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Le Figaro - 13 06 2018

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mercredi 13 juin 2018 LE FIGARO - N° 22 965 - www.lefigaro.fr - France métropolitaine uniquement
Première édition
lefigaro.fr
« Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur » Beaumarchais
ENQUÊTE
ROMY SCHNEIDER
SARKOZY, FILLON, NKM,
MONTEBOURG : LEUR NOUVELLE
VIE EN ENTREPRISE PAGE 14
LE FILM QUI FAIT REVIVRE
UNE ACTRICE DE LÉGENDE
PAGE 28
ÉLYSÉE
Macron en Vendée
pour un hommage
au « chef
de guerre »
Clemenceau PAGE 8
LITTORAL
Érosion côtière :
l’immeuble
Le Signal sur la voie
de la destruction
PAGE 9
MÉTÉOROLOGIE
EMPLOI
Les créations de
poste progressent
mais plus
lentement PAGE 20
ENTRETIEN
Comment
François Ruffin
(LFI) a-t-il
gagné dans
la Somme ?
Vingt-deux
personnalités
contre
le concert
du rappeur
Médine
au Bataclan
La tribune de
Pierre Rigoulot
L’analyse
de Guillaume
Perrault
n
n
PAGES 15 À 17
@
FIGARO OUI
FIGARO NON
Réponses à la question
de mardi :
Faut-il interdire le concert
du rappeur Médine
au Bataclan ?
OUI
59 %
NON
41 %
TOTAL DE VOTANTS : 59 701
3’:HIKKLA=]UW[U^:?a@q@l@d@a";
Votez aujourd’hui
sur lefigaro.fr
Pensez-vous que Kim
Jong-un respectera
l’accord de
dénucléarisation signé
avec Donald Trump ?
JEAN-CHRISTOPHE MARMARA,
SÉBASTIEN SORIANO/LE FIGARO TONY GENTILE/REUTERS PETER HARTWIG / ROHFILM FACTORY /
PROKINO
L’arbitrage vidéo s’invite
à la Coupe du monde
de football
Migrants : le sort
de l’« Aquarius » divise
l’Europe
La révolution est en marche.
Pour la première fois dans
l’histoire de la compétition,
l’assistance vidéo à l’arbitra-
À Bruxelles, le sentiment d’urgence monte devant le sort des
629 migrants embarqués sur
l’Aquarius. Avec les menaces de
ge sera utilisée lors du
Mondial qui débute jeudi en
Russie. Certains s’en réjouissent, d’autres pas. PAGE 10
Rome, l’UE redoute une nouvelle démonstration de son impuissance cet été sur la question migratoire. PAGES 6 ET 7
ÉDITORIAL par Arnaud de La Grange adelagrange@lefigaro.fr
Le diable est dans les mots
S
ans être nourri au lait de l’Histoire,
Trump goûte sans doute certains parallèles. Comme celui qui pourrait
être fait avec la poignée de main de
Mao et Richard Nixon. Ce voyage en
Chine qui, en 1972, scella le dégel entre les
deux pays. La voie avait été ouverte par la
« diplomatie du ping-pong ». En 2018, c’est
plutôt la « diplomatie du basket ». Avec l’exjoueur des Chicago Bulls Dennis Rodman apportant L’Art du deal de Donald Trump au
dictateur rouge féru de son sport.
Le sommet de Singapour sera-t-il un « moment » crucial, comme l’avait été la percée
de Nixon à Pékin ? L’heure n’est pas aux certitudes. Mais l’« accord historique » ressemble à une déclaration d’intention où les symboles l’emportent sur le contenu. Les
optimistes diront que c’est le début de quelque chose, l’enclenchement d’une dynamique, avec notamment la perspective de visites croisées. Les sceptiques y verront de la
poudre aux yeux, que les vents de la mer Jaune balaieront bien vite.
Comme toujours dans ce genre de déclaration, tout est dans les mots. Ceux qui y sont et
ceux qui n’y sont pas. Parmi ceux qui figurent
dans le texte, il y a le mot « vers ». Il s’agit
d’aller « vers » une dénucléarisation, sans calendrier ni certitudes. Parmi les mots que l’on
ne trouve pas, il y a « complète », « vérifiable », « irréversible ». Trump a beaucoup
donné à Kim, à commencer par le statut de
dirigeant fréquentable, avec peu de concessions concrètes en retour.
La longue litanie des promesses non tenues
par la Corée du Nord invite à la prudence. Et,
sans approuver, on peut
comprendre Kim. La
Corée du Nord sans la
bombe, c’est la Birmanie
des généraux. C’est-àdire pas grand-chose
sur la scène mondiale.
Et, avec Kadhafi, le Coréen a vu le sort qui
guettait les dictateurs
non nucléarisés. Comme il a observé, avec la
mise à la poubelle de l’accord iranien, ce que
l’Amérique peut faire de ses engagements
quand des missiles ne la menacent pas.
Le diable ici ne se cache pas dans les détails,
car il y en a peu, mais il se niche dans les
omissions… Et sans doute est-il un peu tôt
pour promettre le Nobel de la paix aux nouveaux amis de Singapour. ■
Trump a
beaucoup
donné
à Kim,
avec peu
de retours
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ISSN 0182.5852
*
FUTURE CLASSIC
A
n
n
M 00108 - 613 - F: 2,60 E
Si la rencontre de Singapour entre Kim Jong-un et Donald Trump est historique, le bilan
concret se résume à un document aux termes généraux et symboliques. PAGES 2 À 4 ET L’ÉDITORIAL
* Futur classique - Photographie retouchée
CHAMPS LIBRES
Alexandre Saubot,
candidat
à la présidence
du Medef PAGE 21
Après le sommet,
le temps des questions
EVAN VUCCI/AP
Records de pluie
en France avant
l’accalmie PAGE 12
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mercredi 13 juin 2018 LE FIGARO
2
L'ÉVÉNEMENT
PARIS SALUE
UN « PAS
SIGNIFICATIF »
Le document signé
par Donald Trump et Kim
Jong-un est un « pas
significatif », a salué
la ministre française des
Affaires européennes
Nathalie Loiseau, tout en
doutant « que tout ait été
atteint en quelques heures ».
Elle a toutefois regretté
le double standard appliqué
par Washington, qui a
récemment rejeté l’accord
sur le nucléaire iranien.
L’accord nucléaire conclu
avec Téhéran « est respecté
par l’Iran », alors que
« signer un document
avec Kim Jong-un qui est allé
jusqu’à obtenir l’arme
nucléaire, c’est pratiquement
récompenser quelqu’un
qui a été à l’encontre de tous
les traités internationaux »,
a-t-elle estimé.
L’objectif
ultime […]
demeure la
dénucléarisation
complète,
vérifiable
et irréversible
de la péninsule
coréenne […]
La déclaration
commune signée
aujourd’hui par
les dirigeants
des États-Unis
et de la République
populaire
démocratique de
Corée (RPDC, nom
officiel de la Corée
du Nord) indique
clairement que
cet objectif peut
être atteint
»
FEDERICA MOGHERINI,
REPRÉSENTANTE
DE LA DIPLOMATIE EUROPÉENNE
À Singapour, le pari réussi de
Le « Leader suprême » nord-coréen est sorti, mardi, de son isolement sans offrir de
SÉBASTIEN FALLETTI £@fallettiseb
ENVOYÉ SPÉCIAL À SINGAPOUR
DANS son catafalque de verre, sous les
ors funèbres du mausolée Kumsusan à
Pyongyang, le père de Kim Jong-un, a
peut-être esquissé un sourire narquois.
Ce dictateur cinéphile aurait sans doute
goûté la saillie lancée par son fils, le
« Leader suprême », lors de sa rencontre
historique avec Donald Trump, mardi à
Singapour. « Beaucoup penseront que
ceci est un film de science-fiction », a déclaré l’héritier de la seule dynastie communiste de la planète, après avoir serré
longuement la main du président américain, sous les voûtes blanches du très colonial hôtel Capella, sur l’île de Sentosa,
niché au sud de la Cité du lion. Pourtant,
pour la première fois, un dirigeant nordcoréen a bien tenu un tête-à-tête avec la
première puissance mondiale, qui le menaçait du « feu et de la fureur », il y a
seulement quelques mois. Le dictateur
trentenaire a effectué un sans-faute pour
sa première sortie sur la scène globale
après sept ans reclus dans son « royaume ermite », ponctué seulement de visites en Chine et en Corée du Sud. Sourire
enjoué dans son costume Mao sombre, ce
fils d’une danseuse, a affiché l’assurance
d’un vieux routier de la diplomatie face à
l’imprévisible Trump qui l’avait traité
d’« homme-fusée ».
Offensive de charme
Surtout, Kim a gagné du temps, en négociant le lancement d’un processus de négociation, sans faire aucune concession
tangible dans le communiqué conjoint
conclu avec Washington. « C’est un document très facile à signer pour Kim. Il est
peu substantiel sur la dénucléarisation. Il
est étonnant que les Américains aient accepté cela », analyse Chad O’Carroll, le
directeur de NK News, site spécialisé sur
la question nord-coréenne, basé à Séoul.
Les deux adversaires s’engagent à établir
une « nouvelle relation », et un « régime
de paix », mettant fin à la guerre de Corée (1950-1953), une priorité pour un ré-
gime en état de siège permanent. En retour, Kim promet de « travailler à une
dénucléarisation complète de la péninsule », mais sans offrir d’engagement
concret, contrairement aux pronostics
des experts qui misaient sur un retour
des inspecteurs de l’AIEA, ou le démantèlement de missile balistiques intercontinentaux. Cette formule générale met
sur la table, le retrait des troupes américaines postées en Corée du Sud, voire celui des bombardiers stratégiques basés au
Japon ou à Guam, offrant à Pyongyang
une option de défausse en vue des négociations qui commencent seulement.
« La Corée du Nord sort renforcée et les
États-Unis n’ont rien obtenu. Le document n’a aucune valeur pratique. Les
Américains auraient pu exiger de sérieuses concessions, mais cela n’a pas été
fait », juge Andreï Lankov, de l’université Kookmin. Le démantèlement d’un
site de missiles, annoncé par Trump en
conférence de presse ne fait pas partie du
document conjoint. Mieux, le dirigeant
nord-coréen a arraché une concession
inattendue : la suspension des exercices
militaires américano-sud-coréens, durant la période des négociations. Ces
« jeux de guerre » annuels sont un épouvantail pour l’Armée populaire de Corée
(APC), qui aime les présenter comme des
préparatifs d’invasion « impérialistes ».
Elle est un premier pas vers les « garanties de sécurité » qu’exige Pyongyang en
échange de son abandon de la bombe.
Isolé diplomatiquement, étranglé par
les sanctions et menacé d’une frappe
préventive il y a six mois, le dictateur
stratège a réussi un rétablissement spectaculaire grâce à son offensive de charme. La Maison-Blanche s’est résignée à
une dénucléarisation par « étapes », assortie d’aucune date butoir, lui donnant
l’espoir de traverser « l’orage Trump ».
Et Kim est désormais devenu fréquentable, ayant rencontré en quelques semaines les deux dirigeants les plus puissants
de la planète, Trump, et le président
chinois, Xi Jinping, en attendant le Russe
Vladimir Poutine, après le Sud-Coréen
Moon Jae-in. Dans la cité-État, il s’est
Le président américain en champion de l’esbroufe nucléaire
PHILIPPE GÉLIE £@geliefig
A
ENVOYÉ SPÉCIAL À SINGAPOUR
Donald Trump lors de la conférence
de presse donnée mardi après son têteà-tête avec Kim Jong-un. EVAN VUCCI/AP
SUR un plateau de la balance, il y a une
première rencontre « historique » sous
l’objectif des caméras, ponctuée d’innombrables superlatifs, entre des ennemis qui, hier encore, se menaçaient
du feu nucléaire. En contrepoids, le bilan concret se résume à un document
de cinq paragraphes rédigés en termes
généraux et largement symboliques.
La réussite du pari diplomatique de
Donald Trump doit-elle s’apprécier à
l’aune du risque de guerre qui s’éloigne
ou à la perspective incertaine de voir la
Corée du Nord abandonner son arsenal ? Comme souvent avec ce président, l’argument de vente enjolive
considérablement le produit. Son accord « très complet » de dénucléarisation passé avec Kim Jong-un ne mentionne aucun des aspects présentés
jusqu’ici comme indispensables par les
négociateurs américains eux-mêmes.
La formule d’un désarmement
« complet, vérifiable et irréversible »
(CVID), dont le secrétaire d’État, Mike
Pompeo, faisait la veille encore l’objectif intangible des discussions, n’y figure
pas. Il n’y est pas non plus question de
missiles, de vérification, de calendrier,
de sanctions, de relations diplomatiques ou de traité de paix. À la place, « le
président Trump s’est engagé à fournir
des garanties de sécurité à la Corée du
Nord et Kim Jong-un a réaffirmé son engagement ferme et intangible en faveur
d’une dénucléarisation de la péninsule
coréenne », formulation préférée de
tout temps par Pyongyang, car elle implique une réciprocité, qui vise le « parapluie nucléaire » américain sur le Japon et la Corée du Sud.
Au-delà du dégel concrétisé par les
poignées de mains, les sourires et les
déclarations amicales, seules deux annonces tangibles sont sorties du sommet de Singapour : la destruction par
Kim d’un site nord-coréen servant à
tester des moteurs de missiles ; et la
suspension des manœuvres militaires
américano-sud-coréennes
décrétée
par Trump sans avoir prévenu Séoul.
Ces exercices « coûtent très cher et,
franchement, je trouve qu’ils constituent
une provocation quand on négocie », a
déclaré le président au cours d’une
conférence de presse fleuve à l’issue du
sommet.
Le reste relève de la symbolique, du
spectacle ou des bonnes intentions. La
première rencontre entre un membre
de la dynastie despotique des Kim et un
président américain en exercice suffit
en soi à marquer l’histoire. Les premiers échanges - « un prélude à la
paix » pour le Nord-Coréen, « une rencontre fantastique » pour l’Américain -,
la promenade dans le parc et le détour
pour montrer la voiture blindée du chef
de la Maison-Blanche, « The Beast »,
ont tenu en haleine les médias en direct
pendant cinq heures. La chaîne ABC a
même brièvement interrompu son programme de téléréalité « The Bachelorette » pour diffuser la première poignée de main entre les deux hommes,
chronométrée à treize secondes.
Aucun calendrier défini
Les entretiens ont été « honnêtes, directs et productifs, a assuré Donald
Trump. Je sais quand quelqu’un veut négocier, c’est mon truc, je le sens, c’est
tout. » Ainsi justifie-t-il sa confiance
malgré l’absence d’engagements précis
et de garanties. La dénucléarisation va
commencer « très rapidement », dès le
retour de Kim dans son pays, mais il n’y
a pas de calendrier parce que « scientifiquement et mécaniquement, cela prend
beaucoup de temps », prétend le président. A-t-il obtenu que Pyongyang dévoile tout son arsenal ? Apparemment
pas : il est « substantiel », hasarde-t-il.
Pourquoi n’avoir prévu aucune modalité de vérification ? « Pas le temps,
c’était seulement une journée », proteste
Trump. Mais « on vérifiera, avec beaucoup de gens sur place ».
Pour celui qui a récemment déchiré
les 139 pages de l’accord nucléaire
conclu en 2015 avec l’Iran, il est pour le
moins étonnant de se contenter de formules comme « le désir de paix et de
prospérité des deux peuples » et la promesse de « joindre leurs efforts pour bâtir une paix durable ». Le président qui a
dénoncé la « naïveté » de ses prédécesseurs, victimes des tricheries de Pyongyang, fait aujourd’hui « confiance » à
Kim Jong-un. Qu’est-ce qui a changé ?
Lui-même : « C’est une époque très différente, un président très différent je dois
dire. » Sa conférence de presse tous
azimuts, pendant plus d’une heure,
éclaire l’absence de concentration sur
un objectif méthodique de dénucléarisation…
Qu’arrivera-t-il si Trump est à son
tour déçu ? « Je ne veux pas être menaçant », rétorque-t-il. Les sanctions
économiques vont rester en place un
certain temps, mais le président affirme
avec optimisme que « lorsque 20 % du
processus de démantèlement est accompli, il n’y a pas de retour en arrière possible. » Du coup, il envisage l’établissement « prochain » de relations
diplomatiques et l’invitation de Kim à la
Maison-Blanche « au moment approprié ». Trump semble s’être réconcilié
avec ce qui était l’ambition de Kim
Jong-un : un processus de dialogue qui
éloigne le risque de conflit et autorise à
prétendre que le problème est en voie
d’être réglé - au moins jusqu’à la présidentielle de 2020. ■
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LE FIGARO
mercredi 13 juin 2018
L'ÉVÉNEMENT
3
Pékin se félicite du début d’une « nouvelle histoire »
CYRILLE PLUYETTE £@CyrillePluyette
CORRESPONDANT À PÉKIN
de leur alliance avec Séoul sera bienvenu », résume Antoine Bondaz, chercheur à la Fondation pour la recherche
stratégique. Les autorités chinoises ont
ainsi dû boire du petit-lait, en entendant le président américain déclarer
qu’il mettrait fin à ses manœuvres militaires communes avec Séoul.
Les observateurs restent toutefois
prudents. « C’est une concession importante, et un succès de la diplomatie
chinoise. Mais le fait que cela n’ait pas
été inscrit dans l’accord est vraiment regrettable », réagit Cheng Xiaohe, professeur à l’Université du peuple, à Pékin. Plus globalement, prenant acte du
manque d’avancées concrètes, Pékin
reste sur ses gardes. « Si les négocia-
Kim Jong-un a serré
longuement la main
de Donald Trump
avant l’ouverture
de leur sommet
historique, mardi,
à Singapour. ANTHONY
WALLACE/AFP
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0
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20
COMME à son habitude, Xi Jinping a
probablement conservé un masque impassible en observant à distance le sommet entre Kim Jong-un et Donald
Trump. Mais le président chinois, placé
dans une inconfortable et inhabituelle
position de spectateur alors que se
jouait l’avenir de sa région, a dû se sentir un peu plus rassuré. Il apparaît
même comme un possible gagnant de la
journée, bien que toutes ses appréhensions soient loin d’avoir été levées.
Pour Pékin, qui a salué mardi un
sommet marquant « le début d’une nou-
velle histoire », la signature d’un accord
dans lequel le dirigeant nord-coréen
s’engage à la « dénucléarisation complète de la péninsule coréenne », constitue
une bonne nouvelle. La priorité de la
Chine est en effet de parvenir à une stabilisation de la région. Sa hantise : des
frappes américaines, suivies d’un effondrement du régime de Pyongyang,
qui provoquerait une réunification coréenne, et mettrait le Sud et son allié
américain à sa frontière.
Pékin a d’autant plus intérêt à une
détente durable, qu’un tel climat rendrait moins légitime la présence militaire américaine en Corée du Sud. Or, pour
le géant asiatique, « tout affaiblissement
de l’influence régionale des États-Unis et
tions déraillent, la situation de la péninsule pourrait basculer et la Chine en subirait les conséquences », poursuit
Cheng Xiaohe.
L’incertitude demeure également sur
la façon dont Kim Jong-un va continuer à jouer sa partie diplomatique.
« La Chine a peur que Pyongyang ne se
rapproche trop des États-Unis et prenne
ses distances avec elle ; ce qui menacerait son dessein de suprématie sur l’Asie
du Nord-Est », souligne Jean-Pierre
Cabestan, sinologue à l’université baptiste de Hongkong. Pékin, qui avait
combattu aux côtés de la Corée du Nord
pendant la guerre de 1950-1953 et avait
été signataire de l’armistice, entend par
ailleurs ne pas être exclu d’un éventuel
traité de paix – jamais ratifié – entre
Pyongyang, Séoul et Washington. Si un
tel traité était signé sans la Chine, celleci « aurait le droit de l’invalider », a
prévenu Lu Chao, professeur à l’Académie des sciences sociales du Liaoning,
dans le Global Times, un quotidien proche du Parti communiste chinois (PCC).
Face à ces questions épineuses, Xi
Jinping n’a pas ménagé ses efforts pour
peser en amont sur la réunion. Pris de
vitesse par l’annonce, début mars,
d’une rencontre entre les dirigeants
nord-coréen et américain, le numéro
un chinois s’est ensuite montré très
réactif, en devenant le premier chef
d’État à rencontrer le jeune dictateur,
“
La Chine continuera
d’essayer de se rapprocher
de la Corée du Nord, pour
que cette dernière ne
bascule pas dans l’orbite
américaine
Kim
”
ZHAO TONG, CHERCHEUR
AU CARNEGIE-TSINGHUA CENTE
concessions concrètes.
qu’il a reçu deux fois. Les deux leaders
communistes ont cherché à afficher
leur proximité, alors que les liens
s’étaient considérablement dégradés
au cours des dernières années,
Pyongyang reprochant à son puissant
voisin d’avoir voté des sanctions de
l’ONU à son encontre. Le maître de
Pékin a aussi probablement poussé
Kim Jong-un à obtenir des concessions
de la part du président américain,
selon les experts.
« La Chine continuera d’essayer de se
rapprocher de la Corée du Nord, pour que
cette dernière ne bascule pas dans l’orbite
américaine », insiste Zhao Tong, chercheur au Carnegie-Tsinghua Center, à
Pékin. Le gouvernement chinois, a
d’ailleurs proposé mardi un allégement
des sanctions internationales contre son
voisin. Une démarche visant à consolider les liens bilatéraux, mais aussi à
normaliser les relations économiques
entre les deux pays.
Un boom de l’activité du « royaume
ermite » bénéficierait largement à la
région frontalière chinoise du NordEst, en difficulté. « Mais, parallèlement,
la Chine craint qu’en donnant la priorité
au développement économique, Pyongyang s’ouvre au Japon, à la Corée du
Sud et à l’Occident, et devienne moins
dépendant de son puissant voisin »,
précise Jean-Pierre Cabestan. De fait, le
pays reclus, qui a toujours recherché
l’autonomie politique, se méfie grandement de la Chine et de ses ambitions hégémoniques. « La Corée du Nord essaiera de préserver un équilibre entre la Chine
et les États-Unis afin de défendre ses
intérêts », pronostique Cheng Xiaohe.
Comme son grand-père – et fondateur
du régime – avant lui, Kim Jong-un a
bien compris que c’est en attisant la
rivalité entre les grandes puissances que
Pyongyang obtiendrait le plus de
bénéfices. ■
même offert une balade nocturne, affichée en une du Rodong Sinmun, le quotidien du Parti des travailleurs, signalant
l’entrée dans une « ère de changement »
centrée sur le développement économique. Le « Maréchal » élevé en Suisse,
dont les frères et la sœur ont, par le passé, visité incognito la cité-État, symbole
de la mondialisation, mise sur la croissance pour assurer son avenir, et recherche des investisseurs étrangers. Le pas de
deux à Singapour signale l’ouverture
d’une nouvelle étape de son règne, après
sept années consacrées à la consolidation
implacable de son pouvoir intérieur et à
l’acquisition d’une panoplie nucléaire.
Appui du grand frère chinois
Mais l’étau des sanctions demeure
implacable en dépit des sourires affichés
par Trump à Sentosa, « frappant 90 % de
l’économie nord-coréenne », rappelle
O’Carroll. Pour alléger ce fardeau, Kim
devra rapidement faire des gestes tangibles sur le nucléaire pour maintenir la
dynamique. Cependant, il peut désormais compter sur l’appui du grand frère
chinois qui plaide déjà pour un allègement des sanctions internationales. Sur
la frontière sino-coréenne, le commerce
semble déjà reprendre de plus belle après
une année 2017 noire, selon des témoins
sur place, sapant la stratégie de « pression maximale » de Washington. Dans la
nuit moite de Singapour, le troisième des
Kim a décollé à bord du Boeing 747 prêté
par son allié Xi, après avoir tenu à merveille son rôle de jeune premier. Il lui reste à décrocher une visite à la MaisonBlanche pour parachever sa percée
internationale, et faire sourire une dernière fois le cadavre du « Cher Dirigeant », Kim Jong-il, père de la bombe
nord-coréenne. ■
PIERRE AVRIL pavril@lefigaro.fr
CORRESPONDANT À MOSCOU
AUCUN triomphalisme mais une satisfaction évidente chez le grand voisin
russe : la rencontre entre Donald Trump
et Kim Jong-un est un événement « positif », a déclaré le ministre des Affaires
étrangères, Sergueï Lavrov, quelques
heures après la poignée de mains historique de Singapour. Moscou, qui a toujours plaidé pour la dénucléarisation de
la péninsule et appelait les leaders américain et nord-coréen à la retenue lorsque ceux-ci échangeaient des noms
d’oiseaux, ne peut que se féliciter de la
tenue du sommet. Vladivostok est plus
proche de Pyongyang que ne l’est Los
Angeles, et pour cette simple raison sécuritaire, le Kremlin peut se trouver
rasséréné. Également hostile à tout renforcement militaire américain dans la
région, via le déploiement de systèmes
antimissiles en Corée du Sud et au Japon, le pouvoir russe a salué les déclarations de Trump, évoquant la possibilité d’une interruption des exercices
militaires durant les futurs pourparlers.
Autrefois partie prenante des négociations à six sur le programme nucléaire nord-coréen, avant que le régime ermite ne claque la porte, la Russie
souhaite continuer à peser sur un pro-
cessus de paix jugé long et périlleux.
« Les mots de Donald Trump selon lesquels la dénucléarisation va débuter très
vite relève du vœu pieux », met en garde
le président du comité des Affaires
étrangères de la Douma, Konstantin
Kossatchev.
Améliorer son image
Un intermède que Moscou pourrait
mettre à profit en avançant ses pions,
estime Irina Lantsova, professeur à la
faculté des relations internationales de
Saint-Pétersbourg. « La Russie, qui a
aujourd’hui un problème d’image dans la
communauté internationale, pourrait utiliser sa médiation pour améliorer celle-ci,
comme l’avait fait la Chine en 1994 », espère cette spécialiste de la péninsule, en
référence au rôle crucial joué par Pékin
dans l’accord de désarmement entériné
par Bill Clinton. Fin mai, Sergueï Lavrov
a pour la première fois rendu visite à
Kim Jong-un. En mars, le ministre russe
chargé du développement de l’Extrême-Orient, Alexandre Galouchka,
s’était également déplacé à Pyongyang
pour évoquer le renforcement des liens
économiques bilatéraux, un thème mis
en avant par Moscou pour apaiser les
tensions dans la région. Entre 30 000 à
50 000 travailleurs nord-coréens seraient aujourd’hui employés dans les
territoires orientaux du pays. Ce nom-
bre pourrait être susceptible d’augmenter. Moscou, qui s’est toujours contenté
de voter derrière Pékin au Conseil de
sécurité de l’ONU, doit désormais faire
entendre sa voix dans le dossier, à côté
de celle de la Chine, prépondérante.
« Aujourd’hui, les États-Unis et la Corée
du Nord jouent les premiers rôles, avec la
Chine et la Corée du Sud en rôles secondaires. Quant à la Russie et au Japon, ils
n’occupent que la troisième place dans la
distribution » minimise le directeur du
Centre Carnegie, Dmitri Trenin. Pour
cet expert, une future rencontre entre
Poutine et Kim Jong-un, pourtant évoquée par Lavrov, serait aussi difficile à
prédire que fut celle de Singapour. ■
A
La Russie souhaite peser dans les pourparlers à venir
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 13 juin 2018 LE FIGARO
4
L'ÉVÉNEMENT
Un accord flou qui augure mal d’une
dénucléarisation de la péninsule coréenne
S’il devenait effectif, le processus de démantèlement nucléaire de la Corée du Nord sera long et incomplet.
Défilé militaire à Pyongyang, le 8 février 2018.
DÉCRYPTAGE
Isabelle Lasserre
ilasserre@lefigaro.fr
C’EST D’ABORD un accord politique, une
opération de communication parfaitement mise en scène par deux grands acteurs. Malgré les messages d’autofélicitation et bien que le résultat du sommet ait
été salué par l’Agence internationale de
l’énergie atomique (AIEA), le communiqué final demeure très flou sur l’objectif
de dénucléarisation de la péninsule coréenne. Pire : Donald Trump, qui la voulait « irréversible » et « vérifiable », lui qui
avait critiqué Barack Obama pour avoir
été trop conciliant avec le programme
nucléaire iranien, accepte désormais
qu’elle soit seulement « complète ». Certes, il ne s’agit que d’une première étape
dans un processus qui prendra sans doute
de longues années. S’il aboutit un jour…
Car la Corée du Nord n’a a priori aucune raison de se débarrasser de son
programme nucléaire. « Le nucléaire est
devenu une arme identitaire. Le programme est passé d’un but défensif à un but
offensif », expliquait récemment le spécialiste de la Fondation pour la recherche
stratégique (FRS) Antoine Bondaz, à
l’occasion d’un colloque organisé sur le
sujet à l’École normale supérieure. Inscrite dans la Constitution depuis 2012,
elle a permis à Kim Jong-un d’achever le
rêve de son grand-père : un face-à-face,
sur un pied d’égalité, avec un président
américain. Elle a autorisé le pays à acquérir son autonomie et à être considéré
comme une puissance. Elle lui a permis
d’assurer sa légitimité, de justifier tous
les sacrifices imposés à sa population, de
sanctuariser le régime et d’éviter une at-
KCNA/UPI/MAXPPP
taque américaine. Le pouvoir égalisateur
de l’atome a donné à la Corée du Nord
des avantages aux niveaux intérieur,
régional et géopolitique. « S’il s’en débarrasse, Kim perd tout. Il repart en arrière », résume un diplomate.
Le dictateur nord-coréen, même si
son pays est le plus fermé du monde,
n’aura pas manqué de tirer les leçons des
récents exemples de prolifération. Le
président libyen Kadhafi, qui avait accepté de se débarrasser de son arsenal
nucléaire, en est mort et son pays a été
attaqué. Saddam Hussein, dont le programme nucléaire a été stoppé par les
bombardements américains pendant la
première guerre du Golfe, a subi le même
sort et son pays a été envahi. L’Ukraine
enfin, qui s’est délestée de son arsenal à
“
Le nucléaire est devenu
une arme identitaire.
Le programme est passé
d’un but défensif à un but
offensif
”
ANTOINE BONDAZ, SPÉCIALISTE DE LA
FONDATION POUR LA RECHERCHE STRATÉGIQUE
la chute de l’Union soviétique, a perdu la
Crimée. « Les proliférateurs ont été punis,
pas ceux qui ont joué le jeu de la non-prolifération. C’est un signal catastrophique
donné par l’Occident à des pays comme la
Corée du Nord », analyse un diplomate.
Nul doute que Kim Jong-un, qui, depuis
le début de cette dernière crise nucléaire
apparaît finalement comme un acteur
relativement rationnel, aura aussi intégré, comme ses voisins, les doutes qui
pèsent sur la fiabilité de la parole américaine. Après Barack Obama qui avait
rompu sa promesse de faire respecter la
ligne rouge sur les armes chimiques en
août 2013 en Syrie, Donald Trump a
prouvé le peu de cas qu’il faisait des
engagements américains de ses prédécesseurs en se retirant de l’accord
nucléaire iranien.
Pour rajouter au scepticisme, Donald
Trump et Kim Jong-un n’ont pas la
même définition de la dénucléarisation
de la péninsule. Fin avril, Donald Trump
espérait encore, dans un tweet, que la
Corée du Nord renonce de manière unilatérale à son arsenal nucléaire et à son
programme balistique. Mais pour Kim
Jong-un, la dénucléarisation vise aussi le
parapluie nucléaire qui protège la Corée
du Sud et le Japon depuis les bases américaines du Pacifique ainsi que la capacité
des États-Unis à lancer une frappe nucléaire contre son pays, même de loin.
Donald Trump a promis d’offrir à la Corée du Nord des « garanties de sécurité »
« uniques » et « différentes » de celles
proposées jusqu’ici. Mais pour les ÉtatsUnis, quitter la région signifierait non
seulement abandonner leurs alliés asiatiques, mais renoncer à contrer la Chine
dans une région qu’elle convoite.
Les précédents historiques incitent en
outre à la prudence. En 1992, la Corée du
Nord avait déjà signé une déclaration de
dénucléarisation de la péninsule. Dans la
foulée, les États-Unis avaient promis
qu’ils ne menaceraient pas le régime et
n’utiliseraient pas contre lui la force militaire. En 1994, Pyongyang avait accepté
de geler son programme nucléaire et
d’éliminer ses installations en échange de
relations économiques et diplomatiques
avec les États-Unis. Avant de relancer son
programme et de se retirer du traité de
non-prolifération nucléaire en 2003. En
2007, l’Administration Bush avait vu une
« victoire diplomatique » dans une nouvelle promesse de démantèlement des
installations nucléaires de Pyongyang. En
2010, rebelote : George Bush considère
que « la pression a marché » avec la Corée
du Nord. « La Corée du Nord n’a rien promis de plus qu’au cours de ces 25 dernières
années », prévient un spécialiste.
Alors que l’accord sur le nucléaire iranien signé en juillet 2015 fut le couronnement de douze années de difficiles négociations, même si l’Iran n’était pas encore
un État doté, la déclaration d’intention
sur laquelle Donald Trump et Kim Jongun ont apposé leur engagement n’est que
le début du processus. Si la Corée du Nord
s’est récemment engagée à ne plus effectuer de test balistique, c’est parce qu’elle
n’en a plus besoin. Depuis l’automne
dernier, ses vecteurs sont capables d’atteindre les États-Unis. Quant aux concessions respectives - la fin des exercices
militaires entre les États-Unis et la Corée
du Sud et la destruction d’un site de
missiles en Corée du Nord -, elles n’ont
pas encore été assorties d’un calendrier et
n’ont pas donné lieu à la levée des
sanctions américaines.
L’avenir du projet dépend aussi de la
Chine, l’un des États signataires de
l’armistice de 1953 entre les deux Corées.
Et cette dernière n’a pas forcément intérêt au changement. « Pour la Chine, la
Corée du Nord, c’est comme Taïwan. Un
atout qu’elle peut utiliser vis-à-vis des
États-Unis et du Japon. Pékin a intérêt à ce
que la Corée du Nord demeure nucléaire »,
commente un diplomate.
Si elle a lieu, la dénucléarisation de la
péninsule sera sans doute longue et
incomplète. Mais si l’accord peut favoriser un rapprochement entre les deux
Corées, il sera un gage de stabilité dans
une région instable. ■
LES DROITS
DE L’HOMME,
SACRIFIÉS
SUR L’AUTEL
DU NUCLÉAIRE
Ils en ont parlé, jure Donald
Trump. Le président américain
affirme avoir soulevé
le délicat sujet des violations
des droits de l’homme,
lors de son tête-à-tête
avec le dictateur nord-coréen,
Kim Jong-un. Mais, il a
d’emblée affirmé que
cette question brûlante serait
adressée « plus tard »,
et qu’il valait mieux
la « laisser hors du cadre
de la situation nucléaire »,
lors de sa conférence
de presse, mardi, à Sentosa.
Realpolitik oblige.
Les violations spectaculaires
des droits de l’homme dans
l’État totalitaire et policier
ne figurent pas dans l’accord
conclu par les deux dirigeants,
à Singapour, malgré les appels
des ONG. Une satisfaction
de plus pour Pyongyang.
Un blanc-seing pour le régime
qui incarcérerait jusqu’à
200 000 prisonniers politiques
dans des camps, selon l’ONG
Amnesty International.
Trump avait pourtant
dénoncé ces violations,
lors de son célèbre discours
à la tribune de l’ONU,
à New York, en septembre,
lorsqu’il avait menacé le pays
de « destruction totale ».
Depuis, le président américain
a répondu à l’offensive
de charme diplomatique
du « Leader suprême »,
saluant un « homme très
talentueux ».
Une omission dénoncée
également par les experts
qui jugent que ce dossier
permettrait de jauger
la véritable détermination
de l’autocrate à s’ouvrir.
S. F. (SINGAPOUR)
50
kilogrammes
de plutonium
seraient à la disposition
de Pyongyang,
d’après les estimations
de Séoul
+
» Grâce à Trump, la Chine
n’est plus le juge de paix
du dossier nord-coréen PAGE 16
Lassina Zerbo : « Le processus de vérification devra être international »
PROPOS RECUEILLIS PAR
TANGUY BERTHEMET £@tanguyber
A
LASSINA ZERBO est secrétaire exécutif
de l’Organisation du traité d’interdiction
complète des essais nucléaires (Otice).
LE FIGARO. - Trump et Kim ont signé
une déclaration qui ne précise pas si
la dénucléarisation doit être « vérifiable
et irréversible ». Est-ce suffisant ?
Lassina ZERBO. - Je voudrais d’abord
saluer une avancée historique avec ce dialogue direct pour avoir les conditions
d’une dénucléarisation vérifiable. La déclaration, c’est vrai, paraît un peu vague,
mais, dans sa conférence de presse, le
président Trump a apporté quelques
éléments de précision, notamment sur les
vérifications, laissant aussi la porte ouverte à une contribution internationale sur ce
point. La déclaration n’est qu’un début. Le
vrai travail commence maintenant.
gie nucléaire, et pour éviter qu’une barrière ne soit franchie vers un usage militaire,
c’est le rôle de l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique, NDLR), très en
amont. Si un pays a passé cette barrière,
Pourquoi appelez-vous
la Corée du Nord à adhérer au Tice,
qu’elle n’a pas signé,
et que les États-Unis n’ont pas ratifié ?
Parce que le Tice est le cadre légal le plus
approprié pour mettre fin aux essais nucléaires de façon effective. Le Tice est fait
pour ça, et seul l’adhésion à ce traité plus
ou moins universel le permet. S’il n’est
pas ratifié par les États-Unis, ce pays est,
à la surprise de la communauté internationale, celui qui utilise le plus le système
surveillance, qui participe activement
aux travaux du Tice et qui abrite des installations fonctionnant à merveille. La
ratification est un problème domestique.
LASSINA ZERBO,
SECRÉTAIRE EXÉCUTIF DE L’OTICE
Que peut apporter de plus l’Otice
pour faire avancer ces négociations ?
Il faut distinguer un peu les choses. S’il
s’agit du démantèlement d’un arsenal nucléaire, c’est du ressort des pays dotés, car
ils ont l’expérience de ces armes. Si vous
parlez de l’utilisation pacifique de l’éner-
qu’il dispose d’armes de destructions
massives et qu’il fait des tests, là c’est du
ressort de l’Otice. Nous sommes les seuls à
avoir les moyens de surveillance à distance. Notre réseau compte plus de 300 stations réparties dans le monde, qui veillent
24 heures sur 24 pour détecter tout essai
“
Notre réseau compte
plus de 300 stations
réparties dans le monde,
qui veillent 24 heures sur
24 pour détecter tout essai
nucléaire
”
nucléaire, que ce soit dans l’eau, sur terre
ou sous terre, comme en Corée du Nord.
Voilà ce que nous apportons. Nous avons
détecté les six essais nord-coréens et donné les spécifications techniques à la communauté internationale. Alors, quand il
s’agit du démantèlement d’un site, nous
pouvons bien sûr contribuer aux vérifications. Mais pour cela, nous devons aller sur
place et cela dépend d’un accord, et d’un
accord qui inclut les organisations internationales.
Vous pensez qu’un accord fiable
ne peut être négocié que sur
des bases multilatérales…
Absolument. Il peut y avoir un accord
bilatéral, mais comme l’a dit le président
Trump lui-même, sa vérification ne
peut être le seul fait des États-Unis et a
besoin de toute la communauté internationale, et des organisations internationales. Il n’a pas donné de cadre, mais il
va sans dire que dans le contexte politi-
que et économique, la communauté internationale ira la chercher où elle existe. Les organisations internationales
seront utiles, indispensables, pour servir
au mieux le monde dans la recherche de
la paix. La vérification devra être internationale.
Êtes-vous néanmoins optimiste ?
Je le suis de nature, mais je suis pragmatique. Je vois le contexte actuel en matière de non-prolifération. Il n’y a pas
d’accord qui ait reçu l’assentiment unanime de la communauté internationale.
Il y a toujours des critiques. Il est important que la Corée du Nord, que la résolution du problème dans la péninsule, soit
un gage de progrès avant la conférence
sur le TNP, le traité de non-prolifération,
en 2020. Si nous n’avons rien à nous
mettre sous la dent pour montrer que la
dénucléarisation avance, il sera très difficile de s’opposer aux velléités des uns
et des autres. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
partner
L’AVENIR DU TRAVAIL
en collaboration avec
Les régions au cœur de
l’écosystème digital de demain
MARCHÉ DU NUMÉRIQUE
Le Figaro fait le point sur l’impact de la révolution numérique sur le
monde du travail : cette semaine, quel rôle pour les régions dans ces
mutations à la fois technologiques, sociales et culturelles ?
C
’est
l’un
d
es
nombreux
paradoxes français. Alors que
83% de la population utilise
régulièrement Internet (+40%
en 10 ans), le niveau de connectivité du
pays reste inférieur à celui de la moyenne
européenne, selon l’indice 2018 du rapport
DESI, qui suit les progrès réalisés par
l’ensemble des États membres sur leur
mutation numérique. Principale raison
invoquée, un faible taux de couverture de
la bande mobile 4G et du haut débit. Autre
paradoxe, toujours selon le rapport DESI,
plus d’un Français sur deux (57%) possède
de bonnes compétences numériques.
Pourtant, les entreprises françaises ont
un degré d
’intégration d
es technologies
digitalesinférieuràlamoyenneeuropéenne
et continuent de rencontrer des difficultés
pour recruter d
es spécialistes des TIC,
principalement dans les nouveaux métiers
liés à l’e-commerce, au web marketing ou à
l’informatique. Une pénurie des travailleurs
formés au numérique qui devrait encore
s’accentuer dans les prochaines années à
en croire le dernier rapport « e-skills » de
la Commission européenne (2014).
Toutes les régions françaises ne sont
pas égales face à cette situation. On le
retrouve autant entre la France et les pays
membres de l’Union européenne qu’entre
les régions françaises elles-mêmes.
Alors que l’Île-de-France attire plus d
e
la moitié des quelques 185 000 salariés
des métiers du numérique, selon l’Insee,
les écarts entre nos territoires en termes
d’emploi et de développement d
ans le
secteur sont considérables : si le challenger
Rhône-Alpes-Auvergne accueille 11%
des postes en question, ce chiffre tombe
à 4% en Nouvelle-Aquitaine et tout
juste 1% en Normandie. Même constat
du côté des entreprises du numérique,
où la région parisienne concentre 44%
des établissements, selon l’Observatoire
prospectif des métiers du Numérique, de
l’Ingénierie, des Études et du Conseil et de
l’événement (OPIIEC). Et ce déséquilibre,
on le constate aussi dans la typologie des
salariés de cette branche d’activité : une
majorité d’hommes (74%), beaucoup de
cadres (70%) et une écrasante proportion
de niveau d’études supérieures bac +4/5
parmi les profils recherchés (93%). Ce n’est
cependant pas une fatalité, et la révolution
du numérique est l’occasion unique de
gommer ces écarts, grâce aux efforts de
l’éducation, du monde associatif et public,
et de professionnels comme Google.
“ Le gouvernement
prévoit de mobiliser
57 milliards d’euros
dans le numérique ”
« Si nous sommes très enthousiastes
sur les opportunités économiques et
sociétales apportées par le numérique,
il est indispensable de veiller à ce que
ces transformations bénéficient à tous
et soient inclusives. Il y a aujourd’hui en
France encore 11 millions de personnes
qui n’ont pas accès à Internet, par ailleurs
le deficit de femmes dans les métiers
de l’informatique est un phénomène
qui ne cesse de s’aggraver », explique
Céline Boisson, directrice d
es Ateliers
Numériques de Google France.
Un constat encore plus net quand on
regarde de près les recrutements dans les
nombreux métiers émergents du secteur,
comme les analystes de données (data
analysts), les chefs de projets e-CRM, les
spécialistes en cybersécurité et même les
cabinets de conseil et d’accompagnement
au changement.
Résultat, la demande explose. Pôle Emploi
estime à près de 80 000 le nombre de
Le « Grand Plan d’Investissement 20182022 », lancé en 2017 par le gouvernement,
prévoit de mobiliser 57 milliards
d’euros sur cinq ans pour un éventail
d’actions autour de l’innovation et de la
transformation numérique. Une dotation
importante est d’ailleurs consacrée à la
formation de ces compétences, selon
France Stratégie. L’objectif : former deux
millions de personnes à travers des cours
certifiants avec une dimension digitale
forte. Mais ni les start-up de la French
Tech, ni les professionnels du secteur n’ont
attendu le gouvernement pour investir
les territoires. Google France s’est engagé
dès 2012 dans un programme d’envergure
de
formation
aux
compétences
numériques en travaillant avec des acteurs
institutionnels
(métropoles,
régions,
universités), économiques (chambres
de commerce) et associatifs (E-mma,
Génération Numérique, Emmaüs Connect)
pour que tous et toutes puissent s’adapter
de la transformation numérique
© Abaka
L
es start-up fleurissent dans les
régions. Marie-Laure Collet en
sait quelque chose. Très impliquée d
ans le développement économique et numérique en Bretagne, elle a
fondé, il y a plus de 15 ans, le cabinet de
recrutement, d’accompagnement et de
En Bretagne, la branche des métiers du
numérique pèse plus de trois milliards
d’euros de chiffre d’affaires, réalisés par
près de 2 500 entreprises qui emploient
plus de 24 000 personnes. Et avec 400
créations d’emplois chaque année, leur
croissance est supérieure à celle du
niveau national (4% versus 2,5%). Il faut
dire que la région bénéficie d’un fort
ancrage historique dans les nouvelles
technologies. « Ce rôle de locomotive
s’illustre encore aujourd’hui sur notre
territoire grâce à un maillage solide des
réseaux économiques et culturels qui
portent la transformation numérique,
avance Marie-Laure Collet. Même si,
comme partout, il y a de la résistance
au changement. » Le meilleur moyen
d’y remédier, c’est de passer par la formation à tous les niveaux, dès l’école,
à travers les associations ou dans les
entreprises. « Pour mieux accompagner les divers besoins en formation,
il faut des lieux ouverts où chacun,
selon son niveau de compétence, peut
se sensibiliser aux outils numériques
et apprendre sans complexe, assure
Marie-Laure Collet. Le numérique n’est
pas une technologie ou un outil, c’est
une autre façon de penser et d’appréhender l’avenir. On ne réussit pas seul,
il faut une démarche collective dans la
région ». C’est dans ce contexte que
Marie-Laure Collet s’est associée depuis le début et avec enthousiasme à
l’implantation des Ateliers Numériques
de Google en Bretagne. « Un lieu physique, en plein centre de Rennes, avec
des formations gratuites, ouvertes à
tous, représentant un véritable tremplin
pour les Bretons. Partenaire des Ateliers, Abaka y délivre des formations sur
l’utilisation de LinkedIn pour rechercher
un emploi et accélérer sa carrière. »
Milliards d’euros
CROISSANCE
+3,4%
projets de ecrutement
r
et de postes
vacants dans ce domaine. Cette tendance
devrait être renforcée par les bons chiffres
de l’économie, et notamment la hausse
prévue du PIB de 1,9% cette année, qui
devrait particulièrement profiter à la
branche numérique. « Les recrutements
de cadres devraient être au plus haut
niveau en 2018 », affirme Jean-Marie
Marx, directeur général de l’Apec. Le
secteur numérique devrait recruter autour
de 55 000 cadres, selon les projections de
l’organisme. Compte tenu des disparités
évoquées plus tôt, les territoires devraient
représenter un potentiel très riche en
termes de bassin d’emploi. À la même
vitesse ? « Pour une entreprise qui se
trouve dans un territoire enclavé, cela
risque d’être plus difficile de dénicher la
bonne personne », avance Pierre Lamblin,
directeur des études de l’Apec. Quelles
solutions pour demain?
