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Le Figaro - 12 09 2018

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mercredi 12 septembre 2018 LE FIGARO - N° 23 042 - www.lefigaro.fr - France métropolitaine uniquement
Première édition
lefigaro.fr
« Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur » Beaumarchais
CINÉMA
« PREMIÈRE ANNÉE »,
UNE PLONGÉE DANS LE CHAUDRON
DES ÉTUDES DE MÉDECINE PAGE 28
Le cas Viktor Orban au
cœur des déchirements
européens
À NOS LECTEURS
En raison du mouvement de
grève national de la CGT, suivi par
les personnels de la distribution et
des imprimeries, contre le projet
de réforme
de la loi Bichet, qui organise
la distribution des journaux,
l’édition papier du Figaro du
13 septembre ainsi que tous les
quotidiens nationaux ne seront
pas imprimés. Nous en sommes
profondément désolés. Nous
protestons contre cette décision
qui, une fois de plus, fait de nos
fidèles lecteurs les victimes
d’un conflit politique et les prive
de leur Figaro quotidien. Afin de
garantir votre libre information,
Le Figaro vous invite à découvrir
« Le Figaro Premium ». Dès
22 heures, chacun peut ainsi lire
l’intégralité de notre « journal
numérique ». Par ailleurs,
Le Figaro littéraire paraîtra
ce vendredi.
Nous vous remercions de votre
compréhension et de votre
soutien.
Marc Feuillée, directeur général
du Groupe Figaro,
Alexis Brézet, directeur
des rédactions du « Figaro ».
La crise
du logement
enflamme
Berlin la rouge
Qui furent
les quatorze
présidents de
l’Assemblée
nationale ?
Les tribunes
de Barbara
Lefebvre
et d’Olivier
Babeau
La chronique
de Bertille
Bayart
L’analyse
de Laure
Mandeville
n
n
n
PAGES 14 À 17
GOLF : THE EVIAN
CHAMPIONSHIP
3’:HIKKLA=]UW[U^:?k@j@b@m@a";
è« NOUS SOMMES LÀ POUR
SAUVER, PAS POUR NOUS
FAIRE COGNER »
è LA SOUFFRANCE ORDINAIRE
DES CASERNES DE LILLE
è UNE LOI POUR PROTÉGER
LES SECOURISTES ANGLAIS
PAGES 2, 3 ET L’ÉDITORIAL
La croissance s’essouffle,
le déficit public repart
Dans un discours offensif, le premier ministre hongrois
a dénoncé, mardi, devant le Parlement européen
le « chantage » des forces promigrants au sein de l’UE
contre son pays. Les eurodéputés se prononcent
ce mercredi par un vote sur la procédure dite
de « l’article 7 », qui pourrait mettre de facto la Hongrie
hors du jeu européen. PAGE 7
Le ralentissement de l’activité
économique, avec une prévision de croissance ramenée
l’an prochain à 1,7 %, complique l’équation budgétaire du
gouvernement. Alors qu’il tablait en juillet sur un déficit de
2,3 % du PIB en 2019, il mise
désormais sur 2,8 %. Sous l’effet d’une reprise de l’inflation,
les dépenses publiques devraient augmenter de 25 milliards d’euros, mais leur poids
relatif dans l’économie diminuera, en passant de 54,6 à
54 % du PIB. PAGE 20
n
n
M 00108 - 912 - F: 2,60 E
deux agressions. Depuis la
mort de l’un des leurs, poignardé le 4 septembre dernier par un homme en crise
de démence, ils réclament le
soutien de la police ou de la
gendarmerie pour certaines
de leurs missions.
CAHIER SPÉCIAL
DENIS MANIN / 31 JUIN FILMS VINCENT BOISOT/LE FIGARO SÉBASTIEN SORIANO/LE FIGARO
ÉDITORIAL par Laurence de Charette ldecharette@lefigaro.fr
M
Quand le feu s’étend
ardi dernier, Geoffroy Henry,
jeune militaire de 27 ans, qui
avait adopté les valeurs de
courage et de générosité des
sapeurs-pompiers, est mort
sous les coups de couteau d’un forcené qu’il
venait secourir. Depuis lors, les pompiers,
pourtant peu enclins à la complainte (les
statistiques de police montrent qu’ils portent peu plainte quand il s’agit d’eux-mêmes), sont décidés à faire entendre leur voix.
Il y a fort à parier que la mobilisation de la
profession, toujours en tête des métiers les
plus populaires auprès des Français, provoquera un sursaut des pouvoirs publics : le
gouvernement entendra sans doute une ou
plusieurs des propositions émanant de ses
rangs et des différents rapports déjà parvenus à l’Élysée.
Mais la mise en place d’une plateforme
d’appel ou le renforcement des dispositifs
policiers n’épuiseront pas la question sociétale fondamentale sur laquelle le meurtre de
Geoffroy Henry vient à nouveau de jeter une
lumière crue.
Les soldats du feu avaient déjà appris la nécessité - si choquante - de se protéger, tant
bien que mal, de jets de parpaings et chutes
de moteurs de machines à laver lors de leurs
interventions dans les quartiers dits sensibles où l’uniforme et la loi ne sont pas les
bienvenus depuis belle lurette.
Ils doivent aujourd’hui faire face à l’inexorable montée des violences des périphéries
jusqu’au cœur même de la société, et de la
rue jusqu’aux cellules personnelles et familiales… La lutte contre
le feu ne représente
plus qu’une infime partie de la mission des
pompiers, devenus urgentistes de toutes sortes d’appels au secours
auxquels les institutions ne parviennent plus
à faire face. Et en même temps que les violences croît ce terrible paradoxe qui fait
d’eux à la fois la dernière main tendue et
celle que l’on mord. Le meurtre de Villeneuve-Saint-Georges illustre ainsi la triste déliquescence d’une société aux prises avec
l’affaissement des valeurs de solidarité et
d’autorité de l’État. Puisse la mort de ce jeune homme engagé nous rappeler la force de
ces idéaux. ■
Logiciel de gestion d’entrepôt
Inexorable
montée
des
violences
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ISSN 0182.5852
Tel. 01 60 11 92 92 • www.mecalux.fr/software
A
CHAMPS LIBRES
Le sport français
en ébullition PAGE 12
Face aux
agressions,
les pompiers
lancent un cri
d’alarme
FREDERICK FLORIN/AFP
EXÉCUTIF
OMNISPORT
PAGE 18
Devenus l’ultime réponse à la
détresse sociale, quand médecins ou policiers ne se déplacent plus toujours, les
pompiers crient leur ras-lebol. Sur 1 000 interventions
réalisées chaque jour, ils font
face, à chaque fois, à plus de
Perchoir : François
Bayrou agacé par
LaREM PAGES 4 ET 5
PAGE 6
« L’ÉGLISE PEUT RETROUVER
SA CRÉDIBILITÉ »
Ils demandent désormais le soutien des forces
de l’ordre lors de leurs interventions à risques.
ASSEMBLÉE
Benalla récuse le
bien-fondé de son
audition au Sénat
MGR VINGT-TROIS
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mercredi 12 septembre 2018 LE FIGARO
2
L'ÉVÉNEMENT
Ils demandent désormais le soutien
des forces de l’ordre lors de leurs
interventions à risques.
ANGÉLIQUE NÉGRONI anegroni@lefigaro.fr
DEVENUS l’ultime réponse à la détresse
sociale, quand médecins ou policiers ne se
déplacent plus toujours, faute de moyens,
les pompiers tirent la sonnette d’alarme.
Depuis la mort de l’un des leurs, poignardé le 4 septembre dernier par un homme
en crise de démence à Villeneuve-SaintGeorges (Val-de-Marne), ils ne veulent
plus aller seuls au front. Les dangers sont
désormais trop importants. Ils demandent aujourd’hui le soutien des forces de
l’ordre pour certaines de leurs missions.
Bien qu’exceptionnelle, la mort tragique de ce jeune caporal de 27 ans, Geoffroy Henry – tué par celui qu’il voulait secourir – est en effet révélatrice des
violences que subissent ces milliers
d’hommes. En plus des guets-apens dans
les cités auxquels ils font face depuis une
vingtaine d’années, ils doivent désormais
affronter une nouvelle vague d’agressions, plus imprévisibles et donc moins
maîtrisables. Celles qui proviennent de
personnes en détresse et en grande fragilité qu’ils viennent pourtant secourir. Les
SDF, les personnes sous l’emprise de l’alcool, de drogues ou qui perdent la tête, les
familles en conflit sont ainsi leur « clientèle » habituelle… Mais, en échange de
l’aide apportée, ils prennent de plus en
plus de coups. La violence de la société
s’abat sur ceux qui ont fait le choix du dévouement. « Cela ne peut pas durer. Nos
hommes ne sont pas là pour être frappés »,
met en garde le colonel Éric Faure, qui
préside la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF),
consterné par l’évolution des chiffres. En
2016, 2 280 sapeurs-pompiers ont subi
une agression, contre 1 939 l’année précédente, soit une hausse de 17,6 % en un an.
