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Le Figaro - 11 09 2018

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mardi 11 septembre 2018 LE FIGARO - N° 23 041 - www.lefigaro.fr - France métropolitaine uniquement
Première édition
lefigaro.fr
« Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur » Beaumarchais
CORÉE DU NORD
QUAND LA POP CULTURE
SUD-CORÉENNE SAPE LE POUVOIR
DE KIM JONG-UN PAGE 16
IMMOBILIER
NOS CONSEILS POUR FAIRE LE
BON CHOIX ENTRE ACQUISITION
ET LOCATION NOTRE SUPPLÉMENT
Élysée, Assemblée : les fidèles
de Macron en première ligne
DROITE
Depuis la
Nouvelle-Calédonie,
Wauquiez, critiqué,
mise sur la
« constance » PAGE 6
ALLEMAGNE
Le patron
du renseignement
au secours de l’AfD
En difficulté dans les sondages, le président, qui tente de remettre de l’ordre à l’Élysée en s’appuyant
sur ceux qui l’ont conduit à la victoire, pourra aussi compter sur Richard Ferrand à l’Assemblée.
PAGE 7
Déstabilisé depuis l’affaire
Benalla, perturbé par la démission de Nicolas Hulot,
éprouvé par des sondages en
chute libre, Emmanuel
Macron tente de reprendre
la main en remettant de
YÉMEN
L’appel au secours
de la sœur
de l’otage français
PAGE 10
l’ordre dans la maison
Élysée. Première étape de
cette réorganisation, la refonte du pôle communication. Pour le président, c’est
un peu le retour aux fondamentaux. Aux fidèles de la
première heure. À ceux qui
ont fait leurs preuves et l’ont
porté à l’Élysée. Réorganiser
l’Élysée, c’est bien, avoir un
fidèle à la tête de l’Assemblée, c’est tout aussi important. Or, François de Rugy
ayant remplacé Nicolas
Hulot au ministère de la
Transition écologique, il
« libérait » le perchoir. Là
encore,
c’est
Richard
Ferrand, un Marcheur historique proche du chef de l’État,
è LES PILIERS DE LA COMMUNICATION DU PRÉSIDENT è SYLVAIN FORT VA PRENDRE LA DIRECTION DU PÔLE COMMUNICATION DE L’ÉLYSÉE
è JÉRÔME JAFFRÉ : « LA DIFFICULTÉ EST SANS DOUTE MOINS DANS SES ÉQUIPES QUE CHEZ LE PRÉSIDENT LUI-MÊME » è FERRAND REMPLACERA RUGY
À LA PRÉSIDENCE DE L’ASSEMBLÉE è MARC FESNEAU : « IL FAUT IMPÉRATIVEMENT DONNER DU SENS À NOS RÉFORMES » PAGES 2 À 4 ET L’ÉDITORIAL
TENNIS
Novak Djokovic,
le magistral retour
vers le futur PAGE 14
Attaques
au couteau :
où se situe la
frontière entre
islamiste et
déséquilibré ?
Un an après, les indépendantistes
catalans en mal de stratégie
FONCTIONNAIRES
La bataille
des élections
dans le public
est lancée
PAGES 22 ET 23
n
n
n
PAGES 17 À 19
@
FIGARO OUI
FIGARO NON
Réponses à la question
de lundi :
Européennes :
les juppéistes doivent-ils
s’allier avec LaREM ?
OUI
37 %
NON
63 %
3’:HIKKLA=]UW[U^:?k@j@b@b@k";
TOTAL DE VOTANTS : 23 264
M 00108 - 911 - F: 2,60 E
ÉDITORIAL par Vincent Trémolet de Villers vtremolet@lefigaro.fr
n
n
Votez aujourd’hui
sur lefigaro.fr
Richard Ferrand fera-t-il
un bon président de
l’Assemblée nationale ?
AFP-
Le succès de la Diada, la fête nationale catalane prévue mardi et transformée depuis six ans en une grand-messe sécessionniste, ne fait pas de doute. Mais, face à Madrid, les indépendantistes restent désemparés un an après leur référendum. PAGE 8
Soulevée à chaque agression
ces mois passés, dimanche et
lundi à Paris, ou avec cette
course-poursuite en voiture
d’un illuminé jusque dans l’aéroport de Lyon aux cris d’« Allah akbar ! », cette délicate
question est au cœur d’une
note confidentielle de l’Unité
de coordination de la lutte antiterroriste (Uclat) que s’est
procurée Le Figaro. Elle apprend notamment que, dans
les actes terroristes, « les individus présentant des troubles psychologiques sont aujourd’hui
surreprésentés ». PAGE 11
L
Au-delà de la com
a communication, comme la
mode, est une réalité politique et
sociale : il est tout aussi absurde de
la suivre aveuglément que de la
fuir résolument. On dira que c’est
l’écume des jours, mais les clichés déconcertants à la Fête de la musique comme le
retard à l’allumage pendant l’affaire Benalla, la vidéo faussement spontanée en bras
de chemise autant que l’impérieux « Tu
m’appelles pas Manu » ont brouillé le récit
d’un quinquennat qui reposait jusqu’ici sur
la force du verbe et le contraste avec la
confusion hollandienne. La ligne était claire : le président présidait, le gouvernement
agissait, le Parlement obéissait…
Las ! La pièce était tellement bien jouée que
les acteurs eux-mêmes se sont mis à y croire. Rien ne leur résistait. Les maîtres du
nouveau monde pouvaient s’affranchir des
contraintes inhérentes à la politique. Certains élus ne prenaient plus la peine d’une
pédagogie même sommaire. À l’ombre de
Jupiter, ils se contentaient trop souvent
d’afficher un je-ne-sais-quoi de supérieur.
C’était fluide et froid comme un Apple Store. Pourtant, les discours avaient du souffle
et du style, les réformes économiques
étaient enclenchées, mais personne n’était
capable, partant de ces fragments, de dessiner la fresque du quinquennat…
Ce temps apparemment est révolu. Gérard
Collomb médite sur l’hubris et le président
de la République donne à ceux qui le comprennent en profondeur la lourde charge
d’écrire médiatiquement la suite de son
mandat. Leur talent
cependant ne suffira
pas à restaurer une
image profondément
altérée.
Surplombant la cour
du Louvre, Emmanuel Macron avait
compris le soir de son
élection qu’il était son premier média. Cette
personnalisation est intrinsèque à la Ve République. Elle impose distance, silence,
constance mais aussi bienveillance. Elle
rappelle aux communicants les plus
brillants qu’ils ne peuvent rien sans le renfort de l’action et la force de l’incarnation.
C’est à Emmanuel Macron, à lui seul, de retisser le lien avec les Français. ■
Emmanuel
Macron
le sait, il est
son premier
média
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A
Y a-t-il
un opérateur
télécoms
de trop
en France ?
L’entretien
avec Thibault
de Montbrial
La tribune de
Mathieu Laine
La chronique
de Renaud
Girard
L’analyse
d’Anne Rovan
© Didier Gourdon
CHAMPS LIBRES
PAGE 28
EMILIO MORENATTI/AP/SIPA
MÉDIAS
Carlo Perrone :
« Je suis optimiste
sur la création
d’un droit voisin
pour la presse »
jusqu’ici patron du groupe
LaREM à l’Assemblée nationale, qui prendra du service.
Il a été désigné lundi candidat
de la majorité. L’an II du
quinquennat Macron a peutêtre commencé.
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mardi 11 septembre 2018 LE FIGARO
2
L'ÉVÉNEMENT
Emmanuel Macron,
dans la cour d’honneur
des Invalides,
lors de l’hommage
au lieutenant-colonel
Beltrame, le 23 mars.
Emmanuel Macron mise sur
Après l’affaire Benalla, le président supprime le poste de porte-parole et nomme
FRANÇOIS-XAVIER BOURMAUD
ET MARCELO WESFREID
£@fxbourmaud @mwesfreid
RETOUR aux fondamentaux. Aux fidèles
de la première heure. À ceux qui ont fait
leurs preuves. Déstabilisé depuis l’affaire
Benalla, Emmanuel Macron tente de remettre de l’ordre dans la maison Élysée.
Première étape de la réorganisation complète du Palais, prévue pour la fin de l’année, la refonte du pôle communication.
À l’Élysée, la cellule diplomatique du
président dispose d’un chef : l’ancien
ambassadeur de France en Allemagne
Philippe Étienne. Dans l’organigramme
officiel, on trouve aussi un chef d’étatmajor particulier, l’amiral Bernard Rogel.
Mais personne ne chapeaute la communication. Une particularité qui devrait
changer, puisque le rôle doit échoir très
prochainement à l’actuelle « plume » du
président, Sylvain Fort (lire ci-contre), un
fidèle de la campagne. Il aura pour adjointe une autre fidèle, l’actuelle
conseillère presse Sibeth Ndiaye. Cette
remise en cohérence de la parole présidentielle s’est imposée à Emmanuel Macron au fil de sa dégringolade sondagière.
« Il manquait un responsable pour coordonner la parole et avoir une vision à
360 degrés de l’action présidentielle », estime un visiteur du soir. Dans ce cadre, le
poste de porte-parole de l’Élysée va être
supprimé. Son actuel titulaire, l’ancien
journaliste Bruno Roger-Petit, va être
déchargé de ses fonctions pour être nommé conseiller au sein du cabinet. Les
contours du secteur dont il aura la charge
ne sont pas encore arrêtés. Quant à savoir
qui s’exprimera publiquement au nom de
l’Élysée en cas de crise de type Benalla, la
réflexion est encore en cours mais la parole devrait provenir du pôle communication. Parallèlement, plusieurs changements sont en cours au service de presse.
Emmanuel Macron a également proposé
au communicant Philippe Grangeon de le
rejoindre à l’Élysée, mais celui-ci, qui
participe aux dîners du lundi soir autour
du chef de l’État, n’a pas donné suite.
Au fond, ce type de réorganisation n’a
rien de très nouveau. Les prédécesseurs
d’Emmanuel Macron ont, eux aussi, réajusté leurs équipes en début de quinquennat. Comme si la parole présidentielle,
dans le système médiatique actuel, s’érodait à vive allure. Comme s’il fallait chan-
“
Quand on rentre dans
le dur, le premier réflexe
des dirigeants
est souvent d’accuser
la communication
”
GASPARD GANTZER, ANCIEN RESPONSABLE
DE LA COMMUNICATION DE L’ÉLYSÉE
SOUS FRANÇOIS HOLLANDE
ger de registre pour retrouver les joies de
la popularité. Nicolas Sarkozy supprima
ainsi le poste de porte-parole occupé par
David Martinon au bout de dix mois.
François Hollande remit à plat l’organisation de sa communication au bout de
deux ans, en la confiant à une seule per-
A
FRANÇOIS BOUCHON/LE FIGARO, VINCENT ISORE/IP3, MARTIN BUREAU/AFP, VINCENT ISORE/IP3, MARTIN BUREAU/AFP, JEAN-CHRISTOPHE MARMARA/LE FIGARO
Quatre piliers pour défendre le message
Alexis Kohler,
secrétaire général
Ismaël Emelien,
conseiller spécial
Sibeth Ndiaye,
conseillère presse
C’est la tour de contrôle de l’Élysée.
Celui qui fait décoller et atterrir les réformes
d’Emmanuel Macron. Plus proche
collaborateur du chef de l’État, le secrétaire
général de l’Élysée, Alexis Kohler, est le
personnage clé du pouvoir. Celui par qui tout
transite avant d’arriver devant les yeux
du président. Les deux hommes se sont
rencontrés à Bercy. Ancien directeur de
cabinet de Pierre Moscovici, Alexis Kohler
revient à ce poste lorsque Emmanuel
Macron est nommé ministre de l’Économie
fin août 2015. C’est là qu’ils nouent une
relation de confiance. Depuis, les deux
hommes ne se sont plus lâchés. Capable
de passer d’un dossier à un autre en un
claquement de doigts, Alexis Kohler maîtrise
l’ensemble des données du quinquennat
d’Emmanuel Macron. C’est en quelque sorte
le cerveau d’appoint du président. Peu friand
de lumière, il était apparu engoncé
sur le perron de l’Élysée pour annoncer la
composition du gouvernement d’Emmanuel
Macron après son élection. Plus récemment,
c’est sur Public Sénat que les Français
ont pu le découvrir lors des auditions de la
commission d’enquête sur l’affaire Benalla.
Pas son meilleur rôle non plus. Alexis Kohler
était pourtant dans son élément, entouré
de sénateurs et anciens hauts cadre
de la fonction publique, dont Philippe Bas,
lui-même ancien secrétaire général
de l’Élysée sous Jacques Chirac.
F.-X. B.
« Quand il donne des indications,
il n’y a pas de doute : c’est ce que pense
Emmanuel Macron », glisse un
parlementaire en vue. À 31 ans, le « conseiller
spécial » du président est une pièce centrale
du dispositif macroniste. Il travaille pêle-mêle
sur la stratégie du président,
la communication numérique, la gestion
de crise, livrant des « éléments de langage »
aux communicants du gouvernement
par le biais d’une boucle Telegram. Il relit
les interviews ministérielles, y rajoute des
mots-clés (le « wording », dans le jargon
des communicants). Peu expansif,
un écouteur perpétuellement vissé à l’oreille
et une doudoune sans manches sur le dos,
« Isma », comme l’appellent ses proches,
ne passe pas inaperçu. À 18 ans, il fit ses
premiers pas auprès de DSK, son prof
à Sciences Po, lors de la primaire socialiste
de 2006 qui consacra Ségolène Royal.
Embauché ensuite chez Euro-RSCG,
Ismaël Emelien travaille brièvement pour
la campagne du futur président vénézuélien
Nicolas Maduro, après la mort de Hugo
Chavez. Une expérience qui lui sera
reprochée par ses détracteurs, pendant
la présidentielle. Avec Emmanuel Macron,
l’aventure ne se résume pas qu’à la politique.
En 2014, Ismaël Emelien s’apprêtait
à créer avec le futur président
(et Julien Denormandie) une start-up.
On connaît la suite.
M. W.
Une main de fer dans un gant de fer, le tout
agrémenté d’un poing américain, c’est peu
dire que Sibeth Ndiaye gère avec poigne
les relations avec la presse. Dès sa prise
de fonction en 2017, elle assure d’ailleurs
sans détour ne pas hésiter à mentir
aux journalistes, s’il s’agit de protéger le
président. L’aveu ne lui vaudra pas que des
amis. Elle en aura encore moins lorsqu’elle
se verra chargée par Emmanuel Macron
de déménager la salle de presse de l’Élysée,
installée depuis Valéry Giscard d’Estaing
dans la cour du Palais. Malgré l’opposition
acharnée de l’association de la presse
présidentielle, elle résiste et est en passe
de voir aboutir le projet, ce qui lui permet
de marquer des points auprès du président.
Avec Emmanuel Macron, tout se passe bien
tant que l’on « délivre » du résultat.
Et Sibeth Ndiaye « délivre », notamment
par sa parfaite connaissance des dossiers
dont elle a la charge. Sa présence
sur le terrain au côté du président
de la République est un indicateur :
elle ne l’accompagne que sur les
déplacements à risques, lorsqu’il faut
s’assurer que le chef de l’État ne se met pas
à parler à tout bout de champ. Un temps
affaiblie par la nomination de Bruno
Roger-Petit au poste de porte-parole
de l’Élysée, elle entre avec lui dans une
concurrence feutrée mais acharnée. Une
bataille dont elle est sortie vainqueur. F.-X. B.
Jérôme Jaffré : « La difficulté est sans doute
PROPOS RECUEILLIS PAR
CHARLES SAPIN £@csapin
DIRECTEUR du Centre d’études et de
connaissance sur l’opinion publique
(Cecop), Jérôme Jaffré revient sur les errements de la communication présidentielle et relativise l’impact qu’aura la
réorganisation de ses équipes.
LE FIGARO.- Le chef de l’État remanie
ses équipes en ce qui concerne
sa communication. Avez-vous identifié
des défaillances du chef de l’État
en ce domaine ?
Jérôme JAFFRÉ.- Il y a à l’évidence un
réel problème qui porte sur la relation
qu’entretient Emmanuel Macron avec
les Français. La difficulté est sans doute
moins dans ses équipes que chez le président lui-même, ce qui d’entrée de jeu limite l’impact de toute réorganisation.
Prenons par exemple cette vidéo du
printemps dernier filmée par ses équipes
et diffusée par leurs soins sur les réseaux
sociaux où s’agissant des dépenses sociales, le président les qualifie de « pognon
de dingue. » C’est une expression triplement choquante. Elle détonne de la part
d’un homme qui souhaitait restaurer la
fonction présidentielle. Elle mécontente
ceux qui précisément voudraient une
vraie réforme du système qu’ils ne
voient pas venir. Elle blesse surtout ceux
qui reçoivent des aides sociales, manifestation de la solidarité nationale et dont
le montant pour chaque individu n’a rien
de dingue ! Que personne dans l’entourage du président n’ait pu empêcher
cette vidéo, là est le problème. Tout
comme la déclaration filmée du président au dernier Conseil des ministres
- relevée par l’émission « Médiapolis »
sur Europe 1 - où il indiquait que « rien
de ce que nous entreprenons depuis quinze
mois n’est fait pour l’immédiat ». Stupéfiant propos qui renvoie les fruits de l’action menée à un futur lointain alors que
les problèmes que vivent les Français relèvent bien de l’immédiat. Soit le prési-
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LE FIGARO
mardi 11 septembre 2018
L'ÉVÉNEMENT
son cercle de fidèles
un préfet pour diriger la réorganisation de l’Élysée.
beth Ndiaye, Sylvain Fort, Stéphane Séjourné - en lien permanent avec Alexis
Kohler. Cette refonte du pôle communication s’inscrit dans le cadre plus large de
la réorganisation et de la rationalisation
des services de l’Élysée. C’est l’ancien
préfet Jérôme Rivoisy qui en aura la charge. Il doit être nommé directeur général
des services la semaine prochaine. Si la réflexion sur la réorganisation du Palais est
déjà « très aboutie », selon un proche du
président, sa mise en œuvre se fera toute-
fois « dans le temps ». « Chaque président a
laissé sa trace sur l’organisation de la présidence de la République. Si bien que l’on se
retrouve aujourd’hui avec des couches sédimentées et des dysfonctionnements », explique un proche d’Emmanuel Macron.
Des dysfonctionnements qui se retrouvent
dans l’ensemble des services. Pour les résoudre, Emmanuel Macron a demandé à
Alexis Kohler de lui fournir une liste de
propositions. Pour faire de l’Élysée une
machine plus efficace qu’aujourd’hui. ■
Sylvain Fort va prendre
la direction du pôle
communication de l’Élysée
IL EN AVAIT un peu marre des journalistes. Il va devoir se remettre à leur
parler. Ancien conseiller presse
d’Emmanuel Macron pendant la campagne de 2017, Sylvain Fort occupait
depuis la victoire la fonction de
« conseiller discours et mémoires ». Il
écrivait des discours au kilomètre et
rencontrait des intellectuels dans son
bureau situé au-dessus de celui de son
patron, à l’Élysée. Il a notamment travaillé sur la « réconciliation des mé-
Tel. 01.55.35.20.20
sonne, Gaspard Gantzer. « Quand cela
commence à coincer, quand on rentre dans
le dur, le premier réflexe des dirigeants est
souvent d’accuser la communication, plutôt que les politiques menées, reconnaît
l’ancien responsable de la communication de François Hollande. Même si cela
peut aider, revoir sa communication ne résout pas les problèmes politiques. »
En choisissant Sylvain Fort, Emmanuel
Macron redonne les clés de la maison à son
conseiller en communication de la présidentielle. Retour à la formule gagnante ?
C’est en tout cas un repli sur les grognards.
Une tendance qui s’affirme avec l’élection
probable de Richard Ferrand - le premier
des Marcheurs - au perchoir, en remplacement de François de Rugy (lire page 4).
Au-delà de Sylvain Fort, le chef de l’État
s’appuie au sein de l’Élysée sur les
conseillers qui l’ont aidé à gérer, tant bien
que mal, l’affaire Benalla. On retrouve en
tout cas aux postes clés les quatre
conseillers à qui Emmanuel Macron avait
demandé de former une « war room »
pour gérer la crise - Ismaël Emelien, Si-
3
présidentiel
moires », un thème cher à Emmanuel
Macron. Dans le cadre de la réorganisation de la présidence annoncée par
le chef de l’État, il doit prendre la direction du pôle communication. La
plume d’Emmanuel Macron, 46 ans,
conservera toutefois ses activités
d’écriture.
Façon pour le chef de l’État de s’assurer que le service après-vente de sa
pensée « complexe » est bien assuré
puisque ce sera donc désormais la
même personne qui écrira les discours
et qui en expliquera le contenu. Dans
le cercle des historiques, Sylvain Fort
est le dernier arrivé. C’était en 2016
pour accompagner la campagne de
celui qui n’était alors que le leader
d’En marche !. À l’inverse des autres
proches conseillers du président, il
n’est pas passé par les rangs de la gauche strauss-kahnienne réformiste
pour fourbir ses armes. Sylvain Fort
est même plutôt proche de la droite. Il
a rencontré plusieurs fois Nicolas
Sarkozy, mais l’essentiel de son travail
de communicant a été consacré à l’accompagnement d’entreprises dans le
secteur bancaire.
“
C’est un indépendant
total, on verra
si c’est un bon manager
UN EXPERT
DE LA COMMUNICATION POLITIQUE
”
Normalien, spécialiste d’opéra, ce
germaniste a traduit plusieurs ouvrages de Friedrich von Schiller. Il a
collaboré aux revues Diapason et
Opéra Magazine. On lui doit une
biographie du directeur d’orchestre
Herbert von Karajan. Il n’a encore jamais dirigé de services au sein d’une
administration. « C’est un indépendant total, souligne un expert de la
communication politique. On verra si
c’est un bon manager… » En réalité,
Sylvain Fort n’avait pas totalement
abandonné ses fonctions de communicant. « C’est avec Ismaël Emelien,
Sibeth Ndiaye et lui qu’étaient ciselés les
messages de riposte, quand survenait
une grosse polémique », raconte une
source interne. Ce sera, désormais,
une activité à temps plein. ■
M. W. ET F.-X. B.
Stéphane Séjourné,
conseiller politique
Ce trentenaire n’est pas
complètement étranger à la victoire
de Richard Ferrand à l’élection
interne de la majorité pour la
présidence de l’Assemblée
nationale. Le conseiller politique
d’Emmanuel Macron a suivi de très
près cette compétition, où l’Élysée
cherchait à faire connaître
sa préférence, sans pour autant
passer de consigne.
Discret, fuyant de manière
allergique les médias,
Stéphane Séjourné a multiplié
les appels, pris la température.
Il connaît particulièrement le groupe
LaRem. Et pour cause, il fut au sein
d’En marche ! une pièce maîtresse
du processus de désignation
aux législatives. Fin connaisseur
de la carte électorale, il est proche
de la « bande de Poitiers » (Gabriel
Attal, Guillaume Chiche, Aurélien
Taché…), ville où il fit ses études.
Avant d’entrer à l’Élysée, cet ancien
strauss-kahnien a fait ses classes
à la région Île-de-France auprès
de Jean-Paul Huchon. Il intègre
ensuite le cabinet d’Emmanuel
Macron à Bercy en 2014, où il
s’attelle aux interminables séances
d’examen de la loi « Macron ».
#CIAOBYTODS
Sylvain Fort, alors « conseiller discours
et mémoires », lors du 78e anniversaire
de l’appel du 18 juin 1940, au MontValérien. ALBERT FACELLY/DIVERGENCE
M. W.
dent improvise, et c’est dangereux à son
niveau. Soit il n’improvise pas, et il est
préoccupant que ses équipes laissent
passer cela. Au-delà de la réorganisation, la vraie question est de savoir si le
président est disposé à mieux discipliner
sa propre communication.
Emmanuel Macron recentre son
dispositif sur ceux qui ont fait sa
campagne. Est-ce une bonne stratégie ?
Depuis son origine, le macronisme est
une pyramide qui repose sur la pointe. Le
processus de décision semble ne tourner
qu’autour d’Emmanuel Macron, sentiment renforcé par le fait que sa confiance
ne va qu’aux équipes qui ont fait sa cam-
Jérôme
Jaffré.
MARMARA/
LE FIGARO
pagne, ou aux politiques qui l’ont rejoint
suffisamment tôt. Tout cela donne une
base étroite et trop dépendante du chef
de l’État pour oser le contredire. Lors du
déplacement aux États-Unis, ses
conseillers auraient dû lui dire que les
« papouilles » avec Trump ne servaient
que le président américain qui le traitait
en partenaire junior. Mais quand on a accompagné un homme qui a marché sur
l’eau durant toute la campagne présidentielle, comment lui dire : « ce n’est
pas ça qu’il faut faire » ?
Vous parlez de dysfonctionnement
dans la relation entre Emmanuel Macron
et les Français, c’est-à-dire ?
Avant de devenir chef de l’État, Emmanuel Macron n’avait jamais été élu, ni
même candidat à une élection. Il n’a
donc pas eu l’occasion de rencontrer des
électeurs dans une permanence, sur un
marché et de connaître leurs modes de
pensée. Au lieu de cet apprentissage, il a
eu une formation d’inspecteur des finances et de banquier d’affaires, ce qui
ne prédispose pas parfaitement à parler
aux Français de la base. Au surplus, le
candidat avait axé sa campagne sur la
promesse de la « bienveillance ». Celle-ci
a pourtant disparu dans sa relation avec
les Français qui voient souvent dans ses
propos une forme de brutalité. Ainsi des
« Gaulois réfractaires aux changements »
où le président contredit son œuvre. Il
dit qu’il fait beaucoup de réformes et, au
lieu de remercier les Français de le soutenir, son propos consiste à dire en quelque sorte : « Vous n’aimez pas les réformes ? Tant pis, on va continuer ! » Il faut
bien comprendre que l’écoute et le regard des Français sur le président ne
sont pas les mêmes quand l’opinion a le
sentiment que la situation du pays
s’améliore - c’était le cas il y a un an – et
quand elle a le sentiment inverse, comme aujourd’hui, avec les problèmes internationaux, la crise migratoire, l’inflation et la croissance qui ralentit.
Finalement, la bienveillance a perdu du
terrain des deux côtés ! ■
A
moins dans ses équipes que chez le président lui-même »
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 11 septembre 2018 LE FIGARO
L'ÉVÉNEMENT
Ferrand remplacera Rugy
à la présidence de l’Assemblée
STÉPHANE PEU :
« JE SOUHAITAIS
UNE
CANDIDATURE
DE GAUCHE
COMMUNE »
Prochaine étape : la succession du député breton à la tête du groupe LaREM.
Le député communiste
de Seine-Saint-Denis
regrette que la gauche
n’ait pas été en mesure
de proposer un candidat pour
la présidence de l’Assemblée
nationale. Stéphane Peu
déplore ce manque d’unité
à l’aune des élections
européennes. « Si la gauche
arrive aux européennes
avec quatre, voire cinq listes
différentes, cela va être
une gauche confettis,
LORIS BOICHOT £@lboichot
LE DISPOSITIF d’Emmanuel Macron
tient bon. Malmené par une rentrée difficile, le parti majoritaire, La République
en marche (LaREM), poursuit sans accroc le jeu des chaises musicales entamé
après la démission de Nicolas Hulot du
gouvernement. Et selon le scénario imaginé à l’Élysée, pour disposer de fidèles
relais aux postes clés. Ce lundi, Richard
Ferrand, un Marcheur historique proche
du chef de l’État, patron du groupe LaREM à l’Assemblée nationale, a été désigné candidat de la majorité pour succéder au perchoir à François de Rugy,
nommé mardi dernier ministre de la
Transition écologique. « Bravo ! », lui
ont lancé après les résultats des collègues
LaREM, retranchés en huis clos dans le
Palais des congrès de Tours (Indre-etLoire), où ils sont réunis jusqu’à mardi
pour leur séminaire de rentrée.
« Je ne suis pas un chouchou (d’Emmanuel Macron), je suis un homme démocratiquement élu », s’est tout de suite défendu Richard Ferrand, sans se départir
de son flegme, après l’annonce de sa large victoire, dès le premier tour. Il obtient 64,26 % des suffrages exprimés par
les députés LaREM, soit 187 voix. C’est
plus que François de Rugy (51,17 %,
153 bulletins), désigné candidat en
juin 2017, dans la foulée des élections législatives. Richard Ferrand est maintenant assuré d’être élu président de l’Assemblée, à la suite du vote dans
l’Hémicycle, mercredi, jour de la reprise
des travaux parlementaires.
La menace aurait pu venir de la députée de la Somme Barbara Pompili. Mais
cette écologiste, proche de François de
Rugy, a obtenu 29,21 % des voix
(85 bulletins). Pas assez pour contraindre Richard Ferrand au désaveu d’un
second tour et pour devenir la première
femme présidente de l’Assemblée na-
Richard Ferrand (au centre) a remporté une large victoire dès le premier tour avec 64,26 % des suffrages exprimés par les députés
La République en marche, lundi à Tours. GUILLAUME SOUVANT/AFP
tionale. « Le choix s’est porté sur moi,
vous me pardonnerez de ne pas être une
dame », a lancé Richard Ferrand dans
un sourire, aux journalistes présents.
« Je regrette de ne pas avoir réussi à
convaincre mes collègues », a déclaré,
pour sa part, la candidate malheureuse.
Derrière elle, la députée de l’Isère Cendra Motin rassemble 5,15 % des voix
(15 bulletins) et l’ex-UDI Philippe Folliot 1,37 % des voix (4 bulletins).
Une image d’unité
La désignation haut la main de Richard
Ferrand est « un réflexe légitimiste dans un
contexte compliqué », analyse un parlementaire. Et c’est sans compter les coups
de fil de l’entourage élyséen d’Emmanuel
Macron à quelques députés, pour s’assu-
rer d’un vote en faveur de Richard
Ferrand, selon plusieurs élus LaREM.
« Même si nous sommes dans “le nouveau
monde”, il y a quand même des relents
d’ancien monde ! », remarque un Marcheur. Il n’y a eu « aucune consigne de
vote », assure Christophe Castaner, délégué général de LaREM. L’élection de
Ferrand au perchoir libère dans le même
temps la présidence du groupe LaREM à
l’Assemblée, remise en jeu dans une élection prévue mardi prochain. De quoi
aiguiser les appétits des plus ambitieux,
derrière les mines hâlées et l’allure décontractée des élus sous le soleil de Tours.
Les noms des députés Aurore Bergé, Gabriel Attal, Roland Lescure, Brigitte Bourguignon, Laetitia Avia et Hugues Renson
reviennent le plus souvent. Ce qui fait
Marc Fesneau : « Il faut impérativement
donner du sens à nos réformes »
PROPOS RECUEILLIS PAR
MATHILDE SIRAUD £@Mathilde_Sd
LE PRÉSIDENT du groupe MoDem à l’Assemblée insiste sur le besoin d’« écouter,
de réaffirmer des priorités sur la question
sociale et environnementale ».
CRÉDIT PHOTO // MATIAS ANTONIASSI
LE FIGARO. – Que pensez-vous de la
rentrée difficile d’Emmanuel Macron ?
Marc FESNEAU. – Il y a des périodes plus
agréables, mais je ne connais pas un président qui n’ait pas connu de difficultés à
l’épreuve du pouvoir. Ceux qui ont cru
que, l’élection s’étant bien passée, la première année ayant été plutôt sereine pour
“
On a besoin
des autres
pour construire
MARC FESNEAU
”
Macron est-il en train de se banaliser ?
Peut-être que tout le monde en avait fait
un super-héros ! On a eu l’impression
qu’il y avait une sorte de baraka qui allait
nous suivre pendant cinq ans. Beaucoup
CHUT !
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mener les réformes, tout serait toujours
simple se trompaient mais ne devraient
pas être surpris. C’est cela exercer des
responsabilités.
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ont vécu sur un nuage, tous les épisodes
semblaient heureux jusqu’à Benalla.
Comme c’était inusuel, c’est monté très
vite. On vit dans un monde où on vous
porte très vite très haut et quand il y a
des difficultés, on vous fait redescendre
les escaliers par la voie du toboggan. Sur
le prélèvement à la source notamment,
je ne crois pas qu’il y avait d’hésitations.
Se poser des questions avant de sauter,
ce ne sont pas des atermoiements.
Le gouvernement manque-t-il
d’humilité, comme l’a dit Collomb ?
Je l’ai déjà dit, il faut être capable
d’écouter sa majorité dans sa diversité
comme son opposition. On a besoin des
autres pour construire. Il faut regarder
les effets des réformes sur le terrain, expliquer, montrer le cap pour ne pas donner l’impression qu’on aligne des mesures techniques. L’humilité, c’est une
capacité à rester à l’écoute. Il faut impérativement donner du sens à nos réformes. Ce n’est pas parce que l’opposition
ne constitue pas une alternative crédible
que nous devons relâcher, négliger l’explication.
Regrettez-vous le report de la réforme
constitutionnelle à l’hiver 2019 ?
Non. Reconnaissons que ce sujet ne faisait
pas partie des préoccupations des Français. Il y a besoin d’une réforme constitutionnelle. On ne pourra pas réduire le
nombre de parlementaires sans faire de
réforme constitutionnelle, c’est-à-dire
renforcer les pouvoirs du Parlement.
Quelles sont les attentes du MoDem ?
Les Français vont ressentir les mesures
de justice sociale. Mais là aussi il faut
réaffirmer des priorités sur la question
sociale ou environnementale. Une réforme structurelle de l’État est par
ailleurs nécessaire. Même s’il y a une
forte part de mise en scène de la part de
certaines associations d’élus, il faut, enfin, renouer le lien avec les collectivités,
en donnant de la cohérence aux réformes votées précédemment et en s’adaptant aux réalités locales. ■
craindre à un parlementaire un « schéma
de division », alors que l’imposante victoire de Richard Ferrand a donné une
image d’unité.
La succession est dans toutes les têtes
mais les députés macronistes prennent
soin d’afficher leur sérieux. Les ministres
Bruno Le Maire, Gérald Darmanin, Agnès
Buzyn et Nicole Belloubet ont fait le déplacement lundi après-midi pour évoquer avec les élus les réformes à venir et le
budget qui sera voté à l’automne. Ils ont
été suivis d’Édouard Philippe, le premier
ministre, qui a déambulé dans les rues de
Tours, a bu un verre en terrasse avec le
préfet et le maire de la ville, Christophe
Boucher. Il prononce un discours ce mardi matin devant les députés. L’an II du
quinquennat Macron a commencé. ■
SÉBASTIEN SORIANO/LE FIGARO
4
et une source
de désespérance pour les
électeurs. » L’élu communiste
craint par-dessous tout
une percée populiste. « Je
m’inquiète qu’en 2022, la seule
alternative à Macron soit
une alternative à l’italienne. »
Or l’union de la gauche ne met
pas tous les communistes
d’accord. « Pierre Laurent
oppose l’existence même du
PCF et une alliance avec JeanLuc Mélenchon », regrette
le député. Le PCF se réunira
en congrès en novembre
pour trancher cette question.
MÉLANIE VOLLAND
CONTRE-POINT
PAR GUILLAUME TABARD £@GTabard
Après le perchoir, l’enjeu
du groupe et du parti
G
ourmet des formules,
Jean-Pierre Raffarin,
lorsqu’il était à Matignon,
parlait d’un « carré
magique ». Dont les quatre côtés
ont pour nom : l’Élysée,
le gouvernement, le groupe
à l’Assemblée et le parti majoritaire.
Ces quatre côtés sont les fondements
du pouvoir sous la Ve République. Et
au moment où le doute s’installe sur
sa présidence, Emmanuel Macron se
doit d’agir sur chacun de ces leviers.
Il le fait sous la contrainte
des événements. L’affaire Benalla
l’a obligé à s’interroger
sur le fonctionnement de l’Élysée ;
la démission surprise de Nicolas Hulot
l’a forcé à remanier le gouvernement.
Ce qui a libéré par ricochet le perchoir
et donc la présidence du groupe
de La République en marche.
Dans ce mécanisme de réactions
en chaîne, c’est d’ailleurs
ce dernier acte qui est le plus
important pour le président.
La présidence de l’Assemblée
nationale est en effet une fonction
prestigieuse - son titulaire
est le quatrième personnage
de l’État - mais plus symbolique
que stratégique. Sa voix porte dans
le débat public plus qu’elle ne compte
dans la mise en œuvre de la feuille
de route présidentielle. Par contre,
le président - ou la présidente du groupe doit de son côté tenir
les troupes majoritaires et veiller
au respect du cap fixé par le chef
de l’État. Ce qui est facile en période
de hautes eaux sondagières, mais
plus compliqué quand les embruns
arrivent. Une première alerte
a eu lieu lors de la discussion de la loi
asile et immigration de Gérard
Collomb. Que se passera-t-il si, face
à un président qui voudrait
poursuivre les réformes audacieuses,
le groupe LaREM, au centre de gravité
plus à gauche, voulait un tournant
plus social ? C’est le prochain
casse-tête de Macron : trouver
un patron de groupe totalement en
phase avec lui tout en étant accepté
par les troupes parlementaires.
À l’Élysée, l’essentiel continue de
reposer sur l’harmonie parfaite entre
Emmanuel Macron et son secrétaire
général, Alexis Kohler. Mais la clarté
de l’expression ad extra est essentielle
à la bonne compréhension de l’action
présidentielle. Sur ce point,
la marge de progrès est substantielle
et l’unification de la communication
sous la houlette de Sylvain Fort
est une avancée, tant ce conseiller
lettré partage la pensée « complexe »
d’un président qui conjugue
un affichage « progressiste »
et un ancrage historique, voire
spirituel, qui n’est pas toujours pris
en compte par les macronistes.
Reste enfin le parti lui-même.
La République en marche peine
toujours à exister en tant que telle.
Or, si le président doit éviter d’avoir
un groupe frondeur, il a besoin d’un
parti défricheur. Il lui faut un groupe
en appui, mais un parti à l’avantgarde. Christophe Castaner est
devenu un « poids lourd » de l’édifice
macroniste. C’est même l’une des
rares révélations du mandat. Mais
sa double casquette de ministre et de
chef de parti reste un frein à l’essor de
La République en marche. Alors que
la campagne européenne approche,
Macron se doit aussi de renforcer
ce rouage essentiel de son dispositif. ■
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mardi 11 septembre 2018 LE FIGARO
6
POLITIQUE
Depuis la Nouvelle-Calédonie, Wauquiez,
critiqué, mise sur la « constance »
Aux attaques dont il a fait
l’objet ce week-end, le président
des Républicains a opposé
sa « détermination » à garder le cap.
méa, le président des Républicains cite
une confidence que vient de lui faire
Alain Lazare, ex-marathonien, titré
deux fois champion de France, aujourd’hui maire de Boulouparis sous l’étiquette du Rassemblement (premier
parti de la droite anti-indépendantiste).
« Un marathon est une course qui se fait
sur la durée, dans laquelle il faut avoir de
la constance sans dévier de son objectif.
Et en politique, c’est comme dans le
sport, l’important est de franchir la ligne
d’arrivée. Moi, je fais un marathon et je
sais pourquoi je le fais. »
EMMANUEL GALIERO £@egaliero
ENVOYÉ SPÉCIAL A NOUMÉA
Aucune illusion
À cette métaphore, le président de la
région Auvergne-Rhône-Alpes en
ajoute une autre. Il oppose la solidité
des « convictions » et d’une « colonne
vertébrale » à tous les « atermoiements,
errances, trahisons et petites négociations qui ont conduit la politique dans
l’ornière ».
« Moi, je défends une vision de mon
pays et de ce que doit être une nouvelle
droite, ajoute-t-il, c’est ma seule boussole. »
Le président des Républicains veut
s’extraire des « calculs politiciens » et
ne souhaite pas orienter le projet politique de son mouvement « en fonction de
Laurent Wauquiez à la rencontre des aquaculteurs, dans la région de Boulouparis, lundi.
En prenant la tête des Républicains,
Laurent Wauquiez ne se faisait aucune
illusion sur la difficulté de la tâche et la
multiplicité des obstacles à franchir.
Ainsi, d’où qu’elles viennent, les attaques ne peuvent pas le surprendre.
Il veut avancer en gardant le cap,
sans se soumettre aux soubresauts de
la courbe des sondages de Macron ». Il
préfère miser sur la « constance » sans
changer de discours. « D’ailleurs, précise l’élu, ma vision pour la France est la
même que j’exprime ici en parlant d’une
Nouvelle-Calédonie française ou quand
j’évoque la France qui travaille et mon
refus de l’intégrisme islamiste. »
TWITER LAURENT WAUQUIEZ
la vie politique. « Je n’ai jamais sousestimé la somme des trahisons, des hypocrisies et des lâchetés mais ma détermination est totale », promet le patron
des Républicains, visiblement ravi de
son immersion calédonienne loin de la
métropole. 17 000 kilomètres à vol
d’oiseau. ■
« Ici, la balance des forces est la même depuis trente ans »
THIERRY LATASTE est le hautcommissaire de la République
chargé de l’organisation du référendum sur l’indépendance de la
Nouvelle-Calédonie, prévu le
4 novembre. Il est l’un des observateurs avisés du processus. Il effectua sa première mission sur ce
territoire en 1989.
SIPA
OPPOSITION Tracer son chemin sans se
laisser dévier par les critiques, les commentaires ou les sondages. Lundi, en
quittant les belles collines de Buraké en
Nouvelle-Calédonie, où il était accueilli
par une famille d’exploitants agricoles,
Laurent Wauquiez semble à mille lieues
de l’agitation politique métropolitaine.
Pourtant, il n’ignore pas les attaques
dont il a fait l’objet durant le week-end.
Lors du rassemblement annuel des
juppéistes à Bordeaux, Alain Juppé a affirmé ne pas connaître le projet européen des Républicains.
Jean-Pierre Raffarin s’est pris à rêver d’une liste indépendante en estimant que les amis du maire de Bordeaux pourraient devenir « les rois de
l’avenir », s’ils parvenaient à atteindre
les 8 % aux européennes. Valérie Pécresse, présidente de Libres !, a répété
sa volonté de « peser » sur la ligne du
mouvement LR pour une affirmation
plus prononcée de l’engagement
proeuropéen.
Dans Le Parisien, c’est l’ex-LR Xavier Bertrand, président des Hautsde-France, qui a blâmé ce qu’il perçoit
comme une tentation droitière des Républicains. Et pour couronner le tout,
un sondage Ifop paru dans le JDD dimanche classait Laurent Wauquiez en
7e position parmi les personnalités politiques susceptibles d’incarner le
mieux la droite. Alain Juppé et Nicolas
Sarkozy étaient cités en tête de la mesure d’opinion.
« La meilleure réponse est celle que
nous avons ici en Nouvelle-Calédonie et
qui nous permet de prendre du champ »,
confie Laurent Wauquiez.
Depuis son arrivée sur ce territoire, il
multiplie les rencontres de terrain,
comme celles de dimanche au marché
de Nouméa et au centre culturel, où il a
pu croiser Emmanuel Tjibaou, le fils du
leader kanak mort assassiné à Ouvéa,
en 1989.
Lundi, le président LR a dialogué avec
Thierry Lataste, le haut-commissaire
de la République (lire ci-contre) chargé
de piloter l’organisation du référendum
d’autodétermination prévu le 4 novembre. Il a beaucoup apprécié également l’échange « franc » qu’il a pu
avoir avec les indépendantistes de
l’UC-FLNKS auxquels il n’a pas caché
son attachement au maintien de la Nouvelle-Calédonie au sein de la République française. « Je suis venu ici pour
comprendre », avait-il annoncé le jour
de son arrivée, au pied de la Croix de
Lorraine en acier qui surplombe la baie
de Nouméa.
Sur la route territoriale 1 menant à
Koné, à 270 kilomètres au nord de Nou-
La
« NouvelleCalédonie
figure sur
la liste des
territoires
à décoloniser
de l’ONU
depuis 1987
»
THIERRY LATASTE,
HAUT-COMMISSAIRE
DE LA RÉPUBLIQUE
LE FIGARO. - À deux mois
du référendum, quelle est
la situation ?
Thierry LATASTE. - L’État, responsable de l’organisation du
scrutin, a fait un travail de grande
ampleur pour déterminer les contours de la liste électorale. Nous
sommes dans la phase de préparation matérielle, qui n’est pas la plus
simple (carte électorale, acheminement de 250 délégués de la commission de contrôle…). Nous observons cette campagne sans y
prendre part.
Que se passera-t-il
d’ici au 4 novembre ?
Conformément à l’accord de Nouméa, les Calédoniens vont pouvoir
choisir l’accession à la pleine souveraineté, c’est-à-dire devenir indé-
pendants ou rester dans la France,
ce qui impliquerait une organisation
des compétences. Nous arrivons au
temps le plus fort de ce processus,
puisque, en 1988, la promesse était
d’avoir un référendum d’autodétermination en 1998. Mais les forces
politiques ont trouvé que ces dix
années étaient trop courtes et cela
fit l’objet d’une discussion sur la solution consensuelle devenue l’accord de Nouméa. Une nouvelle période de vingt ans s’était ouverte.
Nous sommes au terme de ces trente années. Depuis 1987, date d’un
scrutin qui avait été boycotté, la
question de l’indépendance n’avait
pas été posée aux Calédoniens.
Les sondages annoncent un vote
favorable au maintien au sein
de la République française ?
La balance des forces entre nonindépendantistes et indépendantistes est à peu près constante au
cours des trente dernières années.
Elle est de l’ordre de 60/40. Ces
sondages ne sont donc pas une
surprise. Je suis prudent, car il
existe des facteurs d’incertitude.
Peut-on s’attendre
à une mobilisation inédite ?
Ce qui est inédit est l’inscription
d’office, automatique, de l’ensemble des Calédoniens réunissant les
conditions pour participer au
scrutin. Ça a été voulu par les partenaires politiques. Les gens peu
politisés iront-ils voter ? C’est une
inconnue.
Le premier ministre n’a pas écarté
un risque de tensions ?
L’ambition de l’indépendance est
largement partagée dans ces régions. En effet, il peut y avoir un
effet d’enthousiasme ou de déception, en fonction du résultat. L’État
se donne les moyens de faire face
aux différentes situations d’ordre
public qui peuvent se présenter.
En cas de vote favorable
au maintien, à quoi pourraient
ressembler de nouveaux accords ?
Il n’est pas certain qu’il y ait de
nouveaux accords tout de suite,
puisqu’il est prévu une possibilité
de deuxième et troisième référendums qui pourraient être demandés
jusqu’en 2022 par un tiers des
membres du Congrès (18 élus sur
54 membres). Ce seuil est atteigna-
ble. La Constitution française garantit qu’il n’y aura pas de retour en
arrière et que les compétences
transférées le sont de manière définitive. Au lendemain du référendum, l’organisation politique restera ce qu’elle est aujourd’hui et peut
évoluer si le oui l’emporte. Ensuite,
en cas de non, un temps de discussion peut s’ouvrir entre les forces
politiques et le gouvernement.
Un oui à l’indépendance serait
définitif. Un non ne le serait pas.
Cette perspective n’empêchet-elle pas l’affirmation
d’une identité française
pour la Nouvelle-Calédonie
et les Calédoniens ?
La Nouvelle-Calédonie figure sur
la liste des territoires à décoloniser
de l’Organisation des nations unies
depuis 1987. Chaque année, l’ONU
se penche sur la situation de ce territoire et la France l’accepte. La
Nouvelle-Calédonie est liée à la
France par le choix institutionnel
fait par le référendum de 1988 et
l’accord de Nouméa de 1998. Le
devenir appartient aux Calédoniens par ce vote du 4 novembre. ■
PROPOS RECUEILLIS PAR E. G.
Sarkozy s’engage dans la campagne… contre le cancer
L’ex-président a décidé de mettre sa notoriété et ses contacts au profit de l’opération « Guérir le cancer de l’enfant au XXIe siècle ».
INITIATIVE Les visites d’hôpitaux, Nicolas Sarkozy connaît. Il les a multipliées pendant ses mandats et les campagnes électorales. Celle du service de
pédiatrie de l’Institut Gustave-Roussy,
ce lundi, à Villejuif (Val-de-Marne), le
touche visiblement, alors que déambulent dans les couloirs des enfants malades, reliés à des machines souvent plus
grandes qu’eux.
L’ancien chef de l’État est venu en
tant que parrain de la campagne « Guérir le cancer de l’enfant au XXIe siècle »
lancée par Frédéric Lemos, le père du
petit Noé décédé en 2014 d’une tumeur
au cerveau. « Mon engagement n’est ni
politique ni partisan. Il est total et sans limite », confie Nicolas Sarkozy au milieu
des dessins d’enfants. « Je ne m’engage
pas pour six mois mais plusieurs années.
Si le mot injustice a un sens, le cancer des
enfants est sa définition même », continue l’ex-président.
Collecter 10 millions d’euros
Accompagné de Dominique ValteauCouanet, la responsable du département de cancérologie de l’enfant et de
l’adolescent à l’hôpital, Nicolas Sarkozy
s’attarde, ému, face à ces petits patients
de l’âge de sa fille, mais qui ont déjà
perdu leurs cheveux. Comme ce petit
garçon qui a subi seize opérations en
deux ans et demi ou cet enfant de trois
ans, atteint d’un cancer du rein. Loin du
rythme d’une campagne, l’ex-chef de
l’État s’attarde, discute, interroge.
Si l’objectif de la campagne était de
collecter 10 millions d’euros d’ici à 2020
pour sensibiliser à la cause, financer la
recherche et permettre à un plus grand
GUSTAVE ROUSSY
A
MARION MOURGUE £@MarionMourgue
Nicolas Sarkozy à l’Institut GustaveRoussy, lundi à Villejuif (Val-de-Marne).
nombre d’enfants malades de pouvoir
bénéficier des soins, 5 millions d’euros
ont été levés. Pour parvenir à ce résultat, Frédéric Lemos, qui accompagne
Nicolas Sarkozy pendant la visite, a décidé de « monter cette campagne comme
un chef d’entreprise, en actionnant les
bons leviers ». Nicolas Sarkozy en fait
partie. Plusieurs réunions de travail ont
été organisées dans ses bureaux, rue de
Miromesnil. « Il fait le maximum pour
nous ouvrir les portes, organiser des rencontres », rebondit Sébastien Verdeaux, patron de Letus Private Office,
en charge de collecter des fonds auprès
des particuliers comme des entreprises.
En ce mois de « Septembre en or »,
une opération lancée l’année dernière
par l’hôpital Gustave-Roussy pour mobiliser les Français contre les cancers de
l’enfant, Nicolas Sarkozy a plusieurs
rendez-vous inscrits dans son agenda.
Et notamment, samedi, le départ de la
course verticale de la Tour Montparnasse, auquel il assistera. Puis le 20
heures de France 2, dimanche soir,
pour revenir sur la campagne contre les
cancers de l’enfant. Rien de politique
donc a priori…
Au lendemain de la publication d’un
sondage Ifop pour le JDD qui consacre
Nicolas Sarkozy comme la personnalité
« incarnant le mieux la droite », pour
l’ensemble des Français (58 %) comme
pour l’ensemble des sympathisants de
droite (83 %), l’ancien président se refuse d’ailleurs à tout commentaire.
« Vous allez sur Sarkozy2022, vous saurez la suite », plaisante le chanteur
Vianney, durant la visite, avec le personnel soignant. « Vous me trouverez
sur une chaise longue avec ma femme ! », répond amusé l’ex-chef de
l’État au milieu des infirmières. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mardi 11 septembre 2018
INTERNATIONAL
7
Le patron du
renseignement
allemand au
secours de l’AfD
NICOLAS BAROTTE £@NicolasBarotte
CORRESPONDANT À BERLIN
ALLEMAGNE L’onde de choc de Chemnitz menace aussi d’ébranler les services
de l’État. Après les manifestations antimigrants qui se sont déroulées dans cette
ville de Saxe il y a deux semaines, l’Allemagne s’est interrogée sur la résurgence
des réseaux d’extrême droite et néonazis
dans le pays. Puis le renseignement intérieur allemand s’est précipité lui-même
dans la tourmente.
Le patron de la Verfassungsschutz (BfV),
Hans-Georg Maassen, a mis en doute, vendredi, l’authenticité des vidéos montrant
des étrangers être poursuivis par des manifestants dans les rues de Chemnitz. Il est
sommé désormais de fournir des explications pour justifier ses déclarations qui sont
venues au secours des partis de droite radicale. Ceux-ci contestent ou relativisent
volontiers ces violences qu’Angela Merkel
avait elle-même dénoncées comme « des
chasses » antimigrants. Hans-Georg
Maassen s’expliquera mercredi devant une
commission de contrôle parlementaire.
« D’après mon évaluation prudente, il y a
de bonnes raisons de croire qu’il s’agit d’une
désinformation délibérée visant à détourner
l’attention du public du meurtre de Chemnitz », avait-il expliqué dans Bild vendredi, en reprenant en partie l’argumentaire
de l’extrême droite, qui se dit victime de
provocations de l’extrême gauche. Si l’une
des vidéos en cause, où l’on voit un étranger être coursé par des hommes agressifs,
a bien été diffusée sur les réseaux antifascistes, l’image n’a pas été manipulée, selon les expertises menées par les médias
allemands. Des plaintes ont aussi été enregistrées auprès de la police de Chemnitz
par des étrangers qui ont été menacés.
Dans ce contexte brûlant, la tempête
politique a été immédiate. Le maintien du
patron du renseignement intérieur à son
poste est en jeu. La gauche, SPD en tête,
s’est interrogée sur sa capacité à poursuivre sa mission de « protection de la démocratie ». En allemand, « Verfassungsschutz » signifie littéralement « protection
de la Constitution ». De l’autre côté du
spectre politique, le ministre de l’Intérieur, Horst Seehofer, en opposition
ouverte avec la chancelière sur la politique migratoire, s’est refusé à tout jugement. « J’attends qu’il étaye ses thèses »,
s’est contenté de dire le leader de la CSU.
Un rapport devait lui être remis lundi.
Le patron du renseignement intérieur
devra aussi s’expliquer sur ses accointances avec l’AfD en général. Durant l’été, un
livre, Inside AfD de Franziska Schreiber
avait révélé un rendez-vous secret entre
Hans-Georg Maassen et Frauke Petry,
l’ancienne présidente de la formation
d’extrême droite. En 2015, l’officier lui
Hans-Georg Maassen, président de l’Office fédéral pour la protection de la Constitution allemande, le 24 juillet à Berlin.
aurait conseillé d’exclure du parti ses individus les plus sulfureux, comme le leader
de Thuringe, Björn Höcke, pour éviter une
mise sous surveillance par la police. Les
responsables de l’AfD avaient ensuite
confirmé avoir eu des contacts avec le patron du renseignement sans qu’il soit établi s’il s’agissait d’un coup de main ou d’un
rendez-vous banal. Mais la porosité entre
la BfV et l’AfD pourrait être encore plus
forte : dans un article paru lundi, le quotidien Handelsblatt a évoqué des « fuites »
de rapports confidentiels au sein des services du renseignement intérieur au bénéfice de l’Alternative für Deutschland (AfD).
“
Il y a de bonnes raisons
de croire qu’il s’agit d’une
désinformation délibérée
HANS-GEORG MAASSEN, PATRON DU BFV
”
La mission même de la BfV est en jeu.
La radicalisation de l’extrême droite et
des groupuscules néonazis n’hésitant
plus à défiler au grand jour en se servant
de l’AfD comme vitrine a relancé le débat
sur une mise sous surveillance du parti
par le renseignement intérieur. Les événements de Chemnitz ont montré « une
fois de plus très clairement que la Verfassungsschutz doit garder un œil très attentif
sur l’AfD », a déclaré l’un des vice-prési-
dents de la CDU Thomas Strobl, un proche d’Angela Merkel. Le ministre de l’Intérieur, Horst Seehofer, a pour l’instant
écarté cette idée tout comme Angela Merkel. Pour la chancelière une solution administrative ne résoudrait pas le défi politique soulevé par l’AfD. La troisième
force politique du Bundestag ne peut pas
être traitée comme le parti néonazi NPD,
qui n’a jamais franchi la barre des 5 % des
suffrages au niveau national.
Localement, les liens entre l’AfD et les
réseaux de l’extrême droite radicale sont
parfois déjà scrutés. À Brême et en BasseSaxe, les responsables régionaux de la BfV
ont décidé d’inscrire sur leurs listes l’association des jeunes de l’AfD (JA). Le cas
de l’AfD en Thuringe va être étudié.
