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Le Figaro - 05.06.2018

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mardi 5 juin 2018 LE FIGARO - N° 22 958 - www.lefigaro.fr - France métropolitaine uniquement
Caroline
Garcia.
Première édition
« Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur » Beaumarchais
ROLAND-GARROS LE FIGARO IMMOBILIER
LES ILLUSIONS PERDUES
DU TENNIS FRANÇAIS
PAGE 12
Les Marcheurs
en quête d’un socle
idéologique PAGE 6
EUROPE
Merkel se
positionne face
à Macron PAGE 7
Le nouveau gouvernement antisystème italien, très dur sur le dossier des migrants, bouscule
des Européens toujours incapables de s’entendre sur la réforme du règlement de Dublin.
CORÉE DU NORD
Kim remanie
son état-major
avant le sommet
avec Trump PAGE 8
L’arrivée d’un gouvernement
antisystème en Italie rebat les
cartes sur la question migratoire en Europe. La ligne dure
affichée par la nouvelle coali-
BIOÉTHIQUE
PAGE 9
n
n
n
n
n
PAGES 14 À 17
@
FIGARO OUI
FIGARO NON
Réponses
à la question de lundi :
Êtes-vous favorable
au port de l’uniforme
à l’école ?
NON
13 %
OUI
87 %
TOTAL DE VOTANTS : 70 804
M 00108 - 605 - F: 2,60 E
3’:HIKKLA=]UW[U^:?a@g@k@f@k";
Votez aujourd’hui
sur lefigaro.fr
Télévision : faut-il réduire
le nombre de chaînes
publiques ?
PASCAL ROSSIGNOL/REUTERS
après l’investiture du gouvernement de Giuseppe Conte, il
s’est rendu dimanche en Sicile, principale terre d’accueil
pour les migrants.
Jeunesse,
digital…
l’audiovisuel
public
doit revoir
sa stratégie
L’État doit-il
reprendre en main
le Mont-Saint-Michel ?
Alors que la fréquentation du prestigieux site est en légère baisse, on reparle du projet d’établissement public, évoqué
en avril 2017 par Bernard Cazeneuve, qui lui permettrait de trouver un nouvel élan touristique et économique. PAGE 28
La ministre de la Culture,
Françoise Nyssen, a détaillé
lundi la feuille de route du
gouvernement pour la télévision et la radio publiques,
dont le numérique, la jeunesse et la proximité sont les trois
mots d’ordre. La chaîne France 4 va disparaître et France 3
se recentrer sur l’information
locale. Les économies budgétaires attendues seront précisées en juillet. PAGES 20 ET 21
ÉDITORIAL par Yves Thréard ythreard@lefigaro.fr
L
L’indispensable sursaut
es ministres de l’Intérieur de
l’Union européenne se retrouvent
ce mardi à Luxembourg. Pour la
énième fois, la crise migratoire sera
au cœur des discussions. Et pour la
énième fois aussi, il est probable qu’il n’en
sortira rien. Sinon le constat de l’impuissance
de l’Europe à s’entendre pour résoudre l’un
des plus grands défis qui lui sont posés. De
quotas de répartition en promesses de plus
grande fermeté, tous les dispositifs bureaucratiques mis en place par Bruxelles depuis
des années ont montré leur inefficacité.
Il y a pourtant urgence aujourd’hui à trouver
des solutions. En l’absence de réponses pragmatiques, l’Union européenne pourrait courir
à sa perte. Et signer, par son irréalisme face à
l’immigration clandestine, sa propre disparition. Comme le soulignait récemment un politologue bulgare dans Le Figaro, « la crise des
migrants est le 11 Septembre de l’Europe ». Elle
provoque une panique morale et culturelle
parmi les pays membres. Elle nourrit la colère
des peuples contre leurs représentants, qu’ils
ont la tentation de « dégager » tour à tour.
Les Italiens viennent de manifester leur rejet
de cette Europe aveugle et immobile en
confiant le pouvoir à un gouvernement antisystème. Lequel promet de faire cavalier
seul en renvoyant chez eux, illico presto, les
sans-papiers. Avant eux, pour les mêmes
raisons, les Britanniques ont claqué la porte.
En Allemagne, l’extrême droite n’a jamais
été aussi puissante depuis la guerre. En Europe centrale, les gouvernements sont vent
debout contre la politique décidée à Bruxelles.
Dernier épisode en date,
celui de la Slovénie, où la
formation anti-immigration vient de gagner,
le week-end dernier, les
législatives.
Le règlement de la crise
migratoire passe par
une mise sous conditions de nos politiques de coopération avec
les pays de départ. La raison commande
aussi aux États membres de se réapproprier leurs frontières. Un sursaut est indispensable si l’Europe ne veut pas apparaître
comme une machine à broyer les nations
et leurs peuples. ■
Par son
irréalisme
face aux
migrants,
l’Europe
pourrait
courir
à sa perte
AND : 2,80 € - BEL : 2,60 € - CH : 4,00 FS - CAN : 5,40 $C - D : 3,20 € - A : 3,50 € - ESP : 2,90 € - Canaries : 3,00 € - GB : 2,50 £ - GR : 3,20 € - DOM : 3,00 € - ITA : 3,00 €
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ISSN 0182.5852
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A
n
des mesures sévères pour réduire les arrivées de migrants
en Italie et expulser nombre
de ceux qui se trouvent déjà
dans la péninsule. Deux jours
* LA PERFORMANCE MÉCANIQUE POUSSÉE À L’EXTRÊME
Les horizons
nouveaux
de Gérald
Darmanin
La BCE
a-t-elle
rapproché
les économies
de la zone euro ?
La tribune
des Républicains
sur l’Europe
Entretien
avec Nicolas
Vanbremeersch
La chronique de
Renaud Girard
L’analyse de
Bertille Bayart
bourg pour étudier une révision de l’accord de Dublin. Le
nouveau ministre italien de
l’Intérieur, le patron de la Ligue Matteo Salvini, a promis
© Didier Gourdon
CHAMPS LIBRES
PAGE 25
ANTONIO GAUDENCIO/PUNTO STUDIO FOTO AG - STOCK.ADOBE.COM
BANQUE
DONNÉES
tion entre la Ligue et le Mouvement 5 étoiles met ainsi
sous pression les ministres de
l’Intérieur de l’UE, qui se réunissent ce mardi à Luxem-
èMOINS DE TRAVERSÉES CLANDESTINES EN MÉDITERRANÉE èMATTEO SALVINI DIT « NON » À LA RÉFORME DE DUBLIN èMANIPULATION DU DROIT D’ASILE : MERKEL FACE À UN
SCANDALE èPARIS VEUT MAINTENIR LE VERROU FRONTALIER AVEC L’ITALIE è« LA QUESTION MIGRATOIRE EST ENTRE LES MAINS DES ÉTATS DU MAGHREB » PAGES 2 À 4 ET L’ÉDITORIAL
Les anti-PMA
veulent être pris
en compte
Nouvelle affaire
pour Facebook
CAHIER SPÉCIAL DE 8 PAGES
Crise migratoire : l’Europe
sous la pression italienne
MAJORITÉ
La Société générale
solde deux anciens
contentieux PAGE 23
LE CLASSEMENT DES VILLES
OÙ IL FAUT INVESTIR
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mardi 5 juin 2018 LE FIGARO
L'ÉVÉNEMENT
2
SLOVÉNIE :
LE PARTI ANTIIMMIGRATION
REMPORTE LES
LÉGISLATIVES
Les nationalistes du Parti
démocratique slovène (SDS)
ont remporté comme prévu
les élections législatives de
dimanche, selon les résultats
préliminaires diffusés par
la commission électorale.
Le parti anti-immigration,
crédité de 25% des voix après
dépouillement de 99% des
bulletins, a nettement
devancé son plus proche
rival, le parti de centregauche LMS (12,6%), mais
ce score risque de ne pas
lui suffire pour former un
gouvernement de coalition
faute d’alliés au Parlement.
Europe : l’Italie rebat les cartes
sur le dossier explosif des mi
Nous ne
pourrons lutter
contre les grandes
migrations que si,
ensemble, nous
nous engageons
pour lutter contre
ses causes
profondes qui sont
l’insuffisance
de développement
en Afrique et pour
lutter contre
l’insécurité,
le terrorisme
et les trafics dans
la bande sahélosaharienne.
Trois ans après le début de la crise des réfugiés, l’UE est incapable de réformer le
JEAN COMTE
BRUXELLES
SON ABSENCE sera remarquée. Matteo
Salvini, le leader de la Ligue et le nouveau ministre italien de l’Intérieur, ne
sera pas aujourd’hui à Luxembourg,
pour la réunion des ministres européens
des Affaires intérieures consacrée aux
migrations, mais il pèsera lourdement
sur le dossier.
Son arrivée au pouvoir rebat les cartes
dans ce cénacle, marqué ces dernières
années par l’opposition frontale entre
les pays du sud de l’Europe et ceux du
bloc de Visegrad (Pologne, Hongrie,
Slovaquie, République tchèque). Les
premiers - Italie et Grèce en tête - veulent pouvoir « relocaliser » dans le reste
du continent les réfugiés qu’ils accueillent. Les seconds - surtout la Hongrie et la Pologne - refusent d’accueillir
le moindre migrant chez eux.
Salvini, lui, veut réduire le budget
consacré à l’accueil des migrants pour
EMMANUEL MACRON
PHILIPPE WOJAZER/AP
+
» Lire aussi PAGE 16
augmenter les expulsions. « Le bon
temps pour les clandestins est fini : préparez-vous à faire les valises », a-t-il déclaré durant le week-end. « Les États
doivent recommencer à faire leur travail
et plus aucun vice-passeur ne doit accoster dans les ports italiens », a-t-il rajouté.
« Une rencontre entre Salvini et son homologue hongrois aurait été intéressante,
soulève une observatrice bruxelloise. Ils
s’opposent sur le niveau de soutien à apporter aux États de première ligne, mais
se rejoignent sur la volonté de fermer les
frontières et d’intensifier les retours. »
En attendant que Salvini entre dans le
jeu des négociations européennes et
clarifie ses demandes, les Vingt-Sept
risquent de tourner en rond, mardi, remettant en opposition les oppositions
classiques entre « l’Europe du Sud qui
veut plus de solidité, l’Est qui bloque, et la
France et l’Allemagne qui essaient de
trouver un compromis », énumère un
diplomate. « Il n’y a pas grand-chose à
discuter. De toute façon, on sait que les
ministres ne pourront pas se mettre d’ac-
32 080 migrants
ARRIVÉES
EN EUROPE
ont traversé
la Méditerranée
depuis le début
de l'année
390 432
Mer Noire
ESPAGNE
ARRIVÉES
DE MIGRANTS
GRÈCE
186 768
181 436
176 906
156 823
Total sur l’année
Du 1er janvier au 30 mai
par mer
119 369
60 228
47 851
A
14 558
3 326 7 655
2016
2017
2 091
Sources : OIM
2018
32 080
35 052
28 707
13 430
2016
2017
2018
7 043 10 948
2016
2017
2018
2016 2017 2018
Infographie
« Vote contre-productif »
L’idée était d’avoir un système stable,
pour éviter de reproduire le fiasco de
2015-2017. La Commission européenne
avait alors proposé une relocalisation
exceptionnelle de 160 000 réfugiés depuis la Grèce et l’Italie vers l’ensemble de
l’UE. Le dossier avait nécessité un vote
des États en septembre 2015. Incapable
de décrocher un compromis avec le bloc
de Visegrad, l’Europe de l’Ouest avait dû
abandonner l’idée de consensus, et les
mettre en minorité par un vote.
Furieuses, la Hongrie et la Pologne
avaient refusé de suivre la décision,
pourtant juridiquement contraignante,
et d’accueillir le moindre réfugié. La
Commission européenne a lancé des
procédures à leur encontre, encore en
cours. La Slovaquie et la République
tchèque, suivant une politique un peu
différente, avaient accepté les réfugiés
au compte-gouttes - seulement 16 pour
Bratislava et 12 pour Prague, au lien des
902 et 2 691 prévus, selon Amnesty International.
Les autres États traînent également
des pieds, et en septembre 2017, la Commission reconnaît que moins de 28 000
réfugiés ont été effectivement relocalisés. « Le vote a été contre-productif »,
résume Marie De Somer, chercheuse à
l’European Policy Center.
Problème : si l’option du vote est
écartée, rien ne peut avancer sur la réforme du système d’asile actuellement
sur la table. La Bulgarie, qui préside les
réunions ministérielles européennes
jusqu’à fin juin, a tenté de rendre le texte
Moins de traversées clandestines
baisse est plus marquée encore si on la
compare à 2016 : le nombre de migrants
atteint juste 15 % de ceux d’alors.
LE BATEAU surchargé a sombré samedi
Ce ralentissement est particulièreau large de Sfax alors qu’il tentait de rement net sur la « route est », entre esjoindre les côtes italiennes. Selon la masentiellement la Turquie et la Grèce. Au
rine tunisienne, 68 personnes ont pu
1er juin, environ 10 000 migrants étaient
être secourues, mais bien des passagers
arrivés en Grèce contre 173 000 sur
ont disparu. Les témoins affirment
l’ensemble de 2016. Ce résultat tient esqu’environ 180 migrants étaient à bord.
sentiellement à l’accord signé en
Ce drame, le plus meurtrier depuis fémars 2016 entre l’Union européenne
vrier, quand 90 personnes
(UE) et la Turquie pour
se sont noyées non loin de la
contenir les migrants. Ces
Libye, ne fait que s’ajouter à
derniers venaient pour la
plusieurs dizaines d’autres
plupart de Syrie, du Pakisqui, selon l’Organisation
tan et d’Afghanistan.
internationale pour les miMais le moindre nombre
en Grèce de bateaux tentant de passer
grations (OIM), ont déjà fait sont arrivés
au 1er juin contre
660 morts en 2018.
se lit aussi sur la « route
173 000 sur l’ensemble centrale », entre la Libye et
Ces catastrophes sont cede 2016
pendant nettement moins
l’Italie, la voie principale et
nombreuses qu’en 2017, où
la plus dangereuse. Eml’on comptait 1 724 morts à la même
pruntée essentiellement par les candidate, et qu’en 2016, avec plus de
dats à l’exil venus d’Afrique subsaha5 000 décès, toujours d’après OIM. Ce
rienne, cette filière a permis à 13 400
bilan à la baisse est très lié à la chute gépersonnes de gagner l’Europe clandesnérale des traversées clandestines de la
tinement en 2018 (60 000 en 2017). Les
Méditerranée vers l’Italie, l’Espagne ou
raisons de cette décrue sont complexes
la Grèce : un peu plus de 32 000 personà analyser car multiples. Il y a d’une
nes en 2018, contre presque le double
part le clair renforcement des pal’année précédente à la fin mai. Cette
trouilles de Frontex, le dispositif de surTANGUY BERTHEMET £@tanguyber
ITALIE
Mer
Méditerranée
cord », confie, fataliste, une source
européenne. Les divergences se cristallisent sur un projet de texte dévoilé en
mai 2016 par la Commission européenne
visant à réformer le système d’asile
européen. Le projet de texte conserve
l’obligation pour les réfugiés de faire
leur demande d’asile dans le pays de leur
arrivée : Grèce, Malte ou Italie dans la
plupart des cas. Mais il y ajoute un système de relocalisation automatique vers
les autres États en cas de crise.
10
000
migrants
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LE FIGARO
mardi 5 juin 2018
L'ÉVÉNEMENT
3
Matteo Salvini dit « non » à la réforme de Dublin
RICHARD HEUZÉ
ROME
Des migrants à bord
du navire Aquarius
de l’ONG SOS
Méditerranée
attendent de
débarquer sur
le port de Catane,
en Sicile, le 27 mai.
res à la politique des quotas de Bruxelles.
Matteo Salvini appelle aussi à prendre
conscience du fait que l’Italie est « une
frontière extérieure de l’Europe » et doit
être défendue comme telle. Dimanche,
Angela Merkel avait affiché une préoccupation analogue.
S’agissant des opérations de sauvetage
en Méditerranée centrale, le ministre
s’emporte contre les organisations humanitaires (ONG) qui opèrent sans relâche au
large de la Libye pour sauver des vies humaines en les accusant d’être « complices
des trafiquants » et en menaçant de « fermer les ports italiens à leurs navires ».
Pour ceux qui connaissent Matteo Salvini
depuis longtemps, il n’y a rien de nouveau
dans ces violentes attaques contre les
Tel
T
Te
Tel.
eell. 001.55.35.20.20
1.5
1.
1
..5
55
5.3
5.
..3
35.
5.2
5
..2
20
0.2
0.
..2
20
LE VICE-PRÉSIDENT du Conseil et ministre italien de l’Intérieur n’ira pas ce
mardi à Luxembourg pour participer à la
réunion des ministres de l’Intérieur de
l’Union européenne consacrée aux migrants. Il doit suivre à Rome le débat
d’investiture du gouvernement présidé
par Giuseppe Conte, suivi du premier
vote de confiance au Sénat. Jeudi, ce sera
au tour de la Chambre des députés. Alors
seulement, le gouvernement « jaunevert » entrera dans la plénitude de ses
pouvoirs. À la réunion de Luxembourg,
l’Italie ne pratiquera pas la politique de la
chaise vide. « Nous enverrons une délégation pour voter non. Les propositions de la
Commission pénaliseraient une fois de plus
les pays européens riverains de la Méditerranée et feraient le jeu de l’Europe du Nord.
C’est inadmissible. L’Italie ne doit plus rester seule et la Sicile ne peut pas devenir le
plus grand camp de réfugiés d’Europe.
Nous ne l’admettrons pas. L’Europe doit
maintenant passer à l’action », lance Matteo Salvini. Menaçant dans un tweet : « Si
Bruxelles ne le fait pas, nous choisirons
d’autres voies. » Allusion explicite au fait
que l’Italie pourrait se ranger du côté de
Viktor Orban et chercher à prolonger en
Méditerranée centrale l’axe des pays du
pacte de Visegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie) réfractai-
GUGLIELMO MANGIAPANE/
REUTERS
clandestins qui ont atteint en Italie le
nombre de 500 000 à 600 000, faute de
pouvoir continuer dans le reste de l’Europe. L’immigration a fait la fortune politique de ce dirigeant nationaliste au langage
rude et aux propos sommaires. La nouveauté vient du fait qu’il est devenu ministre de l’Intérieur et se trouve désormais en mesure d’appliquer les politiques
musclées qu’il préconise depuis longtemps. Il n’entend pas démanteler « tout
ce qu’a fait Marco Minniti », son prédécesseur démocrate auquel il rend hommage. Il ne touchera pas aux accords passés par ce dernier avec les chefs de tribus
libyennes et qui ont contribué l’an dernier
à endiguer l’afflux de migrants en Sicile.
« Je rendrai plus efficaces les politiques de
contrôle et d’éloignement du territoire qu’il
a mises en œuvre », dit-il.
Aussi veut-il ouvrir en Italie des camps
de rétention sous contrôle de la police où
les migrants attendant de recevoir un
permis de séjour ou un asile politique
(Érythréens et Syriens l’obtiennent immédiatement, les autres devant attendre
quelquefois de longs mois) seraient internés avec interdiction d’en sortir. L’atten-
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L’Italie ne doit plus
rester seule et la Sicile ne
peut pas devenir le plus
grand camp de réfugiés
d’Europe. Nous ne
l’admettrons pas
”
MATTEO SALVINI, VICE-PRÉSIDENT DU CONSEIL
ET MINISTRE ITALIEN DE L’INTÉRIEUR
te dans ces centres serait portée de quelques semaines à dix-huit mois. Après
quoi commenceraient les expulsions forcées : « sept mille par an sont trop peu »,
dit-il en avançant le chiffre de plusieurs
centaines de milliers. Pour y parvenir,
l’Italie devra toutefois souscrire de nouveaux accords de réadmission avec les
pays africains de départ. Quatre sont déjà
en vigueur (avec la Tunisie, l’Égypte, le
Maroc et le Nigeria).
Son premier objectif affiché est de tarir
le flux des clandestins arrivant de Tunisie : « ce pays libre et démocratique, ne
connaissant ni guerre, ni épidémie, ni famine, continue de nous envoyer des bagnards », dit-il. Sur les 7 814 migrants
débarqués en Italie depuis le début de
l’année, 2 789 se sont présentés comme
tunisiens. L’an dernier, environ 7 000
avaient fait la traversée. Ils recourent à
des réseaux de passeurs bien organisés,
installés le plus souvent à Nabeul (nordest de la Tunisie), face à la Sicile, et dotés
d’embarcations plus solides et plus rapides que celles des trafiquants libyens. Les
clandestins tunisiens présents en Italie
seraient environ 40 000. ■
grants
règlement de Dublin.
acceptable aux pays de première entrée
comme à ceux de l’Est, en jouant sur
plusieurs paramètres. Le dernier texte
sur la table fait de la relocalisation un
tout dernier recours, activable seulement en cas de crise migratoire particulièrement grave. Toujours trop pour la
Hongrie et la Pologne.
Désormais, le bloc de Visegrad pourra
s’appuyer sur l’Italie de Salvini, qui fait
peser une nouvelle inconnue sur ce dossier explosif. Plusieurs observateurs
s’inquiétaient déjà d’une complication
des négociations à partir de juillet, lorsque l’Autriche remplacera la Hongrie à
la tête des réunions ministérielles européennes. La coalition au pouvoir, qui
comprend l’extrême droite, est sur une
ligne très dure en matière de migration.
« Il y a un changement important dans la
position autrichienne, explique Marie De
Somer. En 2015, Vienne soutenait les relocalisations. Maintenant, son gouvernement est dans le même camp que le bloc de
Visegrad. » Reste à savoir comment
l’Italie abattra son jeu… ■
en Méditerranée
Matteo Salvini, leader de la Ligue
(à Rome, le 21 mai), est devenu
vice-président du Conseil et ministre
italien de l’Intérieur. A. BIANCHI/REUTERS
Manipulation du droit d’asile : Merkel face à un scandale
NICOLAS BAROTTE £@NicolasBarotte
QUI SAVAIT QUOI ? En Allemagne, le
scandale sur la faillite de l’Office des migrations (BAMF) prend de l’ampleur. Les
adversaires d’Angela Merkel, qui demandent des éclaircissements sur la façon
dont ont été traitées les centaines de milliers de demandes d’asile déposées depuis
2015, tentent désormais d’utiliser l’affaire
contre la chancelière. Lundi, les libéraux
du FDP ont réclamé une commission
d’enquête au Bundestag, comme l’avaient
fait avant eux les populistes de l’AfD. « Il
faut clarifier dans quelles conditions le
BAMF a travaillé », a demandé le prési-
dent du FDP Christian Lindner. La requête n’aboutira sans doute pas, faute de majorité au Bundestag, mais la pression
demeure forte : le SPD, partenaire de coalition d’Angela Merkel, demande aussi
des explications « sur le rôle de la chancellerie dans l’affaire ». Le ministre de l’Intérieur, Horst Seehofer, est sommé de
s’emparer du sujet. Chacun rappelle au
leader de la CSU ses déclarations incendiaires contre la politique d’asile.
L’étincelle est venue de Brême. Les médias allemands ont révélé en mai que,
dans la petite ville-Land, l’office régional
des migrations a validé au moins 1 200 demandes d’asile sans fondements juridiques de 2013 à 2017. Dès lors, un soupçon
en cascade a entaché toutes les procédures : les 18 000 dossiers acceptés par l’administration doivent être vérifiés. Parmi
eux, une quarantaine a concerné des islamistes jugés dangereux par le service de
renseignement, assure le journal Bild.
La polémique menace le sommet de
l’État. Le Spiegel a ainsi révélé que l’exdirecteur fédéral du BAMF, Frank-Jürgen
Weise, avait, au plus tard début 2017,
averti la Chancellerie de l’état de son administration, incapable de gérer la masse
de dossiers, faute de moyens humains et
techniques. Entre 2015 et 2016, plus d’un
million de personnes ont rejoint l’Allemagne. En 2017, près de 200 000 demandes
ont été encore déposées. Frank-Jürgen
Weise assure s’être ému de la situation directement auprès d’Angela Merkel. Le
bras droit de la chancelière, Peter Altmaier, est aussi mis en cause. Avant d’être
nommé ministre de l’Économie, il était
directeur de la Chancellerie et responsable des questions migratoires au sein du
précédent gouvernement.
Toutes ces révélations apportent de
l’eau au moulin des adversaires d’Angela
Merkel. Au-delà du bien-fondé de sa politique d’accueil, ils lui reprochent d’avoir
« perdu le contrôle » de la situation dès
l’automne 2015. En Allemagne, le respect
du droit et des procédures est une valeur
cardinale. Angela Merkel risque de payer
cher pour l’avoir oublié. ■
A
veillance européen. Ensuite, l’équipement controversé de gardes-côtes
libyens par l’UE pour bloquer les départs. L’accord non-officiel négocié en
septembre 2017 entre le précédent gouvernement italien et certains trafiquants libyens d’êtres humains aurait
également un impact non négligeable.
Mais des observateurs soulignent que de
très nombreux migrants sont aujourd’hui cantonnés en Libye, dans des
conditions très souvent inhumaines, et
qu’une reprise des départs n’est pas à
écarter.
La route « ouest » (Maroc-Espagne)
se trouve dans une situation un rien
paradoxale. Clairement moins utilisée
que les deux autres, elle a connu en 2018
une hausse. Ainsi 7 650 personnes ont
été enregistrées en Espagne contre
3 200 l’an dernier.
Cette montée tiendrait aux difficultés
et aux dangers rencontrés en Libye,
mais aussi à une reprise de l’immigration en provenance du Maghreb. Le
phénomène se fait sentir au Maroc, en
Algérie mais surtout en Tunisie. Ainsi,
10 fois plus de Tunisiens ont tenté de
migrer cette année qu’en 2017. Samedi,
lors du drame, le bateau ne comptait
presque que des Tunisiens. ■
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mardi 5 juin 2018 LE FIGARO
4
L'ÉVÉNEMENT
Migrants : Paris veut maintenir
le verrou frontalier avec l’Italie
Le ministère de l’Intérieur s’accroche au système de la non-admission des illégaux
entre Vintimille et Menton, dont la remise en cause pourrait créer un appel d’air.
« SITUATION très compliquée ». La Place
Beauvau ne commentera pas plus avant
les conséquences de la recomposition politique italienne sur l’équilibre trouvé jusqu’alors entre Rome et Paris en matière
migratoire. Tout repose sur le principe des
« non-admissions ». En clair : les illégaux
que la France intercepte sur son territoire
sont renvoyés en Italie, où les autorités
acceptent de les reprendre… jusqu’au
prochain passage.
Ce n’est pas un système idéal, du point
de vue policier, mais il a permis d’afficher
50 000 arrestations de clandestins à la
frontière sud, entre Menton et Vintimille,
et au-delà dans toute la région. Mille arrestations par semaine qui finissent à 97 %
par des retours immédiats. Et cela, grâce à
la coopération sans faille des Italiens.
Au-delà des nonadmissions, c’est tout
le dispositif des accords
de Dublin qui est menacé
par le changement
de gouvernement en Italie
Qu’en sera-t-il demain, si Rome redistribue les cartes, change ses préfets, ses diplomates sur place et leur donne des
consignes moins explicites de coopération, voire les invite purement et simplement à laisser passer les migrants, comme
cela a pu se pratiquer par le passé ? Et ce
n’était pas la droite dure qui était alors au
pouvoir en Italie…
« Les quinze prochains jours seront décisifs », assure un haut fonctionnaire au ministère de l’Intérieur. Gérard Collomb a
déjà été alerté depuis longtemps que si le
système des non-admissions craque, l’une
des premières conséquences sera la reconstitution d’une nouvelle « Jungle » de
Calais, avec peut-être 20 000 à 30 000 occupants cette fois-ci, tous immigrés anglophones, attirés par la Grande-Bretagne. Quand 10 000 personnes s’y étaient
entassées en 2016, le lieu fut considéré
comme ingérable et l’État dut le fermer.
« Ce n’est pas de la politique-fiction. Il
faut être conscient des risques et saluer la
solidarité italienne de ces derniers mois »,
assure un cadre éminent de la Police aux
frontières (PAF). Les autorités locales à
Nice et le Quai d’Orsay déploient des trésors d’énergie pour convaincre le nouveau
gouvernement italien de l’intérêt qu’il y a
à maintenir les accords passés. « Le moindre relâchement à la frontière franco-italienne se traduirait par un appel d’air plus
au sud. Les réseaux de trafiquants d’êtres
humains en Afrique se passeraient immédiatement le mot et démultiplieraient leur
activité », assure un diplomate.
Pour l’heure, Paris s’accroche au
moindre signe positif. Un proche de l’hôte
de Beauvau fait valoir que « ce lundi, les
patrouilles judiciaires mixtes franco-ita-
liennes ont repris sur la bande frontalière
pour lutter contre les réseaux de passeurs ». Elles avaient été interrompues
après que le 30 mars dernier, à Bardonecchia, en Italie, cinq douaniers français
sont entrés dans un local mis à disposition
de plusieurs ONG d’aide aux migrants
pour soumettre un Nigérian repéré dans
un train à un dépistage urinaire de drogue. Un « incident malheureux », selon le
ministre français des Comptes publics,
Gérald Darmanin.
Au-delà des non-admissions, c’est
tout le dispositif des accords de Dublin
qui est menacé par le changement de
gouvernement en Italie. Un système qui
fait normalement reposer la prise en
charge des migrants et réfugiés sur les
pays par lesquels ils sont entrés dans
l’Union européenne. Autant dire un marché de dupes pour l’Italie ou la Grèce qui
supportent l’essentiel de l’effort. La renégociation en cours de ces accords ne satisfait pas l’Italie, qui dénonce le manque
de solidarité des Européens. Emmanuel
Macron lui-même l’a reconnu le 26 septembre dernier, à la Sorbonne. Il milite
pour la mise en place d’un Office européen de l’asile censé accélérer les procédures, une vraie police européenne des
frontières, des fichiers interconnectés et
des documents d’identité biométriques
sécurisés. Le vote italien sonne comme
un avertissement aux tenants de l’immobilisme. ■
« La question migratoire
est entre les mains des États du Maghreb »
PROPOS RECUEILLIS PAR
EUGÉNIE BASTIÉ £@EugenieBastie
PIERRE VERMEREN est professeur
d’histoire contemporaine à l’université
Panthéon-Sorbonne, spécialiste du Maghreb. Il a publié notamment : Histoire
du Maroc depuis l’indépendance (La
Découverte).
LE FIGARO. – L’immigration en
provenance d’Afrique subsaharienne
est au cœur des préoccupations des
peuples européens. Face à cette réalité
démographique, faut-il se résoudre
à l’impuissance ou y a-t-il des marges
de manœuvre ?
Pierre VERMEREN. – L’immigration
massive venant d’Afrique est souvent
présentée comme inéluctable, tel un
phénomène naturel ou climatique. Or,
les Chinois pauvres étaient plus d’un
milliard, mais n’ont jamais débarqué au
Japon, car ce pays en a décidé autrement. L’affaire est donc politique. En
Méditerranée, comme l’Union européenne est indécise, la question est aux
mains des États de la rive sud. S’ils le
décident, ils peuvent stopper du jour au
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A
SIEGFRIED MODOLA/REUTERS
JEAN-MARC LECLERC £@leclercjm
À Vintimille, des migrants
soudanais vont tenter
de franchir la frontière italienne
pour se rendre en France,
en décembre 2017.
AGRÉMENT N°2001-002 DU 25 OCTOBRE 2001–COMMISSAIRE-PRISEUR HABILITÉ CYRILLE COHEN
lendemain les flux migratoires comme
l’a fait le Maroc en 2001 ou la Turquie en
2016. À l’époque de Ben Ali et de Kadhafi, la Tunisie et la Libye bloquaient ces
flux. Le Maroc, après la mise en place de
Schengen en 1986, a connu une très
grande poussée migratoire : environ
200 000 migrants par an via le détroit
“
S’ils le décident,
les États de la rive
sud peuvent
stopper les flux
migratoires
PIERRE VERMEREN
”
de Gibraltar. Ça s’est arrêté du jour au
lendemain après le 11 septembre 2001.
Le vrai arbitrage n’est pas entre l’immigration ou son absence, mais entre l’intervention des États ou leur retrait.
L’Europe doit négocier
avec les États du Maghreb ?
L’immigration, à l’exception de la Syrie,
n’a pas brusquement augmenté en 2015.
La pression migratoire est constante depuis des années, car les facteurs écono-
miques, politiques et culturels ne varient
pas : tant que l’Occident offre ses illusions sur les écrans du monde entier, le
monde veut accéder à ces paradis artificiels. À partir des années 2000, il y a eu
des accords négociés entre l’Europe et le
Maghreb (accords 5+5) pour se partager
les tâches. En échange d’un blocage de
l’immigration, les pays du Maghreb recevaient des aides matérielles, numéraires ou bien administratives. Récemment, si les flux ont fortement baissé
entre la Libye et l’Italie, c’est parce que
l’État italien a acheté en cash cette baisse
auprès des Libyens. Faute d’intervention européenne concertée, cela se règle
au plus près par le bilatéral.
Pourquoi aujourd’hui cette régulation
des flux par les États limitrophes
ne fonctionne plus ?
Il y a plusieurs raisons. D’abord les
Printemps arabes ont déstabilisé plusieurs États, la Tunisie d’abord, puis
surtout la Libye, devenue un territoire
anarchique aux mains des milices. C’est
la cause principale des grandes poussées
migratoires (2011 en Tunisie, 2016 en
Libye). Ensuite, le laisser-faire d’une
administration qui se laisse gagner par
la corruption, la décision revenant au
chef de poste qui accepte de fermer les
yeux moyennant quelques milliers de
dollars. Il peut y avoir des raisons géopolitiques : ce fut le cas de la Turquie en
2015, qui a voulu faire pression sur l’Europe. Enfin, il peut s’agir d’une crise sociale à l’intérieur d’un pays proche :
ainsi la Tunisie et le Maroc, confrontés à
une jeunesse inactive et pauvre dans le
Sud tunisien comme dans le Rif et
l’Oriental marocains, sont incités à lâcher la pression en entrouvrant les portes de l’émigration.
La proposition de créer des « hotspots »
directement dans les pays d’Afrique
pour sélectionner l’immigration
pourrait-elle être une solution ?
De tels camps existent depuis peu au
Sahel. Mais les pays du Maghreb n’ont
aucune envie de les voir s’installer sur
leur sol où ils deviendraient des points
de fixation, et potentiellement des
camps de réfugiés ou de migrants
géants comme en Turquie ou au Liban.
Vu les faibles niveaux de vie locaux et
les risques criminels et sécuritaires, les
États préfèrent traiter eux-mêmes les
problèmes. Les États policiers du Maghreb n’ont pas des milliards d’Euros à
consacrer à ces politiques migratoires. ■
973
migrants
évacués lundi
dans les deux derniers
grands campements
de Paris, dans les Xe et
XVIIIe arrondissements
DES IRAKIENS
INTERPELLÉS
DANS LE NORD
SAISISSENT
LA CEDH
Trois Irakiens, interpellés
dans le nord-ouest
de la France et renvoyés
vers la Finlande le 23 mai
alors qu’ils devaient
comparaître devant un juge
en France le jour même,
ont saisi la Cour européenne
des droits de l’homme (CEDH)
pour s’opposer à leur
expulsion par Helsinki
vers leur pays d’origine.
Dans cette affaire,
la cour d’appel de Rouen
a estimé que les « droits
fondamentaux »
de ces Irakiens âgés
de 23 à 26 ans « apparaissent
violés », dans un arrêt
du 25 mai. « La préfecture […]
a fait obstacle à un droit
fondamental garanti
par les droits de l’homme
et les lois françaises
d’être présent devant son juge
et de mettre en œuvre
des recours », estiment
les juges. La cour a condamné
la préfecture à payer
2 000 euros par ressortissant
au titre de l’aide juridique.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mardi 5 juin 2018
POLITIQUE
Jean-Luc Mélenchon n’a pas réussi à faire
plier le gouvernement, mais a tordu le bras
aux concurrents de son camp.
TRISTAN QUINAULT-MAUPOIL £@TristanQM
OPPOSITION La mère des réformes est en
passe de sauter la barricade. Dix semaines
après le début du mouvement social, le
vote solennel de la réforme ferroviaire
aura lieu ce mardi à 14 h 30 au Sénat.
L’opposition qui rêvait de faire descendre
la France dans la rue est forcée de constater que l’exécutif ne sort pas entravé de
cette séquence. Les ingrédients pour que
la gauche radicale marque des points
étaient pourtant réunis. Outre la SNCF,
l’agitation des étudiants et la grogne des
fonctionnaires ont pu faire croire à certains commentateurs qu’un remake de
Mai 68 était possible. Ce scénario a vite
fait pschitt. « On n’a pas dans la rue le niveau de personnes susceptibles de porter
un coup d’arrêt à la politique de Macron », reconnaît l’eurodéputée communiste Marie-Pierre Vieu. « 2018 n’est
pas 1995 », se félicite un ministre, même
s’il se garde bien d’afficher un triomphalisme débridé : « Il ne faut pas oublier qu’il
ne s’agit pas des mêmes réformes. »
À gauche, c’est l’heure des comptes.
Tous les regards se tournent forcément
vers Jean-Luc Mélenchon. « La France
insoumise n’a pas su mobiliser au-delà de
ses adhérents », analyse un ténor histori-
que de Solferino. Le député des Bouchesdu-Rhône, qui admettait avoir perdu le
point à l’automne dernier face à la réforme du Code du travail, se garde bien
aujourd’hui de rééditer ce constat. « Macron peut croire ce que dit la télé et ceux
qui le servent. Mais la vie et sa vérité sont
déjà ailleurs. La où régnait la sidération il y
a à peine un an, au point qu’il fit passer la
réforme du code du travail, règne désormais la rage et le dégoût », écrit-il sur son
blog. Le leader de La France insoumise
n’a pas supporté que la presse présente
les manifestations du 26 mai comme un
échec.
« La gauche selfie »
Il s’agit, pour lui, de garder la face pour
tenir son rang d’opposant numéro un. Et
de prévenir les procès venus de la gauche, où de nombreuses figures ont été
tentées de surfer sur la mobilisation sociale pour se (re)faire une santé. Les élections européennes en ligne de mire.
À commencer par Benoît Hamon. Le
fondateur de Génération.s s’est très tôt
impliqué, se présentant comme le rassembleur des gauches avec le Parti communiste et les écologistes. « La gauche
selfie », avait raillé Mélenchon, tandis
qu’un de ses lieutenants préfère aujourd’hui évoquer « la conjonction des petites
J.-C. MARMARA/LE FIGARO
Mouvement
social : l’heure
des comptes
pour la gauche
5
Sur les bancs
de La France
insoumise,
le 16 avril,
à l’Assemblée
nationale.
forces qui ne pensent qu’à leur naissance
ou à leur survie ».
Dans son épopée, l’ancien socialiste
avait cru bon se faire aider d’Olivier Besancenot, qui a fait là son grand retour
médiatique. « Juste pour emmerder JeanLuc Mélenchon. C’était le House of Cards
du pauvre », tance un cadre de LFI. Mais
Benoît Hamon y a perdu des plumes. « Il
s’est confronté au mur Mélenchon, stagnant dans l’électorat LFI tout en s’abîmant dans l’électorat socialiste », analyse
Brice Teinturier, le directeur général
délégué de l’institut de sondage Ipsos. Ce
qui fait dire au politologue qu’« il n’y a
pas d’espace pour lui sur le créneau de la
radicalité ».
Jean-Luc Mélenchon a ensuite assisté à
l’émergence de François Ruffin. Le député de la Somme, qui siège à l’Assemblée
avec les Insoumis, a fait irruption dans le
mouvement social avec sa « fête à Macron », le 5 mai dernier. C’était sans
compter la capacité de l’ex-candidat à la
présidentielle de se saisir médiatiquement de l’évènement le jour J. « Il s’est
assis sur la tronche de François Ruffin », se
marre un socialiste, qui ironise : « Il a dû
apprécier la manœuvre du vieux caïman. »
Quant à Olivier Faure, le nouveau patron
du PS, il a été malmené lors de ses rares
apparitions dans les cortèges.
S’il n’est pas parvenu à faire plier le gouvernement, Jean-Luc Mélenchon a au
moins réussi à tordre le bras de ses
« amis ». Ainsi a-t-il pu faire venir à lui la
CGT, qui a manifesté aux côtés de La France insoumise le 26 mai , abattant ainsi un
des dogmes de la centrale. L’efficience de
cette stratégie n’a pas été démontrée,
mais qu’importe, « on a semé pour la suite », veut croire Éric Coquerel. La convergence des luttes, « un jour ou l’autre, ça
aura lieu. Et pas dans dix ans », dit-il
Plus que l’échec du gouvernement,
« l’essentiel du combat de Jean-Luc Mélenchon, c’est l’hégémonie culturelle et politique sur la gauche », note Émeric Bréhier, le directeur de l’observatoire de la
vie politique de la Fondation Jean Jaurès,
tandis qu’un ministre moque « le cannibale Mélenchon qui n’a pas une vocation
majoritaire ». Pour le plus grand bonheur
de l’exécutif. ■
Le PCF désigne Ian Brossat
aux européennes et ferme
la porte aux Insoumis
“
Il nous fallait
trouver un candidat
qui marque
le rajeunissement,
qui soit identifié
et qui fasse des voix !
MARIE-PIERRE VIEU, EURODÉPUTÉE
”
sur le fond que sur la stratégie du parti, à
quelques mois du congrès extraordinaire de novembre 2018. « Ian est une solution acceptable par l’ensemble des communistes », explique l’eurodéputée
Marie-Pierre Vieu, à la manœuvre sur
ces élections. Elle l’admet : « Il nous fallait trouver un candidat qui marque le rajeunissement, qui soit identifié et qui fasse
des voix ! » Mais pas question de voir
dans cette nomination un quelconque
message subliminal de main tendue aux
socialistes. « Il n’y aura aucune alliance
avec le PS aux européennes », indique
nettement Pierre Laurent.
Pour autant, La France insoumise voit
cette nomination d’un mauvais œil. En
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2
GABALDA/AFP
« NOUS REFUSONS la volonté d’Emmanuel Macron de confisquer le débat européen entre lui et le populisme d’extrême
droite ! » Pierre Laurent l’assure : « Si
ces prochains mois, le débat est monopolisé en France, nous aboutirons à une même
catastrophe qu’en Italie ». Inquiet, le secrétaire national du PCF a décidé de ne
pas attendre pour se lancer dans la bataille. Quel que soit l’état de ses troupes.
Ce week-end lors d’un Conseil national du PCF, un « chef de file » communiste a ainsi été désigné : Ian Brossat,
adjoint PCF au Logement de la maire PS
de Paris Anne Hidalgo. Lundi, Pierre
Laurent a souligné que cette désignation
avait fait l’objet du consensus le plus large, alors même que le CN s’est déroulé
dans une ambiance houleuse, aussi bien
particulier, le député de Seine-Saint-Denis Alexis Corbière, proche de Mélenchon. Brossat et Corbière, qui ont été
proches, ne le sont plus depuis qu’en
2014, lors de la dernière municipale parisienne, le communiste a fait le choix de
rejoindre et de soutenir la socialiste Anne
Hidalgo, dont il est toujours proche.
« C’est une personnalité parisienne, qui
travaille avec le PS et qui porte déjà un
mandat », regrette Corbière. Plus largement, La France insoumise reproche au
PCF de partir dès maintenant et de rejeter, sans le dire ouvertement, une alliance avec eux. « Les solutions qui tentent un
peu de concilier des forces populistes et nationalistes finissent dans le mur, à l’image
du M5S en Italie. Je ne veux pas de cette
dérive-là », a en effet commenté Pierre
Laurent lundi, pointant tout « projet de
repli national ». La France insoumise
pouvait à juste titre se sentir concernée.
Le choix du patron du PCF de prendre
dès avant l’été son « bâton de pèlerin » a
aussi suscité l’agacement de cadres
communistes lors du CN. Celui, en particulier, d’Elsa Faucillon. La jeune députée PCF des Hauts-de-Seine est même
« en colère » face à ce qu’elle considère
comme « un renoncement à vouloir rassembler la gauche de transformation ».
« Je crois, dit-elle, que le PCF doit
aujourd’hui être lucide sur ce qu’il est :
pas en bon état. Ce qui nous oblige à être
offensif sur la question du rassemblement ». La députée déplore « un grand
manque de lucidité » de la part de sa direction mais aussi « un grand manque
d’ambition et une forme de repli ».
Faucillon est convaincue que le PCF et
La France insoumise, mais aussi Génération.s et d’autres, pourraient s’accorder
« sur la nécessité d’une autre Europe et
celle de la désobéissance face aux traités ».
« Chez Mélenchon, dit-elle, il n’y a pas
que le plan B du Frexit, il y a aussi un plan
A. » Sa voix cependant n’est pas entendue. Si Pierre Laurent a désigné un « chef
de file » et non une « tête de liste », c’est
pour laisser ouvert le jeu, mais plutôt à
Génération.s ou aux écologistes. ■
A
SOPHIE DE RAVINEL £@S2RVNL
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 5 juin 2018 LE FIGARO
6
POLITIQUE
Les Marcheurs en quête
d’un socle idéologique
Des députés, en lien avec le mouvement, réfléchissent
à la définition politique du macronisme et à son volet social.
MATHILDE SIRAUD £@Mathilde_Sd
MAJORITÉ Emmanuel Macron a inventé,
avec En marche !, une nouvelle doctrine
politique. L’ancien candidat à la présidentielle l’a fait vivre à travers la création d’un
nouveau mouvement, d’une campagne
électorale et d’un projet présidentiel. Avec
son diptyque « libérer et protéger », le chef
de l’État a entraîné derrière lui des représentants de droite comme de gauche,
prospéré sur l’ambition de dépassement
des clivages traditionnels.
Un après son élection, sa majorité peine
à faire vivre cette promesse mais aussi à
théoriser une ligne politique. « Ma responsabilité aujourd’hui, c’est de préparer
l’après-Macron ou le sans-Macron », expliquait, début avril, le chef de file de La
République en marche (LaREM), Christophe Castaner. Le secrétaire d’État et les cadres du mouvement présidentiel cherchent à dépasser la « feuille de route » du
programme présidentiel pour formuler
une définition du macronisme et une ligne
idéologique claire. Car les récents débats,
sur la loi asile et immigration ou sur les
aides sociales, ont révélé des lignes de
fractures au sein de la majorité. Sur la laïcité, par exemple, les positions sont multiples… Au risque d’alimenter la confusion et
de compliquer le quotidien de ce collectif
composite, un « manteau d’arlequin »
comme aime à dire le député Gilles Le
Gendre. « Le spectre idéologique est si large
que nous peinons parfois à construire un ensemble homogène », observe un pilier du
groupe LaREM à l’Assemblée. Si bien
qu’un petit groupe de députés, à l’instar de
la présidente de la commission des Affaires
sociales Brigitte Bourguignon, s’expriment
régulièrement pour demander au gouvernement de muscler la politique sociale.
« Cela ne sert à rien, comme disait de Gaulle
sur l’Europe, de sauter sur sa chaise en
criant : “social, social, social” », juge le député Olivier Véran, transfuge du PS et rapporteur général du budget de la sécurité
sociale. « La première des politiques sociales, c’est de permettre aux Français d’avoir
un travail et de sortir de la précarité. »
La définition d’une ligne politique est
certes un exercice périlleux, mais pourrait
permettre d’éviter une cassure entre la
jambe droite et la jambe gauche de LaREM.
D’autant qu’Emmanuel Macron a en horreur les souvenirs de la fronde du précédent quinquennat. « On manque parfois
d’explication sur ce qu’est le macronisme. Il
faut revenir à l’essence même du projet présidentiel d’émancipation et faire émerger
une grille de lecture », plaide le député LaREM de Paris Pierre Person, membre du
bureau exécutif du parti. Avec une poignée
de députés et des cadres macronistes, l’élu
souhaite « remettre du sens » dans l’ensemble des mesures adoptées. « Si on me
demande d’expliquer en quoi les réformes
“
On manque parfois
d’explication sur ce qu’est
le macronisme. Il faut
revenir à l’essence même
du projet présidentiel
”
PIERRE PERSON, DÉPUTÉ LAREM DE PARIS
participent à un projet de société, je suis incapable d’argumenter », concède un parlementaire. Ces macronistes cherchent à apporter des réponses à toute une série de
questions : « Qui sommes-nous ? Que cherche-t-on ? Qu’est-ce que le progressisme ? »
En complément de ce travail de fond
censé « renouer avec le récit porté par Emmanuel Macron pendant la campagne »,
Christophe Castaner œuvre de son côté à la
construction d’une identité propre pour
son mouvement. Pour contrecarrer le seul
discours gouvernemental, le délégué général distille ses propres propositions :
maintien de la taxe d’habitation pour les
résidences secondaires, éventualité d’un
soutien à une proposition de loi pour graver dans le marbre la sortie du glyphosate… Ce message complémentaire à celui de
l’exécutif vise aussi à tenter de rééquilibrer
le discours global qui penche, aux yeux de
certains, trop à droite. Beaucoup cherchent la parade pour gommer l’étiquette
de « président des riches » qui colle au président de la République. « Il faut arriver à
marquer l’opinion publique avec les lois
qu’on adopte, martèle un député LaREM.
Sur la loi alimentation, par exemple,
personne ne sait ce qu’on a fait sur le rééquilibrage des prix ou sur le bio. On a juste retenu la séquence sur le glyphosate qui brouille
complètement le message. » Pas de rééquilibrage mais de simples ajustements
sémantiques, donc, qui doivent aussi
servir à rassurer un électorat de centre
gauche qui avait plébiscité Emmanuel
Macron en 2017. ■
CONTRE-POINT
PAR GUILLAUME TABARD £@GTabard
L’équilibrisme municipal
de la stratégie macroniste
S
«
ortez les sortants »
avait été le mot d’ordre
macroniste largement
victorieux des législatives.
« Reconduisez les sortants » sera-t-il
la consigne des municipales ?
Pour La République en marche,
la préparation de l’échéance de 2020
recèle un double enjeu : revendiquer
la victoire - sinon le fauteuil de maire
proprement dit - dans le plus grand
nombre de villes possibles.
Et poursuivre la recomposition
politique en affaiblissant plus encore
Les Républicains et les socialistes.
Si des maires LR ou PS ont fait
« un super boulot » et « le souhaitent »,
LaREM regardera si « des alliances
sont envisageables », a confirmé lundi
le patron du parti, Christophe
Castaner, sur Public Sénat.
Traduction : un maire
Macron-compatible pourra être
soutenu par le parti du président.
Mais une fois posée cette règle,
rien n’est dit et tout reste à faire.
Car, dans cette négociation,
chacun a ses intérêts propres.
D’abord politiquement, l’enjeu est
dissymétrique. À Nantes, Rennes
ou Lille, on voit mal les socialistes
Le délégué général de La République en marche, Christophe Castaner (ici à l’Assemblée nationale), travaille à la construction
d’une identité propre pour son mouvement. FRANÇOIS BOUCHON/LE FIGARO
Guillaume Chiche : « Ça ne tangue pas dans la majorité »
DES ÉTATS D’ÂME dans la majorité ?
Guillaume Chiche n’en affiche aucun.
Pas plus qu’il n’imagine voir circuler
dans la majorité une tribune pour
demander un remaniement gouvernemental et une inflexion à gauche de la
politique d’Emmanuel Macron.
L’idée circule pourtant, même si certains n’évoquent qu’une rumeur. Pour
Guillaume Chiche, cela est de toute façon « absolument incompréhensible ! ».
« Depuis un an, est-ce que les réformes sont élaborées, inscrites à l’agenda
politique et adoptées par l’Assemblée ?
Oui, a-t-il tranché lors du “Talk Le Figaro” avant d’assurer : Nous avions pris
l’engagement de réformer le pays, il n’y a
pas un seul ministre qui fasse défaut dans
cette logique. » D’ailleurs, Guillaume
Chiche l’a assuré : « Je ne demande pas
un renouvellement des têtes. »
Certains ministres sont critiqués
pourtant. À commencer par Gérard Collomb dont les récents commentaires sur
les migrants qui feraient du « benchmarking » ou les manifestants qui de-
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TEMPS - VALENTIN, Huissiers de Justice associés à SAINT TROPEZ
vraient eux-mêmes lutter contre les
black blocs ont provoqué des polémiques à n’en plus finir.
Pour Guillaume Chiche, il n’est
cependant pas question de changer
quoi que ce soit, puisque au sein de
l’équipe gouvernementale, comme au
sein de la majorité, « ça ne tangue pas ».
» Retrouvez
Guillaume Tabard
tous les matins à 8 h 10
sur Radio Classique
EN BREF
Européennes : pour Le Pen,
le refus de Dupont-Aignan
n’est pas « définitif »
Marine Le Pen, présidente
du Rassemblement national
(ex-FN), a affirmé lundi que le
refus de Nicolas Dupont-Aignan
de former une liste commune
pour les prochaines élections
européennes n’était pas
« définitif ». « Je ressens
de sa part une crainte, en quelque
sorte, d’être absorbé dans le
mouvement Rassemblement
national, a-t-elle déclaré sur
France Bleu Nord. Ça n’est pas
mon objectif. » Le président
de Debout la France a invité
Marine Le Pen à clarifier
son projet avant d’envisager
une alliance entre les deux partis.
Réforme des aides sociales
« Quand est-ce qu’on fait un remaniement ? Quand on en a besoin. On n’en fait
pas pour se faire plaisir, a-t-il évacué.
Ce ne serait ni la forme ni le moment de le
faire car aujourd’hui nous sommes dans
l’efficacité. » Ou du moins dans la recherche d’efficacité, comme sur la
question des aides sociales.
Le récent couac entre Gérald Darmanin et Bruno Le Maire a contribué à alimenter l’idée de dissensions au sein du
gouvernement.
« Il y a des personnes comme M. Darmanin et M. Le Maire qui viennent de la
droite et qui font le pari de travailler avec
des personnes qui viennent de la gauche.
Tout le monde est à l’œuvre pour une
promesse que nous avions faite de dépassement des clivages et l’absence de réflexe dogmatique ou idéologique. Ce pari
est pleinement réussi aujourd’hui », a
tranché Guillaume Chiche.
Quant à la question des aides sociales,
« il y a une question d’efficacité, a-t-il
expliqué. Aujourd’hui, est-ce que nous
atteignons nos objectifs ? Je ne crois pas ».