Comprendre l’incompréhensible
Désormais, selon les statistiques du ministère de l’Intérieur, sur 10 000 interventions réalisées chaque jour, on compte à
chaque fois plus de deux agressions. Sur les
huit premiers mois de l’année 2018, on dénombre 150 violences verbales, 105 jets de
projectiles, 250 agressions simples et
49 agressions avec arme. À Caen ce weekend, deux pompiers ont été molestés par
un jeune qui, en proie à un malaise, était
conduit à l’hôpital. Fin août à Villeurbanne, une femme a assené un coup de seringue à un autre qui lui venait en aide. Ce dimanche à Clermont-Ferrand, un équipage
NICOLAS LIPONNE/NURPHOTO
Face aux
agressions,
les pompiers
aux abois
Des pompiers manifestent le 6 novembre 2017 à Lyon, en soutien à leurs collègues visés par des cocktails Molotov lors d’une intervention.
a été pris à partie par des passants alors
qu’il portait secours à une victime de la
route. « Ils estimaient que mes hommes s’y
prenaient mal », raconte le lieutenant-colonel Christian Rodier du SDIS 63 (service
départemental d’incendie et de secours),
qui, comme d’autres, tente de comprendre l’incompréhensible. Pourquoi ceux qui
viennent secourir sont-ils ainsi pris pour
cible ? « On passe de plus en plus facilement
à l’agressivité, car on pense avoir le droit de
l’exprimer », avance ainsi ce dernier.
Surtout, pour André Goretti, le président de la Fédération autonome des sapeurs-pompiers, ces hommes du feu récupèrent toutes les missions que d’autres
services ne font plus, faute de moyens.
« Les gens en état d’ébriété sur la voie publique doivent être pris en charge par la
police, qui, n’intervenant pas toujours, est
remplacée par les pompiers », regrette-til en évoquant d’autres carences. « Des
familles qui attendent le médecin voient arriver les pompiers. Cela participe à l’exaspération et la violence », dit-il.
Désormais, tous réclament l’accompagnement des forces de l’ordre. « Bien entendu, il ne s’agit pas de les faire intervenir
systématiquement mais quand on estime
qu’il y a un danger », relate Gregory Allione, vice-président de la FNSPF. Du côté
des policiers, on ne peut que souscrire à
cette requête. « Ils ont mille fois raison de
faire cette demande », indique ainsi Yves
Lefebvre, le secrétaire général du syndicat Unité SGP-Police FO, qui poursuit :
« Mais on n’a pas les moyens d’y répondre
favorablement. » Déjà, des protocoles
existants qui prévoient l’assistance de la
police auprès des pompiers dans les quartiers sensibles pour éviter les guets-apens
sont souvent, dit-il, restés lettre morte…
De son côté, le ministère de l’Intérieur
mise notamment sur l’arrivée prochaine
de caméras piétons prochainement expérimentées par les pompiers. Pour Olivier
Richefou, qui préside la conférence nationale des services d’incendie et de secours, leur usage pourrait faire tomber les
tensions dans les foyers où ces derniers
interviennent. Mais le recours à cette
technologie est loin de faire l’unanimité.
« Cela servira à quoi ? Elles n’empêcheront
pas l’agression quand on a affaire à une
personne qui disjoncte », assure la sénatrice (LR) Catherine Troendlé, qui préside, quant à elle, le Conseil national des
sapeurs-pompiers volontaires. Auteur
d’un récent rapport sur le secours d’urgence à personne, celle-ci met en garde
contre une situation qui resterait en
l’état. « Les pompiers ont été trop longtemps en première ligne pour affronter une
société en souffrance », dit-elle en attendant aussi « un message politique de soutien clair » en faveur de ces hommes. ■
La souffrance ordinaire Une loi pour protéger les secouristes anglais
des casernes de Lille
C’est
« important
FLORENTIN COLLOMP £@fcollomp
CORRESPONDANT À LONDRES
MARIE TRANCHANT
£@MarieTranchant
À LILLE
« QUAND on voit tomber à nos pieds
une boîte de conserve jetée du quatorzième étage d’un immeuble, on a
du mal à comprendre… » Adjudantchef à la caserne Malus de Lille,
Grégory Delecroix est pompier
professionnel depuis 1999. Les injures et les crachats au quotidien, il
connaît. Les dégâts matériels et les
attaques physiques sur les agents
aussi. Il reconnaît que les agressions
sont fréquentes, en particulier dans
certains secteurs ou lors de certains
événements. « Je ne pars pas en intervention la boule au ventre, tempère-t-il, mais on est parfois méfiants » : les soirs de match de foot,
le 31 décembre… Mais, assure-t-il,
la situation peut dégénérer « là où
on s’y attend le moins ».
A
Attaqués au marteau
Le SDIS 59 (service départemental
d’incendie et de secours du Nord)
assure 160 000 interventions chaque année. Il y a celles qui se passent bien et les autres. Comme cette
rixe entre deux frères qui se termine par « des crachats de sang » sur
les agents. « On ne sait jamais à qui
on a affaire », indique le pompier.
Certains secteurs sont particulièrement sensibles, tel celui de Roubaix, où un pompier témoigne anonymement : « On part parfois avec
une petite appréhension », avoue-til, après une douzaine d’années de
métier. Il raconte les coups d’extincteur ou de batte de base-ball,
ou cet épisode où il est appelé avec
son équipe pour un feu de voiture, à
3 heures du matin : « On a été
caillassés. Un des jeunes a sorti une
Kalachnikov de son coffre et l’a
pointée sur moi en me disant : “Je
n’ai pas peur de te tuer et de faire
vingt ans de prison.” » En décembre
2017, à Wattrelos, des agents sont
attaqués au marteau. Quelques
jours plus tard, à Roubaix, des
pompiers sont agressés par l’homme à qui ils portent secours. Une
réunion du CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions
de travail) est organisée. « Il y a eu
quelques
avancées,
reconnaît
Quentin De Veylder, secrétaire général de la CGT SDIS 59. Mais rien
ne change. On demande que la police
vienne en renfort quand il y a un
danger, mais il n’y a pas assez d’effectifs. Tout est prêt à exploser : on
n’est pas des superhéros, on est des
pères de famille. » Les autorités disent prendre la situation au sérieux : « On a protégé les vitres en
cas de caillassage, explique Jacques
Houssin, vice-président du département chargé du SDIS 59. On voudrait expérimenter les caméras en
cas d’agression. On essaie d’examiner les demandes de mutations rapidement pour éviter les burn-out. »
Début 2018, « une campagne de
mutation exceptionnelle a eu lieu à
Roubaix, ajoute le lieutenant Raphaël Delaunay, de la caserne Malus. C’est une vraie souffrance pour
ceux qui sont exposés. Il faut apprendre à apaiser les tensions, mais
ça s’acquiert sur le terrain. » Face à
des personnes violentes, alcoolisées, déséquilibrés, les pompiers
n’ont pas de formation spécifique.
« Chacun fait comme il peut, souffle
le pompier de Roubaix. Moi, je reproduis ce que je vois dans les films à
la télé. » Il faut ensuite panser les
plaies des agents qui redoutent parfois de retourner sur le terrain. Un
suivi psychologique est proposé
mais pas toujours demandé. « Notre
psychologie en caserne, c’est la salle
de sport et la discussion, on se remonte le moral, sourit l’adjudantchef Grégory Delacroix. Et, heureusement, on a en général la sympathie
de la population. » ■
parce que,
depuis
quelques
années, nous
avons vu un
accroissement
du nombre
de secouristes
attaqués
»
LE DÉPUTÉ TRAVAILLISTE
CHRIS BRYANT,
RAPPORTEUR DU TEXTE
Un policier et un pompier
inspectent une maison
incendiée dans le quartier
de Daubhill à Bolton,
le 8 juillet 2017.
J.GOODMAN/LNP/LONDON
NEWS PICTURES/MAXPPP
ENTRE avril 2016 et mars 2017,
738 attaques contre des pompiers
en opération ont été rapportées en
Angleterre, selon des statistiques
du ministère de l’Intérieur. C’est
116 de plus que l’année précédente, mais un peu moins qu’en 2010
(867 incidents). Ces chiffres recouvrent un éventail de situations
allant de l’agression verbale au jet
d’objets ou à l’atteinte physique.
