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Le Figaro - 09 08 2018

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jeudi 9 août 2018 LE FIGARO - N° 23 014 - www.lefigaro.fr - France métropolitaine uniquement
Première édition
lefigaro.fr
« Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur » Beaumarchais
HISTOIRES D’ESPIONS
UN AGENT DU MOSSAD
AU CŒUR DU POUVOIR
SYRIEN PAGE 20
L’ÉTÉ
DU
FIGARO
ARGENT
POURQUOI LES FRANÇAIS
RESTENT FIDÈLES
À LEUR BANQUE PAGE 22
La haute mer, enjeu crucial
d’une négociation planétaire
SUR LES TRACES
DE GEORGE ORWELL
L’ÉCRIVAIN
ENGAGÉ DANS
LA GUERRE
D’ESPAGNE
PAGE 18
LES COUPLES
MYTHIQUES
DU PARFUM
Des discussions vont s’ouvrir sous l’égide de l’ONU début septembre à New York pour tenter
d’établir un cadre juridique à la conservation et à l’utilisation durable de la biodiversité marine.
YVES SAINT
LAURENT
ET SOPHIA
GROJSMAN
La protection de la biodiversité marine est un enjeu
essentiel pour cette partie
des océans qui se trouve audelà de toutes juridictions
nationales. La haute mer
occupe 45 % de la surface de
PAGE 14
JEUX D’ÉTÉ PAGE 17
la planète. Les ressources
génétiques seront un des
points clés de la discussion.
Jusqu’à présent, la règle a
été celle du « premier arrivé, premier servi ». Parmi
les séquences génétiques
qui sont associées à des brevets, 13 000 seulement sont
extraites d’espèces marines
identifiées. Le géant mondial de la chimie BASF détient le record de brevets.
L’autre gros enjeu porte sur
la possibilité d’établir des
aires marines protégées.
Celles qui existent actuellement se situent dans les
eaux territoriales. L’un des
objectifs est de protéger et
de reconstituer les stocks de
è DES INDUSTRIELS FRILEUX FACE À UN MARCHÉ ENCORE INEXISTANT DES MINERAIS è POUR LA BIOLOGISTE FRANÇOISE GAILL, « IL Y VA DE L’AVENIR DE LA PLANÈTE »
è LE CHIMISTE ALLEMAND BASF DÉTIENT LE RECORD DE BREVETS SUR LA BIODIVERSITÉ MARINE PAGES 2 ET 3
Theresa May
et le prince William
commémorent la
bataille d’Amiens
Fort de Brégançon : la vie quotidienne
du couple Macron à « L’Élysée-sur-Mer »
PAGE 6
CORÉE DU NORD
Washington perd
patience avec
Pyongyang PAGE 8
GRENOBLE
Élus et habitants
réclament
des moyens face
à l’insécurité PAGE 10
AIR FRANCE-KLM
Défiance des pilotes
envers un nouveau
prétendant
à la direction PAGE 24
CHAMPS
LIBRES
Les chroniques
de Luc Ferry
et de Mathieu
Bock-Côté
n
PAGE 19
@
FIGARO OUI
FIGARO NON
Réponses à la question
de mercredi :
La France est-elle
suffisamment mobilisée
pour aider les chrétiens
d’Orient ?
OUI
8%
NON
92 %
M 00108 - 809 - F: 2,60 E
3’:HIKKLA=]UW[U^:?k@i@a@j@k";
TOTAL DE VOTANTS : 24 481
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COLLECTION PERSONNELLEGEORGERUDY-STOCK.ADOBE.COM
ABACA
GOLF
Le chef de l’État et son épouse profitent de leur pause varoise pour lire et se reposer avant une rentrée qui s’annonce
chargée. Mardi, en fin de journée, ils ont effectué une première sortie au contact des vacanciers. PAGES 4 ET 5
RDC, Mali,
Zimbabwe :
des scrutins
présidentiels
à haut risque
En Afrique, la démocratie reste
un exercice périlleux. En République démocratique du
Congo, Joseph Kabila a finalement désigné ce mercredi son
ex-ministre de l’Intérieur,
Emmanuel Ramazani Shadary,
candidat à sa succession à
l’élection présidentielle prévue en décembre. Au Mali,
l’opposition accuse de fraude
le président Ibrahim Boubacar
Keïta, qui est arrivé en tête de
la présidentielle. Au Zimbabwe, l’élection du sortant Emmerson Mnangagwa est également très contestée.
PAGE 7 ET L’ÉDITORIAL
ÉDITORIAL par Yves Thréard ythreard@lefigaro.fr
À
Démons africains
tous les observateurs qui font de
l’Afrique le continent de l’avenir,
celui du XXIe siècle, l’actualité de
ces jours-ci apporte un triste démenti. Au Zimbabwe et au Mali,
l’élection du président n’a pas échappé à la
confusion ni aux accusations de tricherie. En
République démocratique du Congo, elle inspire les plus grandes craintes, en dépit du renoncement du sortant, Joseph Kabila. Le Cameroun et le Nigeria, qui voteront en octobre
et février prochains, n’incitent guère plus à
l’optimisme. La démocratie, sans laquelle
l’économie ne peut prospérer, peine à s’installer de part et d’autre du Sahara. Souvent, le
pouvoir y est confisqué et les vieux démons
de la politique y perdurent.
Pourtant, l’Afrique n’est pas une et unique.
Riche de 54 pays et de plus de mille ethnies,
elle est plurielle. Elle ne se résume pas à quelques caricatures ni préjugés faciles. L’arrivée
de George Weah, l’ancienne star du football,
à la tête du Liberia, la nouvelle donne en Tunisie, en Angola et en Éthiopie, les récents
gestes d’apaisement du président ivoirien à
l’égard de ses opposants en témoignent : il n’y
a pas de fatalité à l’oppression, aux rivalités
tribales, à la corruption généralisée, à l’intégrisme islamique.
Depuis les indépendances et la fin de la guerre
froide, du chemin a été parcouru. Ici ou là, une
classe moyenne émerge. Connectée au reste de
la planète, elle partage les mêmes aspirations
qu’en Occident. Notamment au libre exercice
du droit de vote. Certes, la patience s’impose.
Le printemps, pas seulement arabe, n’est pas
partout pour tout de
suite. Il connaît des ratés. Mais un continent
ne se refait pas en un
jour.
Longtemps, l’Afrique
n’a pas compté dans le
concert international.
La crise migratoire, qui
ne peut que s’accentuer avec l’irrésistible
poussée démographique, lui attire désormais
des regards inquiets. Sans l’aide de l’Europe,
elle ne pourra pas la résoudre. Mais c’est
d’abord aux gouvernants africains de trouver
les solutions politiques et économiques au
bien-être de leurs populations. Trop peu en
ont encore conscience. Malheureusement. ■
La
démocratie
peine à
s’installer
de part
et d’autre
du Sahara
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LUX : 2,60 € - NL : 3,20 € - PORT.CONT : 3,00 € - MAR : 22 DH - TUN : 4,20 DT - ZONE CFA : 2.300 CFA
ISSN 0182.5852
L’ABUS D’ALCOOL EST DANGEREUX POUR LA SANTÉ. À CONSOMMER AVEC MODÉRATION.
A
CÉLÉBRATION
Entretien avec
Bubba Watson,
l’un des favoris
de l’USPGA PAGE 12
poissons. Parallèlement, des
entreprises commencent à
s’intéresser aux minerais
des fonds marins, source
potentielle de métaux rares,
qui font l’objet d’une autre
négociation.
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jeudi 9 août 2018 LE FIGARO
2
L'ÉVÉNEMENT
Négociation mondiale ardue sur la
Les pays se réunissent en septembre sous l’égide
de l’ONU pour tenter d’élaborer des règles
sur l’exploitation des ressources génétiques
et la création d’aires marines protégées.
A
ERWAN AMICE/IRD/CNRS PHOTOTHÈQUE, IFREMER, NORBERT WU / BIOSPHOTO/(C) MINDEN PICTURES, LUIZ RAMPELOTTO/EUROPANEWSWIRE/PICTURE-ALLIANCE/AFP, GLOBAL CONNECTIONS TELEVISION
MARIELLE COURT £@MarielleCourt
CETTE FOIS-CI, ça y est. Après dix
années de tractations mondiales, la
négociation sur la haute mer sous
l’égide de l’ONU va débuter. La
décision a été prise en décembre 2017, la première réunion de
négociation est prévue à New York
du 4 au 17 septembre prochain.
Quatre réunions sont d’ores et déjà
fixées devant aboutir à un premier
texte en 2020.
Dans sa description, l’objectif
paraît relativement simple puisqu’il s’agit d’établir un cadre juridique mondial sur la conservation
et l’utilisation durable de la biodiversité marine. Aussi incroyable
que cela puisse paraître, les aires
que les spécialistes évoquent sous
l’acronyme de ZADJN (zones audelà de toutes juridictions nationales) ne sont régies par quasiment aucune règle autre que
celles du « far west », assurent
même certains. Autrement dit :
premier arrivé, premier servi. Les
chiffres parlent pourtant d’euxmêmes puisque la haute mer occupe 45 % de la surface de la planète. Un bien qui concerne l’humanité tout entière.
Pour comprendre, il faut jeter un
petit coup d’œil dans le rétroviseur. En 1982, les pays adoptent la
Convention des Nations unies sur
le droit de la mer. Elle entre en vigueur en 1994 après ratification par
60 États à l’exception notable des
États-Unis. « Une sorte de Constitution pour la gouvernance mondiale des océans », rappelle la High
Seas Alliance (coalition d’une quarantaine d’ONG mondiales). « À
l’époque, les connaissances sur la
haute mer étaient très limitées »,
rappelle Julien Rochette, le coordinateur du programme océans de
l’Iddri (think-tank sur le dévelop-
pement durable). « On pensait qu’il
n’y avait rien dans la colonne d’eau
ni au fond à part les poissons et les
nodules polymétalliques », ces concrétions rocheuses composées de
minerais que l’on vient alors juste
de découvrir. Les questions de la
pêche et de l’exploitation minière
des fonds marins ne seront pas incluses dans cette négociation sur la
75 %
de la surface
océanique est comprise
entre 1 000 et 6 000 mètres
de profondeur
1%
de la haute mer
voire moins fait partie
d’une aire marine protégée
proprement délimitée
haute mer. Elles font l’objet d’accords propres. Les négociations
annuelles en vue d’élaborer les règles
d’exploitation
viennent
d’ailleurs tout juste de s’achever à
la Jamaïque.
Mais aujourd’hui, les points de
vue ont bien changé. La découverte de l’extrême richesse de la colonne d’eau attise les convoitises
de toutes parts, sans compter
l’usage grandissant des océans
pour se déplacer ou pour faire passer des câbles sur des centaines de
kilomètres. Parallèlement, « la
biodiversité marine est sur une pente
catastrophique », rappelle Peter
Thomson, envoyé spécial du secrétaire des Nations unies pour
l’océan. « Pendant des années, nous
nous sommes comportés comme des
somnambules : il y a une hausse de la
pollution de la mer, l’eau s’acidifie
(du fait des émissions de gaz à effet
de serre, NDLR) et nous sommes
confrontés à des problèmes avec la
ressource halieutique ».
« C’est une histoire de course
contre la montre pour sauver la biodiversité en haute mer », ajoute, de
son côté, Serge Segura, l’ambassadeur de France pour l’océan.
« L’homme a utilisé l’océan à son
avantage, maintenant il doit faire
disparaître les insultes faites », assure-t-il.
À l’instar de toutes les grandes
négociations internationales, les
discussions s’annoncent compliquées. Tous les pays de l’ONU ne
sont pas, loin s’en faut, favorables à
la rédaction d’un nouveau traité.
Les États-Unis, la Russie ou encore
le Japon devraient traîner des
pieds, eux qui ont toujours plaidé
pour une simple application des
instruments existants, à la différence de l’Union européenne notamment. Et ce, même si au sein
même de l’Union, les pays ne sont
pas non plus tous sur la même longueur d’onde.
Quatre chapitres sont sur la table. L’un des gros dossiers concerne la définition de règles afin de
mettre en place des AMP (aires
marines protégées). Pour l’heure,
toutes celles qui existent sont dans
les eaux territoriales. « Moins de
1 % de la haute mer fait partie d’une
AMP proprement délimitée », souligne la High Seas Alliance. Outre la
lutte contre la pollution, ces zones
ont pour vocation de préserver des
morceaux d’océan de toute activité
humaine mais également de protéger et reconstituer les stocks de
poissons.
France
Corse
Saint-Pierreet-Miquelon
Antilles*
Clipperton
Guyane
Mayotte
OCÉAN
ATLANTIQUE
OCÉAN
PACIFIQUE
La Réunion
Îles Éparses
O C ÉA N
Saint-Paul et
Amsterdam
Îles Crozet
Îles Kerguelen
Source : Wikipedia
Infographie
La haute mer
représente
plus de 60 %
des océans
Haute mer
Limites des 200 milles,
zones économiques
exclusives (ZEE)
Limites des ZEE
françaises
*Saint-Martin, Saint-Barthélémy,
Guadeloupe et Martinique
Une étude récente publiée dans la
revue Current Biology montre
qu’aujourd’hui seuls « 13 % des
océans seraient indemnes de toute
pollution humaine ». « Les zones
marines considérées comme intactes
sont de plus en plus rares à mesure
que les flottes marchandes et de pêche
étendent leur champ d’action », souligne Kendall Jones, chercheur à
l’université du Queensland et premier auteur de l’étude.
La création d’AMP ne vise pas
nécessairement « à freiner la pêche mais aussi à la gérer de manière efficace », précise Rachid
Sumarla, chercheur à l’université de Colombie-Britannique, au
Canada. Si la pêche ne fait pas
partie officiellement de la négociation, elle « constituera l’éléphant dans la pièce », ironise
l’Iddri, et les AMP seront, sans
doute, l’occasion d’en parler,
même indirectement.
Les négociations prévoient également d’établir des règles permettant d’effectuer des études d’impact
environnemental, qu’il s’agisse de
tester les conséquences liées à
l’aquaculture, la géo-ingenierie, la
pose de câbles, les énergies renouvelables… Le troisième volet a trait
aux méthodes à développer pour
une exploitation équitable des ressources marines génétiques (lire cicontre). Enfin, un dernier chapitre
sera dédié au soutien aux pays en
développement, ce qui passe notamment par le transfert de technologie (recherche scientifique, lutte
contre la pollution…).
C’est un chantier énorme qui
s’ouvre à New York à la fin de l’été :
climat puis biodiversité et maintenant océan, la boucle est bouclée. ■
Des industriels frileux face à un marché encore inexistant des minerais
AGATHE FOURCADE
afourcade@lefigaro.fr
APRÈS la ruée vers l’or, la ruée vers
les minerais sous-marins ? 275 millions de tonnes de cuivre, 340 millions de tonnes de nickel… C’est la
quantité de métal qu’abriterait la
seule zone Clarion-Clipperton entre Hawaï et la côte ouest-américaine du Pacifique, où la France
possède un permis d’exploration
pour une surface de 75 000 km² sur
les 9 millions de km²de la zone.
L’Institut français de recherche
pour l’exploitation de la mer (Ifremer) est formel : « Il y a un potentiel
mais les entreprises doivent faire face
à un challenge technologique, à cause de la profondeur des mines et à
cause du faible cours des minerais qui
ne rend pas rentable l’exploitation,
mais aussi à un challenge environnemental . » Alors que la cartographie
des fonds est bien avancée même si
elle est encore incomplète, il
n’existe aucune estimation de l’ampleur des bénéfices potentiels.
Les industriels qui pourraient
être intéressés par ces ressources
sont d’abord les entreprises d’extraction minière qui auraient l’opportunité d’élargir leur activité à
l’exploitation sous-marine. Ensuite, les entreprises pétrolières pourraient y voir une nouvelle manne à
exploiter et un nouveau marché où
s’implanter. Pourtant, les géants
pétroliers BP et Total sollicités n’ont
pas souhaité s’exprimer sur le sujet,
qui n’est pas à l’ordre du jour selon
eux.
Du côté des industriels miniers,
l’exploitation des ressources sousmarines est suivie de près mais
aucun acteur privé ne semble vouloir s’engager. Le principal argument avancé est que le parc minier
sur terre est encore assez fourni,
notamment en cuivre et en zinc, et
qu’il n’est pas nécessaire, pour
l’instant de lancer l’exploitation de
ressources qui nécessiteraient des
moyens techniques et financiers
encore inexistants. À court terme, il
n’y aurait aucun débouché sur le
marché. Les industriels n’excluent
cependant pas un intérêt économique à long terme pour ces ressources, « mais pas avant 10 à 30 ans »
explique un directeur de stratégie
qui souhaite rester anonyme. Ils rejoignent aussi l’Ifremer sur la nécessité de réglementer l’accès aux
fonds en haute mer, afin de préserver les écosystèmes.
En France, les acteurs privés sont
plutôt frileux sur la question, mais
quelques entreprises internationa-
Extraction minière : de si lentes négociations
Les négociations mondiales
sur l’extraction des ressources
minérales des grands fonds
(nodules polymétalliques,
roches près des sources
hydrothermales et
encroûtements cobaltifères)
ont commencé il y a 24 ans.
Des permis d’exploration ont
été accordés mais pas
d’exploitation. Les éventuelles
règles du jeu ne sont toujours
pas claires, notamment sur les
risques environnementaux. Or,
plus les années passent, plus
les recherches s’intensifient
et plus il y a de mises en garde
scientifiques sur l’exploitation
de ces ressources. « La
description de communautés
originales de nombreuses
espèces nouvelles s’accélère »,
souligne un rapport CNRS et
Ifremer de 2014 consacré
à cette question, qui appelle
à la prudence et à un « effort de
recherche conséquent », afin
de mieux comprendre ce qui se
passe autour de ces ressources
minérales pour éviter
notamment que des espèces
soient annihilées avant même
d’avoir été répertoriées.
les ont décidé de se positionner sur
le marché dans les mers territoriales. C’est le cas de l’entreprise canadienne Nautilus Minerals, qui construit des équipements capables
d’exploiter les sulfures polymétalliques qui contiennent notamment
du cuivre, du nickel ou encore du
cobalt. L’entreprise espère pouvoir
mettre en service ces premiers
outils d’extraction d’ici à fin 2019,
dans les eaux territoriales australiennes.
Même si Nautilus Minerals rejoint
les industriels français sur l’impossibilité technique d’exploiter les
fonds en haute mer actuellement,
l’entreprise est plus optimiste et espère réussir à développer la technologie nécessaire dans les huit
prochaines années. Elle sera sûrement scrutée de près par ses
concurrents car dès qu’un industriel commencera à exploiter ce
marché, les autres devront se positionner rapidement. ■
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LE FIGARO
jeudi 9 août 2018
L'ÉVÉNEMENT
haute mer
Pour la biologiste Françoise Gaill,
« il y va de l’avenir de la planète »
OCÉAN
PACIFIQUE
Wallis et Futuna
INDIEN
NouvelleCalédonie
Polynésie française
LES RESSOURCES génétiques seront un des points clés de la négociation sur la haute mer qui
s’ouvre en septembre sous l’égide
de l’ONU. Faute actuellement de
règles pour gérer ce qui se passe
dans les eaux internationales,
donc hors des zones économiques
exclusives, l’exploitation de cette
ressource s’effectue sur la base du
premier arrivé premier servi. La
négociation a pour ambition
d’élaborer des règles de gestion
« équitables ». Une question complexe dont nous parle Françoise
Gaill, biologiste et aujourd’hui directrice scientifique de la plateforme Océan et climat, lancée en
2014 conjointement par des organismes de recherche, des ONG et
la Commission océanographique
intergouvernementale (COI) de
l’Unesco, pour préparer la COP 21.
En attendant que la question des
océans possède une structure
scientifique analogue à celle du
Giec pour le climat ou de l’IPBES
pour la biodiversité.
L’enjeu
est énorme.
L’océan est
le dernier
espace
naturel pas
ou peu
anthropisé.
À nous
d’inventer
pour gérer
cet espace
commun
»
FRANÇOISE GAILL
Terre Adélie
Les différents espaces
maritimes
24 milles
Zone contiguë
Pas de souveraineté, mais pouvoir d’exercer
des droits de douane et de police.
si abscence
d’extension
Eaux
internationales
Au-delà des ZEE,
les eaux ne sont plus
sous l’autorité
d’aucun État...
... c’est le domaine
de la haute mer
12 milles nautiques
Ligne de base
(moyenne des eaux
à marée basse,
altitude = 0 m)
Eaux territoriales
Souveraineté de l’État côtier.
3
Zone économique exclusive (ZEE)
Droit souverain en matière d’exploration et d’usage de ressources.
Extension possible de la ZEE le long du plateau continental.
Source : Wikipedia
200 milles Jusqu’à 350 milles
Infographie
Y a-t-il une différence dans ce
que l’on trouve entre la haute mer
et les eaux territoriales ?
Oui, car les conditions physicochimiques ne sont pas les mêmes,
ni les habitats. Dans la colonne
d’eau, il y a une biodiversité inimaginable. Les sources hydrothermales dont on parlait à l’instant sont en dehors des eaux
territoriales. Elles représentent
une mosaïque de conditions physico-chimiques comportant une
foultitude de produits à découvrir.
Les
techniques
permettent,
à partir
d’une simple
goutte d’eau
de mer, de
tirer un profil
génétique.
Cela ouvre
une infinité de
possibilités
LE FIGARO. - Quelles sont
ces ressources génétiques que
l’on trouve dans les océans ?
Françoise GAILL. - C’est, au sens
large, tout ce qui est issu du vivant, animal ou végétal, et tout le
matériel génétique de l’ADN ou de
l’ARN. C’est gigantesque. Cela inclut ce qui ne se voit pas et peut
ultérieurement, après modification ou synthèse par l’action humaine, aboutir à des éléments
utiles à l’agroalimentaire ou à la
pharmacie.
Quelle est la situation juridique
aujourd’hui pour la haute mer ?
Chacun peut aller se servir et faire
ce qu’il veut de ce qu’il a trouvé,
notamment le breveter.
Quels sont les exemples
d’utilisation de ces ressources
génétiques ?
Quand on a découvert les espèces
qui vivent aux abords des sources
hydrothermales profondes, une
des grandes avancées a été ce que
l’on appelle les enzymes thermostables. Elles sont produites par
des bactéries qui vivent dans des
conditions de chaleur extrêmes et
qui sont capables de s’adapter.
Une découverte très importante
économiquement mais aussi pour
le développement de la génomique environnementale.
Il y a eu également pas mal de
choses sur le cancer et, à la station
biologique de Roscoff par exemple, des travaux ont été menés à
partir d’étoiles de mer. Il y a aussi
des entreprises cosmétiques ou
des laboratoires pharmaceutiques
qui investissent beaucoup dans ce
genre de recherche.
Comment cela se traduit-il ?
Il y a eu une publication dans la
revue Science Advances au mois de
juin par le centre de résilience de
Stockholm en collaboration avec
l’université du Canada. Les chercheurs expliquent qu’à ce jour,
38 millions de séquences génétiques ont été associées à des brevets. Mais sur ces 38 millions,
seules 13 000 sont associées à 860
espèces marines.
Sur cet ensemble de séquences,
plus de 1 600 appartiennent à des
espèces qui vivent à proximité des
sources hydrothermales. C’est la
raison pour laquelle les scientifiques réclament qu’on ne touche
pas à ces sources qui sont par
ailleurs très riches en minerai que
certaines entreprises souhaiteraient exploiter.
Pour le reste, c’est incroyable que
l’on ne sache pas d’où vient une
grande partie des séquences gé-
De gauche à droite :
Alis, un navire océanographique
de l’IRD utilisé pour les campagnes
de biologie et de sédimentologie
dans le lagon de Nouvelle-Calédonie ;
prospection d’un champ de nodules
polymétalliques ; le saccopharynx
lavenbergi, une espèce de poissons
qui vit dans les abysses ; des vers
tubicoles géants à la base d’une
cheminée hydrothermale dans
les grands fonds océaniques.
»
nétiques. Les techniques permettent, à partir d’une simple goutte
d’eau de mer, de tirer un profil
génétique. Cela ouvre une infinité
de possibilités.
Mais ces travaux montrent également que sur l’ensemble des séquences identifiées à partir de
matériel marin, presque la moitié
appartient aujourd’hui à BASF.
Que font-ils de ce matériel
génétique ?
Ils prennent de l’ADN entier,
voient s’ils trouvent des séquences génétiques d’intérêt. Parfois
ils ont une idée de ce à quoi elles
peuvent servir, mais cela peut
aussi être une simple mesure
conservatoire. Car, une fois qu’un
gène est breveté, personne d’autre ne peut s’en servir. C’est ce
que Craig Venter, un biotechnologiste américain, voulait faire avec
le génome humain il y a vingt ans
et que la communauté scientifique
a réussi à repousser.
Qu’est-ce que ces négociations
doivent apporter ?
L’enjeu est énorme. L’océan est le
dernier espace naturel pas ou peu
anthropisé.
À nous d’inventer pour gérer cet
espace commun. Entre les tenants
du « on fait ce que l’on veut quand
on veut » et les petits États insulaires qui, après avoir vu les grandes entreprises breveter à tour de
bras, demandent que ces ressources soient considérées comme patrimoine mondial de l’humanité,
il y a toute une gamme.
Dans une précédente convention,
le sol océanique a été considéré
comme patrimoine commun de
l’humanité. Mais c’était une autre
époque. Aujourd’hui, on se rend
compte que cela entraîne des
contraintes extraordinairement
importantes. Il est donc hors de
question que l’on gère la colonne
d’eau de la même manière. De
toute façon, il y aura un blocage
total des pays les plus puissants
(Chine, Norvège, Russie, Japon,
États-Unis, Canada…). Il faudra
trouver autre chose, l’océan bien
commun de l’humanité est une
piste. La convention pour la biodiversité a établi des règles sur les
ressources génétiques, c’est un
point de départ. Mais c’est une
question très technique et très
compliquée. Pour les juristes, il y
a un boulevard. Mais je suis
confiante, il y va de l’avenir de la
planète. ■
PROPOS RECUEILLIS PAR M. C.
«
C’est un grand moment
pour les océans,
dont nous avons
cruellement besoin
PEGGY KALAS
»
COORDINATRICE DE L’ALLIANCE
POUR LA HAUTE MER
(40 ONG ENVIRONNEMENTALES
ENVIRONNEMENTALES)
500 000
dollars
C’est ce que coûte
une expédition
d’une semaine
en mer afin de prélever
des échantillons
UNE CHOSE est sûre, jamais la biodiversité marine n’a intéressé
autant d’industriels. Des chercheurs
japonais, suédois et canadiens viennent ainsi de révéler qu’au cours des
trente dernières années, du sperme
de baleine au plancton en passant
par la raie manta géante, 13 000 séquences d’ADN correspondant à
862 espèces sous-marines ont fait
l’objet de brevets. Plus surprenant
encore, 84 % l’ont été par des entreprises (le reste par des hôpitaux,
universités, fondations, ONG…), selon un article paru le 6 juin dans la
revue américaine Science Advances
qui a fait grand bruit.
Au total, il s’agit de 221 multinationales, allemandes, américaines et
japonaises pour la plupart, chimistes et entreprises pharmaceutiques. Et pour cause. La barrière à
l’entrée est élevée. Organiser une
expédition en mer pendant une semaine afin de prélever des échantillons coûte près de 500 000 dollars.
Un industriel se détache du lot,
BASF. À lui seul, le géant mondial de
la chimie aurait déposé 47 % de ces
brevets, selon ces chercheurs. Il est
très loin en tête de ceux que l’on appelle les « Big Six » de la chimie
(DuPont, fusionné avec Dow Chemical, Bayer, fusionné avec Monsanto, Syngenta). Tous se voient accusés par les défenseurs de
l’environnement de vouloir s’approprier la biodiversité des océans.
« Il est important de noter que la
très grande majorité des séquences
génétiques marines contenues dans
les demandes de brevet de BASF provient de bases de données accessibles
au public, indique un porte-parole
de l’entreprise allemande qui n’a
pas souhaité répondre à nos questions. Ces séquences accessibles au
public ne peuvent pas être protégées
par des brevets. » À la veille du dé-
marrage des négociations sous
l’égide de l’ONU, BASF déclare apporter « un soutien sans restriction
aux objectifs de la Convention sur la
diversité biologique, du Protocole
Nagoya et de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer »,
deux textes sur lesquels va s’appuyer la négociation.
Le marché mondial
de la biotechnologie
marine devrait
atteindre 6,4 milliards
de dollars d’ici à 2025
L’intérêt croissant des industriels
pour ces espèces sous-marines
s’explique par leur capacité d’adaptation à des environnements extrêmes : acidité, pression, chaleur, absence de lumière… Cela leur a
permis de développer un code génétique différent de celui des créa-
tures vivant sur terre. Avec des
applications commerciales à la clé
dans les domaines pharmaceutique,
chimique, agricole, alimentaire et
des biocarburants.
Aussi le marché mondial de la
biotechnologie marine devrait-il
atteindre 6,4 milliards de dollars
d’ici à 2025, selon ces chercheurs,
qui appellent ces entreprises à une
plus grande transparence et à une
meilleure coopération entre industriels, politiques et scientifiques.
Parmi ces champs d’application
figure notamment la production
d’acides gras oméga 3 dont BASF est
l’un des leaders mondiaux à travers
sa division nutrition et santé
(1,84 milliard d’euros de chiffre
d’affaires, soit 3 % de son activité).
C’est l’un des produits de son portefeuille (au côté des vitamines, émulsifiants, enzymes…), fabriqués sous
la marque Newtrition, à destination
des industriels de l’agroalimentaire,
de la nutrition médicale et infantile,
et des laboratoires pharmaceutiques. Un juteux marché. « Les acides gras oméga 3 sont nécessaires au
développement et au fonctionnement
de la rétine, du cerveau et du système
nerveux », rappelle l’Anses. Et ils
sont particulièrement utiles dans la
prévention des maladies cardiovasculaires.
Les aliments les plus riches en
oméga 3 sont issus de végétaux
(noix, huile de colza, de soja…) et de
poissons comme le saumon, le thon,
le maquereau… Or BASF, après des
années de recherches, aurait réussi
à isoler les gènes de micro-organismes marins responsables de la production d’oméga 3 et à les introduire dans du colza, selon les
auteurs de l’article. Une huile de
colza enrichie en oméga 3 pourrait
ainsi être sur le marché d’ici à 2020.
Par ailleurs, BASF aurait identifié
une enzyme extraite d’un microorganisme marin utilisé pour réguler la viscosité des biocarburants. ■
A
KEREN LENTSCHNER £@KLentschne
1
BASF détient le record de brevets sur la biodiversité marine
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
jeudi 9 août 2018 LE FIGARO
4
POLITIQUE
La parenthèse
estivale du
couple Macron
à Brégançon
Le chef de l’État, qui s’est offert un premier bain
de foule mardi soir, profite de ses vacances
pour se reposer et préparer une rentrée chargée.
MATHILDE SIRAUD £@Mathilde_Sd
PRÉSIDENCE Que peut bien faire un
président de la République en vacances ? Emmanuel Macron a donné un début de réponse et levé le
voile sur une partie de ses activités
estivales, mardi soir, lors de son
premier bain de foule au pied du
fort de Brégançon (Var), résidence
de villégiature du couple présidentiel pendant deux semaines. « Bouquiner, se promener, faire comme
tout le monde », a fait savoir le président. « Et ça fait du bien », a-t-il
insisté, vêtu d’un polo blanc à manches longues et arborant un large
sourire entouré d’une barbe de
deux jours. Voilà pour la première
carte postale du couple Macron,
venu saluer les vacanciers attroupés devant les grilles du fort, avant
une promenade à Collobrières, village provençal. « Je suis venu faire
un petit coucou et saluer tout le monde », a simplement déclaré Macron,
serrant des mains et embrassant des
enfants sur le front. Les chaînes de
télévision en continu ont diffusé en
direct les images de cette première
sortie, en partie préparée par les
équipes de la présidence. Le chef de
l’État a notamment pu échanger
avec Maxime, 6 ans, un jeune fan
qui avait été interviewé par Europe 1 en début de semaine. L’Élysée
avait contacté la rédaction pour organiser la rencontre. « Le président
avait entendu son interview et souhaitait le saluer », explique-t-on au
Château. Visiblement très intimidé,
le jeune garçon s’est vu proposer
une visite du palais de l’Élysée par
son hôte.
Entre mise en scène et décontraction naturelle, Emmanuel Macron cherche à se montrer accessible, souriant et apaisé. « La volonté
du président de la République est de
passer des vacances avec son épouse,
en famille, assure l’Élysée. Les déplacements sont privés, il sort quand
il en a envie, c’est eux qui décident, il
n’y a pas de stratégie. » Avant son
bain de foule, le chef de l’État s’est
discrètement déplacé lundi sur l’île
militaire du Levant, pour saluer le
personnel de l’armée, puis à Cavalaire-sur-Mer, pour une balade
avec son épouse. « Il n’y aura aucune communication, rien d’officiel, sur
le programme du couple présidentiel.
Ils ne restent pas enfermés mais ce
sont des visites privées », insiste
“
Je n’aime pas
les piscines, je préfère
mille fois la mer !
EMMANUEL MACRON
”
l’Élysée. « Le connaissant, il doit
quand même bien s’ennuyer dans ce
fort », lâche un élu macroniste qui
connaît le coin.
Vendredi soir, en arrivant au
fort, Emmanuel et Brigitte Macron
avaient reçu la première ministre
britannique, Theresa May, et son
époux. L’équipe de communication
de la présidence avait publié en direct l’arrivée des invités dans l’enceinte du fort sur la page Facebook
du chef de l’État. On y voit Emmanuel Macron jouer les maîtres des
lieux pendant une dizaine de minutes, s’improvisant volontiers guide
de la résidence, déambulant dans
les salons et les jardins. Une façon
de jouer la carte de la transparence
sur ce lieu de villégiature, objet de
fantasmes sur le train de vie du
couple présidentiel depuis la polémique sur la construction d’une
piscine hors sol. « Je n’aime pas les
piscines, je préfère mille fois la
mer ! », a répliqué mardi soir le chef
de l’État à un vacancier.
À ce stade, aucune autre visite officielle n’est inscrite à l’agenda des
deux semaines de vacances du président, « mais on l’organisera si nécessaire », fait savoir son entourage.
Macron cherche à faire du fort de
Brégançon, délaissé par ses
prédécesseurs François Hollande et
Nicolas Sarkozy, un lieu de travail et
de repos, un prolongement de l’Élysée dans un cadre plus convivial.
Ainsi, mercredi matin, le chef de
l’État s’est entretenu avec le
président sud-africain « au sujet de
la situation en République démocratique du Congo », a-t-on appris dans
un communiqué. Lundi, il a échangé avec le président de la Colombie,
Ivan Duque, qui vient de prendre
ses fonctions. « Ses proches l’incitent
surtout à se reposer », souligne un
cadre de la majorité, alors qu’Emmanuel Macron a coutume de travailler et d’échanger avec ses collaborateurs pendant la nuit. Le chef
de l’État en profite pour lire. Au
programme, notamment : Maurice
Genevoix, Bernanos, Homère et le
livre de Sylvain Tesson consacré au
poète grec.
En réalité, le chef de l’État doit
surtout profiter de cette parenthèse
estivale pour préparer la rentrée.
Après l’affaire Benalla, qui a révélé
des « dysfonctionnements » à l’Ély-
sée, des changements dans l’organisation de la présidence sont attendus à la rentrée, tant sur le plan
de la sécurité que de la communication. Un directeur général des services pourrait notamment être
nommé. Après le Conseil des ministres de rentrée, le 22 août, le chef de
l’État animera un séminaire gouvernemental. Réforme des retraites, plan de lutte contre la pauvreté,
révision des lois de bioéthique, réforme constitutionnelle, budget…
Les dossiers lourds s’accumulent, et
Emmanuel Macron aura besoin du
soutien de l’opinion pour poursuivre l’application de son programme
présidentiel dans un contexte de
croissance économique encore timide. Après la paralysie du Parlement et l’offensive des oppositions
en juillet, l’image du pouvoir s’est
retrouvée sérieusement écornée et
le climat de confiance pour la première fois abîmé. « Il faudra assurer
la séquence de la rentrée », plaide un
cadre de la majorité, qui souhaite
qu’Emmanuel Macron « renoue
avec la parole rare ». ■
Sur la mer et
Emmanuel
et Brigitte Macron
ont fait du fort
de Brégançon leur lieu
de vacances
pour quinze jours,
notamment en raison
de la sécurité
qu’il apporte.
JOSÉPHINE GRUWÉ-COURT
£@josephineegc
EN VACANCES à 700 kilomètres
de l’Élysée, le président de la République se détache de ses dossiers mais sûrement pas de sa
protection rapprochée. Emmanuel et Brigitte Macron ont fait du
fort de Brégançon leur lieu de vacances pour quinze jours, notamment en raison de la sécurité qu’il
apporte. Le dispositif a déjà été
mis à l’épreuve lors du quatrième
jour de vacances du couple. En
effet, lundi, un drone a été aperçu
à proximité de la résidence présidentielle. Rapidement, les ondes
de l’objet ont été brouillées et
l’engin est tombé à l’eau, à environ 200 mètres au large du fort.
Une enquête a été ouverte par le
parquet de Toulon, puisqu’un un
arrêté ministériel de 2008 interdit
le survol de la bâtisse varoise par
BORIS HORVAT/AFP
À Bormes-les-Mimosas,
les vacanciers guettent
la sortie du président
VINCENT-XAVIER MORVAN
£@vincentxaviermo
A
BORMES-LES-MIMOSAS (VAR)
QUINZE MINUTES de poignées de
main, de selfies et de tapes amicales
sur la tête des bambins : après quatre
jours interminables d’attente, la curiosité des vacanciers de Bormes-lesMimosas a enfin été assouvie mardi
soir après le premier bain de foule du
couple présidentiel. « J’arrivais pour
me baigner, je me suis garé, et là, je l’ai
vu, il a caressé beaucoup de têtes d’enfant, ça a été un truc, et il n’a pas été
hué du tout comme Sarkozy avait pu
l’être », raconte Jean-Louis, 76 ans, un
résident du hameau voisin qui se demande même si la foule, une cinquantaine de personnes massées devant la grille du fort, n’avait pas été
« triée à l’avance ».
