matiques mais insuffisamment
compétitives.
Selon nos informations, trois
options seraient aujourd’hui sur la
table. La première consisterait en
un rachat par Accor de la totalité des
titres détenus de l’Etat. Elle présente
l’avantage de couper le cordon
ombilical dont l’existence rend si
ambigu le statut de la compagnie.
Mais le coût politique de ce qui
pourrait être interprété comme le
lâchage d’un fleuron en difficulté
serait sans doute élevé. La deuxième
option, celle d’une cession partielle,
réglerait ce point. Mais, à l’inverse,
elle maintiendrait le lien entre l’Etat
et l’entreprise…
Patriotisme économique
C’est pourquoi une troisième option
tiendrait actuellement la corde. Il
s’agit d’un swap dans lequel l’Etat
recevrait des actions AccorHotels
en échange de ses titres Air FranceKLM. Aux cours actuels, il récupérerait un peu plus de 3 % du capital
du groupe dirigé par Sébastien
Mais, pour le groupe hôtelier,
l’intérêt de ce rapprochement est
aussi et peut-être surtout industriel.
Engagé dans une profonde transformation depuis quelques années à
l’initiative de son PDG, Sébastien
Bazin, le champion français ne
cesse d’élargir son offre aux voyageurs. Dans ce cadre, une alliance
capitalistique avec le transporteur
aérien permettrait de compléter le
dispositif. D’autant que les deux
groupes se connaissent bien. Lors
de l’introduction en Bourse d’Air
France en 1999, l’idée d’une entrée
au capital d’Accor avait déjà été évoquée. Depuis, les deux opérateurs
ont pris l’habitude de développer
des partenariats commerciaux.
Mais, à l’heure de la révolution digitale, cette prise de participation permettrait d’aller beaucoup plus loin
dans l’échange de données, la connaissance des clients et l’enrichissement de l’offre des deux partenaires.
De quoi concurrencer les Booking
et autres Expedia en proposant par
exemple des offres avion plus hôtel.
Et de prétendre au titre de champion européen du voyage.
Avant d’en arriver là, de nombreux obstacles restent toutefois
à franchir : politique, juridique,
financier ou encore de gouvernance. Il faudra aussi convaincre le
management de la compagnie
aérienne, ce qui serait loin d’être
acquis, selon certains. Et, pendant
ce temps, Air France-KLM est en
pilotage automatique… n
Un champion de l’hôtellerie qui se sent pousser des ailes
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ENTREPRISE SPECIALISEE DANS CONCEPTION, FABRICATION ET
COMMERCIALISATION DE CAPTEURS DANS LES TECHNOLOGIES
DE L’ENERGIE – SAVOIE
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RETROUVEZ UNE SÉLECTION
D’ANNONCES SUR :
reprise-entreprise.lesechos.fr
Sous l’impulsion de son
patron, Sébastien Bazin, le
géant français des hôtels
toutes catégories, se veut
aujourd’hui un opérateur
diversifié du voyage.
Antoine Boudet
@Aboudet
Egrener la liste des acquisitions et
des opérations financières réalisées
par le groupe AccorHotels au fil des
mois, ces dernières années, relèverait d’un inventaire à la Prévert fastidieux. Mais il suffit d’en citer quelques-unes pour comprendre le
mouvement stratégique du champion français de l’hôtel lerie
impulsé par son PDG, Sébastien
Bazin. A la tête du groupe depuis la
fin août 2013, l’ex-patron de Colony
Capital Europe n’a eu de cesse, en
effet, de faire prendre une nouvelle
dimension au pionnier de l’hôtellerie de chaîne fondé p ar Paul
Dubrule et Gérard Pélisson à la fin
des années 1960. Parmi les dernières acquisitions en date, celle en
avril dernier de 50 % du capital de la
société sud-africaine Mantis, spécialiste de l’hébergement et du
voyage d’exception. Une opération
qui n’est pas sans rappeler la prise
de contrôle, deux ans plus tôt, de la
plate-forme d’offres de location de
résidences de luxe avec services de
conciergerie Onefinestay.
En l’espace de quatre ans, AccorHotels a ainsi déboursé pas moins
600
MILLIONS D’EUROS
La somme investie par le
groupe depuis quatre ans
dans de nouvelles activités.
de 600 millions d’euros dans
l’acquisition de sociétés afin de
développer de nouvelles activités
autour de son métier historique. Ce
qui n’a pas empêché le groupe
d’investir lourdement pour se hisser sur la deuxième marche du
podium de l’hôtellerie de luxe – derrière l’américain Marriott – avec le
rachat, conclu fin 2015, des chaînes
Fairmont, Raffles et Swissôtel, pour
2,6 milliards d’euros. Le champion
français a aussi mis près de
780 millions pour acheter son principal concurrent en Australie, Mantra, et s’apprête à absorber le suisse
Mövenpick.
S’affirmant désormais comme
un opérateur diversifié du voyage,
AccorHotels s’est aussi renforcé
dans la restauration, avec le rachat
en avril 2018 de la plate-forme de
réservation ResDiary, pour un
montant non précisé. En mars 2017,
le groupe avait fait son retour dans
l’activité traiteur en prenant 40 %
du capital de Potel et Chabot, et en
juin de la même année, acquis 31 %
de Noctis, un poids lourd de l’événementiel. n
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INDUSTRIE & SERVICES // 17
Les Echos Lundi 4 juin 2018
Fiat Chrysler fixe le cap pour l’après-Marchionne
AUTOMOBILE
Le groupe met l’accent
sur le premium et les
SUV, et se lance enfin
dans l’électrification
des gammes.
Le patron du groupe
tirera sa révérence
l’an prochain.
Julien Dupont-Calbo
@jdupontcalbo
Pour lire son testament, Sergio
Marchionne a tenu à porter une
chemise et une cravate sous son
blouson. Une exception pour cet
adepte du duo polo - pull-over, ont
relevé les équipes de celui qui reste
administrateur délégué de Fiat
Chrysler jusqu’au printemps prochain.
L’homme de confiance de la
famille Agnelli avait promis une
cravate s’il parvenait à remettre les
comptes du constructeur dans le
vert. Ce sera fait fin juin, affirme Sergio Marchionne, qui présentait vendredi son dernier plan stratégique.
Exit donc la dette de la branche
automobile de FCA, qui s’élevait
encore à 7,7 milliards d’euros en
2014 et 2,4 milliards fin décembre.
« Ce désendettement va totalement
changer la manière dont le groupe est
perçu », a martelé le dirigeant.
En attendant une hypothétique
vente de FCA, l’un des plus grands
serpents de mer de l’industrie, Sergio Marchionne a annoncé son premier dividende depuis quatre ans
Les chiffres clefs
tout en détaillant longuement sa
vision pour Jeep, RAM, Alfa Romeo
et Maserati, « qui pèsent la part la
plus importante des revenus et des
bénéfices », dit-il.
N’en déplaise à Fiat et à Chrysler,
les marques grand public historiques, qui ont été à peine évoquées,
le groupe mise sur le premium et les
SUV pour atteindre ses objectifs
financiers à l’horizon 2022 : une
marge opérationnelle comprise
entre 9 % et 11 % (contre 6,3 % en
2017), une croissance moyenne du
chiffre d’affaires annuel de 7 % et un
« free cash-flow » dans la fourchette de 7,5 à 10 milliards d’euros
(contre 1,5 milliard l’an dernier).
De fait, Jeep, Alfa Romeo, Maserati et RAM – des gigantesques SUV
à l’américaine – doivent représenter
80 % des ventes totales du groupe
dans quatre ans, soit 15 % de plus
80 %
LA PART DES MARQUES
PREMIUM
Jeep, Alfa Romeo, Maserati
et RAM dans les ventes
totales du groupe
à horizon 2022.
9
MILLIARDS
D’EUROS
Les investissements prévus
par FCA dans l’électrification
de ses gammes au cours des
quatre prochaines années.
Exit la dette de la
branche automobile
de FCA, qui s’élevait
encore à 7,7 milliards
d’euros en 2014.
que l’an dernier. Sergio Marchionne
a d’ailleurs affirmé que Maserati et
Alfa, qui pourraient un jour faire
l’objet d’un spin-off, comme Ferrari,
« faisaient partie intégrante du portefeuille » de FCA.
« En théorie, cette stratégie premium a le mérite de mener le groupe
vers de meilleures marges. Mais sa
réussite dépend des clients. Jusque-là, la demande n’a pas toujours
été au niveau espéré », relève Ian
Fletcher, chez IHS. Si Jeep cartonne,
John Elkann s’amuse de la cravate de Sergio Marchionne, le patron de Fiat Chrysler,
qui a présenté son dernier plan stratégique. Photo Luca Bruno/AP/Sipa
Maserati et surtout Alfa Romeo ont
plus de peine en concession… « Lors
de la relance d’Alfa, nous avons sousestimé la réaction de la concurrence
allemande. Percer dans le premium
est plus difficile que prévu », a admis
le patron italien.
Côté technologie, FCA prévoit
d’investir 9 milliards en quatre ans
dans l’électrification de ses gammes, un domaine dans lequel il a
pris beaucoup de retard – comme
dans le combat contre la pollution.
« Le groupe a dû faire face à des questions urgentes, comme la relance
d’Alfa Romeo et Maserati, l’expansion de Jeep ou le futur de Fiat »,
explique Felipe Munoz, chez Jato
Dynamics.
Pour passer les normes environnementales et éviter une lourde
amende à Bruxelles, le construc-
teur table sur 20 % de ses ventes
européennes en 2022 avec des voitures électriques ou plug-in hybrides, 40 % avec une hybridation
légère, le reste demeurant essence
ou diesel.
Partenariats dans la mobilité
Au passage, Maserati se dotera d’un
moteur électrique Ferrari, Fiat
abandonnera le diesel dans les voi-
tures particulières d’ici à 2021. Ce
qui mettra sous pression son appareil industriel italien.
Alors que FCA a annoncé jeudi
q u’ i l a l l a i t f o u r n i r j u s q u’à
62.000 véhicules à Waymo, la branche robot-taxi de Google, le groupe
entend s’appuyer sur des partenariats dans le domaine de la conduite
sans chauffeur. « Savoir fabriquer
un véhicule ne fait pas de vous un
fournisseur de mobilité ou un gestionnaire de flotte de robots-taxis »,
tranche Harald Wester, le patron de
la R&D. Quand les premières
Jeep autonomes fouleront la route,
Sergio Marchionne, soixante-cinq
ans, ne sera plus chez FCA. Mais sa
succession « sera le sujet de 2019,
dit-il. En parler maintenant, c’est de
la distraction ». n
PRIX DE L’INVENTEUR EUROPEEN 2018
L’OFFICE EUROPEEN DES BREVETS
HONORE D’EMINENTS INVENTEURS
L’OEB REND HONNEUR
AUX INVENTEURS D’EXCEPTION
Les inventeurs sont des pionniers aux frontières des sciences et
de l’ingénierie. Leurs inventions créent des emplois et contribuent
à la compétitivité ainsi qu’à la croissance économique. Leur génie,
leurs visions et leur détermination à toute épreuve améliorent
notre quotidien.
Les brevets aident les inventeurs à couvrir leurs investissements et
récompensent leurs efforts de développement.
1
2
3
4
5
Parmi les centaines de propositions que l’Office européen des brevets
reçoit chaque année, le jury du Prix retient quinze finalistes. Le Prix
de l’inventeur européen sera décerné aux inventeurs les plus brillants
de notre époque, le 7 juin à Saint-Germain-en-Laye.
15 FINALISTES DANS 5 CATEGORIES
INDUSTRIE
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
1 Erik Loopstra et Vadim Banine Lithographie par
ultraviolets extrêmes 2 Agnès Poulbot et Jacques Barraud† Bande
de roulement auto-régénérante 3 Gaute Munch, Erik Hansen et
équipe Robots programmables LEGO® RECHERCHE 4 Jens Frahm
Imagerie par résonance magnétique (IRM) plus rapide, en temps
réel 5 Eileen Ingham et John Fisher CBE Tissu donneur corporel sans
rejets 6 Jacek Jemielity, Joanna Kowalska, Edward Darżynkiewicz
et équipe Acide ribonucléique (ARN) messager stabilisant
PAYS NON MEMBRES DE L’OEB 7 Stephen Dewar, Philip Watts
et Frank Fish Turbines et ventilateurs inspirés par les baleines
8 Alex Kipman HoloLens : lunettes connectées en réalité mixte
9 Esther Sans Takeuchi Batteries pour redémarrer le cœur
PME 10 Mehrdad Mahdjoubi Douche en circuit fermé 11 Jane ní
Dhulchaointigh Sugru : colle modulable à usages multiples
12 Thomas Scheibel Soie d’araignée artificielle ŒUVRE D’UNE
VIE 13 Ursula Keller Lasers à impulsion ultra-rapides 14 Jacques
Lewiner Alarme incendie, connections Internet, cartes d’accès
sécurisées et beaucoup d’autres 15 Henrik Stiesdal Éolienne en mer
7 JUIN
EPO.ORG
SAINTGERMAINEN-LAYE
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18 // INDUSTRIE & SERVICES
Lundi 4 juin 2018 Les Echos
Michelin part en guerre contre
l’obsolescence programmée
l Le manufacturier a démontré que les pneus « premium » usés sont plus sûrs que les pneus « budget » neufs.
l Il milite pour que la performance des pneus usés soit aussi prise en compte dans l’homologation.
AUTOMOBILE
Anne Feitz
@afeitz
— A Ladoux (Puy-de-Dôme)
En bout de piste, les quatre véhicules
sont fin prêts. S’ils paraissent identiques à première vue, en réalité, ils ne
le sont pas tout à fait. Deux d’entre
eux sont équipés de pneus « premium » (gradés A), les deux autres
de pneus « budget », de moindre
qualité (gradés C). Et pour chacune
des deux catégories, un jeu de gommes est neuf, tandis que l’autre est
usé jusqu’à la corde – c’est-à-dire jusqu’au maximum légal. La démonstration démarre : chaque voiture
arrive à 65 km/h sur la piste trempée
et freine jusqu’à l’arrêt total. Le résultat est bluffant : la distance de freinage du pneu « premium » usé
(23,4 mètres) est inférieure à celle du
pneu « budget » neuf (24,1 mètres).
Nous sommes à côté de
Clermont-Ferrand, sur la piste
d’essais de Michelin, à Ladoux (Puyde-Dôme). Cette mise en scène a été
concoctée par le manufacturier et
ses résultats homologués par huissier, pour appuyer son discours
étonnant contre l’obsolescence programmée. « Les gens sont persuadés
qu’en changeant leurs pneus plus
souvent, ils sont plus en sécurité. Ces
tests montrent que c’est faux. Pourtant, alors que la loi interdit de rouler
avec des gommes dont la profondeur
des sculptures est inférieure à 1,6 millimètre, correspondant au témoin, en
moyenne les changements interviennent plutôt à 3 millimètres », explique Cyrille Roget, responsable technique de l’innovation du groupe.
Certains fabricants militent même
pour un relèvement des critères
d’usure maximum réglementaires
à 3 millimètres.
Véritable gâchis
Un véritable gâchis, argumente le
groupe, selon qui 128 millions de
pneus sont ainsi consommés inutilement chaque année en Europe (et
même 400 millions dans le monde),
entraînant 6,9 milliards d’euros de
dépenses inutiles par an pour les
consommateurs, et l’émission de
6,6 millions de tonnes de CO2. « Certains fabricants dans de nombreux
secteurs jouent la carte de l’obsolescence programmée. Chez Michelin,
nous avons fait le choix inverse, celui
de la “longévité programmée” : la
satisfaction de nos clients est primordiale », insiste Terry Gettys, le directeur de la R&D du groupe.
Soucieux d’apparaître comme
un champion de la mobilité durable, Michelin s’est lancé dans une
campagne sur les pneus usés
auprès des autorités et des associations de consommateurs. Avec pour
premier ambassadeur son président, Jean-Dominique Senard :
« C’est un sujet très important pour
moi. Je souhaite changer la réglementation européenne pour intro-
128
MILLIONS DE PNEUS
sont consommés inutilement
chaque année en Europe,
selon Michelin.
duire des critères sur les pneus usés,
alors qu’elle ne porte aujourd’hui que
sur les pneus neufs. Nous espérons
une inflexion dès 2018. » Un premier
pas a été franchi lors de la publication du « paquet mobilité » publié
mi-mai, dans lequel la Commission
européenne recommande que les
pneus usés soient évalués aussi lors
de leur homologation. « Le sujet est
à ce stade simplement évoqué, mais
c’est un premier pas important »,
c o m m e n t e Je a n - D o m i n i q u e
Senard.
Increvable
Avec ses pneus premium, Michelin
espère bien sûr en profiter et contrer les pneus bas de gamme en provenance de pays en développement,
qui commencent à déferler sur les
marchés mondiaux. En attendant
le pneu du futur, présenté par le
g r o u p e l ’a n d e r n i e r. B a p t i s é
« Vision », il s’agit d’une roue imprimée en 3D, sans air – donc increvable – et, surtout, destinée à rouler à
l’infini : en cas d’usure, il suffit de
redéposer un peu de gomme, et c’est
reparti pour un tour. n
Le manufacturier a décidé
de réunir tous les ans
le gotha de la mobilité lors
de son sommet Movin’On.
L’occasion pour lui de faire
passer ses messages.
« Je crois que le pari est réussi. » Dans
le conteneur qui lui sert de bureau à
Montréal, le président de Michelin,
Jean-Dominique Senard, paraît
épuisé mais satisfait. Depuis deux
jours, il reçoit toutes sortes d’invités
dans la ville québécoise : de grands
patrons français, Patrick Pouyanné
(Total), Isabelle Kocher (Engie),
Guillaume Pepy (SNCF), mais aussi
des dirigeants de groupes étrangers
(IBM, Cisco, Virgin Hyperloop One),
des acteurs publics ou des ONG
(Greenpeace, WWF).
Comme l’an dernier, le manufacturier avait organisé fin mai sur les
rives du Saint-Laurent un sommet
sur le thème de la mobilité durable,
héritier du Challenge Bibendum.
« Lancé par Edouard Michelin, le
Challenge Bibendum était centré sur
l’industrie automobile. Nous avons
voulu l’ouvrir sur un écosystème plus
large, en créant une nouvelle marque,
Movin’On », explique Jean-Dominique Senard, qui ne boude pas son
plaisir, lorsque certains évoquent
ANNLEGALECH
annonces judiciaires & légales
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
DEPARTEMENT DU VAL DE MARNE
VILLE DE SUCY-EN-BRIE
AVIS D’ENQUETE PUBLIQUE
PREALABLE AU DECLASSEMENT DU DOMAINE
PUBLIC DE LA COMMUNE D’UNE PORTION DE 54 M² DE
LA VOIE COMMUNALE MAURICE BERTEAUX ET
DU PARKING DIT « PARKING PLACE NATIONALE »
Par arrêté daté du mercredi 30 mai 2018, Madame le Maire de la ville de
Sucy-en-Brie a prescrit l’ouverture d’une enquête publique préalable au
déclassement, du domaine public de la commune, du lot A de la « ZAC
CENTRE VILLE », ce qui correspond à une portion de 54 m² de la voie
communale Maurice Berteaux et du parking dit « parking place nationale ».
L’enquête publique susvisée se déroulera
du vendredi 22 juin au vendredi 6 juillet inclus
Madame Nicole SOILLY, est désignée par Madame le Maire en qualité de
commissaire enquêteur.
Un dossier d’enquête publique ainsi qu’un registre d’enquête à feuillets non
mobiles, coté et paraphé par le commissaire enquêteur seront déposés à la
Mairie de Sucy-en-Brie à la Direction de l’Aménagement et du Développement
Durable, 2 av. Georges Pompidou pendant toute la durée de l’enquête de 9h00
à 12h et de 13h30 à 17h30 exceptés les samedis après-midi et dimanches.
Chacun pourra prendre connaissance du dossier d’enquête et consigner
éventuellement ses observations sur le registre d’enquête disponible en mairie,
ou bien adresser ses observations par voie postale à l’adresse suivante : Mairie
de Sucy-en-Brie, Madame Nicole SOILLY, Commissaire Enquêteur, 2 av. Georges
Pompidou 94 370 Sucy-en-Brie, ou encore par courriel à l’adresse suivante :
enquetepubliquedeclassement@ville-sucy.fr
Madame le Commissaire Enquêteur se tiendra également à la disposition
du public, en Mairie, à la Direction de l’Aménagement et du Développement
Durable, 2 av. Georges Pompidou 94 370 Sucy-en-Brie, pour recevoir les
observations du public aux dates suivantes :
• Vendredi 22 juin
2018 de 9h00 à 12h00
• Vendredi
6 juillet 2018 de 14h30 à 17h30
A l’issue de l’enquête, le rapport et les conclusions du Commissaire
Enquêteur seront adressés à Madame le Maire et mis à disposition du public en
Mairie à la Direction de l’Aménagement et du Développement Durable aux jours
et heures habituels d’ouverture pendant un an à compter de date de clôture de
l’enquête. Le rapport et les conclusions seront également mis en ligne sur le site
internet de la ville.
EP18-248
enquête-publique@publilegal.fr
La ligne de référence est de 40 signes en corps minimal de 6 points didot.
Le calibrage de l’annonce est établi de filet à filet.
Les départements habilités sont 75, 78, 91, 92, 93, 94, 95 et 69.
LES ECHOS SOCIÉTÉS - LE PUBLICATEUR LÉGAL - LA VIE JUDICIAIRE
un petit « Davos de la mobilité ».
Pour Michelin, c’est l’occasion de
présenter ses innovations. L’an dernier, il dévoilait son concept
« Vision » de pneu imprimé en 3D,
réutilisable indéfiniment.
Faire avancer ses combats
Cette année, il a annoncé deux nouveaux objectifs à l’horizon 2048 :
80 % de ses pneus seront fabriqués
à partir de matières renouvelables
ou recyclées (contre 28 %
aujourd’hui) ; et 100 % des pneus
dans le monde seront recyclés
(50 % à ce jour). « Un rêve raisonnable et réaliste », juge Jean-Domini-
que Senard, même s’il ne sera pas
évident de fédérer l’industrie du
pneu.
Movin’On lui a aussi permis de
faire avancer son combat contre
l’obsolescence programmée des
pneus. « C’est sans doute parce que
nous en avons parlé ici l’an dernier,
en présence de représentants de la
Commission européenne, qu’il a été
évoqué dans le dernier paquet mobilité il y a quelques jours », dit-il.
Movin’On a réuni cette année plus
de 4.000 participants. Désormais
annuel, le rendez-vous se tiendra
encore l’an prochain à Montréal.
— A. F., à Montréal
Jimmy Hamelin
Le groupe veut installer son rendez-vous de la mobilité
Encore au stade du concept, le pneu Vision présenté par Michelin
l’an dernier pourrait rouler à l’infini.
Galileo : la Grande-Bretagne
prise au piège du Brexit
britanniques participaient beaucoup au programme, fournissant
par exemple la charge utile des
satellites ou des logiciels de répartition des clefs de cryptage. L’Agence
spatiale européenne est en train
d’évaluer comment rapatrier ces
fabrications. « Cela entraînera peutêtre un surcoût et du temps, mais pas
au point de mettre en danger la constellation », dit-on dans l’entourage
de l’agence.
ESPACE
Le système de navigation par satellites
devient le symbole
du bras de fer qui
se joue entre Londres
et Bruxelles.
Anne Bauer
@annebauerbrux
Galileo, le système de navigation par
satellites, devient le symbole du bras
de fer qui se joue, entre Londres et
Bruxelles, autour du Brexit. La
Grande-Bretagne souhaite continuer à participer à cette aventure.
L’Union européenne s’en réjouit
mais rappelle qu’il faut d’abord
négocier les règles du départ avant
de fixer celles de réadmission. La
musique est connue : pas question
que Londres fasse son menu à la
carte, entre les dossiers qui l’intéressent et ceux dont elle ne veut plus.
Avec Galileo, l’alternative au GPS
américain, Londres commence à
comprendre que les règles de négociations sont dangereuses pour son
industrie. Pour protester contre sa
possible exclusion de Galileo, le gouvernement de Theresa May
empile les menaces : demander plus
La constellation Galileo
se veut une alternative au GPS
américain. Photo P. Carril/ESA
Une longue période
de négociation
de un milliard d’euros de remboursements ou bâtir une constellation
concurrente avec l’Australie. Dernière tentative, Londres avertit qu’il
interdira aux entreprises britanniques de continuer à travailler pour
Galileo après le Brexit, « ce qui retardera le programme européen de trois
ans et le renchérira de un milliard ».
Sécurité avant tout
A Bruxelles, les services de la Commission répliquent qu’ils ne négocieront pas « sous la menace ». Ils
nient toute volonté d’exclure l’industrie britannique du programme et
rappellent que le service de navigation – un investissement de plus de
10 milliards d’euros – est en accès
libre à l’exception d’une bande cryptée réservée aux gouvernements des
Etats membres. Pour mettre ce
réseau sécurisé à disposition de son
armée, la Grande-Bretagne devra
signer un accord avec l’UE. « Les Britanniques auront accès au signal
crypté pour peu qu’ils s’engagent à ne
pas divulguer ce service à n’importe
qui », explique-t-on à Bruxelles.
En revanche, la Commission ne
souhaite pas inclure les Britanniques dans la fabrication d’éléments
critiques pour la prochaine génération de satellites Galileo. Destinés à
assurer l’autonomie de l’UE, ils ne
peuvent être produits hors d’Europe.
« Les pays tiers, leurs entreprises ne
pourront pas participer au développement de projets sensibles », a rappelé
Michel Barnier, négociateur en chef
pour l’Union.
Jusqu’à présent, les entreprises
En attendant, la Commission européenne a publié le 15 mai un premier
appel à projets pour la nouvelle
génération de satellites. « La continuité du service nous oblige à avancer », explique-t-on au Berlaymont.
OHB est en train de produire le troisième lot de satellites et la compétition pour le quatrième (2 lots de
6 satellites) va démarrer. Thales,
Airbus et OHB seront en compétition. Cette fois, la promesse est d’en
retenir deux.
Mais il va y avoir une longue
période de négociation avant l’appel
d’offres final, qui n’interviendra sans
doute pas avant mars 2019,
l’échéance du Brexit. Les Britanniques ne pourront donc pas y participer, à moins d’avoir conclu d’ici là un
accord de sécurité. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 19
Les Echos Lundi 4 juin 2018
Boom de l’emploi
chez les acteurs du bio
Samsonite : le PDG
démissionne sous
la pression d’un fonds
BAGAGERIE
AGRICULTURE
Ramesh Tainwala
a quitté la tête
du leader mondial
des bagages.
Les créations de postes
dans le bio ont bondi
de 14 % l’an dernier.
Dominique Chapuis
dchapuis@lesechos.fr
La part des importations
de produits bio a encore
grimpé.
Emmanuel Grasland
@EGrasland
Les créations de postes accélèrent
dans le bio. Selon les dernières
estimations de l’Agence Bio,
la filière représente désormais
134.500 emplois directs en équivalent temps plein dans l’Hexagone.
Soit une hausse de 14 % par rapport à
l’an dernier. « On est en train de changer de dimension, en particulier sur la
question de l’emploi », a souligné vendredi Florent Guhl, le président de
l’Agence Bio, lors d’une conférence
de presse. Sur les cinq dernières
années, la progression a été, en
moyenne, de 9,5 % par an.
La partie agricole représente
l’essentiel des emplois recensés
avec 88.400 postes, devant la distribution (28.900), la transformation (15.000 postes) et les services
de type conseil ou formation
(2.200 emplois).
A quoi tient ce succès ? L’engouement des Français pour les produits
bio et leur diffusion croissante
dans les grandes surfaces expliquent bien sûr ce développement à
La vente de produits bio a connu une augmentation de 17 % l’an dernier. Photo Robert Kluba/RÉA
marche forcée. Plus intensives en
main-d’œuvre, souvent dédiées aux
fruits, aux légumes et à la vigne, les
fermes biologiques ont plus de salariés que leurs équivalents en conventionnel. 12,5 % des emplois agricoles
français se situent aujourd’hui dans
le bio, alors que les exploitations ne
représentent que 6,6 % de la surface
agricole utile de l’Hexagone. Mais les
industriels grossissent aussi, à
l’image de Lea Nature, le numéro
deux du secteur derrière Bjorg, qui
vise un chiffre d’affaires de 340 millions d’euros cette année. En revanche, le développement des exploitations bio françaises ne permet pas de
répondre à l’envolée d’un marché
qui a bondi de 17 % l’an dernier pour
atteindre 8,3 milliards d’euros.
Importations en progression
Les importations de produits bio
ont encore progressé de deux
points l’an dernier pour représenter
31 % des volumes consommés en
France. Le gouvernement espère
contrer le phénomène avec son
plan Ambition bio visant à faire passer le bio de 6,6 % à 15 % des surfaces
agricoles utiles en 2022. Si certaines
régions comme le Gers et la Drôme
sont très en avance, la Bretagne,
tournée vers l’agriculture intensive,
L’enseigne d’hôtellerie
Balladins reprise par
deux cadres dirigeants
Croissance organique
Vendredi, le conseil d’administration a réfuté point par point
ces accusations du fonds activiste. « Les états financiers consolidés, vérifiés par KPMG, sont
conformes aux normes internationales d’information financière », a indiqué l’entreprise.
Sur un marché mondial du
bagage qui devrait croître
de 6,6 % par an de 2017 à 2022,
selon Euromonitor, le groupe a
mis en avant « une forte croissance organique renforcée par
des acquisitions », avec une
hausse « de 9,4 % au cours des
cinq dernières années » à taux de
change constant. Des arguments qui, après la démission du
PDG, ont permis de rétablir la
confiance. Les actions de Samsonite ont bondi de 9,9 % vendredi,
enregistrant leur plus fort gain
depuis plus de six ans.
(
Lire « Crible »
Page 33
13 & 14 juin 2018
Digital first !
Quand le numérique devient
le 1er levier de développement
de votre activité.
HÔTELLERIE
L’enseigne Balladins
tire un trait sur
le passé. Ses repreneurs
veulent la développer
en franchise et licence
de marque.
Site internet, réseaux sociaux, boutique en ligne... des outils devenus incontournables.
De l'identification des prospects au closing des ventes, comment optimiser
son développement commercial ? Saisissez les opportunités du numérique
pour augmenter votre chiffre d’affaires et élargir votre offre.
Antoine Boudet
@Aboudet
Un peu plus de dix ans après son
rachat à la veille de la crise financière de 2007, prélude à des années
de galère, la chaîne d’hôtellerie économique Balladins peut enfin
entrevoir l’avenir avec sérénité.
Après avoir connu un premier plan
de sauvetage en 2009, puis l’ouverture d’une conciliation en 2013,
avant de céder la quasi totalité des
établissements détenus en propre,
les actionnaires de Dynamique
Hotels, propriétaire de l’enseigne et
opérateur du réseau, ont finalement retenu après plusieurs mois
de négociations l’offre de reprise de
deux cadres dirigeants du groupe.
Face à six autres candidats, David
Morel, directeur du développement,
et Fabrice Beyer, directeur commercial et marketing, l’ont emporté,
« poussés, disent-ils, par les franchisés ». L’opération, dont le montant
n’est pas communiqué, consiste en la
reprise de la propriété de la marque
et de l’exploitation de la franchise.
« Nous avons constitué une SAS
avec des fonds propres et plus aucune
dette, dont nous détenons ensemble
51 % des parts, le reste du capital étant
répartis entre des investisseurs », précise Fabrice Beyer. Le réseau Ballad i n s , q u i a c o m p t é j u s q u ’à
130 hôtels, est actuellement constitué de 49 établissements, tous franchisés, pour un chiffre d’affaires de
est à la traîne, ainsi que la filière
céréales. Un domaine où la France,
premier producteur européen, doit
importer des céréales bio.
L’année 2017 a également été marquée par le boom des ventes en GMS
(grandes et moyennes surfaces),
avec des hausses de 27 % pour l’épicerie et de 22 % pour les fruits et légumes frais. Aujourd’hui, ce circuit
assure 46 % de la distribution des
produits bio, contre 36 % pour la distribution spécialisée. Une évolution
qui inquiète les pionniers du bio, qui
voient du coup arriver des niveaux
de promotions similaires à ceux du
secteur conventionnel. n
Le PDG de Samsonite a dû faire
sa valise. Ramesh Tainwala (cinquante-neuf ans) a démissionné
vendredi, suite à la pression d’un
fonds activiste américain qui
remettait en cause sa gestion du
leader mondial des bagages,
ainsi que ses diplômes. Ce qui a
fait plonger le titre du groupe
coté à Hong Kong de 21 % durant
la semaine, « effaçant 1,3 milliard
de dollars de capitalisation boursière », a calculé Blomberg.
Dans un communiqué, le
conseil administration de Samsonite a souligné « la forte croissance des revenus et des bénéfices », sous le mandat de Ramesh
Tainwala, nommé en 2014, tout
en précisant qu’il prenait « au
sérieux les allégations au sujet de
ses titres universitaires. […] La
démission de Ramesh est dans
l’intérêt de la société et de ses
actionnaires », a-t-il conclu. Le
fonds américain Blue Orca a
accusé fin mai le dirigeant d’origine indienne d’avoir menti sur
l’obtention d’un doctorat de
l’Union Institute and University
de Cincinnati. Il a également mis
en avant des transactions qui
auraient eu lieu entre Samso-
nite et des entités indiennes contrôlées par Tainwala et sa
famille. Plus grave, le fonds a
relevé « des manquements
comptables du groupe, dus à une
mauvaise gouvernance ». Blue
Orca reproche notamment à
Samsonite, dont le chiffre d’affaires s’est élevé à 3,5 milliards de
dollars l’an dernier et 261 millions de résultat net ajusté,
de dissimuler une croissance
plus faible, liée à ses acquisitions
et d’afficher « des marges bénéficiaires gonflées ».
Jeudi 14 juin de 16h30 à 17h45 - Centre de Congrès de Lyon
La chaîne Balladins compte à ce jour 49 hôtels en franchise
(ici à Foix dans l’Ariège). Photo Laurent Guichardon
32 millions d’euros, en 2017. L’objectif des nouveaux propriétaires, véritables professionnels de l’hôtellerie,
est d’atteindre une centaine d’hôtels
d’ici à 2022, dont 60 % de 2 étoiles et
40 % de 3 étoiles. Et pour ce faire, ils
lancent, dès la reprise de l’enseigne,
une licence de marque pour les
hôtels de moins de 40 chambres
sous le label « By balladins ». « Une
petite bombe dans le secteur hôtelier », affirme David Morel.
Indépendance préservée
L’initiative part du constat que la
moitié du parc hôtelier français est
constituée d’établissements indépendants, et que plusieurs centaines mettent la clef sous la porte chaque année. « Avec un forfait de
790 euros par mois, nous leur don-
nons les clefs d’une enseigne tout en
leur laissant leur indépendance et
leur personnalité », poursuit Fabrice
Beyer. Les deux dirigeants estiment
le potentiel à 8 hôtels sous licence
de marque par an, et 6 entrées de
nouveaux franchisés pour les
hôtels de plus de 40 chambres.
Parallèlement, les nouveaux
propriétaires de l’enseigne vont
s’attacher à différencier l’offre de
Balladins et à travailler la distribution en direct sur ce marché très
concurrentiel de l’hôtellerie économique, face aux centrales de réservation, aux puissantes chaînes Ibis
(AccorHotels), Campanile et Première Classe (Louvre Hotels
Group), à B&B ou encore à un
ambitieux nouvel entrant, Sure
Hotel by Best Western. n
Sophie
BENICHOU
Mapetiteetagere.fr
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20 // INDUSTRIE & SERVICES
Lundi 4 juin 2018 Les Echos
Nouvelles avancées dans
la lutte contre le cancer du sein
que c’est la première étape d’un processus qui conduira à la réduction à
six mois de la durée du traitement par
Herceptine », a précisé l’auteur. Un
message auquel les autorités de
santé devraient être particulièrement sensibles.
PHARMACIE
Une étude a montré que
le blockbuster de Roche
contre le cancer du sein
était aussi efficace si on
limitait le traitement à
six mois au lieu d’un an.
Fin du brevet en 2019
De quoi réduire
les risque d’effets
secondaires sur le cœur.
Catherine Ducruet
@CDucruet
— A Chicago
C’est une bonne nouvelle pour les
personnes atteintes d’un cancer du
sein. Présentée à l’ASCO, le grand
congrès sur le cancer qui se tient en
ce moment à Chicago, une étude a
montré qu’un traitement de six
mois avec l’Herceptine, le blockbuster de Roche contre ce type de
cancer, était aussi efficace qu’un
traitement d’un an, tout en diminuant les risques d’effets secondaires cardiaques qui accompagnent
souvent sa prise.
« L’utilisation d’Herceptine a été
un progrès majeur pour les femmes
souffrant de ce type de cancer [20 %
des cancers du sein : NDLR], dont il a
augmenté le taux de guérison, a
estimé Bruce Johnson, président de
l’ASCO, mais en l’utilisant moins
Mammographie pour le dépistage précoce du cancer du sein.
Photo Serge Pouzet/Sipa
longtemps pour la même efficacité,
on améliore encore le bénéfice pour
les malades. »
L’Herceptine a été autorisée en
2005 aux Etats-Unis et en Europe,
pour cette indication, sur la base de
plusieurs essais cliniques dans lesquels des patientes avaient été traitées pendant un an. La durée de
traitement d’un an s’est ensuite
rapidement imposée comme la
norme. Cependant une petite étude
réalisée en Finlande avait déjà
attiré l’attention en rapportant avec
une durée de traitement de
9 semaines seulement les mêmes
bénéfices qu’avec un traitement
d’un an.
L’essai clinique dénommé « Persephone », du nom de la déesse des
enfers, a été conduit à Cambridge au
Royaume-Uni et monté en collaboration étroite avec des représentants
de patients. Financé par le National
Institute for Health Research au
Royaume-Uni, il portait sur plus de
4.000 femmes souffrant de cancer
du sein à un stade précoce. Cela
montre l’importance du rôle de la
recherche académique indépendante dans l’amélioration de la pratique médicale. « Nous espérons bien
Pour le groupe Roche, cela ne signifie pas que ses ventes d’Herceptine,
qui ont atteint 7 milliards de dollars
en 2017, seront divisées par deux.
Car le produit est aussi prescrit dans
les cancers du sein avec métastases
et pas seulement pour traiter les cancers précoces comme c’est le cas
dans l’essai Persephone.
L’arrivée prochaine de biosimilaires (l’équivalent des génériques
pour les médicaments biologiques)
est toutefois une menace économique plus sérieuse. Le premier biosimilaire autorisé en Europe, où le
brevet d’Herceptine a expiré en
2014, est celui de BioEpis, le jointventure entre Biogen et Samsung,
auquel est venu s’ajouter le 1er juin
celui de Pfizer.
Biocon et Mylan ont en revanche
dû différer leur demande à la suite
de problèmes de production. Aux
Etats-Unis, où le brevet d’Herceptine est encore valide jusqu’en 2019,
ils ont, en revanche, obtenu le feu
vert de la FDA. Le biosimilaire de
Pfizer est toujours en attente, alors
que Roche ferraille avec ce dernier
en justice. n
Chelsea n’aura pas son stade de 60.000 places
Myriam Chauvot
mchauvot@lesechos.fr
SPORT
Le club londonien
abandonne son projet
de nouveau stade à plus
de 1 milliard d’euros.
Son propriétaire,
l’oligarque russe
Roman Abramovich,
n’a pas obtenu
le renouvellement
de son visa britannique.
