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Le Figaro - 04 08 2018 - 05 08 2018

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samedi 4 - dimanche 5 août 2018 LE FIGARO - N° 23 010 - www.lefigaro.fr - France métropolitaine uniquement
Première édition
lefigaro.fr
« Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur » Beaumarchais
LES RENCONTRES INATTENDUES
L’ÉTÉ
LA COMPLICITÉ DE
JEAN COCTEAU AVEC
LE CHEF RAYMOND OLIVER
DU
FIGARO
PAGE 18
VILLES FANTÔMES
TEDDY RINER
LE JUDOKA VEUT FINIR
EN BEAUTÉ AUX JO
DE 2024 À PARIS PAGE 8
La France, championne
du monde du tourisme
GOLDFIELD, LE
BOURG HANTÉ
DE LA RUÉE
VERS L’OR
PAGE 16
PIERRES SACRÉES,
PIERRES MAUDITES
LE RÉGENT,
« UN DIAMANT
UNIQUE
EN TOUT »
PAGE 12
JEUX D’ÉTÉ PAGE 15
MALI
Le président IBK
en marche vers
sa réélection PAGE 4
SANTÉ
MARTIN BERTRAND
Dans la chaleur,
les hôpitaux font
face PAGE 6
FESTIVAL
ENTREPRISES
Heineken s’allie
avec le leader
chinois
de la bière PAGE 23
AUTOMOBILE
Toyota redoute
les taxes
américaines PAGE 23
CHAMPS
LIBRES
La chronique
de Natacha Polony
La tribune
de Nicolas Bouzou
n
n
PAGE 17
@
FIGARO OUI
FIGARO NON
Réponses à la question
de vendredi :
Les entreprises
doivent-elles contribuer
davantage
au financement
des arrêts maladie ?
OUI
29 %
NON
71 %
TOTAL DE VOTANTS : 25 370
M 00108 - 804 - F: 2,60 E
3’:HIKKLA=]UW[U^:?a@s@a@e@k";
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Selon vous, est-il
nécessaire que
les ministres restent
à proximité de Paris
pendant les vacances ?
AUTISSIER / PANORAMICPHILIPPE BATAILLON/INA-ALAIN
ROBERT/SIPA-FARABOLA/LEEMAGE
Première destination mondiale, notre pays va accueillir 90 millions de visiteurs étrangers en 2018, soit
3 millions de plus qu’en 2017. Les Français, eux, préfèrent les vacances hors des frontières. PAGES 20 ET 21
Des associations indignées
par l’abandon de l’âge
du consentement sexuel
Macron et le
gouvernement à l’heure
des devoirs de vacances
Un temps défendue par le
gouvernement, la présomption de non-consentement
des moins de 15 ans est la
grande absente de la loi sur
les violences sexuelles, votée
Pour son dernier Conseil des
ministres avant deux semaines de congés, le chef de l’État
a certes invité les ministres à
se reposer, mais aussi à préparer la rentrée, qui s’annon-
mercredi. La secrétaire d’État
Marlène Schiappa se félicite
néanmoins de l’ensemble
d’un texte que les associations de protection de l’enfance jugent confus. PAGE 7
ce chargée. Lui-même a emporté des dossiers au fort de
Brégançon (photo), le lieu de
villégiature traditionnel des
présidents, avec lequel il renoue. PAGES 2, 3 ET L’ÉDITORIAL
ÉDITORIAL par Yves Thréard ythreard@lefigaro.fr
Quinze jours de réflexion
E
ntre deux bains dans la nouvelle
piscine du fort de Brégançon, Emmanuel Macron va préparer la
rentrée. En contemplant les étoiles
qui constellent le ciel d’août, il
songera sans doute aux moyens de rectifier
le désalignement des planètes qui a accompagné sa présidence ces dernières semaines.
C’est sûr, la croissance de l’économie française sera plus faible que prévu en 2018.
Complications supplémentaires : les prix du
pétrole remontent et le retour de l’inflation
pointe son nez. Quant au chômage, mal endémique national, il ne baisse pas, au
contraire. Enfin, le « bug » de l’affaire
Benalla a vite effacé le joyeux triomphe des
Bleus au Mondial. La popularité élyséenne
en a pris un coup.
Quinze jours de réflexion ne seront donc pas
de trop pour retrouver la recette de la « grinta » qui l’a porté au pouvoir. Surtout que
l’heure de vérité approche : Emmanuel Macron avait promis que les effets de sa politique seraient visibles au bout d’un an et demi
ou deux. C’est dire si les mois à venir s’annoncent décisifs. Attentistes, les Français
montrent à présent des signes d’impatience.
Le président de la République n’a pas le
choix. S’il ne veut pas être confondu avec ses
prédécesseurs, il doit réformer notre pays. Il
a commencé par le marché du travail, mais
c’est maintenant à l’État ventripotent, dépensier, bureaucratique qu’il doit s’attaquer : moins de fonctionnaires, moins d’impôts, moins de normes. À l’automne, le
projet de budget pour 2019 sera un bon indicateur de ses intentions.
Tout reste à faire sur
ce front, qui réclame
énergie et détermination. C’est à ce défi
qu’il doit aussi réserver son sens de la pédagogie. Et non à des
sujets qui divisent la société, comme la procréation médicalement assistée ou l’impossible organisation de l’islam de France.
D’autant que sa majorité n’apparaît pas
d’une solidité à toute épreuve.
Emmanuel Macron veut « repartir encore plus
fort » à la rentrée. Sa force dépendra de sa
capacité à se concentrer sur l’essentiel, sans
s’égarer dans d’inutiles polémiques. ■
Macron doit
retrouver
la « grinta »
qui l’a porté
au pouvoir
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ISSN 0182.5852
A
Festin de musiques
françaises
à La Roqued’Anthéron PAGE 11
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samedi 4 - dimanche 5 août 2018 LE FIGARO
2
L'ÉVÉNEMENT
22
«
B. TESSIER/REUTERS
août
C’est la date fixée
pour le Conseil des ministres
de rentrée.
La fin de deux semaines
de pause pour l’exécutif
Il est important
de pouvoir recharger
les batteries pour
pouvoir repartir encore
plus fort
»
BENJAMIN GRIVEAUX,
PORTE-PAROLE DU GOUVERNEMENT
Quinze jours de
vacances studieuses
pour l’exécutif
MATHILDE SIRAUD £@Mathilde_Sd
NICOLAS HULOT était le premier à
descendre les marches du perron
du Palais de l’Élysée, vendredi, peu
après 12 h 30. Au sortir de cet ultime
Conseil des ministres avant la pause
estivale, le ministre de la Transition
écologique et solidaire affichait un
large sourire. Quelques minutes
plus tard, c’était au tour du ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb,
de laisser paraître une mine réjouie, à la veille de son départ pour
le Sud-Ouest et les Alpes (voir
ci-dessous). « Cool ! » lâche-t-il
aux journalistes qui l’interrogeaient sur le programme de ses
vacances. Comme chaque année,
les congés estivaux des membres
du gouvernement sont strictement
encadrés. Une circulaire publiée le
25 juin par le secrétariat général du
gouvernement précise ainsi que
« les ministres qui souhaitent s’absenter durant cette période devront
choisir une destination compatible
avec leurs responsabilités ministérielles » et « rester joignables en
cas de nécessité ».
Après une première année de
quinquennat menée au pas de
charge, le président de la République et l’ensemble du gouvernement s’accordent deux semaines et demie de vacances. « Une
trêve bien méritée », a estimé Emmanuel Macron vendredi, pendant
un Conseil des ministres plus
condensé que d’habitude au cours
duquel le chef de l’État a remercié
les membres du gouvernement
« pour l’engagement des derniers
mois, le travail conduit sans relâche ». « Il nous a dit de prendre de la
distance, de nous reposer mais
d’être en veille permanente et de
pouvoir bien préparer la rentrée », a
Emmanuel
Macron a invité
les ministres
à se ressourcer
avant
une rentrée
chargée.
déclaré Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement. « Il
est important de pouvoir recharger
les batteries, pas pour le plaisir de
les recharger, mais pour pouvoir repartir encore plus fort. » Le message
que souhaite faire passer le président de la République est clair :
après un calendrier législatif perturbé par l’affaire Benalla, la volonté réformatrice de l’exécutif en
est renforcée.
64 textes de loi adoptés
« L’intensité du programme de
transformation ne faiblira pas à la
rentrée, bien au contraire », a averti
Benjamin Griveaux, citant comme
exemples la loi Pacte sur la croissance des entreprises, les projets
de loi de finances et de financement de la Sécurité sociale. « Ces
vacances vont nous faire du bien,
l’agitation qu’on a subie ces dernières semaines, la tension au Parlement, tout ça était très fatigant,
souffle un membre du gouvernement. Maintenant, c’est derrière
nous. »
En tout, 64 textes de loi ont été
adoptés au cours de cette première
année de législature - soit moins
que sous Nicolas Sarkozy et François Hollande à la même époque -,
dont une dizaine au mois de juillet,
en pleine tempête politique. « Ce
n’était pas acquis, on a tenu bon », se
félicite un proche du président de la
République. « Le travail n’a pas cessé », a insisté Benjamin Griveaux,
vendredi, dans son compte rendu
du Conseil des ministres. Avant de
partir pour Brégançon, Emmanuel
Macron a promulgué la loi sur les
violences sexuelles et sexistes,
adoptée définitivement mercredi. Il
doit aussi promulguer dans quelques jours celle instaurant un
« droit à l’erreur ». Stoppé net à
l’Assemblée nationale le 23 juillet, le
projet de loi de réforme constitutionnelle n’est pour le moment pas
inscrit à l’ordre du jour du mois de
septembre. « Il n’est pas question
d’abandonner cette réforme importante que les Français ont appelée de
leurs vœux », a insisté vendredi
Benjamin Griveaux, précisant que
ce chantier, victime de « l’obstruction », serait « l’une des priorités de
la rentrée ». Le calendrier de ce texte sensible devrait être tranché dès
la fin août entre le président de la
République et son premier ministre. « Ce sera l’objet de leur toute
première discussion de rentrée »,
croit savoir un ministre.
En plus du texte sur la lutte
contre la fraude fiscale, la réforme
des institutions, et la loi Pacte,
l’exécutif est attendu à partir de
septembre sur l’annonce du plan
pauvreté, le chantier délicat des retraites, la loi de bioéthique, la réforme de la procédure pénale ou
encore de l’audiovisuel. « Les vacances, c’est le moment idéal pour
travailler sans être dérangé », s’enthousiasme d’avance la secrétaire
d’État Marlène Schiappa. ■
Natation, randonnée et séries télé
A
ELISA CENTIS £@CentisElisa
« RANDONNÉE » et « photographie » seront quelques-unes des
activités des ministres durant leurs
vacances. Même s’il leur a été demandé de rester « disponibles », il
ne leur a pas été interdit de quitter
la France. « Ils doivent seulement
avoir la possibilité de rentrer rapidement à Paris », souligne un proche conseiller d’Édouard Philippe
avant d’ajouter que la tradition
instaurée sous l’ère Fillon de ne
pas quitter le territoire avait un
aspect « infantilisant ».
Certains vont tout de même en
profiter pour se ressourcer au
cœur des campagnes françaises.
Le secrétaire d’État au Numérique, Mounir Mahjoubi, s’est ainsi
concocté un agenda « champêtre », puisqu’il « enchaînera les
petits villages de la Haute-Loire, de
l’Ardèche et du Gard ». Nicole Belloubet, la garde des Sceaux, souhaite aussi s’adonner au plaisir de
la promenade, dans le Var avec sa
famille. Même programme pour
Florence Parly, la ministre des
Armées, qui séjournera dans les
Alpes. Elle confie, par ailleurs,
qu’elle mettra à profit son temps
libre pour se rattraper sur la série
d’espionnage Le Bureau des légendes. Seront également présents
dans le massif alpin la ministre de
la Culture, Françoise Nyssen, dans
son chalet de la vallée de la Névache, et Gérard Collomb, le ministre de l’Intérieur.
D’autres préfèrent les plages de
Corse. S’y rendront Agnès Buzyn,
ministre de la Santé, Élisabeth
Borne, ministre des Transports,
ainsi que Marlène Schiappa, secrétaire d’État à l’Égalité entre les
femmes et les hommes, qui rendra
visite à sa famille. Après un crochet par les quartiers nord de Marseille, où réside sa belle-famille.
Vacances secrètes
D’autres se sont laissé séduire par
l’alliance de la mer et de la montagne du Pays basque. C’est le cas de
Bruno Le Maire, ministre de l’Économie. Il se rendra à Saint-Péesur-Nivelle (Pyrénées-Atlantiques), où il va « en profiter pour
passer du temps avec sa femme et
ses enfants », confie son entourage, « et faire de la course à pied et
du tennis ».
Certains membres du gouvernement s’envoleront quelques
jours à l’étranger. Muriel Pénicaud, ministre du Travail, passera
ainsi une partie de ses vacances
dans la région des lacs du nord de
l’Italie, où « elle compte nager, faires des balades et de la photo »,
précisent de proches conseillers.
La péninsule transalpine accueillera également Julien Denormandie, secrétaire d’État à la Cohésion des territoires, et ses
quatre enfants.
Des voyages que certains n’entreprendraient pour rien au monde,
préférant le doux repos à la maison.
Le ministre des Affaires étrangères,
Jean-Yves Le Drian, séjournera sur
ses terres de Bretagne et Christophe
Castaner, secrétaire d’État chargé
des Relations avec le Parlement et
ancien maire de Forcalquier, retournera dans les Alpes-de-HauteProvence. La ministre des OutreMer, Annick Girardin, fera, elle, un
voyage de vingt-quatre heures
pour retrouver son île de SaintPierre-et-Miquelon. « Elle souhaite
passer du temps avec sa fille, son
conjoint et ses parents, qui y résident
et qu’elle ne voit que rarement », fait
savoir l’une de ses collaboratrices.
« Elle participera sur place à des
événements comme le festival Rock
and Rhum et la fête basque »,
prévient-on.
D’autres, enfin, gardent secrets
leurs projets. Il en est ainsi du ministre de l’Action et des Comptes
publics, Gérald Darmanin, mais
aussi du premier ministre,
Édouard Philippe. Son entourage
répétant à l’envi : « Comme d’habitude, le premier ministre ne donne
pas de détail sur sa vie privée. » ■
Où croiser un ministre cet été ?
Emmanunel
Macro
Gérard
Collomb
MINISTRE
DE L'INTÉRIEUR
PRÉSIDENT DEE
LA RÉPUBLIQU
Bretagne
JYD
s
Jean-Yve
Le Drian
Édouard
Philippe
MINISTRE DES
GÈRES
AFFAIRES ÉTRAN
PREMIER MINISTRE
6
Saint-Pierreet-Miquelon
Côte basque
Refuse de
répondre
3
Espagne
FP GC
Saint-PéeBLM
sur-Nivelle
Sud-Ouest
JYD
E S PA
AGNE
1
Agnès Buzyn
2
Françoise Nyssen
3
Muriel Pénicaud
4
Stéphane Travert
5
Frédérique Vidal
6
Annick Girardin
7
Laura Flessel
8
Nicolas Hulot
SOLIDARITÉS ET SANTÉ
CULTURE
Même en congés,
les ministres jamais
sans garde du corps
TRAVAIL
AGRICULTURE ET ALIMENTATION
ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR,
RECHERCHE ET INNOVATION
OUTRE-MER
SPORTS
TRANSITION ÉCOLOGIQUE ET SOLIDAIRE
Jean-Michel Blanquer
ÉDUCATION NATIONALE
Gérald Darmanin
ACTION ET COMPTES PUBLICS
Jacques Mézard
COHÉSION DES TERRITOIRES
Refuse de
répondre
Refuse de
répondre
pas
? N'a
répondu
Dans leurs valises, certains prendront
un bon livre, d’autres une série télé
à rattraper. Mais s’il y a bien une chose
que les ministres n’ont pas le droit
d’oublier à Paris, c’est leur garde
du corps. Dès lors qu’ils quittent
leur bureau, les membres du
gouvernement sont toujours
accompagnés par au moins l’un de
leurs deux officiers de sécurité. Seuls
les ministres de l’Intérieur, des Affaires
étrangères, des Armées et de la Justice
ainsi que le premier ministre disposent
d’un contingent plus important.
Et même sur leurs lieux de villégiature,
pas question de s’en séparer.
« En vacances ou non, un ministre
reste un ministre, il convient donc
d’assurer sa protection », souffle-t-on
au service de la protection (SDLP),
l’organe chargé de suivre les dirigeants
de la République. Quant à ceux qui
souhaitent profiter d’un peu d’intimité,
« il est toujours possible de demander
à la personne qui les suit d’aller
les attendre ailleurs », précise
cette même source.
M. D.
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LE FIGARO
samedi 4 - dimanche 5 août 2018
L'ÉVÉNEMENT
3
«
ROMUALD MEIGNEUX/SIPA
Les vacances,
c’est le moment idéal
pour travailler
sans être dérangée
»
MARLÈNE SCHIAPPA, SECRÉTAIRE D’ÉTAT
CHARGÉE DE L’ÉGALITÉ ENTRE LES FEMMES
ET LES HOMMES
Avant de partir, Philippe
a évalué ses ministres
Dernier Conseil des ministres, avant
les congés d’été, le vendredi 3 août,
à l’Élysée. MICHEL EULER/AP
Nicole
Belloubet
3 Baie de Somme
MINISTRE DE
LA JUSTICE
4 Normandie
Bruno
Le Maire
MINISTÈRE
DE L'ÉCONOMIE
Paris
FP
Florence
Parly
MINISTRE
DES ARMÉES
FRANCE
MARLÈNE SCHIAPPA était la dernière à passer sur le gril. Vendredi
après-midi, la secrétaire d’État en
charge de l’Égalité entre les femmes
et les hommes était reçue à Matignon par le premier ministre
Édouard Philippe pour son entretien d’évaluation. « Ça s’est bien
passé, Marlène Schiappa a rappelé
qu’aucun gouvernement n’avait fait
autant pour l’égalité femmes-hommes en un an. Le premier ministre
était satisfait », confie son entourage. Depuis le début du mois de
juillet, le chef du gouvernement a
reçu l’ensemble des ministres, des
ministres délégués et des secrétaires d’État qui lui sont directement
rattachés. « Nous avons fait le point
sur l’année et sur les grands chantiers numériques des douze prochains mois », raconte le secrétaire
d’État en charge du Numérique,
Mounir Mahjoubi.
Au cours de ces rendez-vous,
Édouard Philippe a abordé avec
chacun des ministres non seulement
la question de l’application des réformes adoptées, mais aussi, d’un
point de vue plus politique, la capacité des membres de son équipe à
défendre leurs sujets et à « imprimer » dans l’opinion. Marlène
Schiappa avait toutes les raisons
d’être confiante : inconnue avant
d’être nommée au gouvernement, la
macroniste est l’un des rares profils
issus de la société civile à s’être fait
connaître.
Un éventuel remaniement
5 8 En France
Chamonix
BLM
Alpes
3 Lacs du Nord de l'Italie
FP GC
2 Vallée de la Névache
7 Sud de la France
ITALIE
Var
NB
EM
Fort de Brégançon
Corse
Sa collègue Nathalie Loiseau, ministre en charge des Affaires européennes, est ressortie elle aussi satisfaite de son rendez-vous. « C’est
une bonne manière de joindre l’utile à
l’agréable », commente au Figaro
cette ancienne juppéiste. Qui ajoute
tout de suite que même si la discussion a pu être « informelle », « ce
n’était pas un rendez-vous chez le
dentiste ». « J’attendais cet entretien
pour savoir comment Édouard Philippe perçoit les chantiers que je
mène et la façon dont je les porte. »
Comme ses collègues, Nathalie Loiseau avait, en amont, fait passer au
cabinet du premier ministre un document écrit condensant des éléments de bilan et des propositions
pour la rentrée. Mais la discussion
entre la ministre et le chef du gouvernement a vite dérivé sur la préparation des élections européennes.
Ont-ils échangé sur le profil de la
future tête de liste ? « On a parlé de
tous les sujets », répond la ministre.
Pour le ministre de l’Intérieur, Gé-
Le premier ministre, Édouard
Philippe, quitte l’Élysée, vendredi.
GEOFFROY VAN DER HASSELT/AFP
rard Collomb, « ça s’est très bien
passé », souligne son entourage. Les
échanges étaient « très constructifs » et ils ont notamment évoqué
« les grands sujets politiques à venir
du gouvernement ».
Ces entretiens individuels ne feront l’objet d’aucune notation ni de
communication officielle. Mais ils
donnent du grain à moudre au couple exécutif dans l’optique d’un futur remaniement… « Ce n’est pas
l’ambiance du moment », veut croire
Nathalie Loiseau. « Je ne crois pas à
cette hypothèse », affirme un proche
du chef de l’État. Mais dans les ministères et parmi les cadres de la
majorité, beaucoup imaginent quelques ajustements dans l’équipe
gouvernementale à la rentrée. « Ce
ne sera pas pour modifier l’équilibre
général mais plutôt pour renforcer un
ministère avec un secrétariat d’État,
par exemple », croit savoir un
conseiller d’un membre du gouvernement qui cite, en premier lieu, la
ministre de la Culture Françoise
Nyssen et la ministre de la Santé
Agnès Buzyn. Comme à chaque
rentrée, un séminaire gouvernemental devrait être organisé dans le
sillage du prochain Conseil des ministres, le 22 août. « Ce format permet de fixer le cadre et de caler la
partition, notamment avant la séquence budgétaire », souligne-t-on
à Matignon. ■
M. S.
1
FRANÇOIS-XAVIER BOURMAUD
£@fxbourmaud
QUELLE MEILLEURE FAÇON de
commencer ses vacances qu’un dîner de travail avec Theresa May ? À
peine le dernier Conseil des ministres terminé, vendredi, Emmanuel
Macron s’est envolé pour le fort de
Brégançon où il a retrouvé la première ministre britannique et maître
d’œuvre du Brexit (lire page 5). Une
façon comme une autre de se détendre. Autour du président de la République, ses proches conseillers comme son épouse, Brigitte, le pressent
pourtant de prendre du repos après
une première année de mandat menée au pas de charge et achevée dans
UNE
PISCINE
POLÉMIQUE
Sardaigne
5
les affres de l’affaire Benalla. Le farniente, ce n’est toutefois pas trop le
genre du chef de l’État, qui a choisi
Brégançon justement pour pouvoir y
recevoir ses homologues étrangers
dans un cadre plus convivial et surtout moins formel que le palais parisien de la présidence de la République. « Il emporte aussi une pile de
dossiers pour préparer la rentrée »,
raconte un de ses proches.
Le fort de Brégançon version Emmanuel Macron, c’est en quelque
sorte l’Élysée à la plage. Dès son
élection, en mai 2017, le chef de l’État
envisageait d’y passer ses vacances.
Mais juste avant son départ, François
Hollande avait fait prolonger le statut
touristique du site jusqu’à la fin septembre 2017. Il était impossible d’y
Le fort de Brégançon,
près de Bormesles-Mimosas,
dans le Var.
BERTRAND LANGLOIS/AFP
séjourner si bien qu’Emmanuel Macron et son épouse avaient dû se replier à Marseille, dans la villa du
préfet. Désormais réarmé et équipé
d’une piscine hors sol pour l’accueillir (lire encadré), le président
de la République a décidé d’en faire
sa résidence d’été. La démarche
s’inscrit dans celle, plus large, de la
revalorisation des propriétés de la
République. C’est ainsi qu’en décembre 2017, le chef de l’État avait
organisé le sommet G5 Sahel au château de La Celle-Saint-Cloud. Plus
généralement, Emmanuel Macron
ne rechigne pas à s’afficher dans les
sites emblématiques du pays comme
le château de Versailles, celui de
Fontainebleau ou la tour Eiffel.
Renouer avec le fort de Brégançon, c’est aussi reprendre un fil interrompu avec Nicolas Sarkozy et
François Hollande. Le premier préférait passer ses vacances au cap Nè-
Pour éviter d’être
observé par les
paparazzis ou dérangé
par les touristes,
Emmanuel Macron a
souhaité faire installer
une piscine hors sol
qui est désormais
prête. Un bassin
de 10 mètres sur 4,
profond de 1,2 mètre,
dont l’installation
a coûté 34 000 euros
et suscité la
polémique. Selon
l’Élysée, il s’agirait
en réalité d’une
économie par rapport
au budget nécessaire
pour sécuriser
des baignades en mer.
gre dans la villa de son épouse, Carla
Bruni, le second avait gardé un très
mauvais souvenir de son seul et unique séjour dans le fort. Avant eux,
Jacques Chirac, François Mitterrand
et Valéry Giscard d’Estaing y passaient souvent leurs vacances.
Petits sommets
diplomatiques
L’Élysée a repris la gestion directe du
fort qui « a vocation à la fois à accueillir le président pour des périodes
de repos, des rencontres officielles et
des petits sommets diplomatiques ».
Le couple présidentiel y a déjà passé
un week-end en mai et y séjournera
deux semaines cet été. Aucune sortie
officielle n’est pour l’heure annoncée, mais Emmanuel Macron a prévu
de multiplier les escapades pour aller
à la rencontre des Français. Il compte
notamment passer par Bormes-lesMimosas, mais, à l’inverse de François Hollande qui y avait déambulé
avec Valérie Trierweiler entre les
marchands de glaces et de cartes
postales, Emmanuel Macron et son
épouse cherchent plutôt une sortie à
caractère culturel. ■
A
Le fort de
Brégançon ou
l’Élysée à la plage
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samedi 4 - dimanche 5 août 2018 LE FIGARO
4
INTERNATIONAL
Au Mali,
le président IBK
en marche vers
sa réélection
Les résultats du premier tour
de la présidentielle ont été accueillis dans
l’indifférence par des Maliens désabusés.
TANGUY BERTHEMET
£tberthemet@lefigaro.fr
ENVOYÉ SPÉCIAL À BAMAKO
SAHEL La soirée électorale n’a rien eu
d’un jour de fête. Ni de victoire. Jeudi,
dans la nuit de Bamako, seule une poignée de militants, l’air dépité, traînaient
sans âme dans le quartier général de
campagne de Soumaïla Cissé, dit Soumi.
Quelques heures auparavant, les résultats
de l’élection présidentielle étaient tombés, drus et mauvais. Selon le décompte
officiel, leur candidat recueillait 17,8 %
des voix, contre 41,42 % pour le président
sortant, Ibrahim Boubacar Keïta, dit IBK.
Curieusement, l’état d’esprit à l’état-major du large vainqueur du soir ne semblait
guère plus allant. Devant le gros bâtiment
de béton, quelques visages se forçaient à
sourire, dans une ambiance de fin de mariage raté. Peut-être est-ce là le fruit de
ces scores, finalement largement connus
et attendus.
Le second tour qui s’annonce est, de
fait, la reproduction, parfaite à quelques
pourcents près, de celui de 2013, qui
s’était soldé par un triomphe d’IBK, avec
plus de 77 % des suffrages. Cette année, le
président sortant a, selon les données du
ministère de l’Administration territoriale, conforté ses acquis. Son score est
nettement supérieur à celui d’il y a cinq
ans (39 %), et il engrange plus de voix.
« Impossible », grognent les soutiens de
« Soumi ». « Ces chiffres ne reflètent pas le
vote des Maliens. Il y a eu des fraudes massives, des bourrages d’urnes et des achats
de conscience », martèle Tiébilé Dramé, le
directeur de campagne de Cissé. Vendredi matin, le candidat a pris la parole pour
relancer ses électeurs. Ils ont tardé à se
manifester. Longtemps, devant la scène,
le parvis est resté vide. « Les résultats ne
sont ni sincères, ni crédibles. Ils sont manipulés », a-t-il lancé. Mais il n’entend pas
contester les données, encore moins
boycotter le vote à venir. « Nous sommes
légalistes. Nous avons une victoire, car jamais un président n’avait eu à affronter un
second tour », résume-t-on.
Des données non vérifiées
Dans le camp présidentiel, on refrène
aussi ses réactions. IBK devait prendre la
parole en fin d’après-midi. « Nous sommes satisfaits du score. Il est bon et nous
place en tête », analyse Mahamadou Camara, l’un des conseillers. « Nous améliorons notre score, ce qui casse l’idée que le
président serait impopulaire », se félicite
Moustapha Ben Barka, le secrétaire général de la présidence. « Pour les fraudes ?
Les opposants doivent fournir les preuves.
Tout a été transparent. »
Les observateurs n’ont certes pas relevé de dérives graves. « Le problème est
que les résultats ont été donnés sans le
moindre détail. Il nous est donc impossible
de faire des vérifications », se lamente un
membre d’une mission électorale. Toutes
avaient réclamé, à commencer par celle
de l’Union européenne, la publication
des résultats bureau de vote par bureau
de vote, seule voie pour y voir clair dans
les données. Mais le ministère n’entend
pas y accéder. Pour une excellente raison, selon lui : « La loi nous l’interdit.
L’Union européenne ne peut pas nous demander de violer nos lois », prétend Abderrahmane Maïga, le secrétaire général
du ministère.
Les rues de Bamako sont loin de ces
polémiques. Jeudi soir, dans une nuit
douce, beaucoup de Maliens ignoraient
La une des quotidiens maliens, vendredi, dans un kiosque de Bamako.
que les chiffres avaient enfin été rendus
publics, après quatre jours d’attente.
« Ah ? Ils ont donné ? » s’étonnait Souleiman, un chauffeur, sans pour autant demander le nom des qualifiés. La proclamation s’est faite de manière étonnamment discrète. Une simple lecture de
quelques minutes à la télévision nationale, peu après 21 heures, que personne
n’avait annoncée. Ce communiqué, presque en catimini, laisse deviner les craintes du gouvernement d’une réaction populaire alors que le poids de la vie
ISSOUF SANOGO/AFP
quotidienne ne s’allège pas. Déjà, dans les
jours précédents, le réseau Internet a
connu une baisse de puissance, rendant
l’accès aux réseaux sociaux, canaux préférés des militants, délicat. Et, jeudi, les
autorités ont également ordonné la fermeture de Renouveau FM, la Radio de Ras
Bath, polémiste incendiaire et populaire,
rallié depuis peu à Soumaïla Cissé.
Un front de l’opposition
Des précautions finalement décalées. La
capitale malienne se laissait aller ven-
Centrafrique : mystère autour
de l’assassinat de trois journalistes russes
Le mystère reste entier après
l’assassinat de trois journalistes russes
en Centrafrique, dont les corps ont été
découverts mardi. Ils auraient été
enlevés dans la nuit du lundi au mardi
par neuf « ravisseurs enturbannés »,
selon le gouvernement de la République
centrafricaine. Le reporter Orkhan
Djemal, le documentariste Alexandre
Rastorgouïev et le caméraman Kirill
Radtchenko travaillaient pour le compte
du Centre de gestion des investigations
de l’opposant russe Mikhaïl
Khodorkovski. Ils faisaient route de nuit
vers Sibut, située à 300 km de Bangui,
la capitale, dans une zone dangereuse,
lorsqu’ils ont été attaqués à un barrage
puis tués par balles par un groupe non
identifié. « Le meurtre des journalistes
par des coupeurs de route appartenant
à un groupe armé » est « une
hypothèse très plausible », a estimé
le porte-parole du gouvernement
centrafricain. Le trio enquêtait
sur la présence russe en République
centrafricaine, où la Russie a dépêché
des instructeurs militaires, et sur
de possibles activités de l’entreprise
privée de mercenaires Wagner, connue
pour ses interventions en Syrie.
E. P.
Au Zimbabwe,
la victoire douteuse
de Mnangagwa
Des supporteurs d’Emmerson
Mnangagwa fêtent, vendredi,
la victoire à la présidentielle
à Harare. MARCO LONGARI/AFP
qu’il s’est passé. Depuis neuf mois, nous
protégeons la liberté d’expression. Ce
type de scène n’a pas de place dans notre société », a affirmé le nouveau président. Selon lui, les élections ont été
« libres, justes et crédibles ».
L’ancien bras droit de Robert Mugabe
a été élu président dès le premier tour, une victoire
immédiatement rejetée vendredi par l’opposition.
CAROLINE DUMAY
A
HARARE
AFRIQUE AUSTRALE Ils ont fait irruption dans les jardins de l’Hôtel Brontë
ou des centaines de journalistes et
d’observateurs internationaux attendaient le candidat de l’opposition Nelson Chamisa. Armés de matériel antiémeutes, ils ont intimidé et menacé la
presse en donnant l’ordre d’évacuer
les lieux. Les journalistes sont non
seulement restés, mais ils ont filmé et
retransmis en direct l’incident.
L’avant-veille, l’armée avait tué six
personnes. L’image du « nouveau
Zimbabwe » se ternit de jour en jour.
Au Zimbabwe, la période postélectorale est tendue. Le parti de Robert
Mugabe (Zanu-PF), au pouvoir depuis
l’indépendance, a beau avoir emporté
largement les élections du 30 juillet,
aucun de ses partisans n’osait célébrer
hier la victoire. Un silence de deuil régnait vendredi sur la capitale Harare.
Emmerson Mnangagwa, porté par
l’armée en novembre dernier, avait
été déclaré vainqueur de l’élection
présidentielle, très tard dans la nuit,
avec 50,8 % des voix. Nelson Chamisa,
candidat perdant du MDC (Mouvement pour le changement démocratique), qui obtenait 44,3 % des voix,
rejette en bloc les résultats.
