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Le Figaro - 06 03 2018

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mardi 6 mars 2018 LE FIGARO - N° 22 881 - www.lefigaro.fr - France métropolitaine uniquement
Première édition
lefigaro.fr
« Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur » Beaumarchais
PORTRAIT
GÉRARD LARCHER,
PREMIER OPPOSANT
À MACRON PAGE 14
AUTOMOBILE
AU SALON DE GENÈVE,
LE RETOUR EN FORCE DES
MODÈLES FAMILIAUX PAGES 32 ET 33
Les partis antisystème
créent le choc en Italie
RÉFORME PÉNALE
Le chef de l’État
donne le tournis à
ses adversaires PAGE 5
DIPLOMATIE
Nétanyahou
rattrapé
par les affaires
à Washington PAGE 7
Les populistes du Mouvement 5 étoiles tout comme la Ligue d’extrême droite, auteurs
de percées historiques dimanche aux élections législatives, revendiquent chacun le pouvoir.
ASIE
Kim Jong-un cajole
la Corée du Sud PAGE 8
Les populistes du Mouvement 5 étoiles et la Ligue
d’extrême droite ont revendiqué, lundi, le droit de gouverner l’Italie, tout en excluant une alliance « euro-
FOOTBALL
PSG-Real : rêver
d’un exploit
pour entretenir
la légende PAGES 10 ET 11
sceptique » entre eux. Faute
de majorité claire au Parlement, ce choc électoral pour
l’Italie et l’Europe ouvre une
phase d’incertitude politique
qui pourrait durer des mois
dans la troisième économie
de la zone euro. Avec un vote
marqué à la fois par le rejet
des partis traditionnels,
l’exaspération face au marasme économique et les
tensions autour des migrants
et de l’Union européenne,
l’Italie s’inscrit dans la lignée
du Brexit et de la poussée de
l’extrême droite ailleurs en
Europe. L’ancien chef du
è LUIGI DI MAIO OU LE TRIOMPHE DU PRAGMATISME è MATTEO SALVINI JUGE AVOIR « LE DROIT DE GOUVERNER » è TIMMERMANS : « CE VOTE EST UN APPEL
AU SURSAUT DE L’UE » è LE SCRUTIN ITALIEN, NOUVELLE MANIFESTATION DU SÉISME QUI SECOUE L’EUROPE PAGES 2, 4 ET L’ÉDITORIAL
ACQUISITION
Formation
professionnelle :
les syndicats
en colère
contre le plan
Pénicaud
Jean-Michel Blanquer
et Brigitte Macron s’engagent contre
le harcèlement à l’école
Axa devient
un géant
de l’assurancedommages PAGE 23
TÉLÉVISON
Après Canal +,
Orange se dit « prêt
à couper le signal
de TF1 » PAGE 26
CINÉMA
Aux côtés du ministre de l’Éducation, la première dame s’est rendue lundi dans un lycée de Dijon pour parler
des violences scolaires, qu’elles soient physiques ou sur Internet, dont serait victime un élève sur dix. PAGE 9
n
ÉDITORIAL par Arnaud de La Grange adelagrange@lefigaro.fr
n
n
PAGES 15 À 17
@
FIGARO OUI
FIGARO NON
Réponses à la question
de lundi :
Bure : le gouvernement
doit-il maintenir le projet
d’enfouissement
des déchets nucléaires ?
NON
33 %
OUI
67 %
TOTAL DE VOTANTS : 19 307
M 00108 - 306 - F: 2,60 E
3’:HIKKLA=]UW[U^:?k@d@k@g@a";
Votez aujourd’hui
sur lefigaro.fr
La montée des
populismes en Europe
vous inquiète-t-elle ?
FRANÇOIS BOUCHON/LE FIGAROPEUGEOT
P
Tutti a casa !
our la classe politique traditionnelle
italienne, la gifle est cuisante. Pour
la vieille garde, incarnée jusqu’à la
caricature par Silvio Berlusconi,
comme pour la plus jeune, représentée par Matteo Renzi. « Tutti a casa ! » Tous
à la maison, scandait Beppe Grillo. Le fondateur du Mouvement 5 étoiles voulait renvoyer
les vieux rombiers de la scène politique en
leurs foyers. Un « dégagisme » à l’italienne
qui a trouvé hier quelque réalité…
Ce raz-de-marée électoral des forces « antisystème », qu’il s’agisse de la Ligue ou des
5 étoiles, témoigne de l’immense fatigue des
partis traditionnels européens. De larges pans
de la population n’en peuvent plus de voir les
mêmes visages, d’entendre les mêmes mots
camouflant une même inefficacité. Mises au
goût local, les attentes et les colères partout
sont cousines : soif de renouvellement des
élites, peur de la perte de contrôle devant
l’immigration de masse, rejet du dogme de la
globalisation, crainte de la dissolution de
l’identité, ressentiment contre la bureaucratie dirigiste bruxelloise.
Ce résultat sonne le réveil pour l’Europe, a-ton envie de dire. Mais des alertes de ce genre,
il y en a eu beaucoup, ces dernières années.
Pourtant, passé l’effet de sidération, rien ne se
produit. Ou si peu. Qui peut dire que l’on n’a
pas vu venir les tensions de la société italienne
autour des migrants ? Que l’on n’a pas entendu les appels de Rome à la solidarité européenne, dans son extrême solitude ? Emmanuel Macron a bien fait le diagnostic hier,
pointant la « pression migratoire ». Ajoutant
que l’on ne peut défendre
de belles idées « en faisant
abstraction de la brutalité
du contexte ». Va-t-on en
tirer les conclusions ?
Passé le coup de tonnerre
du Brexit, les Européens
avaient cru un temps respirer. Les errements britanniques redonnaient
des attraits à l’UE. Ici et là, les partis « populistes » semblaient piétiner. L’accalmie a été
de courte durée, comme l’a aussi montré la
percée de l’AfD outre-Rhin. La grande révision européenne est urgente. Hier, Angela
Merkel a dit vouloir redonner une « voix forte » à l’Allemagne en Europe. Il reste à souhaiter qu’elle soit audible. ■
Le scrutin
italien
sonne
le réveil
pour
l’Europe
AND : 2,80 € - BEL : 2,60 € - CH : 4,00 FS - CAN : 5,40 $C - D : 3,20 € - A : 3,50 € - ESP : 2,90 € - Canaries : 3,00 € - GB : 2,50 £ - GR : 3,20 € - DOM : 3,00 € - ITA : 3,00 €
LUX : 2,60 € - NL : 3,20 € - PORT.CONT : 3,00 € - MAR : 22 DH - TUN : 4,20 DT - ZONE CFA : 2.300 CFA
ISSN 0182.5852
LA GALERIE PATRICK SEGUIN ACHÈTE POUR
SES EXPOSITIONS INTERNATIONALES ET SES
PUBLICATIONS DES ŒUVRES DE :
JEAN PROUVÉ
CHARLOTTE PERRIAND
JEAN ROYÈRE
TEL +33 1 4700 3235 | INFO@PATRICKSEGUIN.COM
A
n
La ministre du Travail a présenté son « big bang » de la
formation professionnelle,
qui se traduit par une reprise
en main par l’État d’un système jusqu’ici géré par les
partenaires sociaux. La réforme prévoit de confier la
collecte des cotisations aux
Urssaf et leur gestion à la
Caisse des dépôts. Les droits
à la formation seront traduits
en euros et les prestataires
mieux contrôlés. PAGE 20
BUREAU, TABLE, FAUTEUIL TOURNANT ET BIBLIOTHÈQUE CHARLOTTE PERRIAND ET PIERRE JEANNERET, CA 1948
À quoi servent
encore
les chambres
de commerce ?
Entretien
avec Dominique
Reynié
La tribune
de Guillaume
Peltier et
Damien Abad
La chronique
de Renaud
Girard
L’analyse de
Cécile Crouzel
PHILIPPE DESMAZES/AFP
CHAMPS LIBRES
Des Oscars sous
surveillance PAGE 29
n
gouvernement, Matteo Renzi, a annoncé qu’il quittait la
direction du Parti démocrate
(centre gauche) après la défaite de son parti, qui a recueilli 18,7 % des voix.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 6 mars 2018 LE FIGARO
L'ÉVÉNEMENT
2
Les populistes réclament
le pouvoir en Italie
ÉLECTIONS ITALIENNES
RÉSULTATS PARTIELS LUNDI À 18H00,
en % des suffrages exprimés
L C
 
Coalition de droite
et d’extrême droite
37,1 %
Ligue (extrême droite)
17,4
Forza Italia (droite)
La percée de la Ligue et du M5S a ouvert une phase d’incertitude politique.
14,0
Frères d’Italie (extrême droite)
4,3
Nous avec l’Italie-UDC (centre-droit)
RICHARD HEUZÉ rheuze@lefigaro.fr
1,3
Mouvement
cinq étoiles
ROME
32,6 %
LES ÉLECTIONS de dimanche ont profondément bouleversé le paysage politique de
l’Italie, provoquant un « véritable tremblement de terre ». Les observateurs
n’avaient pas de mots assez forts hier pour
qualifier le résultat inattendu des urnes.
Trois surprises majeures émergent du
scrutin. Le Mouvement 5 étoiles (M5S)
réussit un exploit en s’imposant dans le
Sud et dans une large partie du centre du
pays. Dans le Nord, Forza Italia, le parti de
Silvio Berlusconi qui s’attendait à une victoire facile, est largement distancé par son
allié, la Ligue du Nord, souverainiste et
anti-européenne. Enfin le grand perdant
est le Parti démocrate qui avait conduit les
trois gouvernements de la précédente législature. Hier en fin d’après-midi, l’ancien président du Conseil Matteo Renzi a
reconnu une « défaite nette qui nous impose d’ouvrir une nouvelle page ». Il a annoncé qu’il quittait la direction du parti et
demandait la convocation d’un congrès :
« notre place est dans l’opposition. Nous ne
nous associerons jamais avec les extrémistes », a-t-il affirmé.
Au lendemain de ces élections, l’Italie
se retrouve plus populiste, moins euro-
(anti-système)
32,6
Coalition
de centre gauche
Parti démocrate (centre gauche)
22,8 %
18,7
+Europa (centre gauche)
2,5
Autres partis de la coalition
1,5
3,4 %
Libres et égaux
(gauche)
3,4
Autres petits partis 4,1 %
L S
Coalition de droite
et d’extrême droite
37,5 %
Ligue (extrême droite)
17,6
Forza Italia (droite)
14,4
Frères d’Italie (extrême droite)
4,3
Nous avec l’Italie-UDC (centre-droit)
péenne et surtout plus divisée que jamais.
Le directeur du Corriere della Sera, Luciano Fontana, parle d’un « changement radical » : « le résultat des urnes balaie les
coalitions qui ont dominé les précédentes
législatures. À commencer par le centre
gauche ».
Deux nouvelles divisions s’affirment :
dans le Nord, la coalition de centre droit
perd l’ancrage modéré et européen dont
Silvio Berlusconi s’était fait le garant et se
retrouve dans l’orbite nationaliste, sous
l’impulsion de la Ligue qui revendique de
gouverner avec « Frères d’Italie », la petite
formation néo-fasciste de Giorgia Meloni.
Dans le Mezzogiorno, le Mouvement 5
étoiles (M5S) s’impose très largement au
terme d’une progression spectaculaire.
Cette formation antisystème apparue en
1989 progresse partout et s’affirme comme la première force politique avec
32,7 % de suffrages et près de onze millions de voix. Elle conquiert entre autres
les bastions gagnés en Sicile par le centre
droit lors des élections régionales de décembre dernier. Les électeurs, les jeunes
en particulier, ont massivement voté
pour des candidats incarnant le changement, après une crise économique qui a
durement pénalisé le Sud, lui faisant fermer 32 000 entreprises et perdre 600 000
emplois en six ans.
Alors qu’on s’attendait généralement à
une abstention assez large, le taux de participation a atteint 73 %. À peine deux
points de moins qu’aux précédentes législatives de 2013, où les élections
s’étaient déroulées sur deux jours. Les
instituts de sondage l’attribuent au fait
qu’un grand nombre d’indécis ont fait
leur choix au dernier moment ou, par
calcul, ont masqué leurs intentions de
vote lors des enquêtes d’opinion.
« Aucun marchandage »
Le président de la République, Sergio
Mattarella, est maintenant confronté à un
rébus pour pressentir une personnalité en
vue de former le prochain gouvernement. Passage préalable obligé : l’élection
des deux présidents du nouveau Parlement, le vendredi 23 mars. Les accords
qui seront négociés en sous-main fourniront de précieuses indications sur les ententes éventuelles entre groupes. « Nous
faisons confiance au président Mattarella
pour assurer la stabilité du pays », a affirmé hier depuis Milan le président du Parlement européen, Antonio Tajani. La semaine dernière, Silvio Berlusconi l’avait
présenté comme son candidat pour gouverner le pays si Forza Italia avait remporté les élections. Une offre rendue inutile par le résultat électoral de dimanche.
Dans les milieux politiques, on tend
aujourd’hui à exclure de manière catégorique une coalition entre Ligue et M5S.
Leurs programmes sont antinomiques
sur bien des points. Seuls leur sont communs une aversion envers l’Europe, une
méfiance à l’égard de l’impôt et une volonté de régler le problème des immigrés
de manière drastique.
L’une et l’autre des deux formations
ont d’ailleurs exclu de la manière la plus
formelle vouloir conclure une alliance de
gouvernement. Pour le moment du
moins. « Niente incucio » (aucun marchandage), a lancé hier encore Beppe
Grillo, le fondateur du M5S. « C’est moi le
seul leader de la coalition », a réaffirmé
Matteo Salvini en se rendant à Arcore,
auprès de Silvio Berlusconi. « La responsabilité de former un gouvernement nous
appartient. Nous discuterons avec tous »,
a relancé de son côté le jeune leader du
M5S Luigi Di Maio, le seul à faire une
ouverture sur des objectifs communs de
gouvernement.
Pour le sociologue Ilvo Diamanti,
auteur d’un ouvrage avec Marc Lazar sur
la « métamorphose de notre démocratie »,
le M5S est un « mouvement populiste
transversal, ni de droite ni de gauche, habile à capter toutes les opportunités de
pouvoir et à se transformer ». ■
1,2
Mouvement
cinq étoiles
32,2 %
(anti-système)
23,0 %
Parti démocrate (centre gauche)
19,1
+Europa (centre gauche)
2,4
Autres partis de la coalition
1,4
3,3 %
Libres et égaux
(gauche)
3,3
Source : la Repubblica
Autres petits partis 4 %
Nous
souhaitons
bonne chance
aux responsables
pour former
un gouvernement
stable, et ce pour
le bien de l’Italie
mais aussi de notre
Europe commune
»
STEFFEN SEIBERT, PORTEPAROLE DE LA CHANCELIÈRE
ALLEMANDE ANGELA MERKEL
Nous avons
confiance
dans la capacité
du président
Sergio Mattarella
à faciliter
la formation
d’un
gouvernement
stable en Italie (…)
Restez calmes
et continuez
»
A
MARGARITIS SCHINAS,
PORTE-PAROLE
DE LA COMMISSION
EUROPÉENNE
ALESSANDRO BIANCHI/REUTERS; PIERO CRUCIATTI/AFP
32,2
Coalition
de centre gauche
Luigi Di Maio ou le
triomphe du pragmatisme
Matteo Salvini juge avoir
« le droit de gouverner »
« AVEC nous commence la IIIe République, celle des citoyens. » Ce dimanche
soir, Luigi Di Maio exulte en prenant
connaissance des premiers résultats
comme s’il ne s’attendait pas à une victoire aussi nette du Mouvement 5 étoiles
(M5S). Le Mezzogiorno tout entier passe
sous la coupe de cette étrange formation
antisystème apparue il y a neuf ans. Aux
élections de février 2013, où elle était
apparue pour la première fois, elle avait
recueilli neuf millions de voix et 25,6 %
des suffrages. Ce dimanche, elle a dépassé 32 %, avec plus de onze millions
d’électeurs.
« Le rêve est devenu réalité ! », s’enthousiasme à son tour Beppe Grillo depuis
Gênes, où il s’est retiré après avoir pris ses
distances avec le mouvement qu’il a fondé. Comment administrer maintenant
cette victoire ? Ce ne sera guère facile
pour une formation qui refuse jusqu’à
présent toute alliance, toute « compromission ». « Nous cherchons à dépasser les
idéologies en nous fixant plutôt des objectifs. Nous ne sommes ni de droite ni de gauche », déclare Luigi Di Maio (31 ans), le
plus jeune leader en Europe avec le chancelier autrichien conservateur Sebastian
Kurz.
Dans son livre Un populisme à l’italienne ? (Éd. Petits Matins), Jérémy Dousson
analyse avec justesse le pragmatisme
d’un mouvement qui n’adhère à aucune
idéologie et vote les lois correspondant à
son programme, « peu importe qui les
propose ». Et c’est ainsi que Luigi Di Maio
entend procéder dans la recherche d’alliés pour gouverner : « Conclure des accords sur des mesures et des réformes ciblées, un contrat de législature d’une
dizaine de points avec d’autres forces politiques », précise-il. Le jeune leader est
C’EST EN se présentant comme le futur
président du Conseil que Matteo Salvini a tenu lundi matin sa première
conférence de presse après le vote de
dimanche. « Il revient à notre coalition
de centre droit de former le gouvernement et la Ligue arrivant en tête de la
coalition devra évidemment le diriger »,
a affirmé sans ambages le leader de la
Ligue. Son parti d’extrême droite,
souverainiste et antieuropéen a nettement distancé son allié Forza Italia :
17,58 % des suffrages, contre 14,08 %
pour la formation de Silvio Berlusconi.
« Salvini Premier », proclamaient
ses affiches électorales. Le leader de la
Lega a gagné son pari, au moins en
termes d’équilibre au sein de la coalition de droite, donnée largement en
tête à la veille du vote. Mais elle est
loin des 40 % qui lui auraient donné la
majorité absolue et sa performance est
ternie par la performance du Mouvement 5 étoiles (M5S).
conscient que la partie la plus difficile « ne
fait que commencer ». « Ne vous transformez pas en parti. Restez un mouvement,
biodégradable par nature », avertit Beppe
Grillo.
Mais la tentation sera grande de chercher des alliances pour ne pas dilapider ce
succès. Un pacte avec la Ligue (nationaliste), une sorte de coalition populiste,
paraît inconcevable, pour le moment du
moins. Reste à séduire les déçus du « renzisme », des franges dissidentes du Parti
démocrate, ou encore Emma Bonino,
dont le credo résolument européen n’est
pourtant guère compatible avec le programme du M5S.
“
Nous cherchons
à dépasser les idéologies
en nous fixant plutôt
des objectifs
LUIGI DI MAIO
”
Sa victoire éclatante met Luigi Di Maio
à l’abri des critiques couvant dans son
mouvement. Sacré en octobre dernier
« chef politique » par Beppe Grillo, « Giggino », comme l’appellent ses partisans, a
tout de suite pris les « pleins pouvoirs ». Il
a exclu des contestataires, expulsé une
dizaine de parlementaires surpris en pleine campagne à tricher sur leurs notes de
frais.
Si tant d’Italiens ont voté pour le M5S,
des jeunes surtout, et particulièrement
dans le Sud, c’est certainement avec l’espoir que les choses allaient changer dans
leur vie personnelle, après tant de promesses politiques jamais tenues. Pour ne
pas les décevoir, Luigi Di Maio devra faire
preuve de toute son habilité. ■
R. H.
Sortir de l’euro
Le score de dimanche marque en revanche une victoire pour cet activiste
milanais qui aura 45 ans vendredi, militant de la Ligue du Nord depuis 1990
avant de transformer le mouvement
séparatiste d’Umberto Bossi en une
formation populiste, nationaliste,
europhobe et islamophobe. Il consacre également le succès de sa stratégie : la Ligue a gagné plus de treize
points et quatre millions de voix en
cinq ans. Sa principale alliée en Europe, Marine Le Pen, lui a adressé lundi
sur Twitter « ses plus chaleureuses félicitations » : « C’est une nouvelle étape
du réveil des peuples. »
Tribun rugueux, omniprésent sur la
scène politique, avec toujours une repartie cinglante pour mobiliser son
auditoire, sans aucun état d’âme, Matteo
Salvini a construit son succès électoral
en misant sur l’insécurité, la peur des
étrangers et la « dictature » de Bruxelles. Il a tiré parti de l’attentat raciste de
Macerata (six blessés le 3 février) pour
en rejeter la faute sur les « 600 000 clandestins » présents dans le pays et appelle
à les renvoyer chez eux « en 15 minutes ». Silvio Berlusconi, qui le craignait,
lui avait promis le fauteuil de ministre de
l’Intérieur, persuadé jusqu’à la veille du
scrutin que Forza Italia (FI) aurait obtenu plus de voix que la Ligue. Mauvais
calcul. Pour le chef du groupe FI au Sénat Paolo Romani, « Matteo (Salvini,
NDLR) a fait une campagne extraordinaire, surfant sur le véritable malaise du
Nord, où il a fait le plein de ses voix. Il a dit
tout ce que les gens voulaient entendre
dans un moment de grande peur. »
Matteo Salvini qui s’impose comme
leader d’une nouvelle droite identitaire
se dit aujourd’hui prêt à « rencontrer
tout le monde, même mes adversaires les
plus acharnés » pour construire son
équipe de gouvernement. « Pas de
coalition étrange, de gouvernement à
objectifs limités, de “minestrone” : le
seul gouvernement viable est celui que je
dirigerai », précise-t-il. Cette perspective n’atténue pas sa vive hostilité à
l’Union européenne et à l’euro, « une
monnaie erronée destinée à finir bientôt » et qu’il avait décrite en 2006 comme « un crime contre l’humanité ». S’il
était nommé président du Conseil, il se
ferait fort de « s’activer à Bruxelles pour
changer certains traités », avec pour
horizon et référence Viktor Orban, le
premier ministre hongrois. ■
R. H.
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mardi 6 mars 2018 LE FIGARO
4
L'ÉVÉNEMENT
Frans Timmermans,
fin février, à Bruxelles.
Frans Timmermans
est vice-président
de la Commission
européenne.
F. LENOIR/REUTERS
PROPOS RECUEILLIS À BRUXELLES PAR
JEAN-JACQUES MÉVEL
LE FIGARO. - Comment réagissez-vous
au succès du populisme
et de l’extrême droite, qui totalisent
plus de 50 % des voix en Italie,
un des six pays fondateurs ? Est-ce
un affaiblissement de plus pour l’UE ?
Frans TIMMERMANS. - C’est un résultat difficile, mais je ne suis pas inquiet.
L’Italie est une nation très forte, je suis
sûr qu’elle s’en sortira. C’est aussi le reflet d’une déception italienne vis-à-vis
de l’Europe. Il faut la prendre comme
un appel au sursaut de l’UE et en tirer
les bonnes conclusions (...). On doit de
plus se poser la question : comment
réinventer la démocratie pour que les
Européens s’y retrouvent à l’aise ?
Pourquoi tant de questions aussi
en Europe centrale ?
Il y a une sorte de logique des quinze
ans d’adhésion. On l’a vue à l’œuvre au
Royaume-Uni, avec Margaret Thatcher. Ou encore au Danemark. À l’Est,
c’est la réaction de nations qui cherchent toujours leur place dans un monde qui change vite. Elle se traduit par
une expression nationaliste. Elle est
plus forte, à cause du traumatisme laissé par les régimes communistes et, plus
récemment, du fait des répercussions
énormes de la crise migratoire.
Est-ce le cas de la Pologne ?
Oui, mais ce n’est pas propre à la Pologne. Ailleurs, on voit aussi émerger une
autre conception de la démocratie, un
vrai défi idéologique à ce qui fonde
l’UE. Cette partie-là est plus dangereuse que le Brexit, Emmanuel Macron l’a
compris et je lui en suis très reconnaissant. Du XXe siècle, nous avons appris
que la prospérité aux dépens de ses voisins conduit à la guerre. L’UE part du
contraire : si un pays va mieux, ses voisins s’en porteront mieux aussi. Tout
est remis en cause par ceux qui, tels
Vladimir Poutine, le Hongrois Orban ou
le Polonais Kaczynski, ont vraiment le
sentiment de perdre si les voisins gagnent. Cela vaut aussi pour les élections, la séparation des pouvoirs ou
l’indépendance de la presse : si tu
perds, je gagne…
Timmermans : « Ce vote est
un appel au sursaut de l’UE »
La Commission Juncker a lancé
contre Varsovie une procédure
sur l’indépendance de la justice qui peut
conduire à des sanctions européennes.
A-t-elle changé d’attitude ?
Le gouvernement Morawiecki s’est engagé dans le dialogue. Je ne suis plus la
cible d’attaques personnelles. Cependant, le dialogue ne compte que s’il
conduit à un résultat. Nous attendons
une réponse écrite. On verra alors si le
changement porte sur le fond ou seulement sur la forme. Sur la Pologne et
l’État de droit, je constate que les pays
membres sont encore plus exigeants
qu’avant.
Sur quoi l’UE
se montre-t-elle intransigeante ?
Il est possible de réformer le système judiciaire. Mais on ne peut pas le faire en le
plaçant sous le contrôle politique. Les
treize lois que Varsovie a adoptées depuis 2016 placent, ensemble, la justice
sous la coupe directe de l’exécutif. Le
gouvernement doit faire marche arrière.
Il est inacceptable de refuser la publication des arrêts du tribunal constitutionnel, de nommer des juges hors du cadre
légal, ou encore de se donner la possibilité de revoir rétroactivement, tous les
jugements rendus depuis vingt ans. Sur
ce point, la Commission de Venise
(Conseil de l’Europe, NDLR) a pu dire de
c’est pire que l’Union soviétique.
Pourquoi la Hongrie ne s’est-elle pas
retrouvée dans le collimateur,
malgré l’offensive lancée
contre la justice et la presse ?
Les réformes lancées par Viktor Orban
s’inscrivent dans une Constitution qu’il
a lui-même modifiée, avec les suffrages
nécessaires. Le gouvernement polonais
est obligé de contourner la Constitution
parce qu’il n’a pas la majorité pour la
changer. Le premier ministre hongrois
est aussi plus malin : il sait faire marche
arrière. Quand la Cour de justice de
l’UE de justice l’exige, il rectifie le tir.
Faut-il conditionner les aides de l’UE
Je prends note
que, dans
le monde où nous
vivons, on peut
défendre des belles
idées mais on ne peut
pas les défendre en
faisant abstraction
de la brutalité
du contexte.
L’Italie a aujourd’hui
indéniablement
souffert dans
le contexte d’une
très forte pression
migratoire dans
lequel elle vit
depuis des mois
et des mois
au respect des règles, comme
le demande le président Macron ?
C’est fondé, mais il faudra alors vérifier
l’application de l’État de droit dans tous
les États membres et pour tous les paiements de l’UE (…). Une autre question
est la solidarité politique, qui fait défaut
dans la crise migratoire. Les pays
contributeurs, Italie comprise, ont
beaucoup donné pour le développement de l’Europe orientale. Le problème est que la solidarité ne se manifeste
pas dans l’autre sens.
Jusqu’où les pays de l’Ouest
peuvent-ils aller pour contraindre
des gouvernements élus ?
Personne ne peut utiliser un vote démocratique pour ignorer la loi et les
traités. Les Britanniques sont logiques :
ils ont voté le Brexit, mais pour sortir ils
respectent la procédure inscrite dans
les traités. La Pologne peut demander
une autre règle du jeu. Mais elle ne peut
ni renier ses obligations ni proclamer
son droit à faire ce qu’elle veut. ■
»
EMMANUEL MACRON
Le scrutin italien, nouvelle manifestation du séisme qui secoue l’Europe
DÉCRYPTAGE
Laure Mandeville
lmandeville@lefigaro.fr
L’EUROPE est en révolution politique. Il
faudrait être aveugle pour ne pas le voir.
À travers le continent, souffle un vent de
révolte populaire puissant et persistant,
qui, depuis le tremblement de terre du
Brexit, s’emploie à chaque nouveau
scrutin, à mettre les partis de gouvernement traditionnels en déroute. La victoire éclatante du mouvement antisystème
5 étoiles, formation surgie il y a une dizaine d’années qui, avec 31 % des suffrages, vient de s’imposer en Italie comme
la première force politique du pays, est la
nouvelle traduction de cet avis de gros
temps. Ce résultat, couplé avec la percée
spectaculaire de la Ligue de Matteo Salvini, qui arrache 18 % des suffrages, devançant son supposé allié Forza Italia de
4 points, résume la révolution copernicienne en cours : désormais en Europe,
ce sont les formations eurosceptiques,
nationalistes et anti-immigration qui ont
la faveur d’un électorat pris de panique
identitaire.
Silvio Berlusconi, qui croyait pouvoir
revenir sur le devant de la scène en surfant sur la déroute du parti démocrate de
Hélène Roussel
le 5/7
A
avec tous les mercredis
Marcelo Wesfreid
du quotidien
Matteo Renzi, se retrouve humilié et réduit à jouer les partenaires juniors d’une
éventuelle coalition de la droite et de l’extrême droite. Lui aussi incarne le passé,
dans un contexte de bouleversement tectonique qui donne la part belle aux partis
antisystèmes. Le moteur du changement
n’a plus rien à voir avec lui, et tout avec le
thème du rejet du multiculturalisme et du
« diktat » de Bruxelles, devenus le nouveau repoussoir. De ce point de vue, la
continuité est évidente avec les humeurs
que l’on retrouve partout en Europe, de la
Grande-Bretagne aux Pays-Bas, en passant par les pays d’Europe centrale, comme la Hongrie de Victor Orban, la Pologne du parti Droit et Justice, la Tchéquie
de Milos Zeman et bien sûr l’Autriche de
Sebastian Kurz. « La grande migration de
2015 a été le 11 Septembre de l’Europe »,
commentait récemment dans les colon-
nes du Figaro le politologue Ivan Krastev.
Cet intellectuel bulgare, grand connaisseur de la culture centre-européenne,
croyait sur ce point déceler un hiatus entre une Europe centrale prise de panique
démographique, et hostile au modèle
multiculturel ouest-européen, et une Europe occidentale plus ouverte sur l’étranger. Mais, si l’on fait abstraction des divergences entre élites de l’Est et de
l’Ouest, la question migratoire et identitaire semble en réalité de moins en moins
diviser les deux parties de l’Europe.
Un coup de massue
En France, pays où Emmanuel Macron a
triomphé, et qui est du coup présenté
comme le contrepoint de la vague populiste, Marine Le Pen a tout de même réuni
33 % des suffrages au printemps dernier,
et une majorité de Français soutiennent
aujourd’hui les projets présidentiels macroniens de durcissement du contrôle de
l’immigration. Même en Allemagne,
longtemps vue comme « l’exception »
par excellence, en raison d’un passé nazi
qui y avait disqualifié tout débat sur
l’identité nationale, les forces populistes
d’extrême droite de l’AfD pointent le nez,
tandis que les partis traditionnels sont entrés dans une crise durable et profonde,
qui projette une ombre inquiétante sur le
dernier mandat d’Angela Merkel, que sa
politique migratoire généreuse jusqu’à
l’inconscience, a discréditée.
Entre les incertitudes allemandes et le
coup de massue des élections italiennes,
le moins que l’on puisse dire est que la situation devient corsée pour les ambitieux
projets européens qu’Emmanuel Macron
avait ébauchés dans les premiers mois de
sa présidence. Isolé sur sa vision partielle-
ment supranationale de l’Europe, malgré
les promesses de Merkel de reprendre
l’initiative avec lui, il va devoir nuancer
son discours. Depuis quelques semaines,
les représentants des pays d’Europe centrale disent ressentir d’ailleurs chez lui le
désir de rechercher un compromis réaliste avec le camp d’une « Europe forte des
nations fortes », mené par le jeune chancelier Sebastian Kurz. « Je prends note que
dans le monde où nous vivons, on peut défendre de belles idées mais on ne peut pas
les défendre en faisant abstraction de la
brutalité du contexte. L’Italie a indéniablement souffert dans le contexte d’une très
forte pression migratoire », a d’ailleurs
réagi lundi le président français, qui appelle à défendre « une Europe qui protège ». Dans sa bouche et en cet instant politique et géopolitique, le thème de la
protection est loin d’être anodin. ■
La Bourse de Milan limite pour l’instant ses pertes
L’Italie va
« faire
face à
HERVÉ ROUSSEAU
hrousseau@lefigaro.fr
une nouvelle
période
d’instabilité et
d’incertitude,
mais cela était
largement
anticipé par
les marchés
NADÈGE DUFOSSÉ,
CANDRIAM
»
LES INVESTISSEURS commencent
visiblement à s’habituer aux frasques de la vie politique italienne.
Les marchés ont en effet réagi avec
calme, voire avec une certaine indifférence, au vote de dimanche.
La plupart des grands indices
européens ont même terminé
dans le vert. À Paris, le CAC 40 a
avancé de 0,60 % et à Francfort le
Dax a grimpé de 1,49 %. Pour Paul
Hatfield, chez Alcentra, « le résultat des élections allemandes a compensé l’effet négatif du scrutin italien ». Alors qu’en Italie, l’extrême
droite a fait une percée historique
dimanche, en Allemagne une
grande coalition permet à Angela
Merkel d’entreprendre un nouveau mandat.
L’indice de la Bourse de Milan
qui avait abordé la séance en baisse
de près de 2 % a rapidement limité
ses pertes. Il a terminé sur un recul
de seulement 0,4 %. Et sur le marché obligataire, le taux de la dette
italienne à 10 ans s’est très légèrement tendu à un peu plus de 2 %
lundi contre 1,97 % vendredi dernier. À l’issue du scrutin, « le pire
des scénarios pour les marchés, celui d’une alliance anti-establishment entre le Mouvement 5 étoiles et
la Ligue du Nord, semble très im-
probable compte tenu des différences entre les programmes de ces
deux partis », selon Matteo Ramenghi, responsable des investissements pour l’Italie chez UBS
Wealth Management.
Mediaset perd 6 %
Résultat « l’Italie va faire face à une
nouvelle période d’instabilité et d’incertitude avant qu’une coalition ne
puisse voir le jour, mais cela était
largement anticipé par les marchés », estime de son côté Nadège
Dufossé, responsable de l’allocation
d’actifs chez Candriam. Azad Zangana, économiste chez Schroders,
juge toutefois « préoccupant » le
basculement de l’Italie vers des
partis extrémistes populistes. Pour
Nadège Dufossé, chez Candriam, ce
vote est « un nouvel avertissement
pour la zone euro » et constitue « un
risque pour la construction européenne à moyen terme ». Pour ces
spécialistes, le plus grand péril pour
les marchés est l’enlisement des
négociations pour former un gouvernement. Cela pèserait sur la reprise économique qui reste très fragile en Italie.
En Bourse, le grand perdant a
été Mediaset, le groupe appartenant à la famille de Silvio Berlusconi qui a perdu dimanche pour la
première fois le leadership de la
droite. Le titre a plongé de 6 % à la
Bourse de Millan lundi. ■
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LE FIGARO
mardi 6 mars 2018
POLITIQUE
5
Emmanuel Macron donne le tournis
à ses adversaires
Après les réformes du bac, de la SNCF, du droit d’asile, de l’immigration ... le président présente celle de la justice.
EXÉCUTIF C’est un train d’enfer. Les
uns après les autres, Emmanuel Macron
y accroche ses wagons. Après la Constitution, le baccalauréat, l’enseignement
supérieur, la SNCF, le droit d’asile,
l’immigration, l’apprentissage, le logement, la formation professionnelle,
l’agriculture, le droit du travail, l’ISF…
c’est désormais au tour de la justice de
monter à bord du train de la réforme
macroniste (lire ci-dessous). Avec pour
objectif de mener à bien tous ces chantiers avant la fin du premier semestre.
« Le rythme est dense, parfaitement
assumé par le président de la République », a récemment expliqué le porteparole du gouvernement, Benjamin
Griveaux, pour mettre en garde « ceux
qui souhaiteraient que le rythme se ralentisse ou trouvent que trop de choses se
lancent en même temps ». Un temps sidérés par la célérité de la mise en œuvre
des projets du président de la République, ses opposants politiques comme
syndicaux essayent de reprendre de la
voix. La baisse de popularité récente
d’Emmanuel Macron et d’Édouard Philippe les a d’autant plus encouragés que
la baisse s’est avérée brutale.
Chute de 11 points pour le chef de
l’État, de 6 points pour son premier ministre, selon un sondage YouGov, soit le
plus bas niveau des deux hommes depuis leur entrée en fonction. Inaudibles
depuis l’élection présidentielle, les socialistes ont même réussi à retrouver un
peu de voix pour dénoncer, selon Olivier Faure, « une volonté d’aller vite
dans les annonces », qui « se multiplient
sans donner le sentiment d’avoir résolu
les questions de fond ». Une attaque qui
est venue s’ajouter à celles de Laurent
Wauquiez pour Les Républicains ou de
Jean-Luc Mélenchon pour La France
insoumise. Sans oublier les menaces
syndicales brandies par la CGT de bloquer le pays pour contrer la réforme de
la SNCF.
Un climat qui laisse l’exécutif de
marbre. « Leur objectif unique à tous
n’est pas de faire réussir la France, mais
de faire échouer Emmanuel Macron.
Pour y parvenir, ils n’hésiteront pas à
jouer sur toutes les peurs, prévient un
ministre de poids du gouvernement qui
ne minimise pas l’offensive des opposants au chef de l’État. Soit ils arrivent à
nous bloquer, et c’est le retour du populisme que les Français ont rejeté en 2017.
Soit nous réussissons, et nous entrerons
alors dans une période historique de réconciliation du pays. » Pour l’heure,
“
Ce serait une erreur
de croire que les Français
attendent une pause
UN PROCHE DU PREMIER MINISTRE
La réforme de la justice sur les rails
PAULE GONZALÈS
pgonzales@lefigaro.fr
C’ÉTAIT en janvier, durant la grève
la plus dure qu’ait connue l’administration pénitentiaire depuis
vingt-cinq ans. Face à la solitude de
la garde des Sceaux, seule à la barre
de la gestion du conflit, le président
de la République a dû prouver son
soutien à Nicole Belloubet. Il a annoncé un « plan prison » pour le
début du mois de mars. Deux dossiers lourds sont sur la table de
l’Élysée : celui de la surpopulation
carcérale et, donc aussi celui des
peines, de leur sens et de leurs alternatives à l’incarcération. Pour le
président de la République, il s’agit
d’annoncer « une refondation fondée sur l’effectivité de ces dernières
et la dignité des personnes », laisse
filtrer l’Élysée.
Depuis, l’automne dernier, la Direction des affaires criminelles et
des grâces (DACG) travaille à une
refonte des peines avec l’idée claire
de réduire efficacement l’emprisonnement. Certaines de ces pistes
devraient figurer en bonne place
des annonces d’Emmanuel Macron,
qui, pour la première fois pour un
président de la République, se rend,
mardi, à l’École nationale de l’administration pénitentiaire. Tout
aussi inédite a été vendredi dernier
sa visite aux services pénitentiaires
d’insertion et de probation de Paris.
Preuve de l’importance que le chef
de l’État accorde aux peines alternatives à la prison. C’est lui qui avait
annoncé en fin d’année la création
d’une agence nationale des travaux
d’intérêt général et commandé un
rapport au député LRM Didier Paris
et à l’industriel David Layani sur sa
faisabilité. Fidèle à ses promesses de
campagne, le président devrait
réaffirmer sa volonté de voir chaque peine prononcée, exécutée. Et
se montrer favorable à l’idée, soutenue par la DACG, d’une suppression des peines inférieures ou égales
à un mois. Dix mille ont été prononcées en 2016.
Le bracelet, une peine en soi
De même pourrait-il reprendre
l’idée que toute peine inférieure ou
égale à six mois d’emprisonnement
doit être aménagée à l’audience.
Une façon de décharger le juge de
l’application des peines qui reprendra son rôle en cas d’absence des
prévenus. Chaque année, ce sont
« 87 564 peines inférieures ou égales
à six mois d’emprisonnement ferme
ou en partie ferme qui sont prononcées, soit 70 % des peines privatives
de liberté », selon la Chancellerie.
Autant dire que même si le nombre
de peines prononcées est supérieur
au nombre de personnes condamnées, cet aménagement automatique devrait faire baisser le taux
d’incarcération de façon notable.
L’Union syndicale des magistrats
met cependant en garde contre
toute automaticité. Pour éviter des
délais trop longs entre le prononcé
et l’exécution d’une peine d’incarcération, il est proposé de créer des
mandats de dépôt différés, c’est-à-
”
l’exécutif penche plutôt pour la seconde option. À en juger du moins par un
sondage venu contrebalancer la baisse
de popularité du couple exécutif. Celui
faisant état d’une forte approbation de
la cadence des réformes par l’opinion
publique. Selon une enquête Elabe publiée la semaine dernière, près d’un
Français sur deux (44 %) estime que le
rythme engagé par l’exécutif est bon,
dire prenant effet à date fixe.
Par ailleurs, le président de la République pourrait reprendre à son
compte l’idée de faire du bracelet
électronique une peine en soi et non
alternative. Actuellement, on
compte en France 10 000 personnes
sous bracelet et des services débordés pour les contrôler.
Tous ces dispositifs supposent
que les services d’insertion et de
probation fournissent aux magistrats avant l’audience des dossiers
complets de personnalité. Nul doute que le président de la République
a pu juger, vendredi dernier, de
l’état d’embolie de ces services.
Nombre de procureurs, d’ailleurs,
redoutent que l’absence de ces dossiers complets entraîne une augmentation de l’incarcération. Ils
plébiscitent le recours à des associations habilitées, plus efficaces
que les services pénitentiaires.
Dans le même temps, le chef de
l’État pourrait se montrer favorable à certains projets de simplification. Comme celui de fondre en
une seule peine de probation harmonisée le sursis avec mise à
l’épreuve, la contrainte pénale et le
travail d’intérêt général. Il pourrait
en être de même des obligations de
stage, dont les régimes sont
aujourd’hui différents selon les infractions. Enfin, seules les peines
inférieures ou égales à un an pourraient être aménagées. Autant de
projets qui permettent de fluidifier
le système des peines, mais exige
de redéfinir les services d’insertion
et de probation. ■
contre un tiers (35 %) qui le juge trop
rapide. « On est sur un rythme de réforme nécessaire pour que les choses changent. Ce serait une erreur de croire que
les Français attendent une pause », assure un proche du premier ministre.
Mais à une condition que rappelle ce
membre éminent du gouvernement :
« ne pas louper les premières étapes, celles qui mènent à la transformation du
pays ». Les réformes, donc, mais « pas
des réformes à la petite semaine, jure
Benjamin Griveaux, pas des ajustements
du modèle que nous avons pu connaître
dans les décennies passées, mais bien des
transformations profondes ».
Celles dont l’Élysée et Matignon ont
présenté le calendrier au début de l’année. Dès le séminaire gouvernemental
de rentrée, le 3 janvier dernier,
Édouard Philippe prévenait ses ministres : « Il y a encore beaucoup de pain sur
la planche. » Dans la foulée, il détaillait
le calendrier de réforme du premier semestre, celui qu’il met en œuvre actuellement. « Quand on a dit qu’on accélérait, ce n’était pas de la blague »,
s’amuse l’un de ses proches. D’ailleurs,
Emmanuel Macron,
le 27 février.
JEAN-CHRISTOPHE
MARMARA/LE FIGARO
Chaque
« année,
ce sont
87 564 peines
inférieures
ou égales
à six mois
de prison
ferme
ou en partie
ferme qui sont
prononcées,
soit 70 %
des peines
privatives
de liberté
»
LA CHANCELLERIE
+
» Lire aussi
;;;; ;PAGE 14
sur ce sujet du rythme des réformes,
Emmanuel Macron n’est pas tellement
du genre à plaisanter, chaque ministre
ayant eu l’occasion d’en discuter avec
lui peut en témoigner.
Pour l’heure, le chef de l’État bénéficie de vents porteurs et agit comme si
rien, jamais, ne devait l’arrêter. Au
point de laisser pantois certains vieux
briscards de la politique. « Il a gagné
tout seul. La majorité, c’est la sienne. Il
n’a pas l’ombre du début d’une fronde.
Au niveau européen comme au niveau
mondial, il n’y a personne d’autre que
lui… Il est normal qu’il éprouve aujourd’hui un sentiment de toute-puissance »,
observe, dépité, un ancien candidat à
l’élection présidentielle, qui n’aurait
jamais espéré, même en rêve, connaître
une telle conjonction de forces en sa faveur. Prochain test, celui de la rue face
aux cheminots. Et déjà, le spectre des
grandes grèves de 1995 et de la reculade
gouvernementale est brandi. « S’il
réussit, il aura les mains libres jusqu’à la
fin de son quinquennat », assure cet ancien ministre, qui ajoute, en plaisantant
à moitié : « Et je parle du deuxième… » ■
Le casse-tête
du parc pénitentiaire
C’EST le casse-tête gouvernemental. À droite comme à gauche on
l’admet : il manque 15 000 places de
prison en France. Au 1er février dernier, on compte 69 596 détenus
dont 14 713 en surnombre et 1 569
matelas au sol. Le taux d’occupation
des prisons françaises s’élève à
141 % et en région parisienne, à plus
de 146 %. Selon l’administration
pénitentiaire, c’est une maison
d’arrêt supplémentaire par département qu’il faudrait en Île-deFrance tant la situation est devenue
dramatique. À cela s’ajoute l’état de
la prison de Fresnes, qui accueille à
ce jour 2 800 prévenus pour 1 400
places et dont la vétusté exigerait,
selon les syndicats, qu’elle soit entièrement rénovée comme ce fut le
cas pour Fleury-Mérogis.
Une double difficulté
Emmanuel Macron devrait saisir
l’occasion, mardi, pour donner un
coup de pouce à l’immobilier pénitentiaire. Après le plan prison lancé
par Jean-Jacques Urvoas il y a exactement un an, l’administration pénitentiaire est face à une double difficulté : celle des délais de
construction et celle de l’attribution
de terrains. « Dans trois quarts des
situations, nous avons réussi à déterminer les zones nécessaires », affirme-t-on à l’administration pénitentiaire, soit 24 localisations qui
font toujours l’objet de recherche
foncière. Il reste par ailleurs, la
question du Midi-Pyrénées, de
Marseille et de la région parisienne.
Dans ces trois localisations, la pénitentiaire se heurte à une tension
foncière, comme on dit en langage
administratif. C’est-à-dire aux réticences préfectorales, aux projets des
collectivités publiques ou à celles
d’opérateurs privés. Secrètement,
tous espèrent qu’Emmanuel Macron va, mardi, tordre le bras de
tous les récalcitrants, quitte à décider de procédures d’urgence voire
de procédures d’expropriation pour
hâter ce plan immobilier.
Cependant, conscient qu’il faudra
davantage que ce seul quinquennat
pour construire de nouvelles maisons d’arrêt, le président de la République devrait plutôt mettre l’accent sur des structures légères, qu’il
s’agisse de centres de semi-liberté
ou de quartiers de fin de peine dont
les obligations sécuritaires sont
moins drastiques.
Dans le même temps, Yaël BraunPivet, la présidente de la commission des lois, s’est emparée du dossier depuis plusieurs mois. Après
avoir lancé des visites impromptues
de députés, la parlementaire étudie
la possibilité de nouveaux modules
plus faciles à construire et à mettre
en place, sur le modèle du centre
pour peine aménagée de Villejuif ou
encore de la prison ouverte de Casabianda en Corse, où sont incarcérés
les délinquants sexuels. De quoi élargir la palette de détention. ■
P. G.
A
FRANÇOIS-XAVIER BOURMAUD
£@fxbourmaud
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mardi 6 mars 2018 LE FIGARO
6
POLITIQUE
Philippe en première
ligne sur la Constitution
Le premier ministre engage une longue série de consultations sur
la réforme des institutions. Objectif : accélérer et lever les blocages.
CHARLES SAPIN £@CSapin
ET MATHILDE SIRAUD £@Mathilde_Sd
“
Je vais dire à Édouard
Philippe qu’il ne faut pas
rater ce rendez-vous
de la révision
”
MARC FESNEAU, PRÉSIDENT DU GROUPE MODEM
À L’ASSEMBLÉE NATIONALE
Chargé de prendre le dossier en main,
le premier ministre a organisé ce lundi
soir une réunion de cadrage à Matignon
avec plusieurs poids lourds de la majorité : le chef des députés La République en
marche (LREM) Richard Ferrand avec les
membres du bureau de son groupe, son
homologue au Sénat, François Patriat,
accompagné des sénateurs Alain Richard
et Patricia Schillinger. Mercredi soir,
Édouard Philippe animera une réunion
devant l’ensemble des députés macronistes, salle Victor-Hugo, à l’Assemblée
en présence de François de Rugy, Christophe Castaner, Richard Ferrand et la
ministre de la Justice, Nicole Belloubet.
