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Les Echos 13092018

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www.henner.com
Santé Prévoyance Retraite Services médicaux
Apple Des iPhone
plus grands
et plus chers // P. 22
L’ESSENTIEL
BERCY VA TAILLER DANS
SES EFFECTIFS EN RÉGIONS
Le gouvernement veut réduire en
2 019 d e 5 10 à 1 2 0 p os te s son
réseau régional d’aides aux entreprises. Certains agents se verront
proposer une indemnité pour
partir dans le privé. // P. 3
PAUVRETÉ : MACRON
ENTAME SON VIRAGE SOCIAL
Le chef de l’Etat dévoile ce jeudi sa
stratégie de lutte contre la pauvreté, fondée sur l’accompagnement plutôt que sur les seules allocations. // P. 4 ET L’ÉDITORIAL
D’ÉTIENNE LEFEBVRE P. 9
ENTREPRISES
& MARCHÉS
LE QUOTIDIEN DE L'ÉCONOMIE // JEUDI 13 SEPTEMBRE 2018 // LESECHOS.FR
Les profits du
CAC 40 partis
pour battre
des records
La Hongrie mise en cause
pour atteinte à l’état de droit
l Les résultats du premier semestre sont
WI-FI DANS L’AVION : BIENTÔT
10.000 APPAREILS ÉQUIPÉS
Le nombre d’appareils connectés
a fortement augmenté cette année
et devrait dépasser les 10.000 en
2019. La qualité des connexions
s’améliore, mais l’usage d’Internet
en vol reste faible. // P. 16
LA TENSION MONTE AUTOUR
DES PRIX DE L’ÉLECTRICITÉ
La forte hausse des cours ces derniers mois va profiter à EDF. Ses
concurrents et les grands acheteurs d’énergie critiquent un projet de réforme de leur accès à
l’électricité nucléaire. // P. 19
BPCE ENGAGE UNE
OPÉRATION À 2,7 MILLIARDS
BPCE SA va acquérir certains
métiers de financement spécialisés de Natixis. L’opération
doit renforcer les marges de
manœuvre de cette filiale. // P. 29
CARNET // P. 35
en baisse de 6,8 % pour les ténors du CAC 40.
l Un recul imputable à quatre groupes et qui
masque une bonne saison de résultats semestriels.
l y a des chiffres trompeurs. En apparence, le
premier semestre n’a pas été mirifique pour les
entreprises du CAC 40. Leurs profits ont reculé
de 6,8 %, à 48,16 milliards d’euros. C’est 3,5 milliards
de moins qu’au premier semestre 2017. Mais cette
baisse est due pour l’essentiel à des éléments exceptionnels, comme la plus-value de 4,63 milliards
engrangée début 2017 par Sanofi avec la cession de
son pôle de nutrition animale. Plus de la moitié du
CAC 40 a ainsi annoncé une progression de ses
résultats, malgré un contexte moins favorable qu’en
2017 (hausse de l’euro et du prix du pétrole). La
I
Frederick Florin/AFP
David Paul Morris/Bloomberg
ASSURANCES
DE PERSONNES
marge d’exploitation moyenne reste d’ailleurs à un
niveau élevé, de l’ordre de 10 %. Signe de la bonne
santé des fleurons de la Bourse de Paris, les investissements repartent nettement à la hausse (+14,4 %).
La hausse du prix du pétrole a redonné des ailes à
Total et TechnipFMC, mais treize autres groupes du
CAC 40 ont engagé cette année une hausse de plus
de 10 % de leurs investissements. De bon augure
pour les résultats futurs. De fait, l’indice parisien
pourrait bien battre cette année son record de bénéfice de 95 milliards d’euros, datant de 2007.
EUROPE Le dirigeant hongrois Viktor Orbán a subi un camouflet après le
vote de l’article 7, mercredi, au Parlement européen, qui lance un processus au terme duquel il est théoriquement possible de priver un Etat membre de son droit de vote. Les députés européens, dont ses propres alliés au
sein du PPE, dénoncent les atteintes à l’état de droit. A quelques mois des
élections européennes, le partenaire hongrois est devenu gênant.
// PAGE 6 ET L’ÉDITORIAL DE JACQUES HUBERT-RODIER PAGE 9
// PAGE 28 ET « CRIBLE » PAGE 36
Le poison
économique
du Brexit
Coup de pouce fiscal en vue
pour stimuler l’investissement
Loïc Venance/AFP
La SNCF dans
la course aux trains
autonomes // P. 17
Le « suramortissement », une mesure déjà mise en
œuvre de 2015 à 2017, devrait faire son retour dans le
prochain budget. Ce dispositif, qui permet aux
entreprises de majorer leurs amortissements suite
à l’achat d’un équipement, a connu un réel succès et
contribué au redressement de l’investissement en
France. Philippe Varin, le président de France
Industrie, devrait évoquer le sujet ce jeudi lors d’un
échange avec le cabinet du Premier ministre,
Edouard Philippe. L’ampleur de ce coup de pouce
n’est pas encore arbitrée. // PAGE 2
Alexandre Counis
Il y a les prévisions plus ou moins
catastrophistes et la réalité que l’on
constate déjà : avant même son entrée en vigueur, le Brexit a déjà eu de
lourdes conséquences sur l’économie outre-Manche. Le climat d’incertitude qui règne a ralenti les deux
principaux moteurs de la croissance
que sont la consommation et l’investissement, souligne notre correspondant Alexandre Counis. // PAGE 9
L’ ICÔNE.
Le Premier ministre, Edouard Philippe.
Droits d’auteur :
l’Europe tient
tête face aux
géants du Net
James Leynse/REA
Bombardier
BUDGET Le gouvernement
envisage de faire renaître
le « suramortissement ».
L’analyse de
RETROUVEZ SYNERGIE
page 17
Lehman Brothers :
les anciens racontent
Ceux qui ont vécu la chute de
la banque de l’intérieur témoignent.
ISSN0153.4831
NUMÉRO 22780
110e ANNÉE
36PAGES
Antilles Réunion 3,70 €. Guyane-St Martin
4,80 €. Belgique 3, 20 €. Espagne 4 €.
Grande-Bretagne 3£40. Grèce 3,70 €. Italie
4 €. Luxembourg 3,40 €. Maroc 28 DH. Suisse
5 , 4 0 F S . Tu n i s i e 4 , 5 T N D. Z o n e C FA
2.800 CFA.
BANQUE Dix ans après la faillite de Lehman Brothers, les ex-salariés ont un souvenir amer de ses derniers jours et continuent de former une diaspora solidaire. « C’est une expérience que je ne recommande pas », déclare Xavier Rolet, l’ex-patron de la filiale française.
Portrait de Dick Fuld, l’homme « le plus détesté d’Amérique ».
// PAGES 30, 31 ET « CRIBLE » PAGE 36
DROIT VOISIN La presse, les
auteurs et l’industrie culturelle
peuvent crier victoire : à l’issue
d’une bataille d’une rare intensité, le Parlement européen a
finalement bien adopté, mercredi à Strasbourg, le projet de
réforme de la directive sur le
droit d’auteur à l’ère numérique. Ce vote ouvre la voie à la
création d’un droit voisin pour
la presse permettant aux éditeurs d’aller négocier une
rémunération auprès de Google et Facebook, qui monétisent
aujourd’hui le mieux les contenus d’information. Les ayantsdroit de la musique et de
l’audiovisuel espèrent, eux, que
davantage de transparence
aboutisse à une meilleure
rémunération. // PAGE 23
L’ÉMOTION ABSOLUE
w w w. b e r n a rd - m a g re z . c o m
P RO P R I É TA I R E
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.
02 //
Jeudi 13 septembre 2018 Les Echos
FRANCE
En marche, la meilleure
façon de cogner
Tout miel avec la gauche, même insoumise ; offensif
avec la droite, même modérée : Emmanuel Macron
a changé de géographie politique.
LE FAIT
DU JOUR
POLITIQUE
Cécile
Cornudet
l y a des moments où il
n’est pas besoin d’en
rajouter. Emmanuel
Macron vise Marine Le Pen
lorsqu’il fait des européennes
de mai un affrontement entre
« progressistes et nationalistes »,
mais le RN rencontre
suffisamment de difficultés
pour s’en contenter. Asphyxie
financière, refus de Thierry
Mariani de venir au meeting
de Fréjus et premier ratage
com’ de la saison. Marine
Le Pen voulait mercredi être
le porte-voix des habitants
de Châteaudouble dans le Var,
contre l’installation de
migrants : ce sont des habitants
du village justement qui l’ont
contrainte à écourter sa visite.
La cible du moment a pour
nom LR. Macron débauchait
en début de mandat, désormais
il cogne. Le parti de Laurent
Wauquiez s’est divisé sur
les sanctions à l’égard de
Viktor Orbán ? C’était le but,
les contradictions de LR
apparaissent au grand jour,
s’est-il à peine caché en saluant
« le signal très fort » du
Parlement européen et « la
clarification au sein du PPE »
(auquel appartiennent et LR
et Orban). En matière
économique, même offensive.
Gérald Darmanin réplique
vertement à Eric Woerth
Dessins Fabien Clairefond pour « Les Echos »
I
à l’Assemblée : « Quelles
propositions faites-vous ?
Vous ne reprenez même pas la
mesure heures sup », vitupèret-il. Si le budget et les déficits
ouvrent un espace de critiques
à droite, En marche veut
le fermer aussitôt. Même
la droite modérée n’est pas
choyée. « Elle serait trop faible
pour faire une liste autonome
aux européennes et elle ne
rejoindra jamais Wauquiez »,
se rassure un ministre poids
lourd. Le même Darmanin est
tout miel lorsqu’il parle à la
gauche. « Je serai votre porteparole dans la défense de
Vallourec », dit-il même au
député communiste Fabien
Roussel. François de Rugy
accueille avec bienveillance
une question de La France
insoumise, dont il « apprécie
l’engagement écologique ». Etre
doux pour étouffer, comme
Emmanuel Macron lorsqu’il
rencontre Jean-Luc
Mélenchon à Marseille ?
Ou pour changer d’image,
entonner le chant du respect
de l’opposition et du débat
démocratique comme
Edouard Philippe ouvrant
la session parlementaire ?
« L’identité française est
marquée par le débat », insiste
le Premier ministre en citant
Fernand Braudel : « Je n’ai
jamais eu peur du débat, le débat
politique est sain. » Après
l’« humilité » et l’« écoute »,
voici la deuxième correction
d’image à l’œuvre
actuellement : En marche n’est
ni hégémonique ni fâché avec
la démocratie.
ccornudet@lesechos.fr
en bref
Bertrand fustige un « cynisme d’Etat »
POLITIQUE Xavier Bertrand hausse encore un peu plus le ton
contre Emmanuel Macron. Le président de la région Hauts-deFrance a pilonné mercredi les choix « pas efficaces et surtout pas
justes » de l’exécutif, lui a reproché de faire « du mal » aux salariés modestes, de « taper » les retraités et, surtout, de « laisser
mourir » les entreprises en difficulté. « Il y a un cynisme d’Etat »,
s’est-il enflammé sur France Inter. « Vous auriez les services
financiers de Londres qui veulent venir en France, ce serait tapis
rouge. Mais l’industrie, ils s’en foutent. »
« La rentrée très offensive » de Xavier Bertrand sur lesechos.fr
Service universel : Philippe
lance la concertation à Avignon
JEUNESSE Le Premier ministre, Edouard Philippe, se rend ce
jeudi à Avignon pour lancer les « concertations territoriales »
sur le futur service national universel (SNU) préparé par l’exécutif. Le gouvernement a annoncé fin juin que le SNU, promesse de
campagne d’Emmanuel Macron, prendrait la forme d’un service civique d’un mois obligatoire aux alentours de 16 ans, suivi
d’un engagement plus long sur la base du volontariat. Les modalités plus précises de sa mise en œuvre doivent être précisées par
un groupe de travail à l’issue d’une consultation de la jeunesse.
À 7h12, retrouvez Nicolas Barré
pour “L’édito éco”dans le
7h-9h de Nikos Aliagas.
Coup de pouce fiscal en vue
pour stimuler l’investissement
l Bercy défend le retour d’un « suramortissement » sur les investissements
des industriels.
l La mesure, en vigueur de 2015 à 2017, avait connu un certain succès.
BUDGET
Ingrid Feuerstein
@In_Feuerstein
Permettre aux entreprises de majorer leurs amortissements suite à
l’achat d’une machine, afin de
réduire leur assiette imposable.
C’est une « ficelle fiscale » bien
connue pour relancer l’investissement, déjà éprouvée par le passé… y
compris par un certain Emmanuel
Macron lorsqu’il était ministre de
l’Economie. Cette mesure, plus
connue sous le nom de « suramortissement », pourrait faire son
retour dans le prochain budget.
Le ministre de l’Economie et des
Fi na nces, Bruno Le Ma ire, a
défendu un tel coup de pouce lundi
lors du Conseil national de l’industrie, une instance qui réunit les principales fédérations industrielles.
Pousser l’industrie
à se numériser
Selon nos informations, Philippe
Varin, le président de France Industrie, devrait évoquer ce point jeudi
lors d’un échange avec le cabinet
d’Edouard Philippe. Le Premier
ministre aura l’occasion de s’exprimer sur le sujet le 20 septembre lors
de la présentation du plan d’action
pour la transformation numérique
de l’industrie. L’enjeu de ce « suramortissement » serait de pousser
l’industrie à se numériser. « Le périmètre n’est pas totalement défini,
mais la mesure devrait concerner les
équipements de robotisation et tout
ce qui a trait à l’industrie du futur :
des machines plus performantes,
mieux connectées », explique Bruno
Grandjean, le président de la Fédération des industries mécaniques
(FIM). Reste à voir si toutes les
entreprises seraient concernées, ou
seulement les PME.
L’ampleur de ce coup de pouce
n’est pas encore arbitrée. Les industriels espèrent que leurs amortissements pourront être majorés de
50 % (soit un peu plus que le suramortissement version Macron qui
Le Premier ministre aura l’occasion de s’exprimer sur le sujet le 20 septembre lors de la présentation
du plan d’action pour la transformation numérique de l’industrie. Photo Gilles Rolle/RÉA
était de 40 %), ce qui aurait un coût
de 500 millions d’euros par an sur la
durée d’amortissement d’une
machine, soit cinq ans. « C’est beaucoup moins », tempère-t-on à Bercy,
Les industriels
espèrent que
leurs amortissements
pourront être
majorés de 50 %.
Le coup de pouce
sera bien moindre,
tempère Bercy.
où l’on insiste sur le fait que la décision n’a pas encore été tranchée.
L’enveloppe se situerait plutôt
autour de 200 millions d’euros. A
l’heure actuelle, la mesure ne figurerait pas dans le projet de loi de
finances. Mais elle peut toujours
être ajoutée par amendement ou
figurer dans le collectif budgétaire
de fin d’année. Dans tous les cas,
l’ambition est bien de la mettre en
œuvre en 2019.
Un premier suramortissement a
déjà été mis en place durant deux
ans, d’avril 2015 à avril 2017. Initialement prévu pour un an, ce dispositif
avait été prolongé face au succès
rencontré auprès des industriels.
Durant cette période, l’investissement a connu un fort rebond,
même si cette tendance s’expliquait
aussi par des facteurs conjoncturels. Le redressement du taux
de marge des industriels, ainsi que
les taux d’intérêt historiquement
bas y avaient également contribué.
D’ailleurs, l’investissement est resté
dynamique en 2018, comme
le montrent les statistiques de
l’Insee de juillet, plus d’un an après
l’interruption de ce coup de
pouce. n
Pas
d’aménagement
sur les baisses
de charges
Après avoir reçu le patronat,
Bercy a maintenu son projet
de reporter à octobre 2019 la
baisse de charges de 4 points
au niveau du SMIC. Comme
pour les ménages, la baisse
de charges pour les entreprises se fera en deux temps,
en janvier et en octobre 2019,
a annoncé le ministre de
l’Economie et des Finances,
Bruno Le Maire, fin août. A
la suite de cette annonce, le
Medef a demandé des aménagements pour certains
secteurs. « Nous avons étudié
les propositions du Medef,
mais cela ne se fera pas »,
indique une source à Bercy.
Ce que peut faire la France si la taxe Gafa n’aboutit pas
La France a encore des
marges pour agir au niveau
national sur la taxation
du numérique, montre un
rapport présenté mercredi
en commission des Finances.
On a tendance à considérer que
l’offensive sur la taxation du numérique doit se mener à l’échelle européenne ou internationale. Or, la
France a encore des marges pour
agir au niveau national, montre un
rapport de la députée de La République En marche (LREM) Bénédicte Peyrol, qui se penche de
manière plus globale sur l’optimisation fiscale des multinationales.
Ancienne fiscaliste, cette élue de la
commission des Finances de
l’Assemblée a étudié les moyens
d’action possibles pour la France,
en cas d’échec des négociations
européennes sur la taxe Gafa.
Son rapport invite à poursuivre
les discussions en cours à Bruxelles
sur l’imposition des géants du
numérique, malgré les réticences
allemandes. Dans le cas où les travaux européens s’enliseraient, la
députée dresse des pistes pour
avancer au niveau national.
L’une des recommandations
consiste à consacrer en droit français l’établissement stable numérique. C’est justement sur cette notion
que les Etats européens doivent
s’entendre : le faisceau d’indices qui
que Google et Facebook). Parmi les
autres pistes envisagées figure une
taxe sur les bénéfices détournés, à
l’image de celle instaurée par la
Grande-Bretagne et qui aurait rapporté 330 millions d’euros au budget britannique en 2016 et 2017. La
précédente majorité avait tenté
d’instaurer une telle taxe dans le
budget 2017, mais le Conseil constitutionnel l’avait censurée en fin
d’année. Il faudra donc en tenir
compte « pour aboutir à un dispositif qui se distinguera de ceux déjà proposés et écartés », note le rapport.
Evolution de l’abus de droit
permet à l’administration fiscale de
considérer qu’une entreprise doit
payer de l’impôt sur les sociétés sur
le sol national. Cette notion a peu
évolué face à la numérisation de
l’économie, raison pour laquelle les
Gafa échappent le plus souvent à
l’impôt.
Si la France crée seule un établissement stable numérique, cette
définition ne s’appliquerait pas aux
conventions fiscales existantes, ce
qui limiterait nettement son application. « Néanmoins, de nombreu-
ses juridictions réputées pour leur
clémence fiscale, pour ne pas dire
plus, ne sont pas liées à la France »,
avance la députée.
Concernant la taxe Gafa, actuellement en négociation à Bruxelles,
le rapport recommande de limiter
son existence à deux ans, justement
parce que cette taxe sur le chiffre
d’affaires doit être considérée
comme une solution temporaire. Il
ne faudrait pas qu’elle soit pérennisée, compte tenu de ses défauts (et
notamment le fait qu’elle ne touche
Enfin, la France peut faire évoluer
sa notion d’abus de droit, pour sanctionner davantage les opérations à
but « principalement fiscal », et
plus seulement « exclusivement fiscal ». Une telle tentative d’assouplissement avait là encore échoué en
2013, face à la censure du Conseil
constitutionnel. Bénédicte Peyrol
propose de retenir les remarques
du juge constitutionnel et d’aboutir
à un abus de droit « à deux étages »,
avec des sanctions plus lourdes en
cas d’opération « principalement
fiscale ». Selon elle, la directive
européenne ATAD de lutte contre
l’optimisation fiscale, qui doit être
prochainement transposée en
France, offre l’opportunité de faire
évoluer la législation française.
— In. F.
FRANCE // 03
Les Echos Jeudi 13 septembre 2018
Bercy va tailler dans les effectifs de son
réseau régional d’aides aux entreprises
Protection des
consommateurs : vers une
administration amaigrie
l Bruno Le Maire veut réduire de 510
à 120 postes le pôle de développement
économique de son ministère en 2019.
l Certains agents se verront proposer
une indemnité pour partir dans le privé.
FINANCES
PUBLIQUES
Renaud Honoré
@r_honore
Comme il est devenu d’usage, les
effectifs de Bercy vont connaître
une nouvelle cure d’amaigrissement l’année prochaine. Olivier
Dussopt, le secrétaire d’Etat chargé
de la Fonction publique, a ainsi
confirmé mercredi que ce seront
près de 2.000 postes qui seront supprimés en 2019 au ministère des
Finances, alors que le chiffre total
visé pour la fonction publique
d’Etat est de 4.500 en moins. Dans
ce contexte, Bruno Le Maire vient
d’engager une réforme drastique
du réseau territorial de Bercy
chargé du développement économique. « Nous sommes décidés à
engager une vraie transformation
structurelle en la matière. Dès l’an
prochain, les effectifs des Direccte
chargés du développement économique vont passer de 510 à 120 agents »,
a indiqué aux « Echos » le ministre
de l’Economie et des Finances.
Le gouvernement entend ainsi
tenir compte des multiples trans-
ferts de compétences qui ont
accordé de plus en plus d’importance aux régions dans le développement économique. « Aujourd’hui,
on a un émiettement des compétences
entre différents acteurs – aussi bien les
régions que les chambres de commerce, voire certains consultants privés à qui il est fait appel – qui affaiblit
l’action publique. Il faut donc recentrer l’Etat sur des missions qui ne sont
pas assurées en doublons par les
régions », indique une source gouvernementale.
Dans la nouvelle architecture, il
ne resterait du réseau de Bercy sur
le territoire métropolitain (hors
Corse) qu’une dizaine d’agents par
région, chargés de l’accompagnement des entreprises en difficulté,
du développement des filières stratégiques et de l’innovation. Un
changement qui fait écho aux préconisations faites par le comité
d’experts CAP 22 sur la réforme de
l’action publique.
Ces annonces faites aux syndicats fin août ont du mal à passer.
« C’est une dislocation complète. Cela
répond seulement à une volonté de
supprimer des postes », juge Nadine
Gerst de la CFDT-finances. Pour
François-Xavier Ferrucci, secré-
Le gouvernement prévoit
à nouveau 45 suppressions
de postes pour la DGCCRF
en 2019, malgré le scandale
Lactalis. Une réflexion
sur le périmètre de ses
missions est lancée.
Le ministre de l’Economie et des Finances engage une réforme
drastique du réseau territorial de Bercy. Photo Ludovic Marin/AFP
taire général de Solidaires-finances, « les doublons invoqués par le
gouvernement sont théoriques, en
réalité, sur le terrain, l’action de l’Etat
et des régions se complètent ».
Agents poussés vers le privé
Ces critiques ne font pas reculer le
gouvernement, qui veut mener tambour battant cette réforme : tous les
agents concernés devraient être
reçus d’ici à la fin de l’année pour un
bilan de compétences et pour
recueillir leurs souhaits de mobilité.
Des possibilités de transfert vers
d’autres réseaux territoriaux (des
ministères de l’Emploi ou de l’Environnement), à Bercy à Paris, ou dans
les fonctions publiques territoriales
et hospitalières ont déjà été avancées par l’équipe gouvernementale.
« On a du mal à comprendre comment ces mobilités pourraient être
possibles, alors que des suppressions
d’effectifs sont prévues partout. En
réalité le gouvernement veut pousser
les agents à un départ vers le privé »,
assure Michel Brahimi de la CGTfinances. De fait, l’exécutif prévoit
aussi de proposer une indemnité
aux agents publics de ces réseaux
de Bercy qui préféreraient se reconvertir ailleurs que dans le public.
Une des premières illustrations du
« plan de départs volontaires », dont
avait parlé Gérald Darmanin, le
ministre des Comptes publics, en
janvier dernier. n
Bercy, zone de chantiers. En quelques semaines, le gouvernement
s’est lancé dans des réformes qui
vont réduire les effectifs du fisc, du
réseau territorial d’aides aux entreprises, mais aussi ceux du Trésor à
l’étranger (75 postes en moins sur
un total de 560, et 19 sites sur 130 fermés durant le quinquennat). Dans
ce maelström, la Direction générale
de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes
(DGCCRF) ne sera pas épargnée :
elle va perdre 45 agents l’an prochain, sur un total de 2.800 environ.
« C’était déjà le même nombre
pour 2018, et Bruno Le Maire nous a
fait comprendre que le mouvement se
poursuivrait sur le quinquennat. On
arrive à l’os après avoir déjà perdu
10 % de nos effectifs sur dix ans », critique Marie Pique de la CFDT-finances. Visiblement, le scandale Lactalis et les questions soulevées sur
l’effectivité des contrôles sanitaires
n’ont pas infléchi le gouvernement.
« Compte tenu des contraintes sur la
trajectoire de finances publiques, le
nombre aurait pu être supérieur »,
mais il a été décidé de ne pas charger la barque, indique-t-on à Bercy.
Après le scandale des lasagnes en
2013, la précédente majorité avait
décidé de stabiliser les effectifs de la
DGCCRF.
Une réflexion sur
les missions de la DGCCRF
Cette réduction des effectifs
s’accompagne d’une réflexion sur
les missions qui doivent continuer à
être assurées par la DGCCRF. « Certaines missions font sens, pour
d’autres, ce n’est plus le cas et il faut
tenir compte de l’impact du numérique », indique-t-on à Bercy. Certaines pistes ont déjà été évoquées
avec les syndicats, comme la fin du
contrôle des aires de jeux ou même
le transfert au privé du contrôle
sanitaire dans les restaurants, les
boulangers et tous distributeurs de
nourriture. « Il semble que ce dernier
point soit désormais abandonné par
le gouvernement », note Marie
Pique. Des décisions sont attendues
à l’automne.
— R. Ho.
04 // FRANCE
Jeudi 13 septembre 2018 Les Echos
Macron entame son virage social
avec le plan pauvreté
l Le chef de l’Etat dévoile, ce jeudi, l’ensemble de sa stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté.
l L’enveloppe financière devrait être très supérieure à 4 milliards d’euros.
Les mesures
attendues
SOCIAL
Isabelle Ficek
@IsabelleFicek
et Solveig Godeluck
@Solwii
Un signal. C’est le chef de l’Etat luimême, certes entouré des ministres
concernés, en premier lieu Agnès
Buzyn aux Solidarités, qui, ce jeudi
matin, pour son premier grand discours de rentrée sur la scène nationale, va dévoiler l’ensemble de sa stratégie de prévention et de lutte contre
la pauvreté. Emmanuel Macron se
sait attendu au tournant sur ce plan
initialement prévu en juillet. Un
report − pour des raisons de communication mais aussi d’arbitrages
− qui a encore accru les attentes.
L’exécutif nie tout tournant social,
rappelant que ce plan est travaillé
depuis des mois. Pourtant, avec le
plan pauvreté, qui sera suivi du plan
santé, de la réforme de l’assurancechômage, de celle des retraites puis
de la dépendance, Emmanuel
Macron entame une « nouvelle
phase pour les Français qui ont
besoin de perspectives d’avenir, et
notamment les Français les plus en
difficulté », reconnaissait ce mercredi Agnès Buzyn, sur France 2.
« Esprit de Michel Rocard »
« Ce n’est pas un virage mais une
étape supplémentaire, complémentaire, cohérente. Si elle peut corriger
l’image d’une politique des riches,
tant mieux », ajoute un ténor de la
majorité.
L’exécutif revendique en tout cas
une « une révolution copernicienne
dans l’approche des questions de pauvreté », a avancé le porte-parole du
gouvernement, Benjamin Griveaux,
sur franceinfo, pas seulement fondée sur une politique d’allocations,
mais aussi d’accompagnement pour
sortir de la pauvreté, évoquant au
passage « l’esprit de Michel Rocard »
et du « i » d’insertion de son RMI.
Le ton n’est plus tout à fait au « On
dépense un pognon de dingue et les
gens ne s’en sortent pas ». Au-delà des
aides sociales, « qu’il faut évidemment maintenir », a souligné le porte-parole, l’exécutif veut mettre
l’accent sur l’accompagnement et les
moyens qu’il nécessite. La redistribution, certes, mais aussi une politique d’émancipation pour « réduire
les inégalités de destin », « contre le
déterminisme social ».
Rationalisation des prestations
l Extension de la couverture
maladie universelle complémentaire (CMU-C) aux personnes
relevant de l’aide à la complémentaire santé (ACS), afin
de lutter contre le non-recours.
l Mise en place du versement
social unique et ouverture
du chantier de l’allocation
sociale unique.
l Revalorisation normale
du RSA et de l’allocation pour
les chômeurs de longue durée
(alors que les autres prestations
n’augmenteront que de 0,3 %).
Priorité à la lutte contre
la pauvreté des enfants
l Instauration de bonus pour
les crèches accueillant les
enfants pauvres, handicapés
ou vivant en quartier prioritaire.
l A l’école, petits déjeuners
gratuits et dédoublement
des classes dans les quartiers
défavorisés, dispositif « devoirs
faits » dans les établissements.
D’où une stratégie pensée dès la
petite enfance et tout au long de la
vie. « Nous, nous prenons des engagements pour que demain, il n’y ait
plus un enfant à la rue, plus un jeune
sans formation et sans emploi, plus
un bénéficiaire du RSA sans accompagnement », soutient le député En
marche Aurélien Taché, pour marquer la différence avec le plan pauvreté de François Hollande, qui
mettait l’accent sur les revalorisations de prestations.
Nouveaux territoires zéro
chômeur de longue durée
Des moyens supplémentaires doivent ainsi être dévolus à l’accompagnement au retour à l’emploi
des allocataires du RSA, avec plus
de contrats d’insertion par l’activité économique. Cinquante nouveaux territoires zéro chômeur de
longue durée vont être créés. La
garantie jeunes, dispositif phare
du quinquennat Hollande pour les
16-25 ans, reconnue et reconduite
par le gouvernement Philippe, doit
être étendue, avec pour objectif
d’aller aussi chercher des jeunes
très éloignés de l’emploi.
Le versement social unique, promesse de campagne, est sur la table.
Surtout, des dispositifs de bonusmalus doivent être mis en place
pour lutter contre le non-recours
aux crèches ou au RSA. Et puis,
mesure plébiscitée par la gauche, la
CMU-C (couverture maladie universelle complémentaire) va être
étendue. Elle est fusionnée avec
l’Aide à la complémentaire santé
(ACS). Cela représentera pour
l’assurance-maladie une dépense
supplémentaire de 500 millions
d’euros en 2022. Par ailleurs, il y
aura une hausse de 25% des dépenses médico -sociales (Ondam
médico-social). Un fonds sera créé
pour aider les communes de moins
de 10.000 habitats à faire plus de
tarifs sociaux pour la cantine.
Les associations s’attendent à un
investissement d’au moins 4 milliards d’euros sur quatre ans, répartis pour moitié sur la prévention de
la pauvreté (crèches, écoles, etc.) et
pour l’autre moitié sur l’accompagnement vers l’emploi. Elles
se méfient toutefois des effets
d’a nnonce et ra pp ellent que
d’importantes économies vont être
réalisées par ailleurs sur le logement et les contrats aidés… sans
oublier le quasi-gel des prestations
sociales en 2018-2019.
Plus d’accompagnement
vers la formation et l’emploi
l Obligation de formation des
jeunes de 16-18 ans, extension
de la garantie jeunes.
l Création de 100.000 contrats
d’insertion par l’activité
économique supplémentaires
pendant le quinquennat.
l Renforcement du rôle de Pôle
emploi dans l’accompagnement
des bénéficiaires du RSA.
l Extension du test « territoire
zéro chômeur de longue durée »
de 10 à 60 territoires.
L’enveloppe globale devrait être
très supérieure à ces 4 milliards, avec
une part de ciblage d’aides existantes.
Mais ATD Quart Monde, qui a reçu
la visite lundi d’Emmanuel Macron,
désespère de voir l’exécutif promettre l’éradication de la grande pauvreté à 15 ou 20 ans. Interrogée sur
France 2, Agnès Buzyn a botté en touche : « Eradiquer ? Tout le monde en
rêverait. » Plus prudente, elle a parlé
de « réduire nettement et réagir plus
vite pour ceux qui sont en difficulté ».
(
Lire l’éditorial d’Etienne
Lefebvre Page 9
Une obligation
de formation
pour les 16-18 ans
Le plan pauvreté mettra
l’accent sur la jeunesse.
L’objectif est de passer
de 100.000 à 500.000 bénéficiaires de la garantie
jeunes en 2022.
Leïla de Comarmond
@leiladeco
et S. G.
Le plan pauvreté, que dévoile ce
jeudi le chef de l’Etat, comportera un volet ciblé sur les jeunes,
avec, en ligne de mire, la prévention de l’exclusion. Il faut pour
cela non seulement s’occuper
des décrocheurs, mais en limiter
le nombre.
C’est l’objectif de l’obligation
de formation qu’Emmanuel
Macron veut édicter de 16 à
18 ans. Les mots sont choisis : il
ne s’agit pas d’allonger la durée
de l’instruction obligatoire de
deux ans. Mais d’empêcher que
les jeunes sortent des radars
et pour cela agir en amont.
Aujourd’hui, à l’entrée dans leur
17 e année, les élèves peuvent
quitter sans bruit un établissement sans que celui-ci ne doive
le retenir ou l’aider à construire
un autre parcours de formation.
L’o b l i g a t i o n d e f o r m a t i o n
entre 16 et 18 ans va imposer un
meilleur repérage et suivi des
décrocheurs, signalés en continu et non plus deux fois par
an. L’exécutif estime que cela
devrait permettre d’éviter de
perdre de vue 20.000 jeunes
chaque année.
Des moyens en hausse
pour les missions locales
La garantie jeunes va aussi être
réformée. Ce dispositif ciblé sur
les moins de 26 ans ni en emploi
ni en formation (NEETS), qui
consiste en une aide financière
assortie d’un accompagnement,
a été institué sous François Hollande au moment du conflit
sur la loi El Khomri, mais le nombre de bénéficiaires plafonne à
100.000. L’objectif, extrêmement
ambitieux, est de monter à
500.000 à l’horizon 2022. Pour
cela, les missions locales, auxquelles sont promis des moyens
supplémentaires, auront l’obligation d’aller au-devant des jeunes en difficulté qu’elles devront
convoquer pour leur proposer
une solution en termes soit de
formation, soit d’emploi.
Le plan va imposer
un meilleur
repérage et suivi
des décrocheurs,
signalés en continu
et non plus
deux fois par an.
« La conviction du président de
la République, c’est qu’on ne peut
dire à personne qu’il n’y a pas de
place pour lui », explique-t-on au
sein de l’exécutif. Il s’agit donc
pour les jeunes aussi de ne pas
concentrer l’effort sur un dispositif, mais plutôt de s’appuyer
sur des formules diverses pouvant répondre à des besoins différents.
Faire pour apprendre
Le développement des écoles de
production, qui viennent d’être
reconnues par l’Etat, constituera une des pistes. Leur fédération nationale espère élargir le
réseau : 750 à 800 élèves y sont
actuellement inscrits. Corentin
Rémond, délégué général de
l’organisation professionnelle,
évalue le potentiel d’accueil
entre 4.000 et 5.000 jeunes.
Le cas des enfants placés qui
sortent brutalement du giron de
la protection sociale de l’enfance
à leurs 18 ans – quand la moyenne
d’âge de décohabitation dépasse
les 23,5 ans – devrait aussi être
abordé dans le plan pauvreté.
L’Etat versera des aides aux
départements pour les aider à
mieux les accompagner. n
Comment l’accompagnement vers l’emploi va être renforcé
Plutôt que d’augmenter
les aides sociales, le plan
pauvreté va mettre l’accent
sur le retour à l’emploi des
chômeurs de longue durée
et des allocataires du RSA.
Le travail est, selon Emmanuel
Macron, « la clef de l’émancipation
pour toutes celles et ceux qui peuvent
y avoir accès ». L’accompagnement
vers l’emploi pour les personnes qui
SUR
DOMINIQUE SEUX
DANS « L’ÉDITO ÉCO »
À 7H45
DU LUNDI AU VENDREDI
en sont éloignées figure donc en
bonne place dans la stratégie de
lutte contre la pauvreté présentée
ce jeudi par le chef de l’Etat. C’est en
partie pour renforcer ce volet, initialement trop peu ambitieux, que
la présentation du plan a été retardée de plusieurs mois.
Renforcement
du rôle de Pole emploi
Il y a fort à faire. Aujourd’hui, l’aide
aux allocataires du revenu de solidarité active (RSA) est essentiellement monétaire. L’accompagnement ne pèse que 7 % des crédits
fléchés vers cette population. « On
ne consacre que 670 millions d’euros
à l’accompagnement des bénéficiaires du RSA, ce budget a été divisé par
trois ! » rappelle le député LREM
Au r é l i e n Ta c h é . U n m a n q u e
d’investissement évident alors
qu’au moment de la création du
RMI, l’ancêtre du RSA, l’objectif
avait été fixé à 20 % de dépenses
d’insertion.
Face à cette dégringolade, les
responsabilités partagées avec les
« On ne consacre
que 670 millions
d’euros à
l’accompagnement
des bénéficiaires
du RSA, ce budget
a été divisé
par trois ! »
AURÉLIEN TACHÉ
Député LREM
départements devraient être
revues. Il faudra renforcer
l’accompagnement des allocataires par Pôle emploi, qui ne gère que
4 bénéficiaires du RSA sur 10. L’instauration d’un référent unique ne
sera cependant pas généralisée ;
l’expérimentation va se poursuivre. Des réaffectations de postes,
voire la sous-traitance à des cabinets privés, sont évoquées. « Le
RSA a cassé la dynamique du con-
trat d’insertion du RMI. Il n’y a plus
d’obligation de revoyure tous les six
mois », rappelle une personnalité
du monde associatif.
Encore faut-il avoir une occupation à proposer aux personnes dans
le besoin. Avec la suppression programmée de 120.000 contrats aidés
en 2018, au nom de l’efficacité économique, l’éventail des choix a
rétréci. Les contrats d’insertion par
l’activité économique (IAE) dans le
privé ou le secteur associatif vont
bénéficier d’un coup de pouce. Des
subventions supplémentaires vont
permettre de recruter 100.000 personnes de plus sur ces contrats de
réinsertion d’ici à la fin du quinquennat, portant le total à 140.000
personnes. L’avantage de la formule, c’est qu’elle inclut un tutorat
et de la formation pour les bénéficiaires de ces emplois.
Par ailleurs, la réinsertion va,
selon nos informations, bénéficier
de l’extension à 50 nouveaux territoires de l’expérimentation « zéro
chômeur de longue durée ». Initiée
par ATD Quart Monde, elle fonc-
Les contrats d’insertion par l’activité économique dans le privé
ou le secteur associatif vont bénéficier d’un coup de pouce.
Photo Stéphane Audras/RÉA
tionne depuis dix-huit mois, sur 10
bassins d’emploi allant jusqu’à
10.000 habitants. Dix entreprises
d’insertion reçoivent 18.000 euros
par an et par poste pour faire travailler des chômeurs de longue
d u r é e , ave c d e s e m p l o i s q u i
n’empiètent pas sur le secteur mar-
chand, de l’entretien des forêts au
chauffeur de taxi à 1 euro la course.
La subvention correspond au coût
salarial d’un chômeur de longue
durée, en minima sociaux, manque
à gagner fiscal et social et dépenses
de long terme (santé en particulier).
— S. G. et L. de C.
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06 //
Jeudi 13 septembre 2018 Les Echos
MONDE
en
chiffres
ÉTATS-UNIS : REPLI DES
PRIX À LA PRODUCTION
ZONE EURO : REPLI DE
L’INDUSTRIE EN JUILLET
Contre toute attente, les prix
à la production ont baissé
(-0,1 %) en août aux EtatsUnis, du fait notamment
d’une baisse de la demande
de services. Ils étaient
inchangés en juillet en
données corrigées des
variations saisonnières.
Sur un an, ils progressent en
revanche de 2,8 %, a précisé
le département du Travail.
La production industrielle de
la zone euro a baissé de 0,8 %
en juillet pour le deuxième
mois consécutif (-0,1 %
sur un an) et plus fortement
que prévu, ce qui pourrait
annoncer un ralentissement
de la croissance au troisième
trimestre, selon Eurostat.
La baisse est surtout
imputable à l’Allemagne
et à l’Italie (-1,8 % chacun).
7,1 %
LA HAUSSE DU SALAIRE
MINIMUM EN POLOGNE
Le salaire minimum brut
en Pologne sera porté
en 2019 à 2250 zlotys,
soit 522,6 euros, marquant
une hausse de 7,1 %,
a décidé le gouvernement.
Le salaire horaire sera porté
à 14,7 zlotys, soit 3,4 euros.
Le Parlement européen
entre en guerre contre Orbán
Chemnitz met
le gouvernement
à l’épreuve
UNION
EUROPÉENNE
ALLEMAGNE
Auditionné mercredi, Hans-Georg
Maassen devait
justifier ses doutes
quant à la réalité
des incidents
survenus dans la
ville de Chemnitz.
Les eurodéputés ont
voté, mercredi, une
résolution amorçant la
procédure de l’article 7.
Un vote majeur, aux
lourdes significations
politiques.
Ninon Renaud
@NinonRenaud
— Correspondante à Berlin
Gabriel Grésillon
@GGresillon
— Bureau de Bruxelles
Quelle journée ! Après avoir écouté
le grand discours annuel de JeanClaude Juncker sur « l’état de
l’Union », puis approuvé un texte
sur le droit d’auteur qui avait fait
l’objet d’une bataille épique et d’un
lobbying sans précédent à Bruxelles, les députés européens ont provoqué un séisme, mercredi midi, en
votant une résolution enclenchant
la procédure dite « de l’article 7 » à
l’encontre de la Hongrie.
Constatant une menace pour
l’Etat de droit dans le pays dirigé par
Viktor Orbán, les eurodéputés ont
donc voté (par 448 voix pour et
197 contre et à la majorité des deux
tiers des suffrages exprimés) pour
lancer le long processus au terme
duquel il est théoriquement possible d’exclure un Etat membre de
son droit de vote dans l’Union.
Un geste inédit
Certes, cette perspective est, sinon
impossible, du moins très peu probable. Elle impliquerait notamment que l’ensemble des Etats
membres l’approuvent. Un scénario presque inimaginable, ne
serait-ce que du fait de la solidarité
entre la Pologne et la Hongrie.
Mais le geste n’en est pas moins
remarquable. Au plan institutionnel, d’abord : c’est la première fois
dans l’histoire de l’Union européenne qu’une telle procédure est
enclenchée par le Parlement européen. Or, dans ce cas de figure, elle
semblait encore très peu probable il
y a quelques mois, pour une raison
très politique : le parti de Viktor
Orbán, Fidesz, est membre du grand
parti de droite qui domine la vie politique européenne, le PPE. Jusqu’à
présent, le chantre de « l’illibéralisme » avait toujours bénéficié du
soutien de sa famille politique, quitte
à effectuer quelques concessions sur
certaines réformes controversées.
Orbán hors sujet
Mais, précisément, les choses ont
changé. Mardi, lorsqu’il avait été
confronté au Parlement européen,
le Premier ministre hongrois avait
répondu avec virulence, mais sans
ouvrir la moindre porte vers une
forme de compromis. Fustigeant
une Europe qui s’en prenait au peuple hongrois, il n’avait apporté
aucune réponse à la longue liste des
reproches qui sont faits à son gouvernement (indépendance des
médias, de la presse, corruption,
népotisme, etc.).
Dans la soirée, le vent avait donc
commencé à tourner : Manfred
Weber, qui préside le groupe PPE
au Parlement européen et est le
seul candidat déclaré, à ce stade,
pour diriger la liste PPE lors des
élections européennes de mai prochain, avait fait savoir qu’à titre personnel il voterait pour enclencher
la procédure de l’article 7. Même
dans la délégation française du
PPE, plus hésitante à l’idée de
déclencher une guerre avec Viktor
Orbán, certains se mettaient à douter et à envisager l’abstention lors
du vote de mercredi, du fait de
Le vote PPE
en détail
Annoncé comme incertain, le vote pour ou
contre le régime de Viktor
Orbán a révélé que le PPE,
le grand parti de droite
du Parlement européen
qui abrite en son sein le
Fidesz hongrois condamne
très majoritairement ses
atteintes à la démocratie.
Ses élus ont voté contre
Orban par 115 voix, dont
celle de son président
Manfred Weber,
un Allemand membre de
la CSU et proche d’Angela
Merkel, contre 57.
Sur les 20 élus LR français,
8 ont voté contre Orbán
(Lamassoure, Grossetête)
4 pour (dont Nadine
Morano), les autres s’abstenant (Hortefeux, Dati).
l’inflexibilité et de l’agressivité du
maître de Budapest.
Contexte électoral
Un autre élément explique ce développement politique majeur sur la
scène européenne : le contexte
préélectoral. Plus les élections
européennes approchent et plus la
présence du Fidesz au sein de la
famille PPE devient encombrante.
Le PPE est en effet, traditionnellement, un parti qui va du centre à
une droite plutôt modérée.
Emmanuel Macron, qui cherche à créer un vaste espace au centre du jeu politique européen, avait
déjà commencé à fustiger le PPE,
coupable d’un double jeu, maniant
une rhétorique pro-européenne
tout en accueillant en son sein Viktor Orbán. Un Viktor Orbán, il est
vrai, qui était l’un des seuls du club
PPE à afficher une insolente santé
électorale.
Limogeage ou maintien dans
ses fonctions ? Nul ne savait
encore mercredi en début de
soirée quel serait le sort du chef
du service du renseignement
intérieur allemand Hans-Georg
Maassen. Mais « quelle que soit
la décision [de son supérieur, le
ministre de l’Intérieur Horst
Seehofer], la coalition gouvernementale se trouvera un peu plus
affaiblie », estime Tilman Mayer,
professeur de sciences politiques à l’université de Bonn.
Avant toute décision, l’homme
qui dirige l’Office fédéral de protection de la Constitution (BfV)
devait justifier mercredi aprèsmidi devant le comité de contrôle parlementaire des services
publiée sur un site de la mouvance antifasciste, soupçonnée
de jouer la désinformation.
Il reste à savoir s’il peut convaincre les élus du Bundestag
tant le sujet est devenu sensible.
L’ouverture des débats budgétaires mercredi y a vu se lever un
front républicain contre le
racisme. Le social-démocrate
Martin Schulz, ancien concurrent d’Angela Merkel à la chancellerie, s’en est pris violemment au parti d’extrême droite
AfD, l’accusant de « tactiques
fascistes » et assurant que « les
fientes d’oiseaux sont aussi puantes que vous ». Une référence aux
propos d’Alexandre Gauland en
juin, le leader de l’AfD ayant
assuré qu’Adolf Hitler et les
nazis n’avaient été qu’une
« fiente d’oiseau » dans un millénaire allemand glorieux.
Angela Merkel
s’implique
Après avoir de nouveau fermement condamné les incidents
de Chemnitz, la chancelière a
elle-même souligné que « les
débats sémantiques sur les termes employés, haine ou chasse
(« Hetze oder Hetzjagd »), ne
nous aident vraiment pas ». « Le
conflit du début de l’été entre Seehofer et Angela Merkel n’était
Stratégie
Alors que même Sebastian Kurz, le
chancelier autrichien qui s’est fait
élire sur un rejet sans concession de
l’immigration, avait fait savoir qu’il
voterait pour sanctionner la Hongrie, c’est donc la stratégie du PPE
qui se dessine pour les élections de
mai prochain. Une stratégie consistant à assumer un positionnement
intraitable sur l’immigration et très
ferme sur les questions d’identité, à
l’image des louanges qu’avait chantées Manfred Weber sur les racines
chrétiennes de l’Europe. Mais s’assurant de rester eurocompatible.
(
Lire l’éditorial de
Jacques Hubert-Rodier
Page 9
7h-9h
Deux heures d’info avec
Nikos Aliagas sur Europe 1
Avec Audrey Crespo-Mara, Nicolas Canteloup,
Jean-Michel Aphatie et toute la rédaction.
Hans-Georg Maassen. Photo AFP
secrets, puis le comité de l’intérieur, ses doutes exprimés vendredi dernier dans le journal
populaire « Bild » sur la réalité
de la chasse aux migrants dans
la ville de Chemnitz.
Dans un rapport de quatre
pages remis lundi au ministère
de l’Intérieur, dont la presse allemande s’est fait l’écho, HansGeorg Maassen avait déjà relativisé ses propos en expliquant
n’avoir pas douté de la réalité des
manifestations d’extrême droite.
Ses préoccupations auraient
tenu à l’origine de la vidéo,
pas une exception, c’est en réalité
la règle, il empoisonne les partenaires de la coalition », résume
dans le Süd Deutsche Zeitung
Kevin Kühnert, leader des jeunes socialistes du SPD, plus que
jamais convaincu que cette coalition gouvernementale n’a pas
d’avenir.
A la sortie de sa première
audition, le chef du renseignement intérieur semblait néanmoins selon a presse allemande
avoir non seulement le soutien
de Hoerst Seehofer mais aussi
des membres de la CDU. n
Les bas salaires renforcent
la désaffection politique
Les inégalités de revenus ne choquent pas les Allemands tant que le principe selon lequel chacun est
rémunéré à hauteur de ses efforts est respecté.
Ils jugent en revanche injuste à 98 % les salaires les
plus bas du pays (1.200 euros brut), révèle une étude
de DIW. Interprétée comme une faillite du système
politique, cette perception démotive les salariés
concernés et nourrit leur désaffection politique.
« S’il faut convaincre les citoyens allemands que la
société est plus juste, la question des bas salaires est
certainement un domaine d’action prioritaire »,
conclut Stefan Liebig, coauteur de l’étude.
MONDE // 07
Les Echos Jeudi 13 septembre 2018
Ralentissement de la croissance :
la BCE attendue au tournant
l La Banque centrale européenne devrait décider, ce jeudi, de réduire,
comme anticipé, ses rachats de dette à 15 milliards d’euros par mois.
l Et communiquer ses nouvelles prévisions macroéconomiques
pour la zone euro.
EUROPE
Pauline Houédé
@Pauline_H
— Correspondante à Francfort
La Banque centrale européenne
(BCE) devrait annoncer ce jeudi
une nouvelle réduction de ses
rachats massifs d’actifs entrepris
en 2015 pour relancer l’économie
de la zone euro, avant leur arrêt
en fin d’année. Une étape de plus
dans la normalisation de sa politique monétaire ultra-accommodante. « Il s’agit d’une décision formelle », rappelle Jörg Krämer,
chef économiste chez Commerzbank, puisque l’institution avait
laissé entrevoir de telles mesures
lors de sa réunion plus déterminante du mois de juin.
Le ralentissement
de la production
industrielle
en Espagne,
son recul
en Allemagne
semblent pointer
une diminution
de la demande
mondiale.
En raison de la reprise européenne, les gouverneurs avaient
alors anticipé une réduction de
leurs massifs rachats de dette
(appelés « QE ») de 30 milliards
d’euros à 15 milliards d’euros par
mois à partir d’octobre, avant
l’arrêt complet du programme fin
décembre. Renvoyant un relèvement des taux d’intérêt, actuellement à un niveau historiquement
bas, à partir de l’été 2019.
La BCE est, depuis, en « pilote
automatique », résume Carsten
Brzeski, analyste chez ING Diba.
Ainsi, plutôt qu’un changement
d’orientation monétaire, ce sont
les nouvelles prévisions macroéconomiques de la BCE qui seront
au centre de l’attention ce jeudi à
l’issue de la réunion des gouverneurs de la banque centrale.
Point d’équilibre
« La difficulté pour Mario Draghi
sera de trouver un point d’équilibre : reconnaître que les dernières
données sur la croissance et l’inflation sous-jacente ont été plutôt
décevantes, tout en maintenant sa
trajectoire générale pour 2019
et 2020 », décrypte Gilles Moëc,
chef économiste chez Bank of
America Merrill Lynch.
Car le trou d’air économique
observé au début d’année se prolonge, alors que le ralentissement
de la production industrielle en
Espagne, son recul en Allemagne,
ou encore la mauvaise tenue des
commandes à l’industrie allemande semblent pointer une
diminution de la demande mondiale. Et si le risque de confrontation directe entre l’Europe et les
Etats-Unis a reculé, une guerre
commerciale entre Washington et
Pékin, avec un ralentissement
économique chinois à la clef, n’est
pas une bonne nouvelle pour les
Européens. L’inflation sousjacente, c’est-à-dire débarrassée
des éléments volatils comme
l’énergie, reste quant à elle bloquée à 1 % en juillet, contre 1,1 % en
juin.
Christine Lagarde nie
toute ambition européenne
Son nom est régulièrement cité pour la succession
de Jean-Claude Juncker ou même de Mario Draghi.
Mais Christine Lagarde est catégorique :
« Non, non, non, non, non, non, je ne suis intéressée
par aucun poste – BCE, Commission – en Europe »,
affirme la patronne du Fonds monétaire international
(FMI) depuis 2011 dans une interview au « Financial
Times ». Aux premières loges pendant la crise grecque
et de la zone euro, elle suit désormais de près la remontée des taux américains, la guerre commerciale
sino-américaine et les difficultés monétaires
touchant les émergents (Turquie, Argentine).
Du coup, Gilles Moëc s’attend à ce
que la BCE abaisse ses prévisions de
croissance et d’inflation de 10 ou
20 points de base pour 2018, voire
2019, mais laisse inchangées ses
projections pour 2020.
Les marchés attentifs
« La BCE va mettre en avant la
hausse des salaires en zone euro pour
expliquer sa confiance dans une
hausse de l’inflation à long terme »,
souligne Jörg Krämer, alors que la
BCE vise une inflation proche de
2 % à moyen terme. Les marchés
suivront également de près
aujourd’hui toute information sur
la façon dont la banque centrale
entend réinvestir le capital des
emprunts arrivés à échéance, et qui
pourrait influer sur le marché obligataire. n
Plutôt qu’un changement d’orientation monétaire, ce sont
les nouvelles prévisions macroéconomiques de la BCE qui seront
au centre de l’attention. Photo Arne Dedert / AFP
A Strasbourg, Jean-Claude Juncker fait l’éloge
de la souveraineté européenne
Le président de la Commission européenne exhorte
les Européens à rester
dans l’action.