« C’est une élection illégale et illégitime. Nous n’accepterons jamais cette
fiction », a déclaré Nelson Chamisa à la
presse réunie au Brontë. Le leader du
MDC déclare avoir emporté le scrutin
présidentiel avec 56 % des voix, contre
44 % pour Emmerson Mnangagwa. Il
affirme qu’il utilisera le moment venu
tous les documents en sa possession
pour le prouver. Il a donné quelques
exemples de fraudes : circonscriptions
qui avaient plus de votants que d’électeurs, procès-verbaux non signés, etc.
« La tricherie était grossière. Mugabe
au moins était sophistiqué », a-t-il
conclu, demandant à la communauté
internationale de l’aider à rétablir la
vérité.
Un pays divisé
Les résultats officiels des 23 candidats
avaient été annoncés la veille de façon
laborieuse par la Commission électorale (ZEC Emmerson Mnangagwa était
vainqueur dans six des dix provinces,
confortant l’assise du parti au pouvoir
en zone rurale. L’opposition ne s’im-
dredi à une journée bien tranquille,
avec ses fidèles, habillés de frais, en
route pour la mosquée et sa meute de
petites gens acharnées comme toujours
à tenter de glaner 1 000 francs CFA pour
survivre. Aucune agitation. « Le fait est
que les Maliens ne disent rien car ils se
moquent des élections. Ils ne croient plus
en la démocratie à cause d’un système
gangrené entièrement aux mains d’une
classe politique corrompue », affirme le
philosophe et politologue Issa N’Diaye.
Ce constat est loin de le rassurer. « Le
pays rêve d’un pouvoir fort. Il en a ras le
bol du désordre. Ce gouvernement est
impopulaire et illégitime. Il y a de la place
pour une solution brusque », continue-t-il, rappelant la popularité des
putschistes au lendemain du coup
d’État de mars 2012.
L’opposition pense tout de même pouvoir incarner une alternance. Soumaïla
Cissé s’attache maintenant à créer un
« front démocratique » « contre le pouvoir
clanique ». Mais la digue rêvée pourrait
bien avoir des fissures dans ce pays habitué aux alliances politiques improbables.
Aliou Diallo, arrivé troisième (7,95 %),
rejoindra sans doute la lutte, mais le quatrième, Cheick Modibo Diarra (7,46 %),
écouterait déjà les sirènes présidentielles.
« La dynamique est clairement dans le
camp d’IBK. Il a beaucoup d’avance et des
moyens. Renverser la tendance sera très
dur », commente un observateur occidental. ■
La police
et l’armée répriment
pose que dans les grandes villes (Harare et Bulawayo) ainsi que dans les provinces du Manicaland et du
Matabeleland septentrional.
Au lendemain d’élections qui se
voulaient modèles et démocratiques,
Emmerson Mnangagwa et Nelson Chamisa sont au moins d’accord sur une
chose : la nation est divisée. Dans l’un
de ses tweets, le nouveau chef de l’État
a cherché à calmer le jeu : « Bien que
nous soyons divisés dans les urnes, nous
sommes unis dans nos rêves. » Il s’est
ensuite exprimé sur l’incident entre
les médias et la police. « Nous ferons
une enquête pour savoir exactement ce
Entre les réactions disproportionnées
de l’armée et les tentatives d’intimidation de la police, beaucoup se demandent qui, finalement, dirige le Zimbabwe. Emmerson Mnangagwa, qui a été
chargé des renseignements et de la justice au cours de sa longue carrière
auprès de Robert Mugabe, n’a visiblement pas le contrôle de ses propres forces de l’ordre. La route vers le changement dont tous les Zimbabwéens
rêvent promet d’être longue. ■
RD Congo : l’opposant Moïse Katumbi interdit de retour
L’opposant en exil Moïse Katumbi
a livré vendredi un baroud d’honneur
pour défier son adversaire
le président Joseph Kabila
en mettant en scène une tentative
de retour qu’il savait impossible
en République démocratique
du Congo.
Deux jours après le retour triomphal
de l’ex-chef de guerre
Jean-Pierre Bemba, Katumbi
prétendait comme lui revenir au pays
pour déposer sa candidature
à l’élection présidentielle avant
la date butoir du 8 août.
Autant les autorités avaient facilité
le retour de Bemba après
son acquittement par la Cour pénale
internationale (CPI), autant elles
se sont montrées inflexibles avec
Katumbi, condamné à trois ans de
prison dans une affaire immobilière
contre laquelle il a fait appel.
Menacé d’arrestation s’il foule le sol
congolais, M. Katumbi se trouvait
à la mi-journée à quelques mètres
de son pays natal, à Kasumbalesa,
sur la frontière zambienne.
Quant au président Kabila,
qui, selon la Constitution,
ne peut pas se représenter mais
n’a toujours pas choisi de « dauphin »,
il s’est rendu en Angola, pays voisin
qui suit de très près les élections
prévues le 23 décembre en RDC.
(AFP)
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 4 - dimanche 5 août 2018
INTERNATIONAL
5
Ivanka Trump se distingue de son père sur les migrants
De retour en grâce à la Maison-Blanche, la fille du président est « farouchement » contre la séparation des familles.
MAURIN PICARD £@MaurinPicard
NEW YORK
ÉTATS-UNIS L’aveu ne fut pas difficile à
extorquer : oui, la politique de séparation
des enfants et de leurs parents immigrants illégaux à la frontière mexicaine,
édictée et mise en œuvre par l’Administration Trump en cette fin de printemps
2018, fut une réelle souffrance pour la
fille du président, Ivanka, accessoirement conseillère officielle de celui-ci à la
Maison-Blanche. Une conseillère impuissante, effarée par la violence de la
mesure et incapable de faire changer
d’avis Donald Trump, deux mois durant,
malgré de nombreux apartés sur le sujet.
Telle est la confession de la « première
fille », qui évoquait jeudi à Washington,
lors d’une conférence organisée par le
site d’actualités Axios, le « point le plus
bas » en dix-huit mois de présence au
cœur du pouvoir exécutif.
Au point de « ne pas en dormir la
nuit », comme s’interrogeait Hillary Rosen, une amie démocrate des réseaux
mondains new-yorkais du couple Ivanka et Jared Kushner ? L’ampleur du désarroi éprouvé par les « Javanka » n’a
pas filtré dans la presse américaine,
pourtant très informée des états d’âme
du premier cercle présidentiel. Mais elle
transpirait dans la réaction d’Ivanka
Trump à la première question formulée
durant la conférence Axios : « Considérez-vous les médias comme l’ennemi du
peuple », antienne préférée du patriarche installée dans le Bureau ovale ? Bouche bée, priant le journaliste de répéter
ses propos, Ivanka balbutiait sa réponse : « Non, bien sûr que non. » Ce désaveu
brutal des méthodes populistes de son
président de père aurait pu valoir à la
jeune femme des remontrances sévères.
Contre toute attente, Donald Trump,
“
Je ne suis pas
sûre de retourner
un jour
aux affaires
IVANKA TRUMP AP
”
qui ne manque aucune prestation médiatique de ses proches, a aussitôt tweeté son soutien à sa fille de 36 ans, rappelant son dédain pour les « dégoûtantes
fake, fake news », et rien de plus.
Ivanka et Jared, pourtant, semblent
avoir mangé leur pain noir. Ces derniers
mois, tandis que les rats, entendez les
plus proches collaborateurs du président, quittaient le navire à un rythme
effréné, l’affaire semblait entendue : visiblement agacé par les pressions modératrices de sa fille et de son gendre, âgé
lui de 37 ans, Donald Trump confiait à
qui voulait l’entendre son souhait de
voir le couple glamour « rentrer à New
York ». Excédé par Jared Kushner, incapable de résoudre - comme il en avait
reçu l’instruction - le conflit israélo-palestinien, le milliardaire rappelait même
qu’il « aurait pu avoir comme gendre
Tom Brady », le fameux quarterback
pro-Trump de l’équipe de football américain des New England Patriots, mais
qu’à la place il avait « hérité de Jared ».
Cette traversée du désert affective
semble terminée. Pour Maggie Haberman, journaliste du New York Times
très introduite dans les travées de la
Maison-Blanche, Donald Trump, déçu
par ses subordonnés, lâché par ses plus
fidèles sujets, à l’instar de Hope Hicks
ou Michael Cohen, semble resserrer ses
liens mutatis mutandis avec ceux qui ne
le trahiront jamais : les membres de la
famille.
Forcée de fermer sa firme vestimentaire éponyme, en difficulté après
d’évidents conflits d’intérêts, Ivanka
l’héritière confie désormais ne « plus
être sûre de retourner un jour aux affaires ». Son credo, promouvoir la famille
et l’enfance, demeure un combat quotidien au sein de l’Administration
Trump. ■
dessinent une nappe rousse de mauvais
augure sur la sierra.
On passe au pied du mont Shasta
(4 322 mètres) sans même le voir, lui qui
est si majestueux : il a été avalé par la
densité du brouillard. On voit les
colonnes de fumée d’un incendie en herbe. Va-t-il, lui aussi, cavaler à une vitesse
insensée et enjamber une rivière comme
l’incendie Carr qui a sauté par-dessus le
fleuve Sacramento, du jamais-vu.
tion de tornades de flammes. L’une d’elles, « remarquable par sa taille, sa force
et sa profondeur », ont commenté les experts, a tournoyé pendant une heure et
demie, emportant dans son sillage des
arbres entiers et des toits dans des lieux
épargnés par l’incendie.
Mercredi soir, l’incendie Carr avait
englouti 47 000 hectares, détruit
1 018 maisons, douze structures commerciales et tué six personnes. Une enquête préliminaire évoque comme cause
la « panne mécanique » d’un véhicule le
23 juillet dernier. On ne connaît pas encore les détails. L’enquête est en cours.
C’est le septième incendie le plus destructeur de l’histoire de l’État. Mercredi,
deux autres incendies se sont déclarés
dans le comté de Mendocino. Mercredi,
Jerry Brown a déclaré : « Les incendies
vont non seulement continuer mais s’amplifier. Les prédictions les plus sérieuses de
réchauffement climatique et d’incendies
parlaient de 2040 ou 2050, mais elles sont
en train de se réaliser aujourd’hui. » ■
Des incendies
géants ravagent
la Californie
Malgré la mobilisation de 13 000 pompiers,
seize grands brasiers calcinent forêts et
maisons en semant l’effroi et la désolation.
Pauvres pompiers !
Chaque année, la situation empire, la
saison des incendies devient de plus en
plus longue. On a même désormais
l’impression qu’elle ne s’arrête jamais.
Pauvres pompiers ! Ce sont les héros de
l’époque. Partout, dans les rues, sur les
devantures des magasins, sur les ponts
enjambant l’autoroute, des bannières
leur crient merci, célèbrent leur courage, s’inclinent devant leur opiniâtreté. Ils n’ont plus aucun répit depuis plusieurs semaines. Ils courent d’un
incendie à l’autre, du nord au sud de
l’État, pour éteindre les flammes, protéger les maisons, débroussailler avec
leurs haches et leurs pelles, crapahutant dans les maquis escarpés. On ne
sait même pas s’ils dorment, comment
ils arrivent à respirer au milieu d’une
fumée si épaisse, quels risques les attendent au tournant. Comment leurs
femmes et leurs enfants vivent-ils leurs
interminables absences ? Treize mille
pompiers sont actuellement mobilisés
Un Boeing 747
Global Airtanker
déverse
du retardant pour
contenir un départ
d’incendie, jeudi,
à Lakeport,
dans le comté
de Mendocino.
KENT PORTER/AP
en Californie pour lutter contre
16 grands incendies qui ont dévasté
130 000 hectares et déplacé 32 000 résidents.
En roulant vers la frontière californienne, on se demande si les hautes forêts de conifères, au creux desquelles
serpente l’autoroute, vont, elles aussi,
s’embraser soudainement à cause d’une
étincelle et le feu nous surprendre.
C’est notre nouvelle réalité de Californiens. L’été, la belle nature sauvage
qu’on admirait sans arrière-pensée est
en constant péril et nous menace.
La voilà qui se met à nous angoisser.
Elle est trop sèche, trop susceptible
d’exploser à la moindre escarbille. Elle
se comporte comme un baril de poudre.
Dans la région du Parc national de Yosemite, fermé depuis plusieurs jours à
cause de l’incendie Ferguson, des millions de sapins morts, tués par cinq ans
de sécheresse et une infestation de leurs
troncs par des coléoptères, agissent
comme un combustible effrayant. Ils
La vitesse insensée du feu
« Dans un incendie typique, a expliqué le
climatologue de l’université de Californie à Los Angeles (Ucla) Daniel Swain,
une voie fluviale agit comme une barrière
naturelle. Cet incendie a de toute évidence
sa propre personnalité. » Les pompiers,
le gouverneur Jerry Brown ou les scientifiques appelés à la rescousse pour nous
prévenir des calamités à venir sont tous
d’accord : le Carr fire se comporte étrangement. Renforcé par la chaleur torride,
l’ardeur du brasier a provoqué la forma-
Macron et May au fort de Brégançon
Lors de sa première soirée sur son lieu de vacances de la Côte d’Azur, le président français a reçu
la première ministre du Royaume-Uni pour s’entretenir des négociations sur le Brexit, qui patinent.
MARINA DARRAS
LONDRES :
DIPLOMATIE Critiquée de part et d’autre
pour vouloir le beurre et l’argent du
beurre, Theresa May se doit de convaincre les chefs d’État européens de la viabilité de son plan sur le Brexit, pour le
Royaume-Uni mais surtout pour l’Europe. Car si l’UE n’y voit aucun intérêt, il
y a peu de chances qu’elle décide d’être
conciliante avec son futur ex-partenaire.
C’est pourquoi Theresa May s’est entretenue par téléphone avec le président de
la Commission européenne, Jean-Claude
Juncker, juste avant sa rencontre avec
Emmanuel Macron au fort de Brégançon.
Une rencontre qui avait d’ailleurs pour
but de contourner l’inflexibilité de la
Commission en s’adressant directement
au président français.
Emmanuel Macron et Theresa May, vendredi soir, pendant la rencontre
franco-britannique au fort de Brégançon. SEBASTIEN NOGIER/AFP
Ces efforts diplomatiques finiront
peut-être par payer, mais ce ne sera certainement pas sans concession. Le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, a
d’ailleurs court-circuité la manœuvre de
la première ministre en exprimant sa volonté de faire preuve de plus de souplesse,
notamment sur la question nord-irlandaise. Mais si Michel Barnier se dit « prêt à
améliorer » les propositions de l’UE, Theresa May va, elle aussi, devoir lâcher du
lest. L’UE souhaite que l’Irlande du Nord
fasse partie d’une zone de réglementation
commune pour les marchandises si
aucun accord commercial n’est conclu
d’ici à la fin de la période de transition ce que le Royaume-Uni refuse.
Si elle ne parvient pas à rallier Emmanuel Macron à sa cause, Theresa May se
verra dans l’obligation de revenir sur sa
position, sans quoi elle se dirige tout droit
vers un divorce sans accord de sortie. ■
EN BREF
Afghanistan : 20 morts
dans un attentat suicide
Un double attentat suicide dans
une mosquée chiite vendredi à
l’heure de la prière a fait au moins
20 morts et 50 blessés à Gardiz,
dans l’est de l’Afghanistan.
Vietnam : 2 citoyens
américains emprisonnés
Un Américain d’origine
vietnamienne a été arrêté début
juillet au Vietnam, accusé par le
régime d’avoir voulu renverser le
gouvernement. Il s’agit du second
citoyen américain arrêté pour des
raisons politiques ces dernières
semaines dans le pays
communiste, qui ne cesse
de durcir sa répression.
Suède : un trisomique
abattu par la police
Une enquête a été ouverte au sein
de la police suédoise vendredi
après qu’une patrouille a tué jeudi
un trisomique de 20 ans muni d’un
pistolet en plastique à Stockholm.
1
ÉTATS-UNIS La scène est devenue tristement familière en Californie, du nord
au sud, de l’est à l’ouest et depuis peu,
des zones montagneuses ou champêtres
aux agglomérations, un épais brouillard
gris-rouge obscurcit le ciel. Il enveloppe
tout sur des centaines de kilomètres,
brouillant les notions de temps, de topographie et de distances ; des collines
autrefois verdoyantes sont, dans le
meilleur des cas, complètement roussies, dans le pire, calcinées par un incendie antérieur. Elles exhibent des
troncs d’arbres chétifs noirs et des
branches affûtées dénudées. Des gens se
déplacent masqués dans la fumée. Des
cendres tombent du ciel. Sur le lac Shasta, non loin duquel l’un des pires incendies du moment, le « Carr Fire » fait
rage, quelques rares bateaux-maisons
flottent dans de dangereuses volutes. Le
niveau du lac a rarement été aussi bas.
Sur l’autoroute 5 qui relie le Mexique
au Canada en traversant la Californie,
l’Oregon et l’État de Washington, le panorama évoque la fin du monde, et tant
pis si l’image fait cliché. Malgré la chaleur intenable (la température oscille
entre 33 et 40 degrés selon les endroits), on a froid dans le dos. Autour de
la petite ville d’Ashland, dans le sud de
l’Oregon, célèbre pour son festival Sha-
kespeare, neuf incendies brûlent. Ils
ont plongé l’agglomération dans des
nimbes menaçants. Jusqu’à récemment, personne n’avait jamais eu besoin de climatisation. L’exécrable qualité de l’air oblige à garder les fenêtres
fermées malgré la fournaise. On étouffe. On pense forcément à l’enfer, à
l’avenir, qui s’annonce redoutable.
A
ARMELLE VINCENT
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 4 - dimanche 5 août 2018 LE FIGARO
6
SOCIÉTÉ
Dans la chaleur, les hôpitaux font face
Malgré le manque de moyens et dans des bâtiments vétustes, médecins et infirmiers gèrent la canicule.
ÉRIC DE LA CHESNAIS £@PlumedesChamps
SANTÉ Avec des températures dépassant par endroits les 40 degrés dans le
sud du pays, la canicule s’est installée en
France pour plusieurs jours. Elle devrait
durer jusqu’au milieu de la semaine
prochaine. Vendredi, 67 départements
étaient classés en vigilance orange par
les météorologues. Face à cette vague de
chaleur, les hôpitaux, notamment les
urgences, se tiennent prêts. « Nous notons une petite hausse d’activité liée à ces
coups de chaud, a indiqué vendredi la
ministre de la Santé, Agnès Buzyn, en
visite dans un centre social du XIVe arrondissement, à Paris. La situation est
maîtrisée, 18 hôpitaux sont en tension sur
les 650 qui comptent un service d’urgences en France. »
Pour l’instant, malgré cette hausse
d’activité, les hôpitaux, forts du retour
d’expérience de la canicule de 2003, qui
avait entraîné la mort de 15 000 personnes, arrivent donc à faire face. Ainsi, à
Lyon, où il faisait 36 °C hier, le Samu 69
avait enregistré « moins de dix appels par
jour liés à la canicule », selon Pierre
Greslé, directeur des missions veille et
sécurité sanitaire aux Hospices civils de
Lyon.
Pas de bouteilles d’eau
pour le personnel
Aux urgences de l’hôpital Bichat, à Paris, une aide-soignante apporte à boire à une patiente âgée.
Pourtant, les moyens dont disposent les
urgences sont souvent dérisoires. « La
canicule a dégradé nos conditions de travail et la qualité de séjour des patients,
déplore Régine Linard, déléguée CGT à
l’hôpital Saint-Antoine à Paris. Dans
certaines chambres exposées au sud, les
températures montent jusqu’à 36 degrés.
Seul un service, celui d’hématologie, est
climatisé. Certains patients souffrent plus
de la chaleur que de leur pathologie. À
cause de ces fortes températures, quatre
collègues ont fait des malaises. Des bouteilles d’eau ont bien été distribuées, mais
seulement pour les patients : elles sont refusées au personnel, qui est supposé bénéficier de fontaines rafraîchissantes à la
qualité de l’eau douteuse… Et nos tenues,
identiques toute l’année, sont bien trop
chaudes en ce moment. »
Quant au manque d’effectifs en période de vacances, il se fait davantage ressentir par la canicule, qui exige une attention plus grande vis-à-vis des
patients. « Là où nous étions quatre infirmières dans un service, nous ne sommes
plus que deux », souligne Régine Linard.
Agnès Buzyn elle-même reconnaît un
manque de moyens humains, accentué
pendant les congés d’été. « Les problèmes
sont essentiellement liés aux difficultés de
recrutement de personnels dans les urgences : le problème est celui de l’attractivité
© Albane de Rofignac
de ces métiers, de la pénurie de médecins
urgentistes », a-t-elle fait remarquer
jeudi lors de sa visite au CHU de Nîmes.
Dans le nord de la Drôme, le service
des urgences du centre hospitalier de
Saint-Vallier a ainsi dû fermer trois semaines en août, faute de médecins remplaçants. « En vue de faire des économies,
les directeurs d’hôpitaux ne recrutent pas
de personnel pour remplacer les équipes
qui prennent leurs congés annuels, remarque Patrick Pelloux, président de
l’Association des médecins urgentistes
de France. La population qui se rend dans
les services d’urgence doit s’attendre à
prendre son mal en patience. » ■
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À Bichat, les urgences
en flux tendu
ANGÉLIQUE NÉGRONI anegroni@lefigaro.fr
DANS UNE SALLE de réunion des urgences de l’hôpital Bichat-ClaudeBernard APHP à Paris (XVIIIe arrondissement), l’équipe médicale est
rassemblée pour faire le point. Il est
8 heures, ce vendredi matin, et l’objectif est d’orienter vers des hôpitaux
la plupart des malades qui viennent de
passer la nuit dans les 24 lits du service. Un casse-tête en cette période estivale, où bon nombre de structures de
soins sont fermées en août. « C’est la
chasse aux lits. Il faut trouver des lieux
d’accueil pour ces patients. C’est un
vrai chemin de croix », reconnaît
Christophe Choquet, le responsable
médical des urgences, dont le personnel travaille depuis mi-juillet à flux
tendu. Même si le taux de fréquentation n’a pas bondi avec le retour des
fortes chaleurs, les cas à traiter sont
plus compliqués. Août déverse aux
urgences son lot habituel de personnes âgées esseulées. Après une chute,
un malaise, ou après avoir perdu la
tête, celles-ci occupent, en cette fin
de semaine, la plupart des 24 lits.
La canicule qui s’abat de nouveau
sur la France est pour cette population
vieillissante particulièrement dangereuse et éprouvante. Au cours de cette
réunion matinale, le personnel réflé-
“
Ce serait un comble
que l’on ne puisse trouver
des solutions
”
CHRISTOPHE CHOQUET,
RESPONSABLE MÉDICAL DES URGENCES
chit alors à deux fois avant de renvoyer certains chez eux. « Les cas sont
parfois limites », reconnaît Christophe
Choquet. Mais, en cette période de pénurie de lits, le choix d’un retour au
domicile s’impose, avec l’obligation,
toutefois, d’un suivi médical par les
urgences si le médecin traitant est en
congés. Pour l’une de ces patientes
isolées reconduite chez elle, l’équipe
médicale a aussi décidé de l’inscrire
auprès de la mairie de Paris. Dans le
cadre de son plan canicule, celle-ci
prévoit de joindre chaque jour les habitants ainsi signalés. « Ce dispositif est
pour nous sécurisant. Cela nous permet
de penser que l’on ne va pas revoir la
personne », reconnaît Hélène Devambez, médecin urgentiste, qui vient de
passer une nuit de labeur sans relâche.
En ce vendredi matin, la situation
aux urgences de Bichat est donc « sous
contrôle », selon son responsable qui,
en comparaison avec d’autres lieux
hospitaliers, travaille dans le luxe. Ici,
les salles sont spacieuses et fraîches.
Mais, dans les jours à venir, la situa-
tion pourrait davantage se durcir. La
venue en nombre de victimes de la canicule est redoutée par Annabel Oliver, assistante sociale du service. « Le
XVIIIe est l’un des arrondissements qui
comptent le plus grand nombre de personnes âgées et dont beaucoup vivent
dans une grande précarité », décrit-elle. Leurs chambres sous les toits, au 6e
étage sans ascenseur, risquent de devenir intenables pour ces occupants
vieillissants qui finiront aux urgences.
« C’est inévitable », estime-t-elle. De
même, ceux qui vivent aujourd’hui
dans le camp de migrants de la porte
de la Chapelle vont, selon elle, frapper
bientôt à la porte de Bichat. « Ils logent
sous des tentes et les températures qui
vont grimper vont être insupportables.
Certains déjà, passent la nuit au frais
dans la salle d’attente des urgences »,
dit-elle, déterminée : « On fera face à
la situation. On est là pour ça. »
Pour sa part, Christophe Choquet
estime qu’il n’y aura pas de catastrophe similaire à celle de 2003, quand
la canicule avait emporté plus de
15 000 personnes en France. «On a retenu les leçons de cette crise sanitaire
sans précédent», dit-il. À Bichat notamment et depuis cet épisode mortel,
la consommation en ventilateurs,
bouteilles d’eau et brumisateurs va
bon train en été. Les messages de prévention, largement diffusés, ont par
ailleurs sensibilisé l’ensemble du personnel sur la nécessité de rafraîchir un
patient ou d’aérer sa chambre. Mais
c’est aussi l’ensemble de la société qui
a désormais intégré des réflexes pour
se protéger de la chaleur. « Pour trouver de la fraîcheur et des salles climatisées, les gens vont au cinéma, fréquentent les rayons des supermarchés» ,
énumère le responsable médical.
Autant de comportements qui freinent les malaises et les arrivées aux
urgences.
« On ne sait pas ce qui nous attend,
mais il n’y aura pas dans mon service de
personnes qui attendront sur des brancards dans les couloirs », garantit
Christophe Choquet, qui en fait une
affaire de principe. « C’est de la maltraitance », affirme-t-il, précisant que
son service est en capacité d’absorber
plus de travail. Et s’il faut des lits pour
des patients à hospitaliser, ils existent,
selon lui. L’hôpital Bichat en compte
950 dont 26 % fermés durant le mois
d’août. « Ce serait un comble que l’on
ne puisse trouver des solutions », souligne le responsable en indiquant que,
déjà, la semaine dernière, 17 lits ont
été rouverts à sa demande. « On va
parfois, pour cela, au clash avec la direction », dit-il en estimant aussi
qu’en cas de crise c’est la communauté hospitalière dans son ensemble qui
devra agir. Chacun devra alors, selon
lui, « sortir de sa zone de confort ». ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 4 - dimanche 5 août 2018
SOCIÉTÉ
Consentement
sexuel : la loi
ne pose pas
de limite d’âge
Marlène
Schiappa,
secrétaire d’État
à l’Égalité entre
les femmes
et les hommes.
ZOOM
Rixe à Orly : les rappeurs
Booba et Kaaris devaient
être jugés vendredi à Créteil
LUDOVIC MARIN/AFP
Après leur violente bagarre
mercredi à l’aéroport d’Orly,
les frères ennemis du rap
français Booba et Kaaris devaient
être jugés vendredi à Créteil
pour violences volontaires.
L’audience réunissant la star
du rap français, 41 ans, et son
ex-poulain Kaaris, 38 ans, qui
ont passé les deux dernières
nuits en garde à vue, était
attendue en fin d’après-midi
ou dans la soirée devant
le tribunal correctionnel. Neuf
proches ayant pris part à la rixe
devaient également être jugés.
Certains d’entre eux, dont
les deux rappeurs, devaient
répondre de vol aggravé pour
avoir notamment pris des
bouteilles dans un magasin afin
de frapper leurs rivaux.
Les prévenus risquaient
jusqu’à sept ans de prison et
100 000 euros d’amende,
selon le parquet.
L’audience devait avoir lieu
exceptionnellement dans la salle
de la cour d’assises, équipée
de deux boxes qui permettraient
de séparer les rappeurs devenus
rivaux après avoir été très
proches. La défense de Booba
espérait toutefois obtenir un
renvoi de l’audience à une date
ultérieure en raison notamment
du nombre important
de prévenus.
Les associations de protection de l’enfance
regrettent que le texte ne soit pas plus clair.
HUGO WINTREBERT £@HugoWintre
JUSTICE Objet de controverse, source de
débats houleux depuis plus d’un an, la
question de l’âge minimal du consentement sexuel a finalement été écartée. Un
temps défendue par le gouvernement, la
présomption de non-consentement des
moins de 15 ans est la grande absente du
projet de loi sur les violences sexistes et
sexuelles, votée mercredi par l’Assemblée nationale.
Une « déception » pour la plupart des
associations de protection de l’enfance,
qui demandaient à ce que toute pénétration sur un enfant soit considérée comme
un viol, sans que la victime ait à prouver
la « violence, menace, contrainte, ou surprise », comme elle doit le faire aujourd’hui. Jeudi, plusieurs collectifs, dont le
Conseil français des associations pour les
Le Conseil d’État avait
alerté sur le risque
d’inconstitutionnalité
de la présomption
de non-consentement
droits de l’enfant ont publié un communiqué pour faire part de leur « indignation » face à l’abandon « de ce qui devait
être la mesure phare du projet de loi ».
Présidente de l’association Mémoire
traumatique et Victimologie, Muriel Salmona évoque « une trahison » du gouvernement. « Ce dispositif devait permettre
de corriger une faille importante du Code
pénal, qui définit le viol pour les adultes de
même façon que pour les enfants, quand
bien même ces derniers ne peuvent pas
avoir de consentement », s’indigne cette
psychiatre.
À l’origine, le gouvernement avait
promis d’inscrire dans le Code pénal un
âge limite de présomption de « non-consentement » des mineurs à un acte
sexuel. Une prise de position qui faisait
suite à deux décisions de justice largement médiatisées ayant mis en lumière
cette zone grise du droit pénal : en septembre et novembre 2017, deux hommes,
de 28 et 30 ans, avaient échappé à des
poursuites pour viol après avoir eu des
rapports sexuels avec des fillettes de
11 ans.
Début 2018, le débat n’était plus de savoir si la mesure serait inscrite dans le
projet de loi mais à partir de quel âge cette
présomption devait s’appliquer : 13 ou
15 ans ? Marlène Schiappa, secrétaire
d’État à l’Égalité entre les femmes et les
hommes, avait lancé une « consultation
citoyenne nationale » et regroupé plusieurs médecins et magistrats pour dégager un consensus sur ce point. L’âge de
15 ans avait été retenu.
Mais, fin mars, dans un avis consultatif, le Conseil d’État a alerté le gouvernement sur le risque d’inconstitutionnalité
de la présomption de non-consentement. La mesure pourrait en effet porter
atteinte au principe de présomption d’innocence, si la charge de la preuve incombait à l’accusé. « Je ne suis pas constitutionnaliste », fait remarquer Marlène
Schiappa, qui parle de son projet de loi
comme d’un « texte citoyen. Nous assumons donc qu’il évolue sans cesse. »
Pour la secrétaire d’État, l’absence de
définition d’un âge de consentement
sexuel n’enlève rien à la force du projet de
loi. Elle renvoie ainsi vers son article 2,
qui précise que « la contrainte morale ou la
surprise sur un mineur de moins de 15 ans,
peuvent résulter de l’abus de l’ignorance de
la victime ne disposant pas de la maturité
ou du discernement nécessaire pour
consentir à ces actes. » Cette disposition
laisserait donc au juge une large part d’in-
terprétation. Une mesure « inutile » pour
les associations d’aide à l’enfance, qui
soulignent la difficulté pour les policiers
ou les magistrats de questionner un enfant sur son consentement. « Avec cette
disposition, quand un mineur de moins de
quinze ans sera victime de relation sexuelle
avec un majeur, on partira du principe qu’il
y a eu viol », se félicite Marlène Schiappa.
Avant de conclure : « L’objectif est rempli.
Mais pas avec les mêmes mots qu’au début
des discussions. » ■
Magistrale !
EMMA
THOMPSON
STANLEY
TUCCI
7
Télérama
FIONN
WHITEHEAD
Outrage, raids numériques :
ces violences sanctionnées
LES #BalanceTonPorc et autres #MeToo
auront désormais leur pendant législatif. Mercredi soir, l’Assemblée nationale a en effet adopté par un ultime vote le
projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles. Outre les nouvelles dispositions renforçant la répression des
abus sexuels sur les mineurs (voir cidessus), le texte prévoit quelques nouvelles dispositions en matière de harcèlement sexuel et moral. Ces mesures,
jugées insuffisantes par une partie de la
gauche (La France insoumise) et de la
droite (Les Républicains), devraient
pourtant concerner de nombreuses
femmes, puisque, selon l’Insee, une sur
sept aurait subi une forme d’agression
sexuelle au moins une fois dans sa vie.
Le harcèlement couvre nombre de réalités diverses. Il s’agissait donc d’adapter l’arsenal répressif à ces formes de
violences. L’objectif ? Aider les victimes
et punir les auteurs de ces infractions,
qui « sauront davantage à quelles poursuites ils s’exposent », d’après le texte.
● Première nouveauté, l’avènement
dans le Code pénal de la notion d’« outrage sexiste », considéré comme le
fait d’imposer à une personne tout
propos ou comportement à connotation sexuelle ou sexiste jugé humiliant
ou dégradant. Les auteurs de ces faits
pourront être condamnés à plusieurs
peines allant de l’amende (de 750 à
3 000 euros) au stage de lutte contre le
sexisme et de sensibilisation à l’égalité
entre les femmes et les hommes.