L’occasion de préparer la série d’entretiens qui l’attend, ces quinze prochains jours, avec chacun des chefs de
groupes parlementaires. Le patron des
députés MoDem, Marc Fesneau, sera le
premier à être reçu ce mardi : « Je vais
lui dire qu’il ne faut pas rater ce rendezvous de la révision. Et rappeler les points
sur lesquels nous sommes particulièrement attentifs : la différenciation territoriale et l’instauration d’une dose de proportionnelle », lâche-t-il. Un point sur
lequel l’exécutif reste particulièrement
énigmatique.
Christian Jacob et Bruno Retailleau,
respectivement chef du groupe LR à
l’Assemblée et au Sénat, seront reçus
quant à eux mercredi 14 mars, juste avant
les présidents des deux Assemblées. Les
échanges s’annoncent musclés : « J’ai
cru comprendre qu’Emmanuel Macron
voulait graver son nom dans le marbre en
faisant une révision constitutionnelle, mais
pour quoi faire exactement ? », fait mine
de s’interroger Christian Jacob.
Si Édouard Philippe échoue son opération déminage, l’exécutif a déjà fait savoir qu’il laissait toutes les portes ouvertes, y compris celle du référendum, pour
contourner les oppositions. ■
PAR GUILLAUME TABARD £@GTabard
Un référendum ? Macron
et la leçon de Renzi
A
u lendemain des élections
italiennes, marquées
notamment par le fiasco
de la coalition de centre
gauche (lire pages 2 et 4), Emmanuel
Macron a dû y penser : c’est sur
un référendum perdu sur les
institutions que Matteo Renzi
avait chuté en décembre 2016.
Alors qu’il réfléchit à passer
lui aussi par la voie référendaire
pour réviser la Constitution,
le précédent est à méditer.
Comparaison n’est jamais raison,
mais les similitudes sont nombreuses
entre l’ancien président du Conseil
italien et l’actuel président français ;
à commencer par leur âge d’accession
au sommet de l’État, 39 ans. Une
même jeunesse, un même succès
initial fruit du rejet d’un « ancien
Quoi de plus
tentant,
mais quoi
de plus
périlleux
qu’une
réforme
institutionnelle ?
»
PHILIPPE HUGUEN/AFP
INSTITUTIONS Édouard Philippe n’a rien
contre le billard à trois bandes. Surtout
quand c’est à son tour de jouer. Après la
présentation par l’Assemblée nationale
et le Sénat de leurs propositions de révision constitutionnelle, c’est désormais au
tour de l’exécutif d’abattre ses cartes. Ces
deux prochaines semaines, le chef du
gouvernement sera en première ligne sur
ce dossier compliqué. Il va multiplier les
rencontres pour tenter de désamorcer les
blocages et faire avancer le vaste chantier de la modernisation des institutions
cher à Emmanuel Macron.
Ses grandes lignes sont connues : suppression de la Cour de justice de la République, instauration d’une dose de proportionnelle aux législatives, non-cumul
des mandats dans le temps comme la réduction du nombre de parlementaires.
Selon le JDD, le gouvernement souhaiterait également inscrire un article spécifique dans la Constitution dédié à la
Corse, de modifier l’article 72 permettant
plus de différenciation territoriale comme de mentionner la lutte contre le
changement climatique dans le domaine
de la loi à l’article 34. Reste que le temps
presse, si le gouvernement veut tenir le
calendrier fixé par le chef de l’État qui tablait sur un bouclage du projet à l’été
2018. Du retard a été accumulé en raison
des discussions sur la Corse et de sa mention dans la Constitution. Les oppositions
du président du Sénat, Gérard Larcher,
sur des points clés de la réforme comme
le non-cumul des mandats dans le temps
ou la réduction du nombre de parlementaire n’y ont pas aidé (lire page 14).
CONTRE-POINT
La ministre de la Défense, Florence Parly, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, le Premier ministre, Édouard Philippe, et la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, le 27 février à Lille.
À Mayotte, Wauquiez dénonce la faillite de l’État
Le patron de LR est venu voir ce qui se passe sur l’île à quelques semaines d’une législative partielle.
MARION MOURGUE £@MarionMourgue
ENVOYÉE SPÉCIALE À MAYOTTE
TERRITOIRE
Maisons barricadées,
commerces vandalisés, collégiens rackettés, Mahorais agressés… Depuis trois
semaines, les habitants de l’île de
Mayotte se lèvent contre l’insécurité
galopante. C’est dans ce contexte que
Laurent Wauquiez est arrivé lundi dans
ce département français de l’océan Indien. Le premier vrai déplacement du
président des Républicains depuis son
élection. Pas question néanmoins pour
le patron de LR de revenir sur l’épisode
des enregistrements, même s’il y fait
une petite allusion : « Ici, les gens me
disent : “Continuez à parler vrai, à parler
franchement.” »
Entouré du député LR Mansour Kamardine et du candidat LR aux législatives partielles Elad Chakrina, Laurent
Wauquiez est « venu comprendre ce qui
est en train de se passer dans cette île de
Mayotte » et pas simplement « faire
clic-clac » et quelques photos, insistet-il. « Je suis venu défendre la parole de
l’île de Mayotte. Cette élection est l’occasion pour les Mahorais de se faire enten-
Les informés de franceinfo
A
Une émission de Jean-Mathieu Pernin,
du lundi au vendredi de 20h à 21h
chaque mardi avec
dre », indique le patron de LR alors
qu’une législative partielle est prévue
les 18 et 25 mars.
« Se confronter aux choses »
« Aujourd’hui, Mayotte est abandonnée
par le gouvernement dans une situation
qui n’est plus acceptable pour les Mahorais, aucun autre département de France
n’accepterait ce qui se passe ici », dénonce Laurent Wauquiez en visant l’immigration clandestine à Mayotte. « C’est
comme si, en France, il y avait 20 millions
de clandestins. Qui pourrait accepter
ça ? », illustre Laurent Wauquiez. « Ici,
on assiste à la faillite de l’État régalien et
à la capitulation de la République », s’offusque le patron de LR en renvoyant au
« peu de considération d’Emmanuel Macron pour le sujet de l’outre-mer ».
Alors que la ministre de l’Outre-Mer,
Annick Girardin, a expliqué qu’elle
viendrait sur l’île une fois l’élection, qui
l’oblige « à une certaine réserve », passée, Laurent Wauquiez entend, lui,« se
confronter aux choses ». « Moi, je suis
sur le terrain, appuie-t-il, ma place à
moi elle n’est pas à Paris, elle est aux cô-
tés des Mahorais quand ça ne va pas
bien, pour comprendre », fait-il valoir
en accusant le gouvernement et Emmanuel Macron de « tourner le dos ainsi
et d’abandonner l’île de Mayotte ».
« Mais l’insécurité, elle, elle ne s’est
pas arrêtée. La problématique de l’immigration clandestine, elle ne s’est pas arrêtée pendant la campagne. Mayotte,
c’est un département français qui a le
droit aux mêmes conditions de sécurité
que tous les autres », rétorque-t-il.
Fin février, la ministre Annick Girardin a annoncé une série de « mesures
déterminées » pour améliorer la sécurité
locale. Pas assez selon Laurent Wauquiez, qui dénonce des « mesurettes » et
réclame « des vraies réponses ». Après
avoir rencontré les syndicats de police
Alliance et Unsa, qui racontent leurs
agressions sur le terrain et le manque de
moyens, le patron de LR se dit à leurs
côtés. « La bataille que vous menez ici
vaut pour toute la France, énonce-t-il, il
n’y a pas de contrat social si l’État n’est
pas capable de faire respecter l’ordre. »
Autant de débats que Laurent Wauquiez
entend porter aussi en métropole. ■
monde », une même europhilie
fièrement affichée, une même
vision économique fondée sur une
fiscalité pro-investissement et proentreprises, un même volontarisme
dans l’action. Et donc une même
détermination à réformer le système
et le personnel politiques.
Quoi de plus tentant, mais quoi
de plus périlleux, qu’une réforme
institutionnelle ? Quoi de plus tentant
car, sur le papier, les projets présentés
sont plébiscités. Quatre Français
sur cinq applaudissent à l’intention
de Macron de réduire le nombre
de parlementaires, d’instaurer
de la proportionnelle et de limiter
les mandats dans le temps. Tout
comme, début 2016, les sondages
promettaient entre 59 % et 74 %
au projet de Renzi de mettre fin
au pouvoir bloquant du Sénat.
L’opinion contre l’immobilisme,
l’élan réformateur du chef de
l’exécutif contre le conservatisme
supposé des élus en place : une même
équation de départ ultrafavorable.
Et pourtant, Matteo Renzi a perdu
et - le scrutin de dimanche le montre et ne s’en est jamais remis.
Pareille mésaventure pourrait-elle
arriver au président français ?
Alors qu’Édouard Philippe lance
les consultations (lire ci-contre),
on sait que l’exécutif est disposé pour ne pas dire tenté - de recourir
au référendum (via l’article 11 de la
Constitution) en cas d’incapacité à
trouver un accord acceptable à ses
yeux avec la majorité sénatoriale de
Gérard Larcher. Plutôt que le risque
d’un échec au Parlement, jouer
l’assurance d’un succès auprès des
Français. C’est le calcul de nombreux
macronistes. Mais c’est là que le faux
pas de Renzi peut servir d’alerte.
Pour le référendum italien,
le président du Conseil avait été
accusé de personnalisation à outrance
et les électeurs lui avaient fait payer
l’absence de résultats tangibles
dans leur vie quotidienne alors que
tous les indicateurs économiques
étaient repassés au vert. Emmanuel
Macron n’est pas à l’abri d’un même
retournement ; et avec les mêmes
arguments. La diminution du nombre
d’élus est a priori applaudie mais
l’opposition pourrait habilement
faire campagne sur l’impact d’une
telle diminution sur la proximité
des élus avec leur territoire et avec
leurs électeurs. Bref, si l’hypothèse
du référendum était comprise comme
la simple recherche d’une victoire
politique facile, elle pourrait se
retourner contre ses concepteurs. ■
» Retrouvez
Guillaume Tabard
tous les matins à 8 h 10
sur Radio Classique
ZOOM
Législative partielle
en Guyane : le second tour
opposera LREM et LFI
Le candidat LREM Lénaïck
Adam, dont l’élection avait
été invalidée en décembre,
est arrivé en tête dimanche
du premier tour d’une législative
partielle en Guyane, devançant
son rival Davy Rimane, soutenu
par La France insoumise.
Lénaïck Adam, 26 ans,
élu député de la seconde
circonscription le 18 juin 2017,
recueille 43,1 % des suffrages
exprimés devant son adversaire
du second tour de juin,
Davy Rimane, 38 ans.
Son élection avait été annulée
en raison de l’absence
d’assesseur dans deux bureaux
de vote, et eu égard au faible
écart de voix le séparant
de Davy Rimane.
Ce dernier, soutenu cette fois
par La France Insoumise
et Jean-Luc Mélenchon,
présent en Guyane durant
une semaine, obtient 35,1 %
des voix et termine à 8 points
du député invalidé.
Le taux d’abstention
est supérieur à 65 %.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mardi 6 mars 2018
INTERNATIONAL
7
Nétanyahou
rattrapé par
les affaires
à Washington
Le premier ministre israélien, venu rendre
visite à Donald Trump, a appris qu’un de
ses conseillers allait témoigner contre lui.
CYRILLE LOUIS £@Cyrille_louis
CORRESPONDANT À JÉRUSALEM
DIPLOMATIE Le sort s’acharne sur
Benyamin Nétanyahou. En visite à
Washington pour y rencontrer Donald
Trump, le premier ministre israélien espérait profiter de l’escapade pour faire
oublier ses démêlés judiciaires. Lundi
après-midi, alors qu’il s’apprêtait à rejoindre la Maison-Blanche, la presse israélienne a révélé qu’un de ses proches
conseillers accepte de témoigner à charge
dans l’une des enquêtes qui le visent. Un
coup dur de plus, dont l’onde de choc menaçait d’éclipser les échanges d’amabilité
avec le président américain. Fragilisé,
Benyamin Nétanyahou a invité Donald
Trump à l’inauguration de la nouvelle ambassade américaine, le 14 mai prochain, à
Jérusalem, lequel a répondu favorablement sur le principe. L’événement, programmé au beau milieu des festivités qui
marqueront le 70e anniversaire de la fondation de l’État d’Israël, serait célébré
comme une importante percée diplomatique. Ses adversaires soupçonnent le premier ministre de chercher ainsi à amasser
des munitions dans la perspective d’une
campagne électorale à venir. Les rumeurs
d’élections anticipées se sont multipliées
ces derniers jours alors que la police vient
de recommander son inculpation pour
Benyamin Nétanyahou est accueilli par Donald Trump, lundi, à la Maison-Blanche.
« corruption » dans deux affaires distinctes, et qu’il a pour la première fois été entendu vendredi dans un troisième dossier.
Le vice-ministre israélien de la Diplomatie, Michael Oren, a réfuté tout calcul
politique et qualifié de « très important »
l’entretien prévu entre Benyamin
Nétanyahou et Donald Trump - même s’il
reconnaît que les deux hommes « n’ont
sans doute pas exactement les mêmes priorités ». « Le président américain demeure
focalisé sur ce qu’il appelle l’accord ultime
entre Israéliens et Palestiniens, pour lequel
il a mobilisé pas moins de trois envoyés spéciaux et dont il s’apprête apparemment à
présenter prochainement les grandes lignes, détaille Michael Oren. Quant au
KEVIN LAMARQUE/REUTERS
premier ministre israélien, il a essentiellement à cœur d’évoquer l’attitude agressive
de Téhéran au Moyen-Orient ainsi que le
mauvais accord nucléaire signé par
l’Administration précédente. »
à dix ans après la signature de l’accord
ainsi que la mise en place d’inspections en
profondeur par l’ONU, y compris sur les
sites militaires les plus sensibles. Décidé à
empêcher, si nécessaire par la force, une
implantation militaire durable de l’Iran en
Syrie, Benyamin Nétanyahou entend par
ailleurs réclamer le soutien actif des
États-Unis dans l’hypothèse d’une escalade militaire. « Israël, expose Michael
Oren, aura besoin non seulement d’un soutien tactique qui pourrait prendre la forme
d’un ravitaillement en munitions, mais
aussi d’un bouclier légal et moral pour faire
face aux accusations qui ne manqueront
pas d’être formulées si des civils sont victimes de cette confrontation. » ■
« Bouclier légal et moral »
En janvier dernier, Donald Trump a annoncé que les États-Unis se retireraient
de l’accord si l’Union européenne échoue
à convaincre la République islamique d’y
apporter des modifications substantielles.
Le premier ministre israélien réclame la
mise en place de sanctions spécifiques
contre le programme balistique iranien,
l’annulation de la clause qui autorise la reprise de l’enrichissement d’uranium huit
L’Occident désarmé face à l’expansionnisme iranien
L’influence de la République islamique n’a cessé de croître dans une région dont les États-Unis se sont peu à peu désinvestis.
ADRIEN JAULMES £@AdrienJaulmes
ENVOYÉ SPÉCIAL À TÉHÉRAN
MOYEN-ORIENT Tout semble réussir à
Téhéran en matière de politique étrangère. Quatre décennies après la révolution de 1979, l’Iran est devenu l’une
des puissances dominantes du MoyenOrient. Son ancien ennemi héréditaire,
l’Irak, ramené au rang de vassal depuis
la calamiteuse invasion américaine de
2003 a vu sa dépendance à l’égard de
Téhéran encore accrue après la dure
campagne de reconquête de son territoire sur Daech. La Syrie, ancien allié
stratégique est devenue un autre État
client, son régime dépendant étroitement de l’Iran depuis le début de la
guerre civile. Le Liban est, quant à lui,
sous la domination politique et militaire du Hezbollah, pseudopode des gardiens de la révolution iranienne. Pour
la première fois depuis l’empire sassanide au VIIe siècle, l’Iran est présent
sur les rives de la Méditerranée, et Téhéran contrôle à présent une route terrestre entre son territoire et le Levant.
« Cette expansion est plus le produit
des circonstances que d’une politique
délibérée », affirme cependant Foad
Izadi, professeur de relations interna-
tionales à l’université de Téhéran.
Proche des conservateurs, cet universitaire exprime des vues largement
partagées dans les cercles du pouvoir
en Iran. « L’Iran s’est généralement
contenté d’occuper le vide laissé par les
États-Unis, explique-t-il. En Irak par
exemple, les Américains ont renversé
un régime qui nous était hostile, puis,
incapables de gérer la situation qu’ils
ont créée, en sont partis. C’est ce vide
qui a créé l’espace dans lequel l’influence iranienne a pu s’exercer. Même cho-
se en Syrie : c’est la guerre civile créée
et alimentée par les États-Unis et
d’autres pays occidentaux qui a obligé
l’Iran à intervenir dans ce pays. On
peut aussi dire la même chose du Yémen, où les Saoudiens ont dépensé des
milliards de dollars à faire la guerre à ce
pays où ils auraient pu facilement acheter la paix. Vous pouvez même inclure
dans cette liste le Hezbollah, l’allié libanais de l’Iran : cette organisation a été
créée en réaction à l’invasion israélienne de 1982. »
À Téhéran, Le Drian se heurte à la fermeté
des Iraniens
Le chef de la diplomatie française
a déploré à demi-mot lundi
l’intransigeance des Iraniens
sur leur programme balistique et leur rôle
dans les conflits régionaux en soulignant
au terme d’une visite sous tension
à Téhéran qu’il restait « encore
beaucoup de travail à faire »
sur ces deux dossiers brûlants.
Jean-Yves Le Drian, qui œuvre avec
ses partenaires européens à sauver
l’accord sur le nucléaire iranien de 2015
face à l’hostilité de Donald Trump,
s’est entretenu avec Ali Shamkhani,
secrétaire du Conseil suprême national
de sécurité. Une entrevue avec Ali
Larinjani, président du Parlement iranien,
a été annulée. Le signe d’une relation
toujours tendue entre Paris et Téhéran,
malgré les démonstrations d’amitié
lors de l’inauguration d’une exposition
du Louvre au musée national d’Iran.
renforçant le sentiment iranien d’être
entouré d’ennemis de toutes parts.
« Le soutien apporté alors à l’Irak par
l’Arabie saoudite et les pays occidentaux
a conduit l’Iran révolutionnaire à adopter
un discours nationaliste », dit Foad
Izadi. « La nouvelle République islamique
s’est identifiée à la cause nationale. Sans
cette invasion, l’histoire aurait pu prendre un tour bien différent, et il n’est
même pas certain que le gouvernement
révolutionnaire aurait survécu sans cette
guerre. En fait, depuis quarante ans,
toutes les tentatives pour détruire la
République islamique n’ont fait que la
renforcer », ajoute-t-il.
Les succès iraniens restent pourtant
fragiles : la présence militaire iranienne
reste liée à des circonstances particulières. Les victoires remportées par Téhéran conduisent ses adversaires à se rapprocher, comme c’est le cas entre les
États-Unis, les puissances arabes sunnites et Israël. Et enfin, Téhéran n’est
pas à l’abri des erreurs de calcul que les
séries de succès ont souvent tendance à
favoriser. « Cette politique extérieure est
aussi très coûteuse », reconnaît Foad
Izadi. « L’Iran se porterait beaucoup
mieux sans ces interventions extérieures.
C’est ce qui me fait dire qu’il ne s’agit que
d’une expansion accidentelle. » ■
L’expansionnisme iranien n’a pourtant pas attendu cette aide involontaire
occidentale pour se mettre en mouvement. L’idéologie révolutionnaire islamiste inventée par Khomeyni, qui donne au clergé chiite un rôle politique, en
est le principe fondateur, ce qui explique
qu’il remporte le plus de succès dans les
pays où existe une communauté chiite.
Puissant nationalisme
Ce messianisme se nourrit aussi d’idées
d’extrême gauche anti-impérialistes,
renforcé par l’antiaméricanisme quasi
pathologique de la République islamique, ce qui lui vaut un certain nombre
de relais à l’étranger. Il s’appuie enfin
sur un puissant nationalisme iranien,
teinté d’une certaine dose de paranoïa
héritée d’une série d’invasions et d’interventions étrangères au cours du
XXe siècle, dont le traumatisme reste
vivace en Iran. Car, à l’instar des révolutions française ou russe avant elles, la
révolution iranienne s’est identifiée très
vite au nationalisme grâce aux agressions extérieures.
L’invasion lancée par l’Irak de
Saddam Hussein en 1980, un an à peine
après la révolution, et les huit ans de
guerre qui l’ont suivie ont durablement
imprégné les mentalités iraniennes,
Syrie : un début d’aide humanitaire dans la Ghouta
MOYEN-ORIENT Un premier convoi
d’aide humanitaire est entré lundi dans le
fief rebelle de la Ghouta orientale, près de
Damas, cible depuis vingt jours d’une offensive meurtrière du régime, qui a causé
la mort de 720 civils, selon l’Organisation
syrienne des droits de l’homme (OSDH).
Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU, ce convoi
de 46 camions a acheminé des aides médicales et de la nourriture pour 27 500
personnes dans le besoin, habitant Duma,
la principale ville de cette région aux
mains des insurgés anti-Assad. Il a été affrété par l’ONU, le Croissant-Rouge syrien et le Comité international de la
Croix-Rouge (CICR). « Il faudrait beaucoup plus qu’un convoi pour satisfaire aux
besoins », confie au Figaro un représentant du CICR. « Mais nous sommes satisfaits d’avoir pu apporter du matériel médical pour des malades », ajoute-t-on au
CICR. L’acheminement d’aide humani-
taire à 400 000 personnes vivant dans la
Ghouta orientale est prévu par la résolution 2401, votée il y a dix jours par le
Conseil de sécurité de l’ONU, de même
que l’entrée en vigueur d’une trêve de
trente jours qui prévoyait l’évacuation
des blessés.
par de nombreux dirigeants internationaux, Bachar el-Assad a annoncé que
l’opération militaire allait se poursuivre.
Damas cherche à couper en deux l’enclave rebelle pour séparer le nord, où se
trouve Duma, du secteur sud. À Duma, le
groupe rebelle dominant, l’Armée de l’Islam, d’inspiration salafiste proche de
l’Arabie saoudite, est partie prenante des
négociations parrainées par la Russie à
Astana. Ce qui n’est pas le cas dans le sud
de la Ghouta, dominée par Faylaq al-Rah-
Des besoins immenses
Mais jusqu’à maintenant, Damas n’avait
pas donné son accord à l’acheminement
d’une telle aide. Les dernières à être parvenues aux habitants remontent à mi-février. Après plus de deux semaines d’intenses bombardements et plus de quatre
ans de siège de la Ghouta, les besoins humanitaires sont immenses. Mais il faudra
plusieurs jours pour que de nouveaux
convois puissent obtenir les autorisations
nécessaires délivrées par Damas, prévient
une source humanitaire.
Cette première aide arrive alors que le
régime syrien mène une offensive terrestre qui lui a permis de reconquérir un tiers
environ des 100 km2 de la Ghouta orientale. Dimanche, malgré les appels lancés
SOCIAL MEDIA/REUTERS
GEORGES MALBRUNOT £@Malbrunot
Des volontaires du Croissant-Rouge syrien distribuent, lundi, des médicaments
à des civils. Leur camion fait partie du premier convoi d’aide humanitaire dans la Ghouta.
man, proche des Frères musulmans et du
Qatar. Ces derniers jours, les forces loyalistes ont progressé rapidement dans des
zones agricoles, moins peuplées, de l’est
de la Ghouta. Avec la trêve quotidienne de
cinq heures, instaurée il y a une semaine
par Moscou, les bombardements du régime ont baissé en intensité, mais raids aériens et tirs d’artillerie se poursuivent, selon l’OSDH. Lundi, au moins 44 civils ont
encore été tués dans des frappes visant
plusieurs secteurs de la Ghouta, notamment la localité de Hamouriya, où dix
personnes ont péri dans le largage de barils d’explosifs, selon l’OSDH.
Pour faire cesser cette « catastrophe
humanitaire », Emmanuel Macron multiplie les appels téléphoniques. Il a eu trois
fois au cours du week-end le secrétaire
général de l’ONU, Antonio Guterres, et a
appelé dimanche les présidents iranien,
Hassan Rohani, et turc, Recep Tayyip
Erdogan, avant de s’entretenir lundi avec
Vladimir Poutine, pour la seconde fois en
une semaine. Des appels restés pour l’instant lettre morte. ■
A
En parallèle, le régime syrien, appuyé par la Russie et l’Iran, avance dans sa reconquête de l’enclave rebelle aux portes de Damas.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 6 mars 2018 LE FIGARO
8
INTERNATIONAL
Kim Jong-un cajole la Corée du Sud
Une délégation sud-coréenne de haut rang en visite à Pyongyang a rencontré lundi le dirigeant nord-coréen.
SÉBASTIEN FALLETTI £@falletiseb
ENVOYÉ SPÉCIAL À SÉOUL
ASIE Kim Jong-un entre dans la danse
diplomatique. Pour la première fois de
son règne, le « dirigeant suprême »
nord-coréen a reçu des émissaires de
Séoul, avec pour ambition de desserrer
l’étreinte de Donald Trump, qui agite
l’épouvantail d’une frappe militaire. À
peine arrivés sur le tarmac de Pyongyang, les représentants du président sudcoréen Moon Jae-in ont eu le droit à un
dîner de « bienvenue » avec le dictateur
en personne, lundi. Un signal visant à afficher sa volonté de prolonger la « trêve
olympique », en testant l’alliance SéoulWashington. « Il va continuer d’amadouer
les Sud-Coréens, jusqu’au point où ils ne
pourront lui dire non. Mais son but est de
négocier directement avec les États-Unis.
Tout cela est planifié de longue date », juge
Narushige Michishita, professeur au National Graduate Institute for Policy Studies (GRIPS), à Tokyo.
Cette première depuis 2007 est une
nouvelle étape dans le spectaculaire rapprochement intercoréen lancé à l’occasion des Jeux d’hiver de Pyeongchang,
sous le regard sceptique de la MaisonBlanche. Dans la foulée de la visite à Séoul
de Kim Yo-jong, la sœur du Maréchal,
Moon tente de transformer son essai
olympique. Pour cela, le président de
centre gauche doit enclencher des négociations directes entre Washington et
Pyongyang, en amenant le dossier brûlant du nucléaire sur le tapis. Le défi presse alors que les exercices militaires américano-sud-coréens prévus au printemps
menacent de relancer l’escalade.
« Je veux avoir de sérieuses discussions
sur la façon de poursuivre non seulement le
dialogue intercoréen, mais également entre le Nord et les États-Unis », a prévenu
le chef de la délégation, Chung Eui-yong,
avant de décoller par-delà les barbelés de
la DMZ, qui déchirent la péninsule depuis
1953. Et de rappeler la condition clé de
Washington à toute discussion : l’objectif
de « dénucléarisation de la péninsule ».
Une gageure, alors que Kim affirme qu’il
ne renoncera jamais à la « bombe ».
Le négociateur et l’espion : le profil des
deux hommes forts menant cette opération diplomatique commando reflète la
détermination de Moon à jouer les entre-
Le conseiller à la sécurité du président sud-coréen, Chung Eui-yong (troisième à gauche), s’entretient avec une délégation nord-coréenne (à droite), lundi à Pyongyang.
metteurs, en profitant de l’étroite fenêtre
de tir dégagée par les Jeux. Cette priorité
est stratégique pour prévenir un conflit
sur la péninsule, dont la Corée du Sud risque de payer le prix fort, alors que sa capitale est à portée d’artillerie de sa « sœur
ennemie ». Chung, son conseiller à la sécurité est en contact étroit avec H.R. McMaster, le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, fragilisé. Ce
diplomate doit arrondir les angles entre la
Maison-Blanche et la « Maison Bleue »,
le surnom du palais présidentiel à Séoul,
malgré des présidents aux intuitions divergentes.
Il est accompagné de Suh Hoon, chef
des services de renseignements, l’officiel
sud-coréen qui a le mieux connu Kim
Jong-il, le père de l’actuel leader suprême. Ce vétéran fut la cheville ouvrière de
la « Politique du rayon de soleil », ce rapprochement intercoréen spectaculaire au
début des années 2000, dont Moon fut
également un artisan de l’ombre. Il a pour
mission de retisser des liens et des canaux
d’informations rompus par une décennie
de tensions et de règne conservateur.
“
Les États-Unis
doivent abaisser la barre
du dialogue, et la Corée
du Nord doit faire preuve
de flexibilité
”
MOON JAE-IN, PRÉSIDENT SUD-CORÉEN
Les deux hommes sont porteurs d’une
lettre du président au jeune Maréchal, qui
l’a invité à un sommet à Pyongyang « dès
que possible ». Ils ne peuvent réussir l’un
sans l’autre et se rendront dans la foulée à
Washington avec l’espoir de dégager un
terrain d’entente minimale entre leur
turbulent voisin et meilleur allié. « Les
États-Unis doivent abaisser la barre du
dialogue, et la Corée du Nord doit faire
preuve de flexibilité », a résumé le président Moon, en rencontrant la vice-première ministre chinoise Liu Yandong, la
semaine dernière. À défaut d’une percée,
Séoul espère minimiser les risques de dérapage après l’épisode de tension printanier, pour maintenir la fragile flamme du
dialogue le plus longtemps en vie.
Jusqu’ici, le régime de Kim jure qu’il ne
« mendiera » jamais des négociations.
« L’attitude des États-Unis nous fait penser
qu’ils ne sont pas sérieusement intéressés
au dialogue », a jugé le ministère nordcoréen des Affaires étrangères, dans un
communiqué glacial. Au même motif,
Pyongyang avait annulé à la dernière minute une rencontre avec le vice-président
Mike Pence, à l’ouverture des JO, selon
Washington. Vendredi, Donald Trump a
laissé ouverte la porte à la diplomatie, et
même une rencontre avec Kim en person-
Pékin fait monter la pression contre Taïwan
Xi Jinping, qui prépare son maintien au pouvoir à vie, renforce son étreinte sur « l’île rebelle ». La Chine
met en garde Taïpeh contre toute action séparatiste menaçant « l’intégrité territoriale de la Chine ».
primé la semaine dernière son « fort mécontentement » après le vote par le Sénat
américain du Taiwan Travel Act, qui appelle à encourager les dirigeants taïwanais à se rendre aux États-Unis pour y
rencontrer de hauts responsables américains. Il existe toutefois un « risque »
d’attaque sur Taïpeh, « d’autant que le
rôle des États-Unis comme garant de la
démocratie en Asie est vacillant », avance
pour sa part Juliette Genevaz, chercheuse à l’institut de recherche stratégique
de l’École militaire française.
CYRILLE PLUYETTE £@CyrillePluyette
A
CORRESPONDANT À PÉKIN
CHINE Plus Xi Jinping consolide son
pouvoir, plus la pression s’accroît sur
Taïwan. L’île a du souci à se faire, alors
que les quelque 3 000 députés chinois
réunis depuis lundi à Pékin en session
parlementaire annuelle offriront dimanche au président de la République populaire la possibilité de se maintenir à vie.
L’avertissement lancé à Taïpeh par le
premier ministre chinois pour le début
de cette grand-messe dans l’imposant
Palais du peuple, sous le regard impassible de « l’empereur rouge », en a donné
une confirmation éclatante. Après avoir
lu le projet d’amendement visant à supprimer de la Constitution la limite de
deux mandats présidentiels – déchaînant les applaudissements nourris de
l’assemblée – Li Keqiang est passé aux
menaces. Pékin « défendra fermement la
souveraineté et l’intégrité territoriale du
pays et ne tolérera jamais aucune tentative ou action séparatiste » de la part de
Taïwan, s’est-il exclamé.
L’île, où s’était replié en 1949 le leader
nationaliste Tchang Kaï-chek, après la
victoire des troupes communistes, mène
de facto une politique indépendante.
Mais Pékin considère que l’ex-Formose
fait partie intégrante de son territoire.
Les relations se sont fortement tendues
depuis l’élection, début 2016, de la présidente Tsai Ing-wen, qui prône la fermeté face à Pékin, et dirige le Parti progressiste démocratique, dont un courant
pousse à l’indépendance. Lors du
congrès du Parti communiste chinois
(PCC) en octobre dernier, qui lui avait
permis de renforcer considérablement
Un budget militaire en hausse
Le président de la République populaire, Xi Jinping, et le premier ministre chinois,
Li Keqiang, lundi au Palais du peuple, à Pékin. NG HAN GUAN/AP
son autorité, Xi Jinping, avait déjà martelé qu’il combattrait toute velléité d’indépendance.
Mais le « maître de Pékin », qui a promis de faire de la Chine une superpuissance respectée et joue volontiers sur la
fibre nationaliste, pourrait aller plus
loin, en cherchant à faire venir l’île dans
le giron du régime communiste. « Pour
Pékin, de plus en plus désireux de faire
respecter ses prétentions territoriales, il y
a une contradiction croissante à ne pas
procéder à la réunification, d’autant que
Taïwan est dirigé par un gouvernement
démocratique qui ne lui est plus favorable », souligne François Godement, directeur Asie et Chine de l’European
Council on Foreign Relations (ECFR).
« Xi Jinping a en tête de réunifier Taïwan
d’une manière ou d’une autre », abonde
Jean-Pierre Cabestan, sinologue à l’université baptiste de Hongkong, qui prévoit un « accroissement de la pression
psychologique ». Pékin a notamment
obtenu l’an dernier du Panama, qui faisait partie des rares alliés diplomatiques
de Taïpeh, qu’il rompe ses relations diplomatiques avec l’île.
Même si la Chine n’a jamais renoncé à
s’approprier Taïwan par la force, une offensive militaire serait toutefois dangereuse. Le géant asiatique veut en effet
« éviter toute confrontation directe avec
les États-Unis », estime Jean-Pierre Cabestan. Et ce, dans un contexte où
Washington renforce actuellement ses
liens officieux avec le gouvernement de
Tsai Ing-wen. La Chine a d’ailleurs ex-
De façon générale, avec à sa tête un dirigeant tout-puissant, la Chine pourrait se
montrer encore plus intraitable sur la
question de ses revendications territoriales. Elles concernent également des
îlots disputés en mer de Chine du Sud,
que Pékin transforme en avant-postes
militaires. Pour défendre la souveraineté
du pays, Xi Jinping souhaite le doter
d’une armée de « classe mondiale » d’ici
à 2050. Li Keqiang a d’ailleurs précisé
que le budget militaire chinois, le
deuxième au monde après les ÉtatsUnis, augmenterait de 8,1 % cette année
(à 175 milliards de dollars), soit plus
qu’en 2017 (+7%).
La deuxième économie mondiale, qui
cherche à moderniser ses armées pour
rattraper son retard sur les États-Unis,
s’est dotée ces douze derniers mois d’un
nouveau navire destroyer lance-missiles, d’un chasseur-bombardier furtif de
pointe et préparerait la construction
d’un troisième porte-avions – le premier à propulsion nucléaire – selon la
presse officielle chinoise. Le rapport de
force reste toutefois largement en faveur
des États-Unis. ■
ne, mais en martelant sa condition préalable : « Il faut qu’ils dénucléarisent ! » Ce
dialogue de sourds permet néanmoins de
baisser la température, et de jauger l’adversaire, jugent certains experts. « Nous
sommes entrés dans la phase des prénégociations. Durant cette étape, chacun fait
mine de ne pas être intéressé », estime Narushige Michishita, en s’appuyant sur le
précédent de George W. Bush. Le président républicain avait placé Pyongyang
sur « l’axe du mal » en 2002 avant d’entamer, faute de meilleure option en 2007,
des négociations avec « le diable ». Un gel
des tests balistiques longue portée pourrait être l’étape intermédiaire vers un accord plus complet, espèrent les diplomates sud-coréens, soutenus par la Chine.
Mais depuis, Pyongyang a franchi le point
de non-retour nucléaire, renforçant sa
position à coup d’essais de missiles balistiques intercontinentaux (ICBM), et déclenchant l’alarme jusqu’au Pentagone. ■
EN BREF
Belgique : huit arrestations
dans un dossier terroriste
Huit personnes ont été arrêtées
dimanche matin à Molenbeek,
près de Bruxelles, après une série
de perquisitions ordonnée
par un juge bruxellois chargé
d’un dossier terroriste.
L’UE reconduit le gel
des fonds de Ianoukovitch
Les États membres de l’UE ont
reconduit lundi pour un an le gel
des avoirs de l’ex-président
ukrainien Viktor Ianoukovitch
et de 12 autres personnes accusées
d’avoir détourné des fonds
publics en fuyant l’Ukraine après
la révolte de Maïdan en 2014.
UE : Merkel veut que son
pays parle d’une voix forte
« Nous voyons tous les jours
que l’Europe est très sollicitée, et
qu’une voix forte de l’Allemagne,
au côté de celle de la France
et d’autres États membres, est
nécessaire », a déclaré Angela
Merkel devant son parti, la CDU.
La Turquie maintient en
prison deux soldats grecs
Un tribunal turc a rejeté lundi
une demande de libération
de deux soldats grecs interpellés
jeudi dernier pour être entrés
illégalement en Turquie.
Les deux militaires patrouillaient
à la frontière et affirment être
entrés en Turquie « par erreur ».
Le Guatemala transfère
son ambassade à Jérusalem
Le Guatemala va transférer son
ambassade en Israël de Tel-Aviv
à Jérusalem au mois de mai, deux
jours après le déménagement
de celle des États-Unis,
a annoncé le président
guatémaltèque, Jimmy Morales.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mardi 6 mars 2018
SOCIÉTÉ
9
Brigitte Macron
mobilisée contre
le harcèlement
à l’école
CAROLINE BEYER cbeyer@lefigaro.fr
ENVOYÉE SPÉCIALE À DIJON
PRÉVENTION Quand on l’interroge sur la
Journée des femmes, la première dame
répond du tac au tac : « C’est tous les
jours ». Elle explique être « féministe »,
mais « avec les hommes ». Pour elle, le
combat doit être mixte. Ce lundi, au lycée
Carnot, sous le soleil dijonnais, c’est elle
la star. Elle a fait le déplacement aux côtés
de Jean-Michel Blanquer sur le thème du
harcèlement scolaire. « Il était important
que Brigitte Macron soit là, explique le
ministre de l’Éducation. Elle est très populaire. Les élèves sont heureux de la
voir. » Un euphémisme. Dans cet établissement du centre-ville de Dijon, qui
compte 2 500 élèves, du collège à la prépa, l’atmosphère est quasi hystérique.
Dans la cour d’honneur, derrière les
balustrades en pierre qui entourent le
monument aux morts de la Première
Guerre mondiale, les élèves, téléphone
portable en main, sont prêts à dégainer.
Veste noire, chemisier blanc, sweat bleu
ciel à capuche de circonstance, l’épouse
du président Macron se laisse aller au
bain de foule. Ambiance fan-club. « Je
vois que ses cheveux », se plaint une jeune
fille. « Wesh, j’étais tout près d’elle. J’adore ma vie ! », s’enthousiasme une autre.
Les plus téméraires n’hésitent pas à réclamer un selfie. Exercice auquel l’ancienne professeur de littérature se prête,
tout sourire.
Le sujet, lui, est sérieux. Le harcèlement scolaire concerne un élève sur dix.
Si les garçons sont plus victimes de violence physique, les filles évoquent davantage ce cyberharcèlement*, qui prend
souvent des connotations sexuelles et
sexistes, à travers le « revenge porn » ou
le « sexting ». La prochaine campagne de
lutte contre le harcèlement à l’école por-
Jean-Michel Blanquer (à gauche) et Brigitte Macron saluent les élèves du lycée Carnot, lundi à Dijon.
tera d’ailleurs sur le sujet, explique le ministre. Elle sera élargie aux violences
« sexistes, sexuelles et homophobes ».
Ce lundi, il y a fort à parier qu’un nombre considérable d’élèves auront, sur
leur téléphone portable, leur photo du
ministre et de la première dame qu’ils
pourront partager avec leurs amis. À
“
Il était important que
Brigitte Macron soit là. Elle
est très populaire. Les élèves
sont heureux de la voir
JEAN-MICHEL BLANQUER
”
l’heure de la course aux selfies et aux likes, les réseaux sociaux sont l’ultime lieu
de mise en scène de soi. Des autres aussi.
Et sur Internet, le harcèlement ne s’arrête pas lorsque les portes des collèges et
des lycées se ferment.
« Lorsque j’étais professeur, j’intervenais de manière assez sévère, se souvient
Brigitte Macron. Mais quand le phénomène est diffus, il est plus difficile d’agir. Les
élèves m’ont beaucoup rapporté. Dans
leurs dissertations, on lit, dans leurs inflexions, leur mal-être ». En tant que première dame, elle dit avoir reçu des « lettres déchirantes ».
Dans la salle polyvalente du lycée Carnot, une ancienne chapelle, l’assistance
entonne un « ban bourguignon », cet
« hymne » de la région qui semble annoncer un concert. Brigitte Macron et
Jean-Michel Blanquer s’installent pour
assister aux saynètes d’improvisation
proposées par des « ambassadeurs lycéens de lutte contre le harcèlement » et
autres jeunes comédiens.
«Vous vivez dans une jungle où les adultes
n’interviennent pas, réagit Nino Arial, jeune
youtubeur invité. Pas parce qu’ils ne veulent pas, mais parce qu’ils ne savent pas. »
Les aspirants énarques jugés conformistes
Dans son rapport sur les concours d’entrée 2017 à l’École nationale d’administration (ENA),
le jury fustige les prises de position excessivement prudentes de nombreux candidats.
MARIE-ESTELLE PECH £@MariestellPech
ADMINISTRATION Manque d’engagement personnel, prudence excessive des
candidats, voire « frilosité » à s’attaquer
aux sujets d’actualité : les rapports annuels du jury des concours d’entrée de
l’ENA sont toujours cruels, et 2017 ne dépare pas. Si le niveau des 813 candidats
présents – pour 80 places - est considéré
comme « bon, voire très bon » pour les
disciplines techniques, comme les questions internationales ou les finances publiques, trop nombreux sont les aspirants
énarques qui « récitent des fiches », utilisant tous les « mêmes formules », incapa-
bles de les justifier, comme cette phrase
de Kissinger : « L’Europe, quel numéro de
téléphone ? », citée dans cinq copies.
Lorsque les prestations s’approchent
plus d’un étalage de culture que d’un raisonnement, le jury s’agace. Confronté à
d’abondantes références littéraires, historiques ou cinématographiques, « souvent strictement identiques d’une copie à
l’autre » lors des épreuves plus générales,
il rappelle qu’il « ne s’agit en aucun cas de
l’éblouir par des connaissances, mais bien
de lui donner à percevoir qui l’on est, pourquoi on présente ce concours ». Très souvent, les futurs techniciens de l’administration pensent plus à donner au jury « la
bonne réponse supposée » qu’à la resituer
dans un contexte et à la nuancer. Ils ont
ainsi presque tous considéré que la décision de la Mairie de Paris de fermer à la
circulation les voies sur berge était bonne, « sans prise en compte des inconvénients possibles (l’accès à Paris des habitants des banlieues, le déport de la pollution
sonore et atmosphérique, etc.) ». Et présentent l’Union européenne « comme un
ordre établi qui ne pourrait être différent ».
« Autocensure »
Quand les candidats dissertent sur « Peuton faire confiance aux pouvoirs publics ? »,
le jury s’étonne de ne trouver aucune référence aux manifestations contre le mariage pour tous. « Il s’agit pourtant d’une
rupture de confiance spectaculaire entre
l’État et une partie des citoyens, plus parlante que l’évocation des guerres de Religion au XVIe siècle, trouvée dans plusieurs
copies. » À croire que le candidat imagine
« la copie idéale comme un texte éthéré, où
n’apparaîtraient surtout pas les sujets délicats. Cette autocensure aboutit à des copies
très uniformes où le point de vue personnel
apparaît rarement ».
Reste que la forme même de ce
concours très codifié et encyclopédique
n’engage pas à la fantaisie ou aux opinions
tranchées… Quant aux références communes, sont-elles si étonnantes alors que
la majorité des candidats suivent les mêmes préparations à Sciences Po Paris ? ■
À Saint-Martin, la population s’impatiente
À quelques mois de la prochaine saison cyclonique, les habitations sont encore très endommagées.
ANGÉLIQUE NÉGRONI anegroni@lefigaro.fr
OURAGAN Pour bien des familles, la vie
s’écoule encore sous des bâches en guise
de toits, d’autres restent hébergées dans
une école faute de logements sociaux libres et çà et là, des grues se dressent au
pied de chantiers en cours. Six mois après
l’ouragan Irma qui a dévasté SaintMartin, dans les Antilles, l’île se remet
difficilement de cette terrible épreuve.
Sur ce territoire où 95 % du bâti a été
endommagé, le redémarrage est pourtant
perceptible, comme a pu le constater la
ministre des Outre-mer, Annick Girardin.
Sur place durant deux jours jusqu’à ce
lundi soir pour un point d’étape, accompagnée d’autres membres du gouvernement, cette dernière a listé les priorités de
l’île. La toute première concerne la protection des habitants. À quelques mois de
la prochaine saison cyclonique qui démarre dès juillet prochain « la priorité, c’est de
mettre les populations en sécurité », a indiqué Annick Girardin. La construction de
nouveaux abris anticycloniques, la fourniture de fenêtres et portes à tous les logements sont ainsi les objectifs visés en dépit
des nombreux obstacles rencontrés.
Ainsi, le port de Philipsburg situé sur la
partie néerlandaise de l’île et qui est la
principale porte d’entrée des approvi-
sionnements, marche désormais au ralenti. Endommagé et fonctionnant à 20 %
de ses capacités, celui-ci est vite saturé et
les matériaux destinés à la reconstruction
tardent. « En même temps, Saint-Martin
manque de bras pour être rebâti et de logements pour accueillir ceux qui viendraient
travailler », indique Philippe Gustin, le
délégué interministériel chargé de suivre
le rétablissement du territoire.
Régulièrement sur place et tiraillé
entre divers impératifs, ce dernier sait
« qu’il n’y a pas de temps à perdre » et
néanmoins « qu’il ne faut pas agir dans la
précipitation ». « Il ne faut évidemment
pas reconstruire n’importe comment et la
collectivité est parvenue à imposer de
nouvelles règles d’urbanisme qui tiennent
compte de la carte des aléas recorrigée
par l’État depuis Irma », dit-il en décri-
Scène de désolation dans les rues de Marigot après le passage de l’ouragan Irma,
le 9 septembre 2017 à Saint-Martin. MARTIN BUREAU/AFP
vant une population « impatiente et anxieuse ». Le moindre coup de vent violent suscite désormais aujourd’hui des
peurs auprès de ceux qui se sont baptisés
« les cyclonés ».
En parallèle, dans cette île qui vit principalement du tourisme, un soutien financier de l’État a été décidé en faveur
des acteurs économiques. Néanmoins
cette saison touristique se fera au ralenti.
Seuls une soixantaine de restaurants et
une douzaine d’hôtels ont à ce jour rouvert et plus de 300 chambres sont disponibles sur les 1 700 dénombrées avant le
passage d’Irma. Au total et en intégrant
l’aide d’urgence déployée au lendemain
de l’ouragan mais aussi des soutiens financiers accordés à la population, l’État a
débloqué 300 millions d’euros.
Le 12 mars prochain marquera une
nouvelle étape. Lors d’un comité interministériel, il sera décidé du montant
d’une enveloppe financière pour la reconstruction des bâtiments publics lourdement touchés. Ainsi la préfecture a été
totalement détruite et 18 des 21 établissements scolaires ont été détériorés. À ce
jour et même si tous les élèves ont repris
les cours depuis novembre dernier, le
rythme scolaire se fait dans certains
quartiers de manière chaotique. Faute de
places suffisantes, certains vont en classe
le matin et les autres l’après-midi. ■
PHILIPPE DESMAZES/AFP
Pour preuve : une private joke qu’il lance à
l’assistance, comprise des seuls « ados »…
Il ne veut pas « faire la morale », seulement
décrypter. « Vous êtes la première génération qui a eu accès si jeune aux réseaux sociaux. Vous voulez tous avoir une petite notoriété, des likes sur vos profils. »
« Je demande des applaudissements
pour Brigitte Macron », conclut le ministre à l’issue de cette visite de deux heures.
Dernières bousculades dans les couloirs,
derniers selfies avant de s’engouffrer
dans la voiture. À la sortie de l’établissement, les banderoles tenues par des élèves venus d’un lycée voisin affichent un
tout autre ton. « Non à la sélection à l’université » ou encore « La République en
marche ou crève ! » ■
* 24 % des garçons disent avoir été frappés,
contre 13 % pour les filles ; 8 % des filles disent avoir subi du cyberharcèlement, contre
6 % des garçons. Enquête nationale de climat
scolaire et de victimation, décembre 2017.