La Bretagne, territoire
conseil en ressources humaines Abaka.
Et c’est à Rennes qu’elle a installé ses
bureaux pour ses 23 salariés.
53,9
dont
447000
emplois
19000
créations emplois
26800
entreprises
72%
des entreprises de conseil
et de services du numérique ont
augmenté leur CA en 2017 (+4,2%)
64%
des entreprises envisagent
une croissance de leurs
prises de commande en 2018
Croissance du secteur de 3,6% avec une
augmentation de 4,5% pour le conseil en
technologies
Chiffres Syntec 2017
à la culture numérique, avoir les bonnes
clés de compréhension et utiliser les outils à
bon escient », insiste Céline Boisson. Signe
des temps, le Syntec qui accompagne les
dirigeants d’entreprises dans le secteur
epuis d
eux ans
numérique a engagé d
un grand mouvement de régionalisation.
« L’objectif est d’agir en proximité des
entrepreneurs et de s’inscrire dans les
dynamiques territoriales qui voient les
compétences des régions se renforcer en
matière de développement économique,
d’emploi et de formation », avance Luc
Laurentin, vice-président de la Fédération
Syntec. À l’honneur, la Bretagne et les Pays
delaLoire.Deuxrégionspilotesquiviennent
de signer, fin mai, la mise en œuvre de cette
nouvelle dynamique régionale.
Les Ateliers Numériques :
qu’est-ce que c’est ?
© Google
Depuis 2012, des formateurs
Google sillonnent les régions de
France pour délivrer des formations
aux compétences numériques
aux professionnels, aux étudiants
et aux chercheurs d
’emploi.
Ces formations, réalisées avec
des partenaires institutionnels,
économiques et associatifs, sont
gratuites et ouvertes à tous.
En six ans ce sont plus de 230 000
personnes qui ont bénéficié de
ces formations, dont 50% de
femmes, à l’origine de la création
de 8 500 emplois sur l’année 2017.
Cette année, Google intensifie son
effort d
e formation et s’installe
de manière pérenne dans quatre
régions de France à travers,
notamment l’ouverture de lieux
physiques. Le premier Atelier
Numérique a ouvert à Rennes en
Bretagne samedi 9 juin. 200m2
en plein centre ville de Rennes
ouverts à tous et conçus avec 20
partenaires locaux.
On y apprendra : à chercher des
annonces d’emploi sur Internet,
à sécuriser ses d
onnées sur
Internet, à comprendre comment
fonctionnent les moteurs d
e
recherche, à d
écouvrir le code
informatique, à référencer sa
boutique sur Internet.
Plus d’informations sur :
g.co/ateliersnumeriques
#AteliersGoogle
@GoogleEnFrance
Publi-communiqué réalisé par 14HAUSSMANN
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 13 juin 2018 LE FIGARO
6
INTERNATIONAL
Migrants : l’UE face
au coup de force
du gouvernement italien
En détournant des clandestins, le nouveau pouvoir
aux commandes à Rome réussit à placer la question transalpine
des migrants au sommet de l’Europe.
JEAN-JACQUES MÉVEL £@jjmevel
CORRESPONDANT À BRUXELLES
UNION EUROPÉENNE Les « antisystème » au pouvoir à Rome étaient attendus sur le terrain glissant de l’euro et de
la dette. C’est finalement au milieu de la
Méditerranée qu’ils ont choisi de donner des sueurs froides. Le périple de
l’Aquarius, « ambulance des mers » en
quête de débarquement pour 629 hommes, femmes et enfants, n’est que le
coup d’envoi d’un long bras de fer entre l’UE et Matteo Salvini, l’homme fort
de la nouvelle équipe italienne.
L’Espagne et le port de Valence, destination probable des passagers de
l’Aquarius, ont bien voulu cette fois
« éviter une catastrophe humanitaire » à
l’Europe, en acceptant ceux que l’Italie
puis Malte ont refusés au mépris du
droit. Le ministre de l’Intérieur Salvini
fait coup double. Il détourne un chargement de clandestins des côtes italiennes - ce qu’il avait promis à ses
électeurs. Il propulse du même coup
l’affaire au sommet de l’Europe - ce que
peinaient à faire les gouvernements
précédents. Et ce n’est qu’un coup
d’essai : « Nous réglerons le problème de
manière identique avec d’autres bateaux, prévient-il, jusqu’à ce qu’il soit
bien clair que le ton a changé en Italie. »
L’affaire de l’Aquarius, navire battant pavillon de Gibraltar affrété par
deux ONG françaises (MSF et SOS Méditerranée), est un vrai coup de tonnerre. Emmanuel Macron a dénoncé en
Conseil des ministres la « part de cynisme et d’irresponsabilité » qui anime le
gouvernement italien. Le chef de l’État
paraît viser Matteo Salvini et l’indéfectible soutien de Marine Le Pen, plutôt
que le pâle premier ministre Giuseppe
Conte, bientôt reçu à l’Élysée. Tout est
affaire de politique intérieure…
Reste à trouver une réponse à l’exigence du chef de l’extrême droite italienne. « Comment rendre la situation à
nouveau supportable pour les Italiens ?
s’interroge à Bruxelles le représentant
d’une grande capitale. Après le changement de gouvernement à Rome, il est
temps que les Vingt-Huit reprennent langue. » Il ne serait pas du tout question de
dispenser Rome des obligations de se-
cours en mer et de débarquement que lui
imposent la géographie et le droit international. L’UE le voudrait-elle qu’elle
n’en aurait juridiquement pas le pouvoir.
Il s’agirait plutôt d’apporter enfin à
l’Italie l’appui politique, le soutien logistique et surtout la solidarité financière dont elle a besoin : sauvetage, réception des migrants, assistance sanitaire,
traitement des demandes d’asile et,
pour une majorité de déboutés, retours
“
Après le changement
de gouvernement à Rome,
il est temps que les VingtHuit reprennent langue
UN REPRÉSENTANT À BRUXELLES
”
massifs à la case départ, au sud du Sahara. La facture s’élève à 4,2 milliards en
2017, d’après Rome. Quelque 690 000
personnes ont débarqué dans la Botte
depuis 2013. Le rythme a chuté de 80 %
depuis 2015. Mais les « irréguliers » seraient encore un demi-million sur place, privés du droit d’asile ou de visa. Ce
sont ceux que Matteo Salvini veut « expulser » en masse.
La question italienne des migrants a
donc toutes les chances de s’imposer
au prochain sommet des Vingt-Huit
fin juin, plutôt que l’interminable prise de bec sur un vrai sujet de droit
européen : la répartition des réfugiés
reconnus à travers l’UE. À Bruxelles,
le sentiment d’urgence est palpable.
Avec les menaces du chef de la Ligue,
la crainte monte d’une autre saga en
Méditerranée cet été et d’une nouvelle
démonstration d’impuissance de
l’UE, trois ans après l’exode des réfugiés syriens.
Faute de réponse européenne, des
solutions plus radicales sont déjà sur la
table. À huis clos, la semaine dernière,
plusieurs ministres de l’Intérieur ont
dit redouter une prochaine implosion
de Schengen, autrement dit le rétablissement des frontières nationales. Le
Danemark et l’Autriche, qui prendra la
présidence tournante de l’UE le
1er juillet, envisagent de leur côté d’installer en Europe - mais à l’extérieur de
l’UE - de gigantesques centres de transit pour migrants en attente d’expulsion. On parle à nouveau des Balkans…
Approchés, l’Allemagne et les Pays-Bas
n’ont pas donné suite. ■
Six cent vingt-neuf passagers, dont de nombreux enfants, sont depuis samedi à bord du navire
L’Espagne se prépare à recevoir les passagers de l’« Aquarius »
MATHIEU DE TAILLAC £@mdetaillac
MADRID
L’ESPAGNE a lancé les préparatifs pour
accueillir l’Aquarius, qui devrait accoster au port de Valence vendredi ou samedi. Le gouvernement espagnol coordonne ses efforts pour recevoir et
identifier les 629 migrants avec l’exécutif régional de Valence et la CroixRouge. L’ONG a prévu de déployer ses
« équipes de réponse immédiate aux
urgences », des groupes habitués à porter secours aux migrants lors des arrivées massives d’embarcations de fortune sur les côtes espagnoles.
L’annonce, lundi dernier, par le chef
du gouvernement espagnol, Pedro
Sanchez, de l’accueil du navire dans le
port de la troisième ville du pays, avait
été marquée par une certaine improvisation liée à la situation d’urgence
humanitaire : ni les ONG à bord de
l’Aquarius ni les partenaires européens
ne semblaient connaître la décision
avant la divulgation du communiqué.
SOS-Méditerranée et Médecins sans
frontières (MSF), les associations qui
affrètent l’Aquarius, avaient même menacé lundi soir de ne pas se rendre à
Valence, jugeant que les conditions météorologiques et de sécurité n’étaient
pas réunies pour parcourir 1 300 kilomètres avec des migrants à bord, parmi
lesquels 123 enfants, 7 femmes enceintes
et un nombre indéterminé de personnes
blessées ou malades.
La décision d’envoyer un navire de la
marine italienne et un second des gardes-côtes pour répartir les passagers en
trois groupes les a finalement convain-
cues. Selon des sources espagnoles citées
par le quotidien El Mundo, Rome a proposé d’accompagner l’Aquarius vers
Valence à la condition, acceptée par
Madrid, que les migrants ne foulent pas
le sol italien. La répartition des passagers
entre les trois navires a commencé mardi après-midi. « Les personnes à bord de
l’Aquarius nous disent qu’elles sont
contentes de pouvoir enfin se diriger vers
un port sûr, mais surtout de ne pas retourner en Libye », a indiqué MSF sur Twitter.
plusieurs régions. La Galice, qui est aux
mains du Parti populaire (PP, droite), a
été l’une des dernières à se joindre au
mouvement. Tous aux PP ne sont toutefois pas aussi volontaires. Le porte-parole parlementaire a ainsi dénoncé « une
erreur » en rappelant : « La Corse est
plus proche. » Ciudadanos (centre libéral) a accepté la décision à titre d’« exception humanitaire ».
Sans parler d’union sacrée, l’entente
cordiale sur le sujet tient du miracle
politique, dans un pays où le débat public est souvent marqué par un climat
de crispation ; l’unité est d’autant plus
méritoire dix jours après l’arrivée au
pouvoir de Sanchez par le truchement
d’une motion de censure contre
Mariano Rajoy.
D’importantes inconnues demeurent
quant à la situation légale des arrivants.
Entente cordiale sur le sujet
La bonne disposition des Espagnols va
au-delà du nouveau gouvernement socialiste. La gauche radicale, qui soutient
le gouvernement régional de Valence et
détient la mairie, a appuyé la décision.
200 communes ont affirmé leur volonté
d’accueillir des migrants, de même que
En Italie, Matteo Salvini espère tirer des gains électoraux de sa politique de
ROME
MATTEO SALVINI parle comme un
« ultra » du Milan AC, son club de football préféré. « La ligne dure paie », a-til lancé en apprenant que les 629 migrants du navire humanitaire Aquarius
pourront débarquer dans le port espagnol de Valence. En fait, ils seront
transbordés sur des navires italiens qui
les amèneront en Espagne, l’Aquarius
n’étant pas équipé pour transporter un
aussi grand nombre sur une aussi longue distance.
Le quotidien La Repubblica trouve
plutôt ironique de constater qu’un gouvernement socialiste à peine installé à
Madrid ait permis au plus extrémiste
des membres du gouvernement italien
de « ne pas perdre la face ». Car que se
serait-il passé s’il ne s’était pas trouvé
un gouvernement capable de faire un
geste d’humanité ? Le ministre italien
de l’Intérieur et vice-président du
Conseil pense-t-il que ses nouveaux
amis du « pacte de Visegrad », le Hongrois Viktor Orban et les gouvernements de Pologne, Slovaquie et de la
République tchèque, « auraient pris ses
migrants » ? Assurément non.
Avec sa politique de fermeté, Matteo
Salvini pense avoir forcé le reste de
l’Europe, en particulier la France, l’Allemagne et les Pays-Bas à prendre acte
du fait que l’Italie ne peut plus rester
isolée face à l’afflux des migrants et que
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l’Union européenne doit enfin se mobiliser pour partager le fardeau. Le président du Conseil italien, Giuseppe
Conte, aura cependant fort à faire pour
en convaincre vendredi le président
Emmanuel Macron à Paris et Angela
Merkel lundi à Berlin.
ANDREAS SOLARO/AFP
RICHARD HEUZÉ
Le nouveau ministre italien de l’Intérieur,
Matteo Salvini, est aussi à la tête
du parti d’extrême droite La Ligue.
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Le bras de fer
n’est pas terminé
D’un point de vue électoral, Matteo
Salvini a parfaitement raison. Frapper
du poing sur la table impressionne
l’électorat. Le leader de la Ligue est
passé de 17 % lors du scrutin du 4 mars
à 28-29 %, selon les derniers sondages.
Certains le donnent même presque à
égalité avec le Mouvement 5 étoiles,
qui avait fait 32 % dans les urnes il y a
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Date de naissance :
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Tél. :
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trois mois. Et le premier tour des élections municipales partielles de dimanche, qui intéressaient sept millions
d’électeurs dans 761 communes avec
un taux de participation de 61,2 %,
montre que les électeurs sont sensibles
à un langage rude. Dans une majorité
de circonscriptions, la Ligue a entraîné
le centre droit, avec des scores atteignant 37 % un peu partout et même
43 % dans le Nord industriel. Mais également dans le sud : à Catane, deuxième ville de Sicile, son candidat a été
largement élu dès le premier tour. Sur
75 ballottages prévus pour le second
tour du 24 juin, 29 devraient être favorables à la droite et 20 au centre gauche
qui fait preuve d’une résistance inattendue dans ses fiefs.
Chez Mr ou Mme (si nécessaire) :
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LE FIGARO
mercredi 13 juin 2018
INTERNATIONAL
7
Sous la pression de la
majorité, Macron dénonce
le « cynisme » de l’Italie
MATHILDE SIRAUD £@mathilde_sd
ET MARCELO WESFREID £@mwesfreid
APRÈS UN LONG silence, la France est
sortie de son mutisme, en employant
des mots aussi durs qu’inhabituels pour
qualifier l’un de ses voisins. Emmanuel
Macron a dénoncé, mardi, la « part de
cynisme et d’irresponsabilité du gouvernement italien », lequel a refusé d’accueillir dans ses ports l’Aquarius et ses
629 migrants. Selon le porte-parole du
gouvernement, Benjamin Griveaux, qui
rapportait ces propos tenus pendant le
Conseil des ministres, le chef de l’État a
rappelé les principes du droit maritime,
qui indiquent « qu’en cas de détresse, ce
soit la côte la plus proche qui assume la
responsabilité de l’accueil ».
À l’Assemblée, le premier ministre a
dénoncé dans la foulée le « non-respect »
par Rome de ses « obligations ». L’exécutif
est convaincu que le nouveau ministre de
l’Intérieur et patron de la Ligue, Matteo
Salvini, va chercher à multiplier ce type
de provocations envers l’Europe. Il est
donc nécessaire de hausser le ton, estiment les diplomates français. Quitte à jeter un froid dans les relations franco-italiennes. Rester trop longtemps en marge
de ce drame humanitaire était d’autant
plus intenable, pour Emmanuel Macron,
que sa majorité n’a pas tardé à se diviser.
« Un problème d’humanité »
En temps normal, lorsqu’un migrant sans
papiers est identifié par la police espagnole, il est envoyé dans un centre de rétention administrative. Le gouvernement
semble exclure cette option. Toutefois, le
ministère du Travail et des Migrations reconnaît que « tous ne sont pas des réfugiés
politiques ; nous savons déjà qu’il y a des
migrants économiques qui se trouveront
dans une autre situation légale ». Les mineurs non accompagnés relèvent de la
responsabilité de la communauté autonome et devraient donc rester dans la région
de Valence, tandis que certains migrants
adultes pourraient être accompagnés vers
d’autres territoires espagnols. La viceprésidente du gouvernement, Carmen
Calvo, a été chargée de coordonner le travail entre les six ministères concernés ;
elle a prévu de se rendre à Valence ce
mercredi ou ce jeudi. ■
fermeté
Le grand perdant est le Mouvement 5
étoiles (M5S) antisystème. Son alignement sur la politique migratoire brutale
de Matteo Salvini est désavoué par une
partie de sa base. Un électeur 5 étoiles
sur deux ne s’est pas rendu aux urnes et
beaucoup, selon certains analystes, ont
même donné leur vote à un candidat
différent du M5S. Alessandra Ghisleri,
directrice de l’institut de sondage
Euromedia Research, l’attribue au fait
que la Ligue présentait des candidats
aisément identifiables avec le territoire
en se battant sur des thèmes clairs
comme l’immigration ou les impôts
tandis que les 5 étoiles n’avaient aucun
dirigeant national engagé dans ces
élections.
Danilo Toninelli, ministre 5 étoiles
des Transports, était en peine mardi de
justifier son alignement sur Matteo Salvini. Il s’est défendu en affirmant que
« l’Italie est le pays qui a sauvé le plus de
vies humaines en mer », mais qu’il fallait faire la grosse voix pour « contraindre les autres pays à ouvrir leurs ports ».
Pour Matteo Salvini, pas question de
déroger à la fermeté. « Tout autre navire étranger se présentant avec des migrants devant un de nos ports s’en verra
interdire l’accès », a-t-il affirmé. Ce ne
sera toutefois pas le cas pour le Dicciotti, attendu mardi soir à Catane avec
quelque 900 migrants. C’est une vedette des garde-côtes italiens. L’interdiction ne le vise pas. ■
Le coup politique
des nationalistes corses
EMMANUEL GALIERO £@EGaliero
LES NATIONALISTES corses ont jeté une
pierre dans le jardin d’Emmanuel
Macron, mardi. L’offre, formulée au
nom d’un impératif humanitaire majeur,
n’a fait que souligner les silences du chef
de l’État et du premier ministre. Le
contraste a été perçu avec d’autant plus
de force que cette réserve présidentielle
a été vécue, y compris au sein de la majorité, comme une absence de réaction
face à la brutalité du ministre de l’Intérieur italien, Matteo Salvini, l’homme
qui a refusé l’accostage de l’Aquarius.
Lorsque Jean-Guy Talamoni, président de l’Assemblée de Corse, a exprimé
son « point de vue personnel » sur le sujet lundi soir dans la nuit, son idée a eu
immédiatement une résonance politique. Pourtant, l’élu indépendantiste, en
froid avec l’exécutif français sur la question de la réforme constitutionnelle, dé-
“
Parfois il faut
savoir bousculer
les conformismes
face à l’urgence
JEAN-GUY TALAMONI
PRÉSIDENT DE L’ASSEMBLÉE DE CORSE
”
ment tout « calcul politicien ». Pour lui,
tout homme politique doit réagir face à
pareille urgence. « La seule problématique ayant motivé ma réaction est la présence d’un navire, pas très éloigné des
côtes corses, transportant beaucoup plus
de gens qu’il ne peut le faire dans des
conditions normales, avec sept femmes
enceintes et des enfants en bas âge. De
plus, la situation devenait très préoccupante sur le plan de la sécurité, comme de
la météo et le port de Valence était encore
très éloigné. Voyant que certaines décisions tardaient à être prises, je me suis dit
que si personne ne disait rien, on ne pourrait pas avancer. »
En contactant la préfecture de Corse,
Talamoni voulait provoquer une position des « autorités » de l’État, seules
compétentes sur le plan juridique pour
prendre une décision.
Mardi, Gilles Simeoni, le président de
l’exécutif corse, a expliqué que cette décision d’accueillir les migrants avait été
prise « en concertation » avec le conseil
de l’île et en « accord » avec la majorité
territoriale. « C’est une décision politique
des institutions de la Corse, a-t-il précisé
au Figaro. Le premier réflexe est de mettre
un port à disposition de gens en détresse.
C’est une réaction spontanée, humaine.
La gestion du problème se pose ensuite.
C’est une décision autonome. Nous nous
situons peut-être un peu au-delà des textes mais parfois, il faut savoir bousculer
les conformismes face à l’urgence. »
Les nationalistes corses condamnent
la décision « brutale » de l’Italie mais ils
pensent que la position de la Corse peut
faire écho de manière efficace à la crise
provoquée par Matteo Salvini pour inciter les autorités françaises et européennes à trouver des solutions.
Selon Simeoni, les services de l’État
n’ont pas fait preuve d’un « enthousiasme débordant » face à l’initiative des
élus corses. L’exécutif corse n’aurait-il
pas pu agir autrement et préparer une
réponse concertée avec le gouvernement sur un sujet appartenant au
champ régalien ? « Mais nous n’avons
pas les moyens de le faire ! répond JeanGuy Talamoni. L’État ne nous consulte
absolument pas sur ces questions. Il estime que cela relève de sa compétence.
Nous, nous avons simplement exprimé
une position politique. » L’élu se défend
d’avoir voulu mettre le pouvoir français
en difficulté. Il admet sa volonté de
« poser le problème » sur une affaire
« complexe » mais il estime qu’il « n’y a
que des coups à prendre » en le faisant.
Dans les rangs de l’opposition, les
dents ont grincé. Jean-Martin Mondoloni, figure de la droite régionaliste, a
jugé que l’exécutif corse faisait « une fois
encore, preuve d’un irréalisme confondant ». « S’ériger en chef d’État souverain en laissant penser que nous aurions
les moyens d’accueillir dignement ces migrants relève davantage du coup politique que d’une mesure réellement efficace : la Corse ne dispose ni des moyens ni
des prérogatives pour accueillir sur son
sol des centaines de migrants », a accusé
le leader de Per l’Avvene.
À ces critiques, les « natios » opposent un « cas de conscience ». Ils estiment que le devoir d’assistance, invoqué
par l’ONG SOS Méditerranée, comme le
droit maritime international vont dans
leur sens. Ils savent aussi qu’un nouvel
Aquarius chargé de migrants pourrait
croiser au large de la Corse. Dans ce cas,
Talamoni a une certitude. « Nous ne laisserons pas les gens mourir. » ■
Accord sur la Macédoine
Après 27 ans de querelle, Athènes et
Skopje ont trouvé un accord mardi
sur le nom de la Macédoine.
Ce règlement est susceptible
de débloquer l’ancrage de ce petit
État ex-yougoslave à l’UE et à
l’Otan. Le premier ministre grec,
Alexis Tsipras, n’a pas révélé
ce fameux nom, même si la plupart
des médias grecs et macédoniens
avancent celui de « République
de Macédoine du Nord ».
Nétanyahou interrogé dans
une affaire de corruption
Le premier ministre israélien a été
interrogé mardi comme témoin
dans une affaire de corruption
présumée portant sur l’acquisition
de trois sous-marins allemands par
Israël. Benyamin Nétanyahou, qui
n’est pas considéré comme suspect,
est visé par différentes enquêtes
pour corruption présumée.
La CPI ordonne la mise
en liberté de Bemba
La Cour pénale internationale
a ordonné mardi la libération
provisoire de l’ex-vice-président
congolais Jean-Pierre Bemba,
acquitté à la surprise générale
de crimes de guerre et de crimes
contre l’humanité en appel.
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EN BREF
*Plus d’achat, plus de remises
de sauvetage battant pavillon de Gibraltar, affrété par SOS Méditerranée et Médecins Sans Frontières.
La réunion du groupe LaREM, mardi, à
l’Assemblée a été houleuse. Dès potronminet, plusieurs élus, comme le viceprésident de l’Assemblée nationale
Hugues Renson ou la députée du Vald’Oise Fiona Lazaar, ont publiquement
regretté le silence de l’exécutif, appelant
au respect de la tradition d’accueil de la
France. Alors que les députés discutaient
à huis clos de la proposition de loi sur l’assainissement des eaux, la députée de
Paris Anne-Christine Lang a pris la parole
pour exprimer sa « gêne » et suscité un
débat au sein du groupe. Aussitôt, le viceprésident Gilles Le Gendre - qui animait
les échanges en l’absence de Richard
Ferrand - a coupé court à son intervention, proposant aux élus de revenir sur le
sujet en fin de discussion. Il n’en fallait
pas plus pour que la députée de la Manche
Sonia Krimi, qui s’était déjà fait remarquer en prenant position contre la politique du gouvernement en matière d’asile
et d’immigration, laisse échapper sa colère et claque la porte de la réunion de
groupe. « Je ne voulais pas attendre comme une petite fille qu’on me donne la parole,
explique-t-elle. Le silence de la France sur
ce sujet est honteux, et la seule chose qu’on
nous a répondue, c’est que le gouvernement allait donner une réponse dans l’hémicycle. » Pour l’élue franco-tunisienne,
« la France doit prendre sa part ». « Il y a
629 âmes en errance, accueillons-les,
point. Et après on verra », insiste la parlementaire devant les caméras.
Pour tenter de calmer les esprits et décourager les prises de parole individuelles, le président du groupe LaREM,
Richard Ferrand, a rappelé les plus agités
à l’ordre. « Il faut être sérieux. La règle et
la nécessité veulent que ces malheureux
(les 629 migrants, NDLR) puissent s’approcher du port le plus proche. C’est ça,
l’enjeu. Ce n’est pas de faire une compétition démagogique », a taclé l’élu macroniste du Finistère. « Ce n’est pas un problème politicien, c’est un problème
d’humanité, voilà ce qu’il faut entendre »,
a insisté l’ancien cadre socialiste. Avant
d’enfoncer le clou, visiblement irrité :
« Il est inutile de rivaliser de sottises pour
dire “la France ceci, la France cela”, nous
sommes aux côtés des Espagnols. Voilà ce
qu’il faut comprendre. Tout le reste est
indigne. »
Le gouvernement s’est en effet dit prêt
à aider les autorités espagnoles « pour accueillir et analyser la situation de ceux qui,
sur ce bateau, pourraient vouloir bénéficier
du statut de réfugié ». Mardi soir, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a
invité ses homologues italien et espagnol
à Paris « dans les prochains jours ». « Le
ministre d’État a salué la décision de
l’Espagne d’accueillir ce navire. […] Il a
rappelé que la France se tiendra aux côtés
de l’Espagne à son arrivée à destination, en
particulier pour l’accompagnement des
demandeurs d’asile en besoin manifeste de
protection. [Il] a par ailleurs rappelé au ministre italien la nécessité d’une approche
européenne coordonnée entre États membres concernant le sauvetage en mer, tout
en demandant que soient pleinement prises
en compte les exigences du droit international », pouvait-on lire dans le communiqué de Beauvau. ■
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mercredi 13 juin 2018 LE FIGARO
8
POLITIQUE
Macron en Vendée pour
un hommage au « chef
de guerre » Clemenceau
Le président débute ce mercredi un déplacement de deux jours
à l’occasion du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale.
FRANÇOIS-XAVIER BOURMAUD
£@fxbourmaud
ÉLYSÉE Retour en province. Après une
longue séquence internationale qui l’aura
mené de Washington à Sydney puis à
Saint-Pétersbourg et à Charlevoix au
Québec pour le sommet du G7, Emmanuel Macron entame mercredi une visite
de deux jours en Vendée et en CharenteMaritime à l’occasion du centenaire de la
fin de la Première Guerre mondiale. Une
étape dans la politique mémorielle du
chef de l’État au cours de laquelle il croisera Philippe de Villiers, figure politique
de la région, lors d’une rencontre à huis
clos avec des entrepreneurs des Herbiers,
des élus et des parlementaires vendéens.
Mais le déplacement est surtout l’occasion de rendre hommage à Georges Clemenceau. Le chef de l’État, et des Armées, visitera sa maison, qui deviendra
un musée, et se recueillera sur sa tombe
dans le village de Mouchamps, près de La
Roche-sur-Yon. « C’est le Clemenceau
chef de guerre qu’il vient honorer », explique-t-on dans son entourage. D’où la seconde partie de sa visite le lendemain sur
la base de l’armée de l’air de Rochefort où
sont formés des sous-officiers. Le président de la République assistera
notamment à une cérémonie militaire de
baptême de promotion.
Jusqu’alors, c’est plutôt Manuel Valls
qui s’affichait comme le premier admirateur de Georges Clemenceau dont il avait
fait une référence historique personnelle.
Cela lui avait d’ailleurs valu une pique de
la part de François Hollande. En décorant
son premier ministre des insignes de
grand-croix de l’Ordre du mérite, il avait
salué « le parcours très long » du Tigre
qui « n’est pas devenu président de la République mais on peut aussi réussir son
existence sans être président de la République ». Emmanuel Macron, lui, l’est devenu et c’est à ce titre qu’en février dernier, il a rendu hommage, dans une
tribune publiée par l’hebdomadaire Le 1,
à celui qui fût président du Conseil
de 1917 à 1920.
« Ce qui continue de fasciner, chez
Georges Clemenceau, c’est ce que lui-même, inlassablement, a placé au cœur de sa
venue au pouvoir, de sa stratégie, de sa
politique de guerre : un amour inconditionnel de la France, écrit Emmanuel Macron. La France crut en lui, parce qu’il
croyait en la France. Ce fut sa force et son
secret. » Comme toujours avec l’hommage d’un président à un personnage
historique, la lecture se fait entre les lignes. À l’heure où les doutes assaillent
une partie de la majorité sur la politique
suivie par Macron, l’hommage à Clemenceau est aussi une invitation lancée à
ses troupes à se replacer dans le temps
long, celui sur lequel le chef de l’État a
conçu son mandat. Et de temps long, il
sera aussi question jeudi après-midi avec
une étape du déplacement consacrée au
patrimoine.
Emmanuel Macron visitera en effet la
maison de Pierre Loti, l’un des 18 sites
retenus pour bénéficier en priorité des
fonds issus du loto du patrimoine organisé en septembre prochain. C’est grâce à
“
Georges Clemenceau,
inlassablement, a placé
au cœur de sa venue
au pouvoir, de sa stratégie,
de sa politique de guerre :
un amour inconditionnel
de la France
EMMANUEL MACRON
”
ces fonds que le bâtiment sera rénové,
même si une polémique a récemment
surgi sur ce site en particulier. Plusieurs
associations, dont le Conseil de coordination des organisations arméniennes de
France, l’Union des étudiants juifs de
France ou SOS-Racisme, ont demandé
au président de la République de retirer la
maison de Pierre Loti du loto du patrimoine. Ces associations accusent
l’écrivain de nourrir « une haine d’une
violence inouïe à l’égard des Arméniens et
des Juifs » dans certains de ses livres.
Pour l’heure, l’Élysée n’a pas réagi officiellement mais en maintenant sa venue
sur le site, qu’il effectuera en compagnie
de la ministre de la Culture Françoise
Nyssen, le chef de l’État apporte une réponse assez claire. La visite se déroulera
toutefois en comité très restreint. Tout
comme sa rencontre de mercredi soir sur
le site de l’entreprise K-Line, aux
Herbiers. C’est là qu’Emmanuel Macron
croisera Philippe de Villiers.
Depuis la visite du candidat Macron au
Puy-du-Fou pendant la campagne présidentielle, les deux hommes entretiennent une relation d’estime réciproque.
De quoi nourrir le procès en droitisation
intenté au chef de l’État par ses opposants. Ni l’un ni l’autre n’en ont cure. À
tel point qu’ils semblent prendre plaisir à
s’afficher régulièrement ensemble,
comme par goût de la provocation.
C’était le cas en mai dernier lors de la
finale de la coupe de France de football
qui opposait l’équipe vendéenne des
Herbiers au PSG. Ce soir-là, Emmanuel
Macron et Philippe de Villiers étaient
hilares dans les tribunes. ■
Emmanuel Macron lors de sa visite du Musée Clemenceau, à Paris, le 13 novembre 2017.
CONTRE-POINT
PAR GUILLAUME TABARD £@GTabard
Social : Jupiter doit
apprendre à être Mercure
C
hanger d’image
sans changer de politique :
c’est la mission impossible ? - d’Emmanuel
Macron. Actionner le levier social
après avoir utilisé la carte libérale ;
marcher aussi sur sa jambe gauche
après avoir avancé à cloche-pied sur
sa seule jambe droite. Voilà le chef
de l’État sommé de rééquilibrer sa
politique. Mais s’il satisfait à cette
injonction, Macron sacrifierait tout
simplement le macronisme. À savoir
rompre avec cette logique binaire
pour qui être libéral, c’est chercher
des économies à tout prix et être
social, c’est distribuer des allocations
à tout va. Le chef de l’État n’a cessé
de plaider que des mesures
déverrouillant l’épargne ou la vie
des entreprises pouvaient créer de
l’emploi et que des dispositifs censés
être protecteurs pouvaient être des
Un quelconque
tournant
social ne
suffirait plus
à effacer
cette image
tenace
de « président
des riches »
»
IAN LANGSDON/POOL/EPA/MAXPPP
Dallier (LR) : « La priorité est de faire des économies
budgétaires pour inverser la courbe de la dette »
A
SACHA METZKER £@Sacha_zanin
ET CHARLES SAPIN £@csapin
EMMANUEL MACRON doit prendre la
parole mercredi en ouverture du
42e congrès de la Mutualité, à Montpellier. Un discours attendu, où le chef de
l’État devrait notamment préciser sa politique sociale. Qu’importent les annonces
à venir, le seul fait que « le président s’exprime prouve qu’il y a un malaise dans la
majorité et dans le pays », tonne, lors du
« Talk Le Figaro », le sénateur LR de
Seine-Saint-Denis Philippe Dallier.
Pour le premier vice-président de la
Haute Chambre, « les premières décisions
ont été très durement ressenties dans le
pays, notamment par ceux dont les moyens
ne sont pas les plus importants, comme les
retraités », alors même que, insiste l’élu,
« beaucoup d’argent a déjà été dépensé,
notamment avec la suppression de la taxe
d’habitation, qui va coûter beaucoup plus
cher que prévu ».
Et c’est là que réside, selon l’élu, le
principal écueil de la politique de l’exécutif. Quand bien même le président
voudrait ouvrir une séquence plus sociale de son quinquennat, « la priorité
est d’abord de faire des économies budgétaires pour inverser la courbe de la dette,
rappelle Philippe Dallier. Le budget que
nous avons voté pour 2018 comprend enco-
“
Les premières décisions
ont été très durement
ressenties dans le pays
PHILIPPE DALLIER, SÉNATEUR LR
DE SEINE-SAINT-DENIS
”
re un déficit qui progresse. Je rappelle que la
croissance sera sans doute moins bonne que
ce qui était anticipé et que plus personne ne
se fait d’illusion sur le cap des 2 %. »
Si, pour faire des économies, le sénateur
se dit prêt à « remettre sur la table le système social », pas question pour autant de
PHILIPPE DALLIER,
mardi, dans le studio du Figaro.
SÉBASTIEN SORIANO/LE FIGARO
faire l’impasse sur un plan banlieue ambitieux, à l’image de celui préparé par JeanLouis Borloo à la demande du chef de
l’État, avant d’être remisé. « Le président
de la République a eu tort. Dans la forme, on
s’est tous sentis méprisés », cingle le sénateur LR, qui réclame « un plan de rattrapage massif » sur son territoire sur les aspects
régaliens : police, justice et éducation.
Habitant du 93 depuis cinquante ans,
Philippe Dallier dénonce une situation
« qui se détériore et un territoire qui se dégrade ». Un constat qui tranche singulièrement avec le tract distribué à plus de
1 million d’exemplaires par sa famille politique ce week-end et qui dénonçait « les
milliards » injectés par Emmanuel Macron
dans la politique de la ville « sans aucune
politique des campagnes ». « Il n’y a évidemment pas de milliards pour les banlieues.
Je pense que nous devrions nous intéresser à
ces territoires. Parce que la loi qui s’y applique n’est plus tout à fait la loi de la République », estime le sénateur, s’adressant indirectement à Laurent Wauquiez. ■
freins à l’accès à l’emploi. D’où la
suppression de l’ISF hors immobilier,
l’assouplissement du droit du travail
ou la fin du statut à la SNCF.
Mais c’est un fait que ces mesures
ou certaines réflexions (la refonte des
aides sociales par exemple) ont été
perçues comme uniformément
libérales ; donc de droite. Et c’est
un fait aussi que cette action, à
mesure où elle a séduit une moitié
d’électeurs LR, a indigné les deux
tiers de ceux de gauche. Sur le plan
politique, le centre de gravité
du macronisme s’est déplacé à droite,
décalé par rapport au centre
de gravité des macronistes, c’est-àdire de la majorité parlementaire.
Mais tenter de remédier à ce décalage
en donnant un coup de barre à gauche
reviendrait à reconnaître une erreur
de pilotage depuis le début du
quinquennat. Dire : maintenant on va
faire plus de social serait admettre
n’en avoir pas assez fait ; ou concéder
l’absence de dimension sociale
dans les mesures libérales en un an.
Mitterrand, en se ralliant
au « tournant de la rigueur » en 1983,
Chirac, en prenant un « tournant
social » en 2004, s’étaient
implicitement excusés de s’être
trompés. Macron refuse cette logique
infernale. Pourtant, il a perdu
la bataille de la communication
sur le sujet. Et d’ailleurs un
quelconque tournant social ne
suffirait plus à effacer cette image
tenace de « président des riches ».
Dans son discours ce mercredi
à Montpellier devant le congrès
de la Mutualité, le président de la
République ne va donc ni s’excuser,
ni corriger son action, ni changer
de cap, mais plutôt souligner
la « cohérence » de l’ensemble
de la politique gouvernementale.
Cela passe par un changement de
méthode plus que par un changement
de ligne. Ainsi, inciter les ministres
à défendre la totalité de l’action de
l’exécutif et plus uniquement leur seul
domaine de compétence ;
faire monter au créneau des membres
de l’équipe Philippe jusqu’ici moins
exposés et à l’image plus sociale,
comme Agnès Buzyn ; ou encore
limiter la commande de rapports sur
des sujets sensibles, pour ne pas créer
de polémiques sur des suggestions
qui ne sont pas encore des décisions ;
enfin, améliorer la pédagogie sur
la meilleure efficacité des politiques
d’accompagnement individuel sur
les logiques d’assistanat généralisé.
Mais cela repose d’abord sur la
capacité de Macron lui-même à en
convaincre les Français, à mieux
s’expliquer lui-même. Jupiter doit
apprendre à devenir Mercure. ■
» Retrouvez
Guillaume Tabard
tous les matins à 8 h 10
sur Radio Classique
EN BREF
Coups de griffes de Bayrou
sur la réforme des institutions
Le président du MoDem, François
Bayrou, a de nouveau égratigné
mardi la réforme des institutions.
Il a mis en garde contre la
« crédibilité » d’un référendum en
2019. Devant les députés MoDem,
alliés de la majorité, Bayrou
a estimé que la baisse projetée de
30 % du nombre de parlementaires
allait passer difficilement.
Révision de la Constitution :
l’Assemblée débattra les 2e
et 3e semaines de juillet
L’Assemblée débattra du projet
de réforme constitutionnelle
les deuxième et troisième semaines
de juillet lors de la session
extraordinaire. Emmanuel
Macron, lui, s’exprimera début
juillet, sans doute le 2 ou le 9,
devant les deux chambres
du Parlement réunies en Congrès à
Versailles, comme il a promis de le
faire chaque année afin de « rendre
compte de son action devant
la représentation nationale ».
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mercredi 13 juin 2018
SOCIÉTÉ
9
Érosion côtière : Le Signal sur la voie de la destruction
Les travaux de désamiantage de l’immeuble de Soulac-sur-Mer, menacé par le recul du trait de côte, seront pris en charge par l’État.
PAULINE BOYER £@Paulineboyer33
BORDEAUX
comber aux propriétaires. « C’est une procédure inhabituelle, convient-il, mais
j’essaie d’éviter que la situation ne s’aggrave. Le sujet a causé suffisamment de malheur. » L’étape suivante de la destruction
pourrait intervenir avant l’été 2019.
Nouvelle proposition de loi
Avant cela, il aura fallu régler l’épineuse
question de l’indemnisation des copropriétaires. Jugeant l’enveloppe proposée
par l’État largement insuffisante jusqu’alors, ils avaient engagé de longues
procédures judiciaires, sans obtenir gain
de cause. Après plusieurs échecs du côté
législatif, une nouvelle proposition de loi
sur l’évolution du trait de côte et ses
conséquences, portée notamment par
Benoit Simian, se concrétise. Elle prévoit
une indemnisation « entre 60 et 70 % » de
la valeur du bien via le fonds Barnier (selon
la valeur du marché, sans prendre en
compte le recul du trait de côte), avec une
dégressivité jusqu’en 2040, où tous les
biens concernés devront alors avoir été
traités. Déposée la semaine prochaine à
l’Assemblée nationale, elle pourrait être
votée à l’automne prochain, ouvrant la
voie à une indemnisation rapide des propriétaires du Signal. « Tout le monde a la
volonté de sortir de ce sujet, sans que personne ne soit lésé », assure le député. José
Guichet, « las » et, comme beaucoup de
copropriétaires, financièrement éprouvé
par les batailles judiciaires, veut croire en
la volonté d’avancer, mais reste prudent.
« L’équation a encore beaucoup d’inconnues », observe-t-il. ■
ZOOM
Sorbonne
Université entre
dans l’ère du
« fundraising »
Prise d’otages à Paris :
le forcené interpellé
et les otages sains et saufs
L’homme qui retenait, mardi
après-midi, trois personnes dans
un immeuble du centre de Paris, a
été interpellé peu avant 20 heures
par la BRI et les otages libérés sains
et saufs. L’homme, qui se disait
armé, détenait un bidon d’essence.
Selon des sources policières,
le « déséquilibré » avançait des
« motivations floues » pour justifier
son geste. Un otage ayant réussi
à se sauver avant l’intervention
de la police présentait de légères
blessures en raison d’un échange
de coups.
L’établissement parisien veut lever
100 millions d’euros.
CAROLINE BEYER £@BeyerCaroline
ÉDUCATION Un Harvard à la française ?
Forte de ses trois facultés – en sciences,
médecine et lettres -, de ses 6 700 enseignants-chercheurs et de ses 55 000 étudiants, Sorbonne Université lance officiellement sa première campagne de levée de
fonds, auprès des entreprises et des donateurs privés. Le nouveau poids lourd de
l’enseignement supérieur, issu de la fusion, en janvier 2018, de l’université scientifique Pierre-et-Marie-Curie et de ParisSorbonne, ambitionne de lever 100 millions d’euros en cinq ans. Une somme, qui,
au-delà du carcan des financements publics* - « fléchés » vers des dépenses précises - lui permettra de créer des chaires
interdisciplinaires, de financer des bourses
réservées aux « talents », d’acquérir un
microscope atomique ou encore de restaurer l’orgue de la chapelle de la Sorbonne…
Une vraie marge de liberté.
Avec 100 millions d’euros attendus
d’ici à 2022, soit 20 millions euros par an,
Sorbonne Université tirerait largement
son épingle du jeu en France et s’imposerait, en matière de levée de fonds, devant
les Allemands ou les Scandinaves. Tout
en restant loin des universités britanniques et américaines. L’an dernier, Harvard a levé près de 1,2 milliard de dollars… Dans l’Hexagone, c’est à la fin des
années 1990 que les campagnes de « fundraising » se sont structurées dans l’enseignement supérieur privé, avec l’Insead, la plus « anglo-saxonne » des
écoles de commerce françaises (40 millions levés par an à ce jour), HEC (16) ou
Polytechnique (7). Dans le public, il a fallu
attendre la loi de 2008 sur l’autonomie
des universités pour ouvrir la voie. Dix
ans plus tard, le bilan est contrasté. « Sur
73 universités, 49 ont une fondation chargée de lever des fonds », constate Sophie
Rieunier, qui a réalisé une enquête sur le
sujet cette année. « C’est une question de
priorité. Une telle structure nécessite de
mettre 200 000 euros sur la table », ajoute
l’enseignante-chercheuse à l’université
de Paris-Est-Marne-La Vallée.
Les universités de province, ancrées
sur leurs territoires, proches des entreprises locales, sont plus actives (73 % ont
une fondation) que les Parisiennes (56 %)
confrontées, elles, à une concurrence
avec les grandes écoles. L’université de
Bordeaux a noué un partenariat de recherche avec les châteaux du Bordelais.
En Bretagne, Rennes-I et Veolia ont
monté ensemble une licence sur le traitement de l’eau. Ce sont les plus grosses
structures (plus de 25 000 étudiants),
pluridisciplinaires, qui ont le plus avancé.
À l’image de l’université de Strasbourg,
née en 2009 du regroupement de trois
EN BREF
Michel Neyret, « grand flic »
déchu, condamné à deux ans
et demi ferme en appel
facs, et en pointe sur la recherche médicale, avec son CHU. L’université, qui récolte 5,6 millions d’euros par an, a créé
un département dédié. Elle a même procédé à un affichage à Strasbourg, pour inciter ses anciens à donner davantage.
La cour d’appel de Paris
a condamné mardi l’ex-numéro 2
de la PJ de Lyon, Michel Neyret,
à deux ans et demi de prison ferme
pour corruption, même peine
que celle prononcée en première
instance en 2016 mais alourdie
de 18 mois avec sursis. Ayant déjà
passé huit mois en détention
provisoire, il pourra solliciter un
aménagement de peine. La justice
lui reprochait d’avoir fourni
des informations confidentielles
à des membres du milieu lyonnais,
présentés comme des « indics »,
en échange d’avantages,
de cadeaux et d’argent liquide.
Culture du don
Convaincre ses « alumni » (anciens élèves), pour reprendre le terme anglosaxon… C’est le grand défi pour l’université, qui doit créer un sentiment
d’appartenance. Et faire que la formule
« je suis un X » ou « je suis un HEC » puisse
se décliner à Sorbonne Université ou à Assas ? À l’École centrale, l’association des
anciens a un siècle derrière elle… Dauphine a déjà progressé dans cette culture du
don, en interpellant les familles lors des
réunions de rentrée. Désormais, la moitié
des donateurs privés sont des parents.
Tout l’enjeu est de faire évoluer les
mentalités dans un monde universitaire
où la gratuité est la règle. « Nous avons
déjà levé 50 millions d’euros, essentiellement auprès des entreprises. Le vrai défi
pour nous, ce sont les donateurs individuels », constate Barthélemy Jobert, le
président de la fondation Sorbonne Université. Le fichier des anciens est numérisé, ce qui n’est pas une mince tâche pour
L’entrée de l’université
de la Sorbonne, dans
le Ve arrondissement.
F. BOUCHON/LE FIGARO
des universités qui stockent des annuaires
papier depuis de longues années. Reste
maintenant à finaliser la « qualification »
du fichier. À savoir, repérer, parmi les
360 000 diplômés, ceux qui occupent de
hautes positions. La toute nouvelle fondation mise aussi sur les « grands donateurs », ces mécènes dont les dons dépassent les 100 000 euros. « Un milliardaire
américain était prêt à s’engager pour restaurer l’orgue de la chapelle de la Sorbonne,
inauguré en 1825, raconte Barthélemy Jobert. Mais il a reculé lorsqu’il a constaté
l’état de la chapelle ». Laquelle dépend de
la Ville de Paris qui n’a pas pris, pour
l’heure, la décision de la rénover. ■
*Le budget de Sorbonne Université
(670 millions d’€) provient à 80 % de l’État.
Suicide d’un détenu
poursuivi dans l’enquête
sur l’attentat de Nice
Un détenu soupçonné d’avoir
fourni indirectement des armes
à l’auteur de l’attentat de Nice s’est
suicidé vendredi à Fleury-Mérogis
(Essonne). Cet Albanais de 38 ans
était suivi pour prosélytisme
et était donc placé seul en cellule.