● Le harcèlement sexuel, à distinguer de l’outrage sexiste, notamment
par sa nature répétitive, est un des fils
conducteurs de ce projet de loi. Dans
cette perspective, le texte est clair et
décrit le harcèlement sexuel comme
« le fait d’user de toute forme de pression grave dans le but réel ou apparent
d’obtenir un acte de nature sexuelle, que
celui-ci soit recherché au profit de
l’auteur des faits ou au profit d’un
tiers». Il est passible de deux ans
d’emprisonnement et de 30 000 euros
d’amende.
● Fera également son apparition dans
la loi la répression de l’« upskirting ».
Derrière cet anglicisme, une pratique
couramment répandue chez les
voyeurs et qui vise à filmer ou photographier sous les jupes de certaines
femmes, avant, bien souvent, la propagation de ces images sur le Net. La
sanction pour ce genre de comportement s’élève à deux ans d’emprisonnement et à 30 000 euros d’amende. L’exhibition sexuelle reste, quant à elle,
condamnée depuis 1994 à 15 000 euros
d’amende et à une année d’emprisonnement.
● Les raids numériques seront désormais, eux aussi, punis : l’article 3 du
projet de loi s’adresse plus directement
aux internautes et vise à dénoncer les
cyber-harceleurs qui publient de manière ciblée des propos sexistes et violents proférés à l’encontre d’une seule
et même personne. Ils seront sanctionnés de trois ans d’emprisonnement et
de 45 000 euros d’amende. « Internet
n’est pas une zone de non-droit, les harceleurs ne peuvent plus se cacher derrière l’impunité que leur confère un écran »,
a indiqué vendredi le cabinet de la secrétaire d’État Marlène Schiappa. ■
My
Lady
Pour elle, seul compte
l’intérêt de l’enfant
Un film de
Richard Eyre
A
CLOTILDE COSTIL £@ClotildeCostil
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 4 - dimanche 5 août 2018 LE FIGARO
8
SPORT
Teddy Riner :
« Je finirai
aux JO de Paris
en 2024,
à la maison »
Teddy Riner, le 26 juillet, à Paris.
« Il y a le poids des années, confie
le champion, mais j’ai encore envie,
j’ai encore les jambes pour le faire.
On va tout faire pour aller chercher de
nouveaux titres. » JB AUTISSIER/PANORAMIC
On vous a vu très impliqué dans
la candidature de Paris 2024. Quel a été
votre rôle dans cet aboutissement ?
J’ai été coprésident de la commission des
athlètes. Tous ces sportifs que l’on a rassemblés, tous ces événements que l’on a
votés, toutes les idées d’application, eh
bien, c’est nous. J’ai été vraiment impliqué dans cette candidature. J’ai été pas
mal présent devant les médias pour défendre ce projet, j’ai fait un discours devant le président de la République, mais
surtout devant 200 médias internationaux, ce qui n’est pas rien. À côté de ça,
on est allés plusieurs fois devant tous les
comités olympiques. Il fallait le faire, mais
c’est bien, puisque ça a marché. On a
réussi à leur montrer tout ce que l’on voulait faire. Maintenant, il n’y a plus qu’à.
On a six ans pour préparer toute cette jeunesse. Tout commence maintenant.
Le double champion olympique, qui
a pris une année sabbatique, annonce au
« Figaro » qu’il relève le défi des JO de Paris.
PROPOS RECUEILLIS PAR
QUENTIN MARCHAL £@Marchal7Quentin
Où en est la construction de la section
judo au Paris Saint-Germain ?
Je suis fier d’être à la naissance de ce projet. Beaucoup de jeunes demandent à intégrer ce club. Pour eux, c’est incroyable
qu’il se soit remonté. On attend, désormais. Les premières fondations sont posées. Maintenant, c’est aux instances de
prendre le relais.
jambes pour le faire. On va tout faire pour
aller chercher de nouveaux titres. Pour
arriver à mes fins, il faut savoir s’économiser, savoir se faire oublier un peu,
prendre du temps pour soi et récupérer
de toutes ces émotions mentales. On
réattaquera en janvier 2019 jusqu’aux
Jeux olympiques de Tokyo (du 24 juillet au
9 août 2020, NDLR).
JUDO Soirée sur les Champs Élysées en
l’honneur des rugbymen de Clermont.
Partageant le même équipementier - Under Armour -, l’icône du tatami échange
avec les joueurs de l’ASM. Trois jours plus
tard, Teddy Riner effectuera avec eux un
entraînement. Leur délivrant de précieux
Après tous ces titres et cette série en cours
conseils sur les attitudes au plaquage.
de 144 combats sans défaite, où trouvezAvant cette séance, le décuvous la motivation pour
ple champion du monde s’est
écrire encore un peu plus
longuement confié au Fivotre légende ?
garo. Révélant qu’il avait
Je crois que c’est en moi, et
pris sa décision. Quoi qu’il
ça s’est forgé au fur et à mearrive aux Jeux olympiques
sure des années. Je n’aime
1989
de Tokyo en 2020, il prolonpas perdre, surtout, et je fais
Naissance
gera son immense carrière
tout ce qu’il faut pour ne pas
à Pointe-à-Pitre.
jusqu’aux JO de Paris. En
perdre. Je m’entraîne com2007
2024. Il aura 35 ans.
me un dingue et je me reChampion d’Europe,
mets constamment en quesson premier titre
tion. Quand on a goûté une
LE FIGARO. - Comment
international. Il le sera
fois à la victoire, on n’a pas
occupez-vous cette année où
encore à quatre
envie de perdre. Très souvous ne participez à aucune
reprises (2011, 2013,
vent, on me reproche de
compétition officielle ?
2014 et 2016).
vouloir gagner dans tout, ce
Teddy RINER. - Je la consa2012
qui fait de moi un mauvais
cre essentiellement au traAprès une médaille
perdant, d’ailleurs (sourire).
vail physique et technique,
de
bronze
à
Pékin
Quand on accepte les règles
tout en profitant de mes vaen 2008, il est sacré
d’un jeu, il faut accepter de
cances. Quand j’ai envie, je
champion olympique
perdre.
vais sur les tapis pour proà Londres, puis à
duire mon judo, mais c’est
Rio de Janeiro en 2016. Parmi tous vos titres, si vous
vraiment à la carte. Le seul
2017
objectif, c’est un entraînedeviez en dégager trois ?
Champion du monde
ment par jour obligatoire.
D’abord, il y a le premier,
pour la 10e fois.
Vous savez, après toutes ces
c’est normal, Rio 2007.
années, on a fait un bilan
C’est le truc qu’on n’oublie
avec mon staff. Je suis dix fois champion
jamais. C’est le premier titre. On ne s’y
du monde et double champion olympiattend pas, en fait. Ce sont des années de
que. Alors, oui, il y a le poids des années,
travail pour des secondes de consécramais j’ai encore envie, j’ai encore les
tion. Quand on arrive à recevoir ce titre
Bio
EXPRESS
rais bien, c’est un réel objectif pour moi.
Forcément, cette médaille d’or me tient à
cœur, en 2020, car j’ai envie de réaliser
ça, non pas à Paris, mais à Tokyo. Pour
l’histoire de mon sport, pour moi et pendant que je suis encore capable de le faire.
Je pourrais même devenir quadruple
champion olympique, car il y a les Jeux
olympiques par équipe mixte, également.
Si on arrive à le faire, ce serait quelque
chose de grand.
aussi tôt, à 18 ans, on est stupéfait. J’étais
choqué et estomaqué, car, pour vous dire
la vérité, je ne m’y attendais pas. Ensuite,
je dirais les Mondiaux 2011, à Paris. C’est
peut-être la meilleure de mes compétitions, celle où je me suis senti le mieux,
devant le public français, en plus. Et,
pour finir, forcément, mon premier titre
olympique, en 2012, à Londres. J’entendais mon nom partout, c’était incroyable. J’étais très attendu et j’ai répondu
présent.
Paris 2024 n’est donc pas une fiction
mais bel et bien une réalité ?
Ce sera la fin pour moi. Je vais faire tout ce
qui est en mon pouvoir pour terminer làbas. Tout le monde pensait que j’allais arrêter, eh bien non, je n’arrête pas ! Je finirai à Paris, en 2024, à la maison.
Aucun athlète français n’a été triple
champion olympique consécutivement.
Le faire à Tokyo, dans le temple du judo,
serait quelque chose d’extraordinaire.
C’est marrant que vous disiez ça, car je
n’avais jamais pris ça en compte. J’aime-
PSG-Monaco : pour un premier trophée
À une semaine de la reprise de la Ligue 1, le champion de France défie son dauphin ce samedi
à Shenzhen, en Chine, à l’occasion du Trophée des champions. Sans plusieurs mondialistes.
A
FOOTBALL C’est (déjà) la reprise ! À peine le temps de savourer la deuxième étoile, les doigts de pieds en éventail sur la
plage pour les plus chanceux, qu’il faut
repartir pour un tour. Trois semaines
seulement après le sacre mondial des Bleus
en Russie, la saison de football en France
redémarre officiellement ce samedi avec
le traditionnel Trophée des champions,
censé opposer le champion de France au
vainqueur de la Coupe de France. Mais le
PSG, quintuple tenant du titre, ayant tout
raflé sur la scène nationale la saison dernière, c’est donc Monaco, son dauphin,
qui défiera le club parisien en Chine, à
Shenzhen (14 heures, heure française,
beIN Sports 1), volonté de développement de l’image du foot français à
l’étranger oblige. Deux clubs qui ont débarqué en milieu de semaine dans l’eempire du Milieu sans grandes certitudes.
Notamment à cause du Mondial et, de
facto, du retour tardif des internationaux.
À Monaco, Danijel Subasic et Djibril Sidibé ne sont pas attendus dans la Principauté avant le 6 août prochain tandis que
Radamel Falcao n’a rejoint ses coéquipiers que vendredi matin, afin de participer à une opération marketing. Évidemment, l’absence de ces trois cadres est
une épine supplémentaire dans le pied de
Leonardo Jardim, confronté dans le
A.-C. POUJOULAT/AFP
VINCENT DUCHESNE £@VinceSport24
Neymar, tout juste rentré de vacances, à l’entraînement vendredi au stade de Shenzhen.
même temps à un sérieux chantier au milieu de terrain après les départs de Fabinho (Liverpool), Moutinho (Wolverhampton) et Lemar (Atlético Madrid) cet été.
Jeunes pousses
Un éternel recommencement pour le
technicien portugais, appelé chaque année à rivaliser d’ingéniosité pour bâtir
une équipe compétitive et faire face à la
logique de « trading joueurs » (faire des
plus-values avec des joueurs formés au
club ou achetés à bas prix) de ses dirigeants. Résultat, Monaco - avec une di-
zaine d’éléments de 20 ans ou moins,
dont les recrues Sofiane Diop (18 ans) et
Willem Geubbels (16 ans) - n’a pas particulièrement brillé lors des matchs de
présaison (2 victoires, 2 nuls, 2 défaites).
Faisant preuve de fébrilité défensive et
d’un manque d’expérience évident.
Le PSG, très discret sur le marché des
transferts hormis l’arrivée de la légende
Gianluigi Buffon (40 ans), n’a pas été plus
fringant. Privé de tous ses mondialistes il
y a encore une semaine, le nouveau coach
parisien, Thomas Tuchel, a dû bricoler
avec les jeunes pousses du club contre le
Bayern Munich (1-3) et Arsenal (1-5).
Avant de pouvoir enfin intégrer les Argentins Lo Celso et Di Maria, mais aussi
Verratti et Kurzawa, de retour de blessure, dans son 3-5-2 - un schéma tactique
tout nouveau pour Paris - contre l’Atlético Madrid lundi (3-2). Difficile dans ces
conditions de parler de préparation,
quand rien (ou presque) n’a vraiment pu
être travaillé. Que ce soit à l’entraînement ou en match. Sachant que les Brésiliens (Thiago Silva, Marquinhos et Neymar) sont arrivés durant la semaine en
Asie et qu’il manque encore à l’appel
Mbappé, Kimpembe, Areola et Meunier.
« Nous ne sommes pas à 100 % physiquement, mais nous sommes forts mentalement, a toutefois affirmé Thiago Silva,
reconduit dans son rôle de capitaine. On a
envie de gagner ce titre et de ramener ce
trophée à Paris. » Avec Neymar au coup
d’envoi, 48 heures seulement après son
arrivée en Chine ? Même s’il est « capable
de jouer », dixit Tuchel, l’entraîneur allemand ne veut pas « prendre le moindre
risque » avec un joueur longtemps écarté
des terrains la saison dernière. « Bien sûr
que nous voulons gagner et avoir la
meilleure équipe possible. Mais, en même
temps, c’est mon devoir de protéger mes
joueurs, a-t-il rappelé. Nous devons voir
comment les Brésiliens se sentent. Car ce
n’est pas seulement l’entraînement, mais
aussi le voyage, le jet-lag, le sommeil… On
prendra la décision finale samedi. » ■
On vous sait grand fan de football,
et du PSG en particulier, mais êtes-vous
également un amateur de ballon ovale ?
Je ne suis pas le rugby, je suis tous les
sports ! Tous les matins, lorsque je me
lève, la première chose que je fais est de
regarder les pages sportives. Forcément,
le rugby en fait partie, et j’adore ce sport.
Je n’en vois pas d’autres où il y a autant
d’adversaires dans les tribunes côte à
côte. Ils s’encouragent et se charrient
dans la bienveillance. Je crois que c’est
l’un des seuls sports dans ce cas, et je
trouve cela exemplaire, car on peut venir
avec sa famille à n’importe quel moment.
Je supporte l’ASM, forcément (équipé par
Under Armour, comme lui), mais aussi
Perpignan, qui est mon club de cœur.
Étant parisien, j’apprécie également le
Stade Français, qui a un très beau maillot
(rires). J’ai beaucoup d’estime pour Max
Guazzini, qui a laissé une belle image de
ce club.
Que pensez-vous des difficultés
du XV de France ?
J’ai énormément vibré en 2011 lorsqu’ils
terminent deuxième après une finale
épique face aux All Blacks ; chez eux, en
plus. Actuellement, c’est un groupe en
reconstruction. Ils se cherchent. Cela leur
laisse le temps pour la Coupe du monde
2023 en France. Le phénix renaîtra de ses
cendres. ■
ZOOM
F1 : Niki Lauda hospitalisé
dans un état critique
L’ancien triple champion
du monde de F1 (1975, 1977, 1984)
et homme d’affaires autrichien
Niki Lauda a dû subir jeudi une
transplantation pulmonaire à la
suite d’une infection. Plongé dans
un coma artificiel, son état est
considéré comme critique, selon
la presse locale. Les chirurgiens
assurent que « l’opération s’est
passée comme prévu » et font
preuve d’un « optimisme prudent »
quant au rétablissement
du patient âgé de 69 ans.
EN BREF
F1 : Ricciardo chez Renault
Trêve sur les circuits, pas dans
les paddocks. Aussitôt annoncé
par l’écurie Red Bull que Daniel
Ricciardo ne serait plus pilote
chez elle la saison prochaine,
Renault officialisait la venue
du pilote australien, vainqueur
de 7 GP depuis 2011. Pour
le remplacer chez Red Bull,
l’Espagnol Sainz et le Français
Gasly font figure de favoris.
Rugby : une légende
irlandaise au Stade Français
Le club parisien a recruté Paul
O’Connell, l’ancien capitaine
du XV du Trèfle. L’ex-deuxièmeligne, retraité depuis 2016, intègre
le staff du Stade Français Paris en
tant que spécialiste de la touche.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 4 - dimanche 5 août 2018
SPORT
9
Tonsser détecte les talents en herbe
Cette plateforme numérique d’origine danoise permet de dresser un profil précis des joueurs amateurs.
Facilitant ainsi le travail de recherche des clubs professionnels.
ROMAIN BOURGOURD £@RomainBougourd
FOOTBALL En réunissant 86 jeunes
footballeurs amateurs sur la pelouse du
Stade Bauer du Red Star, fin avril, la filiale France de l’application danoise
Tonsser concrétisait deux années de
travail dans l’Hexagone. Ces jeunes de
la région parisienne ont été sélectionnés selon leurs performances générales
par l’application, qui a organisé des détections avec le club de Saint-Ouen (qui
vient de monter en Ligue 2). Créée en
2014, Tonsser, un mot danois qui qualifie un joueur hargneux et dont la technique laisse à désirer, est un réseau social destiné aux joueurs amateurs. Il
compte plus de 300 000 abonnés en
France.
“
Tout le monde est
intéressé par le prochain
Messi ou Mbappé,
et ils veulent tous
le connaître à l’avance
”
« Chaque joueur renseigne tout un tas
d’informations comme sa taille, son
poids, son pied préféré, son poste, son
équipe préférée, le club où il joue et ses
points forts, selon lui, parmi une soixantaine de compétences », explique Arnaud Deffuant, qui dirige la start-up en
France. Ce dernier présente l’application comme « le LinkedIn du football »,
une plateforme faite pour le joueur
amateur et pour l’accompagner dans
son parcours.
« Le but de notre app, c’est de structurer l’écosystème du football autour du
joueur, sur le modèle de ce qu’a fait LinkedIn dans le monde du travail. Tout le
monde est intéressé par le prochain Messi
ou Mbappé, et ils veulent tous le connaître à l’avance, et nous, nous voulons fé-
Des jeunes de 13 à 19 ans réunis en avril dernier sur la pelouse du Stade Bauer, lors des trois journées de détection organisées
par Tonsser, en partenariat avec le Red Star. TONSSER
dérer cette communauté de joueurs en
leur offrant une plateforme qui les met en
valeur et les faire repérer par le monde du
football professionnel », poursuit le gestionnaire.
Structurer l’écosystème du football,
mais aussi apporter plus de justice. « On
veut apporter plus de transparence et
d’égalité dans le monde du foot. Un jeune
joueur très bon en région Rhône-Alpes a
beaucoup de chances d’être repéré par
un recruteur de l’Olympique Lyonnais.
Deschamps rend visite
à Tapie à Saint-Tropez
ALEXANDRE RAVASI £@alex_ravasi
C’EST PAR UNE PHOTO postée sur Instagram le week-end dernier que Sophie
Tapie a révélé la rencontre. La fille de
Bernard Tapie y apparaît sur la terrasse
de la villa tropézienne de l’homme d’affaires en compagnie de Didier Deschamps, sélectionneur de l’équipe de
France. Elle y adjoint un commentaire
de remerciement pour ce « merveilleux
moment en famille ». Cette visite de l’exjoueur de l’Olympique de Marseille
(1989-1994) à son ancien président
(1986-1994) n’a rien d’inattendue. Bernard Tapie avait invité l’équipe de France à fêter le sacre mondial à Saint-Tropez dans les colonnes de Nice-Matin le
15 juillet dernier. « On t’attend ! » avaitil lancé à « DD », qui était déjà venu célébrer le titre vingt ans auparavant avec
ses coéquipiers. L’ancien capitaine des
Bleus, justement en vacances à SaintTropez avec ses proches, en a donc profité pour saluer celui qui fut ministre de
la Ville en 1993.
Didier Deschamps s’est cette fois-ci
rendu seul à La Mandala pour soutenir
l’ancien député dans son combat contre
le cancer de l’estomac. Une maladie, dévoilée en septembre 2017, à laquelle
l’entraîneur avait réagi avec émotion à
l’issue de la finale de la Coupe du monde,
au micro de TF1 : « Le football, à côté, ce
n’est pas grand-chose. Lui, il a un combat
à livrer pour la vie, et ça, c’est plus important, mais je sais qu’il va s’en sortir. » Des
paroles de soutien qui font écho à celles
prononcées en conférence de presse en
octobre dernier.
Une profonde estime
Les deux hommes, qui ont soulevé ensemble le trophée de la Ligue des champions en 1993, se vouent une profonde
estime. Les récentes déclarations de
l’ancien homme politique de 75 ans sur
son acolyte dans Paris Match peuvent en
attester : « [Deschamps], c’est celui
qu’on a envie d’avoir comme fils, comme
frère, comme père, comme cousin, comme
copain. Il a ce “Talent”, avec un T majuscule. » Le sélectionneur bayonnais est,
selon Tapie, l’une des clés du succès des
Bleus, car il a « ce qu’il faut pour être un
meneur sentimental ou affectif », comme
il l’affirmait sur RMC au lendemain de la
victoire. Dans un nouvel hommage appuyé, il définissait Deschamps comme
« le dénominateur commun affectif », celui qui se fait aimer de tous. Des messages qu’ils ont enfin pu s’échanger de vive
voix à l’occasion de leur rencontre. ■
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Didier Deschamps en compagnie de la fille de Bernard Tapie, Sophie, qui a mis cette
photo en ligne après la rencontre entre les deux hommes. INSTAGRAM SOPHIE TAPIE
aussi des marques, s’est donc concrétisé le 23 avril dernier. Trois jours de détection pour trois catégories de jeunes,
entre 13 et 19 ans, ont été organisés par
Tonsser, en partenariat avec le Red
Star. « On a eu plus de 8 700 postulants
pour la détection, et, avec notre algorithme, on a écrémé pour arriver à trente
joueurs par catégorie », raconte non
sans fierté Arnaud Deffuant. « On s’est
occupé de tout ce qui se passait avant la
détection, puis le Red Star s’est occupé de
Mais le même joueur de même niveau
dans la Creuse n’aura quasiment aucune
chance d’être repéré », explique Arnaud
Deffuant, qui compte sur la technologie
pour faire face aux inégalités géographiques et permettre aux recruteurs
d’avoir une base d’informations et de
data afin de se faire une idée du niveau
général d’un joueur, même en ne le
voyant qu’une seule fois.
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tout le jour J », assure-t-il. « La qualité
de détection était hétérogène, ce qui est
normal en passant par un réseau social », explique de son côté Enzo Djebali, recruteur du Red Star. « Mais le
“haut du panier” était surprenant de
qualité. Tonsser a très bien collaboré
avec le Red Star avec la préparation des
fiches individuelles afin de fondre la base
de données mathématique et la réalité
technique d’une détection », poursuit-il.
Des joueurs de qualité et de bonnes
conditions pour les joueurs, ce dont se
félicite la start-up danoise. « On apporte plus de transparence et de simplicité
pour les clubs et les familles. On gère tout
puis la détection est gérée par le club, qui
prend contact directement avec les familles en cas d’intérêt pour un joueur. Il
n’y a pas d’intermédiaire entre les deux
et c’est quelque chose qui plaît énormément aux familles. On a eu beaucoup de
retours très positifs là-dessus », apprécie Arnaud Deffuant. « Tout est réuni
pour que ce soient trois jours réussis et
que, peut-être, cinq, six ou dix joueurs
puissent signer au Red Star la saison
prochaine dans les différentes catégories
de jeunes », espère Grégoire Potton, directeur général du club francilien.
Des chiffres qui semblent parfaitement probables. À l’issue des trois jours
de détection, neuf joueurs ont reçu des
propositions pour intégrer les équipes
de jeunes. Un « taux très élevé », se félicite Arnaud Deffuant, même si seulement quatre ont accepté, les autres habitant trop loin. « Le club peut désormais compter sur un acteur majeur du
recrutement en identifiant des joueurs
que nos observateurs n’auraient pas
ciblés lors de leur reporting », se réjouit
Souleymane Camara, nouveau manager
général du Red Star. Application qui
prône un football plus juste et qui se
veut conçue pour le joueur amateur
avant tout, Tonsser s’avère aussi être
un partenaire en puissance pour les
clubs. Et le Red Star ne sera sûrement
plus longtemps le seul. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 4 - dimanche 5 août 2018 LE FIGARO
Une nouvelle aire marine protégée
pour les cétacés en mer Méditerranée
SCIENCES
10
100 km
Nouvelle aire du corridor de migration des cétacés
Sanctuaire Pelagos datant de 2002 (87 500 km²)
Gênes
ITALIE
FRANCE
Marseille
Nice
Golfe
du Lion
Mer
Ligurienne
Roses
ESPAGNE
Corse
Barcelone
Tarragone
46 385,7 km²
Valence
ALEXIS ROSENFELD / DIVERGENCE
Xábia
Minorque
Ibiza
Formentera
Palma
Îles
Sardaigne
Majorque
a
Balé
re
s
Mer
Tyrrhénienne
M e r M é d i t e r ra n é e
Surveillance des récifs coralliens
de Mayotte, dans l’océan Indien.
ALGÉRIE
Sources : El País et sanctuaire-pelagos.org
TUNISIE
Infographie
Les aires marines protégées, efficaces mais…
Une législation plus précise et une meilleure répartition de ces zones amélioreraient la biodiversité des océans.
VINCENT BORDENAVE £@vbordenavev
ment la pêche. La grande majorité des
zones permet toujours l’extraction de
ressources. Pourtant, les travaux de
l’équipe franco-portugaise montrent
qu’il n’est pas nécessaire de durcir trop
violemment la législation pour rendre
plus efficaces les AMP.
“
Il faut demeurer très
vigilant sur les méthodes
de pêche
”
JOACHIM CLAUDET, CHERCHEUR CNRS
AU LABORATOIRE CORAIL
Les chercheurs ont analysé les populations marines des aires en protection
partielle. Ils ont mis en place une classification qui permet d’évaluer leur efficacité. « C’est un classement qui se fait
sur quatre niveaux, explique le chercheur français. Notre but est de voir
ÉT
É
20
18
BIODIVERSITÉ Bien que décimée par la
surpêche et la dégradation des fonds
marins, la faune océanique n’est pas
vouée à la disparition. D’ici à 2020,
10 % de la surface océanique devra répondre au statut d’aire marine protégée
(AMP), un objectif fixé en 2011 par la
convention sur la diversité biologique.
Une aubaine pour nos océans et leurs
habitants. Mais la définition de ces zones reste large et à l’appréciation des
États. Une grande majorité d’entre elles
permettent toujours la pêche sous certaines conditions. Une équipe de recherche franco-portugaise a ainsi évalué leur efficacité écologique. Selon les
auteurs, qui publient leurs travaux dans
la revue Frontiers in Ecology and the Environment, des usages limités et bien ré-
glementés dans les zones de protection
pourraient non seulement améliorer la
biodiversité, mais aussi répondre aux
enjeux économiques en améliorant les
rendements de pêche.
Principalement situées près des côtes, les AMP ont pour but de sanctuariser un espace contre les impacts directs
de l’activité humaine. « L’objectif d’arriver à 10 % de la surface marine est bien
évidemment une bonne chose, explique
Joachim Claudet, chercheur CNRS au
laboratoire Corail (Paris PSL) et coauteur de l’article. Mais pour y arriver, la
législation est beaucoup trop large. Un
trop grand nombre de ce qui est appelé
“aire marine protégée” ne confère que
peu ou pas de restrictions sur les usages
les plus impactants. » Certains États
freinent des quatre fers à l’idée d’établir
des aires trop strictes près de leurs côtes, de peur de restreindre trop forte-
PRÉSENTE
mité de zones strictement protégées, la
pêche devient beaucoup plus rentable. Il
n’y a donc pas besoin d’imposer des aires
particulièrement strictes pour sauver la
faune. » Une alternance entre aires très
protégées et aires modérément protégées permet de sanctuariser des lieux
qui favorisent la reproduction des poissons, et donc d’augmenter leur nombre
dans le reste des océans. « Mais pour
être efficace, il faut demeurer très vigilant sur les méthodes de pêche, ajoute le
chercheur. Les engins les plus destructeurs comme les chaluts ou les sennes de
fond y sont à proscrire. »
Une réglementation intelligente peut
donc permettre de lier biodiversité et
rendement économique. Un bémol tout
de même : ces aires marines protégées
ne sont efficaces que pour protéger envers les impacts directs. Les étendues de
matières plastiques voguant sur les flots
ne s’arrêtent pas à leur limite. Quand
bien même la pêche y serait mieux réglementée, l’effort pourrait s’avérer insuffisant pour protéger les océans et
leurs poissons de nos comportements à
terre qui polluent les mers. ■
Plus de 46 000 km² pour
les cétacés en Méditerranée
Grammaire, orthographe, dictées,
expressions, synonymes…
DES CENTAINES DE QUIZ POUR TOUT L’ÉTÉ
Quel est l’infinitif du
participe passé issu ?
A issir
B issire
C issoir
D issoire
Parmi ces mots,
lesquels sont
mal orthographiés ?
A déshoneur
B honorable
C déshonorer
D honnorifique
7
,90
A
concrètement ce que donne l’impact des
différentes activités autorisées dans les
aires marines protégées. Ce qui nous a
permis de constituer huit catégories. »
Les chercheurs ont d’abord considéré le
nombre d’engins de pêche différents
sur les aires. Ce qui permet de dégager
les trois catégories les moins protégées.
Ensuite, l’impact respectif de ces engins
quand ils sont moins de dix. Puis l’impact des autres activités sur le bord de
mer. Et, enfin, pour les trois catégories
les plus protégées, quels usages récréatifs étaient autorisés.
Les zones fortement et modérément
protégées (classées de 1 à 5) présentent
une biomasse et un nombre d’espèces
de poissons commerciaux plus important. Mais les zones modérément réglementées ne sont efficaces écologiquement qu’en présence d’une aire
adjacente intégralement protégée. « Ce
qui est assez logique, c’est de constater
que les aires avec le moins de contraintes
ont très peu de différences avec les zones
non protégées, détaille Joachim Claudet.
Par contre, nous montrons qu’en plaçant
des aires modérément protégées à proxi-
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MARIELLE COURT £@MarielleCourt
C’ÉTAIT une nouvelle très attendue de
tous les spécialistes des cétacés en Méditerranée. Une nouvelle aire marine protégée (AMP) vient de voir le jour le long des
côtes espagnoles (voir ci-dessus). « Cette
mesure va protéger environ 3 500 rorquals
communs, le deuxième plus grand animal
vivant sur la planète après la baleine
bleue », se félicitent les responsables du
programme des Nations unies pour
l’Environnement.
L’espace représente une surface de
46 385 km2 sur une bande de 1 350 kilomètres de longueur. « C’est très notable »,
se félicite Hélène Labach, chargée de projet au sein de l’association GIS3M (Groupement d’Intérêt scientifique pour les
Mammifères Marins de Méditerranée),
« surtout pour une aire dédiée aux cétacés », insiste-t-elle. Elle a d’ailleurs vocation à rejoindre le groupe des aires spécialement protégées d’importance méditerranéenne (Aspim) gérée dans le cadre de
la convention de Barcelone. Juridiquement contraignantes pour toutes les parties, les Aspim sont prioritaires en matière
de recherche scientifique et technique,
ainsi qu’en matière d’assistance mutuelle.
Les Aspim sont désormais 35.
Cette nouvelle AMP présente de multiples avantages pour les espèces. Le premier est de créer une continuité pour celles qui, comme les rorquals, migrent en
Méditerranée en remontant le long des
côtes espagnoles jusqu’au sanctuaire
Pelagos mis en place entre la France, la
principauté de Monaco et l’Italie, en passant par le parc naturel marin du golfe du
Lion. « Il est assez difficile de déterminer
leur parcours, mais on sait qu’ils peuvent
passer l’hiver plutôt dans le Sud et l’Est, et
ils viennent s’alimenter au printemps et en
été en Méditerranée occidentale », raconte
Hélène Labach. Combien de ces cétacés
croisent dans les eaux de la grande bleue ?
Si les Nations unies avancent le chiffre de
3 500, il est assez hypothétique. Il n’est
basé que sur des comptages locaux. Un
énorme projet de plusieurs millions
d’euros qui s’est déroulé en juin et juillet,
l’Accobams Survey Initiative, vise notamment « à effectuer la première étude
synoptique de toute la mer Méditerranée ».
Observations aériennes, navires scientifiques plus une centaine d’observateurs ont
été mobilisés. « Cela va offrir le premier recensement du nombre de cétacés en Méditerranée permettant à l’avenir d’avoir un
repère pour voir comment évoluent les populations », poursuit la jeune biologiste.
10 % des zones côtières et
marines protégées d’ici à 2020
Si les AMP sont rarement exemptes de
toute activité humaine, l’un des objectifs
est de mieux les gérer. Il y a par exemple
beaucoup de bruit en Méditerranée lié
notamment aux prospections sismiques.
« Elles sont ponctuelles et souvent assez
délétères sur les cétacés », rappelle Hélène
Labach, l’aire marine devrait permettre
de mieux les réguler.
Dans le cadre des objectifs de développement durable établis sous l’égide de
l’ONU, tous les pays du monde se sont engagés à protéger au moins 10 % des zones
côtières et marines d’ici à 2020. Le chiffre
est aujourd’hui de 8,9 % pour la mer Méditerranée, de 5,3 % pour la totalité des
océans. Vingt et une espèces de cétacés
ont été aperçues au moins une fois en Méditerranée et en mer Noire, dont onze qui
sont considérées comme étant régulièrement présentes, rappelle l’Accobams, qui
précise : « On estime que près de 10 % de la
biodiversité marine mondiale est rencontrée en Méditerranée, qui ne représente que
1 % des océans et des mers. » Ce qui incite à
sérieusement en prendre soin. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 4 - dimanche 5 août 2018
CULTURE
11
I
THIERRY HILLÉRITEAU
£@thilleriteau
ENVOYÉ SPÉCIAL À LA ROQUE-D’ANTHÉRON
(BOUCHES-DU-RHÔNE)
l est de bon ton de critiquer la
frilosité des programmateurs qui s’en
tiennent aux partitions les plus connues
afin de remplir leur salle. Hélas, il arrive
que le public leur donne raison. Le
1er août dernier, c’est face à des gradins
clairsemés que se sont succédé les artistes de la première Nuit du piano du
38e Festival de La Roque-d’Anthéron.
