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Le Figaro - 08 09 2018 - 09 09 2018

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samedi 8 - dimanche 9 septembre 2018 LE FIGARO - N° 23 039 - www.lefigaro.fr - France métropolitaine uniquement
Première édition
lefigaro.fr
« Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur » Beaumarchais
MARCHÉ DE L’ART
GASTRONOMIE
PAGE 30
PAGES 28 ET 29
NAPOLÉON INVITÉ VEDETTE
DE LA BIENNALE PARIS
Les partis
anti-migrants
ébranlent
le modèle
scandinave
EUROPE
Macron cajole
Merkel à Marseille
PAGE 4
DROITE
Retailleau avance
sans bruit mais
avec méthode PAGE 6
ENVIRONNEMENT
Les chasseurs dans
le viseur des
radicaux Verts PAGE 9
FOOTBALL
Alphonse Areola a
marqué les esprits
n
n
n
MATS ANDERSSON/AFP
CHAMPS LIBRES
PAGE 11
En Bourgogne,
on vendange
les raisins de
la réinsertion
Les tribunes
de Dominique
Reynié et
de Serge
Federbusch
La chronique
de Natacha
Polony
L’analyse
de Sophie
de Ravinel
LES NOUVELLES GRANDES
TABLES PARISIENNES
Lors des élections législatives de ce weekend en Suède, le parti anti-immigration
de Jimmie Akesson devrait faire une percée.
Notre reporter a parcouru la Scandinavie,
bousculée par une vague « populiste ».
PAGES 2, 3, 16 ET L’ÉDITORIAL
n
@
FIGARO OUI
FIGARO NON
Réponses à la question
de vendredi :
Faut-il bannir l’écriture
inclusive des documents
officiels ?
OUI
95 %
NON
5%
TOTAL DE VOTANTS : 26 648
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PLAINPICTURE/MINT IMAGES - F.
BOUCHON / LE FIGARO - ADRIEN DIRAND
AVIS D’EXPERT
LE CRÉDIT, UNE SOLUTION
PATRIMONIALE
M 00108 - 908 - F: 2,60 E
© KENDRICK
3’:HIKKLA=]UW[U^:?k@j@a@i@k";
PAR
PIERRE DE PELLEGARS
Responsable Gestion de Fortune,
BNP Paribas Banque Privée
Retrouvez
son point de vue dans
LE FIGARO MAGAZINE
page 140
Les pays du Golfe prêts
à soutenir Assad contre
le retrait des Iraniens
L’Arabie saoudite, le Qatar et
les Émirats arabes unis, qui finançaient il n’y a pas si longtemps encore les rebelles opposés à Bachar el-Assad, sont
prêts désormais à le maintenir
au pouvoir. Mais à condition
qu’il rompe avec son allié
chiite iranien, l’ennemi juré
des monarchies sunnites, de
Riyad et d’Abu Dhabi, en particulier. PAGE 8
L’apprentissage reprend
peu à peu des couleurs
De juin 2017 à mai 2018,
307 000 contrats d’alternance
ont été enregistrés dans le privé et le public, soit une progression de 5,5 %. Ce retour
en grâce, qui s’explique par le
rétablissement des aides sous
le gouvernement Valls, de-
vrait se confirmer avec l’ambitieuse réforme de l’apprentissage en cours d’adoption.
La demande est particulièrement forte dans les métiers de
l’alimentation, des services,
de la réparation automobile et
de l’esthétique. PAGES 20 ET 21
ÉDITORIAL par Arnaud de La Grange adelegrange@le figaro.fr
L
Au Nord comme au Sud…
ongtemps, la Scandinavie fit figure
de havre pour les idées généreuses.
Le royaume de la tolérance, une terre de tempérance. Tout y était bien
ordonné, à commencer par la charité. Vers ces terres d’accueil se pressaient les
proscrits, figures dissidentes et simples réfugiés. De là rayonnait une diplomatie « morale », guidée par les droits de l’homme. Le Nobel de la paix rehaussait encore cet éclat.
Et voilà que l’image se brouille. Comme si un
grain « populiste » voilait la surface des fjords
clairs… En Suède, on prédit la forte poussée
d’un parti d’extrême droite aux élections de
ce week-end. Au Danemark et en Norvège,
des formations nationalistes ont fait de spectaculaires percées, s’imposant dans le paysage gouvernemental. Tous ces partis ont
prospéré sur le même terreau : le refus de
l’immigration de masse.
Que nous dit ce vent nouveau venu du Nord ?
Que la vague dite « populiste » n’est l’apanage
ni du Sud, ni du Nord. Et qu’elle n’est pas une
affaire de pays « riche » ou de pays « pauvre ». Ni de culture latine, anglo-saxonne ou
nordique. Le mouvement est général en Europe, des rives du Tibre à celles de la Tamise,
des eaux de la Méditerranée à celles de la Baltique. Et la Suède est loin d’être un pays à
l’économie malade. Là-bas comme ailleurs,
ce n’est pas le cœur du sujet. C’est une profonde insécurité culturelle qui draine les électeurs vers ces formations.
Les populations scandinaves n’ont pas massivement basculé dans l’intolérance et un nationalisme obtus. Mais leur vision du monde a
changé. Les règles
d’asile, conçues il y
a plus d’un demisiècle pour accueillir des individus
persécutés,
leur apparaissent
inadaptées
aux
vastes
mouvements de populations d’aujourd’hui. Et l’onde de choc de
l’ouverture en grand des frontières par Angela
Merkel en 2015 a couru jusqu’en Scandinavie.
S’il le fallait encore, cette vague nordique
montre que l’incapacité de nos social-démocraties à traiter la question migratoire de manière raisonnée pousse les électeurs dans les
bras des extrêmes. Inexorablement. ■
IWC PORTUGIESER.
L A LÉGENDE
PARMI LES ICÔNES.
Partout,
un même
terreau :
le refus de
l’immigration
de masse
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samedi 8 - dimanche 9 septembre 2018 LE FIGARO
2
L'ÉVÉNEMENT
La générosité de l’État suédois
agit comme un aimant
pour une myriade de clandestins
»
MATTEO SALVINI, PATRON DE LA LIGUE ITALIENNE
LUCA BRUNO/AP
La vague des
migrants fissure le
modèle scandinave
Grand reportage dans trois pays nordiques,
bastions d’une social-démocratie généreuse
où la crise migratoire a semé le trouble.
A
« Nous n’avons rien contre l’immigration », explique Akesson
d’un ton patelin à ses partisans de
Helsingborg, « et de nombreux immigrants contribuent à la prospérité
de ce pays. Mais nous demandons
en revanche que les nouveaux arrivants apprennent notre langue, et
qu’ils comprennent et acceptent nos
lois, nos usages et notre culture. »
« Notre société est basée sur un
certain nombre de normes et de valeurs, poursuit-il, nous sommes un
pays démocratique, où les femmes
sont égales aux hommes, où nous
respectons la nature et les animaux.
Je dis aux immigrants : si vous voulez vous adapter à notre société,
vous êtes les bienvenus. Mais sinon,
vous devrez cesser de revendiquer
des droits exorbitants, comme celui
de construire de grosses mosquées,
de séparer les garçons et les filles à
l’école et de faire porter le hidjab à
des filles. Si ce sont vos revendications, alors vous n’êtes pas les bienvenus en Suède. » Applaudissements nourris.
Pendant la campagne, Jimmie
Akesson a répété ce discours dans
une cinquantaine de villes en
Suède, sillonnant en particulier la
Scanie, région industrielle et agricole du sud du pays, où son parti
fait ses meilleurs scores.
Les foules venues l’écouter ne
sont pas immenses, mais assez variées, même si les classes populaires dominent. « Tout ce que dit
Akesson est vrai », dit Kenneth,
une jeune infirmière venue au rassemblement de Helsingborg.
« Nos hôpitaux sont encombrés et
en sous-effectifs, on n’arrive plus à
traiter les malades. Et l’immigration devient un véritable problème,
tout comme la sécurité », dit-elle.
Même si les chiffres de la délinquance sont comme toujours sujets à des interprétations diverses
«
Avec
l’immigration,
nous avons
voulu
impressionner
le reste
du monde,
et nous avons
ouvert tout
grand nos
frontières.
Le résultat est
une immense
faillite
»
MICHAEL ROSENBERG,
RESPONSABLE
DU PARTI DES
DÉMOCRATES
DE SUÈDE DE
HELSINGBORG
avons atteint 4 % des voix, et obtenus nos premiers sièges au Parlement. Et maintenant, nous allons
vers les 25 %, nous allons peut-être
devenir le premier parti du pays. »
Michael Rosenberg refuse d’être
qualifié de militant d’extrême
droite. « Les médias nous traitent
de nazis parce qu’ils ne savent pas
quoi dire d’autre. C’est une étiquette qui sert à refuser de débattre avec
nous. Nos militants font face à des
mesures d’intimidation. Mais ces
méthodes ne marchent plus. Maintenant, les gens n’ont plus peur de
dire qu’ils votent pour nous. Nos
électeurs appartiennent à tous les
milieux : à Helsingborg, nous avons
des partisans jusque dans des
circonscriptions qui votaient traditionnellement à gauche. Des
bourgeois aisés, des ouvriers, des
femmes, des gens éduqués, des
homosexuels, sont à présent pour
nous. »
La vague d’immigration de 2015
a constitué un tournant dans la politique suédoise. Lorsque la chancelière allemande Angela Merkel
rompt avec les règles de l’Union
européenne et décide d’admettre
sur le sol allemand près d’un million de migrants et réfugiés mêlés,
la Suède emboîte le pas. Le premier ministre suédois, le conservateur Fredrik Reinfeldt appelle
alors ses concitoyens à « ouvrir
leur cœur ». La Suède reçoit en
2015 plus de 160 000 demandes
d’asile, majoritairement en provenance de Syrie, d’Afghanistan ou
d’Irak. C’est un chiffre record par
habitant en Europe. Dans un pays
de 10 millions d’habitants, la
population née à l’étranger ou de
parents nés à l’étranger représente aujourd’hui près de 20 % de
la population totale, chiffre comparable à la proportion française.
Cette proportion est encore plus
forte dans les grandes villes,
Stockholm, Göteborg et Malmö.
« La Suède est un pays qui aime
bien donner des leçons aux
autres », explique Michael Rosenberg, le responsable du parti des
Démocrates de Suède de Helsingborg. « Avec l’immigration, nous
avons voulu impressionner le reste
du monde, et nous avons ouvert tout
grand nos frontières. Le résultat est
une immense faillite. Nous avons
fait entrer des gens qui ne parlent
pas suédois, et qui n’ont aucune envie d’appartenir à ce pays. L’idée
selon laquelle nous devons devenir
une société multiculturelle est fondamentalement fausse. Notre parti
est une réaction contre ce phénomène. Nous disons juste que si vous
voulez venir vivre en Suède, c’est
pour devenir suédois. Les politiciens
n’ont rien compris. Les gens ont
cessé de leur faire confiance à partir
de ce moment-là. »
« L’essor des Démocrates de
Suède est un phénomène assez difficile à saisir, car le pays n’est pas en
L a progression de l’extrême droite en Scandinavie
POPULATION D’ORIGINE
ÉTRANGÈRE*en %
Démocrates de Suède
PULATION TOTALE
en millions d’habitants
15 %
Sverigedemokraterna
20
%
12,9 %
Entre au parlement
Parti du progrès
Fondation
(Fremskrittspartiet)
1973
”
JIMMIE AKESSON,
CHEF DES DÉMOCRATES DE SUÈDE
2001
“
Nous demandons
que les nouveaux
arrivants apprennent
notre langue,
et qu’ils comprennent
et acceptent nos lois,
nos usages
et notre culture
en fonction des experts qui les
analysent, l’actualité récente a
servi le discours des Démocrates
de Suède. En juin dernier, trois
personnes ont été tuées à l’arme
automatique à Malmö, la troisième
ville du pays. Des attaques à la grenade se sont multipliées au cours
des dernières années. Le mois dernier, une centaine de voitures ont
été incendiées à Göteborg, une
autre grande ville suédoise.
« Quand on vous dit que la situation
est compliquée, rappelez-vous
qu’elle est très simple », conclut
Akesson à la fin de ses allocutions.
« Regardez autour de vous. Êtesvous contents de ce que vous voyez ?
Les voitures qui brûlent, les gangs
de criminels qui se tirent dessus
dans les rues, les queues à l’hôpital.
Si vous êtes contents, votez pour les
sortants, parce que c’est le résultat
de leur politique. Mais si vous n’êtes
pas contents, alors votez pour
nous. »
Michael Rosenberg, 49 ans, est
le responsable de la section locale
des Démocrates de Suède à Helsingborg. « Le succès de cette campagne est largement dû aux réseaux
sociaux », dit-il. « On n’aurait jamais pu arriver à de tels scores voici
encore quelques années, quand les
médias locaux et régionaux refusaient catégoriquement de publier
quoi que ce soit sur nous. 80 % des
médias suédois sont de gauche ou
bien contrôlés par la gauche. Maintenant, on n’a plus besoin d’eux. »
Militant depuis 1995, ce chauffeur de taxi père de quatre enfants
a vu son parti gagner en importance au fil des années. « Le premier
seuil a été franchi en 2001, quand
nous avons dépassé les 1 %, ce qui
nous a permis de figurer dans les
tracts électoraux distribués par
courrier. En 2006, nous avons gagné nos premiers sièges dans les
conseils municipaux. En 2010, nous
5,3
Fondation du parti
5,7 %
9 ,9
Norvège
1 ,4 %
Suède
1988
14,6 %
2005
LA PLUIE froide qui s’est mise à
tomber ne semble pas déranger
Jimmie Akesson. En veste et chemise ouverte, le chef du parti des
Démocrates de Suède continue son
discours malgré les averses qui
s’abattent sur le sud du pays. Debout devant une petite centaine de
personnes rassemblées sur la place
Stortorget, au centre de Helsingborg, un micro accroché à
l’oreille, il évoque plus un animateur de jeu télévisé qu’un tribun
d’extrême droite. Le discours est
en revanche sans ambiguïté : « Il y
a des fusillades tous les jours, des
voitures brûlées un peu partout et
23 % des femmes ont peur de sortir
le soir », dit Akesson. « Personne
en Suède ne devrait vivre dans la
peur. Voici deux ans que nous disons que nous avons besoin de plus
de policiers. Le gouvernement a
d’abord prétendu que nous avions
tort, mais dit à présent la même
chose que nous. »
La foule applaudit. « La Suède
fait face à de graves problèmes
d’immigration et d’intégration. La
seule politique suivie depuis 25 à
30 ans a été de déverser de l’argent
dans les quartiers où vivent les immigrés. Comme ça n’a pas marché,
on a déversé encore plus d’argent,
avec les mêmes résultats. Nous
devons changer cette politique : les
nouveaux arrivants doivent s’adapter à l’endroit où ils sont venus
vivre, pas l’inverse. »
Le ton est ferme, mais Akesson
n’élève jamais la voix, ni ne se
montre menaçant. Ce jeune homme affable, barbe courte, lunettes
d’écaille, cheveux plaqués en arrière ressemble à un cadre dans
une entreprise de communication. Il est en réalité un vieux routier de la politique. Âgé de 39 ans,
Akesson participe à sa quatrième
élection législative ; c’est en revanche la première fois que son
parti est dans le groupe de tête.
Les sondages placent les Démocrates de Suède entre la première
et la troisième place, un succès
pour cet ancien groupuscule d’extrême droite. Ce sera aussi largement celui de Jimmie Akesson.
Entré dans le parti en 1995 alors
qu’il n’a que 16 ans, devenu son
chef en 2005 à 26 ans, il est celui
qui a transformé ce parti aux origines sulfureuses en une formation
présentable, jusqu’à en faire l’un
des plus grands partis suédois.
Il lui a fallu pour cela écarter les
extrémistes en tout genre, suprémacistes blancs, néonazis et amateurs de hard-rock viking, nombreux dans les rangs du parti à sa
fondation en 1988. L’un de ses premiers dirigeants, Anders Klarström, avait fait partie d’un groupe
ouvertement pro-nazi, et certains
adhérents de la première heure
avaient appartenu à la Waffen SS
pendant la Seconde Guerre mon-
diale. Akesson a sanctionné systématiquement les dérapages verbaux et les provocations. Depuis
2014, une quarantaine de membres sont expulsés pour leurs liens
avec des organisations extrémistes
ou pour avoir fait des déclarations
racistes. Il a aussi changé le symbole du parti, remplaçant la torche
qui lui servait d’emblème par une
petite fleur bleue typique du
printemps suédois, l’anémone hépatique. Son discours reste fermement opposé à l’immigration, mais
dorénavant sur des bases culturelles plus que raciales ou ethniques.
2013
ENVOYÉ SPÉCIAL EN SUÈDE, DANEMARK, NORVÈGE
2017
ADRIEN JAULMES £@AdrienJaulmes
2002
2010
2014
Parti du peuple danois (Dansk Folkeparti)
12 %
13 %
16,3 % Entre au gouvernement
12,3 %
Fondation
5,7
15,2 %
Danemark
% DES VOIX AUX LÉGISLATIVES
21 %
Soutient la coalition
du gouvernement
22 %
* Née à l’étranger ou de parents nés à l’étranger
1995
2001
2011
Infographie
2015
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LE FIGARO
samedi 8 - dimanche 9 septembre 2018
L'ÉVÉNEMENT
3
Des manifestants
protestent devant
le Parlement à
Stockholm, en juin 2016,
après le durcissement
de la législation
sur le droit d’asile
et le regroupement
familial.
TT NEWS AGENCY / HENRIK
MONTGOMERY /AFP FORUM
tion du parti à Siv Jensen, autre
forte personnalité féminine dans la
galaxie de la droite nationaliste
scandinave. Elle conclut en 2013
une alliance avec le parti conservateur, et obtient sept postes au
gouvernement. Devenue ministre
des Finances, Siv Jensen a retourné
à son profit une alliance destinée à
affaiblir le Parti du progrès. Au lien
de voir son influence diminuer,
c’est l’extrême droite qui impose
ses thématiques. « Quand la crise
des migrants est finalement arrivée
en 2015, nous avons été les seuls à
garder la tête froide », explique Jon
Engen-Helghem, 37 ans, député
du Parti du progrès au Storting, le
Parlement norvégien. « Les autres
partis politiques ont tous surenchéri
sur le nombre de migrants que nous
“
Nous préférons
dépenser de l’argent
pour venir en aide
à plus de gens,
mais en dehors
de nos frontières
”
JON ENGEN-HELGHEM,
DÉPUTÉ DU PARTI DU PROGRÈS
gresse pourtant dans l’opinion.
Devenu en 2001 le troisième parti
au Folketing, le Parlement danois,
il rejoint la coalition libérale et
conservatrice. Sans participer au
gouvernement. Cette position lui
permet d’exercer une influence
croissante sur la politique du pays.
Le Danemark durcit progressivement ses lois sur l’immigration,
mesures largement acceptées par
la plupart des formations politiques. Une loi autorisant à confisquer les bijoux des demandeurs
d’asile a été adoptée, et les réglementations concernant les résidents étrangers ont été durcies. Un
“
La Suède est allée
très loin dans les
domaines de l’égalité,
de l’accueil des
étrangers. Ce qui se
produit est peut-être
un réajustement, une
réaction de la société
ANN-CATHRINE JUNGAR,
PROFESSEUR EN SCIENCES SOCIALES
”
nouveau projet de loi visant à éradiquer les ghettos ethniques en
rendant obligatoire dès l’âge de un
an l’apprentissage du danois et des
valeurs danoises est à l’étude.
Pia Kjærsgaard est depuis 2015
présidente du Parlement, et le
DPP, dirigé par Kristian Thulesen
Dahl, s’est encore rapproché du
pouvoir.
En juin dernier, le Parti socialdémocrate qui refusait voici vingt
ans tout rapport avec le Parti du
peuple danois a presque achevé sa
volte-face. Sa nouvelle présidente,
Mette Frederiksen a rompu son alliance avec les Libéraux, en raison
de « divergences devenues trop
grandes » sur les questions d’immigration. Le parti, a-t-elle déclaré, est maintenant « plus en phase
avec les opinions des Danois sur
l’immigration, et nous allons continuer sur cette route ». Mette
Frederiksen, qui a de bonnes
chances de devenir en juin 2019
première ministre, ne voit aucun
inconvénient à gouverner avec le
soutien du Parti du peuple danois.
Pendant qu’il se rapprochait du
centre, ou le centre de lui, le parti
d’extrême droite a vu apparaître
une formation à la fois plus radicale et tout aussi présentable.
Nye Borgerlige (la nouvelle
droite), fondée en 2015 par deux
déçus du parti conservateur, est
une nouvelle formation en plein
essor. La cofondatrice de Nye
Borgerlige est une architecte de
42 ans, Pernille Vermund. Mère de
trois enfants, récemment divorcée, cette jeune femme blonde est
le visage souriant de cette nouvelle
droite nationaliste, qui assume son
conservatisme, sa foi luthérienne
et son libéralisme économique. Ses
positions sur l’immigration sont
tranchées et assumées. Le nouveau
parti veut sortir de l’Union européenne pour créer une zone de libre-échange avec le RoyaumeUni et la Norvège, supprimer les
impôts sur les sociétés. Cette nouvelle tendance tranche avec le
Parti du peuple danois et celui des
Démocrates de Suède, dont la politique anti-migratoire s’accompagne d’un soutien à l’État-providence.
Ce mélange de libéralisme antiétatique et d’opposition à l’immigration caractérise la troisième
grande formation de droite nationaliste scandinave : le Parti du
progrès norvégien. La Norvège
occupe une place particulière en
Europe, à la fois à l’extérieur de
l’Union européenne, tout en entretenant des liens étroits avec
elle, un peu comme la Suisse. Non
soumise aux règles européennes
en matière d’accueil des réfugiés,
la Norvège a en revanche longtemps été l’un des pays les plus
progressistes du monde en matière
de droit d’asile. Dans le fjord
d’Oslo, dans le musée qui célèbre
la mémoire des explorateurs polaires, une place éminente est accordée à Fridtjof Nansen. Après
EN CHIFFRES
Demandes d’asile
en Suède en 2015
160 000
Intentions de vote
pour les Démocrates
de Suède aux élections
législatives
20 %
Jimmie Akesson,
chef des Démocrates
de Suède, en campagne
pour les législatives,
le 17 août, à Sundsvall,
sur la côte de la mer
Baltique.
MATS ANDERSSON/AFP
avoir été l’un des plus hardis explorateurs de cette dernière étape
des grandes découvertes, Nansen
devient un diplomate et l’un des
pionniers de l’aide humanitaire
aux déplacés. Nommé dans les années 1920 haut-commissaire aux
réfugiés de la Société des Nations,
il invente un passeport qui porte
son nom et permet aux réfugiés de
passer des frontières. Ses efforts
pour rapatrier les déplacés et les
prisonniers de guerre, échanger
les populations grecques et
turques après la grande guerre de
1919-1922, et venir en aide aux
rescapés du génocide arménien lui
valent le prix Nobel de la paix en
1922.
Moins d’un siècle plus tard, la
Norvège a complètement changé
de point de vue.
L’un des artisans de cette transformation est le Parti du progrès.
Née dans les années 1970, cette
formation est à l’origine un parti
libertarien, partisan d’un rôle réduit de l’État et hostile aux impôts.
Dans les années 1980, alors que
la Norvège est devenue l’un des
pays les plus riches du monde grâce au pétrole de la mer du Nord,
son nouveau dirigeant Carl Hagen,
mêle à cette doctrine libérale un
discours mettant en garde contre
l’immigration de masse, à l’époque un peu incongru dans un pays
relativement homogène. Le parti
progresse régulièrement, en partie
parce qu’il prône l’utilisation des
revenus du pétrole pour améliorer
les infrastructures du pays au lieu
de le placer.
En 2006, Hagen laisse la direc-
A
crise », dit Ann-Cathrine Jungar,
professeur en sciences sociales à
l’université de Södertörn de Stockholm : « L’économie se porte très
bien, et globalement l’intégration
des immigrés se passe plutôt moins
mal qu’ailleurs. La Suède reste aussi
un pays très égalitaire, même si les
inégalités y progressent plus vite
que dans n’importe quel autre pays
de l’OCDE. Ce qui se passe est peutêtre un phénomène naturel ; la
Suède est allée très loin dans les domaines de l’égalité, de l’accueil des
étrangers. Ce qui se produit est
peut-être un réajustement, une
réaction de la société. »
« La personnalité de Jimmie
Akesson a beaucoup contribué au
succès des Démocrates de Suède,
dit Ann-Cathrine Jungar. Il est
calme, courtois, sans agressivité.
C’est le genre de personnalité politique qui plaît en Suède. Il a aussi
réussi à gommer les origines néonazies du parti, rompant avec l’image
de l’extrême droite, avec tatouages
et blousons de cuir. Il a aussi remplacé le nationalisme ethnique par
un nationalisme culturel, plus
acceptable et moins ouvertement
raciste », dit-elle.
« L’un de leurs modèles a été le
Parti du peuple danois, qui a servi
d’exemple à Akesson pour réorganiser le parti, éloigner les éléments
extrémistes et offrir une image plus
policée. Les Danois ont quinze ans
d’avance sur nous. »
Pendant les éclaircies, on aperçoit depuis Helsingborg la côte
danoise de l’autre côté du détroit
de l’Oresund. La ville jumelle est
Elseneur, là où Shakespeare place
l’action de Hamlet. Y a-t-il quelque chose de pourri au royaume
du Danemark ? Premier pays
scandinave à avoir vu un parti
nationaliste anti-immigration accepté par le reste de la classe politique, le Danemark fait figure de
précurseur. Formé en 1995, le
Parti du peuple danois (DPP) est
dans un premier temps mis au ban
de la classe politique.
En 1999, le premier ministre
social-démocrate Poul Nyrup
Rasmussen avait exprimé par une
formule méprisante le statut de
paria de la nouvelle formation :
« Vous ne serez jamais assez
propres pour rentrer dans la maison », employant une expression
qu’on utilise pour les animaux. La
dirigeante du parti, Pia Kjærsgaard, ancienne aide-soignante,
est alors regardée de haut par la
classe politique suédoise.
Le Parti du peuple danois pro-
pouvions accueillir. Nous leur avons
dit que la politique n’était pas une
affaire de bons sentiments. Tout le
monde réalise aujourd’hui que nous
avions raison. »
En 2015, quelques mois après le
début de la crise migratoire, le
gouvernement nomme au ministère de l’immigration une autre
femme à poigne, élue sur la liste du
Parti du progrès : Sylvi Listhaug.
Cette quadragénaire blonde et
souriante refuse de céder à la
« tyrannie de la bonté ». Elle entreprend de réduire de façon drastique le nombre de demandeurs
d’asile admis en Norvège. Le chiffre passe de 30 000 entrées en 2015
à 2 000 en 2017. Pour Listhaug et le
Parti du progrès, le droit d’asile
régit par la convention des Nations
unies de 1951 n’est plus adapté à
des migrants qui traversent
plusieurs dizaines de frontières et
sont donc théoriquement en sécurité dès qu’ils ont franchi la première. « Ces dispositifs ont été
créés pour une autre époque, afin de
protéger des individus persécutés.
Ils ne sont plus adaptés à des mouvements de masse de migrants économiques », explique Jon EngenHelghem. « De plus, cette politique
d’accueil compassionnelle est fondamentalement injuste : les demandeurs d’asile sont ceux qui ont le
plus d’argent. Ceux qui ont le plus
besoin d’aide n’ont pas les moyens
de payer les passeurs. Nous préférons dépenser de l’argent pour venir
en aide à plus de gens, mais en dehors de nos frontières. Et nous sommes favorables au retour dans leur
pays les réfugiés qui n’ont plus besoin de protection, comme les ressortissants des Balkans par exemple. » Listhaug entend faire de la
Norvège le pays le plus strict
concernant le droit d’asile et que le
regroupement familial ait plutôt
lieu dans le pays d’origine qu’en
Norvège.
Devenue ministre de la Justice,
elle est finalement contrainte à la
démission en mars dernier, après
avoir accusé les travaillistes, qui
venaient de rejeter un projet de loi
sur la déchéance de nationalité des
auteurs d’attentats, de « plus se
soucier des droits des terroristes
que de la sécurité des Norvégiens ».
Alors que les membres du Parti
travailliste ont été parmi les
victimes de la tuerie d’Anders
Breivik sur l’île d’Utoya en 2011,
son commentaire suscite un tollé.
Sa carrière ne devrait pourtant pas
s’en ressentir, puisqu’elle a été
nommée première vice-présidente du Parti du progrès le 3 septembre dernier. ■
+
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 8 - dimanche 9 septembre 2018 LE FIGARO
4
POLITIQUE
Macron cajole Merkel à Marseille
Un invité surprise
a perturbé la visite
du président dans
la Cité phocéenne
vendredi : Jean-Luc
Mélenchon.
ARTHUR BERDAH £@arthurberdah
ENVOYÉ SPÉCIAL À MARSEILLE
EUROPE L’opération séduction est lancée. Pour recevoir la chancelière allemande Angela Merkel, dans le cadre de
leurs entretiens mensuels, Emmanuel
Macron a décidé de sortir les grands
moyens vendredi. Fini, l’entretien bilatéral improvisé en marge d’un sommet
à Paris ou à Strasbourg. Cette fois, il
s’agissait d’offrir un autre visage de la
France : Marseille. La « ville de cœur »
du président. Celle où il a passé ses premières vacances en tant que chef de
l’État, à l’été 2017. Une cité méditerranéenne où, l’été, les bleus du ciel et de la
mer se confondent. Mais où, aussi, on
rencontre et on affronte plusieurs des
défis européens du moment. À commencer par la question migratoire. En
témoigne le résultat du premier tour de
l’élection présidentielle, il y a un an et
demi : les deux candidats eurosceptiques d’extrême gauche et d’extrême
droite, Jean-Luc Mélenchon et Marine
Le Pen, sont arrivés sur les deux premières marches du podium.
En passant
devant l’« Aquarius »...
Le leader de La France Insoumise, qui
s’est fait élire député des Bouches-duRhône aux dernières législatives, a
d’ailleurs décidé de s’inviter dans la Cité
phocéenne pour perturber le programme du président vendredi. Et installer
encore un peu plus le match avec lui.
Sur le plan national, d’abord, pour apparaître comme le premier opposant de
la majorité en vue des européennes de
2019. Sur le plan local aussi, avec les
municipales de 2020 dans le viseur. Accompagné de quelque 200 camarades,
Jean-Luc Mélenchon s’est posté sous
l’ombrière du Vieux-Port, en début
d’après-midi, pour étriller Emmanuel
Macron. « Le plus grand xénophobe qu’on
ait », a-t-il asséné. L’histoire ne dit pas
s’il a répété ses critiques dans le huis
clos de la réunion qu’il a eue avec le président et une dizaine d’élus et parlementaires locaux, invités à partager une
« rencontre républicaine » au Palais du
Pharo (VIIe arrondissement) quelques
heures seulement après sa sortie.
Emmanuel Macron et Angela Merkel, vendredi à Marseille, avant leur entretien désormais mensuel et un dîner de travail.
Après cette séquence, le président a
accueilli la chancelière pour une série
d’entretiens et un dîner de travail dans
un restaurant huppé au bord de l’eau.
Sur le chemin qui les menait de l’aéroport vers le centre-ville, les deux dirigeants ont croisé - sans s’arrêter l’Aquarius, qui stationne actuellement
au Port autonome de Marseille. Tout un
symbole, pour ceux qui disent vouloir
faire de l’immigration « une chance et
pas une crainte ». Vêtue d’un sémillant
tailleur rouge, la chancelière a longuement observé les centaines de mâts qui
décorent le Vieux-Port, puis posé le regard sur les dorures ensoleillées de la fameuse « Bonne mère », Notre-Damede-la-Garde.
Alors que sa rentrée est extrêmement
compliquée sur la scène nationale, Emmanuel Macron a choisi de miser sur
l’Europe pour se relancer. Il espère ainsi
remporter les européennes de mai prochain, dont il avait fait l’un des axes
forts de sa campagne présidentielle.
Après avoir cajolé les voisins scandinaves la semaine dernière puis ceux du
Benelux jeudi, il s’est donc concentré
vendredi sur son partenaire historique,
l’Allemagne. L’objectif est clair : profiter de la fragilité de la chancelière, dont
il s’agit du quatrième et dernier mandat,
pour s’emparer du leadership sur « l’arc
progressiste » qu’il espère construire. Et
apparaître ainsi comme le « premier opposant » aux « nationalistes » hongrois,
polonais et italiens. ■
+
» Lire aussi PAGE 17
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9 OCTOBRE & 4- 5 DÉCEMBRE 2018
NICOLAS BAROTTE £@NicolasBarotte
CORRESPONDANT À BERLIN
LES ROUAGES du tandem franco-allemand menacent de se gripper. Près de
seize mois après l’élection d’Emmanuel
Macron et près d’un an après la réélection
laborieuse d’Angela Merkel, l’euphorie
des premiers jours s’est évaporée. La lenteur de la chancelière à former un gouvernement et sa prudence extrême sur les
dossiers européens ont déçu à Paris. À
Berlin, l’engouement macroniste est passé. Le président « a brûlé avec son propre
feu d’artifice », comme l’écrit sévèrement
Die Welt. Empêtrés dans leurs difficultés
nationales réciproques, le chef de l’État et
la chancelière abordent affaiblis les dossiers européens, notamment celui de l’immigration. Vendredi, à Marseille, ils devaient travailler à une position commune
en vue du sommet du 20 septembre.
Pour le reste, le temps perdu pour se
mettre d’accord sur une relance de l’Europe se paie aujourd’hui. Les plans de la
déclaration de Meseberg, signée en juin,
ne sont pas concrétisés et déjà Emmanuel
Macron et Angela Merkel se trouvent en
situation de concurrence : d’un côté, celui qui se veut le héraut des progressistes,
de l’autre la chancelière conservatrice. La
campagne pour les élections de mai prochain a commencé et s’annonce comme
une pomme de discorde pour le duo.
Les intérêts de l’un et de l’autre diver-
gent. Angela Merkel a en effet « salué » la
candidature du conservateur bavarois
Manfred Weber pour être tête de liste du
Parti populaire européen et devenir président de la Commission. La décision finale reviendra certes aux chefs d’État et
de gouvernement, mais le système des
Spitzenkandidaten , mis en place en 2014,
pousse à désigner le chef de file du camp
vainqueur. Merkel l’a accepté « en principe », puisqu’elle est en position de force : le PPE, sur lequel elle exerce son influence, domine le Parlement européen.
Mais Macron, de son côté, n’a jamais caché ses doutes face à un mécanisme qui le
priverait de son mot à dire.
Marchandage
Décidé à polariser les européennes autour
de lui, le chef de l’État s’est efforcé d’enfoncer un coin dans le camp conservateur, quitte à mettre Angela Merkel en
difficulté. Il a pointé du doigt les contradictions du PPE qui compte dans ses
rangs la CDU/CSU, le parti de la chancelière, mais aussi le Fidesz. Son leader, le
premier ministre hongrois Viktor Orban,
est l’adversaire populiste désigné par le
président. « On ne peut pas être à la fois
avec Orban et Merkel », a déclaré jeudi
Emmanuel Macron en demandant une
« clarification » du PPE et en commentant
la candidature de Manfred Weber.
« Je regarde in concreto l’action de la
chancelière, elle est totalement du côté des
progressistes, elle a toujours pris ses res-
PIERRE LEPELLETIER £@PierreLepel
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Un tandem aux intérêts divergents
ponsabilités et a œuvré en la matière », at-il poursuivi en insistant : « Je peux dire
qu’il n’y a pas d’ambiguïté de sa part. »
Angela Merkel n’a pas répliqué vendredi.
Elle n’a pas intérêt à sortir de l’ambiguïté.
Quelles que soient les déclarations du
chef de l’État, la chancelière avance ses
pions. Elle a clairement revendiqué pour
un Allemand un poste clé de la future
Union européenne : la présidence de la
Commission est son objectif. Mais elle
peut aussi viser pour l’un des siens la
Banque centrale européenne. Paris et
Berlin n’éviteront pas un marchandage.
Sur les autres dossiers de fond, les clivages sont persistants. Les contours du
futur budget de la zone euro, annoncé en
juin, demeurent flous. Le gouvernement
allemand n’a jamais montré d’enthousiasme et n’en parle presque jamais. Au
sein du gouvernement allemand, on assure travailler à un compromis « qui
convienne à tous les États membres ».
Compte tenu des réticences, le travail
peut prendre du temps. Berlin préfère
mettre l’accent sur l’élaboration d’un
Fonds monétaire européen qui pourrait
jouer un rôle de gendarme des économies
européennes. La machine se grippe aussi
sur le dossier de la taxation des géants du
numérique. Le ministre des Finances Olaf
Scholz a choisi de freiner sur ce dossier
défendu par son homologue Bruno Le
Maire. Le temps presse pourtant : la fenêtre de tir pour agir en Europe se refermera à la fin de l’année. ■
Bergé : « Si on s’était occupé des sondages,
Macron n’aurait jamais été candidat »
IMPORTANTS BIJOUX
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VENTES EN PRÉPARATION
SIMON/AFP
CONFRONTÉ à une rentrée difficile, Emmanuel Macron peut compter sur sa majorité présidentielle
pour faire bloc derrière lui. Invitée
vendredi du « Talk Le Figaro », Aurore
Bergé, députée LaREM des Yvelines et
porte-parole du groupe à l’Assemblée,
a déminé les dossiers brûlants qui se
sont empilés ces dernières semaines sur
le bureau du chef de l’État.
Tout y est passé en revue. Les hésitations d’Emmanuel Macron autour du
prélèvement à la source alors que le
projet semblait sur les rails ? Juste une
étape pour « relayer les questions des
Français », selon Aurore Bergé. « On ne
peut pas d’un côté nous dire “Vous
n’écoutez pas assez les Français”, et
quand on relaie les questions, nous dire
“Pourquoi vous relayez leurs questions ?” » souligne la députée.
Philippe Besson, auteur d’Un personnage de roman louant la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron, catapulté au consulat de France à Los
Angeles ? Une polémique sans intérêt.
« Les Français ne m’ont pas interrogée
sur Philippe Besson, je peux vous rassurer », assure-t-elle.
Ou encore, la démission surprise du
populaire Nicolas Hulot au ministère de
l’Environnement ? Même si elle admet
qu’elle aurait « préféré qu’il reste au
gouvernement », Aurore Bergé assure
AURORE BERGÉ, vendredi, dans
le studio du Figaro. B. RIOTORD/LE FIGARO
que son départ ne représente « pas une
perte, à partir du moment où le cap écologique est clair. Avec François de Rugy,
ce cap est tenu ». L’arrivée de ce dernier
au ministère de l’Environnement suscite pourtant de vives critiques.
D’EELV, François de Rugy s’est rapproché du PS avant de rejoindre Emmanuel
Macron. De quoi lui coller une image
d’opportuniste. « Il s’est intéressé à
l’écologie bien avant que certains s’y intéressent, la défend la porte-parole du
groupe. Je trouve ça formidable aujourd’hui que Mélenchon s’y intéresse. Ça n’a
pas beaucoup occupé l’extrême gauche
pendant très longtemps… »
Dernière polémique en date : l’élection pour la présidence de l’Assemblée
nationale, fixée à mercredi. Soutenu
par l’Élysée, le patron du groupe
majoritaire, Richard Ferrand, fait figure
d’ultrafavori. Un choix qui fait grincer
des dents en interne. Le chef de file macroniste n’incarnerait pas assez le renouvellement prôné lors de la campagne, alors même que certains rêvent
d’envoyer - et pour la première fois une femme au « perchoir ». Un temps
candidate, Yaël Braun-Pivet, députée
LaREM et présidente de la commission
des lois, a finalement préféré se ranger
jeudi derrière Ferrand. De quoi éveiller
les soupçons sur une élection trop écrite à l’avance. « J’entends tous les commentaires qui disent qu’on aurait fait
pression sur elle… Si c’était le cas, elle
n’aurait pas présenté sa candidature »,
indique Aurore Bergé, qui rappelle que
trois candidats seront opposés à
Ferrand, dont deux femmes : Barbara
Pompili, Cendra Motin. La députée suivra quant à elle le choix de l’Élysée :
« Ferrand est notre président de groupe
et je pense que la logique voudrait que
notre groupe puisse le porter. »
Ces polémiques successives auront
provoqué une baisse inédite de Macron
dans les sondages. Bien qu’elle y voie
une « alerte », Bergé préfère tempérer :
« Si on s’était occupé des sondages, Macron n’aurait jamais été candidat. » ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
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samedi 8 - dimanche 9 septembre 2018 LE FIGARO
6
POLITIQUE
Retailleau
avance
sans bruit mais
avec méthode
Le président de Force républicaine veut
se faire entendre. Il planche samedi
sur le thème « la droite et la liberté ».
MARION MOURGUE £@MarionMourgue
DROITE « Bruno Retailleau a un rendezvous avec l’opinion publique. » C’est le pari
d’un ministre de droite… ex-LR. « Je dis
souvent à Emmanuel Macron que Bruno est
à surveiller », vient de confier ce membre
du gouvernement à un proche de Retailleau. Si la flagornerie est une arme
toujours utile en politique, le message
souligne aussi une évolution de perception. Fini de considérer Bruno Retailleau
comme le second. Fini de ne voir en lui
qu’un fidèle filloniste. Le président du
groupe LR au Sénat et président de Force
républicaine, qui organise ce samedi une
convention sur le thème de « la droite et
la liberté», entend parler en son nom.
Alors qu’il reçoit dans ses bureaux de
Force républicaine, à Paris, le « nous » de
la campagne a clairement fait la place au
« je ». « Je veux porter un message que je ne
vois porter par personne » ; « j’ai ma liberté,
ma liberté de penser », confie-t-il au Figaro. Le message est clair : « Je veux peser
; j’essaie d’indiquer un chemin dont je suis
absolument convaincu qu’il peut ramener
notre famille politique au cœur du débat
français et pour la reconquête du pouvoir. »
Le déclic s’est fait ces derniers mois. À
chacune de ses interventions, les demandes d’adhésion à Force républicaine se
multiplient. À chacune de ses expressions,
les intellectuels appellent : « Vous êtes le
seul à travailler ! » lui glissent-ils, enthousiastes. À chacune de ses prises de parole,
des électeurs de droite tendent l’oreille.
Bruno Retailleau le reconnaît : « Le regard
sur moi a changé depuis plusieurs mois. »
Pour ses soutiens, le président du
groupe LR au Sénat est d’autant plus
audible que Laurent Wauquiez « ne s’est
pas imposé comme le seul ténor à droite »,
« Le regard sur moi a changé depuis plusieurs mois », confie Bruno Retailleau (ici au Sénat, en 2017).
assure un soutien de Bruno Retailleau.
« Ça laisse un vide qu’il essaye d’occuper », complète cet élu.
Pour Bruno Retailleau, malgré la rentrée compliquée de l’exécutif, Les Républicains sont loin d’être prêts. « Je suis
habité par un sentiment d’urgence », appuie-t-il alors que les élections vont se
succéder à partir des européennes. « On
n’a jamais fait notre travail d’inventaire.
Tant que nous n’aurons pas dit aux
Français ce que nous sommes, nous ne
parviendrons pas à être audibles. Les slogans, ça ne suffit pas ! » fait-il valoir.« Quelle vision propose-t-on aux
Français, comment se rassemble-t-on ?
Qu’est-ce qui nous définit ? Il ne suffit pas
qu’Emmanuel Macron s’effondre pour que
nous retrouvions de l’air », s’inquiète
Bruno Retailleau en refusant d’avoir
pour seuleboussole « l’antimacronisme »
ou « l’actualité ».
Lui veut « définir un projet, un calendrier. Et les autres composantes de LR,
qu’est-ce qu’on fait avec eux ? » poursuit-il en appelant à « tendre la main »
aux élus de droite qui se sont détournés
des Républicains. « Il faut s’élargir sans
perdre le fil et se rassembler. Ceux qui prêchent la pureté chimique finissent dans une
cabine téléphonique », insiste-t-il sans
croire « à l’existence de deux droites ».
Déplacements sur le terrain
Si pour lui, ce sont les idées qui mènent à la
politique - « je suis gramscien de ce côtélà » -, on ne peut pas faire sans incarnation
pour mobiliser les citoyens. Dans ce
contexte, la primaire reste « le plus mauvais système à l’exception de tous les autres.
Je rêve qu’un candidat s’impose de lui-même en 2022. Mais comment fait-on si aucun
ne s’impose à tous ? » fait mine de s’interroger Bruno Retailleau. « Force républicai-
Ruiné, le RN fait la chasse
aux économies pour sa rentrée
PAR GUILLAUME TABARD £@GTabard
Objectif : garder la première
place aux européennes
L
GONZALO FUENTES/REUTERS
CHARLES SAPIN £@csapin
Marine Le Pen au siège du Rassemblement national, le 9 juiilet, à Nanterre.
gure plus au programme qu’une journée
de formation pour les cadres samedi, suivie du discours de rentrée de Marine Le
Pen, dimanche dans l’après-midi. Là
n’est pas le seul sacrifice concédé sur
l’autel budgétaire.
Plan social
Alors que Marine Le Pen réalisait ce vendredi son premier déplacement de rentrée à la foire agricole de Châlons-enChampagne, France Inter et Le Parisien
révèlent que par faute de moyens, un tiers
des permanences départementales du
parti ont, elles aussi, été contraintes de
fermer leurs portes. Le parti n’ayant plus
la capacité de participer aux loyers des locaux, ni, parfois même, de leur reverser
leur part de cotisations des adhérents. Le
RN n’aurait ainsi plus aucune vitrine dans
la Manche, les Vosges, en Corse et même
dans le Morbihan, département pourtant
des plus symbolique, puisque terre natale
de la famille Le Pen.
Afin de lui permettre de financer quelques actions politiques à l’approche des
européennes, une ultime piste d’économie
est à l’étude au parti : tailler dans ses dépenses de personnel. Les quelque 50 permanents du siège du parti, à Nanterre, pèseraient près de 3 millions d’euros dans son
budget annuel. La moitié des salariés serait
ainsi sur la sellette. Interrogée sur la possibilité d’un plan social au sein de son appareil, Marine Le Pen a préféré botter en touche, dans l’attente de la décision de la
justice quant aux 2 millions d’euros de subventions publiques. Une enveloppe qui ne
sera pas de trop pour assumer les coûts
qu’engendrerait un éventuel plan social. ■
égitimement inquiète de
la situation financière de son
parti, Marine Le Pen se veut
optimiste sur ses perspectives
électorales. Son objectif : décrocher
la première place aux européennes.
Même si ce scrutin lui réussit – 24,86 %
pour le FN en 2014 –, elle en est encore
loin. Malgré un recul dans les derniers
sondages, la liste de La République en
marche reste à ce jour en tête, et, bien
que deuxième, le Rassemblement
national doit aussi faire avec la
progression de La France insoumise
et la possibilité d’un redressement
des Républicains.
Le calcul de Marine Le Pen est
simple : surfer sur la vague qui porte,
partout en Europe, les partis qualifiés
de « populistes ». La popularité en Italie
de Roberto Salvini, dont elle se dit
l’amie, l’élection de Sebastian Kurz en
Autriche et la large réélection de Viktor
Orban la font rêver et lui font dire que
la victoire de ses idées est possible.
Et si le verdict des urnes est conforme
aux sondages, elle sera la première
à applaudir au succès de l’extrême
droite suédoise (lire page 2).
Mais la victoire des autres ne garantit
pas obligatoirement la sienne.
La galaxie souverainiste, nationaliste
ou populiste, quel que soit le nom
qu’on lui donne, ne forme pas un bloc
homogène. Et tous, tant s’en faut, ne la
reconnaissent pas comme leur alter ego
française. Beaucoup, à commencer par
les amis d’Orban, siègent au sein
du PPE, avec Les Républicains. La
patronne du RN assure n’en avoir cure
et prétend que l’essentiel à ses yeux
n’est pas d’être adossée à une coalition
en bonne et due forme, mais
de continuer à ébranler l’édifice
communautaire actuel. « Même
Mélenchon y contribue », confie-t-elle.
Mélenchon, justement, Marine Le Pen
Dimanche 9 septembre 2018 I 12H-13H
BENOÎT HAMON
CHEF DE FILE DU MOUVEMENT GÉNÉRATION.S
A
ne n’est pas une écurie ni une arme. C’est un
atout qui permet de ramener à la politique
les Français qui en ont été dégoûtés », explique-t-il. « Je n’ai pas créé un mouvement
pour m’opposer à Laurent Wauquiez, ce
n’est pas mon sujet », balaie-t-il. Pas question, assure-t-il, de se situer ni par rapport
au président de LR ni par rapport à Valérie
Pécresse. Pas question non plus de s’effacer. « J’ai le goût des idées, du débat, c’est
ce que veulent les Français », glisse-t-il.
Bruno Retailleau avance sans bruit,
mais pas sans méthode. Conventions
thématiques - la prochaine portera sur
« le modèle social » - structuration de
Force républicaine sur le territoire, déplacements sur le terrain, il ne voit pas
pourquoi il ne s’autoriserait pas à essayer
de peser. « Dans le projet qu’on doit définir, la droite doit reprendre l’ensemble de
son territoire idéologique », conclut-il,
plein d’ambition. ■
CONTRE-POINT
Faute de moyens, un tiers des fédérations du parti de Marine Le Pen ont
fermé leurs portes, tandis que le siège réfléchit à réduire son personnel.
RASSEMBLEMENT NATIONAL Une rentrée paradoxale. À huit mois des élections
européennes, le Rassemblement national
a autant de raisons de se réjouir que
d’être accablé. En forme dans les sondages, c’est avec appétit qu’on y prépare
le scrutin de mai au terme duquel on espère voir une majorité eurosceptique
s’installer durablement au Parlement
européen : « On a jamais vu ça. On assiste
au grand basculement et on est dans le
sens du vent. Le FN a ouvert la voie à toute
l’Europe », trépigne le conseiller politique de Marine Le Pen, Philippe Olivier.
Mais après la Hongrie, l’Autriche,
l’Italie, la Pologne ou la République tchèque, le score élevé que pourraient enregistrer les populistes aux législatives
suédoises, ce dimanche, ne gommera pas
une tout autre réalité : le parti de Marine
Le Pen est à l’os, financièrement au bord
de l’apoplexie.