Pour Chelsea, le nouveau Stamford Bridge, c’est fini. Le propriétaire du club de football londonien, l’oligarque russe Roman
Abramovich, abandonne le projet
estimé à 1 milliard d’euros de rénovation du stade où les « Blues »
jouent depuis 113 ans, faute d’avoir
obtenu le renouvellement de son
visa britannique. « Chelsea Football Club annonce suspendre son
projet de nouveau stade, a indiqué
le club dans un communiqué laco-
ENTREZ DANS LA NOUVELLE ÈRE
nique la semaine dernière. Le club
ne prévoit pas de reconsidérer sa
décision [...], prise en raison du climat actuellement défavorable aux
investissements. »
Abramovich a obtenu, il y a
quelques jours, la nationalité
israélienne et, selon un proche de
l’oligarque cité par le quotidien
« Jerusalem Post », il a retiré sa
demande de visa britannique.
Etre israélien lui accorde un droit
de séjour automatique d’un maximum de six mois en Grande-Bretagne, mais sans permis de travail. Même s’il se rend en
DE LA
FA B R I C AT I O N A D D I T I V E
Des investisseurs russes
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Angleterre, l’homme d’affaires ne
sera donc pas autorisé à gérer
Chelsea.
L’actuel stade a une capacité de
41.600 places qui en fait le plus
petit des stades du Top 6 de la Premier League (le championnat britannique). Elle serait passée à
60.000 places, selon le projet des
architectes Herzog & de Meuron,
qui ont notamment conçu le stade
olympique de Pékin, dit le « Nid
d’oiseau ». Chelsea comptait jouer
dans le stade de Wembley pendant
les quatre années qu’auraient duré
le chantier, censé démarrer vers la
fin de l’année.
Mais, avant même que Roman
Abramovich n’ait des problèmes
de visa, des doutes commençaient à être émis sur ce nouveau
stade, jugé cher pour seulement
18.500 places supplémentaires. A
plus de 1 milliard d’euros, les
coûts ont quasiment doublé comparés à l’estimation initiale et
aucun montage financier n’était
finalisé pour ce projet que l’oligarque russe portait contre vents
et marées depuis qu’il avait acheté
Chelsea en 2003.
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Seules les poches profondes de
Roman Abramovich permettaient de financer ce projet. Mais
après l’attaque chimique commise sur son territoire et imputée
à la Russie, le Royaume-Uni ne
pouvait faire moins que davantage
contrôler les oligarques proches
de Vladimir Poutine.
Pour obtenir le fameux visa
« Tier 1 » d’investisseur dont bénéficiait Abramovich jusqu’en avril,
il ne suffit plus d’investir au moins
2 millions de livres outre-Manche.
Depuis avril 2015, la provenance
des fonds était regardée, depuis
l’attaque chimique elle est scrutée,
parmi d’autres critères non dévoilés. Les fans de foot gardent espoir,
car Downing Street et Abramovich n’ont pas rompu définitivement les ponts. La demande de
visa du propriétaire de Chelsea n’a
pas été officiellement refusée. Et
ce dernier n’exclut pas de la soumettre à nouveau. n
marketing
« Cannes Lions »,
passage obligé
pour les publicitaires ?
PUBLICITÉ
Après avoir été férocement
critiqué l’an dernier
pour l’inflation de ses coûts,
le Festival international
de la créativité a revu sa copie.
Insuffisamment selon certains.
Véronique Richebois
@vrichebois
La question est iconoclaste mais
jamais les créatifs des agences ne
se la sont autant posée : est-il
encore réellement crucial de se
rendre cette année à la 65e édition des Cannes Lions, la plus
importante manifestation publicitaire mondiale ? En annonçant, en juin 2017, au cœur du
Festival international de la créativité, sa décision de se retirer
pendant un an de la course aux
prix créatifs pour consacrer tous
ses moyens à sa plate-forme
Marcel, Arthur Sadoun, CEO de
Publicis, avait crevé un abcès. Sa
petite phrase a fait date.
Avec 20.000 festivaliers,
24 catégories, 41.170 dossiers de
candidature déposés en 2017,
Cannes Lions, propriété
d’Ascential Events, s’est métamorphosé, d’un petit festival
c’était au début des années 1970
et il se tenait encore à Venise, sur
la plage. Nous n’étions qu’entre
500 et 1000 participants »,
s’exclame Jacques Séguéla. « Le
film publicitaire y était roi. Un
seul Grand Prix existait et il nous
inspirait un respect absolu. Cannes était une boîte à idées. C’est
devenue une cash-machine. »
Les Gafa
remis «à leur place »
Sentant le vent du boulet, le festival a dû revoir sa copie en
novembre. Les Cannes Lions ne
dureront plus que cinq jours, du
lundi 18 au vendredi 22 juin.
Cette réduction de la durée du
festival permettra de limiter les
dépenses. Pour poursuivre
dans cette logique, les organisateurs ont négocié un gel des prix
avec la ville de Cannes. Le prix
du pass complet qui était à
4.135 euros sera de 3.249 euros.
Enfin, la nouvelle version des
Cannes Lions comptera aussi
moins de prix. Au total, ce sont
120 sous-catégories qui ont été
supprimées dans le but de revaloriser les récompenses. Le
nombre de catégories dans lesquelles il est possible de présenter un cas est également réduit à
six. Surtout, mesure symboli-
En juin 2017, BETC (Havas) rafle 19 Lions pour sa campagne
« Like my addiction » contre l’alcool. Photo « Les Echos »
créé initialement à Venise en
1954… en une gigantesque cashmachine. Sitôt la déclaration
d’Arthur Sadoun, le cours
d’Ascential avait dégringolé à la
Bourse de Londres.
« Cannes est devenu trop gros,
trop cher, trop long, avec un jury
coupé de l’évolution du marché... », s’agace Martin Sorrell,
alors CEO de WPP. Le manager
le mieux payé du Royaume-Uni
sait de quoi il parle. Numéro un
mondial de la communication,
il lui en a coûté, en 2016, 15 millions de livres au total (dossiers
de candidatures, frais d’avion et
d’hôtel...). Publicis aurait dû
débourser 20 millions d’euros.
Tandis qu’Omnicom, numéro
deux du secteur, aurait versé…
30 millions d’euros.
La révolution culturelle du
festival ne date pas d’hier. Elle
remonte plutôt en 2003, date à
laquelle Jim Stengel, patron
marketing monde de Procter, a
l’idée d’emmener ses équipes
pour regarder d’un peu plus près
les travaux créatifs. Unilever,
Coca-Cola, Heineken suivront.
Bientôt talonnés par les Gafa et
les cabinets de conseil. Les
fameuses fêtes cannoises
entrées dans la légende, ce sont
désormais eux qui les organisent
sur les plages de la Croisette.
« La première fois que j’ai été
au Festival du film publicitaire,
que, « il n’y aura quasiment plus
de jurés issus d’Accenture, de
Google, ou de Twitter dans les
jurys créatifs, comme c’était le cas
l’année dernière », assure Jacques Séguéla. « Ils ont remis les
Gafa à leur place. »
Début juin 2018, le front semble s’apaiser enfin. Cannes a la
gueule de bois. Et les discours se
font raisonnables. « Les Cannes
Lions sont encore très chers…
Mais le festival reste un rendezvous incontournable, crucial, galvanisant. Un baromètre annuel
incomparable pour établir un
état des lieux de la création, des
tendances et savoir qui sont les
meilleurs... », juge Olivier Altmann, président de Altmann +
Pacreau. Même constat pour
Matthieu Elkaïm, directeur de
création de BBDO et figure montante de la jeune publicité française, qui estime « Nous avons
tous besoin d’être jugés : à ce titre,
Cannes est crucial pour nous », et
Marie-Catherine Dupuy (le
« D » de BDDP devenue TBWA/
Paris) pour laquelle « Cannes
reste le grand festival de la publicité, juste à côté des Clios ». Même
si, souverain, Jacques Séguéla
tranche : « Tant que l’on n’aura
pas ressuscité un Grand Prix unique, comme il existe une Palme
d’or au Festival du film, les Cannes Lions ne retrouveront jamais
leur légitimité. » n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 21
Les Echos Lundi 4 juin 2018
en
pixels
Les titres de Facebook, Apple,
Amazon et Netflix ont inscrit
de nouveaux records boursiers
à New York vendredi, sur fond
de marché haussier après
la publication des chiffres de
l’emploi américain. Facebook,
qui avait souffert en mars, après
l’affaire Cambridge Analytica,
a bondi de presque 12 % en mai.
« Les Guignols »
vont s’arrêter
Canal+
HIGH-TECH
&MEDIAS
Nouveaux records
pour Facebook,
Apple et Amazon
« Les Guignols », émission phare
de Canal+ depuis son lancement
en 1988, disparaîtront à la
rentrée, a indiqué la chaîne,
confirmant l’information du site
Les Jours. L’audience baissait
depuis fin 2015, avec un
changement d’équipe, un passage
temporaire en crypté et un ton
plus politiquement correct, après
l’arrivée de Vincent Bolloré.
5 h 54
D’ÉCRAN PAR JOUR
Selon Kleiner Perkins, les
utilisateurs d’ordinateurs
et de smartphones passent
en moyenne cinq heures et
cinquante-quatre minutes par
jour devant un écran. Cette
durée a plus que doublé en dix
ans. Le nombre d’utilisateurs
d’Internet a, lui, franchi
la barre des 3,6 milliards.
Insécurité, villes connectées : le boom
du marché des caméras de surveillance
l Les recettes mondiales du secteur devraient passer
de 36,89 milliards de dollars à 68,34 milliards en cinq ans.
l La ville connectée et l’Internet des objets deviennent,
de plus en plus, des relais de croissance.
CYBERSÉCURITÉ
Florian Dèbes
@FL_Debes
Certains y voient l’œil de Big Brother, le symbole de la surveillance
généralisée. D’autres n’imaginent
plus l’arsenal de sécurité de l’espace
public ou d’un magasin sans
caméra. Le débat quant à l’efficacité de la vidéoprotection et de la
vidéosurveillance fait toujours
rage, mais les industriels du secteur n’en ont cure. Leurs affaires se
portent à merveille.
D’ici à 2023, le chiffre d’affaires
des vendeurs de matériel, de logiciels et de services de sécurité par la
vidéo devrait augmenter à un rythme moyen de 13,1 % par an, d’après
une récente étude MarketsandMarkets. Les recettes mondiales du secteur devraient passer de 36,89 milliards de dollars cette année à
68,34 milliards dans cinq ans.
Si le marché est porté par la montée des risques terroristes et la
délinquance, la ville connectée et
l’Internet des objets deviennent eux
aussi, de plus en plus, des relais de
croissance. Et les missions des
caméras installées dans les villes
vont désormais bien au-delà de leur
simple rôle de surveillance, pour
servir aussi à améliorer la vie
urbaine connectée.
Parmi les acteurs phares de ce
marché, le suédois Axis Communications, une filiale du japonais
Canon, a vu ses revenus augmenter
de 25,2 %, à 731,7 milliards de yens
l’an dernier, soit environ 5 milliards
d’euros. « Le prix moyen des caméras destinées à la voie publique a eu
tendance à baisser, mais ceci est largement compensé par la croissance
de nos ventes auprès des entreprises
et par les logiciels de plus en plus
sophistiqués associés au matériel »,
détaille Verena Rathjen, la vice-présidente pour le marché européen
du numéro un mondial.
Pionnier des caméras reliées au
réseau via un protocole Internet
(IP), Axis a dû s’adapter ces dernières années à l’offensive du chinois
Hikvision sur les prix. Ce dernier
talonne désormais le suédois en termes de chiffre d’affaires, avec
41,9 milliards de yuans de recettes
en 2017, c’est-à-dire également environ 5 milliards d’euros.
L’analyse d’image accélère
la croissance du marché
Tout comme l’allemand Bosch,
l’autre européen du marché, Axis
renforce son offre de logiciels d’analyse des images. Après une vague
d’acquisitions d’entreprises spécialisées (dont le français Citilog pour
11 millions d’euros en 2016), le
groupe basé dans la « Silicon Valley
suédoise » de Lund s’appuie maintenant sur un réseau de partenaires
pour développer ses applications.
« La croissance des revenus liés à ces
solutions est encore plus rapide que
celle des produits matériels », pointe
Verena Rathjen.
Certaines caméras
savent reconnaître
les visages grâce
à des logiciels puisant
de l’information
dans de gigantesques
bases de données.
Désormais, certaines caméras
savent reconnaître les visages grâce
à des logiciels puisant de l’information dans de gigantesques bases de
données. Pour prévenir toute polémique, d’autres applications sont
capables, au contraire, de flouter
tous les visages au moment même
de l’enregistrement.
Mais même si la dissuasion contre les vols en magasin et la délinquance de rue représente le premier usage de la vidéosurveillance,
les caméras en ont désormais bien
d’autres. « Nous abordons les clients
avec l’argument de la sécurité, mais
nous vendons aussi aux communes
des outils de gestion du trafic routier
et des outils de support marketing »,
note Laurent Abribat, le directeur
du développement commercial de
Bosch Building Technologies, exBosch Security Systems, qui vient
de changer de nom. En filmant ce
qui se passe devant sa vitrine, un
commerçant peut par exemple évaluer l’efficacité de cette dernière en
comptant le nombre de passants
qui se sont arrêtés.
Face à ce succès, les fabricants
doivent paradoxalement se creuser
les méninges pour inventer des systèmes qui… filment moins. Certains
logiciels assurent ainsi ne déclencher l’enregistrement qu’en cas de
besoin, en partant du principe que
conserver les images d’une pièce
vide ne sert à rien. En effet, ces réseaux de caméras qui transmettent
en permanence des images de qualité pèsent maintenant lourd dans
la facture de bande passante et de
stockage de données des clients. n
La vidéosurveillance est principalement utilisée à des fins de dissuasion contre les vols en magasin
et la délinquance de rue, mais pas seulement. Photo Alexandre Gelebart/RÉA
Les géants du numérique lorgnent le marché
de la caméra pour la maison
Amazon a récemment
racheté Blink et Ring.
Sur ce marché à fort
potentiel, Google compte,
lui, sur sa filiale Nest.
Après avoir pris place au coin de la
rue, les caméras de surveillance
débarquent à la porte et dans le
salon. Esthétiques et discrètes,
« elles répondent à un besoin évident
de sécurité », souligne Cédric
Williamson, le PDG de la start-up
nantaise Kiwatch. Par exemple,
elles permettent de vérifier que les
enfants sont rentrés à l’heure de
l’école et que la baby-sitter est bien
avec eux. Et tous les signes du marché à fort potentiel sont là.
Si les géants du numérique s’y intéressent d’aussi près, c’est d’abord
pour asseoir leurs ambitions sur le
marché plus étendu de la maison
connectée. Amazon a ainsi récemment racheté deux start-up concevant des caméras pour les particuliers : Blink, en décembre 2017, et
Ring, en février dernier, pour lequel
le leader de l’e-commerce aurait
déboursé 1 milliard de dollars.
De son côté, Google pénètre le
marché via Nest, sa filiale spécialiste
des objets connectés. Elle commercialise depuis peu une caméra pour
le palier et le jardin, après avoir
commencé en 2014 par un modèle
d’intérieur. D’autres acteurs plus
confidentiels flairent le bon coup.
Ainsi, le spécialiste des disques durs
réseau Netgear a décidé cette année
de transformer sa division dédiée
aux caméras du domicile en une
entreprise autonome, via un spinoff. Les recettes générées par sa
gamme Arlo ont doublé en un an, à
378 millions de dollars à fin 2017.
Beaucoup d’acteurs conservant
jalousement leurs chiffres de vente
(Google, par exemple, ne communique pas les revenus de Nest), il est
encore difficile de se faire une idée
de la taille du marché mondial. Une
étude Strategy Analytics avance
néanmoins le chiffre de 3,2 milliards
de dollars de revenus pour 2017.
Un capteur de la maison
connectée
En France, environ 237.000 caméras ont été vendues à des particuliers en 2017, pour un chiffre d’affaires de 29 millions d’euros, d’après le
cabinet d’étude GfK. « Aujourd’hui,
le consommateur ne voit plus la
caméra comme un objet intrusif »,
veut croire Jean-Sébastien Prunet,
le directeur marketing de la division solutions de sécurité connectée chez le français Somfy.
Retransmises sur le smartphone
du propriétaire via une application
mobile, les images alimentent aussi
en données la maison connectée.
C’est ce qui intéresse Google, mais
aussi Amazon. Quand un livreur
sonne, il est possible de lui ouvrir la
porte (via une serrure connectée) de
n’importe où dans le monde, après
avoir vérifié son identité à l’écran.
Comme les autres objets connectés de la maison, les premiers
modèles ont souffert d’un manque
d’interopérabilité avec les serrures
et capteurs de marques différentes.
« Un système unifié peut changer
beaucoup de choses », note Jérémy
Barreau, spécialiste de la maison
connectée chez GfK. Justement, les
géants du numérique changent la
donne en déployant leurs standards
via Alexa d’Amazon, Google Home
et Apple HomeKit. — F. D.
Google renonce à son programme militaire Maven
INTELLIGENCE
ARTIFICIELLE
Le californien a annoncé
vendredi qu’il ne
renouvellera pas son
contrat avec le Pentagone.
Rémy Demichelis
@RemyDemichelis
C’est la fin d’une histoire à rebondissements chez Google. Son programme militaire conclu secrètement avec le Pentagone, projet
connu sous le nom de « Maven » et
qui court jusqu’en 2019, ne sera pas
renouvelé, a déclaré Diane Greene,
chef du cloud chez le géant de l’Internet. L’annonce a été faite vendredi, à
l’occasion d’une réunion en interne,
révèle le site spécialisé dans les nouvelles technologies Gizmodo.
Le projet Maven était au centre
d’une polémique qui agitait Google
depuis que le secret avait été éventé,
en mars, par ce même média. Plus
de 4.000 employés, sur les 80.000
de la firme de Mountain View,
avaient signé une pétition appelant
à mettre un terme à ce contrat, en
rappelant l’ancien slogan de leur
entreprise : « Don’t be evil ». Une
douzaine de salariés avaient même
démissionné pour marquer leur
profond désaccord. Diane Greene a
indiqué que le contrecoup avait été
terrible pour Google.
Apprentissage machine
Le projet Maven prévoyait officiellement que Google aide le ministère
américain de la Défense dans le
domaine de la reconnaissance
visuelle de ses drones grâce à des
services d’intelligence artificielle
(IA) et de cloud. Gizmodo précise
que ce partenariat devait aller plus
loin, avec la création d’un logiciel
comme Google Earth pour modéliser des villes en 3D, dans lequel il
aurait été possible d’avoir des informations sur les bâtiments, les véhicules et les mouvements de personnes. L’objectif de Google était, selon
le site américain, de développer
l’apprentissage machine (discipline
de l’IA) dans le champ militaire et il
voyait ce contrat comme le point de
départ d’une collaboration qui se
voulait pérenne avec le Pentagone.
Vendredi matin, le site The Intercept nous apprenait que le montant
du contrat était de 15 millions de dollars minimum, mais que le budget
envisagé par Aileen Black, du ser-
vice des ventes de Google, était bien
plus élevé : « Tant que le programme
se développe, les dépenses attendues
sont estimées à 250 millions de dollars par an », aurait-elle écrit dans
un courriel interne. La somme officiellement annoncée par Diane
Greene précédemment était de
9 millions de dollars. Toujours selon
The Intercept, Amazon aurait aussi
répondu à l’appel d’offres du Pentagone pour ce programme. A la clef,
il y a un marché de 10 milliards de
dollars pour le service cloud de la
Défense américaine.
Fei-Fei Li, directrice de recherche
chez Google Cloud, se réjouissait du
programme Maven, qu’elle voyait
comme une « grande victoire », juste
avant qu’il soit signé, selon un courriel révélé par Gizmodo. Elle mettait aussi en garde contre une mauvaise publicité et invitait à « éviter à
tout prix toute mention ou implication de l’IA » lorsqu’il aurait fallu
dévoiler au grand public ce contrat.
Une communication qui n’a pas eu
le temps de se mettre en place.
Diane Greene a précisé que des annonces seront faites cette semaine
pour de nouveaux principes éthiques dans l’utilisation de l’IA.
L’heure est maintenant à la repentance chez Google. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
22 // HIGH-TECH & MEDIAS
Lundi 4 juin 2018 Les Echos
SFR et Orange prêts à rapprocher
leurs chaînes cinéma et séries
mort-né. Les dirigeants de SFR pensent qu’il va falloir mettre encore
beaucoup d’argent dans le cinéma et
les séries, et ce n’est plus leur priorité.
Ils veulent arrêter une aventure qui
est très coûteuse et risquée pour eux »,
commente un bon connaisseur.
AUDIOVISUEL
Altice Studio vendrait
les droits des studios
américains qu’il
possède à OCS.
De belles promesses
pour le septième art
SFR prendrait une
participation minoritaire
au capital d’OCS.
Fabienne Schmitt
@FabienneSchmitt
Altice Studio et OCS pourraient
bientôt se rapprocher. Les chaînes
cinéma et séries de SFR et d’Orange discutent depuis plusieurs
semaines en vue d’une éventuelle
fusion, comme l’a révélé « Le
Figaro ». Aucun accord n’est signé
pour l’heure, mais Alain Weill, le
PDG de SFR, a dit il y a quelques
jours qu’il aurait des annonces à
faire dans le cinéma « avant l’été »,
sans donner de détails.
Parmi les différentes pistes envisagées entre les deux acteurs des
télécoms, la possibilité de « déverser » les droits des studios américains détenus par Altice Studio
chez OCS et de trouver une forme de
compensation pour SFR, qui passerait par une prise de participation
dans OCS, tiendrait la corde.
Altice Studio possède des contrats prestigieux avec les géants
hollywoodiens NBCUniversal, Discovery et Paramount. OCS dispose
pour sa part, en première diffusion, des séries à succès de HBO.
Combiner les deux permettrait
d’avoir une chaîne proposant les
75 • PARIS
SOCIETES
165090B – LES ECHOS
Aux termes d’un acte SSP en date du
22/05/2018 il a été constitué une SCI
nommée :
DB1
Objet social : L’acquisition, l’administration, la gestion par location ou autrement
de tous immeubles et biens immobiliers,
la vente de tous immeubles et biens immobiliers
Siège social : 5 Place de l’Odéon, 75006
Paris Capital : 1000 € Gérant : M. Emmanuel Weam DAKWAR, 5 Place de
l’Odéon, 75006 Paris Durée : 99 ans à
compter de son immatriculation au RCS
de Paris
165085B – LES ECHOS
La série « Game of Thrones » est diffusée par OCS, la chaîne cinéma et séries d’Orange. Photo HBO
plus belles séries américaines disponibles en France (« Game of
Thrones »…) et une offre de films
de choix (« Fast & Furious », « Moi,
moche et méchant »…).
« OCS s’enrichirait beaucoup avec
ces droits et cela en ferait une chaîne
plus attractive. Elle pourrait dès lors
viser les 4,5, voire 6 millions d’abonnés », souligne une source proche
du dossier, contre 2,6 millions
aujourd’hui. Elle pourrait ainsi
espérer être rentable, elle qui perd
de l’argent. Et se hisser en potentiel
rival franco-français face à Netflix,
avec des moyens cependant beau-
coup plus limités que ceux du
géant américain. Altice Studio,
pour sa part, disparaîtrait des
écrans télé moins d’un an après sa
naissance (août 2017). Les discussions en cours visent notamment à
déterminer la part de SFR au capital d’OCS. Quoi qu’il arrive, Orange
resterait actionnaire majoritaire
de sa chaîne cinéma et séries, aux
côtés de Canal+, qui est déjà au
capital de la chaîne (33,3 %).
L’accord entre les trois partenaires serait gagnant-gagnant. Cela
bénéficierait à Orange et aussi, d’un
certain point de vue, au groupe Ca-
165089B – LES ECHOS
91 • ESSONNE
ILYCOACH SAS
SAS au capital de 4000,00 €
9 Place Charles Michels, 75015 Paris
828204529 RCS Paris
Par décision de L’AGE en date du
23/05/2018 il a été décidé de modifier le
capital de la société en le portant de
4000,00 € à 33000 €. Mention en sera
faite au RCS de Paris
VENTE DE FONDS GERANCE
165086B – LES ECHOS
Aux termes d’un acte sous-seing privé en
date du 25/04/2018 enregistré le
09/05/2018 au Service des Impôts des
Entreprises de PARISST-HYACINTHE,
bordereau numéro 201824718, case numéro 10262,
SCI au capital de 1000,00 €
24 RUE DES BELLES FEUILLES, 75116
PARIS
831869706 RCS Paris
la société SARL DAMEL, au capital de
8000 €, immatriculée au RCS de PARIS
sous le numéro 531857423, domiciliée
84 RUE DE MENILMONTANT 75020
PARIS représentée par MR FALL IBRAHIMA,
Sigle : LBF2
a donné en location gérance à
Par décision de L’AGE en date du
23/05/2018 il a été décidé de transférer
le siège social de la société au 235 RUE
LA FAYETTE, 75010 PARIS à compter
du 23/05/2018.
la société SARL CEDRE RESTO, au capital de 2000 €, immatriculée au RCS de
PARIS sous le numéro 831158019, domiciliée 15 RUE DE WATTIGNIES 75012
PARIS représentée par MR MIRI HASSANE,
Autres modifications :
un fonds de commerce de
- il a été pris acte de changer la dénomination de la société.
BAR RESTAURANT TRAITEUR VENTE
A EMPORTER ET A CONSOMMER
SUR PLACE situé 84 RUE DE MENILMONTANT, 75020 PARIS, à compter du
01/05/2018 jusqu’au 30/04/2019
SCI LES BELLES FEUILLES 2
Ainsi, la dénomination sociale de la société est désormais :
SCI LBF2. Mention en sera faite au RCS
de Paris
Le contrat est renouvelable par tacite reconduction d’une période de 12 mois
Pour unique insertion
SOCIETES
165096B – LES ECHOS
CHARLOTTE DECOR’
SASU au capital de 2500,00 €
21 grande rue, 91150 Marolles en
Beauce
814662532 RCS Evry
Par décision de L’Associé Unique en
date du 10/05/2018 il a été décidé de
transférer le siège social de la société au
8 route de Beaugency, 45740 Lailly en
Val à compter du 10/05/2018. La société
sera immatriculée au RCS de Orléans et
sera radiée du RCS de Evry
nal+, vu qu’il est un actionnaire certes « dormant » (depuis que l’autorité de la concurrence a neutralisé
sa part), mais important d’OCS,
qu’il distribue à ses abonnés via
CanalSat. Même si, parallèlement,
OCS serait une rivale plus dérangeante pour la chaîne cryptée
Canal+, bien présente dans le
cinéma et les séries. Elle n’avait pas
besoin de cela, se trouvant déjà fragilisée après la perte de la Ligue 1 de
football, qu’elle cessera de diffuser
à partir de 2020.
Pour SFR, cela serait une sortie
par le haut. « Altice Studio est
Par décision de L’AGE en date du
30/05/2018 il a été décidé de transférer
le siège social de la société au 16, rue
Mandron, 33000 BORDEAUX à compter
du 30/05/2018. La société sera immatriculée au RCS de Bordeaux et sera radiée du RCS de Nanterre
93 • SEINE-SAINT-DENIS
SOCIETES
165064B – LES ECHOS
Aux termes d’un acte SSP en date du
15/04/2018 il a été constitué une SASU
nommée :
Sauf qu’il est extrêmement compliqué, dans le pays de l’exception
culturelle, de mettre fin brutalement à une activité d’édition de
chaîne cinéma. Surtout quand on
est arrivé dans ce secteur, comme
l’a fait Altice Studio, avec de belles
promesses d’investissement de
long terme dans le septième art…
Le sujet est très sensible politiquement parlant. Sans compter que
SFR perdrait tout ce qu’il a investi
dans Altice Studio, soit entre 300 et
400 millions d’euros… Rester
actionnaire d’OCS, même minoritaire, cela lui permet de dire qu’il
reste présent dans le cinéma. Alain
Weill a d’ailleurs déclaré à deux
reprises ces dernières semaines
que le septième art est et restera
« important » pour SFR.
Un tel partenariat entre Orange
et SFR signifierait donc la fin des
hostilités entre les deux groupes
dans le cinéma et les séries. Demain,
Orange deviendrait un acteur
majeur de ces divertissements. SFR,
lui, se positionne surtout sur le
sport avec sa chaîne SFR Sport. Il va
la rebaptiser « RMC Sport » en
juillet, avec l’espoir d’arriver à la
faire distribuer par d’autres acteurs
télécoms. Peut-être arrivera-t-il à
convaincre Orange en échange d’un
bon accord sur le cinéma ? n
ET EXPORTATION DE TOUS ARTICLES DE BAZAR
Siège social : 33 RUE DE LA HAIE
COQ, 93300 AUBERVILLIERS Capital :
10000 € Président : Mme JIAOJIAO
ZHAO demeurant : 9/2 AVENUE XINGBI
PUJINAG PROVINCE ZHEIJIANG
CHINE, ZHEIJIANG élu pour une durée
indéterminée DG : Mme WANG
EPOUSE CHENG JIANHUA ELODIE demeurant : 1 RUE HENRI BARBUSSE,
93300 AUBERVILLIERS Admission
aux assemblées et exercice du droit
de vote : Chaque actionnaire est convoqué aux Assemblées. Chaque action
donne droit à une voix. Clauses d’agrément : Les actions sont librement cessibles entre actionnaires uniquement avec
accord du Président de la société. Durée : 99 ans à compter de son immatriculation au RCS de Bobigny
FERREIRA AUTO
92 • HAUTS-DE-SEINE
SOCIETES
165088B – LES ECHOS
Aux termes d’un acte authentique en
date du 30/05/2018 il a été constitué une
SASU nommée :
ASTON CONSULTING
Objet social : Intermédiation et courtage
en prêts immobiliers et assurances
Siège social : 9 Square Robinson,
92330 Sceaux Capital : 300 € Président : Mme Isabelle Lisandre demeurant : 9 Square Robinson, 92330 Sceaux
élu pour une durée indéterminée Durée :
99 ans à compter de son immatriculation
au RCS de Nanterre
Objet social : Location, achat, vente, réparation, entretien de tous véhicules, la
transformation de tous véhicules neufs
ou d’occasion (tourisme ou utilitaire) et
achat et vente d’accessoires automobiles
Siège social : 3, 11ème Avenue, 93290
TREMBLAY EN FRANCE Capital :
20000 € Président : M. Thierry FERREIRA-FEIJOEIRO demeurant : 35 rue
Joséphine Baker, 77178 SAINT PATHUS élu pour une durée indéterminée
Admission aux assemblées et exercice du droit de vote : Chaque actionnaire est convoqué aux Assemblées.
Chaque action donne droit à une voix.
Clauses d’agrément : Les actions sont
librement cessibles entre actionnaires
uniquement avec accord du Président de
la société. Durée : 99 ans à compter de
son immatriculation au RCS de Bobigny
PR INVESTISSEMENT
SAS au capital de 100000,00 €
9, rue Marceau Delorme, 92270 BOIS
COLOMBES
798426888 RCS Nanterre
SOCIETES
165069B – LES ECHOS
Aux termes d’un acte SSP en date du
28/05/2018 il a été constitué une SCI
nommée :
CRYSTAL 94
Z&R
Objet social : - L’acquisition par voie
d’achat ou d’apport de tous biens mobiliers ou immobiliers, et notamment mais
non limitativement d’un appartement sis
à Chennevières sur marne 94430, 110
boulevard Aristide Briand ; - L’administration, la mise en valeur, la transformation, l’aménagement et la gestion par location ou autrement desdits biens ; - Et
plus généralement, la réalisation de toutes opérations financières, mobilières ou
immobilières se rattachant directement
ou indirectement à cet objet et susceptibles d’en favoriser la réalisation, à condition qu’elles n’affectent pas le caractère
civil de la société.
Objet social : ACHAT, VENTE EN
GROS ET EN DETAIL IMPORTATION
Siège social : 110 boulevard Aristide
Briand, 94430 Chennevières sur marne
165093B – LES ECHOS
165095B – LES ECHOS
94 • VAL-DE-MARNE
Aux termes d’un acte SSP en date du
16/05/2018 il a été constitué une SAS
nommée :
en bref
Bolloré relativise
la perte
de la Ligue 1
FOOTBALL « C’est présenté
comme la fin du monde mais
pardon, c’est une tempête dans
un verre d’eau microscopique »,
a estimé vendredi Vincent Bolloré, premier actionnaire du
groupe Vivendi, propriétaire
de Canal+, alors que la chaîne
payante n’a pas obtenu les
droits de la Ligue 1 pour la première fois depuis ses débuts.
Rappelant que la chaîne possédait d’autres droits sportifs,
Vincent Bolloré a défendu lors
de l’assemblée générale de son
groupe le choix de ne pas s’aligner sur la forte hausse des
droits de retransmission, arguant que Canal n’était pas
prêt à payer des montants
synonymes de pertes.
Facebook renonce
aux « tendances »
POLÉMIQUE Facebook va
cesser de signaler à ses utilisateurs les sujets les plus suivis et les plus commentés,
deux ans après une polémique sur sa rubrique « Trending ». Lancée en 2014, cette
dernière, qui n’existe pas dans
la version française, mentionne les sujets dont on parle
le plus. D’après le groupe, les
thèmes étaient choisis par un
algorithme, mais une enquête
du site Gizmodo, en 2016,
avait montré que le service
fonctionnait comme une
rédaction, avec des choix. Des
personnalités conservatrices
auraient notamment été écartées de la liste.
Capital : 250 000 € Gérant : Mme
Ahoutchi Valérie KAKOU, 110 boulevard
Aristide Briand, 94430 Chennevières sur
marne Cessions de parts sociales : les
parts sociales sont librement cessibles
au profit d’un Associé. Toute cession à
un tiers de la société est soumise au
préalable à agrément de la collectivité
des Associés réunis en Assemblée Générale Durée : 99 ans à compter de son
immatriculation au RCS de Créteil
165074B – LES ECHOS
Aux termes d’un acte authentique en
date du 31/05/2018 il a été constitué une
SARL Unipersonnelle nommée :
MULTI ANIM
Objet social : Promotions Collaboration
commerciale des produits de ses clients,
ventes Achats démonstrations distributions de tous produits sur tout points de
ventes fixes et itinérants. Aide à l’accroissement d’activité, évènementiel.
commerce de gros, demi gros et intermédiaire du commerce de tous produits alimentaires et non alimentaires. De tous
produits réglementes. commerce et distribution et collaboration commerciale de
produits européen ou issus de l’importexport. Et plus généralement, toutes opérations industrielles, commerciales ou financières, mobilières ou immobilières,
pouvant se rattacher directement ou indirectement à l’objet social ou susceptible d’en faciliter l’extension ou le développement. La participation de la société
par tous les moyens, à toutes entreprises
ou sociétés, crées ou à créer, pouvant se
rattacher à l’objet social, notamment par
voie de création de sociétés nouvelles,
d’apports, fusion, alliances ou associations en participation.
Siège social : 22 bis rue MONTALEAU,
94370 SUCY EN BRIE Nom commercial : MULTIANIM Capital : 100 € Gérant : ELIES DOS REIS, 22 BIS RUE
MONTALEAU, 94370 SUCY EN BRIE
Durée : 99 ans à compter de son immatriculation au RCS de Créteil
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 23
Lundi 4 juin 2018 Les Echos
LE BUZZ
START
UP
e
Financement, concours,
accélérateurs, conseil…
Une semaine après
l’annonce de son lancement officiel,
l’association France Eco-Sociale Tech
(FEST) dévoile la première cartographie de l’écosystème « Tech & science
for good ». Cet outil a été pensé pour
identifier les acteurs et ressources
dédiés aux entrepreneurs. La cartographie est disponible en consultation
libre sur le site festech.org.
REBOND
U
START
XAnge réalise le deuxième
closing de XAnge Digital 3
et se dote ainsi d’une capacité d’investissement de 90 millions
d’euros. Positionné en « early stage »
(amorçage), XAnge Digital 3 cible des
start-up au potentiel de développement ambitieux, dans trois secteurs
du numérique à très forte croissance :
Digital Consumer, Enterprise Data et
Fintech, principalement en France, en
Allemagne et dans le reste de
l’Europe.
Q
Afyren, qui, en mariant chimie verte et
économie circulaire développe des biomolécules issues de la valorisation de
biomasse, est la start-up lauréate de la phase II du
Concours mondial d’innovation 2030 dans la catégorie « protéines végétales et chimie du végétal ». La
jeune pousse avait été lauréate de la phase I en 2017.
« Ce prix vient récompenser les efforts entrepris
depuis plusieurs années pour démontrer que notre
technologie de chimie verte est une solution d’avenir »,
a déclaré Nicolas Sordet, président d’Afyren.
PerfectStay lève 15 millions pour bousculer
la distribution de voyages à l’international
TOURISME
Lancée en 2016,
la start-up parisienne
a réalisé un chiffre
d’affaires de 13,4 millions d’euros
l’an dernier.
Elle a conçu une
solution B to B to C
pour permettre
aux grandes marques
de proposer à leurs
clients des voyages
exclusifs de qualité
à des prix attractifs.
Anaëlle Grondin
@AnaelleGrondin
Les équipes de la start-up effectuent un travail de sourcing et
négocient les tarifs et avantages pour des vols et des nuitées en
hôtel. Photo Shutterstock
Entre Evasions Secrètes, Voyage
Privé ou encore VeryChic, il semble
extrêmement compliqué de venir
encore bousculer aujourd’hui l’univers du voyage en ligne. Et pourtant,
PerfectStay réussit à se faire une
place sur le marché grâce à un
modèle de distribution original.
Lancée en 2016, la start-up parisienne, qui propose des packages
clefs en main et sur mesure à des
grandes marques à destination de
leurs clients, vient de boucler une
première levée de fonds de 15 millions d’euros auprès de Partech et
de Felix Capital.
Du sur-mesure et des exclusivités pour chaque client
Alors que PerfectStay a déjà réalisé
un chiffre d’affaires de 13,4 millions
d’euros en 2017, la jeune pousse, qui
compte quatre clients aujourd’hui
(Air France, Venteprivee, Corsair et
Emirates), a réalisé ce tour de table
pour s’étendre au-delà des frontières hexagonales. La priorité est
mise sur le Vieux Continent. « Nous
allons chercher des clients sur
d’autres marchés, à commencer par
la Grande-Bretagne et l’Allemagne,
très actifs dans le domaine du voyage.
L’Italie et l’Espagne suivront certainement », indique Laurent Curutchet, l’un des quatre fondateurs de
la société, qui compte aujourd’hui
80 collaborateurs (contre 10 il y a
dix-huit mois).
Les dirigeants comptent également augmenter les effectifs pour
accompagner le développement de
la firme. Ils tablent sur une croissance d’au moins 500 % cette
année, portée par celle de ses clients
et l’arrivée de nouveaux partenaires. Concrètement, PerfectStay
opère des activités de vente de
voyage pour des grandes marques
de l’e-commerce ou du transport
aérien, sur un modèle B to B to C : la
start-up s’appuie sur leurs prospects et leurs marchés. « On fournit
une technologie qui permet de packager des produits pour les revendre
aux consommateurs. On produit des
offres pour le compte des marques,
adaptées à leur ADN, et on s’occupe
également de toute la partie marketing ainsi que de la gestion des relations client », explique Laurent
Curutchet, qui a été directeur général Europe de Lastminute.com.
« On apporte du sur-mesure à chacun de nos partenaires, en leur proposant des deals exclusifs à des prix
très attractifs pour leurs clients »,
renchérit Raphaël Zier, son associé,
qui est le président de PerfectStay.
La firme assure que sa sélection de
voyages permet à ses clients de
générer jusqu’à 20 fois plus de
ventes qu’un modèle traditionnel.