Un type de concert généralement prisé.
L’affiche ne manquait pas d’attrait. Au
côté de l’Orchestre de Cannes dirigé par
Benjamin Levy, un duo pianistique en
vogue : les sœurs Bizjak ; une jeune violoniste dont la carrière a décollé il y a dix
ans, Alexandra Soumm ; et un pianiste
dont la profondeur de jeu et l’intelligence musicale ne sont plus à démontrer,
Jonas Vitaud.
La rareté des œuvres convoquées
aura-t-elle découragé les fidèles ? Probable. Avec une jauge de 2 000 places,
un concert au parc de Florans, même à
moitié plein, touche cependant un public plus nombreux que dans bien des
festivals. On peut donc saluer l’audace
de René Martin, directeur de la manifestation, qui a misé sur des chefs-d’œuvre
méconnus.
Couleurs debussistes raffinées
C’est par une rareté que Lidija, l’aînée
des sœurs Bizjak, et Alexandra Soumm
ouvrent le bal : la Suite hongroise de
Reynaldo Hahn, composée à la fin de sa
vie, exécutée un demi-siècle après sa
mort. Une œuvre virtuose et pittoresque, parfois cartoonesque, que Benjamin Levy avait abordée il y a quelques
années avec l’orchestre Pelléas et qu’il
défend ici avec un formidable abattage,
à la tête d’un Orchestre de Cannes en
très grande forme. Après cette exotique
mise en bouche, Sanja rejoint sa sœur
pour le plat de résistance : le Concerto
pour deux pianos de Poulenc, partition
plus familière mais non moins pleine
d’espièglerie, qu’elles servent à un
tempo moins enlevé que le compositeur
lors de son enregistrement de 1957 avec
Jacques Février et Pierre Dervaux, mais
dans un esprit mutin et poétique (très
élégant « Larghetto »). Puis l’orchestre
retrouve le violon athlétique d’Alexan-
Champions
du monde…
du clavier !
CLASSIQUE
Au Festival de piano
de La Roqued’Anthéron,
Justin Taylor,
Jonas Vitaud
et les sœurs Bizjak
ont porté très
haut les couleurs
de la musique
française,
dans un répertoire
souvent trop négligé.
dra Soumm pour une « ciné-fantaisie »
déjantée de Darius Milhaud, d’après son
Bœuf sur le toit.
Jonas Vitaud se lance ensuite dans le
raffinement des couleurs debussistes
avec un autre joyau du répertoire français très peu joué : la Fantaisie pour piano et orchestre en sol majeur. Toucher
délicat et sens poétique caractérisent
son interprétation, rehaussée par les fines couleurs d’un orchestre cannois décidément fort à son affaire dans ce répertoire. Comme en témoignera la
précision dont il fera preuve dans la
Sinfonietta pleine de légèreté et de nostalgie de Poulenc, après une transcription virtuose et onirique pour piano seul
du Prélude à l’après-midi d’un faune par
Vitaud lui-même (version qu’il a enregistrée chez Mirare pour une sortie à
l’automne).
Un festin de musiques françaises du
siècle dernier qui ravit le jeune claveciniste Justin Taylor. Dans le décor bucolique du cloître de l’abbaye de Silvacane,
ce dernier nous avait régalés, l’après-
Jonas Vitaud, pianiste
dont la profondeur de jeu
et l’intelligence musicale
ne sont plus à démontrer,
s’est illustré dans des œuvres
de Debussy et Poulenc.
CHRISTOPHE GREMIOT
midi même, d’un savoureux programme baroque reliant Jean-Sébastien
Bach et François Couperin. Une lumineuse mise en abyme, qui sous ses
doigts délicats et généreux soulignait
avec émotion le trait commun des
compositeurs : l’humanité sincère qui
transperce derrière la parfaite mécanique de leurs œuvres. Mais le jeune
homme, qui, en soliste comme à la tête
de son Taylor Consort, s’affirme comme l’un des défenseurs les plus prometteurs du baroque français, regarde aussi
vers le XXe siècle. Après son dernier
enregistrement d’une rare intelligence
consacré à Scarlatti et Ligeti (Alpha), et
en attendant la sortie prochaine des
deux premiers albums du Consort,
consacrés à des cantates françaises
pour partie inédites ainsi qu’au méconnu Jean-François Dandrieu, il rêverait
de graver… le Concert champêtre pour
clavecin et orchestre de Poulenc ! ■
Festival international de piano de
La Roque-d’Anthéron (Bouches-du-Rhône),
jusqu’au 18 août. www.festival-piano.com
EN BREF
Le prochain film
de Xavier Dolan présenté
au Festival de Toronto
Le prochain film du cinéaste
québécois Xavier Dolan,
The Death and Life of John F.
Donovan, sera présenté
en première mondiale
lors du Festival international
du film de Toronto (du 6 au
16 septembre). Avec un casting
de stars – Susan Sarandon,
Kit Harrington, Natalie
Portman -, ce long-métrage
est considéré comme le plus
ambitieux pour le cinéaste
de 29 ans qui a séduit
les cinéphiles du monde entier.
Il n’avait pu être présenté
lors du dernier Festival
de Cannes, le montage n’étant
pas terminé.
Osez Ozu
CINÉMA Dix films du maître japonais
reviennent sur les écrans en version restaurée.
Une rétrospective à ne pas manquer.
ix films de l’après-guerre,
dernière période de Yasujiro Ozu (1903-1963), reviennent sur les écrans cette semaine en version
restaurée grâce à son distributeur français, Carlotta. Un cadeau d’été à savourer dans la fraîcheur des salles, pour
regarder le temps passer, capté par
l’art subtil d’un des plus grands maîtres
du cinéma japonais. Avec quelles précautions il déplie le tissu impalpable
des relations entre un père veuf et sa
fille de 20 ans dans Printemps tardif
(1949) ! Le sage professeur sait qu’il est
temps de la marier. Mais ils sont heureux ensemble, et c’est mettre fin à une
harmonie douce. Après une déception
amoureuse, elle ne désire pas quitter
son père, s’inquiète de le laisser seul.
Délicatement, il s’emploie à la détacher
de lui avec l’aide d’une tante marieuse.
Le film est fait de va-et-vient quotidiens, de dialogues furtifs, environnés
de silence, ponctués de plans de paysages ou d’intérieurs. La dernière scène
révèle toute la générosité du père, avec
cette économie de moyens qui est la signature artistique d’Ozu : trois mots,
un sourire, comme le trait pur et plein
d’un calligraphe.
Le Goût du riz au thé vert (1952), qui
traite des difficultés du couple mais
aussi du snobisme occidental opposé à
la tradition japonaise, reprend la même
structure, avec une vivacité de comédie : après un tourbillon de péripéties
superficielles, il faut atteindre la dernière scène pour savourer le sens profond du film, une conversion à l’amour
conjugal, retournement tendre et malicieux qui tient, là encore, en très peu
de plans et de gestes, d’une fulgurante
justesse.
D
Le réalisateur allemand Wim Wenders, un des nombreux cinéastes admirateurs d’Ozu, voit dans son œuvre
« le paradis perdu du cinéma ». Ses
films, dit-il, « parlent du long déclin de
la famille japonaise, et par là même
d’une identité nationale. Ils le font sans
dénoncer ni mépriser le progrès et l’apparition de la culture occidentale et
américaine, mais plutôt en déplorant
avec une nostalgie distanciée la perte
qui a eu lieu simultanément. Aussi japonais soient-ils, ces films peuvent prétendre à une compréhension universelle.
Vous pouvez y reconnaître toutes les familles de tous les pays du monde ainsi
que vos propres parents, vos frères et
sœurs et vous-même. Pour moi, le cinéma ne fut jamais auparavant, et plus jamais depuis, si proche de sa propre essence, de sa beauté ultime et de sa
détermination même : de donner une
image utile et vraie du XXe siècle ».
Dignité nostalgique
Avec le tumultueux Kurosawa et l’immarcescible Mizoguchi, Ozu forme la
trinité classique du septième art nippon. On l’a découvert plus tardivement, alors qu’il a commencé au
temps du muet et réalisé 54 films entre 1927 et 1962 : un de ses titres les
plus célèbres, Voyage à Tokyo (1953),
n’est sorti en France qu’en 1978. Un
couple âgé rend visite à ses enfants à
Tokyo, mais ceux-ci ne tardent pas à
trouver leurs vieux parents encombrants et se cotisent pour leur offrir un
séjour dans une station thermale. La
vieillesse, le délaissement passent
comme un soupir dans ce trajet à la dignité nostalgique.
Ozu est le peintre du monde quotidien, grand observateur de la société,
parfois avec beaucoup d’humour comme dans Bonjour (1959), sur un quartier
de banlieue, et analyste raffiné des sentiments intimes. ■
A
MARIE-NOËLLE TRANCHANT
mntranchant@lefigaro.fr
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samedi 4 - dimanche 5 août 2018 LE FIGARO
12
L’ÉTÉ DU FIGARO
6/6
[
Pierres sa
pierres macurées,
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Le Régent,
« un diamant
unique
en tout »
D’une beauté spectaculaire,
cette pierre brute de 420 carats,
découverte en 1698 par un esclave
indien, fit tourner les têtes
couronnées européennes.
FABIENNE REYBAUD
freybaud@lefigaro.fr
Sur les neuf millions de personnes
visitant le Louvre chaque année,
combien ont succombé au charme
du Régent, exposé dans une grande vitrine, au fin fond de la galerie
d’Apollon ? Mystère. Contrairement à ses pairs anglo-saxons, le
musée parisien ne communique
guère sur certains trésors qu’il
possède. Pas d’entrée particulière
dans cet espace mirifique aménagé en 1663 pour Louis XIV et qui
servira de modèle, vingt ans plus
tard, à la galerie des Glaces du
château de Versailles. Ni de considération chronologique dans la
présentation des bijoux royaux,
qui semblent avoir été placés au
petit bonheur la chance… Voici le
Côte-de-Bretagne, un spinelle
rouge de plus de 107 carats ayant
appartenu à Marguerite de Foix,
duchesse de Bretagne. Cette pierre fondatrice des joyaux de la
Couronne de France, voulus par
François Ier en 1530, côtoie le diamant rose Hortensia du Roi-Soleil
et la parure en émeraudes XIXe de
l’impératrice
Marie-Louise…
« Nous sommes en train de repenser l’aménagement de la galerie
d’Apollon, annonce Jannic Durand, directeur du département
des objets d’art. Nous allons réunir
au sein de cette galerie, dans trois
vitrines centrales, l’ensemble des
joyaux du Louvre, dont certains
sont aujourd’hui exposés dans
d’autres salles du musée. Ils seront
présentés chronologiquement avec
des cartels conséquents. »
Cette gemme qualifiée de « plus
beau diamant d’Europe » n’a jamais usurpé son titre. Pour s’en
convaincre, il suffit de s’approcher de la large vitrine dans laquelle il repose au Louvre, sous le
numéro d’inventaire MV 1017. À
plus d’un mètre de distance, sa
« chair » si pure, son éclat si puissant n’ont de cesse de vampiriser
l’œil. Comme si le Régent se révélait le fruit extrêmement racé et
fantasmagorique des amours de
l’actrice autrichienne Hedy Lamarr, star du Hollywood des an-
nées 1940, et du grand maître de
la peinture française classique du
XVIIe siècle, Nicolas Poussin. Car,
à la différence d’autres gemmes
brillantes par leur histoire, le
destin de leurs propriétaires ou
leur beauté intrinsèque, celle-ci
cumule l’ensemble de ces particularismes.
Gros comme une boule
de pétanque
Dans ses Mémoires, tome XIV,
chapitre 17, Saint-Simon raconte
comment il fit « acheter ce diamant unique en tout » à Philippe
d’Orléans, le 6 juin 1717 pour la
somme extraordinaire de 650 000
livres sterling. « Il est de la grosseur d’une prune de la reine Claude,
d’une forme presque ronde, d’une
épaisseur qui répond à son volume,
parfaitement blanc, exempt de toute tache, nuage et paillette, d’une
eau admirable, et pèse plus de cinq
cents grains. Je m’applaudis beaucoup d’avoir résolu le régent à une
emplette si illustre. »
Avant d’arriver dans les joyaux
de la Couronne de France, celui qui
ne s’appelait pas encore le Régent
surgit en Inde, dans la région des
mines de Golconde, aux alentours
de 1698. La légende voudrait que
cela fût un esclave qui le trouvât. Il
le dissimula dans sa jambe en entaillant sa chair à la dimension de la
pierre. Le diamant brut pesant
alors quelque 420 carats, soit la
taille d’une boule de pétanque, on
mesurera la véracité de la chose…
Quoi qu’il en fût, le caillou tomba
dans les mains de Thomas Pitt,
gouverneur du fort Saint-Georges,
à Madras, qui l’aurait, semble-t-il,
payé 20 400 livres sterling.
À l’aube du XVIIIe siècle, Pitt le
rapporta en Angleterre où il fut
taillé par le joaillier Harris. Après
cette opération qui dura deux ans,
le Régent prit la forme qu’on lui
connaît désormais : un coussin de
140,5 carats dont les facettes parfaites donnent à la pierre une intensité et un scintillement
incomparables. Baptisé « le Grand
Pitt », il ne trouva cependant pas
preneur immédiatement. Les caisses de Louis XIV étant vides, il fallut
attendre la période de prospérité
De haut en bas :
portrait de Philippe,
duc d’Orléans,
dit le Régent, qui donna
son nom à la pierre.
Tableau représentant le
duc de Saint-Simon, qui
a convaincu ce dernier
d’acheter la gemme.
Le diamant le Régent
est conservé
au Musée du Louvre.
Ci-dessus à droite,
la couronne personnelle
de Louis XV
sur laquelle a été
montée la pierre.
Vue du fort de la cité
de Golconde, à l’ouest
d’Hyderabad, en Inde,
région où ont été
découverts les plus
beaux diamants.
RUE DES ARCHIVES;
GUILLEMOT/ AKG-IMAGES/
CDA/; MUSÉE DU LOUVRE;
BERNARD GAGNON
JANNIC DURAND
DIRECTEUR DU DÉPARTEMENT DES OBJETS D’ART AU MUSÉE DU LOUVRE
Il a été indispensable à l’exercice de la souveraineté»
A
Quelle est la spécificité
du Régent par rapport
à d’autres pierres
de la couronne de France ?
Ce diamant est très pur, très
gros et très bien taillé. Dès sa découverte, son poids exceptionnel
lui a donné une valeur tout aussi
exceptionnelle. D’ailleurs, Louis
XIV, en fin de règne, n’eut pas les
moyens de l’acheter. Ensuite, il y
a l’histoire de cette pierre qui rejoint celle des rois de France, lesquels semblent l’avoir unanimement chérie. Enfin, contrairement
à d’autres joyaux de la Couronne,
il a n’a pas fait partie de la vente
de 1887. Il a été épargné et a été
rapidement intégré dans les collections du Louvre. Le Régent se
révèle attachant par son caractère extraordinaire.
Que représentaient
les diamants
pour les souverains
français ?
Depuis François I er, qui, avec
la constitution des joyaux de
la Couronne, changea le statut des bijoux en les rendant
inaliénables, les pierres sont
devenues un attribut de la
manifestation du pouvoir.
Parmi tous les regalia, peuton affirmer que le Régent a
eu une place prédominante ?
Bien sûr ! La présence du Régent
sur les couronnes du sacre de
Louis XV et de Louis XVI symbolisait la puissance et la magnificence de leur règne présent et
futur. Il a été indispensable à
l’exercice de la souveraineté.
PROPOS RECUEILLIS PAR F. R.
de la régence de
en 1801 des instanPhilippe, duc d’Orces financières où il
léans, pour qu’il deavait été déposé.
vînt un bien inaliéL’Empereur le fit
nable de la Couronsertir par Odiot,
ne de France.
Boutet et Nitot sur
La première applusieurs de ses
Le temps pour tailler
parition publique
épées, dont celle du
la pierre brute
du Régent remonte
sacre en 1804, mais
en un diamant coussin
à 1722. Il était alors
également sur le
de 140,5 carats
serti sur la coupommeau du glaive
ronne personnelle
impérial en 1812. À
en argent doré de
la défaite du preLouis XV aux côtés
mier Empire, l’imde neuf des dixpératrice
Mariesept diamants de
Louise d’Autriche
Mazarin, dont le
l’emporta avec elle
Sancy (que l’on
dans son exil. Mais
peut aussi voir au
son père, l’empedes Mémoires
Louvre). Le jeune
reur
d’Autriche,
de
Saint-Simon
roi le porta ensuite
François Ier, le restioù le Régent est décrit
épinglé sur son
tua à la France,
chapeau. Symbole
quelques jours plus
de la magnificence
tard. Au gré des
de la royauté franchangements de réçaise, l’illustre diamant ornera
gime, le diamant royal orna les reensuite la couronne de Louis XVI,
galia de Louis XVIII, de Charles X
lors de son sacre en 1775. Comme
et de l’impératrice Eugénie.
son aïeul, le monarque arborera la
« Sadi Carnot sous la IIIe Répupierre sur son couvre-chef.
blique décida de vendre les diamants de la Couronne afin d’éviter
Caché à Chambord
que les monarchistes ne reviennent
au pouvoir, déclare François FarDix-sept ans plus tard, renommé
ges, chercheur et professeur au
« le diamant du Tyran », il est volé
Muséum national d’histoire natulors du sac de l’hôtel du Garderelle, à Paris. Heureusement ! le RéMeuble (l’actuelle place de la
gent échappa à cette vente scandaConcorde) où les pierreries avaient
leuse qui eut lieu en 1887. La pierre
été transférées du château de Verfut donnée au Musée du Louvre. »
sailles. Malgré ce pillage rocamboLa précieuse gemme ne s’en
lesque, le Régent fut retrouvé, un
échappa qu’une seule fois, penan plus tard, dans la charpente
dant l’Occupation, pour rejoind’un hôtel borgne de l’allée des
dre le château de Chambord où
Veuves, un chemin coupe-gorge
elle fut cachée dans le plâtre scelsur lequel s’établit l’actuelle
lant le marbre de l’une des nomluxueuse avenue Montaigne.
breuses cheminées de l’endroit.
Sous le Directoire et le Consulat,
Une fois libéré, le Régent regagna
sa grande valeur lui permit de fises pénates dans la galerie
nancer les guerres. La pierre fut
d’Apollon où nul ne se lasse de le
mise en gage auprès de banquiers
contempler. ■
allemands et hollandais afin de
suppléer la campagne d’Italie et
d’équiper la cavalerie française.
Premier homme politique à croire
RETROUVEZ LUNDI :
en son pouvoir, Napoléon BonaLes couples mythiques
parte, consul de France, fit du Rédu parfum : Christian Dior
gent son talisman en le dégageant
et Edmond Roudnitska
2
années
XIV
le tome
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samedi 4 - dimanche 5 août 2018
LE CARNET DU JOUR
Passez vos annonces
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fiançailles
Le comte et la comtesse
Antoine
de VILLOUTREYS de BRIGNAC
Benoît et Brigitte
Pineau-Valencienne,
Louis et Dominique Zeller,
Françoise Albasini
et Claude Ungerer,
Anne Albasini,
Pascale Olivier,
Thierry et Dominique Albasini,
ses enfants,
ses 12 petits-enfants,
ses 20 arrière-petits-enfants
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Mme Jean ALBASINI
née Marie-Anne Douault,
le comte Ludovic
de LA POËZE d'HARAMBURE
le 20 juillet 2018,
dans sa 95e année.
la comtesse (†), née
La cérémonie religieuse et
l'inhumation se sont déroulées
dans l'intimité familiale,
le 24 juillet 2018, à Nantes.
en union avec
princesse Ségolène de Broglie,
sont heureux d'annoncer
les fiançailles de leurs enfants
Cet avis tient lieu de faire-part.
Camille et Gonzague
mariages
Sa famille
nous prie d'annoncer le décès,
le 22 juillet 2018,
dans sa 92e année, de
Mme Pierre Josse-Sion,
son épouse,
Dominique et Cécile
Josse-Bétous,
Benoît et Isabelle
Josse-Normand,
Guillaume et Florence
Josse-Bry,
Hélène et Bruno
Belthoise-Josse,
ses enfants,
Léna, Eglantine, Léo, Lucas,
Clara, Fanny, Blandine,
Pierre-Etienne, Noé, Félix,
Irénée, Edith,
ses petits-enfants,
ont la tristesse
de faire part du décès de
Pierre JOSSE
le 2 août 2018,
dans sa 91e année.
La cérémonie d'À-Dieu
aura lieu en l'église
Saint-François-de-Sales,
Paris (17e),
le lundi 6 août, à 10 h 30.
112, boulevard Malesherbes,
75017 Paris,
brigitte.josse@laposte.net
Jean BELIN
Martial et Jacotte
DESRUELLES
ont la joie de vous faire part
du mariage de leur fille
Tiffany
avec
Eymeric MOURA
ce samedi 4 août 2018, à Écully.
naissances
Le baron du BARET de LIMÉ
Mme Diane-Hortense MEUNIÉ
M. Marco BLASI
partagent avec Gaïa et Livia,
la joie d'annoncer la naissance
de leur petit-fils
Cosimo
le 23 juillet 2018, chez
Aymar et Marie-Laure
du BARET de LIMÉ
M. Vincent de CRAYENCOUR
et Mme, née Béryl d'Epinay,
laissent à Héloïse et Mathilde,
la joie d'annoncer la naissance
de leur sœur,
Jeanne
Paris, le 6 juillet 2018.
Pierre de la MARTINIÈRE
est heureux de vous annoncer
la naissance de ses 18e et 19e
arrière-petits-enfants
Joséphine GOSSELLIN
le 5 juin 2018,
à Montréal (Canada), fille de
Etienne GOSSELLIN
et Marine, née de Saint Lager,
médecin des Hôpitaux,
professeur agrégé
à la Faculté de médecine.
Les obsèques ont eu lieu
dans la plus stricte intimité.
Alexandre et Wladimir,
ses fils,
leurs épouses,
Delphine et Prune,
et leurs enfants
ainsi que le baron et la baronne
Van Gysel de Meise,
Mme Jacques Bergerac,
la famille Ortz
ont le regret
de vous faire part du décès de
Gilbert BRENNAN
survenu le 30 juillet 2018.
Les obsèques auront lieu
au cimetière du Père-Lachaise,
à Paris (20e), dans la plus
stricte intimité familiale.
Thérèse Bresson,
Odile Bresson,
François et Béatrice Bresson,
Marie-Alix Piettre,
Vincent et Nathalie Bresson,
Louis-Marie et Bénédicte
Bresson,
ses frères, sœurs
et belles-sœurs,
ses 22 neveux et nièces,
leurs conjoints et leurs enfants
ont la tristesse
de faire part du départ
pour la Maison du Père, de
Geoffroy HOUETTE
et Lorraine, née de Saint Lager.
Cornillé-les-Caves.
Julie PIETRI et Ivan MACAUX
ont le bonheur d'annoncer
la naissance de leur fille
Macha
le 28 juillet 2018.
Son grand frère Émile est,
pour l'heure, ravi !
deuils
Nancy.
le 27 juillet 2018,
dans sa 90e année.
La messe de funérailles
a été célébrée en la paroisse
Sainte-Jeanne-d'Arc
de Versailles.
Jérôme, Guillaume
et Elisabeth Aerts,
ses petits-enfants,
Julien, Capucine,
Pierre-Louis Aerts,
ses arrière-petits-enfants,
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Anne-Marie AERTS
née Boullet,
survenu à Nancy,
le 2 août 2018, à l'âge de 96 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le mardi 7 août, à 15 heures,
en la basilique du Sacré-Cœur
de Nancy,
suivie de l'inhumation au
cimetière de Villers-lès-Nancy.
ont la douleur
de vous faire part du décès de
M. Philippe FORISSIER
ancien combattant d'Algérie,
ancien collaborateur
du Figaro,
survenu le 24 juillet 2018,
à Montreuil (Seine-Saint-Denis),
à l'âge de 86 ans.
L'inhumation a eu lieu
dans la stricte intimité le lundi
30 juillet 2018, au cimetière
de Pantin (Seine-Saint-Denis).
Résidence Santa Lina,
bâtiment G2 haut,
14, boulevard Tino-Rossi,
20000 Ajaccio.
Jean-Paul et Isabelle Krug,
Michel (†) et Francine Krug
et Bruno Barthe,
Charles-Henri Krug,
Marie-Cécile et Jean-François
Naquet-Radiguet,
ses enfants,
83, rue de Javel,
75015 Paris.
ses 12 petits-enfants
et leurs conjoints,
ses 31 arrière-petits-enfants
Saint-Hilaire-Saint-Florent,
Saumur (Maine-et-Loire).
ont la tristesse
de vous faire part du décès,
le 31 juillet 2018,
dans sa 105e année, de
Anne-Marie, son épouse,
Roland, Elisabeth, Jean-Paul,
Thierry, Guy,
ses enfants, et leurs conjoints,
Gabriel, Clara, Emmanuel,
Oskar, Lucy,
ses petits-enfants,
Nathanaël,
son arrière-petit-fils,
ont l'extrême tristesse
de faire part du décès de
René CHANTRIEUX
survenu le 1er août 2018,
à son domicile,
entouré de sa famille,
à l'aube de ses 90 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le lundi 6 août, à 10 heures,
en l'église Saint-Barthélémy
de Saint-Hilaire-Saint-Florent.
rovie.chantrieux@gmail.com
Chantal Aerts,
Dominique (†) et Nicole Aerts,
Emmanuel et Vohangy Aerts,
Bertrand Aerts,
ses enfants,
M. et Mme Eric
Forissier Galloni d'Istria,
son fils et sa belle-fille,
Clémence, Elisabeth,
Jean-Charles,
ses petits-enfants,
M. et Mme Richard Forissier,
M. et Mme (†)
Hugues Forissier,
ses frères et belles-sœurs,
Mlle Isabelle Forissier,
M. et Mme Daniel Epain,
M. Pascal Forissier
et sa compagne Elodie,
ses nièces et neveux,
Marie, Antoine et Louise,
ses petits-neveux,
les familles Forissier
et Galloni d'Istria,
parents, alliés et amis
Geneviève BRESSON
Aubin HOUETTE
le 22 juillet 2018,
à Saint-Herblain
(Loire-Atlantique), frère de
Eric, Antoine et Faustine, fils de
Paris. Montreuil. Ajaccio,
Olmeto (Corse-du-Sud).
Gisèle Damay,
son épouse,
ses enfants, petits-enfants
et arrière-petits-enfants
ainsi que toute la famille
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Me Jean DAMAY
notaire honoraire,
survenu le 31 juillet 2018,
à l'âge de 97 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée le mardi 7 août,
à 10 h 30, en l'église
Saint-Pierre-du-Gros-Caillou,
à Paris (7e), suivie
de l'inhumation au cimetière
du Montparnasse, Paris (14e).
Cet avis tient lieu de faire-part.
96-98, rue Saint-Dominique,
75007 Paris.
13
Mme Philippe de La Morinerie,
née Bernadette Jousset,
son épouse,
ses six enfants,
ses seize petits-enfants
et toute la famille
ont la douleur
de vous faire part du décès de
Philippe de LA MORINERIE
commandeur de l'ordre
équestre du Saint-Sépulcre
de Jérusalem,
survenu le 2 août 2018,
dans sa 85e année.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le lundi 6 août, à15 heures,
en l'église Saint-André
de Reims.
Dons à l'association des
Œuvres du Saint-Sépulcre,
112 ter, avenue de Suffren,
75015 Paris.
La comtesse
Thibauld Le Court de Béru,
son épouse,
Olivier et Isabelle Bizard,
Charles-Henri et Stéphanie
Le Court de Béru,
Cédric et Anne Wehry,
ses enfants,
Gaspard, Irène, Constantin,
Casimir, Victoria,
Ariane, Édouard,
ses petits-enfants,
ont la douleur de vous
faire part du rappel à Dieu,
le vendredi 3 août 2018, du
La cérémonie religieuse
aura lieu en l'église
de Saint-Georges-sur-Loire,
le lundi 6 août, à 16 h 30, suivie
de l'inhumation au cimetière
dans le caveau familial.
La vicomtesse
Pierre de Longuemar,
née Armelle
de La Bonninière de Beaumont,
son épouse,
le vicomte et la vicomtesse
Thierry de Longuemar,
le vicomte et la vicomtesse
Geoffroy de Longuemar,
M. et Mme Paul-Etienne Lehec,
ses enfants et beaux-enfants,
Charlotte, Artus et Guillaume,
ses petits-enfants,
Mme Bertrand
de Lencquesaing,
sa sœur,
vicomte
Pierre de LONGUEMAR
le 1er août 2018,
dans sa 90e année, muni
des sacrements de l'Église.
La cérémonie religieuse
se tiendra
le mercredi 8 août, à 14 heures,
en la cathédrale Saint-Louis
de Versailles.
Thomas et François-Xavier,
ses petits-fils,
La cérémonie religieuse
a eu lieu dans l'intimité
familiale, en l'église
Saint-François-de-Sales,
Paris (17e),
suivie de l'inhumation
dans le caveau familial,
au cimetière des Batignolles.
Mme Sonia Regad,
sa fille,
M. et Mme Gérard Logel,
M. et Mme François Logel,
M. et Mme Olivier Feltz,
M. Jean-Luc Logel,
ses frères, sœur,
belles-sœurs et beau-frère,
ses neveux et nièce
font part du rappel à Dieu de
Mme Claudette LOGEL
professeur agrégé d'histoire
au lycée Carnot de Dijon
en hypokhâgne et khâgne,
préparation
à l'École des Chartes,
chevalier
des Palmes académiques,
le 31 juillet 2018,
à l'âge de 67 ans, à La Rochelle.
La cérémonie religieuse
sera célébrée en la chapelle
de l'hôpital Saint-Louis,
rue Saint-Louis, à La Rochelle,
le mardi 7 août 2018, à 10 h 30.
Sonia Regad,
appartement 210, 35, rue
du Rempart-Saint-Claude,
17000 La Rochelle.
ses 13 petits-enfants,
ses 37 arrière-petits-enfants,
Edmée Mellon,
Sabine et Jean-Michel Surply,
ses belles-sœurs et beau-frère,
ses neveux et nièces,
les familles Malbrunot, Jarry,
Mellon, Lambert et Surply,
ses proches et amis
vous invitent
à p artager leur Espérance
lors de la cérémonie religieuse
qui sera célébrée
le mardi 7 août 2018, à 14 h 15,
en l'église Saint-Clodoald,
place Charles-de-Gaulle,
à Saint-Cloud.
L'inhumation aura lieu
au cimetière
des Loges-en-Josas (Yvelines).
Famille Malbrunot,
chez Claire Klinger,
108, rue Sevin-Vincent,
92210 Saint-Cloud.
Françoise et Guy-Patrice
Quetant,
Philippe et Geneviève
d'Orange,
Hélène et François Vivarès,
ses enfants,
ont la tristesse
de faire part du décès
de leur mère, grand-mère
et arrière-grand-mère,
Jacqueline d'ORANGE
née Marchand,
survenu à s ondomicile,
le 30 juillet 2018,
dans sa 98e année.
La cérémonie religieuse sera
célébrée le mardi 7 août 2018,
à 14 heures, en l'église
Notre-Dame-de-Bon-Secours,
31, rue du Général-Leclerc,
à Bois-Colombes
(Hauts-de-Seine), suivie
de l'inhumation au cimetière
ancien d'Asnières-sur-Seine.
ont la douleur
de vous faire part
du rappel à Dieu du
veuve de
(† 1996),
directeur général honoraire
du Crédit Lyonnais.
François et Anne-Françoise
Malbrunot-Lys,
Élisabeth et Jean-Michel
Brulé-Malbrunot,
Odile et Reiner (†)
Kasolowsky-Malbrunot,
Claire et Thierry (†)
Klinger-Malbrunot,
ses enfants,
ses petits-enfants
et arrière-petits-enfants
Régine KRUG
Paul Krug
est entré
dans la Paix et la Joie de Dieu,
le 1er août 2018,
dans sa centième année.
comte Thibauld
LE COURT de BÉRU
Valérie et Pascal Bock,
Mgr Xavier Malle,
évêque de Gap et d'Embrun,
ses enfants,
née Charvet,
Pierre MALBRUNOT
chevalier
de la Légion d'honneur,
les familles Malle, Henriot,
Flobert et alliées,
les familles Delétoille,
Ibled et alliées
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Bernard MALLE
survenu le 31 juillet 2018,
dans sa 87e année.
La messe de funérailles
sera célébrée
le lundi 6 août, à 15 heures,
en l'église de Trélon (Nord),
suivie de l'inhumation
au cimetière de Trélon.
Nançay (Cher).
Neuilly-sur-Seine.
M. Vincent Perreau
et Mme, née
Sophie Perrot du Vernay,
ses parents,
Laure et Tanguy,
ses sœur et frère,
dans sa 25 année.
e
La cérémonie religieuse
aura lieu le mardi 7 août 2018,
à 10 h 30, en l'église
Sainte-Marie-des-Batignolles,
Paris (17e).
Le conseil d'administration de
l'APAM
(Association pour la Promotion
de l'éducation par la diffusion
des Arts du Monde)
et les membres de l'association
s'associent au deuil
de la famille et des proches de
Véronique ROSSILLON
décédée le 23 juillet 2018.