Au-delà des faits qui se sont produits à
Chemnitz, c’est leur qualification qui pose
aussi question. Le débat sémantique n’est
pas anecdotique. En Allemagne, les termes
de « chasses collectives » évoquent directement la montée du nazisme et les persécutions endurées par les Juifs. Certains responsables politiques, comme le ministreprésident de Saxe, Michael Kretschmer,
rechignent à comparer Chemnitz avec les
années 1930 et à assimiler tous les manifestants à des nazis. D’autres, comme Angela
Merkel, veulent mettre en garde ceux qui
marchent aux côtés des groupuscules néonazis. Les « doutes » de Hans-Georg
Maassen ont renforcé les premiers. ■
SCHWARZ/AFP
EN BREF
À Idlib, 30 000 personnes
ont fui les bombardements
Plus de 30 000 personnes
ont été déplacées en Syrie
par les bombardements
du régime et de son allié russe
qui ont visé depuis le début
du mois la province d’Idlib et
les territoires insurgés adjacents,
a annoncé lundi l’ONU.
Moscou : le maire réélu,
des manifestants arrêtés
Le maire de Moscou, Sergueï
Sobianine, allié du Kremlin, a été
largement réélu dimanche où un
millier de manifestants opposés
à une réforme des retraites
ont été parallèlement arrêtés.
Tripoli : attaque contre
la compagnie pétrolière
Au moins deux personnes ont été
tuées lundi lors d’une attaque,
attribuée à des djihadistes,
contre le siège de la Compagnie
nationale de pétrole (NOC)
dans la capitale libyenne, qui
sort à peine de plusieurs jours
d’affrontements meurtriers
entre groupes armés rivaux.
A
Hans-Georg Maassen déclenche une
tempête en doutant de l’authenticité des
vidéos de chasses antimigrants à Chemnitz.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 11 septembre 2018 LE FIGARO
8
INTERNATIONAL
Un an après, les indépendantistes
catalans sans stratégie face à Madrid
Le succès de la Diada, démonstration de force séparatiste, ne fait pas de doute. Mais pour quel résultat ?
sur les politiques, à Barcelone, à Madrid
voire dans le monde, pour qu’ils exaucent ou laissent faire leur vœu le plus
cher : un référendum d’indépendance
suivi d’une déclaration de sécession. En
2017, les indépendantistes ont vu, dans
des conditions très particulières, leurs
ambitions réalisées. Le 1er octobre, un
scrutin a bien eu lieu, malgré les violentes charges policières d’une part et
l’absence de pleines garanties démocratiques d’autre part. Le 27 octobre, la
République catalane a bien été déclarée
par le Parlement régional, même si
cette annonce n’a été suivie d’aucun
effet… à l’exception de la suspension du
gouvernement régional, de la fuite à
Bruxelles du président Carles Puigdemont et du placement en détention
provisoire de plusieurs de ses exministres régionaux.
Les indépendantistes, qui ont encore
convaincu 47 % des Catalans lors des
élections régionales convoquées par
Madrid en décembre 2017, n’ont pas encore fourni une explication claire et
unanime à l’échec spectaculaire de leur
République. Une ex-ministre régionale
a parlé d’un « coup de bluff », laissant
FREIRE/ZUMA PRESS/MAXPPP
ESPAGNE Le succès de la manifestation de ce 11 septembre, jour de la Diada, la fête nationale catalane que les
indépendantistes ont transformée depuis six ans en une grand-messe sécessionniste, ne fait guère de doute.
Les associations organisatrices, l’Assemblea nacional catalana (ANC) et
Omnium cultural, revendiquent plus
de 400 000 préinscriptions, à peu près
autant que l’an dernier, quand 1 million de personnes s’étaient finalement
rassemblées, selon la police municipale. Les manifestants ne devraient pas
avoir trop de difficultés à remplir les
6 km de long sur 50 m de large qu’ils
veulent occuper la Diagonal, la grande
avenue qui traverse tout le centre de
Barcelone.
Rassembler, oui, mais pour quoi faire ? Depuis le début du processus indépendantiste, les gigantesques mobilisations étaient l’occasion de faire pression
“
L’État espagnol
peut commettre
une erreur qui nous
soit profitable
”
ELISENDA PALUZIE, PRÉSIDENTE DE L’ANC
entendre qu’ils n’avaient pas les
moyens d’exécuter la menace d’une sécession. La présidente de l’ANC, Elisenda Paluzie, a expliqué lors d’une rencontre avec la presse étrangère que les
indépendantistes étaient passés « tout
près » de leur objectif. « Le 1er octobre,
c’était notre opportunité. L’État avait
perdu le contrôle. Il l’a récupéré au fil des
jours. Si l’on avait appelé les gens à occuper et protéger les institutions, que se serait-il passé ? Nous ne le saurons jamais.
L’idée a été rejetée car les responsables
craignaient l’irruption de violences. »
Privés de diagnostic, les sécessionnistes n’ont pas non plus de capitaine
indiscutable. Le président régional actuel, Quim Torra, se définit comme
« provisoire », dans l’attente d’un improbable retour de Puigdemont. Sans
compter l’autorité morale des responsables politiques en prison, qui interviennent régulièrement dans le débat.
Le remplacement à Madrid du
conservateur Mariano Rajoy par le socialiste Pedro Sanchez complique aussi
la donne. Difficile d’expliquer au monde que la Catalogne est opprimée quand
Sanchez s’est empressé de recevoir
Torra et propose aux Catalans de voter
pour davantage d’autonomie.
Paluzie le reconnaît sans ambages :
« Il n’y a pas aujourd’hui une stratégie
claire. Mais l’État espagnol peut commettre une erreur qui nous soit profitable. » Les indépendantistes attendent
beaucoup du procès contre leurs dirigeants, qui pourrait commencer à la
mi-novembre.
Lors d’un discours solennel tenu dans
un théâtre la semaine dernière, Torra a
averti qu’il « n’accepterait pas » un
autre verdict que l’acquittement. « Si le
juge les condamne à une peine d’inéligibilité et à une simple amende, c’est un
désastre pour Torra, dont tout le discours
se base sur la dénonciation de la répression espagnole », analyse Oriol Bartomeus, professeur de science politique à
l’Université autonome de Barcelone. Le
délit de rébellion, dont ils sont accusés,
est passible de 30 ans de prison. Un
verdict sévère pourrait remettre le feu
aux poudres. ■
MDT (À BARCELONE)
Des volontaires unionistes enlèvent
les llaços grocs (“nœuds jaunes”, en catalan)
accrochés par des séparatistes,
le 4 septembre à Premia de Mar.
EMILIO MORENATTI/AP
À El Maresme, la guerre des rubans jaunes entre unionistes et séparatistes
MATHIEU DE TAILLAC£@mdetaillac
ENVOYÉ SPÉCIAL À EL MARESME (CATALOGNE)
MINUIT, sur le parking d’un centre
commercial. Une petite dizaine de voitures arrivent au compte-gouttes. Les
passagers sortent de leurs véhicules et
commencent à discuter. Certains se
connaissent d’actions menées ensemble
au cours des derniers mois. D’autres se
découvrent pour la première fois. Puis
arrive le coordinateur, que nous appellerons Antonio. Les participants éclairent à la lumière de leurs téléphones
portables le croquis qu’il a préparé. Un
rectangle symbolise la gare de Premia de
Mar, à 20 kilomètres de Barcelone, au
bord de la plage. Des croisillons représentent la voie ferrée. Voilà leur objectif :
les centaines, les milliers de rubans jaunes accrochés aux grilles qui séparent les
rails de la nationale 2, et qu’ils se proposent d’enlever.
Ces morceaux de plastique sont, selon
ceux qui les posent, le symbole de la solidarité avec les indépendantistes placés
en détention provisoire, pour certains
depuis un an. Ces responsables politiques sont accusés de sédition et de rébellion pour avoir organisé le référendum d’autodétermination illégal du
1er octobre 2017 et la déclaration unilatérale d’indépendance du 27. Les soutiens
de ces « prisonniers politiques », selon
leur expression, recouvrent la Catalogne
de ces petits lacets, sur tous les supports
possibles, les peignent même sur le sol et
les murs. Une manifestation de leur liberté d’expression, affirment-ils.
Mais ces « llaços grocs » (« nœuds jaunes », en catalan) contribuent aussi à
exaspérer une partie de la population. À
Blanes, sur la Costa Brava, le patron du
restaurant Sol d’Or est devenu une célébrité nationale depuis qu’il s’est opposé,
armé de la louche avec laquelle il sert ses
paellas, à ce que le Comité de défense de
la République (les CDR sont des groupes
indépendantistes autogérés) de la commune pose les rubans sur sa terrasse.
« Qu’ils les accrochent dans les rues si ça
leur chante, dit Manuel García, mais pas
sur mon espace de travail. Beaucoup de
Les informés de franceinfo
A
Une émission de Jean-François Achilli
du lundi au vendredi de 20h à 21h
chaque mardi avec
restaurateurs les laissent faire puis enlèpouillé de ses décorations. Un dernier
vent les rubans après leur départ. Moi, j’ai
lacet leur résiste : trop haut ! Tant pis.
un caractère différent. » Au cours de la
L’opération éclair est terminée, retour
conversation, deux passantes qui
aux voitures.
s’identifient comme «Catalanes de souLes profils de ces guérilleros de l’unioche » s’arrêtent pour le féliciter.
nisme sont variés. Une femme est denÀ notre rendez-vous nocturne, Antotiste, une autre consultante, un homme
nio énonce les consignes : « La voiture 2
est ingénieur agricole, un autre employé
déchargera ses passagers
de bureau… La plupart sont
ici, la voiture 4 là-bas. Le
habillés comme pour une ranpremier groupe nettoiera la
donnée pédestre, un homme a
grille en suivant la voie feropté pour un tee-shirt camourée en direction de Barceloflage, et un dernier arbore un
ne. Le second fera la même
symbole des tercios, des unités
chose en direction oppod’élite de l’armée espagnole
sée. » Quelques mesures
aux XVIe et XVIIe siècles. Terede « nettoyeurs »,
de sécurité sont rappelées : formées en moyenne sa a rejoint le groupe en pas« Si quelqu’un vous insulte
sant par sa page Facebook.
de 30 membres
ou vous agresse, vous ne à travers la Catalogne « Au début, ils se méfiaient, ils
répondez pas. Ceux qui ne
ne voulaient pas faire entrer
veulent pas suivre cette
une taupe ! » se souvient-elle.
consigne peuvent déjà rentrer chez eux. »
Tous les participants ont peur d’être déLes vingt « nettoyeurs », comme ils se
masqués par les indépendantistes.
définissent, embarquent pour Premia de
« Dans ce cas, c’est terrible. Ils taguent ta
Mar. Antonio donne les ordres via une
maison ou ta voiture et cherchent à te nuiapplication mobile qui transforme les
re grâce à leurs relais dans l’administratéléphones en talkies-walkies : « Voitution », affirme Maite.
re 2, déchargez ! » Notre groupe est comJosé Casado, porte-parole des segaposé de trois femmes. En survêtement et
dors (« faucheurs ») del Maresme, un
en baskets, le visage dissimulé par un
territoire de 400 km2 au nord-est de
masque de chirurgien et armées de cutBarcelone, est l’un des rares à accepter
ters, elles coupent les rubans à toute vide décliner son identité. L’an dernier,
tesse et les placent dans un sac-poubelquand les rubans jaunes commencent à
le. Quelques coups de klaxon et deux ou
se multiplier, il prépare la riposte avec
trois insultes d’automobilistes confirdes compagnons avec qui il avait déjà
ment qu’elles ne sont pas les bienveorganisé une manifestation unioniste.
nues. Au pas de course, elles parvien« Ces rubans ne relèvent pas de la liberté
nent en dix minutes au rond-point, le
d’expression ni d’une prétendue solidarité
terme de leur excursion. Le bateau méavec les prisonniers. Il s’agit de propatallique qui orne la rotonde est vite dégande indépendantiste qui envahit nos
18
brigades
villes et que nous n’avons aucune raison
de supporter. » Il ajoute un argument
inattendu : l’écologie. « Alors qu’on retire les sacs des supermarchés, ils viennent
nous déverser des tonnes de plastique
dans nos rues ! »
Certains observateurs manifestent leur
inquiétude. Cette lutte pour le contrôle
symbolique des rues catalanes annoncet-elle une radicalisation du conflit politique autour de la question indépendantiste ? Y a-t-il un risque de dérive violente
entre des groupes bien organisés de part
et d’autre ? Le sujet a été abordé par le
ministre de l’Intérieur lors de sa rencontre la semaine dernière avec le président
catalan, l’indépendantiste Quim Torra.
La présidente de l’Assemblea Nacional de
Catalunya, l’une des deux principales
associations indépendantistes, limite
l’importance des nettoyeurs.
« Ce sont des groupuscules extrêmement minoritaires, juge Elisenda Paluzie.
Certains membres ont été condamnés
pour des délits de droit commun. Ils créent
des tensions et les partis anti-indépendance tentent de les radicaliser, mais ils
ne représentent pas plus de 200 personnes. » Casado parle de 18 « brigades » à
travers la Catalogne, formées en
moyenne de 30 membres, soit quelque
500 activistes. Il rejette la responsabilité
des tensions sur les indépendantistes, les
accuse d’agressions, « en particulier
contre les femmes », et cite les vidéos où
l’on voit les « faucheurs » supporter
stoïquement les invectives. Chacun, sûr
de son bon droit, accuse l’autre camp, et
personne ne voit comment empêcher le
climat de se dégrader. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mardi 11 septembre 2018
INTERNATIONAL
9
Washington a décidé de fermer
le bureau de représentation palestinienne
et de supprimer 25 millions de dollars d’aide.
La mesure s’inscrit dans une stratégie
de « pressions maximales », sur le modèle déjà expérimenté avec la Corée du
Nord et l’Iran. Fin août, Washington a
annoncé la suppression de plus de
200 millions de dollars d’aide annuelle
aux Palestiniens et d’environ 350 millions de dollars à l’agence de l’ONU pour
les réfugiés (UNRWA), lui reprochant
« d’étendre et de perpétuer le nombre de
ses bénéficiaires ». L’UNRWA pourvoit
aux besoins élémentaires de 5,2 millions
de déplacés à travers le Proche-Orient,
dont la scolarisation de 526 000 enfants
et une aide alimentaire à 1,7 million de
personnes. Samedi, les États-Unis ont
aussi supprimé 25 millions de dollars
d’aide humanitaire à six hôpitaux de
Jérusalem-Est, les seuls à offrir certains
soins intensifs dans les Territoires.
Parallèlement, le soutien militaire à
Israël va être porté de 3,1 milliards à
3,8 milliards de dollars.
Après avoir « retiré de la table » l’enjeu
de Jérusalem comme capitale, la
Maison-Blanche cherche à neutraliser le
« droit au retour » des expulsés de 1948,
revendiqué comme l’un des points de
négociation essentiels d’un « accord final ». À son habitude, Trump appuie sur
les points faibles : en l’espèce, la dépendance économique et les symboles étatiques. Il s’agit de « forcer les Palestiniens à
négocier, a-t-il reconnu la semaine dernière. Tant qu’il n’y a pas de deal, on ne
paye pas ». En attendant le « plan de
paix » – annoncé de longue date mais
PHILIPPE GÉLIE £@geliefig
CORRESPONDANT À WASHINGTON
ÉTATS-UNIS Dans une nouvelle offensive sur la scène internationale, l’Administration Trump a fait coup double lundi : elle a annoncé la fermeture de la
représentation diplomatique palestinienne à Washington, ainsi qu’un plan
de bataille sans précédent contre la Cour
pénale (CPI) de La Haye.
Les deux volets ont l’air d’être sans
rapport. En fait, la loi ayant autorisé
l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) à ouvrir un bureau dans la capitale américaine en 1994 a été amendée
par le Congrès, après l’entrée en fonction de la CPI en 2002, soumettant son
accréditation à l’interdiction d’attaquer
Israël devant cette cour, non reconnue
par les États-Unis. Or en mai dernier,
après le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, le président
Mahmoud Abbas a demandé au procureur de La Haye d’ouvrir une enquête
sur « les crimes de guerre, les crimes
contre l’humanité et l’apartheid » d’Israël
envers les Palestiniens.
« Les États-Unis seront toujours au
côté d’Israël, a souligné lundi le
conseiller à la Sécurité nationale, John
Bolton, dans un discours devant la Federalist Society à Washington. Nous ne
maintiendrons pas ce bureau ouvert alors
que les Palestiniens refusent d’entamer
des négociations directes et sincères. »
YURI GRIPAS/REUTERS
Trump met
une pression
maximale sur
les Palestiniens
La fermeture du bureau de l’OLP à Washington s’inscrit dans une stratégie agressive déjà expérimentée avec la Corée du Nord et l’Iran.
toujours reporté – auquel travaille son
gendre et conseiller, Jared Kushner, le
président remplit « la liste de courses »
de Benyamin Nétanyahou, commente le
représentant palestinien à Washington,
Hossam Zomlot.
Vieille rancune
« L’Administration Trump essaie de détruire le mouvement national palestinien,
accuse dans une tribune Mitchell Plitnick, ancien vice-président de la Fondation pour la paix au Moyen-Orient. Kushner et son équipe s’emploient à ce qu’il n’y
ait plus rien à négocier. Tout ce que les Palestiniens ont à faire, c’est d’accepter de
vivre sous occupation et ils seront récompensés par une aide économique. »
Dans ce schéma, la CPI a fourni un
prétexte. Mais elle préoccupe bien plus la
Maison-Blanche que le sort des Palestiniens. Lundi, John Bolton a brandi des
menaces sans précédent contre une
organisation internationale validée par
l’ONU : « Les États-Unis auront recours à
tous les moyens pour protéger nos
citoyens et nos alliés contre les poursuites
injustes de cette cour illégitime, a-t-il
déclaré. Nous ne coopérerons pas avec la
CPI. Nous ne lui fournirons aucune
assistance. Nous ne rejoindrons pas ses
rangs. Nous laisserons la CPI mourir de sa
belle mort. Pour ce qui nous concerne, elle
est déjà morte. »
Comme la Russie, la Chine ou Israël,
les États-Unis n’ont pas ratifié le traité
de Rome créant la CPI. Mais cette vieille
rancune – déjà nourrie par Bolton dans
l’Administration Bush – est décuplée par
la menace de poursuites visant des militaires et des agents de la CIA pour leur
traitement des prisonniers de guerre en
Afghanistan. En réaction, Washington
promet d’interdire de séjour les membres de la Cour aux États-Unis, de geler
leurs avoirs financiers, voire « de les
poursuivre devant le système criminel
américain ». « Nous ferons de même
contre toute entreprise ou État aidant la
CPI à enquêter sur des Américains »,
ajoute-t-il. De bonnes relations avec les
États-Unis seront soumises à « la signature d’accords bilatéraux contraignants »
en la matière. ■
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qui se lit comme s’il s’agissait de vingt nouvelles policières. »
Jean-Christophe Buisson
À Ramallah, on ne peut
que constater les dégâts
“
Trump détruit
le processus
de paix
”
DR NABIL SHAAT, UN DES ACTEURS
DES ACCORDS DE PAIX D’OSLO
Husam Zomlot veut croire que la fermeture du bureau de l’OLP répond à un
souhait qu’aurait émis « en novembre
dernier à Washington Benyamin Nétanyahou ». Cette question ne semblait pourtant pas une priorité de la diplomatie israélienne. Ce lundi, les officiels israéliens
n’ont pas commenté la décision américaine. En raison de Rosh ha-Shana, le
Nouvel An juif, le pays tout entier s’est
mis en veille. Il devrait, au lendemain des
fêtes, se féliciter de l’initiative. Selon les
médias, des interrogations et une certaine inquiétude commencerait toutefois à
poindre face au zèle de Donald Trump.
Les militaires craignent les conséquences
sécuritaires d’une nouvelle dégradation
des conditions de vie dans les camps de
réfugiés de Gaza et de Cisjordanie, et les
politiques un effondrement de Mahmoud
Abbas si la campagne de sanctions s’accentue encore. Israël serait alors
contraint d’engager ses propres fonds
pour parer au plus pressé. ■
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* Source GfK France, segment Histoire de France, 2018. POUR CEUX QUI NE RENONCENT À RIEN.
A
EN RÉSILIANT le bail de l’Organisation
de libération de la Palestine (OLP) à
Washington, Donald Trump a sanctionné le signataire palestinien des accords
de paix d’Oslo, ratifiés voici bientôt
vingt-cinq ans, le 13 septembre 1993. À
Ramallah, au siège de l’organisation, le
docteur Nabil Shaat, l’un des principaux
acteurs de l’accord historique, juge la
décision de l’Administration américaine
« ridicule ». « Trump détruit le processus
de paix. Il pense nous punir en prenant des
mesures contre l’OLP, en coupant le soutien financier à l’UNRWA (l’office des
Nations unies pour les réfugiés palestiniens, NDLR) et aux hôpitaux de Jérusalem-Est, mais nous ne vendrons pas Jérusalem contre des dollars », commente le
vieux routier de la diplomatie, en prenant acte de la nouvelle marche en avant
du rouleau compresseur américain.
Les relations entre les États-Unis et
l’Autorité palestinienne étaient rompues
depuis plusieurs mois. Mahmoud Abbas
avait rappelé Husam Zomlot, le représentant palestinien à Washington, le
15 mai, au lendemain de l’inauguration
de l’ambassade américaine à Jérusalem.
Arrivé en mars 2017 dans la capitale
américaine, cet économiste de formation
avait accès à Jared Kushner, le gendre du
président, et à des conseillers de la Maison-Blanche, mais les liens s’étaient rapidement détériorés. L’affaire du transfert de l’ambassade et la nomination de
John Bolton au poste de conseiller à la
sécurité nationale avaient donné le coup
de grâce à une partie mal engagée.
« Voici notre ambassadeur ! », ironise
un membre du staff de l’OLP en le présentant. « L’escalade dangereuse de
l’Administration se confirme », dit Husam Zomlot. Selon lui, les Américains
ont fermé sa représentation en raison
des démarches palestiniennes visant à
J. SORIANO/AFP
CORRESPONDANT À JÉRUSALEM
Lyria SAS - 80 000 € - RCS Paris B 428 678 627 - 25 rue Titon 75011 Paris - France - Crédit photo : Ivan Guilbert / LaPetiteGrosse.
traduire les dirigeants israéliens devant
la Cour pénale internationale pour des
« crimes de guerre » commis en 2014.
« Cela va nous motiver pour accélérer le
processus engagé auprès de la justice internationale », affirme-t-il. Les Palestiniens n’ont, en réalité, pas de prise et
guère d’alternative face à la stratégie
d’étranglement politico-pécuniaire du
président américain. Les sanctions financières contre le bureau des Nations
unies (200 millions de dollars) et sur les
hôpitaux de Jérusalem (25 millions de
dollars) bousculent des équilibres humanitaires précaires et affaiblissent une
Autorité palestinienne déjà mal en point.
THIERRY OBERLÉ £@ThierryOBERLE
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 11 septembre 2018 LE FIGARO
10
INTERNATIONAL
Yémen : l’appel
au secours
de la sœur de
l’otage français
avec cette cellule de crise ». Une deuxième fois, la semaine dernière, le 4 septembre exactement, Christine Goma a eu
son frère au téléphone. « Il faut me sortir
de là, sinon je vais péter un plomb ! », a
imploré Alain Goma. « La pensée de mon
frère s’est ensuite égarée dans une sorte
de délire, il ne semble plus avoir la notion
des dates », redoute sa sœur.
Un dossier complexe
Christine Goma exhorte Emmanuel
Macron à « ne pas oublier » Alain,
aux mains des rebelles houthistes, à Sanaa.
GEORGES MALBRUNOT £@Malbrunot
PÉNINSULE ARABIQUE Qui se souvient
qu’un Français est retenu en otage au
Yémen ? Pour éviter que le drame
d’Alain Goma ne sombre dans l’indifférence générale, sa sœur, Christine, a décidé de rompre le silence, en lançant un
appel à Emmanuel Macron. « Faites en
sorte, Monsieur le président, que mon frère ne reste pas un otage oublié »,
confie-t-elle au Figaro. « C’est sa plus
grande crainte, il me l’a dit. »
Depuis le 3 juin, Alain Goma, 54 ans,
est détenu par les rebelles houthistes, qui
l’ont transféré de la ville de Hodeïda, sur
la mer Rouge, où son bateau avait
échoué, dans une prison de la capitale,
Sanaa, que les insurgés contrôlent. Le
navigateur biterrois effectuait un long
périple en mer qui devait le conduire
jusqu’à Calcutta en Inde. Mais sans eau, il
a dû s’arrêter au port de Hodeïda, où la
guerre fait rage entre les insurgés d’inspiration chiite, soutenus par le Hezbollah libanais et l’Iran, et les loyalistes yéménites, épaulés par les Occidentaux,
dont la France.
Depuis, sa sœur a réussi à lui parler à
deux reprises au téléphone. Il semble
bien traité. Mais, fragile psychologiquement, son moral est au plus bas. « Le
8 août, lorsque je l’ai eu la première fois, il
était complètement dans le noir, raconte,
depuis Narbonne, Christine Goma. Les
houthistes lui avaient dit qu’il y avait la
guerre au Yémen, mais il ne le croyait pas.
Il était vraiment dans une grande panique.
Il me disait qu’il fallait le sortir de là.
C’était quand même fabuleux de pouvoir
lui parler, Alain a pu ainsi me livrer ses
angoisses. » Il est détenu, seul, dans une
petite cellule. Il a un stylo, mais pas de
papier. Alors, il griffonne sur les murs
des poèmes pour Christine et son frère.
Ses geôliers le laissent toutefois sortir
dans un espace grillagé, où il passe le
plus clair de son temps.
Évasion ratée
Après plus de trois mois de détention,
les houthistes continuent de l’interroger
sur ses activités, et comme souvent dans
des affaires d’otages, ils l’accusent
d’être un espion, et même au début
d’être un soldat américain. « Je ne comprends pas, leur a-t-il répondu, selon sa
sœur, je suis un pur ». « Mon frère était
un commercial, insiste Christine Goma,
c’est un solitaire, célibataire, qui fit une
dépression dont il mit du temps à se remettre. C’est pour cela que l’on est inquiet
aujourd’hui. »
Le 14 juillet, désemparé, Alain Goma a
tenté de s’évader, avant d’être rattrapé
par une vingtaine de gardiens qui lui firent comprendre qu’il ne devait pas recommencer. En trois mois de captivité,
l’otage n’a pas subi de maltraitances, et
Depuis le 3 juin, Alain Goma (ci-dessus, à Port-Saïd, avant son enlèvement) est détenu
au Yémen par des rebelles opposés au régime soutenu par la France. ARCHIVES FAMILIALES
n’a pas été soumis à des simulacres
d’exécution. Les houthistes semblent
prêts à négocier sa libération. Ils ont accepté que Christian Testot, l’ambassadeur de France au Yémen, relocalisé
pour cause de guerre en Arabie saoudite
voisine, le rencontre dix minutes en
juillet. La famille loue « les réponses humaines » de l’ambassadeur qui « fait du
bon travail ». Les Goma se plaignent, en
revanche, des « silences » de la cellule
de crise en charge au Quai d’Orsay des
prises d’otages. « Tout le monde nous
parle de cette cellule de crise, mais nous ne
la connaissons pas, regrette Mme Goma.
Nous ne sommes que rarement en contact
avec une rédactrice du bureau des détenus. On a l’impression d’être un dossier
Alain lui a également confié avoir ressenti « une pointe de douleur très forte au
cœur ». Peu de temps après, un médecin, qui lui fit subir une échographie,
diagnostiqua une forte hypertension,
avant de lui donner des cachets qu’Alain
Goma ne voudrait pas prendre. « Il est
habité par un sentiment d’injustice qui le
met hors de lui », fait valoir sa sœur.
« Nous sommes conscients que c’est
une affaire compliquée », admet Christine Goma. Dans le conflit yéménite, la
France est dans le camp opposé aux
houthistes. Elle soutient diplomatiquement et militairement la coalition
saoudo-émirienne, qui bombarde depuis plus de trois ans les positions houthistes que ceux-ci ont conquises aux
dépens des loyalistes à travers un pays,
ravagé par une guerre civile, qui a fait
plus de 10 000 morts. Mais dans sa première interview accordée à un média
occidental – en l’occurrence Le Figaro
– leur chef Abdel Malek al-Houthi affirmait que son mouvement considérait « mieux » la France que ses deux
autres ennemis, les États-Unis et la
Grande-Bretagne. D’où le blanc-seing
donné par les houthistes à une rencontre entre Alain Goma et l’ambassadeur
Testot.
« Le fait qu’il ait pu passer deux appels
téléphoniques à son entourage est un signe plutôt rassurant, veut croire Sébastien Nadot, député (LaREM) de HauteGaronne, en contact régulier avec la
famille Goma. Il est dommage que les négociations de Genève de la semaine dernière aient échoué. Mais ses conditions de
détention montrent clairement que ceux
qui le détiennent ne peuvent pas être assimilés à des terroristes », estime le parlementaire, secrétaire du groupe
d’Amitié France Yémen.
« On veut bien admettre que cela peut
prendre du temps, reconnaît Christine,
mais sa santé fragile nous inquiète, et les
Français doivent absolument savoir qu’il y
a un de leurs compatriotes en souffrance
au Yémen. » ■
Irak : al-Abadi, probable victime de la fronde à Bassora
Alors que les manifestations ont fait douze morts dans la ville, le premier ministre est menacé par une coalition proche des Iraniens.
nuries d’électricité, chômage endémique, une pollution de l’eau qui a causé
plus de 30 000 hospitalisations, et elle
mesure l’impunité des responsables
politiques corrompus. Et ses trois millions d’habitants souffrent d’un manque criant d’investissements étatiques.
Au point que, suivant le modèle des
Kurdes dans le Nord, certaines voix ne
se cachent plus pour réclamer leur
autonomie.
C’est tout cela que des milliers de
manifestants ont dénoncé depuis une
semaine, incendiant des bâtiments
gouvernementaux et des sièges de partis politiques. Une fronde sociale et politique, bien loin d’être apaisée. Les
coordinateurs des manifestations assurent que leur mouvement n’est pas
mort. Ils ont enfin réussi à faire entendre leurs doléances aux politiciens de
Bagdad. « Ils devront désormais réfléchir à deux fois face à la rue », assure à
l’AFP Montazer al-Karkouchi, coordinateur du Rassemblement des jeunes
de Bassora. Pour lui, « la fronde ne sera
pas finie, tant qu’il n’y aura pas de projets concrets et de mesures gouvernementales sérieuses pour régler » les
principaux problèmes auxquels sont
confrontés les habitants de Bassora.
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Persique, Bassora a retrouvé son calme.
Mais jusqu’à quand ? Le premier ministre d’Irak, Haïdar al-Abadi, qui s’y
est rendu lundi, risque d’être la principale victime politique de la fronde locale. Ce qui n’est pas dans l’intérêt de
ses alliés occidentaux.
Après cinq jours de violences qui ont
fait douze tués parmi les protestataires,
la grande ville pétrolière du Sud panse
ses plaies. Samedi, le couvre-feu a été
levé. La veille au soir, gorgés de colère,
des manifestants avaient incendié le
consulat iranien de la ville. Une ville à
majorité chiite - comme l’Iran - mais
des chiites irakiens arabes, et non perses, très nombreux à dénoncer - mais
en silence jusqu’ici - le poids de Téhéran et de ses relais locaux sur la vie politique irakienne. D’autant qu’à Bassora, où le pétrole regorge, les griefs
antigouvernementaux sont probablement encore plus nombreux que dans
le reste de l’Irak.
Le renversement de Saddam Hussein, en 2003, par une coalition américaine a eu beau donner une partie du
pouvoir aux chiites irakiens, Bassora
est restée abandonnée du gouvernement de Bagdad. Elle subit toujours pé-
Bassora
K.
Pour Haïdar al-Abadi, ce « vent de
colère », venu du Sud chiite, complique
sérieusement sa reconduction au poste
de premier ministre, quatre mois après
les élections législatives. Samedi, lors
d’une séance houleuse du Parlement à
Bagdad, réuni en urgence pour évoquer
la crise à Bassora, al-Abadi a été lâché
par son allié Moqtada al-Sadr, vainqueur des législatives. Les élus sadristes
ont jugé « peu convaincantes » les explications du premier ministre devant
les députés. « Bassora est en feu, ma
maison a brûlé », a lancé le gouverneur
de la ville, Assad al-Eidani, à l’adresse
du premier ministre, « et vous venez
nous dire que tout va bien à Bassora ».
« Nous n’avons reçu aucun centime, et
personne n’a été recrutée depuis l’annonce des 10 000 postes » par le premier ministre, a fustigé le gouverneur.
Peu après, la liste arrivée en seconde
position au scrutin de mai - celle d’anciens combattants antidjihadistes, proche de l’Iran - s’est, elle aussi, désolidarisée d’al-Abadi, pour s’allier avec
Quatre mois après les élections législatives, le premier miniistre Haïdar al-Abadi (ici,
devant le Parlement, le 3 septembre à Bagdad), fait face à une fronde du Sud chiite.
les sadristes. Résultat : ces deux groupes forment désormais le bloc parlementaire le plus nombreux. Ils devraient être capables de désigner le
futur premier ministre. Les députés
doivent se réunir samedi pour élire le
président du Parlement, première étape du renouvellement de la direction
du pays.
“
L e s c h a n c e s d ’ a l - Ab a d i
d e s e s u c c é d e r à lu i- m ê m e
s o n t m i n c e s, a p r è s l a c ri s e
à B a s s o r a
”
HUSSEIN AL-WAELI, CHERCHEUR
« Les chances d’al-Abadi de se succéder à lui-même sont minces, après la
crise à Bassora », assure le chercheur
Hussein al-Waeli, résumant une opinion largement répandue à Bagdad. À
Bassora, il a accusé « des partis politiques ayant des branches armées »
d’être derrière les violences, allusion
au bloc pro-Iran. C’est de là en effet
que vient le danger pour al-Abadi. En
coulisses, l’ayatollah Ali Sistani, la figure chiite la plus respectée d’Irak, a
non seulement envoyé son émissaire,
Ahmed al-Safi, négocier avec les responsables de Bassora. Mais, il a surtout
émis des recommandations claires, selon lesquelles aucun ex-premier ministre ne doit occuper de nouveau ce
poste.
Ce qui exclut, non seulement Haïdar
al-Abadi, mais aussi son rival, Nouri
al-Maliki, chef du gouvernement entre
2006 et 2014, dont la politique antisunnites est, en grande partie, responsable
de l’émergence de l’État islamique en
Irak. Qui d’autre pourraient alors devenir premier ministre ? Parmi les
noms avancés revient celui de Tareq
Najem, un technocrate chiite, acceptable par Washington. Mais sur les bords
du Tigre, où tractations et violences
politiques vont souvent de pair, une
surprise de dernière minute n’est pas à
exclure. ■
G.M.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mardi 11 septembre 2018
SOCIÉTÉ
11
Terrorisme et psychiatrie, un lien opaque
Selon une note de police révélée par « Le Figaro », les déséquilibrés sont surreprésentés parmi les assaillants.
SÉCURITÉ « Les terroristes sont-ils
“fous” ? » Cette question est au cœur
d’une note confidentielle de l’Unité de
coordination de la lutte anti-terroriste
(Uclat) que s’est procurée Le Figaro et qui
a été publiée en « diffusion restreinte »
dans sa revue trimestrielle. « L’analyse
des actes commis, tentés et déjoués depuis
janvier 2015 montre que les individus présentant des troubles psychologiques sont
aujourd’hui surreprésentés, assurent les
policiers spécialisés. Cette évolution
confirme que le phénomène de passage à
l’acte de la part d’individus présentant une
instabilité psychologique s’inscrit aujourd’hui comme une tendance lourde. » Datée
de novembre 2017 et d’une actualité toujours brûlante même si elle est en rapport
lointain avec les dernières affaires de
Lyon et de Paris, cette note l’affirme :
« Cumulant une forte réceptivité à la propagande bien huilée de Daech et une extrême sensibilité à un “effet Werther” entre-
tenu par une médiatisation accrue, cette
population psychologiquement perturbée
constitue aujourd’hui le vecteur majeur de
la menace endogène en France. »
Depuis 2012 et l’agression au couteau
d’un militaire par une « personnalité de
structure psychotique », l’Uclat observe
que « ce type d’actes est devenu récurrent
à tel point que le ministre de l’Intérieur
chiffrait à 30 % le nombre des cas pathologiques au mois d’août dernier ». « De son
côté, le monde de la psychiatrie dans son
ensemble qualifiait d’“amalgame” les liens
tissés entre terrorisme et psychiatrie »,
précise la note mentionnant le psychanalyste Fethi Benslama, pour qui « selon les
études internationales, entre 4 % et 7 %
des radicalisés violents présentaient des
troubles psychiques ». S’ils concèdent que
« définir la folie et la quantifier au mieux
au regard des actes terroristes constituent
des enjeux de taille pour des policiers peu
accoutumés aux vocabulaires de la médecine expertale », les policiers insistent sur
l’immensité du vivier potentiel.
«En France, 6 % de la population souffrirait d’un trouble psychique et […] 27 %
Nouvelles attaques
à l’arme blanche à Paris
ALORS que la situation s’aggrave
en France sur le plan des violences, faut-il s’attendre à une recrudescence d’attaques à l’arme
blanche ?
Lundi, à Paris, un homme a été
interpellé, rue de la Roquette
(XIe arrondissement). Il est soupçonné d’avoir porté des coups de
ciseaux à la gorge d’un postier et
d’avoir également blessé un passant. Cette agression intervient
au lendemain d’une série d’attaques au couteau, qui a fait sept
blessés, dont quatre graves, le
long du canal de l’Ourcq
(XIXe arrondissement). Un homme a été interpellé dans cette affaire et placé en garde à vue. Il
portait sur lui des papiers le présentant comme un ressortissant
afghan, mais une vérification du
fichier des empreintes digitales
était en cours lundi pour tenter
une identification plus formelle.
S’il a été interpellé par un équipage de la brigade anticriminalité
(BAC), c’est la foule qui a maîtrisé
et désarmé cet Afghan « présumé », né, selon ses papiers, en
1987. Était-il en état de démence
lorsqu’il a décidé de frapper les
passants, dont deux Britanniques,
apparemment au hasard ? « Rien
ne permet à ce stade de retenir le
caractère terroriste de ces agressions », ont d’emblée fait savoir
les autorités. Les faits se sont déroulés peu avant 23 heures, près
du cinéma MK2.
Raphaël était de ceux qui sont
intervenus. Il témoigne pour Le
Figaro : « Je jouais aux boules près
du MK2. J’ai entendu une fille crier.
J’ai vu un homme par terre en pleine
convulsion, du sang giclant de son
crâne. Mon oncle Olivier a couru
avec plusieurs personnes en direction de l’agresseur qui s’enfuyait. Il
l’a atteint en lui lançant une boule
dans la tête. Mais l’homme a continué à courir et s’en est pris à deux
Anglais dans une rue. Puis il est revenu vers le MK2. Mon oncle m’a
crié : “Chope-le !” J’ai lancé mon
casque de scooter. L’agresseur a
titubé, s’est relevé, puis d’autres
gens sont arrivés. Une personne l’a
désarmé avec une sorte de palette
en bois. Et puis tout le monde lui est
tombé dessus. Il était conscient
quand la police est arrivée. »
Un couteau
« de 25-30 cm »
Un vigile du MK2 déclare, pour sa
part que l’agresseur avait aussi
une barre de fer en main et qu’il
l’a jetée sur ses poursuivants,
avant de sortir son couteau « de
25-30 cm ».
Acte de démence d’un « réfugié
afghan » ou acte prémédité ? Dans
son témoignage, Raphaël nous
précise : « Ce qui nous a paru bizarre avec mon oncle, c’est que le
couteau était tout neuf. Il portait
même encore son étiquette, comme
s’il venait d’être acheté… »
Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a salué dans un
communiqué « la grande réactivité et le courage dont ont fait preuve
plusieurs citoyens » lors de ces
agressions. ■
J.-M. L.
+
» Lire aussi PAGE 18
de la population serait touchée par une détresse psychologique en réaction à une situation éprouvante ou à des difficultés
existentielles. » « Si la quête narcissique
de reconnaissance apparaît comme un catalyseur puissant chez de nombreux terro-
“
La quête narcissique
de reconnaissance apparaît
comme un catalyseur
puissant chez de
nombreux terroristes
LA NOTE DE L’UCLAT
”
ristes », l’Uclat considère qu’« il est rare
de diagnostiquer chez [eux] des pathologies psychiatriques au sens strict du terme
telle que les schizophrénies ». « Cette analyse semble confortée par quelques études
de cas », assure la note qui évoque Mohamed Merah, Amedy Coulibaly et Mehdi
Nemmouche : « Ils ont manifesté une volonté de reconnaissance médiatique exacerbée (Merah, Coulibaly), ont tous trois
développé leur religiosité en milieu carcé-
Alexandre Dhaussy,
l’homme qui a poignardé
un militaire à la Défense,
le 25 mai 2013,
est escorté par
un policier de la brigade
de recherche
et d’intervention (BRI),
le 29 mai 2013
à Paris. Il a finalement
été déclaré
irresponsable
pénalement,
en raison de son état
psychiatrique.
ÉRIC FEFERBERG/AFP
L’homme qui s’est
introduit, lundi, sur
les pistes de l’aéroport
Lyon-Saint-Exupéry
circulait à bord d’une
Mercedes volée,
immatriculée
au Luxembourg
(à droite). LYONMAG
ral, ont été placés en foyer (Merah, Nemmouche), avant d’être orientés dans des filières professionnelles et d’interrompre
leur cursus (Merah, Coulibaly). »
Pour mieux repérer les profils dangereux, l’Uclat insiste sur la nécessité d’un
« secret partagé entre praticiens de la santé mentale et services spécialisés de police
ou de renseignement ». Mais en matière
de détection de radicalisés connus pour
troubles psychiques, l’étude de l’Uclat
n’hésite pas à évoquer « une collaboration
délicate et pas toujours fructueuse d’une
part non négligeable de praticiens de la
santé mentale avec les services spécialisés » et note que « l’opposition du secret
médical pose un problème de poids aux
services de police et un dilemme chez de
nombreux médecins ». L’Uclat estime
pourtant qu’un médecin peut se délier de
ce secret. Et de citer notamment deux articles du Code pénal, le premier punissant
toute personne « qui s’abstient volontairement » d’empêcher « par son action
immédiate » un crime ou délit avec atteinte à l’intégrité corporelle et un second
autorisant les médecins à informer les
préfets « du caractère dangereux pour elles-mêmes ou pour autrui des personnes
qui les consultent et dont elles savent qu’elles détiennent une arme ou qu’elles ont manifesté leur intention d’en acquérir une ».
L’Uclat constate toutefois « une amélioration notable des échanges », avec la
création de « référents régionaux radicalisation » et de « conférences de sensibilisation ». Mais des inquiétudes demeurent
dans le monde médical notamment après
la prise récente d’un décret demandant
aux agences régionales de santé de communiquer aux préfets l’identité des personnes hospitalisées d’office. En conclusion, l’Uclat tient à souligner que « le
crime politico-religieux ne détient pas le
monopole de la “folie” » même si « le prisme de la “folie terroriste” est en vogue ».
« La dimension psychologique du passage à
l’acte, note l’étude, est manifeste aussi bien
de la part » de terroristes que de criminels
de droit commun, « les deux présentant
souvent un profil commun ». Mais, conclut
la note, « le suivi des individus radicalisés
connus pour des fragilités psychologiques
n’en demeure pas moins fondamental ». ■
Un homme lance sa voiture
sur le terminal 1 de l’aéroport de Lyon
JEAN-MARC LECLERC £@leclercjm
UN « PROFIL PSY ». L’homme qui a
été interpellé ce lundi, en fin de
matinée, par les forces de l’ordre,
alors qu’il s’était introduit sur les
pistes de l’aéroport Lyon-SaintExupéry avec sa voiture, ne présente pas le profil type d’un terroriste. En analysant son mode
opératoire, ses antécédents, les enquêteurs ne trouvaient rien ce lundi
qui puisse attester qu’il ait voulu
mettre à exécution un projet terroriste bien réfléchi. Et ce, même s’il a
crié « Allah akbar » dans le feu de
l’action, se prétendant également,
selon des sources policières, « messager de Dieu ».
L’affaire évoque donc, pour
l’instant, un scénario assez similaire à celui de l’exalté qui, à Trappes
(Yvelines), le 23 août dernier, a poignardé plusieurs personnes dans
une bouffée de démence, tuant sa
mère et sa sœur. Lui aussi avait crié
« Allah akbar ». Et il était, pour sa
part, fiché comme islamiste radical
par la police. Selon Beauvau, donc,
si bien des djihadistes sont des fous,
tous les fous qui se réclament d’Allah ne sont pas des terroristes.
Maîtrisé avec un tonfa
Lundi, en tout cas, en région lyonnaise, c’est bien un « barbu » - au
dire des policiers - qui a semé la panique. Sa voiture a franchi les barrières de sécurité de l’aéroport. Elle
a réussi à s’introduire sur les pistes
après avoir notamment traversé
deux portes vitrées du terminal 1.
L’aéroport a dû provisoirement fermer, tous les vols étant alors déroutés. Il a rouvert dans l’après-midi.
L’homme circulait à bord d’une
Mercedes immatriculée au Luxembourg. Ce véhicule avait
auparavant été signalé circulant à
grande vitesse et à contresens sur
plusieurs dizaines de kilomètres
depuis l’Ain, sur l’A46 et l’A42.
Il a d’abord été repéré dans la
matinée par des CRS. Il fonçait vers
l’aéroport d’aviation d’affaires de
Bron, en tentant vainement
d’écraser des personnes sur son
passage. Puis il s’est dirigé vers La
Part-Dieu, essayant là aussi de
percuter des passants. Sans succès.
Enfin, il a repris sa course vers
l’aéroport Saint-Exupéry. Se dirigeant vers les pistes, il a essuyé les
tirs de quatre policiers qui cependant n’ont pu l’atteindre, puis d’un
gendarme qui l’aurait également
raté. C’est finalement un adjoint de
sécurité qui est parvenu à le maîtriser avec son tonfa (bâton de défense). Le suspect a été arrêté.
Il n’y avait pas d’engins explosifs
dans le véhicule qui a été volé. Un
employé, qui travaillait dans une
nacelle au moment où la voiture
traversait l’aérogare, a été légèrement blessé.
Le procureur Marc Cimamonti a
indiqué que le conducteur fou est
d’abord parvenu à rentrer sur les
pistes de l’aéroport de Lyon-Bron
avant d’être pris en chasse par
une patrouille de la brigade anticriminalité, jusqu’à l’aéroport de
Saint-Exupéry. Âgé de 31 ans,
l’homme ne serait ni fiché ni
connu des services de police, mais
il aurait des antécédents psychiatriques. La PJ de Lyon enquête. Le
parquet local a ouvert une enquête de flagrance notamment pour
tentative de meurtre « en bande
organisée ». D’autres arrestations
sont à prévoir… ■
A
CHRISTOPHE CORNEVIN £@ccornevin
ET JEAN CHICHIZOLA
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 11 septembre 2018 LE FIGARO
12
SOCIÉTÉ
Un rapport préconise d’armer
les policiers municipaux
EN BREF
Attentat raté près de
Notre-Dame : le commando
renvoyé aux assises
Cinq femmes djihadistes
présumées, ainsi que leur
inspirateur, Rachid Kassim,
propagandiste du groupe État
islamique probablement mort en
Irak, ont été renvoyés aux assises
dans l’enquête déclenchée en
septembre 2016 par un attentat
raté à la voiture piégée, près
de Notre-Dame de Paris.
C’est l’une des 70 mesures chocs soumises, ce mardi, au ministre de l’Intérieur.
CHRISTOPHE CORNEVIN £@ccornevin
SÉCURITÉ Bien conscient que la sécurité
du pays ne peut reposer sur les seules
épaules des 250 000 policiers et gendarmes qu’il a sous ses ordres, le ministre de
l’Intérieur, Gérard Collomb, entend miser davantage sur les 160 000 agents de
sécurité privée et les 30 000 policiers municipaux. Mandatés en février dernier, les
députés (LaREM) Jean-Michel Fauvergue, ancien patron du Raid, et Alice
Thourot, avocate, lui remettent ce mardi
70 propositions pour définir le cadre d’un
nouveau « continuum de sécurité ».
JEAN -MICHEL TURPIN/LE FIGARO MAGAZINE
Jean-Vincent Placé
condamné pour violences
les policiers municipaux
u Tous
avec un pistolet à la ceinture
Rendre l’armement obligatoire pour tous
les policiers municipaux, sauf décision
contraire du maire, est l’une des mesures
les plus spectaculaires préconisées par le
rapport. Inversant la règle actuelle, selon
laquelle les agents de la ville ne sont pas
armés sauf si le maire le demande, cette
idée risque de se retrouver au cœur d’un
âpre débat politique. Elle est en tout cas
portée par un mouvement de fond sur le
terrain : 48 % des « municipaux » sont
déjà dotés d’une arme de poing, contre à
peine 25 % il y a dix ans. Le rapport propose aussi qu’ils aient accès « dans des
conditions très limitées » au Fichier des
personnes recherchées (FPR) et au Fichier des objets et voitures volées (Foves). Ce qui est accueilli avec scepticisme
par certaines autorités qui invoquent le
respect de la « confidentialité des fichiers ». Alors que les maires pourraient
voir leurs pouvoirs élargis à la fermeture
d’établissements dans leurs communes,
les policiers municipaux, eux, seraient
invités à intervenir face à des cas d’ivresse manifeste sur la voie publique ou de
consommation de stupéfiants. « Cela
n’est pas une mince affaire, note un fonctionnaire, puisque cela suggérerait qu’ils
Une patrouille de la police municipale de Béziers. 48 % de ces agents sont déjà dotés d’une arme de poing, contre 25 % il y a dix ans.
disposent de geôles adaptées et, surtout,
d’un inédit pouvoir de contrainte par
corps ». Également équipés de caméras
« piéton » et susceptibles d’agir au sein
de « polices intercommunales », ils pourraient être formés dans une école nationale qui reste à bâtir.
agents de sécurité portant
u Des
tous le même uniforme
Mesure gadget ? Le rapport propose,
comme cela se pratique dans certains
pays européens, de « rendre obligatoire le
port d’un uniforme spécifique et identique » pour les 160 000 agents privés de
sécurité. Il suggère aussi de « faciliter les
modalités d’équipement » en pistolets
électriques de type Taser. Pour crédibiliser ce secteur longtemps caricaturé, les
agents de sécurité pourraient subir des
« enquêtes de moralité plus approfondies », disposer de cartes professionnelles
sécurisées et avoir la possibilité d’intervenir aux « abords des lieux dont ils ont la
responsabilité ». Une mesure expérimentée au profit des bijoutiers parisiens.
coordination simplifiée
u Une
à l’échelle locale
Outre la favorisation de passerelles entre
les acteurs de la sécurité, notamment en
supprimant la limite d’âge permettant de
présenter les concours d’entrée dans la
police et la gendarmerie nationales, le
rapport prône l’adoption du concept de
« bassin de vie » comme nouveau périmètre de référence, dépassant le cadre
communal parfois inadapté ou obsolète
en matière de lutte contre l’insécurité.
Par ailleurs, le rapport émet l’idée de
« bâtir une filière complète et intégrée des
métiers de la sécurité, de la classe de 3e
(CAP-BEP) » jusqu’au BTS, pour offrir un
cursus complet. Enfin, les députés de-
mandent de « revaloriser le rôle et le positionnement des directeurs de la sécurité
dans les entreprises », en leur offrant notamment la possibilité de lire des documents « confidentiel-défense » en lien
avec leur activité. ■
L’ex-secrétaire d’État JeanVincent Placé a été condamné
lundi à Paris à trois mois de prison
avec sursis et 1 000 euros
d’amende pour violences et
outrages, lors d’une soirée
alcoolisée en avril dans la
capitale. Il avait été interpellé
ivre à la sortie d’un bar du
VIe arrondissement parisien,
dont il venait d’être expulsé par
un videur après un incident
avec une cliente.
Des militants vegan
condamnés
Quatre militants de la cause
animale et un photographe
ont été condamnés lundi
à des amendes allant jusqu’à
3 000 euros par le tribunal
correctionnel de Versailles pour
s’être introduits illégalement en
avril dans un abattoir porcin à
Houdan (Yvelines).
Démantèlement
d’une ZAD proche
de Strasbourg
Plus de 500 gendarmes ont expulsé lundi des
opposants au chantier d’une rocade autoroutière.
STÉPHANE KOVACS £@KovacsSt
Course/Marche
contre le Cancer du Sein au profit de
Paris
Hippodrome de Vincennes
Dimanche 7 O ctobre
. 10 Km Course Chronométrée
. 5 Km Course/Marche Non Chronométrée
Samedi 6 Octobre
A
. 1 Km “Je cours pour Maman”
. 5 Km Marche Solidaire
ENVIRONNEMENT « Aux arbres, citoyens ! » C’est aux premières lueurs du
jour que 518 gendarmes se sont attaqués
lundi à coups de tronçonneuses aux barricades de fortune, faites de bois et de
pneus, que les zadistes avaient érigées sur
la route départementale 93, près de
Strasbourg. Les opposants « accrobranchés », qui s’étaient attachés dans des arbres, ont été ramenés à terre. Et en milieu
de matinée, au terme d’une opération
éclair, quelque 150 zadistes, riverains et
élus qui tentaient d’empêcher le démarrage du chantier d’une rocade autoroutière ont été évacués, sans dommages.
En dépit d’une série d’avis négatifs de
plusieurs autorités environnementales, le
préfet de la région Grand Est et du BasRhin, Jean-Luc Marx, avait donné fin
août son feu vert définitif à la construction, par une filiale du groupe Vinci et la
Sanef, de ce contournement autoroutier
de 24 kilomètres. « Des prescriptions environnementales particulièrement exigeantes ont été édictées pour réaliser ce
projet d’aménagement indispensable au
territoire », se justifie la préfecture. Le
grand contournement ouest de Strasbourg (GCO), évoqué dès les années 1970,
régulièrement abandonné avant d’être
relancé à la fin des années 1990, a pour
but de délester l’autoroute A35 en absorbant le trafic du nord au sud de l’Alsace.
Un chantier à 593 millions d’euros.
Un « projet d’un autre âge »
Comme ils l’avaient prévu en cas d’intervention des forces de l’ordre, les militants qui montaient la garde ainsi que le
pasteur de Kolbsheim, commune sur laquelle la « zone à défendre » (ZAD) était
installée depuis près d’un an, ont sonné le
tocsin. « Ce samedi, on était 5 000 personnes à la marche pour le climat, raconte
Dany Karcher, le maire de Kolbsheim.
Une délégation a demandé au préfet qu’on
reporte, a minima jusqu’à vendredi, les
éventuels travaux, le temps que tous les recours judiciaires aient été jugés. C’est un
projet inutile, car il ne désengorge ni Strasbourg ni l’Alsace. Pire : les Allemands
n’attendent que le GCO pour poursuivre
l’autoroute vers Karlsruhe. C’est une avalanche de poids lourds qui déferlera sur
l’Alsace ! » La députée LaREM du BasRhin Martine Wonner réclame également
Lundi, peu après l’évacuation de la ZAD
de Kolbsheim. FREDERICK FLORIN/AFP
un moratoire : « c’est bien le béton, les
poids lourds et la pollution qui auront raison de la biodiversité et de la santé de nos
enfants », déplore-t-elle.
Les détracteurs de ce « projet d’un
autre âge » ont déposé de nombreux recours au fil des ans, soulignant qu’il entraînera la consommation de nombreuses
terres agricoles et la mise en danger de la
faune. « Plus de 50 ha de forêts, 140 ha de
zones humides, des dizaines d’espèces protégées comme le grand hamster d’Alsace
ou le chat forestier… on est face au projet le
plus destructeur de biodiversité en Alsace
depuis plus de 20 ans », s’émeut Stéphane
Giraud, directeur d’Alsace Nature. « On
craint que le tribunal nous donne raison un
jour, mais le mal aura été fait, soupire
Dany Karcher. La forêt aura été dévastée
et le viaduc amputera une partie des jardins en terrasse du château de Kolbsheim,
l’un des plus beaux de la région ».