Gabriel Grésillon
@GGresillon
— Bureau de Bruxelles
Le cahier des charges était connu : il
s’agissait d’exhorter l’Union européenne à l’action dans une période
où les menaces s’accumulent. Mais
la méthode, elle, a tranché avec les
précédents exercices.
En prononçant, mercredi matin
devant le Parlement européen, son
grand discours annuel sur « l’état de
l’Union », Jean-Claude Juncker ne
s’est pas laissé aller à un pessimisme excessif. Plutôt que de
s’appesantir sur l’accumulation de
dangers qu’affronte l’Union, le président de la Commission européenne a tenté de démontrer sa
valeur ajoutée et de l’illustrer par
quelques réalisations concrètes.
Pour ce qui restera l’un de ses derniers grands discours, le Luxembourgeois a certes fait référence à
l’année 1913, « calme, paisible, optimiste », mais en s’empressant
d’assurer qu’il n’établissait pas de
parallèle avec la situation actuelle –
tout juste pour rappeler que l’Union
européenne a préservé ses membres des guerres qui, autrefois, les
dévastaient à répétition. Il a également évoqué l’instabilité croissante
du monde, mais sans pointer du
doigt trop explicitement le désengagement américain. En se contentant d’affirmer, dans une formule
toutefois sans ambiguïté, que « les
alliances d’hier ne sont peut-être plus
les alliances de demain ».
L’essentiel du propos se voulait
surtout une démonstration des bienfaits de l’Union. Une Union capable
de rapprocher les hommes, à
l’image de cette scène de l’été dernier
où des Suédois ont « applaudi les
pompiers polonais » venus leur prêter main-forte face aux incendies.
Une Union, surtout, capable de
« décrocher des étoiles » avec son
programme spatial Galileo :
« Aucun Etat membre n’aurait pu
mettre en orbite 26 satellites », a-t-il
asséné en appelant à être collectivement « fiers » de cette réalisation.
Une affirmation difficile à contredire à l’heure où le Royaume-Uni
réalise les conséquences catastrophiques du Brexit sur ce sujet.
Parler d’une seule voix
Autre motif de fierté : l’armistice
commercial signé, en juillet, avec
Washington. « Certains décrivent
cet accord comme une surprise »,
s’est étonné Jean-Claude Juncker,
assurant que « chaque fois que
l’Europe parle d’une seule voix, la
surprise n’existe pas ». Conclusion :
pour ne plus être assise sur « les gradins du stade mondial » en tant que
spectatrice de l’Histoire, « l’Europe
doit agir comme un seul homme ». Y
compris en matière diplomatique,
où Jean-Claude Juncker a, de nouveau, appelé à dépasser la logique
de l’unanimité pour lui préférer la
majorité qualifiée.
Dans ce contexte où la souveraineté européenne apparaît comme
le seul moyen d’exister sur la scène
internationale, le président de la
Commission a prévenu : pour lui
comme pour sa Commission,
« l’heure du bilan n’est pas encore
venue ». « Modestie et travail »
devront être les maîtres mots des
derniers mois de son mandat. Avec,
Il est urgent de stopper les dérives
du management moderne pour redonner
du sens au travail !
Jean-Claude Juncker.
Photo Frederick Florin/AFP
jusqu’au bout, l’impératif d’avancer
sur les grands chantiers européens.
Ce qui implique, d’une part, de faire
aboutir les négociations les plus
complexes. L’occasion, pour lui, de
porter un coup de griffe aux Etats
membres, trop enclins à blâmer la
Commission quand ce sont eux qui,
souvent, empêchent certaines tractations d’aboutir.
Un partenariat équilibré
avec l’Afrique
Et Jean-Claude Juncker d’exhorter
– en allemand… – l’Union à trouver
un compromis pour taxer justement les entreprises du numérique.
Ou à interdire les plastiques à usage
unique. Autre chantier sur lequel il
refuse la procrastination : le futur
budget pluriannuel qu’il entend le
faire adopter avant l’échéance des
élections européennes du prin-
temps 2019. Même impératif à réformer rapidement l’architecture économique et financière de l’Union.
Mais pour démontrer sa détermination à agir jusqu’au bout, le président de la Commission a surtout mis
sur la table une batterie de nouvelles
propositions. L’une concerne la
nécessité d’établir un nouveau « partenariat équilibré » avec l’Afrique,
« grand et noble continent » qui comptera un humain sur quatre en 2050,
en revoyant nos accords commerciaux et en investissant massivement
sur place, avec l’engagement d’y créer
10 millions d’emplois sur cinq ans.
Le pendant de cet engagement
fort avec l’Afrique serait un renforcement de la politique migratoire
européenne. Bruxelles propose de
porter, dès 2020, à 10.000 l’effectif
de Frontex, l’agence de garde-côtes
et garde-frontières européens, tout
en renforçant l’agence européenne
de l’asile (EASO) et en changeant de
braquet en matière de renvois des
migrants économiques dans leur
pays d’origine.
Enfin, la Commission propose de
muscler la lutte contre le terrorisme. Avec obligation aux platesformes Internet de faire disparaître
en une heure les contenus interdits,
un laps de temps jugé comme
« décisif » avant leur propagation.
Elle suggère également d’élargir le
mandat du procureur européen
récemment créé pour y inclure la
lutte contre le terrorisme, au motif
que « les terroristes ne connaissent
pas de frontières ». Derniers éléments évoqués : une nouvelle législation de lutte contre le blanchiment des capitaux, ainsi qu’une
réglementation européenne pour
limiter les ingérences sur Internet
lors des campagnes électorales. n
08 // MONDE
Jeudi 13 septembre 2018 Les Echos
Poutine offre la paix au Japon
ments, 200 millions de dollars ont
déjà été investis dans trois projets
en Russie. Leur fonds commun
compte encore 800 millions de dollars de réserve. Un des sujets en
cours de discussion : la possible
participation japonaise dans la
deuxième phase du chantier
d’usine de gaz liquéfié à Yamal,
dans le grand Nord russe, lancé par
Novatek avec Total. « Ça progresse,
mais rien n’est encore décidé », a
confié aux « Echos » une source
japonaise à Vladivostok.
DIPLOMATIE
Le chef du Kremlin
a proposé d’apaiser
le conflit sur l’archipel
des îles Kouriles
pour accélérer
la coopération
économique.
Benjamin Quénelle
— Envoyé spécial à Vladivostok
En plein Forum économique à Vladivostok, Vladimir Poutine a créé la
surprise mercredi matin. « Je viens
d’avoir une idée. Concluons un traité
de paix avant la fin de l’année, sans
conditions préalables », a lancé le
président russe en se tournant vers
l’un de ses hôtes pour ce « Davos
asiatique » organisé par le Kremlin
dans la vibrante capitale de l’Extrême-Orient russe où il met en scène
son virage à l’Est, économique et
géopolitique.
Renforcer la coopération
économique
A côté de lui, le Premier ministre
japonais Shinzo Abe venait d’insister sur l’urgence pour Moscou et
Tokyo de mettre officiellement fin à
une aberration historique : depuis
la capitulation du Japon en 1945, les
deux pays n’ont toujours pas signé
de traité de paix à cause de leur
contentieux sur l’archipel des îles
Kouriles (voir infographie ci-dessous). Un sujet qui, selon la proposition de Vladimir Poutine, pourrait
désormais être abordé plus tard,
« entre amis ».
Shinzo Abe, qui par le passé a
conditionné un traité au règlement
Complicité avec Xi Jinping
Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, et le président russe,
Vladimir Poutine, au Forum économique de Vladivostok, mercredi.
Photo Alexander Vilf /Sputnik
de la question des îles, n’a pas
immédiatement réagi. Mais cette
offre pourrait s’inscrire dans les
« progrès » qu’il a appelés de ses
vœux après déjà vingt-deux tête-àtête avec Vladimir Poutine.
Avec pour objectif de renforcer
la co op ération économique.
A la tribune de Vladivostok, le Premier ministre japonais a ainsi
insisté sur « le potentiel illimité de
notre coopération ». Vidéos à
l’appui, il a montré ce que les entreprises japonaises ont déjà réalisé
dans diverses villes russes : grues
modernes pour des installations
portuaires, nouveaux équipements médicaux dans des hôpitaux, réorganisation du trafic
urbain grâce à des logiciels…
La veille, le constructeur japonais d’automobiles Mazda a inau-
Le président russe a
loué « le pragmatisme
de ses partenaires
asiatiques » juste
après avoir vilipendé
à demi-mot
le protectionnisme
américain.
guré sa nouvelle ligne d’assemblage
de moteurs dans son usine de Vladivostok. Un exemple parmi d’autres.
Lors d’une session du forum
consacrée aux relations Russie-Japon, Tadashi Maeda, à la tête de la
Japan Bank of International Cooperation, a rappelé qu’avec le Fonds
public russe pour les investisse-
Spécial Mode femme
Au Forum, Vladimir Poutine
avait aussi convié en particulier le
président chinois Xi Jinping et le
Premier ministre coréen Lee
Nak-yeon. Devant eux, le chef du
Kremlin a loué « le pragmatisme
de ses partenaires asiatiques »
juste après avoir vilipendé à demimot le protectionnisme américain et directement critiqué les
sanctions occidentales depuis
la crise ukrainienne. « Un nouveau vent frais vient de l’Est », a
souri Xi Jinping qui, la veille, a mis
en scène sa complicité avec son
hôte russe en préparant avec lui
des crêpes et en partageant un
verre de vodka.
Des images bien mises en scène
pour démontrer ce rapprochement, entre politique et économie.
« Bien sûr, cela vient d’en haut et cela
manque encore de résultats concrets. Mais c’est un fait : les hommes
d’affaires russes, qui se sentent
pourtant européens et préfèrent
négocier avec des Français ou des
Allemands, se tournent de plus en
plus vers les Asiatiques », prévient
Andreï Sharonov, un expert libéral
proche du pouvoir. n
Pour le Cepii, la croissance
mondiale est loin d’être assurée
INTERNATIONAL
i
Vendred
avec
os
Les Ech
Risque de guerre
commerciale, niveau
d’endettement,
instabilité financière,
les risques pour
l’économie mondiale
ne manquent pas,
selon le Cepii.
Richard Hiault
@Rhiault
Les nuages orageux assombrissent
toujours l’horizon. La croissance
économique mondiale n’est pas
assurée. C’est le message que livre
mercredi le Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii), fondé il y a quarante ans par Raymond Barre. A
l ’o c c a s i o n d e l a p u b l i c a t i o n
de l’ouvrage annuel « L’Economie
mondiale 2019 », Sébastien Jean,
directeur du centre, estime trompeuse l’amélioration conjoncturelle actuelle, dix ans après la crise.
« Cette conjoncture florissante
devrait porter à l’optimisme. Il n’en
est rien : les incertitudes […] n’ont pas
diminué. La tendance des gains de
productivité reste incertaine. La faiblesse structurelle de l’inflation n’est
pas démentie ; la fuite en avant de
l’endettement n’est pas endiguée ; la
normalisation des politiques monétaires est à peine entamée et les relations internationales atteignent un
état de tension paroxystique. » C’est
autant de nuages noirs qui pointent
dans le ciel.
Les banques centrales vont
devoir jouer les équilibristes
Pour l’heure, le Cepii avance tout de
même un maintien à 3,9 % de la
croissance mondiale pour 2019, un
niveau semblable à celui de cette
année. L’Amérique du Nord devrait
légèrement ralentir à 2,7 % contre
2,8 % en 2018. L’Union européenne
subirait le même sort avec une
hausse de son PIB de 2,1 % après
2,5 %. Idem pour la Chine (6,4 %
après 6,6 %). Pour le Cepii, « la croissance est stimulée par des mesures de
soutien procyclique, mais sa tendance de long terme reste pour le
moins apathique. » Les banques
centrales vont devoir jouer les équilibristes en mettant fin à leur politique accommodante sans risquer de
casser la croissance et nourrir l’instabilité financière. Une tâche loin
d’être facile, précise le Cepii.
L’énigme de l’inflation
A cela s’ajoutent les transgressions
de Donald Trump vis-à-vis de
l’ordre international. Le risque
d’une véritable guerre commerciale menace. Les répercussions
sur la conjoncture mondiale pourraient être dévastatrices.
Côté européen, la reprise économique est ternie par les doutes
quant à la pérennité du projet européen. Restaurer l’adhésion des
citoyens européens nécessite
d’aller au-delà de l’économique, en
se dotant d’une Europe qui protège
et réponde à leurs préoccupations
qui concernent avant tout la sécurité, les inégalités et la crise environnementale.
Pour ne rien arranger, les auteurs
de l’ouvrage reconnaissent les limites de leur exercice. « Les cadres
d’analyse utilisés jusque-là semblent
ne plus très bien fonctionner », soulignent Isabelle Bensidoun et Jézabel
Couppey-Soubeyran, corédactrices
en chef de « L’Economie mondiale
2019 ». « La reprise a ceci de particulier qu’elle s’effectue sans une franche remontée de l’inflation, malgré
un chômage très faible aux EtatsUnis et en baisse en Europe. » Pour
l’économiste Michel Aglietta, si le
délitement du lien entre croissance et inflation déstabilise
autant les schémas de référence de
la macroéconomie contemporaine, c’est précisément parce que
cette dernière ménage trop peu de
place à la globalisation et aux
cycles financiers. Les prévisions
relèveraient donc de l’art divinatoire. Si la foudre menace, nul ne
sait où elle tombera. n
// 09
Les Echos Jeudi 13 septembre 2018
SOMMAIRE
idées&débats
Le meilleur du Cercle Dépenses publiques :
des mesures « indigentes »
des Echos
La Chronique
Pourquoi Trump est un danger
pour l’économie mondiale
Le Point de vue
Faut-il renoncer à des objectifs
climatiques irréalistes ?
Art et culture
Le ballet de feuilles mortes des « Infidèles »
Stratégie
Coinbase, la folle trajectoire d’un géant
des cryptomonnaies
LES ÉDITORIAUX
DES « ÉCHOS »
La recomposition
politique européenne
Boll pour « Les Echos »
Ce que le Brexit a déjà coûté
à l’économie britannique
Alexandre Counis
@alexandrecounis
— Correspondant à Londres
Il y a les prévisions qu’on se jette au
visage pour tenter de convaincre
l’opinion publique britannique que
le Brexit est, économiquement parlant, la plus grosse erreur jamais
commise par le Royaume-Uni, ou,
au contraire, sa plus grande chance.
Il y a aussi les études s’appuyant sur
des hypothèses toutes plus incertaines les unes que les autres. Mais en
attendant d’y voir clair sur l’avenir,
que coûte déjà, concrètement, le
Brexit à l’économie britannique ?
Avant même qu’il n’entre en vigueur
à la fin mars, et quelle que soit l’issue
des négociations en cours avec
Bruxelles sur les relations commerciales qu’entretiendra à terme le
Royaume-Uni avec l’Union, une
chose est sûre : le Brexit a déjà eu de
lourdes conséquences sur l’économie outre-Manche. Il n’a provoqué
ni tremblement de terre ni cataclysme, mais un épais brouillard,
qu’avec le temps rien ne dissipe. Un
poison lent, qui risque in fine de se
montrer moins spectaculaire, bien
que tout aussi dangereux. Ce poison
a un nom : l’incertitude. Les doutes
quant à l’avenir ne rendent pas seulement les marchés financiers plus
fébriles, et la livre sterling plus volatile. Ils ralentissent aussi toute la
machine économique et plongent le
pays dans une sorte d’irrésistible
léthargie.
Les entreprises, d’abord, sont
contraintes de remettre leurs décisions d’investissement à plus tard.
Comment investir tant qu’elles ne
savent pas comment elles pourront, demain, commercer avec
l’UE ? Leur situation est d’autant
plus inconfortable que, pour certaines industries exportant près de
80 % de leur production, comme
l’automobile, l’Europe pèse plus de
la moitié des ventes à l’international… Résultat : le secteur a réduit
L’ANALYSE
DE LA RÉDACTION
Le climat d’incertitude qui règne
outre-Manche
a ralenti les deux
moteurs de la croissance, la consommation et l’investissement. Quant au
problème structurel
de la productivité,
le Brexit ne fait
que l’aggraver.
D
Les points à retenir
La perspective du Brexit
•a installé
un climat de
léthargie outre-Manche.
Faute de certitudes sur
•l’avenir,
les entreprises
diffèrent leurs investissements
et l’indice de productivité est
au plus bas depuis début 2016.
De leur côté, les ménages
hésitent à consommer
et à s’endetter.
Le PIB aurait été de 2 %
supérieur sans le Brexit,
selon la Banque d’Angleterre,
et la croissance est inférieure
à celle de l’Europe.
•
•
d’un tiers ses investissements l’an
dernier, à 1,1 milliard de livres contre 1,66 milliard en 2016 (1,2 milliard
d’euros contre 1,9 millard)… « La
contribution de l’investissement à la
croissance du PIB a été négative de
0,2 point au premier trimestre »,
souligne René Defossez, analyste
chez Natixis.
Les ménages, ensuite, hésitent à
consommer. L’achat de biens durables, en particulier, est différé. Les
immatriculations de voitures neuves, par exemple, ont dévissé de
5,7 % sur 2017 et baissent encore de
4,2 % depuis le début de cette
année. Echaudés par l’inflation liée
à la baisse de la livre, les Britanniques sont d’autant plus le pied sur le
frein pour dépenser qu’ils ne peuvent compter, pour remuscler leur
pouvoir d’achat, sur aucun relais :
ni sur un quelconque « effet
richesse » (le prix des maisons, et
donc la valeur de leur patrimoine
immobilier, n’augmente plus) ni
sur l’opulence de leur épargne (elle
reste faible, à 4,3 % contre 14,2 % en
France et 10,2 % en Allemagne,
même si le mode de calcul diffère)
ni même sur un bond de salaires
réels (ils restent à peu près stables
en glissement annuel, en dépit d’un
bond de 0,8 % en juillet, selon les
chiffres de l’Office national des statistiques). Un comble pour les
ménages britanniques : ils hésitent
même, désormais, à s’endetter ! Les
chiffres du crédit à la consommation ont ainsi fondu de moitié en
juillet, à 0,8 milliard de livres contre 1,5 milliard en moyenne depuis
le début 2016 (à l’exception d’un
trou d’air historique en mars, à
0,4 milliard).
La conséquence ? Selon Mark
Carney, le gouverneur de la Banque
d’Angleterre, le PIB britannique
aurait été de 2 % supérieur sans le
Brexit. Soit un impact d’environ
40 milliards de livres, à ce stade, sur
la richesse de la nation. Les hard
Brexiters du parti conservateur,
Boris Johnson en tête, n’ont pas
manqué de critiquer ces chiffres,
jugés trop alarmistes. Depuis deux
ans, la croissance britannique reste
néanmoins décevante : elle était de
1,3 % en glissement annuel au
deuxième trimestre, soit presque
un point d’écart avec l’Europe
(2,2 %) ! Quant à l’ordre de grandeur
des prévisions pour les années à
venir, il se situe entre 1,3 % et 1,5 %.
Et le Brexit ne se contente pas de
ralentir la croissance d’aujourd’hui.
Il sape aussi celle de demain, en
pesant sur une productivité déjà
insuffisante. « Le Brexit intervient
dans un contexte où les travailleurs
privilégient la stabilité de l’emploi et
crée un environnement où les entreprises embauchent pour compenser
un moindre investissement en capital. Le régime de croissance est donc
extrêmement riche en emplois [le
taux de chômage est même tombé à
4 % au deuxième trimestre, un
record depuis 1975, NDLR], quoique
pauvre en productivité et donc en
croissance des salaires. C’est un gage
de stabilité sur le court terme, mais
une source d’inquiétude sur le long
terme », regrette Fabrice Montagné,
économiste en chef pour le Royaume-Uni chez Barclays. Résultat :
après un petit rebond en 2016-2017,
l’indice de productivité s’est remis à
baisser au premier trimestre, tombant à 102,6 contre 103,1 au dernier
trimestre de l’an dernier. Sa première baisse depuis le début 2016.
Selon une étude publiée par Sky
Data fin juillet, 52 % des Britanniques sont désormais convaincus
que le Brexit aura des effets néfastes
pour l’économie, alors que seulement 35 % pensent qu’il aura un
impact positif. Les électeurs
seraient-ils pour autant prêts à
reconsidérer leur décision de sortir
de l’Union européenne ? A ce stade,
il n’en est pas question : rien ne
montre un changement d’avis
significatif, dans l’opinion, par rapport au référendum de juin 2016. n
La démocratie « illibérale » de Viktor Orbán
est la grande perdante du vote de mercredi
des députés européens pour lancer une
procédure de sanctions à l’encontre des
pratiques peu démocratiques de la Hongrie.
Ce vote sur l’article 7 du traité européen est
une victoire pour les députés et les dirigeants
Par Jacques
qui veulent faire barrage à l’inexorable
Hubertmontée du populisme en Europe. Le Premier
Rodier
ministre hongrois se voit ainsi infliger un
carton rouge par le Parlement pour ses
Pour
entorses multiples à l’Etat de droit, et par
le moment, conséquent aux valeurs européennes
fondamentales. Le vote de mercredi est aussi
l’Europe
un avertissement pour d’autres
est plus
gouvernements qui seraient tentés de suivre
fragmentée sa voie en limitant l’indépendance de la
que jamais. justice, en s’attaquant aux libertés
individuelles, d’expression, de la presse et en
muselant les ONG. On aurait tort, néanmoins,
de surestimer les conséquences directes de ce vote. Il sera difficile,
pour les 27 autres pays européens, de décider à la majorité qualifiée
la suspension des droits de vote de la Hongrie. Budapest peut encore
compter sur le ferme soutien de la Pologne de Jaroslaw Kaczynski,
qui elle-même fait l’objet d’une procédure similaire lancée par la
Commission à la fin 2017. Mais le vote de mercredi revêt une autre
portée, bien plus large et profonde. Car, derrière, se profilent les
prémices d’une scission au sein du Parti populaire européen (PPE)
et, avec elle, d’une recomposition politique à l’approche des élections
européennes de 2019. Nombre d’eurodéputés membres du PPE ont
voté contre Viktor Orbán. Et de nombreuses voix s’interrogent sur le
maintien ou non de son parti, le Fidesz, au sein du mouvement
paneuropéen qui compte notamment la CDU d’Angela Merkel ou
Les Républicains français. En créant une certaine surprise, le
chancelier autrichien Sebastian Kurz a même lâché Viktor Orbán en
indiquant que les eurodéputés du Parti populaire autrichien
voteraient en faveur de sanctions et de l’expulsion du Fidesz. Reste
que le dirigeant hongrois est loin d’être totalement isolé en Europe.
Le front commun qu’il a construit avec Vienne et maintenant avec
Rome contre l’immigration tient toujours. Le scrutin de dimanche
en Suède en est une autre preuve. Et la recomposition politique,
comme l’a souhaité Emmanuel Macron pour faire une place à La
République en Marche, est encore loin d’être acquise. Dans son
dernier grand discours avant de quitter la présidence de la
Commission, Jean-Claude Juncker a plaidé pour une Europe plus
forte sur la scène internationale. Pour le moment, l’Europe est plus
fragmentée que jamais. Et il n’est pas certain que les valeurs
défendues par le parlement de Strasbourg soient partagées par tous
les peuples européens.
(
Lire nos informations
Pages 6 et 8
Pauvreté : virage attendu
Par Etienne Lefebvre
En repoussant à cette rentrée la présentation de son plan pauvreté,
initialement attendu au printemps, Emmanuel Macron a suscité
une très forte attente. Des associations qui se battent au quotidien
pour les plus démunis comme des élus de la majorité qui veulent
muscler la jambe gauche du gouvernement. L’attente est d’autant
plus importante que ce chantier paraît adapté au logiciel macronien,
qui vise à rendre notre système social plus efficace. Grâce à un niveau
de prestations élevé, le taux de pauvreté est contenu à 14 % de la
population. Mais ce taux stagne, la grande pauvreté se répand et les
personnes pauvres le restent, souvent de génération en génération.
En mettant l’accent sur la prévention de la pauvreté – via l’école, le
soutien aux familles (crèches)... – et sur l’accompagnement vers le
retour à l’emploi, le gouvernement va dans la bonne direction.
Augmenter le RSA, comme l’a fait François Hollande, ne saurait
suffire à répondre à ces questions centrales : comment sortir de la
pauvreté, et comment ne pas y entrer ? La promesse d’insertion n’a
jamais été vraiment tenue depuis la création du RMI. Le « I » est resté
un vœu pieux. Le Revenu de solidarité active, créé en 2008, devait
changer la donne : la loi le créant a stipulé que toutes les personnes
au RSA devraient bénéficier d’un plan d’accompagnement. C’est
l’inverse qui s’est produit, le suivi s’est même étiolé. Le chef de l’Etat va
mettre l’accent sur les dispositifs qui donnent des résultats – comme
l’insertion par l’activité économique ou la garantie jeunes –, plutôt
que sur les contrats aidés à l’ancienne qui ont échoué. Tant mieux.
Mais Emmanuel Macron sera surtout jugé sur l’ampleur de l’effort
réellement engagé. Car tout dépendra de la mise en œuvre. Faute de
mobilisation des acteurs, les enveloppes promises ne seront jamais
dépensées… Un des principaux défis sera d’ailleurs de mettre un
terme à la brouille, aux effets délétères, entre Etat et départements.
(
Lire nos informations
Page 4
10 // IDEES & DEBATS
Jeudi 13 septembre 2018 Les Echos
LES ARTICLES LES PLUS LUS SUR LESECHOS.FR
opinions
1. Les profits du CAC 40 marquent le pas au premier semestre
2. Apple prêt à dévoiler ses nouveaux iPhone
3. Keynote d'Apple : pourquoi il ne faut plus attendre de révolution type iPhone
4. Electricité: E.Leclerc s'attaque à EDF
5. Cette nuit en Asie : le fisc chinois a-t-il fait disparaître l'actrice Fan Bingbing ?
LE MEILLEUR DU
CERCLE DES ÉCHOS
DANS LA PRESSE
ÉTRANGÈRE
Dépenses publiques :
des mesures « indigentes »
Loiseau, « l’arme secrète »
de Macron dans le Brexit
La politique de Trump accroît
les incertitudes au moment où
la croissance mondiale menace de ralentir.
Photo Jim Watson/AFP
L’économiste Jean-Yves Archer réagit
dans une interview aux prévisions de déficit
public dégradées pour 2018 et 2019,
publiées par le gouvernement.
CROISSANCE « La dégradation
des prévisions est en cohérence avec le
ralentissement de la croissance économique.
Alors que le gouvernement tablait il y a
encore très peu de temps sur le chiffre de 2 %
en 2018, il vient d’être contraint de
reconnaître que 1,7 % de croissance est
une dimension plus réaliste. Je considère
que l’on sous-estime le ralentissement qui
interviendra au quatrième trimestre 2018
et qui mécaniquement aura un impact sur
la croissance de 2019. […] Tout le débat sur la
croissance économique renvoie directement
aux prévisions de déficit. »
ÉCONOMIES « L’Etat agit sur des pouillèmes
et non sur des blocs de dépenses qui sont
généralement identifiés. Ce projet de loi
de finances pour 2019, tel qu’il est connu à
ce jour, ne s’attaque pas à de véritables sujets :
il y a des économies à faire dans la gestion
des intercommunalités ou dans la fonction
publique territoriale. Il y a des efforts à faire
dans la gestion parfois outrancière
de certaines agences de l’Etat. »
OBJECTIF « L’ambition parfaitement noble
du président Macron [de réduire la dépense
publique de 3 points sur le quinquennat]
est terriblement datée, elle est même vintage.
La conjoncture ne lui permettra pas de tenir
cet objectif. Par ailleurs, nous sommes
désormais, hélas, certains que la croissance
de la dette publique va se poursuivre.
Avec plus de 50 milliards de déficit
budgétaire annuel, comment prétendre
réduire sensiblement la dette publique,
qui est d’ailleurs annoncée à la hausse
par le gouvernement ? »
a
A lire en intégralité sur Le Cercle :
lesechos.fr/idees-debats/cercle
Une fois n’est pas coutume. « The
•Times
» ne cache pas une pointe d’admiration pour celle que le journal désigne
comme « l’arme secrète du président
Emmanuel Macron dans le combat sur le
Brexit ». En publiant une interview de la
ministre française chargée des Affaires
européennes, le quotidien britannique
trace un portrait élogieux. « Nathalie Loiseau ressemblerait à Sheryl Sandberg
[COO de Facebook, NDLR] en Gauloise. »
Et le journal poursuit : « Diplomate sans
peur, linguiste [plurilingue, NDLR] et
mère de quatre enfants, qui a écrit la Bible
féministe de son pays “Choisissez tout”,
elle conduit les négociations pour la
France sur le départ du Royaume-Uni » de
l’Union européenne. Et l’avertissement
du journal : « Boris Johnson et Jacob
Rees-Mogg devraient être nerveux. »
Et le journal continue dans cette
veine : « Elle est charmante, mais formidable. » Il est vrai que « The Times »
estime dans un éditorial que l’heure est
au « réalisme ». « Dans le mouvement
rapide des plaques tectoniques des débats
sur le Brexit, deux plaques ont bougé au
cours des deux derniers jours », écrit le
journal. D’un côté, Michel Barnier a
ouvert la possibilité d’un accord d’ici six
à huit semaines. De l’autre côté, faute
d’accord entre ses membres, le groupe
des députés conservateurs eurosceptiques, conduit par Rees-Mogg, n’a finalement pas publié son plan de sortie concurrent de celui présenté par Theresa
May à Chequers en juillet dernier.
Pour le journal, le changement de ton
du commissaire européen « reflète un
nouveau réalisme » des leaders européens. Quant à Rees-Mogg, si jamais un
accord est obtenu et même s’il n’a pas sa
préférence, il devra l’accepter. « C’est cela
la démocratie », conclut « The Times ».
—J. H.-R.
LE LIVRE
DU JOUR
L’INTÉRÊT L’auteur ne se contente
pas d’énumérer les inconvénients
des Instagram et autres Snapchat.
A chaque fois, il donne des conseils
pratiques pour remettre ces sites
à notre service. Surtout, dans
la dernière partie de son ouvrage,
il ose prendre leur défense.
Il rappelle que Facebook constitue
une formidable source
d’informations populaire, que
YouTube est une encyclopédie
vidéo ou que Twitter est le média le
plus rapide au monde. Et que tous
les réseaux sociaux sont devenus
d’incontournables moyens
d’expression citoyenne.
Sociologues, hommes politiques
Le protectionnisme de plus en plus agressif du président américain
ainsi que la guerre commerciale qu’il conduit menace aujourd’hui la part
importante de la croissance mondiale due à la Chine et aux Etats-Unis.
LA
CHRONIQUE
de Nouriel
Roubini
l y a encore un an, en 2017, l’économie mondiale était en expansion
avec un taux de croissance à la
hausse, aussi bien dans les pays avancés
que dans les pays émergents. L’inflation, elle, restait faible, voire baissait,
même aux Etats-Unis où le marché des
biens et le marché du travail étaient
sous tension.
La simultanéité d’une croissance
forte et d’une inflation inférieure à sa
valeur cible a permis de prolonger une
politique monétaire non orthodoxe
dans la zone euro et au Japon, ou de ne
l’abandonner que progressivement
comme aux Etats-Unis, le tout avec une
relative stabilité des marchés. Et
comme le rendement des obligations
d’Etat était aussi très bas, le mimétisme
des investisseurs a joué à fond, poussant à la hausse la valeur de nombreux
actifs à risque.
Pendant la première année de son
mandat, les marchés ont accordé le
bénéfice du doute à Donald Trump, les
investisseurs se réjouissant des baisses d’impôt et de la déréglementation.
Beaucoup de commentateurs sont
allés jusqu’à proclamer qu’une ère de
croissance forte et durable allait succéder à la décennie de stagnation
séculaire.
Mais un an plus tard, en 2018, la situation est très différente. La croissance est
toujours au rendez-vous, mais de
manière très inégale. Elle ralentit dans
la zone euro, au Royaume-Uni, au
Japon et dans beaucoup de pays émergents fragiles. Elle se prolonge en Chine,
et il en est de même aux Etats-Unis,
mais dans ce dernier cas, c’est grâce à
I
Faut-il sauver
les réseaux sociaux ?
LE PROPOS Exploitation
de nos données, astuces techniques
et marketing pour nous rendre
dépendants, propagation de « fake
news », mais aussi d’incitations à
la haine ou de tentatives d’extorsion
de fonds… Jérôme Colombain,
chroniqueur spécialiste
des nouvelles technologies sur
franceinfo, dresse dans cet ouvrage
qui fourmille d’anecdotes un
inventaire complet des reproches
qui sont faits depuis quelques mois
aux réseaux sociaux.
Pourquoi Trump est un danger
pour l’économie mondiale
Réseaux (a)sociaux : Faut-il
quitter Facebook, Twitter,
YouTube, Instagram ? »
par Jérôme Colombain, éditions
Qapla, 249 pages, 13,99 euros.
et journalistes devraient être
davantage à leur écoute.
LA CITATION « Bien sûr, il y a
la haine, les fausses nouvelles
et les manipulations, nous en avons
longuement parlé, mais cela ne doit
pas faire oublier à quel point
les réseaux sociaux sont de précieux
espaces d’échange et d’expression
utiles au fonctionnement de la vie en
société au XXIe siècle. Leur existence
est une véritable nécessité
démocratique. » — Benoît Georges
une stimulation budgétaire qui ne
pourra guère se prolonger.
Pire encore, le protectionnisme de
plus en plus agressif de Trump menace
aujourd’hui la part importante de la
croissance mondiale due à la Chine et
aux Etats-Unis.
Dans le même temps, aux Etats-Unis,
la combinaison d’un chômage faible, de
mesures de stimulation budgétaire et
d’un prix du pétrole et des matières premières à la hausse pourrait alimenter
l’inflation. De ce fait, la Fed (Réserve fédérale américaine) doit augmenter les taux
d’intérêt plus rapidement que prévu tout
en redressant son bilan. Et contrairement à l’année dernière, le dollar est à la
Au début, les marchés
ont accordé le bénéfice
du doute à Donald Trump.
Mais avec le temps,
les mesures des Etats-Unis
en faveur de la croissance
vont être annihilées
par celles qui la freinent.
hausse, ce qui creuse le déficit commercial américain déjà considérable et pourrait conduire Trump à une politique de
plus en plus protectionniste dans la
mesure où il continuera à se servir des
pays étrangers comme bouc émissaire.
Plus largement, une croissance plus
faible, une inflation à la hausse, une
politique monétaire moins accommodante et le retour de la volatilité pourraient décourager les investisseurs.
Malgré les bénéfices importants réalisés par les entreprises (notamment en
raison de la baisse de l’impôt sur les
sociétés aux Etats-Unis), un peu partout
dans le monde les Bourses connaissent
des oscillations depuis quelques mois.
La politique de Trump accroît les
incertitudes. Il suscite une guerre com-
merciale et, de ce fait, fragilise l’économie mondiale, ainsi que l’ordre géostratégique et économique mis en place par
les Etats-Unis à l’issue de la Seconde
Guerre mondiale.
Ses modestes mesures en faveur de la
croissance sont déjà derrière nous,
mais bien de leurs effets potentiellement dévastateurs restent à venir. Sa
politique budgétaire et commerciale va
se traduire par une baisse de l’investissement privé et de l’investissement
direct étranger et une augmentation du
déficit extérieur. Sa politique draconienne en matière d’immigration va
réduire la main-d’œuvre nécessaire à
une société vieillissante.
En outre, en raison de la politique
environnementale menée par Donald
Trump, les Etats-Unis seront en mauvaise position dans l’économie verte de
demain. Et en raison de son attitude à
leur égard, les entreprises vont hésiter à
recruter ou à investir aux Etats-Unis.
Avec le temps, les mesures des EtatsUnis en faveur de la croissance vont
être annihilées par celles qui la freinent. L’année prochaine, même si l’économie américaine dépassait son potentiel de croissance, les effets de la
stimulation budgétaire s’estomperont
d’ici au second semestre. Et en essayant
de contrôler l’inflation, la Fed risque de
fixer des taux d’intérêt trop élevés à
long terme, ce qui rendra un atterrissage en douceur plus difficile.
D’ici là, si l’on y ajoute la montée du
protectionnisme, les marchés mondiaux pourraient devenir chaotiques en
raison notamment du risque d’un arrêt
de la croissance, voire d’une récession
en 2020. Maintenant que la période de
faible volatilité est derrière nous, la réticence des investisseurs face aux risques
va sans doute perdurer.
Nouriel Roubini est le président
de Roubini Global Economics.
Ce texte est publié en collaboration
avec Project Syndicate 2017.
IDEES & DEBATS // 11
Les Echos Jeudi 13 septembre 2018
LES ARTICLES LES PLUS PARTAGÉS SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX
art&culture
1. Les réseaux sociaux à l’origine de l’explosion des divorces en Italie ?
2. Un industriel augmente de 400 % le prix d’un médicament
3. Ce que le Brexit a déjà coûté à l’économie britannique
4. Macron face au risque de la paralysie
5. Poutine offre la paix au Japon
LE POINT
DE VUE
de Vincent Champain
pprouvé par 195 pays fin 2015,
l’Accord de Paris sur le climat
visait notamment à limiter à 2
degrés le réchauffement par rapport à
l’ère préindustrielle, réduire à zéro les
émissions nettes de gaz à effet de serre
et allouer plus de 100 milliards par an à
un fonds de lutte contre les effets du
changement climatique.
L’objectif était ambitieux : le seul
réchauffement acquis couplé à l’effet
futur des gaz déjà émis suffisait dès 2015
à assurer une hausse de 1,5 degré. Si l’on
y ajoute les émissions futures, nous
allons désormais vers une hausse de
3,2 degrés, selon Climate Action Tracker. Ce qui signifierait en 2100 au moins
2 degrés de plus que ce que nous avons
connu cet été.
Le zéro carbone semble loin : la consommation de charbon, qui avait reculé
en 2015 et 2016, progresse de 1 % en 2017.
La consommation de pétrole accélère
en 2017 (+1,5 %, soit la moyenne de 1985
à 2005, contre +1 % de 2006 à 2015). La
production d’électricité d’origine renouvelable a augmenté de 6 %, mais cette
augmentation ne couvre que la moitié
de la hausse de la demande mondiale.
L’amélioration de l’efficacité énergétique a ralenti en 2017 (+1,7 %, contre
2,3 % les années précédentes), ce que
l’Agence internationale de l’énergie
interprète comme un relâchement relatif des efforts des Etats. Enfin, les EtatsUnis ont annoncé la sortie de l’Accord
de Paris, et le Parlement australien a
renoncé à mettre ses engagements dans
la loi. Quant au fonds mondial, il n’enregistre qu’une dizaine de milliards. Pourtant l’urgence climatique est reconnue
A
LE POINT
DE VUE
de Guy Vallancien
’idée maîtresse qui, en 1958, fut à
l’origine de la création des centres
hospitalo-universitaires, les CHU,
reposait sur la nécessité de concentrer
les hommes de l’art et les techniques
médicales dans des hôpitaux rassemblant toutes les compétences de formation, de soins et de recherche. A l’époque,
les médecins exerçaient à mi-temps, le
matin à l’hôpital, rejoignant leur cabinet
et clinique l’après-midi. Soixante ans
plus tard, la situation est toute différente : 45.000 médecins sont salariés de
leurs hôpitaux, exerçant à plein temps.
L’accélération des progrès médicaux est
exponentielle. La prise en charge des
malades s’effectue de plus en plus en
ambulatoire et près de 60.000 bacheliers se présentent au concours de première année des études de médecine.
Ces seuls chiffres montrant la nécessité
absolue d’une transformation du système sanitaire.
Du CHU, il faut muer vers le GMU ou
« groupe médico-universitaire » pour
trois raisons :
1. Le « groupe » au lieu du « centre »,
signifiant une volonté affichée de décentralisation, intégrant toutes les forces
vives, dont les activités privées et libérales, dans l’exercice médical jusqu’aux
endroits les plus reculés d’une région.
C’est un flux continu d’informations
récupérées au plus près de la réalité du
vécu des patients qu’il faut créer, sans
tenir compte de l’appartenance des
acteurs à un système ou un autre. Ces
flux de communication parcoureront
les territoires de santé dans un circuit en
boucle où l’innovation, développée où
que ce soit dans un établissement public
L
Faut-il renoncer
à des objectifs
climatiques irréalistes ?
en France, et les Français se déclarent
majoritairement prêts à payer plus
pour réduire leurs émissions.
Alors que faire ? D’abord, redoubler
les efforts au niveau mondial pour
réduire les émissions en ciblant davantage ces efforts sur la mesure des résultats et moins sur les annonces. La
France seule ne peut rien et, d’ici à 2100,
on peut espérer que les Etats-Unis
reviennent dans le jeu collectif.
Ensuite, une partie du réchauffement
ne pouvant être évitée, augmenter les
efforts d’adaptation au réchauffement
Promouvoir les solutions
les plus coûteuses
ou se contenter
d’annonces, c’est lutter
contre le climat.
climatique. Par exemple, des bâtiments pensés pour réduire le besoin en
climatisation, qui consomme 10 % de
l’électricité mondiale.
Il faut, en outre, veiller à l’efficacité
des actions de réduction des émissions.
Entre les solutions les plus efficaces
(par exemple, la substitution du gaz au
charbon ou le reboisement) et les plus
coûteuses (certains programmes de
biocarburants), la réduction de CO2 par
euro varie d’un rapport de un à cent. Or,
chaque français émettant au total 13
tonnes de CO2 par an (imports compris), le coût de l’annulation de ces émissions sera de l’ordre de 1.000 euros par
an si c’est fait efficacement. Et cet effort
sera d’autant augmenté que les solutions retenues seront peu efficaces.
Pour éviter cela, il faut fournir de façon
transparente un « étalon » pour juger la
pertinence de ses actions pour le climat
et éviter les « élephants blancs » : le prix
de la tonne de CO2.
Enfin, comme l’a montré le rapport
« Transition par l’innovation » de 2015,
études de cas à l’appui, il est possible de
réduire les émissions à des coûts abordables. Par exemple, un dispositif de
pilotage qui réduit le chauffage lorsque
nous sommes hors de chez nous est
d’un excellent rapport coût-bénéfices.
Or, dans bien des domaines, la France et
l’Europe disposent de champions mondiaux des « innovations vertes abordables », capables de réduire les émissions de CO2 à un coût par tonne limité.
La question du nucléaire doit enfin être
abordée avec sérieux, avec tous les
coûts de traitement des déchets comme
tous les gains liés au carbone évité.
Face à l’ampleur du défi climatique,
nous n’avons pas les moyens de nous
dispenser d’une analyse sans complaisance du rapport coût-efficacité et de
nous égarer dans les fausses solutions.
En effet, le pouvoir d’achat des Français
et le budget alloué au climat étant limités, promouvoir les solutions les plus
coûteuses ou se contenter d’annonces,
aussi chatoyantes soient-elles, c’est lutter contre le climat.
Aujourd’hui, on peut
être opéré d’une prothèse
de hanche sans
hospitalisation.
active de tous les acteurs à la formation
des carabins où qu’ils exercent. On
n’apprend pas la prise en charge frugale
des pathologies bénignes dans les énormes centres hospitaliers où sont traités
les cas les plus complexes réclamant
force examens d’imagerie et de biologie
dont on a guère besoin en pratique
locale. Les maisons de santé et les cliniques devront être intégrées largement
dans le cursus de formation initiale des
futurs médecins. La carrière des médecins hospitaliers s’effectuera sur le mode
du contrat temporaire vers plus de soins,
plus d’enseignement ou plus de recherche sans assurer ces trois missions
impossibles à remplir par le même praticien. L’excellence de la recherche médicale imposera une collaboration étroite
Vincent Bouquet
@VincentBouquet
THÉÂTRE
Infidèles
mière fois, Ruth Becquart,
usent d’un jeu subtilement
distancié pour incarner le
monologue éclaté de
Marianne et examiner les
plaies relationnelles du
passé. Tous ont bien compris qu’il n’y avait besoin ni
de cris ni de larmes pour
sonder les cœurs asséchés
par la fin d’un amour.
Un spectacle de tg STAN
A première vue, le triangle
et de Roovers,
adultérin formé par
d’après Ingmar Bergman.
Marianne, Markus et David
Paris, Festival d’automne.
n’a rien d’original. En couple
Théâtre de la Bastille
depuis onze ans avec son
(01 43 57 42 14),
chef d’orchestre de mari,
jusqu’au 28 septembre.
l’actrice tombe amoureuse,
Durée : 2 h 10.
plus par compassion que
par passion, de son meilleur ami metteur en
scène avec qui elle entame une liaison. Le
Le texte roi
schéma ressemble à s’y méprendre à ceux
Evoluant dans un décor léger et malléable,
qui animent depuis des lustres les plateaux
les quatre comédiens servent à merveille le
de théâtre et structurent les intrigues les
texte d’Ingmar Bergman. Avec une intensité
plus sulfureuses de la littérature. A ceci près
qui va crescendo, où la langueur savamment
que Marianne n’existe pas. Elle n’est qu’une
entretenue peut déstabiliser, ils mettent en
comédienne fictive, une créature cathartirelief les répliques ciselées du dramaturge et
que, qu’Ingmar Bergman, incarné sur le plaréalisateur suédois, parfois extraites de son
teau, convoque pour conter une histoire
autobiographie « Laterna magica » ; ils révèd’infidélité ancienne, réelle ou inventée.
lent l’humour aigre-doux et l’humanité disEcrit par le touche-à-tout suédois et
simulés sous la cruauté et l’ironie de façade.
adapté sur grand écran par Liv Ullmann au
Ce qui avait commencé comme un Feydébut des années 2000, cet incipit fantasdeau sous anesthésie, se transforme en un
magorique du scénario « Infidèles » installe
drame de l’intime qui ravive les blessures et
d’emblée une atmosphère éthérée que tg
fait des protagonistes des pantins de
STAN et de Roovers se plaisent à cultiver.
l’amour, bringuebalés entre le carcan moral
Comme un écho lointain aux fines « Trahiet le grand jeu mensonger des sentiments.
sons » d’Harold Pinter – que le collectif
Au son de Brahms ou de Mozart, c’est un
belge avait orchestrées il y a quelques
ballet de feuilles mortes qui lentement se
années sur cette même scène du Théâtre de
déploie. En guise de spectacle d’ouverture,
la Bastille – Jolente De Keersmaeker, Robby
le Festival d’automne pouvait difficilement
Cleiren, Frank Vercruyssen et, pour la pretrouver plus à-propos. n
Vincent Champain est cadre
dirigeant et président de
l’Observatoire du Long Terme,
think tank dédié aux enjeux
de long terme (http://longterme.org).
Il faut transformer
nos CHU pour sauver
notre système de santé
ou privé, sera mise à disposition rapidement et surveillée dans ses résultats par
les données récoltées en temps réel.
2. « Médico » au lieu de « hospitalo »,
pour marquer la rupture avec le tout
alité, générant des séjours aussi inutiles
que dispendieux alors qu’on peut être
opéré d’une prothèse de hanche sans
hospitalisation. Médico indique que
chacun a sa place en collaboration avec
les autres sans préjuger du lieu ni du
mode d’exercice.
3. « Universitaire », oui, mais à la
condition expresse d’une participation
Festival d’automne : le ballet
de feuilles mortes des « Infidèles »
entre organismes publics comme le
CNRS et l’Inserm, les « groupes médicouniversitaires », les cliniques, la médecine de ville et les associations de
patients. Les industriels seront bienvenus, recherchés même, dans cette dynamique permanente de création et d’évaluation de nos innovations médicales.
La plus grande liberté sera laissée
aux acteurs pour bâtir les projets qui
leur semblent pertinents en accord
avec les besoins des patients dont le rôle
sera renforcé. La tutelle devrait avoir
pour seule politique l’évaluation des
pratiques dans leur pertinence et leurs
résultats, sans se préoccuper de l’organisation sur le terrain des soins, ce qui
n’est pas son rôle.
A l’ère de l’intelligence artificielle et
de la robotique, comment peut-on
encore agir comme au temps de Bichat,
Pasteur et Mondor ? Dans ce monde
connecté, comment ne pas utiliser ces
outils de transmission qui effacent les
frontières et gomment les kilomètres.
L’agriculture a plus évolué en s’appropriant ces technologies numériques
que la médecine dans sa pratique au
jour le jour ! Serons-nous capables d’un
sursaut, d’une mise en phase avec le
XXIe siècle ? Le président de la République, qui doit s’exprimer prochainement
sur la transformation du système de
soins, a l’opportunité unique d’aller
loin, très loin en libérant les carcans,
dans une vision porteuse de mieux-être
pour tous.
Guy Vallancien est membre
de l’Académie de médecine
et président de CHAM.
Dans un décor léger et malléable, les quatre comédiens servent à merveille
le texte d’Ingmar Bergman. Photo Stef Stessel
Chemins de traverse
Frédérique Humblot
fhumblot@lesechos.fr
ROMAN AMÉRICAIN
le Hilton de Tel-Aviv est
aussi un retour aux sources
de Nicole Krauss
de son enfance et de son
Crise existentielle, quête de
Traduit par
identité. Là, elle doit égalesoi et de ses racines, judéité,
Paule Guivarch
ment rencontrer Eliezer
spiritualité… « Forêt obsEditions de l’Olivier,
Friedman, vieux monsieur
cure » est riche de question280 pages, 23 euros.
énigmatique, professeur de
nements, de hasards et de
littérature et peut-être
rencontres, toutes ces
ancien du Mossad, qui veut
broussailles qui encombrent ou agrémenla charger d’une mission spéciale.
tent la marche d’une vie. Dans ce roman de
la maturité de Nicole Krauss, plus que les
Continuité de l’âme
réponses aux questions, c’est le chemin qui
En jeu, une valise de manuscrits de Kafka
importe, fait d’ombres et de lumières.
qu’une vieille garde jalousement chez elle.
A chacun sa voie. Pour Jules Epstein, selfKafka, raconte Friedman, mort officiellemade-man américain à la réussite éclament en Autriche en 1924, aurait en réalité
tante, c’est « sa perte d’intérêt pour le plaisir »
débarqué à Haïfa lors de la Troisième Aliyah
qui annonce sa transformation. Mari d’une
sous le nom d’Anshel Peleg et aurait vécu en
femme fortunée, père de trois enfants,
Israël jusqu’en 1956, exerçant la profession
l’homme se met, à soixante-huit ans, « à se
de jardinier. « Pour les juifs, “La Métamordépouiller de ses biens ». « Un désir irrésistible
phose” a toujours été l’histoire, non du pasde légèreté ». Il divorce, part s’installer à Telsage d’une forme à une autre, mais de la contiAviv, où il a été conçu par ses parents fuyant
nuité de l’âme à travers différentes réalités
l’Europe – tous deux étant morts récemmatérielles », observe Friedman.
ment à Miami. Son dernier projet : laisser
Dans l’ambiance brouillonne de ce « petit
leur nom sur terre par le biais d’une donacoin du Levant » qu’est Tel-Aviv, le roman
tion. Pris, presque malgré lui, sous l’aile d’un
s’éloigne « des rives du rationnel ». Arrimé à
rabbin qui lui apprend qu’il est un « descenl’histoire et à la culture juive, « Forêt obsdant de la ligne dynastique de David », il se
cure » emmène ses personnages se « perdre
détache de plus en plus de son ancienne vie
au cœur de cette forêt où nous vivions jadis
pour disparaître soudainement, déposé par
dans l’émerveillement » loin du « champ aride
un taxi en plein désert, laissant derrière
de la raison ». Roman d’apprentissage pour
lui « une inexplicable absence ».
adultes, passionnant et déroutant, il garde
Un mariage en perdition, une panne d’insune part de mystère jusqu’à la toute fin.
piration, un coup de fil d’Israël… Pour Nicole,
Comme si « quelque chose qui aurait dû rester
l’écrivaine juive américaine, la « fuite » vers
caché […] a[vait] néanmoins été dévoilé ». n
Forêt obscure
12 // IDEES & DEBATS
Jeudi 13 septembre 2018 Les Echos
stratégie
Pour un capitalisme
durable
LA
CHRONIQUE
de Xavier Fontanet
ous ceux qui ont monté, participé
à un comité de direction ou dirigé
une entreprise savent qu’il est très
difficile, voire impossible, d’avoir des stratégies
long terme quand les actionnaires changent
à tout bout de champ.
On doit contrôler les ventes à découvert,
mais aussi l’utilisation d’algorithmes jouant
sur la volatilité des marchés qui choisissent
les actions à l’aide de modèles mathématiques
et ne les gardent que quelques secondes.
On ne dira jamais assez que les entreprises
solides sont toujours le fruit d’efforts soutenus
dans la durée. On peut donc se plaindre,
à juste titre, de cette instabilité qui va de pair
avec la dépersonnalisation du capital,
un véritable danger pour le capitalisme
lui-même ! Le risque ouvertement assumé sur
son propre argent, dans les bons comme dans les
mauvais moments, donne en effet de la légitimité
à l’argent gagné, surtout dans un pays ou les gens
ont traditionnellement peur du risque.
Une lueur d’espoir tout de même : à l’heure
du développement durable, se fait jour l’idée
du capital « durable », ou encore « patient ».
Il y aurait une piste simple (mais impliquante)
pour aller dans cette direction ; elle suppose
de faire évoluer la gouvernance des marchés
financiers à travers les résolutions d’assemblée
générale : l’idée serait d’accorder, par exemple,
un doublement des droits de vote tous les dix ans
de détention.
Une autre approche consisterait à donner
des dividendes plus élevés aux actionnaires
fidèles. Nos hommes politiques, qui sont souvent
enclins à fustiger les limites du marché,
pourraient être acteurs dans cette
transformation. Il suffirait d’alléger la fiscalité
des dividendes et des plus-values (ils ont d’ailleurs
commencé !) pour les actionnaires fidèles ;
cela favoriserait l’actionnariat familial et salarié,
tout en contribuant à l’attractivité fiscale de notre
pays qui en a tant besoin.
Il faudra s’attendre à de jolies batailles
lors des assemblées générales, mais ce seront
de saines discussions sur de vrais sujets.
