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Le Figaro - 01 09 2018 - 02 09 2018

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samedi 1er - dimanche 2 septembre 2018 LE FIGARO - N° 23 033 - www.lefigaro.fr - France métropolitaine uniquement
Première édition
« Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur » Beaumarchais
INFLATION
IMMOBILIER, ÉPARGNE…
CE QUE SON RETOUR CHANGE
POUR LES FRANÇAIS PAGES 24 ET 25
LA CRISE 10 ANS
APRÈS...
LE PRIX NOBEL
JEAN TIROLE
TIRE LES
LEÇONS DE 2008
PAGE 27
DE QUOI SONT-ILS
VRAIMENT MORTS ?
LINCOLN
SURVIVRAIT-IL
AUJOURD’HUI
À SON
ASSASSINAT ?
PAGE 22
JEUX D’ÉTÉ PAGE 19
GAUCHE
Nouvelle charge
de Hollande contre
Macron PAGE 2
DÉFENSE
Un entretien avec
le général Philippe
Lavigne
PAGE 6
BRÉSIL
La fièvre de la
beauté à tout prix
CHAMPS LIBRES
PAGE 7
McCain
et Trump,
le choc des
contraires
La chronique
de Natacha
Polony
La tribune
de Benjamin
Haddad
n
Santé : première rentrée
sous le signe de la
vaccination obligatoire
Remaniement :
l’exécutif teste l’hypothèse
Cohn-Bendit
Les jeunes enfants entrant en
crèche ou à l’école n’avaient
que trois vaccins obligatoires.
La situation se complique
pour cette rentrée, avec désormais une obligation élargie
Depuis la démission de Nicolas
Hulot du gouvernement, les
spéculations vont bon train. Le
leader de Mai 68 Daniel
Cohn-Bendit, 73 ans, a confié
avoir été approché par la ma-
PAGES 20 ET 21
Réponses à la question
de vendredi :
Êtes-vous choqué par les
propos d’Emmanuel
Macron sur les « Gaulois
réfractaires au
changement » ?
OUI
46 %
NON
54 %
TOTAL DE VOTANTS : 83 078
Votez aujourd’hui
sur lefigaro.fr
Faut-il reporter la mise
en place du prélèvement
à la source prévue
en janvier 2019 ?
PASCAL POCHARD-CASABIANCA/AFP J.C MARMARA/LE FIGARO - ARNAUD
ROBIN/LE FIGARO MAGAZINE
à onze souches, dont la rougeole. Une contrainte pour les
parents et pour les établissements, qui n’ont pas tous la
même rigueur pour contrôler
les vaccins. PAGE 12
jorité. Ardent défenseur du
président Macron, l’ancien
eurodéputé EELV veut s’entretenir dimanche avec le chef de
l’État avant de se prononcer
définitivement. PAGE 2
ÉDITORIAL par Arnaud de La Grange adelagrange@lefigaro.fr
n
FIGARO OUI
FIGARO NON
3’:HIKKLA=]UW[U^:?k@t@a@b@a";
Sa fermeté sur la question
migratoire lui vaut une
popularité croissante en Italie
et lance un défi à l’UE. PAGES 4 ET 5
n
@
M 00108 - 901 - F: 2,60 E
Matteo
Salvini,
l’homme
qui
bouscule
l’Europe
FRANCESCO FOTIA/AGF/SIPA
DU
FIGARO
COUP D’ENVOI DU LOTO POUR
SAUVER LES MONUMENTS
EN PÉRIL PAGE 13
I
Symptôme continental
l y a parfois en Matteo Salvini un peu de
Donald Trump… Dans les mots qui cognent, provoquent, simplifient ou flirtent avec l’injure. Qui ne s’embarrassent pas d’élégance mais font mouche.
Ce verbe acéré et efficace tient peut-être à
des similitudes dans leur parcours. Le président américain est un homme de la téléréalité, quand l’Italien a fait ses classes à la radio
de la Ligue du Nord.
Longtemps, Salvini a parlé. Aujourd’hui, il
gouverne. Longtemps, il fut un tribun régionaliste. Aujourd’hui, « Il Capitano » a
conquis l’Italie. Prenant tout le monde par
surprise, son pays d’abord puis l’Europe tout
entière. En quelques mois, il est devenu le
voltigeur de pointe des « anti-système ». Le
héraut de ce camp que l’on appelle « populiste », même si l’appellation est fourre-tout
et n’aide pas à la compréhension du phénomène.
Certes, il y a souvent chez Salvini des propos
d’une violence insupportable et une criante
mauvaise foi. Et l’on attend encore de le voir
sur le terrain économique, où ses sorties
bravaches risquent de se heurter à la rugosité des faits. Mais sa percée a la vertu de
bousculer une Europe endormie dans sa petite musique politicienne et bureaucratique.
Et qui a si longtemps sous-estimé des questions centrales comme l’immigration, les
frontières et l’identité.
Il est consternant que les électeurs européens ne trouvent plus des accents de sincérité et d’efficacité que dans la voix des extrêmes. Tout cela parce que la classe politique
traditionnelle
gère sa rente
douillettement,
avec de sempiternels
beaux
discours peu suivis d’effets. Et
qu’elle
donne
l’impression de faire fi des préoccupations
de ceux qui l’ont élue.
En Europe, le camp « nationaliste » ne fait
que se nourrir des faiblesses démocratiques
des systèmes en place. Salvini n’est pas un
accident, il est le symptôme d’un grand malaise continental. Son aventure réveillera-telle les élites installées, que le coup de tonnerre du Brexit n’a pas sorties de leur
torpeur ? On peut toujours l’espérer. ■
IWC PORTUGIESER.
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L’ÉTÉ
PATRIMOINE
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samedi 1er - dimanche 2 septembre 2018 LE FIGARO
2
POLITIQUE
Remaniement :
l’exécutif
teste l’hypothèse
Cohn-Bendit
Le nom de l’ancien leader de Mai 68
circule pour succéder à Nicolas Hulot
dans le prochain gouvernement,
qui sera formé d’ici à mardi.
MARCELO WESFREID £@mwesfreid
EXÉCUTIF « Eh bien, nous nous retrouvons la semaine prochaine… » C’est en
ces termes que, vendredi, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a conclu la traditionnelle
conférence de presse suivant le Conseil
des ministres. Preuve qu’il y a bien
deux classes de ministres. Ceux qui
sont confiants. Et ceux qui broient du
noir, alors que le remaniement est annoncé officiellement d’ici à « mardi ».
Certains habitués du pouvoir ont,
par exemple, noté que le ministre de
l’Agriculture, Stéphane Travert, semblait « soucieux ». Sera-t-il une victime collatérale de la fracassante démission de Nicolas Hulot ? Emmanuel
Macron voudra-t-il sacrifier des têtes
pour verdir son gouvernement et créer
un grand ministère fusionnant l’Agriculture et l’Écologie ? Les spéculations
vont bon train. « Mais les gens qui savent vraiment se comptent sur les doigts
d’une seule main, et encore », rappelle
sèchement un conseiller de haut rang.
Une chose est sûre : le leader de Mai
1968, Daniel Cohn-Bendit, 73 ans, a
été sondé. « Castaner (le délégué général de la République en marche, NDLR)
m’a appelé, a confié Daniel Cohn-Bendit au Journal du dimanche. Je lui ai dit
que je ne croyais pas que c’était une
bonne idée. Je ne suis pas du tout fait
pour être ministre. Si ministre, ce n’était
que faire des conférences de presse, ça,
je peux faire, tous les jours, toutes les
heures et dans toutes les langues. »
Lui qui fut un ardent défenseur du
candidat Macron et a été aperçu, au début de l’été, en train de déjeuner avec
Benjamin Griveaux, veut s’entretenir
dimanche à l’Élysée avec le chef de
l’État pour se prononcer définitivement.
« Sa nomination ferait le buzz avant les
européennes », s’amuse un Marcheur
historique. Un scrutin où Daniel CohnBendit avait brillé en 2009, en étant la
locomotive de la liste Europe ÉcologieLes Verts. Franco-allemand vivant à
Francfort, il est l’un des meilleurs avocats de la cause pro-européenne. Mais
aussi une personnalité imprévisible, férocement attachée à sa liberté.
Ministres affaiblis
Pour éviter d’être poussés vers la sortie, les ministres les plus affaiblis se
montrent pleinement à leur tâche. La
ministre de la Culture, Françoise Nyssen, se rend ce week-end en Italie
pour la Biennale de Venise et la Mostra,
avant de se déplacer, lundi 3 septembre, à Bondy, en Seine-Saint-Denis à
l’occasion de l’opération « Rentrée en
musique ». Un vrai supplice chinois
car, pendant ce temps-là, des noms
sont cités dans le microcosme pour la
remplacer, du président du Centre des
Daniel Cohn-Bendit, ici à l’université Goethe de Francfort en octobre 2017, a été un ardent défenseur d’Emmanuel Macron
lors de l’élection présidentielle de 2017. RUMPENHORST FRANK/DPA/ABACA
monuments nationaux Philippe Bélaval (qui s’occupe également du projet
de château de la francophonie à Villers-Cotterêts, cher à Emmanuel Macron) à l’ancien maire de Paris Bertrand Delanoë…
Vendredi, autour de la grande table
du Conseil des ministres, la garde des
Sceaux, Nicole Belloubet, s’est installée à la place habituelle de Nicolas
Hulot, à la droite du premier ministre
Édouard Philippe. Ce fut l’un des
rendez-vous hebdomadaires les plus
Devant ses troupes, Emmanuel
Macron a réaffirmé que le cap demeurait inchangé. « Ce n’est pas le
départ d’une personnalité, aussi éminente soit-elle, qui remet en cause les
politiques que vous conduisez », leur
a-t-il lancé. Pas question de laisser
poindre le moindre sentiment de panique. À Matignon, on fait par
ailleurs savoir que le premier ministre n’a annulé aucune des réunions
prévues à l’agenda. Comme si de rien
n’était. ■
courts du quinquennat. Deux heures
et demie, seulement. L’ordre du jour
était riquiqui : rentrée scolaire, dissolution d’une association salafiste et
modification limitée du Code de la
Sécurité sociale. Exceptionnellement, aucune discussion libre entre
membres du gouvernement (appelée,
dans le jargon élyséen, « la partie
D ») n’a été organisée. Quant au séminaire gouvernemental prévu initialement à l’heure du déjeuner, il a
été reporté à mercredi prochain.
Le prélèvement à la source inquiète la majorité
MATHILDE SIRAUD £@Mathilde_Sd
LA COMMUNICATION confuse de
l’exécutif sur le prélèvement à la source
a semé le trouble dans la majorité. Jeudi,
alors que le ministre de l’Action et des
Comptes publics, Gérald Darmanin,
avait expliqué la veille que cette mesure
entrerait bien en vigueur à partir de
janvier 2019, le président de la République Emmanuel Macron a déclaré qu’il
attendait des « réponses précises » avant
d’engager la mise en œuvre. « Je n’ai
aucun doute qu’une fois ces réponses apportées, la réforme pourra se faire », a
indiqué le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, à la sortie du
Conseil des ministres vendredi. Selon
lui, il faudrait que « les couacs soient
massifs » pour qu’un report, voire un
abandon de cette réforme soit décidé.
« Ça fait deux ans qu’on bosse sur cette
réforme, on a mobilisé des acteurs de terrain, des investissements financiers de
plus de 200 millions d’euros », souligne la
députée La République en marche (LaREM) de l’Isère Cendra Motin, chargée
d’une mission sur le prélèvement à la
source au sein de la commission des finances. Pour cette fervente soutien de la
mesure, il n’y a « aucune surprise » dans
l’avertissement du chef de l’État. « C’est
normal qu’au moment fatidique, le président se pose des questions. C’est une sorte
de Go/No go, comme dans une entreprise. Cette réforme d’ampleur va avoir un
impact sur le quotidien des Français. »
Emmanuel Macron doit s’entretenir
avec Gérald Darmanin la semaine prochaine sur le sujet, avant un arbitrage
définitif d’ici à la mi-septembre. Des
précisions techniques restent encore à
formuler concernant les emplois à domicile et les entreprises de moins de
vingt salariés. « Le ministre entend bien
apporter toutes les réponses », assure son
entourage. Benjamin Griveaux a nié
toutes divergences entre Bercy et l’Élysée sur le sujet. « C’est simplement que
les gens se parlent et discutent », a éludé
le porte-parole du gouvernement. « En
termes d’image, c’est terrible pour Darmanin », lâche un membre du gouvernement.
Effet psychologique
Car le ministre a mis toute son énergie
dans cette réforme, dont l’entrée en vigueur avait déjà été repoussée. Un nouveau report serait automatiquement interprété comme un camouflet pour
l’ex-sarkozyste. Dans l’entourage du
chef de l’État, ils sont nombreux à avoir
exprimé des réserves sur cette mesure
qui porte le risque de gommer les effets
de la baisse de la taxe d’habitation, du
chèque énergie, et surtout de la suppression des cotisations salariales d’as-
surance-chômage. « Richard Ferrand
fait partie de ceux qui étaient inquiets »,
glisse un cadre du groupe LaREM.
Certains parlementaires macronistes,
à l’image de Sacha Houlié, avaient alerté
l’Élysée dès le printemps dernier sur
l’effet psychologique de la mesure. Car
aussitôt perçue sur la feuille de paie
l’augmentation du salaire net grâce à la
baisse des cotisations salariales, celle-ci
serait gommée dès le début de l’année
par le prélèvement à la source. À neuf
mois des élections européennes qui
s’annoncent déjà plus compliquées que
prévu pour la majorité, la perception
d’une baisse de pouvoir d’achat peut
potentiellement être dévastatrice dans
l’opinion. « Emmanuel Macron a bien
saisi l’enjeu », croit savoir un député en
pointe sur le sujet. « Je reste persuadé
que c’est une bonne réforme pour les
Français », défend Cendra Motin. Reste
à les en convaincre. ■
Nouvelle charge de Hollande contre Macron
En déplacement à Cherbourg, où il faisait sa rentrée, l’ancien président a visé, sans le nommer, son successeur.
A
ENVOYÉE SPÉCIALE À CHERBOURG
GAUCHE Ceux qui s’interrogeaient encore sur les intentions de François Hollande
ont désormais leur réponse : l’ancien chef
de l’État est au cœur de la vie politique et
compte bien y rester. « Je ne suis jamais
sorti, si ce n’est de l’Élysée », a-t-il ironisé
à sa façon, souriant et bronzé, lors de sa
rentrée politique effectuée vendredi à
Cherbourg en compagnie de l’ancien
maire de la ville qui fut son ministre et
son premier ministre, Bernard Cazeneuve.
Dans la salle des fêtes de la petite ville
industrielle et navale du Cotentin, marquée par une longue tradition socialiste,
Hollande a dit combien la France restait
« une passion » pour lui. Avec prudence
mais une détermination certaine, il a
souligné combien l’avenir du pays et « la
vie des Français » sont « des préoccupations légitimes de tout ancien président ».
« Je ne suis jamais parti de la vie politique,
a-t-il insisté. On ne se met jamais en retraite de la France. »
Qu’on se le dise, au PS en particulier,
l’ancien président va donc rester mobilisé sur « les défis du monde », sur « les
souffrances » des Français, sur « les risques pour l’activité économique », sur la
démocratie encore et les menaces du
populisme en particulier – avec Jean-Luc
Mélenchon dans son viseur.
Face à Emmanuel Macron, les critiques
ne sont pas directes, en dehors d’une attaque sur le risque du « narcissisme » en
politique. Mais on le sent à l’affût et sur la
défense de son bilan, particulièrement sur
le dossier du prélèvement à la source. « Je
ne veux pas compliquer la tâche de ceux qui
hésitent encore », a-t-il glissé face aux mi-
PHOTOPQR/OUEST FRANCE/MAXPPP
SOPHIE DE RAVINEL £@S2RVNL
“
La première des leçons,
c’est qu’il faut avoir
des idées, des convictions
pour mener la direction
du pays
”
FRANÇOIS HOLLANDE
litants et sympathisants locaux. « Mais
cette réforme était prête, et ce dont je suis
sûr, c’est que les fonctionnaires du ministère ont fait tout leur travail. Après, c’est une
question de choix politique… » En marge de
son discours, il s’est montré plus incisif,
insistant sur le fait que « cette réforme était
prête pour 2018 » et qu’à un moment, « il
faut sauter le pas, il faut le faire ».
Toujours sans le nommer, l’ex-président a directement visé son successeur en
François Hollande, accompagné de son ancien premier ministre Bernard Cazeneuve,
lors d'un déplacement à Cherbourg (Manche) pour la promotion de son livre.
soulignant notamment « la mise en cause
des services publics et des fonctionnaires »,
ou encore « la diminution des droits sociaux, au nom du travail, avec des retraités
qui sont maintenant montrés du doigt ».
« La première des leçons, c’est qu’il faut
avoir des idées, des convictions pour mener
la direction du pays, on ne peut pas être
simplement dans la gestion et dans l’accu-
mulation de réformes soi-disant indispensables », a-t-il lancé. Hollande s’est aussi
voulu cinglant, rappelant qu’une « réforme n’est pas une conviction ».
Dressant par ailleurs un éloge marqué
de l’ancien ministre Nicolas Hulot, il a indiqué, lors d’un entretien à Europe 1 qui
sera diffusé samedi, comprendre son
geste de démission, surtout « s’il a pensé
qu’il n’avait pas les moyens » de « contrecarrer l’influence des lobbys ».
François Hollande, officiellement, était
à Cherbourg pour une nouvelle séance de
signature de son livre, Les leçons du pouvoir. Un véritable tour de France entrepris depuis le printemps et qui devait se
tarir mais qui, visiblement, selon son entourage, va se poursuivre. Le livre se serait déjà vendu à 110 000 exemplaires,
après 60 villes visitées et, selon les propres mots de l’auteur, « 15 000 Françaises
et Français rencontrés dans un face-à-face inouï ».
En plus de ces déplacements, François
Hollande va effectuer ces prochains mois
plusieurs déplacements à l’étranger, à
Montréal, en Ukraine - « pour une conférence rémunérée », précise sa collaboratrice – mais aussi en Grèce, à l’invitation
de son président, ou encore en Chine,
alors que son livre a été traduit en mandarin, comme il l’a d’ailleurs été en
arabe…
À ses côtés à Cherbourg, Bernard Cazeneuve s’est montré tout aussi prudent sur
son avenir, mais avec une égale volonté
de rester dans le jeu. « Ce n’est pas parce
qu’on est dans la réserve, en silence, qu’on
n’a plus rien à dire ou que l’on ne pense
plus. Et ce que l’on pense peut être appelé à
prospérer », a-t-il souligné, parlant de
lui-même. Sait-on jamais. ■
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samedi 1er - dimanche 2 septembre 2018 LE FIGARO
4
L'ÉVÉNEMENT
Salvini, le trublion italien
qui veut dynamiter l’Europe
Migrants, budget, contribution financière européenne : le ministre de l’Intérieur joue
ANNE ROVAN £@AnneRovan
CORRESPONDANTE À BRUXELLES
Nous aurons
dans les
prochains jours
et les prochains
mois à prendre
des décisions
en profondeur pour
traiter le sujet des
migrations, cela
suppose du sérieux
et de l’esprit
de responsabilité,
en restant attaché
à nos valeurs,
comme le droit
d’asile, avec
une vraie politique
vis-à-vis des pays
d’origine
et en interne.
Ce n’est pas ce que
proposent MM.
Orban et Salvini
EMMANUEL MACRON
»
LUDOVIC MARIN/AFP
»
VIKTOR ORBAN,
PREMIER MINISTRE HONGROIS,
AU SUJET DE MATTEO SALVINI
Quand
j’ai rencontré
Matteo Salvini,
la première fois,
en 2014, la Ligue
faisait 3 %. Il était
venu me voir à
Paris, j’avais trouvé
ce jeune homme
très combatif
et volontaire.
Il m’avait demandé
de faire un selfie
avec lui, et les
Italiens en avaient
fait une affichette
»
A
MARINE LE PEN, PRÉSIDENTE
DU RASSEMBLEMENT NATIONAL
« Un animal nouveau »
commissaire qui n’en finit pas de voir
Salvini prendre du poids. « Il est le vrai
premier ministre et ça il faut qu’on l’intègre… Il prend beaucoup de place en Italie et
il prend beaucoup de place en Europe. »
Jusqu’à contrarier les ambitions du
« progressiste » Emmanuel Macron. La
montée en puissance de Salvini complique un peu plus le premier atterrissage du
parti présidentiel à Strasbourg. En se posant en rempart face aux populistes,
« Emmanuel Macron a cru qu’il pouvait
faire à l’échelle européenne ce qu’il avait
fait avec la France et c’est ne rien connaître
à l’Europe », estime Alain Lamassoure, le
président de la délégation française au
sein du PPE. Le président vient de boucler une tournée en Finlande et au Danemark dont l’objectif était de trouver des
alliés européens.
Le ministre italien pousse la fièvre populiste. Mais pourrait-il bousculer les
équilibres ? Alain Lamassoure est catégorique : « Salvini ne modifiera pas les
équilibres au sein du Parlement européen. » À neuf mois des élections et alors
que l’extrême droite ne cesse de gagner
du terrain sur le Vieux Continent comme le démontreront encore les législatives suédoises à venir, son objectif affiché est de créer une « Ligue des Ligues »
au niveau européen. Bref de rassembler
sous la même bannière les antimigrants,
en tentant d’abord de rapprocher des
membres des trois composantes de l’extrême droite au Parlement européen que
sont ENL - le groupe dans lequel siège la
Ligue avec le Rassemblement national
de Marine Le Pen, l’EFDD où siègent notamment les Patriotes de Florian Philippot et l’ECR, appelé à disparaître avec la
sortie programmée du Royaume-Uni et
donc de nombreux députés conservateurs qui composent ce groupe.
Mais « les petits nationalistes et souverainistes n’arrivent pas à se mettre d’accord entre eux », observe un membre du
PPE. Sur le papier, l’homme ne manque
Les migrants d’un côté. Les budgets italien et européen de l’autre. Matteo Salvini
chamboule l’Union, modifie les usages.
« C’est un animal nouveau chez les populistes de droite. Nous avions la Pologne, la
Hongrie… C’était plus loin. Cette fois, ce
qui change, c’est que l’Italie est un pays
fondateur », s’inquiète le bras droit d’un
CONTRE-POINT
PAR GUILLAUME TABARD £@GTabard
Dénoncer le « populisme »
ou écouter les peuples ?
L
C’est mon
héros et aussi
mon compagnon
de route
JEAN-CHRISTOPHE MARMARA/LE FIGARO
EUROPE Rien n’arrête l’Italien Matteo
Salvini. Il est, en Europe, l’homme de
toutes les outrances. En juin, il lâchait :
« Le bon temps pour les clandestins est
fini : préparez-vous à faire les valises. » En
juillet, il mettait en garde : « La prochaine
fois, si c’est nécessaire, nous nous rendrons
dans le port. Moi en tête parce qu’ici les bateaux d’immigrés ne devront plus jamais
mettre les pieds. » Depuis trois mois, il ne
cesse de rappeler aux partenaires européens à leurs responsabilités sur l’accueil
des migrants. À entendre un spécialiste, il
s’agit là d’une stratégie inédite de la part
d’un dirigeant de la péninsule : « Nous
sommes habitués aux critiques italiennes
sur Bruxelles. Berlusconi faisait cela. Renzi
aussi. Ce qui est nouveau, c’est que Salvini
a ajouté la dimension États membres. »
Le ministre de l’Intérieur italien s’est
fait les dents sur les questions migratoires
durant l’été (lire ci-dessous), s’obstinant
à tester les limites de la Commission et
des Vingt-Sept à chaque fois qu’un bateau accostait en Italie, jusqu’à s’opposer
la semaine dernière au débarquement des
migrants du Diciotti, avant de finalement
céder. À l’automne, il montera au créneau sur le budget italien et la contribu-
tion financière de la péninsule au budget
européen. Il a commencé de le faire ces
derniers jours. Avec l’objectif de ne pas
laisser le leader du Mouvement 5 étoiles
Luigi Di Maio prospérer seul sur le sujet.
Au sein de la Commission, on redoute
déjà le bras de fer sur la dette et les déficits
italiens. « Ce dossier est en haut de la
pile », souffle-on. À quelques semaines du
début des réjouissances, Bruxelles en est
réduite à fixer les lignes rouges. « J’encourage le gouvernement à agir de manière
à ce que la mise en œuvre du budget soit
prudente et respectueuse des engagements
de l’Italie, afin de minimiser le risque de dérive des comptes publics », mettait encore
en garde vendredi le commissaire Pierre
Moscovici, en appelant Rome à consentir
« un effort structurel important ». Dans les
couloirs de la Commission, on ne se fait
gère d’illusion. « Salvini va faire le budget
qu’il veut et nous mettre devant sa difficulté », lâche-t-on désabusé.
’
homme à la « pensée
complexe » a choisi une
stratégie frontale. Macron
vs Salvini : c’est le match
européen de la rentrée. Il va durer
neuf mois, jusqu’au verdict
des électeurs. Il sera total, brutal,
sans nuance. Sous l’effet de la crise
migratoire - dans laquelle il ne voit
qu’une « crise politique » - la maison
Europe brûle et le président français
ne veut pas regarder ailleurs.
Pour éteindre l’incendie, place au
Canadair, c’est-à-dire à un discours
offensif opposant les « nationalistes »
qui veulent « désagréger » l’Union
aux « humanistes progressistes » qui
veulent construire une « souveraineté
européenne ».
La logique macronienne est
limpide : rejouer au niveau européen
le match de la présidentielle de 2017
qui l’a opposé à Marine Le Pen.
Avec Matteo Salvini et Victor Orban
dans le rôle d’épouvantails.
Dans l’espoir d’apparaître en refuge
voire en sauveur pour tous ceux
qui s’inquiètent de la tentation
du repli sur soi et de l’exclusion
des autres. Bref, dramatiser la menace
d’une remise en cause des « valeurs
européennes » pour gonfler le score,
le 26 mai prochain, de la liste
de La République en marche qui,
assurent certains macronistes,
pourrait être conduite par l’actuelle
secrétaire d’État Marlène Schiappa.
Pointer du doigt, c’est valoriser.
Ériger en adversaire unique, c’est
faire exister. En France, organiser
cette confrontation entre
« Européens » et « nationalistes »,
c’est dire qu’il n’existe rien entre ces
deux pôles identifiés. Ce n’est pas
Marine Le Pen qui s’en plaindra.
Ni Jean-Luc Mélenchon. Mais pour
être limpide, cette stratégie n’est pas
sans risque. Car schématiser le débat
c’est encourir le risque d’être
soi-même caricaturé. À partir
du moment où le Rassemblement
national, avatar français de ce
nationalisme européen dénoncé,
s’identifie au refus de l’immigration,
les macronistes, par opposition,
passeront-ils pour les chantres
de cette immigration ? Outre que
c’est loin d’être porteur sur le plan
électoral, ce n’est pas non plus la ligne
que le chef de l’État entend défendre.
Moraliser le débat politique
peut aussi se retourner contre ceux
qui s’y emploient. Car brandir
des épouvantails, revendiquer
un combat quasi philosophique entre
deux conceptions extrêmes, c’est
prétendre qu’il y a les « gentils » et les
« méchants », les « raisonnables » et
les « démagogues ». Il a pourtant déjà
coûté assez cher aux plus europhiles
de revendiquer le monopole
du « cercle de la raison ». L’effet
boomerang est toujours possible :
vouloir arracher un vote
en stigmatisant l’adversaire peut
au contraire énerver les électeurs.
Surtout, tout miser sur le rejet du
couple Orban-Salvini c’est admettre
qu’il n’y a de place que pour des
options tranchées. Or la sensibilité
française à l’égard de l’Europe
s’exprime par un nuancier infiniment
plus vaste de positions, de questions,
de doutes, d’inquiétudes. Dès lors, les
électeurs pourraient chercher d’autres
réponses que la seule alternative entre
« pro » et « anti ». Emmanuel Macron
est d’ailleurs le premier à souligner
la complexité du sentiment national
et à mesurer les limites de l’Union
européenne actuelle. S’il considère
que l’expression des peuples est une
chose trop sérieuse pour être laissée
aux « populistes », il gagnerait
à chercher davantage à convaincre
les premiers qu’à se contenter
de stigmatiser les seconds. ■
» Retrouvez
Guillaume Tabard
tous les matins à 8h10
sur Radio Classique
Organiser cette
confrontation
entre « Européens » et
« nationalistes »,
c’est dire qu’il
n’existe rien
entre ces deux
pôles. Ce n’est
pas Marine
Le Pen qui s’en
plaindra
»
Une popularité d’« homme fort »
RICHARD HEUZÉ rheuze@lefigaro.fr
ROME
TROIS MILLIONS d’Italiens ont suivi sur
Facebook la diatribe de Matteo Salvini
contre les magistrats au soir de son inculpation, le samedi 25 août, pour « séquestration d’immigrés » sur le garde-côtes de
la marine italienne Diciotti dont il bloquait le débarquement. En quelques heures, 100 000 tweets de solidarité ont afflué avec le hashtag #personnenetouchesalvini (#NessunoTocchiSalvini).
C’est dire l’audience acquise par celui qui
s’affirme comme l’homme fort du gouvernement populiste italien en place depuis le 1er juin. Une popularité forgée à la
hache, sur un thème dominant : « Les
Italiens d’abord », avec pour cible principale les migrants.
Et cela fonctionne. Un chiffre en atteste : en quatre ans, la Ligue (extrême droite) est passée de 3 à 17 % des voix. Et depuis les élections du 4 mars, les sondages
créditent son parti de 30 %, autant que
son allié au gouvernement, le Mouvement 5 étoiles (M5S). Cette progression
impressionnante, l’allié italien de Marine
Le Pen la doit à une campagne démagogique d’une rare violence verbale. Pour
Michel Sorice, professeur en sociologie à
l’université Luiss de Rome, « Matteo
Salvini applique la règle numéro un du
populisme : identifier un ennemi en simplifiant et en dramatisant les enjeux à
outrance. Ce sera l’immigré, le différent,
qu’il faut faire passer pour une menace,
une atteinte aux valeurs et au mode de vie
des Italiens, exploiter à fond le substrat
protoraciste latent dans la société. »
« Nettoyage de masse »
Un incident l’illustre. En février, Luca
Traini, un néofasciste, lecteur de Mein
Kampf, s’improvise justicier dans la petite ville de Macerata (Marches). Pour venger le meurtre d’une jeune Italienne par
des Nigérians, il blesse par balles six Africains choisis au hasard. Matteo Salvini
l’excuse dans la foulée, en faisant retomber la faute sur « le trop grand nombre de
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 1er - dimanche 2 septembre 2018
L'ÉVÉNEMENT
5
Les métamorphoses d’« Il Capitano », le régionaliste
converti en champion de « l’Italie aux Italiens »
avec les nerfs de l’UE.
pas non plus de relais ni d’alliés idéologiques au sein du puissant PPE. En témoigne le mano a mano de Matteo Salvini et Viktor Orban cette semaine à
Milan. On le sait également proche du
ministre de l’Intérieur allemand, Horst
Seehofer, ou encore du chancelier autrichien, Sebastian Kurz.
Mais, au-delà des bruyantes sorties
médiatiques, les intérêts entre les uns et
les autres restent là encore très divergents. Exemple : la Hongrie d’Orban bénéficie d’importants fonds européens
quand l’Italie est un contributeur net.
Alors que le prochain budget européen
pourrait être réduit, le leader hongrois
n’aurait guère d’intérêt à quitter le puissant PPE d’Angela Merkel. Et, en retour,
la chancelière allemande ne prendra pas
le risque de le laisser filer. Malgré la percée annoncée des populistes aux européennes de 2019, Salvini n’a pas encore
gagné son pari de dynamiter la vieille
Europe. ■
indéniable
donc on le
soutient sans
fronder, mais
il couve trop
de contradictions pour
tenir dans
la durée
»
GIANNI FAVA,
ANCIEN DÉPUTÉ
DE LA LIGUE
ET ENTREPRENEUR
EN LOMBARDIE
DELPHINE ALLAIRE £@allairedelphine
ROME
MILAN 1985, Matteo a 12 ans. Ce
fils d’un petit entrepreneur lombard et d’une femme au foyer crève l’écran sur Canale 5, où il se pique de boutades sur le plateau
clinquant d’un jeu télévisé. Épris
de ce quart d’heure warholien, il
réitère l’expérience à 20 ans. Cette
fois, il est déjà tombé dans le
chaudron de la politique. « Je suis
lombard, je vote lombard. » Motivé
par le slogan de la Ligue du Nord et
inspiré par les discours survoltés
de son fondateur, le sulfureux
Umberto Bossi, le jeune Salvini
prend sa carte au parti antiméridional l’année même de sa création, en 1991. À l’époque, les sécessionnistes hostiles à Rome se
veulent « révolutionnaires » et
fiers « d’effrayer » la démocratiechrétienne au pouvoir.
Après un bac littéraire, c’est un
Salvini, décrit comme « taciturne » par ses camarades de l’époque, qui s’oriente « sans conviction » en fac d’histoire à
l’université de Milan. Dans les
couloirs de l’établissement « qu’il
fréquente peu », l’étudiant au visage rond milite pour la libéralisation
du cannabis et s’inscrit à l’officine
communiste de la Ligue du Nord.
« Communiste, il ne l’était pas intrinsèquement. C’était une posture.
Il était surtout autonomiste, régionaliste et prêt à gravir patiemment
les échelons », relève l’avocat
Roberto Maroni, cofondateur avec
Umberto Bossi de la Ligue lombarde, ancêtre de la Ligue du Nord.
Premier de ces échelons : le Palazzo Marino, la mairie de Milan,
historiquement socialiste et devenue « léghiste » (Ligue du Nord)
après l’opération « Mains propres » qui mit à terre une partie de
l’élite transalpine pour corruption.
Fort de ce nouveau climat politique mais piètre étudiant, Matteo
Salvini laisse tomber les cours au
bout d’un an d’études. Il partage
désormais son temps entre la mairie, où il siège discrètement au
conseil communal, et un fast-food
de la luxueuse galerie Victor-Emmanuel-II, où il boucle ses fins de
mois. « Sauf exceptions, je ne me
souviens pas l’avoir entendu parler
lors des séances », raconte l’ancien
président du conseil municipal de
Milan, Basilio Rizzo.
Le ministre de l’Intérieur
italien, Matteo Salvini,
en août 2018.
STEFANO RELLANDINI/REUTERS
dopée par la question des migrants
clandestins présents dans nos rues ». L’effet est là : jusqu’à cet incident, la Ligue
faisait 0,6 % à Macerata. Aux élections
du 4 mars, elle atteint 21,3 % des voix.
Le ministre de l’Intérieur n’hésite pas
à grossir les faits, les déformer, sonner
l’alarme et répandre la haine contre
l’immigré, pour se forger un destin de
« sauveur de la patrie en danger ». Au
besoin, il utilise le mensonge, le « fake
news », les bains de foule à répétition,
les selfies par milliers et les tee-shirts reproduisant son message politique du
jour. Dans cette forme de communication, il est bon d’employer un ton martial, de s’afficher « au milieu du peuple »,
voire torse nu sur la plage, comme
autrefois le Duce.
Surnommé le « ministre de la peur », il
lance parfois des affirmations clivantes,
comme « le fascisme a fait tant de bonnes
choses », ou propose un « nettoyage de
masse » de l’Italie « rue par rue, quartier
par quartier, par la manière forte au besoin », allusion à peine voilée aux migrants. Tout juste nommé ministre de
l’Intérieur, Matteo Salvini proclame le
2 juin : « La planque, c’est fini. Les clandestins doivent faire leurs valises. Partir
dans le calme, mais partir. » Il promet
d’expulser 100 000 clandestins par an
pendant cinq ans, avant de reconnaître
cet été que « cela prendrait 50 ans ».
« Une véritable bête de scène »
Tous les canaux sont bons pour bien faire
passer son message sur ce thème très
sensible pour ses électeurs, issus des
classes populaires ou de la petite bourgeoisie. Qu’il s’agisse de Twitter (une
vingtaine de tweets par jour), de Facebook ou des télévisions, il les alimente en
permanence de déclarations, comme la
dénonciation d’une prétendue « invasion » d’immigrés ou d’« une épuration
ethnique à l’envers ». Selon l’institut de
sondage Cattaneo, les immigrés représentent 7 % de la population, mais les
Italiens sont désormais convaincus qu’ils
sont « quatre fois plus nombreux ».
Matteo Salvini a également repris et
systématisé la simplification sur laquelle
Silvio Berlusconi avait construit sa communication politique. « Il a fait du politiquement incorrect son style de communication. Provocations, injures, menaces,
propos véhéments. Il affiche un style
d’homme fort, musclé, de sauveur de la
patrie, exaltant l’orgueil national, parlant
du peuple qu’il faut défendre de l’étranger, du migrant, attaquant Emmanuel
Macron, sa cible favorite en Europe, les
banques et la finance internationale qui
complotent contre l’Italie, explique un sociologue de la communication, Massimiliano Panarari. Il excelle dans la schématisation des thèmes les plus complexes.
Tout ce qu’il dit doit immédiatement percuter son public. Il a adapté le format de
son discours aux médias sociaux, parle
par slogans, capte les formules qui feront
la une des journaux. C’est une véritable
bête de scène, capable de soulever les
auditoires, impressionnant dans les talkshows. » Fort de cette tactique et de son
succès, il fera de l’immigration son principal cheval de bataille dans la campagne
pour les élections européennes. ■
Aujourd’hui surnommé Il Capitano, Matteo Salvini revient de
loin. Précisément car pendant
toutes ces années, il n’a jamais été
considéré comme un leader potentiel. « Les cadres du parti l’ont
toujours traité comme le bon militant qui menait sa petite carrière au
Parlement de la Padanie », explique le journaliste Alessandro
Franzi, auteur d’une biographie de
Salvini intitulée Il Militante.
Un séparatiste lombard
aux manières rustres
Pourtant, au moment où l’Italie
vit les premiers pas de Romano
Prodi, en 1997, Salvini, lui, investit les ondes et les colonnes des
médias officiels de la Ligue du
Nord. Au micro de Padania Libera, il peaufine ses capacités d’orateur. « Son style tranche alors avec
le “politichese” », ce jargon artificiellement alambiqué, très prisé
des politiques italiens, soutient
Alessandro Franzi. Salvini s’échine dans l’ombre. Il emmène la
faction communiste de la Ligue du
Nord aux élections du Parlement
padanien, discute d’un soutien
des néofascistes de CasaPound,
creuse son sillon au sein du parti.
Un empilage de convictions hétéroclites que l’aspirant dirigeant
épouse l’air de rien. « Salvini est
un pragmatique très structuré politiquement, mais pas du tout idéologiquement », note à ce propos
Marc Lazar, spécialiste de l’Italie à
la tête du Centre d’histoire de
Sciences Po.
À l’orée de sa carrière et du
nouveau millénaire, le Lombard
trapu aux manières rustres se fait
enfin remarquer par la presse nationale, signant un premier coup
d’éclat : il refuse de serrer la
main du président de la République, se fendant d’un « merci mais
vous ne me représentez pas ». Le
lion de Saint-Marc et la croix de
Saint-Georges plutôt que l’étendard tricolore.