De Notre-Dame-des-Landes ou d’ailleurs, des zadistes se tiennent prêts à rejoindre les lieux. « Si demain l’Alsace voit
arriver des gens beaucoup moins non-violents que nous… », grince Stéphane Giraud. En attendant, le nouveau ministre
de l’Écologie, François de Rugy, a indiqué
à l’AFP qu’il allait « continuer à regarder
ce dossier important qui permet de supprimer une autoroute pénétrante, l’A35, qui
traverse le cœur de Strasbourg ». Avant
d’aller « dialoguer avec les personnes sur
place, dans les jours ou les semaines qui
viennent ». ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mardi 11 septembre 2018
SCIENCES
13
La difficile
prévention
du suicide
chez les soldats
Un tiers des militaires américains faisant une
tentative de suicide n’a aucun antécédent
identifié de difficultés psychologiques.
DAMIEN MASCRET £@dmascret
ÉTUDE Plus d’un soldat américain sur
trois qui tente de se suicider n’a aucun
antécédent connu de problème mental,
selon une vaste étude publiée la semaine
dernière dans la revue JAMA Psychiatry.
Un chiffre important, même s’il est encore supérieur dans la population générale, où c’est le cas d’une personne sur
deux. On s’attend évidemment à une
meilleure détection du risque de suicide
parmi les soldats, qui sont soumis à une
pression psychologique considérable.
Ce travail a été conduit sous la direction du professeur de psychiatrie et de
neurosciences Robert Ursano, du Centre d’étude du stress traumatique à
l’université des sciences de la santé de
Bethesda (États-Unis). Avec ses collègues, le Pr Ursano a décortiqué
9 650 tentatives de suicide effectuées
par des soldats entre 2004 et 2009, et a
comparé les profils médico-administratifs selon qu’il existait ou non un
trouble mental préalable. La définition
de trouble mental était ici très large,
puisqu’il suffisait d’avoir rencontré des
difficultés psychologiques, par exemple
d’ordre conjugal, pour être concerné.
Parmi les soldats ayant fait une tentative de suicide et n’ayant pas d’antécédent psychologique, les auteurs
identifient certains facteurs de risque,
notamment être une femme (risque
Un ancien soldat, en état post-traumatique, se recueille lors du Memorial Day dans le cimetière national de Houston.
multiplié par 2,6), avoir un niveau
d’études - équivalent bac - inférieur
(× 1,9), ou être dans sa première année
en opération (× 6). Des facteurs de risque que l’on retrouve aussi, mais de façon moins marquée, dans le groupe des
soldats ayant déjà présenté des difficultés psychologiques. Ces résultats ne
surprennent pas le Pr Patrick Clervoy,
médecin psychiatre, professeur agrégé
du Val-de-Grâce et coauteur de Traumatismes et blessures psychiques (Médecine Sciences Publications, 2016). « Les
militaires tendent à cacher leurs symptômes pour ne pas paraître faibles et ne pas
compromettre leurs aptitudes et leurs
espérances de carrière, explique-t-il au
Figaro (voir encadré). Les Américains
Au moins 5 % des conjoint(e)s de militaires en dépression
Les conjoints(e)s de soldats ne sont
pas épargnés : 4,9 % souffrent de
dépression majeure caractérisée, selon
une étude américaine publiée le 13 août
dernier dans la revue Depression and
Anxiety. Une « estimation basse »,
portant sur 7 863 femmes et 1 175
hommes. « Nous, les épouses, sommes
des dommages collatéraux », explique
au Figaro Mercedes Crépin, dont
le mari, ancien légionnaire, souffre
d’un état de stress post-traumatique
(ESPT). « Soit parce que l’on ne sait pas
pourquoi notre homme est transformé,
car il ne dit pas qu’il souffre ; soit parce
que même si le diagnostic a été fait, on
n’est soi-même pas assez forte pour
l’aider, l’accompagner. » Très engagée
sur les réseaux sociaux auprès des
proches de soldats souffrant du même
syndrome, elle concède que « ces deux
dernières années, d’énormes progrès
ont été faits en France, tant au niveau
de la cellule Écoute Défense
(08 08 800 321), ouverte au soldat
et à sa famille, que dans la rapidité du
traitement des dossiers d’invalidité. »
Son espoir est maintenant que les
militaires atteints d’ESPT puissent,
comme les victimes d’attentat,
bénéficier de la prise en charge de
soins habituellement non remboursés
(EMDR, hypnose, etc.).
D. M.
Probable retour d’El Niño en fin d’année
Ce phénomène qui prend sa source dans le réchauffement des eaux de surface du Pacifique équatorial
pourrait revenir fin 2018, avec une probabilité de 70 %, selon l’Organisation météorologique mondiale.
MARC CHERKI £@mcherki
MÉTÉOROLOGIE Parfois dévastateur,
provoquant inondations, pluies intenses
ou sécheresses dans le monde, le phénomène récurrent El Niño a 70 % de
chances de revenir à la fin de 2018, a indiqué l’Organisation météorologique
mondiale (OMM), le 10 septembre.
L’agence des Nations unies révise tous
les trois mois sa prévision. Car « la prédiction la plus précoce possible de cet événement pourra aider à sauver de nombreuses vies et à limiter de considérables
pertes économiques », explique Petteri
Taalas, secrétaire général de l’OMM. De
plus, les années où El Niño sévit sont généralement plus chaudes que la moyenne, à l’échelle de la planète.
Le phénomène « El Niño apparaît à la
suite d’une recharge en chaleur de
l’océan dans le Pacifique Ouest, jusqu’à
300 mètres de profondeur. Cette chaleur
se déplace vers l’est du Pacifique où elle
remonte en surface et contribue à affaiblir
les alizés », rappelle Éric Guilyardi, directeur de recherche CNRS à l’Institut
Pierre-Simon Laplace. Pour prévoir ces
mouvements qui ont parfois des conséquences à de très longues distances, les
scientifiques mesurent la température
de l’eau par satellite et au moyen d’observations sur site. Lors du fort épisode
de 2015-2016, la Nasa avait utilisé les
données du satellite Jason-3, lancé avec
l’agence européenne Eumetsat et
l’agence spatiale française (Cnes), pour
anticiper un phénomène de forte ampleur, en mesurant la hausse du niveau
de la mer liée en partie à la dilatation de
la colonne d’eau, plus chaude que d’habitude. « Le satellite Jason-3 ne donne
pas à ce stade un signal très clair lié à la
température de l’océan pour la zone
équatoriale du Pacifique Ouest », précise
François Montagner, directeur des applications marines à Eumetsat.
“
d’ici à décembre 2018. La hausse de la
température des eaux de surface dans la
zone centrale et est du Pacifique devrait
se situer « entre 0,6 °C et 1,2 °C au-dessus de la moyenne », précise l’OMM.
« Statistiquement, il y a peu de chances
que l’épisode El Niño de l’hiver 20182019 soit de forte ampleur. Mais il n’existe pas deux phénomènes El Niño qui se
ressemblent. Pendant le fort épisode de
2015-2016, les impacts majeurs attendus
pour le Chili et le Pérou ont été moins importants que prévu », rappelle Éric
Guilyardi. Enfin, des ONG utilisent les
prévisions saisonnières des chercheurs
pour anticiper des catastrophes humanitaires, comme des famines en Afrique
de l’Est. Dans le cas où El Niño serait de
grande ampleur, de fortes pluies sont à
y redouter. ■
HANSON/AP
ont tenté de changer cette culture et nous
nous en sommes inspirés en France. Ils
ont lancé plusieurs campagnes entre
2007 et 2010, ajoute-t-il. Pour résumer,
il s’agit de faire accepter qu’avoir des
idées suicidaires n’est pas un signe de
faiblesse, et que pouvoir en parler est un
signe de courage. » Les auteurs de l’étude américaine ajoutent qu’« il est probable que beaucoup de ces soldats aient
eu des troubles mentaux non détectés ».
Fragilité sociale
Mais, pour le Pr Clervoy, le principal
enseignement est que le suicide peut
survenir chez des gens en bonne santé
mentale apparente, « même ceux qui
sont bien sélectionnés et bien entraînés
comme le sont les militaires ! ».
Le taux de mortalité des militaires par
suicide, longtemps moins élevé que
dans la population générale, s’en rapproche de plus en plus. En 2016, il atteignait aux États-Unis 17 décès pour
100 000 soldats d’active, ce qui est similaire au taux des Américains âgés de 17 à
59 ans (17,3 pour 100 000). En France
métropolitaine, le taux de mortalité par
suicide est estimé, selon l’Observatoire
national du suicide, à 16,7 pour
100 000 habitants, tous âges confondus.
« Le taux de suicide pour 100 000 militaires diminue sensiblement de 2011 à 2014,
passant de 23,4 à 14,8 avant de repartir à
la hausse. Il atteint 16,8 en 2016 », détaille le 11e rapport du Haut Comité
d’évaluation de la condition militaire
(novembre 2017).
Pour le Pr Clervoy, « c’est le tribut
payé à la fragilité sociale à laquelle ils
sont exposés du fait des absences répétées pour des opérations de longue durée
(cela a été jusqu’à quinze mois pour les
militaires américains en Irak – en général
six mois pour les armées françaises – et
des missions qui se répètent tous les deux
ou trois ans), de l’usure émotionnelle et
morale liée aux épreuves traversées ».
Un lourd tribut. ■
Il n’existe pas
deux phénomènes El Niño
qui se ressemblent
”
ÉRIC GUILYARDI, DIRECTEUR DE RECHERCHE
CNRS À L’INSTITUT PIERRE-SIMON LAPLACE
En plus des données par satellites,
« nous utilisons un réseau de bouées in
situ dans la zone équatoriale du Pacifique, entre 8° nord et 8° sud, qui donnent
des informations sur la température de
l’océan, les courants, la salinité de l’eau
et le vent en surface », ajoute Éric
Guilyardi. Actuellement, un affaiblissement des alizés dans le Pacifique Ouest
est mesuré. « C’est l’un des deux facteurs principaux, avec la température de
l’océan, qui permet de prévoir la survenue d’un épisode El Niño. »
À l’aide de ces mesures, 70 % des
modèles numériques tablent sur un retour d’un El Niño « d’effet modéré »
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PRÉVISIONS DE TEMPÉRATURES MOYENNES DE L’AIR À LA SURFACE (août 2018)
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mardi 11 septembre 2018 LE FIGARO
14
SPORT
Pourquoi les Bleus peuvent continuer à rêver en grand
L’équipe de France, après une rentrée des classes réussie, possède les armes pour surfer sur son sacre mondial.
BAPTISTE DESPREZ ET GUILLAUME LOISY
£@Batdesprez @Guiloisy
CHARLES PLATIAU/REUTERS
du Mondial
u L’esprit
plus que jamais présent
Antoine Griezmann et Kylian Mbappé
fêtent avec les supporters français,
dimanche soir à Saint-Denis, la victoire
des Bleus au Mondial russe.
Il y a des signes qui ne trompent pas. Le
but de Giroud contre les Pays-Bas après
74 minutes délicates (2-1), la hargne et la
solidité affichées contre l’Allemagne
(0-0) ou l’intransigeance de résultat de
Deschamps pour exister en Ligue des nations, cette nouvelle compétition que
personne ne comprend et qui offre des
matchs amicaux déguisés. Les Bleus ont
réussi leur rentrée, entre plaisir et
euphorie, partage et détermination. Des
ingrédients vus en Russie et qu’il fait bon
de retrouver, malgré des états de fraîcheur différents et un été un poil court
pour retaper des organismes fatigués.
Pour couronner le tout, la fête fut grande
et la communion totale au Stade de Fran-
ce, dimanche, remisant à la cave l’accroc
des Champs-Élysées. En une semaine, le
bilan s’avère idyllique.
champions amenés
u 23
à (presque) tous durer
Le choix du roi. Avec un groupe inchangé,
en dehors des blessures de Lloris et Mandanda, Didier Deschamps possède un effectif qui a les armes et le talent pour exister
dans la durée. En ayant fait le pari de la jeunesse, avec le risque d’inexpérience que
cela comportait, « DD » possède désormais
le luxe de faire vivre et surtout grandir un
ensemble à la marge de progression conséquente. C’est aussi une des raisons pour
lesquelles il est encore là. Assoiffé de titres
et de succès, le sélectionneur sait mieux
que personne l’or qu’il possède entre ses
mains. « Plus le noyau dur des 23 sera conséquent, mieux ce sera pour moi », avoue-t-il
en réponse à une éventuelle ouverture lors
du prochain rassemblement. Le titre de
champion du monde ne donne malgré tout
pas droit à une immunité totale. Les joueurs
le savent. En cas d’écart, Deschamps sera là
pour le leur rappeler.
malin sur le terrain de la communication
avec une photo publiée lundi sur les réseaux sociaux, où on le voit poser tout sourire avec la coupe aux côtés de Mbappé.
Histoire de couper court aux rumeurs de
rivalité naissante entre les deux candidats
au Ballon d’or.
duo d’avenir
u Griezmann-Mbappé,
Co-meilleurs buteurs de l’équipe de
France au Mondial (4 buts chacun), Antoine Griezmann et Kylian Mbappé forment
aujourd’hui un duo sans équivalent dans le
foot de sélection. Avec ces deux-là, la
France possède une force de frappe redoutable. Et si la connexion entre les deux
cracks a souvent manqué de fluidité en
Russie – ce fut encore le cas en Allemagne,
jeudi dernier, avec seulement 8 ballons
échangés -, « Grizou » et le petit prince de
Bondy ont affiché une belle complicité en
première période face aux Pays-Bas. Avec
le Madrilène dans le rôle du meneur-distributeur et le Parisien dans celui du bolide
perce-muraille. Une entente à parfaire.
« On a très peu de matchs pour jouer ensemble. C’est à moi de travailler sur ses appels,
sur ce qu’il aime », estime Griezmann, aussi
une source de motivation
u L’Euro,
toute trouvée
Blaise Matuidi l’a dit dans les couloirs du
Stade de France : « La fête est finie. » Pour
autant, les 23 champions du monde ne sont
sans doute pas près de redescendre de leur
nuage. À eux de ne pas baisser le pied au
cours d’un calendrier qui pourrait leur paraître bien fade (Ligue des nations et amicaux) avant le début officiel des qualifications à l’Euro 2020, en mars prochain. La
perspective de réussir un formidable doublé Coupe du monde-Championnat d’Europe devrait suffire à les motiver. Didier
Deschamps, auteur d’un tel exploit en 98
et 2000, sera le guide parfait. ■
Novak Djokovic,
le magistral
retour
vers le futur
Novak Djokovic après sa victoire
contre Juan Martin Del Potro en finale
de l’US Open, dimanche à New York.
tiemment reconstruit. Sur et loin des
courts. Inspiré notamment par la montagne Sainte-Victoire, près d’Aix-en-Provence, qui inspira Paul Cézanne : « J’ai pris
conscience de beaucoup de choses après Roland-Garros. J’étais vraiment très, très, très
déçu de ma performance. J’ai dû me déconnecter. Je suis allé randonner dans les montagnes françaises avec ma femme. On s’est
un peu isolés, pour prendre une perspective
différente. » Le Serbe a ensuite remporté 26
des 28 matchs qu’il a disputés.
Longue introspection
Vainqueur de Wimbledon puis
de l’US Open contre Del Potro, le Serbe
est redevenu la terreur du circuit.
TENNIS Come-back. Le monde du tennis
croyait avoir tout vu avec les renaissances
de Roger Federer (en 2016), puis de Rafael
Nadal (en 2017). Avant d’accompagner,
entre surprise et délice, le retour au premier plan de Novak Djokovic. Lui qui à
son retour sur les courts, en début d’année, avait en cinq mois péniblement enregistré six victoires en douze matchs… Djokovic, revenu de si loin. « Si vous m’aviez
dit en février, quand j’ai été opéré (du coude
droit), que j’allais gagner Wimbledon, l’US
Open et Cincinnati, j’aurais eu du mal à y
croire… » a soufflé, stupéfait, le vainqueur
à Flushing Meadows, qui a ligoté le coup
droit dévastateur de Juan Martin Del Potro
6-3, 7-6 (7/4), 6-3 en 3 h 18. Le glorieux
revenant pointe à la troisième place mondiale derrière Roger Federer et Rafael Nadal, lui qui était encore 22e en juin dernier
(il n’aura pas le moindre point à défendre
durant l’automne, contrairement à ses
deux rivaux).
Sacré à New York pour la troisième fois,
Novak Djokovic a coiffé une quatorzième
couronne mondiale qui lui permet de
s’asseoir aux côtés de Pete Sampras (devant Björn Borg, onze, Ivan Lendl huit).
« Pete Sampras est une des légendes du jeu.
Il était mon idole d’enfance. La première
chose que j’ai vue à propos de tennis, c’était
un de ses premiers titres à Wimbledon. Ça
veut dire quelque chose d’être à égalité avec
lui au nombre de Grand Chelem. J’ai grandi
en espérant faire ce qu’il faisait et être là
aujourd’hui… C’est un rêve devenu réalité », a raconté le Serbe qui se trouve à
trois longueurs de Rafael Nadal, et à six titres de Roger Federer dans la hiérarchie
des joueurs les plus titrés. Depuis Wimbledon 2003 (premier sacre en tournoi
majeur de Roger Federer), le Suisse, l’Espagnol et le Serbe ont compilé 51 des 62
tournois de Grand Chelem disputés !
Djokovic, magistral retour. Dévasté
après sa défaite en quarts de finale à Roland-Garros contre la surprise italienne
Marco Cecchinato, Novak Djokovic (31
ans, professionnel depuis 2003) s’est pa-
STEVEN RYAN/AFP
JEAN-JULIEN EZVAN £@JeanJulienEzvan
Chabagny a joué la carte de l’option radicale
Le doyen de la Solitaire Urgo Le Figaro s’est détaché de la meute, lundi, avec un choix de route osé.
SERGE MESSAGER smessager@lefigaro.fr
A
À BORD DU BATEAU DE LA DIRECTION DE COURSE
VOILE Dès dimanche soir, à l’heure où
la flotte passait devant le cap Ortegal,
véritable entrée du golfe de Gascogne,
les choix de route pour rejoindre la
Vendée n’étaient pas marqués. De petits airs et une météo annonçant des
calmes avaient pourtant décidé le
gros de la troupe à longer dans un
premier temps les côtes espagnoles
pour aller chercher la pression. Frédéric Duthil (Technique Voile) en tête,
poursuivi par des chiens de défense
voulant préserver leur hégémonie au
classement général provisoire. Tels
Sébastien Simon (Bretagne-CMB Performance), Anthony Marchand (Groupe Royer-Secours Populaire), Xavier
Macaire (Groupe SNEF) ou encore
Charlie Dalin (Skipper Macif 2015).
Mais c’était compter sans une option
plus radicale. Celle de Thierry Chabagny (Gedimat) à la recherche d’une
voie plus rapide pour rejoindre SaintGilles-Croix-de-Vie, via la bouée
cardinale Les Chiens Perrins, dans
l’ouest de l’île d’Yeu.
L’arrivée de la troisième
étape à Saint-Gilles-Croixde-Vie est prévue
mercredi vers midi
Sans doute concentrés dans leur
transhumance par le Sud, imitant les
fameux moutons de Panurge, ses adversaires ferraillaient à bouche que
veux-tu et collés-serrés pour des
pouillèmes de milles gagnés vers le
but. Le leader après deux étapes, Sébastien Simon, restait concentré, lundi après-midi : « Nous ne sommes qu’à
mi-parcours. C’est agréable parce
qu’il fait beau, mais je trouve cela un
peu monotone. On fait du près, penché,
mais c’est très oscillant. Je m’attendais
à plus de houle et une mer plus rangée.
Là, c’est un peu fouillis et le bateau fait
un peu bouchon et tape. Les adversaires étant à l’attaque, cela devient un
peu compliqué de gérer tout le monde.
Il faut que je reste très mobilisé, sans
m’énerver. »
Xavier Macaire se posait, lui, quelques questions quant au choix fait la
veille : « C’est un très long bord. Actuellement il y a 12 nœuds de vent d’est.
À l’écoute du classement de ce matin, il
y a eu un petit doute. Avec mon groupe,
on est allés chercher rapidement une
bascule à droite. Donc, forcément, on
n’était pas en route directe vers le but.
C’est sûr que le bateau [celui de Chabagny, NDLR] ayant choisi de faire un
bord rapprochant était gagnant ce matin avec 20 milles d’avance. J’attends
impatiemment le classement de lundi fin
d’après-midi pour savoir si cela se resserre. Je pense être dans la bonne option
pour la traversée du golfe par l’est. »
Lors de la lecture du fameux classement de 17 heures, le doute grossissait
encore. Thierry Chabagny, le doyen
du plateau, avait conservé son avance
de 20 milles sur la meute. Ses plus
proches adversaires, Cécile Laguette
(Eclisse, à 10 milles) et Pierre Quiroga
(Espoir Cem.CS, à 13 milles) ayant
comme lui « optionné ». Charlie Dalin
pouvait réagir : « Vingt milles, ça paraît beaucoup. Maintenant, il va falloir
attendre quand nos routes vont se croiser. D’après mes calculs, il semble
qu’on serait assez proche à la bouée
Chiens Perrins avec Thierry. Comme
sur les prévisions, il y a plus de droite
que prévu, cela sera peut-être bon pour
nous. C’est à voir ! »
L’arrivée est espérée mercredi vers
midi. Mais qui sera le premier sur la
ligne à Saint-Gilles-Croix-de-Vie ? ■
Libéré. Après une longue introspection.
Relancé. Capable, porté par un physique
retrouvé, d’imposer son rythme sans faiblir, de quadriller le terrain à sa guise, de
tisser une toile solide. Avec méthode, précision. Accompagné par un regard qui a
chassé une mélancolie tenace pour laisser
brûler un feu longtemps éteint. Djokovic,
braqué sur le présent et non plus hanté par
sa splendeur passée : « Je ne veux pas comparer avec certaines années, je veux juste
être là, travailler dur et intelligemment. » Le
tube de l’été est prêt à relever le défi proposé par une nouvelle vague et par ses voisins
de palier, Rafael Nadal (blessé) et Roger Federer (parti éprouvé de New York) : « Les
matchs contre eux ont fait le joueur que je
suis aujourd’hui. J’ai le plus grand respect
pour ce qu’ils ont accompli. Pour moi, c’était
toujours le challenge ultime : jouer Nadal ou
Federer, n’importe où. Ils m’ont forcé à trouver comment évoluer et progresser, pour les
battre dans les moments les plus importants. » Ils lui ont donné l’envie de croire à
un retour au sommet. Le prochain tournoi
du Grand Chelem se tiendra en Australie
(du 14 au 27 janvier 2019) où le Serbe s’est
imposé à six reprises… ■
Finale simple messieurs : Djokovic (Ser/6) bat
Del Potro (Arg/3) 6-3, 7-6 (7/4), 6-3. Finale double
dames : Barty/Vandeweghe (Aus/E-U) battent
Mladenovic/Babos (Fra/Hong) 3-6, 7-6 (7/2), 7-6
(8/6). Simples juniors filles : Wang (Chi) bat Burel
(Fra) 7-6 (7/4), 6-2.
EN BREF
Football : Zidane compte
entraîner rapidement
Zinedine Zidane a ouvert la voie
à un prochain retour sur un banc
d’entraîneur en déclarant
qu’il comptait retrouver un poste
« bientôt ». Le Français avait
décidé de quitter le Real Madrid
à la surprise générale à la fin
de la saison dernière. Depuis,
des rumeurs l’envoient
à Manchester United, où José
Mourinho apparaît sur la sellette.
Le futur propriétaire
de Bordeaux devant la DNCG
Joseph DaGrosa, en passe
de devenir le propriétaire
des Girondins, a rencontré lundi
la DNCG, le gendarme financier
du foot français, notamment pour
discuter des garanties du projet.
Rugby : Michalak conseiller
multicartes à Lyon
L’ancien joueur sera désormais
conseiller du LOU, où
il interviendra notamment pour
le recrutement et la formation.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 11 septembre 2018
LE CARNET DU JOUR
Téléphone
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Vendredi ou samedi
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26 € à partir de 26 lignes
communications
SOS Chrétiens d'Orient
fête ses cinq ans !
L'association présente
depuis 2013 en Syrie, Irak,
Egypte, Jordanie, au Liban
et au Pakistan,
vous invite
le mercredi 12 septembre 2018,
à 20 heures,
à une messe solennelle
d'action de grâces célébrée par
le RP Louis-Marie de Blignières,
prieur de la Fraternité
Saint-Vincent-Ferrier,
en l'église Saint-Eugène,
4, rue Sainte-Cécile, Paris (9e).
La célébration sera
suivie d'un apéritif.
deuils
Sophie et Caroline Alloncle
ont la tristesse
de vous faire part
du décès de leur maman,
Anne ALLONCLE
survenu le 7 septembre 2018,
à l'âge de 66 ans.
Versailles.
Paris (5e).
Christine, Philippe et Florence,
ses enfants,
Alexandre, Julien, Charlotte,
Antoine, Victor, Luca et Ayla,
ses petits-enfants,
Marie-Aline Prat,
sa mère,
Emile et Louis Flobert,
ses fils,
Sébastien et Grégoire Prat,
ses frères,
ont la profonde tristesse
de vous faire part du décès de
l'ingénieur général
de l'armement
Jean-Marie BUSCAILHON
officier de la Légion d'honneur,
officier
de l'ordre national du Mérite,
survenu le 7 septembre 2018,
à l'âge de 88 ans, à Versailles.
La cérémonie religieuse
aura lieu
le mercredi 12 septembre,
à 15 heures,
en l'église de Scelles (Lot).
La Borie-Grande,
46320 Durbans.
17, allée de Haute-Grave,
33160 Saint-Aubin-de-Médoc.
60, rue de Fenouillet,
31200 Toulouse.
Anne Castelnau,
son épouse,
Éric, Hervé,
Isabelle, Marie-Laure,
ses enfants,
et leurs conjoints,
Alexandre, Nicolas, Maëlys,
Achille, Anatole, Antoine,
Côme, Clément, Cyprien,
Romain, Juliette, Martin
et Oscar,
ses 13 petits-enfants,
vous font part avec tristesse
du rappel à Dieu de
Jean-Louis CASTELNAU
chevalier
de la Légion d'honneur,
chevalier
de l'ordre national du Mérite,
le samedi 8 septembre 2018,
à l'âge de 86 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le mercredi 12 septembre,
à 14 h 30, en l'église
Notre-Dame-d'Emeraude,
6, place du Général-de-Gaulle,
à Dinard.
L'inhumation aura lieu
au cimetière de Dinard.
La messe d'À-Dieu
sera célébrée
le vendredi 14 septembre,
à 10 h 30, en l'église
Saint-Pierre de Neuilly
(Hauts-de-Seine),
90, avenue du Roule,
suivie de l'inhumation
au cimetière d'Héricy
(Seine-et-Marne).
Tours.
Dieu a rappelé à Lui,
ont la tristesse
de faire part du décès de
Emmanuelle FLOBERT
née Prat,
survenu le 8 septembre 2018,
à l'âge de 52 ans, à Paris.
La cérémonie religieuse
sera célébrée en l'église
Saint-Jacques-du-Haut-Pas,
252, rue Saint-Jacques,
à Paris (5e),
le mercredi 12 septembre 2018,
à 10 heures.
Lucette FRIOUX
née Mousset,
a rejoint ses parents,
Louis et Marthe,
et sa famille,
le 6 septembre 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le mercredi 12 septembre,
à 11 heures,
en l'église Saint-Jacques,
167, boulevard Bineau,
à Neuilly-sur-Seine.
L'inhumation aura lieu
dans le caveau de famille,
au cimetière
de Parigné-l'Évêque.
Cet avis tient lieu de faire-part.
ses 20 petits-enfants
et leurs conjoints,
ses 29 arrière-petits-enfants
vous font part
du rappel à Dieu de la
vicomtesse
Jacques d'ARGENT
de DEUX-FONTAINES
née Jacqueline
de Bazelaire de Ruppière,
le 8 septembre 2018,
dans sa 102e année.
La messe d'A-Dieu
sera célébrée
le vendredi 14 septembre,
à 14 h 30,
en la cathédrale de Tours,
suivie de l'inhumation,
au cimetière de
La Croix-en-Touraine.
Mme Pierre
le Blanc de Cernex,
son épouse,
M. et Mme Jean-Marc Bornet,
M. et Mme Philippe Dequiré,
M. Christophe
le Blanc de Cernex,
M. et Mme Frédéric Bordeaux,
M. Stéphane
le Blanc de Cernex,
ses enfants,
ses treize petits-enfants,
ses neuf arrière-petits-enfants
ont la douleur de vous
faire part du rappel à Dieu de
M. Pierre
le BLANC de CERNEX
membre de l'Académie
des sciences, belles-lettres
et arts de Savoie.
La cérémonie religieuse
aura lieu le mercredi
12 septembre 2018, à 10 h 30,
en l'église Saint-Jean-Baptistede-Grenelle, à Paris (15e).
Jacques CESSELIN
HEC,
officier dans l'ordre
national du Mérite,
endormi dans la Paix éternelle,
le 7 septembre 2018,
dans sa 92e année.
De la part de
M. et Mme Arnaud Cesselin
et leurs enfants,
Mme Claire Cesselin
et son fils,
ses enfants et petits-enfants,
Mme Jean Cesselin,
ses enfants et petits-enfants,
le professeur François Cesselin
et Mme,
leurs filles et petits-enfants,
son frère, ses belles-sœurs,
neveux et nièces,
tous ses parents et amis.
La messe de funérailles
sera célébrée
le vendredi 14 septembre 2018,
à 10 h 30, en l'église
de Gisors (Eure).
L'inhumation aura lieu
dans le caveau familial,
où il reposera aux côtés
de son fils,
Philippe
(†) 12 mai 1972,
et de son épouse,
Jeanne
(†) 12 décembre 1995.
Ni fleurs ni couronnes,
des dons pourront être faits
aux œuvres caritatives
Secours catholique,
Secours populaire,
Croix-Rouge française.
Merci de prier pour lui
et tous les défunts de sa famille.
Mme Micheline Flin,
sa maman,
Agnès et Pascal Alt,
sa sœur et son beau-frère,
Mathilde, Marise et Cécile,
ses nièces,
ainsi que toute la famille
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
M. François FLIN
La famille Bruneau
survenu le 9 septembre 2018.
a la tristesse
de vous faire part du décès de
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le jeudi 13 septembre, à 10 h 30,
en l'église Saint-Louis
de Garches (Hauts-de-Seine),
suivie de l'inhumation
dans le caveau de famille,
au cimetière de Vaucresson.
Véronique BRUNEAU
survenu le 7 septembre 2018.
Une cérémonie religieuse
sera célébrée en l'église
du Cœur Immaculé de Marie,
23, rue de Verdun,
à Suresnes (Hauts-de-Seine),
le jeudi 13 septembre 2018,
à 11 heures.
Cet avis tient lieu de faire-part.
La famille remercie par avance
toutes les personnes
qui partageront sa douleur.
Famille Flin-Alt,
20, rue Daumier,
78500 Sartrouville.
Maryani Lemaistre,
son épouse,
Laetitia Lemaistre,
sa fille,
Paul Lemaistre,
son fils,
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Didier Jean LEMAISTRE
survenu le 26 mai 2018.
La crémation a eu lieu
le 28 mai, à Jakarta (Indonésie).
Jalan Kemang V / 19a,
Jakarta 12730, Indonésie.
Bénédicte Picon,
née Duffillot, son épouse,
Sophie Picon
et Dominique Ould-Ferhat,
Marie et Jean-Christophe
Meulle,
Stéphanie et Emmanuel Menu,
Jacques Picon,
ses enfants,
Marguerite Loizillon,
Gaspard Loizillon
et Julie Husser,
Camille Loizillon,
Martin Loizillon,
Cécile et Henri de Lacvivier,
Aurélien Bidot,
Frédéric Bidot,
Ludivine Meulle,
Alban Jouven,
Agathe Jouven,
Romain Picon,
Maxime Picon,
ses petits-enfants,
Alice, Gabrielle,
Jean de Lacvivier,
ses arrière-petits-enfants,
ses dix frères et sœurs
et toute sa famille
M. et Mme
Stéphane Grand-Clément,
M. et Mme
Florian Grand-Clément
et Augustin,
ses fils, leurs épouses
et son petit-fils,
Mme Hugues Grand-Clément,
son épouse,
M. et Mme Claude Royé,
M. et Mme
Michel Grand-Clément,
M. et Mme
Philippe Grand-Clément,
M. Eric Grand-Clément,
sa sœur, ses frères
et leurs conjoints,
ses neveux et nièces
ont la douleur
de faire part du décès de
Claude et Alix
d'Argent de Deux-Fontaines,
Jérôme et Roselyne
d'Argent de Deux-Fontaines,
Pierre et Sabine
Chassin de Kergommeaux,
Philippe et Agnès Dubois,
ses enfants,
15
ont la tristesse de faire part
du décès de
Jean-Pierre PICON
fondateur et dirigeant
d'Explorator de 1971 à 1992,
survenu à l'âge de 86 ans,
à Bordeaux.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le mercredi 12 septembre,
à 16 heures, en l'église
Saint-Martin de Haux.
« Le Petit Moustous »,
931 le Bourg, 33550 Haux.
lepetitmoustous@gmail.com
Hugues GRAND-CLÉMENT
survenu le 8 septembre 2018,
à l'âge de 59 ans, à Moulins.
Ses enfants, petits-enfants
et arrière-petits-enfants
La cérémonie religieuse
sera célébrée
en l'église de Bourbon-Lancy,
le mercredi 12 septembre 2018,
à 14 h 30.
ont la douleur
de faire part du décès de
M. Thibaud
Herbert de la Portbarré,
M. André Viard
et Mme, née Gaëlle
Herbert de la Portbarré,
Ségolène, Maguelonne
et Ronan Viard,
Mme Simone Loubier
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
M. Philippe
HERBERT de la PORTBARRÉ
survenu le 7 septembre 2018,
à l'âge de 76 ans.
La cérémonie religieuse aura
lieu le vendredi 14 septembre,
à 10 heures, en l'église
Saint-Vincent-de-Paul
(Les Réformés), Marseille (1er).
Denis et Myriam Fière,
leurs enfants et petits-enfants,
les familles Marnas, Colrat,
Confavreux, Le Guen
ont la tristesse de faire part
du décès de
M. Michel
JOCHAUD du PLESSIX
le 6 septembre 2018, à Pornic.
Danielle Jullien,
son épouse,
Arnaud et Dari,
son fils et sa belle-fille,
Sorya et Neary,
ses petites-filles,
Xavier, son frère,
Catherine et Jean-Louis
Morel d'Arleux,
sa sœur et son beau-frère,
ses belles-sœurs, beaux-frères,
nièces et neveux
M. Bernard PIRON
membre fondateur
du Lions Club de Soissons,
ancien concessionnaire
Citroën,
survenu le 6 septembre 2018,
à l'âge de 86 ans, à La Rochelle.
M. Jean-Philippe Ricard,
son fils,
a la tristesse
de vous faire part du décès de
Mme Huguette RICARD
née Drouilly,
survenu le 8 septembre 2018,
à Neuilly-sur-Seine.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le jeudi 13 septembre, à 10 h 30,
en l'église Saint-Jean-Baptiste,
158, avenue Charles-de-Gaulle,
à Neuilly-sur-Seine.
On nous prie
d'annoncer le décès de
Hélène RITOU
née Gentil,
veuve de
Jean Denis Ritou
survenu le 5 septembre 2018,
à l'âge de 93 ans,
à l'hôpital Bretonneau, à Paris.
Une messe sera célébrée
le jeudi 13 septembre,
à 16 heures, en l'église
Saint-François-de-Sales,
Paris (17e).
L'inhumation aura lieu
le vendredi 14 septembre,
à 14 h 30, au cimetière
de Felletin (Creuse).
survenu le 5 septembre 2018.
Sa famille remercie
ceux qui l'ont connue et aimée
de prier pour elle
et de s'associer à elle
par la pensée et la prière,
s'ils ne peuvent être présents
aux obsèques.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le vendredi 14 septembre,
à 14 h 30, en l'église
Saint-Honoré-d'Eylau,
Paris (16e),
par le père Bertrand Bousquet,
assisté du père
Jean-Noël Gindre s.j.,
son cousin germain.
De la part de
Christine Sahatdjian,
Françoise Fitzpatrick,
ses filles,
et leurs maris Max et Mark,
France, Thibault, Jean
et Virginie Sahatdjian,
Laurent et Caroline
Fitzpatrick,
ses petits-enfants.
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Yves JULLIEN
Micheline ROZAN
nous a quittés,
le 7 septembre 2018.
Ses neveux et nièces,
Valérie Zibi,
Peter Brook,
le Théâtre des Bouffes du Nord
disparition
Micheline Rozan,
La grande dame des coulisses
témoignent
de leur grande tristesse.
Une cérémonie d'adieu aura
lieu le vendredi 14 septembre,
à 16 heures, au crématorium
du cimetière du Père-Lachaise,
Paris (20e).
Pour ceux qui souhaitent
lui dire au revoir,
Micheline Rozan repose
au funérarium des Batignolles,
1, boulevard
du Général-Leclerc,
à Clichy (Hauts-de-Seine).
Paris.
Lucie de Tardy de Montravel
et ses enfants
font part du rappel à Dieu,
le 6 septembre 2018,
à l'âge de 92 ans, à Nice, de
Robert
de TARDY de MONTRAVEL
La cérémonie religieuse sera
célébrée en l'église Saint-Léon,
à Paris (15e), le vendredi
14 septembre, à 14 h 30.
Jacques Thomine-Desmazures,
Cyril et Sarah de Gasperis,
ses enfants,
Léonard et Suzanne,
ses petits-enfants,
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Jean-Marie
THOMINE-DESMAZURES
Micheline Rozan, en 2011, recoit la médaille de vermeil de la
Ville de Paris. RICHARD BORD/WIREIMAGE
ARMELLE HÉLIOT
le 9 septembre 2018.
La messe sera célébrée
le jeudi 13 septembre,
à 15 heures, en la chapelle
Notre-Dame-de-l'Océan,
à Tarnos (Landes),
suivie de l'inhumation
au cimetière de Tarnos.
Jean-Jacques et Pascale
Poulain,
Etienne et Patricia Brault,
Nicolas et Anne Vernier,
ses enfants,
ses petits-enfants
et arrière-petits-enfants
ont la tristesse
de faire part du décès de
Claude VERNIER
née Calame,
survenu le 8 septembre 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée en l'église
Saint-Pierre-du-Gros-Caillou,
à Paris (7e), le mercredi
12 septembre 2018, à 10 h 30.
Le baron Bernard Viard,
le baron et la baronne
Patrick Viard,
le baron Thierry Viard,
le baron (†) et la baronne
Hervé Viard,
ses fils et belles-filles,
Charles-Louis, Lorraine,
Alexandre, Charles-Guillaume,
Paul-Edouard, Louis-Arnaud,
Marie-Ange,
ses petits-enfants,
vous font part du rappel à Dieu
dans l'Espérance,
à l'âge de 100 ans, de la
baronne André VIARD
née Monique Richter.
La cérémonie religieuse
sera célébrée le jeudi
13 septembre 2018, à 16 h 30,
en l'église Saint-Jean-Baptiste
de Saint-Jean-de-Luz.
M. et Mme Claude Zeller,
ses parents,
Caroline (†),
M. et Mme Théophile Monnier
et leurs enfants,
M. Loïc Zeller,
M. et Mme Alexis Zeller
et leurs enfants,
ses sœurs, ses frères,
leurs conjoints,
ses neveux et nièces,
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Fabrice ZELLER
survenu le 7 septembre 2018,
à l'âge de 49 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le jeudi 13 septembre,
à 14 heures, en l'église
d'Herbeys (Isère).
messes
et anniversaires
Il y a un an, le 15 août 2017,
Delphine LABELLE
née Crescent,
était rappelée à Dieu.
La messe de 18 h 30,
du jeudi 13 septembre 2018,
en l'église
Notre-Dame-de-l'Assomption,
Paris (16e),
sera célébrée à son intention.
Cette femme d’une
grande intelligence et
d’une sensibilité profonde
aura consacré sa vie aux
artistes sans que jamais le
grand
public
ne
la
connaisse vraiment.
Elle s’est éteinte vendredi 7 septembre, à Paris,
des suites d’une longue
maladie. Née le 11 septembre 1928, elle aurait eu
90 ans en ce mardi. Sa famille, ses proches lui diront adieu lors d’une cérémonie qui aura lieu
vendredi 14 septembre, au
crématorium du Père-Lachaise, à 16 heures.
C’est une personnalité
hors du commun qui disparaît, une femme qui, par
son métier, aura côtoyé et
aidé des hommes et des
femmes qui ont fait le XXe
et le XXIe siècle, sans jamais se mettre en avant. Il
y avait en elle une discipline profonde, une modestie
dans ses relations avec les
autres. Ce qui n’interdisait
pas une autorité sans faille,
exprimée parfois très rigoureusement. Dans les
métiers qu’elle a exercés, il
le fallait. Et puis Micheline
Rozan avait beaucoup
d’esprit. Une culture, un
goût ancien de l’art, des
belles choses. Une passion
du partage. Elle pouvait
être très caustique. Mais
joyeusement. Il y avait en
elle une fantaisie, une allégresse qui laissait imaginer
la jeune fille qu’elle avait
dû être.
Les Bouffes du Nord
Pas toujours facile, pourtant la vie de Micheline
Rozan. Née dans une famille juive, elle a connu les
épisodes traumatisants de
la guerre. Son père, ayant
rencontré, lors de la guerre de 14-18, un aumônier
avec qui il avait des
conversations
élevées,
s’était converti au catholicisme. Son épouse le suivit
dans sa foi et les quatre enfants Rozan furent élevés
comme de bons catholiques. Mais pour la Gestapo
de Nice, ils n’étaient que
des juifs qui se cachaient
et, le 25 septembre 1943, la
famille fut arrêtée dans la
maison d’Antibes. Un épisode tragique car M. Rozan, un être qui ne quittait
jamais son exemplaire des
Pensées de Pascal, fut envoyé à Drancy et il mourut
à Auschwitz, où il était arrivé le 30 octobre.
La jeune Micheline est à
Paris après la guerre et
trouve un petit boulot.
Pour le Crous, elle accueille les étudiants étrangers et déjà ses dons d’organisatrice, de créatrice se
font jour. Dans un manoir,
elle monte des rencontres
culturelles, invitant de
grandes personnalités à
venir s’entretenir avec les
étudiants. C’est là qu’elle
va rencontrer Jean Vilar.
Elle demeure auprès de lui
cinq ans, avant de devenir
agent et de construire les
carrières d’Annie Girardot, Jeanne Moreau, Maria
Casarès. Quelques années
plus tard, c’est elle qui devra annoncer à la comédienne la mort accidentelle d’Albert Camus, qui
tenait Micheline en haute
estime et lui écrivait de
très belles lettres. Il rêvait
de diriger son propre théâtre, et Micheline, qui
connaissait tout Paris, les
politiques comme les artistes ou les financiers, aura
mis beaucoup d’énergie à
l’aider.
Elle a été l’amie fidèle de
Philippine de Rothschild,
connue lorsqu’elle s’appelait Philippine Pascal, pensionnaire de la ComédieFrançaise. Elle a convaincu
Barrault de l’engager pour
être la maman d’Harold
dans Harold et Maude et ce
fut un triomphe. Elle s’est
occupée comme une grande sœur aimante de certains artistes. Ainsi avaitelle relancé la carrière de
Catherine Ribeiro, il y a
une vingtaine d’années.
Son nom est indissociable de celui de Peter Brook
et de celui de Jean-Claude
Carrière. Ils ont fait les
Bouffes du Nord. D’un lieu
oublié, dont lui avait parlé
son amie Stella Barral, elle
a fait, avec Peter Brook et
Jean-Claude Carrière et
leurs équipes, un centre
de création mondialement
connu et, en même temps,
ce qui est merveilleux, un
théâtre de quartier avec
invitations spéciales pour
le public habitant du côté
du métro La Chapelle ! Micheline Rozan a vécu des
aventures
incroyables.
Manque le livre qui aurait
dû être publié pour raconter cette vie. Elle fut l’âme
des Bouffes du Nord. Une
capitaine !
Ses dernières années ont
été altérées par une maladie qui lui laissait toute sa
conscience, mais la diminuait physiquement. Elle
est en paix. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 11 septembre 2018 LE FIGARO
CHAMPS LIBRES
REPORTAGE
MAXPPP/KYODO
16
L’orchestre féminin Moranbong (ici en concert à Pyongyang en 2016) a été créé par Kim Jong-un dans le but de produire une pop culture nationale alternative capable de séduire la jeunesse en réponse aux girls bands de Séoul.
À Pyongyang, la révolution
« pop » sape l’emprise de Kim
Sébastien Falletti
£@fallettiseb
envoyé spécial à séoul
ean moulant, taille basse, et iPhone blanc en
main, Jeesi se fond dans le décor minimaliste de ce café de Séoul, où des étudiants
branchés révisent leurs examens. Elle est
pourtant née au royaume des Kim, dans
une campagne misérable, par-delà les barbelés du 38e parallèle qui déchirent la péninsule coréenne. Mais la femme brune de 26 ans n’a
pas besoin de préparer un diplôme en commerce international, elle qui a fait fortune en Corée du Nord
en surfant sur l’appétit de ses compatriotes pour les
starlettes sud-coréennes et chinoises. « Dès mes
12 ans, j’ai commencé à faire du trafic frontalier avec
les marchands chinois. Je leur vendais des plantes médicinales, du ginseng. En retour, le bateau revenait
chargé de DVD de films chinois, américains ou sudcoréens », se souvient la jeune transfuge qui a fui la
Corée du Nord en 2011, à la veille de l’avènement de
Kim Jong-un. Cette fille de fermier regarde à la dérobée les films de contrebande, et découvre ébahie
un nouveau monde. « Je ne comprenais pas les paroles, mais j’étais obsédée par les décors, les gratte-ciel.
Ce qui me fascinait le plus c’était les avions dans le
ciel », raconte Jeesi, qui se souvient encore de sa
première image de Boeing fendant l’azur bleu avant
de se fracasser dans une tour. « Ce n’est que des années plus tard, une fois en Corée du Sud, que j’ai découvert qu’il s’agissait des images du 11 Septembre ! »
ajoute-t-elle. Aveu confondant qui résume l’isolement des 25 millions de Nord-Coréens, coupés du
monde par une censure implacable.
Mais la jeune transfuge témoigne au Figaro d’une
révolution pop souterraine à l’œuvre au royaume de
Kim Jong-un, et qui sape l’emprise totalitaire de la
seule dynastie communiste de la planète. Elle n’est
pas portée par des brûlots politiques, mais des
feuilletons à l’eau de rose et des chorégraphies sexy.
« Les vidéos et films étrangers sont disponibles partout
dans les “jangmadang” (marchés privés désormais
tolérés par le régime). Il suffit de savoir où demander », raconte Jeesi, qui abreuvait les vendeurs de ses
produits sulfureux de contrebande, en graissant la
patte des douaniers dans sa ville natale de Hyesan, le
long de la frontière chinoise. Une clé USB contenant
une centaine de films coûte une centaine de yuans
chinois (12 euros), devise désormais courante.
J
A
Le progrès technologique
déjoue la censure
Malgré les mouchards, les descentes de police et les
arrestations qui peuvent conduire en camp de rééducation, une large partie de la population urbaine a
désormais accès à ces produits de divertissement interdits, jusqu’aux cadres du Parti des travailleurs,
selon les témoignages. 75 % des transfuges affirment
en avoir visionné selon Sokeel Park, le représentant
à Séoul de l’ONG LiNK (Liberty in North Korea). Et
cette exposition transforme en profondeur le pays le
plus fermé du monde. « Derrière sa façade monolithe, la société nord-coréenne est en mutation. On assiste à l’émergence d’une sous-culture chez les
Vendus sous le manteau,
les feuilletons
à l’eau de rose
et les chorégraphies sexy
venus tout droit de Corée
du Sud et de Chine
nourrissent l’émergence
d’une sous-culture
chez les millennials
sur lesquels le régime
totalitaire perd prise.
millennials abreuvés par les contenus venus de
l’étranger », explique Park. Cet engouement défie le
monopole de la pensée d’un régime socialiste théocratique, qui ambitionne de « protéger » l’individu
du berceau à la tombe. « Tout ce que je voyais, c’était
la longue chevelure raide de Jeon Ji-hyun » se souvient
Jeesi, des étoiles dans les yeux en évoquant l’actrice
star des feuilletons sud-coréens. Ces vidéos répondent à l’appétit de glamour des nouvelles générations qui ont appris à se débrouiller sans le Parti, en
trafiquant sur les marchés, après la grande famine
des années 1990. Un rêve qui nourrit les envies de
départs de la jeunesse des régions frontalières, appâtés par les néons de la Chine voisine et les starlettes
de la Corée capitaliste.
Le développement d’une économie marchande fait
émerger le consumérisme et son cortège de désirs individuels, si loin de la gangue de la propagande rouge.
« Les films officiels sont toujours à la gloire du Parti et
du leader, alors que dans les feuilletons sud-coréens, il
y a de la romance ! C’est pour cela que tout le monde regarde », explique Jeesi. Le progrès technologique déjoue la censure et accélère l’invasion avec l’arrivée de
la clé USB vers 2010, plus facile à camoufler qu’un
DVD, en cas de descente de police. Les forces de sécurité avaient l’habitude de couper l’électricité avant
de faire une descente dans un appartement, prenant
en flagrant délit les occupants en train de visionner
un DVD interdit, soudain prisonnier du lecteur, faute
de courant. « Désormais, il suffit d’arracher la clé USB
et la jeter par la fenêtre quand la police tambourine à la
porte », raconte un transfuge.
Les séances clandestines de visionnage, rideaux
baissés scellent les amitiés et les amours dans l’excitation de l’interdit. « Cela crée un sentiment de communauté, une sous-culture parmi les jeunes, avec des
codes de références interdits. C’est comme fumer ensemble de la drogue en Occident », explique Park. Les
styles vestimentaires des stars de Séoul vus sur les
écrans se retrouvent dans la rue, comme un signe de
reconnaissance tacite défiant la censure qui interdit
les vêtements au style « capitaliste », tels les jeans.
Dans les jangmadang, les couturières imitent les robes des actrices de Séoul et les coiffeurs la coupe Kpop. Sur les avenues staliniennes de Pyongyang, les
« offices girls » soignent leur look, sac à main et talons hauts, inspiré de Hongkong, Shanghaï ou Séoul.
Élevé en Suisse, où il a été exposé aux divertissements venus d’ailleurs, Kim Jong-un prend le défi
très au sérieux. Marié à la chanteuse Ri Sol-ju, le
« Leader suprême » trentenaire a répliqué par une
double stratégie : une chasse implacable contre les
contenus étrangers, couplée à une politique culturelle ambitieuse visant à produire une pop culture
nationale alternative capable de séduire la jeunesse.
Au lendemain de son accession au pouvoir fin 2011,
Les séances clandestines de visionnage
créent un sentiment de communauté,
une sous-culture parmi les jeunes, avec
des codes de références interdits. C’est comme
fumer ensemble de la drogue en Occident
SOKEEL PARK, LE REPRÉSENTANT À SÉOUL DE L’ONG LINK (LIBERTY IN NORTH KOREA)
»
le troisième des Kim crée la surprise en créant l’orchestre féminin Moranbong, dont les jupes courtes
et les talons aiguilles défraient la chronique à Pyongyang. La réponse des Kim aux girls bands de Séoul.
Même Mickey Mouse, symbole de l’impérialisme
américain, monte sur scène, provoquant un scandale au sein de la vieille garde. Les starlettes de Moranbong disparaissent quelques mois avant de réapparaître dans des uniformes bien plus sages. « Elles sont
comme des princesses à Pyongyang », raconte une
source de la capitale qui a pu côtoyer ces jeunes femmes sélectionnées pour leur beauté. Avec la première dame au look toujours étudié, elles tentent d’offrir
un visage glamour au régime, pour mieux séduire les
élites de la capitale, pilier de la dictature.
Chasse aux « comportements
non socialistes »
En avril, Kim va plus loin dans son opération séduction. Manteau de velours pourpre, mini-short noir,
et déhanchés osés, les Red Velvet n’ont pas le profil
habituel des feux de la rampe de Pyongyang. Ce girls
band sud-coréen enchaîne ses tubes, dont Bad Boy
devant une assistance sévère de caciques du Parti des
travailleurs, dans une salle bondée de la capitale
nord-coréenne. Les deux Corées se font face, le
temps d’un spectacle. La jeunesse sexy aux chevelures décolorées, et les cadres enrégimentés de l’appareil stalinien s’observent. Sous le regard des censeurs, la foule en uniforme applaudit d’abord
timidement puis s’enflamme aux sons de la K-Pop
« capitaliste ». À la fin du show, le « Leader suprême », Kim Jong-un, en personne vient saluer les
starlettes de Séoul. « J’ai réarrangé mon emploi du
temps pour venir vous voir », déclare le dictateur tout
sourire.
Cette rencontre était inimaginable quelques semaines plus tôt, alors que Séoul et Pyongyang étaient
à couteaux tirés, le long de la DMZ, la frontière la plus
militarisée du monde. Elle symbolise alors le spectaculaire rapprochement intercoréen enclenché lors
des Jeux olympiques d’hiver et qui doit se poursuivre
par un nouveau sommet spectaculaire à Pyongyang
entre Kim et son homologue sud-coréen Moon
Jae-in, le 18 septembre.
En saluant les Red Velvet en coulisses, le jeune Kim
lance-t-il le signal d’une ouverture aux jeunes privilégiés de la capitale, ou une simple offensive de charme diplomatique visant à séduire Séoul ? Le doute est
permis. « Kim marche sur la corde raide. Le train du
changement est en marche, et le régime tente d’y répondre. Il sait qu’il doit offrir des meilleures conditions
de vie à sa population », analyse Sokeel Park. Depuis
son sommet historique avec Donald Trump, à Singapour, le 12 juin, le « Maréchal » jure vouloir donner
la priorité au développement de sa fragile économie,
étranglée par les sanctions. Mais, parallèlement, le
régime accroît la chasse aux « comportements non
socialistes », au sein des masses. Un euphémisme désignant le style vestimentaire inspiré de l’étranger
« capitaliste ». Cette campagne est encore montée
d’un cran à la veille de la grande parade célébrant le
70e anniversaire du régime, ce 9 septembre, selon
Radio Free Asia. Le défi est crucial pour l’assise future
du régime, engagé dans une course-poursuite économique pour satisfaire les besoins grandissants de
ses élites. Face aux « bombes » de la K-pop, l’arsenal
atomique des Kim ne suffit plus. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mardi 11 septembre 2018
CHAMPS LIBRES
17
ÉCONOMIE
Y a-t-il un opérateur télécoms
de trop en France ?
Le secteur rêve
d’un retour à trois
acteurs. Un chiffre
« magique » qui pose
de nombreuses
questions.
5G, UNE ÉCHÉANCE
À HAUT RISQUE
❙ LA
Elsa Bembaron
£@ElsaBembaron
TÉLÉCOMS Trois. Ce simple chiffre
sonne comme un Graal pour les opérateurs télécoms français, qui se partagent le marché hexagonal à quatre.
Depuis 2012 et l’arrivée de Free sur le
marché du mobile, les grands équilibres qui prévalaient depuis seize ans
ont volé en éclats. Bouygues Telecom,
SFR et Orange ont tour à tour traversé
les pires périodes de leur histoire, avec
des chiffres d’affaires en berne, des
clients furieux d’avoir payé si cher
leurs abonnements pendant si longtemps. Depuis, le quotidien des télécoms français a retrouvé son calme, du
moins en apparence. Mais SFR et Bouygues Telecom ont payé le prix fort,
supprimant près de 7 000 emplois à
eux deux en quatre ans.
FRATRICIDE
ET COÛTEUSE
❙ GUERRE
La guerre commerciale fait rage, à grand
renfort de promotions et de prix bas.
Avec pour première conséquence de
voir les opérateurs français se passer un
drôle de mistigri : celui du mauvais élève
de la classe. Le rôle a successivement été
endossé par Bouygues Telecom - passé
pas loin de la sortie de route -, puis par
SFR - qui a perdu 2 millions de clients en
deux ans -, avant de revenir à Free depuis le début de l’année.