T
Xavier Fontanet est professeur de stratégie à HEC.
o
L’ÉTUDE
SUR
LE WEB
ata Communications (appartenant
au groupe indien du même nom)
a interrogé 120 clients et partenaires
dans le monde pour un rapport
sur l’intelligence artificielle (IA) publié début
septembre : « Cognitive Diversity :
AI & The Future of Work ». Il en ressort que
l’enjeu pour les cinq prochaines années est
de les employés, selon 71 % des personnes
interrogées, des dirigeants et managers
principalement. « La question la plus importante
à laquelle nous faisons face n’est pas “quand
les machines vont-elles surpasser l’intelligence
humaine ?” mais plutôt “Comment les humains
peuvent-ils travailler avec les machines
d’une nouvelle manière ?”. »
57 % pensent que l’IA va remplacer des emplois
existant, mais 77 % estiment qu’elle va en créer
de nouveaux. Les répondants s’attendent
à une profonde transformation de la structure
même du travail : « Dans le futur, les candidats
pourront être embauchés pour plusieurs rôles
à la fois […] Les talents seront non-linéaires
– moins liés aux compétences et plus en rapport
avec la façon de pensée. Un service des ressources
humaines ne composera plus des équipes
selon des check-lists, mais selon une matrice
plus profonde d’intérêts, de bagage intellectuel,
d’expériences passées et de point de vue culturel. »
— Rémy Demichelis
T
68 %
LE PARADOXE
DES RÉSEAUX SOCIAUX
Le nombre d’Américains qui
s’informent avec les réseaux
sociaux reste stable depuis
un an, selon Pew Research.
Mais 57 % jugent leurs
informations « imprécises ».
www.journalism.org/
DÉCRYPTAGE // En six ans, la plate-forme californienne a conquis les Etats-Unis
et attiré plus de 20 millions d’investisseurs. Elle vise désormais les banques et Wall Street.
Coinbase, la folle trajectoire d’un géant
des cryptomonnaies
LE
DÉCRYPTAGE
de Raphaël
Bloch
’anecdote a fait le tour de la planète
« crypto ». Au milieu de l’été 2015,
Brian Armstrong lâche une petite
bombe sur les réseaux sociaux. Dans un
tweet, le peu connu patron de Coinbase, qui
n’est encore qu’une plate-forme d’initiés,
explique que le bitcoin devrait remplacer le
dollar d’ici à « dix ans maximum ».
Il n’en faut pas plus pour déchaîner une
pluie de réactions, souvent ironiques. En
dépit de quelques soutiens, le jeune patron
californien est gentiment moqué. Ce qui
n’est pas étonnant. A cette époque, la plus
grosse cryptomonnaie du marché ne vaut
« que » 250 dollars (215 euros), contre 6.500
aujourd’hui, et pèse moins de 5 milliards de
dollars de capitalisation, alors que le billet
vert règne sur l’Olympe des monnaies.
Mais Brian Armstrong a une conviction.
Pour cet ancien de chez Airbnb, qui commence à voir le bout du tunnel avec Coinbase, l’avenir appartient aux devises chiffrées. Il croit dur comme fer à sa plateforme d’échange, lancée en 2012. Un pari
gagnant. Moins de trois ans après son tweet,
le bitcoin n’a toujours pas pris le pouvoir,
mais la start-up basée à San Francisco a pris
une autre dimension.
Elle est même plus puissante que jamais.
Que ce soit par son chiffre d’affaires ou sa
valorisation, Coinbase affole les compteurs.
Même si les éléments financiers ne sont pas
publics, certains médias évoquent un chiffre d’affaires de plus d’un milliard de dollars. De leur côté, les analystes valorisent la
société entre 6 et 10 milliards de dollars. Une
situation qui attire évidemment les convoitises et plaide en faveur d’une introduction
en Bourse, à Wall Street ou… sur la blockchain. « Je dirigerais bien une société cotée »,
s’est d’ailleurs amusé le jeune geek il y a
quelques jours, lors du Salon TechCrunch à
San Francisco.
L
Démocratiser le marché
Comment les dirigeants
perçoivent l’IA
SI LA CRISE M’ÉTAIT
MONTRÉE
En complément de nos pages
spéciales sur les 10 ans de la crise
financière, ne manquez pas notre
dossier interactif pour tout savoir
de la faillite de Lehman Brothers
– et de ses conséquences.
https://bit.ly/2p0GiXL
La hausse des cryptomonnaies est évidemment passée par là. Le bitcoin et les autres
devises cryptographiques se sont littéralement envolés, même si le marché s’est consolidé en 2018. Depuis 2015, la valorisation
globale des cryptomonnaies a été multipliée par 20, avec une croissance exponentielle du nombre d’utilisateurs. Rien qu’aux
Etats-Unis, celui-ci est passé de moins de
1 million à plus de 10 millions d’adeptes.
Coinbase a particulièrement profité de
cette dynamique. La plate-forme s’est imposée auprès des petits investisseurs, tout
comme le chinois Binance, son grand rival.
Cette superpuissance n’est pas un hasard.
Elle tient à la vision de Brian Armstrong.
L’Américain, qui n’a que trente-cinq ans, a
senti dès le début que celle ou celui qui réussirait à démocratiser l’accès au bitcoin
serait le grand gagnant du marché. Ce qu’il a
justement réussi à faire.
Simplicité et sécurité. Les ingrédients
sont connus. Et la recette est un vrai succès,
avec des milliers d’inscriptions par jour.
Pour créer un compte, l’utilisateur n’a pas
beaucoup de formalités à remplir. Il faut
juste entrer ses coordonnées, envoyer une
photocopie de son passeport, et fournir son
RIB. « Coinbase a rendu le bitcoin accessible à
tous », explique Ari Lewis, patron de Grasshopper Capital, un fonds américain spécialisé dans le secteur.
Après, il ne reste plus qu’à créditer son
compte Coinbase avec des euros et des dollars. La start-up d’un peu plus de 200 salariés
prend au passage une commission (1,5 % à
Chiffres clefs
MILLIONS
•Le80nombre
estimé
de possesseurs
de cryptomonnaies
dans le monde.
MILLIONS
•Le20nombre
de clients
de Coinbase depuis son
lancement en juin 2012.
•Le5nombre
de crypomonnaies
disponibles
sur l’application.
MILLIARD
•DE1 DOLLARS
Le chiffre d’affaires
de Coinbase en 2017.
6
•À DE
10 MILLIARDS
DE DOLLARS
La valorisation estimée
de Coinbase.
•Le200
nombre de salariés
de la start-up basée
à San Francisco.
•Le32nombre de pays où
Coinbase est
disponible
(dont la France).
4 %) sur les montants. Et le marché des cryptomonnaies s’ouvre au nouveau venu. « La
grande force de Coinbase, c’est d’être devenu
dans l’inconscient collectif l’endroit où on
achète son premier bitcoin », souligne Ari
Lewis. Grâce à ce positionnement, la marque au « C » bleu compte plus de 20 millions
d’investisseurs dans le monde, dont plus de
la moitié aux Etats-Unis. Signe de ce succès,
Coinbase gère aujourd’hui plusieurs milliards de dollars de transactions par mois,
avec un record en décembre 2017 (plus de
18 milliards de dollars).
Outre la facilité d’accès de l’application,
c’est aussi le choix très restreint des cryptomonnaies disponibles qui a séduit. Seules
cinq cryptos sont disponibles dans l’application, qui est l’une des seules à ne s’être
jamais fait hacker. « C’est l’un des autres succès de Coinbase », insiste Ari Lewis. Dans ce
« club des cinq », Il y a évidemment le bitcoin et l’ether, la deuxième devise 2.0 du
marché, des produits d’appel imbattables.
A elles seules, ces deux cryptomonnaies
représentent la majorité du marché, environ 60 % de la capitalisation mondiale. Sont
également disponibles deux de leurs dérivés, le bitcoin cash et l’ethereum classic,
ainsi que le litecoin.
Cette politique du petit pas est un point
essentiel de Coinbase, qui travaille sur
l’introduction de cinq nouvelles cryptos et
sur le développement de son service en
Europe et en Asie. Le groupe préfère
accompagner les utilisateurs, avec une
introduction progressive au monde crypto.
Tout le contraire du chinois Binance, qui
ratisse très large. La plate-forme basée à
Hong Kong permet d’investir dans quasiment tous les principaux crypto-actifs du
marché. Plus de 150 cryptomonnaies et
jetons (tokens) de levées de fonds en cryptomonnaies (ICO) sont ainsi disponibles.
Conquête de Wall Street
Et Coinbase ne compte pas s’arrêter là. Car
si la société californienne a réussi à se faire
une belle place dans le marché des particuliers et dans 32 pays, dont la France, le
potentiel est énorme du côté des professionnels. Et surtout des « zinzins », ces
investisseurs institutionnels comme les
banques et les fonds d’investissement.
Coinbase a d’ailleurs déjà posé plusieurs
jalons sur sa route vers la finance et Wall
Street. Brian Armstrong a lancé en 2015 une
plate-forme pour les investisseurs professionnels, Gdax, renommée « Coinbase
pro » au printemps. A la différence de
l’application Coinbase, Gdax permet le trading de bitcoins, d’ethers et d’autres cryptomonnaies directement entre investisseurs.
Outre la facilité d’accès
de l’application, c’est aussi
le choix très restreint
des cryptomonnaies
disponibles qui a séduit.
Le géant américain a également lancé en
juillet Coinbase Custody, une offre taillée
sur mesure pour les institutionnels, avec un
ticket d’entrée très élevé. Pour accéder à ce
service, un client doit conserver un montant minimum de 10 millions de dollars sur
la plate-forme, avec une commission mensuelle de 0,1 % sur les actifs détenus. Coinbase Custody offre des services étoffés en
matière de trading, de gestion des risques et
de négociation des marges.
Depuis le lancement, au moins dix fonds
d’investissement ont signé un partenariat
avec Coinbase. L’objectif pour le groupe
californien est d’atteindre 100 « zinzins »
d’ici à la fin 2018. Selon la presse américaine, un hedge fund souhaitant garder
l’anonymat aurait confié la gestion de
20 milliards de dollars d’actifs à Brian
Armstrong et à ses équipes. Et, non content
de se rapprocher de Wall Street, le groupe
travaillerait également à l’obtention de plusieurs licences, comme celle de « broker »
et même de… banque.
Coinbase est en discussion depuis plusieurs mois avec le gendarme de Wall
Street, la SEC, pour obtenir le graal. Une
licence bancaire permettrait à la start-up de
se passer de l’intermédiaire des banques
traditionnelles pour ses activités. Et de
financer elle-même son introduction à
Wall Street ? n
// 13
Les Echos Jeudi 13 septembre 2018
enquête
Un décret royal de 2014 indique que tout porcin doit être tracé dès sa naissance (les lieux et modes d’élevage, ainsi que tous les mouvements dans chaque
exploitation et dans chaque abattoir). Photo Guo Qiuda/Xinhua-RÉA
Cécile Thibaud
— Envoyée spéciale en Estrémadure
peine la voiture arrêtée sur la piste,
ils s’approchent dans un dandinement pressé et s’attroupent en grognant, curieux de savoir qui est l’intrus qui
vient leur rendre visite entre chênes-lièges et
chênes verts. Avant de s’éloigner dédaigneusement. Quelque 300 cochons à la peau
sombre engraissent au grand air sur les
800 hectares de La Porquera, à Villanueva
del Fresno, dans le sud-ouest de l’Espagne,
tout près de la frontière portugaise. Manuel
Garcia, le gérant de la propriété, observe la
couleur de l’herbe et regarde le mouvement
des nuages de l’autre côté des collines. En un
coup d’œil, il apprécie la taille des bêtes et
sait si le pâturage est assez abondant pour
nourrir le troupeau. Ici, on ne produit que du
porc de race ibérique, élevé au grand air et
nourri avec des glands de chêne au début de
l’hiver, celui qui donnera le fameux « jamon
ibérico de bellota », jambon ibérique de
gland, le plus apprécié en Espagne, qui
trouve de plus en plus d’adeptes en France et
dans le monde.
« La saveur de ce jambon naît d’une alchimie, explique Jaime Garcia, le directeur
général du producteur Montesano, installé à
Jerez de los Caballeros, près de Badajoz. Elle
dépend d’abord de la race de l’animal, 100 %
ibérique, issu des variétés autochtones comme
le retinto, l’entrepelado, le torbiscal, le lampiño
et le manchado de Jabugo, qui ont pour particularité de grossir lentement. Mais elle dépend
aussi d’une alimentation très particulière,
faite de pâturage et, surtout, de glands durant
les derniers mois d’engraissement, ainsi que
d’un élevage en liberté qui fait que le corps infiltre mieux l’acide oléique des glands au sein du
muscle. » Et pour les défenseurs du jambon
ibérique travaillé selon les méthodes ancestrales, séché et affiné pendant de deux à quatre ans, la différence est flagrante. Cet aspect
finement veiné, cette texture fondante, ce
goût de noisette sous le palais et ce développement des arômes en bouche sont incomparables, selon eux.
Mais toutes ces pattes de jambon exposées dans les magasins parisiens et vendues
à la découpe, ou bien ce « pata negra » que
l’on sert à prix d’or dans les restaurants peuvent-ils réellement porter l’appellation ?
Jusque-là, le client ne pouvait se fier qu’à
son flair ou au renom de quelques marques,
comme Cinco Jotas ou Joselito, sans savoir
tout à fait ce qui se cachait derrière les étiquettes prometteuses. Avec le risque parfois que, malgré l’image de porcs en liberté
servie en publicité, le produit soit en fait issu
d’animaux confinés et nourris industriellement à moindres frais. Paradoxalement,
c’est la loi censée encadrer le secteur qui, en
2001, a ouvert les portes à toutes sortes
d’arrangements à l’étiquetage. Le législateur espagnol y établit, en effet, qu’il suffit
d’une mère de race 100 % ibérique pour
A
Le jambon ibérique
défend ses origines
REPORTAGE // Les nouvelles normes de qualité ont bouleversé le secteur.
Les éleveurs espagnols s’organisent pour protéger la particularité
de la production traditionnelle qui a fait du jambon « ibérico de bellota »
l’un des plus appréciés au monde.
qu’un porc puisse entrer dans la filière des
produits « ibéricos ». Sans garantie de
pureté des origines côté paternel, ni contrôle de l’alimentation ou du lieu et mode
d’élevage, qu’allait-il rester du délice espagnol ? Ses jours semblaient comptés, alors
qu’entraient sur le marché des producteurs
pressés de coller le label ibérique pour pouvoir vendre cinq fois plus cher leurs jambons issus, sans le dire, d’élevages intensifs.
La fin de l’etiquetage confus
Après des années de polémique et de
rumeurs de fraude, le secteur a enfin remis
de l’ordre et redessiné les règles du jeu, strictes et sans échappatoire. Elles obéissent aux
normes d’un décret royal, publié en 2014,
mais dont on commence seulement à
mesurer pleinement les effets aujourd’hui,
alors que, après des années de séchage et
d’affinage, arrivent enfin, en magasin, les
premiers jambons ibériques qui ont suivi
strictement la procédure, puisqu’ils sont
issus d’animaux nés depuis 2014. « Cela
signifie que, en Espagne comme en France ou
ailleurs, toutes les pièces entières, palettes et
jambons, portent maintenant une bride de
couleur déterminant l’origine et la qualité du
produit. Nous sommes en mesure de garantir
une parfaite traçabilité de la généalogie de
chaque animal, de son alimentation, de son
lieu d’élevage et son mode d’engraissement
jusqu’à l’abattage », affirme avec satisfaction
Andrés Paredes, le directeur de l’association
interprofessionnelle du porc ibérique,
Asici, qui représente 14.000 exploitations,
80 abattoirs et 517 industries d’un secteur.
« Nous sommes les premiers à avoir besoin de
transparence, nous ne voulons pas que les
fraudeurs parlent en notre nom », insiste-t-il
depuis le siège de son organisation, à Zafra,
au sud de la région d’Estrémadure, place
forte de l’ibérico. L’équipe d’Asici opère des
visites de surveillance sur le terrain et des
analyses en laboratoire. Elle a également
mis en place le portail Internet Itaca, un instrument clef pour le contrôle.
Tout porcin doit y être enregistré dès sa
naissance et le système consigne les lieux et
modes d’élevage de chacun, ainsi que tous
les mouvements dans chaque exploitation
et dans chaque abattoir, afin de garantir une
traçabilité totale des produits. A partir de
cet été, le grand public pourrait aussi bénéficier de ces informations. Une application
permettra, en effet, au consommateur de
tout savoir en passant son téléphone sur le
code-barres fixé sur la bride accrochée à
chaque pièce. Fini les étiquetages confus.
Dorénavant, tout est dans la couleur de la
bride de plastique apposée sur chaque
pièce, palette ou jambon, dès le moment de
l’abattage. Les pièces serrées dans une bride
noire sont issues de cochons de race 100 %
ibériques, nourris de glands et d’herbages,
élevés au grand air, avec une densité de
1,25 animal par hectare. Cette catégorie correspond au mode d’élevage traditionnel.
Mais elle n’est pas la seule, et c’est là que les
problèmes commencent. Car toutes les
autres couleurs de bride autorisent des croisements entre une femelle de race autochtone et d’autres variétés à la croissance plus
rapide, comme les durocs américains, qui
ont été introduits en Espagne depuis les
années 1960. Si la bride est rouge, cela signifie que l’alimentation et le mode d’élevage
sont malgré tout restés traditionnels. Si elle
est verte, l’animal a été élevé en plein air
mais dans un espace plus restreint où il n’est
plus question de glands. Alors qu’une bride
blanche certifie un élevage confiné et une
alimentation à base de céréales.
Protestation des puristes
Aussitôt mise en place, la nouvelle norme
est contestée : pourquoi mettre sous la
même appellation « Jambon ibérique espagnol » des méthodes qui n’ont rien à voir,
protestent les puristes, qui crient au sacrilège et accusent les autorités de couvrir légalement une fraude et de brader un savoirfaire ancestral en cédant aux industries du
secteur, désireuses d’élargir le marché. C’est
ce qu’affirme le consultant indépendant
Constantino Martinez, qui a porté la question à Bruxelles, au motif que le décret de
2014 contredit les normes zootechniques
européennes en considérant comme ibériques des animaux de races croisées. « Il est
impossible d’imaginer que le gouvernement
français commercialise le champagne avec un
étiquetage indiquant “champagne français
100 %”, “champagne français à 75 %” ou
“champagne français à 50 %” », s’offusque le
consultant, qui craint de voir dévalorisé le
plus recherché des produits espagnols.
Chez les producteurs, on essaie de calmer le
jeu. « Tout est améliorable, mais pour le
moment nous gagnons en clarté. Nous verrons à l’usage, estime Maria Castro Bermudez, porte-parole de la marque Cinco Jotas,
l’une des plus prestigieuses du secteur. Bien
sûr, je préférerais que le mot “ibérico” soit
réservé exclusivement à la production traditionnelle. Mais l’important, aujourd’hui, est
de donner au consommateur les informations nécessaires, afin qu’il sache ce qu’il paie.
Ensuite, c’est à lui de choisir », répète-t-elle.
Sans cacher pour autant ses doutes sur le
cadre trop large défini par le législateur : « Il
est clair à mes yeux que l’on ne peut pas dissocier le porc ibérique de son environnement, il
est lié à l’écosystème fragile et complexe de la
dehesa, cette forêt méditerranéenne clairsemée qui forme un paysage unique, patrimoine du sud de la péninsule, et lui fournit
une alimentation riche qui lui donne sa
saveur. » Marquer la distinction et affirmer
l’identité d’un produit d’exception est
d’autant plus important, quand le jambon
ibérique est en train de prendre son essor à
l’exportation. Après la France, le RoyaumeUni, l’Allemagne et le Mexique, les entreprises espagnoles poussent aujourd’hui les
portes des marchés américain et asiatique.
« Le démarrage en Chine est très bon, même si
au début il était difficile de faire accepter une
viande de porc cru, raconte Jaime Garcia,
qui, avec sa marque Montesano, prospecte
en Asie depuis le début des années 2000.
Vendre de l’ibérico, c’est raconter son histoire,
enseigner l’art de la coupe, apprendre à le laisser suer un peu avant de le déguster, et les
Japonais comme les Chinois apprécient ces
rituels. »
Mais les chiffres parlent d’eux-mêmes. En
2017, quelque 6,5 millions de jambons ibériques ont été produits dans la péninsule,
selon Asici. Parmi ceux-ci, seuls 594.868 se
sont vu poser la bride noire qui certifie un
ibérico 100 %, nourri aux glands. Cela signifie que 90 % des jambons dits ibériques
n’obéissent plus complètement aux critères
traditionnels. 675.345 jambons se sont vu
apposer la bride rouge et 1,337 million la
bride verte. Ainsi, la grosse majorité des produits qualifiés comme ibériques, 3,9 millions, sont de bride blanche, c’est-à-dire qu’ils
n’ont jamais vu un gland dans leur courte vie
Parmi les 6,5 millions de
jambons ibériques produits
en 2017, seuls 594.868 se
sont vu poser la bride noire
qui certifie un ibérico
100 %, nourri aux glands.
et ont été élevés sans poser une patte dans un
pré… « Ils seront peut-être appréciés par les
consommateurs, mais ils ne méritent pas
l’appellation, s’indigne Jaime Garcia. Un
jambon ibérique produit en Catalogne ou à
Murcie est une aberration. » A Zafra, les
représentants de l’interprofessionnelle du
secteur refusent d’entrer dans la polémique. « Les produits ne sont pas forcément
moins bons, mais ils sont différents et doivent
être distingués. Nous offrons l’information la
plus transparente possible au consommateur.
Il a quatre couleurs à choisir, c’est lui qui décidera quel produit il achètera et à quel prix »,
insiste Francisco Javier Morato, le président
de l’association interprofessionnelle.
Ce dernier appelle au réalisme. « Les produits ibériques ont très longtemps été un produit de luxe, réservé à un petit marché.
Aujourd’hui, à tort ou à raison, la production
s’est ouverte à un public plus large, avec une
gamme de prix plus accessibles et il est devenu
impossible de maintenir les mêmes exigences. » Le prix de la démocratisation d’un
produit jadis élitiste ? n
14 //
Jeudi 13 septembre 2018Les Echos
,
Budget de l’Etat 2018 : 386,3 milliards d’euros // PIB 2017 : 2.283,6 milliards d’euros courants //
Plafond Sécurité sociale : 3.311 euros/mois à partir du 01-01-2018 // SMIC horaire : 9,88 euros
à partir du 01-01-2018 // Capitalisation boursière de Paris : 1.532,96 milliards d’euros (au 05-07-2018)
// Indice des prix (base 100 en 2015) : 103,36 en mai 2018 // Taux de chômage (BIT) : 8,6 %
au 1er trimestre 2017 // Dette publique : 2.255,3 milliards d’euros au 1er trimestre 2018
Les chiffres
de l'économie
EN FRANCE
À L’ÉTRANGER
ARMÉE PARLY VEUT FAIRE
PROGRESSER LA MIXITÉ
HOMMES-FEMMES
YÉMEN LES FORCES ANTIREBELLES PROCHES DE HODEIDA
Des forces pro-gouvernementales
yéménites, appuyées par une coalition
sous commandement saoudien, affirment avoir progressé mercredi dans
leurs opérations anti-rebelles autour
du port stratégique de Hodeida, quelques jours après l’échec de pourparlers de paix à Genève. Elles assurent
s’être emparées de deux routes-clefs
près de Hodeida (ouest), qui est toujours aux mains des rebelles Houthis,
soutenus par l’Iran.
La ministre des Armées, Florence
Parly, a confié à une amirale le soin
d’élaborer un plan pour faire progresser la mixité hommes-femmes dans
les armées et la lutte contre le sexisme.
Les conclusions de ces travaux sont
attendues au printemps 2019. L’armée
française est la quatrième la plus
féminisée au monde (15,5 %). La
Marine nationale a récemment ouvert
aux femmes la filière très fermée des
sous-mariniers.
Kenzo Tribouillard/AFP
La Corée du Sud va proposer à la
Corée du Nord d’accueillir ensemble
les Jeux Olympiques d’été de 2032
lors du troisième sommet intercoréen, prévu la semaine prochaine à
Pyongyang, a annoncé mercredi le
ministre sud-coréen des Sports.
Nord et Sud ont formé leur première
équipe olympique unifiée de joueuses de hockey sur glace, pour les JO
d’hiver qui se sont déroulés en février
dernier, en Corée du Sud.
VATICAN LES PRÉSIDENTS
DES CONFÉRENCES ÉPISCOPALES
CONVOQUÉS
Une caméra de la Nasa a capturé l’oeil de l’ouragan Florence qui se dirigeait à toute vitesse, jeudi, vers la côte Est
des Etats-Unis. Les opérations d’évacuation ont concerné 1,7 million de personnes en Caroline du Sud,
en Caroline du Nord et en Virginie.
LILLE SIX INTERPELLATIONS
APRÈS LA VANDALISATION DE
COMMERCES PAR DES VÉGANS
Six personnes ont été interpellées
cette semaine dans le cadre de
l’enquête sur la vandalisation de
neuf commerces, dont des boucheries ou des poissonneries, dans la
métropole lilloise par des militants
végans présumés. La maire PS de la
ville, Martine Aubry, avait fait part de
sa « consternation » et la ville s’était
constituée partie civile.
Tiziana Fabi/AFP
IVG LES PROPOS DU CHEF
DE FILE DES GYNÉCOLOGUES
CRÉENT UNE POLÉMIQUE
« Prosélytisme » et « entrave à l’IVG » :
le président du Syndicat national des
gynécologues (Syngof), Bertrand de
Rochambeau, est vivement critiqué
par des militants féministes et laïques après avoir justifié son refus de
pratiquer l’interruption volontaire
de grossesse, qu’il considère comme
un « homicide ». « Nous ne sommes
pas là pour retirer des vies », a-t-il
notamment déclaré dans un reportage diffusé mardi sur TMC.
L’ouragan Florence à l’assaut de la côte Est américaine
CORÉE DU SUD SÉOUL VEUT LES
JEUX 2032 AVEC PYONGYANG
DÉCÈS LE CHANTEUR RACHID
TAHA EST MORT À 59 ANS
Le chanteur Rachid Taha, figure du
rock français des années 1980, qui
avait repris avec son groupe Carte de
Séjour le classique « Douce France »
de Charles Trénet, est mort à 59 ans
d’une crise cardiaque. Avec ce groupe,
Taha, né en Algérie et arrivé en France
à 10 ans, se fit le porte-drapeau de la
communauté française d’origine
maghrébine de seconde génération.
LA PHOTO DU JOUR
Le pape François a convoqué pour
février 2019 au Vatican une réunion
de tous les présidents des conférences épiscopales dans le monde pour
aborder le thème de la protection des
mineurs. Le pape doit recevoir ce
jeudi les principaux membres de la
Conférence épiscopale américaine
après le rapport sur les agressions
sexuelles commises en Pennsylvanie
par des membres du clergé.
ISRAËL NETANYAHU ACCABLE
L’EUROPE FACE À L’IRAN
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a accusé, mercredi,
les dirigeants européens de faire
preuve de complaisance vis-à-vis de
l’Iran au lieu de s’opposer à ses activités « terroristes ». Ces propos font
suite au refus européen d’isoler économiquement l’Iran comme le souhaitent les Etats-Unis.
JUSTICE THÉVENOUD OBTIENT
UNE SAISINE DES SAGES
NORVÈGE DISPARITION D’UN
COLLABORATEUR DE WIKILEAKS
L’ancien secrétaire d’État Thomas
Thévenoud, condamné en janvier à
un an de prison avec sursis pour
fraude fiscale, a obtenu mercredi la
saisine du Conseil constitutionnel au
sujet du délit d’omission de déclaration d’impôts. Pour sa défense, le
cumul de sanctions pénales et fiscales s’agissant de l’omission volontaire
« de faire sa déclaration dans les délais
prescrits » est anticonstitutionnel.
Expert en cybersécurité de 47 ans,
Arjen Kamphuis a été vu pour la dernière fois le 20 août, quittant l’hôtel
Scandic de Bodø, dans le Nord de la
Norvège, où il venait de passer des
vacances. Les réseaux sociaux y
voient la main de la CIA, de la Russie
ou encore une disparition délibérée
pour réaliser un projet secret au
profit du fondateur de Wikileaks,
Julian Assange.
Photo : Alexander Gerst/Nasa/AFP
ON EN PARLE À MOSCOU
Affaire Skripal : Poutine blanchit les suspects
Selon Moscou, les deux hommes sont des « civils » qui n’ont rien fait de « criminel ».
Etienne Combier
@etiennecombier
l’empoisonnement de Sergueï
Skripal et de sa fille à Salisbury.
« Ce sont des civils bien sûr. Il n’y a
rien de particulier ni de criminel
les concernant, je vous l’assure »,
a affirmé Vladimir Poutine.
a Russie dit avoir trouvé la
véritable identité des
hommes soupçonnés par
Londres d’avoir empoisonné, au
mois de mars, l’ex-espion russe
Sergueï Skripal et sa fille, en
Angleterre. « Nous savons de qui
il s’agit, nous les avons trouvés.
Mais nous espérons qu’ils apparaîtront, eux-mêmes, au grand
jour pour dire qui ils sont », a
déclaré mercredi Vladimir Poutine, lors d’un forum économique dans l’Extrême-Orient
russe. Moscou reconnaît ainsi
pour la première fois officiellement que les deux suspects sont
de nationalité russe.
Cependant, pour le président
russe, ils n’ont rien à voir avec
L
Des ressortissants
russes au profil flou
Pour Londres, l’attaque a été
perpétrée par deux « officiers »
du renseignement militaire
russe (GRU), identifiés par la
police britannique comme étant
les ressortissants russes Alexandre Petrov et Rouslan Botchirov,
deux noms d’emprunt, selon
la police. Ils font l’objet d’un
mandat d’arrêt.
Une enquête du site russe
Fontanka a, par ailleurs, confirmé que les identités des deux
hommes semblent être faites de
toutes pièces. Il n’existe ainsi
aucune existence officielle d’un
Rouslan Botchirov dans les
registres, et à son adresse vit
actuellement une femme âgée,
relaie le site Meduza.
Les deux hommes sont soupçonnés d’avoir aspergé la porte
d’entrée de Sergueï Skripal de
Novitchok, un puissant agent
innervant, le 4 mars à Salisbury,
avant de quitter le pays via l’aéroport d’Heathrow le jour même.
Depuis le début, Londres
soupçonne Moscou d’être à l’origine de l’attaque, ce qui a engendré une grave crise diplomatique
entre le Kremlin et les Occidentaux. Une vague d’expulsions
croisées de diplomates a suivi,
ainsi que de nouvelles sanctions
économiques contre la Russie,
qui a ensuite répliqué.
Alors que Moscou ne cesse de
nier son implication dans
l’affaire, Londres l’a accusé à plusieurs reprises de désinformation. « Depuis mars, 37 versions
fictives de ce qui s’est passé ont été
présentées » par les autorités russes, a regretté l’ambassade de
Grande-Bretagne à Moscou.
Les Skripal ont survécu à
l’empoisonnement, ainsi qu’un
policier contaminé en leur portant secours. L’affaire a connu
un rebondissement en juin
quand un couple a été en contact avec du Novitchok à Amesbury, ville voisine de Salisbury,
tuant une femme de quarantequatre ans. Le couple avait
manipulé un flacon ressemblant à une bouteille de parfum qui contenait l’agent
innervant. n
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Jeudi 13 septembre 2018
www.lesechos.fr
Le croisiériste
de luxe va
enrichir son
catalogue de
130 nouveaux
itinéraires.
// P. 26
DEVISES EUR/GBP 0,8923 EUR/JPY 1,2939 EUR/CHF 1,1285 GBP/USD 1,3028 USD/JPY 1,1129 USD/CHF 0,9705 TAUX EONIA -0,358 LIFFE EURIBOR 3 MOIS -0,319 OAT 10 ANS 0,6752 T-BONDS 10 ANS 3,0008
INDUSTRIE & SERVICES
AÉRIEN
DERNIÈRE HEURE
Coup d’accélérateur pour l’Internet
en vol. // P. 16
Menace sur la cigarette
électronique aux Etats-Unis
Bombardier
FERROVIAIRE
Laurence Boisseau
@boisseaul
La SNCF vise des trains autonomes
à partir de 2023. // P. 17
BTP
Le bâtiment prévoit une rentrée
difficile. // P. 18
ÉNERGIE
La tension monte avec la hausse
des prix de l’électricité. // P. 19
ÉNERGIE
Le marché des lubrifiants
face à un déclin annoncé. // P. 20
LUXE
Hermès relève seul le défi digital
en Chine. // P. 21
HIGH-TECH & MÉDIAS
APPLE
La marqie à la pomme agrandit
la taille de ses iPhone. // P. 22
DROIT VOISIN
Bruxelles donne son feu vert
à la réforme du droit
d’auteur. // P. 23
Les cigarettes électroniques proposent des parfums sucrés et fruités qui, selon le régulateur américain, sont très
attrayants pour les jeunes. Photo AFP
START-UP
SPORTS
Les Sprinteuses, un programme
dédié aux femmes. // P. 24
Les cigarettes électroniques
risquent d’être interdites
à la vente.
PME & RÉGIONS
INVESTISSEMENT
Le Maroc, nouveau terrain
de chasse des PME. // P. 25
Les fabricants doivent
freiner leur consommation
par les adolescents.
PRIX DE L’ENTREPRENEUR
DE L’ANNÉE
ÎLE-DE-FRANCE
Alain Jocard/AFP
FINANCE & MARCHÉS
BOURSE
Les profits du CAC 40 marquent
le pas au premier semestre. // P. 28
ET CRIBLE P. 36
A ses yeux, la vente de cartouches aux parfums fruités ou sucrés rend ces produits particulièrement attrayants pour les jeunes consommateurs, qui n’ont pourtant pas le droit
d’acheter de cigarettes électroniques. « La
disponibilité des cigarettes électroniques ne
peut pas se faire au prix d’une dépendance des
nouvelles générations à la nicotine, cela ne se
passera pas », poursuit-il.
Admettant n’avoir pas anticipé le succès
du vapotage auprès des jeunes, elle a depuis
déclaré la guerre aux fabricants et distributeurs, et verbalisé 131 d’entre eux après avoir
établi qu’ils vendaient leurs produits à des
mineurs. L’agence se dit désormais prête à
poursuivre fabricants et distributeurs au
civil ou au pénal.
Efforts trop modestes
Elsa Conesa
@ElsaConesa
— Bureau de New York
Gérard Deprez (Loxam) cultive
la passion de la croissance. // P. 27
Pour les fabricants de cigarettes électroniques, c’est un ultimatum. Le régulateur
américain – la Food and Drug Administration (FDA) – leur a donné mercredi 60 jours
pour lui présenter un plan destiné à réduire
la consommation de leurs produits par les
adolescents. « Le nombre d’adolescents qui,
à notre avis, consomment ces produits… a
atteint des proportions qui sont celles d’une
épidémie », écrit Scott Gottlieb, responsable
de la FDA dans un communiqué. Si la FDA
n’est pas convaincue par les propositions
des industriels, les e-cigarettes parfumées
pourraient être tout simplement interdites.
Des produits high-tech
Alors que les ventes de tabac ne cessent de
reculer aux Etats-Unis, celles de cigarettes
électroniques progressent en moyenne de
25 % par an depuis quatre ans. Et la mode
n’a pas épargné les cours des collèges et des
lycées, où le vapotage a supplanté la cigarette, en partie du fait de la stratégie de fabricants comme Juul, qui les présentent
comme des produits high-tech.
Jusqu’ici, la FDA avait accordé une
période de grâce aux fabricants, les laissant
libres de vendre leurs produits le temps de
prouver leurs vertus en matière de lutte antitabac. Sa priorité était de réduire la nicotine
dans les cigarettes et d’encourager les
fumeurs à basculer vers des produits censés
être moins nocifs, comme l’e-cigarette.
Juul, le principal fabricant, qui fait déjà
l’objet d’une enquête de la FDA depuis avril,
dit cibler en priorité les adultes cherchant à
se sevrer du tabac. L’entreprise affirme
avoir modifié ses pratiques marketing en
cessant de mettre en scène des jeunes de
moins de 25 ans. Valorisée 15 milliards de
dollars lors de sa dernière levée de fonds,
elle a également mis en place un filtre pour
bloquer les mineurs de son site Internet.
Mais la FDA estime que les efforts des fabricants sont trop modestes. Ces derniers ont
géré le problème « comme un sujet de relations publiques », estime Scott Gottlieb. Selon une enquête de l’administration
américaine, 2,1 millions de collégiens et de
lycéens admettent avoir consommé une
e-cigarette dans les 30 derniers jours. n
INTERVIEW
Xavier Rolet, ex-patron de Lehman
Brothers France. // PP. 30-31
ET CRIBLE P. 36
BANQUE
Bruxelles veut muscler le dispositif
anti-blanchiment. // P. 32
Foot : la période estivale rime avec de
nouveau record de transferts en Europe
CARNET // P. 35
Antoine Boudet
@ABoudet
SUR
DANS
« LA CHRONIQUE
BOURSE »
À 13H ET 17H30
DU LUNDI AU VENDREDI
Les ICO auront
bientôt un
cadre juridique
Cette fois-ci, ce ne sont pas les clubs de foot
français qui auront porté au plus haut le
montant des transferts au terme du mercato
d’été 2018. Après les spectaculaires recrutements l’an dernier de Neymar et Kylian
Mbappé par le PSG, les clubs français n’ont
dépensé que 360 millions d’euros (418,8 millions de dollars) sur la période allant du
1er juin au 1er septembre 2018, un montant en
baisse de 37,4 % par rapport à 2017.
Néanmoins, les dépenses des 443 clubs
des cinq grands championnats européens
(Angleterre, Allemagne, Espagne, France et
Italie) ayant opéré des transferts cet été, soit
12 clubs de plus que l’an dernier, ont atteint
un nouveau niveau record, selon l’étude
annuelle de la Fédération internationale du
football, la Fifa, publiée mercredi, à
4,21 milliards de dollars, contre 3,95 milliards en 2017, et 2,79 milliards en 2016.
Les clubs italiens et espagnols
ont cassé leur tirelire
Les clubs italiens et espagnols ont pris le
relais des clubs français, l’Italie et l’Espagne
ayant vu leur montant de transferts progresser de respectivement 74,7 % et 42,2 %,
à un petit peu plus de 1 milliard pour l’Italie,
et 960 millions pour l’Espagne. Les clubs
anglais restent cependant les plus dépensiers, à 1,4 milliard de dollars. Les clubs alle-
mands, eux, se sont serré la ceinture, le
montant des transferts ayant baissé de 31 %,
à 391 millions.
Si les clubs français ont moins acheté de
joueurs, ils en ont en revanche beaucoup
vendu, pour récolter au total 833 millions
de dollars, un chiffre en hausse de 37,5 %. Ce
qui confirme, selon la Fifa, le statut de « producteur de talents » de la France.
Sur le plan mondial, le montant global
des transferts a lui atteint 5,44 milliards sur
cette période durant laquelle 182 des
211 fédérations membres de la Fifa avaient
leur marché des transferts ouvert. Ces
résultats sont issus de l’International Transfer Match System (ITMS) de la Fifa, qui
enregistre tous les transferts. n
C’est une étape clef dans la régulation
des ICO (Initial Coin Offerings) qui a été
franchie mercredi. La France vient de
créer un régime juridique adapté à ces
nouvelles levées de fonds en cryptomonnaies via la blockchain. La Commission spéciale de l’Assemblée nationale qui examine actuellement le projet
de loi Pacte a adopté l’article 26 qui va
encadrer ces modes de financement.
Concrètement, cela va prendre la
forme d’un régime d’autorisation
optionnelle, avec délivrance ou non
d’un visa par l’AMF (Autorité des marchés financiers). Les émetteurs des ICO
qui le souhaitent pourront demander
au régulateur un visa, ce qui constitue
un véritable gage de la crédibilité de
l’opération. Ce dernier ne leur sera délivré que si certaines garanties sont données aux investisseurs comme un
mécanisme de sécurisation des fonds
levés pendant l’ICO. Quant aux ICO sans
visa, elles ne seront pas interdites.
Autre point capital, le droit au
compte. La Commission spéciale de
l’Assemblée nationale a adopté un
amendement qui aidera les émetteurs
d’ICO ayant obtenu le visa AMF à ouvrir
un compte dans les banques françaises.
Jusqu’à présent, les entrepreneurs opérant dans le domaine de la blockchain
et des cryptoactifs se voyaient très sou-
Depuis des mois, Bercy
répète vouloir attirer
les projets novateurs
et faire de Paris
la capitale des ICO.
La France vient donc
de combler une partie
de son retard.
vent refuser l’ouverture d’un compte ou
ils s’exposaient à des résiliations unilatérales. A l’avenir, les banques devront
« mettre en place des règles objectives,
non discriminatoires et proportionnées
pour régir l’accès des émetteurs de jetons
ayant obtenu le visa de l’AMF aux services de comptes de dépôt et de paiement
qu’elles tiennent ».
L’amendement sur la possibilité
d’étendre le régime créé par l’article 26
aux plates-formes d’échange de jetons
a été retiré. Toutefois, le gouvernement
s’est engagé en séance à introduire un
cadre réglementaire pour ce marché
secondaire.
Depuis des mois, Bercy répète vouloir
attirer les projets novateurs et faire de
Paris la capitale des ICO. D’autres juridictions européennes comme le Luxembourg ou la Suisse (canton de Zoug) qui
ont pris des mesures très attractives sur
le plan fiscal et réglementaire avaient de
l’avance. La France vient donc de combler une partie de son retard.
Hasard du calendrier, cette annonce
intervient alors même que les Etats-Unis
semblent prendre une voie bien différente. Un juge de New York a déclaré,
mercredi, que des jetons (tokens) qui
avaient été émis frauduleusement
étaient bien des titres financiers. Si cette
décision était confirmée, une ICO (émission de jetons) serait donc soumise aux
mêmes règles et exigences que celles des
actions et devrait obtenir le visa de la
SEC. Cela freinerait l’essor de ces levées
de fonds, qui ont déjà commencé à
ralentir au troisième trimestre. n
Studio Ponant/
Nathalie Michel
La compagnie du Ponant
s’allie avec National Geographic
16 //
Jeudi 13 septembre 2018 Les Echos
INDUSTRIE
&SERVICES
DR
à suivre
Trafic record dans les aéroports
parisiens cet été
AÉRIEN Le trafic des aéroports de Roissy-Charles de Gaulle et
d’Orly a progressé de 3,5 % au cours de l’été, avec 20,6 millions
de passagers en juillet et août, ce qui représente un « nouveau
record » sur la période, a annoncé mercredi le groupe ADP. Au
cours du seul mois d’août, le trafic de Paris Aéroport s’est inscrit
en hausse de 4,2 %, avec 10,2 millions de passagers accueillis,
dont 7,2 millions à Paris-Charles de Gaulle (+4,5 %) et 3,1 millions à Paris-Orly (+3,6 %). Juillet a été marqué par une augmentation de 3,7 %, à 10,4 millions de passagers.
AÉRIEN
Le nombre d’avions
connectés a fortement
augmenté cette année
et devrait dépasser les
10.000 appareils en 2019.
Zara voit sa croissance ralentir
HABILLEMENT Inditex, le propriétaire de Zara, a enregistré la
Mais l’usage d’Internet
en vol est encore faible.
plus faible croissance de ses ventes depuis quatre ans. Son chiffre d’affaires a progressé de 3 % sur le premier semestre, à
12 milliards d’euros. Le bénéfice net, lui, a atteint 1,4 milliard
(+3 %). En cause, les fortes chaleurs et l’effet négatif des devises,
avec le raffermissement de l’euro. La plupart des vêtements du
groupe espagnol sont fabriqués dans la zone euro, mais plus de
la moitié de ses ventes sont réalisées en dehors. Pour le second
semestre, Inditex parie sur une progression d’au moins 6 % des
ventes et une amélioration de la marge de 0,5 point.
Bruno Trévidic
@BrunoTrevidic
L’année 2018 aura marqué une
étape importante dans le développement, toujours plus lent
qu’attendu, de la connectivité en vol.
Et 2019 devrait se traduire par un
nouveau coup d’accélérateur. C’est
ce qui ressort de la dernière étude
de marché du cabinet Euroconsult,
dévoilée cette semaine lors de la
World Satellite Business Week, le
grand rendez-vous de l’industrie
spatiale à Paris.
Au cours du premier semestre, la
flotte des avions de ligne connectés
Nouvel incinérateur chinois pour Suez
ENVIRONNEMENT Suez NWS a signé un accord de coentreprise
avec le chinois Huayi (49 %) pour construire et exploiter durant
cinquante ans un incinérateur d’une capacité de 30.000 tonnes à
Qinzhou (province du Guangxi, Chine). La valorisation énergétique des déchets dangereux produits par la zone de développement de cette ville portuaire produira 86.400 tonnes de vapeur,
vendue à des clients industriels locaux, ce qui économisera
12.000 tonnes de charbon. Cette unité représentant un investissement d’environ 46 millions d’euros sera mise en service en 2021.
Hinkley Point :
la justice donne
raison au CCE
SUR
DANS « C’EST MON ARGENT »
À 5H53 ET 11H23 LE VENDREDI
Le visionnage de vidéos
en forte croissance
Cette accélération des débits permet non seulement d’élargir l’offre
en baissant le coût de la connexion,
mais aussi et surtout d’offrir des
connexions haut débit, permettant,
par exemple, le visionnage de
vidéos en vol. En croissance de 35 %
par an, les vidéos devraient représenter 82 % du trafic Internet en vol
à l’horizon 2021, estime Euroconsult. Ce qui permettra d’élargir
l’usage et les revenus susceptibles
d’être générés, qui restent, pour
l’heure, embryonnaires. Selon
Euroconsult, le nombre des passagers connectés n’était que de
145 millions en 2017, sur un trafic
mondial de 4 milliards de passagers, pour environ 2 milliards de
dollars de revenus, la plus grosse
part de ces revenus allant aux fournisseurs d’accès (674 millions de
dollars) et aux opérateurs de satellites (249 millions). Pour les compagnies aériennes, en revanche,
l’Internet à bord reste encore une
source de coût supplémentaire,
imposé par l’environnement concurrentiel.
Cela ajouté aux incertitudes sur
les choix technologiques explique
pourquoi un grand nombre de
compagnies sont longtemps restées dans l’expectative. C’est notamment le cas d’Air France, dont l’offre
Internet reste limitée aux six
Boeing 787 livrés pré-équipés et à
un Boeing 777. Au total, 22 longcourriers devraient être équipés du
wi-fi d’ici à la fin de l’année, l’objectif
étant d’avoir équipé la totalité de la
flotte long-courrier d’Air France et
de KLM à l’horizon 2020. n
connu aucune jusqu’en 2018. Les
organisations syndicales, qui doivent se réunir ce jeudi à Bruxelles,
réclament en vain depuis plusieurs
mois, de meilleures conditions de
travail et de rémunération pour les
hôtesses et stewards et l’établissement de contrats nationaux, au lieu
d’un contrat unique irlandais.
Michael O’Leary
a déclaré qu’il n’avait
pas l’intention de
« s’écraser » face
aux menaces de grèves.
Plusieurs syndicats
de navigants préparent
en effet une « journée
de mobilisation »
européenne
le 28 septembre.
ÉNERGIE La cour d’appel de Paris
a donné raison au comité central
d’entreprise (CCE) d’EDF qui avait
déposé un recours en 2016 à propos du projet de construction de
réacteurs nucléaires EPR à Hinkley Point en Angleterre, s’estimant insuffisamment informé.
Elle ordonne la communication
au CCE du rapport sur ce projet
dans un délai d’un mois. « Cette
décision n’a pas d’impact sur le
déroulement du projet », qui « se
poursuit comme prévu », a réagi
un porte-parole d’EDF.
(1.000 gigabits) par seconde, soit
21 % de plus qu’en 2016.
L’année 2018 a également été
marquée par une accélération des
investissements dans le domaine de
la connectivité en général, avec un
total de 2,5 milliards de dollars
investis, contre 2 milliards en 2015.
Dernière opération en date : une
prise de participation minoritaire
de Boeing dans BridgeSat, spécialisé dans les communications optiques, qui figurent parmi les pistes
d’avenir de la connectivité.
AÉRIEN
Nicolas Asfouri/AFP
voitures électriques chinois NIO a
été valorisé 6,4 milliards de dollars lors de son introduction en
Bourse à New York, soit le bas de
la fourchette de prix envisagée.
La start-up, soutenue par les
géants chinois Tencent et Baidu, a
levé 1 milliard de dollars à cette
occasion. Concurrente de Tesla
avec son SUV électrique ES8, la
société créée en 2014 a perdu
500 millions de dollars au premier semestre pour un chiffre
d’affaires de… 7 millions.
s’est accrue de plus de 700 appareils, soit presque autant que
durant toute l’année 2017. Et l’accélération se poursuit, grâce notamment à l’apparition du wi-fi à bord
des avions chinois et indiens. Selon
les projections d’Euroconsult, le
nombre d’avions de ligne permettant une connexion à Internet en vol
devrait passer de 7.400 en 2017 à
près de 9.000 fin 2018, sur une flotte
mondiale de 23.300 appareils, et
monter progressivement à 24.300 à
l’horizon 2027.
Cette accélération du taux d’équipement des avions s’accompagne
d’une forte amélioration de la qualité des connexions et d’une baisse
des coûts, sur fond de concurrence
grandissante entre les opérateurs et
équipementiers. Sur les 7.400 appareils connectés en 2017, 5.100 utilisent des réseaux satellitaires et
2.300 des réseaux de bornes terrestres, plus limités géographiquement. Pour la première fois en 2017,
la capacité totale des satellites de
communication offerte aux opérateurs commerciaux a, en effet, franchi le cap symbolique du térabit
Le patron de Ryanair reste ferme
face aux grèves
AUTOMOBILE Le fabricant de
AFP
Le « Tesla
chinois » NIO
valorisé
6,4 milliards
Coup d’accélérateur pour le
déploiement de l’Internet en vol
Le patron de Ryanair, Michael
O’Leary, n’a rien perdu de sa combativité. Alors que la compagnie à
bas coût irlandaise doit faire face à
de nouvelles grèves de personnels
navigants, son directeur général a
affirmé mercredi, lors d’une conférence de presse à Londres, qu’il
n’avait pas l’intention de « s’écraser » devant les syndicats. « Votre
grève est un échec », a-t-il affirmé en
s’adressant aux quelque 70 pilotes
allemands qui ont cessé le travail
mercredi à l’appel du syndicat
Verdi, obligeant Ryanair à annuler
150 vols, sur les quelque 400 opérés
en Allemagne et 1.600 dans toute
l’Europe.
Ciblant directement Cockpit,
Ryanair a fustigé mardi dans un
Menace sur l’emploi
Michael O’Leary, le PDG de la low cost irlandaise Ryanair.
Photo Tolga Akmen/AFP
communiqué « ce syndicat qui
représente des pilotes […] gagnant
jusqu’à 190.000 euros par an et qui
travaillent cinq jours par semaine,
suivis de quatre jours de récupération ». Le vice-président du syndicat
Cockpit, Markus Wahl, a indiqué à
l’AFP qu’une « poignée » de pilotes
touchaient ce genre de salaire, une
majorité gagnant, selon lui, « entre
39.000 et 110.000 euros ». Michael
O’Leary a également rejeté l’avertissement de syndicats de personnels
de cabine italiens, espagnols, portugais, néerlandais et belges, qualifiant de « conneries » les déclarations des syndicats qui menacent
d’organiser pour le 28 septembre
« la plus grande grève » de l’histoire
de la compagnie, qui n’en avait
En août, Ryanair avait déjà dû faire
face à une vague d’appels à la grève
dans plusieurs pays européens où il
opère des bases. Bien que relativement peu suivis dans l’ensemble,
ces appels à la grève ont néanmoins
contraint à annuler 400 vols et ont
porté atteinte à la marque. Depuis,
la compagnie a trouvé des accords
en Irlande et en Italie, mais pas en
Allemagne, où les syndicats jugent
insuffisantes les propositions de la
direction.
Afin de tenter de dissuader les
grévistes, Ryanair a également
déclaré envisager de réduire à court
terme ses activités dans certains
aéroports d’Allemagne et de licencier, comme il l’avait fait en juillet,
lors de la grève des pilotes basés à
Dublin. « On ne menace personne,
on veut même doubler notre taille en
Allemagne […]. Mais les grèves ont un
impact économique », s’est défendu
le directeur marketing de Ryanair,
Kenny Jacobs.
— B. T. (avec AFP)
INDUSTRIE & SERVICES // 17
Les Echos Jeudi 13 septembre 2018
La SNCF vise des trains
autonomes à partir de 2023
FERROVIAIRE
TRANSPORTS
Le groupe s’associe
à une dizaine de partenaires pour fonder
deux consortiums,
chargés de développer
des prototypes de trains
automatisés.
L’entreprise
et la région vont
essayer d’améliorer
l’accueil des usagers.
Dominique Malécot
@Dmalecot
Lionel Steinmann
@lionelSteinmann
Le ferroviaire ne veut pas rester à la
traîne de l’industrie automobile
dans la mise au point de véhicules
autonomes. La SNCF a annoncé,
mercredi, en partenariat avec plusieurs entreprises technologiques
et industrielles de renom, la création de deux consortiums « visant à
développer d’ici à cinq ans des prototypes de trains autonomes ».
Les deux groupements seront
pilotés par le groupe public et l’institut de recherche technologique
(IRT) Railenium. Le premier est
composé d’Alstom, d’Ansaldo (l’exspécialiste italien du ferroviaire,
racheté en 2015 par Hitachi), de la
société d’ingénierie Altran et
d’Apsys, filiale d’Airbus spécialisée
dans la cybersécurité. Leur consortium travaillera à la conception
d’un prototype de train de marchandises autonome.