Les équipes de la start-up effectuent un travail de sourcing et négocient les tarifs et avantages pour des
vols et des nuitées en hôtel. « Pour
les établissements hôteliers, c’est
l’assurance d’être exposés sur les sites
de marques prestigieuses, qui
s’adressent à un public qui voyage et
qui achète », commente Laurent
Curutchet. « PerfectStay réunit trois
ingrédients nécessaires à une très
belle réussite : un marché adressable
de très grande taille, un business
model très innovant et enfin, et surtout, une très bonne équipe : quatre
fondateurs aux compétences complémentaires, et qui ont l’envie et le
talent pour écrire une très belle histoire », commente Philippe Collombel, managing partner de Partech.
Les fondateurs de PerfectStay
sont tous d’anciens dirigeants de
sites de tourisme ou d’agences digitales importants. Laurent Curutchet a aussi été senior vice-président de Pierre & Vacances Center
Parcs et directeur général d’Ebookers.fr. Raphaël Zier, business
angel, a été PDG et principal actionnaire de Netbooster. Stéphane
Libre a assuré le business développement de Promovacances et a été à
la direction générale de Lastminute.com. Quant à Ludovic Bailly, il
a dirigé le département études et
développement de Travelprice.com
avant de cofonder Ecotour.com et
de devenir directeur des systèmes
d’information du groupe KaravelPromovacances. n
Les banques, mères nourricières des fintech luxembourgeoises
FINTECH
Deuxième place
financière d’Europe, le
grand-duché compte
devenir le leader des
services financiers.
Les fintech y trouvent
un microcosme
particulièrement
accueillant.
Pascale Braun
— Correspondante à Metz
Passé en trente ans de la sidérurgie
à la finance, le grand-duché s’est
appuyé sur les fintech pour faire
face aux nouvelles obligations de
transparence et négocier le virage
du numérique. « Lancée fin 2014, la
stratégie Digital Lëtzebuerg n’avait
pas pour objet d’attirer autant de
start-up que possible, mais de les
mettre au service d’une industrie
financière déjà bien installée. Nous
sommes parvenus à apprivoiser la
fintech en lui fournissant un environnement technologique et juridique favorable », explique Nicolas
Mackel, CEA de l’agence de dével o p p e m e n t L u xe m b o u rg f o r
Finance.
Cryptomillionnaires
et grandes fortunes
Les 130 banques de la place, qui
gèrent des actifs d’un montant phénoménal de 3.700 milliards d’euros,
sont ouvertes à toutes les formes de
coopération pour gagner en efficacité. Voici un mois, quatre d’entre
elles – Post Luxembourg, la banque
Raiffeisen, la BCEE et le groupe BGL
BNP Paribas – ont créé une start-up
commune, Luxhub, dotée d’un
fonds de 4 millions d’euros. Sa vocation première consiste à aider ses
fondateurs à franchir l’obstacle de
la directive européenne PSD2, qui
doit standardiser les procédures de
paiement de la zone euro d’ici à septembre 2019.
« Les banques n’ont pas envie de
s’investir dans ce travail technologique et elles savent qu’elles économiseront beaucoup d’argent en mutualisant cet investissement. Au-delà de
la PSD2, le domaine de la sécurisation des paiements nous ouvre des
perspectives mondiales », assure
Jacques Pütz, CEO de Luxhub.
Ouverte à toutes les banques européennes, la plate-forme emploie
10 développeurs représentant six
nationalités.
Le pays compte déjà
130 fintech
Fondée en août 2017 par les créateurs de plusieurs autres sociétés,
dont Digicash, Finologee a saisi
l’occasion du sommet ICT Spring le
mois dernier pour annoncer son
partenariat avec Clearstream,
Deutsche Börse et Figo dans la
constitution d’une nouvelle fintech.
La plate-forme permettra aux
start-up et aux professionnels de la
finance de mutualiser des applications agréées par le régulateur. « Les
banques luxembourgeoises ont commencé très tôt à travailler avec les
start-up. Les garanties réglementaires permettent aujourd’hui
l ’ é m e rg e n c e d e p a r t e n a r i a t s
directs », analyse Jonathan Prince,
cofondateur de Finologee, qui
emploie 16 développeurs.
Spécialiste de la traçabilité du bitcoin, ScoreChain propose depuis
2015 ses services aux banques privées, mais aussi aux cabinets
d’audit et à la police. « Nous avons
pour clients les cryptomillionnaires
qui veulent placer l’argent de leurs
plus-values et des grandes fortunes
qui souhaitent exposer une partie de
leurs fonds en cryptomonnaie »,
explique Laurent Kratz, cofondateur de ScoreChain. La start-up de
10 salariés basée à Belval, à la frontière française, détecte l’origine des
fonds, les éventuels passages par le
darknet ou la présence de composantes frauduleuses.
Déjà riche de 130 fintech spécialisées dans le paiement, l’assurance,
la cybersécurité, le fundtech ou les
cryptomonnaies, le pays multiplie
les incubateurs pour densifier ses
compétences. Inauguré voici un an,
le LHOFT (Luxembourg House of
Financial Technology) accueille
déjà 25 start-up, dont la première
implantation hors de France du Village by CA, l’incubateur du Crédit
Agricole. n
Inauguré voici un an, le LHOFT (Luxembourg House of Financial Technology) accueille déjà
25 start-up. Photo LHOFT
Une place financière plus digitale que jamais
Le sommet ICT Spring, qui
s’est tenu le mois dernier,
témoigne de la vitalité des
fintech, de l’intelligence
artificielle et du secteur
spatial au grand-duché.
Au cœur du quartier des affaires de
Luxembourg, le centre de conférences du Kirchberg a accueilli les 15 et
16 mai la plus grande convention
digitale du pays. Inaugurée par le
Premier ministre, Xavier Bettel, la
huitième édition d’ICT Spring montrait l’ouverture d’une place financière plus internationale et plus
digitale que jamais. Venus de
70 pays, 5.000 visiteurs ont par-
couru une centaine de stands et
a s s i s t é à l ’u n o u l ’a u t r e d e s
150 pitchs ou interventions proposés sous le spectaculaire dôme
ovale de la salle de conférences.
Dans une ambiance à fois hightech, polyglotte et bon enfant, les
visiteurs ont pu défier une championne d’échecs ou assister à des
parties de teqball, compromis entre
le foot et le volley qui se pratique sur
une table de ping-pong. Dans les
allées, un robot androïde croisait
des cireurs de chaussures.
« ICT Spring s’est toujours montré
avant-gardiste. Nous avons été les
premiers à consacrer un Salon aux
fintech. Nous voyons aujourd’hui
« Nous avons été les
premiers à
consacrer un Salon
aux fintech. »
KAMEL AMROUNE
Cofondateur du Salon
ICT Spring
émerger d’autres secteurs de pointe,
comme la smart city », indique
Kamel Amroune, cofondateur du
Salon et CEO de Farvest Group,
société d’événementiel spécialisée
dans le digital. Au côté des fintech,
qui occupent désormais les trois
quarts de l’espace, et des spécialistes de l’intelligence artificielle et de
la blokchain, le secteur spatial
prend de l’ampleur. Pionnier des
brevets sur l’exploration minière
extraterrestre, le grand-duché
nourrit de grandes ambitions en la
matière. A ICT Spring, Xavier Bettel
n’a pas manqué de rappeler que son
pays est petit sur terre, mais grand
dans l’espace.— P. Br.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
24 //
Lundi 4 juin 2018 Les Echos
en
direct
La BEI dope
le port de Marseille
OCCITANIE Le musée de la
PACA La Banque européenne
Romanité que la ville de Nîmes
vient d’inaugurer compte quelque
5.000 œuvres antiques présentées
dans un espace ultramoderne de
métal et de verre de 9.200 mètres
carrés selon un parcours allant
du VIIe siècle avant notre ère
jusqu’au Moyen Age. Montant de
l’investissement : près de 60 millions d’euros.
d’investissement (BEI) va abonder de 50 millions d’euros les
projets de développement du
port de Marseille. Cela va débloquer cinq projets d’investissement cumulant 136 millions
d’euros. Sont concernés pour les
bassins est (Marseille) le réaménagement des terminaux passagers internationaux et de la
Sipa
PME
&REGIONS
Le musée de Nîmes
inauguré
Corse ainsi que l’élargissement
de la passe nord pour l’accueil
des grands navires de croisière.
A l’ouest (Fos), ce sont la rénovation des postes K3-K4 pour la
prestation d’avitaillement des
navires, la poursuite de l’aménagement de la zone de logistique
de la Feuillane et l’extension des
deux quais afin d’offrir une
longueur d’accostage continue
de 2,6 kilomètres pour pouvoir
accueillir plusieurs gros porteconteneurs en même temps.
Sushis, yakitoris, champignons shiitakés : les
industriels se mettent à la cuisine japonaise
l Le rayon cuisine japonaise prend de l’ampleur dans la grande distribution.
l Marco Polo Foods, mais aussi Fleury Michon et le groupe Marie-LDC, via sa filiale Traditions d’Asie,
mitonnent des petits plats japonais.
ALIMENTATION
Stéphane Frachet
@Frachet2
— Correspondant à Tours
Si les chaînes de restaurants japonais sont à la peine, à l’instar de Planet Sushi, qui sort de procédure de
sauvegarde, ce n’est pas à cause du
manque d’appétit des Français pour
ces boules de riz tendre subtilement
vinaigré, agrémentées de saumon,
de thon, d’avocat ou d’algues. Au
contraire. « Le nombre de points de
vente de produits japonais continue
d’augmenter régulièrement en
France », confirme Mourad Benamer, dirigeant de JapCook, importateur et négociant de produits asiatiques. Celui-ci estime que la France
en compte plus de 4.000
aujourd’hui, soit un marché de
2 milliards d’euros. En 2016, l’estimation du nombre total de points de
vente en France était de 3.000, restaurants compris.
Ce sont les kiosques implantés au
sein même des grandes surfaces
qui augmentent fortement. Deux
acteurs principaux se partagent ce
marché de l’ultrafrais en grande
distribution, tous deux basés en Ilede-France : le leader européen
Sushi Daily, challengé par Hana
Group, avec sa marque Sushi Gourmet, qui a enclenché la vitesse supérieure en absorbant l’américain
Peace Dining l’an passé. A eux deux,
ils exploitent 1.200 kiosques en
France dans lesquels des cuisiniers,
souvent d’origine asiatique pour
faire plus vrai, concoctent leurs
plats devant les clients.
Bœuf de Kobe
Face à cet engouement, une petite
filière industrielle a éclos dans
l’Hexagone, emmenée par le pionnier du sushi frais et surgelé, Marco
Polo Foods. Cette PME de Contres
(Loir-et-Cher) a longtemps été
seule. Aujourd’hui, elle est concurrencée par la plupart des grands
acteurs de l’agroalimentaire, à commencer par Labeyrie, qui vient de
lancer des « poke balls », un petit
La PME de Contres (Loir-et-Cher), Marco Polo Foods, a longtemps été seule. Aujourd’hui, elle est concurrencée par la plupart des grands acteurs de l’agroalimentaire.
Photo Shutterstock
saladier mélangeant plusieurs
sushis, légumes sous sa marque
Comptoir Sushi. Ou encore Fleury
Michon et le groupe Marie-LDC via
sa filiale Traditions d’Asie.
Des éleveurs de Normandie, du
Charolais et du Sud-Ouest, et de Sologne se convertissent au tendre mais
cher bœuf de Kobe. Ils peuvent à la
demande se masser sur des brosses
automatiques dans l’un des élevages
de Sologne. Et les champignonnières du Val de Loire ou du Bassin parisien cultivent elles aussi du shiitaké.
« C’est le plus cultivé dans le monde
après le champignon de Paris, mais il
est encore beaucoup importé », dit
Bruno Zamblera, qui dirige une
petite exploitation dans le Val-d’Oise.
Et pour cause, le cabinet iRi qui
mesure les prix des produits en
grande surface, estime que ceux du
rayon Japon surclassent le prix
moyen des produits asiatiques.
Résultat : « Le marché est très chahuté, hyperconcurrentiel », témoi-
4.000
POINTS DE VENTE
de sushis en France
actuellement, soit un marché
de 2 milliards d’euros.
gne Nicolas Delanneau, président
de Prodisal à Velles, près de Châteauroux (Indre), qui travaille avec
sa marque Merveilles d’Asie et en
MDD. « La croissance est là », se contente de dire le dirigeant de cette
entreprise familiale qui
compte 70 salariés. En 2015, la PME
a quitté son fief historique d’Eguzon
pour tripler sa surface en emménageant dans un ancien entrepôt de
Transgourmet, moyennant
5,5 millions d’euros d’investissement. Depuis, Prodisal a développé
une ligne de sushis et autres yakitoris, ces brochettes de poulet sauce
soja, en plus de ses plats traditionnels, nems, acras de morue et
autres samoussas.
Longtemps réservée à des connaisseurs, démocratisée en une
quinzaine d’années grâce aux franchises, la cuisine japonaise est en
passe d’entrer dans les menus récurrents des Français. Mais ce n’est pas
l’eldorado, le marché se régule, prévient en substance Mourad Benamer, qui avait fondé la chaîne Eat
Sushi avant de basculer dans le
B to B avec JapCook. « Le rythme
d’une ouverture de restaurant en
franchise chaque mois est derrière
nous. L’engouement est passé.
L’enjeu désormais, c’est l’ultra frais,
l’ultracourt, le presque fait maison »,
commente-t-il. Le Japon va bénéficier d’une exposition accrue l’an
prochain avec la Coupe du monde
de rugby, puis en 2020 avec les JO à
Tokyo. Chips et pizzas vont avoir fort
à faire pour conserver leur place sur
les plateaux télé. n
Erhard se met aux mochis glacés
Le pâtissier-glacier alsacien
Erhard commercialise
depuis janvier des mochis
glacés, adaptation moderne
d’une pâtisserie japonaise
traditionnelle.
Hélène David
— Correspondante à Strasbourg
La traditionnelle pâtisserie japonaise à base de pâte de riz associée à
un cœur de crème glacée au sudouest de l’Alsace. Depuis janvier, le
pâtissier-glacier Erhard a intégré à
son catalogue le « mochi glacé »,
fruit d’un partenariat industriel conclu fin 2016 avec la société japonaise
Morinaga Gyunyu Haikyu. A l’ori-
gine de ce projet de diversification :
la rencontre entre les PDG Koichi
Iwata et Denis Erhard. « Koichi
Iwata est fabricant de pâtisseries au
Japon, il était à la recherche d’un
savoir-faire tel que le nôtre pour développer le mochi glacé », retrace Justine Erhard, responsable développement de la marque et fille du PDG.
Compte tenu de l’aspect novateur
du produit et de l’appétence des
consommateurs et acheteurs pour
les produits exotiques, l’industriel
s’est lancé dans l’aventure, investissant 700.000 euros dans l’atelier de
production. Afin de combiner le
savoir-faire d’Erhard avec le savoirfaire traditionnel japonais importé
sur le site de Masevaux, dans le
Haut-Rhin, plusieurs phases de test
ont été conduites courant 2017.
Pâte de riz
La principale difficulté : obtenir une
pâte de riz à la meilleure texture en
bouche possible, ni trop épaisse ni
trop fine pour qu’elle ne soit pas éclatée par la glace. Avec une production
mensuelle de 700.000 unités, le
mochi glacé d’Erhard se décline en
dix parfums allant de sésame noir,
thé matcha ou fleur de cerisier aux
plus classiques fraise, vanille ou
caramel beurre salé.
Le dessert est commercialisé en
marque propre ainsi qu’en RHD,
GMS ou à l’export en assortiments,
en vrac ou en packs individuels.
« Nous sommes capables de répondre à tous types de marchés et de conditionnements », assure Justine
Erhard. Fort de ses quelque 210 parfums en catalogue, le pâtissier-glacier n’exclut pas d’élargir la variété
de ses pâtisseries japonaises si la
demande devait émerger.
Fondé en 1961 à Masevaux à partir d’une activité d’artisan glacier,
Erhard s’est développé vers les
entremets et la pâtisserie, puis les
beignets et brioches surgelés.
L’industriel, présent dans tous les
circuits de distribution, emploie
402 personnes sur ses quatre sites
répartis entre Alsace et FrancheComté, et réalise un chiffre d’affaires de 60 millions d’euros. n
Le fabricant de sushis
Marco Polo
retrouve la santé
Après avoir traversé des
difficultés, le principal
fabricant français de
sushis pour la grande
distribution a été repris
par un entrepreneur
lillois en 2016. Rétabli,
l’industriel a des ambitions en Europe du Sud.
« Patience et longueur de temps
font plus que force ni que rage. »
C’est un jeune entrepreneur lillois pressé, Baptiste Bayart, trente-huit ans, qui a appliqué les préceptes de sagesse de Jean de La
Fontaine à Marco Polo Foods, le
principal fabricant français de
sushis et autres makis pour les
rayons frais de la grande distribution. Success-stor y de la
décennie 2000, fondée par JeanCharles Halimi, qui a été débarqué par son actionnaire majoritaire, le fonds European Capital,
en 2013, la PME a bien failli
s’échouer.
E n 2 0 1 6 , B a p t i s t e B aya r t
reprend l’usine de Contres (Loiret-Cher), qui perd de l’argent. Fondateur de B’Fresh quatre ans
auparavant, un négoce florissant
de plats préparés japonais pour
les bars à sushis et une centaine
de petites et moyennes surfaces
du nord de la France, le jeune
entrepreneur cherche à sécuriser
son approvisionnement. Pari osé,
qu’il prend avec le soutien d’un
concurrent de Marco Polo Foods,
l’allemand Natsu, qui acquiert
49 % du capital.
Trois exercices plus tard, l’usine
française est remise sur les rails.
Son chiffre d’affaires était de
18 millions en 2016, elle vise
40 millions en 2018. Elle emploie
près de 170 personnes et a retrouvé
un bénéfice d’exploitation depuis
le 1er trimestre 2017, après quatorze
mois dans le rouge. « Nous avons
investi dans le process, notamment
dans la chaîne du froid, et avons
redonné confiance à l’équipe »,
résume Baptiste Bayart, qui met
en avant la certification IFS (International Food Standard).
L’Espagne dès 2019
Ce commercial passé par un fournisseur de pizzas a adopté la marque de son associé allemand,
Natsu, plus connue en Europe. Et
il commercialise aussi les sushis
frais et surgelés made in Sologne
en marque de distributeur,
auprès de la plupart des enseignes de GMS, dont Super U,
Leclerc, Carrefour, Monoprix,
soit 1.500 points de vente « livrés
en J + 1 ». L’objectif : développer
ses propres stands en magasin.
Pour mieux couvrir le sud du
pays et anticiper sur la suite,
Marco Polo Foods a acquis l’atelier du traiteur O’Sushi à MouansSartoux (Alpes-Maritimes) en
début d’année. Il a conservé l’effectif d’une trentaine de personnes. « Le site se spécialise dans les
petites séries », dit Baptiste Bayart.
En ligne de mire, l’Italie, le Portugal et d’abord l’Espagne dès
l’année prochaine. — S. F.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
PME & REGIONS // 25
Les Echos Lundi 4 juin 2018
2,7
CENTRE-VAL DE LOIRE Le
tribunal administratif d’Orléans
a rejeté la demande d’Amazon,
qui réclamait une révision à la
baisse de la cotisation foncière
des entreprises sur son site
de Saran (Loiret). Le juge a
confirmé le classement par le fisc
de l’activité d’Amazon comme
industrielle, ce dernier revendiquant une activité commerciale.
dépenses ont baissé de 5 %, à
1,02 milliard d’euros (79 millions en
quantité). Les végétaux d’extérieur,
potager y compris, représentent
1,06 milliard d’euros (+2 %). Concernant les végétaux pour le deuil, les
quantités sont stables (61 millions).
AFP
MILLIARDS D’EUROS D’ACHATS DE PLANTES PAR LES MÉNAGES
en 2017, un chiffre en légère baisse
(–2 %) par rapport à 2016, selon
Val’hor, l’interprofession française
de l’horticulture, de la fleuristerie et
du paysage. Les quantités achetées
s’élèvent ainsi à 693 millions (–4 %).
Pour les végétaux d’intérieur, les
innovateurs
Pas de CFE réduite
pour Amazon
Uptime prédit les pannes
d’ascenseur avec ses
capteurs intelligents
AwoX reprend Chacon,
le spécialiste belge de la domotique
La PME de Montpellier,
qui développe
des objets intelligents
dédiés à l’habitat,
a pris le contrôle
de la société Chacon.
Montant de
la transaction :
10 millions d’euros.
Hubert Vialatte
— Correspondant à Montpellier
« Lighting », audio, domotique,
maîtrise de l’énergie : AwoX, société
montpelliéraine spécialisée dans
les objets connectés pour l’habitat,
vient de reprendre pour 10 millions
d’euros le groupe familial belge Chacon. Une acquisition stratégique,
Chacon étant positionné sur le marché complémentaire, celui de la
domotique : caméras, visiophones,
équipements de vidéosurveillance,
alarmes, programmateurs, thermostats programmables…
L’opération doit permettre à
AwoX « de compléter ses produits de
“smart lighting” (ampoules connectées et audio connecté), avec des accessoires électriques en domotique, vidéosécurité et confort », précise Alain
Molinié, PDG d’AwoX. L’ambition est
de constituer « un acteur de référence,
dans le Top 3 en Europe, dans le secteur de la maison intelligente ».
La start-up compte s’appuyer
sur le maillage commercial de
Chacon, implanté dans une
douzaine de pays en Europe,
notamment en Belgique, aux
Pays-Bas, en France, en Espagne et au Portugal. AwoX
apportera ses compétences
en matière de technologies de
connectivité sans fil : convergence Bluetooth wi-fi, connectivité appareils, commandes vocales.
Uptime
OCCITANIE
LA LEVÉE DE FONDS
UPTIME
Date de création : 2016
PDG : Augustin Celier
Montant : 2 millions d’euros
Effectif : 15 personnes
Secteur : maintenance
Jacques Henno
@jhennoparis
Miser sur des marques
existantes
Alain Molinié adapte sa stratégie à
une appropriation assez lente,
d’après lui, des objets connectés par
les consommateurs. « Au lieu de
parier sur une poignée de produits à
effet de mode, nous misons, avec
Cabasse puis Chacon, sur des marques existantes depuis des dizaines
d’années, et on les fait évoluer vers la
connectivité. La connectique touche
en effet moins de 5 % de la population, et les cycles d’adoption des objets
connectés se comptent en années,
voire dizaines d’années. » 50 % des
produits de Cabasse sont à ce jour
connectés, la tendance devant être
la même pour Chacon dans les prochaines années.
Le nouvel ensemble pèse plus de
30 millions d’euros de chiffre
Installés sur l’armoire de
manœuvre de l’ascenseur, les
capteurs d’Uptime y récupèrent
les données d’utilisation,
comme le nombre de démarrages, les messages d’erreur liés
par exemple aux portes battantes ainsi que les pannes. Ces
informations sont ensuite
envoyées, via une connexion
3G, aux serveurs de la start-up
parisienne, où des logiciels font
le lien avec les interventions
techniques. « Quand un technicien change une pièce, nos algorithmes analysent quels signes
avant-coureurs auraient permis
de prédire cette panne », détaille
Augustin Celier, diplômé de
Sciences Po Paris, qui a cofondé
Awox est
spécialisé
dans les objets
connectés
pour
l’habitat.
Photo Awox
d’affaires (20 millions d’euros réalisés par Chacon et 12,4 millions
d’euros par AwoX). Il approche la
centaine de salariés : 65 pour AwoX
(dont Cabasse) et 30 pour Chacon.
L’acquisition est financée par une
augmentation de capital de 3,8 millions d’euros, une dette bancaire de
3 millions d’euros et, enfin, une
émission d’obligations convertibles
en actions AwoX de 3,15 millions
d’euros réservée aux actionnaires
de Chacon. Bpifrance apporte aussi
un prêt d’aide à l’innovation de
1 million d’euros.
AwoX doit annoncer dans les
prochains mois une innovation en
matière de capteurs de sécurité,
permettant à l’habitant d’être
informé d’une intrusion. n
Léa Delpont
— Correspondante à Lyon
Vitacuire est discrètement devenu
un incontournable de l’apéritif. La
société de Meyzieu, dans le Rhône,
occupe 70 % du marché français
des bouchées feuilletées surgelées.
RÉUSSIR
avec
EUROP’EXPRESS :
QUAND URGENCE RIME
AVEC EXCELLENCE ET
SENS DU SERVICE CLIENT
Fondée en 1988 et spécialisée dans le transport
urgent de plis et de marchandises, Europ’Express
est une société à taille humaine, implantée dans
le département du Val-d’Oise. « Au fil des années,
nous avons associé beaucoup de valeur ajoutée au
transport pur », précise Grégory Roman, dirigeant de
l’activité. « Aujourd’hui, nous proposons à nos clients
également des prestations de logistique, de stockage,
d’installation et d’aide à la manutention, notamment
dans le domaine événementiel ». De quoi permettre
à l’entreprise – qui fête ses 30 ans cette année – de
se diversifier, tout en conservant ce qui caractérise
pour grignoter « de nouvelles parts
de marchés étrangers, avec l’image
qualitative de la cuisine française ».
Projets dans le secteur frais
Vitacuire réalise 60 % de son chiffre
d’affaires avec les bouchées apéritives surgelées, 35 % avec les
« feuilletés garnis » en portions individuelles, à l’instar des friands au fromage couramment servis dans la
restauration collective, et 5 % avec la
pâte feuilletée nature, qui était le produit historique de la société créée en
1952.
Le père de l’actuel dirigeant, restaurateur, avait commencé à commercialiser de la pâte feuilletée,
complexe à réaliser, sur le conseil
d’un ami. « C’est un client qui mettait
astucieusement ses pâtes fraîches au
congélateur qui lui a fait découvrir le
procédé de conservation, à l’origine
du développement de Vitacuire à partir de 1955 grâce à la technique industrielle de la surgélation », raconte le
PD G. Aujourd’hui, la société
revient d’ailleurs à ses origines, avec
des projets de développements
dans le secteur frais. Pour financer
ses nouvelles ambitions, Vitacuire a
fait une augmentation de capital
– la première de son histoire –
auprès de trois fonds, FRI ARA Gestion, Esfin Gestion et Rhône Dauphiné Dé velopp ement , p ou r
1,5 million d’euros et 8 % du capital
de la société. n
LE SERVICE
MULHOUSE ALSACE
AGGLOMÉRATION
Lancement : septembre 2018
Vice-président :
Denis Rambaud
Budget : 605.000 euros
Secteur : mobilité urbaine
l’ofre digitale de la CCI Paris Ile-de-France
son ADN depuis toujours : la réactivité, la proximité,
l’excellence et le sens du service client. Et d’anticiper,
dès aujourd’hui, le business de demain !
UNE MINE D’OR À EXPLOITER
« Nous travaillons comme des artisans, toujours
à l’écoute de nos clients, mais avec des outils de
traçabilité, de communication et d’information à la
pointe de la technologie », précise Grégory Roman. « Et
actuellement, nous sommes en train de mettre en place
une vraie stratégie digitale ». Un projet d’envergure,
mené avec l’appui de la CCI Paris Ile-de-France et son
dispositif Les Digiteurs. « Si, au départ, je ne mesurais
pas forcément l’impact de la digitalisation pour mon
entreprise, je m’en doutais pourtant qu’il s’agissait
d’une mine d’or qu’il fallait exploiter », se souvient-il.
« Très disponible et impliqué à 1000 %, notre
interlocuteur auprès de la CCI a toujours été de très
Retrouvez les informations sur lesdigiteurs.fr - Projet co-financé par les fonds Européens
bon conseil, que ce soit pour la refonte de notre site
web, son référencement, ou encore la mise en valeur
de notre expertise grâce aux avis difusés en ligne ».
Une approche fidèle aux valeurs d’Europ’Express,
qui – aujourd’hui comme hier – place la satisfaction
client au cœur de son activité. « À l’instar d’un
commercial digital, Internet nous ofre la possibilité
d’aller chercher nos prospects de manière très ciblée
pour générer des leads qualifiés », ajoute-t-il. « Mais
il faut savoir que la présence
dans l’univers numérique
s’entretient et se cultive. Sur
le web, tout se mesure ! Pour
optimiser son investissement,
un suivi régulier – permettent,
si besoin, d’ajuster sa
Roman
d é m a r c h e – e s t a i n s i Grégory
Dirigeant
d’Europ’Express
indispensable ».
Créé en août 2016, Uptime a levé
1 million d’euros en décembre de
la même année auprès de Kima
Ventures, le fonds de Xavier Niel,
de Jacques-Antoine Granjon
(Venteprivee), de Thibaud
Elzière (cofondateur du start-up
studio eFounders) et d’Yvan
Wibaux (PDG d’Evaneos). Ses
services, commercialisés depuis
septembre 2017, ont déjà séduit
de grands gestionnaires tels
Allianz Real Estate, Foncière
Atland, Icade ou Nexity Property Management. « Si, dans
l’année qui suit la signature du
contrat, nous n’avons pas réduit
le nombre de pannes, nous remboursons un quart de nos honoraires », s’engage Augustin
Celier. Pour développer ses équipes commerciales et son centre
technique, Uptime vient de lever
2 millions supplémentaires
auprès de ses investisseurs historiques, mais aussi de nouveaux actionnaires : David
Amsellem (John Paul), Jean-Daniel Guyot (Trainline) et Antoine
Martin (Zenly). n
de la mobilité, Mulhouse Alsace
Agglomération (M2A) lancera
son compte mobilité. Via un unique compte en ligne à renseigner, ce service permettra
l’accès aux transports en commun, aux vélos en libre-service
Vélocité, à l’auto-partage Citiz et
à la location au mois de vélos à
assistance électrique, récemment mise en place.
Studio Chlorophylle
Le leader du feuilleté
apéritif surgelé sous
marque de distributeur augmente son
capital de 1,5 million.
Sous marque de distributeur, Picard est son premier client,
suivi par les grandes enseignes de la
distribution, Leclerc, Intermarché,
Auchan, Système U, Cora… Mais on
trouvera désormais dans les rayons
des supermarchés des plateaux
Vitacuire sous marque propre : Bistro Emile, avec une gamme résolument tournée vers les segments en
croissance, bio et végétarien.
L’export représente déjà 20 % des
24 millions d’euros de chiffre
d’affaires de l’entreprise familiale, la
Belgique et la Grande-Bretagne en
tête. Mais Jean-Yves Krief, président
de la PME de 160 salariés, compte
sur la marque à l’habillage rétro,
aux couleurs du terroir tricolore,
Nouveaux actionnaires
Mulhouse va lancer
un compte mobilité unique
pour ses usagers
Vitacuire lance sa marque Bistro Emile
AUVERGNERHÔNE-ALPES
Uptime avec son frère Amaury,
sorti de Centrale Paris. « Si ces
signaux reviennent, c’est qu’il
faudra changer la même pièce… »
Précédemment cadre chez Otis,
Augustin Celier a participé à
une étude sur le marché de la
maintenance de l’ascenseur en
Europe. « J’ai constaté que les
clients étaient souvent insatisfaits et que, grâce aux nouvelles
technologies, on pouvait faire
beaucoup mieux… », relate-t-il.
Hélène David
— Correspondante à Strasbourg
Tickets de bus, de tram, abonnements aux services d’auto et de
vélo-partage : diversifier les
modes de déplacement implique de multiplier les titres de
transport, les cartes d’utilisateur
ou les applications. Depuis un
an et demi, l’agglomération de
Mulhouse travaille à une simplification drastique des usages,
afin de promouvoir « l’utilisation des modes de déplacement
alternatifs à la voiture en solo » et
de « réduire les consommations
énergétiques, les émissions de gaz
à effet de serre et la pollution ». En
septembre prochain, à l’occasion de la Semaine européenne
Elargir le dispositif
« La suite est d’engager des discussions avec la région Grand Est
et la SNCF, pour intégrer les TER
au dispositif et, pourquoi pas,
l’étendre à l’extérieur de l’agglomération », indique Denis Rambaud, vice-président de M2A,
chargé des mobilités urbaines.
Outre un rôle d’intermédiaire
avec les différents services de
mobilité, l’application, personnalisable selon les usages de
chacun, propose d’émettre des
factures ou de suivre sa consommation, et effectue le règlement,
en une fois, le mois suivant. Testée par une cinquantaine d’utilisateurs invités à proposer des
améliorations, elle a été développée par la société d’ingénierie informatique Cityway, filiale
de Transdev, dans le cadre d’une
convention d’expérimentation,
qui prend à sa charge
240.000 euros sur un investissement global de 605.000 euros.
La M2A, qui investit la différence : 365.000 euros, a reçu
une subvention de 71.000 euros
de l’Etat et 100.000 euros de la
Caisse des Dépôts. n
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26 //
Lundi 4 juin 2018 Les Echos
LES STOCKS DE NICKEL
AU PLUS BAS DEPUIS 3 ANS
FINANCE
&MARCHES
A Londres, le métal a gagné
2,8% sur la semaine ; c’est la
cinquième hausse d’affilée hebdomadaire. A Shanghai, le cours
du nickel a atteint 120.000 yuans
la tonne, soit le prix le plus élevé
depuis la première cotation
du contrat en 2015. L’offre est
abondante, notamment en provenance des Philippines et ’Indonésie, mais il y a peu de projets
à plus long terme.
les
indices
BPCE s’allie à TransferWise
pour les envois d’argent internationaux
l Au début de l’an prochain, les 15,1 millions de clients
particuliers de BPCE pourront utiliser TransferWise pour
envoyer de l’argent depuis leur appli bancaire.
l Une manne pour la jeune pousse et un levier
de fidélisation pour BPCE.
appli. Je ne serais pas surpris que ce
coût soit quatre fois moindre que celui
de services concurrents », assure
Kristo Käärmann, PDG et cofondateur de la licorne britannique.
PAIEMENT
Ninon Renaud
@Ninon Renaud
Si Natixis a multiplié les acquisitions de jeunes pousses dans les
paiements ces dernières années, la
filiale du groupe BPCE veut aussi
nouer des alliances stratégiques
avec ces nouveaux acteurs pour
continuer d’enrichir ses propres
services bancaires. Elle annonce
ainsi ce lundi à Amsterdam, à
l’occasion du Salon Money 2020, la
signature d’un partenariat avec
TransferWise dans le domaine du
transfert d’argent à l’international.
A partir du début de l’année prochaine les clients particuliers des
Banques Populaires et des Caisses
d’épargne pourront bénéficier des
s e r v i c e s d ’e nvo i d e f o n d s d e
TransferWise vers plus de 60 pays
directement depuis leur appli bancaire et moyennant des prix serrés.
« Les frais de change seront les mêmes
pour les clients, qu’ils passent directement par TransferWise ou par cette
Il a dit
Première étape
TransferWise est déjà partenaire de
N26 et d’une banque estonienne
(LHV Pank), mais c’est la première
fois qu’elle fait affaire avec une
grande banque traditionnelle lui
donnant accès à 15,1 millions de
clients potentiels. Lesquels font
près de 1,5 million de transferts
d’argent hors zone euro par an. Une
manne au regard de la base de quelque 2 millions d’utilisateurs existants de TransferWise, qui explique
que la jeune pousse accepte de partager sa commission par transaction avec le groupe BPCE.
Pour la banque mutualiste, cette
alliance lui permet de fidéliser des
clients. « Plutôt que de les laisser partir vers des néobanques, mieux vaut
intégrer ce type de services dans notre
offre. C’est une tendance de fond de
l’open banking : il faut être en capacité de connecter de nouveaux servi-
« Plutôt que de laisser
partir les clients vers
des néobanques,
mieux vaut intégrer
ce type de services
dans notre offre. »
PIERRE-ANTOINE VACHERON
Membre du comité de direction
générale de Natixis
DR
Les services d’envoi par TransferWise sont possibles dans plus de 60 pays. Photo Shutterstock
ces sur nos plates-formes pour rester
dans la course », souligne PierreAntoine Vacheron, membre du
comité de direction générale de
Natixis.
Cette intégration de Natixis Payment Services dans l’interface de
programmation (API) de Transfe-
rWise est en outre un premier cas
d’usage du paiement instantané.
L’infrastructure dédiée mise en
place par Natixis Payment Services
va en effet permettre aux clients de
BPCE de disposer immédiatement
de l’argent qu’ils veulent transférer
via TransferWise, quel que soit le
Visa subit une défaillance majeure
à travers l’Europe
Cette panne a entraîné
le rejet de nombreuses
transactions par carte
bancaire vendredi. Le
problème a essentiellement
touché le Royaume-Uni.
Sharon Wajsbrot
@Sharonwaj
C’est un épisode qui a mis en évidence la profonde dépendance des
paiements à la carte bancaire. Ce
vendredi, des millions de personnes ont été touchées par la panne
géante des systèmes informatiques
d e Vi s a e n E u r o p e . S i g n e d e
l’importance de cette panne, le
directeur général du groupe américain, Al Kelly, a fait son mea culpa.
« Notre objectif est de faire en sorte
que tous les paiements Visa fonctionnent 24 heures sur 24, 365 jours
par an. Nous n’avons pas été à la
hauteur de cet objectif. » Samedi
matin, Visa a toutefois indiqué que
tout était rentré dans l’ordre.
Concrètement, cette défaillance
informatique, qui n’est pas liée à
une cyberattaque, a entraîné des
rejets de paiements au RoyaumeUni, en Allemagne ou encore en
Espagne, laissant les clients sans
moyens de paiement à la caisse des
magasins. Au Royaume-Uni, où les
cartes Visa représentent 97 % des
cartes de débit en circulation, elle a
été particulièrement ressentie.
La France a été épargnée
La France, en revanche, a été épargnée. Elle doit son salut au Groupement des cartes bancaires, le GIE,
qui gère les opérations pour 95 %
des cartes Visa et des autres opérateurs de cartes bancaires dans le
pays. Créé il y a plus de trente ans,
pour garantir que chaque porteur
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Un service recommandé par Les Echos Solutions
de carte, quelle que soit sa banque,
puisse payer chez les commerçants,
ce groupement subit une concurrence plus frontale de Visa et de
MasterCard depuis l’entrée en
vigueur du règlement européen de
2016. Celui-ci permet en effet aux
commerçants et consommateurs
de choisir le réseau qui traite leurs
transactions, mais il n’a pas encore
bousculé le marché.
Le directeur général
du groupe américain,
Al Kelly, a fait son
mea culpa.
Sur le Vieux Continent, la construction d’un tel système de paiement par carte, concurrent de Visa
et de MasterCard et commun aux
pays de l’Union, avait été envisagé,
mais, face aux divergences des banques, le projet désigné sous le nom
de « Monnet » a été abandonné.
Afin de préserver leur souveraineté
face à Visa, qui, depuis 2015, est intégralement américain, certains pays
comme la Russie ont mis sur pied
des infrastructures de paiement
nationales. Pour reprendre la main
dans le domaine des paiements,
l’Europe mise de son côté désormais sur ses infrastructures de
paiement instantané. Le virement
en temps réel qui doit se généraliser
dans l’Union est en effet censé faire
de l’ombre à la carte bancaire… n
jour ou l’heure, alors que cette opération initiale prend habituellement plusieurs jours.
Plus globalement, cette alliance
ne devrait être qu’une première
étape. « Avec S-money pour la gestion
de compte et Dalenys pour l’acquisition des paiements, nous avons deux
plates-formes sur lesquelles nous
pouvons connecter des services à
valeur ajoutée adaptés aux nouveaux
usages et besoins des clients, tout en
s’appuyant sur l’infrastructure de
traitement des flux de Natixis Payment Services », confirme PierreAntoine Vacheron. n
Les objets connectés prêts au décollage
dans les paiements
Plus de 75 % des professionnels interrogés par
le cabinet Edgar, Dunn
& Company estiment
que les objets connectés
vont transformer la
manière dont nous vivons,
consommons et payons.