Hervé, le pizzaïolo de La Paillotte, le
restaurant de plage à la vue imprenable sur les allées et venues présidentielles, a serré la main du président.
« Je lui ai dit de venir pour le verre de
l’amitié et il a promis de le faire », raconte-t-il, soulignant avoir trouvé le
chef de l’État « très amical, et Brigitte
aussi ». «Mais je ne la voyais pas comme ça, sa maigreur m’a un peu cho-
qué », glisse-t-il. Parmi les badauds,
un petit Parisien de 6 ans et demi,
Maxime, dont les interviews sur les
chaînes d’information ont tapé dans
l’œil du président, qui n’a pas manqué
de venir le saluer (lire ci-dessus).
Cette première apparition publique
n’a toutefois pas étanché la soif des vacanciers. Mercredi, la plage qui jouxte
le fort attirait toujours autant de monde et le couple présidentiel restait
l’objet de toutes les conversations.
Virgile et Sylvie, des quinquagénaires
“
J’arrivais pour
me baigner, je me suis
garé, et là, je l’ai vu, il a
caressé beaucoup de têtes
d’enfant et il n’a pas été
hué du tout comme
Sarkozy avait pu l’être
”
JEAN-LOUIS, RÉSIDENT D’UN HAMEAU VOISIN
DU FORT DE BRÉGANÇON
grenoblois de retour de leurs vacances
à Nice, avaient fait halte à Brégançon.
« On a vu les images à la télévision mais
on n’est pas venus pour le rencontrer,
on voulait découvrir le fort. Le cadre est
superbe », témoignent-ils. Nadine, de
Le couple Macron à la rencontre des estivants, mardi soir, devant l’entrée du fort de Brégançon.
Toulon, a poussé jusqu’à la petite plage
de Brégançon dans l’espoir de voir le
président. « J’aurais bien aimé lui serrer la main, je l’aime bien, Macron »,
raconte cette fonctionnaire du conseil
départemental. Un peu plus loin, un
photographe d’agence a pris son poste
pour la journée, dans l’espoir de « faire
la seule photo qui vaille pour une couverture de magazine » : le couple Macron descendant à pied, main dans la
main, du fort. « Si le chien est avec eux,
ce sera encore mieux », lance-t-il
avant d’aller planquer derrière les rochers. Jeanne, elle, en vacances dans
une résidence proche, s’inquiète d’un
panneau tout juste apposé par la
mairie stipulant que l’interdiction
d’accès sur la plage de Brégançon est
« à l’étude ». « Si cette plage est privatisée, nous ne pourrons plus venir nous
baigner ici et nous serons aussi en danger en cas d’incendie, avertit-elle. L’été
dernier, quand le feu menaçait nos habitations, nous avons été évacués par les
pompiers en bateau pneumatique depuis
BORIS HORVAT/AFP
le fort de Brégançon. Il faut laisser ce
sentier du littoral ouvert. » À la mairie
de Bormes-les-Mimosas, on se veut
très clair. « La petite plage avant le fort,
ils peuvent continuer à y aller, il n’y a
rien de nouveau », coupe un responsable. Pas question de privatiser la plage
pour le président, même s’il a confié
au détour de la conversation avec les
estivants préférer les bains de mer aux
plongeons dans la controversée piscine que le couple présidentiel a fait installer en juin dans sa résidence d’été. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
jeudi 9 août 2018
POLITIQUE
5
« Le chef de l’État fait
perdurer la tradition
présidentielle »
PROPOS RECUEILLIS PAR
PIERRE LEPELLETIER £@PierreLepel
GRAND REPORTER à France 2,
Guillaume Daret est auteur du livre
Le Fort de Brégançon (Éd. Observatoires)
LE FIGARO. – Emmanuel Macron
tenait à passer ses vacances
au fort de Brégançon.
Pour quelles raisons ?
Guillaume DARET. – C’est tout
d’abord un choix logistique. À Brégançon, la question de la sécurité du
président se pose moins que s’il
louait une résidence quelque part en
France (lire ci-dessous). C’est bien
sûr aussi symbolique. Pour Emmanuel Macron, des vacances à Brégançon permettent de faire perdurer
la tradition présidentielle. Un moyen
de conserver le mythe : un président
au travail est à l’Élysée, un président
en vacances est à Brégançon.
dans les airs, une citadelle sous haute protection
tout aéronef à moins de 3 300
pieds (environ 1 000 mètres) et
dans un rayon de 3 kilomètres.
Une disposition « effective pour la
période du 3 au 28 août 2018 », a
indiqué la préfecture du Var.
S’il est identifié, le pilote de l’engin risque entre six mois et un an
de prison et une amende comprise entre 15 000 et 45 000 euros. En
2015 déjà, le site militaire de l’île
Longue, face au fort, et le palais
de l’Élysée avaient été survolés
par un drone. Des dispositifs ont
donc été développés ces dernières
années pour détecter et neutraliser les engins malveillants.
Autre menace : que des curieux
s’approchent de la résidence d’été
par la mer. Depuis 2004, les activités nautiques sont interdites
dans les environs du fort. Depuis
vendredi dernier et jusqu’au
28 août, des gendarmes patrouillent en mer pour s’assurer
que personne ne s’approche à
moins de 300 mètres de la résidence, que ce soit en voilier, jet
ski, barque, à la nage ou encore en
planche à voile. D’après la police
municipale de Bormes-les-Mimosas, pour l’instant, personne n’a
essayé de dépasser les bouées jaunes postées autour du fort.
Réduire les coûts
en surveillance
Selon l’Élysée, l’interdiction des
activités nautiques autour du fort
ne garantit cependant pas la tranquillité du président : des curieux
munis d’un téléobjectif peuvent
l’observer sur la petite plage au
pied du fort, qui n’est, de fait,
« pas vraiment privée ». La présidence a précisé que lorsque le chef
de l’État se baigne, il faut prévoir
« deux bateaux de surveillance et
d’officiers de sécurité ». Ce dispositif a été mis en place lors du séjour du couple présidentiel en mai
dernier. Selon l’entourage du pré-
sident, la construction d’une piscine sur le fort est donc une solution pour réduire les coûts en
surveillance. Pour se protéger des
flashs des paparazzis et d’éventuels dangers, Emmanuel Macron
a fait installer avant son arrivée un
basin hors sol d’une valeur de
34 000 euros. Selon l’Élysée, elle
est toujours moins onéreuse que le
coût - à hauteur de 60 000 euros des onze gendarmes qui sécurisent habituellement la plage privée l’été. Dans un entretien avec
le journaliste Guillaume Daret,
François Hollande s’était étonné
de cette activité : « Quand j’y ai
séjourné, il y avait des hommesgrenouilles qui plongeaient tous les
matins autour du fort pour voir s’il
y avait des mines. »
L’entourage du chef de l’État
ajoute que les vacances au fort
coûtent moins cher que de louer
une maison pour accueillir le président et son équipe.
« j’yQuand
ai
séjourné,
il y avait
des hommesgrenouilles qui
plongeaient
tous
les matins
autour du fort
pour voir s’il y
avait des
mines
»
FRANÇOIS HOLLANDE
Comment le fort de Brégançon
est-il devenu une résidence
présidentielle ?
En août 1964, à l’occasion de l’anniversaire du débarquement de
Provence, Charles de Gaulle y a
passé la nuit. Elle ne se passe pas
très bien : le président est dévoré
par les moustiques et le lit est trop
petit pour son mètre quatre-vingtdix. Pour autant, en 1968, il
convertit Brégançon en résidence
présidentielle. Charles de Gaulle
voyait dans le fort un attribut utile
dans le régime de la Ve République.
Il n’y est pour autant jamais
retourné. Son épouse, Yvonne
de Gaulle, préférait Colombeyles-Deux-Eglises (Haute-Marne),
estimant que les vacances étaient
faites pour se reposer et non pour
s’exposer.
Comment un président
de la République occupe
ses journées au fort ?
Cela dépend des présidents. Georges Pompidou prenait le temps de
travailler le matin et sortait en mer
l’après-midi avec son épouse.
Valéry Giscard d’Estaing jouait au
tennis. Nicolas Sarkozy en profitait
pour courir et faire du vélo. François Hollande se baladait sur la plage… Chaque président donnait le
sentiment de vouloir échapper à
l’enfermement du fort, qui, mis à
part sa superbe vue sur la baie
d’Hyères, n’a rien de luxueux et
d’ostentatoire.
Des vacances à Brégançon
permettent-elles aussi de soigner
la communication présidentielle ?
Il y a évidemment une mise en scène
de chaque président pour se
présenter tel un Français comme les
autres qui va en vacances dans le sud
de la France. Cela donne une image
d’eux plus détendue. Les présidents
font cependant attention à montrer
que même en vacances ils restent
toujours aux affaires. Cela peut passer
par des rencontres diplomatiques,
des photos du chef de l’État assis à
son bureau… Aujourd’hui, François
Hollande concède par exemple ne pas
s’être assez mis en scène au travail à
l’été 2012, ce qui a, selon lui, agacé les
Français.
La construction d’une piscine
au sein du fort par Emmanuel
Macron a fait polémique.
Était-elle si nécessaire ?
La piscine permet au couple présidentiel de se baigner à l’abri des
regards et donc de préserver son intimité. L’idée de sa construction
avait d’ailleurs déjà été pensée par
“
Les présidents font
attention à montrer
que même en vacances
ils restent toujours
aux affaires
”
les prédécesseurs d’Emmanuel Macron. Leurs entourages estimaient
qu’en plein mois d’août, lorsqu’il fait
extrêmement chaud, une piscine
pouvait être intéressante pour
contourner les baignades en mer et
les paparazzis. Seulement, même
s’ils en rêvaient, les derniers chefs
d’État ont réussi à s’en passer. C’est
le reproche qui est fait aujourd’hui à
Emmanuel Macron.
Les vacances d’un président
à Brégançon coutent-elles
cher à l’État ?
Selon la Cour des comptes, l’Élysée
s’est fixé comme objectif de ramener
le coût de Brégançon à 400 000 euros
par an, hors salaire du régisseur des
lieux. L’argument est avant tout
d’expliquer que les travaux nécessaires pour entretenir le fort coûtent
moins cher que de louer chaque année une maison d’une dimension
suffisante pour le chef de l’État et sa
famille mais aussi le personnel de
l’Élysée, les conseillers du président,
le service de sécurité, le médecin… ■
François Hollande ne lâche pas son successeur d’une semelle
TRISTAN QUINAULT-MAUPOIL
£@TristanQM
DISCRET depuis la mi-juillet, François
Hollande est en congés non loin… du fort
de Brégançon. S’il est de retour dans la
région avec sa compagne Julie Gayet,
c’est plus en raison de ses attaches familiales que par nostalgie… Il n’a jamais
vraiment apprécié Brégançon, cette résidence « austère à l’extérieur, modeste à
l’intérieur ». « Quelques pièces (sont)
éclairées par des meurtrières, avec une
décoration des années 1970 (qui) n’a guère
été retouchée depuis Georges Pompidou »,
raconte-t-il dans son livre Les Leçons du
pouvoir (Stock), paru au printemps.
Son premier séjour, à l’été 2012, s’était
soldé par deux polémiques. Valérie
Trierweiler y avait d’abord fait remplacer des coussins « défraîchis ». Le coût
CONFÉRENCE - DÉBAT
- 200 euros pièce - avait été raillé par la
presse. « À croire que mes coussins étaient
brodés avec du fil d’or », ironise aujourd’hui François Hollande. Ensuite, sa sortie sur la plage en contrebas de la résidence avait été moquée. « J’avais
abandonné sur le sable mon magistère. Je
m’étais trempé dans une eau qui n’était
pas la mienne. J’avais préféré les châteaux
de sable aux palais de la République »,
s’étrangle encore François Hollande
quand il repense aux commentaires de
l’époque.
Campagne informelle
Six ans plus tard, le socialiste n’est plus
président mais la politique n’est jamais
loin. Quitte à donner l’impression qu’il
ne veut pas lâcher d’une semelle son
successeur, François Hollande n’a pas pu
résister à la proposition d’organiser une
séance de dédicaces, le week-end der-
François Hollande en séance de dédicace,
à Saint-Cyr-sur-Mer (Var),
le week-end dernier. INSTAGRAM DOXIP
nier, à Saint-Cyr-sur-Mer, à une cinquantaine de kilomètres de Brégançon.
L’ex-chef de l’État au teint hâlé a poursuivi par une déambulation avec Julie
Gayet, laquelle a récemment expliqué au
Parisien qu’« il y a une vraie attente »
autour de son compagnon et que « beaucoup de gens espèrent son retour ».
François Hollande reprendra bientôt
sa campagne informelle. Il a prévu de se
rendre le 20 août au Festival du film
francophone d’Angoulême. Précisément
là où, il y a un an, il avait fait ses premières sorties tonitruantes contre Emmanuel Macron. Il pourrait ensuite aller à
La Rochelle pour la rentrée des élus socialistes (FNESR). Il reprendra ensuite les
dédicaces de son livre. Notamment à
Cherbourg, le 31 août, aux côtés de son
ancien premier ministre, Bernard Cazeneuve, qui fut maire de la ville. Le lendemain, il sera à Granville, dans la Manche.
ÉRIC ZEMMOUR,
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L’ancien président profitera sûrement
de ces déplacements pour de nouveau
répondre aux sollicitations des médias.
Contrairement à de nombreux responsables politiques, il ne s’est pas exprimé sur
l’affaire Benalla. « Il voulait prendre de la
hauteur », relève un de ses amis qui
s’empresse de rappeler que François
Hollande n’avait pas tergiversé pour
sanctionner Aquilino Morelle et Faouzi
Lamdaoui, deux conseillers épinglés par
la presse pendant le quinquennat.
François Hollande y consacre d’ailleurs
un chapitre intitulé « Punir » dans son livre. « Cette rigueur m’a conduit à me séparer de collaborateurs pour des faits mineurs et alors même que la justice ne donna
plus tard aucune suite à leur mise en cause », se souvient-il. Il aura sans doute
l’occasion de le répéter devant micros et
caméras pour entretenir le contraste
avec Emmanuel Macron. ■
E. Zemmour © Jean-Christophe Marmara
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
jeudi 9 août 2018 LE FIGARO
6
POLITIQUE
May commémore la bataille d’Amiens
La première ministre britannique et le prince William étaient présents, mais Macron n’a pas fait le déplacement.
COMMÉMORATIONS Emmanuel Macron
n’a pas fait le déplacement, mercredi
après-midi, dans sa ville natale d’Amiens,
pour accueillir Theresa May et le prince
William, duc de Cambridge, à l’occasion
du centenaire des combats qui, en terres
picardes, précipitèrent la fin du premier
conflit mondial. Le chef de l’État, qui
poursuit ses vacances au fort de Brégançon (lire pages 4 et 5), y avait d’ailleurs
accueilli la première ministre britannique
vendredi dernier. En revanche, la ministre des Armées, Florence Parly, et la secrétaire d’État en charge des Anciens
Combattants, Geneviève Darrieussecq,
étaient présentes dans la cathédrale où se
déroulait la cérémonie, aux côtés de représentants canadiens, américains, australiens, irlandais et nord-irlandais, ainsi que l’ancien président allemand
Joachim Gauck. Quelque 2 000 personnes, dont de nombreux jeunes, ont pris
place dans le vaste édifice gothique,
1 200 autres suivaient l’événement sur
grand écran. Au total, plus de 3 000 participants, militaires ou civils, dont plusieurs centaines de descendants de combattants, sont venus de tous les pays du
Commonwealth et de France pour rendre hommage aux dizaines de milliers de
soldats morts il y a tout juste un siècle
dans les tranchées alentour.
« Amiens symbolisa l’entente cordiale, la
coopération sans laquelle la victoire était
impossible. Il est donc profondément approprié que cette même coalition internationale soit de nouveau réunie à Amiens en
ce jour, aux côtés de notre ancien ennemi,
dans un esprit de paix et de partenariat », a
déclaré le duc de Cambridge au début de
la cérémonie.
Sobriété britannique
En costume civil, le prince a été « la seule
personnalité applaudie en arrivant sur le
parvis », a noté sur son site le journal régional Le Courrier picard. Chants, moments musicaux, lecture de récits de soldats et discours ont ponctué cette
cérémonie à la sobriété toute britannique
et qui, en dépit du lieu et d’un mot d’accueil en anglais de l’évêque d’Amiens,
n’avait rien de religieux.
En novembre prochain, pour le centenaire de l’armistice, des temps forts mé-
BENOÎT TESSIER/REUTERS
ALAIN BARLUET £@abarluet
L’ex-président allemand Joachim Gauck, Theresa May et le prince William assistent à l’hommage aux soldats tués il y a cent ans, mercredi, dans la cathédrale d’Amiens.
moriels à forte résonance symbolique seront organisés en France, avec Emmanuel Macron en maître de cérémonie.
Amiens, en revanche, est plutôt un
moment anglo-saxon. Le 8 août 1918, les
alliés lancent « l’offensive des Cent
Jours », une série d’attaques qui permettra de repousser les forces allemandes de
plus en plus loin, aboutissant au dénoue-
ment du 11 novembre (lire encadré). « Aller vite, marcher fort, en manœuvrant pardevant, appuyer par-derrière avec tout le
monde, jusqu’à obtention du résultat »,
préconisait Foch dans son ordre du
9 août, lu par Florence Parly.
Si dans le souvenir français, Verdun
occupe une place particulière, les Britanniques, eux, s’attachent surtout à la Som-
Le début de « l’offensive des cent jours »
8 août 1918. Amiens, point de jonction
entre le front britannique et le front
français, est le lieu idéal pour lancer une
offensive et reprendre enfin l’avantage
sur les Allemands. Artillerie et aviation
ravagent le terrain, et préparent une
avancée au sol. Surpris, les Allemands
doivent combattre une incroyable
coordination : Français, Anglais,
Américains, Canadiens et Australiens
font front. Face à des Allemands
à bout de souffle, les Alliés sont plus
nombreux, mieux organisés, et sous un
commandement unique. Ludendorff,
chef d’état-major adjoint allemand
qualifie cette journée de « jour de deuil
de l’armée allemande ». Car en une
journée, 13 kilomètres sont gagnés.
Invraisemblable pour une guerre qui
fait du surplace depuis quatre ans.
Cette campagne victorieuse est
le premier signe de l’ascendant des
Alliés sur les Allemands. Sans le savoir,
les combattants entament ce 8 août
1918 ce qu’on appellera « l’offensive
des cent jours », une série de victoires
qui mènera jusqu’à l’armistice
du 11 novembre 1918.
A. P.
L’ÉTÉ DU FIGARO
me et à Amiens. La plupart de leurs morts
tombés sur ces champs de bataille n’ont
pas été rapatriés. Des mémoriaux subsistent, où les familles viennent fréquemment se recueillir.
Dans l’âpre contexte du Brexit et de
l’impasse actuelle entre Bruxelles et le
Royaume-Uni pour trouver un accord de
sortie, la cérémonie d’Amiens permettait
également à Londres, en rappelant le prix
du sang payé il y a un siècle, de faire valoir son attachement au Vieux Continent
- à son histoire, à ses valeurs, à son avenir. Bref, de distiller le message que le
Royaume-Uni, quoi qu’il advienne, restera un allié fiable - ce qui vaut tant pour
les Européens que les Américains.
« Le départ du Royaume-Uni de l’Union
européenne n’aura aucun impact sur la sécurité et la défense de l’Europe », a ainsi
déclaré le ministre britannique de la Défense, Gavin Williamson, lors d’un discours, mardi, à Washington. « Le Royaume-Uni est un acteur mondial majeur.
Nous avons toujours été une force militaire
de premier plan, et nous serons toujours
une force militaire de premier plan », a-t-il
ajouté, avant de rencontrer son homologue américain Jim Mattis. ■
5/16
Édouard Philippe a trouvé
dans la boxe son exutoire
ZOOM
Européennes : Magnette
confirme l’offre du PS
Un Belge sera-t-il tête de liste
du PS aux européennes de
mai 2009 ? Cette piste étudiée par
Olivier Faure, et révélée mardi
par Le Figaro, a été confirmée
mercredi par Paul Magnette, exministre-président de Wallonie et
actuel maire de Charleroi. « J’ai
bien reçu une proposition du PS
français […] ils me proposent la
première place sur leur liste
européenne, pas moins », a-t-il
déclaré à nos confrères du journal
Le Soir. « Je veux être candidat là
où c’est le plus utile », s’est-il
contenté d’ajouter. L’idée d’un
grand mercato européen,
qualifiée d’« hypothèse » par
Solferino, ne séduit pas tous les
socialistes : Pierre Moscovici,
pressenti pour candidater à la
présidence du Parlement
européen, a annoncé qu’il n’y
participerait pas.
[
]
La politique
c’est du spo
rt
MARCELO WESFREID£@mwesfreid
Il y a ceux qui font du sport en caressant
l’espoir de devenir professionnels ; ceux
qui le vivent comme un passe-temps. Et
ceux qui en font un exutoire. Une manière d’éponger un trop-plein intérieur, de canaliser une énergie qui déborde. Fan de boxe anglaise, Édouard
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Philippe appartient à cette dernière catégorie. « Quand mon père est mort, je
me suis dit que j’avais besoin de taper sur
quelque chose, confiait-il sur TF1, avant
de devenir premier ministre. Je prends
quelques coups, j’en donne aussi. C’est
un sport qui rend humble. Vous devez apprendre à maîtriser votre peur et votre
souffle. »
Tout a commencé il y a quatre ans,
au Havre, ville dont il était le maire.
« Édouard Philippe était assidu et mordu
de ce sport, se souvient Madjid Nassah,
son ancien entraîneur au sein de l’association Emergence, dans le quartier populaire de Montgaillard. J’ouvrais la
salle à 7 heures du matin et il était là, devant la porte, à attendre. » À Matignon,
Édouard Philippe a évidemment moins
d’occasions d’enfiler les gants, mais il
fréquente toutefois au moins une fois
par semaine la salle de boxe de la maison – Manuel Valls était lui aussi un familier des lieux.
Mohammed Ali, son idole
Dans cette pièce exiguë, avec des matelas en mousse accrochés aux murs, le
premier ministre saute à la corde, tape
dans un sac, se mesure à des policiers de
son service de sécurité. Quand il retourne ensuite dans son bureau, sa passion n’est pas loin. Sur un mur trône
une photo de Mohammed Ali, son idole.
LARDUX FILMS
Dès que son agenda le lui permet, le premier ministre enfile les
gants. Une manière de faire le vide et de canaliser son énergie.
Lors de ses déplacements, le premier ministre n’hésite pas s’entraîner entre deux
rendez-vous institutionnels. Image tirée du documentaire Édouard, mon pote de droite.
« Voler tel un papillon, piquer telle une
abeille », disait le légendaire poids lourd
de 1,91 m. Plus petit qu’Édouard Philippe, 1,94 m.
En boxe, être grand oblige à bien des
adaptations. « Avec sa silhouette longiligne, Édouard Philippe doit se servir de
son allonge pour ne pas laisser son adversaire approcher, pour le laisser à distance, il doit éviter le corps-à-corps »,
analyse Jean-Marc Mormeck, maintes
fois champion du monde, devenu délégué interministériel pour l’égalité des
chances des Français de l’outre-mer. Il
travaille aujourd’hui sous la tutelle
d’Édouard Philippe…
« La boxe apprend à ne pas être impulsif, à observer pour adopter une stratégie, à rester vigilant, à être dans la maîtrise », poursuit Jean-Marc Mormeck.
C’est une école de la patience et de l’esquive, pas seulement une épreuve de
force. « La boxe apporte un bien-être
psychologique et une énergie très utiles
avant de descendre dans l’arène politi-
que », commente Madjid Nassah. « La
frime, en boxe, ça ne marche pas », ajoute un conseiller du premier ministre.
Lors de ses déplacements, il n’hésite
pas s’entraîner entre deux rendez-vous
institutionnels, sans l’inscrire à l’agenda officiel. Comme lors de son déplacement au Creps de Bourges, fin avril, où
Édouard Philippe monte sur le ring face
à des étudiants, sans que la presse ne
soit prévenue.
De ces combats avec protège-dents,
il ressort parfois avec quelques discrètes
marques sur le visage, mais jamais rien
de grave. Un jour, au Havre, il a voulu
affronter la star du kickboxing Jérôme
Le Banner, originaire de la ville.
« Édouard Philippe aurait pu faire une jolie carrière, car c’est un bon petit boxeur
avec une belle droite, sans vouloir faire de
jeu de mots, fit par la suite remarquer le
boxeur dans les colonnes du Parisien.
Mais je crois que la perspective d’arriver
à l’Assemblée avec des coquards l’a fait
hésiter… » ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
jeudi 9 août 2018
INTERNATIONAL
7
RD Congo :
Kabila s’est choisi
un dauphin
300 km
RCA
CONGO
AFRIQUE CENTRALE L’élection présidentielle du 23 décembre prochain est
lancée. Enfin peut-être. En République
démocratique du Congo (RDC), rien
n’est jamais certain, surtout si l’annonce
est faite très à l’avance. Depuis des semaines, le pays ne vivait qu’au rythme
du président Joseph Kabila, du choix ou
pas d’un successeur, d’un nom qui ne
venait pas.
Mardi, à deux heures à peine de la clôture fixée pour le dépôt des candidatures, le chef de l’État a tranché. Il ne se
représentera pas, comme la Constitution l’y oblige, ce qui n’est qu’une demisurprise. Ce qui a surpris, en revanche,
est le « dauphin » désigné : Emmanuel
Ramazani Shadary. À 57 ans, cet ancien
ministre de l’Intérieur n’apparaît pas du
tout comme une évidence. En avril dernier, il avait d’ailleurs assuré, sur RFI,
qu’il « ne serai[t] pas candidat ».
Il semble comme un poids bien léger
pour briguer loyalement la présidence de
l’immense RDC. S’il a été récemment
Son passage, en 2017, au ministère de
l’Intérieur, avait été marqué par la répression sanglante de manifestations
pacifiques à Kinshasa, et par des violences et des meurtres dans la province du
Kasaï. Deux experts de l’ONU y avaient
été assassinés dans des circonstances
très troubles. Ce passé n’est pas de nature à lui offrir des soutiens à l’intérieur
du pays et il ne pourra pas non plus
compter sur l’extérieur.
Cette politique répressive a valu au
désormais candidat d’être placé, en
mai 2017, sous sanction par l’Union
O.
R.
B.
Kinshasa
T.
ANGOLA
Infographie
Conformément à la Constitution, Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001,
ne peut pas se représenter à l’élection présidentielle. KENNY-KATOMBE BUTUNKA/REUTERS
européenne pour « usage disproportionné de la force ». Il lui est interdit de
voyager dans l’Union, ses avoirs y sont
gelés, comme c’est le cas pour sept
autres caciques de l’appareil sécuritaire
congolais. La provocation envers la
communauté internationale que représente donc ce choix se passe d’analyse.
Les optimistes se réjouiront pourtant
de voir, pour la première fois dans l’histoire du Congo indépendant, une transition et le départ volontaire d’un prési-
ZAMBIE
gociations, conduites par l’Église catholique, que la date du 23 décembre avait
été retenue.
Plusieurs opposants sont également
dans la course. L’ancien chef de guerre
Jean-Pierre Bemba, acquitté contre
toute attente par la Cour pénale internationale (CPI) il y a un mois, a affiché ses
ambitions. Dans une démocratie, cette
figure, certes très controversée, passerait pour un favori. Félix Tshisekedi, fils
du populaire Étienne Tshisekedi, peut
aussi être un prétendant sérieux. Encore
faut-il que la commission électorale ne
repousse pas leurs noms sous un prétexte ou un autre. Moïse Katumbi, puissant
ancien gouverneur du Katanga, n’a, lui,
pas pu poser son dossier. Il est en exil
forcé depuis deux ans, et l’entrée du territoire lui a été interdite. D’autres candidats se sont alignés, comme Martin
Fayulu ou Vital Kamerhe, déjà deux fois
postulants. Tous disent rêver de s’unir
derrière une candidature unique, arme
redoutable dans ce scrutin à un tour.
Pour l’heure, l’union se heurte aux ambitions et aux ego. Une division sur laquelle compte sans doute le pouvoir en
place pour perdurer. Ou pour obtenir un
nouveau report de l’élection. ■
nommé secrétaire permanent du parti au
pouvoir, le PPRD, s’il passe pour un poids
lourd au sein du régime, très proche des
« faucons », il reste un inconnu pour les
80 millions de Congolais. Il est par
ailleurs natif du Maniema, dans l’est du
pays, ce qui n’est pas un avantage. La raison de cette désignation tient donc sans
doute plus à la fidélité et à l’obéissance
d’Emmanuel Ramazani Shadary au clan
Kabila depuis le temps du père, LaurentDésiré Kabila. Sans jamais protester.
Politique répressive
RÉP. DÉM.
DU CONGO
GABON
Emmanuel Ramazani Shadary, un ancien
ministre sous sanction de l’UE, est désigné
comme candidat à la présidentielle.
TANGUY BERTHEMET £@tanguyber
SOUDAN
DU SUD
dent. Ils n’ont été que trois, il est vrai.
Les autres s’inquiéteront, une fois de
plus. « C’est un mauvais signal. C’est un
dur », glisse un ancien diplomate qui
prévoit une élection « tendue ». « Si elle
a lieu », s’empresse-il d’ajouter, comme
toute personne qui évoque ce scrutin. Le
vote aurait dû se tenir en novembre 2016, mais il n’avait pas été organisé, officiellement faute de « moyens », et
Joseph Kabila s’était maintenu au pouvoir. Ce n’est qu’à l’issue de longues né-
Au Mali, les questions s’accumulent sur les élections
Alors que le second tour de la présidentielle se tiendra dimanche, les opposants crient à la fraude et mettent en avant
des « incohérences ». La mission d’observation de l’Union européenne sur place se trouve dans une position délicate.
qu’aucune d’elles n’est à même de réellement juger de la sincérité du scrutin.
Le ministère de l’Administration territoriale n’a en effet publié les résultats
que globalement, au niveau national,
sans le moindre détail.
mement haute à Ménaka, dans le nord
du Mali, qui serait de plus de 86 %
(contre 43 % au niveau national).
Des résultats invérifiables
Une coalition d’opposants à IBK s’est réunie au Palais de la culture de Bamako, le 7 août.
« Il y a des différences importantes entre
les résultats relevés par Internet et ceux
relevés à la main, par papier », note-t-il.
Il souligne aussi des « incohérences »,
comme le nombre étrangement élevé de
votes par procuration, environ 340 000,
soit 10 % des votants. Et de s’interroger,
par exemple, sur la participation extrê-
L’opposition zimbabwéenne saisit la justice
L’opposition zimbabwéenne
a officialisé mercredi sa volonté
de poser des recours devant la justice
contre les résultats de l’élection
présidentielle du 30 juillet remportée
par le sortant, Emmerson Mnangagwa,
et son parti, la Zanu-PF. « Les
résultats vont être contestés. Toutes
les preuves dont nous avons besoin
sont disponibles. Il y a eu une fraude
de mammouth », assure l’avocat
du Mouvement pour le changement
démocratique (MDC), affirmant ne pas
« avoir peur ». Alexander Noyes,
spécialiste Afrique du Center for
Strategic and International Studies,
« doute » que la saisine aboutisse :
« Les cours de justice du Zimbabwe
ont un long passé de partialité
favorable à la Zanu-PF. Il est peu
probable que les juges, dont beaucoup
doivent leur poste au parti au pouvoir,
prennent des décisions favorables
à l’opposition. » L’un des principaux
opposants, Tendai Biti, a tenté de
quitter le pays mardi mais il a été
retenu à la frontière zambienne. Selon
la presse progouvernementale,
il serait recherché pour « incitation
à la violence ».
(AFP)
PRÉSENTE
NO
REDÉCOUVREZ LES GRANDES
AFFAIRES CRIMINELLES
La mission de l’Union européenne se
trouve donc dans une situation délicate,
incapable d’estimer honnêtement cette
élection sur laquelle planent des questions. C’est pourtant là sa raison d’être.
Or, par sa seule présence, par sa réputation de neutralité, la MOE UE contribue
à crédibiliser le processus. Comme
Bruxelles, elle s’est profondément impliquée, avant le scrutin, pour obtenir
des garanties de transparence, approuvant notamment la coûteuse impression
de cartes d’électeurs sécurisées. On peut
se demander à quoi ces précautions
contre la fraude peuvent servir si, au
final, les résultats demeurent invérifiables. Pourquoi la mission n’a pas exigé,
au préalable, la fameuse publication des
chiffres bureau de vote par bureau de
vote. Mardi, la mission a publié un communiqué timide soulignant, qu’il « serait souhaitable que les autorités prennent
toutes les mesures nécessaires de manière
à garantir le droit de vote à tous les
électeurs ».
« Le premier tour n’est pas satisfaisant,
c’est vrai. Mais c’est du passé. L’essentiel
est qu’il y ait un second tour. On se bat
pour qu’il soit transparent et clair », assure une source bien informée. Le défi est
des plus importants. D’une élection douteuse, naîtrait un président à la légitimité
et à l’autorité amoindries. Alors que les
négociations de paix traînent depuis trois
ans, les groupes armés ne pourraient que
profiter de ce pouvoir central faible. ■
T. B.
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A
« Cela rend impossible toute vérification. Il
nous faut les résultats bureau de vote par
bureau de vote pour que l’on puisse travailler », remarque un membre d’une
mission. Une exigence partagée par la
mission de l’Union européenne, sans succès pour l’instant. « C’est interdit par la
loi. Nous n’allons pas violer nos lois pour
faire plaisir aux Européens », prétend
Babahamane Maïga, secrétaire général du
ministère.
Cette intransigeance aiguise les soupçons. « Il y a eu des fraudes, c’est certain.
Mais à quel degré ? », s’interroge un diplomate. Ibrahima Sangho, président
du Pocim, une mission nationale, tout
en restant prudent, se fait plus précis.
LUC GNAGO/REUTERS
Environ 340 000 votes
par procuration
UV
EA
U
AFRIQUE DE L’OUEST L’élection présidentielle malienne devait être celle de la
maturité et de la confiance. Alors que le
pays s’apprête, le 12 août, à voter pour le
second tour, les leçons du premier entament déjà ces espérances. Le président
sortant, Ibrahim Boubacar Keïta, dit
IBK, est selon les résultats provisoires
confortablement en tête avec plus de
41 % des voix devant son rival de toujours, Soumaïla Cissé, qui obtient un peu
plus de 17,8 %. L’avance d’IBK, si elle ne
tue pas totalement le suspense, fait de lui
le grand favori.
Ce constat ne fait que renforcer les accusations des proches de Soumaïla Cissé.
« Ce résultat ne reflète en rien le vote des
Maliens », affirme Tiébilé Dramé, le directeur de campagne du challenger, qui
évoque des « bourrages d’urnes », des
« achats de voix » et des « tripatouillages ». Il n’avance cependant pas de
preuves concrètes de ses dires. Soumaïla
Cissé, comme Aliou Diallo, un autre prétendant battu, ont déposé des recours
devant la Cour constitutionnelle. Mais
l’institution, qui tranche en dernier ressort, est soupçonnée par les mêmes de
« partialité ». Les proches de IBK balaient ses arguments sèchement. « C’est
de la mauvaise foi. Le scrutin a été libre et
largement observé », souligne ainsi
Mouhammadou Camara.
On ne peut lui donner tort. Les missions d’observations électorales ont rarement été aussi nombreuses. On comptait deux grosses associations nationales
et une flopée d’internationaux dont
l’Union africaine, la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest
(Cédéao), la Francophonie et l’Union
européenne (MOE UE). Le problème est
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
jeudi 9 août 2018 LE FIGARO
8
INTERNATIONAL
Washington perd patience avec Pyongyang
Selon John Bolton, conseiller à la sécurité nationale américaine, « la Corée du Nord n’a pas pris les mesures
nécessaires à la dénucléarisation ».
Sud-Est asiatique), le 4 août à Singapour. Les deux hommes se sont salués,
ont échangé sourires et plaisanteries,
puis sont retournés s’asseoir sans poursuivre la conversation en coulisses. Sitôt
Pompeo reparti vers l’Indonésie, Ri
Yong-ho n’a guère attendu pour prendre la parole et fustiger l’attitude de la
Maison-Blanche, dont les exigences de
désarmement ne cadrent pas, selon lui,
avec le maintien des sanctions, et exiger
plus de mesures « de rétablissement de la
confiance le long du chemin ».
MAURIN PICARD £@MaurinPicard
NEW YORK
DIPLOMATIE Le vernis devait finir par
craquer, tôt ou tard. Malgré la douce sérénade entonnée par le président Donald Trump avec son homologue nordcoréen, Kim Jong-un, le 12 juin à
Singapour, Pyongyang ne semble pas le
moins du monde enclin à démanteler
ses programmes nucléaire et balistique,
comme Washington lui en intime l’ordre. Visiblement exaspéré, le conseiller
à la sécurité nationale, John Bolton, a
confié le fond de sa pensée, mardi matin
sur la chaîne Fox News. « Ce dont nous
n’avons plus besoin, c’est de rhétorique,
a-t-il déclaré. Ce dont nous avons besoin, c’est de mesures de la Corée du Nord
en faveur de la dénucléarisation. Les
États-Unis ont honoré la déclaration de
Singapour. Il n’y a que la Corée du Nord
qui n’a pas pris les mesures que nous
pensons nécessaires à la dénucléarisation. » Ces propos dissimulent une vérité crue : « Trump s’est bien fait avoir »,
dit Jennifer Rubin, du Washington Post,
paraphrasant l’avertissement coloré du
sénateur Mitch McConnell, le 1er juin
dernier.