Quatre niveaux
d’automatisation
Le second groupement planchera
sur le même sujet, mais dans le
transport de voyageurs. Il réunit
Bombardier, Bosch, Thales et SpirOps, une société spécialisée dans
l’intelligence artificielle. Ils devront
L’un des consortiums travaillera à mettre au point un train régional autonome,
à partir d’un modèle existant du constructeur ferroviaire Bombardier, le Regio 2N. Photo Bombardier
mettre au point un train régional
(TER) autonome, à partir d’un
modèle existant de Bombardier, le
Regio 2N.
« Train autonome » ne veut pas
forcément dire sans conducteur ou
sans présence humaine à bord.
L’association internationale du
transport public distingue quatre
niveaux d’automatisation. Dans le
p r e m i e r, l a c o n d u i t e r e s t e
manuelle, même si elle est appuyée
par ordinateur. Dans le deuxième
stade, l’ordinateur à bord communique directement avec le système
de signalisation de la voie et prend
en charge les phases d’accélération
et de ralentissement du train.
Avec à la clef des économies
d’énergie, mais aussi et surtout une
Un industriel américain
augmente de 400 %
le prix d’un médicament
PHARMACIE
Nostrum
Pharmaceuticals
se défend en invoquant
son « devoir moral
de vendre le produit
au prix le plus élevé ».
Lucas Mediavilla
@Lucas_Medv
Nirmal Mulye va peut-être se faire
une place aux côtés de Martin
Shkreli dans le palmarès des hommes les plus détestés d’Amérique.
Tout comme l’ancien entrepreneur,
le PDG du laboratoire pharmaceutique Nostrum Pharmaceuticals a fait
flamber le prix d’un de ses antibiotiques de façon exponentielle, de plus
de 400 % le mois dernier. Le produit
en question, la nitrofurantoïne, est
utilisé pour traiter les infections de
la vessie. Présent sous forme de
comprimé ou en solution liquide, il
était vendu en bouteille par le fabricant à 474,75 dollars. Avec cette
hausse, son prix a quadruplé pour
atteindre 2.392 dollars, selon une
base de données américaine.
Cynisme et capitalisme
Commercialisée pour la première
fois en 1953, la nitrofurantoïne
figure sur la liste des médicaments
essentiels élaborée par l’Organisation mondiale de la santé. Aussi,
d a n s u n p ays o ù l e s m é d i c a ments sont parmi les plus chers
dans le monde, l’annonce a suscité
une vague d’indignation. Non sans
cynisme, Nirmal Mulye se défend
en indiquant qu’il a un « devoir
moral de faire de l’argent quand c’est
possible… de vendre un produit au
La RATP veut
redorer l’image
de la ligne 13
prix le plus élevé ». En guise de justification, il se sert aussi de l’augmentation pratiquée sur un produit concurrent par la société Casper
Pharma. Celle-ci aurait pratiqué
une hausse de 300 % sur un produit
similaire, en trois ans cependant. Les deux sociétés profitant
notamment d’une pénurie d’approvisionnement du médicament aux
Etats-Unis.
Provocateur, le PDG du laboratoire est allé jusqu’à légitimer l’augmentation de 5.000 % pratiquée par
Martin Shkreli sur un médicament
pour les malades du sida. « S’il est le
seul à le vendre, il peut gagner autant
d’argent qu’il le peut », a déclaré Nirmal Mulye, cité par le « Financial
Times ». « C’est une économie capitaliste et si vous ne pouvez pas faire de
l’argent, vous ne pouvez pas rester en
affaires. »
réduction de l’intervalle de sécurité
minimum entre deux trains, ce qui
permet d’en faire circuler plus sur
une même ligne. La SNCF travaille
d’ores et déjà à la mise en place de ce
système sur la ligne TGV ParisLyon, qui est saturée, afin de passer
de 13 à 16 trains par heure en 2023.
Au troisième stade d’automatisation, la conduite est entièrement
gérée par l’ordinateur, mais du personnel reste tout de même à bord,
pour assurer l’ouverture et la fermeture des portes et prendre la
main en cas de panne, par exemple.
Enfin, au quatrième et dernier
stade, le train est entièrement automatique. C’est déjà le cas sur certaines lignes de métro, comme la 1 et la
14 à Paris.
L’objectif est plus compliqué à
atteindre pour les trains, qui circulent en milieu ouvert, avec donc une
probabilité plus forte d’aléas et un
environnement plus complexe à
surveiller. La SNCF veut néanmoins
mettre en circulation des trains de
fret semi-autonomes à partir de
2020, et finaliser des prototypes de
trains entièrement automatisés
d’ici à 2023.
D’ores et déjà, le tronçon en cours
de construction pour prolonger le
RER E, à Paris, doit être équipé du
système de signalisation Nexteo.
Celui-ci autorise la circulation d’un
plus grand nombre de rames, avec
un intervalle de 108 secondes entre
les trains, à une vitesse plus importante, jusqu’à 120 km/h. n
La RATP et Ile-de-France Mobilités (IDFM), ex-STIF, ont réussi
l’impossible pour améliorer le
trafic de la très problématique
ligne 13 du métro parisien. Pour
la première fois, cette ligne
nord-sud affiche un indice de
régularité de 97 %, supérieur
aux 96,5 % exigés par l’autorité
organisatrice des transports
d’Ile-de-France. Les 52 trains,
sur un parc de 66 rames, qui
peuvent circuler simultanément sur les 24 kilomètres de la
ligne, se succèdent toutes les
95 secondes en heure de pointe.
Il a fallu surmonter les déboires de l’industriel AnsaldoBreda, chargé au début des
années 2000 de rénover les
rames dans son atelier de Cannes. La RATP et IDFM ont aussi
vécu les dix ans de la difficile
mise au point d’Ouragan, le système d’automatisation de la circulation des métros de la
ligne 13, qui a englouti pas
moins de 150 millions d’euros.
Cependant, cette réussite
technique ne suffit pas à l’acheminement dans de bonnes conditions des 650.000 usagers qui
empruntent la ligne tous les
jours. Les 330 conducteurs et la
cinquantaine d’agents de maî-
trise affectés à la ligne sont presque aussi désemparés que les
banlieusards, car le trafic continue à augmenter au rythme de
3 % par an. Résultat, les rames
sont bondées aux heures de
pointe et les incidents nombreux. Or, il n’y a pas d’amélioration sensible à attendre avant
l’ouverture, reportée à 2020, du
prolongement de la ligne 14 à la
mairie de Saint-Ouen, qui doit
absorber 25 % du trafic de l’un
des tronçons les plus chargés.
Valérie Pécresse, qui préside la
région Ile-de-France et IDFM, et
la PDG de la RATP, Catherine
Guillouard, ont annoncé mardi
des mesures visant à redorer
l’image de la ligne 13, et surtout
l’expérience des usagers.
Moyens supplémentaires
L’information, la propreté,
l’accueil, l’entretien des stations,
le traitement des odeurs vont
être améliorés grâce à des
moyens supplémentaires financés, à parité, par la RATP et
IDFM. Si elles sont jugées satisfaisantes, ces mesures seront
appliquées à d’autres lignes. Les
strapontins dans les voitures
seront démontés afin de gagner
de la place. Et les usagers seront
invités à prendre le bus ou le
RER sur les portions d’itinéraire
où ils proposent une alternative.
La question de l’automatisation de la ligne, avec ou sans conducteur, n’est pas tranchée. Mais
mercredi, le syndicat Unsa
RATP a rappelé à Catherine
Guillouard qu’on pouvait faire
mieux et moins cher avec des
conducteurs. n
COMMUNIQUÉ FINANCIER | 12 septembre 2018
WWW.SYNERGIE.COM
Daniel AUGEREAU
Président du Directoire
CROISSANCE DU CHIFFRE D’AFFAIRES
ET DU RÉSULTAT NET DE SYNERGIE
AU PREMIER SEMESTRE
1er
Groupe français
indépendant de
services RH
5e
Réseau
européen
16
Pays dans
le monde
710
Agences
3 700
Collaborateurs
permanents
Le Directoire de SYNERGIE, sous la Présidence de
M. Daniel AUGEREAU, s’est réuni le 12 septembre 2018
et a arrêté les comptes intermédiaires au 30 juin 2018. Les
procédures de revue limitée de ces comptes ont été réalisées
et le rapport correspondant est en cours d’émission.
UN CHIFFRE D’AFFAIRES SEMESTRIEL DE 1.238,8 M€
Disposant d’un réseau de 710 agences et d’une forte
présence internationale dans 16 pays en Europe, au
Canada et en Australie, le Groupe a réalisé un chiffre
d’affaires consolidé de 1.238,8 M€, en hausse de 12,7 %
par rapport à 2017 (9,1 % à devise et périmètre constant).
Avec 649,8 M€, le développement à l’International se
poursuit à un rythme très élevé (+19,9 % sur le semestre) ;
52,5 % du chiffre d’affaires consolidé est désormais
réalisé hors de l’hexagone.
La hausse de l’activité s’est poursuivie en France, avec la
sélection d’une clientèle à bonne rentabilité.
La FDA condamne
UNE AMÉLIORATION DU RÉSULTAT NET
De son côté, la Food and Drug
Administration, qui autorise la
commercialisation des médicaments sur le territoire américain, a
condamné les propos du PDG. « Il
n’y a pas d’impératif moral d’extorquer ses patients. La FDA continuera
à promouvoir la concurrence pour
que les spéculateurs et ceux qui n’ont
aucune considération pour les conséquences de santé publique ne puissent pas profiter des patients qui ont
besoin de médicaments », a déclaré
un commissaire de l’organisation
dans un tweet.
Alors que Donald Trump se félicitait il y a encore quelques semaines
de sa victoire sur l’industriel pharmaceutique Pfizer – en obtenant le
report d’une hausse de prix de
médicaments – force est de constater que sa guerre est loin d’être
terminée. n
SYNERGIE afiche un résultat opérationnel courant
consolidé de 57,7 M€.
L’effet favorable de la progression de l’activité a été
atténué par l’impact de diverses mesures législatives ou
réglementaires, en particulier en France, avec la baisse
du taux de CICE 7 à 6 %, mais également dans d’autres
pays (Belgique, Allemagne, Pays-Bas...).
PROCHAIN
RENDEZ-VOUS
Publication du
chiffre d’affaires
du 3e trimestre
2018 le mercredi
24 octobre 2018
après Bourse
Les coûts de structure et les investissements réalisés
portant sur la création d’agences spécialisées et le
recrutement de consultants, ainsi que la digitalisation
et le développement des outils IT et des actions de
formation ciblées, ont été particulièrement maitrisés.
Une dépréciation de goodwill et autres éléments
incorporels, liée aux conséquences du Brexit a été
constatée en Grande-Bretagne pour 1,9 M€.
Consolidés audités - en M€
Chiffre d'affaires
Résultat opérationnel courant*
Résultat opérationnel
Résultat avant impôts
Résultat net
Résultat net part du Groupe
S1 2018
1.238,8
57,7
53,1
52,5
36,6
35,5
S1 2017
1.098,7
59,2
52,9
52,1
35,8
35,3
* Avant amortissements et dépréciations des incorporels
Compte tenu de ces éléments et d’une charge d’impôt
de 16 M€, le résultat net s’est élevé à 36,6 M€, en
progression par rapport à 2017 (35,8 M€).
UNE STRUCTURE FINANCIÈRE SOLIDE
La structure inancière s’est ainsi renforcée, avec des
capitaux propres de 450,9 M€ au 30 juin 2018 et une
trésorerie nette (y compris créances CICE mobilisables)
de 83,5 M€, offrant au Groupe les moyens nécessaires
à la poursuite de son développement et à la réalisation
de nouvelles acquisitions, en particulier à l’International.
ACQUISITION STRATÉGIQUE
Le 7 juin 2018, SYNERGIE a annoncé la prise de
participation majoritaire dans l’entreprise de services
numériques française DCS EASYWARE.
Par cette acquisition, SYNERGIE se positionne ainsi sur
un marché en plein essor et complète, comme ses grands
confrères, ses activités traditionnelles en se diversiiant
dans l’infogérance, le conseil et l’assistance technique.
DES PERSPECTIVES FAVORABLES
Fort de ces performances, le Groupe SYNERGIE
entend poursuivre sa croissance sur le second semestre
avec pour objectif un chiffre d’affaires de près de
2,6 milliards d’euros en 2018 et une amélioration de sa
rentabilité nette.
CAPITAL SOCIAL : 121 810 000 € - EURONEXT PARIS COMPARTIMENT A - ISIN FR0000032658 - MNÉMO : SDG - REUTERS : SDGI.PA - BLOOMBERG : SDG:FP
CONTACT : SYNERGIE Direction Financière - Yvon Drouet - Tél. +33(0)1 44 14 90 20 - yvon.drouet@synergie.fr
18 // INDUSTRIE & SERVICES
Jeudi 13 septembre 2018 Les Echos
l La chute du logement neuf et la stagnation de la rénovation inquiètent le secteur.
l Il s’alarme aussi des arbitrages en cours sur le projet de loi de finances 2019.
BTP
Myriam Chauvot
mchauvot@lesechos.fr
« Il y a une cohérence du gouvernement : nous n’avions déjà aucune
réponse quand c’était Hulot, nous
n’avons aucun retour de Rugy ». Le
constat du président de la Fédération française du bâtiment (FFB),
Jacques Chanut, résume l’irritation
croissante du secteur face aux restrictions budgétaires qui font dévisser ou tourner à vide des pans
entiers de la construction.
Le dévissage, c’est pour les logements neufs où « la tendance
annuelle tourne autour de
400.000 mises en chantier en 2018,
contre 430.000 en 2017, soit – 7 %, et
la chute actuelle des permis va conduire à poursuivre, voire à accentuer
cette baisse en 2019 », souligne la
FFB. Les mises en chantier ont
reculé de 3,4 % à fin juillet sur un an
« alors que, dans le même temps,
la construction non résidentielle a
progressé de 13,8 %, preuve que le
recul du logement neuf n’est pas dû
au contexte économique mais au
rabot du prêt à taux zéro (PTZ) », fulmine Jacques Chanut, pour qui « on
a aussi perdu 10.000 logements HLM
neufs : on aurait dû être à 100.000
cette année, on sera à 90.000 suite à la
réforme du secteur ».
Dans ce contexte, pas question
pour la FFB de rabot supplémentaire des aides aux acquéreurs de
logements. « J’attends d’Emmanuel
Macron qu’il tienne la promesse faite
en direct aux 24 Heures du Bâtiment,
en 2017, d’une stabilité du PTZ jusqu’à
fin 2019 et du Pinel jusqu’à fin 2021 »,
souligne le patron de la fédération.
Mutisme inquiétant
Pendant que le logement neuf
dévisse, les travaux d’améliorationentretien des logements existants
(un tiers des 135 milliards d’euros de
chiffre d’affaires du bâtiment) patinent. Ils n’ont progressé que de 1,2 %
sur un an au deuxième trimestre,
après 1,7 % à fin mars, alors que les
ménages bénéficiaient encore, jusqu’au 30 juin, d’un crédit d’impôt
transition énergétique (Cite) de 15 %
sur les remplacements de fenêtres,
qui a disparu début juillet. Sera-t-il
remplacé par une prime en 2019 ?
Le mutisme du gouvernement
inquiète la FFB, qui lui a proposé,
pour sécuriser cette prime, de la
réserver au remplacement des
fenêtres à simple vitrage. Sans
réponse à ce jour, d’où la saillie de
Jacques Chanut sur la « cohérence gouvernementale » après le
départ de Hulot. « Pourtant, notre
proposition ramènerait la dépense
budgétaire de 800 à 200 millions
d’euros », plaide Jacques Chanut. Le
Cite avait coûté 1,7 milliard l’an dernier, dont environ 800 millions
pour les menuiseries.
L’activité totale du bâtiment reste
tout de même en progression de
2,5 % et le secteur « connaîtra en
2018 une embauche nette de
30.000 personnes », prévoit la FFB.
La situation de l’emploi est tendue,
« on peine à recruter, alors que Pôle
emploi recense 430.000 chômeurs
dans le bâtiment, il faut qu’on comprenne pourquoi et que le gouvernement n’accroisse pas le coût du travail salarié par rapport au statut de
travailleur détaché ou d’autoentrepreneur », souligne son président.
Or la déduction spécifique de
10 %, qui allège le coût du travail
salarié dans le bâtiment, mais coûte
à l’Etat 400 millions par an (et
400 millions, allégements de charges induits), apparaît menacée. Par
ailleurs, « la récente loi Avenir professionnel permet des dérogations à
la déclaration préalable des travailleurs détachés, officiellement
pour les travailleurs transfrontaliers
belges et allemands, mais elle ressemble beaucoup à un relâchement coupable dans la lutte contre les abus liés
au travail détaché », s’inquiète Jacques Chanut. Un relâchement mal
perçu dans le secteur, à l’heure où
77 % des entreprises sont désormais dotées de 1,5 million de cartes
d’identification professionnelle
afin de lutter contre les dérives liées
aux ouvriers détachés. n
Vinci s’engage à livrer ses logements à l’heure… ou à payer
Vinci Immobilier promet
d’indemniser ses clients au
premier jour de retard et à
la moindre malfaçon.
Catherine Sabbah
@csabbah
Les portes qui ferment mal, les
revêtements mal posés, les carrelages ébréchés… Ces défauts seront
également couverts. Si ces réserves
ne sont pas levées dans les 60 jours
suivant la remise des clefs, le propriétaire recevra des bons cadeaux
de 500 euros (dans la limite de
2.000 euros). « Ce n’est pas si nouveau… tempère Michel Klein, directeur du service des sinistres à la
Mutuelle des architectes français. Le
Code de la construction prévoit un
montant minimum de 1/3.000,00 €
par jour du montant des travaux. Les
acquéreurs doivent s’en assurer lorsqu’ils signent leurs contrats, et les faire
rajouter si besoin, mais il est déjà possible d’écrire ce type de clause. »
« Tout dépend du notaire qui tient la
27e ÉDITION DU
PRÉSENTE LA
Trop risqué l’achat d’un logement
sur plan ? Tout le monde a en tête
l’histoire d’un chantier mal fini, en
retard, ou les malheurs d’acquéreurs contraints de prolonger leur
location, de payer deux mensualités
à la fois ou un hôtel en attendant la
livraison de leur nouveau logement. Ils font les délices des associations de consommateurs.
Le promoteur Vinci Immobilier
promet désormais de dédommager
ces malchanceux, sur la base de 3 %
du prix de leur appartement rapportés au nombre de jours de
retard : « par exemple, pour un
appartement de 3 pièces de
320.000 euros, un mois supplémentaire donnera lieu à une compensation de 800 euros, l’indemnisation
est plafonnée à l’équivalent de 5 %, ici
20 mois, mais cela n’arrive jamais »,
explique Bruno Derville, le directeur général de Vinci Immobilier
chargé du résidentiel.
26 euros par jour… Pas de quoi se
payer une chambre si besoin, mais
ce nouveau service devrait s’ajouter
aux « gestes commerciaux » que le
promoteur accordait déjà, après
négociation souvent, en cas de litige
et de situation insoluble.
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JEUDI 20 SEPTEMBRE 2018
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plume, ajoute une autre juriste, il
n’est pas toujours facile d’imposer ses
vues en face de grandes entreprises. »
28 jours de retard
sur 47 % des chantiers
L’offre de Vinci Immobilier baptisée
« 4you » (lire « for you »…) concernera toutes ses ventes de logements. Et prendra effet au premier
jour de retard sur la date de livraison fixée dans l’acte de vente. Bruno
Derville affirme que ne seront évoquées ni les intempéries, ni les faillites d’entreprise, pourtant jugées
causes « légales et légitimes » pour
justifier des délais imprévus.
Ceux-ci atteignent tout de même
28 jours en moyenne sur 47 % des
opérations. « Nos équipes travaillent
sur la qualité depuis 2012, pour
mieux encadrer les entreprises,
mieux suivre les chantiers. Nous
avons ainsi vu le nombre de réserves
à la livraison passer de 13 à moins de
une en 2017 », détaille le patron de
Vinci Immobilier. Un chiffre extrêmement bas au dire des connaisseurs du secteur, mais que d’autres
promoteurs confirment.
La plupart pratiquent la préréception des chantiers : un méticuleux « tour du propriétaire » un
mois avant la date fatidique qui permet de réparer ce qui doit
l’être. L’entreprise ne précise pas le
coût de ces malfaçons, ni celui,
estimé, des dédommagements promis. « Les promoteurs, eux, se retournent systématiquement vers les constructeurs ou les maîtres d’œuvre,
lorsque le litige est imputable à tel ou
tel. Sur ces champs-là, chacun se couvre et les indemnisations prévues sont
très précises », rappelle Michel Klein.
Vinci a surpris par cette annonce
et ses rivaux soupçonnent des
clauses surprises écrites en très
petits caractères en bas des
contrats… « Nous espérons qu’ils
vont nous emboîter le pas, car notre
principal concurrent est le marché de
l’ancien… », leur répond Bruno
Derville. n
Europa-Park
mise sur le
Moulin Rouge
LOISIRS
Situé en Allemagne,
le parc de loisirs a
fait de l’emblématique cabaret parisien
la nouveauté phare
de son quartier
français rénové.
Hélène David
— Correspondante à Strasbourg
Les danseuses du Moulin
Rouge et le cinéaste Luc Besson
étaient ce mercredi à Rust, en
Allemagne, non loin de la frontière française, pour l’inauguration en grande pompe des nouveautés du quartier français
d’Europa-Park, le deuxième
parc d’attractions le plus fréquenté en Europe derrière
Disneyland Paris.
Parmi ces nouveautés, qui
auront nécessité un investissement total de l’ordre de 25 millions d’euros, l’Eurosat - CanCan Coaster, un grand huit dans
l’obscurité datant de 1989, a été
entièrement revisité. Au terme
de dix mois de travaux, il propose désormais une « traversée
dans la nuit parisienne » avec,
en façade, une reproduction
fidèle du Moulin Rouge, partenaire de l’attraction. A l’intérieur, des décors typiques du
Montmartre du XIXe siècle et
des « sensations nettement améliorées », mettent en avant ses
concepteurs.
deur nature, où émergent les
dernières innovations exportées ensuite aux quatre coins du
monde. C’est ici que, en 2015,
l’association entre grand huit et
réalité virtuelle a vu le jour.
Deux grands huit en un
Désormais, le parc pousse
l’expérience en dotant l’Eurosat-CanCan Coaster version
« classique » d’une alternative
avec casque de réalité virtuelle.
Le grand huit est identique,
mais l’entrée est séparée, et
cette fois, le passager est projeté
dans le monde futuriste de
« Valérian et la Cité des mille
planètes » – un film signé du
réalisateur Luc Besson qui avait
déjà collaboré en 2014 avec le
parc sur une attraction inspirée
d’« Arthur et les Minimoys ».
La nouveauté, jusqu’ici inédite dans l’industrie : le « Roam
& Ride », ou l’équipement des
passagers avec un casque de
réalité virtuelle pendant le
grand huit et les séquences de
déplacements précédentes.
Grâce à un dispositif de tracking, l’environnement physique
est reproduit dans l’environnement virtuel et les passagers
deviennent des avatars.
A chaque saison sa, voire ses,
nouveauté(s). Fin 2019, un parc
nautique de 45 hectares avec
hôtel thématique dédié verra le
jour à quelques centaines de
mètres du parc. Montant de
l’investissement : 150 millions
d’euros. n
Quinze quartiers
thématiques
Les chiffres clefs
Les décors soignés, tantôt
hyperréalistes tantôt oniriques,
c’est l’une des signatures du
parc, où sont employées
3.800 personnes. Récemment
sacré meilleur parc de loisirs du
monde pour la cinquième fois
par les Golden Ticket Awards
du magazine « Amusement
Today », Europa-Park promet
« un voyage à travers l’Europe »
au gré des quinze quartiers thématiques répartis sur ses
95 hectares. Une centaine
d’attractions, cinq hôtels, plus
de cinquante restaurants et
cafés, 23 heures de spectacle
quotidien : c’est un monde qui
s’offre aux visiteurs contre une
quarantaine d’euros.
Le deuxième parc européen
en a reçu 5,6 millions l’an dernier, dont 23 % de Français, soit
100.000 de plus par rapport à
2016. A sa tête, la discrète famille
Mack, héritière d’une lignée de
forains, dirige également Mack
Rides, l’un des leaders mondiaux de l’attraction. EuropaPark en est le laboratoire gran-
25
MILLIONS D’EUROS
Le montant total de
l’investissement dans
l’Eurosat - CanCan Coaster, un grand huit datant
de 1989 et entièrement
revisité.
5,6
MILLIONS
Le nombre de visiteurs
d’Europa-Park en 2017,
soit 100.000 de plus
par rapport à 2016.
150
MILLIONS D’EUROS
L’investissement prévu,
fin 2019, dans un parc
nautique de 45 hectares.
Bernhard Rein
Le bâtiment prévoit
une rentrée difficile
La famille Mack, propriétaire d’Europa-Park, et la famille
Clerico, propriétaire du Moulin Rouge, partenaires
d’une des attractions vedette à son inauguration mercredi.
INDUSTRIE & SERVICES // 19
Les Echos Jeudi 13 septembre 2018
La tension monte avec la hausse
des prix de l’électricité
Linky : les usagers peuvent
refuser l’accès au logement
l La forte hausse des cours va profiter à EDF.
l Ses concurrents et les grands acheteurs d’énergie critiquent un projet
de réforme de leur accès à l’électricité nucléaire.
Le tribunal administratif de
Haute-Garonne a suspendu
l’arrêté municipal de
Blagnac contre la pose du
compteur. Mais il a rappelé
le droit sur le refus d’accès
au logement.
ÉNERGIE
Véronique Le Billon
@VLeBillon
Les prix flambent sur le marché de
gros de l’électricité. Il y a quelques
jours, le prix du mégawattheure
(MWh) pour livraison l’an prochain
a dépassé les 63 euros, avant de
retomber légèrement autour de
61 euros mercredi. La hausse a été
progressive depuis le printemps,
mais elle s’est accélérée depuis cet
été, en passant la barre des
50 euros/MWh.
Ce bond est fortement corrélé à la
hausse des cours, ces derniers mois,
des quotas d’émissions de CO2. Le
prix de gros de l’électricité est déterminé par les anticipations des traders du coût marginal de la dernière centrale qui sera appelée sur
le réseau électrique – souvent une
centrale à gaz ou une centrale à
charbon, qui doivent ajouter à leur
coût de production le coût de la
tonne de CO 2 . Longtemps à des
niveaux très bas (autour de 5 euros),
la tonne de CO 2 a grimpé cette
année au-delà de 20 euros, sous
l’effet du mécanisme de stabilité
destiné à résorber les quotas.
Sur les factures
des consommateurs
Cette hausse des prix de gros va largement profiter à EDF, une hausse
de 1 euro du prix de marché (en
moyenne sur l’année) ayant un
impact favorable à hauteur d’environ 300 millions d’euros sur ses
comptes. Elle se répercutera progressivement sur les factures des
consommateurs : le tarif réglementé
d’EDF, auquel sont abonnés plus de
25 millions de clients et sur lequel
sont indexées nombre d’offres de ses
concurrents (Engie, Direct Energie,
Total Spring, Eni…), est calculé pour
une part sur le prix de marché et
pour une autre, plus importante, sur
le tarif de l’Arenh (42 euros/MWh).
allait annuler son arrêté et en rédiger
« un deuxième qui ne reprendra que
les dispositions autorisées par le tribunal. Je vais dire aussi à Enedis que ses
opérateurs ne peuvent pénétrer chez
les usagers sans leur accord, sinon il y
a un risque pénal ». L’affaire pourrait
faire tache d’huile. « Beaucoup de
maires m’ont contacté pour reprendre les arguments de l’arrêté et constituer un collectif », a-t-il prévenu.
La mairie a commandé une étude
sur la nocivité des ondes électromagnétiques des compteurs, « mais on
ne peut pas la faire, car il n’y a pas
assez de Linky fonctionnant en mode
intelligent pour mesurer l’impact des
ondes ». Même si les compteurs
transmettent les informations avec
le courant porteur en ligne, Joseph
Carles estime qu’« il faut qu’Enedis
nous dise qu’il n’a pas besoin d’antennes supplémentaires pour les faire
fonctionner ».
De son côté, Enedis a réagi en soulignant que le jugement a bien suspendu l’arrêté de la mairie de Blagnac. « Seules deux dispositions n’ont
pas été suspendues : celles rappelant le
droit de propriété privée et la nécessaire protection des données personnelles des clients », indique la filiale
d’EDF dans un communiqué. « Ces
dispositions ne sont qu’un simple rappel du droit existant et sont depuis
toujours scrupuleusement respectées
par Enedis et ses partenaires », assure
le réseau de distribution. n
Laurent Marcaillou
— Correspondant à Toulouse
Ce dernier a été instauré en 2010
pour partager la « rente nucléaire »
d’EDF et favoriser l’émergence de
concurrents, qui pouvaient choisir
librement d’y souscrire ou non, en
fonction du niveau des prix sur le
marché de gros.
Dans le contexte de forte hausse
des prix de gros, les concurrents
d’EDF devraient se ruer sur les volumes d’électricité disponibles au
tarif de l’Arenh – 100 térawattheures, soit environ un quart de la production nucléaire d’EDF – qui
seront proposés au mois de novembre pour une livraison en 2019. « Il
est à peu près certain qu’on va dépasser le plafond », redoute Frank Roubanovitch, président du Cleee, qui
regroupe de grands consommateurs d’énergie (Accor, Orange,
Auchan, SNCF…).
Cette crainte est amplifiée par un
projet de réforme de l’Arenh, qui
vise à imposer aux concurrents
d’EDF d’anticiper leurs achats jusqu’à près d’un an avant la livraison
de l’électricité, à un moment où ils
auront donc moins de visibilité sur
l’intérêt de prendre cette option.
« Cela dégrade le bénéfice de l’Arenh
pour le consommateur et pour la
concurrence. On espère que la Commission européenne va bloquer le
décret », prévient Fabien Choné,
président de l’Anode. EDF proteste
depuis longtemps contre l’« option
gratuite » octroyée à ses concurrents que constitue l’Arenh, et
plaide même pour une suppression
pure et simple. En 2016, l’électricien
avait souffert d’une forte chute des
cours, à moins de 30 euros/MWh.
l’Arenh – autrement dit de le revaloriser.
Le sujet pourrait aussi trouver un
écho dans les débats sur l’architecture d’EDF. « Il faut soustraire le
nucléaire de toute activité concurrentielle, au moins de manière comptable et peut-être juridique », plaide
Fabien Choné. Les acteurs voient
ainsi se profiler 2025, date à laquelle
le dispositif de l’Arenh doit normalement disparaître. n
Alternatives
AVIS FINANCIERS
Alors que le projet de décret réformant l’Arenh doit être examiné en
Conseil supérieur de l’énergie la
semaine prochaine, les acheteurs
d’électricité préconisent plusieurs
alternatives aux mesures préconisées. Le Cleee plaide pour un relèvement du volume d’électricité disponible au tarif de l’Arenh, tandis que
l’Anode, qui regroupe des fournisseurs alternatifs, défend en priorité
l’idée de donner une valeur monétaire au caractère optionnel de
Comment Leclerc veut prendre
des parts de marché à EDF
« C’est une décision équilibrée du tribunal », s’est félicité hier le maire
radical de Blagnac (Haute-Garonne), Joseph Carles, qui avait pris
le 16 mai dernier un arrêté contre la
pose des compteurs communicants
Linky. Saisi par la préfecture de Toulouse, le tribunal administratif de
Haute-Garonne a suspendu, le
10 septembre, l’arrêté municipal « à
l’exception des dispositions qui ne
constituent qu’un simple rappel au
droit ».
Le tribunal rappelle ainsi que les
usagers « peuvent refuser l’accès à
leur logement ou propriété » et « refuser que les données collectées soient
transmises à des tiers partenaires
commerciaux de l’opérateur ». En
revanche, ils ne peuvent pas refuser
la pose du compteur, comme le stipulait l’arrêté municipal. Enedis
peut donc installer librement le
compteur à l’extérieur du domicile
ou de la propriété, ce qui complique
la tâche. En réponse à la décision de
justice, Joseph Carles a indiqué qu’il
RÉSULTATS CONSOLIDÉS DU PREMIER SEMESTRE 2018
Résultat opérationnel ajusté de 132 M€ : détérioration
des marges de raffinage et arrêt pour entretien planifié
de la raffinerie de Gravenchon
Résultat net : gain de 37 M€ reflétant des effets stocks positifs
• Prix moyen du baril de Brent à 70 $ (58 €) au 1er semestre 2018 contre 52 $ (48 €) au 1er semestre 2017.
En juin 2018, le prix moyen a été de 74 $ (64 €) contre 64 $ (54 €) en décembre 2017.
• Marge brute indicative de raffinage carburants et combustibles publiée par la Direction Générale de l’Energie
et du Climat en moyenne à 24 €/tonne (32 €/tonne au 1er semestre 2017).
• 6,7 MT de pétrole brut traité au 1er semestre marqué par le grand arrêt pour maintenance programmée d’une
partie de la raffinerie de Gravenchon.
• Chiffre d’affaires du groupe à 7 008 M€ en progression de 9 %. Ventes totales de produits raffinés en baisse
de 0,6 % et ventes sur le marché intérieur en hausse de 5 % (marché français en baisse de 1,4 % selon les
statistiques publiées par le Comité Professionnel du Pétrole).
• Résultat opérationnel du 1er semestre 2018 en gain de 41 M€ incluant des effets stocks positifs de 178 M€.
Le distributeur propose
une réduction de 20 %
hors taxe par rapport
au tarif réglementé d’EDF
si les clients acceptent
de convertir la baisse
de prix en bons d’achat
Leclerc.
Déjà fournisseur de carburants,
Leclerc fait ce jeudi sa grande rentrée dans la fourniture d’électricité.
L’enseigne de grande distribution a
annoncé le lancement d’une offre
« 100 % verte », avec une réduction
affichée de 20 % par rapport au tarif
réglementé d’EDF pour les
consommateurs qui accepteront de
convertir la baisse de prix en bons
d’achat à utiliser dans les magasins
Leclerc. Concrètement, le client
continuera à payer sa facture
comme s’il était au tarif réglementé
mais, à chaque prélèvement mensuel ou bimestriel, Leclerc créditera
sur sa carte de fidélité des bons
d’achat correspondant.
Les consommateurs qui ne sont
pas intéressés par les bons d’achat
Leclerc pourront, eux, bénéficier
d’une réduction de 10 % hors taxes.
Selon la Commission de régulation
de l’énergie (CRE), une réduction de
ce niveau correspond, in fine, à une
réduction d’environ 10 euros par
mois sur la facture (TTC) d’un client
« moyen » qui se chauffe à l’électri-
cité (pour une consommation de
8.500 kilowattheures).
Avec la multiplication des types
d’offres (offre verte, à prix fixe ou
variable, à prix réduit le weekend…), les propositions des concurrents d’EDF deviennent de plus en
plus complexes à comparer. Mais
selon le comparateur d’offres énergie-info, les offres de Cdiscount
(filiale de Casino) ou Mint affichent
une facture finale (TTC) entre 8 et
11 % moins chère par rapport au
tarif réglementé d’EDF.
Une offre gaz en 2019
Pour concurrencer EDF, Leclerc,
comme les autres fournisseurs
alternatifs, peut miser des coûts de
commercialisation plus faibles que
ceux d’EDF. N’ayant pas de moyens
de production en propre, il a dû, par
ailleurs, chercher à s’approvisionner en électrons directement sur le
marché, au coût le plus bas possible. Mais la remontée des prix de
gros ces derniers mois va sérieusement limiter ses marges. « Nous ne
sommes pas dans une configuration
de marché idéale mais nous faisons
la différence sur le coût d’acquisition
et le coût de gestion du client », assure
Thierry Forien, directeur adjoint de
Siplec, qui gère notamment tous les
achats d’énergie de Leclerc. Pour
l’enseigne, qui va déployer de la
publicité dans ses magasins, ce sera
3
MILLIONS
Le nombre de clients visés
à l’horizon de 2025.
• Hors effets stocks et autres éléments d’ajustement, résultat opérationnel ajusté négatif de 132 M€ reflétant la
détérioration des marges de raffinage, la baisse des quantités de pétrole brut traité et la variation des effets
de change, contre un gain de 36 M€ au 1er semestre 2017.
• Résultat net, part du groupe, positif de 37 M€ contre une perte de 22 M€ au 1er semestre 2017.
Capitaux propres consolidés de 1 186 M€ pour une position financière nette positive de 109 M€.
• Engagements de retraite du groupe non préfinancés s’élevant à 1 153 M€.
Accédez au communiqué intégral sur le site internet www.esso.fr - rubrique actionnaires
un moyen de générer du flux et du
chiffre d’affaires, à l’instar de ce
qu’elle fait avec ses stations-service.
Leclerc fera également une offre
sur le gaz début 2019, et visera aussi
les « petits professionnels ».
Au d é b u t d e l ’é t é , M i c h e l Edouard Leclerc avait annoncé
viser 3 millions de clients à l’horizon de 2025. Selon l’Observatoire
des marchés de détail publié par la
CRE mardi, les concurrents d’EDF
avaient en portefeuille à fin juin
6,43 millions de clients résidentiels,
soit 19,8 % de part de marché (en
hausse de 0,9 point sur un trimestre).
Le tarif réglementé d’EDF était
encore souscrit, à fin juin, par
25,89 millions de clients, mais
l’électricien en a perdu en moyenne
123.000 par mois au deuxième trimestre. Il fait toutefois une petite
percée sur les offres de marché
dans lesquelles il s’est lancé récemment, avec 42.000 clients gagnés en
trois mois (et 145.000 au total).
— V. L. B.
RÉSULTATS CONSOLIDÉS DU GROUPE ESSO S.A.F. (M€)
Résultat opérationnel (1)
Produits et charges financiers
Impôts courants et différés
Résultat net des activités poursuivies
Résultat net des activités arrêtées ou actifs cédés
Résultat net part du groupe (2)
Pétrole brut traité en raffinerie (millions de tonnes)
Chiffre d’affaires (millions d’euros, incluant la taxe intérieure
sur les produits pétroliers)
Ventes totales de produits raffinés (milliers de m3)
Ventes, activités de distribution sur le marché intérieur (milliers de m3)
(1) Résultat opérationnel
Effets stocks
Autres éléments d’ajustement
Résultat opérationnel ajusté
(2) Résultat net part du groupe
Résultat net des activités arrêtées ou actifs cédés
Impôts courants et différés
Effets stocks
Impôt sur le résultat hors effets stocks
et activités arrêtées ou actifs cédés
Résultat net hors effets stocks et activités
arrêtées ou actifs cédés
1er semestre 2018
1er semestre 2017
Année 2017
41
8
(12)
37
0
37
6,7
(50)
10
18
(22)
0
(22)
7,1
211
13
(65)
159
0
159
16,1
7 008
12 234
7 504
6 425
12 306
7 174
13 141
25 428
14 629
(A)
(B)
(C)
(A)-(B)-(C)
(D)
(E)
(F)
(G)
41
178
(5)
(132)
37
0
(12)
178
(50)
(83)
(3)
36
(22)
0
18
(83)
211
91
(19)
139
159
0
(65)
91
(H)
44
(15)
(46)
(D)-(E)-(F)-(G)+(H)
(85)
28
87
- Les comptes consolidés au 30 juin 2018 ont fait l’objet de l’examen limité des Commissaires aux comptes dont le rapport sera annexé au rapport financier semestriel
d’Esso S.A.F. mis en ligne le 12 septembre 2018 sur le site internet https://corporate.esso.fr dans la rubrique informations réglementées conformément à l‘article L 4511-2 I du code monétaire et financier.
- Les comptes consolidés du groupe Esso S.A.F. au 30 juin 2018 sont établis suivant les normes IFRS. En particulier, la variation des stocks est valorisée dans le résultat
consolidé suivant la méthode FIFO (premier entré/ premier sorti) étroitement liée à la variation des prix des produits pétroliers sur le marché international. La performance
économique et financière du groupe s’apprécie mieux à partir du résultat opérationnel ajusté, après élimination des effets stocks et autres éléments d’ajustement
exceptionnels ou inhabituels et non récurrents, et du résultat net hors effets stocks.
20 // INDUSTRIE & SERVICES
ANNLEGALECH
annonces judiciaires & légales
Jeudi 13 septembre 2018 Les Echos
Le marché des lubrifiants
face à un déclin annoncé
PRÉFET DE L’ESSONNE
AVIS D’ENQUETE PUBLIQUE
Relatif à l’aménagement de la ZAC du Souchet sur le territoire
de la commune de LA NORVILLE
2e INSERTION
Par arrêté n°2018/SP2/BCIIT/n° 36 du 07 août 2018, le Préfet de l’Essonne a prescrit
l’ouverture d’une enquête publique unique préalable à la déclaration d’utilité publique
et à la cessibilité des parcelles nécessaires au projet d’aménagement de la Zone
d’aménagement concertée (ZAC) du Souchet sur le territoire de la commune de LA
NORVILLE.
Cette enquête se déroulera du lundi 10 septembre 2018 à 9h00 au vendredi
28 septembre 2018 inclus à 17h00, soit 19 jours consécutifs.
Le projet est présenté par Cœur d’Essonne Agglomération. Pendant toute la durée de
l’enquête, des informations peuvent être demandées à l’adresses suivante : Cœur
d’Essonne Agglomération – 1, Place Saint-Exupéry 91704 SAINTE-GENEVIEVE-DESBOIS – à l’attention de Madame Fabienne GOFFINET.
Madame Catherine MARETTE, Architecte DPLG, a été désignée en qualité de commissaire
enquêteur pour la conduite de cette enquête.
Dès la publication du présent arrêté, toute personne pourra, sur sa demande et à ses
frais, obtenir communication du dossier d’enquête à l’adresse suivante : Sous-Préfecture
de l’arrondissement de PALAISEAU, Bureau de la Coordination Interministérielle et de
L’ingénierie Territoriale, avenue du général de Gaulle 91120 PALAISEAU.
Le dossier d’enquête publique se compose notamment d’une notice explicative, d’un plan
de situation, du plan du périmètre de la déclaration d’utilité publique, du plan général
des travaux, des caractéristiques des ouvrages les plus importants, de l’appréciation
sommaire des dépenses et des annexes.
L’ensemble de ces éléments seront consultables sur le site internet des services de l’État
en Essonne : www.essonne.gouv.fr/Publications/Enquetes-publiques/Amenagement-eturbanisme. Les éléments du dossier d’enquête publique, ainsi que le registre d’enquête à
feuillets non mobiles ouvert, coté et paraphé par le commissaire enquêteur seront mis à la
disposition du public, en mairie, pendant toute la durée de l’enquête aux jours et heures
habituelles d’ouverture au public.
Les observations, propositions et contre-propositions du public sur le projet pourront
également être adressées, par correspondance, au commissaire enquêteur, au siège de
l’enquête, situé à la mairie de LA NORVILLE ou par courriel à l’adresse ci-après : prefzacdusouchet-palaiseau@essonne.gouv.fr. Elles sont tenues à la disposition du public au
siège de l’enquête dans les meilleurs délais. Les observations du public sont consultables
et communicables aux frais de la personne qui en fait la demande pendant toute la durée
de l’enquête.
Le commissaire enquêteur se tient à la disposition du public au lieu de permanence, dates
et horaires suivants : Mairie de LA NORVILLE, 1 rue Pasteur, 91290 LA NORVILLE.
Le lundi 10 septembre 2018 de 9h00 à 12h00 Le samedi 22 septembre 2018 de 9h00 à
12h00
Le vendredi 28 septembre 2018 de 14h00 à
17h00
Le commissaire enquêteur examinera les observations consignées et les communiquera
au responsable du projet qui disposera de 15 jours pour y répondre. Dans un délai de trente
jours à compter de la date de clôture de l’enquête, le commissaire enquêteur transmettra
au sous-préfet de l’arrondissement de Palaiseau son rapport et ses conclusions motivées.
Une copie du rapport et des conclusions sera tenue à la disposition du public, pendant
un an à compter de la date de clôture de l’enquête, à la préfecture (bureau de l’utilité
publique et des procédures environnementales) à la sous-préfecture de l’arrondissement
de PALAISEAU (bureau de la coordination interministérielle et de l’ingénierie territoriale),
ainsi qu’à la mairie de LA NORVILLE. Le rapport et les conclusions du commissaire
enquêteur seront également publiés pendant un an sur le site internet de la préfecture de
l’Essonne, à l’adresse suivante:
http://www.essonne.gouv.fr/Publications/Enquetes-publiques/Amenagement-eturbanisme
REPUBLIQUE FRANCAISE
PRÉFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS
Direction de la coordination des politiques publiques et de l’appui territorial –
Bureau de l’environnement
APPLICATION DU CODE MINIER ET DU CODE DE
L’ENVIRONNEMENT CONCERNANT LES OPÉRATIONS
SUSCEPTIBLES D’AFFECTER L’ENVIRONNEMENT
AVIS D'ENQUÊTE PUBLIQUE
RECHERCHE DE GÎTE GÉOTHERMIQUE À
BASSE TEMPÉRATURE AU DOGGER ET AU TRIAS
ET OUVERTURE DE TRAVAUX DE FORAGE (DOUBLET)
SUR LA COMMUNE DE BOBIGNY
Le Syndicat SIPPEREC a présenté les 23 janvier et 2 juillet 2018, au préfet de
la Seine-Saint-Denis une demande à l’efet d’obtenir l'autorisation de recherche
d'un gîte géothermique pour une durée de trois ans sur le territoire des
communes de Drancy, Le Blanc-Mesnil, Bondy, Noisy-le-Sec, Romainville,
Pantin et Bobigny (93) et d’ouverture de travaux de forage de recherche
d’un gîte géothermique dans la nappe du Dogger et au Trias sur la commune
de Bobigny. Une demande d’information peut lui être adressée (Tour Lyon Bercy,
173-175 rue de Bercy, 75012 Paris).
L’enquête publique conjointe relative aux deux demandes d’autorisation
se déroulera à la mairie de Bobigny
du mardi 2 octobre 2018 au mercredi 7 novembre 2018 inclus.
Le dossier de demande d’autorisation comprenant une étude d’impact et
l’avis de l’autorité administrative de l’État compétente en matière d’environnement
sera déposé durant l’enquête publique à la mairie de Bobigny, où il pourra être
consulté par le public, ainsi que dans les autres communes concernées par le
périmètre de recherches et à la préfecture de la Seine-Saint-Denis (bureau de
l’environnement).
Monsieur Pierre VIGEOLAS, commandant de police retraité, désigné en qualité
de commissaire enquêteur titulaire, se tiendra à la disposition du public, à la mairie
de Bobigny (31, avenue du Président Salvador Allende, à Bobigny), pour recevoir
les observations du public, aux jours et heures ci-après :
Mardi
2 octobre
2018 de
8 h 30 à 11 h 45
Mercredi 10 octobre
2018 de 13 h 30 à 16 h 30
Jeudi
18 octobre
2018 de
8 h 30 à 11 h 45
Jeudi
25 octobre
2018 de
8 h 30 à 11 h 45
Mercredi
7 novembre 2018 de 13 h 30 à 16 h 30
Toute personne qui aurait à présenter des observations, pourra les faire
connaître, pendant la durée de l’enquête publique, soit en les consignant sur
le registre d’enquête aux heures d’ouverture des mairies précitées, soit en les
adressant à la mairie de Bobigny, à Monsieur Pierre VIGEOLAS, commissaireenquêteur chargé de procéder à l’enquête publique, soit en les faisant parvenir par
lettre recommandée au préfet de la Seine-Saint-Denis, à l’attention du bureau de
l’environnement (direction de la coordination des politiques publiques et de l’appui
territorial), soit à l’adresse suivante : pref-enquetes-publiques-environnement@
seine-saint-denis.gouv.fr.
Toutes observations ou oppositions relatives à cette demande
d’autorisation pourront également être adressées avant la in de l’enquête
publique, par lettre recommandée au préfet de la Seine-Saint-Denis,
conformément aux dispositions de l’article 10 du décret n° 78-498 du 28 mars 1978.
De même, les demandes en concurrence présentées, qui sont mentionnées
par les articles 3 à 6 du décret précité doivent parvenir au préfet, au plus tard dans
les quinze jours qui suivent la in d’enquête.
À l’issue de l’enquête publique conjointe, le rapport et les conclusions du
commissaire enquêteur seront tenues à la disposition du public pour une durée
d'un an, dans les sept mairies, aux heures et jours d'ouverture du public ainsi que
sur son site internet. sur son site internet.
La décision susceptible d’intervenir à la in de cette procédure est une
autorisation assortie du respect des prescriptions et prise par arrêté préfectoral ou
un refus.
EP18-427
enquête-publique@publilegal.fr
La ligne de référence est de 40 signes en corps minimal de 6 points didot.
Le calibrage de l’annonce est établi de filet à filet.
Les départements habilités sont 75, 78, 91, 92, 93, 94, 95 et 69.
LES ECHOS SOCIÉTÉS - LE PUBLICATEUR LÉGAL - LA VIE JUDICIAIRE
ÉNERGIE
La croissance
est aujourd’hui tirée
par l’Asie.
Les ventes devraient
sérieusement décliner
avec l’essor des véhicules électriques d’ici à
une dizaine d’années.
Vincent Collen
@VincentCollen
Ce sont des produits dont les grands
groupes pétroliers parlent peu,
mais qui leur rapportent beaucoup
d’argent. Les lubrifiants pour l’automobile, les transports ou l’industrie
représentent un marché de
148 milliards de dollars, selon une
étude du cabinet Sia Partners. « Il
est très fragmenté, avec une multitude de petits acteurs locaux, mais
demeure maîtrisé par les cinq
majors, Shell, ExxonMobil, BP, Chevron et Total, qui contrôlent plus de
40 % de la production mondiale »,
explique Charlotte de Lorgeril, partenaire associée chez Sia.
La profitabilité de ces produits,
qui n’est pas dévoilée par les fabricants, est élevée. Sia évalue la marge
brute des lubrifiants entre 200 et
1.000 dollars par tonne, contre
70 dollars pour les carburants.
Les lubrifiants sont partout :
dans les automobiles d’abord, à
commencer par les huiles moteur,
mais aussi dans les transports en
général et dans l’industrie. Ces produits très divers – on en compte plusieurs dizaines de milliers – sont
incontournables car ils permettent
de réduire la corrosion des machi-
nes, d’éviter les pannes et de réduire
les coûts de maintenance.
La demande va reculer
A court terme, les perspectives sont
bonnes. Sia prévoit une croissance
« autour de 2 % par an » en moyenne
d’ici à 2025. Les ventes de lubrifiants
sont particulièrement tirées par
l’Asie, là où le parc automobile et
l’industrie manufacturière progressent le plus vite. L’Asie représente
déjà 40 % de la demande. Chez
Total, on est un peu moins optimiste : le pétrolier français, qui se
fonde sur les prévisions de consultants spécialisés , table sur une progression inférieure à 1 % par an au
cours des prochaines années. « Les
disparités géographiques sont fortes,
explique Mathieu Soulas, en charge
de cette activité pour le groupe français, numéro quatre mondial du
secteur. L’Asie est en progression
alors que l’Amérique du Nord et
l’Europe sont des régions matures, en
légère décroissance ».
Après des décennies de croissance, la rupture est proche. Avec
l’essor annoncé des véhicules électriques, – qui n’ont besoin de lubrifiants que de façon marginale –, la
demande va reculer dans le secteur
du transport routier. Quant aux
industriels, ils recherchent des
lubrifiants plus propres pour améliorer leur bilan carbone et respecter les normes environnementales.
Sia Partners prévoit un recul du
marché mondial à partir de 2025. Il
perdrait alors un quart de sa valeur
en quinze ans. « Nous prévoyons un
recul pour le segment automotive,
mais ce n’est pas pour demain. Selon
les scénarios de progression du véhicule électrique retenus, le déclin ne
devrait pas s’enclencher avant une
dizaine d’années au plus tôt », explique Mathieu Soulas.
Que font les majors pour se préparer ? « Comme pour les carburants
verts, la prise de conscience est
récente », poursuit Charlotte de Lorgeril. Leur priorité est de se focaliser
sur les marchés en plus forte croissance comme l’Inde, la Malaisie,
l’Indonésie… Total a ainsi augmenté
ses capacités de production en Asie
de près de moitié avec un nouveau
site de production à Singapour
Seconde tendance, la concentration, sur un marché encore éclaté
(le numéro un, Shell, dépasse à
peine les 10 %). « Les petits acteurs,
qui n’auront pas les moyens de faire
face aux changements, se feront
absorber par des acteurs plus structurés », observe l’experte. Enfin, les
industriels investissent dans les
lubrifiants verts, d’origine végétale,
et acquièrent des start-up spécialisées dans ce domaine. n
TechnipFMC tente de renouer
le dialogue social
ÉNERGIE
Bpifrance
se renforce
au capital
Face à la défiance
des salariés,
la direction veut
reprendre la main.
Depuis la fusion
de Technip et FMC,
bpifrance s’est renforcé
au capital de la nouvelle
entité, portant sa participation de 4 % à 5,4 %.
La banque publique
montre ainsi qu’elle valide
la stratégie poursuivie
par la direction.
« Cette montée au capital
permet d’assurer la société
du soutien de bpifrance et
de sa volonté de demeurer
un actionnaire stratégique
de référence », explique-telle. Bpifrance est
le troisième actionnaire
de TechnipFMC, derrière
deux fonds américains.
Les syndicats saluent
une « prise de
conscience » mais
les tensions persistent.
Confrontée depuis de longs mois à
la défiance d’une partie des salariés
français, la direction de TechnipFMC s’emploie à renouer le dialogue social depuis cet été en prenant
plusieurs initiatives. La fusion du
français Technip et de l’américain
FMC, conclue en janvier 2017, a provoqué des remous à répétition au
sein du groupe de services et d’équipements parapétroliers. Les syndicats ont pointé une montée des risques psychosociaux au sein d’un
groupe marqué par les réorganisations et les réductions d’effectifs.