Ils ont donné lieu à 56 blessures,
dont quatre graves, deux fois plus
que sur la période précédente. Des
tendances similaires sont constatées au pays de Galles, en Écosse et
en Irlande du Nord.
Les pompiers de Cleveland,
dans le nord-est de l’Angleterre,
ont vu ce type d’incidents augmenter de 60 % en deux ans. Ils
ont été attaqués à coups de boulons ou roulements à billes, cernés
de bandes de jeunes encagoulés
cherchant à endommager ou à
voler leurs équipements. Ils seront
dorénavant équipés de caméras.
« Nos pompiers font un travail formidable pour protéger les communautés locales et sauver des vies. Le
fait que leur mission soit rendue encore plus difficile par les actes irréfléchis d’une minorité est difficile à
croire et ne saura être toléré. De
telles violences leur font courir un
risque d’être blessé ou pire et peuvent les entraver dans leurs opérations de secours auprès de personnes en danger », regrette le chef
Ian Hayton. À Glasgow, en janvier, une équipe de pompiers a été
agressée à coups de bouteilles lors
d’un incendie, agression qui a envoyé l’un des leurs à l’hôpital. Une
seconde équipe a dû intervenir
sous protection policière.
« Zéro tolérance »
Un projet de loi est sur le point
d’être adopté au Parlement britannique pour renforcer les sanctions pénales contre les auteurs de
violences à l’égard des professions
d’urgence. « C’est important parce
que, depuis quelques années, nous
avons vu un accroissement du nombre de secouristes attaqués à coups
de crachats, coups de pied, certains
ont eu les yeux arrachés et toutes
sortes de choses horribles, explique
le député travailliste Chris Bryant,
rapporteur du texte. Bien trop souvent, les agresseurs s’en sont tirés
sans même une peine de prison. Je
veux que cela change et m’assurer
que nous protégions nos protecteurs. » Le gouvernement soutient
le projet d’initiative parlementaire. « Toutes les attaques contre
les pompiers sont déplorables et
prises très au sérieux, commente le
secrétaire d’État aux services incendie, Nick Hurd, qui promet
« une approche de zéro tolérance ».
Les représentants des pompiers
réclament une politique de prévention et non seulement de répression. Ils pointent du doigt la
responsabilité des coupes budgétaires. La baisse des effectifs de
pompiers (11 000 personnes de
moins dans le pays depuis 2010,
- 19 % du total) les empêcherait de
mener tout travail de sensibilisation. « Quand les pompiers sont
davantage présents dans les communautés, les comportements antisociaux de ce type diminuent. Le
problème se pose dans un contexte
de coupes dans des programmes
sociaux auprès des jeunes, qui visent à réduire les comportements
délinquants », avance le syndicat
Fire Brigades Union. Selon l’organisme, ces incidents demeurent
toutefois rares et se produisent le
plus souvent dans des zones défavorisées où le rôle des pompiers
en tant que représentants de
l’autorité est mal compris. La police du comté du West-Yorkshire
a lancé une campagne de sensibilisation auprès du grand public intitulée « More Than a Uniform »
(« plus qu’un uniforme ») et mené
des formations auprès des services
incendie sur la réaction aux situations de tensions. ■
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LE FIGARO
mercredi 12 septembre 2018
L'ÉVÉNEMENT
« Nous sommes là pour sauver, pas pour nous faire cogner »
LE FIGARO. - Pourquoi
les violences contre les pompiers
augmentent-elles ?
Éric FAURE. - Cela tient à l’évolution
de nos interventions, dont le nombre a
explosé ces dernières années. Désormais, nos missions essentielles portent
sur le secours d’urgence aux personnes. En plus des accidents graves ou
des malaises divers pour lesquels on se
déplace, on intervient de plus en plus
pour faire face à des situations de détresse sociale, psychologique voire
psychiatrique. Il s’agit d’un changement radical de nos activités lié à
l’évolution de la société. Aujourd’hui,
nombre de personnes sont maintenues
à domicile quand, il y a quelques années, elles étaient hospitalisées. Les
SDF que l’on relève dans la rue sont
également plus nombreux que par le
passé. Nous avons ainsi de plus en plus
affaire à des personnes ayant des fragilités psychologiques extrêmes et capables de violences sans réelles raisons. Il
y a vingt ans, sur les 3,4 millions d’interventions annuelles, 1,8 environ
concernaient le secours aux personnes,
soit 54 %. Aujourd’hui, sur les 4,6 millions d’interventions, 3,9 millions sont
du secours aux personnes, soit 84 %.
alors impérativement partir en même
temps que nos équipes. Ce sujet va être
évidemment abordé lors du prochain
Congrès national des sapeurs-pompiers, qui se tiendra du 26 au 29 septembre à Bourg-en-Bresse.
Faut-il aussi mieux former
le pompier ?
Ce dernier reçoit un entraînement
pour prendre en charge les victimes
de blessures d’accidents et de traumatismes physiques. Aujourd’hui, il
doit être formé à l’approche et à la
perception des détresses psychologiques et psychiatriques.
Il faut aussi s’interroger sur le maintien d’autres enseignements. Durant
ses premières années d’activité, le
pompier volontaire doit-il continuer
69
à être formé à l’incendie, qui représente désormais 6 % des missions et
qui correspond à 50 % du temps de
formation initial ? Enfin, au-delà de la
formation des sapeurs-pompiers, il y
a aussi celle du citoyen : nous devons
multiplier nos messages pour rappeler
que les pompiers sont là pour sauver
et pas pour se faire cogner. ■
PROPOS RECUEILLIS PAR A. N.
agressions
par mois contre
les soldats du feu, sur
tout le territoire national
et en outre-mer, depuis
le début de l’année
49
agressions
avec arme,
Tel. 01.55.35.20.20
POUR le colonel Éric Faure, qui préside la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF),
les violences touchent tous les milieux.
250 agressions simples,
105 jets de projectiles
et 150 violences verbales
ont été commis,
depuis début 2018, contre
des sapeurs-pompiers,
selon un bilan du
ministère de l’Intérieur
arrêté au 31 août dernier
Il y a un
phénomène
d’agressions de
sapeurs-pompiers.
Il faut qu’ils
puissent déposer
plainte sans
avoir crainte
de représailles
Le pompier est-il le mieux placé
à chaque fois pour intervenir ?
Nous sommes devenus un service
public ultime. On supplée les carences de beaucoup d’acteurs qui ne
veulent pas faire ce type d’interventions ou qui ont disparu pour des raisons économiques.
GÉRARD COLLOMB,
MINISTRE DE L’INTÉRIEUR
“
Nous avons
de plus en plus affaire
à des personnes
ayant des fragilités
psychologiques extrêmes
et capables de violences
sans réelles raisons
LE COLONEL ÉRIC FAURE
3
»
FAVORABLE, EN DÉCEMBRE DERNIER,
À L’ANONYMISATION DES PLAINTES
DES SOLDATS DU FEU
”
CHRISTOPHER HIBBERT
Comment prévoir ces violences
et la nécessité de faire intervenir
les forces de l’ordre, comme
vous le réclamez ?
C’est toute la difficulté. Ces violences
qui explosent touchent tous les milieux, défavorisés comme aisés. Sous
l’emprise de substances illicites, de
l’alcool, des personnes vont devenir
agressives. On ne peut évidemment
pas dresser une cartographie de ces
violences qui explosent au sein des
foyers où nous intervenons.
Quelles sont néanmoins les solutions
pour mieux protéger les pompiers ?
Avant toute intervention et pour tenter d’évaluer le danger, ces derniers
doivent être en possession d’un maximum d’informations. Pour y parvenir,
nous demandons des plateformes
d’appel d’urgence uniques autour du
numéro 112, en remplacement des divers centres d’appels existant dans les
départements. Pour plus d’efficacité et
pour éviter une déperdition d’informations, pompiers, médecins, policiers et gendarmes doivent ainsi travailler ensemble. En cas de danger
redouté, les forces de l’ordre devraient
#CIAOBYTODS
On n’a pas
fait le choix
de rejoindre les
forces de sécurité.
On a fait le choix
de rejoindre
le service public
de secours
»
ANDRÉ GORETTI, PRÉSIDENT
DE LA FÉDÉRATION AUTONOME,
LE 5 SEPTEMBRE
DÉCRYPTAGE
Stéphane Kovacs
skovacs@lefigaro.fr
IL A ÉTÉ TUÉ par celui-là même qu’il
venait secourir. La semaine dernière, à
Villeneuve-Saint-Georges, dans le Valde-Marne, le sapeur-pompier de 1re classe
Geoffroy Henry, 27 ans, a été poignardé
par un homme en « crise de démence », qui
a aussi grièvement blessé l’un de ses collègues. C’est la première agression mortelle
depuis près de dix ans, déplore la Fédération nationale des sapeurs-pompiers
(FNSPF). C’est surtout l’une des dernières
en date d’une longue série d’attaques
contre les soldats du feu… Passant en
volume de 1 939 en 2015, à 2 280 en 2016, le
nombre de sapeurs-pompiers agressés a
augmenté de 17,6 %, selon le ministère de
l’Intérieur.