D’où l’ouverture du député à une réforme de ce système complexe dont
Johanna Rolland, Nathalie Appéré ou
Martine Aubry se convertir
au macronisme pour conserver
leur mairie. Les maires « ciblés »
sont plutôt à droite : d’Alain Juppé
(Bordeaux) à Laurent Hénart (Nancy),
de Christian Estrosi (Nice)
à Arnaud Robinet (Reims), de JeanLuc Moudenc (Toulouse) à Christophe
Béchu (Angers). Tous ces maires
et d’autres - LaREM a identifié
cent cinquante élus juppéistes dans
les villes de plus de 10 000 habitants ont en commun d’être opposés
à la stratégie nationale de Laurent
Wauquiez et de ne pas être insensibles
à l’action de Macron.
Mais c’est là que la difficulté
commence. Car le souci premier
de ces maires est d’être réélus,
pas de fournir des trophées à un parti.
Beaucoup sont disposés à ouvrir leur
liste à des macronistes, pas forcément
à rompre avec leurs colistiers actuels.
Ils veulent éviter toute concurrence
périlleuse mais s’opposent à ce que
leur liste leur soit dictée de Paris.
Or, de leur côté, les partis nationaux
fixeront des critères. Quand Castaner
dit : « Je me fiche de savoir si un maire
a été un jour LR ou pas », cela signifiet-il qu’un maire LR ne pourra être
soutenu par LaREM qu’à la condition
de quitter son parti d’origine ?
Ou de s’engager à soutenir Macron
à la prochaine présidentielle ?
Inversement, la droite présenterat-elle automatiquement une liste
contre un des siens qui donnera des
gages trop ostensibles à la macronie ?
De même à gauche ; sans parler
de Paris, qui est un casse-tête en soi
avec une Anne Hidalgo qui tente
d’amadouer Macron dont les amis
restent déterminés à la déloger.
Parmi les points essentiels
de la future « charte des valeurs et
d’engagements » macroniste : le refus
de soutenir un maire qui aurait déjà
fait trois mandats. LaREM va-t-elle
ainsi partir au combat contre Alain
Juppé, dont personne ne doute qu’il
brigue un cinquième mandat à
Bordeaux, ou contre Hubert Falco à
Toulon ? Mais les règles valent parfois
pour leur exception. Et, à l’arrivée,
acteurs nationaux et locaux n’auront
d’autre choix que de négocier
et décider au cas par cas. ■
GUILLAUME CHICHE, lundi, dans
le studio du Figaro. F. BOUCHON/LE FIGARO
Christophe Castaner rappelait récemment qu’il pouvait compter jusqu’à plus
d’une centaine d’aides différentes dans
toute la France.
« Si on parle d’une réforme des aides
sociales pour les rendre plus lisibles et
plus efficaces, je suis complètement d’accord », a-t-il assuré avant de dire sa
confiance au délégué général du parti
présidentiel. « Il fait le job, à n’en pas
douter. Christophe Castaner œuvre tous
les jours, pied à pied, dans une démarche
de concertation », a assuré Guillaume
Chiche. ■
F.-X. B.
Selon Poirson, la loi littoral
ne sera « pas touchée »
« On a tranché, la loi littoral,
nous n’y toucherons pas », a
affirmé lundi la secrétaire d’État
à la Transition écologique Brune
Poirson. Vendredi, les députés
ont supprimé la dérogation
qui autorisait les projets
photovoltaïques au même titre
que les projets éoliens.
La possibilité de combler
des « dents creuses »
(les parcelles vides situées entre
deux bâtiments construits dans
un même hameau) a été régulée
par d’autres amendements.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mardi 5 juin 2018
INTERNATIONAL
7
Europe : Merkel se positionne face à Macron
Sur la défense,
l’immigration,
la zone euro, la
chancelière répond
dans le détail
au président français.
NICOLAS BAROTTE £@NicolasBarotte
CORRESPONDANT À BERLIN
Angela Merkel lors d’une conférence de presse au sommet UE-Balkans occidentaux, le 17 mai, à Sofia, en Bulgarie.
« Ces propositions offrent, à notre avis, un
paramètre pour parvenir à un accord sur les
sujets majeurs », a commenté prudemment lundi Margaritis Schinas, un porteparole, en espérant que le sommet de juin
« soit un sommet où l’on prend des décisions ».
Angela Merkel veut elle aussi aboutir à
des propositions pour cette date, et, pour
les aspects financiers du prochain budget
européen, avant les élections européennes
de 2019. « La France et l’Allemagne peuvent donner une impulsion, mais, à la fin, la
décision revient à tous les États membres »,
prévient-on cependant dans l’entourage
de la chancelière.
Négociatrice prudente et habile, Angela
Merkel joue sur les détails pour assouplir
ou asseoir les positions allemandes. Sur
certains sujets, l’Allemagne et la France
semblent effectivement se rapprocher. En
matière de défense européenne, elle donne l’avantage à Emmanuel Macron, ju-
Le nazisme, « du pipi
de chat » pour l’AfD
Les propos du leader de la droite radicale ont
déclenché un haut-le-cœur dans toute l’Allemagne.
ALLEMAGNE « Hitler et le national-socialisme ne sont que du pipi de chat sur mille
ans d’histoire allemande victorieuse. » En
prononçant ces mots samedi, Alexander
Gauland, le leader du parti de droite radicale AfD, a déclenché un haut-le-cœur
dans toute l’Allemagne. Face au tollé, ce
vieux briscard de la politique - il a été
quarante ans membre de la CDU, avant
de prendre la tête du parti populiste - a
affirmé avoir été mal compris : il ne
s’agissait pas, a-t-il dit, de relativiser les
crimes du passé, mais de réhabiliter le
reste de l’histoire allemande. Ce n’est pas
non plus sa première provocation. L’an
dernier, il avait proposé, en reprenant un
vocabulaire sulfureux, de « déporter en
“
Ils veulent
à dessein rouvrir
de vieilles plaies,
répandre la haine
”
FRANK-WALTER STEINMEIER, PRÉSIDENT FÉDÉRAL
Anatolie » une secrétaire d’État germano-turque. Pendant la campagne législative, il avait aussi proposé de réhabiliter
les soldats de la Wehrmarcht.
Son évocation du nazisme a suscité une
condamnation immédiate. Le président
fédéral Frank-Walter Steinmeier, qui
rendait hommage dimanche aux victimes homosexuelles du nazisme, a dénoncé « ceux qui aujourd’hui nient ou relativisent la césure sans précédent dans la
civilisation » qu’a représentée le nazisme.
Ceux-là « se moquent des millions de victimes » et « veulent à dessein rouvrir de
vieilles plaies, répandre la haine ». « Il
nous faut leur faire face », a-t-il insisté.
Lundi, avant de recevoir le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, la
chancelière Angela Merkel a elle aussi
jugé « honteuses » les déclarations
d’Alexander Gauland. En Allemagne, le
regain d’antisémitisme est devenu un sujet d’inquiétude pour le gouvernement.
Tiraillé entre son aile toujours plus radicale, décidée à dédiaboliser la mémoire
allemande, et les tenants d’un libéralconservatisme plus acceptable, l’AfD est
au bord de la schizophrénie. Après les
déclarations d’Alexander Gauland, quelques responsables ont protesté en jugeant que le nazisme ne pouvait être réduit à un accident minime. Dans un court
communiqué de presse, la formation a
aussi pris ses distances avec l’ensemble
de la manifestation des « Jeunes de l’Alternative », où Alexander Gauland a tenu
ses propos controversés. Une majorité
des militants présents y a chanté l’intégralité de l’hymne allemand, y compris
la strophe sur « l’Allemagne avant tout »,
supprimée pour avoir été glorifiée par le
régime nazi. L’AfD a fait part « de sa désapprobation ».
Le reste du parti a tenté de relativiser la
polémique. Le choix des mots est « inapproprié », s’est contenté de dire Jörg
Meuthen, l’autre coprésident. Les forces
radicales semblent être les plus fortes au
sein de l’AfD. Elles sont emmenées en
coulisses par le leader de Thuringe Björn
Höcke, qui a appelé à un renversement
« à 180 degrés de la culture du souvenir allemande ». Pas à pas, l’AfD a lancé une
offensive sur la mémoire allemande pour
y relativiser le poids du nazisme.
Cette stratégie, qui lui assure la présence médiatique, n’a pas nui pour l’instant à l’Alternative für Deutschland.
Même si la grande manifestation de Berlin le 27 mai n’a pas rassemblé les foules,
elle a pu se dérouler sans encombre. Et
dans les sondages, le parti ne régresse
pas. Dans la dernière enquête Insa parue
lundi, l’AfD obtient 16 % d’intentions de
vote. À 17 %, la deuxième place du SPD
ne tient qu’à un fil. ■
N. B.
geant « positivement » l’idée du chef de
l’État de créer « une force d’intervention
européenne ». Celle-ci pourrait même rester ouverte au Royaume-Uni, même après
sa sortie de l’Union. La chancelière se prononce aussi pour un conseil de sécurité
européen pour agir plus rapidement.
“
La France et l’Allemagne
peuvent donner une
impulsion, mais, à la fin,
la décision revient à tous
les États membres
”
DANS L’ENTOURAGE D’ANGELA MERKEL
En ce qui concerne la politique migratoire, les deux pays sont aussi prêts à s’entendre. Mais le sujet est épineux en Europe. La chancelière plaide, comme son
homologue français, pour un renforcement du contrôle aux frontières extérieu-
STOYAN NENOV/REUTERS
res. Elle souhaite aussi une procédure
d’asile commune et un système de répartition des réfugiés entre États membres.
Lucide, elle n’attend toutefois pas de décision lors du prochain conseil et propose un
« système flexible » : les États réticents à
accueillir des demandeurs d’asile pourraient compenser par des contributions
« comparables » dans d’autres domaines.
Sur la question de la zone euro, les pas
de Berlin sont en revanche plus limités.
Angela Merkel se montre beaucoup moins
ambitieuse qu’Emmanuel Macron, puisque le budget d’investissement qu’elle
évoque se limiterait à quelques dizaines de
milliards d’euros, quand le chef de l’État
souhaitait plusieurs centaines de milliards. L’idée « d’un budget de la zone
euro » n’est pas d’actualité. En outre, les
velléités allemandes d’augmenter sa
contribution européenne ont fait long
feu : Angela Merkel veut limiter le budget
de l’UE à 1 % du PIB européen. En valeur
absolue, « ce sera davantage en 2021 qu’en
2013 », a-t-elle fait remarquer. Surtout,
l’Allemagne tient fermement à l’organisation intergouvernementale d’un éventuel
Fonds monétaire européen, qui laissera à
l’Allemagne la possibilité d’en surveiller le
fonctionnement. Elle souhaite aussi que ce
FME dispose d’un droit de regard de fait
sur les budgets des États membres. C’est
un point de désaccord fondamental avec
Paris, qui plaide pour un pilotage politique
et qui voudrait laisser la surveillance des
budgets nationaux à la Commission. Derrière la technicité du sujet, c’est le fonctionnement de l’Europe qui est en jeu.
Cernée par la montée des populismes,
l’Allemagne freine les ambitions françaises. Pour Angela Merkel, le principal objectif reste de maintenir la cohésion de
l’Union européenne. Fidèle à son analyse,
elle ne veut pas de grand bond en avant
qui pourrait effrayer les plus sceptiques. Et
ses propres électeurs. ■
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A
EUROPE L’ultime négociation a commencé. Plus de huit mois après le discours
du président français sur l’avenir de l’Europe, Angela Merkel a répondu, sans emphase, comme mue par un souci de soustraire les sujets difficiles au spectacle
politique. La chancelière s’est contentée
d’une interview parue dimanche dans un
quotidien. « Très précise, très complète »,
assure-t-on dans son entourage. Elle y
délivre quelques pistes avec quelques détails, mais pas de grands desseins. Dans
cinq ou dix ans, elle souhaite simplement
que « l’Europe parle d’une seule voix » sur
la scène internationale, que l’Union soit
« forte économiquement » et qu’elle « renforce le multilatéralisme ». Angela Merkel
est meilleure dans les détails sur la défense européenne, la politique d’asile commune ou l’avenir de la zone euro.
La chancelière « se rapproche des vues
françaises », s’est contenté de commenter
lundi l’Élysée. « C’est un mouvement positif », a-t-on ajouté. À Paris, le chef de
l’État commençait à s’impatienter face au
silence dilatoire allemand. Il pourra lui répondre de vive voix en fin de semaine en
marge du G7 au Canada. Angela Merkel et
Emmanuel Macron, qui se retrouveront
aussi le 19 juin pour un Conseil des ministres franco-allemand, ont promis de présenter une feuille de route commune lors
du prochain sommet européen fin juin. En
attendant, Angela Merkel a reçu lundi à
Berlin le véritable homme fort de l’Europe, le président de la BCE, Mario Draghi.
La Commission européenne, de son
côté, est réduite au rôle de spectatrice.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 5 juin 2018 LE FIGARO
8
INTERNATIONAL
Gaza : les comptes macabres du Hamas
Le mouvement islamiste revendique tous les manifestants tués par Israël, ce qui sert la propagande de l’État hébreu.
CYRILLE LOUIS £Cyrille_Louis
ENVOYÉ SPÉCIAL À GAZA
PROCHE-ORIENT Les funérailles de
Mohannad Abou Tahoun ont bien failli
virer au pugilat. Jeudi 24 mai, une foule
compacte s’était rassemblée dans la
mosquée du camp de réfugiés de Nusseirat pour accueillir le corps sans vie
de ce lycéen touché dix jours plus tôt
par une balle israélienne. Le Hamas,
comme à son habitude, a proposé
d’« adopter » le défunt et de pourvoir
aux frais des obsèques. Mais sa famille,
liée au Fatah, la grande faction rivale,
ne l’entendait pas ainsi. Lorsqu’un
sympathisant islamiste trop empressé a
déployé le drapeau vert du mouvement
sur sa dépouille, elle s’est interposée et
le ton est monté. Après quelques minutes d’échanges tendus, le « martyr » a
été exfiltré de la mosquée et conduit directement au cimetière. « Nous ne voulons froisser personne, élude Baker Abou
Tahoun, le père du jeune homme, mais
nos liens avec le Fatah sont trop étroits
pour que nous puissions laisser une autre
faction revendiquer sa mort. »
L’incident, tout sauf anodin, témoigne des efforts récemment déployés par
le Hamas pour s’approprier un maximum des 124 vies fauchées par les balles
israéliennes depuis le début de la
« grande marche du retour ». Accusé
d’avoir envoyé la jeunesse palestinienne au casse-pipe pour un résultat
inexistant, le mouvement au pouvoir
dans la bande de Gaza espère ainsi
convaincre qu’il paie, et de loin, le plus
lourd tribut. L’un de ses responsables,
Salah al-Bardawil, est allé jusqu’à claironner que 50 des 60 manifestants
morts le 14 mai étaient membres du
mouvement. Une déclaration dont les
autorités israéliennes, habituellement
défiantes envers la propagande islamiste, se sont aussitôt emparées pour répondre aux accusations de « tirs indiscriminés » formulées par de nombreux
pays européens. « Le masque de la prétendue marche du retour se déchire, a résumé le porte-parole du ministère des
Affaires étrangères, Emmanuel Nahshon : il n’y a pas de manifestation populaire mais une foule de terroristes violents
issus du Hamas et animée d’intentions
meurtrières. Les pleurnicheurs professionnels qui critiquent Israël auront-ils
l’honnêteté de s’excuser ? »
Funérailles, samedi à Gaza, de Razan Al-Najar, une infirmière palestinienne tuée par les israéliens lors d’une manifestation.
Deux semaines après le bain de sang,
le fracas des tirs s’est dissipé mais le
choc des propagandes ne faiblit pas. Des
photographies de cadavres enveloppés
dans le drapeau du Hamas et portés par
la foule inondent les réseaux sociaux –
comme autant d’indices accablants.
Aux yeux du gouvernement israélien,
ces documents prouvent sans l’ombre
d’un doute que les dizaines de Palestiniens tués ainsi que les 3 500 blessés par
balles étaient des cibles légitimes. Mais
cette certitude est contredite par les
observations des nombreux journalistes
et membres d’ONG présents à Gaza le
14 mai. Si le tableau était partiel et souvent obscurci par les nuages de fumée
noire se dégageant des pneus en flammes, ceux-ci ont été témoins de rassemblements pacifiques en marge desquels des groupes rassemblant plusieurs
centaines de jeunes munis de pierres,
de cisailles et parfois de couteaux se
sont portés à l’assaut de la clôture dans
l’intention de l’endommager ou de la
franchir – le plus souvent sans constituer une menace réelle pour les tireurs
postés de l’autre côté.
L’armée israélienne affirme, sans être
démentie, que des membres de la branche armée du Hamas avaient pris place
50
morts
sur les 60 manifestants tués le 14 mai
étaient membre du Hamas,
selon un de ses responsables
aux avant-postes. Moataz al-Nounou
était à l’évidence l’un de ceux-ci. Mardi
15 mai, un petit détachement des brigades Azzeddine alcazar accueillait les
proches de la famille venus présenter
leurs condoléances. « Beaucoup, y compris au sein des unités spécialisées dans
les tirs de roquettes, ont choisi de poser
temporairement les armes afin de participer à ces manifestations », explique
Taher al-Nounou, oncle du « martyr »
et conseiller auprès du chef du Hamas.
L’État hébreu affirme que plusieurs
d’entre eux ont été tués après avoir
ouvert le feu vers des soldats, sans faire
de blessé, dans le nord de la bande de
Gaza. Mais combien, au total, ont péri
ce jour-là ? « Difficile à dire dès lors que
la branche armée entretient le mystère à
ce sujet », admet Mohammed Sabbah,
JEDI/ZUMA PRESS/MAXPPP
qui a enquêté sur le profil des 70 Palestiniens mortellement blessés le 14 mai
pour l’ONG israélienne B’Tselem, et
souligne : « Ni le fait d’être affilié au Hamas, ni même celui de servir au sein des
Qassam ne fait de vous une cible légitime
le jour où vous décidez de participer sans
arme à un rassemblement pacifique. »
La mort de Saadi Abou Salah illustre
bien cette nuance. À Beit Hanoun, sur le
mur d’enceinte de la maison familiale,
son visage encore enfantin s’affiche sur
des banderoles aux couleurs des principales factions palestiniennes, mais l’allégeance de la famille de fait guère de
doute. « Nous sommes tous Hamas –
parce que quand on habite près de la
frontière, on a le choix entre intégrer la
Résistance ou devenir collabo », dit fièrement Saïd, le père, qui a passé sept
années dans les prisons israéliennes.
Saadi, à l’entendre, fréquentait les
camps de jeunesse du mouvement et
rêvait d’intégrer un jour les brigades
Ezzeddine el-Qassam. Mais les photos
prises au cours des récentes manifestations ne montrent qu’un minot chétif et
souriant. On le voit qui défie la mort,
couché au pied de la clôture, tandis que
les plus grands jouent de la pince coupante pour tenter de percer une brèche.
EN BREF
Kim remanie son
état-major avant
le sommet avec Trump
Jordanie : le premier
ministre démissionne
Le premier ministre jordanien
Hani al-Mulqi a été contraint à la
démission lundi, après plusieurs
jours d’une contestation populaire,
inédite depuis des années, ciblant
un projet de réforme fiscale
et une hausse des prix.
Le dictateur nord-coréen a écarté trois des plus
hauts gradés de l’armée, pour s’assurer de sa fidélité.
CYRILLE PLUYETTE £@CyrillePluyette
A
CORRESPONDANT À PÉKIN
CORÉE DU NORD Kim Jong-un mène
des purges à la tête de l’armée avant un
sommet historique avec Donald
Trump. Le « Leader suprême » aurait
remplacé trois de ses plus hauts gradés,
selon des rumeurs persistantes. S’il est
confirmé, ce mouvement pourrait signifier qu’il souhaite aligner son armée
avec ses nouveaux choix stratégiques.
Les dirigeants nord-coréen et américain s’apprêtent en effet à aborder
l’épineuse question de l’arsenal nucléaire nord-coréen lors d’une rencontre le 12 juin à Singapour, dont Donald Trump a confirmé la tenue, après
l’avoir annulée une semaine plus tôt.
Le locataire de la Maison-Blanche a
prévenu qu’il faudra sans doute plusieurs rendez-vous pour parvenir à un
accord. Washington exige une dénucléarisation « complète, vérifiable et irréversible » de la péninsule. Pour sa
part, Pyongyang, qui a toujours considéré l’arme nucléaire comme une garantie de survie, souhaite notamment
des mesures « progressives ».
Les raisons de ce remaniement n’ont
pas été complètement éclaircies. Mais
certains officiels américains pensent
qu’il existait des dissensions parmi les
militaires à propos du rapprochement
initié par Kim Jong-un avec la Corée
du Sud et les États-Unis - deux pays
encore honnis l’année dernière -, selon
l’agence Reuters. Pour les chercheurs
du site spécialisé 38 North, en poursuivant « le resserrement du contrôle de
l’armée par le Parti », le numéro un du
Royaume ermite veut s’assurer qu’il
pourra s’appuyer sur des dignitaires
plus jeunes et encore plus loyaux, à un
moment où son régime est confronté à
de nouveaux défis à l’intérieur comme
à l’extérieur. Le tout, en se prémunissant contre un risque de détournement
de l’aide qui pourrait affluer de Corée
du Sud. Le choix des cadres promus
pourrait par ailleurs s’expliquer par
une volonté d’accorder à l’Armée du
peuple coréen un plus grand rôle dans
des projets d’infrastructures
Coup de communication
Fin mai, les médias officiels nord-coréens avaient déjà révélé que Kim Sugil avait été nommé à la tête du puissant
Bureau politique général (BPG) de l’armée, en remplacement de Kim Jonggak. D’après l’agence Yonhap, qui cite
des sources de renseignement, le chef
d’état-major Ri Myong-su a, de son
côté, cédé son poste à son adjoint Ri
Yong-gil, qui, à 63 ans, affiche 21 années de moins. Le ministre de la Défen-
« Bien sûr, je suis fier que mon fils soit
mort en martyr, assure son père. Mais
quand je pense qu’il avait tout juste
16 ans… »
D’autres morts du 14 mai ont été
« adoptés » alors qu’ils n’avaient apparemment aucun lien avec le mouvement islamiste. C’est le cas de Saïd
Abou el-Ghir, 15 ans, dont la famille vit
dans le plus grand dénuement en lisière
du camp de réfugiés de Shati. « Peu
après qu’on a récupéré le corps, raconte
son père, Mohammed, les représentants
du Fatah et du Hamas sont venus nous
voir et nous ont proposé de prendre en
charge le coût des funérailles. » Dans les
grandes familles, ce coup de pouce peut
représenter entre 3 000 et 4 000 dollars. « Comme je ne m’intéresse pas à la
politique, soupire M. Abou el-Ghir, les
responsables locaux des factions se sont
arrangés entre eux et ont décidé que le
Hamas planterait son étendard devant
chez moi. » Le corps de l’adolescent a
été recouvert d’un drapeau vert et une
centaine de repas ont été offerts à la famille. À en croire son père, Saïd était un
élève doué et paisible. Le mouvement
islamiste, tout comme l’armée israélienne, se souviendra pour sa part qu’il
est mort en fantassin du Hamas. ■
Russie : douze ans de prison
pour un journaliste
ukrainien
Kim Jong-un (à droite) et Kim Su-gil (3e à gauche), le nouveau directeur du Bureau
politique général (BPG) de l’armée, lundi, à Pyongyang en Corée du Nord. KCNA/REUTERS
se, Pak Yong-sik, a, quant à lui, vu ses
fonctions confiées à No Kwang-chol,
qui était premier vice-ministre, d’après
la même source.
Mais ces décisions pourraient aussi
s’apparenter à un coup de communication destiné à rassurer la communauté internationale. Kim Jong-un
« cherche peut-être à afficher un
changement tactique – l’économie devient la priorité – même si le nucléaire
reste en réalité fondamental ; et à
convaincre les États-Unis qu’il est prêt
à négocier », avance Antoine Bondaz,
chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique. ■
La justice russe a condamné lundi
le journaliste ukrainien Roman
Souchtchenko à douze ans
de prison après l’avoir reconnu
coupable d’espionnage au profit
de l’Ukraine.
Guatemala : éruption
meurtrière
Au moins 38 personnes ont été
tuées et des centaines d’autres
blessées par l’éruption du volcan
guatémaltèque de Fuego, la plus
violente enregistrée depuis plus
de quarante ans dans ce pays.
Bachar el-Assad ira-t-il à Pyongyang pour rencontrer Kim ?
« Kim Jong-un-Bachar el-Assad » :
l’affiche est-elle réaliste ou relève-telle de la fiction ? Un tel sommet serait
d’autant plus spectaculaire qu’il
se tiendrait à Pyongyang, une
première diplomatique pour la Corée
du Nord. Selon les médias officiels
du Pays ermite, dimanche, le président
Bachar el-Assad aurait l’intention
de rendre visite à Kim Jong-un.
Le sujet aurait été évoqué mercredi
dernier lors de la cérémonie de remise
des lettres de créance du nouvel
ambassadeur nord-coréen à Damas.
« Je vais me rendre en République
démocratique populaire de Corée »,
aurait dit le président syrien, selon
les médias nord-coréens. Lundi,
le gouvernement de Damas n’avait pas
confirmé cette nouvelle. Elle intervient
peu après la confirmation du rendezvous, un moment remis en cause,
entre Kim Jong-un et Donald Trump, le
12 juin, à Singapour. Les observateurs
s’interrogent sur le sens d’une telle
annonce par la Corée du Nord et sur
l’éventualité d’une nouvelle annulation
de la rencontre de Singapour, compte
tenu de l’hostilité entre le président
américain et son homologue syrien.
La perspective d’un sommet entre
Vladimir Poutine et Kim Jong-un
apparaît, elle, vraisemblable. Le porteparole du Kremlin, Dmitri Peskov,
a annoncé lundi que le président russe
avait invité le dirigeant nord-coréen
à le rencontrer, en septembre,
à Vladivostok, où se tiendra un grand
forum économique.
A. B.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
SOCIÉTÉ
mardi 5 juin 2018
9
Les anti-PMA veulent être pris en compte
Ce mardi, le Comité national consultatif d’éthique doit publier sa synthèse des états généraux de la bioéthique.
AGNÈS LECLAIR £@AgnesLeclair
ÉTHIQUE C’est une étape clé dans le
long et houleux débat de la PMA pour
toutes. Mardi, le Comité national
consultatif d’éthique (CCNE) rend public un rapport chargé de lourdes attentes : son travail de synthèse sur les
états généraux de la bioéthique. Le sujet
des demandes sociétales de PMA (procréation médicalement assistée) a indéniablement dominé les débats de cette
grande consultation citoyenne où neuf
thèmes ont été abordés, de l’intelligence artificielle aux examens génétiques
en passant par la fin de vie.
Ces états généraux font partie du processus de révision de la loi de bioéthique, avec un texte qui doit être débattu à l’Assemblée nationale début
2019. Organisés entre janvier et avril, ils
ont été marqués par la forte présence
des opposants à l’extension de la PMA
aux couples de lesbiennes et aux femmes seules. Ces derniers ont été écoutés
durant cette période de débats, ils veulent à présent « être entendus ». Pour ce,
ils espèrent que la synthèse du CCNE
rendra compte d’un « dissensus » dans
la société française sur ce sujet qui a fait
tant de vagues pendant le quinquennat
de François Hollande. Ce document sera
notamment remis aux ministres de la
Santé et de la Justice et à l’Opecst (Office parlementaire d’évaluation des choix
scientifiques et technologiques).
vine de La Rochère, présidente du mouvement, qui estime que « les politiques ne
peuvent ignorer cet exercice de démocratie directe ». « Cette consultation montre
qu’il y a un rapport de convictions et de
forces très déséquilibré. Seul un petit
nombre de personnes exprime des revendications catégorielles en faveur de
l’ouverture de la PMA », commente Tugdual Derville, d’Alliance Vita.
« Dans toutes les réformes, ce sont
évidemment les “contre” qui se mobilisent plutôt que les “pour”, rétorque le
président de l’association SOS Homophobie, Joël Deumier. Pour nous, la
vraie étape sera l’avis que le Comité
d’éthique doit rendre à la rentrée et qui
1
enfant sur 30
en France est conçu grâce
à l’assistance médicale à la procréation
en 2018, selon des chiffres de l’Ined
va l’engager sur l’ouverture de la PMA. Il
faut aussi rappeler que plusieurs autres
instances ont déjà rendu des avis favorables et que les sondages indiquent qu’il y
a une majorité de Français pour. »
Dans sa synthèse, le Comité d’éthique
tiendra compte de plusieurs modalités
de consultation, dont les débats organisés dans les espaces éthiques régionaux
et les contributions enregistrées sur son
site. Deux espaces d’expression très investis par les anti-PMA. Sur Internet,
des votes contre l’ouverture de la PMA
se sont envolés jusqu’à 90 %.
Nombre d’Espaces éthiques régionaux
ont eux aussi noté la mobilisation des
opposants et l’expression de points de
vue irréconciliables.
Celui de Poitiers évoque ainsi un
« dissensus sociétal sur deux visions anthropologiques de la filiation […] qui opposent deux concepts de la procréation ».
Le débat s’apparentait davantage « à un
affrontement entre deux systèmes de
pensées très difficilement rapprochables », selon l’Espace de réflexion éthique
Auvergne-Rhône-Alpes.
Un
constat qui ne va pas dans le sens du
« consensus le plus large possible » souhaité par Emmanuel Macron pour légiférer.
Les quelque cent cinquante auditions
d’associations, de sociétés savantes,
d’institutions ou de groupes religieux,
menées par le CCNE depuis quelques
mois, reflètent par contre des points de
vue plus variés avec, cette fois, un
avantage numérique pour les partisans
de la PMA pour toutes. ■
Des revendications
catégorielles
L’extension des techniques
de procréation assistée
aux couples de femmes
homosexuelles
et aux femmes seules
fait encore débat.
AMELIE BENOIST/BSIP
À l’Élysée, ces dîners confidentiels où l’on parle d’éthique
« n’aLe président
laissé
filtrer aucune
opinion.
Mais il sait que
tout ce qui est
techniquement
possible
n’est pas
éthiquement
souhaitable
»
PR ARNOLD MUNNICH,
GÉNÉTICIEN
UN DÎNER discret, qui ne figurait
pas dans l’agenda du président, a
été organisé le 23 mai à l’Élysée
sur le thème de la procréation
médicalement assistée (PMA) et
de la génomique. Cette soirée,
dont la tenue a été révélée par le
journal La Croix, s’inscrit dans
une série de trois dîners de travail
sur la bioéthique en présence
d’Emmanuel Macron avant la révision de la loi.
Autour de la table, une vingtaine
de personnalités d’horizons variés
ont défendu leur point de vue. Le
président était accompagné de la
ministre de la Santé et du président du Comité national consultatif d’éthique, le Pr Jean-François
Delfraissy. La soirée a été marquée
par le témoignage d’Anne-Sophie,
une mère célibataire d’IciMamaSolos, un groupe créé en 2017 pour
rendre visible les femmes célibataires qui ont choisi de devenir
mères seules. « Nous nous sommes
exprimés chacun notre tour, entre
cinq et dix minutes. Le président de
la République était très à l’écoute »,
a-t-elle rapporté, expliquant avoir
plaidé en faveur de la PMA pour
toutes en racontant sa propre expérience pour rendre la démarche
« humaine et personnalisée ».
L’Association des familles homoparentales (ADFH), représentée par Adrien Joly, a sollicité une
extension de la PMA dans un calendrier serré pour éviter une recrudescence d’actes homophobes. Plusieurs représentants des
cultes – dont le grand-rabbin
Haïm Korsia, le père Brice de Malherbe, spécialiste de bioéthique,
et François Clavairoly, président
de la Fédération protestante de
France – étaient invités. Les médecins étaient représentés par le
Pr Israël Nisand, président du collège des gynécologues et obstétriciens Français et par le Pr Arnold
Munnich, généticien.
Ligne rouge
La sociologue Irène Théry et plusieurs membres d’associations
faisaient enfin partie du « casting ». « J’ai expliqué que la ligne
rouge serait franchie si la PMA
échappait aux critères d’infertilité
médicale et tenté de donner une vision plus globale des enjeux de ce
choix de société », raconte Tu-
Aymen, héros sans papiers mais trop discret
En 2015, ce Tunisien a sauvé deux enfants des flammes. Il est aujourd’hui sommé de quitter le territoire.
Son avocate a médiatisé son histoire pour qu’il bénéficie du même traitement que Mamoudou Gassama.
IMMIGRATION Et si l’acte de bravoure
d’Aymen avait été médiatisé il y a trois
ans ? La vie de ce Tunisien sans papiers,
aujourd’hui menacé d’expulsion, seraitelle différente ? « Quel dommage qu’il
n’ait pas été filmé », résume son avocate,
Philippine Parastatis, alors que Mamoudou Gassama, le jeune migrant malien
qui a escaladé le 26 mai un immeuble parisien pour sauver un enfant, a reçu lundi
la médaille Grand Vermeil de la Ville de
Paris, la plus haute distinction de la capitale. Reçu à l’Élysée la semaine dernière,
Mamoudou, filmé par des passants et que
l’on surnomme désormais « Spiderman », a vu sa situation régularisée,
avant une prochaine naturalisation.
Une justice à géométrie variable ?
« Soyons clairs, je ne suis pas pour dire qu’il
faut régulariser tous les étrangers sans papiers. Je constate simplement que nous
avons une réponse juridique différente à
deux situations pourtant similaires. Je dois
donner une réponse républicaine à mon
client », résume l’avocate d’Aymen, ce
jeune homme de 25 ans qui, en 2015, a
sauvé deux enfants d’un incendie.
Me Philippine Parastatis a donc choisi de
porter l’affaire sur la place publique. Avec
succès. Depuis l’article paru le 2 juin dans
Le Parisien, les médias se sont penchés sur
l’histoire du jeune homme. Quant à la
préfecture de l’Oise, après avoir signifié
en janvier un refus de séjour, elle expliquait hier réexaminer le dossier. « Nous
sommes à la recherche d’éléments juridiques et de faits pour corroborer cet acte de
bravoure, notamment auprès des pompiers », expliquaient les services de l’État.
Le 10 avril 2015, Aymen, Tunisien arrivé en France en 2013, porte secours, avec
deux amis, à deux jeunes enfants piégés
dans un incendie, près de la gare de Fosses (95). « J’ai sauvé ces gamins sans réfléchir. Je n’ai rien demandé ensuite, ra-
conte aujourd’hui Aymen. À la mairie, ils
ont décidé d’organiser une cérémonie pour
nous remettre la médaille de la ville. Le
maire savait que j’étais en situation irrégulière. Il a dit qu’il allait m’aider. »
PHOTOPQR/PARISIEN/MAXPPP
CAROLINE BEYER £@BeyerCaroline
“
Le maire savait
que j’étais
en situation
irrégulière.
Il a dit qu’il allait m’aider
AYMEN
”
Deux ans plus tard, en 2017, l’édile
communiste, Pierre Barros, écrit aux
autorités pour appuyer sa demande d’un
titre de séjour. « La préfecture lui avait répondu que mon client pouvait demander
son “admission exceptionnelle au séjour” », rapporte Me Philippine Parastatis. Cette admission, qui permet d’obte-
nir une carte de séjour d’un an, peut être
délivrée au motif, entre autres, de « services à la collectivité ». Mais, en janvier
2018, la préfecture signifie à Aymen un
« refus de séjour » et délivre une « obligation de quitter le territoire français »
(OQTF). Spécialisée dans le droit des
étrangers, son avocate forme alors un recours devant le tribunal administratif.
Elle demande aujourd’hui l’annulation
de la décision du préfet. « Je ne dis pas que
le préfet n’est pas en droit de refuser. Mais
sauver des enfants fait manifestement
partie de la liste des motifs donnant accès à
une régularisation », poursuit l’avocate,
qui a lancé un appel au président Macron.
« J’espère que l’on va me donner un
coup de main pour avancer dans la vie. Je
n’ai pas envie de quitter la France », explique de son côté Aymen. Ce diplômé en
informatique, hébergé chez son oncle, à
Fosses, travaille au noir, le week-end, en
donnant des « coups de main à des amis
dans le bâtiment ». ■
gdual Derville, délégué général de
l’association Alliance Vita. « Le
président n’a laissé filtrer aucune
opinion. Mais il sait que tout ce qui
est techniquement possible n’est
pas éthiquement souhaitable »,
glisse le Pr Munnich, qui a mis en
garde contre l’usage abusif des
tests génétiques.
La synthèse du président, en fin
de soirée, n’a pas donné d’indications sur ses intentions, s’accordent à penser différents invités.
Mais du côté des anti-PMA, on
s’est interrogé sur une « surreprésentation » des partisans d’un
changement de la loi. Ces derniers, à l’inverse, regrettent une
discussion rendue « compliquée »
par la présence de représentants
des religions. ■
A. L.
ZOOM
Un nouveau plan d’action
en juin contre le terrorisme
Le premier ministre,
Édouard Philippe, présentera,
courant juin, un nouveau plan
d’action contre le terrorisme,
a annoncé lundi l’Élysée.
Il devrait rassembler « un certain
nombre de mesures » plutôt
que des nouveaux moyens,
a précisé l’Élysée,
sans pour autant apporter plus
de détails. Ce sera le pendant
en matière de lutte contre
le terrorisme de celui ciblant
la radicalisation djihadiste.
Présenté le 23 février à Lille
par le premier ministre,
ce « Plan national de prévention
de la radicalisation »
comporte soixante mesures,
parmi lesquelles la création
de places de prison pour isoler
les détenus radicalisés.
Depuis son entrée en fonction,
l’exécutif a également promulgué
la loi renforçant la sécurité
intérieure et la lutte contre
le terrorisme. Depuis novembre,
elle a pris le relais de l’état
d’urgence.
A
Reste à savoir quelle utilisation politique en sera faite. L’événement « national » qui avait été prévu début juillet
pour clore les états généraux - au cours
duquel Emmanuel Macron aurait pu
s’exprimer - a finalement été annulé.
Le CCNE envisage désormais une demijournée de bilan mi-septembre, dédiée
à la consultation citoyenne et à son
prochain avis sur la révision de la loi.
« Est-ce que les politiques vont prendre
en compte cette expression citoyenne ou
la laisser en jachère jusqu’à l’automne
pour trancher dans la foulée, en bout de
course ? Peut-on appeler à une mobilisation nationale et ne rien en tirer ? Ce serait ressenti comme de l’indifférence ou
du mépris par les citoyens et créerait
beaucoup de frustration, avertit le professeur d’éthique médicale Emmanuel
Hirsch, qui a dirigé l’Espace éthique régional d’Île-de-France durant ces états
généraux. Les participants auront le
sentiment de ne pas avoir été pris au sérieux. Ils ont été calmés par l’écoute du
CCNE qui a créé un climat propice au débat mais les controverses risquent de
ressurgir si on ignore cette expression. »
Très attentive à ce bilan, La Manif
pour tous vient d’envoyer son propre
rapport sur la consultation au CCNE et au
gouvernement. Un document de
400 pages, centré sur le thème de la procréation, qui recense toutes les prises de
position et fait le décompte des votes.
Ces états généraux ont produit de véritables « cahiers de doléances », note Ludo-
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 5 juin 2018 LE FIGARO
10
SOCIÉTÉ
Inquiétantes
opérations antiIsraël dans des
supermarchés
Des Yvelines aux Pyrénées-Atlantiques,
des extrémistes veulent imposer à des
magasins le retrait de produits israéliens.
STÉPHANE KOVACS £@KovacsSt
BOYCOTT « Sur le stand “Ramadan”, c’est
un affront aux clients musulmans ! » Dans
une vidéo qui tourne en boucle depuis
quelques jours sur les réseaux sociaux, un
homme se présentant comme musulman
fait retirer des dizaines de boîtes de dattes
d’un rayon de fruits secs, au motif qu’elles
viendraient d’Israël, « pays colonisateur ».
La scène se passe fin mai, dans le magasin
Carrefour de Chambourcy, dans les Yvelines. « Ça fait des années qu’on est là ; on a
un mot à dire !, s’insurge le « client ». Il n’y
a pas que la légalité, il y a aussi l’éthique. »
Alors que des « actions commandos » de ce
genre se multiplient ces derniers temps
dans les grandes surfaces, selon le Conseil
représentatif des institutions juives de
France (Crif), deux plaintes ont été déposées lundi.
Dans la vidéo, mise en ligne sur le site
CAPJPO-EuroPalestine, le militant presse
le chef de rayon jusqu’à ce que tous les paquets incriminés, de différentes marques,
soient retirés. « Ça c’est bon, madame ! recommande-t-il au passage à une cliente.
C’est algérien, vous pouvez y aller. » Sur le
même site, dont les responsables n’ont pas
répondu au Figaro, on trouve des vidéos
semblables, tournées dans d’autres grandes enseignes. Au Grand Frais de Décines,
près de Lyon, « les dattes de l’occupant,
très certainement cultivées en Cisjordanie
occupée » mais « non étiquetées » subissent le même sort. « On doit passer à Lidl
après, prévient le vidéaste. Demain, on repassera. L’action doit être menée dans tous
les Grands Frais de France, aussi Carrefour
et Auchan. » À l’Intermarché d’Itxassou,
dans les Pyrénées-Atlantiques, un groupe
embarque des cageots de mandarines. Au
Lidl de Drancy, ce sont des militants Fran-
Fin mai, dans le magasin Carrefour de Chambourcy (78), un homme se présentant comme musulman a fait retirer des dizaines
de boîtes de dattes d’un rayon de fruits secs, au motif qu’elles viendraient d’Israël, « pays colonisateur ». MARTA NASCIMENTO/REA
ce insoumise qui font retirer des grenades,
des pamplemousses et des avocats. « Je
constate qu’il n’y a plus traces des produits
israéliens dans votre magasin », se félicite
le meneur de l’« action ».
« Police islamique »
Pour Francis Kalifat, président du Crif,
« ces incidents, qui se multiplient alors que
commence la Saison France Israël 2018, sont
assimilables à des actes antisémites : à travers Israël, ce sont les Juifs que l’on vise. On
a vu que certains, d’ailleurs, ne font pas la
différence entre les produits israéliens et
kasher… ». Sollicité par « un grand nombre
de clients Carrefour, fréquemment importunés par des activistes du mouvement illégal
Boycott Désinvestissement Sanctions BDS,
qui opèrent en toute impunité », Sammy
Ghozlan, président du Bureau national de
vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA),
a écrit vendredi au PDG du groupe,
Alexandre Bompard, en lui demandant de
« prendre des dispositions énergiques ».
Quant à Francis Kalifat, il réclame
« l’interdiction du mouvement BDS ».
Les deux plaintes déposées par le BNVCA concernent les « actions » menées au
Carrefour de Chambourcy et au Grand
Frais de Décines. Elles visent « non seulement les auteurs de ce délit, mais tous ceux
qui par leur silence et leur soumission se sont
pliés au diktat de cette police islamique »,
commente Sammy Ghozlan. « Le Code
pénal sanctionne ces agissements assimilés
à des discriminations, prohibés par la loi
pénale et analysés par la Cour de cassation
comme le fait d’entraver l’exercice normal
d’une activité économique quelconque en
opérant une distinction entre les personnes
notamment en raison de leur appartenance
ou non-appartenance à une nation déterminée, précise l’avocat du BNVCA,
Me Charles Baccouche. Ces campagnes
haineuses sont non seulement illégales mais
empiètent sur le pouvoir régalien de l’État.
Elles laissent entendre que ce sont ces “militants” qui décident désormais de la politique
internationale de la France, car en plus ils
semblent agir en toute impunité. Ils s’opposent à la vente de produits vérifiés et autorisés à la mise sur le marché lors de leur
importation par les autorités françaises, et
les responsables des magasins laissent
faire ! »
Au Grand Frais de Décines, la responsable confirme être « victime de ces actions », qui « nous empêchent de travailler ». Mais n’ose pas en dire plus. Chez
Carrefour, qui « n’a pas recensé d’autres
perturbations » dans ses magasins, on souligne que « le groupe observe, par principe,
une stricte neutralité politique, philosophique et religieuse » et qu’il « propose des
produits du monde entier ». Quant aux
dattes, elles ont été remises en rayon. ■
À bout, des riverains de la ZAD portent plainte
Dégradations, effractions, représailles… Malgré un retour progressif à l’État de droit, le quotidien des habitants reste difficile.
ANGÉLIQUE NÉGRONI anegroni@lefigaro.fr
AMÉNAGEMENT « Il est temps que tout
rentre dans l’ordre. La population est excédée depuis des années, et tout n’est pas fini »,
lâche Joseph Bézier, le maire de Vigneuxde-Bretagne, l’une des communes qui,
depuis des années, subit la ZAD de NotreDame-des-Landes (Loire-Atlantique).
Or, ce lundi, ce dossier sensible vient de
connaître une étape importante. Après des
semaines de tractations entre préfecture et
zadistes, quinze d’entre eux devaient
signer en fin de journée des conventions
d’occupation précaire (COP). Celles-ci
constituent un premier pas vers la légalité
de ceux qui souhaitent rester sur place et
vivre de l’agriculture, dans le respect des
règles. « C’est un tournant important », reconnaît Jacques Lemaître, le président de la
chambre d’agriculture de Loire-Atlantique. Mais pour sceller durablement leur
sort à ces terres qu’ils ont défendues contre
le projet d’aéroport, depuis abandonné, ces
signataires devront entreprendre d’autres
démarches. « Avant la fin de l’année, ils devront déposer des dossiers complets que la
chambre étudiera pour leur accorder ou non
le droit d’être agriculteur », ajoute le même
responsable.
Malgré ce retour progressif vers l’État de
droit, la population, elle, doit encore prendre son mal en patience. Routes barrées et
actes de vandalisme continuent à perturber
son quotidien. Ainsi, vendredi dernier, les
Lamisse, qui habitent en lisière de la ZAD,
ont déposé leur… 24e plainte. Depuis 2013,
la longère que ce couple rêvait d’occuper
est régulièrement soumise à des squats, intrusions et vols. « Vendredi dernier, ils ont
cassé la fenêtre de la salle de bains et sont
rentrés », relate Béatrice Lamisse, désemparée. Cette fois, rien n’a été dérobé, car
cette énième effraction avait valeur de représailles. Les Lamisse avaient osé se plaindre dans la presse…
Le maire de Vigneux-de-Bretagne a
aussi déposé plainte. La semaine dernière,
l’une de ses routes communales passant sur
la ZAD a été piégée. Une tranchée y avait
été creusée pour accueillir des tiges de fer à
béton qui ont transpercé les pneus des voitures. « Encore ce lundi, cette même route
était impraticable », relate l’édile, qui attend avec impatience la réouverture de
deux départementales, la RD 281 et la D 81,
qui traversent la ZAD.
Des baux temporaires
Alors que la première avait déjà été remise
en état avant d’être de nouveau dégradée,
toutes deux sont en effet toujours en rénovation. « Ces travaux, qui vont durer deux
semaines, se font sous protection de la gendarmerie », indique-t-on au département.
Quant à certains agriculteurs, ils ne sont
guère rassérénés. « On ne veut pas être les
L’association Anticor cible l’Élysée
Créée par des personnalités très ancrées à gauche, l’organisation anticorruption multiplie actions et
procédures. À travers une plainte, elle soupçonne désormais Alexis Kohler, secrétaire général de l’Élysée.
PAULE GONZALÈS pgonzales@lefigaro.fr
JUSTICE Le cauchemar des élites politiques et de la haute administration. Cette
fois-ci, Anticor, l’association anticorruption tape fort. C’est pour prise illégale
d’intérêts et trafic d’influence qu’elle
porte plainte contre Alexis Kohler, secrétaire général de l’Élysée. S’appuyant sur
des articles de Mediapart, l’association
reproche à ce dernier d’avoir accepté de
siéger comme représentant de l’État au
conseil d’administration des chantiers
navals de Saint-Nazaire de 2010 à 2012,
alors qu’il « ne pouvait ignorer qu’il existait un conflit d’intérêts », l’armateur MSC
ayant été fondé et dirigé par les cousins
de sa mère. Prudent, le parquet national
financier (PNF) a ouvert une enquête
pour savoir si « les règles relatives à la
Hélène Roussel
le 5/7
A
avec tous les mercredis
Marcelo Wesfreid
du quotidien
mise en disponibilité des agents publics ont
bien été respectées ».
Depuis l’élection d’Emmanuel Macron,
Anticor a épinglé plusieurs proches de ce
dernier : Richard Ferrand d’abord et,
plus récemment, Marlène Schiappa,
secrétaire d’État chargée de l’Égalité
entre les femmes et les hommes, à qui
l’association reproche d’avoir utilisé
l’adresse e-mail du service presse de son
secrétariat d’État pour promouvoir son
livre. Dénonçant « un détournement
d’utilisation de fichier », l’association Anticor a saisi la Cnil et le premier ministre.
« C’est normal que le parti au pouvoir
soit le plus concerné par les manquements
car c’est celui qui prend le plus de risque »,
se défend Jean-Christophe Picard, président d’Anticor. Mais « nous ne sommes
pas une équipe d’enquêteurs privés. Le
point de départ a été les papiers de Mediapart », jure Jean-Baptiste Soufron,
l’avocat d’Anticor pour cette affaire.
« Nous n’avions pas pris la mesure des
liens familiaux d’Alexis Kohler avec MSC et
nous n’avions pas fait la relation avec son
rôle au sein de l’agence des participations
de l’État », affirme Éric Alt, membre
d’Anticor.
Créée en 2002, forte aujourd’hui de
2 000 adhérents et d’un budget de
100 000 euros, l’association est active au
plan judiciaire depuis 2011. Si les fondateurs sont des personnalités très ancrées à
gauche, Anticor assure aussi recruter,
selon Éric Alt, « du côté de Debout la
France, le parti de Nicolas DupontAignan ». De quoi combattre le double
reproche d’être anti-droite et lié au site
en ligne Mediapart. « Un tiers des affaires
concerne des politiques de gauche »,
décompte-t-il encore. Mais strictement
aucun poids lourd de la galaxie Hollande.
L’association compte une quarantaine
de plaintes et signalements, dont une
trentaine concerne des « affaires très
“
Un tiers des
affaires concerne
des politiques
de gauche
ÉRIC ALT, MEMBRE D’ANTICOR
”
locales ». Sur le feu qui mijote depuis le
dernier rapport de la Cour des comptes :
le Grand Paris, au chapitre marchés
publics et favoritisme. À cela s’ajoute une
quinzaine d’affaires pour laquelle l’association est partie civile, comme « les
sondages de l’Élysée », « les étrennes des
Sénateurs », « le Kazakhgate ». L’association tire sa puissance d’un agrément
qui lui fut donné en mars 2015 par la garde des Sceaux de l’époque, Christiane
Taubira, alors… membre actif de l’association. Un agrément qui, comme pour
Transparency et Sherpa, permet à
Anticor de se porter partie civile pour un
nombre fini d’infractions. « Est-il normal
qu’une association qui défend des idées et a
des positions idéologiques soit délégataire
du rôle de la puissance publique et puisse se
comporter comme un procureur ? Quelle
légitimité à cette suppléance privée,
s’insurge le pénaliste Jean-Yves Leborgne. On peut comprendre qu’une veuve
soit partie civile mais des intérêts privés
peuvent-ils représenter l’intérêt général ?
On accepte de l’accusation ce que l’on
n’accepterait jamais de la défense ».
Maître Daniel Soulez Larivière de
renchérir : « Il y a deux parquets en
France, celui de la République et celui privé, c’est-à-dire des parties civiles. Le
PNF n’était pas obligé d’ouvrir si vite.
Cela ne se voit nulle part ailleurs ». « Estil acceptable qu’Anticor joue les Savonarole alors qu’elle tire son agrément
d’une ministre de la Justice qui était à
l’époque l’un de leurs membres !, s’étonne
de son côté l’avocat pénaliste, GillesWilliam Goldnadel. Cette affaire est
d’autant plus choquante que le conflit
d’intérêts est le délit le plus bête du monde
en ce qu’il suffit d’un soupçon pour qu’il
soit constitué. Alexis Kohler a pris soin,
par deux fois, de demander l’avis de la
commission de déontologie. Suffit-il d’un
article de Mediapart pour condamner un
homme ? » ■
oubliés du dossier », signale Mickaël Mary,
responsable d’une association représentant
25 exploitants. Après avoir quitté leurs terres, quand le projet d’aéroport était maintenu, ces derniers veulent aujourd’hui revenir. « On avait pu continuer nos activités
avec des baux temporaires, mais maintenant
on veut des contrats à long terme », indique
le responsable, reçu ce mercredi par la préfète, Nicole Klein. Celui-ci compte notamment exposer le cas de trois agriculteurs
qui, malgré ces contrats temporaires, n’ont
jamais pu accéder à leurs champs. « Ils sont
occupés par des zadistes qui exploitent les
terres à leur place », dit-il, en prévenant :
« On n’a rien dit pendant des semaines, mais
s’il le fallait, on haussera le ton. » ■
EN BREF
Paris : évacuation
des deux derniers grands
campements de migrants
Près de mille personnes
ont été évacuées lundi de deux
campements à Paris, dans les Xe et
XVIIIe arrondissements, pour être
redirigées vers des hébergements
temporaires en Ile-de-France.
Sur les 973 migrants évacués,
les services de l’État ont recensé
58 personnes vulnérables
(familles, femmes et mineurs
isolés). Mercredi dernier, un autre
millier de personnes avaient été
évacuées du plus grand
campement de la capitale,
porte de la Villette.
12 interpellations en HauteCorse et à Marseille après
un guet-apens mortel
à l’aéroport de Bastia
Douze personnes ont été
interpellées lundi en Haute-Corse
et dans la région marseillaise
dans le cadre de l’enquête sur le
double assassinat de deux figures
du banditisme devant l’aéroport
de Bastia en décembre dernier.
Doubs : une voiture
à contresens sur l’autoroute
fait un mort et trois blessés
Un homme de 72 ans qui circulait
à contresens sur l’autoroute A36
est décédé et trois pompiers ont
été blessés dans une collision
avec un véhicule des pompiers
survenue lundi matin
à Voujeaucourt (Doubs).
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mardi 5 juin 2018
SCIENCES
11
Cancer du rein :
l’ablation
n’est plus
indispensable
Habituellement, le traitement du cancer
du rein consiste en une opération
chirurgicale, la néphrectomie, pour éliminer
la tumeur ou enlever l’organe dans
sa totalité. SPL/BSIP
La prise en charge par thérapie ciblée
fait aussi bien que la chirurgie.