Ces tensions ont culminé lors de
l’assemblée générale qui a voté une
rémunération de près de 11 millions
d’euros pour le directeur général
Doug Pferdehirt, la plus élevée du
CAC 40.
La fusion avait été présentée à
l’époque comme un mariage entre
égaux. Mais, très vite, il est apparu
que le centre de gravité se déplaçait
vers Houston au Texas, le siège historique de FMC, en tout cas pour
des fonctions centrales comme les
directions financière et juridique.
Les syndicats jugent aussi que la
R&D française est progressivement
« vidée de sa substance » et transférée outre-Atlantique.
Le malaise social a gagné les sites français depuis la fusion
de Technip et FMC l’an dernier, en particulier la tour du groupe
à la Défense, près de Paris. Photo Denis/RÉA
« Il y a eu une prise de conscience de
la direction ces dernières semaines »,
estime Christophe Héraud, le délégué CFDT. Une nouvelle responsable des affaires sociales basée à Paris,
Christelle Rogé, vient d’être nommée. Son rôle sera « d’assurer un dialogue serein et constructif » avec les
syndicats, a expliqué la direction
dans un message aux salariés. « C’est
une personne qui a été appréciée dans
ses précédentes fonctions en ressources humaines », se félicite un autre
représentant du personnel. Un poste
de responsable « santé et sécurité au
travail » a également été créé pour
prévenir et traiter les risques psychosociaux. Enfin, la masse salariale
progressera de 2,4 % en 2018 aux termes de la négociation annuelle obligatoire, mettant fin à deux ans de gel
des rémunérations. Le directeur
général de Technip France, Alain
Poincheval, a adressé un message
aux salariés dans lequel il s’engage à
« rétablir un dialogue social apaisé ».
Médiateur
Les salariés restent toutefois sur leur
garde. « Suite à une prise de conscience initiée par les représentants du
personnel, la direction s’engage sur
plusieurs mesures. Charge aux syndicats de s’assurer de la sincérité et de la
pérennité des actions », déclare Sylvie
Schvartsman, déléguée CFE-CGC.
Tous les sujets de conflit ne sont
pas résolus pour autant. La question des risques psychosociaux est
toujours devant la justice. Le tribunal vient de désigner un médiateur
pour tenter de concilier direction et
syndicats. L’Etat, actionnaire de
TechnipFMC au travers de bpifrance, suit le dossier de près. Les
syndicats et la direction ont été
reçus au ministère des Finances en
début de semaine.— V. C.
INDUSTRIE & SERVICES // 21
Les Echos Jeudi 13 septembre 2018
marketing
Hermès relève seul le défi
digital en Chine
LUXE
Ikea explore
de nouveaux horizons
Le sellier va ouvrir
mi-octobre son site
d’e-commerce
sur le premier marché
au monde
dans ce domaine.
DESIGN
Il n’exclut pas
de s’adosser à un
partenaire par la suite.
L’enseigne se met aux
collaborations avec d’autres
marques. Elle se penche sur
le sport avec Adidas et le jeu
avec Lego. Une manière
d’élargir son champ d’action.
Au premier semestre, les ventes du sellier ont bondi de 15 % en Asie, tirées par la Chine.
vaillent déjà avec des marques de
luxe, pour lesquelles ils s’occupent
aussi de la logistique. Dans tous les
cas de figure, Hermès veut garder le
contrôle. « Nous sommes très exigeants sur la présentation des produits et leurs prix, c’est un enjeu stratégique », reprend le dirigeant.
Le groupe va profiter d’un marché toujours porteur, malgré les
tensions avec les Etats-Unis et la
chute de la Bourse de Shanghai cet
été. Sur le premier semestre, les
ventes du sellier ont ainsi bondi de
15 % en Asie, tirées par la Chine. Le
fabricant des célèbres sacs Kelly y a
inauguré un nouveau magasin en
mai à Changsha, dans le centre du
pays. « Nous n’avons constaté aucun
changement de tendance. Notre clientèle locale est très fidèle et a fortement
rajeuni ces cinq dernières années », a
indiqué Axel Dumas, reconnaissant toutefois qu’« il y a dix à quinze
ans, ils achetaient en fonction de leur
revenu, aujourd’hui, c’est selon leur
patrimoine. Il peut donc y avoir un
impact du marché boursier ».
Le lancement de cette plateforme chinoise sera l’occasion pour
le groupe d’élargir sa clientèle. C’est
en tout cas le phénomène observé
depuis son déploiement aux EtatsUnis en 2017 et en Europe début
2018. « 78 % des acheteurs sur Internet sont nouveaux. Le digital est déjà
notre 4e magasin dans le monde en
termes de vente, et avec la Chine, cela
va encore progresser », estime le
gérant.
Rentabilité record
ANNLEGALECH
annonces judiciaires & légales
Commune de Saint-Ouen (93400)
RAPPEL - AVIS D’ENQUETE PUBLIQUE UNIQUE
Demande de Permis de Construire n° 093.070.17.A0045
Projet de construction d’un ensemble immobilier tertiaire avec commerce et parc
de stationnement situé au 27/31 rue de Clichy
Par arrêté n° AR 18/569 en date du 18 juillet 2018, le Maire de la Commune de Saint-Ouen a ordonné, l'ouverture de
l'enquête publique préalable à la délivrance d’un permis de construire sis 27/31 Rue de Clichy à Saint-Ouen.
Le projet représente la construction d’une surface de plancher de 44 000 m² et a fait l’objet d’une étude d’impact soumise
à la procédure d’une enquête publique au titre de la rubrique 39 de l’annexe de l’article R 122-2 du code de l’environnement
et nécessitant une dérogation pour perturbation d’individus, déplacement d’espèces, au titre de l’article L411-2 du code de
l’environnement.
Cette enquête publique a pour objet la demande de permis de construire n° PC 093.070.17.A0045 déposée le 30 novembre
2017 par la SCCV SAINT-OUEN V2 – V3 relatif au projet de construction d’un ensemble immobilier tertiaire à usage de bureaux
comprenant également une coque vide de commerce, un restaurant d’entreprise, un auditorium ainsi que du stationnement en
sous-sol.
Une étude d’impact a été réalisée dans le cadre de ce projet et annexée à la demande de permis de construire. Elle a fait
l’objet d’une absence d’observation de l’autorité environnementale en date du 22 février 2018.
Par décision n° E18000015/93 en date du 11 juin 2018, le premier vice-président du Tribunal Administratif de Montreuil a
désigné Monsieur Jean-François BIECHLER en qualité de commissaire-enquêteur.
L'enquête publique se déroulera pendant 32 jours du mardi 11 septembre 2018 à 8h30 au vendredi
12 octobre 2018 à 17h30 à l’Unité Territoriale Droit des Sols de Saint-Ouen - Centre Administratif Fernand
Lefort 3éme étage - 6, place de la République - 93400 Saint-Ouen (siège de l’enquête) aux jours et heures habituels d'ouverture
(du lundi au vendredi de 8h30 à 12h30 et de 13h30 à 18h00, sauf le jeudi matin, et le samedi de 08h30 à 12h00). Les bureaux
sont fermés les jeudis matins samedis après-midi, les dimanches et jours fériés.
Le commissaire enquêteur recevra en personne les observations du public au Centre Administratif Fernand Lefort – Unité
Territoriale Droit des Sols - 06 place de la République 93400 Saint-Ouen les jours suivants :
Mardi
11 septembre 2018 de 8h30 à 12h00,
Mercredi
3 octobre
2018 de 9h00 à 12h00,
Samedi
22 septembre 2018 de 9h00 à 12h00,
Vendredi 12 octobre
2018 de 14h30 à 17h30.
Jeudi
27 septembre 2018 de 14h30 à 17h30,
Pendant la durée de l'enquête, les observations, propositions sur le projet pourront être consignées sur le registre d'enquête
prévu à cet efet au Centre Administratif UT Droit des Sols. Elles peuvent également être adressées par écrit à l’attention du
commissaire enquêteur à l’adresse de la Mairie de Saint-Ouen - 7, place de la République - 93406 Saint-Ouen Cedex.
Le dossier d’enquête publique sera disponible en consultation sur le site internet dédié et sécurisé à l’adresse suivante :
http://zac-des-docks-v3-saint-ouen.enquetepublique.net
Ce site sera également accessible à partir d’un lien mis en place sur le site de la Ville de Saint-Ouen dont l’adresse est :
http://www.saint-ouen.fr.
Pendant toute la durée de l’enquête publique, des observations et propositions pourront être déposées par voie électronique
sur le registre dématérialisé ouvert à cet efet sur le site de l’enquête à l’adresse susvisée ou envoyées par voie électronique à
l’adresse suivante : zac-des-docks-v3-saint-ouen@enquetepublique.net
Les remarques faites par tous moyens et réceptionnées avant le mardi 11 septembre 2018 à 8h30 et/ou après le vendredi
12 octobre 2018 à 17h30 ne seront pas prises en considération.
Ain de permettre un accès au dossier d’enquête sous forme numérique, un poste informatique sera mis à disposition à l’Unité
Territoriale Droit des Sols pendant toute la durée de l’enquête publique aux heures et jours d’ouvertures habituels du Centre
Administratif.
Toute personne pourra, sur sa demande et à ses frais, obtenir copie du dossier d’enquête publique auprès de l’Unité
Territoriale Droit des Sols dès la publication du présent avis.
Le dossier d’étude d’impact et l’avis de l’Autorité Environnementale seront consultables sur le site de la Ville de Saint-Ouen
dès publication du présent avis.
A compter de l’ouverture de l’enquête publique, des informations sur le dossier soumis à enquête peuvent être demandées
auprès de l’Unité Territoriale Droit des Sols (tel : 01.71.86.30.63 / 01.71.86.30.64) pour les questions administratives ou auprès
de Monsieur Antonin DURET, BNP PARIBAS REAL ESTATE, 01.55.65.27.28 ou antonin.duret@realestate.bnpparibas pour les
questions techniques relatives au projet et/ou à l’étude d’impact.
A l'expiration du délai d'enquête, le registre sera clos et signé par le commissaire-enquêteur qui disposera d'un délai d'un
mois pour transmettre au Maire le dossier avec son rapport et ses conclusions motivées.
Le commissaire notiiera au Maître d’Ouvrage, dans les 8 jours suivants la in de l’enquête, un procès-verbal de synthèse
comportant les observations et propositions du public. Ce dernier disposera d’un délai de 15 jours pour transmettre au
commissaire enquêteur son éventuel mémoire en réponse.
Le rapport et les conclusions du Commissaire Enquêteur seront tenus à disposition du public pendant un an au Centre
Administratif Fernand Lefort – Unité Territoriale Droit des Sols.
Le rapport et les conclusions du commissaire-enquêteur seront également mis en ligne sur le site de la Ville de Saint-Ouen.
Une copie sera transmise au Président du Tribunal Administratif de Montreuil.
A l'issue de la procédure et après réception du rapport et des conclusions du commissaire enquêteur, le permis de construire
pourra être délivré par Monsieur le Maire conformément à l’article R 423-57 du code de l’urbanisme.
Cet avis sera publié en Mairie et dans deux journaux difusés dans le département au moins 15 jours avant le début de
l’enquête. Un second avis paraîtra dans les huit premiers jours de l’enquête. Il sera également aiché sur les panneaux
administratifs de la ville et sur les lieux du projet et mis en ligne sur le site internet de la ville.
Le Maire
William DELANNOY
EP18-295
enquête-publique@publilegal.fr
La ligne de référence est de 40 signes en corps minimal de 6 points didot.
Le calibrage de l’annonce est établi de filet à filet.
Les départements habilités sont 75, 78, 91, 92, 93, 94, 95 et 69.
LES ECHOS SOCIÉTÉS - LE PUBLICATEUR LÉGAL - LA VIE JUDICIAIRE
L’offre en ligne dépendra des choix
du responsable local pour répondre
au mieux aux attentes. Aux EtatsUnis et en Europe, ce sont les carrés
de soie, les cravates, les bijoux et les
parfums qui se vendent le mieux.
Hermès a décidé de ne proposer sur
la Toile que les produits qu’il a en
stock. Autrement dit, pas de sacs
Kelly ou Birkin pour lesquels, une
fois commandés, il faut plusieurs
mois d’attente. Ces sacs stars restent
l’apanage des magasins.
La montée en puissance du digital a fait grimper les investissements, en plus de la hausse des
capacités de production et de la
rénovation des magasins. Ils se sont
élevés à 128 millions d’euros sur le
premier semestre, contre 105 millions l’an dernier. Ce qui n’a pas
empêché le sellier d’afficher une
marge opérationnelle courante
record à 34,5 %. Le chiffre d’affaires progresse, lui, de 11 % à taux
constant, à 2,85 milliards (+5 % en
publié). Le résultat opérationnel
courant atteint, lui, 985 millions, en
hausse de 6 %. n
Des destructions
d’invendus faibles
Abandonner la fourrure,
comme Gucci ou Burberry ?
Alors que le débat agite
le monde du luxe, Hermès n’a
pas pris de décision sur le
sujet. « Nous sommes un petit
acteur », a souligné Axel
Dumas, son gérant. Quant
à sa politique en matière
d’invendus, le dirigeant a
reconnu qu’il « peut y avoir
des destructions » de produits,
mais sur « des volumes faibles ». « Le vrai sujet est celui
du processus de production. Il
ne faut pas confondre une fabrication industrielle avec notre
modèle artisanal, attentif aux
coûts des matières premières
chères et à sa façon de produire,
a insisté Axel Dumas. En bout
de chaîne, il y a forcément des
invendus, mais le reliquat n’est
pas le même. » Le sellier a précisé que des soldes et des ventes spéciales pour le personnel
permettaient d’écouler les
invendus, en plus du recyclage
de matériaux et d’objets
avec sa marque « Petit H ».
Clotilde Briard
@ClotildeBriard
A l’heure où il souffle 75 bougies,
Ikea multiplie les angles pour
développer sa présence dans la
maison. Longtemps habituée à
ne compter que sur sa propre
équipe musclée de designers, la
marque suédoise, qui profite de
la Paris Design Week pour se
raconter dans un lieu éphémère
ouvert au public du 14 au 16 septembre dans le Marais parisien
au 118, rue de Turenne, a adopté
une nouvelle stratégie de collaborations. Et s’affiche avec des
griffes dont la notoriété n’a rien à
lui envier : Lego et Adidas.
•DETROUVER
NOUVELLES PISTES
« Il ne s’agit pas de co-branding,
comme l’envisagent beaucoup
d’entreprises, mais de la volonté
d’explorer en commun des sujets
importants. Des échanges très
ouverts avec des acteurs comme
Adidas et Lego vont permettre de
trouver de nouvelles solutions
HIER
•ETCONCILIER
DEMAIN
En attendant de voir arriver en
boutique le fruit de ces
réflexions tous azimuts, la marque se penche aussi sur son histoire dans l’espace qu’elle ouvre
pour la Paris Design Week. A
côté des nouveaux produits de la
rentrée et de l’atelier de customisation de Frakta, le célèbre
grand sac bleu très solide de la
maison, elle revient sur les ten-
Ikea
Selon l’horoscope chinois, les astres
devraient être bienveillants ce
jour-là. En tous les cas, c’est le
17 octobre qu’Hermès a choisi de
lancer son site d’e-commerce en
Chine. Un nouveau défi pour le
groupe familial sur l’un des marchés les plus connectés au monde.
Et sur lequel le sellier a décidé de
s’aventurer seul, pour l’instant.
« Nous allons d’abord nous concentrer sur le référencement des produits et développer le site. Ensuite, au
vu des spécificités du marché, nous
verrons si nous faisons appel à un
partenaire », a souligné Axel
Dumas, le gérant du groupe. Les
géants Tmall ou JD.com sont des
acteurs de référence sur le commerce en ligne dans le pays, et tra-
Eric Leleu / Hermès
Dominique Chapuis
dchapuis@lesechos.fr
une approche innovante. Certains de ses designers se sont
joints à des recherches menées
par la Nasa et les étudiants en
design de l’université de Lund en
Suède à la Mars Desert Research
Station en Utah, qui reproduit
les conditions de vie sur Mars et
dans l’espace. Ikea s’en inspirera,
ainsi que d’un séjour à Tokyo
dans des hôtels capsules, pour la
collection Rumtid, qui commencera à sortir en 2020. Elle
s’appuiera notamment sur des
tubes très légers et explorera
aussi la purification d’air.
« Le challenge des années à
venir portera en particulier sur
les réflexions autour de l’urbanisation mais aussi sur l’adaptation aux déménagements plus
fréquents des gens qui auront
besoin de désassembler leurs
meubles pour les transporter
facilement », prévoit Marcus
Engman.
Pour ses 75 ans, Ikea joue la réédition avec la collection
Gratulera et démarre par l’exploration des années
1950-1960, avec un fauteuil à oreille ou une table d’appoint.
pour démocratiser le design »,
estime Marcus Engman, directeur du design d’Ikea depuis six
ans, un poste qu’il quittera le
1 er octobre. Ils doivent aussi
aider à s’adapter à de nouveaux
besoins.
Avec Adidas, l’enseigne
compte aller plus loin dans la
manière dont l’exercice physique peut trouver sa place dans la
maison. « Chez eux, les gens ont
envie de s’entraîner autrement
que dans une salle de sport »,
indique Marcus Engman. Avec
Lego, la griffe va se pencher sur
les différentes facettes du jeu et
la manière de développer les
occasions ludiques dans la vie
quotidienne. Le premier fruit de
la collaboration avec le fabricant
de petites briques doit arriver
dans les deux ans dans les magasins d’Ikea. Un autre partenariat
a, en outre, été noué avec les
moins connus Unyq et Area
Academy pour se pencher sur
l’amélioration de l’expérience
autour du « gaming ».
•LESMEUBLER
PETITS ESPACES
Parmi les pistes que suit l’enseigne figure également la façon de
meubler les petits espaces. Avec
dances des dernières décennies
à travers des photos d’archives
mais aussi de trois pièces mises
en scène. Et présente ses premières rééditions de meubles et
objets en édition limitée à l’occasion de ses 75 ans. « Il n’y a pas de
meilleur moyen de raconter l’histoire d’Ikea que de revisiter des
produits emblématiques avec
les standards d’aujourd’hui »,
remarque le responsable du
design. Ces derniers ont donc de
nouvelles couleurs mais aussi
des matériaux et processus de
fabrication différents.
La collection Gratulera version 1950-1960, avec son fauteuil
à oreille ou sa table d’appoint
vintage, est déjà en vente, tandis
que les témoins des années 19701980 puis de 1990-2000 arriveront respectivement en octobre
et en novembre.
Au-delà des produits, le lieu
sert à montrer l’enseigne sous
d’autres jours. « Nous souhaitons partager davantage avec le
public ce qui concerne le développement des produits qu’il achète
et le travail fait en amont », souligne Marcus Engman. Immerger
plus avant les clients dans le processus de création fait partie des
nouveaux nerfs de la guerre. n
22 //
Jeudi 13 septembre 2018 Les Echos
Verizon,
vainqueur contesté
de la course à la 5G
Mediaset travaille sur un
important accord de fusion
et d’acquisition dans le secteur
de la télévision en Europe. « Nous
travaillons sur quelque chose
de grand et de complexe. […] Nous
y croyons », a déclaré le viceprésident, Pier Silvio Berlusconi.
Il avait indiqué en juin chercher à
bâtir un diffuseur paneuropéen.
L’opérateur télécoms américain
se flatte de lancer commercialement la 5G dès le 1er octobre, à
Houston, Sacramento, Indianapolis et Los Angeles. Il s’agit en
réalité d’accès fixes pour connecter les domiciles en très haut
débit, avec une norme 5G propriétaire qu’il faudra faire évoluer
vers le standard international.
Shutterstock
en
pixels
DR
HIGH-TECH
&MEDIAS
Mediaset vise
une acquisition
en Europe
–3,45 %
PRYSMIAN CHUTE
EN BOURSE
Le fabricant italien
de câbles a dévissé
mercredi à la Bourse
de Milan, après
l’interruption temporaire
de Western Link,
son câble sous-marin
reliant l’Ecosse
au Pays de Galles.
Apple agrandit ses
iPhone pour alimenter
sa croissance
l La firme à la pomme a présenté ses nouveaux modèles
lors d’une conférence à Cupertino.
l Pas de révolution, mais une confirmation : Apple
s’est converti aux écrans XXL
Romain Gueugneau
@romaingueugneau
— A Cupertino
Apple a présenté mercredi soir,
lors de sa traditionnelle « keynote » de rentrée, sa nouvelle
gamme d’iPhone et de montres
connectées. La firme à la pomme
avait convié des centaines de journalistes et d’analystes venus du
monde entier dans l’amphithéâtre
Steve Jobs, à proximité de l’Apple
Park, le siège du groupe en forme
de soucoupe volante, pour dévoiler ses derniers produits, à même
d’alimenter sa croissance future.
Apple lance une version améliorée de son iPhone X, sorti l’an dernier, avec deux nouveaux modèles :
le Xs et le Xs Max. Les deux appareils sont équipés des écrans les
plus grands jamais conçus par la
firme : 5,8 pouces pour le Xs (soit
autant que l’iPhone 8 Plus, mais
avec un design plus petit) et 6,5 pouces pour le Xs Max.
Ces nouveaux modèles embarquent une nouvelle puce A12 Bionic,
plus puissante que la génération
précédente. Pour la première fois,
Apple a doté ses iPhone d’une double SIM (dont une e-SIM) pour permettre de jongler avec deux numéros, et éventuellement deux forfaits.
Le californien emboîte ainsi le pas
de ses concurrents, qui offrent cette
possibilité depuis longtemps.
Le groupe a aussi dévoilé une version « low cost » de son iPhone X,
baptisée XR. Moins puissant, doté
d’un écran LCD de 6,1 pouces (contre de l’OLED pour les Xs), et donc
(un peu) moins cher, il doit permet-
tre à Apple de poursuivre la
conquête des marchés émergents.
La nouvelle montre connectée
d’Apple (Series 4) est également
dotée d’un écran plus large que la
génération précédente (+ 30 %).
Equipée d’une nouvelle puce, elle
embarque de nouvelles fonctionnalités dédiées au contrôle de la santé
et notamment un électrocardiogramme pour suivre le rythme cardiaque.
Plus de contenus
consommés
Pas de révolution donc, mais une
confirmation : Apple s’est converti
aux écrans XXL et il n’entend rien
lâcher sur le segment du très haut
de gamme face à ses concurrents.
Les modèles Xs et Xs Max seront en
effet commercialisés à partir de
1.159 euros et 1.259 euros, franchissant allégrement le cap symbolique
des 1.000 euros qui avait tant fait
parler lors de la sortie de l’iPhone X.
Le modèle XR sera vendu à partir de
859 euros et prendra la place du X.
La banalisation des écrans XXL
répond à une évolution globale des
usages, alors que le smartphone est
« Un écran plus
grand, ce n’est pas
juste pour faire joli.
[…] C’est tout
l’écosystème Apple
qui en profite. »
CAROLINA MILANESI
Analystechez Creative
Strategies
de plus en plus utilisé pour regarder
des vidéos, surfer sur les réseaux
sociaux ou jouer aux jeux vidéo.
En proposant toujours plus de
contenus et en prélevant sa dîme
sur chaque application vendue,
Apple est le premier à en bénéficier. « Un écran plus grand, ce n’est
pas juste pour faire joli : cela signifie
plus d’engagement et donc plus de
services ou de contenus consommés. C’est tout l’écosystème Apple
qui en profite », rappelle Carolina
Milanesi, analyste chez Creative
Strategies.
Justin Sullivan/Getty Images/AFP
ÉLECTRONIQUE
Tim Cook, le directeur général d’Apple, lors de la keynote du mercredi 12 septembre, à Cupertino.
Concurrence chinoise
Onze ans après la sortie du tout premier modèle, la présentation de
nouveaux iPhone reste cruciale
pour Apple, alors que le smartphone représente près des deux
tiers des revenus et l’essentiel des
bénéfices.
Sur un marché du mobile en
décroissance, le chiffre d’affaires lié
à l’iPhone a progressé de 15 % au
cours des trois premiers trimestres
de l’exercice fiscal 2017-2018 (clos le
30 septembre), grâce au succès de
l’iPhone X. Pas question pour
autant de rater ce nouveau lancement. Car la concurrence est de
plus en plus sérieuse, notamment
celle des fabricants chinois. Selon
les cabinets Counterpoint et IDC,
Huawei aurait ravi au californien la
2e place dans la hiérarchie mondiale des constructeurs, derrière
Samsung (en volume).
En agrandissant la taille de ses
iPhone, Apple vient jouer sur le terrain de ses concurrents, alors que
les écrans XXL sont particulièrement appréciés en Asie, nouvelle
terre de conquête pour Tim Cook et
les dirigeants du groupe. n
Les chiffres clefs
1.000
MILLIARDS DE DOLLARS
La capitalisation d’Apple.
915,9
MILLIARDS DE DOLLARS
Le chiffre d’affaires généré
par les iPhone en onze ans
d’exploitation, soit 69,7 %
du chiffre d’affaires d’Apple.
1,412
MILLIARD
Le nombre d’iPhone vendus
dans le monde.
Le groupe tient déjà ses futurs moteurs
es keynotes de rentrée se
succèdent, mais les rôles se
répartissent toujours de la
même façon : l’iPhone en est la
vedette incontestée. Pourtant, AirPods et Apple Watch sont loin de
faire de la figuration dans la gamme
d’Apple et constituent les réservoirs
de croissance d’aujourd’hui et surtout de demain.
Lors du dernier trimestre, la
société a généré 3,7 milliards de dollars via ses « autres produits » [une
catégorie fourre-tout regroupant
entre autres les AirPods, l’Apple
Watch, les casques Beats, NDLR].
Une hausse de 37 % sur un an et la
plus forte des activités d’Apple entre
avril et juin. Lors des quatre derniers
trimestres, le chiffre d’affaires global
de ces activités a franchi les 10 milliards de dollars. Un montant certes
loin des 29,9 milliards de l’iPhone
sur le seul dernier trimestre. Mais la
croissance du marché des smart-
L
ANALYSE
Nicolas Richaud
et Florian Debes
phones stagne quand celle des
accessoires connectés bondit.
Lors du deuxième trimestre, la
firme de Cupertino a aussi augmenté ses volumes de livraison de
montres connectées de plus de 30 %
sur un an, selon IDC. Lancés en 2016,
les AirPods sont, eux, qualifiés de
« succès fulgurant » par la marque.
Dans ces deux catégories de produits, Apple s’est imposé comme le
leader du marché mondial. Pour ne
rien gâcher, les accessoires connectés d’Apple sont très rentables. Des
analystes estiment le taux de marge
brute de l’Apple Watch à 60 %,
quand celui de l’iPhone se situe
autour de 40 %. Mais il y a mieux
encore. Les activités qu’Apple désigne comme des « services » (Apple
Music, iTunes, l’App Store) sont
encore plus rentables (70 %).
Or, ce pan de l’activité du groupe
a bondi de 31 % sur un an, à 9,5 milliards de dollars de revenus, lors du
dernier trimestre. Il s’agit de l’autre
réservoir de croissance du groupe.
Un filon que le groupe n’exploiterait
pas encore au maximum. « Apple
est en retard par rapport à Amazon
en termes d’interaction quotidienne
avec ses clients », note Thomas
Husson, analyste pour Forrester.
Abonnement premium
Mais Tim Cook, en personne, a
publiquement proclamé qu’il visait
un chiffre d’affaires de 50 milliards
de dollars à l’horizon 2020, via ces
activités. Pour y parvenir, le groupe
a investi 1 milliard dans la production de séries télévisées cette année
et pourrait surtout lancer, dans les
prochains mois, un service d’abonnement premium proposant aussi
bien des contenus vidéos et de la
musique que de l’information.
Ce qui ne signifie pas que le
groupe compte relâcher ses efforts
dans le hardware, son activité historique. A minima, Apple se doit d’y
tenir son rang. D’autant plus que le
succès de ses produits et de ses
« services » s’auto-alimentent.
L’entreprise peut s’appuyer sur son
immense parc de produits – au dernier pointage en janvier, plus de
1,3 milliard étaient en activité dans
le monde – pour pousser ses clients
à utiliser ses « services ». Or, plus
un utilisateur est « ferré » dans
l’écosystème fermé d’Apple, plus
il aura tendance à rester ensuite
fidèle à ses produits et accessoires… et à y utiliser ses services. C’est
ce scénario que Wall Street a acheté
ces derniers mois et qui a permis à
l’entreprise née dans le garage de
Steve Jobs de dépasser les 1.000 milliards de dollars en Bourse. n
L’iPhone, mètre étalon de
l’industrie du smartphone
Les choix de Cupertino
en matière de design ou
d’architecture technique
sont souvent adoptés
par ses concurrents.
imaginé par Apple. Android peut
ainsi gérer l’affichage des applications pour que les informations ne
soient pas partiellement masquées par l’échancrure de l’écran.
Sébastien Dumoulin
@sebastiendmln
Précurseur sur les puces
Comme chaque année, le lever
de rideau sur les nouveaux modèles d’iPhone est au moins aussi
attendu par les concurrents
d’Apple que par ses fans. Loin de
dominer les ventes de smartphones mondiales, avec 12 % de part
de marché selon IDC, le groupe
californien continue néanmoins
à bien des égards de donner le
« la » de l’industrie.
Le dernier spécimen d’iPhone
n’a pas dérogé à la règle. Le design
du X était audacieux : l’écran tactile occupe toute la surface, sauf
une encoche, ménagée pour abriter les capteurs photo frontaux. A
l’exception du très confidentiel
Essential Phone, personne ne s’y
était essayé. Ce léger décrochage a
d’abord concentré les critiques…
avant d’être adopté par une large
palette de constructeurs. Le P20
de Huawei, le G7 de LG, le OnePlus 6, le Mi 7 de Xiaomi… La liste
ne cesse de s’allonger. Seuls Sony
et Samsung résistent encore à la
tentation de copier la pomme.
Certaines technologies développées par
des concurrents ne se
généralisent que lorsque Apple s’y rallie.
Le mouvement est si général
que Google (dont le prochain
smartphone pourrait disposer
lui aussi d’une encoche) a été forcé
de prendre en compte dans la
dernière version de son système
d’exploitation mobile… le design
Il n’y a pas que l’apparence des
iPhone qui soit une source d’inspiration pour la concurrence.
L’industrie s’intéresse aussi aux
entrailles du précieux combiné à
la pomme. Apple s’était lancé le
premier dans la production maison de SoC (« system on chip », le
cerveau du téléphone qui embarque le processeur, la carte graphique, le modem…) et Samsung,
Huawei et Xiaomi lui ont emboîté
le pas. Rebelote l’an dernier, avec
l’avènement de puces dédiées à
l’intelligence artificielle, les « neural processing units ». Après que
l’iPhone X a défriché le terrain,
Huawei est rapidement venu
marcher sur ses brisées.
Apple n’a pas le monopole de
l’innovation. L’an dernier, le géant
de l’électronique Qualcomm,
engagé dans un épique bras de fer
avec Cupertino, avait listé une
série de fonctionnalités sur lesquelles les smartphones Android
avaient damé le pion à l’iPhone : la
recharge rapide, le double appareil photo, la reconnaissance
d’iris, l’écran OLED…
Seul bémol : certaines de ces
technologies ne se généralisent
que lorsque le groupe californien
s’y rallie. La réalité augmentée est
un bon exemple. Lenovo avait
dévoilé son Phab 2 Pro un an avant
l’iPhone X. Mais ce sont les animojis de ce dernier qui ont popularisé
le procédé. Innovateur ou suiveur,
Apple reste prescripteur. Il n’est
qu’à voir les présentations des concurrents, qui mettent souvent en
regard leurs produits et l’iPhone.
Apple n’est peut-être plus que le
numéro trois des ventes derrière
Samsung et Huawei. Mais il reste
la référence du secteur. n
HIGH-TECH & MEDIAS // 23
Les Echos Jeudi 13 septembre 2018
Les eurodéputés adoptent
le droit voisin pour la presse
Bruxelles sévit
contre les réseaux
sociaux
SÉCURITÉ
l Le Parlement européen a donné son feu vert à la réforme du droit d’auteur.
l Les grands réseaux devront contrôler le partage de contenus protégés.
Les contenus
terroristes devront
être supprimés
dans l’heure.
CONTENUS
La presse, les auteurs et l’industrie
culturelle peuvent crier victoire : à
l’issue d’une bataille d’une rare
intensité, le Parlement européen a
finalement bien adopté (438 voix
pour, 226 contre, 39 abstentions),
mercredi à Strasbourg, le projet de
réforme de la directive sur le droit
d’auteur à l’ère numérique. Jusqu’au
bout, les géants du Web et certains
partisans d’un Internet libre auront
bataillé contre l’instauration d’un
droit voisin pour les éditeurs de
presse (article 11), qui doit pousser à
partager les revenus publicitaires
générés par l’exploitation numérique de leur travail. Comme en
juillet, ils ont martelé dans des campagnes en ligne les risques d’imposer des « filtres automatiques de
contenus » et d’engendrer de la
« censure » en poussant les platesformes à négocier des licences pour
les contenus sous droits d’auteur
postés par leurs utilisateurs (article 13). Mais en vain, cette fois.
Les efforts de pédagogie faits
entre-temps par les promoteurs de
la réforme et les accords trouvés
entre les socialistes, la droite et les
libéraux sur les garde-fous à apporter au projet auront ainsi permis de
le sauver. Ce feu vert ouvre grand la
voie aux négociations finales en trilogue avec le Conseil et la Commission européenne, pour arrêter ces
prochaines semaines le texte définitif. Les Etats membres s’étant déjà
accordés en faveur du projet, le terrain est dégagé pour une adoption
finale avant les élections européennes de mai, objectif affiché. Compte
tenu du temps pour transposer en
Frederick Florin/AFP
Derek Perrotte
@DerekPerrotte
— Bureau de Bruxelles
L’adoption du projet par le Parlement ouvre la voie aux négociations finales pour arrêter le texte définitif.
droit national, la directive ne devrait
prendre effet qu’en 2021.
L’article 11 adopté mercredi crée
un droit voisin pour la presse, « sans
effet rétroactif » et d’une durée de
« cinq ans après première publication ». Il exclut de son champ le seul
partage d’hyperliens. Le sort très
sensible des « snippets », ces courts
extraits d’articles utilisés par Google
News, est à définir plus tard. Le
champ précis de ceux concernés
« sera un des enjeux du trilogue », précisent des proches du dossier. Une
bataille qu’il reviendra à la jurisprudence de trancher ultérieurement.
La nouvelle version de l’article 13
supprime toute référence à des filtres automatiques… mais maintient
la responsabilité des grandes platesformes pour les contenus postés
soumis au droit d’auteur.
Nouveauté par rapport à juillet,
les petits acteurs en ligne sont désor-
mais exclus de son champ. Les
géants du Web, eux, sont invités à
passer en amont des licences avec
les ayants droit. La rédaction laisse
en l’état assez ouverte la question des
mesures en cas d’abus, évoquant
juste « une obligation de coopération » avec les ayants droit. « On sait
que les plates-formes ne pourront pas
avoir de licence pour tous les contenus
ou que certains ayants droit voudront
laisser libre accès à leurs œuvres. Il
faudra affiner en trilogue des mécanismes équilibrés de coopération, en
amont comme en aval », explique un
expert européen.
« Des blocages injustifiés »
Cela a suffi à convaincre une majorité d’eurodéputés, mais pas à rassurer les opposants à la logique
même de la réforme. « Les députés
ont décidé de soutenir le filtrage de
l’Internet malgré les protestations
Après la directive droit d’auteur,
la négociation avec les plates-formes…
Les éditeurs de presse
prévoient de se regrouper
en organismes de gestion
collective pour peser face
aux géants du Web.
Nicolas Madelaine
@NLMadelaine
Alors que la directive européenne
sur le droit d’auteur a été adoptée
mercredi après le vote du Parlement, toute la question est de savoir
si ses dispositions donnent effectivement plus de poids aux industries
de la musique, de la télévision, du
cinéma et de la presse pour négocier une rémunération plus élevée
avec les puissantes plates-formes
numériques. C’est pour la presse
que la directive change le plus la
donne. « L’article 11 donnant un droit
voisin est une vraie révolution »,
explique l’avocat spécialiste de la
propriété intellectuelle Christophe
Caron, qui soutient le secteur de la
presse sur ces sujets.
Bien sûr, en Allemagne et en
Espagne, les pouvoirs publics ont
donné il y a quelques années la possibilité aux éditeurs de demander à
se faire rémunérer par les plates-formes. N’ayant pu y aller qu’en ordre
dispersé, ces éditeurs n’ont rien
obtenu. Mais ce nouveau droit voisin ouvre la voie aux éditeurs pour
établir des organismes de gestion
collective destinés à le récolter et le
distribuer et faire bloc face aux Gafa.
Dans la transposition de la directive européenne, les Etats pourraient même inscrire dans la loi
l’obligation pour les éditeurs de
rejoindre l’organisme de gestion
collective, explique Christophe
Caron. Les modalités de rémunération auraient force de loi.
L’Etat pourrait même imposer
une commission avec des représentants des Gafa et des éditeurs pour
fixer des barèmes de rémunération,
poursuit Christophe Caron, ajoutant que c’est ce qui existe pour la
« rémunération équitable » de la
musique passant à la radio.
Une gestion collective
Les pays européens transposeront
différemment la directive. Mais il
sera en outre sans doute possible
d’organiser une gestion collective à
l’échelle de plusieurs pays avec des
accords dits de « représentation
réciproque ». Dans la musique, la
Sacem française représente ainsi
d’autres organismes de gestion collective de droits d’auteur pour négocier avec les diffuseurs.
Cela dit, personne ne s’est risqué à
évaluer ce que ce droit voisin pourrait rapporter in fine à la presse et
aux différents éditeurs. Cela dépendra aussi de la façon dont les Etats
ou la jurisprudence définissent les
« L’article 11 donnant
un droit voisin est
une révolution. »
CHRISTOPHE CARON
Avocat spécialiste de la
propriété intellectuelle
des citoyens », a réagi Siada
El Ramly, de l’Edima, l’association
professionnelle des plates-formes
en ligne. « Celles-ci n’auront d’autre
choix que de filtrer les téléchargements. Cela va mener à des blocages
injustifiés », a abondé le Bureau
européen des consommateurs.
« Personne ne veut tuer Internet »,
a insisté cependant le rapporteur
du texte, l’Allemand Axel Voss
(PPE), juste « garantir un meilleur
partage des revenus » générés, de
plus en plus aspirés par les Gafa. n
Soixante minutes. Mercredi, la
Commission européenne a
dévoilé un projet de règlement
qui va donner des sueurs froides
aux Facebook, Twitter et YouTube : le texte, qui doit encore
obtenir l’aval des Etats membres et du Parlement, ne leur
laisserait qu’« une heure » pour
retirer, sur ordre des autorités
judiciaires nationales, tout message, photo ou vidéo qui « incite
à des actions terroristes, promeut
l’activité d’un groupe terroriste
ou fournit des instructions et
techniques d’actes terroristes ». A
défaut, les plates-formes s’exposeraient à de sévères amendes,
jusqu’à 4 % du chiffre d’affaires
annuel. Une coopération renforcée est exigée avec Europol.
Un cap est franchi. Jusqu’ici,
dans sa lutte contre la haine
e n l i g n e e t l e s f a ke n e ws ,
l’Europe jouait la collaboration
et le « soft power », via des
« codes de conduite » bâtis avec
les géants du Net. Mais le commissaire à la Sécurité, l’Anglais
Julian King, avec l’appui notamment de la France, réclamait
une arme légale sur les contenus
terroristes. Pour la première
fois, les plates-formes seraient
responsables de ce qu’y postent
leurs utilisateurs. C’est une brèche dans leur statut historique
extraits d’articles devant être rémunérés par ce droit voisin, sachant
que les lecteurs se contentent souvent de la titraille d’un article.
Dans la musique et l’audiovisuel,
les professionnels attendent moins
du passage de l’article 13 les concernant dans cette directive. Les industries de la musique et de l’audiovisuel avaient déjà un droit d’auteur
et, même si elles les jugent insuffisamment généreux, des accords les
rémunérant avec YouTube (filiale
de Google) et Facebook. Il y a deux
ou trois ans, la direction de Warner
Music était prête à demander un
retrait de ses clips de YouTube, qui
ne le payait pas assez. Avant d’y
renoncer, sous la pression de ses
musiciens et de ses labels.
Cela dit, la menace – ultime, insistent les ayants droit de la musique –
apportée par la directive de pouvoir
imposer le retrait des contenus permettra au moins d’avoir des retours
plus transparents de la part des plates-formes. « On saura pourquoi un
auteur n’est pas monétisé, pourquoi
des vidéos ne sont pas classées en catégorie musique alors que ce sont des
captations de concerts, etc., explique
David El Sayegh, secrétaire général
de la Sacem. Aujourd’hui, les platesformes nous disent qu’elles n’ont pas
à nous donner ces informations car
elles ne sont que des hébergeurs passifs. » Les ayants droit de la musique
espèrent aussi quand même une
meilleure rémunération. « Un million de streams sur YouTube rapporte 80 euros, contre 1.000 euros sur
Spotify : il y a une marge de progression », dit David El Sayegh. n
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d’hébergeur « passif », aussi
remis en cause dans la directive
sur le droit d’auteur adoptée
mercredi (lire ci-contre). La logique est la même : responsabiliser des acteurs devenus surpuissants. « Les efforts volontaires des
plates-formes ont permis des progrès, mais ils restent insuffisants ;
il faut assurer un retrait dans
l’heure, le laps de temps durant
lequel les messages ont le plus
d’impact », justifie Julian King.
Selon le bilan dressé en mars,
90 % des contenus incriminés
sont repérés, mais leur retrait
peut prendre jusqu’à 24 heures.
Un message fort
Bruxelles durcit aussi le ton
pour envoyer un message fort à
l’opinion avant les élections
européennes. « Les Européens
attendent que nous assurions
leur sécurité », souligne JeanClaude Juncker. La Commission
exige la création d’un « devoir de
vigilance » contre les contenus
terroristes, via « des mesures
proactives » et de « nouveaux
outils ». C’est un appel à généraliser les outils de reconnaissance
et des filtres automatiques des
contenus illicites, pour les
empêcher de proliférer. Le risque, pointé par des défenseurs
d’un Internet « libre », est de
pousser les hébergeurs à filtrer
trop large pour se couvrir, ce qui
écornerait la liberté de parole et
d’opinion. Bruxelles promet
d’imposer en réponse un œil
humain en soutien des outils
informatiques et des mécanismes solides de réclamation en
cas de retrait jugé abusif. — D. P.
24 //
Jeudi 13 septembre 2018 Les Echos
START
UP
REBOND
U
Zendesk poursuit son shopping
parmi les start-up. La société californienne, spécialisée dans la
relation client, avait acquis la jeune pousse
tricolore Bime Analytics et vient cette fois de
s’offrir Base, une pépite américaine qui a
construit un outil à destination des forces de
vente, fondée par Uzi Shmilovici en 2009. Les
termes de la transaction n’ont pas été divulgués, mais celle-ci élargit le champ d’action
de l’entreprise introduite en Bourse en 2014.
13
MILLIONS D’EUROS
Beekeeper a bouclé une levée de
fonds auprès d’Edenred Capital
Partners. La start-up suisse a
développé des outils spécialisés
dans la gestion des ressources
humaines et la communication
entre collaborateurs itinérants.
VOX POPULI
d
« Démarrer une entreprise, c’est un peu
comme se jeter d’une falaise et assembler
un avion durant sa chute ! » Brian
Chesky, cofondateur d’Airbnb en citant Reid Hoffman, PDG et premier investisseur de la licorne
californienne, durant une conférence qui s’est
tenue à Station F.
Les Sprinteuses, un programme pour faire
une place aux femmes dans le sport
SPORTS
Le Tremplin et Willa
accueillent la
troisième promotion
de leur programme.
Il est consacré aux
femmes fondatrices de
start-up dans le sport.
Déborah Loye
@Loydeborah
Pour présenter Les Sprinteuses, les
fondateurs du programme utilisent
toujours la même anecdote, qui n’en
est pas moins marquante : « Dans la
première promotion du Tremplin
– un programme de Paris&Co dédié
au sport – il y avait zéro femme cofondatrice. » « Alors que les marchés
visés par nos start-up comprennent
« Etre entourée
durant six mois
m’a donné un
nouveau souffle. »
LAURE BOUYS
Fondatrice de Yoga Connect
50 % de femmes ! » clame Omar
El Zayat, directeur du Tremplin.
C’est pour pallier ce manque que Le
Tremplin s’est associé à Willa (exParis Pionnières) en 2016. Et leur
programme commun, Les Sprinteuses, a fait son effet. Presque trois
ans plus tard, Le Tremplin peut se
vanter de compter 25 % de start-up
fondées ou cofondées par des femmes dans ses effectifs.
sportifs. « Il s’agit d’une expérience
très enrichissante pour les jeunes,
mais ils ne savent pas à qui s’adresser
pour trouver une activité de bénévolat », explique la cofondatrice
Marjorie Daniel. Avec Thibaut Gautier, elle développe une plate-forme
de mise en relation entre les organisateurs et les bénévoles.
Plus de 100 heures
d’accompagnement
Tournées vers le B to C, les deux dernières jeunes pousses de cette promotion développent une place de
marché de vêtements de sport pour
femmes pour Madame Sportive,
ainsi qu’une application permettant de réserver des séances de coaching en extérieur à seulement
15 euros pour Ilycoach.
Encore très jeunes, ces start-up
ont pour horizon les Jeux Olympiques de 2024, qui devraient générer nombre d’opportunités à saisir.
D’ici là, elles devront trouver les
financements pour se développer,
qui ne coulent pas à flots dans le secteur du sport. « Le sport est un excellent milieu pour tester des innovations, mais il s’agit encore d’un petit
marché en France. L’idéal est de
développer des solutions transposables à d’autres secteurs », conseille
Laurent Damiani, fondateur du
fond Inspiring Sport Capital. n
Trois start-up issues de la deuxième
promotion des Sprinteuses ont
intégré l’incubateur de Paris&Co
cette année : Horsicar, Preppy
Sport et Yoga Connect. Pour la
fondatrice de cette dernière, Laure
Bouys, Les Sprinteuses a eu un vrai
impact. « J’ai créé Yoga Connect, qui
permet de prendre des cours de yoga
en ligne, toute seule en 2015. Etre
entourée durant six mois m’a donné
un nouveau souffle, et l’encadrement
mis à disposition m’a permis d’aller
vers ma première levée de fonds, qui
est en cours », explique la jeune
entrepreneuse.
Cinq nouvelles start-up sont sur
le point de profiter de ce programme de six mois, qui comprend
plus de 100 heures d’accompagnement collectif et individuel. Représenté par sa CTO, Kassandre Pedro,
Les Jeux Olympiques
de 2024 à l’horizon
Horsicar, Preppy Sport et Yoga Connect sont les trois start-up issues de la deuxième promotion
des Sprinteuses à avoir intégré l’incubateur de Paris&Co cette année. Photo Le Tremplin
passée par l’école 42 et GitHub, Seacher est une plate-forme permettant aux écoles de surf de gérer leurs
agendas et aux aficionados de réserver des sessions. Il est sur le point
d’être testé par cinq écoles du Pays
basque, et devrait être commercialisé début 2019.
Dirigée par une professeure de
yoga, Katia Seddiki, la jeune pousse
Fair y Desk souhaite elle aussi
régler des problèmes d’agendas,
mais du côté des salles de sport.
« En tant que prof, j’ai souvent été
confrontée à des problèmes de gestion des remplacements », souligne-
Easyrecrue développe son offre
avec le rachat de PlayBots
scripté par la start-up pour un client
comprend une vingtaine de questions qui vont aider l’entreprise à
diriger un candidat sur son site
Internet. Selon la jeune pousse,
interagir avec un robot conversationnel ne pose aucun problème
aux deux tiers des candidats qui se
présentent sur un site employeur.
RESSOURCES
HUMAINES
La start-up spécialisée
dans les solutions
vidéo pour les
ressources humaines
va proposer un robot
afin que ses clients
puissent répondre
à leurs candidats.
Croissance attendue
à l’international
Guillaume Bregeras
@gbregeras
Bientôt, lorsqu’un candidat se rendra sur le site d’annonces d’emplois
d’une entreprise, ce sera un chatbot
(un robot conversationnel) qui lui
répondra. Ce futur désormais palpable est rendu possible par la
pépite française PlayBots, qui édite
des modules personnalisables et
que vient d’acquérir Easyrecrue.
« Nous étions en réflexion depuis le
début de l’année sur cette question
des chatbots, explique Michael
Cabrol, cofondateur d’Easyrecrue.
Soit nous le développions nous-mêmes, soit nous menions une acquisition et nous avons penché pour la
seconde option. »
Un modèle d’abonnement
mensuel pour les RH
Easyrecrue, qui ne dévoile pas le
montant de l’opération – qui serait
inférieur au million d’euros –, a
été séduit par le design du produit et
Les deux tiers des candidats présents sur un site employeur
accepteraient d’interagir avec un robot. Photo Getty Images/iStockphoto
sa très bonne ergonomie, à la fois du
côté candidat, mais aussi de celui de
l’employeur. Cette force s’avère être
une clef pour les entreprises clientes de la start-up, qui peuvent, grâce
à cet outil, mieux trier les candidatures spontanées dans un premier
temps. « Beaucoup d’agences proposent des chatbots sur mesure, alors
que nous sommes désormais capa-
bles de rendre leur mise en place plus
industrielle afin de rendre nos clients
les plus autonomes possible », précise le startuppeur.
Le modèle économique est déjà
prêt et repose sur le nombre de conversations qui seront engagées chaque mois via le robot, pour un tarif
mensuel qui démarre à partir de
2.000 euros. Le scénario de base
Cette nouvelle pièce du puzzle participe à la croissance d’Easyrecrue,
qui assure être en mesure de franchir les 10 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2019 et 50 millions
en 2022. « Les budgets que l’on gagne
sont de plus en plus importants,
détaille Michael Cabrol. Désormais, nous concourons à des appels
d’offres supérieurs à 100.000 euros
toutes les semaines. » Cette tendance de marché à la hausse renforce également la stratégie de la
jeune pousse, qui réalise déjà 30 %
de son chiffre d’affaires à l’international, et qui veut le porter à 50 %
d’ici à 2019. L’Allemagne et les
Emirats arabes unis avec Dubaï
sont les deux pays en cours d’étude.
L’approche d’Easyrecrue est de tester le marché depuis la France puis
d’y ouvrir un bureau une fois qu’un
minimum d’affaires peuvent y être
conclues. Mais la jeune entreprise
ne s’interdit pas non plus de se lancer dans un nouveau pays via une
opération de croissance externe et
avoue avoir déjà consulté une vingtaine de dossiers. n
t-elle. Chez Les Sprinteuses, elle
vient chercher « des personnes qui
ont des compétences techniques,
complémentaires à [sa] bonne connaissance du marché ».
Du côté de Vo l u n t e e r s Fo r
Sport, on s’intéresse au manque de
bénévoles dans les événements
Bird Office lève
5 millions pour des
événements corporate
ÉVÉNEMENTIEL
La start-up fondée
en 2014 boucle
une nouvelle levée
de fonds pour
accélérer son
développement
commercial.
Depuis quatre ans, Bird Office
offre aux entreprises la possibilité d’organiser des événements
clefs en main. Elle compte
aujourd’hui 9.000 clients, dont
Nike, Dyson ou Guerlain. « Nous
leur permettons de réserver un
lieu instantanément, et nous
nous occupons du traiteur, des
chambres d’hôtel dans le cas des
séminaires résidentiels, et des
activités », détaille le cofondateur de l’entreprise Arnaud Katz.
Parmi les demandes les plus originales pour animer les très en
vogue séances de team building,
des cours de yoga , ou encore des
séances d’escape game !
Pour permettre aux entreprises de sortir du cadre de leur
bureau, la jeune pousse vient de
boucler un deuxième tour de
table de 5 millions d’euros
auprès de Caphorn Invest,
Raise Ventures et BNP Paribas
Développement. En janvier 2016, Bird Office avait déjà
levé 1,2 million d’euros.
Présente en France, en Belgique, en Suisse et à Londres,
l’entreprise pourrait s’étendre à
d’autres pays d’Europe, mais
dans un deuxième temps.
« Pour le moment, nous allons
utiliser ces fonds pour engager
un vrai développement commercial », précise Arnaud Katz.
L’entrepreneur affirme avoir
développé une technologie proposant un service « digne d’une
horloge suisse » au meilleur
prix. « Les entreprises réunissent de plus en plus leurs collabo-
Bird Office compte
9.000 clients, dont
Nike ou Guerlain.
rateurs, et exigent contrôle et traçabilité des dépenses liées aux
événements en équipe. Bird
Office leur apporte le meilleur
outil et la meilleure offre du marché », corrobore Clara Audry,
directrice de l’investissement
c h e z C a p h o r n I nve s t , q u i
affirme avoir fait partie des premiers clients de la jeune pousse
il y a quatre ans.
Agés de vingt-neuf ans, les
cofondateurs Arnaud Katz et
Michael Zribi se sont rencontrés
sur les bancs de HEC, avant
d’être rejoints par leur actuel
CTO Kévin Dréno, d’un an leur
aîné. — D. L.
// 25
Les Echos Jeudi 13 septembre 2018
en
direct
HLM : Rennes tente
le loyer unique
PAYS DE LA LOIRE Le groupe
BRETAGNE Rennes Métropole a
Bel a engagé un investissement
de 27 millions d’euros sur son
usine de fromage basée à Evron
(Mayenne) pour accroître sa
capacité de production de Mini
Babybel de 20 %. Le bâtiment de
conditionnement va être étendu,
et une ligne de production automatisée. L’usine produit 1,4 million de minifromages.
instauré un loyer unique pour
ses 30.000 logements sociaux.