ZOOM
Nouvelles mesures contre
le harcèlement de rue
Lundi, une campagne
d’information et un numéro
d’alerte unique pour les
transports en commun d’Îlede-France ont été présentés par
Valérie Pécresse, présidente de
la région. À partir de ce numéro
d’alerte – 31 17 par téléphone
et 31 177 par SMS – la victime est
géolocalisée et une intervention
est déclenchée, 24 heures sur 24
et 7 jours sur 7. En parallèle,
sur le territoire national,
Gérard Collomb a confirmé
que le gouvernement avait
retenu le principe d’une amende
forfaitisée pour sanctionner les
auteurs de harcèlement sexuel
ou sexiste dans l’espace public.
EN BREF
Ouverture du procès
des disparues de Perpignan
Le procès de Jacques Rançon
s’est ouvert lundi devant
la cour d’assises des PyrénéesOrientales. Le « tueur de la gare »
est accusé d’avoir violé, tué
et mutilé deux femmes, et tenté
d’en violer deux autres laissées
pour mortes en 1997 et 1998.
Cette affaire avait provoqué une
véritable psychose à Perpignan.
Agen : les avocats bloquent
les assises en signe
de colère contre Macron
Alors qu’Emmanuel Macron
se déplace mardi à l’École
nationale d’administration
pénitentiaire (ENAP) d’Agen,
les avocats de la ville ont prévu
de bloquer la cour d’assises.
Ils entendent ainsi dénoncer
le mépris du chef de l’État qui
refuse de recevoir une délégation
pour discuter de la réforme
de la carte judiciaire. Ils ont
reçu le soutien des syndicats
de magistrats et de greffiers.
La famille d’Alexia Daval
témoigne
Les parents, la sœur et le beaufrère d’Alexia Daval se sont
exprimés dans un entretien
diffusé lundi soir sur BFM-TV.
Ils ont notamment déclaré
s’être sentis trahis par Jonathann
Daval dont ils n’ont pas souhaité
croire à la culpabilité avant
les aveux de ce dernier.
A
Aux côtés du ministre de l’Éducation, elle a
rencontré des élèves, à Dijon, pour prévenir
des violences, notamment sur Internet.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 6 mars 2018 LE FIGARO
10
SPORT
PSG-Real : rêver d’un exploit
En ballottage défavorable après le 8e de finale aller à Madrid et privé de Ney
BAPTISTE DESPREZ £@Batdesprez
FOOTBALL L’heure des seigneurs a sonné. Celle des grands. Des puissants. Qui
peut vous mettre en transe comme vous
délester de toute euphorie, vous mettant
plus bas que terre. Le PSG connaît la
chanson, un an après être passé par toutes ces émotions face à Barcelone. Dire
qu’il ne veut pas subir la même leçon
s’apparente à un doux euphémisme,
tant la raclée reçue au Camp Nou le
8 mars 2017 a marqué le club, un pays
et le monde du foot en général. En retrouvant le Real Madrid, ce mardi
(20 h 45, beIN) au Parc des Princes,
après la désillusion connue au Santiago Bernabéu (3-1), le club de la
capitale fait face à son destin. Celui
d’un club surpuissant depuis
l’arrivée du Qatar en 2011, désireux de tout écraser sur son
passage, et donc dans l’obligation de signer des actes forts.
Fondateurs. Pour régner sur le
continent, lui qui semble bloqué
par un plafond de verre l’empêchant
d’accéder au dernier carré depuis la venue de ses nouveaux patrons. Mais si Paris n’a pas forcément rendez-vous avec
son histoire, ce mardi soir, puisqu’une
qualification ne l’enverrait qu’en quart
de finale de la Ligue des champions, cet
affrontement peut lui permettre d’en-
Avec 189 buts
en 396 matchs,
Karim Benzema
est le septième
buteur de l’histoire
du Real Madrid.
GETTY IMAGES/AFP
Benzema-Cavani,
pourquoi tout les oppose
A
CHRISTOPHE REMISE £@Cremise77
SERAIT-IL possible de trouver deux attaquants plus différents qu’Edinson Cavani
et Karim Benzema ? Une chose les rapproche : ils seront alignés à la pointe de
leur équipe respective ce mardi. Et ils
sont tous les deux nés en 1987. Pour le
reste… Le Matador est un tueur des surfaces, un buteur pur jus. Ses statistiques
parlent d’elles-mêmes : 32 buts en 37
matchs cette saison, dont six buts en sept
sorties en Ligue des champions… « Je me
retrouve un peu en Cavani, note JeanPierre Papin, Ballon d’or 1991 et consultant sur beIN Sports. Il aime la profondeur,
il est très efficace, généreux dans ses courses et aussi dans sa façon de défendre pour
l’équipe. » Un Cavani qui sera encore plus
déterminant en l’absence de Neymar. Et
ce, même s’il touche relativement peu le
cuir au milieu des tripatouilleurs de balle
du PSG : « Au vu de son profil, c’est normal. Il n’a pas besoin de toucher des tonnes
de ballons pour marquer. »
Benzema, lui, ne manque pas de ballons. Son bagage technique lui permet
d’être au cœur du jeu. Heureusement,
car son efficacité n’est pas au rendezvous ces dernières semaines (8 buts en 31
matchs). « Benzema sort d’une longue
méforme, le genre de période que connaissent tous les attaquants, où on ne trouve
plus les bons repères, techniquement et
physiquement, on est un peu moins bien.
Malheureusement pour le PSG, il revient
bien en ce moment », glisse « JPP ». Cela
se voit dans son volume de jeu, et aussi
dans les chiffres, avec deux buts et trois
passes décisives sur ses cinq dernières
sorties.
« Il est capable de marquer des buts,
mais il est aussi le compère idéal de Ronaldo, poursuit Papin. Il est peut-être même
encore plus dangereux dans ce rôle.
Quand on n’est pas bien individuellement
et qu’on peut se reposer sur quelqu’un
comme Ronaldo, c’est forcément plus simple… C’est un duo très complémentaire et
très fort. Ils jouent l’un pour l’autre, ils
sont très complices. » La relation technique est moins évidente entre Cavani et
« Ney », mais cela n’entrera pas en ligne
de compte ce mardi, avec le forfait de la
superstar brésilienne…
En parlant de star, Cavani est probablement LE chouchou du Parc des princes. Sa fidélité, sa générosité et ses buts
ont contribué à lui conférer un statut à
part dans le cœur des supporteurs. Au
point qu’une poignée d’entre eux avaient
pris partie pour lui contre… Neymar pour
une histoire de penalty mi-janvier
contre Dijon (8-0). À l’inverse, Santiago-Bernabeu a pris Benzema en grippe
depuis des semaines. « CR7 » se démène
pour ramener l’ancien Lyonnais dans les
grâces du public madrilène. Il lui a même
offert un penalty récemment et a demandé au stade de l’applaudir pour une
passe décisive.
Mental de fer
Lequel Benzema, septième buteur de
l’histoire du grand Real (189 buts en 396
matchs), revient jouer en France pour la
première fois depuis… la dernière de ses
81 sélections en Bleu (27 buts), le 8 octobre 2015 contre l’Arménie (4-0). Depuis,
il est boudé par Didier Deschamps. L’affaire de la « sextape » et ses propos sur
« DD » dans la presse espagnole sont
passés par là. Benzema le clivant. Tout
l’inverse d’un Cavani, discret et loué
pour sa simplicité. Cavani n’a pas de
souci avec le sélectionneur de l’équipe
d’Uruguay, merci pour lui : 40 buts
(2e meilleur buteur) en 98 capes
(5e joueur le plus sélectionné) avec la Céleste. « Les attaquants qui sont restés dix
ans au Real ne sont pas légion… Karim a
toujours refait surface après les périodes
les plus difficiles », souligne « JPP ». Un
mental de fer, voilà peut-être le vrai
point commun entre ces deux grands
animaux des surfaces. Charge à Benzema et Cavani de tenter d’apporter leur
pierre à l’édifice, mardi, dans leur style
propre. ■
tretenir sa légende et d’envoyer un
message fort à l’Europe entière. Tout en
poursuivant son aventure sur l’échiquier continental. « On vibre pour ces
rencontres qui peuvent t’envoyer dans
une autre dimension, atteste Youri Djorkaeff, champion du monde 1998, qui en
a vu d’autres. Pour Paris, la claque contre
Barcelone ne s’effacera jamais, mais vous
pouvez montrer que la leçon a été retenue
en inversant la tendance contre Madrid.
Les Parisiens sont capables de le faire. »
Comme face à Barcelone l’an dernier,
il aura fallu attendre trois semaines
- autant dire une éternité - pour assister
au deuxième round entre les deux mastodontes. Et, forcément, pour combler
le temps entre les matchs, l’affrontement s’est déplacé sur le terrain de la
communication, où les Parisiens n’ont
cessé de lancer des appels divers et variés au peuple de la capitale et d’ailleurs,
quand les Madrilènes ont joué la carte de
la mesure et de la prudence. Jour J oblige, cette période appartient déjà au passé. Après les paroles, place aux actes.
Désormais, les hommes d’Unai Emery
n’ont plus le choix, et une seule mission
en tête : renverser le club le plus titré
d’Europe (12 C1), qui débarque dans la
Un match qui vaut de l’or pour les finances du
Toujours dans le viseur de l’UEFA
concernant l’enquête sur le fair-play
financier, le Paris SG a tout intérêt
à franchir l’obstacle Real Madrid
pour augmenter ses recettes. Pour sa
saison européenne 2017-2018, le club
de la capitale pourra tabler sur des
revenus supérieurs à ceux de la saison
passée après une campagne stoppée
par le FC Barcelone en 8es de finale.
L’UEFA avait reversé 55,3 millions
d’euros au club parisien (25,40 M€
liés aux performances et 29,90 M€
liés à la répartition des droits TV).
Arrivé au même stade
de la compétition que l’an passé,
le PSG a déjà l’assurance de toucher
26,20 M€ pour les revenus liés
aux performances (12,70 M€
pour une participation à la phase
de groupes, 7,50 M€ pour ses cinq
victoires dans le groupe B et 6 M€
de bonus pour la qualification en
8es de finale). Un chèque de 6,50 M€
tombera en cas de qualification
pour les quarts. Tout cela sans
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mardi 6 mars 2018
SPORT
11
t pour entretenir la légende
Être pris au sérieux
Pour renverser la tendance et s’inviter,
le temps d’une soirée, au sein des foyers
français avant de redevenir le club clivant qu’il est, le PSG devra sortir le
match parfait et prouver qu’il a passé un
cap. Ce qui lui fait défaut aujourd’hui
dans les grands rendez-vous, à l’image
du match aller ou des années précéden-
u Paris SG
compter les recettes de billetterie
(environ 5 M€ par match lorsque
le Parc des Princes fait le plein).
Ce n’est qu’à la fin de la saison que
les dirigeants connaîtront la part des
revenus de l’UEFA liée à la répartition
des droits TV. Basée sur des calculs
complexes, celle-ci devrait être
supérieure à celle de l’an passé car
le Paris SG reste le seul représentant
français alors qu’en 2017 l’AS Monaco,
demi-finaliste, avait eu une belle part
du gâteau (23,80 M€).
G. F.
8ES DE FINALE RETOUR
mardi 20h45 REAL MADRID
beIN (1-3)
PORTO
LIVERPOOL
(5-0)
MAN. CITY mercredi (4-0) BÂLE
TOTTENHAM
JUVENTUS
(2-2)
MAN. UNITED 13 mars (0-0) SÉVILLE
AS ROME
SH. DONETSK
(1-2)
BESIKTAS 14 mars (0-5) BAYERN MUNICH
CHELSEA
BARCELONE
(1-1)
PARIS SG
tes contre Barcelone (2013, 2015, 2017),
Manchester City (2016) ou Chelsea
(2014). « Il manque au PSG de battre des
adversaires comme le Real, assure Dani
Alves, recruté cet été pour ce type de
rencontres et jamais avare de bonne formule. C’est comme cela qu’on sera pris au
sérieux. Pour l’instant, on dit qu’on vient
à Paris pour le fric, la vie sur place. Ce
n’est pas vrai. Je suis ici car on veut gagner cette compétition et écrire encore
l’histoire du club. » Et le Brésilien de
34 ans, passé par le Barça et la Juve, d’en
dire plus sur l’humeur de ses troupes
avant la soirée de prestige : « Il n’y a rien
de plus motivant que de jouer ces matchs.
On a la possibilité d’éliminer le champion
en titre et d’envoyer un message aux
autres. Qu’il faut désormais compter avec
le PSG. Je n’ai aucun doute sur notre capacité à réussir cette performance et à
rester en vie. »
Un discours volontiers harangueur et
mobilisateur qui dévoile l’état d’esprit
du groupe, logiquement marqué par le
forfait de Neymar, mais pas forcément
anéanti. L’absence du Brésilien, recruté
à prix d’or l’été dernier pour ces rendezvous XXL, ne sera pas une excuse côté
parisien. Façon de montrer que ce groupe en a sous la semelle et qu’il peut
(doit) vivre sans sa rock star, dont
le feuilleton sur sa blessure a été
suivi en mondovision cette semaine. « Avec ou sans Neymar, on se doit de montrer à
l’Europe entière que le PSG est
sur la carte », avance clairement Thomas Meunier. « On a
deux options : s’asseoir et pleurer, ou se lever et continuer à se battre,
renchérit Alves, qui ne cesse d’être en
contact avec son compatriote. Moi, je
sais quel choix je fais. » Pour le remplacer, Unai Emery comptera sur Angel
Di Maria, en feu depuis le début de l’année (13 buts, 6 passes décisives) et forcément revanchard après sa mise au
ban(c) lors du match aller. Ou encore
sur Kylian Mbappé et Edinson Cavani,
discrets et décevants lors du premier
round. « Ils n’ont pas le choix. Sur un
match, ces garçons doivent se sublimer,
prévient Djorkaeff. Se retrancher derrière l’absence de Neymar n’est pas une excuse, et le PSG a les armes pour déstabiliser le Real. » Question d’honneur. De
standing. Et un passage obligé pour rêver d’un exploit majuscule. ■
Edinson Cavani
a inscrit 32 buts
dont 6 en Ligue
des champions
depuis le début
de la saison.
IMAGEFORUM
Grâce
au sorcier Pintus,
le Real en a
dans le moteur
GUILLAUME LOISY £@guiloisy
TOUT juste revenus de blessure, Toni
Kroos et Luka Modric sont diminués pour
le choc face au PSG. De quoi tracasser Zinédine Zidane, l’Allemand et le Croate
étant ses pièces maîtresses au milieu de
terrain, pions essentiels dans la conquête
des deux victoires consécutives en Coupe
d’Europe (2016, 2017). Le coach français
ne prendra aucun risque à l’instant de finaliser la composition de son équipe. « Je
veux des joueurs à 100 % », a-t-il martelé la semaine dernière. Un vœu pieux en
cette période hivernale délicate, où les
corps sifflent avec près d’une cinquantaine de matchs déjà disputés.
DEL POZO/AFP
capitale avec Zidane, Ronaldo et toutes
ses stars, pour se retrouver en quart de
finale et ne pas être (encore) contraint
d’attendre un an pour se mêler à la lutte
avec le gratin de la planète foot.
PROGRAMME
ymar, le Paris SG doit réussir le match parfait pour éliminer le Real de Zidane.
“
Je veux des
joueurs à 100 %
ZINÉDINE ZIDANE
”
Pour que ses « pur-sang » ne tirent
pas trop la langue dans la dernière ligne
droite, Zidane peut compter sur l’expertise d’un homme : Antonio Pintus. L’Italien est une référence dans le domaine de
la préparation physique. Un expert dans
l’art de façonner en amont les corps pour
résister aux cadences infernales du foot
moderne. Avec le quinqua au crâne luisant et à l’air malicieux, les étés sont
chauds dans les shorts et les maillots.
« C’est un diablotin, sourit l’ancien milieu
de terrain Édouard Cissé, qui a transpiré
sous ses ordres à Monaco et à Marseille. Il
te fait souffrir et te met des “disquettes”.
Mais il te fait comprendre que ce travail
sera bénéfique durant toute la saison. » En
2004, le Monaco de Didier Deschamps
s’était hissé en finale de la Ligue des
champions tout en jouant le titre jusqu’au bout en Ligue 1. Le natif de Turin
n’y était pas étranger. « On ne tournait
qu’à 16 ou 17 joueurs. On était émoussé sur
la fin mais c’est quand même bluffant. Antonio sait vraiment préparer les groupes.
J’ai appris à bien bosser (le physique) avec
lui cette saison-là », poursuit Cissé,
aujourd’hui consultant sur TF1.
Après l’avoir côtoyé comme joueur avec Deschamps - à la Juventus à la fin
des années 1990, Zidane en a fait l’un de
ses hommes de base à Madrid. Les bienfaits de la méthode Pintus se sont vite fait
ressentir avec une deuxième partie de sai-
son en boulet de canon l’an dernier et des
fins de matchs à très haute intensité, à
l’image de celle contre le PSG il y a trois
semaines (victoire 3-1). « On est bien sur
le plan physique grâce à Pintus. Il nous a
mis sous pression durant la présaison et à
Noël », expliquait Marcelo il y a un an. La
mobylette brésilienne et ses partenaires
ont encore eu droit à une trêve particulière cette année avec un réveillon du 31 passé à gravir les marches des tribunes pentues de Santiago-Bernabeu façon Rocky
Balboa devant le Philadelphia Museum of
Art. Du Pintus tout craché. Quand Pep
Guardiola ou Leonardo Jardim ne jurent
que par le ballon, le technicien passé par
Chelsea croit toujours aux vertus du footing mais n’est prisonnier d’aucun dogme. « Le travail avec le ballon est évidemment important mais tout autant que le
travail de prévention, de préparation et
d’intervention », expliquait-il à son arrivée à Lyon en juin 2016. Un mois plus
tard, il faisait faux bond à Jean-Michel
Aulas pour rejoindre « Zizou » à Madrid.
Trop tentant. « Zidane est allé le chercher
car il sait les bienfaits qu’il peut procurer à
ses joueurs. C’est quelqu’un de très humble
et très discret avec une grande capacité
d’adaptation, note Cissé. Il fait preuve
d’empathie envers les joueurs. Il n’a pas besoin de gueuler pour te faire bosser et t’emmener là où il veut aller. » Comme son illustre patron. ■
Zidane :
« On va souffrir »
« On sait qu’on va souffrir. Mais
il faudra souffrir et jouer au foot »,
a déclaré Zinédine Zidane, ce lundi
en conférence de presse. Concernant
l’absence de Neymar, l’entraîneur
du Real a indiqué : « Cela change tout et
rien à la fois. C’est un joueur exceptionnel.
Pour nous, ça ne va rien changer
parce qu’il y aura un autre joueur en face,
super-motivé (…). Il y a aura de toute
façon une équipe très compétitive. »
Interrogé sur son retour en France,
Zizou a lancé : « On est à Paris ici. Moi,
je suis marseillais (rires). C’est toujours
un plaisir de revenir en France car je ne
reviens pas souvent. Là, c’est particulier
car c’est pour un match de foot. »
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 6 mars 2018 LE FIGARO
12
SCIENCES
Un néonicotinoïde serait dangereux pour l’homme
L’Anses recommande de limiter l’usage du thiaclopride, suspecté, entre autres, d’être cancérogène et neurotoxique.
ANNE-LAURE LEBRUN £@LebrunAnneLaure
SANTÉ Dans son rapport sur six substances néonicotinoïdes, surnommées les
pesticides « tueurs d’abeilles », l’Agence
nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation et de l’environnement (Anses)
s’inquiète des dangers posés par le thiaclopride. Elle estime que l’usage de cet
insecticide utilisé pour traiter les cultures
de colza, de pomme de terre ou le bois
doit être réduit « au maximum dès 2018 ».
En revanche, concernant les cinq autres
molécules de la famille des néonicotinoïdes, il n’existe pas de « risque inaccepta-
Vers une interdiction en 2018
La loi de 2016 « pour la reconquête de la
biodiversité, de la nature et des paysages » prévoit l’interdiction des néonicotinoïdes à partir du 1er septembre 2018, tout
en ouvrant la porte à des dérogations jusqu’en 2020.
Il faut dire que la littérature scientifi-
que montre de sévères effets négatifs sur
la santé des animaux de laboratoire. Elle
suggère, chez le rat, que le thiaclopride
est nocif en cas d’inhalation, et ce même
à la plus faible dose. Dans des situations
d’exposition chronique, les rongeurs ont
présenté des dégénérescences et des nécroses du foie. Il semblerait aussi que la
molécule s’attaque à la thyroïde, aux
ovaires et à l’utérus. Le thiaclopride a
donc été classé par le rapport comme
« susceptible de provoquer le cancer »
chez l’homme. Des tests toxicologiques
menés chez le rat et le lapin ont également montré des effets sur la fertilité et
sur le développement fœtal (petits poids
du fœtus, malformations du squelette,
mort-nés). Un effet perturbateur endocrinien est aussi suspecté.
En outre, il partage avec quatre autres
molécules étudiées et visées par l’interdiction (acétamipride, clothianidine, imidaclopride et thiaméthoxame) des propriétés neurotoxiques. Cependant, les
études disponibles ne permettraient pas
de conclure à un lien de cause à effet, souligne le rapport. Il est toutefois signalé que
des effets neurologiques sont attendus
puisque les néonicotinoïdes agissent sur le
système nerveux central des insectes.
L’Agence n’exclut pas que ces risques
pourraient être liés à des expositions com-
binées à plusieurs substances. Des risques
cumulés qui sont difficiles à évaluer.
Néanmoins, les experts de l’agence jugent qu’il est possible de s’en protéger en
respectant les conditions d’utilisation de
ces produits. Ils notent qu’entre 2010 et
2015, 324 cas d’expositions accidentelles
ont été signalés. Plus d’une centaine
concernent des particuliers qui utilisent
l’acétamipride (seul néonicotinoïde accessible aux non-professionnels). Et,
pour la grande majorité des victimes, les
« symptômes rapportés sont bénins et sont
d’ordre digestif, cutané, oculaire et neurologique (céphalées, vertiges) », précise le
rapport. ■
La comète 67P,
née d’une
violente
collision ?
Une étude remet
en cause le grand
âge de Tchoury,
qui pourrait être
bien plus jeune.
TRISTAN VEY £@veytristan
ASTROPHYSIQUE Lorsque la sonde européenne Rosetta s’est approchée pour la première fois de
sa cible, la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko, à l’été
2014, elle a découvert un corps
étrange dont la forme évoquait
celle d’un canard en plastique.
Comment expliquer une structure
aussi singulière ? S’agissait-il de
deux noyaux cométaires « soudés » ensemble depuis l’origine du
Système solaire, il y a plus de
4 milliards d’années ? Ou bien le
fruit de la désintégration « récente » d’un corps plus gros orbitant
au-delà de l’orbite de Neptune, la
plus lointaine planète du Système
solaire ?
Une nouvelle étude parue lundi
dans Nature Astronomy démontre
que ce deuxième scénario n’est finalement pas incompatible avec
les données recueillies par Rosetta. L’astrophysicien suédois Bjorn
Davidsson, du Jet Propulsion Laboratory de la Nasa, pensait pourtant avoir réglé la question en
2016. Avec ses confrères, il estimait dans la revue Astronomy&Astrophysics que la très grande porosité et la richesse en
éléments volatiles de la comète
ble pour la santé humaine » si les conditions d’usage sont bien respectées,
précise le rapport.
Par cette alerte, l’Anses recommande
d’interdire plus tôt que prévu cette substance utilisée dans certains produits phytosanitaires ou biocides.
La comète 67P,
photographiée
en juillet 2015
par la sonde Rosetta.
ESA/ROSETTA/NAVCAM, CC
BY-SA IGO 3.0
étaient incompatibles avec l’hypothèse d’un impact cataclysmique : cela aurait dégagé trop de
chaleur, vaporisant ces éléments
sensibles à la température, tout en
compactant le noyau cométaire.
Seul un impact avec une vitesse
relative de quelques mètres par
seconde (la vitesse d’un marcheur)
aurait pu permettre d’accoler les
deux lobes sans endommager leur
structure ou leur composition. Or
un impact aussi lent ne serait possible que dans le disque de gaz et de
poussières primitif.
Mais c’était sans compter sur la
pugnacité de Patrick Michel, dynamicien à l’Observatoire de la
Côte d’Azur. « Le taux de collision
est important dans la ceinture de
Kuiper (objets situés au-delà de
l’orbite de Neptune, NDLR) , explique-t-il. Il y a peu de chances
pour qu’un objet aussi fragile puisse
y survivre aussi longtemps à mon
sens sans se disloquer ni entrer en
collision avec un autre. Ce n’est pas
impossible, mais sur les cinq comètes dont nous avons pu observer le
noyau, trois sont doubles ou très allongés. Cela commence à faire
beaucoup. »
Matériau primitif
Le chercheur démontre aujourd’hui avec ses collègues, en s’appuyant sur des simulations numériques, que la désintégration d’un
objet dix fois plus lourd que la comète 67P pourrait avoir donné un
objet de cette forme étrange sans
perdre sa porosité ni sa richesse en
éléments volatils, même avec un
impact entre deux corps dont la
vitesse relative atteint 1 km/s
(3 600 km/h), la vitesse relative
typiquement observée entre les
objets de la ceinture de Kuiper.
« Au niveau de l’impact, les éléments volatils sont effectivement
vaporisés. Mais le reste du corps est
peu touché : il monte peu en température et conserve sa porosité. » Il
est pulvérisé en morceaux, mais
ces derniers ne mettent que quelques heures à quelques jours à se
ressouder pour former un nouveau
noyau cométaire intègre, avec des
propriétés proches du corps parent et des formes variées en fonction de différents paramètres.
«C’est une sorte de synthèse entre le modèle d’accrétion primor-
diale et la dislocation d’objets
transneptuniens de plusieurs centaines de kilomètres… Pourquoi
pas ? », concède Jean-Loup Bertaux, géophysicien, directeur de
recherches émérite au CNRS, plutôt favorable au premier scénario
de formation. Pour Jean-Pierre
Bibring, responsable scientifique
de l’atterrisseur Philae de Rosetta,
astrophysicien à l’Institut d’astrophysique spatiale, « ce qui est
important, c’est que les comètes
restent formées de matériau primitif dans tous les cas. Ensuite, les
données que nous avons recueillies
avec Rosetta et Philae ne permettent pas de trancher entre ces deux
scénarios de formation, qui restent
tous les deux plausibles à l’heure
actuelle ». ■
Les moustiques ont la mémoire des odeurs
A
ANNE PRIGENT
ÉPIDÉMIE Pour trouver leur proie, c’està-dire nous, les moustiques sont guidés
par leur odorat. Ont-ils pour autant la
capacité de faire la différence entre les
divers parfums de peau et d’en préférer
certains ?
Des chercheurs de l’université de
Washington, à Seattle ont démontré que
c’était effectivement possible. Les scientifiques voulaient tester l’hypothèse selon laquelle les moustiques étaient capables de mémoriser des informations sur
leurs cibles et comment cette capacité
pouvait influer sur leur préférence pour
certaines.
Dans un premier temps, ils ont entraîné des moustiques-tigres en associant l’odeur d’une personne ou d’une
espèce animale particulière à un choc
mécanique. Pour cela, ils ont disposé
dans un labyrinthe des tissus imprégnés
d’odeurs d’humain, de rat et de poulet.
L’odeur de l’humain étant naturellement la plus alléchante pour eux.
Lorsque les moustiques venaient piquer les tissus, ils recevaient une vibration. « Elle était calibrée pour mimer ce
qu’un moustique, posé sur votre bras,
ressentirait lorsque vous essayez de
l’écraser sans y parvenir », explique Clé-
ment Vinauger, chercheur au Virginia
Tech et l’un des auteurs de l’étude parue
fin janvier dans la revue Current Biology.
Le lendemain, les moustiques étaient
confrontés à la même odeur, placée dans
l’un des deux couloirs que l’insecte pouvait emprunter. Résultat : le moustique-tigre évitait le couloir émettant
l’odeur associée au danger. Une capacité d’apprentissage qui joue sans
aucun doute un rôle dans leur attirance
pour certaines personnes, mais aussi
pour certaines espèces.
Vecteurs de maladies
Les chercheurs ont aussi mis au point une
technique qui leur a permis d’enregistrer
directement l’activité neuronale dans le
cerveau des moustiques afin de l’analyser. Ils ont ainsi pu constater que la zone
du cerveau où l’information olfactive est
traitée était modulée par la dopamine.
Cette démonstration aboutira-t-elle à
de nouveaux moyens pour lutter contre
les moustiques ? « Cette expérimentation
ouvre effectivement de nouvelles voies,
absentes des modèles actuels pour lutter
contre les moustiques vecteurs de maladies. Mais nous sommes encore loin d’une
application », commente Frédéric Simard directeur de recherche de l’Institut
de recherche pour le développement
(IRD).
Clément Vinauger explique ainsi
qu’on peut, à partir de la découverte de
ce processus imaginer deux approches.
« L’une qui empêcherait les moustiques
d’apprendre, les poussant à s’exposer à
des hôtes défensifs, l’autre qui, au contraire, exploiterait cette capacité d’apprentissage pour détourner leur attention vers
des hôtes non-humains, par exemple ».
Le moustique-tigre, Aedes albopictus,
qui est originaire d’Asie est responsable
de la transmission de maladies graves
dont la dengue, le Chikungunya, le Zika
et pourrait également transmettre la fièvre jaune.
En attendant une nouvelle arme antimoustique, il est toujours possible de
passer les soirées d’été à chasser ceux
qui tournicotent autour de nous. Même
si nous ne parvenons pas à les écraser, il
y a peut-être une chance qu’ils nous
perçoivent comme un peu trop belliqueux et préfèrent aller piquer un voisin plus pacifique. ■
ROGER ERITJA/BIOSPHOTO
Les moustiques-tigres sont capables de se souvenir des effluves laissés par différents animaux. Une piste
pour les scientifiques qui cherchent à élaborer de nouveaux mécanismes de lutte contre ces insectes.
Le moustique-tigre, originaire d’Asie,
a colonisé une partie de la France.
Les insectes invasifs colonisent l’Europe en voiture
Aedes albopictus est une des espèces
les plus invasives au monde. Elle est
capable de « coloniser une diversité
importante d’environnements et ses
œufs résistent à la dessication, ce qui
favorise leur transport », rappellent
des chercheurs de l’IRD qui se sont
penchés sur son mode de déplacement.
Car comment expliquer que cet insecte,
arrivé en Europe dans des cargaisons
de pneus usagés en provenance d’Asie,
ait réussi en peu d’années à coloniser
une partie de l’Europe, dont la France,
et l’Amérique du Nord ? Il semble que
l’animal a « opté » pour un mode
de déplacement très tendance,
le covoiturage ! « La dispersion active par
le vol ne peut suffire à expliquer
l’extension de son aire géographique
en Europe, explique en effet
l’entomologiste médical David Roiz
(université de Montpellier, IRD/CNRS)
coauteur d’une publication sur le sujet
dans la revue Scientific Reports. I
l ne peut en effet se déplacer que
de 100 à 300 mètres par ses propres
moyens. Tout laisse à penser qu’il profite
des transports terrestres. » Pour vérifier
cette hypothèse, les chercheurs se sont
postés à des péages d’autoroute dans
le nord-est de l’Espagne et ont intercepté
des véhicules dont ils ont aspiré
l’habitacle. Résultat : 4 « passagers
clandestins » pour 770 voitures. Si ce
chiffre peut paraître très faible, « il prend
des proportions considérables rapporté
au volume du trafic routier.
La modélisation suggère que
13 000 à 71 000 véhicules participent
à la dispersion passive du moustique tigre
sur les routes de cette seule région »,
explique le chercheur.
M. C.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 6 mars 2018
LE CARNET DU JOUR
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deuils
François et Agnès Baguet,
Maryelle et Dominique
Longchamp,
Dominique et Olivier Baguet,
Pierre Christophe et Marie
Baguet,
Laurent Baguet (†),
ses enfants,
Raphaël et Monika,
Alexandre et Caroline,
Lauriane (†), Mathias et Lucie,
Perrine et Arthur,
Cécile et Xavier,
Grégoire et Anaïs,
Aurélie et Olivier, Flavien,
Madeline et Maxime,
Thibaud et Sophie, Pauline,
ses petits-enfants,
ses 11 arrière-petits-enfants,
les familles Baguet,
Desloubières, Griveau, Herr,
Lecroart, Mussier Torri,
en communion de pensées
avec son épouse,
Geneviève Baguet,
née Griveau (1926-2015),
vous font part du décès de
M. Robert BAGUET
chevalier dans l'ordre
de la Légion d'honneur,
chevalier dans l'ordre national
du Mérite,
ancien dirigeant
de Bayard Presse et
cofondateur de Notre Temps,
ancien fondateur et président
de l'Inrac (Institut national
pour la retraite active),
ancien président de la Fnar
(Fédération nationale
des associations de retraités),
ancien commissaire national
des scouts de France,
ancien président
de Vie nouvelle,
survenu le 4 mars 2018,
à Boulogne-Billancourt,
dans sa 99e année.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le jeudi 8 mars 2018, à 10 h 30,
en l'église Sainte-Thérèse,
62, rue de l'Ancienne-Mairie,
à Boulogne-Billancourt,
suivie de l'inhumation
dans la sépulture de famille.
14, rue de Sèvres,
92100 Boulogne-Billancourt.
baguet.francois@orange.fr
baguet.dominique@orange.fr
Ses enfants, petits-enfants
et leurs conjoints,
son arrière-petit-fils,
Yvonne Cocault-Duverger,
sa belle-sœur,
et toute sa famille
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu du
général (c.r.) Xavier BALEY
Saint-Cyr,
promotion Extrême-Orient
1950-1952,
officier de la Légion d'honneur,
le 4 mars 2018, à Paris.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le vendredi 9 mars, à 10 h 30,
en l'église Sainte-Bernadette,
rue Saint-Nicolas, à Versailles.
L'inhumation aura lieu
le samedi 10 mars, à 11 heures,
au cimetière La Bouteillerie,
à Nantes,
aux côtés de son épouse.
Sylvie et Miroslav Milic,
Thierry et Odile Baudeu,
Fabrice Baudeu,
ses enfants et leurs conjoints,
ses 10 petits-enfants
et leurs conjoints,
ses 15 arrière-petits-enfants,
ses proches
et ceux qui l'aimaient
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Michelle BAUDEU
née Antier,
survenu le 28 février 2018,
à l'âge de 93 ans.
Sa présence était notre joie,
sa mémoire sera notre force.
Saint Augustin.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le samedi 10 mars, à 10 h 30,
en l'église Saint-Joseph,
25, rue du Nord, à Rouen.
L'inhumation aura lieu
au cimetière de
Saint-Germer-de-Fly (Oise),
à une date ultérieure.
Cet avis tient lieu de faire-part.
M. Maurice BINDER
s'est éteint paisiblement
le 4 mars 2018,
à l'âge de 97 ans.
La cérémonie religieuse
aura lieu
le jeudi 8 mars, à 14 h 30,
en la collégiale de Thann
(Haut-Rhin).
Ni fleurs ni couronnes,
mais des dons peuvent être
reversés à l'association
Tamaris au bénéfice
des personnes défavorisées.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Mme Joseph CHARTIER
née Anne Roquette,
est entrée dans la Lumière
et la Paix du Seigneur
le 3 mars 2018,
à l'âge de 90 ans.
De la part de
ses 99 descendants :
Véronique et Marc Olagne,
Colette Bernard,
Jacqueline Richard,
Antoine et Dominique Chartier,
Odile et Renaud de Drouas,
Marie et Dominique Boës,
Bénédicte et Loïc Bioche,
Anne et Jacques de La Soujeole,
ses enfants,
ses 26 petits-enfants
et leurs conjoints,
ses 41 arrière-petits-enfants,
ses frère, sœurs, belles-sœurs,
Annie Roquette,
Brigitte Mabille de Poncheville,
Denise Danel,
Dominique et Catherine
Roquette,
Denise Chartier.
La messe d'A-Dieu
sera célébrée
le vendredi 9 mars 2018,
à 10 h 30, en l'église
Sainte-Catherine,
à Lille (Nord).
Ni fleurs ni couronnes,
mais un don pour l'association
France Alzheimer
www.donner.francealzheimer.
org
Les conseils d'administration,
la direction générale
et les collaborateurs
d'AG2R La Mondiale
ont la tristesse de faire part
du décès de
Mme Marie-Claire GÉKIÈRE
administratrice d'AG2R
Réunica Prévoyance
et de la Fondation
AG2R La Mondiale.
Depuis 1980, par de nombreux
mandats CFDT nationaux
et régionaux, elle s'est engagée
avec cœur et compétence
au service du groupe
et de ses assurés.
Nos pensées accompagnent
sa famille et ses proches.
Mme Monique Guyomarc'h,
son épouse,
M. Philippe Ribatto,
son beau-fils,
Anne et Marie-Amélie,
ses petites-filles,
François et Anne-Marie
Millerot,
son beau-frère et sa belle-sœur,
ont la tristesse
de vous faire part du décès,
à Paris, le 2 mars 2018,
dans sa 95e année, de
Jean GUYOMARC'H
secrétaire général honoraire
du Sénat,
officier de la Légion d'honneur,
commandeur
de l'ordre national du Mérite.
La cérémonie religieuse
sera célébrée le jeudi 8 mars,
à 15 heures, en l'église
Saint-Pierre-de-Montrouge,
82, avenue du Général-Leclerc,
à Paris (14e),
suivie de l'inhumation
dans l'intimité familiale.
A son souvenir sera associé
celui de sa première épouse,
Jeannine
décédée le 17 septembre 1969.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Une messe sera célébrée
ultérieurement à son intention,
à Paris.
33, rue Gazan,
75014 Paris.
Son épouse,
née Marie-Claire Waché,
Emmanuel et Pascal Dupont,
ses fils,
Mathieu, Guillaume, Lucas,
ses petits-fils,
Le président,
les membres du conseil,
les membres de
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
l'Association d'Entraide
de la Noblesse Française
Bernard DUPONT
notaire honoraire,
ancien président de la chambre
des notaires de l'Essonne
et du conseil régional
des notaires de la cour d'appel
de Paris 2e section,
survenu le 2 mars 2018,
à l'âge de 86 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée le jeudi 8 mars,
à 14 h 30, en l'église
Notre-Dame-de-l'Assomptionde-Passy, 90, rue
de l'Assomption, Paris (16e).
L'inhumation suivra
dans la stricte intimité.
Béatrice et Pierre de Boissieu,
Marie-Dominique et Bertrand
Dautzenberg,
Elisabeth
Flüry-Hérard-Schotter
et Bernard Schotter,
Bernard et Anne Flüry-Hérard,
ses enfants,
ses 15 petits-enfants,
ses 32 arrière-petits-enfants
font part du rappel à Dieu de
Mme FLÜRY-HERARD
née Christiane Bricard,
le 3 mars 2018,
dans sa 100e année.
La messe d'obsèques sera
célébrée le vendredi 9 mars,
à 14 heures, en l'église
Notre-Dame-du-Val-de-Grâce,
1, place Alphonse-Laveran,
Paris (5e),
suivie de l'inhumation
dans le caveau familial,
à Bures-sur-Yvette (Essonne).
M. et Mme Warnier de Wailly,
le prince et la princesse
Mihai Sturdza,
M. et Mme
Christophe Laederich,
M. et Mme
Daniel Geistodt-Kiener,
leurs enfants et petits-enfants
vous font part
du rappel à Dieu de
Frédéric GEISTODT-KIENER
croix de guerre 1939-1945,
le 1er mars 2018,
dans sa 104e année.
En union de prières
avec sa femme (†2004), née
Victoire de Bonnault d'Houët.
La messe sera célébrée
le vendredi 9 mars,
à 9 heures, en l'église
Saint-Honoré-d'Eylau,
Paris (16e),
suivie à 15 h 30 d'une
cérémonie religieuse
en l'église de Saint-Jeanvrin
(Cher) et de l'inhumation.
13
Autun (Saône-et-Loire).
Ardentes (Indre). Paris.
M. Henry de La Comble,
son époux,
et sa famille
Georges-Michel Maubert,
son époux,
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Mme Henry de LA COMBLE
née Jeanine Martin,
le 4 mars 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée le jeudi 8 mars,
à 15 heures, en l'église
Saint-Jean d'Autun.
Elisabeth Lécosse,
née Girerd,
son épouse,
Charlotte, Capucine
et Constantin,
ses enfants,
Inès et Iris,
ses petites-filles,
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
François LÉCOSSE
comte
Anne-François d'HARCOURT
président d'honneur de l'ANF,
chevalier
de la Légion d'honneur,
le 28 février 2018,
dans sa 90e année, muni
des sacrements de l'Église,
à Grosbois-en-Montagne.
L'ANF adresse à sa famille
toutes ses sincères
condoléances.
Neuilly-sur-Seine.
Mme Liliane Romi Karnier,
son épouse,
et Jacky Cukier
ont la douleur
de faire part du décès de
M. Nathan KARNIER
né le 25 mars 1930,
survenu le 3 mars 2018,
à l'âge de 87 ans,
à l'hôpital Foch, à Suresnes.
Les obsèques auront lieu au
cimetière parisien de Bagneux,
45, avenue Marx-Dormoy,
ce mardi 6 mars, à 15 heures.
La cérémonie religieuse
sera célébrée le jeudi 8 mars,
à 10 h 30, en la chapelle
Notre-Dame-de-Compassion,
place du Général-Kœnig,
Paris (17e).
famillelecosse@gmail.com
Mme Xavier Lejeune,
née Monique Halleux,
son épouse,
Sylvie Rouille,
Florence et Pierre-Yves
Peyrieux,
François-Xavier
et Marie-Aude Lejeune,
Véronique Cazals de Fabel,
Nathalie Lejeune,
Laetitia Thoumyre,
ses enfants,
ses petits-enfants
et ses arrière-petits-enfants
ont la tristesse
de vous faire part
de l'entrée dans la Lumière de
scientifique humaniste,
anthropologiste
philantropique,
le 3 mars 2018,
à l'âge de 92 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le mercredi 7 mars, à 10 h 30,
en l'église Saint-Symphorien,
à Versailles.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Goeffroy et Hélène,
Bérengère et Ludovic,
Edgar et Albin de Lassée,
Philippine Lugol,
Antoine, Matthieu, Guillaume
et Inès Lugol,
ses petits-enfants,
Iris et Barthélémy de Lassée,
ses arrière-petits-enfants,
Mme Jean-Marc Rutin,
née Annie Collin,
sa sœur,
le comte Armand d'Humières
et la comtesse, née
Evelyne Lugol,
Mme Dominique Lugol,
née Mariel Bédéneau,
ses beau-frère et belles-sœurs,
ses neveux et nièces
et leurs enfants
ont la douleur
de vous faire part du décès,
le 1er mars 2018, de
Mme Jean-Paul LUGOL
dans sa 90e année.
Michèle, son épouse,
Elise, Charles et Augustin,
ses enfants,
les familles Esarté,
Le Corroller, Mortier,
Varangot, Oms, Leberger, Puig
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Bernard LE CORROLLER
conseiller honoraire
à la Cour de cassation,
chevalier
de la Légion d'honneur,
chevalier
de l'ordre national du Mérite,
survenu le 2 mars 2018,
à Bordeaux.
La cérémonie religieuse
sera célébrée le jeudi 8 mars,
à 10 heures, en l'église
Saint-Etienne de Ponteilla,
suivie de l'inhumation
au cimetière de la commune.
M. Charles Le Corroller,
19, rue Chanez, 75016 Paris.
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
La cérémonie religieuse
aura lieu
le mercredi 7 mars, à 10 h 30,
en l'église Saint-Jean-Baptiste,
à Neuilly-sur-Seine
(Hauts-de-Seine),
158, avenue Charles-de-Gaulle.
L'inhumation se fera
le jeudi 8 mars, à 14 h 30,
au cimetière de Mansle
(Charente).
Mme Bernard Marq,
née Georgette Spiess,
son épouse,
ses enfants,
ses petits-enfants
et ses arrière-petits-enfants
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
M. Bernard MARQ
le 3 mars 2018,
à l'âge de 89 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée le jeudi 8 mars,
à 10 h 30, en l'église
Saint-Antoine-de-Padoue,
au Chesnay (Yvelines).
les familles Novella et Sofola,
parents et alliés
ont la tristesse
de faire part du décès de
M. René NOVELLA
grand officier
de l'ordre de Saint-Charles,
grand officier
de l'ordre de Grimaldi,
survenu le 3 mars 2018.
La cérémonie religieuse
aura lieu le jeudi 8 mars,
à 14 h 30, en la cathédrale
de Monaco.
Roselyne MAUBERT
née de La Selle,
survenu à l'âge de 84 ans.
La messe d'obsèques
sera célébrée
le vendredi 9 mars 2018,
à 14 h 30, en l'église d'Ardentes.
Condoléances sur registres.
En union avec son époux,
Edouard Minart (†),
et ses fils,
Christian et Hubert Minart (†),
Xavier et Danièle Minart,
leurs enfants et petits-enfants,
Henri et Iabelle Minart,
leurs enfants et petits-enfants,
Solange Minart,
ses enfants et petits-enfants,
Patrick et Chantal
Soury-Lavergne
et leurs enfants,
Dominique et Hélène
Decomble
et leurs enfants
vous font part
du rappel à Dieu de
Mme Paul Paravey,
son épouse,
le docteur et Mme
Christian-Yves Paravey,
M. et Mme Gildas Paravey,
M. et Mme Jérôme Fayau,
ses enfants,
ses neuf petits-enfants,
ses onze arrière-petits-enfants
et toute la famille
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
M. Paul PARAVEY
survenu à Paris,
le 2 mars 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le mercredi 7 mars,
à 10 h 30, en l'église
Notre-Dame-de-l'Assomption,
à Paris (16e),
suivie de l'inhumation
au cimetière du Père-Lachaise.
Madeleine MINART
née du Pont de Romémont,
le 3 mars 2018,
dans sa 88e année,
La cérémonie religieuse
aura lieu le vendredi 9 mars,
à 15 heures, en l'église d'Arçais
(Deux-Sèvres).
Le comte et la comtesse
Guy-Philippe de Montebello,
ses parents,
Bob Bernstein,
son époux,
Max et Claire,
ses enfants,
Marc e t Charles,
ses frères,
ont la grande tristesse
de vous faire part du décès de
Laure de MONTEBELLO
M. et Mme Allain de Lassée,
M. François Lugol
et Mme Aude Anselmi,
M. et Mme Bertrand Lugol,
ses enfants, gendre
et belles-filles
née Jeanine Collin,
Ponteilla
(Pyrénées-Orientales).
Bordeaux. Paris.
Guillemette et Patrick
Charlemagne,
Bertrand et Emilienne
de La Selle,
Bruno de La Selle,
Xavier de La Selle,
Claude et Bertrand
Jouslin de Noray,
ses frères, sœurs,
beaux-frères et belle-sœur,
et toute la famille
le vendredi 2 mars 2018.
Xavier LEJEUNE
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu du
France, Thierry et Laurence,
Stéphane et Guillemette,
Ghislain et Florence,
ses enfants,
ses petits-enfants
et arrière-petits-enfants,
Mme Jahanthi Novella,
son épouse,
et sa fille Nathalie,
survenu le 3 mars 2018,
à New York, dans sa 50e année.
Chantal et Pascal Leroux,
Elisabeth et Christian
Frangeul,
ses enfants,
Sandrine et Alexandre,
Arnaud et Emilie,
Amélie et Christophe, Sonia,
Estelle et Arnaud,
ses petits-enfants,
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
S.A. la princesse
Pauline MURAT
et toute la famille
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
M. René PETITPAS
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le vendredi 9 mars, à 14 h 30,
en l'église Saint-Ayoul
de Provins.
L'inhumation aura lieu
au cimetière ville basse ancien
de Provins, dans le caveau
de famille.
survenu le 2 mars 2018.
Miwako Natale,
son épouse,
ainsi que toute sa famille
et ses amis
ont la tristesse
de faire part du décès de
Carlo-Maria NATALE
architecte,
Jacques Veillet Lavallée,
Diane de Navacelle,
Alexandra et John Zolidis
et leurs enfants,
Ophélie et Amelia,
Charles et Olivia de Navacelle
et leurs enfants,
Louise et Léonard,
ont la tristesse
de vous annoncer le départ de
Victoria de NAVACELLE
née Mortimer,
« Vicky »,
à l'âge de 71 ans.
Ils vous invitent
à participer à la messe
pour célébrer sa mémoire,
le vendredi 9 mars 2018,
à 10 h 30, en l'église
Saint-François-Xavier,
place du Président-Mithouard,
Paris (7e).