ANNE-LAURE LEBRUN £@LebrunAnneLaure
ENVOYÉE SPÉCIALE À CHICAGO
CANCÉROLOGIE Depuis vendredi dernier, la ville de Chicago héberge plus de
30 000 cancérologues du monde entier
venus assister à la 54e édition du plus important congrès mondial d’oncologie.
Jusqu’au 5 juin, ces experts courront de
session en session dans les couloirs du
centre McCormick (250 000 m²), situé sur
les berges du lac Michigan, pour échanger sur les dernières innovations dans le
traitement du cancer. Et, comme chaque
année, les résultats les plus attendus ont
été présentés lors de la séance plénière
qui s’est tenue ce dimanche. Quatre études ont été sélectionnées par le comité
scientifique de l’Association américaine
d’oncologie clinique (Asco) qui a analysé
les 5 500 essais présentés cette année.
Parmi ces prestigieux travaux, une
étude française menée par l’Assistance
publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a
été dévoilée. Dirigés par le Pr Arnaud Méjean, chef du service d’urologie à l’hôpital
Georges-Pompidou, ces travaux démontrent qu’il est possible d’éviter l’ablation
du rein chez des patients souffrant d’un
cancer métastatique grâce à la thérapie
ciblée. Des travaux ont été publiés le
même jour dans le New England Journal of
Medicine.
Prise en charge révolutionnaire
« Cette étude n’est pas financée par un laboratoire, c’est une étude académique.
C’est aussi cela qui donne de la valeur aux
résultats », souligne, interrogé par Le Figaro, le Pr Méjan, qui ne dissimule pas sa
fierté de présenter ses travaux devant des
milliers de collègues. Il faut dire que cette
étude menée auprès de 450 malades promet de révolutionner la prise en charge
de ce cancer. Lors de la séance plénière,
le Pr Charles Georges, urologue au Centre
de cancérologie Duke, a affirmé que
l’étude Carmena allait changer sa pratique. « Ces résultats sont un changement
de paradigme », a-t-il insisté.
Réalisés entre 2009 et 2017, ces travaux
se sont concentrés sur les patients souffrant d’un cancer du rein métastatique au
moment du diagnostic pouvant être opé-
rés et prétendre au sunitinib, un traitement très efficace contre les métastases.
Habituellement, ces malades subissent
une opération chirurgicale, la néphrectomie, pour éliminer la tumeur ou enlever le rein dans sa totalité avant de recevoir ce médicament.
Mais, vingt ans après la mise en place de
cette prise en charge, les médecins s’interrogent sur son intérêt. Ils ont donc comparé la survie des malades ayant bénéficié de
la thérapie ciblée immédiatement après la
détection de leur maladie à celle des patients ayant eu une prise en charge classique. Résultat : la moitié des patients ayant
reçu le sunitinib tout de suite sont encore
en vie au bout de 18 mois, contre 13 mois
pour les patients ayant été opérés. « On ne
s’attendait pas à ces résultats, car toutes les
études précédentes avaient montré un bénéfice pour la néphrectomie, a commenté le
Pr Arnaud Méjean. Mais il est clair aujourd’hui que le traitement doit être utilisé en
première intention chez les patients atteints
de métastases. »
Le chirurgien souligne par ailleurs que
l’utilisation de la thérapie ciblée n’est pas
synonyme de perte de chances de guérison. Parmi les 224 patients traités par sunitinib, 38 ont été opérés. « Pour la majorité
d’entre eux, le traitement a permis d’obtenir
une rémission complète ou quasi complète.
La chirurgie était seulement là pour éliminer
la tumeur primaire dans le rein. »
Le Dr Bernard Escudier, oncologue spécialiste du cancer du rein à l’Institut Gustave-Roussy (Villejuif) et auteur de l’étude, est lui aussi convaincu que cette
nouvelle prise en charge va s’imposer. « Ce
changement de pratique sera d’autant plus
vrai que de nouvelles molécules thérapeutiques plus actives que le sunitinib, comme les
combinaisons d’immunothérapies, arrivent
sur le marché », a-t-il indiqué. L’an dernier en France, plus de 14 000 nouveaux
cas de cancer du rein ont été diagnostiqués. Environ 20 % d’entre eux l’ont été à
un stade très avancé de la maladie. ■
Les infections dans les hôpitaux ne diminuent pas
Les infections urinaires et pulmonaires font partie des plus fréquentes. Les services de réanimation sont les plus touchés.
INFECTIOLOGIE Un patient hospitalisé
sur vingt présente au moins une infection nosocomiale (contractée lors d’un
séjour à l’hôpital). Selon l’agence Santé
publique France, qui a présenté le 4 juin
les résultats d’une enquête nationale, la
proportion de ces infections n’a pas diminué depuis 2012. L’enquête, réalisée
tous les cinq ans, a été menée en 2017
auprès de 403 établissements de santé et
porte sur 81 000 personnes.
Alors que le nombre de patients présentant une infection nosocomiale avait
diminué de 10 % entre 2006 et 2012, il est
resté stable sur la période 2012-2017.
« Nous n’avons pas d’explications formelles pour analyser cette tendance », explique le Dr Anne Berger-Carbonne, responsable de l’unité infections associées
aux soins et résistance aux antibiotiques à
Santé publique France. « Mais nous savons que les hôpitaux accueillent de plus en
plus de personnes fragiles et donc susceptibles de contracter des infections. » Les
infections nosocomiales (associées au
soin) sont ainsi davantage constatées
dans les services de réanimation (1 patient sur 4 est infecté), au sein desquels
les patients sont plus vulnérables et exposés à des dispositifs invasifs (cathéter,
assistance respiratoire, sonde urinaire).
4 000 décès chaque année
Les infections nosocomiales les plus fréquentes sont : les infections urinaires
(près 1/3), celles au niveau de la zone
opérée (1/6), les infections respiratoires
(1/6) et les bactériémies, c’est-à-dire les
infections du sang (1/10). « Toutes n’ont
SpaceX lance le plus
puissant satellite
électrique européen
pas le même degré de gravité », note le
rapport. « Les infections urinaires, très
fréquentes, sont le plus souvent anodines
malgré la gêne occasionnée. À l’inverse,
des infections survenant par exemple lors
de chirurgie orthopédique sont plus graves. » Selon des chiffres datant des années 2000, les infections nosocomiales
causeraient 4 000 décès chaque année.
Les principales bactéries responsables
sont, selon le rapport, les bactéries Escherichia coli et le staphylocoque doré.
« Il faut désormais continuer les efforts
pour réduire la proportion de ces infec-
Le décollage de la
Falcon 9 de SpaceX,
de Cap Canaveral,
en Floride, lundi.
CRAIG BAILEY/AP
Une fusée Falcon 9 a mis sur orbite le satellite
de télécommunication luxembourgeois SES-12.
CYRILLE VANLERBERGHE £@cyrillevan
ENVOYÉ SPÉCIAL À CAP CANAVERAL
ESPACE A minuit et 45 minutes (6 h 45,
heure de Paris) lundi matin, une fusée
Falcon 9 de SpaceX a décollé de Cap Canaveral en Floride, emportant le satellite
SES-12, de l’opérateur de télécommunications luxembourgeois SES. En un instant, la longue flamme orange sortant des
neuf moteurs du lanceur a illuminé la végétation et les nombreux plans d’eau de
la célèbre base de lancement américaine.
Après le décollage, la trajectoire s’est ensuite lentement incurvée vers le sud-est,
première étape vers une orbite géostationnaire au-dessus de l’équateur. Avec
ce tir, SpaceX a réussi 11 lancements depuis le début de l’année, avec une cadence de tir qui s’annonce record.
Pour ce lancement, SpaceX n’a pas
tenté de récupérer son lanceur, qui était
donc dépourvu de pieds d’atterrissage et
de grilles de contrôle aérodynamique. Le
premier étage, qui avait déjà volé pour
mettre en orbite l’avion secret X-37B de
l’US Air Force, et avait ensuite été récupéré n’est pas au dernier standard, appelé Block 5, qui comporte toutes les amé-
liorations nécessaires pour pouvoir être
facilement réutilisé. Pour élever le plus
possible l’altitude du satellite, et augmenter sa durée de vie de 15 à 22 ans,
SpaceX a brûlé tout le carburant disponible sans avoir à se soucier d’en conserver
pour l’atterrissage. Un gain potentiellement très rentable pour SES, leader
mondial des opérateurs de satellites de
télécommunication.
Un géant de sa catégorie
SES-12 va être mis en position par 95°E de
longitude au-dessus de l’équateur, une
position survolant l’océan Indien qui permet de couvrir la majeure partie de l’Asie,
le sud de la Russie et l’Australie avec des
services pour la télévision, les télécommunications et l’Internet haut débit.
D’après son constructeur, Airbus,
« SES-12 est le plus grand et le plus puissant satellite tout électrique jamais construit ». Par le passé, les satellites de télécommunication de cette taille embarquaient des tonnes de carburant
chimique pour que leurs moteurs puissent
terminer leur mise en orbite, à 35 800 km
d’altitude. Avec la propulsion électrique,
on ne fait plus brûler un carburant chimique, mais on crée un plasma, du xénon à
bord de SES-12, qui est éjecté efficacement à très forte vitesse par le moteur et
qui avec quelques dizaines de kilogrammes de gaz, fait le même travail que les
tonnes de mélange chimique utilisé par le
passé. Seul inconvénient, la poussée de ce
type de moteur est très faible, et il faut
donc plusieurs mois pour mettre le satellite à poste, au lieu de quelques jours.
Avec un poids au décollage de 5,4 tonnes, le satellite de télécommunication
SES-12 fait partie des géants de sa catégorie : « Ce satellite est une brute, il tient tout
juste à l’intérieur de la coiffe de 5 mètres de
diamètres en haut du Falcon 9 », décrit
Martin Halliwell, directeur technique de
SES. En faisant de grandes enjambées et
en comptant ses pas, ce Britannique volubile parcourt la pièce pour illustrer les
8,5 m de long du satellite SES-12. Le corps
de l’engin est gros comme un bus scolaire
américain, et il est encadré de chaque
côté par de gigantesques panneaux solai-
res de 40 mètres de long, plus que l’envergure des ailes d’un Airbus A320.
Ces immenses panneaux solaires sont
indispensables pour alimenter en électricité le satellite, et la puissance énorme
qu’ils fournissent, 19 kW, est d’ailleurs
un très bon indicateur des capacités hors
normes de l’engin. « Ces 19 kW, c’est la
puissance dont on a besoin pour faire fonctionner le satellite, l’électronique, les re-
tions », affirme le Dr Anne Berger-Carbonne. Plusieurs missions ont d’ailleurs
été confiées aux 17 centres d’appui pour
la prévention des infections associées
aux soins (Cpias) notamment celle de
surveiller et de prévenir les infections
associées aux dispositifs invasifs. Le
Dr Bruno Coignard, directeur de la section « maladies infectieuses » à Santé publique France rappelle : « Le risque zéro
n’existe pas. Peut-être avons-nous atteint
un plancher concernant les infections nosocomiales. » La prochaine enquête nationale sera menée dans cinq ans. ■
lais, les amplificateurs et les antennes qui
transmettent les signaux vers la Terre »,
explique Martin Halliwell. « Pour donner
un ordre de grandeur, la moyenne des satellites de télécommunications n’a besoin
que de 7 à 8 kW électriques. »
La puissance record du satellite est une
conséquence indirecte de l’utilisation de
la propulsion électrique. « Avec des moteurs électriques, on peut au choix réduire
la masse du satellite, ce qui peut être intéressant en faisant appel à un lanceur moins
puissant, donc moins cher, ou alors conserver la masse du satellite mais rajouter ce
qu’on appelle de la charge utile, des équipements servant pour le rôle de télécommunication du satellite », explique Arnaud de
Rosnay, responsable de la branche satellites de télécommunications chez Airbus
Defence & Space. « Pour SES-12, notre
client SES a fait le choix d’équiper le satellite avec un maximum d’équipements, et
augmenter ses capacités. » Autre innovation importante, le satellite emporte plusieurs ordinateurs de traitement du signal, ce qui permettra de reconfigurer
certains émetteurs pendant la durée de la
mission, en pouvant diriger par exemple
des faisceaux pour des transmissions à
très haut débit sur une zone réduite, ou
choisir de couvrir une région plus grande,
avec un débit plus réduit. ■
Les informés de franceinfo
Une émission de Jean-Mathieu Pernin,
du lundi au vendredi de 20h à 21h
A
AURÉLIE FRANC £@AurélieFranc
chaque mardi avec
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 5 juin 2018 LE FIGARO
12
SPORT
Caroline Garcia,
le rêve bleu foudroyé
La dernière chance française n’a pu rivaliser avec l’Allemande
Kerber en 8es de finale de Roland-Garros. Une déception de plus.
TENNIS Caroline Garcia est entrée sur le et mon équipe, on va continuer à travailler,
et un jour je l’aurai (un titre en Grand
court crispée et n’est jamais parvenue à
Chelem). »
se libérer de l’étreinte émotionnelle qui
l’a ligotée. Face à la n° 1 française déborLe tournoi a également vu disparaître
dée, manquant de ressort, d’idées, et ne
Serena Williams. Le « duel des reines »
pouvant que déplorer un jeu cousu de
face à Maria Sharapova était très attendu.
fautes (36), l’Allemande AnUn blockbuster. L’Américaigelique Kerber (ancienne n° 1
ne a finalement été contrainte
mondiale, retombée à la 12e
de déclarer forfait, blessée.
place, lauréate de l’Open
Elle avait, dimanche, terminé
d’Australie et de l’US Open
son match de double (perdu
en 2016) a laissé parler son
avec sa sœur Venus) dimiexpérience et posé une main
nuée, paraissait gênée pour
ferme sur la tête de sa rivale commises par Caroline servir. La légende américaine
pour l’aider à se noyer, 6-2, Garcia, qui a donné plus qui disputait à Roland-Garros
6-3 en 1 h 07. « Les fautes se
son premier tournoi du Grand
de 50 % des points
sont enchaînées, cela allait gagnés par Angelique Chelem depuis l’Open d’AusKerber
super vite. J’ai essayé de rétralie 2017 a abattu la carte de
fléchir, de prendre mon
la prudence. Son orgueil et
temps, de faire quelque chose,
son ego lui interdisaient promais elle continue d’avancer. Et moi, je
bablement de monter sur le ring diminuée
perds pied », a, en conférence de presse,
face à l’une de ses plus prestigieuses et anrésumé la Française, touchée, émue.
ciennes rivales. Elle ne pouvait pas non
Avec bravoure, elle a écarté cinq balles
plus risquer d’aggraver une blessure qui
de match, tenté en vain de faire dérailler
aurait pu contrarier la suite de sa saison,
la partie, avant de quitter tête basse le
et notamment celle sur herbe qui se proficourt Suzanne-Lenglen, qui n’aura pas
le où elle nourrira des ambitions élevées
eu le temps de s’enflammer. La Lyonnai(elle compte 7 titres à Wimbledon). En
se a expliqué : « Je n’étais pas dedans. Je
n’ai pas réussi à me régler, à être concentrée sur mon match. Après, avec le petit
plus de tension qu’il y a ici à Roland-Garros, cela n’a fait qu’empirer les choses […]
Il faut apprendre et continuer. » Encaisser.
Se relever. Se servir de l’échec et de ses
morsures. Pour grandir. Il y a quelques
jours, Novak Djokovic décrivait les sentiDÉCRYPTAGE
ments violents qui assaillent les joueurs :
Jean-Julien Ezvan
« On apprend beaucoup plus des défaites
jjezvan@lefigaro.fr
que des victoires, toujours. Parce que lorsqu’on perd un match, on se retrouve dans le
doute. On ne cesse de se poser des quesEN 1983, Yannick Noah succédait au paltions. Et tout ce que l’on a cherché à taire et
marès de Roland-Garros à Marcel Berqu’on n’a pas voulu accepter refait surface
nard, titré en 1946, mettant fin avec brio
dans un grand match. C’est à ce momentà trente-sept ans d’attente. Les images
là qu’il faut gérer ses émotions et compatinées par le temps se sont incrustées
prendre comment s’améliorer, comprendre
au ralenti dans la mémoire collective.
comment on peut équilibrer toutes ses
Depuis, le tennis français n’a remporté
émotions intérieures. C’est ainsi qu’on peut
que cinq titres majeurs en Grand Chelem
apprendre à s’améliorer, à devenir plus
(Mary Pierce à Melbourne en 1995 et à
fort. » À méditer.
Roland-Garros en 2000, Amélie MauÀ 24 ans, Caroline Garcia vivait son
resmo en 2006 à l’Open d’Australie et
huitième tournoi de Roland-Garros et
Wimbledon, Marion Bartoli en 2013 à
promet : « Je vais continuer à croire en moi
Wimbledon). En 1983, bercé par
36
fautes directes
conférence de presse, visage fermé,
l’Américaine a posément exposé : « J’ai
des problèmes aux pectoraux. La douleur
s’aggrave, je n’arrive plus à servir. C’est
difficile de jouer quand on n’arrive pas à
servir… J’ai fait une promesse à mon entraîneur et à toute mon équipe, si je ne suis
pas à 50 ou à 60 % de ma forme, je ne jouerai pas. Il faut que je me retire pour essayer
de retrouver la forme. J’ai beaucoup sacrifié pour participer à ce tournoi, cela n’a pas
été facile. La seule chose qui me console,
c’est que je vais continuer à m’améliorer et
jouer sur mes surfaces favorites. Mes résultats ici étaient tellement bons… » ■
SIMPLE DAMES (8es de finale) : Halep (Rou) bat
Mertens (Bel) 6-2, 6-1 ; Kasatkina (Rus) bat
Wozniacki (Dan) 7-6 (7/5), 6-3 ; Muguruza (Esp) bat
Tsurenko (Ukr) 2-0, abandon.
LES QUARTS DE FINALE DAMES : Halep (Rou)Kerber (All) ; Muguruza (Esp)-Sharapova (Rus) ;
Putintseva (Kaz)-Keys (E-U) ; Stephens (E-U)Kasatkina (Rus).
LE PROGRAMME, ce mardi (14 h). Court PhilippeChatrier : Thiem (Aut)-Zverev (All) ; Stephens (E-U)Kasatkina (Rus). Court Suzanne-Lenglen :
Putintseva (Kaz)-Keys (E-U) ; Cecchinato (Ita)Djokovic (Ser).
Caroline Garcia a été séchement battue (6-2, 6-3) par l’Allemande Angélique Kerber,
lundi à Roland-Garros. THOMAS SAMSON/AFP
Roland-Garros, terre aride pour les Français
Les causes sont multiples et identifiées : des joueurs élevés sur surfaces rapides, une concurrence internationale
exacerbée, la disparition régulière du
nombre de courts en terre battue dans
l’Hexagone (comme un symbole, le tout
récent Centre national d’entraînement
ne dispose pas du moindre court en terre
battue), le retard pris dès les plus jeunes
catégories où se forge le caractère, se façonne le physique, s’élabore la stratégie.
Mais la sonnette d’alarme a retenti. Stridente. Assourdissante. Le constat n’offrant, il est vrai, pas la moindre échappatoire. « Il faut qu’on remette en cause
notre système de formation, nos méthodologies, notre approche technique du jeu »,
résume, lucide, Pierre Cherret, le DTN,
en évoquant le travail à effectuer sur la
l’euphorie du succès, le tennis français
était persuadé de ne plus devoir attendre
aussi longtemps avant de voir l’un de ses
enfants brandir la coupe des Mousquetaires sur sa terre de légende… Après
neuf jours de compétition cette année, il
n’y a plus la moindre chance française
dans les tableaux de simple des Internationaux de France.
Caroline Garcia, ultime flamme bleue,
a été rapidement soufflée. La Lyonnaise
sera dans les mois à venir (avec Kristina
Mladenovic, si cette dernière parvient à
enrayer une spirale de défaites inquiétantes, et Lucas Pouille qui traverse une
passe délicate) la tête d’affiche bleue. La
génération Tsonga vieillit. Derrière, la
relève est tendre, très tendre. Plus loin
encore, ce n’est pas la bousculade.
Cecchinato, de sombres paris à la belle histoire à Paris
ROMAIN SCHNEIDER rschneider@lefigaro.fr
ET SOUDAIN Marco Cecchinato a perdu
son sourire éclatant… Tombeur de David
Goffin dimanche en 8e de finale (7-5, 4-6,
6-0, 6-3) l’inconnu italien, qui défie Novak Djokovic ce mardi en quart de finale,
est descendu de son nuage, quand un
journaliste lui a posé une question sur son
passé trouble. En juillet 2016, le Sicilien
avait écopé d’une suspension de 18 mois
pour une implication présumée dans des
rencontres truquées, réduite à 12 mois
puis finalement levée pour « vice de procédure » par la plus haute juridiction
sportive italienne. Il aurait ainsi perdu
volontairement face au Polonais Kamil
Majchrzak, alors 264e mondial dans un
tournoi marocain en octobre 2015 pour
toucher l’argent de paris illégaux…
Selon la Fédération italienne, l’Italien
aurait récidivé à l’occasion d’un match de
double joué avec Luca Vanni contre la paire Betov-Elgin en République tchèque en
2015. « Je ne veux pas parler de ça. Désolé », a simplement répondu le Sicilien. Ces
matchs présumés arrangés racontent un
quotidien moins glamour que sa quinzaine
parisienne. Celui d’un joueur de seconde
zone. En début d’année, Cecchinato écumait encore les challengers (la deuxième
division des professionnels) et avait glané
un titre à Santiago du Chili pour intégrer le
top 100 mondial. De l’ombre à la lumière.
Lui qui a touché 153 540 euros en 2017 en a
déjà gagné 217 336 cette année. Et ce,
avant son épopée à Roland où il est déjà
assuré de glaner 380 000 rien qu’en atteignant les quarts…
La vie de l’actuel 72e mondial a radicalement changé ce printemps,
puisqu’il a remporté, il
y a quelques semaines à
Budapest, le premier
tournoi de sa carrière
sur le circuit ATP. Éliminé en qualifications
le dimanche 22 avril,
Cecchinato s’est pourtant retrouvé vainqueur une semaine plus
tard, lui qui n’avait gagné qu’une seule rencontre auparavant sur le
circuit ATP… En un mois
et demi, il vient ainsi de
remporter onze matchs sur
le grand circuit, deux fois plus que lors
des cinq dernières années !
« Le déclic aurait pu ne pas arriver.
Beaucoup de joueurs n’auront jamais l’opportunité de le connaître, confie le Sicilien.
À 25 ans, c’est le moment idéal. Je ne suis ni
trop jeune, ni trop vieux. » Mais
rien ne prédisait un tel
parcours à Paris.
« Depuis le début du
tournoi, je suis resté
concentré à l’entraînement et en match.
Sur le court, je suis plus déterminé. Cela n’a
pas toujours été comme cela par le passé. »
Marco Cecchinato va disputer face à
Novak Djokovic son premier quart de finale en Grand Chelem. Et dire que l’Italien au revers à une main n’avait encore
jamais passé le premier tour d’un Majeur
dans sa carrière. Et dire aussi qu’il était
mené deux sets à zéro au premier tour par
Marius Copil, 94e mondial…
Le Transalpin a fait tomber en 8e de finale David Goffin (9e mondial), il est vrai
diminué physiquement après son combat
en deux jours contre Gaël Monfils. Ceccchinato a eu le mérite d’en profiter, lui
qui n’avait jamais battu un top 10 dans sa
carrière. Au tour précédent, le Palermitain avait eu raison de Pablo Carreno Busta, tête de série no 10 (2-6, 7-6, 6-3, 6-1).
Déjà une belle perf. Il est désormais certain d’intégrer le top 50 au prochain classement ATP. Et de quitter Paris avec un
sourire radieux. ■
Marco Cecchinato, 72e mondial, doit
disputer, ce mardi, face à Novak Djokovic,
son premier quart de finale en Grand
Chelem. ALESSANDRA TARANTINO/AP
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génération 2024, celle des Jeux olympiques de Paris.
Le sport français attend un vainqueur
sur le Tour de France cycliste depuis
Bernard Hinault en 1985, un sacre en
Coupe d’Europe de football depuis Marseille en 1993 ou une victoire en Grand
Prix en Formule 1 depuis Olivier Panis à
Monaco en 1996. Comme à Roland-Garros. Labourée, entretenue, symbole de la
réussite et de la vigueur du tennis français, la terre de ce Roland-Garros, qui
aura achevé son projet d’extension et de
modernisation en 2021, est en chantier.
Comme sa pyramide sportive. Le temple
de la terre battue déroule un prestigieux
tapis ocre mais ne voit pas briller les
Français et pourrait devoir s’y habituer… ■
Nadal ne tremble
pas, Del Potro
impressionne
Grand favori pour un onzième titre
sur les courts de la Porte d’Auteuil,
Rafael Nadal n’a toujours pas
concédé de set depuis le début de
la quinzaine. Maître en son royaume,
même si le jeune allemand Maximilian
Marterer, 22 ans, battu, 6-3, 6-2, 7-6,
a fait un peu de résistance ce lundi.
« Le match, de manière générale, a
été positif », s’est félicité Nadal, qui a
signé au passage sa 900e victoire sur
le circuit. Place à Diego Schwartzman
(n°11) en quart. Le petit argentin
(1,70 m) a renversé le géant Kevin
Anderson (2, 03 m), 1-6, 2-6, 7-5,
7-6, 6-2. Le Sud-Africain a pourtant
mené 2 sets à rien et servi pour
le gain du match à deux reprises…
L’autre quart du haut du tableau
mettra aux prises mercredi Juan
Martin del Potro (n°5), solide
vainqueur de John Isner, 6-4, 6-4,
6-4, à Marin Cilic (n°3) tombeur au
bout du suspense de Fabio Fognini,
6-4, 6-1, 3-6, 6-7, 6-3.
R. S.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 5 juin 2018
LE CARNET DU JOUR
communications
ANPERE
(Association nationale
pour la prévoyance, l'épargne
et la retraite),
association déclarée et régie
par la loi du 1er juillet 1901.
Siège social :
81, avenue François-Arago,
92000 Nanterre.
Convocation à l'assemblée
générale mixte 2018.
L'assemblée générale mixte
de l'association ANPERE
se tiendra
le jeudi 5 juillet 2018, à 16 h 30,
à la Maison des associations,
6, cours des Alliés, à Rennes,
afin de délibérer sur l'ordre
du jour suivant :
Partie extraordinaire :
1. Évolution des statuts.
Partie ordinaire :
2. Approbation du rapport
du conseil d'administration,
3. Approbation des comptes
2017 et du rapport financier,
4. Modification
du support croissance
du contrat Excelium,
5. Délégation de pouvoir
au conseil d'administration
pour la signature des avenants
aux contrats d'assurance
de groupe souscrits
par l'association,
6. Élection de
Mme Agnès Pfertzel
au poste d'administrateur.
Conformément aux statuts,
l'association ANPERE
a décidé de faire usage des
convocations électroniques
pour l'assemblée générale
2018.
Un pouvoir pourra être fourni
à tout adhérent qui souhaiterait
se faire représenter à
l'assemblée sur simple demande
auprès de l'association à
anpere.contact@anpere.fr
Le président,
Jean Sébastien Antoniotti.
ANPERE Retraite
Association déclarée et régie
par la loi du 1er juillet 1901,
GERP enregistré à l'ACPR
sous le n° 477654743/GP1.
Siège social :
81, avenue François-Arago,
92000 Nanterre.
Convocation à l'assemblée
générale mixte 2018
L'assemblée générale mixte
de l'association
ANPERE Retraite se tiendra
le jeudi 5 juillet 2018, à 16 h 30,
à la Maison des associations,
6, cours des Alliés, à Rennes,
afin de délibérer sur
l'ordre du jour suivant :
Partie extraordinaire :
1. Évolution des statuts.
Partie ordinaire
2. Approbation du rapport
du conseil d'dministration,
3. Approbation des comptes
2017 et du rapport financier,
4. Approbation
des comptes annuels 2017
du Plan PERP confort,
5. Approbation
du budget annuel 2018
du plan PERP confort,
6. Approbation
des comptes annuels 2017
du plan PERP référence,
7. Approbation
du budget annuel 2018
du plan PERP référence,
8. Délégation de pouvoir
au conseil d'administration
pour la signature des avenants
aux contrats d'assurance
de groupe souscrits
par l'association,
9. Renouvellement du mandat
d'administrateur de
Mme Manuèle Pennera,
10. Renouvellement du mandat
d'administrateur de
M. Pierre Chasseguet.
Les auditeurs
de la 40e session nationale de
Mme Claude Fonteneau,
née Huguette
Bourel de la Roncière,
son épouse,
France et Eric Hervé-Bazin,
leurs enfants et petits-enfants,
Françoise Baron,
sa belle-sœur, et sa famille,
Denise Meininger (†),
sa sœur, et sa famille,
Jean Baron,
son frère, et sa famille,
Odette Rebotier
ont la tristesse
de vous faire part du décès,
le 26 mai 2018,
de leur camarade,
Thierry Fonteneau,
Pascal et Magali Fonteneau,
Sabine Fonteneau (†),
Cyrille et Elisabeth Fonteneau,
ses enfants,
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Valérie et Frédéric Lefebvre,
Quentin et Alix,
Guillaume et Isabelle Dehaene,
ses enfants et petits-enfants,
les familles Bassot, Crouzet,
Leroyer, Roussel et Six
deuils
Jacques BARON
survenu le 30 mai 2018,
à l'âge de 99 ans.
Une célébration religieuse
aura lieu le mercredi 6 juin,
à 14 h 30, en l'église
Sainte-Jeanne-de-Chantal,
96, boulevard Murat,
Paris (16e),
suivie de l'inhumation
au cimetière
du Kremlin-Bicêtre, 2, avenue
du Cimetière-Communal.
l'Institut des hautes études
de défense nationale (IHEDN)
Jean-François DAVID
ont le douleur
de faire part du décès de
Micheline DEHAENE
Paris (7e).
Paris.
Dominique Brusset-Dougier,
Jacqueline de Roux,
Olivier et Mireille Brusset,
Cécile Wojtowicz,
leurs enfants et petits-enfants
Odile Douroux,
son épouse,
Philippe et Florence Douroux,
Jean-François et Delphine
Douroux,
ses fils et belles-filles,
Adrien, Vincent, Nicolas
et Marine,
ses petits-enfants,
survenu le 30 mai 2018,
à l'âge de 74 ans, à Paris.
La cérémonie religieuse
sera célébrée en l'église
Saint-Pierre-du-Gros-Caillou,
à Paris (7e),
le jeudi 7 juin 2018, à 10 h 30,
par le père Richard Escudier.
Il sera enterré au cimetière
d'Epône (Yvelines),
dans l'intimité.
Le marquis
de Castellane Majastres,
son frère,
Aliette de Castellane Féral,
sa sœur,
Lionel et Charles,
ses neveux,
ont la douleur
de vous faire part du décès de
Pierre
vicomte de CASTELLANE
maire d'Annoville (Manche),
conseiller départemental
de la Manche,
survenu le 3 juin 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée le mercredi 6 juin,
à 10 heures, en l'église
de Villetoureix (Dordogne).
Une messe sera célébrée
à son intention,
le même jour à la même heure,
en l'église d'Annoville.
« La Rigale »,
24600 Villetoureix.
Jacques-Edouard Gree,
son compagnon,
et la famille Gree,
ses amis de la Manche,
de Dordogne et de Paris,
le conseil municipal
et les habitants d'Annoville,
M. Philippe Bas,
ancien ministre,
sénateur de la Manche,
M. Marc Lefèbvre,
président du conseil
départemental de la Manche,
ont la tristesse
de vous annoncer
le rappel à Dieu de
Pierre
vicomte de CASTELLANE
Conformément aux statuts,
l'association ANPERE Retraite
a décidé de faire usage
des convocations électroniques
pour l'assemblée générale 2018.
Un pouvoir pourra être fourni
à tout adhérent qui souhaiterait
se faire représenter
à l'assemblée sur simple
demande auprès de
l'association par mail à
anpere.contact@anpere.fr
Une messe du souvenir sera
célébrée en l'église d'Annoville,
le mercredi 6 juin 2018,
à 10 heures.
Le président,
Jean Sébastien Antoniotti.
Une messe sera dite
ultérieurement à Paris.
maire d'Annoville (Manche),
conseiller départemental
de la Manche,
3e vice-président de
la communauté de communes
Coutances Mer et Bocage.
M. Claude FONTENEAU
La cérémonie religieuse
aura lieu le jeudi 7 juin 2018,
à 14 h 30, en la basilique
Saint-Nicolas de Nantes.
ont la douleur
de faire part du décès de
M. Lucien DOUROUX
ancien directeur général
de la Caisse nationale
de Crédit Agricole,
officier de la Légion d'honneur,
survenu le 1er juin 2018.
Pierre et Jeanette Haren,
Annette et Olivier Prévôt,
Marie-Dominique Haren,
ses enfants,
Julie, Pauline, Matthieu,
Arthur, Alix, Haley, Ashton,
ses petits-enfants,
Malo, Axel, Ulysse et Emma,
ses arrière-petits-enfants,
Bernard et Paule Caviglioli,
son frère et sa belle-sœur,
Paule et Jean-Claude
Domenech,
sa cousine et son cousin,
ont la douleur
de faire part du décès de
Mme Henri HAREN
née Paulette Caviglioli,
survenu le 1er juin 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
en l'église Saint-Martin
de Chevreuse,
le vendredi 8 juin, à 15 heures.
La cérémonie religieuse
sera célébrée en l'église
Saint-Pierre-de-Chaillot,
31, avenue Marceau,
à Paris (16e),
le vendredi 8 juin, à 10 h 30,
par le père Madelin, s.j.
Famille Haren,
5, allée Maryse-Bastié,
78460 Chevreuse.
L'inhumation aura lieu
le samedi 9 juin, au cimetière
de Saint-Rémy-sur-Durolle
(Puy-de-Dôme),
à l'issue d'une célébration qui
se tiendra à l'église à 15 heures.
Nicole et François Hatt,
ses enfants,
Caroline Monod,
sa petite-fille,
Dominique Lefebvre,
président de la Fédération
nationale du Crédit Agricole
et de Crédit Agricole S.A.,
Philippe Brassac,
directeur général
de Crédit Agricole S.A.,
Raphaël Appert,
premier vice-président
de la Fédération
nationale du Crédit Agricole,
et l'ensemble des élus,
des dirigeants
et des collaborateurs
du groupe Crédit Agricole
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Lucien DOUROUX
officier de la Légion d'honneur,
commandeur
du Mérite agricole,
ancien directeur général
de la Caisse nationale de
Crédit Agricole (1993-1999),
ancien secrétaire général
de la Fédération nationale du
Crédit Agricole (1982-1990),
survenu le 1er juin 2018,
à l'âge de 84 ans.
Lucien Douroux a pris part
à toutes les grandes étapes
du développement du groupe
et a été l'artisan
de transformations majeures
pour le Crédit Agricole.
Gérard Lépany,
son frère,
ses neveux et nièces
des familles Lépany
et Audoin-Rouzeau
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Mme Jacques HEROLD
née Anne-Marie Lépany,
La célébration religieuse
aura lieu le jeudi 7 juin,
à 15 heures, en l'église
de la Sainte-Trinité,
à Villez-sur-le-Neubourg
(Eure),
suivie de l'inhumation
dans le caveau de famille.
Cet avis tient lieu de faire-part.
6, boulevard de la Saussaye,
92200 Neuilly-sur-Seine.
Jacques et Marie-Christine
Journel,
Hervé et Elisabeth Journel,
Hubert et Françoise Journel,
Chantal et Jérôme Noel,
Christine et Eric du Boÿs,
Dominique et Sabine Journel,
Emmanuel et Marie Journel,
ses enfants,
ses 22 petits-enfants
et leurs conjoints,
ses 21 arrière-petits-enfants
et toute la famille
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Jeannine HATT
née Delarbre,
chevalier
de l'ordre national du Mérite,
survenu dans sa 90e année.
La cérémonie religieuse aura
lieu en l'église protestante unie
de Passy Annonciation,
19, rue Cortambert, Paris (16e),
le vendredi 8 juin 2018,
à 10 h 30,
suivie de l'inhumation
au cimetière du Montparnasse.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Mme Jean Laroche,
son épouse,
Mme Annick Laroche,
M. et Mme Denis Laroche,
M. Jérôme Laroche
et sa compagne,
M. et Mme Gilles Laroche,
ses enfants,
ses 9 petits-enfants
et leurs conjoints,
ses 18 arrière-petits-enfants
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
La cérémonie religieuse
sera célébrée le vendredi 8 juin,
à 10 h 30, en l'église
Saint-Pierre-de-Chaillot,
31, avenue Marceau,
à Paris (16e).
survenu le samedi 2 juin 2018,
dans sa 98e année.
Jean LAROCHE
Sœur Francine Ludger,
Philippe Ludger,
Patricia et Alfred Winter,
Florence et Mohamed Zouari,
Dominique et Dolores Ludger,
ses enfants,
ses 8 petits-enfants,
ses 3 arrière-petits-fils,
Michel Marchal,
son frère,
vous font part
du rappel à Dieu de
née Lalo,
le lundi 4 juin 2018,
dans sa 93e année.
Elle s'est endormie
dans la Paix de Dieu entourée
de l'affection des siens.
La célébration religieuse
aura lieu le jeudi 7 juin 2018,
à 10 heures, en l'église
Saint-François-Xavier,
à Paris (7e),
suivie de l'inhumation
au cimetière d'Urcel (Aisne),
où elle reposera
auprès de son époux,
François Jacques Journel
décédé le 12 juin 2006.
Pierre Olivier Drege,
Marc Lawton,
ses fils,
Brigitte Drege,
Dominique Norval,
Guillaume, Thibaut, Laurent,
Olivia, Eliott et Léonard,
ses petits-enfants,
Maceo, Ulysse, Zacharie,
Mélina et Chiara,
ses arrière-petits-enfants,
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Catherine LAWTON
née Lévy,
survenu le 30 mai 2018,
dans sa 97e année.
Une cérémonie d'adieu
aura lieu le jeudi 7 juin,
à 11 h 30, au crématorium
du cimetière du Père-Lachaise,
Paris (20e).
La messe d'enterrement
aura lieu en l'église
Notre-Dame-de-la-Délivrance
de Blangy-sur-Bresle
(Seine-Maritime),
le vendredi 8 juin, à 15 heures,
suivie de l'inhumation au
cimetière de Hodeng-au-Bosc.
Elle sera suivie de l'inhumation
au cimetière du Montparnasse,
Paris (14e).
Cet avis tient lieu de faire-part.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Mézilles (Yonne).
Mme Josepha de Royer-Dupré,
son épouse,
Mme Isaure de Royer-Dupré,
sa fille,
MM. Jan et Nory Baudonnat,
ses beaux-fils,
Anaë, Lucie, Keryan, Elise
et Sophie,
ses petits-enfants,
et toute la famille
Christiane LUDGER
née Marchal,
veuve de
ont la douleur
de vous faire part du décès de
M. Yves de ROYER-DUPRÉ
Raymond Ludger
survenu le 2 juin 2018.
le 2 juin 2018.
La messe sera célébrée
le mercredi 6 juin, à 10 h 30,
en l'église Saint-Sulpice,
Paris (6e),
suivie de l'inhumation
au cimetière du Montparnasse.
« Celui qui croit en moi,
même s'il meurt vivra. »
Jean 11, 25.
La messe d'obsèques aura lieu
le vendredi 8 juin, à 15 heures,
en l'église Saint-Marien
de Mézilles.
Fleurs naturelles seulement.
Condoléances sur registre.
Cet avis tient lieu de faire-part.
remerciements
Nicole Nouzarède,
son épouse,
Jérôme, Nicolas, Laure,
ses enfants,
Alix, Caroline, Fabrice,
ses belles-filles et gendre,
Victor, Achille, Zoé, Honorine,
Archibald, Eugénie, Aymar,
Alistair, Max, Victoire, Pierre,
Pauline,
ses petits-enfants,
ont la douleur
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Laurence et Pierre-Yves Baudu,
Véronique Bauvillard,
Emilie et Alexandre Ledouble,
ses enfants et beaux-enfants,
ses petits-enfants
et toute la famille,
très touchés des marques
de sympathie qui leur ont été
témoignées lors du décès de
Michèle BAUVILLARD
née Minard,
Michel NOUZARÈDE
vous prient de trouver ici,
leurs sincères remerciements.
le vendredi 1er juin 2018,
dans sa soixante-quatorzième
année.
La cérémonie religieuse
sera célébrée le vendredi 8 juin,
à 15 heures, en l'église
Saint-Germain-l'Auxerrois,
à Fontenay-sous-Bois
(Val-de-Marne).
Mme Yvonne JOURNEL
136, rue de Vaugirard,
75015 Paris.
41, avenue de Versailles,
75016 Paris.
Ils s'associent à la peine
de son épouse,
de ses enfants et petits-enfants
et de leurs proches.
L'inhumation aura lieu
le samedi 9 juin, au cimetière
de Saint-Rémy-sur-Durolle
(Puy-de-Dôme),
à l'issue d'une célébration qui
se tiendra à l'église à 15 heures.
Marine et Arnaud, Sophie,
Laure et Benoît, Xavier,
ses petits-enfants,
Louis, son arrière-petit-fils,
le 31 mai 2018,
dans sa 94e année.
survenu le 2 juin 2018.
Cet avis tient lieu de faire-part.
M. Thierry BRUSSET
vous font part
du rappel à Dieu de
née Oriol,
La cérémonie religieuse
sera célébrée
en l'église Saint-Louis
de Garches (Hauts-de-Seine),
le jeudi 7 juin, à 10 h 30.
ont la tristesse
de faire part du décès de
Anna, Bréa, Alexandre
et Marin,
ses petits-enfants,
Marc et Joëlle Herold,
Christophe et Fabienne Herold,
ses enfants,
13
Christian Rousteau,
Thierry et Catherine Rousteau,
Myriam Rousteau,
le père Frédéric Rousteau (†),
Xavier Rousteau,
Antoine et Isabelle Rousteau,
Florence et Claude Alquier,
ses enfants,
Saint-Germain-en-Laye.
Henri Combe,
ses enfants,
ses belles-filles
et ses petits-enfants,
très touchés par les marques
d'affection et de sympathie
que vous leur avez témoignées
lors du décès, le 26 mai 2018, de
Jacqueline COMBE
vous prient de trouver ici
leurs très sincères
remerciements.
ses petits-enfants
et arrière-petits-enfants
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Mme Armand ROUSTEAU
née Marie-Thérèse Langlois,
Nadine Nicoulaud,
son épouse,
ses enfants et petits-enfants,
le 2 juin 2018.
très touchés des marques
de sympathie qui leur ont été
témoignées lors du décès de
La cérémonie religieuse
sera célébrée ce mardi 5 juin,
à 15 heures, en l'église de
Machecoul (Loire-Atlantique).
vous prient de trouver ici,
leurs sincères remerciements.
Olivier NICOULAUD
LECARNETDUJOUR
est ouvert du lundi au vendredi
de 9 h à 13 h et de 14 h à 18 h,
les dimanches et jours fériés
de 9 h à 13 h (excepté les 1er janvier, 1er mai,
15 août, 25 décembre).
Vos annonces doivent nous parvenir
avant 16 h 30 pour toutes nos éditions
du lendemain, avant 13 h les dimanches
et jours fériés.
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mardi 5 juin 2018 LE FIGARO
14
CHAMPS LIBRES
ENQUÊTE
Gérald Darmanin, en visite
à la brasserie Duyck,
le 25 mai à Maubeuge (Nord).
BELLOUMI/VOIX DU NORD/MAXPPP
Les horizons nouveaux
de Gérald Darmanin
£@mwesfreid
A
1
O
n peut avoir 35 ans et faire de la politique à l’ancienne. Ce n’est pas Gérald Darmanin qui dira le contraire.
Dans une équipe de techniciens, le
ministre de l’Action et des Comptes
publics détonne. « Il est quasiment
devenu le porte-parole de ce gouvernement, constate son ami, le président LR de la région
des Hauts-de-France Xavier Bertrand. Il ne se cantonne
pas à ses sujets et il est l’un des meilleurs pédagogues. »
Gérald Darmanin s’échappe dès qu’il le peut de Bercy. Il
sillonne les routes dans sa Peugeot avec chauffeur, voire
emprunte un petit avion des Douanes. Déjà une quarantaine de déplacements, de la frontière belge à celle
avec Andorre. La politique est pour lui l’art de prendre
les devants. Il note ce qu’un badaud lui dit dans une
brocante. Il donne son numéro de portable aux parlementaires. Il visite un atelier de fabrication de bière.
Quand son équipe lui signale un article critique sur le
prélèvement à la source dans Le Tarn Libre, Le Bien Public ou Le Berry Républicain, il n’hésite pas à prendre son
téléphone pour faire valoir ses arguments, à la grande
surprise du permanencier qui décroche.
Mais le public qu’il chouchoute le plus, ces tempsci, ce sont les élus locaux, redoutables relais d’opinion.
Il a d’ailleurs conservé plusieurs mandats locaux (premier adjoint, conseiller communautaire, régional).
À la fin mai, lui qui a la responsabilité du budget et des
fonctionnaires a réuni une centaine de maires dans la
salle des fêtes de Solesmes (Nord). Au pupitre, Gérald
Darmanin se présente en « collègue », en référence à
son passé de maire de Tourcoing. Il brise la glace d’une
boutade : « Si vous avez tout compris à la fiscalité locale,
c’est que le type qui vous en a parlé vous a mal expliqué. » Puis, il vante la fin de la taxe d’habitation, qui
n’enlèvera pas de marges de manœuvre financières
aux communes, assure-t-il. Il évoque le salaire au mérite dans la fonction publique et pose la question – ô
combien sensible – de la réalité des 35 heures dans la
fonction publique. Un élu se lève, au fond de la salle, et
prend un micro. Il déplore une baisse des dotations de
l’État. « Vous oubliez de dire, cher Monsieur, que la dotation de votre commune a plus que doublé, cette année », le corrige Gérald Darmanin, qui vient d’obtenir
l’information en direct, via un message sur son portable, rédigé par ses collaborateurs. Ces derniers sont
venus avec un document sur la situation de chacune
des communes du département.
Gérald Darmanin connaît les ficelles du métier. Sa
communication se veut concrète. En décembre dernier, il a posé dans les journaux avec des fiches de paie,
pour illustrer la baisse des cotisations. « Je suis dans un
ministère du chiffre. Tout le monde parle en pourcentage,
avec des indicateurs macroéconomiques, c’est la maison
qui veut ça, mais c’est inaudible pour les gens »,
confie-t-il au Figaro. Lui-même a dû corriger le tir.
« Lors de mon premier rendez-vous budgétaire avec le
chef de l’État, j’avais appris tous les chiffres par cœur, se
souvient Darmanin. Ce n’était pas ce qu’attendait le
président. » Ces derniers jours, le ministre a fait un pas
de côté qui n’est pas passé inaperçu. Il a fait résonner
une petite musique personnelle sur les aides sociales
– elles sont pourtant aussi du ressort de la ministre de la
Santé Agnès Buzyn. Il a pris ses distances avec son collègue de Bercy, le ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire, qui évoquait une possible remise à
Depuis son entrée au
gouvernement, le ministre
de l’Action et des Comptes
publics a marqué
des points. Même s’il fait
siennes les pratiques
de l’« ancien monde »,
l’ex-LR, désormais encarté
LaREM, est devenu
une valeur sûre au sein
de l’exécutif. Alors que
les affaires le concernant
sont désormais closes,
il est requinqué, prêt
à gravir de nouveaux
échelons.
J.-C. MARMARA/LE FIGARO
Marcelo Wesfreid
plat de celles-ci. Gérald Darmanin a affirmé qu’il n’y
aurait pas de suppression des « aides sociales individualisées ». Quelques jours plus tard, il ajoutait qu’il y a
« trop d’aides », que les plus complexes d’entre elles
méritaient d’être reconsidérées, ce qui a pu paraître
contradictoire. Ces cafouillages illustrent-ils des divergences de fond ou des rivalités ? « Les ministres ont
une âme et une sensibilité, assume Gérald Darmanin.
Cela ne veut pas dire que je suis un antilibéral ni que
Bruno Le Maire est un antisocial. Nous nous retrouvons
totalement dans la volonté de transformer le pays. »
« Fibre populaire »
L’élu de Tourcoing, lui-même issu d’un milieu modeste – sa mère était femme de ménage –, rappelle à
l’envi ses liens avec les milieux populaires. Souhaite-il
occuper ce positionnement, que personne n’a encore
su préempter dans l’exécutif ? « J’ai toujours eu cette
fibre populaire, pour des raisons personnelles, historiques, familiales », souligne-t-il. Pense-t-il que le président doit rééquilibrer son cap, comme le pensent
certains dans la majorité ? « Je ne crois pas qu’il faille
donner un coup de barre à gauche. Ce qui importe est
d’agir pour le peuple », répond le ministre, inconditionnel de Napoléon et du général de Gaulle, dont les
œuvres trônent dans son bureau. Porte-parole bis du
gouvernement, Gérald Darmanin semble par moments capable de pousser aussi ses propres pions.
« Faire de la politique, c’est avoir un esprit d’équipe et
une forte individualité », écrit Gérald Darmanin, dans
son livre Chroniques de l’ancien monde (Éditions de
l’Observatoire), un récit de l’annus horribilis de la
droite, publié cet automne. « Être capable de chasser
en meute tout en étant solitaire. Aimer l’aventure personnelle et faire partie d’un groupe. La politique, c’est
l’art de manier les contraires, de résoudre les paradoxes,
de dompter les contradictions. »
Son parcours politique est une suite de compagnonnages, dont la succession a fait jaser : il a commencé
avec le chiraquien Jacques Toubon, puis se lie avec
Christian Vanneste, partisan d’une droite nationale
conservatrice, avant de rejoindre Xavier Bertrand.
Enfin, il devient le coordonnateur de campagne de Nicolas Sarkozy à la primaire de la droite. « Gérald Darmanin a les forces de ses faiblesses. Il aurait pu incarner
le macronisme à visage humain, raille le député FN Sébastien Chenu. Mais il pratique le zapping permanent, il
n’est jamais plus de deux ans dans une même fonction, il
ne va pas au bout de ses projets. » Exclu des Républicains, il est maintenant encarté à La République en
marche. Certains le voyaient briguer la tête de la métropole de Lille, en 2020. Lui a annoncé qu’il serait
candidat aux municipales à Tourcoing.
Gérald Darmanin revient de loin. Le jour de l’investiture d’Emmanuel Macron, il regarde à la télévision la
poignée de main avec François Hollande. Il est chez
lui, en compagnie de son meilleur ami Sébastien Lecornu, aujourd’hui secrétaire d’État à la Transition
écologique. L’histoire se fera sans lui. Sauf qu’Édouard
Philippe le repêche in extremis. « Gérald Darmanin
était la première personne que le premier ministre voulait
faire entrer au gouvernement », se souvient un proche
Il est quasiment devenu le porte-parole
de ce gouvernement. Il ne se cantonne pas
à ses sujets et il est l’un des meilleurs
pédagogues
XAVIER BERTRAND
»
de l’hôte de Matignon. Gérald Darmanin rencontre
discrètement Emmanuel Macron à l’Élysée. Il passe
par la grille du Coq pour éviter les photographes. Le
jour de la composition du gouvernement, il hérite du
Budget. « Il faut toujours démarrer par ce ministère »,
lui avait glissé Nicolas Sarkozy, qui passa aussi par là.
Mais une épreuve l’attend. Personnelle, celle-là. Deux
plaignantes accusent le ministre, l’une de viol, l’autre
d’abus de faiblesse. Des enquêtes préliminaires sont
ouvertes. « Gérald prend un coup dans le ventre, se souvient un intime. Mais au lieu de se recroqueviller, il décide de montrer qu’il ne va pas se laisser faire. » Emmanuel Macron se montre très présent dans la tourmente.
Gérald Darmanin ne change rien à son quotidien ministériel. Sa réaction contrastera avec celle de Nicolas
Hulot qui, mis en cause par le magazine Ebdo, se terre
pendant plusieurs semaines. Ces affaires sont finalement classées sans suite. Gérald Darmanin en gardera
toutefois une rancune tenace contre le patron des Républicains Laurent Wauquiez, qui avait ironisé sur ses
déboires lors de ses cours à l’École de management de
Lyon. « J’ai vécu cette période avec la conscience tranquille de celui qui n’a rien fait, raconte Gérald Darmanin. Mais c’était très désagréable pour moi et mes proches. Des journalistes ont été jusqu’à interroger des gens
qui avaient juste partagé un cours avec moi en première
année de fac. Ma vie a été passée au scanner. Peut-être
est-ce un passage obligé, en politique. Quand on en fait,
il faut se poser la question : est-ce que cela en vaut la peine ? Ma réponse est oui. Je savais en entrant au gouvernement que mon nom pouvait être jeté en pâture. »
Depuis, l’horizon s’est dégagé. Le ministre est comme requinqué. Il prend plaisir à monter au front, à croiser le fer même quand il n’est pas concerné. À l’Assemblée, il n’hésite pas à répondre à la place d’un collègue,
lors des questions au gouvernement. Dans un centre
des impôts à Avesnes-sur-Helpe, le 25 mai, il répond au
standard ou va voir des manifestants de l’administration fiscale, qui se tiennent devant le hall d’entrée. Un
syndicaliste de la CGT, drapeau en main, lui demande
de revenir « sur la suppression de 120 000 postes de
fonctionnaires pendant le quinquennat ». Gérald Darmanin rétorque : « Cela a été validé par le suffrage universel ! » Sa ténacité et son sens politique lui ont fait gagner
des points auprès d’Emmanuel Macron. Mais l’idylle ne
fut pas immédiate. À l’été 2017, le président rejette la
première mouture de son texte sur le droit à l’erreur.
« Manque de souffle », dira l’Élysée. Le président le
trouve un peu brouillon. Mais sa cote remonte vite. Depuis janvier 2018, Gérald Darmanin a intégré le saint des
saints : le dîner du premier cercle autour d’Emmanuel
Macron, à l’Élysée, chaque lundi soir. Là encore, c’est
Édouard Philippe qui a insisté pour lui faire intégrer ce
cénacle, en grande partie constitué des historiques de la
campagne. On y apprécie son sens politique. Dans le
huis clos, il expose notamment ses réticences sur la réduction à 80 km/heure de la vitesse sur route. Loyal, il
n’en dira jamais rien publiquement.