Pour la première fois de son histoire, ce
dernier perd des abonnés. Son modèle
économique est mis à mal : quand tout
le monde casse les prix, celui qui était le
moins cher du marché perd son élément différenciant. « La concurrence
actuelle par les prix commence à trouver
ses limites », tranche Antoine Darodes,
directeur de l’Agence du numérique,
illustrant son propos par cette constatation : « Cela fait quinze ans qu’il n’y a
plus eu d’innovation de rupture dans
les box. »
Free a néanmoins rempli la mission qui
lui avait été impartie : relancer une
concurrence tarifaire bien apathique sur
le marché national. Sur ce point-là au
moins, l’objectif des pouvoirs publics a
été parfaitement atteint. Les prix des
abonnements mobile en France sont parmi les plus bas des grands pays européens. Face à ce constat, Orange, SFR et
Bouygues Telecom n’ont de cesse de dénoncer une politique résolument consumériste qui aurait fragilisé leurs investissements. Certes, ceux-ci ont chuté, avant
de rebondir.
1 Free, du prédateur à la proie
Du côté des investissements, le pire serait à venir, avec l’arrivée de la 5G, la
prochaine génération de téléphonie
mobile. Elle nécessitera de nouveaux
réseaux et l’acquisition de nouvelles
fréquences. Au final, la 5G devrait coûter des milliards d’euros aux opérateurs
télécoms, sans que personne ne soit encore capable de déterminer quelle valeur elle générera.
La perspective de voir les investissements
s’envoler et sans certitude sur les revenus
futurs fait trembler les marchés financiers. Les cours de Bourse des quatre opérateurs français sont plombés. Le total de
leur capitalisation boursière est à peu près
égal à celui du seul opérateur historique
allemand, Deutsche Telekom (64 milliards de dollars). Pour tenter de retrouver un peu de lustre, ils cherchent des remèdes pour relancer la croissance. Se
lancent dans de nouveaux métiers, la
banque et bientôt l’énergie pour Orange,
les contenus pour SFR… Surtout, ils rêvent de partager d’une manière ou d’une
autre le poids des investissements à venir.
En effet, pourquoi continuer à financer
quatre réseaux quand trois - ou deux pourraient suffire ? Les opérateurs télécoms comparent volontiers leur situation
à celle des autoroutes. Cela ne viendrait à
l’idée de personne d’en construire de
nouvelles à côté de celles qui existent au
nom de la concurrence. L’argument
semble implacable… même si comparaison n’est pas raison.
RÉSEAU POUR DEUX…
OU TROIS
❙ UN
Certains scénarios font émerger la perspective d’un paysage dans lequel il y
aurait bel et bien quatre offres commerciales, mais seulement deux ou trois réseaux. C’est déjà le cas dans le fixe. En effet, dans les grandes agglomérations, ce
sont bien quatre réseaux fibre qui sont
déployés. Sur le reste du territoire, ils
font pot commun, dans un maillage du
territoire qui répond à deux grands schémas. Orange et SFR déploient la fibre
dans les agglomérations de taille moyenne, avec des cofinancements de Bouygues
Telecom et SFR. Et dans les zones rurales,
les opérations sont pilotées par les collectivités locales, mais ce sont essentiellement Orange et SFR qui mènent les travaux. Même si des opérateurs de réseau,
comme Covage ou Altitude ont emporté
certains contrats.
Dans le mobile, un schéma de partage de
réseau similaire se profile. D’un côté,
SFR et Bouygues Telecom font déjà réseau mobile commun dans les zones le
moins densément peuplées, soit 57 % de
la population répartie sur 85 % du territoire. Les deux entreprises pourraient
renforcer leur collaboration. Rien ne les
empêche de l’étendre à la 5G, pour atténuer le poids des investissements liés à
son déploiement. Mais les deux sociétés
affirment qu’elles ne peuvent pas étendre l’empreinte géographique de leur
réseau commun, conformément aux engagements pris, notamment auprès de
l’Autorité de la concurrence. Le diable
étant dans les détails, il faut aussi se souvenir que Bouygues Telecom a cédé une
partie de ses pylônes à Cellnex et que
SFR s’apprête à transférer les siens dans
une entreprise dont il détiendra la majorité du capital aux côtés du fonds KKR.
Une fois cette structure en place, elle
pourrait accueillir de nouveaux clients
sur son infrastructure, dont potentiellement Bouygues Telecom. Certains proches du dossier évoquent même la possibilité d’une coentreprise dédiée à la
gestion de l’infrastructure des deux opérateurs.
Une autre alliance de circonstance pourrait se renforcer. En coulisse, les tractations entre Free et Orange vont bon train.
Les deux entreprises ont noué un accord
d’itinérance, en cours depuis 2012, permettant aux abonnés de Free de bénéficier du réseau d’Orange pour la 3G. Or,
cet accord touche à sa fin et ne concerne
pas la 4G. Les discussions actuelles porteraient sur une extension de cet accord.
Cela permettrait à Iliad de faire face à la
prochaine échéance technologique sans
avoir à supporter les colossaux investissements rendus nécessaires par la 5G. Un
nouveau pacte permettrait aussi à Orange
de bénéficier à nouveau d’un revenu garanti, sorte de loyer payé par Free pour
utiliser son réseau. Les deux groupes étudieraient aussi la possibilité de mutualiser
leurs réseaux, comme l’ont fait leurs deux
concurrents avant eux. L’accord s’agrémenterait d’une contrepartie financière,
le réseau d’Orange étant plus dense que
celui de Free. Là encore, tout est affaire
de négociations pour placer le curseur…
Mais aussi de volonté politique.
Mais le mariage de la carpe et du lapin
n’est pas chose aisée. Plusieurs raisons
expliquent ce blocage. Parmi elles, il y a
bien sûr le prix auquel chacun estime
son entreprise. Les pouvoirs publics
craignent de voir les tarifs des opérateurs télécoms remonter. À trois, la
concurrence serait moins vive. La
concurrence européenne veille au
grain. Elle a d’ailleurs envoyé un signal
négatif aux Français en recommandant
l’arrivée d’un quatrième opérateur mobile en Allemagne, pays qui est souvent
cité en référence.
Ensuite, il est impossible d’envisager un
tel rapprochement sans suppressions
massives d’emplois. Un scénario qui ne
réjouit aucun gouvernement. « Le gouvernement mise sur une relance keynésienne de l’économie, une relance par les investissements. Le plan fibre et la volonté de
couvrir 100 % du territoire en 4G s’inscrivent parfaitement dans cette logique. Dans
cette logique, l’État a tout intérêt à conserver quatre opérateurs », souligne Sébastien Crozier, président de la CFE- CGC.
Enfin, et c’est une particularité du marché français, trois des quatre opérateurs
sont détenus par des personnes privées,
Martin Bouygues (Bouygues Telecom),
Patrick Drahi (Altice-SFR), Xavier Niel
(Iliad-Free). Chacun de ces capitaines
d’industrie clame tenir à son indépendance et à son entreprise. Or, rien ne peut
se faire sans leur accord. ■
MARIAGE, MAIS PAS
D’ENTERREMENT
❙ UN
« Tant que les opérateurs seront quatre en
France, l’hypothèse d’un retour à trois sera
en suspens », résume un expert. Inlassablement, les opérateurs et leurs banquiers
d’affaires font chauffer les calculatrices.
Les ordres de grandeur ont été établis : le
passage de quatre à trois permettrait au
secteur de générer 25 milliards d’euros de
synergies. Le chiffre fait tourner la tête
des plus endurcis et justifie à lui seul les
sept tentatives de rapprochement qui ont
émaillé le quotidien des opérateurs depuis trois ans. En outre, certaines lignes
ÉVOLUTION DU NOMBRE DES ABONNÉS FIXE ET MOBILE, au 2e trimeste de chaque année en millions d’abonnés
Abonnés fixes
2 trimestre
5 ,4
40
5
35
4,46
Abonnés mobiles
ORANGE
SFR
BOUYGUES TELECOM
32,6 32,8 33,4
28,2
25,8 26,1 26,6
25
23,3
3 2,9
2,5 2
20,5 20,2
20
2
14,9
13,2 14
11,9 13,1
15
1,28
FREE
38
36,1 36,5 37
30
4
16,6
18,5
14,7
19,4
16,8 18,1
20,1
12,2
10
1
8,7
5
1,20
0 0,6 6
2012
SUPÉRIEUR
DE L’ÉTAT
❙ L’INTÉRÊT
2 Bouygues Telecom, en reconquête
ÉVOLUTION DU CHIFFRE D’AFFAIRES TRIMESTRIEL DES 4 OPÉRATEURS,
en milliards d’euros
1,3 6
ont bougé. La semaine dernière, Xavier
Niel a surpris tous les observateurs du
secteur en faisant des déclarations très
ambiguës à l’occasion de la présentation
des résultats de son entreprise.
Il a notamment expliqué « ne pas avoir
reçu de proposition intéressante ». De telles petites phrases suffisent à relancer
toutes les hypothèses, à commencer par
les plus improbables. « L’impossible rapprochement entre Bouygues Telecom et
Free pourrait avoir lieu », selon un
connaisseur du dossier. Martin Bouygues
et Xavier Niel ont beau être à couteaux tirés, ce ne serait pas la première fois qu’ils
essayeraient de s’entendre. Cette fois encore, l’affaire pourrait prendre des allures de billard à trois bandes.
Il se murmure dans les arcanes du gouvernement que Xavier Niel pourrait troquer tout ou partie de sa participation
dans Free contre un rôle plus officiel
d’investisseur numéro un dans la Tech
française… Il pourrait même faire son entrée au capital d’Orange et en devenir
l’actionnaire de référence. « Il apporterait
à Orange une nouvelle dimension sur le
plan international. C’est l’homme de la
Tech », salue un connaisseur du secteur.
0
2013
2014
2015
2016
2017
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2016*
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2018 2012
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2018
* Hors opérateurs de réseau mobile virtuel (MVNO) après T4 2015 pour Orange et SFR
ORANGE
16
en convalescence
14
ÉVOLUTION DES COURS DE BOURSE,
en euros à Paris
12
16,85
BOUYGUES TELECOM
45
6
40
5
35
4
30
3
25
13,73
10
8
2
6
1
Février 2012
Sources : Sociétés et Bloomberg
ALTICE (SFR)
6,98
7
Septembre 2018
2,19
ILIAD (FREE)
238,7
240
45,75
35,63
160
120
20
112,1
15
Février 2014
Septembre 2018
200
80
Février 2012
Septembre 2018
Février 2012
Septembre 2018
Infographie
A
3 SFR, toujours
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 11 septembre 2018 LE FIGARO
18
CHAMPS LIBRES
DÉBATS
Thibault de Montbrial : « Face aux attaques
au couteau, accoutumance ou déni ? »
+
» Lire aussi PAGE 11
PROPOS RECUEILLIS PAR
GUILLAUME PERRAULT £@GuilPerrault
LE FIGARO.- Un homme, semble-t-il
de nationalité afghane, armé d’un couteau et
d’une barre de fer, a attaqué sept personnes,
dans le XIXe arrondissement de Paris,
dimanche soir. Quatre des sept blessés
le sont grièvement. Le mobile terroriste
n’est pas été retenu par les enquêteurs
à ce jour. Que penser de cette agression ?
THIBAULT DE MONTBRIAL.- Des coups
de couteau qu’un agresseur assène à des
victimes inconnues, choisies au hasard
dans l’espace public, c’est un type de violence qui n’existait quasiment pas en
France voilà encore huit ans. Or, désormais, dans notre pays, on constate non
seulement que ces agressions existent mais
aussi qu’elles ont tendance à augmenter.
Pourtant, paradoxalement, les attaques au
couteau dans l’espace public retiennent
moins l’attention de nombreux médias
que voilà quelques années. Les optimistes
y verront une preuve d’accoutumance
voire de résilience, les autres un déni.
Plusieurs agressions au couteau ont
défrayé la chronique ces derniers mois,
certaines de
caractère terroriste
(un tué et quatre
blessés victimes
Le devoir, pour le témoin d’une agression, de porter d’un Français
d’origine tchétchène
assistance à la victime, est trop souvent observé
à Paris le 12 mai),
aux risques et périls de l’intéressé, déplore
d’autres non
le président du Centre de réflexion sur la sécurité
(comme à Périgueux,
intérieure*.
où, le 14 août, quatre
ENTRETIEN
personnes ont été poignardées
dans une rue du centre-ville par
un demandeur d’asile afghan alcoolisé).
Comment savoir si ces agressions sont
de nature terroriste ?
En France, la justice ne qualifie ces agressions de « terroristes » que lorsqu’un
élément objectif autre que l’acte lui-même permet d’établir un lien entre l’auteur
et une idéologie (par exemple, crier :
« Allah akbar »). À défaut, ces faits sont
traités comme des crimes ou des délits de
droit commun. Mais ils peuvent malgré
tout être « d’inspiration islamiste », pour
reprendre l’expression utilisée devant
moi récemment par un responsable français du renseignement.
qualification. S’agissant de l’agression à
Barnsley (Angleterre), le 8 septembre,
l’enquête est en cours.
Y a-t-il des enseignements à tirer
du recours à cette forme de violence ?
Il est primordial de conserver une vision
globale, européenne du phénomène
pour en apprécier l’ampleur. L’aspect le
plus délicat du sujet est que les personnes suspectées sont, le plus souvent,
d’origine étrangère et arrivées assez récemment en Europe. Il y a deux écueils à
éviter en la matière : d’une part une généralisation inadmissible qui reviendrait
à jeter le soupçon sur toute personne
d’origine étrangère (d’autant que certaines peuvent bien sûr
figurer parmi les
Il est primordial de conserver
victimes d’attaques
au couteau, ou s’opune vision globale, européenne du
poser aux agresphénomène pour en apprécier l’ampleur seurs) ; d’autre part
une occultation de
faits qui gênent. Nier une information
Observe-t-on la même recrudescence
avérée, considérer que ceux qui s’en inde ces attaques au couteau dans d’autres
quiètent sont des extrémistes xénophopays européens ?
bes, c’est une dangereuse confusion enOui, nettement. Les Anglais ont une extre les causes et les conséquences qui
pression très concise pour désigner ces
renforce les populismes. Seul un État lucoups de poignard portés par un agrescide et implacable dans la protection de
seur à des inconnus : « random stabses citoyens peut éviter cette dérive. Sur
bing ». Pour s’en tenir aux dernières seun plan plus pratique, outre les aspects
maines, ce mode opératoire a été constaté
policiers et judiciaires (comme l’expulaux Pays-Bas, en Belgique, en Grandesion systématique des auteurs de crime
Bretagne, en Espagne et en Italie. Dans
de nationalité étrangère au terme de leur
certains cas, les faits ont été qualifiés de
peine), il faut continuer à impliquer les
terroristes, comme l’attaque au couteau
citoyens sur un état d’éveil et de vigilanperpétrée par un jeune Afghan à la gare
ce suffisant pour bien réagir à de tels épid’Amsterdam le 31 août. Dans d’autres,
sodes. Il est nécessaire de continuer à
enquêteurs et magistrats ont écarté cette
«
»
former les populations aux premiers secours, puisque les coups de couteau suscitent des hémorragies et réclament
d’intervenir très vite.
Dans l’affaire du XIXe arrondissement
de Paris, des passants sont intervenus
pour s’efforcer de neutraliser l’agresseur,
ce qui a été salué par Gérard Collomb.
On reproche souvent aux tiers présents
sur les lieux de rester passifs en cas
d’agression. Ce grief vous paraît-il fondé ?
La formidable réaction de certains passants pour repousser l’agresseur a sans
doute évité un bilan bien pire. Lorsque
la police n’est pas sur place, la riposte
des citoyens limite toujours les effets de
l’attaque. Il n’est pourtant pas simple de
recourir soi-même à la force de façon
proportionnée pour venir au secours
d’une victime. Il faut d’abord surmonter
un frein psychologique. Et il existe aussi
un aléa pénal. Cette difficulté réside
moins dans les lois elles-mêmes que
dans leur interprétation. Certains magistrats manifestent une incompréhension de la notion de proportionnalité. La
tendance de la justice française est encore trop souvent de placer le bon samaritain qui s’interpose en garde à vue.
Certains faits divers médiatisés créent,
chez les témoins d’une agression, une
inhibition pour des raisons juridiques,
qui s’ajoute au stress provoqué par le
spectacle de l’agression elle-même. Ce
pourrait être un sujet de réflexion très
légitime pour les commissions des lois
de l’Assemblée et du Sénat.
* Avocat à la cour. Membre du conseil
scientifique de l’École de guerre. ■
« Lady L. », antidote à nos fièvres populistes
ombre recouvrant
d’un frisson la France
en cette rentrée doit
plus qu’on ne le pense
au spectre des
prochaines élections
européennes. Et si les populistes
finissaient par gagner ce scrutin
approchant à grands pas ? Et si cette
victoire possible de l’extrême droite
ou de l’extrême gauche annonçait,
en France, le succès des mouvements
anti-Europe, antimigrants
et antilibéraux en 2022 ? Si ces digues
qui ont déjà failli au Royaume-Uni,
en Hongrie, en Pologne ou en Italie,
sans oublier cette Amérique où l’absence
de surmoi rivalise avec le goût
de la provocation, se fissuraient
davantage, emportant avec elles
les partis dits « de gouvernement »
et leurs valeurs essentielles ?
C’est bien une fièvre idéologique qui
nous gagne. Et face à cela, la littérature,
cette fiction chargée de vérité, peut
beaucoup. Avec Lady L., c’est un trésor
pour l’âme que nous offre ce grand
européen qu’est Romain Gary.
On se souvient des liens complexes
qu’entretenait l’auteur de La Promesse
de l’aube avec l’identité, ce thème clé
de notre temps sur lequel Francis
Fukuyama revient en force dans son
dernier essai. Dans Lady L., ce fabuleux
roman que de Gaulle disait « porté par
un magnifique talent, un prodige
d’humour
et de désinvolture »,
l’écrivain nous
conte notre époque.
À LIVRE OUVERT
Lady L., cette
octogénaire dont
Le roman de Romain Gary est particulièrement
l’Angleterre fête
éclairant sur ce qui constitue l’essence du populisme, les huit décennies
argumente notre chroniqueur*.
jusqu’à recevoir
DESSINS CLAIREFOND
L’
MATHIEU LAINE
« un télégramme de félicitations
de la reine Elizabeth », a tout de
respectable. L’un de ses petits-fils est
ministre, l’autre dirige la Banque
d’Angleterre, le troisième est un haut
gradé de l’armée quand le quatrième va
bientôt devenir évêque. So British, dans
la « petite pluie fine et régulière », sous
un « ciel de parapluie » où se pratique
« cet art très anglais de passer totalement
inaperçu pour mieux se faire remarquer »,
elle se confie à quelqu’un de son rang,
du moins le pense-t-il, sur son très
grand secret : elle n’est pas
originellement des leurs, tant elle est
et sera toujours… « anarchiste » !
Par goût des idées ? Non. Par l’effet
d’une emprise, créée et entretenue par
l’antihéros de ce roman brillant comme
la plus scintillante des pierres, Armand
Denis. Avant de le rencontrer, elle n’est
rien. Ou simplement elle-même,
Annette Boudin, une Française très belle
vendant ses charmes pour fuir
l’idéalisme petit bras d’un père qui l’aide
malgré lui à se construire puisqu’elle
prend le contre-pied de tout ce qu’il
pense et entreprend. Ici, Liberté
et Égalité sont le nom des gendarmes
emmenant « le vieux au poste ». Tout
ce qu’elle hait. Armand, dont elle tombe
éperdument amoureuse, est fils
d’un bourgeois de province. Ses traits
l’attirent. Son verbe, mis au service
de la destruction de la société,
est puissant. Annette tombe dans ses
filets. Mais elle découvrira bien vite que
l’homme la trompe avec la pire des
maîtresses : l’humanité. Sa rivale,
la cause faisant battre le cœur d’Armand
l’anarchiste, d’Armand l’idéaliste, a fait
de lui un terroriste. Elle deviendra son
bras armé, sa bombe à retardement
infiltrée en terre hostile.
Romain Gary offre ici, sur le thème
de la radicalité, une œuvre d’une force
inégalée. Derrière une intrigue sous
forme de confession tenant en haleine
jusqu’à la dernière page, l’idéologie
y est dépeinte dans ce qu’elle
a d’excessif, de destructeur,
d’irrationnel et d’inhumain.
« C’est le moment de te décider. Tu dois
me dire maintenant si tu veux rester
jusqu’à la fin de tes jours ce que tu es
maintenant ou si tu veux aller infiniment
plus loin, t’élever plus haut, révéler
au monde ta vraie nature. […] Veux-tu
prendre ta place dans l’histoire
de l’humanité ? » Le « chant du
tentateur » est bien rodé. L’homme
est « très intelligent et capable
de démagogie et de ruse qu’il justifiait
par l’importance de l’enjeu ». Et si le sang
doit couler, si c’est pour servir la cause,
alors il le doit.
Et ce sera le pistolet plus que la culture.
C’est toujours la même histoire.
« Il y avait d’ailleurs chez Armand Denis
une haine idéologique profonde pour la
musique, la poésie et l’art en général […]
parce que toute la recherche du beau lui
paraissait une insulte au peuple. » Surtout,
on rêve en pareille circonstance
« de quelque prodigieux raccourci,
de quelque fabuleux exploit qui les aurait
menés droit au but, les dispensant du lent
et désespérant labeur d’éducation ».
N’est-ce pas cela, le populisme ?
Mais l’héroïne flaire, par jalousie
ou instinct de survie, ce qu’il y a de
frelaté derrière les grands discours :
« Lady L. savait aujourd’hui qu’il y avait
une contradiction entre ce qu’Armand
lui enseignait et sa façon d’être, entre
cette liberté absolue qu’il invoquait et son
propre asservissement à une idée. Et Gary
d’identifier la voie pour échapper
au pire : « Il lui semblait aujourd’hui que
si l’homme devait être vraiment libre,
il devait se comporter aussi librement
avec ses idées, ne pas se laisser entraîner
complètement par la logique, pas même
par la vérité, laisser une marge humaine
à toute chose, autour de toute pensée. »
Karl Popper ne l’a pas mieux dit.
Le danger mérite qu’on s’y arrête.
Car, grand résistant et admirateur
de De Gaulle, Gary crible Armand
et sa bande d’une fatalité devenue
éternelle : « Il voulait détruire l’ordre
établi […]. Et, de déception en déception,
d’échec en échec, certains d’entre eux
devaient en arriver tout naturellement
au fascisme. » Le choc annoncé entre
Macron et Salvini s’inscrit dans
le sillage de cette prédiction fatale.
Cette leçon, c’est la nôtre. Et nous
devons faire mieux que sir Percy
Rodiner, le confesseur malgré lui,
« glacé par l’indignation », cette
dernière n’étant jamais bonne
conseillère. Si, comme lance Lady L.
à son interlocuteur éberlué, « Calmezvous mon ami, il y aura toujours une
Angleterre », l’enjeu consiste désormais
à trouver la martingale pour éviter
de sombrer, nous aussi, dans l’obscurité.
Cette dernière impose de repenser
ce qui a fait le succès du monde libre
(le Droit, la notion de Personne,
la liberté de penser et d’échanger,
le progrès sans renier les traditions,
la conquête du et par le savoir),
d’affronter les sujets d’inquiétude
(migrants, chômage, inégalités,
terrorisme, transhumanisme) pour
à la fois nous réconcilier avec ce qui a
fait ses preuves et que nous avons oublié
et innover tant qu’il le faudra sur le plan
normatif et incitatif mais sans jamais
trahir nos valeurs fondamentales.
Il va falloir oser être audacieux.
*Auteur du « Dictionnaire amoureux
de la Liberté » (Plon).
Editions 12/13 et le 19/20
A
Spéciales Solitaire URGO le Figaro
Sur Normandie, Bretagne,
Pays de la Loire, Nouvelle Aquitaine
et Hauts-de-France
à (re)voir sur
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mardi 11 septembre 2018
CHAMPS LIBRES
OPINIONS
Renaud Girard
rgirard@lefigaro.fr
L’hystérie anti-Trump dessert l’Amérique
une semaine
de séjour aux ÉtatsUnis, je reviens
stupéfait
de l’acharnement
contre le président
Trump dont font preuve des grands
médias, à qui je faisais jusque-là confiance
pour m’informer de manière impartiale
sur la vie politique américaine. Tout
se passe comme si ces médias, naguère
respectés pour la qualité de leurs
informations et le pluralisme de leurs
éditoriaux, s’étaient transformés
en instruments d’une propagande
unilatérale, destinée à obtenir au plus vite
la destitution d’un président dont
ils n’avaient pas prévu l’élection.
Le prestigieux New York Times est allé
D’
@
100 000 citations
et proverbes sur evene.fr
jusqu’à publier un article anonyme, écrit
dans la meilleure novlangue des
communicants, attribué à un « haut
responsable en poste à la MaisonBlanche ». Cette attaque au vitriol
contre le président se pare de l’aura
du « Résistant », qui a choisi de demeurer
au cœur du pouvoir exécutif, afin
de limiter les dégâts pour le pays,
en sabotant autant que possible
les décisions de son chef.
Pour se faire excuser de fouler aux pieds
les règles élémentaires de la déontologie
journalistique en publiant une « tribune »
anonyme de dénonciation politique,
le quotidien new-yorkais ne manque
d’invoquer le devoir de protéger – contre
quoi ? contre qui ? – le rédacteur caché
de la tribune, et bien sûr aussi l’intérêt
ENTRE GUILLEMETS
11 septembre 1917 : mort au combat de l’as de l’aviation Georges Guynemer.
Devise de Guynemer
RUE DES ARCHIVES/RDA
Faire face»
ANALYSE
Anne Rovan
£@AnneRovan
CORRESPONDANTE À BRUXELLES
Bruxelles mi-soulagée mi-inquiète
après les élections en Suède
un côté,
des nationalistes
se félicitant
de la nouvelle percée
de l’extrême droite.
De l’autre,
des libéraux soulagés que le pire ait été
évité. Au lendemain des élections
législatives suédoises, les uns
et les autres se réjouissaient des résultats
du 9 septembre. Tous voulaient y voir
un motif de satisfaction à huit mois
des élections européennes de 2019.
Est-ce la conséquence des résultats
en demi-teinte de dimanche soir, somme
toute assez peu lisibles et beaucoup
moins tranchés qu’anticipé ? Sans aucun
doute. Car, insiste Maria Demertzis,
directrice adjointe du think tank Bruegel,
« ce n’est pas aussi spectaculaire que
ce que l’on attendait ». Le cataclysme
n’a pas eu lieu. Avec 17,6 % des voix
recueillies, l’extrême droite suédoise est
bien loin de l’objectif qu’elle s’était fixé, à
savoir un score compris entre 20 et 30 %.
De quoi mettre du baume au cœur
et redonner des raisons d’espérer
aux « progressistes » européens
qu’Emmanuel Macron compte bien
emmener derrière lui. À l’image de
l’eurodéputé suédois Fredrick Federley,
membre de l’ADLE. « Il y a une semaine,
je me disais que l’extrême droite allait être
très forte au moment des européennes
de 2019. Depuis dimanche soir, je me dis
que la percée ne sera pas aussi importante
qu’on le dit », confiait-il lundi matin.
L’extrême droite progresse toutefois
nettement en Suède, et son poids
contraint désormais le centre gauche
au pouvoir à se lancer dans de longues
et difficiles tractations avec la droite.
Ce pays s’apprête donc à rejoindre la liste
déjà très étoffée des États membres
D’
Dassault Médias
14, boulevard Haussmann
75009 Paris
Président-directeur général
Charles Edelstenne
Administrateurs
Olivier Dassault, Thierry
Dassault, Jean-Pierre
Bechter, Olivier Costa
de Beauregard, Benoît
Habert, Bernard Monassier,
Rudi Roussillon
supérieur du pays… L’idée de la tribune
est de prouver, de l’intérieur, que Trump
serait dérangé mentalement, et donc
inapte à exercer les fonctions de président
des États-Unis.
Ce thème vient remplacer celui
de Trump, agent du Kremlin. Comme
la déficience mentale, la trahison de son
pays est un excellent motif de destitution
(impeachment). Mais après dix-huit mois
d’enquêtes approfondies par des centaines
de journalistes rêvant de devenir
les tombeurs de Trump, rien de bien
convaincant n’est sorti contre lui.
Beaucoup de citoyens des États-Unis
peuvent détester les idées, la politique
ou la personnalité de Trump, mais très peu
estiment que son patriotisme
est un déguisement et que sa loyauté va
à un autre pays que le sien.
Quand on ouvre sur sa télévision
la chaîne d’information en continu CNN,
on est sidéré. Ce média est littéralement
obsédé par Trump. Tous les talk-shows
politiques et tous les reportages consacrés
à l’exécutif semblent tendus vers un seul
résultat : donner une image négative
du président des États-Unis. CNN
a consacré des dizaines et des dizaines
d’heures d’antenne aux liaisons qu’aurait
eues dans le passé, avant de devenir
président, Trump, avec une prostituée
et une cover-girl. Pendant la campagne
électorale de Trump, dirigée en priorité
vers l’électorat moralement conservateur,
ces jolies petites dames auraient fait
chanter le candidat et obtenu de l’argent
de son avocat pour rester discrètes.
La belle affaire ! Trump n’est-il pas
un enfant de chœur par rapport à Bill
Clinton, qui, dans le Bureau ovale, recevait
des faveurs sexuelles prodiguées par une
jeune stagiaire – ce qui, au demeurant,
ne regardait pas les hypocrites
parlementaires républicains
SOCIÉTÉ DU FIGARO SAS Directeur des rédactions
14, boulevard Haussmann Alexis Brézet
75009 Paris
Directeurs adjoints de la rédaction
Président
Gaëtan de Capèle (Économie),
Charles Edelstenne
Laurence de Charette (directeur
de la rédaction du Figaro.fr),
Directeur général,
Anne-Sophie von Claer
directeur de la publication (Style, Art de vivre, So Figaro),
Marc Feuillée
Anne Huet-Wuillème (Édition,
Photo, Révision),
du Conseil européen, les tractations
à venir seront bien évidemment suivies
de près. « Le peuple suédois a voté
librement et démocratiquement. Nous
sommes convaincus que le gouvernement
qui émergera selon le processus
constitutionnel du pays poursuivra
le ferme engagement de la Suède vis-à-vis
de l’Europe », a déclaré lundi
le porte-parole en chef de la
Commission, Margaritis Schinas.
Et ce sont bel et bien les questions
des populismes, de la montée
de l’extrême droite et des nationalismes
qui seront au menu de la plénière
de Strasbourg cette semaine. Dans son
dernier discours sur
l’état de l’Union,
L’extrême droite suédoise est bien
le président
loin de l’objectif qu’elle s’était fixé,
de la Commission
mais elle progresse nettement. Son européenne,
Jean-Claude Juncker,
poids contraint le centre gauche au
devrait appeler
pouvoir à une coalition avec la droite
mercredi au respect
de l’État de droit.
Un message à l’attention de Viktor Orban
la présidente du Rassemblement national
qu’il ne nommera pas. Quant au premier
Marine Le Pen ne s’y est pas trompée
ministre hongrois, il prendra ce mardi
lorsqu’elle a tweeté dimanche soir
la parole dans l’Hémicycle. Objectif :
ce message : « Élections Suède : encore
défendre sa politique et tordre le coup
une mauvaise soirée pour l’Union
à un rapport du Parlement européen
européenne en perspective. La révolution
consacré aux nombreux manquements
démocratique en Europe est en cours ! »
du pouvoir hongrois. C’est mercredi que
A huit mois des européennes, la Suède
les eurodéputés seront appelés à voter
ne serait qu’un premier test qui,
pour décider si oui non ils demandent
à entendre de nombreux observateurs,
au Conseil d’engager la procédure de
n’augure rien de bon pour la suite,
l’article 7, retirant à la Hongrie ses droits
notamment les consultations à venir
de vote au sein de l’Union. Bref, le vote
en Lettonie et surtout en Bavière.
de mercredi donnera une photographie
« Les sociétés scandinaves sont des
exacte des rapports de force en présence
sociétés très ouvertes. Si elles aussi vont
entre progressistes et nationalistes.
dans la direction de l’extrême droite,
Et permettra de mesurer l’embarras
c’est une mauvaise nouvelle », prédit
de certains partis - le PPE en tête - à se
Maria Demertzis.
positionner entre les uns et les autres.
À la Commission et parmi les membres
dirigés par des gouvernements
de coalition. Des coalitions qui à leur
tour n’ont de cesse de brouiller encore
un peu plus les frontières politiques
traditionnelles. Comme le souligne
l’eurodéputé Alain Lamassoure,
un des très rares membres du PPE à avoir
commenté les résultats de dimanche, « la
remise en question des partis traditionnels
face aux défis actuels est indispensable ».
Le grand soir n’a certes pas eu lieu
pour les Démocrates de Suède. Mais leur
montée en puissance inquiète Bruxelles.
Ne serait-ce que parce qu’elle démontre
qu’aucun pays n’est désormais immunisé
face aux populismes. Du reste,
«
Arnaud de La Grange
(International),
Étienne de Montety
(Figaro Littéraire),
Bertrand de Saint-Vincent
(Culture, Figaroscope, Télévision),
Yves Thréard (Enquêtes,
Opérations spéciales, Sports,
Sciences),
Vincent Trémolet de Villers
(Politique, Société, Débats Opinions)
qui s’acharnèrent contre le président,
paralysant l’exécutif américain pendant
presque un an.
Trump ne s’est montré tendre ni avec
le New York Times, ni avec CNN. Mais cela
ne justifie pas que ces grands médias
perdent à ce point leur impartialité.
L’économie américaine ne s’est jamais
aussi bien portée. Les éditorialistes du New
York Times et de CNN nous expliquent
que Trump n’y est pour rien. Mais
les mêmes, à l’automne 2016,
nous prophétisaient une catastrophe
économique si Trump était élu !
Trump ne frappe ni par son élégance
de comportement, ni par sa culture,
ni par son intelligence conceptuelle.
Ses défauts ont été rabâchés par
ses opposants durant la campagne.
Il a néanmoins été élu. Pourquoi les élites
journalistiques n’attendent-elles pas
de le juger sur les réalisations de son
mandat de quatre ans ? Cet acharnement
médiatique est contre-productif.
En politique intérieure, il remobilise
l’électorat conservateur en faveur
de Trump. En politique extérieure,
il affaiblit la diplomatie de l’Amérique,
en la rendant incapable de renouer
avec la Russie.
Nous n’avons pas manqué de reprocher
à Trump ses atteintes répétées
au multilatéralisme - sur le partenariat
transpacifique, sur le changement
climatique, sur l’accord nucléaire avec
l’Iran. Il n’est pas pour autant le diable !
Il a raison de se montrer implacable face
au pillage technologique chinois.
L’Amérique a connu un président sobre,
élégant, issu de Yale, qui lisait la Bible tous
les soirs. Il s’appelait George W. Bush.
En 2003, il a décidé une invasion en Irak,
dont on paie toujours les conséquences.
Pour le moment, Trump n’a provoqué
aucune catastrophe comparable.
VOX
… PAGNOLADE
Pourquoi Macron
et Mélenchon furent
bienheureux de ne pas
s’affronter à Marseille,
par Arnaud Benedetti,
professeur associé
à la Sorbonne
… SYRIE
Comprendre
la bataille d’Idlib,
par Fabrice Balanche,
chercheur invité
au Washington Institute
»
Directeur artistique
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Rédacteur en chef
Frédéric Picard
(Édition Web)
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du pôle news
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1er cahier 20 pages
Cahier 2 Économie
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Cahier 3 Le Figaro
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Cahier 4 Figaro Plus
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A
CHRONIQUE
19
B O U T I Q U E E N LI G N E D I O R .C O M
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mardi 11 septembre 2018 LE FIGARO - N° 23 041 - Cahier N° 2 - Ne peut être vendu séparément - www.lefigaro.fr
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TRANSDEV ET LOHR
S’ASSOCIENT DANS
LA NAVETTE AUTONOME PAGE 26
Le nucléaire
recule dans
le monde
sauf en Chine
MÉDIAS
LES ÉDITEURS
À L’OFFENSIVE POUR
UN DROIT VOISIN PAGE 28
Fonctionnaires :
la bataille
des élections
est lancée
Plus de 5 millions d’agents publics vont élire
leurs représentants le 6 décembre.
ANDREY POPOV/STOCK.ADOBE.COM, LOHR, GUILLAUME SOUVANT/AFP
Les syndicats de fonctionnaires ont,
eux aussi, fait leur rentrée. Ils ont
lancé ce lundi la négociation sur
l’égalité femmes-hommes dans les
trois fonctions publiques et doivent
reprendre le fil, ce mardi, des discussions sur les quatre chantiers de
refonte lancés au printemps par
Édouard Philippe : dialogue social,
statut, mobilité et rémunération. Sur
fond de suppression confirmée de
120 000 postes de fonctionnaires sur
le quinquennat, tous ont en ligne de
mire les élections du 6 décembre où
les 5,4 millions d’agents vont élire
leurs représentants pour quatre ans.
Outre le podium dans la fonction publique, se joue la place de numéro un,
entre la CGT et la CFDT, à l’échelle
nationale, tous secteurs confondus.
èQUATRE DOSSIERS SENSIBLES SUR LA TABLE DE NÉGOCIATION èCE QUE PÈSE CHACUN
SUR L’ÉCHIQUIER ? èSPORT : PAS DE SUPPRESSIONS D’EMPLOIS, MAIS UNE ÉVOLUTION
èTOURNER ENFIN LA PAGE DE LA CHARTE D’AMIENS ET DE LA LUTTE DES CLASSES
èEN SUÈDE, UN SERVICE PUBLIC… SANS FONCTIONNAIRES PAGES 22 ET 23
À 54 ans, Jack Ma installe
son successeur à la tête d’Alibaba
À peine en fonction, le nouveau ministre de la Transition
écologique, François de Rugy, va devoir gérer le très
sensible dossier du nucléaire. Une énergie qui, selon lui,
ne représente pas l’avenir. La production d’électricité
d’origine atomique a bondi de 18 % en Chine l’an dernier,
mais a diminué dans le reste du monde. PAGE 24
le PLUS du
FIGARO ÉCO
AGRICULTURE
La loi alimentation
tourne au casse-tête
pour les filières
PAGE 25
LA SÉANCE
DU LUNDI 10 SEPTEMBRE 2018
CAC 40
5269,63
+0,33%
DOW JONES (18h)
25924,32 +0,03%
ONCE D’OR
1196,60 (1198,90)
PÉTROLE (lond)
77,520 (76,490)
EUROSTOXX 50
3311,86 +0,56%
FOOTSIE
7279,30 +0,02%
NASDAQ (18h)
7450,57 +0,27%
NIKKEI
22373,09 +0,30%
Dans un an, le charismatique Chinois
Jack Ma ne dirigera plus le groupe qu’il
a créé en 1999. Véritable icône dans
son pays, il transmet son empire à l’actuel numéro deux, Daniel Zhang, et à
une nouvelle génération de dirigeants.
En planifiant dans les moindres détails
sa succession, Jack Ma veut tenir la
promesse initiale des cofondateurs de
« créer une des dix premières entreprises
Internet mondiales, qui existerait pour
102 ans », une période recouvrant trois
siècles distincts. Géant du e-commerce, Alibaba est aujourd’hui un groupe
diversifié qui, à travers ses différentes
activités, est devenu omniprésent dans
la vie quotidienne de tous les Chinois.
La plus valorisée des entreprises asiatiques est devenue en vingt ans le
symbole de ce que la Chine moderne
aspire à devenir.
En vente en kiosque actuellement
Des conseils d’administration
plus jeunes et plus diversifiés qu’avant
C
M. M.
PAGE 27
L'HISTOIRE
onséquence de la féminisation
des conseils d’administration
des entreprises tricolores : ils se
rajeunissent, selon l’étude annuelle
du cabinet de chasseurs de têtes
Russell Reynolds dont Le Figaro publie
en exclusivité les résultats. L’âge moyen
des nouveaux administrateurs est de 56 ans,
quand celui des sortants s’élève à 64 ans.
Parmi les nouveautés du cru 2017-2018,
la part des administrateurs digitaux est
en progression (+ 30%) et leur profil évolue.
Ceux qui ont œuvré à la transformation
digitale d’une
entreprise sont
prisés. Alors
que la loi Pacte
prévoit
d’en augmenter
le nombre,
la part des
administrateurs
salariés est déjà
à la hausse.
Corollaire, la taille
des conseils
se réduisant pour
plus d’efficacité
Mesure phare - et controversée des ordonnances réformant le Code
du travail en vigueur depuis l’automne 2017, la rupture conventionnelle
collective (RCC) commence à faire
ses preuves. 66 projets de ce nouveau dispositif qui permet de négocier avec les syndicats des plans de
départs volontaires sans justifier de
difficultés économiques ont été lancés par les entreprises entre le
1er janvier et le 31 juillet, selon les données du ministère du Travail. L’objectif de cette mesure est d’éviter que
les entreprises procèdent à des licenciements dans le cadre d’un plan de
sauvegarde de l’emploi (PSE) lorsqu’elles souhaitent se réorganiser en
interne.
Concrètement, sur les 66 RCC engagées, 37 ont été homologuées par les
services du ministère du Travail et 11
ont échoué. Par exemple, ce fut le cas
de la RCC lancée par Pimkie et qui n’a
pas abouti. En outre, quatre RCC ont
été rejetées par le ministère, mais
trois d’entre elles ont été renégociées
et finalement validées. Quant aux
17 projets de RCC restants, ils sont
toujours en cours de négociation.
Jusqu’à présent, « les RCC ont surtout été utilisées dans les secteurs de
l’industrie et des services », indique
une source ministérielle. Par ailleurs,
le nombre de PSE a, lui, chuté de 24 %
sur la même période. 280 PSE ont été
enregistrés entre le 1er janvier et le
31 juillet 2018, contre 370 sur les sept
premiers mois de l’année 2017, indique le ministère du Travail.
Tout comme en 2016, l’année 2017 a
connu une nouvelle baisse du nombre
de litiges engagés devant les prud’hommes : 127 000 affaires ont été
enregistrées, contre 150 000 l’année
précédente, soit un repli de 15 %. Selon la Rue de Grenelle, « tous les signaux » montrent que les ordonnances Pénicaud ont eu un impact. Il
s’agit plus spécifiquement du plafonnement des indemnités prud’homales
perçues en cas de licenciement abusif, qui s’applique depuis fin septembre 2017.
(en moyenne 13,8 administrateurs
pour les entreprises du CAC 40), le nombre
des membres issus de direction générale est
en chute. « Il faut être vigilant sur ce point,
cette compétence est indispensable dans
un conseil », alerte Marc Sanglé Ferrière,
coresponsable de l’activité CEO & Board Europe
chez Russell Reynolds. L’étude illustre aussi le
retard de la France en matière de rémunération
par rapport à ses voisins. « Si elle a toujours été
dans le quartile du bas, l’écart se creuse »,
poursuit-il. Pour les entreprises du CAC 40
qui relèvent du droit étranger, les jetons
de présence
s’élèvent à
135 000 euros
en moyenne
par an contre
77 000 pour
celles de droit
français.
Un frein à
l’attractivité
des meilleurs
administrateurs
qui pénalise
l’Hexagone… ■
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mardi 11 septembre 2018 LE FIGARO
22
L'ÉVÉNEMENT
La bataille des élections dans le public est
Les syndicats se mobilisent pour le scrutin du 6 décembre où 5,4 millions d’agents désigneront leurs repré
CÉCILE CROUZEL £@ccrouzel
« 50Supprimer
000
postes dans
la fonction
publique
d’État sur le
quinquennat ?
C’est « très
largement
atteignable,
sachant
que, chaque
année, il y a
plusieurs
dizaines
de milliers
de départs
en retraite
»
OLIVIER DUSSOPT,
SECRÉTAIRE D’ÉTAT,
CHARGÉ DE LA
FONCTION PUBLIQUE
FONCTION PUBLIQUE C’est une
rentrée sur les chapeaux de roues
pour les fonctionnaires… Lundi,
Olivier Dussopt, le secrétaire
d’État chargé de la fonction publique, a ouvert avec les 9 syndicats
représentatifs la négociation sur
l’égalité femmes-hommes. Le sujet
étant consensuel, un accord devrait être trouvé. En revanche, le
climat devrait être plus tendu ce
mardi pour la reprise de la concertation sur la réforme de la fonction
publique, avec une réunion consacrée à la mobilité.
Lancé en février par Édouard
Philippe, ce projet se décline en
quatre chantiers - développement
de la rémunération au mérite, encouragement à la mobilité, recours
accru aux contractuels, simplification du dialogue social - qui tous
rencontrent l’opposition, plus ou
moins grande, des syndicats de
fonctionnaires. Tous ne manqueront pas de le clamer à l’approche
des élections du 6 décembre. Ce
jour-là, les 5,4 millions d’agents
des fonctions publiques de l’État,
hospitalière et territoriale éliront
leurs représentants. Le scrutin débutera même quelques jours avant
par voie électronique, un système
d’ailleurs déjà décrié par Pascal
Pavageau, le secrétaire général de
FO, pour qui « à trois mois du scrutin, c’est quand même un joyeux
bordel ».
Pour les syndicats, l’enjeu est
crucial, tant les fonctionnaires sont
des bataillons importants. La CGT
CE QUE PÈSE
CHACUN SUR
L’ÉCHIQUIER ?
(Résultats des élections
de fin 2014)
SOURCE: MINISTÈRE DE LA FONCTION PUBLIQUE
est sur le gril : après avoir reculé de
2,3 points lors des élections de
2014, elle doit regagner des voix
chez les agents si elle veut enrailler
son déclin national. En effet, la
CFDT, forte de son avance dans les
entreprises, peut, si elle fait un bon
score le 6 décembre, passer numéro un, public et privé confondus.
Un Graal qui incite Laurent Berger
à multiplier les visites
de site… Face à sa
rivale cégétiste aux positions parfois radicales - elle prône par
exemple une baisse du temps de
travail -, la centrale de Belleville
compte mettre en avant son pragmatisme. « Nous sommes un syndicat qui se bat pour obtenir des améliorations dans le quotidien des
agents », défend Mylène Jacquot,
de la CFDT-fonction publique.
Participation en baisse
FO joue quant à elle une autre
carte, celle de la défense de
« République une et indivisible ». Le syndicat défend ainsi
le département ou refuse que
des organisations et des politiques diffèrent selon les régions. Cette vision conservatrice a séduit lors des
Inverser l’érosion
des derniers scrutins
et regagner des parts de
marché dans la fonction
publique d’État.
23,1 %
- 2,3
A
ACCRU
AUX CONTRACTUELS
❙ RECOURS
L’État, les hôpitaux, le secteur
médico-social et les collectivités
locales comptent un peu plus de
900 000 contractuels, ces personnels qui ne bénéficient pas du statut de la fonction publique. Soit
17 % des postes (hors emplois
aidés). Le gouvernement veut en
accroître le nombre. De fait, il serait alors plus aisé de faire varier
les effectifs. Tous les syndicats
sont opposés à cette mesure. FO y
voit par exemple un moyen de siphonner le statut. En outre, le ministère des Comptes publics a proposé la création d’un nouveau
type de contrat, le « contrat de
mission », sorte de CDD d’une
durée de six ans maximun lié à
une mission. « Ce type de contrat
n’est acceptable que s’il est encadré », a réagi la CFDT. La concer-
tation sur ce chantier du recours
aux contractuels est bouclée mais
les syndicats espèrent encore peser d’ici à la rédaction du projet de
loi. Ce texte devrait par ailleurs
intégrer une mesure censurée
dans la loi avenir professionnel,
celle ouvrant le recours aux
contractuels dans la haute fonction publique.
DU DIALOGUE SOCIAL
❙ SIMPLIFICATION
Dans ce domaine également, la
concertation est terminée. Le
gouvernement a proposé une fusion des instances (comités techniques et CHSCT), sur le modèle
de ce qui s’est fait dans les entreprises avec les ordonnances Pénicaud. Une mauvaise nouvelle
pour les syndicats, qui fonctionnent beaucoup en s’appuyant
dans les fédérations et les unions
territoriales sur les permanents de
la fonction publique. En outre, les
pouvoirs des commissions administratives paritaires (CAP), où
siègent des syndicalistes, seraient
revus à la baisse. Aujourd’hui, ces
structures propres à la fonction
publique donnent leur avis sur les
mutations et avancements des
agents. Demain, elles ne seraient
plus qu’une instance de recours
pour les fonctionnaires en cas de
contestation.
RÉMUNÉRATION
PLUS
❙INDIVIDUALISÉE
Pour le gouvernement, « une part
de la rémunération des agents doit
être liée au mérite et à l’atteinte des
résultats individuels et collectifs ».
Le défi pour les 9 organisations
syndicales représentatives sera
aussi, et surtout, d’enrayer l’érosion de la participation. En 2014, à
peine 52,8 % des agents avaient
voté. Un signe de plus de la désaffection pour le syndicalisme…
Pour les fonctionnaires, les sujets de mécontentement se sont
multipliés depuis l’élection d’Emmanuel Macron. Un jour de
carence (1er jour d’arrêt maladie non payé) a été réintroduit en 2018 et les traitements
sont
peu
dynamiques après le nouveau gel, en 2018 et 2019,
du point d’indice, un des
éléments de leur rémunération. Une politique assumée
par le gouvernement, toute
Progresser dans les trois
versants de la fonction publique
pour dépasser, privé inclus,
la CGT au niveau national.
Philippe Martinez,
secrétaire général
de la CGT.
Quatre dossiers sensibles sur la table de négociation
La refonte des modes de management dans la fonction publique le gouvernement parle de « nouveau contrat social avec les
agents » - est le chantier le plus
avancé de la réforme globale de la
puissance publique. Depuis le
printemps, les syndicats de fonctionnaires enchaînent les réunions de concertation au ministère, afin qu’un projet de loi soit
présenté au premier trimestre
2019. Le but de ces évolutions :
donner de la souplesse, afin notamment que les suppressions de
postes (120 000 sont programmées dans le quinquennat :
50 000 dans l’État et 70 000 dans
la territoriale) se fassent de façon
intelligente. La refonte se divise
en quatre chantiers.
élections de 2014. Reste à savoir si
cela fonctionnera cette année, alors
que la centrale de l’avenue du Maine a un double objectif : maintenir
sa place de numéro un au sein de
l’État, tout en continuant à gagner
des points dans les deux autres versants. En tout cas, les membres de
la direction du syndicat feront 60 à
90 déplacements, presque deux
fois plus qu’en 2014.
Sous le quinquennat Sarkozy, une
« prime de fonction et de résultats », destinée à récompenser la
performance individuelle, avait
été instaurée pour les agents administratifs de l’État. Elle a été
supprimée par François Hollande,
qui l’a remplacée par un mécanisme moins individuel. Quant à l’intéressement collectif, s’il est possible en théorie dans la fonction
publique, il est peu utilisé. L’exécutif actuel veut lever ces freins.
Mais il devra faire face à l’hostilité
des syndicats. Il est vrai aussi que
cette question de la rémunération,
sujet où la concertation est la
moins avancée, percute la réforme
des retraites. Car les indemnités,
qui représentent 22 % de la rémunération des agents, ne sont pas
prises en compte dans le calcul des
pensions.
❙
ENCOURAGEMENT
À LA MOBILITÉ
L’exécutif veut encourager la mobilité au sein de la fonction publique et vers le privé. De fait, à peine 2,5 % des fonctionnaires au
sens strict - ceux au statut changent d’employeur dans
l’année. Pour y remédier, le ministère veut notamment recalibrer la prime de départ volontaire
créée sous Nicolas Sarkozy. C’est
le point le plus polémique avec les
syndicats. En revanche, les
projets de développement de la
formation pour accompagner les
restructurations reçoivent une
oreille plus attentive. Pas moins
de 1,5 milliard d’euros devraient y
être consacrés dans le cadre du
plan d’investissement des compétences. ■
C. C.
19,2%
+ 0,1
Laurent Berger,
patron de la CFDT.
Sport : pas de suppressions
d’emplois, mais une évolution
C’est une
« attaque
sur
le statut des
fonctionnaires,
comme
ce qui s’est
fait pour les
cheminots
»
PASCAL PAVAGEAU,
SECRÉTAIRE GÉNÉRAL
DE FO
Une première victoire pour Roxana
Maracineanu ou un joli rétropédalage d’Édouard Philippe ? Au sortir
d’un long entretien avec le premier
ministre ce lundi matin, la nouvelle
ministre des Sports a affirmé
qu’aucun des 1 600 conseillers techniques sportifs (CTS) visés par un
projet d’économies de Matignon
« ne perdra son emploi ». La publication vendredi par l’AFP d’une lettre
de cadrage fixant 1 600 suppressions
d’emplois au ministère des Sports
avait créé un fort émoi dans le mouvement sportif, déjà très remonté et
inquiet de voir l’État se désengager,
avec un budget des sports annoncé à
la baisse pour la deuxième année
d’affilée, alors que se profilent les
Jeux olympiques de Paris en 2024.
Publics prioritaires
L’ancienne championne de natation
s’est donc montrée rassurante, tout
en évoquant une évolution pour les
CTS - ces agents publics qui travaillent pour le compte d’une fédération sportive nationale, d’une ligue régionale ou encore d’un comité
régional, et contribuent à la mise en
œuvre de la politique sportive de
l’État. « Tout le monde est d’accord
pour dire que leur mode de gestion
doit évoluer en concertation avec
l’ensemble des acteurs et dans le respect du rôle et des prérogatives de
chacun. »
En appui, le premier ministre a
précisé dans un communiqué les
propos de sa ministre. « L’État doit
concentrer ses moyens sur les publics
prioritaires et les territoires aujourd’hui carencés en infrastructures
sportives. Les conseillers techniques
sportifs ont une compétence reconnue
par tous. Il n’est pas question de les
supprimer. Leur mode de gestion doit
être modernisé, leur rôle au sein des
fédérations doit ainsi être retravaillé
avec le mouvement sportif. […] Leur
statut doit être réinterrogé. »
Concernant la réduction envisagée de 30 millions d’euros des crédits de son ministère dans le prochain budget, Roxana Maracineanu
a expliqué qu’elle en discuterait avec
Gérald Darmanin, le ministre des
Comptes publics. « Le premier ministre a entendu les inquiétudes relatives aux taxes affectées au budget du
sport, a ainsi ajouté le communiqué
du premier ministre. Il demande à M.
Gérald Darmanin et Mme Roxana Maracineanu de lui faire des propositions
sur ces sujets avant la présentation du
projet de loi de finances pour 2019. »
Et d’ajouter : « L’un des objectifs est
de donner plus de responsabilités, de
moyens et d’autonomie aux fédérations sportives pour leur permettre de
développer le haut niveau, animer le
réseau des clubs et associations
sportives. »
Après avoir évoqué vendredi une
« volonté de destruction humaine
massive », Philippe Bana, le président de l’Association des directeurs
techniques nationaux (DTN), s’est
réjoui de ces annonces et de sa
rencontre, ce lundi, avec la ministre : « Elle nous a enthousiasmés par
sa compétence, son énergie et sa hauteur de vue. Elle a parfaitement compris les enjeux et on est sur une bonne
pente, on va pouvoir travailler en
concertation […] Nous avons fait des
propositions à la ministre pour moderniser les CTS, mais leur statut doit
rester public […] Nous allons rester
très vigilants. » ■
M. C.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mardi 11 septembre 2018
L'ÉVÉNEMENT
lancée
En Suède, un service public… sans fonctionnaires
sentants. Les enjeux sont énormes.
hausse de 1 % du point coûtant
2 milliards d’euros aux finances
publiques. Par ailleurs, 50 000
postes seront supprimés au sein de
l’État pendant le quinquennat
(dont 4 500 en 2019) et 70 000 au
sein des collectivités locales. La réforme de la fonction publique, qui
débouchera sur un projet de loi au
premier trimestre 2019, doit le
permettre.
Temps de travail
PHOTOS
FRANÇO
IS BOUC
HON/LE
FIGARO
« La mise en œuvre des réformes
étant progressive, plus nous allons
avancer et plus des marges de réduction des effectifs se dégageront », a expliqué Olivier Dussopt,
lundi dans Les Échos, non sans annoncer aussi une reprise en main
sur le temps de travail des
agents, aujourd’hui
inférieur
à
35 heures, via
une remise en
cause
d’accords locaux
et des har-
Confirmer sa place de
numéro un dans la
fonction publique d’État
et progresser ailleurs.