Dans sa volonté d’engager le régime
nord-coréen, l’Amérique semble en effet loin du compte. Le 3 août, un rapport
confidentiel de l’ONU établissait que la
Corée du Nord n’a pas arrêté ses programmes nucléaire et balistique et
qu’elle viole allègrement les sanctions
imposées par les Nations unies. Quelques jours auparavant, le Washington
Post révélait que les agences américaines de renseignement soupçonnent
Pyongyang de produire de nouveaux
missiles, en se fondant sur de récentes
images satellites.
Furieux de ces pieds de nez répétés,
John Bolton a rappelé que le corset de
sanctions demeurait en place, et
qu’« aucun assouplissement » n’était
envisagé. Malgré ces assurances, le cordon sanitaire tissé autour de l’État stalinien montre de sérieuses faiblesses. La
Chine a repris les livraisons de pétrole,
ses touristes se pressent au sud du fleuve
Yalu. Les travailleurs nord-coréens affluent en Chine et en Russie, incitant le
secrétaire d’État Mike Pompeo à avertir
Moscou de cesser de violer la résolution
2375 du Conseil de sécurité en date du 11
septembre 2017, imposant un moratoire
sur les permis de travail à l’étranger
“
Le président Trump
a renoncé à toute forme
de levier en traitant
Singapour comme
un spectacle
”
JEFFREY BADER ET RYAN HASS,
DE LA BROOKINGS INSTITUTION
John Bolton, lors d’une conférence de presse à la Maison-Blanche, le 2 août.
pour la main-d’œuvre nord-coréenne.
En public, dirigeants américains et
nord-coréens affectent de jouer leur pas
de deux, dans « l’esprit » de Singapour.
Le 9 juillet, Donald Trump tweetait sa
« confiance [dans le fait que] Kim Jongun va honorer le contrat que nous avons
signé et, plus important encore, notre
poignée de main ».
Trois jours plus tôt, Mike Pompeo
CARLOS BARRIA/REUTERS
s’était rendu à Pyongyang afin de réanimer le dialogue. Son avion à peine reparti après des échanges jugés « productifs », le régime stalinien dénonçait les
« méthodes de gangster » des Américains, et leurs exigences « unilatérales ».
Ce sont pourtant les États-Unis, à y regarder de plus près, qui ont lâché des
concessions sans contrepartie : en accordant un sommet à Singapour qui of-
frait à Kim la reconnaissance internationale dont il rêvait, puis en annulant
des manœuvres militaires conjointes
avec la Corée du Sud et le Japon. La décision avait stupéfié Séoul et Tokyo,
ainsi que les généraux du Pentagone.
Pas rancunier, Mike Pompeo a retrouvé son homologue nord-coréen
lors de la conférence annuelle de
l’Asean (Association des nations du
Avertissement électoral pour les républicains dans l’Ohio
Après mon
« discours
de samedi
soir, tout a
basculé de la
meilleure des
manières
DONALD TRUMP
»
1 754 VOIX. Telle est la marge infime séparant le représentant républicain, Troy Balderson, de son rival démocrate, Danny O’Connor,
tous deux candidats à un siège de
la Chambre des représentants,
dans une élection partielle anticipée en Ohio, tenue mardi dans
une banlieue aisée de Columbus et
blanche à 88 %. Bien que le premier (avec 50,2 % des voix) ait
crié victoire, le second (49,3 %)
refuse de concéder la défaite. Res-
tent en effet 3 400 votes par procuration à dépouiller, retardant
toute conclusion définitive d’une
semaine. Une différence d’un demi-point obligerait l’Ohio à procéder à un recomptage des voix,
pour le plus grand bonheur
d’O’Connor. Ce bastion républicain depuis trois décennies avait
voté massivement en faveur de
Donald Trump en 2016. Malgré
une avalanche d’argent frais et le
soutien de la Maison-Blanche, le
conservateur Balderson pourrait
au final l’emporter d’extrême justesse, ce qui serait de mauvais
augure pour le 6 novembre (élections de mi-mandat), lorsqu’il affrontera de nouveau O’Connor,
cette fois à l’échelle de tout l’Ohio.
La performance de ce dernier
traduit en creux l’ampleur du désarroi dans le camp conservateur,
inquiet à l’idée de subir un raz de
marée démocrate à l’automne.
Donald Trump n’a pourtant pas
Des rescapés de la grotte
en Thaïlande naturalisés
La Thaïlande a accordé
la citoyenneté à quatre jeunes
joueurs apatrides d’une équipe
de football secourus dans une
grotte de Tham Luang, inondée
dans le nord du pays en juillet.
Russie : Oleg Sentsov
serait à l’article de la mort
Prenant prétexte de l’attentat perpétré contre lui
samedi dernier, le président vénézuélien a déjà fait
arrêter le député Juan Requesens.
A
AMÉRIQUE LATINE Peu avant de l’accuser, dans une émission télévisée,
d’être l’un des instigateurs de l’attentat
du samedi 4 août, le président Maduro
a fait arrêter le député d’opposition du
Tachira Juan Requesens du parti Primera Justicia avec sa sœur Rafaela.
Quatorze membres du redouté Sebin
(Service bolivarien de renseignements)
ont investi leur maison dans le quartier
Terrazas del Club Hipico de Caracas.
Rafaela, leader étudiante, a été relâchée quelques heures après : « Ils ne
réussiront pas à freiner notre lutte pacifique pour le Venezuela. Je sais que bientôt notre pays sera libre et la justice reviendra. »
Lors de sa prestation télévisée, Nicolas Maduro a donné des détails sur l’organisation de l’attentat du samedi
4 août contre lui-même. Il a affirmé
que deux groupes ont été entraînés en
Colombie au maniement des drones.
Comme preuves, il a diffusé des enregistrements des six présumés auteurs
des attentats. Il a aussi diffusé des enregistrements de ce qu’il a présenté
comme les communications entre les
auteurs des attaques. Ils révèlent une
maîtrise plus que succincte des drones : « Il faut maintenir le doigt sur le P
pour atteindre la cible », entend-on.
Mais surtout il a accusé les députés
de l’Assemblée nationale Juan Requesens et Julio Borges qui est en exil à Bogota, d’être les instigateurs de l’action
terroriste. L’Assemblée nationale (AN),
dominée par l’opposition mais qui a été
dépouillée de tous ses pouvoirs au profit de l’Assemblée nationale constituante (ANC) où ne siègent que des
chavistes, a vivement protesté contre
cette arrestation. Les députés rappellent que l’article 200 de la Constitution
établit que les députés de l’AN « bénéficieront de l’immunité dans l’exercice
de leurs fonctions depuis leur prise de
fonction jusqu’à la conclusion de leur
mandat ». Ils rappellent que seule l’AN
peut lever cette immunité.
Ce mercredi 8 août, l’Assemblée nationale constituante (ANC) a débattu de
la « levée de l’immunité parlementaire
des députés impliqués dans l’attentat ».
Diosdado Cabello, président de l’ANC,
a menacé sur Twitter : « Justice sera
faite, et cela fera mal. » Le même avait
hésité à s’attribuer les lauriers de
la victoire, rappelant dans un
tweet que Balderson « était au
plus mal, […] mais après mon discours de samedi soir, tout a basculé
de la meilleure des manières. Et
Troy a remporté une grande victoire à un moment difficile de l’année
pour aller voter ». Et de parier, un
peu prématurément, que Balderson « gagnera haut la main » en
novembre.■
M. P. (À NEW YORK)
EN BREF
Venezuela : Maduro
durcit la répression
contre l’opposition
PATRICK BÈLE pbele@lefigaro.fr
Ces coups bas, si familiers à tous les
négociateurs américains ayant frayé
avec les Nord-Coréens par le passé, ne
signifient pas que l’approche conciliante du président Trump est vouée à
l’échec, mais que « le processus pourrait
prendre des mois, voire des années »,
avance Jennifer Rubin. Et que l’Amérique, désormais, part de loin. « Pour négocier, il faut pouvoir disposer de leviers
de pression, expliquent Jeffrey Bader et
Ryan Hass, de la Brookings Institution.
Le président Trump a renoncé à toute
forme de levier en traitant Singapour
comme un spectacle, et non comme une
opportunité de jeter les bases d’une négociation pour dénucléariser la Corée du
Nord. » ■
Lors d’une émission télévisée, mardi, Nicolas Maduro a fourni des détails destinés
à accréditer la thèse d’un attentat fomenté par des opposants. HANDOUT/REUTERS
Le cinéaste ukrainien Oleg
Sentsov, emprisonné dans
une prison russe et en grève
de la faim depuis près de trois
mois, est dans un état de santé
« catastrophique » et craint que
sa fin ne soit « proche », a indiqué
mercredi sa cousine après avoir
reçu une lettre du prisonnier.
déjà évoqué en juin la levée de l’immunité parlementaire de députés de l’opposition.
L’Espagne accueille
87 migrants secourus
en mer
« Ta farce de l’attentat »
Depuis Bogota, l’ancien président de
l’Assemblée nationale, Julio Borges,
s’est adressé au président Maduro en
disant « ni le pays ni le monde ne croient
à ta farce de l’attentat ». Dans un communiqué, le parti d’opposition Voluntad popular, dénonce la « crise profonde et l’instabilité de notre pays qui n’est
plus seulement politique, économique et
sociale, mais aussi militaire et de sécurité nationale. La dictature, et ceux qui
la soutiennent, ne peut continuer
d’ignorer et de nier la gravité de ce qui
se passe ». Depuis plusieurs mois, une
purge est en cours dans l’armée et Maduro a exigé de tous les membres du
haut commandement militaire de lui
jurer fidélité.
Comme Julio Borges, beaucoup dans
l’opposition émettent des doutes sur la
réalité de l’attentat contre Nicolas Maduro. Les autorités ayant immédiatement arrêté tous les journalistes sur
place, difficile de reconstituer les événements. Un drone aurait explosé en
vol à proximité de la tribune officielle.
Le second se serait écrasé sur un immeuble voisin après que les brouilleurs
d’ondes déployés pour la protection du
président vénézuélien en ont fait perdre le contrôle. Les rares témoins qui
osent s’exprimer parlent d’arrestations
de plusieurs personnes immédiatement après les faits dans une voiture
garée aux abords de la manifestation.
Le président a, lui, affirmé que ces interpellations avaient été rendues possibles grâce à un groupe d’habitantes
« qui a repéré des individus dans des
voitures au comportement étrange. Ces
femmes ont arrêté les premiers terroristes… Je veux rendre hommage à ce courage populaire ». ■
L’ONG espagnole Proactiva Open
Arms a été autorisée par l’Espagne
à faire débarquer jeudi matin au
port d’Algésiras 87 migrants
secourus le 2 août en Méditerranée
centrale et auxquels l’Italie a
fermé ses ports, a-t-on appris
mercredi auprès des autorités
Indonésie :
le bilan du séisme monte
à 131 morts
Le bilan du violent séisme
qui a frappé l’île indonésienne
de Lombok est monté à 131 morts
mercredi, alors que les autorités
manquaient de nourriture, d’eau
potable et d’aide médicale
pour approvisionner quelque
156 000 habitants évacués dans
des abris de fortune.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
jeudi 9 août 2018
INTERNATIONAL
9
Cette colonie
d’Artek où la
Russie forme les
jeunes du monde
À Yalta, dans la Crimée occupée, la Russie
diffuse, comme du temps de l’URSS,
ses idées auprès d’enfants sélectionnés.
demande est cinq fois plus importante et
nous aimerions que le Fonds relève les
quotas », explique-t-elle. « Il ne faut
pas avoir peur d’aller en Crimée. Il ne
faut pas croire ce qu’on raconte dans les
journaux », poursuit en russe cette
dame originaire de Sébastopol, qui rêvait dans son enfance de venir à Artek.
La réputation de la colonie dans les
milieux prorusses ou favorablement
orientés envers Moscou n’est plus à fai-
Bachar el-Assad
a récemment révélé
avoir envoyé ses enfants
l’année dernière à Artek
EA
U
re. Bachar el-Assad a récemment révélé avoir envoyé ses enfants l’année dernière à Artek. Mais ici, on ne fait pas de
politique, jure son directeur, Alexeï
Kasprjak, peiné que le ministère de
l’Éducation français ait refusé de le recevoir. « Nous aspirons à plus de liberté.
Ce sont les enfants qui prennent des initiatives. Notre fonction est de les aider à
réaliser leur potentiel. » Pas de politique,
RUSSIE
MOLDAVIE
Ossétie
du Sud
À VOS
PLUMES,
REJOIGNEZ
Il y a dix ans, la Géorgie était LES ATELIERS
amputée de l’Ossétie du Sud
D’ÉCRITURE
DU FIGARO
LITTÉRAIRE !
ROUMANIE
Crimée
Abkhazie
GÉORGIE
M er N o ire
ARM.
BULGARIE
TURQUIE
Infographie
MOSCOU commémore avec émotion les
dix ans de la « guerre des cinq jours »
l’ayant opposé à la Géorgie. Les médias
proches du Kremlin présentent l’écrasante victoire russe comme une nécessité pour stopper « l’agression géorgienne » contre les civils d’Ossétie du Sud.
L’accent est mis sur la responsabilité des
États-Unis (à l’époque présidés par
George W. Bush) qui auraient lâché la
bride au bouillant chef d’État géorgien
Mikhaïl Saakachvili. Et sur la désinformation occidentale, qui aurait confondu
l’agresseur avec la victime.
Le bilan donne un tableau plus nuancé. Le conflit a provoqué la mort de
800 personnes (dont 386 civils) et l’expulsion de 20 000 Géorgiens d’Ossétie
du Sud. Deux régions séparatistes proMoscou, représentant un cinquième du
territoire géorgien, sont de facto passées
sous contrôle russe, que Moscou présente comme des États « indépendants ».
Symétriquement, Tbilissi n’a cessé de
dénoncer « l’agression impérialiste russe » et commémorait hier mercredi le
10e anniversaire du conflit en mettant
en berne le drapeau national sur les bâtiments publics. Même si les liaisons aériennes avec la Russie ont été rétablies,
les relations diplomatiques entre les
deux pays restent tendues. Faisant allusion aux opérations militaires ultérieures russes (annexion de la Crimée, participation voilée au conflit du Donbass
et Syrie), l’ancien président Mikhaïl
Saakachvili qualifiait récemment de
« première victoire de Poutine » sa propre déroute militaire. En figeant l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie dans une zone
grise, Vladimir Poutine a bloqué l’intégration de la Géorgie dans l’Otan, qu’il
considère comme « une menace directe
pour la sécurité de la Russie ». Une opération répétée en 2014 avec l’Ukraine. ■
P. D.
« Nous portons tous un livre en nous,
un désir de texte pour soi ou à partager.
Le Figaro littéraire a ouvert de nouveaux
ateliers pour celles et ceux qui sont attirés
par la formidable aventure de l’écriture. »
Prochain atelier
GRÉGOIRE
DELACOURT
Écrivain, auteur de La Liste
de mes envies, immense succès
qui a fait l’objet d’une adaptation
au théâtre et sur grand écran.
Il a publié L’Écrivain de la famille,
La Première chose qu’on regarde,
On ne voyait que le bonheur,
Les quatre saisons de l’été, et,
récemment, Danser au bord
de l’abîme.
24 septembre/1er octobre/8 octobre
15 octobre/22 octobre/5 novembre
de 18h à 22h
Dans les locaux du Figaro, 14 bd Haussmann, Paris 9ème.
Découvrez toutes les modalités sur: lefigaro.fr/ateliers-d-ecriture
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A
200 km
UKRAINE
Transnistrie
SPUTNIK PHOTO AGENCY/REUTERS
sa manière, à travers une ronflante initiative baptisée « l’Assemblée juvénile
des Nations unies », sous l’égide du ministère des Affaires étrangères russe.
Sans l’aval des Nations unies, ni bien
sûr de l’Ukraine, qui conteste l’annexion de la péninsule par la Russie en
2014.
L’ambassadeur de Russie auprès des
Nations unies et du Conseil de sécurité,
Vassili Nebenzia, est venu jeudi
26 juillet apporter un poids officiel à
l’événement, diffusé par la télévision
d’État, comme s’il s’agissait d’un succès
diplomatique. Un groupe de journalistes européens a été convié - tous frais
payés - à Artek, pour faire passer le
message hors des frontières. « Je pense
que les enfants qui sont venus ici feront
connaître plus rapidement dans leurs
pays la vérité sur la Crimée », estime le
diplomate. Les pressions diplomatiques
tous azimuts n’ont pour l’instant poussé que dix pays, tous proches alliés de
Moscou, à reconnaître la Crimée comme sujet de la Fédération russe. D’où
l’usage de méthodes dites « hybrides »,
à l’instar des bons offices des enfants
d’Artek. ■
donc. Pourtant, on y organise des référendums chaque année, à la date anniversaire du fameux référendum du
16 mars 2014 ayant servi à légitimer
l’annexion de la Russie.
Les enfants ont été invités à rejouer
le procès de Nuremberg, qui a vu la
condamnation des hauts dignitaires
nazis. L’Ukraine est constamment dépréciée dans les propos des adultes et
dans les photographies d’Artek avant
2014. Et, sans surprise, on vend des teeshirts à l’effigie de Vladimir Poutine
(portant l’inscription « je lis dans vos
pensées ») dans les magasins de la colonie de vacances.
Le Kremlin a dépensé 360 millions
d’euros dans cette subtile formation de
la jeunesse. Un contrat public, qui, soit
dit en passant, est échu à une société du
milliardaire Arkadi Rotenberg, ami de
jeunesse de Vladimir Poutine. C’est
également Rotenberg qui a construit le
gigantesque pont reliant la Russie à la
Crimée depuis cette année.
Des investissements que le Kremlin
aimerait voir se convertir à terme en
une reconnaissance de la souveraineté
russe sur la Crimée. Artek y contribue à
  © B﹒ CHAROY
Territoires occupés par les Russes
Vladimir Poutine lors de sa visite au camp de vacances des enfants d’Artek, le 24 juin 2017.
UV
CRIMÉE Comment
conjuguer
soft
power, jeunesse et cette problématique
péninsule de Crimée annexée en 2014
aux dépens de l’Ukraine ? Le Kremlin
pense avoir trouvé un moyen, qui
prend la forme d’une colonie de vacances très particulière. Artek - c’est son
nom - existe depuis un siècle, à quelques encablures de Yalta. Autrefois colonie élitiste formant les enfants les plus
doués de l’URSS, le camp de vacances
est rapidement remodelé par Moscou
en vitrine du monde russe.
Niché dans une baie baignée de soleil,
sur la côte sud de la Crimée, Artek occupe une surface de 218 hectares.
« C’est plus grand que Monaco », vante
son directeur, Alexeï Kasprjak. À chaque époque sa référence. L’immense
statue de Lénine (19 mètres de haut) se
dressant au milieu de la colonie décrépit doucement. Les enfants ne sont plus
priés de rendre hommage à « grandpapa Lénine ». Ils sont dorénavant
choyés avec des activités sportives (varappe, tennis, voile), pratiquées au
moyen d’équipements tout neufs et logés par chambres de six dans des bâtiments en parfait état. Artek accueille
tout au long de l’année des groupes
d’enfants âgés de 8 à 17 ans par périodes
de trois semaines. En été, leur nombre
atteint 4 000, en hiver 2 500.
C’est la séquence juillettiste qui voit
le plus grand nombre d’enfants étrangers : 450 durant la visite du Figaro.
Parmi eux, quelques dizaines de Français, comme Katelina, 13 ans, parisienne. Elle pose quelques instants sa raquette de tennis pour raconter son
bonheur d’être à Artek. « Je suis déjà
venue ici l’année dernière. J’ai plein
d’amis ici, je me repose et je m’amuse. »
C’est après avoir entendu une amie
vanter la colonie que Katerina a demandé à sa mère de l’inscrire. Ça tombe bien, cette dernière est russe, et
comme à l’immense majorité des personnes nées en URSS, on lui a fait miroiter Artek comme un paradis quasi
inaccessible. « Ma mère a fait des pieds
et des mains pour m’envoyer ici, auprès
de l’ambassade [de Russie à Paris]. »
Katelina n’est pas vraiment dépaysée,
car elle va chaque été en Russie rendre
visite à sa famille et parle le russe,
qu’elle étudie à Paris chaque mercredi.
Presque tous les enfants français d’Artek à qui Le Figaro a pu parler ont au
moins un parent russe et sont bilingues.
« C’est plus difficile de s’intégrer pour
ceux qui ne parlent pas », estime Marie,
12 ans, dont la mère, russe, l’a poussée
à s’inscrire à Artek. « Mais nous les
aidons et des étudiants interprètes les
aident. »
« Sur les 450 enfants étrangers présents en ce moment, 50 ne parlent pas
russe », explique Andreï Makarov, directeur exécutif du Fonds de soutien
d’Artek, une organisation publique
chargée d’attirer, de sélectionner et de
financer les candidatures étrangères.
« Les parents ne paient que le transport
jusqu’à Artek. Nous prenons en charge le
reste », poursuit Makarov. C’est un investissement pour préparer le futur.
« Plus il y a de monde qui connaît Artek,
mieux c’est. Ces enfants ont une attitude
loyale envers la Russie », croit Makarov,
qui préfère rester discret sur les réseaux
de promotion : « Je ne peux pas nommer
les organisations qui nous aident à trouver des enfants », glisse-t-il.
Certaines sont présentes à Artek,
comme Art Radouga, l’association
culturelle russe de Strasbourg, représentée par sa directrice, Elena Koskina.
« Nous avons envoyé à Artek dix enfants
cette année, pareil l’année dernière. La
O
YALTA
N
PAUL DUVERNET
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
jeudi 9 août 2018 LE FIGARO
10
SOCIÉTÉ
Des dizaines de personnes participent mercredi à une marche blanche dans les rues de Grenoble, en hommage à Adrien, tué le 29 juillet à la sortie d’une discothèque.
FRANCK MEDAN/WOSTOK PRESS/MAXPPP
Insécurité : la colère des Grenoblois
Élus et habitants de l’agglomération réclament plus de moyens contre les violences qui gangrènent la région.
ANGÉLIQUE NÉGRONI anegroni@lefigaro
DÉLINQUANCE La tristesse s’est mêlée à
l’inquiétude et à la colère, parmi les personnes qui formaient le long cortège qui a
défilé mercredi après-midi dans les rues
de Grenoble (Isère). Treize jours après la
mort tragique d’Adrien Perez, ce jeune
homme de 26 ans tué d’un coup de poignard à la sortie d’une discothèque dans
la commune voisine de Meylan, une marche blanche était organisée. En soutien à
la famille accablée de douleur, en la mémoire de cet étudiant poignardé en tentant de défendre un de ses amis au sortir
de la boîte de nuit, les amis, les proches se
sont rassemblés, rejoints aussi par de
nombreux élus de l’agglomération. Parmi
eux, Arslan Soufi, adjoint de Meylan,
venu rendre un dernier hommage à la
victime, mais aussi venu pour dénoncer
une hausse de la violence dans la région et
l’insuffisance de moyens. Ces derniers
jours, les parents de la victime avaient
seille », résume Philippe Lepagnol,
secrétaire départemental adjoint du syndicat de police Alliance. « On y a exactement les mêmes maux : une violence régulière, des trafics de drogue, du grand
banditisme, des échanges de tirs régulièrement signalés », poursuit-il. Spécialiste du
évoqué « une minorité ultraviolente qui
terrorise les pauvres gens » et le manque
de réaction de l’État.
« Ce drame résulte de l’absence d’une
politique efficace menée dans les quartiers
sensibles de Grenoble », affirme Arslan
Soufi en évoquant les trafics de drogue et
d’armes qui se sont enkystés dans les cités de Villeneuve ou de Teisseire, devenus
pour lui « des zones de non-droit ».
L’abandon de ces territoires, passés aux
mains des trafiquants, a pour conséquence, selon l’élu, une aggravation de la
situation. « La violence gagne du terrain,
dit-il. Des communes comme Meylan qui
sont des havres de paix sont atteintes par
cette délinquance de passage sur son territoire. » Outre cette rixe mortelle devant
la discothèque le 29 juillet dernier, ce sont
aussi, ajoute-t-il, « les trafiquants de stupéfiants qui viennent aux portes du lycée de
la ville pour écouler leur marchandise ».
Cette situation inquiétante est aujourd’hui décrite par tous les acteurs. « Grenoble, c’est aujourd’hui un petit Mar-
“
Nous voudrions savoir
pourquoi la problématique
de Grenoble n’a pas retenu
l’attention
”
PASCAL CLOUAIRE, MAIRE ADJOINT
droit auprès des victimes et constatant lui
aussi une hausse de cette violence gratuite, Me Hervé Gerbi rappelle, quant à lui,
les propos du procureur de Grenoble, il y
a un an. « En 2017, celui-ci avait déjà tiré la
sonnette d’alarme. Il s’était inquiété des
trafics de drogue prospérant sur le secteur
et de la violence qu’ils entraînent », dit-il.
Pour endiguer le phénomène, tous réclament aujourd’hui des moyens supplémentaires et se tournent notamment vers
le gouvernement. Présent lors de la
marche blanche pour dénoncer « ce drame humain inqualifiable », l’un des adjoints de Grenoble, Pascal Clouaire, demande aujourd’hui « un rendez-vous
dans les plus brefs délais avec le ministre de
l’Intérieur ». Avec les communes voisines
d’Échirolles et de Saint-Martin-d’Hères,
sa ville avait été candidate pour expérimenter la nouvelle police de sécurité au
quotidien (PSQ) et obtenir ainsi plus d’effectifs. « Cela nous a été refusé, et nous
voudrions savoir pourquoi la problématique de Grenoble n’a pas retenu l’attention », souligne-t-il en signalant qu’en
dépit des demandes réitérées pour rencontrer Gérard Collomb, Beauvau n’a jamais répondu. Pour l’heure, le maire
communiste d’Échirolles est parvenu,
quant à lui, à débloquer un rendez-vous
au ministère. « Fixé au 28 août », signale
son directeur de cabinet, Clément Audap.
Les agriculteurs peinent à trouver
des remplaçants pour les vacances d’été
Il manque un millier de candidats pour permettre aux paysans qui le souhaitent de partir en congés.
Faute de solutions, c’est le système D qui prime.
Maine-et-Loire, elle-même agricultrice à Noyant-Villages, dans le nord-est
du département. Dès que nous formons
des jeunes au remplacement, ils s’en vont
créer leur propre exploitation. Ils restent
en moyenne quatre à cinq ans. »
A
ÉRIC DE LA CHESNAIS £@plumedeschamps
Statut plus favorable
JEAN PIERRE AMET/MAXPPP
RURALITÉ Même si les jeunes générations de paysans partent plus volontiers
en vacances l’été, en moyenne une semaine, encore faut-il qu’elles puissent
trouver un remplaçant ! Une tâche de
plus en plus difficile chaque année.
« Cela fait deux à trois ans qu’en juillet et
août nous ne pouvons satisfaire toutes les
demandes, remarque Luc Pierron, président du Service de remplacement
(SR) pour la France, lui-même viticulteur dans le Beaujolais. Il nous manque actuellement près d’un millier de salariés dans l’ensemble de nos structures
départementales pour répondre à toutes
les sollicitations. Mais comme dans
beaucoup de métiers, nous ne trouvons
pas de candidats. »
Le Service de remplacement est une
structure associative d’intérêt social
créée par des paysans dans les années
1970 pour leur permettre de se faire
remplacer en cas d’accident, décès ou
maladie. Cette organisation, financée
par la cotisation des agriculteurs au niveau départemental, s’est progressivement étendue à toute la France et a vu
son objet élargi aux congés. « Même si
les agriculteurs partent en moyenne
moins en vacances que les Français, à
peine la moitié contre 60 % pour l’ensemble des Français, cela est rentré dans
les mentalités. Les congés représentent
près d’un tiers des demandes des pay-
Un jeune agriculteur accompagne
son troupeau de vaches laitières.
sans au Service de remplacement contre
37 % pour la maladie et les décès et 20 %
pour les congés maternité ou paternité »,
indique Karim Cheurfa-Molinier,
conseiller technique national au SR.
Une pénurie de main-d’œuvre que
l’on constate dans l’ensemble des départements agricoles français et plus
particulièrement dans les filières de
l’élevage porcin et laitier. « L’an dernier, nous avons refusé trente demandes
de départs en vacances. Cette année
même si l’été n’est pas fini, ce phénomène s’est encore aggravé, constate
Bénédicte Le bouc, présidente du SR du
Toutes les voies de communication sont
bonnes pour recruter, y compris les réseaux sociaux. En Haute-Savoie, le SR
recherche « trois CDD pour le mois
d’août sur le secteur de l’Albanais et la
région d’Annecy, pour un poste de salarié
agricole dans les travaux d’élevage,
traite, alimentation et soins au troupeau… », peut-on lire sur Facebook.
« On est au taquet jusqu’à fin août, nous
avons huit salariés et deux CDD. Nous ne
pouvons assurer les demandes d’agriculteurs de dernière minute pour les départs en vacances et devons recruter à la
suite d’une urgence, un décès dans une
ferme », souligne Hervé Garçon, viceprésident du SR 74 et éleveur laitier
près d’Annecy.
Pourtant, contrairement aux agriculteurs dont beaucoup ne comptent pas
leurs heures, les salariés de remplacement ont un statut professionnel nettement plus favorable que ces premiers.
Ils sont rémunérés sur la base des
35 heures par semaine. Au-delà, elles
sont majorées, tout comme le weekend et les jours fériés. Ils bénéficient
d’un jour de repos après six jours
consécutifs de travail et sont rémunérés
au taux horaire du smic, la plupart du
temps nettement plus, compte tenu des
compétences demandées.
Résultat : les fermiers doivent actionner le système D pour trouver des
solutions de repli. « Ils reportent leurs
dates de départ, ils trouvent un proche
ou un ami pour les remplacer ou alors ils
restent chez eux », décrit Hervé Garçin.
« Nous avons pu partir en Auvergne
l’été dernier car c’est mon fils que nous
avons salarié une semaine qui nous a
remplacés, reconnaît Yannick, éleveur
laitier en Ille-et-Vilaine. Cette année, il
ne pouvait pas et nous n’avons trouvé
personne au service de remplacement,
nous resterons à la ferme. Cela tombe
bien finalement car la sécheresse complique le travail et réduit nos chiffres
d’affaires en lait. »
Pour les inciter à partir davantage en
congés, les agriculteurs bénéficient
d’un crédit d’impôt sur la moitié des
dépenses liées au paiement du salarié
de remplacement dans la limite de
2 000 euros par exploitant. Cela équivaut au paiement de sept jours de salaires de remplacement en moyenne. En
outre, afin de capter un plus grand
spectre de candidats au remplacement,
le SR devrait déployer sur l’ensemble
de la France une application sur smartphone ou tablette, du nom de Demeter,
actuellement en test. La décision pourrait être prise lors du prochain conseil
d’administration du SR, en octobre
prochain. ■
« On espère que l’on pourra tester la PSQ,
qui va continuer à se déployer en 2019. On
est soutenu dans notre démarche par les
services de police et la préfecture », poursuit ce dernier.
Mais, pour Arslan Soufi, la lutte contre
la délinquance induit aussi une politique
locale allant dans le même sens au sein de
toutes les communes concernées. Ce qui
n’est pas le cas aujourd’hui, dit-il en
pointant du doigt l’action du maire de
Grenoble, Éric Piolle. L’élu écologiste est
aujourd’hui au cœur de critiques, en
n’aidant pas l’action de la police, selon
Alliance, en ne voulant plus recourir à la
vidéoprotection, selon l’élu de Meylan.
« Nous avons maintenu les caméras là où
elles ont prouvé leur efficacité », se défend
Pascal Clouaire. Or pour Me Gerbi, grand
nombre d’entre elles ne fonctionnent
plus. Et pour des raisons écologiques,
Grenoble a aussi décidé de réduire l’éclairage public. En parallèle de la hausse de la
violence, ce choix, diffuse, dit-il, « un réel
sentiment d’insécurité sur la ville ». ■
EN BREF
Onzième suicide en huit mois
à la prison de Fleury-Mérogis
Un détenu s’est suicidé mardi
à Fleury-Mérogis (Essonne),
a indiqué mercredi le parquet
d’Évry, ce qui alourdit la série
noire en cours dans la plus grande
prison d’Europe, où onze détenus
se sont donné la mort depuis
huit mois.
Plainte complémentaire
d’Anticor dans
le dossier Kohler
L’association Anticor a annoncé
mercredi le dépôt d’une plainte
complémentaire contre Alexis
Kohler pour « prise illégale
d’intérêts » à la suite de
la publication par Mediapart
de nouveaux éléments sur les
rapports entre le secrétaire
général de l’Élysée et le groupe
de croisières MSC.
Paris : un homme poignardé
mortellement lors d’une
altercation dans un bus
Un homme a été poignardé
mortellement mercredi matin lors
d’une altercation dans un bus
parisien. Son agresseur est en fuite.
Redoine Faïd repéré
à Sarcelles : les explosifs
étaient factices
Les explosifs trouvés à bord de la
voiture dans laquelle le braqueur
évadé Redoine Faïd a été repéré
fin juillet à Sarcelles (Val-d’Oise)
étaient factices, a appris l’AFP
mercredi. Le braqueur de 46 ans,
qui s’est évadé par hélicoptère
d’une prison de Seine-et-Marne
le 1er juillet, avait été reconnu
le 24 juillet sur des images de
vidéosurveillance.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
jeudi 9 août 2018
SOCIÉTÉ
11
Le vélo-cargo à la conquête des villes
Pour transporter
ses enfants, faire
une livraison ou
même déménager,
cet utilitaire séduit
de plus en plus
les citadins.
Succès de la
trottinette en
libre service
ALICE BROGAT £@AliceBrogat
TRANSPORTS Tous les matins, Robin
Paradis emmène ses filles à l’école en
vélo-cargo. Derrière ce nom ronflant se
cache un vélo à deux ou trois roues,
avec une benne fixée à l’avant pour
transporter courses ou passagers. « Je
pars à l’heure de pointe et je mets trois
fois moins de temps qu’en voiture », se
réjouit cet habitant de Lyon. Grâce à un
centre de gravité bas, l’engin reste maniable et très stable. Le père de famille
est l’un des premiers adeptes du vélocargo en France : « Quand j’ai commencé
Venu des Pays-Bas, le vélo-cargo permet de transporter personnes ou matériel. PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP
à rouler avec, en 2011, on m’arrêtait pour
me demander ce que c’était. Maintenant,
vie avec une voiture« , affirme-t-il.
les gens ne tournent même plus la tête. »
« Il y a un marché important de vélociscentre-ville, et il y avait une vraie deL’usage du vélo suppose une organisates dans la ville. Le souhait n’est pas de
mande pour des déménagements écoVenu des Pays-Bas, le véhicule
tion particulière car le jardinier ne peut
tuer cette économie locale mais plutôt de
los », constate Wiame Benyachou, préconnaît un succès croissant en France.
transporter en même temps sa tondeul’appuyer », explique Pierre-Marie
sidente de l’association. Grâce aux
Les magasins Cyclable ont enregistré
se et son broyeur. Florian Marquet reGarnier, chargé de mission énergie à
économies de carburant, le déménageune hausse des ventes de vélos-cargos
cycle aussi sur place les déchets végél’Eurométropole de Strasbourg. « Les
ment d’un deux-pièces revient à envide 124 % depuis 2015. Dans les rues de
taux de ses clients. Pour lui, « le vélo
gens pensent que c’est réservé à un usaron 350 € contre 700 € avec un profesVersailles, ces bicyclettes allongées
permet de justifier cette démarche écologe privé, mais ça peut aussi concerner
sionnel classique.
font désormais partie du paysage. « Ce
gique et amène les gens à réfléchir à
les entrepreneurs, les artiAlors que l’engouement pour le véloproduit marche très bien ici
leurs pratiques ». Depuis deux ans et
sans… », ajoute-t-il.
cargo touche principalement les grancar il y a beaucoup de fademi, sa famille économise 200 € par
des villes, son usage demeure plus
milles nombreuses et qu’il
« Il n’y a pas plus efficace
mois en ayant renoncé à une deuxième
contraignant en milieu rural, où les
est difficile de se garer deque le vélo en ville » , confirvoiture.
distances sont plus grandes. Par
vant les écoles », explique
me Axel, coursier à Paris.
Pour le Lyonnais Robin Paradis, la
conviction écologique, Florian Marquet
Antoine Eigho, dirigeant
En maillot de sport et à
seule ombre au tableau est le risque de
s’est pourtant lancé dans l’aventure. En
de la boutique Vélo Monl’aide de ses pédales autodes ventes
vol par des réseaux qui revendent les
2016, cet ingénieur paysagiste s’est rede. D’après lui, le public
matiques, le jeune homme
de vélos-cargos
bicyclettes au Danemark ou aux Paysconverti en jardinier en venant habiter
conquis par cet aspect
parcourt 90 km par jour,
dans les magasins
Bas, où le marché d’occasion est beauà Sarzeau, commune du Morbihan de
pratique est essentiellejuché sur une selle élevée.
Cyclable depuis 2015
coup plus développé. Mais pour ce féru
8 000 habitants. « J’ai eu envie d’être en
ment féminin. « C’est deGrâce aux aides de la Mairie
du vélo, le risque est minime par rapadéquation avec mon environnement, et
venu le cadeau de la mère
de Paris, plafonnées à
port au gain en qualité de vie. ■
je n’aurais pas commencé cette nouvelle
de famille », observe le commerçant.
400 €, il a pu se procurer un vélo-carCertains de ses clients ont même rego avec une plateforme supportant
vendu leur voiture après l’achat d’un
150 kg. Même lorsqu’il ne travaille pas,
triporteur.
le coursier ne se déplace plus qu’à vélo.