Comme ministre, le plus dur se profile devant lui : la
préparation du budget 2019. Ce sera l’heure de vérité
de la volonté transformatrice du quinquennat, après
un budget 2018 fait à la va-vite, truffé de coups de rabot
comptables. Il marquera le coup d’envoi du plan « action publique 2022 », feuille de route du gouvernement
pour réduire les dépenses de 3 % du PIB sur le quinquennat. Car pour l’instant, les annonces se font attendre. Les arbitrages prennent du retard, en raison de
vifs débats en coulisses. « Je savais que j’avais le cuir un
peu tanné, mais cette année m’a confirmé la résistance à
l’hyperpression, confie le ministre de l’Action et des
Comptes publics. Tant que vous ne l’avez pas subie, vous
ne pouvez pas savoir comment vous la supporterez. » ■
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LE FIGARO
mardi 5 juin 2018
CHAMPS LIBRES
15
ÉCONOMIE
La BCE a-t-elle rapproché
les économies de la zone euro ?
La Banque centrale
européenne a eu
vingt ans ce 1er juin.
340 millions
d’Européens
partagent la même
monnaie. L’euro
est-il un facteur
de cohésion entre
les 19 pays qui l’ont
adopté ou tend-il
au contraire
à exacerber les écarts
de prospérité ?
Les différences
de richesse par
habitant sont plus
larges aujourd’hui
qu’elles ne l’étaient
en 1998.
la BCE, seule responsable de la politique
monétaire. Néanmoins les billets et les
pièces nationales demeureront trois ans,
comme simples « subdivisions de
l’euro ». Janvier 2002, apparition des
pièces et billets en euro, avec deux mois
de transition où les anciennes coupures
(francs) continuent d’être acceptées.
« L’Union fait la force », martèle la campagne de communication de Bercy à l’été
1998. La saison est euphorique. La France
a gagné le 12 juillet le Mondial de football
à Paris, avec son équipe « black, blanc,
beur » claironne-t-on. Et de surfer sur la
métaphore : l’euro comme le foot, « on y
joue à onze » (États), et de louer « cette
union dans la diversité ».
Une petite erreur de stratégie s’instille
pourtant, bénigne, mais qui va s’avérer
funeste. « L’euro constitue pour l’Europe
un bouclier », argumente Dominique
Strauss-Kahn. Alors ministre des Finances, DSK réveille les fantasmes protectionnistes des Français : État fort, ligne
Maginot, Europe forteresse… Finies les
crises du franc. La France qui a trimé
pour remplir « les critères de Maastricht », propédeutique à l’entrée dans
l’euro, peut s’adonner aux « délices de
Capoue » comme Hannibal faisant reposer ses troupes après avoir franchi les
Alpes. Le gouvernement Jospin se lance
dans l’aventure des 35 heures sans avoir à
craindre la foudre des marchés.
À Berlin, où la Chancellerie a emménagé
en 1999, on embrasse l’autre face de
l’euro. Non pas la promesse de protection, mais le gage de dynamisme inhérent
à tout grand marché unifié. Les élites
d’outre-Rhin, politiques et privées,
connaissent les bienfaits d’une Zollverein, « l’union douanière allemande » du
XIXe siècle qui avait été si propice au
made in Germany. Outre-Rhin, on bande
ses muscles : « l’Agenda 2010 » du chancelier Gerhard Schröder est sur orbite et
une partie des réformes sera réalisée par
Angela Merkel (« la TVA sociale » de
2007, véritable « dévaluation interne »).
« L’Allemagne avait beaucoup perdu de
compétitivité après la réunification de
1990. Puis à partir du début des années
2000 et la création de l’euro, et ensuite,
avec les réformes Schröder de 2003, elle a
regagné le terrain perdu. L’erreur fondamentale en France a été d’avoir abandonné
la stratégie de désinflation compétitive »,
regrette aujourd’hui Jean-Claude Trichet.
Jean-Pierre Robin
jprobin@lefigaro.fr
EUROPE Vingt ans, le temps d’une géné-
ration, le moment des bilans. À Francfort,
au siège de la BCE et de ses tours jumelles,
on s’apprête à célébrer l’événement dans
l’intimité. Un face-à-face était prévu ce
mardi 5 juin faisant dialoguer Mario Draghi, le président de la Banque centrale
européenne, et son prédécesseur JeanClaude Trichet (2003 à 2011). Il a dû être
annulé à la dernière minute.
Les esprits ne sont pas vraiment à la fête.
« J’avais vingt ans et je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la
vie », glisse un grand argentier lecteur de
Paul Nizan. L’arrivée au pouvoir à Rome
des populistes, qui ont fait de l’euro le
bouc émissaire des difficultés de l’Italie,
est cruelle pour Draghi. « Super Mario »,
comme le surnomment avec admiration
les traders, découvre que « nul n’est prophète en son pays ».
Un match Trichet/Draghi aurait certes
amusé la galerie. Le premier a incarné la
discipline allemande, l’alma mater de la
BCE construite comme un clone de la
Bundesbank. Quant au second – « l’Américain », dit-on de ce connaisseur madré
du fonctionnement des marchés qu’il a
appris à la banque d’affaires Goldman
Sachs –, il a fait tourner sans vergogne la
planche à billets.
Foin des polémiques : en toile de fond se
pose une question quasi existentielle pour
l’Europe. Pendant une bonne moitié de
ces deux décennies, on n’aura parlé que
de crises : du krach venu de l’Amérique
en 2008, de la banqueroute de la Grèce et
des banques irlandaises, des dettes souveraines des pays du Sud, du spectre de la
déflation, etc. Un concert de lamentations. « L’euro n’a pas apporté la prospérité promise, mais la division et la divergence » : le constat de Joseph Stiglitz,
Prix Nobel d’économie, pourtant moins
hostile à l’Europe que la moyenne de ses
confrères américains, serait-il le bon ?
DEUX PROMESSES
DE BONHEUR DE L’EURO
❙ LES
1 L'euro, une cote
d'amour très variable
« ESTIMEZ-VOUS QUE L'EURO
EST UNE BONNE CHOSE POUR VOTRE PAYS ? »
2
Les pays entrés dans la zone euro en 1999
Irlande
« L’euro pour les nuls », et nous le sommes tous plus ou moins s’agissant de
questions d’intendance assez techniques,
se ramène à quatre dates. 1992, signature
du traité de Maastricht instaurant une
« monnaie unique » pour l’Europe et ratifié par référendum en France (avec une
majorité ric-rac de 51,04 %). Juin 1998,
création de la BCE qui se substitue à l’Institut monétaire européen (IME), un
« machin » qui cinq ans durant lui a préparé la place. La BCE fédère les banques
centrales nationales qui demeurent (la
Banque de France), se donnant sept mois
pour être prête au jour J. Janvier 1999,
l’euro devient la monnaie unique des
onze États membres originels que pilote
82 %
76 %
Finlande
73 %
Pays-Bas
68 %
Espagne
65 %
France
64 %
Autriche
Portugal
64 %
60 %
Belgique
57 %
Italie
PIB PAR HABITANT EN EUROS EN 2017
TAUX DE CHÔMAGE EN 2017
Irlande
61 700 €
6,7 %
Pays-Bas
42 800 €
4,9 %
Allemagne
39 500 €
3,8 %
Belgique
38 500 €
7,1 %
Mie u xvau tê tre Irlandais qu'Italien
Grèce
57 %
Portugal
18 700 €
9%
Entrés dans la zone euro en 2007 ou après
Estonie
69 %
Slovaquie
67 %
Malte
64 %
Slovénie
63 %
Espagne
25 000 €
17,2 %
Estonie
17 500 €
5,8 %
10
Lettonie
13 900 €
8,7 %
0
Autriche
42 000 €
5,5 %
France
34 100 €
9,4 %
Luxembourg
92 800 €
5.6 %
Lituanie
14 800 €
7,1 %
NIVEAU DU PIB DE CHAQUE PAYS EN 1999 PAR RAPPORT À LA MOYENNE DE L'UNION EUROPÉENNE
Irlande
127
Europe À 28
100
Portugal
Allemagne
Belgique
93
121
Finlande
84
-10
125
Autriche
130
117
Slovénie
21 000 €
6.6 %
ITALIE
28 400 €
11,2 %
Slovaquie
15 600 €
8,1 %
-20
Note de lecture :
La France avait un PIB
égal à 115 de la moyenne
européenne en 1999, et ce PIB
a diminué de 10 %
entre 1999 et 2016 par rapport
à la moyenne européenne
87
Grèce
Grèce
16 600 €
21,5 %
120
Italie
-30
Malte
23 900 €
4%
48 %
36 %
Source : Eurostat
Pays-Bas
136
115
France
53 %
Source : Eurobaromètre semetriel de la Commission européenne
20
Espagne
45 %
Entré dans la zone euro en 2001
Lituanie
Finlande
40 600 €
8,6 %
60
Chypre
22 400 €
11,1 %
80
100
120
140
A
Luxembourg
Chypre
Pour être la seule institution fédérale de
l’Europe, la BCE n’en paraît pas moins
hors-sol, incapable d’être le catalyseur
tant espéré de la richesse des nations.
Étrange ironie, chaque Européen a la signature de Mario Draghi dans son portebillets, mais le banquier, sûr de lui-même
et dominateur, connaît les marchés financiers, pas l’homme de la rue.
La plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu’elle a : vingt ans après sa
création, la BCE reste confinée dans son
mandat, qui est la stabilité des prix et non
pas la croissance économique, contrairement à la double mission de la Banque de
Réserve fédérale (Fed) des États-Unis.
Malgré deux décennies de monnaie
unique, l’Europe du Nord et celle du Sud
restent campées sur leurs conceptions respectives. Un schisme quasi religieux : « La
monnaie protestante se réévalue par le travail, la monnaie catholique se dévalue pour le
travail », résume l’économiste Bruno Colmant, membre de l’Académie royale de
Belgique et grand expert monétaire.
« Aujourd’hui, les rentiers du Nord européen
se plaignent de taux d’intérêt négatifs, tandis que le chômage du Sud européen suffoque
sous une monnaie trop forte », ajoute-t-il.
Comment sortir d’un tel blocage ? ■
Tels sont les faits, têtus et déplaisants. Et
pourtant l’euro existe. Il a pignon sur rue.
« La deuxième devise mondiale après le
dollar », répète-t-on à l’envi. Oui,
« l’euro constitue notre force dans un
monde incertain : l’unité, c’est d’abord
celle d’un grand marché intérieur protégé
des fluctuations des changes », soulignait
en 2017 François Villeroy de Galhau, le
gouverneur de la Banque de France pour
le 25e anniversaire du traité de Maastricht. Oui, « la stabilité des prix », le
mandat de la BCE, a été réalisée et même
au-delà de tout espoir. Oui, les entrepri-
Voici un sujet que les six membres du Directoire de la BCE ont horreur d’aborder.
Mario Draghi et Benoît Cœuré ont refusé
de répondre. Qu’il est douloureux de
constater que les économies nationales de
la zone euro présentent aujourd’hui des
performances individuelles plus contrastées qu’elles ne l’étaient au départ en
1998 ! « L’augmentation de l’hétérogénéité structurelle de la zone euro est impressionnante », confirme Patrick Artus. Selon l’économiste de la banque Natixis, les
3
DE DEUX CULTURES
❙ L’AFFRONTEMENT
TROIS RAISONS
DE NOS DIFFICULTÉS
❙ LES
DES PERFORMANCES
QUI TENDENT À DIVERGER
De grands écarts de richesse et de chômage
ses, les particuliers et les États bénéficient
partout de crédits bon marché : les écarts
sur les taux à 10 ans vis-à-vis de l’Allemagne se sont réduits de 3,5 points de
pourcentage pour l’Italie et de 1,5 point
pour la France.
Mais que valent ces avantages s’ils n’embrayent pas sur la prospérité « réelle » ?
La BCE avance trois explications.
La première est contingente et tient à
l’effet « Lehman » : c’est à partir de la
faillite de la banque américaine, en septembre 2008, que les divergences et les
divisions se sont amplifiées en Europe.
Le second phénomène est inhérent aux
unions monétaires. « La spécialisation des
territoires est une conséquence normale du
libre-échange, qui révèle les avantages
comparatifs. La création d’une union monétaire a facilité le commerce entre les pays
de la zone euro en supprimant les risques de
taux de change. Le développement des
échanges a renforcé la spécialisation »,
explique Frank Smets, directeur du département économique de la BCE. Les Allemands l’ont compris, pas les Français.
« Outre-Atlantique, l’écart de richesse
par habitant (PIB) va d’un à cinq entre les
États, alors qu’il est d’un à six au sein des
pays ayant l’euro pour monnaie », tempère Jean-Claude Trichet. Sauf qu’il est difficile d’aller travailler dans un autre État
en Europe, et il n’y a pas de fédération
pour opérer des transferts fiscaux entre
les territoires riches et les plus pauvres.
Troisième explication, la plus troublante :
depuis le traité de Rome de 1957, les périodes où les performances nationales
convergent ont été l’exception (19581973, puis 1986-1992), plus que la règle.
85 %
Allemagne
Lettonie
❙
divergences concernent surtout l’industrie, les revenus, le chômage structurel,
la productivité et la robotisation.
La BCE ne peut ignorer un problème aussi
fondamental que la cohésion de ses États
membres. « L’étude technique » (sic)
qu’elle a commandée à ses experts et publiée en décembre 2017 sur la « convergence réelle dans la zone euro » (Real
convergence in the euro area) ne se voile
pas la face : « Contrairement aux attentes
initiales que l’établissement de l’euro jouerait comme un catalyseur pour une plus
grande convergence réelle, il n’y en a eu
peu, sinon aucune, sur la période 19992016 », conclut le document.
« La convergence réelle » porte sur la richesse (PIB) par habitant, et l’étude
prend pour référence la moyenne de
l’Union européenne à 28. De quoi comparer ainsi les performances de tous. Les
économistes de Francfort admettent que
les États restés en dehors de la monnaie
unique ont obtenu de meilleurs résultats
que ceux de la zone euro. Autre conclusion, au sein du club des 19, les seuls pays
ayant convergé sont ceux d’Europe centrale et de l’Est intégrés à partir de 2007,
et qui partaient de très bas.
En revanche, les disparités se sont accusées pour les onze États membres de
l’euro dès 1999. Le grand perdant est
l’Italie, plus encore que la Grèce (entrée
en 2001) : le PIB moyen de chaque Italien
a ainsi reculé de 24, 7 % comparé à l’évolution de l’européen de l’UE à 28. Une
perte relative, et non pas absolue, mais la
potion est amère et on peut comprendre
que les Italiens ne portent pas l’euro dans
leur cœur (à peine 45 % y sont favorables). Pour le Français, le recul relatif du
PIB est de 10,1 %.
Même l’Allemand subit une baisse de
2,2 %, mais moindre, et comme il était
entré avec un niveau de richesse supérieur au nôtre en 1999, l’écart des PIB au
sein du couple franco-allemand s’est
creusé, d’environ 10 % depuis 1999.
Et alors que l’Espagne, le Portugal et la
Grèce n’ont pas rattrapé leur retard initial, l’Irlande, pourtant victime d’une
violente crise bancaire après 2008, affiche une hausse relative de 9,2 % de son
PIB par habitant. Mais Dublin, porte-avions défiscalisé des multinationales américaines, est-il un État de la zone euro ?
ÉVOLUTION EN % DU PIB ENTRE 1999 ET 2016 DU PIB PAR HABITANT
Infographie
Source : BCE
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 5 juin 2018 LE FIGARO
16
CHAMPS LIBRES
DÉBATS
Loi sur les « fake news » : « Nous vivons un
moment qu’Orwell aurait adoré prophétiser »
PROPOS RECUEILLIS PAR
DESSINS CLAIREFOND
EUGÉNIE BASTIÉ £@EugenieBastie
LE FIGARO. - Un amendement
de la loi sur les « fake news » proposé
par le groupe LaREM définit ainsi
une « fausse information » :
« Toute allégation ou imputation
d’un fait dépourvue d’éléments
vérifiables de nature à la rendre
vraisemblable. » Que vous inspire
une telle définition ?
Nicolas VANBREMEERSCH. - Nous vivons un moment que George Orwell
aurait adoré prophétiser. L’Assemblée
nationale vient de passer des heures et
des heures à définir ce qui est vrai,
donc autorisé à circuler dans l’espace
public. Dans une prochaine élection,
on demandera à un juge de décider, en
48 heures, si une information est
vraie, selon ces critères flous. Cela
l’amènera soit à commettre des injustices, et donc nourrir la cause des
ennemis de notre démocratie libérale, soit à ne pas se prononcer, et cet
exercice de définition absurde aura été
vain. Dans les deux cas, en entrant
dans le jeu de définition officielle de ce
qu’est une « fake news », on fait le jeu
des ennemis de notre système, qui
veulent montrer que « les élites »
souhaitent gouverner l’espace public selon leur vérité. Tout cela
pour tenter de réguler quelque
chose qui représente une
goutte d’eau dans l’océan de
nos échanges numériques,
qui relève de la manipulation étrangère et devrait
donc être traité comme tel.
Dans un article
de la revue Le Débat, vous
revenez sur l’origine du
terme « fake news »
et appelez à renoncer à
son emploi. Pourquoi ?
La « fake news » est
un concept qui a été
Le président de l’agence Spintank* analyse
propulsé par Donald
les enjeux de la proposition de loi LaREM sur
Trump, pour retour« la lutte contre les fausses informations »,
ner la crise informaqu’il juge inefficace. Le terme « fake news »
tionnelle,
constatée
est un concept trompeur qu’il conviendrait
par les grands médias
d’abandonner, plaide-t-il.
et les scientifiques,
NICOLAS VANBREMEERSCH
contre eux-mêmes. C’est un concept
trompeur, qui n’est pas définissable
précisément, et qui ne répond pas à la
complexité de la mutation des circuits
de fabrication et circulation de l’information. Pour les médias, c’est une manière de créer un ennemi fictif (des fabricants de faux), qui les rassure, dans
un temps de mutation violente de leurs
avoir à cœur de préserver ce qui est
un espace social, de liberté de s’exprimer, d’aller, de venir, de rencontrer.
La rue n’est pas anarchique, le Web
non plus. La loi est là, mais beaucoup
de choses ne relèvent pas de la régulation légale, mais du jeu d’acteurs et
de pouvoirs qui s’exerce sur cet espace. La proposition de loi « fake
news » est un cataplasme ineffiEn entrant dans le jeu de définition
cient qui ne traite
pas en profondeur
officielle de ce qu’est une « fake
le sujet de la malnews », on fait le jeu des ennemis de
information, en
notre système, qui veulent montrer que ligne. Cela se réglera par plein
« les élites » souhaitent gouverner
d’autres moyens
l’espace public selon leur vérité
que des règles posées pour faire
d’un espace social un lieu de vérité :
métiers, sur la noblesse de leur misc’est bien plus que ça, et heureusesion et la justesse de leur cause, qui sement.
rait celle de la vérité. Pour les politiques, c’est un peu du même ordre :
cela évite de se poser des questions sur
le renouvellement de la relation avec
La réponse de certains médias à cette
des administrés, en expliquant que
crise des « fake news » est de mettre
c’est « le contexte » qui les pousse à se
en œuvre du fact-checking. Cette
détourner de la vérité, de toute façon.
transformation du journalisme
Ce terme installe le récit d’une opposien entreprise de vérification est-elle
tion entre des élites tenantes de la ravaine ou salutaire ?
tionalité, et un peuple méprisé par
Elle peut avoir du bon, bien évidemelle, perdu dans l’erreur et le comploment, mais cela dépend de la manière
tisme. C’est le récit que souhaitent voir
dont elle est menée. Les journalistes,
triompher les populistes. Il est faux, et
qui sont en train de perdre la relation
il s’installe par en haut, par la concenavec leurs publics, sont tentés de se
tration sur cette idée de vérité. Il est
temps d’en sortir
«
ques, et sortir du mythe d’un espace
public fait d’une rationalité, de la vérité. Les grands journaux n’étaient
pas des tribunaux de la vérité, mais de
grands lieux de rassemblement social.
Ils peuvent l’être à nouveau, s’ils
cherchent à entrer en relation avec
leurs publics.
Face à ce trouble informationnel,
les réseaux sociaux, et notamment
Facebook, ont-ils déjà pris leurs
responsabilités ou faut-il les obliger
à le faire ?
Les plateformes ont évidemment un
rôle important. Elles ont tardé à réagir, à prendre la pleine conscience de
leur responsabilité : leur vision naïve,
solutionniste de la technologie, les faisait s’abriter derrière leur seule mission de connecter les gens, qui serait
par nature productrice de bien (et
d’argent). Je crois qu’elles ont compris, désormais, Facebook en particulier, à quel point leur impact peut être
important. Gardons-nous cependant
de solutions simples : on parle de réguler des millions d’échanges aussi
complexes que nos vies quotidiennes,
à l’échelle de milliards d’individus. Ce
n’est par nature pas simple, et l’offuscation sur le manque de responsabilité
des plateformes tient un peu lieu de
paravent face à cette complexité. La
solution se niche sûrement dans le jeu
des acteurs sur les plateformes, pas
dans les règles que
les plateformes imLes grands journaux n’étaient pas
posent, toutesseules : des manipulades tribunaux de la vérité, mais
tions existent, mais
de grands lieux de rassemblement
des initiatives géniales de narration,
social. Ils peuvent l’être à nouveau,
de science, de
s’ils cherchent à entrer en relation
« bonne informaavec leurs publics
tion » existent aussi en ligne. Elles
peuvent être accompagnées. Et les
muer en organismes certificateurs de
plateformes peuvent rendre plus
l’information ou en indexeurs du bon
transparents leurs algorithmes, pour
et du mauvais. Ils se trompent : ce
tous.
n’est pas en verticalisant à nouveau la
relation, en séparant un bon grain
journalistique d’une ivraie sociale,
*Auteur de De la démocratie numérique
qu’on arrivera à résoudre le problè(Seuil, 2009) et de l’article « De quoi
me. Il faut à la fois accepter que nos
les fake news sont-elles le nom ? »,
échanges sociaux sont faits d’autre
publié dans le dernier numéro
chose que de productions journalistide la revue Le Débat.
»
Dans la jungle du Web, la vérité ne
semble plus avoir aucun droit. N’est-il
pas légitime de légiférer pour réguler
un espace de délibération devenu
anarchique ?
Le Web n’est pas une jungle, ni un espace sans droits. Voir les choses ainsi,
c’est passer à côté du fondement des
choses : une recomposition de la manière dont on s’informe, dont on participe au débat, est à l’œuvre. Elle appelle des réinventions, elle crée des
vulnérabilités, mais aussi de grandes
opportunités, dans un univers globalement plus libre : cette liberté déstabilise les institutions du monde
d’avant. La régulation de cet espace
existe. Mais toute régulation doit
«
»
« Soit l’Europe protégera, soit elle disparaîtra »
+
» lire aussi PAGE 2 À 4 ET 7
egardons la réalité
en face : la défiance
des peuples à l’égard
du projet européen
est désormais prégnante
dans tous les États
de l’Union européenne, tant
à l’occasion du Brexit que
des élections en Autriche, en
Allemagne ou en Italie. Pour tous les
Européens convaincus dont nous
sommes, les inquiétudes légitimes
exprimées par les peuples européens
doivent être perçues comme
des électrochocs salutaires. Certains
croient pouvoir se passer des peuples
au nom de l’anti-populisme
et ne répondent à leurs
R
A
LAURENT WAUQUIEZ, CHRISTIAN JACOB,
BRUNO RETAILLEAU ET FRANK PROUST
Le président et les responsables des trois groupes LR
estiment que la défiance des peuples à l’égard
du projet européen appelle des réponses. Garantie
des frontières, préférence économique communautaire
et respect de l’identité des peuples doivent être au programme.
inquiétudes que par des invectives.
Il nous faut rompre avec
ce conformisme suicidaire.
Comme l’a résumé Wolfgang
Schäuble : « On ne peut pas ne jamais
tenir compte des peuples. »
Si nous sommes attachés
à cette maison commune qu’est
la civilisation européenne, nous
devons mesurer et combattre
les dysfonctionnements profonds
de l’Union européenne. La pire
des solutions serait de continuer
comme avant : toujours plus
de normes, toujours plus
de technocratie, toujours plus
d’élargissements. C’est précisément
ce que propose Emmanuel Macron :
toujours plus de ce qui ne marche
pas. Dans sa fuite en avant, il se
montre ainsi favorable à un nouvel
élargissement à six pays des Balkans,
à l’élargissement de Schengen
à la Roumanie et à la Bulgarie,
à la création de nouvelles institutions
et de quatre nouvelles taxes.
Une question de vie ou de mort se
pose pourtant à l’Union européenne :
soit l’Europe protégera, soit elle
disparaîtra. Plutôt que d’accélérer
dans le mur ou de sauter de la voiture,
nous voulons changer de direction.
En prise avec la réalité, porteurs
d’un bilan au Parlement européen
et engagés au sein du PPE, la première
force politique européenne,
Les Républicains seront les seuls à
défendre cette ligne europrotectrice.
Protégeons d’abord nos frontières.
Lorsque deux millions d’étrangers
entrent illégalement dans l’espace
Schengen en deux ans, c’est
une faillite collective. L’Europe
ne résistera pas à cinq années
supplémentaires de pression
migratoire hors de contrôle. Il faut
défense doit bénéficier exclusivement
aux industries européennes.
La réciprocité doit devenir la règle :
comment accepter que nous ouvrions
la quasi-totalité de nos marchés
publics aux entreprises étrangères
alors que les États-Unis seulement
un tiers et la Chine aucun ?
Aussi, le soutien à nos agriculteurs
doit être intégralement et
durablement maintenu pour assurer
notre indépendance alimentaire.
Défendre nos emplois, c’est aussi
renforcer l’Europe qui marche,
celle des grands projets, celle de
la recherche,
celle des
L’Europe ne résistera pas
investissements
à cinq années supplémentaires
stratégiques,
de pression migratoire hors de contrôle
celle d’Erasmus
ou d’Airbus.
Protégeons enfin notre civilisation.
saurait être celle des clandestins,
Certains ont voulu faire de l’Europe
ni celle des terroristes. Les cas d’Anis
le laboratoire d’une mondialisation
Amri (Tunisien auteur de l’attentat du
déracinée et apatride, sans identité
marché de Noël de Berlin de décembre
et sans frontières. Au contraire,
2016, NLR) et de Mehdi Nemmouche
nous croyons à une Europe incarnée,
(terroriste français auteur de l’attentat
fière de son Histoire, de ses racines
du musée juif de Bruxelles), qui ont
gréco-romaines et judéo-chrétiennes
pu traverser librement les frontières
comme de l’héritage de la
intracommunautaires, nous
Renaissance et des Lumières. Face
démontrent tragiquement la nécessité
à un intégrisme islamiste qui nous a
de refonder radicalement Schengen.
collectivement déclaré la guerre, nous
Protégeons aussi notre économie
devons nous réarmer matériellement
et nos emplois. L’Europe a inventé
et moralement. L’identité européenne
la libre entreprise qui a fait sa
ne doit plus nous faire honte mais
prospérité. Mais nous avons péché par
nous rendre fiers. Il est temps qu’au
naïveté dans la mondialisation. Alors
nom de l’Europe que nous voulons,
que les États-Unis, qui nous imposent
nous changions l’Union
leurs lois extraterritoriales, ou
européenne.
la Chine, qui ne cache plus
* Laurent Wauquiez est président
ses ambitions d’hégémonie,
des Républicains, Bruno Retailleau
défendent systématiquement leurs
est président du groupe LR au Sénat,
intérêts, l’Europe a abdiqué jusqu’à se
Christian Jacob du groupe LR
détourner d’une solidarité nécessaire
à l’Assemblée nationale et Franck
grâce à la préférence communautaire.
Proust de la délégation LR au PPE.
Ici, le nouveau fonds européen de
garantir aux États la possibilité
de contrôler les frontières nationales
jusqu’à ce que le renforcement
des frontières extérieures de l’Union
européenne permette de contenir la
pression migratoire. C’est aux peuples
d’Europe de décider qui entre
en Europe. L’Europe finance 50 % de
l’aide mondiale au développement :
nous devons la conditionner
à la coopération dans la lutte contre
l’immigration illégale et au retour des
ressortissants en situation irrégulière
sur le territoire européen dans leur
pays d’origine. La libre circulation ne
«
»
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mardi 5 juin 2018
CHAMPS LIBRES
OPINIONS
Renaud Girard
rgirard@lefigaro.fr
Le paradoxe de Donald Trump l’Américain
près moult vicissitudes,
le sommet Amérique-Corée
du Nord aura semble-t-il
donc bien lieu le mardi
12 juin 2018 à Singapour.
Les diplomates des deux
pays sont déjà sur place pour préparer
les discussions historiques entre les deux
leaders qui, il y a un an, s’échangeaient
encore des noms d’oiseaux par tweets ou
communiqués officiels. Si Donald Trump
parvient à préparer un traité de paix avec
Kim Jong-un (les deux pays, en guerre
depuis 1950, ont signé un armistice
en 1953, mais jamais de traité de paix) et à
obtenir une dénucléarisation progressive
de la péninsule coréenne, il aura remporté
un succès diplomatique majeur,
qu’avant lui ni Carter, ni Clinton,
ni Obama n’avaient réussi à arracher.
A
@
100 000 citations
et proverbes sur evene.fr
Est-ce à dire qu’avec son
imprévisibilité, son narcissisme
et sa prise de décision à l’intuition plutôt
qu’à l’issue d’une réflexion collective,
Donald Trump serait en train d’imposer
un nouveau mode de diplomatie
à la planète ? Il est vrai que, sur le dossier
coréen, il a eu la chance de trouver en
Kim Jong-un une personnalité
symétrique à lui : les deux monstres
(au sens étymologique) de la politique
internationale peuvent trouver un terrain
d’entente psychologique commun, du fait
même de leur monstruosité partagée.
L’art consommé qu’a Donald Trump
de souffler le chaud puis le froid lui a servi
dans cette négociation. Sa lettre à Kim
Jong-un du 25 mai 2018, polie dans
la forme mais ferme sur le fond,
dans laquelle il se résignait à annuler la
ENTRE GUILLEMETS
5 juin 1883 : naissance de John Maynard Keynes, un des plus grands économistes du XXe siècle
John Maynard Keynes
Les économistes
sont présentement
au volant de notre
société, alors qu’ils
devraient être sur
la banquette arrière»
ANALYSE
Bertille Bayart
bbayart@lefigaro.fr
est un paradoxe
de la première année du
quinquennat Macron.
Pendant que l’exécutif
imprimait un rythme
d’enfer à sa politique
de réformes, il laissait ronronner l’État
actionnaire, réputé être, pourtant, un
domaine de prédilection du chef de l’État.
Le périmètre des participations de l’État
au capital des entreprises a à peine
évolué. En un an, il ne s’est pas passé
grand-chose de marquant sur ce front-là.
Le gouvernement s’en est tenu à des
déclarations de principe affirmant une
volonté politique en deux points. Tout
d’abord, dans le droit fil du rapport
de la Cour des comptes publié début 2017
sur le sujet, l’exécutif énonce sa
doctrine : l’État actionnaire est légitime
dans les industries stratégiques
(nucléaire, défense), dans les grands
réseaux de service public (SNCF…)
ou ponctuellement, pour aider
un sauvetage. Pour le reste, l’action
publique s’accommode mieux des
instruments de régulation économique
que d’une présence au capital qui le met
le plus souvent en situation de porteà-faux. Deuxième point : l’État doit avoir
une vision dynamique de ses actifs.
Il engagera des cessions de titres et des
privatisations afin de doter à hauteur
de 10 milliards d’euros un fonds destiné
à investir dans l’innovation de rupture.
Le discours est rodé, relayé à quelques
nuances près - Bruno Le Maire étant le
plus insistant sur le volet privatisations à l’Élysée, à Matignon et à Bercy. Mais
faute de mesures concrètes, il relève pour
l’heure de la profession de foi.
Le moment approche où, enfin,
l’exécutif va devoir sortir du bois.
» Lire aussi PAGE 24
Groupe Figaro
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Président
Charles Edelstenne
Administrateurs
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Gaëtan de Capèle (Économie),
Charles Edelstenne
Laurence de Charette (directeur
de la rédaction du Figaro.fr),
Directeur général,
Anne-Sophie von Claer
directeur de la publication (Style, Art de vivre, So Figaro),
Marc Feuillée
Anne Huet-Wuillème (Édition,
Photo, Révision),
… SOCIÉTÉ
d’ensemble. L’exécutif devra justifier ici
une sortie complète du capital
- chez ADP par exemple - et là,
un désengagement seulement partiel
- comme à la FDJ, dont il garderait 25 %
du capital. Ces décisions diront surtout
beaucoup du volontarisme
du gouvernement.
Pour l’heure, il est permis d’hésiter
entre deux lectures. La première, c’est
que l’inertie actuelle de l’État actionnaire
serait tactique. Elle n’aurait d’autre
explication que le temps nécessaire
à faire passer la réforme de la SNCF, trop
stratégique pour que l’on laisse d’autres
dossiers polluer le débat. Ainsi les
discussions sur l’avenir de CNP
Assurances et de La Poste sont-elles
suspendues à la fin de la grève des
cheminots. Ainsi, aussi, le gouvernement
prend-il tout son temps pour avancer sur
la programmation
de l’énergie qui aura
Plus le temps passe, plus les crises
de lourdes
s’enchaînent et plus la présence
conséquences sur EDF.
de l’État au capital de la compagnie
Et la parenthèse ainsi
créée par la réforme
semble être l’une des causes
ferroviaire est mise
de ses tourments sempiternels
à profit pour préparer
le cadre de régulation
et la base légale de nouveaux instruments
au capital de la compagnie semble être
comme les « golden shares » que l’État
l’une des causes de ses tourments
pourrait conserver dans certaines des
sempiternels. L’ancien PDG Jean-Marc
entreprises dont il compte se désengager.
Janaillac convient avoir changé d’avis sur
Mais il existe une seconde lecture
ce point. Il estime désormais qu’Air
possible, et en tout cas pas encore
France-KLM se porterait mieux sans
démentie. Celle qui constate que, à son
l’État actionnaire. Un scénario disruptif
tour, l’ambition macronienne se heurte,
est désormais sur la table : le groupe
au cas par cas, au principe de réalité
AccorHotels pourrait se substituer à l’État.
et aux conservatismes de tous poils qui
Aucun de ces dossiers qui réclament
prospèrent dans l’univers des entreprises
une décision rapide ne ressemble
à participation publique. On en jugera
à l’autre. Mais les arbitrages à venir
bientôt.
diront, ou non, la cohérence du schéma
Plusieurs dossiers appellent une prise de
décision rapide. Lundi, c’est la réforme
de l’audiovisuel public qui a été lancée.
Ici, il n’est pas question de privatiser,
mais d’imposer aux entreprises
concernées une nouvelle feuille de route.
Les discussions des prochaines semaines
diront jusqu’où l’État est prêt à aller.
Plus tard dans la semaine, l’exécutif
devrait aussi se positionner - enfin ! sur les privatisations annoncées de
La Française des jeux et d’Aéroports
de Paris. Un arbitrage de principe devrait
être rendu afin de pouvoir être intégré
dans le texte du projet de loi Pacte
de Bruno Le Maire, qui sera bientôt sur
la table du Conseil des ministres.
Enfin, l’exécutif va devoir se
positionner sur le cas Air France-KLM.
Plus le temps passe, plus les crises
s’enchaînent et plus la présence de l’État
«
Arnaud de La Grange
(International),
Étienne de Montety
(Figaro Littéraire),
Bertrand de Saint-Vincent
(Culture, Figaroscope, Télévision),
Yves Thréard (Enquêtes,
Opérations spéciales, Sports,
Sciences),
Vincent Trémolet de Villers
(Politique, Société, Débats Opinions)
»
Directeur artistique
Pierre Bayle
Rédacteur en chef
Frédéric Picard
(Édition Web)
Directeur délégué
du pôle news
Bertrand Gié
Éditeurs
Robert Mergui
Anne Pican
mondiale du commerce).
Le seul texte de loi que Trump respecte
est la Constitution américaine, car c’est
une bible intouchable pour ses
compatriotes. Les traités internationaux
sont pour lui des chiffons de papier,
à peine dignes de désigner une tendance.
Mais, paradoxalement, par sa méthode
fort peu diplomatique du coup de pied
dans la fourmilière, il provoquera une
amélioration considérable des règles de
l’OMC, dans leur rédaction comme dans
leur exécution. Car il est le premier à s’être
insurgé haut et fort contre une réalité
qu’on s’efforçait jusque-là de taire :
l’extorsion systématique de technologies
par les Chinois par chantage aux sociétés
occidentales ayant créé des joint-ventures
en Chine. Ce pillage des brevets
occidentaux n’a jamais été sanctionné par
les tribunaux chinois, entièrement soumis
au Parti communiste et à l’exécutif
de Pékin. Si un jour la Chine se décide
vraiment à respecter les règles de l’OMC,
cela aura été grâce à Trump.
Sur le terrain intérieur, sa politique
pro-business et sa baisse des impôts
ont boosté comme jamais l’économie
américaine. Le taux de chômage
est descendu à 3,8 % et jamais autant
de Noirs et d’Hispaniques n’ont été
embauchés.
Trump pourra-t-il, avec les mots
simples qu’il affectionne, proclamer aux
électeurs américains, d’ici le début de
l’automne, un triple succès - « J’ai arrêté
l’immigration illégale, on entre plus chez
nous comme dans un moulin ; j’ai créé
plus de jobs qu’aucun de mes
prédécesseurs ; j’ai supprimé la menace
nucléaire venue de Corée du Nord » ?
S’il le peut, il gagnera les élections
législatives intermédiaires
de novembre 2018 et foncera vers
une possible réélection en 2020…
VOX
L’heure de vérité
pour l’État actionnaire
C’
+
rencontre prévue en raison de
l’intransigeance apparente de la partie
coréenne, est un modèle du genre.
Elle a marché car elle a obligé les NordCoréens à faire des gestes. Ayant retenu
toutes les leçons apprises dans la jungle
de l’immobilier new-yorkais, Trump
a voulu montrer qu’il n’était pas prêt
à se faire berner sur un deal. Celui-ci est
clair : la dénucléarisation militaire de la
République populaire démocratique de
Corée, en échange d’une reconnaissance
diplomatique américaine, d’un abandon
des sanctions et d’une aide économique.
Une constante de Donald Trump rassure
les Coréens du Nord : il ne leur demande
pas le moindre « regime change ». Ce
président américain adore les militaires,
voue un culte à la force, proclame
« America first », mais est tout sauf
un néoconservateur : il estime qu’il est
fou de vouloir imposer la démocratie
à d’autres peuples par la voie des armes.
Dans ses relations avec l’Europe,
Trump a changé la traditionnelle relation
transatlantique, fondée depuis 1945
sur un paternalisme bienveillant. « Fini
de profiter de moi ! », dit désormais
le président aux anciens protégés
de l’Amérique, qui exige qu’ils dépensent
davantage pour leur défense et qui leur
impose des droits de douane
extraordinaires pour réduire leurs
excédents commerciaux avec les ÉtatsUnis. La Commission européenne a réagi
intelligemment, en augmentant les tarifs
extérieurs de l’UE sur les produits
agricoles en provenance des États
américains du Middle-West et du Sud
ayant voté pour Trump en novembre 2016.
La commissaire suédoise au Commerce,
Cecilia Malmström, a saisi que l’actuel
président américain ne comprenait que les
rapports de force et qu’il n’avait que faire
des règles écrites de l’OMC (Organisation
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« La radicalisation
religieuse n’est pas
le fruit de facteurs sociaux
ou économiques »,
grand entretien
avec le sociologue
Olivier Galland
…
POLITIQUE
Vivons-nous l’émergence
d’un conservatisme
postmoderne ?,
l’analyse
de Sébastien Laye
…
INTERNATIONAL
« La France devrait
méditer
sur l’exemple italien »,
grand entretien
avec Jérôme Fourquet,
directeur
du département
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1er cahier 18 pages
Cahier 2 Économie
8 pages
Cahier 3 Le Figaro
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Cahier 4 Figaro Plus
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A
CHRONIQUE
17
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
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mardi 5 juin 2018 LE FIGARO - N° 22 958 - Cahier N° 2 - Ne peut être vendu séparément - www.lefigaro.fr
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LE RÉSEAU SOCIAL DE
NOUVEAU EN ACCUSATION
PAGE 23
PAGE 25
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Jeunesse, digital :
les chantiers de
l’audiovisuel public
Françoise Nyssen, ministre de la Culture,
a présenté les grandes orientations de la réforme.
PAGES 20 ET 21
Quatre offres pour le site français de Galderma
PHARMACIE L’avenir des em-
ployés du site français de Galderma
s’éclaircit. Nestlé, qui a repris en
2014 l’entreprise, créée à l’origine
par le géant suisse avec L’Oréal,
avait annoncé en septembre dernier la fermeture du laboratoire de
Sophia-Antipolis, près de Nice, et
le transfert en Suisse de sa R&D.
Neuf mois plus tard, il a trouvé
quatre repreneurs.
Les offres, qui doivent être examinées cette semaine par le comité
d’entreprise de Galderma, permettraient de pérenniser 300 postes
le PLUS du
FIGARO ÉCO
TRANSPORT
Pourquoi
AccorHotels
s’intéresse à
Air France-KLM
PAGE 24
LA SÉANCE
DU LUNDI 04 JUIN 2018
CAC 40
5472,91
+0,14%
DOW JONES (18h)
24829,10 +0,79%
ONCE D’OR
1295,45 (1294,60)
PÉTROLE (lond)
75,710 (76,550)
EUROSTOXX 50
3469,57 +0,46%
FOOTSIE
7741,29 +0,51%
NASDAQ (18h)
7125,39 +0,59%
NIKKEI
22475,94 +1,37%
sur les 550 salariés du laboratoire.
« Nous sommes confiants d’y arriver
en maintenant un maximum d’emplois qualifiés et pérennes sur le site
de Sophia-Antipolis », explique
Sébastien Cros, porte-parole de la
filiale Nestlé Skin Health. Le reste
du personnel a quitté Galderma ou
s’apprête à le faire (150 salariés), ou
a opté pour un plan de départ en
préretraite (40), une formation en
vue d’une reconversion (40) ou une
création d’entreprise (15). Environ
30 continueront chez Nestlé Skin
Health en Suisse.
À l’époque, le groupe avait justifié
la fermeture du site, installé à Sophia-Antipolis depuis 1981, par un
changement de stratégie lié à
l’évolution du marché. Un coup
dur pour les employés du laboratoire, présenté comme le plus
grand centre de recherche et développement en dermatologie dans le
monde.
Galderma, qui est la marque médicale de Nestlé Skin Health, comptera après la fermeture du site
5 500 salariés dans le monde dans
quatre centres de R&D et six usi-
nes. Elle s’est longtemps focalisée
sur les crèmes, prescrites par les
dermatologues. Or le laboratoire
est confronté aujourd’hui à la
concurrence des génériques et à la
montée en puissance des médicaments biologiques. Cela l’a conduit
à changer de braquet et à se positionner sur les soins de la peau par
injection ou voie orale, un segment
porteur. Dans son nouveau pôle
d’expertise, le groupe souhaite
aussi s’appuyer davantage sur des
partenariats extérieurs.
K. L.
L'HISTOIRE
Quand le français Keolis
devient la SNCF du pays de Galles
D
éjà bien implanté au RoyaumeUni, Keolis, filiale à 70 % du groupe
SNCF, vient de franchir
un nouveau cap. Associé
au britannique Amey dans
une entreprise conjointe, Keolis vient de
décrocher le plus gros contrat de son histoire
avec la gestion de la totalité du réseau
ferroviaire du pays de Galles, connu par
les rugbymen pour ses « Dragons » et son
« XV du poireau », l’emblème de l’équipe
nationale. Le contrat de 15 ans représente un
chiffre d’affaires cumulé de 6 milliards d’euros,
soit près de l’équivalent des ventes
de Keolis en 2017
(5,4 milliards
d’euros). Les
dirigeants du
groupe français
ne cachent pas
leur fierté d’avoir
remporté cet
appel d’offres
face à MTR, le
groupe de
Hongkong. Outre
l’exploitation et
la maintenance
Mardi, le groupe LR au Conseil de
Paris va interpeller Anne Hidalgo sur
sa gestion du dossier Autolib’. Le
torchon brûle entre la maire de Paris
et Bolloré qui exploite depuis sept ans
le service d’autopartage. Les deux
parties se renvoient la balle pour savoir qui supportera la majeure partie
des pertes de ce service qui fonctionne bien mais se révèle un gouffre
financier.
Alors que le déficit est parti pour friser
les 300 millions d’ici à 2023, Bolloré a
toujours rappelé que le contrat signé
avec le Syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole (SAVM) l’engageait à prendre
à sa charge 60 millions d’euros de
pertes mais pas plus. « La somme demandée par l’entreprise est extravagante », a estimé samedi dans une interview aux Échos Anne Hidalgo, qui
envisage une rupture du contrat : « Il
existe désormais des systèmes
d’autopartage en free floating. Il faut
donc se projeter dans un nouveau
modèle », déclare-t-elle. Lundi, lors
d’une rencontre avec la presse,
Anne Hidalgo a continué à attaquer
Bolloré : « Nous allons continuer à expertiser le pourquoi de cette somme
absolument abracadabrantesque qui
nous est demandée. Il y aura certainement un sujet de contentieux si
nous ne sommes pas d’accord sur le
montant réclamé et sur la suite du
service. » L’élue parisienne a aussi
annoncé la prochaine installation
d’une commission où les élus de
toutes tendances du Conseil de Paris
seront représentés.
Dans un communiqué, le groupe
Bolloré a exprimé sa « stupéfaction »
à la lecture des propos de la maire de
Paris. Il renvoie la responsabilité de
cette dérive financière au SAVM : « Le
groupe Bolloré signale qu’il n’a cessé
d’alerter le Syndicat depuis trois ans
de la dérive financière du service sans
qu’aucune mesure ne soit prise. »
Ainsi, on aurait pu envisager d’augmenter les prix. Les deux parties
haussent le ton car il va falloir une solution alors que le déficit n’en finit pas
de se creuser. La conciliation qui s’est
achevée en mai 2018 n’a pas dégagé
un compromis. Et Bolloré semble prêt
à défendre sa lecture du contrat
devant le tribunal administratif. J.-Y. G.
d’un réseau ferroviaire de 1 623 kilomètres, qui
accueille chaque année 32 millions de passagers,
KeolisAmey est également chargé d’un plan
ambitieux de modernisation. Dès le début
du contrat, en octobre prochain, 2,1 milliards
d’euros seront débloqués pour rénover
247 gares et créer quatre nouvelles stations,
remplacer une grande partie de la flotte actuelle,
exploiter pour la première fois un service
continu sept jours sur sept, développer
des nouveaux services en ligne…
La nouvelle a été accueillie fraîchement
par le syndicat des transports ferroviaires
et maritimes. Selon cette puissante fédération,
le modèle
de la
« franchise »
est une erreur.
Seul le chemin
de fer national
public mérite
d’être soutenu.
Un débat qui a
fait écho
outre-Manche
ces dernières
semaines. ■
VALÉRIE COLLET
Élection au Medef :
encore de nouveaux
soutiens pour Saubot
Les ralliements s’accélèrent
dans le cadre de la campagne
pour la présidence du Medef : à
une semaine du vote (consultatif) au conseil exécutif entre
les candidats encore en lice,
Frédéric Motte se retire de la
course et soutient Alexandre
Saubot. « Je connais bien
Alexandre Saubot, dont les compétences et les qualités professionnelles sont reconnues par
tous », a indiqué lundi le dirigeant de Cèdres Industries. De
fait, il a été au même moment
que lui vice-président de l’organisation, en charge des territoires, en plus d’être président
du Medef Hauts-de-France.
L’industriel du Nord avait axé
sa campagne autour de la responsabilité sociale des entreprises et militait pour une
meilleure prise en compte des
Medef territoriaux, qui se sentent souvent oubliés. Il apporte
donc une couleur locale bienvenue à Alexandre Saubot, notamment face à Patrick Martin,
qui se veut « le candidat des
territoires ». En revanche, le
ralliement de Frédéric Motte
renforce l’aspect « social » de
la candidature Saubot, dont le
bras droit - s’il est élu - sera
Christophe Catoir, le président
France de The Adecco Group
(nos éditions du 2 juin).
Alexandre Saubot a également
engrangé ce lundi le soutien de
la Fédération du commerce et
de la distribution (FCD), détentrice de 16 voix (sur 561) à
l’assemblée générale, après
ceux des fédérations de la métallurgie (34 voix), des banques (30 voix) et des travaux
publics (14 voix). Geoffroy
Roux de Bézieux a déjà décroché celui des assureurs
(33 voix) et des services à la
personne (1 voix), et de 25 présidents de Medef territoriaux
(41 voix). L’élection du successeur de Pierre Gattaz le
3 juillet s’annonce serrée entre
les deux favoris.
C. C.
A
SOCIÉTÉ GÉNÉRALE
HIDALGO ET
BOLLORÉ
SE DÉCHIRENT
SUR AUTOLIB’
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 5 juin 2018 LE FIGARO
20
L'ÉVÉNEMENT
Audiovisuel
public :
priorité au
numérique
Les présidents du service public
savent désormais où ils vont. Mais
toujours pas avec quels moyens.
ENGUÉRAND RENAULT £@erenault
AUDIOVISUEL. Dans le salon
d’honneur de son ministère de la
Culture, Françoise Nyssen a passé
en revue une troupe qui a parfaitement exécuté la marche du
consensus. Delphine Ernotte
(France Télévisions), Sybile Veil
(Radio France), Marie-Christine
Saragosse (France Médias Monde),
Véronique Cayla (Arte), Laurent
Vallet (INA) et Yves Bigot (TV5
Monde) se sont succédé au micro.
Ils ont rivalisé d’enthousiasme à
l’idée de travailler ensemble à la
construction de l’audiovisuel public de demain. Dans les rangs des
patrons de l’audiovisuel public,
plus aucune voix ne s’élève pour
contester la réforme voulue par
Emmanuel Macron. La sortie de ce
dernier sur « l’audiovisuel public
honte de la République », la destitution de Mathieu Gallet à la tête de
Radio France, les sueurs froides de
Marie-Christine Saragosse qui a dû
être renommée à la tête de France
Médias Monde et le recadrage de
Delphine Ernotte qui avait osé
contester l’amputation du budget
de France Télévisions, ont eu raison de toutes les réticences.
Le gouvernement peut donc sereinement dérouler son plan en
trois étapes. Dans un premier
temps, il a décidé de parler uniquement des priorités éditoriales
et des projets communs entre les
différentes entités du service public. Dès le départ, Françoise
Nyssen a prévenu qu’elle n’aborderait pas les sujets qui fâchent :
les économies budgétaires. Ce
point crucial ne sera abordé que
dans un deuxième temps, à l’été,
lors des premiers arbitrages budgétaires. Certains, dans les couloirs du ministère, estimaient que
les économies seraient moins importantes que les 500 à 800 millions évoqués. Enfin, les questions
de la gouvernance et de la réforme de la redevance sont repoussées au débat sur la nouvelle loi
audiovisuelle qui aura lieu à la fin
de l’année 2018.
A
Disparition de France 4
Lundi, Françoise Nyssen a rassuré
les patrons de l’audiovisuel public.
« Il n’y a pas d’échec, mais la course à l’audience a montré ses insuffisances. » Pour se différencier, elle
déclare qu’il faut désormais inverser les priorités. En clair, il faut se
concentrer sur la reconquête du
public jeune, sur une mission éducative, sur des programmes de
proximité, sur la création et enfin
sur une information de qualité.
Derrière ces grandes missions,
la ministre a ouvert des chantiers
concrets. Les entités du service
public doivent entrer de plainpied dans le numérique. Tous ont
investi, mais trop timidement.
C’est la nouvelle frontière.
« L’audiovisuel public devra investir 150 millions d’euros supplémentaires d’ici à 2022 » a précisé la ministre. À cette date, entre 250 et
300 millions d’euros seraient donc
consacrés au numérique, soit seulement 7,5 % du budget actuel de
l’audiovisuel public. Cet investissement supplémentaire devra être
dégagé grâce à des économies internes. Il servira à bâtir une plateforme éducative dans laquelle les
enseignants et les élèves pourront
trouver matière à approfondir
leurs cours. Un média social culturel devrait rapidement voir le jour
pour diffuser largement des modules culturels de Radio France,
France Télévisions ou Arte. Une
autre plateforme commune sera
créée à destination du public jeune
avec des contenus du Mouv’ et de
France Télévisions. Enfin, sur la
plateforme existante Franceinfo,
les rédactions de l’audiovisuel public vont mettre l’accent sur la lutte contre les « fakes news » et sur
l’éducation aux médias.
La construction de cette offre
numérique à destination de la jeunesse conduit à l’annonce la plus
spectaculaire du jour : la disparition de la chaîne France 4 sur la
TNT. Avec deux conséquences directes. Tout d’abord, France Télévisions a déjà trouvé une économie d’une quarantaine de millions
d’euros. Ensuite, une place sur le
canal 14 de la TNT se libère. Cela
déclenche déjà une guerre ouverte
entre les autres chaînes pour l’occuper. Le service public aimerait y
mettre la chaîne Franceinfo (actuellement sur le canal 27) mais ses
rivales, BFMTV et LCI, se battent
pour l’éviter.
France 3 réformée
L’autre grande annonce concerne
France 3. Françoise Nyssen a enfin
lancé la réforme de cette chaîne.
Après des décennies d’atermoiement, elle a tranché. France 3 sera
la chaîne des territoires avec un
triplement des heures de programmes locaux qui passeront de
2 heures à 6 heures par jour.
Recentrées sur leur mission de
proximité, les 13 chaînes régionales de France 3 vont pouvoir développer des synergies avec les 44
stations locales de France Bleu. Si
des programmes vont être créés
en commun, il n’est pour l’instant
pas question de fusionner les deux
entités. ■
La ministre de la
Culture, Françoise
Nyssen, a dévoilé
les premières
propositions
du projet de loi
de réforme de
l’audiovisuel public,
lors d’une conférence
de presse,
lundi à Paris.
R. MEIGNEUX/SIPA
Cherche public jeune désespérément
DÉCRYPTAGE
Caroline Sallé
£@carolinesalle
D’une tirade, la ministre de la
Culture a résumé l’enjeu auquel se
trouve confronté l’audiovisuel public aujourd’hui. Si la génération
ORTF reste toujours fidèle au poste, les enfants de ces adeptes de la
première heure, « ceux qui ont
grandi avec Bernard Pivot et Michel
Drucker », le sont déjà moins.