Dès lors, Matteo Salvini se fait le
protagoniste des provocations
anti-italiennes : refus systématique de participer à la fête de
l’Unité italienne dont il prône la
suppression ou encore soutien à
l’équipe d’Allemagne lors du
mondial de football de 2006… Des
caméras le surprennent même à
scander d’injurieux propos :
« Quelle puanteur, même les chiens
s’enfuient, ce sont les Napolitains
qui débarquent », chantait-il à
tue-tête en 2009 lors d’une fête de
village arrosée dans les montagnes de Bergame.
À Bruxelles, où il s’est fait élire
député européen dès 2004, l’indépendantiste du Nord tente d’endosser des habits plus présentables. Depuis son siège à la
commission éducation et culture,
Matteo Salvini vote peu, consulte
modérément et observe beaucoup. Il se rapproche d’autres
eurodéputés, dont ceux du Front
national. Avec Marine Le Pen entrée au Parlement européen au
même moment, il noue une relation d’admiration et d’inspiration
réciproque. Après la crise de 2008,
c’est aussi à Bruxelles qu’il perçoit
les limites des réponses économiques européennes, allant jusqu’à
s’abstenir sur toutes les lois prônant l’austérité, contre son parti
dont le credo libéral est raccord
avec le gouvernement Berlusconi.
Occupé à scruter les gloires et
déboires de la bulle bruxelloise, il
prête peu attention au discrédit
qui se jette insidieusement sur la
Ligue du Nord au niveau national.
Aux législatives de 2013, la renaissance berlusconienne et l’irruption du trublion Beppe Grillo sur
la scène politique font perdre au
parti sécessionniste près de la
moitié de son électorat, encore
profondément sonné par la série
de scandales financiers compromettant Umberto Bossi, le père
spirituel du mouvement de surcroît affaibli par la maladie.
Dans ce marasme, Matteo Salvini, 40 ans, voit une lueur. La sienne. Il prend la tête du parti à la fin
de l’année, engageant de drastiques changements idéologiques.
« Basta con la Padania », la Ligue
du Nord doit prendre une enver-
gure nationale. « 2013 est l’année
charnière de Salvini. Un superbe
alignement de planètes : la chute de
Monti, le crépuscule de Berlusconi,
les ennuis de Bossi… », se souvient
Roberto Maroni, son prédécesseur
« léghiste » au Viminal - le Beauvau italien -, sous Berlusconi. Mais
surtout, l’année 2013 coïncide
avec les premières arrivées de migrants sur le sol italien, suscitant
des remous dans l’opinion. Salvini
flaire l’opportunité de mettre à
jour son logiciel : « Il distribue son
rôle favori, celui de “l’ennemi”, non
plus au Napolitain ou au Sicilien,
mais au migrant débarqué de
l’autre côté de la Méditerranée »,
observe Antonello Caporale, rédacteur en chef du quotidien romain Il Fatto Quotidiano et auteur
du livre Il Ministro della Paura sur
le vice-président du Conseil. « Il a
cerné les anxiétés de l’époque »,
poursuit-il.
Le migrant ayant remplacé
l’Italien méridional au rayon des
boucs émissaires, Matteo Salvini
clame partout sa toute nouvelle
obsession : de Turin à Palerme,
« l’Italie aux Italiens » et « les Italiens d’abord ». Un glissement
idéologique serti d’un leadegrrship
« vertical et individualiste », renchérit Alessandro Franzi. La marche est difficile à suivre pour les fidèles historiques de la Ligue du
Nord. Gianni Fava, ancien député
« léghiste » proche de la ligne Bossi et entrepreneur en Lombardie,
ne l’a toujours pas digéré : « On
nous bassine avec le feuilleton du
Diciotti pendant que les grandes
batailles économiques du Nord pour
les petites entreprises, elles, sont
oubliées… »
Une nouvelle Ligue ligotée
L’immigration et l’Europe ont
remplacé l’économie et le Sud,
thèmes de prédilection de « la
vieille Ligue ». Dans la perspective
des législatives de mars 2018, le
mouvement ampute sa particule
géographique pour rassembler
tous les Italiens. Ultime pied de
nez à son héritage nordiste et sécessionniste, au lendemain des
dernières élections, le Milanais
Salvini s’allie au Napolitain Di
Maio, incarnation « du Sud arriéré » pour les anciens padaniens.
La nouvelle Ligue est ligotée.
« Son succès est indéniable donc on
le soutient sans fronder, mais il
couve trop de contradictions pour
tenir dans la durée », témoigne
sans ambages le « puriste » Gianni
Fava. Le chef d’entreprise, vaincu
par Salvini à la primaire de la Ligue
l’année dernière, attend surtout
l’automne pour voir « l’étrange
coalition » s’écharper sur les lois
budgétaires qui vont être examinées à la Chambre des députés.
Des contradictions qui pourraient bien priver Matteo Salvini
du destin berlusconien dont ils
rêvent tous. Régner vingt ans durant sur la péninsule, confondre
son histoire personnelle, ses frasques, à celle du pays. Mais après
avoir grimpé du régional au national, le caméléon Salvini, justement souvent perçu comme un
Berlusconi du numérique pour la
narration autocentrée de sa vie
sur les réseaux, voit plus grand
que l’horizon italien, éclairci de
toute opposition. Outre quelques
brèches en Europe centrale, le ciel
européen, lui, est encombré. Surtout de l’autre côté des Alpes. À 45
ans, prêt à toutes les combinaisons, le tonitruant ministre caresse le doux projet d’une Ligue des
Ligues. Et pour cause, il est
aujourd’hui « le seul » à avoir
réussi la composition d’un gouvernement exclusivement eurosceptique parmi les Vingt-Huit.
« Un modèle de victoire pour les
antieuropéens », remarque Alessandro Franzi. Toutefois, tempère
Marc Lazar, si les contradictions
empoisonnent son parti et son
gouvernement, les velléités salviniennes ne manqueront pas non
plus de se heurter « au mur des
nationalismes » européens. Un
mur que le ministre de l’Intérieur
est prêt à escalader coûte que
coûte, aidé par d’opportuns coups
de main. Comme ceux des Russes
ou des Américains. ■
A
« estSon succès
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 1er - dimanche 2 septembre 2018 LE FIGARO
6
INTERNATIONAL
Général Philippe Lavigne : « Insuffler
à l’armée de l’air un nouvel état d’esprit »
Le nouveau chef d’état-major entend placer les ressources humaines et les opérations au cœur de son action.
ALAIN BARLUET £@abarluet
INTERVIEW Le général Philippe Lavigne, 52 ans, a pris vendredi ses fonctions de chef d’état-major de l’armée
de l’air, succédant au général André
Lanata. Il a accordé au Figaro sa première interview.
LE FIGARO. – À 52 ans, vous devenez
l’un des plus jeunes chefs d’état-major
de l’armée de l’air. Vous n’aviez
vendredi encore « que » trois étoiles.
Vous en avez cinq désormais. Votre
ascension est un peu vertigineuse…
Général Philippe LAVIGNE. – Par
construction, en tant qu’aviateur, je ne
connais pas le vertige… Plus sérieusement, les trois grands piliers de mon
parcours – expérience opérationnelle ;
préparation de l’avenir et postes tenus
en environnement politico-militaire –
ont sans doute été jugés nécessaires
pour devenir chef d’état-major de l’armée de l’air (CEMAA). Peut-être ai-je
aussi été choisi pour ma personnalité ?
Quels sont les grands axes
de votre parcours ?
S’agissant du domaine opérationnel,
j’ai réalisé divers types d’opérations en
tant que pilote de chasse sur Mirage
2000 et en tant que commandant de
l’escadron 1/5 Vendée sur la base
d’Orange. Sur cet avion, j’ai également
assumé pendant très longtemps une des
missions permanentes – avec celle de la
dissuasion – de l’armée de l’air : l’alerte
de défense aérienne. Au niveau stratégique, j’ai occupé un poste de planificateur au sein du centre de planification
et de conduite des opérations (CPCO),
alors tout juste créé. J’ai enfin été le
dernier commandant des forces françaises de l’opération « Pamir » en
Afghanistan en 2014.
En ce qui concerne la préparation de
l’avenir, j’ai été, au bureau « Plans » de
l’armée de l’air, chargé d’envisager les
menaces, les conditions futures d’utilisation de nos armements. Je me suis
aussi beaucoup intéressé à l’espace et
aux drones, deux domaines clefs qui ont
pris une grande importance. J’ai aussi
encadré les jeunes officiers de l’École de
l’air, et grâce à eux, je peux dire que je
connais l’armée de l’air de demain.
Pour les aspects politico-militaires enfin, j’ai énormément appris, notamment sous l’angle interministériel,
lorsque j’étais sous-directeur des exportations de matériel de guerre au secrétariat général de la défense et de la
sécurité nationale (SGDSN). J’ai aussi
servi pendant deux ans auprès du major
général des armées, et pendant deux
ans comme chef de cabinet du chef
d’état-major des armées (CEMA).
Mais quel est votre ADN singulier ?
Je crois que mon ADN est celui des relations humaines : l’énergie, l’enthousiasme, l’émerveillement et l’esprit
d’équipe. À Bergerac, dans le SudOuest, où mes parents étaient professeurs de sciences naturelles et de
physique-chimie, j’ai grandi dans un
milieu de rugby. Ce sport, qui est une
passion et que je pratique encore,
transmet des valeurs fortes que l’on retrouve dans l’armée de l’air. Celle du
don de soi. Celle de prendre les gens
comme ils sont, pour gagner ensemble.
On n’est rien sans l’autre. Lorsqu’on
part en mission, chacun compte sur
l’autre :
équipages,
mécaniciens,
contrôleurs, renseignement, protection, soutien… Voilà les valeurs que j’ai
cultivées très tôt, en jouant au rugby,
en faisant les moissons, les vendanges
– mon nom en témoigne… J’ai aussi retrouvé ces valeurs au Prytanée militaire
de La Flèche. Cet esprit de corps et de
camaraderie m’anime toujours.
la gestion de compétences, c’est-àdire la qualité. Chaque aviateur et
chaque aviatrice recèle des compétences dont on n’a pas idée. Il faut aller les chercher. Nous allons mettre en
place une sorte de « ville numérique »
pour doter chaque aviateur d’un
« passeport numérique » qui permettra instantanément de connaître ce
qu’il peut offrir comme compétences,
et ce que l’armée de l’air peut lui proposer. Le plan à venir a été préparé en
amont par les aviateurs, les bases aériennes, les grands commandements.
Son axe principal sera celui des ressources humaines, même s’il concernera tous les autres grands domaines
(équipements, préparation opération-
Autre grand défi, celui des opérations…
La préparation opérationnelle sera développée et cela grâce à de nouveaux
outils numériques et technologiques.
Par exemple, nous serons capables
d’insérer des plots fictifs dans nos radars pour complexifier nos missions
aériennes. Nous rendrons celles-ci
plus proches de la réalité en prenant en
compte les dénis d’accès qui se multiplient dans le monde. Le système de
combat aérien du futur (Scaf) est prévu
à l’horizon 2040. Mais nous n’attendrons pas cette date pour moderniser,
année après année, chaque maillon,
chaque plateforme de ce système qui
sera connecté et collectif. On retrouve
ici le principe de l’équipe.
On se plaint parfois, dans l’armée
de l’air, de ne pas avoir suffisamment
de reconnaissance au sein de la Défense.
Est-ce justifié ?
La place de l’armée de l’air n’est pas
contestée. Si le sentiment que vous
mentionnez existe, il faut le relativiser.
L’important est de se retrousser les
manches. On ne remontera la pente
– je reprends la métaphore du pilote
que je reste – qu’en révélant les valeurs
portées par nos aviateurs et en accompagnant leur action. Nous devons
mieux préparer encore nos futures élites. Je prône dans ce domaine une révolution. Commander, c’est prendre
des risques. Occuper des postes hors
de l’armée de l’air est important. Une
plus grande subsidiarité doit permettre
à chacun de prendre davantage de responsabilités. Avec toujours le devoir
de rendre des comptes. Nous avons
besoin de sous-officiers et d’officiers
qui commandent avec enthousiasme et
énergie. Leurs qualités, reconnues, seront ainsi mieux connues et l’armée de
l’air aura le rayonnement naturellement lié à leur action. ■
Comment relever le grand défi
des ressources humaines ?
L’armée de l’air a toujours été au rendez-vous des opérations en dépit de ses
fortes déflations d’effectifs des dix dernières années. Elle s’est profondément
réorganisée pour maintenir son niveau
de préparation opérationnelle. Je
prends mes fonctions à l’ouverture
d’une nouvelle ère, avec la Loi de programmation militaire (2019-2025) et la
régénération des forces. Mais pour remonter, c’est comme lorsqu’on pilote,
il faut « du moteur », de la puissance.
Et ce moteur, ce sont les hommes. Tous
les aviateurs et les aviatrices ont une
valeur intrinsèque incroyable. Je veux
qu’ils puissent exprimer toutes ces
compétences, cette énergie, cette étonnante débrouillardise. Mon « plan de
vol » pour les ressources humaines,
c’est de promouvoir un aviateur acteur
de son parcours et de son avenir.
C’est-à-dire ?
Il faut offrir à l’aviateur davantage de
transparence en lui disant : « Voilà ce
que vous pouvez faire. » Et lui devra
nous dire : « Voilà ce que je voudrais
faire. » Avec cela, on devrait pouvoir
trouver le meilleur parcours pour lui.
Il faut entrer dans l’ère des « ressources humaines 4.0 ». Le numérique ne
servira alors plus seulement à la gestion de flux – la quantité – mais aussi à
Le nouveau chef
d’état-major
de l’armée de l’air,
Philippe Lavigne,
pose au ministère
des Armées,
à Balard.
Un passionné de rugby aux commandes
DANS son nouveau bureau, à Balard,
Philippe Lavigne a mis en bonne place
un ballon ovale tricolore. Cet objet fétiche résume bien ce passionné de rugby, animé par « l’esprit d’équipe au service du bien commun, de l’armée de l’air
et de la France ». Sur la base de Villacoublay, devant ses troupes, le général Lavigne - nouveau chef d’état-major de
l’armée de l’air (Cemaa) depuis vendredi minuit - a cité l’ancien arrière du Stade toulousain, Pierre Villepreux : « Dans
une équipe, il n’y a pas de passagers, il
n’y a qu’un équipage. »
Après avoir développé les grandes lignes de son action, qu’il entend mettre
sous le sceau de l’« enthousiasme » et de
l’« inventivité ». Comme le chef d’étatmajor des armées, le général François
nelle…). L’objectif est de savoir recruter, rendre l’engagement encore plus
attractif et de fidéliser nos personnels.
Je compte pouvoir présenter l’ensemble de ce plan stratégique à la fin du
mois de novembre.
FRANÇOIS BOUCHON/LE FIGARO
PROPOS RECUEILLIS PAR
Lecointre, dont il est proche, ce pilote de
chasse de 52 ans a brûlé les étapes. Alors
qu’il devait commander une base aérienne - passage important dans le cursus honorum des chefs de l’armée de
l’air -, Philippe Lavigne a été appelé au
Centre des hautes études militaires
(Chem), la pépinière des « très hauts potentiels ». Selon un aviateur qui le
connaît bien, « le général Lavigne n’a pas
coché toutes les cases mais il a du charisme, c’est un formidable chef de bande ».
Dossiers stratégiques
Ces qualités ne seront pas de trop, à la
tête d’une armée de l’air au sein de laquelle l’ambiance « n’est pas au beau
fixe », selon le mot d’un officier général.
Certes, l’horizon s’est éclairci, la loi de
programmation militaire (LPM 20192025) scelle la fin des déflations d’effectifs et l’arrivée de nouvelles capacités :
avions ravitailleurs A330 MRTT Phénix,
attendus de longue date, avion d’entraînement PC21, A 400M, missile air-air
Météor, avions légers de surveillance,
drones armés. Outre les opérations, des
dossiers stratégiques, enjeux des décennies à venir, seront aussi sur la table du
nouveau Cemaa : le système de combat
aérien du futur (Scaf), l’espace qui s’affirme comme un milieu de confrontation entre puissances.
Mais Philippe Lavigne, comme son
prédécesseur le général André Lanata,
fait des ressources humaines sa priorité.
Recrutement, formation, fidélisation :
l’homme est le moteur, sans lui pas de
EN BREF
Ukraine : un chef séparatiste
prorusse tué
dans un attentat
Un des chefs des rebelles
prorusses de l’est de l’Ukraine,
Alexandre Zakharchenko, a été
tué vendredi dans une explosion
dans son fief de Donetsk,
rapporte l’agence de presse
officielle des séparatistes.
Deux blessés au couteau
à la gare d’Amsterdam
remontée en puissance, explique-t-il.
Et forcément, comme en avion, avant
de reprendre de la hauteur, on commence par perdre un peu d’altitude.
C’est là qu’il est attendu. « La première
préoccupation des aviateurs et des aviatrices d’aujourd’hui, ce ne sont pas les
matériels que l’armée de l’air percevra
dans dix ans, relève un haut gradé. Ils
ont besoin de repères qui leur parlent, sur
leur statut, sur la reconnaissance de leur
place dans les opérations. »
Le général Lavigne présentera son
plan de vol avant la fin de l’année. Le
digital et le numérique y joueront un
rôle clé. « Il faut donner libre cours à
l’insurrection de l’imagination », dit le
nouveau Cemaa. L’expression est de
Charles de Gaulle. ■
A. B.
Deux personnes ont été blessées
vendredi lors d’une attaque
au couteau à la gare centrale
d’Amsterdam et l’assaillant
présumé, dont les motivations
restent inconnues, a été blessé
par balle.
Migrants : l’ONU inquiète
de la situation en Grèce
Le Haut-Commissariat
des Nations unies pour les réfugiés
(HCR) a demandé vendredi
à la Grèce d’accélérer le transfert
sur le continent des demandeurs
d’asile rassemblés dans les centres
d’accueil des îles de la mer Égée,
en particulier Lesbos, où les
conditions de vie se détériorent.
A
1
Editions 12/13 et le 19/20
Spéciales Solitaire URGO le Figaro
Sur Normandie, Bretagne,
Pays de la Loire, Nouvelle Aquitaine
et Hauts-de-France
à (re)voir sur
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 1er - dimanche 2 septembre 2018
INTERNATIONAL
7
Au Brésil, la fièvre de la beauté à tout prix
Quelque 2,5 millions d’actes esthétiques ont été réalisés dans le pays en 2016. Le boom de ces opérations
pousse de plus en plus de patientes entre les mains de « chirurgiens » peu scrupuleux, au péril de leur vie.
MICHEL LECLERCQ £@mgmleclercq
AMÉRIQUE LATINE À 46 ans, Lilian
Calixto était très soucieuse de son apparence et des premiers signes de l’âge.
Cette femme élancée et séduisante fréquentait assidûment les clubs de sport.
Mais il lui manquait quelque chose
d’essentiel pour correspondre aux canons brésiliens de la beauté : des fesses
rebondies, appelées familièrement
« bumbum » au Brésil. « Elle n’aimait
pas son “bumbum” et en parlait souvent.
Elle a toujours voulu augmenter un peu
cette partie de son corps », a raconté
une proche au journal O Globo. Alors
quand une amie lui a parlé de Denis
Furtado, un médecin très actif sur les
réseaux sociaux où il est connu comme
« le docteur Bumbum », elle n’a pas hésité. Un samedi de juillet, elle s’est envolée pour Rio de Janeiro, depuis l’État
voisin du Minas Gerais. Elle n’a jamais
pris le vol de retour. Elle est morte
d’une embolie pulmonaire peu après
l’opération réalisée dans l’appartement
du médecin. Accusé d’homicide, celuici a été écroué.
Lilian Calixto n’a pas été la seule à
mourir sous le bistouri de « chirurgiens » peu scrupuleux, voire de
pseudo-médecins. La même semaine
à Rio, Mayara Silva dos Santos,
24 ans, et la professeur Adriana Ferreira Pinto, 41 ans, ont aussi été victimes de leur rêve d’un corps parfait.
Trois mois plus tôt, Fatima Santos de
Oliveira, 44 ans, n’avait pas résisté à
une injection dans ses fessiers d’un litre
de silicone industriel administré par
une aide soignante.
« C’est une véritable fièvre », affirme
Jessica qui vit dans une favela de Rio.
Elle raconte que son amie Rogeria, une
femme grande et mince de 37 ans, voulait une poitrine plus généreuse et des
fesses plus pleines. Après les seins, il y a
STEPHAN GLADIEU/LE FIGARO MAGAZINE
RIO DE JANEIRO
Au Brésil (ici la plage d’Ipanema à Rio de Janeiro), le culte du « bumbum » (fesses rebondies) est « une véritable fièvre ».
dix ans, elle vient de se faire poser des
implants fessiers. Moyennant près de
2 300 euros, une fortune pour cette
conductrice de bus scolaire qui a économisé pendant des années pour avoir
une nouvelle silhouette.
Un statut social
Elles sont des millions comme Rogeria.
Selon les derniers chiffres compilés par
la Société internationale de chirurgie
esthétique (ISAPS), il y a eu 2,5 millions
d’actes esthétiques au Brésil en 2016,
soit un peu plus de 10 % du total mondial. Le pays sud-américain n’est devancé que par les États-Unis. « Au Brésil, notre corps est un véritable capital,
c’est une richesse. Les Brésiliennes sont
celles qui investissent le plus pour leur
corps, s’en préoccupent le plus et qui en
souffrent le plus. Les études mondiales
montrent que nous sommes les plus insatisfaites avec notre corps », affirme la
sociologue Mirian Goldenberg, professeur à l’université de Rio UFRJ. Auteur
de plusieurs ouvrages sur la beauté et le
vieillissement, elle souligne que « les
demandes se sont inversées au cours des
deux dernières décennies. Avant, on demandait : “Pourquoi faites-vous une
chirurgie esthétique ?” Aujourd’hui, on
demande : “Pourquoi vous n’en faites
pas ?” C’est presque une obligation sociale de paraître plus jeune et plus jolie,
et pas seulement dans les professions
publiques, à la télévision, mais aussi
dans toutes les classes de la société ».
« Presque toutes mes amies ont fait des
opérations : les yeux, le nez, les lèvres, la
poitrine, la liposuccion… », énumère la
sociologue. Selon l’ISAPS, la liposuccion et l’augmentation des seins sont
les deux opérations les plus populaires
au Brésil.
Elle voit dans ce phénomène l’influence des « novelas », ces feuilletons
très populaires de la télévision brésilienne où les héroïnes sont invariablement jeunes, blondes et minces. Un cas
emblématique est celui d’Andressa
Urach, une ancienne présentatrice qui,
en moins de quatre ans, a réalisé quatorze chirurgies plastiques au coût de
230 000 euros. Elle voulait devenir
« une célébrité quel qu’en soit le prix »,
a-t-elle raconté dans un livre. Pour la
professeur d’histoire à l’Université
pontificale catholique (PUC) de Rio,
Denise Bernuzzi de Sant’Anna, la
chirurgie plastique marque aussi un
statut social. « Elle est vue non seulement comme une manière efficace de
faire face aux marques du temps sur le
corps, mais comme une preuve – souvent revendiquée – que l’on a le temps et
l’argent pour prendre soin de soi », a-telle écrit dans un article « L’impératif
de la beauté au Brésil ».
Mais l’explosion de la chirurgie esthétique au Brésil doit aussi beaucoup à
un homme, le chirurgien Ivo Pitanguy
qui, dès les années 1960, s’est imposé
comme le « magicien » le plus recherché des stars. S’il a opéré nombre
d’entre elles, il a aussi ouvert sa clinique aux plus démunis. « Mon grandpère a valorisé une spécialité qui était un
peu méprisée auparavant. Il l’a aussi
démocratisée en créant un département
de chirurgie réparatrice et esthétique à
laquelle tous avaient accès, pas seulement les plus riches », dit Antonio Paulo Pitanguy Müller, lui-même jeune
chirurgien esthétique. Il reconnaît
qu’il existe une certaine « dictature de
la beauté. Mais le Brésil a un rapport
avec le corps différent de l’Europe. C’est
un pays tropical, on s’expose beaucoup
plus. La chirurgie n’est pas un tabou, on
en parle sans gêne », explique le
chirurgien. Aujourd’hui, « on valorise
les corps qui donnent une image de santé, athlétiques. La mode des fortes poitrines, venue des États-Unis, est un peu
passée », ajoute-t-il. Reste la « passion
nationale » : le « bumbum » célébré sur
toutes les plages brésiliennes et auquel
le grand sociologue Gilberto Freyre a
même consacré un long article il y a
plus de trente ans. ■
Moscou manœuvre
en Méditerranée
La Russie répète son offensive prosyrienne alors
que l’assaut de Damas sur Idlib semble imminent.
DÉFENSE Jamais depuis la chute de
l’Union soviétique, la flotte et l’aviation
russes n’avaient tenu de manœuvres
conjointes en Méditerranée : c’est par ces
superlatifs que Moscou présente les exercices militaires conjoints qui se dérouleront du 1er au 8 septembre, dans une zone
en pleine ébullition du fait du conflit
syrien. Vingt-six bâtiments en provenance de la flotte du Nord, de la flotte de
la Caspienne et de la mer Noire convergent dans la région, avant de se regrouper
sous la bannière du croiseur lance-missiles Maréchal Oustinov. Ils seront rejoints
par 34 appareils, bombardiers, chasseurs
lance-missiles et de reconnaissance antisous-marine, décollant notamment de la
base russe de Hmeimim, en Syrie.
« Nos objectifs sont liés à la guerre sousmarine, à la protection des infrastructures
maritimes, au combat anti-piraterie, et à
60 km
Territoire
contrôlé par
les rebelles et
l’armée turque
TURQUIE
Afrine
Mer
Méditerranée
Alep
Idlib
Lattaquié
SYRIE
Hmeimim
Hama
Infographie
l’assistance de vaisseaux en détresse », a
déclaré le commandant des flottes russes,
Vladimir Korolev. Mais l’opération ressemble davantage à une répétition de la
future offensive russo-syrienne visant
Idlib, l’une des très rares enclaves syriennes contrôlées par les rebelles, et que
Damas entend reprendre à tout prix.
L’opération inquiète les Occidentaux et
l’ONU redoute un chaos humanitaire.
ÉRIC ZEMMOUR, LA FRANCE AU CŒUR
Passionné d’Histoire de France, Éric Zemmour trouve dans chaque épisode de notre roman national
des leçons pour notre temps.
Lors de cette rencontre Salle Gaveau, l’essayiste qui publie un nouvel ouvrage au mois de septembre
chez Albin Michel, racontera aussi ses années d’enfance et d’adolescence où apparaît l’attachement
profond pour son pays. Une forme d’autobiographie intellectuelle, historique et littéraire.
Démonstration de force
La démonstration de force s’accompagne
d’une rhétorique accusant les États-Unis,
et accessoirement la France et la GrandeBretagne, de renforcer leur présence militaire dans la région, justifiant, selon Moscou, une riposte russe. « En vingt-quatre
heures », les contre-torpilleurs américains Donald Cook et Porter, croisant actuellement en Espagne, « peuvent lancer
une agression contre l’État syrien souverain », a mis en garde la porte-parole de la
diplomatie russe, Maria Zakharova.
Aux Tomahawk américains, la Russie
répondra le cas échéant avec ses missiles
Kalibr qui ont déjà servi à cent reprises en
Syrie, selon le ministère de la Défense.
« La principale fonction des Kalibr est de
frapper des cibles terrestres, et la majorité
des bâtiments actuellement déployés en
Méditerranée – qui en sont équipés – serviront avant tout à appuyer l’offensive d’Assad contre Idlib », confirme Kirill Semenov, expert au Centre des études
islamiques. Si le principe d’une attaque
russo-syrienne semble acté, seules ses
modalités et son envergure restent à définir, en accord avec la Turquie qui soutient une partie des rebelles. Un sommet
Russie-Iran-Turquie est prévu le 7 septembre à Téhéran, incluant un tête-à-tête entre Vladimir Poutine et Recep
Tayyip Erdogan. Les manœuvres méditerranéennes, elles, s’achèveront le lendemain. Juste avant la guerre grandeur
nature ? ■
ÉRIC
ZEMMOUR
JEUDI 20 SEPTEMBRE 2018
20H00 - SALLE GAVEAU
45-47 rue La Boétie, 75008 Paris
TARIF : 25 €
Placement Libre
Réservez vos places sur
www.leigaro.fr/rencontres
Informations au 01 70 37 31 70
A
CORRESPONDANT À MOSCOU
E. Zemmour © Jean-Christophe Marmara
PIERRE AVRIL pavril@lefigaro.fr
CONFÉRENCE - DÉBAT
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samedi 1er - dimanche 2 septembre 2018 LE FIGARO
8
SOCIÉTÉ
Bruxelles s’attaque au changement d’heure
S’appuyant sur les résultats d’une consultation européenne, Juncker a promis vendredi la fin de cette pratique.
pourrait aussi avoir des conséquences sur
les heures pratiquées dans les différents
pays. Car, s’ils n’ont pas, depuis 1996, les
mains libres sur les dates de changement
d’heure, les États membres sont souverains en ce qui concerne le choix de
l’heure dans leur pays. « Potentiellement,
chacun peut décider de son heure standard
et donc choisir de rester sur l’heure d’été ou
l’heure d’hiver », explique-t-on à la Commission, où l’on rappelle que les pays de
l’Union sont déjà regroupés sous trois fuseaux horaires différents.
ANNE ROVAN £@AnneRovan
CORRESPONDANTE À BRUXELLES
EUROPE Voilà une initiative dont la
Commission n’est pas peu fière. Profitant
de la rentrée de l’institution, son président, Jean-Claude Juncker, a rendu publics vendredi les premiers résultats de la
consultation en ligne consacrée au changement d’heure et qui s’est déroulée du
4 juillet au 16 août 2018.
L’intérêt pour le sujet a été au rendezvous. Pas moins de 4,6 millions de
citoyens, d’entreprises et d’institutions
ont répondu à ce questionnaire. Un succès au regard des audiences des précédentes consultations lancées ces dernières années : quelque 552 500 réponses
au questionnaire « Oiseaux et habitat »,
322 000 sur la modernisation et la simplification de la politique agricole commune, près de 90 000 sur le commerce de
l’ivoire au sein de l’Union européenne, etc.
JOHN THYS/AFP
Imposé aux pays de l’UE en 1996
Plébiscite
Selon les chiffres communiqués par la
Commission et même si les différentes
nationalités sont assez inégalement représentées dans les réponses, le résultat
du questionnaire est sans appel : 84 %
des personnes y ayant répondu sont
favorables à la fin du changement
d’heure semestriel, autrement dit ceux
de fin octobre et de fin mars. Un plébiscite qui a incité Jean-Claude Juncker à
Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a indiqué vendredi que « des millions de personnes ont répondu
et sont d’avis qu’à l’avenir c’est l’heure d’été qui devrait être tout le temps la règle, et nous allons réaliser cela ».
prendre l’engagement de mettre fin à
cette pratique. « Des millions de personnes ont répondu et sont d’avis qu’à l’avenir, c’est l’heure d’été qui devrait être
tout le temps la règle, et nous allons réaliser cela », a promis vendredi sur la chaîne de télévision allemande ZDF le prési-
dent de la Commission européenne,
dont le mandat s’achève à l’automne
2019.
La fin du changement d’heure, sujet
sur lequel la Finlande est en première
ligne et sur lequel il y a un large consensus
au sein de l’Union, va toutefois demander
un peu de temps pour se concrétiser. Les
services de la Commission vont rédiger
d’ici à quelques semaines un texte qui
sera ensuite soumis au Parlement européen et aux 28 États membres. Autant
dire que le projet n’aboutira pas avant de
longs mois. D’autant que ce changement
Contrairement à une idée très répandue,
la pratique du changement d’heure ne
date pas du choc pétrolier des années 70.
Elle a été mise en œuvre pour la première
fois en 1916 par l’Autriche-Hongrie qui
souhaitait alors économiser du charbon.
Elle fut relancée par certains pays lors de
la Seconde Guerre mondiale. Puis remise
en selle en 1980 par la CEE pour contrer la
flambée des prix du pétrole, mais les dates des changements d’heure n’ont été
imposées aux pays de l’Union qu’à partir
de 1996. Or les études ont montré que les
économies d’énergie réalisées étaient devenues tout à fait marginales, voire
inexistantes, selon les pays. Mais que les
inconvénients étaient, eux, bien réels.
Notamment sur l’horloge biologique des
personnes fragiles – enfants et aînés – ou
encore sur les animaux tels que les bovins, dont la traite serait perturbée par
ces changements. ■
JÉRÔME FOUQUET/PHOTOPQR/OUEST FRANCE
Handicap : la galère
de la rentrée scolaire
Malgré la volonté du président de rendre l’école plus accessible,
une association estime que des milliers d’enfants restent sans solution.
AGNÈS LECLAIR
£@AgnesLeclair
ÉDUCATION Un déplacement dans un
collège comprenant une classe pour élèves handicapés : c’est le programme de
la rentrée pour Emmanuel Macron. Afin
de marquer son engagement pour
« l’école inclusive », le chef de l’État visitera lundi le collège Jules-Renard, en
Mayenne, doté d’une classe « Ulis »
(Unités localisées pour l’inclusion scolaire) qui accueille des élèves atteints de
troubles des fonctions cognitives ou
mentales. Cette sortie se fera en compagnie du ministre de l’Éducation, JeanMichel Blanquer, et de la secrétaire
d’État chargée des Personnes handicapées, Sophie Cluzel. Mais malgré les
bonnes intentions affichées, le compte
n’y est pas, selon l’Unapei, première fédération d’associations françaises de re-
présentation et de défense des personnes
handicapées mentales.
« Cette année encore, des milliers d’enfants ne feront pas la rentrée scolaire
comme les autres enfants. Aucune solution
n’a été pensée pour eux, ni à l’école de
quartier ni dans les classes spécialisées »,
dénonce le mouvement associatif, qui
s’apprête à écrire aux députés et aux sénateurs pour dénoncer « un scandale ».
« La liste d’attente
est trop longue »
Son constat est issu des remontées de
terrain des présidents des quelque
550 associations de l’Unapei, situés dans
toute la France. « Ils ne cessent de nous
remonter des témoignages de détresse,
d’incompréhension et de colère de parents
sans solution », souligne-t-on à la direction de la Fédération. Ainsi, après le collège, Corentin, autiste de 16 ans, n’a pour
l’instant pas d’autres perspectives que
de rester chez lui. « Il sait très bien lire et
écrire. Il est très bon en informatique, il
apprend des langues étrangères tout seul
et n’a qu’un peu de retard au niveau scolaire mais, pour l’instant, il n’a aucune
piste pour la rentrée, soupire sa mère, qui
habite dans l’Isère. La liste d’attente de la
petite structure qui accompagne les élèves
dans sa situation au lycée est trop longue.
Il est trop handicapé pour être le milieu
“ordinaire” et pas assez pour intégrer un
institut médico-éducatif (IME). »
À Salon-de-Provence, dans les Bouches-du-Rhône, la mère de Florent ne
sait toujours pas si son fils pourra être
accueilli en CP en même temps que ses
petits camarades. Scolarisé douze heures
par semaine, uniquement en présence de
son aide de vie scolaire (AVS), Florent est
alimenté par une sonde et présente des
troubles de l’équilibre et de la motricité
fine. Mais sa scolarité se passe bien. Cette
année, il doit même bénéficier d’une
Fin juillet, le gouvernement a annoncé le recrutement de 10 900 accompagnants
d’élèves en situation de handicap. Des chiffres « insuffisants », selon une association.
aide moins précaire, une AESH (accompagnant d’élèves en situation de handicap). Mais pas avant la fin du mois de novembre… « C’est toujours la même galère.
L’école évoque une aide pour la mi-septembre mais je n’ai aucune confirmation.
Est-ce qu’on laisserait un autre élève rater
la rentrée ? tonne sa maman. Il faut se
battre tout le temps, pour tout. »
Depuis 2005, l’école accueille
200 000 élèves de plus en situation de
handicap, a fait valoir le ministre de
l’Éducation nationale dans son dossier de
rentrée. Fin juillet, il a aussi promis le recrutement de 10 900 accompagnants
d’élèves en situation de handicap (AESH)
pour la rentrée. Des chiffres certes « positifs » mais toujours « insuffisants », tacle l’Unapei. « Ces seuls chiffres ne nous
permettent pas d’éclairer la situation des
enfants handicapés en France. Combien
d’enfants ne sont pas scolarisés ? Combien
de ceux qui le sont ne vont à l’école que
trois heures par semaine ? Le gouvernement annonce des augmentations mais ne
les confronte jamais avec les besoins. » ■
Des anti-chasse à courre attaqués en justice
L’Office national des forêts poursuit trois opposants à la vénerie qui ont empêché cette pratique à plusieurs reprises la saison dernière.
ÉRIC DE LA CHESNAIS a£@plumedeschamps
RURALITÉ Ce week-end, au palais impérial de Compiègne, se tiendra la grande fête bi-annuelle de la chasse et de la
nature. Un moment festif, où sont attendus entre 30 000 et 40 000 adeptes des
quatre coins du pays. « Nous voulons
montrer que les partisans de toutes les formes de chasse - il en existe 40 en France sont unis face aux vegan antispécistes de
tous poils », explique Guy Harlé d’Ophove, président de la fédération départementale de l’Oise, à l’origine de cette
manifestation.
Il faut dire que la saison dernière, à
Compiègne, n’a pas été de tout repos. Des
opposants à la chasse à courre sont intervenus à plusieurs reprises dans la forêt
pour empêcher la tenue de cette pratique
alors qu’un animal était traqué. Réunis au
sein du collectif national AVA (Abolissons
la vénerie aujourd’hui), ils ont essayé à
leur façon de « transformer chaque village, chaque lotissement en sanctuaire
pour les animaux traqués, car ces zones
sont interdites aux veneurs », expliquentils sur leur page Facebook. Quelquefois
sans parvenir à leurs fins, comme lors de
l’abattage d’un cerf, en octobre dernier,
dans le jardin d’un particulier à Lacroix-
Saint-Ouen. La vidéo avait créé beaucoup
d’émotion sur les réseaux sociaux. Lors
d’une réunion à l’Élysée lundi dernier, les
chasseurs se sont d’ailleurs engagés à interdire la vénerie près des zones habitées
et à gracier les animaux qui y pénètrent.