Pour le colonel de pompiers en retraite
Jean-François Schmauch, « les agressions
de pompiers par des déséquilibrés, malheureusement, ce n’est pas nouveau ». Le
1er mai 1985 à Bruxelles, rappelle-t-il par
exemple, deux pompiers ont été tués, attirés dans un guet-apens par les CCC, les
Cellules communistes combattantes.
« Quand j’ai commencé mon métier, à
Strasbourg, dans les années 1980, poursuitil, il y avait des quartiers où l’on n’allait pas,
où on pouvait, pourquoi pas, se prendre sur
la figure une machine à laver jetée par la
fenêtre… mais on avait ordre de ne pas le
dire. Quand les gens du voyage, par exemple, attaquaient les pompiers, on n’en parlait
pas. Aujourd’hui, les violences s’aggravent,
et ça se sait immédiatement : la moindre
agression est filmée par un témoin. »
Autrefois cantonnées aux « quartiers
difficiles », ces attaques ont aujourd’hui
lieu en ville comme à la campagne, lors
d’interventions chez des M. et Mme Tout-
le-monde tombés « en situation de détresse psychologique », déplore Éric Faure,
président de la FNSPF. Au centre opérationnel d’incendie et de secours (Codis)
du Calvados, par exemple, on affirme déposer plainte, pour de telles violences,
“
Même sur des théâtres
de guerre, les soignants
sont supposés pouvoir
se déplacer sans être pris
pour cibles !
”
LE PHILOSOPHE FRANÇOIS-XAVIER BELLAMY,
MAIRE ADJOINT (LR) À VERSAILLES
« environ une fois tous les quinze jours ». Il
faut dire que la nature des appels d’urgence au 18 a bien changé : il y a vingt ans,
54 % concernaient le secours aux personnes. Aujourd’hui, ce chiffre a grimpé à
84 %. De plus en plus sollicités pour trai-
ter des situations de violence, les pompiers interviennent très vite : en moyenne
dans les sept minutes. Mais eux ne sont
pas formés aux techniques de défense, si
ce n’est, depuis quelque temps, de manière très parcellaire et embryonnaire. Or
« leur uniforme, note Jean-François
Schmauch, fait qu’on les assimile à l’État,
aux autorités ». Vitres blindées sur les camions, protection par les forces de l’ordre, interventions en groupe… « En 2003,
le rapport Pourny, auquel j’ai participé, a
fait des centaines de recommandations
pour améliorer la sécurité des pompiers,
rappelle l’ancien soldat du feu. Quinze ans
plus tard, aucune n’a été respectée… »
Il faut « bien sûr répondre à cette demande des pompiers d’être protégés, renchérit le philosophe François-Xavier Bellamy, maire adjoint (LR) à Versailles.
Mais le seul fait quelle soit légitimement
formulée devrait être un sujet de débat national ». Au-delà de cette « agression dra-
matique, liée à une pathologie psychiatrique », c’est « la société, devenue de plus en
plus violente » qui horrifie l’essayiste.
« Les agressions sont devenues tellement
communes dans certains quartiers que les
pompiers n’y vont plus s’ils ne sont pas accompagnés des forces de l’ordre, s’effaret-il. C’est sidérant : même sur des théâtres
de guerre, les soignants sont supposés
pouvoir se déplacer sans être pris pour cibles ! Dans certains territoires de notre
pays, ce n’est plus le cas, et on s’est malheureusement habitués à voir des véhicules
de pompiers caillassés… » En 2016,
414 véhicules de sapeurs-pompiers ont
été endommagés, rien que « pour marquer un territoire ». « Quand le lien social
se distend, quand la République perd du
terrain, conclut-il, ce n’est pas seulement
une culture qui est fragilisée, mais c’est la
civilisation, la simple et élémentaire humanité qui perd du terrain. Et c’est la barbarie
que l’on voit ressurgir. » ■
A
Quand le sauveteur devient une cible, c’est l’humanité qui perd du terrain
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 12 septembre 2018 LE FIGARO
4
POLITIQUE
Perchoir : François
Bayrou agacé par LaREM
En pleine élection pour le perchoir, la troisième force politique
de l’Assemblée déplore de ne pas avoir été associée au choix
du candidat. Un avis totalement partagé par François Bayrou.
MARION MOURGUE £@MarionMourgue
CENTRE Partenaire, oui ; pantin, non.
C’est le message que le MoDem a voulu
rappeler à La République en marche, en
pleine élection pour la présidence de
l’Assemblée. Car les Marcheurs ont désigné seuls leur candidat, Richard
Ferrand, sans associer les centristes. Si
le député des Hauts-de-Seine JeanLouis Bourlanges (lire ci-dessous) est le
premier à l’avoir publiquement dénoncé en soulignant que le « MoDem n’est
même pas considéré comme un partenaire tout court », le président du parti,
François Bayrou, partage totalement
cet avis.
« Ce n’est pas une affaire de parti politique, même s’il faudrait de la considération réciproque, mais une grande inquiétude chez nos adhérents sur une certaine
pratique gouvernementale. Pour eux, le
sens de l’élection d’Emmanuel Macron,
c’était un engagement de rupture avec
les pratiques anciennes et l’invention de
pratiques politiques nouvelles », confie
François Bayrou au Figaro. « C’est le
“en même temps” qu’on voit encore très
bien dans certains secteurs comme l’éducation, mais qu’on ne ressent plus du tout
dans d’autres », déplore encore le patron du MoDem. « Si les adhérents
MoDem ont le sentiment d’être mis de
côté comme mouvement, ça créera une
émotion très grande », prévient-il.
Chez les élus du groupe MoDem à
l’Assemblée, l’émotion est déjà bien
palpable. « On voit passer les trains sans
nous consulter. Par contre, on attend de
nous de voter pour Ferrand ; là, ça suffit », commente un député MoDem.
La troisième force politique de l’Hémicycle, forte de ses 47 députés, entend
clairement rappeler à LaREM que la
majorité « doit marcher sur ses deux
Chambres ». « Il faut être capable
d’écouter la majorité dans sa diversité
comme son opposition », rappelait ainsi
Marc Fesneau dans Le Figaro (lire nos
éditions du 11 septembre). « On a besoin
des autres pour construire. Il faut regarder les effets des réformes sur le terrain,
expliquer, montrer le cap pour ne pas
donner l’impression qu’on aligne des mesures techniques. L’humilité, c’est une
capacité à rester à l’écoute », complétait
le président du groupe Modem à l’As-
“
On a besoin des autres
pour construire. Il faut
regarder les effets des
réformes sur le terrain,
expliquer, montrer le cap
pour ne pas donner
l’impression qu’on aligne
des mesures techniques
”
MARC FESNEAU, PRÉSIDENT DU GROUPE MODEM
À L’ASSEMBLÉE NATIONALE
semblée. Décision a donc été prise mardi de présenter un candidat pour le perchoir avec la volonté que leur voix soit
entendue et considérée.
Si le choix du futur président de l’Assemblée nationale a été aux yeux d’une
majorité d’élus MoDem la goutte d’eau
de trop, d’autres éléments ont alimenté
cette colère grandissante. À commencer par une faible représentation du
parti au sein du gouvernement, après le
départ de Marielle de Sarnez et de
François Bayrou. Ensuite, l’interdiction
pour les députés LaREM de cosigner ou
de voter des amendements issus
d’autres groupes parlementaires – et
donc aussi ceux du MoDem – a passablement agacé les parlementaires.
Enfin, les élus du MoDem s’inquiètent que les promesses de la campagne
présidentielle d’Emmanuel Macron,
qu’ils avaient largement soutenues,
soient oubliées, et notamment la moralisation et la transparence de la vie publique. De quoi expliquer un décrochage de l’électorat MoDem dans les
sondages d’opinion. Selon une enquête
Ifop pour le site Atlantico, paru fin août,
les électeurs du MoDem ne sont plus
que 24 % à estimer que l’action du gouvernement est favorable au pays,
contre 64 % des électeurs LaREM. À
l’inverse, ils sont 58 % à considérer que
l’action politique d’Emmanuel Macron
dégrade la situation du pays contre 6 %
des électeurs LaREM.