En cause, plusieurs millions de dettes,
la chute de près de 60 % du nombre
d’adhérents du parti depuis la présidentielle, et, donc, la fonte de leurs précieuses cotisations. Sans oublier la saisie par
la justice de 2 millions d’euros (sur
4,5 millions) de subventions publiques,
intervenue au mois de juillet dernier
dans le cadre de l’affaire des assistants
parlementaires présumés fictifs du RN au
Parlement européen. Le parti a beau attendre le 26 septembre le délibéré de la
chambre de l’instruction sur cette affaire
(suite à leur appel), peu de cadres sont
optimistes quant à ses chances de succès.
Ce trou dans les caisses avait déjà
contraint le parti à la flamme à réduire
largement la voilure de ses traditionnelles
universités d’été, prévues à Forbach, le
week-end des 14 et 15 septembre. Ne fi-
J.-C. MARMARA/LE FIGARO
Benjamin SPORTOUCH - RTL
Guillaume ROQUETTE - LE FIGARO / Christophe JACKUBYSZYN - TF1/LCI
ne peut pas non plus l’ignorer dans
cette campagne qui, chacun s’accorde
sur ce point, sera dominée par la
question de l’immigration. Jusqu’à
présent, les extrêmes de droite et de
gauche partageaient une critique
commune du libéralisme économique
et des traités actuels, mais
l’immigration restait un point
d’opposition absolu. Or, on le voit en
Allemagne, mais aussi dans les débats
internes à La France insoumise,
l’idée d’accueillir à bras ouverts tous
les étrangers ne fait plus l’unanimité.
Sur un électorat populaire inquiet des
flux migratoires, RN et LFI peuvent
désormais entrer en concurrence ;
même si la finaliste de la présidentielle
est persuadée que l’ancienneté et la
cohérence sur ce sujet parlent pour elle
et pas pour Mélenchon. Certes,
la stratégie frontale choisie par
Emmanuel Macron la valorise. En
voulant instaurer un match exclusif
entre « européens » et « nationalistes »
- entre « européistes » et « patriotes »,
préfère-t-elle dire -, le chef de l’État
l’érige de facto en adversaire privilégié.
Marine Le Pen espère aussi la
désignation de Michel Barnier comme
tête de liste de la droite, convaincue
que son statut au sein de l’Union en fera
un repoussoir pour les électeurs de
droite souverainistes. Sauf que Laurent
Wauquiez, s’il entend rassurer la
sensibilité juppéiste de LR, n’entend
pas renoncer à un discours exigeant sur
l’immigration et sur les frontières. Il ne
suffira pas à Marine Le Pen de relever
le gant du match contre Macron pour
susciter un réflexe de vote utile dont
elle aurait besoin pour conserver sa
première place aux européennes. ■
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Guillaume Tabard
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LE FIGARO
samedi 8 - dimanche 9 septembre 2018
INTERNATIONAL
7
Brésil : la violence fait irruption dans la présidentielle
L’attaque au couteau dont a été victime le candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro lors d’un meeting pourrait doper sa campagne.
MICHEL LECLERCQ
RIO DE JANEIRO
Le candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro
grimace de douleur après avoir été
poignardé pendant sa campagne,
jeudi, à Juiz de Fora, dans le sud du Brésil.
Des campagnes électorales
souvent meurtrières
L’agresseur du député d’extrême droite,
Adelio Bispo de Oliveira, est un ancien militant d’extrême gauche, âgé de 40 ans,
aux motivations encore floues et à l’état
psychologique, semble-t-il, fragile. Il ne
cachait pas son rejet de Bolsonaro sur les
réseaux sociaux mais il a dit avoir agi « sur
l’ordre de Dieu ». L’attentat, filmé par des
téléphones portables, a choqué le Brésil :
on voit le candidat, juché sur les épaules
d’un homme au milieu d’une foule de
sympathisants, soudainement grimacer
de douleur après qu’Adelio Bispo vient de
lui porter un coup de couteau à l’abdomen. La scène se déroule dans une rue de
Juiz de Fora, une ville du Minas Gerais, à
180 km de Rio de Janeiro.
« Je n’ai jamais fait de mal à personne »,
a dit Jair Bolsonaro allongé sur son lit
d’hôpital dans une vidéo diffusée vendredi
matin, jour de fête nationale. Le député de
Rio a pourtant bâti sa réputation d’homme
fort par des déclarations à l’emporte-pièce
contre les femmes, les homosexuels ou les
Noirs. Ce nostalgique de la dictature militaire (1964-1985) est aussi un fervent partisan du port d’armes. En début de semaine, il avait menacé lors d’un meeting de
« fusiller les petralhas » (les partisans de
Lula). L’attaque a galvanisé ses partisans.
« Courage capitaine, vous avez une légion
de soldats avec vous », a écrit l’un d’eux
sur Twitter. Le président Michel Temer a
décidé de renforcer la sécurité des candi-
La chasse
au traître bat
son plein à la
Maison-Blanche
che. Celui qui a « diffamé l’extraordinaire leadership » de Trump devrait démissionner, dit-il.
Si l’auteur de la tribune est déterminé à rester dans l’ombre, la présidence
ne se fait pas trop d’illusions sur sa capacité de le découvrir. « J’imagine que
par élimination, on en arrivera au majordome », ironise la démocrate Nancy
Pelosi. Un fac-similé du Wall Street
Journal datant de 1974 est réapparu
dans lequel Mark Felt, alors directeur
adjoint du FBI, assurait « ne pas être et
n’avoir jamais été » la taupe renseignant les journalistes Bob Woodward et
Carl Bernstein sur le Watergate. C’est
seulement trente ans plus tard que Felt
a reconnu être la « gorge profonde »
ayant permis la révélation du scandale
par le Washington Post.
Les ténors de l’Administration font
allégeance les uns après les autres
à Donald Trump pour se dédouaner.
« Conspiration silencieuse »
elle montre que tout le monde ou presque au sommet de l’État est crédible
dans le rôle de taupe pensant pis que
pendre du président.
Donald Trump est bien décidé à démasquer le « traître » et ses complices
qui complotent contre lui dans son propre gouvernement. Une équipe de la
Maison-Blanche appelle les ministères
pour collecter les démentis, avant de
les présenter au président qui les jauge.
Selon le New York Times, les recherches
se concentrent sur « une liste » d’une
douzaine de suspects. L’idée de les passer au détecteur de mensonge, suggérée par le libertarien Rand Paul, a été
brièvement débattue. Celle de leur faire
signer une déclaration sous serment,
qui pourrait être utilisée contre eux devant la justice, ne semble pas écartée.
Le vice-président, Mike Pence, ou
l’un de ses collaborateurs, serait notamment dans le viseur de Trump. La
déclaration d’allégeance selon laquelle
il « signe ses tribunes de son nom » ne
l’aurait pas convaincu. Outre sa posi-
PHILIPPE GÉLIE £@geliefig
CORRESPONDANT À WASHINGTON
ÉTATS-UNIS Les vassaux s’avancent
un à un, posent le genou à terre et proclament leur fidélité au suzerain. C’est
le spectacle que donne l’Administration
Trump depuis la parution dans le New
York Times d’une tribune anonyme affirmant qu’une partie de l’entourage du
président s’emploie à « contrecarrer ses
pires instincts. »
« Ce n’est pas moi », assure le chef de
la diplomatie, Mike Pompeo. « Manifestement faux », renchérit le directeur
national du renseignement, Dan Coats.
« Risible », prétend le secrétaire au
Trésor, Steve Mnuchin. « Lâche »,
ajoute le ministre de l’Énergie, Rick
Perry. Ils sont déjà plus de trente hauts
responsables de l’Administration à nier
être l’auteur de ce portrait alarmant
d’un président instable et incompétent.
La traque du mouton noir ratisse tellement large qu’elle a un effet pervers :
Donald Trump,
le 20 août à la
Maison-Blanche.
K. LAMARQUE/REUTERS
tion d’héritier, Pence est aussi soupçonné pour ses références fréquentes à
« l’étoile du berger », une expression
qui figure dans le texte du Times. Mais
son obséquiosité envers Trump, qu’il
avait couvert d’éloges toutes les douze
secondes lors d’une réunion de cabinet
en décembre, colle mal avec la démar-
La France en ordre de bataille dans l’espace
Pour Florence Parly, la défense spatiale est une « priorité absolue » et nécessite de « véritables opérations ».
çaises, a été « butiné » par un « satellite
russe » - l’adversaire est désormais nommé - pour l’espionner. Avec des conséquences potentielles lourdes pour les forces sur le terrain. Surveillance des
satellites, captation de données, déni de
service, satellites rendus « aveugles »,
désorbités ou carrément détruits par des
armes à énergie dirigée ou à impulsions
électromagnétiques : ces menaces seront
bientôt largement à l’œuvre.
DÉFENSE Un tabou est tombé. Pour la
première fois, la guerre dans l’espace, les
menaces qui se développent dans ce
« milieu » et la nécessité d’y répondre par
une stratégie aboutie sont évoquées publiquement à haut niveau, en l’occurrence par la ministre des Armées, Florence
Parly. Certes, Emmanuel Macron avait
déjà évoqué la question, le 13 juillet dernier, dans son discours aux armées.
Selon une bonne source, le chef de
l’État a d’ailleurs pris le sujet très à cœur,
au point d’y travailler durant ses vacances à Brégançon… Il prévoit un grand discours sur ce thème, début 2019. Mais cette fois, en visite au CNES, à Toulouse,
Mme Parly a érigé l’espace au rang de
« priorité absolue ». « Une défense spatiale, c’est nécessaire, c’est essentiel », a insisté vendredi la ministre, illustrant son
propos par une histoire de « petite guerre
des étoiles », connue des spécialistes,
mais jamais confirmée officiellement.
L’an dernier, le satellite Athena-Fidus,
utilisé pour les opérations militaires fran-
LE FIGARO
ALAIN BARLUET £@abarluet
“
La guerre
antisatellite est
déjà une réalité
FLORENCE PARLY,
MINISTRE DES ARMÉES
dats. Les campagnes électorales au Brésil
sont souvent meurtrières. Selon un décompte du journal O Estado de Sao Paulo
réalisé après le meurtre en mars de la
conseillère municipale de gauche Marielle
Franco, près de 1 400 hommes politiques
ont été assassinés depuis 1979. L’attentat
est survenu dans un climat de crise économique et sociale profonde, sur fond de violences records (63 000 homicides en 2017).
Pour l’éditorialiste du journal O Globo
Ascanio Seleme, « la campagne a changé
radicalement. Jair Bolsonaro est une victime
et pourra bénéficier politiquement de l’attentat ». Le politologue Adriano Codato,
de l’université fédérale du Parana, estime
qu’il va « clairement » sortir renforcé.
Cette attaque « idéalise sa personne et ennoblit ses propositions. Et fournit une excuse
parfaite pour le discours violent que lui et ses
admirateurs affectionnent ». ■
”
Cela alors que les satellites sont désormais omniprésents, tant pour les usages
civils (chacun de nous utilise sans le savoir dix satellites par jour) que militaires.
L’agroalimentaire, les grands domaines
vinicoles s’en servent pour gérer leurs
productions. Mais que se passerait-il si les
communications militaires étaient court-
circuitées, si les systèmes permettant
l’engagement des missiles étaient piratés
ou si les horloges à l’œuvre dans la dissuasion nucléaire étaient malintentionnellement déréglées ? « Non, nous ne
sommes pas protégés contre ces menaces.
Non, l’espionnage et les actes offensifs,
cela n’arrive pas qu’aux autres », a dit
Florence Parly, pour qui « la guerre antisatellite est déjà une réalité ».
À l’œuvre depuis la guerre froide, la
militarisation de l’espace n’est pas une
nouveauté - on parle désormais d’arsenalisation. « L’espace exo-atmosphérique
est en train de devenir un champ d’opérations en tant que tel », a rappelé Mme Parly.
« Nous sommes au milieu du gué », explique-t-on dans son entourage. Depuis
le discours présidentiel, à Brienne, un
audit stratégique, avec tous les intervenants du secteur, a été lancé. Il débouchera en novembre et la ministre présentera
sa stratégie spatiale à la fin de l’année.
« Nous devons […] conduire de véritables opérations spatiales pour protéger nos
moyens et décourager toute agression », a
affirmé Florence Parly. « Nous connaissons les menaces. Nous connaissons les dé-
fis [les satellites seront 8 500 dans dix ans
et les débris spatiaux prolifèrent, NDLR].
Nous ne resterons pas les bras ballants »,
a-t-elle souligné. Les notions d’« opérations offensives » et de « combattants de
l’espace » ne sont pas explicites, comme
c’est maintenant le cas pour le cyber.
Mais on s’en approche. « Nous nous donnerons les moyens d’agir et de surveiller »,
a ainsi insisté la ministre.
La France consacre 2 milliards d’euros
par an à l’espace - contre 50 milliards aux
États-Unis. Florence Parly a confirmé le
renouvellement, à l’horizon 2023, de tous
ses satellites permettant de voir, d’écouter et de communiquer dans l’espace. Le
radar de surveillance Graves sera rénové.
La piste de la coopération européenne
poursuivie. Et la gouvernance de l’espace
sera revue, pour répondre aux défis d’une
possible guerre dans l’espace. Faut-il aller jusqu’à une Space Force, comme celle
annoncée récemment par Donald
Trump ? Florence Parly ne se prononce
pas à ce stade. Mais elle salue une initiative américaine qui, dit-elle, « envoie un signal extrêmement puissant, [celui] des
confrontations à venir ». ■
La parade des démentis vise avant tout
à rassurer le président et ses supporteurs : il n’y aurait pas de rébellion générale et coordonnée au sommet de
l’État. Le « coup d’État bureaucratique », qu’évoque aussi Bob Woodward
dans son livre à paraître (Fear, la peur),
relèverait de la fiction ou de quelques
factieux isolés. À défaut de l’en
convaincre, Trump pourrait s’enfoncer
dans une méfiance qui ne ferait qu’aggraver les dysfonctionnements de sa
présidence. « Il est entouré d’étrangers,
sur qui peut-il compter ? », interroge
l’homme d’affaires Chris Rudy, qui a
ses entrées à la Maison-Blanche.
Quel est le but recherché par celui
qui a révélé dans la presse une
« conspiration silencieuse » censée protéger la République ? « Cette personne a
gravement porté préjudice aux efforts
pour contenir le président », prévient
dans Politico un républicain proche de
Trump. « Désormais, quiconque lui fera
part de ses doutes sur une politique sera
soupçonné d’avoir écrit ce texte. » À
moins que l’auteur n’ait prévu « de se
dévoiler et d’être canonisé », ironise
dans le Times une ancienne collaboratrice d’Obama. ■
EN BREF
L’Amérique aura plus
de soldats en Allemagne
Les États-Unis, qui comptent déjà
plus de 30 000 soldats stationnés
en Allemagne, vont envoyer
quelque 1 500 soldats
supplémentaires dans ce pays
malgré les critiques répétées
de Donald Trump contre Berlin.
La Turquie condamne
le prokurde S. Demirtas
Ancien chef du parti prokurde
HDP, Selahattin Demirtas,
détenu depuis novembre 2016
et candidat malheureux
à la présidentielle du 24 juin,
a été condamné vendredi à 4 ans
et 8 mois de prison pour
« propagande terroriste »,
a annoncé son parti.
Allemagne : y a-t-il eu des
« chasses » aux étrangers ?
Contredisant Angela Merkel,
le patron des renseignements
allemands, Hans-Georg Maassen,
a émis dans Bild de sérieux doutes
sur des « chasses collectives »
contre des personnes d’apparence
étrangère lors du rassemblement
non autorisé de l’extrême droite
le 26 août à Chemnitz.
A
RAYSA LEITE/AFP
AMÉRIQUE LATINE Ils étaient deux favoris à l’élection présidentielle d’octobre au
Brésil : l’un est en prison, l’autre à l’hôpital. Cinq jours après que l’ex-président
Lula da Silva a été déclaré inéligible, le
candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro a
été poignardé dans une réunion électorale
dans le sud-est du pays, un attentat qui
bouleverse une campagne déjà imprévisible. En tête des sondages pour le premier
tour, avec 22 % des intentions de vote,
l’ex-capitaine de 63 ans récupérait vendredi de ses blessures après avoir été opéré
la veille pour des lésions à l’intestin. Selon
les médecins, ses jours ne sont pas en danger, mais il devrait rester hospitalisé au
moins une semaine. Tous les candidats ont
condamné cette attaque « contre la démocratie » et ont suspendu provisoirement
leurs campagnes comme leurs émissions
électorales à la télévision qui prenaient
pour cible Jair Bolsonaro.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 8 - dimanche 9 septembre 2018 LE FIGARO
8
INTERNATIONAL
Les pays du Golfe prêts à monnayer
leur soutien à Bachar el-Assad
L’Arabie saoudite et les Émirats conditionnent leurs aides à la reconstruction de la Syrie au départ des Iraniens.
GEORGES MALBRUNOT £@Malbrunot
PROCHE-ORIENT Tirant la leçon de
« la nouvelle réalité » en Syrie, l’Arabie
saoudite, le Qatar et les Émirats arabes
unis, qui finançaient il n’y a pas si
longtemps encore les rebelles opposés
à Bachar el-Assad, sont prêts désormais à le maintenir au pouvoir, mais à
condition qu’il rompe avec son allié
chiite iranien, l’ennemi juré des monarchies sunnites, de Riyad et d’Abu
Dhabi, en particulier.
« De nombreux gouvernements examinent quel est le bon équilibre pour
s’adapter à cette nouvelle réalité »,
confie un expert arabe du Golfe. « Le
régime syrien a gagné la guerre », ajoute-t-il. « Maintenant, via son allié russe, il veut nous convaincre de normaliser, sans contrepartie, nos relations.
Nous devons le faire, mais pas sans
contrepartie, on doit maintenir un certain niveau de pression sur Assad. »
Fin août, le député libanais Nawaf alMoussawi, élu du mouvement chiite
Hezbollah, allié de Damas, déclarait sur
la chaîne de télévision al-Mayadeen
qu’un émissaire saoudien avait été dépêché auprès d’el-Assad porteur du
message selon lequel ce dernier « peut
rester au pouvoir à vie, sans qu’il soit
obligé de faire des réformes politiques et
constitutionnelles ». L’Arabie, selon
Nawaf al-Moussawi, « s’engage à reconstruire la Syrie, en contrepartie, le
président Assad devrait rompre définitivement ses relations avec le Hezbollah et
l’Iran ». Selon le député libanais, ce
deal daterait d’il y a trois mois, et Assad aurait refusé la proposition.
Engagés dans la guerre en Syrie à
partir du début de l’année 2013, le
Hezbollah et l’Iran ont apporté à Assad
une aide en hommes qui, aux côtés de
l’appui aérien russe, lui a évité d’être
renversé. Pour l’Arabie saoudite, la révolte syrienne lancée en 2011 était l’occasion d’enfin « casser » l’axe DamasTéhéran, vieux de plus de trente ans,
et, si possible, de porter au pouvoir un
régime sunnite, proche des vues de
Riyad, qui s’est toujours vu comme le
défenseur des sunnites du MoyenOrient. Mais, analyse un ancien ambassadeur français en Syrie et en Arabie, « bien avant cette révolte, Riyad
estimait que le problème en Syrie, ce
n’était pas Assad, même si on ne l’aimait
guère, mais son alliance avec l’Iran
chiite ».
Après avoir parrainé le haut-conseil
des négociations, qui regroupe des opposants à Assad, « l’Arabie a épousé à
partir de la fin de l’année dernière l’approche cynico-réaliste », avoue un di-
A
Erdogan et Poutine
s’opposent sur Idlib
Les présidents turc, Recep Tayyip
Erdogan, et russe, Vladimir Poutine,
ont affiché leur désaccord vendredi
sur un cessez-le-feu dans la province
syrienne d’Idlib, ultime bastion
insurgé menacé par une offensive
du régime, scène rare illustrant
leurs divergences sur la Syrie
malgré une étroite coopération.
La joute verbale s’est déroulée
lors d’un sommet à Téhéran entre
Erdogan, Poutine et le président
iranien, Hassan Rohani, dont le
principal objet était le sort d’Idlib,
province du nord-ouest de la Syrie
frontalière de la Turquie que les
forces du régime veulent reprendre
aux rebelles et aux djihadistes.
Si la Russie et l’Iran appuient
le régime de Bachar el-Assad,
Ankara s’oppose à une offensive
de grande ampleur qui risquerait
de provoquer un exode vers
la Turquie où quelque trois millions
de Syriens ont déjà trouvé refuge.
« Si l’expression “cessez-le-feu”
figurait ici, alors cette déclaration
en serait d’autant plus pertinente »,
a souligné Erdogan lors des débats
avec ses homologues russe et iranien
sur la rédaction du communiqué final
du sommet, retransmis en direct
à la télévision.
plomate européen à Riyad. Celle-ci
consiste à reconnaître qu’Assad - malgré ses crimes et grâce à son parrain
russe avec lequel l’Arabie est en bons
termes - a défait ses ennemis.
Dans le Golfe, les alliés bahreïniens
et émiriens de l’Arabie sont sur la
même longueur d’onde. Les services de
renseignements des Émirats n’ont jamais rompu les relations avec leurs homologues syriens. Abu Dhabi ne cache
pas que l’exclusion de la Syrie de la Ligue arabe au début de la révolte a été
une « grosse erreur », dans la mesure
où elle a poussé Damas dans les bras de
l’Iran. Quant au sultanat d’Oman, il n’a
jamais rompu ses relations diplomatiques avec la Syrie ; le Qatar, lui, a mis
en sourdine son hostilité envers Assad,
et le Koweït est toujours resté discret.
En signe de bonne volonté, certains
pays du Golfe seraient prêts à engager
des discussions en vue de rouvrir les
liaisons aériennes avec Damas.
russe. Tout dépendra de ce que Moscou
pourra arracher de son allié syrien.
« Mais la Russie ne veut pas être en
confrontation avec l’Iran sur la Syrie »,
regrette, à ce sujet, l’expert arabe du
Golfe. Pourtant, ajoute-t-il, « le régime syrien doit comprendre qu’il a besoin
d’alliés dans le monde arabe, il devrait
donc s’écarter de l’Iran et du Hezbollah », comme le lui demandent également Israël et les États-Unis. D’autant
que ce n’est pas la Russie qui pourra
financer la reconstruction d’un pays,
dévasté par sept années d’une guerre
qui a causé la mort de 500 000 personnes. Selon certaines sources, un
groupe d’officiels américains, proches
des milieux sécuritaires, aurait égale-
Le poids de Moscou
Dans la mesure où Assad ne rompra
pas « définitivement » avec l’Iran, il est
toutefois difficile d’évaluer jusqu’où
peut aller cette ébauche de rapprochement entre le Golfe et la Syrie, testée
déjà en juin 2015 lors d’une rencontre à
Riyad entre Mohammed Ben Salman,
le fils du roi, et Ali Mamlouk, le chef de
la galaxie sécuritaire syrienne, en présence d’un officier des renseignements
ment fait « le chemin de Damas », ces
derniers mois.
Ce repositionnement des pays du
Golfe s’inscrit dans un mouvement
plus large au Moyen-Orient. La Jordanie, voisine de la Syrie, fait du retour
des réfugiés sa priorité et s’accommode, elle aussi, du maintien d’Assad au
pouvoir. Quant à l’Égypte, autre allié
des monarchies du Golfe, « elle est prête à aller vite avec Damas », précise
l’expert. Après avoir profité de l’élection de Donald Trump pour accentuer
la pression sur l’Iran, Saoudiens et
Émiriens semblent donc prêts à abandonner les rebelles syriens, dans l’espoir d’affaiblir, encore plus, leur seul et
vrai ennemi perse. ■
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif (à gauche), a rencontré Bachar el-Assad, lundi lors d’un déplacement à Damas.
SANA/REUTERS
La Syrie au cœur de « l’axe de la résistance » de l’Iran
PATRICK SAINT-PAUL £@psaintpaul
SANS L’INTERVENTION de ses parrains
iraniens et russes, Bachar el-Assad était
perdu. La guerre en Syrie, dont il sortira
grand vainqueur, touche à sa fin et les
pressions se multiplient pour qu’il chasse ses alliés iraniens. En a-t-il les
moyens, alors que la Syrie est au centre
du jeu de Téhéran dans sa lutte de pouvoir face aux sunnites au MoyenOrient ? Le souhaite-t-il vraiment alors
que l’Iran est une assurance-vie, qui lui
permet de faire contrepoids à la Russie
et à l’influence turque ?
Pour les mollahs de Téhéran, la présence en Syrie, en Irak, au Liban et au
Yémen, qui forment un nouvel « axe de
la révolution » chiite face aux sunnites
est cruciale. La Syrie est la pièce maîtresse de ce jeu : elle offre à la République islamique une profondeur stratégique vitale, qui lui permet de projeter sa
puissance à travers le Levant, lui offrant
un accès physique direct au Hezbollah
libanais et un potentiel front avec Israël
au pied du Golan. « Pour le régime iranien la présence au Moyen-Orient est bien
plus importante que la question de l’arme
nucléaire. Elle lui permet d’agir contre ses
ennemis sans risquer d’exposer son territoire à des représailles directes. En créant
des abcès ailleurs, l’Iran se protège. C’est
une forme de dissuasion », souligne une
source occidentale de renseignement.
Qassem Soleimani, le commandant de
la Force al-Qods, unité d’élite des gardiens de la révolution, pilote cet « axe de
la révolution » tissant des liens et levant
des combattants à travers tout le
Moyen-Orient. Sous son impulsion,
l’Iran s’est profondément enraciné en
Syrie, redessinant la carte stratégique
dans la région. Il déploie ses conseillers
tactiques sur les bases à travers le pays.
Ses commandants sont présents sur les
La présence iranienne en Syrie
POSITIONS TENUES PAR LES FORCES IRANIENNES OU ALLIÉES
60 km
TURQUIE
Alep
Raqqa
Lattaquié
Tartous
Homs
Mer
Méditerranée LIBAN
IRAK
SYRIE
Palmyre
Damas
SYRIE
IRAK
IRAN
ISRAËL
Source : New York Times
JORDANIE
lignes de front pour mener les batailles.
Et il dirige des milliers de combattants
répartis au sein de plusieurs milices,
dont la principale reste le Hezbollah, véritable armée parallèle libanaise, forte de
6 000 hommes qu’il tente de cloner en
Irak et en Syrie. Il recrute ses hommes en
Afghanistan, au Pakistan, en Irak ou
dans le Caucase, les attirants à coups de
dollars et en jouant sur leur foi chiite.
Une ouverture
sur la Méditerranée
Soleimani relève directement du guide
suprême, Ali Khamenei, dont il est très
proche, ce qui lui permet de court-circuiter le Conseil de sécurité nationale et
d’obtenir tout ce qu’il veut directement
du guide. Érigé au rang de « martyr vivant de la révolution » par Khamenei, il
jouit d’un statut de héros national en
raison de ses actions pour propager l’axe
Infographie
chiite. Ses milices étaient en pointe dans
la reconquête d’Alep revêtant parfois
l’uniforme syrien pour plus de discrétion. « Financées par l’Iran et d’une
loyauté sans faille, les milices de combattants afghans, pakistanais et irakiens
sont épaulées par des conseillers de la
Force al-Qods et sont placées sous le
commandement du Hezbollah. Le Hezbollah et les autres milices se sont professionnalisés en combattant côte à côte avec
les Russes, dont ils ont appris les tactiques
et les techniques de coordination. Le Hezbollah est aujourd’hui une milice au professionnalisme sans équivalent dans la région », s’inquiète la source de
renseignement occidentale.
D’autant plus que l’Iran a déployé des
armes stratégiques en Syrie : missiles,
drones armés ou furtifs. Les Iraniens
utilisent les bases militaires et notamment aériennes à travers le territoire.
Cependant, l’implication russe, aux intérêts concurrents, bride les velléités de
Téhéran de pérenniser cette présence.
« L’Iran s’en accommode. Les milices
soutenues par Téhéran et fidèles à Soleimani sont présentes sur toutes les bases
stratégiques du pays. Il négocie l’ouverture d’un port iranien à Tartous, qui
pourrait un jour évoluer avec des installations militaires », explique la source occidentale. Surtout, cette ouverture sur la
Méditerranée permettrait au régime des
mollahs de contourner le Golfe persique
et ses voisins hostiles pour ses exportations, notamment pétrolières. Israël qui
soutient des groupes rebelles rivaux en
Syrie, s’alarme de cette présence à sa
frontière et multiplie les frappes contre
les positions iraniennes et celles de ses
milices. Mais, affecté par les sanctions
américaines qui ont suivi la dénonciation par Donald Trump de l’accord nucléaire, l’Iran sera d’autant plus difficile
à déloger de Syrie qu’il entend avoir sa
part du gâteau économique.
Pour Bachar el-Assad, que Téhéran
soutient, militant pour qu’il retrouve sa
place d’unique dirigeant d’une Syrie
unifiée, la présence iranienne est rassurante. Contrairement à la Russie, il sait,
avec l’Iran, pouvoir s’appuyer sur un allié indéfectible, qui a volé à son secours
dès 2011 alors que le régime alaouite était
sur le point de s’effondrer. Les Russes,
qui ont joué le rôle décisif pour la reconquête du pays, fournissant notamment
l’appui aérien, ont attendu 2015 pour
s’impliquer militairement… Les liens
avec l’Iran remontent à 1979, lorsque les
mollahs ont forgé une alliance avec la
famille Assad après avoir renversé le
chah. Ils sont d’autant plus étroits que le
clan des Assad, de confession alaouite,
une variation du chiisme, est minoritaire dans un pays à majorité sunnite,
comme le régime iranien, isolé dans une
région dominée par les sunnites. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 8 - dimanche 9 septembre 2018
SOCIÉTÉ
9
Les chasseurs
dans le viseur
des radicaux
Verts
troisième loisir préféré des Français ». Et
on prend cette action « complètement ridicule » avec « philosophie ». « Tous les
ans, on a ces débats, balaie Nicolas Rivet,
son directeur général. Il y a une montée de
l’intégrisme et du dogmatisme. Aujourd’hui contre la chasse, demain la pêche,
puis l’équitation, car elle exploite les chevaux ? L’an dernier, notre président a reçu
des menaces de mort. Nos chasseresses se
font traiter de tous les noms. On est en train
de mener des actions judiciaires. La chasse
est légale, chacun vit comme il veut. Moi je
ne vais pas taguer un restaurant végan ni
une épicerie bio ! »
« La goutte d’eau »
ENVIRONNEMENT « Le début de saison
sera éprouvant pour les chiens ainsi que
pour les chasseurs », prévient Decathlon
sur son site Internet, recommandant tout
une série d’équipements. La grande enseigne de sport ne croit pas si bien dire.
Car tandis que la saison s’ouvre progressivement dans l’ensemble du pays, ce
sont les chasseurs qui sont dans le viseur.
Eux qui se proclamaient « premiers écologistes de France » ont récemment dû rajouter un point d’interrogation sur leurs
affiches publicitaires du métro parisien.
Et depuis quelques jours, une pétition en
ligne, qui rassemblait plus de 38 000 signatures vendredi soir, réclame la suppression des rayons chasse dans les magasins Decathlon. Alors que les attaques
contre des boucheries se multiplient en
France, que des risques d’affrontements
entre pro et anti-viande ont encore failli
entraîner, ce week-end, l’annulation
d’un festival d’associations véganes à Calais, la puissante Fédération nationale des
chasseurs (FNC) dénonce « un climat inquiétant », du fait, selon elle, de « la dérive extrémiste » de certains militants de la
cause animale.
«Votre enseigne d’Aubagne vend de la
glu pour piéger les oiseaux et soutient implicitement le braconnage, s’offusque la
pétition. Quant à celui de Nice, il invite au
tir illégal des corvidés. En 2017, déjà, vous
incitiez à tuer les oiseaux migrateurs en
dehors des périodes de chasse. Il est temps
de revenir aux véritables sports ! » C’est
en faisant des achats dans un Decathlon
près de Grenoble que le naturaliste Pierre
Rigaux a « eu le déclic », la semaine dernière. « Il y avait une “fête de la chasse”,
avec toutes sortes d’animations et carrément un stand de la Fédération des chasseurs !, raconte-t-il. Au même moment,
Nicolas Hulot démissionnait en fustigeant
la toute-puissance des chasseurs… Je me
La saison de la chasse s’ouvre progressivement dans l’ensemble du pays.
suis dit que les consommateurs, eux, pouvaient faire bouger les choses, en choisissant d’aller dans des magasins qui ne vendent pas d’articles de chasse. » Une
« démarche éthique », non « pas dirigée
contre votre enseigne », a-t-il écrit au directeur général de Decathlon, ni « contre
la chasse en général, mais contre la promotion de cette pratique auprès des clients
non-chasseurs qui fréquentent les magasins, en particulier les enfants ». Se disant
« en phase avec l’opinion des Français,
majoritairement opposés à la chasse », le
militant promet d’autres « actions au
long cours » pour « faire évoluer la société
vers plus de respect du vivant ».
À la FNC, on rétorque qu’« avec
1 200 000 pratiquants, la chasse est le
Decathlon n’a pas souhaité réagir « pour
le moment ». En tout cas, pas question,
pour l’enseigne, de changer son fusil
d’épaule. Au magasin de Dieppe, par
exemple, la « fête de la chasse », restait
programmée vendredi soir, avec « buffet
froid et présentation de chiens de chasse ».
Dans celui de Paris La Madeleine, un petit
rayon pêche a été installé il y a un mois,
« vu la demande ». « D’ailleurs, j’ai failli
démissionner, confie un caissier végane. Je
ne pourrai jamais encaisser un hameçon en
sachant qu’il servira à tuer un poisson… »
Conseiller politique de la FNC, et aussi
conseiller chasse d’Emmanuel Macron
pendant la campagne électorale, Thierry
Coste est désormais connu, plaisante-til, comme « la goutte d’eau » qui a fait
démissionner Nicolas Hulot. « Ces militants de la cause animale ne sont pas plus
nombreux qu’avant, bien au contraire, affirme-t-il. Mais ils durcissent leurs positions. Qu’on n’aime pas la chasse ou la
viande, c’est légitime, mais qu’on ne vienne pas frapper des chiens avec des battes
de base-ball lors de chasses à courre ! Ces
extrémistes desservent la cause. Il faut
que les associations de protection animale
fassent le ménage dans leurs rangs, comme nous l’avons fait en faisant évoluer nos
règles. » ■
Des Kurdes irakiens
logés par
le diocèse de Lille
Parcoursup : des étudiants dupés
par des formations fantômes
À la recherche de places, l’État toque à la porte
de l’Église pour héberger les migrants.
WALLY BORDAS £@wallybordas
Certaines universités proposent encore des filières qui n’existent plus.
MADELEINE VATEL £@Vatelm
IMMIGRATION Sollicité par la préfecture
des Hauts-de-France pour accueillir des
familles migrantes, le diocèse de Lille
vient de signer une convention pour héberger, durant un mois et demi, plus de
soixante-dix Kurdes irakiens dans l’une
de ses maisons diocésaines. Une vaste
maison, puisqu’il s’agit de l’ancien séminaire de Lille - une bâtisse de 3 000 m2
avec salles de réunion, réfectoire, chambres, bibliothèque et bureaux - fraîchement déménagé pour installer les futurs
prêtres dans une maison du centre historique de la ville.
« Nous avions cette fois la capacité pour
répondre favorablement à cette demande
de l’État qui recherchait un lieu provisoire
pour des familles », confirme le père
Bruno Cazin, vicaire général du diocèse
de Lille, avant de rappeler que l’accord
est contractualisé et donne lieu à une indemnisation. Une décision prise alors
que le patron de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra),
Pascal Brice, vient de lancer un appel à
« être inventif » pour faire face au manque de places, notamment en s’appuyant
sur les associations et les citoyens.
La préfecture des Hauts-de-France
procède régulièrement à une mise à
l’abri des migrants qui errent autour de
Calais, mais c’est la première fois que le
diocèse peut accueillir un effectif aussi
important. L’État y a établi un CHU
(centre d’hébergement d’urgence). Arrivés des camps de Grande-Synthe près
de Dunkerque, ces exilés seront progressivement réorientés en fonction de
leur situation et de leur souhait de demander ou non l’asile. « Nous accueillons
régulièrement de grands groupes, le lieu
s’y prête », détaille François-Régis Pascal, intendant de la cathédrale NotreDame de la Treille de Lille et de la maison
Paul VI, qui auparavant, pendant plusieurs semaines, avait reçu les membres
de la communauté de l’Arche de Jean
Vanier et, plus tard, des adolescents du
centre médico-pédagogique de Croix,
une commune de la métropole. « Nous
avons en ce moment cette capacité pour
THOMAS LO PRESTI/PHOTOPQR/VOIX DU NORD
LILLE
Le père Bruno Cazin, vicaire général
du diocèse de Lille.
offrir de bonnes conditions en termes de
chambres et de sanitaires », poursuit
l’intendant. Le diocèse gère la structure,
mais c’est Coallia (ex-Aftam) qui s’occupe de tout l’accompagnement social et
avec qui est établi le contrat de location.
Cette association est spécialisée notamment dans l’hébergement social pour
l’accueil des demandeurs d’asile, des réfugiés et des personnes en situation
d’urgence.
Pour le diocèse, cet hébergement est
une démarche parallèle à celle bien plus
large à laquelle répondent déjà les paroisses ou des associations impliquées auprès
des migrants. « Dans de nombreuses communes, des familles parfois éloignées de la
foi, renouent avec des actes concrets de
charité, redécouvrent un visage de l’Église
à travers des chrétiens d’Orient, vivent une
nouvelle expérience de paroisse », remarque le père Bruno Cazin.
Le diocèse a déjà signé des conventions avec des associations pour mettre à
disposition des locaux non occupés,
comme d’anciens presbytères, libérés
dès que les personnes sont en mesure de
faire des demandes de logements sociaux. Par ailleurs, dans le cadre de l’accueil des mineurs isolés, qui est du ressort du département, le diocèse de Lille a
également mis à disposition certains de
ses bâtiments cet été. ■
ORIENTATION Ils avaient tout organisé et
tout est tombé à l’eau. À travers les réseaux sociaux, ces derniers jours, plusieurs étudiants ont lancé l’alerte : sur
Parcoursup, ils ont été acceptés dans des
formations qui finalement n’existent pas.
Des témoignages qui ont soulevé une vague d’indignation sur Twitter. Marine*,
19 ans, fait partie de ces jeunes désabusés.
« Je suis originaire de Rouen, et j’ai postulé
dans des bi-licences histoire de l’art et archéologie-histoire. J’ai eu une proposition
à l’université Grenoble-Alpes que j’ai très
vite acceptée. Puis j’ai organisé mon déménagement, trouvé mon appartement.
J’ai tout payé. Lorsque je suis arrivée pour
m’inscrire à la rentrée, mon université m’a
dit que la bi-licence que je convoitais
n’existait pas, que c’était un bug de Parcoursup », raconte-t-elle, encore sous le
choc. Alors, la jeune femme cherche des
solutions. « J’étais dévastée car j’avais
tout quitté pour vivre à Grenoble. Je me suis
sentie tellement seule ! J’ai contacté des
responsables de Parcoursup qui m’ont dit
que mon université avait réglé le problème.
En réalité, ce n’était pas le cas : l’université
m’a proposé de m’inscrire aux deux licences, histoire de l’art et archéologie et histoire, mais pas de faire la bi-licence initialement prévue », relate-t-elle. Contactée
par Le Figaro, l’université de Grenoble
évoque une « confusion » de l’étudiante,
qui n’aurait, selon elle, pas bien compris
l’intitulé du cursus. « Soucieuse d’apporter une solution à sa situation », la fac
confirme lui avoir « proposé de l’inscrire »
parallèlement dans les deux licences de
son choix. Ce que l’étudiante a finalement accepté, faute de pouvoir revenir
en arrière.
Message d’erreur
Damien*, 17 ans, s’est retrouvé dans la
même impasse. « J’avais postulé dans plusieurs filières langues, à Reims, dans ma ville, Strasbourg, Metz et Lille. J’ai été accepté
à Reims et Strasbourg. J’ai choisi Reims et
j’ai cliqué sur le bouton pour m’inscrire. Une
fois sur le site de l’université, je me retrouve
avec un message d’erreur : “La formation
demandée n’existe pas” », raconte-t-il. Il
décide alors d’appeler l’établissement,
afin d’en savoir plus. « J’étais désespéré, je
ne comprenais pas. Ils m’ont répondu que la
formation était fermée depuis deux ans, et
ils n’ont pas su m’expliquer pourquoi elle figurait encore sur Parcoursup ni pourquoi
j’avais été accepté », relate-t-il. Finalement, le jeune homme décide de contacter
Parcoursup pour que son compte soit
réactivé. Car, pour accepter cette formation, il avait été obligé de démissionner de
tous ses autres vœux. « Ils m’ont réintégré
dans le processus. Mais j’ai finalement dû
accepter une licence à distance, à Strasbourg, car je n’avais pas eu le temps de
chercher d’appartement vu que je pensais
rester à Reims, ma ville d’origine », résume-t-il. Comment expliquer ces dysfonctionnements ? À qui revient la responsabilité de ces cas isolés ? Le ministère de
l’Enseignement supérieur plaide non coupable : « C’est la responsabilité des universités d’ajouter des formations. Ce sont elles
qui ont la main sur leur catalogue, sur les
capacités d’accueil et sur l’acceptation des
candidats », répond-il. Contactés par Le
Figaro, les établissements concernés n’ont
pour l’instant pas répondu. ■
* Les prénoms ont été modifiés.
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Une pétition réclame la suppression
des rayons chasse chez Decathlon.
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samedi 8 - dimanche 9 septembre 2018 LE FIGARO
10
SCIENCES
Onze grandes agences européennes
de recherche exigent que les résultats
soient publiés dans des revues gratuites.
TRISTAN VEY £@veytristan
ÉDITION Dans le monde feutré de la recherche, c’est l’équivalent d’un coup de
poing sur la table. Mardi, une coalition formée par onze agences nationales de recherche, parmi lesquelles l’ANR française,
a annoncé qu’elle obligerait dès 2020 les
chercheurs qui bénéficient de ses financements (près de 8 milliards d’euros chaque
année) à publier leurs résultats dans des
revues ou des plateformes en libre accès
- comprendre gratuites. « L’accès libre aux
résultats scientifiques est fondamental pour
la recherche », a martelé Marc Schiltz, président de Science Europe, l’association qui
rassemble les organismes européens de
coordination et de financement de la recherche, à l’origine de cette déclaration,
baptisée « Plan S ». « Quinze années ont
passé depuis la déclaration de Berlin (sur le
libre accès à la connaissance, NDLR) et
l’open access est encore très loin d’être une
réalité », regrette-t-il.
La très grande majorité des revues
scientifiques dans lesquelles les chercheurs
publient aujourd’hui sont en effet payantes
(85 % précisément). Et elles sont très
chères. À titre d’exemple, en France, le
consortium Couperin, qui rassemble les
universités et les instituts de recherche du
pays, débourse chaque année plus de
100 millions d’euros en abonnements. Les
éditeurs, concentrés dans de gigantesques
groupes très puissants, tels Nature
Springer, Elsevier ou Wiley, engrangent
pendant ce temps des milliards de bénéfices grâce à des marges considérables
estimées à 30 % ou 40 %.
Le principe de l’open access consiste au
contraire à faire payer un forfait aux
auteurs (ou plutôt à leurs laboratoires) au
moment de la publication de leur article
plutôt qu’aux lecteurs. « C’est un peu
l’équivalent du prélèvement à la source »,
décrypte Denis Jérôme, membre de l’Académie des sciences, très impliqué dans la
réflexion sur ce changement de paradigme. L’idée n’est pas nécessairement de
contourner les éditeurs, mais de changer
leur manière de fonctionner. Le coût de
sélection, d’évaluation, de correction,
d’édition et de diffusion d’un article scientifique oscille actuellement entre 3 000
et 4 000 euros, en moyenne (hors marge).
Le processus de relecture critique proprement dit (aussi appelé peer reviewing en
anglais) étant réalisé bénévolement par
des chercheurs, sur la base du volontariat.
Un modèle hybride
Un peu plus de la moitié des revues payantes acceptent désormais de rendre gratuit
certains papiers, moyennant une contribution financière payée par les auteurs. Ce
modèle hybride, plus lucratif encore, de-
CULTURA/IMAGE SOURCE/BSIP
Un plan choc
pour libérer
l’accès à
la connaissance
La très grande majorité des revues scientifiques dans lesquelles les chercheurs publient aujourd’hui sont payantes.
vait servir de transition pour basculer progressivement vers un accès libre généralisé. Devant le peu d’empressement des
éditeurs à poursuivre leur mue (on
comprend pourquoi), un envoyé spécial de
la Commission européenne, Robert-Jan
Smits, s’est saisi du dossier. C’est à lui
que l’on doit ce « Plan S » (S pour « science , mais aussi « speed », « solution »,
« shock »), établi en collaboration avec
Science Europe et destiné à servir d’électrochoc.
Parmi les dix engagements pris par les
agences signataires, mais aussi par la
Commission européenne et l’ERC, le
Conseil européen de recherche (100 milliards d’euros d’investissements prévus
pour 2021-2027 à eux deux), figure le rejet
absolu de cette formule hybride. Pas question non plus d’accepter des délais de plusieurs mois pendant lesquels les articles
restent payants avant qu’ils ne soient mis
gratuitement à la disposition des lecteurs.
« C’est une prise de position forte, mais nous
pensons qu’il doit y avoir une prise de
conscience collective, explique Martine
Garnier-Rizet, responsable du département numérique et mathématiques
à l’ANR. L’enjeu pour l’ANR est que tous
les résultats de la recherche soient accessibles à tous. »
En France, les chercheurs bénéficiant de
financements publics ont d’ores et déjà
l’obligation de rendre leurs travaux disponibles sur la plateforme ouverte HAL (ils
peuvent par exemple mettre le dernier
manuscrit transmis à la revue). Mais peu
s’y soumettent. Quant à publier dans des
revues en open access, ils ne sont pas toujours prêts à franchir le pas. « Il y a encore
une forme de réticence à payer pour faire
paraître ses travaux et c’est bien normal,
car les sollicitations sont nombreuses et
proviennent de revues qui ne sont pas
toujours respectables », rappelle Mireille
Chiroleu-Assouline, économiste de l’environnement et membre du comité scientifique de Science Europe. Une partie des
chercheurs pourraient aussi regretter de
ne plus avoir accès, au moins temporairement, aux revues les plus prestigieuses,
comme Science ou Nature entre autres,
pour publier leurs résultats.
Il ne s’agirait néanmoins que d’une
phase de transition. « Nous voulons changer le mode de facturation, rappelle la chercheuse. Pour cela, nous avons besoin d’avoir
plus de poids dans les négociations. C’est
tout l’enjeu de ce “Plan S”. Si les éditeurs
veulent continuer à publier les travaux financés par de l’argent public, ce qui constitue l’essentiel des recherches publiées en Europe, ils devront faire un effort. » ■
Sci-Hub, le site scientifique pirate qui fait polémique
Dans mon
« domaine,
tous ceux
qui en ont
entendu
parler
l’essaient
et ne tardent
pas
à l’utiliser
à leur tour
»
UN JEUNE DOCTORANT
EN INFORMATIQUE
CYRILLE VANLERBERGHE
£@cyrilleva
C’EST, POUR LES UNS, une révolution permettant un libre accès
aux connaissances scientifiques. Et
pour les autres, une activité criminelle qui menace le modèle économique de l’ensemble des éditeurs
du secteur. Le site Web pirate SciHub connaît en tout cas un succès
spectaculaire, avec une estimation
de 75 millions de publications
scientifiques téléchargées illégalement en 2016.
Le site a été lancé en 2011 par
Alexandra Elbakyan, une jeune
étudiante en informatique au
Kazakhstan qui voulait aider tous
les chercheurs des pays les moins
fortunés à avoir accès aux meilleurs
travaux scientifiques publiés dans
des revues avec de coûteux abonnements. La majeure partie des accès proviennent encore de Chine,
d’Inde et d’Iran, mais de très nombreux chercheurs des pays développés, aux États-Unis comme en
France, sont aussi devenus des utilisateurs du site, plus ou moins discrètement.
« Dans mon domaine, tous ceux
qui en ont entendu parler l’essaient et
ne tardent pas à l’utiliser à leur
tour », témoigne un jeune doctorant
en informatique, qui s’en sert très
régulièrement pour ses recherches.
« J’ai accès aux revues de référence
qui comptent dans mon domaine par
le compte de mon laboratoire, mais
quand je suis chez moi et que je vois
une publication intéressante, je n’hésite pas et je la télécharge par SciHub », témoigne un physicien. « De
cette manière, j’ai aussi pu lire une
publication du physicien français
Léon Brillouin datant de 1933 dans
une revue aujourd’hui disparue, et
pour laquelle un éditeur me demandait 30 dollars pour y avoir accès ! »
Hébergé en Russie
En informatique et en physique,
l’open access, le libre accès aux publications, est de toute façon en
train de devenir la norme, avec les
chercheurs qui mettent eux-mêmes
leurs travaux sur des serveurs de
prépublications gratuits comme
ArXiv, avant même qu’ils soient acceptés et publiés par une revue de
référence.
Avec un site Web actuellement
hébergé en Russie, Sci-Hub échappe
pour le moment aux procès. Une action en justice intentée par l’éditeur
Elsevier en 2015 aux États-Unis,
avec le soutien de l’ensemble des
éditeurs, n’a obtenu que la fermeture de l’adresse du site sci-hub.org.
Mais le service a vite contourné le
blocage, avec la création rapide
d’autres adresses pour prendre le
relais. La guerre entre les éditeurs et
les pirates risque de durer. ■
Comment servir une assiette appétissante à son enfant
La façon de disposer les aliments joue un rôle dans l’attractivité d’un plat, selon une étude danoise.
aliments tandis que les plus âgés étaient
plus attirés par les styles mélangés.
« Le goût des 12–14 ans semble se
rapprocher de celui des adultes, interprète Annemarie Olsen. Il est possible
qu’ils aient été exposés, en grandissant,
à une plus grande variété de plats
cuisinés. Ainsi il est plus facile pour un
adolescent d’imaginer comment les
saveurs et textures vont se mélanger. »
Il serait plus difficile de se projeter à
7 ou 8 ans. Alors, le riz semble
meilleur s’il n’a pas été « contaminé »
A
1
DELPHINE CHAYET £@DelChayet
NUTRITION On les préfère mélangés
avec le riz quand on est adolescent, mais
présentés bien séparément entre 7 et 8
ans : les légumes ne sont pas aussi appétissants selon l’endroit où ils sont placés
dans l’assiette, et cette perception visuelle évolue avec l’âge. La conclusion
d’une étude danoise, publiée en août
dans la version électronique du Journal of
Sensory Studies, intéressera tous les parents qui s’échinent à cuisiner des repas
équilibrés pour leurs enfants. « La forme
et la couleur des aliments, mais aussi la
manière de les disposer, influencent l’envie
de manger un plat et même le goût qu’il
aura, souligne l’auteure principale de
l’étude, Annemarie Olsen. Le constat est
encore plus vrai chez les enfants. »
Dans son laboratoire de l’université de
Copenhague, cette professeure en science des aliments cherche la manière idéale de servir des plats sains aux enfants.