Breton : « Redonner à la France la place qu’elle mérite »
Nous avons
« désormais
une fiscalité
attractive
pour les
entreprises
et pour les
particuliers
THIERRY BRETON,
GROUPE ATOS
»
ANCIEN MINISTRE de l’Économie et actuel patron du groupe
Atos (services du numérique),
Thierry Breton pilote la première
campagne de levée de fonds de
Sorbonne Université, ce pôle
universitaire issu de la fusion de
l’université Pierre et Marie Curie
(UPMC) et Paris Sorbonne. Objectifs : lever 100 millions d’euros
d’ici à 2022, à la manière des
grandes
universités
anglosaxonnes, et permettre au nouvel
ensemble de tenir son rang dans
la compétition internationale.
LE FIGARO.- Pourquoi avoir
accepté de mener cette campagne
de levée de fonds
pour Sorbonne Université ?
Thierry Breton.- Dans mon parcours de chef d’entreprise, j’ai toujours eu à cœur de garder des
contacts étroits avec le monde académique. J’ai moi-même enseigné
les mathématiques et l’informatique étant jeune, et dernièrement
l’économie et la gouvernance
d’entreprise à Harvard. J’ai par
ailleurs suivi de près le projet de
fusion des universités Pierre et Marie Curie et Paris Sorbonne qui a
abouti à la création de Sorbonne
Université, l’une des plus grandes
universités mondiales par sa taille,
la qualité de son corps professoral,
sa recherche, ses illustres Prix Nobel de physique, ses médailles
Fields, ses académiciens. Autant de
critères pris en compte dans le
classement de Shanghaï des 500
meilleures universités au monde
où, en 2017, l’UPMC, première
université française classée, arrivait déjà en 40e position. C’est
bien, mais je trouve que l’on mérite
mieux. Regrouper deux de nos
meilleures universités pour en faire
un ensemble d’excellence, au cœur
de Paris, avec ses facultés de sciences, de lettres et de médecine va
permettre de redonner à la France
la place qu’elle mérite. Pour moi, à
terme, dans le top 10 mondial.
En tant que patron d’Atos, quels
étaient jusqu’alors vos liens
avec cette université ?
Nous collaborons déjà avec le
prestigieux laboratoire Kastler
Brossel spécialisé en physique
quantique, abrité par l’UPMC. En
2013, nous avions aussi créé une
chaire commune sur le véhicule
connecté. Un grand succès.
Vous vous êtes fixé pour objectif
de lever 100 millions d’euros
d’ici à 2022. Où en êtes-vous ?
Le projet est ambitieux. Ce sera la
plus grosse levée de fonds universitaire en Europe continentale.
Nous avons aujourd’hui déjà levé
plus de 50 millions. L’essentiel
vient des entreprises, qui accèdent ainsi aux meilleurs chercheurs. Atos, Axa, Altran, Safran
ou la Fondation pour la recherche
sur Alzheimer se sont engagés.
Les donateurs pourront être associés à l’octroi de bourses de chercheurs et d’étudiants, à la rénovation de bâtiments historiques, à
la création de chaires… Nous
avons désormais une fiscalité attractive pour les entreprises et
pour les particuliers.
Ces donateurs particuliers
se sont-ils manifestés ?
C’est la partie que nous allons développer. Un grand donateur
mexicain vient par exemple de
financer un programme archéologique de coopération entre
Sorbonne Université et l’université de Lumen. Du côté des anciens élèves, il faut encore structurer les choses. Mais « La
Sorbonne », créée en 1257, est
une référence mondialement reconnue à l’étranger…
Vous avez enseigné
à Harvard. Quelle est
la force du modèle
anglo-saxon ?
Les universités américaines ont
des structures de levée de fonds
très organisées. Ce modèle d’université, abritant des facultés
autonomes, est sans doute une
organisation d’avenir. Une université moderne doit être interdisciplinaire. Et pour moi, elle ne
peut faire l’impasse sur la médecine par exemple, qui touche au
big data, aux comportements,
aux sciences sociales. ■
PROPOS RECUEILLIS PAR C. B.
A
L’immeuble Le Signal, en Gironde, a été
évacué en janvier 2014. ANDBZ/ABACA
LITTORAL Voilà quatre ans et demi qu’ils
étaient contraints à l’immobilisme, comme enfermés à l’extérieur de chez eux. Les
copropriétaires de l’immeuble Le Signal, à
Soulac-sur-Mer, évacués en janvier 2014
de leurs habitations en raison d’un péril
imminent lié à l’érosion côtière, mais encore jamais indemnisés, entrevoient un
avenir moins sombre. « On a l’impression
qu’enfin quelque chose bouge pour sortir de
cet imbroglio juridique et administratif »,
avance José Guichet, président du syndicat
des copropriétaires de l’immeuble. Le
5 juin dernier, certains d’entre eux étaient
reçus pour la première fois au ministère de
la Transition écologique et solidaire avec
Benoit Simian, député LaREM de la 5e circonscription de la Gironde, pour fixer un
calendrier d’action. C’est dans cette dynamique que le préfet de la Gironde, Didier
Lallement, a annoncé mardi le lancement
du désamiantage de l’immeuble construit
en 1967. L’urgence est avant tout écologique : « Personne ne sait combien de temps
l’immeuble tiendra, constate-t-il. S’il venait
à s’écrouler, ce serait une pollution d’une
gravité extrême, avec 12 000 tonnes de gravats contaminés d’amiante qui se répandraient dans la mer et l’atmosphère. » L’État
va donc renforcer le cordon dunaire devant l’édifice, dès septembre, pour le sécuriser le temps des études, puis des travaux
de désamiantage. Et prendre en charge financièrement ces tâches, qui devraient in-
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 13 juin 2018 LE FIGARO
10
SPORT
L’arbitrage vidéo entre en jeu en Russie
Pour la première fois, l’assistance vidéo (VAR) sera utilisée lors de la Coupe du monde. Un sacré pari.
VINCENT DUCHESNE £@VinceSport24
FOOTBALL Coupe du monde 1982 en Espagne. La France est éliminée en demifinales par la RFA à l’issue d’un scénario
cruel (3-3, 5 tirs au but à 4). Le cauchemar de Séville hante encore les nuits de
toute une génération. Avec cette image
choquante d’un Patrick Battiston, inerte
au sol après avoir été percuté violemment
par le gardien allemand Harald Schumacher, sorti à pleine vitesse à la limite de sa
surface. Le joueur français quitte alors le
terrain sur une civière, avec trois dents
en moins et une fissure à une vertèbre
cervicale. Schumacher, lui, s’en sort sans
la moindre sanction. Au grand désarroi
de Bleus bouleversés. Trente-six ans plus
tard, une telle injustice ne resterait (sans
doute) pas impunie. Quatre ans après la
première incursion technologique dans
un Mondial avec l’introduction de la Goal
Line Technology (GLT), l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR) sera en effet utilisée lors de la Coupe du monde en Russie
(14 juin-15 juillet).
Une véritable révolution. Souhaitée
par Gianni Infantino, le président de la
Fédération internationale de football, et
validée par le conseil de la Fifa le 16 mars
dernier à Bogota suite aux recommandations de l’International Board (Ifab),
organe régissant les règles du football.
« Tout ne va pas être réglé », prévient
toutefois l’ancien bras droit de Michel
Platini à l’UEFA. La VAR ne peut en effet
être exploitée que dans quatre cas de figure : après un but marqué, sur une situation litigieuse dans la surface pouvant
amener un penalty, pour un carton rouge direct et pour vérifier l’identité d’un
joueur à sanctionner.
En Russie, 13 arbitres auront la lourde
tâche d’officier exclusivement derrière
les écrans de contrôle, même si d’autres
arbitres et arbitres assistants sélectionnés pour le Mondial seront amenés durant la compétition à leur prêter mainforte. Lors de chaque match, un arbitre
assistant vidéo et trois adjoints seront
mobilisés au sein de la salle de régie vidéo (VOR), située au Centre international de diffusion de Moscou et reliée aux
12 stades via un réseau de fibre optique.
Ils seront accompagnés de quatre techniciens vidéo, censés leur fournir les
images les plus pertinentes, avec des
rôles bien précis. « L’assistant VAR no 1
suit le direct pendant une vérification. Le
no 2 s’occupe spécifiquement du hors-jeu
(deux caméras supplémentaires seront
réservées à cette question et un système
de triangulation sera inauguré, apportant une dose de 3D). Et un troisième assistant VAR est chargé d’épauler le VAR
principal, de vérifier le respect du protocole et d’assurer une bonne communica-
“
Sans VAR, il y avait
une faute d’arbitrage
tous les 3 matchs.
Avec, il n’y en a plus
qu’une tous les 19 matchs
GIANNI INFANTINO, PRÉSIDENT DE LA FIFA
”
tion dans l’équipe », explique Roberto
Rosetti, responsable du projet VAR pour
la Fifa. L’arbitre vidéo principal, lui,
disposera de deux écrans de contrôle,
un pour suivre le direct, l’autre, divisé
en quatre, pour visionner les incidents
éventuels. C’est lui qui communiquera
avec l’arbitre de champ. Il pourra être
sollicité par l’homme en noir pendant la
rencontre et l’alerter s’il « commet une
erreur manifeste d’interprétation ou ne
remarque pas un incident sérieux », précise la Fifa. L’arbitre, s’il le juge nécessaire, aura également la possibilité de
visionner lui-même la séquence litigieuse sur un moniteur installé au bord
du terrain.
« Il y a deux ans, j’étais très sceptique,
avoue Gianni Infantino au sujet de cette
nouveauté. Mais j’ai changé d’avis, car
nous avons étudié son utilisation sur plus
de 1 000 matchs officiels. Des faits sont
apparus. Sans VAR, il y avait une faute
d’arbitrage tous les trois matchs. Avec,
plus qu’une tous les 19 matchs. » De jolis
chiffres qui ne suffisent pas à totalement convaincre les sceptiques. La défiance est réelle. Les expérimentations
réalisées depuis 2016 dans plusieurs
compétitions nationales (Bundesliga,
Serie A, Coupe de la Ligue française…)
et internationales (Coupe des confédérations, Coupe du monde des clubs) ont
fait apparaître de nombreux couacs.
Notamment pas mal de confusion et
une fluidité du jeu qui s’en ressent.
« Nos études montrent qu’en moyenne il
fallait une minute pour corriger une er-
reur, se défend le président de la Fifa. En
comparaison, les remises en jeu font perdre 7 minutes et les coups francs 6 minutes par match. C’est donc une minute bien
investie, particulièrement dans une Coupe du monde. »
Dans un souci de pédagogie, pour éviter que le public ne soit totalement perdu, au pire exclu - l’un des gros points
noirs jusqu’ici -, la Fifa a du reste développé un système d’information en
temps réel. Un représentant de l’instance internationale sera présent dans la
salle d’opération vidéo et sera chargé
d’avertir les diffuseurs et les commentateurs des raisons du recours à la VAR et
le résultat via une tablette connectée.
Des messages d’explications seront ainsi
diffusés à la télévision et sur les écrans
géants pour une meilleure compréhension. Pas de quoi émouvoir le président
de l’UEFA, Aleksander Ceferin, qui a
d’ores et déjà annoncé que la VAR ne serait pas utilisée lors de la prochaine Ligue des champions. « Je ne suis pas du
tout contre, mais on doit mieux expliquer
quand on l’utilise, annonce-t-il. On verra
à la Coupe du monde. » L’heure de vérité
a sonné… ■
Comment ça marche ?
L’arbitre assistant vidéo et ses 3 adjoints disposent de 33 caméras, qui scrutent les moindres détails du match.
1
L’arbitre de champ, au cœur de l’action,
informe l’arbitre vidéo qu’une séquence
doit être visionnée, en esquissant un
rectangle. L’arbitre vidéo peut également
interpeller l’arbitre de champ pour lui
proposer de revisionner une séquence.
2
1 EN CAS DE PENALTY
Le rôle de la vidéo est de veiller à ce
qu’aucune mauvaise décision
manifeste ne soit prise au moment
d’attribuer ou non un penalty.
Concrètement, l’arbitre vidéo pourra
confirmer ou non cette décision.
Les 4 situations
où l’arbitrage vidéo
peut être utilisé
2 S’IL Y A BUT
Les images sont visionnées
par l’arbitre vidéo et par ses adjoints,
qui les décrivent, par radio, à l’arbitre
de champ.
L'arbitre vidéo peut aider l’arbitre
de champ à déterminer s’il y a ou
non une raison de ne pas accorder
un but, par exemple un hors-jeu.
+ Goal Line TTechnolog
echnolog
echnology
Cette
C
Cett
ettee ttechnologie,
echnologie, dé
déjà
jà en us
usage,
age, indique
presque
pres
esque
que inst
instantanément
instant
antanément
anément sur la mont
montree de
l’arbitre
l’arbit
ree si le ballon a ffranchi
anchi ou non la ligne
de but.
L’arbitre de champ prend sa décision
en se fiant aux commentaires
de l’arbitre vidéo ou bien il décide
de revoir lui-même les images sur un écran
positionné au bord du terrain.
3
3 S’IL Y A CARTON ROUGE
4 POUR IDENTIFIER UN JOUEUR
L’arbitre vidéo veille à ce qu’aucune
mauvaise décision manifeste ne soit prise
au moment de l’exclusion d’un joueur.
Concrètement, il confirme que le carton
rouge est bien mérité.
En cas de faute, l’arbitre peut avertir
ou exclure le mauvais joueur.
L’ arbitre vidéo peut alors intervenir
pour identifier le joueur fautif.
À tout moment, l’arbitre de champ peut décider de retarder
la reprise du jeu pour communiquer avec l’arbitre assistant
vidéo. Il doit le signaler en portant la main à son oreille.
Infographie
Source : FIFA
Clément Turpin : « Si je me trompe,
j’ai une bouée de sauvetage »
GUILLAUME LOISY £@Guiloisy
A
ENVOYÉ SPÉCIAL À ISTRA
« AUJOURD’HUI, on est prêt. » Pour
Clément Turpin, l’assistance vidéo à
l’arbitrage (VAR) ne suscite aucune
crainte, bien au contraire. « Cela fait
plus d’un an que nous travaillons dessus,
nous avons eu le temps de nous perfectionner. Personne ne sera pris au dépourvu », assure le seul sifflet français
parmi les 36 retenus par la Fifa pour la
Coupe du monde. Quid des couacs et
des longues minutes de confusion
constatés dans plusieurs stades d’Europe où la VAR est en pratique ? « Des
choses sont faites et restent à faire pour
améliorer la communication dans le stade. Mais en termes de procédure entre
l’arbitre et les collègues de la vidéo, tout
est bien défini, bien calé. La ligne est
claire », martèle-t-il.
Pourtant, lors de la finale de la Coupe
de la Ligue entre le PSG et Monaco
(3-0) le 31 mars dernier, l’une des rares
occasions où la vidéo a été utilisée dans
l’Hexagone avant son introduction en
Ligue 1 prévue cet été, Turpin avait refusé un but à Radamel Falcao pour un
hors-jeu inexistant, et ce, après intervention de son collègue devant l’écran.
Hors de lui, le Colombien avait parlé de
« honte » et d’une vidéo partie pour
« tuer le foot ». Un avis évidemment
“
La volonté est de mettre
un peu de justice sur
les terrains. On ne peut
que s’en réjouir
CLÉMENT TURPIN
”
aux antipodes de celui du juge incriminé. « La volonté est de mettre un peu de
justice sur les terrains, d’éviter les erreurs grossières et les grands scandales.
On ne peut que s’en réjouir », estime
Turpin pour qui la VAR ne change « pas
profondément le métier. La vidéo est une
aide, un soutien. Mais le décideur, au dé-
but de l’histoire comme à
la fin, reste l’humain ». Et son
cerveau où mijote la fameuse
« interprétation », fruit de son feeling,
son expérience et sa science du placement, qui lui fait dire que le bras d’un
défenseur a bien déséquilibré un attaquant dans la surface, là où un confrère
pourrait n’y voir qu’un duel viril mais
correct. « Sur les situations qui font partie de la “zone grise” où la part d’interprétation est importante, la vidéo n’a pas
vocation à intervenir, poursuit l’arbitre
français. Il y aura toujours, sur une situation mitigée, les partisans du penalty
ou pas penalty. C’est aussi ça qui fait le
foot. » Et son charme, déclencheur de
débats enflammés sur le canapé ou à la
machine à café.
S’il ne croit pas aux « miracles » pour
éradiquer les erreurs dans son sport,
Clément Turpin confie mener les débats
avec plus de sérénité avec l’assistance
vidéo. « Je sais que si je me suis trompé
de manière claire et manifeste, j’ai une
Clément Turpin (ici le 10 avril
à Rome) sera le seul arbitre
français parmi les 36 retenus
par la Fifa pour la Coupe
du monde. IPP/ICON SPORT
bouée de sauvetage. Mais je ne vais pas
pour autant m’abstenir de siffler car il y a
la vidéo. Je siffle ou je ne siffle pas, en
mon âme et conscience. »
La démarche n’est pas tout à fait la
même pour ses assistants chargés notamment de signaler les hors-jeux.
Une tâche devenue très délicate avec
l’accélération du jeu et des joueurs ces
dernières années. Cyril Gringore, l’un
des deux lieutenants de Turpin en
Russie, bénit la VAR. « Ça nous enlève
forcément de la pression, en particulier
pour nous les assistants. La gestion du
hors-jeu est devenue très difficile. Les
joueurs vont tellement vite… », soufflet-il. Sa hantise ? « Soulever le drapeau,
arrêter une action puis s’apercevoir
après coup que l’attaquant était couvert
par le défenseur. Parfois, un hors-jeu
que l’on voit d’un mètre au bord du terrain, ne l’est en réalité que de 20 ou
30 cm en raison du décalage entre l’œil
humain et la vidéo. La consigne est donc
d’attendre la fin de l’action avant de
soulever notre drapeau pour éviter une
grosse erreur sur laquelle on ne peut
pas revenir. »
Quitte à jouer au yo-yo avec les
émotions du buteur et des supporteurs.
Au football aussi, la quête de justice ne
peut se mener sans quelques sacrifices. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mercredi 13 juin 2018
SPORT
Griezmann ou
l’art de dribbler
tout son monde
L’attaquant des Bleus a joué un tour
de passe-passe avec les médias en Russie
quant à son avenir, non sans dévoiler
ses ambitions pour la Coupe du monde.
BAPTISTE DESPREZ £@Batdesprez
ENVOYÉ SPÉCIAL À ISTRA (RUSSIE)
FOOTBALL C’est ce qu’on appelle ménager le suspense, pour, au final, mieux
l’entretenir. La méthode date de la préhistoire mais fait toujours son effet. À ce
petit jeu, Antoine Griezmann est passé
maître dans l’art de surprendre tout son
monde, qui tombe dans le panneau à
chaque reprise depuis maintenant plus
d’un an. Attendu pour livrer des indications quant à son avenir mardi à Istra, lieu
de résidence des Bleus depuis leur arrivée
dimanche dernier en Russie, l’attaquant
de 27 ans a finalement botté en touche,
assurant simplement « avoir pris sa décision » mais que ce n’était « ni le moment ni
l’endroit » pour la rendre officielle.
Devant des médias espagnols venus en
nombre pour couvrir l’événement et littéralement bouche bée face à la posture
du joueur de l’Atlético Madrid, le Français n’a pas dérogé à sa ligne de conduite,
se contentant de sourire devant les relances inabouties des journalistes ibériques,
rapidement balayées par le chef de presse
des Bleus, Philippe Tournon. « Dès qu’il y
aura une question sur l’avenir d’Antoine,
on passera à autre chose », avait-il prévenu en préambule, un poil sec et directif.
Sujet sensible oblige. Autrement dit, tout
était savamment organisé pour qu’il ne se
dise rien sur ce thème à quatre jours du
début de la Coupe du monde des Bleus
contre l’Australie.
Une attitude qui laisse ouvert de multiples scénarios après le rendez-vous russe. Rester à l’Atlético Madrid ? Si l’hypothèse d’un nouveau contrat semblait
l’option qui tenait la corde, ne pas l’annoncer mardi a logiquement redonné du
“
Beaucoup de monde
attend énormément de moi,
et ce n’est pas pour ça
que je vais changer
ma façon de faire
ANTOINE GRIEZMANN
”
poids à l’hypothèse d’un départ à Barcelone, sachant qu’à compter de début
juillet la clause du Mâconnais passera à
100 millions d’euros. « À ce prix-là, c’est
donné », nous souffle un proche du dossier. Annoncer un tel départ vers le Barça
de Lionel Messi si près d’une Coupe du
monde aurait été maladroit et vécu comme une trahison de la part des supporteurs des Colchoneros, impatients à l’idée
de connaître le choix de leur crack.
Antoine Griezmann lors du match amical entre la France
et les États-Unis, le 9 juin au Groupama Stadium de Lyon.
ANTHONY DIBON/ICON SPORT
11
L’onde de choc aurait été telle sur la planète foot que la préparation des vicechampions d’Europe aurait forcément
été perturbée et allègrement polluée.
Interrogé sur sa posture, Antoine
Griezmann a livré quelques pistes. À décrypter entre les lignes. « Ça paraît facile,
mais prendre des décisions, c’est parfois
compliqué, précise-t-il. Ça fait trois mois
que je suis comme ça (dans cette situation). Désormais, je ne pense qu’à une
chose : me focaliser sur ma Coupe du monde. » Transition toute trouvée pour évoquer l’essentiel. Et rien d’autre. Au grand
dam des journalistes espagnols, déçus et
remontés d’avoir avalé autant de kilomètres pour un non-événement.
Beaucoup plus prolixe quand il a fallu
basculer sur le dossier des Bleus, Antoine
Griezmann a même livré un discours
frais et sans ambages. Son rôle en équipe
de France ? « J’ai plus d’expérience et je
me sens mieux pour donner des instructions. Je suis plus écouté par les Kylian
(Mbappé) et Ousmane (Dembélé), qui ont
envie d’apprendre. » Sous-entendu, à
27 ans, le Madrilène se sent enfin d’attaque pour revêtir le costume de leader, et
ses partenaires, les plus jeunes, aptes à
entendre les conseils d’un garçon qui
pèse lourd dans le groupe France. Mais
pas seulement.
Souvent classé dans le haut du panier
des sportifs préférés des Français, le
meilleur buteur de l’Euro 2016 se sait
attendu par tout un pays. Une pression
qui ne l’effraie pas, au contraire. À son
âge et avec son expérience, Griezmann
n’a plus le temps de fuir ses responsabilités, conscient d’entrer dans un moment clé de sa carrière. Où il n’a pas
envie de se cacher. Pas le style de la
maison, de toute façon. « Beaucoup de
monde attend énormément de moi, et ce
n’est pas pour ça que je vais changer ma
façon de faire, ajuste-t-il sans jamais
laisser place au moindre doute, signe
d’une assurance sans faille. J’ai la
confiance des coéquipiers et du coach, je
suis prêt. » Et Griezmann de conclure,
prophétique, en cas d’éventuels discours petit bras de ses partenaires : « Si
on ne pense pas à gagner la Coupe du
monde, il vaut mieux rester en France. »
À bon entendeur… ■
À Istra, la fête pour l’équipe de France et une petite alerte pour Mbappé
ENVOYÉ SPÉCIAL À ISTRA
ISTRA. Son superbe monastère de la
Nouvelle-Jérusalem, sa forêt à perte de
vue et… ses bouchons. Pourtant distante d’une soixantaine de kilomètres
de Moscou, la petite ville (35 000 habitants) où loge l’équipe de France durant la Coupe du monde n’a pas échappé, mardi, au fléau des embouteillages
touchant quotidiennement la capitale
russe. La raison ? L’ouverture pour la
première fois au public de la séance
d’entraînement des Bleus, le tout un
jour de fête nationale.
Il fallait donc s’armer de patience
pour approcher le Stade de Glebovets
et admirer les stars. Seuls les spectateurs munis d’invitation pouvaient accéder à l’unique tribune construite
spécialement pour les séances françaises pendant le Mondial. Venue spécialement de Sibérie pour apercevoir Antoine Griezmann, son idole, Maria,
étudiante, réussira à en obtenir une.
Soixante-dix petits chanceux du lycée
français de Moscou étaient pour leur
part déjà munis du précieux sésame.
Parmi eux, Arthur, 12 ans, et élève de
sixième, venu voir « Griezmann, Dembélé et Mbappé en vrai ». Le 26 juin
prochain, il sera dans les tribunes du
Stade Loujniki à Moscou pour les encourager contre le Danemark. Kylian
Mbappé, lui, ne se projette pas encore
si loin, concentré qu’il est à préparer le
premier match des Bleus, samedi
contre l’Australie à Kazan (12 heures).
Et à prendre soin de son corps qui a
subi une petite alerte mardi.
Alors que la pluie faisait peu à peu
place au soleil et que la fête battait son
plein grâce aux encouragements des
Irrésistibles Français, le groupe des
supporteurs tricolores, le temps a sou-
dainement viré à l’orage pour Didier
Deschamps. Suite à un choc avec Adil
Rami lors d’une opposition sur demiterrain, Mbappé s’est écroulé sur la
pelouse. Une main posée sur sa cheville gauche, l’autre masquant en partie son visage mais pas la douleur, visiblement aiguë. Pris en charge par le
staff médical des Bleus, l’attaquant du
PSG s’est relevé et a tenté de reprendre
sa place. En vain. Puis il a regagné le
vestiaire, seul et en boitant légèrement, après avoir évacué une partie de
sa frustration en jetant sa chasuble
turquoise.
« Les batteries à 1 000 % »
Les joueurs français se congratulent à la fin de leur séance d’entraînement au Stade
de Glebovets, mardi en Russie. FRANCK FIFE/AFP
Supporteurs et observateurs étaient
alors suspendus à la communication de
la FFF. Finalement, les nouvelles, rassurantes, sont venues de l’auteur du
« crime », Adil Rami, via une vidéo
postée sur Instagram. Installé sur une
table de massage, le défenseur de Marseille demande à son coéquipier à
l’autre bout de la salle : « Kylian ça
va ? » « Mais ouiiii. » L’image est barrée
par un message : « Tout va bien pour
mon @k.mbappe29. » Plus de peur que
de mal donc pour la star du PSG. Didier
Deschamps peut souffler. Une blessure
Aimé Jacquet, l’amour des Bleus chevillé au corps
CÉDRIC CALLIER ccallier@lefigaro.fr
MARDI MATIN. À quelques heures de
diriger une ultime fois « ses » champions du monde de France 98 à l’occasion d’un match de gala célébrant les
20 ans du premier et toujours unique titre mondial pour le football hexagonal,
Aimé Jacquet avait rendez-vous chez
son éditeur, Robert Laffont, pour une
petite table ronde entre happy few.
Souvent nostalgique au moment de se
replonger dans sa boîte à souvenirs.
Empreinte aussi d’un bel enthousiasme, si caractéristique de l’ancien sélectionneur plus enclin à la bienveillance
qu’à la critique. Même s’il reconnaît
avoir fortement « décroché du monde
du football depuis 2011 », au point
même d’avoir été surpris par la présence dans la liste des 23 de Didier Des-
champs de Benjamin Pavard ou d’Ousmane Dembélé, qu’il ne connaissait
pas, Jacquet n’en garde pas moins des
yeux de Chimène pour l’équipe de
France. Qu’il imagine déjà rester longtemps en Russie.
« Cette équipe a tout »
« Je sens que cette équipe peut aller au
bout, confia-t-il ainsi. Elle peut décrocher sa deuxième étoile. Cette équipe a
tout. Quand je vois la qualité des joueurs,
notamment en attaque, cela m’impressionne. D’autant plus en ce qui me
concerne, vu que j’ai beaucoup souffert
de cela quand j’étais sélectionneur. Du
coup, je me dis qu’il va forcément se
passer quelque chose de formidable.
Mais attention au premier match :
aujourd’hui toutes les équipes peuvent
être dangereuses, car désormais, les
joueurs se promènent dans le monde en-
tier et le niveau global a considérablement augmenté. »
Cet optimisme teinté d’idéalisme,
Jacquet l’étend à la nouvelle génération
symbolisée à ses yeux par le tandem
Antoine Griezmann-Kylian Mbappé, au
sujet duquel il est dithyrambique. « J’ai
l’impression de voir des jeunes joueurs
parfaitement équilibrés, parfaitement
formés, ayant un œil sur le football et un
autre sur l’extérieur. Ce que l’on avait
peut-être un peu oublié il y a quelques
années. On sent des jeunes qui aiment
jouer, qui prennent du plaisir, qui sourient, qui sont joyeux… Ils me font penser
à Thierry Henry, qui avait cette joie de vivre tout le temps. C’est important d’avoir
des joueurs comme cela dans un groupe,
qui vous ramènent vers cette notion de
plaisir, cette joie de jouer. Des jeunes
comme Griezmann, comme Mbappé, ils
te donnent envie de jouer. Les petits qui
les regardent à la télé, ils ont cette envie
ensuite, et c’est cela qui est beau. C’est
pour cela que cette génération est magnifique. Elle est insouciante. »
Un lien d’autant plus fort entre lui et
les Bleus que ces derniers sont dirigés
aujourd’hui par un certain Didier Deschamps, son capitaine en 1998. Il n’a
d’ailleurs jamais douté de son destin :
« C’était évident qu’il allait devenir entraîneur. Tout le monde savait qu’il avait
cette fibre et qu’il serait un futur entraîneur de qualité. Avec moi, il échangeait
tout le temps. J’avais plaisir à discuter
avec un joueur qui s’intéressait au contenu
de l’entraînement, qui me posait des questions, qui parfois m’interpellait. C’était
très enrichissant et c’est comme cela que
notre relation s’est bonifiée avec le
temps. » Avec comme futur trait d’union
un titre mondial décroché en tant que
sélectionneur, à vingt ans d’intervalle ? ■
sérieuse aurait été un gros coup dur
pour Mbappé et les Bleus. En un peu
plus d’un an - il avait honoré sa première sélection en mars 2017 au
Luxembourg -, l’enfant de Bondy
(19 ans) est devenu un élément indispensable du onze tricolore. Une ascension fulgurante, calquée sur celle réalisée en club à Monaco puis au Paris SG,
qu’il avait rejoint contre 180 millions
d’euros l’été dernier. La success story
peut donc continuer.
Un peu plus tôt dans la journée,
Antoine Griezmann avait tiré son
« chapeau » à un groupe de 23 supporteurs français venus de l’Hexagone
jusqu’à Istra… en bus. Ils ont été accueillis par les joueurs de l’équipe de
France à leur hôtel après un périple de
plus de deux jours, et 3 500 km, financé par la FFF. Les Bleus leur ont remis
en mains propres leur place pour le
match contre l’Australie, samedi.
« Cela nous a touchés, ils nous ont mis
les batteries à 1 000 % pour ce premier
match et cette Coupe du monde, a confié
« Grizou ». On a envie de voir le plus de
Français possible en Russie. » Ils seront
entre 12 000 et 17 000 à faire le voyage
pendant le tournoi. Pas tous en bus,
rassurez-vous. ■
EN BREF
Football : Lopetegui va
succéder à Zidane au Real
Le sélectionneur de l’équipe
d’Espagne, Julen Lopetegui, sera
l’entraîneur du Real Madrid pour
trois saisons après le Mondial
en Russie. Cette nomination
est une surprise, Lopetegui
venant d’être prolongé à la tête
de la Roja jusqu’en 2020.
Handball : une finale des JO
en ouverture de l’Euro
Les Françaises affronteront
les Russes, pour une revanche
de la finale des derniers Jeux,
en ouverture du prochain Euro
féminin disputé en France
du 29 novembre au 16 décembre
2018. Les championnes
du monde en titre affronteront
ensuite le Monténégro
et la Slovénie.
A
GUILLAUME LOISY £@Guiloisy
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 13 juin 2018 LE FIGARO
12
SCIENCES
Records de pluie en France avant l’accalmie
D’intenses
précipitations
ont provoqué
de très importants
dégâts dans
l’ouest du pays.
MARC CHERKI £@mcherki
MÉTÉO Le beau temps devrait revenir sur
la France à partir de ce mercredi 13 juin,
après une longue série de violents orages.
En attendant, mardi, de nombreux foyers
restaient privés d’électricité dans plusieurs départements et sept blessés sont à
déplorer après qu’un RER s’est couché,
entre Saint-Rémy-lès-Chevreuse (Yvelines) et Courcelle-sur-Yvette (Essonne),
à cause de très fortes intempéries.
Selon Jérôme Lecou, prévisionniste à
Météo France, « l’exceptionnelle séquence d’orages qui a secoué la France depuis
trois semaines touche à sa fin. Il y a une
arrivée des masses d’air de l’Atlantique
qui vont permettre de sortir de la situation
de blocage atmosphérique et apporter des
températures de saison ». De fait, la pluie
a été si intense que des niveaux inédits
de précipitation ont été enregistrés.
Inondations et glissements
de terrain
Alors qu’il tombe en moyenne 50 mm de
pluie en un mois, ces niveaux ont été atteints voire dépassés dans de nombreuses régions. Il est parfois tombé de 3 à
4 cm de pluie en une heure, provoquant
inondations et glissements de terrain.
« Dans plusieurs villes, des records mensuels de pluie pour un mois de juin ont déjà
été battus ou approchés. À Nantes, le record de 1955 avec 150 mm de pluie en un
mois est déjà dépassé. À Paris, le record
sur un mois atteint en juin 1997 avec
142,8 mm au total se rapproche. Il est déjà
tombé 111 mm de pluie alors que nous ne
sommes que le 12 juin », précisait mardi
Pascal Scaviner de la Chaîne Météo*.
JEAN-MICHEL
LARQUÉ
PIERRE
DUCROCQ
LIONEL
CHARBONNIER
Orages et pluies
sur la Vendée le 8 juin.
JONCHERAY/ANDBZ/ABACA
De son côté, Météo France, qui effectue les mesures (lire ci-contre), relève
des records de pluie dans la nuit du 11 au
12 juin, sur une ligne qui va de la région
nantaise à l’Île-de-France en passant par
le sud de la Normandie et la ChampagneArdenne. Selon les zones, il y a eu des records absolus de pluie sur 24 heures ou
des records de pluie en une journée pour
un mois de juin. Torcy (Seine-et-Marne)
a « enregistré 108 mm de pluie en 24 heures, contre un précédent record de 64 mm
le 7 août 1997 », précise Jérôme Lecou. À
Orly (Val-de-Marne), 75 mm de pluie
ont été mesurés en 24 heures, après un
précédent record de 51 mm le 24 août
1987. Et les récentes intempéries ont été
si intenses que des villes comme Douzy,
dans les Ardennes, a « battu son jeune record de 42 mm de pluie, le 1er juin, par
54 mm en 24 heures », ajoute l’expert de
FRANK
LEBOEUF
JÉRÔME
ROTHEN
ÉRIC
DI MÉCO
CHRISTOPHE
DUGARRY
Météo France, qui précise que « le record
de pluie en 24 heures pour un mois de juin
vient d’être battu à Paris ou à Nantes, avec
respectivement 78 mm de pluie contre
58 mm le 24 juin et 71 mm contre 41 mm le
5 juin 2018 ». La situation actuelle a certaines similitudes avec celle « de mai-juin
2016 qui se caractérisait par une période
chaude et orageuse précédant une situation de blocage atmosphérique avec des
pluies fortes, et suivi par une amélioration
progressive », ajoute Pascal Scaviner.
Mais un épisode en tant que tel, comme les orages et les récentes pluies qui
ont touché la France, « ne peut pas être
relié au réchauffement climatique. Il s’agit
d’un événement exceptionnel. De plus, les
modèles de climat ne permettent pas
d’anticiper ni de prendre en compte les
orages qui sont des événements très variables et trop locaux. Ce n’est bien sûr
pas le cas de la température », rappelle
Jérôme Lecou. ■
* Société du groupe Le Figaro.
EMMANUEL
PETIT
ROLLAND
COURBIS
WILLY
SAGNOL
ALI
BENARBIA
A
DeBonneville-Orlandini
LA SEULE
ÉQUIPE À JOUER
TOUS
LES MATCHS
RADIO DIFFUSEUR DE LA COUPE DU MONDE DE LA FIFA RUSSIE 2018
Le climat parisien anticipé
grâce à un siècle et demi
de mesures météorologiques
MÊME SI 78 mm de pluie sont tombés
en 24 heures à Paris dans la nuit de lundi à mardi, ce niveau reste inférieur au
record absolu de 104 mm enregistré le
6 juillet 2001. Une comparaison rendue
possible grâce aux mesures effectuées
dans le parc Montsouris depuis 1872.
C’est le plus ancien site de Météo France, avec ceux situés au mont Aigoual
dans le Gard et à Besançon (Doubs), où
les relevés sont quotidiens depuis plus
d’un siècle.
Comme les mesures ont été enregistrées sur de très longues périodes et que
les vieux chiffres consignés à la plume
dans de grands registres papier ont été
numérisés, ces données servent aussi
aux modèles climatiques et aux prévisions. Elles permettent de vérifier que le
réchauffement est sensible dans la capitale. Ce phénomène devrait se poursuivre, quel que soit le scénario envisagé.
« Sans politique climatique, le réchauffement pourrait atteindre 4 °C vers la fin du
siècle, entre 2071-2100, par rapport à la
période 1976-2005 », prévient Raphaëlle Kounkou de Météo France.
Les périodes de canicule seront plus
fréquentes et plus intenses. Déjà, les
bulles de chaleur se forment au-dessus
de la capitale et des zones très denses et
urbanisées, en particulier pendant les
nuits d’été. L’« îlot de chaleur urbain »,
selon l’expression des experts, a été de
l’ordre de 7 °C à 8 °C le 22 juin 2017 – différence entre Paris et la forêt de Rambouillet, quand la température minimale avait été mesurée à 23,7 °C à
Montsouris.
Pourtant, la zone retenue dans le parc
Montsouris semble un peu plus fraîche
que la moyenne des rues de Paris. En
cette chaude journée de juin 2018, un
petit vent frais souffle sur le site de Météo France, posé sur la pelouse du jardin
et délimité par une haute clôture métallique circulaire. Situé dans la partie
haute du parc, en face de la Cité universitaire, le lieu surplombe Paris. Ce site a
été imposé par l’histoire et sa proximité
avec le palais du Bardo, détruit par un
incendie en 1991, où avait été créé l’Observatoire météorologique central en
1869. Tandis que les 550 autres points
de relevés du même type sur le territoire national, sans compter un millier de
lieux complémentaires automatisés,
sont répartis à égale distance les uns des
autres pour assurer une couverture météorologique la plus complète possible.
Au parc Montsouris, le thermomètre
est invisible de l’extérieur. Il est enfermé dans une sorte de petite boîte en
plastique constituée de grands chapeaux blancs. Plusieurs câbles (pour
l’alimentation électrique et le transfert
de données) partent de cette petite colonne. « C’est un thermomètre en platine, car sa résistance varie en fonction de
la température. Il est normalisé pour mesurer la température sous abri, dans des
conditions strictes, à l’abri de la pluie et
du vent, mais au contact de l’air ! » explique Dominique Legain, ingénieur
météo, en désignant l’appareil. Avec
cette méthode, la mesure est bien plus
précise qu’avec les anciens thermomètres au mercure. De plus, les données
sont envoyées automatiquement chaque minute, ce qui élimine la possible
erreur d’un opérateur. À une dizaine de
mètres de là, dans le même enclos, un
thermomètre de secours, identique au
premier, relève également la température.
Pour la pluviométrie, sur le même
site, trois autres équipements qui ressemblent chacun à un grand entonnoir
en plastique dont l’un est transparent
récoltent les précipitations. Et un grand
appareil, situé à plus de 2 mètres du sol,
avec des capteurs optiques orientés vers
le ciel, est dédié aux « hydrométéores », c’est-à-dire à la mesure de la
taille des gouttes de pluie et à leur vitesse. L’équipement permet également de
distinguer la pluie de la glace. « On sait
s’il bruine où s’il neige », précise Dominique Legain. Un autre équipement optique (constitué d’un laser et d’une plaque de pierre) sert, quant à lui, à
mesurer le niveau de neige tombé sur la
capitale… au parc Montsouris. C’est là
qu’ont été calculés les 12 cm de neige
tombée à Paris le 7 février dernier. Enfin, la pression atmosphérique est évaluée classiquement, à l’aide d’un capteur piézoélectrique.
“
Sans politique
climatique,
le réchauffement
pourrait atteindre
4 °C vers la fin du siècle
RAPHAËLLE KOUNKOU (MÉTÉO FRANCE)
”
Hors de l’enclos fermé, en haut d’une
tour située également dans le parc
Montsouris, d’autres instruments servent à mesurer la direction et la vitesse
du vent. « C’est un anémomètre à ultrasons, qui nécessite moins de maintenance
que les équipements mécaniques, car il
n’y a pas de roulement à billes à changer », précise Dominique Legain. De
plus, en hauteur, et à l’abri des ombres
portées par les arbres du parc, un appareil mesure l’ensoleillement. « Il s’agit
d’un ensemble de thermocouples, constitués d’une soudure froide et chaude, qui
produisent une tension selon le rayonnement solaire reçu en watts par mètre
carré », ajoute l’expert.
Cette connaissance très fine de la météorologie à Paris ne laisse guère de
doute sur le climat futur.
La climatisation sera nécessaire dans
la capitale à la fin du siècle : le nombre
d’alertes vigilance canicule devrait être
compris entre 10 et 25 par an, contre
une en moyenne actuellement. Par
ailleurs, le nombre de jours de gel serait
compris entre 2 et 17 jours par an, contre
25 jours en moyenne entre 1981 et 2010.
Néanmoins, des incertitudes demeurent
sur l’évolution des tempêtes, des inondations, des orages, de l’ensoleillement
et sur le nombre futur d’épisodes de
neige dans la capitale. ■
M. C.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 13 juin 2018
LE CARNET DU JOUR
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Nathalie Deprez,
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Lepoutre-Deprez,
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Deprez-Zalewski,
Véronique et Gilbert
Lotigie-Deprez
et toute la famille
font part du rappel à Dieu de
Mme Paul DEPREZ
née Simone Grimonprez,
le 9 juin 2018,
dans sa 107e année.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le samedi 16 juin, à 9 h 30,
en l'église Saint-André,
rue Royale, à Lille.
Arcachon. Chalette-sur-Loing.
Les familles Pelbois, Belaud,
Joste, Bocquet, Yourassowsky
et Le Moan
Reprise des annonces sur :
www.carnetdujour.lefigaro.fr
www.dansnoscoeurs.fr
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Marie-Geneviève DUCRET
née Pelbois,
survenu à l'âge de 89 ans.
Une cérémonie religieuse
aura lieu le vendredi
15 juin 2018, à 11 h 30,
au crématorium de Mérignac,
suivie de la crémation,
à 12 heures.
signatures
La Librairie Lavocat
vous invite à rencontrer :
Armand de Rendinger
qui dédicacera
son dernier livre :
Marie-Edith Lavoinne,
Cécile Guillier,
ses sœurs,
ses neveux, nièces,
petits-neveux et petites-nièces,
Samba,
son fidèle compagnon
et aidant,
tous ses amis
Le pari olympique de 2024,
chance ou malédiction ?
le jeudi 14 juin 2018
de 18 heures à 20 h 30.
101, avenue Mozart, Paris (16e).
Téléphone : 01 42 88 11 06.
ont la douleur
de faire part du décès de
deuils
survenu le 9 juin 2018,
à l'âge de 72 ans.
Mme Anne-Delphine Beaulieu,
Quentin, Vincent,
Etienne, Thomas,
son épouse et ses fils,
Une bénédiction sera célébrée
le vendredi 15 juin,
à 15 heures, en l'église
Saint-Vincent-de-Paul,
place Franz-Liszt,
à Paris (10e).
ainsi que l'ensemble
des collaborateurs de
Novartis France
ont la tristesse
de faire part du décès de
M. Luc BEAULIEU
directeur général de Novartis
Pharmaceuticals France,
20, rue du Général-Giraud,
76000 Rouen.
32, rue Lecourbe,
75015 Paris.
survenu le 8 juin 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
en l'église Saint-Germain,
4, place Charles-de-Gaulle,
à Saint-Germain-en-Laye,
le jeudi 14 juin 2018, à 14 h 30.
M. Charles-Antoine Viénot,
son petit-fils,
Mme Jean Evesque
et ses filles,
sa nièce et ses petites-nièces,
M. et Mme Pierre Evesque,
son neveu et sa nièce,
toute sa famille et ses amis
Ni fleurs ni couronnes.
ont la tristesse
de faire part du décès de
Banyuls-sur-Mer.
Carcassonne.
M. Claude EVESQUE
Mme Louis Castel,
née Andrée Colomer,
son épouse,
Me Christophe Castel,
Mme Carole Castel
et M. Bernard Lajarrige,
Marie-Sophie et Louis,
ses petits-enfants,
les familles Castel, Azibert,
parents et alliés
M. Louis CASTEL
Villedômer (Indre-et-Loire).
Le vicomte et la vicomtesse
de Bernady de Valernes,
leurs enfants et petits-enfants,
Mme Fairbairn,
en union avec M. Fairbairn,
leurs enfants et petits-enfants
et sa famille
ont la douleur
de faire part du décès de
Denise FEUGIER
née Mollier,
veuve de
Jean Feugier
survenu le 10 juin 2018,
à l'âge de 87 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée en la chapelle
Sainte-Thérèse de l'église
Notre-Dame-de-l'Assomption,
88, rue de l'Assomption,
à Paris (16e),
le jeudi 14 juin, à 9 h 45.
Le Seigneur a rappelé à Lui
le 12 juin 2018,
à l'âge de 84 ans,
au terme d'une longue
et belle vie.
De la part de
Maïté Folléa,
née Georgeon,
son épouse,
Patrick et Michèle Folléa,
Béatrice Folléa,
Marie-Laure et François
Crété,
Bertrand et Claire Folléa,
ses enfants,
Maylis, Maud, Pierre,
Antoine, Basile, Matthieu,
Clément, Margaux, Noémie,
Théophile, Thomas, Camille,
ses petits-enfants,
et toute sa famille.
La cérémonie religieuse
aura lieu
le vendredi 15 juin, à 14 h 30,
en l'église Saint-Jean-Baptistede-Grenelle,
23, place Etienne-Pernet,
Paris (15e).
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© Thinkstock
le 9 juin 2018,
à l'âge de 94 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le vendredi 15 juin, à 10 heures,
en l'église de Villedômer.
Seigneur accueille dans
Ta Paix et dans Ta Lumière,
Mme Henry MOTTEZ
née Thérèse Dalle,
pieusement décédée
en son domicile, le 12 juin 2018,
à l'âge de 94 ans.
En union avec
M. Henry Mottez (†),
son époux,
Anne et Philippe
Eeckman-Mottez,
Guillaume-Alexandre
Eeckman (†),
Vianney et Sophie
Eeckman-Audoynaud,
Aloys, Maël, Clarence,
Thomas Eeckman (†),
Maxence et Maud
Eeckman-Bedos,
Balthazar,
Maud Eeckman,
Cyrille Eeckman,
Odile et Philippe
Masurel-Mottez,
Augustin et Pauline
Masurel-Remy,
Henri,
Margaux Masurel,
Gaspard Masurel,
Théo Masurel,
Isabelle et Jean-Bernard,
ses enfants,
Anick,
sa belle-fille,
Nicolas et Baptiste,
ses petits-enfants,
les familles Sers, Vidal,
Safar, Guillaume
Jean-François SERS
survenu le 11 juin 2018,
à l'âge de 93 ans.
La cérémonie religieuse sera
célébrée le vendredi 15 juin,
à 14 h 30, en l'église
Notre-Dame-d'Auteuil,
à Paris (16e),
suivie de l'inhumation à 16 h 30,
au cimetière parisien de Pantin.
Cet avis tient lieu de faire-part.