Dans ce contexte, le choix de Richard
Ferrand pour le perchoir n’a pas été vu
par tous comme un signal amical. L’exprésident du groupe LaREM et très probable nouveau président de l’Assemblée nationale est associé à un épisode
compliqué de la campagne présidentielle. En échange de son soutien,
François Bayrou avait obtenu d’Emmanuel Macron 120 candidats MoDem
pour les élections législatives… avant
qu’une liste de 38 noms ne soit publiée.
Colère de François Bayrou. Le patron
du MoDem s’était senti floué par
Richard Ferrand, alors secrétaire général de LaREM… Un an après, le MoDem
entend rappeler qu’il est toujours là. ■
François Bayrou, Carole Delga, présidente du conseil régional Occitanie/Pyrénées-Méditerranée,
Bourlanges : « Le problème du Mo
PROPOS RECUEILLIS PAR
PIERRE LEPELLETIER £@PierreLepel
Supplément ofert avec
au MoDem pour que nous renoncions à
certains sièges.
LE FIGARO.- Dans un communiqué
rendu public lundi, vous reprochiez
à La République en marche
de ne pas considérer le MoDem comme
« un partenaire ». Pourquoi ?
Jean-Louis BOURLANGES.- L’élection
lundi de Richard Ferrand comme candidat de la majorité à la présidence de
l’Assemblée par les seuls députés de
LaREM démontre que le MoDem n’est
pas considéré comme un partenaire à
part entière. Notre parti n’est même pas
un partenaire de second ordre : il n’est
pas un partenaire tout court. C’est une
réalité assez claire, et depuis longtemps.
Le MoDem compte tout de même deux
membres du gouvernement : Geneviève
Darrieussecq, secrétaire d’État auprès
de la ministre des Armées, et Jacqueline
Gourault, ministre auprès du ministre
de l’Intérieur…
Ce sont deux personnes très estimables
mais leur rôle est dérisoire. Elles sont
des sous-ministres sans portefeuille. Ce
n’est pas Geneviève Darrieussecq qui
fait la politique de la Défense, ni
Jacqueline Gourault qui fait la politique
du ministre de l’Intérieur. Notre représentation est marginale alors que nous
avons le troisième plus grand groupe de
l’Assemblée avec quarante-sept députés. J’ai dit aux instances du parti que
nous n’aurions pas dû rentrer dans ce
gouvernement.
Depuis le départ précipité de François
Bayrou et de Marielle de Sarnez
du gouvernement ?
Non, le vrai traumatisme pour le
MoDem remonte aux investitures pour
les législatives. À partir du moment où
Richard Ferrand a remis en cause l’accord de trois candidats de LaREM pour
un candidat du MoDem, nous savions
que nous étions rentrés dans la politique habituelle et que la suite serait très
difficile. Je sais par ailleurs que Richard
Ferrand a proposé un dédommagement
Face à ce constat, avez-vous
l’impression que le MoDem
est perdant ?
Ce qui se passe est préjudiciable à l’ensemble de la majorité, pas seulement au
MoDem. Aujourd’hui, elle fonctionne
comme une pyramide qui repose sur sa
pointe. On va avoir des difficultés si on
ne redresse pas la situation, si nous
n’élargissons pas. Le problème du MoDem c’est d’être trop gentil. Beaucoup
redoutent le conflit en disant que cela
nuirait à tout le monde. Je comprends
Figure du centre, Jean-Louis Bourlanges est député du MoDem.
De La Raudière (Agir) : « Être prag
MÉLANIE VOLLAND £@MelanieVolland
A
Disponible dans la parution du 12 septembre
EUROPÉENNES Agir, le parti fondé par
Franck Riester, n’envisage pas d’alliance
avec la majorité en vue des européennes.
La députée maire de Saint-Denis-desPuits, Laure de La Raudière, invitée de
l’émission « Le Talk Le Figaro », l’a précisé hier. « Nous sommes un véritable parti
politique, qui a pour projet d’investir des
candidats à toutes les élections. » À titre
personnel, elle est « favorable à une liste
Agir » pour le scrutin européen de
mai 2019. « Je pense qu’on a des positions
qui ne sont pas celles d’En marche !, y compris au niveau européen », a-t-elle complété. Or, pour l’instant, la question n’a
pas encore été tranchée au sein d’Agir.
« Nous allons d’abord définir quel est notre
projet pour l’Europe, puis nous allons en
débattre avec des alliés possibles », a expliqué la députée en faisant référence à
l’UDI. Il existe pourtant une divergence
majeure entre Agir et la formation politique emmenée par Jean-Christophe Lagarde. « L’UDI a toujours porté des valeurs
fédéralistes et nous sommes pour une
Europe des nations », analyse Laure de La
Raudière. Le parti devrait arbitrer cette
question le week-end prochain, lors de
son congrès fondateur à Montévrain.
Un « parti de propositions »
En dehors de l’échéance européenne,
Agir continue à s’inscrire dans une opposition constructive à Emmanuel Macron.
Plutôt qu’un parti d’opposition, Laure de
La Raudière préfère le définir comme un
« parti de propositions ». Anciennement
baptisés « les Constructifs », les membres
d’Agir se définissent comme « pragmati-
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LE FIGARO
mercredi 12 septembre 2018
POLITIQUE
5
CONTRE-POINT
PAR GUILLAUME TABARD £@GTabard
Les illusions perdues des centristes MoDem
A
llié minoritaire. Une
situation impossible sous la
Ve République. Le MoDem
en fait l’expérience depuis
seize mois. D’où le « coup de gueule »
du brillant Jean-Louis Bourlanges.
D’où la décision de présenter un
candidat au perchoir contre Richard
Ferrand alors que les députés
bayrouistes avaient voté pour le
candidat LaREM, François de Rugy,
en 2017.
Embarqués dans la voiture
macroniste, les centristes en ont assez
d’occuper la place du mort. Mais
n’est-il pas déjà trop tard pour
réagir ? En fait, le sort du MoDem a
déjà été scellé en juin 2017. Et par la
macronie elle-même. De deux
façons. Par la majorité absolue
décrochée à elle seule par
La République en marche au second
tour des législatives. Et par la sortie
du gouvernement de François
Bayrou. Dans les deux cas, le coup
n’est pas forcément intentionnel,
mais dans les deux cas, le président de
la République semble très bien
s’accommoder de la situation. Lors de
la campagne présidentielle, pourtant,
François Bayrou avait prouvé son
utilité. Sa non-candidature a plus que
permis à la candidature Macron
et Emmanuel Macron, le 26 juillet, à la station de ski de La Mongie (65).
de s’envoler, donc de l’emporter.
Et le « partenariat » conclu entre eux
semblait annoncer un nouveau type
de majorité, aux antipodes des
scénarios de monopole UMP ou PS.
C’était sans compter avec l’effet
amplificateur du scrutin majoritaire
renforcé par l’enchaînement
présidentielle-législatives. LaREM
et le MoDem ont présenté des
candidatures communes. Mais la
première a obtenu 313 sièges et le
second, 47. De ce jour, la cause a été
entendue : les macronistes ne
dépendaient de personne pour mettre
en œuvre la politique du chef de
l’État. Bayrou, qui ne jure que par
l’équilibre des pouvoirs et qui pensait
être une condition permanente
de l’existence de la majorité, en a été
pour ses frais. Et le moins qu’on
puisse dire est que l’exécutif et
La République en marche n’ont pas
même fait semblant de prendre
en compte les centristes. Dans le
discours d’Édouard Philippe à Tours,
devant les députés LaREM, pas
la moindre allusion à l’autre groupe
de la majorité.
Et Bayrou lui-même ne peut plus
peser de l’intérieur. Garde des
Sceaux, il était ministre d’État,
au même titre que Gérard Collomb
et Nicolas Hulot. Depuis le 18 juin 2017, il
est une voix qui porte toujours mais ne
compte plus. Macron le consulte, mais
prend-il en considération ce qu’il lui dit ?
Sur la réforme institutionnelle, composer
avec le président LR du Sénat, Gérard
Larcher, est plus important pour le chef
de l’État que satisfaire le président du
MoDem, qui devait pourtant porter cette
réforme au départ. François Bayrou reste
populaire - il gagne 8 points dans le
baromètre Ifop-Paris Match. Mais est-il
perçu par l’opinion comme le coauteur
de la partition macronienne ou comme
le coresponsable de la politique menée ?
À l’évidence, non. Même si sa déception
des premiers mois est aujourd’hui sa
protection.