Quant à leur descendance,
« l’audiovisuel public ne leur évoque
rien, si ce n’est la télé et la radio des
parents ». Un tiers de la population
a ainsi totalement déserté. Or,
« Manquer cette génération, c’est
manquer les suivantes », prévient
Françoise Nyssen.
La logique est implacable : les
ados connectés à Facebook, shootés à Netflix, accros à Twitter et
postant leurs propres vidéos sur
YouTube ne vont pas se mettre
soudainement à regarder Nagui et
le Capitaine Marleau, une fois
devenus adultes. Leurs enfants,
encore moins.
Après avoir pris un train de retard, l’audiovisuel public est donc
sommé de mettre les bouchées
doubles pour prendre un temps
d’avance. Le défi à relever est immense. Partout, les jeunes font défaut. En Angleterre, la BBC a déjà
basculé une grande partie de son
offre jeunesse sur le numérique,
afin de coller aux nouveaux usages.
Pourtant, cela ne l’a pas empêchée
fin mars, de tirer le signal d’alarme, rompant avec les habituelles
pudeurs de gazelle des diffuseurs.
Chaque semaine, confessait le
groupe audiovisuel anglais, les jeunes passent plus de temps à regarder Netflix que toutes les chaînes
de la BBC réunies. Et ils écoutent
davantage de musique sur les services de streaming tels Spotify que
les stations de radio de la BBC…
Voilà l’audiovisuel public français
prévenu. Il faudra plus que de la
« poudre de perlimpinpin » pour
renouer le contact avec la jeune génération. En réalité, l’État actionnaire a tout intérêt à sortir le grand
jeu. Pour deux raisons au moins.
Sauver la redevance
Le premier argument est purement
financier. Il s’agit pour le gouvernement de pérenniser la principale
ressource de l’audiovisuel public :
la redevance TV. Cet impôt est vital
dans la mesure où il finance près de
87 % des 4,4 milliards d’euros de
budget annuel du secteur. Or, il est
menacé par le « péril vieux ».
Aujourd’hui, ce sont des téléspectateurs relativement âgés qui l’acquittent. Demain, si les jeunes ne
consomment pas l’offre du service
public, ils rechigneront à s’acquitter des 139 euros réclamés chaque
année. « Cette somme, douze euros
par mois, équivaut au prix qu’ils
payent pour s’abonner à Netflix. Si
Sibyle Veil : « Nous devons développer une offre de proximité puissante »
Sibyle Veil est PDG de Radio France depuis avril dernier.
LE FIGARO. - Quelle
est la philosophie de la réforme
présentée par la ministre
de la Culture ?
Sibyle VEIL. - Françoise Nyssen a
donné l’impulsion d’une réforme
ambitieuse qui porte sur le fond
des missions de l’audiovisuel public, et non sur les structures. Cette
réforme vise à transformer en profondeur les offres de programmes
des différents acteurs du service
public. L’objectif est de toucher
toutes les générations d’auditeurs
et de téléspectateurs en adaptant
nos contenus à leurs usages.
Quelle est la méthode de travail ?
La ministre a demandé que chaque
entité de l’audiovisuel public accélère sa transformation numérique
interne pour s’adapter aux nouvelles écritures qui combinent le
son, le texte et la vidéo. Ensuite,
nous devons réfléchir ensemble à
la meilleure manière d’exposer ces
nouveaux contenus sur le numérique. L’objectif est de rassembler
nos forces pour obtenir la meilleure visibilité possible face aux acteurs puissants du numérique.
Où en est-on dans la
transformation numérique
de Radio France ?
Ces dernières années, nous avons
engagé la transformation de nos
offres. Dans un premier temps,
nous avons travaillé à repositionner chaque chaîne afin d’obtenir
une plus grande complémentarité
entre elles. Ensuite, nous avons
développé notre présence sur le
numérique et notre empreinte sur
les réseaux sociaux en diffusant
nos contenus via nos sites, nos applis et nos podcasts. Grâce à cette
politique, nous avons touché une
nouvelle audience plus jeune qui a
découvert les humoristes de France Inter ou les émissions de France
Culture. Résultat, nous avons
réussi à ramener de nouveaux
auditeurs sur nos antennes.
Contrairement à l’évolution globale du média radio, les audiences
de France Culture et de France Inter ont non seulement augmenté
mais rajeuni. Les antennes de Radio France ont gagné 800 000
auditeurs de moins de 35 ans en
quatre ans.
Concrètement sur quels projets
communs allez-vous travailler ?
Dès la semaine prochaine, nous al-
lons lancer une nouvelle offre de
décryptage de l’information et
d’éducation aux médias sur la plateforme de France Info. Avant
l’été, nous créerons un nouveau
média social de la culture avec
France Télévisions, Arte, l’INA,
France Médias Monde et TV5 Monde. Notre apport consistera à diffuser sur les réseaux sociaux, sous
un label commun, de courtes vidéos produites par France Culture,
France Inter et France Musique.
Ces trois stations ont une grande
force de prescription. L’année
prochaine, nous allons contribuer
à enrichir la future plateforme
éducative pilotée par France Télévisions en apportant des
contenus adaptés comme « Les
P’tits Bateaux » sur France Inter. Enfin, le Mouv’ qui a clairement su séduire un public
jeune sur les antennes et les
réseaux sociaux coproduira
des contenus interactifs avec
France Télévisions.
Le grand chantier est
le rapprochement entre
France Bleu et France 3.
Comment procéder ?
Nous devons nous appuyer sur les 44 locales de
France Bleu et les 13 antennes régionales de France 3 pour développer une offre de proximité
puissante en radio, en télévision et
sur le numérique. Dès cet automne
nous allons expérimenter deux
matinales communes sur le modèle de ce que nous avons déjà fait
avec France Info et nous couvrirons ensemble certains grands
événements locaux. Chaque antenne produira ses contenus.
L’objectif est que tous les Français
puissent y avoir d’autant mieux
accès qu’ils seront disponibles en
audio, vidéo et numérique. À ce
jour, nous n’avons pas discuté
d’une marque commune.
Quant à d’éventuels rapprochements de bureaux dans
certaines stations locales et
compte tenu des coûts importants d’un déménagement, les situations seront
évaluées au cas par cas.
Sibyle Veil, présidente
de Radio France.
FRANCOIS GUILLOT/AFP
Quel est le montant des
investissements de Radio
France dans le numérique ?
Radio France a la chance de
produire tous ses contenus
en interne. Cela nous permet de fabriquer des podcasts à partir d’émissions
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
ÉCONOMIE
2,9
milliards d’euros
France Télévisions
691
millions d’euros
Radio France
277
millions d’euros
Arte
262
millions d’euros
France Médias Monde
127
millions d’euros
INA
113
millions d’euros
TV5 Monde
l’audiovisuel public ne s’adapte pas
aux usages des jeunes, c’est-à-dire
des contribuables de demain, il n’y a
aucune raison qu’ils consentent à
payer. Nous risquerions alors de
nous engager sur la pente suisse,
sans la fin heureuse », estime le député LREM Gabriel Attal.
La seconde raison est politique.
Attirer dans les filets de l’audiovisuel public la génération connectée, l’aider, grâce à des contenus
spécifiques sur Internet et les réseaux sociaux à se former, à débattre, c’est éviter que les fakes news
ne la gangrènent totalement. Mettre les moyens de l’audiovisuel public au service de l’éducation des
jeunes, c’est s’assurer d’en faire
demain des citoyens et des électeurs moins tentés par le vote populiste. En somme, il s’agit de faire
d’une pierre deux coups. Sauver le
financement de l’audiovisuel public tout en préparant la génération 2022 à mettre le bon bulletin
dans l’urne. ■
existantes ou des podcasts natifs à
des coûts très raisonnables. Mais
pour aller plus loin, nous devons
investir davantage, notre objectif
est de tripler nos investissements
en quatre ans. Nous devons développer des solutions techniques
innovantes pour améliorer l’accès
à nos offres via le référencement
sur les nouveaux supports, dans
les voitures connectées ou sur les
assistants personnels vocaux. Et
plus particulièrement, accélérer
notre stratégie d’analyse des
données, enjeu clé pour la création de la radio personnalisée de
demain.
Comment voyez-vous
l’audiovisuel public dans cinq ans ?
Aujourd’hui 88 % de nos contenus
sont encore écoutés sur les ondes
hertziennes. Nous devons faire attention à ne pas perdre ces Français qui écoutent la radio en linéaire. En même temps, nous devons
accompagner l’explosion de la
consommation de ces programmes
en numérique. L’un ne va pas
remplacer l’autre mais les deux
modes de consommation vont
s’additionner et même profiter les
uns aux autres. ■
PROPOS RECUEILLIS PAR E. R.
4,37
milliards
d’euros
NOUVEL
ÉTAT-MAJOR
À FRANCE TV
En annonçant que
les contenus primeront
dorénavant sur les
structures, Delphine
Ernotte, la présidente
de France Télévisions,
a esquissé une vaste
réorganisation
de son état-major. Exit,
les patrons de chaînes,
place aux directions
thématiques
transversales. Michel
Field, l’ancien patron de
l’info, hérite ainsi de l’unité
Culture et spectacles
vivants, tandis que
Nathalie Darrigrand, à la
tête de France 5, dirigera
les magazines. Comme
l’indique L’Opinion,
l’actuelle directrice
de France 4, Tiphaine de
Raguenel, se voit confier
la jeunesse et l’éducation
tandis que Dana Hastier,
à France 3, prendra les
rênes des documentaires.
Si l’unité jeux et
divertissement n’est pas
encore pourvue, la fiction
reste aux mains d’Anne
Holmes, le sport dans
celles de Laurent-Éric Le
Lay et l’info chez Yannick
Letranchant. Caroline Got,
la directrice de France 2,
prendra la direction de
l’harmonisation et la
programmation des
chaînes, entité chargée de
dialoguer avec l’ensemble
des unités de contenus.
Le tout sous la houlette de
Takis Candilis, le directeur
des programmes
de l’ensemble du groupe.
L'ÉVÉNEMENT
21
L’Australie veut rassurer les
Français sur le libre-échange
Dans le contexte de regain de protectionnisme, le ministre australien du
Commerce défend le projet d’accord douanier avec l’Union européenne.
FABRICE NODÉ-LANGLOIS
£@Fnodelanglois
COMMERCE En ces temps agités de
guerre commerciale déclarée entre
les États-Unis et l’Europe, et encore larvée entre les États-Unis et la
Chine, Steven Ciobo a choisi son
camp. Celui du libre-échange, qu’il
défend haut et clair. Ce quadragénaire affable est le ministre du
Commerce de l’Australie. « Pour
notre île, le libre-échange, c’est plus
de commerce, plus d’investissement,
plus d’emplois », plaidait-il la semaine dernière à Paris, où il assistait à la réunion ministérielle des
37 pays de l’OCDE. Une conférence
inaugurée par Emmanuel Macron,
venu défendre le multilatéralisme.
L’Australie vient de démarrer, le
mois dernier, des négociations
pour établir une zone de libreéchange avec l’Union européenne
et la Nouvelle-Zélande. Le ministre
australien est conscient de la levée
de boucliers en Europe qu’ont déclenché tour à tour le projet de
traité transatlantique (Tafta, alias
TTIP), gelé par Donald Trump ; le
Ceta avec le Canada, pas encore ratifié ; ou les discussions avec le
Mercosur, en cours (lire ci-contre).
« L’idée selon laquelle l’Australie
inonderait l’Europe de ses produits
agricoles est ridicule », martèle Steven Ciobo. Son explication : son
pays, de 25 millions d’habitants, est
capable d’en nourrir 75 millions.
Mais la demande en Asie est telle
qu’« on n’arrivera même pas à la
satisfaire ».
Steven Ciobo, au rebours de la
vision trumpienne des relations
commerciales, assure chercher
« des accords gagnant-gagnant ».
Il vante la position géographique
de l’Australie comme avant-poste
privilégié pour conquérir les marchés asiatiques. Le futur pacte
avec l’Union européenne doit permettre, selon le ministre australien, d’attirer les investisseurs du
Vieux Continent. Il cite en exemple le contrat signé en 2016 avec le
français DCNS (devenu Naval
Group) d’un montant d’environ
35 milliards d’euros (50 milliards
de dollars australiens) pour l’achat
d’une douzaine de sous-marins.
« Un tel contrat, ce sont des emplois
en France et en Australie pour des
décennies. »
Ce partisan des frontières commerciales ouvertes reconnaît que
le libre-échange peut provoquer
des dégâts. Ainsi, l’afflux de voitures asiatiques bon marché sur l’île
a eu raison de l’industrie automobile nationale. La dernière chaîne
de montage du pays, qui produisait des Holden, propriété de GM,
a fermé en octobre dernier. « Cela
a été politiquement difficile, mais
nous aidons à la formation des employés en vue de leur reconversion,
et nous ne soutenons plus une industrie qui coûtait 5 milliards de
dollars (australiens) » par an,
poursuit le ministre.
Pas de concessions
à Donald Trump
C’est en invoquant le caractère très
ouvert de son économie, explique
Steve Ciobo, que le gouvernement
australien a convaincu Donald
Trump de ne pas imposer de droits
de douane sur l’acier et l’aluminium importé de l’île océanienne.
Le ministre assure que l’Australie
n’a pas fait de concessions en
échange pour échapper aux tarifs
punitifs, à la différence de la Corée
du Sud ou du Brésil. Le pays n’avait
guère à perdre, le marché américain représente moins de 1 % de ses
exportations d’acier et 1,5 % pour
l’aluminium. Pour Canberra, l’horizon n’est pas américain, mais
asiatique, puis européen. L’UE est
son deuxième partenaire commercial, derrière la Chine. ■
Steven Ciobo, ministre
australien du Commerce,
fin mai à Paris.
SÉBASTIEN SORIANO/
LE FIGARO
L’accord Europe-Mercosur
coince toujours sur l’agriculture
Ce nouveau round de
négociation, qui se tient cette
semaine à Montevideo, ne se
clora pas par un accord entre
l’Union européenne et les
quatre pays du Mercosur
(Argentine, Brésil, Paraguay et
Uruguay). Et pourtant, l’enjeu
d’un traité de libre-échange
est important pour Bruxelles,
qui aurait ainsi un accès
privilégié au grand marché
du Sud, de 240 millions
d’habitants, l’un des plus
protégés au monde. En dépit
d’avancées, notamment
sur une baisse tarifaire
substantielle côté Mercosur,
les points de blocage
subsistent. Cela concerne
l’industrie automobile,
le calendrier d’application de
baisse des tarifs, le transport
maritime et, comme toujours,
l’agriculture. Les discussions
achoppent en particulier
sur le nombre d’indications
géographiques protégées
ainsi que les droits de douane
sur les produits laitiers.
A. C.
Premiers investisseurs étrangers sur l’île-continent,
les Chinois freinent leurs achats immobiliers
MATHILDE BLOTTIÈRE £@BlottiereM
SYDNEY
L’eldorado australien serait-il
moins convoité par les investisseurs étrangers ? Des chiffres publiés cette semaine révèlent une
nouvelle donne pour l’économie
de l’Australie en général et son
marché de l’immobilier en particulier. Selon le rapport annuel de la
Commission d’évaluation de l’investissement étranger, les autorisations d’achats de résidences déposées par des non-nationaux ont
chuté de 67 % lors du dernier
exercice financier. Les autorisations ont été délivrées pour 13 198
acquisitions en 2016-2017 pour des
biens d’une valeur totale de
25,2 milliards de dollars australiens, soit une baisse de 47 milliards
par rapport à l’année précédente.
Si les experts s’accordent pour
constater la fin d’un cycle, il est
toutefois important de préciser que
ces chiffres portent sur des acquisitions potentielles et non pas effectives. « On ne dispose pas de
données suffisamment précises pour
évaluer correctement ce changement de paradigme, tempère Dallas
Rogers, directeur des programmes
de l’École d’architecture, de design
et d’aménagement à l’université de
Sydney. Depuis 2013-2014, les
Chinois étaient indéniablement à
l’avant-poste de cette ruée vers
l’immobilier australien, mais en
l’état actuel des statistiques, personne ne peut dire quel a été l’impact
réel de leur omniprésence sur la
hausse des prix du logement. »
Steven Ciobo, le ministre australien du Commerce, réfute toute inquiétude à l’égard du déferlement
chinois de ces dernières années.
« Notre politique vis-à-vis des investissements étrangers est non discriminatoire et transparente, l’Australie veille simplement à ses
intérêts. »
Reflux des prix à Sydney
La Chine reste le premier des investisseurs étrangers dans l’immobilier australien (40 % des dossiers
soumis sont le fait de ressortissants
chinois) suivie de loin par les Canadiens, mais la demande a presque
été divisée par deux. Selon Dallas
Rogers, la principale cause de ce
reflux est à chercher du côté de Pékin. « L’an dernier, les autorités
chinoises ont imposé des restrictions
sur les investissements à l’étranger
dans un souci de juguler une fuite
massive de capitaux. À l’évidence, la
stratégie a fonctionné. » Autre rai-
son invoquée dans le rapport : les
taxes dont les futurs propriétaires
étrangers doivent désormais s’acquitter selon les États d’Australie
où ils achètent ainsi que les frais de
dossier qui, depuis fin 2015, ont
poussé ces acheteurs potentiels à
ne candidater désormais que pour
la ou les propriétés qu’ils ont réellement l’intention d’acquérir.
Tandis que les acquisitions
étrangères dégringolent, la valeur
de l’immobilier dans les grandes
villes plonge. À Sydney, les prix
ont baissé pour la première fois depuis 2015. « À court terme, cette
nouvelle donne va sans doute permettre aux primo-accédants d’entrer enfin sur le marché, estime Dallas Rogers. Mais du côté des
promoteurs, qui cherchent à vendre
un stock souvent conçu pour les besoins des investisseurs étrangers,
cela risque de se solder par un surplus de logements. »
Alors qu’ont débuté les négociations pour un traité de libre-échange entre l’Australie, la NouvelleZélande et l’Union européenne, le
déclin de la demande chinoise apporte de l’eau au moulin de ceux qui
plaident pour une moindre dépendance économique de l’île-continent vis-à-vis de la Chine, son
premier partenaire commercial. ■
«
Depuis
2013-2014, les
Chinois étaient
indéniablement
à l’avant-poste
de cette
ruée vers
l’immobilier
australien
»
DALLAS ROGERS,
DIRECTEUR DES
PROGRAMMES DE
L’ÉCOLE D’ARCHITECTURE,
DE DESIGN ET
D’AMÉNAGEMENT À
L’UNIVERSITÉ DE SYDNEY
A
BUDGETS
DES MÉDIAS
PUBLICS
mardi 5 juin 2018
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 5 juin 2018 LE FIGARO
22
Le gouvernement espère
par cet accord encourager
les dentistes à faire
plus de soins et de prévention
et moins de prothèses.
ÉCONOMIE
VADYM DROBOT/DROBOT DEAN/STOCK.ADOBE.COM
Des couronnes
remboursées à
100 % dès 2020
L’accord entériné par deux syndicats
de dentistes divise la profession.
Les mutuelles vont mettre au pot.
MARIE-CÉCILE RENAULT £@Firenault
1,2
milliard €
Investissement
de l’Assurancemaladie et des
mutuelles sur cinq ans
pour cet accord
SANTÉ Promesse tenue ! Comme
Emmanuel Macron s’y était engagé durant sa campagne présidentielle, certaines prothèses dentaires vont être remboursées à
100 % : les couronnes de base dès
2020 et les dentiers un an plus
tard. En revanche, les implants ne
sont pas concernés. Un accord à
l’arraché, après d’âpres discussions entre la Sécu, les dentistes et
les mutuelles, qui représente un
investissement de 1,2 milliard
d’euros sur cinq ans.
Chaque partie a fait un effort :
les mutuelles acceptent de mettre
500 millions au pot pour améliorer les remboursements, l’Assurance-maladie apporte 700 millions pour revaloriser les tarifs
des soins conservateurs (traitement des caries, dévitalisation,
scellement des sillons, etc.).
Quant aux dentistes, ils acceptent
de plafonner, par étapes, le prix
de 70 % des prothèses dentaires.
Une perte d’honoraires qui de-
vrait être compensée par la revalorisation des soins conservateurs. L’un dans l’autre, les
dentistes devraient être gagnants,
au global, de 287 millions d’euros.
« Aujourd’hui, les dentistes sont
amenés à poser de plus en plus de
couronnes pour équilibrer leur activité économique et à faire de
moins en moins de soins. C’est un
cercle vicieux. On propose aux
dentistes de bâtir une nouvelle relation, affirme Nicolas Revel, directeur général de l’Assurancemaladie.
Cet
accord
est
globalement bénéficiaire pour la
profession et pour une très grande
majorité des cabinets dentaires. »
Donc pas pour tous…
Résultat, la nouvelle convention, qui devrait être signée autour
du 21 juin, divise les dentistes. Approuvée en fin de semaine dernière par deux syndicats (CNSD et
Union dentaire) représentant
60 % des dentistes, elle est refusée
par le premier syndicat de la profession (FSDL).
Au final, qu’est-ce qui va changer ? Le gouvernement espère par
cet accord encourager les dentistes à faire plus de soins et de prévention et moins de prothèses.
L’objectif est aussi de réduire le
reste à charge des assurés (23 %
sur l’ensemble des frais dentaires,
mais 40 % sur les prothèses) et de
limiter le renoncement aux soins,
estimé à 17 % de la population.
Pas de hausse
de cotisation
Certains s’inquiètent de perdre
d’une main ce qu’on leur donne
de l’autre : les mutuelles ne
vont-elles pas compenser ces
meilleurs remboursements par
une hausse des cotisations ?
Agnès Buzyn a promis qu’elle
serait vigilante. « L’effort demandé aux mutuelles ne tombe
pas d’un coup mais s’échelonne
sur cinq ans. Il doit donc pouvoir
entrer dans la hausse annuelle
classique des contrats, sans impact spécifique supplémentaire »,
a affirmé Nicolas Revel.
Après les prothèses dentaires,
les Français devraient aussi obtenir de meilleurs remboursements
sur les lunettes et les prothèses
auditives, autre promesse d’Emmanuel Macron. Les mesures devraient être dévoilées la semaine
prochaine par Agnès Buzyn, lors
du congrès de la mutualité à
Montpellier. ■
EN BREF
Le FMI « impressionné » par les réformes françaises
Pour l’institution, il est maintenant crucial que Paris s’attaque à la dépense publique.
« lesTenirobjectifs
de baisse
de la dépense
publique
exigera
un effort
déterminé
et soutenu
dans
l’ensemble
du secteur
public
»
DES EXPERTS DU FMI
ANNE DE GUIGNÉ £@adeguigne
CONJONCTURE Le Fonds monétaire international (FMI), qui a
comme chaque année réalisé un
audit de la France, reste serein.
Ses experts chargés de rédiger la
revue annuelle de l’économie tricolore publiée ce lundi ne se sont
pas laissés impressionner par le
trou d’air que traverse l’Hexagone depuis quelques mois. « Cette
année et l’année prochaine, la
croissance devrait rester vigoureuse, quoique moins dynamique
qu’en 2017, avec un investissement
robuste, des exportations dynamiques et une consommation solide », avance ainsi le FMI.
Les économistes de Washington attribuent cette bonne santé à
trois facteurs : la reprise mondiale bien sûr, la politique monétaire
accommodante mais aussi les réformes déjà engagées ou annoncées par l’équipe Macron. Sur ce
point, le FMI ne tarit pas d’éloge
sur la France, « devenue un chef
de file des réformes en Europe. » Et
de se féliciter particulièrement
des réformes du marché du travail et de la fiscalité qui « devraient être favorables à l’investissement, à l’emploi et à la
croissance ». Après ce duo, le
fonds salue les nouvelles mesures
à venir : l’approfondissement des
ordonnances travail avec la loi
sur la formation et l’apprentissage, la réforme de la SNCF et la loi
Pacte, qui « améliorera le climat
des affaires et renforcera les politiques d’innovation ».
Pour en renforcer l’efficacité, le
fonds recommande à Paris d’accorder plus « de flexibilité aux entreprises sur le plan de la formation
des salaires de base », autrement
dit, de réformer le smic et de poursuivre la dérégulation des professions protégées.
Passé les encouragements, les
économistes du FMI ont profité de
ce rendez-vous annuel pour passer
quelques messages plus fermes. Le
premier était attendu. « Il convient
de mettre en œuvre ces réformes de
manière résolue, de les suivre avec
soin et de les renforcer si nécessaire », professent les économistes qui
s’inquiètent, à mi-mot, de la politique budgétaire du gouvernement.
Rapport CAP 2022
L’objectif que s’est fixé le gouvernement d’une baisse de quatre
points du ratio de dépenses sur PIB
représente « une réduction considérable, même si elle n’est pas sans
précédent à l’échelle internationale,
qui exigera un effort déterminé et
soutenu dans l’ensemble du secteur
public », rappelle le fonds.
Pour le FMI, il est donc urgent de
ne pas céder aux appels, venus de
l’Hémicycle, à de nouvelles baisses
d’impôts non financées et surtout
de montrer patte blanche dès le
budget 2019, en cours d’élaboration entre Matignon et Bercy. À défaut de connaître les conclusions du
comité d’experts CAP 2022, qui seront remises la semaine prochaine
à Matignon, le FMI livre ses propres
recommandations d’économies.
Elles ont le mérite de l’efficacité : meilleur ciblage des aides sociales, rationalisation des aides aux
entreprises, relèvement progressif
de l’âge de départ à la retraite, réduction complémentaire dans les
effectifs de la fonction publique,
fusion des petites collectivités et
élimination des doublons entre les
collectivités… ■
Richemont finalise la vente de Lancel à Piquadro
En plein essor, ce spécialiste italien du cuir veut moderniser le maroquinier français.
ANNE-SOPHIE CATHALA
£@Ascathala
La boutique Lancel,
place de l’Opéra,
à Paris. S. SORIANO/
A
LE FIGARO
LUXE C’est
l’alliance
d’une
vieille gloire de la maroquinerie
française et d’un jeune italien
moderne. Son propriétaire depuis
1997, le géant suisse du luxe Richemont (11 milliards d’euros de
chiffre d’affaires), a finalisé la
cession de Lancel (53 millions
d’euros de chiffre d’affaires) à
l’italien Piquadro (97,63 millions
d’euros de chiffre d’affaires), réputé pour ses bagages en cuir italien et connectés.
Richemont avait payé Lancel
210 millions d’euros en 1997
quand la marque réalisait encore
125 millions d’euros de chiffre
d’affaires. Il recevra sur les dix
prochaines années une partie des
bénéfices de Lancel mais pour un
montant maximum de 35 millions.
Créé en 1987, Piquadro (850 salariés) a le vent en poupe. Son
chiffre d’affaires a bondi de
28,6 % en 2017. Ses mallettes à ordinateurs, ses valises connectées
ou ses sacs à chargeurs intégrés
séduisent hommes d’affaires et
voyageurs, notamment en boutiques d’aéroports. Il s’offre une
note de féminité avec Lancel, qu’il
compte réveiller grâce sa capacité
d’innovation. Convaincu de la valeur de la french touch de Lancel à
l’international, il assure que le
siège, le design et la logistique resteront en France.
Sur son dernier exercice, clos
fin mars, Lancel (350 salariés) accusait une perte brute d’exploitation de 23 millions, tout en
conservant une trésorerie de
41 millions d’euros. Elle ne compte plus que 71 magasins dans le
monde, loin des 220 de 2008.
Créée en 1876 par Angèle Lancel,
elle est restée connue en France,
notamment pour ses sacs « Bardot », hommages à l’actrice et elle
s’exporte en Russie, en Chine, au
Moyen-Orient.
Instabilité managériale
Sur le créneau haut de gamme accessible disputé, Lancel a dû faire
face à bien des marques de mode
qui lancent avec succès leurs sacs
à main. Malgré un rebond en 2010,
les tentatives d’adaptation de Richemont ont été vaines, dans un
contexte d’instabilité managériale
à la tête de Lancel.
Piquadro et Richemont négociaient depuis mars, sur fond
d’un recentrage du leader mondial de l’horlogerie et de la
joaillerie (Cartier, Van Cleef&Arpels, Jaeger-LeCoultre), sur son
cœur de métier et sur l’e-commerce. Il a annoncé vendredi
l’acquisition de Watchfinder, site
Internet britannique de montres
d’occasion. Il a bouclé, fin mai,
son OPA sur Yoox Net-à-Porter,
numéro un de l’e-commerce. Il
vient de lancer une marque de
montres, Baume, jeune, accessible, vendues uniquement sur un
site Internet dédié. ■
UBS SERA JUGÉ EN
FRANCE EN OCTOBRE
£ Le procès en correctionnelle
de la banque suisse UBS
pour démarchage illicite
et blanchiment aggravé
de fraude fiscale a été fixé lundi
au 8 octobre par le tribunal
de Paris. La banque
est soupçonnée d’avoir mis
en place un système
de blanchiment permettant
à des résidents français
de dissimuler leurs avoirs
au fisc entre 2004 à 2012.
La filiale française de la banque
sera jugée pour complicité.
Une demi-douzaine d’anciens
cadres seront aussi jugés.
ALLIANCE ENTRE
BOEING ET SAFRAN
£ Boeing et le motoriste
français Safran vont créer
une coentreprise (détenue
à parité et basée aux ÉtatsUnis) spécialisée dans
la conception, la fabrication
et les services de groupes
auxiliaires de puissance (APU).
Il s’agit de moteurs servant
à démarrer les réacteurs
principaux et à alimenter
les systèmes de bord au sol.
L’opération doit être finalisée
au second semestre 2018.
PSA AMORCE
SON RETRAIT D’IRAN
£ Le constructeur PSA
a annoncé lundi qu’il
a commencé le processus
de suspension des activités
de ses coentreprises en Iran.
L’objectif est de se conformer à
la loi américaine d’ici au 6 août
prochain, après le retrait des
États-Unis de l’accord de 2015.
PSA reste toutefois en contact
avec les autorités américaines
pour envisager une dérogation.
» La loi logement
réduit-elle vraiment
l’accessibilité des handicapés ?
» Pour Olivier Klotz, le Medef
est « un parti qui doit sortir
du social et du paritarisme »
www.lefigaro.fr/economie
+@
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mardi 5 juin 2018
ENTREPRISES
23
La Société générale solde
deux anciens contentieux
La banque a accepté de payer 1,3 milliard de dollars
aux autorités américaines et à la justice française.
FINANCE La Société générale
vient de retirer un très gros
caillou de sa chaussure. Après
plusieurs années de procédures,
elle a enfin réglé lundi avec les
autorités américaines et françaises deux litiges qui l’empoisonnaient. L’un concerne des soup-
L’italienne Unicredit convoiterait
la banque française
Est-ce le retour des grandes
manœuvres dans le secteur
bancaire européen ? La banque
italienne UniCredit étudierait
en coulisse la possibilité
de fusionner avec la Société
générale, selon le Financial
Times. Un tel mariage
créerait la troisième banque
européenne en termes
de capitalisation boursière
derrière Santander et BNP
Paribas. La Société générale
a nié lundi toute discussion
en interne concernant
un tel projet. UniCredit,
dirigée par le Français
Jean-Pierre Mustier, a aussi
démenti : elle ne « commente
jamais les rumeurs
et les spéculations » et écarte
une opération avant la fin
de son plan à horizon 2019.
« Ce type d’annonces
n’est pas nouveau : les deux
groupes discutent depuis
le début 2010 », pointent
les analystes de Jefferies. D. G.
çons de manipulation du taux
interbancaire Libor et l’autre de
corruption avec le fonds souverain libyen. L’addition totale
s’élève à 1,3 milliard de dollars
(soit environ 1,11 milliard
d’euros). Mais ce montant n’aura
« pas d’impact sur les résultats »,
a indiqué la banque. « Il est entièrement couvert par la provision
inscrite dans les comptes. »
Dans le cadre du dossier du Libor, la Société générale a accepté
de verser 750 millions de dollars
(641 millions d’euros) au ministère
de la Justice américain (275 millions de dollars) et au régulateur
des marchés de matières premières et de produits dérivés, le CFTC
(475 millions de dollars). En mars,
les négociations avec ces autorités
avaient coûté son poste à Didier
Valet, qui chapeautait les activités
de marché. Il était le bras droit de
Frédéric Oudéa, directeur général
de la Société générale, et son dauphin potentiel. Son départ précipité a récemment contraint la
banque à réorganiser sa direction.
Le
deuxième
contentieux
concernant des accusations de
corruption en Libye après la
plainte du fonds souverain Libyan
Investment Authority (LIA) coûtera à la Société générale 500 millions d’euros. Il y a un an, le groupe bancaire avait déjà versé
963 millions d’euros au LIA pour
éviter un procès civil à Londres.
Échapper au procès
Mais il restait à régler le volet pénal de l’affaire, d’abord aux ÉtatsUnis puis en France où le parquet
s’est greffé au dossier à la fin de
2016. Lundi, la banque s’est donc
engagée à payer 250 millions pour
échapper à un procès en France.
Pour cela, elle a eu recours à la
convention judiciaire d’intérêt
public (CJIP). Grâce à cette nouvelle procédure, une entreprise
peut négocier une amende sans aller en procès ni passer par une
procédure de « plaider coupable ».
C’est la deuxième CJIP conclue par
le parquet national financier (PNF)
après celle de l’automne dernier
avec HSBC. « Il s’agit de la première CJIP signée en accord avec le Department of Justice » américain, a
souligné Éliane Houlette, la procureure du parquet national financier (PNF). La Société générale a
aussi scellé un accord du même
montant (environ 250 millions
SÉBASTIEN SORIANO/LE FIGARO
DANIÈLE GUINOT £@danieleguinot
La tour de la Société générale dans le quartier de la Défense.
d’euros) avec la justice américaine. Et elle plaidera coupable mardi
devant un tribunal new-yorkais, a
annoncé le ministère américain de
la Justice (DoJ).
Ces nouvelles ont quelque peu
soulagé les investisseurs lundi et
le cours de Bourse de la banque,
à la traîne depuis janvier
(- 12,1 %) a repris un peu de
hauteur. Cependant, la Société
générale n’en a pas fini avec la
justice des États-Unis. Elle est
dans la ligne de mire du Trésor
américain pour un troisième
dossier, concernant cette fois
des soupçons de violation d’embargo. Elle a rappelé lundi que sa
provision pour litiges s’élèvera à
environ 1,2 milliard d’euros. ■
Rossignol ouvre son capital pour mieux conquérir la Chine
Le groupe français accueille le fonds chinois IDG Capital, qui entre à hauteur de 20 %.
Bruno Cercley, président
du groupe Rossignol.
EYMARD-DUVERNAY/
ALPACA/ANDIA.FR
LOISIRS « Il était impossible
d’aborder, seuls, la Chine… » Président du groupe Rossignol,
Bruno Cercley a ainsi expliqué sa
décision d’ouvrir le capital de
Rossignol à hauteur de 20 % au
fonds chinois IDG Capital.
Ce fonds, basé à Pékin et aux
États-Unis, et créé en 1992, est
jugé comme un partenaire idéal
pour attaquer l’empire du Milieu.
Il détient des participations dans
les équivalents chinois des Gafa,
Baidu, Tencent ou Xiaomi. Pour
mémoire, en France, il possède
20 % de l’Olympique Lyonnais.
En dépit de l’arrivée de ce nouvel actionnaire, le fonds norvégien Altor conserve le contrôle de
l’entreprise. « IDG sera un excellent complément aux actionnaires
minoritaires actuels du groupe,
Sandbridge Capital et la famille
Boix-Vives et Weber », assure
Hugo Maurstad, directeur associé
d’Altor, en charge de Rossignol.
Pour le groupe français, qui a
réalisé l’année dernière un chiffre
d’affaires de 345 millions, dont
70% dans les équipements de
sports d’hiver, le développement
LES DÉCIDEURS
â HERVÉ WATTECAMPS
Groupe ADP
Le PDG Augustin de Romanet continue de muscler son comex alors que
la privatisation du groupe Aéroports
de Paris est à l’ordre du jour. Il confie sa
direction des ressources humaines à ce
Saint-Cyrien de 59 ans, général de corps
d’armée, jusqu’alors à la tête de la DRH de
l’armée de terre dont il a conduit la transformation. Après vingt ans au sein des chasseurs alpins, l’ingénieur a pris goût depuis
15 ans à la fonction RH . Il a dirigé les écoles
de formation des officiers et des sous-officiers de l’infanterie et de l’artillerie jusqu’en
2015. Il prendra ses fonctions le 9 juillet,
pilotant un effectif de quelques 6 500 collaborateurs à la maison mère.
â JACQUES PROST
Indosuez Wealth Management
La filiale du groupe bancaire Crédit agricole
se dote d’un nouveau directeur général à
compter du 18 juin. Après le Crédit lyonnais
et Paribas, il avait rejoint le Crédit agricole
en 2000, dont il était devenu huit ans plus
tard responsable mondial de la direction
immobilier et hôtellerie à Paris. Diplômé de
Sciences Po et de Dauphine, il était depuis
2011 responsable mondial des financements
structurés.
à l’étranger est une constante. Il
réalise 78 % de son activité à
l’export. Les résultats en Chine
sont perfectibles. « IDG possède
les réseaux pour favoriser le développement de nos marques et
mettre en place une nouvelle organisation, expose Bruno Cercley. La
solution offerte par IDG est une garantie d’aller plus vite et mieux. »
Les Jeux de Pékin en vue
La Chine apparaît comme un incontournable relais de croissance
pour le groupe, qui espère y réaliser, en moins de cinq ans,
100 millions de chiffre d’affaires.
Le développement des stations de
ski autour de Pékin et la volonté
des pouvoirs publics d’intéresser
les Chinois au sport sont autant de
raisons d’y forcer la cadence.
« Tous nos produits seront commercialisés, poursuit le président
du groupe Rossignol. C’est le bon
moment pour profiter de l’expérience réussie de la vente de nos
différentes gammes en Europe. »
L’idée est aussi de permettre
aux revendeurs chinois de suivre
la stratégie de leurs homologues
occidentaux. À savoir, vendre des
équipements de ski (chaussures,
fixations…) en hiver et de vélo en
PAR Carole Bellemare avec Amaury Bucco
Raphaël Miolane : le fonds ICG confie
Courtepaille à cet ex-Pizza Hut
Il est lyonnais de naissance, breton de cœur et était
jusqu’à présent très américain dans sa carrière.
Retour au bercail pour
Raphaël Miolane qui rentre de Londres, où il
dirigeait la chaîne Pizza Hut pour l’Europe,
la Russie et le Canada, pour prendre la présidence de Courtepaille. Passée de fonds en
fonds ces dernières années, la première
chaîne historique de restauration commerciale en France, déployée au départ dans le
giron du groupe Accor, est contrôlée depuis
2015 par ICG Capital. Un groupe financier
qui a vu dans le profil de cet ESC Clermont,
diplômé de la Moore School of Business
Columbia (MBA), l’homme idoine pour
accélérer le développement et la rentabilité
de l’enseigne.
Associé au capital, Raphaël Miolane, marié
et père de trois enfants, y a vu aussi l’occasion de mener une aventure plus entrepreneuriale, lui que sa trajectoire devait
conduire au board du groupe américain.
« J’avais envie de contribuer à développer un
business français dans la durée », confie celui
que le métier de restaurateur passionne par
ses côtés « accueil-commerçant-entrepreneur ». Avec Courtepaille, il s’agit pour lui
aujourd’hui de dynamiser et d’écrire un
nouveau chapitre de « l’histoire d’une super
belle marque, avec des attributs de pionnier ».
Une nouvelle étape pour l’enseigne, qui a
connu une succession de dirigeants ces dernières années, autant que pour lui, l’ex-animal de grands groupes, âgé seulement de
41 ans. Après ses études, ce fils d’un ex-cadre de Renault Véhicules Industriels avait
fait ses armes chez Procter & Gamble, en
France et à Genève, puis en Suède, où il est
chargé de conduire l’intégration de la marque Wella tout juste acquise. « Une belle école, mais j’avais un vrai désir de construire
l’entreprise au-delà du marketing. » Après
deux années au BCG, le leader américain de
la restauration rapide Yum ! lui offre
l’opportunité d’élargir son horizon, d’abord
chez KFC, dont il dirige le planning, les
finances, le réseau en Europe centrale, puis
chez Pizza Hut où il coiffe 1 600 restaurants
en Europe. Il y lancera aussi Pizza Hut Digital
Venture, le premier incubateur pour Pizza
Hut international. En lui confiant Courtepaille, ses 300 restaurants, dont un tiers en
franchise, et ses 3 900 collaborateurs générant un volume d’affaires de 300 millions
d’euros, ICG Capital compte sur l’expérience
de ce sportif et sa passion du terroir français
pour reconquérir la place de no 1 de la resC. B.
tauration à table dans l’Hexagone.
été. « Le moment est enfin venu
pour Rossignol d’attaquer la Chine
par le haut. Nous allons entrer sur
ce marché en proposant des produits “made in Europe” », assure
Bruno Cercley.
L’approche des Jeux olympiques d’hiver de Pékin – ils
auront lieu en 2022 – offre aussi
une belle fenêtre de tir pour l’entreprise. D’ici à 2025, le marché
des sports d’hiver en Chine devrait atteindre 13,7 milliards
d’euros, dont 2,1 milliards pour le
seul matériel. En s’élançant dès
maintenant, le groupe Rossignol
met plus de chances de son côté. ■
www.lefigaro.fr/decideurs
â ALEXANDRA ROCCA
Air liquide
Le spécialiste des gaz industriels se
dote d’une nouvelle directrice de la
communication. Celle-ci succède à
Anne Bardot, dont elle était directrice adjointe.
Sciences Po-HEC, Alexandra Rocca avait déjà
passé onze ans dans le groupe avant de diriger
la communication des Galeries Lafayette, LCL,
Crédit agricole, Lafarge et enfin Sanofi.
â FRÉDÉRIQUE LANCESTREMERE
Ville de Paris
À la suite de Jean-Baptiste Nicolas, elle est
promue directrice des ressources humaines de
la ville. Elle en était jusqu’alors directrice
adjointe.
â ÉLISABETH DE GAULLE
BPCE
Directrice de la communication de
Natixis depuis 2009, elle rejoint à la
même fonction la maison mère BPCE
désormais dirigée par son ex-patron Laurent
Mignon. Elisabeth de Gaulle a l’expertise à la
fois de la fonction et du secteur : elle avait aussi
fait ses preuves précédemment chez HSBC,
BNP Paribas, AGF et Credit Suisse.
A
CHARLES GAUTIER £@CHGAUTIER
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 5 juin 2018 LE FIGARO
24 ENTREPRISES
Bayer efface le nom
de Monsanto
Le rachat par le chimiste allemand
du géant américain des pesticides
sera effectif jeudi.
Les investisseurs ont
froidement accueilli
la perspective que le
groupe hôtelier puisse
racheter la part de l’État
dans Air France-KLM.
ANNE BODESCOT
abodescot@lefigaro.fr
Pourquoi AccorHotels
s’intéresse à Air France-KLM
En proposant une sortie à l’État, Sébastien Bazin tente un pari risqué.
VALÉRIE COLLET
£@V_Collet
ET MATHILDE VISSEYRIAS
£@MVisseyrias
AccorHotels
« pourrait
HÔTELLERIE À qui profiterait l’entrée d’AccorHotels au capital d’Air
France-KLM ? Lundi, les investisseurs ont froidement accueilli la
perspective que le groupe hôtelier
puisse racheter à l’État sa participation de 14,3 % dans Air FranceKLM. AccorHotels a cédé 6,95 % en
Bourse et celle du groupe aérien
gagné 5,47 %.
AccorHotels a confirmé que des
« réflexions » sont en cours avec la
compagnie aérienne qui attend un
nouveau patron depuis le départ de
son PDG, Jean-Marc Janaillac. Ces
réflexions sont « préliminaires » à
ce stade. Le gouvernement s’est
dit, pour sa part, « ouvert au principe » d’un rapprochement entre Air
France-KLM et AccorHotels. Selon
Delphine Gény-Stephann, secrétaire d’État auprès du ministre de
l’Économie et des Finances, une
alliance « est sans doute un projet
industriel qui a des approches
intéressantes ».
En s’intéressant à Air FranceKLM, Sébastien Bazin, PDG
d’AccorHotels, vise un double objectif industriel et actionnarial. Avec
l’essor d’Airbnb et Booking.com, le
monde hôtelier a perdu ses repères
et les métiers du tourisme leurs
frontières. En plus des appartements et des villas, Airbnb commercialise maintenant des hôtels.
La plateforme propose des expériences à vivre et, bientôt des vols.
Depuis des mois, AccorHotels
multiplie les acquisitions (Potel & Chabot, Onefinestay…), pour
élargir la gamme des services proposés à ses clients. Associé à Mis-
potentiellement
utiliser les
partenaires
du groupe
(Delta Air
Lines, China
Eastern…)
comme
vecteurs de
développement
international
de sa
clientèle
et de
marketing
DES ANALYSTES
DE LA BANQUE
ODDO-BHF
+
»
» Lire aussi
PAGE 17
terfly, il vend des voyages à forfait
(vol + hôtel) sur accorhotels.com
« AccorHotels bénéficierait du
savoir-faire d’Air France-KLM en
matière de yield management, d’ecommerce et de programme de fidélité, estiment les analystes de la
banque Oddo-BHF. Il pourrait potentiellement utiliser les partenaires
du groupe (Delta Air Lines, China
Eastern…) comme vecteurs de développement international de sa clientèle et de marketing. » Air FranceKLM dépense plus de 900 millions
d’euros par an en frais commerciaux et de distribution. C’est bien
plus qu’AccorHotels.
« Deux mondes distincts »
Pour Sébastien Bazin, c’est le bon
calendrier même si le pari est risqué. Le cours de Bourse d’Air France-KLM est au plus bas - la part de
l’État vaut 450 millions. Le PDG
d’AccorHotels se présente en sauveur de la compagnie dans l’impasse. Mais il prend aussi le risque de
brouiller la perception d’AccorHotels par les investisseurs. Depuis
plusieurs années, et surtout depuis
l’arrivée de Sébastien Bazin aux
commandes, la stratégie a été de
recentrer le groupe sur son métier
d’hôtelier. Le groupe s’est défait de
nombreuses filiales (Edenred, Go
Voyages, Courtepaille…). L’an dernier, il s’est réorganisé en logeant
les murs d’hôtels dans la filiale
AccorInvest, dont il a cédé le
contrôle cette année. Il s’agit d’afficher un profil analogue à ses grands
concurrents tels que Marriott.
En rachetant Air France-KLM,
AccorHotels renouerait avec une
stratégie ancienne des compagnies
aériennes. Jusqu’en 1994, Air France détenait les hôtels Meridien.
KLM détenait la chaîne Golden
Tulip et la compagnie scandinave
SAS les hôtels Radisson. Outre-Atlantique, Panam a été propriétaire
d’Intercontinental jusqu’en 1981.
Mais toutes se sont recentrées sur
leur métier.
Dans le passé, AccorHotels et Air
France-KLM ont déjà esquissé des
partenariats sans aller jusqu’à une
entrée au capital. Ce fut le cas en
1999 lorsque Jean-Cyril Spinetta
était aux commandes. Ce fut encore le cas avec son successeur,
Alexandre de Juniac. Les deux entreprises avaient étudié la possibilité, lors des réservations en ligne de
billets Air France, de privilégier
l’offre de la plateforme d’AccorHotels plutôt que celle d’Expedia. Mais
la capacité du groupe hôtelier
s’était avérée trop limitée. Les deux
entreprises n’avaient finalement
pas dégagé de synergies. Plus récemment d’autres partenariats
commerciaux ont été mis en place
notamment dans le cadre de
FlyingBlue, le programme de fidélité. Mais rien qui puisse encore
conduire à un projet industriel.
Au sein d’Air France-KLM, certains salariés sont flattés de l’intérêt d’un groupe privé. Beaucoup
sont convaincus que l’État, piètre
actionnaire, doit céder sa part.
D’autres au contraire jugent que
c’est une « fausse bonne idée » et
qu’AccorHotels chercherait à
concocter une poison pill - une pilule empoisonnée - pour empêcher toute tentative d’OPA de son
actionnaire chinois Jin Jiang. En
proposant un échange d’actions,
Sébastien Bazin sécuriserait la
présence de l’État au capital
d’AccorHotels, qui compte désormais deux groupes chinois et
les fonds souverains du Qatar et
d’Arabie saoudite. ■
« Développer
le bio contrôle »
Au sein de cette dernière, les semences, dont le groupe allemand
devient le leader mondial, représentent un peu plus de la moitié
des ventes, et les produits phytosanitaires, le solde. Bayer est notamment l’inventeur du Gaucho,
un insecticide accusé de tuer les
abeilles, et censé être interdit en
France dès septembre.
Le nouveau groupe affichera
également une force de frappe
importante en matière de recherche dans l’agriculture. En agrégeant ses investissements à ceux
de Monsanto, il y consacrera
2,4 milliards d’euros par an.
« Nous voulons en particulier développer le bio contrôle, c’est-àdire des substances naturelles
(bactéries, champignons…) susceptibles de protéger les cultures,
insiste Frank Garnier. Notre objectif est que ces produits représentent 10 % de notre portefeuille
en 2025. »
Pour boucler son plan de financement, Bayer a annoncé une
augmentation de capital de 6 milliards d’euros et sa dette devrait
augmenter de plus de 30 milliards
de dollars. ■
DANIEL DREIFUSS/PICTURE-ALLIANCE/DPA/AP IMAGES
C. HARTMANN/REUTERS
CHIMIE Les produits resteront les
mêmes, mais le nom de Monsanto
disparaîtra. C’est ce qu’a décidé le
chimiste allemand Bayer, sur le
point d’acquérir la firme américaine à la réputation sulfureuse
pour laquelle il a déboursé près de
63 milliards de dollars. Le groupe
a reçu le feu vert des autorités de
la concurrence dans de nombreux pays - y compris, mardi
dernier, aux États-Unis. Le mariage sera prononcé le 7 juin,
après un an et demi d’attente.
Inventeur du glyphosate, herbicide sur la sellette en Europe
pour ses conséquences sur l’environnement et la santé, Monsanto,
leader mondial des OGM, avait
lui-même autrefois songé à changer son nom, devenu le symbole
des dérives de l’agrochimie.
« C’est la marque Bayer qui est
fondamentale pour nous, car elle
couvre aussi bien nos activités dans
la pharmacie que dans l’agrochimie, rappelle Frank Garnier, président de Bayer en France. Il y a
beaucoup de fantasmes, en France
et en Allemagne notamment,
autour de Monsanto. » Les marques développées par le groupe
américain bien connues des agriculteurs comme Dekalb (semences de maïs, colza), Seminis (semences potagères) ou De Ruiter
(semences potagères) seront en
revanche conservées. Bayer gardera également le nom de l’herbicide au glyphosate de Monsanto, le Roundup.
S’il ne change rien à son nom,
le chimiste allemand sort profondément transformé de cette acquisition historique. Même s’il
détenait des activités dans
l’agrochimie, il était jusqu’à pré-
sent surtout un géant de la pharmacie, qui représentait les deux
tiers de son chiffre d’affaires. Désormais, il campe plus solidement sur ses deux pieds. Même
s’il a dû céder 9 milliards de dollars (plus de 7,5 milliards
d’euros) d’activités, notamment
dans les semences, à son compatriote BASF afin d’obtenir le feu
vert des autorités de la concurrence, son chiffre d’affaires (porté de 35 à environ 45 milliards
d’euros) est dorénavant à peu
près équitablement réparti entre
la pharmacie et l’agrochimie.
La firme Monsanto, leader mondial des OGM et inventeur du glyphosate,
était le symbole des dérives de l’agrochimie.
LA SÉANCE DU LUNDI 4 JUIN
LE CAC
JOUR
%VAR.
ACCOR .............................................. 44,29
♣
AIR LIQUIDE ..................................
107,9
AIRBUS .............................................. 99,56
ARCELORMITTAL SA ..................................
28,3
ATOS .............................................. 117,15
AXA ..............................................
21,975
BNP PARIBAS ACT.A ..................................
54,09
BOUYGUES ..............................................
39,92
CAPGEMINI ..............................................
113,2
CARREFOUR ..............................................
15,525
CREDIT AGRICOLE ..................................
12,155
DANONE ..............................................65,18
ENGIE .............................................. 13,715
ESSILOR INTL. ..................................118,4
KERING ..............................................496,5
L'OREAL ..............................................
208,5
LAFARGEHOLCIM LTD ..................................
44,55
LEGRAND ..............................................64,4
LVMH .............................................. 304,5
♣
MICHELIN ..............................................
113,75
-6,95
0
+0,17
+1,16
-0,8
+0,66
+0,37
+0,33
-0,22
+0,71
+0,83
-1,15
+1,14
+0,89
+0,96
+0,82
+0,07
-0,22
+0,86
+1,52
+HAUTJOUR
+BAS JOUR %CAP.ECH 31/12
47
108,75
100
28,475
118,7
22,095
54,94
40,09
114,65
15,625
12,285
66,58
13,755
118,65
497,2
209,5
44,88
65,04
304,9
114,65
44,13
1,428
107,8
0,172
98,69
0,137
28,015
0,126
117,15
0,395
21,84
0,21
53,86
0,396
39,7
0,167
113,2
0,206
15,415
0,3
12,075 0,308
64,92
0,304
13,565 0,229
117,8
0,166
490,7
0,112
207
0,058
44,55
0,043
64,36
0,18
301,35
0,09
112,35
0,279
+3
+2,71
+19,95
+4,37
-3,46
-11,16
-13,11
-7,83
+14,47
-13,94
-11,92
-6,82
-4,33
+3
+35,92
+12,73
-5,29
+0,33
+24,08
-4,85
JOUR
ORANGE ..............................................15,02
PERNOD RICARD ..................................
143,6
PEUGEOT ..............................................
20,17
♣ 60,04
PUBLICIS GROUPE SA .............................
RENAULT ..............................................
83,95
SAFRAN ..............................................
102,35
SAINT GOBAIN ..................................
43,6
SANOFI ..............................................66,4
SCHNEIDER ELECTRIC .............................
75,6
SOCIETE GENERALE ♣
..................................
37,805
SODEXO ..............................................83,1
SOLVAY ..............................................
115,7
STMICROELECTRONICS .............................
20,31
TECHNIPFMC ..................................26,49
TOTAL .............................................. 52,64
UNIBAIL-RODAMCO ..................................