François et Marie-Anne
Vachey,
son frère et sa belle-sœur,
Frédéric et Isabelle
Mottez-Razemon,
Victor Mottez,
Constance et Pierre-Antoine
Moty-Mottez,
Agathe Mottez,
Hugo Mottez,
à Bayeux, le 7 juin 2018,
dans sa 81e année.
Claire et Bertrand
Pillain-Mottez,
Daphné Pillain,
Baptiste Pillain,
Harold Pillain.
12, avenue de Lowendal,
75007 Paris.
Maud et Pierre,
Justine et Thomas, Victoire,
Capucine et Antoine,
Nicolas et Andrea,
Marc-Eric, Alexandra,
Laetitia et Ladislas,
Marguerite et Xavier, Sixtine,
Louise, Juliette, Aliénor,
ses petits-enfants,
Léon, Bertille, Pia, Ambroise,
François-Xavier, Olympe,
Solange,
ses arrière-petits-enfants,
ses sœurs, beau-frère
et belles-sœurs
ont l'immense tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Gérard de LAPASSE
chevalier
de la Légion d'honneur,
Mme François
Léonard de Juvigny,
née Yvonne de Robien,
son épouse,
Guillaume, Florence,
Thibaud et Capucine,
Clément et Audrey, Marie,
Grégoire, Médéric, Jeanne,
Armand, Sibylle, Baptiste,
Etienne et Vincent,
ses petits-enfants,
ont la douleur
de faire part du décès de
Théophile, Sixtine et Gaspard,
ses arrière-petits-enfants,
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
François
LÉONARD de JUVIGNY
inspecteur général honoraire
de la Banque de France,
ancien directeur de la
Revue Banque,
le 9 juin 2018, à l'âge de 92 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
en l'église de Lézardrieux,
le vendredi 15 juin, à 14 h 30.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le vendredi 15 juin, à 16 heures,
en l'église Saint-Symphorien
de Versailles.
Ni fleurs ni couronnes.
Des dons pour la recherche
médicale.
L'inhumation aura lieu
au cimetière d'Airel (Manche),
dans l'intimité familiale.
La célébration religieuse
aura lieu le vendredi 15 juin,
à 10 heures, en l'église
Sainte-Catherine, à Lille,
suivie de l'inhumation
au cimetière de Saulty
(Pas-de-Calais), à 17 heures.
33, quai du Wault, 59000 Lille.
Thierry et Véronique Périssel,
Laurence et Jean-Robert Bos,
Ghislaine et Rémy Ballu,
Virginie et Alain Gouis,
Agnès et Jérôme
Sallandrouze le Moullec,
ses 11 petits-enfants,
ses 6 arrière-petits-enfants
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Denise PÉRISSEL
née Tisserand,
à l'âge de 90 ans, le 10 juin 2018,
à Saint-Briac-sur-Mer.
La messe d'obsèques aura lieu
le jeudi 14 juin 2018, à 14 h 30,
en l'église Saint-Justin,
à Levallois-Perret.
familleperissel@gmail.com
Béatrice et Marc
Pointeau-Kriegel,
Isabelle Pointeau-Vanche,
Olivier et Eugénie Pointeau,
ses filles, fils, gendre
et belle-fille,
ses petits-enfants
et arrière-petits-enfants,
François et Béatrice Goure,
Marielle Goure,
ses frère, sœur et belle-sœur,
ainsi que leurs enfants,
petits-enfants
et arrière-petits-enfants
vous font part
du rappel à Dieu de
Chantal POINTEAU
ont la douleur
de vous faire part du décès de
Eric et Natalie de Lapasse,
Isabelle de Laage de Meux,
Géraldine et Jérôme de Poix,
Pierre-Stéphane de Lapasse,
ses enfants,
Lézardrieux (Côtes-d'Armor).
survenu le 9 juin 2018,
à l'âge de 78 ans.
La cérémonie religieuse
aura lieu en l'église
de Bessay-sur-Allier,
le vendredi 15 juin 2018,
à 15 heures.
née Jacqueline Carré,
chevalier
de l'ordre national du Mérite,
ont la grande tristesse
de faire part du décès de
Brigitte, son épouse,
Philippe et Louis,
ses enfants,
ses petites-filles,
son frère Gérard, au Québec,
sa sœur Michèle, à Nice,
et l'ensemble de sa famille
M. Pierre GARNIER
M. Xavier MILLET
comtesse
RAMOLINO de COLL'ALTO
Vincent Mottez (†),
Gilles (†) et Sophie
Léonard de Juvigny,
Chantal et Jérôme Contamine,
Isabelle et Christophe
Margerin,
Olivier et Sophie
Léonard de Juvigny,
ses enfants,
Essec 1963,
1re promo nationale Ihesi 1990
(Inhesj : Institut national
des hautes études de la sécurité
et de la justice),
ancien administrateur
directeur général
de Brink's France
pendant 20 ans,
ont l'immense tristesse
de faire part du rappel à Dieu,
entouré des siens, à Chaugy, de
Les éditions du Figaro
En vente actuellement
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu
de leur belle-mère, grand-mère
et arrière-grand-mère, la
Mme Gérard de Lapasse,
son épouse,
La cérémonie religieuse
sera célébrée
en l'église Saint-Etienne
de Pierrefitte-sur-Sauldre
(Loir-et-Cher),
le samedi 16 juin 2018,
à 11 heures.
151, avenue de Wagram,
75017 Paris.
Naissance
Saint-Germain-en-Laye.
Le service religieux
sera célébré au Petit temple,
rue du Grand-Couvent,
à Nîmes,
le vendredi 15 juin, à 10 h 30.
Cet avis tient lieu de faire-part.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le jeudi 14 juin 2018,
à 15 heures, en l'église
Saint-Vincent de Carcassonne,
suivie de l'inhumation
au cimetière Saint-Vincent.
Blaise et Sophie Millet,
Augustin, Apolline, Théophile,
Eglantine,
Geoffroy et Anne-Sophie Millet,
Capucine, Baptiste,
Côme, Victor, Domitile,
Marie-Faustine,
Damien et Marie-Lætitia
Choubley,
Inès, Ambroise, Suzanne
Dominique FOLLÉA
le 11 juin 2018,
dans sa 88e année.
Ni fleurs ni couronnes.
survenu à l'âge de 87 ans.
carnetdujour@media.figaro.fr
www.carnetdujour.lefigaro.fr
Bessay-sur-Allier. Saint-Cloud.
Mme Xavier Millet,
née Marie-Edith Dessert,
survenu le 10 juin 2018,
à l'âge de 95 ans, à Nîmes.
La cérémonie sera suivie
de l'inhumation dans l'intimité,
au cimetière de Boissières
(Gard).
ont la douleur
de vous faire part du décès de
Tél. 01 56 52 27 27
Fax. 01 56 52 20 90
Paris (16e).
Isabelle Feit,
Odile Monserat,
Bertrand Feugier,
ses enfants,
Aude Monserat,
Elena Feit,
Maxime et Aurore Feugier,
ses petits-enfants,
Me Hugues DURAND
avocat honoraire
au barreau de Paris,
13
M. Dominique VACHEY
Selon sa volonté, ses cendres
seront dispersées en mer,
le vendredi 15 juin.
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!
En union avec
le vicomte Bruno
de Villiers de la Noue (†),
son époux,
le vicomte et la vicomtesse
Adrien de Villiers de la Noue,
M. et Mme
Pierre-Louis de Caffarelli,
ses enfants,
Alexis, Hugues, François,
Joséphine et Hector,
ses petits-enfants,
ses frère, sœurs, belle-sœur,
neveux et nièces
ont la douleur
de vous faire part
du rappel à Dieu de la
vicomtesse Bruno
de VILLIERS de la NOUE
née
Inès Abaquesne de Parfouru,
à Paris, le 10 juin 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le vendredi 15 juin, à 15 h 30,
en l'église Saint-Pierre
de Neuilly-sur-Seine.
Une bénédiction, suivie
de l'inhumation, aura lieu
le samedi 16 juin,
à 14 heures, en l'église
de Grosbois-lès-Tichey
(Côte-d'Or).
souvenirs
Il y a dix ans, le 13 juin 2008,
Michel CAZEAUX-CAZALET
nous quittait.
Que tous ceux qui l'ont connu
et aimé aient une prière
ou une pensée pour lui.
De la part de
Laurence, Guillaume
et Charles Cazeaux-Cazalet
et ses amis.
née Goure,
le 10 juin 2018.
La cérémonie religieuse
aura lieu le vendredi 15 juin,
à 10 heures, en l'église de
Saint-Haon-le-Châtel (Loire),
suivie de l'inhumation
dans le caveau familial.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Le 13 juin 2013,
Didier DECAUDAVEINE
nous quittait.
Que ceux qui l'ont connu
et aimé aient une pensée
ou une prière pour lui.
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mercredi 13 juin 2018 LE FIGARO
CHAMPS LIBRES
ENQUÊTE
Nicolas Sarkozy lors du Spring Campus de l’association CroissancePlus, le 5 avril à Deauville.
François Fillon a rejoint en tant qu’associé Tikehau Capital, une pépite de la finance française.
Nathalie Kosciusko-Morizet a rejoint le groupe Capgemini, leader français de services du numérique.
Arnaud Montebourg lors de l’inauguration de La Rue du Made in France, le 15 mai à Paris.
Sarkozy, Fillon, NKM, Montebourg :
leur nouvelle vie dans le privé
Marie Visot
£@MarieVisot
e ne suis pas opérationnel, donc si vous voulez des prix, ce n’est pas moi ! ». Nous sommes le 5 avril. Au centre de conférences de
Deauville, Nicolas Sarkozy fait rire son
auditoire, un parterre de chefs d’entreprise
de l’association CroissancePlus, qui se réunit pour son Spring Campus annuel. L’ancien chef de l’État se livre rarement sur sa nouvelle vie
professionnelle. Mais là, le voilà qui parle sans ambages de sa fonction d’administrateur chez Accor. En février 2017, Nicolas Sarkozy a en effet rejoint le conseil
d’administration du groupe hôtelier dirigé par Sébastien Bazin. Le chef d’entreprise expliquait alors que
« l’expertise internationale de Nicolas Sarkozy et sa
parfaite connaissance des enjeux géopolitiques mondiaux » seraient « de formidables atouts ».
De fait, dans un secteur très lié à la géopolitique, un
carnet d’adresses bien fourni, avec la possibilité de
joindre les plus hauts responsables internationaux
pour faire avancer ses pions dans certains dossiers, ça
n’a pas de prix ! « Ils ont la gentillesse de dire que je suis
utile, mais c’est surtout eux qui m’apprennent », lâche
Nicolas Sarkozy, lors de cet événement auquel Le Figaro assistait en exclusivité. Ce jour-là, l’heure est aux
confidences. « J’avais besoin de découvrir de l’intérieur
ce qu’était le fonctionnement d’une grande compagnie
internationale. Le secteur du tourisme m’intéressait
énormément parce que c’est un des secteurs économiques qui change de façon structurelle, un peu comme la
distribution. Quand on gère 5 000 hôtels dans 95 pays,
ce n’est plus du tout le même métier qu’à l’époque de Dubrule et Pélisson », raconte-t-il.
J
«
Nicolas Sarkozy,
François Fillon, Nathalie
Kosciusko-Morizet,
Arnaud Montebourg…
Il y a à peine plus d’un an,
ils rêvaient de l’Élysée.
Certains passaient
le cap des primaires
de leur parti, d’autres non.
Ils ont en tout cas prix une
décision radicale : tourner
le dos à leur ancienne
activité pour se tourner
vers l’entreprise, voire
même devenir
entrepreneur.
A
Pas un « sleeping member »
Il est cependant loin d’être un simple observateur !
« Je n’aurais pas pris un siège de “sleeping member”, ce
n’est pas possible pour moi », sourit l’ancien président, plus connu pour son agitation que son oisiveté.
Du coup, que « Sébastien Bazin [soit] un obsédé du travail, qui [les] réunit tout le temps », cela ne le dérange
pas. Ayant pris la présidence du comité de la stratégie
internationale, il se dit « un peu plus engagé qu’un administrateur lambda ». « En étant dans 95 pays, vous
imaginez bien qu’il y a toujours un problème. Je me suis
lancé dans le privé avec la même passion que dans la vie
politique. Je voyage énormément. C’est passionnant »,
poursuit-il, toujours sur le ton de la confidence. Il se
dit intéressé par « la gestion des marques » (le groupe
compte dans son giron Sofitel, Pullman, Novotel,
Mercure, Ibis, HotelF1, etc.) ou encore « le rapport
aux franchisés ». L’ex-chef de l’État avoue se plonger
dans les dossiers plus qu’il ne le pensait. Pour
86 355 euros en 2017, rapportait L’Express récemment. Quoi qu’il en soit, le plaisir se lit sur ses lèvres
quand il parle de ce tournant professionnel…
Il y a tout juste un an, Nicolas Sarkozy rêvait pourtant d’un retour avec panache à l’Élysée. Il s’était
lancé corps et âme dans la primaire de la droite. Il
n’est pas le seul candidat malheureux à avoir décidé
de tourner la page pour se lancer dans le secteur privé. À droite, NKM, arrivée quatrième du premier
tour de la primaire de la droite ; François Fillon, accablé par les affaires, qui n’a pas pu atteindre le second tour de la présidentielle. À gauche, Arnaud
Montebourg a, lui, choisi d’être son propre patron et
de s’engager dans l’entrepreneuriat. Bref, des virages radicaux, après avoir consacré l’essentiel de leur
vie à l’engagement publique.
Déménagement à New York
François Fillon, on l’a appris très vite après sa défaite,
décidait de changer de vie. Dès le 1er septembre, il devenait officiellement le trentième associé de Tikehau
Capital, une pépite de la finance française – dont le
nom s’inspire d’un atoll polynésien – créée en 2004
par deux jeunes financiers, Antoine Flamarion et Mathieu Chabran, venus de Merrill Lynch et Goldman
Sachs. C’est via Anne Méaux, qui a conseillé François
Fillon pour sa communication pendant la campagne,
que la rencontre s’est faite. Image 7, l’agence qu’elle
dirige, compte alors Tikehau parmi ses clients. « L’arrivée d’une personnalité telle que François Fillon apportera une véritable valeur ajoutée à Tikehau Capital. Son
expérience internationale – le développement international de Tikehau Capital étant un de ses axes stratégiques majeurs – et sa connaissance aiguë des problématiques économiques françaises et européennes constituent
des atouts majeurs pour accompagner le développement
de la société de gestion et d’investissement », notaient
Antoine Flamarion et Mathieu Chabran, qui se sont
toujours défendus de faire un coup de com’.
Quelques mois après, dans son petit bureau au style
très épuré, fermé par une paroi vitrée, au 9e étage de
l’entreprise située avenue Marceau à Paris, « François
Fillon mouille la chemise et mérite son salaire ! », confie
un financier de la place. Et de préciser qu’il y travaille
quatre jours par semaine – il a par ailleurs des mandats d’administrateur. « Il met en contact avec les
chefs d’État et les ministres, ainsi qu’avec les fonds souverains. Il voyage beaucoup », précise un autre. Récemment, il aurait œuvré au rapprochement de Tikehau avec le fonds Mubadala, d’Abou Dhabi, et le fonds
russe d’investissement direct. « Mais ce n’est pas juste
un passeur de plats, il a une vraie activité ; il est associé,
pas senior advisor. À côté de ça, il n’a ni le temps ni l’envie de continuer à recevoir le petit monde politique »,
précise un proche. « Il ne faut pas exagérer, il n’est pas
non plus débordé ! », nuance une de ses vieilles
connaissances. Tikehau est coté en Bourse, gère près
de 14 milliards d’actifs et compte 200 collaborateurs.
« Ce n’est pas le budget de la France, mais ce n’est pas
mal quand même ! », s’amuse un ancien collaborateur.
Nathalie Kosciusko-Morizet avait décidé de persister encore un peu en politique après son échec à la primaire de la droite. La chef de file de la droite parisienne voulait un siège à l’Assemblée nationale. Mais c’est
son adversaire LaREM, l’ancien journaliste Gilles Le
Gendre, qui a été élu député de Paris. Au terme de cet-
François Fillon (…) a une vraie activité ;
il est associé. À côté de ça, il n’a ni le temps
ni l’envie de continuer à recevoir
le petit monde politique
UN PROCHE
»
te campagne éprouvante – NKM a été agressée en pleine rue alors qu’elle distribuait des tracts, puis hospitalisée – et de cette défaite, elle a tiré un trait. Selon
plusieurs indiscrétions, l’ancienne ministre a eu du
mal à trouver un point de chute. « Elle voulait travailler
dans un beau fonds d’investissement à Paris, elle n’a pas
trouvé ; les seules propositions qu’elle a eues venaient de
petites structures », raconte un financier. Elle a donc
pris une décision radicale : s’envoler de l’autre côté de
l’Atlantique, à New York, où vit son compagnon, Ramon de Oliveira-Cezar, un ancien de chez JP Morgan,
aujourd’hui gérant d’une société d’investissement.
Elle y a rejoint le groupe Capgemini, leader français
de services du numérique. Elle doit y diriger l’activité
Projet et Consulting de la division Cloud Infrastructure et cybersécurité du groupe aux États-Unis. « Nathalie Kosciusko-Morizet est une spécialiste reconnue
de l’économie numérique ; elle renoue, en prenant ces
fonctions, avec sa formation d’ingénieur », a précisé la
direction de Capgemini fin 2017. Il y a quelques semaines, elle était encore en train de régler ses problèmes
de visas et d’inscrire ses enfants au lycée français.
Aujourd’hui, elle veut rester discrète sur sa nouvelle
vie et évite les médias. « Laissez-la atterrir ! Elle vient
de débarquer à New York, elle prend ses marques. Je
voudrais vous y voir ! », dit un proche.
Une levée de fonds de 50 millions
Arnaud Montebourg, l’ancien ministre de François
Hollande, ne veut surtout « plus parler politique ! »
Après avoir été démissionné de Bercy, il avait annoncé, fin 2014, son retrait de la vie publique. Il avait alors
siégé un temps au conseil de surveillance de la chaîne
d’ameublement Habitat. Avant de rêver de l’Élysée et
de tenter un retour en participant à la primaire socialiste de 2017. Il était arrivé troisième, derrière Benoît
Hamon et Manuel Valls. Mais tout cela est désormais
derrière lui. Arnaud Montebourg se consacre aujourd’hui à ses activités économiques. « Et je suis très heureux comme ça ! », tonne-t-il. Après avoir monté son
entreprise, Les équipes du made in France, en 2015,
l’ancien homme fort de l’aile gauche du PS a créé, il y
a huit mois, la Société d’élevage et de repeuplement
des abeilles de France (Seraf) dans son fief de Saôneet-Loire, et la Compagnie française de l’amande méditerranéenne (Cofram), dans le sud de la France.
Aujourd’hui, Arnaud Montebourg parle des abeilles
et des amandes avec la même verve que celle qui était
la sienne quand il défendait la nationalisation de Florange ou s’insurgeait contre la politique rigoureuse du
gouvernement auquel il appartenait. Il parle de relancer des filières sinistrées ; d’aider des agriculteurs à
s’installer ; de relocaliser des activités en France pour
créer de l’emploi et de la valeur. Il est incollable sur les
importations de miel, le nombre de ruches en France
(1 000), la manière dont il faut désormais répondre à la
demande en proposant du miel de qualité différente de
celui que l’on trouve en grande surface. Il regrette l’effondrement de la production d’amandes (utilisée dans
l’alimentation mais aussi en cosmétique), le refus de
nombreuses banques de prêter de l’argent parce qu’il
faut plusieurs années avant de pouvoir la récolter. Il est
en train de procéder à une levée de fonds de 50 millions d’euros pour ses projets. On le croirait presque
quand il jure que la politique, on ne l’y reprendra
plus… Mais ce virus, on le sait, n’est pas de ceux dont
on se débarrasse facilement. ■
J.-C. MARMARA/LE FIGARO, ÉRIC TSCHAEN/REA, ALAIN APAYDIN/ABACA, REA/ HAMILTON
14
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LE FIGARO
mercredi 13 juin 2018
CHAMPS LIBRES
15
POLITIQUE
Comment François Ruffin (LFI)
a-t-il gagné dans la Somme ?
Jérôme Fourquet
Directeur du département
opinion et stratégie
d’entreprises de l’Ifop
ET Sylvain Manternach
Géographe et
cartographe
ÉLECTIONS Un an après les législatives,
et alors que la figure de François Ruffin
s’est installée dans le débat national, avec
notamment sa « Fête à Macron » du
5 mai, cette note de la Fondation JeanJaurès et dont Le Figaro publie l’essentiel
revient sur les conditions de son élection
dans la Somme, sous l’étiquette de La
France insoumise.
ANTI-PATRONS
ET FIERTÉ PICARDE
❙ COLÈRE
Candidat dans une circonscription
ouvrière frappée par la désindustrialisation, François Ruffin a adopté de manière
totalement assumée un discours populiste de gauche avec comme objectif principal de mobiliser les abstentionnistes de
gauche et de détourner du FN le plus
d’électeurs des milieux populaires. Son
film Merci patron ! montrant la victoire
d’un couple d’ouvriers sur le patron de
LVMH, Bernard Arnault, a d’ailleurs été
un marqueur très important dans cette
région. La vallée de la Nièvre est en effet
le berceau historique du groupe textile
Saint-Frères (7 usines dans le périmètre
de la circonscription). Comme le reste de
l’industrie textile française, le groupe ne
résistera pas à la concurrence asiatique.
Tous les sites du groupe dans la Somme
furent fermés. Trente ans après, les plaies
demeurent à vif dans les vallées de la Nièvre et de la Somme. En choisissant Flixecourt, lieu d’implantation d’une ancienne usine du groupe, comme point de
lancement de sa campagne, François
Ruffin s’est inscrit dans cette mémoire
ouvrière. Dans une région votant fortement FN, l’objectif était de focaliser la colère populaire contre Bernard Arnault,
incarnation de l’hyper-capitalisme et
non plus sur les immigrés et les assistés.
Pour François Ruffin, il s’agissait de renouer avec la lutte des classes en lieu et
place de la lutte des races.
C’est à Flixecourt, ville communiste
dont le maire le soutenait, qu’il a enregistré son meilleur résultat au premier
tour (41,1 % des voix). Il a obtenu
également des scores très élevés à SaintOuen (32,8 %) et à L’Étoile (32,1 %),
deux communes voisines qui avaient
compté elles aussi une usine du groupe
Saint-Frères sur leur territoire. François
François Ruffin
et la Somme
Somme
1re circonscription
1 Un vote lié à la désindustrialisation
24 à 28
20 à 24
LABORATOIRE
D’AGIT-PROP
❙ UN
Un de ses slogans était : « Les faire plus
chier que le Front national ». De fait, le
candidat du FN a subi une hémorragie de
voix par rapport à l’étiage de Marine Le
Pen, passant de 18 207 au premier tour de
la présidentielle à 6 255 aux législatives.
Le choix du comédien Franck de Lapersonne dans cette circonscription populaire a sans doute été une erreur de casting. Les pertes sont particulièrement
marquées en zone urbaine, à Amiens et
dans l’agglomération abbevilloise. Le FN
a en revanche mieux résisté dans la partie
rurale et périurbaine de la circonscription à l’exception d’une série de communes autour de Flixecourt, fief de François
Ruffin. On peut donc penser que le candidat de Picardie debout est parvenu à détourner une partie du vote frontiste.
L’analyse des coefficients de corrélation
entre les scores de la présidentielle et des
législatives indique que François Ruffin a
rallié un électorat assez hétéroclite et débordé les seuls rangs mélenchonistes.
Dans sa campagne, Ruffin, fort de sa notoriété, a su se constituer un réseau propre. Film militant, Merci patron ! a été
projeté pendant la campagne dans onze
communes de la circonscription. Neuf
matchs de football ont été joués par le Lafleur foot, équipe montée par François
Ruffin. Le 19 avril 2017, l’équipe fakirienne joua à Eaucourt contre le club local,
dont il enfilera ensuite le maillot à l’Assemblée pour demander une meilleure
répartition des flux financiers du « footbusiness » au profit des petits clubs.
Plus généralement, cette campagne a
servi de laboratoire pour des méthodes
d’agit-prop qui seront utilisées ensuite
par Ruffin au plan national. Ainsi, des
« balades anti-Macron », à dimension
festive, seront organisées dans les principales communes de la circonscription,
préfigurant sa « Fête à Macron » du 5 mai
2018 à Paris. Il avait aussi organisé un
concert du groupe Tryo, devant 2 000
personnes après un meeting de soutien
aux ouvriers de Whirpool et d’Automotive, PME locale menacée de fermeture.
SECOND TOUR
ATTRAPE-TOUT
❙ UN
Au niveau national, sur 72 duels de second
tour avec un candidat de La France insoumise, la majorité présidentielle (LaREMMoDem) en a remporté 48. Mieux implantés, les candidats communistes ont mieux
résisté. La capacité des Insoumis à l’emporter fut moins grande notamment
quand ils étaient devancés au premier
tour, comme dans la 1re circonscription de
la Somme avec 34,1 % pour Nicolas Dumont (LaREM) contre seulement 24,3 %
pour François Ruffin. Au premier tour, le
candidat macronien est arrivé premier
dans 55 communes contre 9 seulement
pour François Ruffin. Pourtant, dans 13
circonscriptions, les candidats de La
France insoumise, bien qu’arrivés en seconde position au premier tour, ont battu
les candidats LaREM-MoDem. Grâce en
général à un total important de voix de
gauche hors France insoumise.
La 1re circonscription de la Somme présente de ce point de vue une particularité.
Parmi ces 13 circonscriptions, c’est celle
où les voix de gauche au premier tour,
hors France insoumise, pesaient le
moins : 7 %. À l’inverse, le FN y avait en-
2 Une hémorragie des voix du Front national
VOTES RUFFIN AU 1ER TOUR DES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES DE 2017, en % des exprimés
Plus de 28
Ruffin a recueilli son deuxième meilleur
score (37,3 %) à Longueau, cité cheminote aux portes d’Amiens, à direction
communiste.
Ne souhaitant pas laisser ce créneau au
FN, qui comptait de nombreux soutiens
parmi les ouvriers de Whirlpool, François
Ruffin a multiplié les déplacements sur le
site et les déclarations tonitruantes comme ces propos rapportés par Les Inrocks :
« La même histoire se répète depuis trente
ans. Même les chips ont quitté la Picardie !
Pourquoi on laisse faire ? Parce que ce sont
des ouvriers et qu’ils ne sont pas représentés à l’Assemblée nationale ! » Il fait ici référence à l’usine Flodor de Péronne
(commune de la Somme non loin de la
circonscription), dont la production fut
stoppée et les machines démontées par
les actionnaires italiens. Survenue en
2003, cette affaire illustrait le comportement des « patrons voyous » et la perte
d’un patrimoine industriel qui faisait la
fierté locale.
De fait, parallèlement à sa défense des
ouvriers contre les patrons, le fondateur
de Fakir a joué la fibre régionale. Avec la
fusion de la Picardie et du Nord-Pas-deCalais, et le choix de Lille comme capitale
régionale, la fierté picarde a pris un coup.
François Ruffin a senti que l’identité régionale pouvait être un vecteur de mobilisation. Le nom de son mouvement « Picardie debout » s’inscrit dans cette
démarche. Le choix de prendre comme
effigie le personnage de Lafleur, figure
populaire du théâtre de marionnettes
amiénois, aussi. Lafleur est une sorte de
Gavroche picard s’opposant aux puissants
et aux gendarmes. Cette figure du folklore
populaire remontant à la Révolution française figurait sur les affiches de campagne
du candidat, en train d’envoyer un bon
coup de pied, avec ce slogan « Une Picardie debout…pour leur botter le cul ! »
16 à 20
Moins de 16
RATIO DES VOIX DE FRANCK DE LAPERSONNE (candidat FN) AU 1ER TOUR DES LÉGISLATIVES
DE 2017 ET DES VOIX DE MARINE LE PEN AU 1ER TOUR DE L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE DE 2017
Plus de 50
40 à 50
35 à 40
30 à 35
Moins de 30
So
m
Abbeville
me
2
3
1
4
vre
Niè
2
3
Somme
67
4
5
6
7
Abbeville
Pont-Rémy
L’Étoile
Flixecourt
Soues
Saint-Ouen
Berteaucourtles-Dames
5
*fermées après leur
rachat par Bernard
Arnault en 1984
3 Un premier tour dominé par LaREM
Nicolas Dumont
LaREM (55)*
François Ruffin
Picardie debout (9)
Stéphane Decayeux et
François Ruffin à égalité
Franck de Lapersonne
Front national (7)
François Ruffin et
Nicolas Dumont à égalité
Abbeville
Communauté de
communes de
l’Abbevillois
4 Des reports de voix diversifiés pour F. Ruffin
Plus de 60
55 à 60
50 à 55
Progression du score de...
... F. Ruffin
... N. Dumont
Moins de 11 %
+ 30,9 pts
+ 13,6 pts
De 11 à 16 %
+ 28,6 pts
+ 12,4 pts
De 16 à 20 %
+ 36 pts
+ 11,4 pts
De 20 à 25 %
+ 37,5 pts
+ 12,4 pts
Plus de 25 %
+ 36 pts
+ 18,9 pts
Amiens
Flixecourt, épicentre du vote Ruffin
50 à 55
55 à 60
Plus de 60
... EN FONCTION DU SCORE DES RÉPUBLICAINS
Score des
Républicains
au 1er tour
Progression du score de...
... F. Ruffin
François Ruffin en tête
Nicolas Dumont en tête
Abbeville
Amiens
*nombre de communes
où le candidat est
seul en tête
Abbeville
RAPPORT DE FORCE AU 2E TOUR DES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES DE 2017, en % des exprimés
Stéphane Decayeux
Les Républicains (8)
des deux candidats
entre les 2 tours
Score du FN
au 1er tour
Amiens
CANDIDAT EN TÊTE AU 1ER TOUR DES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES DE 2017
5 Évolution du score
... EN FONCTION DU SCORE DU FN
Anciennes usines
Boussac-Saint-Frères*
1
registré son score le plus élevé dans ce
groupe de circonscriptions (16 %). En
dépit de ce handicap, François Ruffin a
doublé le nombre de ses électeurs d’un
tour à l’autre (de 9 545 à 19 329) et au terme de cette « remontada picarde », il a
nettement devancé son adversaire En
marche ! : 56 % contre 44 %.
Les électorats des deux principaux candidats éliminés à l’issue du premier tour
(FN et LR) se sont éparpillés sur les deux
finalistes mais également vers l’abstention et le vote blanc, le total des exprimés
chutant de 46,6 % des inscrits au premier
tour à 41 % au second. Il a parfois été
avancé l’idée que le candidat Insoumis
avait capté au second tour une part très
significative de l’électorat frontiste. Le
tableau mettant en regard le score du
candidat FN au premier tour dans une
commune et les progressions respectives
de Ruffin et Dumont entre les deux tours
ne permet pas de valider cette thèse. Si
c’est dans la strate de communes affichant les meilleurs résultats pour le FN au
premier tour que François Ruffin a quasiment le plus progressé (+ 36 points en
moyenne), c’est également dans cette
strate que la hausse du candidat LaREM
entre les deux tours a été la plus importante (+ 18,9 points en moyenne). Le futur
député est parvenu à glaner une partie
des voix qui s’étaient portées sur le candidat des Républicains au premier tour,
puisque sa progression est maximale
(plus de 40 points) dans la strate de communes ayant le plus voté LR. Mais la corrélation est plus nette entre le score de la
droite au premier tour et la progression
de Nicolas Dumont (LaREM). Bien
qu’étant issu du PS, ce dernier est apparu
comme un moindre mal à des électeurs
de droite souhaitant faire barrage à la
gauche radicale. François Ruffin a cependant fortement progressé dans des communes rurales du nord-est de la circonscription, où Stéphane Decayeux (LR)
avait enregistré ses meilleurs scores.
On retrouve enfin des similitudes entre
la progression de François Ruffin d’un
tour à l’autre face au candidat LaREM et
la progression de Marine Le Pen à la
présidentielle face à Emmanuel Macron. 57,5 % pour Macron contre
42,5 % pour Le Pen à la présidentielle
versus 56 % pour Ruffin contre 44 %
pour Dumont aux législatives. Ce taux
de corrélation assez élevé observé entre
les deux progressions semble indiquer
que Marine Le Pen comme François
Ruffin ont tous deux bénéficié d’un réflexe anti-Macron diffus dans cette circonscription populaire. ■
Lire l’intégralité de la note
sur https://jean-jaures.org
... N. Dumont
Moins de 10 %
+ 32,6 pts
+ 8,7 pts
De 10 à 15 %
+ 31,1 pts
+ 12,2 pts
De 15 à 20 %
+ 32,7 pts
+ 14,2 pts
De 20 à 25 %
+ 33,7 pts
+ 14,7 pts
Plus de 25 %
+ 40,5 pts
+ 18 pts
Amiens
Source : Jérôme Fourquet, Sylvain Manternach
Ifop pour la Fondation Jean Jaurès
Infographie
A
Dans une note
de la Fondation
Jean-Jaurès,
Jérôme Fourquet
(Ifop) explique
les raisons de
la victoire du député
Insoumis dans
la 1re circonscription
de la Somme.
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mercredi 13 juin 2018 LE FIGARO
16
CHAMPS LIBRES
DÉBATS
Au nom de la décence publique, le rappeur
Médine ne doit pas chanter au Bataclan !
’
annonce de la
programmation du rappeur
Médine au Bataclan,
à Paris, les 19 et 20 octobre
prochain a suscité
une vague puissante
d’indignation, notamment
sur les réseaux sociaux.
Comme nombre de Français,
les auteurs de ce texte ont commencé
par douter de cette information qui
paraissait trop extravagante pour être
vraie. Le télescopage des symboles
était si violent, la provocation si
manifeste que cette programmation
ressemblait fort à une « fausse
nouvelle » forgée par quelques
officines identitaires pour dresser
les Français les uns contre les autres.
Comment imaginer
que les propriétaires de cette salle
dans laquelle quatre-vingt-dix
personnes ont été massacrées
et plusieurs centaines d’autres blessées
par des djihadistes aient pu inviter
un rappeur dont l’un des albums
s’intitule Jihad et qui arbore fièrement
un tee-shirt barré d’un sabre ?
Certes, depuis que la polémique
a éclaté, le rappeur et ses soutiens
se sont empressés de préciser
que le djihad de Médine était
purement intérieur et psychologique ;
le chanteur a relativisé ses rimes
les plus agressives (qui se proposent
de « mettre des fatwas sur la tête
des cons », d’appliquer la charia
aux voleurs afin
qu’ils ne puissent
déposer de main
courante,
Le respect dû aux victimes du terrorisme islamiste de crucifier
les laïcards ou
commande à l’État d’interdire une provocation
peindre Marianne
aussi inconvenante, argumentent les personnalités en « femen tatouée
signataires*.
Fuck God
L
TRIBUNE COLLECTIVE
par nos ennemis parce qu’elles
étaient les symboles de notre
mode de vie et de nos libertés.
En ce sens, le respect de leur
mémoire oblige tous les Français,
quelles que soient leurs origines,
leurs confessions ou leur sensibilité
politique. Et de fait, il suffit de tendre
l’oreille pour comprendre que l’idée
de Médine se produisant dans
cette salle à tout jamais associée dans
la mémoire collective à un massacre
épouvantable perpétré par
des terroristes islamistes révulse
l’immense majorité d’entre eux,
et pas seulement la droite et
l’extrême droite
comme une
Laisser un rappeur dont l’un
partie de la
presse l’a laissé
des albums s’intitule « Jihad »
entendre.
et qui témoigne de sa sympathie
Pour que
les citoyens
pour les Frères musulmans chanter
d’une
République
dans cette salle où eut lieu un massacre
vivent en bonne
perpétré par des terroristes islamistes
intelligence sur
son territoire,
relève de la profanation
il n’est pas
nécessaire
qu’ils prient les mêmes dieux ou
et l’islamisme ou qu’il soit adepte
qu’ils partagent les mêmes opinions,
de la taqîya (l’art islamique de la
mais ils doivent impérativement
dissimulation tactique) n’a guère
regarder la défense de leur patrie et
d’importance.
des principes qu’elle incarne (liberté,
Le laisser se produire au Bataclan
égalité, fraternité et laïcité) comme
relève de la profanation.
une cause sacrée. Sacrée, c’est-àQue l’on défende sincèrement
dire, justifiant qu’elle soit défendue
la liberté artistique ou que l’on espère
les armes à la main, au péril de sa vie.
miner la République de l’intérieur,
En temps de paix, cette dimension
qu’importe. Laisser Médine rapper
métaphysique du pacte social est
au Bataclan constitue une
invisible ; mais lorsqu’un peuple
provocation pure et simple.
est attaqué, la réalité existentielle
Depuis Athènes, les morts de la cité
du lien patriotique ou civique
sont sacrés. Les victimes
redevient palpable.
du 13 novembre 2015 ne sont pas
Ce qui fait qu’au-delà
tombées les armes à la main,
de nos différences, nous sommes tous
mais elles ont été massacrées
sur les mamelles »), en se proclamant
ennemi du terrorisme.
Mais les images de Médine
effectuant la tristement célèbre
« quenelle » ont refait surface.
Le militantisme local du chanteur
havrais témoignant de sa sympathie
pour le groupuscule racialiste
les Indigènes de la République
ou pour le mouvement islamiste
les Frères musulmans est absolument
impossible à nier.
Que le rappeur Médine ignore
la portée de ses mauvais jeux de mots
sur une partie de la jeunesse
travaillée par le communautarisme
«
»
français, c’est que les morts de
Verdun, d’Oradour ou du Bataclan
sont nos morts. Porter atteinte à leur
mémoire, la profaner, c’est prendre
le risque insensé de desceller la
pierre de touche du pacte social.
Ce respect du sacré civique forme
la condition sine qua non de la
préservation de ce que l’on appelle,
depuis les anciens, la concorde. Ce que
la novlangue politique contemporaine
a rebaptisé « vivre ensemble ».
Nos dirigeants seraient bien
inspirés de ne pas interpréter
le calme des Français après
les différentes vagues d’attentats
comme des marques de lâcheté ou
d’indifférence. Cette retenue, signe
admirable de civilisation, ne signifie
pas du tout qu’une immense colère,
d’autant plus redoutable qu’elle est
sourde, n’existe pas au sein de
la population. Si les Français se sont
jusqu’ici, fort heureusement, gardés
de s’en prendre aux complices
de la barbarie qui les avaient frappés,
c’est parce qu’ils font crédit à l’État
de protéger l’ordre public mais aussi
l’ordre symbolique.
Au-delà du respect des lois,
il appartient à nos autorités
de défendre la décence publique.
* Jean-Claude Barreau,
Georges Bensoussan, Guillaume Bigot,
Thomas Bousquet, Pascal Bruckner,
David Brunat, Brice Couturier,
Franck Dedieu, Ambroise
de Ramcourt, Éric Delbecque,
Alexandre del Valle,
Henri Guaino, Joachim Imad,
Mohamed Louizi, Éric Marquis,
Jean-Robert Pitte, Philippe Raynaud,
Boualem Sansal, Pierre-André
Taguieff, Jacques Tarnero,
Michèle Tribalat
et Caroline Valentin.
Grâce à Trump, la Chine n’est plus le juge
de paix du dossier nord-coréen
onald Trump
et Kim Jong-un ne sont
pas parvenus à un
authentique accord
sur la dénucléarisation
de la Corée du Nord,
en dépit des communiqués officiels
» Lire aussi PAGES 2, 3 ET 4
au ton de victoire. Le président des
États-Unis veut que les Nord-Coréens
renoncent de manière « complète,
irréversible et vérifiable » à leur arsenal
nucléaire. Mais comment ?
En transférant les bombes hors
du territoire nord-coréen ?
En les rendant inutilisables et en
autorisant des experts de l’Agence
internationale pour l’énergie atomique
à parcourir le pays afin de s’assurer
que la renonciation au nucléaire
est effective ?
Kim Jong-un, pour sa part,
s’est contenté de dire que son arsenal
n’aurait plus d’utilité si la « sécurité »
de la Corée du Nord était assurée.
Faut-il comprendre par là
que les Américains doivent
abandonner leur alliance militaire
avec le Japon ou la Corée du Sud ?
Séoul doit-il renoncer à son propre
armement ? Pyongyang reste
dans le flou.
Mais il y a pire : les propositions
américaines elles-mêmes sont
dépassées. Les Nord-Coréens savent
fabriquer des bombes A et H.
Aucune commission de contrôle
ne leur ôtera plus ce savoir. Soutenir
que les divergences entre États-Unis
et Corée du Nord sont importantes
serait peu dire. Toute tentative
de rapprocher les deux points de vue
est vaine. Les Nord-Coréens
ont atteint un point de non-retour.
Détruiraient-ils leur arsenal
qu’ils pourraient
le reconstituer
en peu de temps.
Ce n’est pas
par bravade que
En rencontrant Kim Jong-un, le président
les Nord-Coréens
des États-Unis s’employait aussi à contenir
ont inscrit dans
les prétentions de la Chine à régenter l’Asie, analyse
leur Constitution
le chercheur, spécialiste des régimes communistes*.
que leur État était
A
1
DESSINS CLAIREFOND
+
PIERRE RIGOULOT
D
une puissance nucléaire.
Il l’est désormais.
Donald Trump et Kim Jong-un ont
cependant eu intérêt à maintenir
leur rencontre. Pour les NordCoréens, aller à Singapour, c’était
gagner du temps. Tant qu’ils
multiplient bonnes paroles et gages
de bonne volonté (libération de
prisonniers américains ; destruction,
en présence des caméras de télévision,
du centre d’essais nucléaires ;
purge d’éléments considérés comme
les plus « durs » ; poignées de main
enthousiastes à Singapour), il n’y a pas
de risque de frappe américaine.
On peut pourtant être certain que les
techniciens nord-coréens continuent
de travailler d’arrache-pied
à la miniaturisation de leurs bombes
et à la résistance de leurs missiles
à la chaleur lors du retour
dans l’atmosphère.
Autre avantage : la Corée du Nord
de Kim Jong-un est reconnue
comme un des États importants
du globe. Son dirigeant, qualifié
d’homme en qui on peut avoir
confiance, devient un des hommes
qui comptent.
La rencontre de Singapour
représentait aussi un enjeu
économique et financier important
pour le régime. Les sanctions des
Nations unies gênent la Corée du Nord
- sans mettre en cause son existence.
Les naïfs se font donc entendre :
tant de bonne volonté manifestée
par Pyongyang ces derniers mois ne
devrait-elle pas être récompensée ?
Mieux encore, n’appellerait-elle pas
une aide économique ? Moscou et
Pékin, les deux protecteurs du régime,
déjà peu regardant sur les trafics
et la contrebande à leurs frontières
avec la Corée du Nord, appellent
à la levée de ces sanctions.
Donald Trump résiste visiblement
à cette idée et attend des garanties.
C’est un des enseignements importants
de la rencontre qui vient de se
dérouler. Le président des États-Unis
avait lui aussi intérêt à participer
Il n’est jamais souhaitable de voir
renforcé un État totalitaire et laissées
sans obstacles ses capacités
d’armement. Si la levée des sanctions
contre ce régime a été, à juste titre,
repoussée, la rencontre de Singapour
pourrait faciliter la signature
d’un traité de paix remplaçant
enfin l’armistice de juillet 1953.
Elle affaiblirait la posture obsidionale
qu’affecte la Corée du Nord,
permettrait sa reconnaissance
internationale tout en la limitant
à la partie méridionale de la péninsule
coréenne. La propagande
de Pyongyang contre
les « marionnettes américaines »
installées à Séoul perdrait sa raison
d’être et ce nouveau cours ne serait pas
si simple à assumer pour un régime
nord-coréen
qui s’est présenté
Si la levée des sanctions
pendant des
contre Pyongyang a été,
décennies comme
le seul légitime
à juste titre, repoussée, la rencontre
à représenter
de Singapour pourrait faciliter
l’ensemble
la signature d’un traité de paix
de la population
coréenne.
remplaçant enfin l’armistice
Singapour
de juillet 1953
ne changera rien
sur le dossier
du nucléaire nord-coréen.
de sanctions insuffisantes et appliquées
Mais c’est le début d’une vraie
sans rigueur. La riposte américaine
négociation sur les conditions d’entrée
a été de lui refuser le rôle de juge
dans la communauté internationale
de paix dans la région, un rôle que
d’un État encore totalitaire
Pékin avait assumé avec satisfaction
et donc dangereux, tant pour
pendant des années en se faisant
son propre peuple que pour le reste
l’hôte et l’animateur de rencontres
du monde. Et l’épisode restera
à six (les deux Corées, le Japon,
comme une des premières passes
les États-Unis, la Chine et la Russie)
d’armes de l’affrontement
sur le nucléaire nord-coréen.
sino-américain qui s’esquisse.
Kim Jong-un a, il est vrai, rassuré
* Directeur de l’Institut d’histoire sociale
les dirigeants chinois lors de deux
(fondé par Boris Souvarine en 1935),
récents voyages, mais l’on peut être
Pierre Rigoulot est l’auteur
sûr que la participation avant-hier
de « Corée du Nord. État voyou »
à cette manifestation d’indépendance
(Buchet/Chastel, 2007). Il a également
par rapport à son puissant protecteur
collaboré à l’ouvrage collectif « Le Livre
n’a pas été pour déplaire à des Nordnoir du communisme » (Robert Laffont,
Coréens hyper-nationalistes
1997), qui fit événement. L’Institut
et las des relations de vassalité
d’histoire sociale publie une revue
que l’empire du Milieu prétend
trimestrielle, « Histoire et liberté ».
nouer avec ses différents voisins.
à cette rencontre. Désormais, aux yeux
d’une bonne partie de son opinion
publique, il sera celui qui a fait évoluer
la situation, contrairement à Obama
promoteur d’une « patience
stratégique » inefficace à l’égard
de Pyongyang. Ses électeurs penseront
même que la fermeté et les menaces
de rétorsion américaines ont payé,
en quoi ils ont probablement raison.
La rencontre bilatérale de Singapour
a aussi cet avantage pour Trump
qu’elle a mis de côté les Chinois.
Ce fait, capital, n’a pas été assez
souligné. Le président américain
a longtemps compté sur la Chine
pour forcer la Corée du Nord
à renoncer à l’arme atomique.
Or la Chine s’est contentée
d’admonestations, de votes en faveur
«
»
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LE FIGARO
mercredi 13 juin 2018
CHAMPS LIBRES
OPINIONS
Guillaume Perrault
£@GuilPerrault
Louis-Sébastien Mercier et les « fake news »
ous Louis XVI, LouisSébastien Mercier (17401814), modèle du flâneur
parisien, aimait à se promener
au Palais-Royal, comme,
avant lui, le Diderot du Neveu
de Rameau. Lieu inaccessible à la police
du roi, car propriété du duc d’Orléans,
premier prince du sang, le PalaisRoyal voyait proliférer cafés,
esprits frondeurs, libelles interdits
et prostituées. Déambulant sous
les arcades, Mercier s’amusait
du spectacle qu’offrait un nouveau
type de contemporain : le passionné
d’actualité, l’amateur de nouvelles.
« L’impatience de certains nouvellistes
dégénère souvent en frénésie ; ils
n’existent que pour courir les promenades
publiques, à dessein d’apprendre
S
@
100 000 citations
et proverbes sur evene.fr
et de répéter tout ce qui se dit, tout ce qui
s’imprime ; et par leur empressement
à tout croire, les plus simples conjectures
se réalisent à leurs yeux », raille
notre malicieux témoin en 1786.