Elle a déjà montré qu’ils apprécient plus
ou moins les légumes crus, à l’heure de la
collation du matin, selon la manière dont
ils sont coupés. Et que les écoliers sont
sensibles à la diversité des portions proposées à la cantine.
Sa dernière étude, menée auprès de
100 petits Danois, mesure la façon dont
ces préférences visuelles varient selon
l’âge. Pour cette recherche, les enfants
de trois écoles élémentaires ont été séparés en deux groupes, de 7 à 8 ans et de 12
à 14 ans. Les photographies de six plats
(des spaghettis à la sauce bolognaise, des
“
La forme et la couleur
des aliments, mais aussi
la manière de les disposer,
influencent l’envie
de manger un plat
”
ANNEMARIE OLSEN, AUTEURE PRINCIPALE
DE L’ÉTUDE DANOISE
Selon une étude danoise, les jeunes enfants (entre 7 et 8 ans) marquent une nette préférence pour une présentation séparée
des aliments tandis que les plus âgés (entre 12 à 14 ans) sont plus attirés par les styles mélangés. NIELSON/JOURNAL OF SENSORY STUDIES
boulettes de viande avec carottes et
pommes de terre, une salade de pâtes,
un filet de poisson, etc.) leur ont été présentées sur grand écran. Pour chacun
des plats, apparemment très bons, les
élèves devaient indiquer leur préférence
entre trois présentations : des aliments
bien séparés dans l’assiette, un plat mélangé et un style intermédiaire.
Résultat : si les spaghettis à la bolognaise et les fajitas ont recueilli les
meilleurs scores, le sauté de légumes a
été le moins apprécié. Aucun plat n’a été
disqualifié. Plus important pour la chercheuse, des différences significatives ont
été relevées entre les deux groupes d’âge,
les plus jeunes marquant une nette préférence pour une présentation séparée des
lors d’un contact avec des légumes. « À
cet âge, ils aiment parfois manger les ingrédients dans un certain ordre et il est
important d’en tenir compte au moment
de composer leur assiette», ajoute la
chercheuse.
La différence entre filles et garçons,
qui semble aussi se dessiner dans l’étude,
devra être examinée de plus près, recommandent les auteurs. Selon eux,
« cerner le mieux possible les préférences
des enfants permettra en effet aux parents
et nutritionnistes de les amener naturellement à manger de manière plus
équilibrée ». ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 8 - dimanche 9 septembre 2018
SPORT
11
Alphonse Areola a marqué les esprits
Pour sa première en bleu, le jeune portier du Paris SG s’est illustré. À confirmer dimanche face aux Pays-Bas.
BAPTISTE DESPREZ £@Batdesprez
ENVOYÉ SPÉCIAL À MUNICH
FOOTBALL La nuit s’étirait dans les
coursives de l’Allianz Arena et le ballet
des services techniques de l’enceinte
bavaroise débutait pour tout remettre
en ordre, quand Alphonse Areola, accompagné d’Antoine Griezmann, débarquait en zone mixte à minuit passé
pour livrer ses impressions. « Laissons
parler “Phonphon”, c’est lui la star ce
soir (jeudi) », soufflait, tout sourire et
un brin taquin, l’attaquant des Bleus
avant de filer vers le bus. En quelques
mots, « Grizou » avait vu juste. Si les
champions du monde ont débuté leur
saison avec un partage des points à Munich face aux Allemands (0-0), ils le
doivent en grande partie à leur gardien
de but, auteur d’une prestation de haute
volée pour sa première sélection avec le
maillot frappé du coq.
Au moment d’évoquer sa prestation, le
portier de 25 ans ne boudait pas son plaisir, sans pour autant s’enflammer. Tout
en délicatesse et subtilité. S’il a reconnu
« avoir eu du boulot » et s’en « être bien
sorti », le titi parisien souhaitait « continuer à grandir » avec un « seul maître
Un avis repris en écho par l’ensemble
de ses partenaires, heureux et diserts au
moment de commenter cette sortie qui
aura marqué tous les esprits. « Il mérite ce
qui lui arrive », avance Olivier Giroud,
quand Blaise Matuidi assure rqu’il a
« passé un cap et vraiment progressé ».
mot : le travail ». Un discours convenu logique pour sa première sortie sous les
projecteurs avec la sélection. Difficile de
trouver plus belle exposition face aux anciens champions du monde. Auteurs de
parades décisives, notamment en fin de
rencontre avec quatre arrêts importants
à un moment où les Bleus semblaient
dans le dur physiquement, Areola s’est
montré dans la lignée de ce qu’il fait depuis le début de saison avec le Paris SG,
malgré l’arrivée du mythe Gianluigi
Buffon. Solide et efficace. Répondant à la
feuille de route fixée par Deschamps. « Je
suis fier de ce qu’il a fait, atteste “DD”. Il a
dégagé beaucoup de sérénité et de
confiance. »
« Il a fait 6 arrêts »
De son côté, Paul Pogba, lui aussi sous le
charme, va plus loin. « Il a prouvé à tout le
monde aujourd’hui, et pour moi, c’est
comme si c’était un titulaire. Je ne suis pas
surpris car ce qu’il a fait, il le montre depuis
toujours. » De là à repenser la hiérarchie
en sélection? Si Hugo Lloris est le numéro 1 indiscutable de par son expérience et
ses prestations, la question se pose pour le
poste de numéro 2, avec Steve Mandanda, 33 ans, souvent blessé, et plus proche
de la fin que le contraire.
Chez certains spécialistes, la question
ne se pose même pas. « Pour moi, c’est
le meilleur gardien français et il a tous les
critères pour être le numéro 1 des Bleus,
ajuste Christophe Lollichon responsable
du département gardien de but à Chelsea. Il a la taille, le jeu au pied, l’envergure, la détente, le jeu de jambes, c’est le
portier le plus adapté au jeu des Bleus. »
Et le spécialiste, qui a découvert Petr
Cech ou Thibaut Courtois, d’aller plus
loin dans son analyse. « Tout le monde
s’enflamme, car on est dans une société
flashy, de réseaux sociaux, de l’image et
du spectacle. Un monde où la stat a son
importance. Je lis qu’il a fait 6 arrêts jeudi
soir et que c’est extraordinaire, mais ce
sont des conneries, il a juste fait son boulot. Après, je trouve qu’on le sous-estime
beaucoup trop. C’est un très bon. » Et le
technicien de nous livrer une confidence. « J’ai beaucoup parlé avec lui cet été
et il voulait venir à Chelsea, mais il en a
été décidé autrement. S’il peut apprendre
de Buffon au PSG, il doit surtout jouer et
c’est incompréhensible qu’il soit en
concurrence avec un gardien de 40 ans.
J’espère juste qu’il va continuer à progresser, car il a toutes les qualités du
gardien moderne. » ■
« Champions du
monde ! » : le grand
récit de la 2e étoile
Alphonse Areola stoppe un tir de l’attaquant allemand Marco Reus, jeudi soir à Munich.
Le Stade de France va fêter ses champions
L’HEURE des retrouvailles. Les vraies, les
belles. Huit semaines après leur retour
triomphal de Russie, marqué par une immense ferveur populaire mais aussi une
descente des Champs-Élysées trop rapide
qui avait gâché ce moment de communion avec leurs supporteurs, les champions du monde vont pouvoir mesurer
leur nouvelle cote d’amour, dimanche au
Stade de France. Pour leur deuxième
L’Américaine visera un 24e sacre majeur contre la Japonaise Naomi Osaka.
ANDRES KUDACKI/AP
JEAN-JULIEN EZVAN £@JeanJulienEzvan
Serena Williams lors de sa victoire
contre Anastasia Sevastova, jeudi,
en demi-finale à New York.
Avant de plonger dans sa neuvième finale à New York (six titres), l’Américaine, qui pourrait rejoindre l’Australienne Margaret Court et ses 24 couronnes majeures coiffées entre 1960 et
1973, a résumé : « C’est vraiment incroyable. Il y a un an, je me battais littéralement
pour ma vie à l’hôpital après avoir eu mon
bébé. Je suis tellement reconnaissante
d’avoir encore l’opportunité de pratiquer
ce sport. » En mars dernier, dans un entretien au Wall Street Journal, Roger Federer avait assuré au sujet de la joueuse
qu’il admire : « Je suis passé par la Suisse
avec la Fédération, elle l’a fait avec son
père et sa sœur, c’est une histoire incroyable en elle-même - et ensuite, elle est devenue l’une des plus grandes, sinon la plus
grande joueuse de tennis de tous les temps,
hommes et femmes confondus. »
Comme Margaret Court en 1973 et Kim
Clijsters, en 2009 à Flushing Meadows,
Serena Williams pourrait devenir une
mère titrée. Mais, infernale compétitrice
(64 aces depuis le début du tournoi,
200 coups gagnants, 50 points sur 70 inscrits au filet, 27 balles de break converties
sur 46…), elle ne s’en contenterait pas.
« Je ne fais que commencer ! Ça ne fait que
quelques mois. J’ai déjà hâte pour la fin de
l’année, l’an prochain, et toutes les possibilités. Ce n’est que le début et je suis vraiment excitée. Je pense pouvoir encore
améliorer mon jeu largement. » Pour
continuer à se conjuguer à tous les
temps. ■
HOMMES, demi-finales (la nuit dernière) : Nadal (Esp,
1)-Del Potro (Arg, 3) ; Nishikori (Jap, 21)-Djokovic
(Ser, 6). Finale messieurs dans la nuit de dimanche
à lundi à partir de 22 heures (Eurosport). DAMES,
demi-finales : S. Williams (E-U, 17) bat Sevastova
(Let, 19) 6-3, 6-0 ; Osaka (Jap, 20) bat Madison Keys
(E-U, 14) 6-2, 6-4.
été visionné près de 25 millions de fois sur
YouTube depuis sa mise en ligne le
18 juillet dernier.
Mais, pour que la fête soit totale, les
nouveaux « étoilés » devront d’abord gagner. Encore en manque de rythme, certains champions du monde pourraient
être ménagés pour ce match programmé
trois jours seulement après leur rentrée en
Allemagne (0-0). « Faire tourner ou pas,
tout est possible, sachant que c’est notre
premier match au Stade de France, devant
notre public. Je vais voir comment chacun
aura récupéré. Je peux changer deux, trois,
quatre joueurs, ça rentrera dans ma réflexion », a prévenu Deschamps. Brillant
bizut à Munich, Alphonse Areola devra
confirmer face à Memphis Depay & Co
dont la dernière visite au Stade de France
il y a un an avait viré au cauchemar (0-4)
et précipité leur élimination dans la course au Mondial. Olivier Giroud, dont le
compteur buts est bloqué depuis dix rencontres (dont l’intégralité du Mondial), ne
serait pas contre un nouveau festival offensif pour dégripper enfin la machine. ■
VENTES EN PRÉPARATION
ART D’ASIE
VENTES • 6 novembre 2018, Londres & 12 décembre 2018, Paris
CLÔTURE DU CATALOGUE • 5 octobre 2018
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A
match dans la nouvelle Ligue des nations,
contre les Pays-Bas (20h45 sur M6), l’enceinte de Saint-Denis prépare une belle
fête aux hommes de Didier Deschamps.
Un par un, les 23 héros, les blessés Hugo
Lloris et Steve Mandanda inclus, auront
droit à leur ovation personnalisée au coup
de sifflet final. Puis ils effectueront, trophée en mains, un tour d’honneur aux
rythmes du groupe Magic System et de
Vegedream, un rappeur proche de certains Bleus (Pogba, Mendy, Mbappé) dont
le titre « Ramenez la coupe à la maison » a
GUILLAUME LOISY £@guiloisy
US Open : Serena Williams
au pied de la dernière marche
TENNIS Vertigineux. Naomi Osaka avait
un an en 1999, lorsque Serena Williams
remportait son premier titre du Grand
Chelem. La première Japonaise de l’histoire à atteindre une finale en tournoi
majeur se posera sur la route de la prestigieuse Américaine, ce samedi à New York
(à partir de 22 heures, Eurosport) en finale de l’US Open. Elle a raconté : « Quand
j’étais enfant, je rêvais que je jouais Serena
[Williams] en finale d’un tournoi du Grand
Chelem. Rien que le fait que ça arrive, j’en
suis très heureuse. En même temps, je me
dis que même si je dois profiter de ce moment, je dois l’aborder comme un match
comme un autre. Il ne faut pas que je la voie
comme mon idole, mais juste comme une
adversaire. »
Naomi Osaka (20 ans, 19e mondiale)-Serena Williams (37 ans le 26 septembre, 16e), un choc de générations (comme
lorsque Monica Seles défia Martina Navratilova à New York, en 1991). Unique
Serena Williams. Finaliste malheureuse
du dernier tournoi de Wimbledon et de
nouveau à l’affiche d’une finale majeure
(pour la 31e fois), elle qui, après un accouchement compliqué, n’a repris la compétition qu’en mars dernier à Indian Wells
et ne compte que 35 matchs en 20 mois…
ODD ANDERSEN/AFP
Christie’s France SNC - N° d’agrément 2001-003. Principal commissaire-priseur habilité : François de Ricqlès
Journaliste au service des sports du
Figaro et envoyé spécial en Russie (avec
Guillaume Loisy et Renaud Toffier) pour
suivre au plus près les Bleus, Baptiste
Desprez avait toute la matière dans
la tête et le stylo. Le résultat est riche,
vivant, excitant. 190 pages pour raconter
une aventure exceptionnelle de 55 jours,
et une deuxième étoile gravée pour
l’éternité. Du mercredi 23 mai à
Clairefontaine au lundi 16 juillet à Paris, en
passant par cinq semaines en Russie, les
jours s’enchaînent, en même temps que
les infos, les anecdotes croustillantes,
les confidences précieuses dans les
coulisses de la gloire. L’ambiance autour
des terrains d’entraînement, lors des
conférences de presse, dans les stades
et, même, dans les escaliers d’un
immeuble délabré d’Istra face à des
policiers russes. L’écriture, incisive, fait
resurgir des frissons, des émotions, des
images. Baptiste Desprez peut postuler
au « Ballon d’or » des récits de ce
Mondial de légende.
Mareuil Éditions 16,90 euros,
lundi en librairie.
M. C.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 8 - dimanche 9 septembre 2018 LE FIGARO
12
SPORT
ALEXIS COURCOUX POUR LE FIGARO
Solitaire Urgo
Le Figaro :
à la recherche
du vent perdu
Des vents faibles sont annoncés pour
les 36 concurrents entamant ce samedi
la 3e étape, celle de tous les dangers.
La marina de Portosin, en Galice, où les 36 skippers de la Solitaire ont fait escale vendredi avant de cingler vers la Vendée.
R.-U.
À PORTOSIN
VOILE En quittant la marina de Portosin
ce samedi à 12 h 30, les skippers savent
déjà à quelle sauce ils vont être assaisonnés pendant au moins 72 heures. Les vents
de folie des deux premiers tronçons sont
désormais rangés dans la boîte à souvenirs, les bons comme les mauvais. Des airs
de demoiselle sont en effet annoncés, au
près, en tirant des bords, pour la traversée
du golfe de Gascogne en direction de la
Vendée. Le comité de course a donc décidé, hier matin, de raccourcir le parcours
de cette 3e étape de la Solitaire Urgo Le Figaro devant mener les marins de la ria de
Muros-Noia, en Galice, à Saint-GillesCroix-de-Vie. Une marque dans le sud de
Saint-Nazaire étant supprimée, le périple
Manche
OCÉAN
ATLANTIQUE
St-Brieuc
De Ría de Muros-Noia
à St-Gilles-Croix-de-Vie
Départ samedi 8 septembre 410 milles
Île d’Yeu
St-GillesCroix-de-Vie
Golfe de Gascogne
Ría de Muros-Noia
ESPAGNE
Infographie
mières étapes nous ont bien usés, cela a pas
mal tiré sur la couenne. À chaque fois, nous
partons de plus en plus fatigués. Une étape
se gagne aussi à terre si l’on sait dormir
suffisamment. Mais il est impossible de récupérer le sommeil de nos nuits blanches en
mer. » La compétition reste passionnante
pour le vainqueur de la première étape
entre Le Havre et la baie de Saint-Brieuc :
« Il va y avoir du jeu sans que cela soit trop
aléatoire ou foireux je pense. Comme on se
rapproche de la fin de l’épreuve, tout sera
important, car cela a déjà commencé à se
dessiner sur les classements. Il faudra naviguer sereinement, sans trop regarder la
concurrence, sans trop se prendre la tête.
Quand il n’y a pas trop de vent, le but est
d’aller plus vite que les autres. Pour cela, il
y a toujours des trucs à faire pour ne pas
devenir zinzin, on ne s’ennuie jamais. »
Tom Dolan (Smurfit Kappa) est, lui,
dans les tréfonds du classement. À la 31e
place à plus de 15 heures de Sébastien Simon. Son abandon dès le début de la première étape lui a plombé le moral. Mais
participer à une Solitaire était pour lui un
rêve. Rebondir est donc nécessaire.
Comme le dit le proverbe, « Quand le
quai s’arrête, le marin continue ». L’Irlandais est donc motivé pour aborder la
pétole programmée : « J’aime bien. En
principe, il faut être au bon endroit au bon
moment. Une chose est certaine, il y aura
une période de grande mistoufle. Un bon
baromètre est indispensable et un peu de
chance aussi. Mais la chance, c’est à nous
de la créer comme on dit chez nous. Rester
lucide est nécessaire, pour cela je bois du
café pour ne pas dormir. » Cette 3e étape
peut être celle de la recherche du temps
perdu, et tous croiseront les doigts pour
en grignoter sur la route de la Vendée. ■
EN BREF
Diaw, un modèle unique tire sa révérence
1 600 emplois supprimés
au ministère des Sports
À 36 ans, le capitaine de l’équipe de France raccroche et s’apprête à voguer vers de nouvelles aventures.
BASKET-BALL « Je me reposerai quand
je serai à la retraite. » Voilà ce que nous
répondait Boris Diaw en 2014, lorsqu’on
lui posait la question de l’avenir, de la fin
de sa carrière en Bleu. Il avait alors
32 ans. L’heure du repos est désormais
arrivée. Jeudi, « Babac » annonçait sa
retraite à 36 ans dans une vidéo sur les
réseaux sociaux. Simple, discret, efficace. Et ce quelques jours après un autre
artiste du basket, Manu Ginobili.
« Quand je regarde ma carrière, je me dis
que j’ai fait ce que j’avais à faire. Je ne vois
pas cela comme une retraite, mais une
nouvelle vie », rectifie-t-il, décidé à en-
tamer un tour du monde sur son bateau.
« Douze-treize ans » autour du globe,
promet-il. Et d’ajouter : « Mais je ne sais
pas exactement où, ni combien de temps.
L’idée, c’est la liberté. »
Une liberté que l’intéressé a su
conserver partout avec lui au cours de sa
brillante carrière, comme sa fameuse
machine à café du resto du centre fédéral à Levallois, en passant par Pau, Atlanta, Phoenix, Charlotte, Bordeaux,
San Antonio et Utah. Sans oublier
l’équipe de France, bien évidemment,
dont il aura été le capitaine exemplaire
pendant plus de dix ans, grand frère,
ambianceur et fédérateur, au sein de la
génération Parker. « Il avait une certaine
poigne, une capacité innée à mener un
Marten van Cleve
Noces villageoises
Vente en préparation
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13 novembre 2018
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7 Rond-Point des Champs-Élysées
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Matthieu Fournier
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Agrément cvv du 25/10/2001 - Commissaire-priseur : Matthieu Fournier
ARTCURIAL
groupe », souligne Nicolas Batum. Le
tout avec 247 sélections au compteur.
Comme sa maman, Élisabeth Riffiod,
que « Bobo » ne se voyait pas dépasser
en prolongeant son histoire d’amour
avec les Bleus. « Par respect pour ce
qu’elle a fait », dit-il.
JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN/AFP
CHRISTOPHE REMISE £Cremise77
Basket-plaisir
Une réflexion tout à son image, teintée
de classe, d’élégance et d’altruisme. Un
basketteur hors cadre, intelligent, intéressant, aussi polyvalent sur le parquet
que multitâche en dehors, qu’il s’agisse
de business ou de passions, cherchant
d’abord le bien collectif avant de penser
à lui-même. « Pour moi, ça a toujours été
basket-plaisir, partager la balle et faire
en sorte que tout le monde soit content sur
le terrain. Il n’y a pas moyen d’être un
joueur égoïste et de monopoliser le ballon », jure-t-il.
Ça lui a parfois coûté. Mais le Président aura toujours plus été fan du passeur Magic Johnson que du scoreur Michael Jordan. « Quand je le voyais à la
télévision, ça correspondait au basket et à
la philosophie de jeu que je connaissais,
que j’avais en tête », affirmait-il encore
au Figaro en 2014. Il y a aussi et peutêtre surtout l’héritage de maman. « J’ai
beaucoup regardé la NBA par la suite,
mais j’ai quand même commencé par suivre ma mère sur les terrains, confie-t-il.
Or le basket féminin est beaucoup plus
basé sur le jeu de passes que le masculin. »
Autant de pistes qui ont guidé « Babac » sur la voie que l’on connaît. Celle
d’un succès singulier, à son image, avec
un titre de champion NBA, un de champion d’Europe des nations (l’une de ses
cinq médailles en Bleu), deux de champion de France… « Boris Diaw fait partie
d’un petit groupe de joueurs dont l’impact
qu’il aura eu sur l’Équipe de France restera gravé à jamais dans la mémoire collective, félicite le sélectionneur, Vincent
Collet. Nul n’est indispensable mais nous
allons vite nous apercevoir de son absence. Pour toutes ces années ensemble, plutôt que le remercier, je dirais juste que
c’était génial !» Tout est dit. ■
247
sélections en équipe de France
(dont 191 en tant que capitaine),
soit le même total que sa mère,
Élisabeth Riffiod,
entre 1967 et 1980
Boris Diaw, cet hiver lors des qualifications
pour le Mondial 2019 de basket.
Matignon a demandé la
suppression de 1 600 postes (soit la
moitié des agents du ministère des
sports) d’ici à 2022, a révélé l’AFP.
Cette lettre de cadrage, envoyée
le 26 juillet à Laura Flessel
lorsqu’elle était encore ministre,
fixe à environ 450 millions
d’euros son budget pour la loi de
finances 2019, en baisse de 30 M€.
3E JOURNÉE TOP 14
BORDEAUX (6)
samedi MONTPELLIER (5)
14 h 45 C +
TOULOUSE (4) 17 h C + LA ROCHELLE (9)
RACING 92 (7)
19h AGEN (10)
PERPIGNAN (13)
LYON (11)
CLERMONT (1)21 h C + Sp.ST. FRANÇAIS (2)
GRENOBLE (12)
dimanche PAU (8)
12 h 30 C +
TOULON (14) 16 h 50 C + CASTRES (3)
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Vente aux enchères
Mercredi 28 novembre 2018
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Agrément cvv du 25/10/2001 - Commissaire-priseur : Thaïs Thirouin
SERGE MESSAGER
sera finalement de 410 milles, via la bouée
cardinale des Chiens Perrins, dans l’ouest
de l’île d’Yeu.
L’étape va être cruciale, car, dans des
vents mous, ils savent tous que des écarts
peuvent être créés. Surtout si le fameux
souffle joue les filles de l’air sur les derniers milles. Avec un coefficient de marée
de 110 pouvant occasionner un arrêt buffet si le courant est contraire au passage de
l’île, un hold-up est même possible avec
un bateau réussissant à s’échapper en
premier.
Anthony Marchand (Groupe Royer-Secours Populaire), 3e au classement général
provisoire à moins de 31 minutes du leader Sébastien Simon (Bretagne-CMB Performance), ne se mettait pas martel en
tête en se projetant sur le scénario proposé. Lui qui se disait plus ou moins frais
pour vraiment attaquer : « Les deux pre-
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 8 - dimanche 9 septembre 2018
LE CARNET DU JOUR
Le service reçoit les annonces
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(excepté les 1er janvier, 1er mai, 15 août, 25 décembre)
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M. et Mme
Jean-Michel MEHIRI
Me et Mme Olivier ROQUAIN
sont heureux de faire part
des fiançailles de leurs enfants
mariages
Charline GOMO
et
Baptiste DOMINGUES
qui s'unissent
ce samedi 8 septembre 2018,
au Mas d'Arvieux.
Esther, Eléonore et Isabelle.
M. Julien FISCH
et Mme, née Diane Devillers,
partagent avec Victoire
et Léopold, la joie d'annoncer
la naissance de
Achille
le 16 août 2018, à New York.
M. et Mme Jean-Louis JAMET
ont la joie d'annoncer
la naissance
de leur 7e petit-enfant
Luna
à Paris, le 19 juillet 2018, chez
Bénédicte JAMET
et Julien POUTCHITS
ont la joie de faire part
de la naissance de
Jouslin de Pisseloup de Noray,
ont l'honneur de vous faire part
de leur mariage
célébré le 9 août 2018,
en l'église Saint-Martin
de Nandax (Loire),
par Mgr Vesco, o.p.,
évêque d'Oran.
Le docteur John RELLAND
et
Mme Colette LAMBERT
sont heureux de faire part
de leur mariage,
célébré à Paris, à la mairie
du VIIIe arrondissement,
le jeudi 6 septembre 2018.
naissances
Isaure
Quentin
le 30 juin 2018.
Lucie
Guillaume Sébastien
serait heureux de votre visite
à l'occasion des 15 ans de la
Galerie Guillaume
avec l'exposition
« 15 ans, 15 artistes »
et les œuvres de
Jean-Paul Agosti, Bang Hai Ja,
François-Xavier de Boissoudy,
Miklos Bokor,
Denis Christophel, Anne Deval,
Shirley Goldfarb, Peter Knapp,
Jérémie Lenoir,
Yves Lévêque, Marcoville,
Thierry des Ouches,
Witold Pyzik, Anna-Lisa Unkuri,
Pierre Wemaëre.
Exposition jusqu'au
samedi 6 octobre 2018.
Galerie Guillaume,
32, rue de Penthièvre, Paris (8e),
01 44 71 07 72
galerie.guillaume@wanadoo.fr
www.galerieguillaume.com
Theologicum
la faculté de théologie
et de sciences religieuses
de l'Institut Catholique
de Paris
Mme Gérard Fraissinet,
née Nadine Humann,
Mme Francis Delobeau,
née Marie-Louise Veyret,
M. et Mme Philippe Cosich,
le comte et la comtesse Guy
de Lastours de Bernarde
ont la joie d'annoncer
la naissance de leur
arrière-petite-fille et petite-fille
Étudier la théologie
pour grandir dans la foi
Kira, Nadine, Marie-Louise
chez
Vesna et Ivan
de LASTOURS de BERNARDE
à Paris, le samedi 28 juillet 2018.
M. et Mme Renaud LUGAGNE
sont heureux de vous annoncer
la naissance à Paris
de leur petite-fille
et son prochain baptême.
M. François MORIZET
et Mme, née Florence Brault,
le 1er septembre 2018,
à Kuala Lumpur,
petite sœur d'Erwan, Tanguy,
Garance et Antoine,
et cousine d'Eléonore, Coleen,
Timothée, Tifenn, Paul
et Victoria.
ont la joie d'annoncer
la naissance
de leur premier petit-enfant
Neuilly-sur-Seine.
Thomas et Sarah MORIZET
Axel
le 1er septembre 2018,
à New York, chez
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Dès le 18 septembre 2018,
Paris (6e), 4, place
Saint-Germain-des-Prés.
Penser le présent
en 100 conférences animées par
des philosophes d'exception.
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De la physique
à la métaphysique
La mémoire
La philosophie des barbares
Sagesse et indifference
La communication
homme / machine
Les populismes
L'histoire des langues
L'art entre figuration
et abstraction
Molière philosophe
Lacan
L'armée
Le cosmisme
La pholosophie au défi
de la psychanalyse
Éthique et écologie
La performance
25 conférenciers d'exception :
Étienne Klein,
Francis Wolff,
Roger-Pol Droit,
Charles Pépin,
Pierre-Henri Tavoillot,
Michel Eltchaninoff,
Dominique Wolton,
Heinz Wismann,
Jean-Michel Le Lannou,
Bertrand Vergely,
Olivier Dhilly,
Monique Castillo,
Jacques Darriulat,
Jean-Michel Besnier,
Thierry Paquot,
Bernard Valade,
Michaël Oustinoff,
Charles Girard,
Camille Tassel,
Laurence Devillairs,
Michaël Fœssel.
deuils
Mme Jean-Jacques Binet,
née Marlène Baro,
Virginie et Audrey,
ses filles, et leurs époux,
Barthélemy, Églantine,
Raphaël, Violette et Apolline,
ses petits-enfants,
ont la profonde tristesse
de vous faire part du décès de
M. Jean-Jacques BINET
pharmacien,
ingénieur chimiste,
survenu le 4 septembre 2018,
à l'âge de 75 ans.
La cérémonie religieuse
se déroulera le mercredi
12 septembre, à 10 h 30,
en l'église Saint-Jean-Baptiste
de Neuilly-sur-Seine.
L'inhumation aura lieu
à 16 heures, au cimetière
Notre-Dame d'Alençon (Orne).
Ni fleurs ni couronnes,
un don à la Fondation
pour la recherche médicale
sera proposé.
le samedi 15 septembre 2018
de 14 heures à 19 heures
et le dimanche 16 septembre
de 9 heures à 19 heures.
SOS Chrétiens d'Orient
fête ses cinq ans !
L'association présente
depuis 2013 en Syrie, Irak,
Egypte, Jordanie, au Liban
et au Pakistan,
vous invite
le mercredi 12 septembre 2018,
à 20 heures,
à une messe solennelle
d'action de grâces célébrée par
le RP Louis-Marie de Blignières,
prieur de la Fraternité
Saint-Vincent-Ferrier,
en l'église Saint-Eugène,
4, rue Sainte-Cécile, Paris (9e).
La célébration sera
suivie d'un apéritif.
M. et Mme Aymeric Bonnaud,
M. et Mme Pascal Bonnaud,
M. et Mme Hubert Bouxin,
M. et Mme Bruno dell'Isola,
M. et Mme
Louis de Lestanville,
ses enfants, gendres
et belles-filles,
Pierre, Louis-Joseph, Marie,
Grégoire, Martin, Apolline
et Jacinthe,
Matthieu, Guillaume, Albane,
Amaury et Thibault,
Eléonore, Henri, Gauthier,
Gabrielle, Romaric, Laetitia
et Melchior,
Paul-Angelo, Gaetano, Prisca
et Ugo-Matteo,
Raphaël, Marguerite,
Balthazar, Anastasie,
Maximilien, Esther et Aurore,
ses petits-enfants,
Firmin, Alaïs, Paul,
ses arrière-petits-enfants,
vous font part du rappel à Dieu
dans la Foi et l'Espérance du
docteur Philippe BONNAUD
grand officier de l'ordre
équestre du Saint-Sépulcre
de Jérusalem,
le 27 août 2018,
dans sa 82e année,
à Hyères (Var).
Une messe de requiem
sera célébrée en l'église
Saint-Honoré-d'Eylau,
à Paris (16e),
le samedi 15 septembre,
à 15 heures.
Compiègne (Oise).
Chantal Brémard,
son épouse,
Thierry et Karine Brémard,
François et Béatrice Brémard,
Olivier et Sophie Brémard,
ses enfants,
Alexandre, Julie,
Anne-Charlotte, Diane-Laure,
Agathe, Benjamin, Thomas,
ses petits-enfants,
et toute la famille
ont la douleur
de vous faire part du décès de
M. Alain BRÉMARD
survenu le 6 septembre 2018,
à Compiègne, à l'âge de 82 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée le mercredi
12 septembre, à 15 h 30,
en l'église Saint-Jacques
de Compiègne.
François-Régis et Sylvie
Corréard,
Bettina Bashford,
Stéphane et Sylvie Corréard,
ses enfants,
Cet avis tient lieu de faire-part.
Bordeaux (Gironde).
ses frères, sœur,
neveux, nièces
et tous ses proches
Carole SEIGNEZ
exposera sa peinture à Dijon,
salle Danse Victoire,
68, rue de la Liberté,
Mme Philippe Bonnaud,
née Aline Perrin, son épouse,
Chloé, Anaïs, Noa et Tess
Corréard,
William, Léa et Zachary
Bashford,
Hermance Corréard,
Marthe, Aude, Rose et Bruno
Corréard,
ses petits-enfants,
www.artcineart.art
Aliénor
Albéric et Blandine LUGAGNE
Guillaume
et Aurélie, née Dafniet,
les samedi 15
et dimanche 16 septembre 2018
de 15 heures à 17 heures,
à l'Institut de France,
23, quai de Conti, Paris (6e),
lors des Journées du patrimoine.
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ont la joie d'annoncer
la naissance
de leur 11e petit-enfant
chez
Trémois catalogue raisonné
(éditions Monelle Hayot),
textes d'Yvan Brohard,
vous propose :
le 19 août 2018, au foyer de
leur fils et belle-fille,
Sylvia et Bernard EPIFANIC
dédicacera son livre
Paris, le 28 août 2018.
M. Bertrand d'ARGŒUVES
et Mme, née
Manuela de Waziers,
ont la joie de vous annoncer
la naissance de leur fils
Pierre-Yves TRÉMOIS
de l'Académie des beaux-arts,
Le comte Louis
de LA ROCHEFOUCAULD
et la comtesse, née
Claire Jacquemart,
M. Bertrand LACROIX
et Mme, née Edith
signatures
communications
Anaïs et Louis
Le bonheur est sous les oliviers !
Toutes nos félicitations
et nos vœux de bonheur à
le 25 août 2018,
à Londres, fils de
conférences
Jeannine de Boissel,
son épouse,
Dominique, François
et Laurent,
ses enfants, et leurs conjoints,
ses huit petits-enfants,
ses trois arrière-petits-enfants
ont la douleur
de faire part du décès de
Jean de BOISSEL
ancien directeur
des engagements
au Crédit lyonnais,
membre de l'Association
des amis d'Ivan Tourguéniev,
survenu le 28 août 2018,
à l'âge de 86 ans, à Bordeaux.
La cérémonie religieuse
a été célébrée en l'église
Sainte-Eulalie, à Bordeaux,
dans l'intimité familiale,
le samedi 1er septembre 2018.
Cet avis tient lieu de faire-part.
26, rue Jeanne, 33200 Bordeaux.
ont l'immense tristesse
de vous faire part du décès de
Brigitte CORRÉARD
née Curtet,
fondatrice
des Laboratoires Dergam,
Marie-Françoise Dussaud,
son épouse,
Patrick Dussaud,
son frère,
et Nathalie Chevalier,
Jacques Dussaud (†),
son frère,
et son épouse Marie-José,
Anne Dussaud,
ses enfants, Sophie et Thomas,
leurs conjoints,
ses six petits-enfants
et son arrière-petite-fille,
ses nièces,
Pierre et Christiane Préneron,
ses cousins,
Anne-Sophie et Vincent
Mermet,
leurs conjoints et leurs enfants,
Jolanta Dussaud
Jean-Pierre et Dominique
Joubert,
sa fille et son gendre,
Anne, Grégory, William,
ses petits-enfants,
leurs conjoints,
ses arrière-petits-enfants
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Mme Paul FOUCHET
Les obsèques ont eu lieu
dans la plus stricte
intimité familiale.
ont l'infinie tristesse
de vous annoncer le décès de
Philippe DUSSAUD
survenu le 7 septembre 2018,
à l'âge de 79 ans,
à l'Hôpital Américain
de Neuilly-sur Seine.
La cérémonie religieuse
aura lieu en l'église Saint-Rémy
de Draveil (Essonne),
le mardi 11 septembre,
à 14 heures.
L'inhumation se tiendra
le mercredi 12 septembre,
à 14 heures, à Nîmes,
dans le caveau familial du
cimetière du Pont-de-Justice.
La famille remercie
l'équipe d'oncologie
de l'Hôpital Américain.
Daniel, son mari,
Corinne, Alexandra, Sébastien,
ses enfants,
sa belle-fille et ses gendres,
ses dix petits-enfants
Mme Annie Pecune,
née Baruthel, sa sœur,
et ses enfants,
M. Jean-Louis Baruthel,
son frère,
M. Didier Frot,
son neveu,
Mme Nathalie Frot-Aiken,
sa nièce,
et leurs enfants
ont la douleur
de vous faire part du décès de
Mme Suzette FROT
née Baruthel,
survenu le 5 septembre 2018,
à Paris (15e).
Une cérémonie religieuse
aura lieu le mardi 11 septembre,
à 11 heures, au crematorium
du cimetière du Père-Lachaise,
71, rue des Rondeaux,
Paris (20e).
16, chaussée de l'Étang,
94160 Saint-Mandé.
ont la douleur
de faire part du décès de
Marie-Françoise FISCHER
née Rousselle,
qui s'est endormie
dans la paix du Christ, munie
des sacrements de l'Église,
le 3 septembre 2018.
L'inhumation a eu lieu
le mercredi 5 septembre 2018,
dans le caveau familial,
au cimetière de Pionsat
(Puy-de-Dôme).
Une messe de requiem
sera célébrée
le jeudi 13 septembre,
à 19 heures,
dans la crypte de l'église
Saint-Ferdinand-des-Ternes,
Paris (17e).
Priez pour elle.
6, place Tristan-Bernard,
75017 Paris.
Aliette Jaffard,
son épouse,
Stéphane et Sylvie Jaffard,
son fils et sa belle-fille,
Pierre, Thomas
et Sophie Jaffard,
ses petits-enfants,
Philippe Gaucheron-Pérol,
son beau-frère,
la famille Vincenti
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Paul JAFFARD
La famille rappelle
à votre souvenir son fils,
Jean-Marc
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le lundi 10 septembre 2018,
à 10 heures, en l'église
Notre-Dame-des-Champs,
Paris (6e).
Eliane Flaive
née Aubry, son épouse,
Marie-Laure Flaive,
Philippe et Emmanuèle
Alexandre,
ses enfants,
Charles et Louis Alexandre,
Eléonore et Rémi Caulliez,
ses petits-enfants,
Marguerite Thiébaut,
sa sœur,
ses neveux et nièces,
ses petites-nièces
et toute la famille
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Louis FLAIVE
HEC 50,
Harvard University,
survenu le 7 septembre 2018,
à Saintes, dans sa 79e année.
survenu le 6 septembre 2018,
à l'âge de 90 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le mardi 11 septembre,
à 15 heures, en l'église
Saint-Pierre, à Royan.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le mardi 11 septembre,
à 11 heures,
en l'église Saint-Pierre
de Neuilly-sur-Seine.
Elle reposera au cimetière
Montperrier de Royan,
aux côtés de son époux Alain,
qu'elle a tant aimé.
Neuilly-sur-Seine
(Hauts-de-Seine).
Cet avis tient lieu de faire-part.
L'inhumation aura lieu
au cimetière de Pourlans
(Saône-et-Loire),
le mercredi 12 septembre,
à 14 h 30.
5, rue du Chanoine-Raud,
17200 Royan.
50, rue de Charonne,
75011 Paris.
61, boulevard d'Inkermann,
92200 Neuilly-sur-Seine.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Villefranche-de-Lauragais
(Haute-Garonne).
Paris.
Françoise et Laurent Lugand,
Isabelle et Thierry Métais,
ses filles et gendres,
Fabrice, Sophie, Olivier
et Philippe,
ses petits-enfants,
Arnaud,
son arrière-petit-fils,
parents et alliés
ont la douleur
de vous faire part du décès de
Mme Pierrette JAHIER
née Dussel,
à l'âge de 94 ans.
La cérémonie religieuse
a été célébrée
le mardi 4 septembre 2018,
en l'église
de Villefranche-de-Lauragais,
suivie de l'inhumation
au cimetière.
La famille remercie par avance
toutes les personnes
qui s'associeront à sa peine.
le carnet du jour
suite en page 14
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Léo
Eon de QUELEN
et Catherine, née Hyley-Bell.
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23
vendrediousamedi:2
2
Le comte et la comtesse
de QUELEN
sont heureux d'annoncer
la naissance de leur petit-fils
13
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samedi 8 - dimanche 9 septembre 2018
14
LE CARNET DU JOUR
Yves-Marie Laulan,
son père,
Françoise Bastin Laulan,
sa mère,
Bertrand Laroche,
son époux,
Hugo Laroche,
son fils,
Thérèse et Michel Laroche,
ses beaux-parents,
ses frères, belles-sœurs,
cousins, neveux et nièces
et toute sa famille
ont la douleur
de vous faire part du décès de
Sylvie LAROCHE
née Laulan,
survenu le 23 août 2018,
dans sa 57e année.
Sit tibi terra levis.
Françoise Leridon,
son épouse,
Me Jean-Claude Peltier,
son époux,
Mme Madeleine Scheid,
son épouse,
Frédéric et Benoit,
ses enfants,
ses petits-enfants
et ses frères et sœurs
M et Mme
José-Antoine Peltier,
Pauline, Charlotte, Antoine,
nous prie d'annoncer
le décès, le 4 septembre 2018,
à l'âge de 93 ans, de
ont la douleur
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Bernard LERIDON
à Antibes, entouré des siens.
La cérémonie religieuse
aura lieu le mardi
11 septembre 2018, à 11 heures,
en l'église Notre-Damede-la-Résurrection,
au Chesnay.
Cet avis tient lieu de faire-part.
8, square du Dragon,
78150 Le Chesnay.
Le secrétaire perpétuel,
le bureau
et les membres de
l'Académie des inscriptions
et belles-Lettres
a le très profond regret
de faire part du décès,
survenu à Paris,
le 6 septembre 2018, de
M. Gilbert LAZARD
membre de l'Institut,
officier de la Légion d'honneur,
commandeur dans l'ordre
national du Mérite,
croix de guerre 1939-1945,
médaille de la Résistance,
commandeur dans l'ordre
des Palmes académiques,
officier dans l'ordre
des Arts et Lettres,
déporté résistant,
ancien élève de l'École
normale supérieure,
professeur émérite de langues
et civilisation iraniennes
à l'université Sorbonne
nouvelle-Paris 3,
directeur d'études émérite
de linguistique et philologie
iraniennes à l'École pratique
des hautes études, IVe section.
La comtesse Jacques-Alain
Le Chartier de Sédouy,
née Maïtchou Lehideux,
son épouse,
M. et Mme
François Saint-Paul
et leurs enfants,
le vicomte (†) et la vicomtesse
Bertrand
de Villeneuve-Bargemont
et leurs enfants,
M. et Mme Marc de Buffévent
et leurs enfants,
le comte et la comtesse
François-Gilles
Le Chartier de Sédouy
et leurs enfants,
Mme André Hugues,
Mme Albert Tailliandier,
ses sœurs,
ont la tristesse de faire part
du décès du
comte Jacques-Alain
LE CHARTIER de SÉDOUY
M. Jean Massat,
son époux,
Valérie Astic,
Nathalie Zaquin,
ses filles,
Eliott, Matthias, Stanislas,
ses petits-fils,
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Denise MASSAT
née Collet,
le 24 août 2018,
à l'âge de 94 ans.
Les obsèques religieuses
ont été célébrées dans l'intimité
familiale, le vendredi 31 août.
Cet avis tient lieu de faire-part.
188, boulevard Bineau,
92200 Neuilly-sur-Seine.
Virginia de Maupeou
d'Ableiges de Monbail,
son épouse,
Claire et Charles-Henri
de Boissieu,
David et Ruth de Maupeou
d'Ableiges de Monbail,
ses enfants,
Pierre et Paul de Boissieu,
Flora de Maupeou
d'Ableiges de Monbail,
ses petits-enfants,
vous font part
du rappel à Dieu, à Londres,
le 2 septembre 2018, de
Aurian de MAUPEOU
d'ABLEIGES de MONBAIL
La cérémonie religieuse
aura lieu dans l'intimité
familiale, à Inkpen (Angleterre).
Une messe à sa mémoire sera
célébrée ultérieurement à Paris
et à Venansault (Vendée).
Mme Montestrucq,
née Martine Nabert,
M. Francis Bellanger
et Mme, née Laurence Nabert,
leurs enfants, Maud, Eric,
Pierre-Louis,
leurs huit petits-enfants,
rappelé à Dieu,
le 6 septembre 2018.
les familles Gajan, Ladet,
Triboulet-Piton
La cérémonie religieuse
aura lieu
le vendredi 14 septembre,
à 10 h 30, en l'église
Saint-Philippe-du-Roule,
à Paris (8e),
suivie de l'inhumation
dans l'intimité familiale,
au cimetière de Passy,
à Paris (16e).
ont le chagrin
de vous faire part du décès,
de leur frère, beau-frère,
oncle, cousin et neveu,
Le docteur
et Mme Pierre Thomas,
Anne-Sophie Juliard Thomas,
sa filleule,
ont la tristesse de faire part
du décès de
M. Daniel LE DOUARIN
chevalier
de la Légion d'honneur,
chevalier
de l'ordre national du Mérite,
chevalier
des Palmes académiques,
survenu le 31 août 2018,
dans sa 96e année.
La cérémonie religieuse
a été célébrée à Gagny,
dans la plus stricte intimité.
10, rue Jules-Régnault,
95880 Enghien-les-Bains.
M. Didier NABERT
Audierne, le 15 août 2018.
Merci de vos prières.
France et Pascal Simon Pabst,
Antoine et Lilette Pabst,
Nicolas et Catherine Pabst,
Hélène Lê,
ainsi que ses petits-enfants
et arrière-petits-enfants
ont la douleur
de faire part du décès de
Elisabeth PABST
née Hallade,
Sa famille
et ses amis
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Raymonde LEPESANT
née Duhant,
institutrice retraitée,
13 avril 1930-30 août 2018.
Ses obsèques ont été célébrées
à Annecy.
Me et Mme François Peltier,
Albert, Gaspard, Henri,
le docteur et Mme
Christian Linderman,
Constance, Gabriel
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Freya Sofia PELTIER
née von Kyrein Galvez,
chevalier
du Mérite agricole,
le 5 septembre 2018,
à l'âge de 78 ans.
La cérémonie religieuse
aura lieu en l'église
de Montoire-sur-le Loir
(Loir-et-Cher),
le mercredi 12 septembre,
à 15 heures.
Sabrina Galletta,
sa compagne,
Alain Razimbaud,
son père,
Nathalie Bosqui,
sa mère,
Aurélie et Alexis
Chauffert-Yvart,
Solenn Razimbaud
et Thomas Page,
ses sœurs et leurs conjoints,
ont la douleur
de vous faire part du décès
le vendredi 31 août 2018,
à l'âge de 29 ans, de
Guillaume RAZIMBAUD
La cérémonie religieuse
aura lieu le lundi 10 septembre,
à 10 h 45, au crématorium
de Pau (Pyrénées-Atlantiques).
Aux fleurs sera préféré un don
au profit de France Alzheimer.
Dominique Rigollot,
son époux,
Didier, Sophie, Martine
et Sylvain,
ses enfants,
Myriam, Daniel, Nicolas
et Kelly,
ses belles-filles et gendres,
Servane, Sibylle, Tigran, Julia,
Marie, Suzanne, Gabriel
et Noé,
ses petits-enfants,
ont la tristesse
de faire part du décès de
Françoise RIGOLLOT
née Payet-Gaspard,
survenu le 5 septembre 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée en l'église
Notre-Dame-Saint-Louisde-La-Guillotière,
à Lyon (7e),
le lundi 10 septembre,
à 10 heures.
François-Olivier Robin,
Pierre-Edouard et Hélène
Robin,
ses enfants,
Rosanna et Lou Robin,
ses petites-filles,
son neveu et ses nièces,
ses cousins
ont la tristesse de vous
faire part de la disparition de
Mme Roger ROBIN
née Françoise Germain,
architecte d'intérieur,
survenue le 4 septembre 2018,
à l'âge de 86 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée en l'église
Saint-François-Sales,
6, rue Brémontier, Paris (17e),
le mercredi 12 septembre,
à 14 h 30.
Ses cendres seront inhumées
aux côtés de son époux,
au cimetière de Saint-Sauveur,
à l'Île d'Yeu.
86, avenue de Wagram,
75017 Paris.
survenu le 5 septembre 2018,
à Paris.
La cérémonie religieuse
sera célébrée en l'église
Saint-Philippe-du-Roule,
154, rue
du Faubourg-Saint-Honoré,
à Paris (8e),
le mardi 11 septembre,
à 10 h 30.
Pierrette Pellen,
son épouse,
Mme Marcel Erard,
sa mère,
tous ceux qui l'ont aimé
Annecy.
e
ont la douleur
de vous faire part du décès,
le 19 août 2018,
à l'âge de 66 ans, du
capitaine de frégate
Jacques PELLEN
Hervé et Catherine Sarazin,
Laurent et Valérie Sarazin,
Christine et Yvon
Sarazin-Foricher,
Guillain et Marianne Sarazin,
ses enfants,
Marie, Louis, Lucie, Sophie,
Catherine, François, Hélène,
Pierre, Marion, Louise,
Amaury et Tiffany,
ses petits-enfants,
Noah, son arrière-petit-fils,
ont la tristesse
de vous faire part du décès du
docteur Jacques SARAZIN
survenu à Antony,
le 6 septembre 2018,
à l'âge de 89 ans.
La cérémonie religieuse
a eu lieu au funérarium
du cimetière Saint-Pierre, à
Marseille, le jeudi 23 août 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le mercredi 12 septembre,
à 15 heures, en l'église
Saint-Cyr-Sainte-Julitte,
place de la Mairie, à Villejuif.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Cet avis tient lieu de faire-part.
M. Marcel SCHEID
Les obsèques auront lieu
dans l'intimité familiale.
Mme Hubert Sully,
née Edith de Carné-Trécesson
de Coëtlogon, son épouse,
Yolaine Julienne,
Christophe et Marie-Noëlle
Lescot,
ses enfants,
ses petits-enfants
et son arrière-petit-fils
ont la tristesse
de faire part du décès,
le 4 septembre 2018, de
Hubert SULLY
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le mardi 11 septembre 2018,
à 10 h 30, en l'église
Saint-Pierre-du-Gros-Caillou,
92, rue Saint-Dominique,
à Paris (7e).