Depuis septembre, le loyer d’un
nouveau locataire est identique
pour un T3 dans le centre-ville
de Rennes, à Chartres-de-Bretagne, ou dans les 43 communes
que comptent la Métropole. Un
dispositif qui s’inscrit dans la loi
Egalité et citoyenneté de 2016.
Aurimages
PME
&REGIONS
Bel agrandit son
usine en Mayenne
L’objectif de la collectivité est de
rétablir une politique de mixité
sociale, et d’éviter de concentrer
dans les mêmes quartiers aux
immeubles HLM présentant les
loyers les plus bas les populations aux revenus les plus faibles. Rennes s’est engagé à construire 1.000 logements sociaux
neufs sur la période 20152020. Le niveau de loyer dans
le logement social est lié aux
financements et aux années de
construction.
Le Maroc, nouveau terrain de chasse des PME
l Si elles étaient 500 en 2009, les PME françaises implantées au Maroc sont aujourd’hui près d’un millier.
l Outre les salaires moins élevés et une politique fiscale avantageuse, le pays se vend aussi comme
une plate-forme vers l’Afrique subsaharienne.
Les sardines Connétable
ouvrent une deuxième
usine de transformation
INVESTISSEMENT
Le Maroc, à trois heures de vol de
Paris, est devenu un nouveau territoire de conquête des entreprises
françaises. Avec plus d’un millier de
PME, contre environ 500 en 2009,
700 filiales, 100.000 emplois et un
stock d’investissements estimé à
15 milliards d’euros, les sociétés de
l’Hexagone figurent en tête des opérateurs étrangers. La quasi-totalité
des entreprises du CAC 40 y sont
présentes : Alstom, chargé du projet
du tramway et du TGV au Maroc ;
France Télécom, entré dans le capital de Meditel, deuxième opérateur
mobile marocain ; et Renault, à Tanger. Les franchises françaises (Fauchon, FNAC, Leader Price…) y ont
également posé leurs jalons.
Près de la moitié des
volumes de sardines mises
en boîte par la conserverie
bretonne Chancerelle,
plus connue par sa marque
Connétable, proviennent
du Maroc. L’entreprise
y investit 4 millions d’euros.
Stanislas du Guerny
— Correspondant à Rennes
Exonération d’impôt
sur les sociétés
La France représente un tiers des
investissements directs dans le
pays, malgré la montée des investisseurs du Moyen-Orient ou d’Asie.
Et le pays est le premier bénéficiaire des concours de l’Agence
française de développement (AFD),
à travers sa filiale Proparco, dédiée
au financement du secteur privé et
des PME-TPE…
Pour un investisseur étranger,
l’atout du pays est sa politique fiscale et économique, avec une exonération totale de l’impôt sur les
sociétés durant les cinq premières
années, et d’un impôt à taux réduit
de 17,5 % ensuite. « Le salaire moyen
au Maroc est de 400 euros, ce qui per-
La France représente un tiers des investissements directs au Maroc. Photo Shutterstock
met de réduire les coûts », ajoute
Antoine de Gaullier, chef de projet
Afrique et Moyen-Orient. « Nous
avons décidé de nous installer à Casablanca pour augmenter notre capacité de production avec la présence
dans le pays d’équipes qualifiées pour
réaliser des images 3D, du fait notamment de l’implantation quelques
années auparavant d’Ubisoft. En
revanche, les budgets marketing des
Danone baisse le prix du lait
Objet d’une campagne de boycott contre la cherté de la vie
qui a visé trois marques dont le groupe agroalimentaire,
Danone a décidé de baisser de presque 9 % le prix de certaines briques de lait pasteurisé et de lancer un format économique de 470 ml de lait écrémé. Le groupe dirigé par
Emmanuel Faber a mené une campagne de concertation
auprès de 100.000 personnes dans différentes villes. « Il n’y
a aucune explication rationnelle du boycott et plutôt que
d’essayer de le comprendre, on a essayé de l’entendre avec
cette consultation : on a entendu qu’il y a des gens en difficulté
financière, il y a une question de pouvoir d’achat », a expliqué
Didier Lamblin, le directeur général de Centrale Danone.
promoteurs ou investisseurs immobiliers y sont moins élevés », raconte
Jean-Maxime Gil, cofondateur de la
société Realiz3D, une entreprise
spécialisée dans la réalisation
d’images 3D pour le bâtiment.
Mohamed El Kettani, président
d’Attijariwafa Bank, la première
banque au Maroc et en Afrique,
souligne l’existence du partenariat
signé entre son établissement
et bpifrance qui permet d’accompagner les PME françaises et marocaines. Il insiste sur le fait que le
royaume est une plate-forme à
l’export de par sa situation géographique et la signature d’accords de
libre-échange permettant l’accès à
plus de 55 marchés, dont l’Union
européenne et les Etats-Unis. Le
pays a récemment demandé son
adhésion à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de
l’Ouest, une zone économique intégrée de 15 pays formant un marché
de 350 millions d’habitants. « L’accroissement spectaculaire de la pression urbaine en Afri-
15
MILLIARDS D’EUROS
L’investissement estimé des
entreprises françaises au Maroc.
Les principaux fabricants français
de sardines en boîte ne disposent pas de suffisamment de poissons au large des côtes françaises.
Ils se tournent donc vers le Maroc
où les sardines abondent alors que
la main-d’œuvre est nettement
moins chère.
L’entreprise finistérienne Chancerelle, plus connue par sa principale marque Connétable, est installée au port d’Agadir depuis des
années. Dans le port de Laâyoune,
situé au sud du Maroc, Chancerelle
achève un investissement de 4 millions d’euros dans la construction
d’une usine de 4.000 mètres carrés
où vont travailler une centaine de
personnes.
marocains ont signé des accords
avec l’entreprise bretonne qu’ils
fournissent en sardines. La glace
nécessaire pour la conservation à
bord des poissons leur est apportée
par Chancerelle. « Cela représente un
coût mais évite les caisses de poissons
stockées à température ambiante. »
Près de la moitié des sardines
traitées et mises en conserve par
Chancerelle le sont dans son usine
d’Agadir – nommée Belma – qui
compte plus de 1.000 salariés. La
conserverie a fait le choix depuis
2009 de s’installer au Maroc.
Création de 100 emplois
à Douarnenez
Une stratégie qui ne l’empêche pas
d’investir à son siège social de
Douarnenez (Finistère) où la direction programme un investissement
de 6 millions d’euros, soit le double
de 2017. « Des équipements industriels supplémentaires sont prévus »,
continue Jean-François Hug, qui
annonce aussi la création
d’une centaine d’emplois à court
terme. Chancerelle contrôle désormais 10 % du marché français des
ventes de sardines en boîte.
que ouvre de larges perspectives pour
investir ensemble dans les infrastructures urbaines, de sorte à doter
les villes africaines de moyens de
transport efficaces, de services efficients en matière de distribution
d’eau et d’électricité, de logements
adaptés, d’une connectivité digitale
adaptée », souligne-t-il. « Le pays est
une porte d’entrée vers l’Afrique avec
des échanges de plus en plus importants avec les pays d’Afrique subsaharienne », ajoute de son côté Philippe Confais, directeur de la
Chambre française de commerce et
d’industrie du Maroc.
— Ghizlaine Badri
M2I Biocontrol veut séduire les agriculteurs
marocains avec ses phéromones
La PME dont le siège
se trouve à Saint-Cloud
négocie avec les autorités
son homologation. Objectif :
vendre aux agriculteurs
locaux mais aussi en
Afrique subsaharienne.
L’entreprise parisienne M2I spécialisée dans la lutte biologique
contre les pestes agricoles prévoit
une installation au Maroc dans les
douze prochains mois. Travaillant
déjà avec Maïsadour, une coopérative agricole française du SudOuest implantée dans le royaume
chérifien, elle a pour objectif de
vendre aux agriculteurs locaux
mais vise aussi l’Afrique subsaharienne. Le bio contrôle consiste à
utiliser des mécanismes naturels
pour protéger les végétaux. Le
Maroc a mis en place un plan de
développement de son agriculture
qui fait vivre près de 40 % des
34 millions d’habitants et reste le
premier contributeur au PIB
devant l’industrie et le tourisme.
Homologation en cours
L’homologation par les autorités de
sécurité sanitaire des produits de la
PME française est en cours et le
groupe espère rapidement
s’implanter sur place. « Notre cœur
de métier est la protection des parcs et
jardins. Nous protégeons les buis du
château de Versailles, les palmiers de
la croisette à Cannes, et les pins de la
ville de Nice » explique le directeur
général Philippe Guerret. « Une
tomate marocaine, c’est 30 passages
de pesticides avant d’arriver en
France. Nous avons une vingtaine de
produits sur lesquels nous pouvons
déjà commencer à agir » ajoutet-il. L’entreprise, dont le siège social
se trouve à Saint-Cloud, vise aussi
bien les exploitations familiales que
les grandes installations. Elle espère
aussi atteindre le reste de l’Afrique
avec ses produits contre les maladies de la mangue et du coton.
Fabricant d’actifs pharmaceuti-
ques pour des médicaments tels
que le Synthol et le Vogalène, M2i a
développé une activité de bio contrôle. Elle propose une soixantaine
de références à base de phéromones pour traiter des cultures très
diverses comme la vigne, le maïs, le
soja. Et détient un laboratoire de
recherche sur la plate-forme de
Lacq (Pyrénées-Atlantiques), un
site de production de principes
actifs à Salin-de-Giraud (Bouchesdu-Rhône) et un centre de fabrication de produits finis à Parnac
(Indre). Une première levée de
fonds a été réalisée l’an dernier à
hauteur de 1,2 million d’euros avec
le fonds Idinvest Partners. — G. B.
Installée depuis des années à Agadir, l’entreprise bretonne
construit une usine de 4.000 mètres carrés à Laâyoune, au sud
du pays. Elle y emploiera une centaine de personnes. Photo DR
« Ce site, indique Jean-François
Hug, le PDG de Chancerelle, nous
permettra de transformer les sardines
dès que les bateaux accosteront afin de
maintenir la chaîne du froid et de contrôler au plus vite leur qualité. » Elles
seront nettoyées, éviscérées puis
placées dans de la glace avant leur
transport en camion vers la conserverie Chancerelle à Agadir, dont les
produits sont dédiés aux marques
des distributeurs et à l’export. Une
trentaine de patrons chalutiers
L’entreprise, qui a dégagé un
chiffre d’affaires de 145 millions
d’euros en 2017, met en avant son
positionnement premium, sa marque Connétable et ses innovations.
Si les sardines restent largement en
tête de ses fabrications, elle se
diversifie dans le thon, le foie de
morue mais aussi les maquereaux.
Elle vient de lancer une conserve
Label rouge à base de ce poisson
sans arêtes. « On y travaille depuis
trois ans », insiste le PDG. n
26 // PME & REGIONS
Jeudi 13 septembre 2018 Les Echos
DE TEMPS EN MOINS
d’un cinquième, contre 42 % pour
Saint-Etienne, 47 % pour Poitiers
ou 52 % pour Bordeaux. La proportion des retards des vols affrétés par
Hop! ou Air France entre Clermont
et Paris a doublé en trois ans et 15 %
des retards ont plus de 30 minutes.
Dpa Picture-Alliance/AFP
21 %
entre Paris et Clermont-Ferrand
par le train. L’association Objectif
Capitales, qui milite pour une
meilleure desserte de la préfecture
du Puy-de-Dôme, a calculé
qu’entre 1968 et 2018, la durée de
trajet entre les deux villes a baissé
innovateurs
La fibre avance
en zones rurales
CENTRE-VAL-DE-LOIRE La
Banque des Territoires entre
à hauteur de 30 % du capital de
la société de projet Val de Loire
Fibre, filiale de TDF et opérateur
d’infrastructures numériques.
Cet investissement a pour
objectif de soutenir le déploiement du très haut débit dans
les zones peu denses de l’Indreet-Loire et du Loir-et-Cher.
Advicenne autorisé
à mettre son anesthésiant
pédiatrique sur le marché
La compagnie du Ponant accélère
avec National Geographic
Le croisiériste
de luxe va enrichir
son catalogue de plus
d’une centaine
d’itinéraires inédits.
Paul Molga
— Correspondant à Marseille
La compagnie du Ponant a son idée
pour remplir les six nouveaux navires Explorers qui doivent enrichir
sa flotte d’ici à 2021 : multiplier les
partenariats médias pour ouvrir
des routes inédites susceptibles de
ravir les amateurs de vacances culturelles. Le leader mondial de la
croisière de luxe (185 millions
d’euros de chiffre d’affaires) vient de
signer un accord avec la marque
National Geographic pour créer en
quatre ans 130 nouveaux itinéraires
s’inspirant de plus d’un siècle
d’explorations sur toutes les mers et
terres du globe.
Concrètement, les deux partenaires concevront ensemble de
nouveaux programmes de voyage
qui seront animés par des experts
de l’organisation scientifique américaine. Sept sont déjà au menu l’an
Les nouveaux voyages seront animés par des experts de National
Geographic. Photo Studio Ponant-Nathalie Michel
prochain avec un tarif par personne
débutant à 3.030 euros. Les autres
suivront au rythme d’une trentaine
de nouvelles offres chaque année.
« Cette collection exclusive va nous
permettre d’incarner notre interprétation de l’art de voyager en mer en
conjuguant l’exploration de sites
connus de seuls initiés, l’accès à des
ports secrets inabordables pour les
grands navires, et une ambiance intimiste et raffinée », explique Hervé
Bellaïche, directeur général adjoint
en charge du marketing de Ponant.
Ses nouveaux yachts, longs de
130 mètres pour 92 cabines et suites, seront dotés d’un salon sousmarin conçu par l’architecte Jacques Rougerie.
Multiplier les partenariats
National Geographic complète un
catalogue de partenariats déjà bien
fourni. Près de 40 % des croisières
Ponant (197 en 2017) sont organisées en asso ciation avec des
médias, tel que « Lire », Radio Classique ou « Géo ». « Nous allons
multiplier et diversifier ces accords
avec des musées et des lieux de vie
culturels : opéras, festivals… »,
poursuit Hervé Bellaïche. La compagnie a, par exemple, signé l’organisation d’une « croisière d’art »
avec Christie’s.
Grâce à ces nouvelles signatures,
Ponant, qui renouvelle déjà un tiers
de ses itinéraires chaque année, va
pouvoir suivre le rythme de croissance qu’il s’est imposé : réaliser
350 croisières en 2019, et 460 en
2021. A cette date, la compagnie
marseillaise sera le plus gros acteur
de la navigation de luxe, un segment qui occupe seulement 3 % du
marché de la croisière mais qui
enregistre une hausse annuelle de
10 à 15 %. Elle devrait alors avoir
doublé ses ventes (185 millions
d’euros en 2017) et le nombre de ses
passagers (30.500 l’an passé).
Ponant attend également beaucoup du navire brise-glace « Commandant Charcot » qui doit lui être
livré en 2021 pour toucher le pôle
Nord. Ouvertes depuis la semaine
dernière, les préréservations ont
mobilisé son centre d’appels
comme rarement. n
Masquer le mauvais goût
DR
PACA
17 ans avant un diagnostic ou
une petite intervention. Sa particularité : une administration
orale, alors que seule la voie
intraveineuse existe aujourd’hui
en anesthésie pédiatrique.
LA STRATÉGIE
ADVICENNE
Date de création : 2007
PDG : Luc-André Granier
Effectif : 25 personnes
Secteur : biopharmacie
Hubert Vialatte
— Correspondant à Montpellier
Spécialisée dans le développement de traitements innovants
pour les maladies neurologiques et néphrologiques, Advicenne annonçait, mercredi soir,
avoir obtenu le feu vert des autorités européennes pour mettre
sur le marché son anesthésiant
pédiatrique. L’ADV6209 sera
distribué par le Suisse Primex
Pharmaceuticals, qui en a
acquis les droits dans le cadre
d’un accord de licence avec la
société nîmoise cotée. Commercialisée sous le nom Ozalin, cette
solution liquide qui a été développée en collaboration avec le
centre hospitalo-universitaire
d’Amiens, est dédiée à la sédation modérée d’enfants de 6 à
Aéronautique : Rafaut change de dimension
Le mécanicien de
précision, fournisseur
de l’A320 et du Rafale,
a été cédé par son
fondateur au fonds
français HLD en juillet
Stéphane Frachet
— Correspondant à Tours
A peine cédé par son fondateur Jacques Rafaut, le mécanicien de précision éponyme concrétise ses projets. Désormais contrôlé à 60 % par
le fonds d’investissement français
HLD, Rafaut dispose d’un pactole de
qui cible des moyens de production
en usinage, et un bureau d’études
dans l’aéronautique civile afin de
renforcer ses équipes de Villeneuvela-Garenne (Hauts-de-Seine), tournées vers la Défense.
20 millions investis
à Valenciennes
D’autre part, ce fournisseur des
fixations de munitions sous les
Rafale et Mirage 2000 et de commandes de vol pour Airbus posera
la première pierre d’une nouvelle
usine de 10.000 mètres carrés à
Valenciennes (Nord) début octobre. L’investissement de départ
avoisine vingt millions d’euros,
hors équipements ultérieurs. Dès
le second semestre 2019, une vingtaine de salariés seront à pied
d’œuvre et une soixantaine à
terme. L’entreprise emploie actuellement 140 salariés.
Dans le même temps, l’industriel vient de racheter à la ville de
Salbris (Loir-et-Cher) des bâtiments industriels. Après une
extension en 2016 pour 1,5 million
d’euros, un nouvel agrandissement
est prévu à court terme. Machines
et immobilier compris, l’enveloppe
est de 3 millions d’euros. Equipementier de rang 1 d’Airbus et Dassault, Rafaut a réalisé un chiffre
d’affaires de 44,3 millions d’euros
en 2017. « Notre stratégie est de
mieux exporter notre savoir-faire
auprès des flottes étrangères »,
avance Bruno Berthet, qui vise un
objectif de 50 millions d’euros à
court terme. n
Apiterra place ses ruches en entreprise
LA PME À SUIVRE
ÎLE-DE-FRANCE
Effectif : 12 salariés
Chiffre d’affaires : 1 million
Activité : services
Dominique Malécot
dmalecot@lesechos.fr
L’idée peut surprendre mais ça marche. Lancée en 2010 Apiterra a installé quelque 500 ruches dans
280 entreprises et collectivités. Et
cette entreprise de Montreuil (SeineSaint-Denis) a certainement beaucoup contribué au développement
des ruches urbaines. Mais son fondateur, Ronan de Kervénoaël, se
défend de tout effet de mode. Après
une carrière dans la distribution
pour des multinationales, il décide
de monter sa propre affaire. Elle
devra allier province et biodiversité
pour répondre à ses aspirations. Il
prend un court congé sabbatique
pour étudier plusieurs possibilités et
choisit l’apiculture. Non pas pour
suivre une mode comme d’autres se
lancent dans la viticulture mais pour
participer au sauvetage des abeilles.
« Sur les 150 espèces végétales qui
entrent en ligne de compte dans notre
alimentation, 80 à 90 % ont besoin
des abeilles pour leur pollinisation.
Or, elles sont menacées. On évoque les
pesticides, l’agriculture extensive, le
frelon asiatique… Tout cela, existe
mais il y a aussi certainement d’autres
causes, comme ces apiculteurs qui
travaillent dans leur coin, sans se soucier de l’état sanitaire de leurs essaims
qui contaminent les autres », regrette
Ronan de Kervénoaël.
Des demi-ruches
Apiterra a donc développé une activité d’élevage d’essaims sur différents territoires, passé deux conventions avec l’Inra d’Avignon, validé
ses méthodes avec un vétérinaire
spécialisé… Résultat, il propose à ses
clients une prestation de services.
« Les ruches restent ma propriété,
j’endosse toutes les responsabilités
légales liées à l’exploitation, je récolte
le miel et, après analyse pollinique, je
le mets en pots à l’effigie de l’entreprise. Nous assurons aussi des animations sur le miel, les abeilles, l’apiculture… », indique le dirigeant. Ses
clients peuvent y greffer des projets
de communication interne comme
externe et améliorer leur bilan RSE.
Apiterra qui a terminé 2017 sur
1 million d’euros de chiffre d’affaires, en hausse de 30 %, avec 12 salariés, cherche maintenant à élargir
sa clientèle. Outre les animations
pour les écoles, elle propose désormais aux entreprises des demi-ruches à des tarifs attractifs. Installées
à l’abri des Mûrs à pêches de Montreuil, elles reviennent moins cher,
notamment car les apiculteurs qui
les entretiennent ne perdent pas de
temps pour se rendre chez le client.
Il reçoit sa part de la production et
peut organiser des animations
autour du miel et des abeilles qui,
les études le montrent, se portent
mieux en ville qu’à la campagne. n
Colornat en quête
du colorant naturel pour
l’industrie cosmétique
Chloé Perez
CENTRE
VAL DE LOIRE
plusieurs dizaines de millions
d’euros grâce à une augmentation
de capital. Le montant de l’opération, annoncée début juillet, n’avait
pas été révélé.
HLD, soutenu et financé par plusieurs grandes fortunes, dont
Claude Bébéar, fondateur des assurances AXA, Norbert Dentressangle, la famille Decaux et Jean-Pierre
Mustier, PDG d’UniCredit, a été
suivi par le fonds Aerofund-Ace
Management (15 %) et Etoile ID
(10 %) du Crédit du Nord. Jacques
Rafaut et le management complètent le tour de table. « L’opération
nous permet de disposer de plusieurs
dizaines de millions d’euros pour réaliser des acquisitions dans notre cœur
de métier en France et en Europe »,
indique le président Benoit Berthet,
Les substances chimiques utilisées, dont le midazolam, ayant
« très mauvais goût, il a fallu les
masquer, ce qui a été difficile »,
explique Luc-André Granier,
PD G et directeur médical
d’Advicenne. « Nous avons
encapsulé les substances pour
aboutir à un produit liquide sans
goût ». Le marché annuel est
estimé, pour Primex, entre « 100
et 350 millions d’euros », et
l’accord signé permettra à Advicenne de bénéficier d’un retour
financier global – paiements
d’étapes et royalties – se chiffrant
en dizaines de millions. « C’est
un aboutissement, après dix ans
de travail de développement et de
procédures d’enregistrement »,
estime Luc-André Granier. « Je
ne pense pas que beaucoup de
petites sociétés françaises cotées
aient pu amener jusque sur le
marché un produit entièrement
développé par elles-mêmes. »
Fin 2018, la biotech nîmoise
déposera auprès de l’Agence
européenne du médicament le
dossier d’AMM pour un autre
traitement, l’ADV7103, dédié à
deux maladies rénales rares
(ATRd et cystinurie), qui devrait
être commercialisé à l’horizon
2020. D’ici là, Advicenne prévoit
de doubler son effectif. n
LE PROJET
COLORNAT
Date de lancement : 2018
Partenaires : Sensient,
BGene, TWB, Cosmetic Valley
Budget : 2,7 millions d’euros
Secteur : biotechnologies
Léa Depont
— Correspondante à Lyon
Trois ans pour trouver le Graal
de l’industrie cosmétique : des
colorants biosourcés. C’est
l’objectif de Colornat, qui associe
la multinationale Sensient, la
biotech grenobloise BGene et le
Toulouse White Biotechnology
(TWB), dans ce projet labellisé
FUI, porté par le pôle de compétitivité Cosmetic Valley. La filière
française de la beauté, premier
exportateur mondial, est le
deuxième contributeur de la
balance commerciale tricolore.
Sur ce marché mondial florissant de 425 milliards de dollars
(+4 % par an), la couleur est un
segment primordial (121 mil-
lions) pour le maquillage et les
teintures capillaires. Il s’agit de
substituer à des molécules
issues de la pétrochimie des
molécules identiques synthétisées par des micro-organismes.
A charge pour BGene d’identifier dans la nature ces bactéries
– non pathogènes – capables de
fabriquer des molécules approchantes. Et de les reprogrammer en laboratoire pour qu’elles
synthétisent la formule chimique requise, déjà agréée par la
réglementation.
Produire en France
Objectif : obtenir trois molécules
plates-formes, à partir desquelles il sera possible de décliner
une dizaine de molécules finales. Ces petites usines vivantes,
cultivées par milliards à l’échelle
industrielle, ne requièrent que
du glucose pour fonctionner.
« Au-delà d’offrir une alternative
à la chimie lourde, ce procédé non
polluant permettrait aussi de relocaliser la production de ces colorants high-tech en France, et
d’apporter encore plus de valeur
ajoutée aux exportations », explique Christophe Masson, directeur adjoint de Cosmetic Valley.
Avec ce projet doté de 2,7 millions d’euros d’investissements,
dont 1,3 de subventions, BGene
change de dimension. Il se lance
dans le développement de son
propre portefeuille de produits,
aidé par une récente levée de
fonds de 3 millions d’euros
auprès d’un « family office ». n
LES ECHOS ENTREPRENEURS // 27
Les Echos Jeudi 13 septembre 2018
Prix de l’entrepreneur de l’année
2018
Le prix de l’Entrepreneur de l’année, organisé par EY, en partenariat HSBC, Verlingue, Steelcase et bpifrance
est l’occasion de publier un baromètre des entreprises 2018. Selon le cabinet EY, l’entrepreneuriat traverse une
période favorable à la transformation numérique et à l’internationalisation des entreprises.
Des entrepreneurs qui conjuguent
transformation et performance durable
H
En 2017, 2.100 entreprises ont bénéficié de fonds de capital investissement, à hauteur de 14 milliards d’euros. Photo Shutterstock
au cours des douze prochains mois.
Ils annoncent à cette occasion leurs
ambitions internationales, un tiers
déclarant que l’entrée sur un marché étranger est pour eux une priorité stratégique. Voilà qui ferait du
bien au plateau de notre balance
commerciale, qui trempe dans le
rouge depuis 2003. L’an dernier
encore, avec 120.000 entreprises
exportatrices, le déficit français s’élevait à 62 milliards d’euros, alors que
l’Italie flamboyait avec 47 milliards
d’euros d’excédent, et que l’Allemagne caracolait avec 245 milliards audessus de la barre.
Moins de freins
Les entreprises françaises ont
d’autant plus intérêt à prendre le
tournant qu’elles bénéficient en ce
moment d’un bon alignement des
planètes. Certes, les dirigeants
déplorent encore que leur faible
trésorerie, régulièrement en tension, constitue un frein à leur croissance. Mais « les PME sont moins
réticentes à s’endetter, ou à ouvrir
leur capital. En outre, les sources de
financement sont multiples et faciles,
ÎLE-DE-FRANCE // Guidé par son pragmatisme et son goût du challenge,
Gérard Deprez a fait d’une belle PME une grande entreprise.
Il reçoit le prix de l’Entrepreneur de l’année 2018 pour l’Ile-de-France.
Gérard Deprez (Loxam)
cultive la passion
de la croissance
O pour location, XAM pour
S ociété armoricaine de
matériel. En France, tous les
ouvriers des travaux publics ont
aperçu un jour sur leurs chantiers
le logo rouge à écrou hexagonal de
la société Loxam, leader de la location de matériel de chantier en
Europe. Créée en 1967 en Bretagne,
passée entre les mains des groupes
Lyonnaise des Eaux, puis Holderbank, avant de redevenir indépendante, cette entreprise est dirigée
depuis 1986 par Gérard Deprez, âgé
de soixante quatre ans.
L’entrepreneur détient 80 % du
capital, le reste revenant au management (15 %), et à Sparring Capital
(5 %). « Loxam est mon unique passion », confie avec enthousiasme ce
boulimique du développement, qui
conserve la modestie de ceux dont
l’entreprise a affronté les vents
contraires jusqu’à leur prouver que
rien n’est jamais acquis. « Nous
sommes en permanence dans une
L
`
Sensible au numérique
SUR
LE WEB
autres lauréats du palmarès régional IDF 2018
•surLesentrepreneurs.lesechos.fr
Innothea Prix de l’entreprise globale
Interparfum Prix de la vision stratégique
Vegas Prix de l’entreprise familiale
Phenix Prix de l’engagement sociétal
Algaia Prix Born Global
Ynsect Prix de la stratégie disruptive
START-UP
Ledger sécurise
la cryptomonnaie
Implantée aux EtatsUnis, la start-up de
l’année Ile-de-France a
parié sur l’explosion de
la cryptomonnaie pour
lancer un portefeuille
numérique sécurisé
produit dans le Cher.
logique de challenge et de progression », explique Gérard Deprez.
« Cela implique de prendre des risques et des décisions difficiles. Lors de
la crise des “subprimes”, j’ai eu quelques nuits pénibles. » Ses choix ont
finalement payé. Il y a trente ans, la
PME comptait 250 personnes.
Aujourd’hui, elle en emploie 8.000,
et pèse 1,4 milliard d’euros de chiffre
d’affaires.
Progressivement, le chef d’entreprise a déployé ses tentacules partout en France, en acquérant des
agences de location ou en en créant
de nouvelles. A partir de 1997, allongeant le pas hors de France, Gérard
Deprez a implanté Loxam en
Europe, puis au-delà. Son drapeau
flotte désormais en Angleterre, au
Maroc, au Brésil, et jusqu’au
Moyen-Orient. Pour l’entrepreneur,
cette diversification doit permettre
à l’entreprise de s’accorder au
positive Guillaume Cornu.
Aujourd’hui, 40 % du financement
est désintermédié. Ce taux n’était que
de 30 % il y a moins de dix ans ». En
2017, 2.100 entreprises ont bénéficié
de fonds de capital investissement,
à hauteur de 14 milliards d’euros, et
près de 400 PME et ETI ont levé plus
de 9 milliards d’euros par des opérations d’introduction en Bourse,
d’augmentations de capital ou de
levées obligataires cotées.
« L’argent est le nerf de la guerre
pour que nos PME deviennent les ETI
dont nous avons plus que jamais
besoin, qu’elles exportent et passent
sereinement à l’ère du numérique.
Aujourd’hui, elles n’ont plus le
choix », martèle le spécialiste. Une
préoccupation que se sont largement appropriée les dirigeants. L’an
passé, 75 % d’entre eux déclaraient
qu’ils n’envisageaient pas d’adopter
les dernières ruptures technologiques. Mais cette année, 87 % prévoient au contraire de passer le pas !
Néanmoins, nombre d’entre eux
manifestent encore leur difficulté à
embaucher, notamment pour assurer cette transformation digitale.
Par ailleurs, ils sont de plus en
plus enclins à instaurer dans leurs
entreprises une nouvelle culture du
travail, plus agile, transversale et
collaborative. « Enfin, ils ont besoin
d’avoir confiance dans le système,
conclut Guillaume Cornu, or, la loi
Pacte, conçue très concrètement avec
des dirigeants d’entreprises, répond à
leurs demandes et peut largement
contribuer à instaurer cette confiance. »
— Henri de Lestapis
Gérard Deprez dirige l’entreprise, qui emploie 8.000 personnes
et pèse 1,4 milliard d’euros, depuis 1986. Photo Cyril Bruneau
tempo de l’économie mondiale, de
faire varier son activité en fonction
des conjonctures locales. « Depuis
deux ans, la situation s’améliore en
Europe. Nous y recentrons donc des
efforts. »
Sans être mordu de numérique,
Gérard Deprez n’y est pas resté
insensible. Bien sûr, tant qu’il y aura
des trous à creuser, du béton à tourner et des murs à ériger, le cœur de
métier de Loxam restera le même.
Mais la façon de toucher la clientèle
et d’utiliser le matériel évolue. Le
loueur de matériel a désormais son
application dédiée. Quant aux pelleteuses, cabanes de chantier ou
nacelles, elles sont de plus en plus
équipées d’instruments connectés.
« Aucune entreprise ne peut faire
l’économie de la transformation
numérique. Cela fait partie de nos
challenges, même si nous ne savons
pas encore précisément où cela va
nous mener. »
D’un caractère curieux et avide
de nouvelles connaissances, le dirigeant se montre également intéressé par le passage à l’électrique de
son gigantesque parc de matériel. Il
lui semble évident que l’avenir passera par les watts. La tractopelle à
batterie est pour demain. « Nous
avons déjà des demandes, notamment lors des créations de tunnels, là
où l’évacuation des gaz d’échappement est une contrainte. Mais ça
coûte encore cher », assure Gérard
Deprez. Son rêve pour l’avenir de
Loxam ? Qu’elle reste une entreprise indépendante dont les dirigeants aient à cœur le sens du
devoir vis-à-vis des salariés qui la
font vivre. — H. de L.
L’heureux possesseur de lingots d’or aurait tout le loisir
d’enterrer discrètement sa cassette dans son jardin par nuit
noire. Une option dont ne peut
bénéficier le détenteur de cryptomonnaie… Pourtant, lui aussi
peut souhaiter mettre à l’abri
du cyberpiratage sa petite fortune numérique !
Fort de ce constat, Eric Larchevêque crée l’entreprise Ledger en 2014. Il conçoit et fabrique
un portefeuille qui contient les
données numériques des cryptomonnaies de son titulaire. Les
cyberlingots sont contenus
dans un petit boîtier à puce
sécurisé, d’aspect semblable à
une clef USB, protégé par un
code PIN. L’engouement pour le
marché financier des cryptomonnaies porte subitement
cette start-up au Capitole de
l’innovation. En 2016, Ledger
réalise 600.000 euros de chiffre
d’affaires avec une vingtaine de
salariés et l’année suivante,
46 millions d’euros. Début 2018,
la start-up effectue une nouvelle
levée de fonds de 61 millions
d’euros auprès de Korelya, Draper, FirstMark et Cathay. En juin,
Ledger compte 170 salariés.
« Pendant deux ans, nous
avons ramé, rappelle Eric Larchevêque. Nous nous sommes
demandé si nous devions changer
de cap. Nous avons tenu bon. » A
quarante-cinq ans, l’entrepre-
Cyril Bruneau
eureux présage. La grenouille du baromètre des
entreprises se tient sur la
partie haute de son échelle. Elle
n’annonce aucun miracle économique, mais projette une constellation
d’indicateurs positifs dans la sphère
de l’entrepreneuriat français. Selon
Guillaume Cornu, associé EY responsable du marché entrepreneurs
pour la région Ouest Europe et
Maghreb, à l’origine de l’étude sur la
croissance des entreprises en 2018,
la France est – enfin – devenue une
nation de start-up et d’entrepreneurs, où l’idée de faire carrière
dans une grande entreprise n’est
plus nécessairement le nec plus
ultra. « On remarque désormais des
hésitations chez les jeunes diplômés,
pour lesquels la start-up répond à un
désir de contribuer immédiatement
à quelque chose, avec un résultat visible, dit-il, c’est en cohérence avec
l’esprit véhiculé par le digital, synonyme d’agilité, de rapidité, et souvent
de court terme. »
Du côté des dirigeants d’entreprises, le moral est bon. Selon l’étude,
(menée auprès de 2.766 cadres dirigeants de PME et d’ETI), 93 % d’entre
eux s’attendent à voir leur chiffre
d’affaires augmenter de plus de 6 %
Eric Larchevêque crée
Ledger en 2014 et lève en
2018 61 millions d’euros.
neur n’en est pas à sa première
création. Ingénieur en microélectronique, il est à l’origine du
comparateur de prix Prixing et
de la Maison du Bitcoin.
Cap sur la Silicon Valley
Ledger est le condensé de plusieurs entreprises, dont les dirigeants ont réuni les talents.
Alors que la start-up en est à ses
balbutiements, les associés ont
ouvert un bureau dans la Silicon Valley. « Pour se faire connaître, et être à un endroit stratégique lorsque ça démarrerait »,
résume Eric Larchevêque. Pari
gagnant. Les Américains ont
été parmi les premiers à s’intéresser aux boîtiers Ledger et à
diffuser leur bonne réputation.
Aujourd’hui, l’entreprise
s’apprête à ouvrir une nouvelle
unité de production de ses cryptop ortefeuilles à Vierzon
(Cher). L’idée est de fabriquer à
100 % en France et de concourir
à la dynamisation du territoire.
« On va créer le Silicon Berry »,
s’amuse Eric, tendrement attaché à cette région. — H. de L.
28 //
Jeudi 13 septembre 2018 Les Echos
UN RAPPORT DE L’USDA FAIT
PLONGER LE COURS DU MAÏS
FINANCE
&MARCHES
Le ministère américain de l’Agriculture (USDA) a relevé sa prévision pour la récolte de maïs du
pays, premier producteur au
monde. Le rendement devrait
être record et venir grossir
davantage que prévu les stocks
mondiaux de maïs. L’ampleur de
cette révision a surpris les investisseurs. Les cours ont accusé
leur plus forte baisse en séance
depuis juin à Chicago.
les
indices
Les profits du CAC 40 marquent le pas
au premier semestre 2018
l Les groupes du CAC 40 ont dégagé
48 milliards de profits au premier
semestre (–6,8 %).
l Airbus, Carrefour, Sanofi et Safran
pèsent sur une tendance globalement
positive pour les fleurons de la cote.
BOURSE
Pierrick Fay
@pierrickfay
Après un exercice 2017 presque
record, les entreprises du CAC 40
abordaient 2018 avec confiance,
dans un contexte de croissance
mondiale généralisée. A mi-parcours toutefois, le bilan semble un
peu moins favorable qu’espéré.
Selon les chiffres compilés par RicolLasteyrie et EY pour « Les Echos »,
les profits du CAC 40 ont reculé de
6,8 % au premier semestre 2018, à
48,162 milliards d’euros. C’est
3,5 milliards de moins qu’il y a un an.
« La baisse des résultats est très circonscrite à quelques groupes pour des
raisons que l’on connaît. Globalement, le premier semestre est plutôt
bon », tempère Sonia Bonnet-Bernard, chez Ricol-Lasteyrie. Outre
Carrefour, tombé dans le rouge, trois
autres valeurs ont en effet enregistré
un net repli de leur bénéfice sur un
an. Sanofi notamment avait bénéficié en 2017 d’une forte plus-value de
cession (la santé animale), alors que
Safran a cédé de nombreux actifs en
2017 et qu’Airbus a souffert d’effets
de change négatifs et de retard de
livraisons. A eux trois, cela représente un écart de 8,7 milliards
d’euros sur le total des profits du
CAC 40, en grande partie lié à des éléments exceptionnels. Ce n’est donc
pas négligeable.
Par ailleurs, plus de la moitié du
CAC 40 a annoncé des résultats en
hausse, avec des progressions très
nettes pour Accor, Kering, LVMH,
Saint-Gobain, TechnipFMC, Total et
Vinci. Sachant qu’une seule entreprise est en perte sur le semestre,
Carrefour. Total a retrouvé son statut de plus gros contributeur au profit du CAC 40 avec un bénéfice net de
5,25 milliards d’euros. Il devance
BNP Paribas (3,96 milliards) et
LVMH (3 milliards). Le groupe de
luxe – par ailleurs propriétaire du
groupe Les Echos-Le Parisien – est le
symbole de la montée en puissance
du secteur du luxe, « qui devient un
gros contributeur du CAC 40 derrière
la finance », selon Marc Lefèvre,
chez EY, avec un profit aggloméré de
8,31 milliards d’euros, contre 11 milliards pour la finance. « Kering,
L'Oréal, Hermès et LVMH affichent en
moyenne une croissance des profits de
48,8 % sur un an et si l’on exclut la cession de Puma par Kering, on atteint
encore 28 % de hausse. »
Effet de périmètre
sur le CAC
Sur le semestre, on constate également un tassement de la croissance
du chiffre d’affaires du CAC 40, avec
une hausse de 0,6 % à 651,38 milliards d’euros. Mais, le chiffre est
trompeur, en raison des changements de périmètre à l’intérieur de
l’indice, avec les sorties de Lafarge-
Holcim et Nokia, deux poids lourds
(11 milliards de chiffre d’affaires chacun) au profit des poids plus légers
Hermès et STMicroelectronics. De
fait, retraité de ces changements, le
chiffre d’affaires du CAC 40 progresse de 3,2 % d’une année sur
l’autre. En termes de résultat,
l’impact est en revanche positif,
Nokia ayant subi des pertes importantes en 2017. « Dans le détail, le premier trimestre a été bon en termes de
croissance, et le deuxième a été moins
bon, mais on ne peut pas parler de
changement de tendance », constate
Marc Lefèvre. « Même s’il y a des
inconnues, avec la situation politique
en Italie, les menaces de guerre commerciale, l’accumulation des dettes ou
les difficultés des émergents, les entreprises continuent de profiter des
efforts engagés ces dernières années. »
D’autant, abonde Sonia Bonnet-Bernard, que « cette croissance de 3,2 %
(à périmètre du CAC constant) intervient après une croissance exceptionnelle de 5 % en 2017. C’est tout de
même très bien ».
Vitalité des investissements
Signe de la bonne santé des entreprises, la marge op érationnelle
moyenne du CAC 40 demeure stable
à 10 % du chiffre d’affaires, un bon
niveau, même si la moitié des
valeurs de l’indice a publié une
dégradation de son résultat opérationnel courant sur le semestre. Ces
résultats ont pu être pénalisés à
court terme par les efforts entrepris
en termes d’investissement. Car c’est
la bonne nouvelle de cet exercice, les
« capex » ont bondi de 14,4 % à
33,47 milliards d’euros (+4,2 milliards). « C’est le signe que la confiance
est revenue », souligne Sonia BonnetBernard, pour qui ces investissements sont de bon augure pour les
années à venir. « Ils vont chercher de
la croissance notamment à l’étranger,
en utilisant leur trésor de guerre »,
poursuit Marc Lefèvre. Et pour une
fois, Total n’est pas le seul responsable, malgré une progression de
2,2 milliards de ses capex. Ainsi, 21
groupes du CAC 40 ont accéléré
leurs investissements au premier
semestre, dont 12 de plus de 20 % :
Bouygues, Engie, L'Oréal, LVMH,
Peugeot, Publicis, Renault, SaintGobain, Valeo, Veolia et Vivendi.
Peugeot a notamment augmenté les
siens de 413 millions d’euros (+22 %)
et Veolia de 213 millions (+42,5 %).
Sans surprise, en pleine réorganisation, Carrefour a réduit fortement
les siens, de 425 millions (-42,9 %).
Pour 2018, Sonia Bonnet-Bernard
se dit « confiante. Le premier semestre est prometteur avec une croissance
de 3,2 % du chiffre d’affaires (à périmètre du CAC constant) et de bons
résultats. On devrait tendre vers les
100 milliards de profits cette année
pour le CAC 40 ».
(
Lire également « Crible »
Page 36
Total redevient
le plus gros
contributeur
aux profits
du CAC 40.
Photo AFP
INTERVIEW // ROLAND KALOYAN
Responsable de la stratégie actions
européennes chez Société Générale
Corporate & Investment Banking
« L’appréciation de l’euro
a été un vent contraire
pour les entreprises »
Comment jugez-vous
ce deuxième trimestre
pour les entreprises
du CAC 40 ?
Globalement, les résultats sont
plutôt en ligne avec les attentes.
On observe tout de même depuis
début juillet une légère révision
en hausse – d’un peu moins de 1 %
– des anticipations de bénéfice
par action des entreprises du
CAC 40 de la part des analystes.
C’est donc plutôt positif.
« Un rattrapage
au second semestre
est possible, car
les fondamentaux
restent positifs. »
Roland Kaloyan.
Photo Ch. Audebert/Société Générale
Il y a certes eu un ralentissement de la croissance en France
au premier semestre, mais
l’impact direct devrait être limité
pour ces grands groupes qui ont
une exposition géographique très
diversifiée. En revanche, l’impact
d’un tel ralentissement peut, à
terme, être plus négatif sur le sentiment des investisseurs, notamment étrangers, qui achètent du
papier « France » quand ils achètent des actions du CAC 40. Leur
sentiment est donc très à l’économie, aux déficits publics ou aux
réformes. Cela peut rentrer en
ligne de compte dans leur allocation par pays à l’intérieur de
l’Europe, dans leurs arbitrages
entre l’Allemagne, la France ou
l’Italie, par exemple.
Quelle a été la tonalité
des discours
des dirigeants ?
Ils ont globalement adressé un
message de confiance en tout cas
sur l’économie et sur les réformes
qui se mettent en place. Après il y
a eu un trou d’air macroéconomique dans la zone euro au premier
semestre, que l’on pensait temporaire et qui a duré un peu plus
longtemps que prévu. Mais un
rattrapage au second semestre
est possible, car les fondamentaux restent positifs, sur l’inflation, le chômage, les indicateurs
de confiance des entreprises. Le
rythme de croissance devrait être
plus élevé au second semestre.
Malgré les inquiétudes suscitées par la guerre commerciale,
on ressent, pour l’instant, plus
d’impact sur le prix des actions
des entreprises que sur leur croissance ou leur bénéfice. Les
actions européennes sous-performent nettement les actions
américaines. La guerre commerciale a augmenté la prime de ris-
que sur l’Europe – en particulier
sur les secteurs à risques comme
l’automobile, les métaux ou les
mines – et pousse les investisseurs vers les actions américaines
ou vers d’autres actifs. Si les tensions commerciales se calment, il
y aura des opp ortunités en
Europe, mais si elles persistent,
cela finira par avoir un impact
négatif sur la croissance. C’est une
période charnière.
« Si le consensus
est atteint, on devrait
passer la barre
des 100 milliards. »
En 2017, le CAC 40
a dégagé 92 milliards
de profits… Pourra-t-il
faire mieux en 2018 ?
Le consensus table sur une croissance des bénéfices par action de
l’ordre de 10,5 % pour le CAC 40,
après la saison des résultats trimestriels. Si le consensus est
atteint, on devrait donc passer la
barre des 100 milliards. Après,
cela va dépendre de plusieurs
paramètres, dont un très important : l’évolution de la paire eurodollar, qui a déjà commencé à
peser sur quelques grandes
valeurs. Au premier semestre de
cette année, la valeur moyenne de
l’euro était de 1,21 dollar, contre
1,13 dollar au semestre précédent
et contre 1,08 dollar au premier
semestre 2017. Cette appréciation
de l’euro a été un vent contraire
pour les entreprises comme pour
les indices. C’est une variable
essentielle qui déterminera le
niveau de croissance des bénéfices du CAC 40 à la fin de l’année.
– P. Fay
FINANCE & MARCHES // 29
Les Echos Jeudi 13 septembre 2018
BPCE engage une opération
à 2,7 milliards avec Natixis
Sa filiale va ainsi
renforcer ses fonds
propres et ses marges
de manœuvre.
Sharon Wajsbrot
@Sharonwaj
Le nouveau patron de BPCE, Laurent Mignon, continue de rebattre
les cartes au sein du groupe mutualiste. Après avoir lancé la fermeture
du Crédit Foncier et l’intégration de
ses métiers au sein des banques
régionales du groupe, il a dévoilé
une nouvelle réorganisation
importante mercredi. Au sein de
BPCE, les métiers de financement
spécialisé (l’affacturage, les cautions, les garanties, le crédit-bail, le
crédit à la consommation et les
titres) ne seront plus logés dans sa
structure cotée, Natixis, mais
seront directement rattachés à son
organe central, BPCE SA.
Transfert technique
Ce transfert d’apparence technique
permet à la banque mutualiste de
renforcer les marges de manœuvre
de sa filiale de banque de finance-
Investissements de Natixis
revus à la hausse
De quoi servir son ambition de participer à la consolidation dans la
gestion d’actifs et les paiements en
Europe. De fait, à l’occasion de
l ’a n n o n c e d e c e t t e o p é r a tion, Natixis a vu sa cible d’investissement d’ici à 2020 revue à la
hausse : « Natixis investirait ainsi
jusqu’à 2,5 milliards d’euros sur la
durée de son plan stratégique New
Dimension, principalement dans
les activités de gestion d’actifs, contre
1 milliard initialement prévu », a
indiqué le groupe dans son communiqué.
Pour les actionnaires de Natixis,
ce transfert d’actifs pourrait aussi
être une bonne opération financière : « cette opération se traduirait
par le versement aux actionnaires de
Natixis d’une distribution exceptionnelle pouvant atteindre 1,5 milliard
d’euros sauf projet d’acquisition
importante d’ici à la clôture de la
transaction », indique le groupe
dans son communiqué. Celle-ci est
a priori prévue durant le premier
trimestre 2019.
Le président du directoire de BPCE, Laurent Mignon, a dévoilé
une nouvelle réorganisation importante mercredi.
Photo Bertrand Guay/AFP
Du côté de BPCE, des synergies
nouvelles sont attendues entre les
métiers de financement qui étaient
logés chez Natixis et les réseaux de
Banques Populaires et de Caisses
d’Epargne qui les distribuent. « Le
développement du digital nous
demande d’intégrer de plus en plus
ces métiers dans nos banques de
proximité, par ailleurs la pression
sur les marges dans la banque de
détail se traduit par un besoin de
Assurance-vie : des députés
veulent doper la concurrence
développement encore plus important de ces activités », précise le président du directoire de BPCE, Laurent Mignon.
Pour financer l’opération, BPCE
va faire appel aux Banques Populaires et aux Caisses d’Epargne.
« Elles participeront à une augmentation de capital pour assurer à
BPCE SA le bon niveau de solvabilité
après l’opération », confirme Laurent Mignon. L’opération devrait se
chiffrer en centaines de millions
d’euros. Il faut dire qu’en devenant
propriétaire à 100 % de ces activités
de financement, les banques régionales percevront un résultat net
supplémentaire d’environ 80 millions d’euros par an, à l’horizon
2020. Selon nos informations, suite
à cette opération, elles devraient
aussi voir le dividende versé par
leur organe central revu à la
hausse. n
4
À NOTER
Compte tenu de l’impact
positif de la réforme
fiscale américaine, Natixis
a revu à la hausse
son objectif de rentabilité :
sa cible de ROTE
a été portée à 14-15,5 %,
contre 13-14,5 %
initialement.
Cahier numéro un de l’édition n° 2810 du 13 au 19 septembre 2018
ALZHEIMERCOMMENTFAIREFACE? | JEAN-LUCDELARUELESDERNIERSSECRETS
ASSURANCE
Des parlementaires
proposent de donner
aux épargnants la
possibilité de transférer leur contrat
d’assurance-vie d’une
compagnie à l’autre.
SPECIAL IMMOBILIER
LES CLÉS
DU MARCHÉ
Et ce, sans perdre les
avantages fiscaux
associés à ce produit.
Laurent Thevenin
@laurentthevenin
Solenn Poullennec
@SolennMorgan
Les assureurs vent debout
Si elle était adoptée à l’issue des
débats sur le projet de loi, la mesure
pourrait doper la concurrence
entre les acteurs qui proposent le
placement préféré des Français.
« C’est vraiment dans l’intérêt des
épargnants. On en voit tous les jours
qui sont coincés avec des mauvais
contrats d’assurance-vie », réagit
Stéphane Carlucci, directeur général du courtier en assurance-vie en
ligne Linxea. « Cela nous offrirait la
possibilité de servir des épargnants
qu’aujourd’hui nous ne pouvons pas
toucher, car ils sont enkystés dans
leur vieux contrat », se félicite Sébastien d’Ornano, président exécutif de
Yomoni, une start-up du secteur.
Les assureurs, eux, ne veulent
pas entendre parler d’une telle
transférabilité, qui pourrait déclencher des sorties massives de capitaux et menacer leur équilibre
financier, selon eux. « Cela va à
l’encontre de ce qui est recherché par
le gouvernement en matière de financement de l’économie productive.
Avec une possibilité de transfert, les
contrats devraient rester en moyenne
moins longtemps chez un assureur.
Notre horizon de placement ne sera
donc pas le même et nous ne pourrons plus aller autant vers les actifs
plus risqués et plus rémunérateurs »,
objecte Eric Le Baron, directeur
général de SwissLife Assurance et
Patrimoine.
Ironie de l’histoire, le débat –
maintes fois mis sur la table – a
notamment été relancé par une
ancienne employée du géant français de l’assurance AXA : la députée
Amélie de Montchalin (LREM).
Avec son confrère Joël Giraud
(LREM), la parlementaire de
l’Essonne estime que le marché de
l’assurance-vie est très concentré et
que ses 1.700 milliards d’euros
d’épargne ne financent pas assez
l’économie réelle. Ainsi, rappellent
les députés, « 80 % de cet encours est
déposé auprès de dix sociétés et une
part importante de cet encours est
investie [dans des contrats] en
euros », des supports qui offrent la
garantie du capital et qui sont avant
tout investis en obligations.
Les meilleurs
taux de crédit
Les prix dans
votre région
Un marché
trop concentré
Pour « améliorer la contribution de
l’assurance-vie au financement de
l’économie », via « notamment les
jeunes entreprises de la fintech », les
auteurs de l’amendement proposent de lever le « frein » de la fiscalité actuelle. Globalement, plus les
contrats sont détenus sur le long
terme, plus ils offrent d’avantages
fiscaux. En revanche, un changement d’assureur remet les compteurs à zéro pour les contribuables.
Techniquement, les élus avancent plusieurs scénarios. D’abord,
celui d’un transfert sans condition,
mais il est aussi envisagé que le
transfert ne soit possible que pour
les contrats vieux de plus de cinq
ans. D’autres amendements le conditionnent au fait que le nouveau
contrat soit investi à hauteur de
30 % au moins dans certains actifs
censés être utiles au financement
de l’économie. n
BONY / SIPA
Ce pourrait être un changement
majeur pour les épargnants français. Des députés de la majorité souhaitent aider les particuliers à dynamiser leur épargne en leur
permettant de transférer leur contrat d’assurance-vie d’une compagnie à l’autre. Et ce, sans aucune
conséquence fiscale. Les élus ont
présenté un jeu d’amendements à la
loi Pacte actuellement en discussion en commission à l’Assemblée
nationale.
L’effet
Macron
EN VENTE CHEZ VOTRE
MARCHAND DE JOURNAUX
P. 54
L’organe central
de BPCE va acquérir
les métiers
de financement
spécialisés de Natixis.
ment et d’investissement Natixis.
En cédant à BPCE SA ses métiers de
financement – valorisés au total
2,7 milliards d’euros – Natixis va
renforcer sensiblement ses fonds
propres : une fois cette opération
bouclée, la banque doit porter son
ratio CET1 à 11 %, un objectif qu’elle
ne devait initialement atteindre
qu’en 2020.