Le nouvelliste confond volontiers
faits avérés, supputations et opinions,
d’où sa vulnérabilité face aux fausses
nouvelles. Pour Mercier, la clé
du succès des « fake news » n’est pas
la malveillance ou la jalousie, mais
le besoin irrépressible de beaucoup
d’être confortés dans leurs convictions.
Entre une information qui ébranle
une certitude et un « canard » qui la
renforce, le choix ne fait guère de doute.
« Je connais un homme qui se plaît
singulièrement à imaginer des nouvelles,
par la raison qu’elles courent sur le
champ, et qu’elles lui reviennent quelques
ENTRE GUILLEMETS
13 juin 323 avant J.-C. : mort d’Alexandre le Grand
à Babylone. GRANGER NYC/RUE DES ARCHIVES
Plutarque
« Il faisait le plus grand
cas de L’Iliade, qu’il
appelait la meilleure
provision pour l’art
militaire. Aristote
lui donna l’édition
de ce poème qu’il avait
corrigée »
jours après, comme étant de la plus
grande vérité, s’amuse l’auteur des
Tableaux de Paris. Combien, d’après cela,
ne faut-il pas se méfier des on-dit ! »
Sans compter que prétendre détenir
un secret inconnu des naïfs donne le
sentiment d’être supérieur au commun.
Au Palais-Royal, on fait cercle autour de
l’oracle. Et l’intéressé ménage ses effets
avant de révéler son scoop à l’assistance
impatiente. « Ici le nouvelliste dont
on attend le fait le plus important
se mouche, et chacun trépigne ; il prend
du tabac, et tout le monde tempête.»
Pour propager une fausse
information, l’aplomb compte plus que
tout. « Chez les Grands même, oui chez
les Grands, les nouvelles apocryphes
prennent aussi faveur. Avec des relations
à la Cour, une voix basse, un air
mystérieux, un maintien imposant, on les
persuade. » Il est vrai qu’à l’époque les
pamphlets orduriers qui circulaient sous
le manteau et visaient des personnalités
publiques prenaient souvent naissance
au sein même de la Cour (l’entourage de
Maurepas salissait Mme de Pompadour,
Choiseul Mme du Barry, et même,
semble-t-il, le comte de Provence
son frère aîné, Louis XVI).
Dès la seconde moitié du XVIIIe siècle,
la nocivité des bobards est indissociable
de la montée en puissance de l’opinion
publique qu’il faut convaincre ou flatter.
Chacun désormais réclame le droit
de savoir et entend juger de tout.
« C’est là qu’on réalise des chimères,
qu’on suppose des alliances, qu’on
fabrique des traités, qu’on déplace des
ministres, qu’on fait vivre et mourir des
souverains à son gré », brocarde Mercier
en décrivant les causeurs du PalaisRoyal qui déambulent dans les jardins
et prennent place aux cafés. « C’est là
qu’on prétend connaître les opérations
des cours, savoir le secret des cabinets
et que le confiant Ariste, tout plein d’une
nouvelle extravagante, vient la dire à
l’oreille d’un ami, comme s’il la tenait de
Mercure même, le messager des Dieux. »
Cette jacasserie universelle (qui
préfigure les réseaux sociaux) a besoin
d’aliments. « La crédulité des nouvellistes
serait sans doute une chose inconcevable,
si l’on ne savait pas qu’il leur faut des
nouvelles à tout instant pour les faire
vivre ; c’est l’histoire d’un grand mangeur
qui avale et qui digère tout ce qu’on lui
donne. » Une phrase qui s’applique
parfaitement à la Toile aujourd’hui.
Pour tout arranger, la mode s’en
mêle, explique Mercier. À son époque
déjà, dans les milieux que décrit
l’écrivain, le silence et la réserve sont
dépréciés. Confesser qu’on n’a pas
d’opinion sur la polémique du moment
vous ferait passer pour un huron.
Une pression collective s’exerce sur
les Parisiens pour les faire communier
dans le commentaire permanent de
l’actualité. « On croirait ne pas exister,
si l’on ne demandait des nouvelles
à chaque personne qu’on rencontre,
et si l’on n’en fabriquait pas lorsque
les folies des hommes ou les hasards
n’en produisent pas », observe
notre flâneur.
Mercier pensait-il qu’on peut
endiguer les fausses informations,
comme se propose de le faire
aujourd’hui Emmanuel Macron ?
L’écrivain propose sa méthode,
plaisante : « Mais comment n’a-t-on
pas établi la confrérie des nouvellistes,
comme il y a celle des francs-maçons ?
On s’assemblerait trois fois par semaine ;
chaque associé serait obligé de fournir
une nouvelle, et de payer une amende
lorsqu’elle serait fausse. »
Notre écrivain aimait trop la liberté
pour appeler de ses vœux un juge
qui serait chargé d’apprécier
si les écrits des nouveaux nouvellistes
s’apparentent à une « allégation
ou imputation d’un fait dépourvue
d’éléments vérifiables de nature
à la rendre vraisemblable », selon les
termes de la proposition de loi en cours
d’examen au Parlement. En revanche,
l’homme du XVIIIe siècle en appelait
à la responsabilité professionnelle, au
discernement, à la nécessité de prudents
recoupements : « Les nouvelles
ne sont recevables que lorsqu’elles
ont fait quarantaine. » Oui, c’est LouisSébastien Mercier qu’il nous faut !
BIBLIOTHÈQUE DES ESSAIS
■ Penser la foi
chrétienne après René
Girard
Bernard Perret
ÉD. AD SOLEM, 320 P., 19,90 €.
Groupe Figaro
14, boulevard Haussmann
75009 Paris
Président
Charles Edelstenne
Administrateurs
Nicole Dassault, Olivier
Dassault, Thierry Dassault,
Jean-Pierre Bechter, Olivier
Costa de Beauregard, Benoît
Habert, Bernard Monassier,
Rudi Roussillon
■ DÉSIR MIMÉTIQUE Pour beaucoup de
ses lecteurs, René Girard fut une révélation. À la lecture de La Violence et le Sacré
ou du Bouc émissaire, on est transporté
par le sentiment rare d’une joie purement
intellectuelle. Le désir mimétique est une
clé qui ouvre toutes les portes : des mythes
grecs à la Genèse en passant par les grands
romans (Cervantès, Stendhal, Proust),
l’anthropologue a exploré en exégète les
textes les plus universels de l’humanité, y
découvrant à chaque fois la marque triangulaire. C’est justement en écrivant Mensonge romantique et vérité romanesque
que le chercheur s’est converti, découvrant à mesure de ses recherches la puissance du christianisme à l’intérieur de sa
propre théorie. Dans un livre remarquable, Penser la foi chrétienne après René Girard, Bernard Perret, vice-président de
l’association Recherches mimétiques, explore cette dimension chrétienne de
l’œuvre de Girard, et ses implications
théologiques.
Il expose de manière admirablement synthétique les fondements de la théorie girardienne. D’abord, le caractère mimétique du désir, qui n’est jamais propre, mais
suscité par l’Autre. « Grâce à Girard, nous
comprenons mieux ce qu’ont deviné depuis
longtemps les publicitaires et les démagogues : nos désirs imitent ceux des autres, et
de là naissent les rivalités et donc la violence », point d’Archimède de toute anthropologie et substrat de toute vie sociale.
D’où la nécessité du bouc émissaire : la
restauration de la paix civile exige le sacrifice d’un tiers. Au commencement
était la violence : telle est, fondamentale,
l’anthropologie de René Girard, foncièrement pessimiste et diamétralement opposée à celle de Rousseau, qui postule un
SOCIÉTÉ DU FIGARO SAS Directeur des rédactions
14, boulevard Haussmann Alexis Brézet
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de la rédaction du Figaro.fr),
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directeur de la publication (Style, Art de vivre, So Figaro),
Marc Feuillée
Anne Huet-Wuillème (Édition,
Photo, Révision),
VOX
homme originairement bon et une rivalité
induite par la société.
Quelle place tient le christianisme dans le
système girardien ? Celle d’une révélation
anthropologique aux conséquences apocalyptiques. Le Nouveau Testament est la
première entreprise de dévoilement du
mécanisme victimaire. En prenant la place de la victime innocente, le Christ manifeste l’iniquité. Pour que la violence soit
efficace, il faut que son fondement arbitraire demeure caché : mais ici tout est
dévoilé, raconté du point de vue de la victime. La Croix devient l’image universellement visible de la victime innocente. Il y
aura un avant et un après le Golgotha.
« En dévoilant le caractère injuste et mensonger d’un ordre humain fondé sur la sublimation de la violence, il ne pouvait que
fragiliser celui-ci, engageant l’humanité
sur une voie périlleuse qui l’obligeait à choisir entre la conversion ou le déchaînement
de la violence », écrit Perret.
René Girard, par son pessimisme, est-il
vraiment bien catholique ? La libération
par la connaissance est l’une des intuitions les plus profondes de Girard, à tel
point qu’on a pu l’accuser de gnosticisme,
tant pour lui c’est le savoir qui conduit au
Salut davantage que l’amour, auquel il
faut bien le dire, il ne croit guère. Œdipe et
ses yeux crevés, la honte de Caïn, le
meurtre de Rémus… l’œuvre de Girard est
une litanie de crimes, où coulent d’autels
en alcôves le sang du sacrifice et le feu du
désir. « Force est de reconnaître que Girard
a plus de choses à dire sur le mal que sur le
bien », souligne Perret. « Je n’ai peut-être
pas assez parlé de l’instinct maternel », admettra l’anthropologue, qui n’a cessé de
creuser la part sombre de l’humanité,
oubliant que « la vie ordinaire des sociétés
Arnaud de La Grange
(International),
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du pôle news
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Éditeurs
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humaines repose avant tout sur des comportements altruistes massifs et quotidiens ».
La pensée girardienne est foncièrement
apocalyptique. La subversion du schème
victimaire par le christianisme annonce
une fin des temps. Elle rend possible la
conception d’une humanité non sacrificielle. Une « morale d’esclave », dira
Nietzsche. Mais comment concilier ce
triomphe de l’anthropologie chrétienne
avec le constat factuel d’une déchristianisation des sociétés occidentales ? Les effets sociaux du dévoilement chrétien
continuent malgré le fait que les gens cessent de croire. Ici, Girard avait anticipé les
conclusions de Marcel Gauchet sur le désenchantement du monde. Puisque le sacré chez Girard est attaché à la violence, le
christianisme n’est-il pas voué à la sécularisation ? Pourtant, loin de plaider pour
un droit-de-l’hommisme mou qui remplacerait les rites chrétiens, Girard plaidera surtout à la fin de la vie pour un
christianisme traditionnel et préviendra :
l’humanité ne peut vivre sans rites, et leur
effacement ne peut conduire qu’à un déchaînement de violence. Il pensait à
l’apocalypse nucléaire, mais nous savons
depuis qu’il a plutôt pris la forme du djihadisme sanglant.
Du serpent de la Genèse aux snobs de La
Comédie humaine, il y a quelque chose de
vertigineux dans le dévoilement girardien d’un sens de l’humanité. D’aucuns
se méfieront de l’aspect par trop systématique de sa théorie, d’autres y trouveront du ciment pour leur foi. Mais ses intuitions restent nourrissantes et actuelles
en des temps où la violence et le sacré
sont de retour.
EUGÉNIE BASTIÉ
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… ÉTATS-UNIS
« Du G7 au sommet
de Singapour : Donald
Trump n’aime rien tant
que d’être seul contre
tous ! », par Jean-Éric
Branaa, historien
et auteur de Trumpland :
portrait d’une Amérique
divisée (Privat, 2017).
… ÉCONOMIE
FRANÇAISE
« Chômage, dette, déficit
commercial et fiscalité :
les “quatre sorcières”
d’Emmanuel Macron »,
par le groupe
Les Arvernes.
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Cahier 2 Économie
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Cahier 3 Le Figaro
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Figaroscope 52 pages
tabloid
Promo portage
Mini Neubauer :
diffusion sur une partie
du territoire national
A
ANALYSE
17
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
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mercredi 13 juin 2018 LE FIGARO - N° 22 965 - Cahier N° 2 - Ne peut être vendu séparément - www.lefigaro.fr
> FOCUS
L’ÉLYSÉE
LANCE LES
PRIVATISATIONS
lefigaro.fr/economie
CINÉMA
PAGE 23
PAGE 26
LE COCKTAIL
DU GROUPE FRANÇAIS
POUR REBONDIR EN CHINE
Alexandre Saubot :
« Mon projet
pour la présidence
du Medef »
« AVENGERS» DANS
LE CLUB FERMÉ DES
2 MILLIARDS DE DOLLARS
Retraite : les
déficits n’ont pas
disparu avec
la croissance
SÉBASTIEN SORIANO/LE FIGARO; PERNOT-RICARD; CHUCK ZLOTNICK./MARVEL STUDIOS 2018
Selon le 5e rapport du COR, à paraître,
le besoin de financement du système
est une réalité au moins jusqu’en 2036.
Contrairement à ce qu’a promis Emmanuel Macron pendant sa campagne
et à ce qu’il a répété depuis son élection, pas plus tard d’ailleurs qu’au
mois de janvier, le problème du déficit
du système des retraites n’a pas disparu en France.
C’est en tout cas ce qu’indique clairement le cinquième rapport annuel du
Conseil d’orientation des retraites
(COR), à paraître jeudi.
Selon ses calculs, le besoin de finance-
ment de l’ensemble des régimes reste
une réalité au moins jusqu’en 2036 et
ce, dans le meilleur des cas. Et si la
croissance redescend aux alentours de
1 % sur l’ensemble de la période, il
faudra sans doute attendre jusqu’en
2070 pour voir les comptes repasser
dans le vert.
Un tableau noir qui rend nécessaire,
comme l’a déjà indiqué la Cour des
comptes, une réforme financière dans
les années à venir.
èRÉFORME DES RETRAITES : RIEN N’EST RÉGLÉ FINANCIÈREMENT
èLA CFDT LANCE À SON TOUR UNE CONSULTATION SUR LES RETRAITES PAGE 24
Les créations d’emploi ralentissent
mais restent très élevées
Distancé par Geoffroy Roux de Bézieux lors du vote
du conseil exécutif, le DG du groupe Haulotte brigue
toujours la succession de Pierre Gattaz. Dans un
entretien au Figaro, il juge être le seul capable de fédérer
toutes les composantes du Medef et détaille son projet
qui vise à réconcilier la France et l’entreprise. PAGE 21
le PLUS du
FIGARO ÉCO
SANTÉ
Le prix des mutuelles
a explosé de 47 %
en onze ans
PAGE 23
LA SÉANCE
DU MARDI 12 JUIN 2018
CAC 40
5453,37
-0,38%
DOW JONES (18h)
25347,76 +0,10%
ONCE D’OR
1298,65 (1299,60)
PÉTROLE (lond)
76,470 (76,650)
EUROSTOXX 50
3475,58 -0,13%
FOOTSIE
7703,81 -0,43%
NASDAQ (18h)
7205,38 +0,51%
NIKKEI
22878,35 +0,33%
D’après les chiffres définitifs publiés
mardi par l’Insee, l’économie française a créé 47 700 emplois net au
premier trimestre 2018, contre près
de 108 000 les trois derniers mois de
2017. Sur un an, la tendance reste
toutefois très élevée - l’une des
meilleures enregistrées depuis plus de
dix ans -, à près de 300 000 emplois
créés. L’emploi salarié bénéficie de la
croissance mais également de fonctionnalités rendues possibles par le
développement du numérique et des
nouvelles technologies. PAGE 20
L’ultime arbitrage de l’Élysée a été
rendu lundi soir et la décision confirmée mardi, à la sortie du Conseil des
ministres. Le gouvernement procédera à la privatisation d’Aéroports de
Paris (ADP) et de La Française des
jeux (FDJ). Des opérations qui s’annoncent politiquement sensibles, juridiquement complexes, mais financièrement rentables.
Le projet de loi Pacte, porté par Bruno
Le Maire et mis à l’ordre du jour du
Conseil des ministres du 18 juin, comprendra plusieurs mesures dédiées à
ces privatisations. Leur produit abondera le fonds destiné à financer l’innovation de rupture et qui doit atteindre
10 milliards d’euros. Le texte lèvera les
contraintes légales actuelles qui obligent l’État à détenir la majorité d’ADP
et le tiers des droits de vote chez Engie, et qui figent la détention publique
de la FDJ. Il renforcera la régulation qui
encadre l’activité d’ADP et, surtout, de
la FDJ, avec la création d’une autorité
indépendante compétente sur les jeux
de grattage et de tirage dont l’entreprise a le monopole.
S’agissant d’ADP, dont l’État détient
une bonne moitié qui pèse plus de
9 milliards d’euros, le gouvernement
doit contourner la difficulté créée par
les modalités de la mise en Bourse de
2005. Contrairement aux usages du
secteur quand il s’agit d’opérateurs
privés, le groupe est aujourd’hui propriétaire et exploitant des aéroports
parisiens pour une durée illimitée.
L’État veut avoir la possibilité de
« reprendre la main », explique-t-on
à Bercy. La loi va donc transformer le
statut d’ADP en un modèle concessif,
toujours propriétaire de ses terrains,
et pour 70 ans. Ce changement implique une indemnisation préalable de la
société. Cette étape expose le processus à un risque de recours d’actionnaires minoritaires.
Pour l’heure, le gouvernement ne dit
pas s’il entend vendre la totalité de
ses titres ADP - ce qui est probable -,
ni si l’opération pourrait impliquer une
prise de contrôle de l’entreprise. Le
groupe Vinci, déjà actionnaire, est notoirement intéressé par cette possible consolidation. L’exécutif compte,
concernant ADP comme la FDJ, faire
de ces privatisations des opérations
de promotion de l’actionnariat salarié
et populaire.
B. B.
L'HISTOIRE
ELIGIBLE
Les semelles rouges de Christian
Louboutin protégées par la justice
a Cour de justice de l’Union
européenne (CJUE) vient d’ôter
un caillou dans la chaussure de
Christian Louboutin.
La maison de luxe,
rendue célèbre par la série Sex
and The City, pourra continuer à
protéger ses escarpins de la pluie
de contrefaçons qui s’abat
sur elle. Ses chaussures
à talons hauts sont en effet
reconnaissables à leurs
semelles rouges.
L’application de la couleur
Pantone 18-1663TP est
une marque déposée par
la société, toujours détenue
par son créateur. Mais
des fabricants et distributeurs
de souliers de toute gamme de
prix n’hésitent pas à faire de
même pour vendre leur
marchandise. Et la société
française doit multiplier
les procès. En 2012,
elle avait obtenu une victoire
retentissante aux États-Unis,
gagnant face à Yves Saint Laurent.
L
Mais en Europe, de nombreuses procédures
sont en cours. Le distributeur allemand
Deichmann tente ainsi de faire annuler
le dépôt de marque en Europe.
Une action suspendue dans l’attente
de l’arrêt de la CJUE, sollicitée
dans le cadre d’une autre procédure.
Le chausseur néerlandais vanHaren
soutient que Christian Louboutin
a en fait déposé la forme
des chaussures, ce qu’une directive
n’autorise pas. Interrogée par
le tribunal de La Haye, la Cour
de justice a considéré qu’une
« marque consistant en une
couleur appliquée sur la semelle
d’une chaussure ne relève
pas de l’interdiction
d’enregistrement des formes ».
Avec un tel arrêt, les avocats de
Christian Louboutin ont trouvé
chaussure à leur pied.
Ils pourront continuer
à donner des coups de talons
à quiconque osera copier
les semelles rouges
de la maison. ■
IVAN LETESSIER
*
PEA
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*
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Affluent Medical dispose de 4 implants mini-invasifs visant des
besoins médicaux insatisfaits à ce jour, touchant des millions de
patients dans le monde.
Les maladies du cœur, les maladies vasculaires et l’incontinence urinaire touchent
des millions de personnes. Les maladies cardiovasculaires sont la première cause
de mortalité dans le monde et aujourd’hui, 1 adulte sur 4** souffre d’incontinence
urinaire, majoritairement des femmes.
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2ème semestre 2020 en Europe, puis aux
États-Unis et en Chine.
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lancement commercial des trois autres dispositifs en
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** IMS Consulting Group – 2014 : US Market Opportunity Assessment for Artus
Toutes les informations disponibles sur investir.affluentmedical.com ou appelez le 01 88 32 11 46
Tout investissement en actions comporte des risques. Les investisseurs sont invités, avant de prendre leur décision d’investissement,
à se reporter au chapitre 4 « Facteurs de risques » figurant dans le Document de base enregistré le 28 mai 2018 sous le numéro
I.18-045, et notamment sur le risque sur les actifs incorporels liés aux écarts d’acquisition, et au chapitre 2 « Facteurs de risques
liés à l’offre » de la note d’opération.
A
PERNOD RICARD
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 13 juin 2018 LE FIGARO
20
L'ÉVÉNEMENT
Les créations d’emploi
progressent mais plus lentement
BOB EMPLOI :
RÉSULTATS
MITIGÉS
Lancée en 2016 sous
le feu des projecteurs
par le jeune ingénieur
Paul Duan, l’application
Bob Emploi avait suscité
beaucoup d’espoir
pour faire baisser
massivement le chômage.
Deux ans plus tard, force
est de constater que le
bilan est plus que modéré.
« Avec mon équipe de
neuf personnes, nous
sommes plutôt satisfaits
de l’impact que nous
avons créé », se défend
Paul Duan. Bob Emploi
est une application
qui accompagne
les chômeurs, de façon
personnalisée, dans leurs
recherches d’emploi.
Elle compte 140 000
utilisateurs, dont 86 %
se disent satisfaits. Et sur
les quelque 100 000 qui
ont retrouvé un emploi,
42 % considèrent que
l’application a été utile,
indique-t-on chez Bob
Emploi.
M. M.
Selon l’Insee, 48 800 postes ont été créés au premier trimestre 2018, dont 47 700 dans
le secteur privé. Le BTP et les services sont les grands pourvoyeurs de ce mouvement.
MANON MALHÈRE £@ManonMalhere
EMPLOI Même si son rythme de
progression ralentit par rapport à
2017 en raison d’une croissance
économique plus faible, l’emploi salarié continue sur sa bonne lancée.
La France a créé 48 800 emplois de
plus qu’elle n’en a détruits au premier trimestre 2018, selon les chiffres de l’Insee publiés mardi. Certes,
c’est moins que les 107 300 créations nettes d’emplois observées au
quatrième trimestre 2017. Mais,
avec une hausse de près de 300 000
postes durant les 12 derniers mois,
c’est un nouveau record atteint depuis dix ans. « Les créations d’emploi
restent dynamiques », a commenté
la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, lors des rendez-vous de Grenelle qui se tenaient le même jour.
C’est dans le privé que le ralentissement est le plus marqué, avec une
création nette de 47 700 emplois en
début d’année, contre 114 800 au
quatrième trimestre 2017. Côté
fonction publique, l’Insee constate
que les créations de postes se sont
stabilisées (+ 1 100 en net), après
plusieurs mois de destructions en
raison de la baisse du nombre de
contrats aidés.
Stable dans l’industrie, l’emploi
salarié du privé a continué d’être
tiré par les secteurs de la construction (+ 0,3%) et des services marchands (0,3 %) mais à un rythme
plus modéré. Autre fait saillant de
ce premier trimestre, l’emploi intérimaire a fortement ralenti, avec
une hausse de 0,5 % après un bond
de 4,9 % au trimestre précédent.
Quant à la qualité des emplois, si
la hausse du taux de CDD dans les
recrutements reste « assez spectaculaire » ces dernières années, « on
observe aussi une augmentation des
CDI » plus récemment, note Xavier
288 200
emplois
créés dans l’ensemble
de l’économie
sur un an
Timbeau, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).
Cette décélération du rythme des
créations d’emploi va de pair avec
le ralentissement de l’activité économique. La croissance du PIB s’est
établie à 0,2 % au premier trimestre
2018, contre 0,7 % fin 2017. « Et ce
ralentissement est de la même ampleur dans tous les pays de la zone
euro », précise Jean-Luc Tavernier,
directeur général de l’Insee.
« Montée en compétences »
En outre, durant ce premier trimestre, le taux de chômage au sens du
BIT (Bureau international du travail) a augmenté de 0,2 point pour
s’établir à 9,2 % de la population
active dans toute la France. Et ce,
après avoir connu une baisse spectaculaire de 0,7 point fin 2017. Enfin, le phénomène est désormais
bien connu : les entreprises ren-
contrent de plus en plus de difficultés à recruter des profils qui collent
à leurs besoins, en particulier dans
le secteur du bâtiment.
«Il faut poursuivre et amplifier notre action », en conclut Muriel Pénicaud. Et d’insister, notamment, sur
« le sujet du capital humain et de la
montée en compétences qui devient un
sujet de compétitivité ». Un défi que
l’exécutif veut relever avec le projet
de loi « avenir professionnelle » actuellement en débat à l’Assemblée
nationale, qui réforme le système de
formation et l’assurance-chômage.
Quant aux ordonnances sur le Code
du travail, « elles ont contribué à établir de la confiance », souligne la ministre. En vigueur depuis septembre 2017, elles offrent davantage de
flexibilité aux entreprises pour organiser le travail. Un premier bilan
d’étape de leur mise en œuvre et
surtout de leur appropriation devrait être publié en fin d’année. ■
Les « nouvelles technos » au service de la lutte contre le chômage
Pôle emploi travaille avec quelque 182 partenaires développant des services digitaux pour aider les chômeurs à trouver un emploi. Près de 300 services divers et variés,
gratuits, sont aujourd’hui répertoriés sur la plateforme Web « l’emploi store », qui enregistre 24 millions de visites cumulées depuis son lancement en juillet 2015.
Un logiciel pour aider à la définition
de son profil professionnel
La start-up Monkey Tie,
qui travaille avec Pôle emploi
depuis plus de quatre ans,
a développé une application
pour déterminer la personnalité
et le profil professionnel
des personnes. « Aujourd’hui,
beaucoup de personnes
ne savent pas où s’orienter
et on ouvre donc le champ
des possibles professionnels
en les aidant à mieux cerner
leur personnalité et leurs
comportements », explique
Jérémy Lamri, PDG de Monkey
Tie. L’application vise à identifier
Un service pour simuler
un entretien d’embauche
Groupe Bizness, entreprise
spécialisée dans la formation
qui collabore avec Pôle emploi
depuis trois ans et demi,
a développé un service entretien
d’embauche virtuel face
à un recruteur de bonne
ou de mauvaise humeur.
Avec une autoévaluation à la clé.
Et l’utilisateur peut passer
cet entretien dans une langue
étrangère s’ils veulent décrocher
un emploi à l’étranger. « On a
voulu aider les demandeurs
d’emploi à comprendre leurs
erreurs, explique Bruno Sola,
les fameuses « soft skills »
de plus en plus recherchées par
les entreprises et qui englobent
les aptitudes personnelles
et savoirs comportementaux.
L’exercice est long. L’utilisateur
doit répondre à de nombreuses
questions. Par exemple, indiquer
s’il est « plus réfléchi » ou
« plus curieux ». « Monkey Tie
relève de la psychométrie. C’est
une science. Il s’agit de travailler
sur les bonnes questions et
c’est l’ensemble des réponses
qui donnent un profil »,
insiste Jérémy Lamri.
M. M.
PDG de Groupe Bizness. Avec
cet entraînement, ils acquièrent
des réflexes pour le jour où
ils passent un entretien dans
la vraie vie. » Et ça séduit :
en moyenne, l’outil attire entre
50 000 et 80 000 utilisateurs
par an. L’entreprise a également
créé une application plus ciblée
pour permettre aux individus
de s’entraîner aux métiers de
la vente. Également sur l’Emploi
store de Pôle emploi, cette appli
est aussi utilisée par les grandes
entreprises pour sélectionner
les meilleurs candidats.
M. M.
Un casque de réalité virtuelle pour
découvrir des métiers en tension
Pôle emploi expérimente
actuellement la réalité virtuelle
pour faire découvrir aux
chômeurs le métier d’employé
polyvalent de libre-service
dans les moyennes et grandes
surfaces. Dans deux agences
situées à Compiègne et Orléans,
un casque de réalité virtuelle et
des manettes sont à disposition
des demandeurs d’emploi
pour qu’ils puissent tester les
différentes tâches de ce métier
en forte demande. Mise en
rayon, gestion des stocks,
relation clientèle, retrait
des invendables, rangement de
la réserve… La simulation, qui se
déroule dans un supermarché,
est bluffante. « Cela permet une
immersion professionnelle sur
un métier qui n’est pas très bien
connu et sans la pression
de l’employeur », explique un
expert de Pôle emploi. Et de se
féliciter que 83 % des chômeurs
ayant déjà testé ce nouvel outil
numérique se disent convaincus.
Pôle emploi espère le généraliser
dans ses agences courant 2019
et le développer pour d’autres
métiers en tension.
M. M.
A
Jean Bassères : « Les algorithmes fournissent des services extraordinaires »
Pour Jean Bassères, directeur général de Pôle emploi, le numérique permet d’améliorer la qualité
des relations entre les agents et les
demandeurs d’emploi.
relations entre les conseillers et
les demandeurs d’emploi, enfin,
offrir des services digitaux divers
et variés d’aide à la recherche
d’emploi.
LE FIGARO.- Pourquoi
Pôle emploi mise autant
sur le numérique ?
Jean BASSÈRES.- Le développement du numérique est un
axe structurant, majeur et
incontournable depuis que
je suis arrivé à Pôle emploi il y a maintenant
six ans. Le numérique
a en effet trois vertus :
être plus efficient,
améliorer la qualité des
Les agents restent-ils
indispensables ?
Le digital et l’humain ne sont pas
opposés mais complémentaires.
Les algorithmes fournissent des
services qui peuvent être extraordinaires mais il y a des aspects
dans l’accompagnement des demandeurs d’emploi qui reposent
toujours exclusivement sur les relations humaines. En particulier,
lorsqu’il s’agit de personnes qui
sont en difficulté, qui peuvent être
découragées, doivent prendre des
décisions difficiles et ont besoin
d’assurance et de soutien. Par
ailleurs, Pôle emploi investit de
façon massive dans la formation
de ses conseillers car ils doivent
Jean Bassères, directeur
général de Pôle emploi.
JEAN-CHRISTOPHE MARMARA/
LE FIGARO
acquérir de nouvelles compétences. Ils doivent pouvoir aider les
demandeurs d’emploi à évaluer
leurs compétences au regard des
besoins du marché du travail, les
orienter vers des formations s’il y
a des écarts et, plus largement,
travailler avec eux leurs parcours
professionnels. C’est d’autant plus
important que les entreprises ont
de plus en plus de difficultés à
recruter.
Pôle emploi est parfois accusé
de ne pas proposer des formations
adaptées aux demandeurs
d’emploi. Que répondez-vous ?
Je trouve le jugement très excessif. Il y a 88 % de taux de satisfaction du côté des demandeurs
d’emploi formés. Je ne dis pas
qu’il n’y a pas de progrès à faire
comme, par exemple, affiner encore davantage l’analyse des besoins en compétence sur les terri-
toires, mais globalement cette
critique n’est pas fondée.
constatée. Il faut également tenir
compte des nouvelles charges.
Avec la baisse du chômage,
la réduction des effectifs est bel
et bien sur la table. Et a fortiori,
avec la multiplication de ces
nouveaux outils digitaux. Ce sujet
sera à l’agenda de la convention
tripartite entre l’État, l’Unedic
et Pôle emploi à l’automne.
Quel est votre positionnement ?
Le sujet de la réduction des effectifs est légitime. Lors du quinquennat précédent, nous avions
créé 4 000 postes de CDI. Toutefois, il faut que la baisse du chômage corresponde à une baisse de
charge pour Pôle emploi et cela
doit être constaté. Je trouverais
regrettable qu’on détermine des
effectifs en fonction d’une baisse
supposée qui pourrait ne pas avoir
lieu. Je plaide donc pour que la
baisse du chômage soit d’abord
Pouvez-vous préciser
ces nouvelles charges qui sont
prévues dans le projet de loi
« Avenir professionnel »
en discussion au Parlement ?
La première est l’ouverture de
l’assurance-chômage aux démissionnaires et aux indépendants.
La deuxième est le renforcement
du contrôle des chômeurs avec un
redéploiement en interne (200 à
600 conseillers dédiés) sans que
cela ne diminue les moyens affectés à l’accompagnement des demandeurs d’emploi. Enfin, la
question du rôle que l’on souhaite
accorder à Pôle emploi en matière
d’accompagnement des demandeurs d’emploi et des entreprises
se pose. Et sur ce point, il s’agit
d’un arbitrage politique.
PROPOS RECUEILLIS PAR M. M.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mercredi 13 juin 2018
ÉCONOMIE
21
Alexandre Saubot :
« Il faut passer à un
Medef qui s’engage
et qui agit »
Arrivé deuxième du vote du conseil exécutif, le DG
du groupe Haulotte refuse de se rallier à Geoffroy
Roux de Bézieux et explique pourquoi il se maintient.
CÉCILE CROUZEL ET MARC LANDRÉ
£@ccrouzel et £@marclandre
ENTRETIEN À moins de trois semaines de l’élection pour la présidence
du Medef, Alexandre Saubot croit
plus que jamais en ses chances de
succès. Celui qui avait conquis il y a
trois ans, à la surprise générale,
l’UIMM, la puissante fédération de
la métallurgie, avant de diriger le
pôle social du Medef, ne bénéficie
pourtant pas de la même dynamique que son rival Geoffroy Roux de
Bézieux, qui a recueilli la majorité
des voix (22 sur 45) du conseil exécutif lundi et engrange les ralliements, dont celui ce mardi du troisième homme de la compétition,
Patrick Martin. Les jeux sont néanmoins loin d’être faits. Primo parce
que le vote du conseil exécutif n’est
que consultatif. Et secundo parce
que la composition de l’assemblée
générale, qui est seule décisionnaire, est différente : les 556 voix y sont
pondérées selon le poids des secteurs. Les grandes fédérations y ont
donc un pouvoir crucial. Or
Alexandre Saubot a déjà le soutien
de la métallurgie (34 voix), de la
banque (30), du commerce et distribution (16), des travaux publics (14)
et de l’intérim (12). Pour l’heure,
seule l’assurance (33), parmi les plus
importantes, a annoncé qu’elle votera pour Geoffroy Roux de Bézieux,
qui devrait par ailleurs récupérer les
voix du bâtiment (20) ou du Syntec
(16), en plus d’une grande partie des
170 bulletins dévolus aux territoires.
LE FIGARO. - De nombreuses voix,
dont celle de Pierre Gattaz, plaident
pour le rassemblement.
Allez-vous vous désister en faveur
de Geoffroy Roux de Bézieux ?
Alexandre SAUBOT. - Évidemment
non, je suis même plus déterminé
que jamais ! Pour trois semaines encore, je vais continuer à faire campagne avec la même intensité. Le
vote du conseil exécutif est un avis
consultatif. Il n’a qu’une valeur
symbolique et il ne faut pas en faire
le premier tour de l’élection. Seul
compte le choix des 556 votants de
l’assemblée générale, le 3 juillet, et
mon projet a trouvé un véritable
écho auprès d’eux, dans toute leur
diversité, puisque je suis le seul qui a
reçu le soutien d’une quinzaine de
fédérations importantes couvrant
tous les champs de l’économie - industrie, services, construction et
commerce - et qui se retrouvent
dans ma capacité à fédérer.
Qu’est-ce qui vous différencie
de Geoffroy Roux de Bézieux ?
Vous avez tous les deux appartenu
à l’équipe dirigeante du Medef,
vous voulez réduire les impôts
et les dépenses publiques…
Il est plutôt rassurant, qu’étant tous
les deux chefs d’entreprise, on se
retrouve sur la nécessité de défendre la compétitivité et la simplification administrative, mais aussi sur
celle de moderniser le Medef. Je
vois toutefois trois différences.
D’abord sur le profil : ayant démissionné de tous mes mandats, c’est
en chef d’entreprise que je me présente, en dirigeant d’Haulotte
Group, une société industrielle basée en province et présente à l’international. À sa tête depuis quinze
ans, je me suis battu pour la sauver
de la récession en 2009 et aujourd’hui pour engager sa révolution
numérique : nous revoyons les processus de production, l’organisa-
tion, la gestion des données, etc.
Par ailleurs, mon projet porte une
vraie réflexion sur la méthode à
mettre en œuvre pour réconcilier la
France et l’entreprise. Le Medef qui
réclame et qui conteste n’est plus
audible ; il faut passer au Medef qui
s’engage et qui agit. Enfin, mon expérience de trois ans à la tête de
l’UIMM et de deux ans à celle du
pôle social du Medef me donne de la
crédibilité pour agir.
Vous voulez « réinventer
le dialogue social
interprofessionnel ». Comment ?
Le Medef doit reprendre la main sur
l’agenda social face à un gouvernement qui a son programme de réformes et mène des concertations
pour le mettre en œuvre. Les partenaires sociaux doivent bâtir leur
propre agenda. Numérisation, nouvelles formes d’emploi, formation,
transition professionnelle, mobilité :
les thèmes ne manquent pas. L’idée
n’est pas d’imposer de nouvelles
contraintes mais d’élaborer des solutions et de laisser aux entreprises
et aux branches le soin de s’en saisir.
Et ce, dans un contexte où les ordonnances Pénicaud ont renforcé le
poids de la négociation dans les
branches et les entreprises. L’objectif de ce nouveau dialogue social est
de fournir des outils adaptés à chacun. Emmanuel Macron, qui fait
peu de cas des corps intermédiaires,
nous impose d’être ambitieux. Si
nous ne nous saisissons pas de ces
sujets, nous risquerons de nouvelles
contraintes réglementaires insensées et nous finirons par disparaître !
Quelle est votre position
sur le paritarisme de gestion ?
Reprendre la main, c’est aussi revoir sa participation aux instances
paritaires. Oui au paritarisme là où
nous avons une vraie responsabilité. À l’assurance-maladie et aux allocations familiales, les décisions
sont prises sans nous, il est temps
d’en sortir. Pour la retraite, l’assurance-chômage, les accidents du
travail, qui sont au cœur du marché
du travail, le patronat et les syndicats ont de réelles marges de
manœuvre. Il faut y rester si nous
avons toujours demain les leviers
pour agir. Par le passé, nous avons
su trouver des accords dans le sens
de l’intérêt général : la branche accident du travail est excédentaire,
nous avons conclu des accords capitaux sur les retraites complémentaires en 2015 et sur l’assurancechômage en 2017 qui ont redressé la
situation sans nouvelles contraintes
pour les entreprises. Quand les partenaires sociaux posent un diagnostic partagé et ont la capacité de fixer
Alexandre Saubot :
« Le Medef doit
reprendre la main sur
l’agenda social face
à un gouvernement
qui a son programme
de réformes et mène
des concertations pour
le mettre en œuvre. »
SÉBASTIEN SORIANO/
LE FIGARO
Je lancerai
« très
vite
des états
généraux de
l’apprentissage pour
que toutes
les
entreprises
et les
branches
s’engagent
sur l’objectif
d’augmenter
en cinq ans
de 50 %
le nombre
de jeunes en
alternance
»
les paramètres, ils obtiennent des
résultats. Pour l’instant, le cadrage
financier que pose le gouvernement
sur l’assurance-chômage n’a rien
de choquant. Mais attendons les décrets d’application pour prendre
une décision. Sur les retraites, tout
dépendra de l’organisation qui sortira de la future réforme.
Si vous êtes élu, votre bras droit
sera Christophe Catoir, le président
France d’Adecco. N’est-ce pas
trop de sociaux à la tête du Medef ?
Je porte un projet global pour le Medef : transformation de notre organisation et reprise en main des agendas
social et réglementaire. Christophe
Catoir sera un formidable appui pour
mettre en œuvre ce projet ambitieux. Il est un chef d’entreprise de
qualité, d’un univers complémentaire au mien (de l’intérim et des RH,
NDLR) et fin connaisseur des grandes transformations auxquelles nos
entreprises sont confrontées. Ensemble, nous bâtirons un Medef représentant les intérêts des entreprises dans toute leur diversité.
Selon vous, le Medef doit vivre
surtout des cotisations. Comment ?
Gattaz fait du social et prône le rassemblement
Lors de sa dernière conférence
de presse mensuelle, Pierre
Gattaz a surpris. Le - jusqu’au
3 juillet - président du Medef
a appelé ce mardi
son successeur à « recréer
un lien nouveau avec
les organisations syndicales ».
« Les grands-messes,
c’est fini », s’est réjoui celui qui
a pourtant si souvent critiqué
le jeu de rôle des syndicats.
« Mais il faut relancer une
nouvelle forme de dialogue
social », notamment sur
« la formation, l’évolution des
métiers, etc. ». Une proposition
peu ou prou reprise par les
deux principaux candidats à sa
succession, Alexandre Saubot
et Geoffroy Roux de Bézieux.
Fidèle à lui-même, Pierre
Gattaz n’a toutefois pas pu
s’empêcher d’envoyer aussi
une petite pique aux syndicats.
« J’ai proposé des rencontres
entre n° 1 pour échanger sur
les évolutions, cela n’a pas été
possible, dommage », a-t-il
souligné. « Ça fait deux fois
qu’il nous cherche, je lui
souhaite bon voyage », lui
a répondu Laurent Berger, le
secrétaire général de la CFDT,
faisant allusion au fait
que l’intéressé serait à partir
du 4 juillet exclusivement
président de Business Europe,
l’instance regroupant
les patronats européens.
Par ailleurs, Pierre Gattaz
a appelé « au calme
et au respect de l’autre dans
cette dernière ligne droite
dans la campagne »,
appelant implicitement au
rassemblement des candidats.
C.C.
Pour vivre principalement des cotisations et autres ressources tirées
des entreprises, il faut augmenter le
nombre d’adhérents et bâtir un
plan de développement avec un
échéancier concret. Nous n’y parviendrons qu’en gérant le Medef
avec la même ambition et la même
exigence qui nous animent dans nos
entreprises.
Quelle serait votre première
décision une fois élu ?
Outre les figures imposées, comme
nommer les personnalités qualifiées
ou rencontrer les dirigeants syndicaux, je lancerai très vite des états
généraux de l’apprentissage pour
que toutes les entreprises et les
branches s’engagent sur l’objectif
d’augmenter en cinq ans de 50 % le
nombre de jeunes en alternance.
On aura un an pour se mettre en ordre de bataille avant l’entrée en application, en septembre 2019, de la
réforme de l’apprentissage.
Pourquoi êtes-vous si certain
de l’emporter ?
Lors de mes nombreux déplacements, ces trois derniers mois, j’ai
constaté que mon projet rencontrait les attentes d’un grand nombre
de chefs d’entreprise. Il est d’ores et
déjà soutenu par une majorité de fédérations, issues de tous les secteurs, et je reçois de nouveaux soutiens tous les jours, en particulier de
représentants des territoires qui
adhèrent à mon parcours et mes
propositions. Tous se reconnaissent
dans le projet que je porte, notamment pour repenser le temps long,
comme je l’ai fait dans mon entreprise, en maintenant les dépenses
de R&D dans la crise de 2009, ou à la
tête de l’UIMM en redéfinissant la
métallurgie de demain. Je veux
créer une direction de la prospective au Medef. Maîtriser le temps
long, c’est indispensable pour reprendre la main, dépasser les
contraintes gouvernementales et
bâtir un Medef qui agit et s’engage. ■
EN BREF
COVÉA PÉNALISÉ EN
2017 PAR LA SURTAXE
£ La surtaxe exceptionnelle
sur les grands groupes décidée
fin 2017 a pénalisé le groupe
d’assurance mutualiste Covéa,
qui regroupe les marques GMF,
Maaf et MMA. Malgré une bonne
dynamique commerciale (hausse
de 2 % des primes en France),
son bénéfice net a fondu de 1 %
environ, à 818 millions d’euros.
ALLEMAGNE : NETTE
BAISSE DU MORAL
DES INVESTISSEURS
£ Le moral des investisseurs
allemands a nettement flanché
en juin pour tomber à son plus
bas niveau depuis cinq ans, sur
fond de tensions commerciales
avec les États-Unis, selon le
baromètre de l’institut ZEW
publié mardi. Cet indicateur,
très volatil, est ressorti à - 16,1
points en juin, après - 8,2
points en mai et en avril.
CARBURANT : LES
BLOCAGES MAINTENUS
£ Le blocus des raffineries
et dépôts de carburant entamé
dimanche par des agriculteurs
pour protester contre
l’importation de produits
agricoles va se poursuivre, a
déclaré mardi la présidente de
la FNSEA, Christiane Lambert,
à l’issue d’une réunion avec
le ministre de l’Agriculture.
» HLM, loyers, locations
Airbnb : ce que la loi
logement va changer pour vous
» Grand Paris : ces quatre villes
devraient générer
de belles plus-values
www.lefigaro.fr/economie
+@
A
PROPOS RECUEILLIS PAR
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 13 juin 2018 LE FIGARO
22
ÉCONOMIE
Trudeau snobe Trump et rêve du Pacifique
Échaudé par Washington, le Canada veut ratifier au plus vite l’accord de libre-échange Asie-Amériques.
LUDOVIC HIRTZMANN
La
« ratification
de l’accord
PTPGP
est bien
évidemment
une priorité
et nous
allons
présenter
une mesure
législative
sans tarder
»
FRANÇOIS-PHILIPPE
CHAMPAGNE, MINISTRE
DU COMMERCE
INTERNATIONAL
DU CANADA
COMMERCE Alors que la tension
commerciale monte de jour en jour
entre le Canada et les États-Unis,
Justin Trudeau met ostensiblement
le cap sur le Pacifique. « La ratification de l’accord de partenariat transpacifique global et progressiste
(PTPGP) est bien évidemment une
priorité et nous allons présenter une
mesure législative sans tarder », a
déclaré lundi à la Chambre des
communes son ministre du Commerce international, François-Philippe Champagne. Le PTPGP doit
être ratifié par le Canada avant le
22 juin, date des vacances parlementaires.
Après le retrait des États-Unis de
ce qui était alors connu comme le
TPP (partenariat transPacifique),
dans les tout premiers jours de la
présidence Trump, les onze autres
pays impliqués ont poursuivi les négociations et signé un accord de libre-échange en mars dernier. Outre
le Canada, le PTPGP rassemble notamment le Japon, l’Australie, la
Malaisie, Singapour ou le Mexique.
« Une place en enfer »
Il rassemble 495 millions d’habitants et 13,5 % du PIB mondial, selon le gouvernement du Canada. En
2016, les échanges entre les pays de
ce club Asie-Pacifique ont atteint
105 milliards de dollars. Dans le
contexte de guerre commerciale
CHRISTINNE MUSCHI/REUTERS
MONTRÉAL
Justin Trudeau reçoit Donald Trump, vendredi, à La Malbaie, au Québec, lors du sommet du G7. Quelques heures
avant la déclaration du président américain traitant son hôte de « malhonnête et faible ».
avec Washington, Ottawa veut gagner de nouveaux marchés, notamment dans l’agriculture et avec le
Japon, son principal partenaire du
PTPGP. Tokyo éliminera progressivement ses droits de douane, actuellement de 20 % sur le porc et de
38,5 % sur le bœuf. En plus des produits agricoles, le Canada espère
exporter davantage de bois, de
poisson et de fruits de mer. De quoi
faire gagner 426 millions de dollars
par an aux exportateurs canadiens
sur l’ensemble de la zone.