Plus de 5.000 professionnels du
paiement originaires de 85 pays doivent affluer ce lundi au centre de
congrès de RAI Amsterdam, où se
tient jusqu’à mercredi la 3e édition
européenne de Money 2020. Le programme fourni qui compte plus de
400 orateurs illustre la diversité des
défis que connaît ce secteur en
pleine mue. Mais « l’intelligence artificielle, les changements réglementaires et l’“open banking”, la sécurité
ainsi que la technologie blockchain
sont les thématiques qui montent le
plus depuis deux ans », précise Tracey Davies, directrice générale de
Money20/20. Une appréciation confortée par les résultats de la 12e édition du rapport avancé sur les paiements du cabinet Edgar, Dunn &
Company qui sera publié mardi.
Cette étude qui prend le pouls des
professionnels du secteur révèle
ainsi que le paiement instantané,
poussé par les régulateurs, est
incontournable à leurs yeux. 52 %
des acteurs interrogés estiment qu’il
captera plus de 20 % des parts de
marché du paiement de personne à
personne d’ici cinq à dix ans quand
44 % jugent qu’il en sera de même
pour les paiements en ligne des par-
ticuliers. Ils sont quasiment aussi
nombreux (42 %) à penser la même
chose pour le paiement de facture
ou d’entreprise à entreprise (41 %).
La carte a toujours
de l’avenir
Pour autant, cette montée en puissance ne devrait pas menacer la
carte, dont le nombre de paiements
continuera de croître du fait de son
développement dans les pays émergents, notamment en Asie. Les
paiements par carte devraient ainsi
afficher une croissance de 6 % d’ici
à 2023 pour les cartes à débit immédiat, soit 8,4 milliards de paiements
à cet horizon, selon Edgar, Dunn &
Company. Le vrai tournant à court
terme devrait concerner les objets
c o n n e c t é s . G r â c e à l ’a p p o r t
de l’intelligence artificielle, ils pro-
Les chiffres clefs
5
MILLIARDS
Le nombre d’objets connectés dans le monde en 2017.
10
OBJETS CONNECTÉS
devraient être présents
en moyenne dans chaque
foyer en 2020.
mettent en effet de devenir de puissants leviers de développement du
commerce pour 60 % des professionnels consultés. Plus de 75 %
estiment en outre que ces nouveaux
supports de paiement vont transformer la manière dont nous
vivons, consommons et payons.
Les objets connectés de la maison
sont particulièrement prometteurs,
notamment les assistants vocaux
qui simplifient le parcours d’achat.
Une priorité pour 81 % des marchands interrogés quand il s’agit de
leur stratégie d’acceptation des paiements. Mais les « wearables »,
comme les bracelets connectés,
« intègrent de plus en plus la fonction
paiement afin d’allonger leur espérance de vie », détaille Grégoire Toussaint, manager chez Edgar, Dunn &
Company. Comme l’inscription à
une salle de gym, l’utilisation d’un
bracelet de fitness baisse sensiblement après six mois d’utilisation.
L’introduction de la fonction paiement devrait notamment doper les
micropaiements, selon le cabinet.
La voiture connectée représente
un troisième levier de croissance
mais, avant de décoller, « il faudra
trancher la question de la propriété
des données et de la relation client »,
estime Grégoire Toussaint. Un sujet
sensible, qui freine aussi la montée
en puissance de portefeuilles digitaux. Dernier obstacle pour que les
objets connectés s’imposent : la
sécurisation des données collectées dans le respect de la vie privée de leur propriétaire. — N. Re.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 27
Les Echos Lundi 4 juin 2018
Les fonds d’investissement
sont devenus trop nombreux
l En nombre excessif, les gérants chassent un volant d’acquisitions trop faible aux Etats-Unis, selon Coller Capital.
l L’Europe et l’Asie échappent à la surchauffe, mais n’ont pas assez d’équipes de capital-risque de bonne qualité.
ÉTUDE
Anne Drif
@ANNDRIF
Des chasseurs trop nombreux, en
quête de gibiers trop rares. Aux
Etats-Unis, le nombre de gérants en
capital-investissement est devenu
excessif, jugent la large majorité
(62 %) des investisseurs mondiaux
du non-coté interrogés par Coller
Capital. Et la flambée des prix
d’acquisition est repartie de plus
belle. « Tous les indicateurs de valorisation d’actifs sont au point haut,
ce qui contribue à la surchauffe et le
sentiment d’inconfort des investisseurs est plus fort aux Etats-Unis
qu’ailleurs », commente François
Aguerre, associé de Coller Capital.
Entre les deux derniers trimestres, le levier de dette à déployer
pour financer les transactions a
encore grimpé. Selon Thomson
Reuters, il atteint désormais 6,57
fois l’excédent brut d’exploitation
(Ebitda) des entreprises rachetées,
ce qui « n’est plus très loin des pics de
l’avant-crise en 2007, à 6,7 fois »,
lorsque le marché connaissait une
surchauffe similaire.
Certaines opérations, comme
GE Healthcare IT, LifeScan, and
Airxcel, se bouclent de nouveau
avec un montant minime de capital (entre 23 % et 28 %) et un niveau
très élevé de dette. Dans ces conditions, les rachats d’entreprises
cotées – à d’autres périodes assez
critiqués – font sens, estiment les
investisseurs.
Pas de déport vers l’Europe
Pour près de 90 % d’entre eux, ces
opérations permettent d’élargir le
Meridiam fait de l’infrastructure
un nouvel actif liquide
L’investisseur en infrastructures a mis aux enchères
une part de son premier
fonds de 25 ans.
Des investisseurs américains et asiatiques entrent
au capital, à la place
de Predica et d’autres
institutionnels historiques.
cains et asiatiques. « Nous avons
reçu sept fois plus de volume de
demandes que de capital disponible,
souligne Thierry Déau. Cette transaction nous confirme que la liquidité est disponible pour les fonds
d’investissement de long terme
quand leurs investissements sont
gérés de façon active. »
Thierry Déau vient de réaliser une
jolie prouesse aux yeux des investisseurs : faire de l’actif le plus long du
capital-investissement, l’infrastructure, l’un des placements les plus
liquides. Le fondateur de Meridiam,
à la tête de 6,2 milliards d’euros
d’actifs, a pour ce faire organisé la
mise aux enchères de 25 % du capital confié à son tout premier fonds
de 550 millions d’euros, investi dans
les nouveaux réseaux de transports,
et dont la durée frôle les… 25 ans.
Avec d’autres investisseurs, Predica, « actionnaire » à 18 %, est sorti
du tour de table du fonds, à la suite
de sa maison mère Crédit Agricole,
il y a quelques années. Et Meridiam
s’est offert un nouveau panel
d’investisseurs partenaires améri-
Attirer d’autres types
d’ investisseurs
Meridiam compte désormais offrir
cette opportunité tous les deux ans.
« Ce type de mise aux enchères d’une
part des fonds permet d’attirer des
partenaires qui traditionnellement
« Nous avons reçu
sept fois plus de
volume de
demandes que de
capital disponible. »
THIERRY DÉAU
Fondateur et PDG de Meridiam
ne se risquent pas sur cette classe
d’actifs très précoce de l’infrastructure et qui traditionnellement préfèrent investir dans des projets déjà
matures, le “brownfield”», explique
le dirigeant. Si quatre investisseurs
sur cinq estiment, selon le baromètre Coller, que les transactions
secondaires vont devenir la norme
dans les prochaines années, jamais
de telles opérations n’avaient réussi
sur le segment très long terme et très
amont de Meridiam. Celles-ci concernaient pour l’essentiel des fonds
à durée similaire aux fonds de capital-investissement classiques, ne
dépassant pas une dizaine d’années.
Ardian s’est démarqué notamment
en fin d’année dernière, en cédant
non pas une part, mais tout un fonds
à deux de ses investisseurs, le fonds
de pension néerlandais APG et
AXA, pour plus de 1 milliard d’euros.
Cette transaction a d’autres intérêts
pour Meridiam. « Elle nous permet
en outre de valider les valorisations
sous-jacentes de notre portefeuille »,
indique Thierry Déau. Et ce, sans
attendre la fin très lointaine de la
période d’investissement. — A. D.
spectre des opportunités de qualité
et peuvent générer de bons rendements. « Ces transactions sont bien
interprétées par les investisseurs
actuellement pour s’ouvrir le champ
des cibles possibles », appuie Fran-
çois Aguerre. Aux yeux des investisseurs, cette surchauffe reste
néanmoins cantonnée aux EtatsUnis. Aucune majorité ne se détache pour estimer qu’il y a trop de
gérants en Europe. « Il ne faut pas
s’attendre pour autant à un déport
de l’intérêt des investisseurs du marché américain vers l’Europe ou
l’Asie, estime François
Aguerre. Nous sommes dans une
phase où, même si l’inconfort des
investisseurs croît, la réalité est qu’ils
continuent d’investir massivement
dans cette classe d’actifs attractive en
rendement, toutes géographies confondues. A condition d’investir dans
les meilleures équipes. »
En Asie, un tiers des investisseurs considèrent d’ailleurs qu’il
n’y a pas assez d’équipes de gestion
de bonne qualité. C’est particulièrement vrai dans la région ainsi qu’en
Europe pour le capital-risque. Sur
le Vieux Continent, 38 % d’entre
eux estiment ainsi trop faible le
nombre d’équipes de talents. Aux
Etats-Unis, seuls 7 % partagent
cette vision. n
White Star Capital lève
180 millions de dollars
Le fonds de capital-risque
nord-américain a bouclé
une nouvelle levée de fonds
pour investir dans
une vingtaine de sociétés.
Solenn Poullennec
@SolennMorgan
Thierry Déau, le fondateur
de Meridiam, société spécialisée dans les fonds d’infrastructures publiques. Photo Meridiam
Le fonds de capital-risque nordaméricain White Star Capital
annonce ce lundi avoir bouclé une
levée de fonds de 180 millions de dollars pour investir dans une vingtaine
de sociétés de tous horizons, ayant
des ambitions à l’international. Le
fonds, qui s’était d’abord donné pour
objectif de lever 140 millions de dollars, a suscité l’intérêt d’investisseurs nord-américains, européens
et asiatiques. Parmi les Français
figurent le groupe Arkéa, Swen
Capital Partners et Veolia.
White Star Capital a déjà déployé
une partie des sommes levées dans
huit sociétés basées de part et
d’autre de l’Atlantique, notamment
dans la jeune pousse hexagonale
spécialisée dans la photographie
Meero. Le fonds avait déjà bouclé
une levée de 70 millions de dollars
en 2015. De quoi, par exemple, investir en France dans Klaxoon. « Dans
le premier fonds, nous participions à
des premières levées de fonds (séries
A). Là, nous nous positionnons sur
des séries A et B, nous augmentons la
taille de nos tickets et nous souhaitons
investir dans des sociétés qui ont déjà
des produits et des revenus établis »,
explique Eric Martineau-Fortin,
cofondateur de White Star Capital.
White Star Capital s’intéresse
aux sociétés qui misent sur l’utilisation des données et/ou qui innovent
dans les domaines de la finance et
du commerce en ligne. Sa stratégie
vise à acquérir environ 15 % du capital des sociétés et de privilégier les
co-investissements, par exemple
avec des acteurs tels que Partech
et Idinvest. « Notre devise, c’est qu’il
n’y a pas besoin d’être dans la Silicon
Valley pour créer des grandes boîtes », défend Eric Martineau-Fortin.
Ce Canadien, ancien associé de
Jean-Marie Messier, a fondé White
Star Capital avec Christian Hernandez, passé par Facebook et Google
ainsi que le cofondateur de la
société de jeux vidéo canadienne
Ludia, Jean-Francois Marcoux. n
EOS pulvérise le record des levées
de fonds en cryptomonnaies
BLOCKCHAIN
Le projet du fantasque
Daniel Larimer a réuni
4 milliards de dollars.
Raphaël Bloch
@Bloch_R
Telegram avait mis la barre très
haut. En avril, la messagerie chiffrée
avait annoncé avoir bouclé une levée
de fonds en cryptomonnaies (ICO)
de 1,7 milliard de dollars (1,45 milliard d’euros). Une somme hallucinante pour le secteur et un record
qui paraissait imbattable. Du moins
pour un moment. Mais c’était sans
compter sur le fantasque Daniel
Larimer, qui souhaite développer
« la plus puissante blockchain » du
monde. Le projet de l’Américain,
baptisé « EOS », vient de dépasser le
record établi par les frères Durov.
Selon le « Wall Street Journal »,
l’ICO d’EOS, pilotée par la société
Block.one, aurait obtenu 4 milliards
de dollars (3,4 milliards d’euros).
Au total, 1 milliard de « tokens »
ou « jetons », sorte d’actions hybrides, ont été distribués pendant l’opération. Sur ce milliard de tokens,
900 millions l’ont été à des investisseurs institutionnels et privés, qui
ont apporté des bitcoins et des
ethers en contrepartie. Les 100 millions de tokens restants ont été gardés par Daniel Larimer et les salariés
de Block.one. Grâce à l’engouement
pour l’opération, le token EOS a
flambé ces dernières semaines sur
les marchés, dépassant les 11 milliards de dollars (9,4 milliards
d’euros) de capitalisation. L’EOS est
devenu la cinquième plus grosse
cryptomonnaie, derrière le bitcoin
(128,2 milliards de dollars), l’ether
(57,3 milliards de dollars), le ripple
(23,9 milliards de dollars) et le bitcoin cash (17 milliards de dollars),
mais devant le litecoin (6,7 milliards
de dollars), selon les chiffres de CoinMarketCap.
La plus grosse blockchain
du secteur
Ce succès ne dissipe pas pour autant
tous les doutes de la communauté
crypto. Notamment sur la question
de l’utilité des tokens EOS, qui n’ont
aucune fonctionnalité identifiée
pour le moment, de l’aveu même de
Daniel Larimer. Mais l’Américain a
un projet. Grâce à l’ICO, il veut faire
du projet EOS une blockchain concurrente d’Ethereum, la structure la
plus utilisée par la communauté
crypto. En 2017, l’architecture blockchain de Vitalik Buterin a permis le
développement de 700 cryptomonnaies et de plus de 1.000 applications décentralisées.
Pour parvenir à son objectif,
Daniel Larimer, qui a déjà créé
Steem et BitShares, deux cryptomonnaies valorisées à plus de
500 millions de dollars, compte
sur la puissance et la gratuité
d ’ E O S p o u r a t t i r e r l e s d é ve loppeurs du monde entier. Avec
4 milliards de dollars, la bataille
s’annonce agitée. n
Actionnaires de Laurent-Perrier,
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le Mercredi 11 juillet 2018 à 10h00
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d’information prévus par les textes en vigueur, au siège social, sur le site
de la société : www.finance-groupelp.com et auprès de
la BNP-Paribas Securities Services – C.T.S. Service des Assemblées
(Grands Moulins de Pantin – 9 rue de Débarcadère 93761 Pantin cedex)
tél. 01.55.77.65.00.
Les actionnaires inscrits au nominatif recevront ces documents
directement à leur domicile.
Ouverture des portes à partir de 9h15
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Laurent-Perrier – B.P. 3 – 32 avenue de Champagne - 51150 Tours-sur-Marne
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au capital de 22.594.271,80 euros
RCS Reims 335 680 096
(Téléphone : 03.26.58.91.22 – contact : Relations actionnaires - Télécopie : 03.26.58.77.29)
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
28 // FINANCE & MARCHES
Deutsche Bank
tente de rassurer
après la tempête
boursière
BANQUE
Le nouveau patron
de la première
banque allemande
veut mobiliser les
salariés « malades et
fatigués des mauvaises nouvelles ».
Thibaut Madelin
— Correspondant à Berlin
C’est un détail qui ne trompe
pas. Deutsche Bank vient de
résilier les loyers de douzaines
d’appartements de fonction et
d’annuler des projets de location de logements à Francfort.
En cause, la hausse des loyers
dans la capitale financière allemande, l’effet plus faible que
prévu du Brexit et « une révision
du portefeuille en fonction des
besoins », selon le magazine
« Der Spiegel ».
Le leader bancaire allemand,
dont le cours en Bourse a dévissé
de 7 % jeudi après la révélation
d’inquiétudes de la Réserve fédérale américaine (Fed) sur son
contrôle des risques par le « Wall
Street Journal » et le « Financial
Times », veut supprimer plus de
7.000 postes sur 97.000 pour
regagner la confiance des investisseurs alors que les mauvaises
nouvelles s’accumulent.
Dégradation par S&P
Vendredi, Standard & Poor’s a
ainsi abaissé la note de crédit de
Deutsche Bank de A- à BBB +, un
nouveau coup dur pour la réputation de la première banque
allemande et un obstacle supplémentaire à sa rentabilité.
« Nous pensons que, par rapport
à ses pairs, Deutsche Bank restera une exception négative pendant un certain temps », a écrit
l’agence de notation américaine. Le même jour, le régulateur australien accusait la banque allemande d’entente illicite
avec sa concurrente australienne ANZ et le groupe améri-
cain Citigroup dans le cadre
d’une augmentation de capital
de plusieurs milliards de dollars en août 2015. Comme si les
litiges, qui ont sapé la confiance
des investisseurs depuis près de
dix ans, ne prenaient jamais fin.
« Beaucoup d’entre vous sont
malades et fatigués des mauvaises nouvelles, a réagi le patron
Christian Sewing vendredi dans
une lettre aux employés. C’est
exactement ce que je ressens.
Mais il n’y a aucune raison d’être
découragé. Oui, notre cours en
Bourse est au plus bas historique,
mais nous allons démontrer que
nous méritons une meilleure
réputation sur les marchés financiers. » Vendredi, Deutsche Bank
s’est redressé de 2,8 %. Jeudi soir,
le ministre des Finances allemand, Olaf Scholz, avait volé à
son secours depuis la réunion
du G7 au Canada en jugeant le
groupe « stable ». Vendredi, la
BCE, qui supervise les banques
européennes et le conglomérat
chinois HNA, qui détient 8 % de
Deutsche Bank, ont à leur tour
affiché leur sérénité.
Entente illicite
Si la nouvelle équipe est décidée
à regagner la confiance, elle est
perplexe sur l’accumulation
d’indiscrétions, qui viennent
souvent des Etats-Unis. Comme
en 2016, lorsque la banque avait
fait l’objet de rumeurs d’une
amende 14 milliards de dollars
dans le dossier des « subprimes ». Les rumeurs, venant des
Etats-Unis, avaient alors déclenché un débat sur la nécessité
d’un sauvetage public.
Depuis, Deutsche Bank a renforcé ses fonds propres et réduit
ses risques. « Normalement, ces
nouvelles ne devraient pas avoir
un tel impact sur les marchés,
mais nous sommes vulnérables », reconnaît une source
interne. Reste à savoir qui, en
temps de Brexit, de crise italienne et de conflit transatlantique, pourrait avoir intérêt à fragiliser davantage un pilier de
l’économie allemande ? n
ANNLEGALECH
annonces judiciaires & légales
Lundi 4 juin 2018 Les Echos
Matières premières :
les marchés sous tension
MATIÈRES
PREMIÈRES
Le déclenchement
d’un conflit commercial mondial n’a
jamais été si proche.
La volatilité peut
grimper sur les marchés dans les semaines
à venir.
Muryel Jacque
@MuryelJacque
Les marchés de matières premières
sont sur le qui-vive. Le déclenchement d’une guerre commerciale
avec les Etats-Unis n’a jamais été si
proche. Donald Trump l’avait promis et, depuis vendredi, l’acier et
l’aluminium importés en provenance d’Union européenne (UE),
du Canada et du Mexique sont surtaxés de 25 % et 10 % respectivement.
Tous trois ont immédiatement
annoncé qu’il y aurait des mesures
de représailles. Ottawa menace de
taxer les lingots de fer ou le jus
d’orange, le Mexique imposerait le
porc, et l’UE – qui a porté plainte
devant l’OMC – s’en prendrait au
bourbon, entre autres. Les EtatsUnis seraient alors susceptibles
d’aller plus loin, et d’imposer des
droits de douane sur les voitures
importées d’Europe. « Ils ont prévenu qu’ils pourraient le faire. Dans
L’acier et l’aluminium importés en provenance d’Union européenne, du Canada et du Mexique sont
surtaxés de 25 % et 10 % respectivement. Photo Patrick Hertzog/AFP
ce cas, nous verrions le conflit commercial projeté dans une nouvelle
dimension », avertissent les analystes de Commerzbank. C’est bien ce
qui préoccupe les investisseurs
depuis des semaines. Au final, des
dizaines de milliards de dollars de
produits sont potentiellement concernés. C’est un « mauvais jour pour
le commerce mondial », a résumé le
président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.
Vendredi, « les métaux indus-
Goldman Sachs surfe à nouveau
sur les « commodities »
Depuis le début de l’année, Goldman Sachs a déjà gagné
davantage d’argent dans les matières premières que sur
l’ensemble de 2017 (où ses revenus nets dans le secteur
avaient chuté de 75 %), d’après Bloomberg, qui cite des
anonymes. La division gaz et électricité de la banque
américaine, qui avait perdu de l’argent l’an passé, a bénéficié de la volatilité sur les marchés de l’énergie. L’agence
ajoute que, en avril, Goldman Sachs était également bien
placé pour profiter d’une hausse des prix de l’aluminium
liée aux sanctions américaines imposées au producteur
russe Rusal.
triels [ont réagi] plutôt calmement à
l’escalade » des tensions, poursuit
Commerzbank. Mais la banque
estime que la publication d’un bon
indice des directeurs d’achats pour
les industriels en Chine a sans
aucun doute joué. Le responsable
acier et mines de Credit Suisse,
Michael Shillaker, prévient en effet
qu’« une grande incertitude demeure
concernant l’issue de la section 232
[du Trade Expansion Act de 1962,
qui permet d’imposer des tarifs
douaniers sur des produits qui présenteraient un risque pour la sécurité nationale, NDLR], et que le contexte risque d’être très instable au
cours des semaines et des mois à
venir ». Conséquence, à court
terme, le secteur pourrait être volatil en Bourse également.
Hausse des importations
européennes
Chez les investisseurs, les questions
sont encore plus nombreuses à plus
long terme. L’agence de notation
Moody’s avance que les taxes américaines entraîneront une hausse
des importations européennes, à
AVIS D’APPEL À CANDIDATURES POUR LA CESSION
DE TERRAINS À BÂTIR APPARTENANT
À LA COMMUNE SITUéS SUR L’ILÔT HOURLIER-MILLET
À RUEIL-MALMAISON
Localisation
terrains
et
caractéristiques
des
Terrains à bâtir situés rue Léon Houlier et
rue François Millet à Rueil-Malmaison,
cadastrés section BM n°107p-108p-110p111p-113p-114p-115p totalisant 6.581 m²
environ.
Projet
:
Réalisation
de
maisons
individuelles uni-familiales d’une SDP
théorique maximale de 3500 m² ;
Variante : Cession supplémentaire d’un
terrain bâti, cadastré section BM n°112p,
d’une supericie de 399 m², sur lequel est
construit un pavillon d’une surface habitable
de 130 m² environ, entièrement rénové et
libre de toute occupation.
Les terrains vendus sont viabilisés et
donc desservis par les réseaux publics de
distribution d’eau, d’électricité, de gaz et de
téléphone au droit des terrains.
Situation : quartier pavillonnaire du village
« RICHELIEU-CHÂTAIGNERAIE »
Le groupe immobilier
américain a finalement accepté de payer
les intérêts de sa dette.
Evitant ainsi un scandale qui aurait bouleversé le marché des
« credit default swaps ».
Consultation du cahier des charges
Le cahier des charges relatif à la cession
de ces terrains peut être :
- demandé à la Mairie de Rueil-Malmaison,
à la Direction des Affaires Foncières et du
Patrimoine (tél : 01 47 32 66 72), du 4 juin
au 6 juillet 2018 du lundi au vendredi de
8h30 à 12 h et de 13h30 à 17h30.
- consulté sur Internet à l’adresse suivante :
http://www.villederueil.fr/cession-debiens-communaux
Délai de dépôt des candidatures
La date limite de dépôt des candidatures est
ixée au 6 juillet 2018 à 17h.
Les candidatures devront être envoyées
sous pli cacheté ou déposées contre
décharge en Mairie à : Monsieur le Maire
de Rueil-Malmaison – Direction des Affaires
Foncières et du Patrimoine – 13, boulevard
Foch,
92501
RUEIL-MALMAISON
Cedex avec la mention « Candidature à
l’acquisition de terrains communaux, situés
rues Léon Hourlier et François Millet. »
La ligne de référence est de 40 signes en corps minimal de 6 points didot.
Le calibrage de l’annonce est établi de filet à filet.
Les départements habilités sont 75, 78, 91, 92, 93, 94, 95 et 69.
LES ECHOS SOCIÉTÉS - LE PUBLICATEUR LÉGAL - LA VIE JUDICIAIRE
À NOTER
L’administration Trump
envisage d’ordonner aux opérateurs de réseau américains
d’acheter de l’électricité
aux centrales nucléaires
et à charbon en difficulté afin
d’allonger leur durée de vie,
rapporte Bloomberg. Il s’agirait
là d’une intervention sans
précédent sur les marchés
américains de l’énergie.
Hovnanian renonce à déclencher
artificiellement son CDS
DÉRIVÉS
MAIRIE DE RUEIL-MALMAISON
même de détériorer la qualité de
crédit de l’industrie européenne de
l’acier.
« Il y a une montée de l’incertitude
dans la sidérurgie au niveau mondial », renforce Andrei Nikolaev,
responsable EMEA Commodities
chez S&P Global Ratings. C’est l’un
des effets indirects de la décision
américaine. Et, « il faudra aussi
regarder les dommages collatéraux
sur les chaînes de production, ajoute
le spécialiste. Au final, il existe un
risque qu’une escalade sur le terrain
des tarifs ait un impact négatif sur la
croissance économique mondiale ».
Guillaume Benoit
@gb_eco
Jusqu’au bout du suspense. Hovnanian a attendu le tout dernier
moment avant l’expiration du délai
de grâce, jeudi, pour finalement
régler les intérêts de sa dette. Un
mois plus tôt, il avait renoncé à effectuer ce paiement. Non par manque
de fonds disponibles, mais pour permettre le déclenchement des « credit
default swaps » (CDS), des produits
dérivés censés protéger ses créanciers contre un défaut de paiement.
Une attitude rocambolesque qui
s’explique par un accord passé avec
GSO, un hedge fund appartenant à
la galaxie Blackstone. Ce dernier
s’est engagé à refinancer 320 millions de dollars de dette obligataire
arrivant à échéance à partir de 2019,
à un coût très avantageux. Mais à
En décidant de payer in extremis, Hovnavian est venu parachever
l’accord passé avec GSO. Photo Shutterstock
une utilisation qu’ils estiment abusive des CDS. D’autant que ce n’est
pas la première du genre. Leur
inquiétude ? Que cet instrument
financier, déjà très décrié, ne se
remette pas de cette manipulation.
Ils auront finalement eu gain de
cause, à l’issue de négociations entre
les différentes parties. Le géant de
l’investissement Blackstone ne voulant pas compromettre ses nombreuses relations d’affaires avec
Goldman Sachs a fait un premier
pas en début de semaine. GSO a
racheté à la banque son exposition
vendeuse de protection, pour
100 millions de dollars. Dégageant
ainsi Goldman Sachs de son engagement de payer. Puis il s’est rapproché de Solus, pour mettre fin aux
poursuites judiciaires.
Des failles qui subsistent
condition que le groupe fasse
défaut. Avant de proposer son offre,
GSO a en effet acheté des « credit
default swaps » (CDS) dans un but
spéculatif. Ce « défaut fabriqué »
aurait donc eu pour conséquence de
déclencher les 330 millions de dollars de CDS en circulation, pour le
plus grand bénéfice de leurs porteurs, mais au grand dam des
acteurs financiers qui les avaient
vendus. Ces derniers, au rang desquels Goldman Sachs et le hedge
fund Solus ne l’entendaient pas de
cette oreille. Solus a attaqué Hovnanian et GSO en début d’année, après
avoir eu connaissance de leur projet.
Un danger pour le marché
Plusieurs grands acteurs du marché se sont saisis de l’affaire. A commencer par l’Isda, l’association
internationale qui organise le fonctionnement du marché des CDS, et
la CFTC, le régulateur américain
des dérivés, qui a tapé du poing sur
la table. Mais également d’autres
hedge funds, qui s’élèvent contre
En décidant de payer in extremis,
Hovnavian est venu parachever
l’accord, évitant de mettre à feu et à
sang le marché des CDS. Ceux portant sur sa dette ont d’ailleurs
retrouvé leur niveau d’avant que
l’affaire n’éclate. GSO, pour sa part,
apportera quand même le financement promis. Tout est bien qui finit
bien, cette fois-ci du moins. Les problèmes qui existent dans le régime
des CDS n’ont toujours pas été
réglés. Et un cas similaire pourrait
tout à fait survenir à nouveau. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 29
Les Echos Lundi 4 juin 2018
LA SÉANCE DU 01/06/2018
Changes : JP Morgan leader du
plus grand marché au monde
CHANGES
La banque américaine
creuse l’écart d’un
classement qui voit
l’arrivée d’un trader
haute fréquence
au troisième rang.
Nessim Aït-Kacimi
@NessimAitKacimi
JP Morgan confirme qu’elle est bien
la banque leader mondial sur les
devises, selon le classement annuel
des parts de marché sur les devises
établies par Euromoney (*). Sa part
de marché était de 12,1 % en 2017 et
l’écart avec sa poursuivante directe,
la banque UBS (8,2 % de part de marché), est particulièrement élevé. La
grande surprise vient du bond de la
12e à la 3e place de XTX Markets
(7,4 % de part de marché en 2017), un
trader haute fréquence, une société
de trading ultrarapide fonctionnant
à base d’algorithmes. Cette société
d’une centaine de collaborateurs est
même au second rang mondial pour
les transactions au comptant, avec
9,5 % de part de marché derrière
JP Morgan. Elle obtient d’excellentes
notes dans à peu près tous les
domaines (qualité de services…).
Marché concentré
Cela illustre la montée en puissance
des THF sur les changes au détriment des banques, les acteurs dominants historiques sur les monnaies.
XTX était en 9e position en 2015, avec
3,9 % de part de marché. Deux
autres THF sont dans les 20 premiers établissements mondiaux sur
les changes. Jump Trading a effectué un bond de 10 places au 14e rang
alors que Citadel se place au 20e. Les
cinq premiers acteurs représentent
40 % de part de marché mondial, et
les 10 premiers 65 %, contre 63 % en
2016. Les volumes restent ainsi concentrés dans les mains de quelques
grands établissements malgré l’arrivée de francs-tireurs. Pour le Top 10,
7 acteurs ont gagné des parts de
marché d’une année sur l’autre, à la
différence de Bank of America-Merrill Lynch (4e), Citi (5e) et Deutsche
Bank (8e).
Longtemps leader mondial sur
les monnaies, la banque allemande
n’a cessé de rétrograder au classement compte tenu notamment des
difficultés de son activité de banque
d’investissement : elle a perdu 3 places d’une année sur l’autre. Citi,
autrefois au coude-à-coude avec la
Deutsche Bank, a connu le plus fort
repli en termes de part de marché,
qui a reculé de 10,7 % à 6,1 %
entre 2016 et 2017. Le changement de
méthodologie du classement, qui
n’intègre plus les contrats d’échange
à court terme (swaps) sur les devises,
explique en partie la chute au classement de la banque américaine. Les
JEAN-MICHEL
LARQUÉ
PIERRE
DUCROCQ
deux seuls établissements français,
BNP Paribas et Société Générale
pointent respectivement aux 12e et
15e rangs.
Goldman Sachs reste la plus
constante des banques d’affaires,
avec un gain d’une place au 7e rang
(5,5 % de part de marché). Des
acteurs qui figuraient encore dans
le Top 10 il y a quelques années, tels
Barclays, Royal Bank of Scotland et
Credit Suisse, en sont sortis. Les
scandales et manipulations sur les
changes ont frappé un grand nombre d’institutions, qui ont dû acquitter de fortes amendes et procéder
aux licenciements de leurs traders
indélicats. Sur les devises émergentes, Standard Chartered est premier
(10,4 % de part de marché).
La Bourse
de Paris finit
sur un rebond,
soulagée
par l’Italie
La Bourse de Paris a rebondi
•fortement
vendredi (+1,24 %),
les investisseurs étant soulagés
par l’évolution politique en Italie, où la formation d’un nouveau gouvernement a levé les
incertitudes qui p esaient
depuis lundi dernier.
L’indice CAC 40 a clôturé la
séance à 5.465,53 points, dans
un volume d’échanges de
4,3 milliards d’euros. La veille, il
(*) 1.800 traders, courtiers et investisseurs interrogés.
(
Lire « Crible »
Page 33
LIONEL
CHARBONNIER
FRANK
LEBOEUF
JÉRÔME
ROTHEN
ÉRIC
DI MÉCO
CHRISTOPHE
DUGARRY
EMMANUEL
PETIT
avait reculé de 0,53 %. Au cours
de la semaine, il a reculé de
1,39 %, mais gagné 2,88 %
depuis le début de l’année.
Ailleurs, en Europe, la tendance était à la hausse. la
Bourse de Milan a progressé de
1,49 %. A Francfort, le DAX a
rebondi de 0,95 %
Du côté des valeurs, le secteur financier a rebondi. Crédit
Agricole a gagné 2,68 %, BNP
P a r i b a s , 1,56 %, S o c i é t é
G é n é r a l e , 1,83 % et A X A
2,37 %. TechnipFMC a grimpé
de 2,15 %. Total a pris 1,31 %.
Les constructeurs français
ont profité de leurs bonnes
performances sur leur marché intérieur en mai. Peugeot
a gagné 0,93 % et Renault,
1,21 %.
ROLLAND
COURBIS
WILLY
SAGNOL
ALI
BENARBIA
LA SEULE
ÉQUIPE À JOUER
TOUS
LES MATCHS
L’AMF met en garde contre
la « bouilloire boursière »
Le gendarme des
marchés signale des
recommandations
d’achat suspectes
sur des actions cotées
sur Euronext Access
(ex-marché libre).
Laurence Boisseau
@boisseaul
La manipulation de la « bouilloire
boursière » ou « Pump and Dump »
en anglais est aussi simple qu’efficace. C’est celle utilisée par le Loup
de Wall Street. Les escrocs achètent
des actions de petites valeurs et font
ensuite courir des rumeurs et fausses informations pour faire grimper leurs cours. Quand ils sont
assez élevés, ils approchent, de
manière agressive – sans y être invités et souvent par téléphone – des
investisseurs, pour leur vendre
leurs titres. Les cours des actions
s’effondrent quand la supercherie
est suspectée puis découverte. Et la
facture peut être salée pour les particuliers qui ont acheté.
Jusqu’à présent, en France, les
investisseurs étaient plutôt à l’abri.
Cette arnaque n’était pas du tout
courante. Sauf que, vendredi,
l’Autorité des marchés financiers
(AMF) a considéré utile de mettre
en garde le public contre cette pratique frauduleuse. Elle a reçu plusieurs signalements indiquant que
des recommandations d’achat sus-
pectes étaient actuellement émises
sur des actions cotées sur Euronext
Access (l’ancien marché libre). A
savoir : Arthur Maury, Design your
H o m e , G e n t l e m e n’s E q u i t y,
Orclass, et Sumo Resources Plc.
Le régulateur a donc appelé les
épargnants à la plus grande vigilance. Certains agissements signalés pourraient constituer des
infractions pénales. Si ce type de
fraude existait peu dans l’Hexagone, c’est parce que les épargnants
français investissent moins dans les
actions que « leurs voisins » européens, les Allemands, les Belges ou
les Néerlandais.
En Allemagne, 6 % des
particuliers pris au piège
De l’autre côté du Rhin, la donne est
très différente. Fin 2017, une étude
réalisée de 2002 à 2015 a révélé que
6 % des particuliers allemands
avaient été pris au piège au moins
une fois par ces manipulations, qui
leur ont coûté 30 % de la valeur de
leur investissement. Près d’une victime sur 10 a investi dans plus de
quatre manipulations boursières.
Au total, 421 opérations de « Pump
and Dump » sur quatorze ans
(2002 à 2015) ont causé près de
505 millions d’euros de pertes en
Allemagne.
Le portrait-robot de la victime en
Allemagne ? Un homme de 47 ans,
qui vit dans les banlieues et qui a le
goût du risque. Son portefeuille de
60.000 euros est investi essentiellement en actions et à hauteur de 31 %
dans les « penny stocks », des petites valeurs très spéculatives. n
DeBonneville-Orlandini
RÉGULATION
RADIO DIFFUSEUR DE LA COUPE DU MONDE DE LA FIFA RUSSIE 2018
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
30 // FINANCE & MARCHES
Lundi 4 juin 2018 Les Echos
séAncE du 01 - 06 - 2018
CaC 40 : 5465,53 (1,24 %) neXt 20 : 12004,65 (0,01 %)
CaC larGe 60 : 6060,2 (1,11 %)
CaC all-tradaBle : 4304,12 (1,07 %)
Date De ProroGation : 26 Juin
euronext
srD suite
CAC 40
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Devise / Date Détach. / Div
accor (ac) R
a
fr0000120404
air liQuiDe (ai) R
11/05/18 1,05
a
fr0000120073
28/05/18 2,65
airBus GrouP (air) R
a
nl0000235190
16/04/18 1,28
arcelormittal (mt)
a
lu1598757687
atos se (ato) R
fr0000051732
aXa (cs) R
17/05/18 0,09
a
31/05/18 1,7
a
fr0000120628
03/05/18 1,26
BnP PariBas (bnp) R
a
fr0000131104
BouYGues (en) R
fr0000120503
caP-Gemini (cap) R
A : indicateur acompte, solde ou total du dividende. BPA : bénfice par action. PER : price earning ratio. les plus hauts et plus bas ajustés sont sur l’année
civile. les valeurs classées par ordre alphabétique sont regroupées en trois classes de capitalisation signalées par les lettres a pour les capitalisations
supérieures à 1 milliard d’euros, B pour les capitalisations comprises entre 1 milliard d’euros et 150 millions d’euros et c pour les capitalisations inférieures
à 150 millions d’euros. L : valeurs de l’indice cacnext20. R : valeurs de l’indice caclarge60. ! : valeurs de l’indice cacmid60. g : valeurs de l’indice
cacsmall. les bénéfices par action : source facset Jcf estimates. mise en ligne intégrale des informations réglementées sur www.lesechos-comfi.fr
30/05/18 3,02
a
02/05/18 1,7
a
fr0000125338
22/05/17 1,55
carreFour (ca) R
a
fr0000120172
21/06/17 0,7
creDit aGricole (aca) R
a
fr0000045072
Danone (bn) R
22/05/18 0,63
a
fr0000120644
enGie (enGi) R
04/05/18 1,9
a
fr0010208488
22/05/18 0,35
essilor international (ei) R a
fr0000121667
KerinG (Ker) R
26/04/18 1,53
a
fr0000121485
l.V.m.H. (mc) R
14/05/18 4
a
fr0000121014
17/04/18 3,4
laFarGeHolcim (lhn)
a
ch0012214059
leGranD (lr) R
11/05/18 2
a
fr0010307819
l'oréal (or) R
01/06/18 1,26
a
fr0000120321
micHelin (ml) R
25/04/18 3,55
a
fr0000121261
22/05/18 3,55
ouv
vol.
nb titres
47,11
801161
289.335.970
106,45
997268
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98,02
1498403
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1.021.903.623
116,6
606948
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10112178
2.426.159.873
54,19
7493012
1.248.859.386
39,82
763672
365.249.833
113
529416
168.817.033
15,375
2821742
774.677.811
11,905
14645525
2.852.634.570
65,64
1838926
684.186.304
13,625
5799293
2.435.285.011
117,5
577478
219.131.997
492,7
184993
126.279.322
300,55
703629
505.742.816
44,35
340195
606.909.080
63,68
502556
266.805.751
207,1
605509
561.799.699
111,5
554176
179.521.119
clot
+ haut
+ bas
47,6
47,96
46,92
107,9
108
106,4
99,39
99,67
97,98
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28,485
27,68
118,1
119,8
115,35
21,83
22,055
21,55
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54,37
53,66
39,79
40,21
39,67
115,15
115,2
112,75
15,415
15,575
15,375
12,055
12,205
11,89
65,94
66,12
65,38
13,56
13,69
13,51
117,35
118,1
116,75
491,8
495,7
491,3
301,9
302,75
298,9
44,52
44,9
44,18
64,54
64,82
63,62
206,8
207,6
205,4
112,05
112,7
111,25
% Veil
% mois
% 52 s.