P. 20
BANQUE
30 // FINANCE & MARCHES
Jeudi 13 septembre 2018 Les Echos
LES DIX ANS DE LA FAILLITE LEHMAN BROTHERS
Jeudi 13 septembre 2018
Les anciens de Lehman Brothers ra
Des anciens employés de Lehman Brothers racontent comment ils ont vécu la crise et ses suites.
Ils constituent une diaspora plutôt soudée depuis la chute de la banque.
Elsa Conesa
à New York
Anne Drif et Thibaut Madelin
à Paris
Ce vendredi 12 septembre 2008, ils ont tous
un mauvais pressentiment. Mais ils ne
savent pas encore à quel point ce week-end
va bouleverser leur vie – et celle de millions
d’autres. A New York, Bob Taylor, alors banquier d’affaires chez Lehman Brothers, ne
se fait plus d’illusions. Durant le week-end, il
passe même au bureau chercher ses effets
personnels. A Londres, Nikolay Storonsky,
alors stagiaire dans la salle de marché de
Lehman, voit ses collègues vendre au rabais
leurs actions Lehman et ses supérieurs en
acheter. « Ils ne pouvaient pas imaginer que,
un jour, elles n’aient plus de valeur », raconte
celui qui, entre-temps, a fondé la banque en
ligne britannique Revolut. A Paris, Charles
Daulon du Laurens, qui officie alors dans les
produits structurés de crédit de la banque
américaine, n’est guère plus serein : « On est
parti vendredi soir en se disant que lundi on
ne serait plus indépendant. »
Ce que ces anciens employés de Lehman
Brothers n’avaient pas forcément prévu :
pour la première fois de l’histoire, une très
grande banque va disparaître. Le dimanche,
Barclays décide en effet de ne pas voler à son
secours, tandis que Bank of America préfère
acheter sa concurrente, Merrill Lynch. Les
patrons de Wall Street se concertent avec le
secrétaire au Trésor, Henry Paulson, et le
président de la Fed, Ben Bernanke. Mais
après avoir sauvé Fannie Mae and Freddie
Mac une semaine plus tôt, le gouvernement
décide de laisser couler Lehman, réputé
pour la stratégie agressive de son patron,
Dick Fuld. « Dès dimanche soir, je recevais des
messages de copains qui me disaient “on pense
à toi” comme des condoléances », se souvient
Charles Daulon du Laurens. Le lundi matin,
Lehman se place sous le régime des faillites
et déclenche la crise financière la plus grave
depuis celle de 1929.
Arrivé au bureau à 4 heures du matin,
Bob Taylor, qui ne peut pas parler sous son
vrai nom pour des raisons de confidentialité, croise Dick Fuld dans le lobby de la banque. L’homme qui va incarner comme personne la finance cynique et arrogante est
pris d’assaut par les journalistes. Pour la
première fois, il ne prend pas son ascenseur
personnel mais celui des employés. « C’est
quelqu’un qui est très imposant, mais ce
jour-là, il était diminué, ça se voyait physiquement », raconte Bob Taylor. Dans les
bureaux, le temps s’arrête. A Londres, les
courtiers n’ont plus accès à Internet et
jouent tous au même jeu sur leur ordinateur, qui consiste à tirer sur des hélicoptères, se souvient Nikolay Storonsky. « On ne
nous a pas dit de partir. Il y avait une très forte
solidarité entre nous et la volonté de respecter
nos engagements envers nos clients. Simplement, on enlevait le logo Lehman de nos documents », raconte Raphaël Compagnion,
alors banquier d’affaires à Paris.
copains de la division actions étaient repris.
Et nous avons été licenciés pour motif économique », raconte Charles Daulon du Laurens. Ils trouveront vite un point de chute.
A en juger par ces témoignages, le destin
funeste de la banque et son rôle dans la crise
sont intimement liés à son patron Dick
Fuld, qui a fait de Lehman Brothers en quelques années un rival de Goldman Sachs.
Mais au prix d’une stratégie risquée et d’une
gestion de plus en plus autocratique. « Fuld
avait une aura incroyable dans la banque, il
avait fait passer sa capitalisation boursière de
presque rien à 40 milliards de dollars,
observe Bob Taylor. C’était devenu impossible de lui dire non. » Il faut dire que le patron
charismatique a réussi à créer une machine
de guerre et des équipes ultra-soudées. « On
n’était certainement pas les plus gros mais
probablement les plus malins, et les meilleurs
techniquement », se souvient un banquier
d’affaires de la firme à Canary Wharf.
Jusqu’au bout, ils y ont cru. « Même avant
l’été, lors des résultats, Dick Fuld nous avait
lancé : “It’s our time to shine” [c’est à notre
tour de briller], alors que la firme était en
train de couler », se souvient un ancien.
Dix ans après ce week-end du 14 septembre, les ex-Lehman, qui se sentent injustement considérés comme des boucs émissaires, forment une réelle diaspora, qui se
retrouve chaque année. « Il y a une solidarité
entre anciens, explique Bob Taylor. Les gens
te rappellent, même si ton profil ne convient
pas, ils essaient d’aider. » Mais ils tirent aussi
des leçons de cet épisode qui a fait chavirer
leur vie. « Quand j’étais chez Lehman, les traders créaient de l’argent avec de l’air, affirme
Nikolay Storonsky. Je pense qu’il est possible
de faire une autre forme de banque. » Bob
Taylor, qui est resté banquier d’affaires, a
perdu son innocence. De son propre aveu, il
est même devenu un peu paranoïaque.
Après les avoir ignorés avant la crise, il
guette aujourd’hui les signes de retournement. « Il y a trop d’argent dans le
système, c’est toujours un signe »,
dit-il.
(
Lire « Crible »
Page 34
Jusqu’au bout, ils y ont cru
A peine une semaine plus tard, les activités
américaines sont reprises par la banque
britannique Barclays. « Ils ont été accueillis
comme des héros, se rappelle Bob Taylor. Tout a été très vite. Dès le deuxième jour,
ils avaient enlevé le sigle Lehman sur le bâtiment pour mettre celui de Barclays. On n’a
même pas eu besoin de couper les ordinateurs, ni cessé de parler à nos clients. » A Londres et Paris, ils devront attendre le 22 septembre pour connaître leur sort : la plupart
seront repris par le japonais Nomura.
« Pour garder les gens, ils ont garanti les
bonus des seniors sur un, voire deux ans »,
raconte un banquier. Mais tous ne gardent
pas leur poste. « A trois rangs de moi, mes
Le 11 septembre 2008, devant le siège de Lehman Brothers, à New York. Photo Michael Falco/The New York Times
INTERVIEW // XAVIER ROLET Ex-patron de la filiale française de Lehman Brothers
« C’est une expérience que je ne recommande pas ! »
Le 15 septembre 2008, vous
dirigez la filiale française de
Lehman Brothers. Comment
apprenez-vous la nouvelle
de la faillite de la banque ?
Par la presse. Tout le week-end qui a
précédé, mes collaborateurs européens et moi-même avons passé des
centaines d’appels, y compris sur
des numéros personnels, pour tenter de joindre les équipes du siège à
New York. En vain. Les rares interlocuteurs que nous avons réussi à joindre n’avaient pas les réponses à nos
questions. Les patrons des autres
filiales européennes ou asiatiques,
avec qui je discutais, étaient comme
nous en France plongés dans le noir.
Nous avons appris le lundi matin
que le directeur financier de la banque à New York avait rapatrié aux
Etats-Unis, le vendredi, par le biais
d’un swap dénoué le même jour,
tout l’argent des filiales étrangères,
mettant ainsi la main sur 6,3 milliards de dollars. Pour la filiale
France, cela voulait dire que nous
avions ainsi été comptablement dessaisis de quelque 105 millions
d’euros de cash. Seuls 200.000 euros
déposés sur un compte local ont pu
échapper à ce raid.
Quelles ont été vos premières
décisions ?
Avec mes collaborateurs de l’équipe
de management de Paris, il a fallu
d’abord batailler pour obtenir la
réouverture de nos bureaux, car les
portes avaient été bloquées électroniquement à distance par l’administrateur londonien. Le QG régional
de Londres, informé par New York
de la faillite dès le week-end, avait
pris une longueur d’avance en déposant immédiatement le bilan, ce qui
rendait le droit anglais des faillites
applicable à toutes les autres activités de Lehman en Europe n’opérant
pas sous une licence bancaire,
comme la gestion d’actifs, le conseil
ou le courtage. L’administrateur
judiciaire désigné par Londres,
PricewaterhouseCoopers, était
ainsi en position de force pour décider de l’avenir des équipes et des
actifs que nous avions en France.
C’est lui qui avait fait bloquer nos
e-mails et l’accès à nos bureaux,
dont nous avons cependant pu obtenir la réouverture dans l’après-midi.
Comment se sont passés
les jours suivants ?
Il a d’abord fallu être présent auprès
des 150 employés et leur parler, mais
aussi rassurer un par un les clients
inquiets de savoir ce qu’il adviendrait de leurs actifs, ainsi que des
opérations qui n’avaient pas encore
été compensées, ou des opérations
en cours de négociation. Nos discussions avec l’administrateur britannique ont duré quatre mois, au
terme desquels nous avons pu, avec
l’appui du ministère des Finances,
de la Banque de France, de l’AMF et
de l’administrateur provisoire français, protéger autant que possible
les activités françaises de la procédure de faillite du reste du
groupe. C’est une expérience que je
ne recommande pas, mais qui vaut
tous les MBA ou les diplômes HEC
du monde !
Aviez-vous vu venir le pire ?
Alors qu’à un séminaire interne de
dirigeants on nous avait présenté un
an plus tôt une stratégie mondiale
visant à éliminer énergiquement
l’exposition aux « subprimes » et à
investir plutôt dans la gestion
d’actifs, les activités de prime broker
et les pays émergents, nous avons
constaté lors de la publication des
chiffres du quatrième trimestre
2007 que le bilan de la firme avait
crû de plus de 200 milliards de dollars suite à la décision du comité
exécutif new-yorkais d’investir
massivement dans des program-
« Cette véritable
addiction de l’Europe
à la dette bancaire
demeurera tant que
les banques seront
fiscalement incitées
à s’endetter pour
construire leur bilan. »
mes d’immobilier commercial aux
Etats-Unis, comme Archstone ou
SunCal. Et en début d’année 2008,
j’ai personnellement fait l’objet de
pressions importantes et directes
du siège new-yorkais pour utiliser la
licence bancaire française dans le
but de refinancer dans l’Eurosystème quelque 36 milliards de dollars appartenant à un portefeuille
de collatéral international. Jusqu’en
février 2008, la BCE acceptait en
effet du collatéral dénominé en
devises autres que l’euro, comme le
dollar par exemple. Bien que mes
collègues parisiens de l’époque ne
l’aient pas su, j’ai même été menacé
de licenciement immédiat en cas de
refus. In fine, ce collatéral a été
accepté par la filiale bancaire allemande, Lehman Bankhaus. Si mes
informations sont correctes, cela fit
l’objet d’un Conseil des ministres
spécial du gouvernement après la
faillite, et coûta très cher aux autorités allemandes.
Si on refaisait le film,
où l’histoire a-t-elle dérapé ?
L’histoire des grandes crises économiques et financières des 300 dernières années pointe dans la même
direction : l’excès d’endettement
dans l’industrie bancaire. La faillite
de Lehman n’échappe pas à la règle.
Les changements réglementaires décidés depuis sont-ils
suffisants pour éviter qu’une
telle crise se reproduise ?
La nouvelle réglementation aide,
mais à mon avis, on demande trop à
la réglementation, en pensant à tort
qu’elle puisse suffire à elle seule.
Rien qu’en Europe, on a produit plus
de 100.000 pages de nouvelle réglementation financière, qui ne sont
d’ailleurs pas toujours bien comprises par tous les opérateurs.
Outre la lettre, l’esprit a-t-il
changé dans les pratiques
des banques et la culture
des banquiers ?
Passée la peur des années 20082009, où la presse internationale
annonçait Armageddon et on a cru
que tout allait s’effondrer, je ne pense
pas. Les produits sont toujours plus
complexes. Et si les taux d’endettement des banques ont baissé aux
Etats-Unis, ils restent élevés en
Europe, par exemple en Allemagne.
La qualité des bilans et la valeur
réelle des actifs interpellent encore
bon nombre d’investisseurs. Je
pense au fonds américain géant
Bridgewater, par exemple.
Le monde est-il moins
dépendant à la dette
bancaire qu’il ne l’était
il y a dix ans ?
Il le reste beaucoup trop, en particulier en Europe où elle représente une
part croissante, de l’ordre de 80 %,
des sources de financement des
entreprises, contre 18 % aux EtatsUnis. C’est ce qui explique que la
crise ait été beaucoup plus longue
et profonde en Europe. Et cette
véritable addiction de l’Europe
à la dette bancaire demeurera
tant que les banques seront fiscalement incitées à s’endetter
pour construire leur bilan, leur
dette étant déductible de l’impôt
sans limites, pour la majorité
d’entre elles. Si l’on veut vraiment
éviter la prochaine crise bancaire, il
me paraît essentiel de recalibrer le
traitement fiscal de la dette en éliminant la déductibilité au-delà de certains niveaux d’endettement défiant
la raison, tout en réduisant la taxation des fonds propres pour stimuler le financement de l’innovation et
offrir aux PME plus de sources de
capital à long terme. n
Un Frenchie
à la City
Passé par Goldman Sachs, Kleinwort
Benson et Credit suisse, Xavier
Rolet rejoint Lehman Brothers en
2005 à New York. Il dirige la filiale
française à partir de 2008,
jusqu’à son rachat par Nomura.
En 2009, il prend la direction
du London Stock Exchange,
qu’il quitte fin 2017 après
l’échec du projet de fusion
avec l’allemand Deutsche
Börse.
Carl de Souza/AFP
Alexandre Counis
— Correspondant à Londres
FINANCE & MARCHES // 31
Les Echos Jeudi 13 septembre 2018
Les grands acteurs de la crise 4/5
Jeudi 13 septembre 2018
content la chute de la banque
Dick Fuld, l’homme qui a fait
sauter Lehman Brothers
Il devrait rester longtemps
le patron le plus détesté
d’Amérique. L’homme qui
dirigeait Lehman Brothers
au moment de sa chute ne
cesse de le répéter, « il n’a
aucun regret ».
Guillaume Maujean
@gmaujean
Dick Fuld, en
octobre 2008, à la
sortie du tribunal où il
doit répondre de la banqueroute de Lehman Brothers.
Photo Jonathan Ernst/Reuters
Les banques contre la démocratie
Jean-Marc Vittori
@jmvittori
es hommes politiques sont
fous ! Ils n’y comprennent
rien ! Ils vont tout casser !
Nous sommes lundi 29 septembre
2008 à 14 h 10, dans n’importe quelle
salle de marché du sud de Manhattan. Traders et banquiers sont abasourdis. Par 228 voix contre 205, les
représentants du Congrès viennent
de rejeter le plan de 700 milliards de
dollars qui devait sauver l’économie
américaine. C’était certain, l’incurie
politique allait plonger le pays dans
le chaos. D’ailleurs, l’annonce du
vote fit dévisser l’indice Dow Jones
de 7 % dans l’après-midi – soit 778
points, la plus forte chute jamais
vue. Contrairement à d’autres
mesures prises dans la folie de
l’automne 2008, ce projet ne relevait
pourtant pas de l’improvisation.
Quelques mois plus tôt, le secrétaire
au Trésor américain, Henry Paulson, avait demandé à deux conseillers un plan pour sauver les banques en cas de catastrophe. Dans
une note titrée « Briser le mur de
verre », ils avaient préconisé l’achat
par l’Etat de 500 milliards de dollars
de créances douteuses.
Dès l’effondrement de la banque
Lehman Brothers, Paulson ressort
le plan de son tiroir. Il le baptise
« TARP » (pour « Troubled asset
relief program », plan d’aide aux
actifs à risque), mais tout le monde
parlera du « plan Paulson ». L’enveloppe est portée à 700 milliards
pour frapper les esprits. « Ce chiffre
était assez arbitraire », reconnaît
L
ANALYSE
dans ses « Mémoires de crise » Ben
Bernanke, qui était à l’époque président de la Réserve fédérale.
Le président George W. Bush
donne son feu vert. Consulté, Barack
Obama, le candidat démocrate
favori des sondages à six semaines
des élections présidentielles, promet de soutenir le dispositif. Le
temps presse. La finance craque de
toutes parts. Les chefs de file du Congrès acceptent un compromis après
dix jours de négociations tendues
sur de nombreux points du projet,
dont la rémunération des dirigeants
de banque.
Cadeau à la finance
Mais la base ne suit pas. Les parlementaires sont convaincus que la
crise de Wall Street ne touchera pas
l’Amérique profonde de Main Street
(la suite prouva qu’ils avaient tort). A
l’approche des élections, ils ne veulent pas voter ce qui pourrait passer
pour un cadeau à la finance. Minoritaires, les élus républicains sont les
plus hostiles. Ils parviennent à
empoter le morceau. La Chambre
rejette le texte. Les électeurs paniquent. La chute de la Bourse sabre
leur épargne retraite. Les chefs de
file du Congrès remettent le projet
sur la table. Ils relèvent de 100.000 à
250.000 dollars la garantie des
dépôts bancaires de chaque client
en cas de faillite de leur banque. La
Chambre vote la loi le vendredi
3 octobre au matin. George Bush la
promulgue quelques heures plus
tard. Wall Street respire.
A l’époque, le TARP paraissait
indispensable à la survie de la
finance et de l’économie. Dix ans
plus tard, l’histoire a été très différente. Le plan Paulson n’a été qu’une
toute petite partie du sauvetage. Sur
les 700 milliards, moins des deux
tiers ont été déboursés. Après
revente des actifs, la facture finale
n’a été que de 35 milliards (à peine
5 %). Tandis que la Fed, elle, a acheté
plus de 3.000 milliards de dollars
d’actifs financiers…
Les accusations d’irresponsabilité des politiques martelées à l’époque par de nombreux financiers et
commentateurs paraissent
aujourd’hui d’autant plus choquantes. Pendant des années, les champions de la banque n’avaient cessé
d’affirmer la supériorité des marchés. Ils s’étaient battus avec succès
pour obtenir des réglementations
moins contraignantes. Et soudain,
suite à une crise violente engendrée
par leurs pratiques aberrantes, ils
exigeaient 700 milliards d’argent
public pour sauver leurs activités,
leurs emplois, leurs salaires ! Le
29 septembre 2008, les représentants américains ont sans doute pris
le risque de fragiliser encore plus
une finance déjà chancelante. Mais
ils ont aussi rappelé avec force que
c’est au politique de décider des
dépenses publiques. Lui seul est
légitime. Après tout, la démocratie
représentative dans laquelle nous
vivons est née précisément de la
volonté de contrôler l’argent
public. n
« Bonjour, je suis Dick Fuld,
l’homme le plus détesté
d’Amérique. » Voilà comment se présente l’ancien
patron de Lehman Brothers. L’homme n’a pas
beaucoup changé depuis
ce funeste 15 septembre
2008, le jour où s’est effondrée la banque qu’il avait
fini par transformer en un
gigantesque fonds spéculatif. Hautain, arrogant, plein
de morgue. Mis en cause
dans des dizaines de procédures, il n’a jamais été sérieusement inquiété par la justice. Il
n’a pas eu à rendre beaucoup de
comptes non plus. L’ex-PDG de
Lehman distille aujourd’hui ses
conseils aux financiers ou aux
entreprises qui n’ont pas peur de
s’afficher avec lui. Matrix, sa petite
firme spécialisée dans le capital-investissement et la gestion de fortune, a installé ses bureaux au cœur
de Manhattan. Ces dix dernières
années, Dick Fuld n’a cessé de répéter qu’il n’avait « aucun regret ». Il se
demande toujours pourquoi le gouvernement américain n’est pas
venu à la rescousse de Lehman :
« Jusqu’au jour où on m’enterrera, je
m’interrogerai. »
Quelques jours après la déroute
de la banque, les parlementaires
américains avaient essayé de mettre sur le gril celui qu’on a surnommé le « Gorille » pour son
management brutal et sa stature
imposante. Passé à la question dans
la salle d’audience du Capitole pendant plusieurs heures, il n’avait déjà
pas beaucoup cillé. Sa fortune de
près d’un demi-milliard de dollars ?
Elle était entièrement méritée. La
faillite ? Elle aurait pu être évitée car
la banque était solide, continue-t-il
d’affirmer. Elle a été victime de la
spéculation des marchés et de
l’incurie des régulateurs. Ses responsabilités ? Il les reconnaissait à
peine. Tout juste concédait-il avoir
été un peu dépassé par les événements. Mais si l’Etat lui avait
apporté son soutien, quelques liquidités pour traverser cette passe difficile, Lehman serait encore
debout. A sa sortie du Congrès, de
nombreux gardes du corps devaient le protéger d’une foule qui le
conspuait. Certains crachaient à
son passage. D’autres portaient des
panneaux « escroc » ou « honte ».
Dick Fuld est devenu le symbole de
la rapacité de Wall Street.
Il faut dire qu’il n’a pas fait grandchose pour démentir cette réputation. Richard Severin Fuld Junior a
rejoint Lehman Brothers en 1969,
alors qu’il avait vingt-trois ans. Sa
carrière dans l’US Air Force avait
fait long feu après une bagarre avec
son officier supérieur. Il a rejoint la
banque au bas de l’échelle, comme
courtier obligataire. Mais son sens
des affaires et son acharnement au
travail l’imposent rapidement
comme l’un des meilleurs éléments. L’un des plus ambitieux
aussi. Lehman est l’une des banques les plus anciennes de Wall
Street, mais elle est loin d’être la
plus prestigieuse à l’époque. Elle est
surtout reconnue pour sa grande
force sur les marchés obligataires.
Dick Fuld y excelle et gravit rapidement les échelons. Dans les années
« On va coincer tous
ceux qui pratiquent
la vente à découvert
sur notre titre, et on
va serrer très fort !
Ce que je veux, c’est
les attraper, leur
arracher le cœur et
le bouffer avant
qu’ils crèvent ! »
DICK FULD
Alors que les marchés
spéculent sur
la déconfiture
de la banque
1980, il assiste cependant impuissant à la guerre de tranchées qui
oppose en interne les traders des
salles de marché, dont il est, et les
banquiers d’affaires, ceux des
métiers plus chics du conseil en
fusion-acquisition. La firme s’affaiblit et finit par perdre son indépendance. Elle est rachetée en 1984 par
American Express. « Le pire jour de
ma vie », confesse Dick Fuld. Une
dizaine d’années plus tard, il prend
une revanche cinglante. American
Express se débarrasse de Lehman
et le nomme à sa tête.
A Wall Street, on ne donne alors
pas cher de sa survie. Méprisé par
ses concurrents, Fuld prend le taureau par les cornes en introduisant
Lehman Brothers en Bourse. Il
s’appuie sur les métiers obligataires, mais diversifie les activités vers
les marchés actions, la gestion, le
conseil, et mène une rapide expan-
Occupy Wall Street bouge encore
La crise est passée, l’économie américaine bat des
records, mais « Occupy Wall Street » ne veut pas mourir.
Ce mouvement de protestation contre le système financier, né dans le sillage de la crise de 2008, s’est trouvé
une nouvelle cible privilégiée : Donald Trump. C’est le 17
septembre 2011, à New York, qu’un millier de personnes
défilent dans les environs de Wall Street, protestant
notamment contre les plans de sauvetage des banques.
Le mouvement prend de l’ampleur, dans d’autres villes
américaines comme Boston, Chicago, Los Angeles ou
Washington, mais aussi à l’étranger. Paris, Madrid, Berlin, Tokyo, Sydney… Très actif sur les réseaux sociaux, le
mouvement va toutefois s’essouffler peu à peu. Mais il
renaît sous d’autres formes et ses militants se montrent
actifs, notamment, lors de manifestations pour la hausse
du salaire minimum, un peu partout aux Etats-Unis, ou
encore pour la défense de l’environnement.
sion internationale. Le jeune
patron n’a qu’un rêve : faire de Lehman l’égal d’un Goldman Sachs. Et
tous ceux qui se mettent en travers
de son chemin sont attaqués sans
ménagement. Il met en place une
culture faite à la fois d’esprit
d’équipe et d’une bonne dose
d’agressivité. Les bonus des salariés
sont largement payés en actions.
Ceux-ci détiennent 30 % du capital
de l’entreprise, et ont donc tout intérêt à ce que son cours de Bourse
augmente vite. Au mitan des
années 2000, en pleine euphorie
financière, Lehman est revenu au
sommet et figure parmi les banques
d’affaires les plus rentables, avec
largement plus de 20 % de rendement des fonds propres. La banque
est même désignée « firme d’investissement la plus admirée » aux
Etats-Unis par le magazine « Fortune », après avoir enregistré des
résultats record, plus de 4 milliards
de dollars en un an, en 2007.
Ces profits record, Lehman les
engrange grâce aux très grands risques qu’il prend sur les marchés. Le
groupe est l’un des acteurs les plus
engagés dans la titrisation de crédits immobiliers. Il joue à fond sur
le levier de la dette : 32 dollars
empruntés pour 1 dollar de capital,
quand les autres banques se limitent à 25 dollars. Mais quand le
marché se retourne, Lehman se
retrouve au cœur de la tempête. Le
groupe doit se débarrasser à la hâte
de dizaines de milliards d’actifs à
une valeur très dépréciée. Ses pertes se comptent en milliards. Il s’est
recapitalisé massivement, mais
cela ne suffit plus. Sa situation est
dramatique. Les marchés ne lui
font plus confiance. Les vendeurs à
découvert s’en donnent à cœur joie.
La mécanique qui a déjà fait tomber
son concurrent Bear Stearns s’est
emballée. « On va coincer tous ceux
qui pratiquent la vente à découvert
sur notre titre, et on va serrer très
fort ! Ce que je veux, c’est les attraper,
leur arracher le cœur et le bouffer
avant qu’ils crèvent ! » fulmine Dick
Fuld.
Week-end fatal
Le PDG tire ses dernières cartouches. Il vend le pôle de gestion
d’actifs, brade des actifs immobiliers. Il fait aussi distribuer des
épées en plastique à certains de ses
salariés, leur enjoignant de se battre
pour la banque. Mais il est trop tard.
Lehman Brothers, le plus vieil établissement de Wall Street, a surmonté plusieurs grandes crises
dans son histoire. Le krach de 1929,
une aventureuse prise de risques
sur les taux d’intérêt dans les
années 1970, la débâcle du fonds
Long Term Capital Management en
1998, la destruction du World Trade
Center en 2001, où était situé son
siège. Il ne résistera pas au tsunami
des « subprimes ». Tout se joue au
cours du fameux week-end de septembre. Vendredi, la banque tient
encore debout, mais elle est chancelante. Dimanche soir, faute d’avoir
trouvé un repreneur, Richard Fuld
se résout à l’inévitable : c’est le dépôt
de bilan. Dès le lundi matin, au siège
de New York, les employés font leur
carton sous l’œil des caméras. Dans
la rue, un artiste a exposé un portrait de Fuld de 1,5 mètre sur
1,5 mètre, intitulé « The Annotated
Fuld ». Passants et salariés sont
invités à y écrire une dédicace, de
préférence moqueuse ou hostile. Le
lendemain, le portrait est vendu
10.000 dollars. L’histoire ne dit pas
ce qu’il est devenu. n
32 // FINANCE & MARCHES
Jeudi 13 septembre 2018 Les Echos
Bruxelles veut muscler
le dispositif antiblanchiment
LA SÉANCE DU 12 SEPTEMBRE 2018
BANQUE
Après le scandale
ABLV en Lettonie, la
Commission européenne entend donner
un rôle central à
l’Autorité bancaire
européenne dans la
lutte antiblanchiment.
La Bourse de
Paris repasse
au-dessus des
5.300 points
Bourse de Paris a terminé
•enLahausse
mercredi, repassant
Edouard Lederer
@EdouardLederer
Derek Perrotte
@DerekPerrotte
— Bureau de Bruxelles
La Pilatus Bank à Malte, ABLV en
Lettonie, ou encore Danske Bank
en Estonie : en mettant en lumière
les ratés des superviseurs nationaux, une récente série noire de
scandales a relancé le débat sur le
besoin d’un dispositif européen
antiblanchiment pour les banques.
Facteur aggravant « dans le cas
d’ABLV, ce sont les autorités américaines qui ont sonné l’alarme »,
déplore en France un bon connaisseur des arcanes européens. Mercredi, pour la dernière rentrée de
son mandat, la Commission européenne a officiellement lancé
l’offensive, en proposant de placer
l’Autorité bancaire européenne
(EBA) au cœur du dispositif.
Ni les moyens ni la volonté
« L’Europe a les règles d’antiblanchiment les plus strictes du monde. Mais
les cas récents dans le secteur bancaire ont montré qu’elles ne sont pas
mises en place, appliquées et surveillées partout avec la même rigueur », insiste la commissaire à la
Justice, Věra Jourova. Outre la mauvaise circulation de l’information,
des Etats, comme Malte ou Chypre,
n’ont eu ni les moyens ni la volonté
de s’attaquer vraiment au sujet.
Quant à la BCE – qui supervise les
principales banques de la zone euro
depuis 2014 – la lutte antiblanchiment ne fait pas partie de ses compétences. Elle ne peut agir qu’indirectement, par exemple en retirant
une licence bancaire, sur la base
d’une enquête menée par une autorité nationale, ou alors en enquêtant sur des failles de gouvernance
interne de l’établissement con-
Dans le projet de la Commission, « les superviseurs nationaux resteront en charge, mais il faut mieux
se coordonner », explique le commissaire aux Services financiers, Valdis Dombrovskis. Photo AFP
cerné. C’est ce qui a permis in fine à
la BCE d’enclencher la résolution
d’ABLV.
En clair, la compétence antiblanchiment est actuellement de
niveau national. Dans le projet de la
commission, « les superviseurs
nationaux resteront en charge, mais
il faut mieux se coordonner », explique le commissaire aux Services
financiers, Valdis Dombrovskis. Pour y parvenir, il propose donc
de confier de nouveaux pouvoirs à
l’EBA, qui va transférer ses activités
de Londres à Paris.
En premier lieu, l’autorité
devrait veiller au partage et à la circulation de l’information entre
Etats membres et à la collaboration
avec les Etats tiers si besoin.
« L’EBA ne s’est intéressée à la Pilatus Bank qu’une fois que la Commission l’y a poussée. Il faut lui donner
les moyens et l’ambition d’intervenir
plus en amont des problèmes »,
explique un proche du projet.
L’autorité bancaire pourrait pousser les superviseurs nationaux à
enquêter sur certains cas et lui glis-
ser des idées de sanctions. « En dernier ressort », faute de réaction des
autorités nationales, l’EBA
« pourra adresser ses décisions
directement aux opérateurs financiers », précise le texte.
L’EBA se réjouit,
la BCE temporise
La BCE n’a pas réagi au projet. Dans
un courrier adressé en mai au Parlement européen, Danièle Nouy – en
charge de la supervision des banques de la zone euro – soulignait que
la lutte antiblanchiment concernait
à la fois les sphères de supervision et
la justice et demandait donc d’assurer une coopération fluide et englobante entre les autorités. « Etablir
une autorité européenne de lutte antiblanchiment pourrait apporter ce
degré de coopération améliorée »,
indiquait-elle.
Principale intéressée, l’EBA s’est
quant à elle réjouie de cette proposition. Ce projet « donnerait un soutien bien nécessaire à notre travail »,
a souligné Andrea Enria, son président. De fait, cette proposition
Comment faire
des entreprises françaises
des championnes de l’IA ?
« Les cas récents
dans le secteur
bancaire ont montré
que les règles
d’antiblanchiment
ne sont pas mises
en place, appliquées
et surveillées
partout avec
la même rigueur. »
VĚRA JOUROVA
Commissaire européenne
à la Justice
tombe à pic pour l’EBA, dont l’un
des rôles est d’harmoniser les pratiques entre la zone euro et les autres
membres de l’Union européenne.
Avec le Brexit, c’est une part de son
activité qui risque de disparaître. n
FONDS
Nessim Aït-Kacimi
@NessimAitKacimi
Lancement du think tank AI for Business
le 25 Septembre 2018
Partenaires
académiques
L’OPÉRATION DU JOUR
iM Global Partner investit dans
Dynamic Beta Investments
société d’investissement et
•deLagestion
iM Global Partner
vient d’acquérir 45 % du newyorkais Dynamic Beta Investments. Après Polen Capital,
Dolan McEniry et Sirios, il s’agit
de la quatrième prise de participation minoritaire de la plateforme soutenue notamment,
par Eurazeo. « Nous voulons
investir 500 millions de dollars
en capital d’ici à 2021. Nous avons
fait le quart du chemin », indique
Philippe Couvrecelle, le fondateur et président d’iM Global
Partner. Spécialisée dans la ges-
tion alternative liquide, Dynamic Beta Investments affiche
700 millions de dollars d’actifs
(au 31 juillet 2018). « Ses stratégies d’investissement ont surperformé les indices hedge funds et
les fonds comparables sur le long
terme », indique iM Global Partner. Le montant total d’encours
géré par les sociétés de la plateforme s’élève à 30,4 milliards
dollars, soit 7,6 milliards de dollars d’actifs sous gestion pour
iM Global Partner, proportionnellement à ses prises de participation.
Erdogan prend la direction
du fonds souverain turc
L’homme fort de la
Turquie s’est proclamé
président du fonds,
s’estimant mécontent
de la gestion
de la précédente
direction, limogée.
AI
au-dessus des 5.300 points
grâce au dynamisme des secteurs du luxe et du pétrole. Les
investisseurs ont laissé de côté,
pour l’instant, les préoccupations liées aux tensions commerciales. Le CAC 40 s’est
adjugé 0,91 %, à 5.332,13 points,
dans un volume d’échanges
moyen de 3,3 milliards d’euros.
La cote parisienne s’est inscrite
dans le vert dès l’ouverture et a
gagné en vigueur au fil de la
séance. L’indice gagne ainsi de
nouveau du terrain (+0,37 %)
depuis le début de l’année.
En tête du CAC 40, Hermès
International a gagné 3,93 %,
soutenu par un bond de son
bénéfice net au premier semestre et par une nouvelle progression de sa marge opérationnelle. Dans son sillage, LVMH a
progressé de 2,39 % et Kering
de 3,43 %.
Les valeurs pétrolières ont
profité de la hausse des cours
d u b a r i l . Te c h n i p F M C a
engrangé 3,76 %, Total 1,70 %.
Les valeurs minières étaient
également bien orientées, à
l’instar d’A r c e l o r M i t t a l
(+2,63 %) et d’Eramet
(+4,38 %).
En hausse de 1,97 %, Carrefour a bénéficié d’un relèvement de sa recommandation
par Oddo BHF.
A l’inverse, STMicroelectronics a plongé de 3,84 %. Le
titre a été affecté par la dégradation par Goldman Sachs de son
conseil sur l’américain Micron.
Société Générale a perdu
1,11 %, Crédit Agricole SA
0,51 %.
En dehors du CAC 40,
Nexans a été pénalisé par un
abaissement de sa recommandation par Credit Suisse.
L’action a cédé 4,02 %.
Tessi a chuté de 10,42 %,
affaibli par un recul de ses
résultats au premier semestre,
qu’il a en partie expliqué par un
effet de base négatif après une
très bonne année 2017.
Par un décret présidentiel publié
mercredi, le président Erdogan s’est
nommé président du fonds souverain turc. Son beau-fils, Berat
Albayrak, actuellement ministre
des Finances, devient aussi viceprésident du fonds souverain.
L’ancienne direction a été limogée.
L’homme fort de la Turquie n’avait
pas caché son mécontentement à
l’égard de la gestion du fonds et de
ses choix.
Le nouveau conseil d’administration du Turkey Wealth Fund Management inclut notamment les présidents de l’association des banques
turques et de l’Union des chambres
et des Bourses de marchandises de
Turquie. Erdogan s’est associé les
services d’un compatriote, Zafer
Sonmez, qui travaillait pour le fonds
souverain malaisien Khazanah,
dont il occupait le poste de responsable de la zone Afrique et Turquie. Il
sera directeur général du fonds. En
septembre 2017, le président Erdogan avait déjà limogé le président du
fonds souverain pour le remplacer
par le président de la B ourse
d’Istanbul, Himmet Karadag. Ce dernier a donc tenu un an à son poste.
Le fonds gère
des participations
plus ou moins
importantes dans
une vingtaine de
grands groupes turcs.
Lancé en août 2016, le fonds souverain avait repris les participations
dans les grands groupes publics
auparavant sous le contrôle du Trésor et de l’administration chargée
des privatisations. Son portefeuille
initial était de l’ordre de 30 milliards
de dollars. Ses objectifs étaient
notamment de contribuer au déve-
loppement de l’économie turque et
à sa diversification.
Il gère aujourd’hui des participations plus ou moins importantes
dans une vingtaine de grands groupes turcs (Turkish Airlines, Türk
TeleKom, Borsa Istanbul Ziraat
bank, Halkbank, Turkiye Petrolleri…). Les actifs du fonds sont estimés à 40 milliards de dollars par
l’association du Sovereign Wealth
Fund Institute. A son lancement, le
gouvernement lui avait fixé des
objectifs très élevés, et pour certains
observateurs, irréalistes comme de
contribuer à hauteur de 1,5 % par an
à la croissance du pays et pour les
dix prochaines années. Ses capitaux devaient atteindre les 200 milliards de dollars. Il devait aussi favoriser le développement des
marchés financiers turcs et notamment de la finance islamique.
En avril, les fonds souverains turc
et russe (Russian Direct Investment
Fund) ont établi un véhicule de placement commun pour renforcer
les liens économiques et le commerce entre ces deux pays. Ce fonds
de 500 millions de dollars va investir dans des secteurs comme les
infrastructures, la santé et les technologies de l’information. n
FINANCE & MARCHES // 33
Les Echos Jeudi 13 septembre 2018
séAncE du 12 - 09 - 2018
CaC 40 : 5332,13 (0,91 %) neXt 20 : 12242,1 (0,40 %)
CaC larGe 60 : 5941,88 (0,86 %)
CaC all-tradaBle : 4211,45 (0,83 %)
Date De ProroGation : 25 sePtemBre
euronext
srD suite
CAC 40
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Devise / Date Détach. / Div
accor (ac) R
a
fr0000120404
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16/04/18 1,28
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a
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17/05/18 0,09
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a
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l'oréal (or) R
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ouv
vol.
nb titres
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1.021.903.623
100,9
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2.423.390.176
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2.866.437.156
64,78
2001497
685.055.200
12,41
4859934
2.435.285.011
120,95
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105.569.412
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286
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505.028.689
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178.978.841
clot
+ haut
+ bas
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50,6
50,76
50,33
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36,19
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108,25
108,5
106,9
16,29
16,53
16,06
12,092
12,18
12,026
64,83
65,09
64,73
12,45
12,46
12,3
121,6
122
120,6
554,8
557,8
538,6
455,3
455,3
443,6
290,75
291,25
285,55
62,7
63,14
62,24
203,5
204,1
201,2
99
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98,04
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% mois
% 52 s.
+ 1,57
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+ 0,08
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- 1,46
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+ 3,93
+ 1,61
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+ 49,74
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+ 5,79
127,6
105,35
1,26
+ 24,32
614,6
417,9
1,37
+ 24,63
522,4
338,263 0,88
+ 18,48
313,7
232,5
1,17
- 2,32
67,44
60,42
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+ 10,03
214,9
170,3
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a
fr0000133308
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a
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a
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a
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srD
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+ haut
+ bas
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81,08
80,5
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22,08
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bpa
% mois + haut an per
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- 8,42
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3,87
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1,36
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- 26,03
35,145
3,61
+ 1,83 + 3,84
+ 1,22
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4,06
+ 1,7
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64,02
3,22
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-15,39
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3,5
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+ 1,84
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+ 1,1
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20,26
2,04
Valeurs françaIses
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Date Détach. coupon / Div
ouv
vol.
nb titres
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clot
% Veil % an
bpa
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+ bas % 52 s. + bas an rDt
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B7
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74710
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c 7,72
7,35
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3729
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80483
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190,5
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a 8,33
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2201291
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B 64,6
20299
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aKWel (aKW) g
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19,56
7963
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a 16,19
16,04
186602
16,25
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16,04
alPes (cie Des ) (cDa) g
B 28,2
27,95
8417
28,3
fr0000053324
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27,95
alstom (alo) LR
a 39,35
39,6
696349
41,36
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altarea (alta) g
a 195
194
2004
195,8
fr0000033219
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alten (ate) !
a 88,2
89,2
42363
89,4
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88,2
altran tecHnoloGies (alt) ! a 7,68
7,59
2252346
7,82
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3,18
3,16
3927
3,23
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3,16
amunDi (amun) !
a 63,5
63,34
eX-Ds 15/03/17
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63,76
fr0004125920
22/05/18 2,5 201.704.354
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aPril GrouP (apr)
B 13,35
13,6
17081
13,95
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13,35
arcHos (JXr) g
c 0,67
0,672
212500
0,679
fr0000182479
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a 104,65
105,8
215775
106,15
fr0010313833
25/05/18 2,3 76.532.456
104,65
artPrice.com (prc) g
c 13,58
13,6
5571
13,62
fr0000074783
6.651.515
13,5
assYstem (asY) g
B 27,35
27,6
oPa 24/11/17
1608
27,6
fr0000074148
19/06/18 1 15.668.216
27,2
atari (ata)
c 0,406
0,416
1079634
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fr0010478248
255.105.360
0,406
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c 40,9
40,95
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7,5
5057
7,8
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7,5
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c 0,181
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0,186
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B 17,84
17,96
3360
17,96
fr0011040500
02/07/18 0,2 21.210.546
17,5
Bénéteau (ben)
a 13,3
13,54
103101
13,92
fr0000035164
14/02/18 0,25 82.789.840
13,3
Bic (bb) !
a 76,1
77,5
138310
77,7
fr0000120966
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75,65
BiGBen int. (biG) g
c 9,9
9,95
16825
10,16
fr0000074072
30/07/18 0,1 19.204.544
9,84
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a 75,7
75,8
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fr0013280286
05/06/18 0,34 118.361.220
75,2
Boiron (boi) g
a 59,5
59,1
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59,5
fr0000061129
31/05/18 1,6 19.414.756
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a 3,688
3,698
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3,71
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B 28,05
28,4
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1290
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12/09/18 0,3 23.501.104
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cHristian Dior (cDi)
a 358,9
364,9
eX D oP 08/06/17
20321
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fr0000130403
17/04/18 3,4 180.507.516
357,6
cie Du camBoDGe (cbDG)
a
/240818
fr0010557264
aBc arBitraGe (abca) g
fr0000079659
A : indicateur acompte, solde ou total du dividende. BPA : bénfice par action. PER : price earning ratio. les plus hauts et plus bas ajustés sont sur l’année
civile. les valeurs classées par ordre alphabétique sont regroupées en trois classes de capitalisation signalées par les lettres a pour les capitalisations
supérieures à 1 milliard d’euros, B pour les capitalisations comprises entre 1 milliard d’euros et 150 millions d’euros et c pour les capitalisations inférieures
à 150 millions d’euros. L : valeurs de l’indice cacnext20. R : valeurs de l’indice caclarge60. ! : valeurs de l’indice cacmid60. g : valeurs de l’indice
cacsmall. les bénéfices par action : source facset Jcf estimates. mise en ligne intégrale des informations réglementées sur www.lesechos-comfi.fr
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- 3,34 - 50,67
- 8,58
11,15
- 59,11
4,05
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- 2,25
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+ 14,9
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+ 6,33
9,87
- 45,78
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- 1,59
0,87
- 19,48
0,562
- 4,79 + 5,3
-12,81
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- 1,34
6,83
+ 0,24 + 14,56
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+ 4,31
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+ 1,79 + 22,27
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+ 0,25 + 18,35
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6
+ 11,62
4,3
2,51
- 2,3 + 6,25
0,204
+ 13,33
0,155
+ 0,37 + 0,57
+ 0,49 88,65
+ 9,15 76,25
+ 0,13 + 13,31
+ 5,8 156,6
+ 10,11 120
+ 1,7 - 42,98
-10,6 214,4
- 48,9 102,2
0,6
+ 0,25 - 24,69
- 6,48 87,8
- 21,21 58,55
3,51
- 1,19 - 32,84
-13,44 94,34
- 25,72 55,8
2,51
+ 1,03 - 1,22
- 0,47
6,995
- 57,69
4,41
- 0,19 - 11,73
- 4,95
3,12
- 12,33
2,215
+ 1,76 + 28,63
+ 2,41 40,4
+ 34,06 30,727
1,66
+ 0,86 + 53,51
+ 5,93 155,95
+ 31,31 99
0,65
+ 1,07 - 13,42
- 9,71 34,5
- 0,3
25,8
3,27
- 22,55
-13,41 32,9
- 23,52 21,1
3,29
+ 0,07 - 10,97
+ 9,92 36,9
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+ 0,88 + 9,82
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+ 0,6 + 2,43
+ 6,8
30,58
+ 0,89 22,84
1,99
- 0,3 - 15,69
4
- 8,66 51,1
- 21,17 39,31
+ 1,78 - 3,82
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6
- 7,71
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1,76
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16,65
5,43
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1,78
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4,09
+ 0,87 - 4,92
-14,96 37,95
- 3,01 28,65
2,14
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-25,12
13
- 70
4,8
- 2,88 - 39,45
+ 4,74
5,41
- 1,37
2,48
+ 1,04 - 26,43
- 8,8
18,75
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+ 0,16 - 14,7
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1,9
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+15,87 18,87
- 5,34
8,295
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7,45
- 12,47
5,682
6,41
+ 51,74
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-11,2
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26
+ 1,19 - 26,72
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- 0,8
53
- 3,21 44,2
2,51
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- 42,32
8,565 11,09
- 1,89 - 48,23
-17,49 15,35
- 28,32
5,725
+ 0,26 + 0,52
- 4,44 131,3
+ 16,04 99,05
1,42
+ 1,03 - 12,14
- 1,08 15,58
- 2,46 11,82
3,16
+ 36,67
+ 2,5 477
+ 36,67 330
1,12
136.345.527
a 82,15
82,4
38124
82,85
fr0000035081
02/05/18 4,3 74.531.428
82,1
iD loGistic (iDl) g
B 152,6
153,2
1214
153,8
fr0010929125
5.628.475
152,4
iliaD (ilD) !
a 112,4
113,9
177402
114,9
fr0004035913
20/06/18 0,68 58.975.840
110,4
imerYs (nK) !
a 59,05
59,15
58598
59,5
fr0000120859
11/05/18 2,08 79.604.285
58,85
inGenico GrouP (inG) LR
a 60,5
59,78
408640
60,56
fr0000125346
23/05/18 1,6 63.144.527
58,34
innate PHarma (iph) g
B 4,65
4,692
131519
4,822
fr0010331421
57.600.100
4,64
insiDe secure (insD)
c 2,61
2,595
43116
2,655
fr0010291245
44.119.162
2,595
inter ParFums (itp) g
B 39,75
40,4
15554
40,4
fr0004024222
09/05/18 0,67 42.965.628
39,65
iPsen (ipn) !
a 152
152,85
119782
155,95
fr0010259150
04/06/18 1 83.794.128
151,95
iPsos (ips) !
a 26,42
26,58
29069
26,58
fr0000073298
02/07/18 0,87 44.436.235
26,22
JacQuet metal serVice (JcQ) g B 21,3
21,3
63146
21,8
fr0000033904
04/07/18 0,7 24.028.438
21,2
JcDecauX (Dec) !
a 29,9
29,92
106796
30,2
fr0000077919
22/05/18 0,56 212.757.582
29,62
KauFman & BroaD (Kof)
B 43,08
43,52
10207
43,58
fr0004007813
09/05/18 2,1 21.864.074
43,08
KlePierre (li) LR
a 30,31
30,52
570479
30,57
fr0000121964
26/04/18 1,96 314.356.063
30,13
Korian (Kori)
a 29,98
30,16
79767
30,2
fr0010386334
21/06/18 0,6 81.976.425
29,88
laFarGeHolcim (lhn) L
a 39,59
39,66
90404
39,81
ch0012214059
chf 11/05/18 2 606.909.080
39,51
laGarDère (mmb) !
a 25,38
25,71
286398
25,71
fr0000130213
07/05/18 1,3 131.133.286
25,27
latecoere (lat) g
c 3,95
3,95
51151
3,98
fr0000032278
29/06/07 0,75 94.744.952
3,945
le Bélier (beli) g
c 43,2
44
983
44
fr0000072399
29/05/18 1,18 6.582.120
43,15
lna santé (lna) g
B 57,6
57,1
2390
57,6
fr0004170017
06/07/18 0,32 9.705.937
57
lectra (lss)
21,65
B 22,1
5918
22,1
fr0000065484
02/05/18 0,38 31.577.881
21,65
lineData sVices (lin) g
B 34,75
34,8
27552
35
fr0004156297
05/07/18 1,35 7.293.356
34,6
lisi (fii) g
a 32,9
33,15
9533
33,6
fr0000050353
02/05/18 0,48 54.114.317
32,9
lumiBirD (lbirD) g
c 16,16
16,3
5325
16,42
fr0000038242
15.884.557
16,02
m6-métroPole tV (mmt) !
a 17,25
17,5
91763
17,55
fr0000053225
16/05/18 0,95 126.414.248
17,25
maisons Du monDe (mDm)
B 24,84
24,74
64856
24,9
18/06/18 0,44 45.241.894
fr0013153541
24,68
maisons France conF. (mfc) g B 41,75
41,6
1664
41,75
fr0004159473
05/06/18 1,7 6.937.593
41,45
manitou (mtu) g
B 28,95
29
21317
29,25
fr0000038606
18/06/18 0,62 39.617.974
28,65
marie BrizarD W & s (mbWs)
B 4,95
4,83
40454
5,1
fr0000060873
27/09/07 0,5 28.336.515
4,8
mauna Kea (mKea)
c 2,955
2,87
40369
2,96
fr0010609263
23.147.338
2,85
mercialYs (merY) g
a 13,43
13,57
113027
13,62
fr0010241638
30/04/18 0,68 92.049.169
13,29
mersen (mrn) g
B 31,7
31,85
27986
32,1
fr0000039620
03/07/18 0,75 20.635.491
31,5
metaBolic eXPlorer (meteX) g c 2,02
2,03
24743
2,03
fr0004177046
23.261.500
1,998
nanoBiotiX (nano) g
B 17,58
17,74
106547
17,95
fr0011341205
19.633.373
17,42
natiXis (Kn) LR
a 5,79
5,776
3127890
5,802
fr0000120685
28/05/18 0,37 3.150.288.592
5,74
natureX (nrX) g
B 134,4
134,4
516
134,8
fr0000054694
03/07/14 0,1 9.568.951
134,4
netGem (ntG) g
c 1,8
1,76
26422
1,815
fr0004154060
16/05/18 0,1 29.664.667
1,7
neXans (neX) !
a 25
24,6
1003085
25,1
fr0000044448
22/05/18 0,7 43.991.168
23,56
neXitY (nXi) !
a 49,74
50,5
71358
50,5
fr0010112524
05/06/18 2,5 56.129.724
49,66
nicoX (coX)
B 7,53
7,41
151633
7,53
fr0013018124
22.869.669
7,2
nrJ GrouP (nrG) g
B 8,7
8,76
1774
8,8
fr0000121691
05/06/18 0,15 78.107.621
8,66
oeneo (sbt) g
B 10,66
10,7
6548
10,72
fr0000052680
31/07/18 0,15 63.180.843
10,66
onXeo (onXeo) g
B 1,08
1,09
147610
1,095
fr0010095596
50.914.722
1,057
orPéa (orp) !
a 116,5
117,5
89803
117,95
fr0000184798
13/07/18 1,1 64.586.323
116,15
Parrot (parro) g
B 4,32
4,455
38783
4,54
fr0004038263
30.174.671
4,32
PHarmaGest int. (pha)
57,4
57,8
4831
57,8
fr0012882389
02/07/18 0,75 15.174.125
56,4
Pierre & Vacances (vac) g
B 28,55
28,55
1906
28,75
fr0000073041
19/03/12 0,7 9.804.565
28,55
PiXium Vision (piX) g
c 1,85
1,868
41759
1,886
fr0011950641
20.813.963
1,824
Plastic omnium (pom) !
a 31,6
31,77
163878
32,2
fr0000124570
02/05/18 0,67 149.866.107
31,56
PlastiValoire (pvl)
B 13,04
13,5
DiV 8 02/05/17
14851
13,5
fr0013252186
05/04/18 0,27 22.125.600
13,04
PsB inDust. (psb)
c 50,2
49,8
1101
50,2
fr0000060329
25/05/18 1,25 3.675.000
49,8
rallYe (ral)
a 9,01
9,015
95555
9,075
fr0000060618
30/05/18 1 54.999.135
8,875
recYleX sa (rX)
c 6,795
6,745
19877
6,88
fr0000120388
04/07/90 0,61 25.741.482
6,645
rémY cointreau (rco) !
a 115,9
116,1
103579
116,9
fr0000130395
31/07/18 1,65 50.223.800
115,2
reXel (rXl) !
a 13,14
13,285
942241
13,405
fr0010451203
04/07/18 0,42 303.988.899
13,13
roBertet sa (cbe)
B
/060918
c.i.P.
fr0000045601
28/06/18 5,2 143.582
roBertet sa (cbr)
B
/121016
c.D.V. nom.