Les centristes prennent acte
aujourd’hui que la logique de la
Ve République réduit les alliés au rang
de supplétifs. Quant à François Bayrou,
il est contraint de reprendre sous Macron
le rôle qui lui convenait sous Sarkozy et
sous Hollande : celui de vigie, de censeur
ou de Cassandre. Son verbe excelle
là où son rêve se fracasse. ■
» Retrouvez
Guillaume Tabard
tous les matins à 8h10
sur Radio Classique
BLONDET ELIOT-POOL/SIPA
Dem, c’est d’être trop gentil »
leur attitude, mais ça fait un an qu’on
essaie de faire évoluer la situation en
douceur. Désormais, il faut mettre les
choses sur la table.
L’avantage d’être centriste, c’est qu’on
fait ce qu’on veut, même s’il y a des inconvénients, notamment le fait qu’on
compte peu.
Que réclamez-vous concrètement
à La République en marche ?
Je crois qu’il faudrait rectifier le tir en
profondeur sur les équilibrages et que
les députés du MoDem doivent davantage être écoutés. Il faudrait notam-
En avez-vous tout de même parlé
avec François Bayrou ?
Oui. Il comprend très bien ma démarche, même si je ne sais pas s’il en aurait
fait un communiqué. François Bayrou
est d’accord sur le fait que le MoDem
doit davantage être pris en compte à un
niveau significatif. Lui a toujours pensé
qu’il devrait être premier ministre,
mais l’idée n’est pas forcément partagée par tout le monde.
“
Ça fait un an qu’on
essaie de faire évoluer
la situation en douceur.
Désormais, il faut mettre
les choses sur la table
JEAN-LOUIS BOURLANGES
”
ment que nos parlementaires puissent
cosigner des amendements avec les députés de LaREM, chose aujourd’hui interdite par leur règlement. Je pense
aussi que le MoDem doit être beaucoup
plus présent au gouvernement. Je ne
me fais cependant aucune illusion, car
tout dépendra de la volonté du président et de personne d’autre.
Votre mécontentement risque d’agacer
au sein de La République en marche…
Votre initiative est-elle personnelle ?
Complètement. Je n’ai jamais eu l’habitude de demander des instructions.
Dans ce contexte, le MoDem doit-il
selon vous remettre en cause une
éventuelle alliance avec LaREM
aux européennes ?
On verra. Nous voulons une représentation équitable sur la liste, mais nous
nous battons essentiellement pour la
cohérence de la démarche. Soit un projet qui défend une Europe qui sauvegarde notre modèle social, politique et
économique aujourd’hui menacé.
À l’heure où nous écrivons ces lignes,
votre groupe réfléchissait à proposer
la candidature d’un député MoDem au
perchoir. Une bonne idée selon vous ?
Ça ne changerait pas grand-chose. Si
c’est pour avoir un candidat minoritaire qui se retirera dès le premier tour… ■
ques » vis-à-vis de la majorité.
« Quand il y a de bonnes réformes qui
correspondent à nos valeurs de droite, libérales, humanistes, sociales,
qui sont le cœur de l’ADN d’Agir […],
on les soutient. Si on est contre, on s’y
oppose. ». La députée d’Eure-et-Loir
est opposée au prélèvement à la source.
« Je ne suis pas pour, on pouvait faire beaucoup plus simple avec la mensualisation. »
À l’avenir, c’est la réforme constitutionnelle qui retiendra toute son attention. « J’attends de Richard Ferrand qu’il
défende l’institution (l’Assemblée nationale, NDLR) pour ne pas qu’elle s’affaiblisse encore plus dans le cadre de (cette)
réforme », a lancé la députée. Si elle n’est
pas opposée à la réduction du nombre de
parlementaires, elle plaide pour « plus de
moyens à l’Assemblée pour mieux contrôler l’action du gouvernement ». ■
LAURE DE LA RAUDIÈRE
mardi, dans le studio du Figaro.
JEAN-CHRISTOPHE MARMARA/LE FIGARO
A
matique vis-à-vis de Macron »
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 12 septembre 2018 LE FIGARO
6
POLITIQUE
Benalla récuse
le bien-fondé
de son audition
au Sénat
Alors que la commission d’enquête
redémarre, l’homme au centre de l’affaire,
qui s’était engagé à être entendu
par les sénateurs, s’y refuse désormais.
MARCELO WESFREID £@mwesfreid
EXÉCUTIF Il y avait déjà l’affaire dans
l’affaire. Il y a maintenant l’affaire dans
l’affaire dans l’affaire. Alors que le principe
d’une
audition
imminente
d’Alexandre Benalla devant la commission d’enquête du Sénat semblait accepté, y compris par l’intéressé, la défense
de l’ancien garde du corps du président a
finalement fait volte-face. Brandissant
un article qui stipule que « si une commission a déjà été créée, sa mission prend
fin dès l’ouverture d’une information judi-
ciaire relative aux faits sur lesquels elle est
chargée d’enquêter » (ordonnance no 581100 du 17 novembre 1958), Alexandre
Benalla récuse le bien-fondé d’une
convocation, le 19 septembre. Car une
information judiciaire a bien été ouverte
en juillet dernier et confiée à un juge
d’instruction. « Je viendrai devant le Sénat à l’issue de cette information judiciaire, déclare Alexandre Benalla au Figaro.
Je veux y aller, et j’irai. »
Par-delà le débat juridique (lire cidessous), ce rebondissement n’est pas
sans conséquences pour l’exécutif, pressé d’en finir avec le pire épisode du quin-
Alexandre Benalla et Emmanuel Macron lors d’un déplacement dans l’Orne, le 12 avril.
quennat. D’autant que ce mercredi le
chef de cabinet d’Emmanuel Macron,
François-Xavier Lauch, le commandant
militaire de l’Élysée, le général Éric BioFarina, et le commissaire à la Préfecture
de police de Paris, Maxence Creusat, sont
entendus par la commission des lois, dirigée par le sénateur LR Philippe Bas.
Voilà que le pouvoir doit composer avec
une nouvelle polémique, qui ravive un
débat qui s’était émoussé au fil du mois
d’août. Jusqu’à ces derniers jours, la macronie semblait persuadée que le haut de
la vague était passé, que la couverture
intensive de ce feuilleton avait créé un
Peut-il se soustraire à la convocation ?
DÉCRYPTAGE
Stéphane
Durand-Souffland
sdurandsouffland@lefigaro.fr
MIS EN EXAMEN en juillet pour, notamment, « violences en réunion n’ayant
pas entraîné d’incapacité temporaire de
travail, immixtion dans l’exercice d’une
fonction publique en accomplissant des
actes réservés à l’autorité publique, port
et complicité de port prohibé et sans
droit d’insignes réglementés par l’autorité publique », Alexandre Benalla devra
répondre aux questions d’un juge d’instruction puis, en cas de renvoi, à celles
du tribunal correctionnel. Devant l’un
comme l’autre, il a le droit de mentir.
En revanche, toute personne entendue devant une commission d’enquête
parlementaire prête serment de dire la
vérité, et les menteurs s’exposent à des
poursuites pénales. En juillet 2017, un
pneumologue a ainsi été condamné
- une première - à six mois de prison
avec sursis et 50 000 euros d’amende
pour avoir dissimulé ses liens avec un
groupe industriel lors de sa déposition.
En vertu de son droit de citation, une
commission peut entendre qui bon lui
semble sous serment, en recourant au besoin à la force publique. Les intéressés
peuvent même parfois être délivrés du
secret professionnel. Impossible d’échapper à la convocation : les dérobades sont
punies de deux ans de prison et d’une
amende de 7 500 euros, peine éventuellement assortie de deux ans de privation
des droits civiques.
Pas de droit au silence
Par ailleurs, le droit au silence inscrit
dans la loi pénale et systématiquement
rappelé par les présidents des juridictions de jugement n’existe pas devant les
commissions d’enquête parlementaires.
Dans un communiqué, les rapporteurs
de la commission et son président Philippe Bas (LR, Manche) rappellent qu’« il
n’appartient pas aux personnes convo-
quées pour être auditionnées de décider de
se présenter ou non à cette convocation ».
La commission des lois de la Haute Assemblée souligne également que « le
Parlement, dans le cadre de commissions
d’enquête, a déjà eu dans le passé à auditionner des personnes faisant l’objet de
poursuites judiciaires. Ainsi, en juin 2013,
Jérôme Cahuzac avait été entendu par la
commission d’enquête de l’Assemblée nationale relative aux éventuels dysfonctionnements dans l’action du gouvernement et
des services de l’État, notamment ceux des
ministères de l’Économie et des Finances,
de l’Intérieur et de la Justice, entre le 4 décembre 2012 et le 2 avril 2013, dans la gestion d’une affaire qui a conduit à la démission d’un membre du gouvernement ».