Ils rendent hommage
à cette grande amie de l'APAM,
à la généreuse et efficace
action humanitaire en faveur
de l'éducation en Haïti par
son appui ancien et constant au
Centre Alcibiade Pommayrac
de Jacmel.
APAM,
128, rue du Bel-Air, Russan,
30190 Sainte-Anastasie.
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
ont le chagrin
de faire part du décès de la
née Gauthier,
marquise de SAINT PIERRE
née Jacqueline de Chavagnac,
veuve de
Michel de Saint Pierre
Elle rejoint Geo,
son époux bien-aimé.
survenu le 1er août 2018,
dans sa 99e année.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le mardi 7 août 2018, à 10 h 30,
en l'église de Nançay.
Ni fleurs ni plaques.
La cérémonie religieuse
sera célébrée en l'église
de Saint-Pierre-du-Val (Eure),
le mercredi 8 août, à 14 h 30.
Cet avis tient lieu de faire-part.
M. Serge Ceccato
et Mme Marion Durand
et leurs enfants,
M. Sylvain Giudicelli
et son fils,
Mlle Géraldine Giudicelli
et M. Julio Luque,
Mlle Pauline Biaggi,
M. Louis Biaggi,
Mlle Lise Biaggi,
Mme Charles Benelli,
ses enfants, petits-enfants
et arrière-petits-enfants,
Mme Antoine Biaggi,
ses enfants, petits-enfants
et arrière-petits-enfants,
Mme Rose Pietri,
Mme Georges Altieri,
ses enfants, petits-enfants
et arrière-petits-enfants,
Mme Roger Altieri,
ses enfants et petits-enfants,
Mme Dominique Germoni,
ses enfants et petits-enfants,
M. Alexandre Biaggi,
Mme Christiane Biaggi,
ses enfants et petits-enfants,
M. et Mme Antoine Carta,
leurs enfants et petits-enfants,
le docteur et Mme
Jacques-Charles Bertrand,
leurs enfants et petits-enfants,
Mlle Marie Béatrice Bertrand,
le docteur et Mme
Jean-Baptiste Bertrand,
leurs enfants et petits-enfants,
le docteur et Mme
Henri-Joseph Bertrand
et leurs enfants,
le docteur et Mme
Pierre-Paul Biaggi,
leurs enfants et petits-enfants,
Mme Agnès Biaggi,
sa fille, son gendre,
sa petite-fille
et M. Robert Pecorini,
Mme Anne-Marie Biaggi
et Mme Laetitia Dubur,
M. Marc Philippart de Foy,
ses enfants et petits-enfants,
M. et Mme Daniel
Philippart de Foy,
leurs enfants et petits-enfants,
les familles Béchu, Pietri,
Calizi, Reynard et Belleville
ont la douleur
de vous faire part du décès de
Marielle PHILIPPART de FOY
née Biaggi,
leur mère, belle-mère,
grand-mère, sœur, belle-sœur,
tante, grand-tante, nièce,
cousine et alliée,
survenu àLausanne,
le 1er août 2018,
à l'âge de 67 ans.
La cérémonie religieuse
aura lieu le mardi 7 août,
à 14 heures, en l'église
Sainte-Catherine de Minerbio,
à B arrettali (Haute-Corse).
7, chemin du Léman,
1260 Nyon, Suisse.
Antoine PERREAU
Isaure, Guillaume, Erik, Sylla
de Saint Pierre,
leurs conjoints, enfants
et petits-enfants
Monique MURAT
Mme Solange Biaggi
et M. Carime Igo,
M. et Mme Pierre-Louis Biaggi,
font part du rappel à Dieu de
Annie et Jean-Paul Chazelle,
Martine et Alain Villard,
Marie-Christine et Philippe
Oudin,
ses enfants,
ses petits-enfants
et arrière-petits-enfants
à l'âge de 94 ans.
M. et Mme Pascal Béchu
et leurs fils, Hadrien, Charles
et Arthur,
M. Christophe
Philippart de Foy,
Mlle Devy Philippart de Foy,
1240, route de Berville,
27210 Saint-Pierre-du-Val.
Barbentane. Paris. Avignon.
Bernard et Madeleine Caillet,
Anne-Estelle Soubeyrand,
ses enfants,
Agnès et Matthieu Sartorius,
Hélène et Aymeric Dopter,
Victoire et Fabrice Dantas,
ses petits-enfants,
Mme Yvette Villepelet,
son épouse,
Mme Isabelle Villepelet,
Mme Emmanuelle
Villepelet-Deschamps,
M. Stéphane Deschamps,
ses filles et son gendre,
Adrien, Claire, Jeanne,
Juliette et Sophie,
ses petits-enfants,
M. Claude Villepelet,
son frère,
ses enfants et sa petite-fille
ont la douleur
de vous faire part du décès de
M. Guy VILLEPELET
chevalier
dans l'ordre national du Mérite,
survenu àson domicile,
le 31 juillet 2018,
dans sa 90e année.
La cérémonie religieuse,
suivie de l'inhumation,
a eu lieu le vendredi 3 août,
au cimetière du Père-Lachaise,
Paris (20e),
dans l'intimité familiale.
remerciements
Marie-Henriette
de Bodard de la Jacopière,
son épouse,
Marie-Paule et Christophe
Renoud,
sa fille et son gendre,
Constantine et Mathilde,
ses petites-filles,
très touchés des marques
de sympathie qui leur ont été
témoignées lors du décès de
Patrick, Marie, Jean Gonzague
de BODARD de la JACOPIÈRE
vous prient de trouver ici,
leurs sincères remerciements.
M. Bernard Sonnier,
ses enfants et petits-enfants,
très touchés
par les nombreuses marques
d'amitié et de soutien
que vous leur avez
témoignés lors du décès de
Mme Monique SONNIER
vous prient de trouver, ici,
l'expression de leurs profonds
remerciements.
Franck et Anne-Charlotte
VALETTE
ses parents,
Victoire et Augustin,
son frère et sa sœur,
Othilie et Benoît,
Monique Juin-Hublier
et son mari, Philippe Pichat,
Jean-Michel et Nancy Juin,
Marie-Hélène L'Henoret,
ses grands-parents,
leurs familles et leurs amis
vous remercient
de vos témoignages
de soutien et d'affection
reçus pour leur très cher
Charles
(†) 19 ans.
7, rue des Quatre-Vents,
77171 Léchelle-Richebourg.
18, rue des Tournelles,
75004 Paris.
souvenirs
En ce dimanche 5 août 2018,
quarante-septième
anniversaire de la mort de
Mme Louba ANGOT
Constance, Grégoire, Adélaïde,
Mathilde, Charlotte, Astrid,
Julien, Valentine,
ses arrière-petits-enfants,
une affectueuse pensée
est demandée àtous ceux qui
restent fidèles à son souvenir.
les familles
Cessieux, Nicolet, Barthe,
parents et alliés
Il y a vingt-deux ans,
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
nous quittait.
Mme Rémi SOUBEYRAND
née Jeanne Sibert,
le 25 juillet 2018,
dans sa 95e année.
La cérémonie religieuse
a été célébrée le 31 juillet 2018,
en l'église de Barbentane,
suivie de l'inhumation
au cimetière d'Avignon.
Laurent GORNY
Sa famille, ses amis
pensent à lui.
Il leur manque toujours.
22, rue Émeriau,
75015 Paris.
Jean-François GROSSETÊTE
nous a quittés le 4 août 2017.
Il nous manque
ainsi qu'à beaucoup.
Moufida et Dominique.
Françoise Schmidlin,
née Gody, son épouse,
Claude et Diane Schmidlin,
Patrick et Fabienne Schmidlin,
Laurence et Claude Rozner,
ses enfants,
ses petits-enfants
et arrière-petits-enfants,
les familles Schmidlin et Gody
ont la tristesse
de vous faire part du décès,
à l'âge de 96 ans,
le 1er août 2018, de
Guy SCHMIDLIN
La cérémonie religieuse
aura lieu
le mercredi 8 août, à 10 h 30,
en l'église Sainte-Anne,
à Vallauris (Alpes-Maritimes).
Il y a vingt ans, le 4 août 1998,
Danny NEFF
nous quittait àl'âge de 49 ans.
« And in the end,
the love you take is equal
to the love you make. »
« Et en fin de compte,
l'amour que tu reçois est égal
à l'amour que tu donnes. »
Les Beatles.
Notre amour pour toujours,
ton épouse Marie-Caroline,
tes enfants, Pierre-Alexis,
Noémie, Stanislas et William,
ton frère Stanley.
Tu as désormais
huit petits-enfants,
Timothé, Nine, Gustave,
Margaux, Sixtine, Wilson,
Apolline et Castille.
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samedi 4 - dimanche 5 août 2018 LE FIGARO
1
TÉLÉVISION
Jane Austen, des raisons à ses sentiments
« Une maison, un artiste » visite Chawton, le cottage où la romancière a passé la fin de sa vie. Et éclaircit certains mystères...
CONSTANCE JAMET£@constancejamet
lle est une des romancières anglaises les plus lues de la planète. Ses héroïnes et leurs prétendants si ténébreux – Elizabeth
Bennet et Mr Darcy, Marianne
Dashwood et le colonel Brandon, entre
autres – ne cessent d’inspirer les séries et
les films en costumes. Pourtant, la vie de
Jane Austen, auteur d’Emma et d’Orgueil
et Préjugés, est nimbée de mystère. De
l’écrivain née en 1775 et
morte en 1817, seules
subsistent une esquisse
de portrait et une centaine de lettres. Un vide
○○○¡
qu’Une maison, un artiste
essaie de combler, ce dimanche, avec
une halte à Chawton Cottage.
Dans cette propriété en brique du
Hampshire, entourée d’un jardin et mitoyenne de l’arrêt de la diligence, Jane
Austen a passé ses dix dernières années.
Elle y a écrit ses récits dits de maturité
E
+@
SUR LE WEB
– Persuasion, Emma et Mansfield Park -,
et y a remanié ses écrits de jeunesse, Orgueil et Préjugés, Raison et Sentiments,
Northanger Abbey. Entre ses murs, le
réalisateur François Chayé ressuscite de
manière extraordinairement vivace la
romancière, à la plume si ironique et impertinente. Sans illusion sur les défauts et
vanités de ses voisins comme sur les œillères d’une société qui considérait qu’une
femme sans mari n’avait guère de valeur.
La caméra s’attarde sur le minuscule
guéridon de salon où Jane Austen
couchait ses romans ou
sa correspondance sur
DIMANCHE d’étroites feuilles de papier. Pas forcément plus
grandes qu’une carte
postale pour pouvoir
vite les ranger dans un livre si un membre de sa famille ou un domestique entrait. Biographes et spécialistes de littérature anglaise rappellent l’importance
sociale de la petite noblesse conservatrice de modestes propriétaires terriens à
laquelle Jane Austen et nombre de ses
protagonistes appartenaient. Ces experts
mettent à mal les clichés infondés, telle
l’image d’une vieille fille aride. La Britannique a repoussé un bon parti pour
qui elle n’éprouvait aucun sentiment. Un
trait dont ont hérité ses personnages.
Sa sœur, sa confidente
Mais une des facettes les plus intéressantes du documentaire de France 5 reste le
lien fusionnel entre Jane et sa sœur Cassandra. À la naissance de Jane, benjamine de la fratrie de huit enfants, Cassandra
se voit dire par son père : « Voici ton
jouet. » Les deux femmes dorment dans
la même chambre, s’écriront des milliers
de lettres. À la disparition de sa cadette,
Cassandra les brûlera presque toutes,
aidant à construire le mythe.
Ponctué par les missives entre l’écrivain et ses neveux et nièces, ce volet
d’Une maison, un artiste se finit bien vite.
Pour prolonger la magie, sachez que
Chawton se visite et est devenu un véritable lieu de pèlerinage pour les « Janeites », les fans de la romancière. ■
22.40
Chawton Cottage, dans le Hampshire, est devenu un lieu de pèlerinage pour les fans
de Jane Austen, auteur notamment d’Emma et d’Orgueil et Préjugés. APRIMEGROUP
» De « Koh-Lanta » à « Fort Boyard », qui est Pascal Saviani ? » « Section de recherches » en tournage en Nouvelle-Calédonie www.lefigaro.fr
ÉPHÉMÉRIDE St-Jean-Marie
Soleil : Lever 06h28 - Coucher 21h24 - Lune décroissante
19.05 50’inside. Magazine. Présentation : Nikos Aliagas 20.00 Le 20h
20.55 Nos chers voisins. Série.
18.40 N’oubliez pas les paroles ! Jeu
20.00 20 heures 20.45 Stade 2. Magazine 20.50 Vestiaires. Série.
19.00 19/20 20.00 Tout le sport.
Magazine 20.30 Zorro. Série. Avec
Guy Williams. Esclaves de l’aigle.
21.00
20.55
20.55
Série. Drame
Jeu
Série. Policière
19.35 Appels d’urgence. Patrouilles
sous tension pour les gendarmes…
20.55 Chroniques criminelles
Magazine. Société. 2h15. Au sommaire : «Affaire Al-Hilli : la tuerie
de Chevaline» - «Angélique, le
combat d’une mère» - «Derrière le
masque».
SAMEDI
30
30
32
32
34
32
27
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24
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23.10 Chroniques criminelles. Magazine. Présentation : Magali Lunel.
36
33
35
36
40
35
37
35
20.20 Une maison, un artiste. Série
documentaire 20.50 Vu. Magazine.
Alerte contagion
Fort Boyard
Commissaire Magellan
EU. Saison 1. Avec David Gyasi,
Claudia Black, Chris Wood, Kristen
Gutoskie, Christina Marie Moses.
2 épisodes. Inédits. Lex et Sabine
Lommers sont enfermés dans un
container pour quarante-huit heures.
Prés. : Olivier Minne. 2h20. Inédit.
Invités : Maëva Coucke, Cauet,
Miko, Camille Cerf, Maxime Guény,
Pascal Salviani. Les personnalités
présentes joueront au profit de
l’association Les bonnes fées.
Fra. Saison 6. Avec Jacques Spiesser,
Elsa Lunghini, Maka Sidibé, Laurent
Olmedo, Selma Kouchy. Régime
mortel. Une kinésithérapeute est
retrouvée assassinée dans la piscine
d’un centre de thalassothérapie.
20.55 Échappées belles
22.40 Alerte contagion Série.
23.15 On n’est pas couché Talk-
22.35 Commissaire Magellan
Drame 1.55 Les experts. Série.
Meurtres à tous les étages.
show. Prés. : Laurent Ruquier 1.30
Alcaline, le concert. Concert.
Série 0.05 Soir/3 0.35 Récital Jonas
Kaufmann : «Dolce Vita». Concert.
22.25 Vivre loin du monde. Série
doc. 23.10 C dans l’air. Magazine.
Mag. Découverte. Prés. : Sophie
Jovillard. 1h30. Ardèche, passionnée
par nature. Au sommaire du magazine, notamment : «Changement de
vie» - «Le bonheur est dans le pré».
37
31
38
38
36
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38
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DIMANCHE
28
30
28
19.10 Les grandes histoires. Mèreado : j’apprends à être maman.
19.45 Le 19.45. Présentation : Marie-Ange Casalta 20.25 Scènes de
ménages. Série. Avec M. Game.
20.55
20.50
21.00
Film. Action
Opéra
Série. Policière
30
20
28
19.45 Arte journal 20.05 L’évolution en marche. Série doc. 20.45 La
minute vieille. Série.
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27
20.00 Selon Thomas (C). Divertissement 20.30 Groland le Zapoï (C).
Divertissement.
35
35
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27
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32
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30
32
20.55 Les grandes histoires
Magazine.
Société.
1 h50.
Petites histoires entre voisins. À
Courtry, derrière chaque porte se
cachent des histoires pas comme
les autres.
34
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32
35
40
33
37
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22.45 Les grandes histoires 0.20
Céline et René : s’il suffisait d’aimer
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35
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20
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18.45 Vintage Mecanic. Série documentaire. La 4 CV - Matra 530.
T (en °c)
The Shanghai Job S.M.A.R.T. Chase
Ch. 2017. Réal. : Charles Martin. 1h35.
Inédit. Avec Orlando Bloom, Simon
Yam. À Shanghai, Danny tente de se
refaire en acceptant de convoyer un
mystérieux vase à Londres.
22.30 Instinct de survie Film.
Horreur 0.00 Le journal du hard.
Mag. 0.15 Solstix. Film TV. Classé X.
La flûte enchantée
2018. Composition : W. A. Mozart.
Réal. : M. Beyer. Inédit. 3h10. Avec
C. Karg. Perdu dans un pays lointain
et menacé par un serpent, le prince
égyptien Tamino est sauvé grâce
à l’intervention de trois inconnues.
23.30 Planètes habitables - Les
découvertes de «Kepler» Documentaire 00.20 Arte journal
NCIS :
Nouvelle-Orléans
EU. Saison 4. Avec Scott Bakula,
Steven Weber, Vanessa Ferlito.
2 épisodes. Inédits. Un ancien proche
du maire Hamilton a été tué, ravivant
l’affaire Clearwater.
20.50 Chercheurs d’opale
Série documentaire. Découverte.
2017. Réalisation : Katherine Barrett.
2h35. Un site légendaire. Inédit. - Prise
de risques. Inédit - . Pierre mythique.
Inédit.
23.25 60 jours en prison. Téléréalité.
Amis à quel prix ?
22.45 NCIS : Nouvelle-Orléans
Série. Policière 1.15 Supernatural.
Série. Le ver de Khan.
<-10 à 0
19.35 Norbert commis d’office. Mag.
Présentation : Norbert Tarayre.
A
21.00 Cloclo : 40 ans après,
ultimes révélations
19.05 La petite histoire de France.
Série. Avec David Salles.
21.00 Top 50
Documentaire. Musical. Fra. 2017.
2h00. Il y a tout juste quarante ans,
Claude François disparaissait en
pleine gloire à l’âge de 39 ans.
Spectacle. Prés. : K. Le Marchand,
S. Rotenberg, C. Cordula, F. Bollaert,
J. Anthony, L. Ekland, A. Goude. 2h15.
Les tubes qui font danser ! Volume 1.
Les succès les plus dansants.
23.00 Stars des années 80 : retour
sur un phénomène. Doc.
23.15 Les 30 ans du Top 50. Divertissement. Prés. : J. Anthony.
18.50 Salut les Terriens ! Talk-show.
Présentation : Thierry Ardisson.
21.00 Laurent Baffie
est un sale gosse
Spectacle. One-man show. 1h30. Au
royaume de l’impertinence, Laurent
Baffie est sans doute le roi ! La preuve
avec un spectacle imprévisible.
22.30 Sexe, magouilles et culture
générale. Théâtre.
Téléréalité. 0h45. On se jette à
l’eau. Inédit. À Madisonville, Mike et
Megan achètent aux enchères une
maison flottante en mauvais état. Changer de main. Inédit.
22.40 Rénovation impossible.
Téléréalité.
Tous les programmes
dans TV Magazine
et sur l’appli TV Mag
ATHÈNES
BERLIN
BUDAPEST
LISBONNE
PRAGUE
TUNIS
20/34
27/34
18/27
18/25
21/33
16/21
22/34
22/33
25/31
24/32
22/33
27/41
21/31
28/35
MERCREDI
20/32
19/31
22/36
19/28
22/31
20/29
13/19
28/39
26/37
MARDI
18/30
18/29
10 à 20 20 à 30 30 à >40
AMSTERDAM
BELGRADE
BRUXELLES
DUBLIN
MADRID
ROME
LUNDI
21.00 Rénovation impossible
18.00 Nos chers voisins. Série. Avec
Martin Lamotte, Isabelle Vitari.
26/31
27/31
19/32
20/25
20/28
23/37
ALGER
BARCELONE
BERNE
COPENHAGUE
LONDRES
RABAT
0 à 10
21/31
19/27
20/28
26/32
25/32
lachainemeteo.com
par téléphone :
LIVE 24/24 SUR
et sur
2,99 €/appel
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LE FIGARO
samedi 4 - dimanche 5 août 2018
JEUX D'ÉTÉ
15
SU DO KU
TAKUZU
En partant des chifres déjà placés, remplissez les grilles de manière à ce que chaque ligne, chaque colonne, et chaque carré
de 3 x 3 contienne une seule et unique fois tous les chifres de 1 à 9.
Remplir la grille avec les chifres 0 et 1. Chaque ligne et chaque colonne
doit contenir autant de 0 que de 1. Les lignes ou colonnes identiques sont
interdites. Il ne doit pas y avoir plus de deux 0 ou 1 placés l’un à côté
ou en dessous de l’autre.
FAcile
grille 558
1
grille
1
1
1
1
1
0
1
1
0
0
0
9
8
1
1
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
6
7
2605
FAcile
5
1
6 8 9 7
4 8 2
5 6
1 2
7
9 6 1
6
4 1
9 3
6 7 8
3 7 8 9
5
4
MOTS FLÉCHÉS N° 2041
MYOPE
DÉTENTE À
LA
CAMPAGNE
QUI
MANQUE DE
CHALEUR
LISEUSE
grille
8
2
ÉLÉMENT
D’UN QUIZ
CARNATIONS
GROUPE
D’HOMMES
PRÉFIXE
1
9
3
1
6 2
TELLE UNE
VOIX
RAUQUE
COURANTS
HÉROS DE
VIRGILE
IL MANIE
BIEN L’ÉPÉE
PAS SIMPLE
MAGNIFIÉ
BOVIDÉ
AMÉRICAIN
BLASÉE
GRIMACE
À LE
ENCEINTES
PERMET
D’EN
RAJOUTER
INSTALLÉ
LE CÉRIUM
GAMIN
BATZ OU
BRÉHAT
grille
3
4
1
5
6
9
2
7
8
8
5
9
6
7
3
1
2
4
TOUT POUR
ELLE
IL BLONDIT
SOUS LE
SOLEIL
Takuzu
0 0 1 0 1 1 0 0 1 1
6
5
2
1
8
7
3
4
9
Mots
léchés
557
QUI N’EST
POINT
COMMODE
2
6
3
4
1
5
9
7
8
2603
7
8
9
2
4
3
5
1
6
grille
ENGRAIS
EN FOSSES
CROISEMENT DE
FERS
FAIT SON
TROU
1 1 0 0 1 1 0 1 0 0
grille
COMME UN
DIMANCHE
IL EN
IMPOSE
AUX PLUS
RICHES
ÉCOSSÉS
A
V
E
R
S
E
Sudoku
ANIMAL
MARIN
ELLE A FAIT
FUREUR
AUTREFOIS
S
I
R
E
T
R
E
S
S
E
0 0 1 1 0 1 0 0 1 1
RESPONSABLE
BERGER
BIBLIQUE
BELLEFILLE
O
N
E
R
E
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S
E
S
1 1 0 0 1 0 1 0 1 0
0 0 1 1 0 0 1 1 0 1
REFROIDI
JARDINE
F
C
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S S E R V
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0 1 0 0 1 1 0 1 1 0
CASSER
LES PIEDS
ARROSE
TOLÈDE
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G E R
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1 0 1 1 0 0 1 0 0 1
A GLOUSSÉ
CACHE
V
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M I M O
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1 1 0 0 1 0 1 1 0 0
UN PRIX
CÉLÈBRE
STABILISÉS
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G
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D E
0 0 1 1 0 1 0 1 1 0
DISQUES
ÉNERGIE
EN TUBE
L’ACTINIUM
3 9
1 1 0 1 0 0 1 0 0 1
MONNAIE
ROUMAINE
ARRIVER À
LA TRAME
1
4
SOLUTIONS DES JEUX
DU NUMÉRO PRÉCÉDENT
Z I
R
O R
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A D
I
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PRODUIT
TEXTILE
C’EST
LE WEB
POSTE DES
CHEFS
7
6
RECONNAÎTRE
IL UTILISE
LA CB
ATTAQUE
SYMBOLE
DU
TANTALE
8 5
8
EFFACERA
LA DETTE
UN PETIT
MORCEAU
D’EURO
7
8 5
BRUIT
PARASITE
AU
CONCERT
DEVENU BÉQUILLE
PLUS
MALLÉABLE ÉNOUER
3
9
ABREUVOIR
RÉINSCRITE
LE
FOOTBALL
AUX USA
5 3
6
MER
MYTHIQUE
INTERVALLE DE
TEMPS
JOINTS
eXPerT
8 4
Par Diane Monfort
PRÉNOM
RUSSE
ARBRE
EXOTIQUE
2606
4
9
8
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MOTS COUPÉS
Mots coupés
ArdenT - décAlé décenT - décimé décreT - PéTAle PéTArd - régAle regArd - régenT régime - regreT reTArd.
Par Arthur Gary
B O U
B R E
C A N
C H E
C R O
I N E
M A R
M E N
N O M
P R E
P R O
Q U E
T O N
T O R
V E L
V E T
1
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28
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30
A
Assemblez ces groupes de lettres deux par deux pour former au moins trente mots de six lettres. Un groupe peut être utilisé plusieurs fois pour des mots diférents. Seuls les noms communs au singulier,
les verbes à l’ininitif et les adjectifs sont admis.
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samedi 4 - dimanche 5 août 2018 LE FIGARO
16
L’ÉTÉ DU FIGARO
[
Villes fantôm
es
Le drapeau américain flotte encore fièrement parmi les masures d’une
autre époque de Goldfield, ses mines abandonnées et ses vieilles autos.
frites et des œufs dans l’unique diner, affublé de l’adéquat sobriquet
Dinky (« quelconque »).
À défaut d’autre chose, les trois
cents habitants de Goldfield ont de
POUSSEZ la porte du Santa Fe
l’humour et de l’orgueil. Ils
Saloon, le plus vieux bar en activiaiment leur bourgade. Ils valorité du Nevada, et tous les regards
sent son histoire et s’y accrochent
convergent immédiatement vers
comme à une bouée de sauvetage.
vous, l’étranger de passage dans
De fait, c’est elle seule qui retient
cette bourgade perdue de l’État dit
temporairement les touristes,
« d’argent ». « Qu’est-ce que cela
ceux qui ne font qu’y passer sur le
vous fait d’être ainsi dévisagée ? »
chemin de Reno ou de Vegas et
demande en riant une femme
ceux dont c’est la destination à
blonde d’un certain âge attablée
cause de sa réputation de ville fanau comptoir au-dessus d’une matôme, désignation qui énerve du
chine à sous encastrée dans le
reste prodigieusement les habibois. « L’impression d’être dans un
tants. Ne sont-ils pas là, gardant le
western, la scène où toutes les têtes
fort et les quelques bâtise tournent vers le héros
ments survivants de
qui vient d’entrer dans
l’époque
faste,
le saloon ! » Après
avec leur fiertout, le shérif de
té,
malgré
le
Goldfield
ne
délabrefut-il pas le léGold field
ment, pour
gendaire Virprouver le
gil Earp (incontraire ?
terprété par
Si elle vivote
Sam Elliott au
sans épicerie,
cinéma dans
station-serTombstone) de
vice, médecin,
la fameuse bapharmacie, etc.,
taille d’OK Corelle qui eut en son
ral ?
temps tout pour attirer
L’isolement géograle monde, Goldfield existe.
phique de Goldfield est acElle a un tribunal et deux juges,
centué par l’immensité désertique
même s’ils ne viennent que deux
qu’il faut traverser pour la rejoinou trois fois par semaine. Elle est
dre (Las Vegas est à 300 kilomèmême le siège du comté d’Esmetres au sud, Reno à 410 au nord),
ralda.
un paysage désolé et monotone de
strates montagneuses, d’arbres de
« L’argent coule ici
Josué et de caillasse. Pendant plucomme du vin »
sieurs dizaines de kilomètres, la
Highway 95 qui y mène longe le
Toujours est-il que l’arrivée inoflanc est de la Vallée de la Mort,
pinée d’une journaliste française
qui se signale par une soudaine
dans ce trou oublié de la civilisamontée de la température - déjà
tion n’a surpris personne. « Une
brûlante - accompagnée du miraéquipe de cinéastes allemands vient
ge du bitume transformé en londe passer deux semaines parmi
gue flaque d’eau vacillante. Le ciel
nous, m’apprend-on. C’est qu’il y
est ici susceptible de disparaître
a beaucoup de choses à découvrir
soudainement sous une couche de
par ici. » Pensant me fondre dans
nuages menaçants illuminés çà et
l’ambiance du saloon, je comlà par des éclairs et déversant des
mande une bière Corona. C’est
trombes d’eau bloquant toute viraté ! La barmaid, réputée comme
sibilité.
« la plus acariâtre du Nevada »,
Tomber en panne sur cette roum’examine d’un air désapprobate n’est pas recommandé. L’uniteur : « Désolée, je ne sers pas de
que signe de vie entre Las Vegas et
boissons sophistiquées. Il faudra
Goldfield est le village de Beatty,
vous contenter d’une bière améridont la station-service offre d’incaine. »
terminables rangées de bonbons
Un homme tremblant coiffé
multicolores et les bas-côtés des
d’un chapeau de cow-boy s’apânes en liberté abandonnés quand
proche et me fait don d’écussons
les mines d’or se sont taries. On
frappés d’extraterrestres (l’Area
m’avait prévenue d’y acheter des
51 n’est pas loin) et d’un pot de
victuailles car il devient impossiconfiture rempli de graviers, cerble de se restaurer à Goldfield
tains brillants, preuve que Goldaprès 16 heures. Et avant, on ne
field continue de receler de l’or,
peut guère y manger que des pizexplique-t-il. « Ne faites pas atzas surgelées, des hamburgerstention, prévient la barmaid, il y a
ARMELLE VINCENT
A
LOS ANGELES
Très prospère au début
du XXe siècle, la bourgade
perdue dans une immensité
désertique espère aujourd’hui
revivre grâce à ses fantômes.
20
000
habitants
aux heures fastes
de 1907
300
habitants
en 2018
pas mal de farfelus dans le coin. »
Le saloon est resté dans son jus
des Années folles. Goldfield a
connu son heure de gloire entre
1905 et 1915 environ. Vingt mille
personnes peuplaient alors « la
ville la plus dynamique du Nevada », poussée en quelques années
suite à la découverte fortuite de
gisements d’or par un Indien de
la tribu des Paiutes. En 1902, il
exhiba une pierre scintillante du
métal jaune qu’il monnaya
contre de la bière et du whisky à
des chercheurs d’or. Ceux-ci se
mirent immédiatement à prospecter et ne tardèrent pas à découvrir plusieurs gisements. La
fièvre de l’or s’empara de la région. Dès octobre 1903, un groupe de trente-six prospecteurs et
investisseurs se réunit pour fonder la bourgade qu’ils baptisèrent d’abord Grandpa avant de
voter pour l’adoption du nom
Goldfield, plus facile à promouvoir.
Ce fut d’abord un campement
de tentes peuplé de vingt habitants. En janvier 1905, la population atteignit les six mille. En
décembre, elle était passée à dix
mille, en dépit de sa difficulté
JEREMY NIX
6/6
Goldfield,
le bourg
hanté
de la ruée
vers l’or
]
Elles peuvent
être le fruit de
le témoin d’u
projets immo
n passé révolu
bil
ou d’un essor iers fous,
chassé par un
industriel
e nouvelle rév
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du monde à l’a
utre, Le Figaro tion. D’un coin
de ces villes fan
dévoile les my
figées pour tou tômes hantées par leurs spe stères
ctr
jours ou qui att
endent de rev es,
ivre.
d’accès, bientôt résolue par la
construction d’une ligne de chemin de fer. En 1907, l’année la
plus faste, Goldfield se targuait
non seulement d’être la ville la
plus peuplée de l’État, avec ses
vingt mille habitants, mais aussi
la plus puissante politiquement
et prospère économiquement.
Les immeubles et maisons sortaient de terre à une vitesse
vertigineuse. On dénombrait
alors 49 saloons, 27 restaurants,
6 pâtisseries, 15 barbiers,
84 avocats, 14 civettes, 21 épiceries, 22 hôtels, 40 médecins,
10 assureurs. Les mines d’or généraient environ 11 millions de
dollars. « L’argent coule ici comme du vin », déclara alors Virgil
Earp à son frère Wyatt pour l’inciter à venir s’y installer.
« Un tunnel secret »
1907 fut aussi l’année d’un bras de
fer mémorable entre le tout-puissant syndicat IWW (Industrial
Workers of the World) qui, allié au
syndicat de mineurs WFM (Western Federation of Miners), était
peu à peu parvenu à imposer toutes ses revendications aux propriétaires des mines. Le 20 janvier, l’IWW paralysa toute la ville
afin de forcer ses membres à commémorer les révolutionnaires
russes tombés au combat. C’en fut
trop pour le patronat. Il fit appel à
l’armée dont un bataillon planta
ses tentes autour de la ville pour
empêcher les émeutes.
Ce conflit larvé n’empêcha pas
la construction du Goldfield Hotel,
imposant édifice de briques de
cent cinquante chambres qui, s’il
est tombé en ruines, est en cours
de restauration par son propriétaire de 94 ans, Red Roberts. Acquis à une vente aux enchères
pour 320 000 dollars en 2002, il
occupe actuellement les journées
de trois malheureux maçons chargés de le rénover. Une tâche donquichottesque.