23
Ces deux
« dernières
FRÉDÉRIC FAUX
STOCKHOLM
années, l’office
en charge
des réfugiés
a embauché
plusieurs milliers
de personnes.
Comme le flux
s’est tari, elle va
devoir licencier,
mais des emplois
vont être créés
dans la santé
ou l’éducation,
en fonction
des nouvelles
priorités du
gouvernement
monisations de règles d’absence
(nos éditions du 17 mai).
Pourtant, malgré toutes ces annonces, les fonctionnaires se mobilisent peu. Les manifestations
unitaires du 22 mai n’ont rassemblé que 139 000 personnes. Celles
du 22 mars en avaient accueilli
323 000, mais avec les cheminots.
Les leaders syndicaux y lisent une
certaine résignation des agents.
Mais pas seulement. À demi-mot,
ils reconnaissent aussi que certaines mesures de la réforme de la
fonction publique intéressent les
agents, et notamment la probable
hausse de la prime de départ en cas
de mobilité vers le privé.
«Il faut aller à la mobilisation si on
peut obtenir quelque chose. Les
journées faibles sont contre-productives », reconnaît d’ailleurs
Jean-Marc Canon, de la CGTfonction publique. Si les propos seront musclés à l’approche des élections, il est donc improbable que le
gouvernement ait à faire face à des
manifestations d’ici à la fin de l’année. Et encore moins à un mouvement uni des syndicats de fonctionnaires.
La prochaine date sociale est la
journée du 9 octobre. Mais elle regroupera aussi les salariés du privé
et ne sera organisée que par la
CGT, FO, Solidaires et des mouvements de jeunesse. Sans les réformistes donc. « Ce sera un point
d’appui. Avec, en point de mire, les
retraites », a insisté lundi Pascal
Pavageau, précisant toutefois ne
pas souhaiter un enchaînement de
dates… ■
ROBERT CLOAREC,
CONSEILLER SPÉCIAL
DU BUREAU CHARGÉ
DE L’ADOPTION
INTERNATIONALE
»
L’école de Mälarhöjden, quartier
aisé de Stockholm, accueille près
de 1 200 élèves âgés de 6 à 16 ans,
110 enseignants et un proviseur
dont les fonctions auraient de quoi
étonner ses homologues français.
« Je suis chargé du recrutement de
tous mes professeurs, qui ont la liberté de postuler où ils veulent, explique Micael Pettersson en
ouvrant son ordinateur, où sont
archivés tous les dossiers de candidature. Je les reçois en entretien,
je m’intéresse à leur motivation et si
le candidat convient nous discutons
du salaire. » Une négociation qui
dépend de l’état du marché du
travail et des dotations municipales reçues par l’école.
« Notre financement est lié au
nombre d’élèves et aux difficultés
sociales du quartier, ajoute le proviseur. Pour le salaire, nous devons
respecter un plancher et il est
interdit de donner une augmentation à un professeur qui viendrait
d’un établissement de la même
commune, pour éviter la concurrence entre les écoles. Mais
depuis quelques années, il y a une
pénurie d’enseignants et le salaire,
pour un nouveau qui sort de l’université, se négocie entre 35 000 et
38 000 couronnes brut, soit entre
3 500 et 3 800 euros par mois. »
Un directeur d’administration
qui se comporte comme un manager, des employés du service public recrutés comme n’importe
quel salarié, pas de statut spécial,
une carrière en fonction du mérite, des salaires élevés… Cet exemple du modèle suédois, bien loin
des pratiques françaises, est le
résultat de plusieurs réformes.
Elles se sont accélérées dans les
années 1990, alors que le pays
traversait une grave crise, avec
une explosion du chômage. Les
grilles de la fonction publique
furent d’abord abandonnées au
profit d’une négociation individuelle des salaires.
Ensuite, chaque agence gouvernementale fut dotée d’une autonomie lui permettant de licencier
ou de recruter, selon ses besoins,
avec la création en parallèle d’un
fond de sécurité pour aider les employés remerciés à se reconvertir.
En 1994, toutes ces administrations nationales furent regroupées
sous l’égide d’une Agence suédoise
pour les employeurs du gouvernement (Arbetsgiververket), chargée de négocier directement avec
les fédérations syndicales les
conditions de travail, sans l’intervention du politique.
Plus de 2 000 offres
d’emploi en ligne
Aujourd’hui, nul besoin de réussir
un concours pour se mettre au
service de l’État. Il suffit de se
connecter au site d’Arbetsgiververket pour connaître les offres
d’emploi disponibles (plus de
2 000 par exemple avant l’été) et
les profils requis par l’une des
250 agences gouvernementales. Il
peut s’agir d’une administration
pléthorique comme l’armée, qui
dispose de sa propre agence, ou du
bureau chargé de l’adoption internationale, qui ne compte que
20 employés. « Cela permet une
grande souplesse dans l’application
des politiques décidées par le Parlement, explique Robert Cloarec,
conseiller spécial de cette administration. Ces deux dernières an-
Pascal
Pavageau,
secrétaire
général
de FO.
10,3%
+ 1,0
18,6%
+ 0,5
nées, l’office en charge des réfugiés
a embauché plusieurs milliers de
personnes. Comme le flux s’est tari,
elle va devoir licencier, mais des
emplois vont être créés dans la santé
ou l’éducation, en fonction des nouvelles priorités du gouvernement. »
Une souplesse qui s’explique
aussi par une longue histoire.
Contrairement à la France, au
fonctionnement pyramidal, les administrations suédoises ont toujours eu une tradition d’indépendance face au pouvoir central. Le
statut de fonctionnaire, avec la garantie de l’emploi, n’a jamais couvert toute la fonction publique.
Aujourd’hui, il est d’ailleurs l’exception et ne concerne que les juges, quelques professeurs d’université et autres professions
sensibles. Les employés de la fonction publique ont par ailleurs pu
négocier des garanties grâce à un
taux de syndicalisation très fort,
qui atteint les 70 %. Ces contractuels de l’administration bénéficient ainsi de CDI, avec tous les
avantages afférents, alors que ceux
employés dans les administrations
françaises sont, pour la plupart, en
contrats précaires et cumulent les
CDD…
Robert Cloarec reçoit régulièrement des délégations françaises qui
viennent à Stockholm, avec toujours la même question. « Elles
veulent savoir comment nous avons
pu mener ces réformes sans mouvement social majeur, explique le
conseiller spécial. Je leur présente
les faits, les lois, les dates, mais j’explique aussi le contexte suédois, notre culture. Notre modèle fonctionne
très bien ici - même s’il n’est pas
parfait - mais ce serait une illusion
de penser que l’on pourrait l’importer tel quel dans un autre pays. » ■
DIVERS
8,0%
- 0,2
6,8%
+ 0,2
3,3%
- 0,7
2,9%
0,0
7,8%
+ 1,4
Tourner enfin la page de la charte
d’Amiens et de la lutte des classes
Marc Landré
mlandre@lefigaro.fr
Les 5,4 millions d’agents appelés
aux urnes le 6 décembre ne le savent pas mais leur voix comptera
bien au-delà du strict périmètre de
la fonction publique. Leur vote
aura en effet un impact au niveau
national car il déterminera qui, de
la CFDT ou de la CGT, sera à l’avenir le numéro un sur l’échiquier
syndical, public et privé confondus. Après la confirmation en
mars 2017 de la progression de la
centrale de Belleville, sortie en tête
des scrutins dans les entreprises
privées des quatre années précédentes, seules… 20 000 voix la séparent aujourd’hui de sa rivale de
Montreuil. Soit 0,75 % de tous les
bulletins dépouillés en décembre 2014, lors des dernières élections dans le public.
Une vraie révolution
« À 20 000 voix, nous pouvons
transformer l’essai de la victoire
dans le privé », a d’ailleurs lancé le
8 juin à ses troupes, en clôture du
congrès de Rennes qui venait de le
reconduire pour quatre ans à la
tête de la CFDT, Laurent Berger qui
s’est maintenant fixé l’objectif de
détrôner la CGT de son piédestal
tous secteurs confondus.
Une telle victoire serait lourde
de conséquences. Plus que la percée du réformisme cédétiste dans
le public, elle marquerait la défaite
du syndicalisme contestataire tel
que le pratique la CGT depuis son
origine, et encore plus depuis la
prise de pouvoir en 2015 de Philippe Martinez. Aux rayons des symboles, un tel résultat serait une
vraie révolution dans un pays - et
c’est, sans doute à l’exception de
Cuba et du Venezuela, le dernier
dans ce registre - où la première
organisation représentative des
salariés se revendique toujours de
la charte d’Amiens. Et ce n’est rien
de le dire.
Ce texte de 1905, rédigé donc
vingt ans après la publication de
Germinal de Zola, tourne autour de
« la lutte de classe qui oppose, sur le
terrain économique, les travailleurs
en révolte contre toutes les formes
d’exploitation et d’oppression, tant
matérielles que morales, mises en
œuvre par la classe capitaliste
contre la classe ouvrière ». Un document vieux de 113 ans qui, fautil le rappeler à l’heure où Google et
Amazon ont dépassé les 1 000 milliards de dollars de capitalisation,
« prépare l’émancipation intégrale,
qui ne peut se réaliser que par l’expropriation capitaliste ».
La victoire de la CFDT servirait
enfin le dessein d’Emmanuel Macron qui a fait du dialogue social,
du moins dans les mots, le pivot de
sa deuxième année de mandat. Elle
affaiblirait l’axe contestataire ne
jurant que par les journées de mobilisation sans lendemain. Et renforcerait le bloc réformiste qui
veut négocier la « rénovation »
promise aux Français - le chef de
l’État parle maintenant de « transformation » - du modèle social tricolore vieillissant et dépassé. ■
À 20 000
« voix,
nous
pouvons
transformer
l’essai de la
victoire dans
le privé
»
LAURENT BERGER,
SECRÉTAIRE GÉNÉRAL
DE LA CFDT, LE 8 JUIN
À RENNES
A
DÉCRYPTAGE
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 11 septembre 2018 LE FIGARO
24
ÉCONOMIE
La Chine, locomotive du nucléaire mondial
En 2017, l’électricité atomique a augmenté de 18 % dans l’empire du Milieu mais a reculé dans le reste du monde.
ARMELLE BOHINEUST £@armelella
LES CENTRALES
DANS LE MONDE
EN JUILLET 2018
50
réacteurs sont
en construction
dans le monde,
dont 16 en Chine,
7 en Inde, 5 en Russie,
4 en Corée du Sud, 4 dans
les Émirats arabes unis…
et 1 en France
413
réacteurs sont en service
dans le monde
dont 99 aux États-Unis
et 58 en France.
Ils ont en moyenne
30 ans
ÉNERGIE C’est avec un dossier
délicat entre tous, le nucléaire,
que le nouveau ministre de la
Transition écologique entame son
parcours. François de Rugy doit
présenter fin octobre le projet de
« programmation pluriannuelle
de l’énergie (PPE) » favorisant la
transition énergétique. Pour cela,
il faut « sortir de la guerre de religion », a proposé le ministre écologiste dans Le Monde tout en affirmant que le nucléaire n’était
plus une énergie d’avenir.
Les derniers rapports sur ce sujet sont loin de le contredire. Selon
l’édition 2018 du World Nuclear
Industry Status Report, depuis
trois ans, si la production électrique nucléaire continue de croître
dans le monde (+ 1% en 2017),
c’est uniquement grâce à Pékin.
En Chine, elle a ainsi progressé de
18 % l’an dernier.
Avec 41 réacteurs en service,
c’est le troisième pays au monde
en termes de centrales, derrière
les États-Unis et la France. L’empire du Milieu est également le
pays le plus actif pour les installations. En 2017, quatre réacteurs
ont été mis en service dans le
monde, trois en Chine et un au Pakistan, installé par les ingénieurs
chinois, détaille Mycle Schneider,
principal auteur du rapport. En
2018, sur les sept centrales déjà
Le nucléaire fournit deux fois plus de courant
que l’éolien et cinq fois plus que le solaire
CAPACITÉ INSTALLÉE
MONDIALE,
PRODUCTION
D’ÉLECTRICITÉ MONDIALE,
en GW
en TWh/an
515
Éolien
3 000
500
2 661
400
385
Nucléaire
400
350
2 503
2 500
2 263
2 346
2 000
300
1 500
200
1 123
1 000
100
500
30
22
Solaire
0
2000
646
2004
2008
2012
2017
0
1996
101
2000
Source : World Nuclear Industry Status Report
mises en service, cinq l’ont été en
Chine et deux en Russie. « La
Chine continue à dominer les développements du secteur nucléaire
grâce à des décisions prises il y a
des années », résume le consultant
réputé antinucléaire mais dont
l’expertise est reconnue. Et malgré
un creux depuis 2016, les lancements de chantiers devraient reprendre, prévoit Mycle Schneider.
2004
2008
2012
443
2017
Infographie
La Chine est le seul pays à avoir investi depuis quinze ans dans tous
les composants d’industrie nucléaire. À l’inverse, les États-Unis,
qui ne savent pas construire de
cuve, par exemple, n’ont pas cette
capacité, note l’expert.
«La capacité de production électrique nucléaire risque de se réduire
dans les prochaines décennies », a
confirmé lundi le rapport annuel
de l’Agence internationale de
l’énergie atomique (AIEA).
Baisse de compétitivité
Cette industrie, qui comporte
beaucoup de réacteurs vieillissants
et promis à l’arrêt, fait face à une
baisse de compétitivité qui pourrait se traduire par « une chute de
plus de 10 % » du parc mondial de
réacteurs d’ici à 2030, précise
Orano inaugure une nouvelle usine de conversion d’uranium
GUILLAUME MOLLARET
£@Newsdusud
ENVOYÉ SPÉCIAL À TRICASTIN (DRÔME)
Les premiers fûts d’UF6 n’ont pas
encore été chargés. Mais d’ici quelques semaines, Orano recouvrera
ses capacités de conversion nucléaire après un arrêt de quasiment
une année, dû à la construction
d’une nouvelle usine baptisée Philippe-Coste sur son site de Tricastin, dans la Drôme. Flambant neuve, l’installation a nécessité sept
ans de travaux et 850 millions
d’euros d’investissement. S’y ajoutent quelque 300 millions pour le
site de Malvési (Aude), où se déroule une première phase de conversion. L’investissement initial, en
2006, était évalué à 750 millions
d’euros. Notamment à cause des
normes de sécurité Fukushima, il a
grimpé de 45 %. Modèle de circuit
court, la construction du site a pour
99 % fait appel à des entreprises
françaises et parmi elles 70 % d’entreprises régionales.
« La part industrielle est tombée à
12,5 % du PIB en France. Or nous
avons besoin d’une industrie forte, et
cela passe par la création d’usines.
C’est un levier incomparable de
croissance, a rappelé le président
du conseil de surveillance d’Orano,
Philippe Varin, lors de son discours
inaugural. Nous sommes le premier
à renouveler nos installations de
conversion. Inaugurer une nouvelle
usine n’est pas un fait banal. Celle-ci
est la plus moderne au monde dans
son domaine. »
Dédale de salles - on en compte
250, contre 30 dans la précédente
installation -, de tuyauterie et de
câbles électriques, la nouvelle usine
de Tricastin reçoit de l’uranium
fluoré. Elle y ajoute encore deux
atomes pour obtenir une solution
qui pourra être enrichie à quelques
centaines de mètres de là, dans
l’usine Orano Georges-Besse 2, ou
sur le site industriel d’un concur-
LE 5/7
MATHILDE
MUNOS
A
Retrouvez le mercredi à 6h48
Histoires Économiques
avec Jacques-Olivier Martin
du quotidien
À SUIVRE SUR TWITTER
#LE57INTER
rent si le client électricien en a décidé ainsi. Stocké dans de grands
silos bleus d’une capacité d’entreposage de 1 100 tonnes, l’uranium,
destiné pour deux tiers à une clientèle étrangère, est conservé sous
forme de poudre dans l’attente du
démarrage de l’usine, dont les
ouvriers sont dans les startingblocks.
Avec une capacité de conversion
de 25 % de l’uranium mondial,
Orano est leader de ce secteur industriel qui précède la phase nu-
Lundi, un technicien
d’Orano contrôle
un équipement
de la nouvelle usine
Philippe-Coste
sur le site de Tricastin
(Drôme). J. PACHOUD/AFP
cléaire. Une position récemment
affermie avec la récupération des
capacités industrielles de l’américain ConverDyn (nos éditions du 18
juin) qui a suspendu son activité de
conversion. « Dans la mesure où nos
installations sont les plus modernes
et qu’il n’y a pas assez de conversion
par rapport à la demande d’enrichissement, nous sommes très
confiants pour l’avenir », dit Antoine Troesch, directeur de la business
unit chimie et enrichissement du
groupe. « Avec 60 clients, le carnet
de commandes est plein pour dix
ans. Peu d’industries peuvent en dire
autant », rassure pour sa part Philippe Knoche, le directeur général
d’Orano.
Moins rentable que l’activité
d’enrichissement, l’activité de
conversion de minerai souffre depuis de nombreuses années de
cours bas. Les dirigeants d’Orano
espèrent toutefois que les prix vont
enfin remonter. La hausse est-elle
amorcée ? Selon Philippe Knoche,
« en 12 mois, le prix de la conversion
a doublé ». ■
François de Rugy ouvre le dossier EDF
FRÉDÉRIC DE MONICAULT
fdemonicault@lefigaro.fr
CHIFFRES CLÉS
DU NUCLÉAIRE D’EDF
395
térawattheures (TWh),
l’hypothèse de production
d’électricité nucléaire
d’EDF pour 2018.
En 2017, le groupe
a produit 379,1 TWh
20
réacteurs étaient à l’arrêt
au 31 août, contre
38 raccordés au réseau.
Parmi les tranches
indisponibles, 10 l’étaient
de manière inopinée…
En raison notamment
d’opérations
de maintenance
plus longues que prévu
La rentrée est chaude dans tous les
sens du terme chez EDF. D’un côté,
la canicule de l’été a pesé sur la production nucléaire en août – selon
les chiffres publiés lundi par l’électricien ; de l’autre, dans sa première
intervention, François de Rugy,
nouveau ministre de la Transition
écologique, a rappelé que l’organisation même de l’entreprise fait débat au plus sommet de l’État. Ces
deux dossiers sont liés car c’est
d’abord et avant tout l’articulation
autour de l’atome qui sert de socle
aux réflexions sur l’avenir d’EDF.
En août, la production nucléaire a
reculé de 4,5 %, soit une baisse de
1,3 térawattheure (TWh) pour une
livraison complète de 27,3 térawattheures (TWh). Avec une hausse
des températures la plus importante depuis 2003, EDF a dû limiter ses
rejets d’eau chaude dans les fleuves
et, par conséquent, moduler sa production. Le groupe a aussi été
confronté à des interruptions im-
prévues. Au 31 juillet, 39 réacteurs
sur 58 étaient raccordés au réseau :
15 étaient arrêtés pour maintenance
et 4 fortuitement. Au 31 août, 38
réacteurs étaient disponibles,
contre 10 en maintenance et 10 faisant l’objet d’un arrêt imprévu.
Dix ans de retard
pour Flamanville 3
Le nombre de dysfonctionnements
peut sembler important mais le plus
souvent un arrêt imprévu est provoqué par la prolongation de quelques jours d’opérations de maintenance. La baisse de la production
constatée en août ne change rien
pour les hypothèses de production
nucléaire en 2018 : EDF mise toujours sur un volume supérieur à 395
TWh, alors que la production en
2017 s’est établie à 379,1 TWh.
François de Rugy ne s’est pas penché expressément sur ces chiffres
mais, dans un entretien au Monde, il
exprime ses réserves sur l’atome.
Interrogé pour savoir si l’État doit
engager la construction d’un nouveau réacteur EPR, il répond que
l’entreprise doit déjà faire la preuve
que cette centrale de nouvelle génération peut fonctionner. Le coût
de l’EPR Flamanville 3 (Manche),
actuellement en construction, a triplé à près de 11 milliards d’euros et
le chantier accuse dix ans de retard
sur le calendrier initial.
Sur l’organisation d’EDF, alors
que le scénario d’une scission de
l’entreprise circule, François de
Rugy souligne qu’il n’est pas pour le
changement par principe. Il n’en
relance pas moins le débat en affirmant que le statu quo « n’est pas
dans l’intérêt de l’État et de l’entreprise ». L’objectif serait d’isoler le
nucléaire dans une entité distincte
afin de le préserver des soubresauts
boursiers. Les énergies renouvelables (EDF EN), la distribution
(Enedis), les transports (RTE) et les
services (Dalkia) seraient ainsi réunis dans un groupe à part. Mais un
tel scénario déclencherait une fronde sociale sans précédent au sein de
l’entreprise alors que le régime de
retraite des industries électriques et
gazières est susceptible d’être remis
en cause à l’occasion d’une réforme
des régimes spéciaux. ■
l’agence onusienne basée à Vienne.
Plusieurs pays, comme l’Allemagne et la Suisse, se désengagent
peu à peu de l’atome, relève
l’AIEA, qui pointe les difficultés de
« déploiement » des nouvelles
technologies de type EPR. Le secteur est aussi confronté au bas prix
du gaz naturel et à « l’impact des
énergies renouvelables sur les prix
de l’électricité ».
Celles-ci, en particulier l’éolien
(+ 17%) et le solaire (+ 35%), enregistrent une croissance très forte
de leur production de courant, en
2017. « Dans 9 des 31 pays exploitants des centrales nucléaires (Allemagne, Brésil, Chine, Espagne,
Inde, Japon, Mexique, Pays-Bas et
Royaume-Uni), la production renouvelable, hors électricité hydraulique, dépasse le nucléaire », affirme le rapport World Nuclear
Industry.
Pékin, qui mise à fond sur les
énergies vertes, y a investi
126 milliards de dollars en 2017,
soit trois fois plus que les ÉtatsUnis, deuxième investisseur dans
les renouvelables. La France en
revanche ne figure pas dans le top
dix des pays investissant dans le
renouvelable. Mais la part du nucléaire y est en baisse pour la quatrième année consécutive. Les
centrales nucléaires de l’Hexagone ont produit 72 % de l’électricité
en 2017, leur niveau le plus faible
depuis trente ans. ■
EN BREF
LA CROISSANCE
FRANÇAISE À 1,7 %
EN 2018
£ Le ministre de l’Économie,
Bruno Le Maire, s’attend
à une croissance « autour
de 1,7 % » cette année,
nettement moins que
les 2 % qui avaient été annoncés
en avril. Le déficit s’établirait
autour de 2,6 % du PIB.
LE COMMERCE
EN LIGNE MAINTIENT
SA CROISSANCE
£ Dans un contexte de recul
de la consommation des
ménages (- 0,1 %), le chiffre
d’affaires du commerce
en ligne a progressé de plus
de 14 % au deuxième trimestre
2018 en France, à 22 milliards
d’euros, selon la Fédération
du secteur (Fevad).
DANONE ENCOURAGE
L’AGRICULTURE
DURABLE
£ Danone va reverser le chiffre
d’affaires du 21 septembre
(estimé à 5 millions d’euros)
en France à un fonds qui aidera
les éleveurs partenaires
à passer à une agriculture plus
durable. Le géant laitier
travaille avec les associations
WWF France et Pour une
agriculture du vivant, afin
de définir les principes de cette
nouvelle agriculture. D’ici
cinq ans, 300 projets seront
soutenus techniquement
et financièrement.
SNAP PERD
SON DIRECTEUR
DE LA STRATÉGIE
£ Quelques mois après
le départ de son directeur
financier, la maison mère
de l’application Snapchat
(188 millions d’utilisateurs par
jour) a essuyé la démission
de son patron de la stratégie.
Le réseau social traverse une
mauvaise passe depuis son
introduction en Bourse en 2017.
+@
» Énergie : Selectra et
Familles de France lancent
un nouvel achat groupé
www.lefigaro.fr/economie
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mardi 11 septembre 2018
ENTREPRISES
25
Loi alimentation : le casse-tête des prix agricoles
Les filières doivent s’accorder
sur les indicateurs de coût, bases
d’une nouvelle répartition de la valeur.
ALIMENTATION Dernière ligne
droite pour la loi alimentation, qui
arrive ce mercredi à l’Assemblée
nationale pour une nouvelle lecture, avant sa promulgation prévue
début octobre. Après l’échec de la
commission mixte paritaire avant
l’été, le calendrier est serré. Mais le
texte, issu des États généraux de
l’alimentation de 2017, devrait être
prêt pour les négociations commerciales pour 2019. Sans surprise,
les débats tourneront sur les pesticides, le glyphosate, le statut des
coopératives, l’alimentation bio
dans les cantines.
Le débat s’est cristallisé ces dernières semaines sur les modalités
de fixation des indicateurs de coûts
de production. C’est un point central du texte, censé redonner du
pouvoir aux agriculteurs dans la
fixation des prix alimentaires. Les
indicateurs de marché et de coûts
de production agricole doivent
servir de base à la construction ultérieure des prix. Ce n’est plus
l’aval - les distributeurs engagés
dans une guerre des prix - qui imposerait ses tarifs. L’objectif est
d’assurer que le producteur couvre
bien ses coûts.
Simple en théorie, le système
tourne au casse-tête dans bien des
filières. D’une part à cause des performances économiques inégales
des exploitations agricoles. D’autre
part, en raison des appréciations
techniques inconciliables entre les
différents acteurs, notamment
dans les filières les plus longues regroupant des producteurs aux distributeurs. Dans la complexe filière
du lait, il est impossible de trouver
un terrain d’entente entre organisations de producteurs et transformateurs (Lactalis…) sur les éléments à prendre en compte dans
les formules de calcul du prix.
Conséquence : le prix du lait est estimé par Lactalis à 320 euros les
1 000 litres sur le marché intérieur,
et entre 360 et 380 pour la fédération des producteurs (FNPL).
Il en va de même dans la filière
porcine (Inaporc) où l’on souligne
que les écarts entre les élevages les
plus et les moins performants va-
rient de 20 %. « Plus qu’un prix de
marché, nous plaidons pour un indicateur de tendance, où chacun donne ses prix anonymement, précise
Guillaume Roué, président d’Inaporc. Dans la filière œuf, qui n’intègre ni la distribution ni les transformateurs,
des
indicateurs
existent sur les œufs de poules élevées en cage. Mais le travail reste à
faire sur les modes d’élevage alternatif (plein air, bio).
Dans la filière viande, en revanche, les discussions patinent et la
situation est bloquée. Enfin, dans la
filière fruits et légumes (Interfel),
on remet en cause l’idée même
d’un prix de revient unique : « La
standardisation va à l’encontre de
l’économie de marché, de la loi de
l’offre et de la demande et du progrès économique », estime Daniel
Sauvaitre, secrétaire général d’Interfel. La filière proposera de son
côté un indicateur regroupant les
grandes composantes de prix de
revient.
Pression à l’Élysée
Face à ces blocages, le ministère de
l’Agriculture a promis ce week-end
des sanctions renforcées pour les filières ne jouant pas le jeu de ces indicateurs de prix communs. Le ministre, Stéphane Travert, reçoit les
interprofessions cette semaine pour
faire un point sur l’avancée des travaux. Alors qu’une précédente version de la loi envisageait la possibilité de s’appuyer sur les indicateurs
publics (Observatoire des prix et
des marges, France Agrimer…),
l’exécutif a tenu à ce que ce travail
soit fait en interprofessions pour
responsabiliser les filières. La pression monte aussi du côté de l’Élysée, où l’on explique que la limitation
des
promotions
et
l’augmentation du seuil de revente
à perte en grandes surfaces, promises par Emmanuel Macron à Rungis
il y a un an et chers à la FNSEA,
n’auraient plus de justification sans
des indicateurs pour une nouvelle
répartition de la valeur. Les filières
ont jusqu’à la fin du mois pour remettre leur copie. ■
O. D.
Dans la filière laitière,
producteurs
et transformateurs
ne parviennent pas
à s’entendre sur
les éléments à prendre
en compte dans
les formules de calcul
du prix. SOUDAN E. /
La future loi calme déjà les promotions
outrance de 70 % que l’on pouvait
encore voir il y a quelque temps »,
reconnaissait, la semaine dernière, Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, principal
syndicat agricole.
Mais les promotions en grandes
surfaces ont encore de beaux
jours devant elles. Les distributeurs le reconnaissent : ils ne peuvent s’en passer. Certes, les prix
barrés se feront plus doux. Mais
DÉCRYPTAGE
Olivia Détroyat
odetroyat@lefigaro.fr
ALPACA / ANDIA.FR/
34%
en valeur
Plafond prévu pour
les promotions sur les
produits alimentaires.
Soit, au maximum,
un produit gratuit
pour deux achetés
Les images avaient frappé l’opinion. En janvier, des consommateurs s’étaient rués sur des pots de
Nutella proposés par Intermarché
avec un rabais de 70 %. Avec la
nouvelle loi, qui doit être effective début octobre, ces dérives
n‘auront théoriquement plus
cours : le texte prévoit de limiter
par ordonnance les promotions
sur les produits alimentaires, avec
un plafond de 34 % en valeur et
25 % en volumes. Terminé donc le
très efficace « Un produit gratuit
pour un produit acheté ».
Avant même l’entrée en vigueur de la loi, les distributeurs
semblent avoir déjà intégré cette
nouvelle donne. Selon Retail Explorer, ils ont déjà été moins
agressifs au premier semestre
sur les mégaristournes, anticipant le nouveau cadre législatif.
« Il y a du mieux. On ne voit plus,
ou presque plus, les rabais à
La limitation
des promos n’est pas
un cadeau définitif fait
aux industriels pour
restaurer leurs marges
tous les commerçants alimentaires travaillent à maintenir l’efficacité de leur stratégie de promotion : soit avec des offres plus
ciblées, soit avec de nouveaux
systèmes promotionnels comme
le rabais différé, délaissé ces dernières années. « La stratégie promo d’une enseigne ne peut plus être
la même pour tous les clients, surtout à l’heure où les consommateurs attendent une expérience qui
leur ressemble, résume Matthias
Berahya-Lazarus, président France du spécialiste des catalogues
digitaux Bonial. Cela passe par la
refonte des programmes de fidélité,
ou une personnalisation plus fine
des offres. » Sans exclure que des
distributeurs aient la tentation de
contourner subtilement les nouvelles règles.
Emmanuel Macron l’a rappelé à
plusieurs reprises : la limitation
des promos n’est pas – encore —
une concession définitive faite
aux industriels pour restaurer
leurs marges. Pas plus que le relèvement de 10 % du seuil de revente à perte (SRP) n’est un chèque en blanc signé aux
distributeurs. Ces mesures seront
expérimentées pendant deux ans,
le temps de s’assurer qu’elles
concourent bien à améliorer le
revenu des agriculteurs. Car c’est
l’objectif prioritaire de la loi alimentation. Dans le cas contraire,
les mégapromotions pourraient
vite renaître de leurs cendres. ■
Dernière chance pour un accord entre l’Europe et le Mercosur
COMMERCE
UE-MERCOSUR
EN 2017
86,4
milliards d’euros
d’échanges
2,4
milliards d’euros
d’excédent commercial
de l’UE vis-à-vis
du Mercosur
240
millions d’habitants
du Mercosur
(Brésil, Argentine,
Uruguay, Paraguay)
LIBRE-ÉCHANGE Les discussions
engagées depuis presque vingt ans
entre l’Union européenne (UE) et le
Mercosur, qui ont connu un coup
d’accélérateur en début d’année,
vont-elles aboutir? Le round qui
s’est ouvert, lundi à Montevideo,
sonne comme la dernière chance de
boucler rapidement un accord
commercial entre les Vingt-Huit et
les quatre pays d’Amérique du Sud
(Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay). La fenêtre de tir s’est réduite
avec la présidentielle brésilienne
début octobre et les élections européennes au printemps prochain.
Longtemps enlisées, les négociations ont pris un tour favorable avec
l’arrivée au pouvoir de Mauricio
Macri à Buenos Aires et Michel Temer à Brasilia, plus ouverts au libre-échange. Elles se sont aussi accélérées face aux attaques répétées
de Donald Trump contre le multilatéralisme. « C’est le bon moment
pour conclure, a avisé la semaine
dernière le ministre brésilien des
Affaires étrangères, Aloysio Nunes.
Sinon, il faudra attendre encore cinq
à six ans. »
Les deux parties ont conscience
de l’enjeu politique et du potentiel
économique d’abaisser les barrières
douanières en termes d’échanges et
d’investissements. Bruxelles obtiendrait un accès privilégié au
grand marché sud-américain de
MARIO TAMA/GETTY IMAGES/AFP FORUM
ANNE CHEYVIALLE £@AnneCheyvialle
Des cow-boys brésiliens mènent un troupeau dans l’État de Rondonia.
Depuis 2012, le Brésil est le premier producteur mondial de viande bovine.
Le dialogue reprend entre les
États-Unis et l’Europe, sans échéance
Le représentant américain au
commerce, Robert Lighthizer, a
rencontré lundi son homologue
européenne Cecilia Malmström à
Bruxelles pour discuter des
suites de la déclaration commune
sur le commerce actée en juillet à
la suite de la visite de JeanClaude Juncker à Washington.
Une seconde entrevue est
prévue à la fin du mois, suivie par
une réunion technique en
octobre. Côté américain, on
espère « finaliser des résultats »
en novembre. La partie
européenne est toutefois
réticente à donner une date
indicative, précisant que le
contenu de ce qui est agréé
prévaut sur les délais. Et que
l’important reste d’avoir évité
les droits de douane sur les
automobiles évoqués par Trump
en juillet. JEAN COMTE. (À BRUXELLES)
240 millions d’habitants, l’un des
plus fermés au monde avec des
droits de douane supérieurs à 30 %
dans la plupart des secteurs industriels. Un accès d’autant plus privilégié que le Mercosur n’a négocié
aucun accord avec les grands partenaires commerciaux, tels que les
États-Unis et la Chine. « Cela nous
permettrait de rattraper le terrain
perdu face à la Chine qui, à conditions d’accès équivalentes, est en
train de nous tailler des croupières
sur le marché mercosurien », note
un expert européen. La France ne
manque pas d’intérêts offensifs, que
ce soit dans l’industrie (automobile,
cosmétique, chimie), les services ou
l’agroalimentaire, dont les fromages, produits laitiers et les vins et
spiritueux.
Blocages persistants
En dépit des avancées - 12 chapitres
sur 15 sont réglés -, il reste plusieurs
points épineux : les indications géographiques protégées, les nombreuses spécialités gastronomiques
du terroir européen (une trentaine
sur 300 pose encore problème), les
quotas de viande sud-américaine
qui bénéficieront de droits réduits
en Europe et, à l’inverse, les taux
appliqués par le Mercosur sur l’industrie européenne, en particulier
l’automobile.
Malgré un président Macron qui
prône le multilatéralisme, Paris fait
partie des plus réticents, notamment sous la pression du puissant
lobby agricole. « Il faut un accord
équilibré, symétrique », relève-t-on
côté français. L’Hexagone juge la
proposition du Mercosur sur l’automobile insuffisante, à la fois sur le
niveau de taxe et le calendrier de
baisse. La priorité doit aussi être de
ne pas déstabiliser la filière agricole,
surtout bovine. Sur les 185 000 tonnes de bœuf importé du Mercosur,
au taux moyen de droits de douane
de 20 %, Bruxelles propose d’appliquer le taux réduit de 7,5 % sur un
quota limité, « qui ne dépasse pas 1 à
2 % de la consommation européenne
et aux conditions sanitaires fixées
par l’UE », défend l’expert européen. Pas de quoi satisfaire les partenaires du Mercosur, surtout le
Brésil, premier producteur mondial
de viande bovine. « La proposition
européenne représente 1 bifteck de
200 grammes par personne et par an
en Europe et il y a bien trop de barrières sanitaires, déplore un diplomate
brésilien. Nous avons beaucoup évolué. C’est aux Européens de bouger ! », insiste-t-il.
De fait, l’offre du Mercosur représente l’équivalent de 4 milliards
d’euros d’élimination de droits
contre 800 millions côté européen.
« C’est significatif, encore faut-il
que les règles d’origine dans l’industrie permettent d’en profiter et ne
bloquent pas nos opérateurs », note
l’expert de Bruxelles. Les blocages
persistants risquent bien de refermer la fenêtre d’opportunités pour
de longs mois. ■
A
Réunis à Montevideo, les négociateurs vont tenter d’arracher un compromis avant la présidentielle brésilienne.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 11 septembre 2018 LE FIGARO
26 ENTREPRISES
Le « cashback »
arrive dans
les supermarchés
Casino est le premier distributeur
à fournir des espèces à ses clients
lors d’achats par carte bancaire.
DANIÈLE GUINOT £@danieleguinot
L'I-Crystal, le véhicule électrique autonome de Lohr et Transdev, peut transporter jusqu’à 16 passagers.
FREDERIC MAIGROT/REA
Navette autonome : Transdev
fait équipe avec Lohr
L’I-Crystal, testé dès cette année, doit être commercialisé d’ici à 2020.
EMMANUEL EGLOFF £@eegloff
TRANSPORTS La France devient
le pays des navettes autonomes.
Après Navya et Easymile, déjà déployées dans plusieurs pays, ICrystal a été présentée par ses
deux géniteurs, Lohr et Transdev.
Le premier, PME alsacienne de
construction de porte-voitures
pour la route et le rail, s’est chargé
de la navette elle-même. Le second, opérateur de transport, a
pris en charge la partie « conduite
autonome », directement ou en
travaillant avec des start-up.
I-Crystal, navette électrique
d’une capacité maximale de 16
passagers, dispose d’un système
de recharge rapide (à 50 % en 30
minutes et de 100 % en 90 minutes). « C’est la première pierre
d’une alliance entre les deux entreprises », se félicite Thierry Mallet,
PDG de Transdev. La forme exacte
de cette alliance (coentreprise,
simple contrat…) n’a pas encore
été définie. Mais la conception a
été commune et la commercialisation le sera également.
Transdev exploite déjà avec les
autres navettes autonomes françaises, que cela soit Navya ou Easymile. Mais ces véhicules ne répondent pas totalement aux
attentes de l’opérateur français.
« Nous avons besoin d’un système
ouvert de commande-contrôle du
véhicule autonome afin de pouvoir
l’intégrer et le piloter à distance
dans un système de transport public », détaille Thierry Mallet.
Système ouvert
Transdev mise beaucoup sur le
véhicule autonome. Il envisage,
pour le futur, un système de mobilité tournant autour de trois
points : un centre de commande
central, des capteurs connectés
dans les infrastructures et différents types mode de transport.
Métro, bus et véhicules autonomes à la demande doivent se combiner et se compléter pour constituer, par capillarité, un réseau
plus dense aujourd’hui impossible
à mettre en œuvre pour des raisons de rentabilité. Les navettes
seraient ainsi en service dans les
zones à plus faible densité de population. Pour avoir une maîtrise
suffisante, Transdev estime qu’il
doit pouvoir piloter ces véhicules
depuis le poste de contrôle du réseau de transport, pour adapter la
vitesse aux conditions extérieures
par exemple.
Le groupe teste déjà un tel système de transport autonome à la
demande à Rouen. Il le fait en collaboration avec Renault dont il
utilise d’ailleurs les ZOE électriques. La marque au losange a
accepté d’ouvrir suffisamment
son système de conduite autonome pour que le véhicule soit pilotable depuis le central Transdev
de Rouen (nos éditions du 27 juin).
Une ou deux navettes I-Crystal
doivent s’intégrer à ce test normand.
Un autre projet, à Saclay, devrait aussi être mis en œuvre par
les deux partenaires, avec des ZOE
et des navettes I-Crystal. Thierry
Mallet vise « une commercialisation de cette navette avant 2020 ».
À l’avenir, le patron de Transdev
reconnaît vouloir « privilégier les
solutions ouvertes », de type ICrystal, donc, plutôt que Navya
ou Easymile. À moins que ces acteurs acceptent d’ouvrir leur système fermé… ■
de les dépanner en cas de besoin
d’argent liquide immédiat en devenant une solution d’appoint », explique le groupe Casino. De fait,
ailleurs en Europe, le cashback est
surtout utilisé comme solution de
dépannage. Selon une étude récente de la Banque centrale européenne (BCE), le nombre de retraits d’espèces auprès des
commerçants de la zone euro ne
représente guère plus de 7 % du
total des retraits, là où les opérations auprès des automates bancaires approchent les 40 %.
PAIEMENT Il est désormais possible de faire ses courses dans un
magasin et d’obtenir, en plus, des
espèces à la caisse. Ce service, très
répandu dans d’autres pays européens, est proposé depuis lundi
dans 80 hypermarchés Géant Casino. D’ici à la fin du mois, il sera
étendu à 150 supermarchés de
l’enseigne, avant d’être progressivement déployé dans l’ensemble
du parc (dont 436 supermarchés
et 110 hypermarchés en France).
Moins de distributeurs
Casino est le premier distributeur à se lancer en France. Il apLe cashback devrait être apprécié
plique la directive européenne sur
dans les petites villes ou les zones
les services de paiement, ratifiée
rurales où le nombre de distribufin juillet par le Parlement. Celleteurs automatiques (DAB) tend à
ci prévoit que seuls les consomdiminuer. Les banques, qui fermateurs payant avec
ment des agences,
leur carte bancaire
cherchent aussi à oppourront obtenir des
timiser la gestion des
espèces (cela ne foncDAB (57 000), qui leur
tionne pas avec les
coûtent cher. « Dans
paiements par chèles zones rurales, ce
que). Un décret d’apservice peut représenplication doit encore
ter un gain de temps
Tel pourrait être le
fixer certaines modapour le consommaplafond de retraits
lités, notamment le d’espèces à la caisse teur », fait valoir Phimontant d’achat à
lippe Joguet, chargé
d’un magasin.
partir duquel le client
des questions finanpourra demander des
cières à la Fédération
espèces ainsi que le plafond autodu commerce et de la distribution
risé des retraits (100 à 150 euros
(FCD). « Le cashback intéressera
ont été évoqués lors des débats
également des personnes moins
législatifs).
alertes avec les nouvelles technologies », renchérit Matthias Bera« Les clients ayant besoin de rehya-Lazarus, dirigeant du groupe
tirer des petites sommes d’argent
Bonial. Les personnes âgées deliquide (en billets de 10 et 50 euros)
vraient y trouver leur compte.
peuvent le faire depuis les caisses
Tout comme « les consommateurs
automatiques lors de leur passage
aux revenus très modestes, clients
en caisse », détaille Casino lundi.
des hypermarchés et qui préfèrent
Alors que le paiement avec son
contrôler leurs dépenses ».
smartphone gagne du terrain et
La généralisation du cashback
que de plus en plus de consomdans les enseignes de la distribumateurs paient leurs petits achats
tion se fera sur la base du volonta(comme la baguette par exemple)
riat. Casino fera-t-il rapidement
avec leur carte bancaire sans
des émules ? « Ce système intérescontact, ce nouveau service peut
se les distributeurs car il répond à
paraître à première vue tardif.
un besoin des consommateurs »,
Son « objectif est de faciliter le
souligne Philippe Joguet. ■
quotidien des clients, mais surtout
100
«
Nous avons
besoin
d’un système
ouvert
de commandecontrôle
du véhicule
autonome
afin de pouvoir
l’intégrer
et le piloter
à distance
dans un
système
de transport
public
»
THIERRY MALLET,
PDG DE TRANSDEV
à 150 euros
LA SÉANCE DU LUNDI 10 SEPTEMBRE 2018
LE CAC
JOUR
ACCOR .............................................. 42,24
♣
AIR LIQUIDE ..................................
105,6
AIRBUS ..............................................104,8
ARCELORMITTAL SA ..................................
25,02
ATOS .............................................. 99,44
AXA ..............................................
21,98
BNP PARIBAS ACT.A ..................................
50,61
BOUYGUES ..............................................
35,98
CAPGEMINI ..............................................
106
CARREFOUR ..............................................
16,15
CREDIT AGRICOLE ..................................
12,186
DANONE ..............................................65,28
ENGIE .............................................. 12,495
ESSILOR INTL. ..................................120,6
HERMES INTL ..................................534
KERING ..............................................448,5
L'OREAL ..............................................
200,1
LEGRAND ..............................................62
LVMH .............................................. 284,8
♣
MICHELIN ..............................................
99,98
%VAR.
-0,52
-0,14
-0,04
+0,64
+0,4
+0,87
+0,32
+0,9
+0,76
+3,46
+0,94
+0,14
+1,96
+0,92
+0,68
+0,29
+0,45
0
+0,23
-0,22
+HAUTJOUR
42,73
106,1
105,72
25,12
99,86
22,055
51,19
36,06
106,2
16,205
12,26
65,57
12,53
121,2
534,4
450,3
201,1
62,42
286,4
100,4
+BAS JOUR %CAP.ECH 31/12
42,21
0,419
105,2
0,181
103,92
0,099
24,51
0,049
98,5
0,227
21,65
0,236
50,17
0,315
35,34
0,182
104,6
0,211
15,55
0,78
11,966 0,229
64,85
0,27
12,185
0,242
119
0,223
526,4
0,029
440
0,09
198,25
0,022
61,82
0,073
282,3
0,046
99,54
0,123
-1,77
+0,52
+26,27
-7,73
-18,06
-11,14
-18,7
-16,92
+7,19
-10,48
-11,7
-6,68
-12,84
+4,92
+19,66
+22,78
+8,19
-3,41
+16,06
-16,37
JOUR
%VAR.
ORANGE ..............................................13,68 +0,4
PERNOD RICARD ..................................
134,3
+0,3
PEUGEOT ..............................................
23,22 -0,39
♣ 51,9
PUBLICIS GROUPE SA .............................
+0,46
RENAULT ..............................................
71,95 +0,36
SAFRAN ..............................................115,7
-1,45
SAINT GOBAIN ..................................
35,595 +0,65
SANOFI ..............................................73,49 +0,71
SCHNEIDER ELECTRIC .............................
65,6
+1,71
SOCIETE GENERALE ♣
..................................
35,625 +0,64
SODEXO ..............................................87,5
+1,56
SOLVAY ..............................................111,1
+0,36
STMICROELECTRONICS .............................
16,2
0
TECHNIPFMC ..................................24,79 +0,81
TOTAL .............................................. 51,88 -0,21
UNIBAIL-RODAMCO-WE .............................
171,6
-0,45
-0,48
VALEO .............................................. 37,1
VEOLIA ENVIRON. ..................................
17,725 -0,03
♣
VINCI .............................................. 80,9
+0,82
VIVENDI ..............................................21,84 -0,05
+HAUTJOUR +BAS JOUR
13,805
134,7
23,37
52,2
72,45
118,4
35,93
74
66,02
35,95
87,6
111,5
16,44
24,97
52,28
173,06
37,56
17,92
81,34
21,92
13,545
133,4
23,07
51,24
71,25
115,6
35,145
73,33
64,98
35
85,9
110,15
15,81
24,65
51,76
170
36,9
17,64
79,62
21,71
%CAP.ECH
0,063
0,032
0,063
0,068
0,068
0,072
0,135
0,069
0,171
0,506
0,067
0,06
0,173
0
0,053
0,079
1,141
0,162
0,145
0,07
31/12
-5,49
+1,78
+36,95
-8,38
-14,25
+34,68
-22,59
+2,28
-7,42
-17,25
-21,91
-4,14
-11,01
-4,1
+12,67
-40,42
-16,69
-4,99
-2,59
LES DEVISES
MONNAIE
AUSTRALIE ................................................................................
DOLLAR AUSTRALIEN
CANADA ................................................................................
DOLLAR CANADIEN
GDE BRETAGNE ................................................................................
LIVRE STERLING
HONG KONG ................................................................................
DOLLAR DE HONG KONG
JAPON ................................................................................
YEN
SUISSE ................................................................................
FRANC SUISSE
ETATS-UNIS ................................................................................
DOLLAR
TUNISIE ................................................................................
DINAR TUNISIEN
MAROC ................................................................................
DIHRAM
TURQUIE ................................................................................
NOUVELLE LIVRE TURQUE
EGYPTE ................................................................................
LIVRE EGYPTIENNE
CHINE ................................................................................
YUAN
INDE ................................................................................
ROUPIE
ALGERIE ................................................................................
DINAR ALGERIEN
1 EURO=
1,6257
1,5268
0,8934
9,0831
128,54
1,1267
1,1571
3,236
11,103
7,4763
20,815
7,9413
83,8375
137,1828
AUD
CAD
GBP
HKD
JPY
CHF
USD
TND
MAD
TRY
EGP
CNY
INR
DZD
L’OR
JOUR
VEILLE
31/12
COTATION QUOTIDIENNE ASSURÉE PAR TESSI-CPOR
www.cpordevises.com
LINGOT DE 1KG ENV .....................................................
33470
32830
-3,68
NAPOLEON ..................................................... 191
193,9
-7,68
PIECE 10 DOL USA .....................................................
551
551
-6,29
PIECE 10 FLORINS .....................................................
205
205
-3,67
PIECE 20 DOLLARS .....................................................
1130
1130
-3,25
PIECE 20F TUNISIE .....................................................
200
200
-1,96
PIECE 5 DOL US (H) .....................................................
287
287
-5,9
PIECE 50 PESOS MEX .....................................................
1241
1250
-5,27
PIECE FR 10 FR (H) .....................................................
102,9
102
-6,28
PIECE SUISSE 20F .....................................................
193,7
190
-4,44
PIECE LATINE 20F .....................................................
193
195
-4,88
SOUVERAIN ..................................................... 245,5
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UN TWEET DE DONALD TRUMP PÈSE SUR LES FOURNISSEURS D’APPLE EN BOURSE
A
Un message du président des ÉtatsUnis, Donald Trump, posté comme à son
habitude sur Twitter et invitant Apple à
rapatrier la fabrication de ses produits
aux États-Unis, a fait trébucher les
fournisseurs du géant de l’électronique
en Bourse lundi.
À Paris, STMicroelectronics perdait
plus de 2 % en début de séance avant
de se redresser en fin de journée sur
des achats à bon compte. À Francfort,
Dialog Semiconductor lâchait 2,07 %
peu après l’ouverture lundi et Infineon
Technologies 1,25 %. Le mouvement a
été bien plus violent en Asie. Le taïwanais Largan Precision a chuté de 8,88 %
lundi et Foxconn de 3,35 %. À la Bourse
de Shenzhen, les chinois Luxshare Pre-
cision Co, Shenzhen Sunway Communication et Suzhou Dongshan Precision
Manufacturing ont perdu jusqu’à 10 %.
Le secteur technologique est en toute première ligne des 200 milliards de
dollars (173 milliards d’euros) d’importations chinoises supplémentaires que la
Maison-Blanche menace de taxer. Donald Trump a en outre indiqué vendredi
que 267 milliards de dollars d’autres
produits pourraient être concernés.
« C’est un peu la panique aujourd’hui », commentait lundi un courtier
basé à l’agence Reuters. Selon lui, l’attention des investisseurs devrait toutefois se focaliser rapidement sur la
sortie des nouveaux produits de la firme à la pomme. Apple doit en effet an-
noncer mercredi toute une série de
nouveautés, lors d’une conférence qui
sera retransmise en direct depuis son
siège de Cupertino. À cette occasion, le
groupe devrait dévoiler de nouveaux
modèles d’iPhone, une nouvelle Apple
Watch mais il devrait aussi apporter des
précisions sur la sortie de la station de
recharge sans fil : AirPower. ■
H. R.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mardi 11 septembre 2018
TECH
27
Jack Ma organise sa succession chez Alibaba
Son bras droit, Daniel Zhang, le remplacera dans un an à la tête de la plus valorisée des entreprises asiatiques.
INGRID VERGARA £@Vergara_i
ALIBABA EN CHIFFRES
EN 2018
420
milliards de dollars
de valorisation
39,9
milliards de dollars
de chiffre d’affaires
sur l’année fiscale 2018,
dont 85 % provient
de l’e-commerce
66 421
employés
au 31 mars
INTERNET Un passage de relais en
douceur pour une retraite bien
anticipée. Le plus célèbre des patrons asiatiques, Jack Ma, a choisi le
jour de son 54e anniversaire pour
commencer à tourner la page de sa
présidence à la tête d’Alibaba et se
retirer de l’empire qu’il a cofondé en
1999. En seulement vingt ans, cet
ancien professeur d’anglais a transformé le site 1688.com au capital de
60 000 dollars en un groupe tentaculaire valorisé 420 milliards de dollars, géant mondial du e-commerce
présent dans le paiement, le cloud, le
cinéma ou l’intelligence artificielle
(lire ci-dessous).
Jack Ma réfléchit à cette succession depuis dix ans. Dans une lettre
envoyée lundi à ses équipes, clients
et actionnaires, il explique que la
transition se fera en trois temps.
Dans un an, le 10 septembre 2019,
jour anniversaire de la création
d’Alibaba, son bras droit, Daniel
Zhang, lui succédera à la présidence
du conseil d’administration. Un
successeur logique puisque Daniel
Zhang était déjà directeur général
depuis 2015. Jusqu’à cette date, Jack
Ma restera président exécutif pour
accompagner la transition. « En raison des limites physiques de ses capacités et de son énergie, personne ne
Jack Ma, président et cofondateur d’Alibaba (à droite), au côté de Daniel Zhang, directeur général du groupe, en 2015, à Pékin.
peut assumer les responsabilités de
président-directeur général pour
toujours. Commencer à passer le
flambeau d’Alibaba à Daniel et à son
équipe est la bonne décision au bon
moment, car travaillant avec eux, je
sais qu’ils sont prêts », écrit-il dans
cette lettre.
Jack Ma restera au conseil d’administration jusqu’à l’assemblée gé-
nérale des actionnaires de 2020 et à
vie dans le « Alibaba Partnership »,
un groupe des 36 personnalités seniors issues des directions et des filiales, qui influe sur la nomination
des administrateurs de l’entreprise.
Âgé de 46 ans, Daniel Zhang a rejoint le groupe Alibaba en 2007 comme directeur financier du principal
site de vente en ligne Taobao. Il est à
l’origine du « jour des célibataires »,
un festival de shopping géant qui a
permis au groupe d’engranger
25 milliards en une seule journée l’an
dernier. Entouré d’une équipe stable, il est l’homme derrière l’expansion internationale du groupe et la
stratégie « New Retail », qui vise à
offrir aux consommateurs une expérience transparente, qu’ils achètent
KIM KYUNG-HOON/REUTERS
en ligne ou en magasin. Les analystes ne s’attendent donc pas à ce que
le départ de Jack Ma bouleverse le
cap. « Avoir un bon plan de succession est le test décisif de la continuité
des activités », estime Lawrence
Loh, professeur à l’université de
Singapour. « Nommer Daniel Zhang
avec un calendrier spécifique et rester
au conseil jusqu’en 2020 donne beaucoup de garanties au marché. »
« Un halo trop brillant »
Un empire omniprésent dans le quotidien des Chinois
CORRESPONDANT À PÉKIN
La décision de Jack Ma de se retirer
de la présidence d’Alibaba a provoqué un déferlement de réactions
sur les réseaux sociaux chinois. Pas
étonnant : à seulement 54 ans,
l’homme le plus riche de Chine est
une véritable icône dans l’empire
du Milieu. Ce patron charismatique a fait de son groupe un leader
mondial du commerce électronique, tout en ne cessant de diversifier ses activités. À tel point qu’il
est désormais omniprésent dans la
vie quotidienne des Chinois.
Alibaba, et c’est sa principale
source de revenus, accapare environ 60 % du florissant marché
chinois du commerce de détail sur
Internet, grâce à ses sites Taobao et
Tmall. On y trouve de tout : vête-
ments, articles de luxe, électroménager, électronique, produits
alimentaires… Les centaines de
millions de clients de ces plateformes peuvent ensuite régler en un
clic leurs achats sur leur smartphone grâce au système de paiement électronique Alipay… inventé par Jack Ma. Mais l’entreprise ne
délaisse pas pour autant les magasins « en dur ». Elle a notamment
annoncé l’an dernier un investissement de 2,44 milliards d’euros
dans Sun Art Retail Group, l’un des
premiers exploitants d’hypermarchés en Chine, dont Auchan possède plus d’un tiers du capital.