+ 1,69
+ 1,56
+ 10,98
+ 2,37
- 0,14
+ 8,05
+ 2,14
+ 2,04
+ 32,11
+ 0,99
- 0,43
+ 43,5
+ 1,64
+ 5,54
- 9,01
+ 2,37
- 7,97
- 8,45
+ 1,56
-15,77
- 14,45
+ 0,63
- 5,82
+ 4,5
+ 2,22
+ 1,01
+ 23,21
- 0,07
- 9,51
- 33,68
+ 2,68
-11,59
- 12,07
+ 0,84
- 1,71
- 1,39
+ 0,19
- 6,8
+ 0,26
+ 0,39
+ 3,8
- 1,14
+ 0,43
+10,32
+ 78,29
+ 1,63
+ 4,36
+ 31,83
+ 0,88
- 3,82
- 16,47
+ 1,99
+ 0,06
+ 4,96
+ 0,58
+4
+ 8,3
+ 1,22
- 3,86
- 1,88
% an
bpa
+ haut an per
+ bas an rDt
+ 10,7
48,95
42,1
2,21
+ 2,71
113,3
97,12
2,46
+ 19,75
3,4
101,1
29,27
81,33
1,51
+ 3,17
30,765
24,335
- 2,68
130,55
103,65
1,44
- 11,74
27,69
20,935 5,77
- 13,43
68,66
52,74
5,6
- 8,13
45,98
39,18
4,27
+ 16,44
116,95
97,38
1,35
- 14,55
19,73
15,375 4,54
- 12,64
15,54
11,61
5,23
- 5,73
71,78
63,23
2,88
- 5,41
1,21
14,815 11,24
12,165
2,58
+ 2,09
120,25
105,35
1,3
+ 34,62
495,7
338,263 0,81
+ 23,02
313,7
232,5
1,13
- 5,36
4
51,1
43,3
4,49
+ 0,55
67,44
60,42
1,95
+ 11,81
210,2
170,3
1,72
- 6,27
130,85
110,1
3,17
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Devise / Date Détach. / Div
oranGe (ora) R
a
fr0000133308
05/12/17 0,25
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a
fr0000120693
PeuGeot (uG) R
20/11/17 1,08
a
fr0000121501
02/05/18 0,53
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fr0000130577
renault (rno) R
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06/06/17 1,85
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21/06/17 3,15
a
fr0000073272
29/05/18 1,6
saint-GoBain (sGo) R
a
fr0000125007
sanoFi (san) R
12/06/17 1,26
a
fr0000120578
11/05/18 3,03
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02/05/18 2,2
société Générale (Gle) R a
fr0000130809
soDeXo (sW) R
30/05/18 2,2
a
fr0000121220
solVaY (solb)
01/02/18 2,75
a
be0003470755
21/05/18 1,55
stmicroeletronics (stm) R a
nl0000226223
19/03/18 0,05
tecHniPFmc (fti) R
a
Gb00bDsfG982
total (fp) R
21/05/18 0,13
a
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19/03/18 0,62
uniBail-roDamco (ul)
a
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28/05/18 5,4
Valeo (fr)
a
DiV 3 06/06/16
fr0013176526
30/05/17 1,25
Veolia enV. (vie) R
a
fr0000124141
Vinci (DG) R
14/05/18 0,84
a
fr0000125486
ViVenDi (viv) R
24/04/18 1,76
a
fr0000127771
20/04/18 0,45
ouv
vol.
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+ bas % 52 s. + bas an rDt
/290518
12/06/17 48 559.735
c 0,916
0,933
2663890
0,944
fr0004026714
393.573.788
0,912
cnP assurances (cnp) !R
a 20,2
20,24
517576
20,44
fr0000120222
03/05/18 0,84 686.618.477
20,16
coFace (cofa) g
a 9,15
9,19
269493
9,38
fr0010667147
24/05/18 0,34 157.248.232
9,15
colas (re)
a 178,4
179,4
472
179,6
fr0000121634
30/04/18 8,2 32.654.499
178,4
Dassault aV. (am) !
a 1649
1665
8554
1680
fr0000121725
01/06/18 15,3 8.311.921
1646
Dassault sYstèmes (DsY) LR a 120,85
121,2
358868
122,05
fr0000130650
29/05/18 0,58 260.506.586 120,05
DBV tecHnoloGies (Dbv) !
B 38,72
38,22
82282
38,96
fr0010417345
29.718.352
38
DericHeBourG (DbG) g
B 5,25
5,38
2063863
5,59
fr0000053381
13/02/18 0,14 163.878.780
5,225
DeVoteam (Dvt) g
c 104
99,2
7683
104
fr0000073793
29/06/17 0,6 8.332.407
98,6
Dir. enerGie (Dir)
42
42,12
60723
42,26
fr0004191674
01/06/18 0,35 44.832.479
42
DnXcorP (DnX) g
c 7,6
7,7
8143
7,7
fr0010436584
10/07/17 0,37 2.834.575
7,34
eDenreD (eDen) !
a 27,55
27,17
706345
27,7
fr0010908533
14/05/18 0,85 235.818.955
27,09
eDF (eDf) LR
a 11,42
11,33
eX-Ds 7/03/17
1619060
11,495
fr0010242511
25/05/18 0,31 2.927.438.804
11,28
eiFFaGe (fGr) LR
a 96,6
97,16
227116
97,68
fr0000130452
22/05/18 2 99.937.350
96,58
eKinoPs (eKi) g
3,25
3,33
26601
3,4
fr0011466069
21.242.747
3,24
elior (elior) !
a 14,5
15,28
1188414
15,37
fr0011950732
16/03/18 0,42 172.289.164
14,5
elis (elis) !
a 18,5
18,61
435538
19,01
fr0012435121
29/05/18 0,37 219.370.207
18,5
eos imaGinG (eosi)
c 5,13
5,13
11136
5,19
fr0011191766
22.641.483
5,12
eramet (era) !g
a 151,1
154,9
102727
158,7
fr0000131757
29/05/18 2,3 26.633.660
151,1
erYtecH PHarma (erYp) g
B 16
15,92
10400
16
fr0011471135
17.937.035
15,74
esi GrouP (esi) g
c 40
39,95
3072
40,5
fr0004110310
5.955.072
39,9
eurazeo (rf) !
a 67,25
68,55
202903
68,85
fr0000121121
30/04/18 1,25 74.315.130
67,25
euro ressources (eur)
c 3,41
3,44
5317
3,45
fr0000054678
13/06/17 0,15 62.491.281
3,41
euroFins scientiFic (erf) !
a 440,2
442,4
30292
444,6
fr0000038259
29/06/17 1,7 17.600.716
438,2
euroPcar GrouPe (eucar) !
a 8,87
8,95
497266
9,075
fr0012789949
29/05/18 0,15 161.030.883
8,835
eurotunnel (GrouPe) (Get) LR a 11,63
11,715
690923
11,78
fr0010533075
22/05/18 0,3 550.000.000
11,63
eutelsat com. (etl) L!
a 16,56
16,57
635044
16,82
fr0010221234
21/11/17 1,21 232.774.635
16,4
eXel inDustries (eXe) g
B 105,5
105,5
351
106,5
fr0004527638
14/02/18 1,58 6.787.900
105
Faurecia (eo) !
a 71,88
71,58
338454
72,6
fr0000121147
01/06/18 1,1 138.035.801
71,58
FFP (ffp) g
a 103,4
103,4
17535
104
fr0000064784
22/05/18 2 25.072.589
102
FiGeac aero (fGa) g
B 17,76
17,42
20745
17,84
fr0011665280
31.839.473
17,4
Fin. oDet (oDet)
a 900
910
400
918
fr0000062234
12/06/17 1 6.585.990
900
Fnac DartY (fnac)
a 90,45
88,85
25830
90,45
fr0011476928
26.658.135
88,6
Foncière Des murs (fmu)
a 25,5
25,8
2480
26
fr0000060303
11/04/18 1,55 106.252.098
25,5
Foncière Des réGions (fDr) ! a 89,4
88,25
146122
89,65
fr0000064578
15/05/18 4,5 74.953.887
88,25
Foncière lYonnaise (flY)
a 57,6
57,6
172
57,6
fr0000033409
30/04/18 2,3 46.528.974
57,4
FromaGeries Bel (fbel)
a
/310518
fr0000079659
claranoVa (cla) g
2,89
1,9
1,08
1
3,7
1,61
0,61
3,91
1,16
1,85
3,93
2,05
2,2
3,47
0,62
1,13
1,88
1,31
4,34
0,7
2,29
0,47
1,36
2,62
0,85
4,16
1,05
0,92
fr0000121857
18/05/18 7 6.872.335
Futuren (ftrn)
c 1,13
n/P reGr.
2277
fr0011284991
277.776.587
Geci international (Gecp) g
c 0,191
514947
fr0000079634
01/10/01 0,1 133.786.228
Gecina (Gfc) !
a 149,3
223407
fr0010040865
06/03/18 2,65 75.420.688
Gemalto (Gto) L
a 50,08
340365
nl0000400653
22/05/17 0,43 90.423.814
GenFit (Gnft) !
B 24,38
101967
fr0004163111
31.166.437
GensiGHt (siGht)
c 3,2
94529
fr0013183985
24.234.223
1,135
1,135
1,13
0,192
0,195
0,191
145
149,4
144,1
50,06
50,14
50
24,54
24,7
23,96
3,24
3,4
3,2
- 1,96
7550
- 4,11 6550
4800
+ 2,14 + 90,41
- 0,74
1,223
+ 98,93
0,491
+ 1,1 + 5,12
- 4,71
21,62
+ 2,12
19,02
4,15
+ 0,99 + 3,1
-12,64 10,76
+ 18,58
8,18
3,7
+ 0,67 - 1,16
- 3,86 192
+ 12,69 173,8
4,57
+ 1,36 + 28,28
+ 0,6 1717
+ 23,76 1267
0,92
+ 0,87 + 36,81
+13,01 122,05
+ 45,39 87,52
0,48
- 1,29 - 8,77
+ 3,24 47,38
- 37,87 32,88
+ 3,66 - 40,96
-26,65
9,18
- 7,56
5,165
2,6
- 4,62 + 32,53
+12,22 106
+ 37,78 72,5
0,61
+ 0,12 + 6,66
- 0,43 42,8
- 16,86 28,3
0,83
+ 2,67 + 23,2
-7
10
+ 13,91
5,8
5,58
- 0,95 + 12,37
- 4,67 29,41
+ 15,64 23,74
2,28
- 0,61 + 8,73
- 2,75 12,56
+ 16,86
9,832
1,32
+ 0,79 + 6,37
- 1,56 101,7
+ 18,89 87
2,06
+ 1,52 - 28,85
- 8,89
5,49
- 40,17
3,22
+ 7,3 - 11,29
- 9,75 19,71
- 40,76 12,52
2,75
+ 0,76 - 19,14
- 6,1
23,94
- 6,32 18,34
1,99
+ 1,38 + 7,32
- 2,29
5,92
- 2,1
4,75
+ 3,2 + 56,42
+ 7,49 167,2
+244,95 98,2
1,49
- 0,44 - 13,95
- 8,66 19,57
- 43,24 15,27
+ 0,76 - 14,09
+10,97 47
- 31,71 34,8
+ 2,31 - 6,52
- 1,13 82,286
+ 11,75 65,25
1,82
+ 0,88 - 1,71
3,61
- 8,51
3,14
4,36
+ 0,68 - 12,84
- 1,21 545,5
- 8,41 382,2
0,45
+ 0,68 - 12,68
- 7,45 11,78
- 25,42
8,54
1,7
+ 1,08 + 9,28
+ 0,21
12,49
+ 10
10,11
2,56
+ 0,85 - 14,12
- 7,64 19,845
- 29,26 15,275
7,3
- 9,05
125,5
+ 8,04 102
1,5
+ 0,25 + 9,9
+ 5,58 76,98
+ 47,19 62,32
1,54
+ 0,19 + 3,09
+ 3,19 106,6
+ 12,39 94,5
1,93
- 1,58 - 7,78
+ 7,8
19,5
- 16,21
15,76
+ 1,11 - 7,7
- 1,94 1090
- 1,09 884
0,11
- 1,28 - 11,77
- 0,17 106,6
+ 39,29 81,05
+ 0,39 - 9,85
- 4,8
29,9
- 5,56 25,5
- 1,12 - 6,59
- 4,75 97,3
+ 4,71 84,6
+ 5,48
+ 0,7
63,4
+ 7,87 54,4
- 4,89
- 4,12 565
- 15,27 466
1,5
+ 0,44 + 0,44
+ 0,44
1,14
- 0,44
1,125
- 0,26 +113,33
+ 2,67
0,32
- 33,79
0,09
- 2,03 - 5,78
+ 0,97 161,9
+ 7,72 137,3
- 0,16 + 1,13
4,21
+ 0,36 50,38
11,88
- 5,81 49,1
+ 1,83 + 2,59
+ 4,43 28,28
- 20,81 22
+ 2,21 - 47,57
+ 3,51
7,68
- 50,61
2,56
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Devise / Date Détach. / Div
Genticel (Gtcl) g
Valeurs françaIses
ouv
clot
vol.
+ haut
nb titres
+ bas
1,7
1,666
58940
1,7
fr0011790542
77.850.006
1,632
Gl eVents (Glo) g
B 25,45
25,3
8143
25,6
fr0000066672
30/06/17 0,65 23.402.711
24,8
GrouPe crit (cen) g
88,3
B 88,9
4900
88,9
fr0000036675
28/06/17 0,4 11.250.000
87,5
GrouPe Flo (flo) g
c 0,26
0,258
eX D s 13/06/17
47221
0,264
fr0004076891
08/07/14 0,06 765.157.113
0,258
GrouPe GorGé (Goe) g
B 13,98
13,92
14900
14,12
fr0000062671
26/06/15 0,32 13.502.843
13,92
GrouPe lDlc (lDl) g
c 15,68
15,9
nom.
2392
15,98
15,68
fr0000075442
06/10/16 0,5 6.322.106
GrouPe PartoucHe (parp)
25,8
25,7
reGr.
2261
25,8
fr0012612646
11/09/17 0,31 9.627.034
25,6
Gtt (Gtt) !g
a 50,75
51,1
36294
51,65
fr0011726835
29/05/18 1,33 37.028.800
50,75
Haulotte GrouP (piG)
B 16,3
16,02
10873
16,34
fr0000066755
05/07/17 0,22 31.371.274
16,02
Hermès international (rms) LRa 610
607,6
74825
613,8
fr0000052292
20/02/18 1,5 105.569.412
604,8
HiGH co (hco) g
c 4,59
4,535
7102
4,61
fr0000054231
01/06/18 0,14 22.421.332
4,535
HuBwoo (hbW) g
c
/310518
fr0004052561
icaDe (icaD) !
% Veil % an
bpa
% mois + haut an per
% 52 s. + bas an rDt
- 0,83 + 0,36
+12,42
2,08
- 19,9
1,42
- 1,94 + 3,27
- 3,07 27,9
+ 8,63 22,6
2,57
- 0,79 + 21,32
- 1,89 95
+ 19,32 72
0,45
- 0,58 - 0,77
+ 3,2
0,34
- 63,66
0,23
- 0,29 - 11,17
-18,41
19,04
- 39,56 13,44
+ 1,66 - 20,46
- 9,66 22,2
- 42,03 15,36
- 0,39 - 23,94
- 7,55 36,5
- 29,69 25,4
1,21
+ 0,39 + 2
- 0,49 60,15
+ 38,65 47,76
2,6
- 1,48 - 0,68
- 1,96 19,68
+ 4,43 15,64
1,37
- 0,2 + 36,16
+13,4 614,6
+ 36,16 417,9
0,25
+ 0,33 - 7,45
- 7,45
5,43
- 30,55
4,3
3,09
+ 9,38
- 9,79
0,204
+ 2,94
0,17
+ 0,25 - 2,72
- 3,22 88,65
+ 8,08 76,25
- 1,29 + 13,17
+ 3,66 155
+ 13,5 120
- 0,48 - 27,78
-13,08 214,4
- 37,54 129,85
0,31
+ 1,24 - 6,04
- 2,38 87,8
- 5,03 71
2,81
+ 0,32 - 22,91
- 5,22 94,34
- 20,45 62,52
2,19
+ 1,37 + 17,05
-12,51
6,995
- 54,58
4,714
+ 3,57 - 21,09
- 8,3
3,12
- 21,62
2,215
+ 0,13 + 15,2
+ 4,05 40,65
+ 17,22 33,8
1,68
+ 0,04 + 36,39
+ 0,97 137,6
+ 16,32 99
0,63
+ 0,62 - 4,56
- 6,98 34,5
- 16,54 28,38
2,9
+ 1,65 + 0,55
-13,73 32,9
+ 5,94 26,7
1,81
+ 1,43 - 19,65
- 8,85 36,9
- 10,77 25,58
2,07
+ 1,44
- 7,92 45,3
+ 3,61 38,9
4,6
- 1,32 - 10,32
- 3,07 38,58
- 12,79 31,55
- 0,21 - 2,05
- 0,55 30,38
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2,08
+ 1,26 - 12,5
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5,56
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6
+ 30,76
4,35
+ 2,97 + 17,98
+ 2,97 66,3
+ 36,42 50,1
2
- 10,02
- 0,75 60
- 15,05 50,5
0,44
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5,19
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20,08
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53
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1,05
136.345.527
a 79,55
79,7
94091
80,25
fr0000035081
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79,4
iD loGistic (iDl) g
B 155
153
1978
155
fr0010929125
5.593.975
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iliaD (ilD) LR
a 146
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144,25
imerYs (nK) !
a 72,95
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97511
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68,62
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B 5,5
5,56
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c 2,25
2,32
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B 39,7
39,8
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a 136,5
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98307
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a 29,18
29,3
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a 23,14
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latecoere (lat) g
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le Bélier (beli) g
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53
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lectra (lss)
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lisi (fii) g
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lumiBirD (lbirD) g
c 11,78
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fr0000038242
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m6-métroPole tV (mmt) !
a 18,16
18,29
109946
18,3
18,1
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maisons Du monDe (mDm)
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3408
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fr0004159473
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manitou (mtu) g
B 35,45
35,7
5811
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fr0000038606
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marie BrizarD w & s (mbWs)
B 5,9
6,15
128946
6,17
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mauna Kea (mKea)
c 3,01
3,065
69948
3,08
fr0010609263
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3
mercialYs (merY) !
a 15,65
15,66
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15,7
fr0010241638
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mersen (mrn) g
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36,6
31801
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fr0000039620
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2,14
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fr0004177046
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2,125
mGi coutier (mGic) g
B 27,5
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28
fr0000053027
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fr0011341205
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134
2697
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neXitY (nXi) !
a 50
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50,2
fr0010112524
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fr0013018124
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8,04
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10,5
16382
10,5
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a 112,8
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60,3
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18201
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rallYe (ral)
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rémY cointreau (rco) !
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126,2
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127
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reXel (rXl) !
a 12,605
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fr0010451203
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B
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B
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Valeurs françaIses
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B
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Les Echos Lundi 4 juin 2018
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c 12,066 12,066 12,066
advini
c 34
34,2
34
affine reg
c 16,1
16,2
15,92
afone
c 9,9
9,9
9,25
alpha mos
c 0,434 0,434 0,432
altareit
b380
382
380
amoebag
c 5,1
5,1
4,95
antalis
b 1,544 1,548 1,5
argang
b 41,3
41,8
40,9
artea
c
artois
a
ateme
c 18,4
18,98
18,4
au femining
b 39,3
39,4
39,3
augros cp
c
aures tech.
c 47,5 48,1
47,5
awoxg
2,05 2,06
1,985
baccarat
b
bains monaco
b 51
51
50
balyo
c 5,3
5,35
5,22
barbara bui
c 7,75
7,75
7,75
bastide
c 53,9 53,9
52
bleecker
c
blue solutionsg
16,9
16,95
16,8
bourbon!g
a 5,46 5,5
5,42
bourse direct
c 1,61
1,61
1,56
business et dec.g
c 7,86
7,92
7,82
cafom
c 9,65 9,7
9,35
capelli
47,5 49,6
46,6
carp.de partic.
c
castg
c 4,18
4,24
4,12
catering inter.g
b 18,65 19,35
18,65
cbo territoriag
c 3,99 4,05
3,99
cca intern.
c
cegedimg
b 36,1
36,7
35,2
cegerealg
b 38,6 38,6
38,6
cellnovog
c 2,91
2,975 2,83
cerenisg
b 1,97
2,035
1,964
cfi
c
chausseria sa
c
cibox inter.g
c 0,222 0,224 0,213
clayeuxg
c
cnimg
b 121
121,5
120,5
coherisg
c 2,47
2,5
2,46
constellium
courtois
c 137
138
137
cr alpes prov.
c 115
115,8
110,5
cr atl. vendée
c144,5 145,52 144,5
cr brie picard.
b 25,2
25,2
24,935
cr ille vilaine
c 92,99 93
92,25
cr languedoc
c 78,31 79,96 78,31
cr loire hte-loire c 92
93,9
92
cr morbihan
c 78,1
79,9
78,1
cr nord france
b 21,3
21,35 20,9
cr norm. seine
c130,18 132
129,1
cr paris idf
b 86,65 86,7
86
cr rhône-alpes
c 195,38 195,4 195
cr toulouse
c108,02 108,78 108
cr tour. poitou
c104,78 104,8 104,04
crosswood
c
cs-com. et syst.g
c 6,68 6,88
6,64
daletg
c 14,7
14,8
13,8
dane-elec memoryg c
deinove
3,475 3,475 3,415
delta plus group b 48,6 48,8
48,2
digigram
c
dms
c 1,485 1,485 1,445
docks pétroles a c
dom securityg
c 60,4 60,4
60
ecag
c 18,5
19,2
18,5
egideg
c 2,27
2,29
2,19
elect. strasbourg b 124
126,5
122,5
electro powerg
c 12,15 12,55
11,95
encres dubuitg
c 5,5
5,66
5,5
essog
b 50,3
51
49,55
eurasia fonc inv
c
euromedis groupeg c 6,75
6,85
6,75
europacorpg
c 2,58 2,66
2,51
exacompta clairef. c134
135
134
expl. prod. chim.
c
expl. prod. chim.
c
f.i.e.b.m.
c 6
6
6
f.i.e.b.m.
c
f.i.p.p.
c 0,272 0,281 0,272
fauvet-girel g
c
fermentalgg
3,4
3,58
3,4
fermière cannes
b
fiducial office
c 28,6
28,6
28,6
fiducial re
b 195
195
195
fin. moncey
a
finatis
b 48,8 48,8
48,8
fleury michon
b 46,8
47,4
46,3
foncière 7 inv.
c
foncière atland
c 116
116
116
foncière euris
b 37,8
37,8
37,8
foncière inea
b 39,6
39,6
39,4
foncière paris nord c 0,039 0,04
0,039
foncière r-paris
c
foncière volta
c
française energie c 18,4
18,7
18,3
frey
b 29,6
29,6
29,6
fsdv
c
galimmo
c 24,2 24,2
24,2
gaumont
b 136
140
136
gea
c 101
101
100,5
generixg
c 3,28 3,28
3,2
genomic visiong
1,202 1,226
1,19
gérard perrier
c 58
58,8
57,2
gfi informatiqueg b 8,06 8,08
8
graines voltZ
c 48
48
48
groupe ird
c 25,8
25,8
25,8
groupe jaj
c 1,67
1,67
1,67
groupe openg
c 32,4 33,9
32,2
groupe piZZorno
c 23
23
22,7
groupe sfpi
c 3,38 3,38
3,36
groupe vial
c
guerbetg
b 55,1
57,6
55
guillemot corp.g
c 5,22
5,4
5,2
guy degrenne
c 0,254 0,26
0,254
herigeg
c 41,3
41,5
40,8
hf companyg
c 8,44 8,46
8,36
hipay group
c 14,1
14,5
14,05
hopscotch groupeg c 8,48 8,48
8,32
idi
b 49,7 50
49,2
ige + xaog
c148
148,5 148
immo. dassault
b 46,6
47
46,4
immo. hôtelière
c
ind. fin. ent.
c
infotelg
c 56,4 58
55,9
innelec mult.g
c 6,16
6,24
5,88
installux sa
c402 402
402
intexa
c 2,32
2,32
2,32
inventiva
b 7,56
7,66
7,52
it linkg
c 9,98 9,98
9,96
itesoftg
c 4,02 4,04
3,98
its groupg
c 7,18
7,2
7,12
jacques bogart
c 9,6
9,6
9,3
keyrusg
c 7,3
7,4
7,24
la foncièreverte c
lacroix sa
c 31,7
32,1
31,7
lafuma
c
lanson-bcc
b 33
34,2
33
laurent-perrier
b 92,8 95
92,2
le tanneurg
c
lebon
c203 203
196
les hôtels de paris c
les nx constr.
b 50,2 50,2
50
lexibookg
c 1,045 1,1
1,04
locindus
b 22
22,4
22
malteries fr-b
c525
525
525
manutan inter.g
b 84
86
84
maurel & prom!
a 5,73
5,75
5,6
mcphy energyg
5,91
6,49
5,86
mecelec
c 1,9
2,02
1,9
medasysg
c 0,425 0,425 0,408
clôt écart
11,42 - 3,22
36,3 - 1,36
4,13 + 0,73
0,105+ 11,7
16,1 - 0,62
4,09 - 3,31
1,945 - 1,52
12,066
34,2 - 2,29
15,92 - 1
9,4 - 5,05
0,432- 0,46
382
- 4,5
4,96 - 3,88
1,502 - 2,34
40,9 - 1,68
vol
11280
1462
1403
3000
335
3120
1617
37
89
3933
3186
2130
55
78111
30438
5369
7,5
6450
18,54 + 0,76
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28273
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1465
28976
214
51
5,24
7,75
52,4
+ 2
- 2,96
- 1,9
- 2,78
394
14100
63
3860
- 0,3
- 1,09
- 3,09
- 0,51
- 0,51
+ 5,3
232
24670
363
19828
313
3337
90
16,8
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17223
6046
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4,99
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38,6
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3517
1
34715
43967
1,2
0,001
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5513
11
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- 2,49
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3,7
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+ 1,5
56
isin
fr0000064404
fr0010298620
fr0000077570
fr0011584549
fr0000064180
fr0004034320
fr0000060196
fr0000037970
fr0011341205
fr0000120560
fr0004050250
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fr0010298901
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fr0000052896
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fr0012613610
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fr0000060121
fr0006239109
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fr0010209809
fr0000072563
fr0000078321
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fr0000075517
fr0000065864
fr0000131732
fr0000063307
fr0004529147
valeur
ouv
+ht
média 6
c 13,95 14,1
memscapg
c 2
2,03
micropoleg
c 1,425 1,43
mndg
4,51
4,575
moul. strasbourg c
mr bricolage sa
b 14,75 14,75
mrm
c 1,63
1,65
musée grévin
c
nanobiotixg
b 12,09 12,35
neopost!
a 23,8 24,1
neuronesg
b 25,1
25,1
nextstage
c102
102
officiis propertiesg c 1,75
1,75
ol groupeg
c 3,06 3,14
orapig
c 9,44 9,48
orchestra-pre.
c 1,92
1,96
orege
3,57
3,65
paragon id
c 30,35 30,35
parefg
c 82,5 82,5
paris. de chauf.
b
passat
c 4,71
4,71
patrimoine & com
b 20
20,2
pcas g
c 17,24 17,48
poujoulat
c
poxelg
c 7,3
7,33
precia g
c210
210
prismaflexg
c 17,6
18,3
prodways group
b 4,115 4,38
prologueg
c 0,605 0,609
quotium tech.
c
ramsay gds
b 19,2
21
riberg
c 3,545 3,58
robertet sa
b556
556
s.a.m.s.e.
b 174
176
sabeton
c 24,4 24,4
scbsmg
c 6,85 6,85
séché env.g
b 29,4 29,5
selectirente
c 72,5
72,5
sergeferrari group c 9,5
9,5
signaux girod
c 26,3 26,3
sii
c 27,2
27,3
smcp
a 23,66 23,7
smtpcg
b 23,1
23,5
soc. fr. casinos
c 1,89
1,89
sodifrance
c
soditech ing.
c 0,895 0,895
sofibus
c
14,4
soft computingg c 14,3
sogeclairg
c 46,1
46,1
spir com.
c
tayninh
c
tessig
b 178
180
var.
veille
en %
var.
année
en %
dollar us
1,1664
livre sterliNg
0,874
FraNc suisse
1,1528
couroNNe daNoise
7,4433
couroNNe Norv.
9,5408
kuNa croate
7,382
couroNNe suedoise
10,2956
dollar caNadieN
1,5116
yeN JaPoNais
127,7075
dollar australieN
1,541
rouble russe
72,4787
rouPie iNdieNNe
78,107
dollar Neo-zelaNdais 1,6693
couroNNe tcheQue
25,7912
ForiNt hoNgrois
320,05
zloty PoloNais
4,3017
lev bulgare
1,9553
dollar hoNg-koNg
9,1521
WoN sud coreeN
1251,06
Peso MexicaiN
23,2025
real
4,3811
dollar siNgaPour
1,5611
raNd sud-aFricaiN
14,7599
livre turQue
5,3836
reNMibi yuaN
7,4891
ruPiah
16123,6235
Peso PhiliPPiN
61,274
riNggit Malais
4,6518
bath thalaNdais
37,3497
-0,24
-0,63
0,01
0,00
-0,22
-0,07
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1,68
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-0,68
-0,34
-0,02
-0,39
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-0,05
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4,83
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-5,68
0,22
4,80
1,89
-1,29
0,98
2,99
3,01
-0,04
-2,45
-2,33
-1,70
10,20
-2,78
-0,67
18,20
-4,05
-0,86
2,09
-4,69
-4,46
principaux taux directeurs
334
0,001
3,535+ 3,82
93382
1520
28,6
195
1
1
4900
48,8 + 0,41
47,4 + 1,5
3
433
vol
478
14667
7885
16186
650
14,6
1,63
14,6 - 0,34
1,65 + 0,61
441
4360
73
11,9
22,38
24,9
102
1,71
3,05
9,12
1,89
3,41
30
82,5
11,9
22,52
25
102
1,71
3,11
9,12
1,95
3,65
30,05
82,5
- 0,83
70166
- 5,3
422349
- 0,79
432
15
- 1,72
2450
+ 1,3
28932
- 3,59
3261
- 1,27
18757
+ 2,24
1867
- 0,99
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- 0,6
100
201
4,6
20
17,24
4,6 - 2,13
20,2 + 2,02
17,24 - 0,35
7051
1696
998
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210
210
- 1,87
17,6
18
+ 2,56
4,115
4,35 + 5,71
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79
716
40957
85039
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542
174
24,4
6,85
29,1
72,5
9,34
26
27
23,17
22,7
1,89
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7967
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20,4
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546
- 1,09
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161
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isin
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valeur
thermocompactg
tipiak
tivoly
tonna elect.
toupargel groupe
tour eiffel
txcellg
u10g
unibel
union fin. fr. bque g
utig
verneuil part.
vetoquinolg
videlio (ex:iec)
viel et cieg
viktoria investg
visiodentg
voltalia
xilam animationg
ymagisg
ouv
c
c 90
c 33,2
c
c 4,02
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a
b 29
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c
c 2,3
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6,1
+ht
+bs
clôt
90
33,2
90
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90
33
écart vol
35,5
+ 1,23
1
723
- 0,5
+ 1,44
- 4,81
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269
3198
320609
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1,7
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60
6,1
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beni stabili
celyad
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fedon
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montea cva
nokiaR
rentabiliweb gpg
robeco nv
rolinco
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c 26,5
a 3,98
c 5,14
a 54,85
c
40,95 39,7
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3,98
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4,97
55,2
54,15
40,82 + 2,98
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3,98
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45,1
45,6
45,1
a 4,957 5,006 4,939
c
37,58 37,58 37,58
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infosys
maroc telecom
merck and co inc
procter & gamble
rorento cdh
rusal plc
televerbier
total gabon
vale sa
Zci limited
c
12,9
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63,2
13,05
52
63,2
14,3 + 1,39
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52
+ 1,96
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1002
3
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19,91
c
a159
159
156,5
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c
47,8
158
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0,02
EuronExT groWTh (sélection)
910
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isin
valeur
ouv
+bs
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auplata
biocorp
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evolis
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hybrigenics
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mastrad
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nextedia
nsc groupe
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theradiag
umanis
vergnet
voy. du monde
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14
+ht
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13,95
écart vol
134
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134
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100
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cErTiFicaT
8,98
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igs10 - Fr0011630474
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146.85
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abbvie
agta record
bras. ouest afr.
brass. cameroun
caterpillar inc.
cfoa
coca cola enter.
diageo
lilly and co
forestière eq.
geneurog
hexcel
58
b 67,5
c
b
132
c
67,5
67,5
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350
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132
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- 1,87
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+ 11,45
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131,5
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c
b 6
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73
73
580
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6
191
6
+ 11,43
56
taux de référence
taux en %
01-06-2018
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eur
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gbp
chf
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1,2962
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1,3116
Marché obligataire
Taux marchés monétaires et eurodevises
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cours
bce
01-06-2018
1 euro en devise
pays
3481
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actions
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EuronExT hors srd suite
Taux ET changEs
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+ 2,38
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850
105
actions
françaises
EuronExT hors srd suite
sek
dkk
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jpy (100)
cad
0,783
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4,9239
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1
01-06-2018
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3 mois
jour
6 mois
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01-06-2018
6 mois
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portugal
-0,21
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italie
-0,34
2 ans
5 ans
7 ans
10 ans
-0,65
0,61
0,16
0,62
2,19
-0,25
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0,04
1,36
0,19
0,95
2,36
0,32
1,64
0,34
1,18
2,64
euromts
indice
FraNce
1-3 aNs
5-7 aNs
10-15 aNs
Plus 15 aNs
Plus 25 aNs
eMtxi-be
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var %
31/12 var %
1.36
1.23
-1.12
-0.88
1.86
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-0.63
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usd
gbp
chf
sek
dkk
jpy (100)
cad
1,1662
1,1665
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0,8743
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1,1528
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10,2967
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1,5115
1,5125
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-0,0375
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01-06-2018
comptant
achat
veNte
a 1 mois
achat
veNte
a 3 mois
achat
veNte
a 6 mois
achat
veNte
a 12 mois
achat
veNte
bce
taux pret marginal 0.25 %
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0.00 %
Taux DepoT
-0.40 %
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0.45 %
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0.50 %
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taux jour le jour
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fonDs feDeraux
1.75 %
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japon
boj tokyo
-0.10 %
Taux Jour le Jour
-0.20 %
Taux repo (refi)
-0.10 %
10 ans
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btf
taux
1 Mois
3 Mois
6 Mois
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1 aN
2 aNs
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10 aNs
-0,58
-0,62
-0,59
-0,61
-0,58
-0,48
-0,07
0,71
indicEs de référence des emprunts à taux variables
moy.
mens.
avr. 16
mai 16
juin 16
juil. 16
août 16
sept. 16
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fév. 17
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janv. 18
fév. 18
mars 18
avr. 18
mai 18
tmm
euribor
1 mois
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-0,326
source cdc ixis
tme
tmor.
pub. priv.
moy.
eonia
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tec
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1 mois 3 mois 10
the
0,50
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0,83
0,70
0,75
0,65
0,43
0,41
0,45
0,56
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
0
0
0
0
25-04
26-04
27-04
30-04
02-05
03-05
04-05
07-05
08-05
09-05
10-05
11-05
14-05
15-05
16-05
17-05
18-05
21-05
22-05
23-05
24-05
25-05
28-05
29-05
30-05
31-05
01-06
0,82
0,82
0,88
0,88
0,88
0,88
0,85
0,85
0,85
0,85
0,85
0,84
0,84
0,84
0,84
0,84
0,84
0,84
0,84
0,91
0,91
0,85
0,85
0,85
0,85
0,85
0,77
0,70
0,75
0,65
0,43
0,41
0,45
0,56
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
1,17
1,05
1,00
1,03
-0,368
-0,367
-0,366
-0,367
-0,355
-0,355
-0,359
-0,36
-0,36
-0,363
-0,363
-0,359
-0,361
-0,361
-0,36
-0,361
-0,369
-0,371
-0,371
-0,366
-0,364
-0,365
-0,366
-0,366
-0,367
-0,363
-0,357
-0,372
-0,371
-0,372
-0,372
-0,371
-0,371
-0,372
-0,372
-0,372
-0,372
-0,371
-0,371
-0,371
-0,371
-0,369
-0,371
-0,371
-0,371
-0,37
-0,371
-0,371
-0,371
-0,369
-0,371
-0,371
-0,37
-0,369
-0,328
-0,328
-0,328
-0,329
-0,329
-0,329
-0,328
-0,328
-0,328
-0,328
-0,327
-0,326
-0,327
-0,326
-0,326
-0,326
-0,326
-0,326
-0,325
-0,324
-0,323
-0,324
-0,323
-0,322
-0,321
-0,321
-0,321
0,85
0,83
0,78
0,78
0,79
0,80
0,76
0,76
0,77
0,81
0,79
0,77
0,81
0,84
0,84
0,86
0,86
0,83
0,83
0,80
0,80
0,74
0,71
0,65
0,68
0,72
0,68
thor.
pub.
priv.