« C’est devenu une véritable passion ! Je
L’acquisition d’un vélo-cargo reprépars même en vacances en vélo-cargo,
sente toutefois un investissement
et j’aide parfois des potes à déménaconséquent. Les prix oscillent entre
ger », raconte le jeune homme, qui a
1 500 € pour un biporteur classique et
déjà chargé un canapé ou une armoire
6 000 € pour un triporteur à assistance
sur son vélo porteur.
électrique. Afin d’encourager les habitants à tester différents modèles avant
L’Atelier Remuménage, acteur histoun éventuel achat, la mairie de Strasrique du déménagement à Bordeaux,
bourg s’est dotée début juin de neuf vés’est d’ailleurs mis au déménagement à
los-cargos électriques en libre-service.
vélo. « Le camion n’est pas efficace en
124
%
de hausse
En conflit avec le concessionnaire, le préfet
des Alpes-Maritimes brandit cette menace.
ROLAND GAURON ET ANTOINE PELÉ
CIRCULATION Une portion de l’autoroute A8, entre Antibes et Nice Saint-Isidore,
pourrait passer d’une limitation de
110 km/h à 90 km/h. Selon Nice-Matin,
c’est la menace brandie par GeorgesFrançois Leclerc, le préfet des Alpes-Maritimes. Et le couperet pourrait tomber
dès le 1er octobre pour les automobilistes
empruntant ce tronçon long d’une vingtaine de kilomètres. Dans un communiqué, le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes, Charles-Ange
Ginésy, met en cause le concessionnaire
autoroutier Escota, filiale de Vinci Autoroutes. Ce dernier aurait refusé de financer l’installation de panneaux lumineux
pilotés à distance, permettant d’abaisser
la vitesse limite autorisée aux heures
d’affluence. Selon l’élu, le concessionnaire lierait la mise en place de ce dispositif à une augmentation du péage.
L’entreprise se défend et assure vouloir
avant tout respecter le contrat qui lie la
société à l’État. « Nous ne sommes que
concessionnaires, nous n’avons aucun
pouvoir de décision, rôle qui appartient au
ministère des Transports », explique un
porte-parole de Vinci Autoroutes. Par
ailleurs, l’entreprise estime que le dispositif s’avérerait « efficace » pour fluidifier
le trafic sur le tronçon en question. Char-
les-Anges Ginésy demande lui aussi à
l’État d’intervenir auprès d’Escota. « Si la
circulation venait à être effectivement limitée à 90 km/h, je n’accepterais pas que
l’État renonce à imposer à la société Escota
la gratuité de l’autoroute pour les usagers
sur le tronçon Antibes-Nice Saint-Isidore », prévient Charles-Ange Ginésy.
L’annonce n’a pas manqué de faire réagir les automobilistes et les hommes politiques de la région. Informé par le préfet,
le maire de Nice, Christian Estrosi, assure,
lui avoir notifié son opposition à l’abaissement de la vitesse autorisée. « Cette mesure […] conduira à une augmentation des
temps de parcours de plusieurs minutes en
dehors des périodes de congestion », critique l’édile, qui se dit toutefois favorable à
une gestion dynamique du trafic. Éric
Ciotti juge lui aussi inadmissible un passage à 90 km/h, tout comme une éventuelle
augmentation du péage. « Alors que
l’autoroute A8 figure parmi les plus chères
de France, j’exige de l’État qu’il ne cède sur
rien », réagit le député LR des Alpes-Maritimes. Reste que la menace du préfet, si
elle venait à être effective, pourrait tout
de même faire des heureux, notamment
chez les riverains de l’autoroute. « C’est
une touche d’espoir qui pourrait permettre
à beaucoup de gens de se mobiliser pour enfin trouver une solution globale au fléau urbain qu’est devenue l’autoroute », confie
l’un d’eux, interrogé par Nice-Matin. ■
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En retard pour se rendre au travail,
Kévin dégaine son smartphone.
Après un rapide coup d’œil sur la carte
de l’application Lime, qui géolocalise
les trottinettes disponibles à proximité,
ce maître d’hôtel se dirige vers quatre
engins verts et gris, rangés sur
un trottoir devant l’Opéra Garnier.
« C’est fun, pratique et rapide »,
s’enthousiasme le jeune homme,
qui en est à sa sixième course depuis
leur arrivée dans la capitale, fin juin.
Après ses vélos partagés sans bornes,
l’entreprise américaine Lime a étendu
le concept aux trottinettes, qui peuvent
être laissées n’importe où sur
les trottoirs après utilisation. Ramassés
le soir à 21 heures, les centaines
d’appareils sont rechargés durant
la nuit et réinstallées à 5 heures dans
la plupart des arrondissements. Ces
engins visent à proposer une « solution
durable » pour parcourir le « dernier
kilomètre » séparant les transports en
commun du domicile. Avec les déboires
de Vélib’ et les beaux jours, l’entreprise
s’est implantée à Paris à un moment
stratégique où elle déjà franchi le cap
des 100 000 courses. « Nous ciblons
surtout les Parisiens mais les touristes
apprécient beaucoup nos services »,
se félicite Arthur-Louis Jacquier,
directeur général de Lime France.
Un marché florissant que l’entreprise
doit déjà partager avec deux nouveaux
acteurs : Txfy et Bird. Pour ceux qui
jugent dangereux de rouler à vélo dans
la capitale, la trottinette électrique n’est
pas forcément plus rassurante. Interdits
sur les trottoirs, ces petits bolides bridés
à 25 km/h se frayent une place sur
les pistes cyclables, ou à défaut, sur
la chaussée. Pour l’heure, l’entreprise
n’envisage pas de s’implanter
dans d’autres villes de France. ■
A. B.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
jeudi 9 août 2018 LE FIGARO
12
SPORT
Bubba Watson : « Gagner un Majeur,
c’est encore faisable… »
L’Américain, qui réalise l’une de ses plus
belles saisons depuis son deuxième sacre
au Masters en 2014, aborde ce jeudi
l’USPGA avec ambition.
meilleur au golf. Cela n’a pas d’importance. Mes capacités au-dessus de la
moyenne des golfeurs pour bien jouer à
ce sport m’aident seulement mentalement. Mais, grâce à ce qui est écrit dans la
Bible, j’ai appris que manquer un cut
n’était pas si important que cela…
Vous êtes de passage à Paris
pour redécouvrir le tracé du Golf National
qui accueillera bientôt la 42e Ryder Cup.
Quels souvenirs gardez-vous de votre
dernier passage, en 2011 ?
(Rires) Je me souviens surtout que j’avais
manqué le cut… Le parcours est très intéressant, avec la présence de l’eau sur les
derniers trous. Depuis 2011, le tracé a pas
mal évolué pour justement accueillir
cette Ryder Cup. Mais le finish est toujours impressionnant. Du 15 au 18, c’est
très difficile. Je me souviens aussi que le
rough était très profond.
Ma femme a été athlète de haut niveau…
Elle m’a dit : « Fais ce que tu sais faire de
mieux. Joue au golf ! » Elle m’a fait relativiser les choses. Et ça a fonctionné.
PROPOS RECUEILLIS PAR
LIONEL VELLA lvella@lefigaro.fr
GOLF Rendez-vous est pris à la boutique
Richard Mille, à Paris. Gerry « Bubba »
Avez-vous vraiment songé à arrêter ?
Watson débarque avec son agent et son
Exact. Ma santé était en jeu. Je ne savais
caddie. Pour des confidences exclusives.
pas vraiment ce que j’avais, je perdais du
De retour à son meilleur niveau après une
poids, les médecins cherchaient de leur
année 2017 noire, le golfeur américain escôté… Et entre mon intégrité physique et
père à nouveau briller en Grand Chelem.
le golf, le choix était tout trouvé.
Il lui reste pour cela l’USPGA, qui débute
ce jeudi au Bellerive Country
Gagner bientôt un tournoi
Club de Saint Louis. Avec
du Grand Chelem, l’USPGA
deux Français au départ,
qui débute ce jeudi
Alexander Lévy et Mike
par exemple, est-ce
Lorenzo-Vera. La France,
redevenu possible ?
Watson y pense déjà puisDans le golf, tout est possi1978
qu’elle accueillera, du 28 au
ble. Il vous suffit juste de
Naissance à Bagdad,
30 septembre, la 42e édition
vous donner les moyens d’y
en Floride.
de la Ryder Cup.
parvenir. Je joue bien, je suis
2001
bien dans mon corps et dans
Passe professionnel.
ma tête. Gagner un tournoi
LE FIGARO. - Peut-on dire
Rejoint le PGA Tour
du Grand Chelem, c’est tout
que vous réalisez cette année
en 2006
sauf facile. Mais je pense que
votre meilleure saison
2007
oui, c’est encore faisable…
sur le PGA Tour ?
Sa moyenne au driving
Bubba WATSON. - Sans
est de 288 mètres.
aucun doute ! Je suis revenu
Suivez-vous toujours
Il peut frapper une balle un régime alimentaire ?
d’une année 2017 très diffijusqu’à
320
mètres
!
cile, très mauvaise en terOui ! J’essaie de faire plus
2012
mes de résultats… Pour être
attention à ce que je mange.
Remporte le Masters.
franc, je ne pensais pas gaPlus on vieillit, plus il faut
Il récidivera en 2014.
gner trois tournois lors du
être attentif à cela. Je
Février 2015
premier semestre (Genesis
m’adapte et mon golf
e
Il atteint la 2 place du
Open, WGC-Match Play,
s’adapte lui aussi à cela. Je
classement mondial.
Travelers
Championship,
ne peux pas faire comme
2018
NDLR). Et puis c’est arrivé.
Justin Thomas (son jeune
Entre février et juin,
Alors si pour Tiger (Woods),
compatriote, tenant de l’USil remporte trois
c’est bien, ça l’est tout
PGA), qui ne dort que deux
tournois sur le circuit
autant pour moi.
heures par nuit… Je dois
US.
faire les choses différem-
Les États-Unis n’ont plus gagné
la Ryder Cup en Europe depuis 1993.
Est-ce une anomalie pour vous?
C’est sûr, même si je n’ai jamais fait partie
d’une équipe victorieuse en Ryder Cup. Je
l’ai gagnée en 2016 mais je faisais partie
du staff, comme cinquième adjoint…
C’est dingue de regarder toute l’histoire
de cette Ryder Cup et de voir ce qu’est
devenue l’équipe européenne. Depuis
plus de vingt ans maintenant, elle est très
souvent au sommet et ça se ressent quand
on vient jouer en Europe, où les fans sont
toujours plus nombreux qu’avant…
Bio
EXPRESS
Que représente pour vous la Ryder Cup ?
C’est le plus grand des événements de
golf au monde. Même si jouer un tournoi
Majeur est très différent… La Ryder, c’est
un honneur, un privilège. Rien que d’être
qualifié dans l’équipe, c’est aussi jouissif
que de gagner un tournoi. On n’est pas
nombreux à pouvoir défendre les couleurs de notre pays. Seulement douze,
alors qu’il y a au moins une bonne trentaine de gars aux États-Unis, voire un peu
plus, qui peuvent prétendre la jouer…
ment d’avant.
Tiger Woods sera-t-il retenu
par Jim Furyk dans l’équipe américaine
pour la Ryder Cup ?
C’est tout à fait possible. Il a démontré
qu’il était revenu à son meilleur niveau. Il
a prouvé qu’il pouvait de nouveau gagner. Et ça, c’est bon pour tout le monde.
Il sera déjà dans l’équipe puisqu’il a été
nommé vice-capitaine… Et qu’il soit là en
tant que joueur, vice-capitaine ou même
les deux, il sera d’abord là pour aider
l’équipe.
En France, on vous connaît comme
un golfeur atypique, aux trajectoires
de balles étonnantes. Mais on ne sait pas
grand-chose de l’homme…
Mes enfants, qui ont six et trois ans, sont
très importants pour moi. Quand je ne
joue pas au golf, je peux aller pêcher en
Virginie Occidentale, regarder les ours en
liberté… Prendre le temps de vivre, tout
simplement.
Vous l’avez dit, 2017 a été une année
terrible pour vous. Avez-vous douté
de revenir à votre meilleur niveau ?
Ah oui ! J’étais malade… J’ai perdu plus de
onze kilos. Je pensais que c’était fini pour
moi. Mais ma femme et mon caddie ont
été hyper précieux, ils m’ont soutenu…
Vous faites souvent référence à Dieu…
Je crois beaucoup en la Bible. C’est ce qui
me guide. Ce qui me permet de respecter
et aimer tout le monde… Dieu est très important dans ma vie, peut-être le plus
important après ma femme et mes enfants. En revanche, il ne m’aide pas à être
Bubba Watson au Championnat du monde de golf Bridgestone Invitational,
jeudi dernier, à Akron, dans l’Ohio. DAVID DERMER/AP
Un fidèle ambassadeur
Le double lauréat du Masters, en
2012 et 2014, est depuis 2011 l’un
des illustres ambassadeurs sportifs
(aux côtés de Nadal, Zverev, Loeb,
Ogier, Pinturault, entre autres) de la
marque de montres de luxe Richard
Mille. « Ensemble, on essaie de faire
des choses que personne d’autre
n’est capable de faire, confie le
talentueux gaucher. On s’est vite
trouvé en phase Richard et moi. Il est
encore plus imaginatif que moi. Ce
qu’il fait, c’est de l’art. J’ai visité une
fois l’usine (aux Breuleux, dans le Jura
suisse, NDLR). Cela reste un grand
souvenir. Il n’y avait pas un seul grain
de poussière, on y entre en
combinaison, tout est calculé, pesé,
réfléchi… On est dans la très grande
précision. »
L. V.
Laurent Paganelli, le trublion sans décodeur
Depuis 1997, l’ancien joueur est l’homme de terrain des matchs de Ligue 1 sur Canal +. Il s’y sent à l’étroit.
A
TEDDY VADEEVALOO £@TVadeevaloo
FOOTBALL Homme de terrain sur les
matchs de football depuis 1997, Laurent
Paganelli est devenu un personnage incontournable de Canal +. Au point d’être
désormais populaire parmi les fans du
ballon rond. Même s’il juge sa notoriété
avec modestie. « Je vis les choses naturellement, le plus sereinement possible. Je
reste assez accessible avec les gens qui
m’interpellent. À la télé, on t’encense pour
un rien alors qu’il y a plein de métiers qui le
méritent beaucoup plus. »
Plus que simple trublion, Paganelli est
surtout un ancien joueur et reste comme
le plus jeune joueur à avoir évolué dans
l’élite (15 ans et 10 mois). « Pour les gens
de l’extérieur, cela paraît toujours quelque
chose d’extraordinaire de voir un joueur de
15 ans et demi évoluer en L1. Mais pour
moi, c’est un souvenir un peu bizarre parce
qu’à la sortie cela ne m’a pas rendu service.
Sur le moment, c’était génial, et progressivement, ça m’a plutôt desservi. »
En cause, le fait d’avoir grandi trop vite
auprès des Platini, Repp, Rocheteau ou
Curkovic à l’AS Saint-Étienne. Et également d’être vite redescendu de son nuage. Une expérience qui l’a fait grandir.
« Ça m’a fait mûrir plus vite et j’en ai gardé
pas mal de séquelles. Quand on te met làhaut, qu’on te rabaisse après… J’ai subi des
violences aussi importantes que les moments où on m’encensait juste avant. Là, tu
apprends vite. »
Quelques années plus tard, Canal lui
offre une expérience en or : être homme
de terrain sur les matchs de l’élite. « Un
pur hasard » pour Paganelli, qui a débuté
lors d’un Nice-Lille interrompu trente
minutes. Une interruption qui a tout
changé pour lui. « Ce sont ces trente minutes qui font que j’en suis là aujourd’hui.
Ça m’a sauvé car il fallait meubler. Je me
suis régalé à improviser, à déconner. Ça a
plu à Canal parce que c’était un regard différent, un autre style. » Un style qui dé-
Laurent Paganelli, avant un match Nîmes-Bordeaux, en 2015.
GENTSIDE SPORT
tonne, lui qui a « toujours appris à dire les
choses dans la déconnade (sic) ».
Vingt et un ans plus tard, Paganelli,
fort de cette réputation, a décidé d’ouvrir
son compte Twitter. Pour diverses raisons. « D’abord, j’ai perdu mon père la
veille de mon inscription. C’était quelqu’un
de vivant, qui avait du caractère. Cela
m’aide à faire mon deuil. Et puis, je voulais
montrer à Canal que je ne me contente pas
seulement d’interviews sur le bord du terrain. Alors que je peux commenter en haut,
faire des émissions… Tout ce que j’aimerais
faire, on le propose à tout le monde mais
pas à moi. J’étais en fait frustré dans mon
expression. Le but est de déconner, apporter de la joie aux autres et m’exprimer différemment. J’aime goûter un peu à tout…»
Désormais, celui qui a été élu au conseil
municipal d’Avignon en 2008 attend
avec impatience le coup d’envoi du
championnat, ce vendredi. « Je suis curieux de voir l’impact de la Coupe du monde sur notre championnat. Je pense que ça
va le valoriser. Les champions du monde
ont été chez nous au départ, avant de partir
à l’étranger. Le travail de formation des
entraîneurs français est donc à louer. C’est
le foot français qui a été champion du monde. » Paganelli, lui, semble être le champion de son propre monde. ■
Quel est votre meilleur souvenir
dans cette compétition ?
La première, en 2010. Mon père allait décéder quinze jours plus tard d’un cancer… Cette Ryder Cup a donc une signification très spéciale pour moi car elle me
fait toujours penser à mon père. Il était
militaire, il avait servi dans les bérets
verts, le drapeau américain représentait
beaucoup de choses pour lui…
Et le pire souvenir ?
(Il rit de bon cœur) J’ai le choix car j’ai
toujours perdu en Ryder Cup (en 2010,
2012 et 2014). Mais je dirais Medinah, en
2012. Pour le coup, là, on a vraiment été
tout près de gagner. On perd d’un point le
dernier jour. Mais à l’arrivée, on a quand
même perdu… Et la défaite, il n’y a rien
de pire ! ■
EN BREF
Natation : Charlotte Bonnet
ajoute le bronze à sa moisson
Pas de triplé pour Charlotte
Bonnet. Sacrée sur 200 m et lors
du relais 4 × 100 m à Glasgow, la
Française a terminé mercredi
3e de la finale du 100 m nage libre
des championnats d’Europe. Avec
un chrono de 53’’35, elle s’est
inclinée face à la grande favorite,
la Suédoise et recordwoman
du monde Sarah Sjöström (52’’93)
et la Néerlandaise Heemskerk
(53’’23). Les Français Axel
Reymond et Logan Fontaine ont,
eux, glané les médailles d’argent
et de bronze du 5 km dans les eaux
écossaises du loch Lomond.
Foot : Pogba veut quitter
Manchester, Depay Lyon
Selon la presse anglaise, Paul
Pogba aurait dit à ses coéquipiers
à Manchester United qu’il voulait
rejoindre Barcelone. Le champion
du monde se serait entendu avec
le Barça pour un salaire annuel
de 20 M€. Memphis Depay, auteur
de 22 buts et 17 passes décisives la
saison passée avec l’OL, a lui aussi
fait part de ses envies de départ.
« J’aimerais aller dans un plus
grand club », a lâché l’attaquant
néerlandais. Le Croate Luka
Modric a demandé au Real Madrid
de le laisser partir à l’Inter Milan.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
jeudi 9 août 2018
CULTURE
13
À Marciac,
Stacey Kent
donne de la voix
JAZZ La chanteuse américaine interprète
les titres de l’album « I Know I Dream :
The Orchestral Sessions » au festival du SudOuest. Rencontre avec une femme exigeante.
D
OLIVIER NUC
£@oliviernuc
emain, Stacey Kent foulera de nouveau la scène de Jazz in Marciac. Depuis près de vingt ans, cette
Américaine est la chanteuse de jazz préférée des Français. Elle se produira avec
un orchestre, dans la foulée du majestueux album I Know I Dream : The Orchestral Sessions, sorti en octobre dernier
(Okeh/Sony Music). Une somme qui
montre à quel point cette femme exigeante veille à se renouveler de disque en
disque. Ce dernier sonne comme l’antithèse du précédent, le très intimiste et
dépouillé Tenderly. « En réalité, les deux
ont été conçus parallèlement », nous disait-elle voilà quelques mois.
Enregistrer un album orchestral était
l’un des objectifs de la chanteuse depuis
longtemps, mais elle attendait le moment
opportun. « Dans la vie comme dans la musique, on avance, on rencontre des gens et
on vit des situations qu’on ne soupçonnait
pas tout en restant la même personne. Aussi
différents mes deux derniers albums soientils, ma sensibilité reste la même. » Sous l’œil
attendri de son époux, compositeur et arrangeur, le Britannique Jim Tomlinson,
Stacey Kent évoque sa vision de la musique
avec autant de passion que de précision.
Celui-ci rend hommage à sa voix, qui reste
au centre de leur création commune. « La
voix de Stacey doit être au centre de tout ce
que nous faisons. Nous sommes comme des
peintres qui reviennent au même sujet sous
des angles différents », explique-t-il.
« Agencer de l’espace »
C’est sur une toile XXL que le couple a approché ce nouvel exercice : celle d’un
grand ensemble instrumental. Avec un
péril qu’ils ont su éviter : verser dans la
grandiloquence. « J’ai dû apprendre à
chanter en direct avec l’orchestre sans en
Stacey Kent (ici, en novembre 2017) chante avec passion et précision.
faire de tonnes sur le plan vocal,
confie-t-elle. Je chante de manière plus
ample, bien sûr, tout en veillant à garder ma
spécificité. » Pour arriver à ce résultat, le
couple a passé plus d’un an à tisser des arrangements avec Tommy Laurence, protégé du grand orchestrateur de la côte
Ouest des États-Unis Johnny Mandel.
« Les possibilités sont tellement grandes
avec un tel ensemble à sa disposition. Mais
nous avons fait en sorte de préserver l’intimité qui constitue notre marque », explique
Tomlinson. Sans jamais forcer son timbre
délicat, la chanteuse réussit à incarner
chacune des histoires qu’elle interprète
avec conviction. « Le plus important dans
la musique, c’est la leçon de João Gilberto :
agencer de l’espace », explique-t-elle.
Au moment de sélectionner un répertoire, la jeune femme a pris une liste notée
dans son smartphone depuis de longues
E. SADAKA EDMOND/SIPA
années. « J’attendais l’occasion d’enregistrer avec un orchestre pour la sortir », lance-t-elle. Des titres comme Double Rainbow ou To Say Goodbye y figuraient en
bonne place lorsque la maison de disques
Sony a proposé au couple ce projet. « Ça a
été comme un rêve éveillé, surtout à une
époque où les labels cherchent à réduire les
coûts. » En accord avec la maison de disques, le couple a conçu une setlist qui mêle
reprises et morceaux originaux. « Les
morceaux dont les textes sont écrits par
Kazuo Ishiguro se prêtent à merveille aux
arrangements panoramiques », raconte
Jim Tomlinson, qui les a composés.
À Londres, il a assemblé des instrumentistes issus de plusieurs orchestres. « Je ne
voulais pas utiliser de couleurs primaires
comme la trompette mais employer les tons
pastel des flûtes, des clarinettes, de la harpe
et du vibraphone. Sans oublier les cordes et
un clavier électronique à la sonorité particulière. » Tomlinson a aussi été influencé par
les arrangements des années 1960 entendus sur les disques de Tony Bennett ou
Frank Sinatra. « Tout est parti de la section
rythmique et de la voix de Stacey, précise-til. Nous avons toujours été conscients que sa
voix doit être mise en valeur afin qu’elle révèle le plus grand nombre de détails. » Très
attachée à la culture française, la chanteuse a tenu à interpréter trois chansons de
notre patrimoine : Les Amours perdues de
Serge Gainsbourg, La Rue Madureira de
Nino Ferrer et Avec le temps de Léo Ferré,
« en hommage à mon grand-père, qui m’a
fait découvrir Léo ». Gageons qu’en chantant la trop sous-estimée Rue Madureira à
Marciac, elle aura une pensée pour Nino
Ferrer qui s’est donné la mort dans le SudOuest il y a vingt ans tout juste. ■
En concert le 10 août à Marciac (32).
Grant Llewellyn, l’atout celte de l’Orchestre de Bretagne
CLASSIQUE Le chef gallois dirige depuis 2015 la phalange rennaise, avec laquelle il fait ses débuts à l’Interceltique de Lorient.
composée d’hymnes, de chants populaires et folkloriques restés très vivaces, et
que l’on entendait partout à l’occasion de
la moindre fête. »
É
norme. Gigantesque. Au lendemain de son premier
concert au Festival interceltique de Lorient (FIL), Grant
Llewellyn n’a pas d’adjectif
assez fort pour qualifier la
manifestation. « C’est un honneur et un
privilège d’y participer. Je le connaissais
de nom mais ne pouvais pas imaginer ce
qu’on y reçoit du public avant d’y être.
C’est un bel exemple de mélange des
cultures savantes et populaires. Et de ce
qu’un orchestre symphonique doit faire
pour sortir du côté élitiste : embrasser la
musique au sens large, établir des
connexions avec de grands musiciens de
tous styles et de toutes cultures », glisse
le chef d’orchestre.
Si le musicien de 57 ans faisait ce
mardi ses débuts au FIL, aux côtés de
Denez Prigent et Rhiannon Giddens, ce
n’est pas le cas de l’Orchestre symphonique de Bretagne, associé au festival
depuis quatre ans. Mais, cette saison, la
phalange y participe à deux concerts au
lieu d’un. Vendredi, elle accompagnera
le Sénégalais multi-instrumentiste Seckou Keita et la harpiste galloise Catrin
Finch. « La seule harpiste du monde
classique, avec un contrôle du son im-
Goût pour l’éclectisme
« La musique est vitale pour les jeunes, car elle permet de développer l’imaginaire tout
en apprenant à penser hors des normes », explique Grant Llewellyn. N. JOUBARD
peccable, capable de jouer de la harpe
celtique avec une telle inspiration », vante le directeur musical. Pas peu fier
d’arborer lui aussi la casquette de
« Gallois de service », dans une édition
2018 consacrée à son pays d’origine.
C‘est en effet à Tenby, petite ville côtière du sud-ouest du pays de Galles,
qu’a grandi Llewellyn. « Mes parents
n’avaient aucune éducation musicale,
confesse-t-il. Mais, comme souvent au
pays de Galles, la musique était partout.
À l’église, dans la rue, au pub, à l’école…
Au rockabilly et aux comédies musicales
du West End londonien s’ajoutait une
très riche tradition musicale galloise,
De ce terreau iodé germera son goût
pour l’éclectisme. Renforcé plus tard
par sa rencontre avec Leonard Bernstein à Tanglewood. C’est aussi dans
cette prime enfance qu’il a puisé la
conviction que les orchestres et leurs
chefs, aussi réputés soient-ils, avaient
une mission éducative. « C’est grâce
aux orchestres de jeunes et à leur travail
dans les écoles que j’ai pu choisir le violoncelle à 9 ans, et intégrer deux ans plus
tard une école de musique spécialisée à
Manchester. Comme j’étais pensionnaire, j’ai commencé à y diriger des amis
musiciens pour occuper nos soirées et
week-ends loin de la famille. Ce fut mon
sésame pour la direction. J’ai compris à
ce moment à quel point la musique était
vitale pour des jeunes, car elle permettait
de développer l’imaginaire tout en apprenant à penser hors des normes. »
Un pan de son activité qu’il a d’abord
développé à Boston, où il fut en charge
de concerts scolaires. Avant de l’étendre à l’Orchestre de la BBC du pays de
Galles et à celui de Caroline du Nord
(où il est en poste jusqu’en 2019), y di-
EN BREF
Il était une fois Pougne-Hérisson
Zhang Yimou, Lion d’or
à la carrière
UN JOUR UN FESTIVAL Dans les Deux-Sèvres, Yannick Jaulin dédie Le Nombril du monde au conte.
NATHALIE SIMON nsimon@lefigaro.fr
L
e conteur Yannick Jaulin a découvert « presque » par hasard
le village de Pougne-Hérisson
dans les Deux-Sèvres. D’après
le recensement de 2011, la
commune comptait 372 âmes. « Un copain m’a conduit là en 1986, il m’a dit :
“Toi qui aimes les légendes, tu seras servi” », se souvient le Vendéen. « Il y avait
un château et des maisons tout autour qui
ressemblaient à des habitations de géants,
le lieu était tellement intrigant que j’y ai
situé toutes mes histoires. »
Depuis, Le Nombril du monde est devenu un rendez-vous consacré au conte
dans tous ses états : spectacles, labos,
« causeries » et autres « joyeusetés ».
« À l’origine, en 1990, c’était un festival
avec une fête assez loufoque appelée Sacré nombril. En 2004, nous avons ouvert
un lieu pérenne, le Jardin des histoires,
qui accueille 4 000 enfants par an où
nous privilégions l’ouïe à l’œil dans une
société où c’est le contraire qui se passe.
En dix ans, plus de 50 000 personnes ont
pu l’explorer, écouter des histoires d’ici
et d’ailleurs. »
« Big bang mythologique »
Un « diseur » qui s’exprime en patois
pour « vendre » un rendez-vous insolite baptisé Le Nombril du monde a
d’abord suscité la méfiance dans la
campagne environnante. « Les gens de
Pougne ont fini par me faire confiance »,
se souvient Yannick Jaulin qui y a désormais une maison et un lieu de rési-
dence pour les artistes. Son premier
slogan était : « Faut le croire pour le
voir. »
Aujourd’hui, du 10 au 15 août, Pougne-Hérisson attire quelque 1 500 visiteurs avec Le Mystère de Saint Pou, un
son et lumière organisé par des acteurs
professionnels et des amateurs, tous
passionnés. « La légende dit que toutes
les histoires sont parties d’un big bang
mythologique, c’est-à-dire de PougneHérisson. Le pou, la peur en patois, est
un saint qui protège de la peur. Nous
l’exorcisons à Pougne à la façon des
mystères du Moyen Âge, on chante et on
joue », explique Yannick Jaulin en entonnant un air.
Cette année, les organisateurs ont
opté pour une thématique originale : le
recyclage et la peur du déchet. « Le
rigeant jusqu’à 45 concerts scolaires
par an. Et en Bretagne, où il est présent
14 semaines.
Un investissement qui a immédiatement séduit Marc Feldman, administrateur de l’Orchestre symphonique de
Bretagne. « Souvent, les chefs titulaires
laissent à leurs assistants les concerts
scolaires. Il est rarissime de trouver chez
un chef de ce niveau un tel degré
d’ouverture doublé de ce sens pédagogique », assure-t-il.
Née en 2012, officialisée en 2016,
l’idylle entre le Gallois et les Bretons ne
semble donc pas près de s’achever.
D’autant que la phalange de type Mozart jouit depuis janvier d’une nouvelle
salle à l’acoustique avantageuse, au
Couvent des Jacobins, à Rennes. Et sera
certainement appelée à jouer plus souvent du lyrique, profitant de la mutualisation de l’Opéra de Rennes et de
l’Angers-Nantes Opéra annoncée pour
la saison 2018-2019. Le chef, d’ailleurs,
ne manque pas de projets pour l’orchestre, avec lequel il souhaite développer un cycle sur la naissance du
genre symphonique. Et l’on ne serait
guère surpris d’apprendre dans les semaines à venir le prolongement de son
mandat, censé se terminer en 2021. ■
En concert vendredi 10 août à
l’Interceltique de Lorient (56).
15 août, nous proposerons un défilé La
Fashion quinzou avec des tenues fabriquées à partir de détritus par la styliste
Véronique Magny, annonce le conteur.
Il y aura aussi des tables rondes sur le
même sujet. Exemples : le patois, un déchet recyclé. Le vieux, un déchet à exploiter, la première pensée, un déchet à
jeter. Marc de la Ménardière, auteur de
En quête de sens, sera présent. »
Le slogan est devenu : «Penser local,
agir mondial. » Le Nombril du monde
est devenu « the place to be », assure
Yannick Jaulin. Après avoir tourné avec
Ma langue maternelle va mourir et j’ai du
mal à vous parler d’amour, cet été, à
Pougne, il testera un nouveau spectacle :
Causer d’amour. Toujours en patois. ■
Le Nombril du monde, Pougne-Hérisson
(79), du 10 au 15 août. www.nombril.com
Le cinéaste chinois Zhang Yimou
recevra le prix Jaeger-Le Coultre
Glory to the filmmaker le
6 septembre, lors de la prochaine
Mostra de Venise, qui aura lieu
du 29 août au 8 septembre. Né en
1951, Zhang Yimou fait partie des
réalisateurs dits de la cinquième
génération, qui ont commencé
leur carrière après la Révolution
culturelle. Son premier film,
Le Sorgho rouge, a obtenu l’ours
d’or à Berlin en 1987, mais il a
conquis la célébrité avec Épouses
et concubines (lion d’argent à
Venise en 1991), reconstitution
historique à grand spectacle. Il a
signé de beaux portraits de gens
humbles (Qiu Ju, une femme
chinoise, Pas un de moins), aussi
bien que des films de sabre comme
Hero ou Le Secret des poignards
volants, dans les années 2000.
A
THIERRY HILLÉRITEAU £@thilleriteau
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
jeudi 9 août 2018 LE FIGARO
L’ÉTÉ DU FIGARO
[
Les couples
mythique
du parfums
Quand la re
nc
et d’un nez ontre d’un couturier
do
à un classiqu nne naissance
e olfactif.
]
4/6
GUY MARINEAU, , COLLECTION PARTICULIÈRE, RUE DES ARCHIVES/LOUIS MONIER, YVES SAINT-LAURENT
1983
14
Yves Saint Laurent
& Sophia Grojsman
J’ai deux amours… et Paris
A
Le couturier n’a jamais rencontré la Russe. Pourtant par l’intermédiaire d’une
autre femme, ils ont créé l’un des bouquets les plus romantiques de l’histoire.
OK, nous avons
triché. Cette série était consacrée à la
relation d’un couple derrière un accord
mythique. Paris en est un, ses parents,
Yves Saint Laurent et Sophia Grojsman,
sont, chacun dans leur registre, des
monstres sacrés. Tout était bouclé…
Sauf qu’en réalité, ces deux-là ne se
sont jamais rencontrés, ni même parlé.
Entre eux, il y eut un Cyrano au féminin, qui a usé du charme de l’un avec
ses mots à elle pour obtenir le parfum
d’une autre. Si, dans ce triangle amoureux, Chantal Roos est restée dans
l’ombre, elle est une star du métier à qui
l’on doit quelques-uns des plus grands
flacons des années 1980 et 1990. En
1983, elle dirige le marketing de Charles
of the Ritz, qui détient la licence des
fragrances YSL, auréolée des succès
d’Opium (1977) et de Kouros (1981).
Cette année-là, Saint Laurent réclame
pour le nouveau jus un bouquet à la fois
tendre et élégant, hommage à la ville
des Lumières et aux Parisiennes qu’il
habille. Il rêve d’une brassée de fleurs
fraîches, d’un soliflore de roses. « Les
roses que je vois ne sont pas ces espèces
jolies, communes et maigres, mais ce
sont les anciennes roses dodues, comme
celles des jardins exotiques de Marrakech, des roses qui deviennent comme
des choux splendides en s’épanouissant
pour mourir », répète-t-il. Seulement
cette simplicité n’inspire guère les
nez français en vogue, habitué à une
débauche de somptuosité. Plusieurs propositions ont été soumises à Mme Roos, toutes ont été refusées. C’est dans une ambiance
de frustration qu’elle traverse
l’Atlantique.
« M. Saint Laurent ne se déplaçait pas pour un brief, raconte-telle. Il adorait imaginer les histoires autour du parfum, concevoir le
flacon et fabriquer les campagnes
publicitaires, mais ne mettait jamais
son nez dans la formule, ce n’était pas
son truc. La question de rencontrer un
parfumeur ne s’est pas posée. » C’est
donc elle l’ambassadrice, avec son attaché-case rempli de mots et de photos, missionnée pour transmettre le
génie du créateur, qui se présente devant Sophia Grojsman. « Elle était assise sur un canapé. Dans la pièce, son
énergie était palpable. Elle avait un look
extravagant, un peu gipsy, les cheveux
et des yeux très noirs, elle me fixait. J’ai
senti qu’elle était différente et, surtout,
qu’elle avait envie. Je lui ai confié le projet Paris », poursuit la Française.
Sophia Grojsman est une parfaite inconnue. Née en 1945 dans un village
d’URSS si petit qu’il n’apparaît sur
aucune carte, elle travaille pour IFF, à
New York, depuis 1966. Diplômée de
mathématiques et de chimie, l’assistante de laboratoire a signé
White Linen d’Estée Lauder
(1978)
et
Vanderbilt
(1982). Sans fracas, mais
la firme mise sur elle.
De son enfance soviétique, cette jeune
femme
pétulante
garde le souvenir
d’un jardin de roses
et de violettes dans
lequel elle jouait bouffée d’optimisme
qu’elle ne cessera de
retranscrire dans ses
accords. « En Biélorussie,
au lendemain de la Seconde
Guerre mondiale, nous n’avions pas de jouets, surtout les pe-
tites filles, évoque Mme Grojsman. Alors
ma mère et moi nous nous amusions avec
les fleurs. Elle me demandait de sentir et,
les yeux fermés, je devais retrouver l’espèce. J’imagine qu’il faut voir là les racines de mon métier ! »
« Écraser tes roses
contre mon cœur »
Quel chemin jusqu’à YSL dont le nom
résonne dans le monde entier et jusque
dans les pages du Larousse depuis le
début de l’année : « Saint Laurent
(Yves), Oran 1936 , couturier français. Il
s’est imposé par ses interprétations originales du vêtement quotidien (caban,
tailleur-pantalon, etc.), par la rigueur
de son style et par son talent de coloriste. » En guise d’immersion, l’heureuse
élue est « envoyée » pour quelques semaines à Paris. « On m’a demandé si je
voulais voir à quoi ressemblait cette ville,
j’ai dit oui ! »
Si elle n’est pas conviée dans l’hôtel
particulier de la rue de Babylone, elle
passe ses journées à visiter les musées,
découvrir les jardins, se régaler de cuisine, de musique et de culture françaises. À son retour au laboratoire, elle
imagine non pas une addition de notes
florales mais « un bouquet architectural
avec la structure d’une ville ». Aux essences traditionnelles de rose elle
ajoute une molécule synthétique, la
damascone, très contemporaine, et décuple la durée
CV
D’UN NEZ
1988, Eternity
de Calvin Klein
Un bouquet sage,
devenu un classique.