Mme Philippe RADIGON
née Marguerite-Marie Fabre,
survenu
le dimanche 4 mars 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le vendredi 9 mars, à 10 h 30,
en l'église Saint-Sulpice,
place Saint-Sulpice, Paris (6e),
suivie de l'inhumation
dans le caveau familial,
au cimetière du Montparnasse,
dans la plus stricte intimité.
1, rue Madame,
75006 Paris.
André Sacau,
son époux,
Brigitte Sacau,
Bernard et Laurence Sacau,
Jean-Philippe et Christine
Sacau,
Laurent et Lamiae (†) Sacau,
ses enfants,
Harold, Hermine, Eliott,
Lorène,
Alix et Jean-Baptiste,
ses petits-enfants,
ont la profonde tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Mireille SACAU
née Penet de Monterno,
le 4 mars 2018.
La cérémonie religieuse
aura lieu le jeudi 8 mars,
à 10 h 45, en l'église
Saint-Joseph-de-Buzenval,
à Rueil-Malmaison,
suivie de l'inhumation
dans l'intimité familiale,
au nouveau cimetière
de Rueil-Malmaison.
La famille remercie les équipes
de la résidence La Bruyère
de Rueil-Malmaison,
pour leurs soins
et leur dévouement.
Cet avis tient lieu de faire-part.
16, rue des Vaussourds,
92500 Rueil-Malmaison.
Mme Henri Veisseire,
née Marguerite Teissier,
son épouse,
Dominique et Rémi Caron,
Philippe et Sylvie Veisseire,
Christine et Guy Roulin,
ses enfants et leurs conjoints,
ses 12 petits-enfants
et leurs conjoints,
ses 16 arrière-petits-enfants,
Mgr Henri Teissier,
archevêque émérite d'Alger,
son beau-frère,
ses belles-sœurs
et leurs conjoints
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Henri VEISSEIRE
X 43,
inspecteur général honoraire
de Gaz de France,
chevalier
de la Légion d'honneur,
officier
de l'ordre national du Mérite,
Christiane Schweitzer,
son épouse,
le 2 mars 2018,
dans sa 95e année.
Dominique Schweitzer,
Bernard Schweitzer,
sa sœur et son frère,
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le mercredi 7 mars, à 15 h 30,
en la chapelle
de La Providence, Paris (18e).
et toute la famille
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
survenu le 3 mars 2018, à Paris.
La cérémonie religieuse
aura lieu le jeudi 8 mars,
à 14 h 30, en l'église
Saint-Honoré-d'Eylau,
66 bis, avenue
Raymond-Poincaré, Paris (16e),
suivie de l'inhumation
au cimetière ancien
de Neuilly-sur-Seine
(Hauts-de-Seine).
ont la douleur
de vous faire part du décès de
ses arrière-petits-enfants,
Denise et Michel Pichon,
Henri et Nicole Petitpas,
Pierre Noël,
ses frère, sœur, beaux-frères
et belle-sœur,
survenu le 1er mars 2018,
dans sa 89e année.
Le baron Édouard de Langlade,
son gendre,
Thaïs et Paul de Langlade,
ses petits-enfants,
Jean-Louis et Dominique
Radigon,
ses enfants,
Sylvie Horvath,
sa belle-fille,
Juliette et Chloé Radigon,
ses petites-filles,
Philippe SCHWEITZER
Science Po 56,
sous-lieutenant
dans l'armée de terre,
banquier,
directeur de la formation
au Crédit du Nord,
directeur de la gestion privée
de la Compagnie financière
Edmond de Rothschild
jusqu'en 2000,
à sa retraite devient
co-fondateur de l'épicerie
sociale de Charenton-le-Pont,
survenu le mercredi
28 février 2018, à Créteil,
à l'âge de 81 ans.
Ses qualités rares, sa fidélité
à sa famille, en amitié comme
en affaire nous manquerons
beaucoup.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le mercredi 7 mars, à 10 heures,
en l'église Saint-Pierre
de Charenton-le-Pont
(Val-de-Marne), suivie
de l'inhumation à 11 h 15,
au cimetière ancien,
avenue de Gravelle,
de Charenton-le-Pont
dans le caveau de famille.
11, rue des Ormes,
94220 Charenton-le-Pont.
L'inhumation aura lieu dans
l'intimité familiale,
au cimetière de Poncin (Ain),
le vendredi 9 mars, à 10 heures.
La Providence,
77, rue des Martyrs,
75018 Paris.
M. et Mme
Yves-Hubert Gueniot,
ses frère et belle-sœur,
Mme Henri Augustin,
sa belle-sœur,
Mme Alain Vigner,
sa belle-sœur,
et leurs enfants, petits-enfants,
arrière-petits-enfants
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Mme Henri VIGNER
née Régine Gueniot,
le 26 février 2018,
dans sa 85e année.
La cérémonie religieuse
sera célébrée en l'église
Saint-Pierre-Saint-Paul
de La Celle-Saint-Cloud,
le vendredi 9 mars, à 10 h 30.
L'inhumation aura lieu
le samedi 10 mars,
à 9 heures, au cimetière
de Dinard.
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mardi 6 mars 2018 LE FIGARO
14
CHAMPS LIBRES
ENQUÊTE
Le président de la Haute Assemblée, Gérard Larcher, s’érige en défenseur du bicamérisme : « La démocratie, c’est le pouvoir régulé par les représentants du peuple. »
F. BOUCHON/LE FIGARO
Gérard Larcher, l’homme
qui dit non à Macron
Marion Mourgue
£@MarionMourgue
À
des milliers de kilomètres de la
France, sous 45 °C, Gérard Larcher
« se tient au courant », jamais loin
de la politique française. En plein
Sahel, en route pour la région du
lac Tchad et un camp de réfugiés,
Gérard Larcher essaye d’avoir du
réseau pour consulter, sur son téléphone, l’avis du
Conseil d’État. Le président du Sénat lui avait soumis
il y a un mois la proposition de loi des parlementaires
Maurey-Nègre portant sur l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire de voyageurs. Un sujet
d’actualité, alors que, le même jour, Édouard Philippe
annonce son choix de recourir aux ordonnances pour
réformer la SNCF. Une ineptie pour Gérard Larcher,
qui prévient qu’il ne laissera pas le Parlement être
court-circuité « sur des sujets qui concernent l’aménagement et l’équilibre des territoires. Sinon il n’y a
qu’à supprimer le Parlement ! », s’agace-t-il. « On ne
peut pas considérer que le Parlement fasse l’accessoire
et que l’essentiel soit traité par ordonnances. Même si
c’est plus dur », affirme-t-il. « La démocratie, c’est le
pouvoir régulé par les représentants du peuple. »
Le message est clair, Gérard Larcher ne cédera pas,
soucieux de se placer comme la vigie du « fonctionnement démocratique » des institutions. S’il juge indispensable de « redresser » la SNCF, il estime aussi que
« ce n’est pas une entreprise comme les autres » avec
des contraintes de service public et d’aménagement
du territoire. « Et l’aménagement du territoire est un
sujet éminemment politique, qui doit être débattu par le
Parlement ! », martèle-t-il. « Que le président soit
très attentif à cette France des petites et moyennes villes, ceux qui ont le sentiment de pas être dans le coup,
aux classes moyennes touchées par la hausse de la
CSG », met en garde Gérard Larcher, en s’inquiétant
d’une fracture territoriale croissante.
En plein projet
de révision
constitutionnelle
et en plein bilan
de celle de 2008,
avec Nicolas Sarkozy
qu’il reçoit ce mardi,
le président du Sénat
veille au grain. Il entend
être « un contre-pouvoir »
aux ambitions
du président.
Pas question de courtcircuiter le Parlement.
+
» Lire aussi PAGE 5
A
Des réseaux et des soutiens
Si le président de la Haute Assemblée estime ne pas engager un rapport de force avec le chef de l’État, - « ce
n’est pas en ces termes », balaye-t-il – il compte néanmoins défendre le bicaméralisme coûte que coûte. « Je
crois au rôle de la démocratie représentative. Je ne suis
pas contre le pouvoir, je ne suis pas un antipouvoir, j’ai
toujours dit que le Sénat est un contre-pouvoir », conclut
le numéro deux de l’État dans l’ordre protocolaire, qui
ne dépend du numéro un ni politiquement ni institutionnellement. Ça pourrait être dans les faits le contraire, alors que l’exécutif a besoin, s’il passe par la voie du
Congrès, de la majorité des trois cinquièmes au Sénat
pour faire adopter la révision constitutionnelle promise
par Emmanuel Macron. Mais Gérard Larcher n’entend
pas brader son soutien… ni désarmer.
Au Tchad, la semaine dernière, le président du Sénat a reçu, de la part des anciens combattants, un
bouclier - « c’est toujours utile pour un homme politique » -, et un sabre, des mains des soldats de l’opération « Barkhane ». Il les a rapportés à Paris…
Gérard Larcher, qui connaît la Constitution par
cœur, n’oublie pas qu’au titre de l’article 24, le Sénat
assure la représentation des collectivités territoriales
de la République. De quoi le hisser comme premier
interlocuteur du président et en faire un acteur central du jeu politique. L’homme a d’ailleurs ses réseaux et ses soutiens. Comme les syndicats, qu’il
rencontre régulièrement. L’ex-ministre des Affaires
sociales, qui vient de voir la CFDT, FO et la CFTC, a
rendez-vous le 8 mars avec la CGT et l’Unsa. Si le climat social est au menu des discussions, le président
du Sénat compte désormais parler aussi de la réforme annoncée de la SNCF. « Si je n’ai à donner de
conseils à personne, je crois que le président ne doit pas
annoncer une multiplication de réformes. Mettons-les
en œuvre progressivement », lâche Gérard Larcher.
Autant d’éléments qui pour les soutiens d’Emmanuel Macron montrent une volonté de blocage de
toute réforme par le président du Sénat. À commencer par la révision constitutionnelle souhaitée par le
chef de l’État. « Gérard Larcher a une approche plus
dure, ça complexifie la donne », soutient un très proche d’Emmanuel Macron, « mais on en conclura qu’il
ne peut pas y avoir un accord car le Sénat est une maison archaïque. Gérard Larcher tient moins la boutique
qu’avant, comme il le pensait ».
En cas de blocage de la Haute Assemblée, Emmanuel
Macron n’exclut pas de recourir au référendum, selon
l’article 11 de la Constitution. « Sur la réforme constitutionnelle, le Sénat et moi n’avons aucune volonté de bloquer la réforme par conservatisme, je le redis une bonne
fois pour toutes », répond Gérard Larcher au Figaro.
« Mais on n’a pas mandat non plus de nourrir l’antiparlementarisme et les populismes par effet de mode ou démagogie… », lance-t-il cinglant à l’attention des entourages. « Si à chaque fois qu’il y a un désaccord avec le
gouvernement, la seule réponse est le conservatisme de
l’ancien monde, on ne va jamais y arriver ! », énonce-til encore après un article paru dans le JDD.
Alors que des macronistes pestent contre Gérard Larcher, l’accusant de s’arc-bouter pour une réforme qui
concernerait « 12 sénateurs », lui durcit le ton : « C’est
une question de principe. Ce que je ne supporte pas, c’est
qu’au nom du renouvellement, on touche à quelque chose
de fondamental dans le fonctionnement démocratique. Le
Parlement doit se réformer, mais on n’offre pas le Parlement en cadeau à l’opinion », assène-t-il pour prévenir
le gouvernement que jouer l’opinion publique contre les
élus ne passerait pas. « Ce n’est pas l’intérêt d’Emmanuel
Macron de se fâcher avec l’ensemble des territoires. Il vaut
mieux réfléchir avant », glisse-t-il.
Gérard Larcher n’entend donc pas applaudir des
deux mains la suppression possible du cumul des
mandats dans le temps. Et renvoie à l’article 6 de la
Déclaration universelle des droits de l’homme et du
citoyen, qui stipule que « les citoyens sont libres de
choisir leurs représentants ». « Je souhaite qu’on débatte de cet article. Est-ce qu’après trois mandats
parlementaires on est un incapable, au sens juridique,
d’être élu ? », fait mine de s’interroger Gérard Lar-
Il faut respecter le Sénat. Si on n’y arrive pas,
il n’y aura pas de révision constitutionnelle.
Ce sera un rendez-vous manqué. Ce serait
dommage
GÉRARD LARCHER,
»
PRÉSIDENT DU SÉNAT
cher, qui voit là une atteinte à la liberté des citoyens
de choisir et à la liberté d’être candidat.
Autre « point d’accroche » : la représentativité
des territoires ruraux. « Si l’exécutif ne veut pas de
département ou de collectivité territoriale spécifique
comme circonscription d’élection, là, c’est sûr qu’on
dira non ! », prévient Gérard Larcher. « Nous serons
très attentifs à ce que les territoires les plus pauvres
démographiquement ne soient pas pénalisés. » S’il ne
se dit pas « hostile à la baisse du nombre de parlementaires », il se méfie d’une réforme qui éloignerait les
élus de leurs électeurs. « Il faut faire attention, car les
gens ont besoin de proximité. »
Dans « l’intérêt du pays »
Autre ligne rouge, le droit d’amendement du Parlement. « C’est un droit sacré. Tout affaiblissement du
droit d’amendement sera regardé avec méfiance »,
prévient-il, en soulignant que la procédure de législation en commission, souhaitée par l’exécutif, existe
déjà au Sénat… depuis décembre dernier.
En attendant la copie de l’exécutif, Gérard Larcher
« continue à travailler avec François de Rugy. Je ne suis
donc pas tout seul… », fait-il valoir. Mi-février, il avait
écrit à Emmanuel Macron pour lui demander un rendez-vous tripartite, avec le président de l’Assemblée
nationale. Histoire de montrer qu’il s’agit d’un débat
entre le pouvoir exécutif et législatif. Les présidents
des deux Chambres ont d’ailleurs prévu ce mardi
6 mars de faire le bilan de la précédente révision
constitutionnelle d’il y a dix ans, en invitant l’ensemble des acteurs concernés, à commencer par Nicolas
Sarkozy, mais aussi Jack Lang ou Bernard Accoyer.
Gérard Larcher, tout en rondeurs, sait donc habilement manœuvrer, au détriment de ceux qui le
sous-estiment. Des macronistes le jugent un peu démonétisé ? Lui y voit « des bruits de canalisation »
dont il s’amuse, soulignant que « seul compte sa relation avec le président ». « Les entourages sont un peu
énervés. Certains auraient aimé qu’on soit battu aux
sénatoriales, puis qu’on se divise. Mais la majorité sénatoriale, c’est une réalité. »
Et alors qu’il prend connaissance depuis l’Afrique
de la possibilité d’un article spécifique dans la Constitution consacré à la Corse, Gérard Larcher la balaie
d’emblée. Seul l’article 72 peut être le cadre adéquat
sur cette question, juge-t-il. « Le Sénat est extrêmement attaché à la non-fragmentation de la République.
La Constitution n’est pas une auberge espagnole », s’offusque-t-il, en déplorant un projet de révision constitutionnelle de plus en plus fourre-tout. « On n’est pas
là pour faire du bricolo dans les coins », argue-t-il, en
appelant à respecter « l’esprit de la Ve République ».
Gérard Larcher, lui, veut s’en tenir « à l’épure » de la
révision constitutionnelle présentée par Emmanuel Macron devant le Congrès l’été dernier : « Comment faiton mieux la loi, comment on contrôle mieux l’action du
gouvernement, comment on modernise les institutions. »
Dans ce cadre-là, le président du Sénat annonce
qu’il sera au rendez-vous. « On aidera quand ça nous
apparaîtra l’intérêt du pays. Mais quand ça nous semblera contraire, ou comme des mesures en cadeau à
l’opinion, on s’opposera. Ça peut se finir bien, mais il
faut respecter le Sénat », avance-t-il. « Si on n’y arrive pas, il n’y aura pas de révision constitutionnelle. Ce
sera un rendez-vous manqué. Ce serait dommage. »
Une façon de renvoyer la responsabilité d’un éventuel échec à Emmanuel Macron. ■
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LE FIGARO
mardi 6 mars 2018
CHAMPS LIBRES
15
ÉCONOMIE
À quoi servent encore
les chambres de commerce ?
Marie Visot
£@MarieVisot
SERVICES « Elles coûtent trop cher. »
« Elles travaillent à l’ancienne. » « Elles
permettent à leurs dirigeants de faire
passer de bons restaurants en notes de
frais. » L’avenir des chambres de commerce et d’industrie (CCI) est de nouveau sur la table. Dans les couloirs de la
République, ou dans certaines entités
partageant la gouvernance avec une
CCI, les mots sont parfois durs. Mais
derrière la caricature, les faits sont plus
nuancés. L’avenir du réseau consulaire,
ce sont aussi des enjeux de formation,
de maillage du territoire, de soutien aux
entreprises, ou encore de modernisation de l’action publique.
NOMBREUSES
❙ DEMISSIONS
1 Une organisation
en réseau
NOMBRE DE CHAMBRES
DE COMMERCE ET D’INDUSTRIE…
… TERRITORIALES
125
EFFECTIFS DES CHAMBRES
DE COMMERCE ET
D'INDUSTRIE EN 2017
21 000
BUDGET TOTAL EN 2016
3,3 milliards d'euros
2 Impliquées
dans la gestion
des territoires
Les chambres de commerce et d’industrie sont nées il y a quatre siècles. Pour
progressivement avoir comme rôle de
« veiller à la prise en compte des intérêts
des entreprises et participer à l’élaboration des politiques publiques ». Factuellement, les CCI sont d’abord un centre de
ressources où l’on trouve des informations, des formations et des conseils
pour les entrepreneurs. Des conseillers,
dans chaque CCI – elles sont au nombre
de 125, réparties sur tout le territoire –,
ont un rôle d’aiguilleurs pour toutes les
démarches administratives. Leurs salariés ne sont pas des fonctionnaires mais
des agents consulaires, un statut particulier d’agents publics. Certains services
sont gratuits, d’autres sont payants.
La CCI est le passage obligé d’une entreprise à presque toutes les étapes de sa vie.
C’est en son sein qu’est hébergé le Centre
de formalités des entreprises, lequel sert
à accomplir toute la paperasse d’un entrepreneur. Cela va de l’obtention de la
délivrance d’une carte de commerçant
non sédentaire, au dépôt d’un dossier de
demande d’ACCRE (Aide aux chômeurs
créateurs ou repreneurs d’entreprises),
en passant par des formalités de modification (changement d’adresse, d’objet,
de dirigeant, augmentation de capital…)
ou encore des formalités de cessation
(fermeture d’établissement, dissolution…). Les démarches de création d’entreprises vont, elles, être dématérialisées
dans le cadre de la loi Pacte, en préparation actuellement.
Mais le rôle des CCI est loin de s’arrêter à
une fonction de conseil. Son autre grand
RÉPARTITION DU BUDGET APPUI
AUX TERRITOIRES ET GESTION D’ÉQUIPEMENTS
30 %
Ports de commerce
Le réseau consulaire a longtemps eu un
train de vie confortable. Cette période
est révolue. En 2014, une mission menée
par l’Inspection générale des Finances
(IGF) et l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) a mis les choses à plat.
« Sur les dix dernières années, les CCI ont
reçu des volumes de taxes affectées excédant leurs besoins de fonctionnement et
d’investissement », indiquait le rapport,
qui n’a jamais été rendu public. Emmanuel Macron, alors tout juste nommé
ministre de l’Économie avait, lui aussi,
été clair : « Certaines CCI ont beaucoup
d’argent, beaucoup de patrimoine.
D’autres beaucoup moins, et pourtant elles rendent un service remarquable »,
avait-il déclaré.
Les ressources des CCI proviennent de
la taxe pour frais de chambre (TFC) prélevée sur les entreprises et reversée par
l’État, de la vente de services et de subventions de collectivités territoriales.
Entre 2002 et 2012, les recettes venant
de l’État avaient fortement augmenté.
Depuis, les gouvernements successifs
les ont réduites. Pour cette année,
l’exécutif a annoncé une nouvelle baisse
de la TFC de 150 millions d’euros. De
1,3 milliard d’euros en 2012, le plafond
de la TFC est passé à 900 millions
d’euros aujourd’hui, et doit être ramené
à environ 750 millions en 2018. « On est
l’opérateur public qui a été le plus mis à
contribution depuis 2013, 45 % en cinq
Les CCI œuvrent, dans leurs différentes
missions, avec une logique d’appui au
développement local. Elles se définissent même comme les « architectes des
territoires ». Les CCI, ce sont donc 125
établissements publics de niveau national, régional et local – chapeautés par la
structure CCI France. Est-ce trop ? La
question revient régulièrement dans le
débat public. Certaines ont commencé à
se regrouper, comme dans les Hautsde-France (fusion des CCI Nord de
France et Picardie). Le principe d’une
chambre par région n’est pas pour déplaire aux pouvoirs publics.
1
Promotion et aménagement du territoire
3 500 000 jeunes et adultes formés
du CAP au diplôme d'ingénieur
Transports
Aménagement de zones d'activités
10 %
8% 7%
Palais des congrès
et parcs d'activités
6%
3%
Représentation
des entreprises auprès
des pouvoirs publics
2%
1%
Appui aux
territoires/
Gestion
d'équipement
24 %
32
… 500 établissements de formation
622 100
600 000
33 %
591 300
30 %
24 %
Recherche Développement / Doctorat
6%
Orientation professionnelle
400 000
2%
Source : Insee
7%
Source : Insee
Formation initiale hors apprentissage
Formation continue
500 000
Trouver un local commercial
3%
… 120
Apprentissage
12 %
4%
… 142 CFA
(Centre de
écoles
formation
supérieures
des apprentis)
ÉVOLUTION DU NOMBRE DE CRÉATIONS D'ENTREPRISES
12 %
Ouvrir un compte bancaire
apprentis
… RÉPARTITS DANS …
Appui aux
entreprises
Obtenir un financement
Obtenir l'autorisation d'un découvert bancaire
… dont
80 000
RÉPARTITION DU BUDGET FORMATION ET EMPLOI
Formalités administratives
7%
… dont
100 000
45
Activités
de formation
/emploi
LES PRINCIPALES DIFFICULTÉS RENCONTRÉES
LORS DE LA CRÉATION D'ENTREPRISE, en %
Être seul comme entrepreneur
et adultes
formés par an …
étudiants
Parcs de
stationnement
4 Affronter les difficultés d'entreprendre
9%
500 000 jeunes
22
Ports de plaisance
Embaucher du personnel qualifié
Année après année, les CCI s’insurgent
donc contre la baisse de leur enveloppe,
et les suppressions de postes et d’investissements que cela entraîne. Pour faire
valoir ses efforts, le réseau consulaire
met notamment en avant le passage à
marche forcée de 152 à 125 établissements au cours du précédent quinquennat. Dans le même temps, les effectifs ont été ramenés de 25 460
salariés à un peu moins de 21 000. Mais
les CCI savent qu’elles vont devoir
trouver de nouvelles ressources autres
que celles provenant de l’impôt ; elles
savent que la dématérialisation va modifier leur action – elles annonceront
d’ailleurs dans quelques semaines la
création d’une plate-forme numérique – et que leur périmètre d’action va
devoir être redéfini. Un nouveau rapport a été demandé par Bercy à l’IGF sur
ce point.
Le ministère a en tout cas l’intention de
faire évoluer leur modèle économique.
Les équipes de Bruno Le Maire travaillent sur le modèle de l’Espagne en la
matière. En 2010, l’exécutif espagnol a
fait le choix de supprimer la ressource
fiscale affectée aux chambres, et a donné la liberté aux entreprises de payer
une cotisation. Libre ensuite aux chambres de se faire rémunérer pour leurs
prestations. Si la France devait suivre
progressivement ce schéma, les CCI deviendraient alors davantage des prestataires de services. Du côté des chambres, on tient à alerter sur les
dommages que pourrait créer un tel
système : la mise en concurrence directe pourrait aboutir à la suppression des
CCI plus faibles. Et c’est « la France périphérique et rurale, celle qui a le plus besoin d’être développée qui en pâtirait »,
prévient-on à CCI France.
En revanche, le ministre de l’Économie
a d’ores et déjà déclaré en décembre ne
pas être favorable à la fusion des CCI
avec les chambres de métiers et de
l’artisanat (CMA), une option envisagée par les députés de la majorité.
« Cela ne les exonère pas des efforts
d’économies, de réduction des dépenses
de fonctionnement, de meilleure articulation entre elles, de fonctionnement régional plus offensif. Mais que chacun
garde son identité, c’est comme cela que
nous serons les plus forts », expliquaitil alors. ■
RESSOURCES
EN BAISSE
❙ DES
MAILLAGE LOCAL
ET INTERNATIONAL
❙ UN
Ports de pêche
Établir des contacts avec la clientèle
NÉCESSAIRE
ÉVOLUTION
❙ UNE
RÉPARTITION DU BUDGET PAR MISSIONS en %
Autres infrastructures
8%
ans. On ne souhaite pas se soustraire à
l’effort, mais il faut que ce soit équilibré », explique un responsable du réseau des CCI.
Mais pour l’heure, l’action des CCI dans
les territoires vient de se voir étoffée
dans le cadre du plan de relance de
l’export présenté fin février par le premier ministre. Des guichets uniques,
associant les collaborateurs des chambres de commerce et d’industrie à ceux
de Business France, vont être mis en
place dans chaque région. Cela permettra « d’associer la connaissance des
territoires » des CCI à la « connaissance
des filières et des marchés étrangers »
de Business France, estime Edouard
Philippe.
Parallèlement, 120 CCI à l’international
officient à l’étranger, dans 90 pays, avec
un rôle dans le développement international des entreprises françaises. Elles
ont un rôle de conseil à forte valeur
ajoutée. Elles organisent aussi à travers
le monde forums, salons, galas, débats,
conférences…, et elles reçoivent des entreprises lors de mission de prospection,
proposent des plates-formes de domiciliation. Ainsi, plus de 500 entreprises
sont domiciliées à l’étranger dans les
centres d’affaires des CCI.
De nombreux
axes d'intervention
Aéroports
25 %
volet, c’est la formation et l’apprentissage (60 % de sa mission de service public). 80 000 apprentis sont formés chaque année dans les 140 CFA (centre de
formation des apprentis) du réseau. Les
chambres gèrent aussi des écoles supérieures de commerce et la plupart des
grandes écoles de management – à commencer par les trois principales parisiennes, HEC, l’ESSEC et l’ESCP Europe
– mais aussi la Toulouse Business School
ou l’EM Lyon. À elle seule, la CCI de Paris-Île-de-France exerce sa tutelle sur
24 écoles, comme Les Gobelins (métiers
de l’image et de l’animation), l’ESIEE
(ingénieurs en électronique et électrotechnique), La Fabrique (métiers de la
mode et de la décoration), Ferrandi
(école de cuisine) ou encore Sup de Vente. Pour un total de 32 000 jeunes formés
chaque année, dont 14 000 en apprentissage – plus quelque 30 000 adultes en
formation continue diplômante.
Par ailleurs, le réseau consulaire gère
des équipements qui profitent aux entreprises. Et notamment 152 ports maritimes, fluviaux, de commerce, de pêche
et de plaisance. Mais aussi les infrastructures des salons des plus grandes
villes de France. Ainsi Viparis, gestionnaire de dix lieux d’exposition en région
parisienne, est détenu à parité par la CCI
de Paris et Unibail-Rodamco. En ce qui
concerne la gestion des aéroports, activité historique dans l’histoire des CCI,
les choses ont récemment évolué. La réforme aéroportuaire de 2005 a permis le
transfert de la concession aux collectivités territoriales de plusieurs dizaines
d’aéroports et aérodromes qui n’étaient
pas considérés d’intérêt national. Ainsi,
à Lyon, Toulouse, Bordeaux, Nice,
Montpellier ou encore Strasbourg, les
CCI ne détiennent pas plus de 25 % du
capital. « À terme, les CCI n’auront plus
vocation à gérer les aéroports », reconnaît-on au sein des chambres.
300 000
216 214
200 000
2000
2005
2010
2017
Emploi
2%
Autres activités de formation
3%
A
Mises sous pression
par les différents
gouvernements
depuis quelques
années, les CCI
se démènent
pour faire évoluer
leurs ressources
et les services
qu’elles proposent
aux entreprises.
Sources : Insee, CCI Rapport annuel 2016 Infographie
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 6 mars 2018 LE FIGARO
16
CHAMPS LIBRES
DÉBATS
ENTRETIEN
« Le rapport désinvolte à la frontière est la
faute historique des responsables européens »
PROPOS RECUEILLIS PAR
VINCENT TRÉMOLET DE VILLERS
£@VTremolet
DOMINIQUE
REYNIÉ
Le directeur de
la Fondapol* analyse
les résultats du scrutin
italien de dimanche.
Il y voit l’extension
de ce qu’il appelle
le «populisme
patrimonial»,
c’est-à-dire
l’exploitation politique
de la crainte de perdre
son patrimoine matériel
et immatériel. La seule
façon pour l’Union
européenne de
répondre efficacement
à cette demande
de protection passe
par la réaffirmation
de frontières
communes.
+
» Lire aussi nos informations
PAGES 2 ET 4
LE FIGARO. - Si les élections italiennes
ne dégagent pas pour le moment
de majorité de gouvernement, elles sont
le révélateur d’un phénomène qui touche
toute l’Europe. Comment expliquer
cette percée populiste ?
Dominique REYNIÉ. – Nous ne pouvons
plus nous étonner d’un tel scrutin. À son
tour, l’Italie rejoint le grand mouvement
de protestation électorale qui ne cesse de
prospérer depuis maintenant de nombreuses années. Les Européens n’acceptent plus ce régime de globalisation absolue auquel ils sont soumis, à la fois sur le
plan économique, par l’intensification de
la concurrence, et sur le plan culturel, par
les effets de l’immigration. J’ai qualifié de
« crise patrimoniale » cette crainte désormais répandue de perdre à la fois son
patrimoine matériel, ou son niveau de
vie, et son patrimoine immatériel, ou son
style de vie (Populismes : la pente fatale,
Plon, 2011, et Les Nouveaux Populismes,
Fayard/Pluriel, 2013). Des entrepreneurs
politiques ont su prendre en charge ces
inquiétudes auxquelles les partis jusqu’ici
dominants n’ont apporté aucune réponse, refusant en particulier l’importance
symbolique, affective et psychologique
du patrimoine immatériel. D’abord exprimé dans quelques pays, les Pays-Bas,
la France ou la Suède, le populisme patrimonial s’étend désormais à l’Europe entière. Aucune réponse, sinon une obstination publique ou bien à ignorer cette
protestation ou bien à la discréditer. Un
trop grand nombre de responsables politiques ou médiatiques ou d’universitaires
ont tenté d’opposer un barrage à cette
réalité, peut-être pour éviter des révisions que l’on pressent déchirantes.
Ivan Krastev dit que la crise des migrants
de 2015 a été « le 11 Septembre de
l’Europe ». Diriez-vous que l’immigration
est la première cause de la percée
de la Ligue et du Mouvement 5 étoiles ?
Le succès de la Ligue est d’abord le résultat d’une réorientation stratégique pensée
et voulue par son leader, Matteo Salvini,
troquant le régionalisme anti-italien du
fondateur Umberto Bossi pour un discours nationalisé, nationaliste et antieuropéen, à l’image du Front national. Cette
conversion a permis à la Ligue, qui n’est
plus la Ligue du Nord, de tirer profit de la
crise migratoire de 2015. Les causes du
succès du M5S semblent différentes, plus
déterminées par le niveau du chômage,
notamment chez les jeunes. Comme souvent, Ivan Krastev a raison de souligner
l’importance de la crise migratoire de
2015. Elle a bien constitué un tremblement de terre pour les démocraties européennes. En revanche, elle prend sa place
dans une série qui commence avec, de
fait, le 11 septembre 2001. Je date pour ma
part de cet événement les premières manifestations de ce que j’appelle le « populisme patrimonial », dont les Pays-Bas
veau très élevé (41 %). Les nouvelles générations ne sont pas insensibles au thème du pouvoir fort. Les données
montrent une distance croissante avec
les principes et les institutions démocratiques que l’on peut lire comme une critique du fonctionnement actuel, qui serait
jugé insuffisamment démocratique. Mais
on peut différemment y voir l’expression
d’un désenchantement à l’égard de ce
régime.
Que peut faire l’Union européenne,
prise en étau entre les populismes
de l’Est et de l’Ouest ?
Pour répondre, il faut savoir interpréter
la disponibilité pour un mode plus autoritaire de gouvernement. S’agit-il d’une
demande d’autoritarisme ou s’agit-il
d’une demande d’efficacité de la puissance publique jugée trop souvent incapable de protéger les
peuples dont elle a la
La social-démocratie est arrivée
charge ? Les entrepreneurs en populisau terme de son histoire. Ce mode
me se sont précipités
de gouvernement reposait sur une
pour offrir leurs serpluralité de paramètres qui ne sont plus. vices, promettant
une internationale
Les politiques de redistribution sont
du Brexit, le retour à
à bout de souffle
une
souveraineté
nationale supposée
sont les premiers à faire l’expérience, avec
pleine et entière. Pourtant, jusqu’à préPim Fortuyn. Dans ce nouveau discours,
sent, les Européens n’ont pas clairement
l’hostilité à l’islam prend le pas sur l’hosexprimé le désir de quitter l’Union, à
tilité à l’étranger et les valeurs libérales
l’exception des Britanniques, et le specsont intégrées au patrimoine à défendre.
tacle qu’ils offrent ne milite pas en faveur
d’une imitation, encore moins au sein de
la zone euro. C’est un point clé : dans
Y a-t-il une recherche, notamment
l’étude citée de la Fondation pour l’innode la part des jeunes Européens,
vation politique, nous montrons que l’atd’un leadership autoritaire ?
tachement à l’euro est sensiblement plus
Une demande d’autorité est enregistrée
fort que l’attachement à l’Europe ! Le
chez une partie significative des Euromodèle de l’Union voulu par les Européens. L’étude menée en 2017 dans
péens est contenu dans ce résultat fausse26 pays par la Fondation pour l’innovament paradoxal : les Européens attendent
tion politique (Où va la démocratie ?,
une Europe capable de protéger. Telle est
Plon) montre que l’option d’un régime
la contrepartie que les peuples exigent
autoritaire suscite une forte adhésion
d’un pouvoir européen reposant sur le
dans l’ensemble de l’Union européenne
consentement des gouvernés : protéger
(34 %), beaucoup plus marquée dans les
les peuples d’Europe, aider les États
pays de l’Europe centrale et orientale
européens à protéger leur peuple, redi(46 %) que dans ceux de l’ancienne Eumensionner leur puissance, pour faire
rope de l’Ouest (26 %), parmi lesquels
face aux grandes entités qui dominent le
cependant l’Italie se distingue par un ni-
«
»
monde nouveau – résister aux marchés
financiers, lutter contre le terrorisme,
répondre, faire front, face aux ÉtatsUnis, à la Chine, à la Russie, mais aussi
face à Google, Apple, Facebook, Amazon
et Microsoft ou Baidu, Alibaba, Tencent et
Xiaomi et encore Netflix, Airbnb, Tesla et
Uber…
Mais la démonstration de puissance publique passe avant tout par la reconnaissance, l’affirmation et la défense des
frontières communes. Le rapport désinvolte à la frontière est la faute historique
des responsables européens. Elle provoque une sécession politique : « On ne peut
pas ouvrir les frontières sans fermer les
frontières », écrivent Ulrich Beck et Edgar Grande (Pour un empire européen,
Flammarion, 2007, p. 367). Pour accueillir, il faut pouvoir ne pas accueillir.
Affirmer et défendre ses frontières est
devenue l’ardente nécessité des Européens.
La social-démocratie est-elle
condamnée ?
La social-démocratie est arrivée au terme
de son histoire. Ce mode de gouvernement reposait sur une pluralité de paramètres qui ne sont plus. Les politiques de
redistribution sont à bout de souffle, en
raison de leur ampleur comme des immenses conséquences du vieillissement
démographique. Il n’y a plus de droits sociaux significatifs à inscrire dans un programme à vocation majoritaire ; le passage de sociétés relativement homogènes à
des sociétés multiculturelles érode le
soutien aux politiques sociales : désormais, la popularité du « chauvinisme social » défie la légitimité de l’État providence. La social-démocratie européenne
a perdu ses conditions de possibilité et ce
n’est pas une bonne nouvelle pour les démocraties. Les partis protestataires sont
en train de s’imposer comme l’unique alternative, face à des coalitions droitegauche qui, pour être de bon sens, n’en
sont pas moins nécessairement l’ultime
étape de l’alternance avant le passage à la
rupture. ■
* Professeur des universités à Sciences Po
et directeur général de la Fondation
pour l’innovation politique.
L’avenir, c’est aussi la France des territoires
e Salon de l’agriculture, qui
vient de fermer ses portes,
aura, cette année encore,
permis de mettre à l’honneur
la vocation des agriculteurs
qui travaillent sans compter
pour nourrir les hommes. Il aura
également été l’occasion
de mettre en lumière la France rurale
et nos territoires, trop souvent oubliés,
et qui sont pourtant, c’est notre
conviction, l’avenir de la France.
En effet, qui sait que, depuis 1975,
plus de 2,5 millions de personnes ont
quitté les zones urbaines pour s’établir
dans les territoires ruraux ? Qui sait
que, depuis 1999, la croissance
démographique en zone rurale est
devenue plus forte qu’en milieu urbain ?
Qui sait que 25 % des Français vivent
à la campagne ? Qui sait que, pour la
première fois depuis un siècle, 51 % des
Français vivent dans une commune
de moins de 10 000 habitants ? Au fond,
qui a vraiment compris qu’à l’exode
rural du siècle dernier
succéderait
un salvateur rééquilibrage
lié à l’exode urbain ? Là se
trouve l’un des grands défis
du XXIe siècle.
L’avenir est aux terroirs
et aux territoires. Tous les
deux animés de cette
conviction, nous avons
souhaité, dès le lendemain
des législatives et en lien
avec Christian Jacob, lancer
une mission
parlementaire sur
« la France des
territoires ». Nous
voulons réunifier la
France.
Les deux députés LR* voient dans l’exil urbain
En effet, si la
l’un des défis majeurs du XXIe siècle et appellent
métropolisation a
à une réconciliation entre métropoles et ruralité.
permis à la France
DESSINS CLAIREFOND
L
A
GUILLAUME PELTIER
ET DAMIEN ABAD
de conserver son rang international,
elle a accentué les fractures
et les inégalités intérieures.
Face à la désaffiliation sociale,
économique et culturelle, face au
sentiment de dépossession grandissant,
il nous semble urgent de redéfinir un
projet d’unité territoriale. C’est
d’autant plus urgent que la majorité
actuelle est éloignée de ces
préoccupations, privilégiant la gestion
technocratique d’une virtuelle « startup nation ». Pour retisser le lien
d’unité entre les métropoles et les
territoires, encore faut-il éviter,
comme le fait l’exécutif, de n’avoir
qu’oubli ou condescendance à proposer
à la France rurale et périphérique !
Déserts médicaux délaissés, fracture
numérique oubliée, classes fermées
dans les zones rurales, élus locaux
déconsidérés, diesel augmenté,
centres-villes abandonnés, services
publics et lignes SNCF menacés, carte
judiciaire étriquée, emplois aidés
supprimés, lutte contre l’insécurité
occultée, finances locales asphyxiées :
la longue litanie des desseins fâcheux
de ce gouvernement concerne, d’abord
et avant tout, cette France
périphérique et territoriale qui
intéresse si peu le président de la
République.
C’est donc à notre famille politique,
qui se reconstruit autour de Laurent
Wauquiez, d’être capable de proposer
une alternative crédible, pragmatique
et porteuse d’espoir dans tous
les territoires de la République.
Les scrutins de 2014, 2015 et 2017
ont permis à une nouvelle génération
de la droite et du centre d’émerger.
Ces nouveaux visages ont conduit
de nouvelles politiques : c’est la droite
nouvelle, c’est la droite des résultats
par la preuve. Dans nos territoires,
nous avons tenu nos engagements.
fondée sur l’égalité des territoires et la
justice sociale.
Nous devons aussi avoir une vision,
semblable à celle que Jean-Louis Borloo
avait mise en place dans le cadre de la
rénovation urbaine, afin de réconcilier la
France des villes et la France des champs.
Transports, numérique, emploi,
éducation, accès à la santé, sécurité,
aménagement du territoire…, les défis à
relever sont immenses. À l’Assemblée
nationale, nous formulons déjà des
propositions, comme la création, avec
Fabrice Brun, notre collègue de
l’Ardèche, d’un
fonds de péréquation
A l’injustice fiscale et territoriale
pour permettre à
qui sera à Emmanuel Macron,
toutes les zones
ce que fut, à François Hollande, la courbe rurales d’avoir accès
au numérique, la
du chômage, nous apportons une
mise en place d’un
alternative radicalement différente,
dialogue territorial
systématique entre
fondée sur l’égalité des territoires
l’État et les
et la justice sociale
collectivités locales
pour mettre fin aux excès du centralisme
ont impulsé de nouvelles politiques.
jacobin ou le soutien au pouvoir d’achat
En trois ans, la région Auvergneavec un ticket-carburant qui
Rhône-Alpes aura réalisé 590 millions
permettrait, si l’Assemblée l’adopte
d’euros d’économies cumulées,
prochainement, de prendre en charge,
soit 170 € par ménage. Dans le même
sur le modèle du ticket-restaurant, une
temps, la région, présidée par
partie des déplacements professionnels
Laurent Wauquiez, a relancé
des travailleurs du monde rural, qui
ses investissements au service
n’ont pas accès aux transports en
des communes rurales comme
commun des métropoles.
de nos agriculteurs.
Il est donc possible d’agir, de réformer
Là où Emmanuel Macron divise la
et de démontrer aux Français que,
France entre métropoles et campagnes,
partout en France et sur tous les
nous voulons garantir l’unité de tout le
territoires, on peut obtenir des résultats
territoire de la République. Nous allons
sans baisser le pouvoir d’achat des
donc défendre une certaine idée de la
Français, comme le fait le gouvernement
France : une France fière, rassemblée,
avec l’augmentation inéquitable de la
audacieuse et forte de tous ses
CSG. À l’injustice fiscale et territoriale
territoires – sans exception.
qui sera à Emmanuel Macron, ce que fut,
*Guillaume Peltier, député de Loir-età François Hollande, la courbe du
Cher, 2e vice-président des Républicains,
chômage, nous apportons une
Damien Abad, député de l’Ain,
alternative radicalement différente,
3e vice-président des Républicains
Ainsi, dans la commune de Neungsur-Beuvron, en Loir-et-Cher, nous
avons diminué la dette sans augmenter
les impôts, tout en multipliant les
projets d’investissement et en lançant
un grand forum des entreprises de
Sologne pour dynamiser l’économie et
l’emploi dans ce territoire. Au conseil
départemental de l’Ain, nous sommes
sortis des emprunts toxiques et nous
n’avons pas augmenté les impôts grâce
à des économies de fonctionnement
sans précédent. Enfin, les régions
présidées par la droite et le centre
«
»
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mardi 6 mars 2018
CHAMPS LIBRES
OPINIONS
Renaud Girard
rgirard@lefigaro.fr
Néfaste reprise de la course aux armements
ommes-nous en train
de revenir à la sombre époque
du docteur Folamour ?
Les Américains et les Russes
cherchent-ils à se rejouer
leur bras de fer nucléaire
des années de Guerre froide, qui culmina
lors de la si dangereuse crise des missiles
de Cuba de 1962 ?
Nous avions déjà eu une petite alerte
avec la publication, par le Pentagone, le
2 février 2018, de sa nouvelle « posture »
nucléaire. Les Américains cherchent à
diversifier la gamme de leur arsenal
nucléaire. Ils veulent promouvoir leurs
armes nucléaires de faible puissance,
quitte à réduire pour cela le nombre de
leurs têtes stratégiques à forte puissance
– le tout dans le respect du traité New
S
@
100 000 citations
et proverbes sur evene.fr
START de 2010, qui limite à 1550 le
nombre total autorisé de têtes nucléaires
en Amérique comme en Russie. Cette
démarche, qui revient à envisager une
guerre nucléaire localisée qui ne soit pas
une apocalypse finale, avait fait pousser
des cris d’orfraie aux stratèges russes et
chinois. Ils avaient fustigé le
« bellicisme » de Washington. Les
Américains avaient récusé cette
accusation, soulignant que l’amélioration
de la qualité de leur « riposte graduée »
n’avait qu’un seul but : une meilleure
protection défensive de leurs alliés
européens et asiatiques.
Et maintenant vient d’arriver de
Moscou la plus grosse alerte d’une
possible reprise d’une course aux
armements nucléaires – qu’on avait,
ENTRE GUILLEMETS
6 mars 1475 : naissance à Caprese du génie de la Renaissance Michel-Ange Buonarotti
Michel-Ange
MARY EVANS/RUE DES ARCHIVES
Seigneur,
accordez-moi la grâce
de toujours désirer plus
que je ne peux
accomplir»
apparemment trop tôt, reléguée aux
poubelles de l’Histoire. Près de la moitié
du discours solennel devant la Douma de
Vladimir Poutine du 1er mars 2018 fut en
effet consacrée aux questions de défense,
afin de vanter les succès du complexe
militaro-industriel russe. Vidéos à
l’appui, le président a notamment
présenté un nouveau type de missile de
croisière à tête nucléaire, qu’il a décrit
comme « quasiment impossible à
détecter » et « invincible face à tous les
systèmes existants et futurs de défense
antiaérienne ». Il a présenté trois autres
types d’armes, dont toutes les cibles
potentielles étaient… américaines.
Ce discours militariste de Poutine
s’inscrit-il dans le contexte des
prochaines élections présidentielles du
18 mars 2018, où il est candidat à un
nouveau mandat de six ans ? Faute
d’avoir réussi sur le plan économique,
s’agit-il pour lui de se présenter aux
électeurs en défenseur de la Sainte Russie
face aux menaces venant de l’étranger ?
Mais y a-t-il vraiment quelque part un
Hitler américain concoctant secrètement
un plan d’invasion de la Russie ? L’Otan,
organisation militaire englobant des pays
européens sous-armés et qui s’est
montrée incapable de vaincre les talibans
en Afghanistan, constitue-t-elle
réellement une menace pour Moscou ? Le
danger réel à long terme ne provient-il
pas plutôt des Chinois, pour qui la Sibérie,
si peu peuplée, demeurera toujours une
proie tentante ?
« Malgré toutes les difficultés
économiques et financières que nous avons
rencontrées, la Russie est restée une grande
nation nucléaire. Il y a vingt ans, personne
ne nous prenait plus au sérieux. Personne
ne nous écoutait. Eh bien, écoutez-nous
maintenant ! », a conclu le président de
Russie devant ses parlementaires. C’est le
passage le plus important du discours, car
il témoigne d’une immense frustration de
la Russie. Celle de ne pas pouvoir
reprendre un dialogue d’égal à égal avec
l’Amérique, comme du temps de l’URSS.
Poutine a espéré un moment que cela
allait être possible avec Trump ; puis il a
dû déchanter en raison de la position du
Congrès, démocrates et républicains
confondus.
Il existe une paranoïa russe – mélange
de complexe obsidional et de complexe
d’infériorité – que les parlementaires et
les diplomates occidentaux n’ont jamais
su prendre en compte. Les Occidentaux
répondront que c’est Poutine qui a
détruit le dialogue avec eux, par son
annexion de la Crimée et son ingérence
dans le Donbass ukrainien en 2014. Il
répliquera – non sans argument
historique en sa faveur – que Sébastopol
est le port naturel de la flotte russe en
mer Noire…
Entre l’Est et l’Ouest, nous sommes
revenus à un dialogue de sourds, qui se
traduit par cette néfaste exhibition de
leurs moyens nucléaires par les uns et les
autres. Dans cette affaire, aussi coûteuse
que dangereuse, les torts sont partagés.
La paranoïa de la Russie n’est pas
justifiée : il n’y a aucun plan occidental
visant à l’assiéger. La désinvolture
américaine est également coupable. En
décembre 2001, alors que la Russie leur
avait ouvert tous ses réseaux pour
faciliter la guerre qu’ils commençaient en
Afghanistan, les néoconservateurs
dénoncèrent le traité ABM de 1972, chefd’œuvre du réalisme kissingerien, qui
interdisait les dispositifs antimissiles
(dangereux car rompant l’équilibre de la
terreur).
La planète n’a nul besoin de davantage
d’armes nucléaires. Mais elle a un besoin
criant de davantage de diplomatie.
VOX
ANALYSE
Cécile Crouzel
ccrouzel@lefigaro.fr
Sans révolution culturelle, le big
bang de la formation échouera
est une vérité serinée,
mais une vérité
malgré tout :
à l’heure où
la révolution
numérique chamboule
les métiers et périme les savoir-faire,
se former tout au long de la vie est
devenu une nécessité pour tous.