Clermont-Ferrand.
Chantal de Fournoux la Chaze,
son épouse,
ses enfants et leurs conjoints,
ses petits-enfants,
son arrière-petite-fille
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
M. Charles THIEBLIN
École nationale d'assurances
1957,
auditeur de l'Institut des hautes
études de Défense nationale,
conciliateur de justice
honoraire,
chevalier
de l'ordre national du Mérite,
dans sa 83e année.
La cérémonie religieuse
sera célébrée le lundi
10 septembre 2018, à 14 heures,
en l'église de Royat, suivie
de l'inhumation dans l'intimité
familiale, au cimetière
de Saint-Maurice-près-Crocq
(Creuse).
Cet avis tient lieu de faire-part.
On nous prie d'annoncer
le rappel à Dieu de
M. Jacques VIAN des RIVES
chevalier de l'ordre
de Saint-Grégoire-le-Grand,
le 29 août 2018,
dans sa 91e année
La messe d'obsèques
a été célébrée à Cotignac,
le 1er septembre 2018,
suivie de l'inhumation
dans le caveau de famille.
messes
Pierre de CASTELLANE
20 septembre 1960 - 3 juin 2018,
Jacques-Edouard Grée,
sa famille et ses proches
feront célébrer une messe
au couvent des Dominicains,
222, rue du FaubourgSaint-Honoré, Paris (8e),
le mercredi 19 septembre 2018,
à 19 h 45.
Henri FROMENT-MEURICE
ambassadeur de France,
sera dite en l'église
Saint-Augustin, à Paris (8e),
le mercredi 12 septembre 2018,
à 18 h 30.
En souvenir de
Hubert
TAFFIN de GIVENCHY
ses neveux et nièces,
Philippe Venet
feront célébrer une messe
en la basilique Sainte-Clotilde,
23 bis, rue Las Cases, Paris (7e),
le mercredi 12 septembre 2018,
à 18 heures.
Nancy WISE
née Brenta,
rappelée à Dieu,
le 19 juillet 2018.
souvenirs
au lieu de 473,20E
disparaissait
le 9 septembre 2006.
Ayez une pensée pour elle.
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Le président,
les membres des conseils
d'administration de la
à Paris,
et de la
à Marrakech,
Pierre BERGÉ
grand officier
de la Légion d'honneur,
disparaissait il y a un an
le 8 septembre 2017.
Ils sont plus que jamais engagés
à faire perdurer l'œuvre
qu'il laisse derrière lui.
pensionnaire de l'Institution
nationale des Invalides,
Ils lui feront leurs adieux
le mardi 11 septembre 2018,
à 14 heures, en la cathédrale
Saint-Louis des Invalides,
Paris (7e).
Il y a cinq ans,
le mardi 10 septembre 2013,
Philippe COTTIN
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nous quittait.
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et aimé aient une pensée
ou une prière pour lui.
Adresse :
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et anniversaires
En ce treizième anniversaire
du rappel à Dieu de
Ghislaine DHERS-MÉLOT
disparue le 10 septembre 2005,
ceux qui l'ont connue et aimée
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se souviennent que
commandeur
de la Légion d'honneur,
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premier-maître
Georges ZWANG
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Une messe de requiem
sera célébrée
le mardi 18 septembre 2018,
à 18 h 15, en l'église
Saint-Honoré-d'Eylau,
66, avenue Raymond-Poincaré,
Paris (16e), à l'intention de
233, avenue Edouard-Latil,
83000 Toulon.
l'Institution nationale
des Invalides
chez vous
rappelé à Dieu
le 1er juillet 2018,
Fondation Pierre BergéYves Saint Laurent
font part avec tristesse
du décès du
chaque jouR
Une messe
pour le repos de l'âme de
Cet avis tient lieu de faire-part.
Le gouverneur des Invalides,
le directeur,
le président du Foyer,
les pensionnaires
et les bénévoles de
Recevez
Le FigaRo
En souvenir de
Ville :
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Il y a dix ans,
le 8 septembre 2008,
Jacques DECOSSIN
nous quittait.
Souvenons-nous de lui en ce
jour avec amour et affection.
Son épouse et sa famille.
E-mail :
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Expire in :
FAP18002
Une messe à sa mémoire
sera célébrée ultérieurement.
Il y a soixante-sept ans,
était rappelé à Dieu
Il y a un an, le 15 août 2017,
Delphine LABELLE
née Crescent,
était rappelée à Dieu.
La messe de 18 h 30,
du jeudi 13 septembre 2018,
en l'église
Notre-Dame-de-l'Assomption,
Paris (16e),
sera célébrée à son intention.
Georges LACOSTE
industriel.
Une prière est demandée
à son intention ainsi qu'à celle
de tous les défunts des familles
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Ponsa et du personnel
des établissements
Etienne Mazères et Cie
d'Oloron-Sainte-Marie.
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LE FIGARO
samedi 8 - dimanche 9 septembre 2018
CHAMPS LIBRES
REPORTAGE
Condamnés à des peines de 6 à 8 mois de détention, trois prisonniers, accompagnés d’un surveillant de la prison de Varennes-le-Grand, ont participé aux vendanges chez un viticulteur de Rully.
En Bourgogne, on vendange
les raisins de la réinsertion
Envoyé spécial à Rully (Saône-et-Loire)
L’
idée leur est venue en plein
hiver, alors qu’ils brûlaient,
dans une vigne frigorifiée,
les sarments coupés après
les dernières vendanges :
« Et si on venait avec des détenus ? »
David et Hervé sont surveillants au centre pénitentiaire de Varennes-le-Grand, l’établissement
du ressort des tribunaux de Chalon-sur-Saône et
de Mâcon (Saône-et-Loire). Depuis plus de dix
ans, ils ont l’habitude d’occuper une partie de
leurs loisirs en participant aux vendanges chez un
viticulteur renommé de Rully, Vincent Dureuil,
devenu un ami. Un troisième fonctionnaire, Steve,
a été à son tour converti par ses collègues aux joies
de la récolte du raisin. Surtout, ils lui ont fait découvrir comment cette activité, bien que physiquement très exigeante, permettait de se ressourcer, d’oublier un temps l’atmosphère oppressante
de la prison.
Les trois hommes ont suivi des parcours différents. David, premier surveillant et représentant
du syndicat Ufap-Unsa, est un pur produit de
l’Administration pénitentiaire (AP). Steve est un
ancien militaire. Ce costaud, dont on devine qu’il a
crapahuté, est l’un des « surveillants référents »
du centre. Hervé, lui, a fait des études supérieures
et commencé son parcours professionnel dans la
restauration. C’est en travaillant pour un prestataire qu’il a découvert le monde carcéral, puis décidé de se reconvertir. Il est affecté au quartier arrivants de la maison d’arrêt : à ce titre, il côtoie
pendant plusieurs jours tous les prisonniers.
Interdiction de boire une goutte d’alcool
Vincent Dureuil, fils et petit-fils de vignerons,
gère avec son épouse Céline un domaine de
20 hectares éclaté en de nombreuses parcelles. Il a
assuré à ses amis qu’il soutiendrait leur initiative et
embaucherait des détenus dans son équipe : « J’ai
été partant tout de suite, c’est un beau projet de
réinsertion et, en plus, on manque de bras dans nos
exploitations. » Ne restait plus qu’à convaincre la
direction du centre pénitentiaire.
Franca Annani est une jeune femme au sourire
chaleureux et à l’œil pétillant. Précédemment en
poste dans la région lyonnaise, elle a pris en décembre 2016 la tête de cet établissement de
393 places (pour 460 détenus environ) construit
en 1991, une grosse machine composée d’une maison d’arrêt, d’un centre de détention, d’un quartier pour les mineurs et d’un autre pour les semilibertés. « De tels projets sont des histoires de
rencontres, explique-t-elle. Là, il y avait un alignement de planètes parfait. Je me souviens du moment
où les surveillants sont venus me dire : “On a une super-idée depuis quatre ans, elle est mûre.” Ils me regardaient en guettant ma réaction, comme on attend la fumée blanche pour l’élection du pape. »
Des surveillants
de prison
et un viticulteur
renommé de Rully
sont à l’origine
d’une expérience :
trois détenus du centre
pénitentiaire bénéficient,
avec l’aval
de la directrice
et d’un juge,
de permissions
de sortie pour récolter
le millésime 2018.
20 km
YONNE
CÔTE D'OR
Rully
NIÈVRE
Chalon-surSaône
Varennes-le-Grand
SAÔNE-ET-LOIRE
ALLIER
Mâcon
RHÔNE
JURA
AIN
LOIRE
Infographie
Mme Annani, qui a par ailleurs fait venir à Varennes, à l’initiative d’une autre surveillante, le pâtissier Philippe Conticini pour rencontrer les détenus
et le personnel, a donné son feu vert à Steve, Hervé et David.
La sélection des prisonniers a été menée avec un
soin d’autant plus scrupuleux qu’il s’agit là d’une
première en France. Les surveillants ont dressé
une liste d’une dizaine de noms : « Il fallait des gars
sérieux, travailleurs, dont les peines avaient vocation à être aménagées, pas de gros profils, pas de
condamnés pour stupéfiants ou pour mœurs », énumère Hervé, aux bras tatoués comme ceux d’un
biker. Trois d’entre eux ont été retenus au terme
du processus, condamnés à des peines de 6 à
8 mois. Lucas et Philippe avaient déjà tâté de la
prison, mais pas le benjamin du groupe, Paul*.
Tous exerçaient une profession avant d’être renvoyés au tribunal.
Les vendangeurs de Varennes ont obtenu du
juge de l’application des peines (JAP), avec l’aval
du parquet et du service pénitentiaire d’insertion
et de probation (Spip) des permissions de sortie
pour la journée. Lever à 5 h 30, départ vers 7h, retour après 19 h 30, douche, dîner, extinction des
feux. Interdiction de boire une goutte d’alcool - ils
sont soumis chaque soir à l’éthylotest. Et de commettre le moindre faux pas, sans quoi les vendanges sont terminées avec les conséquences qu’on
imagine pour le reliquat à purger.
Vincent Dureuil qui, en juillet, a visité le centre
pénitentiaire avec Céline - un choc - a tenu à ce
que ces employés particuliers se fondent dans son
équipe de vendangeurs. Ils arrivent à Rully, à une
demi-heure de route de Varennes, à bord d’une
voiture banalisée louée pour l’occasion. Hervé,
David et Steve les accompagnent en tenue de ville,
ou plutôt en tenue de vigne. Les salariés du domaine comme les saisonniers ont un peu tiqué quand
leur patron les a informés de l’expérience. « Au
début, j’étais contre. Pour moi, c’est à l’État de les
réinsérer, pas aux petites entreprises », reconnaît
un ancien de la maison. Mais les appréhensions ont
été vite levées. » « Ils sont grave sympas, s’enthousiasme Juliette, ça leur rend vraiment service et
leurs gardiens sont super-cool. » « J’ai un peu appréhendé, mais finalement, c’était une bonne surprise, confirme Rebecca, qui prépare le concours
de gardien de la paix. Si on ne nous avait rien dit, je
n’aurais pas deviné que c’était des prisonniers. »
Après le café partagé au domaine, tout ce petit
monde, soit une trentaine de personnes, se rend
aux vignes à bord de camionnettes. Chacun se voit
remettre un grand seau en plastique, un sécateur à
manche rouge, et c’est parti pour la récolte, particulièrement abondante cette année. Les détenus
sont coupeurs, les surveillants, porteurs. Personne
J’ai été partant tout de suite, c’est un beau
projet de réinsertion et, en plus, on manque
de bras dans nos exploitations
VINCENT DUREUIL, VITICULTEUR À RULLY
»
S. SORIANO/LE FIGARO
ne chôme, mais les blaguent circulent de rang en
rang. Beaucoup tournent autour du statut singulier
des six de Varennes-le-Grand : « Tu n’as jamais
pensé à être bénévole ? », demande Steve, qui porte
sans le moindre effort une hotte de 60 kg de raisin
blanc. La réponse de Lucas fuse : « Vol, peut-être,
béné ça m’étonnerait. » Tout le monde rit. Le travail en commun, éreintant, soude le groupe. Pour
autant, nul n’oublie sa place dans le dispositif.
« Dans la journée, remarque David, on alterne
spontanément tutoiement et vouvoiement avec les
détenus. Mais le soir, quand on les ramène en cellule,
le vouvoiement s’impose de lui-même. »
« Au moins, on sert à quelque chose »
Les trois condamnés ont saisi l’aubaine. « J’ai accepté tout de suite la proposition, dit Lucas, quadragénaire, père de deux enfants. Ça peut nous faire
sortir plus vite et au moins, on sert à quelque chose. » Paul a moins de 25 ans. Ce grand échalas
constate que « ce sont les cuisses qui trinquent le
plus » quand il passe une journée accroupi devant
les ceps chargés de grappes. « C’est pas des vacances, mais pour nous, c’est un repos mental », ajoute-t-il en promettant de ne « jamais retourner en
prison ». À sa sortie, il retrouvera son emploi car
son patron lui maintient sa confiance.
Philippe est le plus taciturne. Quadragénaire et
père de famille, comme Lucas, il ne se plaint de
rien : ni du réveil matinal, ni du retour en cellule le
soir - « on n’a pas le choix ». Mais il entend « revenir pour les vendanges de l’année prochaine », en
homme libre cette fois.
« Les détenus sont payés comme tous les autres
vendangeurs, 10,13€ de l’heure », précise Céline
Dureuil. Soit beaucoup plus qu’au tarif des ateliers
pénitentiaires. « Toutes les sommes touchées sont
versées sur leurs comptes nominatifs et dévolues à
trois usages, souligne Franca Annani : un tiers est
mis de côté en attendant la remise en liberté, un tiers
est utilisé pour améliorer l’ordinaire en détention (le
“cantinage”), un tiers pour l’indemnisation des parties civiles. »
Pour la directrice du centre pénitentiaire, l’expérience doit aussi être bénéfique pour les surveillants : « Elle donne du contenu à la mission de la
prison, qui est aussi, on l’oublie, de faciliter la réinsertion et la prévention de la récidive. Là, outre la
possibilité de remises de peine, les détenus redécouvrent l’estime de soi. Les surveillants sont ceux qui
ont la vision la plus juste des détenus, leur avis revêt
beaucoup de légitimité vis-à-vis des magistrats
quand il faut prendre des décisions, au premier chef
sur les aménagements. Il y a moins d’agressions à
Varennes qu’ailleurs : nous travaillons avec les personnels sur une redéfinition de la sécurité qui passe
par un nouveau rapport avec les détenus. Je pense
notamment au rôle des “surveillants référents”,
postes créés il y a cinq ans. »
La première semaine s’est si bien passée que,
jeudi, Hervé, Steve et David ont demandé à
Mme Annani, venue passer à Rully une partie de la
journée, déjeuner collectif au domaine compris,
s’il était envisageable de prolonger de lundi à jeudi
prochains. En fin d’après-midi, le JAP avait donné
son accord et signé les ordonnances. ■
* Les prénoms ont été modifiés.
A
Stéphane Durand-Souffland
sdurandsouffland@lefigaro.fr
15
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samedi 8 - dimanche 9 septembre 2018 LE FIGARO
16
CHAMPS LIBRES
DÉBATS
Les autorités suédoises constatent un lien
entre délinquance et immigration
+
Europe s’apprête
à enregistrer en Suède
une nouvelle poussée
populiste. Né en 1988,
le parti nationaliste et
anti-immigration des
Démocrates de Suède (DS) est demeuré
inexistant pendant une décennie (entre
0,1 % et 0,4 % des suffrages).
Les législatives de 2002 ont marqué
une première progression (1,4 %), puis
le parti a doublé son score à chaque scrutin
législatif : en 2006 (2,9 %), en 2010
(5,7 %) et en 2014 (12,9 %). Les DS devraient
enregistrer, le 9 septembre, une nouvelle
progression. On ne trouve pas l’explication
dans les grands indicateurs économiques
et sociaux. En 2017, un rapport de l’OCDE
élogieux soulignait la prospérité de ce pays.
L’envolée électorale des populistes suédois
découle des conséquences de l’immigration
en général et des problèmes d’intégration
en particulier.
Plus connus pour leur émigration,
les Suédois ont longtemps accueilli une
immigration marginale sur le plan
quantitatif et issue de pays européens, des
États-Unis et du Canada. La Suède est
donc restée un pays homogène sur le plan
ethnoculturel. Dans les années 1980, une
immigration non occidentale est apparue.
Son développement a été rapide,
notamment au titre de l’asile. Entre 1985 et
2015, cette immigration en Suède a été
quatre fois plus importante par habitant
que dans les autres pays européens. La part
de la population d’origine non occidentale
est passée de 2 % à 15 % de la population
totale. En 2014-2015, la Suède a connu le
plus grand flux de demandeurs d’asile par
habitant jamais enregistré dans un pays de
l’OCDE. On a loué le
sens de l’accueil des
Suédois, leur esprit
de tolérance. Le pays
a été qualifié de
L’analyse du comportement électoral des Suédois
« superpuissance
ne peut faire abstraction de faits établis par des étumorale ». Pourtant,
des statistiques, argumente le directeur général de
depuis vingt ans, les
la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol)*.
enquêtes soulignant
» Lire aussi PAGES 2 ET 3
L’
DOMINIQUE REYNIÉ
du monde de l’égalitarisme, n’est pas
une protestation contre les inégalités.
D’ailleurs, les pays qui se portent le mieux
subissent tous l’essor du nouveau
populisme : Finlande, Danemark,
Allemagne, Pays-Bas, Autriche, Suisse.
Beaucoup s’obstinent pourtant
à expliquer les votes populistes par
l’économie. La thèse circule que ce grand
chambardement serait la conséquence de
la crise financière de 2008. Or, si la crise
n’a pu que fournir de l’eau au moulin des
démagogues, le vote populiste s’est installé
antérieurement, comme le montre l’année
du succès électoral
du parti populiste
Beaucoup s’obstinent à expliquer
néerlandais Liste
Pim Fortuyn
les votes populistes par l’économie.
(2002), la présence
Or le vote des Suédois, pays champion
de Jean-Marie
Le Pen au second
du monde de l’égalitarisme, n’est pas
tour de la
une protestation contre les inégalités
présidentielle
(2002), l’ascension
électorale des populistes en Suède (2002,
part et immigration d’autre part sont
2006) ou en Finlande (2007); et comme le
établis statistiquement. Pour la seule année
prouve l’année de l’entrée des populistes
2016, on relève en Suède
dans les coalitions parlementaires
190 000 agressions sexuelles
ou gouvernementales, en Italie (1994), au
et 6 715 plaintes pour viol - chiffre en
Danemark (2001), en Autriche (2000), aux
augmentation. Or un récent rapport
Pays-Bas (2002) ou en Slovaquie (2006).
gouvernemental suédois (22 août 2018)
La cause profonde de ces
portant sur la période 2012-2017 montre
bouleversements électoraux est dans
que, dans les cas de viol où la victime
la crise patrimoniale que traverse
ne connaissait pas son agresseur, celui-ci
l’Europe. De nombreux Européens
est non européen dans 85 % des cas.
identifient des menaces pesant à la fois
En outre, des comportements
sur leur patrimoine matériel - leur niveau
antisociaux se sont propagés, multipliant
de vie - et sur leur patrimoine immatériel
les scènes auxquelles les Suédois ne
ou culturel - leur style de vie. Les classes
s’habituent pas : incendies de voitures,
laborieuses considèrent l’État providence
dégradations d’équipements publics,
comme une pièce centrale de leur
rixes, trafics, fraudes, etc. Et l’on observe
patrimoine. Elles n’en acceptent pas la
une surreprésentation des non européens
disparition ; elles n’acceptent pas non plus
parmi les auteurs de ces délits.
l’évolution de la solidarité dans une société
Enfin, la menace du terrorisme islamiste
devenue multiculturelle ; s’installe l’idée
amplifie la peur et alimente la colère.
que la redistribution ne se fait plus au
L’immigration et la criminalité sont
profit d’un même que moi, d’un autre
ainsi devenues les premières
moi-même. L’idée de solidarité laisse
préoccupations des Suédois, loin devant
la place à l’idée de spoliation, celle d’un
les questions économiques et sociales.
groupe qui est d’ici, par un autre, qui vient
Le vote des Suédois, pays champion
scepticisme et inquiétude de l’opinion
montraient les limites de l’ouverture.
Gouvernants, médias et universitaires
auraient dû accorder plus d’importance
à ces indications.
Malgré les efforts considérables
consentis par la Suède pour l’accueil
des immigrés (aide au logement, santé,
formation, emploi), l’intégration bute
sur les mécanismes du séparatisme
communautariste et de l’exclusion sociale.
La criminalité prend des formes et une
ampleur inédites. Et, par ailleurs, les liens
entre délinquance et criminalité d’une
«
»
d’ailleurs. Le chauvinisme social apporte
aux populistes le vote des classes
laborieuses. Le versant culturel de la crise
patrimoniale favorise le vote de couches
intermédiaires.
La fragilisation de l’État providence
pousse la gauche socialisante vers le déclin
ou sa mutation en une gauche sociale
et nationale. En 2005, l’opposition à la
Constitution européenne a donné lieu aux
premières formalisations de cette mue.
C’est dans ce contexte qu’est né à l’époque
Die Linke, en Allemagne, et que
Mélenchon a amorcé un virage en
abandonnant son fédéralisme et son
soutien à l’entrée de la Turquie dans
l’Union. Que de chemin parcouru pour
en arriver, le 2 septembre 2018, à cette
déclaration du leader de La France
insoumise : « Oui, j’aime mon pays ! Oui,
j’aime ma patrie ! Et je suis fier d’avoir
ramené dans nos meetings le drapeau
tricolore et La Marseillaise. Moi je
soupçonne les macronistes de vouloir faire
l’Europe en défaisant la France. »
Aujourd’hui, en Allemagne, Sarah
Wagenknecht, ex-épouse d’Oskar
Lafontaine et vice-présidente de Die
Linke, vient de lancer Aufstehen,
un mouvement de gauche hostile
à l’immigration.
Le débat public européen peine
à admettre le rôle joué par les problèmes
d’immigration et d’intégration dans
le délitement politique de nos sociétés.
La crainte patrimoniale qui saisit
les Européens fonde les succès
d’un populisme patrimonial qui, par
sa puissance potentielle, peut emporter
nos démocraties et l’Europe si ses causes
demeurent ignorées du débat
et de la décision publique.
* Professeur des universités
à Sciences Po. Dernier ouvrage paru :
« Les Nouveaux Populismes » (Pluriel ,
édition revue et augmentée, 2013).
La Fondapol vient par ailleurs de publier
une étude sur « Les Suédois
et l’immigration » réalisée par
l’universitaire suédois Tino Sanandaji.
Paris : fiasco d’Hidalgo et impopularité
de Macron donnent une chance à la droite
omme on l’observe
fréquemment avec
les appareils politiques
malades, Anne Hidalgo
et sa municipalité
ont définitivement cédé
au syndrome de la fuite en avant.
L’esprit persifleur des Parisiens s’est
saisi du dernier gadget en date, la cocasse
affaire dite des « uritrottoirs », ces sortes
de Playmobil géants d’une couleur rouge
pétard où l’on peut uriner en public avec
la caution morale du recyclage
et de l’écologie. Le goût du bon mot
et de la provocation leur fit baptiser jadis
« chiraquettes » les motocrottes. Voilà
désormais que les « urhidalgos » égayent
la gauloiserie parisienne. Cette installation
laide et malodorante, disséminée çà et là,
souvent dans les plus beaux endroits
de la capitale comme sur l’île Saint-Louis,
sert déjà de dépotoir et provoque la
consternation des amoureux de la ville et
l’incrédulité des touristes. Elle n’a d’égale,
en laideur, que les « aménagements »
de la place du Panthéon, blocs de pierre
incongrus et bancs de bois en forme
de tatamis qui prétendent innover dans
le domaine du mobilier urbain.
Qui se souvient, à l’Hôtel de Ville,
des Promenades de Paris, le merveilleux
ouvrage d’Adolphe
Alphand et des
ingénieurs
et paysagistes
de la ville, qui
Aux municipales de 2020, droite, centre et société
détaillait, en 1867,
civile peuvent reconquérir la capitale sans LaREM,
l’extrême élégance
plaide l’essayiste*.
et l’harmonie des
CLAIREFOND
C
A
SERGE FEDERBUSCH
différents édicules conçus sous
Haussmann ? Du kiosque à journaux au plus
humble banc, tout y était méticuleusement
étudié pour magnifier la beauté des rues
et avenues rectilignes qui font le charme
unique de cette ville. Cette sophistication
et ce goût ont déserté les petits politiciens
avides de communication et de tape-àl’œil qui plastronnent à la Mairie. Les
remarquables reportages de Didier Rykner,
dans La Tribune de l’art, permettent de
mesurer les graves atteintes au patrimoine
parisien ces dernières années.
Car il ne faut pas que les « uritrottoirs »
cachent la forêt des délires de la Mairie
qui se soldent par des dépenses hors de
contrôle et des misères pour les habitants.
Ainsi Hidalgo va-t-elle bientôt publier
un ouvrage intitulé Respirer. Elle prétend
donner un sens à son action, celui
de la santé et du bien-être des Parisiens
et se heurter à d’affreux lobbys
d’automobilistes. En fait de respiration,
il ne s’agit que d’enfumage.
La politique même d’Hidalgo provoque
engorgement de la circulation et pollution.
Tous les chiffres qu’elle brandit sont faux.
La réduction prétendue du trafic résulte
d’un comptage qui inclut
les ralentissements dus aux bouchons
ou à l’usage désormais massif
des deux-roues motorisés. La qualité
de l’air s’améliore bien moins que dans
la plupart des grandes métropoles.
Les missions essentielles d’une mairie
sont, en outre, négligées. Paris n’a jamais
été aussi sale. Et il faut s’aventurer dans
les villes du sud de l’Italie pour trouver
des services publics aussi défectueux.
Le double langage municipal sur les
clandestins, alternant appels d’air et appels
au secours de l’État, n’a fait qu’aggraver
une situation de quasi-crise migratoire
porte de la Chapelle et dans des zones
de plus en plus étendues du nord de Paris.
La salle de shoot du Xe arrondissement, qui
focalise violences et nuisances et provoque
la fureur des riverains, est un échec.
Que croyez-vous que la Mairie envisage ?
En ouvrir quatre de plus, assorties d’un bus
itinérant pour les consommateurs
de crack. Autant faire de Paris la capitale
de la toxicomanie.
La litanie des échecs d’Hidalgo, digne
continuatrice de Bertrand Delanoë,
d’un marché immobilier excluant jeunes
et classes moyennes à une dette multipliée
par six alors que les impôts se sont
considérablement alourdis, est longue
comme un jour sans Autolib’ ni Vélib’.
Face à ce fiasco mal dissimulé par la
communication, quelle alternative s’offre
aux Parisiens ? Les gazetiers ont cru
qu’En Marche, fort des résultats
triomphants d’Emmanuel Macron
à la présidentielle dans les bureaux de vote
parisiens, allait offrir une porte de sortie
aux bobos déçus par Hidalgo, et permettre
de tout changer pour que rien ne change.
Qu’importe si, hormis quelques formules
lénifiantes sur le Paris aux Parisiens
et la réforme de pure forme, les Marcheurs
n’ont rien à proposer d’autre que
de poursuivre les politiques d’Hidalgo.
Mais voilà que, pour ces partisans
du changement dans la continuité, l’affaire
se complique. L’étoile de Macron pâlit
même à Paris, les candidats Marcheurs
potentiels se multiplient et s’affrontent,
d’autant plus agités en surface qu’ils sont
identiques sur le fond. Hidalgo, appuyée
sur son réseau clientéliste, ne se laissera
pas faire, défendant avec hargne chaque
voix de sa clientèle électorale.
Toute cette agitation doit redonner
aux amoureux de Paris l’espoir et même la
conviction que notre ville peut être sauvée
des mauvais génies qui s’en sont emparés
en 2001 et de ceux qui veulent les
remplacer pour chausser leurs bottes.
Plusieurs centaines de Parisiens
se sont d’ores et déjà retrouvés au sein
de l’association Aimer Paris, qui offrira
une alternative réelle et réfléchie à ces jeux
politiciens en 2020. Ils sont convaincus que
Paris peut relever tous les défis. Ainsi est-il
possible de désengorger la circulation tout
en créant, dans le centre-ville, une zone
piétonne unique au monde où riverains
et visiteurs pourront se déplacer aisément.
Il est possible de réorganiser les services
municipaux, en particulier ceux de la
propreté, afin de nettoyer enfin nos rues.
Il est possible de cesser d’attirer migrants
et toxicomanes pour les laisser errer
dans nos jardins. Il est possible de mettre
un terme à la crise du logement.
Il est possible d’éviter que les JO
ne se soldent par un gouffre financier.
Toutes celles et tous ceux qui aiment
Paris peuvent nous rejoindre lors
des réunions que nous engagerons
dans les mois qui viennent. Il ne faut
pas rater le rendez-vous de 2020.
Aimons Paris et sauvons notre ville.
* Ancien élève de l’ENA. Site
de l’association : www.aimerparis.fr
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LE FIGARO
samedi 8 - dimanche 9 septembre 2018
CHAMPS LIBRES
OPINIONS
Natacha Polony
Merci au « Figaro »
ette chronique est
la dernière. Voici sept ans
que j’écris chaque semaine
dans les colonnes
du Figaro. Sept ans
à glaner des idées,
des anecdotes, à écouter les récits,
les récriminations ou les
C
@
100 000 citations
et proverbes sur evene.fr
ENTRE GUILLEMETS
8 septembre 1855 :
Les Français prennent
la tour Malakoff lors
de la guerre de Crimée.
Mac-Mahon,
décidé
à conserver
la tour
Malakoff
à tout prix
»
RUE DES ARCHIVES/CCI
J’y suis, j’y reste !
ANALYSE
Sophie de Ravinel
£@S2RVNL
» Lire aussi PAGE 4
Dassault Médias
14, boulevard Haussmann
75009 Paris
Président-directeur général
Charles Edelstenne
Administrateurs
Olivier Dassault, Thierry
Dassault, Jean-Pierre
Bechter, Olivier Costa
de Beauregard, Benoît
Habert, Bernard Monassier,
Rudi Roussillon
pas forcément celles du Figaro. Mais
c’est vous, lecteurs, qui m’avez fait
comprendre une des dimensions
essentielles de ce lien entre
les journalistes et ceux qui les lisent,
quand je recevais des lettres de gens
me disant que, même s’ils ne
partageaient pas mon point de vue,
même si telle ou telle vision n’était pas
la leur, ils appréciaient malgré tout
ces arguments qui étayaient mon
propos et qui leur donnaient à penser.
C’était finalement ce que j’avais appris
à Marianne avec Jean-François Kahn,
qui m’expliquait qu’un lecteur doit
être d’accord avec 60 % du contenu
de son journal mais qu’il faut,
sur les 40 % restant, le heurter,
le déconcerter, l’étonner, le
déstabiliser, bref, lui donner à penser.
Car, par-delà les titres et leur
positionnement, nous pratiquons
un même métier, le journalisme,
aujourd’hui à juste titre critiqué
et remis en cause, parce qu’il a pu
oublier qu’il ne servait pas à diriger
les consciences et dicter
les comportements, mais à embrasser
la complexité du réel et en offrir
les clefs de lecture. Si ce métier
a encore un sens en une époque
où les réseaux sociaux donnent
l’illusion que tout est information
et que seul compte le flux horizontal
et permanent des faits et images
partagés, c’est bien parce
qu’il consiste à hiérarchiser, redonner
de la profondeur et du relief,
réinscrire dans le temps long. Chaque
fait doit y être interrogé comme
la manifestation possible
d’un phénomène plus vaste, et comme
Le souverainisme de gauche
compte ses troupes à Marseille
out ce que la gauche compte
de souverainistes a rendezvous ce week-end
à Marseille. Tous ou presque
seront présents dans la Cité
phocéenne, qui confirme son
statut de ville star de la rentrée politique
2018. Mais ne parlez pas de gauche
ou de souverainisme à ces élus, à leurs
conseillers, aux plumes de revues
engagées, aux intellectuels-brasseurs
d’idées internationales, patriotes
et républicaines, aux blogueurs et autres
animateurs de joutes piquantes sur
Twitter, tous attendus à Marseille.
La gauche est pour eux trop étroite,
le clivage avec la droite n’a plus de sens.
C’est désormais le peuple contre
l’oligarchie. Quant au souverainisme,
il faut lui préférer la souveraineté.
« Souverainiste, c’est le qualificatif
paresseux qui permet de disqualifier son
adversaire », balaie Emmanuel Maurel.
Socialiste, eurodéputé, hôte
de l’événement et à l’origine
d’une plate-forme politique intitulée
« Nos causes communes », il flirte
ouvertement avec Jean-Luc Mélenchon.
Jusqu’à en faire la star de son week-end
marseillais.
De quoi rendre fous la plupart
de ses pairs du PS. Car comme Jean-Luc
Mélenchon, dont il partage un goût
prononcé pour les livres, les idées et
l’histoire - et qu’il pourrait bien rejoindre
pour constituer une liste commune
aux européennes - Emmanuel Maurel n’a
pas peur des mots. « L’internationalisme
n’est pas contradictoire avec la patrie,
avec le concept d’État-nation, un des lieux
privilégiés de l’expression
de la souveraineté populaire… »
Il poursuit : «Au moment où les
multinationales n’en ont plus rien à faire
des États, des frontières et des règles, où
T
+
enthousiasmes des gens que
je rencontrais pour nourrir
ce portrait par touches progressives
d’un pays aux richesses
incommensurables. Sept ans
à décrypter dans les soubresauts
de l’actualité ce qui pouvait nous
raconter une époque et traduire
les mouvements de fond qui
travaillent les sociétés occidentales
contemporaines. Sept ans à défendre
avec ferveur et opiniâtreté les valeurs
héritées de l’humanisme
et des Lumières, et à tenter
de dessiner un équilibre entre
la recherche du progrès
et la conservation du meilleur,
entre l’émancipation des individus
et la préservation des liens
qui construisent une communauté
de destin. À travers ces histoires
de villages menacés de désertification,
ces portraits d’artisans avides
de transmission, ces coups de colère
contre le lâche abandon de notre
modèle républicain, ces coups
de griffes contre tous ceux qui, par
paresse ou par intérêt, acceptent ou
justifient ce système dont les ravages
nourrissent toutes les haines.
Appelée à la direction du magazine
Marianne, où j’ai appris le
journalisme, je remercie Étienne
Mougeotte et Alexis Brézet, qui m’ont,
contre toutes les préventions, confié
cette chronique. J’ai bénéficié pendant
ces sept années d’une liberté
incomparable, non seulement lorsque
j’attaquais de front ceux qui me
semblaient mériter cette verve,
mais surtout quand je défendais
des options idéologiques qui n’étaient
SOCIÉTÉ DU FIGARO SAS Directeur des rédactions
14, boulevard Haussmann Alexis Brézet
75009 Paris
Directeurs adjoints de la rédaction
Président
Gaëtan de Capèle (Économie),
Charles Edelstenne
Laurence de Charette (directeur
de la rédaction du Figaro.fr),
Directeur général,
Anne-Sophie von Claer
directeur de la publication (Style, Art de vivre, So Figaro),
Marc Feuillée
Anne Huet-Wuillème (Édition,
Photo, Révision),
fringant de la patrie pour cavaler en tête
dans la reconstruction obligée
de la gauche après ces dernières années
cataclysmiques ?
Quoi qu’il en soit, ils s’unissent
en Europe, citent le jeune intellectuel
espagnol Inigo Errejon, la philosophe
française Chantal Mouffe, défendent Sahra
Wagenknecht en Allemagne et d’autres
ailleurs, pour qui les horizons sont certes
internationaux, mais surtout nationaux.
Les mises en garde qu’on leur adresse
sont elles aussi nombreuses. Depuis
la Grèce, dans une livraison du mois
d’août de la revue Socialter, l’ancien
ministre Yanis Varoufakis juge que ce
souverainisme qui s’assume populiste c’est clair s’agissant de
Jean-Luc Mélenchon Emmanuel Maurel et ses pairs
« a totalement tort » et
souverainistes réchauffent-ils
« souffle sur les braises
un plat un peu vieux, mais toujours de l’extrême droite ».
épicé, pour attirer les classes populaires Pour lui, « il n’y a
aucun moyen de
prêtes à rejoindre Marine Le Pen
rivaliser avec Le Pen sur
aux européennes ?
le nationalisme : vous
perdez dans tous les
cas ». Au sein du PS français, Henri
de « bien commun ». « Le bien commun,
Weber, auteur d’un Éloge du compromis
c’est la résistance à l’emprise du marché.
(Plon), reste toujours aussi convaincu par
Ce sont des lieux, des services qui doivent
son argument européen : «On ne peut
rester dans le patrimoine collectif. »
sauver la souveraineté nationale qu’en
Il y inclut beaucoup de choses, jusqu’à
construisant une union plus large et elle« des luttes sectorielles contre la publicité ».
même souveraine… » Il s’agace : «Réduire
Emmanuel Maurel et ses pairs
la question de la souveraineté à l’échelle
souverainistes veulent-ils purger, par
nationale est d’une bêtise sans nom ».
la partition du PS, le vieux débat toujours
« Les institutions européennes n’ont pas
vivant en son sein entre partisans du non
fait leurs preuves sur le plan démocratique
et du oui au référendum européen
et la souveraineté européenne ne se décrète
de 2005 ? Réchauffent-ils un plat un peu
pas contre les peuples, au risque de faire
vieux, mais toujours épicé, pour
monter les tensions nationalistes »,
redonner le goût de la politique aux
rétorque Linny Benbara, jeune
jeunes, attirer les classes moyennes
responsable de la revue souverainiste Le
et populaires prêtes à rejoindre aux
vent se lève. À gauche, nul ne sait encore
européennes le giron de Marine Le Pen ?
dans quelle direction il va souffler.
Enfourchent-ils le cheval redevenu
les capitalistes rêvent d’entreprise
sans usine et de marchés sans entrave,
l’idée de souveraineté retrouve toute
sa pertinence. »
Ajoutez à cela un discours net sur la
nécessité de maîtriser le flux migratoire,
sur la laïcité républicaine et sur
l’éducation, vous obtenez un ensemble
cohérent qui plonge dans les racines du
socialisme. Un néo-chevènementisme
modernisé à l’ombre des Gafa, des enjeux
écologiques et de la menace terroriste.
L’ennemi, pour cette famille de pensée,
ce n’est plus en priorité la droite, c’est
le marché dérégulé qui conteste les règles
de la démocratie. À la droite, Maurel
emprunte même la notion très typée
«
Arnaud de La Grange
(International),
Étienne de Montety
(Figaro Littéraire),
Bertrand de Saint-Vincent
(Culture, Figaroscope, Télévision),
Yves Thréard (Enquêtes,
Opérations spéciales, Sports,
Sciences),
Vincent Trémolet de Villers
(Politique, Société, Débats Opinions)
le fil dépassant d’une bobine qu’il faut
dévider avec obstination.
« Sans la liberté de blâmer, il n’est
point d’éloge flatteur » est-il inscrit
en première page du Figaro.
Pierre Caron de Beaumarchais ajoutait
à sa tirade qu’il « n’y a que les petits
hommes qui redoutent les petits écrits »,
libelles à l’époque, articles aujourd’hui.
Mais cet avertissement aux puissants
doit se doubler d’un rappel aux
rédacteurs : ce n’est que parce que l’on
peut louer à bon escient que la critique
virulente prend sa force. Ce qui signifie
que ce journalisme à la française
qui assume l’opinion, le point
de vue – et gardons-nous
des observateurs supposés neutres,
qui font passer leur idéologie en fraude,
parce qu’eux-mêmes parfois sont
persuadés de leur objectivité – doit
se garder de tout systématisme, de tout
réflexe sectaire. Les assignations
à résidence idéologique, les anathèmes
et les procès en sorcellerie de ceux
que l’on accuse, soit d’être d’affreux
bolcheviques quand ils se permettent
de critiquer un capitalisme devenu
prédateur, soit d’ignobles fascistes
aux idées « nauséabondes » quand
ils osent voir certaines réalités, ont
peu à peu laissé sur le bas-côté
le lecteur, le citoyen, qui n’attend pas
l’inquisition mais le débat
démocratique, c’est-à-dire le conflit
civilisé. Car c’est bien cet art
de la controverse qui constitue l’âme
de notre nation littéraire et politique,
politique parce que littéraire.
Merci, donc, aux lecteurs du Figaro,
d’avoir permis cette promenade au
long cours dans la société française.
VOX
… GRAND ENTRETIEN
FIGARO MAGAZINE
La philosophe Chantal
Delsol : « Les partisans de
l’enracinement estiment
qu’ils ne sont rien sans
une identité culturelle
qui les nourrit et les fait
vivre »
… HUMEUR
« Si le gouvernement veut
l’effort des Français, qu’il
commence par donner
l’exemple », par le général
Bertrand Soubelet
»
Directeur artistique
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Rédacteur en chef
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(Édition Web)
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du pôle news
Bertrand Gié
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sous le numéro FI/37/01. Eutrophisation : Ptot 0.009 kg/tonne de papier. du territoire national
A
CHRONIQUE
17
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 8 - dimanche 9 septembre 2018 LE FIGARO
18
Giuseppe Governale : « La France est une
terre d’élection pour la mafia calabraise »
Le général des carabiniers est à la tête de la Direction
de l’investigation antimafia en Italie.
e général des carabiniers Giuseppe Governale dirige depuis octobre 2017 la Direction de l’investigation antimafia
(DIA). Ce Palermitain de 59 ans commande un corps interforces de police
composé de 1 500 inspecteurs. En collaboration avec Interpol, la DIA a participé à de nombreuses enquêtes en France, en particulier contre la
’Ndrangheta.
L
A
LE FIGARO. – Cosa Nostra, la mafia sicilienne,
s’est-elle donné un nouveau chef après Toto Riina,
le parrain capturé à Palerme le 15 janvier 1993
et mort en prison le 17 novembre 2017 ?
Giuseppe GOVERNALE. - Je ne crois pas. Tant que
ses chefs sont vivants, Cosa Nostra ne les trahit pas.
Elle est restée fidèle à Toto Riina jusqu’à sa mort. De
son vivant, personne ne l’a délégitimé. Elle doit
maintenant se restructurer, reconquérir les espaces
perdus. Elle se trouve en difficulté depuis trop longtemps. Son choix se portera certainement sur un Palermitain. Ou un parent de retour de l’étranger, des
États-Unis par exemple. Cosa Nostra ne refera probablement plus l’erreur de prendre pour capo dei
capi un parrain qui ne soit pas de Palerme. Toto Riina, qui a semé la terreur dans les années 1980-1990,
était originaire de Corleone, localité à 60 kilomètres
de Palerme. C’était une grave anomalie. Certes, la
mafia à l’ancienne commettait elle aussi des violences, mais toujours de manière mesurée, en faisant
une analyse attentive du rapport « coûts/bénéfices ». Elle a toujours côtoyé les institutions en les caressant, en pratiquant la corruption. Jamais en les
agressant frontalement comme l’a fait Toto Riina.
Comme l’enlèvement et l’assassinat du leader démocrate-chrétien Aldo Moro ont signé la fin des Brigades rouges, les massacres de 1992-1993 ont amorcé le déclin de Cosa Nostra. La mafia a commis la très
grave erreur de provoquer l’État et de susciter sa réponse très ferme. On peut affirmer aujourd’hui
qu’elle a perdu cette bataille, mais n’a pas perdu la
guerre. En vingt ans, nous avons déployé un effort
exceptionnel. En 1992, on connaissait très peu Cosa
Nostra. Maintenant, on sait pratiquement tout d’elle.
Peut-on parler de la fin d’un cycle criminel ?
Cosa Nostra, la ’Ndrangheta calabraise et la Camorra
napolitaine ont changé de stratégie. Elles ont
momentanément remis le pistolet dans l’armoire.
Non qu’elles ne tireront plus, mais seulement « à bon
escient ». Ce qui n’enlève rien au danger qu’elles
représentent et que l’on a toujours eu tendance à
minimiser.
La ’Ndrangheta, la plus redoutable, prolifère à
l’étranger, en France, en Belgique, en Autriche, en
Australie, au Canada. Elle ne se contente pas d’y implanter des éléments pour réaliser ses affaires illicites. Elle y a germé en constituant des cellules. On la
trouve sur la Côte d’Azur, en Provence, à Toulon,
Menton, Grenoble, Toulouse. Elle a créé une
« chambre de passage » à Vintimille et une « chambre de contrôle », en Ligurie. Un organisme de la PJ
française, le Service d’information, de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organisée (Sirasco), suit attentivement cette évolution.
Les enquêteurs français commencent à réaliser qu’il
s’agit d’un phénomène grave. Ces criminels recyclent leurs gains illicites dans l’achat d’appartements, de villas, de commerces, parfois même d’immeubles. À Bruxelles, des clans de la ’Ndrangheta
avaient acheté un quartier entier. On retrouve cette
main criminelle derrière l’assassinat, en février dernier, en Slovaquie, de Jan Kuciak et de sa compagne.
Ce journaliste d’investigation enquêtait sur des détournements de fonds communautaires pour constituer des élevages.
Qu’est-ce qui motive la mafia ?
La mafia fait toujours une analyse coûts/bénéfices.
Elle est comme l’eau. Elle va là où il y a des fissures.
Elle s’implante de préférence dans les pays où la législation antimafia est insuffisante et la croissance
« Les enquêteurs
français commencent
à réaliser qu’il s’agit
d’un phénomène
grave. Ces criminels
recyclent leurs gains
illicites dans l’achat
d’appartements, de
villas, de commerces,
parfois même
d’immeubles. »
forte, comme la Bulgarie, la Slovaquie, la Roumanie.
Là où il y a des adjudications publiques et des fonctionnaires réceptifs à ses pressions.
Comment ces organisations criminelles
opèrent-elles en France ?
La France est une terre d’élection pour la ’Ndrangheta. Son objectif est de constituer des véritables
cellules composées de compatriotes calabrais. De
préférence exploitant des restaurants ou des entreprises. Ou encore de chercher à s’infiltrer dans les
rouages de la société civile. En mars 2017, la commune de Lavagna, près de Gênes, a été dissoute pour infiltration mafieuse. Peut-on exclure ces mêmes mé-
ALESSANDRO SERRANO/AGF/SIPA
rheuze@lefigaro.fr
RENCONTRE
Richard Heuzé
thodes de l’autre côté de la frontière ? On parle d’une
seconde génération de mafieux implantés en France.
Ils ont leur autonomie, mais restent en contact avec
les clans historiques de Reggio de Calabre. La France
sert aussi de zone de passage ou de destination pour
les trafics de drogue. En 2015, l’opération « Trait
d’union » a permis de démanteler un réseau qui opérait entre le Maroc et la Côte d’Azur.
Comment lutter contre la mafia ?
L’arme gagnante par excellence, c’est l’attaque des
patrimoines mafieux. Le juge antimafia Giovanni
Falcone (assassiné en mai 1992 à Palerme, NDLR)
l’avait bien compris. Il disait : « La mafia est un problème effroyablement sérieux, mais c’est un phénomène naturel. Il a eu un début et il aura une fin. » L’autre
arme, c’est la coopération internationale. Des projets sont en cours.
Nous sommes confrontés à une asymétrie des législations. La France a été la première à placer sous séquestre la propriété d’une famille de la ’Ndrangheta
à Antibes en appliquant une norme de la Convention
de Strasbourg contre le recyclage de gains réalisés
dans le trafic de stupéfiants. C’est un cas d’école. ■
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samedi 8 - dimanche 9 septembre 2018 LE FIGARO - N° 23 039 - Cahier N° 2 - Ne peut être vendu séparément - www.lefigaro.fr
> FOCUS
LA CRÉDIBILITÉ
D’ELON MUSK
PART EN FUMÉE
lefigaro.fr/economie
GRAND TÉMOIN
LAURENCE COMTE-ARASSUS
PLAIDE POUR UNE RÉVISION
DES SYSTÈMES DE SANTÉ
LES RECETTES
DE LA PLUS RAPIDE
DES GRIFFES DE LUXE
Laurence
ComteArassus,
présidente
de Medtronic
en France
PAGE 24
PAGE 23
L’apprentissage reprend
peu à peu des couleurs
Stimulées par le rétablissement des aides, les entrées en contrat d’alternance
augmentent, malgré le frein culturel et les réticences de l’Éducation nationale.
Considéré comme une priorité par
le gouvernement pour faciliter
l’entrée des jeunes dans la vie active, l’apprentissage fait davanta-
ge recette, grâce au rétablissement par le gouvernement Valls
des aides qui avaient été supprimées au début du quinquennat
Hollande. De juin 2017 à mai 2018,
307 000 nouveaux contrats ont
ainsi été enregistrés dans le privé
et le public, soit une hausse de
5,5 % par rapport à la même période de 2017. La dernière réforme, promulguée mercredi, fera
sentir ses effets l’an prochain.
è LES DEUX FREINS MAJEURS QU’IL RESTE ENCORE À LEVER è LES ENTREPRISES ARTISANALES REDEVIENNENT ATTRACTIVES
è BLANQUER ET LES SYNDICATS DE L’ÉDUCATION DIVERGENT... è UNE RÉFORME ÉTALÉE DANS LE TEMPS PAGES 20 ET 21
BALENCIAGA, JEAN-CHRISTOPHE MARMARA/LE FIGARO
Montagne d’or
revoit
son projet
Alors que le projet
de mine d’or en Guyane
est critiqué par le ministre
de la Transition
écologique, François
de Rugy, ses promoteurs
se disent prêts à abonder
un fonds pour l’économie
locale. PAGE 22
L'HISTOIRE
LA SÉANCE DU VENDREDI 07 SEPTEMBRE 2018
CAC 40
5252,22
+0,16%
EUROSTOXX 50
3290,74 -0,16%
DOW JONES (18h)
25962,39 -0,13%
FOOTSIE
7277,70 -0,56%
ONCE D’OR
1198,90 (1205,15)
NASDAQ (18h)
7467,87 +0,20%
PÉTROLE (lond)
76,490 (76,010)
NIKKEI
22307,06 -0,80%
LE CRÉDIT, UNE SOLUTION PATRIMONIALE
PAR
QUEL INTÉRÊT Y A-T-IL À INTÉGRER
DU CRÉDIT DANS LA GESTION
DE PATRIMOINE ?
© KENDRICK
Coca-Cola, partenaire de la FFF depuis
vingt ans, restera la marque la plus visible.
Mais le groupe surfe au maximum sur
le sacre des Bleus en Russie.