Jeri Foutz, qui a quitté l’Oregon
il y a trois ans pour s’installer définitivement à Goldfield, est devenue son guide touristique. Elle a
créé cette fonction lorsqu’elle
s’est rendu compte que des curieux accouraient du monde entier pour visiter son hôtel et son
lycée délabrés, réputés hantés. « À
l’époque, raconte-t-elle, le lycée
était un magnifique édifice et l’hôtel
était le plus luxueux établissement
entre Chicago et San Francisco. Il
était fréquenté par une clientèle très
affluente. » Même s’il ne reste rien
de sa splendeur (des pillards ont
tout volé depuis sa fermeture, en
1945), on n’a aucun mal à l’imaginer.
L’ascenseur spacieux, le premier et le plus rapide du Nevada,
est immobilisé au troisième étage.
« À droite du lobby, il y avait un salon réservé aux femmes. À gauche
était le bar lounge réservé aux
hommes. Il était absolument interdit aux femmes d’y entrer. » Jeri
indique un escalier qui descend au
sous-sol. « Un tunnel secret partait
de là pour atterrir dans le “red district”, composé d’une maison close
et de ses cinquante “satellites” ou
bungalows dont quelques-uns sont
encore debout. Plusieurs centaines
de prostituées y pratiquaient leur
métier. Le sous-sol de l’hôtel était
équipé de douches pour permettre
aux maris volages de se laver avant
de retrouver leur épouse. »
L’établissement est aujourd’hui
habité par au moins deux fantômes, morts en ses murs : un garçonnet enterré vivant dans l’entrepôt à charbon et le père d’une
fille violée venu chercher vengeance mais qui finit assassiné par
le violeur. « Tout le bourg est hanté, précise Jeri. Moi-même je n’y
croyais pas, mais j’ai assisté à
d’étranges phénomènes. Alors j’organise des investigations paranormales avec des gens venus de partout équipés d’instruments de
détection de fantômes. Goldfield est
célèbre pour ça. » L’hôtel a effectivement fait l’objet de nombreux
documentaires. Il est considéré
par plus d’un voyant comme une
passerelle vers l’autre monde.
Quant à Jeri, elle espère redonner
vie à la bourgade. Exploiter le filon
paranormal semble un bon moyen
d’y parvenir. Goldfield est aussi
un excellent sujet photographique
avec ses vieilles automobiles, ses
mines abandonnées, ses masures
d’une autre époque.
Trois événements majeurs ont
sonné le glas de la ville. Dès 1910,
le rendement des mines commence à décliner, provoquant le départ d’une bonne partie de la population. En 1913, une crue
dévastatrice engloutit de nombreuses maisons. Enfin, le 6 juillet
1923, un incendie réduit vingtcinq blocs en cendres. À l’exception d’une poignée d’habitants,
ceux que les deux premiers événements n’avaient pas encore fait
fuir abandonnent alors définitivement la ville. ■
RETROUVEZ LUNDI :
Sur les traces
de George Orwell
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 4 - dimanche 5 août 2018
CHAMPS LIBRES
OPINIONS
CHRONIQUE
Natacha Polony
Les « couillons » se fatiguent
ucune canicule ne
semble devoir atténuer
la propension médiaticopolitique à l’hyperbole.
Le gouvernement nous
prépare donc un « big
bang » de la formation professionnelle,
un de ces bouleversements censés
prendre en compte « le monde en pleine
mutation » pour que chacun soit
« acteur » de sa vie professionnelle.
Oui, la ministre du Travail enfile
avec brio les perles du jargon managérial.
Pourtant, elle a raison de souligner
combien les compétences sont au cœur
de toute réflexion sur l’emploi. On lui
suggérera d’en discuter au préalable avec
son collègue de l’Éducation nationale, qui
hérite d’un système savamment piétiné
depuis quarante ans, un système qui
A
@
100 000 citations
et proverbes sur evene.fr
17
envoie au collège 25 % d’enfants
quasi illettrés et de nombreux autres
aux acquis en forme de sables mouvants.
Mais le problème est plus vaste encore.
L’air brûlant de l’été invite
à la promenade. Que la ministre
et l’ensemble des politiques français
en profitent donc pour rencontrer
les citoyens. Tel restaurateur du Quercy,
par exemple, dont l’établissement
est un de ces joyaux que seule la France
sait produire. La maison, dont la terrasse
s’allonge sur un coteau rafraîchi par
la rivière en contrebas, est pleine. Hélas,
impossible de recruter, ni en cuisine ni
en salle. Travailler le soir, le week-end…
impensable. Les apprentis arrivent
accompagnés de leurs parents, qui
les récupèrent au milieu du service parce
qu’ils ont fait leurs heures et qui estiment
ENTRE GUILLEMETS
4 août 1875 : mort de Hans Christian Andersen, conteur universel. JERRY TAVIN/RUE DES ARCHIVES/BCA
Le Vilain Petit Canard
Il n’y a pas de mal
à être né dans
une basse-cour
lorsqu’on sort
d’un œuf de cygne»
que le patron doit montrer plus d’égard
à leur précieuse et fragile progéniture.
Dans toute la France, les récits sont
les mêmes. À Calvinet, dans le Cantal, un
patron d’hôtel raconte : il a voulu aider des
jeunes en réinsertion, des jeunes passés
par des cures de désintoxication… Il allait
les chercher à Toulouse, leur donnait du
travail, proposait de les former. Il a fini par
jeter l’éponge. Quand il leur demandait
de monter des bagages en chambre,
ils répondaient : « Je suis malade,
monsieur, il ne faut pas me demander ça… »
Tous ces artisans dressent un même
constat : ils ont trop souvent face à eux
des jeunes gens qui non seulement
n’ont aucune envie de travailler, mais ne
savent même pas en quoi cela peut bien
consister. Les exceptions – et il y en a bien
évidemment de nombreuses – sont
accueillies avec joie et considération. Mais
pour la majorité, ce sont deux mondes
qui se côtoient sans se comprendre. Avec
cette amère impression de se battre pour
faire vivre une société, des territoires,
une culture, de porter à bout de bras
un pays dont les élites ne jurent que par
la modernité, le nomadisme et le virtuel.
Eux, dans leur petite ville, leur village,
sont bons pour payer impôts et charges.
Ils n’incarnent pas l’avenir, ils ne sont
pas dans la « start-up nation ».
Quand la ministre parle de formation
dans un « monde en pleine mutation »,
ce n’est pas à eux qu’elle pense.
Et pourtant. Comme le dit avec une ironie
désabusée le chef de l’Hôtel du Midi
à Pierrefort, en Auvergne : « Des couillons
comme nous, je ne sais pas s’ils vont
en trouver guère plus, parce que nous,
on se fatigue. La source va se tarir… »
En Touraine, c’est un garagiste
qui raconte comment il accueille ses
apprentis. « Diriez-vous que vous êtes là
par passion ou par vocation ? » La plupart
choisissent la passion. « Vous vous êtes
trompés d’adresse, leur répond-il.
Mon médecin a la passion de la voiture.
Il y consacre ses loisirs. Mais ce n’est pas
son métier. C’est la vocation qui vous fera
vous demander quelle est la panne et vous
poussera à la réparer à tout prix. » La
distinction est subtile, mais essentielle.
Dans une société qui valorise le plaisir
individuel et la jouissance immédiate,
chacun veut cultiver sa passion.
La vocation, qui est don de soi, exigence
et temps long, a mauvaise presse.
L’accomplissement de soi dans une
œuvre, dans un métier dont une large
part consiste à se mettre au service d’un
client pour lui offrir la meilleure qualité
possible semble désormais baroque.
On travaille pour soi, pour se payer
des loisirs, pour assouvir une envie,
si possible en se fatiguant peu, mais
certainement pas pour la beauté du geste.
Qui est responsable de cette situation ?
L’Éducation nationale, qui érige
en dogme depuis quelques décennies
le fait de ne surtout jamais exiger trop
d’un enfant, de ne jamais le pousser
au meilleur de lui-même ? Les parents,
persuadés qu’aimer un enfant, c’est lui
apprendre à surtout ne jamais se donner
trop de mal, à revendiquer ses droits
plutôt qu’à s’investir ? Peu importe
finalement. Mais toutes les lois n’y
changeront rien. Tous les discours des
communicants élyséens seront de peu de
secours face à cet état de fait : une nation
est grande de la vocation de ses citoyens,
On peut se gargariser de l’économie
numérique et des créateurs d’application
pour smartphone, mais un pays a et aura
toujours besoin de restaurateurs, de
garagistes, de plombiers, d’électriciens.
D’artisans bien formés, amoureux
du travail bien fait et fiers de dépasser
leurs heures pour achever une œuvre.
D’artisans qui, accessoirement, payent
des impôts et des charges pendant que les
Gafam y échappent. Le monde est peutêtre en mutation, mais sans cette part
d’immuable, la modernité n’est qu’une
vue de l’esprit. Et les couillons attendent
une relève que la machine à fabriquer
les incompétences ne leur enverra pas.
Grèves, incendie, pannes : la France devientelle un pays sous-développé en transports ?
I
NICOLAS BOUZOU
Dassault Médias
14, boulevard Haussmann
75009 Paris
Président-directeur général
Charles Edelstenne
Administrateurs
Olivier Dassault, Thierry
Dassault, Jean-Pierre
Bechter, Olivier Costa
de Beauregard, Benoît
Habert, Bernard Monassier,
Rudi Roussillon
SOCIÉTÉ DU FIGARO SAS Directeur des rédactions
14, boulevard Haussmann Alexis Brézet
75009 Paris
Directeurs adjoints de la rédaction
Président
Gaëtan de Capèle (Économie),
Charles Edelstenne
Laurence de Charette (directeur
de la rédaction du Figaro.fr),
Directeur général,
Anne-Sophie von Claer
directeur de la publication (Style, Art de vivre, So Figaro),
Marc Feuillée
Anne Huet-Wuillème (Édition,
Photo, Révision),
un centre de loisirs pour bourgeois
oisifs qui se coupe de sa banlieue
plutôt qu’une métropole dynamique
qui intègre des populations venues
de toute la France, ce qui fut pourtant sa
vocation au cours de sa longue histoire.
Sans déplacement fluide,
il n’est point de croissance et point
d’émancipation. Je sais bien que
la vulgate romantique à la mode
voudrait que l’on soit bien sur
ses terres, que l’on n’en bouge pas
trop et qu’on se nourrisse de denrées
alimentaires produites localement.
C’est fort sympathique, mais la réalité
anthropologique des humains, c’est
qu’ils sont faits, non pour demeurer
chez eux, mais pour se déplacer.
Freiner la mobilité a les mêmes
conséquences que placer des barrières
à l’entrée sur le marché du travail. C’est
exiger des plus fragiles d’entre nous
qu’ils restent en dehors de l’économie
et de la société moderne. Ce problème
prend une acuité nouvelle avec
le développement de l’économie
du numérique, de la robotique
et de l’intelligence artificielle. En effet,
cette mutation technologique génère
spontanément une « métropolisation »
du monde qui modifie les exigences
de transport. Aujourd’hui, tout doit
être fait pour fluidifier les déplacements
à l’intérieur des métropoles,
pour améliorer les connexions
des métropoles et des banlieues,
et pour améliorer la circulation entre
les métropoles. Les déplacements entre
les villes et les campagnes peuvent
être assurés plus classiquement sur des
Arnaud de La Grange
(International),
Étienne de Montety
(Figaro Littéraire),
Bertrand de Saint-Vincent
(Culture, Figaroscope, Télévision),
Yves Thréard (Enquêtes,
Opérations spéciales, Sports,
Sciences),
Vincent Trémolet de Villers
(Politique, Société, Débats Opinions)
Directeur artistique
Pierre Bayle
Rédacteur en chef
Frédéric Picard
(Édition Web)
Directeur délégué
du pôle news
Bertrand Gié
Éditeurs
Robert Mergui
Anne Pican
routes bien entretenues. Se déplacer
en trottinette est très plaisant quand
on habite le Ve arrondissement parisien,
mais cela ne va pas aider les gens du
Val-de-Marne qui travaillent à Roissy
et qui doivent récupérer un enfant
à heure fixe à la crèche. Les Français ont
besoin de métros et de tramways qui
fonctionnent parfaitement, de TGV
qui partent et arrivent à l’heure et qui,
si possible, soient à peu près propres,
et d’avions qui ne sont pas annulés
à la dernière minute. Les difficultés
françaises en matière de transport sont
dues à deux problèmes : un problème
de sous-investissement d’abord ;
un problème de gouvernance ensuite.
D’abord, notre politique d’allocation
de la dépense publique reste
incroyablement court-termiste et, pour
l’instant, l’action de la majorité actuelle
s’est avérée plus que décevante.
Aucune réforme de l’État (en particulier
du statut de la fonction publique) n’est
commencée qui permettrait de dégager
des marges de manœuvre budgétaires
pour réinvestir dans les infrastructures.
La majorité aurait pu également utiliser
la suppression de la taxe d’habitation
pour proposer aux collectivités locales
de nouveaux modes de financement,
par une fiscalité locale revue (avec
des impôts à taux plus faible et base
plus large) mais aussi en élargissant
la possibilité de faire appel à des
financements privés pour investir dans
la ville intelligente et les « transports
propres ». Les collectivités locales
ont besoin d’être responsabilisées,
y compris en leur laissant davantage
FIGAROMEDIAS
9, rue Pillet-Will, 75430 Paris Cedex 09
Tél. : 01 56 52 20 00
Fax : 01 56 52 23 07
Président-directeur général
Aurore Domont
Direction, administration, rédaction
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Tél. : 01 57 08 50 00
direction.redaction@lefigaro.fr
de marges de manœuvre normatives,
par exemple pour définir les conditions
d’accueil des transports sans chauffeur
qui vont arriver assez rapidement.
Ensuite, le bon fonctionnement de nos
transports est paralysé par des systèmes
de gouvernance inefficaces, au niveau
des pouvoirs publics (regardez
le monstre de complexité qu’est devenu
le Grand Paris) comme des entreprises.
La réforme de la SNCF opérée par le
gouvernement devrait progressivement
faire de cette société une entreprise
« normale » où la grève n’est pas le seul
instrument de la négociation sociale
et où un management intermédiaire
pléthorique ne vient plus freiner
chaque velléité de changement. Il faut
maintenant s’attaquer au dossier
Air France. La compagnie a dû annuler
cet été plus de vols que les années
précédentes en raison de « tensions
pilotes ». Les grèves insensées depuis
février ont en effet ralenti le rythme des
formations, ce qui a empêché certains
salariés de revoler depuis juillet. Il est
temps que l’État mette de l’ordre dans
cette compagnie, déjà en nommant
un entrepreneur qui mettra en place
une vision stratégique, et non un haut
fonctionnaire, ensuite en sortant du
capital de cette entreprise dans laquelle
il n’a plus rien à faire. Vu les impôts
qu’ils paient, les Français ont bien
le droit de se déplacer dans de bonnes
conditions. Que l’État et ses entreprises
publiques, si donneuses de leçon dans
notre pays antilibéral, montrent qu’ils
sont capables, si ce n’est de prévoir
l’avenir, au moins d’assurer le présent.
Impression L’Imprimerie, 79, rue de Roissy
93290 Tremblay-en-France
Midi Print, 30600 Gallargues-le-Montueux
Ecoprint Casablanca Maroc. ISSN 0182-5852
Commission paritaire n° 0421 C 83022
Pour vous abonner Lundi au vendredi de 7 h à 18h ;
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Club : 409 €. Semaine : 259 €. Week-end : 209 €.
Imprimé sur papier issu de forêts gérées durablement.
Origine du papier : France. Taux de fibres recyclées : 100%. Ce journal
est imprimé sur un papier UPM porteur de l’Ecolabel européen
sous le numéro FI/37/01. Eutrophisation : Ptot 0.009 kg/tonne de papier.
Ce journal
se compose de :
Édition nationale
1er cahier 18 pages
Cahier 2 Économie
6 pages
Sur certaines éditions
Supplément 3
Magazine 96 pages
Cahier TV 60 pages
Suplément 4
Madame 96 pages
A
ncendie de la gare Montparnasse,
panne de la ligne 1 du métro
parisien, arrêt de l’Autolib’,
dysfonctionnements chez
Air France : l’été 2018 aura
montré que la France devient
un pays sous-développé en matière
de transport. Tout ceci est très
agaçant en période de vacances. Mais
cela risque de devenir franchement
problématique après la rentrée.
Ces dysfonctionnements rappellent
en outre que le « France is back »
brandi par les admirateurs du président
de la République n’est pas encore tout
à fait matérialisé dans la réalité.
D’un côté, nos vieux équipements
sont engorgés et fonctionnent de moins
en moins bien. J’invite quiconque
en douterait à emprunter la ligne A
du RER un matin vers 8 heures pour
en juger. De l’autre, en dépit de leurs
leçons moralisantes sur l’innovation
et l’écologie, nos pouvoirs publics n’ont
pas investi dans les nouveaux moyens
de transport en dehors de certaines
grandes villes comme Bordeaux.
Il est d’ailleurs piquant d’observer que
Paris la ville et Paris le centre de l’État
est toujours encline à donner des leçons
de modernité et de saine gestion
à des collectivités locales qui, malgré
des contraintes
financières
croissantes, se
débrouillent mieux
que la capitale.
Pour l’essayiste, les derniers incidents estivaux
Notre capitale
sont révélateurs des dysfonctionnements profonds semble avoir fait
des transports publics français.
le choix de devenir
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 4 - dimanche 5 août 2018 LE FIGARO
L’ÉTÉ DU FIGARO
18
6/6
Au moment de cette rencontre,
le poète et futur académicien
vient d’achever l’adaptation au
cinéma de deux de ses pièces :
L’Aigle à deux têtes
et Les Parents terribles.
« Vous êtes celui
qui a fait reculer
l’ouvre-boîte »
[
1948
]
Rien ne prédisposait le solide cuisinier
gascon et le dandy poids plume à nourrir
une belle amitié quinze ans durant.
“
J’aime bien venir
chez toi. On y prend
son repas parmi
les ombres
A
JEAN COCTEAU
”
nesse aux nombreuses avantgardes littéraires et musicales. Il
fera son entrée à l’Académie
française en 1955. Touche-à-tout,
il partage alors son temps entre sa
maison de Milly-la-Forêt, acquise avec Jean Marais, l’année précédente, et son entresol du Palais-Royal (depuis 1940), rue de
Montpensier. Un appartement
sombre, fait d’une enfilade de
pièces « où s’enchevêtrent les
chattes, les visiteurs, les visiteuses,
les correspondances ».
Né en 1909, Raymond Oliver
avait fait ses classes dans les cuisines de son père, à Langon, au
bord de la Garonne, entre deux
parties de pêche et quelques livres de Kipling ou d’Alain-Fournier. Précisément au Lion d’Or et
à l’Hôtel Oliver, où tout se faisait
et se concoctait en famille. Son
père qui avait un temps
rejoint la brigade du
grand Escoffier, au
Savoy.
En ce jour de 1948,
quelques
jours
avant la rencontre
au sommet avec
]
sait à se croise
à converser, à
r,
s’estimer, tan
t leurs univers
étaient différent
s. Et pourtant
...
THIERRY CLERMONT
tclermont@lefigaro.fr
« Par un bel après-midi d’août, une
de ces journées où le Palais-Royal
semble aussi assoupi qu’une place
de village à l’heure de la sieste, je
m’affairais sous le péristyle de
Joinville autour d’un paysage mouvementé de caisses de déménageur.
J’allais m’installer dans ces murs
du Véfour dont les jeux d’ombre et
de lumière m’avaient promis, il y a
peu, l’insouciance et le luxe, la
grâce et le raffinement […]. C’est
alors qu’il s’approche de moi, les
mains tendues en signe d’accueil. »
C’est par ces mots que Raymond
Oliver a relaté sa toute première
rencontre avec Jean Cocteau, au
cours de l’été 1948. Le chef cuisinier venait de reprendre le Grand
Véfour, tombé en déshérence
après avoir été l’une des tables les
plus courues des Années folles.
Toujours dans ses Mémoires,
Adieu fourneaux, paru au soir de
sa vie, en 1984, il ajoute : « Comme
un propriétaire qui régnerait en esprit sur ces lieux hantés, il prononça les paroles de bienvenue :
- C’est toi, Oliver, qui viens habiter notre village ? Nous sommes
heureux de t’accueillir.
Ému, car je l’avais aussitôt reconnu, j’eus néanmoins assez de
présence d’esprit pour l’entraîner
dans mon nouveau chez moi, et
nous trouvâmes, dans le désordre
régnant, un petit coin où nous asseoir. Et qu’importe si le sauternes
n’était point assez frais, Cocteau
m’avoua qu’il l’aimait autant que
moi. Il me paraissait bon que ce
breuvage fût notre intercesseur. »
C’est ainsi qu’une amitié était née,
en ce jour de l’été 1948, dans les
jardins du Palais-Royal, à l’ombre
des tilleuls, et qui ne cessera qu’en
1963, à la mort du poète, qui disait
qu’elle était « un spasme tranquille » ou encore « un amour qui se
cache ». Entre donc un gaillard
gascon et un homme raffiné qui a
joué sur toutes les cordes de la
sensibilité artistique
Ce millésime 1948 est riche
pour Cocteau. À 59 ans, il vient
d’achever la version cinématographique de ses pièces L’Aigle à
deux têtes et Les Parents terribles.
C’est également l’année où il
compose les poèmes du recueil
Poésie 1946-1947. Ce proche de
Picasso est déjà une institution,
après s’être frotté durant sa jeu-
[
Les rencontr
inattendues es
Rien ne les pré
dispo
À cette époque, le chef gascon,
futur étoilé Michelin, vient de
racheter le Grand Véfour, auquel
il redonnera tout son lustre
et son prestige, avec la complicité
de Cocteau.
Cocteau (« Elle fut bien comme un
fruit mûr qui vous tombe dans les
mains », écrira le chef), Oliver a
donc racheté le Grand Véfour, un
établissement mythique et presque bicentenaire, à Louis Vaudable, également propriétaire de
Maxim’s, et connu pour avoir
popularisé la tarte Tatin. « Il était
un peu comme une épave
échouée », avouera-t-il. Il fallait
donc, selon son expression, « réveiller la belle au jardin dormant ».
Chose faite, l’établissement dépoussiéré connaît à ses débuts un
vif succès, grâce notamment à
Jean Cocteau. Par la suite, l’auteur
de La Voix humaine y invitera des
personnalités aussi diverses que
Jean Genet (cet « ange rose et
sombre », note-t-il dans son Journal, en 1957), Jean-Paul Sartre,
Louis Jouvet, le jeune Mouloudji,
Greta Garbo ou encore Igor Stravinsky, avec lequel il avait collaboré (l’oratorio Œdipus rex) et
qu’il connaît depuis l’époque des
Ballets russes. Sans oublier Jean
Marais et « Doudou », son fils
adoptif.
En 1949, à l’occasion du premier anniversaire de la renaissance du Grand Véfour, Jean
Cocteau et quelques illustres locataires du Palais-Royal, parmi
lesquels Colette, ont rendu un
bel hommage à Raymond Oliver.
Cocteau écrira dans cette plaquette : « Demeuré intact, grâce
au privilège des choses fragiles
qui durent plus que le roc, le Véfour, avec son plafond Louis XVI
et ses sous-verre Directoire,
pourrait étendre une terrasse sur
les jardins. Il serait le Café Florian
de ce village qu’est Paris, village
où le loisir joue un rôle considérable. Il est impossible d’aimer Paris
sans se rendre en pèlerinage à
cette exquise épave des grandes
tempêtes. »
Cocteau lui disait souvent :
« J’aime bien venir chez toi. On
y prend son repas parmi les
ombres. »
L’auteur de La Belle et la Bête, se
souvient Raymond Oliver, arrivait aux alentours de 13 heures.
Avant de passer commande, il savourait généralement un « rose »,
à savoir un Martini allongé de liqueur de framboise, en caressant
Alfonso, le chat du Véfour. Sa table était située à gauche en entrant, pour la vue privilégiée sur
les arrivants. Cocteau, nous dit-il,
y appréciait le potage Guénolé, la
soupe aux huîtres (de Belon, de
préférence), les filets de sole
froids, le tournedos de biche aux
châtaignes… Et même de simples
œufs au plat. N’est-ce pas Curnonsky, le prince des gastronomes, qui a en ces termes adoubé
Oliver : « C’est un monsieur qui,
lorsqu’il casse trois œufs, signe une
omelette. »
Régulièrement, à la fin du repas, partagé ou non, le poète demandait à Oliver de rejoindre sa
table. De quoi ces deux-là ont-ils
pu bien parler ? Des regrettées
parties de campagne et parties de
pêche en Gironde (esturgeons,
aloses, lamproies, perches, civelles…) ? De la nostalgie du Gascon
pour le ventre de veau, une des
« gloires » de son père, recette
qu’il n’a pas pu imposer aux Parisiens ? Au contraire du paternel
« flan polka ». Obsédé depuis sa
jeunesse par l’élixir du Révérend
Père Gaucher, qui apparaît dans
les Lettres de mon moulin, il n’aura
de cesse qu’il ne demande à son
ami de l’aider à imaginer sa composition secrète. Aucun doute que
Cocteau lui a parlé de ses projets,
nombreux, tout comme de la découverte de Santo Sospir, à SaintJean-Cap-Ferrat, où l’accueille
depuis 1950 Francine Weisweiller,
sa protectrice. Villa dont il décorera les murs, les recouvrant de
fresques a tempera. Le poète y invitera le chef, à plusieurs reprises.
Raymond Oliver écrira joliment : « Tisser ces fils mystérieux
de l’échange qui sont pour beau-
coup dans le plaisir de l’un et de
l’autre. » Échange qui donnera
lieu à un ouvrage à quatre mains,
paru en 1964 : Recettes pour un
ami, abondamment illustré et
préfacé par Cocteau, qui venait
de disparaître. Le chef nous offre
par le menu quelques « secrets de
fabrication », notamment à propos des plats spécialement créés
pour l’écrivain, à savoir : le homard grillé Orphée, le canard
froid Aigle à deux têtes (à base de
sauternes), le jambon soufflé
Potomak ou encore les chops
(côtelettes prises dans le filet)
d’agneau Milly-la-Forêt, filet
grillé Santo Sospir, sans oublier
les fraises Jean Cocteau. Il y évoque également le goût de Cocteau
pour de nouveaux cocktails, qu’il
inventait derrière le bar du
Véfour.
« Cocteau, confie-t-il, suivait
une sorte d’inspiration qui était
parfaitement connue de lui. […] Il y
eut une époque où son cocktail favori était sorti d’un livre de la “Série noire” et représentait le breuvage préféré de Lemmy Caution. Il
s’agissait d’un dosage savant de
jus d’ananas frais, de curaçao
blanc et de rhum blanc. »
“
Cocteau suivait
une sorte d’inspiration
qui était parfaitement
connue de lui
RAYMOND OLIVER
”
L’année 1953 est à marquer
d’une pierre blanche. Le succès
allant au succès, Raymond Oliver
décroche sa troisième étoile au
Guide Michelin, après une première en 1949. Et peu avant Noël,
il lance une émission culinaire
« Art et magie de la cuisine » en
compagnie de la speakerine
Catherine Langeais. Un succès
public jamais démenti en quatorze
ans. C’est « l’homme qui a fait reculer l’ouvre-boîte » avait tonitrué
Cocteau, qui entre-temps avait illustré quelques menus du Véfour.
Cette même année, il est nommé
président du Festival de Cannes.
« L’amitié a ses illusions non
moins que l’amour », affirmait
Stendhal dans Armance. Ce qu’a
démenti Cocteau à travers son
amitié avec Oliver. Certes non pas
une amitié passionnée, mais une
amitié profonde et sincère. De
celle que le chef du Véfour partageait avec une autre locataire du
Palais-Royal, rue de Beaujolais, à
savoir Colette, à laquelle il a
consacré un émouvant portrait
dans Adieu fourneaux. Sa fille,
Colette de Jouvenel, avait décoré
le premier étage du Véfour. « Elle
me décrivait les confitures que faisait Sido, sa mère, se souvient Oliver, et me demandait de les “retrouver”. Pour elle, j’étais prêt à
toutes les recherches. » Selon lui,
« elle était gourmande, comme ces
femmes nourries au lait des nourritures du terroir ».
Son mari, Maurice Goudeket,
familier du Véfour, écrira, dans
Auprès de Colette : « Naturellement
imposant, le geste large, doué de la
voix puissante, de la faconde et de
l’accent irrépressible qui caractérise l’homme du Sud-Ouest, Oliver, en un tournemain, mit le quartier dans sa poche. »
Le mot de la fin laissons-le à
Raymond Oliver, qui avait évoqué
par ces mots la mémoire de son
cher Cocteau : « Il n’est plus. Quelque chose du Palais-Royal, léger
comme l’air ou le pépiement d’un
piaf, s’est envolé dans un bruissement d’ailes, comme un vol de pigeons effarouchés. Mais cette fois,
l’oiseau poète ne reviendra pas. Les
miroirs sont brisés. » ■
RETROUVEZ LUNDI :
Histoires d’espions :
OSS Opération Black Mail,
la guerre des « fake news »
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 4 - dimanche 5 août 2018 LE FIGARO - N° 23 010 - Cahier N° 2 - Ne peut être vendu séparément - www.lefigaro.fr
> FOCUS
lefigaro.fr/economie
ITALIE
HEINEKEN
COUP D’ARRÊT
À LA FLEXIBILITÉ
DU TRAVAIL PAGE 22
LE BRASSEUR PRÊT
À S’ALLIER À UN GÉANT
CHINOIS PAGE 23
La France fait le plein de visiteurs étrangers.
De quoi regonfler le moral des professionnels,
un peu déçus par un mois de juillet en retrait
par rapport au record de 2017.
PAGES 20 ET 21
Plage des îles Lavezzi,
au large de Bonifacio,
en Corse du Sud.
Il n’y a pas que les experts « CAP
2022 » qui ont planché sur l’épineuse
réforme du service public, dont le rapport remis au premier ministre avait
fait beaucoup de bruit. Une trentaine
de jeunes issus d’horizons divers ont
eux aussi eu voix au chapitre. Dans un
second rapport, également rendu au
gouvernement et obtenu par Le Figaro, ils préconisent 24 mesures pour
transformer la justice, la santé, la sécurité, l’éducation et la formation. Et
certaines sont pour le moins radicales.
Ils recommandent, par exemple, de
supprimer les conseils de prud’hommes, ces institutions créées en 1806
où les litiges de travail sont tranchés
par des juges non professionnels et
dont l’efficacité est souvent mise en
cause. L’objectif de cette mesure sensible est de « diminuer les délais de
traitement des affaires […] et le coût
de la formation des conseillers », expliquent les jeunes dans le rapport. Ils
proposent alors de confier le contentieux social aux juges professionnels
en créant un « pôle social » au sein
des tribunaux de grande instance.
Le rapport s’attaque également au financement de la formation professionnelle des demandeurs d’emploi par
l’État et Pôle emploi, qui est parfois accusé de ne pas proposer des sessions
adaptées. Une proposition choc
consiste à rémunérer les organismes
de formation selon leurs performances, en fonction des résultats obtenus
pour les chômeurs en matière de retour à l’emploi. En matière d’éducation,
les jeunes veulent notamment améliorer la préparation des élèves au monde
professionnel. Ils critiquent, en effet,
«une déconnexion générale de l’École
vis-à-vis du monde professionnel qui
limite la capacité de projection des
élèves». Les propositions listées pour
y remédier visent, par exemple, à
mettre en place un module «civique &
pro» au collège et au lycée pour travailler sur des projets professionnels.
MANON MALHÈRE
L'HISTOIRE
Malgré la canicule, Bruxelles exige
des semis inutiles et dangereux
LA SÉANCE DU VENDREDI 03 AOÛT 2018
CAC 40
5478,98 +0,33%
EUROSTOXX 50
3485,31 +0,46%
DOW JONES (18h)
25376,32 +0,20%
FOOTSIE
7659,10 +1,10%
ONCE D’OR
1216,30 (1215,45)
NASDAQ (18h)
7362,91 -0,13%
PÉTROLE (lond)
72,830 (73,290)
NIKKEI
22525,18 +0,06%
le PLUS
du
FIGARO
ÉCO
AFFICHAGE
La publicité au secours
de la rénovation
des monuments
PAGE 24
Nos idées
créent de la
valeur sur le
long terme.
Résultats semestriels 2018
Croissance des ventes soutenue
dans toutes les activités et toutes
les géographies
Solide performance et bonne
dynamique de développement
Synergies Airgas atteintes
dès le 1er semestre 2019
Chiffre d’affaires
+ 5,8%
10 162 M€
Croissance comparable,
hors effets de change, d’énergie
et de périmètre signiicatif.
Résultat net (part du Groupe)
+ 12,1%
1 040 M€
Cash-flow
Retrouvez le détail des résultats, ainsi que toute l’information
dédiée aux actionnaires sur airliquide.com
0 800 166 179
+ 11,1%
1 770 M€
Capacité d’autoinancement
après variation du besoin en fonds
de roulement et autres éléments.
A
P
dans d’autres. Mais, avec la sécheresse
et la canicule, ces plantations sont inutiles.
« Rien ne poussera », explique-t-on
à la FNSEA, la Fédération nationale
des syndicats d’exploitants agricoles.