Déjà ébranlées par les surtaxes
des États-Unis sur l’acier et l’aluminium canadien, entrées en vigueur le 1er juin, les relations entre
Ottawa et Washington ont franchi
un nouveau cap lors du sommet du
G7. Vexé par des critiques de Justin
Trudeau sur les États-Unis après
qu’il eut quitté le Québec, Donald
Trump a vu rouge. La guerre des
mots entre les deux dirigeants et
leurs conseillers respectifs n’a cessé
de prendre de l’ampleur. Samedi,
en plein G7, Justin Trudeau était
« malhonnête et faible », selon
Donald Trump. Le lendemain, il
méritait « une place en enfer », selon Peter Navarro, l’un des
conseillers du président qui a regretté ses propos mardi. Ce qui n’a
pas empêché le locataire de la Maison-Blanche d’en ajouter en assu-
rant que les critiques de Trudeau à
son égard coûteraient « cher » au
Canada. Si la ministre des Affaires
étrangères canadienne, Chrystia
Freeland, a tenté de calmer le jeu,
des députés de tous bords s’en sont
pris à Donald Trump, qualifié par le
néo-démocrate Charlie Angus de
« crapule d’opérette ».
La riposte commerciale canadienne a des limites. L’ouverture
aux marchés du PTPGP sera très
lente. Il faudra parfois jusqu’à dix
ans pour l’élimination des droits de
douane. Les gains commerciaux seront aussi modestes. Selon Ottawa,
il faudra attendre 2040 pour que le
PIB gagne 4,2 milliards de dollars
par an. D’autre part, à moyen terme, Ottawa restera très dépendant
des États-Unis. Plus de 75 % des exportations canadiennes vont chez
l’Oncle Sam. 96 % des exportations
d’automobiles du Canada sont destinées aux États-Unis. Les raisons de
la colère de Trump ne sont pas dénuées de fondements. Le Canada
impose par exemple des tarifs douaniers de 270 % sur les produits laitiers américains. Les échanges entre
les deux pays sont déséquilibrés
dans le secteur automobile. Les
États-Unis exportent pour 32 milliards de dollars d’automobiles au
Canada, alors qu’Ottawa en expédie
pour 57 milliards vers son voisin
américain. Lorsque, pendant le G7,
Donald Trump a parlé d’imposer des
tarifs douaniers sur l’automobile, il
ne visait pas que l’Allemagne et le
Japon, mais bien aussi le Canada. ■
La bonne conjoncture américaine augure une hausse de taux
Les bons chiffres de l’emploi et la hausse des prix devraient pousser la Fed à resserrer sa politique monétaire.
PIERRE-YVES DUGUA £@PDugua
CORRESPONDANT À WASHINGTON
2,8 %
Inflation
aux États-Unis en mai,
sur un an
ÉTATS-UNIS Loin des tensions
commerciales et de l’excitation
autour du sommet Trump-Kim,
tout porte à croire que la Réserve
fédérale relèvera son taux directeur
de 0,25 % ce mercredi. Le comité
monétaire de la banque centrale des
États-Unis peut se féliciter car pour
le moment, son analyse est validée
par les signaux encourageants donnés par la conjoncture. Après une
croissance de 2,2 % en rythme annuel au premier trimestre, l’économie américaine a accéléré le pas.
L’expansion pourrait dépasser 3 %
voire 4 % au deuxième trimestre.
Une des raisons de l’optimisme :
le maintien d’un niveau élevé
d’embauche et la chute du chômage
à 3,8 % en mai, son plus bas depuis
dix-huit ans. En un an, le nombre
de chômeurs de longue durée a
même dégringolé de 476 000. Si
bien que pour la première fois depuis vingt ans, l’Amérique compte
plus d’offres de postes non pourvus
que de demandeurs d’emploi.
Contrat rempli
En outre, la hausse des exportations
et la modération des importations
au printemps sont un autre élément
encourageant. De même que le
bond de 0,6 % des dépenses de
consommation en avril, sous l’effet
non seulement des solides créations
d’emplois, mais aussi des réductions d’impôts votées en décembre.
Dans le même temps, l’inflation
est remontée autour de 2 %, voire
un peu plus, selon l’indice choisi
pour mesurer l’évolution des prix.
Le grand pari de la Fed, depuis plus
d’un an, était que l’inflation anormalement faible finirait par se réveiller. C’est ce qui semble se produire. Mesurée par l’indice des prix
à la consommation, l’inflation depuis douze mois a été de 2,8 %. Si
l’on ne tient pas compte des prix
alimentaires et de ceux de l’énergie,
le gain est de 2,2 %.
Jay Powell, le patron de la Fed, et
ses collègues aiment se référer au
double mandat que le Congrès leur
a fixé : « le plus bas niveau de chô-
mage compatible avec la stabilité des
prix ». Sur les deux fronts, la Fed
remplit pour le moment son
contrat. Pour autant, la baisse du
chômage à un niveau de quasiplein-emploi constitue désormais
un risque d’accélération de l’inflation par les coûts de la maind’œuvre, puisque de plus en plus
d’entreprises se plaignent de la difficulté à trouver des employés
qualifiés.
Dans ce contexte, une majoration
de 0,25 % du taux des « fed funds »,
qui le hisserait dans une fourchette
entre 1,75 et 2 %, est largement anticipée par les analystes. Ce serait la
deuxième hausse de taux par la Fed
depuis janvier. Les marchés spéculent désormais sur le nombre des
prochains relèvements. Le débat
fait rage entre les uns qui pensent
que la Fed va encore augmenter une
fois le taux des « fed funds » d’ici à
la fin de l’année, et les autres qui tablent sur deux hausses.
Le second scénario est plus probable si la tendance du marché de
l’emploi et des prix se confirme durant l’été. La hausse des taux, en
renchérissant l’accès au crédit,
freine la consommation et stimule
l’épargne, ce qui doit freiner l’inflation. En revanche le risque d’une
secousse de marché, induite par
exemple par une surenchère de
droits de douane entre les ÉtatsUnis et la Chine, ou l’Union européenne, réduirait les chances de la
seconde hypothèse. ■
Rafale International et Thales s’allient en Belgique
Dans le cadre de la campagne Rafale en Belgique, ils promettent d’y ouvrir un centre dédié à la cybersécurité.
DASSAULT AVIATION/ V. ALMANSA
VÉRONIQUE GUILLERMARD
£@vguillermard
A
Benoît Dussaugey,
directeur général
international de
Dassault Aviation,
mardi, au Salon
international
de défense et de
sécurité Eurosatory,
à Paris-Villepinte.
DÉFENSE La France poursuit activement sa campagne afin de
convaincre la Belgique d’opter
pour le Rafale et ainsi moderniser
son aviation de combat, composée
de F-16 américains vieillissants.
Rafale International, le GIE qui regroupe Dassault Aviation*, le
constructeur de l’avion de combat
français, Thales, son électronicien, et Safran, son motoriste, a signé, mardi 12 juin, un accord de
partenariat avec Thales Belgique.
L’objectif est d’ouvrir un centre
d’excellence industriel en cybersécurité outre-Quiévrain.
L’accord a été ratifié par Benoît
Dussaugey, directeur général international de Dassault Aviation
pour le compte du GIE Rafale, et
Alain Quevrin, PDG de Thales en
Belgique. Ce projet s’inscrit dans le
cadre de l’accord stratégique proposé par la France à la Belgique. Il
couvre des domaines variés, de la
maintenance du Rafale à l’auto-
matisation de lignes de production, en passant par la simulation,
les matériaux avancés, l’impression 3D, les drones et la recherche.
Retombées industrielles
Le futur centre de cybersécurité
réunira plusieurs partenaires industriels et des universités, dans
toute la Belgique. Le centre entraînera la création de plus d’une centaine d’emplois directs et indirects
et des milliers sur les vingt ans à
venir. « La signature de cet accord
qui porte sur des technologies cyber
est l’illustration de notre volonté de
proposer aux partenaires économiques des trois régions belges une
stratégie de coopération à moyen et
long terme véritablement structurante pour l’avenir de l’industrie
belge », explique Éric Trappier,
PDG de Dassault Aviation. Le
constructeur aéronautique et ses
partenaires s’engagent sur « des
retombées industrielles et sociétales » d’une valeur de 20 milliards
d’euros. « Au total, 5 000 emplois
à haute valeur ajoutée seraient ainsi
soutenus », insiste Éric Trappier,
en précisant que le partenariat
dans la cybersécurité s’ajoute aux
80 accords déjà signés.
Le royaume de Belgique est dans
la dernière ligne droite d’un processus de décision, engagé en 2014.
Au départ, cinq avions étaient en
lice. Mais avant le lancement de
l’appel d’offres en bonne et due
forme, en mars 2017, Boeing et son
F-18 Superhornet et Saab avec le
Gripen avaient déclaré forfait.
Alliance Microsoft-Thales, le « cloud » de défense
Microsoft et le groupe de défense
Thales ont signé, mardi 12 juin,
un accord de partenariat dans
le cloud militaire. Nexium Defence
Cloud, le premier « nuage
informatique » privé conçu pour
les forces armées par Thales
(nos éditions du 7 juin) s’enrichira
de la plateforme Azure Stack
du géant américain. Proposée
aux industriels civils, elle est
flexible et offrira à Thales
la possibilité de développer
de nouveaux services adaptés
aux besoins des militaires.
Microsoft, qui ambitionne
de se développer dans la défense,
s’est associé à un intégrateur
de systèmes militaires complexes,
capable de « cybersécuriser »
et d’adapter sa plateforme aux
besoins spécifiques et au niveau
de sécurité des militaires.
Des équipes mixtes travailleront
au développement de ces
nouveaux services et feront
des démonstrations auprès
d’armées intéressées.
Les premiers contrats sont
attendus avant la fin 2019.
V. GD
Lockheed, qui concourt avec le
F-35, et Airbus, qui présente
l’Eurofighter, ont remis une offre.
La France a, de son côté, décidé de
jouer une autre carte en proposant
un accord de gré à gré à la
Belgique. En septembre, Florence
Parly, ministre des Armées, a proposé un « partenariat approfondi »
qui pourrait prendre la forme d’un
accord intergouvernemental et qui
couvrirait, outre l’achat du Rafale,
une coopération renforcée entre
les deux armées dans les domaines
opérationnels et techniques.
Une façon pour la France de faire
avancer l’Europe de la Défense,
dont la ministre s’est à nouveau
faite l’ambassadrice, cette semaine
dans le cadre du salon de l’armement terrestre Eurosatory (11-15
juin à Paris-Villepinte). Florence
Parly a plaidé pour une « grammaire » unique des armements
européens, afin de faire face, unis,
à la concurrence, toujours plus
rude, des industriels américains et
asiatiques. ■
* Le Groupe Dassault est propriétaire
du «Figaro»
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mercredi 13 juin 2018
ENTREPRISES
23
Les tarifs des mutuelles ont explosé de 47 % en onze ans
Selon l’étude d’UFC-Que choisir, la dérive de leurs frais de gestion est la cause principale de cette hausse.
MARIE-CÉCILE RENAULT £@Firenault
688
euros
Tarif moyen en 2017
d’une complémentaire
santé par personne
et par an
SANTÉ Alors même qu’Emmanuel
Macron, en déplacement ce mercredi à Montpellier au 42e congrès
de la Mutualité, doit annoncer le
remboursement à 100 % sur les lunettes, le dentaire et les audioprothèses promis durant la campagne,
grâce à un effort des complémentaires santé, l’association UFC-Que
choisir dénonce « les nombreuses
défaillances du secteur » et un
« marché malsain ».
Les tarifs des complémentaires
santé ont en effet grimpé de 47 %
depuis 2006 pour s’établir en
moyenne à 688 euros par personne
et par an en 2017. « Soit une hausse
trois fois supérieure à l’inflation ! »,
s’indigne Alain Bazot, le président
d’UFC-Que choisir.
Si des hausses de fiscalité sur les
contrats sont intervenues, elles
n’entrent que pour moins du tiers
dans la progression des cotisations, selon l’association, qui tient
surtout pour responsable « l’inquiétante dérive des frais de gestion » des organismes complémentaires. Et pointe notamment le
choix de telle ou telle mutuelle
« de sponsoriser un bateau, une
équipe cycliste, ou de dispendieuses
campagnes de publicité ».
Les organismes complémentaires ont ainsi dépensé 7,2 milliards
d’euros en 2016 pour leurs frais de
gestion, soit 20 % des cotisations
hors taxes. Sur ce total, plus de
2,8 milliards d’euros ont été
consacrés aux frais d’acquisition,
notamment en publicité et
communication.
Des contrats illisibles
Aidée par les consommateurs qui
ont répondu à son appel, UFCQue choisir a décortiqué plus de
200 avis d’échéance d’assurance
santé. Il en ressort une très grande variabilité des frais de gestion
des contrats santé individuels,
qui s’étalent de 9 % à 42 % des
cotisations.
Si l’on y ajoute les taxes et la
marge des organismes assureurs,
les consommateurs sont loin de s’y
retrouver ! En moyenne, 70 % des
cotisations reviennent à la communauté des assurés sous forme de
prestations, et 66 % pour les
contrats individuels, selon l’association. « Pour les contrats avec le
plus de frais, le taux de redistribution
des cotisations descend même sous
les 50 % : moins d’un euro cotisé sur
deux revient alors aux assurés »,
indique Alain Bazot.
Or – et c’est le deuxième reproche qui leur est adressé –, il est impossible aux consommateurs de se
retrouver dans le maquis des
contrats, pour la plupart illisibles et
incomparables : malgré les promesses, 80 % des complémentaires
n’utilisent pas le vocabulaire commun, 38 % jouent de la confusion
entre les remboursements de l’as-
surance maladie et les leurs, et 62 %
continuent à utiliser des pourcentages de remboursement au-delà
de 100 % mal compris des assurés.
Résultat, 37 % des consommateurs
estiment leurs garanties santé difficiles à comprendre, et 48 % ne sont
pas en mesure de savoir à l’avance
de combien ils seront remboursés
pour des soins importants.
Dénonçant la « passivité des pouvoirs publics » face à cette situation,
UFC-Que choisir réclame une réglementation permettant la lisibilité et la comparabilité des contrats,
et une plus grande transparence sur
les frais de gestion, avec en particulier une information sur le taux de
redistribution disponible avant la
souscription. ■
Pernod Ricard retrouve le succès en Chine
Après l’effondrement du marché du cognac dans la foulée de la politique anticorruption, la filiale du géant
français a revu sa stratégie et son organisation. L’empire du Milieu redevient son premier moteur de croissance.
IVAN LETESSIER £@IvanLetessier
SHENZHEN (CHINE)
SPIRITUEUX Cachée au fond d’une
minisupérette de Xinghe Coco
Park, un quartier branché de Shenzhen, une porte dérobée mène vers
un bar de nuit d’un genre nouveau
dans cette mégapole du sud-est de
la Chine. Bienvenue au Haploid, un
speakeasy où de jeunes cadres
viennent siroter un Chivas-rita, un
Strahisla Cider ou un Modern
Fashioned, cocktails à base de Chivas concoctés par un mixologiste
formé par Pernod Ricard.
Le succès du Haploid illustre les
nouveaux modes de consommation
des Chinois et le spectaculaire retour en force du géant français des
spiritueux dans l’empire du Milieu,
son deuxième marché (10 % des
ventes) après les États-Unis. Sur les
neuf premiers mois de l’exercice
entamé mi-2017, son chiffre d’affaires a bondi de 19 % en Chine. C’est
trois fois plus qu’au niveau mondial.
« L’Asie est le moteur de la croissance de Pernod Ricard, et la Chine est le
moteur de la croissance de l’Asie »,
résume Alexandre Ricard, PDG du
groupe. S’il ambitionne à moyen
terme une croissance annuelle du
chiffre d’affaires de Pernod Ricard
comprise en 4 et 5 %, il vise une
progression proche de 10 % en
Chine. « Nous nous sommes organisés pour une nouvelle phase de croissance, avec plus de diversité dans notre portefeuille de produits et plus
d’agilité dans notre organisation,
afin de réduire la volatilité des marchés », confie Philippe Guettat, patron de Pernod Ricard Asie.
nuit et les KTV. Après Noblige, Martell a lancé Distinction, une seconde
référence plus accessible.
Le succès est tel que le groupe ralentit désormais la croissance de
Martell, compte tenu des contraintes de stock d’eau-de-vie, pour lui
assurer une croissance pérenne,
mais plus faible. « Nous avons
appris du passé. Il est important de
diversifier l’offre et de recruter de
nouveaux clients, explique JeanÉtienne Gourgues. La soif du cognac
Sur les neuf premiers
mois de l’exercice
entamé mi-2017,
le chiffre d’affaires
de Pernod Ricard a
bondi de 19 % en Chine.
PERNOD RICARD
ne pourra pas être assouvie par les
volumes disponibles. C’est une opportunité pour le whisky. »
Si le cognac réalise encore plus
des trois quarts du chiffre d’affaires
de Pernod Ricard Chine, la filiale
cherche des relais de croissance
avec ses marques premium (entre
14 et 40 dollars la bouteille), en particulier la vodka Absolut et les
whiskies Ballantine’s et Chivas
12 ans. Mi-2016, la filiale s’est organisée en deux business units. À côté
de celle consacrée à la gamme prestige (450 commerciaux), une seconde a été constituée pour la gamme premium (150 commerciaux).
Pernod Ricard Chine a relancé
Chivas, dont les ventes déclinaient
depuis des années. Au lieu de
continuer à cibler les riches de plus
de 40 ans prêts à s’acheter des
bouteilles de Chivas 18 ans en boîte
de nuit, la marque de scotch tente
désormais de séduire les 25-34 ans
de la classe moyenne supérieure
adeptes de la consommation au
verre avec le Chivas 12 ans, plus
accessible.
Trinquer virtuellement
Avec l’ensemble de sa gamme premium, Pernod Ricard Chine cible à
la fois de nouveaux consommateurs
(au sein de la classe moyenne, non
plus seulement des classes supérieures), de nouveaux réseaux de
distribution (bars, supermarchés,
e-commerce) et de nouveaux moments de consommation : non plus
le repas et les soirées en boîte de
nuit, mais les fêtes organisées chez
soi ou dans un appartement loué
pour l’occasion, ou les parties de
jeux en ligne où les participants
trinquent virtuellement, buvant un
verre devant leur écran.
Si la division premium réalise
moins de 10 % du chiffre d’affaires
de la filiale, elle devrait l’aider à atteindre son objectif : doubler d’ici à
2025 la taille du marché des spiritueux importés en Chine. Cette catégorie ne représente que 1 % des
spiritueux dans le pays, le reste
étant dévolu au Baiju. Le cognac représente la moitié des 5 millions de
caisses de bouteilles de spiritueux
importés en Chine ; mais sa croissance se limitera à 5 % par an en
volumes à l’avenir, même si le chiffre d’affaires augmentera de 10 à
13 %. En 2025, le marché chinois
pourrait passer à 10 millions de
caisses, dont seulement 3,6 millions
de caisses de cognac. Avec son portefeuille diversifié, Pernod Ricard
s’estime mieux placé que ses rivaux
pour profiter de la nouvelle donne
chinoise. ■
« Diversifier l’offre »
Un cocktail numérique pour enivrer les millennials chinois
« enLesbigexperts
data
de Tencent
ont relevé
que les
amateurs de
champagne
étaient
accros
aux applis
de rencontre
et que ceux
de malt
adoraient
la série
« Beyond »
»
« Ask Jerry ! » C’est le conseil de
Pernod Ricard aux Chinois à la recherche d’une idée pour animer
leur soirée. Jerry est un chatbot
délivrant en temps réel sur la messagerie de mobile WeChat des
conseils pour préparer les cocktails.
« Certains sont convaincus qu’il y a
un vrai barman derrière Jerry, et la
conversation dure parfois 40 minutes », confie Kelly Xing, en charge
du digital chez Pernod Ricard
Chine.
Ask Jerry est un exemple de la
priorité accordée par Pernod
Ricard à sa présence sur Internet en
Chine, en particulier sur WeChat.
Cette application créée il y a sept
ans est un phénomène de société :
c’est à la fois une messagerie instantanée et un réseau social donnant accès à des jeux, des vidéos,
des informations et de la musique
en ligne. Lors du dernier Nouvel An
chinois, elle a dépassé le milliard
d’utilisateurs réguliers dans le
monde, dont 800 millions dans
l’empire du Milieu. « 98 % des
Chinois ayant accès à Internet l’ont
installée sur leur smartphone, et ils y
consacrent 56 % de leur temps passé
en ligne », assure Steve Chang, en
charge de l’activité publicité de
Tencent, le groupe inventeur de
WeChat, dont le siège est installé à
Shenzhen.
L’écosystème WeChat donne à
Tencent une position clé pour les
industriels cherchant à se rapprocher de leurs consommateurs. Le
groupe chinois, qui réalise un quart
de son chiffre d’affaires avec de la
publicité, a signé des accords avec
une vingtaine de géants mondiaux,
tel Procter&Gamble, Unilever,
L’Oréal et, depuis juin 2017, Pernod
Ricard.
Au terme de cet accord, les deux
partenaires conçoivent un cocktail
de big data : Pernod Ricard fournit
les informations du marché des spiritueux, WeChat fournit des données sur ce que regardent les amateurs de spiritueux et le site d’ecommerce JD.com, dont Tencent
possède 16 %, des informations sur
ce qu’ils achètent. Les experts en
big data de Tencent ont ainsi relevé
que les amateurs de champagne
étaient accros aux applis de rencontre, que ceux de malt adoraient
la série Beyond, alors que les acheteurs de vin de garde étaient plutôt
fans… de Richard Clayderman.
Objectif : réaliser
35 % des ventes sur Internet
Une façon de cibler efficacement
les campagnes de communication
en ligne, dont raffolent les marques
cherchant à séduire les classes
moyennes chinoise. Pernod Ricard
multiplie les opérations sur mesure,
tels ses dîners d’influenceurs retransmis sur une chaîne sur Internet, son partenariat avec l’émission
« The Rap of China » pour la promo
d’Absolut ou son accord avec la
NBA pour celle de Chivas.
« Nous ne vendons pas des produits, mais du life style et de l’expérience », résume Steve Chang. Le
modèle Tencent permet pourtant
d’accélérer sur l’e-commerce. Sur
les réseaux sociaux en Chine, il est
possible de commander en un seul
clic à partir d’un article posté par
un influenceur ou pendant la diffusion d’une vidéo en ligne. Du coup,
le chiffre d’affaires de l’e-commerce en Chine (193 milliards de dollars) devrait dépasser cette année
ceux de l’Europe et des États-Unis
réunis.
« L’e-commerce nous permet de
recruter de nouveaux clients et de
nous implanter dans de nouvelles
régions de Chine », confie JeanÉtienne Gourgues, patron de Pernod Ricard dans le pays. S’il ne représente encore que 3 à 5 % des
ventes dans le réseau de distribution off-trade (c’est-à-dire en dehors des bars, restaurants, boîtes de
nuit et karaokés, où les alcools sont
consommés sur place, réseau baptisé on-trade), l’e-commerce dépasse déjà 10 % pour le segment
premium de Pernod Ricard (Absolut, Ballantine’s, Chivas, Jacob’s
Creek) et atteint 25 % pour certaines références. « Internet pourrait
réaliser 35 % à 40 % des ventes
off-trade de notre branche premium
en 2025 », selon Jean-Étienne
Gourgues. ■
I. L. (SHENZHEN)
A
La filiale chinoise est encore 15 % en
dessous de son record historique :
de mi-2013 à mi-2016, son chiffre
d’affaires a en effet reculé d’un
tiers, avant de revenir en croissance
(+ 2 %) l’an passé. Le marché du cognac, qui représente l’essentiel des
ventes de spiritueux occidentaux en
Chine, s’était effondré après les
mesures anti-dépenses somptuaires et anticorruption du président
Xi Jinping : les bouteilles les plus
haut de gamme étaient très prisées
pour des cadeaux ou des dîners avec
des fonctionnaires ou hommes
d’affaires en lien avec le pouvoir.
Un coup dur pour Martell, leader du
marché chinois du cognac devant
Hennessy et Rémy Martin, avec
44 % des volumes.
« Le marché chinois des spiritueux
était atypique, avec un segment prestige (bouteilles à plus de 50 euros)
plus important que le segment premium, plus accessible », résume
Jean-Étienne Gourgues, patron de
Pernod Ricard Chine. Pour relancer
ses ventes de cognac, la filiale a
changé de stratégie : plus question
de ne miser que sur Cordon Bleu et
les références encore plus élitistes
réservées aux dîners huppés et à la
consommation dans des boîtes de
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 13 juin 2018 LE FIGARO
24 ENTREPRISES
Retraite : rien n’est réglé financièrement
Malgré l’amélioration de la conjoncture, l’ensemble du système restera dans le rouge au moins jusqu’en 2036,
selon l’avis du Conseil d’orientation des retraites (COR), qui doit rendre jeudi son cinquième rapport annuel.
MARIE-CÉCILE RENAULT £@Firenault
SOCIAL Au moment où le gouvernement engage une réforme
systémique en profondeur du système de retraite et vient de lancer
une consultation populaire auprès
des Français, le cinquième rapport
annuel du Conseil d’orientation
des retraites (COR), qui sera présenté jeudi et dont Le Figaro a pu
se procurer une version, montre
qu’il y a toujours nécessité à agir.
Car, contrairement aux dires de
l’exécutif, Emmanuel Macron en
tête qui l’a encore répété au début
de l’année, le besoin de financement de l’ensemble du système à
court, moyen et long terme n’a
pas disparu. Pis, la récente embellie économique, qui permettra de
ramener cette année les comptes
de la Sécu au quasi-équilibre, n’a
pas inversé la tendance pour les
années suivantes.
Avec 316 milliards d’euros versés en 2017, les dépenses brutes du
système de retraite français s’élevaient à 13,8 % du PIB l’année
dernière. Parmi ces dépenses,
272,3 milliards étaient consacrés
aux pensions de droit direct de retraite de base et de retraite complémentaire (11,9 % du PIB) et
35,4 milliards aux pensions de
droit dérivé (1,5 % du PIB). Alors
que le besoin de financement,
abyssal en 2010 (- 0,7 % du PIB),
s’est depuis résorbé sous l’effet des
différentes réformes - et surtout
de celle conduite il y a huit ans par
Éric Woerth, qui a repoussé de
deux ans l’âge légal de départ -, le
système de retraite est quasiment
revenu à l’équilibre en 2017. Mais
le répit sera de très courte durée. À
court terme, le solde financier du
système va à nouveau se dégrader
dans l’ensemble des scénarios
(croissance, démographie, chômage, productivité…) envisagés
par le COR : le besoin de financement s’établira à 0,2 % du PIB en
2022, soit 4,5 milliards d’euros. Le
déficit va ensuite continuer à se
creuser pour atteindre entre 0,4 %
voire 0,9 % du PIB en 2029, selon
que la croissance reste en moyenne de 1,8 % par an sur l’ensemble
de la période ou redescende à 1 %.
Pis, le solde financier du système restera à plus long terme dans
le rouge, dans l’ensemble des scénarios du COR, sous l’effet principalement de la baisse des ressour-
ces (en pourcentage du PIB) alors
que l’évolution du solde financier
dépendra de la dynamique des dépenses, en hausse sous le poids du
vieillissement de la démographie.
Selon les différents scénarios, le
système de retraite reviendra à
l’équilibre au mieux en 2036 (si la
croissance se maintient sur toute
la période à 1,8 %) ou en 2040 (à
1,5 %). Au pire, il restera en déficit… jusqu’en 2070 avec une croissance stagnant aux alentours de
1 %. On est loin du satisfecit ambiant au sein de la majorité…
Selon les différents
scénarios, le système
de retraite reviendrait
à l’équilibre au mieux
en 2036, au pire en 2070
Le COR note que si la pension
moyenne devrait continuer de
croître du fait de la montée en
qualification des générations (dit
« effet noria »), en revanche
l’écart avec les actifs devrait se
creuser. Ainsi, en termes relatifs,
la pension moyenne rapportée au
revenu d’activité moyen aurait atteint un maximum au cours des
années récentes (vers 2014-2015)
et devrait diminuer dans le futur.
Il en irait de même pour le niveau de vie des retraités, rapporté
à celui de l’ensemble de la popula-
tion, qui continuerait sa dégringolade. Selon les scénarios, le niveau
de vie relatif des retraités s’établirait entre 89 % et 95 % en 2040
puis entre 77 % et 89 % en 2070,
contre 105,6 % en 2015.
Le COR confirme enfin que le
rapport entre le nombre de coti-
PHOTOPQR/LE REPUBLICAIN
LORRAIN
sants et le nombre de retraités va
continuer à diminuer sensiblement, passant de 1,7 cotisant par
retraité de droit direct en 2017 à
environ 1,3 en 2070. Cette baisse,
portée par les effets du papyboom et de l’allongement de l’espérance de vie à 60 ans, s’obser-
vera alors que l’âge moyen de
départ à la retraite passera de 61,8
ans en 2017 à 64 ans à partir de la
fin des années 2030, du fait notamment de la hausse de la durée
d’assurance requise pour le taux
plein et des entrées plus tardives
sur le marché du travail. ■
La CFDT lance à son tour une consultation sur la réforme à venir
On ne
« restera
pas
hermétique.
On est prêt
à se laisser
percuter
sur des points
inattendus
LAURENT BERGER
»
Après le Haut-Commissariat à la
réforme des retraites, dirigé par
l’ex-ministre Jean-Paul Delevoye, qui a lancé une consultation
sur la réforme des retraites à venir, la CFDT lance à son tour son
propre site Internet pour sonder
les attentes des Français. Sur le
modèle de sa vaste enquête « Parlons travail » réalisée il y a deux
ans et qui avait recueilli 200 000
contributions, la centrale réformiste a lancé mardi le site parlonsretraites.fr, qui permettra de
recenser jusqu’à fin août les aspirations profondes des Français sur
ce sujet hautement anxiogène.
« Cette nouvelle enquête s’adresse à tous, actifs et retraités. La
LES DÉCIDEURS
â LAURENT BROCA,
YVES DEL FRATE
Havas
Le pôle média français de l’agence de communication se renforce. Arrivé en septembre dernier, Laurent Broca prend la tête de
toutes les activités média de Havas Group
dans l’Hexagone, tout en conservant la
direction de Havas Media. Par ailleurs, Yves
Del Frate, homme du groupe, pilotera les
activités CSA et data solutions, soit 150
consultants.
â STÉPHANIE LAAKMANN
Micropol
Spécialisé dans l’IT, Micropol se dote d’une
nouvelle directrice des ressources humaines
pour le groupe. Arrivée en février, Stéphanie
Laakmann est diplômée de Paris Dauphine.
â CYRILLE PERARD
PWP
A
Le niveau de vie
des retraités devrait
continuer de diminuer
dans les prochaines
décennies. JULIO PELAEZ/
Perella Weinberg Patners se renforce
en France avec l’arrivée d’un nouveau managing director. Cyrille
Perard était coresponsable des fusions-acquisitions de Goldman Sachs France, Belgique et
Luxembourg.
CFDT a voulu donner directement la
parole à tous les Français, pour
connaître leurs angoisses et leurs
espoirs, leurs idées et leurs envies.
Le but est de renforcer notre capacité à parler de la réalité », a indiqué Laurent Berger, son secrétaire
général, pour qui « 50 000 contributions fin août seraient un niveau
très pertinent ». Après un traitement statistique des résultats en
septembre, les résultats de l’enquête seront publiés en octobre.
Cette consultation ne fera pas
changer la CFDT de position sur
les retraites et les éléments qui
sont, pour elles, des marqueurs
forts, comme la prise en compte
de la pénibilité, les carrières lon-
gues ou l’adaptation de la réversion et des avantages familiaux à
l’évolution de la société, etc. Pour
autant, « on ne restera pas hermétique », promet Laurent Berger,
qui se dit « prêt à se laisser percuter sur des points inattendus ».
153 questions
Le questionnaire de « Parlons retraites » comporte au total 153
questions, dont certaines très intimes. « On pense que c’est utile
car la retraite est un temps où on
continue à vivre et non où l’on attend la fin », répond Laurent Berger. Chaque répondant aura un
questionnaire personnalisé en
fonction de son profil, par exem-
PAR Carole Bellemare avec Amaury Bucco
Frédéric Jousset, sur tous les fronts
entre Webhelp, HEC et la culture
« J’essaie de m’inspirer du
président de la République ! » À 48 ans, Frédéric
Jousset n’arrête pas. Le
lève-tôt hyperactif et
entrepreneur insatiable, cofondateur de la
success story française Webhelp, qui partage
son temps entre Londres, où il vit, Paris et les
vols business, ajoute deux nouveaux titres à sa
carte de visite. Il a été élu ce lundi président de
l’association des diplômés d’HEC, HEC Alumni, succédant au producteur TV Emmanuel
Chain. Parallèlement, il se voit aussi confier
par la ministre Françoise Nyssen la supervision du groupe de travail sur le pass culture.
Champion des centres d’appels
Œil bleu et barbichette poivre et sel, celui qui a
fait de la start-up Webhelp, fondée en 2000
avec son acolyte Olivier Duha, le champion
européen des centres d’appels et de l’expérience clients (45 000 collaborateurs dans
33 pays, 1 milliard de chiffre d’affaires) aime se
fixer de nouveaux challenges. Marathonien
passionné et amateur des hauts sommets - il a
gravi dernièrement les 7 000 m de l’Acongawa
en Argentine -, le fan de nouvelles technologies est sans cesse à la conquête de nouveaux
territoires pour Webhelp, y consacrant toujours 80 % de son temps. Il a aussi mis dans sa
besace en 2016 le magazine Beaux Arts, avec
l’ambition de lui redonner des couleurs. Pour
le fils de Marie-Laure Jousset, ex-conservatrice générale design au Centre Pompidou, il
n’y a pas que les chiffres qui comptent.
L’entrepreneur est un amateur d’art et un collectionneur reconnu, grand mécène et administrateur du Louvre, engagé aussi en faveur
de la démocratisation culturelle. « Pas un luxe,
une nécessité, dit-il, dans le contexte de la montée des populismes. » Pour lui, « la culture est un
des remparts ». Avec l’aide d’Éric Garandeau,
ex-président du CNC et conseiller culture de
Jean-Jacques Aillagon, puis de Nicolas
Sarkozy, il va donc plancher sur les modalités
de fonctionnement et de financement du pass
culture. L’application géolocalisée pour mobile doit permettre aux jeunes d’accéder à une
offre culturelle grâce à une envelopppe de
500 euros.
Des idées, Frédéric Jousset n’en manque pas
non plus pour son école, dont il a présidé
l’association des diplômés à Londres. À la tête
d’HEC Alumni et de ses 55 000 anciens, il
entend la faire rayonner toujours plus en
France et à l’international, et y faire entendre
davantage la voix de ses pairs. Dans ses cartons
aussi, l’installation de la HEC Factory à Paris et
la création d’un grand gala au bénéfice de ses
boursiers.
C. B.
ple un jeune salarié se verra proposer 74 questions, un actif proche de la retraite, 115, et un jeune
retraité, 92. Tout au long du questionnaire, chaque répondant est
confronté aux réponses des autres
participants en découvrant les résultats en temps réel.
Le site permet également de
s’informer sur les retraites, de
consulter des témoignages vidéo
incarnant la diversité du rapport
qu’ont les Français à la retraite.
Enfin, il est aussi possible de poser des questions sur son cas
personnel, auquel la CFDT tentera
d’apporter une réponse personnalisée. ■
M.-C. R.
www.lefigaro.fr/decideurs
â STÉPHANIE FOUGOU
AccorHotels
Nouvelle secrétaire générale du
groupe hôtelier français, elle chapeautera le secrétariat du conseil
d’administration, la direction juridique, les
risques et assurances, ainsi que la compliance.
Désormais membre du comité exécutif,
Stéphanie Fougou avait œuvré pendant 13 ans
chez France Télécom-Orange, notamment
comme directeur juridique adjoint. En 2011
elle avait rejoint le Club Med, puis Vallourec
en 2014, comme secrétaire générale, son dernier poste. Diplômée du barreau de Paris en
2002, elle est également présidente de l’Association française des juristes d’entreprise
(AFJE).
â ÉRIC ASSY
Kronenbourg
Filiale française du groupe Carlsberg
depuis 2008, Kronenbourg SAS accueille un nouveau vice-président
pour les ressources humaines. À 51 ans, ce
spécialiste de la grande consommation a travaillé 15 ans chez Danone, notamment dans la
formation, le management, la négociation.
Depuis 2012, Éric Assy pilotait les ressources
humaines pour la France, la Belgique et l’Espagne de Barilla Harrys, groupe qu’il avait rejoint en 2000.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mercredi 13 juin 2018
TECH
25
Apple ne fait pas
de cadeaux
aux cryptomonnaies
L’américain veut limiter les usages
liés à ces devises virtuelles
sur ses iPhone et iPad.
ELSA BEMBARON £@elsabembaron
FINANCE Tim Cook, le PDG
d’Apple, a définitivement endossé le costume du chevalier blanc
de la Tech. Après la défense de la
vie privée des consommateurs,
voici les cryptomonnaies et plus
particulièrement leurs utilisations
abusives.
Le point peut paraître technique, mais il est clef dans la stratégie d’Apple. Il se place à la
conjonction de deux phénomènes.
D’une part, les devises virtuelles se
multiplient, et avec elles les arnaques visant les consommateurs les
moins avisés. D’autre part, le Bitcoin, la plus connue d’entre elles, a
vu sa valeur divisée par trois à
6 752 dollars, par rapport à un plus
haut historique atteint en janvier.
De branché, les cryptomonnaies
deviennent sulfureuses.
Tout d’abord, Apple siffle la fin
de la partie pour les applications
qui lèvent des fonds en cryptomonnaie. Ce mode de financement, ICO, ainsi que tout ce qui a
trait aux échanges de devises virtuelles est désormais cantonné aux
établissements financiers. Du
moins dans iOS, le système d’exploitation d’Apple pour iPad et
iPhone. La société a, en outre, décidé de prendre le mal à la racine,
visant cette fois ceux que l’on
pourrait comparer aux orpailleurs
de la cryptomonnaie. Des développeurs intègrent dans leurs ap-
Tim Cook, le PDG d’Apple, lors
d’une convention le 4 juin à San
José, en Californie. JOSH EDELSON/AFP
plications une fonction qui leur
permet de créer (miner, dans le
jargon technique) des cryptomonnaies en utilisant la puissance de
calcul des iPhone et iPad, à l’insu
des propriétaires de ceux-ci. Les
conséquences sont multiples, la
plus gênante pour le consommateur étant d’avoir entre les mains
un terminal dont le fonctionnement est ralenti, sans comprendre
pourquoi. Un peu comme si le propriétaire d’une voiture tractait une
remorque, sans le savoir.
L’autre conséquence étant de
puiser dans les batteries des iPhone, et donc de limiter l’autonomie
des téléphones. Or, ce sujet est très
sensible chez Apple, quelques mois
après une crise concernant leur
durée de vie. Toutefois Apple laisse
une petite fenêtre entrouverte. Le
minage de devises virtuelles reste
possible, à condition qu’il repose
“
Phil Spencer, vice-président
de Microsoft, au salon
du jeu vidéo E3 à Los Angeles,
le 10 juin.
FREDERIC J. BROWN/AFP
Microsoft réaffirme ses
ambitions dans le jeu vidéo
Le groupe a investi dans la création de studios et met désormais
toutes ses ressources au service de sa division Xbox.
Les devises virtuelles
se multiplient,
et avec elles
les arnaques visant
les consommateurs
les moins avisés
CHLOÉ WOITIER £@W_Chloe
ENVOYÉE SPÉCIALE À LOS ANGELES
JEU VIDÉO Microsoft veut sonner
l’heure de la reconquête. Lors de sa
conférence dimanche à Los Angeles
au salon du jeu vidéo E3, le groupe
américain a posé les jalons d’un futur où il se voit « comme le leader du
jeu vidéo au service de plus de 2 milliards de joueurs » sur consoles, PC
ou mobile, explique au Figaro Phil
Spencer, vice-président de Microsoft en charge du jeu vidéo.
Première étape : les contenus.
Après l’acquisition de quatre studios de développement et l’ouverture d’un autre à Los Angeles, Microsoft a doublé ses capacités de
création et corrige ainsi une de ses
faiblesses face à Sony ou Nintendo.
« Nos studios vont nous aider à enrichir le catalogue de jeux exclusifs à
notre service d’abonnement Xbox
Game Pass », explique Phil Spencer. Lancé il y a quelques mois pour
9,99 euros par mois, il permet aux
joueurs de piocher à volonté dans
une centaine de jeux vidéo à télécharger, dont toutes les exclusivités
Xbox dès le jour de leur sortie. Une
révolution pour l’industrie, habituée depuis quatre décennies au
modèle de l’achat à l’unité.
Samedi, l’éditeur américain EA
a présenté un service d’abonnement similaire, Origin Access
Premier. Il ne serait guère surprenant que d’autres acteurs déci-
”
sur des ressources situées dans le
Cloud. Autrement dit, il est possible de mobiliser la puissance de
calcul de serveurs distants, mais
pas celle des iPhone et des iPad.
Ce n’est pas la première fois que
le groupe de Tim Cook s’en prend
au petit monde des cryptomonnaies. En 2014, il avait supprimé de
son App Store tous les portefeuilles
numériques, avant de faire machine arrière. Apple n’est pas le seul à
s’inquiéter des méthodes employées par certains pour miner
davantage de cryptomonnaies,
assimilées à une nouvelle forme de
piratage informatique. En début
d’année, la CNIL britannique avait
révélé que des ordinateurs de
particuliers, mais aussi des systèmes informatiques d’entreprises
avaient subi ce type d’attaque d’un
nouveau genre, ou « cryptojacking » : une partie de leurs capacités de calcul étaient détournées.
Sans conséquences immédiates sur
le fonctionnement des terminaux
ainsi parasités, ces programmes
indésirables risquent néanmoins
d’en dégrader les performances.
Ce qui peut s’avérer dangereux si
les machines concernées sont affectées à des tâches critiques. ■
2
milliards
Nombre de joueurs
de jeux vidéo
dans le monde
dent de bâtir leur propre « Netflix
du jeu vidéo », tant le modèle de
l’abonnement a prouvé son efficacité dans les autres industries
du divertissement.
Si les premières offres imposent
de télécharger les titres sur sa
console ou son PC, dans les cinq à
dix prochaines années, le streaming
devrait prendre le relais. Et Microsoft pense avoir de sérieux atouts
pour s’imposer dans cette prochaine bataille. « Pour vous adresser à
2 milliards de joueurs, vous avez besoin d’un catalogue solide et diversifié et d’une communauté de fans engagés. Mais surtout, et c’est un atout
crucial pour Xbox, vous avez besoin
d’infrastructures de haute qualité
dans le cloud. Or Microsoft détient
son propre cloud, Azure. C’est un investissement très coûteux, mais il a
une valeur inestimable pour le futur », détaille Phil Spencer.
L’expérience unique
de la console
Le cloud gaming va-t-il signer la
fin des consoles de jeux ? Dans une
interview à Variety, Yves Guillemot, le PDG d’Ubisoft, a estimé que
la prochaine génération de machines serait la dernière. « Je comprends pourquoi Yves a pu dire cela,
mais je suis plus optimiste, affirme
Phil Spencer. Dans les années à venir, on pourra jouer à des jeux de
qualité similaire à ce que l’on trouve
sur console depuis un mobile. Mais
cela ne veut pas dire que l’expérien-
ce de la console, c’est-à-dire un appareil branché sur un grand écran de
télévision, avec un son de qualité et
une très haute définition d’image, va
disparaître. »
Phil Spencer a dévoilé lors de la
conférence de dimanche que Microsoft travaillait sur les prochaines
Xbox qui apparaîtront dans les années à venir. Il est rarissime qu’un
acteur de l’industrie fasse de telles
déclarations aussi longtemps à
l’avance. « En faisant ça, j’ai voulu
rassurer nos fans. Oui, nous travaillons sur le cloud gaming, sur
l’abonnement, mais nous allons
continuer à innover dans les consoles
de jeux », poursuit-il. Mais les
autres écrans vont devenir un territoire de conquête. « Il y a 2 milliards de personnes dans le monde
qui jouent aux jeux vidéo, et la plus
grande partie ne le fait pas sur une
console. Si nous, Microsoft, souhaitons les atteindre, nous devons nous
étendre sur les autres appareils. »
La division Xbox profite du soutien entier des autres entités de
Microsoft pour réaliser ses ambitions. « Notre PDG, Satya Nadella,
a profondément changé Microsoft,
indique Phil Spencer. Lorsqu’il m’a
nommé vice-président, il m’a expliqué que, jusqu’à présent, les jeux vidéo étaient au service des autres activités de Microsoft. Désormais, il
souhaite que toutes les technologies
de Microsoft soient au service du jeu
vidéo pour devenir leader sur le
marché. » ■
LA SÉANCE DU MARDI 12 JUIN 2018
JOUR
%VAR.
+HAUTJOUR
+1,26 44,59
-0,63 111,45
-0,42 101,54
-0,93 28,86
0
118,75
-0,39 22,14
-0,04 55,21
-0,66 39,61
+1,28 115,05
+3,13
15,575
+0,21
12,155
+0,8
65,66
+0,4
13,73
+0,97 120,2
-0,83 511,4
-0,48 208,9
+0,65 45,36
+0,31
64,36
-1,94 302,9
-2,86 115,95
+BAS JOUR %CAP.ECH 31/12
43,98
110
100
28,27
117,35
21,82
54,44
38,99
113,7
15,27
12
65,03
13,625
118,95
502,6
206,7
44,98
63,74
295
111,35
0,422
0,241
0,119
0,118
0,26
0,249
0,291
0,218
0,279
1,138
0,226
0,223
0,179
0,222
0,144
0,078
0,063
0,165
0,108
0,669
+3,02
+4,81
+21,06
+4,5
-2,76
-11,46
-12,19
-9,72
+16,34
-14,08
-12,28
-6,46
-4,57
+4,31
+37,64
+11,92
-3,87
-0,2
+20,33
-6,19
JOUR
ORANGE ..............................................14,715
PERNOD RICARD ..................................
144,5
PEUGEOT ..............................................
20,45
♣ 57,86
PUBLICIS GROUPE SA .............................
RENAULT ..............................................
82,9
SAFRAN ..............................................
102,4
SAINT GOBAIN ..................................41,315
SANOFI ..............................................66,19
SCHNEIDER ELECTRIC .............................
74,12
SOCIETE GENERALE ♣
..................................
38
SODEXO ..............................................83,38
SOLVAY ..............................................
113,6
STMICROELECTRONICS .............................
21,28
TECHNIPFMC ..................................27,82
TOTAL .............................................. 52,32
UNIBAIL-RODAMCO ..................................
190
VALEO .............................................. 53,38
VEOLIA ENVIRON. ..................................
19,24
♣
VINCI .............................................. 84,08
VIVENDI ..............................................21,55
%VAR.
-0,61
+1,83
-0,2
+0,7
-0,01
-0,44
-0,52
-0,99
-0,16
+0,48
+1,39
-0,61
-0,33
+0,36
-0,87
NC
-1,29
+0,39
-0,45
-0,51
+HAUTJOUR +BAS JOUR
14,86
144,55
20,71
57,96
83,73
103,25
41,77
66,93
74,52
38,215
83,48
115,25
21,55
28
52,98
NC
54,5
19,295
84,98
21,78
14,715
142,65
20,22
57,26
82,5
102,3
41,06
65,94
73,76
37,565
82,02
113,5
21,09
27,59
52,17
NC
53,22
19,13
83,88
21,4
%CAP.ECH
LE TITRE MICHELIN EN TÊTE DES BAISSES DU CAC 40
L’action Michelin a cédé mardi 2,86 % à
112,15 euros, soit la plus forte baisse de
l’indice CAC 40. Ce repli est intervenu
après une présentation de la société devant des analystes financiers. Le groupe
estime que la hausse des matières premières, caoutchouc en tête, aura un impact plus important que prévu sur le résultat : il sera de 50 millions d’euros sur
l’exercice 2018, dans le haut de la fourchette communiquée en avril. Le marché
n’a visiblement pas souhaité retenir une
autre annonce plus positive : l’effet négatif des taux de changes est désormais
estimé à 300 millions d’euros sur l’ensemble de l’exercice contre 350 millions
précédemment. Cette amélioration
aurait pourtant dû rassurer les investis-
31/12
0,252 +1,66
0,195 +9,51
0,304 +20,61
0,229 +2,14
0,251 -1,2
0,169 +19,19
0,443 -10,15
0,175 -7,88
0,209 +4,6
0,508 -11,73
0,225 -25,59
0,22
-1,98
0,264 +16,89
0
+7,62
0,275 +13,63
NC -9,52
0,866 -14,28
0,34 -9,57
0,193 -1,26
0,174 -3,88
LES DEVISES
MONNAIE
AUSTRALIE ................................................................................