« Légitime défense »
Quoi qu’il en soit, les actions commandos
du collectif n’ont pas été du goût des prochasse à courre. « Nous avons été insultés
en pleine chasse, voire agressés physiquement, nos chiens ont eu le flair insensibilisé
avec des bombes au poivre et certains ont
été envoyés à la fourrière, rappelle le président de la fédération de l’Oise. À l’atta-
que physique, nous répondrons désormais
physiquement, car nous sommes en légitime défense. Nous ne voulons plus que ce
soit la chienlit en forêt. » Le ton est donné
pour l’ouverture le 15 septembre prochain…
En attendant la reprise de la saison, le
combat s’est déroulé cet été sur le terrain
juridique. Le 27 juillet, le tribunal d’instance de Compiègne a assigné trois opposants d’AVA pour « entrave au droit de
chasse » à la demande de l’Office national
des forêts (ONF). L’établissement public
est non seulement chargé de la gestion du
bois des massifs forestiers de l’État mais
aussi de ses locations de chasse. L’affaire
1
MURIEL
PÉNICAUD
Ministre du Travail
A
Dimanche 2 Septembre 2018 I 12H-13H
BENJAMIN SPORTOUCH - RTL
ALEXIS BREZET - LE FIGARO / CHRISTOPHE JAKUBYSZYN - TF1-LCI
devrait être plaidée, selon l’avocat du
plaignant, Me Rémi-Pierre Drai, en début
d’année prochaine. « Nous n’avons pas
assigné l’AVA car il s’agit d’un collectif
sans statut juridique. Nous avons poursuivi
les meneurs du mouvement, qui ont décliné
leur identité au préfet lors des demandes de
manifestation. » L’ONF demande à la justice de condamner trois des opposants à
la somme totale de 63 000 euros. L’organisme s’estime légitime à poursuivre en
sa qualité de bailleur. Si le climat ne
s’apaise pas sur le terrain, « nous nous
réservons la possibilité de poursuivre ces
actions au pénal », laisse entendre
Me Rémi-Pierre Drai. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 1er - dimanche 2 septembre 2018
SOCIÉTÉ
Belloubet
au chevet de la
justice guyanaise
Le juge de l’application des peines,
seul depuis novembre dernier, a accumulé, en 2017, 503 mesures de milieu
ouvert et a rendu près de 2 000 ordonnances pour le milieu fermé. Quant au
juge de la liberté et de la détention, il a
rendu en moyenne, depuis le début de
l’année, 134 décisions par mois. L’activité criminelle tourne à plein régime, avec
156 jours d’assises par an. L’arrivée d’un
nouvel escadron de gendarmerie l’année
dernière a démultiplié le nombre d’affaires mais « si l’on donne plus de moyens
aux enquêteurs, il faut que cela suive aussi
pour la justice », rappelle Patrick Chevrier. À cela s’ajoute l’activité de la
chambre détachée de Saint-Laurentdu-Maroni, à 250 km de mauvaise route
de Cayenne, mitée par des intermittences de réseau peu rassurantes pour les
magistrats qui s’y rendent.
La garde des Sceaux se rend sur place lundi
pour confirmer la création d’un nouveau
tribunal et d’une deuxième prison.
OUTRE-MER Le président du tribunal de
grande instance de Cayenne est plein
d’espoir. Lundi prochain, en présence de
Nicole Belloubet, la garde des Sceaux, Patrick Chevrier installera ses treize nouveaux magistrats. « Nous compterons six
jeunes magistrats juste sortis d’école. Tous
sont pleins d’enthousiasme et d’énergie.
Cela donnera un nouveau souffle à la juridiction et à un magistrat près, nous serons
au complet », s’enthousiasme-t-il, bien
conscient de l’effort dont il bénéficie.
À Cayenne, la dureté du métier a raison des meilleures volontés en moins de
cinq ans, même si tous témoignent
d’une expérience passionnante. « Tout
le monde est motivé la première année,
épuisé au bout de trois ans et écœuré au
point de ne penser qu’à partir au bout de
cinq », soupire le président du TGI qui,
dans son discours d’audience solennelle
de janvier 2018, rappelait le triste record
d’absentéisme de la juridiction. Les
fonctionnaires de justice totalisent
« 2 400 jours d’absence pour divers
congés maladie ». De quoi priver la juridiction d’une dizaine de greffiers nécessaires au quotidien. Au parquet, les magistrats sont au nombre de dix. Un
effectif qui entraîne de telles cadences
qu’au cours de ces deux dernières années, les parquetiers se sont fendus de
deux motions pour dénoncer leurs
conditions de travail.
Même s’ils sont en baisse, les homicides explosent toutes statistiques nationales : 16 morts depuis janvier 2018 pour
une population de 280 000 habitants.
Éric Vaillant, le procureur de la République, rappelle « la spécificité de la Guyane,
gangrenée par une violence extrême et des
contentieux très lourds ». Malgré cela, les
deux chefs de juridiction tentent de panacher les peines pour contenir les incarcérations. « 70 % de l’activité de la juridiction relève du pénal et 30 % du civil.
Un taux inversé par rapport à la métropole », soulignent-ils. Le TGI de Cayenne
doit assurer « sept audiences correctionnelles hebdomadaires, dont cinq collégiales », rappelait dans son discours de rentrée 2018 Patrick Chevrier. « Il nous est
arrivé de gérer jusqu’à 30 gardes à vue
par jour », souligne aussi Emmanuel
Ferrand, substitut et délégué local de
l’Union syndicale des magistrats, qui
évoque « la priorisation inévitable des
contentieux les plus graves. Autant vous
dire que le contentieux routier n’est pas
forcément notre priorité », sourit-il, évoquant les requalifications inévitables des
vols à main armée en délit, pour ne pas
engorger les audiences.
Cité judicaire numérisée
Nicole Belloubet, garde des Sceaux, vendredi à l’Élysée.
La prison de Cayenne
gangrenée par la violence
« EN CE MOMENT, il y a une
vingtaine de personnes qui repeignent les murs et qui nettoient à
fond pour l’arrivée de la ministre.
La prison de Cayenne brillera
comme un bijou. » René Polydore, délégué syndical Unsa-Ufap
du centre pénitentiaire de
Cayenne, était présent pour
l’ouverture en 1998 du centre
pénitentiaire de Cayenne, qui se
déploie sur 17 hectares, et dont
le bâti a été calqué sur l’ancienne
prison : un encellulement sur un
seul niveau, des cours de promenade qui donnent sur les cellules pour mutualiser la surveillance et des douches en plein
air où les détenus se rendent
avec leur serviette sur l’épaule,
leur seau et leurs claquettes.
« À l’époque, on ne pensait pas
qu’il y aurait un jour des surveillantes au quartier hommes »,
soupire René Polydore, qui déplore le boucan infernal qui
« découle de ces choix ». Conçu
pour durer, l’établissement est
rongé de décrépitude parce
qu’« il n’a pas été conçu dans les
règles de l’art », regrette le syndicaliste qui égrène les malfaçons : « Une année, nous avons
perdu 500 000 euros d’eau, car
les tuyaux ne reposaient pas sur
assez de sable, sans doute volé
pendant les travaux. Les sols sont
mouillés. Idem pour les murs qui
sont friables, faute de béton digne
de ce nom. »
Pour sécuriser le bâtiment,
trois rangs de fil barbelé concertina ont été rajoutés : « De
l’américain pas autorisé en France. » Cela n’a pas empêché, le
1er janvier dernier, une évasion
spectaculaire : trois détenus ont
mouillé le mur et l’ont détruit
avec une bonde de douche en
fonte avant de s’enfuir par le
chemin de ronde plongé dans
l’obscurité, à la barbe des trois
miradors. « Il y a eu une défaillance électrique. Nous avons
un énorme problème de gestion du
bâtiment. Notre prestataire privé
ne semble pas en avoir les
moyens. Sur le long terme c’est
très inquiétant », affirme Michel
Barbot, délégué de FO-surveillants et brigadier dans cet
établissement, qui rappelle « le
particularisme d’une détention
dont plus de la moitié est étrangère, issue du Brésil, du Surinam, de
la Guyane anglaise ou de Haïti. Si
nous tenons la détention, c’est
parce que nous parlons les mêmes
langues qu’eux ».
« Conflits ethniques »
Pourtant, selon René Polydore,
le centre pénitentiaire de
Cayenne déplore plusieurs tentatives d’agressions sexuelles sur
les surveillantes. « C’est la délinquance d’Amérique du Sud, hyperviolente et qui a dû mal à respecter l’autorité d’une femme. »
Une violence qui dépasse de loin
les standards de la métropole et
qu’« attisent les conflits ethniques cristallisés par l’oisiveté. On
compte six morts en cinq ans. Ici
on meurt pour pas grand-chose », selon Michel Barbot.
« Il y a quelques années, nous
avons dû passer au régime portes fermées pour la distribution
des repas, car les plus faibles se
faisaient voler leur ration par les
plus forts et ne mangeaient pas.
Il y a des communautés plus dominantes que d’autres, comme
les Georgetoniens (Guyane britannique) », raconte René
Polydore.
Toutes les organisations syndicales s’inquiètent du manque
de personnel au point que des
gradés sont régulièrement affectés à la surveillance. Les heures supplémentaires explosent et
les temps de récupération ne
sont plus respectés. Avec 176
surveillants, il manque en effet
une quinzaine d’effectifs. Pour
faire baisser la pression, le TGI
de Cayenne s’est vigoureusement attaqué à la surpopulation
carcérale, en déployant toute la
gamme des peines alternatives.
La prison compte actuellement 730 détenus pour 613 places, dont 71 femmes pour 55
places. « Nous n’assurons pas la
continuité du service public ni en
termes de peine ni en termes de
réinsertion. Ce n’est pas cela la
République », regrette Michel
Barbot. Comme son collègue de
l’Unsa-Ufap, l’annonce prochaine par Nicole Belloubet
d’une nouvelle prison de
300 places le laisse perplexe :
« Quand ? Ce n’est pas seulement une prison qu’il faudra
construire, mais des logements
et de nouvelles infrastructures.
Est-ce que l’on tiendra jusquelà ? » ■
P. G.
LES CHIFFRES
DE LA DÉLINQUANCE
EN GUYANE
EN 2017
23
homicides
1 870
14,38
vols à main armée
Avoirs criminels
de l’orpaillage illégal
saisis, en millions d’euros
529 kg
Saisies de cocaïne
Le centre
pénitentiaire
de Cayenne,
en Guyane.
JODY AMIET/AFP
STEPHANE DE SAKUTIN/AFP
C’est ici que la ministre confirmera la
création d’un deuxième TGI et d’une
nouvelle prison de 300 places, promis
lors du mouvement populaire sans précédent de mars et avril 2017, pour demander plus de sécurité. Cette zone sensible est celle de l’orpaillage illégal. Un
contentieux qui a totalisé en 2017 plus de
6 000 réquisitions signées du parquet,
qui ne désarme pas, une barge d’orpailleur pouvant représenter une valeur
de 800 000 euros.
Nicole Belloubet devrait également dévoiler le site d’une nouvelle cité judiciaire
à Cayenne, moderne et numérisée. Une
nécessité absolue compte tenu de la géographie extrême de ce département français. Cela suffira-t-il pour faire patienter
les locataires du palais de justice actuel
qui vivent « en site occupé » (en travaux,
NDLR) depuis trois ans ? Des travaux déjà
caducs puisque l’administration a oublié
à l’époque de prendre en compte l’évolution démographique et, par conséquent,
l’activité judiciaire de la juridiction. En
attendant, Emmanuel Ferrand rappelle
« les outils qui traînent alors que les lieux
accueillent un public souvent violent, les
déménagements récurrents et les dégâts
inévitables causés au gré des travaux ».
Ainsi ces robes de magistrats grignotées
une nuit par les rats… ■
Les « mules »,
un contentieux de masse
LA GUYANE est l’un des plus gros
pourvoyeurs de cocaïne en Europe. Et
avec elle le fléau des esclaves de la
drogue : les « mules ». Un mot traumatique que prononcent comme une
malédiction tout magistrat ou personnel pénitentiaire de Cayenne. Selon le
discours d’Éric Vaillant, procureur de
la République de Cayenne, lors de la
dernière
rentrée
solennelle,
« 4 000 font le voyage chaque année »
vers la métropole avec de la cocaïne
dans leurs bagages ou, pire, « incorporée », c’est-à-dire ingérée sous
forme de boulettes. « Environ 400
(mules) ont été arrêtées, soit 10 % »,
en 2017 : 365 selon les chiffres très
précis du parquet, dont 79 mineurs. À
raison de deux vols quotidiens vers la
métropole, cela représente une
moyenne d’un peu plus de cinq mules
par voyage. Autant dire que douaniers
et policiers de la Police de l’air et des
frontières ne chôment pas. « Nous
avons trouvé jusqu’à 9 kg de cocaïne
dans les bagages d’une mule », souligne ce magistrat, et « jusqu’à 2 kg ingérés sur une autre », souligne ce
fonctionnaire de la Pénitentiaire. Ces
personnes démunies à l’extrême, souvent étrangères, tentent le passage
pour 4 000 à 5 000 euros, quitte à risquer leur vie.
« Un an de prison
par kilo de cocaïne »
Pour le parquet et les formations de
jugement de Cayenne, le phénomène
des mules est devenu un contentieux
de masse que les magistrats n’ont eu
d’autres choix que de rationaliser,
pour ne pas dire industrialiser.
« Lorsque je suis arrivé dans cette juridiction en 2015, le phénomène avait
doublé par rapport à l’année précédente, affirme Éric Vaillant. Aujourd’hui,
cela représente 40 % de mes procédures d’urgence et une garde à vue sur
dix. »
Pour désengorger la prison, dont le
phénomène « déborde les murs », le
parquet de Cayenne recourt à la comparution sur reconnaissance préalable
de culpabilité avec défèrement. Une
procédure qui permet, dans le continuum de l’interpellation, de négocier
sans procès une peine avec les person-
« Nous avons trouvé jusqu’à 9 kg de
cocaïne dans les bagages d’une mule »,
explique Éric Vaillant, procureur
de la République de Cayenne.
JOHAN BEN AZZOUZ/VOIX DU NORD
nes qui ont reconnu les faits. « Nous
proposons systématiquement cette procédure pour les saisies de moins de
1 kg », souligne Éric Vaillant, qui, par
ailleurs, a décidé de limiter la détention provisoire des mules du moment
qu’elles présentent des garanties de
représentation, c’est-à-dire des domiciliations. Autrement dit, seuls les
étrangers sont incarcérés. « Cela a dû
entraîner une course aux faux papiers
d’identité afin d’éviter la prison », note
ce bon connaisseur du dossier.
Quant aux peines, affirme Éric
Vaillant, « sous réserve des circonstances de l’espèce et de la personnalité
du prévenu, celles prononcées tournent
autour d’un an par kilo de cocaïne. Les
aménagements de peines sont fréquents
s’agissant des mules, mais il faut répondre aux conditions prévues par la
loi », affirme le magistrat, qui a aussi
mis en place une peine d’interdiction
de séjour à l’aéroport Félix Éboué de
cinq ans, afin de décourager les vocations. Enfin, en coopération avec les
parquets de Créteil et de Bobigny, un
bureau de liaison « mules » a été mis
en place sous l’égide de la Chancellerie
en mai 2017. 5 % des mules seraient
arrêtées à Orly. ■
P. G.
A
PAULE GONZALÈS pgonzales@lefigaro.fr
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samedi 1er - dimanche 2 septembre 2018 LE FIGARO
10
SPORT
Stade Français : un nouveau statut à assumer
Le club parisien, qui reçoit Bordeaux-Bègles samedi, dispose cette saison de moyens importants pour revenir aux avant-postes.
ARNAUD COUDRY £@ArnaudCoudry
RUGBY Débuts en fanfare. Le Stade Français n’a pas manqué sa rentrée, la semaine dernière, en s’imposant avec la manière et le bonus offensif sur la pelouse du
promu Perpignan (15-46). Ce samedi, les
Parisiens doivent confirmer - devant leur
public, annoncé plus nombreux que ces
dernières saisons - face à un adversaire
d’un tout autre calibre, Bordeaux-Bègles.
Un premier match au stade Jean-Bouin
qui va coïncider avec la reprise des internationaux, Yoann Maestri et Gaël Fickou
recrutés à prix d’or à Toulouse (700 000 €
chacun), mais aussi de l’enfant du club,
Paul Gabrillagues. « Ça travaille très dur à
tous les entraînements, explique ce der-
nier au Figaro. Le staff est beaucoup dans
le positif avec nous, tout le monde s’encourage. Leur apport sera visible dans la durée. »
Sauf que le temps presse. Après une saison de transition, le nouveau propriétaire
du club, le milliardaire Hans-Peter Wild,
est passé à la vitesse supérieure. « J’ai fixé
au club des objectifs ambitieux pour la saison à venir, à la mesure de notre histoire et
des moyens que nous nous sommes donnés », a-t-il expliqué aux supporteurs parisiens. Le budget du club a été porté à
34 M€, le plus important du Top 14. L’effectif a été sérieusement dégraissé. Ce qui
a fait grincer des dents. Douze joueurs en
fin de contrat sont partis, huit autres
(dont Marvin O’Connor, Romain Martial
et Terry Bouhraoua) ont appris, juste
avant de partir en vacances, que leur
contrat était rompu. Pas de place pour les
sentiments… « Je vous avoue que cela m’a
mis un coup, car j’ai de très bons amis qui
sont partis. J’ai un peu mal vécu cette période-là », confie Paul Gabrillagues.
Hormis en 2015, année du dernier bouclier de Brennus remporté avec Gonzalo
2E JOURNÉE TOP 14
samedi TOULON (11)
14h45 C+
18h LYON (8)
LA ROCHELLE (5)
BORDEAUX B. (3)
20h45 TOULOUSE (7)
dimanche
PERPIGNAN (13)
AGEN (14)
12h30
RACING 92 (4) 16h50 C+ CLERMONT (1)
PAU (12)
CASTRES (6)
MONTPELLIER (9)
STADE FRANÇAIS (2)
GRENOBLE (10)
En attendant de voir comment les choses
se mettent en place, les Parisiens,
conscients de l’attente qu’ils suscitent,
font plutôt profil bas. « Ce ne sont ni les
gros joueurs ni les gros entraîneurs qui font
gagner des titres mais bien le groupe qui
doit se former pour créer sa propre histoire », avance le capitaine Sergio Parisse.
Et Paul Gabrillagues de poursuivre : « Les
objectifs, on les a entre nous, entre les
joueurs. Je pense qu’il est trop tôt pour en
parler. » Pieter de Villiers se mouille un
peu plus. « Oui, on a beaucoup d’ambitions. Notre propriétaire nous donne les
moyens d’en avoir. Mais il faut d’abord
instaurer une culture de la gagne. » Semblable à celle qui avait permis au club de
la capitale de décrocher cinq titres de
champion entre 1998 et 2007. ■
Quesada aux manettes, le Stade Français
a régulièrement flirté, au mieux avec le
ventre mou du championnat, au pire
avec la relégation. La fin des années de
disette ? Le club parisien dispose d’un
staff de calibre international, avec à sa
tête le Sud-Africain Heyneke Meyer, ancien sélectionneur des Springboks troisièmes de la dernière Coupe du monde
2015. Dès son arrivée à Paris, l’ancien
mentor des Bulls de Pretoria avait été
clair sur son objectif : « Faire du Stade
Français la meilleure équipe du monde. »
Rien que ça…
Meyer est notamment épaulé par Pieter de Villiers, ancien pilier international
du club (69 sélections), et l’ex-deuxième
ligne emblématique de l’Irlande et du
Munster, Paul O’Connell (108 sélections).
Ronaldo, l’exception d’un mercato calme
Le marché des transferts a fermé ses portes vendredi en France. Un mercato foot moins agité que prévu. Bilan.
Cristiano Ronaldo
uL’exception
Un coup de bluff pour signer une
CHRISTOPHE REMISE £@Cremise77
MASSIMO PINCA/REUTERS, CHRISTOPHE SIMON/AFP ET FRANCK FIFE/AFP
FOOTBALL Si les millions ont encore
coulé à flots sur l’Europe du football cet
été, le marché des transferts aura été
moins animé que prévu. À l’image d’un
PSG rendu frileux par le spectre du
fair-play financier… Les champions de
France ne sont pas seuls dans ce cas et
le transfert de Cristiano Ronaldo à la
Juventus fait office d’exception.
L1 plus vendeuse qu’acheteuse
uLa
Nombreux sont les clubs de l’élite
française qui ont battu leur record en
termes de ventes. Bordeaux (Malcom
au Barça, 41 M€), Paris (Guedes à Valence, 40 M€), Nice (Seri à Fulham,
30 M€)… Comme souvent, les clubs de
L1 ont donc dû recruter malin pour pallier le départ de joueurs majeurs. Notamment en rapatriant d’anciens
joueurs de l’élite, comme Cheikh
N’Doye (Angers) ou Claudio Beauvue
(Caen). C’est dans les vieux pots…
Les clubs de Ligue 1 sont les premiers en
Europe en termes de ventes, avec quasiment 900 M€ en cumulé. Ils sont aussi, de loin, les premiers en ce qui
concerne le solde dépenses-revenus
(près de 350 M€ en cumulé), seule la
Ligue 1 dépasse les 200 M€ de solde positif. Même le PSG s’est montré relativement frileux, avec plus de 100 M€ de
ventes (Guedes, Pastore, Berchiche…)
et des arrivées low-cost (Kehrer, Bernat, Choupo-Moting), en plus du vénérable Gianluigi Buffon.
Du côté de l’OM, on a mis la main sur le
métronome néerlandais Kevin Strootman, mais on cherche toujours le
« grantatakan » après l’échec Mario
De gauche à droite : Kevin Strootman (Olympique de Marseille), Cristiano Ronaldo (Juventus) et Gianluigi Buffon (Paris Saint-Germain).
Balotelli, tandis que Monaco poursuit
sur sa politique en misant sur de nombreux jeunes, mais aussi des internationaux tels qu’Aleksandr Golovin et Nacer Chadli, présents à la Coupe du
monde 2018 avec la Russie et la Belgique. Amiens devait créer l’une des dernières sensations vendredi soir en faisant signer le meneur international
brésilien Ganso. Une sacrée surprise !
champions du monde
uLes
n’ont (presque) pas bougé
Sur les 23 champions du monde, seuls
deux ont changé de club cet été. Thomas Lemar (70 M€) est en effet passé de
Monaco à l’Atlético, tandis que Steven
Nzonzi (26,60 M€, présenté ce samedi à
Colombes, sa ville natale) a troqué la
tunique de Séville pour celle de l’AS
Roma. Antoine Griezmann a choisi de
prolongation au Real Madrid ? C’est ce
que l’on pouvait se dire en voyant
Cristiano Ronaldo remettre en doute
son avenir, juste après le sacre des Merengue en Ligue des champions. Sauf
que cette fois, le quintuple Ballon d’or
a vraiment quitté Santiago-Bernabeu
pour rejoindre la Juventus. 117 M€ de
transfert pour la star portugaise. Exception faite de Mbappé (prêté en 2017,
transféré en 2018), c’est le seul transfert à plus de 100 M€ cet été. En fait,
Kepa Arrizabalaga (de Bilbao à Chelsea, 80 M€ - record pour un gardien),
Lemar (voir par ailleurs), Riyad Mahrez
(de Leicester à Man. City, 68 M€) et
Naby Keïta (de Leipzig à Liverpool,
60 M€) font partis des quelques rares
autres transactions à plus de 50 M€. Le
transfert de « CR7 » est le symbole
d’une Serie A particulièrement agressive et qui arrive deuxième en termes
de dépenses, derrière la Premier League et ses droits TV gargantuesques.
Les deux seuls championnats à dépasser le milliard. Ailleurs, en Europe, pas
trop de vagues. ■
4E JOURNÉE LIGUE 1
vendredi NICE (18)
samedi PARIS SG (1)
17 h C+ beIN
LILLE (3)
ANGERS (19)
20h
CAEN (16)
DIJON (2)
GUINGAMP (20)
TOULOUSE (7)
REIMS (6)
MONTPELLIER (12)
STRASBOURG (11)
NANTES (17)
dimanche
AMIENS (14)
ST-ÉTIENNE (8)
15 h beIN
RENNES (13) 17h beIN BORDEAUX (15)
MONACO (10)
21h C+ MARSEILLE (9)
LYON (4)
prolonger à l’Atlético, tandis que Manchester United n’a pas voulu entendre
parler d’un départ de Paul Pogba,
pourtant en froid avec José Mourinho.
S’il a longtemps fait rêver plusieurs cadors, dont le PSG, N’Golo Kanté est lui
aussi resté, à Chelsea. Idem pour le
Lyonnais Nabil Fekir, alors que son
transfert à Liverpool semblait acquis.
Jusqu’à la visite médicale…
NÎMES (5)
Trois survivants français (seulement) à l’US Open
Richard Gasquet, opposé à Novak Djokovic, ce samedi, Lucas Pouille et Caroline Garcia vont tenter de sauver les meubles tricolores.
MARTIN COUTURIÉ £@martincouturie
A
TENNIS Les chiffres se montrent souvent
implacables. Douze Français et cinq Françaises figuraient sur la ligne de départ de
l’US Open, lundi dernier. Six jours et (seulement) deux tours plus tard, les rescapés
se comptent sur les doigts d’une main,
trois en l’occurrence. Deux hommes et
une femme. Un premier bilan une nouvelle fois famélique pour le tennis français,
toujours bon à briller en équipes, que ce
soit en Coupe Davis et (éventuellement)
en Fed Cup, mais totalement incapable
d’envisager un quelconque triomphe individuel en Grand Chelem. Et cela depuis
ce qui semble s’apparenter à des siècles. Il
faudrait donc un miracle pour que Richard
Gasquet, Lucas Pouille et Caroline Garcia
tordent le cou à ces résultats médiocres et
décrochent dans la fournaise new-yorkaise ce Graal tant espéré et fuyant.
Il leur faudra pour cela déjà franchir le
troisième tour, ce samedi, ce qui ne s’annonce pas une partie de plaisir. Notamment pour Richard Gasquet, opposé à un
certain Novak Djokovic. Et là encore, les
chiffres sont cruels, avec ce score de 12-1
en faveur du 6e joueur mondial dans ces
confrontations franco-serbes. L’unique
succès du Biterrois remonte au Masters de
2007, soit une éternité. Et le triomphe de
« Djoko » à Wimbledon cet été suivi de sa
victoire à Cincinnati (faisant de lui le premier joueur vainqueur de tous les Masters 1000 du circuit) ont confirmé son retour au sommet. Bien loin d’un Gasquet,
débarquant à Flushing Meadows sans le
moindre succès lors de la tournée américaine après sa déchirure aux adducteurs il
y a un mois à Hambourg. « C’est le
meilleur sur dur. On se connaît bien. Ça fait
tellement de fois qu’on se joue… À moi de
bien commencer ce match pour ne pas le
laisser prendre confiance », s’est fixé comme objectif Gasquet dans ce 16e de finale
de tous les dangers.
La mission semblerait donc plus négociable pour Lucas Pouille, opposé, lui, au
Portugais Joao Sousa. Dompter un
68e mondial sans réputation particulière
lorsqu’on pointe au 17e rang ne doit logiquement pas poser de souci. Mais le jeune Français, en pleine crise de confiance
depuis des mois (défaite dès le 2e tour à
Wimbledon, seulement deux victoires en
trois tournois depuis), nous a malheureusement habitués au pire récemment.
Et le voir survoler son premier face-àface avec Sousa constituerait une excellente surprise.
Dernière Française en piste, Caroline
Garcia ne se retrouve pas plus face à une
adversaire d’un calibre à vous faire trembler d’angoisse dans les vestiaires. La
Lyonnaise mène d’ailleurs 2-0 dans ses
matchs avec la solide Espagnole Carla
Suarez Navarro, 24e joueuse mondiale. Et
après avoir échappé à des retrouvailles
sous tension avec Kristina Mladenovic,
elle peut, en cas de succès ce samedi, s’offrir un 8e de finale de gala contre la reine
Maria Shaparova ou la jeunette Jelena Ostapenko, victorieuse surprise de RolandGarros en 2017.
En espérant simplement que l’arbitre de
son match restera plus à sa place que celui
ayant déclenché une immense polémique,
jeudi, en descendant de sa chaise pour encourager, et relancer Nick Kyrgios contre
Pierre-Hugues Herbert. Les adversaires
des Français n’ont pas besoin d’aide supplémentaire pour les faire disparaître prématurément des Grands Chelems. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 1er - dimanche 2 septembre 2018
SPORT
11
Une deuxième
étape
pour faire
la différence
Après l’arrivée groupée du premier acte,
les jeux restent ouverts pour la deuxième
traversée de la Solitaire Urgo Le Figaro.
SERGE MESSAGER smessager@free.fr
ENVOYÉ SPÉCIAL À SAINT-BRIEUC
VOILE Les marins reprennent leur bâton de pèlerin dimanche vers la ria de
Muros y Noia, proche de Saint-Jacquesde-Compostelle et terme du deuxième
tronçon de la 49e édition de la Solitaire
Urgo Le Figaro. À 14 h, heure du coup
de canon devant la pointe du Roselier à
Saint-Brieuc, les concurrents, reposés,
vont pouvoir retrouver leur élément
iodé avec sérénité. En effet les conditions météo annoncées tout au long du
périple les ont déjà rassérénés alors que
520 milles se présentent devant leur
étrave. Point de coup de vent, de vague
scélérate et donc de casse à craindre
cette fois-ci. Avec au programme du
tour-opérateur : une balade le long de la
côte bretonne et son champ de cailloux
poussant deux fois par jour, une traversée du golfe de Gascogne afin de rejoindre le littoral de la Galice et son âme
celte, pour atteindre la marina de Portosin, sise après le cap Finisterre.
À cœur vaillant, rien d’impossible,
car tout est encore jouable pour les aspirants à la victoire finale. Les écarts en
temps étant roupie de sansonnet, sauf
pour les huit concurrents ayant abandonné sur la première donne.
ROY.-UNI
Manche
OCÉAN
ATLANTIQUE
St-Brieuc
FR.
De St-Brieuc à Ría
de Muros-Noia
Départ dimanche
2 septembre 520 milles
St-GillesCroix-de-Vie
Golfe de
Gascogne
Ría de Muros-Noia
ESPAGNE
Infographie
Alexis Loison (Custo Pol), 8e jeudi dernier devant le port de Saint-Quay-Portrieux, espère faire la différence pour
passer devant ses trois camarades du
podium actuel : Anthony Marchand
(Groupe Royer-Secours Populaire),
Thierry Chabagny (Gedimat) et Charlie
Les figaristes à la bagarre sous spi, mercredi dernier, devant l’ile de Batz, au large de Roscoff, lors de la première étape.
Dalin (Skipper Macif 2015). Confiant
dans sa vitesse, comme il l’a démontré
depuis le début de la saison sur le championnat de France Élite de course au large, le bien nommé : « Dix minutes de retard, ce n’est rien par rapport à ce qu’il
nous reste à avaler. Le sort a fait que nous
sommes pratiquement tous à égalité.
Avant la partie hauturière, il va falloir négocier pas mal de temps dans les roches
de la Bretagne. Heureusement dans des
conditions sympathiques. En fait, nous allons avoir au début six heures au large de
la côte avec le courant favorable, mais ensuite, pour se protéger du jusant, il faudra
aller se protéger au ras des roches. »
Direction le vrai large
Le Cherbourgeois avoue qu’il ne connaît
pas tous les prénoms des pointes de
cailloux qu’il va titiller, même s’il use
ses fonds de cirés sur la Solitaire pour la
13e fois : « Ce n’est pas trop grave. Il faut
juste savoir la hauteur d’eau qu’ils nous
laissent pour passer. C’est un exercice
que j’aime bien. Après, tout dépendra du
vent et s’il nous aide à avancer. »
La terre disparaissant à leur poupe, ils
vont donc sortir de la géographie. Direction le vrai large. Corentin Douguet
(NF Habitat), malheureux lors du passage de la bouée Grande-Basse de Port-
sall il y a quelques jours, alors qu’il était
dans le groupe de tête (il avait été obligé
de s’arrêter et de plonger pour enlever
des algues collées sur sa quille), va repartir lui aussi avec le mors aux dents :
« J’aime bien le golfe de Gascogne. Il me
rappelle ma victoire en 2007 à La Corogne. Mais j’ai le souvenir également
d’étapes complètement ratées. Où j’avais
été transparent. Le questionnement,
c’est que nous allons descendre sous le
cap Finisterre. A priori avec du vent de
nord-est. Mais dans cette zone, en général, il ne passe pas. Il n’arrive pas à tourner à gauche avec nous. Les derniers
milles, une quinzaine environ, vont sans
doute être extrêmement longs. Mais c’est
le jeu de la Solitaire, cela arrive souvent.
Ce qui compte, c’est le vent qu’il y a au
moment où le premier passe la ligne.
C’est là où le chrono est déclenché. Si les
distances sont infimes, les écarts en
temps peuvent prendre des proportions
délirantes. »
Piégeuse à souhait, cette manche
ouvrant ses bras s’annonce passionnante. Les trente et un hommes et cinq
femmes qui vont quitter la baie de
Saint-Brieuc ce dimanche savent désormais que les chausse-trappes, bévues et coquilles seront au rendezvous. ■
A. COURCOUX
EN BREF
Cyclisme : Gallopin
entretient l’euphorie bleue
Après le succès au sprint
de Nacer Bouhanni (Cofidis),
jeudi, Tony Gallopin (Ag2r
La Mondiale) a poursuivi
la belle période française sur
le Tour d’Espagne en remportant
la 7e étape, vendredi.
Son compatriote Rudy Molard
(Groupama-FDJ), présent dans le
groupe, ayant fini cinq secondes
derrière Gallopin, a conservé
son maillot rouge de leader.
Football : un tirage moins
favorable pour l’OM
Avec la Lazio Rome, l’Eintracht
Francfort et Limassol,
Marseille a hérité d’un groupe
de Ligue Europa moins favorable
que Bordeaux, opposé au Zénith
Saint-Pétersbourg, Copenhague
et Slavia Prague, et que Rennes,
qui affrontera Jablonec,
le Dynamo Kiev et Astana.
La première journée
de la phase de poules
est prévue le 20 septembre.
LA FONDATION URGO AGIT POUR VOTRE SANTÉ
aux côtés des professionnels de santé, partout dans le monde
UNE FONDATION ENGAGÉE EN FAVEUR
DU DÉVELOPPEMENT DE L’ENFANT
POUR UNE MEILLEURE PRISE EN CHARGE
DES PLAIES CHRONIQUES
• Epidermolyse bulleuse : soutien aux enfants et à leurs parents, formation
de personnels soignants, financement d’équipements adaptés pour l’amélioration des soins en France et dans le monde (Pologne, Brésil, Colombie, Chine,
Vietnam…)
• Sous-nutrition et santé : soutien d’un programme d’amélioration d’accès aux
soins primaires mené par Action contre la Faim, en Côte d’Ivoire
• Réalisation de rêves d’enfants et d’adolescents gravement malades en
partenariat avec l’Association Petits Princes
• Ulcère veineux : création de la première Journée Européenne de la Compression en association avec experts et sociétés savantes
• Ulcère du pied diabétique : formation, éducation thérapeutique
• Décernement de prix scientifiques à de jeunes chercheurs pour leurs projets
innovants dans la cicatrisation
AGIR POUR LA PRÉVENTION DES TROUBLES AUDITIFS
• Presbyacousie : formation de pharmaciens sur la prise en charge de cette
pathologie
www.fondation-urgo.org
Le Havre du 21 au 26 août - Saint-Brieuc du 29 août au 2 septembre - Saint Gilles Croix de Vie du 11 au 16 septembre
A
LE GROUPE URGO SOUTIENT LA FONDATION URGO
Venez découvrir les activités de la Fondation URGO sur les villages des étapes de la Solitaire URGO Le Figaro
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samedi 1er - dimanche 2 septembre 2018 LE FIGARO
12
SCIENCES
Vaccins : les tout-petits sous surveillance
C’est la première rentrée depuis l’élargissement de l’obligation vaccinale à onze souches différentes,
dont la rougeole, l’hépatite B et les méningites, en plus de l’habituel DTP (diphtérie-tétanos-poliomyélite).
ANNE-LAURE LEBRUN
£@LebrunAnneLaure
SANTÉ PUBLIQUE Dans quelques jours,
des milliers de nourrissons feront leur
première rentrée en crèche ou chez une
assistante maternelle. Des structures
d’accueil qui auront cette année une
lourde responsabilité : elles doivent
s’assurer que les enfants nés après le
1er janvier 2018 ont bien reçu les vaccins
obligatoires. Jusqu’à maintenant, elles
vérifiaient seulement la présence dans
le carnet de santé de la vignette du vaccin DTP (diphtérie, tétanos et poliomyélite). Mais depuis le 1er juin 2018,
les enfants doivent recevoir à 2, 4, 5 et
11 mois les vaccins contre la coqueluche, l’Haemophilus influenzae b, l’hépatite B, le pneumocoque et le méningocoque C. À 12 mois, les petits
reçoivent la première dose du vaccin
contre la rougeole, les oreillons et la
rubéole (ROR) et le rappel du méningocoque C. Enfin, entre 16 et 18 mois,
ils reçoivent la dernière dose du vaccin
ROR. Soit au total dix injections avant
l’âge de 2 ans.
Sans la preuve que ces vaccins ont bel
et bien été réalisés, les enfants ne pourront pas être inscrits en collectivité. Les
établissements peuvent toutefois accepter une admission provisoire. Les
parents disposeront alors d’un délai de
trois mois pour se mettre en conformité. S’ils refusent, l’enfant sera exclu de
sa structure d’accueil. Une situation qui
pourrait être un véritable casse-tête
pour les crèches et les assistantes maternelles dans les mois qui viennent.
Certains parents
n’hésitent pas à fournir
des carnets de vaccination
falsifiés
Toutefois, ces nouvelles règles vaccinales étaient une nécessité pour la
ministre de la Santé. De fait, la France
est confrontée depuis plusieurs
années à une résurgence de maladies
que l’on croyait éliminées et à la
progression effrénée des mouvements
antivaccins. Les Français sont, par
ailleurs, les plus méfiants d’Europe à
l’égard de ces produits. Il suffit de se
balader sur les réseaux sociaux
Twitter ou Facebook pour s’en
convaincre. Résultat : la couverture
vaccinale, bien inférieure à l’objectif
des 95 %, n’est pas suffisante pour
protéger toute la population et espé-
Dès cette rentrée, les crèches devront s’assurer que les enfants nés après le 1er janvier 2018 ont bien reçu les vaccins obligatoires.
rer éradiquer des maladies potentiellement mortelles.
La rougeole en est l’exemple parfait.
D’après les dernières données de Santé
publique France, 2 741 cas ont été déclarés dans le pays et 3 décès sont à déplorer au 29 juillet. En 2017, moins de
520 personnes avaient contracté ce virus très contagieux qui provoque dans
30 % des cas des complications pulmonaires ou neurologiques très graves. Le
point commun entre tous ces malades :
l’absence de protection. Plus de huit sur
dix n’ont jamais été vaccinés contre la
rougeole.
Mais agiter ces chiffres ne semble pas
convaincre les réticents à la vaccination. Le discours alarmiste des militants
antivaccins a pris le pas sur la parole
scientifique et médicale. Il faut dire que
les idées reçues et fausses sur l’utilité et
l’innocuité des vaccins sont aussi insufflées par une partie des médecins et des
scientifiques, avec pour chef de file le
cancérologue Henri Joyeux. Ses propos,
dénoncés par les six Académies scientifiques, lui valent des poursuites engagées par le Conseil national de l’ordre
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des médecins, qui cherche à le radier
définitivement.
Mais les dégâts sont là. Même les médecins généralistes, pierre angulaire de
la politique vaccinale, doutent. Une
étude publiée en 2014, à laquelle 1 580
généralistes français ont participé, a révélé que seuls 18 % d’entre eux ne présentent aucune hésitation quant à l’intérêt des vaccins. Dans ce panel, 11 %
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béissance, certains parents n’hésitent
pas à fournir des carnets de vaccination
falsifiés. Ils recherchent, notamment
sur Twitter, des photocopies de carnet
de santé d’enfant vacciné…
En élargissant l’obligation vaccinale,
la ministre de la Santé espère mettre fin
à ces pratiques et, par là même, renforcer la confiance de la population dans
les vaccins. Un pari ambitieux. ■
Le contrôle des enfants fait souvent défaut
ANTOINE PELÉ £@antoine_pele
Il y a
« une
vraie
défaillance
au moment
de l’inscription.
Personne
n’effectue
la vérification
des
vaccinations
(...) Il faudrait
sanctionner
au portemonnaie
les parents
récalcitrants
»
Vente en préparation
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ont confié avoir une faible confiance
dans ces produits et 3 % ont rapporté
un doute profond, voire une opposition.