190
VALEO .............................................. 54,36
VEOLIA ENVIRON. ..................................
19,6
♣
VINCI .............................................. 85,34
VIVENDI ..............................................21,87
%VAR.
+1,56
+0,63
+0,2
+0,23
+0,38
-1,3
+0,16
+0,02
-0,5
+0,73
+0,12
-0,17
-0,25
-3,88
-0,17
+0,18
+0,82
+0,95
+0,42
+0,69
+HAUTJOUR +BAS JOUR
15,12
144,3
20,39
60,56
84,88
104,5
43,9
66,92
76,66
38,68
83,7
116,85
20,71
27,55
53,16
191,8
54,78
19,84
85,66
21,96
14,855
143,05
20,11
60
83,93
102,15
43,315
66,15
75,36
37,805
82,82
115,6
20,15
26,49
52,57
190
54,1
19,515
85,14
21,6
%CAP.ECH
0,325
0,17
0,234
0,157
0,217
0,228
0,389
0,155
0,163
0,71
0,17
0,183
0,264
0
0,171
3,253
1,197
0,295
0,152
0,153
31/12
+3,77
+8,83
+18,96
+5,98
+0,05
+19,14
-5,18
-7,59
+6,69
-12,18
-25,84
-0,17
+11,56
+2,48
+14,32
-9,52
-12,7
-7,87
+0,22
-2,45
LES DEVISES
A
vendredi dernier. L’analyste en charge du
dossier estime que le champion du pneumatique est bien placé pour résister sur
un marché devenu plus difficile, avec une
bonne capacité de préserver ses marges.
Michelin, dont la qualité de produits est
largement reconnue par la clientèle, peut
en effet se permettre de mener une politique de prix agressive face à ses concur-
1 EURO=
1,5311
1,5148
0,8767
9,2091
128,44
1,1546
1,1737
3,012
11,103
5,4193
20,98
7,5166
78,712
136,422
AUD
CAD
GBP
HKD
JPY
CHF
USD
TND
MAD
TRY
EGP
CNY
INR
DZD
L’OR
JOUR
VEILLE
31/12
COTATION QUOTIDIENNE ASSURÉE PAR TESSI-CPOR
www.cpordevises.com
LINGOT DE 1KG ENV .....................................................
34790
35260
+0,12
NAPOLEON ..................................................... 206
205,6
-0,43
PIECE 10 DOL USA .....................................................
599
599
+1,87
PIECE 10 FLORINS .....................................................
218,5
218,5
+2,68
PIECE 20 DOLLARS .....................................................
1170
1220
+0,17
PIECE 20F TUNISIE .....................................................
210
210
+2,94
PIECE 5 DOL US (H) .....................................................
310
310
+1,64
PIECE 50 PESOS MEX .....................................................
1330
1339
+1,53
PIECE FR 10 FR (H) .....................................................
109,1
113,7
-0,64
PIECE SUISSE 20F .....................................................
205,1
205,1
+1,18
PIECE LATINE 20F .....................................................
207
209,6
+2,02
SOUVERAIN ..................................................... 260
260
-0,27
KRUGERRAND .....................................................1170
1140
+4,58
SICAV ET FCP
VALEURS LIQUIDATIVES EN EUROS (OU EN DEVISES), HORS FRAIS
VALEUR
DATE DE
LIQUID. VALORISAT.
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SICAV
UNI HOCHE C ................................................
282,13 31/05/18
MICHELIN REBONDIT APRÈS UNE NOTE D’ANALYSTE FAVORABLE
Le cours de l’action Michelin s’est distingué lundi par une belle progression de
1,52 % à 113,75 euros. Les investisseurs
ont favorablement réagi à une note très
positive du broker américain Jefferies recommandant le titre à l’achat, avec un objectif ambitieux de 135 euros faisant ressortir une hausse potentielle de plus de
20 % par rapport au cours de clôture de
MONNAIE
AUSTRALIE ................................................................................
DOLLAR AUSTRALIEN
CANADA ................................................................................
DOLLAR CANADIEN
GDE BRETAGNE ................................................................................
LIVRE STERLING
HONG KONG ................................................................................
DOLLAR DE HONG KONG
JAPON ................................................................................
YEN
SUISSE ................................................................................
FRANC SUISSE
ETATS-UNIS ................................................................................
DOLLAR
TUNISIE ................................................................................
DINAR TUNISIEN
MAROC ................................................................................
DIHRAM
TURQUIE ................................................................................
NOUVELLE LIVRE TURQUE
EGYPTE ................................................................................
LIVRE EGYPTIENNE
CHINE ................................................................................
YUAN
INDE ................................................................................
ROUPIE
ALGERIE ................................................................................
DINAR ALGERIEN
BETELGEUSE ................................................
48,71 31/05/18
BELLATRIX C ................................................
335,54 31/05/18
SIRIUS ................................................56,20 31/05/18
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rents. L’analyste considère aussi que le titre reste raisonnablement valorisé.
L’action Michelin qui affiche une baisse
de près de 5 % depuis le début de l’année,
reste en effet très marquée par la publication fin avril des performances trimestrielles décevantes, avec un repli de 6,8 %
du chiffre d’affaires sur les mois de janvier, février et mars. Celui-ci était essen-
tiellement dû à un effet de change négatif
en raison de la hausse de l’euro face au
dollar sur cette période. Les dirigeants du
groupe avaient cependant confirmé leurs
objectifs 2018 portant sur une croissance
des volumes en ligne avec l’évolution
mondiale des marchés, un résultat opérationnel sur activités courantes supérieur
à celui de 2017 hors effet de change, et
une génération d’un cash-flow supérieure
à 1,1 milliard d’euros. La baisse de l’euro
face au dollar en avril et mai redonne une
certaine crédibilité au scénario de progression du bénéfice net par action sur
lequel mise le marché. Au cours actuel, le
titre se traite sur la base d’un multiple de
moins de 11 fois les profits attendus pour
2018. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mardi 5 juin 2018
MÉDIAS et TECH
25
Données : nouvelle affaire pour Facebook
Le réseau social aurait permis à des fabricants de smartphones de récupérer du data sur ses utilisateurs.
afin de faciliter l’utilisation de ses
applications mobiles. Le réseau social affirme également que cette affaire n’a rien à voir avec le scandale
Cambridge Analytica. Dans ce cadre, Facebook a été accusé d’avoir
laissé un large accès aux données
de ses utilisateurs à des applications, sans que les internautes
n’aient donné leur accord explicite
pour une telle exploitation de leurs
informations.
LUCIE RONFAUT £@LucieRonfaut
INTERNET Facebook risque-t-il un
nouveau scandale ? Le réseau social
est accusé d’avoir partagé les données personnelles de ses utilisateurs
avec au moins soixante fabricants
de smartphones et d’appareils
électroniques. Sont concernés des
très grands noms comme Apple,
Amazon, BlackBerry, Microsoft ou
Samsung, d’après une longue enquête publiée dimanche par le New
York Times. Le journal américain
affirme que ces partenariats ont
permis à ces entreprises de récupérer des informations personnelles
sur des utilisateurs de Facebook,
ainsi que leurs amis, sans qu’ils le
sachent.
Pour illustrer le problème, le New
York Times cite le cas de l’un de ses
journalistes, propriétaire d’un
smartphone de la marque BlackBerry. Après s’être connecté à Facebook, ses données, ainsi que celles
de ses 556 amis, ont transité par une
application développée par BlackBerry. Ces informations étaient parfois très personnelles, comme le
statut marital (si renseigné sur
Facebook), les opinions politiques
ou les événements auxquels un utilisateur a déjà participé. D’autres
données, portant cette fois-ci sur les
amis d’amis du journaliste, ont également été récoltées par ce biais.
Tous les partenaires de Facebook
ont potentiellement eu accès à ce
genre d’informations, et ont pu les
stocker sur leurs propres serveurs,
pour des utilisations diverses. Et
tous les utilisateurs du réseau social
Abus d’applis tierces
sont concernés, même ceux ayant
indiqué dans leurs paramètres
qu’ils ne souhaitaient pas partager
leurs informations avec des applications tierces.
L’étendue de ces partenariats est
incertaine. Contacté par le New
York Times, Apple a assuré que les
iPhone n’avaient plus accès à ce
genre de données depuis septembre
2017. L’accord permettait au fabri-
cant de proposer des fonctionnalités
telles que la publication de photos
en ligne sans avoir à ouvrir l’application de Facebook ou d’Instagram.
Microsoft a aussi confirmé l’existence d’un tel partenariat, mais a
précisé que les données étaient
stockées localement sur ses appareils, et non pas sur ses serveurs.
Samsung et Amazon ont, eux, refusé
de répondre aux questions.
Ces partenariats ont été signés
par Facebook avant que ses applications ne se popularisent sur mobile. Il s’agissait au départ de permettre à des constructeurs de
smartphones de proposer des services liés au réseau social, comme
l’accès à sa messagerie ou des boutons « J’aime ». Facebook a minimisé ces révélations, assurant que
ces partenariats étaient nécessaires
60 fabricants
de smartphones
et d’appareils
électroniques
tels Apple, Amazon,
BlackBerry, Microsoft
ou Samsung auraient
signé des partenariats
avec Facebook.
« Ces partenariats (avec les fabricants de smartphones) fonctionnent
différemment », assure Ime Archibong, vice-président de Facebook,
au New York Times. D’après lui, les
constructeurs sont autorisés à accéder aux informations des utilisateurs sous la surveillance stricte du
réseau social. Contrairement aux
abus de certaines applications tierces, que Facebook ne contrôle pas
de manière régulière.
« Nos partenaires ne peuvent pas
proposer ce genre de services sans
l’autorisation des utilisateurs. Et
nous avons approuvé chacune des
expériences proposées , plaide le réseau social. Contrairement aux affirmations du New York Times, les
données de nos utilisateurs ne sont
accessibles (aux fabricants de
smartphones) que lorsque ces personnes ont approuvé ce genre de
partage. » Néanmoins, lorsqu’un
utilisateur accepte que le réseau social accède à ses données, il ignore
généralement que ces dernières seront aussi exploitées par d’autres
entreprises, comme ces fabricants
partenaires de Facebook. ■
Microsoft acquiert GitHub pour 7,5 milliards de dollars
Le géant met la main sur la plateforme de codage fédérant le plus gros écosystème de développeurs du monde.
INGRID VERGARA £@Vergara_i
Créé en 2008, GitHub
rassemble 28 millions
d’utilisateurs. GITHUB
INFORMATIQUE C’est la plus grosse
opération de Microsoft depuis l’acquisition du réseau social professionnel LinkedIn en 2016. Le groupe
dirigé par Satya Nadella achète la
plateforme de codage collaborative
GitHub, très populaire auprès des
développeurs informatiques du
monde entier, pour 7,5 milliards de
dollars (6,4 milliards d’euros). La
transaction, qui devrait être finalisée d’ici à la fin de l’année, se fait
intégralement en actions Microsoft.
Peu connue du grand public mais
fort bien des développeurs, GitHub
rassemble 28 millions d’utilisateurs,
qui travaillent de manière collabo-
rative sur 85 millions de projets.
Créée en 2008, GitHub permet à un
développeur indépendant ou à une
entreprise de publier des logiciels
ou de partager du code source pour
le soumettre à d’autres développeurs afin de l’améliorer. Avec
Facebook, Microsoft est déjà l’un
des plus gros contributeurs.
Cette opération est logique pour
Microsoft. Le groupe est engagé
dans une bataille avec Amazon Web
Services, actuel leader sur le marché du cloud, un segment en très
forte et rapide croissance. L’activité
de cloud professionnel, au travers
de différents services d’informatique dématérialisée pour les entreprises, est désormais au cœur du
business de Microsoft. La firme de
Redmond a besoin de trouver toutes
les façons de se connecter avec les
développeurs et leurs employeurs,
afin de leur proposer la meilleure
boîte à outils possible. GitHub pourrait ainsi devenir un entonnoir efficace vers le cloud Microsoft Azure et
d’autres produits Microsoft. « Nous
ferons de notre mieux pour donner les
moyens aux développeurs de concevoir, fabriquer, innover. Nous voulons aussi accélérer l’utilisation de
GitHub par les développeurs d’entreprises et élargir nos outils et services
à de nouveaux publics », a résumé
Satya Nadella.
Après avoir bâti son succès sur
des logiciels propriétaires (dont le
code source n’est pas librement accessible) et avoir sévèrement criti-
qué pendant ces années les logiciels
libres (qui peuvent être modifiés et
utilisés gratuitement), Microsoft a
fait évoluer son modèle et sa position sur le sujet depuis l’arrivée en
2014 de Satya Nadella. « Microsoft
loves Linux » avait-il déclaré peu
après sa prise de fonction.
Garantie d’indépendance
De son côté, GitHub Inc. était depuis quelque temps dans une situation délicate. Son modèle économique est fondé depuis sa création sur
un hébergement gratuit des projets
en open source et un service payant
pour les projets privés et pour les
entreprises. En 2016, la société avait
enregistré une perte de plusieurs
dizaines de millions de dollars, pour
un chiffre d’affaires de 200 millions.
Depuis le départ du cofondateur
Chris Wanstrath en 2017, GitHub se
cherchait aussi un capitaine. Une
fois l’opération bouclée, c’est Nat
Friedman, vice-président des services aux développeurs, qui prendra les rênes opérationnelles. La direction de Microsoft a insisté sur
l’indépendance que conservera la
plateforme, point qui soulève beaucoup d’inquiétude chez les utilisateurs actuels. « Sur notre engagement envers l’open source, jugeznous par les actions que nous avons
faites dans un passé récent, nos actions aujourd’hui et dans le futur », a
demandé Satya Nadella aux développeurs dont dépend la réussite de
cette opération. ■
« Stratégies » et « CB News » réunis sous le même toit
MEDIASCHOOL
EN CHIFFRES
ALEXANDRE DEBOUTÉ £@axel_deb
(PRÉVISIONNEL 2018)
45
millions d’euros
de chiffre d’affaires
(y compris le pôle
presse)
210
salariés
60 %
Part du groupe
contrôlée par
Franck Papazian
PRESSE Les deux frères ennemis
de la presse professionnelle dédiée à
la communication et à la publicité
vont être réunis dans la même maison. Le groupe MediaSchool doit
annoncer ce mardi le rachat de
l’hebdomadaire Stratégies détenu
par Marc Laufer pour un montant
qui n’a pas été dévoilé. L’accord
prévoit la reprise de l’ensemble des
activités (magazine, newsletters,
hors-séries, guides et événements)
et de son équipe de 36 personnes.
Aucun licenciement n’est prévu.
Après les rachats successifs de
CB News et Influencia l’an dernier
ainsi qu’une prise de participation
de 33 % dans le magazine professionnel belge PUB en début d’année, MediaSchool devient ainsi le
leader francophone des médias de
la communication et de la publicité,
réalisant dans le créneau un chiffre
d’affaires de 11 millions d’euros
pour un effectif total de 60 salariés
dont trente journalistes. L’ensemble revendique un taux de couverture de la cible des professionnels
en agences, régies et médias compris entre 73 % et 89 %.
Stratégies a été cofondé en 1971
par le journaliste et producteur
Christian Blachas, avant que ce
dernier ne quitte le titre pour créer
en 1986 Communication et Business
qui deviendra CB News. Les deux titres ont coexisté pendant plus de
trente ans, ont connu leur âge d’or
dans les années 1990, avant que
l’éclatement de la bulle Internet au
début des années 2000 ne les fragilise tous les deux. La chute du marché publicitaire, conjuguée à une
érosion structurelle des diffusions
payées, a fait ensuite craindre pour
leur avenir. Ancien titre du portefeuille de presse professionnelle de
Reed Elsevier, Stratégies a changé
trois fois de propriétaire en trois
ans. Après plusieurs années difficiles, CB News a même failli disparaître en 2010, puis après la mort de
Christian Blachas en 2012, son propriétaire, l’éditeur belge Dupuis
Presse étant lui-même en cessation
de paiements. Deux anciens de Lagardère ont finalement repris le titre et décidé de changer le rythme
de parution pour le faire passer
d’hebdomadaire à mensuel.
Positionnements
maintenus
« Ce n’est pas CB News qui rachète
Stratégies mais MediaSchool qui a
acquis l’un puis l’autre titre, précise
Franck Papazian, président-fondateur et actionnaire majoritaire (à
60 %) de MediaSchool. Les deux rédactions resteront indépendantes et
leur positionnement respectif sera
maintenu et même renforcé. En revanche, les deux régies, qui se fragilisaient l’une l’autre, vont pouvoir se
solidifier en étant regroupées. »
Après de fortes réductions
d’effectifs, les deux titres ne perdent aujourd’hui plus d’argent.
Stratégies a enregistré l’an dernier
un bénéfice d’exploitation de
500 000 euros pour un chiffre d’affaires de 6 millions. CB News a aussi
été excédentaire.
Le modèle de développement de
Franck Papazian repose sur la solidité de son activité principale, la
formation (30 écoles dont ECS, IEJ,
Supdeprod ou Paris School of Luxury), dans laquelle il devrait réaliser
34 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2018 pour un résultat opérationnel de 6 millions. Sur son pôle
médias, MediaSchool espère croître
de 15 % par an en relançant l’activité publicitaire et en poursuivant le
développement
d’événements
(Stratégies Summit, Cristal Festival…). Franck Papazian envisage
aussi de reprendre ou de créer des
titres sur les thématiques des ressources humaines et du luxe. ■
« Les deux rédactions resteront
indépendantes », affirme Franck
Papazian, le président-fondateur
de MediaSchool. FICO
A
Les deux titres ont été rachetés par MediaSchool, le groupement d’écoles fondé par Franck Papazian.
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 5 juin 2018 LE FIGARO - N° 22 958 - Cahier N° 3 - Ne peut être vendu séparément - www.lefigaro.fr
EXCLUSIF
MOTO
PAGE 31
PAGE 32
ALEXANDRE ARNAULT, LE JEUNE
PDG DE RIMOWA, DÉVOILE UNE
VALISE COSIGNÉE AVEC OFF-WHITE
ESSAI DU NIKEN,
LE GROS CUBE
À TROIS ROUES DE YAMAHA
Érosion de la fréquentation, accueil mal pensé, commerces trop ordinaires…
Après de grands travaux, le joyau médiéval peine à attirer un plus large public.
Au point qu’un projet d’établissement public, qui lui redonnerait de l’élan, ressort. PAGE 28
A
RIMOWA ; YAMAHA ; VINCENT M./ANDBZ/ABACAPRESS.COM
Le Mont-Saint-Michel
doit-il être repris par l’État ?
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 5 juin 2018 LE FIGARO
28
L'ÉVÉNEMENT
Un joyau médiéval
très convoité
PATRIMOINE Géré par le Centre des monuments nationaux, l’État et les
collectivités territoriales, le Mont-Saint-Michel est l’un des sites les plus visités
en France. Mais il n’est pas à la hauteur de son potentiel de développement.
I
CLAIRE BOMMELAER
cbommelaer@lefigaro.fr
ENVOYÉE SPÉCIALE AU MONT-SAINT-MICHEL
l figurera en majesté sur les tickets de grattage qui seront vendus au
profit du patrimoine en péril, en septembre prochain. Monument iconique,
somptueux lorsqu’il est entouré d’eau
les jours de grandes marées, le MontSaint-Michel est l’un des sites les plus
visités de France (2,5 millions de visiteurs annuels). Pourtant lorsque l’on se
rend sur place, mille et un grains de sable semblent entraver sa bonne marche. Accès compliqué pour les touristes, foule mal encadrée sur place,
commerces médiocres, collectivités en
guerre à fleurets mouchetés : le Mont,
estime un rapport du conseil régional
économique et social, rendu public il y
a six mois, est bien une « réussite esthétique et environnementale » mais a « relégué au second plan » ses enjeux de développement
économique
et
touristique.
“
Si on veut redonner
une dimension culturelle,
voire spirituelle au site, il
faut travailler à l’accueil
”
ALAIN PRUD’HOMME, PRÉSIDENT DU SYNDICAT
MIXTE DE LA BAIE DU MONT-SAINT-MICHEL
En avril 2017, l’ancien premier ministre Bernard Cazeneuve avait pris le
taureau par les cornes, sentant qu’il ne
fallait pas laisser filer ce patrimoine
mondial de l’Unesco. Pour lui la solution passait par la création d’un établissement public (Epic), sous l’égide de
l’État, mais rassemblant tous les territoires. Il permettrait de penser large - le
déroulement des transports, l’offre
commerciale, l’accès à l’abbaye, le lancement d’un tourisme diversifié. Un an
plus tard, l’annonce de Cazeneuve est
restée lettre morte, et attend toujours
l’arbitrage de Matignon où les réunions
se succèdent.
Ce mercredi après-midi de mai, il y a
une marée de baskets et de chaussures à
semelles de crêpe sur le parking de la
commune limitrophe de Beauvoir. Évidemment. À partir de là, où sont garés
500 véhicules, il reste encore 2,5 kilomètres à parcourir jusqu’au rocher du
Mont-Saint-Michel. Hardis ! Une partie
des touristes a décidé de le gagner à
pied, en cheminant sur la passerelle légèrement courbe menant à la porte médiévale. Un autre groupe tente d’embarquer à bord des navettes gratuites,
situées à 900 mètres du parking, qui filent en sept minutes jusqu’à l’entrée de
la cité. D’une capacité de 81 personnes,
démarrant tous les quarts d’heure, elles
laissent sur place, ce matin-là, une
classe d’adolescents espagnols, une famille anglaise et quelques étourdis qui
Les grands travaux ont
rétabli le caractère maritime
du site. JULIAN KUMAR/GODONG
traînaient dans la boutique de souvenirs. On croise aussi des maringotes,
petites voitures à chevaux - comme en
témoigne le crottin semé sur le chemin.
Elles sont proposées à ceux qui veulent
bien régler 5,80 euros et souhaitent revivre un trajet à l’ancienne. Il faudra à
tous ces visiteurs près de 45 minutes
pour parvenir en haut de l’Abbaye (350
marches, 86 mètres au-dessus de la
mer).
Depuis les grands travaux (230 millions d’euros), qui ont rétabli le caractère maritime du site, le Mont-SaintMichel a repris son indépendance. Lors
des grandes marées, l’eau entoure le
rocher, donnant lieu à un spectacle
grandiose. Les voitures, qui s’aggluti-
naient autrefois à deux mètres des remparts, ont été reléguées à Beauvoir. On
a édifié un pont, organisé les circuits,
mis de la distance entre les touristes, la
mer et l’abbaye. Le Mont-Saint-Michel
réclame désormais qu’on le gagne,
comme au temps du Moyen Âge, où les
pèlerins prévoyaient plusieurs mois devant eux. Aujourd’hui, les randonneurs, qui gardent un œil sur la statue
de l’archange, au faîte de l’abbaye, ne
se plaignent pas forcément de cette
marche tranquille.
Mais le temps est devenu une denrée
précieuse, et une partie des visiteurs
ont fini par déclarer forfait. Trop loin,
trop compliqué, trop de « ruptures de
charges » comme on dit chez les trans-
porteurs collectifs. Plus de la moitié
d’entre eux, voire les trois quarts, ne
poussent même plus leurs pas jusqu’au
cloître. Ils se contentent de marcher
dans les ruelles, de regarder les batteurs
d’omelette du restaurant la Mère Poulard, avant de reprendre la route. « Le
parking est loin et mal organisé », estime le maire, Yann Galton « les gens du
coin ne viennent même plus ».
Tous ceux qui ont essayé, un jour, de
se frayer un chemin dans les ruelles du
Mont en été à la haute saison savent que
le site est loin d’être déserté. Mais il est
surchargé entre 11 heures et 15 heures,
ruinant l’impression de découverte
tranquille. Puis il se vide parfois, et pas
seulement à cause de la pluie. « Peu de
personnes songent à venir le soir ou la
nuit. Et pourtant, c’est magique et encore desservi par les navettes », remarque
Xavier Bailly, administrateur de l’abbaye, qui multiplie les saisons culturelles, les expositions et les concerts pour
attirer un autre public, en dehors des
horaires prisés. Le soir ? Encore faudrait-il pouvoir dîner quelque part, ou
même boire un verre de cidre. Peine
(presque) perdue. En dehors des touristes romantiques, tout le monde se presse de quitter les ruelles à partir de
18 heures, après avoir acheté des galettes au beurre par paquet de 12. « Le site
a acquis une réputation commerciale qui
n’est pas à la hauteur de ses murs », admet Alain Prud’homme, président du
syndicat mixte de la baie du MontSaint-Michel, « si on veut redonner une
dimension culturelle, voire spirituelle au
site, il faut travailler à l’accueil ».
Étendu sur trois très petites communes, Beauvoir, Pontorson et celle du
Mont-Saint-Michel, dépendant de
deux régions, la Bretagne et la Normandie, qui se perçoivent comme rivales,
géré par l’État pour la partie abbaye, le
Mont n’échappe pas aux querelles locales. Elles sont d’ailleurs incarnées par la
guerre entre la ligne de train Paris-Dol
de Bretagne et celle qui rallie la capitale
à Granville, engendrant une confusion
dans l’esprit des touristes.
« Quand une visiteuse japonaise est
tombée par-dessus les remparts, on a su
où me trouver », fait encore remarquer
le maire du Mont, « mais si tout le monde met la Merveille sur ses prospectus,
personne ne veut payer pour son entretien ou pour sa sécurité ». Depuis les attentats de 2015, la Cour des comptes estime le coût à 6 millions d’euros par an
pour l’entretien des infrastructures, la
promotion du site et sa sécurité. Curieusement et en dépit de la « réputation » commerciale, cet argent semble
difficile à trouver. Le Mont-Saint-Michel, un des plus beaux patrimoines
français, mérite un effort collectif, pour
la région, mais aussi vis-à-vis du monde. En 2012, il avait déjà eu maille à partir avec les experts de l’Unesco, qui
avaient menacé de retirer le monument
de la prestigieuse liste. ■
VISITE DE NUIT
Cet été, à partir
du 7 juillet, l’abbaye
du Mont-Saint-Michel
inaugure un nouveau
spectacle nocturne.
Au commencement,
premier tome des Chroniques
du monde, invite les visiteurs
à découvrir les lieux tout
au long d’un cheminement
original. L’histoire
est scénographiée en
son et lumière. Jusqu’au
1er septembre, de 19 h 30
à minuit.
2,5
millions
de touristes (dont
55 % de Français) se sont
rendus au Mont, en 2017.
Un niveau comparable
à 2011, après une chute
de fréquentation
due aux travaux
puis aux attentats.
436 000
voitures
et 35 400 cars
ont stationné sur
le parking entre avril
et septembre 2017.
Peu de
personnes
songent à venir
le soir ou la nuit.
Et pourtant, c’est
magique et encore
desservi par
les navettes
XAVIER BAILLY,
»
ADMINISTRATEUR DE L’ABBAYE
A
L’abbaye du Mont, une « Merveille » qui rapporte gros
À 150 mètres d’altitude, se tient l’archange saint Michel terrassant le dragon. Point de mire pour tous les touristes, il symbolise également la
« richesse » du Mont. « La cagnotte ?
C’est là-haut qu’elle se trouve, dans
l’abbaye » entend-on dire ici et là, lorsque l’on parle « gros sous » pour la gestion du site.
L’abbaye, située au faîte du rocher,
est gérée par le Centre des monuments
nationaux (CMN). En dehors du parking, c’est le seul endroit payant du
Mont-Saint-Michel (10 euros en plein
tarif). En 2017, elle a accueilli 1 246 097
visiteurs et engendré 11 millions
d’euros de ressources propres.
Une partie de ces ressources sont
réinvesties sur place - comme en témoignent des abords impeccablement
tenus, un hall d’accueil moderne, une
statue de l’archange ou un cloître récemment restaurés.
L’État contribue par ailleurs à l’entretien de la « Merveille » (1,5 million
d’euros par an) qui est bien sûr classée
aux monuments historiques.
Système de péréquation
Mais toutes les recettes du Mont ne restent pas dans la Manche. Le CMN, établissement centenaire, fonctionne selon un système de péréquation de ses
ressources: l’argent récolté dans un
monument donné est versé à son budget global, afin d’être réparti ensuite
dans l’ensemble de son réseau (100 monuments). En clair, les 19 sites bénéficiaires du CMN financent les 81 autres.
On a d’un côté l’abbaye du MontSaint-Michel, l’arc de Triomphe
(1,5 million de visiteurs, 13 millions de
recettes), la Sainte Chapelle (1 million,
8,3 millions) ou le Panthéon (726 625,
6,3 millions), « vaches à lait » du réseau. Et de l’autre, les sites archéologi-
Plus de la moitié des visiteurs du Mont-Saint-Michel ne montent pas jusqu’à son
abbaye, (ci-dessus, le cloître) située au faîte du rocher. H. BAMBERGER/LE FIGARO MAGAZINE
ques de Glanum et de Carnac, l’abbaye
de Montmajour, le château d’If ou le
domaine de Saint-Cloud, qui ne pourraient subsister sans elles.
Dans ce contexte, la création d’un
établissement public pour gérer le
Mont-Saint-Michel, dans lequel l’abbaye serait intégrée, donne des sueurs
froides au CMN. Certes une meilleure
gestion de l’information et des circuits
touristiques permettrait à l’abbaye
d’augmenter sa fréquentation. Pour
l’instant, plus de la moitié des visiteurs
arrivés aux portes du rocher ne poussent pas leur marche jusqu’en haut,
faute de temps ou d’envie. Mais à quoi
servirait d’avoir plus de monde sur les
terrasses et dans le cloître, si d’autres
sites du CMN, en France, s’appauvrissaient du même coup ? Choix cornélien ! Il explique certainement la lenteur du gouvernement à trancher sur
l’avenir du Mont-Saint-Michel. ■ C. B.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mardi 5 juin 2018
CULTURE
29
Paris mise
sur la touche
française
ENCHÈRES Le marché de l’art moderne
et contemporain pourrait atteindre
de nouveaux sommets, cette semaine,
dans la capitale juste avant la Foire de Bâle.
’
L
BÉATRICE DE ROCHEBOUËT
bderochebouet@lefigaro.fr
irrésistible envolée des
enchères à New York, Londres et
Hongkong profite-t-elle aussi à Paris ?
Incontestablement. Longtemps à la
traîne en matière d’art moderne et
contemporain, l’Hexagone subit cet
effet d’entraînement et profite de la
flambée des prix partout. Si elle n’a pas
atteint le milliard espéré, la dispersion
Rockefeller qui mérite pourtant son
qualificatif de « vente du siècle »
(832,5 millions de dollars, en mai, chez
Christie’s, à Manhattan) a insufflé cette tornade d’optimisme bénéfique à
tout le marché. Mais trop vouloir le
pousser n’est pas sans risque. Certains
observateurs s’inquiètent en effet de
l’inflation des garanties, sous la pression de la concurrence, qui fausse la
donne des résultats. Celui qui porte la
garantie est souvent le seul acheteur !
Ce fut le cas pour Picasso chez Christie’s (115 millions de dollars pour la
Fillette à la corbeille fleurie) ou pour
Modigliani chez Sotheby’s (157,2 millions de dollars pour le Grand Nu couché). On s’attendait à des records. La
salle a été déçue. L’effet inverse a été
obtenu. L’alerte est au rouge…
À Paris, la situation est tout autre. Et
la politique des maisons aussi. Même
s’il faut faire toujours mieux à chaque
saison. Artcurial, troisième maison
derrière Christie’s et Sotheby’s
(24 millions d’euros pour l’art moderne TVA incluse, soit + 13 % par rapport
à 2016 et 24 millions pour le contemporain avec l’urban art), a gagné ses
galons peu à peu. Décrocher ainsi un
ensemble de 12 Léger fait figure d’événement, sachant que, pour ce type
d’œuvres estimées de 2 à 3 millions
d’euros, les vendeurs préfèrent souvent Londres ou New York. « Ceux-ci
nous ont fait confiance et ont choisi la
capitale par tradition culturelle, preuve
qu’à Paris, aussi, tout est possible »,
explique le commissaire-priseur Francis Briest, qui a décroché les pépites de
la collection d’André Lejard, vendue le
4 juin au soir, à l’Hôtel Dassault.
21.03.69, de Zao Wou-Ki
(estimation : de 2,2 à 3,2 millions
d’euros), mis en vente chez Sotheby’s
le 6 juin. SOTHEBY’S/ART DIGITAL STUDIO
Des œuvres historiques
totalement inédites
Après une saison en art d’après-guerre
et contemporain exceptionnelle en
2017 (78,8 millions d’euros, soit 40 %
de plus qu’en 2016), Sotheby’s annonce, pour les 6 et 7 juin, ce qui devrait
être « sa plus importante vente jamais
organisée à la galerie Charpentier »
avec des œuvres historiques, « totalement inédites, certaines acquises au
moment de leur création et restées dans
les mêmes collections privées jusqu’à
aujourd’hui, d’autres cachées depuis
vingt ou trente ans ». Tel est le cas de
Hans Hartung, peintre pour lequel elle
avait obtenu, l’an dernier, un record à
2,7 millions d’euros, avec la toile
T1956 -13, jadis dans la collection
Alain et Candice Fraiberger. Ce nouveau Hartung, T1956-8, est estimé
Fleurs (1952), de Nicolas de Staël (estimation : de 3,5 à 5,5 millions d’euros) sera vendu
le 7 juin chez Christie’s. CHRISTIE’S IMAGES LIMITED 2018
900 000 à 1,2 million d’euros. Tel est le
cas aussi de la toile monumentale de
Kazuo Shiraga réalisé pour la 8e exposition Gutai à Kyoto en août 1959 (1,8 à
2,5 millions d’euros) ou du Zao Wou Ki
(l’un des quatre de la vente estimé 2,2
à 3,2 millions d’euros) dont la palette
toute en nuances tient autant des paysages Song que des tableaux de Rembrandt. Ce n’est pas un hasard s’il y a
autant d’œuvres à vendre de ce
Chinois de Paris, aujourd’hui à l’honneur au Musée d’art moderne de la
Ville de Paris. Ce dernier vient de décrocher le record de 25,9 millions de
dollars, en novembre dernier, à Hongkong. Un prix qui devrait booster sa
cote ici. De son côté, Artcurial en propose un entre 1,8 et 2,8 millions
d’euros.
Pour sa vente du soir du 7 juin,
Christie’s présente également des
noms qui ont un lien étroit avec la
France. À l’instar de Nicolas de Staël,
dont la toile Fleurs affiche la plus haute
estimation, 3,5 à 5,5 millions d’euros,
pour une pièce vendue cette année à
Paris. Autre artiste star : Pierre Soulages, avec un gigantesque triptyque
noir (227 × 306 cm) de 2009, dernière
œuvre présentée dans la rétrospective
du Centre Pompidou en 2009-2010. Il
est évalué 1 à 1,5 million d’euros. La
vente propose aussi un mobile de
Calder resté dans la famille du peintre
Jean Hélion qui l’avait reçu de l’artiste
en cadeau de mariage en 1963
(800 000 à 1,2 million d’euros).
Avant la dispersion de ce florilège de
stars françaises, la vente du soir débute avec 22 œuvres signées Alex Israël,
François Morellet, Wade Guyton ou
Xavier Veilhan, célébrant le 40e anniversaire du Consortium, centre d’art
créé à Dijon. François Pinault signe
l’introduction du catalogue en rendant
hommage à Xavier Douroux, disparu
l’an dernier, cofondateur du centre
avec Franck Gautherot. Le produit de
la vente sera à son bénéfice. Le lendemain, 8 juin, l’enchère du jour s’ouvre
sur les 63 lots de la collection Arturo et
Vera Schwarz mise en vente par le
Musée d’Israël à Jérusalem. En 1998, le
couple décida de lui dédier toute sa
collection sur le mouvement surréaliste et dadaïste, soit près de 800 œuvres
de plus de 200 artistes. Cela promet de
nouveaux sommets pour Christie’s,
qui avait explosé, elle aussi, son total
l’an dernier, avec un montant de
96,6 millions d’euros (+ 36,8%), dans
cette spécialité, à Paris.
Les noces harmonieuses
du théâtre et de la musique
CHRONIQUE L’ensemble baroque Le Poème Harmonique fête ses 20 ans.
Christian Merlin
ls viennent de triompher dans le
Phaéton de Lully à l’Opéra royal
de Versailles, mais leur saison est
loin d’être finie. Cette année,
Vincent Dumestre et Le Poème
Harmonique fêtent leurs 20 ans. C’est
en 1998 que l’ancien guitariste classique devenu luthiste baroque a décidé
de fonder son propre ensemble. Très
vite, on a compris que ce ne serait pas
un orchestre baroque de plus dans un
paysage en voie de saturation, mais
une troupe à l’identité immédiatement
reconnaissable, que l’on ne pourrait
confondre avec aucune autre. Le Bourgeois gentilhomme de Molière et Lully
en 2004, Cadmus et Hermione en 2008,
I
les deux mis en scène à la bougie par
Benjamin Lazar, furent de ces dates
dont on peut dire qu’il y a un avant et
un après : l’opéra du XVIIe siècle y célébrait les noces harmonieuses du
théâtre et de la musique. Une bonne
partie de la carrière du « Poème » s’est
construite grâce à son éditeur discographique, Alpha, et à son fondateur,
Jean-Paul Combet. Politique d’enregistrement aujourd’hui poursuivie par
Didier Martin : selon Dumestre, il est
indispensable « qu’une maison de disques ait une âme, une trajectoire ».
Après un tournant économique difficile en 2013, de ceux qui obligent à se
remettre en question, on sent aujourd’hui chez Dumestre une forme de sérénité, tout en étant conscient que rien
n’est jamais acquis. « La musique ancienne est un sacerdoce, nous vivons
dans un écosystème qui est sur le fil du
rasoir mais dans lequel nous sommes
Le Poème Harmonique donne 50 concerts par an, dont 25 % en Normandie,
25 % dans le reste de la France et 50 % à l’étranger. JB PELLERIN
heureux. » Il aurait pu se tourner vers
des répertoires vendeurs, ces Haendel
ou Vivaldi qui font recette, mais il refuse le formatage. Son cœur de répertoire, c’est la musique française du
Grand Siècle, celle qu’il aime et
connaît le mieux. C’est là que Le Poème appose sa patte et son expertise,
comme en témoigne leur dernier disque, consacré aux grands motets de
Lalande, une pure merveille.
Liberté créatrice
Aujourd’hui, leur modèle économique
est mixte, c’est celui auquel croit Dumestre. Ils sont en résidence dans la
superbe salle rénovée de la Chapelle
Corneille et à l’Opéra de Rouen, ville
où ils ont leurs bureaux, soutenus par
la région Normandie. Ce qui permet
d’avoir une saison régulière, de s’ancrer auprès d’un public fidèle et de déployer des activités pédagogiques - depuis 2014, l’École harmonique initie à
la musique les enfants d’un réseau
d’éducation prioritaire. Le reste de leur
activité relève des tournées à financement privé ainsi que du Festival de
musique baroque du Jura, dont Dumestre est directeur artistique et qui
commence le 8 juin. Sur les 50 concerts
qu’ils donnent par an, 25 % ont lieu en
Normandie, 25 % dans le reste de la
France et 50 % à l’étranger. Que ce soit
en musique de chambre, dans un
grand opéra ou dans des formats intermédiaires, partout on retrouve les fondamentaux du Poème Harmonique : la
rigueur historique alliée à la liberté
créatrice, l’élégance et le beau son alliés à la sensibilité poétique et au lyrisme frémissant. Avec comme maître
mot l’humilité. On en reprendrait bien
encore pour vingt ans. ■
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé.
À consommer avec modération.
A
LE CLASSIQUE
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 5 juin 2018 LE FIGARO
30 CULTURE
Carlos Acosta, le Billy Elliot cubain
DANSE L’étoile est au Festival de Fourvière avec sa compagnie Acosta Danza créée récemment à La Havane.
À
ARIANE BAVELIER
£@arianebavelier
ENVOYÉE SPÉCIALE À LA HAVANE
La Havane, chacun sait
indiquer la maison de Carlos Acosta dans
le quartier de Miramar. « Elle est incroyable, mais il le mérite. Il a tellement travaillé… », dit notre chauffeur de taxi qui
vient de débiter son commentaire sur les
vertus de la révolution en dépassant la
place éponyme depuis laquelle Fidel
Castro faisait ses discours.
Dans son pays, où le ballet tient lieu
d’art officiel, Acosta est un héros.
L’authentique Billy Elliot cubain, dernier
des onze enfants d’un père routier et
d’une mère chroniquement malade.
Dans les faubourgs de La Havane, il déploie en voyou son trop-plein d’énergie,
se heurte à la break dance et cogne dans
le ballon. À Cuba, cela se vaut. Son père
l’inscrit de force à l’École de ballet de
La Havane. Depuis qu’Alicia Alonso et
son mari, Fernando, se sont rangés du
côté de Castro, le Ballet national de Cuba
est né et des écoles de danse ont fleuri
dans tout le pays à la manière des clubs
de pionniers en URSS. Là-bas, Rudolf
Noureev en est sorti. Le destin d’Acosta
ressemble au sien.
Alors directeur de l’école, Fernando
Alonso, inventeur de la pédagogie et du
style cubain, le confie à Ramona de Saa,
qui lui a succédé aujourd’hui. « C’est
grâce à elle que j’ai été le premier Roméo
noir au Royal Ballet de Londres. Elle a
compris qu’avoir l’aura d’un prince n’est
pas une question de couleur !», dit Acosta
qui a été « principal guest artist » à Londres depuis 2003. Ce qui l’a forgé ? « La
règle du “toujours plus” qu’on applique
dès l’école : sauter plus fort, voler plus loin,
tourner plus vite, lever les jambes plus
haut. Ici, pour façonner les danseurs, on
s’intéresse aux fondations, c’est-à-dire à
la musculature. Et puis quand on a le diamant, on le façonne. Beaucoup d’écoles
font le chemin inverse, s’intéressant
d’abord à l’esthétique et aux bras. Ça n’a
pas de sens. Cette règle du “toujours plus”
qui m’a forgée, je m’y soumets encore »,
confie-t-il.
Il lui doit sa carrière internationale. Il
lui doit aussi son retour à Cuba pour fonder sa compagnie, baptisée Acosta Danza. « J’ai tellement à dire, je suis père, j’ai
trois enfants, j’ai 45 ans. J’ai mieux à faire
que de m’épuiser à essayer de danser les
classiques aussi bien qu’autrefois. En revanche, je veux diriger une compagnie
pour convier des chorégraphes contempo-
« Même si j’ai fait ma carrière
à l’étranger, mon cœur a toujours
été ici », confie Carlos Acosta
(ici sur la promenade du Malecon,
à La Havane, en avril).
CLAIRE DELFINO/PARIS MATCH/SCOOP
rains à créer pour des danseurs cubains.
Et permettre à des jeunes défavorisés
d’entrer dans la danse », explique-t-il,
définissant les deux axes d’Acosta Danza
qu’il amène en tournée aux Nuits de
Fourvière.
Voilà plus de cinq ans que l’étoile parlait de ce retour au pays, avec une nouvelle compagnie, axée sur le contemporain qui fait à Cuba cruellement défaut.
Le Ballet national, toujours dirigé par sa
fondatrice Alicia Alonso - 97 ans avoués
et sans doute un peu plus à l’état civil -,
remâche ses classiques aujourd’hui plus
que jamais, avec une prédilection pour
Giselle et Don Quichotte. Alicia s’est, diton, opposée au projet d’Acosta, furieuse
de voir l’installation d’une compagnie
rivale, surtout menée par un danseur au
moins aussi célèbre qu’elle, et transfuge
de sa propre compagnie : « Cette histoire
a fait beaucoup couler d’encre, mais Alicia
ne m’a pas dit qu’elle ne voulait pas que je
m’installe et le ministère m’a donné sa bénédiction. Même si j’ai fait ma carrière à
l’étranger, mon cœur a toujours été ici. Je
suis revenu y danser et y ai amené le Royal
Ballet en 2009 », rappelle-t-il. Situés
dans le Vedado, quelques rues derrière
l’hôtel Melia Cohiba, les studios de Carlos
Acosta sont encore en cours d’agrandissement. Une immense baie vitrée permet aux passants de voir les danseurs.
Des affiches de Carlos dans ses grands
rôles, ses trophées, ses prix constellent
les lieux. Le rôle de sa vie ? Spartacus au
Bolchoï de Moscou : « La sensation de
hurler ma prestation, au-delà de la douleur, au-delà de tout, donner le meilleur,
dussé-je en mourir. Le confort n’a jamais
fait les artistes, regardez Van Gogh ! J’essaie d’inculquer ça à mes danseurs. »
Classique et contemporain
À Londres, sa fondation Carlos Acosta est
en charge de trouver des fonds. « J’en ai
besoin pour mon programme en faveur des
danseurs défavorisés du monde entier. La
danse fait rêver des millions de gens, mais
elle coûte cher. Je fais venir chaque année
dix danseurs défavorisés venant du monde
entier et dix danseurs cubains. Ils reçoivent ici une formation en trois ans. À terme, nous aurons 60 élèves. Pourquoi ici ?
À cause de la règle du “toujours plus” qui
produit des danseurs incroyables. Et aussi
parce qu’il n’y a pas tant de distractions et
pas non plus ces flux d’Internet qui font
que les danseurs d’aujourd’hui sont sans
cesse on et off sur leur travail. Ici, ils sont
plus tranquilles pour se concentrer. C’est
unique. »
À côté, Carlos Acosta développe sa
compagnie de vingt danseurs. Certains
viennent du classique - comme lui qui
danse parfois avec Acosta Danza -,
d’autres du contemporain. À charge
pour cet adepte du « toujours plus » de
mélanger les deux « grâce à des classes
communes de ballet et de contemporain,
suivant différentes techniques, de celle de
Martha Graham, à la danse contact en
passant par le hip-hop », explique-t-il.
De même Carlos Acosta convainc les
chorégraphes de venir travailler à
La Havane : Sidi Larbi Cherkaoui qui y a
créé un duo, Mermaid, pour sa partenaire, Marta Ortega, et lui, Teshigawara,
Justin Peck, Crystal Pite… Ceux-là mêmes qui chorégraphient pour les grandes
compagnies européennes. « Quand ils
font des créations, je veux que les chorégraphes trouvent leur inspiration de la
jeunesse de nos danseurs et de nos racines
Sois belle et ne te tais pas
ÉRIC NEUHOFF eneuhoff@lefigaro.fr
N’
A
«
importe quelle femme peut être glamour, il suffit de
rester immobile et
de prendre l’air
idiot. » Du tempérament, ça, elle en
avait. Du talent, c’est moins sûr. N’empêche, quel personnage que cette Hedy
Lamarr ! On la redécouvre dans le documentaire que lui consacre Alexandra
Dean et dans son autobiographie
controversée qui paraît enfin en français.
Elle a failli s’appeler George. Sa mère
voulait un garçon. C’aurait été dommage. Hedwig Kiesler est née à Vienne en
1914. Hitler lui a fait le baisemain. Dans
Extase (1933), on la voit courir nue dans
les bois, plonger dans un lac, simuler un
orgasme en gros plan. Le film fait scandale. Le pape le condamne. Le Führer
l’interdit. Son premier mari, marchand
d’armes richissime, rachète les copies.
En Autriche, elle s’ennuie. Elle part en
douce pour Londres, puis pour Hollywood. Louis B. Mayer lui signe un
contrat à la MGM. C’est lui qui trouve
son nouveau nom. Hedy tient la dragée
haute au nabab.
« Une star peut tout avoir ; s’il se trouve quelque chose qu’elle ne peut acheter, il
y aura toujours un homme pour le lui offrir. » Elle se mariera six fois en tout
(avec un scénariste, un acteur, le propriétaire d’un hôtel à Acapulco, un avocat, un milliardaire texan). Dans Casbah
(1938), elle ondule de la croupe et donne
la réplique à Charles Boyer. Cecil B. DeMille la martyrise sur le tournage de
Samson et Dalila où elle coupe les che-
LIVRE Archétype de la femme fatale de Hollywood
mais aussi inventeuse, Hedy Lamarr avait écrit son
autobiographie. On republie aujourd’hui la prose
décapante de cette actrice hardie.
EN BREF
Un record pour Hugo Pratt
courtise. Elle manque se marier avec
Jean-Pierre Aumont. Elle a battu John
Huston au poker. À ses heures perdues,
elle invente avec le compositeur George
Antheil un système de saut de fréquence pour télécommander les torpilles au
début de la guerre. La technique sert
encore aujourd’hui pour le Wi-Fi (si le
brevet avait été déposé, Hedy aurait gagné une fortune). À une autre occasion,
elle crée une pastille effervescente pour
le Coca-Cola.
« Vie haute en couleur »
Hedy Lamarr,
dans les années 1940.
RUE DES ARCHIVES/DILTZ
veux de Victor Mature. Un de ses buts
dans la vie est de dépenser un million de
dollars en une journée. Elle a été le modèle de la Blanche-Neige de Disney. Elle
est la partenaire de Clark Gable dans Camarade X (1940), a joué dans une adap-
tation de Tortilla Flat (1942) de Steinbeck. Dans Tondelayo, son visage est
noirci au brou de noix. Sa prestation est
parodiée dans des numéros de cabaret.
Son accent allemand ne l’a jamais
vraiment quittée. Howard Hughes la
cubaines. Par exemple, en ce moment
Goya Montero invente sur la musique de
Silvio Rodriguez, le John Lennon cubain »,
détaille-t-il. Parfois il suggère un compositeur, un décorateur, un thème servant Cuba. Sinon, il trouve dans le répertoire de ces chorégraphes des pièces peu
jouées. Il met aussi en avant les quelques
chorégraphes cubains qui travaillaient
dans l’ombre, comme Marianela Boan.
Une de ses pièces sera donnée en ouverture de programme, à Fourvière.
Cet homme fou de classique, qui reste
coach pour le Royal Ballet, auquel il a
donné sa version de Don Quichotte, se
contentera-t-il de sa compagnie de danse contemporaine et de son programme
d’éducation pour soixante jeunes talents ? « Si on me propose de reprendre le
Ballet national, je demanderai d’abord
d’avoir financièrement les moyens de rebâtir une très grande compagnie. On ne
peut pas fonctionner avec des rideaux de
scène qui s’effondrent, des décors qui ont
soixante ans et des danseuses chaussées
de vieilles pointes », prévient-il. ■
Nuits de Fourvière, Lyon (69), les 7 et 8 juin
à 21 h 30. www.nuitsdefourviere.com
Elle veut son indépendance, en a assez
de ses rôles torrides. Son flair laisse à
désirer. Elle refuse Laura et Casablanca.
En Italie, elle se ruine pour produire
L’Eterna femmina de Marc Allégret qui
ne sortira jamais. Les fins de mois sont
difficiles. La chirurgie esthétique la défigure. Un médecin véreux (le docteur Jacobson qui soignait le dos de Kennedy)
lui injecte des produits frelatés. À l’un de
ses divorces, elle envoie sa doublure au
tribunal. Le juge a apprécié.
En 1966, elle est arrêtée pour vol à
l’étalage. Les paparazzi la traquent. Elle
n’a plus un sou. Si elle n’avait pas été si
jolie, elle aurait pu être scientifique.
Avoir été la plus belle femme du monde, la corvée valait sans doute la peine.
Elle est morte en 2000. À une époque,
elle souhaitait avoir pour épitaphe :
«Merci beaucoup pour cette vie haute en
couleur. » On ne sait pas si ses vœux
ont été exaucés. ■
Ecstasy and Me : la folle autobiographie de
Hedy Lamarr, traduit de l’anglais par Charles
Villalon, Éditions Séguier, 440 p., 22 €.
Hedy Lamarr. From Extase to Wi-Fi,
documentaire d’Alexandra Dean,
en salle mercredi 6 juin.
Le public affiche une
fréquentation record au Musée
des confluences, à Lyon,
avec une moyenne de plus de
1 700 visiteurs par jour depuis
l’ouverture de l’exposition
« Hugo Pratt, lignes d’horizons »,
qui se déroule jusqu’au 24 mars
2019. Le musée met en résonance
son œuvre avec les cultures et
les civilisations qui l’ont inspiré,
figurées par leurs objets armes,
bijoux, parures, vêtements,
statues…
Don de Michèle Reverdy
La compositrice vient de donner
l’ensemble de ses archives à
la BnF : près de cent manuscrits
musicaux, mais aussi des cahiers
d’esquisses des préparations
d’émissions de radio
et de conférences, des
correspondances, programmes,
affiches, articles de presse ainsi
que les cours d’Olivier Messiaen.
Ce don couvre l’ensemble de
son activité de compositrice,
de productrice de radio,
d’écrivain et de pédagogue.
Luc Schuiten au jardin
L’architecte belge est l’invité
du Festival des jardins de la
Saline royale d’Arc-et-Senans
(Doubs). En dix jardins, il invente
des cités végétales aux formes
variées : cité lotus, cité des
vagues, tramodulaire - moyen
hors norme de se véhiculer -,
module de bioconstruction
réalisé en branches…
Une promenade dans une jungle
d’inventions jusqu’au 21 octobre.
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LE FIGARO
mardi 5 juin 2018
STYLE
31
Alexandre Arnault : « La valise Rimowa
est une toile blanche pour les artistes »
INTERVIEW Le jeune PDG de Rimowa, troisième enfant de Bernard Arnault, explique sa vision pour la marque
allemande, à l’occasion de la sortie d’un modèle cosigné avec Off-White, révélé en exclusivité dans « Le Figaro ».
lexandre
Arnault
précise bien que la valise Rimowa cosignée avec Off-White a demandé huit
mois de développement dans les laboratoires et les ateliers de la firme de
Cologne. Comprenez : lui, le jeune dirigeant de la dernière acquisition de
LVMH, était en contact privilégié avec
Virgil Abloh, avant même que Louis
Vuitton ne recrute celui-ci comme directeur artistique de ses collections
masculines. Il entre dans les détails
hautement techniques de ce bagage en
polycarbonate transparent qui sera
l’accessoire star du défilé Off-White le
20 juin prochain, et dont Le Figaro dévoile la photo en avant-première. Au
cours de l’entretien, il fait également
apporter un modèle de la précédente
édition, élaborée avec le label de skate
Supreme, qui a connu un succès éclair
(et se revend plusieurs fois son prix sur
Internet), afin de souligner les performances techniques de l’objet au-delà
du coup médiatique qui a hissé la marque allemande au rang de must have.