Parallèlement à ses publicités pour sa
marque star, le géant lancera en octobre
une campagne autour de la nouvelle
association. Le contrat avec la FFF serait
d’environ 1 million d’euros par an pour les
deux marques. Le groupe compte réduire
le poids de ses sodas (Coca, Fanta,
Sprite…) en dopant la notoriété de
Smartwater, eau qui n’est pour l’instant
distribuée en France que chez Monoprix.
Après l’échec de Dasani en Europe, il y a
quinze ans, le groupe affûte ses armes en
France où le marché de l’eau croît de 5 %
par an. Et pour cela, quoi de mieux que
des Bleus devenus aussi sexy que Jennifer
Aniston, ambassadrice de Smartwater
OLIVIA DÉTROYAT
depuis dix ans. ■
PIERRE DE PELLEGARS
Responsable Gestion de Fortune,
BNP Paribas Banque Privée
le PLUS
du
FIGARO
ÉCO
CINÉMA
La future
chronologie
des médias
déjà obsolète
PAGE 26
H. D. ET L. R.
AVIS D’EXPERT
Coca-Cola veut convertir
les fans des Bleus à l’eau de source
Chaudfontaine quitte Clairefontaine. Il y
aura un petit changement, ce samedi, lors
du point presse de Didier Deschamps
au Stade de France avant le match
France-Pays-Bas de dimanche. Devant
le sélectionneur des Bleus, la bouteille de
Chaudfontaine, marque de Coca-Cola,
laisse la place à Smartwater, eau premium
que le géant américain teste depuis six
mois en France. Dans le cadre de son
partenariat avec la Fédération française
de football (FFF), renouvelé pour cinq ans
avant le Mondial, Coca fait ainsi de
sa marque l’eau officielle des champions
du monde et des 17 000 clubs français.
Les premières bouteilles de 600 ml
de Smartwater, eau de source anglaise,
sont livrées en ce moment dans les clubs,
à Clairefontaine et au Stade de France.
De là à fêter les prochaines victoires
uniquement à l’eau ? Peut-être pas :
Malgré un été mouvementé, Elon Musk
ne semble pas prêt à faire profil bas.
L’entrepreneur, notamment PDG de
Tesla et de SpaceX, a été filmé jeudi en
train de fumer du cannabis. La scène
s’est déroulée lors de l’enregistrement
d’un podcast animé par le comédien Joe
Rogan. On le voit aussi boire du whisky
et tenir des propos incohérents. « C’est
peut-être mièvre mais, pour moi, la
meilleure réponse, c’est l’amour, a-t-il
déclaré. Passez plus de temps avec vos
amis et moins de temps sur les réseaux
sociaux. » Il a ensuite partagé l’interview
sur son compte Twitter, visiblement peu
inquiet du contenu de la séquence. Sauf
qu’elle tombe mal pour l’entrepreneur,
dont la société, Tesla, traverse des turbulences. Cette vidéo a déclenché une
nouvelle chute de 6,7 % de l’action Tesla.
En une séance, un peu plus de 2,5 milliards de dollars de capitalisation boursière sont partis en fumée… Cette nouvelle provocation cache une réalité plus
banale. Le comportement imprévisible
du dirigeant pousse des employés vers
la sortie. En deux semaines, trois dirigeants de Tesla ont annoncé leur départ : Dave Morton, directeur comptable, Gabrielle Toledano, responsable des
ressources humaines, et Sarah O’Brien,
directrice de la communication.
Le cas Elon Musk devient problématique. Cet été, il a annoncé sur Twitter
qu’il envisageait de retirer son entreprise de la cote, sans prévenir son
conseil d’administration. Il a finalement
abandonné ce projet deux semaines
plus tard. Au moins sept plaintes en
justice ont déjà été déposées par des
investisseurs. La SEC, le gendarme
américain de la Bourse, a ouvert une
enquête. Dans une interview au New
York Times mi-août, Elon Musk avait
admis être accro à des somnifères.
Les investisseurs de Tesla soupçonnent aussi l’utilisation d’autres drogues
(la consommation de cannabis, en revanche, est légale en Californie, où réside Elon Musk).
Le crédit est une composante nécessaire dans la
constitution, le développement et l’organisation d’un
patrimoine. Sans le déstructurer, les clients peuvent
disposer de liquidités pour financer des projets. Cela
permet, par exemple, d’acquérir un bien immobilier
sans entamer ses liquidités de court terme ou encore
d’organiser un patrimoine familial dans le cadre de
donations ou d’une transmission. Pour un actionnaire,
le crédit peut prendre aussi la forme d’une avance
dans l’attente du versement d’un dividende ou
pour financer le rachat de parts de sociétés
supplémentaires.
Au-delà de ces cas de figure, l’intérêt du crédit est
renforcé surtout aujourd’hui par le niveau des taux
d’intérêt qui sont très bas.
Suivez BNP Paribas Banque Privée
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Retrouvez son point de vue dans
LE FIGARO MAGAZINE page 140
*
A
BALENCIAGA
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samedi 8 - dimanche 9 septembre 2018 LE FIGARO
20
L'ÉVÉNEMENT
L’apprentissage retrouve un peu de
LES 8 CHIFFRES
CLÉS DE
L’APPRENTISSAGE
Les entrées en contrat d’alternance sont en hausse. Une reprise qui doit beaucoup aux mesures
Le gouvernement actuel a, lui, lancé une réforme majeure du système, en confiant le pilotage de
420 000
CÉCILE CROUZEL £@ccrouzel
apprentis
en septembre 2018
8,2
milliards
d’euros de crédits
annuels
66 %
de débouchés
NOSSANT/SIPA, GACHON/PHOTOPQR/L’ALSACE/MAXPPP, LEVESQUE/IP3 PRESS/MAXPPP
sept mois après la fin
du cursus
FORMATION Promouvoir l’apprentissage vaut bien de monter
sur une rutilante moto BMW. En
visite jeudi après-midi dans le tout
nouveau campus dédié à la formation pour les services de l’automobile et du cycle, à Guyancourt
(Yvelines), Muriel Pénicaud a passé
deux heures dans les différents ateliers à rencontrer les jeunes. « Quel
est votre parcours, quels sont vos
projets ? » : les réponses des apprentis à la ministre du Travail reflètent bien la diversité des cursus
et des envies. Kylian, 16 ans, est le
plus jeune élève du site : après une
classe Dima (dispositif d’initiation
aux métiers en alternance), il prépare son CAP. « Depuis tout petit,
j’ai la passion de la voiture », expli-
tificat de qualification professionnelle), dans un atelier ressemblant
à s’y méprendre à une concession,
et en s’essayant aux pratiques dans
une concession virtuelle.
C’est la preuve, selon Muriel Pénicaud, de la pertinence de ce système de campus qui réunit des alternants allant du CAP au diplôme
d’ingénieur, et qui accueillera des
salariés en formation continue.
« L’apprentissage est une voie de
promotion, qui ouvre le champ des
possibles. Il y a plein de passerelles », a insisté la ministre, à l’issue
d’une dernière photo générale avec
les jeunes.
En appui de la campagne médiatique de promotion de l’alternance,
lancée ce printemps par le gouvernement, Muriel Pénicaud aura visité 9 CFA (centre de formation des
apprentis) en cette semaine de ren-
trée, sillonnant la France. Un marathon qui s’avère nécessaire.
Car l’alternance revient de loin.
Le nombre d’entrées en apprentissage a chuté au début du quinquennat Hollande, notamment à cause
“
Nous avons déjà
été approchés par
de grandes sociétés qui
réfléchissent à ouvrir
leur CFA en interne
MINISTÈRE DU TRAVAIL
”
de coupes dans les aides aux entreprises. Une timide reprise s’est ensuite amorcée à partir de 2015, qui
est allée s’accélérant. De juin 2017 à
mai 2018, 307 000 nouveaux
contrats ont été enregistrés dans le
privé et le public, soit une hausse de
5,5 % par rapport à la même période de 2017. La reprise économique y
a contribué. Mais aussi la politique
du gouvernement Valls. Ce dernier
a rétabli des aides, assoupli la réglementation sur les machines dangereuses ou les travaux en hauteur,
ouvert de nouvelles formations plus
courtes et plus pratiques, les « titres
professionnels ».
L’actuel exécutif est allé encore
plus loin, en réformant profondément l’alternance. Mais les effets
de ce big bang ne sont pas encore
visibles - la hausse des demandes
d’entrée après la classe de 3e est liée
surtout aux campagnes de promotion. Et pour cause : ce chantier fait
partie de la loi avenir professionnel, promulguée mercredi. Certaines mesures seront applicables le
1er janvier prochain : aide de
500 euros au permis de conduire,
Pour promouvoir l’apprentissage, Muriel Pénicaud a visité cette semaine plusieurs
LUNDI
MATIN
JEUDI
MATIN
Visite dans la
Vienne au CFA
de la chambre
des métiers
et de l’artisanat
869
euros
de salaire moyen
des apprentis
7%
des jeunes
en alternance
en France, contre 15 %
en Allemagne
32,5
%
des
apprentis
sont dans
l’enseignement
supérieur
45%
de
demandes
en plus à la sortie
de la 3e en 2018
995
centres de formation
des apprentis en
France aujourd’hui
Déplacement
dans le HautRhin aux Sillons
de HauteAlsace
(agriculture,
forêt…)
Les deux freins majeurs
qu’il reste encore à lever…
DÉCRYPTAGE
Marc Landré
A
que-t-il dans l’atelier aussi propre
qu’un hôpital où s’alignent les véhicules. Plus âgé, Scott a suivi une
année d’étude en design graphique, après un bac pro. Il a choisi de
se reconvertir dans l’automobile,
lui aussi par passion. Il pourra se
former en un an seulement, avec
un cursus comportant davantage
de mécanique et de cours pratiques
et moins de cours généraux. C’est
un des atouts de ce campus : proposer des parcours sur mesure.
«J’ai envie de poursuivre vers un
BTS, voire une école d’ingénieur »,
confie Scott. Sur le site, il peut déjà
rencontrer des alternants plus
avancés, comme Pauline, une des
rares filles de la formation : déjà
habillée comme une professionnelle, en tailleur, cette titulaire d’un
DUT prépare une spécialisation en
vente automobile via un CQP (cer-
mlandre@lefigaro.fr
Sans doute les cinq réformes
successives de l’apprentissage
votées depuis 2009 - et la dernière pas plus tard que le 1er août
dans le cadre de la loi avenir
professionnel - ont-elles commencé à produire leurs effets, ne
serait-ce qu’en termes de mobilisation… En cette rentrée 2018,
le nombre d’apprentis recensés
semble en effet s’être stabilisé
aux alentours de 420 000 jeunes,
loin du plus haut de 440 000 atteint mi-2012 et encore plus loin
de l’objectif des 500 000 qu’avait
alors promis François Hollande
pour 2017.
Le bond de 45 % des demandes d’entrées en apprentissage
enregistrées à la fin de la classe
de 3e, érigé comme un totem
par Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, semble aussi attester d’une prise de conscience. Quoi qu’il en soit, il reste
encore beaucoup de chemin à
parcourir avant que l’apprentissage ne devienne en France
une filière d’excellence, comme
c’est le cas en Suisse ou en Allemagne, et ne soit plus considéré
comme un cul-de-sac ou une
voie de garage.
Car si les freins techniques (de
contrat, de statut, de financement…) sont petit à petit levés,
deux obstacles de taille limitent
toujours son développement. Le
premier - et ce sera sans doute le
plus difficile à lever - est d’ordre
culturel et tient à l’image que
renvoie l’apprentissage aux… familles. Combien de parents sont
en effet fiers que leur progéniture suive un cursus en alternance
pour devenir boucher, maçon ou
coiffeur quand les enfants du
voisin ou du collègue de bureau
brillent dans une filière généraliste ou briguent une classe prépa ? Très peu. Et ce, à tort quand
on compare les taux de débouchés et les niveaux de rémunération à l’embauche proposés à un
apprenti par rapport à ceux d’un
diplômé sortant de faculté…
Orientation défaillante
Le second frein est lié à la défiance persistante de l’Éducation nationale à l’égard des 995 centres
de formation des apprentis (CFA)
qui représentent, pour elle, une
concurrence à ses 1 500 lycées
professionnels. Même si JeanMichel Blanquer, le ministre en
titre, est plus ouvert que ses prédécesseurs, les blocages de l’administration demeurent et mettront du temps à être levés.
Notamment pour l’orientation,
cruciale pour les jeunes mais
structurellement défaillante, qui
restera bien une prérogative de
l’Éducation après la mise en
œuvre de la réforme de 2018.
Autre problème : la Rue de
Grenelle rechigne à communiquer les statistiques des
débouchés et des salaires à
l’embauche des filières en alternance alors qu’elle en a l’obligation au moins depuis deux ans.
Tout comme elle refuse, à l’inverse de ce qui a été voté cet été
pour les cursus en apprentissage,
que ses formations professionnelles soient certifiées par un organisme indépendant. ■
Les entreprises artisanales
redeviennent attractives
CORINNE CAILLAUD
£@corinnecaillaud
La baisse des effectifs de l’apprentissage dans l’artisanat est
enrayée. Ce secteur a formé
144 200 jeunes durant l’année
scolaire 2016-2017, soit 35 % de
la totalité des apprentis de France, selon le baromètre ISMMAAF de l’artisanat, que Le Figaro s’est procuré en exclusivité.
Après une chute de 13 % entre 2012 et 2015, les inscriptions
en première année d’apprentissage se sont redressées. Elles se
sont fixées à 73 325 en 20162017. Sur cette période, la surprise est venue des bacheliers,
qui sont de plus en plus nombreux à emprunter cette voie.
Ils étaient ainsi 12 200 à entamer
la préparation d’un diplôme
dans une entreprise artisanale.
Si, parmi ces bacheliers, 7 040
se sont lancés dans un diplôme
de l’enseignement supérieur,
3 000 ont intégré un CAP, quand
1 060 se sont orientés en BP ou
brevet technique des métiers
(BTM).
Le BTP en baisse
Alors que les métiers de bouche
ont souffert d’un déficit d’image
dans les années 2000, ils attirent
de nouveau. Avec 38 530 apprentis, le secteur de l’alimentation a enregistré une progression de 9 % entre 2012 et 2017.
Le CAP boulanger se classe en
première position avec 4 590
entrées en apprentissage en
2016, suivi du CAP boucher et de
la mention complémentaire pâtisserie, glacerie, chocolaterie,
confiserie.
L’apprentissage gagne aussi
du terrain dans les services,
avec une hausse de 3 % entre
2015 et 2017. La réparation
automobile et l’esthétique y
sont les deux domaines qui forment le plus de jeunes. La tendance à la baisse dans la coiffure
ne s’est néanmoins toujours pas
enrayée. Les petites entreprises
de manufacture ne sont pas en
reste, et leurs effectifs d’apprentis progressent de 2 % sur
la même période. En revanche,
le mouvement est toujours négatif dans le BTP (- 2 %), qui a
été très impacté par la crise.
Seules les branches installation
électrique et menuiserie-bois
redressent la barre. Mais c’est le
BTP qui concentre encore le
plus d’apprentis (54 540) dans
l’artisanat.
Signe des temps, certains métiers, comme la pâtisserie, se féminisent. Les jeunes filles représentent un peu plus du quart des
effectifs de l’apprentissage, passant de 25 % à 27 % entre 2012
et 2017. Leur intérêt reste cependant très marqué pour les
professions d’esthéticienne et
de fleuriste.
Ce baromètre souligne par
ailleurs d’importantes disparités
territoriales. Comparé au tissu
d’entreprises artisanales régionales, l’Île-de-France forme le
moins d’apprentis, avec un taux
de pénétration de 7 %. Les Pays
de la Loire et la Normandie font
figure de bons élèves avec des
taux respectifs de 20 % et 18 %.
Seuls les Hauts-de-France ont
su maintenir ces dernières années un taux d’apprentissage
stable, avec la mise en place de
politiques locales. ■
PODIUM DES
DIPLÔMES DE
L’ALIMENTATION
1
Boulanger
2
3
Boucher
Pâtissier
PODIUM DES
DIPLÔMES
DES SERVICES
1
Maintenance
et réparation
de voiture
2
3
Esthétique &
cosmétique
Coiffure
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LE FIGARO
samedi 8 - dimanche 9 septembre 2018
ÉCONOMIE
L'ÉVÉNEMENT
prises par la précédente majorité.
l’apprentissage aux entreprises.
Une
réforme
étalée
dans
le temps
■ Mesures entrées
hausse de la rémunération des apprentis… D’autres le sont dès
maintenant mais nécessiteront un
temps d’adaptation, comme la
possibilité d’entrer en apprentissage tout au long de l’année.
Enfin, le cœur de la réforme - le
basculement du pilotage de l’apprentissage des régions vers les
branches professionnelles - n’entrera en vigueur que le 1er janvier
2020. Les CFA ne seront alors plus
subventionnés par les régions (à
quelques bémols près) : ils seront financés, via des organismes liés aux
branches, en fonction des contrats
d’apprentissage conclus.
En contrepartie, ils pourront
ouvrir ou fermer des sessions sans
l’autorisation du conseil régional.
De quoi inciter les centres à avoir
des formations adaptées aux besoins des entreprises. Car c’est bien
la faille du système éducatif français, même si l’apprentissage fait
mieux que la moyenne avec un taux
de débouché de 66 %.
Le gouvernement a jugé que
l’apprentissage deviendrait plus
performant et attractif en donnant
les clés au monde de l’entreprise,
comme cela se fait ailleurs en
Europe. « Nous avons déjà été approchés par de grandes sociétés qui
réfléchissent à ouvrir leur CFA en interne », confie-t-on au ministère
du Travail. Mais le pari ne sera gagné que si le patronat agit. « Nous
devons maintenant nous saisir de ces
réformes pour les utiliser à plein.
C’est notre responsabilité », a insisté
Geoffroy Roux de Bézieux, à l’université d’été du Medef. Reste aussi à
changer l’état d’esprit au sein de
l’Éducation nationale. Là est peutêtre le vrai défi. ■
centres de formation
JEUDI
APRÈSMIDI
Déplacement
dans les
Yvelines
sur le nouveau
Campus des
services de
l’automobile
en vigueur
- entrée en apprentissage
possible tout au long
de l’année
et non plus seulement
de juin à novembre
- formation en
apprentissage possible
jusqu’à l’âge de 30 ans,
contre 25 ans révolus
actuellement.
■ Mesures entrant
en vigueur
au 1er janvier 2019 :
- aide de 500 euros
pour s’inscrire au permis
de conduire pour
les jeunes de 18 ans
et plus
- hausse de
la rémunération
des apprentis
- aide unique à
l’apprentissage
pour les entreprises
de moins de 250 salariés
- assouplissement
du droit du travail pour
les apprentis (temps de
travail jusqu’à 40 heures
par semaine dans certains
secteurs, suppression
du recours systématique
devant les prud’hommes
en cas de ruptures
compliquées).
■ Mesures entrant
en vigueur
au 1er janvier 2020 :
Basculement du pilotage
de l’apprentissage
des régions vers les
branches professionnelles.
Les CFA (centre de
formation des apprentis)
seront financés en fonction
des contrats conclus. Ils
pourront ouvrir ou fermer
des sessions sans
demander l’autorisation
aux régions.
Blanquer et les syndicats
de l’Éducation divergent…
CAROLINE BEYER £@BeyerCaroline
Pour Jean-Michel Blanquer, il est
urgent de « dépasser l’opposition
entre l’apprentissage et l’enseignement professionnel scolaire », avec
« des parcours plus flexibles ». Dans
le cadre de la réforme du lycée
professionnel, dont les grandes lignes ont été fixées fin mai, le ministre de l’Éducation prévoit donc de
mettre en place, dans chaque lycée
professionnel, une « unité de formation par apprentissage » (UFA).
Et d’asseoir sur les mêmes bancs les
lycéens « pro », qui dépendent de
l’Éducation nationale, et les apprentis, rattachés aux centres de
formation des apprentis (CFA). Une
cohabitation qui s’annonce difficile,
tant ces mondes restent hermétiques.
À ce jour, la filière professionnelle, qui prévoit des stages en entreprise, compte 657 000 élèves briguant un diplôme de l’Éducation
nationale. En parallèle, 236 000 apprentis sont inscrits en CFA. Des
centres qui, dans le cadre de la loi
avenir professionnel promulguée le
5 septembre, seront désormais pilotés par les branches professionnelles, et non plus par les régions.
Une nouveauté qui fait bondir les
professeurs de l’Éducation nationale qui craignent une mise en
concurrence des deux mondes.
Argument avancé par la Rue de
Grenelle pour justifier l’impulsion
donnée à l’apprentissage ? Le taux
d’insertion. Un peu moins d’un
tiers des apprentis sont sans emploi
sept mois après avoir décroché leur
diplôme, alors que 51 % des titulaires d’un CAP sortent du système
sans diplôme, fait valoir l’Éducation. « Mais contrairement aux ly-
céens pros, les apprentis ont été sélectionnés par les entreprises »,
observe Sigrid Gérardin, co-secrétaire du Snuep-FSU, syndicat d’enseignants de l’enseignement professionnel, qui rappelle aussi que
27 % des contrats sont rompus
avant leur terme par l’une des deux
parties. « L’apprentissage n’est pas
la panacée, abonde Stéphane Depierre, au SE-Unsa. Les jeunes de
15-16 ans n’intéressent pas forcément les entreprises. »
Nouvelle grille horaire
L’intersyndicale, qui s’inquiète depuis juin de la réforme de l’enseignement professionnel, a rencontré
cette semaine le cabinet du ministre
de l’Éducation. En discussion : la
nouvelle grille horaire prévue pour
la filière dès septembre 2019, dans
laquelle le bac pro perdrait annuellement 380 heures. Et ce sont les
matières générales (français, histoire-géographie et maths) qui seraient avant tout concernées. Alors
même que les lycéens professionnels pèchent dans ces disciplines de
base…
Alors que les budgets sont en discussion, les enseignants de la voie
professionnelle ne veulent
pas faire les frais des réductions de moyens attendus dans le budget
2019. « C’est le cas depuis des années », déplore l’Unsa. Pourtant, le ministre n’a
cessé d’expliquer
que cette réforme était « (s)a
seconde priorité
après la maîtrise
des savoirs fondamentaux à l’école primaire ». ■
Industrie : la France
toujours à la peine
Les capacités de production du pays ont poursuivi
leur recul dans la période récente.
ANNE DE GUIGNÉ £@adeguigne
CONJONCTURE Les dernières données de l’Insee sur la production industrielle française pourraient rassurer. Elles semblent, à première
vue, indiquer un début de reprise
après des années de profonde crise
qui ont culminé dans le creux des
années 2012-2014. En un an, sur une
base de trois mois, entre mai et
juillet, les usines hexagonales ont
ainsi augmenté leur production de
1 %. Dans le secteur des matériels de
transport, elle progresse même de
5,1 %.
Ce sursaut met du baume au
cœur des politiques, mais il est largement trompeur. Les indicateurs
internationaux démontrent en effet, au contraire, que l’industrie
française poursuit son décrochage
rapide par rapport à ses concurrents. Les données de l’OCDE sont
imparables : au deuxième trimestre
2018, l’indice de la production
française atteignait 102, pour une
base 100 fixée à 2010. Autrement
dit, la production industrielle avait
légèrement progressé, de 2 %, en
huit ans.
Seul hic, pendant la même période, la production de l’ensemble de
l’Union européenne s’améliorait de
11 % et celle de l’OCDE de 13 %.
Avec même un rebond de 18 %
pour l’Allemagne ou encore de 14 %
aux États-Unis. Les piteuses performances françaises s’expliquent
en grande partie par la construction, qui a ralenti de 9 % sur la période, versus une augmentation de
5 % pour l’Union européenne. La
production manufacturière se porte
un peu mieux (+ 4 % dans l’Hexagone) mais reste bien loin de la
moyenne européenne (+ 15 %).
La France décroche en raison de
la faiblesse de ses capacités de production industrielle. Beaucoup a
été écrit sur le sous-investissement
chronique de l’industrie française
ces vingt dernières années. Avec
l’idée sous-jacente que la tendance
serait en train de s’inverser. Ce
n’est malheureusement pas ce que
démontrent les données statistiques.
Sur une base 100 en 2014, la
France est en effet le seul pays de
l’OCDE - avec les Pays-Bas - dont
la capacité de production manufacturière (production maximale
“
Au Royaume-Uni,
en Italie, en Espagne,
en Grèce, au Portugal,
on observe
un redressement
de la capacité
de production
”
DANS UNE NOTE DE NATIXIS
atteignable) par les usines continue
de reculer. « Au Royaume-Uni, en
Italie, en Espagne, en Grèce, au Portugal, on observe un redressement
de la capacité de production de l’industrie dans la période récente après
la baisse antérieure », détaillent
ainsi les économistes de Natixis,
dans une note parue en juin.
Les raisons de la lente désindustrialisation française sont connues.
Les entreprises hexagonales ont
peu à peu perdu des parts de marchés ces 20 dernières années car elles produisaient des produits
moyen de gamme, trop chers. Le
patronat l’explique par le coût du
travail trop élevé ou la faiblesse de
la formation de la main-d’œuvre
française.
Des économistes évoquent aussi
le conservatisme des entrepreneurs hexagonaux, que le faible
taux de robotisation des usines
françaises pourrait illustrer. Autant
de handicaps de fond qui ne pourront pas être redressés en une année.
Le gouvernement a commencé à
s’attaquer à la question des compétences avec le plan de Muriel Pénicaud. Un premier bilan pourra être
dressé en fin de quinquennat. Limiter le déclin de l’industrie est essentiel pour le pays. La défaillance
du secteur nourrit en effet année
après année le déficit commercial
français. Un déficit qui n’en finit
pas d’appauvrir le pays. ■
Le déficit commercial recule en juillet
grâce à Airbus
Sur les douze derniers mois,
le déficit commercial français
atteint 60,9 milliards d’euros,
légèrement moins important
que les 63,5 milliards d’euros
enregistrés pendant la même
période un an plus tôt.
En juillet, les exportations
ont connu une accélération
avec une hausse de 1,2 %
après 0,9 % en juin, grâce au
« montant très élevé des
livraisons de produits
des industries aéronautique
et pharmaceutique »,
expliquent les Douanes.
En particulier, les livraisons
d’Airbus « atteignent en juillet
un montant exceptionnel pour
cette période de l’année ».
En parallèle, les importations
se sont contractées en reculant
de 4,4 % après une hausse
de 0,9 % en juin.
A. G.
Une Histoire,
Dans le
futur, un
élève pourra
entrer en lycée
professionnel,
puis faire de
l’apprentissage,
ou l’inverse,
ou accéder
à l’université
Une Oeuvre
»
JEAN-MICHEL BLANQUER
NICOLAS MESSYASZ/SIPA
VIGNOBLESPERSE.COM
L’ABUS D’ALCOOL EST DANGEREUX POUR LA SANTÉ. À CONSOMMER AVEC MODÉRATION.
A
couleur
21
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22
ENTREPRISES
Guyane : le projet de mine d’or sera révisé
Cette entreprise, déjà décriée par Nicolas Hulot, est jugée inacceptable en l’état par son successeur, François de Rugy.
tés moins polluantes mais aussi
plus pérennes. À Saint-Laurentdu-Maroni, le taux de chômage atteint 35 %.
Prête à des concessions aux élus
locaux, Montagne d’or semble, en
revanche, impuissante à rassurer
les populations inquiètes des risques sanitaires. Cette mine classée
Seveso utiliserait à grande échelle
du cyanure (8 à 10 tonnes par jour)
pour extraire le métal jaune.
ANNE BODESCOT
abodescot@lefigaro.fr
INDUSTRIE François de Rugy n’a
pas tergiversé. Le nouveau ministre de la Transition écologique a
déjà pris position sur l’un des dossiers brûlants qui l’attendent sur
son bureau, celui de la Montagne
d’or, en Guyane. Cette mine de
800 hectares, à ciel ouvert, que le
groupe minier russe Nordgold et
l’entreprise canadienne Colombus
Gold aimeraient exploiter, est très
controversée.
Nicolas Hulot, quand il était ministre, y voyait un « miroir aux
alouettes », un projet aux retombées économiques trop faibles pour
compenser son impact sur l’environnement. À peine nommé, François de Rugy, lui, refuse tout net
d’accepter l’entreprise telle quelle.
« Le débat public a montré à quel
point ce projet suscitait des tensions
en Guyane, a-t-il expliqué mercredi. Il ne peut pas être mené tel qu’il a
été envisagé, il faut le reprendre. »
Dont acte.
Vendredi, Pierre Paris, le président de la compagnie minière
Montagne d’or, détenue à 55 % par
Nordgold, s’est dit prêt à revoir sa
copie. « On peut travailler sur certains points, mais il faut que le projet
reste rentable », a-t-il expliqué, le
jour même où la Commission du
débat public publiait son rapport,
Interdiction du cyanure
synthèse des discussions qu’elle a
organisées pendant quatre mois,
jusqu’en juillet, en Guyane.
Les pistes envisagées par la société minière sont surtout financières.
Parmi les élus locaux qui soutiennent le projet, certains jugent en effet trop faibles les royalties versées à
la Guyane et son implication dans le
projet. La compagnie minière Montagne d’or n’exclut donc pas
d’ouvrir son capital aux collectivités locales ou d’abonder un fonds
qui investirait pour la diversification économique du territoire.
Ce serait aussi une réponse à
l’une des critiques des ONG, qui
pointent le caractère éphémère de
cette mine. Si Montagne d’or promet 750 emplois directs, et
3 000 induits, à 90 % pourvus par
des recrutements locaux, l’exploitation est prévue pour durer douze
ans. À sa place, les défenseurs de
l’environnement, WWF en tête,
réclament un choc économique
pour la Guyane sur la base d’activi-
Le site d’exploitation
de la compagnie minière
Montagne d’or
en Guyane.
JODY AMIET/AFP
«Il n’y a pas d’évolution technique
possible, estime Pierre Paris. Utiliser le cyanure, plutôt que le mercure,
est une recommandation européenne
car il est possible de le détruire en fin
de process. » La Commission européenne n’a en effet pas donné suite
pour l’instant aux demandes du
Parlement européen qui, à deux
reprises, a plaidé pour l’interdiction du cyanure. « Malgré les explications avancées par Montagne
d’or, la conviction selon laquelle ce
procédé d’extraction est très dangereux pour la santé et l’environnement est restée ancrée dans de très
nombreux esprits », précise le rapport de la Commission nationale du
débat public, qui pointe le silence
des partisans du projet. Ils sont peu
intervenus sur ces questions, souligne-t-elle, « s’en remettant aux
garanties offertes par la réglementation et l’engagement du maître
d’ouvrage de respecter celle-ci ». ■
La plus grosse aciérie d’Italie, et d’Europe, sauvée in extremis
Le ministre M5S Luigi Di Maio avait dénoncé la reprise d’Ilva par ArcelorMittal avant de se raviser.
HAUT FOURNEAU
EMBLÉMATIQUE
RICHARD HEUZÉ rheuze@lefigaro.fr
10 700
EUROPE Un accord est intervenu
in extremis jeudi entre le gouvernement italien et le numéro un
mondial de l’acier, ArcelorMittal,
pour relancer l’activité du complexe sidérurgique Ilva, le plus grand
d’Europe, qui a son siège à Tarente
(Pouilles). Les dernières tractations
ont duré dix-huit heures, dans un
climat de nervosité extrême.
Résultat, quelque 10 700 emplois vont être sauvés, sur un total
de 13 563 salariés. C’est 600 de
plus que prévu lors de la reprise
d’Ilva en juin 2017 par ArcelorMittal. L’accord résonne d’autant
plus en Italie que l’immense aciérie est le plus gros employeur du
Mezzogiorno, ce grand Sud déshérité de l’Italie.
Dossier industriel déjà complexe, le sort d’Ilva était dernièrement devenu très politique. En arrivant au pouvoir, en juin dernier,
le gouvernement populiste avait
dénoncé de « graves irrégularités » dans l’adjudication de l’usine. Pour le leader du Mouvement
5 étoiles et vice-président du
Conseil Luigi Di Maio, la procédu-
emplois devraient être
sauvés sur un total
de 13 563
4,7
millions de tonnes :
production annuelle
du complexe sidérurgique
d’Ilva. Elle devrait être
portée à 6 millions
de tonnes
ROME
re était « viciée » et « illégitime »,
mais la vente « ne pouvait être annulée », sans toutefois qu’il en dise
plus. En cas d’annulation, l’État
italien était exposé à payer de
lourdes pénalités. Fureur des élus
de la région. Le maire (démocrate)
de Tarente, Rinaldo Melucci, avait
interpellé Di Maio : « Que le ministre dise clairement s’il veut ou non
la poursuite des hauts fourneaux. »
Quant au responsable local de la
Confindustria, le patronat, Vincenzo Cesareo, il dénonçait « un
gouvernement qui a décidé de ne
pas gouverner ». Pour sa part,
l’ancien ministre (démocrate)
Carlo Calenda, qui avait piloté
l’accord de juin 2017, accusait le
leader 5 Étoiles d’« amateurisme ».
Finalement, après consultation
de l’Autorité de la concurrence et
diverses instances, le ministre
s’est résolu à écouter une nouvelle
proposition d’ArcelorMittal. Il
s’est ainsi engagé à promulguer
une loi spéciale pour Tarente qui
garantira la relance du bassin industriel et l’application de l’accord : « C’est le meilleur résultat qui
soit dans la pire des conditions possibles », a commenté Luigi Di Maio.
Beau joueur, son prédécesseur
Carlo Calenda l’a félicité d’avoir
« enfin entamé la voie juste ». Pour
le président de la Confindustria,
Vincenzo Boccia, l’accord est la
preuve qu’« il est possible de conjuguer défense de l’emploi, environnement et relance d’une activité ».
Biens confisqués
Le complexe sidérurgique Ilva de Tarente en Italie.
TONY GENTILE/REUTERS
Le précédent propriétaire du
complexe sidérurgique, la famille
Riva, s’était vu confisquer ses
biens en 2013 après avoir été reconnu coupable de gestion déficiente, d’un endettement colossal
et de grave pollution. Le site avait
été placé sous administration judiciaire en 2015.
Une partie importante de l’accord conclu jeudi concerne l’obligation de dépolluer le haut-fourneau numéro 5, en plein centre
urbain, responsable de graves
émanations toxiques soupçonnées
d’avoir provoqué plusieurs dizaines de cancers et de nombreuses
maladies chez les résidents. ArcelorMittal devra garantir une mise
en œuvre de la dépollution dès
avril 2019 et parvenir à l’exécution
de la totalité du programme d’ici à
2022. Le repreneur a déjà annoncé
qu’il investirait dans Ilva 4,2 milliards d’euros en cinq ans, dont
1,15 milliard pour réduire l’impact
de la pollution.
L’industriel prévoit de porter la
production d’acier liquide à 6 millions de tonnes par an, avec une
possibilité de pousser à 8 millions
de tonnes dans quelques années,
contre 4,7 millions actuellement.
Il devenait impératif de parvenir
à un accord. Le 15 septembre prendra fin le mandat des trois administrateurs judiciaires. La trésorerie du groupe est proche de
l’épuisement et nécessite l’injection urgente de 132 millions d’euros
de liquidités d’ici la fin de l’année.
L’accord reste toutefois conditionné par le résultat d’un référendum qui sera organisé à Tarente
courant
septembre.
La
population s’est jusqu’à présent
massivement mobilisée contre les
solutions antérieures. ■
La micro-République de Saint-Marin est au bord du gouffre
L’État du centre de l’Italie pourrait appeler le FMI à l’aide pour diversifier ses revenus et sauver son économie.
ARMELLE BOHINEUST £@armelella
La forteresse de Guaita
à Saint-Marin.
A
COLLECTION PERSONNELLE
FINANCE Pour beaucoup, SaintMarin est d’abord un Grand Prix
automobile qui se déroulait dans
la plaine d’Imola, où Ayrton Senna a trouvé la mort en 1994. La
petite enclave montagneuse de
61 km2 située à proximité de
l’Adriatique est aussi, depuis des
décennies, la coqueluche des collectionneurs de timbres.
Aujourd’hui, la République qui
a adopté sa Constitution en 1600
et figure parmi les cinq plus petits
États au monde, est surtout un exparadis fiscal en déroute. Au point
que les « capitaines régents » qui
la dirigent envisagent de demander 300 millions d’euros au FMI
(Fonds monétaire international).
Le dialogue est engagé depuis plus
d’un an avec l’institution de
Washington. « Une demande
d’aide officielle » pourrait lui être
soumise dans les prochaines semaines, ont indiqué des proches
du dossier.
Saint-Marin ne compte que
34 000 habitants, mais il abrite six
banques qui croulent sous les
créances douteuses. Celles-ci
s’élèvent à 1,7 milliard d’euros,
soit un montant supérieur de près
de 20 % à celui du PIB. Le secteur
bancaire se trouve en « forte crise
en termes de revenus, de patrimoi-
ne et de liquidité », résumait mi2017 la banque centrale de la petite République.
Ex-paradis fiscal
Le vent a tourné en 2009 lorsque
Saint-Marin est sorti de la liste grise des paradis fiscaux de l’OCDE.
L’amnistie fiscale décrétée par
Silvio Berlusconi pour permettre
aux Italiens de rapatrier leurs capitaux cachés à l’étranger a asséné un
coup violent au secteur bancaire
qui représentait le quart du PIB de
ce mini-État. Plus de 4 milliards
d’euros ont quitté les coffres de ses
banques. « Les dépôts sont en réduction constante depuis neuf ans »,
en raison notamment de « la dimi-
nution progressive du secret bancaire et des affaires judiciaires qui ont
frappé certaines institutions bancaires », avait détaillé l’an dernier la
Banque centrale de Saint-Marin.
Dans la foulée de la crise financière
de 2008, les banques du micro-État
ont souffert « de la crise de
confiance, qui a réduit la possibilité
d’endettement à court et long terme ». Elles ont également fait face à
« une dévaluation des portefeuilles
de titres liée à la crise des marchés
financiers » et à une baisse de la valeur de leurs biens immobiliers,
ajoutait la banque centrale.
La petite République avance
dans la restructuration de ses
banques. Elle se prépare à réduire
les salaires dans la fonction publique et à réformer son système
de retraite. Après une longue récession, son économie a un peu
rebondi depuis 2016. Mais sa
croissance ne dépassera pas 1,3 %
en 2018, a annoncé le FMI en
avril. Et son challenge, qui
consiste à diversifier son économie pour remplacer la finance,
est complexe.
L’émission de timbres constitue
une source de revenus non négligeables. Mais le petit territoire dépourvu de ressources naturelles,
voit ses revenus agricoles (vignes…) s’éroder avec l’urbanisation. Reste le tourisme, une activité déjà largement exploitée. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 8 - dimanche 9 septembre 2018
ENTREPRISES 23
Air France : l’appel au dialogue adressé à Benjamin Smith
Les syndicats, qui promettaient de « durcir le conflit », temporisent faute d’accord sur l’action à mener.
Benjamin Smith,
futur directeur général
d’Air France-KLM.
HO/AFP
TRANSPORT Pas de « grève de
bienvenue » en vue pour Benjamin Smith, le futur directeur général d’Air France-KLM, qui doit
prendre ses fonctions ces prochaines semaines. Après trois réunions successives, l’intersyndicale
d’Air France modère son discours
faute d’accord sur des moyens
d’action pour faire entendre ses
revendications salariales.
Il y a une semaine encore, ses représentants menaçaient de « durcir
le conflit ». Vendredi, ils se sont
contentés de répéter leur message
sans poser ni ultimatum ni préavis
de grève. « On ne veut pas se laisser
entraîner dans la surenchère », explique Christophe Malloggi, de FOAir France. « Il serait contre-productif de faire des annonces avant la
prise de fonction de Benjamin
Smith », convient Philippe Évain,
président du SNPL d’Air France,
principal syndicat de pilotes.
Les neuf organisations réunies
en intersyndicale sont embarrassées. Cela fait six mois qu’elles
mobilisent leurs troupes pour exiger une hausse générale des salaires de 5,1 % (et 10 % pour les pilotes). Quinze jours de grève se sont
ainsi échelonnés entre février et
mai. Mais, entre-temps, la gouvernance du groupe a été chamboulée après le départ du PDG,
Jean-Marc Janaillac, au lende-
main du rejet par référendum de
sa proposition sur les salaires. Le
directeur général d’Air France,
Frank Terner, et le DRH, Gilles
Gateau, sont toujours en poste.
Mais ils n’ont pas le feu vert du
conseil d’administration pour négocier quoi que ce soit. Résultat,
l’intersyndicale ronge son frein.
« Nous souhaitons un contact
avec le futur directeur général du
groupe. On ne le prend pas pour le
messie mais il peut avoir une action
déterminante pour débloquer la situation, explique Philippe Évain.
Étrangement, il n’y a pas de blocage chez KLM, dont les pilotes viennent de signer un accord, ni chez
Hop!, qui a signé une convention
récemment, ni même chez Transa-
via. Les salariés d’Air France sont
consternés par ce qu’ils prennent
comme du mépris. »
Quelques apparitions
Mardi, les pilotes de KLM, mobilisés
pour alléger leur charge de travail,
menaçaient de déclencher une grève. Après un appel à un médiateur,
ils ont conclu un accord avec leur
direction. Cette négociation réussie
a évidemment irrité les salariés de
la compagnie tricolore, convaincus
d’être les vilains petits canards de
groupe franco-néerlandais.
Pour une fois, l’intersyndicale
d’Air France s’en tient à un appel
au dialogue. Mais, en face, la direction du groupe n’est pas encore
en ordre de marche pour les rece-
Balenciaga
révolutionne
les codes
du luxe
Tirée par le succès fulgurant de
ses sneakers, la filiale de Kering
vise le milliard d’euros de ventes.
IVAN LETESSIER £@IvanLetessier
LUXE Les recettes de la rue fonctionnent désormais aussi dans l’industrie de luxe : pour avancer
beaucoup plus vite, mieux vaut une
bonne paire de chaussures de sport
que des escarpins à haut talon.
L’époustouflant succès de Balenciaga est la preuve d’un bouleversement en cours. Ses sneakers proposés de 550 à 800 euros la paire et ses
T-shirts (250 à 400 euros pièce)
sont un phénomène de mode et ont
fait bondir son activité globale. Cette filiale de Kering, aussi propriétaire de Gucci, Yves Saint Laurent et
Bottega Veneta, affiche la plus forte
croissance du secteur, avec un chiffre d’affaires multiplié par deux au
premier semestre.
« Nous sommes en mesure d’atteindre le milliard d’euros de chiffre
d’affaires à court terme », confie
Une boutique
Balenciaga
à Miami, en Floride.
BALENCIAGA
Cédric Charbit, PDG de Balenciaga
depuis fin 2016, sans préciser si cela
sera dès 2018 ou l’an prochain.
C’était jusque-là un objectif à
moyen terme. L’accélération signe
le succès du changement de style
imposé à la maison créée en 1917 par
Cristobal Balenciaga. Une révolution initiée par le créateur géorgien
Demna Gvasalia, dont la première
collection de prêt-à-porter est arrivée dans les boutiques en septembre 2016. Habitué à casser les
codes, le créateur a ensuite sorti un
sac inspiré de celui des magasins
Ikea, mais vendu 1 700 euros.
« Le luxe s’est transformé, résume Cédric Charbit. Historiquement,
les maisons misaient sur leur héritage et leur savoir-faire, avant que la
création ne devienne plus tard elle
aussi déterminante. Désormais, il est
important d’apporter, en plus, de
l’intelligence et du sens aux vêtements, chaussures et accessoires.
Une marque ne peut plus ignorer le
contexte dans lequel baignent leurs
clients. Pour citer Demna, les femmes d’aujourd’hui ont plus besoin de
chargeur d’iPhone que de robe de
bal. » Balenciaga accorde autant
d’importance au confort des chaussures, à la praticité des bandoulières
des sacs et aux poches des vêtements qu’à la finition des produits.
Porteur de valeurs
« Le savoir-faire et la créativité sont
au cœur de l’identité de la maison,
assure le PDG. Tout l’enjeu est de savoir où on l’applique. Cela vaut
autant pour développer une semelle
de sneakers technique et innovante
que pour la surpiqûre d’un sac ou la
coupe d’un vêtement. Demna Gvasalia est dans la droite ligne de Cristobal Balenciaga, qui avait été précurseur, hors-norme et à l’avant-garde.
Les silhouettes et les chaussures qui
dérangent ; la réinterprétation des
objets quotidiens pour les mettre sur
le podium : il fait la synthèse entre
l’héritage et la modernité. »
Pour Cédric Charbit, une autre
révolution est en cours dans le secteur : « Les marques de luxe doivent
être porteuses de valeurs susceptibles
de fédérer et d’engager une communauté. Pas seulement celle de leurs
clients, mais aussi ses followers sur
les réseaux sociaux. Le luxe a été un
marqueur social, désormais c’est une
marque d’appartenance. » Après
avoir détourné son logo en hommage à celui de Bernie Sanders lors de
sa campagne pour les primaires démocrates aux États-Unis, Balenciaga a signé un partenariat avec le
programme alimentaire mondial,
dont il appose le logo sur une partie
de ses vêtements.
L’obligation de vendre restant
tout de même une valeur clé chez
Kering, sa filiale star continue
d’ouvrir des boutiques (129 à ce
Nous
« n’avons
pas
peur du futur.
Le succès
de Balenciaga
a fait bouger
les lignes
du secteur
du luxe, et
il va durer
»
CÉDRIC CHARBIT,
PDG DE BALENCIAGA
Nickel franchit le cap du million de comptes ouverts
Grâce à cette filiale, BNP Paribas envisage de renforcer le partenariat avec les buralistes.
5bureaux
000
de tabac
devraient proposer
le compte Nickel d’ici
à la fin de l’année
DANIÈLE GUINOT £@danieleguinot
BANQUE Le succès de Nickel, le
« compte sans banque » distribué
dans les bureaux de tabac, ne se
dément pas. Quatre ans et demi
après son lancement, il franchit le
cap du million de comptes ouverts
et 85 % d’entre eux sont toujours
actifs. « Les clients qui ont fait de
Nickel leur compte principal sont
très fidèles et 65 % d’entre eux versent de l’argent tous les mois, explique Hugues Le Bret, fondateur
du service en 2014 sous le nom de
Compte-Nickel. Le turnover est en
revanche plus élevé avec les comptes secondaires, certains sont
ouverts de manière éphémère. »
Depuis son rachat il y a dix-huit
mois par BNP Paribas, Nickel a
opéré un retour aux sources en se
recentrant sur une clientèle populaire. De fait, ce compte (20 euros
de frais par an) accompagné d’une
carte bancaire et d’un RIB, est accessible à tous, y compris les inter-
dits bancaires (il est impossible
d’être à découvert). « La simplicité
d’une offre universelle, d’une identité bancaire sans être jugé, ni jaugé,
sans frais cachés ni conditions d’accès restrictives explique son succès », avance Arnaud Giraudon,
président de Nickel. Plus des deux
tiers des clients (70 %), déclarent
ainsi entretenir une mauvaise relation avec leur banque d’origine.
Nickel veut poursuivre sur sa
lancée sans changer sa formule.
Ainsi, la jeune pousse, qui traite
9 millions d’opérations tous les
mois, ne prévoit pas d’étoffer son
offre de base avec des produits
d’épargne ou des crédits à la
consommation par exemple.
« Lorsqu’on fait trop de choses, on
le fait mal », justifie Arnaud Giraudon. Pour grandir, la société ambitionne d’être distribuée dans
5 000 bureaux de tabac d’ici à la fin
de l’année (les buralistes sont rémunérés lors d’une ouverture de
compte ou la réalisation d’opérations). Ce qui, selon elle, lui per-
mettra de devenir le quatrième réseau bancaire français (en nombre
d’agences), devant la Caisse
d’épargne (4 100 agences). Nickel,
qui vise toujours deux millions de
clients en 2020, espère que son offre sera à cette échéance proposée
dans 10 000 points de vente.
“
Nickel s’inscrit en
cohérence avec notre
projet de transformation
du métier de buraliste
”
PHILIPPE COY, PRÉSIDENT
DE LA CONFÉDÉRATION DES BURALISTES
Pour atteindre cet objectif, la
société a renforcé son équipe commerciale chargée de recruter de
nouveaux buralistes partenaires.
Pour le moment, environ 200
d’entre eux rejoignent le réseau
bancaire chaque mois. Mais ce
nombre pourrait évoluer, car les
buralistes, confrontés à la baisse
des ventes de cigarettes (-1,48 %
en volume en 2017), sont en quête
de nouvelles sources de revenus.
«Nickel s’inscrit en cohérence
avec notre projet de transformation
du métier de buraliste », explique
Philippe Coy, président de la
Confédération des buralistes,
laquelle détient depuis le départ
5 % du capital de Nickel. « L’ambition est de devenir le drugstore du
quotidien des Français, en leur apportant constamment de nouveaux
services. »
Dans ce cadre, les buralistes
pourraient distribuer davantage
de produits bancaires. C’est ce
qu’a laissé entendre vendredi,
Philippe Coy, en révélant que la
Confédération des buralistes étudiait avec BNP Paribas la possibilité de proposer de nouveaux services bancaires. En contrepartie, ce
réseau de distribution pourrait
permettre à la banque, qui comme
ses concurrentes ferme des agences bancaires, d’être présente sur
tout le territoire, y compris les zones rurales. ■
voir. Benjamin Smith, jusqu’à
présent numéro 2 d’Air Canada,
est en plein déménagement. Il a
fait quelques apparitions au siège
parisien du groupe, aux Invalides.
Il n’a pas encore pris ses marques.
De plus, les négociations salariales
réclamées par l’intersyndicale
concernent Air France et non
l’ensemble du groupe.
Les prochaines semaines devraient être décisives. À son arrivée, il y a deux ans, Jean-Marc
Janaillac avait compris tout l’enjeu d’un retour de la confiance
non seulement entre les deux
compagnies sœurs mais aussi entre les salariés et leur direction.
Ben Smith devra inventer une
nouvelle recette. ■
jour) et mise sur l’e-commerce.
« Le site balenciaga.com est notre
premier magasin, note le PDG. L’expérience du client en ligne est la référence et la même exigence est déployée en magasin. Nous venons ainsi
de déployer le paiement sur mobile. »
Balenciaga a, par ailleurs, brisé le
tabou du « made in China » dans le
luxe. Son modèle phare de sneakers, la Triple S, est produit en
Chine. « C’est là que nous avons
trouvé les meilleurs pour développer
et fabriquer la semelle de cette
chaussure de running, justifie Cédric
Charbit. Ce choix moderne, qui est
un signe d’excellence et d’expertise,
s’est fait de manière transparente.