Ce n’est pas tout : Alibaba est
aussi solidement implanté dans la
livraison de repas à domicile, la
diffusion de vidéos en ligne – grâce
au rachat de Youku, le « YouTube
chinois » –, le cloud (l’informatique dématérialisée) ou le cinéma.
Le groupe, qui a pris en 2016 une
participation dans Amblin Partners, la société de Steven
Spielberg, a par exemple coproduit
le dernier Mission : Impossible. Il a
aussi cofinancé Asura, un film
chinois inspiré par la mythologie
bouddhiste, qui a fait un flop
retentissant malgré un budget
colossal…
Modèle pour les jeunes
La décision de Jack Ma de se consacrer à des projets philanthropiques, dans l’éducation, est saluée
par les internautes. Dans tous les
aéroports de Chine, les librairies
mettent en avant des ouvrages sur
les secrets de sa réussite. « C’est un
modèle pour les jeunes entrepreneurs, car il est devenu riche très rapidement en partant de rien », souligne l’économiste Hu Xingdou.
Les journaux chinois ont raconté à
l’envi l’ascension fulgurante de
l’ancien professeur d’anglais, issu
LES DÉCIDEURS
â DOMINIQUE
BENNETEAU-WOOD
Carrefour
Belle prise pour le PDG Alexandre
Bompard qui vient de trouver sa nouvelle directrice exécutive communication France et Groupe. Cette ancienne d’Havas était précédemment directrice de la
communication d’Air France-KLM. Chez Carrefour, elle retrouve Jérôme Nanty, DRH, avec
lequel elle avait œuvré chez Transdev avant de
rejoindre le groupe aérien.
â MAYSSA CHEBAB
Facebook
De Google à Facebook, il n’y a qu’un pas, tout
juste franchi par cette ESCP. Après avoir fêté ses
10 ans chez le géant californien, elle rejoint les
équipes de Mark Zuckerberg en France, où elle
dirigera la division « Marketing Science ».
â JUSTIN ATKIN
Port d’Anvers
Brexit oblige, le deuxième plus grand port économique d’Europe a dû désigner son nouveau
représentant pour l’Irlande et le Royaume-Uni,
troisième partenaire commercial maritime.
Ex-dirigeant d’une société de conseil, Justin
Atkin bénéficie de vingt ans d’expérience dans
la logistique.
d’un milieu modeste, qui a raté
deux fois le bac chinois et dit ne
rien connaître à l’informatique.
L’aura de celui qui n’hésite pas à
danser sur scène devant ses troupes, déguisé en Michael Jackson,
est telle qu’au sein du groupe, « à
quasiment toutes vos questions, on
vous répondra : “Et bien, d’après
Jack”… », renchérit Jeffrey Towson, professeur à l’Université de
Pékin.
Le multimilliardaire, qui a paru
s’accommoder avec souplesse du
régime communiste - à l’emprise
grandissante sur les entreprises -, a
parfois semblé jouer un rôle d’ambassadeur à l’étranger. « Alibaba
est un symbole de tout ce que la
Chine moderne aspire à devenir : internationale, de classe mondiale et
admirée », résume Jeffrey Towson.
Et qu’importe si le groupe est régulièrement accusé de vendre des
produits de contrefaçon… ■
est
« unAlibaba
symbole
PAR Carole Bellemare avec Amaury Bucco
Le Frenchie Jérôme Guillen, chouchou
d’Elon Musk, au volant de Tesla
Il fait partie de ces Frenchies sans frontières, de
plus en plus nombreux,
n’ayant jamais travaillé
dans l’Hexagone. CV peu
actif dans les fichiers de chasseurs de têtes tricolores et pas de notice au Who’s Who, donc.
Aujourd’hui , avec sa promotion comme bras
droit du fantasque et visionnaire entrepreneur
Elon Musk chez Tesla, l’Avignonnais de 46 ans
se retrouve malgré lui sous le feu des projecteurs. Profil lisse tranchant avec celui de son
turbulent mentor californien, ce quadrilingue
à la pointe d’accent… américain peut afficher
un franc sourire. En plein burn-out et sur fond
de turbulences de son groupe, son atypique
big boss, qui avec SpaceX veut aussi conquérir
Mars, lui laisse le volant de ses activités automobiles. « Jérôme a été promu président de la
division automobile et me rendra directement
des comptes », a annoncé par mail à ses salariés , à la veille du week-end , Elon Musk en
pleine réorganisation de son groupe.
Le Français, souvent décrit comme l’homme
de tous les possibles, car capable de relever
tous les challenges - comme celui de créer une
ligne d’assemblage générale de gros volume
en quelques semaines –, est adoré des propriétaires de Tesla en Californie. Et voilà
huit ans qu’il est aussi le chouchou de Musk.
Tous deux ingénieurs et complémentaires.
Quand il raconte son aventure chez Tesla,
Guillen commence souvent la story par un
« quand Elon m’a appelé », prouvant la proximité qui les unissait déjà.
C’est lesté d’un diplôme de génie mécanique
de l’Ensta que Jérôme Guillen a quitté la France à 20 ans, pour parfaire sa formation à
Madrid puis à l’université du Michigan. Il n’y
reviendra plus jamais. Après des débuts chez
McKinsey, il préfère le terrain et roule pour les
camions de l’allemand Daimler, dont il
deviendra le « M. Innovation ». C’est là
qu’Elon Musk l’a appelé lui-même pour
l’embaucher chez Tesla Motors. L’aventure de
la start-up et de la voiture électrique intelligente lancée cinq ans plus tôt le tente plus que
la vieille industrie. Il fonce, commençant par
diriger le programme du Model S, puis les
ventes Monde et enfin le programme du semiremorque électrique futuriste. Il y a deux ans,
Elon Musk saluait sur Twitter sa réussite chez
Daimler et Tesla. Quant à lui, sur son profil
LinkedIn, Guillen se décrit comme « déterminé à générer un impact exceptionnel dans les
entreprises pour lesquelles il travaille ». Sa
nomination devrait rassurer les investisseurs
de Wall Street, inquiets des dérapages ces
derniers mois de l’entreprise de Palo Alto et de
son fondateur.
C.B
de tout
ce que
la Chine
moderne
aspire à
devenir :
internationale,
de classe
mondiale
et admirée
»
JEFFREY TOWSON,
PROFESSEUR À
L’UNIVERSITÉ DE PÉKIN
www.lefigaro.fr/decideurs
â MICHEL GANZIN
Crédit agricole SA
Le patron de la caisse régionale
Centre-Ouest est promu DGA, en
charge du pôle fonctionnement et
transformation du groupe. Il prend en main
les RH, les systèmes d’information, les
achats, le pôle paiements et les affaires
juridiques.
â CAROLINE SLAMA
Téthys
La société holding de la famille Bettencourt Meyers étoffe ses rangs
avec une nouvelle gestionnaire
d’actifs. Diplômée de Dauphine,
analyste financier depuis 2001, elle a notamment travaillé chez CIC et à la Société générale. Elle œuvrait depuis deux ans chez DNCA
finance.
â SARAH PERSONETTE
Twitter
L’ex-directrice marketing de Facebook,
dernièrement au service du média américain Refinery29, change de réseau social et
travaillera désormais au service de l’oiseau
bleu. Basée à New York, elle pilotera les solutions clients et reportera ainsi à Matt Derella, patron de la division client.
A
CYRILLE PLUYETTE
£@CyrillePluyette
Avec le départ de Jack Ma, Alibaba
perd en revanche son visage public.
« C’est un personnage très coloré et
charismatique, et cet aspect de la
communication peut disparaître »,
analyse Gil Luria, directeur de la recherche chez D.A. Davidson & Co
chez CNBC. « Le halo de Jack Ma est
trop brillant et surpasse quiconque
sous lui, alors il a besoin de s’effacer.
Mais pour une entreprise de la taille
d’Alibaba, cela prendra dix ans », estime de son côté Joseph P.H. Fan,
codirecteur de l’Institut d’économie
et de finance à l’université de Hongkong.
Preuve de la relative quiétude des
investisseurs, le cours de l’action
Alibaba ne reculait que de 2 % à
l’ouverture de la Bourse lundi.
Sur les pas du fondateur de Microsoft, Bill Gates, Jack Ma veut désormais se consacrer à des activités
philanthropiques, à l’éducation et à
l’environnement. « Le monde est
grand et je suis encore jeune, alors je
veux essayer de nouvelles choses. Et si
de nouveaux rêves pouvaient être
réalisés ? » s’interroge-t-il. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 11 septembre 2018 LE FIGARO
28
MÉDIAS et PUBLICITÉ
Carlo Perrone : « Je suis optimiste sur la
création d’un droit voisin pour la presse »
ENGUÉRAND RENAULT £@erenault
ENTRETIEN Le président de l’European Newspaper Publishers’ Association (l’Association européenne des éditeurs de presse) est en
première ligne dans le combat
pour la création d’un droit voisin
au Parlement européen. Les députés voteront sur le texte mercredi.
LE FIGARO. - À quelques heures du
vote du Parlement européen sur la
directive droit d’auteur, êtes-vous
optimiste sur l’adoption d’un droit
voisin pour la presse ?
Carlo PERRONE. - Oui, je suis optimiste. Ces derniers jours, la mobilisation en faveur de la création d’un
droit voisin a été très forte. L’élément nouveau est que le syndicat
des journalistes européens a signé
un texte commun avec les éditeurs
pour soutenir cette proposition.
Désormais, ce texte n’est plus perçu
comme la bataille des seuls éditeurs
mais celle de l’ensemble du monde
de la presse pour défendre cette industrie indispensable à la démocratie. Je pense que cette mobilisation a
eu un grand impact sur de nombreux députés européens, notamment de gauche, allemands, italiens
ou espagnols, qui étaient contre la
création d’un droit voisin le 5 juillet.
Avez-vous déjà connu une telle
mobilisation ?
Non, je pense que c’est tout à fait
exceptionnel. Il faut remonter à la
Libération, période durant laquelle
tous les acteurs - éditeurs, journalistes, distributeurs – se sont mobilisés pour reconstruire et défendre
une presse libre.
Avez-vous entamé un dialogue
avec les Gafa ?
À ce stade, il n’y a pas de dialogue
spécifique. Mais, par la suite, nous
devrons ouvrir un dialogue pour
trouver un accord qui assure un
bon équilibre entre nos rôles et nos
modèles économiques respectifs.
Les Gafa ne veulent pas se substituer aux éditeurs. Ils ne veulent ni
endosser leur responsabilité éditoriale ni supporter les coûts de l’information. Pour conserver un écosystème viable de l’information, il
faudra bien que les Gafa acceptent
de rémunérer la propriété intellectuelle des journaux.
Un consensus s’est-il dégagé
autour de l’assiette du droit voisin ?
Le 5 juillet, les parlementaires
avaient à se prononcer sur l’adoption ou non de l’intégralité du
texte. Depuis, chacun a pu discuter, rechercher des compromis et
déposer des amendements. Après
tout ce travail, je pense que nous
avons réussi à trouver un consensus autour de l’amendement du
député Axel Voss, qui permettrait
de créer un droit voisin en excluant
de son champ d’application les
individual words, ces deux à trois
mots qui qualifient l’article repris
par les Gafa. Cet amendement peut
trouver une majorité au Parlement. En revanche, l’amendement
Cavada, qui exclut également les
très courts extraits du champ d’application du droit voisin, aurait un
effet désastreux. En effet, ces très
courts extraits, ou snippets, représentent 60 % à 70 % des textes repris par les Google et Facebook.
Son adoption reviendrait à vider
les droits voisins de leur substance.
La presse se bat pour un droit
voisin. Le marché publicitaire
en ligne est-il déjà perdu ?
Chaque pays européen connaît une
situation différente. Mais les Gafa
Ce texte
« n’est
plus
perçu comme
la bataille
des seuls
éditeurs
mais celle
de l’ensemble
du monde
de la presse
pour défendre
cette industrie
indispensable
à la
démocratie
CARLO PERRONE
MUSIQUE : EN FRANCE,
LES ABONNEMENTS
SONT LA PREMIÈRE
SOURCE DE REVENUS
£ Les derniers chiffres publiés
par le Syndicat national de
l’édition phonographique (Snep)
marquent un tournant pour le
marché de la musique en France.
Au premier semestre, pour la
première fois, les abonnements
aux plateformes musicales sont
devenus la principale source
de revenus de l’industrie
française (110 millions d’euros),
devant les ventes de CD et de
vinyles (91,6 millions d’euros,
en recul de 13 %).
Le streaming payant est entré
dans les mœurs. En un an,
les revenus qu’il a générés ont
progressé de 19 %. En parallèle,
l’usage du streaming musical a
bondi de 40 %, avec 27 milliards
d’écoutes au premier semestre.
Parmi celles-ci, les trois quarts
sont effectuées par des abonnés
à Spotify, Deezer ou Apple.
Le Snep met aussi en avant que,
sur toute l’année 2017,
le classement des 200 chansons
les plus populaires a généré
2 milliards d’écoutes payantes
et gratuites. Sur les six premiers
mois de l’année, ce top 200
représentait 2,9 milliards
d’écoutes… uniquement
chez les abonnés payants.
Mercredi, le Parlement européen votera sur
la directive droit d’auteur. Un amendement prévoit
la création d’une rémunération pour la presse.
PROPOS RECUEILLIS PAR
ZOOM
»
importante, non seulement pour la
presse nationale mais encore plus
pour la presse locale, très enracinée dans les territoires.
Carlo Perrone,
président
de l’Association
européenne
des éditeurs
de presse.
AGF/LEEMAGE
contrôlent environ 80 % des recettes publicitaires numériques. Se
battre pour récupérer une partie de
ce marché est très difficile. Le modèle économique de la presse évoluera donc vers une information
payante plutôt que gratuite. À
terme, les grands articles, les re-
portages, les analyses approfondies
deviendront payantes. En revanche, les informations de dernière minute, les petits extraits ont
vocation à rester gratuits et doivent donc être rémunérés par les
réseaux sociaux qui les utilisent. La
création d’un droit voisin est très
Pensez-vous avoir gagné la bataille
de l’opinion publique ?
Je l’espère. Mais vous savez, on ne
s’aperçoit de l’importance de la liberté de la presse que le jour où elle
a disparu. Certains sondages récents tendent à montrer que l’opinion publique européenne commence à être sensibilisée à la
question de la régulation des Gafa.
Une régulation qui doit porter sur
les contenus, la protection des
données personnelles, le partage
des revenus mais aussi sur le fait de
payer des impôts dans les différents pays où les Gafa opèrent. ■
Les médias unis pour demander un
meilleur équilibre face aux plateformes
un droit
« deSeulpropriété
permettra
de construire
des rapports
commerciaux
avec Google
et Facebook
»
A
ME CHRISTOPHE CARON,
AVOCAT SPÉCIALISÉ
EN DROIT
DE LA PROPRIÉTÉ
INTELLECTUELLE
À la veille de la présentation du
projet de directive au Parlement
européen, plusieurs patrons de médias ainsi que le député Patrick Mignola (MoDem), l’économiste Olivier Bomsel (Mines ParisTech) et
l’avocat Christophe Caron, spécialiste du droit de la propriété intellectuelle, se sont retrouvés à l’invitation des Échos pour débattre du
thème « Comment financer une
presse libre et indépendante près de
chez vous ? »
Vaste débat, vrai questionnement : alors que les médias historiques d’information, pourtant souvent leaders en audience mais
fragmentés, peinent toujours à
trouver un modèle économique
permettant de continuer à financer
dans de bonnes conditions leur développement, les Gafa ont capté
gratuitement et en un temps record
70 % des investissements publicitaires en ligne. Si les plateformes
sont nettement identifiées comme
la cause principale de la baisse de
chiffre d’affaires des éditeurs, les
enjeux vont au-delà. « Ce n’est pas
un débat pour taper sur eux, souligne
Pierre Louette, PDG du groupe Les
Échos - Le Parisien. Les Gafa sont de
belles entreprises dont nous sommes
tous utilisateurs. Le vrai débat est celui du partage de la valeur. »
L’instauration d’un droit voisin
établirait une rémunération juste
pour les groupes de médias et les
agences de presse. Ce ne serait pas
une punition qui s’abattrait sur les
plateformes géantes pour sanctionner ce qu’elles sont. L’objectif est
positif : celui de la recherche d’un
meilleur équilibre dans un écosystème où tous les acteurs sont en
réalité interdépendants. « Il est légitime que ces grandes questions
soient soulevées autour de la directive, soutient le député Patrick
Mignola. Le Parlement assurera que
l’Internet restera libre et gratuit,
mais plus équilibré entre ses différents acteurs. »
Conception nouvelle
Si un droit voisin est créé pour la
presse, des sociétés de gestion collective de droits pourraient être
chargées de renégocier tous les ans
les accords, comme cela existe dans
la musique. « Techniquement, créer
un droit voisin est simple, assure
Me Christophe Caron. Si cela bloque
aujourd’hui, c’est parce que la
conception de la propriété intellectuelle a évolué. » Pour l’avocat,
« seul un droit de propriété permettra
de construire des rapports commerciaux avec Google et Facebook ».
« On a longtemps attendu le dialogue, mais les solutions proposées ne
servent qu’à gagner du temps », observe Marc Feuillée, directeur général du Groupe Figaro.
Le vote de mercredi marquera
peut-être le commencement d’un
nouvel ordre. Pour Pierre Louette
en tout cas, « la violence du lobbying
du camp adverse », qui rejette la
création d’un droit voisin, « montre
que le projet de directive soulève un
vrai problème ». « Le débat en appellera d’autres, comme la question
de la fiscalisation », estime le député
européen Jean-Marie Cavada
(ADLE). ■
A. D.
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Acheter
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louer,
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immobilière de tous les
records, les professionnels se disent toujours optimistes. Le marché est toutefois en
phase d’atterrissage en douceur, il se remet de ses accès de
fièvre passés. Les volumes de
ventes augmentent, mais moins
vite qu’avant. Même chose pour
les prix. Sur un an, ils affichent
tout de même selon les notaires
une hausse de 7,1 % à Paris (à
9 300 €/m2) et de 4,8 % en Îlede-France (à 5 830 €/m2). Des
paliers ont été franchis : dans la
capitale, 40 % des ventes se
font déjà au-delà de 10 000 le
m2 et les 7 premiers arrondissements s’affichent à plus de
11 000 €/m2. Les prix n’ont pas
retrouvé leur plus hauts en
France selon Meilleursagents,
mais c’est chose faite à Paris où
ils se sont envolés de 17 % depuis 2016. Or, les arbres ne
monteront pas jusqu’au ciel…
Aujourd’hui, le marché immobilier reste fluide. À court terme, « nous n’attendons pas de
changement notable sur le marché
francilien »,
explique
Thierry Delesalle à la Chambre
des notaires de Paris et d’Îlede-France. Pour l’instant, les
clignotants restent donc au
vert. Toute la question est de
savoir jusqu’à quand. Le marché du haut de gamme est soutenu, surtout dans la capitale,
par le retour de certains Français expatriés. Mais le gros des
acheteurs pourra-t-il suivre
longtemps la hausse des prix ?
Quid du pouvoir d’achat des
Français ? Il résiste grâce aux
taux de crédit qui restent très
bas. Cette manne d’argent à bon
marché aura un jour une fin...
JEAN-BERNARD LITZLER
ET CAROLE PAPAZIAN
H
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 11 septembre 2018 LE FIGARO
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Rennes 2,6
1,6
1,6
Angers
gers
ers
Orléans
1,6
2
Dijon 2
Nantes 4
Tours
- C’est le moment
de bénéficier des taux
bas en empruntant,
plutôt que d’en pâtir
avec des placements
qui rapportent peu.
- C’est la meilleure
recette pour investir
de l’argent que l’on
n’a pas encore épargné.
- Il est temps de
profiter du retour de
l’inflation, qui grignote
peu à peu la valeur de
votre emprunt.
Limoges 1,4
STOCKSNAPPER /STOCK.ADOBE.COM
Variation annuelle
3
2,95
Toulouse 2
Mulhouse
0,8
2 Besançon
Lyon
9
1,6
St-Étienne
ienne
Bordeaux 11
INDICE DE RÉFÉRENCE
DES LOYERS (IRL)
ClermontFerrand
1,6
1,8 Metz
Strasbourg 3,6
Nîmes
1,6
Montpellier 1,6
2 Villeurbanne
1,6 Grenoble
Nice 3
1,6 Aix-en-Provence
2 1,6
Perpignan 0,8
Marseille
Toulon
Source : Meilleurtaux.com
2
1,81
1,05
1
0 -0,06
1er trim 2008
4e trim. 2017
Source : Insee
VARIATION SUR UN AN DES PRIX
DES LOGEMENTS ANCIENS
Base 100 en 2010, en France
métropolitaine
108,4
105
100
1er trim 2010
1er trim 2018
Source : Insee
L’ÉVOLUTION DES TAUX DE
CRÉDIT IMMOBILIER SUR 10 ANS
Taux mensuels, en %
6 5,62
4,65
4
1,43
2
0
Janv. 2001
Août 2018
Source : L'Observatoire Crédit Logement / CSA
3 BONNES
RAISONS
DE RESTER
LOCATAIRE
- Les charges liées
au logement sont bien
plus prévisibles.
- Le logement
ne constitue pas un
frein à la mobilité.
Déménager est alors
tellement plus facile.
- Pourquoi donc
se serrer ? Rester
locataire dans
une métropole permet
souvent d’y occuper
un logement plus grand.
A
Selon le courtier Meilleurtaux, l’achat d’un appartement de 70 m2 est rentabilisé en moyenne
La faiblesse des taux joue en ce moment en faveur de l’achat. Mais ce choix ne se réduit pas
MARIE BARTNIK £@mariebartnik
111,8
110
Faut-il acheter son logement ou res
LOGEMENT Vous hésitez à vous endetter sur 15 ans ou plus pour acquérir un
logement ? Vous redoutez d’en être
prisonnier et de ne plus pouvoir déménager ? L’achat immobilier n’est pas
aussi contraignant qu’on le pense. Selon une étude réalisée par le courtier
Meilleurtaux et que Le Figaro dévoile
en exclusivité, l’achat d’un appartement de 70 m2 est rentabilisé en 2 ans
et 8 mois en moyenne. Au-delà de cette durée, la location revient plus cher
que l’achat, malgré son cortège de
frais : droits de mutation, intérêts
d’emprunt, taxe foncière ou encore
charges de copropriété.
L’achat immobilier est plus intéressant cette année que l’année dernière,
grâce à la baisse des taux d’intérêt. En
2014 encore, il fallait 5 ans pour rendre
la même acquisition plus intéressante
que la location… « La faiblesse des taux
de crédit permet de compenser la hausse
des prix de l’immobilier et de la taxe
foncière », explique Maël Bernier chez
Meilleurtaux. En moyenne, les acquéreurs empruntent aujourd’hui à un
taux de 1,42 % sur 20 ans. Ces conditions intéressantes devraient perdurer.
« Les taux ne devraient pas bouger, ou
très peu, d’ici la fin de l’année, voire
d’ici six mois », anticipe le courtier.
La durée nécessaire pour rentrer
dans ses frais varie cependant selon la
ville que l’on a élue : les prix de l’immobilier et leur évolution, le montant des
loyers ou encore celui de la taxe foncière varient parfois fortement d’une ville
à l’autre et rendent l’achat plus ou
moins intéressant (voir notre carte). À
Paris, où le prix du m2 atteint
9 300 euros en moyenne selon les notaires, il faut par exemple conserver un
bien plus de 11 ans pour avoir intérêt à
l’acheter plutôt qu’à le louer. À Mul-
house et à Perpignan, il suffit d’attendre
moins d’un an pour rentrer dans ses
frais. « Plus la somme empruntée est importante, plus l’impact positif des taux
bas se fait sentir », explique aussi Maël
Bernier. Pour cette raison, l’acquisition
d’un 30 m2 est moins vite rentabilisée
que celle d’un 70 m2. Pour la même raison, « mieux vaut emprunter au maxi-
Tout ce qu’il faut prendre en compte pour faire le bon choix
Acheter ou louer : l’alternative ne se présente pas
dans les mêmes termes selon que l’on est en situation
professionnelle pérenne ou précaire, selon que l’on
projette de s’agrandir ou non, enfin selon le lieu
que l’on a choisi. Ainsi Mathilde, en CDD d’un an,
a-t-elle tout intérêt à patienter un peu avant de faire
sa première acquisition. Dans la capitale girondine,
les prix élevés de l’immobilier rendent l’acquisition
onéreuse. Le 40 m2 carré qu’elle convoite coûte ainsi
188 000 euros, en sus desquels il lui faudra débourser
14 627 euros de droits de mutation. Chaque année,
elle devra aussi s’acquitter de la taxe foncière (775 euros
cette année) et de charges de copropriété de 720 euros
par an. Sa mensualité de crédit s’élèvera, elle, à 830 euros
par mois. A contrario, si elle reste locataire, elle ne paiera
que 536 euros de loyer pour un logement similaire.
« Dans ces conditions, il faudra que Mathilde conserve
son appartement sept ans pour que l’achat s’avère
plus intéressant que la location », constate Maël Bernier.
La situation de Benjamin et Émilie est toute autre.
Ils ont un enfant et souhaitent acquérir un appartement
de 80 m2 à Rennes. Les prix y sont moins élevés
qu’à Bordeaux : ils ont trouvé un bien à 246 000 euros.
Ils ont un apport de 66 000 euros. Les droits
de mutation s’élèveront à 18 620 euros, la taxe foncière
à 1 130 euros par an et les charges de copropriété
à 1 680 euros. Ils rembourseront 1 009 euros par mois
à leur banque, tandis qu’ils auraient payé un loyer
quasi similaire, de 968 euros par mois. En un an et demi,
ils auront rentabilisé leur achat.
M. B.
Ils ont fait le choix d’acheter uniquement leur mai
Cette stratégie est tentante face à l’envolée des prix dans les métropoles. Mais coûteuse
« Nous ne voulions pas inde vacances qu’à l’endroit
vestir toutes nos économies
où ils travaillent, d’autres
Acheter
dans un petit appartement
espèrent habiter un jour à
sa maison
parisien où nos enfants
plein temps leur résidence
de vacances
n’auraient pas eu de jardin.
secondaire et beaucoup
uniquement
Alors nous avons choisi de
font ce choix parce qu’ils
pour en
rester locataire et d’acheter
n’ont pas les moyens
profiter n’est
une résidence secondaire en
d’acquérir la surface qu’ils
pas un choix
Normandie », explique Ansouhaiteraient dans une
économique
ne-Charlotte, cadre de
métropole coûteuse, comANNE-CHARLOTTE
34 ans et mère de deux enme Paris.
fants. Acheter sa maison de vacances
« Nous sommes un week-end sur
plutôt que sa résidence principale est
deux dans notre maison proche de Dieple choix de certains propriétaires, qui
pe et nous nous y sentons autant chez
cumulent alors location à l’année et
nous que dans notre appartement paripropriété. Les raisons sont multiples :
sien »,
poursuit
Anne-Charlotte.
certains sont plus attachés à leur lieu
Avant de passer à l’action, le couple
«
»
Acheter sa résidence secondaire plutôt que sa résidence principale est rarement
un calcul purement financier. FRANÇOIS BOIZOT/SHUTTERSTOCK
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mardi 11 septembre 2018
DOSSIER
Quel surcoût de charges pour un propriétaire occupant
selon la taille et les services ?
Gardien (25%)
Syndic
Assurance
Travaux d'entretien
2 147 €
117
200
Charges supportées
par les propriétaires occupants
Charges supportées
par les locataires*
955 €
217
1 547 €
117
200
1 388 € 225
1 982 €
180
110
170
1410 € 113
* 10 lots, syndic
bénévole,
société de ménage
1 030 € 200
75
*** 30 lots, syndic
professionnel,
gardien à 67 %, ascenseur
**** 100 lots, syndic
professionnel,
gardien à 100 %, ascenseur,
parking et autres services
Petit immeuble * Immeuble moyen** Immeuble moyen*** Grande copropriété****
Source : MeilleureCopro
CHARGES ANNUELLES euros / m² habitables
Locataire
Propriétaire occupant
39,5
32,8
31,6
24,5
Paris
22,3
24,8
24,1
20,8
Nice Strasbourg
Lille
23,7
17,9
21,6
19,3
21,5
17
Marseille Rennes Toulouse
16,9
20,7
Lyon
Source : MeilleureCopro
20,3
15,3
Nantes
15,9
Devenir propriétaire, c’est aussi
payer des charges plus lourdes
Pour un même appartement, les charges bondissent en moyenne
de 20 à 40 % lorsque le locataire achète son logement.
** 30 lots, syndic
professionnel,
société de ménage,
ascencsur
780 € 100
3
19
Bordeaux
Infographie
ter locataire ?
JEAN-BERNARD LITZLER £@JBLitzler
BUDGET Ah les joies de la propriété !
Fini le désagrément de verser un loyer
à pure perte, en route vers une mensualité de prêt… Mais du côté des charges de copropriété, qu’en est-il ? Pour
bon nombre de nouveaux propriétaires, la surprise sera désagréable car ils
verront de manière mécanique la facture grimper, souvent de façon significative. Car comme le montre et l’explique une étude réalisée en exclusivité
pour Le Figaro par MeilleureCopro, la
note grimpe parfois de près de 40 %.
« Les candidats à la propriété ne sont
pas assez sensibilisés à ce paramètre,
estime Édouard-Jean Clouet, cofondateur de cette start-up spécialisée dans
l’analyse et la maîtrise des charges de
copropriété. Il est vrai que les locataires
ne se posent en général pas beaucoup de
questions sur l’entretien de leur immeuble, les propriétaires eux-mêmes pei-
nent à s’y intéresser. » Et pourtant, les
charges annuelles pèsent souvent
l’équivalent de deux mois de loyer voire plus (2,1 mois à Strasbourg et Nice, 2
à Marseille, voir ci-contre).
Si le locataire paie les consommations de fluides, des taxes et les charges d’entretien courant, le propriétaire-occupant devra s’occuper de postes
supplémentaires. Il réglera ainsi l’assurance de la copropriété, le syndic,
les travaux d’entretien, les dépenses
exceptionnelles et même le quart du
coût du gardien pour les immeubles
qui en disposent. Les locataires ne doivent en effet couvrir que 75 % du coût
de ce poste.
Moindre surcoût
dans les villes froides
Résultat : selon les villes sondées par
MeilleureCopro, le surcoût en charges
pour un propriétaire s’étend de 11 % à
Strasbourg à 32 % à Marseille. Globalement, un propriétaire occupant paiera
20 % de plus qu’un locataire à Paris,
31 % de plus en Île-de-France et même
38 % en province. Des disparités importantes qui s’expliquent par des niveaux d’équipement du parc immobilier (surtout en chauffage collectif, en
gardien et en ascenseur) très différents
d’une ville à l’autre. Plus il y a de service ou de consommation de chauffage
(dans les villes froides), moins le surcoût pour le propriétaire occupant sera
important.
« Il faut bien comprendre que ce surcoût est très variable selon les villes, la
taille de l’immeuble, son niveau de service et la présence ou non d’un chauffage collectif », souligne Édouard-Jean
Clouet. Alors, pour se situer dans cette
jungle des charges, sa société propose
notamment des « étiquettes de charges » sur le modèle des étiquettes
énergie. L’occasion de situer le niveau
de coût de sa copropriété par rapport à
des immeubles de taille comparable et
de niveau de service équivalent. ■
en 2 ans et 8 mois (11 ans à Paris).
à une équation mathématique.
La fiscalité pourrait s’alourdir
Si les taux devraient rester intéressants
et les prix globalement sages, la fiscalité pourrait en revanche s’alourdir et
renchérir légèrement l’achat immobilier. La taxe d’habitation, payée par les
propriétaires comme par les locataires,
va certes être supprimée, sauf pour les
résidences secondaires et les logements vacants. Mais en contrepartie, la
taxe foncière, payée par les seuls propriétaires, pourrait augmenter. À raison de 1 356 euros par an pour un 70 m2
à Bordeaux par exemple, cet impôt
pèse lourd. Et encore, les propriétaires
ont-ils échappé à la hausse des droits
de mutation (7 % environ de la valeur
du bien), un temps envisagée par le
gouvernement.
D’autres facteurs peuvent faire pencher la balance en faveur de la location. Il y a les charges régulières et celles qui surviennent de façon imprévue,
à l’instar d’une toiture à réparer, d’une
chaudière ou d’un ascenseur à changer
ou d’un ravalement à effectuer. Elles
peuvent s’avérer coûteuses. « Au total,
les charges des locataires sont plus prévisibles et moins élevées que celles des
propriétaires », constate Renaud Capelle, directeur adjoint de l’immobilier
à l’UFF (voir ci-contre).
Acheter n’est par ailleurs pas qu’un
choix financier. « Envisage-t-on
d’avoir des enfants et donc d’agrandir
son logement ? D’aller travailler ailleurs
et donc de déménager à court terme ? »,
interroge Renaud Capelle. L’achat sera
alors moins pertinent. Particulièrement si le marché choisi n’est pas dynamique et si l’on risque d’éprouver
des difficultés à revendre son bien. Là
où les prix de l’immobilier sont très
élevés, comme à Paris et dans les
grandes métropoles, certains pourront
par ailleurs préférer louer plutôt
qu’acheter plus petit ou plus loin du
centre-ville.
Mais d’un point de vue patrimonial,
l’achat présente un avantage unique :
celui de forcer à épargner et d’investir,
grâce à l’emprunt, une somme que l’on
n’a pas encore. ■
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de nos appartements et les visites
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performante incluant les aides
de l’État.
car le propriétaire multiplie les charges.
y habiter, ce n’est pas un choix économique : on multiplie les charges sans
aucune rentrée financière en contrepartie », constate Pierre-Alain Guilbert,
notaire chez Pyramide. Une bonne solution pour compenser cette multiplication des charges peut consister à
louer sa maison de vacances une partie
de l’année. « Cela revient à faire un investissement locatif dont on profite en
partie soi-même », explique le notaire.
Dans ce cas, il faudra cependant renoncer à s’y rendre aux périodes de
l’année les plus propices, ne pas laisser
traîner ses affaires comme à la maison
et se tenir prêt à gérer ou à sous-traiter les locations. ■
M. B.
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son de vacances
avait soigneusement calculé les dépenses occasionnées par ce double logement : charges d’électricité et de
chauffage multipliées par deux, double
assurance habitation, double taxe
d’habitation, coût de transport occasionné par les allers-retours en Normandie, entretien du jardin de la maison… Anne-Charlotte et son mari ont
construit leur budget en conséquence
mais reconnaissent qu’un tel choix est
coûteux.
Acheter sa résidence secondaire
plutôt que sa résidence principale est
en effet rarement un calcul purement
financier. Et pour cause : « Si on achète
sa maison de vacances uniquement pour
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A
mum de ses capacités et conserver de
côté le plus d’épargne possible. Les banques acceptent aujourd’hui de prêter
sans apport, et les conditions d’emprunt
ne sont pas systématiquement plus mauvaises », constate Maël Bernier.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 11 septembre 2018 LE FIGARO
DOSSIER
4
Comment loger son enfant étudiant
Il faut souvent plus de huit ans pour que l’achat d’une petite surface soit plus intéressant que la location.
JEAN-BERNARD LITZLER £@JBLitzler
INVESTISSEMENT Premier poste de dépense des étudiants, le logement pèse en
moyenne 54 % de leur budget, selon
l’enquête de l’Union nationale des étudiants de France parue cet été. Quand
on sait que les loyers de ce type de bien,
contrairement à d’autres, ont tendance
à augmenter (+ 2,85 % à Lyon, par
exemple), les parents peuvent légitimement se poser la question d’acheter un
studio pour leur enfant.
Le spécialiste de l’estimation immobilière en ligne MeilleursAgents s’est
penché sur le sujet pour savoir au bout
de combien d’années l’achat d’un logement de 20 m² pour son enfant devenait
plus intéressant que la location. Les résultats de cette étude que Le Figaro pu-
À partir de combien d’années
d’études est-ce rentable d’acheter
le studio de son enfant ?
EMPRUNT SUR 20 ANS ET PRIX STABLES
POUR L’ACHAT D’UN STUDIO DE 20M2 .
17
17
Lyon
Bordeaux
12
Nantes
11
Paris
Toulouse
9
Nancy
9
Grenoble
9
9
Nice
Marseille
8
Strasbourg
8
8
Rennes
7
Montpellier
À Paris, il faut compter
onze ans pour que l’achat
soit la meilleure option
blie en exclusivité sont surprenants car
ces durées, neuf ans en moyenne, sont
bien plus importantes que celles calculées pour des biens « classiques ». Pourquoi une telle différence ? « Nous avons
pris en compte les APL (aides personnalisées au logement) que touchent les locataires, précise Luc Bercegol, chargé
d’études chez MeilleursAgents, et cela a
un gros impact. En moyenne, ces aides
représentent près de 50 % du loyer, même
si c’est bien moins à Paris ou Lyon. »
Seules deux villes, Limoges et SaintÉtienne, permettent de rentabiliser son
achat le temps d’achever un master 2,
6
Brest
6
Lille
Saint-Etienne
4
Source : MeilleursAgents
soit au bout de cinq ans. C’est donc le
temps qu’il faut pour que le coût d’achat
d’un studio standard de 20 m² sans apport initial (remboursement plus taxe
foncière moins les intérêts sur l’épargne) soit inférieur au coût lié à la location (loyers versés moins APL). Dans la
plupart des villes (de Marseille à Strasbourg en passant par Rennes et Grenoble), il faut compter huit à neuf ans pour
atteindre ce résultat. Il est vrai aussi que
l’étude prend pour postulat le fait que le
logement est revendu immédiatement
après les études, ce qui n’est pas forcé-
Dans bon nombre de villes, la location semble être la meilleure affaire pour un étudiant.
ment réaliste. Il n’empêche : dans bon
nombre de villes où les prix à l’achat
s’envolent par rapport aux loyers, la location semble vraiment être la meilleure affaire. À Paris, il faut compter onze
ans pour que l’achat soit la meilleure
option, douze à Nantes et treize à Toulon. Quant aux villes lanternes rouges
de ce classement, Lyon et Bordeaux, elles exigent pas moins de dix-sept ans
d’occupation pour que l’achat soit intéressant. Dans ces conditions, mieux
vaut avoir trois enfants qui y feront leur
doctorat l’un après l’autre… ■
Achat immobilier : pensez à
LA GARANTIE DE VOTRE PRÊT IMMOBILIER
Contracter un prêt immobilier est un engagement inancier important.
Pour vous accorder un prêt, la banque exige une garantie.
Plusieurs formes de garantie existent: l’hypothèque ou le privilège
de prêteur de deniers (réservé à l’ancien) et la garantie inancière.
La garantie inancière présente des avantages importants
Pour en savoir plus, nous sommes allés à la rencontre du leader
de cette formule: Crédit Logement.
Rencontre avec Jean-Marc Vilon, Directeur Général de Crédit Logement
| Quelle est votre activité? |
Crédit Logement intervient pour garantir les prêts immobiliers
consentis par les réseaux bancaires aux particuliers pour l’achat
de leur résidence principale, secondaire, d’un investissement
locatif ou pour des travaux.
Plus d’1 prêt immobilier sur 3 est garanti par Crédit Logement,
ce qui nous confère la place de leader de la garantie des prêts
immobiliers résidentiels en France.
| Quel est l’intérêt de la garantie Crédit Logement? |
La garantie Crédit Logement va bien au-delà d’une simple
caution accordée sur un prêt lors de sa mise en place.
Il s’agit d’une garantie active qui va accompagner l’emprunteur tout au long de la vie de son prêt. La garantie permet de
bénéicier, à un coût compétitif, d’un ensemble de services
qu’une sûreté réelle n’apportera pas.
S.A. au capital de 1 259 850 270 € - RCS PARIS B302 493 275 - Contenu non contractuel.
A
L’emprunteur souhaite changer de bien pour en acheter un
nouveau ? Comme la garantie Crédit Logement n’est pas
attachée au bien, mais au prêt que l’emprunteur a souscrit,
il lui est possible, sous réserve de l’accord préalable de la
banque qui a consenti le prêt à l’origine et avec confirmation par
Crédit Logement du maintien de sa garantie, de transférer le prêt
garanti sur une nouvelle acquisition et ce, sans frais supplémentaires de la part de Crédit Logement.
De plus, si l’emprunteur revend son bien avant la fin de son
prêt, il n’a pas besoin de s’acquitter de frais de mainlevée, ce
qui serait le cas avec une prise d’hypothèque.
Enfin, et parce que tout emprunteur peut être confronté à des
difficultés financières, Crédit Logement poursuit sa mission
d’accompagnement en analysant avec l’emprunteur les causes
de sa défaillance.
Par ce dialogue, Crédit Logement identifie toutes les solutions
amiables possibles et met en place, en accord avec l’emprunteur et sa banque, la solution la mieux adaptée à sa situation
personnelle. Dans près de 50 % des cas, l’emprunteur retrouve
un cycle normal de gestion de son prêt immobilier.
DES CHIFFRES QUI DONNENT CONFIANCE
+ de 40 ans d’expertise
+ de 200 partenariats bancaires
+ de 7 millions d’emprunteurs garantis
+ de 500 000 opérations immobilières garanties en 2017
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QUESTIONS
D’IMMOBILIER AVEC
Colocation : ne signez jamais
les yeux fermés !
LOYERS C’est la rentrée, et votre fils
vient de trouver le logement de ses rêves : une colocation, en plein centreville et à un quart d’heure en métro de
l’université. Le loyer est raisonnable.
Le propriétaire veut signer au plus vite
et, bien sûr, il exige des garanties.
Vous allez devoir vous porter caution.
Là, vous commencez à réfléchir. À
quoi exactement vous engagez-vous ?
Il n’est pas rare qu’une colocation
commencée comme « L’auberge espagnole » se termine à couteaux tirés,
façon « L’auberge rouge ». Querelle
de frigo mise à part, quid si l’un des
colocataires ne paie plus son loyer ?
Voici ce que vous devez savoir avant
d’apposer votre signature sur un document qui, en effet, vous lie.
1
Chacun pour soi…
Une colocation, cela implique
plusieurs locataires, pas forcément plusieurs contrats. Le
propriétaire a le choix. Et de ce choix
découlent des conséquences importantes sur le paiement du loyer et le
niveau d’engagement de la caution.
S’il propose d’établir un contrat au
nom de votre fils, c’est qu’il opte pour
autant de baux qu’il a de locataires.
Dans ce cas, c’est chacun pour soi.
Chaque colocataire est responsable du
paiement de sa quote-part du loyer et
des charges, telle qu’elle est précisée
dans le contrat. En tant que caution,
vous ne serez appelé à garantir que les
sommes dues par votre fils, dans la limite de ce qu’il doit et pour la durée
de son bail (1). Il ne s’entend plus avec
ses compagnons ? Il lui suffit de donner son congé et il pourra partir à
l’expiration du délai de préavis. Pour
ce qui vous concerne, cela met fin à
votre engagement de caution, à
compter de cette même date. Le
bailleur devra vous restituer le dépôt
de garantie que vous avez versé. Une
situation qui vous est, globalement,
très favorable, mais reste assez rare.
2
… ou tous pour un ?
Il en va autrement si le propriétaire décide de couvrir un
peu plus solidement ses arriè-
res, en faisant signer à tous ses colocataires un seul et même bail. Concrètement, il donnera rendez-vous à tout le
monde le même jour, pour une signature collective. Pour lui, tout est plus
simple et plus sûr. Un dépôt de garantie global lui est versé, à charge pour
celui qui rédige le chèque de se faire
rembourser cette avance par les
autres locataires. Le dépôt ne sera restitué qu’à la remise des clés, au dernier partant. Avec un bail unique, il y
a 98 chances sur 100 que le bailleur ait
une autre exigence : l’insertion d’une
clause de solidarité et d’indivisibilité
de la dette. Elle lui permet de réclamer
à l’un de ses colocataires la totalité des
loyers et des charges, jusqu’à l’expiration du bail en cours. À ceux qui
paient de se retourner contre celui qui
ne paierait pas. Et ce n’est pas tout. Le
bailleur demandera à chaque garant
d’apporter sa caution solidaire, s’obligeant ainsi au paiement de la totalité
des loyers et des charges, quel que soit
le locataire impécunieux.
3
Pour combien de temps ?
On comprend qu’il y ait de
quoi hésiter avant de signer un
tel document. Heureusement,
la clause de solidarité, ce n’est pas la
prison à vie. Si le colocataire partant
reste tenu de payer les loyers et les
charges au même titre que ceux qui
sont restés, c’est seulement jusqu’à
l’expiration de son préavis, à condition qu’il trouve un nouveau colocataire pour prendre sa place. Sinon, la
solidarité se poursuit, mais pas au-delà
d’un délai de 6 mois à compter de l’expiration de son préavis. Cela s’applique aussi, logiquement, à la caution
solidaire du locataire. Six mois, c’est
encore trop. Mais c’est mieux que le
régime qui prévalait avant la loi Alur,
beaucoup plus contraignant (2). Ludique, la colocation ? ■
CATHERINE SCHMIDIGER
(1) 3 ans minimum
pour une location vide ;
1 an minimum pour un meublé,
9 mois pour un étudiant.
(2) Pour les baux signés
après le 27 mars 2014.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mardi 11 septembre 2018
DOSSIER
NOS CHOIX
Résidence étudiante :
un investissement pas toujours
gagnant
ANNA HAGÈGE
INVESTIR Patricia et Philippe font grise
mine. Ce couple de Bordelais vient de céder une chambre d’étudiante qu’il détenait à Caen depuis 9 ans dans une résidence services avec une moins-value de
20 000 €. « Nous avions réalisé cet investissement avec le dispositif Censi-Bouvard
à la fois pour alléger notre impôt sur le revenu et pour nous constituer un patrimoine
immobilier grâce au crédit », raconte Patricia. « Rétrospectivement, nous avons
certes profité de cette fiscalité sympathique
pendant quelques années. Les rendements
de ce placement nous ont aidés à payer une
partie de notre mensualité de prêt, mais au
bout du compte cet appartement n’a pas
pris de valeur. Pire, il en a perdu. Et, là
c’est la grande déception quand on pense
qu’en 10 ans, le marché immobilier s’est
quand même apprécié », se désole-t-elle.
Le prix d’une chambre
évolue, selon les villes,
entre 60 000 et 98 000 €
hors taxes
Pourtant, investir dans une résidence
étudiants est tentant. Les commercialisateurs de résidences étudiantes « nouvelle génération » promettent des rendements réguliers, de l’ordre de 4 % par
an, et annoncent une sortie à terme sans
surprise grâce à la qualité du bien et à
son emplacement. Autre élément séduisant : les tickets d’entrée dans cet immobilier sont modestes. Le prix d’une
chambre évolue, selon les villes, entre
60 000 et 98 000 € hors taxes. Des argu-
12 SEPTEMBRE
« J’ai perdu Albert »
avec Stéphane Plaza
Normal de faire appel au plus
célèbre agent immobilier
de France pour une histoire
de déménagement et de squat.
Sauf que dans cette comédie
de Didier van Cauwelaert, c’est
l’esprit d’Albert qui décide
de quitter la tête de Séverine
Ferrer pour s’incruster dans celle
de Stéphane Plaza. L’occasion d’y
faire un peu de home staging ?
À découvrir sur les écrans.
MONKEY BUSINESS IMAGES/SHUTTERSTOCK
Le placement
a des atouts
à condition
de rester attentif
à l’emplacement
et à la qualité
de l’exploitant.
Les jeunes sont de plus en plus nombreux à quitter le nid familial pour se loger dans la ville où ils vont démarrer leur formation.
ments commerciaux qui font mouche
d’autant que la population estudiantine
est en plein boom. Le taux de bacheliers
des générations actuelles n’a jamais été
aussi élevé. Les jeunes sont donc de plus
en plus nombreux à quitter le nid familial pour se loger dans la ville où ils vont
démarrer leur formation.
Certains investisseurs sont satisfaits,
mais pas tous. Pourquoi ce placement
attractif sur le papier peut-il se révéler
parfois décevant à la sortie ? Tout
d’abord, cette acquisition s’inscrit dans
un cadre particulier qui n’a rien à voir
avec l’achat d’un studio en ville dans un
immeuble standard. Parfois le prix de
vente peut être déconnecté du marché
immobilier local, sous prétexte que la
résidence propose une gamme étoffée de
services et offre de généreuses parties
communes. Du coup, il y a dès le départ
un risque de surpayer le bien.
Ensuite, le propriétaire n’a pas la main
sur la gestion de son bien. Chaque investisseur est obligé de donner en location
sa chambre à un exploitant unique désigné à l’avance et qu’il n’a donc pas choisi. « En charge pendant 9 ans de la gestion de l’ensemble de la résidence, ce
professionnel peut décider unilatéralement en cours de bail ou, à l’occasion de
son renouvellement, d’abaisser le loyer
initial, si la résidence ne fait pas le plein et
donc pas recettes. Cette configuration
particulière met le propriétaire dans une
situation où il est pieds et poings liés à
l’exploitant. Le premier disposant de peu
ou pas de marge de manœuvre », explique Richard Chalier, directeur technique, associé au sein du groupe Fidroit.
Point positif, les loyers sont, en principe,
réguliers car ils sont versés au propriétaire que sa chambre soit louée ou pas.
De plus, ce dernier est remboursé (ou
exonéré) du paiement de la TVA à condition de conserver le bien 20 ans. Reste
que la liquidité de ce placement n’est pas
à 100 % garantie. La revente va dépendre de la qualité et de l’état de la résidence. Si l’historique des rendements, la
gestion ou la santé de l’exploitant sont
médiocres au moment de la sortie, les
investisseurs ne se bousculeront pas. Et
pour se défaire de son lot, il faudra
consentir une forte décote. À noter que
ce genre d’hébergement dédié aux jeunes peut vite passer de mode. Il est déjà
directement concurrencé par la colocation et tout récemment par les immeubles en co-living. « Le marché de la revente reste donc plutôt étroit avec une
liquidité relative », estime Christine
Chiozza-Vauterin, avocate au cabinet
d’avocats fiscalistes LightHouse Law
Firm. « Ce genre de bien se cède plus ou
moins bien, mais sans plus », confirme
Stéphane Desquartiers, PDG de la Maison de l’Investisseur. ■
5
P.- Y. SOUGNÉ /ANGELUS PRODUCTIONS
15 ET 16 SEPTEMBRE
Visitez le patrimoine en péril
Parmi les 18 projets, répartis
sur tout le territoire national,
à avoir été désignés
porte-drapeau par la mission
Bern pour le patrimoine en péril,
10 ouvriront leurs portes
à l’occasion des Journées
européennes du patrimoine.
L’occasion de visiter le château
de Bussy-Rabutin (Côte-d’Or),
la rotonde de Montabon (Sarthe)
ou la Villa Viardot (Yvelines).
4 OCTOBRE
« Habiter les toits »
Trente toits transformés
à découvrir dans cet ouvrage,
à paraître dans la collection
« Architecture-Alternatives »
chez Gallimard Habitat (176 p.,
32 €). Individuel, collectif, places
publiques ou terrains de sport…
ces projets préfigurent la ville
de demain.
VINEA TRANSACTION
REPÉRÉ DANS
A
Un château viticole dans le Sud
Aux portes de Montpellier, ce château de l’école italienne du début du
XXe siècle cumule les atouts. Architecture dépaysante avec 540 m2 d’habitation principale, parc arboré, dépendances du XVIIIe siècle et 835 m2 de
chai de vinification. Quant au vignoble, il se développe sur 22 ha classés
en appellation d’origine protégée. L’ensemble présente d’évidents atouts
pour se lancer dans un vaste projet agri-touristique, à condition de disposer des 2,86 millions d’euros de mise de départ pour s’offrir ce lieu proposé à la vente par Vinea transaction. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 11 septembre 2018 LE FIGARO
6
IMMOBILIER
Améliorez l’air que vous respirez chez vous
L’air à l’intérieur des appartements est parfois plus pollué qu’à l’extérieur. Des pistes pour y remédier.
LOGEMENT Chaque jour, nous respirons environ 12 000 litres d’air. Et
nos poumons sont soumis à rude
épreuve, ils doivent filtrer en permanence pollution, particules fines,
fumées et autres composés organiques volatils (COV), dont le fameux
formaldéhyde. La qualité de l’air a
des répercussions sur la santé : allergies, irritations, maux de tête,
asthme et autres maladies respiratoires chroniques, etc. Les pics de
pollution sont dans toutes les têtes,
mais il est un endroit où les Français
ne sont pas assez vigilants : c’est
dans leur logement.
Lors de travaux, ou tout simplement en décorant la future chambre
d’un bébé, les sources de pollution
sont nombreuses : les habitants
eux-mêmes, animaux inclus, en
expirant du CO2, les vapeurs et fumées de cuisine, le tabac, les produits d’entretien (émanations de
benzène entre autres), les meubles
et les revêtements (peintures, colles, moquettes, tapis, etc.). Sans
compter les pollens, virus, bactéries
et autres moisissures. Certes, la plupart des habitations sont équipées
de VMC (ventilation mécanique
SHUTTERSTOCK
SOPHIE FICHEPAIN
chez soi
Pour aérer une pièce,
il faut non seulement
ouvrir les fenêtres
mais aussi purifier
l’air en continu.
contrôlée), les premières réglementations datant de 1969. « Les modèles les plus répandus sont hygroréglables, c’est-à-dire qu’ils se
déclenchent en fonction de l’humidité
détectée », explique Cécile Folachier chez Aldès. Mais c’est loin
d’être suffisant. Et ce, même si le logement est neuf : selon la LCA-FFB
(Les Constructeurs et Aménageurs
de la Fédération française du bâtiment), 60 % des installations de
ventilation dans les maisons et 50 %
dans les appartements ne sont pas
conformes à la livraison du bien.
« Les systèmes actuels sont plutôt efficaces dans les pièces humides comme la cuisine ou la salle de bains, mais
pas dans les chambres par exemple », remarque Étienne Wurtz, directeur de recherche au CEA (Commissariat à l’énergie atomique et
aux énergies alternatives). « Or
nous passons 40 % de notre temps
dans les chambres, surtout pour y
dormir », confirme Pierre Guitton,
Une nouvelle vie
pour cette cuisine de 5 m²
Il a suffi de trois semaines pour rendre cette micro-cuisine
parisienne beaucoup plus fonctionnelle et conviviale.
fondateur du fabricant français de
purificateurs d’air ioniseurs Teqoya.
Premier réflexe : ouvrir les fenêtres
pour aérer. « C’est très bien, mais
souvent insuffisant, et cela ne permet
pas de purifier l’air en continu », prévient Pierre Guitton.
Attention aux sprays
d’assainissement
Second conseil : nettoyer très régulièrement, changer les filtres du
dispositif en place et vérifier que
Ventes aux enchères :
bonne affaire ou pas ?
Nos conseils pour acheter chez
les notaires, au tribunal ou sur Internet.
OLIVIER MARIN £@OlivierMarin1
DESYGNBYJM2
La petite pièce
vieillotte
encombrée
de tuyaux
venait gâcher
l’harmonie de
l’appartement
haussmannien.
Avant
sant au sol avec des carreaux italiens très
graphiques. Et comme ils tenaient à créer
un espace joli, convivial et fonctionnel,
TRANSFORMATION Il ne manquait nous les avons convaincus de s’éloigner du
qu’une cuisine coquette pour faire leur
budget initial. » Le tarif final s’affiche à
14 000 euros (hors honoraires)
bonheur. Pour ce jeune couple
EN
CHIFFRES
qui venait de s’offrir un conforpour refaire la cuisine et l’entrée
2
table 3-pièces de 70 m dans le
où se prolonge le cheminement
e
de carreaux. Mais à ce prix-là, la
IX arrondissement de Paris, cetpièce qui n’avait jamais été réte petite pièce vieillotte encomnovée a été entièrement mise à
brée de tuyaux venait gâcher Budget
l’harmonie de leur appartement (hors honoraires) nu et repensée.
pour la cuisine
Résultat : l’ouverture a été
haussmannien.
Tous
deux
et l’entrée
agrandie, passant de 73 à
avaient pensé un temps s’en tenir
90 centimètres en supprimant
à un simple coup de frais avec
la porte puis un radiateur inuti5 000 euros de budget mais les
le, améliorant au passage la cirarchitectes d’intérieur Julissa et Surface
de l’appartement
culation et la luminosité. Toute
Yannick Serviere, de l’agence
la tuyauterie a été dissimulée :
deSYgn by JM2, les ont convainpour partie dans un placard
cus de se lancer dans un projet
Nombre
d’entrée sur la gauche, le reste
plus ambitieux.
de semaines
dans des caissons. Et la plaque
« Les propriétaires voulaient du de travaux
de cuisson avec le four a changé
blanc et comptaient apporter de la
de place pour devenir plus accessible et
vie avec une crédence colorée dans un carépondre dans les meilleures conditions
maïeu de bleu et de beige, explique Julissa
aux envies de cuisiner du propriétaire.