1990, Trésor
de Lancôme
Encore une rose,
miellée, à l’odeur
de rouge à lèvres.
« Mon interprétation
de ce qu’une femme
devrait être : douce,
féminine et pleine
d’amour », dit Sophia.
1993 Yvresse
(Champagne) de
Yves Saint Laurent
Sa deuxième formule
pour YSL, suivie en
2009 de Parisienne.
2007, Outrageous!
de Frédéric Malle
Régulièrement
récompensée par
l’industrie, elle signe
aussi des jus plus
confidentiels.
« Je savais de lui qu’il
était volontaire, timide,
secret et bourré de
talent. J’ai appris en plus
qu’il était lucide,
passionné, intransigeant
et généreux. »
Françoise Sagan (1986)
du sillage - innovation qui deviendra la
norme. De plus, il y a quelque chose de
doux, de réconfortant et maternel dans
son traitement de la reine des fleurs. En
quelques essais, la parfumeuse séduit
Yves Saint Laurent, par la voix de
Chantal Roos. « C’était inédit, moderne,
dans l’air du temps, reprend cette dernière. Il y avait sans doute, aussi, cette
sensibilité féminine à laquelle M. Saint
Laurent était très réceptif. Tout le monde
sait qu’il aimait s’entourer de femmes,
travailler avec elles : Mme Munoz sa première d’atelier, Clara Saint, son attachée de presse, ses amies Loulou de la
Falaise et Betty Catroux… »
Sophia Grojsman est l’antithèse de la
bourgeoise désœuvrée. Travailleuse,
passionnée et libre, elle envoûte ceux
qu’elle rencontre. La générosité de la
Slave a sans doute quelque chose à voir
avec les origines méditerranéennes du
couturier. « Dans le sillon d’une Germaine Cellier (voir nos éditions du
8 août), elle est un modèle pour toute une
génération de parfumeuses, souligne le
nez Sophie Labbé, son ancienne élève.
Elle a une grandeur d’âme qui se lit dans
ses formules. Elle répétait que le carburant de sa passion pour la parfumerie
était son amour des gens. Que si, grâce à
quelques gouttes dans le cou, chaque
femme pouvait se sentir une reine, sublime et sexy, tous les matins de sa vie, elle
serait heureuse. »
Saint Laurent et Grojsman ne feront
jamais connaissance. Leur Paris est dévoilé en juillet, lors du défilé automnehiver, sur la peau du mannequin Mounia en robe de mariée à plumes. « Ton
parfum me cloue contre un arbre. Je ne
l’oublierai pas. Je te retrouverai sans
doute un jour. Il existe mille endroits
dans Paris où je pourrais te revoir et
écraser tes roses contre mon cœur. Nos
roses. Les plus belles », écrit le couturier
dans le dossier de presse de l’époque.
La campagne publicitaire, tournée devant la tour Eiffel, reflète ce qu’il est
devenu : un monument. ■
ÉMILIE VEYRETOUT
RETROUVEZ DEMAIN :
Rei Kawakubo et Christian
Astuguevieille : 2 iconoclastes
pour 1 Eau de Parfum
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jeudi 9 août 2018
LE CARNET DU JOUR
Les annonces sont reçues
avec justification d’identité
15
François ECK
Paris. Alger.
par téléphone
Le docteur Philippe Chemouilli,
Mme Corinne Chemouilli,
ses enfants,
est entré dans la Paix
et la Joie de Dieu le 5 août 2018,
dans sa 74e année.
par télécopie
les familles Séror, Cardenas,
Sonigou
Sabine, son épouse,
01 56 52 27 27
01 56 52 20 90
par courriel
carnetdujour@media.figaro.fr
en nos bureaux
14 boulevard Haussmann,
75009 Paris,
sur notre site :
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Tarif de la ligne € TTC :
Du lundi au jeudi
25 € jusqu'à 25 lignes
23 € à partir de 26 lignes
Vendredi ou samedi
28 € jusqu'à 25 lignes
26 € à partir de 26 lignes
Réduction à nos abonnés :
nous consulter
Reprise des annonces sur :
www.carnetdujour.lefigaro.fr
www.dansnoscoeurs.fr
ont l'immense tristesse
de vous faire part du décès de
Mme Colette A imée
CHEMOUILLI
née Sultan,
Famille Chemouilli,
3, rue Henri-Ribière,
75019 Paris.
Bernadette, Bruno,
Marie-Aude, Pierre-Yves,
ses enfants, et leurs conjoints,
ses petits-enfants
et arrière-petits-enfants,
ses belles-filles
survenu le 6 août 2018.
Une bénédiction aura lieu
le vendredi 10 août, à 15 heures,
en la chapelle de l'athanée
de Cannes,
221, avenue de Grasse.
Claude Vincent,
Bruno et Hugues Faillettaz,
Violette Jung
et tous ceux qui l'aiment
Christiane ARMAND-ROMAIN
M. Roland FAILLETTAZ
agrégé de lettres classiques,
officier
des Palmes académiques,
survenu le 7 août 2018,
à l'âge de 91 ans.
Une cérémonie aura lieu
en l'église de Juliénas (Rhône),
le vendredi 10 août, à 14 h 30,
suivie de l'inhumation.
M. Paul Delannoy,
son époux,
Anne-Christine et Guy
Tittelein-Delannoy,
Bertrand et Mildred
Delannoy-Dufour,
Isabelle Delannoy
et Bernard Houilliez,
ses enfants,
Mme Philippe Canac,
son épouse,
ses petits-enfants
et arrière-petits-enfants,
M. et Mme Alain Robert,
M. Benoit Canac,
M. et Mme Frédéric Doublet,
M. Matthieu Canac,
M. et Mme Philippe Joffre,
ses enfants,
toute la famille
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Mme Paul DELANNOY
ses petits-enfants,
son arrière-petite-fille,
née Jeanne Thieffry.
M. et Mme Yves Canac,
son frère,
et toute sa famille
La messe de funérailles
sera célébrée le vendredi
10 août 2018, à 14 h 30,
par le père Eric Mahieu,
son filleul,
en l'église Saint-Nicolas,
à Sainghin-en-Mélantois,
suivie de l'inhumation
au cimetière.
ont le très grand chagrin
de vous faire part du décès,
le 3 août 2018,
muni des sacrements
de la Sainte Église, de
M. Philippe CANAC
architecte en chef
des Bâtiments Civils
et Palais Nationaux,
auditeur de l'Institut des hautes
études de défense nationale,
membre de
l'Académie d'architecture,
chevalier
de l'ordre national du Mérite.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le vendredi 10 août, à 11 heures,
en l'église Saint-Pierre
de Neuilly-sur-Seine.
Une messe en sa mémoire
sera célébrée ultérieurement.
137, avenue Achille-Peretti,
92200 Neuilly-sur-Seine.
19, avenue du Parc,
59262 Sainghin-en-Mélantois.
Colayrac-Saint-Cirq
(Lot-et-Garonne).
Mme Janine
De Masquard De Laval,
son épouse,
Mme Marie-Pierre
De Masquard De Laval,
Mme Fabienne
De Masquard De Laval,
ses filles,
Olivier et Lise,
Victoire et Vincent,
Edouard, Julie et Marin,
ses petits-enfants,
Ava et Elie,
ses arrière-petits-enfants,
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
On nous prie d'annoncer
le décès de
Bernadette de CASTELBAJAC
M. Guy
DE MASQUARD DE LAVAL
survenu le 5 août 2018.
survenu le 7 août 2018,
dans sa 94e année.
La cérémonie religieuse
aura lieu le vendredi 10 août,
à 14 h 30, en la chapelle
de La Providence,
77, rue des Martyrs,
Paris (18e).
La messe d'obsèques
sera célébrée
le vendredi 10 août, à 15 heures,
en l'église de Saint-Cirq, suivie
de l'inhumation au cimetière
de Hautefage-la-Tour.
Paul, Gabriel, Raphaël,
Timothée, Isaure, Ambroise,
Agathe,
ses petits-enfants,
ses petits-enfants
et arrière-petits-enfants
Elisabeth Jobard,
sa mère,
font part du retour à Dieu de la
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
vicomtesse
de LANCRAU de B RÉON
née Marie-Magdeleine
de Turgy d'Estrées,
le 7 août 2018,
dans sa 96e année,
dans la foi et l'espérance
de la Vie éternelle.
Lisette Lavielle,
son épouse,
Anne-Géraldine Lavielle,
sa fille,
Marie-Caroline et Alban
Stievenart,
sa fille et son gendre,
Paul, Gabrielle, Etienne,
Olivia, Alice,
ses petits-enfants,
ont la prodonde tristesse
de faire part du décès de
M. Jean-Pierre LAVIELLE
Ingrandes (Vienne).
Nantes, La Chevrolière
(Loire-Atlantique).
née Lalandre.
Sébastien et Elisabeth,
Christophe et Clotilde,
Thibault et Joséphine,
ses enfants,
Des prières et des messes
plutôt que des fleurs.
ont la douleur
d'annoncer le décès de
Visites à l'athanée de Cannes.
La cérémonie religieuse
sera célébrée en l'église
Saint-Nicolas-du-Chardonnet,
Paris (5e), le lundi 13 août,
à 10 heures, suivie à 14 h 30,
de l'inhumation au cimetière
de Oulins (Eure-et-Loir).
M. Gilles Maquet,
son époux,
Le comte et la comtesse
Gérard d'Aviau de Ternay,
le capitaine de frégate (h.)
et Mme Martial Jordan,
M. Charles
de Lancrau de Bréon,
M. Gabriel
de Lancrau de Bréon,
ses enfants,
La cérémonie sera célébrée
en l'église Saint-Martin
de Goven, le vendredi 10 août,
à 14 h 30, suivie de l'inhumation
au cimetière.
Francine Dabout,
née Heinrich, son épouse,
Jean Paul DABOUT
Micheline Arrivé,
sa cousine,
Lionel, Sylvaine, Isabelle,
Frédéric, Catherine, Nicolas,
Marie,
ses petits-cousins,
leurs conjoints et enfants,
ont la tristesse de faire part
du décès le 3 août 2018,
à l'âge de 95 ans, de
Victoire, Mathilde, Gaspard
et Héloïse,
ses petits-enfants,
vous invitent à partager
leur espérance
lors de la cérémonie religieuse
qui sera célébrée
le vendredi 10 août, à 10 h 30,
en l'église
Notre-Dame-des-Champs,
91, boulevard du Montparnasse,
Paris (6e).
le 5 août 2018, à Paris.
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
deuils
Coralie et Jean-Dominique,
Laurent et Ségolène,
Marie-Camille et Xavier,
ses enfants et leurs conjoints,
Goven (Ille-et-Vilaine).
Paris. Nantes.
M. et Mme Michel Dupuy,
M. et Mme
Jean-Louis Martineau,
M. et Mme Didier Toublanc,
ses sœurs et beaux-frères,
ses neveux, nièces,
petits-neveux et petites-nièces
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Mlle Annick
FALIGOT de l a BOUVRIE
chevalier
de l'ordre national du Mérite,
officier de l'ordre
des Palmes académiques,
survenu le 2 août 2018,
à l'âge de 79 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
ce jeudi 9 août, à 10 heures,
en l'église du Sacré-Cœur,
à Mulhouse.
survenu le 6 août 2018,
à l'âge de 73 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le samedi 11 août, à 10 heures,
en l'église Saint-Clair
de Nantes,
suivie de l'inhumation
au cimetière parc, à Nantes.
ont la douleur
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Joseph LE GUELINEL
Céline Girardot,
née Lenoir, son épouse,
le 8 août 2018, muni
des sacrements de l'Église.
Florentine et Taco
van der Leij,
Myrtille et Alexis
Clément-Fromentel,
Laurier et Jeanne Girardot,
Olivier et Charlotte
Girardot,
ses enfants,
La messe des anges
sera célébrée en l'église
Saint-Martin-de-Vertou,
au Pertre (Ille-et-Vilaine),
le vendredi 10 août 2018,
à 16 heures.
L'inhumation aura lieu
au cimetière
de Granville (Manche),
dans l'intimité familiale.
Félicie, Maartje, Jules, Victor,
Melchior, Horace, Flore,
Clotilde, Hugues, Louis,
Madeleine, Maximilien,
Clémentine et Théodore,
ses petits-enfants,
Toulon (Var).
Nicole et Frans
van Rijkevorsel,
Pomme (†) et Ferd Berger,
Patrick (†) et Alice Girardot,
ses sœurs et frères,
Le contre-amiral (2S)
Rémi Monaque,
Mme Catherine
Rousset Monaque,
le contre-amiral et Mme
Xavier Monaque,
leurs enfants et conjoints
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
font part du rappel à Dieu de
Didier GIRARDOT
Maguelone MONAQUE
le 5 août 2018,
dans sa 75e année.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le vendredi 10 août 2018,
à 10 heures, en l'église
Saint-Pierre-du-Gros-Caillou,
Paris (7e).
le 4 août 2018, à l'âge de 21 ans,
à Marseille.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Des dons à l'association
Vaincre la mucoviscidose
pourront être faits.
née Jobard,
le 5 août 2018,
aux Portes-en-Ré,
dans sa 68e année.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
ce jeudi 9 août 2018,
à 15 heures,
en l'église Saint-Eutrope
des Portes-en-Ré
et sera suivie de l'inhumation
au cimetière
des Portes-en-Ré.
Une messe sera dite
dans le courant du mois
de septembre, en l'église
Saint-Antoine-de-Padoue,
sa paroisse, au Chesnay.
Étienne Chicot en 2009.
JLPPA / BESTIMAGE
Arrancy (Aisne).
Monique Niay,
son épouse,
Sylvie et Luc-Bertil Fievet,
Antoine et Marie-Sophie Niay,
France et Nicolas Bussière,
ses enfants,
Edouard et Agnès Fievet,
Guillaume et Camille Niay,
Agathe et Anthony Legroux,
Alice et Matthieu Mimey,
Alexis, Louis Bussière,
ses petits-enfants,
Louise, Valentine, Gaspard,
Joséphine, Ernestine, Jeanne,
Charles, Gabriel,
ses arrière-petits-enfants,
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Bernard NIAY
survenu le 5 août 2018,
à l'âge de 96 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
ce jeudi 9 août, à 14 h 30,
en l'église
de Bruyères-et-Montbérault
(Aisne).
Villiers-le-Bâcle (Essonne).
Stéphane Vandame,
Emmanuel et Cristiana
Vandame,
Olivier et Katia Vandame,
Benoît Vandame
et Dominique Soupart,
Cécile Vandame,
ses enfants et belles-filles,
Cloé, Tiziano, Manon,
Harmonie, Benjamin, Mathis,
Mathilde, Alice et Paul,
ses petits-enfants,
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
M. Christian VANDAME
survenu le 3 août 2018,
à son domicile,
à l'âge de 87 ans.
La cérémonie religieuse
aura lieu le vendredi 10 août,
à 15 heures, en l'église
de Villiers-le-Bâcle.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Olivier Vandame,
16 bis, rue du Château-d'Eau,
28300 Cintray.
Souvenirs, Messes...
© Gettyimages
Partagez le souvenir d’un être cher
dans le carnet du jour
Tél. 01 56 52 27 27 Fax. 01 56 52 20 90
Étienne Chicot,
second rôle idéal
Marie-Hélène MAQUET
et toute la famille
M. et Mme
Eudes-Philippe Le Guelinel,
ses parents,
M. et Mme
Marcel Le Guelinel,
M. et Mme
Dominique de Legge,
ses grands-parents,
ses oncles, ses tantes
et ses cousins
disparition
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Vous pouvez également saisir votre annonce s urnotre site carnetdujour.lefigaro.fr
ARMELLE HÉLIOT
aheliot@lefigaro.fr
Interprète très demandé
au théâtre, au cinéma, à la
télévision, Étienne Chicot
s’est éteint le 7 août à l’âge
de 69 ans. Il était également
compositeur et chanteur, et
c’est justement par un personnage et sa chanson qu’il
avait connu la notoriété il y
a quelque quarante ans…
Mais une chanson qu’il
n’avait pas écrite et qui
avait été enregistrée par un
autre que lui. Cette chanson, Le Blues du businessman, tout le monde connaît
son refrain : « J’aurais voulu
être un artiste… »
C’est la complainte du
personnage nommé Zéro
Janvier dans Starmania,
l’immortelle comédie musicale de Michel Berger et
Luc Plamondon. Étienne
Chicot a créé le rôle de Zéro
Janvier en 1979 et a chanté
ses chansons, mais le tube
avait été enregistré par un
artiste québécois, Claude
Dubois. N’empêche, le jeune Étienne Chicot ne rate
pas le coche. Il est dans le
premier opéra-rock en
langue française et se taille
un beau succès avec son
personnage de banquier
neurasthénique qui finit
« président de l’Occident ».
Un physique
et un regard
Quelques années plus tard,
lorsque France Gall enregistre le clip de la chanson
écrite par Michel Berger en
hommage à Daniel Balavoine, disparu tragiquement, Évidemment, elle fait
appel à Étienne, Chicot qui,
littéralement, joue le rôle
du chanteur disparu.
Étienne Chicot avait du
talent, de la sensibilité, un
physique, un regard, une
voix grave, les dents de la
chance, un haut front dégagé par une calvitie certaine,
un charme, une poésie.
Il était né en Seine-Maritime, à Fécamp, le 5 mai
1949. Il avait grandi en
Afrique, au Cameroun, puis
en Côte d’Ivoire où son
père, enseignant, était devenu inspecteur de l’enseignement primaire pour les
Nations unies. L’Afrique le
marque mais, à 20 ans, il
est à Paris et, tout en suivant les cours de l’École
hôtelière, s’inscrit chez
René Simon. Très vite il décroche ses premiers engagements au théâtre : en
1971, il est sur la scène de
Chaillot ! Au cinéma, il débute dans Ras le bol, de Michel Huisman, et On n’est
pas sérieux quand on a
17 ans, d’Adam Pianko.
Tout s’enchaîne. Et dès
1976, il participe à l’aventure imaginée par Alain
Cavalier : Le Plein de super,
ce road movie déjanté,
s’appuie sur un scénario
écrit par le cinéaste avec
ses jeunes amis comédiens,
Patrick Bouchitey, Bernard
Crombey, Xavier SaintMacary et Étienne Chicot, à
qui l’on doit également la
musique !
Une carrière
très riche
Étienne Chicot a tourné
avec l’essentiel des réalisateurs et réalisatrices français. De Claude Lelouch à
Camille de Casabianca, de
Luc Béraud à Claude Sautet, de Jean Yanne à Claude
Miller, Joël Santoni ou Catherine Breillat, Gilles Béhat, Jean-Claude Brisseau,
Olivier Assayas, qui le dirige comme manager dans
son premier film, Désordre.
Il joue encore sous la direction de Valérie Lemercier
et de Dany Boon. Il a également tourné sous la direction de Joseph Losey. Il est
l’un des flics dans Monsieur
Klein auprès d’Alain Delon
qui l’appellera pour Dans la
peau d’un flic.
Avec André Téchiné, il
est un guitariste dans Hôtel
des Amériques, en 1981, un
patron de maison de disques dans Mort un dimanche de pluie de Joël Santoni
en 1986. Il n’a jamais lâché
la musique et a enregistré
plusieurs albums. Sans
oublier qu’il est l’un des
comédiens français, aux
côtés de Tom Hanks, à l’affiche du Da Vinci Code de
Ron Howard.
Ainsi a-t-il mené une
carrière très riche. À la télévision, on l’a vu dans
certains épisodes de séries
à succès telles que Médecins
de nuit ou Louis la Brocante
avec Victor Lanoux.
Au théâtre, il était excellent. En 1989, il avait tout de
même près de 40 ans, il
avait reçu le Molière de la
révélation pour son rôle
d’infirmier dans Une absence, de Loleh Bellon, avec
Suzanne Flon et Véronique
Silver dans une mise en
scène de Maurice Bénichou.
Depuis, on l’avait notamment applaudi dans Noces
de sable, de Didier van
Cauwelaert, avec Catherine
Rich, et dans Le facteur sonne toujours deux fois, une
mise en scène de Daniel Colas aux Mathurins.
Celui qui a mené une vie
discrète avait une autre passion : inventer. Un Pierrot
lunaire avec quelque chose
d’un Géo Trouvetout. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
jeudi 9 août 2018 LE FIGARO
16
TÉLÉVISION
« Kiss Me First », un dangereux
jeu de l’amour et du hasard
Dans cette série mêlant images réelles et de synthèse, une Londonienne
découvre une zone clandestine sur une plateforme de réalité virtuelle.
Leila noie son chagrin et sa solitude en
passant des heures sur la plateforme.
Casque immersif sur les yeux, gants à
capteurs sur les mains. Lors d’une sesascinants mondes virtuels. Il
sion, la jeune femme découvre une zone
y a quelques mois, Steven
clandestine de l’Azana. Autour de son
Spielberg ravissait le box-ofcréateur, Adrian, gravitent des joueurs
fice avec sa cyber-utopie en
à la marge de la société. Une souffrance
hommage au 7e art, Ready
dans laquelle Leila se reconnaît. Elle
Player One. Un vertigineux voyage au
noue une relation privilégiée
travers d’un jeu vidéo en réalité
avec Tess, qui provoque une
virtuelle nommé l’Oasis qui mêrencontre en boîte de nuit à
lait prises de vues réelles et imaLondres. Mais Leila ne peut
ges de synthèse. Un pas de deux
s’empêcher de douter des moentre pixel et réalité que prolon○○¡¡
tivations d’Adrian, à l’emprise
ge Kiss Me First. Disponible sur
quasi sectaire.
Netflix, la série britannique imagine un
futur proche où le jeu en réseau d’avenProjetée à Séries Mania début mai à
tures Azana règne sans partage sur les
Lille, Kiss Me First est une adaptation
« gamers » de la planète.
très libre du cyber-thriller de Lottie
Après avoir aidé sa mère atteinte
Moggach, paru en 2013. Le showrund’un cancer à mettre fin à ses jours,
ner a remplacé les forums de discus-
sion originels par les jeux en réseau.
Les six épisodes baignent dans une atmosphère menaçante et dystopique à
la Black Mirror. La beauté édénique
des paysages de l’Azana n’a d’égal que
la tristesse des maisons en brique et
des tours où vivent Leila et ses comparses. Des quartiers nimbés de lumière blafarde ou plongés dans le crépuscule. Les transitions entre notre
XXIe siècle et ce paradis artificiel sont
étonnantes de fluidité.
CONSTANCE JAMET £@constancejamet
F
+ @ SUR LE WEB
Des héros en rupture
Comme avec la série qui l’a rendu célèbre, Skins, Bryan Elsley, créateur de
Kiss Me First, explore ses thèmes de
prédilection : les affres mélancoliques et
colériques de l’adolescence, la difficile
quête de son identité dans une période
où l’univers entier semble se liguer
La série Kiss Me First, adaptation libre d’un cyber-thriller de Lottie Moggach,
explore les affres de l’adolescence. NETFLIX
tionnel. Puis la dimension polar prend
le dessus : la suite prend alors une direction plus conventionnelle, entre
conspiration et chasse à l’homme, et
multiplie les raccourcis scénaristiques. Reste ces interprètes prometteurs, au premier rang desquels Tallulah Haddon (Taboo) et Simona Brown,
qui campent Leila et Tess, pour donner envie d’aller au bout de cette
odyssée. ■
contre vous. En mal d’amour et de lien
social, ses héros sont en rupture avec
leur famille, les autorités qui les ont
abandonnés ou ont perdu tout espoir en
eux.
Convaincant dans ces trois premiers
épisodes, Kiss Me First évite les discours moralisateurs sur les dangers
d’Internet et évoque en filigrane le
poids des inégalités économiques et de
la misère dans ce mal-être généra-
» « Un si grand soleil » : France 2 lance son feuilleton quotidien le lundi 27 août » Pourquoi « Plus belle la vie » va changer d’horaire à la rentrée www.lefigaro.fr
ÉPHÉMÉRIDE St-Amour
Soleil : Lever 06h35 - Coucher 21h16 - Dernier croissant de Lune
19.20 Demain nous appartient. Feuilleton 20.00 Le 20h 20.55 Nos chers
voisins. Série.
19.10 N’oubliez pas les paroles !
Jeu. Présentation : Nagui 20.00
20 heures. Prés. : Julian Bugier.
19.00 19/20 19.55 Championnats
sportifs européens. Athlétisme.
En direct de Berlin.
21.00
20.50
20.55
Film. Comédie
Athlétisme
Série. Drame
18.45 La villa : la bataille des couples.
Téléréalité 19.40 Suburgatory. Série
MATIN
17
21.00 La Reine des neiges :
le miroir sacré
Film TV. Animation. Russie. 2014.
Réal. : Alexey Tsitsilin. 1h18. Après
leur victoire sur la Reine des neiges,
les trolls ont pris goût à la liberté.
30
17
16
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18
15
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22.25 La Reine des neiges. Film TV
23.55 Confessions intimes. Mag.
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50
Entre amis
Fra. 2014. Réal. : Olivier Baroux. 1h35.
Inédit. Avec Daniel Auteuil, Gérard
Jugnot, François Berléand. Trois
amis embarquent à bord d’un voilier
avec leurs compagnes et des griefs
remontent à la surface.
Championnats sportifs
européens
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Disparue
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19.00 Silence, ça pousse ! Magazine
20.00 Bébés animaux
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Sport. En direct de Berlin. Au programme ce soir : Athlétisme : 21.00
finale 200 m (messieurs), 21.20
finale 3 000 m steeple (messieurs),
21.50 finale 100 m haies.
Fra. Saison 1. Avec François-Xavier
Demaison, Pierre-François MartinLaval, Alix Poisson, Stella Trotonda.
2 épisodes. Un homme étrange
se présente au commissariat et
s’accuse du meurtre de Léa.
20.50 Des trains pas comme
les autres
22.25 Les naufragés Film 0.20
22.50 Complément d’enquête
22.40 Disparue 23.40 Soir/3 0.10
Les experts. Série. Le monstre de
la boîte - La fin du match.
Magazine 0.50 Dans quelle étagère... 1.00 Private Practice
Bécaud, mon père 2.00 Les œuvres
vives, journal au bord de l’eau
21.35 Des trains pas comme les
autres 22.30 C dans l’air. Mag.
Magazine. 0h45. Espagne. Inédit.
Philippe Gougler rejoint l’Andalousie
pour une première étape ensoleillée
à bord d’un train de luxe mythique.
25
26
19
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25
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10
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APRÈS-MIDI
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20
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20.20 Groland le Zapoï (C). Divertissement 20.50 La semaine de Catherine et Liliane (C). Divertissement.
19.00 Scandinavie, l’appel de la
nature 19.45 Arte journal 20.05 28
minutes 20.50 La minute vieille
18.40 Chasseurs d’appart’. Jeu 19.45
Le 19.45. Présentation : Ophélie
Meunier 20.25 En famille. Série.
21.00
20.55
21.00
Série. Drame
Série. Drame
Jeu
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19.25 Les incroyables aventures de
Nabilla et Thomas en Australie
19
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18
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26
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20.55 Moi César,
10 ans 1/2, 1m39
Film. Comédie. Fra. 2002. Réal. : Richard Berry. 1h35. Avec Jules Sitruk.
Un petit garçon timide et complexé
se crée un univers personnel.
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21
20
27
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22.50 Nos plus belles vacances. Film
0.25 Julie Lescaut. Série.
32
29
29
22
24
30
29
10
31
19.10 Les constructeurs de l’extrême. Série documentaire.
This Is Us
Berlin 56
EU. Saison 2. Avec Milo Ventimiglia,
Chrissy Metz, Mandy Moore. 2 épisodes. Inédits. Dans le passé, Jack et
Rebecca adoptent Randall. Dans le
présent, Kate et Toby franchissent
un nouveau cap.
All. Saison 1. Avec Sonja Gerhardt,
Claudia Michelsen, Maria Ehrich,
Emilia Schüle, Claudia Michelsen.
2 épisodes. Monika a découvert le
secret de Wolfgang, le mari d’Helga,
et veut tout révéler à sa sœur aînée.
22.20 This Is Us Série. Numéro
22.35 Berlin 56 Série. Avec Trystan
Pütter 23.30 1864 : amour et trahisons
en temps de guerre. Série.
deux. Inédit 23.05 Better Things.
Série 23.50 Live in Canal. Magazine.
Pékin Express :
la course infernale
Présentation : Stéphane Rotenberg. 2h15. Inédit. Les candidats
débarquent aux Philippines et une
mission les attend déjà dans un petit
village de pêcheurs.
31
T (en °c)
20.55 Roller Coaster :
une technologie à sensations
Doc. 2017. Réal. : E. Marzari. 1h05.
Les parcs d’attractions et leurs
montagnes russes connaissent un
succès grandissant.
22.00 Canadair : un avion de légende.
Documentaire.
23.15 Pékin Express : itinéraire
bis Jeu. Prés. : Stéphane Rotenberg.
Inédit 0.20 The Strain. Série.
19.50 Les rois de la réno. Téléréalité.
Nid de poule - À pile ou face.
<-10 à 0
VENDREDI
A
18.50 Un dîner presque parfait. Jeu
20.55 La petite histoire de France
19.00 Couple ou pas couple ? Jeu.
Présentation : Jean-Luc Lemoine.
21.00 Le Grand Bleu
21.00 NCIS : Los Angeles
21.00 Les beaux gosses
Film. Drame. Fra-Ital-EU. 1988. Réal. :
Luc Besson. 2h40. Avec Jean-Marc
Barr, Jean Reno. Un Français et un
Italien s’affrontent pour décrocher
le record de plongée en apnée.
Série. Policière. EU. 2009. Saison 1.
Avec Chris O’Donnell, LL Cool J. 2 épisodes. De retour d’Irak, le sergent
Wendell Dobbs est assassiné dans
une rue de Los Angeles.
Film. Comédie. Fra. 2009. Réal. :
R. Sattouf. 1h30. Avec V. Lacoste.
Hervé, 14 ans, est un adolescent
ingrat débordé par ses pulsions. Son
obsession est de sortir avec une fille.
0.00 Aquatis : au cœur du zoo aquatique le plus incroyable du monde
22.35 NCIS : Los Angeles. Série.
Avec Daniela Ruah. (4 épisodes).
22.30 Un début prometteur. Film.
Comédie dramatique.
Film. Comédie. Fra. 1965. Réal. : Jean
Giraud. 1h40. Avec Louis de Funès.
Ludovic Cruchot et sa brigade vont
représenter la France au congrès de
la gendarmerie de New York.
23.00 Le gendarme de Saint-Tropez. Film 0.50 Les rois de la piscine
Tous les programmes
dans TV Magazine
et sur l’appli TV Mag
12/22
15/25
16/26
23/32
17/23
9/16
23/31
26/36
ATHÈNES
BERLIN
BUDAPEST
LISBONNE
PRAGUE
TUNIS
SAMEDI
19/30
13/23
16/27
14/26
16/21
14/27
15/30
26/32
24/32
24/35
18/25
22/32
27/35
DIMANCHE
14/24
13/21
12/20
10 à 20 20 à 30 30 à >40
AMSTERDAM
BELGRADE
BRUXELLES
DUBLIN
MADRID
ROME
13/20
21.00 Le gendarme à New York
19.05 Alerte Cobra. Série Cours,
Julia, cours - Summer & Sharky.
29/33
26/30
17/26
19/24
16/21
21/28
ALGER
BARCELONE
BERNE
COPENHAGUE
LONDRES
RABAT
0 à 10
16/29
16/28
19/28
21/31
23/31
lachainemeteo.com
par téléphone :
LIVE 24/24 SUR
et sur
2,99 €/appel
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LE FIGARO
jeudi 9 août 2018
JEUX D'ÉTÉ
17
SU DO KU
TAKUZU
En partant des chifres déjà placés, remplissez les grilles de manière à ce que chaque ligne, chaque colonne, et chaque carré
de 3 x 3 contienne une seule et unique fois tous les chifres de 1 à 9.
Remplir la grille avec les chifres 0 et 1. Chaque ligne et chaque colonne
doit contenir autant de 0 que de 1. Les lignes ou colonnes identiques sont
interdites. Il ne doit pas y avoir plus de deux 0 ou 1 placés l’un à côté
ou en dessous de l’autre.
FAcile
1
1
1
2613
0
1
0
1
1
0
0
0
1
0
1
1
1
1
1
1
0
0
0
FAcile
1
1
0
0
grille
0
6 8
2
1
7
3 7
4
1 6
3 9
2 3
6
9
4 1 5 2
9 6
3
3 8 7
2
4 6
1
8 1
6
9 4
9 8
2
MOTS FLÉCHÉS N° 2045
CERISE
SAUVAGE
RENARD
AFRICAIN
grille
8
AVERSES
FORMER
UN TRUST
L’IRLANDE
DESCENDANTE
PÈRE
D’HORUS
CROCHET
À VIANDE
PERSONNE
À MARIER
HÉSITANT
ÉQUERRE
6
9
6 5 4
2
PIÈCE DE
MÉTAL
BASE DE
PARFUM
ALCOOLS
FORTS
ABSENCE
PASSAGÈRE
CLASSÉE
EN ABRÉGÉ
LONG
TEMPS
SA
UNE ARME FOURRURE
LÉGÈRE EST MOUCHETÉE
INDIENS
RUSÉS...
4 5
6
SOLUTIONS DES JEUX
DU NUMÉRO PRÉCÉDENT
F
F
A R G U M
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I T
P R
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Mots
léchés
1 1 0 0 1 1 0 0 1 0
0 1 0 1 0 1 0 1 0 1
1 0 1 1 0 0 1 0 1 0
APPÂT
ACCROCHÉ
À
L’HAMEÇON
CÔTÉ DU
VENT SUR
UN NAVIRE
ARRANGER
JOLIMENT
DO, AVANT
0 1 1 0 1 1 0 1 0 0
DANS
UN PRONOMINAL
POSSESSIF
ATTENDRE
SEREINEMENT
LIBRE
LE CERCLE,
C’EST SON
RAYON
BON
TRIMESTRE
RÉSEAU
À RAMES
MAMMIFÈRE À
TROMPE
LE COBALT
BAVARD
BRÉSILIEN
SYMBOLE
CHIMIQUE
DU TITANE
METTRE EN
STATION
VERTICALE
MOTS CROISÉS
HORIZONTALEMENT
1.I l a l a p r é t e n t i o n d e p a r l e r . - 2. T e l l e l a
m e r q u ’ o n v o ti d a n s e r . - 3. F r a i s e n g a g é s
p o u r l e c o m p t e d u p r o p r i é t a ri e . - 4. A u t a n t
e n a p p o r t e l e v e n t . P i e u s e s i n ti i a l e s . - 5.
L e R o i d e s A u ln e s , c h e z T o u r n ie r . T r a n c h e
p r i n t a n i è r e . - 6. D ri e c t i o n . C ’ e s t c o m m e
d u v e l o u r s . - 7. V i e i l a p p a r e i l d e p r o j e c t i o n .
- 8. E n t r i p l e e x e m p l a ri e a v e c u n t o n d u . E n
v ti e s s e . - 9. P a s s é t o u t p r è s . O b s e r v e l e
m o n d e a u t é l e s c o p e . - 10. H a r c e l é d e t o u s
c ô t é s . - 11. V o i e s u r b e r g e . T o i l e d ’ a r t n i a i s .
- 12. R o u g ti l a l u n e n o u v e l l e .
VERTICALEMENT
1. U n e t e l l e p i e r r e e s t i m p o s s i b l e à t r o u v e r .
- 2. M e t t r e l ’ u n fi o r m e . - 3. A v a l e r c o m m e
u n p e t i t S u i s s e . L o u i s X III y a c c o r d a
g r a c ie u s e m e n t la p a i x a u x h u g u e n o t s .
- 4. E l l e p a s s e t o u t s o n t e m p s s o u s l e s
d r a p s . A s s i s t a n t d e d ri e c t i o n . - 5. A g e n t
d e la p e r c e p t i o n . P o l ic e a n t i- é m e u t e .
H o n n i e n m o n t a n t . - 6. B i e n r e f a ti s . R o b e
p l u s j a m a is p o r t é e . L a p l u s a n c i e n n e v i l l e
d u R o u s s i l l o n . - 7. V a i s p o u s s e r à r o m p r e .
S o u t e n u p a r c i n q p i l i e r s . - 8. S e r t à
p r e n d r e l ’ a ri .
Par Louis Morand
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SOLUTION DU PROBLÈME N° 4799
HORIZONTALEMENT 1. J a p o n a i s . - 2. E n a m o u r é . - 3. A n t i c h o c . - 4. N o i s e . N u . - 5. C N N .
B é e r . - 6. A c a j o u . - 7. R ti e . L a s . - 8. R a . T r é m a .
- 9.It e . A r a n . - 10. E i l a t . N t . - 11. R o u l e t t e . - 12.
E n s i lé e s .
VERTICALEMENT 1. J e a n C a r r i è r e . - 2. A n n o n c i a t i o n . - 3. P a t i n â t . É l u s . - 4. O m i s . J e t . A l i .
- 5. N o c e b o . R a t e l . - 6. a u H . E u l e r . T é . - 7.Ir o n e .
A m a n t e . - 8. S é c u r i s a n t e s .
BRIDGE
PROBLÈME N° 2889 :
C’est votre meilleure
chance et pas la
dernière
Par Philippe Cronier www.lebridgeur.fr
A
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grille
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Contrat : S u d j o u e 4 Piques, a p r è s
u n e o u v e rt u r e d e 1 e n E s t .