1,02
1,02
1,08
1,08
1,08
1,08
1,05
1,05
1,05
1,05
1,05
1,04
1,04
1,04
1,04
1,04
1,04
1,04
1,04
1,11
1,11
1,05
1,05
1,05
1,05
1,05
0,97
1,02
1,02
1,08
1,08
1,08
1,08
1,05
1,05
1,05
1,05
1,05
1,04
1,04
1,04
1,04
1,04
1,04
1,04
1,04
1,11
1,11
1,05
1,05
1,05
1,05
1,05
0,97
1,75
116
37,8 + 0,53
39,4 - 0,25
0,039- 4,88
1
3
5
122962
34,97
4,24
18,7 + 3,03
29,6 + 0,68
3197
313
41,8
24,2
138,5
100,5
3,25 - 0,31
1,21 - 1,63
58
8
- 0,74
48
25,8
1,67
33,9 + 5,28
22,9 + 0,44
3,36 - 0,59
1
382
7
7109
47902
337
663
560
73
12
6692
376
1476
0,91
57 + 4,02
5,34 + 3,09
0,26 - 3,7
41,1 - 0,48
8,36 - 0,95
14,05 - 2,77
8,32 - 1,89
49,8 + 1,43
148,5 + 0,34
47
+ 1,08
11740
31744
5751
130
2441
10834
1413
639
51
251
1,04
65
- 5,8
55,9 - 0,71
5,96 - 3,25
402
- 1,47
2,32 + 0,87
7,64 + 1,06
9,98
4 + 0,5
7,2
9,6
7,32 + 0,27
6170
4790
61
178
1577
143
908
5532
2634
5556
57
31,8 + 0,32
765
24,6
34,2 + 3,64
94
+ 1,08
710
804
2,04
197,5 - 0,25
507
2,14
50,2 - 0,79
136
1,07 + 2,39
11191
22,4 + 0,9
594
525
- 0,94
30
85 + 2,41
501
5,64 - 0,88 168649
6,15 + 5,67 217243
2,02 + 1,51
1043
0,415 - 1,19
23415
MaTièrEs prEMièrEs
MéTaux préciEux
MéTaux non FErrEux
MéTaux sTraTégiQuEs
produiTs péTroLiErs
sucrE
paris
OR (euros cPror/*cours hebdo)
01/06
31/05
COURS PriMe Prec.
lingot
35260
0
35800
10 florins
218,5
2,43
218,8
5 dollars*
310
16,91
310
10 dollars
599
12,95
599
20 dollars
1220
14,99
1220
5 roubles*
0
-100
0
50 pesos
1339
1,27
1346
latine
209,6
2,38
210
napoleon
205,6
0,43
209,7
1/2 napoleon* 113,7
11,08
113,7
souverain eli i* 276
6,93
276
souverain
260
0,73
259,9
1/2 souverain* 142
10,03
142
suisse
205,1
0,19
208,9
tunisienne*
210
2,58
210
mark*
264
4,57
264
krugerrand
1140
3,95
1190
lingotin 500grs 18500
4,93 18500
lingotin 250grs 9280
5,28
9280
lingotin 100grs 3700
4,93
3700
argent c3e (euro Par kilo) (csFaNMP)
540,9
546,69
cuivre (girm):
LondrEs
(eN dollars)
rotterdam
(barges - Fob) (eN $ Par toNNe)
gas oil 0.1% sul.
654,5
london daily price:
palladium (euro Par kilo) (csFaNMP)
Fix1
27 224
27 142
Fix2
27 302
27 176
cathodes : 6017 a coMPter du 01/06/
autres demi produits cuivreux :
684,85 dePuis le 01/06
base cuivre
base laMiNé laitoN 1 titre 581,66 dePuis le 01/06
base laMiNé laitoN 70/30
591,05 dePuis le 01/06
base laMiNé laitoN 85/15
637,95 dePuis le 01/06
base laMiNé broNze 94/6
775,38 dePuis le 01/06
base laMiNé broNze 94/4
745,2 dePuis le 01/06
London METaL ExchangE
01/06
31/05
alliage d`alumin. (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
1790-1800
1795-1805
12220
1810-1820
1815-1825
12220
aluminium (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
2285-2285,5
2285-2286
1205875
cuivre (en $ par tonne)
platine (euro Par kilo) (csFaNMP)
Fix1
25 049
25 029
Fix2
24 878
24 998
cash
3 Mois
stocks
London BuLLion MarKET
01/06
31/05
argent (eN ceNts Par oz)
Fixage
1 639
1 640
etain (en $ par tonne)
or (eN dollars Par oz)
Fix
1 295
1 305
palladium (eN dollars Par oNce troy)
991
986
platine (eN dollars Par oNce troy)
903
907
settleMeNt
settleMeNt
01/06
Juil. 18
16,44
sePt. 18
16,53
déc. 18
16,66
JaNv. 19
16,7
Mars 19
16,79
or (eN dollars Par oNce)
settleMeNt
31/05
16,43
16,5
16,66
16,78
16,91
settleMeNt
01/06
906,7
911,8
917,7
924,1
931,1
31/05
1302,7
1315,1
1330,1
1336,3
1355,3
settleMeNt
31/05
906,9
911,3
920
915,3
0
20750-20800
20700-20750
2425
cash
3 Mois
vol.
15175-15200
15205-15210
290604
20500-20525
20405-20410
2425
14860-14870
14910-14925
292098
plomb (en $ par tonne)
2445-2445,5
2458-2459
133550
2420-2421
2431-2433
134200
Zinc (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
3099-3100
3107-3107,5
245750
3106-3107
3110-3112
228975
nEW YorK
cuivre (en cents par lb)
settleMeNt settleMeNt
JuiN 18
Juil. 18
aout 18
oct. 18
01/06
3,09
3,1
3,11
3,13
31/05
3,06
3,06
3,07
3,09
vol
441
103736
294
6
KuaLa LuMpur
etain (en dollars par tonne)
settleMeNt settleMeNt
Jou r
01/06
20680
31/05
20600
31/05
éLEcTriciTé
6809-6810
6815-6820
283375
6824,5-6825
6832-6834
311525
ice
(eN gbP Par MWh)
clôture
01/06
base
40,69
PoiNte
46,28
ice futures
(eN gbP Par MWh)
nickel (en $ par tonne)
settleMeNt
01/06
aout 18
1299,3
déc. 18
1311,7
avr. 19
1324,5
JuiN 19
1331,2
déc. 19
1350,9
platine (eN dollars Par oNce)
Juil. 18
oct. 18
JaNv. 19
avr. 19
Juil. 19
cash
3 Mois
vol.
cash
3 Mois
vol.
nEW YorK
argent (eN ceNts Par oNce)
2264,5-2265,5
2271,5-2272,5
1210300
01/06
antimoine 99,65% (par tonne)
8100
8100
bismuth 99,99% (par lb)
5,2
5,2
cadmium 99,95% (par lb)
1,4
1,4
cobalt (cathodes) 99,80% (par lb)
43,95
43,95
eponge de titane 99,60% (par kg)
7,65
7,65
ferro manganese (hc) (par tonne)
1070
1070
ferro molybdene (par kg)
30
30
germanium (par kg)
1760
1760
selenium 99,50% (par lb)
24,25
24,25
silicium (par tonne)
2275
2275
vol
base Jul 18
base dec 18
PoiNte Jul 18
PoiNte Nov 18
clôture
31/05
40,69
46,28
clôture
clôture
01/06
54,2
61,28
58,51
66,88
31/05
55,86
62
60,33
68,11
vol
364004
192492
vol
456,5
431
455,5
428,5
singapour
gasoliNe 97
gas oil
Fuel oil (180)
Fuel oil (380)
88,95
87,96
489,5
457,5
88,95
87,96
485,5
453,5
éMission co2
nymex emissions (eN euros Par toNNe)
sPot
clôture
Juil. 18
aout 18
sePt. 18
déc. 19
Mars 10
clôture
01/06
65,81
65,77
65,53
61,19
60,35
31/05
67,05
66,9
66,55
61,23
60,23
01/06
22,8
23,25
23,35
vol
31/05
22,8
23,25
23,35
gaz naTurEL
clôture
01/06
2,97
2,99
2,96
31/05
2,95
2,97
2,95
vol
vol
18148
400
65
vol
01/06
12,52
12,81
13,59
13,67
13,72
31/05
12,79
13,04
13,81
13,83
13,87
Juil. 18
oct. 18
Mars 19
Mai 19
Juil. 19
01/06
JuiN 2018 23,02
Juil 2018 22,96
août 2018 22,97
clôture
clôture
31/05
93,08
91,56
90,78
01/06
2497
2531
2523
2532
2532
31/05
2511
2538
2532
2527
2527
vol
26633
11311
1952
655
655
clôture
vol
settleMeNt settleMeNt
vol
25624
24977
4467
sePt. 18
déc. 18
Mars 19
sePt. 19
01/06
124,95
128,45
131,9
137,95
31/05
125,95
129,4
132,85
138,8
vol
19044
9800
2594
234
chicago (eN $ Par 1000 bdFt)
settleMeNt settleMeNt
31/05
598,1
583,1
548,8
vol
new york (coNt. No2 - eN ceNts Par lb)
settleMeNt settleMeNt
Jou r
01/06
31/05
112,45
115,7
vol
112.45
439
635
249
vol
settleMeNt settleMeNt
vol
01/06
31/05
Juil. 18
11,45
11,53
sePt. 18
11,3
11,36
Nov. 18
11,5
11,47
avoine à chicago
(eN ceNts Par boisseau)
733
271
24
settleMeNt settleMeNt
vol
626
321
139
settleMeNt settleMeNt
01/06
155,45
158,25
160,8
vol
31/05
156,5
158,85
0
75
veau vivaNt - bresil - brl :
142.1
le 30/05//18
betail vivaNt - cMe - usd :
1.049
le 31/05//18
betail d'eNgrais - cMe - usd :1.46325
le 31/05//18
Porc Maigre - cMe - usd :
0.776
le 31/05//18
Porc FraNce e - eur :
1.5
indicEs
rJ crb
jus d’orangE
vol
settleMeNt settleMeNt
BETaiLs
clôture
5
01/06
31/05
Juil. 18
391,5
393,5
157569
sePt. 18
400,5
402,75
63855
déc. 18
411,75
413,25
83613
riZ à chicago (eN ceNts Par lb)
londres-robusta (en $ par tonne)
Bois
01/06
593,6
579,2
545
settleMeNt settleMeNt
vol
01/06
31/05
Juil. 18
1750
1749
6469
sePt. 18
1738
1741
4432
Nov. 18
1742
1744
941
JaNv. 19 1748
1748
256
Mars 19 1760
1759
59
new york-arabica (en cents par lb)
vol
01/06
31/05
JuiN 18
164,75
169,25
aout 18 171
172
Nov. 18
172
172,75
mais à chicago (eN ceNts Par
boisseau)
Juil. 18
Nov. 18
JaNv. 19
31/05
23,15
23,34
23,89
settleMeNt settleMeNt
sePt. 18
déc. 18
Mai 19
sePt. 19
sePt. 19
settleMeNt settleMeNt
caFé
new york (cont. n°2 - cents par lb)
Juil. 18
sePt. 18
Nov. 18
vol
11059
6046
4860
971
567
vol
01/06
31/05
sePt. 18
540,75
543
déc. 18
561,75
562,75
Mars 19 579,75
580,25
mais à paris (eN euros Par toNNe)
Prix indicatif de l'organisation internationale du
café (cents us/livre) :
Prix composé : 114.9
Moyenne quinze derniers jours : 205.461
coTon
Juil. 18
Déc. 18
Mars 19
clôture
01/06
31/05
Juil. 18
1760
1771
déc. 18
1842
1841
Mars 19 1836
1834
Mai 19
1830
1828
Juil. 19
1830
1828
new york (eN $ Par toNNe)
settleMeNt settleMeNt
01/06
31/05
sePt. 18
181,5
183,25
12621
déc. 18
185
186,5
18084
Mars 19 187,5
188,75
2916
blé à chicago (eN ceNts Par boisseau)
vol
iNdice cotlook a : 99,95, le 01/06//18
01/06
93,3
92,36
92
117476
66278
30891
8397
5866
blé de meunerie n°2 à paris
(eN euros Par toNNe)
01/06
31/05
Juil. 18
246
246
sePt. 18
252,75
253
déc. 18
251
251
blé fourrager à londres
(eN £ Par toNNe)
31/05
23,18
settleMeNt settleMeNt
vol
clôture
settleMeNt settleMeNt
clôture
powernext gas futures
vol
clôture
nymex ( eN $ Par Mbtu)
Juil. 18
aout 18
sePt. 18
vol
7733
4109
856
606
369
Prix indicatif de l'organisation internationale du
cacao (dollars/tonne) : le 30/05/
Prix indicatif : 2463,66
londres (eN £ Par toNNe)
settleMeNt settleMeNt
aout 18
déc. 18
JaNv. 19
clôture
cacao
uraniuM
clôture
01/06
31/05
JuiN 18
671,25
685,5
64218
Juil. 18
668
681,75
99267
Nov. 18
666
678
5022
Fév. 19
662,25
673,75
1471
avr. 19
658,75
670
872
new york nymex wti (eN $ Par baril)
clôture
31/05
15,4
01/06
Nord da 22,87
01/06
31/05
Jour
76,79
77,59
aout 18 76,79
77,56
290003
sePt. 18
76,51
77,25
163237
londres-gaZole (eN $ Par toNNe)
clôture
01/06
15,4
clôture
01/06
31/05
aout 18 352,9
355
oct. 18
348,3
351,6
déc. 18
351,4
354,9
Mars 19 356,4
358,7
Mai 19
359,4
360,8
new york (eN ceNts Par lb)
vol
uranium nymex (en $ par lb)
londres-brent (eN $ Par baril)
clôture
clôture
powernext gas spot
produiTs péTroLiErs
clôture
londres (eN dollars Par toNNe)
653,5
fuel
Fuel oil (hs 180)
Fuel oil (hs 380)
clôture
céréaLEs
13,06 cts/lb
01/06
31/05
206,38
207,53
reuters coM. 2329,29
2350,72
Moodys coM. 6250,03
6266,29
or iNdustriel 36002
36072
lMex
3340,6
3350,6
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
32 // FINANCE & MARCHES
Lundi 4 juin 2018 Les Echos
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
Mirabaud Asset Management
Tél. 058 200 60 01
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Pictet Asset Management
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Tél. : 01 56 88 71 00
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code isin
désignation
des valeurs
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
LU0130728842 Pictet-emerging euroPe
334,32 31/05
LU0130729220 Pictet-emerging mkts
598,93 01/06
LU0128490280 Pictet-eur Bonds
547,02 01/06
LU0144509717 Pictet-euroPean sust. eq.
251,45 01/06
désignation
des valeurs
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
code isin
désignation
des valeurs
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
synchrony (lu)
363,65 01/06
LU0935268721 ram (l) sf em mkt core eq
628,38 01/06
LU0704154292 ram (l) sf em mkt eq
190,11 31/05
LU1626129727 sWiss all caPs (chf)
101,17 31/05
LU0188501257 Pictet-health
256,07 01/06
LU0375629556 ram (l) sf euroPean eq
467,07 31/05
LU1626130816 silk road Zone stocks (usd)
103,72 31/05
545,52 01/06
LU1048876350 ram (l) sf gB shldr yld eq
132
LU0851564897 euroPean equity (eur)
169,61 31/05
LU0705072691 ram (l) sf l/s em mkt eq
122,89 31/05
LU1626130220 high div. euroPe stocks (eur)
98,17 31/05
LU0851564541 World equity (eur)
155,26 31/05
LU0070964530 Pictet-indian eq.
106,59 31/05
31/05
LU0176900511 Pictet-JaPanese eq. sel.
15611,12 01/06
LU0217139020 Pictet-Premium Brands
163,87 01/06
LU0705071701 ram (l) sf l/s euroPean eq
156,12 31/05
139,81 01/06
LU0375630729 ram (l) sf north am eq
306,88 31/05
LU1074511459 ram (l) tf conv euroPe
147,86 31/05
LU0419186167 ram (l) tf gB Bd tot ret
142,86 31/05
LU0935723782 ram (l) tf ii asia Bd tot ret
139,3 31/05
287,75 01/06
LU0090689299 Pictet-Biotech
709,35 01/06
LU0338483075 Pictet-russian equities
58
LU0256846139 Pictet-security
237,83 01/06
01/06
LU0340554913 Pictet-digital
307,25 01/06
LU0130732364 Pictet-small caP eur.
1253,9 01/06
LU0255798109 Pictet-emerg lc deBt
162,81 01/06
LU0104884860 Pictet-Water
294,81 01/06
dernier
dividende net
en euros**
mont.
date
Banque Cantonale
de Genève (France) SA
Tél. 04 72 07 31 50
bcgef.fr/fonds
LU0128467544 Pictet-gloBal emerg.deBt
LU0155303323 Pictet-asian eq. JaPan
93,79 01/06
code isin
LU0168449691 Pictet-greater china
LU1279334210 Pictet-roBotics
LU0280430660 Pictet-clean energy
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
classification
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
classification
désignation
des valeurs
classification
code isin
classification
sicav//fcp
LU1626130063 sWiss small & mid caPs (chf)
112,77 31/05
Valeur unitaire hors frais : valeur de la part ou de l’action hors droits d’entrée ou de sortie éventuels. Les SICAV éligibles au PEA sont signalées par un astérisque *. Le pictogramme P indique la cotation d’un FCP.
Classification des OPCVM : actions françaises (AF), actions de la zone EURO (AE), actions internationales (AI), monétaires EURO (ME), monétaires à vocation internationale (MI), obligations et autres titres de créances libellés en EURO (OE), obligations et autres titres de créances internationaux (OI), sicav luxembourgeoises (LX), diversifiés (DI), garantis ou assortis d’une protection (GP). ** : en euros ou dans la devise indiquée dans la colonne «DéSIGnAtIOn DES VALEURS».
carnet
fr
par Philippe Bertrand
pbertrand@lesechos.fr
Brigitte Gerroldt
Dominique
Schelcher,
Système U
à l’heure
du Rhin
Il rajeunit la fonction. Dominique Schelcher
a été élu le 16 mai à la présidence de Système U
pour un mandat de six ans. L’impétrant est
âgé de 47 ans. Serge Papin, auquel il succède,
entrera en août dans sa 63e année. Le nouveau patron de la coopérative de commerçants a pourtant l’allure d’un aîné.
Serge Papin, invité permanent des plateaux TV et des cabines radio, a le visage épanoui d’une figure publique. Il joue le gentil
distributeur soucieux des PME et des agriculteurs qui le fournissent. Pas un ayatollah
des prix bas. Michel-Edouard Leclerc est son
anti-modèle. Ses petites lunettes à la Lennon
portent loin sa vision apaisée de la consommation. Eté comme hiver, un chèche ornemente sa tenue de dandy bobo volubile. Le
Vendéen est devenu parisien. Dominique
Schelcher reste alsacien.
Veste bleue sur chemise blanche, tempes
grises et mèche peignée, le nouveau visage du
commerce indépendant évoque l’enfant sage
ENTREPRISES
KONICA MINOLTA
Jean-Claude Cornillet
a été nommé directeur exécutif
auprès du conseil d’administration
de Konica Minolta Inc. à Tokyo
et vice-président du conseil
d’administration de Konica
Minolta Europe.
monté en graine. L’esprit de sérieux l’habille.
L’humanisme rhénan l’anime. Son salut vient
du travail. Ses parents tenaient une épicerie à
Fessenheim. Le petit Dominique tenait la
caisse et garnissait les rayons à 11 ans. La boutique dévore toutes les énergies. Le jeune
homme fuira le comptoir pour le desk et les
rotatives.
Simplicité
Diplômé de l’Essca, l’école de commerce
d’Angers, autre géographie humaniste, il
entre au marketing d’« Ouest-France » puis
passe à « L’Alsace », où il se lie avec feu Rémy
Pflimlin. Dominique S chelcher fait la
promotion du « Jounal des enfants » dans
les écoles. « J’ai appris la simplicité », résume-t-il. En avait-il besoin ? Le fils prodigue
revient à Fessenheim et reprend en 2004
l’épicerie devenue Super U. Comme le sens
du devoir et le respect filial n’empêchent pas
l’ambition, il sort de l’ombre de la plus
successivement devenu directeur
des opérations et directeur général avant d’être promu, en 2004,
vice-président de Konica Minolta
Business Solutions France, puis
président. Il dirige la filiale française depuis 2007 et le cluster
Europe du Sud (Espagne, France,
Italie, Portugal) depuis 2012.
RCI BANK AND SERVICES
Jean-Claude Cornillet, 65 ans,
diplômé électrotechnique, est
actuellement le président de
l’entité Konica Minolta Business
Solutions France et le directeur
général du cluster sud. Entré chez
Minolta France comme directeur
du service clients en 1986, il est
Antoine Delautre
est, depuis vendredi, le directeur
de la comptabilité et du contrôle
de la performance de RCI Bank
and Services. Il devient membre
du comité exécutif. Il remplace
Alice Altemaire, promue à
d’autres fonctions.
ancienne centrale nucléaire de France et
prend des responsabilités régionales. Négociateur, animateur d’un groupe d’études et
de propositions, développeur : il devient vite
PDG de Système U Est. Il passe ensuite à
l’échelon national pour unifier les systèmes
informatiques. Il devient président au
moment où les cinq régions historiques unifient aussi leur logistique et la gestion de
leurs enseignes.
« Avec Auchan nous avions de beaux projets », regrette celui qui a rallié Carrefour
pour les achats. La fusion commerciale avec
le distributeur du Nord a fait long feu. La
coopération des acheteurs des deux
enseignes n’a pas résisté à l’intrusion non
consentie de Casino. Le père de famille
n’aime pas les mariages à trois. La confiance
est pour lui un absolu. Il partage aujourd’hui
avec Alexandre Bompard l’énergie des
quadras et le souci de la qualité de l’alimentation. « Yaquoidedans », demande son
application.
Commerce physique
L’accro à Twitter fédère ses clients avec les
700 pages Facebook de ses adhérents. Les
réseaux sociaux les redirigent vers les
1.559 magasins. L’humain au centre. « Nous
croyons au commerce physique », martèle
Dominique Schelcher. Physique au sens du
contact.
La tendance est aux produits locaux des
PME. L’associé Système U est toujours un
local. Le supermarché dont il possède les
murs et le fonds est sa PME. Sur ce créneau,
le PDG vise les 25 milliards d’euros de chiffre
d’affaires en 2025. On dit que sa famille a des
ancêtres en commun avec Victor Schœlcher.
Dominique Schelcher brise les chaînes de sa
discrétion. n
Antoine Delautre, 42 ans, titulaire
d’un MBA de l’Essec, a débuté au
Crédit Agricole CIB en 1998 dans
les activités de financement de
projets et de coverage en Chine et
à Hong Kong. En 2003, il a rejoint
la direction planification et contrôle groupe de RCI Banque SA. Il
a été nommé directeur administratif et financier de RCI Financial
Services Korea en 2005, puis de
RCI Banque en Italie en 2008.
Directeur de projet à la direction
performance et contrôle de
Renault en 2013, il fut secrétaire
exécutif du directeur financier du
groupe puis directeur financier
de Renault Retail Group, membre
du comité exécutif.
CTC GROUPE
Frédéric Gaudin
est nommé directeur général. Il
succède à Yves Morin, directeur
général du groupe depuis 2008,
parti en retraite.
Frédéric Gaudin, 50 ans, est titulaire d’un MBA de Kedge Business
School, d’un bachelor of art in
business studies du Bradford
Management Center et d’une
maîtrise de science de gestion de
l’université de Montpellier. Il fut
notamment directeur général de
LRQA France durant six ans et
directeur des opérations Europe
du Sud du groupe Lloyd’s Register
pendant quatre ans.
DISPARITION
Jean-Claude Boulard
Maire du Mans
Jean-Claude Boulard, maire
socialiste du Mans, est décédé
dans la nuit de jeudi à vendredi,
emp orté par la maladie à
75 ans. Elu maire en 2001, puis
réélu à trois reprises, il présidait aussi la communauté
urbaine de la ville depuis 1983.
Volubile, passionné, souvent
original, cet énarque à la chevelure argentée a quasiment
occupé tous les mandats dans
la Sarthe : conseiller général,
député et, jusqu’en 2017, sénateur. Une ombre au tableau : le
soutien à un stade de football
bâti pour une équipe locale qui
n’a pas tenu ses promesses. Au
niveau national, il fut notamment rapporteur sur la création de l’ANPE et directeur de
cabinet du ministre de la Mer…
BPCE
Nicolas Namias
est, depuis vendredi, membre
du directoire de BPCE,
chargé des finances,
de la stratégie,
des affaires juridiques
et du secrétariat du conseil
de surveillance.
Nicolas Namias, 42 ans, ancien
élève de l’ENA, diplômé de l’Essec,
de l’IEP de Paris et de la Stanford
Graduate School of Business. Il est,
depuis 2017, directeur finance et
stratégie, membre du comité de
direction générale de Natixis. Il a
débuté à la Direction générale du
Trésor, d’abord chargé de préparer
les sommets financiers internationaux du G8 et du G20, puis nommé
commissaire du gouvernement
suppléant auprès de l’AMF. En
2008, il a rejoint la direction financière de BPCE, puis piloté la banque
commerciale et assurance. En 2012,
il a été nommé conseiller technique
du Premier ministre. Il a retrouvé
BPCE en 2014 et a dirigé la stratégie
de Natixis et est devenu membre du
comité exécutif.
, Envoyez vos nominations à
carnetlesechos@nomination.fr
AFP
PORTRAIT
A l’Assemblée, il a travaillé sur
la loi qui a créé le RMI puis sur
la couverture maladie universelle (CMU). En 2013, il fut
l’auteur, avec Alain Lambert,
du rapport de la mission de
lutte contre l’inflation normative. Emmanuel Macron a salué
cet « ami et soutien de la première heure », à ses côtés dès
janvier 2017. Père de trois
enfants, il était l’auteur de récits
historiques et d’essais, souvent
inspirés de la mer. — E. G.
ILS SONT NÉS
UN 4 JUIN
Cecilia Bartoli, chanteuse
lyrique, 52 ans.
Jérémie Berrebi, cofondateur
de 8-Sec, 40 ans.
Jean-Marc Bustamante,
sculpteur, 66 ans.
Jean-Marie Chevalier,
économiste, 77 ans.
Paul Giacobbi, ex-député,
ex-président du Conseil
exécutif de Corse, 61 ans.
Jacques Godfrain, ancien
ministre délégué à la
Coopération, 75 ans.
Angelina Jolie, actrice,
43 ans.
Joseph Kabila Kabange,
président de la RDC, 47 ans.
Tony de Luca, alias Laudec,
illustrateur de BD, 71 ans.
Marie NDiaye, écrivain, 51 ans.
Alain-Pierre Rodet, ex-député
de Haute-Vienne, ancien maire
de Limoges, 74 ans.
Vincent Taupin, président
du directoire de la banque
française du groupe
Edmond de Rothschild, 59 ans.
Pierre-Luc Vogel, ancien
président du Conseil supérieur
du notariat, 63 ans.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
crible
Lundi 4 juin 2018
` SUR LE WEB WWW.LESECHOS.FR
JP Morgan affiche toujours une confiance
inoxydable dans l’avenir.
L’INVITÉ
DES ÉCHOS
« Les Echos »
+
L’or à tout âge
Vincent Salimon
Président de BMW France
TAXES Après l’acier et l’aluminium, les voitures importées
sur le territoire américain seraient désormais dans le viseur
de Donald Trump. « Les taxes évoluent beaucoup en fonction
des législations locales, et nous n’avons pas à nous prononcer
sur les choix d’un pays. Ce qui est certain, c’est que BMW est un
constructeur allemand, mais un aussi un petit peu un constructeur américain, puisque nous produisons 450.000 voitures à l’année à Spartanburg, en Caroline du Sud. Nous exportons deux tiers de cette production : nous sommes le premier
exportateur automobile, en valeur, des Etats-Unis. Donc en
augmentant cette taxe [sur les véhicules importés, NDLR], on
peut considérer que le président Trump peut un peu pénaliser
son activité économique, puisque nous représentons
10.000 emplois directs, 70.000 emplois indirects. »
ÉLECTRIQUE « Aujourd’hui, les véhicules électriques et
hybrides sont importants dans le développement de l’activité
automobile. Il faut deux choses pour accompagner le développement de ce segment : les infrastructures électriques – il est
important de pouvoir recharger ces voitures – et l’accompagnement en termes fiscaux, car il faut motiver les automobilistes à aller sur des véhicules électriques. »
GAMME « En 2025, nous aurons 25 véhicules électrifiés
dans la gamme, contre 10 aujourd’hui. »
Interview réalisée par Olivier Harmant
a L’intégralité de l’émission sur lesechos.fr/invitedesechos
Road movie
Quand le patron de JP Morgan, Jamie Dimon, qualifie la périodeactuelle
d’âge d’or de la banque – « golden age of banking » –, il n’y a pas que
Deutsche Bank, en pleine restructuration, qui se pince. Pour les consœurs
locales ou superrégionales américaines, la dérégulation à la Trump n’est
pas du luxe pour exister face à l’agilité des fintech et à la puissance des
« megabanks ». Ces dernières en profiteront d’ailleurs, après avoir bien tiré
parti de la réforme fiscale. Même si la règle Volcker reformulée ne permet
pas de renouer avec le trading pour compte propre, elles feront en effet des
économies de frais généraux. Elles peuvent aussi compter sur la croissance
économique, les taux plus hauts et la « nationalization » du marché des
dépôts, cet effacement des vieilles barrières entre les Etats qui s’accélère
avec la technologie mobile et les efforts marketing. En Europe, le marché
unique a plutôt eu tendance à se fragmenter : « Das Goldene Zeitalter »
n’est pas pour tout de suite. Vu les tensions commerciales internationales,
il se peut que Jamie Dimon, ravi d’être le patron bancaire le mieux payé
de son pays, ait parlé bien trop vite. Ce ne serait pas la première fois. Les
investisseurs financiers auront capté le fond de son message. Le numéro
un bancaire reste le mieux placé pour préparer l’avenir, doré sur tranche
peut-être et propice sûrement aux nouveaux entrants, comme Amazon
et les banques chinoises.
Hikvision 21
Hovnanian 28
JapCook 24
JP Morgan 29
Kiwatch 21
Labeyrie 24
Lea Nature 19
Marco Polo Foods 24
Marie-LDC 24
Meridiam 27
Michelin 18
Morinaga Gyunyu
Haikyu 24
Mulhouse Alsace
Agglomération 25
Nest 21
Netgear 21
Orange 22
PerfectStay 23
Samsonite desserre l’étau activiste
en changeant de patron.
« Cherche à se faire rouler sans pour autant en être de sa poche. » La définition
de l’auto-stoppeur par le cruciverbiste ne décrit pas si mal Masayoshi Son,
le patron de SoftBank que General Motors vient d’embarquer dans son projet de voiture autonome. Le plus « geek » des financiers japonais distrait les
passagers investisseurs qui s’ennuyaient un peu dans le véhicule de plus
en plus étroit de Mary Barra. La patronne de GM offre, elle, une nouvelle
opportunité à l’actionnaire d’Alibaba de déployer son monumental fonds
de 100 milliards de dollars, le plus gros de la technologie, avec un placement
moins risqué que la moyenne, qui lui rapportera 7 % l’an en dividende pendant sept ans et qui prévoit une bretelle de sortie dans une conversion en actions GM. Cet échange de bons procédés a bien fonctionné. Wall Street a intégré dans le cours de GM les quatre cinquièmes de la valorisation du projet
par SoftBank, soit 11,5 milliards au total, correspondant à plus de 20 % de
la capitalisation boursière du constructeur ! Le montant dépasse de six fois
la valeur estimée par l’analyste de Morgan Stanley (par ailleurs conseil de
GM). Mais au-delà des chiffres, cette alliance peut surtout contribuer à
changer la perception de l’industriel en valeur plus high-tech. Masayoshi
Son, lui, assoit son rôle d’arbitre des élégances des grands sujets technologiques dans la Silicon Valley, au moment où Warren Buffett, récent converti
par Apple, s’est fait claquer la porte au nez par Uber. Il ne manque au tandem GM-SoftBank qu’une chose : savoir si leur road movie, où ils auront englouti 3,3 milliards, débouche sur un modèle rentable ou sur une impasse.
Petrobras 15
Peugeot 29
Planet Sushi 24
RCI Bank and Services 32
Renault 29
Ring 21
Roche 20
Samsonite 19
ScoreChain 23
SFR 22
Société Générale 29
Sushi Daily 24
Système U 32
TransferWise 26
Uptime 25
AVIS FINANCIERS
Laurent-Perrier
Champagne 27
EN VUE
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présiDent-Directeur général Pierre Louette
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Directeur Délégué Bernard Villeneuve
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Jean-Francis Pécresse, Jean-Marc Vittori,
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Sabine Delanglade, Laurent Flallo,
David Barroux (entreprises)
Sylvie Ramadier (le crible)
Laura Berny (enquêtes)
LES ECHOS EXECUTIVES
Daniel Fortin (magazine, opinions, innovation)
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LES ECHOS WEEK-END
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IMPRESSION l’imprimerie (tremblay-en-france), midi libre (montpellier).
tirage Du 1er Juin 2018 : 116.690 exemplaires
origine du papier : Belgique. taux de fibres recyclées : 100%.
ce journal est imprimé sur du papier porteur de l’ecolabel européen
sous le numéro fi/37/002. eutrophisation : ptot 0.013kg/tonne de papier
membre de oJD-Difusion contrôle cppap : 0421 c 83015. toute reproduction, même partielle,
est interdite sans l’autorisation expresse de l’éditeur (loi du 11 mars 1957)
ce numéro comporte un 3e cahier de 8 pages « les echos exécutives »
L’alliance entre General Motors et SoftBank
est un échange de bons procédés.
Les dents de la mer
LES ENTREPRISES CITÉES
Air France-KLM 16
Amazon 21
AwoX 25
Axis Communications 21
Balladins 19
Bjorg 19
Blink 21
BNP Paribas 29
Bosch Building
Technologies 21
BPCE 26, 32
Canal+ 22
Chacon 25
Crédit Agricole 29
Deutsche Bank 28
Fiat Chrysler 17
Finologee 23
Fleury Michon 24
Google 21
La valise Samson s’inspirait de la robustesse du héros biblique, une icône
made in USA dont Samsonite a tiré son nom. Malgré sa délocalisation
au début du siècle, le premier bagagiste mondial en a retenu une leçon :
il ne faut pas préjuger de ses forces. Son directeur général indien, Ramesh
Tainwala, fait donc ses malles car son board veut enrayer l’attaque en règle
d’un fonds activiste adepte de la vente à découvert et baptisé « Blue Orca »,
tout un programme. Cela vaut mieux, car les CV enjolivés passent mal
– n’en déplaise au nouveau président du Conseil italien – à une époque
où les marchés financiers aiment éplucher tous les signaux sur la
gouvernance. Les documents officiels de la société ne donnaient pas du
« Docteur » à l’ex-DG, mais des sites proches de ce dernier ne s’en privaient
pas. On peut déplorer cet épilogue pour ce « serial entrepreneur »,
dont le parcours pèse bien sûr plus lourd que tout doctorat. Quant
à la performance boursière depuis son arrivée aux commandes, fin
septembre 2014, elle tenait la comparaison avec l’indice de Hong Kong,
jusqu’au réquisitoire du cétacé activiste. Ses autres griefs relatifs à
la comptabilité, aux relations d’affaires avec le groupe familial Tainwala
et à la stratégie d’acquisitions auraient eu du mal à emporter le morceau,
si l’on ose dire, à eux seuls. La riposte rapide et circonstanciée du board
a fait regagner à l’action (+9,85 % vendredi) une petite moitié du terrain
perdu (–21 % en deux séances). Le nouveau patron devra rassurer sur la
valeur des stocks et sur sa capacité à bien prendre le virage du numérique.
Venir de la direction financière ne lui facilitera pas forcément la tâche.
Pedro Sánchez
e saisissant d’une énième affaire
de corruption dans les cercles du
pouvoir, il a fait battre le Premier
ministre conservateur Mariano Rajoy
comme un truand, en s’alliant avec ceux
qu’il dénonçait il y a encore peu de temps
comme des brutes – les indépendantistes catalans et les gauchos de Podemos –, après quoi la voie était enfin
ouverte pour « le beau ». « El Guapo »,
c’est le petit nom que les Espagnols ont
donné au leader du PSOE, séduisant
brun d’un mètre quatre-vingt-dix, un
joueur de basket au physique de toréador. A quarante-six ans, prof d’économie
multilingue et politique longtemps considéré comme un « serial loser », Pedro
est devenu vendredi presque par effraction le nouveau maître de l’Espagne et va
présenter dès ce lundi son gouvernement. Pas mal pour celui que les socialistes espagnols avaient répudié comme
chef, à l’automne 2016, parce qu’il les
S
avait menés à une cuisante défaite électorale, avec 84 élus sur 350 députés.
Revenu à la tête de son parti au printemps 2017, c’est pourtant avec ce
groupe minoritaire, lui-même n’étant
plus parlementaire, que le « survivant »
a réussi à constituer une « majorité
Frankenstein », comme l’ont baptisée
les commentateurs, pour renverser son
vieil ennemi. L’an dernier, pendant sa
campagne en voiture à travers tout le
pays, accompagné de sa femme,
Begoña Fernández, une sportive fréquentant beaucoup les gymnases, ce
fils d’un entrepreneur et d’une fonctionnaire défendait une ligne se résumant à
quatre mots : « non, c’est non », sousentendu à Rajoy. Voilà qui est fait, mais
on ne voit pas très bien comment il va
pouvoir passer au « oui, c’est oui ».
(
Lire nos informations
Page 6
*
3W
/kg
0,7
“Le vrai smar tphone
st ar de ce début d’année”
* DAS du Huawei P20 PRO : 0.73 W/Kg. Le DAS (Débit d’Absorption Spéciique) des téléphones mobiles quantiie le niveau d’exposition aux ondes électromagnétiques pour une utilisation
à l’oreille. La réglementation française impose que le DAS ne dépasse pas 2 W/Kg. L’usage du kit mains libres est recommandé. Visuels non contractuels. Huawei Technologies France SASU
est enregistré au RCS de Nanterre sous le numéro 451 063 739. Plus d’informations sur consumer.huawei.com/fr.
DAS
:
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LUNDI 4 JUIN 2018 // SUPPLÉMENT GRATUIT AU NUMÉRO 22708 | ISSN 0.153.4831 | NE PEUT ÊTRE VENDU SÉPARÉMENT
EXECUTIVES.LESECHOS.FR
COMMERCIAL l DIGITAL l DIRECTION GÉNÉRALE l FINANCE l JURIDIQUE l MARKETING l RH
L' ÉDITO
de Muriel Jasor
EXCLUSIF
Le
dépassement
de soi, une
fascination
L’interview de
Laura Flessel,
ministre des
Sports
À LIRE PAGE 8
es terrains de jeu sont
différents, mais en sport
comme en entreprise, une des
capacités les plus appréciées est celle
qui consiste à se dépasser. Le
dépassement de soi fascine, car c’est
lui qui permet de tout donner, quitte à
souffrir un peu, pour atteindre un
objectif. Les entreprises voient une
certaine noblesse dans cette aptitude à
l’endurance. La dirigeante Dominique
Carlac’h, ancienne athlète, le confirme
dans notre dossier ci-contre. Et relève
combien le milieu de l’entreprise est
avide de se draper dans « l’image
positive, de réussite et de fair-play »
véhiculée par les sportifs.
Puisque les résultats s’obtiennent
d’une façon toujours plus collective,
autant les favoriser en incitant à la
pratique d’un sport entre collègues.
Une façon efficace de créer du lien,
d’aviver l’engagement et de se motiver
les uns les autres. Question de
« mindset » ou d’état d’esprit, rétorquet-on chez la société de gestion
Tikehau, où du haut d’une moyenne
d’âge de quarante ans, quasiment tout
le monde s’adonne à un sport.
D’ailleurs, comme chaque année,
depuis quatre ans, un groupe s’apprête
à procéder à l’ascension du mont
Ventoux. Prochain départ : le 8 juin !
Avec 60 participants au nombre
desquels les dirigeants, des salariés,
des actionnaires, des partenaires et
des investisseurs. Enthousiasme
similaire, l’été dernier, pour les 50
collaborateurs de la start-up Famoco,
spécialiste du sans-contact, lors d’une
ascension du mont Blanc.