De même, « en 1999, la commission
d’enquête du Sénat sur la conduite de la politique de sécurité menée par l’État en Corse avait entendu le préfet Bernard Bonnet et
le colonel Henri Mazères», tous deux mis
en cause dans l’affaire dite des « paillotes
incendiées » près d’Ajaccio, et ultérieurement condamnés en correctionnelle. ■
S. GEUFROI/PHOTOPQR/OUEST FRANCE/MAXPPP
effet de saturation chez les Français et
que la nouvelle série d’auditions ne ferait
plus les succès d’audience enregistrés en
juillet par les chaînes de télévision. Une
polémique « d’été », pouvait-on entendre. « Avec le prélèvement à la source, le
budget, le plan pauvreté jeudi, les Français
ont la tête aux vrais sujets », argumente
un conseiller gouvernemental.
« Dérive politique »
Quoi qu’il en soit, l’Élysée semble avoir
changé son fusil d’épaule en matière de
contre-attaque. L’entourage du chef de
l’État est décidé à mieux communiquer
sur son esprit de coopération. « Quand
les juges sont venus perquisitionner le
bureau d’Alexandre Benalla à l’Élysée, ils
ont pu le faire sans problème, insiste un
conseiller du président. On ne leur a pas
interdit l’accès, on n’a pas évoqué la
séparation des pouvoirs. Or c’était
possible. Si des juges tapaient à la porte
du Sénat pour faire de même, sans doute
les parlementaires s’insurgeraient-ils,
au nom de l’étanchéité du pouvoir législatif et judiciaire… »» Preuve de sa bonne volonté, l’Élysée se dit prêt à autoriser le « conseiller spécial » du
président, Ismaël Émelien, à répondre
aux parlementaires, s’il devait être
convoqué à son tour, à propos de la dif-
Philippe remobilise
la majorité
À Tours, le premier ministre a rappelé les principes
de sa politique : « Libérer, protéger, unir ».
LORIS BOICHOT £@lboichot
ENVOYÉ SPÉCIAL À TOURS (INDRE-ET-LOIRE)
A
fusion d’images tirées des caméras de
vidéosurveillance de la préfecture de
police de Paris.
La défense de l’exécutif est aussi politique. En privé, certains conseillers
pointent le rôle de « procureur » de Philippe Bas, jugé trop partisan dans sa
conduite des travaux… « Il dépasse la
prérogative de la commission d’enquête,
censée revenir sur les faits du 1er mai à Paris, souligne l’un d’entre eux. Il y a une
dérive politique de cette commission, une
instrumentalisation, avec l’aide du président du Sénat Gérard Larcher. Philippe
Bas sait que c’est peu habituel qu’un secrétaire général de l’Élysée en fonction, en
l’occurrence Alexis Kohler, se prête à une
audition… »
L’Élysée n’a guère apprécié les déclarations du sénateur de la Manche, dans Le
Figaro, accusant l’exécutif de faire obstruction en refusant de transmettre à la
commission d’enquête la fiche de paie
d’Alexandre Benalla. « C’est un document
privé, rétorque-t-on à la présidence.
Quant au contrat de travail de M. Benalla, il
a été transmis. » Mardi, la chaîne BFMTV
publiait le fameux bulletin de paie de l’ancien bodyguard d’Emmanuel Macron. Un
montant mensuel de 6 000 euros net,
conforme aux déclarations d’Alexandre
Benalla dans la presse. ■
EXÉCUTIF L’heure qui sépare Tours de
Paris en TGV n’aura pas suffi aux élus
macronistes pour relire Aristophane.
C’est pourtant ce poète grec que le premier ministre a cité dès le début de son
discours, mardi matin, en clôture du séminaire de rentrée des parlementaires de
LaREM organisé dans la préfecture d’Indre-et-Loire. Dans la vie politique,
« tourbillon est roi » a lancé Édouard Philippe devant un parterre d’environ
200 députés et sénateurs de la majorité,
en référence au « tourbillon de l’actualité », « des rumeurs », « des petites phrases, des polémiques, des dépêches ».
Une façon d’évoquer la difficile rentrée
de l’exécutif, tout en rangeant l’affaire
Benalla et les mauvais sondages du côté
de l’« écume des jours ». Dans ce qu’il
nomme le « maelström des chaînes d’info
en continu et des réseaux sociaux »,
Édouard Philippe a voulu « se concentrer
sur l’essentiel » et rappeler le projet
d’Emmanuel Macron. « Celui d’une France de l’émancipation et des solidarités réelles. Celui d’une France puissante dans une
Europe forte. Celui d’une France à la hauteur des défis incroyables que nous devons
relever », a énuméré le premier ministre.
La réforme de l’apprentissage, Parcoursup, le dédoublement des classes de
CP et de CE1 dans les quartiers défavorisés participent de cette « France de
l’émancipation », a expliqué Édouard
Philippe, sous les applaudissements. Mais
le chef de la majorité - toujours sans carte
d’adhérent LaREM - ne s’est pas attardé
sur le bilan de la première année du quinquennat et n’a pas dit un mot sur la réforme constitutionnelle. Alors qu’une partie
de sa majorité attend des « mesures sociales », il a préféré insister sur « les six
chantiers » à l’ordre du jour : la lutte
contre la pauvreté, la réforme de l’hôpital et des retraites, la meilleure prise en
compte de la dépendance des personnes
âgées, l’orientation de l’assurance-chômage vers le retour à l’emploi et la « réflexion » sur la santé au travail.
En parallèle de ce programme, les
élections européennes de mai 2019 préfigurent une « bagarre politique » face au
« populisme », selon le premier ministre.
Pendant cette campagne, les élus LaREM
pourront déployer en écho le vademecum délivré par Édouard Philippe et
structuré autour des trois piliers « Libérer, protéger, unir ».
« Piqûre de rappel »
« Cette piqûre de rappel était nécessaire,
selon le député du Rhône Bruno Bonnell.
Ce sont les fondamentaux sur lesquels nous
avons été élus. » « Back to basics »,
traduit son collègue de la Vienne, Sacha
Houlié, dans la novlangue de l’époque.
Un discours de mobilisation bienvenu
pour les députés LaREM, à l’aune de la
bataille éclair pour la succession de
Richard Ferrand.
Une dizaine de prétendants pourraient
déposer leur candidature entre mercredi,
20 heures, et jeudi, 20 heures, en vue de
le remplacer mardi prochain : le député
du Finistère devrait quitter ce mercredi
la présidence du groupe majoritaire pour
diriger l’Assemblée. En fin connaisseur
des luttes politiques, cet ancien du PS se
souvient que Tours a vu les socialistes se
déchirer en 1920, dans une scission donnant naissance au Parti communiste.
Alors, afin de prévenir toute guerre des
ego, il a tenu à insister, avant l’intervention du premier ministre : « Nous restons
unis sur le sens de ce que nous portons et
sur la méthode que nous partageons. »
Pour que les Marcheurs de 2018 ne ressemblent pas aux socialistes de 1920. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mercredi 12 septembre 2018
INTERNATIONAL
7
Parly plaide pour l’« autonomie stratégique » européenne
À l’université de la défense, la ministre des Armées a veillé à réaffirmer le rôle de « pilier » de l’Otan pour la sécurité transatlantique.
ALAIN BARLUET £@abarluet
DÉFENSE La défense européenne auraitelle enfin trouvé son mantra pour devenir
réalité ? L’« autonomie stratégique », telle
est la formule invoquée tout au long des
travaux de l’université d’été de la défense
(UED), et en faveur de laquelle a plaidé
Florence Parly. « Le doute s’est installé :
pourrons-nous toujours compter, en tous
lieux et en toutes circonstances, sur un soutien américain ? » s’est interrogée la ministre des Armées dans son discours de
clôture, mardi à l’École militaire. « Nous
devons compter sur nous-mêmes, réagir,
bâtir une Europe qui protège », bâtir une
autonomie stratégique européenne, a-telle ajouté. L’invocation n’est pas tout à
fait nouvelle. Mais elle s’inscrit dans un
contexte jugé propice à une prise de
conscience, dominé par le vent mauvais
venu de l’Administration Trump, le
Brexit, l’effondrement du multilatéralisme. La confrontation russo-américaine, le glissement stratégique vers l’est
du monde, l’obsession chinoise de
Washington font redouter que l’Europe
puisse faire les frais d’un choc de ces
titans.