L’objectif affiché du gouvernement,
qui a dévoilé lundi sa réforme de la
formation professionnelle, est bien
de répondre à cette exigence. Le « big
bang », vanté par Muriel Pénicaud le
permettra-t-il ? En tout cas, le chemin
sera long, tant la France part de loin et se
distingue par ses inégalités criantes en la
matière. Si 66 % des cadres suivent une
formation dans l’année, ce n’est le cas
que de 38 % des employés, 34 % des
ouvriers, et de 10 % à 15 % des chômeurs.
Ceux qui ont une bonne formation
initiale accèdent en priorité à la mise
à jour de leurs compétences. Et non
les travailleurs ayant suivi peu ou pas
d’études alors qu’ils en auraient,
justement, un besoin urgent. En effet,
à peine 20 % des salariés français
peu qualifiés ont un bon niveau
de compréhension de l’écrit, et 14 %
maîtrisent les concepts numériques
et mathématiques de base, selon les
données de l’OCDE.
Pour inverser cette tendance,
le gouvernement compte actionner
plusieurs leviers. Un « plan
d’investissement compétences » (PIC)
de 15 milliards d’euros sur cinq ans,
promesse du candidat Macron, sera mis
en œuvre pour permettre à un million de
chômeurs peu qualifiés et un million
de jeunes décrocheurs supplémentaires
de monter en compétences sur le
C’
+
» Lire aussi PAGE 20
Dassault Médias
14, boulevard Haussmann
75009 Paris
Président-directeur général
Serge Dassault
Administrateurs
Nicole Dassault, Olivier
Dassault, Thierry Dassault,
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Costa de Beauregard, Benoît
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SOCIÉTÉ DU FIGARO SAS Directeur des rédactions
14, boulevard Haussmann Alexis Brézet
Directeur délégué des rédactions
75009 Paris
Paul-Henri du Limbert
Président
Serge Dassault
Directeurs adjoints de la rédaction
Gaëtan de Capèle (Économie),
Directeur général,
Laurence de Charette (directeur
directeur de la publication de la rédaction du Figaro.fr),
Marc Feuillée
Anne-Sophie von Claer
(Style, Art de vivre, So Figaro),
dans chaque région. Mais cela risque d’être
insuffisant. Car, avant toute chose, il faut
convaincre les Français, et singulièrement
les moins qualifiés, de l’intérêt de
se former. Et surtout vaincre leurs
réticences. « Pour les personnes qui ont
échoué à l’école, suivre une formation, c’est
revivre des souvenirs douloureux et risquer
de se retrouver à nouveau en difficulté.
Elles refusent d’aller aux sessions »,
témoigne un chef d’équipe de chantier.
Certes, grâce au numérique,
de nouvelles formations se sont
développées, moins académiques.
En outre, le précédent gouvernement
a renforcé ce qu’on appelle les « titres
professionnels
La vision de salariés français prenant du ministère
Travail »,
en main leur destinée professionnelle du
des formations
à coups de formations choisies en
davantage axées
sur la pratique et
ligne est… chimérique
sans cours théorique.
pourra se connecter à une plateforme
Mais c’est grâce à un intense travail
ad hoc, via son ordinateur ou une
de pédagogie que les travailleurs peu
application de smartphone, pour
qualifiés peuvent surmonter leurs
choisir la formation qu’il souhaite. Une
craintes. Un travail mené par
révolution, puisqu’il faut aujourd’hui
l’encadrement de l’entreprise,
monter de complexes dossiers. « En cinq
sous l’impulsion de son dirigeant.
clics, n’importe quel salarié pourra
Paradoxalement, la réforme actuelle,
s’inscrire à une formation !», claironne
qui met en avant le droit essentiellement
donc le ministère. Qui espère ainsi
individuel qu’est le CPF (même s’il
lever bien des obstacles.
peut être abondé par l’entreprise et
la branche), ne pourra porter ses fruits
Reste que la vision de salariés français
que si les entreprises s’en saisissent.
prenant en main leur destinée
Et notamment les PME, en retard en la
professionnelle à coups de formations
matière. « Une bataille mondiale de la
choisies en ligne est… chimérique. Il ne
compétence est engagée », insiste Muriel
suffit pas d’avoir accès à un droit pour s’en
Pénicaud. Pour la gagner, il faudra
saisir. Le gouvernement en est conscient :
que les chefs d’entreprise et les salariés
la réforme accroît les moyens destinés à
fassent leur révolution culturelle.
guider et accompagner les salariés dans
Comme pour l’apprentissage, rien se fera
leur choix et leur parcours de formation.
sans changement de mentalité.
Un organisme sera dédié à cette tâche
quinquennat. Pour les salariés, le remède
passera par cette nouvelle réforme de la
formation professionnelle, qui fera partie
du grand projet de loi présenté mi-avril
agrégeant les refontes de l’assurancechômage et de l’apprentissage. Une de
ses mesures phare sera la transformation
du compte personnel de formation (CPF).
Depuis 2015, cet outil permet à chaque
salarié de cumuler, tout au long de sa vie
active, des droits à formation en heures.
À l’avenir, il fonctionnera en euros.
Ce qui peut sembler un détail technique
a, couplé avec la restructuration des
circuits de financement, de lourdes
implications. En 2019, chaque salarié
«
Anne Huet-Wuillème (Édition,
Photo, Révision),
Arnaud de La Grange
(International),
Étienne de Montety
(Figaro Littéraire),
Bertrand de Saint-Vincent
(Culture, Figaroscope, Télévision)
et Yves Thréard (Enquêtes,
Opérations spéciales, Sports)
… MÉMOIRE
« On ne règle pas
ses comptes politiques
avec la Shoah »,
la chronique de
Gilles-William Goldnadel
… SOCIÉTÉ
Victimes et justiciers :
deux figures
du « nouveau monde »,
la tribune
de la philosophe
Renée Fregosi
»
Directeur artistique
Pierre Bayle
Rédacteur en chef
Frédéric Picard (Édition)
Éditeur
Sofia Bengana
Éditeur adjoint
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FIGAROMEDIAS
9, rue Pillet-Will, 75430 Paris Cedex 09
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Président-directeur général
Aurore Domont
Direction, administration, rédaction
14, boulevard Haussmann
75438 Paris Cedex 09
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direction.redaction@lefigaro.fr
Les rencontres
du
FIGARO
MAI 68, RIVE DROITE,
RIVE GAUCHE
RENCONTRE AVEC
JEAN-PIERRE LE GOFF
ET PATRICK BUISSON
Le mardi 13 mars
2018 à 20 heures
Salle Gaveau
Réservations :
01 70 37 31 70 ou
www.lefigaro.fr/
rencontres.
Impression L’Imprimerie, 79, rue de Roissy
93290 Tremblay-en-France
Midi Print, 30600 Gallargues-le-Montueux
Ecoprint Casablanca Maroc. ISSN 0182-5852
Commission paritaire n° 0421 C 83022
Pour vous abonner Lundi au vendredi de 7 h à 18h ;
sam. de 8 h à 13 h au 01 70 37 31 70. Fax : 01 55 56 70 11 .
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Imprimé sur papier issu de forêts gérées durablement.
Origine du papier : France. Taux de fibres recyclées : 100%. Ce journal
est imprimé sur un papier UPM porteur de l’Ecolabel européen
sous le numéro FI/37/01. Eutrophisation : Ptot 0.009 kg/tonne de papier.
Ce journal
se compose de :
Édition nationale
1er cahier 18 pages
Cahier 2 Économie
8 pages
Cahier 3 Le Figaro
et vous 12 pages
A
CHRONIQUE
17
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L’AVANTAGE DU SUÉDOIS
C’EST QUE MÊME
S’IL SE PARLE DIFFICILEMENT
IL SE CONDUIT TRÈS BIEN.
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SUÉDOIS DANS L’ÂME
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mardi 6 mars 2018 LE FIGARO - N° 22 881 - Cahier N° 2 - Ne peut être vendu séparément - www.lefigaro.fr
> FOCUS
lefigaro.fr/economie
TF1
LE GÉANT DU JOUET
EN REDRESSEMENT
JUDICIAIRE PAGE 22
LE GROUPE AUDIOVISUEL
DOIT MAINTENANT FAIRE FACE
À LA FRONDE D’ORANGE PAGE 26
Gilles Pélisson, PDG du groupe TF1.
Buberl accélère
la transformation d’Axa
Formation :
la réforme
de Pénicaud
passe mal
Les partenaires sociaux s’inquiètent de la
reprise en main du système actuel par l’État.
FRANÇOIS BOUCHON, JEAN-CHRISTOPHE MARMARA/LE FIGARO, ADOBESTOCK
Chose promise, chose due : Muriel Pénicaud a présenté lundi une réforme
volontariste de la formation professionnelle, qui réduit fortement le rôle
et la place des partenaires sociaux
dans un système qu’ils cogèrent, sans
résultat, depuis plus de quarante ans.
Pour mieux répondre aux enjeux créés
par les mutations du monde et la révolution du numérique, la ministre du
Travail a décidé de s’affranchir du pro-
jet d’accord que syndicats et patronat
avaient trouvé il y a une dizaine de
jours pour proposer un vrai « big
bang » de la formation.
Agence indépendante, plateforme en
ligne, droits renforcés, plan d’entreprise simplifié… Les changements sont
nombreux et visent tous à permettre à
ceux qui n’ont pas accès à la formation
- les chômeurs et les salariés peu qualifiés - de ne plus être exclus du système.
èDOUZE MESURES SIMPLES POUR DÉCOMPLEXIFIER UN SYSTÈME
TROP OPAQUE PAGE 20
Guerre de l’acier : Trump propose
un marché au Canada et au Mexique
Le leader français de l’assurance s’apprête à acquérir
l’américain XL Group pour 12,4 milliards d’euros. Aux
commandes d’Axa depuis dix-huit mois, Thomas Buberl
(photo) va, avec cette opération, profondément changer
le profil de son groupe pour en faire un leader mondial
de l’assurance-dommages pour les entreprises. PAGE 23
le PLUS du
FIGARO ÉCO
DIGITAL
Geolid lève
15 millions pour
le marketing local
PAGE 25
LA SÉANCE
DU LUNDI 05 MARS 2018
CAC 40
5167,23
+0,60%
DOW JONES (18h)
24716,80 +0,73%
ONCE D’OR
1320,40 (1322,30)
PÉTROLE (lond)
65,790 (64,090)
EUROSTOXX 50
3355,32 +0,92%
FOOTSIE
7115,98 +0,65%
NASDAQ (18h)
6866,52 +0,81%
NIKKEI
21042,09 -0,66%
Quatre jours après avoir déclenché un
tollé mondial en annonçant qu’il allait
imposer, cette semaine, des tarifs
douaniers sur l’acier et l’aluminium
importés aux États-Unis, Donald
Trump, l’autoproclamé « roi du
deal », a fait une offre au Canada et au
Mexique. Le président américain propose à ses deux voisins qui sont respectivement ses premier et quatrième
fournisseurs d’acier de les épargner de
ces taxes punitives en échange d’un
accord de libre-échange réformé à ses
conditions.
De son côté, Emmanuel Macron a
plaidé pour que l’Europe riposte « rapidement » si Washington met à exécution ses menaces. À Pékin, le ton est
à l’apaisement. Le premier ministre Li
Keqiang, qui présentait son programme économique pour la législature,
PAGE 22
joue la désescalade.
Korian et ses maisons
de retraite convoitées
par PAI et KKR
L'HISTOIRE
Le « shadow banking »
pèse 45 000 milliards de dollars
lus de 45 000 milliards
de dollars (37 000 milliards
d’euros). C’est le poids
que pesait, fin 2016, le secteur
bancaire parallèle ou « shadow
banking ». Ces financements, réalisés
aux trois quarts par des fonds (alternatifs,
d’investissement ou monétaires), sont
en hausse de 7,6 % sur un an, pointe
un rapport du Conseil
de stabilité financière
(ou FSB, pour Financial
Stability Board). Présents
essentiellement aux
États-Unis (31 %), en
Chine (16 %), au Japon
(6 %), mais aussi aux îles
Caïmans (10 %), ils
représentent 13 %
du total des actifs des
systèmes financiers
des 29 pays relevant
de la compétence du FSB.
Et ils sont indispensables,
juge l’organisme chargé
de surveiller le système
financier mondial. Ce
financement « offre une
P
C’est officiel. La Grèce a retrouvé
le chemin de la croissance, l’an dernier, avec une progression de 1,4 %
et quatre trimestres consécutifs
en hausse. C’est une première depuis l’éclatement de la crise de la
dette en 2010. Depuis 2007, le
pays a perdu un quart de son PIB,
enchaînant neuf ans de récession
ou de croissance nulle. Selon cette
première estimation des statistiques grecques (Elstat), le PIB s’est
élevé en 2017 à 187,1 milliards
d’euros. Toutefois, la progression
de 1,4 % en 2017 est moins élevée
que celle de 1,6 % prévue par la
Commission
européenne
cet
automne et de 1,8 % anticipée par
Athènes dans son budget 2018,
adopté en décembre dernier. En
début d’année dernière, Bruxelles
tablait jusqu’à 2,7 %. Pour cette année, où Athènes doit retrouver son
autonomie financière après sept
ans de mise sous perfusion de
prêts européens et du FMI, la Grèce, comme la Commission, anticipe
2,5 % de croissance.
Le problème reste le fardeau de la
dette (179 % du PIB) et une situation sociale difficile avec un chômage, le plus élevé de la zone euro,
qui dépasse encore 20 %. Les
créanciers ont entamé des négociations pour un allégement de la
dette, conditionné au rythme de
croissance.
Selon un mécanisme, proposé par
la France et que la zone euro peaufine actuellement, Athènes paierait
plus pour le service de sa dette si
son économie progresse et moins
quand celle-ci stagne. Les deux
parties se sont engagées à tenir un
« calendrier serré », en vue d’un
accord lors de la réunion des ministres des Finances de la zone euro
de juin, a indiqué le gouvernement
grec. Vendredi, Athènes a obtenu
le feu vert pour le versement d’une
nouvelle tranche, de 5,7 milliards
d’euros, du troisième prêt accordé
au pays en 2015. Parallèlement, les
discussions ont commencé pour
la réalisation d’un dernier paquet
de réformes avant la fin du
programme.
alternative utile » au crédit bancaire
« et contribue à soutenir l’activité
économique », pointe l’organisme
international basé à Bâle, en Suisse.
Ce système bancaire parallèle, qui a contribué
à la crise financière de 2008, notamment via
les activités de titrisation, n’a pas toujours
été bien vu. Mais le FSB considère depuis
l’an dernier qu’il ne présente plus de risques
pour la stabilité du système financier.
Et l’Union européenne mise sur ces
financements dans son
projet d’Union des marchés
de capitaux, qui entend
réduire la dépendance des
entreprises aux banques.
Le potentiel est là. Selon
une mesure plus large
de la finance parallèle,
qui inclut tous les actifs
financiers hors banques,
assureurs et fonds de
pension, les financements
parallèles s’élèvent
à 99 000 milliards de
dollars, soit 30 % des actifs
financiers mondiaux. ■
ARMELLE BOHINEUST
Les maisons de retraite médi- (+ 5%) dans 600 maisons de
calisées du français Korian retraite médicalisées et 85 clisuscitent les convoitises. La niques de soins postopératoidirection du groupe coté à la res. Dans son plan stratégique
Bourse de Paris aurait entamé présenté à l’automne 2016, sa
une réflexion en vue d’une directrice générale Sophie
cession,
selon
l’agence Boissard visait pour 2021 un
Bloomberg.
Les
chiffre d’affaires
discussions sont à
de 3,8 milliards
des stades prélid’euros. La seminaires.
maine
passée,
Cette démarche
Korian a acquis
fait suite à la ré70 % d’Ages&Vie,
ception de marsociété spécialisée
ques
d’intérêt
dans la colocation
émanant de fonds
des seniors.
Chiffre
d’affaires
d’investissement,
Ce secteur de
de Korian en 2017
dont PAI et KKR.
services non déCes informations,
localisables est
confirmées au Fiprometteur en
garo par une source au fait du Europe, porté par le vieillisdossier ont fait flamber l’ac- sement de la population et
tion Korian, qui a clôturé lundi l’allongement de la durée de
en hausse de 8,78 %, valori- vie. Candidat au rachat de
sant l’entreprise à 2,35 mil- Korian, PAI connaît bien le
liards d’euros.
secteur. L’été dernier, il a
Présent en France, Belgique, vendu la majorité du capital
Allemagne et Italie, Korian a de DomusVI, numéro 3 euroréalisé en 2017 un chiffre d’af- péen des maisons de retraite.
I. L.
faires de 3,14 milliards d’euros
3,14
milliards
d’euros
A
LA GRANDE RÉCRÉ
LA GRÈCE
A ENFIN
RENOUÉ AVEC
LA CROISSANCE
EN 2017
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 6 mars 2018 LE FIGARO
20
L'ÉVÉNEMENT
Formation : avec son « big bang »,
Pénicaud braque les syndicats
Exemples
DE FORMATIONS
Avec la réforme Pénicaud,
tous les salariés à temps plein
vont voir leur compte
personnel de formation (CPF)
crédité de 500 euros par an
(avec un plafond
de 5 000 euros au bout
de 10 ans) et les non-qualifiés,
de 800 euros par an (plafond
de 8 000 euros). Leurs CPF
pourront être abondés
par les entreprises
et les branches, pour aller
au-delà du plafond.
Quelles formations décrocher
avec un CPF de…
La ministre du Travail a présenté une réforme dans laquelle l’État reprend la main.
MANON MALHÈRE £@ManonMalhere
SOCIAL Promesse tenue. Après la
« révolution copernicienne » de
l’apprentissage et la simple reprise
de l’accord paritaire peu ambitieux
sur l’assurance-chômage, le gouvernement propose aujourd’hui un
vrai « big bang » de la formation
professionnelle. Même si elle dit le
contraire, Muriel Pénicaud a décidé
lundi de retoquer la quasi-totalité
du texte conclu il y a dix jours par
les partenaires sociaux (nos éditions
des 21, 22 et 23 février)… Pas question en effet de se contenter d’une
« réformette » sur la formation,
l’exécutif veut remettre à plat le
système géré de façon paritaire depuis des dizaines années…
L’objectif est clair : renforcer le
droit de chacun de se former et
d’acquérir des compétences pour
répondre aux mutations du marché du travail. « Il y a quelques années, la formation était un sujet
technique. Aujourd’hui, c’est devenu un sujet de société », justifie la
ministre du Travail. Et pour cause.
50 % des emplois seront profondé-
+
» Lire aussi
PAGE 17
Muriel Pénicaud,
a dévoilé son plan
pour la formation,
lors d’une conférence
de presse, lundi,
à Paris. J. WITT/SIPA
ment transformés au cours des
prochaines années, selon les estimations du gouvernement. Par
ailleurs, les entreprises rencontrent de plus en plus de difficultés à
recruter une main-d’œuvre qualifiée qui colle à leurs besoins. « Plus
notre système de formation sera
performant, plus il créera les conditions donnant à chacun la liberté de
saisir toutes les opportunités, et plus
la France sera compétitive », insiste
Muriel Pénicaud.
Le défi est de taille. Car en dépit
des trois réformes déjà conduites
depuis 2004, force est de constater
que le système reste toujours aussi
complexe, opaque et peu lisible. Et
ce alors que 31,5 milliards d’euros y
sont consacrés chaque année et que
le système ne favorise pas la formation des personnes les moins qualifiées. En effet, ce sont les individus
les plus qualifiés qui bénéficient le
plus du système de formation, travaillant généralement dans les
grandes entreprises, alors qu’ils en
ont le moins besoin.
En moyenne, 66 % des cadres
suivent une formation chaque année, contre 38 % des employés et
34 % des ouvriers. Les chômeurs
ont également peu accès à la formation (10 à 15 % par an en moyenne)
et quand ils y accèdent, comme en
2016 grâce au plan 500 000 de Hollande, leur taux d’emploi ne bouge
pas… Les observateurs les plus critiques fustigent une gouvernance
verrouillée par les partenaires sociaux qui ont à la fois la main sur les
financements, les prescriptions des
formations et leur évaluation.
Droit individuel garanti
Déterminé à changer la donne,
l’exécutif entend donner un grand
coup de pied dans la fourmilière.
Et tant pis si les partenaires sociaux se braquent. « Il est essentiel
que la formation devienne un droit
individuel garanti collectivement »,
assure Muriel Pénicaud. Concrètement, les individus pourront suivre la formation de leur choix en
payant directement l’organisme
prestataire avec leur compte personnel de formation (CPF), via une
application mobile.
Plus fondamentalement, le
gouvernement entend reprendre
la main sur la gouvernance du
système. Une agence nationale de
régulation de la formation et de
l’alternance, baptisée France
compétences, sera créée et gérée
de façon tripartite par l’État, les
régions et les partenaires sociaux.
Du côté des organisations patronales et syndicales, autant dire que
la pilule passe mal. « Ils veulent simplifier le système mais, pour le moment, c’est complètement flou »,
avance Florence Poivey, du Medef,
pour qui cette réforme n’a rien d’un
« big bang ». Inquiète, la CFDT réclame une concertation « pour que
ces changements ne conduisent pas à
un chamboule-tout destructeur,
mais permettent au contraire une
plus grande efficacité ». Quant à la
CGT, elle fustige « de nouveau un
tournant libéral indéniable » qui ne
produira que « le néant ! ».
Cette réforme sera intégrée, à la
mi-avril, dans un projet de loi,
pompeusement intitulé « pour la liberté de choisir son avenir professionnel », qui regroupera aussi les
réformes de l’apprentissage et l’assurance-chômage, et sera débattue, en urgence, au printemps au
Parlement… ■
■ 800 euros ?
- TOEIC (test of english for
international communication)
- TOSA (certificat de
compétences informatiques)
- CACES (certificat d’aptitude
à la conduite de chariot
en sécurité R389)
■ 5 000 euros ?
- Assistant de vie aux familles
(niveau V)
- Développeur Web
- Chef d’équipe gros œuvre
dans les travaux publics
■ 8 000 euros ?
- Couturière d’ameublement
(niv. V)
- Tapissier garnisseur (niv. V)
■ 10 000 euros ?
- Installateur en chauffage,
climatisation, sanitaire
et énergies renouvelables
(niv. V)
La
formation
professionnelle
doit être
accessible à
chaque actif, de
façon autonome,
simple et
opérationnelle,
pour rendre
concrète
et réelle la
liberté d’évoluer
professionnellement
»
MURIEL PÉNICAUD
MINISTRE DU TRAVAIL
Douze mesures simples pour décomplexifier un système trop opaque
Le gouvernement a annoncé
« douze mesures pour transformer
la formation professionnelle », via
des droits plus importants et plus
facilement accessibles pour les salariés et les chômeurs, et une simplification du système existant.
DES DROITS
À LA FORMATION
RENFORCÉS
A
❙
Le compte personnel de formation
(CPF) de chaque salarié, qu’il travaille à temps plein ou à temps
partiel, ne sera plus alimenté en
heures mais en euros. Plus spécifiquement, il sera accrédité de
500 euros par an avec un plafond
de 5 000 euros. Et de 800 euros par
an, plafonné à 8 000 euros, pour les
personnes peu qualifiées. Les salariés qui souhaitent suivre des formations longues en vue d’une reconversion pourront demander un
abondement sur validation d’une
commission paritaire. Cette monétisation du CPF, promesse de campagne de Macron, passe mal du
côté des organisations patronales
et syndicales, qui craignent une inflation des coûts des formations,
une baisse des droits et « un affaiblissement des droits des salariés »,
selon la CFDT.
Autre mesure phare : les salariés
pourront faire appel, gratuite-
ment, à un conseiller pour les accompagner dans leur projet professionnel ainsi que pour le choix
des formations. Plus spécifiquement, dans chaque région, un organisme en charge du conseil en
évolution professionnelle (CEP)
sera ainsi choisi selon une procédure d’appels d’offres validée par
l’État, les régions et les partenaires
sociaux. « Le CEP va prendre une
place importante du paysage de la
formation professionnelle », a promis Muriel Pénicaud, sans donner
plus de détails.
PLATEFORME
EN LIGNE AU SERVICE
❙DESUNE
SALARIÉS
Une plateforme en ligne sera mise
en place pour permettre aux salariés de s’inscrire à n’importe quelle
formation de leur choix et de la
payer directement avec l’argent
disponible sur le compte personnel
de formation. Finies donc les longues procédures complexes voire
décourageantes. « En cinq clics,
n’importe quel salarié pourra s’inscrire à une formation », explique
l’entourage de la ministre, rappelant les éléments de langage jadis
utilisés par l’exécutif pour vanter la
simplicité du dispositif de pénibilité au travail. Cette plateforme, qui
sera opérationnelle en 2019 et dé-
50 %
des métiers
vont se transformer
dans les 10 ans à venir,
impactés par les
transitions numériques
et écologiques
1
million
de chômeurs peu
qualifiés et 1 million
de jeunes éloignés
de l’emploi vont être
formés en plus
d’ici à 5 ans
15
milliards €
vont être investis
en 5 ans dans un
« Plan compétences »
pour accompagner
l’évolution des métiers
clinée sous forme d’une appli disponible sur smartphone, a vocation
à devenir une sorte de « Tripadvisor de la formation », en indiquant
le taux de satisfaction des participants aux différentes sessions. Le
taux d’insertion dans l’emploi sera
également disponible.
DES PLANS
DE FORMATION
❙MOINS
COMPLEXES
Les plans de formation développés
par les entreprises seront moins
complexes. La réforme prévoit en
effet de supprimer toutes les catégories d’actions de formation trop
complexes comme, par exemple,
les actions de professionnalisation.
En revanche, « l’obligation de l’employeur d’assurer l’adaptation des
salariés à leur poste de travail et de
veiller au maintien de leur employabilité ne change pas », insiste le ministère du Travail.
AGENCE
DE RÉGULATION
❙ UNE
Une agence nationale de régulation de la formation professionnelle et l’alternance, baptisée France
Compétences, va voir le jour et
sera gérée par l’État, les régions et
les partenaires sociaux. Elle remplacera les trois instances paritai-
res en charge de la gouvernance de
la formation (FPSPP, Cnefop et
Copanef). En plus d’évaluer le système dans sa globalité, elle sera
chargée de réguler la qualité des
formations. Elle devra notamment
établir un cahier des charges précis pour la certification des organismes de formation. Autant dire
que, parmi les 90 000 prestataires
présents aujourd’hui sur le marché, un certain nombre pourrait
mettre la clé sur la porte.
Autre mission : observer l’évolution des prix des formations et faire
des recommandations en cas d’excès. France Compétences régulera
en outre les tarifs appliqués aux
contrats d’apprentissage, qui peuvent varier d’un centre de formation d’apprentis (CFA) à l’autre.
Enfin, l’agence assurera la péréquation des fonds dédiés à l’alternance ainsi qu’à la formation professionnelle en faveur des TPE et
PME (moins de 50 salariés). L’objectif est ici de faciliter l’accès à la
formation de leurs salariés, qui est
plus difficile que dans les grandes
entreprises.
GOUVERNANCE
SIMPLIFIÉE
❙ UNE
Estimées à environ 9 milliards
d’euros par an, les cotisations à la
formation et à l’alternance versées
par les entreprises seront collectées
directement par les Urssaf. La
Caisse des dépôts et consignations
(CDC), qui centralisera cette manne, sera chargée de payer directement les organismes de formation
lorsqu’un individu mobilisera son
CPF pour se former. Sur ce point, la
CPME alerte sur la nécessité de ne
pas « recréer une usine à gaz avec
l’Urssaf d’un côté et les acteurs de la
formation de l’autre ».
Les organismes paritaires collecteurs agréés (Opca), qui assurent
aujourd’hui cette collecte, vont
donc se transformer et deviendront des « opérateurs de compétences » chargés d’accompagner
les entreprises et les salariés dans la
gestion prévisionnelle des emplois
et des compétences, dans la droite
ligne de la réforme de 2014. « Plutôt que de faire de la collecte et un
peu de conseil, demain ces nouveaux
opérateurs vont être les supports,
les outils, pour les partenaires sociaux, les branches, les filières, afin
de définir les changements en compétences », explique Muriel Pénicaud. Par ailleurs, ces opérateurs
financeront les plans de formation
des TPE et PME. Ils assureront en
outre le financement des CFA, qui
seront désormais rémunérés en
fonction du nombre de contrats
d’apprentis qu’ils concluent. ■
M. M.
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mardi 6 mars 2018 LE FIGARO
22
ÉCONOMIE
Guerre de l’acier :
l’offre de Trump
à Ottawa et Mexico
Le président américain pourrait épargner le Canada
et le Mexique si l’accord Alena est plus « juste ».
ANNE CHEYVIALLE
£@AnneCheyvialle
COMMERCE La tempête commerciale déclenchée la semaine dernière par Donald Trump continue
de faire des vagues. Le président
américain a provoqué un tollé
planétaire, jeudi, en annonçant
vouloir prochainement imposer
des droits de douane sur l’acier et
l’aluminium, de respectivement
25 % et 10 %. Une décision motivée par le déficit commercial
qu’accusent les États-Unis avec
plusieurs partenaires commerciaux - la Chine en tête, même si
les exportations chinoises ne seraient pas les plus touchées par ces
hausses de tarifs car déjà limitées
par le mécanisme américain antidumping - et par la volonté de
protéger l’emploi américain.
« Nous sommes perdants dans
presque tous les contrats commerciaux (…). Nos industries de l’acier
et de l’aluminium sont mortes, a
tweeté dimanche soir le président
américain. Désolé, c’est le moment
pour le changement. »
Ce lundi, Donald Trump a toutefois fait un pas vers Ottawa et
Mexico, alors que s’ouvre le dernier round de négociations sur
l’Alena, l’accord de libre-échange
nord-américain. Depuis des mois,
le président américain fustige cet
accord, datant de 1994, qu’il juge
responsable de délocalisations
massives d’entreprises. Le locataire de la Maison-Blanche n’exclut pas des dérogations sur l’acier
et l’aluminium avec ses deux partenaires « si un nouvel accord juste
de l’Alena est signé », a-t-il précisé, toujours sur Twitter. Avec ces
mises en garde : « Le Canada doit
bien mieux traiter nos agriculteurs.
Très restrictif » et « Le Mexique
doit en faire beaucoup plus pour
empêcher les drogues d’inonder les
États-Unis ».
Riposte européenne
En attendant la mise à exécution
des menaces attendue ces prochains jours, déclarations d’hostilités et promesses de ripostes se
multiplient. La critique est venue
à Berlin de Steffen Seibert, porteparole de la chancelière allemande, Angela Merkel, qui estime que
les États-Unis font « fausse route » en misant sur « le repli sur soi
et le protectionnisme ». Emmanuel
Macron est également monté au
créneau lors d’une conférence de
5
milliards
d’euros
Montant d’acier
vendu chaque année
par l’Europe
aux États-Unis
presse avec le premier ministre
québécois, Philippe Couillard, appelant à une réaction « rapide »
« et de manière proportionnée ».
« L’Union européenne serait en
droit, et ce serait le souhait de la
France, de mener une action auprès
de l’Organisation mondiale du
commerce et de prendre des contre-mesures », a précisé le chef de
l’État. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude
Juncker, a réagi ce week-end, ciblant trois entreprises américaines emblématiques, qui pourraient subir des représailles, les
motos Harley-Davidson, les jeans
Levi’s et les producteurs de bourbon. Ce qui permettrait de compenser les pertes enregistrées par
les sidérurgistes européens. Car
les États-Unis représentent le
troisième marché d’exportation
Lundi, à Sao Paolo, des syndicats ont manifesté devant le consulat américain. Deuxième fournisseur d’acier
des États-Unis, le Brésil serait exposé aux droits de douane voulus par Donald Trump. MIGUEL SCHINCARIOL/AFP
de l’UE avec 5 milliards d’euros
d’acier vendus chaque année.
La riposte européenne sera à
l’ordre du jour de la Commission,
mercredi. Le vice-président Jyrki
Katainen veut contacter les autres
pays concernés - y compris la
Chine - et n’exclut pas de déposer
si nécessaire « une plainte commune devant l’OMC ». Selon une étude de l’agence Moody’s, l’Europe
est moins exposée que d’autres
pays comme de la Russie et le Brésil, plus sensibles au facteur prix.
Le Brésil est le deuxième fournisseur d’acier des États-Unis, derrière le Canada. Les syndicats brésiliens se sont mobilisés lundi
devant le consulat américain, à
Sao Paolo. Munis de banderoles :
« Trump, enlève tes pattes de nos
emplois ». ■
La Chine veut éviter l’escalade pour mener sa mue
CYRILLE PLUYETTE
£@CyrillePluyette
CORRESPONDANT À PÉKIN
« nePékin
veut pas
se lancer
dans une
guerre
commerciale
avec les
États-Unis,
mais nous
ne resterons
pas les bras
croisés
»
ZHANG YESUI,
PORTE-PAROLE
DE L’ASSEMBLÉE
NATIONALE POPULAIRE
La Chine ne cesse de le marteler :
elle compte désormais privilégier
un modèle de développement économique « qualitatif » et « plus
durable ». Ce qui implique de sacrifier un peu le dynamisme de la
croissance pour combattre les risques de crise financière ou la pollution. Pékin vise ainsi en 2018 une
progression « d’environ 6,5 % » du
PIB, soit la même cible que l’an
dernier, a indiqué lundi le premier
ministre Li Keqiang, lors de
l’ouverture de la session parlementaire annuelle. Mais le chef du
gouvernement doit prier pour
qu’une guerre commerciale avec
les États-Unis ne pénalise pas davantage l’activité. Car la croissance ayant finalement atteint 6,9 %
l’an dernier, une hausse de 6,5 %
cette année représenterait déjà un
net ralentissement et la pire performance chinoise en 28 ans.
Dans un pays où la gigantesque
dette publique et surtout privée a
dépassé les 250 % du PIB, Li Keqiang compte « désamorcer les risques » liés à celle des gouvernements locaux ; et davantage
encadrer un secteur financier
pointé du doigt pour ses produits
d’investissements jugés dange-
reux. Pékin entend par ailleurs
« durcir les normes sur les émissions polluantes » après que de
nombreuses usines ont déjà dû
cesser ou réduire leur activité cet
hiver. Signe que la dépense publique sera mise sous pression, la
Chine a abaissé son objectif de déficit budgétaire pour la première
fois depuis 2012 : à 2,6 % du PIB
contre 3 % en 2017.
Représailles pas exclues
Reste que le contexte extérieur
animé par le regain de tensions
commerciales avec les États-Unis
(lire ci-dessus) vient perturber les
plans de l’empire du Milieu. Même
si le géant asiatique est l’un des
plus petits exportateurs d’acier et
d’aluminium à destination des
États-Unis, Pékin a d’autant moins
apprécié ces déclarations que Liu
He, un très proche conseiller économique du président Xi Jinping,
était en visite à Washington au
moment des annonces protectionnistes, pour tenter d’arrondir les
angles. Visiblement désireux
d’éviter une escalade, Li Keqiang a
affirmé que la Chine est opposée au
protectionnisme et prône la négociation, mais qu’elle « défendra résolument » ses « droits et intérêts
légitimes », allusion à peine voilée
à des représailles. La deuxième
puissance économique mondiale
« ne veut pas se lancer dans une
guerre commerciale avec les ÉtatsUnis », mais « nous ne resterons
pas les bras croisés » en cas
d’agression, avait déjà prévenu dimanche Zhang Yesui, porte-parole de l’Assemblée nationale populaire.
En attendant d’obtenir plus de
précisions, Li Keqiang a surtout
insisté sur le basculement du modèle économique chinois, d’un
système reposant sur les exportations et les industries lourdes vers
un autre, axé sur l’innovation
technologique, la consommation
intérieure ou les services.
Le régime communiste, qui s’est
attaqué aux conglomérats privés
lourdement endettés – l’assureur
Anbang est récemment passé sous
son contrôle –, ne compte apparemment pas desserrer son emprise
sur l’économie. Les entreprises privées seront certes soutenues, pour
favoriser le développement de
l’électronique, de l’aéronautique ou
de l’Internet. Mais le gouvernement
n’hésitera pas « à consolider et développer le secteur public », a insisté
le premier ministre, via des réformes visant à rendre les grands
groupes étatiques « plus compétitifs ». Alors que le Parlement accordera dimanche à Xi Jinping la possibilité de rester président à vie, il est
donc peu probable, jugent plusieurs
experts, qu’il utilise son pouvoir
pour libéraliser l’économie. ■
EN BREF
ASSURANCECHÔMAGE : LA CFTC ET
FO SIGNENT L’ACCORD
£ Les instances de FO et
de la CFTC ont décidé lundi de
signer l’accord sur l’assurancechômage, conclu le 22 février
dernier avec le patronat.
Contrairement au cas de la
formation, le gouvernement
a choisi de reprendre les
termes de cet accord dans son
futur projet de loi.
PLAN DE DÉPARTS
REJETÉ CHEZ PIMKIE
£ CGT et FO, les deux syndicats
majoritaires de l’enseigne
d’habillement, s’opposent au
plan de départs volontaires dont
ils jugent les indemnités et les
reclassements insuffisants. C’est
à présent la Direction régionale
des entreprises et de l’emploi
(Direccte) qui doit homologuer
ou non le plan.
LE JAPON POUSSE LA
PILE À COMBUSTIBLE
£ Air liquide et dix entreprises
nippones (dont Toyota, Nissan
et Honda) ont donné lundi, sous
le patronage du gouvernement,
le coup d’envoi à une société
commune destinée à accélérer
la construction de stations
de recharge d’hydrogène
dans l’archipel. Actuellement,
101 stations sont en service pour
2 400 véhicules, en majorité
des berlines Mirai de Toyota.
+@
» Logement : découvrez
les priorités des Français
selon leur région
» Sur Facebook,
65 % des Français ciblés
sur leur orientation sexuelle,
politique ou religieuse
www.lefigaro.fr/economie
La Grande Récré victime de la révolution de la distribution
La maison mère de l’enseigne de jouets sera placée en redressement judiciaire jeudi. Elle cherche un repreneur.
A
IVAN LETESSIER £@IvanLetessier
JOUETS Les banquiers ont sifflé la
fin de la récré pour Ludendo. Le
numéro deux de la distribution de
jouets en France, plus connu pour
son enseigne phare La Grande
Récré, devrait se déclarer en cessation de paiements ce mardi
auprès du tribunal de commerce
de Paris et être placé en redressement judiciaire dès jeudi, comme
l’a révélé lefigaro.fr.
L’enseigne fondée en 1977 semble une victime collatérale des déboires du leader Toys’R’Us, dont la
maison mère s’est placée sous la
protection de la justice américaine
en septembre. Pendant les fêtes,
période cruciale pour le secteur du
jouet, Toys’R’Us France s’est lancé
dans une guerre des prix, suivi par
les chaînes d’hypers. La Grande
Récré n’a pas voulu suivre, ou n’en
a pas eu les moyens. Sanction
immédiate : son chiffre d’affaires a
reculé de 5,6 % à Noël, trois fois
plus vite que le marché.
Ludendo, qui compte 252 magasins en France dont 164 succursales, n’a donc pas réalisé son objectif de vente sur l’exercice clos
en février, après un chiffre d’affaires de 460 millions d’euros à fin
février 2017. Surtout, le groupe
s’est trouvé à court de trésorerie le
mois dernier, et ses banquiers lui
ont refusé l’accès à une ligne de
crédit, pourtant prévue par
contrat, de 75 millions d’euros.
Cette issue prouve certes que les
déboires des géants de la distribution ne favorisent pas forcément,
à court terme du moins, leurs rivaux, mais qu’elle peut les entraî-
sous le triple effet de l’essor de l’ecommerce (Amazon en tête), du
boom des promos et des achats de
plus en plus tardifs à Noël. Outre
ce contexte, qui touche à des degrés divers tous les secteurs de la
distribution spécialisée, Ludendo
souffre de faiblesses structurelles.
Plan d’économies
Ludendo, la maison
mère de La Grande
Récré, compte
252 magasins en France
dont 164 succursales.
F. BOUCHON/LE FIGARO
ner dans leur chute. Toutefois, la
guerre des prix ne suffit pas à expliquer pourquoi les banquiers ont
lâché Ludendo, au terme de négociations très tendues menées ces
dernières semaines.
Depuis des années, le marché
du jouet est rendu complexe pour
les distributeurs traditionnels,
Le groupe détenu aux deux tiers
par la famille de Jean-Michel
Grunberg (président du conseil
d’administration) est handicapé
par sa dette de 105 millions
d’euros, même s’il l’a réduite à
l’automne 2015 en cédant sa filiale
britannique. À l’époque, le groupe
a engagé un plan d’économies,
supprimant une centaine de postes, fermant une cinquantaine de
magasins déficitaires et en passant
quarante sous franchise. Cela n’a
pas suffi. Même si le groupe garde
un résultat opérationnel positif, il
souffre de son manque de fonds
propres. Jean-Michel Grunberg
avait déclaré mi-décembre être à
la recherche d’un nouvel actionnaire majoritaire pour Ludendo.
Cette quête reste d’actualité, et les
candidats à la reprise devront se
rapprocher des deux administrateurs judiciaires nommés jeudi.
Le redressement judiciaire gèlera les dettes de Ludendo (TVA,
frais financiers, factures émises
par les fournisseurs). Il permettra
une finalisation rapide et à moindre coût du plan d’économies (qui
pourrait être amplifié) et des fermetures de magasins prévues fin
2015. Si le groupe a quelques mois
pour souffler, sa survie passe par
un changement de mains, lui aussi
facilité par la situation actuelle. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mardi 6 mars 2018
ENTREPRISES 23
Pour 12,4 milliards d’euros, Axa devient
un géant de l’assurance-dommages
Le groupe lance de grandes
manœuvres aux États-Unis
en rachetant XL Group.
DANIÈLE GUINOT £@danieleguinot
ASSURANCE Thomas Buberl va
vite, très vite même. Dix-huit
mois seulement après avoir repris
les rênes d’Axa, il est en passe de
réaliser une acquisition d’envergure, la plus importante depuis la
prise de contrôle de Winterthur
en 2006 (8,9 milliards d’euros).
Numéro deux européen de l’assurance derrière l’allemand Allianz,
le groupe a confirmé lundi qu’il
s’apprêtait à débourser 15,3 milliards de dollars (ou 12,4 milliards
d’euros) pour acheter l’américain
XL Group, l’un des leaders mondiaux de l’assurance-dommages
des entreprises et de spécialités et
“
Cette acquisition
constitue
une opportunité
stratégique unique
THOMAS BUBERL,
DIRECTEUR GÉNÉRAL D’AXA
”
la réassurance. Fondé en 1986, XL
Group, qui emploie 7 400 personnes, est très présent en Amérique
du Nord, en Europe, sur le marché du Lloyd’s, et dans la zone
Asie-Pacifique.
L’opération géante devrait être
finalisée au cours du second semestre 2018. L’assureur coté aux
États-Unis devrait ensuite être
retiré de la Bourse. Axa sera propulsé au rang de « champion mondial du marché de l’assurancedommages des entreprises avec un
chiffre d’affaires en 2016 d’environ
30 milliards d’euros et de près de
48 milliards d’euros pour l’ensemble de l’activité dommages », précise Thomas Buberl.
Cette acquisition « amicale »
(les deux groupes ont pris contact
en novembre) a pris tout le monde de court : au printemps 2016,
lors de la présentation de son plan
stratégique à horizon 2020, l’assureur n’avait-il pas indiqué qu’il
se focaliserait sur des acquisitions
ciblées de 1 à 3 milliards d’euros ?
Mais l’assureur a décidé de ne pas
laisser passer l’opportunité qui se
présentait.
«Cette acquisition constitue une
opportunité stratégique unique »
ajoute Thomas Buberl. Elle permet à Axa d’accélérer sa transformation. L’acquisition de XL
Group « s’inscrit parfaitement
dans la stratégie […] d’Axa qui vise
à favoriser les produits permettant
des interactions plus fréquentes
avec les clients ». Elle renforce
son positionnement « sur les
moyennes entreprises », a précisé
l’assureur. « De plus, Axa reste
positionné aux États-Unis, alors
que les observateurs se demandaient s’il n’allait pas quitter le
pays après l’introduction en Bourse
de sa filiale américaine Axa Equitable Holdings », pointe Julien
Sac, consultant chez Sia Partners.
Cette acquisition « va créer un
nouvel Axa », estime Thomas Buberl, qui fêtera ses 45 ans à la fin
du mois. Le dirigeant allemand a
lancé à son arrivée à la tête du
premier assureur français un plan
stratégique qui passe notamment
par une réduction des coûts et un
grand recentrage du groupe. À
l’automne, il a simplifié son organisation et remodelé son équipe
dirigeante. Il a aussi décidé de
porter ses efforts sur 16 pays (dont
la France, l’Allemagne, l’Espagne,
les États-Unis, Hongkong…),
alors qu’il est présent dans une
soixantaine.
Le nouvel Axa que Thomas Buberl a entrepris de bâtir sera
moins dépendant des marchés financiers et davantage présent
Thomas Buberl, DG d’Axa, le 22 février, lors de la présentation des comptes 2017 de la société, à Paris.
dans l’assurance-dommages. Une
fois l’opération bouclée, cette activité ainsi que l’assurance santé,
autre axe majeur de développement, prendront le pas sur l’assurance-vie, l’épargne et la retraite
qui étaient majoritaires dans le
groupe ces dernières années, mais
moins porteuses.
L’enjeu est d’autant plus crucial pour Axa et la plupart de ses
rivaux en Europe qu’ils continuent à pâtir du niveau très bas
des taux d’intérêt. Cette situation
complique leur gestion des primes d’assurance versées par les
clients, sur fond de concurrence
intense à laquelle se conjuguent
les défis de la révolution numérique. « Étant moins sensibles à la
volatilité des marchés, les activités
d’assurance-dommages aux entreprises et de santé réduisent le
profil de risques de l’assureur »,
explique Olivier Pauchaut, responsable de la recherche de la
banque Bryan Garnier & Co.
Forces
EN PRÉSENCE
■ Axa
Chiffre d’affaires :
98,5 milliards d’euros
Résultat net :
6,2 milliards d’euros
Effectif :
165 000 salariés
■ XL Group
Primes encaissées :
15 milliards de dollars
Perte nette :
560 millions de dollars
Effectif :
7 400 salariés
PASCAL ROSSIGNOL/REUTERS
C’est d’ailleurs pour cette raison qu’Axa introduira au deuxième trimestre à la Bourse de New
York Axa Equitable Holdings,
spécialiste de la gestion d’actifs et
de l’assurance-vie outre-Atlantique. L’assureur prévoit désormais
de se désengager progressivement de sa filiale au cours des
prochaines années. Axa compte
retirer de cette opération 6 milliards d’euros. Cet argent financera en partie l’acquisition de XL
Group. Le solde - soit 3,5 milliards d’euros - proviendra de la
trésorerie de l’assureur qui émettra par ailleurs 3 milliards d’euros
d’obligations, a précisé lundi Gérald Harlin, directeur financier
d’Axa, qui a été conseillé par JPMorgan pour cette acquisition.
Le montant payé (12,4 milliards
d’euros) correspond à une prime
de 33 % par rapport au cours de
clôture d’XL Group du 2 mars.
Certains analystes financiers ont
estimé lundi que le prix était rela-
tivement élevé. XL Group a dégagé une perte nette de 560 millions
de dollars en 2017 (pour 15 milliards de dollars de primes), en
raison du coût des catastrophes
naturelles. Mais il est positionné
sur des marchés porteurs et il
« s’agit d’un acteur en croissance
très agile », selon Axa. De plus,
l’assureur était aussi courtisé par
Allianz selon l’agence Bloomberg.
Déçus que l’assureur ait préféré
lancer une opération stratégique
plutôt qu’une opération de rachat
d’actions, les marchés ont sanctionné durement l’action Axa
lundi : elle a chuté de 8,24 % à
Paris. Les dirigeants du groupe s’y
attendaient. Ils savent qu’une fois
la déception passée, le titre reprendra de la hauteur. « L’acquisition de XL Group est une belle
opération, dont les résultats ne se
verront qu’à partir de 2019 », explique Olivier Pauchaut. Mais les
marchés financiers raisonnent
toujours à très court terme. ■
Pétrole : alerte pour 2023
Faute d’investissement, l’offre pourrait manquer.
ÉVOLUTION
DE LA DEMANDE
DE 2017 A 2023,
EN RYTHME ANNUEL
+0,3%
Croissance des besoins
de pétrole en Amérique
du Nord et du Sud
+2%
Croissance des besoins
dans la région
Asie-Pacifique
-0,2%
Recul de la demande
de pétrole en Europe
ÉNERGIE La production de pétrole dans le monde sera-t-elle insuffisante dans quelques années ?