Cette société discrète, focalisée sur
ses savoir-faire, sa qualité et son design,
il la connaît bien pour l’avoir pistée
avant même son rachat par le groupe
français à l’automne 2016. « Deux ans
d’observation, de visites des usines et des
boutiques, de rencontres et de négociations avec les anciens propriétaires pour
les convaincre de céder leurs parts »,
confie le troisième des enfants de
Bernard Arnault, âgé de 26 ans. Puis,
Alexandre Arnault a travaillé incognito
au magasin Rimowa de Paris pour se
forger sa propre opinion sur la clientèle.
Il passe désormais beaucoup de temps
au siège, au contact des équipes « très
attachées à leur entreprise. Certaines
personnes travaillant là depuis quarante
ans ». Tout en respectant ses 120 ans
passés, le PDG aux coudées franches
s’emploie à braquer les projecteurs sur
cette vénérable maison, en lui imaginant une trajectoire à part dans l’univers du voyage.
LE FIGARO. - Vous nous dévoilez,
aujourd’hui, une valise cosignée
avec Virgil Abloh du label Off-White.
Les collaborations avec les marques
favorites des millennials sont-elles
la formule consacrée pour mettre
en lumière Rimowa ?
Alexandre ARNAULT. - La collaboration est une formule qui nous est naturelle, nos valises étant fortes d’un
design reconnaissable, sorte de toile
blanche au cadre précis sur laquelle
des talents peuvent s’exprimer sans
dénaturer le produit. Ces rencontres
inédites augmentent le pouvoir d’attraction de la marque, interpellent le
client et l’incitent à fréquenter plus
souvent nos magasins. Notre série limitée avec Supreme a été un succès à
tous les niveaux. Elle s’est écoulée en
trente secondes sur Internet et en
moins d’une journée dans nos magasins. Aujourd’hui, c’est fabuleux de
voir leurs heureux propriétaires les
utiliser. Sur les réseaux sociaux, il y a
un flot continu d’images liées à ce bagage rouge que les gens repèrent et
photographient, ici ou là, dans des aéroports du monde entier.
Quelle est la particularité
de ce nouveau modèle ?
Virgil Abloh souhaitait développer un
projet autour de la transparence qui fait
partie des codes d’Off-White. Cette valise n’est donc pas fabriquée en aluminium, comme nos précédentes éditions
avec Fendi et Supreme, mais dans un
polycarbonate transparent façon verre
de lunette. Une idée transgressive car
tout le monde n’a pas envie d’exposer
le contenu de ses bagages. Mais elle
donne une nouvelle impulsion à l’univers du voyage. Il ne s’agit plus seulement de se déplacer avec une belle valise, il faut veiller à ce que l’on met à
l’intérieur, comment sont pliés et disposés les effets, etc. Des housses extérieures seront offertes pour la recouvrir
et limiter la curiosité en certaines occasions. Nous sommes très excités par son
concept même.
Allez-vous enchaîner les collaborations
à un rythme soutenu ?
Nous tablons sur trois lancements par
an afin de ne pas saturer les consommateurs et rester en mesure de proposer des modèles toujours originaux et
performants. La valise Supreme a demandé un an de mise au point : ses
200 pièces dans sept matériaux différents ont réclamé de multiples essais
avant d’obtenir un rouge uniforme. La
difficulté avec Off-White était différente mais pas moindre. En soi, du polycarbonate transparent n’est pas compliqué à obtenir. Mais les feuilles
doivent être chauffées à très haute température pour réaliser les deux grandes
parties de la coque par moulage et, là,
sous la pression et la chaleur, le matériau devenait opaque. Le développement en interne a ainsi pris huit mois
entre les multiples recherches en laboratoire, les essais et la mise en production. Ce type de création est uniquement possible chez Rimowa, seule
marque de valises de haute qualité,
verticalement intégrée, des usines aux
magasins.
Outre la qualité et le design de Rimowa,
quels sont les autres atouts
que vous lui avez découverts,
ces deux dernières années ?
Vue de l’intérieur, l’entreprise possède
deux autres valeurs clefs qui font pleinement partie de son histoire. Tout
d’abord : l’innovation. En 1937, la société crée les premières valises en aluminium, aujourd’hui encore, une référence en termes de solidité et de
résistance pour les bagages rigides.
Puis, elle invente les modèles à 4 roues,
les coques étanches et, surtout, en l’an
2000, les versions en polycarbonate qui
ont révolutionné le marché. Aujourd’hui, tout acteur du secteur, quel que
soit son niveau de gamme, utilise ce
matériau résistant, pratique et léger - le
poids d’un bagage étant le premier critère d’achat, en raison des compagnies
aériennes de plus en plus restrictives à
ce niveau. L’autre valeur méconnue de
Rimowa, sauf de nos fidèles clients, est
sa notion du service qui la rend unique
en son genre. Nous avons plus de cent
relais sur les cinq continents, nous
sommes capables de réparer toute valise détériorée au cours d’un déplacement, en moins de vingt-quatre heures
et, la plupart du temps, gratuitement.
Je reçois, quasiment tous les jours, des
lettres de remerciement de clients dont
Rimowa a sauvé le voyage.
Les consommateurs recherchent
des modèles solides et, en même temps,
sont-ils prêts à investir autant que dans
un bel objet de maroquinerie ?
Nous nous posons cette question tous
les jours. Nous menons de nombreux
tests de consommateurs, or les résultats
montrent qu’ils ne seraient pas choqués
si nos produits étaient plus chers,
considérant qu’une valise contient certains de leurs objets les plus précieux
lors de déplacements. Les clients veulent avoir confiance, et la confiance
provient de matériaux résistants et des
techniques de fabrication les meilleures. Une fois ce sentiment acquis, le
prix n’est plus un sujet, surtout pour
ceux en permanence entre deux avions
qui n’ont plus à s’inquiéter que leur bagage soit fracturé ou qu’un objet se casse à l’intérieur.
Des clients vous demandent-ils parfois
de restaurer l’aspect extérieur ?
Au moment de l’achat, il est fréquent
qu’on nous pose la question face à un
modèle flambant neuf. C’est effectivement possible mais, dans la réalité, ce
type de demande est quasiment nul, car
les clients s’attachent à leurs bagages,
ils les aiment usés, patinés, marqués de
souvenirs de leurs destinations qui, au
passage, permettent de les distinguer
sur le tapis de livraison, à l’arrivée.
Justement, n’envisagez-vous pas
des collaborations avec des designers
travaillant davantage sur les volumes
aussi sur notre distribution, proche de
celle des griffes de luxe. Cela implique
un repositionnement sur certains marchés, l’ouverture de magasins en nom
propre afin d’aller à la rencontre des
clients sur leurs lieux de shopping.
Deuxièmement, nous devons travailler
notre image de marque, expliquer qui
nous sommes. Par exemple, nombreux
sont ceux qui nous pensent japonais en
raison de notre nom et de notre notoriété sur ce marché où la marque s’est
exportée en premier dans les années
1970. Plus largement, nous devons développer une approche plus holistique.
Nous offrirons bientôt la possibilité de
commander une valise qui vous ressemble, proche de votre identité. Certaines personnes aiment avoir des objets
discrètement griffés à leur nom.
D’autres, des intérieurs conçus dans un
matériau qu’ils affectionnent, des aménagements et des compartiments spécifiques correspondant à leurs modes de
vie et de déplacement.
Alexandre Arnault dévoile la valise Rimowa x Off-White en polycarbonate transparent
qui a demandé huit mois de recherche et développement. KARL LAGERFELD, RIMOWA
des bagages, ce qui permettrait
de les différencier autrement ?
Des projets sont à l’étude avec des designers connus pour un style, des lignes
et des formes spécifiques. De façon plus
générale, nous pouvons imaginer des
opérations avec des artistes comme des
célébrités, des marques de luxe comme
des labels streetwear. L’important est
que chacune fasse sens avec notre histoire. Nous sommes particulièrement
sollicités depuis nos récentes éditions
mais demeurons sélectifs : il est important de rester proche des racines de
l’entreprise, de maintenir sa qualité,
d’entretenir sa désirabilité.
Quels domaines reste-t-il à améliorer,
quels axes à développer ?
Il y a deux axes importants. D’un côté,
un volet opérationnel portant sur les
usines, les procédés de fabrication, mais
Comme Louis Vuitton, Rimowa évolue
dans l’univers du voyage. Peut-on
attendre qu’elle se diversifie, touche
à l’art de vivre, voire au prêt-à-porter
dans quelques années ?
Nous avons vocation à suivre une trajectoire similaire. Mais la fonctionnalité
de nos produits, spécificité peu développée dans l’univers du luxe, est à préserver. Cette technicité est recherchée
par les nouvelles générations qui s’habillent sportswear, mixent davantage
activités professionnelles et temps de
loisirs. Comme Vuitton, Rimowa incarne le voyage. Mais peut l’incarner
autrement via des produits et des services connectés à notre univers singulier.
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A
PROPOS RECUEILLIS PAR
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 5 juin 2018 LE FIGARO
MOTO
32
Deux sabres pour le samouraï de la route
ESSAI Avec le Niken,
Yamaha lance la
première moto dotée
d’un train avant à
deux roues. Simple
démonstration
technologique ou
véritable révolution ?
L
PHILIPPE DOUCET
pdoucet@lefigaro.fr
es engins à trois roues ne
sont pas nombreux sur nos routes. Le
plus imposant est sans conteste le
Spyder Can-Am, lancé en 2007, dont
le train avant est presque aussi large
que celui d’une voiture. Yamaha, pour
sa part, s’y est essayé voici quatre ans,
avec le Tricity, un petit engin urbain.
Mais le plus connu demeure le Piaggio
MP3, apparu fin 2006. En France, il a
conquis des milliers d’utilisateurs, ravis de pouvoir chevaucher une machine aux performances de moto avec un
simple permis auto.
Ne tournons pas autour du pot : trois
roues, à quoi ça sert ? Pour Yamaha, la
réponse est simple : « Procurer un
maximum de performance dans les virages. » Telle est l’idée à l’origine du
Niken (prononcez naï-ken, « deux sabres » en japonais). À l’arrêt, son physique trapu et ses longs bras supportant les deux roues avant lui valent
l’air menaçant d’un véhicule tout droit
sorti de Star Wars.
Clairement orienté vers la performance, le Niken n’est pas un paisible
tricycle utilitaire. C’est tout simplement un gros cube, en l’occurrence la
Yamaha MT-09 Tracer, dont la fourche a été remplacée par un train avant
à deux roues. Avec une puissance de
nettement plus de 100 ch, le bouillant
moteur à trois cylindres du Niken lui
assure de hautes performances malgré
une prise de poids d’une cinquantaine
de kilos par rapport à la moto de référence.
Clairement orienté vers la performance, le Niken n’est pas un paisible tricycle utilitaire mais une vraie moto qui met rapidement en confiance.
YAMAHA
Une facilité déconcertante
Une fois en selle, l’appréhension à manier un tel engin se dissipe dès les premiers mètres parcourus. Les deux
roues du train avant sont masquées
par le carénage. Dépourvu de toute assistance hydraulique ou électrique, le
mécanisme qui les dirige, appelé Leaning Multi Wheel (LMW), est si précis
et équilibré qu’il donne le sentiment
de n’en guider qu’une seule. Dès le
premier virage, on mesure l’ampleur
de la « révolution Niken » : la machine
prend jusqu’à 45° d’angle avec une facilité déconcertante. Ses deux roues
avant de 15 pouces, équipées de pneus
spéciaux fabriqués par Bridgestone,
travaillent en parallèle. Elles procurent une meilleure adhérence que celle
assurée par une unique roue. Ce
« grip » rappelle celui du skieur appuyé sur ses carres lors d’un virage en
« carving ».
Ce train avant articulé met si rapidement en confiance que les courbes
s’enchaînent à un rythme de plus en
plus soutenu. On se surprend à remettre de la puissance en plein virage. Poussé au-delà de ses limites, le
Niken décroche progressivement
pour tirer tout droit à la manière
d’une voiture sous-vireuse. Il ne faut
alors pas hésiter à le redresser et à
freiner fermement, ce qu’il accepte
parfaitement, même s’il est encore
sur l’angle ! Attention cependant au
transfert de charge vers l’avant lors
des forts ralentissements : il provoque un important délestage de la
roue arrière, avec pour conséquence
un fréquent déclenchement de l’antiblocage (ABS). En ligne droite, les
deux roues avant assurent également
une meilleure stabilité, évitant
Sous la poignée
Moteur
Type
Puissance
Couple
3 cyl. en ligne, 847 cm3
115 ch à 10 000 tr/mn
87, 5 Nm à 8 500 tr/mn
Transmission
Boîte
6 rapports + chaîne
Dimensions/poids
Poids + plein
Réservoir
263 kg
18 l
Performances
Vitesse
plus de 220 km/h
Consommation
En essai
environ 8 l/100 km
Prix
14 999 €
tout phénomène de « pendulage »
aux allures élevées.
Pour le reste, le Niken possède toutes les qualités de la Tracer 900. On
apprécie ses raffinements techniques,
comme l’accélérateur électronique et
le « shifter » pour passer les vitesses
sans débrayer ni couper les gaz. Le réservoir de 18 litres assure une autonomie de près de 300 km. La selle, pas
trop haute (820 mm), se montre moelleuse et ergonomique. Le passager,
moins bien traité, pestera contre un
confort trop sommaire. « Nous avons
choisi de présenter une première version
du Niken sans aucun artifice. D’autres
modèles plus équipés devraient venir
enrichir la gamme », précise Éric de
Seynes, président de Yamaha Europe
et membre du comité de direction de
la firme.
 NOTRE AVIS
Avec le Niken, le milieu motard, bien
plus académique et conformiste qu’on
ne l’imagine, va devoir réviser ses classiques. Il faut l’essayer pour le découvrir. Yamaha l’a bien compris et prévoit
un vaste programme d’essais pour initier les conducteurs à son puissant
trois-roues. À condition qu’ils disposent du permis moto : le Niken, rappelons-le, ne se pilote pas avec un simple
permis auto comme le MP3. On peut
regretter qu’il ne soit pas accessible aux
jeunes motards, autorisés à piloter une
machine d’une puissance maximale de
47,5 ch pendant deux ans. Sa stabilité et
son agilité les interpelleraient sans doute. Si le Niken a du succès, Yamaha envisagera peut-être une version moins
vitaminée. Qui sait ? ■
Honda Forza, le scooter
des technophiles
PRÉSENTATION Pour préserver son statut de leader du marché de la
catégorie des 125 cm3, le scooter phare de Honda s’offre une cure de jouvence.
JULES HUMBERT
jhumbert@lefigaro.fr
n 2015, Honda a lancé un assaut sur le marché européen
des scooters de 125 cm3 de cylindrée. Le fer de lance de cette
opération, le Forza, a su jouer
son rôle de manière exemplaire puisqu’il est aujourd’hui le plus vendu dans
notre pays. Ce modèle tire son succès
d’un habile croisement entre grand tourisme et sportivité, qui lui confère des
qualités dynamiques de premier ordre
sans pour autant nuire au confort.
Courant 2017, le Forza se remet à la
A
E
page avec notamment des rétroviseurs
rehaussés, une suspension revue, un
système de démarrage sans clé (Smart
Key), un système de coupure du moteur
type stop & start (Idling stop) et un moteur plus souple à bas régimes, plus performant et répondant à la norme Euro 4.
Un programme de bonifications finalement jugé insuffisant sur le marché très
animé des scooters 125 puisque Honda
vient de décider de renforcer le pouvoir
d’attraction de son best-seller. Le nouvel opus se distingue par un design différent, sans pour autant trancher radicalement avec les codes de l’ancienne
génération, et forme à présent une famille avec la version 300 cm3, d’appa-
rence similaire. Le tableau de bord a
également été retravaillé et les informations affichées, paramétrables depuis le
côté gauche du guidon, ont été enrichies : le voltage de la batterie, la température extérieure, la consommation
moyenne et instantanée ainsi que
l’autonomie restante sont, entre autres,
de la partie.
Arrivée fin juin
Première sur un deux-roues de cette
cylindrée, la bulle est réglable électriquement sur une amplitude de 140 mm
et le top-case se manipule, lui aussi, sans
clé. La capacité d’emport augmente de
11 % et peut grimper jusqu’à 100 litres, à
Le nouvel opus du Forza 125 cm3 se distingue par un design différent sans pour autant
trancher radicalement avec les codes de l’ancienne génération. HONDA
condition d’opter pour le top-case facturé tout de même 450 euros en option.
La hauteur de selle, pour sa part, demeure inchangée et culmine à 780 mm,
tandis que le poids augmente très légèrement pour atteindre 162 kg.
Honda annonce un coût d’utilisation
parmi les plus bas de la catégorie, et
c’est tant mieux, car cette nouvelle génération fait payer ses nouveaux gadgets
par un tarif dépassant les 5 000 euros,
soit 5 099 euros exactement. Le nouveau
vaisseau amiral de la flotte Honda arrivera dans les concessions fin juin. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 5 juin 2018
IMMOBILIER
33
avec
Autour d’un parc en plein Paris
avis.de.recherche
Une villa, un loft, un studio ?
Pour investir en région ou à l’étranger,
nos experts immobiliers répondent
directement chaque semaine dans le Figaro.
Chaque semaine, quatre professionnels de l’immobilier s’expriment sur un marché et présentent une sélection de biens.
Aujourd’hui, des emplacements « premium » près d’élégants espaces verts de la capitale.
Par Nelly Chevais
Un marché particu« lièrement
tendu »
L’édifice classique
« séduit
la rive gauche
Habiter sur la Seine
« près
de la nature »
VALÉRIE QUAIRE
CONSULTANTS IMMOBILIER :
Les immeubles des Années Trente
ont souvent de beaux volumes au
dernier étage, comme cet appartement de 3m60 de
hauteur sous plafond. Sur le boulevard de Courcelles,
à cinq cents mètres du parc Monceau, ce serait un
bon pied-à-terre, exposé plein sud avec vue sur la
tour Eiffel et l’Arc de triomphe. Ce marché sous tension exige de la réactivité. Les acquéreurs commencent à le comprendre et visitent souvent en couple
pour faire une offre immédiate et ne pas rater une
opportunité.
VALÉRIE HUVÉ
RIVERCOACH :
Le marché de l’habitat fluvial est
aussi dynamique que celui de la
pierre. Les prix sont très inférieurs alors que le coût
des charges/entretien est comparable. Amarrée dans
le Bois de Boulogne, cette péniche offre les espaces
et les prestations haut de gamme du 16ème arrondissement : deux terrasses, pièce à vivre de 90 m2, cheminée, cuisine/bar, salon TV, quatre chambres avec
bain ou douche, sauna,.. Sur ce bateau, la vue est un
spectacle. Habiter en pleine nature sans être isolés,
un rêve !
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ARMELLE CASANOVA
AGENCE PATRICE BESSE :
Il existe des modes dans l’immobilier. En ce moment, les XVII et
ème
XVIII siècles sont dans l'air du temps. C’est même
flagrant à la campagne, où la demande porte sur les
maisons de ces siècles pour leur ornementation et
leur luminosité. A 250 mètres du jardin du Luxembourg, cet appartement de la fin du XVIIème logeait les
artistes de la Comédie-Française et a conservé l'esprit du lieu. Sur la rive gauche, importent l’édifice,
l’adresse et l’environnement. Ce marché continue de
battre des records.
LOCALISATION :
Bois de Boulogne
(16ème)
SURFACE : 280 m2,
terrasses 70 m2,
parking clos
PRIX :
1 900 000 €
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07 50 44 72 50
marché familial :
« leUnparc
Monceau »
»
PAOLA FÉAU
DANIEL FÉAU SAINT-HONORÉ :
Les conditions sont réunies pour
que le marché parisien soit porteur. Même le segment des grands appartements,
dont les prix s’étaient ajustés, s’est redressé. Autour
du parc Monceau, les valeurs avoisinent les 1820 000€/m2 en front de parc et légèrement moins à
proximité immédiate, comme cet appartement dans
l’un des remarquables immeubles du XIXème siècle.
Spectaculaire escalier à double révolution, 7,80 m.
sous plafond, boiseries et cinq chambres font de ce
duplex familial un beau lieu de réception.
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LOCALISATION :
Parc Monceau
(8ème)
SURFACE : 330 m2 ,
1er et 2ème étages,
terrasse 20 m2
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4 800 000 €
CONTACT :
01 53 53 07 71
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AVIS À NOS LECTEURS - MENTIONS LÉGALES
Toutes les annonces qui ne comprennent pas la mention
« Part. » pour les particuliers ou « Agents Co. » pour les agents
commerciaux sont des annonces émanant d’agents immobiliers
ou de promoteurs. Sans mention explicite d’honoraires dans les
annonces, les prix présentés s’entendent nets pour l’acquéreur.
Toutes les annonces des rubriques « appartements » sont réputées
être des lots de copropriétés, sauf mention contraire. Ces biens
faisant partie d’une copropriété, le vendeur doit vous informer du
nombre de lots de la copropriété, des charges annuelles du bien
proposé à la vente et de l’existence ou non d’un recours à
l’encontre de la copropriété à la date de la parution de l’annonce.
Les honoraires de l’agence immobilière et les commissions de
chaque bien sont consultables sur le site de l’annonceur.
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mardi 5 juin 2018 LE FIGARO
TÉLÉVISION
Lelandais, un verdict anticipatif
BIEN VU
Anthony Palou
apalou@lefigaro.fr
Diffusé trois jours après les obsèques de Maëlys, ce documentaire à sens unique donne d’avance un
jugement à partir d’éléments autobiographiques surinterprétés et de généralités sur les tueurs en série.
Au placard
STÉPHANE DURAND-SOUFFLAND
sdurandsouffland@lefigaro.fr
CNews | 11 heures | Lundi
«À
t’chao, bonsoir ! »
Les « Guignols » baissent
le rideau de fer. Ah ?
Entre nous soit dit, on pensait que
ce divertissement en latex avait
canné il y a dix ans. Élisabeth Lévy,
chroniqueuse chez Pascal Praud
(« L’heure des pros », 10 heures,
CNews), n’a pas tort lorsqu’elle
déclare que ces « Guignols »
étaient bien conformistes, salués
par les bobos de gauche et de
droite. On dit que ces marionnettes
ont fait l’élection de Chirac, contre
Balladur, en 1995… On dit toujours
un peu n’importe quoi. Mais
ne soyons pas sévères, on se
souviendra de la « boîte à coucou »
de Johnny, du « oh, purée ! putain,
encore deux ans ! » de Jacques
Chirac, du « à l’insu de mon plein
gré » de Richard Virenque ou
encore, sous les traits de Stallone,
du commandant Sylvestre, cet
abruti qui nous faisait des cours
foireux US sur le Moyen-Orient,
du « ispice di counasse » de Ben
Laden. Toute une époque. En fait,
oui, « Les Guignols de l’info » sont
morts lorsque leur mascotte,
leur présentateur fétiche, PPDA
(rebaptisé « PPD »), a quitté le
« 20 heures » de TF1 en 2008.
Benoît Delépine, Bruno Gaccio et
Jean-François Halin, auteurs cultes
de l’affaire, avaient déjà quitté le
rafiot. C’était cuit. Sur le plateau
de Jean-Marc Morandini, il y avait
un expert, Mathieu Gérard. Il a
détricoté l’histoire. Nous explique
qu’en 2015 l’émission avait déjà
failli disparaître, « ne devait sa
survie qu’à une forte mobilisation
du public », naviguait entre le clair
et le crypté, les changements
d’horaires, etc. Il nous parle
chiffres. L’émission coûte cher,
et la logique commerciale est sans
merci. Pour tout vous dire,
on s’en fiche un peu et même
complètement de la disparition des
« Guignols ». Ils ont fait leur temps,
allez hop ! à la trappe ! Un train
peut en cacher un autre.
Un conseil ? Débranchez votre télé,
entretenez-vous avec vous-même.
« Mes pensées sont mes catins. »
De qui, cette phrase ? Diderot.
N
ordhal Lelandais est un
monstre » et ce qu’il a
commis est « sans doute
beaucoup plus abominable
que ce que nous en savons ». Cet avis catégorique provient de
la bouche d’un avocat, Me Emmanuel
Pierrat, très présent au cours du documentaire intitulé Dans la tête du prédateur. « Y’a qu’un malheur », comme disait son glorieux confrère René Floriot :
Me Pierrat n’a jamais rencontré Nordhal
Lelandais, et comme il n’intervient pas
dans les instructions qui le visent, il n’a
pas non plus accès aux dossiers.
Le film de Timothée Vienne et Mikaël
Pirat, diffusé trois jours après les obsèques de Maëlys, pose question. Les intervenants, pour la plupart, n’ont aucune
autorité pour parler d’un individu dont ils
ne savent rien de plus que nous. La défense n’a pas la parole. Me Alain Jakubowicz
a refusé de participer à ce
film, il a bien le droit de
préférer le cabinet du
juge aux plateaux de télé¡¡¡¡
vision. Or, sans contradictoire, pas de traitement juste, ni judiciaire ni médiatique.
«
21.00
Les droits fondamentaux du « prédateur », qui n’est même pas encore renvoyé devant une cour d’assises, sont
foulés aux pieds. La thèse est claire :
Nordhal Lelandais, qui a avoué deux
meurtres, et dont le profil est des plus
inquiétants, est un tueur en série. Peutêtre. Mais rien ne permet de l’affirmer
aujourd’hui, alors qu’il est soupçonné de
deux homicides, sur une fillette de 8 ans
et un caporal de 24 ans. Un procès équitable aura lieu si la justice décide de le
renvoyer devant des jurés.
Ce n’est pas un signe de génie. Quant à
leurs motivations, ils sont bien en peine
de les expliquer eux-mêmes, le fait d’être
esclave de pulsions incontrôlables
n’étant pas pour autant une circonstance
atténuante.
Voici donc les avis de Georges Fenech,
« magistrat et consultant », Michèle Bernard-Requin, « ancienne présidente de
cour d’assises », Serge Hefez, « psychiatre », Stéphane Bourgoin, « spécialiste
des tueurs en série », Marie Grimaud,
avocate d’une association partie civile
mais qui, selon nos informations, n’a pas
encore eu accès au dossier, aréopage de
fonctions-alibis. Des journalistes rappel-
lent les faits déjà publiés dans leurs journaux. Un ex-ami de Nordhal Lelandais le
traite, visage caché, d’« enc… », et livre
des images sulfureuses du mis en examen.
Les intervenants légitimes sont les
proches d’autres personnes disparues
dans la région. Les aveux du « prédateur », en ce qui concerne Maëlys et le
caporal Arthur Noyer, leur ont redonné
l’espoir de savoir enfin ce qu’il est advenu de leurs êtres chers. Le vrai sujet est
là. Ces propos sont bouleversants. La
justice trouvera-t-elle les preuves qui,
seules, feraient parler le suspect s’il est
coupable ? ■
Souvenirs d’enfance sous l’Occupation
Ruth Zylberman a retrouvé des survivants d’un immeuble parisien. Poignant.
vaient là. Ils se souviennent de leur vie
qui bascula dans l’impensable.
BLAISE DE CHABALIER £@dechab
Invité : Lionel Chamoulaud
interviewé par Nicolas Vollaire et
Damien Canivez aujourd’hui sur :
L’immeuble parisien situé au 209, rue
Saint-Maur, dans le Xe arrondissement,
témoin de l’Occupation.
C’
est une plongée très
émouvante dans le passé d’un immeuble parisien sous l’Occupation
que propose Ruth Zylberman. Dans Les Enfants du 209, rue
Saint-Maur, Paris Xe, diffusé ce soir sur
Arte, la réalisatrice mène l’enquête.
Cahier de croquis en main, elle dessine le plan de la vaste résidence populaire et retrouve les noms de ses habitants.
Parmi eux, cent étaient juifs, notamment d’origine polonaise ; cinquantedeux seront déportés. Ruth Zylberman
a retrouvé plusieurs des enfants qui vi-
MOTS CROISÉS
Par Louis Morand
1
PROBLÈME N° 4744
VERTICALEMENT
1. Elles piquent leur butin après
avoir volé. - 2. Travail d’archives.
- 3. Conservation longue durée.
- 4. Agent verdissant. Les vilaines
gens. À la fin août et au début
de l’automne. - 5. Accompagne
quatre pelés. Toujours fringant.
- 6. Non déclaré. Protecteur de
la couronne. Dans la nature. - 7.
Bahut de style anglais. Se remplit
après le repas. - 8. En branche.
SOLUTION DU PROBLÈME N° 4743
HORIZONTALEMENT 1. Avaliser. - 2. Vinosité. - 3. Ictus. AB. - 4. Ôté.
Uélé. - 5. Nordés. - 6. Crie. Tas. - 7. Icelles. - 8. Touée. Pé. - 9. Eurasien.
- 10. Rs. TTC. - 11. Niquerai. - 12. Énurésie.
A
Autel érigé devant l’entrée de la salle des fêtes où Maëlys, 8 ans, a été vue pour la dernière fois,
à Pont-de-Beauvoisin (Isère), en août 2017.
La télévision a quitté l’ère de « Faites
entrer l’accusé », émission de référence
qui revient sur des affaires définitivement
jugées, pour s’aventurer dans celle du
verdict anticipatif. L’instruction est menée à l’audience, mais selon les critères
de Médiamétrie, qui ne garantissent
aucun droit à personne.
Ici, en mêlant des éléments biographiques surinterprétés à des généralités sur
les tueurs en série, les auteurs alimentent
la machine à fantasmes au sujet de ces
êtres supposés supérieurement intelligents. En vérité, comme beaucoup de
criminels, ils n’avouent que quand ils
sont mis en face de preuves irréfragables.
Machine à fantasmes
LE BUZZ TV
HORIZONTALEMENT
1. Tubes au labo. - 2. Hors d’entente. - 3. Mayennaise avec du
Babybel. A eu l’approbation des
Girondins. - 4. Partie centrale de la
charrue. Se mettra au bridge sur
ses vieux jours. - 5. Liane qui fait
la transition entre les gymnospermes et les angiospermes.
- 6. Avatar des 35 heures. Massif
saharien. - 7. Fis des effets de
voix. - 8. Dont les cordes sont
usées. - 9. Donnée en exemple.
Romains de Virgile. - 10. Victime
d’une très forte grippe. Clément
a mis en scène sa bataille. - 11.
Débarrassée de son liquide. - 12.
Bouquets floraux.
ETIENNE MAURY
« Morandini Live »
CEDRIC DUPIRE/ZADIGPRODUCTIONS.COM
34
VERTICALEMENT 1. Avion-citerne. - 2. Victor Cousin. - 3. Antérieur.
Qu. - 4. Lou. Deleatur. - 5. Issue. Lestée. - 6. Si. Este. Icrs. - 7. Étal. Aspe.
Aï. - 8. Rebecs. Envie.
2
3
4
5
6
7
8
Émotion intense
Bouleversant, par exemple, le destin de
la famille Goldsztajn. Le père, Simon,
s’est réfugié à Paris en provenance de
Vienne, en 1938. Sa femme, Maria, le
rejoint avec leurs trois fils et ils s’installent au 209. Lui est arrêté en 1941, elle
en 1944. Maria a juste le temps de
confier son petit dernier, René, alors
bébé, à la concierge, Mme Massacré. La
petite-fille de cette
dernière, qui habitait
aussi la résidence, témoigne : « J’étais dans
○○○○
le hall, je revois cette
BRIDGE
PROBLÈME N° 2842 :
Désarmement forcé
1
2
3
4
5
6
842
A 10
876
A D 10 6 5
N
O
E
S
RD93
D64
A R 2
R43
7
Contrat : Sud joue 3 Sans-Atout.
8
Entame : 5 de pour le 10 et le
Roi d’Est qui poursuit du 7 de pour l’As du mort (le 2 en Ouest).
9
10
11
12
dame brune qui nous regarde, affolée, et
tend son bébé à ma grand-mère. »
Au fil de ses recherches, la réalisatrice découvre que René a survécu, comme ses deux grands frères : Paul, disparu aujourd’hui, et Jacques, toujours en
vie. Tous les deux, comme plusieurs
autres enfants du 209, reviennent sur le
lieu de leur enfance. L’émotion est intense. Notamment quand Odette Diamant, seule survivante de sa famille,
parle de sa mère à Henry Osman. Ce
dernier avait 5 ans quand sa maman,
avant de se faire déporter, le confia à une association qui s’occupa de
le placer dans une famille non juive. ■
22.20
Par Philippe Cronier www.lebridgeur.com
SOLUTION DU PROBLÈME N° 2841 :
Les deux premières marches
Contrat : Sud joue 3 Sans-Atout.
Entame : 5 de pour la Dame d’Est.
Le début du coup est décisif. Primo, ne respectez pas
la Dame de . L’habitude est mauvaise conseillère.
Ici, vous savez que la couleur est 4-3 (le 5 étant la plus
petite carte du flanc, puisque vous avez le 2, le 3 et le 4).
Une contre-attaque à pourrait s’avérer mortelle
(regardez les quatre jeux : vous devriez duquer deux
tours de et Ouest retournerait aux , joli flanc !).
Secundo, lorsque vous jouez la Dame de et qu’Ouest
fournit le Roi, vous ne devez bien entendu pas céder au
réflexe de couvrir de l’As, vous limiteriez vos plis à trois
levées dans la couleur, blocage oblige. Laissez le Roi
de faire la levée et réclamez neuf levées.
Remarque : si Ouest possède le Roi de quatrième,
il ne doit jamais le produire mais fournir trois fois petit,
condamnant ainsi l’exploitation de la couleur.
Au final, voilà une donne
874
aussi instructive du point
V 10 9
de vue de la défense que
32
du jeu en face du mort !
A9654
RD5
432
V 10 6 5
R83
V 10 9 6
8765
E RD9
72
A32
ARD
A874
D V 10
N
O
S
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mardi 5 juin 2018
LE FIGARO
TÉLÉVISION
MÉTÉO
35
PAR
ÉPHÉMÉRIDE St-Igor
Soleil : Lever 05h48 - Coucher 21h49 - Lune décroissante
19.20 Demain nous appartient. Feuilleton 20.00 Le 20h 20.35 Le 20h le
mag 20.50 C’est Canteloup
19.20 N’oubliez pas les paroles ! Jeu
20.00 20 heures 20.40 Vu 20.45 Alcaline 20.50 Parents mode d’emploi
19.00 19/20 20.00 Tout le sport
20.05 Le journal de Roland-Garros.
Magazine 20.30 Plus belle la vie
21.00
20.55
20.55
Série. Policière
Documentaire. Sport
Série. Policière
19.05 Grey’s Anatomy. Série 20.55
LolyWood. Divertissement.
MATIN
21.00 RRRrrrr !!!
14
Film. Comédie. Fra. 2004. Réal. : Alain
Chabat. 1h40. Avec Marina Foïs.
Deux tribus préhistoriques doivent
faire face au premier crime commis
dans l’histoire de l’Humanité.
50
15
14
16
16
14
18
17
16
14
15
22.50 Fonzy. Film. Comédie 0.50
Chaos. Film. Policier.
17
17
15
17
16
16
17
15
20
L’arme fatale
EU. Saison 2. Avec Clayne Crawford,
Damon Wayans Jr. 2 épisodes. Inédits. Alors que Murtaugh vient d’être
nommé capitaine par intérim, il est
aussitôt confronté à une affaire
d’enlèvement.
22.50 L’arme fatale Série 23.35
Chicago Police Department. Série
1.15 Les experts : Miami. Série.
12 juillet 1998,
le jour parfait
Tandem
Réal. : J.-P. Devillers. 1h29. Inédit.
Ce film propose de faire revivre la
parenthèse enchantée des Bleus
lors du Mondial 98, à travers plusieurs témoignages.
22.25 France 98 : nous nous
sommes tant aimés 23.40 Chroniques de Clichy-Montfermeil
14
16
16
15
17
Fra. Saison 2. Avec Astrid Veillon,
Stéphane Blancafort, Quentin Quignon, Piérick Tournier. 2 épisodes.
Inédits. Le corps d’une femme est
aperçu gisant dans une cavité où ont
lieu des descentes de spéléologie.
20.50 La vérité sur le T-Rex
22.40 Tandem Série. Double jeu
21.40 Extinctions massives, la vie en
péril 22.35 C dans l’air. Mag.
(2/2) 23.40 Soir/3 0.10 Le pitch cinéma 0.15 Le temps des aveux. Film.
16
14
19.00 C à vous 20.00 C à vous, la
suite 20.20 Écho-logis. Série doc.
Doc. Animalier. Réal. : Martin Williams
et Mark Everest. 0h50. Inédit. Une
équipe de paléontologues a entrepris de rétablir la véritable image du
T-Rex, dinosaure mythique.
18
17
15
16
18
17
17
20
17
APRÈS-MIDI
22
40
23
23
18.40 L’info du vrai (C). Magazine
20.40 Canalbis (C) 20.55 Catherine
et Liliane (C). Divertissement.
19.00 Papouasie, un dernier éden.
Documentaire. Le monde terrestre
19.45 Arte journal 20.05 28 minutes
18.40 Chasseurs d’appart’. Jeu 19.45
Le 19.45. Prés. : Xavier de Moulins
20.25 Scènes de ménages. Série.
21.00
20.50
21.00
Film. Biographie
Film TV. Docu-fiction
Téléréalité
27
24
16
18.55 Les Anges 10 - Let’s Celebrate ! 19.55 The Big Bang Theory
25
27
18
21
28
28
24
24
22
20.55 Jumper
Film. Fantastique. EU. 2008. Réal. :
Doug Liman. 1h35. Avec Hayden
Christensen. Le jeune David Rice
se découvre un pouvoir étonnant :
celui de se téléporter.
22
21
25
21
20
26
20
22
19
22.40 Le chaos. Film. Action 0.45 La
neuvième porte. Film. Fantastique.
25
23
27
21
24
16
19
23
22
20
24
19.00 Constructions hors limites.
Téléréalité.
Les figures de l’ombre
EU. 2017. Réal. : T. Melfi. 2h06. Inédit. Avec Taraji P. Henson, Octavia
Spencer, J. Monae. Le destin des
trois scientifiques afro-américaines
qui ont pris part aux recherches menées pour la conquête spatiale.
22.30 Tchi tcha 23.55 Un
sac de billes. Film. Drame 1.40 Ewa.
Film. Drame 3.10 Surprises
Berlin 1936 :
dans les coulisses…
The Island célébrités
… des Jeux olympiques
All. 2016. Réal. : M. Thiel, F. Huber.
1h30. Avec Simon Schwarz, Mateusz
Dopieralski. Une fresque historique
sur la préparation des JO de Berlin.
Prés. : Mike Horn. 1h10. Inédit. Au
matin du 7e jour, Lââm est au plus
mal. Tout le monde s’inquiète pour sa
santé car ses réactions aux piqûres
sont de plus en plus violentes et la
chanteuse a maintenant un œdème.
22.20 Les enfants du 209 rue
23.25 The Island célébrités, les
Saint-Maur, Paris Xe 0.05 L’université de Strasbourg sous le IIIe Reich
secrets de l’île 0.45 Primal Survivor, l’aventurier de l’extrême
22
T (en °c)
20.50 6 juin 44 :
paroles de soldats
<-10 à 0
Série doc. 2014. 2h00. La bataille de
Caen. Après le Débarquement, l’un
des objectifs majeurs des Alliés est
Caen. - La fuite allemande.
22.50 D-Day Normandy 1944. Documentaire 23.30 Été 44. Doc.
19.05 Once Upon a Time. Série. Jasmine et Aladdin - En eaux troubles.
20.55 Mathieu Madénian et Thomas
VDB au bord de la crise de nerfs
19.05 TPMP : première partie 20.10
Touche pas à mon poste !
21.00 90’ enquêtes
21.00 L’héritage de Johnny
Hallyday : que s’est-il…
21.00 Nordahl Lelandais :
dans la tête du prédateur
… vraiment passé ?
Doc. Société. Fra. 2018. 1h50. Inédit.
Depuis février 2018, les membres du
clan Hallyday sont en guerre.
Doc. Société. 2018. 2h20. Inédit. Le
26 août 2018, Maëlys, 8 ans, disparaît au cours d’une fête de mariage.
Un suspect : Nordahl Lelandais.
22.50 Michel Berger, quelques mots
d’amour 0.35 Les 30 ans du Top 50
23.20 Nordahl Lelandais : dans la
tête du prédateur. Débat.
Magazine. Société. Présentation :
Carole Rousseau. 1h20. Inédit. Au
sommaire : Courses-poursuites,
excès de vitesse : les nouveaux
chauffards de Paris.
22.20 90’ enquêtes. Magazine. Présentation : Carole Rousseau.
16/22
16/25
VENDREDI
17/21
17/24
15/21
16/22
20/26
15/22
22.25 Nous York. Film 0.10 Tiny
House : mini-maison à emporter
23/33
18/26
21/29
14/20
16/24
21/29
ATHÈNES
BERLIN
BUDAPEST
LISBONNE
PRAGUE
TUNIS
17/23
14/20
18/25
14/20
13/22
20/29
15/23
13/17
14/20
19/28
JEUDI
16/22
Film. Comédie sentimentale. Fra.
2012. Réal. : S. Lellouche. 1h17. Avec
A. Taglioni, P. Bruel. Une trentenaire,
pharmacienne, assume de moins en
moins son statut de célibataire.
10 à 20 20 à 30 30 à >40
AMSTERDAM
BELGRADE
BRUXELLES
DUBLIN
MADRID
ROME
MERCREDI
21.00 Paris-Manhattan
19.20 Quotidien, première partie.
Talk-show 19.40 Quotidien
21/25
18/23
16/24
15/20
14/20
17/22
ALGER
BARCELONE
BERNE
COPENHAGUE
LONDRES
RABAT
0 à 10
16/21
16/23
16/26
19/23
19/25
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MOTS FLÉCHÉS N°1989
Chaque jour un peu plus difficile
GRILLE 2529 FACILE
ADOUCISSANTE
ORNER
3 9 1
5
8 4
7 8
2 1 3
8
7 4
6
7
5 1
2 3
4 2 8 7
3 6
9 4
9
6 1 2
SALLES
DE PROJECTION
HABILETÉ
FORCE 2
PRÉNOM
C’EST LE
MOMENT
DE PARLER
DIVINITÉ
À ROME
DISSIDENCE
2
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DIPLÔME
ESSIEUX
INTERJECTION
ELLE SUIT
LE LION
DE FAÇON
À SERVIR
présente
BÊTES
D’ATTELAGE
L’UE JADIS
6
2
1
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Volume
17
SIDÉRURGISTE
RIZ INDIEN
PARFUMÉ
PARAI
FRAGILES
QUI EST
MÉLANGÉ
FEMELLES
DE PORCS
ASSEMBLA
SOLIDEMENT
MASSIF
DU VAR
GRAVE
DÉFAUT
FUT EN
TÊTE
D’UN
AUXILIAIRE
FRUIT
LAITEUX
7
SOLUTION DU NUMÉRO PRÉCÉDENT
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N
T
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DÉLAI
MEILLEUR
PORTEUR
QUE
PENSEUR
VAUT
QUELQUE
CHOSE
ENFANT
DU PIRÉE
VILLE
DU 62
L’IRIDIUM
POUR LE
CHIMISTE
MÉGAOCTET
NUL AUX
ÉCHECS
C’EST
DINGUE !
DEUXROUES
SCANDIUM
AU LABO
GROS
TEMPS
C’EST
MAIGRE
RÈGLE
PLATE
N’AVOUE
PAS
RACINGCLUB
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mardi 5 juin 2018 LE FIGARO
36
FRANÇOIS BOUCHON / LE FIGARO
Jérémy Côme, l’art
d’être bien vu
SUCCÈS Le médiatique expert en savoir-vivre aime la lumière
tout en cultivant, loin des flashs, un certain goût pour
la spiritualité. Il vient de publier un guide sur les bonnes manières.
Jean-Baptiste Semerdjian
jbsemerdjian@lefigaro.fr
l est 16 h 50. Dix minutes d’avance. Il faut
attendre. Bonnes manières obligent. Sur le
palier de cet appartement haussmannien,
on entend, de l’autre côté de la porte, le
parquet grincer et quelques bribes de Mon
vieux de Daniel Guichard s’échapper. Dans
son livre sur les bonnes manières, intitulé
L’Art de maîtriser les codes (Michel Lafon),
c’est écrit noir sur blanc : « Ne soyez pas celui que
l’on attend deux plombes. […] L’étiquette impose
d’arriver avec quinze minutes de retard sur l’horaire
convenu (pour une invitation à dîner, NDLR). On
l’appelle “quart d’heure mondain”. » 17 heures. Trêve de bonnes manières. Après l’heure, c’est plus
I
l’heure. Mocassins à glands, chemise à col tunisien
sur-mesure, vacances à Saint-Tropez et iPhone aux
vibrations frénétiques, Jérémy Côme pourrait être le
cliché du parfait mondain parisien aux faux airs de
François Cluzet. « Sous ses airs précieux, il a une incroyable capacité à s’adapter », assure cependant
Vincent Bernard, président France du leader des
call centers, Webhelp, dont Côme fut directeur de la
communication pendant dix ans, il est « aussi à
l’aise avec des patrons du CAC 40 que des condamnées de la prison de Rennes ». Jérémy Côme aime faire le grand écart. Il raconte son enfance en Mayenne, chante ses racines rurales, puis parle des soirées
très chics qu’il organise au Fouquet’s sur les
Champs-Élysées. « C’est un caméléon. Il s’immerge », s’amuse son amie Cécile de Ménibus.
Son dernier week-end fut très cathodique avec le
mariage du prince Harry et Meghan Markle. On l’a
vu sur les plateaux télé commenter et décrypter le
faste British. « Je n’ai fait que des directs ! C’était un
mariage génial ! » La télévision, il en parle beaucoup.
C’est un amour de jeunesse. « Selon mes parents, je
voulais être dans la télé avant même que je ne sache
articuler une phrase. Je veux transmettre et m’amuser, mais sûrement pas être connu ! » Il débute par un
stage chez Bataille et Fontaine, les pionniers de la téléréalité. C’est la télé des années 1990, paillettes,
Audimat et guerre des ego. Habile, notre caméléon
se faufile, s’adapte, sympathise et se vend bien. « Jérémy ne toise jamais. Ni trop, ni pas assez. Il est toujours très bien élevé », renchérit Cécile de Ménibus.
Si bien qu’il devient chroniqueur de sa région dans
une émission de Christine Bravo et installe sa marotte, les bonnes manières. Mais la télé ne lui suffit pas.
En parallèle, Jérémy Côme est responsable pendant
sept ans des dons et legs de la Fondation Hôpitaux de
Paris-Hôpitaux de France, sous la présidence de
Bernadette Chirac. L’occasion de traverser la France
à bord du TGV affrété spécialement. Devenu dircom’
de Webhelp, Côme continue de jongler entre ses
casquettes. Vincent Bernard se souvient : « Il a marqué la boîte. Jérémy présentait même les reportages
“ UN PASSIONNANT PORTRAIT
DE FEMME ”
LE JOURNAL DES FEMMES
Bio
EXPRESS
1974
Naissance à ChâteauGontier (Mayenne).
1994
Est baptisé à l’église
de Château-Gontier.
2002
Représente les Pays
de la Loire dans « Douce
France », sur France 2.
2008
Directeur
de la communication
de Webhelp.
2018
Publie L’Art de maîtriser
les codes (Michel Lafon).
sur la chaîne TV interne. Il apportait partout du liant,
de l’énergie et excellait à organiser des événements. »
Depuis, il a d’ailleurs créé sa propre entreprise
d’évènementiel avec des « copains ».
Comment mâcher un chewing-gum
« Je suis né le 18 avril, le jour de la saint Parfait »,
glousse-t-il. On ne pouvait pas imaginer mieux
pour devenir le héraut des bonnes manières. Sur les
plateaux, dans des magazines et maintenant dans un
livre, Jérémy Côme égrène donc ses conseils avec
pédagogie, sans jamais tomber dans la culpabilisation. Nous sommes loin des coups de fourchette de
Folcoche dans Vipère au poing. « Je dis toujours que
les bonnes manières ne sont pas obligatoires. Elles
sont bonnes à connaître. C’est une chance d’avoir les
codes car ça allège le quotidien. Mon guide est moderne et classique. J’ai enlevé tout ce qui n’est pas d’actualité comme recevoir un prince ou un évêque… »
Dans son guide au ton léger, on apprend à mâcher
un chewing-gum, être « smart à la plage » ou, plus
utile, à « déjouer les radins ». Dans un paysage médiatique saturé d’experts, Jérémy Côme a trouvé sa
niche. Avec intelligence et humour, il s’est installé
comme le trublion qui distribue les bons et mauvais
points. « Je me suis rendu compte qu’il y avait un attrait, que la manière dont je racontais faisait sourire et
permettait de transmettre quelque chose. Et comme ça
devait être ma spécialité, il fallait que je sois le
meilleur. » La nouvelle Nadine de Rothschild !
« Il a aussi un côté people », confie Vincent Bernard. C’est vrai : Jérémy Côme disperse les noms de
célébrités croisées dans sa vie. « Il a compris que la
télé pouvait lui apporter pas mal de choses, sans jamais être opportuniste dans son comportement »,
martèle Cécile de Ménibus qui ajoute : « Son unique
problème, c’est qu’il disparaît quand il a un souci. Il se
cache dans sa tanière. » « Comme je renvoie toujours
l’image du mec qui va bien, on me demande rarement
comment je vais vraiment », soupire-t-il. Sa « tanière » est loin des bonnes manières, des people ou des
soirées au Fouquet’s, mais davantage sur la route de
Compostelle, pèlerinage qu’il réalise en tronçons,
l’été. « C’est un moment de grâce. J’ai hâte. » Mais il
faut attendre. Emploi du temps oblige. ■
UN DERNIER MOT
Par Étienne de Montety
edemontety@lefigaro.fr
Uniforme [u-ni-for-m’] n. m.
Tenue pour qu’une école le soit encore mieux.
es parents d’élèves de la ville de Provins votent pour que leurs enfants
portent un uniforme.
Le mot vient de l’adjectif uniformis : de forme unique. Le sujet est ancien
dans l’Éducation nationale et aussi uniformément exposé que contesté.
Le débat n’est pas encore clos sur cette uniformité : ses adversaires l’accusent
depuis longtemps d’engendrer l’ennui.
Ses partisans répondent qu’au contraire, tous les ennuis de l’école naquirent
un jour de l’uniforme ôté.
De fait, il y a un demi-siècle, il fut massivement abandonné. Aujourd’hui, on dirait :
balance son port.
Mais justement, voilà qu’il revient en faveur, même si son utilité continue de susciter
des questions. Unité jusqu’où ? Par exemple, le tissu de l’uniforme sera-t-il uni ? Et les
formes ? Abolies par l’uniforme ? Souhaitons tout de même que quelques-unes soient
prises, pour apaiser tout le monde. Reste un point, essentiel, au sujet des élèves.
Unis, soit, mais seront-ils mieux formés ? ■
L
FIGARO-CI ... FIGARO-LÀ
Les fonctionnaires se ruent sur la retraite par capitalisation
Est-ce la préparation de la prochaine réforme des retraites qui rend
les fonctionnaires plus sensibles à ces questions ? Entre janvier et mai, le nombre
des affiliations au régime Préfon a augmenté de 30 %, comparé à la même période
de 2017. Et ce bien que, dans le cadre du prélèvement à la source, 2018 soit une
année blanche, ce qui est défavorable aux cotisations facultatives pour la retraite.
Ironie de l’affaire, Préfon (Caisse nationale de prévoyance de la fonction publique
selon son nom officiel) est un régime de retraite complémentaire facultatif, réservé
aux fonctionnaires, qui fonctionne par capitalisation, comme les fonds de pension.
Il a été créé en 1964, notamment par la CFDT, la CFTC, FO et la CFE-CGC, et gère
16 milliards d’euros d’actifs. L’âge moyen des nouveaux affiliés est de 40 ans, 67 %
d’entre eux sont des fonctionnaires des catégories C ou B (la catégorie A étant
la plus haute) et 70 % habitent en dehors de la région parisienne.
A
À Paris, le Théâtre de Poche rejoue Mai 68
Jusqu’au 11 juillet, le journaliste Christophe Barbier propose, avec Philippe Val,
Emmanuelle Goizé et Sylvain Katan, ainsi que Vincent Prezioso au piano,
une « fantaisie musicale et idéologique », intitulée Cabaret Mai 68. Tous les mardis
et mercredis, ils jettent des pavés dans la mare, entonnent des hymnes
révolutionnaires, arrosent joyeusement l’amour de la politique et le goût de la
polémique. Les accords de Grenelle, la rue Gay-Lussac, Dany le Rouge, tout y passe.
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mardi 5 juin 2018 LE FIGARO - N° 22 958 - Cahier N° 4 - Ne peut être vendu séparément - www.lefigaro.fr
ÉDITORIAL
Sous toutes
les coutures
PORTUGAL
LES CENTRES COMMERCIAUX
VEULENT DEVENIR DE
NOUVEAUX LIEUX DE VIE PAGE 6
MONTPELLIER
CE QUI SÉDUIT LES
FRANÇAIS QUI PARTENT
EN ALGARVE PAGE 5
URBANISME
NANTES
Montpellier, Nantes et Rennes arrivent cette année en tête de notre
palmarès des villes les plus dynamiques. Notre enquête.
CAROLE PAPAZIAN
RENNES
➜
Le prochain numéro
du Figaro immobilier
paraîtra le 11 septembre
Un pôle de vie de 100 000m2 en bordure de l’A8, à l’entrée de Sophia
Antipolis, bénéiciant d’une architecture et d’une écologie exceptionnelles.
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Investissement locatif :
où faut-il acheter ?
ever le nez au plafond
pour admirer les moulures ou scruter d’éventuels dégâts des eaux, tendre
l’oreille (à diverses heures) pour
prendre la mesure d’une ventilation bruyante ou se détendre
en écoutant le chant des
oiseaux, humer l’air, toucher
les portes, les vieilles pierres, les
enduits tout neufs et faire claquer ses talons sur le sol… Visiter un appartement ou une maison est une expérience
sensorielle. Ne faites pas l’impasse parce qu’il s’agit d’un investissement locatif et non de
votre résidence principale, la
pierre n’est pas un produit financier, elle obéit à d’autres règles. Le choix d’un emplacement doit donc réveiller le
Sherlock Holmes qui sommeille
en nous. Avant de savoir où jeter son dévolu, l’investisseur
raisonnable flânera dans le
quartier où il songe à investir,
interrogera
des
La fiscalité
agences
de la pierre
immobiest un
lières locaélément à
les et se
bien prendre
baladera
en compte
sur la Toile
pour se faire une idée
juste
des
loyers,
des
programmes en
cours de lancement et de l’offre locative
concurrente.