Par ailleurs, les produits de Balenciaga sont développés et fabriqués en
France et en Italie pour les mêmes
raisons d’excellence. »
Pas question, pour le PDG, de réduire le phénomène Balenciaga au
succès de ses sneakers. « Le
streetwear est un élément de la silhouette, mais ce n’est ni le positionnement, ni la proposition de la marque, assure-t-il. Notre clientèle est
de plus en plus sophistiquée. » La
maroquinerie (50 % des ventes)
continue de croître à deux chiffres.
De même, alors que Balenciaga
réalise 60 % de ses ventes avec les
millennials (moins de 35 ans), son
patron ne craint pas un changement de comportement des 1825 ans : une génération très infidèle
aux marques, où Balenciaga compte
de nombreux clients. « Je suis plus
intéressé par la génération qui est
encore à l’école que par le fait de savoir si les 18-25 ans seront fidèles.
Nous n’avons pas peur du futur. Le
succès de Balenciaga a fait bouger les
lignes du secteur du luxe, et il va durer. Demna et moi avons une grande
ambition pour la maison. Partout où
je vais dans l’entreprise et dans nos
boutiques, je vois du potentiel de
croissance. Balenciaga a 101 ans,
mais c’est encore une start-up. » ■
EN BREF
PERQUISITIONS CHEZ
SCHNEIDER ELECTRIC
ET LEGRAND
£ Les fabricants et
distributeurs de matériel
électrique Legrand, Rexel,
Sonepar et Schneider Electric
ont été l’objet de douze
perquisitions. Ils sont
soupçonnés d’entente illicite,
de faux et usage de faux, d’abus
de confiance, d’abus de biens
sociaux, de blanchiment
de fraude fiscale.
LA MARGE DE CMA CGM
RÉTRÉCIT
£ L’armateur français CMA
CGM a réalisé un chiffre
d’affaires de 5,7 milliards de
dollars au deuxième trimestre
(+ 7,4%). Sa marge
opérationnelle, de 1,2 %
seulement, subit la hausse du
prix du fuel (+ 27,7% sur un an).
» Immobilier :
ce que le prélèvement
à la source change pour vous
» Chargera-t-on un jour
nos smartphones à distance ?
www.lefigaro.fr/economie
+@
A
VALÉRIE COLLET £@V_Collet
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 8 - dimanche 9 septembre 2018 LE FIGARO
24 ENTREPRISES
LE GRAND
LAURENCE
COMTE-ARASSUS
TÉMOIN
PRÉSIDENTE DE MEDTRONIC EN FRANCE
devons sortir des sentiers battus.
Dans le monde du dispositif médical, il est rare de pouvoir réaliser des
études cliniques sur 1 000 patients
avant de proposer notre thérapie.
On pourrait mettre en place des
études de vie réelle permettant de
confirmer le bénéfice de la thérapie
déjà démontré sur de plus petites
populations. Si ça ne fonctionne
pas, on arrête le produit et on rend
le financement, sans faire prendre
de risque au patient. Il faut inventer
de nouveaux mécanismes.
PROPOS RECUEILLIS PAR
KEREN LENTSCHNER£@Klentschner
ET JACQUES-OLIVIER MARTIN
£@jocjom
Laurence Comte-Arassus est présidente de Medtronic en France, une
société américaine de dispositifs
médicaux qui a inventé le pacemaker portable il y a 60 ans.
La place des medtech
dans notre quotidien n’a jamais
été aussi importante…
C’est effectivement un marché très
dynamique, tiré par les besoins
forts d’accompagnement des
patients. Nous sommes passés
d’une médecine du XXe à une médecine du XXIe siècle. Nous nous
situons aujourd’hui dans le monde
de la maladie chronique avec beaucoup plus de patients concernés. Or
notre système de santé a été conçu
pour une médecine aiguë. Il va
falloir travailler différemment ensemble si on veut assurer la pérennité et la solidarité du système de
santé. Plus de technologie peut
nous y aider.
Pour Laurence
Comte-Arassus,
les innovations
médicales
et la e-santé
nécessitent la
mise en place de
nouveaux
modèles de soin.
JEAN-CHRISTOPHE MARMARA/LE FIGARO
LE FIGARO. - Comment
les nouvelles technologies
transforment-elles l’univers
des dispositifs médicaux ?
Laurence COMTE-ARASSUS. - Le
plus gros changement que peut apporter la technologie en matière de
santé, c’est de redonner du temps
aux médecins auprès des patients.
La France forme les meilleurs médecins au monde. Cela ne nous empêche pas de nous retrouver dans des
situations de pénurie dans certaines
zones. L’intelligence artificielle va
leur permettre de se consacrer à leur
vrai métier. Elle ne doit pas faire
peur, elle va créer de nouveaux métiers. C’est le cas notamment avec la
télémédecine. Pas besoin de se voir
tout le temps. On peut être dans la
surveillance, sans être dans le
contrôle continu. Tout en s’adaptant
aux besoins de chacun : rassurer,
contrôler ou simplement répondre à
une question. Certes, la e-santé
transformera notre relation à la maladie. Mais elle va nous aider à inventer de nouveaux modèles de
soins. Nos entreprises ont la légitimité de participer à cette innovation
organisationnelle. Elles veulent être
considérées comme des acteurs à
part entière de la santé.
« Mettre une innovation
sur le marché, c’est le
parcours du combattant »
Les Gafam seront-ils
incontournables ?
Ce sont de nouveaux acteurs avec
lesquels il faut travailler. Medtronic, par exemple, collabore déjà
avec IBM dans l’intelligence artificielle sur le traitement du diabète.
Ils vont nous aider à inventer de
nouvelles solutions. Dans le management des données, on ne pourra
s’en passer compte tenu de l’avance
dont ils disposent.
Dans le secteur des dispositifs
médicaux, quels freins subsistent
en France ?
Mettre une innovation sur le marché en France relève du parcours du
combattant. Il manque aujourd’hui
la capacité à travailler ensemble et à
se faire confiance. Dans un secteur
comme le nôtre, composé à 92 % de
TPE/PME et dont l’objectif est de
mettre l’innovation à disposition
des patients, c’est particulièrement
dommageable. Comment convaincre des clients à l’export quand vous
n’arrivez pas à lancer vos produits
sur votre propre marché ? Il nous a
fallu douze ans pour obtenir la prise
en charge du premier défibrillateur
implantable sur le marché, dix ans
pour notre capteur de glucose en
continu… Quand y parviendra-ton pour le Micra, le plus petit pacemaker du monde ? Cela fait déjà
LES DÉCIDEURS
â PHILIPPE CORNU
Groupe L’Oréal
Ce fidèle depuis trente ans monte d’un cran
comme DG acquisitions et développement
externe. Il succède à Alain Evrard qui part à la
retraite. Homme de l’international, ayant
notamment dirigé la filiale grecque ( comme le
PDG Jean-Paul Agon), Philippe Cornu reste rattaché à Christian Mulliez, vice-PDG administration et finances, qu’il a rejoint en 2012 à la
tête du risk management et de la compliance.
â DAVE MORTON
Tesla
Un mois après son arrivée, le comptable de
l’entreprise démissionne à cause de la trop forte
pression médiatique. « Je veux dire clairement
que je crois fermement en Tesla, en sa mission et
en ses perspectives futures », a déclaré celui-ci
en tirant sa révérence. Son départ coïnciderait
aussi avec celui de la directrice des ressources
humaines, Gabrielle Anatole, selon Bloomberg.
A
â CRISTINA ROMERO
Maison&Objet
La Safi,organisatrice du salon Maison&Objet,
crée un poste de directrice éditoriale et des relations médias qu’il confie à cette Espagnole, exdirectrice internationale de la marque Elle
Décoration chez Lagardère Active.
plus de cinq ans que nous sommes
sur ce dossier. Or nous parlons de
mille personnes potentiellement
concernées en France.
Les annonces faites début juillet
par le premier ministre
dans le cadre du CSIS, qui visent
notamment à accélérer
la commercialisation de produits
innovants, vont-elles
dans le bon sens ?
Globalement, les mesures annoncées sont bonnes. Il faudra être attentif à leur transcription dans la loi.
L’approche du gouvernement actuel va dans le bon sens. Il est beaucoup plus ouvert au dialogue. Nous
Il va falloir
travailler
différemment
ensemble
si l’on veut
assurer
la pérennité
et la
solidarité
du système
de santé
»
Y a-t-il de premiers signes
concrets de changement ?
Je pense à la mise en place en début
d’année de l’article 51 qui incite
l’ensemble des acteurs à proposer
des innovations, y compris organisationnelles. En chirurgie digestive,
dans le cas de patients obèses, cela
fera une très nette différence.
Avant, ils étaient opérés mais au
bout d’un an, on avait perdu de vue
un patient sur deux. Or les études
cliniques montrent qu’il faut les
suivre pendant sept ans. Ils ne bénéficiaient par ailleurs d’aucun suivi psychologique. Leur diététicienne n’était pas prise en charge par la
Sécurité sociale. L’article 51 nous
permettra ainsi de déposer des demandes de financement sur l’ensemble du parcours. C’est un cercle
vertueux qui nous aidera à mieux
soigner. Si l’accompagnement est
insuffisant, on prend le risque que
l’industriel renonce à mettre sur le
marché ses produits.
Pourquoi êtes-vous attentive
à la définition de l’objet social
de l’entreprise qui va être débattu
dans le cadre de la loi Pacte ?
L’enjeu majeur pour une entreprise, c’est son rôle sociétal. C’est ce
qui fait que ses salariés ont plaisir à
travailler ensemble, à produire… Je
crois beaucoup au fait que les gens
puissent s’épanouir ensemble dans
la société. Je suis particulièrement
sensible à la mise en place dans la loi
Pacte d’une stratégie de rebond
pour les dirigeants de société en
situation d’échec. Dans ce genre de
cas, il est fondamental que les employés puissent conserver un travail. La modification de l’objet social de l’entreprise va dans le bon
sens. Faut-il pour autant l’inscrire
dans le Code civil ? Je n’ai pas tranché cette question. ■
PAR Carole Bellemare avec Amaury Bucco
Dominique Seau conforté par
le repreneur israélien, chez Eminence
La transaction devait avoir
lieu. LBO France (IKKS, The
Kooplews…), actionnaire
majoritaire de la marque de
sous-vêtements masculins
Eminence, avait prévu de revendre ses parts
après un investissement de moyen terme. Un
doute subsistait néanmoins sur la nature du
repreneur. Et c’est finalement le groupe israélien Delta Galil, spécialisé dans les sous-vêtements, le sportswear et les jeans, qui l’a emporté cet été pour un prix d’acquisition d’environ
125 millions d’euros.
Une issue salvatrice pour l’entreprise française
aux 127 millions d’euros de chiffre d’affaires,
qui s’évite ainsi un risque de découpage ou de
restructuration. « Il y a eu un vrai dialogue avec
les salariés vis-à-vis de ce changement, avec un
accord unanime du CHSCT et du comité d’entreprise », se réjouit Dominique Seau, qui reste
PDG d’Eminence et continuera ainsi à porter la
culotte. « C’est un changement dans la continuité : notre organisation et notre management restent identiques. Mais, grâce à ce rapprochement,
nous allons pouvoir développer certains segments
et zones géographiques, comme les États-Unis. »
Il est loin le temps où Dominique Seau, jeune
diplômé de Neoma, sillonnait la Bretagne pour
vendre des shampoings L’Oréal, à bord de sa
Peugeot 205. Arrivé chez Eminence en 2007,
«
après trois ans chez le leader mondial du sousvêtement Triumph International, ce natif du
Gard, fils d’un ingénieur mécanicien de la
marine marchande, compte bien s’appuyer
sur la puissance de feu de la nouvelle maison
mère pour livrer bataille au principal concurrent Dim, propriété du géant mondial HanesBrands.
Homme fort depuis dix ans
Avec un style de management bien à lui, inspiré de la culture scandinave, « participatif,
orienté vers le consensus, sauf en cas d’urgence », ce polyglotte et globe-trotteur a su
depuis dix ans renforcer Eminence dans le
paysage du made in France, avec des usines
dans l’Hexagone et en Europe. La marque est
même devenue le premier fournisseur, en
volume, du médiatique Slip Français. Une
carrière à succès, donc, pour Dominique Seau,
qui repose non pas sur un fil rouge unique,
« mais sur une tresse : je suis fasciné par l’industrie, les produits de grande consommation et
l’univers de la mode ». Père de trois enfants, et
amoureux de voitures anciennes, le quinquagénaire profite de la région du Gard, celle de
son enfance, mais aussi celle d’Eminence,
pour sillonner les routes des Cévennes à bord
de sa Porche 911 et filer vers un horizon professionnel encore plein de promesses.
A. B.
Bio
EXPRESS
1993
Laurence ComteArassus commence
sa carrière chez ECS
avant de rejoindre
Boston Scientific.
2002
Elle rejoint
Medtronic en 2002.
2015
Elle est nommée à la
présidence de
Medtronic France.
EN VIDÉO SUR
www.lefigaro.fr
+@
» Big Bang
Santé,
Maison de
la Chimie à Paris,
le 18 octobre 2018
bigbang.lefigaro.fr
www.lefigaro.fr/decideurs
â EMMANUELLE WALLE
Maison Bonpoint
Dirigée depuis l’an dernier par Marie-Sabine Leclercq, la Maison Bonpoint, propriété de la famille
Descours via le groupe EPI, confie à l’ex-directrice de la communication de Cartier la direction marketing et communication internationale. Sa mission : développer la notoriété de la
marque à l’international et « renforcer la désirabilité de la seule maison de couture dédiée à
l’enfant ». Elle supervisera les équipes presse et
relations publiques, marketing, digital et identité visuelle.
â CHRISTIAN MAZAURIC
Kingfisher
À la suite du départ de Marc Ténard, le groupe
de bricolage (Castorama et Brico Dépôt) confie
les rênes de l’enseigne en France à ce fidèle.
Arrivé en 2000, il dirigeait depuis 2017 la
marque B&Q au Royaume-Uni et en Irlande.
â NICOLAS LIABEUF
Unilever
Après la cession au fonds KKR de l’activité
Global Spreads d’Unilever, qu’il dirigeait depuis
2015, ce pur produit de la grande conso succède
à Bauke Rouwers aux commandes d’Unilever
France.
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LE FIGARO
samedi 8 - dimanche 9 septembre 2018
MARCHÉS 25
Wall Street écrase
l’Europe par
ses performances
QUESTIONS
D’ARGENT AVEC
Les courtiers en ligne restentils imbattables pour investir
sur les marchés financiers ?
La croissance des profits des sociétés américaines
et le poids des « technos » expliquent le retard du CAC 40.
ROLAND LASKINE £@RolandLaskine
MARCHÉS L’écart ne cesse de se
creuser entre les performances de
la Bourse américaine et les places
boursières européennes. L’indice
Dow Jones, toujours proche de ses
plus hauts niveaux historiques, à
26 000 points, a progressé de
5,40 % au cours des mois de juin,
juillet et août. L’indice Nasdaq
Composite, riche en valeurs technologiques, a fait encore mieux
avec un bond de 7,25 % durant
l’été. Dans la même période, les valeurs européennes ont pris le chemin inverse, avec une baisse de
1,7 % pour l’indice EuroStoxx 50,
qui regroupe les plus importantes
sociétés cotées dans la zone euro.
À moins de 5 300 points, le
CAC 40 affiche désormais une performance négative depuis le début
de l’année. Sur longue période, les
actionnaires français sont bien sûr
largement gagnants, avec une progression de 56 % de l’indice de référence depuis le début de 2009.
Mais ce n’est rien en comparaison
des épargnants américains, qui ont
encaissé un gain de 187 % sur le
Dow Jones durant la même période. Au cours des dix dernières années, Wall Street n’a connu aucune
période de correction de plus de
20 %, soit le plus long bull market
(marché haussier) de l’histoire
boursière américaine.
La surperformance de la Bourse
américaine tient avant tout à la vigueur de l’économie du pays. Les
États-Unis sont sortis en un temps
record de la crise des subprimes de
2008 et ont renoué avec des taux de
croissance comparables à ceux de
l’après-guerre. « Les détenteurs de
capitaux investissent d’autant plus
volontiers à Wall Street que la croissance américaine se porte comme un
charme, avec un taux d’activité
ayant atteint 4,2 % au deuxième trimestre », font remarquer les analystes du célèbre gérant de fonds
Fidelity.
Les profits montent
plus vite que les indices
Les bénéfices des entreprises, dopés par la réforme fiscale mise en
œuvre l’an dernier par Donald
Trump, sont attendus en hausse de
21 % cette année. Même si cette
progression revêt un caractère largement exceptionnel, le consensus
établi par Bloomberg table sur une
hausse de 9,9 % en 2019 pour les
sociétés du Dow Jones. Ce niveau
est très supérieur aux anticipations
bénéficiaires de ce côté-ci de l’Atlantique (+ 7,5 % pour les sociétés
de l’EuroStoxx 50). Comme les bénéfices montent plus vite que le
cours, les investisseurs considèrent
qu’il n’existe aucune bulle de valorisation à Wall Street. À 17 fois les
profits attendus pour 2018, les actions se paient même aujourd’hui
sont moins cher que l’an dernier.
Et, pour ne rien gâcher, en dépit
des deux hausses des taux directeurs attendues cette année, la
Réserve fédérale des États-Unis
continue d’avoir un discours accommodant qui rassure les investisseurs.
Le CAC 40 très en retard par rapport au Dow Jones
Évolution, en %
CAC 40
Dow Jones
7 sept. 2018
+ 187 %
200
150
100
+ 56,5 %
50
0
- 50
2009
2011
2013
2015
2017
2018
Infographie
Source : Bloomberg
La composition de la cote américaine, largement dominée par les
géants de la technologie, constitue
aussi un élément déterminant de la
remarquable performance de Wall
Street. « D’un point de vue structurel, c’est le poids de la nouvelle économie dans les indices américains, et
celui des “dinosaures” dans les indices européens, qui expliquent la tendance à l’œuvre depuis dix ans»,
souligne François-Xavier Chauchat, économiste et membre du
comité d’investissement chez Dorval AM. Selon les calculs réalisés
par la société S&P Dow Jones, les
valeurs technologiques représentent aujourd’hui 25,6 % des cinq
cents plus grosses valeurs cotées à
Wall Street, loin devant le secteur
pétrolier et celui de la santé, qui ont
longtemps tenu le haut du pavé à
Wall Street.
Apple et Amazon pèsent
plus lourd que le CAC 40
En Europe, les valeurs technologiques sont pratiquement inexistantes
à l’intérieur des grands indices. À
l’inverse, les secteurs dits administrés (comme la finance, les télécoms
et les services aux collectivités),
dont la rentabilité s’est totalement
effondrée, représentent encore plus
de 20 % des indices de la zone euro,
contre 14 % aux États-Unis. À titre
d’exemple, le groupe Apple, l’inventeur de l’iPhone, et Amazon, le
géant américain de la vente en ligne, dont les capitalisations boursières respectives dépassent désormais les 1 000 milliards de dollars,
pèsent à eux seuls plus lourd que le
CAC 40. La valeur boursière des
quarante plus grosses sociétés françaises n’excède pas en effet l’équivalent de 1 740 milliards de dollars.
Les valeurs européennes souffrent d’un dernier handicap lié à la
montée des risques politiques et
économiques sur le Vieux Continent. Parmi ceux-ci figurent la
coalition eurosceptique en Italie, la
crainte d’un « hard Brexit » et la
déroute de la lire turque. Les
grands gestionnaires de fonds
américains estiment, à l’image de
ceux d’AllianceBernstein, que
« l’Europe pourrait être une des zones les plus touchées par la guerre
économique déclenchée par les
États-Unis ». Cette vulnérabilité
supposée des exportateurs européens renforce la réserve des investisseurs
internationaux
à
l’égard du Vieux Continent. ■
à suivre sur
lefigaro.fr/bourse
n
Les matières
premières et les
produits dérivés
n Le crible
des sicav
et des fonds
n Les portefeuilles
de Roland Laskine
n Les cotations
en direct
sur iPhone
BOURSE Échaudés par les krachs à
répétition de ces deux dernières décennies, les Français avaient peu à
peu déserté la Bourse. Mais la tendance s’inverse. Pour la première
fois depuis la crise financière de
2008, le nombre de petits porteurs
est reparti à la hausse : 7,5 % des
Français détenaient des actions en
direct à fin mars 2018, contre 6,2 %
deux ans plus tôt, selon une enquête
Kantar TNS. Un regain d’intérêt que
l’on retrouve dans le nombre de
plans d’épargne en actions (PEA)
ouverts en France (+ 10 % sur le
premier trimestre 2018). Si vous
aussi, vous êtes prêts à revenir sur
les marchés, reste encore à trouver
le bon intermédiaire. Vous pouvez,
bien sûr, passer par votre banque
traditionnelle. Mais, pour peu que
vous soyez autonome, mieux vaut
le plus souvent regarder du côté des
courtiers en ligne.
1
Quelles économies
puis-je attendre
d’un courtier en ligne ?
Alors que la facturation minimale
d’un ordre de Bourse tourne autour
de 8 euros dans une banque classique, elle ne dépasse pas 2,50 € avec
un courtier. De même, cela fait bien
longtemps que ces derniers ne facturent plus de droits de garde, alors
que les réseaux classiques continuent à réclamer, chaque année,
l’équivalent de 0,30 % des encours
de leurs clients, auquel s’ajoutent
souvent des frais fixes de 3 € à 5 €
par ligne. Soit environ 50 € par an
pour un portefeuille de 10 000 €
composé de 5 lignes différentes.
Parmi les courtiers en ligne, de
nouveaux arrivants sont même venus bousculer les acteurs historiques que sont BforBank, Bourse Direct, Boursorama et Fortuneo. C’est
le cas de Degiro. Présent en France
depuis 2014, ce courtier néerlandais
facture seulement 0,04 % l’ordre
sur les actions françaises, sans minimum ni frais d’inactivité. Même
stratégie offensive du côté de Saxo
Banque (0,085 % l’ordre sur les actions françaises), courtier d’origine
danoise auparavant spécialisé dans
les instruments financiers complexes (avec effet de levier et sur le
marché des devises). Un autre atout
de ces deux courtiers d’origine
étrangère est de donner accès à une
trentaine de places boursières différentes, à des tarifs très serrés
(moins de 1 € pour une transaction
de 1 000 € aux États-Unis, par
exemple).
Et si vous avez déjà un portefeuille,
les courtiers en ligne multiplient les
offres pour attirer de nouveaux
clients. La plupart remboursent les
frais de transfert des comptes titres
et PEA, facturés par sa banque
d’origine, dans la limite de 2 000 €,
voire 3 000 €. À cela s’ajoute parfois
la gratuité des frais de courtage durant les premiers mois suivant
l’ouverture d’un compte. À vous de
surveiller de près ces offres promotionnelles et en profiter.
2
Ces économies
se font-elles
au détriment du service ?
3
A-t-on également accès
à une offre de fonds ?
Non, bien au contraire. Cours des
sociétés cotées en temps réel (souvent en streaming), passage d’ordre
instantané, outils d’analyse graphique : tout est accessible depuis un
ordinateur, voire une tablette ou un
smartphone. La plupart des courtiers offrent aussi à leurs clients des
sessions de formation pour approfondir leur connaissance des marchés financiers. Par ailleurs, ils proposent aux particuliers de
nombreux produits, depuis les simples ETF répliquant l’évolution
d’indices boursiers, jusqu’aux plus
complexes warrants, turbos ou
CFD, avec effet de levier, pour amplifier la hausse – mais aussi la baisse – de son investissement.
Le courtage à prix cassés ne se
limite pas aux actions. Par le biais
des banques traditionnelles, il est
toujours possible de loger n’importe
quels fonds du marché, sicav ou
FCP, dans son compte titres ou son
PEA. Mais elles font tout pour dissuader leurs clients de souscrire à
des fonds gérés par la concurrence.
Il faut ainsi compter de 20 € à 30 €
de « frais de transaction » à l’achat
d’un OPCVM dit « extérieur », auxquels s’ajoutent les frais d’entrée
propres au fonds (jusqu’à 5 %) et
des droits de garde annuels (autour
de 0,30 % des sommes investies).
Prohibitif !
Rien de tout cela avec les courtiers
en ligne. Tous ont noué des partenariats avec de nombreuses sociétés
de gestion, leur permettant de proposer des centaines de fonds sans
frais d’entrée, de transaction, ni
droits de garde. BforBank dit même
en présenter 2 000. Le service n’est
pas pour autant gratuit. Les fonds
ont pour inconvénient de supporter
des frais de gestion élevés, autour
de 2 % par an pour ceux investis en
actions, et dont la moitié est rétrocédée au distributeur. Ces rétrocessions figureront désormais dans le
récapitulatif annuel de frais que les
banques devront envoyer à leurs
clients épargnants dès 2019.
AURÉLIEN FERRON
LA SÉANCE DU VENDREDI 7 SEPTEMBRE
JOUR
%VAR.
+HAUTJOUR
-0,52 42,83
+0,62 105,75
+0,54 105,64
+0,59 25,1
-0,18 100,95
-0,8
22,05
-1,06
51,31
+1,6
35,81
+0,14 105,75
+2,8
15,745
-1,6
12,262
-0,35 65,8
-0,2
12,31
+0,5
119,8
+0,3 532,8
+3,98 447,2
+0,99 199,5
-1,65 62,68
+1,25 285
+0,58 100,35
+BAS JOUR %CAP.ECH 31/12
42,27
104,55
103,86
24,685
98,68
21,705
50,06
35,07
104,7
15,215
11,94
65,08
12,185
118,9
526
434
197,25
61,66
278,6
98,56
0,497
0,245
0,116
0,044
0,209
0,247
0,391
0,296
0,264
0,588
0,35
0,285
0,212
0,223
0,018
0,289
0,019
0,106
0,041
0,124
-1,26
+0,67
+26,31
-8,32
-18,38
-11,91
-18,96
-17,66
+6,38
-13,47
-12,52
-6,8
-14,51
+3,96
+18,86
+22,42
+7,7
-3,41
+15,79
-16,19
JOUR
%VAR.
ORANGE ..............................................13,625 +0,93
PERNOD RICARD ..................................
133,9
+0,87
PEUGEOT ..............................................
23,31
+1,48
♣ 51,66
PUBLICIS GROUPE SA .............................
+1,33
RENAULT ..............................................
71,69 -0,21
SAFRAN ..............................................117,4
+1,16
SAINT GOBAIN ..................................
35,365 -1,38
SANOFI ..............................................72,97 +0,97
SCHNEIDER ELECTRIC .............................
64,5
-4,92
SOCIETE GENERALE ♣
..................................
35,4
-1,39
SODEXO ..............................................86,16 -2,36
SOLVAY ..............................................
110,7
-0,27
STMICROELECTRONICS .............................
16,2
-0,25
TECHNIPFMC ..................................24,59 -0,45
TOTAL .............................................. 51,99 -0,08
UNIBAIL-RODAMCO-WE .............................
172,38 -0,39
VALEO .............................................. 37,28 +0,81
VEOLIA ENVIRON. ..................................
17,73 -0,81
♣
VINCI .............................................. 80,24 -0,2
VIVENDI ..............................................21,85 +1,39
+HAUTJOUR +BAS JOUR
13,685
133,95
23,39
51,68
72,01
119,35
36,005
72,97
67,3
36,105
87,62
111,15
16,245
24,61
52,27
173,62
37,54
17,92
80,86
21,96
13,525
132,5
22,87
50,88
70,89
116
35,19
72,23
64,02
34,91
85
109,7
15,915
23,84
51,57
171,78
36,9
17,62
80,2
21,59
%CAP.ECH
0,066
0,043
0,083
0,06
0,062
0,131
0,094
0,044
0,167
0,709
0,103
0,072
0,133
0
0,177
0,071
1,09
0,079
0,185
0,079
31/12
-5,87
+1,48
+37,48
-8,81
-14,56
+36,65
-23,09
+1,56
-8,98
-17,77
-23,11
-4,49
-11,01
-4,87
+12,91
-40,13
-16,66
-5,77
-2,54
LES DEVISES
MONNAIE
1 EURO=
AUSTRALIE ................................................................................
DOLLAR AUSTRALIEN
CANADA ................................................................................
DOLLAR CANADIEN
GDE BRETAGNE ................................................................................
LIVRE STERLING
HONG KONG ................................................................................
DOLLAR DE HONG KONG
JAPON ................................................................................
YEN
SUISSE ................................................................................
FRANC SUISSE
ETATS-UNIS ................................................................................
DOLLAR
TUNISIE ................................................................................
DINAR TUNISIEN
MAROC ................................................................................
DIHRAM
TURQUIE ................................................................................
NOUVELLE LIVRE TURQUE
EGYPTE ................................................................................
LIVRE EGYPTIENNE
CHINE ................................................................................
YUAN
INDE ................................................................................
ROUPIE
ALGERIE ................................................................................
DINAR ALGERIEN
1,6219
1,5238
0,8928
9,1175
128,74
1,1217
1,1615
3,206
11,103
7,4772
20,725
7,9476
83,32
137,2128
stocks pour faire face aux éventuels
aléas climatiques à venir.
Le principal acteur du secteur reste de
loin le groupe LVMH au travers de quelque 70 maisons, parmi lesquelles figurent
les marques Moët & Chandon (le champagne le plus vendu dans le monde),
Veuve Clicquot ou Ruinart. Le groupe représente 20 % des expéditions de cham-
L’OR
JOUR
VEILLE
31/12
COTATION QUOTIDIENNE ASSURÉE PAR TESSI-CPOR
www.cpordevises.com
LINGOT DE 1KG ENV .....................................................
32830
33490
-5,53
NAPOLEON ..................................................... 193,9
195,9
-6,28
PIECE 10 DOL USA .....................................................
551
576
-6,29
PIECE 10 FLORINS .....................................................
205
208
-3,67
PIECE 20 DOLLARS .....................................................
1130
1130
-3,25
PIECE 20F TUNISIE .....................................................
200
195
-1,96
PIECE 5 DOL US (H) .....................................................
287
287
-5,9
PIECE 50 PESOS MEX .....................................................
1250
1269
-4,58
PIECE FR 10 FR (H) .....................................................
102
109,9
-7,1
PIECE SUISSE 20F .....................................................
190
193,7
-6,27
PIECE LATINE 20F .....................................................
195
195
-3,89
SOUVERAIN ..................................................... 252,5
248,9
-3,15
KRUGERRAND .....................................................1097,5
1097,5
-1,9
SICAV ET FCP
VALEURS LIQUIDATIVES EN EUROS (OU EN DEVISES), HORS FRAIS
VALEUR
DATE DE
LIQUID. VALORISAT.
42 rue d’Anjou,
75008 Paris
Tél. : 01 55 27 94 94
www.palatine.fr
SICAV
UNI HOCHE C ................................................
277,15 05/09/18
Cybèle Asset Management
37 av. des Champs-Elysées
75008 Paris
Tel. : 01 56 43 62 50
BETELGEUSE ................................................
47,69 05/09/18
BELLATRIX C ................................................
328,67 05/09/18
SIRIUS ................................................54,66 05/09/18
LES VALEURS DE CHAMPAGNE VONT BÉNÉFICIER D’UNE VENDANGE EXCEPTIONNELLE
Les vendanges qui s’achèvent en Champagne s’annoncent exceptionnelles, par la
qualité comme par la quantité des raisins
récoltés, selon le premier bilan publié vendredi par le Comité interprofessionnel du
vin de Champagne (CIVC). Le rendement
autorisé de 10 800 kg l’hectare sera atteint dans tous les secteurs. Cette bonne
récolte permettra de reconstituer les
AUD
CAD
GBP
HKD
JPY
CHF
USD
TND
MAD
TRY
EGP
CNY
INR
DZD
pagne en volume et 30 % des ventes en
valeur. Le secteur « vins et spiritueux »
n’excède pas 12 % du chiffre d’affaires du
groupe de luxe, mais il dégage des marges confortables. Il est un élément essentiel de la valorisation du groupe, première
capitalisation boursière de la place parisienne. À 284,75 euros, le titre est en
hausse de 16 % depuis le début de l’année.
RETROUVEZ
SITE D’INFORMATIONS EXCLUSIVES
WWW.WANSQUARE.COM
rlaskine@lefigaro.fr
Les autres producteurs de champagne
cotés sont de taille plus modeste. La
meilleure performance du secteur revient
à Laurent Perrier. À 107,50 euros, le titre
affiche une hausse de 29% depuis le début
de l’année. Après une année 2017 plutôt
décevante, les analystes attendent une
hausse de 15 % du résultat net pour
l’exercice en cours. Le titre se traite en
Bourse sur la base de multiples élevés de
l’ordre de 27 fois les profits estimés pour
2018. Le groupe Vranken-Pommery,
présent sur des marques moins prestigieuses, subit une forte pression sur les
marges. À 23,90 euros, le titre n’affiche
qu’un gain symbolique de 1,2 % depuis le
1er janvier. À 31 euros, l’action LansonBCC recule de 5 % sur la même période. ■
A
LE CAC
ACCOR .............................................. 42,46
♣
AIR LIQUIDE ..................................
105,75
AIRBUS ..............................................104,84
ARCELORMITTAL SA ..................................
24,86
ATOS .............................................. 99,04
AXA ..............................................
21,79
BNP PARIBAS ACT.A ..................................
50,45
BOUYGUES ..............................................
35,66
CAPGEMINI ..............................................
105,2
CARREFOUR ..............................................
15,61
CREDIT AGRICOLE ..................................
12,072
DANONE ..............................................65,19
ENGIE .............................................. 12,255
ESSILOR INTL. ..................................119,5
HERMES INTL ..................................530,4
KERING ..............................................447,2
L'OREAL ..............................................199,2
LEGRAND ..............................................62
LVMH .............................................. 284,15
♣
MICHELIN ..............................................
100,2
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 8 - dimanche 9 septembre 2018 LE FIGARO
26
MÉDIAS et PUBLICITÉ
La maison brûle et le cinéma regarde ailleurs
Pour le consommateur, la nouvelle chronologie des médias est déjà obsolète avant même d’être signée.
CAROLINE SALLÉ £@carolinesalle
CINÉMA Les petits fours étaient
prêts. Et le photographe commandé pour immortaliser la scène,
d’anthologie forcément. Après une
décennie de négociations avortées,
de psychodrames à répétition, de
réunions à haute tension entre
chaînes de télévision, distributeurs,
producteurs,
sociétés
d’auteurs et cinéastes, la sacrosainte chronologie des médias allait
enfin accoucher, au forceps, d’une
nouvelle version. L’objectif : donner la possibilité aux téléspectateurs d’accéder plus rapidement
aux films après leur sortie en salle.
Mais jeudi, au ministère de la
Culture, le miracle tant espéré ne
s’est pas produit. Il faudra encore
patienter jusqu’à mardi prochain
pour assister rue de Valois au dénouement final de la « guerre de
dix ans ».
Les protagonistes de ce feuilleton
à rebondissement ont décidé de
ménager le suspense jusqu’au bout.
En coulisse, Canal + et Orange ont
engagé des tractations de dernière
minute. Tandis que les autres,
comme TF1, M6, France Télévisions ou encore la SACD, une société d’auteurs, signaient tranquillement la nouvelle mouture de la
réglementation qui fixe depuis
2009 les délais de diffusion d’un
film en DVD, à la télévision et sur
les plateformes de vidéo. « On a
poireauté deux heures pour que toute la bande s’entende, avant de rentrer chez nous », grince un participant.
En fin de semaine dernière,
Françoise Nyssen, la ministre de la
Culture, a fait du forcing pour accélérer la manœuvre en soumettant un nouveau texte à la quarantaine d’organisations concernées.
Lundi, elle a maintenu la pression
pour que tout le monde s’entende
en posant un ultimatum. Soit le
projet était validé jeudi à 16 heures,
soit elle légiférerait. « Si ça capote,
nous ne rouvrirons pas les négociations », avait prévenu l’entourage
de la ministre.
Personne n’a été pris au dépourvu. Cela fait un an déjà que Françoise Nyssen a brandi la menace de
la loi si rien n’avançait. En avril, la
ministre a nommé deux casques
bleus, Dominique D’Hinnin et
François Huard, pour organiser la
médiation entre tous les acteurs. En
plein Festival de Cannes, elle a
même engagé une opération
Blitzkrieg, profitant de la présence
de toute la filière sur la Croisette,
pour arracher un accord. En vain.
« La négociation autour de la chronologie des médias, c’est l’Europe à
28. C’est aussi complexe », résume
Manuel Alduy, senior vice-président ventes et développement de la
20th Century Fox TV et ex-M. Cinéma de Canal +.
Le consommateur ignoré
En principe, le casse-tête devrait
prendre fin mardi. Le soldat Nyssen aura rempli sa mission et revendiquera une victoire politique,
là où ses trois prédécesseuses,
Aurélie Filippetti, Fleur Pellerin et
Audrey Azoulay, ont mordu la
poussière. Les organisations professionnelles salueront un accord
« historique » préservant le financement de la création. Et le téléspectateur dans tout ça ? Qu’importe, il a déjà pris la tangente
numérique en cédant aux sirènes
de Netflix et à la tentation du piratage. Alors qu’il veut tout, tout de
suite, on lui demande d’attendre
trois mois au lieu de quatre actuellement pour voir un film en DVD
ou en vidéo à la demande. Entre 6
et 8 mois contre 10 à 12 mois
aujourd’hui pour le visionner sur
Canal +. De 20 à 22 mois, au lieu de
28 mois sur les chaînes gratuites. Et
toujours 36 mois sur une plateforme de vidéos à la demande par
abonnement type Netflix. À moins
que le service consente à investir
dans la production au même titre
que les chaînes, ce qui ramènera le
délai de diffusion entre 15 et
17 mois. Netflix ne s’y pliera pas.
Car le leader mondial du marché
zappe la case salle de cinéma, qui
déclenche la chronologie des médias, pour réserver la primeur de
ses films à ceux qui les financent :
ses abonnés.
Demain, un film
comme
Les Tuches 3,
sorti fin janvier
et qui
a fait 5,7 millions
d’entrées
au cinéma,
pourrait arriver
plus tôt
qu’actuellement
à la télévision.
ARNAUD BORREL/
PATHÉ FILMS
Mathieu Gallet veut bâtir le « Netflix du podcast »
L’ex-président de Radio France a créé la société Majelan, qui s’oriente vers l’audio payant.
Notre
« objectif
CHLOÉ WOITIER £@W_Chloe
est de bâtir
une audience
qualifiée
qui profite
à tout
l’écosystème
A
MATHIEU GALLET
»
AUDIO Le secteur du podcast en
France s’agite de plus en plus.
Après l’annonce de la future prise
de participation du groupe Les
Échos-Le Parisien dans le producteur indépendant Binge Audio,
c’est au tour de Mathieu Gallet, exprésident de Radio France, de
prendre pied dans ce marché. Il a
déposé début juillet les statuts de sa
nouvelle société, Majelan, qu’il a
fondée aux côtés du créateur de
start-up Arthur Perticoz (Wynd,
Ayelight). Objectif : bâtir une plateforme d’écoute de podcasts français sur abonnement, dont les premières versions tests devraient
paraître au printemps 2019.
« Le marché français du podcast
est encore petit mais les usages
grandissent vite. Nous pourrons
créer de la valeur en apportant à la
fois des contenus et une expérience
client de haute qualité », explique
Mathieu Gallet. « Nous souhaitons
bâtir une expérience à la Netflix,
avec une application très simple à
utiliser et sans publicité. Nous investirons beaucoup en intelligence arti-
Mathieu Gallet a rencontré
au printemps les principaux
acteurs du marché américain.
J.-C. MARMARA/LE FIGARO
ficielle », poursuit-il. Côté contenus, Majelan pourra produire luimême des émissions. Mais il
cherche avant tout à bâtir des partenariats avec les réseaux profes-
sionnels de podcasts natifs (Binge
Audio, Louie Média, Nouvelles
Écoutes, etc.) ou avec des créateurs
indépendants. Tous les scénarios
sont sur la table : achat de programmes réservés à Majelan, coproductions ou bien exclusivités
temporaires, qui permettront aux
créateurs de mettre d’abord leurs
émissions sur Majelan avant de les
basculer sur les autres grandes plateformes d’écoute gratuites avec
publicité comme Apple Podcasts ou
Google Podcasts. « Notre objectif est
de bâtir une audience qualifiée qui
profite à tout l’écosystème. Contrairement à Apple, nous allons partager
des données d’usage, afin que les
créateurs connaissent finement leurs
audiences », explique Mathieu Gallet. De quoi allécher les annonceurs,
de plus en plus intéressés par les
podcasts et leurs audiences CSP+.
Des exemples américains
L’idée de Majelan est née au cours
de déplacements aux États-Unis,
où le marché du podcast est bien
plus développé qu’en France. Il devrait peser environ 500 millions de
dollars en 2018. Un chiffre élevé et
en forte croissance, mais à relativi-
ser face aux 14 milliards de dollars
générés aux États-Unis par la radio
traditionnelle.
Mathieu Gallet a rencontré au
printemps les principaux acteurs du
marché américain. Le payant a
doucement fait son apparition sur
les applications locales. La plupart
du temps, il s’agit de faire disparaître la publicité contre un faible coût
mensuel. Mais certaines sociétés,
comme Stitcher, ont inclus dans
leurs offres premium des exclusivités temporaires, des bonus et, de
plus en plus, des émissions réservées aux abonnés. Stitcher pourrait
atteindre en 2019 un équilibre entre
revenus publicitaires et ceux venant des abonnements. Une autre
actualité a convaincu l’ancien patron de Radio France de lancer Majelan : un nouveau venu, Luminary
Media, a levé en mai 40 millions de
dollars pour créer une application
100 % payante à destination du public américain.
Selon nos informations, Majelan
cherche, lui, à boucler rapidement
un premier tour de table de 4 millions d’euros. Une somme plus en
phase avec la taille réduite du marché français. ■
Tout ça pour ça ? L’ancien système était déconnecté des usages. Le
nouveau n’est guère qu’un cautère
sur une jambe de bois. « La chronologie des médias, on la surnomme,
entre nous, le délai légal de piratage.
Ce n’est pas quelques mois en moins
qui feront la différence », ironise un
acteur de la filière. Tout bouge mais
(presque) rien ne change. L’éléphant du cinéma a accouché d’une
souris réglementaire. « C’est une
avancée, même si ce n’est pas parfait,
tempère Pascal Rogard, le directeur
de la SACD. Disons que l’on passe de
l’âge de pierre à l’âge de bronze. »
Pendant que le cinéma gaulois
danse la gigue et joue les irréductibles, déclare Netflix persona non
grata du Festival de Cannes, l’écosystème mondial de la création
mute à très grande vitesse. Demain, Netflix pourrait bien devenir
la plus grande major du 7e art. Cette
année, il prévoit de sortir 86 films
originaux. Disney, lui, en proposera une dizaine et Universal, une
quarantaine. Amazon, Apple et
YouTube rêvent aussi d’avoir leur
étoile sur Hollywood boulevard.
« À ces nouveaux entrants, qui deviendront peut-être les principaux
financeurs du cinéma, on envoie un
drôle de message : surtout, on ne
veut pas de vous ! », s’agace un
professionnel du secteur. « Du
coup, il mise sur les séries, non soumises à la chronologie des médias,
plus que les films, ce qui finira par
pénaliser la filière », pronostique
Pascal Rogard. « Il faudrait un
grand big bang : au nom de la neutralité technologique, le diffuseur qui
payerait le plus cher remporterait la
mise », estiment plusieurs acteurs
de la filière. En attendant, la maison brûle et le cinéma tricolore regarde ailleurs. « Il ressemble au capitaine d’un navire en détresse qui
crie à ses matelots : ramez, ramez !
Mais surtout, n’écopez pas. » Au
risque de couler à pic. ■
EN BREF
DES SÉRIES FRANÇAISES
DIFFUSÉES EN EXCLU
PAR YOUTUBE
£ Groom et Les Emmerdeurs
sont les deux premières séries
françaises qui seront diffusées
en exclusivité sur YouTube
Premium.
LES AGENCES
TRICOLORES PRIMÉES
£ Treize agences françaises
ont été récompensées aux Clio
Awards aux États-Unis. BETC
Paris, Publicis Conseil et Marcel
ont été les plus primées.
» Sur
« L’ACTUALITÉ
DES MÉDIAS »
dans le 17h-19h
par Catherine Pottier
et Enguérand Renault
chaque dimanche
à 17h25
et sur franceinfo.fr
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 8 - dimanche 9 septembre 2018 LE FIGARO - N° 23 039 - Cahier N° 3 - Ne peut être vendu séparément - www.lefigaro.fr
LA BIENNALE PARIS
UNE MANIFESTATION MOINS
PRESTIGIEUSE QU’AUPARAVANT
AU GRAND PALAIS PAGE 30
SPIRITUEUX
LE SUCCÈS GRANDISSANT
DES VIEUX RHUMS
DES CARAÏBES PAGE 33
La gastronomie, c’est Paris !
Ouvertures en rafale de nouvelles tables, investissements XXL, concurrence exacerbée entre chefs.
En cette rentrée, la capitale fait le bonheur des gourmets. PAGES 28 ET 29
Elisa Shua Dusapin,
la foi du silence
NOS FIGURES DE LA RENTRÉE Elle publie
« Les Billes du Pachinko », son deuxième roman.
ALICE DEVELEY adeveley@lefigaro.fr
l faut avoir des tendances masochistes pour vouloir devenir
écrivain aujourd’hui. Avec
567 nouveaux livres en cette rentrée, dont 94 premiers romans,
les places sont très chères en librairie.
Se faire un nom face aux mastodontes
Nothomb, Ferrari, Cossé… est un travail. Un métier qui s’apprend, le plus
souvent, sous les caméras. Mais aussi
parfois, à l’ombre. L’écrivain laissant
alors faire le mystère. C’est le cas
d’Elisa Shua Dusapin, auteur francocoréenne d’un deuxième roman, Les
Billes du Pachinko (Zoé).
Cachée sous une frange brune, dans
une chemise bleu nuit, on sentirait
presque la jeune femme s’évanouir à
mesure que ses phrases prennent vie.
Mais la timidité d’Elisa Shua Dusapin
n’a d’égale que sa sagacité. Fraîchement rentrée d’un voyage en Transsibérien, elle se raconte sans détour.
« J’ai la hantise du bavardage et je suis
allergique au matériel », explique-telle. Une philosophie minimaliste qui
fait écho à son œuvre et à son histoire
personnelle.
Née en 1992, d’une mère coréenne
et d’un père français, Elisa Shua Dusapin grandit en Suisse, où elle suit la
majeure partie de sa scolarité. Un bachelor littéraire en poche, elle devient
comédienne et écrivaine à ses heures
perdues. « J’ai eu un sentiment d’urgence qui a commencé à la suite de
I
FRANÇOIS BOUCHON/LE FIGARO ; RAFFAELE CIPRO
voyages en Corée. Je me suis dit : “Si je
n’écris pas mon roman maintenant, je
ne le ferai jamais.” »
Durant quatre ans, cette polyglotte,
lectrice de Camus et Duras, réfléchit
au langage et à la question du flou
identitaire. Deux sujets qui l’habitent.
« Je ne me sens chez moi ni en France, ni
en Corée, ni en Suisse », souffle-t-elle.
Passé la peur de la première publication, elle fait paraître son roman Hiver
à Sokcho (Zoé). Un succès. Le quotidien de son personnage, une FrancoCoréenne maîtresse du poulpe mariné,
dont la vie est bouleversée par un dessinateur en quête d’un ailleurs, séduit
les lecteurs. Le livre reçoit trois prix.
Poétique et sans prétention
Tout s’accélère, mais Elisa Shua Dusapin prend son temps. Pas question de
dérailler. « Je n’ai pas de plan, je me
laisse surprendre », dit-elle. Pendant
trois ans, passés entre New York, le
Japon et la Suisse, elle laisse alors venir l’épiphanie et donne naissance aux
Billes du Pachinko. Un récit dépouillé
et sensible narrant l’histoire d’une
jeune Franco-Coréenne venue au Japon dans le but d’emmener ses
grands-parents voir leur terre maternelle, la Corée. Un texte poétique et
sans prétention, qui promet déjà d’attirer tous les coups de projecteurs.
Elisa Shua Dusapin se prépare
maintenant à un marathon promotionnel. Les projets se multiplient. Y
compris pour le grand écran. Mais
derrière la caméra. Évidemment. ■
A
JEAN-CHRISTOPHE MARMARA/LEFIGARO
Girafe, dans
le XVIe arrondissement.
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samedi 8 - dimanche 9 septembre 2018 LE FIGARO
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L'ÉVÉNEMENT
Paris,
au sommet
de sa
gastronomie
DUCASSE
SUR SEINE
Nouvelle casquette pour le chef
multi-étoilé : celle de capitaine
d’un « bateau-bouche » de luxe,
hypersophistiqué, qui va donner
ses lettres de noblesse à la croisière
sur Seine. Alain Ducasse vient de lancer,
en partenariat avec Citysurfing
et la Caisse des dépôts, un joyau
flottant, véritable prouesse
technologique à propulsion
entièrement électrique, qui coche
toutes les cases de la bonne conduite
environnementale (ni bruit ni pollution).
Mais le challenge consiste aussi
à proposer lors de la navigation
une cuisine de grand restaurant, réalisée
à bord à partir d’excellents produits
de terroir, accompagnée des meilleurs
crus français (cave à vins d’un millier
de bouteilles). Quatre salons, 120 places
assises, deux croisières journalières
(déjeuner et dîner) et des pauses
gourmandes l’après-midi.
Ducasse sur Seine, embarquement
et débarquement port Debilly
(Paris XVIe). www.ducasse-seine.com
GILLES MALAFOSSE
ET LAURENT
DE GOURCUFF
CHEZ GIRAFE
C’est peu dire que 2018 est leur année.
L’ambition de ces deux associés ?
Réinventer les codes de la brasserie
parisienne en s’implantant dans des lieux
d’exception. Après les succès
précédents de Monsieur Bleu au Palais
de Tokyo, de Loulou au Musée des arts
décoratifs et très récemment de
Perruche au Printemps du goût, le duo
de quadras vient d’investir la Cité de
l’architecture et du patrimoine, place du
Trocadéro en ouvrant Girafe. Le décor,
fortement inspiré des années 1930, a été
conçu par l’architecte Joseph Dirand.
Volumes, matériaux nobles, éclairages…
c’est un sans-faute, d’autant que
la terrasse, en prise directe avec la tour
Eiffel, est magistrale. La carte, quant
à elle, a choisi une option radicale, celle
du tout-mer en différentes versions.