Sans doute, si les investissements,
« trop faibles », n’augmentent
pas, avertit l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
Les perspectives d’ici à 2023
sont favorables pour le secteur pétrolier, souligne l’AIE dans un
rapport sur les perspectives à cinq
ans publié lundi. Les stocks ont
fondu et les prix sont remontés.
Par ailleurs, en dépit du développement des énergies renouvelables, la demande de pétrole sera
portée par le bon niveau de la
croissance économique mondiale.
L’agence s’attend à une hausse
« robuste de la demande », en particulier dans la pétrochimie et en
Chine ainsi que, plus encore, en
Inde. À eux deux, ces pays devraient bientôt représenter la
moitié de la demande mondiale.
Celle-ci augmentera de 6,9 millions de barils par jour (mb/j) d’ici
à 2023, pour atteindre 105 mb/j.
Or, face à ces besoins, la production risque d’être trop faible.
L’exploitation restera soutenue :
les capacités de production mondiales devraient elles aussi progresser de 6,4 millions de barils
par jour d’ici à 2023. Grâce à la
montée en puissance des huiles de
schiste, les États-Unis fourniront à
eux seuls 80 % de la croissance de
la demande sur les trois prochai-
nes années et conforteront leur
place de numéro un mondial de la
production (brut et pétroles légers
cumulés). Fait peu connu, les
États-Unis exportent déjà « des
quantités significatives de pétrole
vers la Chine » (25 millions de barils en octobre). Le Brésil, le Canada et la Norvège, les trois autres
grands pays non membres de
l’Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole), fourniront
le surplus de pétrole nécessaire.
04-05
JUILLET
2018
LASEINEMUSICALE-PARIS
02
JOURS
50
SPEAKERS
80 3000
DÉMOS
PARTICIPANTS
Une mer du Nord en moins
Mais, après 2020, cela ne suffira
plus. « Il faudra plus d’investissements pour compenser les champs
pétroliers en déclin. Chaque année,
le monde doit remplacer 3 mb/j, soit
l’équivalent d’un an d’exploitation
en mer du Nord », rappelle Fatih
Birol, directeur exécutif de l’agence. Depuis trois ans, c’est essentiellement en Chine, au Mexique et
au Venezuela (où l’exploitation a
été divisée par deux depuis l’arrivée au pouvoir de Hugo Chavez il y
a vingt ans) que la production a
ralenti, faute d’investissements,
pointe l’agence.
Et les compagnies pétrolières,
qui ont taillé dans leurs coûts à la
suite de l’effondrement des cours
du pétrole en 2014, ne semblent
pas prêtes à les relancer. Les dépenses d’exploration et de production, en chute de 25 % en 2015
et 2016, n’étaient toujours pas reparties à la hausse en 2017. Elles
devraient à peine progresser en
2018, s’inquiète l’AIE. ■
Créée par les fondateurs de TEDxParis, l’Échappée
Volée est le premier évènement qui décrypte les
mutations technologiques et leurs usages. Il rassemble
l’ensemble de l’écosystème des innovateurs au
service du bien commun.
2018.LECHAPPEEVOLEE.COM
UN ÉVÈNEMENT ORGANISÉ PAR
A
ARMELLE BOHINEUST £@armelella
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 6 mars 2018 LE FIGARO
24 ENTREPRISES
Siemens lance enfin
la mise en Bourse
de sa division santé
Les bureaux
de Siemens Healthineers,
à Forchheim (Allemagne).
BLOOMBERG VIA GETTY IMAGES
Le conglomérat compte retirer quelque 4 milliards
d’euros de cette opération.
SIEMENS
HEALTHINEERS
ANNE BODESCOT
abodescot@lefigaro.fr
EN CHIFFRES
4,65
milliards d’euros attendus
de l’introduction
en Bourse
15 %
des titres détenus
par Siemens
sont mis sur le marché
13,8
milliards d’euros
de chiffre d’affaires
en 2017
2,5
milliards d’euros
de bénéfices en 2017
SANTE L’industriel allemand Siemens suit tranquillement la route
qu’il s’était fixé l’été dernier. Il va
comme promis introduire en
Bourse sa division santé, qui représente environ 15 % de son chiffre d’affaires. Il propose aux investisseurs, à partir de mardi et
jusqu’au 15 mars, 15 % des titres
de cette filiale baptisée Siemens
Healthineers.
Mais les analystes ont été un peu
déçus. L’opération était initialement attendue autour de 9 milliards d’euros, ce qui aurait fait
d’elle la plus grande introduction à
la Bourse de Francfort depuis celle
de Deutsche Telekom en 1996. Mais
la mauvaise météo boursière ces
dernières semaines a conduit le
conglomérat à revoir à la baisse ses
prétentions. À la mi-février, le
promoteur immobilier allemand
Instone avait dû lui aussi se conten-
ter, pour son introduction, de la
fourchette basse des estimations.
Siemens, qui propose les titres
entre 26 et 31 euros, a indiqué
compter seulement sur une recette comprise entre 3,9 et 4,65 milliards d’euros. Malgré la grande
stabilité des activités de cette division spécialisée dans les appareils médicaux (angiographie,
scanner, échographie…) ou encore les applications pour diagnostics médicaux, il a fallu tenir
compte pour fixer la fourchette du
prix d’introduction des inquiétudes croissantes sur les places
boursières mondiales.
Pénalisé par la météo
boursière
Celles-ci s’inquiètent notamment
du retour de l’inflation, de la remontée des taux d’intérêt et des
décisions protectionnistes de Donald Trump. Début février, l’introduction du plasturgiste automobile
Novares à la Bourse de Paris avait
même finalement été annulée sine
die, victime du retour de la volatilité sur les marchés financiers.
L’introduction en Bourse de Siemens Healthineers, maintenue par
le conglomérat contre vents et marées, sera néanmoins très marquante pour la place de Francfort.
Elle valorisera l’entreprise entre 30
et 40 milliards d’euros. Healthineers a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires de 13,8 milliards
d’euros et affiché un bénéfice net
ajusté d’effets exceptionnels de
2,5 milliards d’euros.
Siemens, qui conserve une participation majoritaire dans sa filiale, entend ainsi l’aider à se développer. La mise sur le marché
coïncide en effet avec la mise en
place d’une nouvelle stratégie, définie l’an dernier dans le plan Healthineers Strategy 2025.
Le groupe ne veut pas seulement
consolider ses activités dans le domaine de la santé. Il entend aussi
s’adapter aux bouleversements
technologiques qui promettent de
révolutionner le secteur : recours
généralisé aux logiciels pour le diagnostic et le traitement, utilisation
de l’intelligence artificielle, intégration des smartphones dans le
suivi médical, etc.
Autant de nouveaux sujets qui
nécessitent des investissements
importants. Le groupe, actuellement en restructuration en raison
des difficultés de sa branche énergie, veut donc que sa filiale puisse
avoir directement accès aux marchés financiers, de façon à se financer plus facilement. L’introduction en Bourse se fait sans
augmentation de capital, mais celle-ci n’est pas exclue par la suite.
En outre, Bernd Montag, le patron de Siemens Healthineers, espérait l’été dernier que les salariés
du groupe voient dans cette étape
« un nouveau départ ». En sortant
du conglomérat l’entreprise accroît sa visibilité et valorise ses
atouts propres. ■
La Banque de France envisage de réguler l’accès au bitcoin
Plutôt que de rendre les « crypto-actifs » inconvertibles, les banques centrales veulent en contrôler l’usage.
11dollars
513
Valeur du bitcoin lundi,
contre 19 343 dollars
le 16 décembre
JEAN-PIERRE ROBIN jprobin@lefigaro.fr
MONNAIE Après la Banque d’Angleterre la semaine dernière, la
Banque de France a défini lundi sa
position vis-à-vis de ce qu’elle appelle les « crypto-actifs », se refusant à considérer le bitcoin et les
1 300 autres « monnaies virtuelles » comme des devises au sens
strict du terme. « Contrairement à
la monnaie de banque centrale, ils
remplissent une fonction d’instrument d’échange qui est de portée
très réduite et fragile », a souligné
Denis Beau, premier sous-gouverneur de la Banque de France, en
présentant une note de six pages
fort claire, « L’émergence du bitcoin et autres crypto-actifs : enjeux, risques et perspectives ».
L’hypervolatilité constatée ces
derniers mois rend leur usage malaisé pour chacun des trois attributs
traditionnels de la monnaie (unité
de compte, intermédiaire des
échanges et instrument de réserve). La Banque de France rappelle
en outre « les risques de cyberattaques, de blanchiment d’argent et de
financement du terrorisme ».
Juridiquement, les textes français (Code monétaire et financier)
stipulent que « la monnaie de la
France est l’euro ». Lequel a seul
« cours légal », ce qui veut dire
notamment qu’on ne peut le refu-
LES DÉCIDEURS
â TAKESHI UCHIYAMADA
Toyota
Casting audacieux pour le géant
japonais présidé par ce vétéran, père
de la Prius. Pour la première fois, le
conseil d’administration nomme une
femme dans la haute instance stratégique.
L’élue Teiko Kudo, 53 ans, qui fera son entrée
en tant qu’administratrice extérieure, est une
dirigeante du groupe bancaire Sumitomo Mitsui. Volonté d’ouverture encore dans un pays
où la gouvernance des entreprises est réputée
« fermée », le Britannique et ancien champion
de basket-ball Philip Craven, 67 ans, ex-président du comité international paralympique,
sera aussi nommé à ses côtés. Deux nominations qui doivent encore être validées par les
actionnaires à l’AG du mois de juin.
A
â JÉRÔME JAROUSSIE
AFP
À 46 ans, il rejoint l’Agence France-Presse
comme directeur des systèmes d’information. Cet ingénieur de formation possède une
longue expérience dans les technologies de
l’information, après avoir occupé des fonctions similaires dans le secteur bancaire chez
Natixis (groupe BPCE) et plus récemment
dans la banque néerlandaise ABN Amro
(maison mère de Neuflize OBC). Il succède à
Caroline Raveton, qui occupait le fauteuil
depuis 2013.
ser comme moyen de paiement.
« En conséquence, ils (les cryptoactifs, NDLR) n’offrent aucune garantie de sécurité, de convertibilité
et de valeur. »
L’attrait de la blockchain
À partir de là, l’alternative est simple, comme l’a expliqué vendredi
Mark Carney, le gouverneur de la
Banque d’Angleterre, qui pour sa
part emploie le terme de « cryptomonnaies ». Soit « les isoler » du
reste du système financier, ce qui
reviendrait en pratique à ne pas
accepter la convertibilité des bitcoins en euro, en livre ou en dollar.
Soit en « réguler » l’accès, voire
« intégrer » les monnaies virtuelles
dans le système financier mondial.
Or des deux côtés de la Manche,
on élimine la première solution qui
consisterait à ce que le bitcoin et
autres « crypto » vivent en circuit
fermé et restent « des monnaies
privées ». Car cela reviendrait à jeter le bébé (la technologie de la
blockchain) avec l’eau du bain.
« L’environnement technologique de
la blockchain – sur lequel s’appuie la
circulation de certains crypto-actifs – est susceptible d’offrir de nombreuses possibilités en termes d’usage par les entreprises financières et
non financières », souligne d’emblée la note de la Banque de France.
Reste la régulation, car il est exclu que les « cryptomonnaies » de-
PAR Carole Bellemare avec Amaury Bucco
â
ArcelorMittal : l’héritier Aditya Mittal
grand argentier et désormais président
Digne fils de son père, Lakshmi Mittal, ce bâtisseur qui
en trente ans a édifié un
véritable empire de la sidérurgie, le très discret mais
brillant Aditya Mittal accroît un peu plus son
influence en décrochant, à 41 ans, la présidence
d’ArcelorMittal. Une nomination qui « reflète
le rôle stratégique mondial croissant d’Aditya au
sein du groupe, en soutien du PDG Lakshmi Mittal ». L’héritier a fait ses preuves comme grand
argentier et directeur général d’ArcelorMittal
Europe, fonctions qu’il conserve.
Promotion légitime, donc, aux yeux de son
PDG de père, qui souligne : « Aditya s’est montré un manager efficace et accompli comme
directeur financier et directeur de nos opérations européennes, obtenant des résultats et
créant de la valeur pour l’entreprise. Il continuera à travailler avec moi pour dessiner l’avenir
stratégique du groupe. » Dès lors, père et fils
constitueront donc un tandem familial…
d’acier à la barre du géant coté, leader mondial
de la sidérurgie, totalisant 56 milliards de chiffre d’affaires et 300 000 salariés. Forbes estime
aujourd’hui à quelque 10 milliards de dollars la
fortune du fondateur, qui, en multipliant à
partir des années 1990 les emplettes d’entreprises sidérurgiques au bord de la faillite, en les
restructurant et en les redressant, a constitué
son groupe. Avec, en 2006, une accélération
stratégique : le rachat du français Arcelor,
dans lequel Adytia, devenu directeur financier
deux ans plus tôt, a joué un rôle moteur, tout
comme dans la restructuration qui s’en est
suivie. L’épreuve du feu en quelque sorte.
L’ambition du père
Lakshmi Mittal a toujours voulu l’excellence
pour son fils (qui a aussi une sœur) qu’il envoie
très tôt dans les meilleurs établissements, un
internat américain à Jakarta, puis à Wharton
aux États-Unis. Très jeune aussi, pendant les
vacances, il l’embarque sur le terrain de ses
affaires. Formé à bonne école donc… Pas le
charisme de son père, mais analytique, bosseur et ambitieux… S’il débute chez Credit
Suisse, son entrée en 1997 comme responsable
des fusions-acquisitions dans le groupe familial, né en Indonésie et édifié au pas de charge
par son père, paraît une évidence pour Adytia.
Qui rêve alors de bâtir dans l’acier ce que Ford
a réussi dans l’automobile… Profil de gendre
idéal, style direct et sourire franc, le natif de
Calcutta, marié et père de deux filles, qui dut
aussi se forger une stature d’industriel, a su
tenir solidement la barre au cœur de la crise.
Après la perte record de 2015, il prend du galon
alors que le groupe a retrouvé la santé et que
tous les indicateurs sont au vert.
C. B.
meurent des lieux de « non droit »
dans la république monétaire mondiale. Parmi les pistes d’encadrement proposées par la Banque de
France, on en retiendra deux.
Tout d’abord « la mise en place
d’un statut de prestataires de services en crypto-actifs » (assurant la
passerelle avec les plateformes de
crypto-actifs). Et ensuite « une limitation de la possibilité pour certaines entreprises régulées (banques assurances, sociétés de
gestion…) d’intervenir sur ces
crypto-actifs ». De toute façon, les
grands argentiers du G20 sont
convenus d’en discuter les 19 et
20 mars prochain lors de leur
sommet de Buenos Aires. ■
www.lefigaro.fr/decideurs
â BENJAMIN CERCIO
Louis Vuitton
À 33 ans, il est promu directeur des relations
presse et VIP de la marque phare de LVMH, et
est notamment responsable des équipes presse et relations publiques. Il est également en
charge des célébrités et influenceurs. Arrivé
en 2006 chez Louis Vuitton Europe-MoyenOrient-Afrique, Benjamin Cercio a rejoint le
département célébrités en 2010 avant d’en
prendre la direction six ans plus tard.
â LAURENT CAROZZI
Technicolor
Ex-« Lagardère boy » passé l’an dernier chez
Publicis comme adjoint au directeur financier, le normalien arrive comme directeur financier du groupe dirigé par Frédéric Rose.
â DANIEL DEMEULENAERE
Bpifrance
Le « M. Afrique et Partenariats » devient directeur de la stratégie et du développement de
la banque publique d’investissement, au sein
de la direction de l’international, de la stratégie, des études et du développement, pilotée
par Pascal Lagarde. HEC, l’ancien avocat bénéficie de quinze ans d’expérience en conseil
et investissement. Après KPMG, il a œuvré
pour IKB Deutsche Industriebank avant de rejoindre CDC Entreprises (Bpifrance).
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mardi 6 mars 2018
TECH
25
FRANÇOIS BOUCHON / LE FIGARO
Stéphane Richard :
« Orange est trop
lourd, trop lent »
Le PDG de l’opérateur renouvelle son comité
exécutif pour insuffler une nouvelle stratégie.
ELSA BEMBARON £@elsabembaron
Trois
PRIORITÉS
■ Le réseau
Développement
des réseaux très haut
débit fixe (fibre optique)
et mobile (4G puis 5G)
■ Les nouveaux métiers
digitaux
Services financiers,
cybersécurité,
maison connectée
(e-santé, e-éducation…)
■ La transformation
d’Orange
Accélérer les processus
de décision,
alléger la hiérarchie,
réaliser la transformation
numérique du groupe
TÉLÉCOMS Renouvelé comme
administrateur, Stéphane Richard,
le PDG d’Orange, sera officiellement reconduit à son poste pour
quatre ans, après le vote des
actionnaires le 4 mai prochain, en
assemblée générale. Une simple
formalité à ce stade.
Le PDG a présenté lundi son
nouveau comité exécutif, « pour
mettre en cohérence le projet stratégique et l’équipe », explique-t-il.
Le comité est élargi à quinze membres et compte sept nouveaux
directeurs. Cinq sont des femmes
« soit un tiers des directeurs généraux. Ce qui fait d’Orange une des
entreprises les plus vertueuses en
termes de parité du CAC 40 », souligne Stéphane Richard, qui insiste
sur « les postes clés qui leur ont été
attribués ». Fabienne Dulac, qui
accède au titre de directrice générale adjointe d’Orange est en charge d’Orange France, « soit plus de
la moitié du chiffre d’affaires du
groupe ». La direction des ressources humaines est confiée à Valérie
Le Boulanger, une des nouvelles
figures de ce comité. Mari-Noëlle
Jégo-Laveissière conserve l’innovation, avec pour mission notamment de poursuivre les développements dans le domaine de
l’intelligence artificielle et de la
donnée.
Deux étrangers y font leur entrée, répondant à la volonté de
Stéphane Richard d’internationaliser son groupe. Le Sénégalais
Alioune NDiaye, actuel patron
d’Orange Sénégal, devient directeur général en charge de l’Afrique
et du Moyen-Orient. « Nous sommes, avec Total, les deux seules
entreprises du CAC 40 ayant une
personnalité africaine à leur
comex », souligne Stéphane Richard.
L’Autrichien
Helmut
Reisinger prend la direction générale d’Orange Business Services.
« L’avenir d’Orange se situe aussi à
l’international, pas forcément dans
les télécoms », souligne le patron
d’Orange, qui fait la part belle au
pragmatisme avant d’ajouter « la
consolidation du marché français a
fait long feu ».
Stéphane Richard fixe trois axes
essentiels pour les années à venir à
ses équipes. Tout d’abord, il veut
« renforcer le leadership d’Orange
dans le très haut débit fixe et mobile.
La plus grande partie de nos investissements est d’ailleurs consacrée
au déploiement de la fibre optique et
le sera à celui de la 5G. La qualité de
nos réseaux nous a permis de bien
réussir et a fait la spécificité de notre
modèle ».
Stéphane Richard est convaincu
que « l’avenir des opérateurs se situe en partie hors des télécoms, un
secteur régulé et hyperconcurrentiel où la croissance est margina-
« Une grande partie de nos investissements est consacrée au déploiement de la fibre optique et le sera à celui
de la 5G. La qualité de nos réseaux nous a permis de bien réussir », souligne Stéphane Richard, PDG d’Orange.
le ». Le deuxième volet de sa stratégie est donc concentré sur
l’accélération « de services digitaux, en lien avec notre cœur de
métier ». Cela comprend le développement d’Orange Bank, qui a
gagné près de 100 000 clients en
quatre mois d’existence, mais aussi celui des services de cybersécurité « pour lesquels nous avons de
grandes ambitions ». La cybersécurité et la stratégie du groupe
sont d’ailleurs confiées à Hugues
Foulon, qui fait son entrée au
comité exécutif.
Il veut aussi accompagner davantage de TPE et de PME dans leur
processus de digitalisation et maintient le cap dans le domaine de la
maison connectée. Elle avait déjà
été érigée au rang de priorité lors
de son précédent plan stratégique,
Essentiel 2020. « Il y a un enjeu capital, celui du foyer connecté, dont
nous voulons être la porte d’entrée. » La concurrence a beau y être
rude, entre les Gafa et les nombreuses start-up, le patron
d’Orange est convaincu de pouvoir
apporter au grand public « un accès
simple au foyer digital, avec des
conditions économiques attractives ». Face à ses grands concur-
rents, l’opérateur télécoms dispose
de quelques atouts, dont le principal est sa box Internet et la relation
directe avec ses clients via ses boutiques, ses techniciens… « tout un
réseau physique dont ne disposent
pas Facebook et Google », résume
Stéphane Richard, qui fait aussi de
la protection des données personnelles une priorité.
Transformation interne
Sa troisième priorité, et non des
moindres, est celle de la transformation interne de l’entreprise. Cela
passe par la mise en place d’un management committee, aux côtés du
comité exécutif. « Cette deuxième
instance regroupe les managers
dont le rôle est important dans la
mise en œuvre de la stratégie du
groupe. Elle se réunira tous les deux
mois, complète le PDG. Il faut une
nouvelle culture au groupe, dominé
par l’excellence et mais parfois aussi
un peu de conservatisme. »
Au cours du dernier quart de
siècle, Orange a déjà beaucoup
changé, passé du statut d’administration de l’État à celui d’acteur
international du numérique. Mais
ce chemin parcouru « parfois dans
la douleur », ne suffit pas à son
PDG qui appelle à « franchir des
étapes de changement radical. En
France, le corps social a vieilli, nous
faisons face à beaucoup de départs,
environ 4 000 par an dans les deux
ans à venir, et de nombreuses arrivées ». Pour que son groupe reste
attractif pour de jeunes actifs dont
les attentes ne sont plus les mêmes
que celles de leurs aînés, Stéphane
Richard veut « diminuer le poids de
la hiérarchie, nos sièges sociaux
sont trop lourds et nous sommes
surtout trop lents. Le poids de la
structure est trop important. Il y a
une vraie marge de progression ». Il
promet de grands changements,
inspirés parfois de ce qui se fait
déjà dans le groupe. Ainsi, en Espagne, les membres du comex sont
regroupés dans une salle unique.
« Il y aura cela dans nos nouveaux
locaux à Issy-les-Moulineaux. Il
faut que l’exemple vienne du haut. »
Sans prétendre calquer l’organisation de son groupe sur celui
d’une start-up, le PDG souhaite
clairement lui insuffler un nouveau dynamisme. Gervais Pellissier se voit d’ailleurs confier pour
mission de transformer le groupe
et d’associer les jeunes talents à
cette évolution. ■
Spécialiste de la publicité locale, Geolid lève 15 millions d’euros
La société fournit aux PME et réseaux d’enseigne une plateforme de gestion pour optimiser leur notoriété.
200
Nombre de salariés
de Geolid
ALEXANDRE DEBOUTÉ £@axel_deb
MARKETING Donner à tous les
commerces les moyens de se faire
connaître localement grâce au
digital : telle est la vocation de
Geolid, une start-up française qui
vient de boucler une augmentation de capital de 15 millions
d’euros souscrite en totalité par
Idinvest. C’est la plus importante
réalisée par la start-up à ce jour.
Fondée en 2010 par Gautier
Cassagnau et Guillaume de Neuvier, alors tous deux alors étu-
diants en dernière année à l’EM
Lyon, Geolid met à la disposition
des TPE-PME et des réseaux d’enseigne l’outillage nécessaire pour
se faire connaître. Soit les ressources pour se référencer en ligne ou
acheter de l’espace sur les sites. La
société propose ces deux services
mais aussi du « presence management », c’est-à-dire la gestion des
informations pratiques et événementielles des points de vente
(horaires d’ouverture, promotions
ponctuelles, etc.).
Or les investissements faits il y
a encore quelques années sur
Pages Jaunes (SoLocal) et en affichage local sont en train de migrer sur le Web. Et Geolid entend
bien en profiter.
3 000 clients
« Le marché de la publicité locale
représente environ 10 milliards
d’euros par an, mais seul 1,5 milliard est investi en digital, relève
Gautier Cassagnau, président de
Geolid. Le Web est une opportunité
encore sous-exploitée par les
commerces indépendants ou les réseaux d’enseignes, eux-mêmes
souvent engagés dans un mouve-
ment de réduction de leurs points
de vente. »
À l’heure actuelle, Google et
Facebook captent la majorité de
ces investissements digitaux locaux et sont donc logiquement les
premiers supports traités par
Geolid, qui centralise les demandes et négocie au meilleur prix
auprès des plateformes digitales.
La société, qui propose une plateforme SaaS (Geolid héberge les
applications et les rend disponibles en libre accès à ses clients),
travaille pour 3 000 clients dans
quatre pays (France, Suisse, Alle-
magne, Belgique). Parmi eux,
beaucoup de petits commerçants
notamment en périphérie des
villes et de grands réseaux
comme Axa, Caisses d’épargne,
les concessionnaires Renault et
Mercedes ou McDonald’s.
Les 15 millions levés doivent
servir à parts égales à financer
la R&D de Geolid et son expansion commerciale en Italie et en
Espagne. La société, qui a enregistré un chiffre d’affaires de
13 millions d’euros en 2017, table
sur 17 à 20 millions de revenus
cette année. ■
LA SÉANCE DU LUNDI 5 MARS
LE CAC
JOUR
ACCOR .............................................. 45,54
♣
AIR LIQUIDE ..................................
100,75
AIRBUS .............................................. 95,75
ARCELORMITTAL SA ..................................
26,48
ATOS .............................................. 107,25
AXA .............................................. 22,62
BNP PARIBAS ACT.A ..................................
62,06
BOUYGUES ..............................................
40,53
CAPGEMINI ..............................................
100,95
CARREFOUR ..............................................
17,48
CREDIT AGRICOLE ..................................
13,55
DANONE ..............................................64,86
ENGIE .............................................. 12,6
ESSILOR INTL. ..................................113,15
KERING ..............................................382,7
L'OREAL ..............................................174,95
LAFARGEHOLCIM LTD ..................................
45,47
LEGRAND ..............................................62,74
LVMH .............................................. 240,75
♣
MICHELIN ..............................................
122,65
%VAR.
+HAUTJOUR
+0,24 45,95
+1,13 101,05
+1,92 95,99
-0,79 26,95
+2,73 107,45
-9,7
23,875
-1,3
63,33
+0,82 40,64
+1,66 101,3
+0,49
17,695
-1,09
13,775
+1,71
64,89
+2,69
12,6
+0,58 113,45
+2
383,6
+2,25 175,4
+3,2
45,65
+1,59 62,9
+0,84 241,75
+0,49 123,95
+BAS JOUR %CAP.ECH 31/12
45,21
99,38
93,34
26,145
104,4
22,55
61,63
40,17
99,16
17,375
13,5
63,74
12,185
112
374,7
170,5
44,06
61,56
237,55
120,4
0,426
0,315
0,244
0,185
0,403
1,547
0,429
0,192
0,224
0,437
0,241
0,255
0,492
0,303
0,126
0,103
0,052
0,237
0,103
0,43
+5,91
-4,09
+15,36
-2,34
-11,62
-8,55
-0,31
-6,42
+2,08
-3,1
-1,81
-7,28
-12,1
-1,57
-2,62
-5,41
-3,34
-2,26
-1,89
+2,59
JOUR
ORANGE ..............................................13,885
PERNOD RICARD ..................................
131,1
PEUGEOT ..............................................
19,19
♣ 58,96
PUBLICIS GROUPE SA .............................
RENAULT ..............................................
88,11
SAFRAN ..............................................85,34
SAINT GOBAIN ..................................
45
SANOFI ..............................................64,5
SCHNEIDER ELECTRIC .............................
69,9
SOCIETE GENERALE ♣
..................................
45,09
SODEXO ..............................................
100,2
SOLVAY ..............................................111,6
STMICROELECTRONICS .............................
18,225
TECHNIPFMC ..................................23,86
TOTAL .............................................. 45,95
UNIBAIL-RODAMCO ..................................
190,65
VALEO .............................................. 53,18
VEOLIA ENVIRON. ..................................
19,075
♣
VINCI .............................................. 80
VIVENDI ..............................................20,53
%VAR.
+1,06
+0,5
+0,68
+0,27
-0,49
+0,59
+0,35
+1,74
+2,13
-0,22
+0,93
+1,87
+3,02
+3,56
+0,99
+1,73
+0,95
+0,32
+1,45
+0,88
+HAUTJOUR +BAS JOUR
13,93
131,35
19,49
59,28
89,17
86,14
45,285
64,68
70,22
45,64
100,4
111,6
18,27
23,96
46,16
190,7
53,18
19,195
80,04
20,59
13,675
130
18,88
58,64
87,03
84,76
44,545
63,13
68,18
44,785
99
109,25
17,54
23,1
45,4
187,25
52,12
18,905
78,72
20,3
%CAP.ECH
0,266
0,173
0,61
0,253
0,492
0,265
0,43
0,25
0,302
0,402
0,173
0,302
0,205
0
0,216
0,296
1,423
0,383
0,205
0,252
31/12
-4,08
-0,64
+13,18
+4,08
+5,01
-0,66
-2,13
-10,23
-1,35
+4,74
-10,58
-3,71
+0,11
-7,7
-0,21
-9,21
-14,6
-10,34
-6,05
-8,43
LES DEVISES
MONNAIE
AUSTRALIE ................................................................................
DOLLAR AUSTRALIEN
CANADA ................................................................................
DOLLAR CANADIEN
GDE BRETAGNE ................................................................................
LIVRE STERLING
HONG KONG ................................................................................
DOLLAR DE HONG KONG
JAPON ................................................................................
YEN
SUISSE ................................................................................
FRANC SUISSE
ETATS-UNIS ................................................................................
DOLLAR
TUNISIE ................................................................................
DINAR TUNISIEN
MAROC ................................................................................
DIHRAM
TURQUIE ................................................................................
NOUVELLE LIVRE TURQUE
EGYPTE ................................................................................
LIVRE EGYPTIENNE
CHINE ................................................................................
YUAN
INDE ................................................................................
ROUPIE
ALGERIE ................................................................................
DINAR ALGERIEN
1 EURO=
1,5887
1,5914
0,8907
9,6398
130,02
1,1549
1,2307
2,972
11,103
4,6939
21,71
7,803
80,1275
140,53
AUD
CAD
GBP
HKD
JPY
CHF
USD
TND
MAD
TRY
EGP
CNY
INR
DZD
L’OR
JOUR
VEILLE
31/12
COTATION QUOTIDIENNE ASSURÉE PAR TESSI-CPOR
www.cpordevises.com
LINGOT DE 1KG ENV .....................................................
34620
35160
-0,37
NAPOLEON ..................................................... 204,1
209,8
-1,35
PIECE 10 DOL USA .....................................................
588
588
PIECE 10 FLORINS .....................................................
213
210
+0,09
PIECE 20 DOLLARS .....................................................
1169
1160
+0,09
PIECE 20F TUNISIE .....................................................
204
204
PIECE 5 DOL US (H) .....................................................
310
310
+1,64
PIECE 50 PESOS MEX .....................................................
1299
1299
-0,84
PIECE FR 10 FR (H) .....................................................
115,9
114,5
+5,56
PIECE SUISSE 20F .....................................................
202,1
203,9
-0,3
PIECE LATINE 20F .....................................................
204,7
202
+0,89
SOUVERAIN ..................................................... 260,9
256
+0,08
KRUGERRAND .....................................................1123
1123
+0,38
SICAV ET FCP
VALEURS LIQUIDATIVES EN EUROS (OU EN DEVISES), HORS FRAIS
VALEUR
DATE DE
LIQUID. VALORISAT.
42 rue d’Anjou,
75008 Paris
Tél. : 01 55 27 94 94
www.palatine.fr
SICAV
UNI HOCHE C ................................................
274,20 01/03/18
Cybèle Asset Management
37 av. des Champs-Elysées
75008 Paris
Tel. : 01 56 43 62 50
BETELGEUSE ................................................
47,69 01/03/18
BELLATRIX C ................................................
334,53 01/03/18
SIRIUS ................................................55,76 01/03/18
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première estimation début janvier, a affiné ses chiffres pour l’année écoulée.
Les gains réalisés sur les monnaies
étrangères ont finalement atteint
49,7 milliards de francs suisses. En 2016,
le gain sur les devises étrangères s’était
élevé à 19,4 milliards de francs suisses.
Le gain sur le stock d’or a quant à lui atteint 3,1 milliards de francs suisses, a in-
diqué la BNS. Le franc suisse, valeur refuge par excellence, s’était envolé
pendant les années de crises. En 2017, il
a connu une nette détente par rapport à
l’euro, ce qui avait laissé augurer de
bons résultats pour 2017.
La Banque centrale suisse, qui a la
particularité d’être cotée en Bourse, va
reverser un dividende de 15 francs suis-
ses par action, soit le maximum prévu
par la loi. Mais ce sont les cantons
suisses qui vont toucher un véritable
jackpot. La BNS va en effet reverser
2 milliards de francs suisses à la Confédération et aux cantons. Cette manne
revient pour un tiers à la Confédération
et pour deux tiers aux cantons. Le trésor de guerre de la BNS va également
grimper. À l’issue de ces versements, le
solde de la réserve pour distributions
futures s’établira à 67,3 milliards de
francs. Le titre de la BNS a fait l’objet
d’une intense spéculation ces derniers
temps. Il a grimpé de plus de 40 % depuis le début de l’année et il a plus que
triplé de valeur en un an. ■
HERVÉ ROUSSEAU
A
BÉNÉFICE RECORD POUR LA BANQUE NATIONALE SUISSE
Heureux comme un actionnaire de la
Banque nationale suisse ! La BNS a dégagé l’an dernier un bénéfice record :
54,4 milliards de francs suisses, soit plus
de 47 milliards d’euros. Ce bénéfice astronomique, qui a plus que doublé en un
an, a été dopé par des plus-values réalisées sur les taux de change. La Banque
centrale suisse, qui avait déjà publié une
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 6 mars 2018 LE FIGARO
26
MÉDIAS et PUBLICITÉ
Après Canal +, Orange se dit prêt
à « couper le signal de TF1 »
Face à la baisse des audiences des chaînes de TF1, le marché commence à s’inquiéter.
ELSA BEMBARON £@elsabembaron
ET CAROLINE SALLÉ £ @carolinesalle
AUDIOVISUEL
Après Canal +,
Orange pourrait aussi se résigner à
couper le signal des chaînes de TF1.
Paradoxalement, c’est TF1 qui a
enjoint, le 1er février, l’opérateur
de cesser la diffusion de ses programmes à l’expiration des accords conclus entre les deux groupes. Orange a obtempéré pour la
partie replay, mais pas pour les
chaînes gratuites, ce qui lui vaut
d’ailleurs une assignation au tribunal. « Nous ne voulons pas priver
nos clients de TF1 », estime Stéphane Richard, le PDG de l’opérateur
historique. Mais sa patience atteint
ses limites. Stéphane Richard se dit
aujourd’hui « prêt à couper TF1 ». Il
évoque « un vent de fronde. Orange
est opposé au principe d’une rémunération pour distribuer des contenus gratuits ». Cette déclaration
sonne comme une fin de non-recevoir à TF1, qui veut monétiser la
distribution de ses chaînes gratuites par les opérateurs télécoms. Il
demande quelque 25 millions
d’euros au groupe de Stéphane Richard, 21 millions à Free et une
vingtaine de millions à Canal +.
Le PDG d’Orange ne ferme pas la
porte des négociations, mais il les
cantonne à un domaine précis : celui
des services à valeur ajoutée disponibles sur MyTF1. « Nous ne signerons pas un accord comportant une
clause de rémunération pour des
contenus disponibles gratuitement
sur d’autres canaux (la TNT, NDLR),
tranche le patron d’Orange. Quelle
que soit l’activité, ce n’est pas une
bonne option de se fâcher avec ses
distributeurs. C’est une grosse prise
de risque. Que se passerait-il si Free
et Orange coupaient à leur tour le signal ? » Il rappelle que lorsque LCI
était en difficulté, Orange n’avait
pas hésité à mettre au pot pour venir
au secours de la chaîne d’information (alors payante) du groupe. « On
ne commence pas des négociations en
divulguant publiquement les montants visés. Les arguments employés
LES ÉTATS-UNIS
SE PENCHENT SUR LE
RACHAT DE QUALCOMM
sont indigents. » Le patron d’Orange
apprécie peu de voir TF1 expliquer
qu’au vu de ses résultats Orange
pourrait augmenter sa contribution
financière. Pas plus qu’il n’a apprécié de voir Martin Bouygues évoquer les 900 millions d’euros de
chiffre d’affaires qu’Orange réalise
avec le groupe Bouygues. « Ces revenus sont logiques. Nous sommes
l’opérateur historique et Bouygues
Telecom utilise nos réseaux pour certains de ses services. »
La guerre que la maison
TF1 a déclarée aux
opérateurs télécoms
est en train de se
retourner contre elle.
Lundi, en fin de séance,
son action reculait
de 2,2 %.
FRANCK LODI/SIPA
Action en baisse
La guerre que le groupe de télévision
a déclarée aux distributeurs est en
train de se retourner contre lui.
Lundi, le cours de Bourse du diffuseur accusait une petite baisse de régime. En fin de séance, son action
reculait de 2,2 %.
Vendredi dernier, après des mois
de négociations infructueuses, Canal + a fini par couper le signal des
chaînes TF1, TMC, LCI, TFX et TF1
Séries. Depuis, les audiences sont
de part d’audience pour
France 2. Samedi, Laurent
Delahousse sur France 2
battait à nouveau Audrey
Crespo-Mara sur TF1, mais
d’une courte tête cette fois :
4,9 millions de téléspectateurs,
soit 24,6 % de l’audience
contre 4,86 millions et 24,5 %
du public sur France 2.
Dimanche, la Une reprenait
un léger avantage,
de 120 000 téléspectateurs
avec 5,73 millions
de personnes devant son JT.
Le conflit entre TF1 et Canal +,
qui pourrait faire tache d’huile
chez d’autres opérateurs,
tombe mal. TF1 doit en effet
lancer lundi prochain,
le 12 mars, une nouvelle
mouture de son JT, désormais
complété par un magazine
d’une dizaine de minutes. C. S.
sur une pente glissante. Programme
emblématique de la Une, « The Voice » a par exemple perdu 910 000 téléspectateurs en une semaine. Un
très bon connaisseur du dossier estime que la coupure du signal est responsable à elle seule de l’évaporation de quelque 500 000 personnes.
Ce qui correspond à une perte d’un
peu plus de 9 % de l’audience globale. « TF1 doit gérer une baisse
d’audience qui n’est pas négligeable », résume un expert de l’audiovisuel. TF1 relativise et explique que
la consommation de ses principaux
programmes en replay a progressé
de 20 % et qu’il a vu les inscriptions
sur MyTF1 exploser de 63 %. Tous les
programmes n’ont pas été aussi fortement impactés. Mais il ne faudrait
pas que la situation s’éternise.
Le marché publicitaire commence à montrer des signes d’inquiétude. « Depuis ce matin, les annonceurs
se posent beaucoup de questions, à
commencer par la manière dont ils
sont impactés », indique une agence
médias. Du côté de TF1, on fait valoir
que l’audience de la chaîne, autour
de 18 %, demeure à « un niveau élevé, unique en Europe ». Quant au risque de voir une partie des téléspectateurs partir à la concurrence, « ce
sont de simples hypothèses. Nous
sommes observés quotidiennement
alors que Canal +, jugé sur son taux de
désabonnements, ne le sera qu’au
prochain trimestre ».
Canal + a coupé le signal, sachant
que ses abonnés ne peuvent pas résilier immédiatement leur contrat.
« On ne veut pas que cette situation
soit durable », indiquait lundi Maxime Saada, le directeur général de
Canal +, au micro d’Europe 1, tout
DEMAIN 21:00 EN DIRECT SUR RTL
ET LCI (CANAL 26 DE LA TNT)
A
£ Après le sport (So Foot,
Pédale !), le cinéma (Sofilm)
et l’actualité générale (Society),
le groupe médias fondé
par Franck Annese se diversifie
dans la musique en faisant
l’acquisition de Detroit Media,
éditeur du magazine musical
Tsugi et cogérant de la salle
de spectacle Le Trabendo
à Paris. So Press a également
prévu de lancer un nouveau
trimestriel consacré au
hippisme, Dada, le 11 avril, ainsi
qu’un magazine dédié à la mode
masculine, en novembre.
£ À la suite de déclarations
faites à L’Équipe selon
lesquelles la direction de France
Télévisions manquerait
de considération pour son
émission, Thomas Thouroude
est mis en retrait de l’antenne.
Céline Géraud va le remplacer
à la présentation de l’émission
quotidienne « Tout le sport ».
PS Le débat
Luc CARVOUNAS
SO PRESS
RACHÈTE « TSUGI »
THOUROUDE EN FROID
AVEC FRANCE TV
Le JT de TF1 fragilisé avant sa refonte le 12 mars
La grand-messe du 20 heures
de TF1 a commencé à faire
les frais de la guerre à laquelle
se livrent le groupe audiovisuel
et Canal +. Ce week-end,
le JT de la Une, habituellement
leader, s’est fait doubler
par son concurrent France 2.
Vendredi soir, le 20 h de TF1
rassemblait 4,9 millions de
Français, soit 22,4 % du public
contre 5,75 millions et 26,1 %
EN BREF
. Stéphane LE FOLL
. Olivier FAURE
. Emmanuel MAUREL
en ajoutant : « Il est hors de question
qu’on remette le signal tant qu’on n’a
pas un accord avec TF1. » « Canal + a
quitté la table des négociations, n’inversons pas les rôles, s’agace-t-on
chez TF1. Nous n’avons pas peur, notre démarche est légitime et nous
sommes sûrs de la valeur de nos programmes. » ■
£ L’assemblée générale
des actionnaires de Qualcomm,
qui devait se prononcer mardi
sur la proposition de rachat
de Broadcom, a été reportée
pour que l’opération puisse
auparavant être examinée
au regard des règlements
sur les investissements
étrangers aux États-Unis.
Le féminin « Glamour »
repart de zéro
Ses ventes ont reculé de 21 % en 2017.
CHLOÉ WOITIER £@W_Chloe
PRESSE Exit le papier glacé, le format pocket et les mannequins en
couverture. Le prochain numéro de
Glamour, en kiosque le 15 mars, n’a
plus grand-chose à voir avec ses
aînés. Son éditeur, le géant américain Condé Nast, l’assume et reprend de zéro la numérotation du
magazine, affublé de la mention
« nouveau en kiosque ». Osé pour
un féminin né en 2004…
« Ce n’est pas une simple nouvelle
formule. C’est une réinvention totale
de la marque, qui a demandé autant
de travail, si ce n’est plus, que les
lancements en France de Vanity Fair
ou de GQ », affirme Xavier Romatet, PDG de Condé Nast France.
Cette réinvention s’imposait. En un
an, la diffusion de Glamour s’est
écroulée de 21 %, à 220 000 exemplaires. La vente au numéro, le
principal canal de diffusion du magazine, s’est effondrée de 27 %. Et il
n’est plus rare qu’en dehors des
« spécial mode », le titre soit sous
la barre des 200 000 ventes. En
2013, Glamour vendait aisément
100 000 exemplaires de plus.
« Le modèle d’hier n’est plus tenable pour la presse féminine. Ou alors,
nous allons dans le mur », souligne
Xavier Romatet. L’éditeur a décidé
de diviser par deux la périodicité du
magazine, qui ne sortira plus que
six fois par an. Chaque numéro
s’articulera autour d’un thème,
avec des articles qui promettent de
« l’authenticité » et du « sens »
plutôt que du « consumérisme ».
Glamour opte pour du papier mat
recyclé et rehausse son prix de
vente à 2,90 euros. Son tirage est
divisé par deux, à 250 000 exemplaires, pour réduire le taux d’invendus, « le cancer de la presse
écrite » selon le PDG de Condé Nast
France. Ce taux est actuellement de
50 %. La vague d’économie a aussi
touché la rédaction, passée de 27 à
19 salariés en un an. « Le chiffre
d’affaires de Glamour va baisser
d’un tiers, estime Xavier Romatet,
mais notre performance financière
devrait augmenter de 20 % » grâce à
ces compressions de coûts.
À terme, un tiers des revenus du
magazine devrait venir du numérique, le principal axe de développement de Glamour. « Notre chiffre
d’affaires digital est en hausse de
13 %, dont 35 % pour les contenus de
marque », souligne le PDG. Un
nouveau site, pensé pour le mobile,
sortira mi-mars, avec un focus sur
la vidéo. Des podcasts sont aussi
prévus. Glamour va renforcer sa
présence sur les réseaux sociaux
avec des stratégies différenciées selon les plateformes. L’ambition est
de façonner des communautés engagées, et donc mieux valorisées
auprès des annonceurs.
Périodicité réduite
La refondation de Glamour a lieu
dans un contexte difficile pour la
presse féminine. Les principaux titres du segment sont en recul en
2017. Madame Figaro (-3 %) et Elle
(-0,9 %, Lagardère) sont les magazines qui s’en sortent le mieux.
Grazia (Mondadori), en baisse de
11 % à 133 000 ventes, vient de sortir une nouvelle formule qui promet
elle aussi de tout changer.
La marque Glamour souffre également à l’international. Aux ÉtatsUnis, sa périodicité vient d’être réduite, tout comme la taille de sa
rédaction. Sa directrice a été remplacée par Samantha Barry, ex-patronne de la stratégie sur les réseaux
sociaux de CNN. Les ventes du magazine ont aussi fondu au Royaume-Uni. Condé Nast UK a pris une
décision radicale, annoncée vendredi. Glamour n’y paraîtra plus que
deux fois par an et se recentrera sur
la beauté. Son site Web, tourné vers
le mobile et la vidéo, reflète ces
changements et abandonne l’actualité. « Chaque marché est unique.
Condé Nast n’a donc pas voulu appliquer une solution universelle pour la
refonte de Glamour », souligne
Xavier Romatet. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 6 mars 2018 LE FIGARO - N° 22 881 - Cahier N° 3 - Ne peut être vendu séparément - www.lefigaro.fr
AUTOMOBILE COLLECTIONS
LE SALON DE GENÈVE
CAJOLE LES FAMILLES
JORDAN STRAUSS/JORDAN STRAUSS/INVISION/AP ; VW ; ALESSANDRO LUCIONI/IMAXTREE.COM ; FRANCOIS MORI/AP/SIPA
PAGES 32 ET 33
LES DÉFILÉS DE PARIS
PRIS LA MAIN
DANS LE SAC PAGE 34
Guillermo del Toro
Chapeau
le Mexicain !
Au terme d’une cérémonie des Oscars conformiste, le réalisateur triomphe
avec les deux distinctions les plus importantes pour « La Forme de l’eau »,
conte fantastique qui met en scène une créature aquatique. PAGE 29
Valentino
Héritage de Johnny Hallyday : le « J’accuse » de Nathalie Baye
EXCLUSIF L’actrice et ex-compagne du rockeur exprime toute sa colère contre Laeticia Hallyday. Elle se confie au « Figaro »
ra, artistes eux-mêmes, se voient refuser ne serait-ce que le droit d’écouter le
projet d’album posthume de leur père.
Être nié dans cette filiation artistique
est reçue comme une vraie douleur et
une grande injustice. Que faut-il faire
pour retrouver la raison ? Tous ceux qui
ont aimé Johnny ne peuvent que le souhaiter. »
LÉNA LUTAUD £@LenaLutaud
a multitude de mensonges et
d’attaques circulant dans la
presse et sur les réseaux sociaux me fait sortir de mon silence. ..» Pour la première
fois, Nathalie Baye s’exprime sur les
dernières volontés de celui dont elle a
partagé la vie. Si Sylvie Vartan a donné
son point de vue de façon nuancée (lire
nos éditions du 26 février 2018), l’actrice, actuellement à l’affiche des Gardiennes, de Xavier Beauvois, et de la
série policière Nox sur Canal +, est plus
incisive.
Nathalie Baye a vécu avec Johnny
Hallyday pendant quatre ans. Elle a
participé à la transformation du
rockeur, modifiant son look et l’introduisant dans un cercle artistique nouveau, plus sophistiqué. Ensemble, ils
ont eu une fille, Laura, née en 1983.
Aujourd’hui, la comédienne laisse exploser sa colère. En témoigne le communiqué lapidaire qu’elle a rédigé et
donné en exclusivité au Figaro : « J’apporte toute ma force et mon amour à
L
Deux générations d’artistes
Nathalie Baye et Laura Smet lors des funérailles de Johnny Hallyday, le 9 décembre.
David et Laura, souligne-t-elle d’emblée. Je connais Johnny, nous nous sommes aimés. Notre complicité et affection
a été présente jusqu’à la fin. Johnny
aimait ses enfants, les aînés David et
Laura ainsi que Jade et Joy. Malheureusement, les aînés étaient les bêtes noires
de leur belle-mère.