« C’est même dangereux. Cela abîme
les tracteurs et provoque quantité
de départs de feu dans les broussailles. »
C’est aussi en contradiction avec
les demandes de certains préfets de
limiter l’usage des tracteurs pour contenir
la pollution à l’ozone. La FNSEA
demande donc que les agriculteurs soient
dispensés de ces cultures temporaires
ou qu’ils puissent les repousser
de quelques jours. Mais impossible
d’obtenir une réponse rapide de la
Commission européenne. Alors, coincés
entre deux risques, les agriculteurs
continuent les « semis administratifs »
totalement stériles. ■ ARMELLE BOHINEUST
© Michael Saba
our les agriculteurs français,
c’est une aberration de plus
de la Commission européenne.
Pour obtenir les aides de
Bruxelles dans le cadre de la
politique agricole commune (PAC), 5 %
des surfaces cultivées doivent présenter
un « intérêt écologique », c’est-à-dire
comporter des haies, être en jachère
ou encore faire l’objet de cultures
intermédiaires pour permettre
à la terre de s’enrichir. Des producteurs
de blé qui ont fini leurs moissons
doivent ainsi semer du colza
ou de la moutarde pendant quelques
semaines pour ensuite les incorporer
aux sols en qualité d’engrais verts.
Pour bénéficier des aides appelées
« paiements verts », ces semis doivent
être faits avant le 6 août dans certains
départements, quelques jours plus tard
“Creative Oxygen” : De l’oxygène naît l’inspiration.
HEINEKEN, PHILIPPE ROYER/ONLY FRANCE/AFP
Les touristes étrangers
dopent la saison estivale
ÉCONOMIES : LES
24 PROPOSITIONS
DES JEUNES
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 4 - dimanche 5 août 2018 LE FIGARO
L'ÉVÉNEMENT
Les Français apportent
les deux tiers des
recettes touristiques
ÉVOLUTION DU NOMBRE D’ARRIVÉES DE TOURISTES ÉTRANGERS
En France, en milliards d’euros
Étrangers
Étrangers
43,7
Consommation
touristique
en france
En 2010
140,7
soit
Français
97,1
mds €
50,8
7,04 %
Poids du tourisme
dans le PIB
En milliards d’euros
Attentats de Paris
90*
Crise financière
En 2016
158,9
mds €
Français
108,1
soit
85
7,13 %
80
Poids du tourisme
dans le PIB
75 75
70
2005
Sources : Mémento du Tourisme, DGE ministère de l’Économie
80,9
77,9
86,9
80,5
79,2
83,6 83,7 84,5 82,7
82
76,8 76,6
* Estimation
20
06
07
08
09
10
11
12
13
14
15
16
17 2018
La France attire
toujours plus de
touristes étrangers
Les 90 millions attendus cette année devraient
sauver la saison après un mois de juillet décevant.
MATHILDE VISSEYRIAS
£@MVisseyrias
Il n’y a jamais eu autant de touristes étrangers en France que cet
été. Après un trou d’air lié aux attentats de Paris, le 13 novembre
2015, et de Nice, le 14 juillet 2016,
le pays atteint des records d’attractivité. Ils ont été près de
87 millions à venir en 2017. Christian Mantei, le directeur général
d’Atout France, en attend au
moins 90 millions cette année.
« Les arrivées internationales par
avion progressent de 5,6 % en
juillet, août et septembre, affirme le
patron de l’agence de promotion
de la France à l’étranger. La France
profite du dynamisme des voyages
dans le monde. Elle gagne même des
parts de marché sur l’Espagne »,
grand challenger de l’Hexagone.
La tour Eiffel rouvre après la grève
Les visiteurs de la tour Eiffel
sont soulagés. La fin de la
grève a été actée et les
visites ont repris vendredi
à 9 heures. Le personnel
dénonçait le temps d’attente
des touristes munis de billets
horodatés. Après un jour
et demi de conflit social,
la Société d’exploitation
de la tour Eiffel (SETE)
et les organisations
syndicales ont trouvé un
accord de sortie de grève.
Celui-ci prévoit le
remaniement du dispositif
d’accueil des visiteurs
disposant de billets achetés
au préalable. Les deux piliers
nord et ouest seront ouverts
aux billets horodatés, au lieu
d’un seul auparavant,
pour désengorger les files
d’attente. La période de test
prendra fin au 31 août, et
un bilan sera établi. La SETE
a déclaré que « les visiteurs
disposant de billets
horodatés valables pendant
la période de fermeture
de la tour Eiffel se verront
automatiquement et
intégralement remboursés ».
De quoi réjouir les touristes
déçus qui n’avaient pas pu
visiter la dame de fer.
A. F.
Les arrivées de touristes en Espagne s’essoufflent après des années
de croissance. Selon Christian
Mantei, elles sont en recul de 8 %
cet été.
Fidèles à la France, les touristes
européens (80 % des visiteurs
étrangers) sont là. Y compris les
Britanniques, dont le pouvoir
d’achat est affaibli par le Brexit.
« Toutes les nationalités sont stables ou en progression. Il y a une
forte poussée des visites de pays
lointains », précise le directeur général d’Atout France. Les deux années noires (2015 et 2016) ont été
digérées. Même les nationalités de
touristes les plus soucieuses de
leur sécurité, Japonais et Américains en tête, reviennent en masse. Les arrivées de Japonais progressent de 15 % à 20 %. Comme
celles des Indiens. Les Américains
sont 10 % de plus qu’en 2016,
comme les Chinois .
Paris en profite logiquement le
plus : la ville concentre 25 % à
30 % du tourisme en France.
« Tous les établissements prestigieux, hôtels ou restaurants, ont de
très bons résultats », se réjouit Roland Héguy, président de la principale organisation du secteur hôtelier, l’Umih. La fin de la grève à
la tour Eiffel a soulagé l’ensemble
des professionnels du tourisme. En
ce moment, une journée, c’est
25 000 visiteurs.
Mais les touristes étrangers se
contentent de moins en moins de
la capitale. Ils sont de plus en plus
nombreux à faire un tour à Bordeaux, en Provence, aux châteaux
de la Loire, et même en Alsace. La
Côte d’Azur se frotte les mains. Le
Comité régional du tourisme (CRT)
annonce un taux d’occupation, en
juillet, proche de 85 % dans les hô-
tels de la ville, en progression de
4 points. Leur chiffre d’affaires
progresse de 20 % par rapport à
l’an dernier. David Lisnard, président du CRT et maire de Cannes,
pronostique « une excellente saison
estivale 2018, en hausse de 3 % à
5 % par comparaison à l’été 2017 ».
Il souligne les efforts de promotion
conjoints engagés par les professionnels depuis l’attentat de 2016.
Il peut être content. Car cet été,
les régions attirant le plus de
visiteurs étrangers sont celles qui
profitent de la saison. En effet, les
professionnels constatent un phénomène nouveau, qui les pénalise :
les Français sont moins nombreux
à rester en France (lire ci-dessous),
préférant s’offrir des vacances à
l’étranger.
Or, les Français sont clé pour la
bonne santé de l’économie touristique : à eux seuls, ils génèrent les
deux tiers des recettes du secteur
et représente 7,1 % du PIB. Quand
un étranger vient une fois par an
en France, un vacancier français
s’offre en moyenne deux longs séjours et deux courts. « À l’excep-
tion de Paris et de la Côte d’Azur,
juillet n’a pas été bon pour les professionnels du tourisme, affirme
Didier Arino, directeur de Protourisme. Tous ceux qui dépendent de
la clientèle française ont été déçus.
Jusqu’au 21 juillet, la fréquentation
était en nette baisse dans le bassin
d’Arcachon et en Charente-Maritime. Les campings sont les premiers
touchés par cette désaffection. »
La profession mise
sur août et septembre
Sur l’ensemble du territoire, il
parle d’un recul de l’activité de
3 % à 4 % en juillet, par rapport à
l’an dernier, avec de fortes variations. Le calendrier, avec quatre
samedis (contre cinq l’an dernier), n’a pas aidé. Sur le littoral
atlantique, les restaurateurs ont
vu leur chiffre d’affaires fondre de
5 % à 30 %.
« Les arrivées de visiteurs étrangers ont bondi de 20 %, mais elles ne
représentent que 18 % de la fréquentation totale », souligne Michel Durrieu. Le directeur général
du CRT de la Nouvelle-Aquitaine
est l’ancien directeur du tourisme
de Laurent Fabius, lorsqu’il était
ministre des Affaires étrangères en
charge du secteur.
La saison n’est pas finie. Les
professionnels restent confiants.
Ils comptent se refaire en août et
en septembre. L’augmentation des
réservations de dernière minute
rend leurs pronostics difficiles.
Mi-juillet, près de 25 % des partants en hébergement marchand
n’avait toujours pas effectué leur
réservation. « Malgré un mauvais
mois de juillet, surtout sur la façade
atlantique, l’été sera aussi bon voire
meilleur que l’an dernier, qui était
record, pense Christian Mantéi.
Juillet pèse de moins en moins lourd
dans les vacances, alors que septembre s’envole. Août reste le mois
phare : il est trois fois plus important que juillet. »
Jean-Pierre Nadir, fondateur du
site Easyvoyage.com, constate une
augmentation des recherches sur
Internet pour la Bretagne, la Normandie et la montagne. « Tout le
monde s’est emballé, mais le retard
pris en juillet n’est pas catastrophi-
Les Français préfèrent passer les
frontières, au grand dam des hôteliers
Le mauvais
« temps
jusqu’à fin
juin a poussé
certains à
s’offrir des
destinations
soleil garanti
à l’étranger
»
A
MICHEL DURRIEU,
DIRECTEUR GÉNÉRAL
DU CRT DE LA
NOUVELLE-AQUITAINE
Jamais les Français n’ont été aussi
nombreux à prendre des vacances
hors de France. L’été dernier,
29 % des vacanciers s’étaient offert un voyage à l’étranger, selon
le cabinet spécialisé Protourisme.
Cette année, ils sont 34 %. Du jamais vu. À la France ils préfèrent
surtout des destinations du bassin
méditerranéen: Espagne, Grèce et
Italie en tête. Pour un certain
nombre de professionnels français
(hôteliers, restaurateurs..), c’est
un coup dur. Ces départs à l’étranger représentent 1,6 million de
clients en moins par rapport à l’an
dernier.
Ce manque à gagner a été aggravé par la Coupe du monde de
football, qui a conduit à différer
des départs. Des Français ont préféré s’acheter un écran plat, rognant sur leur budget vacances.
« Le mauvais temps jusqu’à fin juin
a poussé certains à s’offrir des destinations soleil garanti à l’étranger », ajoute Michel Durrieu, di-
recteur général du CRT de la
Nouvelle-Aquitaine. La région, première destination
des Français en France devant l’Occitanie et l’Auvergne-Rhône-Alpes, enregistre
un recul de 3 % à 5 % de leur
fréquentation en juillet, tous
types d’hébergement confondus (hôtel, camping, location).
Les grèves à répétition de la
SNCF ont aussi joué, donnant des
envies d’ailleurs. Et puis il y a le
redémarrage de la Tunisie, délaissée pendant des années. Historiquement, c’était la destination
phare des Français pour leurs vacances à l’étranger.
Le camping, grand perdant
Cet été, ils sont deux fois plus
nombreux que l’an dernier à choisir d’y aller. « Quand la Tunisie se
remet dans le jeu avec des tarifs à
partir de 550 euros la semaine tout
compris, le grand perdant est le
camping en France, affirme Jean-
Barcelone (à gauche) et le Grand Canyon. En 2017, 29 % des vacanciers français se sont
offert un voyage à l’étranger. ERIC MARTIN ET FRANCK CHARTON/LE FIGARO MAGAZINE
Pierre Nadir, fondateur d’Easyoyage.com. Car c’est le seul à
pouvoir rivaliser avec de tels tarifs.
Même l’Espagne, le Portugal et la
Grèce sont 20 % plus chers. »
Nicolas Dayot, président de la
Fédération nationale de l’hôtellerie de plein air (FNHPA), reconnaît que juillet a été plutôt mauvais
pour les campings, après un printemps déjà moins bon que l’an
dernier. « Certains ont vu leur fréquentation chuter de 40 %, faute de
Français, affirme le professionnel.
Les campings ayant une forte pro-
portion de clients européens (Allemands et Belges notamment) se
plaignent moins. » La Fédération
représente 4 000 campings (sur
8 000 en France) mais 90 % de
l’activité de la profession.
Sur la façade Atlantique, Didier
Arino, directeur de Protourisme,
fait état d’une baisse du chiffre
d’affaires des hôteliers, de 7 % en
juillet. Les locations d’appartements ont moins bien marché.
« Dans les grandes stations touristiques, le niveau de prix pousse à
aller voir ailleurs, ajoute-t-il.
Comme par exemple au cap Ferret,
à La Baule et Biarritz. »
Il y a pourtant des gagnants. Ce
sont les tour-opérateurs et les
agents de voyages, qui captent une
partie de la clientèle. Jean-Pierre
Mas, président du syndicat des
agences en France, parle d’une
augmentation de 7 % à 9 % pour
les ventes de séjours sur le bassin
méditerranéen, le mois dernier.
Le syndicat des tour-opérateurs
fait état, pour sa part, d’un bond
de 88,9 % des ventes en Tunisie et
de 29 % aux États-Unis. ■
M. V.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 4 - dimanche 5 août 2018
L'ÉVÉNEMENT
ATOUT FRANCE
«
La France profite
du dynamisme des
voyages dans le monde.
Elle gagne même des parts
de marché sur l’Espagne
CHRISTIAN MANTÉI,
DIRECTEUR GÉNÉRAL D’ATOUT FRANCE
La médina de Tunis,
en juin. Pour le premier
semestre 2018, la
Tunisie a connu une
hausse de 56,9 % des
nuitées des touristes
non résidents.
»
ZOUBEIR SOUISSI/REUTERS
En Tunisie, hôtels et plages refont le plein
MARYLINE DUMAS
£@Maryline_Dumas
TUNIS
que, insiste-il. Le mois décisif, c’est
septembre. » Depuis six, sept ans,
Michel Durrieu constate chaque
année un glissement de la saison
d’été, avec un mois de juillet
moins bon qui commence de plus
en plus tard. « Septembre est en
train de peser plus que juillet, insiste-t-il. La haute saison débute désormais fin juillet, et elle finit fin
septembre. » L’automne est la
meilleure saison pour les vacances… d’été. ■
Près de 87 millions
de touristes étrangers
ont passé leurs
vacances en France
en 2017.
S. SORIANO/LE FIGARO
21
Plage remplie, jeux de chaises
musicales, enfants qui se baignent
dans l’une des cinq piscines, adultes allongés sur les transats : l’hôtel Delfino de Hammamet, à
65 km au sud-est de Tunis, est
quasi plein. « Cette année, nous
avons 400 % de réservations en
plus par rapport à 2017 », se réjouit
Mohamed Haloui, directeur général de l’hôtel.
L’établissement revient de loin,
tout comme le secteur touristique
tunisien. En 2015, deux attentats
ont visé les touristes en Tunisie.
59 étrangers ont été tués lors des
attaques du musée du Bardo de
Tunis, le 18 mars 2015, et de l’hôtel Imperial Marhaba de Sousse, le
26 juin. Le rapatriement des touristes, l’annulation des réservations et les restrictions de voyage
pour les ressortissants britanniques et belges ont provoqué une
saison 2015 catastrophique, avec
une baisse de 44,4 % des nuitées
par rapport à 2014.
L’hôtel Delfino, loué depuis
vingt-cinq ans à Aldiana, se retrouve alors en première ligne :
l’entreprise allemande rompt le
contrat. L’établissement ferme ses
portes à l’hiver 2015 et ne rouvrira
qu’en mai 2017. « Cela a été lourd à
la fois pour l’actionnaire principal
et pour le personnel. Nous avons
trouvé un compromis en baissant
les salaires à 70 % », explique
Rached Somai, responsable des
ventes de l’entreprise TTS, propriétaire de l’hôtel, qui regroupe
une agence de voyages, une compagnie aérienne et six hôtels.
En 2016, le tourisme tunisien
opère un revirement en se tournant vers les marchés russe et locaux (tunisiens et algériens). Les
tensions géopolitiques entre la
Russie, la Turquie et l’Égypte
(deux destinations prisées) ont
encouragé plus de 620 000 Russes
à s’envoler pour la Tunisie, contre
454 000 en 2015. Bis repetita l’année suivante.
Le véritable changement a eu
lieu en juillet 2016, lorsque les Britanniques ont levé les restrictions
de voyage. « C’était trop tard pour
la saison 2017. Mais cela changeait
tout pour 2018, le plus dur étant de
ne pas avoir de visibilité sur l’ave-
nir », se souvient Rached Somai.
Ce premier semestre 2018, la Tunisie a connu une hausse de
56,9 % des nuitées des touristes
non résidents. Résultat, au bar du
Delfino, Mokhtar doit jongler du
russe à l’anglais en passant par le
français pour satisfaire les clients
assoiffés. Un large sourire s’affiche sur son visage : « Je ne me
plaindrai jamais d’avoir du travail.
Avec trois enfants, cela a été difficile de joindre les deux bouts. Après
dix mois de salaire réduit, j’ai fait
gardien de l’hôtel jusqu’à la réouverture pour m’en sortir. »
« Le moindre incident
peut nous coûter cher »
Ali, qui travaille au spa de l’hôtel
comme kinésithérapeute, s’inquiète malgré tout. La veille, le
8 juillet, une attaque terroriste
près de la frontière algérienne a
fait six morts chez les sécuritaires.
« Ce n’était pas une zone touristique et cela ne vise pas les étrangers, mais il faut rester prudent. Le
moindre incident pourrait nous
coûter cher. » Le groupe terroriste,
affilié à Aqmi, a d’ailleurs prévenu : « Les touristes mécréants et
croisés et leurs intérêts seront visés
alors qu’ils propagent la luxure et
la corruption. »
La Tunisie est en vigilance extrême. À Hammamet, les policiers
sont visibles à chaque carrefour et
le long des routes. Comme tous les
hôtels, le Delfino a renforcé sa sécurité : caméras de surveillance,
patrouille de garde, murs rehaussés, trois policiers constamment
sur la plage, contrôle soigneux des
visiteurs et véhicules entrant dans
l’établissement. « Nous avons un
audit mensuel concernant la sécurité », assure Mohamed Haloui,
directeur général.
Sur la terrasse de l’hôtel, deux
amies déjeunent avec leurs enfants. Si Corine n’avait pas envie
de venir en Tunisie pour des questions sécuritaires, elle ne regrette
pas son choix : « C’est une destination parfaite pour les enfants. Je les
ai briefés avant de venir, j’avais dit
qu’on ne sortirait pas de l’hôtel.
Finalement, je ferais bien une excursion. » Stéphanie, son amie qui
a réussi à la convaincre, balaie la
question d’un geste : « C’est une
guerre internationale. Il peut y
avoir une attaque n’importe où, y
compris dans un petit village français. » La Parisienne se dit
conquise : « C’est un dépaysement
total avec une qualité de service et
des chambres très correctes. À cela
s’ajoutent le soleil et le sable fin à
deux heures de Paris, que demander de plus ? » Pour quinze jours au
soleil, elle a déboursé 984 € par
personne tout compris. L’offre
pourrait ne pas se renouveler : ces
dernières années, les prix ont été
bradés. « Avec le retour des touristes, nous avons atteint un bon volume de clients. Nous allons maintenant augmenter les prix de façon
graduelle, pas comme l’Espagne
qui a été trop vite, promet Rached
Somai. Nous allons d’abord cesser
les offres promotionnelles puis augmenter les prix de 6 % à 7 %. » ■
Les séjours de détox alimentaire
ou numérique séduisent les stressés
« deLes45femmes
à
50 ans sont
fans des
séjours
de jeûne,
tandis que
les vacances
de « digital
détox »
attirent
plutôt les
hommes de
35 à 55 ans
»
La mode de la « détox » alimentaire
et numérique pour cadres stressés
donne des idées aux professionnels
du tourisme. Leurs sevrages ne sont
pas reconnus par les médecins et
n’ont pas vocation à l’être, mais ils
séduisent les vacanciers en quête
d’alternatives pour se ressourcer.
À Saint-Cannat, près d’Aix-enProvence, Jean-Pascal David organise des séjours de jeûne et randonnée depuis dix ans. Un business
rémunérateur : il accueille 400 à
450 clients par an, pour un prix
moyen du séjour de 800 euros, hébergement compris. Si les randonnées restent l’activité principale du
stage, toute sorte de loisirs sont proposés entre yoga et qi gong, le tout
sans manger pendant six jours,
même si jus et bouillons sont au
menu. Il n’est pas le seul à s’être lancé dans cette activité. La Fédération
francophone de jeûne et randonnée
(FFJR) a labélisé 70 établissements.
Chaque année, une vingtaine demandent le label, souvent tenus par
des naturopathes. L’engouement
pour les séjours de jeûne a connu un
boom après un documentaire d’Arte
en 2012. Depuis, la FFJR recense
10 000 clients par an, dont la majorité sont des femmes de 45 à 50 ans.
L’activité est vouée à s’étendre, car
« la demande est forte, avec des pics
en mai au printemps, et les clients
reviennent d’une année à l’autre »,
selon Jean-Pascal David.
Les hommes, de leur côté, préfèrent le jeûne numérique, pour des
vacances déconnectées, sans SMS,
e-mails et télévision. Un Français
sur cinq déclare ne pas pouvoir se
passer de son téléphone pendant
24 heures, et les établissements de
tourisme y voient une aubaine pour
diversifier leur offre. Ils sont nombreux à proposer des séjours spécialisés dits de « digital détox », comme le Vichy Célestins Spa Hôtel, qui
exploite ce filon depuis 2014.
Coach comportementaliste
Pour 336 euros par jour et par personne, les clients déposent tous
leurs appareils numériques dans le
coffre de l’hôtel et se voient proposer activités sportives, soins au spa
et séances de yoga ou de sophrologie, « pour ne pas ressentir le stress
lié à l’absence de téléphone », explique la directrice du spa, Anne
Leroux. Un coach psycho-comportementaliste accompagne les volontaires pendant les quatre jours.
Ce type de séjour attire principalement des hommes de 35 à 55 ans,
souvent des cadres accros à leur
mobile incapables de se déconnecter du travail pendant les congés.
Une observation partagée par les
gérants du Château La Gravière,
dans le Médoc, qui ont ajouté les séjours sans écrans à leur carte depuis
2013. Même s’ils regrettent que la
demande ne soit pas aussi forte
qu’espérée : «Pas plus d’une dizaine
de personnes par an. »
Si la mode est au « less is more »
pour ces vacances d’un nouveau
type, leur budget est inversement
proportionnel au contenu des assiettes. Se priver pour prendre soin
de soi, cela coûte cher ! ■
RÉSULTATS SEMESTRIELS 2018 :
BONNE PERFORMANCE DE L’ENSEMBLE DES ACTIVITÉS
ET DÉVELOPPEMENT DU GROUPE À L’INTERNATIONAL
TRAFIC GROUPE
en millions de passagers
DONT TRAFIC
PARIS AÉROPORT
en millions d’euros
130
50
815
(1)
+10,9%
+3,0%
CHIFFRE D’AFFAIRES
en millions d’euros
2099
+43,9%
DONT
+3,0%
hors efet de l’intégration globale
de TAV Airports et AIG (Jordanie)
RÉSULTAT NET PART DU GROUPE
en millions d’euros
205
+26,9%
AGENDA
29.10.2018
Chifre d’afaires des 9 mois
+33,6%
DONT
+4,5%
hors efet de l’intégration
globale de TAV Airports
et AIG (Jordanie) et hors
élément non récurrent
PERSPECTIVES 2018
Maintien de l’hypothèse
de croissance du trafic
de Paris Aéroport (2)
+2,5% à +3,5%
Révision de la prévision
d’EBITDA consolidé 2018 (3) (4)
+17% à +22%
CONTACT ACTIONNAIRES
N° : 0 800 101 800
(appel gratuit depuis un poste fixe)
Communiqué complet disponible sur
www.groupeadp.fr/groupe/finance
Les chifres de progression aichés s’entendent pour l’année 2018 en comparaison à l’année 2017. (1) Trafic pondéré par le pourcentage
de détention. (2) La prévision d’EBITDA consolidé 2018, hors intégration globale de TAV Airports et d’AIG reste inchangée avec
une hausse comprise entre + 2,5 % et + 3,5 %. (3) Cette prévision inclut les deux efets de l’intégration globale de TAV Airports et de
l’intégration globale d’AIG depuis avril 2018. (4) La prévision d’EBITDA de TAV Airports, sous-jacente à la prévision d’EBITDA Groupe,
repose sur l’hypothèse de continuité d’activité de l’aéroport d’Istanbul Atatürk sur toute l’année 2018 et sur les hypothèses de taux de
change suivantes : EUR/TRY = 5,21 et EUR/USD = 1,20.
A
AGATHE FOURCADE
afourcade@lefigaro.fr
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 4 - dimanche 5 août 2018 LE FIGARO
22
ÉCONOMIE
Le gouvernement « jaune-vert» donne
un coup d’arrêt à la flexibilité du travail
Les députés ont adopté
un décret qui détricote
le « Job’s Act » de Matteo Renzi.
particulier. Les députés n’ont pas
voulu reconduire l’obligation de
réintégrer un salarié dont les tribunaux auraient jugé le licenciement
abusif. En revanche, elle a élevé le
plafond de l’indemnité de licenciement de 18 à 27 mensualités.
Il paraît
« hautement
Colère du patronat
douteux
que ce décret
se traduise
par une
conversion
massive
des emplois
temporaires
en contrats
à durée
illimitée
»
ROBERTO PESSI,
PROFESSEUR
DE DROIT DU TRAVAIL
À L’UNIVERSITÉ LUISS
DE ROME
RICHARD HEUZÉ rheyse@lefigaro.fr
ROME
SOCIAL Par 312 voix contre 190 et
une abstention, les députés ont
adopté jeudi soir un texte dit « décret dignité », qui détricote la libéralisation de l’embauche engagée
en décembre 2014 par le gouvernement de Matteo Renzi sous le nom
de « Job’s Act ». Il sera examiné au
sénat la semaine prochaine.
Le leader du Mouvement 5 étoiles
(M5S), Luigi Di Maio, vice-président du Conseil et ministre du Travail, a hâté l’examen de ce premier
texte social soumis au Parlement,
histoire de contrebalancer l’activisme manifesté sur le front de l’immigration et de la sécurité par
l’autre partenaire de la coalition, le
ministre de l’Intérieur et leader de
la Ligue, Matteo Salvini.
Dans leur « contrat » conclu
avant les élections du 4 mars dernier, les deux partenaires de la coalition, M5S et Ligue, s’étaient promis de mettre fin au « Job’s Act »
qui, en supprimant des rigidités, a
Les députés italiens ont adopté, par 312 voix contre 190 et une abstention, le texte du « décret dignité »,
qui revient sur la libéralisation de l’embauche engagée en 2014 par le gouvernement Renzi. CHINE NOUVELLE/SIPA
entraîné la création d’un million de
nouveaux postes de travail en trois
ans. Mais pour Luigi Di Maio, ce
« Job’s Act » n’a fait que « précariser l’emploi ». Aussi a-t-il voulu imposer des contraintes à l’embauche
dont l’effet risque d’être fortement
dissuasif pour les employeurs.
La durée totale des contrats temporaires, renouvelables quatre fois
de suite au lieu de cinq, est ramenée
de 36 à 24 mois. Au-delà, le contrat
devra cesser ou être converti en
embauche définitive. En outre, tout
renouvellement devra être justifié
par écrit et affecté d’une pénalité de
0,5 %, restituée à l’entreprise si le
contrat est converti en embauche
définitive. Autre changement : ces
contrats temporaires ne devront
pas représenter plus de 30 % des effectifs d’une société.
Le M5S voulait aussi éliminer
complètement les « vouchers », ces
« bons de travail » délivrés pour
une durée d’une heure et comportant un forfait prélevé automatiquement pour couvrir contributions sociales, frais d’assurance et
prélèvement fiscal. La Ligue, dont
la clientèle électorale comprend un
grand nombre de petits patrons et
commerçants, a imposé de les réintroduire dans les secteurs d’activité
où le travail saisonnier est important, agriculture et tourisme en
La Confindustria critique vivement
ce décret qui « ne fera que rigidifier » un marché du travail en vif
repli depuis le début de l’été. Elle
s’attend à une explosion des
contentieux. Déjà, l’entreprise de
livraisons Foodora a annoncé
qu’elle quitterait l’Italie. L’INPS
(l’équivalent des Allocations familiales) s’attend à la perte de 8 000
emplois par an.
Pour Roberto Pessi, professeur de
droit du travail à l’université Luiss
de Rome, ce décret « va à l’encontre
de l’exigence de flexibilité » nécessaire sur le marché du travail. Les vouchers ne feront qu’accroître le travail au noir, les employeurs les
souscrivant pour une heure tout en
exigeant de leurs employés quatre
heures, sinon plus. Quant à la nécessité de justifier le renouvellement
d’un contrat, elle fournira surtout un
prétexte à l’employeur pour se séparer plus rapidement du travailleur :
« Il paraît hautement douteux que ce
décret se traduise par une conversion
massive des emplois temporaires en
contrats à durée illimitée. » ■
EN BREF
Le Pakistan à la recherche de financements
Imran Khan, futur premier ministre, espère obtenir un prêt du FMI.
ARMELLE BOHINEUST £@armelella
Vainqueur des élections
législatives le 25 juillet,
Imran Khan (ici, lors d’un
meeting de campagne
à Lahore) hérite
d’une situation
économique critique.
K.M. CHAUDARY/AP
ASIE Vainqueur des législatives
du 25 juillet « grâce à Allah » et à
la promesse d’un « État-providence islamique », l’ex-champion de
cricket Imran Khan doit affronter
une situation économique critique. Le Pakistan, qui compte plus
de 200 millions d’habitants, est un
géant aux pieds d’argile. Il affiche
un taux de croissance supérieur à
5 % mais son déficit budgétaire
atteint désormais 10 % du PIB.
En quelques mois, ses importations ont bondi, en raison notamment de la hausse des prix du pétrole et des achats de matériaux de
construction chinois. Ses exportations, essentiellement du textile,
ont en revanche à peine augmenté. Résultat, les réserves en devises étrangères du pays s’épuisent
et ne représentent plus aujourd’hui que quelque 10 milliards de
dollars, soit moins de deux mois
d’importations. Depuis décembre,
la roupie a été dévaluée quatre
fois.
Islamabad a besoin de financements en urgence. Imran Khan
en est conscient. L’ex-play-boy
divorcé deux fois, opposé au féminisme, au blasphème et à la
corruption, entend mettre l’islam
au cœur de son action et il a promis d’investir dans la santé et
l’éducation. Pour l’instant, il met
au point la coalition qui lui permettra de prendre les rênes du
gouvernement.
Mais, en parallèle, il a chargé
son futur ministre des Finances
Asad Umar, ex-patron du groupe
du conglomérat pakistanais Engro, de trouver des solutions.
« Nous regardons toutes les options », a indiqué celui-ci jeudi.
L’une d’elles est la négociation
d’un prêt, pour des besoins estimés à 12 milliards de dollars, avec
le Fonds monétaire international
(FMI). Ce serait le treizième renflouement et le plus important
concédé par le Fonds à Islamabad.
Hostilité des États-Unis
Soucieux de le convaincre, Imran
Khan et son futur ministre s’apprêtent à engager un processus de
privatisations. Les principales sociétés publiques du pays, à commencer par Pakistan International
Airlines, seront placées d’ici trois
mois dans un fonds spécial afin
d’être restructurées et éventuellement privatisées, a indiqué Asad
Umar.
Mais cela ne suffira peut-être
pas à obtenir le concours du FMI.
Car les États-Unis, principal
contributeur du Fonds, sont très
remontés contre Islamabad et ils
pourraient bloquer le processus ou
imposer des conditions très strictes. « Il n’y a pas de logique à ce
que des dollars du FMI » servent
« à renflouer des porteurs d’obligations chinois ou la Chine elle-même », a averti lundi Mike Pompeo,
le secrétaire d’État américain.
Pour amadouer le FMI, Islamabad risque d’avoir à dévoiler le
montant de sa dette envers la
Chine. Cela ne plaît pas à son voisin, qui a lancé un gigantesque
programme de constructions
d’infrastructures au Pakistan dans
le cadre de la « nouvelle route de
la soie ». Pékin affirme que ses
prêts ne représentent que 10 % de
la dette d’Islamabad, qui s’établirait à 70 % du PIB.
Le futur gouvernement étudie
d’autres sources de financement.
Il envisage de faire appel à l’abondante diaspora pakistanaise,
d’émettre des obligations conformes à la charia ou encore de demander à l’Arabie saoudite de reporter les paiements de pétrole,
une part importante des importations du Pakistan. ■
Crédit agricole SA dopé par les fusions-acquisitions
La filiale cotée de la banque mutualiste affiche un résultat record au deuxième trimestre.
20
%
de hausse
A
du bénéfice net
de Crédit Agricole SA
au deuxième trimestre
ANNE BODESCOT abodescot@lefigaro.r
BANQUE Dernière des grandes
banques françaises à dévoiler ses
résultats, le groupe Crédit agricole
s’est illustré vendredi par les chiffres records de sa banque de financement. Crédit agricole SA
(Casa), la filiale cotée du groupe
mutualiste, a annoncé un bénéfice
net pour le deuxième trimestre
largement supérieur aux attentes.
Il a bondi de 6,4 % par rapport à la
même période de 2017, à
1,44 milliard d’euros, alors que les
analystes l’attendaient en léger
repli.