Entame : V a l e t d e p o u r l a D a m e
e t l e R o i , A s d e ( l e 4 e n O u e s t ) e t
7 d e . ( E s t m o n t r e r a u n s i n g l e t o n à
l ’a t o u t) .
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4
MOTS COUPÉS
Mots coupés
coPeAu - coPier coPine - doleAu doline - dolmen meneAu - menine menThe - rAdeAu rAdier - rAdine Théier - Théine.
Par Arthur Gary
Assemblez les huit groupes de trois lettres deux
par deux pour former au moins dix mots de six
lettres. Un même groupe de lettres peut être
utilisé plusieurs fois pour des mots diférents.
C H E
C L I
C L O
E V E
L L E
Q U E
S O C
T R I
1
SOLUTION DU PROBLÈME DE DÉFENSE N° 2888 :
Une question de confiance
2
Contrat : S u d j o u e 4 Piques.
La séquence (Pers. vuln.) : S u d o u v r e d e 1 , N o r d r é p o n d 1 S A , v o u s i n t e r v e n e z à 2 ,
S u d s a u t e à 3 e t N o r d c o n c l u t à 4 .
Entame : 9 d e p o u r v o t r e D a m e ( l e 4 e n S u d ) . V o u s c o n t r e - a t t a q u e z d u 3 d e p o u r
le 1 0 e n S u d e t le V a le t d ’ O u e s t q u i r ej o u e le 7 d e p o u r v o tr e A s ( le V a le t e n S u d ) .
E t m a in t e n a n t ?
À c e s t a d e , u n c h a m p i o n p o l o n a is d e r e n o m a c r u b o n e
l e v é e d e m a i s S u d , l e campionissimo i t a l i e n
N o r b e r t o B o c c h i , a c o u p é e t f a ti l ’ i m p a s s e à l a D a m e
d ’ a t o u t ! I l a v a ti j o u é p s y c h o l o g i q u e m e n t ( e n n o t a n t
la d é c e p t i o n d ’ O u e s t) e t t e c h n iq u e m e n t ( E s t é t a n t
p r é s u m é c o u r t à a v e c s e s s i x ) . D a n s l ’ a u t r e s a l l e ,
l e p r o d i g e it a l o - a r g e n t i n A g u s t i n M a d a l a , f a i s a n t
c o n fi a n c e à s o n p a r t e n a ir e qui n’avait pas tenté
d’encaisser un deuxième avant de jouer , d o n n a
u n troisième tour de pour promouvoir la Dame
d ’ a t o u t d e s o n p a r t e n a ri e . S u d c o u p a d e l ’ A s e t p r é s e n t a l a V a l e t d e s u r l e q u e l O u e s t f o u r n ti p e t ti . U n e
d e c h ute .
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7
A GLOUSSÉ
IMAGE QUE
L’ON ADORE
PROBLÈME N° 4800
CELUI DES
SOMMETS
EST PUR
SE
CREUSER
LES
MÉNINGES
PREMIÈRE
ÉPOUSE
DE JACOB
Takuzu
1 0 1 0 1 0 1 0 0 1
grille
EXÉCUTÉ
AVEC
BONHEUR
PAS NÉ
NOBLE
BARRE DE
RENFORT
0 1 1 0 1 0 1 1 0 0
Sudoku
SUR UNE
ANCIENNE
ENVELOPPE
C’EST
UN SEIN
MEURTRI,
POUR UN
FRUIT
1 0 0 1 0 1 0 1 1 0
0 0 1 1 0 0 1 0 1 1
1 0 0 1 0 1 0 0 1 1
AU CHANT
DU COQ
DANS UN
MOT
COMPOSÉ
CASIER
0 1 0 0 1 0 1 1 0 1
ELLE
FACILITE
LE SERVICE
TENDU
ELLE TOUCHE LES
DÉSERTS
SÉCHAGE
DU HARENG
COLONIE
BONNE
QUAND
ELLE EST
RICHE
4 3
7
ID EST
FLEUVE
CÔTIER
DU NORD
SOURCE
ELLE
PÉTARADE
DANS
LA RUE
3
6
AJOUTERA
COURSE
D’OBSTACLES
BRAMAS
1
2
9 5
NOMMERA
TRANSPERCE
ÉCLAIRAGE
D’ANTAN
6 4
7
PERSÉVÉRANCE
FONDAMENTAL
eXPerT
3 8 4
Par Diane Monfort
TRESSAGE
2614
s s a y e r d ’ e n c a is s e r u n e s e c o n d e
R
6
D
R
D
A
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D V 9 8
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R 7 3
8 7 3
A D 1 0 6 5 3
A V 1 0 9 8 7 4
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A R V
V 4
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
jeudi 9 août 2018 LE FIGARO
18
L’ÉTÉ DU FIGARO
[
Sur les tr
de GeorgeacOersw
ell
]
George Orwe
ll est à la mode
, revendiqué
comme par la
par la droite
gau
De la Birmanie che et pourtant inclassab
le.
coloniale à l’îl
e écossaise de
où il écrit 198
4, en passant
Jura
par les taudis
et de Londres
de Paris
ou la guerre d’E
retrace la vie
spagne, Le Fig
aventureuse
de ce grand écr aro
qui il faut viv
ivain pour
re la réalité ava
nt de pouvoir
en parler.
4/6
Agusti Centelles photographie
en 1936 des volontaires du Poum.
Très grand, George Orwell les dépasse
d’une tête au fond de l’image. UNIVERSAL
HISTORY ARCHIVE/UIG VIA GETTY IMAGES
Les idées au bout du fusil
ADRIEN JAULMES £@AdrienJaulmes
ENVOYÉ SPÉCIAL À BARCELONE
CHRONOLOGIE DE
GEORGE ORWELL
A
Au lieu des enseignes des multinationales de prêt-à-porter et de
restauration rapide qui couvrent
aujourd’hui le centre de Barcelone, ce sont les drapeaux rouges et
noirs qui couvrent la ville à la fin
de l’année 1936. Depuis le coup
d’État de Franco du 18 juillet, tenu
en échec par le soulèvement des
organisations marxistes et anarchistes, la capitale catalane est
celle de la révolution. Sur les
Ramblas, la grande artère qui descend vers la mer, au lieu des touristes en pantacourt traînant leurs
valises à roulettes, des foules en
bleu de travail et foulards rouges
déambulent fusil à l’épaule en reprenant les chants révolutionnaires des haut-parleurs.
Cette atmosphère fiévreuse
remplit d’enthousiasme un grand
Anglais dégingandé qui débarque
du train à la gare de France le lendemain de Noël 1936. « Tout cela
était étrange et entraînant. Il y
avait beaucoup d’éléments là-dedans que je ne comprenais pas, et
d’une certaine façon que je n’aimais
pas, mais je reconnus immédiatement un état de choses qui valait la
peine d’être défendu », écrit George
Orwell. Avec son accent d’ancien
élève de public school, il surprend
un peu les camarades britanniques
issus de la classe ouvrière auquel il
présente ses lettres d’introduction. On lui propose de faire le tour
du front. Mais Orwell n’est pas
venu voir la guerre, ni s’y montrer, pratique déjà en vogue à
l’époque chez de nombreux écrivains et intellectuels. « Je suis venu
en Espagne me battre contre le fascisme », leur dit-il.
George Orwell n’est pas encore
une célébrité mondiale, mais ses
premiers livres lui ont valu une
petite notoriété dans les milieux
de gauche anglais. Le coup d’État
de Franco et la guerre civile qui
éclate le poussent à l’action. Empruntant de l’argent à droite et à
gauche, il part pour l’Espagne à la
fin de 1936. En chemin, il s’arrête
pour déjeuner à Paris avec Henry
Miller, qui tente de le dissuader de
faire une « bêtise pareille ». Miller
lui donne quand même sa veste en
velours, qu’Orwell va porter pendant son séjour en Espagne.
Lorsqu’il arrive à Barcelone, la
profusion de drapeaux rouges et
les foules de prolétaires abusent
quelque peu Orwell. La révolution
populaire de l’été est en voie de
s’achever, et les communistes
prosoviétiques sont en train de
dominer le camp républicain,
profitant de l’importance de l’aide
militaire de l’URSS de Staline.
Orwell souhaite s’engager dans les
Brigades internationales, mais les
communistes se méfient déjà de ce
penseur un peu trop indépendant ;
le parti en Angleterre lui refuse
son soutien. Il rejoint alors les
rangs du Poum (Parti ouvrier
d’unification marxiste), petite organisation fondée par Andreu Nin,
ancien membre du Komintern,
mais qui s’oppose au Parti communiste et à Staline. Après quelques jours d’instruction sommaire
dans d’anciennes écuries rebaptisées « caserne Lénine » (où Orwell
est photographié sans le savoir par
le grand reporter catalan Agusti
Centelles, voir photo ci-dessus),
les recrues sont envoyées sur le
front d’Aragon, avec de vieux fusils et une quinzaine de cartouches
chacune.
Sur la route de Saragosse, à environ 250 km à l’ouest de Barcelone, la plaine est barrée par une
petite chaîne de collines rocheuses, la sierra de Alcubierre. Dans
la dernière montée avant la crête,
un panneau indique la Ruta
Orwell. Au bout d’une piste
caillouteuse, dans un décor désolé
de western spaghetti, les tranchées et les postes de tir d’une position républicaine de la guerre
ont été reconstruites sur un petit
mamelon. « Nous avons retrouvé
un certain nombre de ces tranchées, explique Victor Pardo,
journaliste et historien, à l’origine
de la reconstruction. Le front
d’Aragon était important parce
qu’il protégeait Barcelone, même si
ce n’était pas l’endroit le plus actif
de la guerre. Les républicains voulaient prendre la ville d’Huesca,
mais ils n’y sont jamais arrivés. »
En plein hiver, les conditions de
vie sont en revanche rudes.
« Dans une guerre de tranchées,
cinq choses sont essentielles, écrit
Orwell. Du bois de chauffage, de la
nourriture, du tabac, des bougies,
et l’ennemi. Pendant l’hiver sur le
front de Saragosse, ces choses
étaient les plus importantes, dans
cet ordre-là. » Les odeurs d’excréments et les rats ajoutent à l’inconfort.
Orwell est nommé caporal, ou
cabo, et commande une escouade
d’une douzaine d’hommes. Dans
cette armée révolutionnaire, la
discipline est individuelle, il doit
convaincre ses subordonnés du
bien-fondé de chacun de ses ordres. On se tire un peu dessus,
mais la guerre est surtout une longue attente. George Kopp, le commandant
du
détachement
d’Orwell, ironise : « Ce n’est pas
une guerre, c’est un opéra-comique, avec un mort de temps à
autre. » Les miliciens du Poum
sont équipés de vieux fusils
prompts à s’enrayer et de cartouches défectueuses. « Heureusement, l’ennemi n’était pas très entreprenant, raconte aussi Orwell.
Extrait
En 1936, George Orwell débarque à Barcelone pour se battre « contre le fascisme ».
De cette expérience espagnole, il tirera une profonde méfiance pour la gauche radicale.
Hommage à
la Catalogne
« L’expérience d’être
touché par une balle
est très intéressante
et je pense qu’elle vaut
d’être décrite en détail.
J’étais à l’angle de la
tranchée, à cinq heures
du matin... c’est très
difficile de décrire
ce que j’ai ressenti,
même si je m’en
souviens avec la plus
grande clarté. En gros,
c’était la sensation
de se trouver au centre
d’une explosion. Il y eut
comme un bang
très fort et un éclair
aveuglant tout autour
de moi, et j’ai ressenti
un choc violent –pas
de la douleur, juste un
choc brutal, comme une
décharge électrique …
L’instant suivant, mes
genoux se dérobaient
et je tombais, ma tête
heurtant violemment
le sol, mais, à mon
soulagement,
sans me faire mal. »
Il y avait des nuits où il me semblait
que notre position aurait pu être
prise par une vingtaine de louvettes
armées de raquettes de badminton. »
Plus que les privations et les
dangers du front, l’expérience qui
marque le plus durablement
Orwell se déroule pendant sa première permission. De retour à
Barcelone, il est le témoin de l’un
des épisodes les plus complexes de
la guerre d’Espagne, les Journées
de mai 1937, qui voient des combats de rue éclater entre les organisations révolutionnaires et
anarchistes et les autorités républicaines appuyées par les communistes prosoviétiques. Sur les
Ramblas, Orwell passe trois jours
sur le toit du Théâtre Poliorama,
fusil à la main, pour défendre la
Casa Lenin, le quartier-général du
Poum, aujourd’hui un hôtel de la
chaîne Citadines. « Il ne sera jamais possible d’avoir une idée complètement précise et objective de ces
combats, parce qu’aucun compte
rendu n’existe. Les historiens ne
disposeront que d’une masse d’accusation et de propagande », écrira
Orwell.
Dix jours plus tard, de retour sur
le front, Orwell est grièvement
blessé par une balle qui lui traverse
la gorge. Il réchappe miraculeusement de sa blessure, qui n’a touché
aucun organe vital, ainsi qu’aux
infections qui déciment les blessés
dans les hôpitaux républicains.
Après sa convalescence, décidé à
quitter le Poum pour s’engager
dans les Brigades internationales, il
retourne sur le front pour chercher
son ordre de démobilisation. À son
retour à Barcelone, sa femme, Eileen, l’accueille avec un grand
sourire dans le hall de l’Hôtel
Continental. En l’embrassant, elle
lui chuchote : « Pars ! Ne reste pas
ici ! » Pendant son absence, le
Poum a été déclaré hors la loi. Les
locaux du parti à Barcelone ont été
investis par la police et ses membres jetés en prison. George Kopp
lui-même a été arrêté. Andreu Nin
a disparu dans les prisons espagnoles du NKVD soviétique, d’où il
ne reviendra jamais.
La presse de gauche parle de
complot fasciste et présente le
Poum comme une cinquième colonne franquiste. Proscrit, Orwell
est contraint de se cacher. Pendant la nuit, il dort dans les ruines
des églises. Pendant la journée,
Eileen et lui jouent au couple
d’étrangers, jusqu’à ce qu’ils parviennent à prendre un train vers
la France.
Traqué par le camp dans lequel
il était venu se battre, accusé de
trahison par ses anciens camarades, Orwell prend conscience de
la nature profondément perverse
du communisme et du danger totalitaire, aussi redoutable que le
fascisme. Il découvre aussi les travers de la gauche, qui préfère occulter la vérité lorsqu’elle ne va
pas dans le sens de l’idéologie et
qui, derrière son amour affiché
pour la liberté, adore pratiquer
l’excommunication, la mise à l’index et la proscription. « Plus encore que la guerre, ce sont surtout les
Journées de mai qui ont marqué
Orwell. Il a été transformé politiquement et littérairement par cette
expérience, qui influence le reste de
son œuvre », explique Miquel Berga, professeur de littérature anglaise à l’université Pompeu Fabra
de Barcelone.
De retour en Angleterre, sans
ses carnets, saisis par le NKVD (et
sans doute encore dans les archives de la Loubianka à Moscou),
Orwell rédige de mémoire son
Hommage à la Catalogne. Le livre
est refusé par son éditeur, Victor
Gollancz, parce qu’il risque de
nuire à la cause républicaine. Il ne
paraît qu’en 1938, tiré à 1 500
exemplaires, jamais épuisés de
son vivant. Des années plus tard,
l’épisode espagnol inspirera aussi
largement 1984. George Kopp, qui
survit miraculeusement à la torture et à sa détention, sert de modèle au personnage d’O’Brien,
alors que le traître Emmanuel
Goldstein, que la population est
appelée à conspuer pendant les
« minutes de la haine » organisées
par le régime d’Océania, emprunte beaucoup à Andreu Nin.
À Barcelone, Orwell reste un
personnage ambigu. « La gauche
antifranquiste structurée autour du
Parti communiste, n’a jamais
beaucoup apprécié Orwell dit Miquel Berga, et même de nos jours,
certains professeurs d’université
évitent de citer son nom. » En 1987,
la municipalité décide de donner
son nom à une place du Quartier
gothique. « Par une certaine ironie,
c’est à cet endroit même où a été
installée quelques semaines plus
tard la première caméra de surveillance de la ville », dit Miquel
Berga. ■
RETROUVEZ DEMAIN :
Le Robinson de Jura
Combat dans les rangs
républicains
en Espagne
1937
1903
Huesca
1917-1921 1922-1927 1928-1929
1933
1936
1943
1945
1946-1948
1950
Barcelone
Madrid
Saragosse
ESPAGNE
Mer
Méditerranée
Naissance
Boursier
Sert dans
à Motihari, à Eton, l’école la police
aux Indes
de l’élite
impériale
anglaise
en Birmanie
Vit dans
la misère
à Paris et
à Londres
Voyage
Prend le nom
de G. Orwell dans le nord
pour signer industriel de
son 1er livre l’Angleterre
Meurt
S’installe
Chroniqueur Publication
de la
à la BBC de La Ferme dans l’île de
au service de des animaux, Jura (Écosse) tuberculose
la propagande son 1er succès où il écrit
1984
international
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
jeudi 9 août 2018
CHAMPS LIBRES
OPINIONS
Nos politiques pèchent-ils par « hybris » ?
CHRONIQUE
Luc Ferry
luc.ferry@yahoo.fr
www.lucferry.fr
@
19
t n’était-ce pas là,
finalement, le cœur
de l’affaire Benalla ? Ce que
les Grecs appelaient l’hybris
(prononcer « ubrisse »),
c’est la démesure, l’orgueil,
cette arrogance spécifiquement
humaine qui menace en permanence
l’ordre de justice instauré par les
Immortels. Le cas le plus courant
et le plus détestable d’hybris consiste
pour un humain à se croire plus qu’il
n’est, et le pire du pire, bien sûr,
c’est de se prendre pour un dieu, voire
pour le roi des dieux, pour Jupiter
en personne.
C’est ce qui arrive au malheureux
Tantale dont l’histoire mériterait d’être
E
100 000 citations
et proverbes sur evene.fr
aujourd’hui méditée par nos politiques.
Selon la version la plus commune,
Tantale aurait été un des nombreux fils
de Zeus et de Ploutô, elle-même fille
d’Atlas, le Titan qui porte le monde
sur ses épaules. Sans être à proprement
parler un Olympien, Tantale est
donc malgré tout de race divine. Marié
avec la belle Dioné, il est souvent invité
sur l’Olympe, à la table des dieux. Roi
de Phrygie, il a la réputation d’être dès
son plus jeune âge extraordinairement
riche et talentueux. Du reste, des êtres
aussi prestigieux que Ménélas, le roi
de Sparte, ou encore Agamemnon,
le chef des armées grecques pendant
la guerre de Troie, figureront parmi
ses descendants. On dit même que Zeus
ENTRE GUILLEMETS
9 août 1945 : largage d’une bombe atomique sur Nagasaki RUE DES ARCHIVES/PVDE
Albert Camus dans Combat
La civilisation mécanique vient
de parvenir à son dernier degré
de sauvagerie. Il va falloir choisir,
dans un avenir plus ou moins proche,
entre le suicide collectif ou l’utilisation
intelligente des conquêtes scientifiques»
l’a pris comme confident, une espèce
de conseiller avec lequel il prend
plaisir à converser, à tester ses idées,
à discuter ses plans. Flatté de se trouver
dans le secret des dieux, Tantale finit
par s’en croire l’égal au point d’être
jaloux de leur prétendue supériorité.
Afin de leur démontrer qu’ils ne sont
pas meilleurs ni plus savants que lui,
et certainement pas omniscients,
il conçoit le projet fou, non seulement
de les inviter à sa table (ce qui est déjà
un signe d’hybris), mais qui plus est
de leur servir de la chair humaine
en guise de plat principal afin de tester
leur prétendu savoir.
À cette fin, il tue son propre fils,
Pélops, avant de le faire cuire pour
ses invités. Déméter, toute préoccupée
qu’elle est par le sort de sa fille,
Perséphone, enlevée par Hadès,
grignote par inattention, un morceau
d’épaule du malheureux Pélops,
mais les autres dieux sont horrifiés :
omniscients (car ils le sont bel
et bien !), ils détectent aussitôt l’affreux
stratagème ourdi par leur hôte.
Ils décident alors de punir Tantale :
il a péché par la nourriture, il sera puni
par la nourriture ! Et le voilà condamné
pour l’éternité à souffrir de la faim et de
la soif devant des mets délicieux dont
il ne parvient jamais à s’approcher.
Au-dessus de sa tête, un énorme rocher
oscille en équilibre instable, menaçant
en permanence de l’anéantir afin
de lui rappeler qu’il n’est qu’un mortel,
et certainement pas un dieu.
De Prométhée à Sisyphe, les mythes
renvoient inlassablement à cette notion
d’hybris et au châtiment qu’elle mérite,
au point qu’elle devient l’un des thèmes
centraux de la mythologie. Comme
chez nos écologistes, aux yeux
des Grecs déjà, seuls les humains
sont capables de pécher par démesure,
de se prendre pour ce qu’ils ne sont pas.
De là les devises qui ornaient le temple
d’Apollon : « Connais-toi toi-même ! »
et « Rien de trop ! ».
Les lions, les requins ou les ours sont
certes des prédateurs féroces, terrifiants
pour leurs proies et pour les Hommes
eux-mêmes, mais ils ne « débordent »
jamais de leur place au sein
de l’Univers, ils ne sont jamais vraiment
en « excès » par rapport au monde qui
les environne comme par rapport à leur
nature propre. Ils restent en harmonie
avec leur milieu, de sorte qu’aucune
espèce animale ne peut sérieusement
porter atteinte à l’ordre cosmique.
L’Homme, lui, comme on le voit au
cœur du mythe de Tantale, est, hélas,
capable de déséquilibre et d’injustice,
et c’est du reste la raison pour laquelle
Zeus le punit avec une telle sévérité.
J’ai bien connu le monde politique
et sauf erreur, il me semble plus encore
que par le passé pécher par hybris.
La faute en revient d’ailleurs moins
aux politiques eux-mêmes qu’à
une médiatisation si délirante qu’elle
fait perdre la mesure. Difficile, en effet,
quand on se retrouve au sommet
de l’État, en permanence à la une de la
presse, reçu comme un roi par les chefs
des États les plus puissants, encensé par
ses conseillers, flatté par les courtisans
qui se pressent et s’empressent
chaque année plus nombreux,
de ne pas se prendre un jour ou l’autre
pour Jupiter en personne. Attention,
danger ! Ne jamais oublier cette adresse
de Montaigne aux puissants : « Si haut
que l’on soit placé, on n’est jamais
assis que sur son cul ! ». C’est rudement
dit… mais c’est bien dit !
L’occupation touristique planétaire
est une dépossession
D’
MATHIEU BOCK-CÔTÉ
« VENTS D’OUEST »
Dassault Médias
14, boulevard Haussmann
75009 Paris
Président-directeur général
Charles Edelstenne
Administrateurs
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Dassault, Jean-Pierre
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Habert, Bernard Monassier,
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SOCIÉTÉ DU FIGARO SAS Directeur des rédactions
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Président
Gaëtan de Capèle (Économie),
Charles Edelstenne
Laurence de Charette (directeur
de la rédaction du Figaro.fr),
Directeur général,
Anne-Sophie von Claer
directeur de la publication (Style, Art de vivre, So Figaro),
Marc Feuillée
Anne Huet-Wuillème (Édition,
Photo, Révision),
à la manière d’un folklore pour ceux
qui sont en quête d’authenticité, mais
de l’autre, elle doit offrir les mêmes
facilités et les mêmes enseignes qu’on
trouve partout sur la planète, du magasin
de luxe au Starbucks. Il ne faudrait
surtout pas que le touriste se sente trop
loin de chez lui. S’il égrène fièrement les
destinations où il est passé, il ne cherche
la plupart du temps qu’un dépaysement
soft. S’il était vraiment ailleurs, ce serait
probablement pour lui l’enfer.
Le moderne vante les mérites de l’autre
mais ne le voit jamais qu’à la manière
d’une copie du même.
C’est bien une dynamique de
dépossession qui caractérise le tourisme
de masse. Et ses ravages sont
indéniables. Des masses humaines se
jettent à un pas rythmé
Le moderne vante les mérites
par les chansons
de l’autre mais ne le voit jamais qu’à mondialisées à la mode
sur des destinations
la manière d’une copie du même
choisies
et en viennent
à les défigurer complètement.
remplacés par des employés convertis
Elles n’ont souvent qu’un objectif :
à la logique du capital mondialisé
« immortaliser » leur passage avec
qui sont souvent d’ailleurs habitués
un selfie destiné aux réseaux sociaux, au
à tourner dans son circuit.
point même où la première chose qu’on
La population locale en vient même
croise aujourd’hui en voyage, ce sont
à reconnaître implicitement un statut
d’exaspérants badauds qui se prennent
d’extraterritorialité symbolique
en photo. Devant cette sauvagerie molle
aux lieux sous occupation touristique.
et souriante, certains en appellent à une
Elle devient elle-même touriste
résistance politique. On apprenait ainsi
en son propre pays lorsqu’elle fréquente
récemment que Venise, Barcelone,
ces lieux.
Dubrovnik ou Santorin cherchent
Sans surprise, ce sont les plus
activement des mesures pour contenir
beaux quartiers qui sont ainsi arrachés
le flot humain qui les engloutira. Une
de la ville où ils ont été construits
chose est certaine : si le monde entier
pour accueillir les touristes qu’on peut
devient une destination touristique,
se représenter comme l’armée
plus personne ne sera chez lui et tout
de la mondialisation, qui partout, impose
le monde sera chassé de chez soi.
ses codes. C’est peut-être une figure
On voit là comment le système de la
nouvelle du colonialisme. Paradoxe :
mondialisation s’empare du monde. On
d’un côté, la ville vidée de son peuple est
a beaucoup parlé ces dernières années
invitée à conserver ce qui la caractérise,
consentirait à sa muséification définitive.
Elle ne serait plus qu’un décor déshabité,
témoignant d’une gloire passée qu’il ne
viendrait à personne l’idée de restaurer.
La gloire témoigne de temps tragiques
et nous souhaitons plus que tout habiter
une époque aseptisée.
La logique du circuit touristique
planétaire est facile à reconstruire.
Lorsque le système du tourisme
mondialisé happe un lieu, celui-ci est
progressivement vidé de sa population,
comme s’il fallait effacer une présence
humaine résiduelle, datant de l’époque
où la ville était d’abord habitée avant
d’être visitée. Les derniers résidents
sont de trop, sauf s’ils savent se plier
à la nouvelle vocation du lieu.
Globalement, les habitants seront
«
Arnaud de La Grange
(International),
Étienne de Montety
(Figaro Littéraire),
Bertrand de Saint-Vincent
(Culture, Figaroscope, Télévision),
Yves Thréard (Enquêtes,
Opérations spéciales, Sports,
Sciences),
Vincent Trémolet de Villers
(Politique, Société, Débats Opinions)
»
Directeur artistique
Pierre Bayle
Rédacteur en chef
Frédéric Picard
(Édition Web)
Directeur délégué
du pôle news
Bertrand Gié
Éditeurs
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direction.redaction@lefigaro.fr
du concept de France périphérique,
formulé par Christophe Guilluy, qui sert
à désigner les populations laissées de
côté par la mondialisation. On pourrait
en élargir la signification en parlant plus
simplement des populations qui sont
refoulées non seulement territorialement
mais symboliquement à l’extérieur du
système de la performance mondialisée
parce qu’elles ne sont pas suffisamment
adaptables, mobiles et interchangeables.
On les juge mal préparées aux règles
du nouveau monde de la mobilité
maximale. Ce sont des populations
retardataires, attachées à un lieu,
une langue et peut-être même
une tradition. Un tel enracinement
ne se pardonne pas. On ne saurait jamais,
sous aucun prétexte, être en décalage
avec les exigences de ce qui passe
pour la modernité.
Ici et là, la critique du tourisme
de masse se fait heureusement entendre,
même si elle peut aussi devenir agaçante.
On brandit facilement, en prenant
la pose dandy, une éthique du voyageur
qui saurait se glisser subtilement dans la
ville, en laissant entendre que le voyage
devrait être le privilège exclusif du petit
nombre. Mais ce réflexe aristocratique
porte une leçon intéressante. Le génie
du voyageur authentique tient moins
dans la consommation des destinations
recherchées où il vivra des expériences
préformatées que dans sa capacité à
habiter plus d’un endroit dans le monde,
en y développant ses habitudes, ce qui
implique de prendre le temps de se
familiariser avec les mœurs locales.
Il n’est pas interdit d’espérer que
le tourisme se civilise après s’être
démocratisé et que les hommes se
rappellent que le monde n’a pas pour
vocation à se plier aux désirs de ceux
qui fardent leur pulsion de conquête
en sophistication cosmopolite.
Impression L’Imprimerie, 79, rue de Roissy
93290 Tremblay-en-France
Midi Print, 30600 Gallargues-le-Montueux
Ecoprint Casablanca Maroc. ISSN 0182-5852
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sous le numéro FI/37/01. Eutrophisation : Ptot 0.009 kg/tonne de papier.
Ce journal
se compose de :
Édition nationale
1er cahier 20 pages
Cahier 2 Économie
6 pages
A
une année à l’autre,
la belle saison
confirme le statut
de la France comme
première destination
touristique
mondiale. On a d’abord tendance
à s’en réjouir : n’est-ce pas le plus
beau compliment que le monde puisse
lui adresser ? On se rue vers elle pour
admirer l’incroyable travail des siècles
sur un territoire modelé par l’homme,
qui a su à la fois fonder villes et villages,
élever des cathédrales et dessiner
des paysages. Si l’Amérique fascine
spontanément qui veut contempler
la nature sauvage et les grands espaces,
l’Europe attire ceux qui s’émeuvent
à bon droit de l’empreinte humaine
sur la planète. S’ajoutent à cela des
considérations prosaïques élémentaires :
le tourisme est une industrie
extrêmement lucrative. Qui serait assez
bête pour se désoler de son expansion
et des milliards qui l’accompagnent ?
Mais on se désenvoûte assez
rapidement de ce beau récit pour peu
qu’on pense le tourisme de masse non
plus seulement comme une opportunité
économique mais comme un phénomène
politique. D’ailleurs, dans La Carte
et le territoire, Michel Houellebecq
s’était déjà inquiété de ce qu’on
pourrait appeler le devenir touristique
de l’Europe, soit celui d’une civilisation
s’offrant à l’humanité comme parc
d’attractions, comme si elle n’avait
plus que des vestiges
monumentaux mais
vidés de toute sève
à présenter
au monde. En
se réinventant
Notre chroniqueur analyse les dérives du tourisme
par sa promotion
de masse produit par la mondialisation et son impact du tourisme de
sur notre rapport à l’autre et au territoire.
masse, elle
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
jeudi 9 août 2018 LE FIGARO
20
L’ÉTÉ DU FIGARO
CYRILLE LOUIS £@cyrille_louis
A
CORRESPONDANT À JÉRUSALEM
LE SOUVENIR glaçant de sa dépouille mortelle suspendue au bout
d’une corde, place des Martyrs, en
plein centre de Damas, vaut à Eli
Cohen un statut à part dans le panthéon israélien. Le 18 mai 1965, l’espion qui était parvenu à s’infiltrer
au cœur du pouvoir syrien fut exécuté devant une foule avide de
vengeance. Les démarches engagées au dernier moment par le pape
Paul VI ainsi que par plusieurs dirigeants occidentaux en vue de lui
obtenir la vie sauve s’étaient révélées vaines. La télévision d’État
diffusa l’exécution en direct, et son
corps inerte resta exposé à tous les
regards durant plusieurs heures,
enveloppé par ses bourreaux d’un
drap recouvert d’inscriptions
vouant l’État hébreu à la destruction. La mise en scène, destinée à
laver le camouflet subi par la Syrie,
pétrifia le public israélien. Plus que
tout autre, le nom d’Eli Cohen est
depuis lors synonyme d’audace,
d’efficacité et d’abnégation. Sa légende, sculptée par divers livres et
films, prétend que les informations
recueillies grâce à ce maître espion
contribuèrent de façon décisive à la
victoire contre l’armée syrienne en
juin 1967. « Il demeure, pour autant
qu’on le sache, le seul agent juif du
Mossad à ne jamais être rentré de
mission, souligne le journaliste Yossi Melman, auteur de plusieurs
ouvrages sur les services de renseignements israéliens, et le mythe qui
l’entoure doit beaucoup à cet épilogue traumatisant. »
Né en 1924 à Alexandrie, en Égypte, d’un père qui avait grandi au sein
de la communauté juive d’Alep,
Eliyahu Cohen conjuguait à première vue les qualités requises par ce
type de mission. Parfaitement arabophone, il savait aussi le français et
l’anglais. Sa mémoire remarquable
ainsi que son tempérament intrépide
retinrent, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’attention des
activistes sionistes qui s’employaient
discrètement à organiser l’immigration de ressortissants juifs vers la Palestine britannique. Quand ses parents décidèrent de gagner le tout
jeune État hébreu, lui préféra rester à
Alexandrie. En 1954, il fut arrêté par
les services de sécurité égyptiens
lorsque l’opération Susannah, une
série d’attentats à la bombe perpétrés sur ordre d’Israël dans l’espoir de déstabiliser le régime de
Nasser, vira au fiasco. Plusieurs dizaines de Juifs égyptiens furent incarcérés, deux
d’entre eux pendus, et Cohen, bien que vite mis hors
de cause, jugea préférable
de quitter le pays. Sitôt
arrivé en Israël, il fut formé aux techniques d’espionnage et de sabotage
par l’unité 131 des renseignements militaires
- celle-là même qui
avait fomenté l’opération Susannah. De retour en Égypte, il fut
placé sous surveillance
puis expulsé, en 1957, en
réaction à la crise de Suez.
Un coup qui l’incita à
mettre entre parenthèses
sa vie d’aventures pour
épouser une jeune femme,
d’origine irakienne, et trouver un emploi de comptable
dans la ville côtière de Bat Yam.
Ce retour à la vie civile fut toutefois de courte durée. Au printemps 1960, tandis que les tensions
redoublent à la frontière syrienne,
les chefs de l’Aman, la direction du
renseignement militaire, cherchent
à implanter un homme de confiance
à Damas. « Les services israéliens
pouvaient bien sûr compter sur un réseau d’informateurs syriens pour recueillir du renseignement tactique,
mais l’objectif était cette fois plus
ambitieux, précise le journaliste
Yossi Melman : Il s’agissait d’infiltrer
un espion au cœur du régime ennemi
afin que celui-ci puisse donner l’aler-
L’agent
du Mossad
infiltré
au cœur
du pouvoir
syrien
]
4/11
te au plus vite en cas de guerre imminente. » Le régime de Damas, qui
demeure techniquement en guerre
avec Israël malgré l’armistice de
1949, pilonne alors régulièrement
les kibboutz de Galilée depuis ses
postes d’artillerie sur le plateau du
Golan. Il sert aussi de base arrière
aux militants nationalistes palestiniens du Fatah, qui vient d’être fondé par Yasser Arafat. L’exploitation
des eaux du Jourdain nourrit également les tensions. La Syrie, où coulent les principaux affluents du fleuve, menace d’en détourner le cours
pour assécher le lac de Tibériade et
À gauche : Eli Cohen (à gauche), le 9 mai 1965, lors de son procès à Damas, neuf jours avant
son exécution. À droite : Nadia, la veuve d’Eli Cohen. AFP, COLLECTION PERSONNELLE
Avec une légende sculptée
par de nombreux livres
et films, l’espion Eli Cohen,
pendu à Damas en 1965,
reste en Israël
la personnification
de l’audace, de l’efficacité
et de l’abnégation.
[
Histoires d’esp
ions
Trahison, ambit
ion, jalousie, idé
manipulation…
ologie, argent,
les
sexe,
parfois changé grandes affaires d’espionna
ge
le destin du mo
nde mais elles ont
toujours aussi
son
des
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montre que cet histoires humaines. Et l’actu
te
ali
que jamais. Le vie de l’ombre est plus dense té
Figaro retrace
qu
de ces étonnan
tes pages d’Hist elques-unes
célèbres et d’a
utres moins co oire, certaines
nnues
priver ainsi l’État hébreu de sa principale réserve d’eau. Le soutien logistique croissant fourni par l’Union
soviétique à l’armée syrienne, enfin, inquiète les stratèges israéliens,
qui vont dès lors s’efforcer de combler l’angle mort à leur frontière
septentrionale.
Eli Cohen, dont les chefs de
l’Aman considéraient jadis avec
méfiance le tempérament enflammé et l’excès de confiance en soi,
apparaît comme l’homme de la situation. Un programme d’entraî-
nement sur mesure est mis sur pied,
lors duquel il se familiarise avec la
pratique de l’islam, l’accent syrien
ainsi qu’avec l’histoire et les traditions du pays où il prévoit de s’établir. Le maniement des armes, l’art
de déjouer une filature, l’usage des
radiotransmissions et la cryptographie sont aussi au programme. Une
identité fictive est forgée dans ses
moindres détails. Kamel Amin Taabeth, un homme d’affaires syrien
qui a grandi au Liban et dont les parents se sont installés en Argentine
en 1948, dirige depuis peu l’entreprise de textile familiale. Cohen, sur
le point de sauter dans l’inconnu,
raconte à son épouse qu’il vient
d’être embauché par le département des achats du ministère de la
Défense et qu’il va devoir séjourner
en Europe pour une durée indéterminée. Son visage au teint mat arbore désormais une moustache soigneusement taillée et ses cheveux
bruns sont lissés en arrière.
Haïm Herzog, qui dirige les renseignements militaires et présidera
deux décennies plus tard l’État d’Israël, signe son ordre de mission début 1961. Muni d’un passeport
européen, l’espion embarque à
bord d’un avion à destination de
Buenos Aires, où un passeport syrien au nom de Taabeth lui est remis
quelques semaines plus tard. Sur
place, il noue connaissance avec les
principaux hommes d’affaires de la
diaspora syrienne ainsi qu’avec
certains membres, alors clandestins, du parti nationaliste Baas sur le
point prendre le pouvoir à Damas.