Johnny en a beaucoup souffert, David
et Laura aussi. Il y avait l’apparence,
photos familiales à l’appui, mais la réalité était beaucoup moins gracieuse.
Johnny lâchait prise, seules la musique
et la scène le faisaient tenir. C’était un
homme épuisé, très seul malgré le monde autour de lui, il dégageait depuis
longtemps beaucoup de tristesse.
Toute la famille Boudou est citée sur le
testament, jusqu’au frère que Johnny ne
supportait pas, tandis que David et Lau-
Dans cette guerre d’image et de communication, chaque mot compte. À
l’instar de Sylvie Vartan, Nathalie Baye
met en avant leurs enfants respectifs,
David Hallyday et Laura Smet, illustrant l’union de deux générations
d’artistes contre Laeticia Hallyday et
sa famille paternelle, les Boudou. La
mère de Laura met également Jade et
Joy à égalité avec David et sa fille. Partant du principe que les aînés considèrent les deux fillettes comme leurs
sœurs. Ses avocats soulignent d’autre
part qu’au vu des dernières volontés de
Johnny Hallyday rédigées selon la loi
californienne, l’intégralité de son patrimoine et de son droit moral revient
à son épouse. Jade et Joy ne sont donc
pas plus protégées que leurs aînés.
Ce communiqué, dont les termes
sont très durs à l’encontre de la dernière épouse du chanteur, ajoute un
épisode à la guerre fratricide ouverte
depuis le 12 février. Il fait entrer un
nouvel acteur dans la bataille, Grégory
Boudou, frère cadet de Laeticia Hallyday, aujourd’hui gérant de la boîte de
nuit l’Amnesia au Cap d’Agde. Au cas
où cette dernière viendrait à disparaître, ce discret petit frère devient exécuteur testamentaire d’un des plus importants héritages de l’industrie de la
musique française, ce qui étonne Nathalie Baye. Selon elle, Johnny avait
peu d’affection pour lui. Par ailleurs,
elle évoque la douloureuse « négation
d’une filiation artistique ». Pour l’instant, David Hallyday et Laura Smet
n’ont en effet pas leur mot à dire sur
l’album posthume de leur père. Pour
obtenir le droit de l’écouter, ils ont déposé un référé auprès du tribunal de
Nanterre. Audience prévue le 15 mars.
D’ici là, de nouveaux rebondissements
ne sont pas à exclure. ■
A
et apporte son soutien à David et Laura, les deux aînés.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mardi 6 mars 2018
L'ÉVÉNEMENT
Des Oscars sous surveillance
LE PALMARÈS
MEILLEUR FILM
LA FORME DE L’EAU, de Guillermo
del Toro et J. Miles Dale.
MEILLEURE ACTRICE
FRANCES MCDORMAND
dans 3 Billboards, les panneaux
de la vengeance.
CINEMA La
90e cérémonie, qui a vu le sacre de « La Forme de l’eau »,
n’a pas créé la surprise comme on l’attendait. Retour sur une soirée très sage.
“
La chose merveilleuse
à propos du cinéma, c’est
qu’il abolit les frontières
GUILLERMO DEL TORO
”
Mais attention à cet effet en trompe
l’œil. Ces prises de position sont restées
isolées dans une cérémonie poussive et
ronronnante. On nous avait promis du
sang, de la sueur et des larmes. Cette
90e édition des Oscars, quelques mois
seulement après la chute de Harvey
Weinstein, producteur tout-puissant et
prédateur sexuel, devait offrir une tribune tonitruante.
Il n’en a rien été. On se serait cru aux
César, malgré les efforts et le talent de
Jimmy Kimmel. Son monologue
d’ouverture a résumé avec humour
l’état d’esprit actuel : « La statuette des
Oscars est le genre d’homme dont on a
besoin à Hollywood : il croise les bras,
donc il n’a pas la main baladeuse, il n’a
pas de pénis et il ne dit jamais de gros
mots (…) De toute façon, les femmes sont
tellement dégoûtées des hommes qu’elles
préfèrent sortir avec un poisson. » Une
allusion au héros de la soirée : le monstre aquatique imaginé par Guillermo
del Toro dans La Forme de l’eau.
Nommé treize fois, le conte fantastique du cinéaste mexicain n’a pas fait
une razzia mais a fait coup double :
meilleur film et meilleur réalisateur.
Une percée du cinéma de genre, le
plus souvent ignoré par l’académie,
qui a également bénéficié à Get Out. Le
premier film de l’humoriste afroaméricain Jordan Peele, entre comédie et horreur, est reparti avec l’Oscar
du meilleur scénario. Dans cette ligne,
3 Billboards, les panneaux de la vengeance, portrait d’un trou paumé
américain, dans son jus (on ne fait pas
le buzz sur les réseaux sociaux mais
sur des panneaux), en proie au racisme et à la violence, revisite les codes
du western.
Une autre lecture du palmarès, politique celle-ci, est possible. Un an après
l’arrivée de Donald Trump à la MaisonBlanche, le cinéma hollywoodien reflète les inquiétudes d’une Amérique fracturée. La Forme de l’eau, sous ses airs de
romance aquatique, met en scène une
Amérique paranoïaque, en pleine guerre froide, et intolérante envers tout ce
qui n’est pas un mâle blanc hétérosexuel. Son auteur, Guillermo del Toro,
n’est pas mexicain par hasard. En recevant le trophée, le cinéaste a rappelé ses
origines : « Je suis un émigrant, comme
mes amis Alejandro Inarritu et Alfonso
Cuaron, et comme beaucoup d’autres. La
chose merveilleuse à propos du cinéma,
c’est qu’il abolit les frontières. Je suis un
citoyen du monde. » Get Out, lui, en
mettant en scène un jeune Noir pris au
piège par ses beaux-parents blancs et
faussement libéraux, prenait acte de la
fin de la parenthèse Obama. Quant au
meilleur film étranger, il récompense
Une femme fantastique, du Chilien Sebastian Lelio, qui dame le pion aux lauréats de Cannes, The Square, la palme
d’or de Ruben Östlund, et Faute
d’amour, d’Andreï Zviaguintsev. Un
beau portrait d’une femme transgenre,
humiliée par la famille de son compagnon décédé.
Côté acteur, l’académie est restée
sage. Face au jeune Timothée Chalamet
et au vétéran Daniel Day-Lewis (déjà
trois statuettes sur sa cheminée), Gary
Oldman a emporté le morceau grâce à
la prothèse de Winston Churchill dans
Les Heures sombres. Quatre heures de
maquillage par jour pour un biopic
comme Harvey Weinstein les affectionnait du temps où il était le faiseur de roi
des Oscars. S’il était devant sa télévision, le nabab honni a dû écraser une
petite larme. ■
RÉALISATEUR
GUILLERMO DEL TORO
pour La Forme de l’eau.
ACTEUR
DANS UN SECOND RÔLE
SAM ROCKWELL
dans 3 Billboards, les panneaux
de la vengeance.
ACTRICE
DANS UN SECOND RÔLE
ALLISON JANNEY
dans Moi, Tonya.
CHANSON ORIGINALE
REMEMBER ME dans Coco.
MUSIQUE ORIGINALE
ALBERTO E. RODRIGUEZ/AFP
ncroyable, Frances McDormand a regardé les César ! L’héroïne de
3 Billboards, les panneaux de la vengeance a tout calqué sur Manu Payet. Le
maître de cérémonie français avait exhorté vendredi soir le parterre de la
Salle Pleyel à se lever en signe de solidarité contre les violences faites aux
femmes. La comédienne américaine,
récompensée de l’Oscar de la meilleure
actrice, a procédé au tri sélectif. Elle a
demandé à toutes ses consœurs de se
mettre debout et lancé un vibrant appel
à ce que la force créative des femmes
soit enfin reconnue à part entière à
Hollywood : « Regardez autour de vous
parce que nous avons toutes des projets
et des histoires qui ont besoin de financement. Ne venez pas nous en parler ce soir
lors des festivités, mais venez nous voir
dans nos bureaux dans les jours qui viennent. » Les femmes debout et les hommes assis ont applaudi à tout rompre.
Avant l’égérie des frères Coen, un
trio d’actrices a reçu la même ovation
en affirmant haut et fort la fin de l’impunité. « Ce changement auquel on assiste est porté par de nouvelles voix, ont
déclaré Salma Hayek, Annabella Sciorra et Ashley Judd. Ensemble nous disons
time’s up, c’est fini. Nous saluons ceux
qui ne se sont pas laissé démonter par les
préjugés liés à leur sexe, la couleur de
peau. Nous espérons que les quatrevingt-dix ans à venir vont aller plus loin
dans l’égalité hommes-femmes, dans la
représentation de toutes les diversités,
dans l’inclusion, dans l’intersectionnalité. Toutes les promesses de cette année. » Ces trois actrices ont été parmi
les premières à dénoncer les abus de
Harvey Weinstein, dont elles ont été
victimes.
MEILLEUR ACTEUR
GARY OLDMAN
dans Les Heures sombres.
ALBERTO E. RODRIGUEZ/AFP
I
CONSTANCE JAMET
£@constancejamet
ET ÉTIENNE SORIN
esorin@lefigaro.fr
29
ALEXANDRE DESPLAT
pour La Forme de l’eau.
ADAPTATION
CALL ME BY YOUR NAME
de James Ivory.
SCÉNARIO ORIGINAL
JORDAN PEELE pour Get Out.
PHOTOGRAPHIE
ROGER A. DEAKINS
pour Blade Runner 2049.
MAQUILLAGE ET COIFFURE
KAZUHIRO TSUJI, DAVID
MALINOWSKI ET LUCY SIBBICK
pour Les Heures sombres.
COSTUMES
MARK BRIDGES pour Phantom
Thread.
Guillermo del Toro, sombre héros de Hollywood
Du clan des Mexicains, autodésigné
« The Three Amigos », Guillermo del
Toro, 53 ans, n’est pas le plus connu.
Dans la conquête de Hollywood, Alejandro Inarritu et Alfonso Cuaron
avaient une longueur d’avance sur le
natif de Guadalajara.
Cuaron est le premier, en 2014, à recevoir l’Oscar du meilleur réalisateur,
pour Gravity. Inarritu prend le relais en
2015, raflant la mise avec Birdman
(meilleur réalisateur, meilleur film,
meilleur scénario). L’année suivante, il
remet ça avec The Revenant (meilleur
réalisateur). Jusqu’à sa consécration
aux Oscars ce lundi, del Toro n’était pas
toujours clairement identifié par le
grand public - non, il n’est pas le frère
de l’acteur Benicio del Toro. Certains de
ses films, en revanche, ont marqué les
esprits. Il tourne en Espagne deux
longs-métrages remarquables, L’Échine
du diable et Le Labyrinthe de Pan, présenté à Cannes en 2006. Deux paraboles
sur la guerre d’Espagne. Deux œuvres
peuplées de monstres fantastiques. Le
cinéma de del Toro est un exorcisme.
Dès l’enfance, le Mexicain adopte les
monstres. « Ma sainte Trinité, c’était
Frankenstein, la Créature du lac noir et le
Loup-Garou, confie-t-il au Figaro. Les
adultes censés vous protéger vous battent, les monstres, eux au moins, ne
mentent pas. »
Un goût pour le hors-norme
D’autres démons, plus réels, hantent le
cinéaste mexicain et l’empêchent de
travailler dans son pays natal. Son père
a été kidnappé en 1997 et est resté
soixante-dix jours en captivité, le temps
de payer la rançon. Certains de ses ravisseurs sont encore en liberté. « Je ne
peux pas réaliser de films au Mexique,
mais j’en produis beaucoup. Je retourne
dans mon pays une fois par mois, mais je
n’y reste jamais très longtemps. Je ne me
sentirais pas en sécurité sur un tourna-
ge. » Après un premier film, Cronos, del
Toro migre très tôt à Hollywood. À peine arrivé en Californie, il croise la route
de Harvey Weinstein, producteur de
Mimic, avec Mira Sorvino. Le patron de
Miramax harcèle l’actrice et charcute
son film. Del Toro persiste à vouloir imprimer sa marque dans le film de genre.
Il signe Blade 2, avec Wesley Snipes, et
adapte avec succès Hellboy. Des comics
qui illustrent son goût pour les créatures
bizarres et hors norme. Avec Pacific
Rim, le geek del Toro s’offre de jolis robots et rend hommage aux films de kaiju
japonais, qui mettent en scène des
monstres géants. Crimson Peak, son
thriller horrifique victorien, est moins
convaincant.
Avec La Forme de l’eau, del Toro revient à un cinéma à taille humaine tout
en rendant hommage à tous les genres
hollywoodiens : science-fiction, mélo,
comédie musicale, espionnage… Un
modèle de subversion du rêve améri-
cain et de la grande machinerie des studios. Quand on lui demande comment
lui et ses compatriotes Alfonso Cuaron
et Alejandro Inarritu ont réussi ce tour
de force, il répond : « Parce que nous disons non tout en étant à l’intérieur du
système. Quel intérêt y a-t-il à dire non
en dehors ? J’ai refusé plein de propositions, mais j’ai pu dire non parce qu’on
m’a fait des offres. J’ai refusé des films
très lucratifs qui ne m’intéressaient pas.
Mes modèles sont Bunuel et Hitchcock.
Les deux ont su être iconoclastes à l’intérieur d’une industrie. Bunuel n’a jamais
renié sa personnalité. Hitchcock est devenu une marque sans réprimer sa misanthropie. » Del Toro, Lion d’or à la
Mostra de Venise et couvert d’Oscars,
est désormais en position de force à
Hollywood. En attendant, il vient de
s’acheter un pied-à-terre à Paris. Il ne
serait pas impossible de le croiser dans
un café, occupé à noircir son carnet de
croquis. ■
C. J. ET É. S.
MIXAGE SON
GREGG LANDAKER, GARY RIZZO,
MARK WEINGARTEN
pour Dunkerque.
DIRECTION ARTISTIQUE
PAUL DENHAM AUSTERBERRY,
SHANE VIEAU et JEFFREY
A. MELVIN
pour La Forme de l’eau.
FILM EN LANGUE ÉTRANGÈRE
UNE FEMME FANTASTIQUE
de Sebastian Lelio (Chili).
MEILLEUR COURT-MÉTRAGE
ANIMÉ
DEAR BASKETBALL, de Glen
Keane et de la star du basket
Kobe Bryant
MEILLEUR FILM D’ANIMATION
COCO.
MEILLEURS EFFETS SPÉCIAUX
JOHN NELSON, GERD NEFZER,
PAUL LAMBERT ET RICHARD
R. HOOVER pour Blade Runner
2049.
MEILLEUR MONTAGE
LEE SMITH pour Dunkerque.
MEILLEUR COURT-MÉTRAGE
DOCUMENTAIRE
HEAVEN IS A TRAFFIC JAM
ON THE 405 de Frank Stiefel
MEILLEUR COURT-MÉTRAGE
THE SILENT CHILD de Chris
Overton et Rachel Shenton.
1
Frances McDormand se présente
à la presse après avoir reçu l’Oscar
de la meilleure actrice pour son rôle
dans 3 Billboards, les panneaux
de la vengeance.
MONTAGE SON
RICHARD KING et ALEX GIBSON
pour Dunkerque.
A
A. H. WALKER/WWD/SH/SIPA
DOCUMENTAIRE
BRYAN FOGEL et DAN COGAN
pour Icarus.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 6 mars 2018 LE FIGARO
30
CULTURE
Le cabaret bien en jambes
De haut en bas :
Madame Arthur, à Pigalle ;
le Cabaret électrique,
porte des Lilas ;
Speakeasy
au Cabaret sauvage.
MADAME ARTHUR/GILLES CRAMPES ;
ANN SON ; CHRISTOPHE RAYNAUD DE LAGE
aux antipodes de la bonbonnière de la
rue des Martyrs. L’idée est de ressusciter l’esprit des premiers cabarets, leur
liberté, leur envie de découvertes artistiques, avec des spectacles qui ne sont
pas calibrés et ne se répètent jamais.
Dans ce contexte, les changements
d’espace et de public sont un atout.
Une leçon canaille
TENDANCE Hier
de Belleville, un cabaret de cirque, au Lapin agile, où on dit les poèmes et les airs
de la Butte, à la Nouvelle Ève ou à l’Artishow. Cela va des lieux sans troupes à
ceux qui, comme le Lido, le Crazy Horse,
Michou ou le Moulin Rouge, en possèdent
des fixes, exception qu’ils partagent
dans le monde du spectacle avec les orchestres et les Opéras nationaux. » Pascal Jacob, spécialiste du cirque qui enseigne également à l’Institut des arts du
music-hall au Mans, précise : « La plupart sont tiraillés entre l’idée qu’ils devraient prendre des risques pour renouveler leur clientèle, et la peur de la perdre
s’ils changent la moindre chose. »
Mais quelques lieux à l’avant-garde
renversent la tendance. Emporté par
les artistes qui l’enchantent et le troublent, le public bascule dans cet envers
du monde. Le travestissement, la fantaisie, la plaisanterie ouvrent les vannes
de la liberté, le rire se découvre des
contrées illimitées. Tandis que Serge
Bagdassarian, de la Comédie-Française, fait salle comble avec son Cabaret
interlope qui reprend en chansons le répertoire poignant et hilarant du cabaret
français, la troupe de Madame Arthur
se produira cet été « dans le “in” du
Festival d’Avignon, dans La Nuit sans
retour, sans doute avec Jean Guidoni
pour deux soirées au Délirium, rue de la
République », annonce Jérôme Marin,
metteur en scène et comédien. Mais elle
revient aussi des casinos de Collioure et
de Gruissan. Et sera au Centre national
de la danse à la mi-avril, où le plasticien
tatoué Jean-Luc Verna qui a exposé au
MacVal, les chorégraphes Daniel Larrieu et Mark Tompkins, le comédien
Denis D’Arcangelo et la chanteuse Clarika vont chanter et danser entre les escaliers de cette architecture brutaliste,
synonyme de trucs
en plume, ce style
de spectacle joue
aujourd’hui sur
des contours plus
flous. Mais tout aussi
convaincants.
U
ARIANE BAVELIER
£@arianebavelier
ne bonbonnière, avec une
scène même pas grande comme un
mouchoir de poche, des guéridons
autour, bar, miroir et mezzanine. Les
artistes font leur entrée en créatures,
comme des gladiateurs dans l’arène, au
milieu des spectateurs. On est chez Madame Arthur, rue des Martyrs à Paris,
cabaret rouvert il y a trois ans, qui
s’enorgueillit de la fameuse troupe, collectif aux contours flous, composée
d’hommes, travestis ou pas en femmes,
ou de femmes travesties en « bioqueens ». Leur point commun ? Ce sont
des artistes reconnus : Olivier Py passe
en Miss Knife, le chorégraphe François
Chaignaud en Franny from the Blocks.
Idem le baryton Julien Fanthou, alias
Patachtouille, que l’on a vu chanter à
l’Opéra Bastille, Romain Brau, alias
Morian, styliste, Sébastien Vion, alias
Corinne, DJ electro… Ils y vont et viennent, à leur guise, comme naguère
Yvette Guilbert ou Aristide Bruant présentaient au Chat noir, chez Rodolphe
Salis, une chanson ou une nouveauté.
Ils choisissent leurs airs, leur costume
et leur lieu. Il s’agit de prendre des risques. La routine est hors la loi.
Le mot cabaret sort du purgatoire. Au
temps de sa splendeur, il s’était étendu,
au point d’inclure, comme dans le film
éponyme de Bob Fosse, les revues avec
leurs escaliers, leurs magiciens, leurs
chanteurs, leurs croqueuses de diamants et leurs trucs en plumes. Elles
avaient enseveli sa belle vitalité dans
leurs usines à rêves pour cars de touristes, autour des clichés de la Butte et du
« Paris sera toujours Paris ». « Il existe
deux cents cabarets en France, affirme
Daniel Stevens, directeur du Camulc, le
syndicat des cabarets. Cela va du Zèbre
Manon Savary : « Une plateforme d’expression démente »
A
La jeune femme, fille de Jérôme Savary, met en scène un spectacle au Manko, cabaret parisien de l’avenue Montaigne, avec Marc Zaffuto et Emmanuel
d’Orazio, directeurs artistiques.
LE FIGARO. – Selon vous, le cabaret
est-il le lieu où on peut tout oser ?
Manon SAVARY. – En matière de
spectacle, c’est un format très différent du format habituel. Les ingrédients, ce sont la nuit, la fête, la création de numéros dans un esprit décalé
et irrévérencieux pour que les gens se
mélangent, comme naguère au Palace.
Donc bien sûr, on parle de l’actualité.
J’ai créé un numéro sur Donald Trump
interprété par une danseuse et performeuse perruquée d’une tignasse blonde qui aiguise la caricature. L’absurde
est, avec le burlesque, à l’origine des
cabarets : c’est un ressort qui permet
de faire résonner l’actualité et réfléchir le spectateur. La poésie peut aussi
fonctionner. À cause de l’affaire
Weinstein, on a créé un numéro dédié
aux femmes. Un personnage en
queue-de-pie se retourne et se révèle
être une femme à barbe. De là, on retrace les grandes conquêtes des féministes, des sufragettes aux Femen en
passant par Simone Veil. Le
cabaret est une plateforme
d’expression démente !
Quels sont les outils du
cabaret aujourd’hui ?
Je puise de manière évidente dans l’histoire du
cabaret : la volonté de
briser l’espace scénique, d’avoir un
meneur de jeu
qui permet d’orchestrer le passage de la
Manon Savary.
S. SORIANO/
LE FIGARO
contorsion au burlesque, de la scène
aux tables. Car les spectateurs font
partie intégrante du numéro et je mets
en scène l’adresse au public. Mais je
me sers également des nombreux
outils qui permettent de faire résonner le cabaret différemment.
Les écrans vidéo donnent des
ingrédients visuels qu’on
n’avait pas auparavant.
théâtre, mon père m’a appris l’essentiel : le sens du rythme, la poésie, l’art
de fabriquer des images. Au cabaret, il
faut qu’un numéro de seulement quatre minutes raconte quelque chose. Il
faut savoir trouver un début, un milieu
et une fin. Mon père m’a appris cela. Et
à aimer le public. Il m’a fait comprendre la limite entre populaire et vulgaire. Il m’a aussi appris à sentir la salle.
En tant que fille de Jérôme
Savary, qui avait monté son
retentissant Cabaret
à Mogador, vous sentezvous sous influence ?
J’étais petite et me souviens
de ce spectacle comme
d’un moment incroyable.
Visuellement, musicalement, c’était époustouflant. On pourrait le
monter encore aujourd’hui, il trouverait un
écho, car la discrimination et l’intolérance sont toujours présentes. Parce que j’ai
été élevée dans les coulisses du
Comment travaillez-vous ?
On compose des impros, on rebondit
sans cesse, les nouveaux numéros
s’inventent à mesure. Je fais souvent
des descentes dans les fonds du Grand
Magic Circus et je rapporte un costume
ou un chapeau qui donne envie d’inventer quelque chose. On se renouvelle chaque soir. Le spectacle du Manko
dure toute la nuit. Le public entre et
sort et prend les choses en route. On
vient ici comme chez Madame Arthur,
avec des looks incroyables et l’envie
de profiter de cet espace de liberté. ■
PROPOS RECUEILLIS PAR A. B.
Manko, 15 avenue Montaigne (Paris VIIIe),
les vendredis et samedis de 22 h 30 à 4 h 30.
« Le cabaret ne tient pas à la mise en
scène, mais à la mise en public », déclare
Jérôme Marin, artiste de cabaret. François Chaignaud, danseur et performer,
dit se former à cette école. Selon lui, le
vertige du spectacle vivant tient pour
une moitié à ce qui est présenté et pour
l’autre au lien que l’interprète tisse
dans l’instant avec le public. La semaine, il tourne ses créations sur les scènes
des grands théâtres ou musées d’Europe et d’Amérique. Lorsqu’il s’arrête
chez Madame Arthur, il fait des pointes
sur les guéridons, au milieu des verres,
et s’effondre en grand écart sur les
spectateurs après avoir chanté Baisse
un peu l’abat-jour. « C’est ainsi que se
construisent le fantasme et l’imaginaire
particuliers au monde du cabaret ; il mélange un peu de Chat noir, de caf’conc’,
de Berlin des années 1920-1930 à quelques gouttes de burlesque », poursuit
Jérôme Marin.
Les lieux branchés, qui jouent la carte
du cabaret avec audace, remportent le
morceau. Au Monfort Théâtre, Stéphane Ricordel a mis en scène les musiciennes du groupe Terabak de Kiev
avec le clown et magicien Yann Frisch
en Monsieur Loyal pour Noël 2016. Le
cabaret a dû être repris un an après
pour cause de succès. Tous les ans depuis quatre ans, le Cirque électrique,
porte des Lilas, programme pour quelques mois son « cabaret électrique » :
un spectacle en forme de leçon canaille
sur l’amour, menée par un maître de
cérémonie qui manie l’outrance et
l’outrage. « L’idée est de présenter plein
de petites attractions. Selon les moments
d’actualité, le maître de cérémonie va le
transgresser en réaction avec le public.
En tout bien tout honneur il va présenter,
improviser, déclamer chaque soir avec
verve et sensualité », dit Hervé Vallée,
directeur du Cirque électrique. Au Cabaret sauvage, à la Villette, on programme des spectacles à voir en prenant une bière. Cette semaine, la troupe
de cirque des Rat Pack présente sa
création Speakeasy dont la tournée ira
jusqu’à Vaison-la-Romaine cet été : la
troupe de danseurs, acrobates, chanteuse recrée une soirée pendant la prohibition. Coups de feu, coup de foudre
pendant que le public, qui lui les boit
(les coups), semble prêt à rester jusqu’au bout de la nuit. ■
Madame Arthur, 75 rue des Martyrs
(Paris IXe), du jeudi au samedi et au CND
à Pantin les 13 et 14 avril. Le cabaret
Interlope : studio théâtre de la ComédieFrançaise jusqu’au 11 mars. Le Cabaret
électrique : porte des Lilas (Paris XIXe)
du mercredi au samedi jusqu’au 31 mars.
Speakeasy au Cabaret sauvage, parc
de la Villette (Paris XIXe) jusqu’au 9 mars.
EN BREF
Du neuf chez Pina Bausch
Quelques années après la mort
de la chorégraphe, sa compagnie
se confie à de nouvelles mains
pour deux soirées. Le Grec
Dimitris Papaioannou créera
la sienne le 12 mai à Wuppertal.
Et le Norvégien Alan Lucien Oyen,
qui travaille en Finlande, le 2 juin.
La compagnie les interprétera
la saison prochaine à Paris.
En attendant, elle se produira
en juillet au Théâtre des ChampsÉlysées dans Nefes de Pina Bausch.
Rétrospective Louis Malle
à Paris
La Cinémathèque française
organise une rétrospective dédiée
au réalisateur français. Coup
d’envoi avec Lacombe Lucien le
14 mars, suivi d’un voyage,
jusqu’au 1er avril, dans quarante
ans de cinéma. Les documentaires
et les films du réalisateur sont au
menu, dont Au revoir les enfants
et Milou en mai qui lui permettront
de se relier à la France après son
séjour américain.
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LE FIGARO
mardi 6 mars 2018
CULTURE
31
Les disques tiennent l’accord
CHRONIQUE Avec Murray Perahia ou Jean-Paul Gasparian, des enregistrements à ne pas rater, célèbrent le piano.
Entre les deux, Adam Laloum n’est
plus un espoir sans être encore un ancien. Le moment de se lancer le défi
d’enregistrer les deux concertos de Brahms (Sony), compositeur dont le clairobscur nostalgique convient tout particulièrement à son côté méditatif. Il y a
des moments miraculeux dans sa version, en particulier dans les mouvements lents, distillés comme une rêverie
murmurée, et dans la vivacité des finales, où rien ne pèse. Les premiers mouvements manquent un peu d’héroïsme,
mais ce Brahms poétique nous capte.
LE CLASSIQUE
Christian Merlin
lors que l’on dit régulièrement le marché du disque
classique moribond, les
nouveautés
encombrent
chaque jour notre boîte aux
lettres comme jamais. Avec ces dernières semaines une très forte présence du
piano, comme si les éditeurs s’étaient
donné le mot. Dans certains répertoires, on pensait la discographie tellement saturée que l’on doutait de voir
encore sortir des interprétations susceptibles de renouveler notre écoute.
C’est pourtant ce que vient de réussir
Murray Perahia, qui, à 70 ans, n’avait
encore jamais gravé sa version de la sonate « Hammerklavier » de Beethoven.
Il nous la propose aujourd’hui sous
l’étiquette jaune de Deutsche Grammophon. Avec son jeu tout en finesse, on
doutait, a fortiori maintenant, qu’il ait
les muscles pour venir à bout de cette
œuvre prométhéenne. C’était compter
sans son intelligence musicale et sa
sensibilité à fleur de peau. Il l’aborde
sans rouler des mécaniques, mais avec
un mélange d’architecture et de com-
A
Symphonies déguisées
Le jeune pianiste Jean-Paul Gasparian joue Rachmaninov, Scriabine et Prokofiev avec une maturité exceptionnelle.
bativité, d’ardeur et de délicatesse qui
semblent tout simplement réaliser la
quadrature du cercle.
Au moment où le vétéran nous livre
ce qui sonne comme un accomplissement dans le parcours d’une vie, le CD
joue aussi son rôle de découvreur de talents, avec le premier disque du tout
jeune pianiste Jean-Paul Gasparian,
22 ans. Son enregistrement pour le label
Évidence attire aussitôt l’attention sur
un artiste d’une maturité exceptionnelle. Le programme, consacré à Rachmaninov, Scriabine et Prokofiev, est un
modèle de cohérence et de contrastes :
trois aspects de la modernité russe du
P.-A. ALLARD
XXe siècle, abordés avec un style parfait,
tout à la fois unitaire et respectueux de
la singularité de chacun. La sonorité est
large, longue et profonde, la puissance
concentrée, le cantabile permanent,
même lorsque l’accent est mis sur la
motorique du rythme. Voilà un artiste à
suivre ou on ne s’y connaît pas !
Là où le bât blesse, c’est que les concertos de Brahms ne sont pas des concertos
mais des symphonies déguisées, où l’orchestre est non seulement aussi important que le soliste, mais agit en moteur.
Or, dès l’introduction monumentale du
Concerto en ré mineur, on est consterné
par la prestation de l’Orchestre symphonique de la Radio de Berlin sous la
direction de Kazuki Yamada, émolliente
et floue, comme si, en se promettant
d’offrir un pendant à la délicatesse du
pianiste, toute arête et tout relief avaient
disparu. Dans Chopin où l’orchestre se
contente d’accompagner, on n’aurait
écouté que le piano. Dans Brahms, impossible : frustration majeure. ■
Maxim Emelyanychev,
la sensation russe
CLASSIQUE Le jeune directeur de l’ensemble Il
Pomo d’Oro vient de publier un album solo en tant
que claviériste. Un « Mozart » lumineux et théâtral.
n lui parle plan de carrière.
Il répond… « Plans de répétitions. » À 29 ans, Maxim
Emelyanychev n’est pas
dans l’expectative. « Tout ce
que je veux, c’est faire de la musique »,
lâche-t-il spontanément. Le moins
qu’on puisse dire, c’est que son vœu devrait se trouver exaucé. Un agenda rempli jusqu’en mars 2020. Des rendez-vous
en mode majeur, avec les plus grands orchestres. Du Scottish Chamber Orchestra – dont il empoignera le pupitre la semaine prochaine – au très prestigieux
Royal Philharmonic de Londres. Les plus
grandes scènes internationales. De la
Philharmonie de Hambourg au Tokyo
Opera City. En passant, excusez du peu,
par le célèbre Festival de Glyndebourne,
où il doit diriger en août 2019
Rinaldo de Haendel ! Il se murmure que
son nom pourrait même, bientôt, apparaître au programme de quelque grande
maison d’opéra anglo-saxonne.
Pas de doute. Le jeune russe au regard
azuréen et au visage encore adolescent
est l’une des plus sidérantes étoiles montantes de la Volga. Les amateurs de baroque le connaissent surtout comme chef
principal de l’ensemble Il Pomo d’Oro.
Fondé en 2012, cet orchestre paneuropéen – « huit nationalités pour un même
projet », clame Emelyanychev – s’est
imposé comme une phalange incontournable. Accompagnatrice presque irremplaçable des grandes voix s’intéressant
O
Maxim Emelyanychev est l’une
des plus sidérantes étoiles montantes
de la Volga. JEAN-BAPTISTE MILLOT
26 MARS -8 AVRIL
au baroque. De la star Joyce Di Donato au
nouvel espoir des contre-ténors : le
Polonais Jakub Orlinski, que le grand
public a découvert lors des dernières
Victoires de la musique et dont Emelyanychev et ses musiciens viennent de
réaliser le premier album, à paraître à
l’automne chez Warner Classics.
Insatiable prodige
Mais Emelyanychev est aussi un claviériste de génie. Tenant régulièrement la
partie de clavecin ou de pianoforte au
sein d’autres formations. Comme dans la
décoiffante trilogie Mozart-Da Ponte de
Teodor Currentzis et de son ensemble
Anima Eterna. Il était donc plus que
temps de découvrir en pleine lumière cet
insatiable prodige – qui est aussi à ses
heures perdues virtuose du cornet à
bouquin. Le label Aparté a rendu possible ce miracle.
L’album Mozart qui en résulte, enregistré sur une somptueuse copie de pianoforte Walter et fils, signée du maître
facteur Paul McNulty, est un petit miracle de luminosité, où la fraîcheur des sonates K. 457 et K. 545 le dispute au drame
de la Fantaisie en ut mineur. Avec une infinie délicatesse, des phrasés d’une limpidité saisissante, Emelyanychev parvient à donner au pianoforte des accents
d’une théâtralité inouïe. « À l’époque de
Mozart, sa musique pouvait être interprétée sur des claviers de factures très différentes. J’ai joué beaucoup d’instruments
réalisés par Paul McNulty mais j’ai ressenti
chez celui-ci un équilibre idéal entre clarté
de son, confort de jeu et dynamique »,
commente humblement l’interprète. Le
jeune homme, qui se souvient avoir découvert « les interprétations baroques
tardivement, à 16 ans, grâce aux enregistrements de Trevor Pinnock ou de Reinhard Goebel », s’est passionné pour la
jeune classe d’instruments d’époque au
conservatoire de Moscou.
Reste que le répertoire de Maxim
Emelyanychev ne se limite pas au baroque ou au classique. Le jeune chef, qui dirigea son premier orchestre à l’âge de
12 ans à Nizhny-Novgorod, a noué depuis
plusieurs saisons une collaboration fructueuse avec l’Orchestre national du
Capitole de Toulouse. Phalange qu’il retrouvera dès l’automne. D’ici là, il dirigera les 28 et 29 avril prochains l’orchestre national de Bordeaux chez Mozart,
mais également Debussy, Fauré et
Poulenc. Et confesse une affection toute
particulière pour le répertoire français du
XXe siècle. ■
AIX-EN-PROVENCE
UN FESTIVAL
D’ÉMOTIONS
LONDON SYMPHONY ORCHESTRA • EMMANUEL KRIVINE • KHATIA BUNIATISHVILI
RENAUD CAPUÇON • YEFIM BRONFMAN • RAPHAËL PICHON • DANIEL BARENBOIM
PAAVO JÄRVI • TRULS MØRK • LAHAV SHANI • ANDRÁS SCHIFF • WIENER STAATSOPER
ALAIN ALTINOGLU • VLADIMIR SPIVAKOV • LUCAS DEBARGUE • MARTHA ARGERICH...
festivalpaques.com
tél : 08 2013 2013*
Concert - 7 avril 2018 - Lucas Debargue - Orchestre national de Russie
vivacitas.fr - Crédit photo : Felix Broede. * (0,15 € TTC/mn)
A
THIERRY HILLÉRITEAU £@thilleriteau
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mardi 6 mars 2018 LE FIGARO
32
AUTOMOBILE
La nouvelle Audi A6 sera disponible en juin.
Le V60 perpétue la longue tradition du break chez Volvo.
AUDI AG
Le Hyundai Kona electric revendique une auto
VOLVO
À Genève, berlines et SUV cajolent les fa
SALON La première grand-messe européenne de l’année marque le regain de forme des silhouettes traditionnelles, en
ÉDITO
Sylvain Reisser
sreisser@lefigaro.fr
Les Vikings
honorés
P
our la première fois depuis
1964, le jury de la Voiture de
l’année 2018, dont fait
partie un membre de la rédaction
du Figaro, a couronné une voiture
suédoise. En 2016, Volvo, qui a
fêté l’an dernier ses 90 ans, avait
été près de remporter le titre,
trébuchant sur la deuxième
marche du podium avec le grand
SUV XC90. Cette fois-ci, les
planètes étaient alignées pour
récompenser le XC40, le troisième
véhicule de loisirs des Vikings.
Le plus compact de la famille, pas
plus de 4,42 mètres de long.
Recueillant 325 points, ce véhicule
venu du Nord remporte une
victoire incontestable puisqu’il
devance la Seat Ibiza de 83 points.
Le Volvo XC40. C.HUNSICKER/ACE TEAM
a 88e édition du Salon de
Genève ouvre ce matin aux professionnels, jeudi au grand public, dans une
atmosphère particulière. Les automobilistes européens assistent impuissants
à la mise à mort du diesel. Depuis le
dieselgate, le meilleur ami des conducteurs est devenu une sale bête, gênante
et honnie. La semaine dernière, par une
décision du tribunal de Leipzig, les villes allemandes peuvent désormais interdire aux vieux diesels de circuler.
Dans toute l’Europe, édiles, politiques
et associations de tout poil se sont unis
dans une sorte de front commun pour
rayer le diesel de la carte. En toute impunité et sans discernement. Il n’en fallait pas plus pour attiser les peurs et en
détourner ses adeptes. Au risque d’entraîner des comportements irrationnels. Pourtant, depuis l’entrée en vigueur de la norme Euro 6, jamais les
moteurs diesel n’ont été aussi propres.
Et, à preuve du contraire, tant que les
pouvoirs publics concentreront leurs
efforts sur la diminution des gaz à effet
de serre, au détriment des polluants, les
véhicules diesel conserveront un avantage indéniable. Imposer l’électrique
aux automobilistes ne réglera pas la
question environnementale. Au lieu
d’opposer les technologies entre elles,
la sagesse commanderait de mettre à
disposition un bouquet de solutions :
moteurs à combustion interne, électrique, hydrogène. À Genève, vous ne
trouverez donc guère de véhicules
électriques mais de nombreuses initiatives attestant que le bon vieux moteur
à combustion interne bénéficie encore
de marges de progression. La voiture
autonome joue aussi la discrétion au
sein d’un salon où la mode du SUV
n’entame pas le capital séduction de la
berline traditionnelle.
De l’aveu de Peugeot, c’est une autre
Audi, l’A5 Sportback, qui a servi de
modèle pour concevoir la nouvelle 508.
En 2018, la familiale sochalienne s’inspire des premiums allemands et prend
des allures de coupé. Pierre-Paul Mattéi a supervisé le style élancé de la nouvelle familiale du Lion et, petite révolution, il l’a dotée d’un hayon. « Il fallait
qu’elle sorte du lot, que les gens se retournent sur son passage. » À l’intérieur, la deuxième génération de 508 se
distingue par le modernisme de sa
planche de bord, quatrième interprétation du fameux « i-cockpit ». Les moteurs à quatre cylindres qui seront disponibles au lancement, en septembre,
couvriront des puissances comprises
entre 180 ch et 225 ch en essence, et
130 ch et 180 ch en diesel. Un an plus
tard, une version hybride rechargeable
complétera l’offre.
Si la berline mise sur un retour en grâce
pour défendre ses positions face aux
SUV, le break n’est pas en reste, qui
combine élégance et praticité. Volvo en
apporte la preuve avec un nouveau V60
qui perpétue une longue tradition, tout
en rajeunissant passablement la formule. Reprenant la base technique des
haut de gamme de la marque, le standing du V60 progresse autant que ses
dimensions, avec une longueur portée à
4,76 mètres. Le style intérieur épuré est
conforme aux dernières réalisations de
la marque suédoise. La palette de motorisations comprendra deux variantes
hybrides rechargeables, de 340 ch et
390 ch, qui enrichiront l’offre en fin
d’année.
Plus menacées encore que les familiales
et les routières par le formidable essor
des SUV, les compactes, très prisées en
Europe, soignent également les apparences. La nouvelle Classe A
qui sera lancée au
mois de mai
apparaît plus que jamais comme une
Mercedes à part entière. Sa carrosserie
s’étire pour atteindre 4,42 mètres, tandis que sa face avant mime celle du CLS.
Cette montée en gamme se vérifie, à
l’intérieur, avec l’adoption d’une large
tablette courant sur la planche de bord,
trait de style original inauguré par la
dernière Classe E. En revanche, les petites motorisations 1.3 turbo essence de
165 ch et 1.5 turbodiesel de 116 ch sont
d’origine Renault.
Moins sophistiquée, mais pas moins
soignée, la coréenne Kia Ceed, dessinée
en Allemagne et assemblée en Slovaquie, aimerait détourner la clientèle de
la Golf. Cette proche cousine de la
Hyundai i30, conçue spécifiquement
pour le marché européen, a plusieurs
atouts dans son jeu, notamment un
châssis affûté. Kia précise que les premières livraisons interviendront en
juin, avec trois moteurs turbo essence
de 120 ch, 140 ch et 204 ch, et deux diesels de 115 ch et 136 ch. Le constructeur
annonce aussi une version « mild hybrid », autrement dit dotée d’une hybridation légère en 48 volts, sans donner plus de précision.
Tandis que l’hybridation gagne du terrain chez tous les constructeurs, son
grand initiateur, Toyota, travaille à en
améliorer l’agrément autant que le
rendement. À Genève, la marque japonaise présente la troisième génération de sa compacte, Auris qui va
bénéficier d’une nouvelle chaîne
de traction hybride. Le THS II
est un système « full hybrid »,
comme celui de la Prius, mais
il inaugure un 4-cylindres 2
litres à injection directe
et une boîte à variation continue dotée
d’un rapport fixe dédié au démarrage.
Ces innovations permettraient de réduire la consommation, tout en limitant
la sensation de patinage à l’accélération.
L’Auris 3 restera produite au RoyaumeUni et sera disponible en fin d’année.
SUV à la recherche
uLes
de leurs racines
Est-ce un retour aux sources ? Le Range
Rover SV Coupé nous renvoie à l’année
1970 et au premier Range Rover, un véhicule qui avait apporté finesse et élégance au sein de l’univers des 4 × 4. Motorisé par un V8 de 5 litres développant
565 ch, le SV Coupé est capable de taquiner les Porsche à plus de 265 km/h
sur les autobahns allemandes. Construit
à la main à seulement 999 exemplaires,
ce SUV exclusif sera à vous contre un
chèque de 293 400 euros. Avec l’Urus,
Lamborghini, filiale du groupe Volkswagen (VW), renoue pour sa part avec
le SUV. De 1986 à 1992, la marque avait
en effet fabriqué à 300 exemplaires un
LM 002 destiné à la clientèle orientale et
surnommé « Rambo Lambo ». Sculptural et luxueux, l’Urus est doté d’une
puissante mécanique. Son capot abri-
renouvellement µdes
uLe
classiques
Au sein du vaste hall courant sur deux
niveaux, nombreux sont les constructeurs qui ont révisé leurs classiques.
Audi présente ainsi une huitième génération de sa grande routière A6 qui,
hormis une longueur contenue à 4,94
mètres, n’a désormais plus grand-chose à envier au vaisseau amiral de la
gamme, la limousine A8. On retrouve
des moteurs V6 renforcés par une hybridation légère, quatre roues motrices
et directrices, une suspension pilotée,
une planche de bord multi-écrans, une
connectivité et des aides à la conduite
évoluées. La nouvelle A6 et son arsenal
technologique sont attendus en juin
prochain.
A
Distancée de 99 points par rapport
à la Voiture de l’année, la BMW
série 5 termine sur la troisième
marche du podium. Le choix du
jury récompense la stratégie
hardie d’un constructeur chantre
de la sécurité passé sous pavillon
chinois en 2010 et dont les ventes
ne cessent de progresser depuis. À
la différence des autres acteurs du
premium, contre vents et marées,
Volvo et son mentor Geely ont
fait le choix de renoncer à la
surenchère aux cylindres et à la
puissance en décidant de rayer du
catalogue les moteurs de plus de
quatre-cylindres et en procédant
à l’électrification partielle ou
totale de ses modèles. Si le XC40
n’offre pas encore de chaîne de
traction hybride rechargeable, il
possède déjà une vaste gamme de
motorisations à essence et diesel.
À travers le choix du jury, c’est
une autre initiative qui est saluée :
la naissance de Polestar, la marque
de voitures de sport de Volvo.
L
SERVICE AUTOMOBILE
Le SUV UX de Lexus est conçu à partir de la Toyota CH-R.
LEXUS
Destinée au marché européen, la coréenne Kia Ceed veut s’attaquer à la Golf.
KIA
Le Range Rover SV Coupé est capable d’attei
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LE FIGARO
GLOBAL COMMUNICATIONS MERCEDES-BENZ CARS/DAIMLER AG
AUTOMOBILE 33
onomie de 300 km.
HYUNDAI
La nouvelle Mercedes Classe A emprunte à Renault ses motorisations.
Le V8 biturbo du Lamborghini Urus le propulse à 100 km/h en 3,6 secondes.
amilles
te un V8 bi-turbo de 3 996 cm3 développant 650 chevaux. Il permet à ce véhicule de 2,2 tonnes d’atteindre 305 km/h
et de grimper à 100 km/h en 3,6 secondes.
n dépit de l’engouement persistant pour les véhicules de loisirs.
indre 265 km/h.
mardi 6 mars 2018
vogue des SUV se poursuit
uLa
Skoda inscrit le Vision X dans la
Ci-dessus, Peugeot
s’est inspiré de l’Audi A5
Sportback pour
sa nouvelle 508.
Ci-dessous, le prototype
I.D. Vizzion de Volkswagen
est un véhicule électrique
et autonome qui ne
possède ni volant
ni commandes
visibles. PEUGEOT, VW
même mouvance stylistique que son
Vision C présenté à Genève voilà déjà
quatre ans. Ce petit SUV, qui devrait
être disponible en version plug-in
et électrique, constitue une
nouvelle étape dans la reconquête esthétique entamée par Skoda, qui cherche à conférer un peu
plus de glamour à ses
modèles. Palette de couleurs étendue, planche
de bord innovante, le label tchèque compte sur
ce SUV pour séduire une
nouvelle clientèle.
Lexus aussi élargit également sa gamme de véhicules
de loisir avec l’UX, un modèle
compact conçu à partir de la
Toyota CH-R. Véhicule d’accès à
la marque, ce SUV pourrait bien constituer le plus gros volume de vente du
constructeur premium japonais. Sa
motorisation hybride reprendra les
derniers développements du groupe en
la matière. Question de statut, la finition de la Lexus UX sera plus raffinée
que celle du CH-R. Dans la phase de renouvellement des modèles de la famille X, BMW présente le nouveau X4
basé sur le X3. Ce SUV sportif bénéficie
d’un style affirmé et des motorisations
affûtées. Quant à Seat, il a décidé de faire de son label Cupra une marque de
modèles sportifs. Le premier exercice
repose sur l’Ateca.
LAMBORGHINI
étend sa toile
uL’électrique
Dans la course aux véhicules fami-
liaux zéro émission, Jaguar a pris de vitesse ses rivaux allemands. Avec l’i-Pace, la firme anglaise est ainsi la
première à contester Tesla sur son terrain, celui de la familiale électrique.
Dans le courant de l’année, la marque
au félin va commercialiser, à partir de
78 380 euros, ce crossover à peine
moins long que le F-Pace (4,68 m) mais
doté de l’empattement d’une limousine
(2,99 m). Propulsé par deux moteurs
électriques de 400 ch (un par essieu), ce
véhicule revendique une autonomie de
480 km et une vitesse de pointe bridée à
200 km/h. La réplique viendra d’Audi,
qui dévoile, seulement durant les journées presse, une version camouflée du
Q8 e-Tron. Ce crossover zéro émission
sera lancé fin 2018.
Le Hyundai Kona electric possède, lui,
une singulière particularité. Version
« zéro émission » du SUV urbain du label
coréen (4,18 m de long), il offre une motorisation disponible en deux puissances : 135 ch (99 kW) ou 204 ch (150 kW).
La première fait appel à une batterie
d’une capacité de 39,2 kWh. L’autonomie revendiquée est de 300 km. Pour la
seconde, la capacité de la batterie grimpe à 64 kWh, un chiffre élevé pour un
véhicule de cette dimension.