Mieux, une fois toilettés de diverses charges non liées à l’activité
bancaire, les profits s’envolent de
près de 20 % sur un an, au plus haut
niveau jamais atteint depuis l’entrée en Bourse de Casa, en décembre 2001. Grâce à ce coup d’éclat,
celle-ci s’octroie aussi de bons ré-
sultats pour l’ensemble du premier
semestre, avec un bénéfice net en
hausse de plus de 4 %.
Casa a pourtant souffert, comme
d’autres banques françaises, d’un
contexte de taux bas et de faible
volatilité peu porteur pour les activités de marché en zone euro. Mais
elle s’est rattrapée sur des activités
très rémunératrices, notamment
dans le financement des entreprises, puisqu’elle a accompagné
plusieurs opérations géantes de fusions-acquisitions. Selon Bloomberg, elle a par exemple conseillé et
organisé le financement de l’OPA
d’Altran Technologies sur Aricent
Inc.
Soutenue par ces « jumbo deals »
très lucratifs, la division de grande
clientèle, qui regroupe à la fois les
activités de marché, de services financiers aux grands investisseurs
et de gestion de fortune, a vu son
bénéfice net s’envoler de 35 % sur
un an.
Dans ses autres divisions (gestion d’actifs, banque de détail à
l’international, services financiers
spécialisés…), la hausse des bénéfices est presque partout au rendezvous. Amundi, par exemple, le
gestionnaire d’actifs du groupe,
fort de 1 466 milliards d’euros
d’encours, vient d’annoncer des
résultats dépassant les objectifs de
son plan stratégique 2020. Son bénéfice net, en consolidant les chiffres de Pioneer sur six mois, atteint
492 millions d’euros, en hausse de
13,6 %, pour le premier semestre.
Espoirs pour LCL
Seul point noir : LCL, le réseau de
banque de détail en France, a vu ses
recettes baisser de 4 % et son bénéfice net chuter de 13 %. Mais Crédit
agricole explique ce repli par un effet de comparaison défavorable, les
performances du deuxième trimestre 2017 ayant été gonflées par
des reprises de provision. Corrigé
de ces éléments exceptionnels, le
produit net bancaire de LCL est en
hausse de 2 % et son bénéfice net
progresse de 6 %, grâce notamment au boom des crédits aux entreprises (+ 10 %) et à la consommation (+ 8 %). C’est pourquoi Casa
a réaffirmé son ambition de stabiliser les revenus de l’ancien Crédit
lyonnais, pénalisé, comme toutes
les banques de détail françaises,
par la faiblesse des taux d’intérêt.
Celle-ci n’épargne pas le groupe
Crédit agricole, qui regroupe Casa
et les caisses régionales. Il a affiché
pour le deuxième trimestre un bénéfice net en recul de 1,4 %. Mais
son produit net bancaire progresse,
lui, de 6,3 %.
Sur le semestre, le recul est de
5,4 % pour les profits, tandis que
les revenus gagnent 3,1 %. Une
bonne nouvelle fêtée par la Bourse :
le titre Crédit agricole s’est octroyé
la plus forte hausse de l’indice
CAC 40, avec un bond de 2,30 %. ■
NISSAN TROUVE
UN ACQUÉREUR
POUR SES BATTERIES
£ Un accord a été trouvé avec
Envision pour la cession de la
compagnie Automotive Energy
Supply Corporation (AESC).
Nissan rachètera d’abord les
parts de NEC (49 %) avant de les
céder à Envision. Nissan gardera
ensuite 25 % des parts.
RYANAIR FACE AUX
PILOTES IRLANDAIS
ET ESPAGNOLS
£ La compagnie aérienne à bas
coûts a demandé ce vendredi
une médiation pour résoudre
le conflit l’opposant à des pilotes
irlandais, qui mènent leur
quatrième jour de grève et
entendent poursuivre. 24 vols
ont été annulés sur 300, affectant
3 500 passagers, auxquels des
alternatives ont été proposées.
Un syndicat espagnol de pilotes
annonce par ailleurs avoir porté
plainte contre Ryanair pour des
« irrégularités » dans les contrats
de pilotes en Espagne.
EURONEXT EN FORME
£ L’opérateur boursier européen
a vu son bénéfice net progresser
de 5 % au deuxième trimestre,
à 56,6 millions d’euros, profitant
d’une hausse de son activité liée
à l’intégration de la Bourse de
Dublin et d’une politique de
réduction des coûts. Le bénéfice
net a atteint 114 millions d’euros
sur le semestre (+ 16,5 %).
BÉNÉFICE EN BAISSE
POUR ALLIANZ
£ Premier assureur mondial,
l’allemand Allianz accuse une
baisse de 5,2 % de son bénéfice
net au deuxième trimestre, à
1,89 milliard d’euros, en raison
d’une perte sur la cession
d’un portefeuille dans
l’assurance-vie à Taïwan. Mais le
résultat opérationnel est ressorti
en hausse de 2,3 %, permettant à
Allianz de confirmer sa prévision
pour cet indicateur sur
l’ensemble de l’année.
» Les amateurs français
de sandwichs
Marks & Spencer pourraient
détester le Brexit dur
www.lefigaro.fr/economie
+@
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 4 - dimanche 5 août 2018
ENTREPRISES
23
Grand bond en avant
de Heineken en Chine
Il est prêt à prendre 40 % du premier brasseur local.
Une revanche après la fusion AB InBev-SABMiller.
Forces
EN PRÉSENCE
■ AB InBev-SABMiller
Principales marques :
Budweiser, Stella Artois,
Corona, Peroni, Grolsch,
Pilsner Urquell
Chiffres d’affaires 2017 :
48,6 milliards d’euros
■ Heineken
Principales marques :
Heineken, Pelforth,
Desperados, Fischer,
Grimbergen
Chiffres d’affaires 2017 :
21,9 milliards d’euros
■ Calsberg
Principales marques :
Carlsberg, Kronenbourg,
Tuborg, Guiness
Chiffres d’affaires 2017 :
8,3 milliards d’euros
ALEXANDRE BERTEAU £@aberteau_
BIÈRE C’est une bataille clé dans la
guerre de titans à laquelle se livrent
depuis près d’une décennie les
géants mondiaux de la bière. Heineken, le numéro deux mondial du
secteur, est sur le point d’acquérir
40 % des parts du leader du marché
chinois, China Resources Beer
(CRB). Une opération d’un montant
de 2,68 milliards d’euros sur laquelle le géant néerlandais compte
pour s’imposer en Chine, premier
marché mondial de la bière. Présent dans le pays depuis les années
1980, le brasseur n’y détient que
0,5 % du marché, quand China Resources s’en accapare 26 %, selon
Euromonitor International.
Au terme de cet accord, CRB
pourrait produire et commercialiser sous licence la marque Heineken dans l’empire du Milieu. Preuve de la force de l’alliance en cours
de négociations, le groupe chinois
entrera au capital de Heineken à
hauteur de 0,9 %, pour 464 millions
d’euros.
L’accord annoncé vendredi par
les deux groupes est non contraignant à ce stade. Mais il marque la
volonté de Heineken de tirer parti
de l’essor de la consommation de
bières « premium » en Chine. La
classe moyenne émergente, dont le
pouvoir d’achat ne cesse d’augmenter, se tourne de plus en plus
vers ces bières étrangères de
meilleure qualité. Un segment sur
lequel le leader mondial, le belgobrésilien AB InBev-SABMiller, est
déjà bien implanté, avec 16 % de
part de marché.
« Pour l’instant, Heineken n’a pas
su capitaliser sur cette expansion rapide des bières premium en Chine, à
la différence des autres groupes
étrangers. Cette alliance avec China
Resources pourrait lui permettre de
rectifier le tir, en lui donnant accès à
un vaste réseau de distribution très
performant », explique Anna Ward,
analyste
chez
Euromonitor.
D’autant que, selon le cabinet
d’études, la Chine sera à l’origine
de plus d’un quart de la croissance
mondiale de ces bières dans les
quatre prochaines années, avec
91 milliards d’euros à la clé.
La stratégie de China Resources
est à l’avenant. Alors que le géant
chinois a, jusqu’ici, misé sur ses
bières bon marché, au premier
rang desquelles Snow Beer, c’est
pour ajouter à sa gamme une marque renommée qu’il s’apprête à allier ses forces avec Heineken. Ce
mariage une fois conclu, le néerlandais, qui possède trois brasseries
en Chine, fusionnera ses opérations
dans le pays avec celles de China
Resources.
Avec cette opération, Heineken entend tirer profit de l’essor du marché des bières premium en Chine,
porté par l’augmentation du pouvoir d’achat de la classe moyenne. PAULO WHITAKER/REUTERS
Pour Heineken, cet accord est
une sacrée revanche sur son rival,
le numéro un mondial AB InBev
(Budweiser, Stella Artois, Corona).
Fin 2016, ce mastodonte a conclu
une opération historique en absorbant le britannique SABMiller (Peroni, Grolsch, Pilsner Urquell),
alors deuxième brasseur mondial.
Une fusion record - depuis baptisée
« MegaBrew » - bouclée pour un
montant de 91 milliards d’euros.
65 rachats depuis 2005
SABMiller avait auparavant tenté
d’échapper à l’appétit du leader en
proposant de racheter Heineken,
mais s’était vu opposer un refus de
ses actionnaires familieux. MegaBrew a paradoxalement contraint
SABMiller à sortir de Chine, offre
aujourd’hui à Heineken l’opportunité de réussir un grand bon en
avant.
AB InBev, qui s’arrogeait une
part non négligeable du marché
chinois de la bière avant d’avaler
SABMiller, avait eu du mal à
convaincre les autorités chinoises
de valider sa boulimie de rachats. Il
avait été contraint d’accepter que
SABMiller revende les 49 % du capital qu’il détenait… dans China Resources, qui avait racheté ces parts.
Dans un secteur contrôlé à 54 %
par des producteurs chinois (dont
Tsingtao, à 17,5 % et Beijing Yanjing, à 10,3%), China Resources
semble avoir de nouveau besoin de
l’appui d’un acteur étranger.
Si cet accord ne permet pas à
Heineken de devenir actionnaire
majoritaire du brasseur chinois,
« cela reste cohérent avec sa stratégie d’investir dans des entreprises
étrangères et de s’en servir pour
étendre l’influence de sa marque »,
note Anna Ward.
Après le rachat par Heineken de
la filiale brésilienne du japonais Kirin en février 2017 pour 666 millions d’euros, ce nouveau fait d’armes confirme la volonté de son
PDG, Jean-François van Boxmeer,
de miser sur les pays émergents
pour réduire la dépendance du
groupe à un marché européen atone. Depuis son arrivée à la tête de
Heineken, en 2005, plus de 65 acquisitions ont été réalisées en Russie, en Afrique du Sud ou en Roumanie, où le brasseur a vu ses
revenus croître de près de 10 %. ■
Toyota redoute les taxes américaines sur l’automobile
Le constructeur japonais anticipe une baisse de ses ventes aux États-Unis, son premier marché.
2,4
millions
Véhicules vendus
aux États-Unis
par Toyota en 2017
VÉRONIQUE GUILLERMARD
£@vguillermard
AUTOMOBILE « L’aéronautique se
nourrit du commerce mondial, d’un
commerce libre et ouvert », déclarait
Dennis Muilenburg, PDG de Boeing,
mi-juillet, inquiet des tensions
commerciales internationales. Akio
Toyoda, PDG de Toyota, ne peut
qu’être d’accord, car l’automobile
est dans le même cas.
Le constructeur japonais a rejoint, vendredi 3 août, en marge de
la publication des résultats du premier trimestre de son exercice
2018-2019, la liste des entreprises
internationales qui alertent sur les
dangers d’une guerre commerciale
entre les États-Unis et la Chine.
Déjà la première volée de taxes
imposées sur les importations
d’acier et d’aluminium à l’entrée
des États-Unis commence à affecter
non pas Toyota en tant que tel mais
ses fournisseurs. Aussi « nous surveillons la situation avec attention »,
a ajouté Masayoshi Shirayanagi, directeur général adjoint en charge
des achats. Le géant japonais s’attend à ce que son résultat annuel
2018-2019 (clos en mars) « soit affecté par une augmentation des cours
des matières premières », conséquence des nouveaux tarifs douaniers imposés par l’Administration
Trump.
Les perspectives pourraient encore s’assombrir si Washington
poursuit son offensive, en taxant à
hauteur de 25 % les voitures impor-
tées aux États-Unis. « Nous n’avons
pas intégré ces possibles taxes dans
nos prévisions annuelles. Elles
auraient un impact significatif », a
ajouté le directeur général adjoint.
Surcoût répercuté
Conséquence, les marchés s’inquiètent. Le titre Toyota a cédé du
terrain (- 0,85 %) hier, alors que le
constructeur a publié son meilleur
résultat trimestriel depuis deux ans,
dans la lancée d’un exercice 20172018 record. Entre avril et juin 2018,
le bénéfice d’exploitation a bondi de
19 %, à 682,6 milliards de yens, soit
5,23 milliards d’euros, et le bénéfice
net a crû de 7 %, à 657 milliards de
yens. Des résultats obtenus à partir
d’un chiffre d’affaires consolidé en
croissance de 4,5%. Sur le trimes-
tre, Toyota a vendu 2,23 millions de
véhicules dans le monde, soit quelque 21 000 de plus qu’au premier
trimestre de l’exercice précédent.
Ces bonnes performances ont été
contrebalancées par l’exposition de
Toyota au marché américain. Les
États-Unis sont son premier marché, devant le Japon, avec 2,4 millions de véhicules commercialisés
l’année dernière. Sur ce total, la
moitié est produite sur le sol américain dans dix usines. Bientôt onze
avec la mise en service, prévue en
2021, d’un nouveau site, en Alabama, en partenariat avec Mazda.
« Si des tarifs douaniers sont imposés, nous subirons des coûts plus
élevés sur les véhicules exportés du
Japon. Toyota ne peut pas se le permettre donc le surcoût serait réper-
cuté sur nos clients et nos ventes diminueraient », a averti le viceprésident du constructeur Moritaka
Yoshida. « Dans quelle ampleur ?
Nous ne pouvons rien dire de concret,
mais nous sommes très vigilants »,
a-t-il poursuivi. Une berline comme la Camry verrait son prix augmenter de 1 800 dollars, de quoi faire fuir les acheteurs.
Hors impact de ces taxes sur
l’automobile, Toyota a confirmé attendre un bénéfice net en baisse de
15 %, en raison de la hausse des matières premières ainsi que d’un effet
de change défavorable, notamment
en raison de l’appréciation du yen
face au dollar. À cela s’ajoute une
hausse des dépenses en recherche et
technologie pour le véhicule électrique et la conduite autonome. ■
LA SÉANCE DU VENDREDI 3 AOÛT
LE CAC
JOUR
ACCOR .............................................. 43,15
♣
AIR LIQUIDE ..................................
108,15
AIRBUS ..............................................107,76
ARCELORMITTAL SA ..................................
27,74
ATOS .............................................. 112,3
AXA .............................................. 22,05
BNP PARIBAS ACT.A ..................................
54,42
BOUYGUES ..............................................
37,56
CAPGEMINI ..............................................
109,55
CARREFOUR ..............................................
15,455
CREDIT AGRICOLE ..................................
12,225
DANONE ..............................................68,2
ENGIE .............................................. 13,45
ESSILOR INTL. ..................................126,2
HERMES INTL ..................................543,8
KERING ..............................................459,5
L'OREAL ..............................................212,1
LEGRAND ..............................................63,24
LVMH .............................................. 295,3
♣
MICHELIN ..............................................
109,6
%VAR.
+HAUTJOUR
+BAS JOUR %CAP.ECH 31/12
-0,58 43,46
43,1
0,302 +0,35
-0,78 109,4
107,6
0,205 +2,95
+1,2
107,98
106,28
0,115 +29,83
+1,78 27,865
27,23
0,139 +2,3
+0,04 112,85
111,65
0,211 -7,46
+0,64 22,14
21,94
0,262 -10,86
-0,37 54,74
54,06
0,285 -12,58
+1,43 37,65
37,08
0,178 -13,28
+0,46 110,4
108,5
0,416 +10,78
+1,98
15,52
15,1
0,687 -14,33
+2,3
12,435
12,055 0,476 -11,41
+0,09 68,37
67,95
0,196 -2,5
+0,07
13,48
13,375 0,145 -6,17
+0,4
126,45
125
0,176 +9,79
0
547,2
542,8
0,042 +21,86
+0,9 460,2
452
0,164 +25,79
+0,95 212,5
210,2
0,06 +14,68
+0,06 63,66
63
0,205 -1,48
+0,37 296,4
293,85
0,079 +20,33
+0,05 110,45
109,35
0,198 -8,32
JOUR
%VAR.
ORANGE ..............................................14,615 +0,9
PERNOD RICARD ..................................
140,6
+0,11
PEUGEOT ..............................................
24,23 +0,71
♣ 54,04 +0,71
PUBLICIS GROUPE SA .............................
RENAULT ..............................................
72,37 -0,04
SAFRAN ..............................................
105,5
+0,48
SAINT GOBAIN ..................................
36,94 -0,2
SANOFI ..............................................74,1
-0,54
SCHNEIDER ELECTRIC .............................
68,34 +1,45
SOCIETE GENERALE ♣
..................................
37,335 +0,59
SODEXO ..............................................92,1
+0,46
SOLVAY ..............................................
114,05 -0,04
STMICROELECTRONICS .............................
19,01
+1,31
TECHNIPFMC ..................................26,95 -0,44
TOTAL .............................................. 54,78 -0,31
UNIBAIL-RODAMCO-WE .............................
190,2
+0,77
VALEO ..............................................40,45 +0,02
VEOLIA ENVIRON. ..................................
18,96 +0,64
♣
VINCI .............................................. 84,44 +1,1
VIVENDI ..............................................22,04
0
+HAUTJOUR +BAS JOUR
14,655
140,75
24,41
54,16
73,11
106,2
37,325
74,68
68,6
37,45
92,5
114,7
19,315
27,54
55,31
190,65
40,8
18,96
84,58
22,18
14,445
138,85
23,91
53,48
72,14
105,15
36,925
73,59
67,18
36,96
91,36
113,8
18,795
26,95
54,62
188,2
40,14
18,76
83,72
21,85
%CAP.ECH
0,165
0,122
0,257
0,213
0,27
0,193
0,343
0,169
0,298
0,361
0,146
0,165
0,245
0
0,165
0,182
1,114
0,3
0,147
0,208
31/12
+0,97
+6,56
+42,91
-4,61
-13,75
+22,8
-19,66
+3,13
-3,56
-13,28
-17,8
-1,6
+4,42
+4,26
+18,97
-35,04
-10,88
-0,83
-1,69
LES DEVISES
MONNAIE
AUSTRALIE ................................................................................
DOLLAR AUSTRALIEN
CANADA ................................................................................
DOLLAR CANADIEN
GDE BRETAGNE ................................................................................
LIVRE STERLING
HONG KONG ................................................................................
DOLLAR DE HONG KONG
JAPON ................................................................................
YEN
SUISSE ................................................................................
FRANC SUISSE
ETATS-UNIS ................................................................................
DOLLAR
TUNISIE ................................................................................
DINAR TUNISIEN
MAROC ................................................................................
DIHRAM
TURQUIE ................................................................................
NOUVELLE LIVRE TURQUE
EGYPTE ................................................................................
LIVRE EGYPTIENNE
CHINE ................................................................................
YUAN
INDE ................................................................................
ROUPIE
ALGERIE ................................................................................
DINAR ALGERIEN
1 EURO=
1,5689
1,5085
0,8905
9,0955
129,3
1,1528
1,1588
3,145
11,103
5,8958
20,9454
7,9195
79,512
137,75
AUD
CAD
GBP
HKD
JPY
CHF
USD
TND
MAD
TRY
EGP
CNY
INR
DZD
L’OR
JOUR
VEILLE
31/12
COTATION QUOTIDIENNE ASSURÉE PAR TESSI-CPOR
www.cpordevises.com
LINGOT DE 1KG ENV .....................................................
33500
33520
-3,6
NAPOLEON ..................................................... 199,7
199,9
-3,48
PIECE 10 DOL USA .....................................................
570
570
-3,06
PIECE 10 FLORINS .....................................................
200
200
-6,02
PIECE 20 DOLLARS .....................................................
1130
1100
-3,25
PIECE 20F TUNISIE .....................................................
198
198
-2,94
PIECE 5 DOL US (H) .....................................................
290
290
-4,92
PIECE 50 PESOS MEX .....................................................
1262
1255
-3,66
PIECE FR 10 FR (H) .....................................................
113,7
113,7
+3,55
PIECE SUISSE 20F .....................................................
198
196,2
-2,32
PIECE LATINE 20F .....................................................
197
199
-2,91
SOUVERAIN ..................................................... 250
256,5
-4,1
KRUGERRAND .....................................................
1060
1081
-5,25
SICAV ET FCP
VALEURS LIQUIDATIVES EN EUROS (OU EN DEVISES), HORS FRAIS
VALEUR
DATE DE
LIQUID. VALORISAT.
42 rue d’Anjou,
75008 Paris
Tél. : 01 55 27 94 94
www.palatine.fr
SICAV
UNI HOCHE C ................................................
286,50 01/08/18
Cybèle Asset Management
37 av. des Champs-Elysées
75008 Paris
Tel. : 01 56 43 62 50
BETELGEUSE ................................................
49,57 01/08/18
BELLATRIX C ................................................
336,83 01/08/18
SIRIUS ................................................56,38 01/08/18
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WWW.WANSQUARE.COM
pour l’ensemble de 2018 sont apparues
trop prudentes aux investisseurs.
Au premier semestre, le bénéfice net
a plus que doublé. Le groupe a ainsi surmonté les grèves françaises grâce à
une solide activité. Son bénéfice s’est
envolé, à 1,4 milliard d’euros, contre
607 millions un an plus tôt. Son chiffre
d’affaires gagne 3,1 %, à 11,2 milliards
d’euros. Hors effets de change, son revenu par passager a progressé de 2,3 %
tandis que ses coûts hors carburant ont
reculé de 2 %. Ce bilan a aussi bénéficié
d’un gain de 678 millions d’euros au premier trimestre, après la fin d’un plan de
retraite de salariés de British Airways,
remplacé par un autre, moins généreux.
Willie Walsh, directeur général du
groupe, a regretté l’impact des grèves
des contrôleurs aériens en France, expliquant que sa compagnie espagnole
Vueling a été très touchée, avec des
coûts de 20 millions d’euros sur le trimestre. Fin juillet, IAG et d’autres compagnies, dont l’Irlandaise Ryanair et la
britannique easyJet, ont d’ailleurs porté
plainte contre la France auprès de
l’Union européenne pour dénoncer les
répercussions de ce mouvement.
Le dirigeant va miser davantage sur
sa nouvelle compagnie, Level. En attendant, même si toutes ses compagnies
- sauf Vueling - ont amélioré leurs résultats, il reste prudent pour l’année, se
contentant de prévoir une hausse du
bénéfice opérationnel. ■
A.-S. C.
A
IAG PERD DE L’ALTITUDE APRÈS DES PRÉVISIONS JUGÉES TROP FRILEUSES
À la Bourse de Londres, le groupe aérien britannique IAG - propriétaire de
British Airways, Iberia, Vueling et Aer
Lingus - a souffert ce vendredi en
séance et terminé sur un recul de
2,22 %, à 669,80 pence.
Ses résultats se sont améliorés au
premier semestre malgré l’impact de la
grève en France, mais ses prévisions
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 4 - dimanche 5 août 2018 LE FIGARO
24
MÉDIAS et PUBLICITÉ
La pub au chevet des monuments historiques
Depuis 2007, elle permet de financer une partie de leur rénovation. En Italie, c’est devenu un phénomène.
ALEXANDRE DEBOUTÉ £@axel_deb
que l’Opéra de Paris, la place Vendôme ou l’église Saint-Eustache. Le
diocèse de Paris est d’ailleurs très
favorable à cette solution pour financer la rénovation de ses édifices… Les campagnes durent un
mois (contre une semaine pour les
panneaux 4 × 3 classiques). Les annonceurs viennent du luxe et de la
tech : Louis Vuitton, Apple, Dior,
Samsung, Netflix… Les lieux exploitables sont toujours - par définition - prestigieux et à forte visibilité, ce sont les critères des opérateurs de ce petit marché : JCDecaux,
Exterion, Athem, Défi… Certains,
comme Premium Media XL, créé en
2009, se sont engouffrés dans la
brèche. Le marché représenterait
tout au plus une cinquantaine de
millions d’euros par an.
Les propriétaires sont publics (la
Conciergerie appartient au ministère de la Justice) ou privés (comme
l’hôtel Lutetia, détenu par le groupe
À Paris, l’Institut de
France (à gauche) et
l’église Saint-Augustin
(à droite) ont été
recouverts d’affiches
publicitaires pour
financer leurs
travaux de rénovation.
israélien Alrov). Ils font payer un
loyer à l’opérateur, qui leur reverse
en plus une partie des recettes publicitaires. Chez JCDecaux, cette
activité a rapporté depuis dix ans
plus de 20 millions d’euros aux
propriétaires.
JCDECAUX ARTVERTISING
Sport national
L’option publicitaire sur les monuments n’est pas toujours bien acceptée. En 2014, la ministre de la
Culture, Aurélie Filippetti, avait fait
enlever une bâche publicitaire installée sur un des immeubles de la
place des Vosges, à la demande de
riverains qui se sentaient agressés…
La situation est toutefois à relativiser. Les campagnes publicitaires
sur les monuments historiques sont
plutôt rares en France, alors qu’elles sont presque devenues un sport
national en Italie, où ce type de dispositif est autorisé depuis plus longtemps. Comme au Portugal, il de-
L’ÉTÉ DU FIGARO
ÉTATS-UNIS
« Educated »
de Tara Westover
g
p
l
z
t
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Vieux fond de misogynie
x
f
À seize ans, elle est réveillée un
matin par les pognes de son grand
frère enserrant son cou. Furieux
de l’avoir vue essayer du rouge à
lèvres la veille, il la tire par les cheveux pour la dénoncer. « Je voyais
des étincelles roses et blanches, se
remémore-t-elle. Un peu comme si
je me trouvais dans un globe blanc
neigeux. C’était bon signe, car cela
voulait dire que j’étais sur le point de
m’évanouir, et j’attendais cela impatiemment. » Quand Tara se résout à dénoncer les abus fréquents,
toujours plus violents, de son frère, la réaction paternelle ne se fait
pas attendre : déni, et persécution
contre celle qui a osé « briser l’harmonie de la famille ».« Il y a là-dedans un vieux fond de misogynie,
subodore-t-elle, le fait qu’une
femme ne doit rien faire qui
entame la réputation
d’un homme. »
Tara va
s’enfuir
pourtant.
d
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k mm
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p
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b
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h
£ La société Panoply, un des
principaux éditeurs de podcasts
aux États-Unis, vient de lancer
Megaphone, la première
solution publicitaire
permettant de diffuser de la
publicité ciblée lors de l’écoute
de programmes audio.
S M A R T P H O N E : H U A W EI
S E V O IT N U M É R O U N
£ Le géant chinois des
télécoms estime « possible »
d’être numéro un mondial du
marché des smartphones d’ici
la fin 2019, malgré son absence
du marché américain.
Il est actuellement numéro
deux derrière Samsung.
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Ces phénomèn
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d’édition surp
dans leur paysrises
Virginité littéraire
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pp s
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A
e
a
s’apprête à envahir la région, la fin
des temps approche, et rien ne sert
de fréquenter l’école. Les sept gavroches de la fratrie, par contre,
sont autorisés à évoluer en liberté
dans la casse automobile du père,
au risque de blessures terribles,
que s’efforce de soigner leur sagefemme de mère. Pour les livres et
la musique, il faudra faire sans.
a
Il y a l’Amérique immense, sauvage et somptueuse qui s’offre aux
touristes épris de grands espaces et
de mythe. Et celle qu’ils ne verront
jamais, ou par accident peut-être.
Tout aussi sauvage, mais illuminée, paranoïaque et sectaire. Cette
Amérique-là constitue un sousgenre littéraire depuis que Jack
Kerouac et John Irving, pour ne
citer qu’eux, se sont mis en quête
de décrire les coins perdus du
Midwest, comme un pendant
poisseux aux polars urbains de James Ellroy. Mais elle connaît un
regain d’actualité à la faveur du
phénomène survivaliste orchestré
par le mouvement des doomsday
preppers.
La sensation de l’année dans la
production littéraire américaine,
Educated, de Tara Westover, surfe
sur cette vogue, mais avec un talent rare et une tonalité décalée,
douce-amère, dans l’évocation du
calvaire vécu par une jeune fille au
sein d’un clan de possédés. L’enfance de Tara Westover n’a rien de
doux, c’est le moins que l’on puisse dire : née en 1986, élevée dans
une famille de mormons obscurantistes d’un coin perdu de l’Idaho, elle grandit à l’ombre des
croyances paranoïaques de ses parents. Le gouvernement fédéral
c
NEW YORK
k
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EN BREF
D E L A P U B CIB L É E
D A N S L E S P O D C A S T S
Elle entre à l’université Brigham
Yang (Utah). L’ouverture au monde et à la connaissance est violente, désarmante. Ses carences, embarrassantes. « Un jour, j’ai levé la
main pour demander ce que signifiait l’Holocauste », souffle-t-elle.
Un professeur la repère, cependant, lui suggère de postuler à
Cambridge, où elle poursuit un
doctorat en histoire. La suite, elle
la conte dans le manuscrit, qui
draine des avis dithyrambiques
depuis sa présentation aux éditeurs fin 2016 et caracole en tête
des ventes du New York Times, appelé à paraître en vingt langues
désormais.
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L’histoire d’un calvaire en tête
des meilleures ventes
du « New York Times ».
MAURIN PICARD £@MaurinPicard
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vait
surtout
permettre
la
rénovation des églises. Il est désormais au centre de tous les travaux
de grande ampleur et, souvent, audelà des seules bâches des travaux.
À Rome, ces dernières années, à
coups de millions d’euros, Fendi a
ainsi financé la rénovation de la
fontaine de Trevi, le joaillier Bulgari
la restauration de l’escalier monumental de la place d’Espagne, ou
Tod’s celle du Colisée. Fendi a dû se
contenter d’une plaque apposée
près de la fontaine et de la possibilité d’utiliser cet endroit magique
pour des défilés en contrepartie de
son investissement de 1,7 million
d’euros. Tod’s a lui obtenu, mais
contre 20 millions de dépenses, une
exonération fiscale et une série
d’avantages très publicitaires : la
présence de son logo sur les billets
d’entrée et la possibilité d’utiliser
l’amphithéâtre à des fins promotionnelles pendant quinze ans. ■
L’originalité de Westover, à la différence d’autres talents en herbe,
tient à sa virginité littéraire : elle
s’est jetée dans l’écriture sans
connaître les codes du genre. Elle
se démarque également du courant survivaliste en confiant
l’étrangeté de sa seconde vie :
jamais vraiment chez elle sur
les campus universitaires,
toujours à regretter sa
première vie dans les
montagnes où résonne
encore l’écho d’une
folie collective profondément ancrée en elle.
Bien que Tara Westover n’ait jamais revu son
père ni plusieurs de ses
frères et sœurs, elle conserve un secret attachement à
cette vie d’égarés, à ce paradis
peuplé de monstres familiers.
« Cela m’a pris un long moment
pour comprendre que vous pouvez
éprouver de nombreux sentiments
contradictoires, confesse-t-elle.
Vous pouvez décider d’escamoter
quelqu’un de votre vie, et il vous
manquera quand même chaque jour
qui passe, même si vous êtes soulagé de ne plus jamais le revoir. Le fait
que des gens vous manquent ne signifie pas que vous avez pris une
mauvaise décision. » ■
NATAN DVIR / POLARIS / STARFACE? NYT BESTSELLER
AFFICHAGE Le Louvre et l’Institut
de France à Paris ou la place Bellecour à Lyon ont un point commun.
Ces hauts lieux du patrimoine français ont bénéficié d’un décret de
2007 qui autorise l’affichage publicitaire sur les monuments historiques en travaux. Les conditions
sont très encadrées, mais ne sont
pas moins une remise en cause du
principe de la prohibition de toute
publicité sur les immeubles classés
ou inscrits à l’inventaire.
Il y a onze ans, sa justification est
partie d’un triste constat : le manque cruel de moyens pour rénover
les monuments. C’est pour la même
raison que vient d’être créé le « loto
du patrimoine » confié à Stéphane
Bern. La publicité est un autre levier
qui permettrait de réduire la facture
des travaux de 5 % à 30 %.
Les premières années d’application ont été laborieuses, mais le dispositif atteint désormais un rythme
annuel de quelques dizaines d’opérations. Depuis 2007, 100 millions
d’euros de travaux de rénovation
ont ainsi pu être réalisés. Les recettes perçues par le propriétaire sont
en totalité affectées à ces travaux.
Ceux-ci doivent évidemment nécessiter la pose d’échafaudages
mais aussi obtenir une autorisation
du préfet de région ou du ministère
de la Culture. Les créations publicitaires sont validées par la direction
régionale des affaires culturelles
(Drac) et par les Bâtiments de France. Elles ne doivent pas dépasser
50 % de la surface de la toile.
C’est comme cela que les Parisiens ont vu des smartphones ou
des flacons de parfum géants s’afficher sur des sites aussi mythiques
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