Girafe, 1, place du Trocadéro
et du 11 novembre (Paris XVIe).
Tél. : 01 40 62 70 61.
DÉCRYPTAGE Côté
restaurants, cette rentrée
est marquée par de très jolis tintements
de cloches, surtout dans l’Ouest parisien.
L
COLETTE MONSAT
cmonsat@lefigaro.fr
ongtemps que l’on n’avait
vu si fracassante rentrée des tables. Un
festival de lieux époustouflants, de projets d’envergure, d’investissements
massifs. La Ville Lumière reprend sa
place de leader sur la scène (inter)na-
tionale, étonne, éblouit. Depuis quelques saisons, nous nous étions en effet
habitués à une sympathique somnolence du côté des cuisines, comme s’il
n’y avait plus beaucoup de place pour
l’innovation. Timide mercato de grands
chefs passant d’un palace à l’autre,
ouvertures éclairs de jeunes toqués starisés par la télé-réalité, bistrots à cartes
interchangeables parce que cultivant
les tics culinaires du moment… Certes,
Rose
osé !
C’est la couleur
omniprésente du nouvel
hôtel Fauchon
et de son Grand Café
tout juste ouverts.
Place de la Madeleine
(Paris VIIIe).
il y avait bien sûr quelques fulgurances
et découvertes passionnantes, notamment parmi les créations extra-hexagonales, mais on frôlait le « calme
plat ». Avec toujours le couplet récurrent selon lequel seul l’Est parisien faisait bouger les lignes, les bons cuistots
trouvant dans ces quartiers (Xe, XIe,
XIIe…) un public bobo peut-être moins
fortuné mais plus ouvert, plus réceptif
aux nouvelles tendances.
Gâteaux
d’émotions
Telle est l’enseigne de la
toute fraîche pâtisserie
que vient d’investir
Philippe Conticini.
37, rue de Varenne (VIIe).
A
Déjà là
ou pour très bientôt…
RICCARDO GIRAUDI
AU BEEFBAR
MAISON ROSTANG
AU TRAIN BLEU
MARX ET ANTON
À LA TOUR EIFFEL
Que les vegans se cachent les yeux,
ce portrait n’est pas pour eux !
Le jeune entrepreneur qui vient
de reprendre l’ancienne Fermette
Marbeuf, joyau Art nouveau en partie
classé (notamment la verrière),
est l’un des acteurs majeurs de la
filière viande. Entendez par là qu’il
importe du monde entier des bovins
d’exception, qui constituent la matière
première de ses Beefbar, concept
100 % carné qu’il incarne dans
de nombreux pays. En 2017, il avait
déjà réveillé Anahi, adresse argentine
connue du tout-Paris et elle-même
très carnivore, en y imprimant
sa patte. Cette fois, c’est au cœur
des Champs-Élysées qu’il va donc
transformer l’historique Fermette
en y intégrant cave à viande,
bar à cocktails, nouveau mobilier
et surtout une carte de viandes racées
dont le fameux bœuf de Kobé.
Beefbar, 5, rue Marbeuf (Paris VIIIe).
Ouverture première semaine
d’octobre.
Ne pas confondre chefs de gare
et chefs en gare. Depuis quelques
années, des cuisiniers étoilés
revisitent en effet les anciens buffets
ferroviaires pour le plus grand plaisir
des voyageurs et autres gourmands.
Après Éric Frechon au Lazare
(gare Saint-Lazare), Thierry Marx
à l’Étoile du Nord (gare du Nord)
et bientôt Christian Le Squer en gare
de Rennes, voici Michel Rostang,
chef double-étoilé, qui reprend,
avec ses filles Caroline et Sophie,
la restauration du Train Bleu.
Ce restaurant mythique dont
les fresques évoquent les paysages
allégoriques du fameux Paris-LyonMéditerranée va remettre à l’honneur
certains plats emblématiques
des régions traversées tout
en proposant des recettes
plus actuelles dans le registre bistrot.
Le Train Bleu, place Louis-Armand
(Paris XIIe). Tél. : 01 43 43 09 06.
Changement de carte
en octobre 2018.
Ce fut le feuilleton gastronomique
le plus médiatisé de l’été. Un duel
au sommet entre deux géants
de la restauration collective,
Elior et Sodexo, pour « la gestion
et l’exploitation des services
de restauration et de boissons
de la tour Eiffel ». Les challengers ?
Le chef multi-étoilé Alain Ducasse,
aux commandes du restaurant
gastronomique le Jules Verne depuis
2008 (Elior), et le tandem Frédéric
Anton (Pré Catelan, 3 étoiles)-Thierry
Marx (Mandarin Oriental, 2 étoiles)
sous la bannière Sodexo. Ces derniers
l’ont finalement emporté avec
une offre de restauration totalement
renouvelée. Dans un premier temps,
seules la brasserie du premier étage
et la vente à emporter sur le parvis
seront opérationnelles (1er octobre)
tandis que le Jules Verne ne rouvrira
qu’en mai 2019 après neuf mois
de travaux.
Tour Eiffel, avenue Gustave-Eiffel
(Paris VIIe).
Jean-Edern Hurstel, l’ex-chef du
Peninsula, dans ce qui fut l’ancien Citrus Étoile de Gilles Epié. Le chef y revendique une gastronomie décontractée (plats de partage, musique festive à
partir de 22 heures…).
Autre adresse, à Chaillot, qui devrait
ouvrir le 15 octobre et fait déjà le buzz :
Substance. On y retrouvera le chef
Matthias Marc (ex-Racines des Prés), qui déroulera une carte
concentrée sur les produits de saison et les
circuits courts. Enfin, à
la mi-octobre toujours, Frédéric Duca
fera son grand retour
parisien avec Rooster
(« coq » en anglais),
dans le quartier des
Batignolles. Ce chef
avait notamment brillé
à l’Instant d’Or (une
Perruche, au 9e étage du Printemps du goût. JÉRÔME GALLAND étoile) avant de s’exiler durant quatre années à New York. Il promet une carte
mais dans la cour des grands depuis le
percutante, courte et accessible.
succès de Daroco, leur trattoria italienne de la rue Vivienne.
C. M.
Mais d’autres réalisations récentes ou
Perruche, Printemps du goût,
imminentes viennent confirmer avec
2, rue du Havre (IXe), tél. : 01 42 82 60 00.
éclat le renouveau de l’Ouest parisien.
Zebra, 3, place Clément-Ader (XVIe),
Citons Abysse, le sushi-bar très haut de
tél. : 01 44 14 91 91. Abysse, 8, avenue
gamme de Yannick Alléno chez
Dutuit (VIIIe), tél.: 01 53 05 10 00.
Ledoyen, l’une des révélations de juin
Edern, 6, rue Arsène-Houssaye (VIIIe),
dernier. Et annonçons, à deux pas des
tél. : 01 45 63 88 01. Substance : 18, rue
Champs-Élysées toujours, l’inaugurade Chaillot (XVIe), tél. : 06 81 36 45 35.
tion cette semaine de Edern, la table de
Rooster, 137, rue Cardinet (XVIIe).
Sous le signe d’un bestiaire inspiré,
d’autres ouvertures d’envergure ont
marqué l’été. À commencer par le très
réussi Perruche au 9e étage du Printemps du goût, et le Zebra, ultime version de la brasserie contemporaine. Les
cuisines des deux établissements ont
été confiées à Alexandre Giesbert et son
associé Julien Ross, qui jouent désor-
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samedi 8 - dimanche 9 septembre 2018
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Ducasse sur Seine,
une promesse
de croisière gastronomique
sur un bateau
100 % écologique.
Or cette rentrée est passionnante
parce que totalement à contre-courant. On observe une ruée vers l’ouest
avec le spectaculaire réveil du
XVIe arrondissement. Des établissements ambitieux lovés dans des lieux
historiques vont s’inscrire dans la durée, la restauration du plus mythique
monument de Paris change de mains
et, sur la Seine, la croisière s’amuse en
régalant les Parisiens. Plus largement,
on assiste aussi à la reprise de belles
institutions un brin languissantes par
de jeunes chefs talentueux, à la création de nouveaux concepts par des
cuisinières étoilées et même à l’implantation d’un futur pôle gastronomique au cœur de la capitale. Pour preuve de cette extraordinaire dynamique,
voici une sélection de personnalités
qui incarnent à merveille cette énergie
dévorante. ■
JULIA SEDEFDJIAN
CHEZ BÔ
OSCAR FARINETTI
FONDATEUR
D’EATALY
Lorsque le parcours d’une très jeune
chef est aussi fulgurant, on le suit
forcément avec la plus vive attention.
Julia Sedefdjian avait brûlé les étapes
en devenant la plus jeune étoilée
de France, à seulement 21 ans,
aux Fables de la Fontaine (VIIe). Depuis,
elle a quitté la rue Saint-Dominique
pour ouvrir son propre restaurant,
Baieta (« bisou » en niçois),
dans le Ve arrondissement.
Elle y réalise son rêve d’enfance, une
cuisine qui sent bon la Méditerranée,
où le poulpe confit, les petits farcis
voisinent avec sa déjà culte
« bouillabaieta, rouille et croûtons ».
Mais la belle actu de cette rentrée,
c’est aussi l’ouverture de BÔ,
à deux pas du restaurant,
avec ses associés Gregory Anelka
et Sébastien Jean Joseph.
Un « bar à manger » d’inspiration
caribéenne qui rend hommage
à la cuisine créole et aux rhums des îles.
BÔ, 8, rue de Poissy (Paris Ve).
Tél. : 01 42 02 59 19.
Printemps 2019 : c’est au cœur
du Marais que l’enseigne Eataly
va s’implanter pour la première fois en
France. Le succès de ce concept italien
qui mélange épicerie fine, équipement
pour la cuisine et restauration
(7 espaces prévus à Paris) est l’œuvre
de l’homme d’affaires Oscar Farinetti.
En 2007, ce proche du mouvement Slow
Food ouvrait son premier vaisseau
amiral à Turin. Aujourd’hui il est à la tête
d’une trentaine de magasins répartis
à travers le monde. Si chaque site
est choisi avec le plus grand soin,
les contraintes urbanistiques
et historiques façonnent le projet final.
Celui de Paris, réparti sur 4 000 m2,
a été confié en franchise au groupe
Galeries Lafayette.
Eataly, 37, rue Sainte-Croix-de-laBretonnerie (avec parcours piéton
entre le BHV et la Fondation Lafayette
Anticipations), Paris IVe.
Ouverture 2e trimestre 2019.
HÉLÈNE DARROZE
CHEZ JÒIA
PIERRE GAGNAIRE
AU NOUVEAU GAYA
DAVID BIZET
CHEZ TAILLEVENT
La Top chef étoilée a fermé
provisoirement pour travaux
son adresse de la rue d’Assas
et vient d’ouvrir le 4 septembre
dernier Jòia (« joie » en béarnais).
Ample, l’établissement se dresse
sur deux niveaux avec restaurant
au rez-de-chaussée et bar
à cocktails au premier.
Pour celle qui fut sacrée
« Meilleure femme cheffe
du monde » en 2015, cette nouvelle
table doit porter les valeurs
qui lui sont chères : la générosité,
le partage et une vraie fidélité
à ses racines à travers des plats
marqués Sud-Ouest, même si
d’autres revendiquent une tonalité
plus exotique avec recettes et épices
venues d’ailleurs. Loin des cartes
plus convenues de Saint-Germain
ou du Connaught, à Londres, Hélène
Darroze souhaite cette fois mettre
la convivialité au cœur de son projet.
Chez Jòia, 39, rue des jeûneurs,
(Paris IIe). Tél. : 01 40 20 06 06.
Entre Marcelo Joulia et Pierre
Gagnaire, c’est une longue histoire
d’amitié. Dans les années 1990 déjà,
l’architecte d’origine argentine avait
dessiné les plans du restaurant
de celui-ci à Saint-Étienne. Bientôt,
ils collaboreront de nouveau
sur le projet de Maison Albar Hotel
Imperator, à Nîmes, remporté
par l’agence Naço de Joulia.
Pour l’heure, le triple étoilé
déménage son restaurant Gaya
(auparavant 44, rue du Bac, VIIe)
dans les murs de l’ancienne Ferme
Saint-Simon, qui appartient aussi
à son complice. Il devrait rouvrir
fin septembre. Quant à feu Gaya,
il devient une table italienne,
« Piero TT », tenue par deux chefs
toscans, sur le modèle de celui
de Courchevel (ouverture
à l’automne). Un peu dur à suivre,
on vous l’accorde, mais rien
de ce qui concerne Pierre Gagnaire
n’est jamais anodin !
Gaya, 6, rue Saint-Simon (Paris VIIe).
Nous l’avions adoré lorsqu’il avait
pris les commandes, en 2016,
de l’Orangerie, petite table intimiste
installée dans le patio du Four
Seasons George V. Entre les deux
« gastros » - le Cinq de Christian
Le Squer et le George de Simone
Zanoni -, il était un peu le junior
de l’étape, désarmant de modestie
et de talent. Très vite, le Michelin
lui avait d’ailleurs décerné
une première étoile. Aujourd’hui,
il prend la suite d’Alain Solivérès,
chef depuis dix-sept ans du très
classique Taillevent. Un retour
aux sources pour celui qui avait fait
jadis ses classes là-bas, aux côtés
de Philippe Legendre. Et un signal
fort envoyé par les frères Gardinier,
actuels propriétaires de cette
vénérable institution, qui s’étaient
déjà attaché les services
d’un autre surdoué, Antoine Pétrus,
directeur général depuis 2017.
Taillevent, 15, rue Lamennais,
(Paris VIIIe). Tél. : 01 44 95 15 01.
A
L'ÉVÉNEMENT
P. MONETTA, F. GOIZE, NOCTIS, A. DASTE ET S. DE BOURGIES, N. BUISSON, ARTISTE-ASSOCIÉ PHOTOGRAPHES, L. DUPONT, P. LUCET PENATO, L. WILLEMS ET GLADSTONE CAMPOS /REALPHOTOS
LE FIGARO
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CULTURE
La Biennale Paris en demi-teinte
FRANÇOIS BOUCHON/LE FIGARO
EXPOSITION Sous la nef du Grand Palais, Jean-Charles de Castelbajac redonne des couleurs à un événement
qui a dû se restreindre et manque de marchands internationaux.
Le manège enchanté de Jean-Charles de Castelbajac, avec ses voiles transparents de couleurs, habille le cœur de la nef du Grand Palais à Paris et coiffe l’écrin accueillant les trésors Empire de la collection Chalençon.
T
BÉATRICE DE ROCHEBOUËT
bderochebouet@lefigaro.fr
ellement unique, le Grand Palais fascine toujours autant quand on pénètre dans sa nef éclairée. Une fois de
plus, la magie a opéré pour le traditionnel
dîner de gala de la Biennale Paris réunissant quelque 760 convives censés être les
plus grands et les plus riches de la planète,
puisqu’il faut débourser 700 euros pour sa
place, prix en baisse de 30 %. Du temps de
sa grandeur, entre 2012 et 2014, on en
comptait jusqu’à 1 480. Compte tenu de
cette édition 2018 affichant un tiers d’exposants en moins (62 contre 93 l’an passé,
voire 115, avec la mezzanine, du temps de
Karl Lagerfeld en 2012), le nombre de
convives est une bonne surprise, même
si, dit-on, 260 à 300 d’entre eux auraient
été invités gracieusement par le Syndicat
national des antiquaires (SNA), organisateur de la manifestation. Autrefois, on se
battait pour y aller. Mais le monde a changé. Regardons l’avenir…
Jeudi soir, l’ambiance était festive, avec
la montée des marches au son de la fanfare de la Garde républicaine et l’arrivée
sous le manège enchanté de Jean-Charles
de Castelbajac, avec ses voiles transparents de couleurs. « J’ai voulu habiller le
lieu, le réveiller avec des teintes flashy, le
faire entrer dans une époque contemporaine pop chic », explique le styliste. Avec ses
bannières ornées de silhouettes aux allures de sculptures de Giacometti ou de
Calder, ce kiosque géant trône au centre
de la nef. Il coiffe l’écrin accueillant les
trésors Empire de la collection Chalençon
(lire ci-dessous). « Napoléon est devenu
une marque célèbre au même titre qu’une
enseigne de mode et toute sa famille et ses
maréchaux sont des stars du hip-hop accrochées comme des trophées. »
ces agapes, dont les bénéfices iront à la
Fondation Aliph, présidée par M. Thomas
S. Kaplan, pour la protection du patrimoine en danger dans les zones à risques, elles
ont été regroupées au pied du grand escalier en fer à cheval. Avec son menu de bar
aux senteurs d’agrumes, de filet de veau à
la cendre et de citron colorié par Castelbajac, le nouveau prestataire, Xavier Burnet, a fait un sans-faute.
L’ambiance était plutôt glamour avec
son petit orchestre sous les arcades de
l’étage que le scénographe a tenu à éclairer avec des couleurs fortes pour placer la
manifestation sous une nouvelle ère. Son
président, Mathias Ary Jan, spécialiste des
tableaux XIXe et orientalistes, mise sur le
renouvellement et le rajeunissement des
exposants et a noué un partenariat avec
les Journées du patrimoine. Même si la
liste n’est pas totalement convaincante –
trop de galeries françaises de moyen niveau comme dans des salons très secondaires –, il faut, dit-il, leur « laisser leur
chance, ce seront peut-être eux les grands
marchands de demain ». Il faut aussi « ces-
ser de donner la place à ceux qui campent
sur leurs éternels privilèges », ajoute ce
président ayant succédé, non sans heurts,
à Christian Deydier.
Beaucoup d’Américains
Le départ de ce dernier a entraîné le retrait de la majorité des plus grandes pointures qui faisaient briller la Biennale à
l’international. Idem pour certains
joailliers évincés en 2016 (sous l’ère du
président Dominique Chevalier) qui
avaient pourtant le mérite d’attirer une
riche clientèle étrangère, notamment de
nombreux Chinois dépensant sans
compter. On se souvient du grand dîner
donné en leur honneur à Versailles en
2014 quand le décorateur Jacques Grange
était aux manettes.
Aucun Asiatique n’a participé à ce dîner 2018, si ce n’est la compagne chinoise d’Antoine Barrère, un des meilleurs
spécialistes parisiens en statuaire
chinoise et asiatique qui présente une
exceptionnelle tête de bouddha de
Thaïlande du XVe-XVIe siècle. En revan-
Le mausolée conçu
pour accueillir
une partie
de la collection
napoléonienne
de Pierre-Jean
Chalençon
au centre de la nef
du Grand Palais
à Paris.
Il n’y a pas de valeur plus sûre que
Napoléon ! L’empereur est devenu
une marque, comme veut nous en
persuader le styliste Jean-Charles
de Castelbajac en inscrivant, à
l’entrée du mausolée conçu pour
accueillir la collection impériale
de Pierre-Jean Chalençon, « maison fondée en 1804 ». Sur les quatre côtés d’un cube en miroir, il a
donné un sacré coup de jeune au
« N » couronné de l’empereur, en
dessinant un petit « n » au logo
plus design terminé par une étoile
FRANÇOIS BOUCHON / LE FIGARO
A
dèle. Nous ne sommes pas dans une foire
lambda. La Biennale avait jadis cette réputation d’excellence qui faisait venir les décorateurs du monde entier achetant pour
leurs plus gros clients. Qu’adviendra-t-il
quand la Biennale sera chassée du Grand
Palais quand il fermera ses portes en 2020
pour restauration ? »
Heureusement, Paris reste le vivier de
très belles enseignes. Ils sont une poignée
à se battre comme des lions pour élever le
niveau de cette édition, à l’instar de Jacques Lacoste avec son incroyable réunion
de meubles dans leur jus et de sièges dans
leur tissu d’origine signés Jean Royère,
d’Yves Gastou avec son meuble discothèque des années 1960 au milieu d’un mobilier pop ou de Benjamin Steinitz qui a sorti,
au milieu de boiseries XVIIIe, une suite de
six chaises désossées laissant voir l’estampille de Michel Cresson. Elles proviennent
du château d’Abondance, pièce reconstituée au Louvre par Jacques Garcia. Leur
destin serait d’entrer au musée… ■
La Biennale Paris, Grand Palais (Paris VIIIe),
jusqu’au 16 septembre.
L’empereur sauve les meubles
Renouveler et rajeunir
Joyeuse, la scénographie fait l’unanimité
et a donné un air de gaieté dans cette manifestation qui a lieu beaucoup trop tôt
dans la saison, mais le calendrier des défilés n’a pas permis d’autres dates. C’est
comme si ce parterre réunissant quelques
célébrités, telles Isabelle Adjani, Arielle
Dombasle, Clotilde Courau ou Elsa
Zylberstein, voulait encore croire à cet
événement qui fut jadis l’un des fleurons
du marché de l’art, rassemblant les plus
grands professionnels internationaux
dans de folles scénographies. Tous restent
persuadés que la capitale a des atouts
comme aucune autre pour que cette réunion de marchands soit aussi prestigieuse
que la Fiac et aussi populaire que Paris
Photo où même Art Paris. De nombreux
événements s’y greffent. À commencer
par ceux de maisons de ventes, comme
Christie’s qui en profite pour montrer les
joyaux de la collection Beistegui ou ceux
de Barney A. Ebsworth.
Pour cette édition 2018 devenue annuelle tout en ayant gardé son titre de
Biennale, fini les tables blanches dressées
devant chaque stand, afin d’éviter que
celles-ci ne flottent dans des allées. Pour
che, on comptait bon nombre d’Américains que l’influent Christopher Forbes,
à la tête du comité sélectionnant les galeries, a convaincus de venir. Et, notamment, un groupe important du Virginia
Museum, institution financièrement
puissante. Achèteront-ils ? Les pièces
d’exception sont rares – donc pas de très
gros prix- dans cette édition resserrée,
faute de candidats, sur deux allées centrales. Les organisateurs ont peiné à
remplir la liste qui n’a d’ailleurs été
communiquée que fin juillet, compte
tenu des retraits et des adhésions de dernière minute. L’annualisation ne fait pas
non plus l’unanimité, de même que le
prix des stands, alors que d’autres salons
ont le vent en poupe, tels la Tefaf Maastricht, la Brafa à Bruxelles, Frieze Master
à Londres ou Fine Arts Paris.
Faute de très grands marchands en
peintures anciennes, en art chinois et
même en art moderne, la visite est brève.
« Il ne suffit pas d’accumuler les tableaux et
les objets, encore faut-il les assembler avec
goût et esprit, constate un observateur fi-
lumineuse. Sous son dais multicolore frappé aux effigies des maréchaux d’Empire et des membres
de la famille impériale défilant de
profil en ombre chinoise, ce pavillon très rock’n’roll est le point
fort de cette Biennale Paris, en
plein centre de la nef.
Celui qui a gagné son surnom
d’Empereur en salles de ventes a
fait sensation en sortant de sa fabuleuse collection une petite sélection de pièces iconiques d’un
niveau historique inégalé dans les
stands alentour. Accompagné de
sa femme, le roi de l’acier
Lakshmi Mittal est tombé en arrêt
devant le service en argent de
l’empereur par l’orfèvre MartinGuillaume Biennais. Pendant dix
petites minutes, le milliardaire indien est resté le nez collé comme
un enfant devant la vitrine où est
présentée la timbale et l’assiette
dans laquelle Napoléon prenait ses
repas sur le champ de bataille de
Waterloo. Il a aussi été fasciné par
les quatre couverts datant de son
exil à Sainte-Hélène posés sur son
mouchoir brodé en rouge du « N »
couronné.
Entre empereurs on se comprend. Pierre-Jean Chalençon lui
a promis de l’inviter prochainement à dîner dans son Palais
Vivienne croulant sous les ors, à
deux pas de la Bourse de Paris
commandée par Napoléon à
Alexandre-Théodore Brongniart.
Mittal a aussi été très impressionné par une autre relique : le fichu
en madras. Par ses origines martiniquaises, Joséphine avait incité
son mari à porter ce genre de coif-
fe. En exil, il ne manquera pas de
le faire. Juste à côté, le coffret à bijoux de l’impératrice offert à
M. Pierlot, son intendant de 1810 à
1814, a conquis la femme du milliardaire pour ses magnifiques
médaillons en Wedgwood à sujets
mythologiques incrustés dans
l’acajou et ses garnitures en acier
attribuées à Reynard Schey. Chalençon a déniché il y a un an cette
pépite passée inaperçue dans une
vente à Drouot. Ella a appartenu à
Gérard Lhéritier dont la société
Aristophil a été mise en liquida-
Le roi de l’acier
Lakshmi Mittal
est tombé en arrêt
devant le service
en argent de l’empereur
tion, après le scandale qui a éclaboussé son fonds d’investissement de lettres et manuscrits.
Dans sa veste en velours bleu
Dolce Gabbana brodée d’abeilles
en fil d’argent, Pierre-Jean Chalençon était visiblement la star de
la soirée de gala, jeudi soir. Arborant à son doigt la bague du sacre
et, à son cou, le camée représentant Napoléon d’après Canova, il
a posé en majesté devant le portrait de l’empereur en buste par
Gérard et son atelier. Sa provenance fait rêver : le château de
Valençay, propriété de Talleyrand… La ministre de la Culture,
Françoise Nyssen, s’est arrêtée
longuement devant le buste co-
lossal de l’empereur par Antonio
Canova, qui fut la propriété du roi
Louis-Philippe au château d’Eu.
En chineur hors pair, Chalençon
l’a acheté dans une petite vente
de province. Il a été admiré par
plusieurs millions de fans aux
États-Unis, lorsque sa collection
a été exportée outre-Atlantique
de 2012 à 2016.
Hormis une présentation il y a
six ans à l’atelier Grognard, à
Rueil-Malmaison, ville qui célèbre le Jubilé impérial depuis
2012, la collection Chalençon
n’avait jamais encore été montrée
publiquement. Celle-ci est plus
connue à l’étranger qu’en France,
et notamment en Chine où elle a
fait une tournée en 2014 et 2015
qui a attiré plus de 2,5 millions de
visiteurs. Elle repart dès le mois
prochain, pour trois ans, avec une
première exposition commençant
à Shanghaï, au Himalayas Museum, propriété du milliardaire
chinois Dai Zhikang.
À la Biennale, le visiteur n’a
qu’un petit avant-goût de cette
collection comprenant près de
2 000 pièces. En 1969, le Grand
Palais avait accueilli la plus grande
exposition sur Napoléon, pour célébrer le bicentenaire de sa naissance. Elle avait attiré des centaines de milliers de personnes. C’est
une idée lumineuse d’avoir fait revenir l’empereur aujourd’hui sous
la verrière. Mais cette exposition,
qui fait suite à celle des trésors de
Barbier-Mueller, n’est pas gratuite. Chalençon a déboursé plusieurs dizaines de milliers d’euros
pour son rêve d’Empire… ■ B. DE R.
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LE FIGARO
samedi 8 - dimanche 9 septembre 2018
CULTURE
31
ZOOM
ANGELOS BVBA/JAN FABRE/ADAGP PARIS 2018
Prix Goncourt : 15 auteurs
sur la ligne de départ
The Brain as a Heart, marbre (2015), dans le jardin de Fondation Maeght. Cerveau avec arbre de vie (2011), bronze (au premier plan).
Dans le cerveau de Jan Fabre
ARTS À Saint-Paul-de-Vence, la Fondation Maeght expose l’artiste d’Anvers,
qui suscite autant de passions que de divisions. L’esprit et ses mystères sont les héros
de « Ma nation : l’imagination ».
ENVOYÉE SPÉCIALE
À SAINT-PAUL-DE-VENCE
oilà un cerveau qui n’est
peut-être pas très confortable, mais
dans lequel le spectacle ne s’achève jamais. Ce cerveau-là bouillonne comme
un volcan, imagine au-delà de ce qui
est concevable, part sur la comète et
revient avec ses trophées comme un
enfant qui dissèque, bref vit intensément comme un héros de fiction. Jan
Fabre, né à Anvers en 1958, a, d’une
certaine façon, effacé la question de
l’âge tout en étant un explorateur
acharné du temps. Voilà bien des saisons qu’il est égal à lui-même, carrure
athlétique, cheveux presque blancs
bien peignés en arrière comme un
homme de l’entre-deux-guerres, bonne mine de sportif (il est pourtant insomniaque), belles mains de dessinateur, voix forte de théâtreux et énergie
absolument sidérante qu’il manie en
dieu de la foudre.
Jan Fabre ressemble à son Gisant
(Hommage à K. Z. Lorenz), 2011-2012,
crâne « guerrier de la beauté » qui dort
pour toujours, un papillon de marbre
posé sur son front de pierre. Il ressemble à un romantique du XIXe siècle,
couché dans les bras de la mort dans
son interprétation spectaculaire de la
Pietà de Michel-Ange, Merciful Dream
(Pietà V), 2011, l’un des marbres de
Carrare qui firent l’événement à l’église
Santa Maria della Misericordia pendant
la Biennale de Venise 2011. Il ressemble
toujours à ce gisant entièrement tapissé
de punaises dorées qui reposait au pied
des primitifs flamands, directement sur
le sol du Louvre dans L’Ange de la métamorphose, sa carte blanche en 2008. Il
ressemble encore aujourd’hui à L’Homme qui porte la croix, statue dorée de
taille héroïque (394 × 200 × 100 cm) qui
figure en bonne place dans la toute
première Biennale de Saint-Paul-deVence, jusqu’au 31 août.
Bousculer les limites
Jan Fabre s’est souvent représenté,
avec une sincérité un rien fanfaronne,
voire en victime expiatoire d’une vie
universellement sans pitié. « Lorsque je
me représente en Christ dans la Pietà, je
reprends la tradition du personnage médiéval d’Elckerlijc, qui a donné en allemand le Jedermann de Hugo von Hofmannsthal, je suis M. Tout-le-Monde.
C’est mon portrait, mais c’est aussi celui
de tout le monde. Faire un autoportrait,
c’est comme décoller un masque sous lequel vous êtes à chaque fois différent.
Vous travaillez avec ce que vous avez
toujours à votre disposition. Et vous observez votre peau, vos cheveux, vous
considérez votre propre métamorphose », explique-t-il à Olivier
Kaeppelin, directeur, de 2011 jusqu’en
décembre dernier, de la Fondation
Maeght, écrivain, poète et commissaire
de cette exposition en forme d’exploration cérébrale.
Jan Fabre est un beau sujet qui passionne et qui déchire, qui convainc par
ses chants du cygne lorsqu’il fait danser
ses acteurs comme des dieux de
l’Olympe ou qui horrifie lorsqu’il jette
des chats sur un filet comme de grosses
balles de ping-pong. Depuis ses premières performances en 1976 après
avoir étudié à l’École des arts décoratifs, ce fils spirituel du surréalisme et
des baroques flamands n’a cessé de
bousculer les limites, les conventions.
Voire le supportable en créant des
spectacles plus qu’incarnés, fluides
corporels compris, des œuvres d’art qui
marient intimement le beau et le répugnant, le plus trivial et le plus exquis. Il
séduit tour à tour les princes (la princesse héritière Élisabeth de Belgique est
l’une de ses huit reines face à Jordaens,
aux Musées royaux des beaux-arts de
Belgique jusqu’au 26 août). Les grands
lieux symboliques (réalisation d’un plafond orné de 1,4 million d’élytres de
scarabées dans la salle des Glaces du
Palais royal à Bruxelles, en 2002). Les
institutions internationales (Knight of
Despair/Warrior of Beauty au Musée de
l’Ermitage en quête de contemporain
en 2016). Et les collectionneurs qui adorent ses sculptures bizarres en marbre
blanc immaculé de Carrare (Couper la
mémoire, 2014, cerveau dodu que parcourt un insecte géant).
Une envolée de fantaisie
La Fondation Maeght, ce temple si harmonieux de l’art moderne, accueille
dans son célèbre patio ses cinq Pietà de
la Biennale de Venise 2011. Et ces vanités, dressées chacune sur un bloc de
marbre brut, forment comme un
Golgotha surréaliste où les douze stations du Christ sont remplacées par des
cerveaux de pierre surmontés tour à
tour d’un crucifix triomphant avec son
lierre éternel ou d’une petite forêt à la
géométrie complexe – Fountain of Life
Mimicking the Shape and Style of Miniature (Pietà III), 2011. Elle culmine avec
Merciful Dream (Pietà V), 2011, où Jan
Fabre anticipe la mort en se couchant
directement dans ses bras. De la main
droite de l’artiste tombe un cerveau.
« Pour moi, il s’agit d’un triptyque : la
science, la religion et l’art », dit-il. C’est
comme une promenade paisible au
royaume des morts, dans les grands
esprits du monde, qui perdurent par
leurs legs intellectuels et brillent ici au
soleil dru de la Méditerranée (Einstein,
Gertrude Stein, Wittgenstein and
Frankenstein, 2007, quatre pierres poreuses pour symboliser la science,
l’art, la philosophie et l’intelligence
artificielle).
Le cerveau sous toutes ses formes
remplace ici le crâne qui signe toutes
les vanités du Moyen Âge. L’œil qui
s’est habitué à reconnaître l’homme et
son destin dans cette sculpture osseuse
chère à Dali et à ses jeux de peintre doit
accommoder et lutter contre un certain
dégoût à l’idée d’être résumé à cette
chose molle, rose, sans grâce formelle
qu’est le cerveau. « Le cerveau représente à mes yeux la métaphore de la
terra incognita. S’occuper d’art et de
beauté, c’est toujours arpenter le sentier
de cette terra incognita », explique-til. Les idées viennent de là, alors il y
met des yeux, un ouvre-bouteille, des
cornes, des couteaux, des flammes, des
ailes de papillons bleu azur. La métamorphose par le marbre permet d’accepter mieux cette envolée de fantaisie
et de quête existentielle. Elle a poussé
cet artiste intrépide à mouler le cer-
veau de ses parents défunts pour en
faire une œuvre d’art assez terrifiante.
Il a déjà pris des dispositions pour que
l’on en fasse autant avec le sien, après
sa mort. ■
« Jan Fabre. Ma nation : l’imagination », à la
Fondation Maeght, Saint-Paul-de-Vence
(06), jusqu’au 11 novembre. À voir aussi
dans le parcours de la première Biennale
de Saint-Paul de Vence, jusqu’au 31 août.
UNE ANNÉE PEUT
DÉCIDER D’UNE VIE
VINCENT
WILLIAM
LACOSTE
LACOST
LEBGHIL
PREMIÈRE
ANNÉE
UN FILM DE
THOMAS
LILTI
LE 12 SEPTEMBRE
A
V
VALÉRIE DUPONCHELLE
£@VDuponchelle
Et voici la première sélection
du prix Goncourt. Le jury de la
plus prestigieuse récompense
littéraire a dévoilé depuis Nancy
une liste de 15 auteurs. Pour
succéder à Éric Vuillard, couronné
en 2017 pour L’Ordre du jour
(Actes Sud), sont en compétition
des noms connus et cinq premiers
romans signés par Meryem Alaoui
(La vérité sort de la bouche
du cheval, Gallimard), Inès Bayard
(Le Malheur du bas, Albin Michel),
Pauline Delabroy-Allard (Ça
raconte Sarah, Minuit), Adeline
Dieudonné (La Vraie Vie,
L’Iconoclaste) et David Diop (Frère
d’âme, Seuil). Ces auteurs
débutants feront face à Éric
Fottorino (Dix-sept ans,
Gallimard), Guy Boley (Quand
Dieu boxait en amateur, Grasset),
Clara Dupont-Monod (La Révolte,
Stock), Paul Greveillac (Maîtres et
esclaves, Gallimard), Nicolas
Mathieu (Leurs enfants après eux,
Actes Sud), Gilles MartinChauffier (L’Ère des suspects,
Grasset), Tobie Nathan (L’Évangile
selon Youri, Stock), Daniel Picouly
(Quatre-vingt-dix secondes, Albin
Michel), Thomas B. Reverdy
(L’Hiver du mécontentement,
Flammarion) et François Vallejo
(Hôtel Waldheim, Viviane Hamy).
Les deux prochaines sélections
auront lieu les 2 et 30 octobre. Il
faudra attendre le 7 novembre
pour connaître le lauréat.
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samedi 8 - dimanche 9 septembre 2018 LE FIGARO
32 CULTURE
Ces chorégraphes qui entraînent les foules
TENDANCE À Paris, Akram Khan et Anne Teresa de Keersmaeker font danser des centaines de volontaires.
Et à Lyon, la Biennale ouvre avec la plus grande parade d’Europe composée d’amateurs.
C
donne des injonctions qui font tilt avec
une infinie bonté : « Mettez un mot sur ce
qui vous plaît, désignez les difficultés, que
sentez-vous quand vous écoutez la musique ?, demande-t-il. Le groupe est
bouillonnant. Je donne les comptes des pas,
mais je fais aussi sentir avec des outils imaginaires. Je fais vibrer l’espoir, l’envie d’aller de l’avant et l’envol qui sont les mots
qu’Akram Khan a liés à Kadamati. »
Après Paris, direction Lyon. Dimanche
16 septembre dès 14 h 30, 4 500 amateurs,
répartis en douze chars dansants, défileront en dansant à travers la ville dans une
formule empruntée au carnaval de Rio
(4). Des compagnies locales ont aidé pour
ARIANE BAVELIER
£@arianebavelier
omment ? Vous n’êtes pas
inscrit ? C’est la tendance de la rentrée : il
faut participer à une danse dans la rue. La
qualité d’amateur se porte haut. Les chorégraphes les plus distingués, ceux dont
on s’arrache les pièces comme spectateur,
plongent dans ce vivier. Ce dimanche,
Akram Khan fait danser 720 personnes
sur le parvis de l’Hôtel de ville parisien en
hommage à la guerre de 14-18 (1).
De son côté, Anne Teresa de Keersmaeker recrute des volontaires pour une marche lente à travers Paris le dimanche
23 septembre à midi. Menés par les danseurs de sa compagnie, Rosas, les participants sillonneront le quartier de la République en cinq itinéraires, à une vitesse
inférieure à cinq mètres par minute pendant près de quatre heures. Chacun des
groupes convergera vers le parvis de
l’Hôtel de ville (2). La lenteur de cette méditation marchée contiendra la ville, ses
courses, ses secousses, ses fulgurances
vrombissantes, et ses chassés-croisés de
passants qui ne se voient même plus.
Anne Teresa de Keersmaeker attendra les
participants sur le parvis de l’Hôtel de ville pour un atelier en forme d’apothéose
joyeuse autour de retenues et d’accélérations selon l’idée que « my walking is my
dancing ». Depuis la modern dance américaine, la marche est une discipline soignée par la danse contemporaine. Quatre
cents personnes devraient rejoindre les
cortèges, sans contrainte d’âge ou de
condition physique. Cette Slow Walk permet « de dominer le temps avec son corps et
de faire du mouvement le plus ordinaire un
événement intentionnel et unique. Car la
marche aussi est de la danse à l’état pur »,
“
La marche aussi
est de la danse
à l’état pur
”
PRÉSENTATION DU FESTIVAL D’AUTOMNE
En juillet 2016, Akram Khan avait déjà chorégraphié une « Big Dance » sur Trafalgar Square, à Londres.
informe le Festival d’automne (3) qui
dresse dans cette édition un portrait de la
chorégraphe. La dimension collective, le
rassemblement, l’unisson dans la lenteur
s’ajoutent à la dimension méditative de
l’expérience Slow Walk déjà menée ce
printemps à Bruxelles.
Akram Khan voit les choses d’une manière beaucoup plus physique. Depuis
Londres, et avec l’aide des Théâtres de la
Ville et du Châtelet, le chorégraphe a recruté 720 amateurs parisiens, par le biais
des réseaux sociaux. Il avait auparavant
déployé le même processus pour Édimbourg où Kadamati a déjà été donné. Son
titre signifie « terre d’argile ». Akram
Khan y écrit un gigantesque rituel censé
transcender la Grande Guerre et toutes les
autres sur une composition musicale de
Nitin Sawhney. « Avec cette pièce, j’ai
voulu commémorer l’Armistice, dit-il.
Créer une performance pour une foule donnée dans deux villes souligne la beauté de
notre époque qui nous permet d’être
connectés les uns aux autres. Pour chorégraphier ce rituel, je me suis inspiré de deux
éléments : l’eau, qui permet de se laver de
tout ce qui nous salit, et la terre, qui permet
de célébrer la vie par le mouvement. »
Bien que la pièce ne dure que six minutes, Akram Khan a conçu un dispositif de
transmission : des danseurs sont venus de
Londres pour apprendre la pièce avec lui.
Dès lors, intronisés ambassadeurs, ils sont
KOIS MIAH
repartis pour Paris et ont travaillé avec les
groupes, assistés par un professeur de
danse. Chacun des amateurs a eu droit à
des tutoriels et des antisèches pour mémoriser les pas en solo, avant d’assister à
six fois deux heures de répétitions. Le
week-end dernier, la répétition générale
à La Seine musicale a permis de faire travailler ensemble les 720 participants.
Malgré cela, à J - 4, lors de l’ultime répétition menée par Alexandre à la Canopée des Halles, les danseurs se mélangent
les pinceaux : quel est le bon pied d’appel ?
Comment rester sur la musique ? Comment ne pas se tromper de sens en tournant ? Et ne pas se cogner aux autres ?
Alexandre, formé comme médiateur,
les danses. Le défilé, plus grande parade
chorégraphiée d’Europe, peut bien être
aussi vieux que la Biennale de la danse de
Lyon, cette édition marque son retour à la
rue. Depuis les attentats de Nice en 2016, il
était cantonné au stade de Gerland, avec
40 000 spectateurs au lieu de 400 000.
« Nous en avons fait un défilé pour la Paix,
indique Dominique Hervieu, directrice de
la Biennale. Je le mènerai aux côtés de Latifa Ibn Ziaten [mère d’Imad Ibn Ziaten,
premier militaire assassiné à Toulouse par
le terroriste Mohammed Merah en 2012,
NDLR] et il se terminera place Bellecour sur
Imagine de John Lennon. » ■
1. Kadamati, place de l’Hôtel-de-Ville
(Paris Ve), ce dimanche à 15 heures, 16 heures
et 17 heures. 2. Slow Walk, quartier
de la République (Paris Xe), le 23 septembre
à midi, www.mywalking.be. 3. festivalautomne.com 4. www.labiennaledelyon.com
Jain, l’appel du large
MUSIQUE La chanteuse vient de sortir « Souldier », un second album marqué par des influences très variées. C’est déjà un succès.
OLIVIER NUC £@oliviernuc
n l’a vue à l’affiche de
nombreux festivals cet été,
soit plusieurs semaines
avant la découverte de son
nouvel album. Sorti le
24 août dernier, Souldier (Columbia/
Sony Music) n’a pas tardé à s’accrocher
O
au sommet des ventes d’albums en
France. « Initialement, je voulais donner
quelques concerts d’échauffement, puis
c’est devenu une véritable tournée en
cours de route », explique-t-elle. De
Québec à La Rochelle, Jain en a profité
pour présenter de nouvelles chansons
en avant-première. « Pour moi, le live,
c’est la récompense de ce métier. Ce qu’il
y a autour m’intéresse moins », avoue-
La grande force de Jain, c’est d’être
parvenue à s’imposer rapidement sur
le plan international. C’est après avoir
enchaîné les musiques pour des publicités qu’elle a pu sillonner le monde.
« Il y a d’abord eu l’Italie, l’Espagne, la
Pologne, puis les États-Unis. Mon parcours doit beaucoup à la publicité télévisée », reconnaît-elle sans fausse pudeur. Elle continue d’ailleurs à
chanter en anglais, ce qui multiplie ses
chances d’être écoutée par-delà les
frontières. « J’ai joué dans 19 pays et je
me suis aperçue que le public est à peu
près le même partout, qu’il réagit aux
mêmes moments. Au-delà de mon cas
personnel, je suis contente que la musique française s’exporte. » ■
t-elle. Elle n’aura pris qu’un mois de
vacances à la fin de son précédent périple, pendant lequel elle a donné 210 représentations en deux ans seulement.
« C’était assez athlétique. À vrai dire, je
ne pensais pas que ce serait aussi fatigant. Mais je ne soupçonnais pas non
plus que je prendrais autant de plaisir ! »
Auréolé d’un immense succès commercial, Makeba, sorti à la fin de l’année 2015, avait imposé la personnalité
de la jeune fille et ses influences inhabituelles. Fille d’expatriée, elle a vécu
longtemps sur le continent africain, qui
a infusé ses compositions. Avec Come,
la demoiselle avait décroché un tube.
« On me demande de refaire un titre qui
ressemble à Come, c’est assez étrange.
Pour moi le but est de proposer de nouvelles influences, de ne pas stagner avec
le même type de chanson, confie-t-elle.
Le succès de ce premier album me rend
libre d’essayer d’autres choses : des influences plus orientales, électro et hiphop notamment. »
EN BREF
Les Correspondances
de Manosque fêtent
leurs vingt ans
Une solitude affirmée
A
DISPONIBLE
DISPONIBLE
NOVEMBRE 2018
NOVEMBRE 2018
C’est avec une grande sérénité que Jain
a abordé l’exercice périlleux du deuxième album. « La seule pression que j’ai
ressentie, c’est l’attente du public. Mais il
faut rester calme : ce n’est que de la musique faite pour partager des moments de
vie. Se prendre au sérieux serait assez ridicule. » Pas de risque de grosse tête
chez cette jeune fille réfléchie qui peut
toujours compter sur sa famille pour lui
remettre les idées en place. Alors que
nous la rencontrons dans sa loge aux
Francofolies de La Rochelle, Jain est entourée de sa mère et de ses deux sœurs.
« J’ai la chance d’avoir un environnement très stable. » Ainsi qu’un parrain
de choix. Maxim Nucci continue d’être
présent aux côtés de sa découverte. « Il
est un mentor à l’expérience inestimable.
Pourtant, sur ce disque, je suis devenue
coréalisatrice avec lui. Nous nous posions
des questions ensemble, comme un duo »,
dit-elle. C’est pourtant toujours en solitaire qu’elle aborde la scène, entourée
de machines qui lui permettent d’assure un spectacle assez sophistiqué. « À la
fin de ma première tournée, j’ai brièvement joué avec des musiciens. Mais je
préfère être seule. Cela fait partie de moi,
Pour son nouvel album, Jain s’est nourrie
des œuvres de Fairouz, Tito Puente
et Kendrick Lamar. PAUL& MARTIN
cela m’identifie. Et puis j’ai tellement
joué seule avec ma guitare dans les bars
de Paris à mes débuts ! »
En scène, Jain s’adresse à un public
très large, qui couvre plusieurs générations. Les enfants comme les seniors
sont sensibles à son art. « Je ne me
considère pas comme un modèle, mais si
je peux inspirer quelques jeunes filles à
écrire ces chansons et à monter sur
scène… » Au moment de confectionner
Souldier, elle s’est nourrie de trois artistes principaux : la chanteuse libanaise
Fairouz, le percussionniste portoricain
Tito Puente et le rappeur américain
Kendrick Lamar, ce qui atteste de son
éclectisme. « Je passe pas mal de temps
à fouiller dans plusieurs styles, après des
discussions avec des amis. Je reste une
fan de musique avant tout. »
Dans les Alpes-de-HauteProvence, Manosque accueillera
cette année pour les vingt ans
des Correspondances des artistes
qui ont marqué le festival.
Jacques Gamblin et Dominique A
ouvriront la manifestation.
Celle-ci se clôturera avec le Live
Magazine, qui réunira sur scène
artistes et écrivains, dont Maylis
de Kerangal et Alice Zeniter.
Pour cet anniversaire, un livre
a aussi été édité, Une nuit à
Manosque (Gallimard). Rendezvous du 26 au 30 septembre.
Pas d’Oscar populaire
à la cérémonie américaine
Moins d’un mois après avoir
annoncé vouloir récompenser un
film populaire lors de la prochaine
cérémonie des Oscars, l’Académie
des arts et des sciences du cinéma
y a renoncé. L’idée d’apporter
un nouveau souffle à une soirée
déjà décriée n’avait réussi
qu’à susciter une tempête de
protestations. La prochaine
édition, raccourcie d’une heure,
aura lieu le 24 février 2019.
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LE FIGARO
samedi 8 - dimanche 9 septembre 2018
VIN
ENTRETIEN La Maison du whisky, enseigne de référence des connaisseurs de spiritueux,
se lance dans la production de rhum dans les Caraïbes. Rencontre avec son propriétaire.
L
France chaque année. Nous n’en vendons que 3 millions.
étions presque devenus Nikka-dépendants.
Les Français sont-ils toujours attachés
au single malt, issu de l’assemblage
de whiskies de malt provenant
d’une même distillerie ?
Le distinguo entre blend (fruit de l’assemblage de différents types de whiskies
provenant de plusieurs distilleries,
NDLR) et single malt a volé en éclats
avec l’arrivée des whiskies japonais,
qui sont des blends pour 90 % d’entre
eux. Trois types de whiskies se dégagent désormais : il y a les tourbés-fumés ; les cherrys, épicés, ambrés ; et
enfin les whiskies du monde, parmi
lesquels les japonais, très ronds.
Et qu’en est-il du whisky français
produit en France ?
Nous avons commercialisé, dès 1998, le
whisky de la distillerie Warenghem, à
Lannion, dans les Côtes-d’Armor. C’est
un grand whisky qui s’exporte très
bien. La plupart des autres whiskies
français ne s’exportent pas, parfois
pour des raisons à la fois de qualité, de
marketing et de commercialisation.
PROPOS RECUEILLIS PAR
STÉPHANE REYNAUD
sreynaud@lefigaro.fr
a Maison du whisky,
créée en 1956 par Georges Bénitah et
dirigée aujourd’hui par son fils Thierry
Bénitah, est une entreprise en pleine
forme : plusieurs boutiques à Paris,
d’autres sur l’île de la Réunion et à Singapour, et un site de vente en ligne lui
assurent une croissance de 15 à 20 %
chaque année et un chiffre d’affaires de
101 millions d’euros. La société, qui
compte un peu plus de 200 salariés, ne
s’en tient plus seulement au whisky.
Elle met en avant d’autres spiritueux et
vient d’investir dans deux propriétés,
en Haïti et en Jamaïque, où elle produit
désormais des rhums haut de gamme.
LE FIGARO. - La France
est le quatrième pays consommateur
de whisky au monde, après l’Inde,
les États-Unis et le Japon.
Pensez-vous y avoir contribué ?
Thierry BÉNITAH. - Aujourd’hui, il se
vend 200 millions de bouteilles en
Le whisky japonais a-t-il donné
un coup de fouet à votre activité ?