Savoir transposer les vertus du sport en
entreprise pour s’adapter à un
environnement en perpétuel
changement et travailler en équipe,
dans des conditions parfois difficiles,
constitue un précieux atout. La
ministre des Sports Laura Flessel le
confirme dans l’interview qu’elle
accorde aux « Echos Executives » en
page 8. Toutefois, s’inspirer d’un sportif
de renom ou bien le salarier pour
aiguiser en interne le sens de la gagne
ne suffit pas. Car encore faut-il que les
entreprises sachent préserver la
motivation des salariés passionnés, et
surtout générer chez beaucoup l’envie
de tout donner. Pas de dépassement de
soi au travail sans confiance, moyens et
relative patience. n
L
Pourquoi les entreprises
s’arrachent les sportifs
Fabien Galthié, ancien capitaine de l’équipe
de France de rugby et entraîneur de l’équipe
de Toulon cette saison, apporte son expertise
chez Capgemini Consulting dans la gestion
des talents et des carrières. Photo Martin Bureau/AFP
l Des sportifs stars très recherchés pour des conférences et combien ils sont payés
l Les 10 bienfaits du sport en entreprise l Des terrains propices au marketing
Les sportifs sont des
cibles de choix pour
les entreprises. En quête
de réussite, elles écoutent
leurs précieux conseils
pour dynamiser
leur image et motiver
leurs troupes.
Géraldine Dauvergne, Delphine Iweins,
Valérie Landrieu et Florent Vairet
evenu récemment Rakuten, l’ancien PriceMinister fêtera son changement de nom
lors de la Rakuten Expo, le 14 juin prochain.
Consacrée à l’e-commerce, cette journée annuelle
sera placée sous le signe de la performance. François Gabart, navigateur vainqueur du Vendée Globe
2013 et détenteur du record du tour du monde en
solitaire, en sera. Lorsqu’il n’est pas sur l’eau, le
PDG de FG Mer Concept donne de nombreuses
conférences en entreprise. Et il n’est pas le seul. Les
sportifs sont incontestablement les vedettes des
agences d’événementiel spécialisées dans la mise à
disposition de conférenciers. Il y a fort à parier que
nombre de chefs d’entreprise voudront tirer des
leçons de management du parcours de Zinédine
Zidane, à la suite de son départ du Real de Madrid.
Chez Brand and Celebrities, leurs conférences
représentent la moitié de l’activité, loin devant
celles des philosophes et économistes. Et au sein de
l’agence Plateforme, présente sur le créneau depuis
D
trente ans, ces speakers animent près du quart des
conférences, « une demande importante et constante ».
Le succès de ces conférenciers particuliers ne s’est
jamais démenti depuis la Coupe du monde de 1998
et les prises de parole d’Aimé Jacquet. « Les sportifs
s’appuient sur des exemples tirés de leur carrière et
de leur palmarès pour théoriser des principes de
management, explique Julien Boulenguer, directeur associé de l’agence Brand and Celebrities. Ce
sont des figures très fortes, capables d’intellectualiser, qui s’exprimaient déjà remarquablement pendant leur carrière sportive. » L’ancien sélectionneur
du XV de France, Bernard Laporte, concentre les
qualités du bon conférencier sportif, selon Julien
Boulenguer : « Un leader charismatique, capable
d’emmener une salle comme un vestiaire. Par le
niveau de performance qu’elles ont atteint, ce sont
des figures extraordinaires, hors du commun. »
Pascal Dupraz, l’ancien entraîneur du Toulouse
Football Club, ne dispense pas encore la bonne
parole du coach dans les entreprises. Mais « lorsque j’étais en activité à Toulouse, j’aurais pu faire des
conférences toutes les semaines », confie-t-il.
Auteur, avec le spécialiste en management Frédéric
Rey-Millet, d’un ouvrage à paraître le 12 juin prochain où il déroule ses méthodes*, il interviendra
bientôt au Club APM devant des chefs d’entreprise
– passionnés ou pas par le foot – pour donner son
point de vue de manager.
Des conférences accessibles
Incontestablement, les entreprises ont un faible pour
les sports collectifs. A commencer par le rugby,
même lorsque les résultats sont décevants. « C’est
tout simplement l’un des sports préférés des cadres
supérieurs et dirigeants », rappelle le cofondateur de
l’agence Brand and Celebrities. Quant au succès du
handball, il ne se tarit pas, porté par les résultats de la
France depuis bientôt deux décennies. « Les deux
grands entraîneurs de l’équipe de France, Claude
Onesta et Daniel Costantini, sont extrêmement demandés par les entreprises, poursuit Julien Boulenguer. Ils
sont en mesure d’apporter un éclairage très précis sur
le management directif ou le management participatif,
tel qu’ils l’ont vécu sur le terrain. »
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
02 // A LA UNE
Lundi 4 juin 2018 Les Echos
… Pourquoi les entreprises s’arrachent les sportifs
LACOSTE PLUS
ANCRÉ DANS
LE SPORT
echo.st/m321197
SUITE DE LA PAGE 1
Le football, plus populaire, recèle
lui aussi quelques orateurs exceptionnels. « Franck Lebœuf raconte de
l’intérieur comment l’équipe de France
a remporté la Coupe du monde de
1998, d’autant mieux qu’il s’est,
depuis, reconverti dans le théâtre.
Il est capable de tenir en haleine son
auditoire », confie avec admiration
Julien Boulenguer.
Relativement accessibles (voir l’encadré
ci-dessous), les interventions des sportifs en entreprise se révèlent très bénéfiques. Les témoignages et récits
d’exploits d’anciens champions replongent dans l’émotion du moment et
améliorent la mémorisation sur la base
des émotions. « Des consignes de sécurité expliquées par un formateur sont
vite oubliées. Les mêmes racontées par
un aventurier ou un membre de la
Patrouille de France deviennent inoubliables », précise Bruno Duvillier.
Au-delà de l’apprentissage, accueillir un
ancien champion ou une grande figure
du sport que l’on ne voit habituellement
qu’à la télévision est très gratifiant pour
les collaborateurs. « C’est une excellente
manière de mobiliser, fédérer et récompenser les équipes, estime Julien Boulenguer. Le bon conférencier est celui
qui apporte une réponse aux objectifs
souhaités et qui s’adapte au public
dans la salle. Aimé Jacquet ne sera pas
forcément apprécié à sa juste valeur dans
une start-up où les salariés ont moins de
30 ans. Les attentes de leaders d’une
entreprise de l’aérospatiale seront différentes de celles de managers d’une force
de vente d’un opérateur téléphonique. »
Fabien Galthié
chez Capgemini Consulting
De son côté, Capgemini Consulting va
plus loin que la simple conférence.
Depuis trois ans, elle s’est arrogé les
services de Fabien Galthié, ancien capitaine de l’équipe de France de rugby et
actuel entraîneur de l’équipe de Toulon,
qui contribue à l’offre « human capital
analytics » du cabinet. Outre sa renommée, il apporte son expertise dans la
gestion des talents et des carrières, qu’il
conjugue à sa maîtrise du Big Data. « Les
études de données ont fait leur entrée dans
le milieu du rugby en 1999. Depuis, nous
les utilisons pour déceler la fatigue d’un
joueur, anticiper une blessure musculaire
ou encore prévenir les contre-performances. Grâce à la vidéo et des trackers placés
dans les chaussures, le monitoring de
chaque joueur est précis », explique
Fabien Galthié.
Pour ce champion, les passerelles avec
le monde de l’entreprise sont évidentes. « Grâce aux données sur les salariés,
nous pouvons anticiper les burn-out,
identifier des moments de fragilité au
cours d’une carrière et amener les salariés vers un pic de forme avant une
échéance clef. » Chez Capgemini Consulting, les données ont permis de mettre
en évidence une tendance à la démis-
Un conférencier sportif, à quel prix ?
Le coût moyen tourne autour de 6.500 euros, à l’intérieur d’une fourchette
allant de 3 à 10.000 euros, toutes spécialités confondues. « Un coût tout à fait
abordable par toutes les entreprises, y compris les PME », estime Julien Boulenguer, cofondateur de l’agence Brand and Celebrities. La différence de prix
tient uniquement à la notoriété du speaker et de sa discipline. Un champion
du monde dans un sport majeur, tel que le foot ou le rugby, sera rétribué à
la hauteur de l’émotion qu’il suscite. La qualité de la prise de parole n’entre
quasiment pas en jeu. « Un speaker avec un palmarès exceptionnel et mondialement connu peut demander 12.000 ou 15.000 euros par conférence. C’est
un tarif rare en France, mais le prix de départ dans les pays anglo-saxons »,
signale Bruno Duvillier, président de Plateforme.
sion chez un consultant, après trois ans
sans interruption sur des missions
longues, ou encore après une promotion importante qui lui offrait une plus
grande visibilité en externe.
Mais les anciens sportifs de haut niveau
sont-ils toujours des salariés efficaces ?
La réponse est résolument « oui » pour
Dominique Carlac’h, présidente de la
société de conseil D&Consultants et
ancienne athlète de haut niveau. « Le
sport apprend ce que l’école n’apprend
jamais : la programmation de la performance, assure-t-elle. Dans une entreprise,
il y a des objectifs à atteindre avec une
évaluation en fin d’année. Le sportif entre
parfaitement dans ce schéma de fonctionnement. Et s’il devient manager, il gardera
en tête que des résultats s’obtiennent
toujours collectivement. » Pour Karine
Baillet, double vice-championne du
monde de raids multisport et chef
d’entreprise, « toutes les qualités essentielles que le sportif développe dans sa
discipline, il les transpose en entreprise ».
Objectif : faire rayonner
l’entreprise
Au-delà des enjeux de performance, ces
nouvelles recrues ont aussi pour but de
faire rayonner l’entreprise. « Les sportifs
véhiculent une image positive, de réussite
et de fair-play dans laquelle les entreprises veulent se draper », explique Dominique Carlac’h. Mais pour cette ex-athlète,
et désormais candidate à la présidence
du Medef, les raisons de cet engouement
ne sont pas toujours rationnelles. « J’ai
toujours ressenti une fascination de la
part du grand public pour ce que représentaient les sportifs. » Conscients de cet
attrait pour ces personnes quelque peu
hors du commun, les dirigeants ont à
cœur de projeter ces fantasmes populaires sur leur entreprise. Vis-à-vis de leurs
salariés, ils passent ainsi des messages
et font parler de sujets cruciaux tels que
le travail d’équipe, la nécessaire adaptation au changement, le dépassement
de soi d’une manière plus décalée. « Finalement, que l’on soit un sportif
de haut niveau ou un collaborateur, le
changement est permanent, mais celui-ci
doit être bien appréhendé ! » estime
Karine Baillet.
Le sport collectif professionnel est un
laboratoire d’expérimentation où l’on
apprend – comme en entreprise – à
accompagner les potentialités et comprendre les dynamiques. « Mais attention ! Les deux mondes ne sont pas complètement comparables. Il y a une
intensité et une passion intrinsèques au
sport qu’on ne doit pas s’attendre à
retrouver en entreprise », explique
Fabien Galthié.
Les carrés VIP sur
le court central du
tournoi. La griffe
Roland-Garros s’est
inspirée des tenues
de ce public pour
monter en gamme.
Photo Sputnik
* Une saison avec Pascal Dupraz – Leçons
de leadership. (éditions Alisio – juin 2018)
Roland-Garros : temple du marketing
Au moment où nombre d’entreprises sponsors
de l’événement invitent leurs clients les plus
prestigieux en tribune, la gamme de vêtements
et accessoires lifestyle s’emploie à faire rayonner
l’image du French Open au-delà des courts
de tennis. Ses ventes ont augmenté de 20 %
l’an dernier grâce à un repositionnement réussi.
Valérie Leboucq
@vleboucq
n s’habille pour venir ici. On fait
attention à sa tenue. » Edouard
Bardon, le responsable des produits à la griffe Roland-Garros le reconnaît : pour réussir sa montée en gamme,
il s’est inspiré du public de la plus célèbre
des compétitions sur terre battue. « Les
ventes ont progressé de 20 % en 2017 », se
félicite le dirigeant, qui espère en 2018
suivre cette lancée et atteindre 15 mil-
O
lions d’euros de chiffre d’affaires. Propriété de la FFT – la Fédération française
de tennis –, la marque Roland-Garros
contribue au financement du tournoi à
hauteur de 6 % à 7 % de son budget.
La fédération a entrepris d’en faire une
marque à part entière de sportswear
(200 références textile) et accessoires
lifestyle (bagages, horlogerie, linge de
maison), et non plus seulement un prétexte pour vendre les souvenirs d’un
après-midi au stade. Le logo est d’ailleurs
invisible sur certaines vêtements,
comme la petite robe en maille fine style
marinière ou les sneakers urbains, une
collaboration signée J. M. Weston.
Héritage et Millennials
Si la ligne Héritage fait référence au
passé lointain des pantalons de flanelle
et jupe plissée sur les courts, RolandGarros cherche à accompagner les citadins d’aujourd’hui dans leurs occupations de détente et loisirs quelles qu’elles
soient. Sans oublier le clin d’œil
appuyé aux Millennials de la minicollection de tee-shirts « J’peux pas j’ai
La marque RolandGarros contribue
au financement
du tournoi à hauteur
de 6 % à 7 %
de son budget.
Roland ». « Aucun autre tournoi du
Grand Chelem n’est allé aussi loin »,
observe Gauthier Crayssac, de Sports
Business Consulting, la Junior Agence de
l’Edhec parrainée par Havas et Deloitte et
animée par les étudiants en master.
Roland-Garros travaille toujours avec
ses partenaires historiques. Adidas
pour la ligne sportive Performance,
conçue spécifiquement pour le tennis et
portée par Lucas Pouille, ou Joe-Wilfrid
Tsonga malheureusement forfait pour
cette édition. Lacoste, qui souffle cette
année ses 85 bougies et habille les arbitres du tournoi, apporte ce qu’il faut de
chic et de technicité. Pour les montres,
Swatch a été rejoint par Longines, plus
haut de gamme… Au total, 450 articles
sont proposés, dont 150 cobrandés.
Codes du luxe
Ce qui a changé, c’est la manière de faire
vivre la collection en dehors du stade
et du tournoi. Pendant la compétition,
la FFT a ainsi pris l’habitude d’ouvrir
des pop-up éphémères dans les lieux
de passage et à forte densité touristique
de la capitale : place de l’Opéra,
Concorde, Champs -Elysées, Paris SaintLazare, Carrousel du Louvre…
Mais c’est surtout grâce à sa boutique
digitale qu’elle compte parvenir
à désaisonnaliser l’activité et accroître
le panier moyen : 60 euros dans
le stade contre 70 sur le webstore.
Actuellement, les ventes pendant
le tournoi (mai et juin) représentent
encore 60 % de l’activité. Nettement
moins sur la boutique en ligne (40 %).
La fédération est allée chercher
chez la marque de mode Sud Express,
la nouvelle responsable de son site,
Amandine Multin, qui a pour mission de porter les ventes à 11 %
du total en 2018.
Hébergée par la FFT, la boutique ne
ressemble pas à celles des marques de
sports. « Pas de publicités gênantes, pas
d’annonces de rabais, ni d’avis consommateurs et le port est offert à partir de
65 euros d’achat, relève Gauthier Crayssac. On est dans les codes du luxe. » n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
A LA UNE // 03
Les Echos Lundi 4 juin 2018
CES DIRIGEANTS
QUI METTENT
LEUR ENTREPRISE
AU SPORT
echo.st/dg
EN BREF
10 raisons de faire
du sport en entreprise
l Créer une dynamique
PREMIÈRE FÊTE
DES CO-WORKINGS
Du 5 au 12 juin, ZE Village
et la Fédération des autoentrepreneurs présentent
la 1re Fête des co-workings.
Après avoir lancé son premier
espace à Nantes en avril
dernier, la Fédération poursuit
son action auprès des
co-workings en s'associant
à cet événement.
entrepreneuriale
l Générer plus de cohésion
d’équipe
l Instaurer une culture
de la performance
l Améliorer la productivité
l Gérer le stress
l Baisser le nombre
des arrêts maladies
l Attirer de futurs candidats
l Faciliter l’intégration
dans l’entreprise
l Doper le mental
des collaborateurs
l Développer le sentiment
d’appartenance à l’entreprise
Selon une étude de Goodwill Management et du Medef de 2017, un collaborateur sédentaire qui se mettrait au sport augmenterait
sa productivité de 6 % à 9 %. Photo Shutterstock
Sport au travail :
l’entreprise a tout à y gagner
nale lancée en 2017 par le ministère des
Sports, le Comité national olympique et
sportif français, le Medef et l’Union Sport
& Cycle, 87 % des 265 dirigeants interrogés se disent convaincus des effets positifs
de l’activité physique. Pour preuve, le
succès de la deuxième édition des Jeux
mondiaux du sport d’entreprise, qui s’est
tenue à La Baule, du 23 au 27 mai dernier :
5.000 salariés – ceux de Veolia, Airbus,
Dassault, EDF, Allianz, Bouygues, Orange
et Accenture – venus du monde entier et
dont la moitié étaient français se sont
affrontés dans vingt-cinq disciplines.
Delphine Iweins
diweins@lesechos.fr
Plus de sport, plus de rentabilité
onfrontés eux aussi au challenge
de la performance collective et
durable, les dirigeants et managers s’intéressent de près aux bienfaits du
sport. D’ailleurs, selon une enquête natio-
C
Mais cet élan vers autant d’activités physiques cache une réalité : 82 % des entreprises n’ont pas pris une seule initiative en
matière sportive. Pourtant, les sociétés
ont tout à y gagner. Un employé en forme
travaillerait plus vite et serait moins
absent. Il permettrait aussi à son entre-
Griezmann, Djokovic,
Lloris… ils font craquer
les marques
Avec Roland-Garros et la
Coupe du monde, les égéries
sportives sont sur tous
les spots publicitaires.
Coup de projecteur sur cette
technique marketing qui
ne prend pas une seule ride.
L
Le football, un sport universel
PMU vient de réaliser un spot publicitaire mettant en scène les joueurs de
l’équipe de France de football. Partenaire
de la Fédération française de football
depuis 2010, l’entreprise de paris hippiques a choisi l’équipe sportive préférée
des Français pour mieux toucher les
Antoine Griezmann, dans la publicité
pour les rasoirs Gillette. Photo Gillette
parieurs, leur cœur de cible. « Ces joueurs
sont connus et aimés des gens et renvoient
une image positive. Cela laisse une trace
plus forte dans l’esprit du téléspectateur,
confie Samuel Loiseau, directeur marketing chez PMU. L’équipe de France inspire
les consommateurs parce qu’elle symbolise
la performance, la convivialité mais aussi
le partage et le rassemblement populaire. »
Et ça fonctionne ! Gillette a mesuré
l’impact de la publicité qui met en scène
Antoine Griezmann à celui d’autres versions à l’international interprétées par un
mannequin lambda. Sans surprise, prime
au footballeur français ; surtout avec
l’arrivée de la Coupe du monde. « Des
milliards de personnes vont être devant leur
poste. Le sport rassemble, surtout le football
qui est universel, et se pratique toute
l’année. C’est un investissement sur le long
terme », indique Christine Cabon. Et il n’y a
pas que la télévision, le groupe porte aussi
ses messages sur les réseaux sociaux.
« Les fans Facebook posaient leurs questions sous l’une des publications d’Antoine
Griezmann, qui y répondait dans une vidéo
réalisée par nos collaborateurs. » n
MAPP DIGITAL ANNONCE UN
PREMIER TRIMESTRE RECORD
Mapp Digital, fournisseur
de solutions de marketing
cloud, a annoncé une
croissance significative
de ses ventes pour le premier
trimestre de 2018. Celles-ci
sont en hausse de 51%
par rapport au même trimestre
de l'année précédente.
LA POSTE ENVOIE
41 POSTIÈRES EN MER
Agées de 29 à 57 ans, qu’elles
soient cadres, factrices,
conseillères financières
ou directrices d’établissement,
soutenues par leur manager
et leurs collègues, les 41 heureuses élues iront passer 10 jours
en mer entre Dublin et Bordeaux,
du 4 au 14 juin prochain.
ARRÊT SUR SOI
Une pratique,
pas un modèle
l n’est pas de milieu qui fascine et inspire plus les
dirigeants que celui du sport. Il faut dire qu’il
combine beaucoup des facteurs de succès qu’ils
recherchent au quotidien : l’esprit compétitif, le
perfectionnisme de la préparation, l’engagement total,
l’exigence d’une discipline parfaite, le sens du jeu
d’équipe, etc. Et, cerise sur le gâteau, ceux qui le
pratiquent à un haut niveau semblent y prendre
beaucoup de plaisir et, dans certains cas, gagnent gloire
et argent. Ce n’est donc pas un hasard si les coachs
sportifs ont une carrière de conférencier toute tracée
lorsqu’ils cessent leur activité. Choix des hommes,
dynamique collective, décisions des options tactiques,
ils racontent leurs exploits devant des dirigeants éblouis
qui boivent leurs conseils. Ces derniers rêvent d’avoir
des équipes comme celles que ces coachs guident :
des individus à la motivation sans faille, prêts à tout
pour gagner.
Et pourtant, à y regarder de plus près, les similitudes
ne sont pas si grandes. Les sportifs de haut niveau qui
deviennent professionnels ne choisissent pas seulement
une activité mais un mode de vie. Ils savent qu’ils auront
à se consacrer entièrement à leur passion. Mais aussi
que cet engagement total ne durera qu’un temps. Quel
que soit le sport qu’ils pratiquent, individuel ou collectif,
ils ont avant tout à gérer leur propre parcours pour
arriver au sommet. Ils doivent se centrer sur eux-mêmes
s’ils veulent réussir, y compris dans le sport d’équipe.
En entreprise, on cherche au contraire des individus
qui se mettent au service d’un projet collectif. Pas
question qu’ils donnent tout et sacrifient leurs autres
champs de vie pour le travail. Car le surinvestissement
I
Camille Marchais
cmarchais@lesechos.fr
acoste signe avec Novak Djokovic,
LG collabore avec Hugo Lloris,
Braun soutient Raphaël Varane…
Les marques s’arrachent les sportifs.
L’objectif est le même pour tous les secteurs : attirer le consommateur et le faire
se sentir proche de son idole.
Mais à la télévision, les publicités
s’enchaînent et le téléspectateur se lasse
de cette accumulation de spots. « Le
niveau d’attention aux publicités a tendance à diminuer. Le but est d’être efficace
dans un laps de temps court », explique
Christine Cabon, directrice communication chez Gillette. Voilà la difficulté
principale à laquelle est confronté
le marketing sportif. Il lui revient de faire
en sorte que le consommateur reconnaisse, en quelques secondes, le visage de
sa célébrité favorite.
prise de réaliser des économies et d’améliorer sa rentabilité. Selon une étude de
Goodwill Management et du Medef de
2017, un collaborateur sédentaire qui se
mettrait au sport augmenterait même sa
productivité de 6 % à 9 % ! Des plates-formes de sport à la demande comme
Gymlib démarchent de plus en plus les
entreprises ; d’autant que 42 % des salariés jugent le sport comme un facteur de
cohésion d’équipe. De quoi encourager
la société Derichourg Multiservices,
qui joue la carte du bien-être via un programme animé par Arsen Goulamirian,
champion de France de boxe, Thu Kamkasomphou, quintuple médaillé paralympique en tennis de table et Louis Radius,
médaillé paralympique en athlétisme.
Ces trois athlètes s’impliquent au travers
d’ateliers consacrés au dépassement de
soi et au handicap en entreprise. Et il leur
arrive aussi d’intervenir pour coacher les
managers de la société (voir page 2).
Mais, bien souvent, nombre de freins
empêchent de prendre de telles initiatives. comme le relève la ministre des
Sports (voir page 8). Or l’argument
des locaux inadaptés, évoqués par 34 %
des dirigeants sondés, n’est pas pertinent (voir page 8). Tout comme l’évocation d’un contexte économique défavorable (16 %) et le manque de ressources
humaines (19 %). Nul besoin de beaucoup de moyens pour favoriser
une activité physique. Il suffit de
commencer par sensibiliser les salariés
à prendre les escaliers au lieu des
ascenseurs ou bien à suivre un programme de mise en forme. « Des vestiaires et des douches suffisent pour
favoriser la pratique sportive des collaborateurs. Et le terrain de jeux peut être
la rue », ajoute Didier Besseyre, président des Fédérations française, européenne et mondiale du sport d’entreprise. Boostyourfit, une application
mobile peu onéreuse pourrait être
quasi immédiatement bénéfique.
« Son objectif est de créer, au sein de
l’entreprise, un lieu de partage axé sur
les activités sportives au sens large »,
témoigne Fabien Guillemot, l’un
des fondateurs de l’appli. n
ERIC
ALBERT
Associé
gérant
d’Uside
DR
Le 14 juin prochain,
la Coupe du monde
de football débutera à
Moscou. Les pronostics
entre salariés vont aller
bon train et les matchs
s’immisceront peut-être
dans le quotidien du travail.
L’occasion pour les
entreprises de donner
plus de place au sport ?
Des vestiaires, une douche,
une appli
L’IESEG LANCE UNE CHAIRE
AVEC LE SOUTIEN D’AUCHAN
RETAIL
L’Ieseg et Auchan Retail France
annoncent le lancement
d’une « chaire Retail management et business development »
qui intègre notamment
le nouveau master en contrat
de professionnalisation
et différentes activités
pédagogiques.
professionnel donne des individus fragiles
émotionnellement et qui utilisent
la vie au travail pour régler leurs problèmes
personnels. Or le dirigeant doit avant tout être
équilibré. Car cet équilibre est un socle pour faire
face aux multitudes d’événements qu’il a à gérer.
C’est par cet équilibre qu’il absorbe les tensions
et garde la tête froide pour décider avec lucidité.
p
ET APRÈS ?
Pour son équilibre, il est hautement recommandé au
dirigeant de pratiquer un sport. Outre la qualité de son
sommeil, sa forme physique et intellectuelle n’en sera
que meilleure. Mais il ne doit pas être dans l’illusion
qu’il pourrait avoir autour de lui des collaborateurs
prêts à tout, disponibles en permanence pour atteindre
le but commun : gagner. Car l’entreprise est un
ensemble beaucoup plus complexe avec des intérêts
contradictoires et des enjeux multiples. Le premier
d’entre eux n’étant pas de gagner des victoires mais de
garantir sa durabilité. Autrement dit, la simplicité du
modèle du sport ne s’applique pas aussi facilement à la
complexité de l’entreprise. Bien sûr, cette dernière a des
compétitions à gagner, mais avec une multiplicité
de paramètres, sociaux, environnementaux, sécuritaires,
d’équilibre entre les différentes entités et un nombre
d’acteurs souvent beaucoup plus nombreux à aligner.
La fascination pour le sport de haut niveau des dirigeants
correspond à leur rêve : que leur job pourrait être simple.
Mais peut-être alors faudrait-il qu’ils en changent.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
04 //
l DIRECTION GÉNÉRALE l JURIDIQUE
Lundi 4 juin 2018 Les Echos
L’ACTUALITÉ
BUSINESS
COMPÉTENCE
PAR COMPÉTENCE
P. 4-7
Des dirigeants
d’entreprise optimistes
AU NOM DE LA LOI
BAROMÈTRE
Les niveaux de confiance
des patrons de PME et d’ETI
dans leur activité et dans
l’économie continuent
de progresser, selon les
résultats de l’Observatoire
Banque Palatine.
Valérie Landrieu
@ValLandrieu
es résultats du dernier Observatoire Banque Palatine des PMEETI, réalisé en avril dernier
auprès d’un échantillon de plus de
300 dirigeants d’entreprise, sont révélateurs de la grande satisfaction économique de cette population. Même s’il
faut désormais compter avec l’incertitude liée à la crise politique italienne et
l’annonce selon laquelle il n’y aura pas
de nouvelles baisses des impôts de
production avant 2020… « Ces deux
nouveaux éléments vont certainement
ternir la confiance, peut-être créer un
faux plat dans la courbe de l’optimisme,
mais absolument pas l’inverser », analyse Pierre-Yves Dréan, le directeur
général de la filiale du groupe BPCE.
L
leurs prévisions d’activité. 47 % de
ceux qui ont été interrogés – soit un
point de plus qu’en février dernier –
estiment que leur chiffre d’affaires
annuel est bien parti pour progresser.
Parmi eux, ils sont 8 % à tabler sur une
croissance à deux chiffres, 21 % à miser
sur une augmentation de 5 à 10 % et
18 % à prévoir une progression de
l’ordre de 1 à 4 %. Parallèlement, 9 %
prévoient la décroissance de leur chiffre d’affaires et 39 % anticipent la
stabilité de leur activité.
Maintien ou progression
des effectifs
Résultat : 70 % de ces dirigeants
annoncent le maintien des emplois
dans leur entreprise tandis que 26 %
envisagent de faire grossir leurs
effectifs, 4 % anticipant de les réduire.
Ces 22 points d’écart en positif marquent la deuxième meilleure performance depuis 2011, après plusieurs
soldes négatifs.
Au plan fiscal, les mesures annoncées
par le gouvernement continuent d’être
stimulantes mais perdent un peu de
leur force. Les dirigeants sondés sont
ainsi 76 % à penser qu’elles permettent
ou vont permettre d’investir à long
terme, alors qu’ils étaient 83 % en
novembre dernier. Ils sont aussi 75 %
(contre 80 % en novembre) à juger que
ces dispositions vont accroître les
investissements de leurs entreprises et
70 %, contre 81 %, à estimer qu’elles
vont créer des emplois. In fine, 44 %
d’entre eux pensent aujourd’hui qu’elles
vont avoir un impact positif sur la
rentabilité de leur entreprise. Seul
bémol, « l’attentisme lié à la future loi
Pacte qui doit être présentée à la fin du
mois », pointe Pierre-Yves Dréan.
Quoi qu’il en soit, les chiffres d’affaires
et les marges des entreprises clientes
de la Banque Palatine progressent.
Et « notre fonds de commerce a augmenté
de 30 % en cinq ans », assure le directeur
général. L’établissement bancaire a
désormais dans son viseur les anciennes start-up, arrivées à un stade
de maturité, qui vont devoir recourir
à un crédit bancaire. n
Des dirigeants satisfaits
des réformes
Car les marqueurs de la confiance de
ces patrons d’entreprises moyennes de
l’Hexagone, qui réalisent entre 15 et
500 millions d’euros de chiffre d’affaires, sont aujourd’hui considérés
comme exceptionnels. Optimisme
pour leur entreprise, pour l’économie
française, pour l’économie mondiale…
Depuis l’élection présidentielle, il n’a
cessé de se renforcer et de s’aligner.
Et cette fois, à 92 %, la cote de
confiance des dirigeants pour leur
propre entreprise atteint son plus haut
niveau depuis la création du baromètre en 2010. Pour mémoire, elle était
de 73 % en juin 2015.
Satisfaits des réformes (77 %) et de leur
calendrier (79 %), les chefs d’entreprise
restent plus prudents lorsqu’il s’agit de
ORGANIGRAMME
Sanctions secondaires
extraterritoriales : pour
la fin de l’innocence
utre des sanctions dites
« primaires » visant
principalement les « US
person » – toute personne ou entité
américaine ou toute personne s’y
rattachant ainsi que toute personne
se trouvant sur le territoire
américain –, les Etats-Unis ont
annoncé le retour à terme des
sanctions extraterritoriales
secondaires. Ces sanctions
interdisent aux « non-US person » de
prendre part à toute opération dont
la finalité serait de contourner une
sanction primaire. En outre, il est
interdit à toute entité américaine
d’avoir un quelconque lien d’affaire
avec les « non-US person » recensées
par le gouvernement américain
comme étant en infraction des
sanctions. En contraignant ses
sociétés à donner effet aux sanctions
secondaires, le gouvernement
américain fait de ses entreprises des
auxiliaires permettant une réelle
efficacité du caractère extraterritorial
des sanctions.
Le cadre est pourtant en place.
Le 22 novembre 1996, en réponse
à l’adoption de deux lois américaines à portée extraterritoriale visant
Cuba et la Syrie et la Lybie, le Conseil de l’UE a adopté le règlement
2271/96. Il s’agissait pour l’Union
de protéger les intérêts de ses
ressortissants contre l’application
extraterritoriale de ces lois en interdisant notamment de reconnaître
ou d’exécuter toute décision
donnant effet à ces lois.
L’extension du règlement n° 2271/96
aux sanctions contre l’Iran est
manifestement une des pistes
envisagées par la France, ainsi que
l’ont indiqué Bruno Le Maire et JeanYves Le Drian le 15 mai dernier à
Bercy où ils recevaient une
O
ARTHUR DETHOMAS
Avocat aux barreaux de Paris et de New
York et expert au Club des juristes.
soixantaine d’entreprises françaises
actives en Iran. Mais qu’on ne s’y
trompe pas, le seul risque de se voir
infliger une simple amende pénale
par un tribunal français paraît
inefficace à créer un réel aléa
judiciaire pour les contrevenants
étrangers. Aussi, si la France se
résout effectivement à poursuivre
pénalement la violation du règlement
européen de 1996, il conviendra
d’assortir les éventuelles sanctions
pénales de peines complémentaires,
et notamment l’interdiction d’exercer
en France ou le placement sous
surveillance judiciaire.
Mais surtout, Bercy pourrait tirer
parti des réflexions actuelles sur le
contrôle des investissements
étrangers. En effet, le ministère de
l’Economie a indiqué qu’il souhaitait
renforcer le dispositif de contrôle
des acquisitions étrangères en
France. A cette occasion, on pourrait
envisager d’ajouter un critère dans
l’examen de l’autorisation d’une
éventuelle opération
d’investissement en France : le
ministère de l’Economie soumettrait
entre autres son autorisation sur
une opération d’investissement
étranger à un engagement de la part
de l’investisseur de ne pas donner
effet à des sanctions
extraterritoriales secondaires. n
Primonial adapte sa gouvernance
Immobilier, assurance-vie,
ingénierie patrimoniale et
gestion d’actifs, Primonial
s’est spécialisé sur tous les
aspects du patrimoine au fil
des années. Pour escorter
sa croissance, le groupe
français a réorganisé
son état-major.
gne publicitaire décalée de l’automne
2017, la promotion au comité exécutif,
la semaine dernière, d’Anne Bonfils
(master 2 de marketing à Paris-Dauphine), la directrice du marketing, est
un signe supplémentaire de cette
volonté. Déjà, pour atteindre les objectifs stratégiques qu’il a fixés pour 2021
– densifier le marché français et
s’internationaliser –, Stéphane Vidal
a adapté la gouvernance et, en partie,
revu la feuille de match.
Très connu dans la distribution intermédiée, chez les institutionnels, le
groupe indépendant de gestion de
patrimoine et de gestion d’actifs Primonial (5,5 milliards d’euros de collecte
brute) ne l’est pas encore du grand
public. Mais le président Stéphane
Vidal (DESS finances de l’université
d’Aix-en-Provence) souhaite en faire
une marque qui compte dans la vie des
épargnants français. Après la campa-
Un pilotage pointu des fonctions
support
Trois directeurs généraux délégués
l’entourent désormais. Arrivé dans
le groupe en 2011, Valéry Bordes (DECF)
déjà chargé des finances, qu’il a réorganisées, et des opérations, prend la tête
d’un secrétariat général. Il était absent
jusqu’à maintenant dans l’organigramme
alors que « dans toutes nos opérations, le
juridique et la finance vont de pair »,
souligne le président. A la clef, un pilotage pointu des fonctions support. Au vu
« des gros projets qui sont en cours
pour optimiser la relation client »,
middle-office
et informatique sont, il est vrai,
au nombre des leviers stratégiques
des prochaines années.
Comme Valéry Bordes, Laurent Fléchet
(notariat à l’université Lyon-3), à la tête
des activités immobilières, et en particulier de la plate-forme paneuropéenne
créée au Luxembourg, fait partie
de ceux qui ont défendu les ambitions de
croissance du groupe. Des appétits qui
l’ont notamment conduit à accueillir,
l’année dernière, à son capital le fonds
Bridgepoint. De quoi investir : Primonial
a pris 40 % de la Financière de l’Echiquier, et ne cache pas son intention de
continuer à monter au capital. « Nous
avons un rendez-vous prévu avec les dirigeants de la Financière de l’Echiquier en
2020 ; nous disposons d’une capacité à
accroître notre participation », signale
Stéphane Vidal. Christophe Mianné
(Centrale Paris), ancien de la Société
Générale, arrivé en mai 2017, en est le
directeur général.
Deux opérations à plus
d’un milliard
A la barre de la société de gestion de SCPI,
Primonial REIM, Grégory Frapet (Ecole
nationale de commerce), nommé président du directoire de la structure
il y a peu, est particulièrement mobilisé.
Deux opérations, encore confidentielles,
à plus d’un milliard d’euros sont en passe
d’être bouclées, en région parisienne et en
Allemagne.
A Stefan de Quelen (Inseec Paris), le
développement des réseaux de distribution Retail, soit 40.000 clients directs
quand Latifa Kamal (DESS de gestion
de patrimoine, université de Lyon), conduit l’innovation produit et l’ingénierie
patrimoniale. Marie-Line Tipret (master 2 audit et contrôle, MSG option
finance IAE de Lille) décline une fonction
incontournable dans le secteur, avec une
volonté spécifique du président : « ne pas
considérer la compliance comme un mal
nécessaire, mais la placer à l’origine des
projets et tout au long du process ».
La société grandit vite : l’effectif – qui est
aujourd’hui de 750 personnes hors
Financière de l’Echiquier – s’accroît
d’environ 50 personnes par an. Adilia
Lopes (DESS gestion d’entreprise,
Paris-12), ancienne du Club Med, comme
Stéphane Vidal, a été appelée par ce
dernier aux ressources humaines, il y a
quatre ans, pour franchir les étapes en
portant les valeurs du groupe. L’enjeu est
d’autant plus fort que l’objectif est de
réaliser, d’ici à cinq ans, 30 % du chiffre
d’affaires hors de France. — V. La.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Les Echos Lundi 4 juin 2018
qui a
dit
l RH
EXECUTIVES // 05
?
« AUCUN DIRIGEANT
N’ESTIME GÉNÉRER
TROP DE STRESS »
echo.st/m321260
L’actuel projet de loi ne
prend pas en compte les
besoins des entreprises,
déplore l’Association
nationale des DRH.
Un nouvel établissement public, France
Compétences, centralisera la distribution des fonds collectés par l’Urssaf. Un
dispositif qui suscite un certain attentisme de la part des DRH, et qualifié
de « pari sur l’avenir peu explicite, à
date » par le président de l’association.
Géraldine Dauvergne
@Geraldinedauver
Omerta sur les besoins
de l’entreprise
es DRH sont-ils, sinon oubliés, du
moins tenus à l’écart du projet de
loi « pour la liberté de choisir son
avenir professionnel » ? C’est la conviction de Jean-Paul Charlez, président de
l’Association nationale des DRH
(ANDRH). Il souhaite attirer l’attention
sur les « points de vigilance » relevés par
les membres de son association. « Certaines dispositions du projet de loi, par
exemple, concernent le plan de formation
de l’entreprise, mais de quel plan s’agit-il ?
Et avec quels fonds est-il construit ? »
L
Plan de formation : le financement
introuvable
Une contribution unique pour la formation professionnelle et l’apprentissage
devrait être mise en place, dont la collecte sera confiée à l’Urssaf. « Dans l’articulation de cette taxe, soit 1,6 % versé par
les entreprises de plus de 250 salariés,
0,85 % ira à la cotisation alternance unique, explique Jean-Paul Charlez. Et
0,75 % (correspondant à la « cotisation
accompagnement et formation ») ira au
conseil en évolution professionnelle (CEP),
au compte personnel de formation (CPF),
au plan de formation des TPE et PME et à
la formation des demandeurs d’emploi. Il
y a donc, dans cette taxe à 1,6 %, zéro euro
prévu pour les plans de formation de
l’entreprise ! » Celui qui est aussi le directeur général des ressources humaines du
groupe Etam rappelle qu’il y avait, voilà
quelques années, 0,9 % prévu pour le
plan de formation de l’entreprise. « Aujourd’hui il n’en est plus question ! Pourtant, le CPF ne devrait pas
correspondre au seul ancien congé individuel formation, ou à la préparation des
reconversions. » Les opérateurs de compétences – qui devraient remplacer
les organismes paritaires collecteurs
agréés (OPCA) – seront chargés de mettre en place une gestion prévisionnelle
des emplois et des compétences (GPEC)
en appui des entreprises et des branches.