Des praticiens « compréhensifs » qui
sont prêts à établir des fausses attestations de vaccination ou des certificats
de contre-indications (lire ci-dessous).
Des contacts que s’échangent les militants antivaccins. Apogée de la déso-
PR JEAN-HUGUES DALLE,
PROFESSEUR
DE PÉDIATRIE
« ICI, c’est vaccin ou rien ». Dans
cette petite crèche parisienne,
Clautilde Olivier considère la
vaccination comme un enjeu
important de santé publique.
« La vaccination, c’est pour son
enfant et pour les autres » ajoutet-elle. Avec l’ajout de huit vaccins supplémentaires depuis le
1er janvier 2018, les crèches ont
dû s’organiser pour mieux vérifier les calendriers de vaccination de chaque enfant. Elles ont
pour la plupart un médecin qui
valide l’inscription au regard de
la conformité du carnet de santé.
« Au moins 70 % des enfants
étaient déjà protégés contre la
rougeole »,
précise
AnneClaude Rovera, directrice de la
petite enfance du réseau Petits
Chaperons Rouges qui compte
420 crèches en France. Le réseau
s’est préparé « dès le début de
l’année » pour informer les
parents des nouvelles obligations. Mais avec la résistance des
« antivaccins », « il y a le risque
de faux certificats donnés par des
médecins méfiants. En cas de
doute, on peut saisir le Conseil de
l’ordre », rassure-t-elle.
Ce qu’il faudra vérifier durant l’année, c’est le calendrier
des rappels. « Les directrices
d’établissements s’en chargeront avec les pédiatres. Le risque, c’est de voir des parents qui
vaccinent leur enfant pour avoir
une place en crèche mais qui ne
font pas les rappels ensuite »,
craint Anne-Claude Rovera. La
crèche est « un endroit où l’inscription est un choix des parents,
rappelle Clautilde Olivier. Les
risques de manquements sont
plus nombreux à l’école qui est,
elle, obligatoire ».
Attitude permissive
Un constat observé lors d’une
inscription dans une école privée sous contrat du XIe arrondissement de Paris, où l’établissement demande aux familles
« la date du dernier vaccin antitétanique », sans aucun justificatif supplémentaire. Et sur des
formulaires d’inscription, comme à Sartrouville (Yvelines), la
mention du carnet de santé de
l’enfant n’existe simplement
pas. « Il y a une vraie défaillance
au moment de l’inscription, s’indigne le Pr Jean-Hugues Dalle,
professeur de pédiatrie à ParisVII et à l’hôpital Robert-Debré.
Personne n’effectue la vérification
des vaccinations si l’enfant est
inscrit sans être vacciné. Il faudrait sanctionner au porte-monnaie les parents récalcitrants ».
À Guéret (Creuse), on assume
que « le carnet de santé est obligatoire, mais on ne bloque pas
non plus l’entrée à l’école à un enfant non vacciné ». Une attitude
permissive dénoncée par les
professionnels de santé dont
Jean-François Eliaou, député
(LaREM) de l’Hérault et médecin
immunologiste. « C’est une
question de santé publique car à la
fin, il y a des morts ou des handicaps sévères », déplore-t-il. En
juin dernier, c’est une adolescente de 17 ans qui est décédée à
la suite de complications neurologiques de la rougeole. « En
France, la couverture était insuffisante, et c’est pour ça que les
maladies reviennent », ajoute le
député.
Et lorsqu’un enfant passe entre les mailles du filet, la médecine scolaire peut prendre le relais des vérifications. Mais dans
un rapport rendu en octobre 2017, l’Académie de médecine dresse un bilan inquiétant de
la situation. « Le nombre de médecins scolaires est en diminution
constante, passant de 1 400 médecins de l’éducation nationale en
2006 à 1 000 en 2016 », rapporte
l’académie. Pour Jean-Hugues
Dalle, « c’est une faillite de notre système, la médecine scolaire
est sous-développée. Ils ne peuvent plus s’occuper de tous les
élèves ». ■
Que risquent les médecins qui refusent de vacciner ?
« Si un médecin rédige un faux
certificat, il franchit une ligne rouge
sur le plan déontologique », a prévenu,
il y a quelques mois, Agnès Buzyn,
la ministre de la Santé. Une position
partagée par le Conseil national
de l’Ordre des médecins.
Depuis 2016, au moins quatre
médecins généralistes ont été radiés
définitivement pour avoir délivré
de faux certificats de contreindication ou, pire, prétendu avoir
administré un vaccin en indiquant
sur le carnet de santé les dates
d’injection et le numéro de lot.
Outre l’interdiction à vie d’exercer
la médecine, les praticiens tricheurs
s’exposent à de lourdes sanctions
pénales. Ils risquent, en effet, d’être
poursuivis pour faux et usage de faux,
un délit puni de trois ans de prison
et 45 000 euros d’amende.
Face à des parents qui refusent
de faire vacciner leur enfant,
l’Ordre conseille aux médecins
d’être transparents et d’indiquer
sur le carnet de santé de l’enfant
que c’est à la demande des parents
que celui-ci n’est pas vacciné.
Une information qui doit aussi figurer
dans le dossier médical. Les médecins
peuvent aussi signaler cette situation
aux autorités compétentes.
Ces dernières évalueront si les parents
se sont soustraits à leurs obligations
légales « sans motif légitime ». Si tel
est le cas, le Code pénal prévoit une
peine de deux ans d’emprisonnement
et 30 000 euros d’amende.
A.-L. L.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 1er - dimanche 2 septembre 2018
CULTURE
13
Loto du
patrimoine :
faites vos jeux !
POLITIQUE CULTURELLE Dès lundi,
des tickets de grattage seront mis en vente.
Les sommes récoltées serviront à restaurer
270 monuments. Mode d’emploi
d’une opération devenue cause nationale.
Les tickets de grattage (15 euros pièce)
et la grille du tirage spécial du Loto (3 euros)
serviront à financer la restauration
de monuments tels que Fort-Cigogne,
à Fouesnant (Finistère).
ongtemps fantasmé, annoncé en décembre dernier, le loto du
patrimoine sera lancé à partir du 3 septembre. L’État estime qu’entre 15 et
20 millions d’euros seront récoltés pour
les monuments en péril grâce à des
nouveaux tickets à gratter et un tirage
spécial du Loto, organisé le vendredi
14 septembre. L’État et La Française des
jeux ont décidé d’organiser un battage
sur cette opération, décrétée grande
cause nationale. Du 2 au 14 septembre,
une campagne publicitaire (« On a tous
une bonne raison d’y jouer ! ») mettra en
avant des portraits de gens ayant décidé
de participer. Et jusqu’au 13 décembre,
l’ensemble des monuments et leurs besoins de restauration seront présentés
par Stéphane Bern, dans un programme
court, diffusé chaque soir sur France 2.
Afin de donner l’exemple, tout le gouvernement, ou presque, devrait gratter
ou miser. Le couple présidentiel a prévu
d’acheter deux tickets de grattage, tandis que Stéphane Bern tentera sa chance au Loto, le 14 septembre. L’histoire
ne dit pas encore ce qu’ils feront s’ils
gagnent le jackpot. Mais on sait déjà que
Jean-Pierre Foucault animera le tirage
sur TF1, avec des boules mises aux couleurs du patrimoine, le bleu et le doré.
Curieusement, la création de ces deux
jeux au profit des monuments a engendré son lot de critiques. Insuffisant,
anecdotique… Le loto fait figure de gadget pour ceux qui remarquent que les
budgets publics consacrés au patrimoine sont en baisse. Or les besoins
sont immenses, puisque entre 7 % et
10 % du patrimoine est délabré. Clairement, il faudrait bien plus que 20 millions pour tout sauver. Mais le ministère de la Culture et Stéphane Bern,
grand promoteur de l’opération, mettent en avant l’aspect novateur des jeux
de hasard au profit des restaurations,
du moins en France. « C’est un mouvement citoyen, qui mobilise les gens et les
entreprises et se déroule en dehors de
l’État », juge Stéphane Bern. Le fruit des
jeux ne viendra pas en déduction des
sommes publiques, mais sera un plus.
Sans avoir encore touché le moindre
centime, les 270 monuments éligibles
en 2018 se sont déjà réjouis de cette
manne - même si elle se traduira parfois pour eux par seulement quelques
dizaines de milliers d’euros.
sont les jeux proposés ?
uQuels
À partir du 3 septembre, 12 millions
de tickets à gratter, baptisés « Mission
patrimoine », seront en vente dans les
30 800 points de vente de La Française
des jeux (bars-tabacs ou maisons
de la presse), ainsi qu’en ligne
(www.fdj.fr).
Lors des Journées du patrimoine, des hôtes
et hôtesses en
proposeront à
Bercy, au ministère de la Culture, à l’Élysée, au
château
de
Chambord, devant les remparts de Carcassonne et au
pied du Mont-SaintMichel. On ne pourra
pas rater les tickets : ils
mesurent 15 centimètres sur 20 et sont très
colorés. Ces billets seront en circulation jusqu’à épuisement des
stocks (pendant quatre
à six mois). Par ailleurs,
le 14 septembre, un tirage spécial du Loto sera
organisé. L’ouverture
des prises de jeu (validation des grilles) sera effective dès le 3 septembre.
de millions
uCombien
devraient être récoltés ?
L’État estime que Mission patrimoine et
le tirage spécial rapporteront entre 15 et
20 millions d’euros. Mais la somme dépendra évidemment du niveau de participation des Français. Les jeux sont
proposés
pour aider à
la restauration
de
270 monuments en péril, dont la liste a été établie
avant
l’été.
Sur les tickets
de
grattage
figureront
18 monuments
« prioritaires ». C’est la
Fondation du
patrimoine qui
rassemblera les
sommes, afin
de les répartir entre
les
monuments,
grâce à un montant
de travaux déjà
identifié. La Fondation abondera les
sommes avec celles
que récoltera la
Mission Stéphane
Bern pour le patrimoine (www.missionbern.fr), une
souscription en ligne qui, fin août, a
rapporté 3,8 millions d’euros. Elle
se mobilisera aussi pour aider les
270 projets à trouver du mécénat.
seront réparties
uComment
les sommes jouées ?
Les tickets de grattage seront vendus
15 euros pièce. Le prix est élevé, même
si la FDJ affirme que le « panier moyen
hebdomadaire » des joueurs pour les
tickets de grattage est de 10 euros (répartis en général sur plusieurs jeux). Le
jeu Mission patrimoine est, comme le
Millionnaire, Banco ou Astro, fait pour
que les joueurs tentent leur chance,
voire gagnent. Ainsi, 72 % des sommes
misées retourneront dans la poche des
joueurs, sous forme de gains. Près de
10 % (soit 1,52 euro) iront aux restaurations. Le reste entrera dans les caisses
de la FDJ, les caisses sociales (CSG…) ou
servira à rémunérer les points de distribution. Par ailleurs, la grille du tirage
spécial du Loto coûtera 3 euros, qui seront répartis ainsi : 1,65 pour les gagnants, 0,16 euro au détaillant, 0,75 à la
Fondation du patrimoine, 0,22 à la FDJ
et 0,22 constituera des taxes.
sont les chances
uQuelles
de gagner ?
Afin d’inciter les Français à jouer, les
gains maximaux seront exceptionnels.
Les tickets Mission patrimoine comporteront un des plus forts taux de retour pour les joueurs. Presque un ticket
de grattage sur trois sera gagnant
(1 chance sur 2,92). Les gains iront de
15 euros à 1,5 million d’euros (une
chance sur 2 millions, taux considéré
comme très haut pour ce type de jeu).
Pour le Loto, le jackpot sera de 13 millions d’euros, un montant lui aussi exceptionnel. Il offre une chance sur
5,99 de remporter un gain et une chance sur 19 millions pour le jackpot. S’il
n’est pas gagné le 14 septembre, il sera
remis en jeu le lendemain, avec un million d’euros supplémentaire. Par
ailleurs, 50 codes Super Loto seront tirés au sort le 14 septembre et permettront à 50 gagnants de remporter
20 000 euros chacun. ■
270 monuments ont été choisis
pour le loto du patrimoine dont
18 sont considérés prioritaires :
● Maison de Pierre Loti,
Rochefort (Charente-Maritime)
● Fort-Cigogne, Fouesnant
(Finistère)
● Villa Viardot, Bougival
(Yvelines)
● Théâtre des Bleus de Bar,
Bar-le-Duc (Meuse)
● Château de Bussy-Rabutin,
Bussy-le-Grand (Côte-d’Or)
● Aqueduc romain du Gier
et le pont-siphon de Beaunant,
Chaponost et Sainte-Foylès-Lyon (Rhône)
● Pont d’Ondres, Thorame-Haute
(Alpes-de-Haute-Provence)
● Couvent Saint-François,
Pino (Haute-Corse)
● Maison d’Aimé Césaire,
Fort-de-France (Martinique)
● Ancien Hôtel-Dieu,
Château-Thierry (Aisne)
● Rotonde ferroviaire de
Montabon, Montabon (Sarthe)
● Église Notre-Dame, La CelleGuénand (Indre-et-Loire)
● Hôtel de Polignac,
Condom (Gers)
● Château de Carneville,
Carneville (Manche)
● Habitation Bisdary,
Gourbeyre (Guadeloupe)
● Maison du receveur
des douanes, Saint-Laurentdu-Maroni (Guyane)
● Maison Rouge,
Saint-Louis (La Réunion)
● Usine sucrière de Soulou,
M’Tsangamouji (Mayotte)
+
L
CLAIRE BOMMELAER
cbommelaer@lefigaro.fr
18 monuments prioritaires
MISSION PATRIMOINE ; F. MAY/PICTURE-ALLIANCE/AFP
Patrick Buffard : « On aura une chance sur 2,92 de gagner »
«
Ces jeux
ou le tirage
spécial
s’assimileront
à un don,
en mieux. Les
joueurs feront
une bonne
action, tout
en espérant en
retirer quelque
chose
»
PATRICK BUFFART,
DIRECTEUR GÉNÉRAL
ADJOINT DE LA FDJ
Patrick Buffard est directeur
général adjoint de La Française
des jeux (FDJ).
LE FIGARO. – 15 euros
pour un ticket de grattage,
c’est un peu cher tout de même…
Patrick BUFFARD. – Le jeu Mission patrimoine réclame une
mise importante, mais son gain
sera également élevé. On aura
une chance sur 2,92 de gagner,
contre une sur 4 en moyenne. Ce
ticket de grattage se veut exceptionnel, à tous les égards, un rendez-vous au profit d’une cause.
Ajoutons que les jeux à 10 euros
déjà commercialisés, comme Le
Million ou Méga mots croisés,
sont déjà nos meilleures ventes.
En moyenne, les joueurs dépensent 10 euros par semaine ce qui,
compte tenu des gains, revient à
4 euros. Pour ceux qui ne veulent
pas dépenser 15 euros dans un
ticket, il y aura aussi les grilles du
Loto, le 14 septembre, à 3 euros.
Qui joue, en règle générale,
et qui, selon vous, jouera
à partir du 3 septembre ?
Chaque année, 26 millions de
personnes jouent au moins une
fois. Les femmes prisent davantage les jeux de grattage, les
hommes, les paris sportifs. Plus
on avance dans l’âge, plus on dépense. Mais au total, toutes les
couches de la population et toutes les classes sociales tentent
leur chance. L’univers des jeux
s’inscrit dans un contexte culturel et renvoie chacun à ses
croyances, et ce qu’il estime être
sa part de chance. Le lancement
de la Mission patrimoine va attirer les réguliers, qui aiment la
nouveauté et sont sensibles aux
calculs de probabilité. Les habitués ont des rites, ils jouent davantage à Noël, le 14 juillet, les
vendredis 13, lors des Coupes du
monde. Ils observent une symbolique des chiffres, aiment la
présence de trèfles à quatre
feuilles et de fer à cheval sur leurs
tickets. À partir du 3 septembre,
nous espérons attirer un nouveau
public, principalement sensible à
la cause de la sauvegarde du pa-
trimoine. Pour eux, ces jeux ou le
tirage spécial s’assimileront à un
don, en mieux. Ils feront une
bonne action, tout en espérant en
retirer quelque chose.
Pour certains, les jeux de hasard
sentent le soufre…
On estime qu’un quart de la population s’en tient à l’écart. Pour
des raisons éthiques, principalement, mais aussi parce qu’elle
suit ce que l’on appelle une logique arithmétique : elle ne croit
pas à ses chances de gagner. On
verra si le sauvetage des monuments en péril, décrété grande
cause nationale, sera un motif
suffisant pour elle ! ■
PROPOS RECUEILLIS PAR C. B.
La Solitaire Urgo - Le Figaro
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du 20 août au 16 septembre 2018
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samedi 1er - dimanche 2 septembre 2018 LE FIGARO
VIN
La promesse de l’Aude
C
TERROIR
STÉPHANE REYNAUD
sreynaud@lefigaro.fr
ertains lieux ne doivent
pas être changés, simplement parce
qu’ils sonnent juste, dans leur jus, drapés dans la rudesse et la simplicité de
leur quotidien. Aussières compte parmi
ceux-là. Quittez Narbonne, puis cinq
minutes plus tard lâchez la départementale pour la petite route qui mène au
hameau. La visite commence une fois le
taxi et son chauffeur en tongs repartis. Il
y a le vent qui souffle ici trois cents jours
par an, souvent fort, la courbure des
pins en témoigne. Une tramontane
jouant avec la poussière des larges cours
qui relient cinq ou six corps de bâtiments aux murs grèges. Quand la température dépasse les 25 degrés, il faut
compter avec le son 3D des cigales, un
vacarme quasi industriel. Tout cela
écrasé par un soleil à sécher sur place un
Parisien en goguette.
Aussières était une villa agricole romaine dès l’installation des premiers colons, autour de 900 ans avant J.-C. La
vigne fit vite partie du paysage, mais son
succès fut mis à mal par un édit de l’an 92
de l’empereur Domitius qui imposa son
arrachage dans la province narbonnaise : il s’agissait de ne plus concurrencer
les vins romains. Sale coup. Le site retrouva sa vocation agricole au Moyen
Âge. Jusqu’à la Révolution, Aussières est
rattaché à l’abbaye de Fontefroide - juste de l’autre côté de la colline - en qualité
de grange cistercienne chargée de l’approvisionnement des moines. Viendront
le phylloxéra, des changements de propriétaires successifs. Puis Aussières fut
acquis à la famille Dumortier par les
Domaines Barons de Rothschild Lafite et
la caisse régionale du Crédit agricole
(minoritaire) il y a vingt ans.
Ces presque trois millénaires d’his-
Le domaine
d’Aussières,
à côté de Narbonne,
veut s’inscrire dans
la belle dynamique
languedocienne
initiée il y a une
vingtaine d’années.
Et s’en donne
les moyens.
Explications.
toire vibrent dans les bâtisses du hameau comme un mécanisme horloger
qui étire le temps, le rend plus palpable, plus long. L’endroit, baigné d’une
lumière aveuglante, à peine troublé
par un aboiement de chien, un claquement de portière, aurait pu servir de
décor aux longues scènes d’un film de
Michelangelo Antonioni. Aussières, village quasi autonome de 120 habitants,
qui disposait de son école pour les enfants des ouvriers agricoles et de sa boulangerie, fut petit à petit déserté durant
les dernières décennies. Seule une
dame, aujourd’hui nonagénaire, a souhaité rester dans l’endroit qui la vit naître. Il y a aussi Aymeric Izard, bien plus
jeune, le maître de chai, le patron des
lieux, un local qui a choisi son pays après
avoir couru le monde, un professeur
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Aujourd’hui, des cépages internationaux - cabernet franc, cabernet sauvignon, petit verdot, merlot, chardonnay – plantés sur les terres profondes
côtoient de plus locaux carignan, cinsault, syrah, grenache et mourvèdre,
accrochés aux sols minces des coteaux.
Aussières est une cuvette de grès dont la
partie sud domine l’étang de Bage et la
mer Méditerranée, 280 mètres plus bas.
C’est un petit paradis saturé de senteurs
de thym et de romarin, une aire de jeu
de première catégorie pour les sangliers
- un peu trop nombreux - et pour la
faune et la flore en général. À l’aune du
réchauffement climatique, l’exposition
majoritaire du vignoble au nord et
nord-ouest est considérée comme un
avantage du point de vue de la recherche d’acidité et de la lenteur des maturations. Le cuvier a été restauré dans sa
quasi-totalité. L’installation est simple,
dans l’esprit des lieux. Une chaîne
d’embouteillage y a été installée.
« Le Languedoc produit de bons vins
avec un rapport qualité-prix que l’on
trouve dans peu d’endroits au monde.
L’objectif est désormais de s’inscrire dans
la dynamique mise en place par le général
les trois couleurs comme des références
à un art de vivre dans le sud de la
France. Objectif : les marchés français et
américain, sur lesquels la maison doit
progresser, notamment avec le vin rosé,
dont la production est encore confidentielle (20 000 bouteilles).
Mais pas d’empressement. L’entreprise est rentable et, après une quinzaine d’années de travail, la vigne est en
ordre. « Aussières s’est redéveloppé en
partant du potentiel du vignoble et fait le
meilleur vin possible », rappelle Prats. Ne
manque donc plus que l’emballage, susceptible de transformer le domaine en
fusée du secteur, s’entend-on dire.
Après avoir senti l’atmosphère extérieure du site et des cuviers, il s’agit de
se laisser guider à l’intérieur de la bâtisse, de profiter de la fraîcheur de ces
vastes pièces de réception sobrement
aménagées, porté par le silence et par
les œuvres accrochées aux murs – des
dessins au fusain, des photographies, en
majorité de grands formats signés de
l’artiste Beatrice Caracciolo, la mère de
Saskia de Rothschild (présidente du
groupe) – pour être une deuxième fois
convaincu qu’ici rien ne doit vraiment
changer. ■
Château d’Aussières 34 €.
Blason d’Aussières 18 €.
Aussières blanc et rouge 12 €.
et Frédéric Drouhin à l’occasion du début des vendanges 2018.
EXPOSITION
ÉPIPHYTE
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Deux gammes distinctes
Bertrand », explique Jean-Guillaume
Prats, PDG des Domaines Barons de
Rothschild Lafite, en faisant référence
au succès économique de Gérard
Bertrand, vigneron installé à l’Hospitalet, quelques kilomètres plus loin, et
dont la réussite électrise la région. Si
certains viticulteurs choisissent encore
une culture de masse fondée sur l’irrigation et engagée vers les gros volumes,
au contraire Gérard Bertrand, le groupe
AdVini, Paul Mas et de petits vignerons
font le succès d’un terroir prometteur
dont plus d’un acteur met désormais en
avant le label « Sud de la France » ou
plutôt « South of France » puisque
l’export se porte bien.
Aussières scinde sa production annuelle de 2,4 millions de bouteilles en
deux gammes bien distinctes. Il y a Château d’Aussières, la cuvée d’excellence
- syrah, grenache, mourvèdre, carignan -, un vin complexe, profond,
marqué par des notes de cerise, de
griotte, les herbes aromatiques qui
poussent à côté de la vigne, des notes
subtilement boisées, et son second
Blason d’Aussières, au profil très méditerranéen, où le fruit est plus présent.
Les deux, en appellation Corbières
(deux tiers de la propriété en bénéficie),
sont présentés et vendus comme des
vins de château bordelais, avec séance
de dégustation et master classes.
Et puis il y a les vins en indication
géographique protégée (IGP), sur lesquels le domaine peut monter en puissance à condition de trouver des approvisionnements de qualité, vendus dans
ENTRETIEN Rencontre avec les Bourguignons Véronique
ARTCURIAL
Exposition du vendredi 7
au vendredi 14 septembre 2018
de 11h à 18h
Samedi 8 septembre 2018
de 11h à 18h
Dimanche 9 septembre 2018
de 14h à 18h
d’escalade qui n’aime pas grimper à
Paris. C’est lui qui veille sur les 550 hectares du domaine, dont 175 hectares de
vignes replantées depuis l’acquisition,
après un arrachage complet d’un vignoble à bout de souffle dont on avait tiré
des rendements excessifs pour produire
un vin qui peinait à titrer 11 degrés.
Le FIGARO.- Comment s’annoncent
les vendanges ?
Frédéric DROUHIN. - En Bourgogne, la
vigne est dans un état sanitaire très satisfaisant. La quantité est bien présente. Beaucoup de vignerons ont déjà
vendangé pour chercher plus d’acidité,
plus de minéralité. Cela va un peu loin à
notre goût. Nous ne souhaitons pas
pousser la tension des vins à son maximum. Nous nous acheminons vers une
deuxième belle récolte d’affilée, après
quatre autres qui furent compliquées.
Et qu’en est-il de votre production
dans l’Oregon ?
Véronique DROUHIN. - Nous venons
de créer une nouvelle cuvée baptisée
Maingold. En outre, notre vin de marque Cloudline commence à être apprécié. Nos deux domaines sur place (domaine Drouhin Oregon et RoseRock,
NDLR) ne nous permettent pas d’avoir
suffisamment de raisin pour le produire. Nous achetons donc aux alentours
et nous vinifions chez un voisin. À ce
jour, cela correspond à 50 000 caisses
(600 000 bouteilles, NDLR).
Votre production américaine
est-elle exclusivement destinée
au marché américain ?
V. D. - Pendant 30 ans, c’est-à-dire
depuis le début de notre aventure
américaine, nous avons fait connaître notre production aux États-Unis.
Aujourd’hui, 20 % de la production
de DDO, RoseRock et Cloudline est
exportée dans trente pays. Le premier marché de nos vins d’Oregon à
l’export reste le Canada, suivi de
l’Angleterre, du Japon, de la Scandinavie, de la Corée et de la Chine.
Et la France ?
F. D. - Cela reste un marché difficile.
Mais comme la Bourgogne a connu
des années difficiles et que les prix
ont augmenté, des gens sont intéressés par Cloudline, vendu 15 euros.
C’est une réponse
américaine à un
problème
français…
V. D. - La Bourgogne est inabordable
dans l’esprit de
beaucoup de gens.
Cloudline est une
réponse. Nous
voulons surtout
faire découvrir
les
premiers
crus de Beaune,
souvent
mal connus, à
l’exception de
quelques-uns,
comme le Clos
des Mouches.
70 % de l’appellation Beaune est classée
en premiers crus. Nous allons notamment mettre en avant deux beaune
premier cru Les Sizies et Aux Cras, des
vins vendus à partir de 50 euros. Nous
voulons aussi mettre en lumière les
vins du Mâconnais, qui oscillent entre
10 et 12 euros et des cuvées de beaujolais, à moins de 20 euros.
Les tensions commerciales
entre les États-Unis et la Chine,
ainsi qu’entre les États-Unis et
l’Europe risquent-elles de vous
affecter ?
F. D. - C’est potentiellement un problème pour notre production bourguignonne aux États-Unis et pour notre production américaine en
Chine. Il faut aussi prendre en
compte le dialogue commercial
qui se durcit entre l’Union européenne et le Royaume-Uni dans
le cadre du Brexit. Cela peut être
source d’inquiétude. Mais en règle générale, les marchés sur lesquels nous sommes présents se
portent bien. Nous avons obtenu un chiffre d’affaires de
40 millions d’euros en 2017.
C’est un record pour notre
maison. ■
PROPOS RECUEILLIS PAR S. R.
Beaune premier cru :
Clos des Mouches
blanc 2016 : 91,50 €.
Clos des Mouches
rouge 2016 : 74,20 €.
Grèves 2016 : 59,80 €.
Champimonts 2016 : 57 €.
Aux Cras 2016 : 57 €.
Les Sizies 2016 : 57 €.
RÉMI JOUTET, DROUHIN
14
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 1er - dimanche 2 septembre 2018
À TABLE
15
La jeune chef
surdouée
qui fait vibrer
son Hérault
GASTRONOMIE Retenez bien le nom
de cette enseigne improbable : Äponem.
Il y a, à sa tête, une cuisinière à peine
trentenaire, Amélie Darvas, à laquelle
nous prédisons un bel avenir.
É
STÉPHANE
DURAND-SOUFFLAND
sdurandsouffland@lefigaro.fr
ENVOYÉ SPÉCIAL À VAILHAN
coutez ce que vous murmure cette composition de tomates,
une rouge et sa petite sœur verte,
cueillies au jardin le jour même. Elles
ont été préparées pour le festin, puis assaisonnées au vinaigre de banyuls et au
miel, couronnées d’un sorbet au pamplemousse. Elles vous parlent d’un lieu
qui n’est pas seulement un restaurant,
mais un projet complet bâti sur une approche contemporaine de la gastronomie. Cette assiette fulgurante est, à elle
seule, un manifeste. Bienvenue à Äponem (« bonheur » dans un dialecte du
Brésil), au cœur d’un paysage intact de
l’Hérault non touristique, paradis d’oliviers, de rocs et de lacs.
Amélie Darvas est aux fourneaux,
l’indispensable Gaby Benicio en salle et
en cave. Les deux complices ont fait les
riches heures du canal Saint-Martin,
chez Haï Kaï. Certains reviennent à la
source, les deux jeunes femmes s’en
sont inventé une en quittant le bobo-
land parisien pour Vailhan, 160 habitants. Aujourd’hui, le clocher de l’église
leur sert d’enseigne et le potager qu’elles ont planté au printemps selon les
canons de la permaculture a vite fait
d’offrir ses merveilles, comme les tomates évoquées plus haut. Äponem
cultive son jardin, son verger, cuit son
pain, bref, rend au client ce que la nature lui offre.
Le regard fiévreux
des vrais artistes
À même pas 30 ans, Amélie Darvas,
formée notamment auprès d’Éric Frechon, au Bristol, a atteint une maturité
bluffante : équilibre des saveurs, maîtrise des cuissons, refus des artifices,
inventivité gustative et esthétique qui
semble sans limite, elle dispose des
atouts qui feront d’elle, bientôt, un très
grand chef. À moins, tout bien considéré, qu’elle n’en soit déjà un. Il n’y a qu’à
la voir, concentrée, avec le regard fiévreux des vrais artistes, poétesse inspirée d’un terroir comestible, jamais satisfaite d’elle-même, pour comprendre
qu’on a affaire à une personnalité qui
sort de l’ordinaire.
Beaupassage,
entre art et vivres
Équilibre des saveurs, maîtrise des cuissons, inventivité gustative : Amélie Darvas
offre, dans un cadre magnifique, une cuisine à la maturité bluffante. PRESSE
La preuve, aussi, par un déjeuner
parfait, la semaine dernière. Avant le
duo de tomates et sa joyeuse vinaigrette
de rucher rehaussée de tagète (du jardin), les amuse-bouches de haut vol
avaient annoncé la couleur : un coussin
de maïs violet croustillant libérant une
crème onctueuse, deux makis végétaux, une tartelette à la mûre sauvage à
pleurer de bonheur, autant de trouvailles dignes des meilleures maisons
(comme tout le reste, tenez-vous le
pour dit, nous ne le répéterons pas).
Voici à présent, sous une cloche envahie d’un nuage fumé au bois de hêtre,
un thon blanc de ligne assorti à un copeau de betterave rouge. On est avec ce
poisson dans le presque cru et qui l’eût
cuit davantage serait passé à côté d’une
sensation bouleversante, de saveurs
délicates qui vous tombent sur la langue
comme des flocons. C’est de l’art brut
qui vous rend doux, de la cuisine de caverne magique.
Changement de registre avec la seiche façonnée en tagliatelles serties de
basilic et accompagnées d’une crème
rehaussée de chorizo ibérique. La composition, qui évoque une carbonara
maritime, crève l’assiette bleu électrique. En bouche, la texture impeccable
du céphalopode rencontre la puissance
de la sauce dans une corrida sans
vaincu.
À ce stade du repas, on vous propose,
versé d’une théière transparente coiffée
de fleurs et d’herbes, un jus concombre-yuzu d’un vert éclatant. Le dosage
au trébuchet de l’agrume - qui pousse
très bien dans la région - et de la cucurbitacée produit une boisson délicieuse
dont la fraîcheur lave le palais de tous
les péchés gourmands qui précèdent, et
absout par avance ceux qui vont suivre.
Au premier rang desquels un dodu suprême de pigeon à la figue de Vailhan. Le
fumet hypnotisant de l’apprêt laisse espérer une sorte de nirvana gastronomique, pour peu que la cuisson sur le coffre
soit réussie. Elle l’est. Mieux que cela,
même. Ce genre de plat, par sa simplicité apparente, la qualité des produits et la
perfection de son exécution, est de ceux
qui signalent les cuisiniers de première
division quand ils en mettent un au
menu. Amélie Darvas, l’air de rien, vient
d’en aligner quatre, on attend donc avec
impatience l’épreuve du dessert. Celuici apparaît sous les traits d’un cylindre
qui ressemble à une bûchette de chèvre
cendré. Il s’agit en fait d’une meringue
de compétition camouflée au charbon
végétal, posé sur une cuiller d’huile
d’olive du coin - belle amertume fruitée - et renfermant une crème au combawa. Où avez-vous déjà dégusté cet assortiment succulent ? Ne cherchez pas :
nulle part.
Dans la cuisine d’Amélie Darvas,
c’est comme dans sa tête : chaque chose
est à sa place. Elle a une vision, un style : elle ne vole rien à personne. Ses assiettes sont d’une lisibilité totale. Pas de
foire d’empoigne sur la céramique.
Tout est tranchant, volontaire. Sincère.
Hardi et évident à la fois. Le sourire de
Gaby Benicio fait vibrer la salle d’ondes
positives. Äponem ? La table de la rentrée. Un immense bonheur, fait pour
durer. ■
Äponem - Auberge du Presbytère.
1, rue de l’Église, 34320 Vailhan.
04 67 24 76 49. Fermé mardi et mercredi.
Menus à 38 (déjeuner), 55 ou 75 €.
Accords mets-vins : 38 €.
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D
eux siècles après leur âge
d’or (le début du XIXe), Paris
renoue avec les passages, ces
galeries marchandes à l’abri
de la pluie qui ont résisté à la
« haussmannisation » de la capitale.
Mais à ciel ouvert, cette fois. Inauguré
officiellement le 25 août dernier, Beaupassage est enchâssé entre le boulevard
Raspail, les rues de Grenelle et du Bac, au
cœur de la très chic rive gauche. Au départ, il s’agissait d’aménager un ensemble architectural totalement hétéroclite,
dont les bâtisses conventuelles jouxtaient les constructions industrielles.
Sept ans après le premier coup de pioche, voici donc le projet révélé et opérationnel. Sous l’égide du groupe Emerige,
il a trouvé usage, cohérence et une certaine superbe. Un lacis de cours arborées
et de terrasses se déployant sur
10 000 mètres carrés, à l’abri du tumulte
Thierry Marx, Pierre Hermé, Anne-Sophie
Pic et Yannick Alléno font partie des
chefs qui sont présents à Beaupassage.
ANNE EMMANUELLE THION
urbain, voulu comme un lieu de flânerie
au milieu d’œuvres d’art, incluant également un parc de logements et surtout
une enclave gourmande haut de gamme.
L’entrée par la rue de Grenelle est comme un raccourci symbolique des époques interpénétrées. À gauche, la fromagerie rétro de Nicole Barthélémy,
confite dans ses marbres et carrelages
anciens, à droite, un Carrefour City
flambant neuf affichant sur sa devanture
« Bio et bien plus ». Mais c’est la concentration de chefs étoilés et de têtes d’affiche de la gastronomie qui fait la singularité du lieu et assurera sans aucun doute
son succès.
Club de sport
Dans quelques jours, le générique sera
complet avec le Daily Pic de la multiétoilée Anne-Sophie Pic, qui proposera
des verrines de saison, et le Mersea
d’Olivier Bellin (deux macarons à
L’Auberge des Glazicks, en Bretagne),
qui dupliquera son concept du IXe arrondissement, de la « sea street food »
autour du fish and chips.
Mais pour l’heure, Beaupassage prend
peu à peu ses marques. Badauds et riverains découvrent les variations sucrées
du Café Pierre Hermé, l’offre très gourmande de la boulangerie du chef deux
étoiles Thierry Marx qui va bien au-delà
de la simple vente de pain (salades,
sandwichs, breadmakis, pâtisseries), la
boucherie-restaurant d’Alexandre Polmard et ses spectaculaires armoires
d’hibernation, l’Allénothèque du triple
étoilé Yannick Alléno, à la fois restaurant, cave à vins et galerie d’art, sans
oublier %Arabica, une enseigne japonaise très pointue tenue par le barista
Junichi Yamaguchi. Cerise sur le gâteau,
il y a même un club de sport, Champion
Spirit, pour endiguer les excès gourmands. Trop fort ! ■
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samedi 1er - dimanche 2 septembre 2018
LE CARNET DU JOUR
16
fiançailles
M. et Mme Daniel POPESCO
M. et Mme
Jean-Pierre GAUMET
ont la joie de vous annoncer
les fiançailles de leurs enfants
Mathilde et Charles
Le baron Nicolas
de SCHONEN
et la baronne, née
Gilliane Quinn,
le docteur
Henri-Philippe MOREL
et le docteur Fabienne MOREL
née Beyhurst,
sont heureux d'annoncer
les fiançailles de
Alexandra de SCHONEN
et
M. et Mme
Bertrand SEURRET
M. et Mme
Christophe PELLERIN
sont heureux de faire part
du mariage de leurs enfants
Pauline et Geoffroy
qui a été célébré
le vendredi 24 août 2018,
en la chapelle
Notre-Dame-de-la-Paix
du Pouldu (Finistère).
naissances
Marc BERTHON
Rose
le 20 août 2018, sœur
de Auguste et Arthur, chez
Charlotte et Benjamin BIARD
Laurence Berthon (†)
avec
Clément
M. et Mme
Hubert HEURTEAU
sont heureux d'annoncer
la naissance
de leur 10e petit-enfant
avec
Joséphine
chez
Béatrice et Cyrille
PONCHAUX
le 12 août 2018, à Luxembourg.
Marie DEVAUX
le 16 juin 2018, en l'église
Saint-Denis de Châteaurenard,
Paul
Marie-Charlotte
AUDREN de KERDREL
le 25 août 2018, en l'église
de Vieu-en-Valromey.
87, rue de Saint-Cyr,
69370 Saint-Didierau-Mont-d'Or.
Amy BOLLMAN
et
Gregory BATCHELOR
sont très heureux de vous
faire part de leur mariage
célébré le 4 août 2018,
à Littleton, Colorado.
3740 North Halsted street n°516,
Chicago, Illinois 60613
États-Unis.
Mme Caroline
LABBÉ-PERROTIN
Mme Monette MARQUER
Christine DELAUNAY
et
Georges MÉNÉTRIER
n'en demeurent pas moins
mesurés et réfléchis.
C'est donc, tout naturellement,
qu'ils se marient aujourd'hui,
ce samedi 1er septembre 2018,
à La Baule,
après 38 ans de fiançailles !
Tous nos vœux
les accompagnent.
M. Xavier GERARD
et Mme, née Fabienne Courtial,
M. Daniel REPOUX
et Mme, née Nathalie Bossu,
sont heureux de faire part
du mariage de leurs enfants
Marine et Charles
ce samedi 1 septembre 2018,
en l'église Saint-Trophyme
de Bormes-les-Mimosas.
er
M. et Mme Michel PÉBEREAU
M. et Mme Christian CHIQUET
sont heureux de vous faire part
du mariage de leurs enfants
Sarah et Nicolas
qui a été célébré le 25 août 2018,
dans l'intimité familiale,
à Sainte-Radegonde (Gers).
Participation à prévoir.