fr0000045619
rotHscHilD & co (roth)
a 34,35
33,6
- 2,33 + 10,04
30837
34,55
+ 8,56 34,9
fr0000031684
22/05/18 0,68 77.462.512
33,5
+ 11,83 28,25
ruBis (rui)
a 50,9
50,55
- 1,08 - 14,29
DiV 2 28/07/17
168652
51,2
- 0,69 65,6
fr0013269123
08/06/18 1,5 96.811.004
49,86
- 5,99 46,72
sartorius steD. Bio. (Dim)
a 110,7
110,6
+ 0,27 + 83,45
DiV 6 10/05/16
45336
111,2
+ 3,27 111,3
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110,2
+ 76,17 59,75
saVencia (bh)
B 74
71
- 2,74 - 12,04
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actions
françaises
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ouv
+ht +bs
clôt écart vol
2crsi
c 10,6
10,6
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10,5 - 0,94
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c 10,24 10,42 10,16
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6362
abeo
c 35,5
35,9
35,3
35,9
529
acteosg
c 2,62
2,7
2,62
2,67 + 1,14
1856
ad capital
0,092 0,092 0,092
0,092+ 2,22 10000
adl partnerg
c 14,45 14,55
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14,5 + 0,69
542
adux (ex:hi media) c 3,62
3,62
3,6
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1473
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c 1,795 1,9
1,795
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advicenne
c 12,14 12,14
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advini
c 32,2 32,2
32
32
117
affine reg
c 15,78 15,78
15,62
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165
afone part.
c 10,2
10,3
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10,3
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c 0,418 0,418 0,418
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altamirg
b 15,38 15,46 15
15
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altareit
b
535
amoebag
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10350
antalis
b 1,358 1,36
1,358
1,358
4531
argang
b 45,4 45,9
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1390
artea
c
10,8
artois
a
6050
ateme
c 12,94 13,1
12,92
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15581
au femining
b 39,31 39,45 39,31
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augros cp
c 8,4
8,4
8,4
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9
aures tech.
c 38,7
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awoxg
1,87
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1,85
1,87
3262
baccarat
b
220
bains monaco
b 52
53
51
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2213
balyo
c 3,19
3,2
3,11
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53008
barbara bui
c
7
bastide
c 41
41,3
40,7
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5436
bleecker
c
110
blue solutionsg
16,4
16,45 16,35
16,35
2765
bourbon!g
a 4,51
4,62
4,51
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7190
bourse direct
c 1,5
1,5
1,49
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1268
business et dec.g
c 7,7
7,83
7,7
7,83
885
cafom
c 8,65 8,65
8,1
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614
capelli
41
41,7
41
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1557
carp.de partic.
c
45,6
castg
c 3,86 3,86
3,86
3,86 - 0,52
1382
catering inter.g
b 15,95 16
15,75
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827
cbo territoriag
c 3,87
3,88
3,85
3,86
14603
cca intern.
c
4,99
cegedimg
b 29,2 30,8
29,2
30,3 + 4,48
3875
cegerealg
b 37,2
37,2
37,2
37,2
2
cellnovog
c 2,94 2,955 2,9
2,955 + 1,55
6756
cerenisg
b 1,872 1,88
1,84
1,846- 1,28
17733
cfi
c
1,49
chausseria sa
c
0,001
cibox inter.g
c 0,193 0,2
0,193
0,194
237785
clayeuxg
c
0,26
cnimg
b 101,5 101,5
99,2
99,2 - 2,75
537
cogelec
c 11,48 11,608 11,3
11,6 + 2,29
5406
coherisg
c 2,03 2,04
1,95
2,02
9339
constellium
11
courtois
c144
144
144
144
1
cr alpes prov.
c 110,02 110,02 110,02
110,02 - 0,88
23
cr atl. vendée
c130
130
128,56 129,98 - 0,02
332
cr brie picard.
b 24,05 24,12
23,66
24
- 0,21
3555
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c 98,5 98,5
98,25
98,5 - 0,25
292
cr languedoc
c 73,11 73,3
73,11
73,3 + 0,27
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cr loire hte-loire c 89
89
89
89
1
cr morbihan
c 82,7
82,7
81,7
82,7
19
cr nord france
b 21,4
21,55
21,25
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9809
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c 128,4 129
127
127,02 - 1,08
220
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b 91
91
90,8
90,98 - 0,02
422
cr rhône-alpes
c196,98 197
196,98 197
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cr toulouse
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112
- 0,87
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cr tour. poitou
c104,8 105,1
104,2
105,1 + 0,29
120
crosswood
c
4,06
cs-com. et syst.g
c 6,9
6,9
6,7
6,82 - 1,16
3951
daletg
c 14,4
14,4
14,2
14,2 - 1,39
175
dane-elec memoryg c
0,56
deinove
2,36 2,365 2,28
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delta plus group b 47,2 49,4
47,2
48,4 + 5,68
2576
digigram
c
0,785
dms
c 1,12
1,13
1,11
1,13 + 0,89
2203
docks pétroles a c
535
dom securityg
c 58,4 59,4
57
58,4 + 0,69
2258
ecag
c 14,5
14,7
14,5
14,7 + 1,38
419
egideg
c 2,15
2,19
2
2,05 - 4,65
9548
elect. strasbourg b 113,5 114
113,5
114
228
electro powerg
c 11,65 11,65
11,35
11,6 + 3,57
3475
encres dubuitg
c 5,76
5,76
5,66
5,68 - 1,39
243
essog
b 44
44
43,55
43,7 - 0,34
5502
eurasia fonc inv
c 0,25 0,25
0,25
0,25 + 31,58
1
euromedis groupeg c 6,8
6,8
6,65
6,65 - 2,21
251
europacorpg
c 1,675 1,83
1,665
1,735+ 4,52 179365
exacompta clairef. c
128
expl. prod. chim.
c
840
expl. prod. chim.
c
855
f.i.e.b.m.
c
5,8
f.i.e.b.m.
c
118
f.i.p.p.
c 0,325 0,343 0,325
0,343
41384
fauvet-girel g
c
32,2
fermentalgg
3,1
3,1
3,045
3,075- 0,65
16753
fermière cannes
b
1610
fiducial office
c 28
28
28
28
1
fiducial re
b 192
192
192
192
1
fin. moncey
a5700 5700 5700
5700
- 0,87
1
finatis
b 44
44
44
44
5
fleury michon
b 54
54,6
53,2
54,6 + 1,49
532
foncière 7 inv.
c
1,9
foncière atland
c 115
116
115
115
101
foncière euris
b 29,6
29,6
29,6
29,6
808
foncière inea
b 39,9 39,9
39,9
39,9
35
foncière paris nord c 0,039 0,04
0,039
0,04
140410
foncière r-paris
c
34,97
foncière volta
c
4,1
française energie c 14
14,15
14
14,1
140
frey
b 28,6
28,6
28,6
28,6
207
fsdv
c
48
galimmo
c 24,4 24,4
24,4
24,4
1
gaumont
b 135
137
135
136,5 + 1,87
126
gea
c 96,6 96,6
96,6
96,6 + 0,21
1
generixg
c 3,61
3,63
3,61
3,61 - 0,55
3876
genomic visiong
0,865 0,947 0,857
0,911 + 4,47 374613
gérard perrier
c 57
58
56,8
57,6 - 0,35
1763
gfi informatiqueg b 8,16
8,16
8,16
8,16 - 0,24
86
graines voltZ
c 38,8 39,6
38,8
39,6 + 2,06
49
groupe ird
c 25,8 26
25,8
26
+ 0,78
1164
groupe jaj
c
1,8
groupe openg
c 28,75 29
28,4
28,6 - 0,52
14482
groupe piZZorno
c 20,4 20,4
20,2
20,2 - 0,98
403
groupe sfpig
c 3,16
3,16
3
3,06 - 3,17
8798
guerbetg
b 57
57,4
57
57,2 + 0,53
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guillemot corp.g
c 4,82 4,9
4,72
4,72 - 1,26
16493
guy degrenne
c 0,199 0,199 0,199
0,199
501
hf companyg
c 7,14
7,14
7,14
7,14 - 0,28
1
hipay group
c 13,5
13,85
12,9
13,1 - 1,87
880
hopscotch groupeg c 7,44
7,44
7,4
7,42 - 0,27
643
idi
b 43,1
43,4
43
43,2
615
ige + xaog
c 137
137
137
137
545
immo. dassault
b 53,2
53,2
53,2
53,2
1
immo. hôtelière
c
1,04
ind. fin. ent.
c 63
63
63
63
187
infotelg
c 50,7
51,3
50,5
50,7
1042
innelec mult.g
c 5,4
5,46
5,38
5,38
563
installux sa
c
382
intexa
c
2,36
inventiva
b 8,72
8,84
8,58
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5431
it linkg
c 6,72
6,72
5,7
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42578
itesoftg
c 3,74
3,74
3,74
3,74 - 1,06
678
its groupg
c 7,32
7,32
7,32
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1
jacques bogart
c 6,14
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3735
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c 6,02 6,06
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la foncièreverte c
57
lacroix sa
c 25,6
25,9
25,5
25,5 - 0,39
1242
23
lafuma
c
lanson-bcc
b 31,4
31,4
31
31
- 0,64
460
laurent-perrier
b 112
112,5 109,5
110
- 2,22
869
le tanneurg
c
2,02
lebon
c 133,5 133,5
131
131,5 - 1,5
145
les hôtels de paris c
2,36
les nx constr.
b 47,4
47,4
45,9
47,2 + 2,61
100
lexibookg
c 0,996 1,045 0,972
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8343
locindus
b 24,9 25
24,9
25
+ 0,4
1195
malteries fr-b
c
530
manutan inter.g
b 70,8 70,8
68,8
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2597
maurel & prom!
a 5,54 5,72
5,5
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mcphy energyg
6,08 6,11
6,05
6,05
3643
actions
françaises
EuronExT hors srd suite
isin
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valeur
ouv
+ht +bs
clôt écart vol
mecelec
c 1,775 1,775
1,775
1,775- 0,56
40
medasysg
c 0,36 0,37
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média 6
c 14,75 14,75
14,75
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1
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c 2,05 2,05
1,96
2
- 3,85
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c 1,35
1,36
1,34
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mndg
2,1
2,1
2,05
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645
mr bricolage sa
b 11,05 11,05 10,7
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mrm
c 1,5
1,5
1,5
1,5
2
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c
nanobiotixg
b 17,58 17,95
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b 6,16
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neopost!
a 22,32 22,54 22,12
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30174
neuronesg
b 23
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nextstage
c100
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+ 1
11
officiis propertiesg c 1,53
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ol groupeg
c 2,82 2,83
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3,9
3,9
3,9
3211
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b 18,8
18,8
18,4
18,5 - 1,07
2009
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15,64
15,64 - 1,88
200
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c 34,6 34,6
34,6
34,6
1
poxelg
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6,57
6,64 - 0,9
41243
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c
204
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18,25
18,25
1
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c
21
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b 19,8
19,8
19,8
19,8
80
riberg
c 2,9
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b506 508
500
504
- 0,4
674
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b 21
21
20,8
20,8 - 1,89
7368
s.a.m.s.e.
b 162
162
158
159
- 2,45
183
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c 25
25
25
25
20
c
6,95
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selectirente
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69,5
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9,2 + 1,55
201
signaux girod
c 19
19
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19
493
sii
c 27
27,4
27
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smcp
a 24,8 24,8
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42185
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b 20
20
19,68
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1317
soc. fr. casinos
c 2,5
2,5
2,5
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c
19,1
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c
187
14,9
14,9
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valeur
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tayninh
tessig
thermocompactg
tipiak
tivoly
tonna elect.
toupargel groupe
tour eiffel
txcellg
unibel
union fin. fr. bque g
utig
verneuil part.
vetoquinolg
videlio (ex:iec)
viel et cieg
viktoria investg
visiodentg
voluntis
voltalia
xilam animationg
ymagisg
ouv
+ht
c 2,82 2,87
c
b 172,5 172,5
c
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c
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c
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actions
françaises
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1,36
155,5
- 10,42
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+ 1,91
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35,6
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celyad
cnova nv
dexia
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montea cva
nokiaR
rentabiliweb gpg
robeco nv
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c
15,2
12,75 12,75
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c
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c
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10402
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5636
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it0001389631
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maroc telecom
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televerbier
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7717
25658
1
2494
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ouv
0,337
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+ht
0,337
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0,322
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2044
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7012
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14
14
14
14
1,505 1,55
1,5
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cErTiFicaT/Fonds
224243
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1167
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35050
235
investir 10
i10gs - Fr0011630474
Fr0013284114
INVESTIR 10 GRANDES VALEURS
INVESTIR PEA PALATINE
8,98
38,99
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valeur
agrogeneration
auplata
biocorp
biophytis
blockchain group
carbio
carmat
esker
evolis
europlasma
gaussin
groupe guillin
groupe parot
hiolle industries
hybrigenics
implanet
mastrad
neovacs
nextedia
nsc groupe
piscines desjoyaux
theradiag
umanis
vergnet
voy. du monde
0,64
0,4
133.27
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VaLEurs Zone internationale
ch0008853209
sn0008626971
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agta record
bras. ouest afr.
brass. cameroun
caterpillar inc.
cfoa
diageo
lilly and co
forestière eq.
geneurog
hexcel
b 72
c
b
72,5
72
72,5 + 0,69
211
350
97
+ 2,12
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c
3,33
30,01
30,01
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c
b 5,44
5,44
5,36
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83
+ 2,81
165
750
5,36 - 1,47
311
51,5
Taux ET changEs
changEs : cours au comptant
cours
bce
var.
veille
en %
var.
année
en %
dollar us
1,1628
livre sterliNg
0,8923
FraNc suisse
1,1285
couroNNe daNoise
7,4593
couroNNe Norv.
9,5965
kuNa croate
7,4351
couroNNe suedoise
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dollar caNadieN
1,5116
yeN JaPoNais
129,387
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rouble russe
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rouPie iNdieNNe
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couroNNe tcheQue
25,5801
ForiNt hoNgrois
325,2
zloty PoloNais
4,31
lev bulgare
1,9559
dollar hoNg-koNg
9,125
WoN sud coreeN
1304,79
Peso MexicaiN
22,175
real
4,8111
dollar siNgaPour
1,5967
raNd sud-aFricaiN
17,4077
livre turQue
7,397
reNMibi yuaN
7,977
ruPiah
17183,1206
Peso PhiliPPiN
62,7503
riNggit Malais
4,8138
bath thalaNdais
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0,21
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0,01
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21,02
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-2,68
12-09-2018
1 euro en devise
principaux taux directeurs
pays
taux de référence
taux en %
eur
eur
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dkk
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usd
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1,1129 145,0016
1,3002
1,694
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Taux marchés monétaires et eurodevises
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12-09-2018
chf
sek
dkk
0,8862
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cad
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1
12-09-2018
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1 mois
3 mois
jour
6 mois
1 an
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12-09-2018
6 mois
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portugal
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italie
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2 ans
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0,32
1,04
2,53
euromts
indice
var %
FraNce
1-3 aNs
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Plus 15 aNs
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eMtxi-be
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0.00
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248,89
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usd
gbp
chf
sek
dkk
jpy (100)
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1,1628
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1,5117
-0,0019
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-0,1033
-0,1636
-0,0385
-0,0394
12-09-2018
comptant
achat
veNte
a 1 mois
achat
veNte
a 3 mois
achat
veNte
a 6 mois
achat
veNte
a 12 mois
achat
veNte
bce
taux pret marginal 0.25 %
taux repO (refi)
0.00 %
taux DepOt
-0.40 %
royaume uni taux jour le jour
0.45 %
taux De base
0.75 %
usa
taux jour le jour
1.85 %
fOnDs feDeraux
2.00 %
2 ans
2.79 %
10 ans
3.00 %
japon
boj tokyo
-0.10 %
taux jOur le jOur
-0.15 %
taux repO (refi)
-0.10 %
10 ans
0.07 %
cad
Taux bons du trésor
btf
taux
1 Mois
3 Mois
6 Mois
9 Mois
1 aN
2 aNs
5 aNs
10 aNs
-0,57
-0,56
-0,59
-0,60
-0,56
-0,40
0,07
0,71
indicEs de référence des emprunts à taux variables
moy.
mens.
juil. 16
août 16
sept. 16
oct. 16
nov. 16
déc. 16
janv. 17
fév. 17
mars 17
avr. 17
mai 17
juin 17
juil. 17
août 17
sept. 17
oct. 17
nov. 17
déc. 17
janv. 18
fév. 18
mars 18
avr. 18
mai 18
juin 18
juil. 18
août 18
tmm
euribor
1 mois
3 mois
-0,3279
-0,3398
-0,343
-0,3462
-0,3486
-0,3501
-0,3511
-0,353
-0,3532
-0,3563
-0,3585
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-0,359
-0,3561
-0,3573
-0,3589
-0,3513
-0,3411
-0,3614
-0,3649
-0,3628
-0,3648
-0,3628
-0,3614
-0,3636
-0,359
-0,369
-0,37
-0,371
-0,371
-0,373
-0,373
-0,371
-0,372
-0,372
-0,372
-0,373
-0,373
-0,373
-0,372
-0,372
-0,372
-0,372
-0,369
-0,369
-0,37
-0,371
-0,372
-0,371
-0,37
-0,37
-0,369
-0,294
-0,298
-0,302
-0,309
-0,313
-0,313
-0,325
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,33
-0,33
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,328
-0,328
-0,329
-0,328
-0,329
-0,326
-0,322
-0,321
-0,319
tme
0,23
0,21
0,25
0,36
0,70
0,80
0,91
1,11
1,10
0,97
0,87
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0,89
0,78
0,77
0,77
0,65
0,62
0,82
0,97
0,85
0,80
0,83
0,83
0,68
0,73
source cdc ixis
tmor.
pub. priv.
moy.
eonia
euribor
tec
hebdo
1 mois 3 mois 10
the
0,43
0,41
0,45
0,56
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
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1,02
0
0
0
0
0
0
0
07-08
08-08
09-08
10-08
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17-08
20-08
21-08
22-08
23-08
24-08
27-08
28-08
29-08
30-08
31-08
03-09
04-09
05-09
06-09
07-09
10-09
11-09
12-09
0,80
0,80
0,80
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,70
0,70
0,70
0,70
0,70
0,71
0,71
0,71
0,71
0,71
0,76
0,76
0,76
0,76
0,76
0,75
0,75
0,75
0,75
0,43
0,41
0,45
0,56
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
1,17
1,05
1,00
1,03
1,03
0,88
0,93
-0,355
-0,361
-0,356
-0,357
-0,357
-0,357
-0,357
-0,359
-0,362
-0,36
-0,36
-0,361
-0,363
-0,363
-0,363
-0,363
-0,363
-0,363
-0,364
-0,342
-0,342
-0,356
-0,353
-0,356
-0,361
-0,361
-0,358
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,37
-0,37
-0,368
-0,369
-0,37
-0,369
-0,371
-0,371
-0,371
-0,369
-0,37
-0,371
-0,37
-0,37
-0,369
-0,37
-0,369
-0,369
-0,371
-0,372
-0,371
-0,372
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
0,70
0,70
0,70
0,65
0,65
0,66
0,66
0,65
0,64
0,64
0,63
0,65
0,66
0,66
0,68
0,68
0,70
0,71
0,68
0,67
0,68
0,69
0,70
0,69
0,71
0,72
0,70
thor.
pub.
priv.
1,00
1,00
1,00
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,90
0,90
0,90
0,90
0,90
0,91
0,91
0,91
0,91
0,91
0,96
0,96
0,96
0,96
0,96
0,95
0,95
0,95
0,95
1,00
1,00
1,00
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,90
0,90
0,90
0,90
0,90
0,91
0,91
0,91
0,91
0,91
0,96
0,96
0,96
0,96
0,96
0,95
0,95
0,95
0,95
MaTièrEs prEMièrEs
MéTaux préciEux
MéTaux non FErrEux
MéTaux sTraTégiQuEs
paris
OR (euros cPror/*cours hebdo)
12/09
11/09
COURS PriMe Prec.
lingot
33490
0
33000
10 florins
205
1,18
205
5 dollars*
287
13,96
287
10 dollars
551
9,39
551
20 dollars
1130
12,13
1130
5 roubles*
0
-100
0
50 pesos
1241
-1,18
1258
latine
193
-0,74
193
napoleon
199,4
2,55
193
1/2 napoleon* 100
2,86
109
souverain eli i* 258
5,24
258
souverain
252,8
3,12
245
1/2 souverain* 128,8
5,08
128,8
suisse
193,7
-0,38
190
tunisienne*
200
2,86
200
mark*
250
4,26
250
krugerrand
1097,5
5,36
1097,5
lingotin 500grs 17100
2,12
17100
lingotin 250grs 8450
0,93
8580
lingotin 100grs 3420
2,12
3420
argent c3e (euro Par kilo) (csFaNMP)
471,46
470,3
cuivre (girm):
LondrEs
(eN dollars)
cathodes : 5269 a coMPter du 12/09/
autres demi produits cuivreux :
604,95 dePuis le 12/09
base cuivre
base laMiNé laitoN 1 titre 505,82 dePuis le 12/09
514,83 dePuis le 12/09
base laMiNé laitoN 70/30
base laMiNé laitoN 85/15
559,88 dePuis le 12/09
base laMiNé broNze 94/6
690,97 dePuis le 12/09
base laMiNé broNze 94/4
662,3 dePuis le 12/09
London METaL ExchangE
12/09
11/09
alliage d`alumin. (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
aluminium (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
2034-2035
2073-2074
1054525
palladium (euro Par kilo) (csFaNMP)
Fix1
27 003
26 822
Fix2
27 146
26 987
cuivre (en $ par tonne)
platine (euro Par kilo) (csFaNMP)
Fix1
21 896
21 840
Fix2
21 850
21 781
cash
3 Mois
stocks
London BuLLion MarKET
12/09
11/09
argent (eN ceNts Par oz)
Fixage
1 404
1 405
etain (en $ par tonne)
or (eN dollars Par oz)
Fix
1 196
1 190
palladium (eN dollars Par oNce troy)
979
972
platine (eN dollars Par oNce troy)
788
785
settleMeNt
settleMeNt
12/09
sePt. 18
14,01
déc. 18
14,27
JaNv. 19
14,26
Mars 19
14,28
Mai 19
14,33
or (eN dollars Par oNce)
settleMeNt
11/09
13,91
14,17
14,18
14,28
14,35
oct. 18
JaNv. 19
avr. 19
Juil. 19
oct. 19
12/09
799,5
797,4
806,7
812,1
819,5
11/09
1203,6
1213,6
1221,6
1218,7
1239,5
settleMeNt
11/09
792
794,3
799,8
808,6
808,6
5848,5-5849
5868-5869
234300
19050-19070
19000-19050
2900
1998-2000
2036-2036,5
1059825
12250-12255
12325-12350
236340
éLEcTriciTé
5840-5840,5
5862-5864
238750
19025-19075
19005-19015
2900
12200-12205
12295-12305
237066
plomb (en $ par tonne)
2054-2056
2075-2077
120500
1969-1970
1991-1992
120300
Zinc (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
2338-2338,5
2338-2339
229675
2405,5-2406
2404,5-2360
229550
nEW YorK
cuivre (en cents par lb)
settleMeNt settleMeNt
sePt. 18
oct. 18
Nov. 18
déc. 18
12/09
2,62
2,62
2,63
2,68
11/09
2,61
2,61
2,61
2,62
vol
73
482
105
93159
KuaLa LuMpur
etain (en dollars par tonne)
settleMeNt settleMeNt
Jou r
12/09
18900
11/09
18810
11/09
antimoine 99,65% (par tonne)
8400
8400
bismuth 99,99% (par lb)
4,55
4,55
cadmium 99,95% (par lb)
1,25
1,25
cobalt (cathodes) 99,80% (par lb)
33,25
33,25
eponge de titane 99,60% (par kg)
7,65
7,65
ferro manganese (hc) (par tonne)
975
975
ferro molybdene (par kg)
29,25
29,25
germanium (par kg)
1650
1650
selenium 99,50% (par lb)
14
14
silicium (par tonne)
2000
2000
ice
(eN gbP Par MWh)
clôture
12/09
base
40,69
PoiNte
46,28
ice futures
(eN gbP Par MWh)
nickel (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
settleMeNt
12/09
déc. 18
1207,5
avr. 19
1214,1
JuiN 19
1218,4
aout 19
1223,2
déc. 19
1235,7
platine (eN dollars Par oNce)
settleMeNt
cash
3 Mois
vol.
cash
3 Mois
vol.
nEW YorK
argent (eN ceNts Par oNce)
1540-1545
1570-1590
13600
1500-1510
1565-1585
13600
12/09
vol
base Nov 18
base dec 18
PoiNte Nov 18
PoiNte dec 18
clôture
11/09
40,69
46,28
clôture
clôture
12/09
75,62
76,77
83,42
83,96
11/09
75,62
76,77
83,42
83,96
vol
364004
192492
vol
produiTs péTroLiErs
sucrE
rotterdam
(barges - Fob) (eN $ Par toNNe)
gas oil 0.1% sul.
660,5
london daily price:
457,5
432,5
453
428
singapour
gasoliNe 97
gas oil
Fuel oil (180)
Fuel oil (380)
91,2
90,42
497
465
89,5
89,6
496,5
464,5
éMission co2
nymex emissions (eN euros Par toNNe)
clôture
avr. 19
Mai 19
JuiN 19
Juil. 19
aout 19
clôture
clôture
12/09
69,2
68,73
68,58
67,95
67,05
11/09
68,05
67,85
67,63
67,35
67,05
clôture
clôture
11/09
2,83
2,83
2,92
vol
clôture
vol
1
12/09
oct 2018 29,05
Nov 2018 29,19
dec 2018 29,47
11/09
11,18
12,01
12,19
12,31
12,58
clôture
12/09
11/09
sePt. 18
1550
1562
déc. 18
1647
1646
Mars 19 1664
1655
Mai 19
1674
1664
Juil. 19
1685
1669
new york (eN $ Par toNNe)
vol
7907
18747
10260
3847
2760
11/09
82,74
82,79
83,22
12/09
2283
2323
2329
2342
2355
11/09
2340
2290
2301
2308
2324
40
15109
6548
1977
278
clôture
vol
12/09
11/09
sePt. 18
1577
1546
12
Nov. 18
1516
1480
6466
JaNv. 19 1520
1482
3710
Mars 19 1539
1497
1962
Mai 19
1554
1514
1116
new york-arabica (en cents par lb)
settleMeNt settleMeNt
vol
1
8345
1682
sePt. 18
déc. 18
Mars 19
sePt. 19
12/09
97,8
102,75
106,1
113
11/09
97,3
100,25
103,65
110,95
vol
2
15437
5514
325
jus d’orangE
chicago (eN $ Par 1000 bdFt)
new york (coNt. No2 - eN ceNts Par lb)
12/09
443,1
382,5
376
11/09
443,1
382,5
376
settleMeNt settleMeNt
vol
212
70136
12871
settleMeNt settleMeNt
vol
12/09
11/09
sePt. 18
10,51
10,8
Nov. 18
10,79
10,75
JaNv. 19 10,89
10,85
avoine à chicago
(eN ceNts Par boisseau)
vol
settleMeNt settleMeNt
Jou r
12/09
11/09
112,45
115,7
55
10
settleMeNt settleMeNt
vol
71
3
settleMeNt settleMeNt
12/09
178
175
179
vol
11/09
176,95
0
0
98
veau vivaNt - bresil - brl :
150.7
le 11/09//18
betail vivaNt - cMe - usd :
1.093
le 11/09//18
betail d'eNgrais - cMe - usd : 1.52125
le 11/09//18
Porc Maigre - cMe - usd :
0.54475
le 11/09//18
Porc FraNce e - eur :
1.5
le 02/03//17
indicEs
12/09
rJ crb
Bois
sePt. 18
Nov. 18
JaNv. 19
519
85
90
BETaiLs
londres-robusta (en $ par tonne)
clôture
vol
12/09
11/09
sePt. 18
354
354,75
déc. 18
365
366,5
Mars 19 376,75
378,25
riZ à chicago (eN ceNts Par lb)
vol
new york (cont. n°2 - cents par lb)
settleMeNt settleMeNt
sePt. 18
déc. 18
Mars 19
Mai 19
sePt. 19
vol
1
160
6
settleMeNt settleMeNt
Nov. 18
JaNv. 19
Mars 19
coTon
12/09
83,4
82,74
83,16
clôture
vol
12/09
11/09
Nov. 18
179,75
179
JaNv. 19 183
181,25
Mars 19 186,5
183,75
mais à chicago (eN ceNts Par
boisseau)
caFé
iNdice cotlook a : 93,4, le 12/09//18
Oct. 18
Déc. 18
Mars 19
113562
105860
19708
7236
2311
settleMeNt settleMeNt
Prix indicatif de l'organisation internationale du
café (cents us/livre) :
Prix composé : 98.25
Moyenne quinze derniers jours : 205.461
11/09
29,55
29,89
30,27
settleMeNt settleMeNt
1
12/09
11,6
12,29
12,4
12,48
12,73
oct. 18
Mars 19
Mai 19
Juil. 19
oct. 19
vol
12/09
11/09
sePt. 18
589,88
493,75
déc. 18
526,75
518,75
Mars 19 543,38
537,75
mais à paris (eN euros Par toNNe)
vol
11/09
29,09
settleMeNt settleMeNt
vol
vol
settleMeNt settleMeNt
12/09
11/09
déc. 18
203,75
201,25
22256
Mars 19 205,75
204
5865
Mai 19
206,75
204,5
2405
blé à chicago (eN ceNts Par boisseau)
12/09
11/09
sePt. 18
227,75
247,5
déc. 18
248,25
246,75
Mars 19 252
250,75
blé fourrager à londres
(eN £ Par toNNe)
powernext gas futures
12/09
11/09
Nov. 18
694
688
96321
Fév. 19
688,25
681,25
9941
Mars 19 686,5
679,5
10120
avr. 19
684,75
677,5
3345
Mai 19
683,75
676,5
2758
new york nymex wti (eN $ Par baril)
clôture
settleMeNt settleMeNt
12/09
2,83
2,83
2,92
clôture
vol
clôture
nymex ( eN $ Par Mbtu)
12/09
Nord da 29,08
12/09
11/09
Jour
79,63
79,06
Nov. 18
79,63
79,06
222662
JaNv. 19 78,77
78,17
70778
londres-gaZole (eN $ Par toNNe)
clôture
vol
11/09
27,05
27,15
27,4
gaz naTurEL
oct. 18
Nov. 18
déc. 18
vol
3873
7922
3192
848
353
Prix indicatif de l'organisation internationale du
cacao (dollars/tonne) : le 10/09/
Prix indicatif : 2233,4
londres (eN £ Par toNNe)
settleMeNt settleMeNt
Nov. 18
déc. 18
JaNv. 19
clôture
cacao
uranium nymex (en $ par lb)
12/09
27,05
27,15
27,4
clôture
12/09
11/09
oct. 18
333,7
328,2
déc. 18
346,6
337,4
Mars 19 345,2
338,8
Mai 19
346,6
342,3
aout 19 348,6
345,3
new york (eN ceNts Par lb)
vol
uraniuM
londres-brent (eN $ Par baril)
clôture
clôture
11/09
24,15
powernext gas spot
produiTs péTroLiErs
clôture
clôture
12/09
24,15
blé de meunerie n°2 à paris
(eN euros Par toNNe)
londres (eN dollars Par toNNe)
653
fuel
Fuel oil (hs 180)
Fuel oil (hs 380)
sPot
céréaLEs
11,91 cts/lb
vol
112.45
199,19
11/09
197,21
reuters coM. 2290,03
2293,9
Moodys coM. 5541,69
5506,7
or iNdustriel 33471
33331
lMex
2877,6
2833,4
FINANCE & MARCHES // 35
Les Echos Jeudi 13 septembre 2018
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
Mirabaud Asset Management
Tél. +41 058 200 60 01
www.mirabaud.com
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34, avenue de Messine 75008 Paris
Tél. : 01 56 88 71 00
www.assetmanagement.pictet
code isin
désignation
des valeurs
LU0130728842 Pictet-emerging euroPe
295,75 11/09
LU0130729220 Pictet-emerging mkts
523,87 11/09
code isin
désignation
des valeurs
545,42 12/09
251,16 11/09
LU0128467544 Pictet-gloBal emerg.deBt
359,57 12/09
LU0935268721 ram (l) sf em mkt core eq
LU0168449691 Pictet-greater china
527,39 11/09
LU0704154292 ram (l) sf em mkt eq
LU0188501257 Pictet-health
283,48 11/09
LU0375629556 ram (l) sf euroPean eq
509,23 11/09
LU1048876350 ram (l) sf gB shldr yld eq
LU0705072691 ram (l) sf l/s em mkt eq
LU0070964530 Pictet-indian eq.
LU0176900511 Pictet-JaPanese eq. sel.
15058,9
11/09
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
97,44 11/09
170,43 11/09
LU1626129727 sWiss all caPs (chf)
106,58 11/09
458
LU1626130816 silk road Zone stocks (usd)
99,15 11/09
130,69 11/09
LU0851564897 euroPean equity (eur)
162,46 11/09
118,28 07/09
LU1626130220 high div. euroPe stocks (eur)
95,72 11/09
LU0851564541 World equity (eur)
155,65 11/09
11/09
LU0705071701 ram (l) sf l/s euroPean eq
155,87 07/09
LU0375630729 ram (l) sf north am eq
317,06 11/09
LU0338483075 Pictet-russian equities
53,99 11/09
LU1074511459 ram (l) tf conv euroPe
145,49 11/09
LU0256846139 Pictet-security
252,54 11/09
LU0419186167 ram (l) tf gB Bd tot ret
142
LU0935723782 ram (l) tf ii asia Bd tot ret
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305,65 11/09
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1218,87 11/09
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148,49 12/09
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300,71 11/09
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
112,44 11/09
141,05 11/09
242,82 11/09
désignation
des valeurs
LU1626130063 sWiss small & mid caPs (chf)
160,35 12/09
740,14 11/09
code isin
dernier
dividende net
en euros**
mont.
date
synchrony (lu)
LU0217139020 Pictet-Premium Brands
LU0090689299 Pictet-Biotech
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
Banque Cantonale
de Genève (France) SA
Tél. 04 72 07 31 50
bcgef.fr/fonds
LU0128490280 Pictet-eur Bonds
LU0155303323 Pictet-asian eq. JaPan
88,47 11/09
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
LU0144509717 Pictet-euroPean sust. eq.
LU1279334210 Pictet-roBotics
LU0280430660 Pictet-clean energy
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
classification
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
classification
désignation
des valeurs
code isin
classification
classification
sicav//fcp
11/09
Valeur unitaire hors frais : valeur de la part ou de l’action hors droits d’entrée ou de sortie éventuels. Les SICAV éligibles au PEA sont signalées par un astérisque *. Le pictogramme P indique la cotation d’un FCP.
Classification des OPCVM : actions françaises (AF), actions de la zone EURO (AE), actions internationales (AI), monétaires EURO (ME), monétaires à vocation internationale (MI), obligations et autres titres de créances libellés en EURO (OE), obligations et autres titres de créances internationaux (OI), sicav luxembourgeoises (LX), diversifiés (DI), garantis ou assortis d’une protection (GP). ** : en euros ou dans la devise indiquée dans la colonne «DéSIGnAtIOn DES VALEURS».
carnet
fr
ENTREPRISES
TETRA PAK
Chakib Kara
est nommé directeur général de
Tetra Pak France & Benelux.
Chakib Kara, 47 ans, ingénieur
diplômé de l’Ecole Polytechnique
Fédérale de Lausanne a rejoint
en 2008 Tetra Pak en tant que
directeur business development
et technique. Il est ensuite devenu
directeur général de Tetra Pak
East-Med, puis de Tetra Pak
Maghreb en 2013. Par ailleurs, il a
été nommé au poste de président
d’Alliance carton nature.
CREDIT AGRICOLE
Michel Ganzin
est nommé directeur général
adjoint de Crédit Agricole S.A.
Il sera chargé du pôle
fonctionnement et
transformation, comprenant les
ressources humaines, les
systèmes d’information, les
achats, le pôle paiements et les
affaires juridiques. Il intègre le
comité exécutif de Crédit
Agricole SA.
Michel Ganzin, 51 ans, diplômé
du Centre d’études supérieures de
banque (CESB), est titulaire d’une
licence de sciences économiques,
d’un diplôme d’études supérieures bancaires (DES) et du certificat d’enseignement supérieur des
affaires HEC (Cesa). En poste au
Crédit Lyonnais dès 1989, il a
ensuite assumé, de 2004 à 2008,
des fonctions de responsable de
marchés et de l’animation com-
merciale au siège de LCL. Devenu
directeur des réseaux hors agences de LCL en 2008, il a été
dnommé directeur général
adjoint du Crédit Agricole Val de
France en 2010. Il était directeur
général de la Caisse régionale
Centre Ouest depuis 2015.
FACEBOOK
Mayssa Chehab
prend la direction du
département marketing science
en France.
Mayssa Chehab, 39 ans, diplômée
de l’ESCP-EAP et de l’université
Américaine de Beyrouth, a commencé sa carrière dans le conseil
en stratégie et en organisation
notamment chez B o oz Allen
Hamilton et chez Accenture.
Depuis 2007, elle était experte de la
mesure d’audience, de la mesure
d’efficacité média et des insights
consommateurs chez Google.
CAPGEMINI
Aruna Jayanthi
Anis Chenchah
Zhiwei Jiang
Aruna Jayanthi est dorénavant
directrice exécutive des activités
du groupe dans les zones
géographiques APAC et Latam.
Anis Chenchah est nommé
directeur général de la ligne
d’activités business services, et
rejoint à ce titre, le comité
exécutif de Capgemini. Zhiwei
Jiang devient directeur général
de la ligne d’activités du groupe
insights & data.
est nommée directrice des
ressources humaines, membre
du comité de direction de Zurich
France.
Aruna Jayanthi, 56 ans, titulaire
d’un master de gestion financière
obtenu au Narsee Monjee Institute of Management Studies de
Mumbai, a rejoint Capgemini en
2000. Chargée des ser vices
d’externalisation du groupe, elle
a assuré la direction de Capgemini en Inde de 2011 à 2015. A partir de 2014, elle avait également en
charge la coordination commerciale de Capgemini en Suède. En
2016, elle avait pris la tête de
l’entité business ser vices du
groupe. Elle reste membre du
comité exécutif de Capgemini.
Ouly Sané, 44 ans, titulaire d’une
maîtrise de gestion des entreprises et des administrations de
l’université de Paris-XII, a débuté
en 2002, comme chargée de formation chez Chronopost International. En 2004, elle a rejoint
Zurich en tant que gestionnaire
RH. Elle a ensuite élargi ses compétences dans les processus et les
outils RH.
Anis Chenchah, 42 ans, diplômé
de l’ENSISA, titulaire d’un master
en ingénierie, a rejoint, en 2006,
Capgemini au poste de directeur
de compte. Il a notamment dirigé
le secteur des assurances en
2009, les ventes et le marketing
des services financiers en France
en 2010 et les services financiers
du groupe au Moyen-Orient en
2012. Depuis 2015, il dirigeait la
ZURICH
Ouly Sané
APPLICATION LES ECHOS
TOUS NOS CONTENUS
PARTOUT ET À TOUT MOMENT
division services financiers de
Capgemini en France.
Zhiwei Jiang, 49 ans, titulaire
d’une maîtrise de sciences informatiques du Rensselaer Polytechnic Institute de New York, détenteur de la certification chartered
financial analyst, a d’abord officié
chez Goldman Sachs et chez Morgan Stanley. Après avoir dirigé les
activités connectivité de Deutsche
Bank à l’échelle mondiale et géré
les technologies de l’information
de la banque pour les régions
Emea et Apac, il est devenu directeur en charge de la finance et du
risque informatique pour les services applicatifs de Deutsche
Bank. Depuis 2014, il était à la tête
de l’activité insights & data au sein
de la division stratégique services
financiers de Capgemini.
COVEA
Thierry Francq
rejoint Covéa en qualité de
directeur de cabinet auprès de
Thierry Derez, présidentdirecteur général du groupe.
Thierry Francq, 54 ans, ancien
élève de l’Ecole Polytechnique,
est, par ailleurs, diplômé de
l’Ecole nationale de la statistique
et de l’administration économique (Ensa e). Il a r éal i s é une
grande partie de sa carrière au
Trésor, notamment à la fonction
de chef du service du financement de l’économie. Devenu
secrétaire général de l’Autorité
des marchés financiers (AMF) en
2009, il avait été nommé chargé
de mission auprès du directeur
général du Trésor en 2012. Depuis
2013, il était commissaire général
adjoint à l’investissement auprès
du Premier ministre. Inspecteur
général de l’Insee, il est, par
ailleurs, administrateur de Dexia
SA et Dexia Crédit Local.
ADMINISTRATION
PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE
Jérôme Rivoisy
deviendra, lundi, directeur
général des services de l’Elysée,
poste nouvellement créé, suite à
des « dysfonctionnements » mis
au jour par l’affaire Benalla, avait
expliqué la présidence de la
République. Sa prise de fonction
lancera la réforme des services
de l’Elysée, qui emploient plus de
800 personnes. Il sera placé
sous l’autorité du directeur de
cabinet présidentiel Patrick
Strzoda.
Jérôme Rivoisy, 50 ans, ancien
élève de la promotion Senghor de
l’ENA, est l’actuel directeur général adjoint de Pôle Emploi. Il a
démarré sa carrière à la direction
du Trésor, avant de rejoindre le
tribunal administratif de Paris
puis l’Inspection générale des
finances. De 2009 à 2012, il était
directeur général de la Société de
Valorisation foncière et immobilière, une société publique. Il
avait rejoint Pôle emploi en 2012
et en était devenu directeur général adjoint en 2014.
, Envoyez vos nominations à
ILS SONT NÉS
UN 13 SEPTEMBRE
Christine Arron, athlète,
championne de sprint,
détentrice depuis 1998
du record d’Europe
du 100 mètres, 45 ans.
Fiona Apple,
chanteuse, 41 ans.
Jacqueline Bisset,
actrice, 74 ans.
Dominique de Combles
de Nayves, ancien diplomate,
avocat, 64 ans.
Alain Ducasse,
chef cuisinier, 62 ans.
Laure Hériard-Dubreuil,
directrice générale
de The Webster,
fondatrice de la marque LHD,
41 ans.
Michael Johnson, athlète,
champion de sprint, détenteur
de quatre titres olympiques
et de huit titres mondiaux,
51 ans.
Kamui Kobayashi, pilote
automobile, 32 ans.
Henri Lachmann, ancien
président-directeur général
de Schneider Electric, 80 ans.
Martine Le Coz,
romancière, 63 ans.
Stella McCartney,
styliste, 47 ans.
André Trigano, président du
conseil de surveillance de la
Compagnie Internationale
André Trigano (CIAT), 93 ans.
Jacques Pourcel,
chef cuisinier, 54 ans.
Laurent Pourcel,
chef cuisinier, 54 ans.
carnetlesechos@nomination.fr
Analyses de la rédaction,
décryptages, alertes, sélection
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Jeudi 13 septembre 2018
` SUR LE WEB WWW.LESECHOS.FR
Inditex (Zara) se pare d’une promesse
de rebond de sa croissance.
L'INVITÉ
DES ECHOS
« Les Echos »
+
Moment critique
François Hommeril
Président de la CFE-CGC
Moment durable
RÉFORME DE L’UNÉDIC « Si on déplafonnait les cotisations,
cela rapporterait 800 millions d’euros au régime.
Aujourd’hui, 40 % des ressources du régime d’assurancechômage proviennent du salaire des cadres. Et seulement 15 %
des allocations vont à ces derniers. La différence est attribuée
à la solidarité inter-catégorielle. Je trouve scandaleux, grave
et populiste les propositions du gouvernement qui sont antiéconomiques et qui visent à désigner la catégorie des cadres
qui sont les plus grands contributeurs de cette solidarité.
J’en ai parlé au Premier ministre et je lui ai rappelé que
pour nous, c’est un tabou. »
DIALOGUE SOCIAL « Le gouvernement a, jusqu’à présent,
été assez maladroit dans son attitude et ses relations avec
les partenaires sociaux. Il ne nous a pas fait suffisamment
confiance. Je suis inquiet, malgré un certain nombre
d’initiatives assez positives, au sujet du timing choisi par
le gouvernement. Sur beaucoup de sujets, il ne donne pas
suffisamment de temps à la réflexion, aux échanges
et à la concertation réelle. »
MANIFESTATION « Nous sommes attachés à l’exigence
d’un slogan clair, donc nous n’irons pas manifester
[le 9 octobre prochain, NDLR]. Une manifestation contre
le gouvernement est une manifestation qui ne rassemble pas.
C’est une manifestation politique, donc nous ne nous y associons pas. Nous sommes critiques et intervenons vis-à-vis
des décisions du gouvernement, nous y contribuons aussi
et travaillons ensemble. »
Interview réalisée par Etienne Lefebvre
« Le client a toujours piloté le modèle d’affaires. » Ce bon pli stratégique
d’Inditex, signalé en ces termes par son fondateur, Amancio Ortega, facilite
la tâche du roi de la « Fast Fashion » (Zara, Oysho, Bershka, Massimo Dutti…)
pour prendre le tournant « online », même si cela passe par un effort considérable d’adaptation. Le grand d’Espagne doit toutefois stopper deux fils
qui pourraient quelque peu détricoter son « equity story ». La plupart des
concurrents ont amélioré la flexibilité de leur chaîne d’approvisionnement,
son grand avantage compétitif, tandis que certains « discounters », comme
Primark, labourent la clientèle « cheap chic », de quoi l’obliger à rester vigilants sur les prix. Comme le fleuron ibère réalise la moitié de ses ventes hors
de la zone euro, c’est en déployant son modèle dans les autres grandes régions
du monde qu’il rassurera ses « aficionados » bien conscients pour leur part
de ne pas porter des atours boursiers très bon marché à l’échelle du secteur
tourmenté de l’habillement (23 fois l’exercice clos à la fin janvier prochain).
Pour les aider à s’extirper de ce moment potentiellement critique – celui
de la maturité où les cassandres se mettent à redouter le déclin – le patron
Pablo Isla vient de leur servir une bonne trame semestrielle (+4,5 % pour
l’action à Madrid) agrémentée d’une « guidance » pour le second semestre,
faite de croissance des ventes et de la marge brute, de quoi leur faire espérer
qu’un rebond a commencé, par rapport au point bas de l’année dernière.
Les champions du CAC 40 sont bien partis
pour battre leur record de profits.
Un superviseur impatient de voir la concentration reprendre et des analystes
encore sceptiques : c’est un peu le monde à l’envers dans la banque européenne. Sa rentabilité insuffisante peut l’expliquer. Non seulement l’exsecteur phare du Vieux Continent a traversé deux crises – celle de l’euro,
en plus de celle du crédit –, mais les nouvelles normes mondiales ont davantage pénalisé ses modèles d’affaires. Dix ans après le « Lehman Moment »,
les experts de Lazard Frères Gestion en mesurent encore les conséquences,
tout sauf négligeables. L’actif net tangible rapporté aux encours était
inférieur de moitié au niveau américain, contre seulement un tiers
désormais. Vu les bas taux d’intérêt, le bénéfice sur fonds propres a chuté
(7,6 % en 2018 contre 16,4 % en 2007) bien plus qu’aux Etats-Unis (13,4 %
contre 19,2 %). Le multiple des bénéfices (7,9 fois en 2007 contre 9,3 fois en
2018) n’a pas remonté la pente comme là-bas (11,3 fois contre 11,5 fois). Et la
cote d’amour sur l’actif net a disparu (0,7 fois en 2018 contre 1,8 fois en 2007)
au lieu de réapparaître (1,8 contre 2,8). De même, le coût du capital s’est
alourdi (12,3 % contre 9,1 %) bien plus que chez l’Oncle Sam (7,6 % contre
7 %). Et la volatilité boursière a augmenté (1,43 fois celle du marché contre
1,35 fois au pic de 2008) au lieu de s’assagir comme de l’autre côté de l’océan
(de 1,77 à 1,29 fois). Même si le risque politique n’est pas pour rien dans ce parfum spéculatif, ce déclassement boursier sanctionne une sortie des risques
des bilans jugée trop lente. La concentration consisterait à rajouter du risque
pour mieux le diminuer : pas toujours simple pour des investisseurs échaudés.
LES ENTREPRISES CITÉES
Hermès 21
Hermès International 32
Huawei 22
Ikea 21
Kering 32
La compagnie
du Ponant 26
Lenovo 22
LG 22
LVMH 32
Nexans 32
Qualcomm 22
Rafaut 26
Ryanair 16
Samsung 22
Shell20
SNCF 17
Sony 22
STMicroelectronics 32
TechnipFMC 20, 32
Tessi 32
Total 20
Twitter 23
Warner Music 23
Xiaomi 22
YouTube 23
AVIS FINANCIERS
Esso 19
Synergie 1 et 17
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10, boulevard de Grenelle, CS10817, 75738 Paris Cedex 15 Tél. : 01 87 39 70 00.
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DIRECTEUR DES DÉVELOPPEMENTS ÉDITORIAUX DU PÔLE LES ECHOS Henri Gibier
DIRECTEUR DE LA RÉDACTION Nicolas Barré
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David Barroux (Entreprises)
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et opérations spéciales)
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Pascal Pogam (Information
et transformation digitale)
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DIRECTEUR DE CRÉATION Fabien Laborde
DIRECTRICE ARTISTIQUE ADJOINTE
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Jacques Hubert-Rodier, Eric Le Boucher,
Jean-Francis Pécresse, Jean-Marc Vittori,
Sabine Delanglade, Laurent Flallo,
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LES ECHOS EXECUTIVES
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DIRECTEUR DE LA RÉDACTION Henri Gibier
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DIRECTRICE ARTISTIQUE
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IMPRESSION L’Imprimerie (Tremblay-en-France), Midi Libre (Montpellier).
TIRAGE DU 12 SEPTEMBRE 2018 : 89.662 exemplaires
Origine du papier : Belgique. Taux de fibres recyclées : 100%.
Ce journal est imprimé sur du papier porteur de l’Ecolabel européen
sous le numéro FI/37/002. Eutrophisation : Ptot 0.013kg/tonne de papier
Membre de OJD-Difusion contrôle CPPAP : 0421 c 83015. Toute reproduction, même partielle,
est interdite sans l’autorisation expresse de l’éditeur (loi du 11 mars 1957)
Les stigmates de la crise bancaire
se voient plus en Europe qu’en Amérique.
Moment éphémère
a L'intégralité de l'émission sur lesechos.fr/invitedesechos
Advicenne 26
Air France 16
Alstom 17
Apiterra 26
Apple 22
Bombardier 17
Carrefour 32
Coinbase 12
Colornat 26
Crédit Agricole SA 32
Disneyland Paris. 18
EDF. 19
Europa-Park 18
Facebook 23
Google 22
La vulgate tend à faire de la décennie passée du temps perdu pour
les investisseurs dans le CAC 40, pourtant, celui-ci n’a pas été gaspillé.
A voir les chiffres semestriels compilés par Ricol Lasteyrie et EY pour
« Les Echos » et les prévisions pour 2018, l’indice des quarante vedettes
de la cote parisienne devrait enfin battre cette année son dernier record
de profits qui remonte à 2007 (soit 96 milliards d’euros publiés par
les sociétés le composant à l’époque) en passant pour la première fois
la barre des 100 milliards. Les gérants anglo-saxons peuvent certes avoir
le sentiment que les « Frenchies » sont plus escargots que grenouilles,
mais les apparences sont trompeuses. En dix ans, la compétitivité
des fleurons tricolores s’est accrue. Les membres actuels du club sont
un peu moins rentables que le reste des entreprises cotées européennes,
de 0,9 point de pourcentage en moyenne, selon AlphaValue, mais leurs
marges ont en fait comblé 40 % de ce fossé. La croissance externe
et l’internationalisation n’ont pas empêché un très net désendettement.
L’accélération de l’investissement (hors banques) au premier semestre est
le signe d’une santé également visible en Bourse. La hausse des bénéfices
nets par action (8,6 % en moyenne d’après AlphaValue), plus forte que celle
attendue pour le STOXX 600 (+7,9 %), a fait du CAC 40 le seul grand indice
européen en progression (+0,39 %) depuis le 1er janvier (calculée en euros).
Mais cette surperformance s’inversera probablement l’an prochain.
Les boursiers risquent d’avoir mangé leur pain blanc sans avoir pu
en apprécier vraiment toute la saveur.
EN VUE
Al Pacino-Le Parrain
euf cent cinquante euros
pour aller voir Al Pacino au
théâtre à Paris. Les réseaux
sociaux qui ont l’indignation facile
sont, paraît-il, très remontés.
Ont-ils raison ? C’est tout de même
beaucoup moins cher qu’une conférence de Nicolas Sarkozy ou quinze
lignes des M émoires de Ba ra ck
Obama. Quand on pense que l’on peut
voir gratuitement François Hollande
dans toutes les librairies de l’Hexagone ! Pourtant, le capitaine de pédalo
n’est toujours pas celui des gondoles.
Il reste, insiste « L’Express » : « l’ex qui
vend le moins ». Ses ventes figurent
encore loin derrière celles de Nicolas
Sarkozy, Jacques Chirac ou VGE. Ne
parlons pas des « Mémoires d’espoir »
du Général. Bref, tout est relatif.
Il faut dépenser de 90 à 950 euros
pour aller écouter les confidences en
anglais d’Al Pacino au théâtre de
N
Paris, mais le premier prix se serait
élevé de 200 à 400 dollars si le spectacle eût été donné à Londres ou à New
Yo r k , s o u l i g n e « L e P a r i s i e n » .
N’oublions pas non plus que le billet
« prestige » à 950 euros donne en
prime le droit à un selfie avec
Michael Corleone. C’est un vrai plus.
Pour rencontrer Britney Spears
après le spectacle, c’était 556 euros
sans le billet.
Trêve de plaisanterie. Pour le prix
d’un canapé Ikea, vous verrez un
monstre sacré raconter ses souvenirs. L’Actors Studio, Lee Strasberg,
Coppola, « Le Parrain », « Scarface »,
de Palma, Sidney Lumet… A soixante-dix-huit ans, l’ancien élève de
Charles Laughton, autre géant, a tout
vu, tout joué. Le parrain du métier,
c’est lui. Il interpréta Shylock dans
« Le Marchand de Venise », il n’est
pas un marchand du temple.
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