Serviere. J’ai repris l’idée en la transpoJEAN-BERNARD LITZLER £@JBLitzler
14 000 €
70m²
3
A
La pièce
qui n’avait
jamais été
rénovée
a été
entièrement
mise à nu
et repensée.
Après
L’ensemble de l’électroménager a été
intégré, donnant quasiment une sensation d’espace. C’est en tout cas la remarque de la voisine, disposant d’une
cuisine du même format, venue visiter
les lieux. « Tout est là, souligne Julissa
Serviere. Il a fallu faire rentrer le frigo, le
four, la plaque de cuisson à quatre feux,
l’évier et des rangements, heureusement
que les propriétaires ne souhaitaient pas
de lave-vaisselle ! »
Au final, tout en utilisant un ameublement très simple et courant, la cuisine
dégage une sensation de chic grâce à une
intégration judicieuse des différents éléments et à la mise en valeur d’un carrelage haut de gamme pour le sol. Et pour
les souligner un peu plus encore tout
disposant d’une luminosité suffisante
tout au long de la journée, des LED au
plafond suivent le chemin que les carreaux colorés dessinent au sol. Un rendu
qui a tellement séduit les propriétaires
qu’ils ont réclamé un prolongement de
ce carrelage gris, bleu et blanc vers leur
entrée, sitôt la cuisine finie. ■
rien n’obstrue les bouches de ventilation, comme les barrettes de fenêtres. Troisième solution : utiliser
un purificateur d’air. Plusieurs
modèles existent, par filtration,
ionisation, ozonation ou photocatalyse par exemple. Sans compter
les plantes dépolluantes, les sprays
d’assainissement ou les nouveaux
matériaux (peintures, plaques de
plâtre, etc.) dépolluants. En septembre 2017, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) a recensé plus de 500 dispositifs
existants, dont près de 2/3 d’appareils, pour un budget variant de
50 euros à plus de 2 000 euros.
Conclusion : une efficacité qui
reste « à démontrer ». Pire, certains
peuvent même avoir un effet inverse. « Ces dispositifs peuvent dégrader la qualité de l’air intérieur en générant de nouveaux polluants »,
estime l’Agence, évoquant notamment l’émission de COV par les
sprays, d’ozone ou de formaldéhyde.
Quant aux plantes dépolluantes,
une étude de l’Ademe (Agence de
l’environnement et de la maîtrise de
l’énergie) estime que leur efficacité
n’a pas été démontrée. Mais au
moins, elles peuvent décorer une
maison ! ■
PRATIQUE Chaque mardi, c’est le même
rituel. Une centaine de personnes se presse aux ventes aux enchères immobilières
des notaires de Paris. Le spectacle se déroule au Châtelet, au premier étage du
siège de la Chambre des notaires. La salle
est composée de jeunes couples, retraités,
professionnels du secteur… Les ventes qui
sont adjugées à l’offre la plus généreuse
sont orchestrées dans une dramaturgie
ancestrale, majoritairement à la bougie.
Le notaire allume deux petites mèches de
30 secondes chacune. Si personne ne porte de nouvelle enchère pendant la combustion des deux feux, c’est la dernière
enchère qui l’emporte. Maison, appartement, studio, terrain, local commercial,
cave, parking… Une dizaine de biens immobiliers est présentée. Les inscrits munis
d’une pièce d’identité doivent déposer un
chèque (environ 20 % du montant de la
mise en vente) en consignation et souvent
de 20 à 30 % inférieur à sa valeur afin que
la vente soit attractive, les prix peuvent
monter très haut !
« On peut faire de bonnes affaires mais il
ne faut pas venir pour cette raison »,
conseille Sara Ryckebusch, responsable
du service des ventes aux enchères. « Il
s’agit avant tout d’un marché supplémentaire où nous pouvons trouver des biens plus
atypiques par leur provenance. Nous vendons pour le compte de l’État, pour les successions vacantes, pour des fondations, les
associations, la Ville de Paris, des collectivités et de plus en plus pour des particuliers »,
précise-t-elle. De la vente d’une cave à
Courbevoie pour une dizaine de milliers
d’euros à un immeuble avenue de Flandre
(XIXe) vendu 14, 6 millions d’euros (départ
des enchères à 9,5 millions), il y en a pour
toutes les bourses. Il existe le même type
de ventes en régions et le point d’orgue est
la semaine nationale des ventes aux enchères notariales organisée chaque année
en juin dans une trentaine de villes. Les
tribunaux proposent aussi par exemple le
jeudi des ventes aux enchères immobilières au chronomètre suite à des saisies, liquidations ou indivision dans l’enceinte
du tribunal de grande instance de Paris.
Une transaction souvent rapide
Sur Internet, Licitor répertorie le programme et le calendrier des ventes aux
enchères immobilières des avocats et des
notaires. Le site VLimmo.fr dresse l’intégralité des ventes publiques dans toute la
France. Agorastore, plateforme de vente
aux enchères, accompagne 1 500 collectivités dans la mise en vente de leurs biens
et dans la gestion de leur patrimoine immobilier (avec plus de 400 000 visiteurs
par mois et une base de plus de
100 000 enchérisseurs).
Chez les notaires, le système de ventes
immobilières interactives sur Internet
existe aussi depuis près d’une décennie.
« Le taux de réussite tourne autour de
70 % », précise maître Vincent Chauveau,
président du réseau immobilier.notaires.
Depuis peu, il y a aussi la vente « au cadran » à prix dégressif. C’est un système
de vente aux enchères inversées. « L’acquéreur doit se dévoiler rapidement s’il ne
veut pas se voir échapper le bien. Il n’a droit
qu’à un clic, tandis qu’en vente immo interactive, on peut positionner son ou ses offres
pendant 24 heures », précise-t-il. Les enchères permettent aux vendeurs une
transaction souvent rapide et encadrée
juridiquement. L’acquéreur, lui, doit
avoir en tête qu’il ne bénéficie pas d’un
délai de rétractation (contre 10 jours dans
le cadre d’une vente traditionnelle) et doit
anticiper des frais supplémentaires dans
le cadre d’une adjudication judiciaire.
Bref, ne jamais confondre vitesse et précipitation. La règle d’or de l’immobilier. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mardi 11 septembre 2018
IMMOBILIER
7
Une vente pour s’offrir
une vie de château !
L’antiquaire Origines propose dans deux semaines un bel éventail
de statues, cheminées, kiosques et grilles de jardins chez Artcurial.
ENCHÈRES Le 24 septembre, c’est une
vente pas comme les autres qui se tiendra
chez Artcurial. La maison fera sa rentrée
avec Architecture & Garden Statuary
(« architecture et statues de jardin ») où
près de 500 lots de l’antiquaire de la pierre Origines seront proposés aux amoureux des vieilles pierres. Il est possible de
les découvrir les 20, 21, 22 et 23 septembre à Richebourg, près de Houdan, à une
cinquantaine de kilomètres de Paris.
« Depuis 1992, je me suis spécialisé dans les
antiquités architecturales et ornements de
jardins anciens. La plupart viennent de
France », explique Samuel Roger, le fondateur d’Origines. C’est souvent à l’occasion du rachat d’une propriété par un
promoteur immobilier que l’antiquaire
récupère parquets, cheminées anciennes,
kiosques, folies, vases d’extérieur, bancs
ou grilles de parc. La transformation
d’appartements haussmanniens en bureaux permet aussi à Samuel Roger de récupérer des cheminées dont les nouveaux propriétaires ne veulent plus. « Je
vais déménager mi-2019 mon activité dans
un château du XVIIIe dans le Val-d’Oise,
d’où cette vente. » Actuellement, à Richebourg, plus de 700 pièces qui sont exposées (des cheminées anciennes, des fontaines, parquet, dallage…). Leur
déménagement n’aurait pas été une mince affaire, compte tenu de leur poids.
La pièce la plus lourde, une folie de jardin en pierres milieu XIXe (lot 333), récupérée près de Bath, en Angleterre, dans le
parc d’un ancien château, pèse près de 50
tonnes ! Elle est estimée à 120 000160 000 €. La plus chère (lot 51) est une
cheminée d’époque Louis XIII de 1652, estimée entre 360 000 et 480 000 €, provenant du château de Grignan, dans la Drôme provençale. « Les estimations de départ
ont été faites à environ la moitié des prix
pratiqués habituellement », estime Samuel
Bouclez votre budget
avec des aides
Achat, rénovation, complément de loyer…
et si vous aviez droit à un coup de pouce ?
MARIE PELLEFIGUE
FINANCEMENT Pour améliorer votre
pouvoir d’achat immobilier, frappez à la
bonne porte. Voilà quelques pistes.
Des aides pour acheter
u
Si vous achetez votre résidence principale
pour la première fois, le PTZ (prêt à taux
zéro) est accordé sous condition de ressources selon la zone géographique et la
taille du ménage. Depuis le 1er janvier, il
ne concerne que les achats de neuf dans
les zones tendues et d’ancien à rénover
sur le reste du territoire. Son montant est
variable dans la limite de 40 % du coût de
l’opération. Ce coup de pouce est loin
d’être négligeable, à titre d’exemple, selon Vousfinancer.com, un célibataire
toulousain avec 30 000 €/an de revenus
qui achète un 2-pièces neuf à 140 000 €
pourra bénéficier d’un PTZ de 54 000 €
sur 20 ans. Autre exemple : une famille
avec deux enfants et 40 000 €/an de revenus aura 60 000 € de PTZ pour financer
sa maison de 150 000 € (dont 40 000 € de
travaux) à Bourg-en-Bresse. Le PTZ peut
souvent être complété par des prêts bonifiés des collectivités locales, distribués
sous conditions. Dans notre exemple, le
célibataire obtiendra en plus le Pass accession toulousain, soit 10 000 € à 0 %, et
la famille décrochera le prêt Codal (du
conseil départemental de l’Ain), soit
15 000 € à 1 %. Pour boucler votre financement si vous travaillez dans une entreprise d’au moins dix salariés, pensez au
prêt Action logement, renseignez-vous
auprès de votre employeur. Accordé à
1 %, sous conditions de ressources, il est
plafonné à 25 000 € et à 30 % du prix
d’achat ou de construction du logement.
u
Des coups de pouce
si vous faites des travaux
Pour les travaux d’économie d’énergie,
l’éco-PTZ est accordé, jusqu’à fin 2018,
sans conditions de ressources. Réservé
aux propriétaires (bailleurs et occupants)
qui rénovent une résidence principale
construite avant 1990, il peut atteindre
30 000 €, à taux zéro. Pour en profiter,
faites réaliser au moins deux types de
travaux (isolation de la toiture, installation d’équipements de chauffage à énergie renouvelable…) par un artisan agréé
RGE (reconnu garant de l’environnement). Les seniors peuvent demander un
prêt bonifié des caisses de retraite pour
adapter leur logement. Jusqu’à la fin de
l’année, certains travaux de rénovation
énergétique (chaudière à haute performance énergétique, isolation de murs,
changement de fenêtres…) bénéficient en
plus du CITE, le crédit d’impôt pour la
transition énergétique. Accordé aux locataires et aux propriétaires pour la résidence principale, il correspond à 15 ou
30 % du coût des travaux, dans la limite
de plafonds. Les plus modestes profiteront aussi des aides de l’Anah pour de
nombreux travaux (www.anah.fr). Elles
peuvent financer jusqu’à 65 % de la facture. Il faut contacter l’Anah avant de
lancer le chantier. Bon à savoir : si vous
êtes bailleurs, des subventions existent
pour certains travaux (rénovation électrique, installation de douche de plainpied…), à condition de respecter des plafonds de loyers.
Les locataires aussi
u
Les caisses d’allocations familiales distri-
buent des aides au logement aux locataires, sous conditions de ressources. Elles
sont dans le collimateur du gouvernement et un projet de loi vise à réformer
leur attribution. Actuellement, pour en
profiter, les ressources prises en compte
sont celles de l’année N-2. Si la loi passe,
les aides pourraient être ajustées à l’instant T sans décalage de deux ans.
Si vous y avez droit, profitez-en au plus
vite en réalisant des simulations
(www.caf.fr). Ainsi, une Lyonnaise qui
touchait 10 000 €/an de retraite en 2016
et doit régler un loyer de 560 €/mois
décroche une aide au logement de
131 €/mois. ■
Roger. Il faudra toutefois tenir compte des
frais (25 % + TVA) et de la fièvre des enchères pour juger des prix finaux !
Ceux qui recherchent une pièce ancienne pour décorer et rénover une maison ou un appartement devraient pouvoir trouver leur bonheur lors de cette
vente. Les professionnels, architectes,
décorateurs connaissent bien Origines,
mais les particuliers peuvent acheter en
direct. Les petits budgets trouveront ainsi
des plaques de cheminée à partir de
300 €, des bancs et tables en pierre ou des
vases de fonte pour quelques milliers
d’euros (hors frais). Les belles pièces
françaises séduisent depuis longtemps les
acheteurs internationaux. « Près de 60 %
de nos ventes partent à l’exportation, souvent aux États-Unis », explique Samuel
Roger. Les Asiatiques sont encore peu
présents sur ce marché. « Ils aiment traditionnellement les objets légers, mais cela
commence à évoluer. Nous avons vendu à
Bangkok, Pékin et Séoul », s’amuse-t-il. ■
Paire de sphinges chevauchées par des amours aux guirlandes.
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ce et d’industrie (CCI) de
Paris Ile-de-France - Identiiant CE TVA FR 61 429 16 7075. Vente en état futur d’achèvement.faculté de rétractation de 10 jours qui court à compter du lendemain de la présentation de la
lettre notiiant le contrat de réservation aux réservataires (L. 271-1 du Code de la Construction et de l’Habitation) - Architecte : DGM & Associés – Architecture & Environnement - Illustration
: Inime - Illustration non contractuelle due à la libre interprétation de l’artiste – Balcons et terrasses vendus non meublés – Septembre 2 018– IBIZA
A
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 11 septembre 2018 LE FIGARO - N° 23 041 - Cahier N° 3 - Ne peut être vendu séparément - www.lefigaro.fr
MUSIQUE
NAUTISME
LE CLASSIQUE COMPTE AUSSI
SUR SES « GUITAR HEROES »
RENDEZ-VOUS À SAINT-GILLESCROIX-DE-VIE, À L’ARRIVÉE DE LA
SOLITAIRE URGO LE FIGARO PAGE 35
PAGE 31
Thibault Cauvin
"# !
Qu’en est-il de l’« American Dream » ?
KEVIN TACHMAN
Alors que les États-Unis commémorent les attentats du 11 septembre, la Fashion Week de New York,
qui avait un temps tiré parti de l’élan de solidarité suite à la tragédie, se réinvente sans oublier son passé.
À l’image de l’emblématique Ralph Lauren qui célèbre les 50 ans de sa griffe. PAGE 30
Final du défilé anniversaire de Ralph Lauren, à Central Park.
La guerre oubliée de
Véronique de Viguerie
C H AU S S U R E S
SOINS
AC C E S S O I R E S
PHOTO Cette photoreporter a reçu la plus
haute distinction au festival Visa pour l’image
pour son sujet sur le conflit yéménite.
Françoise Dargent
fdargent@lefigaro.fr
hotoreporter, mère de
deux enfants, blonde et
pas stupide » : tel est
l’autoportrait lapidaire
et
volontairement
grinçant que Véronique de Viguerie
dresse d’elle sur son compte Twitter.
Mais c’est avec une émotion non
contenue que cette photographe de
40 ans a reçu ce week-end le Visa d’or
News au festival de photojournalisme
de Perpignan. Si d’autres femmes ont
remporté des Visas d’or, notamment
dans la catégorie Magazine, elle est la
première à décrocher le « News », ce
qui est considéré comme un Graal par
la profession.
Il faut reconnaître que personne
n’avait jusqu’à présent ramené des
images du Nord-Yémen, une zone sinistrée par la guerre dont le martyre se
déroule à huis clos loin des caméras et
des objectifs du monde entier. Véronique de Viguerie et son acolyte rédactrice Manon Quérouil-Bruneel ont dû
s’accrocher pour réaliser leur reportage en 2017. Des enfants snipers, des
adolescents en armes, des bébés dénutris, des immeubles en ruine, des
quartiers rasés : les photos de la
« blonde » Véronique de Viguerie témoignent de cet enfer inaccessible qui
«
P
engloutit ses morts et régurgite des
centaines de milliers de déplacés. Elle
était la première photoreporter à accéder à cette région, un scoop qui a
certainement compté dans le choix de
ce jury habitué à trancher parmi les
sujets d’actualité brûlants. « Le fait
qu’on en parle un an après montre justement que ce sujet ne s’est pas éventé », explique Jérôme Huffer, chef du
service photo de Paris Match, qui a coproduit le reportage de l’indéfectible
duo soucieux d’évoquer « la guerre
qu’on nous cache ».
NOUVELLE ADRESSE
Un an de préparation
Il a fallu près d’un an de préparation
pour organiser au millimètre ce reportage périlleux, dont tout le milieu prédisait qu’il serait impossible à réaliser.
Difficulté que cette femme balaye
d’une formule non dénuée d’humour :
« Au Yémen, être une femme étrangère,
c’est un peu comme être un troisième
sexe. Le fait de ne pas faire peur rend les
choses beaucoup plus simples. » Habituée à parcourir les zones difficiles,
Véronique de Viguerie récolte aujourd’hui les lauriers de son obstination.
« C’est peut-être paradoxal de dire ça
d’une photographe, mais elle pense à
l’histoire avant l’image, sans recherche
d’esthétisme ou de narcissisme. En regardant une de ses photos, on sait
d’emblée ce qui s’y passe. L’impact est
direct, dix clichés mis bout à bout en
font un témoignage exceptionnel », dit
encore Jérôme Huffer. ■
FRANK LORIOU ; OLIVIER ROUX/LE FIGARO MAGAZINE
CENT
MODÈLES
CINQ
L A RG E U RS *
* Jusqu’à cinq largeurs par demi-pointure sur les modèles emblématiques
A
MORCEAU CHOISI
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mardi 11 septembre 2018 LE FIGARO
30
L'ÉVÉNEMENT
La mode américaine
post-11 septembre
DÉCRYPTAGE Portée
par un élan de solidarité au lendemain des attentats de
2001, la Fashion Week de New York connaît son âge d’or durant une décennie
avant de perdre en créativité. Aujourd’hui, elle renouvelle son modèle.
2001
Annulation
des défilés printempsété 2002 suite aux
attaques terroristes
L
FRÉDÉRIC MARTIN-BERNARD
fmartinbernard@lefiaro.fr
ongtemps, Ralph Lauren a
défilé le mardi de la Fashion Week
new-yorkaise. Cette saison, le show
doublé d’un dîner à l’occasion du cinquantième anniversaire de la marque
(voir ci-dessous) a été avancé de quatre
jours afin de ne pas coïncider avec les
commémorations liées aux attaques
terroristes de 2001. Cette année-là, le
11 septembre tombait déjà un mardi. La
veille, Marc Jacobs présentait sa collection sous une tente à proximité du
World Trade Center. Le matin même,
toute la profession présente à
Manhattan se préparait pour une nouvelle journée de shows… Si le secteur
n’a pas compté de victime directe, la
Fashion Week américaine s’est bien sûr
arrêtée sans délai. Quelques mois plus
tard, une coalition sans précédent se
formait à New York en faveur des jeunes designers portée par Anna Wintour,
rédactrice en chef de Vogue US, avec le
soutien du maire d’alors Michael
Bloomberg. En 2003, la fédération de la
mode américaine lançait un programme de mentorat, le CFDA/
Vogue Fashion Fund, pour les
nouveaux talents. Ce système a
permis à une génération de
créateurs
prometteurs
d’émerger. Ces Alexander
Wang, Derek Lam, Phillip
Lim, Thom Browne, Jack
McCollough et Lazaro
Hernandez de Proenza
Schouler et les autres ont
pendant dix ans renouvelé le paysage créatif
outre-Atlantique
au
point de rendre sa
Fashion Week incontournable. Fin des années 2000, Mme Wintour
demandait même à la fédération française que les
défilés de nos grandes
maisons soient concentrés sur cinq jours, au
prétexte qu’il y avait suffisamment à faire à Manhattan.
Dix ans après, ce berceau
créatif s’est essouflé. Si des marques étrangères continuent d’y
organiser de multiples événements en marge des défilés (pré-
Défilé Longchamp
au World Trade
Center 2.
sentation du court-métrage publicitaire de Kenzo, relancement de la
collection Linea Rossa de Prada, dîner
pour les 120 ans de Rimowa…), son
programme (très clairsemé) sur
sept jours traîne en longueur.
Tenant à « être le premier » selon son entourage, Tom Ford a
dévoilé, dès le soir précédant
l’ouverture de la Fashion
Week, une collection parfaitement renouvelée devant un
parterre… exclusivement local. L’Amérique étant grande
comme l’Europe, avec des
chaînes de grands magasins
dans tous les centres commerciaux, il fut longtemps aisé de ne
pas trop se préoccuper du reste
du monde.
Seulement, de nos jours, si les
États-Unis sont autosuffisants,
les règles du marché ont drastiquement évolué sous l’influence
d’Internet. On se rappelle, dans le
documentaire The September Issue
(2009) consacré à l’élaboration du célèbre numéro de septembre de Vogue
Tom Ford
Hériard Dubreuil à Miami, c’est au tour
du 10 Corso Como de la Milanaise Carla
Sozzani d’importer sa sélection singulière à Seaport District, au sud-est de Manhattan. Samedi après-midi, la boutique
flambant neuve sur 2 600 mètres carrés
était noire de New-Yorkais en shopping.
« Les États-Unis sont un marché saturé, très compétitif, qui demande d’être
stimulé en permanence », observe Jean
Cassegrain, le dirigeant de Longchamp.
C’est au sommet d’une nouvelle tour du
World Trade Center que la marque parisienne a organisé le premier défilé de
prêt-à-porter de ses 70 ans d’histoire.
Un show qui ne lésinait pas sur les
moyens, s’offrant les services de la styliste Marie-Amélie Sauvé, le casting de
tops (dont Kaia Gerber) et la présence
au premier rang d’Isabelle Huppert, de
Kate Moss et de son égérie Kendall
Jenner. La collection sous la direction
artistique de Sophie Delafontaine pose
les bases d’une diversification pertinente dans l’habillement, en partant du cuir,
du nubuck et de peausseries. Un vestiaire réaliste aux coupes relativement simples, avec la touche de mode nécessaire
(motifs exotiques, franges…) qui trouve à
New York un cadre à sa mesure. ■
américain, une séquence filmée au Ritz
à Paris, montrant Anna Wintour et les
représentants des principaux department stores du pays en train de s’accorder sur les collections à soutenir, à vendre ou pas. Une réunion qui n’a peutêtre plus lieu aujourd’hui, la
distribution traditionnelle ayant perdu
de son poids, subissant la concurrence
de l’e-commerce de plein fouet. « Je
suis un peu las du système américain,
confie Paul Andrew, chausseur anglais
basé à New York et directeur artistique
femme de Salvatore Ferragamo. Ici, les
acheteurs soutiennent les designers et, en
même temps, les brident en veillant à ce
que leurs créations soient commerciales.
Si bien qu’aucun styliste ne sort plus des
sentiers battus et, au final, tout se ressemble dans les magasins. »
Les marques étrangères
au chevet de Manhattan
Certaines boutiques étrangères exploitent ce manque d’originalité dans l’offre.
Après l’ouverture à Big Apple de Dover
Street Market, le concept store associé à
la Japonaise Rei Kawakubo de Comme
des Garçons en 2013 et celle de The
Webster fondé par la Française Laure
STEPHEN LOVEKIN/WWD/REX/SIPA ; FILIPPO FIOR/IMAXTREE.COM
ENVOYÉ SPÉCIAL À NEW YORK
2003
Lancement
du prix CFDA/Vogue
Fashion Fund en soutien
à la jeune création
2016
« See now
buy now »
De nombreux labels
américains
commercialisent
les collections
le jour même du défilé.
Aux dépens souvent
de la créativité.
mouvements de foule ni des haies de
portables en quête d’une photo souvenir. L’événement a des airs de réception intime, entre amis. Les designers
stars de la mode américaine, Carolina
Herrera, Calvin Klein, Donna Karan,
Tommy Hilfiger, Tory Burch, Diane
von Furstenberg, Alexander Wang,
Thom Browne et Jason Wu, ont rangé
leurs ego et répondu présents à l’invitation de leur aîné.
Ce défilé fleuve (175 silhouettes) où
femmes et hommes se partagent le catwalk, n’aura rien d’une rétrospective ni
d’un dernier tour de piste. Paradoxalement, il en émane même une énergie
nouvelle : les vêtements, les imprimés
et les embellissements de cet automnehiver 2018-2019, semblent ici jamais
vus tout en restant dans le registre maison. Le pull à larges rayures rugby du
premier passage indique que le business
a réellement commencé en 1967. Tenues de jour et de soir sont mixées avec
spontanéité. Des gilets à motif navajo
réchauffent les épaules de robes à sequins. Les vestes en tweed donnent la
réplique à de longues jupes en jacquard
à fils coupés, en panne de velours brodée ou travaillées en patchwork.
Côté masculin, on est également
dans le registre RL sans s’appesantir
sur des grands classiques tirés à quatre
épingles. Les mannequins s’affran-
PRESSE
Dans la ville qui ne dort jamais, où les
griffes européennes aiment s’encanailler en organisant des shows spectaculaires
(citons
Dolce & Gabbana,
Bottega Veneta, Prada et Saint Laurent
rien que sur le début de l’année 2018),
on pouvait s’attendre à un feu d’artifice
avec le défilé anniversaire des 50 ans de
la maison Ralph Lauren, vendredi soir à
Central Park. Fausse piste, le designer
américain a choisi de fêter de manière
feutrée, avec classe, sobriété et, même,
une certaine humilité.
Au déclin du jour, rendez-vous est
donné sur 5th Avenue, au niveau de la
72e Rue. Des bus d’autrefois amènent
les invités jusqu’à Bethesda Terrace, un
grand bassin et sa majestueuse fontaine
connus comme le havre central des
300 hectares de verdure du cœur de
Manhattan, auquel on accède par un
vaste passage souterrain riche en ornements où se déroulera la présentation.
À bord de ces vieilles navettes, cinq
cents personnes se serrent en fourreau
et tenue black tie. Puis, une galerie
d’images croisant anciennes campagnes publicitaires et photos de famille
du designer forme le cadre d’un cocktail auquel se mêlent Hillary Clinton,
Oprah Winfrey, Robert De Niro, Steven
Spielberg, Kanye West, Jessica Chastain,
Anne Hathaway, Pierce Brosnan, Blake
Lively et Jean Reno, sans générer des
Robert De Niro, Oprah Winfrey, Hillary Clinton, Anna Wintour... entourent Ralph Lauren
lors du dîner donné pour les 50 ans de la marque, vendredi dernier à Central Park.
Ralph Lauren
RANDY BROOKE/AFP
A
Le chaleureux anniversaire de Ralph Lauren
chissent du stéréotype des beaux gosses habituels des campagnes publicitaires. Il y a des modèles de tous les
âges et de toutes les couleurs, parfois
venus en famille. Des adolescents, des
gamins s’approprient également cette
saison dont l’intégralité a été mise en
vente dans une sélection de boutiques
dès samedi matin - le concept du
« see now buy now » ayant été étendu à l’ensemble des lignes de la marque pour l’occasion. Un tour de force
qui vient s’ajouter à la performance
stylistique.
À l’issue du défilé, Oprah Winfrey
porte un toast à celui dont « la mode célèbre tout ce que l’Amérique a de
meilleur ». Très ému, Ralph Lauren
évoque sa passion et sa famille sans qui
le succès n’aurait pas été le même. Un
soupçon de bruine enveloppe le dîner
sis autour du grand bassin, n’altérant
en rien la chaleur humaine qui domine
ce jubilé. ■
F. M.-B.
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LE FIGARO
mardi 11 septembre 2018
CULTURE
31
La revanche des
« guitar heroes »
du classique
MUSIQUE À l’instar de Thibault Cauvin
ou Thibaut Garcia, les virtuoses
de la six-cordes bousculent les codes.
ne aura « quasi mystique »… C’est ainsi que le guitariste classique Thibault Cauvin décrit l’atmosphère du château d’Hérouville, dans le
Val-d’Oise, où il a enregistré l’album
Cities II, tout juste paru chez Sony. Hérouville. Un nom qui résonne dans la
tête de tous les amateurs de rock et de
pop music. C’est dans cet ancien relais
de poste du XVIIIe siècle, converti en
studios d’enregistrement, qu’Elton
John, David Bowie ou les Bee Gees
écrivirent une part de leur propre histoire discographique, jusqu’au milieu
des années 1980.
« Lorsque j’ai entendu que ces studios
rouvraient leurs portes, j’ai voulu être
parmi les premiers à tenter l’aventure. Le
lieu, qui au XIXe accueillit aussi les
amours de George Sand et Frédéric Chopin, correspondait par son histoire à ce
que je cherchais pour mon album : une
rencontre entre le monde classique et les
autres musiques, un appel à l’évasion et
aux voyages qui m’ont toujours inspiré et
fait vivre », confie le guitariste aux
1 000 concerts, qui lors de ses tournées
a déjà visité 120 pays. Jouant aussi bien
dans les chais de son Bordelais natal que
sous le ciel étoilé du Niger.
Disque collaboratif et sans frontières,
allant du baroque à l’électro, Cities II
voit de fait la participation de jeunes
musiciens classiques comme la soprano
Lea Desandre, le violoncelliste Christian-Pierre La Marca ou la percussionniste Adélaïde Ferrière. Mais aussi de
personnalités du jazz comme le regretté
Didier Lockwood ou Erik Truffaz, des
musiques du monde (Ballaké Sissoko)
ou de la chanson (Matthieu Chedid). Un
vieux rêve pour ce fils de jazzman qui se
revendique 100 % classique mais n’a de
cesse de répéter que son instrument
doit « créer des espaces de rencontre
inédits ». Et peut devenir le cheval de
Troie d’un monde classique avide
d’ouverture à de nouveaux publics.
“
Si le répertoire original
pour guitare et orchestre
reste limité, il y a bien
d’autres chefs-d’œuvre
qu’« Aranjuez »
THIBAUT GARCIA
”
Un avis de plus en plus partagé par
les producteurs et les programmateurs. « Le monde classique pense
aujourd’hui le concert différemment,
confirme Thibaut Garcia. La guitare
classique, instrument populaire par son
image, mais dont les possibilités dans le
grand répertoire et en termes de création restent largement méconnues, a
toute sa place dans la redéfinition de ce
paysage. » Le virtuose franco-espa-
Gibson et Fender électrisent
la musique contemporaine
« L’instrument le plus blasphématoire. »
C’est en ces termes que Frank Zappa décrivait la guitare électrique, rappelle Antoine Gindt. Le metteur en scène dirige
depuis vingt ans T&M Paris. Structure
clef dans le paysage de la création musicale contemporaine, cette dernière propose ce mois-ci, au festival Musica à
Strasbourg, puis dans la salle Pierre Boulez de la Philharmonie de Paris, un événement inattendu : la création française
de 200 Motels, the Suites, de Zappa. Une
fresque « aussi imposante que délirante », née des musiques griffonnées par le
musicien dans des motels lors de ses
tournées avec le groupe The Mothers of
Invention, et qui servit de bande-son au
faux documentaire 200 Motels qu’il réalisa en 1971.
Cette création française verra donc
« la première version mise en scène de ce
qui sonne comme un portrait féroce de la
société américaine, et en dit long sur la liberté de ton qui était celle de Zappa à
l’époque », explique Gindt. Et si la guitare
électrique (instrument iconique de Zappa) était au départ marginale dans cette
partition aux frontières du symphonique,
du lyrique et de la pop, Gindt a voulu lui
redonner une place centrale. « Nous réu-
La guitare électrique aura une place
centrale dans la création française de
200 Motels, the Suites, de Frank Zappa
(ici à Los Angeles, 1976). NORMAN SEEFF
tiliserons d’ailleurs la chanson Magic Fingers et son solo diabolique, qui ne figurait
pas dans les suites orchestrales », poursuit l’intéressé.
Une volonté qui n’a rien d’un hasard.
Familier de musique classique contemporaine comme de culture rock, Antoine
Gindt estime que la guitare électrique « a
trop longtemps été abandonnée par le milieu classique ». Non que des tentatives
n’aient pas eu lieu. « Même Boulez l’a utilisée. Mais lorsqu’il le fait, c’est plus comme un micro sous les cordes que pour son
potentiel expressif ou ses possibilités de
saturations. » Un rendez-vous manqué
qui tient à deux facteurs : «La musique
contemporaine a longtemps été en délicatesse avec les systèmes d’amplification de
la guitare. Et les ensembles spécialisés
cherchant des musiciens qui lisent et déchiffrent vite, les parties de guitares électriques dans une création étaient souvent
tenues par des guitaristes classiques qui
n’avaient pas la culture de son potentiel
expressif. »
Thibault Cauvin et Thibaut Garcia, deux jeunes ambassadeurs de choix pour la guitare classique en France.
gnol de 24 ans est devenu en quelques
années, au même titre qu’un Thibault
Cauvin, un ambassadeur de choix
pour la guitare classique en France.
Avec 80 concerts la saison dernière
sur des scènes telles que le Wigmore
Hall de Londres, le Concertgebouw
d’Amsterdam ou le Konzerthaus de
Vienne, la reconnaissance de la BBC et
une signature exclusive chez ÉratoWarner, le jeune homme incarne une
vision plus académique - au sens noble - de la guitare classique.
Il entend « ouvrir le monde de la guitare, qui reste trop souvent dans une niche, au reste du monde classique ». Une
démarche qui passe par ses choix de répertoire. Son deuxième album pour
Érato sort le 5 octobre. Il est entièrement dédié à Bach et ses influences sur
le monde classique. Mais aussi par la
musique de chambre. Que ce soit en
duo avec d’autres guitaristes ou avec de
jeunes solistes en vue comme le violoncelliste Edgar Moreau, les frères La
Marca, le clarinettiste Raphaël Sévère
ou la soprano Elsa Dreisig. « Nous sommes de plus en plus à vouloir rompre cet
isolement du guitariste et nous intégrer
davantage dans le milieu classique,
poursuit-il. Y compris pour ce qui est de
la musique avec orchestre, pour laquelle
nous bénéficions maintenant des progrès
CÉCILE
de la sonorisation et où on ne devrait plus
se limiter au seul Concerto d’Aranjuez
de Rodrigo. » En juin dernier, il interprétait d’ailleurs avec l’Orchestre de la
BBC le sublime mais trop rare Concierto
del Sur de Manuel Ponce. « Si le répertoire original pour guitare et orchestre
reste limité, il y a bien d’autres chefsd’œuvre qu’Aranjuez, comme la Fantaisie pour un gentilhomme du même Rodrigo ou le concerto de Villa-Lobos. »
Reste que si le monde de la musique
classique s’ouvre de plus en plus à la
six-cordes, la place qui lui est dévolue
dans les saisons est encore loin de rivaliser avec celle des autres instruments.
Si Thibault Cauvin et Thibaut Garcia,
qui incarnent à leur manière le yin et le
yang de la guitare classique en France,
ont su trouver leur place, « il y a beaucoup d’appelés et très peu d’élus », fait
observer le plus jeune des deux. Préférant parler d’émulation que de concurrence, il souligne que la sélection se fait
dès l’entrée dans les conservatoires nationaux. « Au CNSM de Paris, nous
n’étions que trois par promo. » Drastique, lorsque l’on sait que la guitare fait
toujours partie du top 3 des instruments
les plus demandés dans les conservatoires et écoles de musique. ■
Thibaut Garcia sera en concert le 1er octobre
à la salle Cortot (Paris XVIIe).
ÉDOUARD
EXALTANT
F. LORIOU, M. BORGGREVE
EN BREF
Le Forum des images
a 30 ans...
À Paris, le Forum des images
célèbre ses 30 ans
du 17 septembre au 7 octobre
en proposant au public de revoir
30 films de 30 réalisateurs
emblématiques du lieu.
De Mathieu Amalric à Paul
Vecchiali en passant par Julie
Bertuccelli et Valérie Donzelli,
plusieurs de ces cinéastes
viendront présenter leur film.
Une manifestation placée sous
le parrainage des jeunes Adèle
Haenel et Vincent Lacoste.
... La techno parade
en compte 20
La Techno Parade, défilé festif
et vitrine annuelle des musiques
électroniques, fêtera ses 20 ans
le 22 septembre à Paris
sur un parcours de 5 kilomètres,
du Louvre à la place d’Italie.
La manifestation a été créée le
19 septembre 1998 sur le modèle
de la « Love Parade » de Berlin
et sous l’impulsion de Jack Lang,
l’ancien ministre de la Culture.
ALICE
JUBILATOIRE
HHH
UNE EXQUISE HISTOIRE DE VENGEANCE
COUP DE CHAPEAU À CÉCILE DE FRANCE
ET ÉDOUARD BAER
HHHH
Regain d’intérêt tardif
Pourtant, les choses changent. La création par T&M il y a quelques années de
l’opéra Aliados de Sebastian Rivas, où les
guitares électriques occupaient une place
centrale, en est la preuve. Au même titre
que l’émergence d’une nouvelle scène
néominimaliste américaine, dont les
compositeurs sont familiers de l’instrument, à l’instar du multi-instrumentiste
Bryce Dessner. Un regain d’intérêt tardif,
donc. Mais qui pourrait correspondre à
une forme de statufication d’un instrument relevant plus du patrimoine que
d’une volonté « blasphématoire ».
D’ailleurs, « lorsque Rivas convoque les
guitares pour imiter le son des Clash dans
Aliados, c’est autant le son de l’histoire que
l’on entend que celui de demain », concède
Gindt. Le Musée de la musique, à Paris,
qui pour ses vingt ans a ouvert il y a un an
un espace dédié à la guitare électrique, ne
dit finalement pas autre chose. ■
T. H.
« 200 Motels, the Suites » : le 21 septembre
au Zénith de Strasbourg, le 30 septembre
à la Philharmonie de Paris (XIXe).
MADEMOISELLE
de JONCQUIERES
UN FILM DE EMMANUEL MOURET
SORTIE LE 12 SEPTEMBRE
A
U
THIERRY HILLÉRITEAU
£@thilleriteau
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mardi 11 septembre 2018 LE FIGARO
32 CULTURE
Boulez
avec cérémonie
Daniel Barenboïm et la Staatskapelle
de Berlin ont captivé la Philharmonie,
jeudi, avec Rituel, l’une des œuvres
les plus envoûtantes de Boulez.
MARTYNA PAWLAK
Les jours suivants, voici Daniel Barenboïm : l’ami de cinquante ans, rencontré
en 1964 à Berlin, et avec qui la complicité
humaine et artistique a duré toute la vie.
On pourrait s’en étonner si l’on considère
Boulez comme un cérébral et Barenboïm
comme un viscéral, mais ce serait
oublier, d’une part que les contraires
s’attirent, et surtout que Boulez était un
hypersensible et Barenboïm un intellectuel de premier ordre ! Avec la Staatskapelle de Berlin, dont il a fait en un quart
de siècle un orchestre flamboyant, il a
captivé la Philharmonie avec Rituel, l’une
des œuvres les plus envoûtantes de Boulez, où l’orchestre réparti en huit groupes
tout autour de la salle (ce qui est possible
dans l’architecture de la Philharmonie)
se fait une sorte de gamelan géant, invitant le public à une sorte de cérémonial
hypnotique, là encore très oriental d’inspiration. Le reste des programmes était
consacré aux deux compositeurs fétiches
de Boulez : Debussy et Stravinsky. Barenboïm y creuse les sonorités avec volupté (quel Faune magnifiquement lascif !), quitte à être trop romantique (cette
Mer wagnérienne !), montrant qu’il n’a
pas vraiment fait sienne la leçon de précision et de clarté laissée par Boulez, à en
juger par un Sacre du printemps pour le
moins négligent et peu structuré. Amitié
mais pas mimétisme ! ■
CLASSIQUE Respect au maître !
La première biennale en hommage
au compositeur disparu a rappelé
son rôle de bâtisseur.
CHRONIQUE
Christian Merlin
ue la Philharmonie de Paris
organise une biennale Boulez,
rien de plus normal tant cette
salle fut l’un des chevaux de
bataille du musicien français.
Rappelons qu’un grand auditorium symphonique moderne faisait
partie du projet initial de Cité de la musique présenté par Jack Lang en 1981, avant
d’être sacrifié sur l’autel du tournant
mitterrandien de la rigueur, tandis que
l’Opéra, prévu à la Villette, passait place
de la Bastille. Dès lors, Boulez, qui parlait
d’une « Cité unijambiste » ou d’une
« ébauche de Cité de la musique », fut militant et lobbyiste. Lorsque Laurent Bayle
mena le projet à bien en 2015, on avait
perdu vingt ans et Boulez était trop faible
pour assister à l’ouverture, mais il avait
Q
dans sa maison de Baden-Baden une maquette de la salle de Jean Nouvel, qui allait
porter son nom après sa mort.
Les concerts de la semaine dernière ont
mis en relief ce rôle de bâtisseur, mais
aussi rappelé son œuvre de compositeur
et de chef d’orchestre. Le premier soir,
place à son bébé, l’Ensemble Intercontemporain, dont le jeu précis et scintillant
reste placé sous le signe de l’excellence.
Pour eux, Le Marteau sans maître, qui
marque en 1955 un premier accomplissement après les œuvres de jeunesse, fait
partie du répertoire courant, comme la 5e
de Beethoven pour un orchestre symphonique. Ils la jouent quasi par cœur,
mais pas de signe de routine, tant la direction de Matthias Pintscher est différente de celle de l’auteur : moins anguleuse, plus souple, très fluide et lyrique,
faisant ressortir tout ce que l’écriture
pour percussions doit aux musiques
orientales. Le bonheur aurait été parfait
sans une prestation en demi-teinte de la
chanteuse Salomé Haller.
» Retrouvez Christian Merlin
dans « Au cœur de l’orchestre »,
tous les dimanches de 9 heures
à 11 heures. Prochaine émission :
« La chaise ».
UNE ANNÉE PEUT
DÉCIDER D’UNE VIE
VINCENT
WILLIAM
LACOST
LACOSTE
LEBGHIL
PREMIÈRE
ANNÉE
Marcel Duchamp
pour les nuls
ARTS Pour le cinquantième anniversaire de son
décès, Rouen, sa ville, lui rend hommage en tentant
une explication claire et amusante de ses travaux.
ÉRIC BIÉTRY-RIVIERRE
ebietryrivierre@lefigaro.fr
out pour comprendre Marcel
Duchamp (né en 1887 en SeineMaritime et inhumé à Rouen en
1968), le plus conceptuel des génies artistiques. L’homme qui,
parti de Dada et du surréalisme, aura révolutionné l’art en en poussant méthodiquement et au maximum sa désacralisation.
Grâce à un partenariat avec le Centre
Pompidou, le Musée des beaux-arts de
Rouen introduit à la démarche en installant ses travaux et leurs archives, souvent
inédites, sous la forme d’un abécédaire
ludique. Cela leur va bien puisqu’ils sont
eux-mêmes souvent facétieux. On se souvient de la Joconde affublée en 1919 d’une
moustache, d’un bouc, et renommée
« L.H.O.O.Q. » (entendez « look » mais
aussi « elle a chaud au cul »). Une version
de cette œuvre, malheureusement absente à Rouen, a été acquise 631 500 € l’année
dernière lors d’enchères de Sotheby’s Paris. Un comble ? Tel était précisément ce
que l’auteur recherchait.
Une vingtaine de critiques et d’historiens, tous « duchampiens » émérites,
ont été nécessaires pour concevoir l’événement. Ils partagent l’avis d’André Breton qui affirmait que Duchamp était
l’homme le plus intelligent et le plus gênant de la première partie du XXe siècle.
T
Subjectivité de la beauté
UN FILM DE
THOMAS
LILTI
A
DEMAIN AU CINÉMA
Sylvain Amic, le directeur de la Réunion
des musées métropolitains, et Joanne Snrech, sa conservatrice des peintures de
1825 à nos jours, n’ont pu faire voyager
les grandes installations, œuvres majeures, principalement conservées au Philadelphia Museum of Art. En revanche, ils
ont pu valoriser le fonds maison (les
peintures de jeunesse et de la première
période), montrer onze Rotoreliefs (disques optiques des années 1935-1953) ainsi
que nombre de ready-made. La naissance puis l’approfondissement de ces pièces
volontairement quelconques - et du coup
absolument révolutionnaires - sont ce
qu’il y a de mieux expliqué.
Dès 1913-1914, Duchamp pose sur un
socle et présente dans les sanctuaires de
l’art que sont les salons d’art ou les musées une roue de bicyclette, puis un porte-bouteilles. En 1917, il signe et baptise
Fontaine un urinoir ou suspend au centre
d’une salle une pelle à neige. Voilà ces banals produits industriels promus pures
formes, consacrées œuvres par le seul
Roue de bicyclette, Marcel Duchamp,
Musée national d’art moderne.
CENTRE POMPIDOU/ADAGP
geste de leur installation dans un temple
culturel.
Duchamp prend acte de la subjectivité
de la beauté. Et, tirant toutes les conséquences, signe là l’arrêt de mort de la
peinture et de la sculpture. Des activités
que les avant-gardes du temps croyaient
certes usées par la multiplication des styles mais espéraient encore approfondir
dans les libertés offertes par l’abstraction.
La fin des haricots ? Pas si simple. Renonçant dès lors publiquement à toute
forme d’art (excepté la pratique des
échecs qu’il considère comme seul art
total), Duchamp ne concevra plus que
des pièces laissées « définitivement inachevées », des synthèses en forme de
musées portatifs de ses créations (ses
boîtes-en-valise) ou travaillera en secret
à Étant donnés, son testament. Une pirouette posthume, visible uniquement à
Philadelphie, qui ridiculise le concept
même d’exposition.
Une précaution toutefois avant de se
lancer dans cet univers aussi cérébral et
férocement provocateur que passionnant : commencer par lire le catalogue,
l’organisation en abécédaire convient
tout de même mieux à un livre qu’à un
parcours. ■
Jusqu’au 24 septembre, « Abcduchamp.
L’expo pour comprendre Marcel Duchamp ».
Musée des beaux-arts, esplanade
Marcel-Duchamp, Rouen (76).
Catalogue Flammarion, 160 p., 20 €.
Tél. : 02 35 71 28 40. www.mbarouen.fr
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LE FIGARO
mardi 11 septembre 2018
CULTURE 33
Dans le royaume
secret de Gilbert
& George
ARTS Le duo d’artistes britanniques qui
se dévoilent à la Fondation Luma à Arles,
se cachent en insulaires dans leur maison
de Spitalfields, dans l’East End londonien.
ENVOYÉE SPÉCIALE À LONDRES
voir rendez-vous chez
Gilbert & George à Londres, c’est avoir
rendez-vous avec ce que l’Angleterre
peut inventer de plus excentrique, de
plus bien élevé, de plus rituel, de plus
farouchement exotique. C’est un grand
moment qui vous laisse interdit comme
une réception à la Cour, amusé comme
l’enfant devant les acrobates et les magiciens, fasciné comme l’explorateur
qui débarque aux Galapagos. Gilbert &
George sont deux gentlemen et un seul
artiste. Leur pas de deux est si légendaire qu’ils créent partout un fan-club au
fil de leurs expositions, de Londres et
Pantin à Arles où chaque dîner en terrasse dans les quartiers historiques du
Vieux-Bourg et de la Roquette s’est
transformé en séance instantanée de
selfies avec les artistes ravis de tant
d’amour. Leur époustouflante rétrospective à la Fondation Luma à Arles où
s’entrechoquent plus de 80 œuvres, du
plus mélancolique au plus « outrageous », du plus collet serré au plus dénudé, fascine même ceux qui d’ordinaire restent de marbre devant leurs
autoportraits géants en mosaïque pop.
Ils se sont révélés au public au fil de
leur renommée. D’abord marginale et
suave, comme ces deux étudiants gays
un peu en marge de la Saint Martin’s
School of Art à la fin des années 1960.
Puis décapante et politiquement subversive, comme ces ténors de l’underground, anarchistes de droite assez détestés par les artistes de gauche qui leur
reprochent d’être insulaires et proBrexit. Encaissant le scandale derrière
leurs armures de bonnes manières, Gilbert & George ont acquis leurs lettres de
noblesse dans un paysage anglais où la
presse tabloïd s’est longtemps déchaînée contre eux. Statues un peu raides,
juvéniles malgré les cheveux gris, ils
sont souriants, copies conformes dans
les mêmes costumes, les mêmes cravates un peu passées. Ils partagent les
phrases à deux, répliques de théâtre où
l’humour explose comme une bombe à
retardement. Avec Gilbert & George,
l’art a rendez-vous au spectacle sur le
Strand des orateurs, et au débat à la
House of Commons, la Chambre basse
du Parlement du Royaume-Uni.
Ils habitent depuis des lustres la paisible Fournier Street (d’après George
Fournier, un descendant de huguenots)
dans le quartier de Spitalfields, historiquement lié à l’essor textile de Londres
au XIXe siècle et à son East End travailleur et prolétaire. L’excentricité habite à demeure cette jolie rue aux façades de briques grises, où un voisin
affiche sur sa porte laquée bleu ardoise
le numéro « Eleven and a Half » qui rappelle le quai « 9 ¾» de Harry Potter. Le
royaume de Gilbert & George ne se de-
vine pas de la rue, presque monotone
dans sa succession de portes identiques
d’un faubourg délicieusement vieillot.
Trois numéros fort sages abritent leur
maison et leurs deux studios d’où jaillissent toute leur fantaisie, leurs peurs
d’enfants, leurs obsessions sexuelles et
leur hantise de la mort, cette solitaire.
Derrière le seuil étroit, si typique de ces
maisons anglaises qui se développent
comme des jeux de cartes en hauteur,
l’art est partout, dans ce qu’il a de plus
curieux, de plus savant. Une multitude
d’objets, posés là en dieux protecteurs,
en témoignent, faisant de leur demeure
un mini-musée des arts décoratifs.
Gilbert & George partagent
les phrases à deux,
répliques de théâtre où
l’humour explose comme
une bombe à retardement
Les deux maisons appartenaient à un
confectionneur, Mr Lustig, qui avait niché derrière ces façades sa petite entreprise au moment de la Seconde Guerre
mondiale. « Il a dû créer des toilettes séparées pour hommes et pour femmes. Il a
dû fermer boutique. Il est devenu notre
tailleur, jusqu’à sa mort, il y a dix ans »,
souligne Gilbert le corrosif, né Gilbert
Proesch en 1943 dans les Dolomites italiennes. Grand lecteur, assis dans son
fauteuil fétiche à napperon de dentelle,
George Passmore, né en 1942 à Plymouth, partage sa passion pour l’histoire insulaire. Elle se traduit par l’étude
précise de leur rue, aujourd’hui au cœur
d’un quartier bobo : d’un côté, une église anglicane dont le sous-sol est devenu
un restaurant bio où ils convient leurs
invités continentaux et où ils sont accueillis à bras ouverts après des années
d’opprobre ; et de l’autre, une petite
mosquée ultramoderne, jadis temple
protestant au XVIIIe siècle pour les huguenots français, puis synagogue pour
les émigrés juifs de Russie et d’Europe
centrale au XIXe siècle, devenue la mosquée de Brick Lane depuis les années
1970 pour les immigrés bengalis. Ça
tombe bien, Gilbert & George ont la religion, quelle qu’elle soit, en horreur et
en ligne de mire.
Vu de leur petit jardin londonien avec
lierre et glycine faussement laissés à
l’abandon, tout cela semble gentil comme un conte pour enfants. À moins qu’il
n’y ait une double lecture par Sigmund
Freud. « Jesus said if any man thirst let it
come unto me and drink », dit la pierre
gravée de la fontaine. En sous-sol de
cette maison de l’accumulation, aussi
désarmante que le salon de mariage
poussiéreux de Miss Havisham dans Les
Grandes Espérances, George entrepose
avec amour les livres pour enfants du
XIXe et du XXe siècles, parcourt avec
dévotion leurs couvertures illustrées et
Gilbert & George devant une de leurs œuvres lors d’une rétrospective à Londres,
en 2017. NILS JORGENSEN/SHUTTERS/SIPA
Gilbert Proesch (assis) et George Passmore au milieu d’une partie de leur collection d’art décoratif.
leurs reliures ornées, vous présente ses
trésors, A Choice of Chums de Harold
Avery ou Noel’s Wish de Janie Brockman. Il y a là de quoi faire une exposition à Pierpont Morgan Library ! Leur
connaissance de cette sous-culture dédaignée est abyssale.
Tout le reste de leur maison est envahi
d’art, à la gloire de Christopher Dresser
et de William Morris, les designers britanniques les plus importants de l’épo-
que victorienne, de Philip Webb, père de
l’architecture Arts & Crafts, de son pair
William Burges. Pas le leur, qui reste à
l’état de prototypes et d’échantillons
photographiques au studio, bien rangé
dans des tiroirs et des classeurs d’une rigueur de laborantin. Partout ailleurs, sur
les meubles et dans chaque alcôve, des
céramiques extraordinaires comme celles à glaçure craquelée et mordorée de
sir Edmund Harry Elton, 8th Baronet
J-C. MARMARA/LE FIGARO
(1846–1920). Elles prennent toute la place, ne laissant à Gilbert & George que le
strict minimum vital. ■
« Gilbert & George : The Great Exhibition
(1971-2016) » à la Fondation Luma de Maja
Hoffmann à Arles (13), jusqu’au 6 janvier
2019. Catalogue d’exposition bilingue
français-anglais par Hans Ulrich Obrist
et Daniel Birnbaum (Luma/Heni Publishing).
« What is Gilbert & George ? »,
par Michael Bracewell (Heni Publishing).
« UNE PLONGÉE DANS LA PAROLE SINGULIÈRE D’UN PAPE »
L A CROIX
A
A
VALÉRIE DUPONCHELLE
£@VDuponchelle
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mardi 11 septembre 2018 LE FIGARO
34
AUTOMOBILE
Fidèle
à la légende
ESSAI Dernière représentante
d’une espèce en voie
de disparition, la Jeep Wrangler
se civilise. Rencontre avec
un 4 × 4 comme on n’en fait plus.
La Jeep Wrangler, authentique
descendante de la légendaire Willys MB
du Débarquement, parvient
à traverser les âges en préservant
l’essentiel de son ADN. JEEP
L
DENIS HAMON
a Jeep la plus iconique a
pour habitude de prendre son temps
entre deux renouvellements. Il s’écoule
souvent une dizaine d’années avant que
l’idée lui prenne d’évoluer ; pour preuve, on ne dénombre pas plus de six générations en huit décennies. Qu’importe ! La Jeep a ses fidèles qui ne jurent
que par elle. Les « jeepers », comme on
les appelle, forment une confrérie se
rassemblant régulièrement au cours de
jamborees ; des grands-messes où se
célèbrent ses prodigieuses capacités en
tout-terrain.
C’est dans le cadre de l’une de ces
manifestations, au cœur de la montagne autrichienne, que le septième volet de cette formidable saga automobile nous a donné rendez-vous. Dans le
respect du profil crayonné en 1941 à
des fins militaires, le Wrangler grandit
à chaque évolution. Tout en étirant
son empattement, il atteint désormais
4,33 m en 2 portes et 4,88 m en version Unlimited 4 portes (+ 2 500 €),
roue de secours en guise de sac à dos
comprise.