20, rue de Poissy, Paris (5e),
téléphone : 01 53 10 74 44,
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et de sciences religieuses
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de Paris
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diplômant
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à 22 heures, à partir
du lundi 3 septembre 2018.
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Tarifs et renseignements :
téléphone : 01 44 39 52 61
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ont la joie de vous annoncer
la naissance de leur petit-fils
Malone Marie Louis
le 22 août 2018, à Nice, fils de
Gaëlle LABBÉ
et Florian MARQUER
M. Alexis LACORNE
et Mme, née Laure Prételat,
partagent avec Élise, la joie
d'annoncer la naissance de
Carole SEIGNEZ
www.artcineart.art
exposera sa peinture à Dijon,
salle Danse Victoire,
68, rue de la Liberté,
le samedi 15 septembre 2018
de 14 heures à 19 heures
et le dimanche 16 septembre
de 9 heures à 19 heures.
Emmy et Victor
le 21 août 2018.
M. Jean-Luc LARRIBAU
et Mme, née
Charlotte de Rocquigny,
Bien qu'impétueux,
Avec Michel Blay,
le père Thierry Magnin.
Cours du soir en théologie
en union avec
est heureux de vous faire part
du mariage de ses fils,
Foi et science ont-elles
la raison en commun ?
M. et Mme Philippe BIARD
sont heureux de vous annoncer
la naissance de leur petite-fille
Jules-Henri MOREL
mariages
Le Collège des Bernardins
organise un débat
le mardi 25 septembre 2018,
à 20 heures,
laissent à Aliénor, Paul et Louis,
la joie d'annoncer la naissance
de leur petit frère
Archimède
le 17 août 2018.
236, rue
du Faubourg-Saint-Honoré,
75008 Paris.
conférences
Les Mardis de la Philo
Dès le 18 septembre 2018,
Paris (6e), 4, place
Saint-Germain-des-Prés.
Penser le présent
en 100 conférences animées par
des philosophes d'exception.
www.lesmardisdelaphilo.com
- De la physique
à la métaphysique
en union avec son mari (†),
a la très grande joie de faire
part de la naissance de son
premier arrière-petit-enfant
Olivia
le 8 août 2018, à Nantes, chez
Marc-Antoine BOUCHER
et Anne-Laure, née Huille.
Les noms des déportés
du convoi n° 59
seront lus à cette occasion.
Renseignements :
téléphone : 01 53 01 17 18,
courriel :
lieux@memorialdelashoah.org
- Le sage est-il indifférent ?
deuils
- Les populismes
Olivier Dhilly,
- La vie des langues
Heinz Wismann
Jean-Michel Le Lannou,
- Molière philosophe
Bertrand Vergely,
- Lacan : écouter la folie
Monique Castillo,
- Ce que l'armée dit du monde
- La philosophie au défi
de la psychanalyse
Camille Tassel,
- Le cosmisme, source russe
du transhumanisme
Michel Eltchaninoff,
- Éthique et écologie
Charles Girard,
- Être efficace, un enjeu
de civilisation
Monique Castillo,
- Le grand siècle,
de Descartes à Molière
Laurence Devillairs.
M. Pierre AURIÈRES
président
du conseil d'administration
et ancien
président-directeur général,
survenu le 29 août 2018,
dans sa 84e année.
La cérémonie religieuse aura
lieu le mercredi 5 septembre,
à 10 heures, en l'église
Saint-Pierre de Gradignan
(Gironde), 115, cours
du Général-de-Gaulle.
CGL,
360, route de Toulouse,
CS 80138,
33323 Bègles Cedex.
ont la douleur
de vous faire part du décès de
Pierre BONZANS
à l'âge de 88 ans, le 29 août 2018.
La messe aura lieu en l'église
Saint-Roch, 296, rue
Saint-Honoré, Paris (1er),
le mardi 4 septembre, à 10 h 30.
Anouck, son épouse,
Gérald, son fils,
Paul, son frère,
et tous ses amis
du Es Saadi Marrakech Resort
ont la tristesse
de vous faire part du décès,
le 25 août 2018, à Paris, de
Cannes (Alpes-Maritimes).
Jan-Claude CATTANEO
né à Casablanca
le 4 septembre 1942,
Son épouse,
Chantal Bourone,
M. René BOURONE
officier de la Légion d'honneur,
Valentine
et Jacques-Antoine Allain,
Guillaume,
Delphine, Victor et Romane,
Auriane et Martin,
Véronique et Jean-Luc Allain,
Arthur-Hugues,
ses enfants, petits-enfants
et arrière-petite-fille,
survenu le 19 août 2018,
à l'âge de 86 ans, à Cannes.
Christiane Aignan,
sa belle-sœur,
ses enfants, petits-enfants
et arrière-petits-enfants,
et leurs enfants, Maxellende,
Cyrianne et Walderic,
Yves et Gwen
Moreau de Bellaing,
Maurice et Béatrice Boutin,
artiste décorateur,
diplômé Arts Appliqués Paris.
Il a été incinéré
dans l'intimité, le 31 août.
Un service religieux
sera organisé
le mercredi 5 septembre,
à 18 h 30,
en l'église de Marrakech.
ont la grande tristesse
de faire part du décès de
Chantal ALLAIN
ont la très grande douleur
de vous faire part
du rappel à Dieu
de leur petit-fils, fils et frère
Wulfran
le vendredi 24 août 2018,
à Mazarrón (Espagne).
La cérémonie religieuse
aura lieu le mardi 4 septembre,
à 14 heures,
en l'église Saint-Symphorien
de Versailles.
Paris (6 ).
née Le Menestrel,
le mercredi 15 août 2018,
à l'âge de 89 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le vendredi 7 septembre,
à 10 h 30, en l'église
Notre-Dame-de-l'Assomption,
Paris (16e).
Jean-Philippe, son compagnon,
Thibaud,
Isaure et José,
Solène et Charles,
ses enfants,
Apolline, sa petite-fille,
Marie-Caroline, sa sœur,
Didier,
le père de ses enfants,
ont la tristesse
de faire part du décès de
Lorraine Bouvier,
sa sœur,
Elena Bouvier,
sa belle-sœur,
David et Valérie Bouvier,
son frère et sa belle-sœur,
Daniel, Léo et Simon,
ses neveux,
ont la douleur
de faire part du décès de
M. Eric BOUVIER
survenu le 11 août 2018,
à l'âge de 64 ans, à Lisieux.
Les obsèques auront lieu
au cimetière de Montrouge,
18, avenue de la Portede-Montrouge, à Paris (14e),
le samedi 8 septembre 2018,
à 11 heures.
Cet avis tient lieu de faire-part.
58, rue de Vaugirard, Paris (6e).
Mme Christine Henry,
ses filles,
ses petites-filles,
Charlotte, Julie et Louis
Brunissen
et leurs enfants
Sylvie BENNET-LAFAY
survenu le 4 août 2018, munie
des sacrements de l'Église,
au terme d'une brève
mais cruelle maladie.
ont la tristesse
de vous annoncer le décès,
le 28 août 2018, de
M. Patrick BRUNISSEN
chevalier
de la Légion d'honneur.
La cérémonie religieuse
aura lieu le lundi 3 septembre,
à 15 h 30, en l'église
Saint-Pierre-aux-Liens
de Bassan (Hérault).
les familles Melot et Cousté
ont la douleur
de vous faire part
de la disparition de
Wladimir DUCHEMIN
conseil en propriété industrielle,
ancien membre du bureau
de la CNCPI
(Compagnie nationale
des conseils
en propriété industrielle),
associé au cabinet Casalonga,
fondateur de la société Artema,
ancien directeur
de la SPADEM (Société
de la propriété artistique
des dessins et modèles),
survenue le 31 août 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
par le père Normand,
en l'église Saint-Séverin,
à Paris (5e),
le vendredi 7 septembre 2018,
à 10 h 30.
L'inhumation aura lieu
au cimetière russe de
Sainte-Geneviève-des-Bois,
dans l'intimité familiale.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Beate Dupain,
son épouse,
Xavier et Dominique
Chanudet,
Thierry et Catherine Chanudet,
Annette (†) et Arnaud Cavalier,
Claire et Olivier Poirieux,
ses enfants,
ses petits-enfants
et arrière-petits-enfants
ainsi que toute sa famille
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Suzanne CHANUDET
née Hareng,
le mercredi 29 août 2018,
dans sa 95e année.
e
Camille, Sophie
et Laurence Duchemin,
ses filles,
Marina Cousté,
son épouse,
Anne-Marie Duchemin,
sa sœur,
Juliette et Raphaël,
ses beaux-enfants,
167, avenue de Flandre,
75019 Paris.
geraldcattaneo@gmail.com
Enguerrand et Erwanne
BOUTIN
Tatiana et Alain Le Menestrel,
Verena et François
Le Menestrel,
Michel (†) et Alyette Rougier,
Bernard (†) et Marie-Christine
Bignier,
Guillemette Le Menestrel,
Sylvie et Lionel Koechlin,
ses sœurs, frères,
belles-sœurs et beaux-frères,
leurs enfants, petits-enfants
et arrière-petits-enfants,
La cérémonie religieuse
a été célébrée
dans l'intimité familiale,
en l'église
Notre-Dame-d'Auteuil,
à Paris (16e).
Mme Pierre Bonzans,
son épouse,
ses neveux et nièces
ont la tristesse
de vous informer du décès de
Hervé et Bertrand de Greef
- La communication,
des machines et des hommes
Dominique Wolton,
Jean-Michel Besnier,
Thierry Paquot,
Compagnie Générale
de Location (CGL)
ont la douleur
de faire part du décès de
Michaël Fœssel,
Jacques Darriulat,
Participation à prévoir.
20, rue de Poissy, Paris (5e),
téléphone : 01 53 10 74 44,
www.collegedesbernardins.fr
ce dimanche 2 septembre 2018,
à 12 heures,
au Mémorial de la Shoah,
17, rue Geoffroy-l'Asnier,
Paris (4e).
Ni fleurs ni couronnes.
organise un débat
le jeudi 27 septembre 2018,
à 18 heures,
Avec notamment
Lena Morozova-Friha,
Philippe Bénéton.
convoi n° 59
partis, il y a 75 ans,
du camp de Drancy
pour le camp d'extermination
d'Auschwitz-Birkenau,
Roger-Pol Droit,
Le Collège des Bernardins
Consultations citoyennes
sur l'Europe
Une cérémonie rappellera la
mémoire des mille déportés du
Charles Pépin,
Pierre-Henri Tavoillot,
- La mémoire
- L'art, de la figuration
à l'abstraction
communications
Commémoration de la
déportation des Juifs de France
par l'association
Les Fils et Filles
des Déportés Juifs de France
et le Mémorial de la Shoah,
avec le soutien de la Fondation
pour la Mémoire de la Shoah.
La cérémonie sera suivie
de l'inhumation à 12 h30,
au cimetière du Père-Lachaise,
Paris (20e).
Étienne Klein, Francis Wolff,
- La philosophie des barbares
Mme Jacques OLLÉ-LAPRUNE
Philippe Aurières,
Jérôme Loustalet
et l'ensemble
des collaborateurs de la
commémoration
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le mardi 4 septembre, à 14 h 30,
en l'église Sainte-Marguerite
du Vésinet, 10, place de l'Église.
A l'église, un registre
du souvenir tiendra lieu
de condoléances.
Ni fleurs ni couronnes
souhaitées. Des dons pourront
être adressés à la paroisse.
L'inhumation suivra
au cimetière du Vésinet,
chemin du Tour-du-Bois.
Jean-Noël Drouin,
son époux,
Julie et Guillaume
Drouin-Valon,
Thomas Drouin (†),
ses enfants,
Arthur, Sacha,
Adam, Alexandre,
ses petits-fils,
et toute sa famille
Michèle, Christina et Kâtia,
ses filles,
Jacques, son gendre,
Alice, Richard, Pierre-Marc,
Olivier, Alexandre et Romain,
ses petits-enfants,
ont la tristesse
de vous faire part du décès du
docteur Pierre DUPAIN
médecin biologiste,
survenu le 22 août 2018,
à l'âge de 93 ans.
La cérémonie religieuse
a eu lieu en l'église
Saint-Jean-Baptiste de Sceaux,
le 28 août 2018, dans la plus
stricte intimité familiale,
suivie de l'inhumation, au
cimetière de Civray (Vienne).
Cet avis tient lieu de faire-part.
Beate Dupain,
résidence les Imbergères,
10, rue Paul-Couderc,
92330 Sceaux.
Geneviève Hurel,
son épouse,
Marie Hurel,
Vincent et Guylaine Hurel,
Juliette Hurel
et Benoît Fromangé,
ses enfants et leurs conjoints,
Louis et Léonie,
Josquin et Jean,
ses petits-enfants,
ont la douleur
de vous faire part du décès de
Jean-Marie HUREL
dirigeant d'entreprise
et musicien,
chevalier
de l'ordre national du Mérite,
citoyen d'honneur de la ville
de la Nouvelle-Orléans,
ont la douleur
de vous faire part du décès de
Anne-Marie DROUIN
née Hanicque,
survenu le 29 août 2018,
à l'âge de 67 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée le mercredi
5 septembre, à 10 h 30,
en l'église Saint-Michel de
La Ferté-Saint-Aubin (Loiret),
suivie de l'inhumation
dans le caveau de famille.
Avenue Molière 485, boîte 1,
1050 Ixelles (Belgique).
survenu le 25 août 2018,
à l'âge de 80 ans.
Selon ses dernières volontés,
la cérémonie d'adieu a eu lieu
dans l'intimité,
le mercredi 29 août.
Ses cendres reposeront
au cimetière de Locquirec.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Un anniversaire de mariage
se fête chaque année !
1 an : coton
15 ans : cristal
30 ans : perle
45 ans : vermeil
60 ans : diamant
75 ans : albâtre
5 ans : bois
20 ans : porcelaine
35 ans : rubis
50 ans : or
65 ans : palissandre
80 ans : chêne
10 ans : étain
25 ans : argent
40 ans : émeraude
55 ans : orchidée
70 ans : platine
Communiquez votre message par téléphone : 01 56 52 27 27
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samedi 1er - dimanche 2 septembre 2018
LE CARNET DU JOUR
Île-de-Ré. Espeluche (Drôme).
Lyon.
Jean-Marie Lépissier,
son époux,
Gilles Fressonnet
et Anne-Frédérique Hamon,
Marion Fressonnet,
sa sœur,
Eva et Cléa,
ses nièces,
Nicolas, Jean-Christophe,
Marion,
ses enfants,
Valérie, sa belle-fille,
Alain, son gendre,
Maxime, Thibaud, Ferdinand,
ses petits-enfants,
leurs familles
Marine, David, Basile, Lionel,
les familles Fressonnet
et Mailhé
ont l'immense douleur
de vous faire part du décès de
Colin FRESSONNET
survenu accidentellement
à Ko Samui (Thaïlande),
le 14 août 2018.
La famille remercie les
personnes qui par leur message
de sympathie se sont associées
à leur chagrin.
ont le chagrin
de vous faire part
du décès accidentel,
le 23 août 2018, de
Nicole LÉPISSIER
née Lagarde.
La cérémonie a eu lieu
au temple de
Saint-André-de-Valborgne
(Gard), le 29 août 2018, dans
la plus stricte intimité familiale.
g.fressonnet@orange.fr
Jacques-Louis Linard,
son époux,
M. Nobuaki Ito,
son époux,
Dorothy Libert,
née Morgan-Jones,
et Stéphane Libert,
sa sœur et son beau-frère,
Maud et Fabrice Gianfermi,
Lauren Libert
et Olivier Renaud,
ses nièces et neveux,
Tom, Emma, Valentine, Oscar,
Louise,
ses petits-neveux
et petites-nièces,
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Claude
ITO MORGAN-JONES
survenu le 27 août 2018.
Pierre Linard,
son fils,
Kim Linard
et Alexandre Zeiger,
sa fille et son compagnon,
Maximilien,
son petit-fils,
Octavie,
sa petite-fille,
ont la grande tristesse
de vous faire part du décès de
Kristina LINARD
Les obsèques ont eu lieu
dans la stricte intimité.
Une cérémonie sera célébrée
le jeudi 6 septembre 2018,
à 14 h 30,
en l'église suédoise,
9, rue Médéric, Paris (17e).
Les obsèques religieuses
ont été célébrées
dans l'intimité familiale,
le jeudi 30 août,
à Neuilly-sur-Seine.
Le Seigneur a accueilli
dans Sa Lumière,
Annie JANSSEN
née Pharaon,
à l'âge de 84 ans.
Elle a rejoint son mari,
Sylvain Janssen.
De la part de :
Christian Janssen,
son fils,
Claudine Schmidt,
Jacqueline Vinson,
ses sœurs,
Yvonne Valadas Preto,
sa belle-sœur,
Fabien Schmidt,
Christine Guenin,
Joëlle et Eric Durozoi,
Benoît Vinson,
Soizic Vinson,
Helena, Manuel, Sophie
Valadas Preto
et leurs conjoints,
ses neveux et nièces,
ainsi que ses petits-neveux
et petites-nièces.
La cérémonie religieuse
aura lieu
le mardi 4 septembre 2018,
à 14 heures, en l'église
Saint-Germain du Chesnay
(Yvelines),
suivie de l'inhumation,
au cimetière Notre-Dame
de Versailles.
Me Anne-Christine Lembeye,
son épouse,
Augustin et Laure Lembeye,
Victor Lembeye,
Oscar Lembeye,
ses enfants et sa belle-fille,
Sylvain Carellas
et Pauline Bayec,
son beau-fils et sa belle-fille,
Cosme, Titien, Vadim,
Balthazar et Camille,
ses petits-enfants,
Me Dominique Lembeye,
sa sœur,
Xavier Estrade
et Camille Estrade,
ses neveu et nièce,
ses belles-sœurs,
ses beaux-frères
et leurs enfants
ainsi que toute la famille
ont la douleur
de vous faire part du décès du
docteur Pierre LEMBEYE
survenu le 29 août 2018,
à l'âge de 73 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le mardi 4 septembre, à 10 h 30,
en la basilique Sainte-Clotilde,
23 bis, rue Las Cases, Paris (7e),
suivie de l'inhumation
au cimetière
de Saint-Clair-sur-Epte
(Val-d'Oise),
dans le caveau familial.
Le docteur André Fabre,
son frère,
Mme Britt-Marie Fabre,
sa belle-sœur,
Mlle Madeleine Fabre,
le docteur Elizabeth Fabre,
Mlle Marie-Hélène Fabre,
ses nièces,
Chloé, Giulia,
Côme, Louis-Thadée,
ses petites-nièces
et petits-neveux,
ont l'immense tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
le prince et la princesse
Guillaume de Looz Corswarem
et de Corswarem Looz,
M. et Mme Jérôme Bouin,
M. et Mme Sébastien Fernet,
la princesse
Clémence de Looz Corswarem
et de Corswarem Looz,
la princesse
Charlotte de Looz Corswarem
et de Corswarem Looz,
ses petits-enfants,
Apolline, Cyprien, Faustine,
Marguerite, Corentin, Bertille,
Valentine, Constance,
Théotime, Célestine,
ses arrière-petits-enfants,
ses neveux et nièces,
ses petites-nièces,
ainsi que toute sa famille
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
SAS la duchesse
de LOOZ CORSWAREM
et de CORSWAREM LOOZ
née Christiane Lacarrière,
survenu à Croissy-sur-Seine,
le 28 août 2018,
à l'âge de 98 ans.
née Fabre,
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le vendredi 7 septembre,
à 10 h 30, en l'église
Saint-François-Xavier,
12, place du
Président-Mithouard,
Paris (7e), suivie
de l'inhumation, à 14 h 30,
au cimetière ancien,
rue Bernard-Palissy,
à Ivry-sur-Seine.
15, avenue du Colonel-Bonnet,
75016 Paris.
Téléphone : 06 65 19 59 19.
Annonay (Ardèche).
Mme Josette Bonnet,
sa compagne,
les familles Peyron, Thévenot,
Besqueut, Valla, Bouchet,
Harrach-Bonnet
vous font part du décès,
dans sa 90e année, de
M. Charles MONIER
La cérémonie religieuse aura
lieu le mardi 4 septembre 2018,
à 14 h 30, en l'église
de Boulieu-lès-Annonay.
Ni fleurs ni plaques, des dons
pour la recherche médicale.
Ses enfants, petits-enfants
et arrière-petits-enfants
commissaire général de
division (2S) Marcel MOREAU
Saint Cyr, promotion
Maréchal Lyautey,
officier de la Légion d'honneur,
commandeur de l'ordre
national du Mérite.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le vendredi 7 septembre 2018,
à 9 h 30, en l'église
Saint-Pierre-Saint-Paul
de Vaux-le-Pénil.
en union avec
leur mère et grand-mère,
Marie-Françoise Pouille (†),
née Duret,
Catherine Pouille Groulez,
son épouse,
ses frères, sœurs,
beaux-frères, belles-sœurs,
filleuls,
neveux et nièces
L'inhumation aura lieu
le mardi 4 septembre,
à 16 heures, au cimetière
du Bon-Pasteur, à Lourdes
(Hautes-Pyrénées).
survenu le 5 août 2018.
François POUILLE
chevalier dans l'ordre
national du Mérite,
Ses obsèques ont été célébrées
le 10 août 2018, à La Madeleine.
Famille Pouille,
29, rue de la Croix-de-Fer,
78100 Saint-Germain-en-Laye.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Commes (Calvados).
3, route de la Croix,
78110 Le Vésinet.
Jean-Loup (†) et Guillemette (†)
Prioux,
Anne-Françoise Prioux,
Gilles (†) et Hélène Prioux,
Olivier et France Prioux,
Philippe et Dominique
Vigouroux,
Vincent Prioux,
ses enfants,
ses petits-enfants
et arrière-petits-enfants,
Antoinette Tilly,
sa sœur,
et toute la famille
ont la douleur
de vous faire part du décès de
Les familles Lupo
et Escarrat
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Mme Geneviève LUPO
née Jullien,
pharmacien à Arles,
survenu à l'âge de 92 ans,
le mardi 28 août 2018.
Les obsèques ont eu lieu
dans l'intimité familiale,
à Carpentras.
ont la douleur
de vous faire part du décès de
Jean-Robert SCHUMACHER
survenu le 20 août,
dans sa 92e année.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le mercredi 5 septembre,
à 10 h 30, en l'église
réformée de Neuilly-sur-Seine,
18, boulevard d'Inkermann.
Geneviève PRIOUX
née Tilly,
dans sa 100e année.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le mercredi 5 septembre 2018,
à 14 h 30, en l'église de Commes
« Le Manoir », 14520 Commes.
M. et Mme Gérald Villanova
et leurs enfants,
Guillaume, Stanislas
et Quitterie,
M. et Mme Arnaud Villanova
et leurs enfants,
Paul et Tristan,
Geneviève Liquard
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Claude VILLANOVA
survenu dans sa 90e année.
La cérémonie religieuse
sera célébrée le mardi
4 septembre 2018, à 10 h 30,
en l'église Saint-Léon,
1, place Cardinal-Amette,
Paris (15e), suivie
de l'inhumation, au cimetière
du Montparnasse, Paris (14e).
remerciements
Catherine Segond,
son épouse,
Etienne et Elisabeth
de la Morinière,
ses enfants,
Gabriel, Benoît et Jeanne,
ses petits-enfants,
les familles Segond, Genty,
La Roncière, Lecuit
Mme Andrée Lothier,
son épouse,
et toute la famille,
très touchées des marques
de sympathie qui leur ont été
témoignées lors du décès du
colonel Maurice LOTHIER
vous prient de trouver ici,
leurs sincères remerciements.
ont la tristesse
de vous faire part du décès du
docteur Patrick SEGOND
rappelé à Dieu le 30 août 2018,
dans sa 79e année.
La messe d'obsèques
sera célébrée
le vendredi 7 septembre,
à 10 h 30, en l'église
Sainte-Thérèse de Boulogne
(Hauts-de-Seine).
L'inhumation aura lieu
le même jour, à 14 heures,
au cimetière Pierre-Grenier,
à Boulogne.
« Aimez-vous les uns les autres
comme je vous ai aimés. »
Jean 13, 34.
Daniele J. Suissa
et Barbara Pensa Suissa,
ses filles,
Martin et Daphné Pensa,
Nicolas Pensa,
Sami Suissa,
ses petits-enfants,
Monique Mantout,
sa sœur,
Jean Mantout,
son frère,
Patricia Balme et Sacha Balme,
sa nièce et son petit-neveu,
Miriam Danouni Suissa,
sa belle-fille,
les familles Azoulay, Soussan
et tout ceux qui l'ont aimée
Lille (Nord).
Carole et Bertrand Simonin,
Juliette, Mathilde et Martin,
Grégoire, Hortense,
Béatrice et Jérôme de Monteil,
Gabrielle, Alice, Victoire,
Hugues, Isaure,
Christophe et Valérie Pouille,
Charlotte, Antoine, Thibault,
ses enfants et petits-enfants,
ont la tristesse
de faire part du décès de
thierry78110@gmail.com
son frère Bernard,
et son épouse Marie-Pierre,
ses beaux-frères, belles-sœurs,
neveux et nièces
ont la grande tristesse de vous
faire part du rappel à Dieu,
le 30 août 2018,
à l'âge de 103 ans, du
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le lundi 3 septembre,
à 10 heures,
en l'église Sainte-Thérèse
de Chatou (Yvelines).
La famille remercie
le personnel de La Roseraie,
à Croissy-sur-Seine,
pour ses soins attentionnés.
Odile-Anne et Michaël Gouvy,
sa fille et son gendre,
Mme Evelyne LONGMAN
à Paris, le 21 août 2018,
à l'âge de 93 ans, munie
des sacrements de l'Église.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Le duc et la duchesse
de Looz Corswarem
et de Corswarem Looz,
le prince et la princesse
Gilles de Looz Corswarem
et de Corswarem Looz,
SE l'ambassadeur
et la comtesse
Giovanni Jannuzzi,
ses enfants,
Jacquie Schumacher,
son épouse,
Mme Maurice Mane,
M. et Mme Jean Mane
et leurs enfants,
Mme Françoise Mane
et ses enfants,
M. et Mme Michel Mane
et leurs enfants
remercient très sincèrement
toutes les personnes qui,
par leur présence, leur envoi
de fleurs et leurs messages
de sympathie se sont associées
à leur chagrin lors du décès de
M. Maurice MANE
La famille remercie
tout particulièrement ceux
et celles qui l'ont accompagné
avec leurs soins
et leur affection.
messes
En souvenir de
Hubert
TAFFIN de GIVENCHY
ses neveux et nièces,
Philippe Venet
feront célébrer une messe
en la basilique Sainte-Clotilde,
23 bis, rue Las Cases, Paris (7e),
le mercredi 12 septembre 2018,
à 18 heures.
ont la douleur
de vous faire part du décès de
Colette SUISSA MANTOUT
souvenirs
survenu dans sa 97e année,
à Rabat, le 30 août 2018.
L'inhumation aura lieu
à Montréal.
Merci de votre pensée pour
Olivier ALLAIS
en ce septième
triste anniversaire de sa mort.
Pommeréval (Seine-Maritime).
M. Jacques Valet,
son époux,
Mathias et Valérie Valet,
son fils et sa belle-fille,
Lucie, Romain,
ses petits-enfants,
ses voisins et amis
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Mme Bernadette VALET
née Brigand,
survenu le 30 août 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée le mardi
4 septembre 2018, à 10 h 30,
en l'église de Saint-Saëns
(Seine-Maritime),
suivie de l'inhumation
au cimetière de Pommeréval.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Philippe Vieil,
son frère,
Clément Vieil,
Iris Vieil,
ses neveu et nièce,
ont la douleur
de vous faire part du décès de
Alain VIEIL
à Paris, le mardi 21 août 2018,
à l'âge de 65 ans.
Les obsèques auront lieu
au crématorium du cimetière
du Père-Lachaise, à Paris (20e),
le lundi 3 septembre,
à 14 heures.
Le service reçoit
les annonces
tous les dimanches
et jours fériés de
9 heures à 13 heures
(excepté les 1er janvier, 1er mai,
15 août, 25 décembre)
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17
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samedi 1er - dimanche 2 septembre 2018 LE FIGARO
TÉLÉVISION
18
Jack Ryan, l’espion
qui nous veut du bien
John Krasinski interprète le héros des romans de Tom Clancy. Une nouvelle
série musclée cruciale pour Amazon face à son concurrent Netflix.
Exactement le profil recherché par les
créateurs de la série blockbuster, Carlton Cuse (Lost) et Graham Roland. « Loin
des antihéros qui ont dominé les séries
près avoir pris le visage de
d’espionnage à la Jack Bauer (24 heures
Harrison Ford, d’Alec
chrono) et Carrie Mathison (Homeland),
Baldwin et de Chris Pine,
des individus perturbés travaillant au sein
l’espion intègre de la CIA,
d’institutions corrompues, Jack Ryan
Jack Ryan, n’a pas pris une
compte sur son intelligence et sa boussole
ride. Né sous la plume du romancier
morale », soulignait le duo au
Tom Clancy, le voilà qui déFigaro, lors de leur passage en
barque sur Amazon Prime
juin au Festival de Monte-Carvidéo sous les traits de John
lo. « Un héros altruiste et désinKrasinski. Une incarnation
○○○¡
téressé a plus que jamais un rôle
inattendue. L’acteur amérià jouer dans notre monde fraccain, qui a affolé le box-offituré , ajoutaient-ils. Ce type de protagoce avec son film d’horreur Sans un
niste rappelle l’importance de mettre nos
bruit, a l’allure affable et sereine d’un
idéaux au-dessus de soi, des qualités que
« M. Tout-le-Monde ». Impossible
ne démontrent pas nos dirigeants. »
d’oublier ses neuf saisons passées dans
Plutôt que de partir des romans de
la merveilleuse comédie de bureau, The
Tom Clancy, tel Octobre rouge, qui
Office.
CONSTANCE JAMET£@constancejamet
A
+ @ SUR LE WEB
auraient nécessité un gros travail de
réactualisation, les showrunners ont
imaginé pour Jack Ryan des intrigues
inédites en lien avec les enjeux géopolitiques actuels.
Ces huit épisodes le saisissent dans ses
premiers pas d’agent de terrain et le
mettent face au djihadisme. L’ancien
marine, devenu analyste financier de la
CIA, bronze devant son ordinateur. Il est
envoyé malgré ses protestations au
Yémen interroger un terroriste présumé, dont il a repéré les importants mouvements de fonds.
Scènes d’action spectaculaires
Cuse et Roland ont choisi d’accorder
autant d’importance à Jack Ryan qu’à
ses cibles. Le choix a dérouté la critique
américaine, mais dessine un antagoniste
complexe en explorant l’enfance et le
John Krasinski, nouvelle incarnation de l’agent intègre de la CIA, est envoyé au Yémen
pour interroger un terroriste présumé. JAN THIJS/AMAZON PRIME VIDÉO
saut et de poursuite sont au rendezvous. Doté de 8 millions de dollars par
épisode, Jack Ryan a été filmé au Maroc,
au Canada et en France (la Québécoise
Marie-Josée Croze joue une inspectrice
parisienne). Le feuilleton représente un
enjeu crucial pour Amazon. Pour exister
face à Netflix, le site a besoin d’une série
grand public. Ses dirigeants croient tellement en Jack Ryan qu’ils ont déjà
commandé une deuxième saison qui se
tournera en Colombie. ■
couple de Suleiman, le cerveau de la
cellule islamiste à démanteler. « Dans un
film, on doit aller d’un point A à un point
B. Avec le format série, le spectre est plus
large. Il était important de ne pas pointer
du doigt la culture musulmane, d’objectiver une communauté. » Le chef de Ryan
(Wendell Pierce, The Wire) est un musulman en butte à de nombreux préjugés. Paradoxalement, le héros tutélaire,
en retrait, est presque lisse. Toutefois,
les scènes d’action spectaculaires d’as-
» « The Voice » : Jenifer officialise (presque) son retour dans l’émission » Alain Chabat parodie Emmanuel Macron pour annoncer le retour de « Burger Quiz » www.lefigaro.fr
ÉPHÉMÉRIDE St-Gilles
Soleil : Lever 07h08 - Coucher 20h33 - Lune décroissante
19.05 50’ Inside. Magazine. Présentation : Nikos Aliagas 20.00 Le 20h
20.50 Nos chers voisins. Série.
18.40 N’oubliez pas les paroles ! Jeu
20.00 20 heures 20.45 Stade 2. Magazine 20.50 Vestiaires. Série.
19.00 19/20 20.00 Vu. Magazine
20.20 Zorro. Série. Zorro démasqué
20.40 Tout le sport. Magazine.
21.00
20.55
21.00
Divertissement
Jeu
Série. Policière
19.40 Appels d’urgence.
Magazine.
SAMEDI
20.55 Chroniques criminelles
Magazine. Société. Prés. : Magali
Lunel. 2h00. L’affaire de la petite
Fiona : la mère au double visage. Le
12 mai 2013, Cécile Bourgeon signale
la disparition de sa fille de 5 ans.
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22.55 Chroniques criminelles. Magazine. Présentation : Magali Lunel.
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30
Le grand concours
des humoristes
24
Fort Boyard
Mongeville
Prés. : Olivier Minne. 2h20. Inédit.
Invités : Tal, Isabelle Morini-Bosc,
Lenni Kim, Jeanfi Jansens, Isabelle
Vitari, Guillaume Pley. Les personnalités joueront au profit de l’association Asperger Amitié.
Fra. Saison 3. Avec Francis Perrin,
Gaëlle Bona, Marie-Claude Pietragalla, Macha Méril. Légende vivante.
Professeur à l’école de danse de
l’Opéra, Martin Novak est victime
d’un empoisonnement.
20.50 Échappées belles
Prés. : C. Rousseau. 2h40. Inédit.
Invités, notamment : Artus, Gil Alma.
Carole Rousseau reçoit vingt-quatre
humoristes pour une soirée festive,
riche en fous rires et en émotion.
23.40 Foresti Party Bercy Spec-
23.15 On n’est pas couché Talk-
22.30 Mongeville Série. Policière
tacle. Un show avec des sketches,
de la vidéo et des chansons.
show. Prés. : Laurent Ruquier 2.05
Zygel académie. Magazine.
0.00 Soir/3 0.30 Festival de Pâques
de Deauville. Concert.
22.20 Lucie au pays du SoleilLevant. Documentaire.
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19.50 Des trains pas comme les
autres 20.20 Une maison, un artiste
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Mag. Découverte. Prés. : Jérôme
Pitorin. 1h30. Week-end à Rome.
Jérôme Pitorin va goûter à la «dolce
vita» dans la capitale italienne, qui
n’a rien perdu de sa superbe.
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DIMANCHE
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18.50 Canal Sport Club (C). Magazine
20.00 Sport reporter (C). Série doc.
20.40 Groland le Zapoï (C).
19.30 Le dessous des cartes. Magazine 19.45 Arte journal 20.05 Sous
les pavés de... Série doc. Paris.
18.40 French in the City. Magazine
19.45 Le 19.45 20.25 Scènes de
ménages. Série. Avec Claire Chust.
21.00
20.50
21.00
Film. Thriller
Documentaire. Historique
Série. Policière
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20.55 The Big Bang Theory
Série. Comédie. EU. 2013. Saison 7.
Avec Johnny Galecki, Jim Parsons.
3 épisodes. Sheldon doit faire face à
une choix extrêmement compliqué :
la Xbox One ou la PlayStation 4.
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18.55 Les vacances des Anges 3 :
viva España ! Téléréalité.
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22.10 The Big Bang Theory. Série.
Avec Johnny Galecki. 8 épisodes.
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19.10 Les constructeurs de l’extrême USA. Téléréalité.
K.O.
Réal. : Fabrice Gobert.
1h55. Inédit. Avec Laurent Lafitte,
Chiara Mastroianni. Un homme arrogant et dominateur est plongé dans
le coma. À son réveil, plus rien n’est
comme avant.
22.55 Rendez-vous avec Kevin Razy. Divertissement 23.05 Le pied
à portée de main Un samouraï
au Vatican
Documentaire. Fra. 2018. Réalisation : Stéphane Bégoin. 1h30. Inédit.
À la découverte de l’épopée de la
première ambassade de l’histoire
du Japon, au XVIIe siècle.
22.20 Ozone : un sauvetage
réussi Doc. 23.20 Philosophie 23.50
Square artiste 0.15 Court-circuit
NCIS :
Nouvelle-Orléans
EU. Saison 4. Avec Scott Bakula,
Lucas Black. 3 épisodes. Inédits. Un
journaliste publie un article à charge
contre Pride et ses méthodes, avec
des informations confidentielles.
27
T (en °c)
20.50 Australie,
la ruée vers l’or
Téléréalité. 0h50. À la recherche des
pépites. Inédit. L’une des équipes de
chercheurs d’or voit ses espoirs de
décrocher le jackpot s’évaporer.
21.40 Australie, la ruée vers l’or
23.25 Chercheurs d’opale. Série doc.
23.35 NCIS : Nouvelle-Orléans
Série. Policière 1.15 Supernatural.
Série. La boîte de Werther.
<-10 à 0
19.35 Norbert commis d’office. Mag.
Présentation : Norbert Tarayre.
A
19.20 La petite histoire de France.
Série. Avec David Salles.
18.50 Salut les Terriens ! Talk-show.
Présentation : Thierry Ardisson.
21.00 Columbo
20.50 France/Mexique
Série. Policière. EU. 1990. Saison 10.
Avec Peter Falk. Criminologie appliquée. Deux étudiants décident de
tuer leur professeur qui menaçait de
révéler leur tricherie.
Football. Match amical féminin.
En direct du stade de la Licorne, à
Amiens. Présentation : Carine Galli.
Commentaires : Camille Abily, Denis
Balbir.
21.00 Les Fous Rires
des Chevaliers du Fiel 2017
22.45 90’ enquêtes. Magazine. Enquête sur la rentrée des classes.
23.00 Les 30 ans du Top 50. Spectacle. Invitée notamment : Alizée.
Spectacle. 2h10. Éric Carrière et
Francis Ginibre ont clôturé en beauté
le festival Les Fous Rires de Toulouse 2017.
23.10 Les Fous Rires des Chevaliers
du Fiel 2016. Spectacle.
1h35. Méfiez-vous des apparences.
Inédit. À Denham Springs, Robert et
Katie achètent, pour 1 200 dollars,
une maison de plain-pied - La petite
maison dans la Louisiane. Inédit.
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MERCREDI
15/26
22.35 Rénovation impossible. Téléréalité. Mission démolition.
Tous les programmes
dans TV Magazine
et sur l’appli TV Mag
ATHÈNES
BERLIN
BUDAPEST
LISBONNE
PRAGUE
TUNIS
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MARDI
15/24
13/24
10 à 20 20 à 30 30 à >40
AMSTERDAM
BELGRADE
BRUXELLES
DUBLIN
MADRID
ROME
LUNDI
21.00 Rénovation impossible
18.00 Nos chers voisins. Série. Avec
Isabelle Vitari, Issa Doumbia.
27/31
22/25
11/19
15/18
13/23
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ALGER
BARCELONE
BERNE
COPENHAGUE
LONDRES
RABAT
0 à 10
16/27
16/30
18/32
21/28
22/28
lachainemeteo.com
par téléphone :
LIVE 24/24 SUR
et sur
2,99 €/appel
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 1er - dimanche 2 septembre 2018
JEUX D'ÉTÉ
19
SU DO KU
TAKUZU
En partant des chifres déjà placés, remplissez les grilles de manière à ce que chaque ligne, chaque colonne, et chaque carré
de 3 x 3 contienne une seule et unique fois tous les chifres de 1 à 9.