DOLLAR AUSTRALIEN
CANADA ................................................................................
DOLLAR CANADIEN
GDE BRETAGNE ................................................................................
LIVRE STERLING
HONG KONG ................................................................................
DOLLAR DE HONG KONG
JAPON ................................................................................
YEN
SUISSE ................................................................................
FRANC SUISSE
ETATS-UNIS ................................................................................
DOLLAR
TUNISIE ................................................................................
DINAR TUNISIEN
MAROC ................................................................................
DIHRAM
TURQUIE ................................................................................
NOUVELLE LIVRE TURQUE
EGYPTE ................................................................................
LIVRE EGYPTIENNE
CHINE ................................................................................
YUAN
INDE ................................................................................
ROUPIE
ALGERIE ................................................................................
DINAR ALGERIEN
1 EURO=
1,5506
1,5335
0,8818
9,2499
130,03
1,1615
1,1788
3,012
11,103
5,3762
20,98
7,5496
79,5015
136,912
AUD
CAD
GBP
HKD
JPY
CHF
USD
TND
MAD
TRY
EGP
CNY
INR
DZD
L’OR
JOUR
VEILLE
31/12
COTATION QUOTIDIENNE ASSURÉE PAR TESSI-CPOR
www.cpordevises.com
LINGOT DE 1KG ENV .....................................................
35130
35010
+1,09
NAPOLEON ..................................................... 207,4
206,9
+0,24
PIECE 10 DOL USA .....................................................
598
598
+1,7
PIECE 10 FLORINS .....................................................
218
218
+2,44
PIECE 20 DOLLARS .....................................................
1170
1170
+0,17
PIECE 20F TUNISIE .....................................................
208
208
+1,96
PIECE 5 DOL US (H) .....................................................
303
303
-0,66
PIECE 50 PESOS MEX .....................................................
1326
1311
+1,22
PIECE FR 10 FR (H) .....................................................
110,8
110,8
+0,91
PIECE SUISSE 20F .....................................................
205,1
206,7
+1,18
PIECE LATINE 20F .....................................................
207
207
+2,02
SOUVERAIN ..................................................... 261,8
261,8
+0,42
KRUGERRAND .....................................................1145
1137
+2,35
SICAV ET FCP
VALEURS LIQUIDATIVES EN EUROS (OU EN DEVISES), HORS FRAIS
VALEUR
DATE DE
LIQUID. VALORISAT.
42 rue d’Anjou,
75008 Paris
Tél. : 01 55 27 94 94
www.palatine.fr
SICAV
UNI HOCHE C ................................................
284,54 08/06/18
Cybèle Asset Management
37 av. des Champs-Elysées
75008 Paris
Tel. : 01 56 43 62 50
BETELGEUSE ................................................
48,75 08/06/18
BELLATRIX C ................................................
335,85 08/06/18
SIRIUS ................................................56,31 08/06/18
RETROUVEZ
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WWW.WANSQUARE.COM
rlaskine@lefigaro.fr
seurs après la publication fin avril d’un
chiffre d’affaires du premier trimestre en
baisse de 6,3 % en raison d’un effet de
change négatif lié à la hausse de l’euro
face au dollar.
La mauvaise humeur des investisseurs
concerne en réalité l’ensemble du secteur automobile, confronté à une montée
des incertitudes. L’échec retentissant du
G7, le week-end dernier, fait craindre que
Donald Trump renouvelle ses menaces
d’augmenter les droits de douane sur les
voitures européennes importées aux
États-Unis. Peugeot et Renault, peu présents outre-Atlantique, n’ont pas souffert de ces préoccupations, mais les
équipementiers français sont très engagés auprès des constructeurs allemands,
aujourd’hui dans le collimateur du président des États-Unis. Faurecia a ainsi perdu 2,08 % à 70,66 euros et Valeo 1,29 % à
53,38 euros. Sur le sujet ultrasensible
des tensions commerciales avec les
États-Unis, Peter Altmaier, le ministre allemand de l’Économie, a déclaré en début
de semaine qu’« aucune solution [n’était]
en vue, à court terme du moins ». ■
A
LE CAC
ACCOR .............................................. 44,3
♣
AIR LIQUIDE ..................................
110,1
AIRBUS ..............................................100,48
ARCELORMITTAL SA ..................................
28,335
ATOS .............................................. 118
AXA ..............................................
21,9
BNP PARIBAS ACT.A ..................................
54,66
BOUYGUES ..............................................
39,1
CAPGEMINI ..............................................
115,05
CARREFOUR ..............................................
15,5
CREDIT AGRICOLE ..................................
12,105
DANONE ..............................................65,43
ENGIE .............................................. 13,68
ESSILOR INTL. ..................................119,9
KERING ..............................................502,8
L'OREAL ..............................................207
LAFARGEHOLCIM LTD ..................................
45,22
LEGRAND ..............................................64,06
LVMH .............................................. 295,3
♣
MICHELIN ..............................................
112,15
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 13 juin 2018 LE FIGARO
26
MÉDIAS et PUBLICITÉ
« Avengers », les héros qui valent 2 milliards
FILM FRAME..©MARVEL STUDIOS 2018
Le nouveau Marvel, propriété de Disney, a rejoint « Titanic », « Avatar » et « Star Wars » au panthéon du cinéma.
Les super-héros
d’Avengers : Infinity
War (de gauche
à droite) : Tom Holland,
Robert Downey Jr,
Dave Bautista,
Chris Pratt
et Pom Klementieff.
500
millions
de dollars
Le budget estimé
d’«Avengers :
Infinity War»
CAROLINE SALLÉ £@carolinesalle
CINÉMA À Hollywood, les superhéros triomphent de tout et font
pleuvoir les liasses de billets verts
sur le box-office. Le dernier volet
des Avengers vient d’entrer dans le
club très fermé des films ayant généré 2 milliards de dollars de recettes en salle. Seuls trois longsmétrages avaient jusqu’alors réussi
ce tour de force. En 1997, Titanic
cumulait 2,2 milliards de dollars de
recettes. Douze ans plus tard, en
2009, Avatar pulvérisait ce score
avec 2,8 milliards de dollars collectés. Enfin, le retour de Star
Wars : le Réveil de la force, en 2015,
avait permis à la saga intergalactique de franchir elle aussi la barre
symbolique des 2 milliards de
dollars.
Sorti fin avril, Avengers : Infinity
War, dont le budget est estimé à un
peu moins de 500 millions de dollars, s’était imposé d’emblée comme le meilleur démarrage à
l’échelle mondiale de l’histoire du
cinéma. Même Wall Street avait
salué la performance à l’écran
d’Iron Man, Hulk, Thor et des Gardiens de la galaxie : l’action
Disney, qui a racheté les studios
Marvel fin 2009 gagnait dans la
foulée près de 2 %.
Déclinables à l’infini
La firme de Burbank a eu le nez
creux en mettant la main, moyennant 4 milliards de dollars, sur
cette fabrique de super-héros. En
moins d’une vingtaine de films,
Marvel a déjà engrangé quelque
17 milliards de dollars, dont la majeure partie est allée directement
dans les poches de Mickey. Grâce
aux seuls Avengers et Black
Panther, autre justicier Marvel sacré roi du box-office nord-améri-
cain durant six semaines, Disney a
amassé 3,3 milliards de dollars de
chiffre d’affaires, en six mois à
peine.
La société dirigée par Bob Iger
compte bien exploiter le filon au
maximum. En novembre dernier,
le PDG de Disney assurait à Variety
disposer d’une bibliothèque riche
de 7 000 personnages Marvel… Si la
major parvient à racheter comme
elle le souhaite la Fox, elle pourra
faire revenir dans le giron Marvel
les X-Men ou encore Deadpool, licences que le studio avait cédées.
Déclinables à l’infini, transposables du cinéma au merchandising
en passant par les parcs d’attractions - une nouvelle zone thématique dédiée à Marvel est prévue à
Disneyland Paris -, les super-héros constituent pour le géant américain du divertissement familial
de faramineuses machines à cash.
Au fil des ans, ces franchises bo-
dybuildées sont devenues les nouveaux dieux de Hollywood. « Les
super-héros ont progressivement
gravi les échelons de la renommée,
avant l’explosion de blockbusters
tels X-Men, Avengers, ou SpiderMan, observée depuis le début des
années 2000 », rappelle Olivier
Delcroix, auteur du livre Les
Super-héros au cinéma.
Et les justiciers sont loin d’être
fatigués. Les majors vont continuer
à les faire déferler dans les salles
obscures à un rythme soutenu. En
France, Deadpool 2 (Fox) a pris la
relève d’Avengers depuis la
mi-mai. Le 4 juillet, il passera le
relais aux Indestructibles 2 (PixarDisney), tandis qu’Ant-Man et la
Guêpe (Disney) arriveront en renfort le 18 juillet. Le film de superhéroïne Captain Marvel (Disney)
est prévu le 6 mars 2019. Puis les
Avengers se réuniront à nouveau,
juste avant la suite de Spider-Man :
Homecoming, prévue à l’été 2019. Il
faudra aussi compter sur Les
Gardiens de la Galaxie 3 en 2020 et
sur le retour de Black Panther, dont
la suite est d’ores et déjà actée.
Cette dépendance de Hollywood
aux héros testostéronés commence
néanmoins à faire grincer des
dents. Le réalisateur Alejandro
Gonzalez Inarritu les assimile à un
« poison ». Tandis que la comédienne Jodie Foster compare le cinéma actuel à un « parc d’attractions ». La multiplication des
superproductions à sensations,
taillées pour plaire au plus grand
nombre et assurer de juteux profits, modifierait à la longue le comportement des spectateurs, métamorphosés en adolescents à
perpétuité. De quoi renforcer un
peu plus les superpouvoirs des super-héros. Au risque d’envoyer au
tapis la diversité de la création cinématographique. ■
JCDecaux accélère dans
la publicité programmatique
RÉVISER LE BAC
N’A JAMAIS ÉTÉ
AUSSI SIMPLE
Vidéos conseils
Simulateurs de note
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Sujets probables
A
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Votre programme de révisions personnalisé
Le groupe lance une plateforme mondiale ouverte.
ALEXANDRE DEBOUTÉ £@axel_deb
Jusqu’en
« 2020,
l’affichage
numérique
sera
le deuxième
média à
la croissance
la plus rapide
après le Web
mobile
»
AFFICHAGE C’est un changement
d’échelle pour JCDecaux. Après
avoir lancé à Londres il y a plus de
deux ans une offre de publicité
programmatique appliquée au réseau des Abribus de la capitale
britannique, le groupe français a
annoncé mardi la création d’une
plateforme qu’il souhaite voir cette fois opérer mondialement pour
ses espaces publicitaires et qu’il
veut ouvrir à l’ensemble du secteur des médias. VIOOH est le
nom de cette plateforme qui sera
contrôlée à 93,5 % par JCDecaux
et à 6,5 % par Veltys, une société
française spécialisée dans la donnée et la modélisation.
JCDecaux est bien placé pour
voir que le média affichage résiste
plutôt bien à la déferlante des plateformes en ligne. Alors que les
médias historiques tanguent, la
communication extérieure gagne
des parts de marché grâce au digital. Jusqu’en 2020, l’affichage numérique sera ainsi le deuxième
média à la croissance la plus rapide après le Web mobile.
Le groupe peut aussi observer
l’évolution de ses propres activités, désormais centrées sur le mobilier urbain et les dispositifs en
gares et en aéroports, et qui sont
déjà largement digitalisées. Il a
donc tout intérêt à prendre le leadership des nouveaux modes de
commercialisation et de construction de campagnes que permet le digital. Le groupe français
pense que la communication extérieure numérique peut constituer une véritable alternative à la
publicité digitale sur mobile, apte
à proposer elle aussi des campagnes optimisées par l’utilisation
des données et, plus largement,
par la technologie.
Service complet
Opérationnelle depuis mars, la
plateforme fait déjà travailler à
Londres 65 personnes - développeurs, codeurs, commerciaux
et fonctions support - et propose
un service complet de trading
automatisé, avec gestion de données issues de nombreuses sources, diffusion de contenus et transactions. Elle a démarré ses
activités au Royaume-Uni et aux
États-Unis et sera bientôt déployée dans plusieurs pays en
Europe, à Hongkong, en Australie, à Singapour et à Dubaï.
À la tête de VIOOH, JCDecaux a
placé Jean-Christophe Conti, ancien responsable des partenariats
de Yahoo! et précédemment viceprésident EMEA de la plateforme
programmatique AppNexus. Il
aura pour mission de promouvoir
la plateforme auprès de l’ensemble du secteur. Le tour de table de
VIOOH pourrait par la suite évoluer en faisant entrer à son capital
d’autres acteurs des médias. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 13 juin 2018 LE FIGARO - N° 22 965 - Cahier N° 3 - Ne peut être vendu séparément - www.lefigaro.fr
BEAUTÉ
TÉLÉVISION
PAGE 31
PAGE 34
GLOSSIER, LE PHÉNOMÈNE
DE LA COSMÉTIQUE AMÉRICAINE,
ARRIVE BIENTÔT EN FRANCE
UN PORTRAIT RÉUSSI
DE BRIGITTE MACRON,
PREMIÈRE DAME DE FRANCE
PETER HARTWIG/ROHFILM FACTORY/PROKINO FILMVERLEIH GMBH
Romy
impératrice
Trente-cinq ans après sa mort,
Romy Schneider continue à émouvoir.
Dans « Trois jours à Quiberon », l’actrice
Marie Bäumer la fait revivre dans ses derniers
moments teintés de mélancolie et de joie
éphémère. PAGE 28
Marie Bäumer a reçu
le Lola (le César allemand)
de la meilleure actrice
pour son interprétation.
Étienne Daho,
la pop enchantante
MUSIQUE Après trois ans d’absence sur
scène, l’artiste a offert à Lyon la première date
de sa tournée. Une belle entrée en matière.
Olivier Nuc
onuc@lefigaro.fr
ientôt trois ans que la pop
star française n’avait pas
foulé une scène. Contrairement à ses habitudes,
c’est par un concert en
plein air qu’Étienne Daho a lancé,
lundi soir, à Lyon, son Blitz Tour.
Sorti en novembre dernier, son
dernier album studio se distingue
par une production dense et touffue. Pour la transposer, Étienne
Daho a mis au point une formule
resserrée, qui s’appuie sur les guitares. Elles sont parfois trois à former un son volontiers psychédélique. Entouré de musiciens fidèles,
Daho s’est lancé à corps perdu dans
un tour de chant tout en fluidité.
C’est sous un ciel apaisé après de
violentes averses qu’il a commencé sa prestation avec Les Filles du
Canyon, morceau d’ouverture de
son nouveau disque. Sur un arrangement très rock, la voix assurée,
Daho a installé une ambiance fiévreuse qui n’a pas diminué de la
soirée. Rarement aura-t-on vu le
chanteur aussi heureux sur les
planches, surtout pour une première.
Mince, en chemise à manches
courtes, cravate, gilet, et avec un
bandana dans la poche arrière de
B
GLOSSIER ; LUDOVIC MARIN/AFP
son jean noir, Daho porte beau.
Bien vite, il se déhanchera avec un
bel enthousiasme. Les classiques de
sa discographie ont été réarrangés
avec beaucoup de goût sans perdre
une once de leur charme initial. Les
tubes s’enchaînent à la pelle : Le
Grand Sommeil, Sortir ce soir, Comme un boomerang, Tombé pour la
France, Le Premier Jour, Épaule
Tattoo, Bleu comme toi.
Ferveur du public
Parmi les nouveaux titres, Le Jardin, dédié à sa sœur disparue, sort
du lot. Daho en profite pour rejouer Poppy Gene Tierney, tirée de
l’album La Notte, la Notte (1984).
Guitares trémolo, fuzz ou arpèges
s’harmonisent en beauté. L’enchaînement Week-end à Rome-Les
Flocons prouve la constance du
travail du bonhomme, à trente ans
d’intervalle.
Simple et étudié à la fois, le
concert est à la mesure du dispositif scénique, auquel le public répond avec une ferveur particulière.
Les introductions des morceaux,
directes, privilégient la guitare/
voix et le piano/voix. « Cette chanson résume bien notre relation »,
explique l’artiste avant L’Ouverture, perle de 2000. « Ce soir, c’est la
première, on est un peu émus de ce
qui se passe », avoue-t-il, tout
sourire. Le concert se termine a capella par Daho qui chante Duel au
soleil avec la foule. ■
A
MORCEAU CHOISI
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 13 juin 2018 LE FIGARO
L'ÉVÉNEMENT
Éric Neuhoff
eneuhoff@lefigaro.fr
e sourire. Le profil. Le drôle
d’accent. Marie Baümer a
presque tout de Romy
Schneider. L’effet est troublant. Du coup, elle n’a pas
besoin d’imiter son modèle. On voit
une femme en proie à l’âge, à ses doutes. Emily Atef montre l’actrice au
cours d’un séjour à Quiberon en 1981.
Romy se repose. Cette thalassothérapie
la requinque. Dans l’hôtel, les clients
circulent en peignoir. Cela chuchote.
Au restaurant, les menus sont spartiates. Une amie d’enfance la rejoint. On
ne la fait pas à cette Hilde.
Des journalistes du magazine Stern
viennent interviewer la comédienne.
Le photographe est bienveillant, protecteur, paternel. Le reporter est plus
tortueux. Il cherche le scoop, ne détesterait pas un bon scandale. Ne pas
oublier que la comédienne allemande a
quitté son pays. Dans sa chambre,
Romy s’enterre sous les draps. Souvent,
elle ne répond pas. Qu’on lui fiche la
paix. Bien sûr, les gens la reconnaissent. Quand elle en a assez du régime
imposé, elle file au bar du coin. Cela
donne une longue scène de fous rires et
de tangage. Il y a un repas de fête. On
lui demande un autographe.
Elle tombe sur le poète local. C’est
Denis Lavant, avec un bonnet et sa voix
qui a traversé des siècles et des siècles.
L
Tous les chemins
mènent à Romy
journaliste vient interviewer la star en cure
au bord de la mer. « Trois jours à Quiberon » ressuscite
l’inoubliable figure du cinéma français.
DES RÔLES
INOUBLIABLES
RUE DES ARCHIVES/COLLECTION CSF
LE CINÉMA
CHRONIQUE Un
Elle danse, sert le champagne, attend
l’aube. Les cigarettes succèdent aux cigarettes. Elle penche la tête, s’emmitoufle dans son imperméable, relâche
sa queue-de-cheval. Le photographe la
mitraille avec son Nikon. Elle s’empare
d’un accordéon. Demain sera un autre
jour. Paris est loin. Parfois, elle a peur
de parler à son fils au téléphone.
Les lunettes de soleil sont là pour cacher les cernes. Sissi, elle ne veut plus
qu’on la bassine avec ça. Le vin blanc
aide les journées à passer plus vite. Hilde
s’inquiète, s’emporte, boucle sa valise.
Les deux femmes se réconcilient, plongent dans un bain moussant. La star se
fait une entorse. Ça n’est pas le moment.
Elle n’en peut plus. Puis elle repart de
plus belle. Le noir et blanc dégage l’essentiel. Ce sont des images à l’imparfait.
On se souvient que Romy Schneider
mourra quelques mois plus tard.
Le contraire d’un biopic
La réalisatrice en fait un personnage de
la nuit, un papillon aux ailes brûlées, un
feu follet à la poursuite d’un songe.
Après quoi courait-elle, avec son regard rempli d’espoir et de nostalgie ? La
caméra pénètre son intimité, souligne
la présence obsédante des regrets, tâche d’éclairer les ténèbres. Telle pouvait être (le film n’est pas un documentaire) Romy Schneider, avec ses sautes
d’humeur, ses contradictions. Ces Trois
jours forment le contraire d’un biopic,
cernent peut-être le moment où une
vie risque de basculer.
Il s’agit d’un instantané, d’une rêverie. Le paysage de rochers évoque cer-
tains Bergman. La mer reste insensible. Au bord de l’eau, une femme
fume, toute seule, la gorge serrée,
comme si elle se doutait que le compte à rebours a commencé. Elle s’appelait Schneider Romy. Il faut la revoir dans Les Choses de la vie, dans Le
Train, dans César et Rosalie. Elle appartient à notre histoire. Ce visage, le
cinéma français n’en a jamais eu
d’équivalent. ■
« SISSI »
Sissi, Sissi impératrice, Sissi
face à son destin : en deux ans,
entre 1955 et 1957, la toute
jeune Romy Schneider devient
star dans le rôle de l’impératrice
Elisabeth d’Autriche.
De la romance à la tragédie, une
bluette impériale qui a tout pour
faire rêver et pleurer Margot.
COLLECTION CHRISTOPHEL
28
« Trois jours à Quiberon »
Drame d’Emily Atef
Avec Marie Bäumer, Birgit Minichmayr,
Charly Hübner
Durée 1 h 55
■ L’avis du Figaro : ○○○¡
« LA PISCINE »
Alain Delon a exigé que Romy
Schneider tienne le rôle de
sa fiancée de fiction, dans ce film
culte de Jacques Deray, réalisé
en 1968. Il est écrivain, elle
est journaliste, quand débarque
Maurice Ronet, son vieil ami,
il devient obsessionnellement
jaloux, d’autant plus
que le visiteur multiplie
«les sous-entendus…
PETER HARTWIG/ROHFILM FACTORY/PROKINO FILMVERLEIH GMBH
COLLECTION CHRISTOPHEL
Marie Bäumer parvient à donner
vie à un instantané de la vie
de Romy Schneider,
pris en 1981 à Quiberon.
« CÉSAR
ET ROSALIE »
En 1972, entre Yves Montand
et Sami Frey, Romy Schneider
trouve un des rôles les plus
lumineux de sa collaboration
passionnée avec Claude Sautet,
commencée en 1968
avec Les Choses de la vie,
puis Max et les ferrailleurs,
Mado et Une histoire simple.
Marie Bäumer : « C’est l’actrice la plus physique que je connaisse »
MARIE-NOËLLE TRANCHANT
mntranchant@lefigaro.fr
On lui a si souvent dit qu’elle ressemblait à Romy Schneider que Marie Bäumer a fini par l’incarner dans Trois
jours à Quiberon. Un rôle qui lui a valu
le Lola (le César allemand) de la
meilleure actrice.
A
LE FIGARO. – Était-ce facile de vous
situer par rapport à un tel modèle ?
Marie BÄUMER. – Très difficile et très
risqué, parce qu’on a toujours envie de
voir la « vraie » Romy, et que je ne
voulais surtout pas être dans l’imitation. Cette peur m’a accompagnée tout
le temps du tournage. Je n’étais jamais
dans la conviction mais en état d’alerte,
avec une boule de crainte qui ne me
quittait pas. Mais ce trouble n’était
peut-être pas mal pour le rôle.
Qu’est-ce qui vous a inspirée
pour la réinventer ?
J’ai surtout regardé des documentaires
et ce qui m’a frappée dans les entretiens
avec Romy, c’est leur grande amplitude
émotionnelle. J’ai beaucoup écouté sa
voix, son accent, son phrasé. Le film
cherche la femme derrière l’icône, à
partir d’un moment précis de sa vie, ce
bref séjour à Quiberon, l’interview du
journaliste. Il y a un sujet, les faits de
l’époque, le reste est une construction
émotionnelle : avec un grand respect
pour la merveilleuse actrice qu’elle
était, je l’ai abordée comme un personnage de fiction, par de petits aspects
humains de simple mortelle : la nostalgie d’un chez soi, le besoin d’ancrage, la
difficulté de tenir le coup, seule…
Sarah Biasini, la fille de Romy
Schneider a contesté ce portrait,
qui insiste sur l’alcoolisme.
Il s’agit de sa mère, je comprends
qu’elle ait besoin de s’exprimer et j’ai
beaucoup d’empathie pour elle. Mais
forcément, nous n’avons pas le même
point de vue. L’alcool est ce qui m’intéresse le moins : dans ce métier on voit
tout le temps des gens qui ont un verre
à la main. Pour moi, ce n’est pas le sujet, et je n’y ai pas prêté attention. La
seule chose qui m’importait était d’entraîner ce muscle émotionnel, pour arriver à une sorte de chorégraphie
autour de Romy. C’est l’actrice la plus
physique que je connaisse. Elle joue de
son corps comme d’un instrument. J’ai
observé que son dos était très ouvert.
Depuis plusieurs années, j’enseigne
l’art dramatique selon une méthode
que j’ai créée et j’ai développé ma perception des aspects physiques, pour
parvenir à se déverrouiller.
Le principe de l’interview qui est
le ressort dramatique du film pose
des questions sur les rapports
entre vie privée et image publique,
sur la proximité et la manipulation…
Il y a des journalistes qui viennent
pour la rencontre, d’autres qui cherchent le sensationnel tapage pour faire
vendre, et pour nous c’est très étonnant de voir à quel point d’une histoire
STEPHANE DE SAKUTIN/AFP
PROPOS RECUEILLIS PAR
banale on peut dégager des choses
fausses et excessives.
Que voulait Romy Schneider
en donnant
cet entretien à Stern ?
Je peux imaginer qu’elle souhaitait
« faire le ménage » avec la presse allemande, qui l’a beaucoup attaquée à son
départ en France, mais c’est une hypothèse. À 14 ans, elle était comme une
pop star. Et puis, elle s’en va. Elle n’a
pas poursuivi l’industrie Sissi et surtout, elle a choisi son propre chemin,
ce qui n’était pas facile à comprendre à
l’époque. Avec Emily, nous avons
beaucoup parlé de la douleur de Romy
face à ces attaques. Je compare la
violence de la presse allemande
à la colère de parents qui voient
leur jeune et jolie fille claquer la
porte de la maison. Il y a quelque chose en Allemagne de
l’ordre de la culpabilité, de la
rancœur, qui empêche de soutenir ses propres talents. C’est
arrivé à Ute Lemper, aussi. Elle
a été cassée par la presse allemande quand elle a commencé
«
une carrière américaine. Et j’ai des
consœurs qui ont subi le même rejet en
partant pour l’étranger.
Et vous, qui avez choisi de vivre
en France ?
Non, et la reconnaissance nationale
qui m’est accordée avec ce Lola d’interprétation me touche beaucoup.
Mais j’ai longtemps travaillé en Allemagne, et, si je suis tombée amoureuse
de la France à 17 ans, je ne m’y suis
installée qu’à 34 ans. J’ai fait beaucoup
de randonnées à vélo, en Bretagne,
dans le Midi. Comme je suis aussi cavalière, à présent, je projette de réaliser un film sur un tour du monde à
cheval. Et depuis le tournage de Trois
jours à Quiberon, m’est venue l’idée de
proposer ma méthode à un public plus
large que les acteurs en créant l’atelier
Escapades pour trouver l’accès à nos
énergies et nous libérer. L’être humain
est la seule espèce à avoir une expression contradictoire : il peut dire une
chose verbalement et une autre chose
avec son corps. Je cherche la simplicité, dans une vie devenue souvent si
compliquée. ■
Ce qui m’a frappée dans les entretiens
avec Romy Schneider, c’est leur
grande amplitude émotionnelle
MARIE BÄUMER
»
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
CULTURE
29
Les autres
films
CINÉMA Auréolé
de son Oscar
pour « Une femme
fantastique »,
le cinéaste chilien
raconte dans
« Désobéissance »
un amour interdit
au sein de la
communauté
juive de Londres.
QUARK PRODUCTIONS
■ « 2001 : L’ODYSSÉE
DE L’ESPACE »
COURTESY OF WARNER BROS
Science-fiction,
de Stanley Kubrick, 2 h 38.
Ronit (Rachel Weisz) et Esti (Rachel McAdams) redécouvrent les sentiments amoureux qu’elles éprouvaient l’une pour l’autre.
Un impact très fort au Chili
Pour transposer à l’écran le roman de
Naomi Alderman, l’actrice et productrice britannique Rachel Weisz, comme Julianne Moore, a pensé à Lelio
après avoir vu Gloria. Le Berlinois
chilien et goy ne savait pas grandchose de la communauté juive orthodoxe de Londres avant qu’on lui entrouvre la porte de la synagogue et des
maisons de ce quartier du nord de la
capitale anglaise. « Je n’ai pas voulu
faire de la communauté juive le méchant. Elle a son système de croyances,
son code moral, comme toute société.
L’antagonisme vient des personnages
eux-mêmes. Cela dit, bien sûr, comme
toutes les religions, l’orthodoxie juive
n’est pas tendre avec les femmes. Je
connais bien les ressorts de l’emprise
d’une religion sur une société. J’ai
grandi au Chili, un pays où l’Église catholique a un poids considérable encore
aujourd’hui, malgré les scandales de
pédophilie qui l’ont affaiblie. »
Après Désobéissance, Lelio pourrait
de nouveau tourner au Chili, où ses
deux précédents films ont eu un impact
très fort. À la sortie de Gloria, en 2013,
intellectuels, écrivains, hommes politi-
ques et féministes débattent du personnage créé par le cinéaste. Le nom
« Gloria » devient une catégorie pour
désigner ces femmes mûres et jusqu’ici
invisibles. « Qui sont les Gloria ? » titrent certains journaux. Grâce à Une
femme fantastique, en 2017, le vote sur
la reconnaissance de l’identité transgenre devient une priorité aux yeux de
Michelle Bachelet, juste avant qu’elle
ne quitte la présidence.
Depuis quelques mois, le Berlinois
réside au Chili et suit « la révolution féministe » qui voit les étudiantes descendre dans la rue pour dénoncer le
machisme et réclamer une loi contre les
violences sexuelles. « C’est une révolution humaine, corrige Lelio. Tout le
monde est concerné. Le président Sebastian Pinera récupère le discours de la
gauche sur l’égalité car il n’a pas le
choix, la société a changé. Toutes ces
femmes aux seins nus et cagoulées sont
l’expression de ce changement. » Pour
un cinéaste qui n’a jamais traité frontalement la dictature de Pinochet et qui a
toujours fait des films situés au présent,
le mouvement de mai 2018 a tout pour
plaire. « Je m’intéresse aux conséquences de la dictature et au-delà, à l’arrivée
triomphante du capitalisme au Chili, véritable laboratoire politique, économique
et social des États-Unis. Je m’attache à
en montrer les effets dans la vie quotidienne et intime. » ■
 LA CRITIQUE
Ronit Krushka (Rachel Weisz) est
photographe à New York. Quand elle
apprend la mort de son père, un rabbin respecté d’une communauté juive
orthodoxe de Londres, elle prend un
avion pour assister aux obsèques.
L’accueil est froid. La fille du rabbin a
coupé les ponts avec son quartier natal
pour mener une vie libre, loin de la foi
et de la Torah. Seuls Dovid et Esti, ses
amis d’enfance, aujourd’hui mari et
femme, se montrent bienveillants et
l’hébergent. Ronit et Esti redécouvrent alors les sentiments amoureux
qu’elles éprouvaient l’une pour
l’autre. La flamme se rallume. Lelio
filme ce mélo lesbien sans la crudité
d’un Kechiche (La Vie d’Adèle) ni
l’élégance d’un Todd Haynes (Carol)
mais avec toute la finesse psychologique qu’on lui connaît depuis Gloria. Le
vrai personnage tragique est Dovid,
mari désarmé confronté à un choix
cornélien : brider la femme qu’il aime
ou lui rendre sa liberté. ■
« Désobéissance »
Drame de Sebastian Lelio
Avec Rachel Weisz, Rachel McAdams
Durée 1 h 54
■ L’avis du Figaro : ○○○¡
DRAME Un homme heureux sombre après la disparition de sa petite fille. Un film sans leçon de morale.
B
Constantin Popescu filme un père condamné à l’attente et au désespoir.
cro-événements, de personnages. Il y a
par exemple un homme avec son chien
qui est pris à partie par deux femmes
(« Vous êtes un abruti avec votre sale cabot »). Les conversations se chevauchent. Maria sort du champ à plusieurs
reprises. La mère d’une gamine l’emmène prendre une glace à l’arrièreplan. Tudor la cherche une première
fois quand elle va aux toilettes. Il la retrouve avant de la perdre de vue définitivement quelques instants plus tard.
NEW STORY
Maria a disparu. Popescu fait durer le
déplaisir : la panique du père, persuadé
que sa fille a été enlevée, l’incrédulité
des gardiens et des autres parents.
Intensité impressionnante
Popescu met en scène le pire cauchemar de tout parent. Comment se relève-t-on d’un tel drame ? On ne s’en
relève pas. Tudor colle des affiches
avec la photo de Maria sur les arbres du
parc. Il écoute le policier chargé de
l’enquête lui expliquer qu’il faut le laisser faire son travail. Ses amis ne peuvent pas l’aider. Cristina finit par craquer et va chez ses parents avec Ilie.
Tudor continue à retourner dans le
parc, seul sur un banc. Il se met à suspecter un homme qu’il trouve louche.
Il le suit. Il laisse pousser sa barbe, se
clochardise. Le soleil d’été chauffe à
blanc ce cœur souffrant. Tudor se vautre dans un mélange de culpabilité et de
paranoïa. L’acteur Bogdan Dumitrache
incarne cette déchéance avec une intensité impressionnante.
Pororoca, pas un jour ne passe est le
contraire de Faute d’amour, du Russe
Andreï Zviaguintsev. Tudor déborde
d’amour pour sa fille. Popescu, ancien
collaborateur de Cristian Mungiu, notamment sur 4 mois, 3 semaines et
2 jours, ne donne aucune leçon de morale. Il se contente de filmer un homme
condamné à l’attente et au désespoir.
Jusqu’à cette fin, donc. Une délivrance
en forme de sacrifice. ■
É. S.
« Pororoca,
pas un jour ne passe »
Drame de Constantin Popescu
Avec Bogdan Dumitrache,
Iulia Lumanare
Durée 2 h32
■ L’avis du Figaro : ○○○¡
Le chef-d’œuvre futuriste
de Kubrick fête ses 50 ans
et ressort dans une version
restaurée supervisée
par Christopher Nolan
(lire nos éditions d’hier).
■ L’avis du Figaro : ○○○¡
■ « 7 MINUTI » Drame
de Michele Placido, 1 h 28.
Dilemme : les ouvrières doivent
accepter d’amputer leur pausedéjeuner de sept minutes, sinon
l’usine ferme. Cela discute pied
à pied. La direction joue de leurs
divergences. La solidarité
résistera-t-elle ? Placido signe
une version italienne d’En guerre,
sorte de « Onze femmes en
colère » à la sauce syndicaliste.
Pas nouveau, mais efficace. É. N.
■ L’avis du Figaro : ○○¡¡
■ « HÉRÉDITÉ » Drame
fantastique d’Ari Aster, 2 h 06.
METROPOLITAN FILMEXPORT
femmes fortes. J’ai dit : “De quoi parlezvous ?” Je travaillais, j’allais de l’avant.
Je n’ai jamais conçu ces trois films comme une trilogie. »
« Pororoca » : au nom du père
rian De Palma le dit. Rien
n’est plus difficile que de
réussir la fin d’un film. Le
dénouement de Pororoca,
pas un jour ne passe devrait
faire débat. Est-il raté ou pertinent ?
Prévisible ou surprenant ? À vrai dire,
le très long-métrage de Constantin
Popescu (2 h 32) ne devrait jamais finir. Il raconte une histoire sans issue.
L’enfer n’a pas de porte de sortie. Mais
voilà, un film sans fin, cela n’existe
pas. Au bout de deux ou huit heures, il
faut bien que les lumières se rallument
et que le spectateur retourne dans le
monde réel.
Popescu a choisi pour son héros et le
public une conclusion spectaculaire.
Tragique et presque consolatrice. Elle a
beau être sombre et violente, elle sonne
comme une libération au bout d’un interminable calvaire. On ne la racontera
pas.
Parlons du début. Cristina et Tudor
Inoescu ont l’air heureux. Ils ressemblent à des bobos roumains. Ils vivent
dans un appartement clair et lumineux
avec leurs deux enfants, Maria, cinq ans
et demi, et Ilie, sept ans. Un dimanche
matin, Tudor emmène Maria et Ilie au
parc. Les enfants jouent. Tudor, assis
sur un banc, passe des coups de fil.
C’est un plan séquence de quinze minutes qui fourmillent de détails, de mi-
ÉRIC NEUHOFF
■ L’avis du Figaro : ○○○¡
Une famille américaine lutte
contre des forces obscures. Toni
Collette et Gabriel Byrne jouent
à se faire peur dans ce premier
film guère plus intéressant que
la franchise Ouija. Gros effets,
É. S.
petite frayeur.
■ L’avis du Figaro : ○¡¡¡
DVD&Blu-ray
■ « GASPARD
VA AU MARIAGE »
Comédie d’Antony Cordier,
1 h 43.
Pyramide
Vidéo, 19,90 €.
Gaspard,
25 ans,
retourne
dans sa famille
le temps
du remariage
de son père.
Un drôle de
zèbre directeur d’un zoo. Avec
un casting parfait (Félix Moati,
Lætitia Dosch, Guillaume Gouix,
Christa Théret, Marina Foïs),
Antony Cordier prouve que
la comédie française n’est pas
condamnée à la médiocrité.
Entre Noah Baumbach
et John Irving, un conte pop
É.S.
plein de fantaisie.
■ L’avis du Figaro : ○○○¡
A
Sebastian Lelio,
tout sur les femmes
Elles ont la vingtaine, sont kurdes
et luttent contre l’État islamique.
Ce documentaire les suit à la
trace. Elles marchent au milieu
des ruines, retournent dans leur
immeuble bombardé, racontent
la mort de leurs camarades.
« Tombé en martyr », répètentelles. Une commandante attrape
des roquettes avec le naturel
d’une Parisienne choisissant
un vêtement. À la fin, on apprend
qu’elle aussi a été tuée. Le parfait
antidote au gênant Filles du soleil
d’Eva Husson.
PYRAMIDE VIDÉO
a première fois que l’on a
rencontré Sebastian Lelio, c’était à Paris,
en février 2014, pour la sortie de Gloria.
Ce portrait d’une quinquagénaire divorcée ivre d’amour et de disco à Santiago
avait valu à son interprète, Paulina Garcia, l’Ours d’argent de la meilleure actrice à la Berlinale et au réalisateur chilien
une notoriété soudaine.
Depuis, Lelio, installé à Berlin, a
beaucoup voyagé et n’a pas chômé. Il a
tourné Une femme fantastique au Chili,
Désobéissance à Londres et la version
américaine de Gloria à Los Angeles. Un
remake dont il ne voulait pas entendre
parler jusqu’à ce qu’il rencontre Julianne Moore, suffisamment persuasive pour le faire changer d’avis. Quel
cinéaste dirait non à Julianne Moore ?
Le tournage a eu lieu en décembre
dernier. Dans le sillage de l’affaire
Weinstein et des mouvements Metoo
et Time’s Up, l’histoire d’une femme
qui se révolte a pris une dimension politique et un caractère d’urgence imprévus. « J’étais à Los Angeles quand la
parole s’est libérée. C’est un mouvement nécessaire. Cela dit, condamner
quelqu’un sans preuve n’est jamais très
bon. Au Chili, c’est la même chose. Sans
jugement, la vie d’un homme peut être
détruite en un instant. Quand il s’agit de
crime, il n’y a pas de discussion possible. Mais il existe une zone grise où les
situations sont complexes. La façon
dont on coupe les têtes sans passer par
un tribunal a un parfum de fascisme. La
“guillotine” (en français, NDLR), sans
passer par le débat, cela rappelle les années 1930. »
Lelio est pourtant un homme à femmes. Après Gloria et Une femme fantastique, Désobéissance met de nouveau en
scène des femmes en quête d’émancipation. Il jure qu’il ne l’a pas fait exprès.
« À la première de Désobéissance au
Festival de Toronto, quelqu’un m’a posé
une question à propos de ma trilogie des
■ « FILLES DU FEU »
Documentaire
de Stéphane Breton, 1 h 20.
2017 CHANNEL FOUR TELEVISION CORPORATION/CANDLELIGHT PRODUCTIONS/LLC
L
ÉTIENNE SORIN
esorin@lefigaro.fr
mercredi 13 juin 2018
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 13 juin 2018 LE FIGARO
30 CULTURE
Brown Findlay), « fondatrice » du
club, et la seule que Juliet ne rencontrera jamais. Elizabeth a quitté l’île,
mais son souvenir est au cœur du
groupe comme un secret de famille
que Juliet découvre par bribes, et le
spectateur par flash-back, au gré des
allusions ou des confidences des uns et
des autres.
Un parfum de films
des années 1940-1950
Juliet Ashton (Lily James) trousse des chroniques de guerre humoristiques dans Le Cercle littéraire de Guernesey.
RUE DES ARCHIVES / CLAUDE SCHWA
Petites rumeurs à l’anglaise
CINÉMA « Le cercle littéraire de Guernesey », de Mike Newell, conte les tribulations
d’un petit groupe né pendant l’occupation allemande. Une histoire romanesque.
O
MARIE-NOËLLE
TRANCHANT
mntranchant@lefigaro.fr
n dirait un de ces
bouquins oubliés qu’on trouve dans un
grenier et qu’on se met à feuilleter
sans y penser. L’objet lui-même retient d’abord plus que l’histoire. On le
flaire, on parcourt distraitement quelques têtes de chapitre, une page au hasard, et on se réveille deux heures plus
tard assis sur une marche à la fin du livre. Ce n’était peut-être pas une
œuvre impérissable, mais c’était un
joli voyage romanesque. Il y a quelque
chose de ces plaisirs imprévus et dépaysants dans Le Cercle littéraire de
Guernesey, que Mike Newell a tiré du
roman à succès de Mary Ann Shaffer et
Annie Barrows Le Cercle littéraire des
amateurs d’épluchures de patates.
On découvre ce cercle au nom bizarre en même temps que l’héroïne,
Juliet Ashton (Lily James), jeune Londonienne qui s’est fait connaître par
ses chroniques de guerre humoristiques. En 1946, Londres commence à se
reconstruire et Juliet est en quête d’un
nouveau sujet de livre quand elle reçoit la lettre d’un Guernesiais, Daw-
sey, lui demandant l’adresse d’une librairie où il pourrait se procurer des
ouvrages de Charles Lamb. Il a trouvé
son nom et son adresse, explique-t-il,
sur des contes de Lamb lus au cercle
des amateurs de tourte aux épluchures
de patates, mais Guernesey n’a plus de
librairie depuis la guerre. Intriguée,
Juliet entre en correspondance avec lui
et décide très vite de se rendre à Guernesey, pour raconter l’histoire des
membres de ce fameux cercle, né sous
l’occupation allemande.
Ils sont disparates et pittoresques,
du vieux postier inventeur de la tourte, Eben (Tom Courtenay), à la mé-
fiante Amelia, chez qui se tiennent les
réunions, en passant par Dawsey, le
couvreur (Michiel Huisman), et Isola,
fan des Hauts de Hurlevent, qui espère
un jour rencontrer son Heathcliff. On
connaît ces personnages typiquement
britanniques de demoiselles fanées et
fraîches, la main verte et la plume
imaginative. Il y a aussi deux enfants,
Eli, le petit-fils orphelin d’Eben, revenu d’Angleterre où il a passé les années de guerre dans une famille d’accueil, comme beaucoup d’enfants de
l’île évacués en juin 1940 ; et Kit, une
petite fille de 5 ans adoptée par Dawsey. C’est la fille d’Elizabeth (Jessica
Secret de famille, tragédie historique,
comédie de mœurs, roman d’aventures et roman à l’eau de rose, Le Cercle
littéraire de Guernesey mélange les
couleurs, sur une palette qui est la petite île Anglo-Normande elle-même.
Rien que cela donne au film une originalité certaine, sous sa facture classique : le paysage est agréable, horizons
marins et vallons verdoyants, et le cadre historique a de quoi retenir l’attention : on découvre ce que fut l’occupation allemande sur le seul
territoire britannique envahi pendant
cinq ans. Et sur une aussi étroite surface, la cohabitation forcée est une sorte
de concentré des comédies et des drames de la guerre sur le continent, de
La Traversée de Paris à Au revoir les
enfants…
Réalisateur anglais éclectique, de
Quatre mariages et un enterrement à
Donnie Brasco, Harry Potter et la Coupe
de feu et Prince of Persia, Mike Newell
connaît les ficelles et passe d’un genre
à l’autre avec une efficacité de bon faiseur. Si sa mise en scène n’a pas une
personnalité extraordinaire, elle parvient à retrouver le parfum des films
des années 1940-1950. Et ce romanesque à l’anglaise qui sait si bien vous
embarquer dans des jardins secrets.
Lire, écrire et prendre le thé reste un
art plein de charme. ■
« Le Cercle littéraire
de Guernesey »
Drame de Mike Newell
Avec Lily James, Michiel Huisman,
Jessica Brown Finlay
Durée 2 h 03
■ L’avis du Figaro : ○○¡¡
« Ocean’s 8 », une superficialité
100 % féminine
CINÉMA Les célèbres braqueurs de casinos sont de retour
et ce sont des femmes… Mais le film de Gary Ross se noie dans les clichés.
NATHALIE SIMON nsimon@lefigaro.fr
écliner une franchise avec
une distribution féminine
est une fausse bonne idée.
Un exemple récent devrait
jurisprudence :
faire
Ghostbusters 3 (SOS fantômes) de Paul
Feig avec des actrices pour succéder
au casting masculin des deux premiers
volets. Le premier signé Ivan Reitman
en 1984 avec Bill Murray, Dan
Aykroyd et le regretté Harold Ramis a
laissé une trace dans la comédie américaine. Pas facile d’être à la hauteur.
Réalisateur de Hunger Games et ami
de Steven Soderbergh, Gary Ross s’est
piqué d’appliquer à son tour la recette.
D
Soit de tourner le spin-off (série dérivée) de la trilogie d’Ocean réalisée par
Steven Soderbergh avec George Clooney en tête d’affiche. On se souvient
du premier film sorti en 2001 : Ocean’s
Eleven (remake de L’Inconnu de Las
Vegas de Lewis Milestone).
Préoccupations frivoles
Gary Ross a donc appelé à la rescousse : Sandra Bullock, Cate Blanchett,
Anne Hathaway, Mindy Kaling, Sarah
Paulson, Awkwafina et même la chanteuse Rihanna. Il ne manque plus que
Kim Kardashian (ah non, la star de la
téléréalité fait une apparition !). Le cinéaste enfonce des portes ouvertes.
Les aventures de ces nanas-là ont un
goût de déjà-vu même si on n’est plus
dans les casinos de Las Vegas, mais à
New York. À peine sortie de cinq ans
de prison, Debbie (Sandra Bullock bien
lisse), la sœur de Danny Ocean (George Clooney) organise un casse pour
dérober un collier estimé à 150 millions de dollars lors d’un dîner de charité au Metropolitan Museum.
À ce scénario qui tient sur un ticket
de métro, que se promet bien sûr de ne
plus emprunter Debbie, s’ajoutent les
préoccupations frivoles de ces voleuses sexy. Soucieuses de leur apparence, elles prennent le temps de recouvrir leurs ongles de pied d’un vernis
verdâtre sans doute semi-permanent
en plein braquage.