L’architecture date d’une époque où
les suspensions s’avéraient rudimentaires. Le milieu des années 1990 a
marqué la disparition des ressorts à lames, au profit de ressorts hélicoïdaux
bien plus accommodants, mais il n’a
jamais été question pour le Wrangler
de se séparer du châssis originel de
type échelle sur lequel sa carrosserie
vient s’ancrer. Et c’est sur ce qui s’apparente à des poutrelles d’acier reliées
par des traverses forgées dans le même
métal que réside en grande partie son
étonnante faculté à déjouer sans ciller
tous les pièges qui se présentent sous
ses roues. Rançon de cette compétence, le Wrangler n’a jamais trop ménagé
les vertèbres de ses occupants. Avec le
recours à de nouveaux essieux, les
choses s’améliorent de façon surprenante, au point qu’il subsiste juste ce
qu’il faut d’inconfort pour tenir son
conducteur éveillé. Une sage précaution, car, même si sur le plan du comportement les progrès sont indéniables, avec une certaine imprécision
Sous le capot
Moteur
Cylindrée
Type
Puissance
Couple
2 143 cm3
4-cylindres turbo diesel
200 ch à 3 500 tr/min
450 Nm à 2 000 tr/min
Transmission
Type
Boîte
Intégrale
Auto. 8 rapports
Dimensions/poids
L/l/h
Coffre
Poids
4 334 x 1 894/1 839 mm
192 litres
2 029 kg
Performances
0-100 km/h
Vitesse
8,9 secondes
180 km/h
Consommation/émissions
Mixte UE
CO2
Prix
7,4 l/100 km
195 g/km
dès 46 000 €
dans la direction, il apparaît prudent
de conserver un œil sur le respect des
trajectoires. Sur, comme en dehors du
goudron, le Wrangler a du caractère et
ce n’est pas désagréable.
La position de conduite demeure
perfectible et l’ergonomie partiellement à revoir, à l’instar des commandes de lève-vitres implantées à flanc
de console centrale. L’ambiance intérieure mêle les références à son glorieux passé sans renoncer à la modernité, d’où l’indispensable écran qui,
par l’intermédiaire d’Apple CarPlay ou
d’Android Auto, relie ce vrai baroudeur au reste du monde.
Voyager léger
Malgré ses dimensions, l’espace vital
n’est pas son point fort et il convient
de voyager léger : le coffre inexistant
en 2 portes, soit 192 litres où l’on loge à
peine deux valises avion, se montre
tout juste satisfaisant en version Unlimited, avec 533 l.
Toujours produit à Toledo, dans
l’Ohio, le Wrangler arbore sous son capot le seul signe d’appartenance de Jeep
au groupe Fiat, avec des motorisations
qui font les beaux jours de la Giulia et du
Stelvio chez Alfa Romeo. S’adjoindre
les services du 2.2 turbo de 200 ch se
révèle une aubaine. Ce 4-cylindres diesel, qui a rythmé notre progression lors
de cet essai, se montre aussi discret à
l’oreille qu’infatigable, tout en étant
moins porté sur le carburant que son
prédécesseur. Cela ne lui permet pas,
hélas, d’échapper au plus gros malus
(10 500 €). Quant à la transmission,
l’automatisme est de rigueur et à huit
rapports. Un 2.0 essence, développant
sans complexe 272 ch, complète la donne. Notons qu’en matière d’allègement
des émissions, l’hybride rechargeable
est annoncé pour 2020.
Au-delà de son double empattement, le Wrangler se décline en plusieurs finitions. Ainsi les versions
Sahara et Overland cumulent les raffinements, en présentation comme en
équipement, et ne s’interdisent pas de
fréquenter les beaux quartiers. Plus
radicale, l’exécution de la Rubicon recèle la quintessence des aptitudes au
franchissement, grâce notamment à la
présence de ponts spécifiques - doublés de blocages de différentiels - et
d’une barre stabilisatrice pouvant se
déconnecter à l’avant pour davantage
d’amplitude dans les débattements de
suspensions. Une configuration dédiée
aux puristes, mais qui représente tout
de même un tiers des ventes. ■
 NOTRE AVIS
Depuis que le Land Rover Defender a tiré
sa révérence, le Wrangler fait un peu figure de survivant avec le Classe G de
Mercedes. Aujourd’hui encore, on acquiert une Jeep un peu comme on entre
en religion ; l’opération ne s’effectue pas
sans quelques concessions. Il est toutefois heureux de penser que cet authentique descendant de la légendaire Willys
MB du Débarquement parvienne à traverser les âges en préservant l’essentiel
de son ADN. Sa robuste constitution et
ses compétences hors pair en tout-terrain le prêtent encore et toujours à vivre
bien des aventures. ■
ÉDITO
Sylvain Reisser
sreisser@lefigaro.fr
80 km/h : pas
si écologique
L
es pouvoirs publics
ont le chic pour prendre
leurs administrés pour
des perdreaux de l’année. Ainsi,
la décision d’abaisser la vitesse
à 80 km/h, au lieu de 90 km/h,
sur les routes départementales
à double sens dépasserait le seul
enjeu de sécurité routière.
Cette mesure, qui fait l’unanimité
contre elle, servirait la cause
écologique. C’est ce que prétend
le président de la République.
« La réalité, c’est qu’on émet
beaucoup moins quand on est
à 80 », a-t-il dit, en marge
d’un déplacement. La réalité
est plus nuancée. Aucune étude
sérieuse ne démontre la baisse
des émissions.
Et les études d’impact en termes
de consommation sur le passage
de la vitesse de 130 à 110 km/h
sur l’autoroute ne sont pas
reproductibles dans le cas du 80.
Tout dépend de la technologie
du groupe motopropulseur.
Rouler à 80 km/h n’est pas
la meilleure plage de rendement
pour une voiture dotée d’une
boîte surmultipliée. Ce sont aussi
des phases où le diesel est plus
performant que l’essence. Bref,
le 80 n’est pas loin de ressembler
à la double peine. Si la finalité
est de servir l’écologie, il serait
plus opportun d’encourager
le rajeunissement du parc auto
âgé de 9 ans.
Le véhicule qui ne veut plus quitter la route
TECHNOLOGIE Le Nissan Qashqai s’enrichit
d’une aide à la conduite perfectionnée réservée
jusqu’ici aux modèles haut de gamme.
PHILIPPE DOUCET pdoucet@lefigaro.fr
est un phénomène bien
connu des spécialistes.
II s’applique aux nouvelles technologies, réservées en premier aux
automobiles haut de gamme et diffusées
ensuite sur des véhicules plus populaires. Le meilleur exemple est celui de
l’ABS (antiblocage des freins). Ce dispositif de sécurité a d’abord équipé les
luxueuses Mercedes à la fin des années
1970. Il s’est ensuite progressivement
étendu sur l’ensemble des véhicules
neufs, jusqu’à devenir un équipement
obligatoire.
Nissan s’inscrit dans cette tendance
avec le Qashqai « Drive Edition », associé au dCi 130 ch et facturé 35 500€. Ce
crossover, revu totalement en 2014 et
restylé en 2017, voit sa dotation enrichie
du « ProPILOT », une aide à la conduite
A
C’
déjà disponible sur la Leaf et assurant le
maintien de l’interdistance avec les
autres véhicules et le maintien dans la
file. La voiture freine et accélère seule
(jusqu’à l’arrêt) tandis que sa direction
devient « active ». Toute velléité de
sortie de voie est détectée et le véhicule
est alors automatiquement replacé au
centre de sa file.
Le système demande un temps d’accoutumance. Il faut rouler un peu pour
faire totalement confiance à ce régulateur de vitesse « adaptatif » prenant le
contrôle de votre allure. Et il faut aussi
s’habituer à ce volant qui bouge tout
seul.
Un réel confort
sur les longs trajets
Le système se révèle performant et fiable. Son déclenchement (ou son retrait)
est facilité par une bonne ergonomie
(touches directes au volant). Sur autoroute, il apporte un réel confort, surtout
Le Nissan Qashqai « Drive Edition » est doté du « ProPILOT », une aide assurant
le maintien de l’interdistance avec les autres véhicules et le maintien dans la file.
lors de longs trajets. Ce dispositif devrait
bientôt équiper le X-Trail de Nissan.
Emportés par une certaine fougue, les
constructeurs, à propos de ces aides,
n’hésitent pas à parler de « conduite
semi-autonome ». À nos yeux, il s’agit
plutôt des premiers balbutiements de la
conduite automatisée. Car le ProPILOT
du Qashqai (surcoût de 1 000 €) demeu-
NISSAN
re inféodé au conducteur. Si ce dernier
lâche le volant plus de quelques secondes, le système le rappelle à l’ordre. Puis
il se déconnectera tout seul (c’est même
obligatoire). De même, toute action sur
les freins désengage le régulateur.
Ces nouvelles aides ne se substituent
donc pas au conducteur, et il faut les
utiliser avec précaution. Au centre
d’investigations neurocognitives et
neurophysiologiques (Ci2N) de l’université de Strasbourg et du CNRS, la
Fondation Vinci autoroutes et la fondation Maif ont mené une étude afin de
mesurer, sur autoroute, la capacité des
automobilistes à reprendre le contrôle
de leur véhicule équipé du même système que le Qashqai. Les résultats se sont
révélés inquiétants. Sur un panel de
conducteurs âgés de 20 à 60 ans, le
temps de réaction a « plus que doublé
par rapport à une conduite sans assistance », note le Ci2N. Dans certains cas,
l’accident n’a pu être évité.
Mais ces aides peuvent aussi vous
sauver la vie. L’Emergency Assist dont
Volkswagen a doté son nouveau Touareg est ainsi capable de détecter une
absence d’activité de la part du
conducteur. Le système envoie alors
des vibrations dans les freins et dans le
volant, tout en déclenchant des signaux sonores et l’allumage des feux de
détresse. Si le conducteur ne réagit pas
à toutes ces alertes, le Touareg ira alors
paisiblement s’immobiliser sur le bord
de la route, et enverra ensuite un appel
d’urgence. ■
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LE FIGARO
mardi 11 septembre 2018
VOYAGE
35
Saint-Gilles-Croix-de-Vie en fête
FRANCIS LEROY/HEMIS.FR, OLIVIER ROUX/LE FIGARO MAGAZINE
ESCAPADE Dernière
étape en boucle
et arrivée de la
Solitaire Urgo
Le Figaro,
les monocoques
engagés dans
la course y sont nés.
Découverte de cette
station balnéaire
vendéenne qui cache
bien son jeu.
L
PHILIPPE VIGUIÉ-DESPLACES
pviguiedesplaces@lefigaro.fr
ENVOYÉ SPECIAL
À SAINT-GILLES-CROIX-DE-VIE
autour de quatorze étapes à travers
toute la ville rend hommage à ce qui
reste une activité de pêche importante
autour du premier poisson sauvage à
avoir obtenu la distinction « Label rouge ». Développée au XVIIIe siècle et
prenant un essor industriel vers 1840,
quand la conserverie de sardines dans
l’huile est introduite, la pêche au poisson argenté essaime un peu partout
dans Saint-Gilles-Croix-de-Vie. Le
parcours est fléché au sol par de petites
sardines stylisées (se procurer à l’office
de tourisme un document-plan gratuit). Citons quelques étapes : la cale de
la criée et le quai de débarquement des
poissons, d’où l’on peut assister au
retour de pêche (heures variables : se
renseigner sur place) ; le mur en pierres de lest (rue de la Garance), ces
Bénéteau
uSaga
Comment un modeste armateur de
bateau de pêche, Benjamin Bénéteau,
en 1884, a-t-il pu engendrer ce géant
français qui construit la plupart des bateaux de plaisance dans le monde ?
C’est toute l’histoire de cette « success
story » que symbolise le kiosque Bénéteau. Installé sur le quai des Greniers, à
l’emplacement du premier chantier
naval, il fait face à la villa aux volets
rouges qu’occupe encore la troisième
génération de la famille. À proximité,
une borne d’interprétation raconte
leur formidable aventure. Bénéteau
possède encore ici, outre son siège social, dont le vaste hall expose des maquettes de yachts, deux sites de production. Depuis deux mois, au port de
plaisance, sur l’aire de carénage, est
exposée la nouvelle génération de Figaro Bénéteau qui remplacera la version 2 dont c’est, cette année, la dernière course. Équipé de foils, le Figaro
Bénéteau 3 devrait accroître sa vitesse
en mer de 15 %. Les concurrents de la
Solitaire 2019 devront toutefois débourser la somme de 150 000 euros,
prix de ce nouveau modèle qui, dit-on,
les assurera de participer à l’odyssée
« durant une quinzaine d’années ».
voile
uAtout
Dès que le temps se met au beau,
l’appel du large devient irrésistible. Un
bouquet d’activités (parmi lesquelles le
char à voile, le surf, la voile, un jardin
de mer pour les 5 ans et plus, ainsi
qu’un très ludique « wake park », sorte
de tire-fesses des mers) est proposé par
Semvie à Port-la-Vie. Toutes ces activités peuvent être pratiquées par des
personnes en situation de handicap,
Saint-Gilles-Croix-de-Vie, pionnière
en matière d’handinautisme, mettant
un point d’honneur à rendre accessibles les plaisirs qu’offre l’environnement marin.
Tél. : 02 51 60 11 11
et www.semvie-nautisme.fr.
Carnet de route
« cailloux » embarqués par les bateaux
de commerce pour stabiliser l’embarcation lors du cabotage et qui proviennent du monde entier ; l’église SainteCroix (place Guy-Kergoustin) à la
décoration très iodée ; le marché (mercredi et samedi matin) où l’on peut
acheter des sardines fraîches ; la darse
(quai Marcel-Bernard) et ses petits bateaux côtiers : palangriers, ligneurs,
chalutiers… entre autres choses à voir.
La sardine se refait aussi une santé économique à travers un packaging plus
contemporain auquel collaborent des
artistes. C’est tout l’objet de la marque
premium de la conserverie Gendreau :
La Perle des dieux. Dans la boutique
qui lui est consacrée, au 8 rue du Général-de-Gaulle, on peut même acheter
des boîtes millésimées de 3 ans d’âge.
VENIR
Il faut viser Nantes, point
de passage obligé, puis, de
la gare SNCF, un train conduit
en 1 h 30 au cœur de SaintGilles-Croix-de-Vie, son
terminus. www.oui.sncf
DORMIR
L’offre hôtelière dans SaintGilles-Croix-de-Vie est assez
sommaire. Nous avons opté
au 84, rue du Calvaire,
non loin du centre-ville pour
l’hôtel Ibis-Style, version
design et personnalisée
de la célèbre marque.
Chambres spacieuses et
marines, certaines dotées
de balcons et bien équipées.
Une belle piscine couverte
constitue un atout
indiscutable pour les jours de
pluie… Au rez-de-chaussée,
un restaurant (assez moyen)
propose des formules.
Tél. : 02 51 55 50 39 et
www.ibis.com. Compter
autour de 100 euros.
La Solitaire Urgo Le Figaro :
une arrivée en fanfare
L’été se poursuit avec la dernière
étape et l’arrivée à Saint-GillesCroix-de-Vie où la grande
manifestation nautique
sera prétexte à une fête populaire.
Dès le mardi 11 septembre ouvrira,
quai des Greniers, le village
de la course avec les stands
des sponsors. De 10 heures
à 19 heures, les bateaux seront
amarrés quai no 8. À l’occasion
du départ de l’étape « 24 h SaintGilles-Croix-de-Vie », le jeudi
13 septembre, un défilé de
la Confrérie de la Sardine,
suivi d’une sardinade animée par
un groupe folklorique, se tiendra
à Port-la-Vie. Le vendredi
14 septembre, arrivée de la course
dans l’après-midi, suivie d’un
concert-spectacle en hommage
aux sauveteurs en mer
(Forum du Port-la-Vie, à 21 h 15).
Parallèlement, une grande exposition
retracera à travers 17 photos
géantes réparties dans toute la ville
« L’histoire de la Solitaire du Figaro
avec Bénéteau » (jusqu’au 7
octobre). Le samedi 15 septembre
sera jour de fête avec la remise du
prix de la course (18 heures) tandis
que le dimanche, à partir de 11 heures,
une parade clora les festivités.
www.lasolitaire-urgo.com
EXPLORER
X
BONNES TABLES
Face à la mer au 2, rue LouisCristau, Le Boisvinet est
un bistrot gastronomique
dont le chef Sylvain Maran
cuisine sardines fraîches
et poissons issus de la pêche
du jour, comme un excellent
merlu. Menu à 29 € et 39 €.
Tél. : 02 51 55 51 77 et
www.boisvinet.com
Typique et bon enfant
sur la place du vieux port,
c’est l’adresse qu’on se refile
sous le manteau. Le Casier
(notre photo) est un classique
qui offre une carte de pêche
bien fournie. Autour de 20 €.
Tél. : 02 51 55 01 08 et
www.lecasier.com
CABOTAGE
Le tarif de l’anneau de
passage au port de plaisance,
pour un bateau long de moins
de 4,99 m × 2 m de large,
est à partir de 7,25 €.
Tél. : 02 51 55 30 83
et www.portlavie.fr
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A
chemin de la sardine
uLe
Tout nouveau, ce parcours organisé
À la fois ville, station balnéaire, port de pêche et de plaisance, Saint-Gilles-Croix-de-Vie est un condensé maritime où se croisent touristes et amateurs de voile.
+
orsque le train arrive de
Nantes après une heure trente de
voyage, et qu’on débarque en plein
centre-ville, sur un quai ajouré qui
borde l’océan, l’air marin saisit à la
gorge. On respire la mer à pleins poumons, enivré par ce parfum qui ressemble à s’y méprendre à celui des vacances. Saint-Gilles-sur-Vie et Croixde-Vie ont fusionné il y a une
cinquantaine d’années. Les deux villages vendéens que séparait la rivière
Vie, ont mêlé leur passé pour sauvegarder l’avenir. D’un côté, une ville
aux villas cossues, petits châteaux de
bord de mer élevés par une haute société accourue avec le chemin de fer.
De l’autre, un port de pêche dont l’habitat modeste traduit encore le souvenir d’un dur labeur, celui des pêcheurs
de sardines. Un pont relie les deux
mondes, bien nommé « pont de la
Concorde ».
Décidément, la Vendée aime les symboles. À Croix-de-Vie, la laborieuse, le
quartier le plus typique, c’est le Maroc,
ainsi appelé parce qu’au XVIe siècle,
des pêcheurs d’Afrique du Nord, chassés de leurs côtes, vinrent s’y réfugier.
Dans leurs bagages, ils apportèrent la
technique du filet droit qui fut à l’origine de la prospère pêche aux sardines.
Cette spécialité perdure toujours : la
sardine reste ici une grande affaire. Un
parcours lui est dédié depuis cette année (lire cette année). Changement de
décor, côté Saint-Gilles-sur-Vie, la dilettante, dont le quartier le plus célèbre
est le Boisvinet. On y trouve de belles
villas et une allure de villégiature du
siècle dernier. Verdure et criques familiales plutôt que plage populaire et
guinguette de bord de mer. Mais
aujourd’hui les deux villages qui faisaient cohabiter deux arts de vivre en
bord de mer ne font plus qu’un. Pour
ne léser personne, la ville a pris le nom
des deux : Saint-Gilles-Croix-de-Vie.
Comme les deux versants d’une même
pièce : à chacun sa face, et c’est le tout
qui en fait la valeur. Un peu ville, un
peu station balnéaire, un peu port de
pêche… C’est un brouillon maritime
bourré de charme, vivant, où le
touriste se fond dans la foule des locaux. La voile est ici une passion partagée tandis que les grandes plages de sable fin font la joie des baigneurs. À
marée basse, il faut aller loin dans un
bain de pieds salvateur pour caresser
les premières vagues. Mais quelle
beauté, quel paysage !
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 11 septembre 2018
36
Ce « must », le pied-à-terre du Marais
Chaque semaine, quatre professionnels de l’immobilier s’expriment sur un marché et présentent une sélection de biens.
Aujourd’hui, un des marchés les plus florissants et en pleine effervescence de la capitale.
Par Nelly Chevais
Un quartier à suivre :
« les
Enfants Rouges »
belle adresse:
« laLaplace
des Vosges
Dans le Haut-Marais,
« une
vie de quartier »
CAROLINE BAUDRY
BARNES :
Edifié en 1615, réaménagé en 2000
et inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques (ISMH), le marché
des Enfants Rouges est le plus ancien de Paris. On
apprécie ses étals et ses petits restaurants cosmopolites autant que l’ambiance arty et conviviale du
quartier. A quelques pas, cet appartement de deux
pièces doté d’une grande terrasse est une perle rare
sur ce marché qui explose littéralement. La demande
surpasse l’offre. Même en août, nous n’avons pas
connu de pause dans notre agence.
NUMA PRIVAT
JUNOT MARAIS :
Dans le Haut-Marais, le pied-àterre idéal comporte généralement
50-60 m2. Rénové, il se situe dans un immeuble historique, comme dans le cas présent l’Hôtel Voysin,
entièrement réhabilité. Quelques rues ont leurs
aficionados car, sous leur côté tendance, elles
gardent une vie de quartier. Ce « triangle d’or »
autour des rues de Turenne et de Bretagne a connu
une hausse significative des prix. Une stabilisation
semble s’amorcer. Pour l’heure, les biens sans défaut
majeur restent sur 13 000 à 15 000 €/m2.
LOCALISATION :
Les Enfants
Rouges (3ème)
SURFACE :
50 m2, 1er étage,
terrasse 53 m2
PRIX :
925 000 €
CONTACT :
01 84 25 51 80
Une clientèle jeune,
« parfois
trentenaire
»
EMMANUEL DE POULPIQUET
DANIEL FÉAU MARAIS :
La notion de pied-à-terre est
variable. L’hôtel Lambert, vendu
plusieurs millions, était un pied-à-terre… L’appartement que nous présentons me semble néanmoins
assez représentatif : architecture ISMH de l’Hôtel de
Vitry, rénovation totale et surtout adresse à
cinquante mètres de la place des Vosges. La fusion
des quatre premiers arrondissements ne devrait pas
trop impacter l’immobilier. Il y aura toujours
des micro marchés. La rue de Bretagne n’a rien de
commun avec la place des Vosges ou le Palais Royal.
LOCALISATION :
Rue de Turenne
(3ème)
SURFACE :
65 m2, rez-de-jardin, XVIIème siècle
PRIX :
990 000 €
CONTACT :
01 48 87 10 00
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XVIIème siècle
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Picasso (3ème)
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Toutes les annonces qui ne comprennent pas la mention
« Part. » pour les particuliers ou « Agents Co. » pour les agents
commerciaux sont des annonces émanant d’agents immobiliers
ou de promoteurs. Sans mention explicite d’honoraires dans les
annonces, les prix présentés s’entendent nets pour l’acquéreur.
Toutes les annonces des rubriques « appartements » sont réputées
être des lots de copropriétés, sauf mention contraire. Ces biens
faisant partie d’une copropriété, le vendeur doit vous informer du
nombre de lots de la copropriété, des charges annuelles du bien
proposé à la vente et de l’existence ou non d’un recours à
l’encontre de la copropriété à la date de la parution de l’annonce.
Les honoraires de l’agence immobilière et les commissions de
chaque bien sont consultables sur le site de l’annonceur.
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environ 35 000 €/m2. Le bien prisé doit comporter
des éléments différenciants, comme cet appartement
: grands volumes historiques, rénovation contemporaine par un architecte et vue sur le jardin du musée
Picasso. La clientèle est de plus en plus jeune et
dispose de budgets importants souvent issus de la
cession d’une start up. Même les Moyen-Orientaux,
par tradition adeptes du 8ème, s’intéressent au Marais
qui devient un « must » de la rive droite.
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LE FIGARO
mardi 11 septembre 2018
TÉLÉVISION
37
Le combat des condamnés à tort
BIEN VU
Anthony Palou
apalou@lefigaro.fr
De la bricole
« Le Monde en face » s’intéresse à la lutte, parfois très longue, d’innocents placés en détention provisoire
pour être blanchis et indemnisés. Un documentaire porté par des témoignages édifiants.
DAMIEN MERCEREAU
£@DamienMercereau
« Audrey and Co »
LCI | 10 heures | Lundi
a justice est aveugle, prétendument impartiale, mais têtue
lorsqu’elle est confrontée à ses
propres erreurs. Dans son film
de soixante-dix minutes produit
par Phare Ouest, Florence Kieffer a recueilli les témoignages poignants de quatre citoyens a priori sans histoire. Enfin
jusqu’à ce qu’ils soient embarqués du jour
au lendemain dans une procédure aussi
inexplicable qu’inattendue. « La détention
provisoire permet de placer en prison une
personne soupçonnée d’avoir commis un
crime ou un délit », rappelle la journaliste.
« Cela doit être une mesure exceptionnelle
car, au nom de la présomption d’innocence,
la personne qui n’a pas été jugée doit rester
libre », précise-t-elle encore.
Mais les magistrats y ont recours bien
trop souvent. Sur 70 000 détenus, près de
30 % sont des prévenus. « Les enquêtes
bâclées, la pression de l’opinion publique et
des médias font prendre
ces décisions hâtives , déplore Florence Kieffer.
Une fois que les portes de
la prison se sont refer○○○¡
mées, c’est très difficile de
les faire rouvrir. »
L
« Cela peut arriver à n’importe
qui, et c’est ça qui fait peur »
En 2015, 576 personnes ont obtenu un
non-lieu après avoir été incarcérées à
tort. « Mais les chiffres ne sont pas révélateurs, nous assure-t-elle. Les procédures sont tellement longues, compliquées et
chères que les trois quarts ne vont pas jusqu’à la commission de réparation des détentions. La justice a du mal à reconnaître
ses erreurs et à enclencher la marche arrière. Cela peut arriver à n’importe qui, à
BLAISE DE CHABALIER £@dechab
«
1918-1939 : les rêves brisés de l’entredeux-guerres suit le destin de treize
personnages, anonymes ou connus.
FRÉDÉRIC SERVE/LOOKSFILM/RIS
GRILLE 2660 FACILE
1 5
7 8
9
3 4
6
1 2 7
3 7
9
8
2
9 4
2 1
VILLE DU
MAROC
SECOUER
7
1
7 8
8 4 3
1
9
6
5 1
3
5
D
P
F
T
B
Signes annonciateurs
Comme dans le docufiction sur la
Grande Guerre, 14, des armes et des
mots, réalisé par les mêmes auteurs, de
nombreux extraits de textes trouvés
dans des carnets intimes ou des correspondances privées sont lus en voix
off. Une façon de rendre vivante cette
saga qui mêle images de fiction et
d’archives de façon très, voire parfois
trop, serrée.
Joués par des comédiens inspirés, ce ne
sont pas moins de
○○○¡
treize personnages de
N
I
E
R
X
P
I
S
T
E
S
V
E R
T A
A I
L
E T
S R
spécialistes », souligne Florence Kieffer.
En plateau, dans le prolongement du
documentaire, Marina Carrère d’Encausse reçoit Yves Charpenel, premier avocat
général à la Cour de cassation et membre
de la commission de réparation des détentions, l’avocat pénaliste Hervé Témine (avocat entre autres de Gérard Depardieu), Jean-François Lhérété, victime
d’une détention injustifiée, Frédérique
Lanteri, journaliste spécialiste des affaires
judiciaires, et Éric Peclet. Un débat pour
tenter de trouver une explication à ces
bavures judiciaires. ■
FORCE 2
POIL DE
GNOU
OREILLETTE
BASE DES
CHROMOSOMES
ÉVENTÉES
NOUVEAU
ENTIÈRES
GRANDE
ASSEMBLÉE
TRÈS
PÂLES
APPARITIONS
PRINCIPE
DE VIE
DÉSINFECTÉS
IL
CHERCHE
À ÉGALER
SON AÎNÉ
BOUT DE
SEIN
APPRENDRE
À VIVRE MIEUX
ET PLUS
LONGTEMPS
DISCRÈTEMENT
PAYS
ARABE
PRÊTE À
PLEURER
L’OR AU
LABO
SAM AUX
USA
MIS DE
LA VIE
BANAL
CARTES
SUR
TABLE
MÉTAL QUI
DONNE
BONNE
MINE
FAIT DE LA
RESTAURATION
FRANCHIT
LE SEUIL
ÉTOFFE
TRÈS
LÉGÈRE
ESSIEUX
IL SE
GONFLE À
L’AVANT
PAREIL
PARTIE DU
MONDE
TRÈS
PEUPLÉE
SYMBOLE
CHIMIQUE
DU TITANE
ARRÊT DE
RIGUEUR
SIX À
OSTIE
PLACE
AILLEURS
JEU
ASIATIQUE
CORDES À
LANCER
différentes nationalités, anonymes ou
connus, dont on suit le destin : en Allemagne, en France, en Pologne, ou encore en Russie et aux États-Unis. Ainsi
la Polonaise Pola Negri, qui perce dans
le cinéma à Berlin, sous l’aile d’Ernst
Lubitsch, est confrontée à la xénophobie et finit par fuir en Amérique. L’employé du Ritz à Paris, Nguyen Ai Quoc,
futur Hô Chi Minh, apparaît aussi. Rudolf Höss, patriote allemand démobilisé, qui ne supporte pas la défaite de
l’empire allemand et l’humiliation du
traité de Versailles, finira commandant
d’Auschwitz… Les vies basculent au
bord d’un gouffre social
et économique. Les signes annonciateurs d’une
nouvelle guerre mondiale
se précisent. ■
20.50
CONCASSE
SOLUTION DU NUMÉRO PRÉCÉDENT
A
A
M
S E M A I
T
A S S
R A B E
E
I S O
S E L
P
S I L E
A T T E R
I
E V A
O S E S
BRUIT
SOUDAIN
MENTIONNAI
8 3
6
ALLIAGE
S
S
U S
E
P E C
N
P
A
E C R
S
R A
A
C S A
B O U
N
O
T A T
T A S S E
gné Jan Peter et Frédéric Goupil, tente
de répondre. Cela au fil de huit épisodes
(trois diffusés ce soir, trois autres demain et deux jeudi).
MOTS FLÉCHÉS N°2072
Chaque jour un peu plus difficile
A
S
S
U
R
E
lus jamais ça. » Ces mots
couraient sur toutes les lèvres à la fin de la Première
Guerre mondiale. Pourtant, dans un monde à jamais bouleversé par la boucherie des
tranchées, la paix ne durera guère plus
de vingt ans… Que s’est-il passé pendant les Années folles puis dans la décennie suivante ? Cette période à la fois
attachante et effrayante. Comment la
montée des périls - fascisme, communisme, nazisme - n’a-t-elle finalement
pas pu être désamorcée ? C’est à ces
questions que l’ambitieux docufiction,
parfois un peu confus, 1918-1939 : les
rêves brisés de l’entre-deux-guerres, si-
P
interviewé par Nicolas Vollaire et
Damien Canivez aujourd’hui sur :
P
E
R
I
D
U
R
A
L
E
de drogue et de blanchiment d’argent, a
été emprisonné six mois et innocenté
trois ans et demi plus tard. Éric Peclet,
professeur des écoles de 43 ans accusé de
viol sur une élève de 4 ans en novembre 2016, a passé 126 jours en prison. Malgré un indice déterminant et une analyse
ADN qui le mettent hors de cause, il n’a
toujours pas été relaxé par la justice.
« La volonté de France 5 est de proposer
des films testimoniaux dans lesquels nous
recueillons la parole de l’individu et où nous
nous concentrons sur l’humain. Le décryptage se fait dans un second temps avec des
Un docufiction nous plonge dans le tourbillon du monde de 1918 à 1939.
LE BUZZ TV
2
Alain, suspecté de trafic de drogue, a été emprisonné six mois et innocenté trois ans et demi plus tard.
n’importe quel moment, et c’est ça qui fait
peur »
Parmi ces anonymes victimes de
« l’injustice de la justice », Christian
Guerrot, artisan breton suspecté d’être
impliqué dans un vol à main armé, a passé
quinze jours derrière les barreaux puis
cinq ans sous contrôle judiciaire avant
d’être relaxé. Malek Gouni, psychiatre
accusé de trafic de faux papiers en bande
organisée et aide au séjour, a été contraint
à quarante-neuf jours de prison puis six
ans de procédure avant d’obtenir un
non-lieu. Alain Basone, suspecté de trafic
D’une guerre à l’autre
Invité : Greg Guillotin
SU DO KU
20.55
PHARE OUEST
endredi soir, sur le VieuxPort de Marseille, drôle
d’endroit pour cette
rencontre : vers minuit, Jean-Luc
Mélenchon a croisé le chemin
d’Emmanuel Macron. L’échange
entre les deux hommes fut,
faut bien le dire, assez cocasse.
Le leader de La France insoumise,
qui se dit le principal opposant
au président de la République,
minimise ses propos devant le chef
d’État, qui, selon lui, serait
un « grand xénophobe ». « J’ai
toujours du plaisir à discuter avec
M. Mélenchon, déclara le président,
lui coupant l’herbe sous les pieds.
On n’a pas toujours les mêmes
idées. […] C’est toujours
respectueux et intéressant.
On a des confrontations politiques,
mais ce n’est pas mon ennemi. »
Jean-Luc Mélenchon, alors
dans ses petits souliers, ne semble
pas assumer ses propos et dit
(il pétaradait moins) : « Il s’agit
peut-être d’une légère exagération
marseillaise. » Une galéjade, quoi.
Sur LCI, lundi, Dany Cohn-Bendit,
invité de l’émission « Audrey &
Co », analyse assez drôlement
la scène : « J’ai fait une enquête.
Il y a eu un bug dans la gestion de
La France insoumise. En fait, celui
qui a dit que c’était un xénophobe
était l’hologramme de Jean-Luc
Mélenchon. L’hologramme
a continué de parler alors que
Mélenchon allait vers Macron
et il n’entendait plus ce que disait
son hologramme, qui va plus loin
que lui. Donc il a été surpris. La
question est de savoir qui est le vrai
Mélenchon. On ne sait pas. Il va se
présenter aux prochaines élections,
mais qui va se présenter ? » Lui ou
son double en trois dimensions ?
L’insoumis, l’agitateur de service,
sait qu’il faut déclarer n’importe
quoi pour occuper le terrain
médiatique ; faire dans la bricole,
taper sur un clou, sur la tête
de l’exécutif et qu’importe
le marteau, qu’il soit piqueur,
tapissier, boisaille, rivoir, massette
ou maillet. La politique recrute
chez Bricomarché : « Pouvoir
tout faire moins cher ».
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QUI N’ONT
PAS VU
GOUTTE
A
V
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mardi 11 septembre 2018 LE FIGARO
38 TÉLÉVISION
MÉTÉO
PAR
ÉPHÉMÉRIDE St-Adelphe
Soleil : Lever 07h22 - Coucher 20h12 - Premier croissant de Lune
19.20 Demain nous appartient. Feuilleton 20.00 Le 20h 20.35 Le 20h le
mag 20.50 Nos chers voisins. Série.
19.20 N’oubliez pas les paroles ! Jeu
20.00 20 heures 20.40 Un si grand
soleil. Feuilleton.
19.00 19/20 20.00 Vu. Magazine
20.20 Plus belle la vie. Feuilleton
20.45 Tout le sport. Magazine.
21.00
21.00
21.00
Série. Drame
Magazine. Actualité
Série. Drame
19.00 La villa : la bataille des couples.
Téléréalité 19.55 Suburgatory
MATIN
14
21.00 Sherlock Holmes
Film. Aventures. EU-GB-Aus. 2011.
Réal. : G. Ritchie. 2h07. Avec Robert
Downey Jr. Sherlock Holmes et le
docteur Watson sont aux prises
avec Lord Blackwood.
30
14
14
14
11
13
17
15
14
16
13
23.20 Chroniques criminelles. Mag.
Présentation : Magali Lunel.
15
15
14
15
16
14
17
15
10
14
The Good Doctor
Cash investigation
Noces rouges
EU. Saison 1. Avec Freddie Highmore,
Nicholas Gonzalez, Antonia Thomas,
Chuku Modu. 2 épisodes. Inédits.
Après avoir mis son fils à la porte,
Merrill Wilks, épicier retraité, veuf
depuis peu, s’écroule.
Présentation : Élise Lucet. 2h30.
Plastique, la grande intox. Inédit. Élise Lucet se penche sur les
dangers du plastique, à la fois pour
l’environnement et pour la santé
humaine.
Fra. Saison 1. Avec Alexia Barlier,
Cristiana Reali, Lannick Gautry,
Patrick Catalifo. 2 épisodes. Inédits.
Alice essaie d’aider sa tante à se
libérer de l’emprise d’Étienne, mais
celui-ci reste très vigilant.
22.50 New York, unité spéciale
23.30 Ma vie zéro déchet Doc.
Série. Avec Mariska Hargitay, Kelli
Giddish, Ice-T. 4 épisodes.
0.40 Les pouvoirs extraordinaires
du corps humain. Magazine.
22.45 Soir/3 23.20 Réseau d’enquêtes Mag. 0.20 Le pitch cinéma
0.25 Sardou, le film de sa vie. Doc.
18
17
20.00 C à vous, la suite 20.20 Les
égéries des grands hommes
16
17
14
16
20.50 En prison pour rien
23
19
Doc. Société. Fra. 2018. Réal. : Florence Kieffer. 1h10. Inédit. En France,
sur une population carcérale d’environ 70 000 détenus, près de 30% le
sont en détention provisoire.
16
17
22
20
21
5
21
APRÈS-MIDI
22.00 Débat 22.40 C dans l’air. Magazine 23.50 C à vous. Mag.
24
30
25
25
19.50 L’info du vrai, le mag (C). Magazine. 20.55 Catherine et Liliane
(C). Divertissement.
19.00 Colombie sauvage. Série doc.
Par monts et par vaux 19.45 Arte
journal 20.05 28 minutes. Magazine.
19.45 Le 19.45 20.25 Scènes de
ménages. Série. Avec Claire Chust,
Vinnie Dargaud, Valérie Karsenti.
21.00
20.50
21.00
Film. Drame
Série documentaire. Historique
Magazine. Vie pratique
27
25
25
19.55 The Big Bang Theory. Série.
Avec Simon Helberg. 2 épisodes.
28
27
19
25
27
29
29
26
29
20.55 Elektra
30
26
Film. Fantastique. EU. 2004. Réal. :
Rob Bowman. 1h33. Avec Jennifer
Garner. Elektra, une tueuse légendaire, décide pour sa dernière mission de sauver la vie de ses proies.
28
30
29
30
10
30
30
22.45 Suspect. Film 0.45 Lara Croft :
l’évolution d’une icône. Doc.
30
31
32
27
31
30
31
27
27
10
30
19.10 Voitures à la casse. Série doc.
Dodge Demon - Réputation en jeu.
Detroit
EU. 2017. Réal. : Kathryn Bigelow.
2h23. Inédit. Avec John Boyega, Will
Poulter, Algee Smith, Jason Mitchell.
Été 1967. À Detroit, des émeutes
mettent policiers et forces de l’ordre
sur les dents, jusqu’au drame.
23.25 Tchi tcha M a g a z i n e 0.15
Tamara. Film. Comédie 1.55 Going
to Brazil. Film. Comédie.
1918-1939 :
les rêves brisés…
Recherche appartement
ou maison
… de l’entre-deux-guerres
2018. 1h45. Survivre. Inédit. Treize
destins brossent le portrait des
années troubles de l’entre-deuxguerres. - Paix. Inédit.
Prés. : S. Plaza. 1h45. Véronique et
Julie/Nicolas et Maureen/Natasha et
Vincent. Inédit. Stéphane Plazza vient
en aide à des personnes qui souhaitent acheter un bien immobilier.
22.35 1918-1939 : les rêves brisés
de l’entre-deux-guerres Série
22.45 Recherche appartement
ou maison Magazine. Vie pratique.
doc. Décisions. Inédit.
Présentation : Stéphane Plaza.
29
T (en °c)
20.50 11 septembre 2001 :
appels d’urgence
<-10 à 0
Doc. Société. 2018. 0h55. Inédit. Ce
film raconte les attaques du 11-Septembre par le biais des échanges
radio enregistrés ce jour-là.
20.10 Rénovation impossible. Téléréalité. Comme deux gouttes d’eau.
19.20 Quotidien, première partie.
Talk-show 19.40 Quotidien
21.00 90’ enquêtes
Magazine. Société. Présentation : Tatiana Silva. 1h20. Insultes,
noyades, incendie : le quotidien
musclé des gendarmes du Sud.
Inédit.
22.20 90’ enquêtes. Mag. Policiers
et pompiers sous tension : un été…
20.55 La petite histoire de France.
Série. Avec David Salles.
19.05 TPMP : première partie 20.10
Touche pas à mon poste !
21.00 Thor : le monde
des ténèbres
21.00 Les randonneurs
Film. Fantastique. EU. 2013. Réal. : Alan
Taylor. 2h10. Avec Chris Hemsworth,
T. Hiddleston. Thor doit lutter pour
sauver les Neuf Royaumes.
Film. Comédie. Fra. 1996. Réal. : Philippe Harel. 1h35. Avec Benoît Poelvoorde, Karin Viard. Quatre vacanciers partent en Corse, sac au dos,
pour faire une randonnée.
23.00 Jamel et ses amis au Marrakech du rire. Spectacle.
23.00 Naturistes : vivre heureux
sans se cacher ! Documentaire.
MOTS CROISÉS
1
PROBLÈME N° 4828
HORIZONTALEMENT
1. Souffle fort en Corse. - 2. Videurs
de boîtes. - 3. Arrêt de flipper.
Annonce en court. - 4. Exige
réparation. Sourd. - 5. Un marquis
de Sade à l’italienne. - 6. Termine
une relation. Canonisé et abrégé.
- 7. Poule au maquereau. Sigle
créé par les Nations unies pour
désigner les pays les plus pauvres
de la planète. - 8. Un établissement où l’on choisit à la carte.
Attention soutenue. - 9. Dynastie
qui régna sur l’Iran avant celle des
Pahlavi. - 10. Ils sont du premier
groupe. Mis à plat. - 11. Destinations
paradisiaques. Mention sur un
billet. - 12. Catastrophe naturelle.
VERTICALEMENT
1. Dont les sommes sont d’une
certaine importance. - 2. Niche à
l’hôtel ? Mousseline très légère.
- 3. Pot... verni. Un Norvégien en
pôle position. - 4. Muse qui inspira
Mahler et Schönberg. C’est nickel.
- 5. L’objet en question. Place. Sa
courbe ressemble à une cloche.
- 6. Allât en arrière sous l’effet
du courant. Pas coupés. - 7. Pacifisme bêlant et naïf. Berne est
lovée dans l’un de ses méandres.
- 8. Montré avec trop d’insistance.
1
2
HORIZONTALEMENT 1. Imagiers. - 2. Nitrosée. - 3. Tchadien. - 4. Eh.
Tesla. - 5. Remis. It. - 6. Îles. Pro. - 7. Off. Oser. - 8. Roissy. - 9. Ikat. Spa.
- 10. Sinan. Al. - 11. Entropie. - 12. Ressemés.
A
23.05 Le roi Arthur. Film. Aventures.
Avec Clive Owen, Keira Knightley.
VERTICALEMENT 1. Intérioriser. - 2. Michel Fokine. - 3. Ath. Méfiants.
- 4. Gratis. Stars. - 5. Iodes. Os. Noé. - 6. esiS. Psys. PM. - 7. Réélire.
Paie. - 8. Sénatoriales.
3
4
5
6
7
8
4
5
6
7
9
10
11
12
15/20
VENDREDI
12/20
16/27
11/20
17/26
21/29
18/29
23/30
18/25
18/28
23/33
16/26
26/32
15/24
14/24
17/28
21/28
21/29
lachainemeteo.com
Tous les programmes
dans TV Magazine
et sur l’appli TV Mag
par téléphone :
LIVE 24/24 SUR
et sur
2,99 €/appel
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Par Philippe Cronier www.lebridgeur.com
PROBLÈME N° 2912 : Possible… mais impossible !
763
R 10 9
A842
654
N
O
3
8
SOLUTION DU PROBLÈME N° 4827
2
18/31
19/31
ATHÈNES
BERLIN
BUDAPEST
LISBONNE
PRAGUE
TUNIS
15/21
17/30
13/21
16/23
17/29
14/25
11/13
21/28
22/34
JEUDI
16/24
Film. Comédie. All. 2013. 1h58. Avec
E. M’Barek. Pour récupérer son butin
caché au lycée, un ex-taulard se fait
passer pour un professeur.
10 à 20 20 à 30 30 à >40
AMSTERDAM
BELGRADE
BRUXELLES
DUBLIN
MADRID
ROME
MERCREDI
21.00 Un prof pas comme
les autres
Par Louis Morand
26/32
22/27
14/26
15/17
16/22
23/33
ALGER
BARCELONE
BERNE
COPENHAGUE
LONDRES
RABAT
21.45 11/09 : l’attentat du Pentagone 22.50 Sauver New York. Doc.
0 à 10
E
S
D4
ADV82
R D 10 3
A7
Contrat : Sud joue 4 Cœurs.
La séquence (Tous vuln.) :
Sud Ouest Nord
Est
1 passe 2 passe
4
Entame : 5 de pour l’As d’Est qui rejoue le 8 de pour le Roi d’Ouest qui insiste du 10 de (le 9 en Est).
SOLUTION DU PROBLÈME N° 2911 : Maniement de contrôle
Contrat : Sud joue 4 Cœurs.
Entame : As, Roi et 9 de pour la Dame d’Est, coupée.
Votre seul souci est le partage 4-1 des atouts. Pour tester les tout en gardant le contrôle
du coup, jouez précisément As de et à blanc.
Si tout le monde fournit, coupez gros le retour d’Est à Carreau, purgez le dernier atout et tablez.
Si les atouts sont 4-1, vous couperez cette fois le retour à au
103
mort, du 7 de « chien de garde », descendrez en main à l’As
753
V76
de , purgerez les atouts et réclamerez ensuite votre contrat.
A D V 10 2
Ce maniement technique remplit un triple office : il permet de
V85
vérifier le partage des atouts, de conserver le contrôle en cas R 9 7 6
N
8
V 10 9 6
de mauvais partage et de donner au meilleur moment la levée A R 9
O E D8543
S
d’atout qui revient éventuellement à la défense.
97543
8
Remarque : Ouest aurait pu vous faire chuter en rejouant le
AD42
ARD42
9 de à la deuxième levée. Est aurait fait le pli de la Dame et
10 2
contre-attaqué à , vous laissant sans recours.
R6
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LE FIGARO
mardi 11 septembre 2018
39
FRANCK FAUGÈRE/PRESSE SPORTS
Aurélien Rougerie,
une légende
SUCCÈS Le héros emblématique du club de rugby de Clermont a remisé
ses crampons en mai, après son 419e match. Il vient de publier un livre
de Mémoires où il décrit les changements profonds de son sport.
ercingétorix peut souffler. Sa
haute silhouette va continuer à
dominer la place de Jaude à
Clermont. Le chef gaulois ne sera
finalement pas déboulonné au
profit d’un autre guerrier blond
nommé Aurélien Rougerie. On
plaisante ? Oui, mais à peine. Car
depuis que la légende de l’ASM, l’équipe de rugby de
la capitale historique de l’Auvergne, a annoncé qu’il
remiserait définitivement les crampons en mai dernier, l’idée fait son chemin chez les supporteurs.
Autant dire chez une grande majorité des habitants de
la ville. Il va d’ailleurs l’avoir sa statue, le grand Aurélien. Sur le parvis du stade Marcel-Michelin, théâtre
de ses exploits pendant près de deux décennies.
L’idée en revient à un généreux mécène, Isidore
Fartaria, patron de Labo France, une entreprise locale florissante. Sur un socle en lave de Volvic de 6 tonnes, où seront gravés les noms des joueurs qui ont
marqué l’histoire du club, se dressera une statue en
bronze du plus emblématique de ces héros. Grandeur
nature, soit 1,93 m. Le moment représenté est hautement symbolique : le capitaine soulevant, le 29 mai
2010, le fameux bouclier de Brennus qui honore le
champion de France de rugby. Un titre, enfin, après
dix finales perdues entre 1936 et 2009. Allégorie du
démiurge brisant la malédiction… Ce monument à sa
gloire, inauguré en septembre, Aurélien Rougerie
V
rugby devient un travail répétitif et un peu chiant. Heul’appréhende avec une pointe de gêne. S’empressant
reusement que la passion est là, car, vu les contraintes
de « remettre les choses à leur place ». « Il ne faut pas
physiques, tu dois aller chercher très loin tant tu te fais
oublier que le rugby est un sport collectif. Que sans les
mal. Sans cette passion, le rugby serait déjà mort. »
autres, je ne serais rien… » Mais les autres, pour la
À Clermont, il a tenté de repousser les démons, de
plupart, n’ont fait que passer sous le maillot jaunepréserver les valeurs. « Les mentalités changent un
et-bleu. Quand lui, l’enfant du pays, est devenu
peu, acquiesce “Roro”. J’essaie de choyer les valeurs,
l’idole de tout le peuple arverne par sa fidélité. Né à
de les transmettre. J’ai été élevé avec, et elles me sont
quelques kilomètres de Clermont (à Beaumont) en
chères. J’ai parfois dû taper sur les
1980, il a effectué ses premiers plaquages
doigts de quelques jeunes pour qu’ils
à l’ASM à 8 ans, signé son premier
sortent de leur chambre et viennent
contrat professionnel en 1999, tiré sa rédiscuter plutôt que de rester devant
vérence en 2018. Après 19 saisons à déleurs jeux vidéo. Mais je ne peux pas
fendre les mêmes couleurs. « Je suis une
lutter contre les mentalités qui chanespèce en voie de disparition, rigole l’ex1980
gent dans notre société. On vit avec
trois-quarts. L’appât du gain étant de
Naissance à Beaumont
les écrans. On est de plus en plus esplus en plus fort, je suis pratiquement sûr
(Puy-de-Dôme).
seulé, on discute moins. C’est pareil
qu’une carrière comme la mienne, dans
1999
dans les vestiaires. Il y a moins
un seul club, ça n’arrivera plus… »
1er match
d’échanges. Dès que l’entraînement
« Le rugby devient un travail
en professionnel
est fini, ils sautent presque tous sur
répétitif et un peu chiant »
avec l’ASM Clermont.
leurs téléphones… Donc, oui, nos va2001
leurs commencent à être écornées.
Une certitude nourrie par l’expérience.
1re de ses 76 sélections
Heureusement, la pratique de ce
Comme il le développe dans son autoavec le XV de France.
sport exige de la solidarité et de l’abbiographie Ma vie en jaune et bleu (Mara2010
négation. Veillons à les cultiver. »
bout), il a vécu les changements proChampion
de
France
La transmission. Un credo dans la
fonds de son sport, passé professionnel
avec Clermont
famille Rougerie. Son père, Jacques,
au mitan des années 1990. Avec son es(à nouveau en 2017).
pilier surnommé « le Cube », a joué
corte de dérives. Pas encore le football,
2011
les terreurs à l’ASM dans les années
mais plus tout à fait le rugby. « Ça va
Dispute la finale
1970. Sa maman, Christine Dulac,
trop loin, trop vite. Ces histoires de gros
de la Coupe du monde
était l’une des « Demoiselles de
sous nous rapprochent de nos homologues
face aux All Blacks.
Clermont », ces basketteuses qui, à
du ballon rond. C’est un peu difficile à vi2018
la même époque, régnaient sur le
vre, déplore l’ancien ailier du XV de
Joue son 419e et dernier
championnat de France et atteigniFrance (76 sélections de 2001 à 2012). On
match. Publie Ma vie en
rent la finale de la Coupe d’Europe à
ne va pas pouvoir continuer à ce rythmejaune et bleu (Marabout).
cinq reprises. Un double héritage
là. On a déjà perdu de l’insouciance. Le
Bio
EXPRESS
qu’Aurélien s’attache à honorer. Et la relève s’annonce. Ses fils, Mathis (10 ans) et Aaron (6 ans), taquinent déjà le ballon ovale. « L’esprit des copains
n’a pas bougé, apprécie, soulagé, leur célèbre papa.
Les racines sont toujours là. » Le plus grand est déjà
un réel espoir en « moins de 12 ans » et rend sa maman, Amandine, et sa sœur jumelle, Louane, fières
de lui. Pour perpétuer la dynastie ?
Car les Rougerie composent une famille qui compte à Clermont. La mère d’Aurélien est deuxième adjointe au maire, en charge des sports, des grands événements et de la promotion de la ville. Son père y fut
un dentiste réputé. « On ne recherche pas forcément
la reconnaissance, mais on a cette envie d’entreprendre », résume Aurélien Rougerie. Qui s’accommode
de son statut d’icône. « Je reçois beaucoup de témoignages de sympathie et de respect. Cette reconnaissance est touchante. » Il s’empresse cependant de
préciser que, lui, ne brigue rien. « Je n’ai pas d’ambition politique ! » Il serait pourtant plébiscité. Pour son
dernier match, au « Michelin », le 6 mai, ils étaient
près de 20 000 à arborer des masques à son effigie,
des calicots barrés d’un « Merci Roro ». Le quotidien
local, La Montagne, lui avait consacré un hors-série
de… 100 pages ! Et une exposition lui est dédiée. Pour
trois mois « au minimum », précise l’affiche. Lui a
décidé de rester au sein du club. Il sera dans un premier temps chargé du recrutement, avec des voyages
en Nouvelle-Zélande, en Afrique du Sud et ailleurs,
en quête de la nouvelle star. On lui prédit un avenir
d’entraîneur, de dirigeant. Le futur président de
l’ASM ? « Je ne dis pas non, on verra », sourit Aurélien
Rougerie. Avant de conclure sur une certitude. « Un
retour sur le terrain est complètement exclu. » Pour un
compteur à jamais bloqué à 419 matchs disputés en
jaune-et-bleu. ■
UN DERNIER MOT
Par Étienne de Montety
edemontety@lefigaro.fr
Serena [se-re-na]
Championne à court, notamment d’inspiration.
n finale de l’US Open, la championne Serena Williams s’est accrochée
avec l’arbitre, au point d’avoir été sévèrement sanctionnée.
Ce prénom vient de l’adjectif latin serenus, qui signifie calme, pur :
comme un ciel. Celui de Mrs Williams s’est assombri d’un coup, quand celle-ci
a vu sa supériorité contestée par une jeune joueuse.
Car Naomi Osaka, 20 ans, n’était pas venue à New York pour écouter une sérénade
de sa prestigieuse aînée mais pour vaincre celle-ci. Cette détermination a fait perdre
à Serena sa sérénité, et par la suite rien n’a pu la rasséréner.
C’est ainsi : depuis ce week-end, Serena Williams reste une grande championne
mais elle n’est plus la Sérénissime du circuit…
Entendant le récit de sa mésaventure avec l’arbitre, on songeait à Villon évoquant
cette reine « qui chantait à voix de sirène ». Ce n’est certes pas sur ce ton enjôleur
que Mrs Williams a apostrophé l’arbitre.
On comprend mieux : le match ne ressemblant en rien à une balade de santé, Serena
avait compris qu’elle était en passe de devenir une dame du temps jadis. ■
E
FIGARO-CI ... FIGARO-LÀ
Franck
Ferrand
raconte…
..............................
9h-9h30
14h-14h30
et votre journée devient plus belle.
Un ministre de Macron
assiste au mariage du fils
de Hollande et Royal
Samedi après-midi, François Hollande et Ségolène
Royal se sont rendus à Meyssac (Corrèze) pour
assister au mariage de leur fils. Parmi les invités
se trouvait un certain… Mounir Mahjoubi (photo).
Le secrétaire d’État au Numérique, proche
d’Emmanuel Macron, est ami de longue date
avec Thomas Hollande, mais c’est également
un intime de Ségolène Royal. Il avait participé
à sa campagne de 2007. Des photos du ministre
aux côtés de ses hôtes devraient paraître cette
semaine dans un hebdomadaire.
Un nouvel ambassadeur
du Qatar à Paris
Marcel Pagnol
aux enchères
Un membre de la famille
régnante a été nommé
ambassadeur du Qatar en France.
Il s’agit d’Ali Ben Jassim Thani
al-Thani, qui succède à Khalid
Ben Rashid al-Mansouri, parti
après seulement deux ans
de présence à Paris.
La France vient, elle aussi,
de changer son ambassadeur
à Doha : Franck Gellet succède
à Éric Chevallier.
Des objets uniques, tels que deux
plumes en inclusion, trois tapuscrits
de Fanny, César et Marius, avec
corrections manuscrites de Marcel
Pagnol, ainsi que des œuvres
réalisées par un collectif d’artistes
sur son univers seront proposés
à la vente aux enchères le 8 octobre
à Marseille, lors d’un grand dîner
de gala à l’hôtel Intercontinental
Hôtel-Dieu. Les recettes serviront
à la restauration de ses films…
SÉBASTIEN SORIANO/LE FIGARO
dreyrat@lefigaro.fr
A
David Reyrat
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