Remplir la grille avec les chifres 0 et 1. Chaque ligne et chaque colonne
doit contenir autant de 0 que de 1. Les lignes ou colonnes identiques sont
interdites. Il ne doit pas y avoir plus de deux 0 ou 1 placés l’un à côté
ou en dessous de l’autre.
FAcile
grille 581
0
0
grille
0
0
2
3 1
5
1
4
6 5
7 6
2
9
1
0
1
0
0
0
1
0
0
1
0
0
0
0
0
0
0
0
1
2651
0
0
FAcile
5 7 1
8
4
7
9 6
3 5
6 8
9
7
2 8
1
8
7 5 3
8 1 3
2
MOTS FLÉCHÉS N° 2064
VILLE DE
TARTARIN
DOUCEUR
D’AIX
ACTION
D’ATTAQUANT
POÈME
grille
2652
8 1
7 9
1
DE
CONCERT
IL NAGE
DANS LE
BOCAL
SIMILITUDES
8
7
5
6
SOLUTIONS DES JEUX
DU NUMÉRO PRÉCÉDENT
POINT
DÉVELOPPÉE
P
T R
E
E V
U
I S
S’EXCLAMER (S’)
DÉPARTEMENT
SOUS LE
MILLÉSIME
COURS DE
TURIN
SOL
GUÉRIES À
LOURDES
SURS OU
PIQUANTS
TRAIN LENT
APRÈS LA
TEMPÊTE
FÉLIN
AMÉRICAIN
R A
I
D L
E
B R
O
U N
AGILEMENT
ÉVENTAIRE
PETIT
ÉDENTÉ
DÉVIDOIR
À COCON
SINGER
CAP SUR LA
BOUSSOLE
3
3 5
8 9
JOLI MOIS
MÉMOIRE
DE DISQUE
1
5
2 8
PARTAGEA
EN DEUX
PAS
COMMUN
CHAÎNE
ITALIENNE
1
8
2
FRIC,
OSEILLE
LABEL
NATURE
DÉCONCERTÉ
ACCORD
ANCIEN
2
2 9
Par Diane Monfort
RENIFLEMENT
BOUT DE
CARCASSE
FATIGUAIT
eXPerT
A
R
A M E E
N O N C
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C E P
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T E
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O
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O
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T N
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N C
N O
E L
O
Mots
léchés
0 1 0 1 0 1 0 1 0 1
0 0 1 0 1 1 0 0 1 1
1 1 0 0 1 0 1 1 0 0
LA
PREMIÈRE
LETTRE À
ÉCRIRE
1 0 0 1 0 0 1 0 1 1
0 0 1 0 1 1 0 1 1 0
1 1 0 1 0 0 1 0 0 1
0 1 1 0 1 1 0 0 1 0
SERRER
RESTER
IMMOBILE
1 0 0 1 0 1 0 1 0 1
1 0 1 1 0 0 1 0 1 0
CAGE À
GARDER
PRÉTEXTE
0 1 1 0 1 0 1 1 0 0
FILS
D’ADAM
BIENHEUREUX
ABRI DE
RAPACE
ÉBAHIR
CARRÉ DE
VERDURE
PASCAL
AÏEUL
AFFECTUEUX
... ET
NON AVENU
DIEU
SOLAIRE
BARACK
AUX USA
ILS
PUBLIENT
grille
PROSCRIT
COUP DE
CHAPEAU
L’OR AU
LABO
9
6
2
7
1
4
5
8
3
SA NOIX
CONTIENT
UNE
AMANDE
ON Y FAIT
BOIRE LES
BÊTES
PAYS
TRAVERSÉ
PAR UN
CANAL
CHANTEUR
GREC
COMME
HOMÈRE
INDIQUE LA
FAÇON DE
FAIRE
3
7
6
8
9
5
2
1
4
IL A DE
GRANDES
DENTS
GAIN DE
TEMPS DE
PAROLE
ÉTUDIÉS
AVEC SOIN
MOTS COUPÉS
8
1
4
6
3
5
9
7
2
580
8
1
2
4
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7
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3
2649
5
7
3
2
8
9
4
1
6
grille
SUBIR UN
COUP DE
FROID
UN OUI
3
8
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2650
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2
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3
5
1
Mots coupés
cerTes - lAncée lAncer - luTrin luTTer - rincée rincer - sAucée sAucer - sAurin sAuTer - Tercer TesTer.
Par Arthur Gary
bouger - bougre - boulin - boulon - bouloT - boumer - éTAger éTAlon - éTAmer - germer - grelin - grêlon - greloT - lAnger longer - merlAn - merlin - merlon - merloT.
Assemblez ces groupes de lettres deux par deux pour former au moins douze mots de six lettres. Un groupe peut être utilisé
plusieurs fois pour des mots diférents. Seuls les noms communs au singulier, les verbes à l’ininitif et les adjectifs sont admis.
grille
2651
grille
3
1
8
9
5
7
6
2
4
2652
12
2
6
7
4
8
3
1
5
9
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6
2
1
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11
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M E R
1
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L O T
L A N
7
6
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1
L O N
G R E
5
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L I N
G E R
6
1
5
9
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2
4
E T A
Mots coupés
B O U
2
3
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1
4
5
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8
9
TENTE DES
MONGOLS
grille
Sudoku
ABSURDE
PRÊTS À
JETER
L’ANCRE
BOUCLIERS
BAIES
PEU PROFONDES
QUI FAIT PAS VIVE
PLUS RÉUNION DE
D’UN PLI COW-BOYS
Takuzu
9
8
4
2
3
6
7
1
5
DE VIEILLES
BANDES Y
DORMENT
Sudoku
A
F R
O
E D
E
Y O
T
C A
R
R A
S
A C
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A E
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S
Mots léchés
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P O
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E R
I
T I A
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A S S
R
L
P
E
E
E
1 0 0
Mots
0 1 1
léchés
0 0 1 0 1 1 0
1 0 1 1 0 0 1
1 0 0 1 1 0 1 1 0 0
0 1 1 0 0 1 0 0 1 1
1 0 1 1 0 0 1 1 0 0
0 1 0 1 1 0 0 1 0 1
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1 0 1 1 0 0 1 0 1 0
0 0 1 0 1 0 1 1 0 1
0 1 0 0 1 1 0 0 1 1
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581
Takuzu
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 1er - dimanche 2 septembre 2018 LE FIGARO
20
CHAMPS LIBRES
ENQUÊTE
McCain et Trump,
le choc des contraires
Tout les opposait :
le parcours de vie,
les principes, les valeurs
et la vision politique.
Les deux républicains
incarnaient - et incarnent
encore après la mort
du sénateur de l’Arizona deux versants d’un parti
ébranlé par une guerre
civile. Mais surtout
deux versions du rôle
des États-Unis.
Laure Mandeville
£@LaureMandeville
ls ont toujours été des rebelles. Deux fortes têtes. Mais là s’arrête la comparaison. Entre Donald Trump et John McCain, ce fut un choc des
contraires. Tout les séparait : la philosophie de
la vie, les valeurs et la vision politique. Ils représentaient, et représentent encore, deux
versions d’un Parti républicain traversé par
une guerre civile. Deux versions aussi du rôle de
l’Amérique. Cette opposition avait ouvert un gouffre
entre les deux hommes dès l’irruption de Trump dans
la campagne présidentielle républicaine. Un beau jour
d’été 2015, dans la lancée d’une OPA sur le Parti républicain qu’il avait fait le pari de « kidnapper » au grand
dam de ses dirigeants dont McCain, le milliardaire
new-yorkais, un ex-démocrate, s’était permis des déclarations gratuites sur le fait qu’il ne considérait pas le
sénateur de l’Arizona comme un « héros », malgré ses
faits de gloire au Vietnam, son courage en détention et
son endurance à la torture. « Son seul fait de gloire a été
“d’être capturé”… je préfère ceux qui ne sont pas capturés », alla-t-il claironner avec la morgue de celui qui
n’a pas fait la guerre. Cette basse attaque, qui blessa
profondément McCain, n’empêcha pas l’envolée de
Trump vers le poste le plus puissant de la planète. Mais
elle marqua un point de rupture décisif entre eux.
Malgré les efforts de McCain pour être un contrepouvoir constructif au début de la nouvelle présidence, le fossé n’allait cesser de se creuser au fur et à
mesure que Trump enfoncerait des clous dans le cercueil du Parti républicain traditionnel, piétinant les
codes d’une politesse à laquelle étaient attachés « les
anciens », critiquant un libre commerce « stupide »,
promettant de construire un mur avec le Mexique,
puis surtout rudoyant l’Otan et se disant prêt à faire
confiance à Vladimir Poutine, à la consternation du
sénateur, grand défenseur de la relation transatlantique et faucon sur le dossier russe.
I
A
Même la mort du vieux lion républicain n’a pas réussi
à les réconcilier. Alors qu’il faisait ses adieux au pays,
McCain fit savoir qu’il ne voulait pas de Trump à son
enterrement. Le président se contenta en rétorsion
d’un tweet minimaliste quand son aîné annonça qu’il
renonçait à combattre son cancer. Puis, quand le sénateur passa sur « l’autre rive », il se contenta de
mettre les drapeaux de la Maison-Blanche en berne
pour un week-end, avant de les relever. Il fallut la
pression de son entourage pour qu’il rende succinctement hommage à McCain. Indigne de la fonction, a
crié la quasi-totalité de l’establishment. Les médias
ont été envahis d’articles opposant McCain, l’homme d’État, à Trump, « le Narcisse ». D’un côté « le
héros » et de l’autre « le salaud ». CQFD ?
Quand on revient sur la riche vie de McCain, « une
vie très chanceuse qui en a contenu dix de bien remplies », écrit-il dans une note posthume, on comprend
vite que cette admiration unanime n’a rien de déplacé.
Dans un monde perturbé, McCain le franc-tireur
clairvoyant restait un compas moral, avec son passé de
héros militaire et ses décennies passées au Sénat. Son
éducation s’était forgée dans une famille d’amiraux.
McCain, c’est le jeune pilote dont l’avion est abattu audessus de Hanoï en 1967 et qui se retrouve cueilli par
SIPA
« Héros » contre « salaud » ?
une foule de Vietnamiens en colère qui lui fait exploser
l’épaule à coups de crosse, l’amenant presque à la
mort. C’est aussi le soldat qui refusera d’être libéré sur
intervention de son père avant que ses compagnons de
captivité n’aient été relâchés, malgré des années de
tortures. Comment, dès lors, ne pas le voir en héros,
quand il revient en béquilles, les cheveux blanchis à
30 ans à peine, accueilli par Richard Nixon ? Dans une
Amérique qui pourtant rejette la guerre, McCain profite de son aura pour se forger un destin national et se
faire élire au Congrès. Il sera provisoirement compromis en 1987 après avoir accepté de plaider au Sénat
pour un homme d’affaires d’Arizona au bras long, qui
n’a pas ménagé ses largesses. « Sans doute le point le
plus bas de la carrière de McCain », note le New York
Times. Fort de ses erreurs, il deviendra ensuite le moteur d’un grand nettoyage des liens entre lobbys et politiques, arrachant avec un démocrate une loi d’encadrement des financements des campagnes électorales,
considérée comme un modèle de coopération bipartisane, mais insidieusement rabotée par la suite. Après
avoir soutenu l’invasion de l’Irak en 2003 - ce qu’il regretta -, il sera aussi le premier à défendre l’abolition
de la torture, quand il découvrira, horrifié, que son
pays utilisait une méthode de simulation de noyade.
« Deux approches du leadership »
Quel contraste avec Donald Trump ! Les deux
hommes ne pourraient avoir de parcours plus différents. McCain est élevé dans un idéal chevaleresque. Trump, fils d’un millionnaire qui s’est
construit dans l’immobilier new-yorkais, apprend
de son père que le monde est cruel et qu’il vaut
mieux être du côté des gagnants. Alors que McCain
se frotte à la notion de sacrifice au Vietnam, Trump
échappe à la conscription par trois fois pour
conquérir Manhattan. L’un croupit dans une geôle,
l’autre devient un play-boy et apprend les ficelles
du système de rapports de force de la Grande Pomme. Alors que pour McCain, la parole donnée est
cruciale, Trump apprend que les mots n’ont pas
d’importance et que tous les moyens sont bons
pour arriver aux « deals ». Charme, menaces, procès, largesses auprès des politiques… La fin justifie
les moyens. Peut-être est-ce pour cela que le magnat n’avait pas exclu de rétablir la torture pendant
sa campagne (avant d’abandonner ce projet).
Trump et McCain incarnent « deux approches du
leadership totalement opposées », conclut Michael
Miller dans un article comparatif du Washington
Post, bâti sur ce contraste manichéen.
Mais si la presse et les politiques pleurent McCain
et en font une icône, comme pour mieux dénigrer le
président, force est de constater que l’Amérique a
choisi l’antihéros et non l’idéaliste, et qu’elle ressemble politiquement plus à Trump qu’à McCain.
C’est vrai en matière de « décence », prônée par le
sénateur, mais qui n’est plus présente ni à droite, ni à
Je comprends pourquoi les gens voient
Trump comme une personne grossière
et mesquine. Mais je pense que cela vaut
mieux que d’énoncer de beaux mensonges
sur la manière dont fonctionne le pays
PETER THIEL, MAGNAT DE LA SILICON VALLEY
»
Alors qu’il faisait ses adieux au pays,
John McCain fit savoir qu’il ne voulait
pas de Donald Trump à son enterrement.
C. KASTER/AP, B. SMIALOWSKI/AFP
gauche, ni sur les réseaux sociaux, où les attaques
au-dessous de la ceinture sont légion à l’image du
compte Twitter présidentiel. C’est vrai de la division
politique du pays, qui n’invite plus à l’idéal de coopération avec « l’autre parti », défendu par le défunt. C’est vrai aussi du Parti républicain, qui sous
l’impulsion du mouvement Tea Party, et de Trump, a
été traversé par une guerre ouverte, marginalisant
l’establishment que McCain le rebelle avait incarné.
Influencé par les milieux d’affaires, le parti qu’incarnait le sénateur d’Arizona prônait le libre-échange et les frontières ouvertes, notamment en raison du
coût avantageux de la main-d’œuvre immigrée. Il
défendait une réforme de l’immigration qui aurait
permis d’aller vers la légalisation des 11 millions de
sans-papiers et de rallier une partie du vote latino aux
républicains. En désaccord avec la droite chrétienne
évangélique qui ne lui fit jamais confiance, McCain
incarnait aussi la « gauchisation » du parti sur les valeurs, ayant exprimé une approche très tolérante sur
le mariage gay et l’avortement. Surtout, McCain était
le chef de file des interventionnistes en politique
étrangère, au motif que l’Amérique, « une force morale exceptionnelle », ne défend jamais mieux ses intérêts que quand elle est impliquée dans le monde. Il
ne cessa de s’engager en ce sens, de l’Afghanistan à
l’Irak en passant par l’Ukraine, où il demandait des
comptes à Poutine. Une ligne d’approche que l’élection de Trump a partiellement remise en question.
L’électorat séduit par le principe de réalité
Les deux hommes auraient sans doute pu s’entendre
sur les « valeurs sociétales » – le milliardaire étant de
fait un libéral –, mais Trump a révolutionné l’ordre des
priorités du parti, s’appuyant sur des factions que le
règne des « néocons » avait marginalisées sous Bush.
La droite chrétienne a ainsi fait un grand retour en
grâce, via la nomination de juges très conservateurs à
la Cour suprême. Surtout Trump a ramené vers le parti
une base ouvrière blanche qui avait fui chez les démocrates, la mettant au centre de son projet en prônant
un contrôle de l’immigration et en promettant de
réindustrialiser le pays, grâce à la renégociation des
traités de commerce. Trump est aussi parti en guerre
contre les excès du politiquement correct, que le Parti
républicain, composé « de gentlemen bien élevés »,
s’était résigné à accepter. Enfin, sur le front international, il s’est dressé contre le clan des interventionnistes, dénonçant, dans la foulée d’Obama, l’idéalisme
donquichottesque de l’école McCain et amorçant
l’ébauche d’une approche « nationale-réaliste » unilatéraliste malmenant les alliances et testant les ennemis, pour remettre « l’intérêt américain » au centre du
jeu. Une démarche dont McCain redoutait les conséquences, mais qui a trouvé un écho dans l’électorat,
séduit par ce principe de réalité. « Je comprends pourquoi les gens voient le président Trump comme une personne grossière et mesquine. Mais je pense que cela vaut
mieux que d’énoncer de beaux mensonges sur la manière dont fonctionne le pays », commentait récemment le
milliardaire Peter Thiel, seul magnat de la Silicon Valley à l’avoir soutenu durant sa campagne. « Tous mes
amis républicains, même s’ils sont heurtés par Trump,
continuent de le soutenir en raison de son approche sur
tous ces sujets. Beaucoup de conservateurs estiment désormais que Poutine n’est pas une si mauvaise chose »,
constate l’éditorialiste John Gizzi. Alors que l’Amérique pleurait ce week-end son « héros » McCain lors
d’obsèques nationales dont le président était banni, il
semblait prématuré d’en conclure qu’elle avait politiquement enterré Trump. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 1er - dimanche 2 septembre 2018
CHAMPS LIBRES
OPINIONS
CHRONIQUE
Natacha Polony
Jupiter et les Gaulois
a géographie macronienne
est une discipline complexe.
Elle permet, le lundi, devant
des ambassadeurs, d’affirmer
que « les identités profondes
des peuples ont resurgi,
avec leurs imaginaires historiques »,
et d’affirmer le mercredi que « le vrai
Danois n’existe pas, il est déjà Européen »
et que « c’est pareil pour les Français »
mais que, malgré tout, ce « peuple
luthérien », qui donc existe, est ouvert
aux réformes et « n’est pas exactement
le Gaulois réfractaire au changement »,
qui lui-même existe. On s’y perd
un peu. On aura en revanche bien
compris que cette géographie distingue
précisément le territoire national
du reste du monde, où il est possible
L
@
100 000 citations
et proverbes sur evene.fr
21
et plaisant de récriminer contre les
« fainéants », les « réfractaires » et tous
ceux qui ont le mauvais goût de ne pas
s’esbaudir devant le « nouveau monde ».
La géographie est aléatoire, mais
l’histoire ne l’est pas moins. « Le
Gaulois », donc, serait « réfractaire »
aux réformes, aux changements. Cri du
cœur du trader qui rêve de rebâtir Wall
Street sur les ruines d’Alésia. Les Gaulois
latinisés bâtirent la civilisation galloromaine dans laquelle s’enracinent
les gloires de la France. Ils le purent
grâce à l’instauration par Auguste
de cette Pax Romana qui garantissait
que l’État jouait son rôle et protégeait
les habitants de l’Empire. Peu de peuples
se tournèrent vers l’avenir en rompant
avec leurs archaïsmes avec autant
ENTRE GUILLEMETS
1er septembre 1789 : l’Assemblée constituante institue une indemnité parlementaire
Mirabeau
LEEMAGE
Si une modique rétribution
permet au citoyen
le moins opulent de remplir
ce poste honorable,
vous excitez une émulation
universelle»
de célérité que les Gaulois. En revanche,
quand s’effondrèrent l’État et les
structures sociales et politiques, quand
la loi de la jungle redevint la règle,
les Gaulois furent un peu réfractaires,
comme tout les peuples de l’Empire,
à son effondrement. Le changement
vers la barbarie n’a curieusement pas
l’heur de plaire aux peuples.
Un peu d’histoire, encore. Ne sont-ce
pas les Danois, ces Danois tellement
ouverts au « nouveau monde », qui ont,
les premiers, refusé par référendum
le traité de Maastricht ? C’est sans doute
la raison pour laquelle ils ont pour devise
la couronne et non l’euro… Peut-être
avaient-ils tout simplement anticipé
ce que le désormais ex-ministre
de la Transition écologique constatait
en annonçant sa démission :
l’orthodoxie budgétaire européenne
interdit tout véritable investissement.
On aura compris que
les considérations jupitériennes
sur l’essence des peuples n’avaient
pour but que d’offrir une diversion
médiatique à l’effondrement de son
édifice politique. Diversion sur le fond
et sur la forme. Sur la forme, en servant
aux médias une de ces phrases
délicieusement caricaturales qui agitent
aussitôt les foules. Sur le fond, surtout,
en se posant comme le guide entraînant
le troupeau ignorant vers les lendemains
glorieux du nouveau monde, l’homme
du changement, pour faire oublier que
la démission de Nicolas Hulot prouve
la stricte conformité du macronisme
avec tout ce qui s’est fait avant lui.
La défaite de Nicolas Hulot était écrite.
Mais contrairement au message martelé
par les bons soldats de La République
en marche, il n’est absolument pas
ce maximaliste, cet idéaliste radical
inadapté aux nécessaires compromis
qui font l’essence de la politique.
Il est au contraire de ceux qui pensent
que chaque petite victoire vaut la peine,
et qu’à tout prendre, si l’on a emporté
quelques arbitrages, ce sera toujours ça
de gagné. Mais justement, il n’a rien
emporté (Notre-Dame-des-Landes
relève de considérations d’ordre public
et non de souci écologique). Derrière
les discours lyriques et les vidéos
racoleuses, rien. Ou plutôt, tout pour les
intérêts en place. La grande distribution,
qui pourra continuer à bétonner les sols
et faire baisser les prix payés aux
producteurs, Total, qui pourra importer
300 000 tonnes d’huile de palme par an,
la FNSEA, qui pourra continuer à prôner
un modèle d’agriculture totalement
obsolète et mortifère, les multinationales
en général, qui pourront s’appuyer sur
les traités de libre-échange signés par
l’Union européenne pour importer à bas
coût des produits ne respectant aucune
norme sociale ou environnementale en
ruinant nos agriculteurs et nos PME…
Jupiter moquant les Gaulois
réfractaires veut faire croire qu’il
incarne le changement quand il est
le pur produit d’un système passéiste
qui refuse toute réflexion sur les circuits
courts, la relocalisation des économies,
la reconstitution de bassins d’emploi
et de vie par la régulation des échanges,
et la mise en place de modes de culture
prenant en compte les dernières
recherches sur la permaculture
et la lutte contre l’érosion des sols.
Le rôle d’un homme d’État
est de porter une vision s’appuyant
sur la connaissance du passé et l’analyse
du présent pour inventer l’avenir,
un avenir qui réponde aux véritables
aspirations des peuples. Les Gaulois,
comme les autres, veulent retrouver
la maîtrise de leur vie.
Le retour salutaire de la politique en Europe
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BENJAMIN HADDAD
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Anne-Sophie von Claer
directeur de la publication (Style, Art de vivre, So Figaro),
Marc Feuillée
Anne Huet-Wuillème (Édition,
Photo, Révision),
communes et universelles, citant en cela
l’identité républicaine française.
Les crises récentes de l’Union
européenne ont, elles aussi,
démontré la limite de cette tentative
de dépolitisation. La crise de l’euro,
des réfugiés ou encore la relation
avec la Russie ne sont pas seulement
des crises touchant à l’efficacité des
instruments de l’Union. Elles révèlent
surtout des modèles de société, des
valeurs profondément contradictoires.
Orban fut l’un des premiers à le
revendiquer dans un fameux discours
de 2014 : « Le nouvel
État que nous sommes
Aux « démocrates illibéraux »
en train de construire
comme Orban s’opposent
est un État illibéral,
les « libéraux antidémocratiques », un État non libéral.
qui contournent le processus électoral Il ne nie pas les valeurs
fondamentales
pour promouvoir leurs objectifs
du libéralisme comme
la liberté, etc. Mais il ne
fait pas de l’idéologie un élément central
alternatif à défendre. Les désaccords
de l’organisation de l’État. Il applique
techniques, gérés par des experts,
une approche spécifique et nationale. »
remplaceraient progressivement
Trop longtemps les libéraux européens
les conflits idéologiques dans nos
n’ont su répondre à ce défi, préférant
démocraties : l’efficacité, les règles,
l’éviter. Dans son essai Le Peuple contre
le droit se substitueraient aux valeurs.
la démocratie, le professeur à Harvard
Cet optimisme a fait long feu.
Yascha Mounk, expert et critique
Fukuyama lui-même, constatant l’essor
du populisme, oppose les « démocrates
des mouvements populistes, revient
illibéraux » comme Trump ou Orban
sur sa thèse dans son livre à paraître
aux « libéraux antidémocratiques »,
en septembre aux États-Unis, Identité :
qui contournent le processus électoral
la demande de dignité et la politique
pour mieux promouvoir leurs objectifs
du ressentiment. La globalisation,
politiques. À Bruxelles comme aux Étatsselon Fukuyama, a entraîné son propre
Unis, des accords de libre-échange
contre-choc : un retour du désir
aux politiques migratoires en passant
d’enracinement, d’appartenance.
par les questions de société, des pans
Loin de se résigner aux nationalismes de
entiers du débat public sont happés
droite ou aux « politiques des identités »
par les bureaucraties et les juges (en
(analyse de la société en termes
particulier la Cour suprême américaine)
d’appartenances sexuelles, ethniques,
pour éviter le choix incertain des
religieuses, etc., NDLR) chères à
électeurs. Par exemple, la légalisation
l’extrême gauche, Fukuyama veut croire
du mariage homosexuel sur l’intégralité
en une identité inclusive fondée sur un
du territoire américain est souvent mise
attachement à des valeurs et institutions
la convergence politique. L’expertise
remplace le conflit, le droit supplante
la politique. Cette dépolitisation
était une conséquence logique
de la « fin de l’histoire » annoncée dans
un article retentissant par le philosophe
américain Francis Fukuyama en 1989,
au crépuscule de la guerre froide. Cette
thèse, souvent caricaturée, proclamait
la victoire de la démocratie libérale
sur ses opposants idéologiques. Certes,
guerres et régimes politiques différents
perdureraient, mais ces derniers
n’auraient plus de modèle idéologique
«
Arnaud de La Grange
(International),
Étienne de Montety
(Figaro Littéraire),
Bertrand de Saint-Vincent
(Culture, Figaroscope, Télévision),
Yves Thréard (Enquêtes,
Opérations spéciales, Sports,
Sciences),
Vincent Trémolet de Villers
(Politique, Société, Débats Opinions)
»
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direction.redaction@lefigaro.fr
au crédit de Barack Obama alors
que celui-ci avait fait campagne
explicitement contre lors de sa campagne
en 2008. Il s’est contenté de nommer
des juges progressistes à la Cour suprême
qui s’est ensuite penchée sur ce sujet.
Si Mounk partage les critiques
adressées aux politiques prônées par les
populistes, de la fermeture des frontières
à l’immigration au protectionnisme
en passant par le discours xénophobe,
il reproche aux libéraux de n’avoir su
défendre leurs préférences par la voie
électorale, s’attirant en retour
les foudres des électeurs. À force
de reprocher aux populistes
leurs tendances autoritaires, on oublie
que ce sont souvent les libéraux qui
n’ont pas su s’adresser aux électeurs.
À cet égard, Macron et Orban
ainsi que Salvini sont les deux pôles
idéologiques opposés d’un même
phénomène de repolitisation
de l’Europe. Macron n’esquive pas
les questions européennes: ses meetings
de campagne lors de la présidentielle
voyaient fleurir les drapeaux européens ;
la réforme de l’eurozone est au cœur
de son mandat. Contrairement
aux adversaires du Brexit en Angleterre,
qui opposaient une timide logique
comptable à un discours prônant
la souveraineté du Royaume-Uni,
il n’hésite pas à faire de l’Europe
une question civilisationnelle.
Les partisans de l’intégration
européenne et de « l’ouverture »
ne doivent pas avoir peur du conflit.
Le débat migratoire entre Macron
et Orban, qui dépasse les différences
nationales et traverse chacune
de nos démocraties, n’est pas une menace
pour l’Europe, mais une étape nécessaire
dans la construction d’un espace
public mûr. Aux électeurs européens
de trancher.
* Think-tank américain basé à Washington.
Impression L’Imprimerie, 79, rue de Roissy
93290 Tremblay-en-France
Midi Print, 30600 Gallargues-le-Montueux
Ecoprint Casablanca Maroc. ISSN 0182-5852
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Ce journal
se compose de :
Édition nationale
1er cahier 22 pages
Cahier 2 Économie
6 pages
Sur certaines éditions
Supplément 3
Magazine 116 pages
Cahier TV 76 pages
Supplément 4
Madame 124 pages
Promo Portage
Air France Magazine :
diffusion sur une partie
du territoire national
A
e ton continue de monter
au sujet des migrants entre
Emmanuel Macron d’un côté,
et Matteo Salvini ainsi
que Viktor Orban de l’autre.
Ministre de l’Intérieur italien
et premier ministre hongrois ont décidé
de faire front commun, désignant
le président de la République française
comme leur principal adversaire.
« Il y a actuellement deux camps
en Europe et l’un est dirigé par Macron.
Il est à la tête des forces politiques
soutenant l’immigration », a affirmé
Orban. « De l’autre côté, il y a nous,
qui voulons arrêter l’immigration
illégale », a poursuivi le premier
ministre hongrois. Emmanuel Macron
a réagi en revendiquant ce titre
d’« opposant principal » à la ligne
défendue par Budapest et Rome.
Il a décrit une opposition entre
« progressistes » et « nationalistes »
sur le continent.
Un choc aussi frontal entre dirigeants
européens est rare. Certains y verront
une nouvelle crise européenne,
une division de plus fracturant le projet,
l’unité et donc l’avenir de l’Union
européenne. Au contraire. À neuf mois
des européennes, Macron a raison
de vouloir assumer la confrontation
sur la question migratoire et d’en faire
un sujet clé devant les électeurs. Pour
survivre, l’Union européenne a besoin
d’un espace public où les conflits fondés
sur des choix de valeurs et d’identité
peuvent s’exprimer ouvertement. Elle
a besoin de politique.
L’Union
européenne
s’inspire, dans
L’opposition entre Macron et Orban ainsi que Salvini une large mesure,
de la logique
n’est pas un danger mais une chance pour l’Union
fonctionnaliste :
européenne, argumente le chercheur en relations
la coopération
internationales au Hudson Institute*.
technique entraînera
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 1er - dimanche 2 septembre 2018 LE FIGARO
22
L’ÉTÉ DU FIGARO
Lincoln,
un président
assassiné
6/6
[
De quoi son
vraiment mto-ils
rts ?
Gravure du président
Abraham lincoln,
vers 1861-1865.
Le 14 avril 1865, John Wilkes
Booth abat le président
d’une balle dans la tête.
Avec les progrès de la médecine,
aurait-il pu survivre aujourd’hui ?
cins présents dans la salle se précipitent autour du corps. Lincoln est
inconscient, dans un état comateux. Au départ, les deux hommes
ne comprennent pas qu’il a reçu
En avril 1861, Abraham Lincoln deune balle dans la tête. Ce n’est qu’en
vient le 16e président des Étatsrecherchant l’origine du saigneUnis. L’avocat du Kentucky est le
ment que le chirurgien Charles Leapremier républicain à prendre la
le, diplômé depuis seulement six
tête du pays. À l’époque, le parti désemaines, réalise l’ampleur des défend l’abolition de l’esclavage. Cetgâts : il peut passer le petit doigt à
te arrivée au pouvoir divise profontravers le crâne du président. Il redément le pays. À l’annonce de la
marque également que sa pupille
victoire de Lincoln, les 11 États du
gauche est dilatée. Elle ne réagit
Sud, dont l’économie repose sur les
plus. Il se tourne alors vers la comchamps de coton, entament un
pagne du président et livre un verprocessus de sécession. Ils se sépadict sans appel : « Sa blessure est
rent du reste du pays pour créer les
mortelle, il ne survivra pas . »
États confédérés d’Amérique. La
« D’après la description faite par
guerre civile éclate à peine un mois
les médecins, le signe le plus inquiéaprès l’investiture d’Abraham
tant est l’asymétrie des pupilles, reLincoln. En quatre ans, plus de
lève Dr Pierre Hannequin, neuro620 000 soldats tombent lors des
combats les plus sanglants de l’hischirurgien au CHU de Rouen. Ceci
toire des États-Unis.
témoigne de la compresDes dizaines de milliers
sion du tronc cérébral, la
de civils s’ajoutent à ce
structure de l’encéphale
Avec une
terrible bilan.
qui commande le rythme
prise en
Pour autant la guercardiaque et la respirare de Sécession ne fait
charge et des tion. Ce sont des lésions
pas plier Lincoln. Il est
catastrophiques. »
techniques
même convaincu que
Conscient que le prémodernes,
l’abolition de l’esclasident ne tardera pas à
vage mettra un terme
succomber à sa blessule président
au bain de sang. Le
re, son entourage exige
aurait eu
31 janvier 1865, il réusqu’il soit évacué du
de bonnes
sit à faire adopter le
théâtre. La MaisonBlanche est à quelques
13e amendement de la
chances
pâtés de maison, mais le
Constitution américaide s’en
trajet en calèche dans
ne à la Chambre des
sortir
les rues en terre de la
représentants. Quatre
capitale risquerait d’acmillions
d’esclaves
LE DR THOMAS SCALEA,
LORS D’UNE
célérer son agonie. On
sont désormais libres.
CONFÉRENCE
décide alors de le transUn coup de massue
DANS LE MARYLAND
porter dans l’auberge
pour les États sécesEN 2007
située juste en face. Des
sionnistes qui perdent
milliers de personnes ayant appris
de nombreuses batailles. Ils capitula nouvelle s’y sont déjà pressées.
lent le 9 avril 1865. Mais des sympaLincoln y restera 9 longues heures.
thisants des Confédérés refusent
Les battements de son cœur ralend’admettre leur défaite et l’émancitissent lentement, jusqu’à devenir
pation noire. Un groupe de conspiimperceptibles. Sa respiration est
rateurs mené par l’acteur John
qualifiée de bruyante et profonde
Wilkes Booth, une célébrité de
par les médecins. Il rend son derl’époque, fomente depuis des mois
nier soupir à 7 h 22 le 15 avril 1865
l’assassinat d’Abraham Lincoln.
dans des draps rouge sang.
Il le tuera le 14 avril 1865, le jour
Comme l’avait prédit le Dr Leale,
du vendredi saint. John Wilkes
Booth sait que ce soir-là le présiAbraham Lincoln n’a pas survécu. Il
dent sera présent au Théâtre Ford à
savait que face à ce type de blessure,
Washington pour assister à une reil était impuissant. Au XIXe siècle,
présentation de Notre cousin
les chirurgiens n’ont pas les outils et
d’Amérique de Tom Taylor. Le coles techniques nécessaires pour
médien de 26 ans connaît bien ce
sauver les patients victimes d’une
théâtre, il y joue régulièrement. Il
blessure balistique à la tête. Et si
s’y trouve déjà quand le couple préLincoln avait été victime de cet atsidentiel arrive. Aux alentours de
tentat à notre époque ? Nos méde22 heures, durant le troisième acte,
cins actuels, qui ont à leur service
Booth se dirige vers la loge de Lindes techniques bien plus sophisticoln. Nerveux, il reste caché penquées, auraient-ils pu le sauver ? Si
dant plusieurs minutes entre un
oui, quelles seraient les séquelles de
mur et un rideau. Il attend la scène
ce violent traumatisme, voire de
la plus comique de la pièce, avec
l’opération ? En 2007, lors de la
l’idée que les rires de l’audience ca13e conférence annuelle de clinicocheront le coup de feu mortel.
pathologie historique à l’université
Aucun garde du corps n’est prédu Maryland, le Dr Thomas Scalea
sent. Les deux hommes censés proaffirme qu’avec une prise en chartéger Lincoln et ses invités tringe avec des techniques modernes le
quent à la taverne d’en face. Armé
président aurait eu de bonnes
d’un petit pistolet de poche chargé
chances de s’en sortir, mais probad’une seule et unique balle, Booth
blement avec des séquelles. Un avis
s’introduit sans peine dans la loge et
qui paraît aujourd’hui bien
tire à bout portant à l’arrière de la
optimiste.
tête du président. Lincoln s’effonMême s’il est difficile de donner
dre. Le fanatique se jette alors sur
une réponse formelle 150 ans après,
scène, près de cinq mètres plus bas,
bien des éléments sont apportés par
et lance en brandissant un couteau
le compte rendu de l’autopsie réali« le Sud est vengé » et « Sic semper
sée à la Maison-Blanche par les métyrannis » (ainsi périssent les
decins militaires Edward Curtis et
tyrans ).
Joseph Janvier Woodward. On y
La confusion est totale. Tandis
apprend que la balle est entrée du
que la première dame hurle, les
côté gauche de l’os occipital, à la
spectateurs crient : « On a tiré sur le
base du crâne. Elle s’est ensuite enprésident. » Très vite, deux médefoncée profondément dans le cer-
]
Ils ont pesé lou
rd sur l’histoir
causes de leur
e du monde. Ma
mo
is les
énigmes médic rt restent mystérieuses.
Face à ces
ales, voici les
« autopsies his
pratiquées pa
r des médecin
tor
iques »
s et historiens.
RUE DES ARCHIVES/ GRANGER NYC
ANNE-LAURE LEBRUN
£@LebrunAnneLaure
LA MALADIE
Du haut de son 1,93 m, Abraham
Lincoln détonnait à la fin
du XIXe siècle. Sa taille de géant,
ses grands bras ballants
aboutissant sur des mains
gigantesques ont nourri
de nombreux fantasmes.
Certains pensent même qu’il
était atteint du syndrome de
Marfan, une maladie génétique
rare qui touche le squelette,
les yeux, les poumons mais
aussi le cœur. L’atteinte cardiovasculaire est d’ailleurs la plus
grave : il existe un risque très
important de rupture de l’aorte.
Chez les personnes atteintes
de ce syndrome, la paroi
de cette artère est en effet
fragilisée par l’absence d’une
protéine appelée fibrilline.
Trop élastique, ce vaisseau
se détend et peut céder à tout
moment. Aujourd’hui, ce risque
est drastiquement réduit
grâce aux bêtabloquants.
Mais, à l’époque de Lincoln, ces
médicaments n’existaient pas.
S’il n’avait pas été assassiné,
le président serait très
certainement mort
d’une hémorragie interne,
estiment des experts.
«
A
»
LES DATES
12 février 1809
Naissance
d’Abraham Lincoln
Avril 1861
Investiture
à la présidence
des États-Unis
Mai 1861
La guerre de
Sécession éclate
Janvier 1865
L’abolition
de l’esclavage
est adoptée
9 avril 1865
Les États du Sud
capitulent
15 avril 1865
Lincoln meurt
assassiné
veau déchiquetant la substance
blanche, au cœur de l’encéphale.
« Sur sa route, le projectile a pénétré
un sinus veineux, une grosse veine
chargée du drainage veineux dans le
cerveau, et a traversé la ligne médiane qui sépare les deux hémisphères.
La balle a donc endommagé les deux
hémisphères. Ce sont des lésions
gravissimes », décrit le Dr Éric Bord,
chef du service de neurochirurgieneurotraumatologique du CHU de
Nantes.
« Lorsque la balle a traversé l’hémisphère gauche, une cavité s’est
créée, les orbites se sont fracturées et
des vaisseaux sanguins à l’intérieur
et à l’extérieur du cerveau se sont
rompus sous l’effet d’une onde de
choc. Cela a provoqué un hématome
intracrânien et sous-dural », ajoute
le Dr Bizhan Aarabi, directeur du
centre de neurotraumatologie à
l’université du Maryland.