Pourvu d’un budget quasi illimité, il
donne de fastueuses réceptions et
raconte à qui veut l’entendre qu’il
brûle de s’installer en Syrie pour
contribuer à la construction du
pays. L’attaché militaire Amine alHafez, qui prendra en 1963 les rênes
du pays, compte parmi ses plus
proches amis.
Fort de ces relations et muni de
flatteuses recommandations, Kamel
Amin Taabeth s’envole en 1962
pour Beyrouth et rejoint Damas en taxi. Dans ses bagages, il a dissimulé
un émetteur radio. Son appartement,
L’espion
Eli Cohen a
réussi à infiltrer
au plus haut niveau
le parti Baas avant
d’être confondu par
le contre-espionnage syrien,
le 18 janvier 1965. COLLECTION PERSONNELLE
opportunément situé face au QG de
l’armée syrienne, devient vite le lieu
de rendez-vous des élites damascènes. Comme à Buenos Aires, il organise des fêtes étourdissantes où les
notables les plus en vue s’enivrent
sans rien soupçonner et s’abandonnent aux bras de prostituées « offertes » par leur hôte. Cohen, alias Taabeth, est la coqueluche des officiers
nationalistes qui viennent de prendre le pouvoir. Feignant d’être aussi
saoul qu’eux, il enregistre chacune
de leurs confidences puis s’empresse
de les relater à ses supérieurs. En
1964, ceux-ci apprennent ainsi que
la Syrie construit un canal destiné à
détourner les eaux de la rivière Baniyas pour en priver Israël. Le chantier est bombardé quelques jours
plus tard. Régulièrement convié à
visiter des installations militaires, il
a un jour le rare privilège d’assister à
une revue sur le plateau du Golan.
En contrebas s’étend un chapelet de
villages israéliens. Ses observations,
méticuleusement
transmises,
contribueront à guider les frappes
israéliennes durant la guerre de juin
1967. Le Mossad, qui pilote désormais l’opération, est si impressionné
par les résultats de Cohen qu’il en
oublie de lui rappeler les plus élémentaires consignes de prudence.
“
Il demeure,
pour autant qu’on
le sache, le seul agent
juif du Mossad à ne
jamais être rentré
de mission
”
YOSSI MELMAN, JOURNALISTE
L’espion, qui séjourne brièvement
à Tel-Aviv en novembre 1964, montre pourtant des signes de fatigue.
Nadia, son épouse, racontera après
sa mort qu’il hésite à repartir pour
Damas. L’hostilité que lui témoigne
le colonel Ahmed Suedani, chef des
renseignements militaires syriens,
l’inquiète. Mais sa hiérarchie, comme « accro » à sa production, lui dit
de ne pas s’en faire. « Aux deux extrémités de la chaîne, résume Yossi
Melman, les règles de base du métier
ont été brouillées par le succès exceptionnel de cette infiltration. » Le rythme des transmissions s’accélère jusqu’à 31 en cinq semaines durant
son dernier séjour à Damas - et l’inévitable finit par se produire. Le contre-espionnage syrien, sans doute
guidé par de nouveaux équipements
de détection que lui a fournis l’URSS,
déboule à son domicile le matin du
18 janvier 1965 et le trouve penché
sur son poste de transmission. Placé
en détention, il est interrogé durant plusieurs semaines puis comparaît lors d’un procès spectacle à
l’issue duquel il est condamné à
la peine capitale. Ses ultimes
mots, rédigés en français, seront
pour son épouse. « Je te supplie,
ma chère Nadia, de me pardonner et de prendre soin de toi et de
nos enfants. »
L’émotion populaire a depuis lors recouvert les zones
d’ombre liées à sa mort. Meir
Amit, chef du Mossad, souligna
que l’espion avait atteint « des
résultats hors de portée de la plupart des autres hommes ». Il ne
s’étendit pas sur la part de responsabilité de son agence ni sur les
imprudences de Cohen. Mais les
efforts constants pour retrouver son
corps donnent le sentiment que ses
dirigeants se sentent, aujourd’hui
encore, en dette. Le 5 juillet dernier,
le Mossad a annoncé avoir récupéré
la montre qu’il portait le jour de sa
mort - sans fournir plus de détail sur
les circonstances de cette découverte. Le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, a loué « une opération déterminée et courageuse » et
salué la mémoire d’« un combattant
héroïque qui a tant contribué à la sécurité de l’État ». ■
RETROUVEZ DEMAIN :
Georges Pâques, l’espion
qui voulait sauver le monde
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
jeudi 9 août 2018 LE FIGARO - N° 23 014 - Cahier N° 2 - Ne peut être vendu séparément - www.lefigaro.fr
> FOCUS
lefigaro.fr/economie
L’ÉTÉ DU FIGARO
LES FRANÇAIS
RESTENT FIDÈLES
À LEUR BANQUE PAGE 22
DANS LES COULISSES
DES COURSES
À DEAUVILLE PAGE 25
Air France : les pilotes défient
le conseil d’administration
Alors que le numéro deux d’Air Canada pourrait être proposé comme
directeur général du groupe, les syndicats s’opposent déjà à cette candidature.
Benjamin Smith, actuel numéro
deux d’Air Canada, est pressenti
par le comité de nomination d’Air
France-KLM comme successeur
de Jean-Marc Janaillac. Cette
candidature doit maintenant être
proposée par le comité des nominations au conseil d’administra-
tion du groupe franco-néerlandais. Le Syndicat national des
pilotes de ligne (SNPL) a aussitôt
réagi, désapprouvant le choix de
Benjamin Smith, critiquant la
procédure avec virulence et appelant même à un renouvellement
de la direction du groupe.
èAIR FRANCE-KLM : LES PILOTES S’OPPOSENT AU NOUVEAU PRÉTENDANT PAGE 24
TRANSPOD; J.-C. MARMARA/LE FIGARO; L. DYGA/SCOOPDYGA/FRANCE GALOP; SHUTTERSTOCK
Vue d’artiste
du projet Hyperloop
de Transpod.
Le train
du futur
s’installe
en Limousin
La start-up
canadienne Transpod
a choisi le village
de Droux, en
Haute-Vienne, pour
y installer un centre
de R&D et une piste
d’essais de son futur
train supersonique.
L’entreprise
a été démarchée
par un collectif
d’entrepreneurs et
d’élus locaux. PAGE 23
le PLUS du
FIGARO ÉCO
CHINE
Des millions
d’épargnants ruinés
par des sites douteux
PAGE 23
LA SÉANCE
DU MERCREDI 08 AOÛT 2018
CAC 40
5501,90
-0,35%
DOW JONES (18h)
25585,12 -0,17%
ONCE D’OR
1209,55 (1212,35)
PÉTROLE (lond)
72,730 (74,310)
EUROSTOXX 50
3491,89 -0,36%
FOOTSIE
7776,65 +0,75%
NASDAQ (18h)
7464,08 +0,02%
NIKKEI
22644,31 -0,08%
L'HISTOIRE
Au restaurant, les Français
ne se privent pas de dessert
M
oelleux au chocolat,
crumbles de fruit, glaces
et autres crèmes brûlées…
La France est championne
des fins de repas sucrées.
Selon une étude du NPD Group, l’Hexagone
est le premier
consommateur de
desserts au restaurant,
devançant largement
ses voisins européens.
Si un repas sur dix
au restaurant se solde
par une note sucrée en
Allemagne, en Angleterre,
en Italie ou en Espagne, ce
score monte à un repas
sur cinq chez les Français,
soit deux fois plus que
chez nos homologues
européens. En 2017,
2,1 milliards de visites
au restaurant se sont
conclues par un dessert.
L’étude considère comme
« desserts » les
pâtisseries, les laitages,
les fruits, les glaces et les
autres mets tels que crèmes et flans,
mais exclut les pâtisseries américaines
comme les brownies, les beignets et les
cookies. Les plus gourmands seraient les plus
de 45 ans, qui consomment 35 % des desserts
mangés. De plus, ce ne sont pas les hommes
les plus friands de sucré
mais bien les femmes,
qui représentent 55 % des
visites « avec dessert » au
restaurant. Cet attrait serait
dû à « la grande variété
de desserts proposée en
restauration française » et
au « temps de pause dédié
au repas plus long qu’à
l’étranger », selon l’experte
Maria Bertoch. L’étude
montre aussi que lorsqu’un
repas se solde par un
dessert l’addition augmente
en moyenne de 30 %.
Sur une note finale
moyenne de 9,80 euros,
elle grimpe à 12,80 euros
avec un dessert : une bonne
chose, donc, pour les resA. F.
taurateurs. ■
Le groupe coréen Samsung va investir près de 140 milliards d’euros
(180 000 milliards de wons) dans diverses technologies innovantes au
cours des trois prochaines années.
À titre de comparaison, le grand
plan d’innovation de la France, dévoilé l’année dernière, est doté de
57 milliards d’euros pour la période
2018-2022. Autrement dit, la puissance de feu du groupe Samsung
est près de trois fois supérieure à
celle de l’Hexagone.
Le géant coréen concentrera ses
efforts sur les technologies de demain. Une grande partie d’entre eux
seront portés par la branche électronique grand public, Samsung
Electronics. Près de 22 milliards
d’euros devraient ainsi être dévolus
à l’intelligence artificielle et au développement de la 5G, la future
génération de téléphonie mobile. Le
groupe renforcera aussi ses
moyens dans le domaine des énergies renouvelables, du développement durable et de la biopharmacie.
Une grande partie de ces investissements devraient être consacrés à
l’augmentation des capacités de
production de semi-conducteurs,
confortant la place de leader mondial du coréen dans ce secteur.
Les choix de Samsung témoignent
de l’évolution de sa stratégie. Devant le risque d’essoufflement de
ses ventes de smartphones - en un
an, le chiffre d’affaires de cette division a reculé de 20 % -, le groupe parie sur les secteurs d’avenir, gardant
ainsi un précieux coup d’avance sur
ses grands concurrents. L’une des
forces du coréen, saluée par plusieurs analystes après cette annonce, est sa capacité à investir, quelles
que soient les circonstances.
Cette annonce, faite après une rencontre entre le vice-président du
groupe, Lee Jae-yong, et le ministre
des Finances, revêt enfin une importance politique pour la Corée du
Sud, puisque les deux tiers de ces
investissements seront réalisés
dans le pays, créant ainsi
40 000 emplois directs et 700 000
emplois indirects. Le chiffre d’affaires de Samsung équivaut à plus
d’un dixième du produit intérieur
brut de son pays.
ELSA BEMBARON
Croissance française :
un petit rebond
après le trou d’air…
Avec une prévision de 0,4 %
de croissance au troisième
trimestre, la Banque de
France table sur une légère
accélération de l’activité
économique en France après
le coup de mou (+ 0,2 % au
premier et au deuxième trimestre) qui avait contraint
le gouvernement à revoir à
la baisse ses objectifs. Alors
que Bercy prévoyait jusqu’au début de l’été une
croissance de 2 % en 2018, le
ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, a
ainsi indiqué la semaine
dernière qu’il s’attendait
davantage à un chiffre proche de 1,8 %.
Mais même ce nouvel objectif pourrait être compliqué à
atteindre : si une croissance
de 0,4 % se confirme au
troisième trimestre, « il faudrait 1,3 % au quatrième trimestre pour atteindre 1,8 % »,
a expliqué à l’AFP Philippe
Waechter, économiste chez
Ostrum AM. Or, il semble
d’autant plus improbable
d’atteindre une telle progression, qui n’a pas été réalisée depuis des décennies,
que le ralentissement économique est mondial.
Pistes d’économies
Une croissance moins forte
que prévu aurait en tout cas
des répercussions sur un
autre objectif du gouvernement français, celui de réduire à 2,3 % du PIB le déficit public cette année.
Mais c’est pour l’an prochain
que les choses sont les plus
compliquées : pour l’instant,
l’exécutif n’a pas donné de
pistes sur les économies qu’il
pourrait annoncer à la rentrée afin de tenir son engagement auprès de Bruxelles
de poursuivre la réduction
de la dépense publique en
2019.
La présentation du projet de
loi de finances en septembre
sera, à cette aune, déterminante.
A
SERVICES
SAMSUNG
INVESTIT
MASSIVEMENT
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
jeudi 9 août 2018 LE FIGARO
22
L'ÉVÉNEMENT
Les Français restent
toujours fidèles à leur banque
LES RAISONS
POUR
CHANGER
C’est une constante.
Depuis plusieurs années,
le désir de changer
d’établissement bancaire
des Français reste
motivé par de mauvais
rapports avec leur
conseiller, dont ils
ne sont pas satisfaits.
D’après une étude
de Bain & Company,
25 % des personnes
interrogées se plaignent
de l’absence d’attention
et du mauvais suivi
des comptes par leur
conseiller. Et 20 % d’entre
elles critiquent même
son manque d’expertise.
Sûrement conscientes
des griefs de leurs
clients, les banques
forment de plus en plus
leurs conseillers afin
qu’ils soient plus experts.
Les tarifs, parfois élevés,
sont une autre source
de mécontentement
pouvant motiver
un changement
de banque.
DANIÈLE GUINOT £@danieleguinot
SERVICES Malgré la multiplication des dispositifs facilitant le
changement de banque, les Français hésitent toujours à sauter le
pas. Un an après l’entrée en vigueur de la loi Macron en février 2017, qui impose aux établissements accueillant un nouveau
client de s’occuper des démarches
de transfert, les banques avaient
traité 1,2 million de demandes de
mobilité, révélait récemment un
sondage d’OpinionWay mené
pour le Comité consultatif du secteur financier (CCSF). Ce qui reste
plutôt modeste : il y a 80 millions
de comptes à vue en France.
La proportion de personnes
ayant changé d’établissement a
toutefois quasiment doublé en
quatre ans, passant de 2,3 % en
2013 à 4,5 % en 2017, selon le cabinet Bain & Company. Cette nouvelle donne a coïncidé avec le
boom du crédit immobilier, qui
reste une des motivations premières pour aller voir ailleurs, les particuliers n’hésitant pas à faire jouer
la concurrence pour emprunter au
meilleur taux. Mais le crédit immobilier constitue aussi un frein à la
mobilité, les emprunteurs préférant rester dans l’établissement qui
leur a accordé le prêt. De plus, pour
retenir des clients plus facilement
volages, les banques consentent
d’importants gestes commerciaux.
Lors de l’envol des renégociations
de crédits, il y a deux ans environ,
de nombreux réseaux ont pris les
devants, contactant leurs clients
pour leur proposer de revoir leur
prêt. Résultat, « l’essentiel des
clients sont restés dans leur banque,
relève Pierre de Brabois, associé
bancaire du cabinet de conseil Wavestone. Et les emprunteurs dont le
crédit est relativement ancien préfèrent souvent ne pas entamer de démarches paraissant lourdes et
contraignantes pour changer d’établissement. Car l’avantage financier
à la clé n’est pas jugé suffisamment
important ».
Le manque d’entrain des
consommateurs est donc souvent
psychologique. La majorité des
personnes interrogées par OpinionWay pour le CCSF, redoutait
ainsi de rencontrer des difficultés
avec leurs prélèvements et virements. « Il tient aussi grandement
au fait que les consommateurs ne
voient pas d’intérêt à changer. Les
différentes offres des banques sont
perçues comme assez proches, tant
en matière de services que d’expérience client. Les acteurs traditionnels ont du mal à se différencier »,
explique Ada Di Marzo, associée
responsable des services finan-
80 millions
1,2 million
DE COMPTES BANCAIRES
SONT OUVERTS
EN FRANCE
DE PERSONNES ONT
CHANGÉ DE BANQUE
AVEC LA LOI MACRON
que
« lesPourFrançais
modifient leur
comportement,
il faudrait que
les banques
développent
des offres plus
différenciantes,
avec des tarifs
plus ajustés
DAMIEN SCHMITT,
SIA PARTNERS
»
ciers de la société de conseil Bain
& Company. D’ailleurs, de nombreux particuliers (44 %) ayant
songé à ouvrir un compte dans un
autre réseau y ont renoncé car ils
ne savaient pas lequel choisir, selon l’étude du CCSF.
Le transfert de l’épargne
lourdement facturé
« Pour que les Français modifient
leur comportement, il faudrait que
les banques développent des offres
plus différenciantes, avec des tarifs plus ajustés, avance Damien
Schmitt, senior manager du cabinet de conseil Sia Partners. Il
faudrait aussi que la loi Macron
aille plus loin en proposant également le transfert gratuit de
l’épargne, par exemple. » C’est
loin d’être le cas aujourd’hui.
Pour retenir leurs clients, les établissements n’hésitent pas à facturer 80 euros pour transférer un
PEL ou 155 euros pour un PEA. Ce
qui donne à réfléchir et explique
que 60 % des clients nomades
conservent leur épargne dans
leur ancienne banque.
Même si elles n’ont pas ouvert
autant de comptes qu’elles l’envisageaient, les banques en ligne,
toutes filiales de grandes banques
à réseau, comptent parmi les
principales bénéficiaires de la mobilité bancaire. « Elles gagnent
PART DES CLIENTS AYANT
DES COMPTES DANS
DES BANQUES DIFFÉRENTES
Les plus jeunes sont plus mobiles…
TAUX DE MOBILITÉ SELON L'ÂGE (moyenne sur 3 ans, en %)
4%
De 18 à 24 ans
7%
De 25 à 34 ans
Mobilité bancaire,
un dispositif très apprécié
De 35 à 44 ans
Réponse à la question d’un sondage OpinionWay :
De 55 à 64 ans
VOUS AVEZ BÉNÉFICIÉ DU DISPOSITIF DE MOBILITÉ.
EN AVEZ-VOUS ÉTÉ SATISFAIT?
De 65 ans et plus
TRÈS SATISFAIT
PLUTÔT SATISFAIT
PLUTÔT PAS SATISFAIT
PAS DU TOUT SATISFAIT
10 % de clients net par an, alors
que les banques traditionnelles restent stables », fait valoir Ada Di
Marzo. Elles détiennent aujourd’hui environ 5 % du marché.
Pour autant, elles ne sont pas encore les banques principales de
leurs clients. « Dans 78 % des cas,
elles sont utilisées comme banque
secondaire, car les clients ont toujours besoin d’être rassurés par un
réseau et des conseillers, avance
Pierre de Brabois. L’argent est un
sujet affectif et angoissant. »
Tout doucement, ces banques
en ligne aux tarifs très avantageux
remplacent les grandes banques
comme banque secondaire. Car
depuis la généralisation des frais
de tenue de compte et la mise en
œuvre de la loi Eckert, qui fait la
chasse aux comptes dormants, les
banques traditionnelles sont de
plus en plus nombreuses à clôturer
ces comptes. « Pourtant, les comptes secondaires intéressent de plus
en plus les banques, qui cherchent à
gagner de l’argent sur tous les produits bancaires, explique Rémi Legrand, associé chez Eurogroup
Consulting. Ces dernières sont aussi en train de segmenter leur clientèle afin de leur proposer des services plus personnalisés et moins
chers. » Reste à savoir, si cela suffira pour convaincre les Français
de changer de banque. ■
40 %
5%
en 2014
3%
De 45 à 54 ans
2%
1%
... ainsi que les titulaires de hauts revenus
35 %
en 2015
TAUX DE MOBILITÉ SELON LE REVENU ANNUEL (moyenne sur 3 ans, en %)
5%
10 %
46 %
Moins de 20 000 €
3%
De 20 000 à 39 999 €
3%
De 40 000 à 59 999 €
4%
5%
De 60 000 à 79 999 €
39 %
Plus de 80 000 €
4%
NSP
4%
31 %
en 2016
Assurance-emprunteur : un marché de plus en plus fluide
sur la date
anniversaire
à retenir pour
faire jouer
la résiliation
annuelle
»
A
STÉPHANE DESSIRIER,
MACSF
S’ils sont encore réfractaires à
l’idée de changer de banque, les
Français n’hésitent presque plus à
faire jouer la concurrence pour
choisir l’assurance de leur crédit
immobilier. Ces dernières années,
les lois se sont succédé pour permettre aux emprunteurs de souscrire un contrat autre que celui
proposé par la banque prêteuse. La
dernière est entrée en vigueur en
janvier. Elle autorise les emprunteurs à changer tous les ans l’assurance de leur prêt en signifiant la
résiliation deux mois avant la date
d’échéance.
« Lors de la souscription de leur
crédit immobilier, les emprunteurs
sont de plus en plus nombreux à demander des devis chez des assureurs concurrents de leur banque »,
constate Stéphane Soudeix, directeur général délégué du courtier
CBP France. Les jeunes cadres
(moins de 35 ans), non fumeurs et
en bonne santé, sont ceux qui ont
le plus à gagner. Dans certains cas,
ils parviennent à diviser par deux
ou plus le montant de l’assuranceemprunteur. A contrario, les fu-
meurs ou les plus de 55 ans ont
moins d’intérêt à souscrire un
contrat individuel.
D’autant que les banques, qui
tiennent la plus grande partie de ce
marché avec leurs contrats de
groupe (85 % des cotisations),
s’adaptent au renforcement de la
concurrence. Après avoir abaissé
les tarifs de 20 % à 25 % en moyenne au cours des dix dernières années, sous la pression des nouvelles
lois, elles commencent à revoir
leurs contrats. Ceux-ci sont davantage personnalisés et segmentés en fonction notamment de l’âge
de l’assuré ou de sa profession, à
l’image des contrats individuels
proposés par les assureurs. Ils sont
aussi moins chers pour les clients
les plus courtisés par le marché. On
commence aussi à voir fleurir de
nouveaux contrats dont le montant
des primes est calculé à partir du
capital restant dû (c’est-à-dire à
rembourser) et non plus du capital
initialement emprunté. Résultat, le
montant de la cotisation n’est plus
constant, comme c’est le cas
aujourd’hui. L’emprunteur paie
Les offres
des banques
sont perçues
comme assez
proches, tant
en matière
de services que
d’expérience
client.
Les acteurs
traditionnels
ont du mal à
se différencier
»
ADA DI MARZO,
CABINET BAIN & COMPANY
17 %
Sources : OpinionWay, Banque de France, Bain & Company
existe une
« Ilambiguïté
BAIN & COMPANY
Si le transfert de compte est facilité, les clients y voient encore peu d’intérêt.
beaucoup plus cher au début du
prêt (0, 54 % au lieu de 0,2 % ou
0,3 % par exemple), et sa cotisation
diminue au fil des ans. Le Crédit
agricole, qui s’apprête à lancer au
début de 2019 une nouvelle gamme
d’assurances-emprunteur, proposera ce type de contrat. « Cela nous
permettra de fidéliser les clients »,
reconnaît Henri Le Bihan, directeur général adjoint de Crédit agricole Assurances. Les emprunteurs,
sachant que leur cotisation va baisser, devraient ainsi être moins tentés de changer d’assureur en cours
de route.
Encore des freins
Pour l’heure, les résiliations de
contrats sont très peu nombreuses.
« Nous avons reçu peu de demandes,
ce qui nous surprend car nous envisagions une vague plus importante
de résiliations, constate Henri Le Bihan. Cela représente environ 2 % de
notre portefeuille de contrats, mais
nous parvenons à retenir les deux
tiers des clients. » « Le tsunami annoncé ne s’est pas produit et il ne se
produira pas, avance Stéphane Sou-
deix. Le potentiel d’économie n’est
pas toujours suffisant - selon l’âge ou
la durée restante du prêt - pour justifier de nouvelles démarches administratives. » Ainsi, le gain pour un
jeune couple de moins de 40 ans,
qui emprunte 130 000 euros sur
18 ans est de l’ordre de 7 000 euros,
soit 380 euros par an.
Mais certains assureurs tiennent
les banques pour responsables du
manque de fluidité du marché. « Il
existe une ambiguïté sur la date anniversaire à retenir pour faire jouer
la résiliation annuelle », explique
Stéphane Dessirier, directeur général de l’assureur MACSF. De
fait, l’amendement Bourquin, qui
a introduit la résiliation annuelle,
ne précise pas la date à prendre en
compte. Dans certains cas, il
s’agira de la date de signature de
l’offre de prêt ou du dernier avenant. « Chaque établissement peut
choisir la date qui l’arrange. Tout
est fait pour complexifier la résiliation », regrette Stéphane Dessirier. Résultat, « nous avons des
centaines de dossiers bloqués par
les banques ». ■
D. G.
des clients
ont eu envie
de changer
d’établissement,
mais ne l’ont
pas fait. Ils ont
été freinés
par les difficultés
que cela entraîne.
85 %
des
Français
ayant changé
de banque
se disent satisfaits.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
jeudi 9 août 2018
ÉCONOMIE
23
La France accueille le train supersonique
Transpod et Hyperloop TT
ont choisi notre pays pour y réaliser
leurs premiers tests.
VÉRONIQUE GUILLERMARD
£@vguillermard
TRANSPORT Imaginé par Elon
Musk en 2013, Hyperloop, le train
supersonique du futur, prend forme… en France. La start-up canadienne Transpod a choisi le village
de Droux, situé à 50 kilomètres de
Limoges (Haute-Vienne), pour y
installer un centre de R&D et une
piste d’essais. La société déposera,
vendredi 10 août, « une demande de
permis de construire auprès de la
préfecture de la Haute-Vienne »,
précise Sébastien Gendron, cofondateur et PDG de Transpod.
La start-up, née en 2015 à Toronto, a opté pour Droux après avoir été
démarchée par un collectif d’entrepreneurs et d’élus locaux désireux
d’attirer « des projets innovants et
capables de braquer les projecteurs
du monde entier sur notre région »,
selon les mots de Vincent Léonie,
premier adjoint au maire et président de l’association Hyperloop Limoges. Mais parmi les 400 habitants
de ce calme petit village français,
certains s’inquiètent d’une possible
« pollution visuelle et sonore ». Ils ont
obtenu qu’une étude d’impact environnemental soit lancée avant que
Transpod ne s’installe. La start-up
prévoit de construire une piste d’essais sur pylônes de 3 kilomètres, le
long d’une ancienne voie ferrée, sur
un terrain mis à disposition par les
autorités locales. Elle servira à « tester en conditions réelles et à échelle un
demi la technologie Hyperloop développée par Transpod », explique Sébastien Gendron. Si tous les feux
verts sont obtenus, les travaux,
estimés à 21 millions d’euros, commenceront dès 2018. Le canadien
finance ce projet après avoir levé
50 millions d’euros auprès d’investisseurs privés internationaux, dont
des industriels français.
Une première ligne
commerciale en 2030
Transpod ambitionne d’ouvrir une
première ligne commerciale de
1 000 kilomètres en 2030. Elle n’est
pas la seule start-up engagée dans
cette course. Faire voyager des passagers installés dans des capsules
propulsées par sustentation magnétique à l’intérieur d’un tube sous
vide, à la vitesse du son (1 224 km/
heure), soit plus vite qu’un avion de
ligne : l’idée un peu folle d’Elon
Musk a fait des émules. Parmi les
projets en lice, une poignée a atteint
le seuil critique des essais et de la
construction des premiers prototypes. Parmi les plus avancés, le projet porté par l’américain Hyperloop
One de Virgin Galatic, la société
spatiale de Richard Branson. Elle est
la seule à avoir testé le concept sur
Transpod veut faire
voyager des passagers
installés dans des
capsules propulsées
par sustentation
magnétique à l’intérieur
d’un tube sous vide,
à la vitesse du son
(1 224 km/heure).
TRANSPOD
une piste d’essai installée dans le
désert du Nevada. Mais la capsule
n’a atteint que 387 km/h, soit moins
que le record de vitesse du TGV
(574,8 km/heure).
L’autre projet très avancé est celui du californien Hyperloop Transportation Technologies (TT). Comme Transpod, il a choisi la France
pour installer deux pistes d’essais et
un centre de recherche. Plus préci-
sément l’ancienne base militaire de
Francazal, à Toulouse, capitale
européenne de l’aérospatiale. Depuis mai dernier, l’espagnol Carbures, un sous-traitant d’Airbus et
partenaire d’Hyperloop TT, livre les
éléments des deux premiers prototypes. L’assemblage des premiers
« tubes » a commencé.
Cofondée et dirigée par Bibop
Gresta, la société a déposé plus de
quarante brevets et signé une
douzaine d’accords commerciaux
avec plusieurs pays dans le monde.
Dernier en date, l’Ukraine cet été.
Pour Hyperloop TT, l’épreuve de
vérité aura lieu en 2020 avec la
mise en service, en première
mondiale, d’un premier tronçon
de 10 kilomètres à Abu Dhabi,
dans le cadre de l’Exposition
universelle. ■
Des millions de Chinois ruinés en prêtant leur pécule en ligne
Les autorités ferment des dizaines de sites douteux de prêts entre particuliers. Les victimes sont sans recours.
PÉKIN
FINANCES « Nous ne sommes pas
des criminels », lance Cao. Cette
mère de famille de 47 ans a perdu
toutes ses économies après la fermeture brutale du site Tangxiaoseng. Quand la directrice de cette
plateforme chinoise de prêts entre
particuliers (« peer to peer » ou
P2P, disent les financiers) a été arrêtée par la police fin juin, c’est
près d’un demi-milliard d’euros
qui s’est envolé.
« Moi, j’ai perdu plus de
45 000 euros dans cette affaire, se
désespère Cao qui ne sait plus vers
qui se tourner. Cela fait plus d’un
mois maintenant que mon argent a
disparu et personne ne peut me dire
ce qu’il se passe. J’ai écrit partout.
À la mairie de Shanghaï, au comité
de régulation des banques et même
au gouvernement, mais je n’ai eu
aucune réponse. Quand j’ai rejoint
un groupe d’investisseurs qui ont
été floués comme moi, la police est
venue frapper à ma porte pour me
dire d’arrêter. Depuis, je ne sais pas
quoi faire. »
Au total, 164 plateformes de
crédits et banques de pair à pair
ont été fermées brutalement
depuis le 1er juillet, laissant en
plein désarroi près de quatre millions d’investisseurs chinois, ce
qui représenterait l’équivalent de
150 milliards d’euros envolés selon
le groupe de presse Hurun.
nelles qui sont aujourd’hui beaucoup plus encadrées, auprès des
banques et aussi auprès de ces établissements informels, explique
Zhong Xin, du cabinet juridique
King & Wood Mallesons. La prochaine étape sera certainement l’introduction d’une licence nationale
pour éviter les abus. C’est une bonne
chose pour les plateformes de “peer
to peer” qui se verront ainsi reconnues officiellement et pour les épargnants qui seront davantage proté-
En début de semaine, près de
10 000 investisseurs ont donc décidé de faire entendre leur voix.
Ils ont convergé vers Pékin pour
demander des explications et
l’aide du gouvernement. En vain.
Beaucoup d’entre eux ont été arrêtés et le gouvernement encore
aujourd’hui n’a fourni aucune réponse à ces petits épargnants qui
voient les économies de toute une
vie disparaître.
Le mutisme de l’État
«Nous voulons juste que l’on nous
réponde, explique un homme venu
tout exprès de Shanghaï pour interpeller les autorités. Comment
une société comme Tangxiaoseng
qui existe depuis plus de cinq ans,
une société qui fait de la publicité
sur tous les grands médias, dont on
parle à la télévision et partout sur
Internet, comment peut-elle fermer
brutalement ? Nous n’avons eu
aucune information sur une éventuelle interdiction et c’est pour cela
que nous demandons aujourd’hui au
gouvernement de nous rembourser.
Quelqu’un doit être responsable. »
Ce mutisme de l’État est à l’origine de cette colère. « C’est catastrophique, dit Cao. On doit être
protégé. Que va-t-il nous arriver
maintenant ? »
Ce n’est pas la première fois que
Pékin fait ainsi le ménage dans
cette jungle des prêts entre particuliers. Ces dernières années,
quelque 4 330 sociétés chinoises de
prêts « P2P » ont déjà fait faillite
ou ont été brutalement fermées.
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absolument pas réglementé. »
Mais en attendant, ce sont les
petits épargnants qui font les frais
de ce coup de balai. « Ils ont peu de
chances d’obtenir réparation, estime Zhong Xin. Au mieux, après des
années de bataille judiciaire, ils
pourront récupérer 20 % de leur
mise. Mais la plupart n’auront
rien. » Quand ils ne finiront pas
carrément en prison pour avoir
osé demander réparation. ■
Pékin riposte aux dernières surtaxes
douanières de Washington
Des investisseurs
floués venus à Pékin
pour réclamer
des explications
au gouvernement,
lundi, ont été sommés
par la police de monter
dans des bus pour
quitter la capitale
chinoise. GREG BAKER/AFP
ont peu
« deIls chances
d’obtenir
réparation.
Au mieux,
après
des années
de bataille
judiciaire,
ils pourront
récupérer
20 % de leur
mise. Mais
la plupart
n’auront
rien
»
ZHONG XIN,
DU CABINET JURIDIQUE
KING & WOOD
MALLESONS
Certains de ces sites promettaient jusqu’à 12 % de taux d’intérêt aux investisseurs, soit quatre
fois plus que les banques traditionnelles. Trop beau sans doute pour
être vrai. Beaucoup de ces banques
« noires », comme on les surnomme parfois, se sont avérées être un
« système de Ponzi » (une escroquerie financière dans laquelle les
intérêts versés sont financés uniquement par l’argent des nouveaux clients). Dans d’autres cas,
les patrons se sont simplement
évaporés avec la caisse.
Mais certaines, comme Tangxiaoseng, avaient pignon sur rue,
naviguant dans une relative zone
grise des prêts « peer to peer » qui
fleurissent en Chine depuis que les
banques traditionnelles ne prêtent
plus guère aux particuliers et luttent contre les créances douteuses.
Pour beaucoup de petits investisseurs, c’était un moyen rapide et
moins risqué que la Bourse pour
faire fructifier leurs économies.
PME, petits commerçants et
jeunes couples se tournent volontiers vers ces sites pour se financer
tandis que les épargnants chinois
dont le matelas d’économies est
de plus en plus confortable n’ont
pas accès à de nombreux placements comme les obligations, les
assurances, les places financières
étrangères et ne peuvent pas toujours librement investir dans la
pierre.
« Le gouvernement est en train
de faire un grand ménage à la fois
sur les places financières tradition-
L’engrenage semble sans fin.
Pékin a annoncé mercredi qu’il
imposait des droits de douane de
25 % sur 16 milliards de dollars
de produits américains (pétrole,
charbon, produits sidérurgiques,
certaines automobiles
et bicyclettes, équipements
médicaux…) importés en Chine.
Cette décision intervient
en représailles à l’annonce
faite la veille par Washington. La
Maison-Blanche a indiqué qu’elle
taxerait 16 milliards de biens
chinois supplémentaires (motos,
tracteurs, pièces ferroviaires
ou encore circuits électriques…)
le 23 août. L’escalade dans
la guerre commerciale porte
donc à 50 milliards de dollars,
des deux côtés, le montant
des biens soumis à des surtaxes
douanières. Et elle ne semble
pas près de s’arrêter. Donald
Trump menace de taxer
encore 200 milliards de produits
chinois, voire même la totalité
des importations américaines
(500 milliards). Il entend
s’attaquer ainsi « aux pratiques
commerciales déloyales de la
Chine » et veut surtout réduire
le déficit commercial abyssal des
États-Unis vis-à-vis de Pékin.
Mais, ses taxes ne produisent
pas encore l’effet escompté.
En juillet, la Chine a affiché
un excédent commercialde
28,1 milliards de dollars dans ses
échanges avec les États-Unis,
quasi stable par rapport
au record établi en juin.
A. BOH
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Département : 33 & 64
Salariés à l’efectif : 3
CA au 31/03/2017 : 1.080.639 €
Date limite de dépôt des ofres : Jeudi 30 Août 2018 à 18 h eures à l’étude
Un dossier complet sera adressé sur demande écrite à :
SELARL « Vincent MEQUINION Administrateur Judiciaire »
6 rue d’Enghien 33000 BORDEAUX
Tél. : 05.56.56.91.91 – Fax : 05.56.56.91.92
Mail : assistanterj@etude-mequinion.fr
A
REPORTAGE
SÉBASTIEN LE BELZIC £@slebelzic
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
jeudi 9 août 2018 LE FIGARO
24
ENTREPRISES
Air France-KLM : les
pilotes s’opposent au
nouveau prétendant
Le syndicat majoritaire s’oppose à la candidature
du numéro deux d’Air Canada à la tête du groupe.
Air France
« mérite
MATHILDE VISSEYRIAS
£@MVisseyrias
mieux
que cette
tambouille
mijotée par
un comité de
nomination
dont l’unique
objectif
est de se
préserver
»
EXTRAIT D’UN
COMMUNIQUÉ
DU SNPL AIR FRANCE
TRANSPORT Les pilotes d’Air
France auront-ils la peau du nouveau postulant à la tête d’Air France-KLM ? Le Syndicat national des
pilotes de ligne (SNPL) d’Air France a décidé de défier le comité de
nomination réclamant « un traitement impartial ». Majoritaire chez
les pilotes, l’organisation syndicale s’oppose fermement à la candidature de Benjamin Smith, numéro deux d’Air Canada, pressenti
pour prendre les rênes du groupe.
Selon Le Monde, ce professionnel
du transport aérien pourrait devenir directeur général d’Air France-KLM, aux côtés d’un président
non exécutif. Ce poste est actuellement assuré par intérim par AnneMaric Couderc, également présidente du comité de nomination.
Depuis mai, le comité peine à
trouver un remplaçant à JeanMarc Janaillac, qui a démissionné
à la suite de son référendum perdu
après le vote négatif des salariés
d’Air France. La mise en place de
la nouvelle gouvernance est attendue pour septembre. Mais plus
le temps passe, plus l’échéance
paraît difficile à tenir. Ce mercredi, le SNPL Air France a dénoncé
« un entre-soi » dans le choix du
futur patron, desservant les intérêts du groupe. Dans un communiqué, il estime qu’« Air France
mérite mieux que cette tambouille
mijotée par un comité de nomination dont l’unique objectif est de se
préserver ».