Le projet de loi prévoit une rénovation
du CPF, qui devrait être utilisable depuis
une application mobile et alimenté en
euros, et non plus en heures. « Jamais
les entreprises n’ont été associées à l’élaboration du CPF, alors même qu’elles le
financent ! Il y a une véritable omerta à
ce sujet », regrette Jean-Paul Charlez. « Quand un salarié souhaite faire une
formation, il est invité à aller consulter
son conseil en évolution professionnelle
à l’extérieur de l’entreprise. Alors que le
premier conseiller en la matière, c’est tout
de même le responsable RH ! » De
fait, les ressources humaines n’ont pas
leur mot à dire sur l’utilisation des
heures, et demain des euros, du CPF par
les salariés. « Ce dispositif crée un problème de cohérence avec les besoins de
l’entreprise et des salariés, mais aussi
avec ceux de l’Apec et de Pôle emploi,
résume Jean-Paul Charlez. Comment
s’assurer que ce compte sera utilisé par
chacun pour consolider ses compétences
professionnelles ou favoriser une vraie
mobilité ? L’idée que les salariés sont
désormais responsables de leur employabilité est intéressante, généreuse et ambitieuse. Mais aujourd’hui, sur le terrain, le
CPF est utilisé d’abord par ceux qui en
ont le moins besoin, pour leurs envies de
formation, et qui sont à même de comprendre son fonctionnement. »
Présenté par Muriel Pénicaud en Conseil des ministres le 27 avril dernier, le
projet de loi est actuellement examiné
par les parlementaires. Les régions ont
déjà appelé le Parlement à amender
fortement le texte sur la partie qui
concerne le financement de l’apprentissage. L’ANDRH, elle aussi, compte bien
faire entendre sa voix. « Nous voulons
remettre la fonction RH dans le circuit, et
intervenons activement auprès des parlementaires pour cela », assure Jean-Paul
Charlez, qui dit militer personnellement
pour une cogestion du CPF entre l’entreprise et les syndicats majoritaires. Le
vote de la loi devrait avoir lieu fin août
ou début septembre. n
SOCIALEMENT VÔTRE
Promotion : un
système peut-il
évincer les seniors ?
ravaillant au sein d’un
célèbre cabinet de conseil
en stratégie et innovation,
un ingénieur conseil, statut cadre
dirigeant, se voit proposer une
rupture conventionnelle qu’il refuse.
Il est alors licencié pour insuffisance
professionnelle et saisit les
prud’hommes prétendant qu’en
réalité, le seul motif de son
licenciement, c’est qu’il a atteint
l’âge de 45 ans.
Pour étayer son propos, il présente
plusieurs éléments. D’abord,
il démontre facilement que sa
prétendue insuffisance
professionnelle n’est qu’un prétexte.
Il révèle ensuite que la société
appliquait un système, accepté, dit
de « up or out » : soit le cadre peut
accéder à l’échelon supérieur, soit il
doit quitter l’entreprise. Il en résulte
forcément qu’arrivé à un certain âge,
l’intéressé ayant atteint le niveau
le plus élevé ne peut que partir.
D’ailleurs, cette entreprise ne compte
que 6 % de salariés quadragénaires
alors que, dans le secteur d’activité,
le taux est de 52 %. Dernier élément,
neuf directeurs de plus de 40 ans
ont quitté le cabinet peu de temps
après lui.
La cour d’appel de Paris condamne
T
Bruno Levy
Formation professionnelle :
les DRH tenus à l’écart de la réforme
EMPLOYABILITÉ
MARIE HAUTEFORT
Juriste aux Editions Lamy
l’employeur pour absence de cause
réelle et sérieuse, mais rejette la
discrimination. Elle reproche au
salarié de ne pas présenter des faits,
mais un raisonnement intellectuel.
Ce raisonnement, au contraire,
suffit à la Cour de cassation.
La corrélation entre les différents
éléments présentés par le salarié
laissait supposer une discrimination
en raison de l’âge : le licenciement
était nul (Cass. soc., 12 avr. 2018).
Attention donc aux politiques
de « jeunisme », d’autant plus
que les dommages-intérêts pour
licenciement nul ne sont pas plafonnés
comme le sont aujourd’hui ceux qui
sont alloués pour licenciement sans
cause réelle et sérieuse. n
EN BREF
Le projet de loi prévoit que le compte personnel de formation soit alimenté en euros,
et non plus en heures. Photo Jean-Claude Moschetti/RÉA
IMPAYÉS : UN MANQUE
À INVESTIR DE 56 MILLIARDS
D’EUROS
En 2017, 56 milliards d'euros de créances sont restées impayées, soit environ
2% du PIB français, passées aux comptes pertes et profits des entreprises
hexagonales, selon une étude de
l’ANCR. Le simple respect des délais
de paiement permettrait de libérer
12 milliards d’euros de trésorerie.
LES ENTREPRISES METTENT
LE CAP SUR L’EXPORT
84 % des entreprises françaises
exportatrices veulent augmenter leur
chiffre d'affaires à l'export en 2018,
selon le 6e baromètre sur les intentions de développement mené par
Euler Hermès. Une ambition à mettre
en lien avec la croissance du commerce mondial. Elle devrait atteindre
8,4 % en valeur et 4,4 % en volume.
Mobilité professionnelle :
Engie fait sa révolution culturelle
CARRIÈRE
Le géant de l’énergie gère
la mobilité interne de ses
collaborateurs via une
structure qui fonctionne
en mode start-up.
omment accompagner la mobilité professionnelle des collaborateurs dans un groupe industriel et mondial en pleine révolution
énergétique et digitale comme Engie ?
« Le groupe a mené une transformation
autour de la décarbonisation, de la digitalisation et de la décentralisation, avec la
volonté de devenir leader de la transition
énergétique, rappelle Philippe Perret,
directeur d’Engie Mobility. La fonction
RH joue un rôle clef dans cette transformation extrêmement rapide. L’enjeu
pour elle est de s’adapter aux évolutions
du business, non de les subir. »
C
Accompagner plus
de 400 collaborateurs
Il fallait faire correspondre les compétences des salariés aux nouveaux
enjeux, les orienter vers les métiers en
croissance et organiser les mobilités
internes dans le groupe. L’accord social
européen, signé en avril 2016 avec les
syndicats, a servi de point de départ à
la mise en œuvre du dispositif. Trois
structures ont vu le jour : Engie Skills,
dont le rôle est d’anticiper les besoins
en compétences et de piloter les évolutions des métiers au sein du groupe ;
Engie Mobility, chargée de la mise en
œuvre de la mobilité des collaborateurs ; et Engie Schools, qui fédère
l’ensemble des formations et écoles
métiers des différentes business units.
Véritable start-up interne de 15 collaborateurs, Engie Mobility est
« incubée » en France et en Belgique,
dans un vivier de 95.000 collaborateurs. « Isabelle Kocher, directrice
générale du groupe, veut voir dans la
mobilité des collaborateurs et dans leur
adhésion deux facteurs clefs du succès
de la transformation de l’entreprise »,
insiste Philippe Perret. Le dispositif
repose sur un maillage territorial et
une approche locale. Pas de cellules
d’emploi, mobilité et carrières en
région chez Engie, comme le font
d’ordinaire d’autres grands groupes.
« Nous fonctionnons sur un modèle B
to B to C, explique Philippe Perret.
Engie Mobility s’appuie sur une relation client et agit en copilotage avec les
différents clients de l’organisation,
c’est-à-dire les DRH et patrons des
entités opérationnelles. » Depuis son
lancement, la structure a organisé
environ 70 rencontres et forums
emploi, conseillé neuf unités du
groupe dans leur projet de transformation et accompagné plus de
400 collaborateurs. En moins d’un an,
un tiers d’entre eux a pris un nouveau
poste. « Lors de la vente d’une filiale
pétrolière, par exemple, il nous faut
accompagner tous les collaborateurs
qui souhaitent revenir dans le groupe. »
Comprendre les « éléments
de désirabilité »
L’enjeu, pour le directeur d’Engie
Mobility, est de déclencher l’envie de
bouger. « Nous réalisons un important
travail d’écoute de nos salariés.
L’objectif, comme en marketing, est de
ne pas penser à leur place. » La mobilité professionnelle chez Engie ne
concerne pas que les cadres et les
dirigeants. « Nous ciblons d’abord les
techniciens, cœur de métier d’Engie.
Nous tâchons de cerner les éléments de
désirabilité qui pourront les mettre en
mouvement. » La perspective de changement est presque toujours perçue
positivement. « Quand un collabora-
Engie cible en priorité les techniciens pour les inciter à découvrir d’autres métiers.
Photo Sebastien Ortola/RÉA
teur sait qu’il travaille dans une activité en transformation, il est enclin à
la mobilité, résume Philippe Perret.
Les éléments déclencheurs peuvent être
la découverte d’autres métiers ou la
compréhension de leur évolution.
Parfois, il suffit pour convaincre un
technicien de rejoindre l’éolien, qu’il
n’y aura pas d’enjeu lié à son changement de statut. » — G. D.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
06 // EXECUTIVES
20%
l FINANCE
DES
EXECUTIVES
Lundi 4 juin 2018 Les Echos
POINTENT
DES PRATIQUES
CORRUPTIVES DANS
LEURS ACTIVITÉS
echo.st/m321261
L’inspection de Société
Générale se réinvente
CONFORMITÉ
RISQUES
TVA :
incertitudes
sur les logiciels
antifraude
Comme bon nombre de services de la
banque rouge et noire, l’inspection a pris
sa part dans la transformation numérique actuellement à l’œuvre. En plus des
140 inspecteurs, une équipe de 15 personnes est dédiée à l’analyse des données. Un
pool de data scientists se greffe aux missions pour mettre au point des solutions
logicielles sur mesure capables d’épauler
les inspecteurs dans leur travail. « Tout
l’enjeu est de pouvoir passer d’opérations
manuelles répétitives à une logique d’investigation ciblée grâce à l’analyse de données », résume Jean-Marc Giraud.
Obligatoire depuis le
1er janvier 2018, l’utilisation
de programmes certifiés
impose aux sociétés
des contraintes qu’elles
appréhendent difficilement.
our lutter contre la fraude à la
TVA, le gouvernement a rendu
obligatoire, depuis le 1er janvier
dernier, l’utilisation de logiciels dûment
certifiés. « Toutefois, le champ d’application de cette loi n’est pas connu par tous les
acteurs concernés, prévient Marc Lamort
de Gail, pilote du groupe de travail consacré à ce sujet au sein de l’Académie des
sciences et techniques comptables et
financières. Cette obligation ne touche pas
uniquement les logiciels de caisse, mais
toutes les entités assujetties à la TVA qui
enregistrent dans leur système d’information le paiement d’un client particulier. »
Concrètement, cette nouvelle législation
implique quatre obligations : fournir un
document attestant de la conformité des
logiciels utilisés, conserver les données
pendant six ans, les archiver dans un
format non propriétaire et garantir leur
inaltérabilité. Problème, au-delà des
difficultés rencontrées par certaines
petites structures pour gérer correctement
ce volumineux fichier, les experts constatent que nombre d’entreprises, qui ne se
sentaient pas impactées par cette règle,
n’ont pas demandé de certificat à leur
éditeur. « Quant aux sociétés qui conçoivent
elles-mêmes leur système, sans pour autant
être éditeur de logiciels, elles doivent en
passer par un certificateur, comme le LNE,
Infocert ou l’Afnor, qui mène un audit de
certification auquel elles doivent se préparer », ajoute Marc Lamort de Gail.
En cas de non-production des documents
demandés dans les trente jours suivant
un contrôle inopiné ou un contrôle fiscal
classique, les entreprises encourent une
amende de 7.500 euros. — V. B.
P
Des missions d’étude
Photo Xavier Popy/RÉA
Dirigé par Jean-Marc Giraud,
le corps d’inspecteurs
de la banque a su élargir
le champ de ses missions,
150 ans après sa création.
Et profiter de la
transformation numérique
pour renforcer ses facultés
d’investigation.
Jean-Marc
Giraud,
inspecteur
général
de Société
Générale.
Photo Peter Allan
Vincent Bouquet
vbouquet@lesechos.fr
n 150 ans, il y a des choses qui ne
changent pas. Créée en 1868, soit
quatre ans après la naissance de
Société Générale, l’inspection est restée
cette troisième ligne de défense. Ce « dernier rempart en matière de contrôles »,
comme la définit l’inspecteur général
Jean-Marc Giraud, qui apporte avec
l’audit interne une appréciation indépendante sur la bonne gestion de la banque.
« Tous les secteurs sont, d’une manière ou
d’une autre, soumis à des règles, expliquet-il. Comme tout établissement bancaire,
Société Générale a un devoir de vigilance
sur les opérations que les clients réalisent
sur leurs comptes. Cette vigilance contribue
à l’efficacité de la lutte antiblanchiment. »
Diligentées périodiquement dans l’ensemble des entités du groupe en France et à
E
l’étranger, les missions d’inspection évaluent la stratégie mise en œuvre par les
lignes métier et se prononcent sur l’efficacité du dispositif de maîtrise des risques.
« En conclusion de ces interventions, nous
pouvons émettre des recommandations si
jamais une anomalie est détectée, leur mise
en œuvre faisant ensuite l’objet d’un suivi
dans la durée », détaille l’inspecteur principal Fabien Gonzato.
Un métier en évolution
Mais, parce qu’en 150 ans il y a nécessairement des choses qui changent – et pas
seulement à cause de l’affaire Kerviel –,
l’inspection de Société Générale a aussi
dû se réinventer. « Les risques les plus
dangereux aujourd’hui portent moins sur
les crédits ou la comptabilité, précise
Jean-Marc Giraud. Ils prennent des formes
plus complexes et nécessitent des outils
d’analyse puissants pour être détectés. »
DES CHIFFRES ET DES LETTRES
Dirigeants, il est temps
d’agrandir la famille
’importance des entreprises
familiales pour l’économie
mondiale est indéniable. Elles
représentent plus de deux tiers des
entreprises dans le monde et 50 % à
80 % des emplois.
Pour ces entreprises, la succession est une
étape d’autant plus décisive que 97 % de
celles qui n’ont pas défini de politique en la
matière ne survivent pas au-delà de la
3e génération. Cette phase de la vie de
l’entreprise se traduit en effet bien souvent
par une période de turbulences où les
frontières habituelles de l’organisation
s’effacent au profit de nouveaux équilibres.
Les relations entre les membres de la
famille peuvent être soumises à de fortes
tensions. L’émotion suscitée par la
succession peut compromettre le succès
du changement de gouvernance et avoir
des conséquences durables sur l’entreprise.
Alors que seul un étudiant sur cinq a
l’intention de reprendre l’entreprise
familiale, soit 30 % de moins qu’en 2011,
les dirigeants ne peuvent plus éluder la
question. Et ce, d’autant plus que les
jeunes femmes sont près d’un tiers de
moins à vouloir reprendre la tête de
l’entreprise que leurs homologues
masculins. Parmi les raisons évoquées,
les opportunités de carrière en dehors de
L
Isabelle Lévy-Lehmann – EY
Pour épauler les 140 inspecteurs de la banque, une équipe de data scientists développe des outils logiciels d’analyse de données.
En parallèle, l’inspection générale a fait
évoluer son rôle. Longtemps considérée
comme un corps de contrôle pur, elle y
adjoint désormais des missions d’étude
ou d’analyse sur des sujets stratégiques.
Elle peut à ce titre donner des pistes de
réflexion aux métiers sur, par exemple,
leur stratégie marketing de segmentation de la clientèle grâce à l’analyse de
données en masse. « Nos facultés d’investigation s’en trouvent démultipliées, ce
qui accroît l’impact et la valeur ajoutée de
nos travaux », note Fabien Gonzato.
Autant de transformations qui éveillent
l’intérêt de candidats aux profils de plus
en plus variés. Toujours soumise à un
concours généraliste ouvert à toutes les
formations de master, mais longtemps
trusté par les diplômés d’écoles de commerce ou de Sciences Po Paris, l’admission s’ouvre progressivement à des
étudiants aux parcours plus diversifiés.
« La modernisation du concours nous a
permis d’obtenir des promotions plus
mixtes, avec un taux significatif d’inspecteurs diplômés d’universités étrangères,
remarque Jean-Marc Giraud. L’inspection est une très bonne école de management qui, parce que le métier de banquier
demeure généraliste, prépare bien nos
collaborateurs à prendre tôt des responsabilités. » En 150 ans, il y a décidément des
choses qui ne changent pas. n
RENÉ RICOL ET JOHAN GAULIN
Associé fondateur Ricol Lasteyrie Corporate Finance, membre du réseau EY ;
associé EY responsable du marché des
entreprises familiales pour la France.
l’entreprise familiale et le niveau du coût
de la succession y inclus le fait de
désintéresser les autres membres de la
fratrie freinent les reprises.
Dans un avenir proche, les dirigeants
n’auront donc pas d’autre choix que
d’intégrer des managers extérieurs à la
famille. Loin d’être une mauvaise
nouvelle, cette évolution pourrait au
contraire constituer un formidable atout
dans la mesure où la dimension familiale
de l’entreprise est jugée attractive par les
hauts potentiels. De quoi conjuguer
accroissement de la performance et
résilience à long terme, deux leviers qui
ont déjà prouvé par le passé être au cœur
de la réussite des entreprises familiales. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Les Echos Lundi 4 juin 2018
EXECUTIVES // 07
l NUMÉRIQUE l MARKETING
QUAND
L’INTELLIGENCE
ARTIFICIELLE FAIT
VALSER LES PRIX
echo.st/m320948
Comment Malakoff
Médéric combat la fraude
grâce à l’intelligence artificielle
TECHNOLOGIE
Le groupe de protection
sociale mène de front une
vision résolument business
et une politique de conduite
du changement pour
favoriser l’adoption
de la technologie
par ses collaborateurs.
Boom sur les marques
artisanales
méliorer les campagnes
de marketing, développer
des robots conversationnels
ou lutter contre la fraude… Comme
dans bien des domaines, l’assurance
est un terrain fertile pour l’intelligence artificielle. Chez Malakoff
Médéric, quarante cas d’utilisation
ont été identifiés. Pour leur développement, le groupe mutualiste a établi
un cahier des charges précis et attend
un retour sur investissement, avec
des objectifs en matière de chiffre
d’affaires, de qualité du service clients
et de réduction des risques. La fraude
fait partie des cas d’usages identifiés
et déployés.
A
Photo Romuald
Meigneux/Sipa
sophistication de la machine, et ainsi
diminuer le taux d’erreur. « La complémentarité entre l’algorithme et les
collaborateurs a été très fructueuse »,
assure David Giblas.
Soigner le management
Dans ce type de projet, soigner le
management est primordial. Pour cela,
Malakoff Médéric a développé un
véritable discours de la
méthode. « Nous montrons l’apport de
la technologie pour le business et les
métiers », explique le directeur de
l’innovation, qui assure ne pas vouloir
diriger de manière « top down » [une
gestion descendante, NDLR], mais plutôt réaliser des expérimentations
décentralisées pour susciter l’adhésion
des collaborateurs, et ensuite capitaliser. Il s’appuie sur les premiers convaincus pour « évangéliser » le reste de
l’entreprise. « La direction peut toujours partager les bonnes expériences
mais cela sera toujours plus fort quand
les métiers le font », ajoute-t-il. « La
data science n’est qu’une partie du
sujet », affirme Jean-Christophe Gard,
directeur associé senior au Boston
Consulting Group (BCG) qui accompagne Malakoff Médéric dans sa transformation. « Au BCG, nous pensons que
70 % des problématiques dans le déploiement de ces projets consistent à faire le
lien entre la technologie et les métiers. »
Recruter plus de médecins
Bien sûr, des collaborateurs continueront de craindre pour leur emploi.
Dans quelle mesure ont-ils raison ? Le
BCG a réalisé une étude sur l’impact de
l’intelligence artificielle. S’il en ressort
que 10 % des emplois en entreprise
pourraient être substituables d’ici cinq
à dix ans, ce sont 40 à 50 % des métiers
qui seront en forte interaction avec
cette technologie. Côté Malakoff Médéric, on assure qu’il n’était pas question
de supprimer des postes, au contraire.
L’entreprise envisage de recruter plus
de médecins pour aller plus loin dans
la lutte contre la fraude. n
La Maif, Nespresso et
Doctolib, as de l’expérience client
CRM
Clotilde Briard
@ClotildeBriard
es marques sont scrutées sous
toutes les coutures. Le classement
établi, pour la première fois en
France par KPMG avec l’AFRC (Association française de la relation client), a
choisi de mettre en lumière les champions
de l’expérience client. Effectué au sein de
l’étude « Customer Experience Excellence » réalisée par le cabinet d’audit et de
conseil dans d’autres pays, et comportant
122 noms, il repose sur l’interrogation de
5.000 consommateurs hexagonaux.
Les trois premiers du palmarès, la Maif,
Nespresso et Doctolib, montrent qu’il
n’existe ni profil type ni degré de matu-
L
n observe, depuis quelques
années, l’émergence
d’une multitude de petites
marques sur des marchés
habituellement jugés très
compétitifs et dominés par les
multinationales Nestlé, Danone,
L’Oréal ou Unilever. On avait
autrefois l’habitude de dire que,
compte tenu du « ticket d’entrée »,
ces marchés étaient « inaccessibles
aux petits ». Cette époque est
révolue. Avec l’explosion du bio,
la demande grandissante des
consommateurs pour une
consommation éthique et à taille
humaine, la mode du « locavore »,
ce sont à présent les marques
leaders qui sont à la peine.
Un des axes les plus porteurs pour
ces petites marques est la
revendication de leur qualité
artisanale. Cette qualité correspond,
en général, à une fabrication en
petite série, avec des formulations
sans arômes artificiels, plus
« naturelles », une qualification
pointue de l’artisan et une inscription
à la chambre des métiers… Les
marques affichant leur qualité
artisanale deviennent un must
recherché par les consommateurs
sur les mass markets.
En ce domaine, le marché de la bière
est emblématique. Heineken, 1664
et Kanterbräu font face au boom
des bières artisanales. Aux portes
de Paris, on trouve de multiples
« microbrasseries », à l’image de
La Montreuilloise, créée en 2014 au
milieu des murs à pêches, dans une
démarche militante et respectueuse
de l’environnement. Un marché
rité pour se distinguer. « L’assureur
militant » arrive en tête sur quatre des
six piliers de l’enquête : l’intégrité, la
résolution des problèmes, l’empathie
ainsi que le temps et l’effort déployé.
Avec la particularité pour l’entreprise
de réaliser 90 % des échanges par téléphone, la qualité d’écoute est en effet
prioritaire. Le spécialiste des capsules
de café émerge, lui, particulièrement
sur les critères de la réponse aux attentes et de la fidélité où il est leader.
Quant à la plate-forme de rendez-vous
avec les médecins, elle se distingue
sur la personnalisation.
L’intégrité et la personnalisation
« Ces marques tiennent compte des exigences liées à l’émotion. On voit aussi émerger
la place prise par l’intégrité et la personnalisation dans la relation nouée », ajoute
Eric Dadian, président de l’AFRC. Côté
secteurs, l’assurance se montre la plus
performante, avec trois représentants
– mutualistes – dans le Top 10. La distri-
bution spécialisée tire aussi très bien son
épingle du jeu, avec Picard – qui a fait de
la satisfaction client un élément fort de la
culture d’entreprise –, Sephora – qui a su
judicieusement glisser du digital dans
ses points de vente – ou Marionnaud. En
se classant au neuvième rang, Amazon
met en valeur l’importance d’une expérience d’achat perçue comme simple et
rapide par les clients. « La commande
passée en un clic devient un standard »,
relève Emmanuel Hembert, associé chez
KPMG en charge du consumer & retail.
Si certains univers se montrent moins
percutants que d’autres, il n’y a pas non
plus de fatalité. Les télécommunications
sont au dernier rang en France, alors
qu’aux Pays-Bas, l’opérateur mobile virtuel Simyo s’affiche à la deuxième place.
« Le consommateur veut avoir la même
expérience avec sa banque qu’en réservant
un voyage », note-t-on chez KPMG. Leur
étude avertit que les marques qui n’investiront pas suffisamment dans l’expérience
client ne résisteront pas. n
DR
O
L’entreprise a mis
au point un algorithme qui soulève
– en fonction
de critères
déterminés – des
cas douteux pour
les soumettre
aux médecins.
Expérimenter pour mieux
convaincre
Les trois marques occupent
le haut du classement d’une
étude que publie KPMG
avec l’Association française
de la relation client.
Le 7 juin se tiendra la conférence « Investir et travailler en Afrique,
les clefs du succès » organisée par le cabinet Herbert Smith Freehills et l’Association française des juristes d’entreprise // Les 7 et 8
juin, se déroulera la conférence « The next tech law revolution »,
organisée par l’IFCLA à la Maison des centraliens à Paris // Du 11 au
15 juin se déroulera la 15e Semaine pour la qualité de vie au travail.
Inscriptions : semaineqvt.anact.fr // Le 27 juin, au Palais Brongniart
à Paris, se tiendra la 7e édition de Fin&Tech Community : remise des
50 nouveaux labels d’excellence Finance Innovation, conférences.
TREND SPOTTING
Florent Vairet
@florentvairet
Le groupe de protection sociale, qui
assure des salariés et les indemnise en
cas d’arrêt maladie, tente de circonscrire les abus. Pour étudier les éventuelles fraudes, il emploie des médecins qui sélectionnent des dossiers et
investiguent les cas les plus suspects.
L’entreprise a même mis au point un
algorithme qui soulève – en fonction de
critères déterminés – des cas douteux
pour les soumettre aux médecins. Un
changement de méthode qui en
déroute certains. « Lors de l’expérimentation, leur premier réflexe a été de
manifester une certaine défiance envers
l’algorithme», explique David Giblas,
directeur de l’innovation de la compagnie d’assurances.
Mais les faits ont eu raison de leurs
réticences. Parmi les dossiers sortis
de l’algorithme, les médecins ont
retenu un échantillon de 90 % qui
comptait deux fois plus de cas de
fraudes que d’habitude ! Désormais
convaincus, ils se sont engagés dans
une collaboration pour améliorer la
À NE PAS MANQUER
GILLES FRAYSSE
Conseil en valeur de marque
gf@idgni.com
juteux pour les distributeurs puisque
le prix de vente se situe à 3 ou 4 euros
la bouteille, à comparer à celui d’un
pack de 4 !
Autre exemple : le marché
des glaces. Carte d’Or, Magnum
et La Laitière, impuissantes, voient
se développer un segment premium
à forte valeur ajoutée sous
l’impulsion des marques artisanales.
Ainsi apprend-on le lancement, en
avril 2018, de la marque « L’Artisan
Givré » en grande distribution.
Cet artisan glacier, à Narbonne
depuis 1963, lance 17 références
aux saveurs originales et naturelles :
Praliné feuilleté, Cactus citron vert,
Tropézienne… Une qualité
exceptionnelle et un positionnement
premium à même de revaloriser le
segment. Et une ambition nationale
pour ce nouvel acteur au savoir-faire
reconnu dans sa région d’origine.
On voit aujourd’hui naître les
grandes marques de demain sur
le courant porteur de l’authenticité
et du retour à l’humain. Puissentelles garder dans leurs gênes l’idéal
qui a contribué à leur éclosion… n
ILS ONT BOUGÉ en partenariat avec Nominations.fr
Frédéric Chevallier rejoint le cabinet Herbert Smith Freehills comme
associé en droit des brevets // Rym Loucif intègre le bureau d’Alger
du cabinet LPA-CGR en tant qu’associée responsable de la pratique
corporate - M&A // Marie-Alice Thierry-Portmann est nommée DRH
groupe chez Ayming // Bruno Lorit est le nouvel associé chez Lerins
& BCW // Hervé Ekué devient managing partner d’Allen & Overy
Paris // Arnaud Lafforgue est désormais directeur financier groupe
chez Oncodesign // Steven Feurer devient CTO de Paessler //
EN BREF
TRANSFORMATION NUMÉRIQUE :
L’AUDIT INTERNE RESTE
À CONVAINCRE
Selon une étude PwC, 44% des
directeurs de l’audit interne restent
encore à convaincre quant à la
valeur ajoutée de l’utilisation des
nouvelles technologies. Les principales barrières identifiées sont par
ordre d’importance : les compétences disponibles, la qualité des données et un budget plus important.
GOOGLE RESTE LA MARQUE
LA PLUS PUISSANTE DU MONDE
Avec une valeur de marque évaluée
à 302 milliards de dollars (+23 % sur
un an), Google truste cette année
encore la première place du classement BrandZ réalisé par WPP et
Kantar Millward Brown. Suivent
Apple (301 milliards, +28 %),
Amazon (208 milliards, +49 %),
Microsoft (201 milliards, + 40 %)
et Tencent (179 milliards, +65 %).
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
08 //
Lundi 4 juin 2018 Les Echos
LAURA FLESSEL, MINISTRE DES SPORTS
« La politique, un nouveau monde pour
moi, avec parfois moins de fair-play ! »
LU POUR VOUS
Ministre des Sports depuis un an, l’ex-escrimeuse professionnelle Laura Flessel est une femme engagée,
qui ajoute le partage à sa règle des trois « P » : pression, plaisir et performance.
Laurence Neuer
(Gazette du Palais)
Les 5 idées à
retenir… de
« L’audience est levée »
ouvent, la réalité dépasse
la fiction. Une journaliste
a assisté chaque semaine,
pendant sept ans, aux audiences du
tribunal correctionnel. Témoignages.
S
Au côté de Muriel Pénicaud, vous
avez fait du sport en entreprise
l’un des axes principaux de vos
ministères. Pour avoir une France
en meilleure santé ?
Oui, une France qui bouge. Nous partons
du principe que le sport est un vecteur
d’inclusion qui permet aussi de s’émanciper. Aujourd’hui, seules 18 % des entreprises accompagnent les besoins d’activités
physiques et sportives de leurs collaborateurs. Or, nous savons que la sédentarité
génère une large part des troubles musculo-squelettiques. Les grandes entreprises
ont déjà pris le pas, mais nous voulons
faire mieux en mobilisant les petites entreprises qui constituent l’essentiel de notre
tissu économique. 87 % des dirigeants
disent aujourd’hui qu’ils sont convaincus
de l’intérêt du sport en entreprise.
Mais ils ne facilitent pas toujours
l’accès au sport de leurs salariés…
Les freins à la pratique dans les entreprises sont souvent liés à des questions de
logistique, de réglementation, et de manque d’information. Nous devons travailler
autour de ces enjeux et faire évoluer les
mentalités. Promouvoir les pratiques est
une dimension cruciale du ministère des
Sports. Et nous sommes d’autant plus
efficaces que nous affichons la performance économique et sociale du sport.
C’est d’ailleurs tout l’intérêt du programme de recherche que les ministères
des Sports et de la Santé ont confié à
l’OCDE sur l’impact de la pratique des
activités physiques et sportives sur la
qualité des finances publiques. Les premiers résultats seront connus en octobre
prochain. Aujourd’hui, les salariés ont
envie de bien-être en entreprise. Il faut
aussi faire preuve de pédagogie tant
auprès des salariés que des dirigeants.
Notre objectif est d’accompagner les
entreprises, mais aussi de leur permettre
d’échanger leurs bonnes pratiques. Nous
ne partons pas d’une feuille blanche. Le
constat est fait et le travail interministériel
lancé. Nous devons créer de l’émulation.
Je suis une femme
citoyenne, j’aime mon
pays. J’étais justement
dans la réflexion
de savoir comment
redonner ce que
la France m’a donné.
Faut-il donner plus de moyens
aux entreprises ?
Je pense que les moyens sont là, mais il faut
travailler dans un écosystème de mutualisation. Si les petites entreprises peinent à se
mobiliser, nombre de grandes entreprises
sont à l’avant-garde. Nous devons rapprocher ces deux mondes. Les grandes entreprises signent aujourd’hui des conventions
avec des salles de fitness par exemple,
créent des événements, etc. Le constat n’est
pas négatif, mais il est à améliorer. Nous
devons les encourager. Le fait d’avoir un
personnel en meilleure santé, qui résiste
mieux à la pression, est un bon investissement : plus de productivité et moins
d’absentéisme. Il faut oser faire le pas.
De plus en plus de dirigeants
se font coacher par des sportifs.
Qu’en pensez-vous ?
J’ai personnellement suivi une formation
de management des équipes d’excellence.
J’ai coaché des chefs d’entreprise et des
sportifs. L’objectif est d’optimiser leurs
capacités, objectiver leur vision, de permettre qu’ils se sentent bien dans leur corps.
1 La justice guettée
par l’erreur
Avant de gagner,
j’ai perdu. Je me suis
forgée dans l’échec.
L’échec fait partie
de la réussite et
de l’envie de durer.
Sans cesse, la justice doit tenter
de trouver un juste milieu. André
Malraux avertissait : « Juger c’est ne pas
comprendre, car si l’on comprenait on
ne pourrait pas juger. » Aux côtés des
expertises psychologiques et psychiatriques, les données des neurosciences,
et en particulier l’imagerie cérébrale,
s’invitent dans les procès criminels.
Toutefois, le comportement humain
s’avère bien plus complexe que ce qu’en
dit la neuro-imagerie.
Comment apprend-on
à être ministre ?
J’ai été maman, cheffe d’entreprise, coach,
sportive, j’ai créé un club. Pendant vingt
ans, j’ai aussi été active dans le tissu associatif et humanitaire sur des thématiques
autour de l’éducation de l’enfant, de la
place de la femme, de la santé, de la paix
par le sport. Ces sujets reviennent en
permanence. Lorsqu’Edouard Philippe
m’a proposé de rejoindre le gouvernement, j’en ai discuté avec ma famille et je
me suis dit « et pourquoi pas ? ». Je suis
une femme citoyenne, j’aime mon pays.
J’étais justement dans la réflexion de
savoir comment redonner ce que la
France m’a donné. On parle de libérer, de
protéger, d’unir. Je crois en ces valeurs et
je prends plaisir à les défendre. Je me suis
fixé un cap, ce qui n’empêche pas de me
remettre régulièrement en question et
de m’assurer que je suis bien à ma place.
2 Détecter le mensonge
La technique la plus utilisée pour
essayer de détecter le mensonge est le
polygraphe, qui analyse les réactions
physiologiques d’un individu, notamment les pulsations cardiaques et la
microsudation de la peau. Il n’y a pas
un mais des mensonges : omission,
transformation ou invention totale
de faits, troubles de la mémoire…
3 Le couple et ses démons
Principal écueil des affaires de violences conjugales : la preuve. Parole de
l’un contre parole de l’autre. La vérité
se niche habituellement entre les
lignes. L’ITT est un « élément constitutif de l’infraction ».
4 Arnaques en tous genres
Vous pourriez donc aussi dire,
un jour, « je ne suis pas
à ma place, je m’en vais »…
En général, quand mon heure est arrivée,
je le dis. A l’époque où j’ai voulu connaître
les joies de la maternité, les femmes sportives arrêtaient définitivement leur carrière. J’ai décidé de casser les paradigmes
en leur montrant que l’on pouvait être
maman, femme et championne. A 40 ans,
je me suis dit que c’était le moment d’arrêter. Je me suis donné l’échéance de 2012
et j’ai fini ma carrière en étant portedrapeau. J’ai passé le relais, mais je l’avais
décidé. Je suis dans l’anticipation.
Hervé Hamon/MVJS
Propos recueillis par Delphine Iweins
diweins@lesechos.fr
Quelles qualités de sportive
de haut niveau vous servent
dans votre fonction ?
Au quotidien, toutes dont l’endurance.
Comme les jeux d’échec, l’escrime est un
jeu de transposition. A la fin de ma carrière,
j’avais douze réponses possibles à une
action. J’essaie de faire la même chose dans
mes nouvelles fonctions. Lorsque j’étais
athlète, j’observais une règle des trois P :
pression, plaisir et performance. Je continue à l’utiliser, mais j’ai rajouté un quatrième P : le partage. Je ne veux pas surjouer, je ne viens pas du milieu politique, je
suis simplement à ma place. Quand je suis
arrivée, la première des choses a été de
rencontrer les agents du ministère. C’était
un point de départ important pour coconstruire la stratégie ministérielle déclinant les
engagements du président de la République pour le sport. Notre direction des
sports est en relation étroite avec le cabinet,
la stratégie descend dans les étages plus
facilement. Nous prenons aussi le temps de
faire des pots, de sourire, de se dire bonjour.
Comment définissez-vous
votre style de leadership ?
Je suis une positive, même dans la sémantique. Je vois toujours le verre à moitié
plein. Inconsciemment je veux réussir
et je ne veux pas faire deux fois la même
erreur. C’est aussi à moi de comprendre
les rouages administratifs d’un ministère.
Je crois en l’efficience des gens, il existe
toujours une part de bonté. J’apprends
vite, j’aime aussi l’adversité et réussir
Comment elle
se ressource
lorsqu’il y a de l’opposition. Je suis dans un
nouveau monde, avec parfois un peu
moins de fair-play !
« En faisant du sport.
J’en fais au minimum
une heure par semaine.
J’ai besoin de chausser
mes baskets pour courir,
faire du squash. Et
j’adore jouer au golf.
C’est un temps que je
partage avec ma famille
et mes amis. »
Dans quelles conditions peut-on
apprendre à perdre pour… gagner
plus tard ?
Avant de gagner, j’ai perdu. Je me suis
forgée dans l’échec. L’échec fait partie de la
réussite et de l’envie de durer. La réussite
peut être éphémère, or je voulais durer. Je
détestais perdre, mais je n’étais pas mauvaise perdante. Je décryptais donc ce qui
n’allait pas. Je me connais, mais j’ai aussi
appris à regarder les autres.
Vous êtes un exemple de reconversion pour tous les sportifs…
On va faire mieux, car on ne m’a pas aidée.
Encore trop de sportifs pointent
aujourd’hui à Pôle emploi. Une personne
ayant des réflexes de sportif amène de
l’engagement, de l’endurance dans une
entreprise. Elle a une capacité d’adaptation et d’aller chercher les autres pour les
accompagner dans un projet. Un champion bien encadré reste un champion bien
installé dans l’entreprise. n
La correctionnelle, c’est la cour des
miracles. Usurpation d’identité,
tromperies en ligne, touristes filoutés…
Les ruses des escrocs ne manquent pas.
Ainsi, des hommes poursuivis pour
escroquerie ont récupéré les numéros
de cartes bancaires sur les fichiers de
clients de plusieurs hôtels parisiens.
Ou bien aussi ce cadre de banque qui
a effectué, grâce à des manipulations
informatiques, des fausses souscriptions de contrats d’assurance-vie,
suivies de rachats partiels de fonds.
L’argent détourné lui a permis d’acheter
un appartement. Mais il devra se serrer
la ceinture pendant longtemps !
5 Du côté des mineurs
S’ils doutent de leur place dans leur
famille, certains jeunes attendent du
juge qu’il les rattache symboliquement
à la société. « La loi, c’est la grammaire
du vivre-ensemble », dit Robert Adam,
juge des enfants. Et si elle ne concernait
que ceux qui parlent la même langue ?
— Régine Turmeau
La rubrique « Ils ont bougé »
présente dans ce numéro, qui rend
compte des principaux mouvements
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