À notre époque, ces hématomes et
la gravité des lésions auraient été observés au scanner. « Si les résultats du
scanner et de l’examen clinique montrent que le pronostic fonctionnel sera
catastrophique malgré une chirurgie
lourde, nous pouvons décider de ne
pas intervenir. En revanche, s’ils sont
encourageants, c’est le branle-bas de
combat, explique le Dr Hannequin.
Nous tentons d’évacuer les hématomes et drainer les ventricules de l’excès de liquide céphalorachidien et de
sang. Nous plaçons aussi des capteurs
de pression intracrânienne pour que
les réanimateurs puissent adapter au
mieux les traitements médicamenteux. » Les neurochirurgiens peuvent également réaliser une craniectomie décompressive qui consiste à
ôter une partie de la voûte du crâne
pour limiter l’hypertension intracrânienne.
La balle et les débris osseux enfoncés profondément dans le parenchyme cérébral seraient restés
en place. Les chirurgiens ne s’aventurent pas à les enlever, au risque
d’endommager davantage un cerveau déjà traumatisé.
La survie de Lincoln aurait ensuite dépendu des soins de réanimation. Combien de temps serait-il
resté dans le coma ? En serait-il
sorti ? Et dans quel état ? « Vraisemblablement, le président Lincoln
n’aurait pas survécu à l’attaque. Et si
par chance nous arrivions à le sauver, il aurait été paralysé de tout le
côté droit, aurait éprouvé des difficultés à s’exprimer, ainsi que des
troubles cognitifs et fonctionnels
proches de l’état végétatif », estime
le Dr Aarabi.
Une prise en charge plus précoce
par des équipes du Samu aurait-elle pu changer cette sentence ?
L’intubation, l’assistance respiratoire et la perfusion auraient permis une oxygénation de son cerveau et réduit la souffrance
cérébrale, mais le projectile a provoqué trop de dégâts. Nos médecins n’auraient malheureusement
pas été plus performants que le Dr
Charles Leale et ses confrères.
« Les probabilités de survie, même
avec nos moyens très modernes,
sont faibles. Le taux de mortalité par
traumatisme balistique au cerveau
est d’environ 90 %. Il a peu évolué
en trente ans », relève le Dr Hannequin.
Cette fin tragique, Lincoln l’attendait. Dans ses affaires personnelles, plus de 80 lettres de menace
de mort ont été retrouvées. Il avait
également été la cible de deux tentatives d’assassinat. À chaque fois,
les balles ont atteint son haut-deforme. Un couvre-chef qu’il avait
dû ôter en entrant au théâtre.
Avant sa mise en terre à Springfield dans l’Illinois, son corps a
sillonné le pays dans un train funéraire pendant treize jours. Le cortège, parti de Washington D.C., a
traversé 7 États et 180 villes. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 1er - dimanche 2 septembre 2018 LE FIGARO - N° 23 033 - Cahier N° 2 - Ne peut être vendu séparément - www.lefigaro.fr
> FOCUS
lefigaro.fr/economie
MÉDIAS
COCA-COLA S’OFFRE
LA CHAÎNE DE CAFÉS
POUR 4,3 MILLIARDS PAGE 26
LE PATRON
DE « L’EXPRESS »
ÉCARTÉ PAGE 28
Guillaume Dubois, directeur général du magazine depuis fin 2016.
Inflation : tout ce qui va
changer pour les Français
L’Insee a annoncé vendredi que les prix ont augmenté en août de 2,3 % par rapport
à la même période l’an dernier. Le pouvoir d’achat des Français va en pâtir.
Les prix à la consommation ont
augmenté de 2,3 % sur un an en
France au mois d’août, selon les
dernières statistiques de l’Insee. La
principale cause de ce mouvement
provient de la hausse des prix du
pétrole : sur les marchés, les cours
du brut ont explosé de 47 % en un
an.
Les effets de ce retour de l’inflation
sur la vie quotidienne des Français
se feront ressentir sur leur pouvoir
d’achat : les prix à la pompe flambent, les salaires ne suivent pas et
les placements sans risque ne rapportent plus rien. En revanche, les
emprunts immobiliers à taux bas
deviennent plus intéressants.
Bercy compte sur quelques mesures
de soutien au pouvoir d’achat (suppression d’une partie de la taxe
d’habitation, poursuite des allégements de charges) pour éviter une
baisse de la consommation.
èL’INFLATION MENACE LE POUVOIR D’ACHAT DES FRANÇAIS è EN UN AN, LE PRIX DU LITRE DE SUPER SANS PLOMB A PRIS 15 % èDES SALAIRES ROGNÉS
èUNE BONNE AFFAIRE POUR LES ENTREPRENEURS èLES PLACEMENTS SANS RISQUE NE RAPPORTENT PLUS èL’HEXAGONE ENCAISSE MAL LE RÉCENT CHOC
PÉTROLIER PAGES 24 ET 25
JUSTIN TALLIS/AFP, JEAN-CHRISTOPHE MARMARA/LE FIGARO, DAVE EINSEL/AFP
Jean Tirole
tire les
leçons de la
crise de 2008
Dix ans après
le désastre des
subprimes, qui ont
provoqué la pire crise
financière depuis 1929,
le Prix Nobel
d’économie s’inquiète
de l’amnésie des
États-Unis et plaide
pour une forte
régulation. PAGE 27
le PLUS du
FIGARO ÉCO
TECH
La chasse
aux drones,
sport de l’été
PAGE 28
LA SÉANCE
DU VENDREDI 31 AOÛT 2018
CAC 40
5406,85
-1,30%
DOW JONES (18h)
25914,25 -0,28%
ONCE D’OR
1202,45 (1197,30)
PÉTROLE (lond)
77,480 (77,490)
EUROSTOXX 50
3390,67 -1,18%
FOOTSIE
7432,42 -1,11%
NASDAQ (18h)
7643,88 +0,02%
NIKKEI
22865,15 -0,02%
L'HISTOIRE
L’ancien PDG d’Enron sort de prison
L’
ancien PDG d’Enron, Jeffrey
Skilling (ci-contre), au cœur
de l’un des plus grands
scandales financiers de
ces vingt dernières
années, est un homme presque
libre. Il vient de sortir de prison et,
après douze ans de détention, il
a été transféré dans un centre
de réinsertion à Houston, au
Texas. L’ancien dirigeant était
arrivé à la tête du courtier en
énergie au début de l’année
2001. L’entreprise, qui avait
employé jusqu’à
21 000 personnes, avait fait
faillite quelques mois plus
tard à cause de malversations
comptables et ruiné ses
actionnaires. En 2006, Jeffrey
Skilling a été condamné à passer
vingt-quatre années derrière
les barreaux. Il était
personnellement accusé
d’avoir dissimulé les pertes
de la huitième entreprise
américaine et exagéré
la valeur de l’action tout
en vendant ses propres
titres. La justice
américaine l’a reconnu coupable de 19 chefs
d’inculpation, dont fraude financière, délit
d’initié et mensonges comptables.
Toutefois, en 2013, grâce à un accord
passé avec le parquet pour mettre
fin aux recours engagés depuis
des années, la peine de prison a
été ramenée à quatorze ans.
Dans ce cadre, plus de
40 millions de dollars
(34,2 millions d’euros) ont été
prélevés sur la fortune de
Jeffrey Skilling, gelée depuis
2006, pour être distribués
aux victimes de cette faillite
retentissante. L’affaire Enron
est l’un des symboles des procès
pour fraudes intentés à la moitié des
années 2000 contre des « patrons
voyous » aux États-Unis. Les
dirigeants de l’opérateur télécoms
WorldCom, du câblo-opérateur
Adelphia Communications ou du
conglomérat Tyco avaient ainsi été
condamnés à de très lourdes peines.
Le fondateur d’Enron, Kenneth Lay,
avait aussi été jugé coupable
en 2006, mais il était mort six
semaines après la fin du procès. ■
DANIÈLE GUINOT
EuropaCity, ce mégaprojet de centre
commercial et de loisirs sur 80 ha à
Gonesse, en région parisienne, sortira-t-il un jour de terre ? Bien qu’il fasse l’objet d’une opposition soutenue
des écologistes, ses promoteurs (Auchan et le chinois Wanda) continuent
d’y croire. Mais, s’ils veulent toujours
en ouvrir la première tranche en
2024, ils vont devoir revoir leur copie.
Selon une information du Monde
confirmée à l’AFP, le ministère de la
Cohésion des territoires vient de demander aux porteurs de ce projet,
très critiqué notamment par Nicolas
Hulot, de l’amender. « Une convention est en discussion sur les prochains mois pour améliorer ce qui
peut l’être », confirme Benoît Chang,
directeur général d’Alliages et Territoires, la coentreprise en charge de
ce projet. D’abord, il s’agit de réduire
l’empreinte carbone de cet énorme
équipement à 3,1 milliards d’euros, qui
prévoit 230 magasins, un parc à thème, un cirque, une piste de ski indoor,
un palais des congrès, une ferme
urbaine…
Il semblerait logique que la piste de
ski indoor, très décriée, fasse les frais
de ce réaménagement. « Le bon sens
voudra qu’elle ne soit pas réalisée si
l’on voit que cet équipement n’a pas
de sens pour les habitants, les clients,
l’environnement et ce qu’il génère sur
l’image », estime Benoît Chang. Autre
demande des pouvoirs publics : prévoir une ouverture progressive des
boutiques. En effet, les petits commerçants et les nombreux centres
commerciaux situés aux alentours
(O’Parinor, Aéroville…) craignent une
cannibalisation très dommageable
pour leurs affaires.
Ce n’est pas la première fois qu’Alliages et Territoires est amené à modifier son projet pour tenter de faire
taire les critiques. Il y a un an, la coentreprise a revu l’architecture du
complexe pour l’ouvrir plus sur les
villes avoisinantes. En attendant, le
projet continue d’avancer. Alliages et
Territoires compte choisir d’ici à la fin
de l’année l’opérateur chargé d’exploiter le parc à thème. Et il attend la
réponse du Centre Pompidou, à qui il a
proposé d’accueillir ses réserves et
quelques espaces d’exposition. J.-Y. G.
Le propriétaire du
Club Med veut coter
sa branche tourisme
Fosun,
le
propriétaire
chinois du Club Med, veut
coter sa branche tourisme à
Hongkong. Le groupe, déjà
coté là-bas, a obtenu début
juillet l’autorisation de procéder à une scission de sa
branche tourisme, baptisée
Fosun Tourism Group. Il
veut mettre en Bourse au
moins 25 % du capital de sa
filiale.
Fosun Tourism Group regroupe, outre le Club Med, le
complexe hôtelier Atlantis
Sanya et Albion, le jointventure constitué avec Thomas Cook.
Fosun est l’un des plus
grands groupes privés en
Chine. La moitié de ses revenus proviennent de ses
activités financières dans la
banque, l’assurance et l’immobilier. Mais le tourisme et
les loisirs occupent une part
croissante avec des recettes
en hausse de 33 % sur un an.
L’opération doit permettre
au groupe de lever des fonds
pour financer le développement de cette activité.
Actionnaire du voyagiste
Thomas Cook, Fosun a acquis en 2015 le Club Med
- qui n’est donc plus coté à la
Bourse de Paris depuis cette
date -, dont il continue de
développer les activités en
Chine, notamment avec un
concept de sites à proximité
des grandes métropoles.
Depuis fin 2017, de nouveaux Club Med ont ouvert
dans les Alpes, au Japon,
ainsi qu’en Italie. Parallèlement, Fosun a lui-même
inauguré en grande pompe
en avril un centre de vacances de luxe à Hainan, île du
sud de la Chine, où les autorités encouragent un boom
touristique.
Fosun a dégagé au premier
semestre 2018 un bénéfice
net de 6,86 milliards de
yuans (860 millions d’euros), en hausse de 17 % sur
un an.
V. C.
A
COSTA COFFEE
COMMERCE :
L’ÉTAT RETOQUE
LE MÉGAPROJET
EUROPACITY
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samedi 1er - dimanche 2 septembre 2018 LE FIGARO
24
L'ÉVÉNEMENT
L’inflation menace le pouvoir d’achat des
L’Insee a annoncé ce vendredi que les prix ont augmenté en août de 2,3 % par rapport à la même période l’an
GUILLAUME GUICHARD
£@guillaume_gui
CONJONCTURE À peine les
Français ont-ils pu profiter de la
reprise qu’ils sont déjà privés
d’une partie de ses fruits. La
hausse des prix qui s’est confirmée cet été est de mauvais augure pour leur pouvoir d’achat. Les
derniers chiffres de l’inflation,
publiés par l’Insee vendredi, le
confirment. La valse des étiquettes se joue à un tempo accéléré :
+ 0,5 % au mois d’août et + 2,3 %
sur les douze derniers mois.
La principale cause de ces palpitations inflationnistes est identifiée : la flambée des prix du pétrole. Sur les marchés, les cours
du brut ont explosé de 47 % en un
an. Cela s’est traduit, dans l’indice de l’Insee, par un bond de 13 %
des prix de l’énergie en août,
après 14 % en juillet. Les ménages
qui ont pris la route des vacances
s’en sont douloureusement aper-
çus cet été au moment de refaire
le plein à la pompe. Même si la
hausse des prix du baril devrait
se tasser peu à peu, « nous nous
attendons à ce que les pressions
inflationnistes restent élevées ces
prochains mois », estime Olivier
Vigna, directeur des études économiques chez HSBC.
ÉVOLUTION DU PRIX DES CARBURANTS
INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION
En euro/litre
Glissement annuel, en %
1,6
2,5
1,56
2,3 %*
+15,1 %
SP95 sur 1 an
1,5
2,1
1,47
Intention d’épargner
Cette hausse des prix, enregistrée
au moment même où la reprise
de l’économie française marque
le pas, est une mauvaise nouvelle. « L’inflation, à 2,3 %, progresse plus vite que les salaires et se
traduit par une baisse du pouvoir
d’achat,
analyse
Philippe
Waechter,
chef
économiste
d’Ostrum. Comment dans ces
conditions imaginer que les
consommateurs français puissent
se ruer dans les magasins et alimenter la croissance française ? »
La croissance de la consommation des ménages a en effet fortement ralenti ces derniers mois,
L’IMPACT SUR ...
... L’ESSENCE
1,4
1,393
+22 %
sur 1 an
GAZOLE
1,3
1,7
1,34 %
1,3
1,222
1,2
0,9
1,1
30 décembre 2016
*Prévision
0,5
31 août 2018
Janvier 2017
Août 2018
Sources : Ufip, Insee
Infographie
dégringolant de + 1,1 %, en mai, à
+ 0,1 % en juillet. Un tel coup de
frein n’avait pas été observé depuis 2012. La dernière enquête
sur le moral des ménages, publiée mardi par l’Insee, confirme
que les ménages ont pleinement
conscience de la situation. Outre
la remontée des craintes liées au
chômage, les anticipations d’inflation restent très fortes.
Craignant à juste titre pour
leur
pouvoir
d’achat,
les
consommateurs expriment davantage que les mois précédents
leur intention d’épargner, relève
aussi l’Institut national de la statistique. Résultat, les bas de laine, dans lesquels les Français ont
puisé ces derniers mois pour
maintenir leur niveau de vie menacé, sont à leur plus bas niveau
depuis cinq ans. Dans ce contexte, « la consommation des ménages, déjà étonnamment faible durant la première moitié de l’année,
risque de ne pas tirer la croissance
du second semestre de façon aussi
... LE CRÉDIT IMMOBILIER
JEAN-CHRISTOPHE MARMARA/LE FIGARO
... LES RÉMUNÉRATIONS
S’il est un poste de dépenses où le
consommateur ressent franchement l’inflation, c’est bien celui
des carburants. C’est simple, en
un an, le prix du litre de super sans
plomb a bondi de 15 %. Et celui de
gazole de près de 22 % ! Deux raisons se sont additionnées pour
faire ainsi gonfler les prix : la forte
remontée du brut et la hausse des
taxes sur les émissions de carbone.
Sur les douze derniers mois, le
prix du baril de Brent - principale
référence du marché mondial s’est renchéri de 53 % pour s’établir à 77 dollars. Exprimée en
euro, la devise européenne s’étant
affaiblie face au billet vert en un
an, la hausse du brut atteint même
55 %. Le rebond du pétrole, après
sa chute de 2014 à 2016, s’explique
principalement par l’accord de limitation de la production passé
entre l’Opep et la Russie, une
hausse de la demande mondiale
qui reste dynamique alors que la
production de certains pays
- comme la Libye et le Vénézuela recule.
A
Le poids des taxes
Si le prix d’un litre de carburant
n’a pas augmenté dans les mêmes
proportions vertigineuses que le
baril de brut, c’est qu’en France, le
pétrole n’en représente qu’un tiers
à peine. Les taxes pèsent 60 % du
prix du carburant payé par l’automobiliste. La hausse du brut aurait
pu être davantage amortie, sauf
que le gouvernement a augmenté
la fiscalité carbone. Au 1er janvier
2018, la taxe carbone (contribution climat énergie) s’est alourdie
de 3,9 centimes par litre de super
(en comptant la TVA applicable
sur la fiscalité carbone). Le gou-
vernement ayant décidé un rattrapage du prix du gazole, historiquement avantageux, la fiscalité
sur le diesel s’est alourdie deux fois
plus, de 7,6 centimes par litre.
L’association de défense de
consommateurs, la CLCV, a calculé que pour un ménage possédant un véhicule à essence et
l’autre au diesel, parcourant
25 000 km, l’alourdissement de la
fiscalité lui coûte 180 euros sur
l’année. Selon l’Insee, le carburant
représente 5 % du budget moyen
d’un ménage. « Les augmentations des taxes et du pétrole ont un
impact majeur sur le pouvoir
d’achat des Français », souligne
Francis Duseux, le président de
l’Ufip (Union française des industries pétrolières). Et de rappeler
que « 85 % des Français ont absolument besoin de leur voiture pour
travailler, faire leurs courses ou
conduire leurs enfants à l’école »
sans oublier que « 10 millions de
Français se chauffent encore au
fioul, dont 2 millions de ménages
précaires ».
Les perspectives des prochains
mois ne sont guère réjouissantes.
D’abord parce que la trajectoire
fiscale a été votée pour le quinquennat. D’ici à 2022, le litre de
gazole aura été lesté de 34,2 centimes de taxes supplémentaires.
Ensuite, le marché du pétrole devrait connaître « des tensions »,
prévoit Francis Duseux. Les compagnies pétrolières ont divisé par
deux leurs investissements dans
l’exploration et la production entre 2015 et 2017. Des projets pétroliers ont été retardés, ce qui pourrait conduire à une offre
insuffisante à l’horizon 2020, de
quoi tirer encore le prix du brut
vers le haut. Et lorsque le marché
est tout juste à l’équilibre, il est
encore plus sensible à la moindre
crise géopolitique. ■
FRANÇOIS BOUCHON/LE FIGARO
FABRICE NODÉ-LANGLOIS
£@Fnodelanglois
ARNAUD ROBIN/LE FIGARO MAGAZINE
En un an, le prix du litre de
super sans plomb a pris 15 %
Des salaires rognés
Les augmentations de salaires accordées début 2018 ont été importantes, indiquait il y a quelques
jours le cabinet Deloitte dans son
étude annuelle sur les rémunérations. De 2,5 % pour les cadres, et
de 2,2 % pour les non-cadres. La
concrétisation, sur la feuille de
paie, de la reprise économique
enregistrée l’année dernière (la
croissance a atteint 2 % en 2017).
Face à une inflation de seulement
1 % l’année dernière, le gain de
pouvoir d’achat pour les salariés
est là.
La suite pourrait bien ne pas être
aussi réjouissante… L’inflation
sera, cette année, bien supérieure
à celle de 2017. Car, d’août 2017 à
août 2018, les prix ont grimpé de
2,3 % sur douze mois. Sur l’année,
l’inflation devrait donc être supérieure à celle de 2017. De quoi rogner le pouvoir d’achat des salariés, même si Deloitte relève des
« prévisions d’augmentation sala-
riale encourageantes » dans les entreprises interrogées. Le cabinet
de consulting anticipe des hausses
comprises entre 1,5 et 2,5 %.
Revendications salariales
Et si, échaudés par ce phénomène
douloureux pour le portefeuille,
les salariés réclamaient des hausses de salaire supérieures en 2019 et qu’ils les obtenaient ? Cela
pourrait avoir pour effet d’alimenter l’inflation via la « boucle
prix-salaires », comme l’appellent
les économistes. Toutefois, ce
phénomène, observait la direction
du Trésor dans une étude de 2010,
produit des effets très lents.
D’ici là, la deuxième baisse de
cotisations salariales, prévue à
l’automne - après la première, accordée par le gouvernement en
janvier - devrait compenser une
partie de la hausse des prix et redonner un peu de pouvoir d’achat
aux salariés. ■
G. G.
Une bonne affaire
pour les emprunteurs
JEAN-BERNARD LITZLER
jblitzler@lefigaro.fr
Avec des taux moyens de crédit
sur 20 ans autour de 1,5 % inférieurs à l’inflation (2,3 %), on peut
désormais emprunter à des taux
réels négatifs. « Pour ceux qui sont
déjà endettés à taux fixe, soit plus
de 90 % des cas, le retour de l’inflation est une bonne nouvelle, estime
l’économiste Michel Mouillart,
spécialiste de l’immobilier et du
logement. Chez la majorité des emprunteurs, les revenus vont progresser au moins au rythme de l’inflation et il y aura donc une érosion
du taux d’effort, rendant le prêt plus
facile à rembourser. » De son côté,
le courtier VousFinancer est moins
certain que l’inflation facilitera la
vie des emprunteurs. Dans sa note
de juillet, il estime que ces taux
négatifs n’auront pas d’impact réel
en l’absence d’une évolution sensible des salaires. Il rappelle ainsi
que le smic n’a progressé que de
1,24 % en 2018, un niveau inférieur à celui de l’inflation.
Quant aux prêts à venir, ils devraient continuer à bénéficier
d’une situation particulièrement
favorable. Avec des emprunts
d’État (OAT à 10 ans, qui sert de
référence aux banques) qui devraient finir l’année à 0,9 %, puis
progresser de 30 à 35 points de
base en 2019 et encore une vingtaine en 2020, selon Michel
Mouillart, les taux des crédits immobiliers devraient rester inférieurs à l’inflation. Surtout si les
taux de refinancement des banques auprès de la BCE restent inférieurs à 0,25 %, permettant à celles-ci de continuer à répercuter
ces avantages aux emprunteurs.
« En tant qu’économiste du logement, cette situation me va très
bien, souligne Michel Mouillart,
mais elle interroge bon nombre
d’économistes dans les banques. Les
particuliers empruntent désormais
à des taux inférieurs à l’État. »
Mais plus encore que le niveau
des taux, ce sont les conditions
d’attribution des prêts immobiliers qu’il va falloir surveiller de
près selon lui. « Pour contrebalancer les restrictions des dispositifs
publics d’aide (PTZ, Pinel…), les
banques ont allongé les durées de
crédit et réduit leurs exigences notamment sur les taux d’apport, explique l’économiste. Mais les autorités de contrôle appellent à un
nouveau durcissement de ces conditions qui risque d’écarter les ménages modestes. » ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 1er - dimanche 2 septembre 2018
L'ÉVÉNEMENT
Français
L’Hexagone encaisse mal le récent choc pétrolier
DÉCRYPTAGE
dernier. Le pétrole les tire à la hausse.
Jean-Pierre Robin
jprobin@lefigaro.fr
dynamique qu’en 2017 », estime
Olivier Vigna.
Seules quelques mesures gouvernementales en faveur des ménages pourraient - en partie compenser les effets de l’inflation. C’est en tous les cas ce
qu’espère le ministère des Finances. « Les ménages bénéficieront
au second semestre de baisses de
prélèvements obligatoires conséquentes », insistait Bercy dans le
document préparatoire au débat
sur les orientations budgétaires,
diffusé mi-juillet. Et de citer notamment la baisse de 30 % de la
taxe d’habitation pour 80 % des
contribuables et la suppression
du 0,95 point restant de cotisation chômage salariale.
Coups de rabot à tout va
L’an prochain, les choses risquent de se compliquer. Le gouvernement a annoncé, dimanche
dernier, une série de mesures de
rigueur afin de maintenir en 2019
le déficit public sous la barre des
25
3 % du PIB. « Il faut maintenant
intégrer dans l’équation des coups
de rabot à tout va pour 2019, sur
les retraites, les APL, les allocations familiales », liste Alexandre
Mirlicourtois, directeur de la
conjoncture et de la prévision de
Xerfi. Par décision de la majorité
En marche !, ces enveloppes ne
seront en effet revalorisées que
de 0,3 % l’année prochaine. De
quoi, là encore, rogner le pouvoir
d’achat des publics concernés
- certains économistes tablent
sur 1,9 % de hausse des prix l’an
prochain. Dans ce contexte, la
mise en place du prélèvement à la
source risque d’aggraver la situation, estime Alexandre Mirlicourtois : « Le choc psychologique
des premières fiches de paie nettes
d’impôt renforcera l’impression
générale d’un pouvoir d’achat en
berne. » Le chef de l’État, Emmanuel Macron, a bien cet élément
en tête, qui envisage désormais à
haute voix de repousser encore
une fois cette réforme à risque… ■
Le changement de climat a de
quoi dérouter. Nous ne parlons
pas de la canicule, mais du coup
de chaud qui a saisi les indices
de prix à la consommation en
Europe ces dernières semaines.
Depuis quatre ans, Mario
Draghi, le président de la BCE,
n’avait eu de cesse de présenter
le retour de l’inflation comme
un objectif nécessaire et
bienfaisant. Le mandat officiel
de la BCE n’est-il pas d’assurer
une inflation annuelle (des prix
à la consommation) « inférieure
mais proche de 2 % » ?
Or, pour la première fois depuis décembre 2012, le baromètre fétiche de Francfort
vient de refranchir la barre des
2 % l’an (très exactement 2,1 %
en juillet et 2 % en août). Le
temps où les Européens étaient
plongés dans les affres de la déflation paraît bien lointain.
En janvier 2015, la zone euro
... L’ÉPARGNE
affichait un recul annuel des
prix à la consommation de
0,6 %. Et ce même mois, Mario
Draghi avait donc pu convaincre le Conseil des gouverneurs
de la BCE de se lancer dans des
achats d’actifs révolutionnaires
en faisant tourner la planche à
billets. Ce programme devait
en principe se terminer en
septembre 2016 ; il a été prolongé à plusieurs reprises et
jusqu’en décembre 2018 !
Les tenants de l’orthodoxie
sont aujourd’hui en droit de
demander à la BCE de « se retirer d’une politique monétaire
très expansionniste », comme
vient de déclarer publiquement
Jens Weidmann, le président
de la Bundesbank, considéré
comme le chef de file des « faucons ».
Le regain d’inflation pourrait
certes être considéré comme
une victoire pour la BCE et sa
stratégie de relance. Mais le
mérite n’en incombe-t-il pas
plutôt à la flambée de l’or noir ?
Hors prix de l’énergie, ce qu’on
appelle
l’inflation
sousjacente, ne dépasse pas 1,2 %
dans la zone euro.
Loin d’être technique, la distinction entre ces deux mesures
exprime les deux visages de
l’inflation. Comme pour le
cholestérol il y a la bonne et la
mauvaise. La première traduit
le dynamisme de l’économie :
les prix augmentent car la demande est forte, entraînant
celle des salaires, qui à son tour
renforce la croissance économique, etc.
“
Comme pour
le cholestérol,
il y a la bonne
et la mauvaise
inflation
”
Au contraire, la « mauvaise
inflation » est un coût subi, en
l’occurrence l’envolée du pétrole, qui ponctionne le pouvoir d’achat des ménages, ce
qui contribue à affaiblir l’activité.
Cette problématique se pose
de façon encore plus aiguë en
France que chez nos voisins. La
conjoncture française affiche à
la fois un ralentissement d’activité plus marqué (les prévisions de croissance 2018 sont
respectivement de 1,7 % en
France et de 2,2 % pour la zone
euro selon le FMI) et un redémarrage de l’inflation plus rapide. Dans la définition de
« l’indice des prix à la consommation harmonisé » (IPCH)
d’Eurostat, l’inflation française
a même atteint 2,6 % sur un an
en août 2018, sensiblement plus
que l’indice de l’Insee (lequel
accorde une place plus importante aux produits de santé, en
forte baisse depuis un an).
C’est, avec la Belgique, l’un des
taux nationaux les plus élevés
de l’Union monétaire.
La conjonction d’un ralentissement conjoncturel plus net et
d’une dérive de l’inflation supérieure est de mauvais aloi.
L’économie française respire
mal : elle s’avère plus vulnérable au choc pétrolier que
l’Allemagne ou l’Espagne, qu’il
s’agisse de ses prix et donc de
sa compétitivité, mais aussi de
son dynamisme. Emmanuel
Macron devrait en parler aux
Français. ■
RÉSULTATS BOUYGUES
DU 1ER SEMESTRE 2018
RÉSULTAT NET EN
HAUSSE DE 18 % a
Les placements sans risque
ne rapportent plus
MARIE BARTNIK £@mariebartnik
Le retour de l’inflation est une
mauvaise nouvelle pour les épargnants, surtout s’ils sont réticents à prendre des risques avec
leurs économies, comme le sont
la plupart des Français. Sur les
5 000 milliards de patrimoine financier recensés par la Banque de
France, les deux tiers sont en effet placés sur des produits qui ne
rapportent plus rien ou presque :
le livret A offre un rendement de
0,75 % jusqu’en 2020 ; les plans
d’épargne logement (PEL) 1 %
avant impôt s’ils ont été ouverts
depuis le 1er août 2016, et les
“
Il y a aussi
une forte inertie
dans le comportement
d’épargne
des Français
”
PHILIPPE CREVEL (CERCLE DE L’ÉPARGNE)
fonds euros de l’assurance-vie,
qui concentrent à eux seuls près
de 1 600 milliards d’euros, 1,8 %
en moyenne en 2017. Les livrets
bancaires ne servent plus quant à
eux qu’un intérêt dérisoire de
0,26 %.
Une fois déduite la progression
des prix, le rendement de tous
ces placements s’avère donc tout
simplement négatif. « C’est le
moyen le plus sûr de perdre de
l’argent ! »,
fait
remarquer
Philippe Crevel, du Cercle de
l’épargne. Cela n’empêche pas les
épargnants de continuer à y placer leurs deniers. Le livret A a
engrangé près de 10 milliards
d’euros de collecte depuis janvier, et les contrats d’assurancevie 15 milliards, dont 70 % sur les
fonds euros. « Cette nouvelle donne n’a probablement pas encore
été intégrée. Mais il y a aussi une
forte inertie dans le comportement
d’épargne des Français », qui
sont très attachés à la garantie du
capital, constate l’économiste.
Pour obtenir un meilleur revenu financier, introduire une pincée d’actions dans ses investissements, via les unités de compte
d’un contrat d’assurance-vie, un
plan d’épargne en actions ou encore un compte-titre, est pourtant une bonne stratégie. « Le
rendement des actions résiste généralement mieux à l’inflation que
celui des autres actifs », explique
Philippe Crevel. Cela suppose
d’accepter de prendre un risque
sur une fraction de son épargne,
car les fonds ainsi placés ne sont
pas garantis : en cas de chute des
cours, l’investisseur est perdant
d’autant.
Autre possibilité : tirer profit
des taux bas pour emprunter et
investir dans l’immobilier. Il faut
dans ce cas choisir judicieusement son bien, car il ne faut pas
oublier que des pertes sont possibles aussi lorsque l’on investit
dans la pierre. ■
• BOUYGUES TELECOM : BONNES PERFORMANCES
COMMERCIALES ET CROISSANCE SOUTENUE DES
RÉSULTATS
• ACTIVITÉS DE CONSTRUCTION : NIVEAU RECORD DU
CARNET DE COMMANDES ET RÉSULTAT OPÉRATIONNEL
COURANT EN AMÉLIORATION AU 2e TRIMESTRE SUR UN AN
CHIFFRES CLÉS CONSOLIDÉS
CHIFFRE D’AFFAIRES
en millions d’euros
15 743
+ 4 %1
Le premier semestre 2018 est marqué par :
• la poursuite des bonnes performances commerciales de Bouygues Telecom et
la forte amélioration de ses résultats financiers ;
RÉSULTAT OPÉRATIONNEL COURANT
en millions d’euros
• un carnet de commandes des activités de construction à un niveau record de
33,7 milliards d’euros à fin juin 2018, en progression de 9 % et de 13 % à change
constant sur un an. Sur le deuxième trimestre, plusieurs contrats significatifs
ont été signés.
303
Le résultat opérationnel courant du Groupe du premier semestre 2018 est de
303 millions d’euros contre 347 millions d’euros au premier semestre 2017.
Il reflète la hausse de la profitabilité de Bouygues Telecom et un résultat
opérationnel courant des activités de construction qui reste pénalisé par l’impact
des mauvaises conditions météorologiques au premier trimestre.
RÉSULTAT OPÉRATIONNEL
en millions d’euros
Le résultat opérationnel du Groupe ressort à 383 millions d’euros contre
379 millions d’euros au premier semestre 2017 (80 millions d’euros de produits
non courants au premier semestre 2018 contre 32 millions d’euros au premier
semestre 2017).
PERSPECTIVES : EN 2018, BOUYGUES DEVRAIT POURSUIVRE L’AMÉLIORATION
DE SA PROFITABILITÉ
Les perspectives de l’année 2018 annoncées lors de la publication des résultats
du premier trimestre sont confirmées.
• Bénéficiant d’un environnement porteur en France et à l’international, les
activités de construction continueront d’être sélectives et de privilégier la
marge aux volumes. Le résultat opérationnel courant b et la marge opérationnelle
courante b des activités de construction sont attendus en amélioration par
rapport à 2017.
• TF1 confirme ses objectifs d’amélioration de sa rentabilité.
• Bouygues Telecom s’inscrit dans une dynamique de croissance rentable pour
atteindre son objectif de 300 millions d’euros de cash-flow libre en 2019.
En 2018, le chiffre d’affaires Services est attendu en croissance de plus de
3 % comparé à 2017, la marge d’EBITDA/chiffre d’affaires Services devrait être
supérieure à celle de 2017 et les investissements bruts devraient s’élever à
1,2 milliard d’euros environ.
(a) par rapport au premier semestre 2017
(b) hors plus-value de 28 millions d’euros en 2017 au titre de la cession de 50 % de Nextdoor et
de la réévaluation de la participation conservée
383
- 44 M€
2
+ 4 M€
RÉSULTAT NET PART DU GROUPE
en millions d’euros
260
+ 40 M€
ENDETTEMENT FINANCIER NET
en millions d’euros
(5 042) - 777 M€
3
(1) + 5 % à périmètre et change constants
(2) dont des charges non courantes de 11 M€
chez TF1 et 91 M€ de produits non courants chez
Bouygues Telecom
(3) L’écart par rapport à fin juin 2017 reflète
principalement les acquisitions de Miller McAsphalt
par Colas et de aufeminin par TF1.
Retrouvez l’intégralité du communiqué et des résultats sur bouygues.com
Relations investisseurs : investors@bouygues.com
@GroupeBouygues
à Singapour
Crédits photo : Dans un jardin suspendu des tours jumelles
Photographe : Arnaud Février / Architectes : ADDP – SOM / Paysagiste : Belt Collins International
A
ARNAUD ROBIN/LE FIGARO MAGAZINE
PERSPECTIVES
CONFIRMÉES
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 1er - dimanche 2 septembre 2018 LE FIGARO
26
ENTREPRISES
Café : Coca-Cola
part à l’assaut
de Starbucks
et de Nestlé
Le géant américain des boissons
débourse 4,3 milliards d’euros pour
la chaîne anglaise de Costa Coffee.
IVAN LETESSIER £@IvanLetessier
AGROALIMENTAIRE Pour retrouver du tonus, Coca-Cola mise surtout sur… le café. Le leader mondial
des boissons gazeuses s’apprête à
débourser 4,3 milliards d’euros
pour avaler la chaîne de cafés Costa.
Ce prix valorise la société anglaise
plus de 16 fois les bénéfices enregistrés lors de l’exercice clos fin
mars 2018. Créée à Londres en 1971
par deux frères italiens ayant donné
leur patronyme à l’enseigne, Costa
Coffee s’est surtout développée à
partir de son rachat, en 1995, par le
groupe Whitbread, également présent dans l’hôtellerie.
La société a réalisé l’an passé un
chiffre d’affaires d’1,3 milliard de
livres, aux trois quarts dans
2 422 cafés Costa au Royaume-Uni.
Le reste de l’activité se répartit entre 8 000 machines à café installées
dans des cinémas et stations-service et 1 400 cafés dans une vingtaine
d’autres pays, pour l’essentiel en
Europe, au Moyen-Orient et en
Chine.
Plus d’un an après avoir succédé
à Muhtar Kent à la tête de The
Coca-Cola Company, James Quincey frappe un grand coup. Cette acquisition ressemble en effet à un
véritable virage stratégique : elle
permet au géant d’Atlanta à la fois
d’élargir son portefeuille de pro-
La chaîne de cafés
Costa a été créée
à Londres, en 1971,
par deux frères italiens
ayant donné
leur patronyme
à l’enseigne.
RUI VIEIRA/AP
duits et de se diversifier dans la
restauration. Coca-Cola va ainsi
pouvoir aller chatouiller deux nouveaux concurrents : Starbucks,
dont Costa est le challenger au niveau mondial, et Nestlé, numéro un
mondial du café.
Potentiel dans le thé
et le chocolat
« Le café nous aide à entrer dans le
marché des boissons chaudes », assure le PDG du groupe, dont l’ambition est de faire de Coca-Cola un
« total beverage company ». Le
géant d’Atlanta s’est déjà diversifié
au-delà de sa boisson d’origine
dans les autres sodas (Fanta,
Sprite), le jus d’orange (Minute
Maid), l’eau (Dasani) et le lait (Fairlife). Mais le nouveau patron veut
aller plus loin et plus vite, d’autant
que la croissance de boissons gazeuses sucrées, qui reste le cœur de
l’activité du groupe, est l’une des
plus faibles du secteur des boissons.
« Le café est l’une des catégories
en plus forte croissance dans le monde, à 6 %, poursuit James Quincey.
C’est aussi une catégorie avec
beaucoup de formats différents, des
coffee shops aux distributeurs en
passant par le café torréfié et moulu,
l’instantané et les capsules. Aujourd’hui, il est plus important que jamais que Coca-Cola fasse un investissement significatif dans cette
catégorie. »
Auchan attend encore les fruits de sa transformation
Ses hypers français repartent en croissance, mais la restructuration a creusé ses pertes.
OLIVIA DÉTROYAT £@Oliviader
AUCHAN,
UN POIDS LOURD
DE LA DISTRIBUTION
DISTRIBUTION Les efforts d’Auchan pour sortir de la dépendance
aux hypermarchés ne sont pas terminés. À mi-chemin de son plan de
transformation 2017-2019 mettant
l’accent sur l’enseigne unique, le
développement de la proximité et le
« phygital », le groupe connaît des
« résultats difficiles » selon Wilhelm Hubner, directeur général de
la branche distribution (Auchan
Retail) qui représente plus de 95 %
de l’activité du groupe familial nordiste.