Comptes dans le rouge
Philippe Evain, président du bureau SNPL Air France, accuse le
comité des nominations d’être
juge et partie. « Il est probable
qu’Anne-Marie Couderc se verrait
bien rester. Il y a des candidatures
bien plus à même pour mener les
changements nécessaires, qui piétinent, affirme le syndicaliste. Elles
font peur aux personnes en place,
qui pourraient se voir menacées de
partir. » Philippe Evain en appelle
à Emmanuel Macron, pressant le
président de la République à intervenir pour « imposer un processus de nomination plus objectif ».
Benjamin Smith (ici en 2016), numéro deux d’Air Canada, est pressenti
pour devenir directeur général d’Air France-KLM. CLODAGH KILCOYNE/REUTERS
Pour justifier sa prise de position, le syndicat se dit soucieux de
l’avenir de la compagnie. Il est
pourtant le moteur des grèves du
printemps, qui ont plongé les
comptes d’Air France-KLM dans
le rouge : au premier semestre, le
groupe a perdu 159 millions
d’euros alors qu’il avait dégagé un
bénéfice de 450 millions d’euros
sur les six premiers mois de 2017.
La facture pourrait s’alourdir si les
menaces de grèves pour septembre étaient mises à exécution. Le
SNPL, qui mène l’intersyndicale,
place en fait Air France dans une
situation intenable : l’affaiblir en
multipliant les arrêts de travail
pour obtenir des augmentations
de salaires qui fragiliseraient sa situation financière.
Le 13 juillet, la direction d’Air
France-KLM avait prévenu les
salariés que « le conseil d’administration fin juin avait demandé
au comité de nomination d’élargir
la liste des candidats examinés, en
y ajoutant des profils internationaux venant du monde aérien ».
Malgré l’opposition des pilotes,
Benjamin Smith pourrait-il être
l’homme de la situation ? Anglophone, il travaille chez Air Canada depuis 2002. Siégeant au comité exécutif depuis 2007, il est
notamment à l’origine du lancement de la filiale low-cost, Air
Canada Rouge.
Benjamin Smith sait aussi visiblement parler aux syndicats.
Comme le précise Air Canada sur
son sur son site, il a été « le négociateur principal au cours des
négociations collectives du transporteur avec les deux syndicats représentant les pilotes et les agents
de bord, négociations qui ont mené
à la conclusion d’accords historiques de dix ans ».
« Aucune décision n’est prise,
indique la direction du groupe
franco-néerlandais. Le processus
de nomination de la nouvelle gouvernance d’Air France-KLM est en
cours et se poursuit. » Avant Benjamin Smith, la candidature de
Philippe Capron, alors directeur
financier de Veolia, proposée par
le comité des nominations le
20 juin, avait été retoquée par
l’État, actionnaire à 14 % d’Air
France-KLM. Le nom de Catherine Guillouard, dirigeante de la
RATP, avait alors été évoqué. Mais
elle n’avait pas participé au processus de sélection. ■
L’Airbus A 350 commence sa carrière en Chine
Air China et Sichuan Airlines ont pris livraison de leur premier appareil à Toulouse.
VÉRONIQUE GUILLERMARD
£@vguillermard
890
commandes
accumulées par l’A 350,
de la part
de 46 compagnies
dans le monde
AÉRONAUTIQUE Lanternes chinoises. Spectacle de « danse numérique » et musique d’inspiration
asiatique. Airbus s’est mis au diapason de ses clients - Air China et Sichuan Airlines - afin de remettre à
chacun leur tout premier A 350. Et
précisément l’A 350-900, au cours
d’une cérémonie organisée à Toulouse, mercredi 8 août.
Ces livraisons donnent le coup
d’envoi de la carrière du longcourrier européen de nouvelle génération en Chine. Elles interviennent après que l’A 350 a obtenu la
certification de la Civil Aviation
Administration of China (CAAC)
dans le cadre d’accords passés avec
l’EASA, l’autorité de sécurité aérienne européenne.
Ce feu vert technique est obligatoire pour les avions enregistrés en
Chine, ce qui n’est pas le cas pour
les appareils immatriculés hors du
pays, qui peuvent survoler le territoire chinois. Les deux compagnies
espéraient recevoir leurs avions fin
2017-début 2018 mais les livraisons
ont été retardées dans l’attente du
précieux sésame.
Air China et Sichuan Airlines sont
toutes deux de fidèles clientes
d’Airbus. Air China, qui a commandé 10 A 350, est à la tête d’une flotte
de 201 avions européens, dont
142 A 320 et 59 A 330. Sichuan Airlines, qui s’est engagé sur 14 A 350
dont 4 en leasing, compte 135 Airbus en service, dont 123 A 320 et
12 A 330.
Au total, l’A 350, qui a commencé
sa carrière commerciale en janvier
2015 avec Qatar Airways, a accumulé 890 commandes fermes de la
part de 46 compagnies dans le
monde.
L’entrée en service de l’A 350 en
Chine marque une nouvelle étape
dans la politique de conquête d’Airbus dans l’empire du Milieu. Après
des années de prospectives, le géant
européen de l’aéronautique s’installe en Chine en 1994. À l’époque, il
ne détient que 6 % d’un marché
chinois ultra dominé par l’américain Boeing.
Augmentation de 50 %
de la cadence de Tianjin
Airbus décide de conjuguer offensive commerciale et partenariat industriel. En contrepartie des investissements industriels consentis par
Airbus, Pékin s’engage à commander des avions européens. En 2008,
l’avionneur, associé à Avic, a ouvert
à Tianjin, dans le nord du pays, sa
première usine d’assemblage dé-
diée à l’A 320, hors d’Europe. En
septembre dernier, Airbus a inauguré une deuxième usine, spécialisée dans la peinture et l’aménagement cabine des A 330 commandés
par les compagnies chinoises. L’été
dernier, le chinois Xi’An Aircraft
fournit les ailes des A 320 assemblés
à Tianjin.
Aujourd’hui, Airbus, qui a multiplié les partenariats en Chine, fait
jeu égal avec Boeing. En décembre
2013, l’européen a livré son
1 000e avion en Chine. Il vise la barre des 2 000 d’ici à 2020, afin de
porter sa part de marché à plus de
50 %. Depuis plusieurs années, la
Chine représente 22 % en moyenne
des livraisons annuelles d’Airbus.
Un niveau qui augmentera dans les
prochaines années.
Le constructeur prévoit d’accroître de 50 % la production de son site
de Tianjin, qui passera de 4 à 6 A 320
assemblés par mois d’ici à la fin
2020. Une montée en cadence destinée à accompagner la forte croissance du trafic aérien (plus de 7 %
par an en moyenne) entre 2018 et
2037. Selon l’Association du transport aérien international (Iata),
l’Asie-Pacifique sera la source de
plus de la moitié des nouveaux passagers au cours des deux prochaines
décennies. En 2022, la Chine deviendra le plus important marché
aérien du monde, devant les ÉtatsUnis, relégué au second rang, selon
Iata.
Partenaire clef d’Airbus, la
Chine sera aussi, un jour, son principal concurrent. Pékin, qui a déjà
lancé le C919 construit par Comac
avec l’aide des technologies occidentales, à l’assaut du duopole Airbus-Boeing, veut le concurrencer
sur tous les segments de marché à
terme. ■
LA SÉANCE DU MERCREDI 8 AOÛT 2018
LE CAC
JOUR
ACCOR .............................................. 43,4
♣
AIR LIQUIDE ..................................
108,55
AIRBUS ..............................................107,9
ARCELORMITTAL SA ..................................
27,585
ATOS .............................................. 100,5
AXA .............................................. 22,18
BNP PARIBAS ACT.A ..................................
54,4
BOUYGUES ..............................................
37,34
CAPGEMINI ..............................................
109,8
CARREFOUR ..............................................
15,6
CREDIT AGRICOLE ..................................
12,44
DANONE ..............................................68,58
ENGIE .............................................. 13,33
ESSILOR INTL. ..................................126
HERMES INTL ..................................544
KERING ..............................................464,5
L'OREAL ..............................................212,4
LEGRAND ..............................................63,36
LVMH .............................................. 299,4
♣
MICHELIN ..............................................
111,65
%VAR.
+HAUTJOUR
+0,86 43,9
-0,78 109,4
-1,01 109,62
-1,55 27,97
+0,56 102,5
+0,59 22,215
-0,26 54,7
-0,53 37,57
+0,05 109,95
+0,65
15,6
-0,4
12,525
+0,65 68,58
-1,19
13,495
+0,04 126,6
-0,48 549,2
-0,47 472,4
-0,56 214,9
+0,83 63,48
-1,29 304,6
+1,22 112,1
+BAS JOUR %CAP.ECH 31/12
43,05
108,1
107,78
27,49
100,15
21,985
54,17
37,23
108,9
15,285
12,39
68,1
13,27
125,55
544
464,1
211,9
62,88
299,3
110,2
0,326
0,181
0,103
0,097
0,76
0,22
0,186
0,117
0,257
0,343
0,208
0,175
0,19
0,168
0,037
0,167
0,058
0,142
0,084
0,191
+0,93
+3,33
+30
+1,73
-17,18
-10,33
-12,61
-13,78
+11,03
-13,53
-9,86
-1,96
-7,01
+9,61
+21,9
+27,16
+14,84
-1,29
+22
-6,61
JOUR
%VAR.
ORANGE ..............................................14,485 -1,36
PERNOD RICARD ..................................
140
+0,21
PEUGEOT ..............................................
24,79 +0,53
♣ 55,58
PUBLICIS GROUPE SA .............................
+1,05
RENAULT ..............................................
73,25 +0,71
SAFRAN ..............................................
107
-0,74
SAINT GOBAIN ..................................37,275 -0,32
SANOFI ..............................................73,95 -0,01
SCHNEIDER ELECTRIC .............................
69,4
0
SOCIETE GENERALE ♣
..................................
37,5
-0,04
SODEXO ..............................................93,56 +0,45
SOLVAY ..............................................
115,2
+0,3
STMICROELECTRONICS .............................
19,2
+0,76
TECHNIPFMC ..................................26,37 -2,55
TOTAL .............................................. 55,5
-0,82
UNIBAIL-RODAMCO-WE .............................
189,65 -0,24
VALEO .............................................. 41,5
-0,02
VEOLIA ENVIRON. ..................................
18,81 -0,13
VINCI♣.............................................. 84,62 -0,28
VIVENDI ..............................................21,78 -0,14
+HAUTJOUR +BAS JOUR
14,7
140,3
24,83
55,88
73,42
108,25
37,65
74,03
69,66
37,65
93,6
115,85
19,25
27,07
56,27
190,6
41,61
18,865
85,1
21,94
14,425
139,65
24,49
55,04
72,6
106,95
37,275
73,13
69,18
37,345
92,42
114,5
19,05
26,37
55,45
188,55
41,13
18,685
84,42
21,75
%CAP.ECH
0,2
0,095
0,25
0,258
0,246
0,126
0,233
0,149
0,186
0,303
0,253
0,133
0,101
0
0,148
0,125
1,336
0,237
0,108
0,22
31/12
+0,07
+6,1
+46,21
-1,89
-12,7
+24,55
-18,93
+2,92
-2,06
-12,89
-16,5
-0,6
+5,47
+2,01
+20,53
-33,35
-11,59
-0,62
-2,85
LES DEVISES
MONNAIE
AUSTRALIE ................................................................................
DOLLAR AUSTRALIEN
CANADA ................................................................................
DOLLAR CANADIEN
GDE BRETAGNE ................................................................................
LIVRE STERLING
HONG KONG ................................................................................
DOLLAR DE HONG KONG
JAPON ................................................................................
YEN
SUISSE ................................................................................
FRANC SUISSE
ETATS-UNIS ................................................................................
DOLLAR
TUNISIE ................................................................................
DINAR TUNISIEN
MAROC ................................................................................
DIHRAM
TURQUIE ................................................................................
NOUVELLE LIVRE TURQUE
EGYPTE ................................................................................
LIVRE EGYPTIENNE
CHINE ................................................................................
YUAN
INDE ................................................................................
ROUPIE
ALGERIE ................................................................................
DINAR ALGERIEN
1 EURO=
1,5647
1,5158
0,9009
9,0971
128,72
1,1544
1,1589
3,145
11,103
6,1257
20,6554
7,9231
79,5295
136,69
AUD
CAD
GBP
HKD
JPY
CHF
USD
TND
MAD
TRY
EGP
CNY
INR
DZD
L’OR
JOUR
VEILLE
31/12
COTATION QUOTIDIENNE ASSURÉE PAR TESSI-CPOR
www.cpordevises.com
LINGOT DE 1KG ENV .....................................................
33840
33840
-2,62
NAPOLEON ..................................................... 199,9
199,9
-3,38
PIECE 10 DOL USA .....................................................
591
556
+0,51
PIECE 10 FLORINS .....................................................
203
201,5
-4,61
PIECE 20 DOLLARS .....................................................
1130
1130
-3,25
PIECE 20F TUNISIE .....................................................
198
198
-2,94
PIECE 5 DOL US (H) .....................................................
283
290
-7,21
PIECE 50 PESOS MEX .....................................................
1256
1263
-4,12
PIECE FR 10 FR (H) .....................................................
107
112,9
-2,55
PIECE SUISSE 20F .....................................................
195,1
193,2
-3,75
PIECE LATINE 20F .....................................................
198
197
-2,41
SOUVERAIN ..................................................... 252,8
256
-3,03
KRUGERRAND .....................................................1100
1100
-1,68
SICAV ET FCP
VALEURS LIQUIDATIVES EN EUROS (OU EN DEVISES), HORS FRAIS
VALEUR
DATE DE
LIQUID. VALORISAT.
42 rue d’Anjou,
75008 Paris
Tél. : 01 55 27 94 94
www.palatine.fr
SICAV
UNI HOCHE C ................................................
285,48 06/08/18
Cybèle Asset Management
37 av. des Champs-Elysées
75008 Paris
Tel. : 01 56 43 62 50
BETELGEUSE ................................................
49,40 06/08/18
BELLATRIX C ................................................
336,45 06/08/18
SIRIUS ................................................56,30 06/08/18
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A
TESLA FREINE APRÈS UNE MISE AU POINT DE SON CONSEIL D’ADMINISTRATION
Après avoir fortement accéléré (+ 11 %)
mardi, Tesla a baissé de régime, mercredi,
à Wall Street, cédant 1,1 % en cours de
séance. Dans un communiqué, six des
neuf membres du conseil d’administration du constructeur de voitures électriques ont assuré être au courant du projet
de retrait du groupe du Nasdaq. Il avait
été annoncé, mardi, par un simple tweet
qui a pris de court les marchés. Elon
Musk, également PDG de SpaceX, annonçait aussi avoir réuni le financement
pour mener à bien l’opération et vouloir
rester le PDG de Tesla. Depuis, les marchés mettent en doute la capacité d’Elon
Musk de réunir les fonds de ce qui deviendrait la plus importante acquisition financée par la dette (leverage buy-out,
LBO) de l’histoire. Habitué à communiquer via Twitter, Elon Musk a mis le
conseil de Tesla dans l’embarras, certains
observateurs le soupçonnant d’avoir été
aussi surpris que Wall Street. Le conseil a
apporté une sorte de démenti, en affirmant en avoir parlé avec Elon Musk « la
semaine dernière ». « Ce qui incluait une
discussion sur les avantages que repré-
senterait un retrait de la cote pour les
intérêts long terme de Tesla mais également la question du financement nécessaire pour y parvenir », affirment les administrateurs dans un communiqué. Elon
Musk envisage d’offrir 420 dollars par
action Tesla, ce qui valoriserait le groupe
à plus de 71 milliards de dollars, soit près
de 20 milliards de plus que sa valeur
boursière actuelle. Hier, Tesla cotait
323 dollars. La décision finale sera prise
au cours d’un vote des actionnaires, ont
assuré les administrateurs. Elon Musk ne
pourra pas décider seul. Il ne détient que
19,9 % du capital de Tesla. Les fonds tels
que BlackRock, Tencent ou Fidelity… en
contrôlent 43,82 %. Le flottant représente 36,2 % du capital. ■
V. GD
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
L’ÉTÉ DU FIGARO
[
jeudi 9 août 2018
25
Dans les coulis
ses…
de D
… des courses
eauville
]
Cet été, Le Fig
aro
de lieux ordina vous emmène dans les co
ulisses
ires ou d’excep
plongée dans
le sport hippiq tion. Aujourd’hui,
ue.
3/5
27 juillet 2013,
des orages
si violents…
LAURENT DYGA/
SCOOPDYGA/FRANCE GALOP
Deauville, hippodrome de rêves
Gagner à Deauville fait fantasmer parieurs, propriétaires et entraîneurs. Un cadre magique
où s’affaire un microcosme qui vit au rythme d’épreuves orchestrées à la minute près.
CHARLES GAUTIER £@CHGAUTIER
ENVOYÉ SPÉCIAL À DEAUVILLE
DEAUVILLE, côté plage : un horizon sans limite, des chevaux se
délassant aux aurores sabots dans
l’eau, de l’air iodé plein les naseaux. À quelques centaines de
mètres de l’hippodrome, ils
oublient, un peu, face à la mer
l’étroitesse de leurs boxes. « Excellent pour le moral et la forme des
chevaux et des lads », note, jumelles à la main, Hubert Barbe, un
conseil en investissement en chevaux venu en observateur. Deauville, côté hippodrome : un sanctuaire construit avant l’église. Ici,
depuis 1864, le cheval est une passion, une religion. Il accueille de
grandes réunions telles que celles
du meeting Deauville-Barrière,
qui s’achève cette année le
26 août. L’élite internationale du
galop s’y presse, tandis que les familles flânent à l’hippodrome voisin de Clairefontaine, champ de
courses plus campagnard et fleuri,
ouvert à toutes les disciplines hippiques, galop, trot ou obstacles.
À La Touques, donc, l’ambiance
de farniente estival sous les frondaisons est une illusion. L’organisation des courses est rythmée à la
minute près, pour répondre aux
impératifs de la chaîne hippique
Equidia, qui retransmet parfois les
épreuves de trois hippodromes en
alternance. Pour tenir la cadence,
une petite armée dont tous les soldats ont en commun une passion
du cheval chevillée au corps s’agite sous le regard attentif et bienveillant de Franck Le Mestre, le
directeur de l’hippodrome.
À 12 h 10, lorsque les casaques
multicolores s’élancent lors de la
première épreuve de la journée,
Félix a fini sa journée. Dès 5 h 30,
six jours sur sept, Félix prépare les
pistes. Au volant de son tracteur, il
tire une herse sur les 50 kilomètres
de pistes en sable naturel ou de
celle en sable fibré. Cette dernière
a coûté 2 millions d’euros, mais
elle permet à Deauville d’organiser des courses presque toute l’année. Aux premières lueurs de
l’aube, Félix côtoie les pur-sang
qui s’entraînent par petits groupes. Leurs efforts sont plus ou
moins soutenus. Les entraîneurs
les observent, puis les jockeys
d’entraînement livrent leurs sensations. Mais que voient les entraîneurs exactement ? « Je suis comme tout le monde, comme ça, je ne
vois rien de particulier, sourit Jean-
Claude Rougé. je fais une sorte
d’analyse comparative par rapport
avec ce que j’ai pu voir la veille ou
avant, précise-t-il. C’est généralement de l’ordre du ressenti. » JeanClaude Rougé est une référence :
depuis le début de l’année, pour
115 chevaux, il a récupéré 1,7 million d’euros d’allocations (ces récompenses financières attribuées
en fonction de la place d’arrivée
du cheval dans une
course). L’entraîneur palois a installé ses nouveaux
boxes au bout de la
ligne droite des tribunes. C’est l’œil
du maître : en trois
courses, il peut
dire à un propriétaire la qualité de
son cheval, de ses
aptitudes et juger
son avenir. Il ne
nourrit pas d’illusion ses clients qui
savent que, si le
rêve existe, le retour sur investissement n’est que de 50 %. Selon
FranceGalop, la société d’organisation de courses, les frais de pension sont en moyenne de
20 000 euros par an. Les recettes
pour l’hippodrome liées à ces entraînements s’élèvent, elles, à environ 400 000 euros. Le coût des
pistes à 300 000 euros par an.
« Gazon stressé »
Franck Le Mestre, quasi-double
mètre affable, a une préoccupation majeure : l’état de la piste.
Ah, cette piste ! Il l’entretient, la
couve, la bichonne, l’arrose par
centaine de milliers de mètres cubes chaque année. « Il ne faut surtout pas stresser le gazon !, lancet-il, guettant la réaction de
l’interlocuteur. Savoir combien
l’arroser et quand le tondre, respecter ses rythmes biologiques, en
lui fournissant des engrais organiques. » En l’interdisant en hiver
ou en la rafraîchissant en été.
Pour s’en occuper, Franck Le
Mestre peut compter sur Tony, le
responsable des pistes. Ce dernier
est le chef d’une petite troupe de
neuf tracteurs et 68 personnes,
dont 23 permanents. La plupart
d’entre eux accomplissent avec
application une mission ingrate :
reboucher les trous de la piste
dans lesquels les chevaux pourraient se blesser. Au total, se côtoient sur l’hippodrome plusieurs
dizaines de corps de métiers, pour
En haut, les chevaux
sont placés dans leur
box respectif avant
le départ de la course.
Au centre, retour
à l’écurie après
un entraînement
sur la plage.
En bas, présentation
des pur-sang
avant une épreuve.
APRH; CHOURAQUI ELLIOTT
une masse salariale annuelle de
1,7 million d’euros. Les frais de
fonctionnement proprement dits
représentent pour leur part
1,2 million tout compris, de la piste aux boxes.
Préserver les chevaux
Le logement des chevaux et des
lads, justement, c’est le royaume
de Karim, l’« hôtelier » de l’hippodrome. Il gère 300 boxes et les
134 lits des 70 chambres situés
pour la plupart au-dessus des
écuries. « On n’a jamais assez de
place, soupire-t-il. On essaye
d’arranger tout le monde mais c’est
très difficile. » Les boxes sont facturés 20 euros par jour. Bien placé
pour récolter les fameux tuyaux
d’écurie, Karim n’en est pas
friand…
Pour prévenir les problèmes de
dopage, les portes des boxes sont
scellées et seul le nouveau locataire peut les ouvrir. En appuis, dou-
ze caméras surveillent les accès
aux boxes. « Les films sont conservés, souligne Franck Le Mestre.
Cela nous a déjà permis de voir un
intrus aviné se glisser dans un
box. »
Le dopage, c’est l’un des soucis
de l’équipe vétérinaire dirigée par
le Dr Isabelle Guizien, chef de ce
service du Groupement technique
des
hippodromes
parisiens
(GTHP), sorte de colonne vertébrale de courses en France dont le
personnel se retrouve sur tous les
hippodromes - 83 personnes
payées par l’institution des courses. « Notre premier travail consiste à vérifier que le cheval présenté
est bien celui qui est prévu pour la
course, dit-elle. Nous recherchons
également les raisons des contreperformances des chevaux, notamment les hémorragies pulmonaires
induites à l’exercice. »
Si elle s’occupe aussi du bien-être général des chevaux, Isabelle
Guizien
va
systématiquement au
départ des courses
avec le maréchal-ferrant, Mathieu Montel.
Le cas échéant, il fixe
un clou juste avant le
départ.
Olivier
Godard,
cuisinier du groupe
Barrière depuis 2001,
lui, s’occupe du moral
des parieurs - ils sont
jusqu’à deux cents par
service. Il répond
presque à toutes les
commandes. Y compris lorsqu’on
lui demande des poussins rôtis, à
ce que dit la légende du lieu. Les
joueurs les plus discrets iront au
restaurant Le Meeting, à côté de la
salle des ventes de pur-sang. Une
fois rassasiés, ils traversent la rue
pour toucher d’éventuels gains,
en liquide.
Après avoir repris sa voiture
auprès de Christophe, l’un des
voituriers, on file vers le Cyrano,
PMU en face de l’église. Le matin,
on y croise des entraîneurs. Les
parieurs laissent traîner une
oreille dans l’espoir d’un tuyau.
Les piliers du PMU jouent pour un
montant annuel de 9 milliards.
Quelque 75 % leur seront rendus
en gains et environ 1 milliard
d’euros sera reversé dans les caisses de l’État. ■
RETROUVEZ DEMAIN :
La criée du Guilvinec
65000
spectateurs
attendus pendant l’intégralité
du meeting qui s’achèvera
le 29 août.
8,3
millions d’euros
Total des allocations attribuées
lors du meeting
Deauville-Barrière
220
millions d’euros
sommes pariées (au minimum)
lors des courses
d’août à Deauville
A
Pour s’occuper
de la piste, joyau
de l’hippodrome,
une troupe de neuf
tracteurs et près
de 70 personnes, dont
plus de 20 permanents
qui accomplissent avec
application une mission
ingrate : reboucher
les trous dans lesquels
les chevaux pourraient
se blesser.
■ Les orages du samedi
27 juillet 2013 qui ont balayé
la Seine-Maritime n’étaient
pas à proprement parler
une tempête au sens
où l’entendent
les météorologues ; mais les
turfistes s’en souviennent !
Cette année-là, au Havre
ou à Sainte-Adresse,
des bateaux se sont échoués
sur la ligne de chemin de fer ;
entre Le Havre et Rouen,
la circulation des trains
a été interrompue en raison
d’arbres tombés sur la voie.
Les pompiers sont intervenus
457 fois dans le département
pour des difficultés
liées aux inondations
ou aux chutes d’arbres.
L’hippodrome de la Touques
n’a évidemment pas été
épargné, pour la première
journée du meeting d’été
de Deauville. Un témoin
se souvient d’avoir vu
en quelques minutes le ciel
passer du grand soleil à une
couleur d’encre, prélude d’un
orage violent. « Les jockeys
qui partaient à cet instant
en piste ont été contraints
de rebrousser chemin
en toute hâte
pour s’abriter », raconte-t-il.
En quelques minutes,
des torrents d’eau se sont
abattus sur la piste. Le retour
rapide du soleil n’a pas
empêché l’annulation de
toutes les courses restantes.
La piste gorgée d’eau était
absolument impraticable.
Des éléments de décoration,
avaient en outre été abîmés
par le vent. Mais la
minitornade qui avait survolé
Deauville avait finalement
provoqué plus de peur que de
mal. Et les courses avaient pu
reprendre dès le dimanche.
Quelques années plus tard, en
décembre 2017, l’hippodrome
n’a, une nouvelle fois, pas été
épargné. « Une arche
décorative s’est envolée sur
une dizaine de mètres », se
souvient Franck Le Mestre,
directeur de l’hippodrome
de Deauville-la Touques.
La tempête avait duré tout
l’après-midi et, comme
en juillet 2013, les courses
ont été annulées.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
jeudi 9 août 2018 LE FIGARO
26
MÉDIAS et TECH
Pour la première fois, le réseau social
Snapchat perd des utilisateurs
ZOOM
LE STREAMING VIDÉO,
« PRIORITÉ ABSOLUE »
DE DISNEY EN 2019
£ Les résultats du troisième
trimestre de Disney ont donné
l’occasion à son PDG, Bob Iger,
d’évoquer sa « priorité
absolue » en 2019 : son service
de vidéo à la demande, prévu
pour la fin d’année. Ce service
« ne sera pas dans un jeu de
volume à tout prix », a-t-il
précisé, laissant entendre que
le catalogue serait moins
volumineux que celui de
Netflix, et le prix en
conséquence. Disney a racheté
les studios de cinéma et de
télévision de la Fox pour
agrandir son portefeuille de
programmes et mieux
combattre Netflix et Amazon.
Comme celle de Facebook et Twitter, la croissance de son parc d’abonnés est au ralenti.
ALEXANDRE DEBOUTÉ £@axel_deb
RÉSEAUX SOCIAUX Décidément,
les réseaux sociaux perdent de leur
superbe. Après les chiffres décevants publiés fin juillet par Facebook et Twitter sur leurs parcs
d’abonnés, Snapchat a annoncé
mardi soir avoir perdu trois millions
d’utilisateurs actifs quotidiens entre
le premier et le deuxième trimestre.
Au 30 juin, ils étaient 188 millions,
contre 191 millions à fin mars. Ce
chiffre est certes en augmentation
de 8 % en un an, mais la perte d’attractivité de Snapchat est désormais officielle.
Coté à la Bourse de New York depuis un an et demi, le « petit » des
réseaux sociaux (dont le parc est à
comparer aux 2,2 milliards d’utilisateurs mensuels de Facebook et au
milliard de fans d’Instagram) a perdu un million d’abonnés sur son
premier marché, l’Amérique du
Nord (80 millions d’utilisateurs à fin
juin), mais aussi en Europe et au
Moyen-Orient. Signe avant-coureur de cette débandade, l’application mobile avait déjà enregistré, au
premier trimestre, la plus faible
progression de son histoire du
nombre de ses utilisateurs quotidiens.
Son fondateur, Evan Spiegel, explique avec constance que cette
baisse d’audience est une conséquence des ratés de la nouvelle
interface lancée en février qui a
suscité la grogne des utilisateurs
- surtout des moins de 25 ans. Une
refonte loupée qui aurait profité aux
grands rivaux Facebook et Instagram (filiale de Facebook), qui ont,
eux, copié avec succès les « stories », un format mêlant photos et
vidéos créé par Snapchat. Ces deux
géants-là continuent de gagner des
utilisateurs, même si, dans le cas de
Facebook, la croissance de son parc
a ralenti. Twitter a, de son côté, an-
EN BREF
LA GRÈVE DES PILOTES
DE RYANAIR S’ÉTEND
À L’ALLEMAGNE
noncé la perte d’un million de ses
utilisateurs en raison du « ménage »
qu’il a dû faire dans les comptes jugés « suspects ».
L’application Snapchat
sur un iPhone.
PATRICK T. FALLON/
BLOOMBERG
Al-Walid au capital
Ces décevantes performances ont
été très lourdement sanctionnées
en Bourse. Le 24 juillet, l’action Facebook s’est effondrée de 24 %.
Deux jours plus tard, celle de Twitter a dégringolé de 19 %. Mercredi,
à l’ouverture de Wall Street, l’action Snap, maison mère de Snapchat, reculait aussi, mais nettement
plus modérément, de 4 %. D’abord
parce que la direction de Snap a pris
soin de communiquer, concomitamment à ses résultats, l’entrée à
son capital du prince saoudien alWalid ben Talal, qui a rendu public
l’achat depuis de longs mois de
2,3 % des actions du groupe améri-
cain contre un investissement de
250 millions de dollars. Une nouvelle de nature à rassurer sur la viabilité de Snap. Pour le richissime
nouvel actionnaire, qui a déjà investi dans Twitter ou Lyft, Snap « a
seulement commencé à gratter la
surface de son vrai potentiel ».
Le groupe met par ailleurs en
avant d’autres indicateurs encourageants, à commencer par la progression de son chiffre d’affaires, de
262 millions de dollars au deuxième
trimestre, en hausse de 44 % sur un
an, soit mieux que ce qu’espérait le
marché. Même si elle a été synonyme d’un peu de désaffection, la refonte de l’application porterait donc
ses fruits, en encourageant les interactions des utilisateurs avec des
contenus ou vidéos sponsorisés par
des marques. Snap souligne à ce sujet la progression du revenu par uti-
L’ÉTÉ DU FIGARO
4/6
Dontnod,
la renaissance
Le studio parisien est en pleine
ascension depuis le succès mondial
de son jeu narratif « Life is Strange ».
Max, l’héroïne
du jeu Life is Strange
qui se découvre
le pouvoir de
remonter le temps.
DONTNOD
A
CHLOÉ WOITIER £@W_Chloe
JEUX VIDÉO Alors que sa meilleure amie vient de se faire tuer
devant ses yeux, Max, toute jeune
étudiante, se découvre le pouvoir
de remonter le temps de quelques
secondes. Ainsi débute le scénario
du jeu vidéo Life is Strange, découpé en cinq parties commercialisées entre janvier et octobre
2015. Le titre aborde avec délicatesse les thématiques du harcèlement scolaire, du suicide ou de
l’euthanasie et bouleverse ceux
qui y jouent. Il a également chamboulé le destin de son créateur, le
studio parisien Dontnod : Life is
Strange a largement dépassé les
3 millions de ventes à travers le
monde.
Depuis, la société a gagné une
stature internationale. Elle a réussi en juin le lancement d’un autre
jeu, Vampyr, et travaille sur cinq
autres titres. Parmi eux, le très at-
tendu Life is Strange 2, qui sortira
fin septembre. L’entrée en Bourse
de Dontnod, en mai, est aussi une
réussite. « C’est une vraie belle
histoire », sourit son PDG et cofondateur, Oskar Guilbert.
Pourtant, Dontnod a bien failli
subir un game over il y a quelques
années. Fondé en 2008, le studio a
sorti en 2012 son premier titre,
Remember Me. Doté d’un budget
conséquent pour l’époque de
20 millions d’euros, ce blockbuster prend pour théâtre un Paris
futuriste. Son développement est
compliqué : Sony, qui avait financé le projet en 2010 pour le sortir
en exclusivité sur sa console
PlayStation 3, se retire un an plus
tard. Remember Me est sauvé in
extremis par l’éditeur japonais
Capcom. Mais le jeu est un lourd
échec commercial.
Alors que l’avenir de Dontnod
est menacé, le studio est placé en
redressement judiciaire début
2014. Finies les productions trop
lisateur, passé de 1,21 dollar au premier trimestre à 1,40 au deuxième.
À coups de plans de départs et de
coupes dans ses dépenses marketing, Snap continue aussi de réduire
ses pertes, mais celles-ci restent
importantes : 353 millions de dollars entre avril et juin, contre
385 millions entre janvier et mars,
et 443 millions enregistrés au
deuxième trimestre en 2017. Le
chemin vers la rentabilité sera donc
encore long.
La suite de l’aventure dépendra
de la capacité de Snapchat à recruter de nouveaux utilisateurs et à
mieux intégrer les annonceurs à ses
produits éditoriaux. Le réseau social
affirme notamment qu’il réfléchit à
de nouvelles fonctionnalités susceptibles de séduire un public plus
âgé que ses aficionados actuels, qui
ont souvent moins de 15 ans. ■
£ Les pilotes allemands
rejoignent la grève européenne
qui touche Ryanair. 250 vols
seront annulés le 10 août
au départ et à destination
de l’Allemagne, s’ajoutant
aux 146 autres en Suède,
en Belgique et en Irlande
le même jour pour cause
de grève. 55 000 passagers
sont concernés alors que
le conflit social s’enlise
pour la compagnie aérienne.
L’ITALIE ABAISSE
SA PRÉVISION
DE CROISSANCE
£ Le ministre italien de
l’Économie, Giovanni Tria,
a revu à la baisse les prévisions
de croissance pour le pays,
à 1,2 % en 2018 contre 1,5 %
pour le précédent
gouvernement. Dans une
interview à Il Sole 24 Ore,
il promet de poursuivre la
réduction de la dette publique
comme l’exige Bruxelles, mais
à un rythme plus modeste.
[
ambitieuses. Le studio parisien,
échaudé, change de braquet et
préfère se concentrer sur des projets moins coûteux. Il vient alors
de signer Life is Strange avec l’éditeur japonais Square Enix. Le jeu,
bâti sur le modèle d’une série télé,
mise tout sur son scénario et non
sur la surenchère graphique. Il est
vendu à petit prix (5 euros l’épisode) en téléchargement sur console
et PC. Face aux productions hollywoodiennes de la concurrence,
le titre est comme un petit film indépendant. Son succès prend tout
le monde par surprise. Le jeu a depuis été porté sur smartphone et
tablette. Selon les données de
l’entreprise, 40 % des joueurs de
Life is Strange sont des femmes.
5 % des ventes en France
« Grâce à Life is Strange, nous
sommes aujourd’hui considérés
comme un des meilleurs studios au
monde sur notre créneau », explique Oskar Guilbert. Outre Life is
Strange 2, Dontnod a signé avec le
japonais Bandai Namco le jeu narratif Twin Mirror, prévu pour
2019. « Très psychologique, il est
plutôt destiné à un public de trentenaires », poursuit Oskar Guilbert,
qui ne peut en dévoiler plus. Un
troisième jeu est en cours de développement avec un autre éditeur, pour l’horizon 2020.
Dontnod est aussi en discussion
avec un éditeur majeur pour lancer la production de deux autres
titres. « Les studios de jeux vidéo
français sont capables de créer des
univers qui plaisent dans le monde
entier. Seules 5 % de nos ventes se
font en France ! », rappelle Oskar
Ces pépite
du jeu vidés
en France o
]
Guilbert. La direction de Dontnod
garde toutefois la tête froide et
« ne veut pas aller trop vite ». Le
studio compte 170 salariés dans le
XIXe arrondissement de Paris. Il a
dégagé en 2017 un chiffre d’affaires de 9,7 millions d’euros, en
croissance de 33 %, pour un bénéfice d’exploitation de 2,4 millions d’euros. Dans l’industrie du
jeu vidéo, l’essentiel de la valeur
est capté par les éditeurs, qui financent le développement et
prennent en charge le marketing
et la commercialisation. Les studios récupèrent, eux, une partie
des bénéfices mais doivent céder
leurs droits de propriété intellectuelle. Dans le cas de Life is Strange, les recettes issues des produits
dérivés reviennent ainsi à l’éditeur Square-Enix.
C’est pour améliorer ses revenus et conserver une partie de ses
droits d’auteur que Dontnod a décidé au printemps de se lancer en
Bourse. Grâce aux fonds levés, il
entend cofinancer certains de ses
prochains jeux afin de toucher des
royalties jusqu’à six fois plus élevées qu’avec un contrat classique
d’édition. Ce modèle a été expérimenté avec le jeu Vampyr, sorti en
juin chez l’éditeur français Focus
et écoulé à 450 000 exemplaires
en moins d’un mois. Les marchés
ont adhéré au projet. Depuis fin
mai, l’action Dontnod a gagné
20 % et le studio est valorisé
115 millions d’euros. ■
RETROUVEZ DEMAIN:
Quantic Dream,
expériences interactives
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Журналы и газеты
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