Gary Ross reste à la surface des
choses, s’empresse de montrer que le
Avec Ocean’s 8, Gary Ross décline sans la moindre once d’inspiration la trilogie
de Steven Soderbergh. B. WETCHER / WARNER BROS. PICTURES
spectateur n’a pas tout vu. Entre un
défilé de mode – ah ! Cate Blanchett
toute de cuir vêtue pour enfourcher
sa moto –, et une publicité interminable pour une chevelure éclatante parce qu’elles le valent bien. Faisant au
passage du placement de produits,
des bijoux comme il se doit, très efficace. Et au final beaucoup de bluff
pour rien. ■
« Ocean’s 8 »
Comédie de Gary Ross
Avec Sandra Bullock,
Cate Blanchett, Anne Hathaway,
Sarah Paulson,
Awkwafina, Rihanna,
Helena Bonham Carter
Durée 1 h 50
■
L’avis du Figaro : ○¡¡¡
La Mafia en habits gothiques
CINÉMA Inspiré d’une affaire réelle, l’enlèvement d’un adolescent, « Sicilian Ghost Story »
de Fabio Grassadonia et Antonio Piazza oscille entre fantastique et horreur.
résenté en ouverture de la Semaine de la critique à Cannes
en 2017, Sicilian Ghost Story
est un film qui ne laisse pas
indemne. Il devrait être montré avec un avertissement en préambule en raison, comme on dit, de « scènes,
de propos ou d’images pouvant heurter la
sensibilité » des spectateurs. Le début
en couleur est plein de vie et de douceur
dans les sentiments. Dans un village sicilien, Luna (Julia Jedlikowska) est
amoureuse de Giuseppe, 13 ans (Gaetano Fernandez), elle le lui dit, ils se
fixent rendez-vous dans la forêt proche, luxuriante et lumineuse.
On s’attend à une bluette pour adolescents, mais on est vite détrompé.
Roméo et Juliette revisité par les frères
Grimm serait plus juste. Giuseppe est
A
P
Luna (Julia Jedlikowska) erre
dans une forêt empreinte de mystère
à la recherche de Giuseppe
(Gaetano Fernandez), son amoureux
enlevé par des mafieux. JOUR2FÊTE
enlevé par de faux policiers, le cauchemar commence pour Luna et le
spectateur. Sa mère castratrice et un
père dépassé par la situation vivent
comme si rien ne s’était passé. L’adolescente, elle, ne peut accepter l’inacceptable. Elle se démène pour retrouver la trace de son ami jusqu’à en
perdre le sommeil.
Un drame effrayant
Aux réalisateurs palermitains, Fabio
Grassadonia et Antonio Piazza, le public
doit Salvo, un premier long-métrage,
thriller fantasmagorique qui évoquait la
mafia (grand prix Nespresso et prix révélation France 4 à la Semaine de la critique à Cannes en 2013). Pour Sicilian
Ghost Story, les deux metteurs en scène
se sont souvenus d’un fait divers autour
d’un mafieux repenti dont le fils avait
été enlevé en 1993. Les kidnappeurs espéraient que le père allait cesser de témoigner contre eux.
Avec ce nouveau film qui mériterait
d’être resserré, les réalisateurs exorcisent l’indicible, accomplissent un acte
thérapeutique en transcrivant à l’écran
un fait qui les hante depuis longtemps.
Pour préparer le tournage, ils ont lu les
procès de l’époque intentés contre les
criminels et se sont rendus sur les lieux
du drame. Après de longs mois de recherches, ils ont trouvé et « reconnu »
les deux interprètes principaux.
Fabio Grassadonia et Antonio Piazza
ne sont ni objectifs ni journalistes. Leur
imagination les a incités à s’emparer
d’un drame terrifiant qui donne à réfléchir sur ce monde qui l’a autorisé. Ils
allient les genres, jouant avec la réalité
et le fantastique, le visible et l’invisible.
Devant leur caméra, Luna grandit devant nos yeux, « voit » la forêt s’assombrir et erre dans des lieux imprégnés de mystère. Le bunker où est
emprisonné Giuseppe forme un cadre
oppressant. Les réalisateurs passent du
thriller noir à l’horreur. On pressent
que l’issue est inéluctable. ■
N. S.
« Sicilian Ghost Story »
Thriller de Fabio Grassadonia, Antonio
Piazza
Avec Julia Jedlikowska, Gaetano
Fernandez
Durée 1 h 57
■
L’avis du Figaro : ○○¡¡
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LE FIGARO
STYLE
mercredi 13 juin 2018
31
Glossier à votre écoute
DÉCRYPTAGE L’annonce du lancement prochain de son e-shop français fait frémir Instagram. Quel est le secret
de la marque de la blogueuse Emily Weiss pour faire tomber les filles et bousculer l’industrie de la beauté ?
ous ignoriez jusqu’à
l’existence de ce label (à prononcer
Glossié) ? Préparez-vous, car le phénomène ne devrait pas tarder à chambouler la France. Quand la fondatrice Emily
Weiss a annoncé, il y a trois semaines,
la livraison de ses produits dans l’Hexagone à la rentrée, Instagram a vu rose.
Pour mieux comprendre, il faut revenir sur le parcours (express) de la NewYorkaise de 33 ans, qui a grandi dans le
Connecticut. En 2010, alors assistante
styliste au magazine pour ados Teen
Vogue, elle lance son blog Into The Gloss.
Convaincue que les femmes ne se retrouvent pas dans le discours des marques traditionnelles et qu’elles attendent
des conseils plutôt que des diktats, elle
donne la parole à des professionnels
(coiffeurs, maquilleurs de studio…) lui
ouvrant la porte de leur salle de bains et
confiant leurs routines. Visuels léchés
(elle prend elle-même les photos), charte graphique épurée : c’est aussi beau
dehors que dedans.
En peu de temps, le nom de la blogueuse star est sur toutes les lèvres. Sa
communauté grandissante se révèle une
mine d’or. De quoi la convaincre de
créer sa propre marque, en 2014. Quelques mois plus tard, elle figure dans le
classement Forbes des trente personnalités à suivre de moins de 30 ans. Avec
une distribution exclusive sur son eshop et ses propres boutiques (vous ne
trouverez pas Glossier chez Sephora, par
exemple), un marketing pro-millennials
cochant toutes les cases et la maîtrise des
réseaux sociaux - à ce jour, plus d’un
million de converties -, Glossier est un
cas d’école, scruté à la loupe par les
géants de la beauté. « Emily est une visionnaire, elle sait avant tout le monde ce
dont les femmes ont envie, assure Lili
Barbery-Coulon, journaliste et influenceuse. Son ambition est sans limite et elle
ne s’en cache pas, elle n’a peur de rien !
Forcément, ce succès en agace certains. »
« Les maquillages
sont abordables et malins »
Au téléphone, Emily Weiss n’a rien
d’agaçant. Certes, décrocher l’interview se mérite car elle est aujourd’hui
une girl boss millionnaire. Corporate,
elle dit « nous » plutôt que « je », mettant constamment en avant ses équipes.
Un discours qui fait écho à la réalité :
dans son entourage, on compte une
étudiante fan rencontrée dans le métro
et embauchée sur-le-champ, mais aussi
des cadres venus de Facebook, Apple,
Estée Lauder, L’Oréal… Ces pontes du
numérique et des cosmétiques fraîchement recrutés permettent à l’entreprise
de conquérir l’international. Après le
Canada, l’Irlande, la Grande-Bretagne
et la Suède, l’Hexagone donc, « le pays
des cosmétiques, les meilleurs sont chez
vous, s’enthousiasme Emily Weiss. Des
rayons de pharmacies aux routines beauté des Parisiennes, la France est une
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4
AARON WYNIA, GLOSSIER
V
ÉMILIE FAURE
efaure@lefigaro.fr
1. Emily Weiss, fondatrice de Glossier. 2. Les baumes à lèvres Balm Dotcom cerise, rose et menthe. 3. Campagne publicitaire pour le soin corps Body Hero. 4. Pop-up store à Toronto.
source d’inspiration pour Glossier depuis
son lancement. J’espère que cela se ressent dans notre offre ».
Elle avait pris le pouls de septembre à
décembre 2017, chez Colette - la seule
entorse jamais faite au modèle de distribution exclusive. Sarah Andelman, cofondatrice de feu le concept store parisien, se souvient : « Nous avions mis à
disposition un présentoir de cartes postales publicitaires, une jeune fille a empoigné devant moi un paquet énorme, je lui ai
simplement demandé d’en laisser un peu
pour les autres… Elle a éclaté en san-
glots. » Une file d’attente interminable,
une horde de Glossier addicts mandatées
par des copines, des cousines, se ruant
sur la gamme à peine les portes du magasin ouvertes. « Je vous assure qu’elles
voulaient toutes faire partie de ce gang,
parce que c’est cool mais aussi parce que
les maquillages sont abordables et malins,
poursuit Lili Barbery-Coulon. Lorsque
j’ai annoncé le pop-up chez Colette dans
une story Instagram, en moins de dix minutes, j’ai reçu des centaines de commentaires ; les filles disaient poser une RTT
pour venir, celles qui ne pouvaient pas se
rendre à Paris demandaient à la communauté de leur acheter ce dont elles rêvaient
depuis des mois. »
Marketing inclusif
À chaque événement du label - récemment une boutique éphémère sous la
pluie à San Francisco -, la même hystérie
qu’on croirait organisée. « Glossier n’est
pas un club privé, se défend Emily Weiss.
Au contraire, nous sommes une marque
démocratique, toutes les femmes doivent
pouvoir venir chez nous et repartir avec ce
dont elles ont envie. C’est le principe de
L’expérience off-line
Elles pourraient se faire livrer en
un clic, pourtant, aux États-Unis, des
milliers de jeunes filles s’organisent
en bande, via les réseaux sociaux,
et traversent le pays à la découverte
des deux boutiques Glossier de New
York et de Los Angeles. Histoire de
dire « j’y étais » et de poster un selfie
sur Instagram. Au 123 Lafayette
Street (NYC), le premier point de
vente ouvert fin 2016, les murs sont
aux couleurs du Glossier Pink, un rose
millennial neutre et doux. Au coude-
à-coude devant les comptoirs, les
clientes veulent tout tester : baume à
lèvres à la noix de coco, blush en tube
de gouache, enlumineur hologramme,
soins, parfum… En combinaison
de pompiste, Glossier Pink of course,
les vendeuses conseillent comme
le feraient de bonnes copines - « Mon
préféré, c’est le blush Dusk, il est super
et vous pouvez me croire, je suis
exigeante ! » Armées de tablettes
numériques (façon Apple Store),
elles encaissent les commandes.
Plus de mille par jour. Les packagings
donnent envie, leurs formules prônent
le naturel. Et les produits ne coûtent
pas cher. Avant la sortie, interpellées
par leur prénom (façon Starbucks),
les clientes, dont la moitié sont des
touristes, récupèrent leurs articles
glissés dans une trousse en papier
bulle zippée, accompagnés de stickers
et de cartes postales. Le tout dans
une euphorie communicative : une fois
sur place, même passé 30 ans, difficile
de résister. C’est ça, l’effet Glossier. É. F.
notre distribution en ligne : sur le site, pas
de file d’attente. » Parmi la quarantaine
de références, de nombreux best-sellers
dont le Boy Brow, une cire pour sourcils
qui fait l’unanimité (18 dollars), et le
Lash Slick, un mascara se démaquillant à
l’eau chaude (16 dollars). Les produits
sont lancés au compte-gouttes, chacun
avec son storytelling, jouant sur les clichés avec des femmes bien en chair
(Body Hero, le soin corps) ou un visage
constellé de taches de rousseur (pour un
fond de teint). En amont, ce sont toujours les internautes qui décident. Quand
l’entreprise souhaite lancer un démaquillant, les équipes interrogent en direct : quelle texture préférez-vous ?
Avec ou sans parfum ? C’est le fameux
marketing inclusif auquel toute l’industrie aspire. « Les femmes, quel que soit
leur âge, sont les expertes de leur beauté,
assure la fondatrice. Elles savent mieux
que personne ce qu’elles veulent et nous les
écoutons. C’est notre force et ce qui nous
différencie des labels classiques. » Sororité, diversité, féminisme… Glossier résonne avec l’air du temps. Pour parfaire
le tableau, il y a aussi son « cool factor » :
« Quand je porte mon sweat-shirt Glossier, mes followers m’envoient des messages, elles le veulent, confie Lili BarberyCoulon. Je ne suis pas sûre que l’effet
serait le même avec le logo d’une marque
traditionnelle ! » ■
Aux petits soins de Bonpoint
BIEN-ÊTRE Le Bristol accueille le premier spa de la marque parisienne
pour les enfants et leurs mamans.
ooker un soin du visage ou un
massage du dos pour sa progéniture ne fait pas partie de notre culture. Il existe d’ailleurs
peu d’adresses qui le proposent
en France hormis, à notre connaissance,
le spa Deep Nature au Saint James Albany
à Paris, ainsi que dans les villages Center
Parcs. En revanche, aux États-Unis et en
Asie, c’est chose commune. Là-bas, la
plupart des spas aménagent des rituels
spéciaux pour les enfants. Ambiance
princesse, masque en forme d’animal et
minimanucure à paillettes pour les petites Américaines, musique zen, points
d’acupression légers et étirements chez
les Chinois, les Japonais et les Coréens.
« De plus en plus de clients nous réclamaient ce type de services. Principalement
B
des étrangers, habitués à ces prestations
dans d’autres pays, mais aussi des Français ayant voyagé. Nous avons donc réfléchi à une carte spéciale pour les petits »,
raconte Marine d’Aguanno, la directrice
du spa du Bristol. Le
palace, connu comme
l’un des établissements
les plus « kids friendly »
de la capitale, a inauguré la semaine dernière
ses premières cabines
de soin en partenariat
avec Bonpoint. La marque aux cerises, dont
c’est le premier spa, assure à la fois la décoration (linge, bougies…) et les formules cosmétiques.
Dans les cabines rose dragée, pas de
gloss à la fraise Tagada ou de gommage
au cheesecake mais les formules hypoallergéniques de Bonpoint, des best-sel-
lers en Asie auprès des femmes : crème
fluide à la fleur de coton, huile et sérum
aux effluves de néroli.
La carte reste bon enfant avec une hydratation du minois (Tendresse), un
modelage du cuir chevelu, du dos, des bras et
des jambes (Douceur)
ou les deux (Escale Magique, suivie d’un goûter réalisé par le chef
pâtissier du Bristol). Les
soins durent entre 25 et
55 minutes et coûtent
de 110 à 220 euros. Selon
la réglementation française, fillettes et garçonnets sont pris en
charge à partir de 6 ans, en présence de
l’un des parents, seuls à partir de 12 ans
(avec une autorisation parentale). Les
protocoles ont été imaginés pour, d’une
part, respecter la pudeur enfantine, de
Une cabine du palace redécorée par Bonpoint.
l’autre, suivre une logique récréative.
« Plutôt que transposer des rituels destinés aux adultes, nous avons joué la carte
de l’expérience pour les petites filles qui
veulent faire comme leur maman, reprend
Mme d’Aguanno. Ces protocoles ne sont
pas figés. Certains enfants vont rester allongés et se détendre pendant une demiheure, alors que ceux dont c’est la premiè-
RAPHAËL DAUTIGNY/LE BRISTOL/BONPOINT
re fois vont vouloir toucher les crèmes, se
faire masser juste les mains… Nous nous
adaptons à chaque cas de figure. » Y a-til un âge minimum pour initier ses bambins à tant de luxe ? Le carnet de réservations est déjà plein. ■
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mercredi 13 juin 2018 LE FIGARO
TÉLÉVISION
Brigitte Macron, l’évidence
d’une rencontre hors du commun
BIEN VU
Anthony Palou
apalou@lefigaro.fr
Chauffe,
Vévette,
chauffe !
Virginie Linhart brosse un portait réussi de la première dame et, en creux, celui de son époux président.
FRANÇOIS-XAVIER BOURMAUD
£@fxbourmaud
« La mort
d’Yvette Horner »
Chaînes infos | Mardi |
S
ans doute est-ce son agent
qui déclara joliment : « Yvette
Horner n’est pas morte d’une
longue maladie, mais d’une vie bien
remplie. » La célèbre accordéoniste
aux cheveux rouges glissait vers
sa 96e année. Le piano à bretelles,
ça conserve. Elle a été pendant
des décennies une véritable
icône, a vendu des millions
de disques, plus de trente.
Sa célébrité, elle la devait surtout
à la caravane du Tour de France dont
elle devint la mascotte. Elle en fit
une bonne dizaine. C’est peu dire
qu’elle traversa et retraversa
les départements. Installée sur une
chaise fixée sur le toit d’une traction
avant Citroën, sombrero vissé
sur le crâne, chaque jour pendant
300 kilomètres, elle actionnait sans
relâche son instrument popu joyeux
et triste qu’elle maniait, virtuose,
comme personne, mais qui devenait
pour certaines oreilles sensibles,
au bout de cinq minutes, un véritable
supplice. À son passage sur les routes
poussiéreuses, la foule criait :
« Vas-y, Vévette ! » Elle terminait,
héroïque, les étapes couvertes
de poussière et de moustiques.
Jérôme Cadet, journaliste sur France
Info, nous a rappelé cet épisode :
« Le rythme quotidien est harassant
et la marque Suze (un des annonceurs
du Tour, NDLR) s’inquiète : “Vous
allez vous tuer, Yvette !”, dit l’un
des représentants du célèbre apéritif.
Il a l’idée d’un stratagème : installer
à la place de l’accordéoniste une statue
et, dans la voiture, de la musique
enregistrée, pensant que les
spectateurs n’y verraient que du feu.
Dès les premiers kilomètres,
c’est l’émeute. La voiture est
caillassée. Et Yvette reprit son poste. »
Voilà, Yvette Horner, Maillot jaune
du bal musette, égérie du couturier
branché Jean Paul Gaultier, a tiré
son dernier soufflet, a rejoint
les douces ténèbres, ces ténèbres
que Winston Churchill appelait
malicieusement « velours noirs ».
il y a un mystère Emmanuel Macron, sans doute
faut-il, pour le résoudre,
procéder comme dans La
Lettre volée d’Edgar Allan
Poe. Commencer par observer ce qui
s’offre au regard comme une évidence.
Brigitte Macron en l’occurrence, dont
la présence quasi permanente au côté
du président de la République révèle
plus de l’homme que n’importe quelle
biographie. C’est ainsi qu’en creux, le
beau portrait signé Virginie Linhart,
que France 3 consacre à la première
dame – Brigitte Macron, un roman français – en dit presque autant sur Emmanuel Macron que sur elle. Ces deux-là
sont inséparables, et peut-être même
prédestinés. Le récit de l’enfance puis
de la première vie de Brigitte Macron
laisse en tout cas l’impression que tout
finirait forcément par les projeter l’un
avec l’autre.
S’
« Elle donne confiance »
Petite dernière d’une famille de six enfants, Brigitte Macron a vingt ans de
moins que son plus grand frère. « J’ai
été élevée dans l’écart générationnel. Je
ne vois pas les différences d’âge », lui
fait dire le documentaire. Nourri de témoignages rares, dont celui
de sa fille Tiphaine, le
○○○¡
film tend inexorablement vers la rencontre
qui va chambouler sa vie sage. Cela
tombe bien, Brigitte Macron a l’air de
s’ennuyer un peu dans la bourgeoisie de
province amiénoise. Son échappatoire,
c’est son métier d’enseignante auquel
20.55
elle se consacre entièrement. Au point
qu’aujourd’hui encore, certains de ses
anciens élèves se souviennent de ses
cours et du plaisir qu’ils prenaient à y
assister. « Elle a toujours considéré que
FRANÇOIS AUBEL £@francoisaubel
n appelle cela les joies de la
promo. Avant de recevoir
Catherine Ceylac à Tulle ce
samedi pour « Thé ou café »,
François Hollande donne ce
soir ses Leçons du pouvoir, titre de son livre-bilan, aux enfants de l’émission « Au
tableau ». Il intervient entre l’attaquant
des Bleus Kylian Mbappé et Kev Adams.
Cela tombe bien, il aime le foot et les petites blagues. C’est surtout l’occasion pour
l’ancien président de s’attribuer comme
il le fait depuis deux mois maintenant une
série de bons points, en distribuant au
passage de nouveaux blâmes à son suc-
O
interviewé par Sarah Lecœuvre et
Damien Canivez aujourd’hui sur :
François Hollande s’attribue une série
de bons points et distribue des blâmes
à Emmanuel Macron. PIERRE-OLIVIER / C8
MOTS CROISÉS
Par Vincent Labbé
1
PROBLÈME N° 4751
VERTICALEMENT
1. Exclusion de toute métaphysique,
mot forgé par Thomas Huxley.
- 2. Maquereau économie. - 3.
Filasse tirée de l’agave du Mexique.
Souche de rejetons. Note. - 4.
Homme de confiance. Direction.
En fit autant. - 5. Descentes de
lit. Avancée modeste. - 6. Curé à
Saint-Sulpice. Ils alimentent
les vasières. - 7. Appellations
contrôlées. Aide couturière. - 8.
Montrent facilement les dents.
Deux barres à sauter.
1
2
3
4
5
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8
SOLUTION DU PROBLÈME N° 4750
HORIZONTALEMENT 1. Blatères. - 2. Limicole. - 3. Agar-agar. - 4.
Nasale. - 5. CM. Gérai. - 6. Héler. Ra. - 7. Anis. Bob. - 8. Ite. Boni. - 9. Légaux.
- 10. Lueur. Li. - 11. Es. Rivet. - 12. Sénanque.
A
les études étaient facteurs d’émancipation », explique sa fille. Le propos résonne avec le projet présidentiel d’Emmanuel Macron dont l’un des objectifs
principaux vise à émanciper les indivi-
Entre Kylian Mbappé et Kev Adams, l’ancien président se présente « Au tableau ».
Invité : Alexandre Ruiz,
HORIZONTALEMENT
Brigitte Macron, le 14 mai 2017, à l’Élysée, lors de la cérémonie de
passation des pouvoirs entre François Hollande et Emmanuel Macron.
dus. Ce n’est sans doute pas un hasard
si, au fil du récit, Emmanuel Macron
apparaît parfois comme le grand œuvre
de son épouse, presque une réussite
personnelle. « Tout au long de la vie de
Brigitte, on retrouve cette constante : elle
donne confiance, elle accompagne, elle
motive », glisse le commentaire. Un intervenant ajoute : « Brigitte, c’est un
personnage qui co-construit Emmanuel
Macron ». Un peu réducteur toutefois
pour lui qui a aussi pris sa part dans leur
histoire. Notamment pour affronter
l’adversité lorsque des bruits commencent à courir dans Amiens sur leur relation. Lors de leur mariage en 2007, dont
le documentaire propose des images
inédites, il consacre d’ailleurs une partie de son discours à remercier ceux de
ses proches qui ont cru en eux et reconnu cette « force de l’évidence ». « Si je
n’avais pas fait ce choix, je sais que je serais passée à côté de ma vie », explique
Brigitte Macron, toujours selon des
propos rapportés.
Une fois marié en 2007, le couple
s’installe à Paris. C’est le début de la
conquête. Lorsque Emmanuel Macron
surgira sur la scène publique, la différence d’âge avec Brigitte deviendra un
atout. Son couple hors norme intrigue
la presse people qui va s’intéresser à lui
et surtout lui permettre de combler très
vite son déficit de notoriété. Suffisamment pour partir à l’assaut de l’Élysée.
Lui président, elle première dame, elle
entrera sans encombre dans le costume. Au côté d’Emmanuel Macron au
sens propre comme au figuré. Et demandera même, sur les photos officielles des sommets internationaux où elle
est parfois conviée, à figurer au même
niveau que son époux et pas en retrait
comme le protocole l’exige parfois. Elle
et lui, couple présidentiel. ■
Hollande tente d’effacer son ardoise
LE BUZZ TV
1. Ressortir avec évidence dans la
plaidoirie. - 2. On y habita il y a
bien longtemps sous des grottes,
ils vivent aujourd’hui sur un rocher.
- 3. Informée en bonne et due
forme. - 4. Tout cru. Guère épais.
- 5. Se répète chez les stakhanovistes. Bande arrière. - 6. Flèche
tirée. Tranche de foie. - 7. Clôture de
pieux. Station de ski en HauteSavoie. - 8. Partisan du régime de
Vichy. - 9. Vieil article de compte.
Avec lui devant, on va réussir à
égaliser. - 10. Leitmotiv du rêveur.
Vert ou jaune, selon le sens. - 11.
Dans son pot, le Meldois met
le doigt. - 12. Créer des points
d’accumulation.
FRANÇOIS BOUCHON/LE FIGARO
34
VERTICALEMENT 1. Blanchailles. - 2. Ligamenteuse. - 3. Amas. Liège.
- 4. Tirages. Aura. - 5. Écaler. Burin. - 6. Roger. Box. Vq. - 7. Éla. Aron.
Leu. - 8. Serviabilité.
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cesseur. Comme lorsqu’il évoque la nomination, jadis, de son ministre de l’Économie. Cet impudent qui lui réclamait
aussi les Finances. À la différence des
femmes, il arrive, explique-t-il, que certains hommes soient « trop pressés ou
trop prétentieux ». Suivez son regard…
Souvenirs de Flanby
Pour le reste, l’émission est-elle vraiment
digne d’un ancien chef d’État ? « On vous
surnommait Flanby », l’interroge une
fillette. Réponse de l’intéressé : « C’était
un ami politique, Arnaud
Montebourg, qui m’en
avait affublé. Mais finalement, c’est une très bonne
○¡¡¡
proposition. Je ne connais
BRIDGE
personne qui n’aime pas le Flanby. » Les
enfants, polis, n’oseront pas le contredire. Sur les portraits qu’on lui propose de
commenter, François Hollande est la caricature de lui-même. Dans la tenue traditionnelle kazakhe avec une chapka sur
la tête ou sous la pluie, trempé. Il se verra
d’ailleurs offrir une paire de lunettes
avec essuie-glaces intégrés. Avant
d’avoir l’opportunité de montrer qu’il
sait nouer une cravate. Mieux vaut en
rire qu’en pleurer sans doute. L’Élysée lui
manque-t-il ? « Je n’ai jamais souffert de
quitter un lieu de pouvoir,
rétorque-t-il. J’ai peutêtre souffert de quitter le
pouvoir. » Tout est dans
le « peut-être ». ■
21.00
Par Philippe Cronier www.lebridgeur.com
PROBLÈME DE DÉFENSE N° 2848 : Pas complètement minuscules
Contrat : Sud joue 4 Piques.
AR4
R D 10 5
D 10 9 5
RD
N
O
E
S
D8
AV2
6
AV98654
La séquence (Tous vuln.) :
Sud Ouest Nord
Est
1
2
2 passe 3 passe
3 passe 4
Entame : 10 de .
SOLUTION DU PROBLÈME N° 2847 : Avant de jouer à pile ou face
Contrat : Sud joue 3 Sans-Atout.
La séquence (E.-O. vuln.) : Sud ouvre de 1SA, Nord dit 2, Sud répond 2 et Nord conclut
à 3SA.
Entame : 3 de pour le Valet d’Est qui insiste de la Dame de (le 2 en Ouest) puis du 5 de pour votre As.
Les sont manifestement 5-3. Si l’As de gît en Ouest, il faut
réussir l’impasse à . S’il gît en Est, il suffit de le faire sauter,
la défense ne communiquant plus à .
Avant de jouer à pile ou face, encaissez As-Roi de . Si la Dame
tombe, souriez. Dans le cas contraire, jouez en espérant A 6 5 4
R 10 7 3 2
qu’Est prendra la main.
65
D5
RD32
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AR32
10 9 8
N
O
E
S
V 10
A98
D87
ARV76
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DV5
V 10 9 4
432
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LE FIGARO
TÉLÉVISION
MÉTÉO
mercredi 13 juin 2018
35
PAR
ÉPHÉMÉRIDE St-Antoine
Soleil : Lever 05h46 - Coucher 21h55 - Nouvelle Lune
19.20 Demain nous appartient. Feuilleton 20.00 Le 20h 20.35 Le 20h le
mag 20.50 C’est Canteloup
19.20 N’oubliez pas les paroles ! Jeu
20.00 20 heures 20.40 Vu 20.45 Alcaline 20.50 Parents mode d’emploi
19.00 19/20 20.00 Tout le sport.
Magazine 20.30 Plus belle la vie.
Feuilleton.
18.10 Grey’s Anatomy. Série 20.55
LolyWood. Divertissement.
21.00 Joséphine, ange gardien
21.00
20.55
20.55
Série. Comédie dramatique
Film TV. Drame
Documentaire. Biographie
MATIN
11
10
Série. Comédie. Fra. 2001. Saison 5.
Avec Mimie Mathy, Sonia Mankaï.
Romain et Jamila. Romain et Jamila,
un jeune orphelin et une fière «beurette», s’aiment d’un amour tendre.
9
10
10
10
12
11
14
13
13
12
22.50 Joséphine, ange gardien. Série
0.40 Confessions intimes. Mag.
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12
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13
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13
30
Grey’s Anatomy
La tueuse caméléon
EU. Saison 14. Avec Sarah Drew,
Geena Davis, Jesse Williams. 2 épisodes. Inédits. Chacun se demande
ce qui est vraiment important pour
lui quand un membre du Grey Sloan
est grièvement blessé.
Fra. 2015. Réal. : Josée Dayan. 1h36.
Avec Catherine Frot, Jeanne Balibar,
Julie Depardieu, Jacques Spiesser,
Jérôme Kircher. Comment une
femme peut-elle être morte depuis
des mois et vivre encore ?
22.50 Chicago Med Série. 2 épi-
22.35 Questions directes Avoir
sodes. Inédits 0.30 New York, unité
spéciale. Série. 2 épisodes.
un enfant, un droit pour tous ? Inédit
0.10 12 juillet 1998, le jour parfait.
Brigitte Macron,
un roman français
2018. Réalisation : Virginie Linhart.
1h33. Inédit. Mystère, interdit, romance : le couple de Brigitte et Emmanuel Macron a fasciné la France ,
avant de fasciner le monde entier.
22.35 Soir/3 23.00 Pièces à
conviction Inédit 23.50 Débat. Invité, notamment : Christophe Hutteau.
12
15
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19.00 C à vous 20.00 C à vous, la
suite 20.20 Écho-logis. Série doc.
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20.50 La face cachée
du bio «low cost»
18
17
17
Doc. Société. 2016. Réal. : Eric Wastiaux. 0h50. Si le bio est réputé bon
pour la santé et pour la planète, son
succès cache certaines dérives.
16
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18
19
40
19
APRÈS-MIDI
21.40 Le petit peuple des champs.
Documentaire 22.30 Débat
20
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19.00 Au fil du Mississippi. Série
documentaire. Le bayou 19.45 Arte
journal 20.05 28 minutes. Magazine.
18.40 Chasseurs d’appart’. Jeu 19.45
Le 19.45 20.25 Scènes de ménages.
Série. Avec Frédéric Bouraly.
20.55
20.55
21.00
Film. Comédie dramatique
Film. Animation
Série. Comédie
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20.55 Braquage de sang
19
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Film TV. Action. EU. 2017. Réal. :
Scott Windhauser. 1h28. Avec Michael Jai White, Q. ‘Rampage’ Jackson. Un négociateur irascible joue au
chat et à la souris avec un braqueur.
19
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19
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24
22.45 Interrogation. Film TV. Action
0.25 XIII. Série.
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20
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24
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19.00 Cabanes perchées. Série
documentaire.
De plus belle
Avril et le monde
truqué
Fra. 2017. Réal. : Anne Gaëlle Daval.
1h38. Inédit. Avec Florence Foresti,
Mathieu Kassovitz, Nicole Garcia.
Lucie est guérie, sa maladie est
presque un lointain souvenir. Sa
famille la pousse à aller de l’avant.
Qu’est-ce qu’on attend
pour être heureux ?
Fra. 2013. Réal. : C. Desmares, F. Ekinci. 1h45. Inédit. Paris, 1941, dans un
monde alternatif. Napoléon V règne
sur la France, où, comme partout sur le
globe, les savants disparaissent.
Fra. Saison 1. Avec Lorànt Deutsch,
Mathias Mlekuz. 2 épisodes. Inédits.
Anna et Romain Corneaux quittent
la capitale pour aller vivre dans la
maison d’enfance du jeune homme.
22.35 21 cm Mag. Littéraire. Prés. :
22.35 Un homme est mort
22.55 Qu’est-ce qu’on attend
Augustin Trapenard 23.25 Tunnel.
Série 1.05 Profession... Mag.
Film TV. Animation 23.45 La ferme
des animaux. Film. Animation.
pour être heureux ? Série. Plein
la vue. Inédit 0.00 Maison à vendre
21
T (en °c)
20.50 High Side
Magazine. Sportif. 2h00. Le défi sans
permis ! Inédit. François et Adrian
testent chacun un deux-roues sans
permis sur le col de la Bonnette. Les quatre saisons. Inédit.
22.50 High Side. Magazine. Road
Trip électrique en Italie.
<-10 à 0
19.05 Once Upon a Time. Série.
L’autre Robin - Le vrai meurtrier.
19.20 Quotidien, première partie.
19.40 Quotidien. Talk-show.
20.55 Mathieu Madénian et Thomas
VDB au bord de la crise de nerfs
19.05 TPMP : première partie 20.10
Touche pas à mon poste !
21.00 Burger Quiz
21.00 Enquêtes criminelles :
le magazine des faits divers
21.00 Au tableau !
Jeu. Prés. : Alain Chabat. 1h45.
Inédit. Seize ans après son arrêt,
«Burger Quiz» a fait son grand retour, et Alain Chabat est à nouveau
aux manettes.
22.45 Burger Quiz. Jeu. Prés. : Alain
Chabat 23.45 90’ enquêtes. Mag.
Mag. Société. Prés. : N. Renoux.
2h00. Inédit. Au sommaire : «Affaire
Sellier : duo machiavélique» - «Affaire Bondonny : témoin gênant».
Divertissement. 1h50. Inédit. Invités :
Kylian Mbappé, François Hollande,
Kev Adams. Avant les vacances, les
enfants d’»Au tableau !» font passer
sur le gril un dernier trio de choc.
23.00 Enquêtes criminelles : le magazine des faits divers. Mag.
22.50 Au tableau ! Divertissement
23.50 Langue de bois s’abstenir
SU DO KU
GRILLE 2537 MOYEN
9 1 5
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6
2
1
ATTENDRE
DE PIED
FERME
ROSSA
CHUTES
D’EAU
FAIT LE
COUPLE
SOLUTION DU N° 2536
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22.20 Storage Wars : enchères surprises. Téléréalité.
7
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SAMEDI
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21/28
lachainemeteo.com
Tous les programmes
dans TV Magazine
et sur l’appli TV Mag
par téléphone :
LIVE 24/24 SUR
et sur
2,99 €/appel
RENFORCER
UN
TONNEAU
SUPPORT
DE ROSE
BIEN
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DU JOUR
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BOIS
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17
PRÈS DE
SES SOUS
ENTHOUSIASTE
TÉLÉPHONE
DÉPASSÉ
CONVIA
À L’ESPRIT
LOGIQUE
POSSÈDENT
EN BIEN
PROPRE
NOTION
BROSSES
DE LAD
LE
GALLIUM
FIGURINE
CACHÉS
FILLE DE
VICTOR
HUGO
BLESSÉ
BLOQUÉ
C’EST UNE
PORCHERIE
ADJECTIF
DÉMONSTRATIF
SOUPE
GLACES
ET
GÂTEAUX
SOUS MI
DÉCAPITÉ
ENDROIT
BRÛLANT
LE
CHLORE
ESTSUD-EST
MOUTON
DU BORD
DE MER
24/33
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18/28
16/23
13/20
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ATHÈNES
BERLIN
BUDAPEST
LISBONNE
PRAGUE
TUNIS
VENDREDI
14/21
15/19
Téléréalité. 1h20. Viva San Francisco. Les acheteurs se rendent à
San Francisco. - Stop ou encore Ça passe ou ça casse.
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22/31
11/20
10/17
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FORCE 2
EN
COLÈRE
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21.00 Storage Wars :
enchères surprises
10 à 20 20 à 30 30 à >40
AMSTERDAM
BELGRADE
BRUXELLES
DUBLIN
MADRID
ROME
JEUDI
MOTS FLÉCHÉS N°1996
Chaque jour un peu plus difficile
21/26
17/25
11/12
15/20
12/22
17/24
ALGER
BARCELONE
BERNE
COPENHAGUE
LONDRES
RABAT
0 à 10
Édition Collector
ILS SONT
QUATRE
DANS
UN JEU
TROU
DANS
L’EMPLOI
DU TEMPS
A
B
G
ON Y
SUSPEND
DE LA
VIANDE
L
S
SOLUTION DU NUMÉRO PRÉCÉDENT
T
H
C
I
I
A
E
R R A C H A G E S
T A P I
A E R A I
U N I C O L O R
I S A
P R E S S E N T I E
T I S S E U S E
L E O N
E L
E R G
V A L
S T E
M I A M
I L E
I P
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A R T I L L E U R S
N
O N U
T I E R C E
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A
18.40 L’info du vrai (C). Magazine.
Présentation : Yves Calvi. 20.40
Canalbis (C). Divertissement.
19
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18.55 Les Anges 10 - Let’s Celebrate ! 19.55 The Big Bang Theory
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 13 juin 2018 LE FIGARO
36
Jean-Marie Gurné et ses
nourritures terrestres
Stéphane Durand-Souffland
sdurandsouffland@lefigaro.fr
ean-Marie Gurné, qui a commencé sa
carrière professionnelle en tant que chef
de produit pour la purée Mousline, entame une deuxième vie en tant que propriétaire d’un restaurant étoilé d’un genre très particulier. Ce fils unique d’un
médecin et d’une pharmacienne biologiste « cuisinière hors pair », a été élevé
par sa mère après le divorce de ses parents. Elle
l’emmène au Sénégal, où elle reprend ses études
interrompues pendant dix années. Très tôt, encouragé par cette femme qu’on devine hors du commun quand son fils la raconte, Jean-Marie Gurné se
découvre deux passions dévorantes : la gastronomie et le spectacle.
Leur assouvissement final passe donc par la purée industrielle, ce qui est cocasse. Pas tant que
cela, en définitive. Notre homme est lucide sur luimême : s’il se débrouille derrière un fourneau, niveau amateur, il n’a « aucun don pour écrire, ni pour
jouer la comédie ». Plutôt que de se lancer dans une
carrière de saltimbanque vouée à la médiocrité, il
fait l’Essec. Là, il prend la tête de l’association Les
Heures musicales, qui organise des concerts.
Culottés, Gurné et ses camarades attendent Rostropovitch à la sortie d’un récital et lui proposent de
venir jouer du violoncelle à l’école. Ils feront le
même coup à Régine Crespin, croisée dans un
J
SEBASTIEN SORIANO/LE FIGARO
SUCCÈS Il a ouvert, rue Troyon, à Paris, la Scène Thélème :
un restaurant qui allie, dans un même lieu, les deux passions
de cet ancien de chez Nestlé : le spectacle et la gastronomie.
avion. Le virtuose et la diva acceptent et viennent
adoucir les mœurs des futurs commerciaux – idem
pour Véronique Sanson, Claude Bolling et bien
d’autres vedettes qui consentent, pour l’occasion,
des cachets à « prix étudiants ». Diplômé, JeanMarie Gurné entre chez Nestlé le 1er février 1979,
navigue brillamment entre la purée qu’on creuse
façon volcan pour mettre du jus dedans et les crèmes glacées, grimpe les échelons, dirige jusqu’à
3 000 collaborateurs, alors qu’il pensait ne rester
que trois ans.
grinçants de Thomas Bernhard, tirés de Mes prix
littéraires. Dernièrement, Jacques Weber a triomphé dans Hugo au bistrot, escapade à travers divers
écrits de l’immense Victor, avec la complicité de
Magali Rosenzweig. Gurné avait appliqué la bonne
vieille méthode de l’Essec : le toupet. Croisant le
comédien dans un restaurant (pas le sien), il lui fait
porter sa carte. Le lendemain, les deux compères
font affaire dans un autre établissement (le sien).
« Mon rêve serait d’accueillir Fabrice Luchini »,
sourit l’ancien marchand de glaces planétaire.
Rassasier l’estomac et l’esprit
Spectacles musicaux
Mais les deux passions de Monsieur le
senior vice-président sont toujours
là, qui le tenaillent. Il court – et, parfois, soutient – les festivals de musique classique. Il a son rond de serviette aux meilleures tables – il apprécie
tout particulièrement Guérard, Passard, Alléno, Ledeuil et Savoy. Arrivé
à la soixantaine en 2015, cet homme
aux éclats de rire sonores, qui se dit
joliment « rare mais profondément
impliqué en amitié » décide de sauter
le pas. Il démissionne de son poste
chez Nestlé, et monte son restaurant :
il rachète dans le XVIIe arrondissement de Paris, rue Troyon, celui de
Savoy quand le grand chef s’installe à
l’Hôtel de la Monnaie. Ils se connaissent depuis 1978. Profitant d’une permission, l’appelé Gurné, accablé par
la popote du régiment, se rue alors à la
Barrière de Clichy, la table montante
de l’époque, tenue par le jeune Savoy. Auquel, bien
des années plus tard, il souffle l’idée d’un saumon
cuit par le froid, fantaisie testée à Bougival au Camélia, époque Delaveyne, revisitée de manière
époustouflante par Savoy.
Revenons rue Troyon. L’idée est de rassasier, en
un même lieu, l’estomac et l’esprit – l’actuel propriétaire avait d’ailleurs envisagé, dans un premier temps, d’acquérir un théâtre. Pas question
de proposer un dîner-spectacle, formule hybride
qui flatte la paresse du cuisinier et encourage à la
facilité artistique. Non : la singularité de la Scène
Thélème, c’est d’avoir la même
exigence pour les deux disciplines,
qui seront servies séparément.
D’abord le spectacle, d’une heure
environ, puis, pendant qu’un apéritif permet au public et aux artistes
1955
d’échanger de l’autre côté de la
Naissance
rue, le petit théâtre est démonté,
à Caudebec-lès-Elbeuf
une paroi coulisse et hop ! le res(Seine-Maritime).
taurant s’agrandit d’autant. Place
1962
au repas, exquis, avec la possibilité
Installation à Dakar.
d’un forfait tout compris à 85 €
1979
seulement. À peine ouvert, le resDiplôme de l’Essec,
taurant décroche une étoile au Miarrivée dans le groupe
chelin et trois toques au Gault
Nestlé.
& Millau, succès inespéré. Le chef
2016
Pierre Rigothier claque la porte,
Ouverture de la Scène
mais il est aussitôt remplacé par un
Thélème (Paris 17e).
autre jeune talent, Julien Rouche2018
teau (ex-2-étoiles au Lancaster).
Ouverture, cet automne,
Les spectacles sont également
du Studio Thélème
ambitieux.
Le premier, en 2016,
(Paris 11e).
consistait en une lecture de textes
Bio
EXPRESS
« Dans les grands groupes, la prise de décision est
lente, mais l’exécution rapide. Dans les petites sociétés, c’est le contraire », explique-t-il. Devant le
succès – mérité – de la Scène Thélème, Jean-Marie
Gurné décide rapidement d’en ouvrir une déclinaison. L’adresse est encore en chantier au 21, rue
de Charonne, dans le XIe arrondissement branché
et saturé de bistrots en tout genre et, souvent, interchangeables. À partir de l’ouverture, prévue en
septembre, ce Studio Thélème sera tourné vers les
spectacles musicaux. L’assiette, elle, sera plus
abordable que celle de la rue Troyon, avec un
menu autour de 35 €, sept jours sur sept. Mais attention : on ne mégotera ici ni sur la beauté du décor, ni sur la qualité des plats.
« Fais ce que voudras » était la devise de l’abbaye
de Thélème, imaginée par Rabelais dans Gargantua. Celle de Jean-Marie Gurné, poète et perfectionniste, patron exigeant et mécène obstiné,
prendrait plutôt la forme d’une question qu’il se
pose à lui-même et à ceux qui travaillent avec lui :
comment, en tout, faire mieux ? ■
UN DERNIER MOT
Par Étienne de Montety
edemontety@lefigaro.fr
Historique [i-sto-ri-k’] adj.
Transforme le passif en passé.
’accord de dénucléarisation passé entre les États-Unis et la Corée du Nord
est volontiers qualifié d’historique. Le mot vient du grec historikos, qui désigne
ce qui se rapporte à l’histoire. Il y a toutefois quelque chose de cocasse à qualifier
d’emblée d’historique un événement d’actualité. Le deviendra-t-il ? Parce qu’il a été suivi
par les caméras du monde entier, du moins son historicité ne sera pas mise en doute.
Ce qui est extraordinaire, c’est que les deux dirigeants, jusqu’ici considérés comme
des hommes à histoires, aient soudain décidé d’entrer dans celle-ci en se rencontrant.
Il faut reconnaître que les relations entre ces histrions relevaient de l’hystérique.
Désormais, non seulement l’hystérique a disparu, mais l’historique des tensions entre
les États-Unis et la Corée du Nord est également effacé. De l’avis général, l’accord a été
signé sans histoire. Ne nous en racontons pas davantage : s’ouvre une ère nouvelle,
et cet accord pourra être considéré comme historique s’il renvoie définitivement
ce qui précède aux temps préhistoriques. ■
L
FIGARO-CI ... FIGARO-LÀ
Les soldats de montagne fêtent leurs 130 ans
d’histoire et d’engagement
A
Les troupes de montagne célèbrent cette année, du 15 au 17 juin, leurs 130 ans
d’histoire. L’ensemble de la « famille » sera réuni à l’occasion de la saint
Bernard, saint patron des soldats de montagne, pour un week-end autour
de trois thématiques : tradition, engagement, solidarité.
Le 15, la cérémonie se déroulera au cœur de Grenoble, place de Verdun,
et sera suivie d’un défilé dans les rues. Place à un trail le 16, avant
une journée entièrement dédiée aux blessés et à leur famille le dimanche 17.
Le fort de Brégançon
et les hommes-grenouilles
Le Forum Normandie
pour la paix
Alors qu’Emmanuel Macron, comme
ses prédécesseurs, compte utiliser le fort
de Brégançon, le journaliste Guillaume
Daret raconte dans un livre truffé
d’anecdotes – Le Fort de Brégançon
(Éd. de l’Observatoire) – les secrets du lieu.
Comme les mesures de sécurité sur place.
Chirac est convaincu qu’elles ne servent
à rien. De quoi obliger le commandant
du Groupe de sécurité de la présidence à
escalader le fort, la nuit, pour lui démontrer
qu’une attaque est toujours possible. Autre
président, même impératif que Hollande
résume à sa manière : « Quand j’y ai
séjourné, il y avait des hommes-grenouilles
qui plongeaient tous les matins autour du fort
pour voir s’il y avait des mines… Quand vous
vous baignez, vous vous dites que le coût
du bain est bien élevé ! »
Pendant les festivités
du 70e anniversaire du
Débarquement, a été créé,
en 2014, le format Normandie
de négociation de paix en Ukraine
(Paris, Berlin, Kiev, Moscou).
Le président de la région, Hervé
Morin, souhaite ancrer cette
vocation d’intermédiation
diplomatique. Il a organisé,
les 7 et 8 juin, à l’abbaye des Dames
de Caen, le premier forum pour
la paix, autour de Ban Ki-moon,
avec 150 intervenants et plus
de 5 000 participants. Ce Forum
Normandie pour la paix se tiendra
désormais chaque année en juin.
Il a l’ambition de devenir
le « Davos » de la géopolitique.
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