Choisir un appartement ou une
maison que l’on louera pour se
constituer un patrimoine, préparer sa retraite et arrondir ses
revenus ne s’improvise pas,
c’est une petite étude de marché qui est alors de mise. Même
si les taux toujours bas des crédits
immobiliers
rendent
l’achat plus facile, investir dans
la pierre exige un minimum de
précautions. D’autant que la
fiscalité immobilière n’évolue
pas dans le bon sens. Ce moisci, notre dossier vous aidera à
faire vos premiers pas d’investisseur ou à étoffer votre patrimoine : Le Figaro a comparé,
comme il le fait depuis sept ans,
la réalité économique et immobilière des trente plus grandes
villes françaises, et vous livre le
palmarès des plus prometteuses. À chacun ensuite, de poursuivre l’enquête en comparant
neuf et ancien, quartiers, transports et rentabilité.
L
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mardi 5 juin 2018 LE FIGARO
DOSSIER
2
ÉVOLUTION DU NOMBRE
DE LOGEMENTS NEUFS…
… autorisés
… commencés
495 085
500 000
417 947
422 857
400 000
354 421
300 000
avril 2009
avril 2018
Source : SDES, Sit@del2,
1,55 %
Le taux moyen
pour
un crédit immobilier
sur 20 ans (en mai)
Sur 15 ans, compter
1,35 % et
1,75 % sur 25 ans
Source : Vousfinancer
VENTES DE LOGEMENTS
DANS L’ANCIEN
965 000
900
800
700
600 000
500
avril 2009
avril 2018
A
Source : CGEDD d'après DGFiP (MEDOC) sur bases notariales
Les villes les plus attractives pour
Démographie, prix,
loyers, emploi…
notre palmarès
vous révèle
les métropoles
les mieux placées
pour réussir votre
investissement
locatif.
L’immobilier reste un des placements
préférés des Français. Un de ceux sur lesquels ils comptent pour préparer leur retraite et se constituer un patrimoine. Mais
une fois la décision d’investir dans la
pierre prise, dans le neuf ou dans l’ancien, se pose la question de l’endroit où
prospecter. Où investir ? Dans quelle ville ? Le choix n’est pas simple. Pour vous
aider, Le Figaro a élaboré un palmarès en
prenant en compte des données économiques et des critères immobiliers. Un
tableau de bord qui vous permet de comparer le dynamisme des grandes villes
françaises et leur attractivité immobilière. Notre classement s’appuie sur des indicateurs économiques comme l’évolution de la démographie, l’emploi,
l’importance et le dynamisme de la demande étudiante, mais aussi les critères
immobiliers (évolution des prix d’acquisition dans l’ancien, dans le neuf, prix des
loyers d’un studio, d’un deux-pièces,
part des investisseurs dans le neuf). Neuf
critères ont été passés en revue dans les
30 principales villes de France (à chaque
fois la ville la plus performante gagne
1 point, la deuxième 2… la trentième 30).
Les données immobilières ont été pondérées pour leur accorder plus de poids
(coefficient 4 pour les prix dans le neuf,
coefficient 2 pour la part des investisseurs
dans le neuf ; les prix dans l’ancien et
Top 10 des villes où investir en 2018*
ÉVOLUTION ANNUELLE
PRIX M²
ANCIEN
PRIX M²
NEUF
1 Montpellier
2 550 € 17 e
+2%
4 180 € 14 e
+ 1,9 %
17,90 €/m²10e
+ 3,1 %
13,10 €/m² 4e
+2%
+ 7,88 %
2 Nantes
2 710 € 28 e
+ 6,1 %
4 160 € 7 e
- 0,6 %
16,10 €/m² 14e
+2%
11,30 €/m² 14e
- 0,3 %
+ 6,46 %
3 Rennes
2 400 € 16 e
+ 1,9 %
3 830 € 8 e
- 0,5 %
15,70 €/m² 22e
- 4,1 %
11,30 €/m² 20e
- 4,4 %
+ 3,9 %
4 Tours
2 100 € 11 e
+ 0,9 %
3 280 € 13 e
+ 1,1 %
14,20 €/m² 13e
+ 2,1 %
10,70 €/m² 16e
- 0,1 %
+ 1,06 %
5 Toulouse
2 600 € 23e
+ 3,8 %
3 930 €
+ 3,7 %
17e
16,60 €/m² 4e
+ 5,5 %
11,50 €/m² 18e
- 1,1 %
+ 6,82 %
6 Angers
1 810 € 24 e
+ 4,4 %
3 200 €
+ 0,1 %
e
12,80 €/m² 21e
- 1,5 %
10 €/m² 12e
+ 0,4 %
+ 2,68 %
Nice
3 610 € 19 e
+ 2,2 %
5 350 €
+ 5,3 %
e
18,90 €/m² 16e
+ 1,3 %
15,20 €/m² 15e
- 0,1 %
- 0,23 %
8 Marseille
2 300 € 20 e
+ 2,3 %
3 710 €
- 3,1 %
15 €/m²
- 0,1 %
e
12,80 €/m² 19e
- 1,3 %
+ 1,28 %
9 Lyon
3 570 € 26 e
+ 5,7 %
5 130 € 25e
+ 8,8 %
16,30 €/m² 14e
+2%
12,70 €/m² 8e
+ 1,3 %
+ 5,97 %
3 630 € 30 e
+ 11,7 %
4 290 € 26e
+ 10,2 %
12,60 €/m² 17e
-0,9 %
+ 4,4 %
ÉVOLUTION SUR 5 ANS
7
10 Bordeaux
LOYER
STUDIO
11
19
e
3
17 €/m²
+ 1,3 %
20
LOYER
2 PIÈCES
16e
Sources : Insee 2010/2015, ministère de l’Éducation, 2015/2016, FPI/Perval/notaires, Perval/notaires, Clameur, Fédération des promoteurs immobiliers – FPI - Oréal, UNPI
l’évolution de la taxe foncière). Avec cette formule, les villes qui totalisent le
moins de points sont les mieux classées
(lire ci-dessus).
Cette année, c’est Montpellier qui arrive
en tête du classement. Déjà sur le podium
en 2017, la ville de l’Hérault s’impose cette
fois-ci devant Nantes et Rennes. Montpellier, ville étudiante à forte poussée démographique, a des atouts pour l’investisseur
grâce à la résistance des prix (2 550 €/m²
en moyenne selon les notaires), la forte
demande locative et des projets porteurs.
Nantes et Rennes figurent aussi sur le podium. Ce qui n’est plus le cas de Bordeaux.
Victime de son succès, la ville se place en
10e position alors qu’elle était régulière-
ment dans le top 3 annuel. La flambée des
prix (près de 25 % en deux ans selon les
notaires) doit tempérer l’appétit des investisseurs même si la métropole bordelaise poursuit sa mue et dispose de solides
atouts. Nouveauté, Angers intègre le top
10. La cité d’Anjou fait partie de ces villes
« bon marché » (à moins de 2 000 €/m²)
qui fourmillent de projets d’aménagements urbains et qu’il faut suivre.
Alors que les prix remontent depuis
deux ans dans la plupart des grandes villes sur fond de crédits immobiliers toujours attractifs (1,47 % en moyenne toutes
durées
confondues
selon
l’Observatoire Crédit Logement), investir dans la pierre a du sens pour qui désire
un pôle d’attraction
sur l’Arc atlantique
Avec son emblématique place
de la Comédie, ses ruelles
médiévales, ses 5 millions
de touristes par an, Montpellier,
qui se hisse cette année en tête
de notre palmarès, est une
métropole innovante dotée
d’un marché immobilier porteur.
Dynamisme économique, diversité
des filières universitaires,
foisonnement culturel, cadre
de vie… Des atouts que la ville
combine avec une situation
géographique stratégique entre
Barcelone et Marseille, lui
permettant d’attirer chaque année
des milliers de salariés
et d’étudiants. L’un des grands
défis de la Métropole est
de répondre à la poussée
démographique (6 200 nouveaux
habitants par an). Avec un prix
moyen affiché à l’échelle de la ville
de 2 550 €/m2 selon les notaires,
les valeurs ont plutôt bien résisté
dans l’ancien (+ 2 % en un an).
Même chose dans le neuf où les
prix se situent au-dessus
des 4 000 €/m2 (+ 1,9 % en un an).
Preuve de l’engouement, la part
des investisseurs à Montpellier est
très importante. Elle représente
71 % des acquisitions dans le neuf.
« Un tiers des investisseurs
viennent d’Île-de-France »,
précise Norbert Bachevalier,
président de la Fnaim Hérault.
Au sud-est de la ville,
sur 400 hectares, Port-Marianne
est un des quartiers les plus
attractifs, où des bureaux,
des commerces, des équipements
publics et près de 2 000 logements
sont livrés ou en cours
de construction.
Au sud de la nouvelle mairie,
un 3-pièces à 240 000 € avec
un loyer de 1 100 € offre
une rentabilité brute autour de 5 %.
Le développement des projets
urbains comme baptisé Grand
Cœur (800 ha), dans le centre-ville,
joue un rôle stimulant sur l’ancien.
À la deuxième place de notre
palmarès, la capitale des ducs
de Bretagne est considérée,
à juste titre, comme une ville très
dynamique. Nantes bénéficie
de l’attractivité de l’Arc
atlantique et sa vitalité
économique
et démographique (Nantes
Métropole comptera
100 000 habitants
supplémentaires à l’horizon
2030, selon l’Insee) rejaillit sur
son marché immobilier. « Le
dynamisme économique
de la ville favorise le marché
des investisseurs, qui sont de
plus en plus nombreux », précise
Grégoire Mitry, notaire à Nantes.
Si les prix progressent
dans l’ancien (2 710 €/m²
en moyenne), les valeurs sont
aussi en hausse à la location
pour les studios (16,10 €/m²).
« Les quartiers les plus prisés
demeurent le centre-ville
et les secteurs situés à proximité
immédiate », ajoute-t-il.
Les rentabilités brutes dans le
centre sont de l’ordre de 4 à 5 %.
« À Nantes, un investisseur
peut trouver son bonheur
avec un appartement
à rénover et il y en a pour
tousles budgets », estime
Vincent Chauveau, président
du réseau immobilier.notaires.
Hauts-Pavés, Saint-Félix, SaintPasquier sont des quartiers
appréciés pour leur facilité
d’accès au pôle universitaire
et aux grandes écoles. L’achat
d’un studio ou d’un 2-pièces
y assure une rentabilité de 5 %.
Idem à Procé, Canclaux, Mellinet,
quartiers que convoitent
les jeunes couples et les familles.
Un 2-pièces de 35 m² acquis
90 000 € et loué 450 €/mois,
rapporte 6 % bruts. Dans le neuf,
pour trouver de bons
rendements,
il ne faut pas hésiter à prospecter
L. D. ET O. M.
2
3e
7e
17e
2e
10e
22e
16e
4e
6e
+ 6,45 %
2e
+ 5,9 %
5e
+ 4,9 %
7e
+ 0,5 %
20e
+ 6,4 %
3e
-0,56 %
23e
+0,9 %
18e
+ 2,9 %
10e
+ 4,7 %
8e
+ 5,86 %
6e
*Parmi les 30 plus grandes villes de France
Dossier réalisé par Laurent Duguet,
Jean-Bernard Litzler, Olivier Marin
et Carole Papazian
Nantes, en pointe Rennes,
les nouveaux programmes situés
en périphérie. « Orvault, SaintHerblain, Sainte-Luce, au nord,
mais aussi Rezé, au sud,
bénéficient de tous les services
et les transports en commun »,
indique Alain Riguidel, président
de la FPI Loire-Atlantique.
Les opérations d’urbanisme
se multiplient : le pôle d’affaires
Euronantes totalisera à terme,
d’ici à 2020, de 600,000 m²
de bureaux. L’île de Nantes
disposera quant à elle en 2026
du nouveau CHU avec campus
universitaire et laboratoire
de recherche. À la Beaujoire,
le futur stade YelloPark
(40 000 places) doit accueillir
des rencontres lors de la Coupe
du monde de rugby de 2023
et des JO de 2024. La reconquête
des bords de Loire est en cours
avec notamment le projet
d’implanter une plage et une
piscine au bassin Saint-Félix.
Le cœur de ville pourrait
littéralement se transformer
sur 4 kilomètres dans les quinze
prochaines années.
« La dynamique immobilière
devrait se poursuivre. Les délais
de vente ne cessent de se
réduire et nous ne sommes pas
sur un marché spéculatif »,
considère Grégoire Mitry. Avec la
production de 6 000 nouveaux
logements par an, Nantes doit
répondre à une demande
croissante. Autre symbole de
séduction, la nouvelle gare de
Nantes, confiée à l’architecte
Rudy Ricciotti (Mucem à
Marseille), prévoit une canopée
au-dessus des voies et de
nombreux espaces
d’aménagements. Livrée en
2020, cette gare revisitée sur
4 000 m² doit accueillir en 2030
25 millions de passagers, deux
fois plus qu’aujourd’hui. Des
atouts de choix pour ceux qui
veulent investir. O. M.
1er
EMPLOI
un complément de revenus ou préparer
sa retraite. Ce n’est pas une raison pour
investir les yeux fermés. Il faut toujours
privilégier l’emplacement, évaluer la
qualité du bien et étudier le marché local
à la loupe. L’important est de bien préparer son projet en amont, tout en mesurant
les conséquences en cas de revente.
Quelle que soit votre stratégie (recherche
de rendement immédiat ou placement à
moyen, long terme), gardez toujours en
tête que vous n’achetez pas un produit,
mais un logement. ■
Montpellier,
Ainsi, sur la Comédie, un 4-pièces
vendu 270 000 € se loue 1 100 €.
« Avec le lancement du quartier
Nouveau Saint-Roch, le secteur
gare-Comédie est de plus en plus
convoité », ajoute-t-il. Si une
partie de la population étudiante
(7e pôle universitaire de France)
s’oriente vers la colocation dans
les quartiers sud, les petites
surfaces restent attractives
dans le nord : route de Ganges,
on peut trouver un studio
pour 55 000 à 60 000 €, avec
un loyer de 450/500 €. Côté
ouest, les ZAC Ovalie et Grisette
affichent des prix inférieurs
d’environ 15 % à la revente par
rapport au quartier Port-Marianne.
Un 3-pièces se vend entre
200 000 et 220 000 € pour
un loyer compris entre
980 et 1 000 €/mois. La ville
se transforme aussi à l’est avec
les 1 800 nouveaux logements
de la ZAC République et le quartier
Cambacérès, proche de la nouvelle
gare TGV, qui verra d’ici à deux ans
la réalisation d’une partie
des 2 500 logements prévus,
de bureaux, d’écoles mais aussi
d’une Halle numérique, emblème
de la French Tech. Montpellier
attire déjà 7 500 chercheurs,
70 000 étudiants et va héberger
à terme 500 start-up à proximité
de la gare. Montpellier innove aussi
avec une architecture hors du
commun à l’image de L’Arbre
Blanc, l’un des projets immobiliers
les plus ambitieux de ce type
en France, qui se dresse tel
un immense arbre au cœur
de la ville, avec 120 appartements,
93 balcons suspendus
et des dizaines d’ombrières, en
bord du Lez sur 56 m de hauteur.
« Ici, l’investisseur bénéficie non
seulement de la zone A mais aussi
d’une qualité architecturale rare »,
souligne Xavier Bringer, président
de la FPI Occitanie-Méditerranée.
DÉMOGRAPHIE
en pleine transformation
Rennes se transforme.
La ville est en chantier comme
en témoignent les 84 grues
qui s’élèvent dans le ciel.
Les aménagements touchent
plusieurs secteurs. Le quartier
EuroRennes, avec la nouvelle
gare, symbolise le lieu où se
connectent la cité historique
et la ville moderne,
dont le centre se déploie
progressivement
sur 58 hectares. Cité
internationale, Centre des
congrès, ligne à grande vitesse
qui relie désormais Paris
en 1 h 25, nouvelle gare,
seconde ligne de métro qui
verra le jour en 2020,
sans oublier l’émergence
de nouveaux quartiers… Tous
ces grands projets contribuent
à renforcer le rayonnement de
la métropole.
Fort de solides critères
économiques (progression
de l’emploi, démographie,
nombre d’étudiants), Rennes
dispose de bons indicateurs
immobiliers. Dans l’ancien,
les prix restent contenus
(+ 1,9 % sur un an à 2 400 €/m²
en moyenne selon les notaires).
Si le loyer moyen est
de 15, 70 €/m² pour un studio
selon l’observatoire Clameur,
les investisseurs peuvent être
rassurés : la carence locative
est rare dans cette ville
étudiante. Dans le neuf, les prix
se stabilisent (3 800 €/m² en
moyenne). Rennes, avec près
de 1 580 ventes, et sa
périphérie, avec 1 210 ventes,
ont été, en 2017, les territoires
les plus actifs, représentant
au total plus de la moitié
des ventes enregistrées
en Bretagne, souligne
l’observatoire Oréal Bretagne.
Nicolas Verpeaux, le président
de la FPI Bretagne, est
catégorique : « Nous avons
3
la chance d’avoir un marché
sain et porteur. La rentabilité
locative tourne autour
de 3 à 3,5 % avec des prix
qui restent raisonnables dans
le neuf comme dans l’ancien. »
Et dans les communes
périphériques, les rentabilités
sont un peu supérieures.
Le bassin rennais a bénéficié
de l’arrivée de la LGV
en juillet 2017 qui a renforcé
l’attrait de la ville notamment
auprès des investisseurs,
confirme Maître Geoffroy
Emonnet, notaire à Betton
(1re couronne rennaise).
« Malgré cette pression
de la demande, les prix restent
relativement stables sur la ville
avec, comme toujours,
des disparités selon les
quartiers. Les plus prisés sont
ceux situés à proximité de la
gare. La première couronne
bénéficie de la dynamique de
Rennes. Saint-Grégoire, située
sur l’axe Rennes-Saint-Malo,
et qui offre de grandes maisons
avec jardin, demeure
la commune la plus prisée
de la couronne. »
Quant aux perspectives,
elles s’annoncent favorables.
Le début de l’année est
dynamique et les acquéreurs
sont toujours présents.
« De nouveaux biens sont mis
en vente, ce qui donne du
souffle au marché », soulignet-il.
Cette ville en mouvement
de 215 000 habitants
et 420 000 pour la métropole,
avec 4 400 nouveaux
logements par an dont la moitié
de logements aidés, a une
population jeune – un tiers est
âgé de moins de 30 ans. Avec
le foisonnement de projets
d’aménagements à l’horizon
2030, Rennes est résolument
tournée vers l’avenir !
O. M.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mardi 5 juin 2018
DOSSIER
les investisseurs
+ 1,8 %
14e
+ 6,79 %
4e
+ 3,7 %
3e
+ 20,75 %
71 % 5e
70 %6e
28e
+ 1,4 %
15e
+ 11,33 %
63 %
11e
+ 3,4 %
5e
+ 11,91 %
9e
74 % 2e
13e
+ 1,9 %
13e
+ 17,28 %
74 % 3e
22e
+2%
11e
+ 11,7 %
63 % 10e
12e
+2%
11e
+ 6,51 %
16e
2e
+0%
21e
52 %
+ 14,55 %
19e
+ 3,5 %
4e
20e
43 %
+ 19,21 %
27e
+3%
8e
PART DES
INVESTISSEURS
TAXE FONCIÈRE DANS LE NEUF
17e
51 %
+ 17,44 %
59 %
23e
13e
Infographie
Montpellier, Nantes et Rennes
(de haut en bas) cumulent
le plus d’atouts pour séduire
les investisseurs.
PICTURES NEWS/STOCK.ADOBE.COM,
ALTITUDEDRONE/STOCK.ADOBE.COM,
43929969/MARUGOD83/STOCK.ADOBE.COM
QUESTIONS
D’IMMOBILIER AVEC
Dispositif Pinel : trouvez
un locataire… et gardez- le !
Dans ses grandes lignes, le dispositif Pinel est
très simple : vous achetez un logement neuf que
vous vous engagez à louer pour 6, 9 ou 12 ans, et
vous récupérez jusqu’à 21 % de votre investissement sous la forme d’une réduction d’impôt étalée dans le temps. Comme toujours, en matière
de défiscalisation, il y a des « si » et des
« mais », des conditions qui doivent être respectées à la lettre et ce, pendant toute la durée de
l’engagement de location, sous peine d’un douloureux redressement fiscal. Pas si simple… Voici
trois situations qui peuvent tourner à l’aigre.
1
Le locataire part prématurément
Pour bénéficier du dispositif Pinel, vous
devez trouver un locataire « Pinel compatible » dans les 12 mois suivant l’acquisition du logement. Un délai suffisant sur un marché équilibré, moins si celui-ci est plus offreur
que demandeur. Une fois en place, vous devez le
conserver, ou le remplacer au plus vite. Car dès
son départ, votre engagement de location n’est
plus respecté. Réaliste, le fisc admet un délai de
vacance entre deux locataires qui peut aller jusqu’à 12 mois. Mais vous n’en bénéficierez que si
vous prouvez que vous avez accompli, durant
cette période, les démarches nécessaires pour
relouer et que votre loyer n’est pas dissuasif. Ne
tardez pas !
2
Il a signé le bail, mais ce n’est plus lui
qui habite les lieux
Vous avez consenti un bail d’habitation,
non meublé, conforme à la loi du 6 juillet
1989 et vous êtes persuadé d’avoir rempli vos
obligations. Erreur qui peut s’avérer fatale. Il ne
suffit pas de conclure un bail à usage de résidence principale (1). Encore faut-il s’assurer que tel
sera l’usage effectif du logement. Une exigence
posée par le Conseil d’État (2) à l’époque du dispositif Robien, confirmée récemment par la cour
administrative d’appel de Lyon (3) : le simple fait
que le logement ne soit pas effectivement utilisé
comme résidence principale suffit pour que
l’avantage fiscal soit remis en cause, même si le
propriétaire n’a commis ni faute ni négligence.
Difficile de vérifier s’il habite bien sur place, sur-
tout si logement se situe à des centaines de kilomètres de votre domicile… Pourtant, vous pouvez et devez prendre des garanties : insérez dans
le bail une clause précisant que le locataire doit
faire du logement sa résidence principale, qu’il
s’agit d’une condition essentielle du bail du fait
de vos contraintes fiscales et que s’il y contrevient, le bail sera résilié et qu’il vous devra réparation. Exigez qu’il vous envoie chaque année
une attestation d’occupation, ainsi qu’un justificatif, par exemple sa déclaration d’impôt.
Si vous n’avez pas pris cette précaution, il n’est
pas trop tard. Réclamez à votre locataire un justificatif de domicile et en cas de doute avéré,
n’hésitez pas à faire dresser un constat d’huissier. Vous pourrez ainsi prouver le non-respect
par le locataire de son obligation d’user des locaux suivant la destination qui leur a été donnée
par le bail, c’est-à-dire comme résidence principale. Ce qui le prive de la protection de la loi du
6 juillet 1989 et justifie la résiliation du bail (4).
Vos chances d’obtenir gain de cause ? Sachez que
les juges ont déjà ordonné à des locataires ayant
délibérément violé leur obligation d’occupation
effective du logement de payer au propriétaire
victime d’un redressement fiscal une réparation
en espèces sonnantes et trébuchantes (5).
3
Les revenus de votre locataire
ont augmenté
Il n’est pas exceptionnel qu’au cours de
6, 9 ou 12 ans d’engagement, les ressources du locataire en place dépassent les plafonds Pinel. Sur ce point, le fisc se montre souple : il suffit qu’elles soient conformes aux
plafonds à la conclusion du bail initial et lors
d’un changement de locataire. Mais en cours de
bail, elles peuvent évoluer sans que cela remette
en cause l’application du dispositif.
(1) La résidence principale est le logement occupé au moins 8 mois par an par le locataire (art. 2
de la loi du 6 juillet 1989)
(2) CE, 20 octobre 2016, n° 390790
(3) CAA Lyon, 31 août 2017, n°16LY00099
(4) Civ. 3e, 21 mars 2007, n° 06-11843
(5) CA Paris, 7 octobre 2014, n° 13/01560
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3
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 5 juin 2018 LE FIGARO
4
IMMOBILIER
Locations
touristiques :
les règles
à respecter
Si vous envisagez
de louer votre
résidence principale,
vous ne pouvez pas
dépasser 120 jours
de location par an.
SHUTTERSTOCK
formes leur numéro fiscal dans le cadre
de la transmission automatique des revenus des utilisateurs au fisc. À cette date,
la collecte de la taxe de séjour par les plateformes sera aussi généralisée à l’ensemble du territoire. Cette taxe sera
comprise entre 1 % et 5 % du coût hors
taxe de la nuitée par personne. Les communes fixeront leur propre taux.
Le gouvernement va renforcer
les sanctions contre les propriétaires
trop gourmands.
Airbnb « pistera » les 120 jours
Autre nouveauté : jusque-là, seuls les
propriétaires étaient pénalisés. À l’avenir, les plateformes de locations le seront
également si elles ne suppriment pas les
annonces ne comportant pas de numéro
d’enregistrement. La sanction prévue
par le projet de loi logement (Elan) est
comprise entre 10 000 et 50 000 euros.
À ce jour, l’obligation de s’enregistrer
auprès de la mairie est loin d’être respec-
GUILLAUME ERRARD £@GuillaumeErrard
LOGEMENT L’été approche et vous envisagez peut-être de louer votre logement
avant de vous rendre sur votre lieu de
villégiature. Une stratégie qui peut vous
permettre de financer une partie de vos
vacances, à condition de bien connaître
les limites à ne pas dépasser. Les sanctions contre les propriétaires et les plateformes d’hébergement ne respectant pas
pleinement la loi ont en effet été renforcées. Si vous envisagez de louer votre résidence principale, vous ne pouvez pas
dépasser la durée maximale de 120 jours
par an, comme le stipule le Code du tourisme. N’oubliez pas également que si
vous êtes locataire, vous devez demander l’autorisation de votre propriétaire.
Par ailleurs, dans certaines villes (Paris, Bordeaux et Lyon), les propriétaires
doivent être enregistrés auprès de leur
mairie. Jusqu’à aujourd’hui, la sanction
prévue est de 450 euros. Elle devrait être
beaucoup plus importante si le projet de
loi logement (Elan) est adopté d’ici à la fin
de l’été, comme l’espère le gouvernement. Le texte est actuellement en cours
d’examen par les députés. Les propriétaires qui louent trop souvent leur bien
s’exposent à une sanction financière
comprise entre 5 000 et 10 000 euros.
10 000 €
C’est la sanction maximale
prévue pour
les propriétaires publiant
des annonces
illégales.
tée par les particuliers. À Paris, où la mesure est entrée en vigueur le 1er décembre
dernier, environ 15 % des propriétaires
(sur un total de 100 000 offres de locations saisonnières) louant leur logement
se sont exécutés. Un chiffre quasi identi-
que à celui affiché par Bordeaux où l’obligation est effective depuis le 1er mars
2018. Selon nos informations, la ville ne
compte en effet qu’à peine 1 400 inscrits
pour une offre locative comprise entre
9 000 et 12 000 logements.
Si le projet de loi Elan est adopté par
les députés, bon nombre de loueurs
chercheront probablement à se mettre
IS361vm
en règle. « Certains pourraient aussi
être tentés de se tourner vers des sites ou
des réseaux sociaux non contrôlés comme Facebook », craint toutefois Timothée de Roux, président de l’Union nationale pour la promotion de la location
de vacances.
Enfin, c’est début 2019 que les propriétaires devront communiquer aux plate-
L’envolée des locations touristiques dans
les grandes villes a suscité de vives réactions des mairies. Pour préserver leur
image et leur activité, les plateformes
promettent de jouer le jeu. Depuis le
1er janvier, Airbnb a déjà mis en place une
limite automatique afin d’empêcher les
propriétaires de dépasser la durée légale
de 120 jours par an.
Concrètement, dès qu’un bailleur atteint ce seuil, il reçoit une alerte l’informant qu’il ne peut plus accepter de réservation pour cette offre. Cette mesure
ne concerne, pour l’instant, que les quatre premiers arrondissements de Paris où
la plateforme a constaté des « excès ».
Elle pourrait être élargie. Airbnb et
d’autres acteurs du secteur (Abritel-HomeAway, LeBonCoin, TripAdvisor) sont
en effet prêts à s’engager à appliquer cette limite automatique à toutes les résidences principales en France. Les plateformes envisagent aussi de transférer des
informations aux mairies pour les aider à
identifier notamment les propriétaires
qui cumulent des réservations sur plusieurs d’entre elles et dépassent ainsi les
120 jours autorisés.
Ceux qui louent plus de quatre mois
par an leur résidence principale et qui
habitent à Paris et en petite couronne ou
dans une commune de plus de 200 000
habitants sont déjà passibles de fortes
sanctions. L’amende peut atteindre
50 000 euros par logement et l’astreinte
1 000 euros par jour et par m2 ! ■
L’immobilier, nouvelle
vache à lait pour le fisc ?
Plusieurs options sont envisagées
pour financer la suppression
de la taxe d’habitation.
MARIE BARTNIK £@mariebartnik
G0283vm
PROVENCE
WHERE ELSE ?
La suppression d’ici à 2021 de la taxe d’habitation pour la totalité des Français devrait coûter 10 milliards d’euros. Pour la financer, l’exécutif envisage plusieurs
pistes, pour certaines d’ores et déjà confirmées, qui pèseront sur une fiscalité immobilière déjà lourde.
*
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6 AGENCES ENTRE TERRE ET MER,
DU MONT VENTOUX À LA BAIE DE ST TROPEZ
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83310 Grimaud
Tél +33 (0)4 94 44 10 44
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Tél +33 (0)4 90 41 82 40
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*Direction la Provence !
u
La taxe d’habitation
sur les résidences secondaires
devrait être maintenue
La taxe d’habitation sera supprimée pour
la totalité des Français… sur leur résidence
principale. A contrario, le gouvernement
s’est prononcé pour son maintien sur les
résidences secondaires. « L’arbitrage définitif viendra, mais je ne vois pas comment on
pourrait justifier qu’on supprime la taxe
d’habitation sur les résidences secondaires », a déclaré Bruno Le Maire, le ministre
de l’Économie, le 20 mai dernier.
Trois millions et demi de foyers fiscaux
font entrer quelque 2,5 milliards d’euros
de taxe d’habitation au titre de leur(s) résidence(s) secondaire(s). Une ressource
précieuse. En taxant ces ménages dont le
revenu est plus élevé que la moyenne, le
gouvernement répond en prime au reproche lancinant qui lui est fait de favoriser les
plus aisés.
Ce n’est pas la première fois que les résidences secondaires sont mises à contribution. Depuis 2014, les maires peuvent instaurer une surtaxe sur la part communale
de la taxe d’habitation, pour lutter contre
les locations saisonnières de type Airbnb.
Une option que la loi de finances pour 2017
a renforcée : la majoration peut désormais
grimper jusqu’à 60 %, et touche de fait
tous les propriétaires de résidence secondaire, qu’ils louent ou non leur bien. De
nombreux maires ont déjà saisi cette opportunité. Ainsi de Paris, Bordeaux, SaintJean-de-Luz ou encore Nice.
hausse des frais de notaire ?
u Une
Cette possibilité a été offerte aux dépar-
tements par Édouard Philippe, le premier
ministre, pour accroître leurs ressources.
Le taux départemental des droits de mutation à titre onéreux (DMTO), communément appelés « frais de notaire », pourrait
atteindre 4,7 % l’année prochaine, contre
4,5 % aujourd’hui. La mesure permettrait
d’engranger 500 millions d’euros. En 2014
déjà, les départements avaient obtenu la
possibilité de relever ce plafond de 3,8 % à
4,5 %, et presque tous avaient saisi cette
opportunité. Au total, droits de mutation
et frais de notaire pourraient donc représenter 6,8 % du prix d’achat, contre 6,6 %
actuellement. Ce qui représente quelque
400 euros de plus à débourser pour un
achat immobilier de 200 000 euros. « Par
rapport à 2014, la hausse atteint près de 1 %,
soit tout de même 1 800 euros », pointe le
courtier Vousfinancer.
une augmentation
u Vers
de la taxe foncière
C’est l’une des craintes des propriétaires,
étayée par un récent rapport sur la fiscalité locale. Après la suppression de la taxe
d’habitation, la taxe foncière pourrait devenir le levier privilégié des maires pour
trouver de l’argent frais, selon l’un des
deux scénarios esquissés par le rapport.
Au risque de faire peser une lourde charge fiscale sur les bailleurs et les propriétaires de résidences secondaires qui ne
votent pas dans la commune et ne peuvent donc peser sur l’évolution de sa fiscalité. Raison pour laquelle il préconise
dans cette hypothèse de plafonner le taux
de taxe foncière à 60 %. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mardi 5 juin 2018
IMMOBILIER
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Pourquoi le
Portugal attire
tant les Français
L’Algarve est une alternative à Lisbonne
pour ceux qui envisagent de s’installer. Ce
que peuvent acheter petits et gros budgets.
CAROLE PAPAZIAN cpapazian@lefigaro.fr
ENOYÉE SPÉCIALE EN ALGARVE
REPORTAGE Tout au sud du Portugal,
l’Algarve est bien desservie par l’aéroport
de Faro. La ville, à un quart d’heure de
l’aéroport, est pourtant souvent laissée de
côté par les touristes et les investisseurs.
Ce n’est pas là que les étrangers achètent.
La vieille ville est jolie, mais les avions la
survolent de si près que les étrangers en
quête de tranquillité s’orientent vers
d’autres destinations. Les plus petits budgets mettent souvent le cap à l’ouest, une
région où les Britanniques sont nombreux
et où les golfs se succèdent.
Il faut une heure de route pour arriver
dans la région de Lagos. Fin mai, la température est agréable, une vingtaine de
degrés, et le vent souffle souvent. Près de
Praia da Luz, des Britanniques vendent
une maison avec vue imprenable sur la
mer en première ligne (mais sans accès à
la plage) pour 1,8 million d’euros. « Elle
aurait été vendue 25 % de plus en 2007 »,
reconnaît Nick Sadler, chez Knight
Frank. C’est un prix élevé pour le secteur.
Sur le golf de Boavista (groupe Emerson),
il est par exemple possible d’acheter des
maisons neuves avec deux chambres à
partir de 275 000 euros. « Nous recevons
des Français, des Allemands, des Italiens
qui veulent investir et devenir résidents,
loin des problèmes de sécurité de leurs
pays », glisse la commerciale de Boavista.
Bonne nouvelle pour les investisseurs
qui veulent louer leur bien, en Algarve, la
saison touristique est longue (jusqu’à
16 semaines par an). Des pied-à-terre
d’une pièce sont aussi en vente à
175 000 euros dans certains programmes
pour retraités avec piscines et conciergerie 24 heures sur 24.
C’est toutefois à l’est, près de Faro, que
l’on trouve les lieux les plus prisés d’Algarve. « C’est là aussi que le marché est le
plus liquide et que louer son bien sera le plus
facile », note Alex Koch de Gooreyhend,
le responsable de Knight Frank au Portugal. Quinta do Lago, le plus select, est un
domaine de 650 ha sécurisé (mais pas fermé) où viennent se ressourcer des footballeurs de Premier League, mais aussi
Ronaldo, Hugh Grant et José Mourinho,
l’entraîneur de Manchester United. Le
resort est d’ailleurs en train de construire
un complexe (ouverture prévue à la fin
du mois) – terrain de foot, salle de sports
et centre de remise en forme pour sportifs
de haut niveau – qui sera accessible aux
propriétaires de l’une des enclaves les
plus chics du Portugal. À Quinta do Lago,
une maison avec 4 chambres se vend
autour de 2,5 millions (jusqu’à cinq fois
plus cher qu’à l’est). Quelques kilomètres
plus loin, le resort Vale de Lobo, plus proche du littoral, offre des prix d’environ 25
à 30 % inférieurs. « Nous avons vendu un
appartement à un couple de retraités français pour 500 000 euros cette semaine »,
confie un membre du resort.
Dans l’arrière-pays, à une demi-heure
en voiture des grandes plages, un projet
d’envergure (276 millions d’euros) est en
gestation. Son nom ? Ombria. Un amé-
Près de Praia da Luz, des Britanniques vendent une maison avec vue imprenable sur la mer pour 1,8 million d’euros.
nagement sur 150 hectares près du vivant
village de Loulé. Autour d’un golf et
d’une rivière, et à une demi-heure des
plages, sont prévus un hôtel cinq étoiles
Viceroy et 380 unités, villas contemporaines (jusqu’à 3 millions d’euros) et
appartements (70 m² à partir de
300 000 euros). Premières livraisons annoncées pour 2020. Les aménagements
(routes…) sont réalisés, mais les permis
de construire encore en attente. « Nous
commercialiserons d’ici à la fin de l’année », espère Joao Richard Costa, le directeur commercial. Pontos, l’aménageur, est une filiale de SRV, société
finlandaise cotée. « Le projet est financé
sans recours à l’emprunt bancaire », précise Joao Richard Costa. Une précision
importante, quand on sait que certains
programmes (celui des Keys à Quinto do
Lago) ont été stoppés net par la banque, le
promoteur n’ayant pas eu les reins assez
solides.
On entend souvent parler français en
Algarve. Les retraités s’y installent pour
les mêmes raisons qu’à Lisbonne : depuis
2012, ceux qui deviennent résidents fiscaux (sauf les fonctionnaires) et passent
au moins la moitié de l’année sur place ne
paient pas d’impôt sur le revenu pendant
dix ans.
Un régime fiscal « en or »
Pas besoin d’ailleurs pour cela d’acheter
sa résidence principale. Louer peut suffire. « Mais il est très compliqué de trouver
une location longue, les propriétaires préfèrent des locations touristiques qui leur
rapportent davantage », prévient une
Normande installée depuis un an dans la
région. Les entrepreneurs qui s’implantent au Portugal (souvent à Lisbonne),
eux, voient leur impôt réduit à 15 %.
Attention tout de même, en France, le
fisc veille, si vous vous laissez tenter,
veillez notamment à bien respecter les
règles (183 jours au Portugal). Certains se
demandent si ce régime fiscal en or va
KNIGHT FRANK
durer. « En tout cas, il ne sera pas remis en
cause pour les ménages déjà installés (qui
en bénéficieront dix ans) », estiment les
fiscalistes du cabinet local M-E&F.
Au Portugal, les transactions ont bondi
de près de 20 % en 2017 et les Français
sont les premiers acheteurs étrangers,
selon l’association des agents immobiliers du Portugal. Accès facile, faible coût
de la vie, logements moins chers, bons
restaurants, nature préservée et vastes
plages, l’Algarve séduit des Français qui
ont l’impression de vivre comme autrefois, à un autre rythme et dans un environnement sûr.
« C’est une région low profile, ici, on ne
se montre pas », résume Nick Sadler. Évidemment, les prix ont été tirés à la hausse
(+ 6,5% l’an dernier dans l’ouest de l’Algarve, selon Knight Frank). Et l’afflux
d’acheteurs allonge certains délais. « Il
faut souvent attendre six mois pour refaire
sa cuisine, les artisans sont débordés »,
prévient Nick Sadler ! ■
Voous êtes (futur) propriétaire bailleur ?
Déiscalisez en rénovant
exemples
de travaux
Avantages
• En 2018, le total du montant
des travaux est déduit de
vos revenus fonciers à hauteur
de 100 %.
• En 2019, le montant de
ces travaux est déduit à nouveau
de 50 %, même sans travaux
supplémentaires.
conditions
• Rénovation de
l’installation électrique.
• Être propriétaire bailleur
d’un bien mis en location n ue.
• Changement des
convecteurs électriques.
• Déclarer vos revenus fonciers
au régime réel.
• Isolation thermique
et acoustique.
• Respect du Code général
des impôts.
Crédit photos : Thinkstockphotos. Agence & Vous.
pourquoi vous devez en proiter avant la in de l’année !
• Peinture, plomberie…
A
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mardi 5 juin 2018 LE FIGARO
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SIEC
Les centres commerciaux ont su se réinventer
Malgré l’explosion de l’e-commerce, les lieux physiques restent incontournables. À condition d’évoluer.
s’ouvrir sur la ville, ou encore Cap 3000
(Saint-Laurent-du-Var), qui s’étend en
renouvelant son offre et ses services.
JEAN-BERNARD LITZLER £@JBLitzler
Ringard, le centre commercial ? Si le
commerce électronique ne cesse de progresser (passant de 0,9 % de la consommation des ménages en 2005 à 6,8 % l’an
dernier, selon la Fevad), le commerce
traditionnel fait bien mieux que résister.
Une étude de JLL rappelle que sur cette
période les points de vente physiques et
les surfaces commerciales ont bien augmenté, passant de 39 millions de m² à
56,5 millions de m². La seule chose qui recule, ce sont les surfaces moyennes, passant de 1 250 m² à 1 180 m². Mais, si les espaces commerciaux ne sont pas morts, ils
doivent profondément se réinventer
pour s’adapter à la nouvelle donne.
« Dans les années 1990, les centres commerciaux étaient des non-lieux hyperstandardisés, fruits de la mondialisation. Ils
deviennent aujourd’hui des hyper-lieux »,
résume Christian Nehmé, codirecteur du
département retail de Savills. Mais, pour
devenir un hyper-lieu, encore faut-il
proposer une expérience, une atmosphère et des services qu’on ne trouve pas en
ligne. Et savoir se montrer à la fois beau,
ludique, artistique, tout en sachant répondre aux attentes de la génération hyperconnectée des millennials. À voir les
projets ambitieux qui se succèdent, le défi
n’effraie pas les professionnels. La plus
belle avenue du monde, les Champs-Ély-
« Click and collect »
Les centres commerciaux sont aussi le premier réseau logistique de France.
sées, attire ainsi de nouveaux projets malgré des loyers prohibitifs.
Dans les mois qui viennent, les Galeries
Lafayette, tout comme un Apple Store, y
étrenneront leurs nouveaux locaux. Toujours dans la capitale, le groupe Emerige
SYDA PRODUCTIONS/STOCK.ADOBE.COM
va lancer son Beaupassage, dans le très
chic VIIe arrondissement, un espace de
1 500 m² qui célébrera les plaisirs culinaires avec de grands noms (Yannick, Alléno, Thierry Marx ou Pierre Hermé, notamment). Du côté de Miramas (Bouches-
RÉALISEZ VOS ENVIES DE PROPRIÉTÉ
DANS LE NOUVEAU QUARTIER TRIBEQUA
À BORDEAUX (33)
du-Rhône), le village de marques
McArthurGlen a su séduire par son architecture extérieure et son mur végétalisé,
salué par un trophée mondial, le prix Versailles. Les vénérables anciens eux-mêmes se réinventent, tels Evry 2, qui va
Les fermes urbaines
à l’assaut des commerces
JEAN-YVES GUÉRIN £@jyguerin
Après les bars branchés, place aux fermes
urbaines sur les toits des commerces. La
start-up Sous les Fraises s’en est fait une
spécialité. Depuis trois ans, elle a transformé le « rooftop » des Galeries Lafayette
boulevard Haussmann à Paris en potager
géant. Fruits, légumes ou fleurs comestibles : l’année dernière, on a produit ici
482 kg de fraises ou 382 kg de tomates.
Une aventure qui a pris corps grâce à la
mairie de Paris. « En 2013, la ville de Paris
a fait un appel à projet sur la végétalisation
innovante auquel nous avons répondu, explique Yohan Hubert, le cofondateur de
Sous les Fraises. Cela nous a permis de
rencontrer les Galeries Lafayette qui ont
mis leur toit à disposition pour notre ferme
urbaine. » Après des études de biologie, il
a mis plus de dix ans à concevoir puis à
perfectionner le système qui lui permet
de cultiver toutes sortes de végétaux sans
un gramme de terre : les plantations sont
installées dans des poches faites dans une
membrane composée notamment de
chanvre et de laine de mouton. Cette toile
est tendue sur des cadres métalliques, ce
qui permet d’avoir aux Galeries Lafayette
1 200 m² de cultures pour 500 m² de surface au sol. Un système d’irrigation,
contrôlé par informatique, permet d’apporter l’eau nécessaire aux plantes sans
pesticides.
Le concept a fait ses preuves
Du studio au 5 pièces.
A proximité immédiate de la
Gare de Bordeaux-Saint-Jean.
Au pied du tramway (ligne C).
Service 0,06€/min + prix d’appel
0 810 508 508
« La tendance actuelle est à plus de centralité, pour éviter l’étalement urbain, à plus
de verticalité et à plus de multifonctionnalité », souligne Gontran Thüring, délégué
général du Conseil national des centres
commerciaux, l’organisation parrainant
le Siec, salon de l’immobilier commercial
et du retail qui se tient les 6 et 7 juin, porte
de Versailles, à Paris. En fait, les centres
commerciaux auraient tendance à ressembler de plus en plus à des morceaux
de ville à part entière. Pas étonnant que
des projets tels que Muse à Metz, porté
par Apsys, ou encore le futur 1000 Arbres, piloté par la Compagnie de Phalsbourg, au-dessus du périphérique parisien, mêlent commerces et bureaux,
restaurants et habitations, sans oublier
des espaces publics et culturels. Les professionnels croient d’autant moins à la
disparition des centres commerciaux que
ces lieux sont aussi le premier réseau logistique de France. Alors que le commerce en ligne peine avec l’acheminement
final de ses produits, le « click and collect » (retrait en boutique de commandes
effectuées en ligne) semble satisfaire tout
le monde. Le client y gagne en souplesse
et le commerçant peut toujours espérer
des ventes additionnelles sur place. ■
Cette expérience étant inédite, Sous les
Fraises a dû résoudre quelques problèmes administratifs. « Il a fallu déposer un
permis de construire pour s’installer aux
Galeries Lafayette », raconte Yohan Hubert. Mais, aujourd’hui, comme le
concept a fait ses preuves, la mise en
œuvre de nouvelles unités est plus simple. Du coup, la start-up exploite aussi
une ferme sur le toit du BHV à Paris ou
sur celui des Galeries Lafayette à Annecy.
Et elle s’apprête à ouvrir courant juin une
Le toit du BHV à Paris (IVe)
accueille un potager perché.
SOUS LES FRAISES
unité sur le toit du centre commercial So
Ouest à Levallois-Perret.
D’autres acteurs sont positionnés sur
cette niche, comme Agripolis qui exploite
une ferme sur un parking à côté d’un hypermarché Carrefour à Sainte-Geneviève-des-Bois en banlieue parisienne. Un
« pilote » qui va bientôt faire des petits.
« En 2019, nous ouvrirons une serre sur le
toit d’un Carrefour Market dans le XIe arrondissement de Paris et prochainement
nous allons démarrer une collaboration
avec une chaîne de magasins bio pour y déployer une première unité », explique Pascal Hardy, cofondateur d’Agripolis.
Si les chaînes de magasins se lancent
dans cette aventure, c’est qu’elles y
voient leur intérêt. « Cela illustre notre
ambition de créer des lieux plus durables,
explique Jean Collet, directeur d’UR
Link, l’accélérateur de start-up d’Unibail. C’est un premier test. Mais nous réfléchissons à un déploiement plus large. »
« Cette démarche est très cohérente par
rapport à notre projet d’inventer un nouveau type de commerce responsable », affirme-t-on aux Galeries Lafayette. ■
Peas & Love séduit hôteliers et particuliers
logement.bnpparibas.fr
A
Programme réalisé par BNP Paribas Immobilier Promotion Résidentiel (RCS Nanterre n° 421 291 899). Commercialisé par BNP Paribas Immobilier Résidentiel Transaction & Conseil (RCS Nanterre 429 167 075), une société du Groupe BNP
PARIBAS (article 4-1 loi N°70-9 du 02/01/70). Titulaire de la carte professionnelle n° CPI 92 01 2016 000 009 253, délivrée par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris Île-de-France, et bénéiciant d’une garantie inancière délivrée
par GALIAN - 89 rue La Boétie - 75008 Paris, pour un montant de 160.000 euros. Vente en l’état futur d’achèvement - Faculté de rétractation de 10 jours qui court à compter du lendemain de la présentation de la lettre notiiant le contrat de
réservation aux réservataires (L. 271-1 du Code de la Construction et de l’Habitation). Architectes : ECDM, COBE. Illustrateur : Virginlemon. Illustration non contractuelle due à la libre interprétation de l’artiste. Les appartements, balcons et
terrasses sont vendus et livrés non aménagés et non meublés. Document non contractuel. Juin 2018.
Des radis, des fraises,
de la ciboulette… Sur le toit de l’hôtel
Yooma dans le XVe arrondissement
de Paris, la start-up Peas & Love
propose à ses clients, moyennant
38 euros par mois pendant un an,
de louer une parcelle de 3 m².
Les cultures se font dans des bacs
métalliques avec du substrat moins
lourd que la terre pour éviter que cela
ne pèse trop sur les toits. « Sur place,
nous avons un urban farmer qui peut
cultiver la parcelle ou aider nos
adhérents à le faire », affirme JeanPatrick Scheepers, fondateur de
cette société belge. En revanche,
ce sont les clients qui se chargent des
récoltes. Une formule qui rencontre
le succès. Ouverte début mai, la
ferme urbaine du XVe arrondissement
a vu ses 250 parcelles louées en un
clin d’œil. Peas & Love ne compte que
quatre sites mais espère en ouvrir
une dizaine l’année prochaine. J.-Y. G.
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mardi 5 juin 2018
IMMOBILIER
chez soi
Comment transformer
un toit en terrasse privative
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NOS CHOIX
JUSQU’AU 25 NOVEMBRE
16e Biennale d’architecture
de Venise
Il vous reste encore quelques
mois pour combiner une visite
de la Sérénissime avec
une déambulation dans
ses célèbres jardins
à la découverte des multiples
pavillons célébrant l’architecture.
Cette édition est placée sous
le thème de « l’espace libre »
(freespace) et a permis de
récompenser la Suisse (lion d’or)
ou encore la Grande-Bretagne
(mention spéciale).
Dans certains immeubles, des terrasses privatives peuvent être créées.
La procédure est complexe, mais peut s’avérer gagnante.
Demain nos logements
Évidemment, lorsqu’il parle
de diagnostics immobiliers,
Yannick Ainouche, PDG
du réseau de diagnostic Ex’Im,
prêche un peu pour sa paroisse.
Mais il n’oublie pas pour autant
d’être pédagogique et nous
prépare à faire face au mieux aux
sujets qui montent : évidemment
performance énergétique, mais
aussi les risques liés à l’amiante
et à la qualité de l’air intérieur.
DU 19 AU 30 JUIN
Une terrasse aménagée
sur le toit d’un immeuble
peut valoriser
un bien de 10 % à 50 %
en fonction de ses
caractéristiques.
Rêves et réalités immobilières
en Inde
SOPHIE FICHEPAIN
Quand la chaleur monte, les citadins
rêvent d’un balcon ou d’une terrasse
où profiter des beaux jours. Mais souvent, les immeubles anciens en sont
dépourvus. Certaines surfaces inexploitées peuvent être parfois récupérées : les toits-terrasses. Les immeubles récents, surtout les constructions
en structure béton des années 1950 à
1980, disposent de toits plats, qui peuvent être aménagés par les copropriétaires pour leur usage propre.
Il faut vérifier si les règles locales
d’urbanisme (alignement, hauteur,
vis-à-vis, etc.) le permettent car il
faudra obtenir un permis de construire
ou une autorisation de travaux, après
avis favorable éventuel des architectes
des Bâtiments de France. « Il faut valider la faisabilité technique du projet et
obtenir l’accord de la copropriété pour
acheter et aménager le toit, qui est une
partie commune », prévient Benoît
d’Halluin, cofondateur du groupe
Esprimm. Pour éviter toute mauvaise
surprise, il est quasi indispensable de
faire appel à un architecte ou à un bureau d’études. La copropriété doit ensuite donner son accord soit pour en
obtenir la jouissance privative, soit
pour racheter cette partie commune.
« Avant tout, il faut consulter le règlement de copropriété pour savoir si des
dispositions spécifiques comme une
jouissance privative ou des clauses
d’aménagement
sont
prévues »,
conseille Géraud Delvolvé, délégué
général de l’Union des syndicats de
l’immobilier.
Quelle plus-value
pour l’acheteur ?
Le demandeur doit obtenir un vote selon l’article 26, c’est-à-dire à la double
majorité des voix, soit la majorité des
copropriétaires de l’immeuble représentant au moins les deux tiers des voix
des copropriétaires, ou à l’unanimité
des copropriétaires. Pas sûr que tous
adhèrent à un tel projet, mais tout est
affaire de négociation et souvent de
prix. Car la copropriété peut y trouver
un intérêt financier. « Pour estimer la
valeur du toit, on peut considérer qu’il
représente la même charge qu’un terrain
dans un projet neuf, soit entre 30 % et
50 % du prix final du bien », estime
Benoît d’Halluin. Pour un aménagement sans construction additionnelle,
le calcul est toutefois à nuancer.
Sachez aussi que le rachat de la terrasse oblige à la refonte du règlement
de copropriété (et cela a un coût) et à
un nouveau calcul de la répartition des
tantièmes de copropriété. Mais les copropriétaires ne doivent pas céder au
seul appât du gain : encore faut-il, par
la suite, que le copropriétaire puisse
assumer les frais d’entretien de la toi-
ture, notamment en cas de problème
d’étanchéité.
Enfin, techniquement, il faut si possible créer un accès sécurisé et privatif
depuis le logement. Si des constructions
supplémentaires (ajout d’une pièce
pour création d’un duplex par exemple)
sont envisagées, le bâti existant doit
pouvoir en supporter le poids. « Les
ajouts en panneaux de bois contrecollés,
trois fois moins lourds que les constructions traditionnelles, sont bien adaptés à
ces projets », indique Benoît d’Halluin.
Un appartement qui dispose d’une
terrasse est mieux valorisé que celui
ARTHUR CRESTANI
LUZULEE/STOCK.ADOBE.COM
qui n’en a pas. Mais dans des proportions différentes selon les cas. « La
valeur ajoutée de la jouissance d’une
terrasse au-dessus d’un appartement
est bien moindre que celle d’une terrasse de plain-pied, rappelle Martine
Kuperfis, fondatrice de Junot Immobilier. Un appartement de 80 à 100 m2
au dernier étage, avec une terrasse de
plain-pied de la même surface et les
qualités requises (vue, etc.), peut valoir
de 40 à 50 % de plus tandis qu’une
terrasse sur le toit sans charme particulier peut ne valoriser le bien que de
10 %. » ■
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d’euros sur son compte en banque pour pouvoir envisager d’appeler
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