Si, sur les six premiers mois de
l’année, le chiffre d’affaires des
magasins s’est maintenu (25,1 milliards d’euros), l’excédent brut
d’exploitation a reculé de plus de
18 % sur la période, à 656 millions
d’euros. En cause, pour près de la
moitié, de lourds frais de transformation (81 millions d’euros) pour
faire passer tous les magasins sous
la même enseigne, rénover ses hypers ou soutenir les frais de person-
CHIFFRES AU PREMIER
SEMESTRE 2018
2 5 ,1
milliards d’euros
de chiffre d’affaires
(stable à taux
de change constants)
619
millions d’euros
d’excédent brut
d’exploitation
(- 18 % à taux de change
constants), affecté
par les charges
de restructuration
14 pays
Présence dans le monde
nels, renforcés pour mener ces
transformations. L’autre moitié de
la chute de rentabilité, soit près de
95 millions d’euros, vient de la dégradation opérationnelle. Le groupe a notamment souffert de la chute
des résultats dans trois de ses marchés : Russie, Italie et Taïwan. Alors
qu’Auchan a lancé une refonte de
son modèle commercial, la Russie
explique une bonne partie des pertes totales du groupe (151 millions
d’euros), qui inclut aussi les filiales
bancaires (Oney) et immobilières
(Ceetrus).
En revanche, en France (33 % de
l’activité) après cinq années de
contre-performance, de petits signaux positifs surgissent sur les hypermarchés, qui pèsent pour 77 %
de son activité. Sur la première partie de l’année, et même s’ils continuent à perdre des parts de marché,
ses gros paquebots ont stabilisé leur
baisse. Certes légèrement (+0,2%
avec la vente d’essence). Mais le
point d’inflexion semble atteint.
Plus globalement, le transfert de
l’ensemble de ses 269 supermarchés
tricolores Simply Market sous enseigne Auchan Supermarchés permet à ce format de grappiller 0,1 %
de part de marché. Sur l’ensemble
des magasins passés sous marque
Auchan en France, le chiffre d’affaires progresse en moyenne de près
de 5 %.
“
Notre mobilisation
se poursuivra au second
semestre. Le cap est
bon et je suis confiant
et serein
”
WILHELM HUBNER, DIRECTEUR GÉNÉRAL
DE LA BRANCHE DISTRIBUTION
Pour transformer l’essai dans son
marché natal, le distributeur
compte sur l’alliance aux achats
avec Casino, Metro et l’espagnol
Dia pour améliorer ses conditions
d’achats. Il ne chiffre toutefois pas
les gains espérés de cette nouvelle
centrale, qui doit être opérationnelle pour les négociations 2019. En
revanche, il reste prudent sur l’ho-
rizon de retour aux bénéfices.
Sur ses autres marchés aussi, le
changement se fait au pas de charge. La moitié du parc mondial du
distributeur a basculé sous l’enseigne unique. Et les résultats sont attendus plutôt d’ici à 2020. « Nos résultats financiers actuels ne reflètent
pas encore […] les nombreuses avancées déjà réalisées. Notre mobilisation se poursuivra au second semestre. Le cap est bon et je suis confiant
et serein », a conclu Wilhelm Hubner lors d’une conférence téléphonique.
En Chine, le distributeur nordiste, qui s’est allié il y a un an avec le
géant AliBaba, tire en revanche déjà
les fruits de ses efforts. Il a déjà déployé son service de livraison à domicile de courses en une heure dans
170 de ses 481 magasins de l’empire
du Milieu. Le reste du parc devrait
suivre d’ici à la fin de l’année. Il a
aussi noué une alliance avec le poids
lourd de la distribution de produits
électroniques et électroménagers
Suning, pour déployer des corners
dans ses hypermarchés. ■
Avec ses propres magasins et les
5 millions de membres du Costa
Coffee Club, Coca-Cola va se donner un moyen de moins dépendre
de ses clients distributeurs classiques, avec lesquels les relations sont
parfois tendues, notamment au
moment des négociations tarifaires.
« Les magasins sont aussi un élément
clé dans la construction de la marque
Costa et pour favoriser ses ventes
dans d’autres lieux de consommation
immédiate », ajoute le PDG.
Le géant d’Atlanta est déjà présent dans le café au Japon avec sa
marque Georgia, disponible chaud
ou froid dans des boîtes prêt-àboire vendues dans des distributeurs automatiques installés à quasiment tous les coins de rue. Làbas, c’est même l’essentiel de
l’activité de la filiale.
Avec l’aide de ses partenaires
distributeurs, le géant d’Atlanta
compte bien accélérer le déploiement de Costa partout dans le monde et sur tous les segments du café.
Au-delà des magasins à l’enseigne
Costa et des machines préparant du
café à base de grains, le nouveau
propriétaire de la société, qui restera gérée de façon autonome par
son patron actuel, estime que son
expertise va lui permettre de
s’étendre dans les offres à domicile
(grains, torréfié, dosettes…), les cafés prêt-à-boire (chaud et froid).
Coca-Cola envisage même un élargissement de la marque au thé et au
chocolat… « Dans notre industrie,
l’époque est aux changements très
rapides, conclut James Quincey.
Très complémentaire, Costa peut
aider Coca-Cola à devenir encore
meilleur. » ■
EN BREF
COQUILLES SAINTJACQUES : APAISEMENT
DU CONFLIT ATTENDU
£ Les pêcheurs français
et britanniques, qui se disputent
les coquilles Saint-Jacques
au large des côtes normandes,
se réuniront à Londres
la semaine prochaine pour tenter
de mettre fin au conflit. « Nous
souhaitons qu’il y ait un accord
entre les pêcheurs français et les
pêcheurs anglais », a annoncé
vendredi Stéphane Travert,
le ministre de l’agriculture.
GRÈCE : HAUSSE
DU SALAIRE MINIMUM
£ Dix jours après la sortie
de la Grèce de la tutelle de ses
créanciers, le premier ministre
Alexis Tsipras s’est engagé
à « régulariser le marché
du travail » et à « augmenter
le salaire minimum ». La Grèce a
subi une baisse de 23 % du salaire
minimum pendant la crise
de 2009 à 2016, soit davantage
que l’Irlande, le Portugal,
Chypre ou l’Espagne, qui ont
également suivi des programmes
d’ajustement de leur économie.
LA SÉANCE DU VENDREDI 31 AOÛT
LE CAC
JOUR
%VAR.
ACCOR .............................................. 43,1
♣
AIR LIQUIDE ..................................
108,5
AIRBUS ..............................................106,26
ARCELORMITTAL SA ..................................
25,94
ATOS .............................................. 103,2
AXA ..............................................
21,745
BNP PARIBAS ACT.A ..................................
50,58
BOUYGUES ..............................................
38,03
CAPGEMINI ..............................................
110,75
CARREFOUR ..............................................
15,37
CREDIT AGRICOLE ..................................
11,792
DANONE ..............................................67,82
ENGIE .............................................. 12,63
ESSILOR INTL. ..................................124,3
HERMES INTL ..................................560,2
KERING ..............................................468
L'OREAL ..............................................
206,7
LEGRAND ..............................................64,9
LVMH .............................................. 301,85
♣
MICHELIN ..............................................
101,95
+HAUTJOUR
-1,15 43,8
-1,36 110
-2,5 108,8
-1,01
26,16
-0,58 103,5
-0,84 21,925
-1,4
51,38
-2,49 38,8
-1,07 111,95
-1,57
15,63
-0,84
11,9
-0,99 68,45
-2,73
12,855
-0,76 125,75
-1,96 571,2
-2,99 482,3
-1,57 209,8
-0,28 65,34
-2,66 309
-2,21 103,2
+BAS JOUR %CAP.ECH 31/12
42,97
108,25
106,2
25,64
102,15
21,65
50,36
37,97
110,3
15,33
11,734
67,73
12,61
123,85
558,2
468
205,7
64,72
300,65
101,95
0,382
0,213
0,191
0,109
0,322
0,266
0,342
0,361
0,28
0,411
0,235
0,332
0,324
0,221
0,063
0,19
0,099
0,232
0,127
0,347
+0,23
+3,28
+28,02
-4,33
-14,96
-12,09
-18,75
-12,19
+11,99
-14,8
-14,55
-3,05
-11,89
+8,13
+25,54
+28,12
+11,76
+1,11
+23
-14,72
JOUR
%VAR.
ORANGE ..............................................13,95 -0,78
PERNOD RICARD ..................................
136
+0,29
PEUGEOT ..............................................
23,7
-1,58
♣ 55,3
PUBLICIS GROUPE SA .............................
0
RENAULT ..............................................
74,2
-0,67
SAFRAN ..............................................112,3
-0,53
SAINT GOBAIN ..................................37,065 +1,97
SANOFI ..............................................73,69 -1,19
SCHNEIDER ELECTRIC .............................
70,24 -0,65
SOCIETE GENERALE ♣
..................................
35,24 -1,03
SODEXO ..............................................89,72
-1,95
SOLVAY ..............................................
114,65 -1,25
STMICROELECTRONICS .............................
17,705 +0,2
TECHNIPFMC ..................................26,37
0
TOTAL .............................................. 53,87 -1,43
UNIBAIL-RODAMCO-WE .............................
181
-0,63
VALEO .............................................. 39,11
-0,99
VEOLIA ENVIRON. ..................................
18,16 -0,6
VINCI♣.............................................. 82,56 -1,31
VIVENDI ..............................................22,35 -0,45
+HAUTJOUR +BAS JOUR
14,055
136
23,99
55,84
74,5
113,15
37,39
74,69
70,88
35,67
91,64
116,1
17,935
26,66
54,55
183,98
39,26
18,265
83,76
22,54
13,905
134,8
23,61
55,2
73,45
111,35
36,67
73,69
70,02
35,085
89,26
114,4
17,555
26,16
53,87
180,22
38,68
18,095
82,48
22,3
%CAP.ECH
0,221
0,217
0,296
0,261
0,278
0,217
0,595
0,19
0,299
0,485
0,292
0,222
0,23
0
0,245
0,308
1,315
0,283
0,262
0,221
31/12
-3,63
+3,07
+39,78
-2,38
-11,57
+30,72
-19,39
+2,56
-0,87
-18,14
-19,93
-1,08
-2,75
+2,01
+16,99
-37,19
-14,64
-3,04
-0,31
A
FORTE CHUTE DU COURS DES ACTIONS CASINO ET RALLYE
L’action Casino a chuté, ce vendredi, de
10,22 % à 27,31 euros, son plus bas niveau
depuis plus de 20 ans. Celle de Rallye, la
société-mère du distributeur stéphanois,
a, elle, reculé de 6,45 % à 8,92 euros, ce
qui la ramène aussi à son plus bas niveau.
La baisse du cours de Bourse des deux
valeurs s’est accélérée vendredi après la
publication, dans l’après-midi, d’un tweet
du fonds américain Muddy Waters s’alarmant de l’absence de la publication des
comptes 2017 de la filiale Casino Finance.
Un porte-parole du distributeur stéphanois s’est empressé de préciser que
« les comptes de Casino Finance seront
déposés samedi et lisibles sur Infogreffe
lundi » et qu’ils étaient de toute manière
déjà intégrés dans les comptes consoli-
LES DEVISES
MONNAIE
AUSTRALIE ................................................................................
DOLLAR AUSTRALIEN
CANADA ................................................................................
DOLLAR CANADIEN
GDE BRETAGNE ................................................................................
LIVRE STERLING
HONG KONG ................................................................................
DOLLAR DE HONG KONG
JAPON ................................................................................
YEN
SUISSE ................................................................................
FRANC SUISSE
ETATS-UNIS ................................................................................
DOLLAR
TUNISIE ................................................................................
DINAR TUNISIEN
MAROC ................................................................................
DIHRAM
TURQUIE ................................................................................
NOUVELLE LIVRE TURQUE
EGYPTE ................................................................................
LIVRE EGYPTIENNE
CHINE ................................................................................
YUAN
INDE ................................................................................
ROUPIE
ALGERIE ................................................................................
DINAR ALGERIEN
1 EURO=
1,6129
1,5192
0,8974
9,1453
129,05
1,1281
1,1651
3,216
11,103
7,6386
21,015
7,9664
82,7245
137,8028
AUD
CAD
GBP
HKD
JPY
CHF
USD
TND
MAD
TRY
EGP
CNY
INR
DZD
L’OR
JOUR
VEILLE
31/12
COTATION QUOTIDIENNE ASSURÉE PAR TESSI-CPOR
www.cpordevises.com
LINGOT DE 1KG ENV .....................................................
33670
33700
-3,11
NAPOLEON ..................................................... 199,9
193,9
-3,38
PIECE 10 DOL USA .....................................................
598,75
598
+1,83
PIECE 10 FLORINS .....................................................
203
199
-4,61
PIECE 20 DOLLARS .....................................................
1149,5
1149
-1,58
PIECE 20F TUNISIE .....................................................
195
195
-4,41
PIECE 5 DOL US (H) .....................................................
271
267
-11,15
PIECE 50 PESOS MEX .....................................................
1279
1261
-2,37
PIECE FR 10 FR (H) .....................................................
109
109
-0,73
PIECE SUISSE 20F .....................................................
193,8
194
-4,39
PIECE LATINE 20F .....................................................
196,9
196,9
-2,96
SOUVERAIN ..................................................... 251,7
251,3
-3,45
KRUGERRAND .....................................................
1099
1061
-1,77
SICAV ET FCP
VALEURS LIQUIDATIVES EN EUROS (OU EN DEVISES), HORS FRAIS
VALEUR
DATE DE
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dés publiés en mars dernier. En dépit de
ces précisions, l’inquiétude reste palpable
autour de la valeur à la Bourse de Paris.
Les analystes du fonds Muddy Waters
suivent le dossier de près. Ils avaient attaqué Casino fin 2015, en vendant le titre
à découvert tout en dénonçant publiquement un manque de transparence dans
les comptes et un niveau d’endettement
trop élevé. Ils avaient largement contribué à alimenter la chute des cours et
poussé Casino à engager un vaste plan de
cession d’actifs, en vendant ses filiales en
Asie. Avant l’été, le groupe a annoncé son
projet de céder pour 1,5 milliard d’euros
d’actifs non stratégiques (immobiliers
pour l’essentiel) dans des délais assez
brefs, sans rassurer durablement.
Mi-juillet, les investisseurs se réjouissaient de la nette amélioration des comptes de Casino au premier semestre. Mais
certains s’inquiètent toujours de son niveau d’endettement, qui a augmenté l’an
passé. « Rallye peut refinancer sa dette,
estimaient mercredi les analystes de Credit
Suisse. Mais une nouvelle chute du cours
de Casino pourrait être problématique. » ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
L’ÉTÉ DU FIGARO
27
18 JUILLET 2013
16 DÉCEMBRE 2010
21 JUILLET 2010
les États-Unis réécrivent les règles
pour les banques américaines,
avec la loi Dodd-Frank
samedi 1er - dimanche 2 septembre 2018
vote de la loi
bancaire en France
publication des nouvelles
règles bancaires
internationales
(dites de « Bâle III »)
[
La crise 10 an
s après...
4 NOVEMBRE 2014
la BCE devient le
superviseur des 122
plus grandes banques
de la zone euro
]
15 septembre 200
8. Lehman Bro
d’investisseme
thers, quatrième
nt de
banque
retentissante don Wall Street, part au tapis.
Sa faillite
ne le coup d’env
connue depuis
1929. Dix ans apr oi à la pire crise financière
ès, la finance,
mondiale, le pay
l’éc
sage politique
international gar onomie
les traces de cet
den
te
marqué ceux qui crise qui a aussi profondément t
l’ont vécue, de
Ils racontent,
pour « Le Figaro l’intérieur.
».
DETTE PUBLIQUE
DE L’EUROPE DES 28,
en % du PIB
5/5
2017
81,6
2007
57,5
BERTILLE BAYART £@BertilleBayart
Il faut bien un Nobel pour tenter d’y
voir clair. Car, dix ans après, la crise
de 2008 est souvent réduite à une
controverse binaire : les fatalistes y
voient le résultat inéluctable du déroulement des cycles économiques,
les fanatiques le résultat tout aussi
inéluctable d’une activité par essence nuisible, la finance, dont les
professionnels mériteraient le gibet.
Son déclenchement et son déroulement sont en réalité si techniques
que son analyse ne peut être accessible au plus grand nombre.
L’économiste Jean Tirole, président de la Toulouse School of Economics et Prix Nobel 2014 d’économie, livre pour Le Figaro ses leçons
d’une crise qu’il a vue se dérouler en
direct et qui fait écho à deux de ses
objets de travaux de prédilection :
les bulles et la régulation de l’économie de marché. Il apporte sa
science et de la mesure à un débat
inflammable. « Les excès de la finance créent des ressentiments légitimes chez les citoyens. Pour autant,
la finance est indispensable à l’économie », rappelle-t-il en préambule. « La difficulté provient du fait que
le sujet est technique, donc nécessairement délégué à des autorités de régulation publiques et spécialisées,
alors que la crise de 2008 a mis en lumière une défaillance massive de
l’État. Car si l’on peut regretter le
manque d’éthique de certains acteurs
du monde financier, ce n’est pas une
incantation ou des stigmatisations
qui éloigneront les crises financières ;
in fine, une mauvaise régulation est
en cause. » Le ton est donné. Jean
Tirole s’intéresse surtout à la façon
dont les autorités publiques au sens
large réussissent ou échouent à réguler une activité, ici la finance, en
calibrant correctement l’arbitrage
entre la recherche de l’efficacité
économique et la répression de ses
excès.
Pour Jean Tirole, la régulation du
secteur financier a tiré beaucoup de
bonnes leçons de la déroute de
2008, dont sont nées les règles
internationales dites de « Bâle III ».
Celles-ci ont relevé les exigences en
fonds propres des banques, renforcé les obligations de liquidité, c’està-dire de sécurité de financement,
et durci les contraintes de fonctionnement (conformité, rémunérations…). « Globalement, Bâle III
représente un progrès. Les recommandations de nombreux économistes ont été suivies : par exemple, l’accroissement des exigences en fonds
propres, rendues aussi contracycliques (les banques doivent garder plus
de fonds propres dans les périodes
fastes comme coussin pour les périodes de vaches maigres créées par le
boom précédent du crédit ou par
d’autres facteurs) ; l’introduction
d’un ratio minimal de liquidité ; l’utilisation plus répandue de plateformes
centralisées et transparentes plutôt
que de marchés de gré à gré néces-
sairement opaques ; l’amélioration
des infrastructures réglementaires
avec un rôle accru de la Fed aux
États-Unis et la création d’une
supervision centralisée à la BCE en
Europe », détaille-t-il.
du chapitre consacré à la crise le
propos tenu en novembre 2008 à la
London School of Economics par la
reine d’Angleterre, exceptionnellement sortie de sa réserve : « Mais
pourquoi personne n’a-t-il prévu
cela ? »
La banque « plan-plan »
Les nouvelles régulations, nationales et internationales, sont
parfois jugées
beaucoup trop
clémentes. On
se souvient en
France du débat de 20122013 sur la loi
bancaire, dont
certains
ont
voulu croire
qu’elle serait la
traduction du
célèbre slogan
de campagne
de
François
Hollande,
« mon ennemi,
c’est la finance ». Ceux-là
regrettent que
les
textes
n’aient pas été
assez loin pour
brider la taille
des banques, et
surtout pour
séparer leurs activités,
afin d’immuniser la banque de détail, celle de M.
Tout-le-Monde, des activités
plus spéculatives.
La taille des banques est-elle un
enjeu ? « Oui et non. Il est vrai que la
faillite d’une grosse banque a plus de
chances de créer des effets systémiques. […] Mais il faut bien voir que les
problèmes financiers peuvent aussi
avoir leur origine dans les petites
banques : regardez les Cajas en
Espagne ou les Sparkassen et les
Landesbanken en Allemagne. Ensuite, l’aspect systémique est toujours
difficile à évaluer. AIG aurait-il été
jugé systémique avant 2008 ? Je ne
sais pas. En fait, le potentiel de
contagion financière dépend du bilan
de l’institution en difficulté, de la corrélation de ses expositions au risque,
de la nature de ses contreparties, etc.
Donc oui, il faut être vigilant avec les
grosses banques, mais la qualité de la
supervision me semble plus importante », explique-t-il.
Quant à couper les banques en
deux, avec la banque de dépôts d’un
côté, les activités de marché de
l’autre, l’économiste est tout aussi
nuancé. « Cette séparation a une logique, mais il faut aussi comprendre
que d’une part elle n’est pas facile à
mettre en œuvre et d’autre part elle
n’est pas la panacée. De nombreuses
banques ayant eu recours au soutien
public depuis 2008 étaient soit des
banques d’investissement pures, soit
des banques de détail. Une banque
peut prendre beaucoup de risques en
se concentrant sur des activités
“plan-plan” », souligne-t-il.
La régulation est affaire de textes
et de bonne application. Pour les
premiers, rappelle Jean Tirole, « le
diable est dans le détail ». Un mauvais calibrage peut créer « des brèches dans lesquelles certains acteurs
s’empresseront de s’engouffrer ». La
crise de 2008 est ainsi pour partie le
résultat de brèches, comme celle
qui permettait aux banques de ne
pas affecter de fonds propres aux
crédits subprimes destinés à être titrisés, donc revendus, et qui sont
restés sur les bras de ces mêmes
banques quand la crise a frappé.
Le risque du laxisme
Oui, les ÉtatsUnis, comme
d’autres,
sont en train
d’oublier
les leçons
de la crise
et les leçons
de l’économie
tout court.
Jean Tirole,
Prix Nobel 2014
d’économie,
dans son bureau
à Toulouse, le 11 juin.
ÉRIC DESSONS/JDD/SIPA,
PUF
« La crise de 2008
a révélé une
défaillance massive
de l’État »
« Les exigences […] étaient ridiculement faibles », observe Jean Tirole.
« Cette échappatoire fut depuis supprimée, mais bien sûr d’autres façons
de réduire les fonds propres réglementaires par des interactions avec le
“shadow banking” (la finance non
régulée, NDLR) peuvent resurgir »,
met-il en garde.
L’application des règles est un
autre défi, qui suppose des autorités
de supervision fortes. On est ici au
cœur des travaux de Jean Tirole, qui
dans son Économie du bien commun,
publié en 2016, plaidait pour une
« plus grande distance entre évaluateurs et évalués ». Ce débat-là est
souvent réduit aux problèmes de
perméabilité, et d’allers-retours de
dirigeants, entre entreprises privées
et autorités publiques. Jean Tirole
l’élargit à l’interaction entre autorités de régulation et pouvoir politique. « Des règles gérant les conflits
d’intérêts (la célèbre porte tournante)
peuvent limiter la connivence. L’utilisation de contre-pouvoirs (des com-
missions parlementaires, des opinions d’universitaires, une presse
économique compétente …) peut aussi œuvrer dans ce sens. Je prêche surtout pour l’indépendance des autorités de régulation. L’action politique
est fortement soumise aux lobbies ou
simplement au désir de plaire (rappelons-nous ici de l’encouragement par
les politiques américains et espagnols
du boom immobilier et des prêts subprimes). De plus, une bonne régulation est nécessairement technique,
avec des arbitrages complexes à réaliser. Pour autant, l’indépendance
des autorités de régulation n’est pas
une panacée ; la compétence de ses
membres doit être garantie par une
sélection portant essentiellement sur
cette qualité, et leur intégrité doit
faire l’objet d’attention. »
Les prescriptions de bonne régulation du professeur Tirole empêcheront-elles une prochaine crise ?
Lui connaît les limites du rôle de
l’économiste. Dans Économie du
bien commun, il cite en préambule
Dans Économie du bien
commun, publié en 2016,
Jean Tirole s’attarde
sur les bulles, « une
constante dans l’histoire
des crises bancaires »,
dit-il. « Quand la bulle
est détenue par
des banques déjà
endettées, l’impact
macroéconomique
de son éclatement est
important », ajoute-t-il.
C’est ce qui s’est produit
en 2008…
À défaut de prévoir, Jean Tirole attire l’attention sur plusieurs dangers
de notre époque : « La tentation de la
déréglementation, le laxisme face aux
bulles, la détention excessive par les
banques de bons du Trésor nationaux
en Europe, le surendettement privé ou
étatique, l’insuffisance de la coopération internationale en termes de supervision (les États cherchant trop à
favoriser leurs propres banques) et de
résolution des banques en difficulté… » Le contexte de taux bas, « si
nécessaires soient-ils à la conservation de l’activité économique », n’est
pas non plus sans risques ni sans
coûts. Ces taux bas, souligne l’économiste, « impliquent une redistribution massive de richesse des épargnants vers les détenteurs de
portefeuilles mobiliers et immobiliers,
accroissant un peu plus l’inégalité de
richesse. Ils facilitent l’émergence de
bulles. Et ils deviennent une drogue
pour les États ».
La tentation de déréguler semble
particulièrement forte aux ÉtatsUnis. « Les crises, qu’elles soient
bancaires ou de dette souveraine, ont
pour origine un laxisme dans les
périodes plus fastes. Quand les choses
semblent aller bien, l’on ne veut pas
casser la croissance ou s’opposer aux
lobbies. C’est une constante. Oui, les
États-Unis, comme d’autres, sont en
train d’oublier les leçons de la crise et
les leçons de l’économie tout court »,
dit-il.
Mais l’Europe est aussi appelée à
la vigilance. Jean Tirole salue « la
centralisation de la supervision à la
BCE (qui) est un progrès important,
même si, en pratique, chaque pays
résiste et veut un traitement privilégié de ses banques (on le voit en ce
moment avec l’Italie) ». Mais notre
Nobel s’alarme. Il y a, dit-il, « un
éléphant dans la boutique de porcelaine : le traitement des dettes souveraines. Aujourd’hui, l’on fait toujours
comme si elles étaient complètement
sûres, ce qui n’est pas le cas. Cette
fiction d’absence de risque est une
échappatoire permettant d’investir
sans fonds propres. Pire : les banques
sont incitées à détenir des obligations
d’État […]. Aujourd’hui, les banques
italiennes détiennent essentiellement
des bons du Trésor de leur pays (c’est
aussi le cas ailleurs en Europe). Mais
cette politique accroît le risque : en
cas de problème souverain, les banques perdent de l’argent et peuvent
nécessiter une recapitalisation publique mettant à contribution un État
déjà exsangue (et inversement des
problèmes bancaires peuvent créer,
comme on l’a vu en Espagne et en
Irlande, des problèmes de dette souveraine qui peuvent aggraver les
problèmes bancaires). Les régulateurs européens en la matière ont été
un peu laxistes et n’ont pas écouté les
recommandations des économistes », martèle Tirole. À ses yeux, la
question clef qui a été posée par la
crise de l’euro en 2011-2013, cette
autre crise terrible qui s’est enflammée sur les cendres de celle de
2008, n’a pas encore été résolue. Le
cordon entre risque bancaire et risque souverain n’a pas été coupé. ■
» Retrouvez l’intégralité
de l’interview de Jean Tirole
www.lefigaro.fr
+@
A
L’économiste
Jean Tirole tire les
enseignements
de la déroute
de 2008 et plaide
pour une
régulation robuste.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 1er - dimanche 2 septembre 2018 LE FIGARO
28
MÉDIAS et TECH
Nouvelle crise
à « L’Express »
kiosque de presse de SFR. Sur le second, en revanche, la stratégie
adoptée n’a pas permis à L’Express
de se redresser économiquement.
« Errements stratégiques »
Son directeur, Guillaume Dubois, a été écarté.
Le titre peine à trouver sa place sur le marché.
PRESSE L’Express est à nouveau en
crise. Son directeur général depuis
fin 2016, Guillaume Dubois, a été
démis de ses fonctions, a rapporté
vendredi le site des Échos. Il ferait
les frais de mauvais choix stratégiques. D’autres sources évoquent
aussi la possible volonté du propriétaire du newsmagazine, Altice,
contrôlé par Patrick Drahi, de céder
son pôle presse constitué par L’Express, mais aussi Libération. Alain
Weill, le patron d’Altice Media, ne
croirait pas en effet au redressement des deux titres sur le papier.
« Les rumeurs allaient déjà bon
train cet été », indique une source
interne. La « transformation radicale » voulue par Guillaume Dubois
au printemps dernier n’a pas été
couronnée de succès. Selon nos informations, SFR Presse attendra la
semaine prochaine pour officialiser
le départ de Guillaume Dubois, qui
aurait été acté dès juillet, et annoncer la mise en place d’une équipe
244 000
exemplaires
diffusion payée
de « L’Express »
Source ACPM
Guillaume Dubois était
à la tête de L’Express,
depuis fin 2016.
EN BREF
La chasse aux drones, le sport de l’été
Seul l’État peut utiliser des brouilleurs. Les particuliers peuvent se rabattre sur les bazookas.
2014. « Il nous est arrivé que certains clients se plaignent effectivement de ces violations d’intimité »,
constate un hôtelier de luxe de la
Côte d’Azur, qui songe à installer
un dispositif de brouilleur d’ondes
GPS, nuisible aux drones.
L’installation de dispositifs de
brouillage est pourtant totalement
interdite, sauf cas bien particuliers,
tient à mettre en garde Catherine
Gabay, directrice adjointe du
contrôle du spectre à l’Agence
nationale des fréquences. « En
France, utiliser ou même simplement posséder un brouilleur d’ondes
est passible de peines pénales très
lourdes : jusqu’à six mois de prison
ferme et 30 000 euros d’amende. »
En cause : le risque de brouiller
bien plus que la communication
entre un drone et son propriétaire,
mais aussi l’ensemble des services
alentour qui dépendent des fréquences perturbées, particulièrement critiques pour l’aviation
civile et de nombreuses applications de transport. En 2017, un
particulier a ainsi brouillé les
communications de l’aéroport de
Nantes et retardé le départ de
4 avions. Il vient d’être condamné
à 2 000 euros d’amende. « La technique du brouillage est d’autant plus
dangereuse qu’on ne sait pas
comment le drone va réagir : il peut
s’écraser, revenir vers son pilote ou
devenir hors de contrôle… rajoute
Catherine Gabay. C’est aux forces
de l’ordre comme la gendarmerie ou
la police de coordonner les mesures, et non aux particuliers de
faire justice eux-mêmes. »
Le business de
la chasse aux
INTERNET Il n’y a pas que le président de la République qui souffre
des bourdonnements intempestifs
autour de sa résidence de vacances
au fort de Brégançon. Les particuliers aussi s’agacent des survols indésirables de drones au-dessus de
leurs demeures. Voilà maintenant
quelques années qu’un appareil
survole chaque été le jardin familial d’Henry Michel, dès lors que
quelqu’un se prélasse au soleil.
« C’est un sentiment d’impuissance
assez fou, explique l’animateur de
l’émission de podcast Riviera Détente, parce qu’on sait que l’on est
filmé donc on n’ose pas trop gesticuler avec un manche à balai, de
peur de finir tourné en dérision sur
Internet. » Sur les collines de Cannes, derrière les pins du cap d’Antibes ou les hautes falaises du village d’Eze, le même phénomène
s’observe et agace les riverains, incapables d’agir ou d’appeler la police à temps pour intercepter les
pilotes. Au point où, de guerre lasse, certains ont choisi d’investir
dans la chasse aux drones avec des
solutions bien à eux.
La start-up française CerbAir a
été contactée par plusieurs « villas
VIP » du sud de la France. « Les
survols de drones étaient récurrents
et faisaient vivre un cauchemar aux
propriétaires : atteinte à la vie privée (avec des drones équipés de caméras), repérage en vue de cambriolage, espionnage par hacking du
réseau Wi-Fi (sur des drones équipés de cartes Raspberry Pi)… », explique Thomas Gueudet, directeur
du développement et expert sûreté
de l’entreprise. CerbAir aide à localiser le pilote et à envoyer ces informations aux forces de l’ordre.
Selon les options choisies, il est
possible de s’équiper pour moins
de 20 000 euros pour les particuliers. La jeune entreprise assure
que la demande ne cesse de croître,
chaque événement médiatique
rapportant de nouveaux contrats.
400 000 drones circulent officiellement en France.
A
Le Stade de France équipé
Outre ces dispositifs d’alerte dès
lors qu’un drone s’introduit dans la
propriété, les solutions de neutralisation reposent parfois sur une
technique inattendue : des bazookas à air comprimé qui lancent
ARTIE MEDVEDEV/SHUTTERSTOCK , HALFPOINT/STOCK.ADOBE.COM, OPEN WORKS ENGINEERING
ELISA BRAUN £@Elisabraun
des filets géants, dotés d’un parachute pour ralentir la dégringolade
des appareils. S’ils sont en mesure
de viser des appareils au-dessus de
150 mètres de hauteur, comme
ceux de la start-up britannique
OpenWorks Engineerings, ils sont
considérés comme des armes de
guerre. En dessous, ces lanceurs de
filets sont autorisés. « Le phénomène
d’intrusion tend à devenir de moins
en moins marginal, donc la demande
augmente », explique Antoine
Vidaling, de la société Skydrone.
Pour environ 2 000 euros, son entreprise propose également des bazookas antidrones.
Le Stade de France fait partie de
ses clients, ainsi que plusieurs organisateurs d’événements et entreprises. Les établissements touristiques ne sont pas en reste,
notamment dès lors qu’ils accueillent des célébrités souhaitant
éviter les drones-paparazzi. La
chanteuse pop Miley Cyrus s’était
indignée de telles pratiques dès
Pour empêcher
les survols
intempestifs de drones
au-dessus des
propriétés privées, les
start-up fourmillent
d’idées. Ainsi la société
française CerbAir
propose une solution
pour localiser le pilote
et envoyer ces
informations aux forces
de l’ordre.
La britannique
OpenWorks
Engineerings a élaboré
un bazooka à air
comprimé qui lance
des filets géants, dotés
d’un parachute pour
ralentir la dégringolade
des appareils.
JEAN-CHRISTOPHE MARMARA/LE FIGARO
collégiale pour diriger le titre dans
l’attente d’un remplaçant.
Connu pour être l’un des artisans
pendant dix ans de la réussite de
BFMTV, autre média détenu par
Altice, et un proche d’Alain Weill,
fondateur de NextRadioTV et désormais à la tête de SFR et Altice
Media, Guillaume Dubois a eu la
lourde tâche de succéder au très
médiatique Christophe Barbier, demeuré éditorialiste à L’Express.
Beaucoup plus discret et moins expansif que l’homme à l’écharpe
rouge, le nouveau patron a pris ses
fonctions à un moment critique,
après un important plan de départs,
alors que les ventes du titre piquaient déjà fortement du nez,
comme celles de ses concurrents
L’Obs ou Le Point.
Ses deux priorités d’alors : redéployer la marque L’Express en
fonction des nouveaux usages et
développer un modèle payant pour
le numérique. Sur le premier point,
Guillaume Dubois a réussi. La distribution de la version numérique
s’est rapidement imposée sur le
ALEXANDRE DEBOUTÉ £@axel_deb
La vraie refonte du titre n’a été mise
en place qu’au printemps dernier.
La direction du journal a fait le
choix d’abandonner la course à
l’info en continu, avec à la clé la fusion des rédactions print et Web. La
révolution opérée visait à partir de
la production en ligne pour valoriser des articles à valeur ajoutée,
plutôt magazine, afin de nourrir
l’édition papier et ainsi stimuler la
vente d’abonnements numériques.
Le bilan de cette stratégie a vite
été tiré. Les ventes n’ont pas décollé. L’audience du site Internet de
L’Express a reculé depuis le début
de l’année, passant sous la barre des
10 millions de visiteurs uniques en
juin, contre 12,6 millions en janvier.
Quant à la version papier, sa diffusion payée est tombée à 244 000
exemplaires en mars dernier, soit
près de 50 000 de moins qu’en 2016,
selon l’ACPM. Des tendances toutefois observables sur l’ensemble des
titres des newsmagazines papier (Le
Point, L’Obs, Marianne…).
Vendredi, la société des journalistes de L’Express, qui compte
115 journalistes,
s’est
dite
« consternée », dénonçant les « errements stratégiques », un « fonctionnement low-cost » et un « management incompréhensible ». Elle
demande un dialogue immédiat
avec la direction et un engagement
clair de l’actionnaire sur la pérennité du titre au sein d’Altice. ■
drones reste ainsi majoritairement
une affaire d’État, seul autorisé à
utiliser des dispositifs de brouillage. Le régalien est ainsi le premier
marché adressé par le Groupe
Communication & Système (CS)
dans le cadre de son activité de détection et neutralisation de drones.
Des aigles royaux
Depuis 2015, le groupe est impliqué
dans ce domaine à travers le projet
Boréades et est chargé de déployer
des dispositifs antidrones pour
l’État, et notamment le ministère
de l’Intérieur et le ministère des
Armées. D’après des spécialistes
du secteur, le marché s’élève à plus
de 10 millions d’euros. Le groupe
porte aussi le projet Aladdin, financé à hauteur de 5 millions
d’euros par l’Union européenne
afin de développer les efforts de recherche pour protéger les sites les
plus sensibles, comme les centrales
ou bases militaires. Sur sept mois
en 2018, 135 infractions ont été
constatées dont 35 survols de zones interdites, auxquels s’ajoutent
les survols de la prison de Fresnes
et de Brégançon ces derniers mois,
alertait auprès France Inter JeanFrançois Morel, chargé de mission
à la Direction des opérations et de
l’emploi, au sein de la Direction
générale de la gendarmerie nationale. La plupart du temps, il s’agit
de particuliers qui méconnaissent
les interdictions de survol.
D’autres rapprochements sont
plus inquiétants. En 2016, la DGAC
relevait 45 signalements de drones
à proximité d’aéroports ou d’aéronefs. « Un drone dans un réacteur et
c’est la catastrophe », assure pourtant Egidio Cau, directeur grands
programmes du Groupe CS. « On
sait que dans des zones de guerre
comme la Syrie, ils sont utilisés à
des fins terroristes . » L’armée
de l’air explore toutes les options pour la riposte, y compris
la piste animale. Des aigles
royaux ont ainsi été dressés pour
la chasse au drone et veillent sur
la base aérienne de Mont-deMarsan. La doctrine de
protection anti-drones
se double aussi d’un
volet de prévention :
prévu par la loi du
24 octobre 2016,
l’enregistrement
des drones s’apprête à
devenir réalité d’ici à
la fin de l’année. ■
LES JOURNALISTES ET
ÉDITEURS DÉFENDENT
LE DROIT VOISIN
£ Les principaux syndicats
européens de journalistes et
d’éditeurs (EFJ, IFJ, EMMA,
ENPA, EPC…) ont appelé
vendredi les eurodéputés à voter
en faveur du projet de directive
sur les droits d’auteur, dont
le vote est prévu le 12 septembre
prochain. Ce texte prévoit
l’instauration d’un droit voisin
imposable aux plateformes
numériques, qui devront
rémunérer les éditeurs et agences
de presse en cas d’utilisation
de leurs contenus.
DÉPART DE LA
DIRECTRICE DE FRANCE 3
DANA HASTIER
£ Après onze ans passés à France
Télévisions, la directrice de
France 3, Dana Hastier, va quitter
le groupe fin septembre. Ses
fonctions seront assurées par la
direction générale des antennes
et des programmes.
FRANCIS MOREL
CHEZ MCKINSEY
£ L’ex-patron du groupe
Les Échos-Le Parisien, qui fut
aussi directeur général du
groupe Figaro, va rejoindre le
cabinet de conseil McKinsey
comme senior executive advisor
au bureau de Paris. Il travaillera
dans l’équipe Practice Consumer
Technology et Media en Europe.
ERRATUM
£ Dans l’article « Radio France :
le digital, levier des économies »
paru le 30 août, une erreur
s’est glissée. Marc Voinchet
dirige France Musique
et non France Culture.
» Sur
« L’ACTUALITÉ
DES MÉDIAS »
dans le 17h-19h
par Catherine Pottier
et Enguérand Renault
chaque dimanche
à 17h25
et sur franceinfo.fr
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