Chez Volkswagen, après une citadine,
un combi et un SUV électriques, les ingénieurs se sont penchés sur la limousine zéro émission. L’I.D. Vizzion est un
concept car de 5,11 m de long animé par
deux moteurs électriques délivrant
225 kW (306 ch). Ses accumulateurs de
111 kWh lui procureraient une autonomie de 665 km. Mais pas question de la
conduire, car c’est un véhicule autonome. Il ne possède ni volant ni même de
commandes visibles ! Un « chauffeur
digital » s’occupe de tout. Il assure non
seulement son pilotage mais prend soin
aussi des passagers en fonction de leurs
préférences de confort.
uInclassables
Sur le stand
SKODA
JOHN WYCHERLEY
Lamborghini, l’Urus
prend beaucoup de place. Mais, pour
bien montrer qu’elle ne renie pas pour
autant ses valeurs, la firme de Sant’
Agata Bolognese expose à ses côtés une
version découvrable de la très sportive
Huracan Performante. Allégé de 35 kg
comparé au Spyder standard, cette variante Performante adopte le V10 atmosphérique de 640 ch et l’aérodynamique active du coupé pour signer des
performances extraordinaires, tel qu’un
0 à 100 km/h expédié en 3,1 secondes.
Mercedes ose une AMG-GT à quatre
portes et hayon. Chargée de concurrencer la Porsche Panamera, cette sportive
familiale sera animée par des moteurs
turbos, V6 ou V8, de 435 à près de 650
ch. Elle trouvera sur son chemin une
majestueuse BMW Série 8 Grancoupé
dévoilée sous la forme d’une étude qui
rend hommage au coupé CS dévoilée il y
a cinquante ans. Enfin, le stand Toyota
révèle, sous les habits d’une voiture de
course, la nouvelle GT Supra dont la
plateforme est issue d’une coopération
avec la firme munichoise. ■
RANGE ROVER
Le SUV Vision X est une nouvelle étape dans la reconquête esthétique entamée par Skoda.
Avec l’i-Pace, Jaguar entend contester à Tesla le segment de la familiale électrique.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 6 mars 2018 LE FIGARO
ALESSANDRO LUCIONI, DANIELE OBERRAUCH/IMAXTREE.COM ; PASCAL LE SEGRETAIN/GETTY IMAGES/AFP
STYLE
Automne-Hiver 2018-2019
34
John Galliano
Sacai
Stella McCartney
Le cas du sac
Valentino
Giambattista Valli
COLLECTIONS Si le podium représente traditionnellement une vitrine pour le prêt-à-porter, la maroquinerie
y joue un rôle de plus en plus prégnant. À utiliser à bon escient.
ierpaolo Piccioli a trouvé le
lieu (les Invalides) où, chaque saison, il
montera et démontera la structure de
son show de mode féminine pour
Valentino. Une boîte de verre et
d’acier noir, tapissée pour l’occasion
de vert amande, dont la modernité
tranche avec les moulures et les dorures de l’hôtel Salomon de Rothschild,
où défilent ses collections de haute
couture. Pourtant, ce dimanche aprèsmidi, le designer italien flirte avec la
sophistication des grands soirs. Ses
mannequins paraissent de (très) longues tiges drapées dans des capes aux
capuches corolle en drap de laine et
intarsia de fleurs (inspirées d’un modèle d’archives haute couture de 1968)
et des robes colonne en crêpe de soie
aux couleurs fanées dont les cols rappellent les pétales des pensées. Les
Fin janvier, le site anglais Business of
Fashion révélait des discussions en
cours entre Kering et Stella McCartney
au sujet d’une séparation. La fondatrice
de la marque, lancée en 2001, qui serait
prioritaire au rachat jusqu’au 31 mars,
ne s’est pas prononcée sur la question.
Les raisons de ce divorce ? La volonté
du groupe de luxe de concentrer ses efforts sur les Saint Laurent, Gucci et
Balenciaga, aux dépens de labels moins
puissants. En cause également le fait
que la Britannique, pionnière de la
mode vegan, n’utilise pas de cuir… et
que cela, fatalement, limite les possibilités de développer le segment de l’accessoire. Sur son show pourtant, Stella
n’a pas lésiné sur les sacs - dont on jurerait qu’ils sont taillés dans de la peau
animale. Des gros volumes façon cabas,
des accumulations de pochettes zippées
de toutes tailles et des porte-iPhone,
porte-clés… Côté textile, la lingerie
vintage en trompe-l’œil sur des fonds
de robe en panne de velours, les mailles
généreuses chères à la griffe et ce tailoring au cordeau confirment le talent de
la styliste à composer un vestiaire pour
les femmes. Aussi, pour la première fois
depuis le lancement de l’homme en
2016, filles et garçons se partagent le
podium et se répondent plutôt très
bien.
Un Américain
stimulé par Paris
A
ALESSANDRO VIERO / IMAXTREE.COM
P
our la deuxième fois, Thom
Browne dévoile sa ligne
féminine, de notre côté de
l’Atlantique et, « cherry on the
cake », dans les salons de l’Hôtel de ville.
À l’instar de Joseph Altuzarra et de
Proenza Schouler qui privilégient, eux
aussi depuis la dernière saison, la Fashion
Week française à celle de New York où ils
sont établis, ce déménagement a une
incidence nette et positive sur sa
collection. À Paris, la concurrence est
telle qu’il ne suffit pas d’orchestrer un
show à l’américaine. La haute couture,
ses savoir-faire et ses petites mains sont
tant dans l’air de Paname qu’il ne s’agit
pas non plus de présenter du ready-towear vaguement créatif. Thom Browne
est manifestement challengé par cette
atmosphère et si son prêt-à-porter ne
s’est jamais voulu basique, il y a quelque
chose de plus abouti et contemporain
dans sa proposition. Ajoutons que la fin
de sa collaboration avec Moncler, en tant
que directeur artistique de la ligne
Gamme Bleu, doit l’inciter à un plus grand
réalisme commercial afin de faire vivre
son propre business privé de revenus
parallèles. Ainsi, son automne-hiver est
cousu de flanelle anthracite (sa signature
en mode masculine où il a débuté) qu’il
« twiste », cisèle, enrichit, brode de fines
perles, superpose en feuilleté,
réinterprète en trompe-œil pour des
silhouettes d’esprit rétro – des Années
folles au New Look - à la féminité
soulignée.
FRÉDÉRIC MARTIN-BERNARD
Chez John Galliano, les mannequins
trimballent à bout de bras de gros doctor’s bag en cuir gras ou en toile de coton imprimée du Galliano Gazette.
Après Maria Grazia Chiuri qui, chez
Dior, la semaine dernière, exhumait
l’emblématique sac Saddle du designer
britannique, c’est au tour de Bill
Gaytten, directeur artistique de Galliano,
de mettre en vedette l’inoubliable imprimé papier journal, qui a fait les belles
heures de la marque dans les années
2000. Une réhabilitation qui ne dit pas
son nom ? En attendant, Gaytten poursuit son travail sur les dentelles anciennes comme piochées dans une malle au
grenier (une esthétique lancée par
Miuccia Prada et sa complice Manuela
Pavesi, à la fin des années 1980). Le résultat ? Un joyeux mélange, un peu
foutraque, de déshabillés piqués de
cristaux, enfilés sur des pantalons
d’homme et réchauffés de manteaux
aux
proportions
volontairement
clownesques, de workwear aux surpiqûres contrastées, de bonnets de laine à
voilettes et de sandales charleston. Depuis le déménagement de sa boutique
de la rue Saint-Honoré vers le Marais,
la griffe (propriété de LVMH) veut rajeunir son discours, c’est bien engagé.
Pour le printemps-été 2017, Sacai ajoutait à son prêt-à-porter une ligne de
sacs - Chitose Abe aura attendu seize
ans pour se lancer dans la maroquinerie. À l’image de sa mode, les cabas ne
filent pas droit. Les mannequins empoignent des pochettes en poulain léopard ou zèbre, de grands sacs trapèze
en cuir noir aux zips multicolores ou
une version collector façon shopping
bag aux couleurs de Manhattan
Records, le disquaire mythique de
Shibuya, à Tokyo. Une boucle d’oreille,
volute de vermeil ou d’argent signée
Charlotte Chesnais, leur perce l’oreille.
La Japonaise dissèque une veste en denim et un smoking puis les assemble en
une seule pièce, redonne vie à un
trench-coat en tartan en le fusionnant à
un blazer d’écolier aux larges rayures
bleu et bordeaux, rabat le col d’un uniforme militaire sur une parka en tissu
technique. Le tout dans des superpositions de Nylon matelassé, de peaux lainées et de plissés dont elle a le secret.
Pas d’exception sur le podium de
Léonard Paris, les sacs occupent le terrain depuis l’année dernière : demi-lune en cuir tricolore ou lady bag à la poignée enrubannée de soie. Christine
Phung évoque une escapade en Islande
comme thème de collection. On pense
plus aux tenues de ski rétro au vu de ces
sous-pulls au col camionneur, de ces
mailles irlandaises oversized, de cette
salopette élastiquée. Des pièces très
réussies rythment le show, comme une
veste de kimono matelassée imprimée
des fleurs historiques de la maison parisienne ou une jupe parapluie en drap de
laine, retravaillées dans une palette de
bordeaux, de bleu ciel et de marine.
Deux familles s’entremêlent chez
Giambattista Valli. La première comprend des robes amples, longues jusqu’au sol, col cheminée, manches
bouffantes. Épurées. La deuxième, des
pantalons de costume en drap de laine
masculin, étriqués, légèrement évasés
sur la chaussure, couplés à des blousons
années 1970 tout aussi près du corps,
coupés dans des cuirs brillants, des
peaux précieuses. En marge, le designer
transalpin envoie une série de robes à la
Austin Powers, ultracourtes, rutilantes,
accessoirisées de cuissardes vernies.
Loin, très loin des chaussons en laine
bouclette et des nu-pieds enfilés sur des
collants des premiers passages. Le point
commun à ces silhouettes ? Le sac !
Micro-enveloppe « Un mot d’amour »
portée en sautoir ou forme bowling
Valli Soft au creux du coude, les Valli
Girls auront l’embarras du choix. ■
+ @ SUR LE WEB
» Retrouvez tous les défilés en images
www.lefigaro.fr/madame
Hors podium
Longchamp
Pour ses 70 ans, la griffe
voit grand : une boutique
new-yorkaise sur la Ve Avenue
inaugurée fin avril, une
nouvelle égérie, dont l’identité
est encore secrète, et pour
Paris, en septembre, une grande
fête. Surtout, la marque ancre,
sous l’égide de la directrice
artistique Sophie Delafontaine,
sa différence dans le paysage
de la mode actuel. Plus
accessible que la maroquinerie
de luxe, qui pratique des tarifs
stratosphériques, Longchamp
fait vivre sa signature
(rappelant le logo historique,
un cavalier sur sa monture)
à travers un nouveau modèle
Amazone en veau noir
dont le matelassé semble
reprendre les maillons de sa
chaîne, et la boucle, la forme
de l’étrier. Les variantes
- cuir velours naturel à franges
folk (notre photo), veau
imprimé python, feutre
bordé en lapin, cuir bomber
ourlé de shearling - comme
cette autre création,
la besace Alezane, étoffent
la proposition. « On peut être
une femme forte, influente,
sans renoncer à sa féminité »,
explique la petite-fille
du fondateur qui esquisse,
côté prêt-à-porter,
une silhouette au classicisme
en phase avec son époque :
robe de soie (ou de velours
dévoré) aux motifs équestres,
gros manteau en mouton
retourné ou saharienne à la
doublure en agneau amovible,
bottes de veau velours céladon,
bleu pilote ou doux mauve.
HÉLÈNE GUILLAUME
LONGCHAMP
P
ÉMILIE FAURE
efaure@lefigaro.fr
pantalons lourds et fluides, sur lesquels se superposent des blouses plissées et des vestes à la serpe, sont taillés
pour les mondanités. Les broderies
d’anémones et de marguerites, dans des
couleurs franches - rouge Valentino,
shocking pink, noir profond, vert gazon
-, en mettent plein la vue. Quelle différence avec la couture ? Pour cette dernière, les conventions veulent que l’on
n’y fasse pas défiler de sacs : les clientes ont des chauffeurs, des assistants, à
qui confier le nécessaire. À l’inverse,
en prêt-à-porter, l’enjeu de la maroquinerie est de taille. Donc, M. Piccioli
administre, à la majorité de la cabine,
des sacs qui feront le bonheur des
clientes Valentino dans quelques mois.
Pêle-mêle : une besace en cuir froncé
retenu de studs, un cabas minimaliste
en cuir épais blanc optique, des minaudières en Plexiglas, en cuir… Un
choix stratégique pour la visibilité du
produit, certes, mais que l’on regrette
malgré tout. Les silhouettes, d’une pureté clinique, ne supportent aucun
artifice.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 6 mars 2018
IMMOBILIER
35
avec
Optimiser une vue sur la Seine
avis.de.recherche
Une villa, un loft, un studio ?
Pour Paris et l’Île-de-France, nos experts
immobiliers répondent directement
chaque semaine dans le Figaro.
Chaque semaine, quatre professionnels de l’immobilier s’expriment sur un marché et présentent une sélection de biens.
Aujourd’hui, la vue sur Seine et quelques critères qui la rendent encore plus séduisante.
Par Nelly Chevais
Le romantisme
« de
l’île Saint-Louis
CAROLINE BAUDRY
BARNES :
Sur la rive droite, l’ensoleillement
est de très bonne qualité, comme
en témoigne cet appartement plein sud, lumineux et
offrant une jolie vue ensoleillée sur la Seine.
De bonne facture, l’immeuble a été édifié dans les
anciens entrepôts réhabilités de la Samaritaine
avec ascenseur, conciergerie et, en option, double
parking. Ces beaux appartements dans des lieux
chargés d’histoire du centre de Paris sont souvent
recherchés par une clientèle internationale. Ce sont
des valeurs sûres à long terme.
MANUELA BARON
EMILE GARCIN RIVE GAUCHE :
La vue sur Seine est un symbole
fort, notamment sur l’île SaintLouis où sa cote équivaut à celle d’une vue sur un
monument parisien. Dans le cadre de ce duplex,
il s’agit d’une vue romantique de carte postale,
donnant directement sur le fleuve sans autre vis-àvis qu’une couronne d’arbres et les immeubles
d’époque de la rive opposée. Ce bien du XVIIème siècle
garde son cachet classique tout en étant en parfait
état. On peut le considérer comme un exemple
représentatif du pied-à-terre du centre de Paris.
LOCALISATION :
Quai des Célestins
(4ème)
SURFACE :
134 m2, 5ème étage,
conciergerie 24/24
PRIX :
2 200 000 €
CONTACT :
01 85 34 70 56
Un balcon filant
« est
valorisant »
»
ANNE BEGKOYIAN,
KERANLAY CONSEIL :
Louis Le Vau (1612-1670) fut
l’architecte de l’île Saint-Louis. Les
hôtels particuliers qu’il a conçus comportaient des
balcons si bien que le quai de Béthune fut surnommé
« quai des balcons ». Ces ornements sont devenus
rares, hormis au premier étage de cet ancien hôtel
particulier, dont le balcon filant offre une vue sur la
Seine. On apprécie aussi le raffinement et les quatre
mètres sous plafond typiques de l’étage « noble »
classique. Plein sud et calme, ce quai a préservé son
caractère résidentiel.
LOCALISATION :
Quai d’Anjou
(4ème)
SURFACE :
130 m2, duplex,
1er étage « noble »
PRIX :
2 840 000 €
CONTACT :
01 42 61 73 38
Un panorama
« sur
des monuments
LOCALISATION :
Quai de Béthune
(4ème)
SURFACE :
160 m2, 1er étage,
balcon filant
PRIX :
3 250 000 €
CONTACT :
06 13 54 49 62
LOCALISATION :
Trocadéro (16ème)
SURFACE :
242 m2, duplex,
5 et 6èmes étages
PRIX :
4 800 000 €
CONTACT :
01 45 55 79 20
Rubrique réalisée par PROPRIÉTÉS LE FIGARO - 01 56 52 80 00
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Ventes 3e
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« Part. » pour les particuliers ou « Agents Co. » pour les agents
commerciaux sont des annonces émanant d’agents immobiliers
ou de promoteurs. Sans mention explicite d’honoraires dans les
annonces, les prix présentés s’entendent nets pour l’acquéreur.
Toutes les annonces des rubriques « appartements » sont réputées
être des lots de copropriétés, sauf mention contraire. Ces biens
faisant partie d’une copropriété, le vendeur doit vous informer du
nombre de lots de la copropriété, des charges annuelles du bien
proposé à la vente et de l’existence ou non d’un recours à
l’encontre de la copropriété à la date de la parution de l’annonce.
Les honoraires de l’agence immobilière et les commissions de
chaque bien sont consultables sur le site de l’annonceur.
APPARTEMENTS
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S.N.P.I (Syndicat national des professionnels immobiliers)
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mardi 6 mars 2018 LE FIGARO
TÉLÉVISION
Sept ans après son
départ de « Faites entrer
l’accusé », le journaliste
renoue avec les faits
divers à la télé.
Avec « L’Incroyable
Affaire du tueur
à la moto », il s’interroge
sur la sacro-sainte
religion de l’aveu.
BIEN VU
Anthony Palou
apalou@lefigaro.fr
Vieilles
chaussettes
« Les Grandes Gueules »
RMC | 10 heures | Lundi
Hondelatte, A
le crime est
à nouveau
son affaire
FRANÇOIS AUBEL £@francoisaubel
«
ourquoi je l’ai tuée ? Je
l’aimais et elle voulait me
quitter. » Sous une lumière
rasante qui exacerbe les ravages de l’existence sur le
visage de Michel Courtois, cet ancien enfant de la Ddass revit la scène de ses
aveux. Lorsque, sous la pression des enquêteurs cet homme âgé aujourd’hui de
52 ans finit par déclarer être l’auteur du
meurtre de Nathalie Davids, laborantine
de 35 ans, dont le corps criblé de sept balles de calibre 7,65 mm a été retrouvé le
27 novembre 2011 dans le parking de sa
résidence à Juvisy-sur-Orge (91). Tout
l’accable, c’est vrai. La poudre retrouvée
sur ses blousons. Sa réaction, « grotesquement surjouée », notent les policiers sur
leur PV quand ik apprend la disparition de
sa partenaire « pour le sexe ». Mais aussi sa
passion des motos, car, selon des témoins,
le tueur de Nathalie Davids conduisait une
grosse cylindrée. Et surtout, il a avoué.
Chargée de l’enquête, la jeune juge
Aurélie Poirier tient son coupable. Et ne
compte, à l’évidence, pas le lâcher. Même
lorsqu’elle comprend que cet homicide
n’a rien à voir avec un crime passionnel.
Car, entre-temps, Yoni Palmier, surnommé le « tueur de l’Essonne » a perpétré trois autres meurtres avec le même
pistolet automatique qui a ôté la vie à Nathalie Davids. La magistrate tient malgré
tout sa ligne. Jusqu’à l’obsession ? Elle va
procéder à des vérifications pour savoir si
P
Michel Courtois, qui
croupit à Fleury-Mérogis, n’est pas le commanditaire de ces assas○○○¡
sinats en série commis
de sang-froid. Tant pis s’il n’a pas le profil
d’un caïd. Et Palmier, bientôt arrêté, reconnaît tous les crimes, dont celui de la
laborantine, pour lesquels il sera
condamné à la perpétuité.
« Dynamiser le récit »
Ancien ouvrier du bâtiment, qui à ce jour
n’a pas retrouvé de travail, Courtois ne
sera libéré que six mois après son arrestation. Après l’examen d’une plus qu’hy-
pothétique complicité
entre le tueur de l’Essonne et l’innocent passé
aux aveux prématurément.
Une erreur judiciaire en or pour Hondelatte, qui, la nuit tombée, de 2000
à 2011, après être revenu sur les grandes
affaires criminelles de l’Hexagone, refermait la porte d’un studio dépouillé au fond
d’une cour sur la musique, devenue célèbre, de Jean-Marie Leau et Raphaël Tidas.
Onze saisons de « Faites entrer l’accusé » à
revivre les « faits div ». Matière qui lui
était devenue trop pesante, au point
d’éprouver le besoin de l’abandonner.
21.00
Ce retour dans les couloirs de la justice
est un heureux concours de circonstances. TMC avait dans ces cartons ce bon
documentaire sur la victime collatérale de
Yoni Palmier, mais ne savait qu’en faire.
« Je leur ai dit que je pouvais reprendre tout
le commentaire et dynamiser le récit », a
expliqué à Télé-loisirs le journaliste, dont
l’émission « Hondelatte raconte » sur Europe 1 lui a redonné, semble-t-il, le goût
des enquêtes criminelles. Cette fois, il ne
se met pas en scène. Seule sa voix de rogomme et son empathie servent la cause
d’un innocent. Et si c’était la meilleure
formule pour créer une nouvelle émission
sur TMC ? Affaire à suivre… ■
À leur corps défendant
France 2 aborde pour la première fois la question du consentement sexuel.
quelles psychologiques sont parfois lourdes : amnésie, boulimie, déni…
SARAH LECŒUVRE £@SarahLecœuvre
lles s’appellent Natacha, Juliette, Célia, Floriane, Mary. Elles
ont cédé, capitulé, pas osé dire
non, ou alors elles l’ont dit,
mais il n’a pas suffit à repousser
cet homme. Ce rapport sexuel, elles ne le
désiraient pas. Elles l’ont pourtant subi.
Ce soir sur France 2, « Infrarouge » aborde le sujet sensible du consentement,
cette zone grise de la sexualité. Âgées de
20 à 65 ans, cinq femmes, plus ou moins
traumatisées, témoignent de leurs expériences désagréables de jeunesse. Dans la
plupart des cas, elles n’ont pas été victimes de violences physiques. Mais les sé-
E
Ce film, Sexe sans consentement, montre
combien la frontière reste floue entre un
acquiescement et une objection. FRANCE 2
Un documentaire nécessaire
Qu’est-ce que le consentement ? Deux
personnes qui donnent leur accord pour
se lancer dans une action. Mais quels en
sont les signaux ? Est-ce du viol quand
l’un des protagonistes ne dit pas vraiment oui ou pas exactement non ? Ce
film pose toutes ces questions et montre
combien la frontière reste floue entre un
acquiescement et une objection. « On dit
rarement, oui allons-y »,
reconnaît même une
jeune femme. Même
discours du côté des
○○○○
hommes
interrogés.
MOTS CROISÉS
Par Louis Morand
1
PROBLÈME N° 4666
HORIZONTALEMENT
1. Évoque les esprits. - 2. Pleine
de crasse et de poussière. - 3.
Couverts d’ardoises. - 4. Fous
qu’on ne parvient pas maîtriser.
Grecque ou romains. - 5. Le rêve
d’un soleil artificiel. Couple d’inséparables. - 6. Entre deux lisières.
Fut jadis un homme d’autre foi.
- 7. Abréviation derrière une firme
américaine. Mon Dieu, oui. - 8. Fait
un blocage. - 9. Trouva à son goût.
Marin dans la cuisine. - 10. Petit
septuor musical. En place. - 11.
Mise au piquet. - 12. Rompues.
VERTICALEMENT
1. Interdit toute reproduction.
- 2. Pour les sept psaumes où
se manifeste le désir de repentir.
- 3. S’écoule à Nantes, même à
contre-courant. Chargé de l’accueil et parfois même du soutien.
- 4. Va faire son œuvre. Couvrir de
chapelure. - 5. Coupelles au labo.
Courant d’air violent. 100 % jus
de fruit. - 6. Vague de chaleurs.
Prélevées sur les récoltes. Note.
- 7. N’a forcément aucun rapport.
Dangereuse dans les croisements.
- 8. Sont la cause de l’altération
d’un organe.
SOLUTION DU PROBLÈME N° 4665
A
HORIZONTALEMENT 1. Schubert. - 2. Aromates. - 3. Linotype.
- 4. LSD. Émut. - 5. Étui. OSS. - 6. Darmon. - 7. Éliasse. - 8. Blême. NB.
- 9. Ain. Este. - 10. Isna. Out. - 11. neénrubÉ. - 12. Sessiles.
VERTICALEMENT 1. Salle de bains. - 2. Cristallisée. - 3. Honduriennes. - 4. Umo. Imam. Ans. - 5. Bâte. Osée. Ri. - 6. Étymons. Soul.
- 7. Repus. Entubé. - 8. Tsé-tsé. Bêtes.
2
3
4
5
6
7
8
Pour eux, le feu vert pour passer à l’acte
doit être sous-entendu : un sourire, un
regard insistant ou une simple main dans
les cheveux. Plus déroutant : 22 % des
hommes et 17 % des femmes considèrent
que lorsqu’une femme dit non, elle veut
dire oui. Un témoin confirme : « Dès
qu’on me dit non, ça me motive à y aller encore plus. »
Un document nécessaire qui analyse
avec justesse la complexité du consentement. Et apporte une réponse, la seule
valable, celle de la communication. Enfin
un cours d’éducation
sexuelle pertinent à la
télévision. À diffuser
d’urgence dans tous les
collèges et lycées. ■
3
BRIDGE
PROBLÈME N° 2777 :
Où est le danger ?
843
ARDV75
A93
A
N
O
4
5
E
S
A R D V 10
2
D 4
D 10 7 3 2
6
7
Contrat : Sud joue 7 Piques.
8
Entame : 5 de pour votre As
(le 2 en Est).
9
10
11
12
ux « Grandes Gueules »,
cette question : « Doit-on
continuer à inviter les
Insoumis, alors qu’ils passent leur
temps à nous vomir dessus ? »
Remontons un peu plus tôt dans la
matinée. Invité chez Jean-Jacques
Bourdin, Alexis Corbière déclara :
« Il y a parfois de la part de la presse
des comportements qui ne sont que
du mépris vis-à-vis des citoyens.
(…) Il y a sur cette même antenne
des émissions comme “Les Grandes
Gueules” où il y a un ton
parfaitement scandaleux, émission
dans laquelle je ne viendrai plus, car
il y a une espèce de poujadisme de
comptoir minable. » Bourdin :
« Comment pouvez-vous dire ça ! »
Corbière : « C’est une émission où
l’on tape en permanence sur les
agents de la SNCF, on les traite de
tous les noms… » Olivier Truchot,
coprésentateur des « GG », deux
heures plus tard, répondit : « C’est
un peu surprenant, cette attaque.
On va vous rappeler qu’Alexis
Corbière et sa compagne Raquel
Garrido étaient des piliers des
“Grandes Gueules” (…). Ils venaient
régulièrement et ils étaient très
demandeurs. Parfois, il fallait même
freiner leur volonté de venir parler
ici. Ce côté “je crache dans la
soupe” » est un manque de
reconnaissance, car ces
responsables politiques ont besoin
des médias, et les médias ont besoin
des responsables politiques pour
exister. » Mais oui, Truchot, il faut
inviter toujours et encore nos
Insoumis, cette bande de joyeux
guérilleros, pistolet à eau à la
ceinture. Ils ressemblent à ces
vaisseliers jaunâtres dans une
vieille pension de famille.
Question bien plus importante
chez Bourdin : « Pourquoi les
chaussettes disparaissent-elles
dans la machine à laver ? » « Parce
qu’elles sont coincées dans le joint
du tambour, et, à la machine
suivante, elles seraient aspirées et
finissent derrière, comme dans un
vortex spatio-temporel. Plus jamais
vous ne les reverrez. » Cela
ressemble à une élection.
LE BUZZ TV
Invitée : Anne-Laure Bonnet
interviewée par Nicolas Vollaire et
Damien Canivez aujourd’hui sur :
22.50
1
2
JEAN-CHRISTOPHE MARMARA/LE FIGARO
36
Par Philippe Cronier www.lebridgeur.com
SOLUTION DU PROBLÈME N° 2776 :
Deux formules au menu
Contrat : Sud joue 3 Sans-Atout.
Entame : Valet de . Comment jouez-vous selon que
vous êtes en match par quatre ou en tournoi par paires ?
En match par quatre, il faut essayer à tout prix d’assurer
son contrat. Ici, jouez et, quand Ouest fournit, donnez
un coup à blanc, ce qui vous permettra d’assurer neuf
levées pourvu que la couleur ne soit pas partagée 5-0...
En tournoi par paires, il faut essayer raisonnablement
d’engranger le maximum de levées, quitte à ne pas
prendre la meilleure chance d’assurer le gain du contrat.
Ici, vous devez jouer pour l’As et pour le 10. Si les
deux honneurs à sont bien placés et les 3-2,
vous allez engranger douze levées ! Et onze levées si l’un
des deux honneurs à est placé (car vous rééditerez
l’impasse).
Observez les quatre jeux. En tournoi par paires, votre
légitime « gourmandise » vous limite à neuf levées.
Vous ne chutez donc pas
832
le contrat mais il n’est
75
pas certain que vous
ARD643
75
obteniez la moyenne !
R V 10 9
Parfois, le meilleur jeu D 4
N
n’est pas récompensé à V 10 9 8 2 O E D 4 3
V 10 9 2
8
son juste prix…
S
86
RV943
A765
AR6
75
A D 10 2
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mardi 6 mars 2018
LE FIGARO
TÉLÉVISION
MÉTÉO
37
PAR
ÉPHÉMÉRIDE St-Colette
Soleil: Lever 07h23 - Coucher 18h41 - Lune décroissante
19.20 Demain nous appartient. Feuilleton 20.00 Le 20h 20.50 C’est Canteloup. Divertissement.
19.15 N’oubliez pas les paroles ! 20.00
20 heures 20.40 Vu 20.45 Alcaline
20.50 Parents mode d’emploi. Série.
19.00 19/20 20.00 Tout le sport.
Magazine 20.30 Plus belle la vie.
Feuilleton. Avec Dounia Coesens.
21.00
20.55
20.55
Film. Comédie
Magazine. Scientifique
Série. Comédie
19.15 La villa des cœurs brisés. Téléréalité 20.15 Nos chers voisins
MATIN
21.00 Pixels
5
Film. Science-fiction. EU. 2015.
Réal. : Chris Columbus. 1h42. Inédit.
Avec Adam Sandler. Des extraterrestres attaquent la Terre en adoptant l’apparence des jeux d’arcade.
30
3
4
2
3
5
5
3
2
8
6
23.00 American Pie 4 : vacances
forcées. Film TV. Comédie.
6
5
3
6
5
8
5
7
50
Les visiteurs
Les pouvoirs
extraordinaires…
La stagiaire
7
4
8
4
5
7
… du corps humain
Présentation : Michel Cymes et
Adriana Karembeu. 1h59. Les super
-pouvoirs de notre ventre. Inédit. Et
si tout venait du ventre ?
Fra. Saison 3. Avec Michèle Bernier,
Antoine Hamel, Philippe Lelièvre,
Nicolas Marié, Soraya Garlenq. 2 épisodes. Inédits. La famille Redon a
disparu depuis quatre jours quand
on découvre leur maison saccagée.
20.50 Vikings,
cap sur l’Amérique
23.00 New York, unité spéciale
22.55 Sexe sans consentement
22.35 La stagiaire Série. Émana-
Série. Avec Christopher Meloni,
Mariska Hargitay. (4 épisodes).
Doc. Inédit 23.45 Débat 0.00 Les
plages d’Agnès. Film. Documentaire.
tions 23.30 Soir/3 0.15 Les nuits
d’été. Film 1.55 Le monde de Jamy
22.25 C dans l’air. Magazine 23.30
C à vous 0.25 C à vous, la suite
Fra. 1992. Réal. : Jean-Marie Poiré.
1h47. Avec Christian Clavier, Jean
Reno, Valérie Lemercier. En 1123,
un comte, décidé à remonter le
temps pour sauver son mariage, se
retrouve dans le futur.
5
19.00 C à vous 20.00 C à vous, la
suite 20.20 Entrée libre. Magazine.
7
6
6
Doc. 2016. Réal. : H. Lilley. 1h35. L’archéologue Sara Parcak et l’aventurier Dan Snow partent découvrir les
derniers secrets des Vikings.
6
7
7
8
50
9
APRÈS-MIDI
10
40
10
10
18.40 L’info du vrai (C) 20.30 Ah la
mode (C) 20.40 Canalbis (C) 20.55
Catherine et Liliane (C).
19.00 Indochine sauvage. Série
doc. La Thaïlande 19.45 Arte journal
20.05 28 minutes. Magazine.
19.45 Le 19.45. Prés. : Xavier de
Moulins 20.25 Scènes de ménages.
Série. Avec Marion Game.
21.00
20.50
21.00
Film. Comédie
Documentaire. Société
Divertissement
8
9
11
19.00 Mad Box. Magazine 19.05 The
Big Bang Theory. Série.
11
8
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10
10
11
11
8
11
20.55 Van Helsing
Film. Fantastique. EU-République
Tchèque. 2004. Réal. : S. Sommers.
2h07. Avec H. Jackman. En Transylvanie, Van Helsing se voit contraint d’affronter des créatures maléfiques.
12
10
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11
11
12
60
12
14
23.15 American Horror Story. Série.
Avec Connie Britton. (3 épisodes).
10
12
15
14
15
14
14
15
14
60
14
19.00 Americars : pièces détachées.
Téléréalité.
Avortement : les croisés
contre-attaquent
Fra. 2016. Réal. : Blandine Lenoir.
1h29. Inédit. Avec Agnès Jaoui,
Thibault de Montalembert, Pascale Arbillot. Aurore est séparée,
elle vient de perdre son emploi et
apprend qu’elle va être grand-mère.
Fra. 2017. Réal. : Alexandra Jousset
et Andréa Rawlins-Gaston. 1h35.
Le droit à l’avortement subit une
offensive concertée en Europe,
menée par des militants habiles.
22.25 Tchi tcha Magazine. Inédit
23.20 Frantz. Film. Drame 1.10 Peshmerga. Film. Documentaire.
22.25 Entretien 22.45 Égalité,
parité, volonté Documentaire.
Inédit 23.40 Winnie. Documentaire.
Le meilleur pâtissier Spéciale célébrités
Prés. : J. Vignali. 2h25. Les gâteaux
stars. Inédit. Pour cette deuxième
semaine, les six célébrités en lice
vont s’affronter au cours de trois
épreuves autour des gâteaux stars.
T (en °c)
20.50 Hors de contrôle
Série doc. Fra. 2017. Réal. : Julien Balestier. 1h00. Séisme à Fukushima.
Inédit. Retour sur le 11 mars 2011 et
la catastrophe à l’usine nucléaire de
Fukushima, touchée par un tsunami.
21.50 Sauver Tokyo. Doc. 22.50
L’énigme du vol MH370. Doc.
23.25 Le meilleur pâtissier Spéciale célébrités : à vos fourneaux ! Divertissement.
19.05 Loïs et Clark, les nouvelles
aventures de Superman. Série.
<-10 à 0
ALGER
BARCELONE
BERNE
COPENHAGUE
LONDRES
RABAT
20.55 Mathieu Madénian et Thomas
VDB au bord de la crise de nerfs
19.05 TPMP : première partie 20.10
Touche pas à mon poste !
21.00 L’incroyable affaire
du tueur à la moto
21.00 Benjamin Gates
et le trésor des Templiers
21.00 Le jour où la Terre s’arrêta
Documentaire. Société. Fra. 2018.
1h45. Inédit. Dans cette affaire,
quatre personnes sont assassinées
entre novembre 2011 et avril 2012.
Film. Aventures. EU. 2004. Réal. : J.
Turteltaub. 2h00. Avec Nicolas Cage.
Un archéologue part à la recherche
du trésor des Templiers.
Film. Science-fiction. EU. 2008.
Réal. : S. Derrickson. 1h40. Avec
Keanu Reeves. La venue sur Terre
de Klaatu, un extraterrestre, provoque des bouleversements.
22.45 90’ enquêtes. Magazine. Présentation : Carole Rousseau.
23.15 Prince of Persia : les sables du
temps. Film. Aventures.
23.10 No Pain No Gain. Film. Comédie
dramatique. Avec Mark Wahlberg.
SU DO KU
GRILLE 2439 FACILE
6
TANIÈRE
D’UN RUSÉ
TEL
UN PRÊT
BORNÉ
ÂPRE
DIRIGEANT
HORS DE
COMBAT
SOLUTION DU NUMÉRO PRÉCÉDENT
P
S
I L L A
L A I R
L I V R
S I E
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S
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A
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5/11
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11/16
5/15
10/15
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9 1
7 5
6
4 2 9
7
3 6
4
2 7
2
7
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1
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1
5 3 4
8
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M
S A
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T
O I
O
E N
4/9
13/18
0/5
0/2
11/15
0/1
13/18
ATHÈNES
BERLIN
BUDAPEST
LISBONNE
PRAGUE
TUNIS
1/11
6/10
3/8
5/9
7/12
5/8
2/11
4/11
3/7
4/10
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Talk-show 19.40 Quotidien
13/16
7/16
1/8
1/3
6/10
14/17
10 à 20 20 à 30 30 à >40
0 à 10
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IL TRAVAILLAIT
LA SOIE
BRAMERA
À CET
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CELA
TOUT VA
BIEN !
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mardi 6 mars 2018 LE FIGARO
38
Claudio Corallo,
le rebelle du chocolat
Adrien Jaulmes
ajaulmes@lefigaro.fr
endant longtemps, Claudio Corallo
n’appréciait guère le chocolat.
« J’en mangeais comme tout le monde, surtout du chocolat au lait, du
chocolat blanc. Je n’aimais pas ce
goût amer, brûlé, qu’a le cacao pur »,
dit cet Italien qui produit aujourd’hui l’un des meilleurs chocolats
du monde. Pieds nus sur le plancher de son laboratoire, derrière sa maison du front de mer sur la petite île africaine de Sao Tomé, Claudio Corallo raconte comment il a découvert la fameuse fève. Il y a
du héros de Conrad chez cet aventureux chocolatier. Sur les photos de sa jeunesse, on le voit, cigarillo Toscano aux lèvres, à la barre de son bateau sur
le fleuve Congo. « J’ai commencé comme planteur de
café au cœur de l’Afrique », dit-il. Jeune ingénieur
agronome né à Florence, il arrive en 1974 au Zaïre,
l’actuelle République démocratique du Congo.
« J’avais été recruté par le gouvernement de Mobutu
pour mener une étude dans les provinces. » Corallo
s’intéresse d’abord au café. « Dans l’Ituri, dans l’est
du Zaïre, je voyais arriver dans l’usine de torréfaction
du café en provenance de différentes plantations.
Toutes cultivaient le même plant : des caféiers hybrides inventés dans les instituts agronomes belges.
L’odeur de la torréfaction variait pourtant énormément d’un café à l’autre, allant d’un parfum agréable
à des odeurs franchement déplaisantes. Je me suis
P
FACEBOOK
SUCCÈS Cet Italien produit aujourd’hui l’un
des meilleurs chocolats du monde, sans aucun additif.
Et maîtrise l’ensemble du processus de fabrication,
du plant de cacao jusqu’au morceau de chocolat.
aperçu que je pouvais dire quelles plantations produid’en acheter les meilleurs échantillons chez tous les
saient un bon café, et celles où le café avait une maugrossistes d’Europe, quel qu’en soit le prix. Quelle ne
vaise odeur. Tout vient de la façon dont on le cultive. »
fut pas ma surprise en goûtant ces cacaos considérés
Claudio Corallo devient à son tour planteur de
comme les meilleurs du monde : ils avaient tous le
café. « J’avais deux plantations, l’une dans la promême goût amer ! Ils étaient tous morts, “cadavere”,
vince de l’Équateur, l’autre au Kasaï-Oriental, de
comme on disait au Zaïre. »
part et d’autre de la rivière Lomela. Je produisais du
Corallo rachète en 1997 une plantation de cacao à
robusta : c’est un café considéré
Principe. Sur cette petite île oubliée, il
comme moins bon que l’arabica,
retrouve d’anciens plants de cacao,
mais c’est en fait parce qu’il est mal
importés du Brésil avant que l’industrie
cultivé. La récolte n’est pas faite pas
agronome ne modifie génétiquement la
au bon moment, les baies sont malplante. « Les arbres étaient en pleine fotraitées, les arbustes mal taillés, tout
rêt, ils faisaient dix mètres de haut ! On
1951
finit par donner de l’amertume au
ne pouvait les reconnaître qu’à leur
Naissance à Florence
café. » Il se fait construire par l’un
tronc », dit Claudio Corallo. Ces an(Italie).
de ses amis ingénieur florentin un
ciennes variétés de cacao, nettement
1974
bateau ultrarapide pour parcourir
moins rentables que les nouvelles espèDiplômé d’agronomie
avec sa cargaison les milliers de kices, produisent en revanche une fève
tropicale, arrive au Zaïre
lomètres du grand fleuve, seule
d’une qualité largement supérieure.
(aujourd’hui République
voie de communication du pays.
Muni de ce cacao de premier choix, Codémocratique du Congo)
rallo entreprend d’en faire du chocolat.
comme expert.
Le Zaïre de Mobutu
« J’ai alors créé ce laboratoire pour com1978
prendre l’ensemble du processus de faAu début des années 1990, le règne
Devient producteur
brication, et découvrir comment on poude Mobutu s’achève dans le chaos.
de café au Zaïre.
vait produire du chocolat parfait. »
Le pays plonge dans l’insécurité et
1995
Claudio Corallo s’aperçoit que la
les cours du café s’effondrent.
Quitte le Zaïre
plupart des chocolats produits indusClaudio Corallo quitte le Zaïre. Il
et s’installe à Sao Tomé
triellement comprennent des traces de
s’installe à Sao Tomé et Principe,
et Principe.
vanille ou de noisette dans leur competit archipel indépendant perdu
1997
position. « C’est pour masquer l’amerdans le golfe de Guinée. Cette anRachète la plantation
tume !, dit-il. Comme si tous les viticulcienne colonie portugaise fut au déde cacao Terreiro Velho
teurs parfumaient leur vin à la cannelle
but du XXe siècle le principal proà Principe, et se lance
ou au clou de girofle. » Il bondit de son
ducteur de cacao. Corallo s’intéresse
dans l’exploitation
établi, ouvre une boîte de fèves de caà cette fève. « Avant de me lancer
du cacao et la fabrication
cao, en pose une sur la table et l’écrase
dans la culture du cacao, j’ai demande son propre chocolat.
d’un coup de marteau en plastique.
dé à mon ami ingénieur à Florence
Bio
EXPRESS
« Goûtez ça ! » La fève écrasée a le goût prononcé
d’un chocolat très pur et non sucré, sans aucune trace d’amertume. « Eh bien voilà exactement ce que j’ai
découvert : quand il est bien cultivé, le cacao n’est pas
amer !, s’exclame Corallo. Vous vous rendez compte ?
Les multinationales ont réussi à faire croire au monde
entier que le bon cacao doit être noir et amer ! Or, s’il
est noir, c’est qu’il est brûlé, et s’il est amer, c’est qu’il
a été mal cultivé. Le goût du cacao qu’on a réussi à
nous imposer est celui du pire produit ! »
Chocolat sans aucune amertume
Claudio Corallo élabore alors ses propres méthodes, et parvient à produire un chocolat sans aucune
amertume, et donc sans aucun additif. Il met un
point d’honneur à maîtriser l’ensemble du processus de fabrication, du plant de cacao jusqu’au morceau de chocolat. Dans sa plantation de Principe, le
cacao est cultivé sans pesticides et récolté à la
main. Les cabosses sont ouvertes au maillet en bois
pour ne pas abîmer les fèves. Tout le processus de
fabrication du chocolat - séchage et torréfaction
compris - est effectué par Claudio Corallo. Vendu
en exclusivité dans de petites boîtes en carton, le
chocolat Corallo devient vite un nom réputé.
Sa fille Roberta, qui l’épaule en s’occupant de la
commercialisation en ligne, regarde en souriant
son excentrique de père. Pieds nus dans son laboratoire, enthousiaste comme un savant après la
découverte d’une nouvelle loi physique, Corallo rit
encore de sa découverte : « La plupart des gens ont
des chromosomes de mouton, ils croient tout ce
qu’on leur dit. L’amertume, une qualité du cacao !?
Quelle blague ! Moi, j’aime être libre. Je suis un
anarchiste, un rebelle ! Et maintenant, j’aime le chocolat !, dit-il. Du moins, le mien ! » ■
UN DERNIER MOT
Par Étienne de Montety
edemontety@lefigaro.fr
Paris [pa-ri]
Capitale risque.
TINTORET, LA FUREUR DE PEINDRE
Il fut le plus audacieux des peintres de la Renaissance, un
génie au pinceau furieux. Il joua des coudes, se hissa au
rang de maître et mit son intelligence au service d’une
ambition démesurée. Là où il y avait l’équilibre, il apporta
la fougue ; là où tout n’était que mesure, il fit éclater la
tempête et le drame. Son œuvre, qui opposait lumière
et obscurité, révolutionna la peinture vénitienne, et fut
le trait d’union entre le monde idéal de la Renaissance
et l’extravagance de la peinture baroque. À l’occasion
de la splendide exposition du musée du Luxembourg
« Tintoret, naissance d’un génie », Le Figaro Hors-Série se
penche sur l’art flamboyant et le caractère impétueux de
« l’enfant terrible de Venise ». Portfolio de l’exposition,
analyse de son esthétique et de son goût pour le
burlesque, récit d’une vie ardente, de sa jeunesse bercée
par le désir de réussir, de ses rivalités avec Titien et
Véronèse, de l’aventure titanesque de la Scuola Grande
di San Rocco : ce numéro, somptueusement illustré, rend
hommage à l’art tourbillonnant de Jacopo Tintoretto, un
fils de teinturier devenu seigneur de l’art.
Le Figaro Hors-Série : Tintoret, L’Enfant Terrible de Venise.
106 pages.
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e soir, le club de Paris Saint-Germain joue son avenir en Coupe d’Europe
de football contre le Real Madrid.
Le nom de Paris, qui vient de la peuplade gauloise des Parisii, s’est substitué
à Lutèce. Aujourd’hui, Paris partage évidemment une homonymie avec un mot
qui nous intéresse : le pari. De quoi s’agit-il ? De battre l’un des plus grands clubs
d’Europe : Madrid. Au vu du score du match aller, il est impératif que, sur le terrain,
Paris s’engage à trois contre un.
Car ce pari-là vient du verbe latin pariare qui signifie être égal : il y a donc dans le pari
parisien - outre l’ambition de gagner - celle de rivaliser avec le Real. D’établir une
manière de parité sportive.
Si Paris gagne ses galons de Grand, il pourra se considérer comme un pair d’Europe.
Dans le cas contraire, comme un paria.
Cependant il y a fort à parier qu’in petto les Espagnols en font un aussi, de pari contre
Paris, celui de montrer leur grandeur inentamée. Que le meilleur gagne bien sûr,
et surtout que ce pari mutuel reste urbain de bout en bout. ■
C
FIGARO-CI ... FIGARO-LÀ
Bruno Le Maire fait la promotion en anglais
du « France is back » à Londres
À l’occasion de son déplacement à Londres, ce mardi, auprès
de nombreux chefs d’entreprise et investisseurs, le ministre
de l’Économie entend promouvoir le fameux « France is
back » d’Emmanuel Macron. Dans un livret de 4 pages en
anglais destiné à ses séjours à l’étranger, il rappelle l’agenda
des réformes économiques et financières engagées par le
gouvernement (ordonnances travail, suppression de l’ISF, flat tax sur les
revenus du capital …) et annonce les grands piliers de sa loi Pacte, qui vise à faire
grandir les PME françaises. Lors de ce déplacement, il rencontrera aussi les
dirigeants de l’Autorité bancaire européenne pour faire le point sur l’accueil
de cette agence à Paris, après le Brexit.
Édouard Philippe dans
les tribunes du « Crunch »
Vladimir Poutine
et l’Europe
Le premier ministre sera présent au
Stade de France pour la rencontre du
Tournoi des six nations entre la France
et l’Angleterre, ce samedi à 17 h 45.
Avant le « Crunch » - c’est ainsi que
les Anglais ont surnommé ce choc -,
Édouard Philippe signera les statuts
du groupement d’intérêt public de
la Coupe du monde de rugby 2023, en
présence du patron de World Rugby,
l’Anglais Bill Beaumont. L’organisation
de cette compétition en France sera
présidée par l’ex-patron des sénateurs
socialistes, Didier Guillaume.
L’Association des Centraliens
organise, le 12 mars, à Paris,
un débat autour de la prochaine
élection présidentielle en Russie,
sur le thème : « Vladimir Poutine
et l’Europe ». Isabelle Facon,
spécialiste des politiques de
sécurité et de défense russes,
chercheuse à la Fondation
pour la recherche stratégique,
et Boris Iarochevitch, chef de la
division Europe et Asie centrale
de la Commission européenne,
croiseront leurs points de vue.
LUDOVIC MARIN/AFP
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