J’ai découvert Nikka en 2001 et ce fut
un choc d’un point de vue gustatif. J’ai
adoré le produit. Nous sommes devenus
distributeurs de Nikka en Europe.
Quelques mois plus tard, il était élu
meilleur whisky du monde. Cela nous a
aidés. Il y a trois ans, Nikka a mis en
place un système d’allocations, ce qui
nous a, à la fois, freinés et aidés car nous
En France, le nombre de distilleries
a pourtant explosé. Nous sommes
passés de 5 en 2004 à 50 aujourd’hui…
On retrouve ce même phénomène en
Allemagne, en Suède, en Belgique, en
Angleterre… Au Japon, une nouvelle
distillerie se crée tous les mois.
Les modes de consommation
ont-ils évolué ?
Jusqu’en 2000, les Français buvaient le
whisky sec ou sur glace. Aujourd’hui, le
long drink est revenu au goût du jour,
comme c’était le cas il y a une quarantaine d’années. Et depuis 2007, nous
constatons un vrai engouement pour
les cocktails. Cela a commencé en
France avec le succès de l’Experimental
Cocktail Club, à Paris. Depuis, le succès
ne s’est pas démenti.
Les prix des grands whiskies
sont-ils toujours à la hausse ?
Il est aujourd’hui difficile de se procurer
de vieux whiskies, sauf à des prix très
élevés. Pensez qu’on ne trouve pas un
whisky de 1965 à moins de 2000 euros.
Ce phénomène d’inflation a débuté
avec le nouveau millénaire. On ne peut
pas l’ignorer. Nous avons vu une impériale de 6 litres de Macallan signée Lalique adjugée 628 205 dollars par Sotheby’s. Cela me dépasse.
Qui sont les acheteurs de ces raretés ?
Ce sont la plupart du temps des Asiatiques ou des Américains. Les bouteilles
rares et très chères sont souvent acquises par des bars à whiskies chinois qui
les servent au verre à leurs clients.
Aujourd’hui, le whisky n’est plus
votre seule spécialité…
Nous développons les autres catégories de spiritueux depuis le début des
années 2000. La moitié de nos
WHISKY LIVE 2018
Cette 15e édition, organisée par
les équipes de Thierry Bénitah,
propose trois jours d’animations
qui devraient faire le bonheur
des amateurs de whiskies
et de rhums. Au programme :
un plateau de 3 500 m² dédié
à la dégustation en présence
de plus de 150 marques de
whiskies, un espace entier dédié
au rhum, des master classes
d’une trentaine de minutes
avec maîtres distillateurs,
maîtres assembleurs, directeurs
de distilleries, écrivains,
et toute une série de stands
sur le thème de la mixologie.
+
J.-C. MARMARA/LE FIGARO
Thierry Bénitah :
« Le rhum a le
vent en poupe »
Pratique
33
ADRESSE
Les Dock Cité de la mode
et du design, 34, quai
d’Austerlitz (Paris XIIIe).
HORAIRES
Pour les particuliers : samedi 22
et dimanche 23 septembre,
de 13 h 30 à 19 h 30.
Pour les professionnels :
lundi 24 septembre,
de 10 heures à 18 heures.
5 000 références correspondent à
d’autres spiritueux, avec le rhum en
tête. Nous nous y sommes intéressés
en découvrant des rhums plus secs,
plus marins, parfois iodés qui peuvent faire penser aux whiskies de l’île
d’Aislay. Aujourd’hui, on trouve des
rhums de grande qualité à moins de
40 euros. Cet alcool a le vent en poupe. Nous allons d’ailleurs nous lancer
dans la production de rhum.
Où ?
Nous nous apprêtons à ouvrir une distillerie à Port-au-Prince, en Haïti,
dans le cadre d’une joint-venture avec
notre partenaire italien Velier. La production de rhum va commencer dans
les prochaines semaines. Nous allons
l’appeler Providence, nous le ferons
vieillir sur place. Nous sommes aussi
impliqués en Jamaïque. Nous venons
de reprendre la distillerie Hampden,
créée en 1973. Nous avons aussi acheté
un stock de plusieurs milliers de barriques de ce rhum très typé. La première
mise en bouteilles vient d’être réalisée
en juillet dernier. Nous le lançons partout dans le monde, y compris aux
États-Unis. ■
Whisky et rhum,
spiritueux préférés
des Français
Cette superbe sélection exclusivement dédiée aux vins
et spiritueux français, est désormais aussi disponible
en ligne. Plus de 2400 références, des plus grands crus
classés aux petites pépites encore méconnues, sans
oublier une collection exceptionnelle de grands formats,
sont aujourd’hui à portée de clic et livrées à domicile.
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La boutique est ouverte du mardi au samedi de 10h30 à 21h.
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L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.
* Méthodologie du Baromètre Ipsos
pour Whisky Live Paris :
enquête réalisée en online
à partir de l’Access Panel d’Ipsos
auprès d’un échantillon national
représentatif de 1 022 Français
âgés de 18 à 75 ans – terrain réalisé
du 1er au 7 août dernier.
A
UNE VITRINE D’EXCEPTION POUR
LES PLUS BEAUX FLACONS DU TERROIR FRANÇAIS
Le Figaro publie en exclusivité
les résultats d’une étude *
réalisée sur la consommation
de whisky et de rhum en France.
Achats : 53 % des Français déclarent
acheter au moins un spiritueux
au cours des 12 derniers mois.
31 % d’entre eux déclarent
avoir acheté du whisky
au cours des 12 derniers mois
et 26 % du rhum. Le whisky
et le rhum sont les spiritueux
les plus consommés par les Français,
devant les anisés ou la vodka.
Âge des consommateurs :
la moitié des consommateurs
de whisky ont plus de 50 ans
et 7 sur 10 (69 %) sont des hommes.
Le consommateur de rhum
présente un profil plus mixte et plus
jeune (2/3 des consommateurs
ont moins de 50 ans).
Dégustation : une écrasante majorité
des amateurs de whisky le déguste
pur avec ou sans glace (87 %).
Du côté du rhum, la consommation
en cocktails s’impose.
Provenance : l’origine géographique
des spiritueux est un critère
incontournable. 77 %
des consommateurs de whisky
et 75 % des consommateurs
de rhum déclarent y être
particulièrement sensibles.
Berceau du whisky, l’Écosse (69 %)
et l’Irlande (59 %) occupent
les premières places du podium.
Côté rhum, la préférence
des consommateurs se porte
sur les Caraïbes.
S. R.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 8 - dimanche 9 septembre 2018 LE FIGARO
34
DESIGN
L’artisanat d’art, une espèce à protéger
2
3
1. Montage de plumes sur un éventail à voir sur l’espace Discovery Rediscovery, Maison Duvelleroy.
2 et 3. Vase Douglas, lauréat du prix Liliane Bettencourt-Schueller 2014. 4. Paravent en bronze, bois
et laiton de Gianluca Pacchioni présenté dans l’espace « Best of Europe ». 5. La Fondazione Giorgio Cini,
sur l’île San Giorgio Maggiore, accueille l’exposition « Homo Faber ».
1
J
CATHERINE SAINT-JEAN
csaintjean@lefigaro.fr
rares comme ce sellier, installé au fin
fond de la Magnésie, en Grèce, qui réalise des selles sur mesure pour les ânes
et les mules.
À la Fondazione Giorgio Cini, sur l’île
San Giorgio Maggiore, face à la Sérénissime, seize espaces - au sein des galeries
de la fondation, du cloître, des bibliothèques et même du côté de la piscine
construite dans les années 1960 consacrés chacun à une discipline accueilleront, du 14 au 30 septembre, les
productions de ces artisans que le visiteur verra également en action, pour
certains d’entre eux. De la réalisation
d’une bicyclette sur mesure à celle
d’éventails en plumes en passant par le
travail du bronze, la fabrication de souliers pur luxe, la ciselure du bois, la
broderie, le soufflage et la gravure du
verre, la naissance d’une gondole
(Venise oblige)… Autant d’occasions
d’aller à la rencontre des hommes de
l’art, toucher du bout du doigt leur savoir-faire. « L’objectif d’“Homo Faber”
est de montrer au plus grand nombre ce
que la main fait mieux que la machine.
Cette narration en plusieurs chapitres
devrait permettre à tous de s’émerveiller,
de ressentir une émotion. Sans aucune
5
4
nostalgie, l’intention étant de projeter
l’artisanat d’art dans la modernité. »
Pour preuve, la sélection de vases emblématiques qui montre l’évolution du
design au fil des décennies, les huit
œuvres issues de binômes designerartisan, celles qui lient l’artisanat d’art
et le monde du luxe contemporain.
Ce n’est donc pas un hasard si la mise
en scène de chacun des seize espaces a
été conçue par des architectes de renom comme Michele de Lucchi et
Stefano Boeri, l’architecte d’intérieur
India Mahdavi, Judith Clark, une spécialiste de la mode, le galeriste Jean
Blanchaert, commissaire de l’exposition « Best of Europe », entre autres.
Au-delà de l’événement, le recensement des talents effectué par la Michelangelo Foundation devrait devenir un
formidable outil pour les professionnels
à travers une plateforme interactive qui
facilitera la mise en relation entre architectes, designers et artisans d’art.
Affaire à suivre. ■
NO
UV
EA
U
ohann Rupert, président des
sociétés du luxe Richemont et Franco
Cologni, qui fut lui aussi un personnage
clef du groupe Richemont, sont sous le
choc quand ferme, à Milan, la boutique
iconique des Lorenzi. Leur magasin,
spécialisé dans la décoration, proposait
des accessoires de table, de beaux couteaux en corne… Des trésors issus d’un
savoir-faire artisanal. Pour les deux
hommes, le constat est douloureux :
l’artisanat d’exception n’est pas désirable pour la jeune génération, même si
les choses sont en train d’évoluer.
« C’est normal, le véritable ennemi des
métiers d’art, c’est l’ignorance, s’insurge Alberto Cavalli, codirecteur exécutif
à la Fondation Michelangelo. Si on ne
connaît pas, comment comprendre
la beauté de ces objets ? Les artisans ont
un vrai problème de visibilité. » À travers
la Michelangelo Foundation for Creativity et Craftsmanship, Rupert et Cologni
vont tout mettre en œuvre pour s’atta-
quer au problème. Exposition à dimension internationale organisée à Venise,
« Homo Faber » est la première illustration de leur propos. Sa mission est de
faire apprécier le meilleur de l’artisanat
européen au fil de 500 œuvres émanant
de 150 artisans. « Nous ne voulions pas
organiser un salon commercial, il en
existe déjà, ni produire une encyclopédie
du craft mais mettre sur pied un événement culturel qui offre une vision de la diversité de cet univers », poursuit Alberto
Cavalli. Trois années seront nécessaires
pour faire aboutir le projet, aller au-devant des artisans, dénicher des perles
présente
Exceptions de la langue française :
certains Belges les détestent,
mais nous, on les adore !
Jean-Loup Chiflet nous entraîne dans
une nouvelle promenade passionnante,
surprenante, érudite et humoristique à travers
les exceptions, bizarreries et autres étrangetés
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RENDEZ-VOUS La Michelangelo Foundation entend faire redécouvrir ce patrimoine européen et sa capacité
à s’inscrire dans la modernité. Pour preuve, l’exposition « Homo Faber » qui débute à Venise, le 14 septembre.
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samedi 8 - dimanche 9 septembre 2018
MGC
35
AVIS À NOS LECTEURS - MENTIONS LÉGALES
Toutes les annonces qui ne comprennent pas la mention
« Part. » pour les particuliers ou « Agents Co. » pour les agents
commerciaux sont des annonces émanant d’agents immobiliers
ou de promoteurs. Sans mention explicite d’honoraires dans les
annonces, les prix présentés s’entendent nets pour l’acquéreur.
Toutes les annonces des rubriques « appartements » sont réputées
être des lots de copropriétés, sauf mention contraire. Ces biens
faisant partie d’une copropriété, le vendeur doit vous informer du
nombre de lots de la copropriété, des charges annuelles du bien
proposé à la vente et de l’existence ou non d’un recours à
l’encontre de la copropriété à la date de la parution de l’annonce.
Les honoraires de l’agence immobilière et les commissions de
chaque bien sont consultables sur le site de l’annonceur.
Légende des sigles utilisés dans nos annonces : ◆ membre
F.N.A.I.M (Fédération nationale de l’immobilier) membre
S.N.P.I (Syndicat national des professionnels immobiliers)
■ Notaires ● Ventes aux enchères M.A.P : mise à prix.
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honorée à Moscou
Invité à Marrakech, pour l’anniversaire
de
l’accession
de
Mohammed VI
au trône, Gérard
Idoux, chef du
Récamier, a dîné à côté de Farah
Diba. Elle lui a promis de venir
dans son restaurant parisien, et
a tenu parole, la semaine dernière. Un retour aux sources
puisqu’à quelques centaines de
mètres de là, boulevard Raspail,
elle a entamé des études
d’architecture avant de se
construire un destin impérial. ■
À l’occasion des
cinquante ans de
la construction
de Port Leucate,
Michel Py, le
maire, a donné le
nom d’une avenue à Georges Candilis, l’architecte qui a conçu cette station du
Languedoc. Cet été, il a dévoilé
la plaque avec Takis Candilis,
son fils. Ils ont rendu hommage à
cet élève de Le Corbusier, qui a
tout dessiné, y compris l’Hexacube, un modèle novateur d’habitation en résine, devenu un
classique. ■
Mardi, Mireille
Mathieu est devenue
doctor
honoris causa de
l’Université des
sciences humaines de Moscou.
La reconnaissance d’un pays
où elle est venue pour la
première fois en 1967, lors
d’une tournée. Portant la
toque et la robe traditionnelles, elle s’est exprimée devant
des étudiants et a moralement
dédié à sa mère son premier
diplôme depuis le certificat
d’études. ■
Elles s’appellent DS, 404, 2 CV, Mustang, Ferrari.
Elles sont victimes d’une atroce guerre
idéologique qui veut faire table rase du passé,
supprimer les traces de beauté du monde
d’avant. Aurait-on l’idée de détruire
des œuvres d’art ?
« ÉLOGE DE LA VOITURE », THOMAS MORALES, ÉDITIONS DU ROCHER
La Grande
Chaumière en péril
Depuis 1904, la Grande Chaumière, un atelier d’artiste à
Montparnasse, a accueilli de
grands peintres, de Gauguin à
Rezvani en passant par Modigliani, Bourdelle et Léger. Cer-
tains y ont travaillé, d’autres y
ont
enseigné.
Après le décès de
son propriétaire,
les héritiers ont
mis en vente ce
lieu, toujours en activité. Les
512 m² doivent être adjugés à la
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EN BREF
Par Jacques Pessis
Charles Aznavour est grandpère pour la quatrième fois.
Missak, le fils de Nicolas, est né
cet été. Un rayon de soleil de
plus dans une canicule provençale pendant laquelle, tout en
rééduquant son bras gauche
cassé, il a peaufiné, de la main
droite, de nouveaux textes : un
hommage à Barbara et des couplets intitulés Vivre vieux. Il
prépare maintenant son retour
sur scène avec des concerts au
Japon et dans d’autres pays que
sa chute l’a obligé à reporter.
Entre deux chansons, il continuera à s’adresser en public, en
plusieurs langues. « J’ai eu un
jour votre âge, à vous tous ! »,
lance-t-il désormais, en souriant aux spectateurs. La nouvelle génération est dans les
salles, mais pas seulement.
Yann et Schwartz signent Atom
Agency, une BD, publiée dans le
Journal de Spirou, dont le héros,
Atom Vercorian, est un détective arménien ressemblant à
Aznavour jeune. Dans les années 1950, sur la piste des bijoux de La Bégum, il se rend
dans un music-hall où se produit un certain Aznavourian… ■
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bougie, le 16 octobre à 9 h 30.
Craignant la transformation en
hôtel d’un bâtiment qui n’a pas
été classé par les Monuments
historiques, un collectif d’artistes, de professeurs et d’élèves lance une pétition sur le
site change.org. Avec l’espoir
d’éclaircir ce tableau noir. ■
Stéphane Plaza
a cassé ses codes
Fidèle spectateur de « Recherche appartement ou maison »,
qui, à ses yeux, n’est pas une
téléréalité mais un programme
sociologique,
Didier
van
Cauwelaert a toujours pensé
que Stéphane Plaza avait un
potentiel d’acteur. Après avoir
écrit J’ai perdu Albert, un film
dont il est le réalisateur, qui
sort mercredi, il a pensé à lui
pour le rôle principal. Il ne savait pas comment le joindre,
mais le hasard – ou le destin –
lui a permis de le croiser.
L’animateur a lu le scénario et
immédiatement donné son accord pour casser ses codes et
jouer un personnage très différent de l’agent immobilier de
M6. Il n’a pas tourné pour le
petit écran pendant quatre
mois, et a laissé pousser une
barbe, rasée dès le lendemain
de la dernière prise. « J’ai découvert son talent, mais aussi
sa vulnérabilité et une passion,
que je partage, pour la spiritualité, dit Didier van Cauwelaert.
Je suis certain qu’il n’en restera
pas là et c’est un grand bonheur, pour moi, d’avoir été le
premier à le diriger. » ■
JANE CAMPION est l’invitée
d’honneur du 20e Festival des
Antipodes, à Saint-Tropez, du
8 au 14 octobre. La réalisatrice
néo-zélandaise recevra, pour
l’ensemble de sa carrière un
prix baptisé le Top of the
Tasman Award.
MICHELLE SENLIS a signé
avec Claude Delécluse, des
chansons pour Piaf, Dalida,
Ferrat, Gréco et beaucoup
d’autres. Vingt-huit de ces
classiques sont réunis dans un
CD, Les Chansons de ma
jeunesse (Marianne Melodie)
CLÉLIA RENUCCI signe
Concours pour le paradis, un
premier roman où, au cœur de
Venise, elle imagine la création
de la toile de Tintoret, Le Paradis. En transformant l’œuvre
en un personnage vivant (Albin
Michel).
TEX est le parrain de la première de Absolutely Hilarious,
le 17 septembre à la Comédie
Caumartin. Ce show de l’humour, bimensuel, est ouvert à
de nouveaux talents du rire, de
la chanson et de la magie.
FRED GOUDON a réalisé les
photos de douze sportifs prestigieux, réunies dans un calendrier géant 2019. Les droits
sont versés à l’Association
Keep a Breast, qui sensibilise
les jeunes à adopter un mode
de vie responsable (First).
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samedi 8 - dimanche 9 septembre 2018 LE FIGARO
TÉLÉVISION
36
BIEN VU
François Aubel
Fabrice Luchini,
acteur lyrique
faubel@lefigaro.fr
La lutte
des clashs
« Procès
Booba-Kaaris »
Rencontre avec un gamin de Montmarte
devenu la voix mythique de Céline
et de La Fontaine. Un portrait intime
brossé notamment par ses deux frères.
Tous médias/Jeudi et vendredi
ais au fond, tout était là
depuis le début… « Comment un gars, le dernier
de la classe, miraculeusement reçu au certificat
d’études, devenu un coiffeur totalement
approximatif, a pu se retrouver à servir
les trésors de la langue française, je n’en
reviens pas ! », conclut Fabrice Luchini
à la fin du documentaire de Laurent
Allen-Caron qui lui est consacré dans la
série Un jour, un destin. Et cette autobiographie express coïncide exactement avec le début de l’histoire. Tout
était là dans l’enfance du gamin de
Montmartre, prestement croquée par
ses frères aînés, Alain et Michel.
« À 13 ans, il était fasciné par les petits
voyous de la bande des Abbesses, raconte Michel. C’était un enfant charmeur,
passionné par la langue. Il parlait l’argot, très bien. Le verlan dur de l’époque,
M
MARIANNE ROSENSTIEHL/GETTY IMAGES
eudi, 23 h 30, Mélanie Bertrand,
l’envoyée spéciale de BFMTV
au tribunal correctionnel
de Créteil, semble flapie. Combien
a-t-elle assuré de directs sur les
douze heures d’audience du procès
opposant Booba et Kaaris ? Elle a
bien tenté de glaner quelques mots
du Duc de Boulogne et du félon
sevranais. En vain. C’est curieux,
chez les rappeurs, ce besoin
de ne plus faire de phrases quand
ils sont inquiétés par la justice.
Comme les vingt-quatre
journalistes autorisés à pénétrer
dans la salle d’audience (privilégiés
logés en mezzanine pour regarder
de haut ces chicayas de basse-cour),
Mélanie Bertrand s’est contentée
de la parole du procureur. Sébastien
Piffeteau, qui a requis douze mois de
prison avec sursis pour les rivaux,
a d’abord replacé cette affaire
dans son contexte « de morgue
et de bravade ». Elle oppose, dit-il,
intrépide, des « petits-bourgeois
du clash ». Pour « Quotidien », sur
TMC, Azzeddine Ahmed-Chaouch
note l’important dispositif policier
dans le palais avant d’interroger
les fans venus en nombre se repaître
de ce misérable spectacle. Une
admiratrice a même posé une RTT
pour soutenir l’un des rappeurs.
Qu’en pense Gérard Colomb ?
« Est-il plutôt Booba ou Kaaris ? »,
lui demande une journaliste de
l’émission de Yann Barthès. « J’étais
plutôt rock’n’roll traditionnel.
Et en termes de rap, je m’étais arrêté
à la Fouine », chevrote le premier
flic de France. Fallait-il répondre
à cette question ? Sur France Inter,
vendredi matin, François Morel joue
les médiateurs. « Booba et Kaaris
sont deux grands fauves lâchés dans
l’écriture de notre époque de violence
et d’insatisfaction devant la patience
qu’il faut pour obtenir le dernier
smartphone d’Apple », s’amuse-t-il.
Avant d’entremêler les textes
des deux rappeurs sur du Chopin.
Pauvre Frédéric… Sociologue du
rap (alléluia, ça existe !), Louis Jesu
a assisté pieusement aux débats.
« Les prévenus veulent rester dans
ce rôle de durs, explique-t-il, dépité,
au journal d’Inter. Les réquisitions
font ce jeu puisqu’elles ne proposent
pas de juger les faits mais d’apaiser
les tensions entre des bandes
rivales. » On cherche une raison
à cette baston. Profil bas, Booba en a
offert une aux juges, la seule valide :
« Pour vous dire la vérité, je n’ai pas
vraiment réfléchi à ce moment-là… »
maître, qui voit en lui « le seul acteur de
son temps qui soit un acteur lyrique »,
comme pour l’élève : il est d’emblée
accordé à l’intransigeant respect de
Cochet pour la langue, dépositaire de
tous les secrets du texte. Dire et ne pas
interpréter correspond à la pudeur
« presque ascétique » de Luchini, qui
« déteste la sentimentalité et la recherche
de l’émotion », commente Philippe Le
Guay.
Le film décrit à la fois la carrière de
Luchini et, à travers les témoignages de
ses proches, sa personnalité, sa relation avec les femmes - et d’abord sa
mère -, avec le succès, avec les médias,
avec la société. C’est un peu touche-àtout, mais on y sent ce mélange d’exubérance - jusqu’à l’histrionisme - et
d’angoisse - jusqu’à l’effroi pascalien qui fait le cocktail Luchini. Du spumante
avec un fond de brutal. ■
En première partie de soirée, diffusion
du film L’Hermine de Christian Vincent,
avec Fabrice Luchini et Sidse Babett
Knudsen.
l’ambition pour lui. C’est elle qui repère
la petite annonce d’un coiffeur chic de
l’avenue Matignon et emmène son fils
se présenter comme apprenti.
En 1965, il fait ses débuts dans le beau
monde. Luchini a souvent raconté ce
passage de frontière. Le documentaire
interroge plaisamment des clientes du
salon, et on voit la transformation du
jouvenceau en jeune mondain préoccupé par sa libido et déchaîné sur les pistes
de danse. En 1968, « c’était Travolta ! »
Plus la tchatche, inimitable : Philippe
Labro, qui le repère dans une boîte de
nuit, est bluffé quand ledit Travolta détaille son costume et note qu’il cire ses
semelles « comme Vittorio De Sica ».
Cela donne une scène hilarante dans
Tout peut arriver. Premier petit rôle au
Tchatche inimitable
cinéma. Mais son agent ne lui voit pas
de carrière à l’écran (« trop petit, trop
Mais « c’est quelqu’un qui ne voulait pas
frêle,
pas
assez
rester en bas », note
»…) et l’oriente
Alain. Et sa mère qui le
DIMANCHE sexué
vers les cours de théâtre
chouchoutait pendant
de Jean-Laurent Cochet.
que ses aînés étaient en
○○○¡
Une révélation. Pour le
pension avait aussi de
qui était fait pour n’être pas compris. »
Dans la bande, Juju l’attirait particulièrement. Un garçon de la rue « qui allait
manger et se laver chez les curés », mais
qui trimballait toujours des livres, lisait
tout le temps. Le petit Robert, qui ne
s’appelait pas encore Fabrice, avait déjà
le goût des mots, de la littérature, de la
déclamation. « Il déclamait dans les
rues. » Et il observait, il absorbait avec
« ce regard qui écoute », dira un jour
Jean-Laurent Cochet, son maître de
théâtre. Les souvenirs alternés d’Alain
et de Michel Luchini esquissent un portrait du benjamin entre Poulbot et
Villon. Une candeur gracile, une note
plus secrète et plus sombre de mauvais
enfant poète.
MARIE-NOËLLE TRANCHANT
mntranchant@lefigaro
J
22.45
Sculptrices de combat
Reconnues au XXe siècle, elles ont longtemps été occultées par les hommes.
Bologne, elle a sculpté en particulier
un bas-relief dans la basilique San Petronio, Joseph et la femme de Putiphar,
dans lequel elle exprime le désir fémiDans les oubliettes de l’histoire nin. L’Espagnole Luisa Roldan (16521706), fille du sculpteur Pedro Roldan,
Pas simple pour la gent féminine de ne
brillera à la cour du roi Charles II.
pas rester cantonnée au rôle d’inspiraMais, comme Properzia, elle sera finatrice. Une vision instaurée par le mylement oubliée. La Française Mariethe grec de Pygmalion et Galatée. Il
Anne Collot (1748-1821) aussi. La donfaut attendre le XVe siècle pour que le
ne change progressivement au XIXe
nom d’une sculpteuse apparaisse. En
1550, Giorgio Vasari, dans son texte
puis au XXe siècle. Camille Claudel
fondateur de l’histoire de l’art recense
(1864-1943), bien sûr, est vite recondeux cents artistes,
nue, mais avant de
parmi lesquels figure
dans
les
DIMANCHE tomber
une femme : Properzia
oubliettes de l’histoire
de’ Rossi (1490-1530).
jusqu’au début des an○○○¡
Fille d’un notable de
nées 1980 ! ■
l’instructif documentaire d’Émilie
Valentin Sculptrices, ni muses ni
modèles, diffusé ce dimanche sur Arte.
BLAISE DE CHABALIER £@dechab
«
e crois que c’était un désir de
voir des hommes plus petits
que ces énormes dames. Un
désir carrément d’écraser un
peu le sexe mâle dans cette
société qui nous opprime. » Niki de Saint
Phalle (1930-2002) était une sculptrice
de combat (le Larousse accepte aussi
« sculpteuse »). Elle le prouve dans cet
extrait d’une interview des années
1950 dans laquelle elle explique
pourquoi elle a imaginé ses célèbres
« Nanas ». Des paroles qui résument
bien la lutte des femmes, au fil des siècles, pour la création, retracée dans
JACK NISBERG / ROGER-VIOLLET
J
Avec ses « Nanas », Niki de Saint Phalle
exprimait un « désir carrément d’écraser
un peu le sexe mâle ».
17.35
MOTS CROISÉS
SU DO KU
En partant des chifres déjà placés, remplissez les grilles de manière à ce que chaque ligne,
chaque colonne, et chaque carré de 3 x 3 contienne une seule et unique fois tous les chifres de 1 à 9.
GRILLE 2658 CHAMPION
SOLUTION DU N° 2659
9
1
8
4
6
2
7
5
3
4
5
6
1
3
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9
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2
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4
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1
3
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2
7
SOLUTION DU N° 2658
3
2
7
5
9
8
4
6
1
2
8
6 4
3
1 6 5
1 4
7
1
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8 4 2
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9
1
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6
5 6
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3
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2
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1
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3
SOLUTION DU N° 2657
4
2
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3
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9
4
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2
1
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3
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3
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6
7
1
8
9
7
6
1
8
3
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5
4
SOLUTION DU N° 2656
5
5
6
8
9
4
3
2
7
1
A
GRILLE 2659 DIABOLIQUE
3
7
8
8
2
6
4
3
9
5
1
7
9
2
3
7
5
8
1
2
4
6
9
2 1
9 7 5 3
8 7
5
2 5
8
6
3
9 7
6
1
9
5
9
3
7
2
5 4
9
4
1
6
7
5
8
3
2
GRILLE 2657 FACILE
Chaque jour un peu plus difficile
PROBLÈME N° 4826
HORIZONTALEMENT
1. Emploi bouche-trou. - 2. Gère la pénurie.
- 3. Remboursera en liquide. - 4. État de
complet bien-être. D’accord avec Roumanille. - 5. Partie d’un éon. Imite le daim.
- 6. Le mot de Cameron. Paul Claudel en
fit la connaissance poétique. - 7. César
slave. Bateau. - 8. Mauvais placements
en bourses. - 9. Code militaire. Petitbeurre de la première génération. - 10.
Fromage lavé au marc de Bourgogne. - 11.
Dépôt de tabac. - 12. Sujet en crise.
VERTICALEMENT
1. À l’heure actuelle. - 2. Inspection des
bidons. - 3. Pas en vigueur. Horrible au
plus haut point. - 4. Refusa de lâcher prise.
Elle mange lentement mais sûrement. - 5.
Star avec Astaire. Râla en agonisant. - 6.
Suffixe donné aux alcaloïdes. Lit de
jumelles. Repose la tête en bas. - 7. Un Mc
opposé à Borg. Lunaire. - 8. Nostalgique
du passé. Faire mauvais emploi.
Par Louis Morand
1
2
3
4
5
6
7
8
1
2
3
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5
6
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10
11
12
SOLUTION DU PROBLÈME N° 4825
HORIZONTALEMENT 1. Dessaisi. - 2. Anaïs Nin.
- 3. Cruciale. - 4. Tétin. Os. - 5. Ys. Lits. - 6.
Limées. - 7. Onu. Nase. - 8. Léto. Roc. - 9. Omise.
Ui. - 10. Gel. Dard. - 11. Inexercé. - 12. Étrennée.
VERTICALEMENT 1. Dactylologie. - 2. Enrésinement. - 3. Saut. Mutiler. - 4. Sicile. OS. Xe.
- 5. Asinien. Éden. - 6. INA. Tsar. ARN. - 7. Silos.
Source. - 8. Inés. Décidée.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 8 - dimanche 9 septembre 2018
LE FIGARO
TÉLÉVISION
MÉTÉO
37
PAR
ÉPHÉMÉRIDE St-Adrien
Soleil : Lever 07h17 - Coucher 20h18 - Dernier croissant de Lune
19.05 50’ Inside. Magazine 20.00 Le
20h 20.50 Quotidien express. Talkshow. Présentation : Yann Barthès.
18.35 N’oubliez pas les paroles ! Jeu
20.00 20 heures. Invité : Alain Duhamel 20.45 Vestiaires 20.50 Stade 2
19.00 19/20 20.00 Vu 20.15 Zorro.
Série. Le nouveau commandant
20.40 Tout le sport. Magazine.
21.00
21.00
21.00
Jeu
Jeu
Film TV. Policier
19.50 Appels d’urgence. Magazine.
Société.
SAMEDI
20.55 Chroniques criminelles
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Société. Prés. : M. Lunel. 1h45. Affaire
Maëlys : Nordahl Lelandais, l’ombre
du tueur en série ? Inédit. Après le
meurtre de Maëlys, Nordahl Lelandais est suspecté d’autres crimes.
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21
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22.40 Chroniques criminelles. Magazine. Présentation : Magali Lunel.
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Les 12 coups
de la rentrée
Fort Boyard
Prés. : J.-L. Reichmann. 2h25. Inédit. Invités, notamment : Stéphane
Plaza, Claudia Tagbo. Dans cette
émission, des invités d’exception
vont se réunir et s’affronter.
Prés. : Olivier Minne. 2h25. Inédit. Invités, notamment : Chloé Nabedian,
Laurent Maistret, Thierry Beccaro.
Les personnalités présentes ce soir
joueront au profit de l’association
Franck, un rayon de soleil.
23.25 Les experts Série. Policière.
L’ange déchu - Généalogiquement
vôtre - Fin de règne.
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Meurtres
en Cornouaille
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20.00 C l’hebdo, la suite 20.20 Des
trains pas comme les autres
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29
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20.50 Échappées belles
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Fra. 2017. Réal. : Franck Mancuso.
1h38. Inédit. Avec Sagamore Stévenin. Un jeune pêcheur découvre un
corps sans vie accroché à une balise
à l’entrée du port de Douarnenez.
Découverte. Prés. : R. de Casabianca. 1h34. La Loire des jardins. Inédit.
Qu’ils soient fleuris, potagers, sauvages ou japonais, tous les jardins
trouvent leur place en Val de Loire.
23.25 On n’est pas couché Talk-
22.40 Meurtres à La Rochelle
show. Invités, notamment : Pascal
Canfin, Pierre Arditi, Isabelle Gélinas.
Film TV. 0.10 Soir/3 0.40 «Pas de
Dieux» et «Soir de fête» Danse.
22.25 Madame Butterfly. Opéra
0.50 À vous de voir. Magazine.
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DIMANCHE
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20.00 Sport reporter (C). Série documentaire 20.35 Groland le Zapoï
(C). Divertissement.
19.30 Le dessous des cartes 19.45
Arte journal 20.05 Sous les pavés
de... Série doc. Saint-Pétersbourg.
18.40 French in the City. Magazine
19.45 Le 19.45 20.25 Scènes de
ménages. Série. Avec Claire Chust.
21.00
20.50
21.00
Film. Espionnage
Documentaire. Nature
Série. Policière
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18.55 Les vacances des Anges 3 :
viva España ! Téléréalité.
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28
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20.55 The Big Bang Theory
Série. Comédie. EU. 2014. Saison 7.
Avec Johnny Galecki. 3 épisodes.
Leonard apprend que le Star Wars
Day et les funérailles du professeur
Proton auront lieu le même jour.
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30
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22.10 The Big Bang Theory. Série.
Avec Kaley Cuoco. 11 épisodes.
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19.10 Les constructeurs de l’extrême USA. Téléréalité.
GB-EU. 2017. Réal. : M. Vaughn. 2h21.
Inédit. Avec Taron Egerton. Les deux
Kingsmen rescapés s’associent à
leurs homologues américains pour
combattre une narcotrafiquante.
Saint-Gothard,
route des pionniers
NCIS : Los Angeles
All. 2018. Réalisation : Verena Schönauer. 1h30. Inédit. Voyage au sommet du Saint-Gothard, célèbre massif
suisse à l’histoire mouvementée.
23.20 La planète des singes Suprématie F i l m . Science-fiction
22.20 Le réveil des dinosaures
géants Doc. 23.15 Philosophie 23.45
1.35 Dunkerque. Film. Guerre.
Square idée 0.10 Court-circuit
EU. Saison 9. Avec Andrea Bordeaux, Renée Felice Smith, Nia Long,
Barett Foa. 2 épisodes. Inédits. Hetty
Lange a pris sa retraite et une nouvelle directrice adjointe, Shay Mosley, arrive à Los Angeles.
20.50 Australie,
la ruée vers l’or
<-10 à 0
Téléréalité. 0h50. C’est la crise ! Inédit. L’une des équipes est en crise :
un problème mécanique leur a coûté
la bagatelle de 175 000 dollars.
21.40 Australie, la ruée vers l’or
23.25 Chercheurs d’opale
22.45 NCIS : Los Angeles Série.
Policière. 3 épisodes 1.15 Supernatural. Série. Planète Claire.
19.35 Norbert commis d’office. Présentation : Norbert Tarayre.
19.55 Les Simpson. Série. Info sans
gros mot - Kill Gill, volumes 1 et 2.
18.45 Les Terriens du samedi ! Talkshow. Prés. : Thierry Ardisson.
20.35 Angleterre/Espagne
20.45 Les Simpson
Football. Ligue des nations.
Groupe 4. En direct de Wembley
(Angleterre). Commentaires :
Grégoire Margotton, Bixente
Lizarazu.
Série. Animation. EU. 3 épisodes. À
l’école, Bart raconte à ses camarades l’histoire effrayante d’un
homme qui fait de la soupe avec des
têtes d’enfants.
21.00 Roland Magdane :
«Rire !»
22.35 90’ enquêtes. Soleil, mer et
délinquance : l’été sera chaud.
22.00 Les Simpson. Série. Animation. 10 épisodes.
TA KU ZU
Spectacle. One-man show. 2h10. Roland Magdane lit une lettre absurde
en début de spectacle et une lettre à
la fin. Entre les deux, des rires.
VISIBLE
MOYENS
DE S’EN
SORTIR
ÉNERGIQUE
CIRCULE
EN ASIE
SOUTIEN
DE LA
VEDETTE
PRINCE
EN FUITE
1
1
1 1
0
0 0
0
1
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1
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16/30
18/31
21/30
21/29
par téléphone :
LIVE 24/24 SUR
et sur
2,99 €/appel
PRESSER
ATTAQUER
AUX
ASSISES
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NOUVEAU
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les détester !
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LE TON
CAPTEUR,
DÉTECTEUR
SERPENT
DU
DÉSERT
A SON PLI
LIEU DE
TRAFIC
DEUXIÈME
DEGRÉ
MONTAGNE
DE
THESSALIE
GRAND
LAC
ENCERCLES
APAISE
ÉTAIN DE
CHIMISTE
HAUT EN
VOLUME
PÈRE
DE SIMBA
LIEUX
DE RÊVE
0
0
16/31
SERTIR
N’EST PAS
SANS
SAVOIR
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0
1
SOLUTION DU TAKUZU
1
1
PIÈCE
RAPPORTÉE
16/25
13/27
FORCE 3
ARTIFICE
MERCREDI
14/29
21/30
25/31
15/22
19/28
18/25
14/22
26/33
lachainemeteo.com
Tous les programmes
dans TV Magazine
et sur l’appli TV Mag
23.10 Les Fous Rires des Chevaliers
du Fiel 2017. Spectacle.
GRILLE 582 FACILE
0
0
22.35 Rénovation impossible. Méfiez-vous des apparences.
MOTS FLÉCHÉS N°2070
Remplir la grille avec les chiffres 0 et 1. Chaque
ligne et chaque colonne doit contenir autant de 0
que de 1. Les lignes ou colonnes identiques sont
interdites. Il ne doit pas y avoir plus de deux 0 ou 1
placés l’un à côté ou en dessous de l’autre.
0
13/27
16/29
ATHÈNES
BERLIN
BUDAPEST
LISBONNE
PRAGUE
TUNIS
14/26
13/26
13/25
12/24
13/19
21/29
10/20
12/16
20/28
21/31
MARDI
13/24
Téléréalité. 1h35. Une rénovation
sur barge. Inédit. À Franklinton,
Robert et Katie achètent une vieille
maison de campagne. - Gagnantgagnant. Inédit.
10 à 20 20 à 30 30 à >40
AMSTERDAM
BELGRADE
BRUXELLES
DUBLIN
MADRID
ROME
LUNDI
21.00 Rénovation impossible
18.55 Nos chers voisins. Série. Avec
Martin Lamotte, Isabelle Vitari.
26/31
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12/22
14/18
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ALGER
BARCELONE
BERNE
COPENHAGUE
LONDRES
RABAT
0 à 10
SOCIÉTÉ
EN SOI,
NATUREL
EAU
FROIDE
DIEU À
LA ROSE
BOÎTE À
CARTES
PROCÈDE
PAR ÉLIMINATION
SIGNE
POUR
TOUS
ARGON
BONNE
NOTE
D’UN BLEU
PROFOND
IL MÈNE
SON MONDE
À
LA RAME
CHIFFRES
EN
LETTRES
LE
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ÉCOLE
DE HAUT
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SOLUTION DU NUMÉRO PRÉCÉDENT
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samedi 8 - dimanche 9 septembre 2018 LE FIGARO
38
JEAN-CHRISTOPHE MARMARA/LE FIGARO
Sur la route
de Madison Cox
SUCCÈS À la tête de la Fondation Pierre Bergé-Yves
Saint Laurent qui emploie plus de 200 personnes,
le paysagiste Madison Cox révèle ses projets à Paris,
Marrakech et Tanger.
Laurence Benaïm
lbenaïm@lefigaro.fr
T
hree Lives, « Trois vies », c’est le
nom de l’une des dernières librairies
indépendantes de New York, que
tient son frère Toby. Ce pourrait être
aussi un roman le concernant, tant
son existence est mêlée depuis quarante ans à celle d’Yves Saint
Laurent et de Pierre Bergé, qui l’épousa en
mai 2017, avant de disparaître, le 8 septembre de la
même année.
À la tête des deux Fondations Pierre Bergé-Yves
Saint Laurent et Jardin Majorelle, l’éternel jeune
homme aux cheveux gris cultive une discrétion
qui intrigue au mieux, désarçonne. Né en 1958,
l’année où Yves Saint Laurent accédait à la célébrité, l’esthète gentleman au regard bleu-vert
Hampton parle peu. Le « paysagiste des milliardaires » ne poste rien sur Instagram.
Débarqué dans la vie du duo au moment où Yves
Saint Laurent bascule dans l’autodestruction,
Madison Cox a un jour préféré les labyrinthes de
verdure aux entêtantes serres parisiennes. « Yves
était obsédé par la presse. J’ai assisté à des crises
d’hystérie. Il avait un énorme ego, comme Pierre. Le
seul moyen pour exister, c’était de m’écarter. » Ce
qu’il fit en 1987, après cette double rencontre en
forme d’éducation européenne, pour se consacrer
à son métier : « Manipuler l’espace et les volumes,
structurer un lieu, ne pas chercher à répliquer la na-
les maisons, à classer (seul) les papiers (dont la
ture… » Au 5 avenue Marceau, siège de la fondacorrespondance inédite de Pierre Bergé), à réortion et du musée, il vient à peine d’installer son
ganiser les équipes, à régler les problèmes de sucbureau. À ses pieds, son sac de voyage LLBean. Son
cession avec les avocats, à organiser la vente préQG est le monde qu’il sillonne entre Paris et
vue chez Sotheby’s à l’automne : 1 200 lots, pour
Marrakech, Tanger, Londres (il y a inauguré cet
une estimation basse de 8 millions d’euros.
été les jardins de l’Aga Khan Centre), Los Angeles.
Il a donné la garde-robe du défunt à l’Armée du
Comme si ce fils de capitaine de Bellingham, et pesalut, tout en promettant la collectit-fils d’amiral redoutait, pareil
tion de Santibelli au Musée Estrine de
aux plantes, la morsure du gel.
Saint-Rémy-de-Provence. Nombre
Premier Américain admis au très
de courtisans écartés le haïssent, sur
sélect Chelsea Flower Show, il semfond d’antiaméricanisme de salon, la
ble parfois faire souffler le vent de
rive gauche le maudit depuis qu’il a
San Francisco qui est le sien, et pro1958
annoncé la fermeture de la Maison
pager ce fameux fog inhabituel aux
Naissance à Bellingham
Jean-Cocteau, et la suppression du
Parisiens. Lunettes d’écaille, corps
(États-Unis).
prix Décembre, qu’il vient par
svelte, impeccablement sanglé dans
1978
ailleurs de redoter. Parfois, il semble
ses vestes de tweed sur mesure
Étudie le paysagisme à la
affronter plus de ronces et de brousAnderson & Sheppard ou ses cheParson’s School, Paris.
sailles à Paris que dans la nature.
mises J Crew, Madison Cox assume
Rencontre Pierre Bergé
son rôle avec un pragmatisme
La prison des robes
et Yves Saint Laurent.
anglo-saxon. Il a par exemple vidé
1987
le bureau de Pierre Bergé, fait réaliÀ Paris, les 5 000 modèles de haute
Réalise ses premiers
ser plusieurs audits et taillé dans les
couture seraient-ils un cadeau emjardins, à New York.
budgets avec un sécateur de choc.
poisonné pour l’ancien rival, aussi
2017
affable et terre à terre qu’Yves Saint
« Le génie du lieu »
Président de la Fondation
Laurent pouvait être têtu, et accroPierre Bergé-Yves Saint
Madison Cox a toujours gardé pour
ché à ses rêves d’enfant ? À MarraLaurent et de la Fondation kech, le couturier avait ainsi refusé
principe directeur le « génie du
Jardin Majorelle.
lieu » cher à son maître, Russel
qu’on touche au gazon et aux pots de
2018
géraniums de sa villa Oasis. Dès
Page. « Ma passion, c’est de créer
Organise la succession
des jardins. Mon plaisir, c’est d’être
2008, au lendemain de sa mort,
de Pierre Bergé, avec
Madison Cox les remplaça par des
dans les pépinières. » Et d’ajouter :
notamment la vente
« Je ne suis pas Pierre Bergé, je ne
cactus et du gravier, plus conformes
prévue du 29 au
à l’idéal écologique du Californien.
suis pas un autocrate. J’aime tra31 octobre chez
vailler en équipe. » Ces derniers
En 2018, dans le sérail devenu la priSotheby’s, à Paris.
son des robes, le lion YSL semble rumois, il les a en partie passés à vider
Bio
EXPRESS
gir. Marrakech est un succès. Mais à Paris, après
un an d’exploitation, le jugement est tombé : « Le
musée ne fonctionne pas », reconnaît avec flegme
Madison Cox. Ici la nature semble s’être minéralisée, l’âme a comme disparu.
Des travaux auront lieu dès 2019, afin de mettre
en œuvre la refonte du premier étage, la transformation du bureau de Pierre Bergé en espace de
consultation, le déplacement d’une partie des archives dans un lieu de stockage plus adapté,
l’agrandissement de la surface d’exposition.
À Marrakech, l’ambition est de créer le « Grand
Majorelle », avec l’ouverture au public du jardin
de la villa Oasis, et la transformation de la villa Dar
Es Saada en centre de documentation. Pour passer
de 2 hectares actuellement exploités (et attirant
1 million de visiteurs par an) à 4. Les produits des
ventes du mas Théo de Saint-Rémy-de-Provence
(qui a séduit une acheteuse française), de la rue
Bonaparte, des nombreuses pièces de mobilier
- notamment les miroirs Lalanne de la villa
Mabrouka -, qui pourraient atteindre des records,
iront directement irriguer la Fondation Pierre
Bergé-Yves Saint Laurent.
À Tanger, la villa Léon l’Africain sera louée,
avant de devenir un centre culturel. Madison Cox :
trois vies plus la sienne, entre un programme
d’initiation pour enfants à Bombay, ou les charities
de la légation américaine de Tanger. Mais, à Paris
comme à Marrakech, rien n’est encore organisé
pour promouvoir le mécénat et l’appel aux donateurs. « Je crois autant à la fidélité qu’au hasard. La
fidélité, c’est une ligne de conduite. Elle ouvre le chemin. Mais on ne doit pas la confondre avec la nostalgie, qui peut tout bloquer, tuer. Il n’est pas sain de
confondre mémoire et fétichisme. » ■
UN DERNIER MOT
Par Étienne de Montety
edemontety@lefigaro.fr
Aéroport [a-é-ro-po-r’] n. m.
Lieu où l’on est censé prendre de la hauteur.
e tribunal de Créteil jugeait hier les rappeurs Booba et Kaaris pour avoir
provoqué une rixe dans l’aéroport d’Orly le 1er août dernier.
Le mot vient du latin aer, l’air et portus le port. Car justement, si les deux
rappeurs étaient ce jour-là à l’aéroport, c’est qu’ils partaient pour s’aérer : en vacances.
Mais au lieu de rester sagement assis dans l’aéroport - sans même parler de position
aérostatique - et d’attendre l’avion, ils ont commencé à se battre.
En fait d’embarquement, c’est dans une bien mauvaise histoire qu’ils se sont
embarqués. Car de Kaaris en Scylla, ou, pour ne pas prendre parti, de Charybde en
Booba, l’aéroport eut tôt fait d’être transformé en arène.
Les deux chanteurs turbulents rêvaient de ciel bleu et de plage, bref d’évasion ; ce fut
en prison que s’acheva leur voyage.
Que pense aujourd’hui le respectable aréopage des magistrats de Créteil de la conduite
des deux rappeurs dans l’aéroport ?
Assurément qu’il y a des coups de pied dans l’aérotrain qui se perdent. ■
L
FIGARO-CI ... FIGARO-LÀ
Les militants LR éliront leurs présidents de fédérations
le 13 octobre. À Paris, première fédération de France
en nombre d’adhérents, une candidature reçoit les soutiens
de nombreux barons. Celle de Jean-Jacques Giannesini,
conseiller de Paris du XIXe arrondissement, que Laurent
Wauquiez a encouragé à se présenter. Philippe Goujon,
le maire du XVe, Claude Goasguen, du XVIe, et Brigitte Kuster,
du XVIIe, trois arrondissements représentants 70 %
des militants, sont derrière lui. Militant depuis trente ans, Giannesini a gravi
tous les échelons, jusqu’à celui de secrétaire départemental.
A
Deux jours de rencontres
avec des académiciens
Membres de l’Académie française ou des
Académies des sciences, des beaux-arts et
des sciences morales et politiques, ils
accueilleront le grand public à l’hôtel
Dosne-Thiers, à Paris, à l’occasion des
Journées du patrimoine, les 15 et
16 septembre. Xavier Darcos, Yves Agid,
Pascale Cossart, Laurent Petitgirard, Yves
Pouliquen, Jean-Robert Pitte, Catherine
Bréchignac, Hélène Carrère d’Encausse et
Jean-Michel Wilmotte parleront école,
cerveau et biologie, musique et
gastronomie, sciences, histoire et
architecture ! Des conversations animées
par François d’Orcival, avec des intermèdes
musicaux des Amateurs virtuoses de piano…
Le maire de Cannes
en campagne
contre l’incivisme
C’est avec le communicant
Jean-Michel Arnaud que
David Lisnard (LR) sortira
le 19 septembre Refaire
communauté. Pour en finir
avec l’incivisme, aux Éditions
Hermann. Dans cet ouvrage
de plus de 160 pages, les deux
auteurs dénoncent l’incivisme
comme « le symptôme de notre
incapacité à vivre ensemble
en République française ».
Ils décortiquent les causes de ce
fléau et tentent d’apporter des
solutions pour lutter contre.
MIGUEL MEDINA/AFP
Jean-Jacques Giannesini mobilise
pour présider la fédération LR de Paris
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