« L’objectif est clair : parvenir à construire une autonomie stratégique européenne »,
a lui aussi déclaré le chef d’état-major des
armées, le général François Lecointre, jugeant ce projet « urgent ». Trois mécanismes concrets ont été lancés ces derniers
mois : la coopération structurée permanente - pour réaliser des programmes
d’équipements - un Fonds européen de
défense (13 milliards d’euros) et l’initiative
européenne d’intervention (IEI), voulue
par Emmanuel Macron et destinée à créer
une culture stratégique commune. Les
chefs militaires des neuf pays membres de
l’IEI (dont la Grande-Bretagne) se réuniront en novembre à Paris pour plancher
sur des scénarios opérationnels concrets.
Si l’« autonomie stratégique » est dési-
gnée comme la pierre angulaire d’une relance de la défense européenne, cette notion multifacette reste à définir. Les
différents acteurs, politiques, militaires,
industriels ont chacun leur avis sur la
question. Certains, dans l’est de l’Europe,
sont plus que réticents. Des craintes exprimées, sans surprise, par plusieurs parlementaires, baltes notamment, invités
aux UED. Leur argument n’est pas : lorsque l’ours russe sortira ses griffes, seule
l’Otan pourra lui apporter une réponse
crédible. À Paris, on est bien conscient
que la moindre perception, par les pays
est-européens, d’une remise en cause de
l’Alliance atlantique serait préjudiciable
au projet européen. « L’Otan reste et restera le pilier de la sécurité transatlantique »,
a bien pris la peine de souligner Florence
Parly. « Ensemble, ce n’est pas les autres
avec nous mais cela suppose de trouver une
vision commune », a estimé pour sa part le
général Lecointre.
À sa façon, l’Allemagne a appuyé la
perspective d’une « Europe souveraine »
par la voix de sa ministre de la Défense,
Ursula von der Leyen, présente dimanche
au dîner d’ouverture des UED. « Nous
nous sommes fixé l’objectif de rester transatlantiques et en même temps de devenir
plus Européens », a dit la ministre allemande. ■
À Strasbourg,
Viktor Orban
ne lâche rien
et charge Berlin
« Je n’accepterai pas que les forces pro-immigration nous menacent, fassent un chantage et calomnient la Hongrie sur la base de
fausses accusations », a-t-il lancé. Applaudi à de nombreuses reprises par les
eurodéputés d’extrême droite, Viktor Orban n’a eu de cesse de charger l’Europe
des « pro-migrations ».
Manifestement, Budapest s’inquiète des
résultats du vote programmé mercredi
matin. Plus encore depuis que le chancelier fédéral d’Autriche, Sebastian Kurz,
pourtant allié du premier ministre hongrois, a recommandé lundi soir aux
conservateurs autrichiens de voter en faveur de la résolution.
« Nous ne sommes pas naïfs »
ANNE ROVAN £@AnneRovan
ENVOYÉE SPÉCIALE À STRASBOURG
EUROPE Le Grec Alexis Tsipras n’a eu droit
qu’à un Hémicycle clairsemé mardi matin
pour son discours sur l’avenir de l’Europe,
suivi de plus de deux heures de débat. Viktor Orban, lui, l’a largement rempli
l’après-midi, plongeant la plénière de
Strasbourg dans une effervescence inédite.
Le premier ministre hongrois n’avait
pourtant que six minutes de temps de parole. Une décision prise la semaine dernière par les présidents de groupe du Parlement européen, lassés de voir l’homme
fort de Budapest s’inviter si souvent. Six
minutes seulement pour défendre son
exercice du pouvoir et convaincre les
eurodéputés de voter mercredi contre une
résolution en faveur du déclenchement de
l’article 7 du Traité européen, qui, mené à
son terme, priverait la Hongrie de ses
droits de vote au sein de l’Union en raison
de « risque de violation grave de ses valeurs ». « Il n’est jamais aussi bon que sous
la pression », assurait-on lundi à Bruxelles,
dans les rangs des équipes hongroises où
l’on s’évertuait à expliquer que si la Hongrie était attaquée de la sorte, c’était avant
tout en raison de ses positions sur l’immigration illégale.
En réalité, Viktor Orban n’a pas été si
convaincant que les fois précédentes. Estce parce qu’il redoutait que le vent ne tourne au sein du Parti populaire européen
(PPE), qui abrite son parti ? « Cela fait vingt
ans que je le connais. Et là, il était dans ses
petits souliers », confie l’eurodéputé Alain
Lamassoure, membre du PPE. Arrivé avec
près d’un quart d’heure de retard dans
l’Hémicycle, entouré d’une garde rapprochée très étoffée, le dirigeant hongrois s’est
d’abord fait rabrouer par l’eurodéputée
Judith Sargentini (Verts), qui mène le
combat contre lui. « La Commission européenne n’est pas la seule gardienne du Traité
européen. Nous tous et nous toutes sommes
les gardiens du traité », a-t-elle ensuite
lancé aux eurodéputés, accusant la Commission et le Conseil de n’avoir rien fait.
Puis, Viktor Orban, levant la tête ou
prenant des notes, a été contraint d’écouter durant de longues minutes les rapporteurs de plusieurs commissions du Parlement développer les manquements et
violations de la Hongrie. Il a tour à tour été
question des droits des femmes non respectés, de la liberté de la presse bafouée,
des lieux de culte fréquentables ou non,
des marchés publics non conformes et de
la corruption galopante, des demandeurs
d’asile refoulés auxquels la nourriture est
refusée, des ONG et des universités as-
DFREDERICK FLORIN/AFP
Le premier ministre hongrois a plaidé
sa cause, mardi, devant le Parlement
européen, qui pourrait le sanctionner.
Lors de son discours, hier, au Parlement européen à Strasbourg, Viktor Orban,
premier ministre hongrois, n’a eu de cesse de charger l’Europe des « pro-migrations ».
phyxiées, etc. Le premier ministre hongrois a ensuite pris la parole. « Je sais que
vous vous êtes déjà fait une opinion […]. Je
suis devant vous parce que vous n’allez pas
condamner un gouvernement, mais vous allez condamner un pays et un peuple », a-t-il
déclaré avant de convoquer les grandes
heures de son pays, le soulèvement de Budapest contre l’armée soviétique et le vote
des Hongrois en sa faveur.
Orban n’a pas l’intention de céder au
« chantage ». Du reste, il n’a rien lâché.
Au sein du PPE, les eurodéputés sont également très divisés. Alors que le président
du PPE, Manfred Weber, devait tenir une
conférence de presse mardi soir, le président du groupe, Joseph Daul, a mis en garde Viktor Orban dans l’après-midi :
« L’Union européenne est basée sur la liberté, la démocratie, l’égalité, la liberté académique, l’État de droit, le respect des droits
de l’homme et une société civile libre. Ce sont
des valeurs inviolables. Le PPE ne fera
aucun compromis, quelles que soient les appartenances politiques. » Les Hongrois
multiplient depuis le début de la semaine
les rencontres off et les envois de communiqués à la presse. Orban lui-même a
convoqué une conférence de presse mardi
après midi à Strasbourg. Une demi-heure
- de plus ! - durant laquelle il a encore
plaidé sa cause. Et pointé cette fois la responsabilité des Allemands, qui pèsent
lourd au sein du PPE. « Nous ne sommes
pas naïfs », a-t-il souligné. « La décision a
été prise ailleurs », a-t-il ajouté en citant
« Berlin ». Bref, en visant directement sans
la nommer la chancelière allemande, Angela Merkel. La CSU, alliée de la CDU, est,
il est vrai, face à un choix stratégique :
continuer à se droitiser ou se recentrer
pour récupérer l’électorat parti chez les
Verts allemands.
Orban, lui, continue de marteler qu’il
souhaite rester au PPE. Et, mardi, il a mis
en garde : « Si le PPE fait une coalition avec
les socialistes, les libéraux et Macron, alors
les migrants vont inonder le continent. »
Pour l’heure, le premier ministre hongrois
reste suspendu au vote des eurodéputés
prévu ce mercredi en fin de matinée. ■
À Barcelone, les indépendantistes investissent la rue
MATHIEU DE TAILLAC £@mdetaillac
ENVOYÉ SPÉCIAL À BARCELONE
ESPAGNE La marée indépendantiste était
au rendez-vous. Une année de plus, les
partisans de la sécession catalane ont démontré leur capacité à organiser l’une des
manifestations les plus massives d’Europe, sans incidents, ni tensions particulières. L’avenue Diagonal, qui traverse tout
le centre moderne de Barcelone, débordait de monde mardi après-midi. Le clou
du spectacle, à 17 h 14 comme c’est l’habitude (en souvenir du 11 septembre 1714,
qui marque la chute de Barcelone face aux
troupes des Bourbons), consistait cette
année en un son.
Du nord-est au sud-ouest de la capitale
catalane, le silence sépulcral était rompu
mètre après mètre par les cris des manifestants, suivant l’axe de la Diagonal. Le
slogan « Independencia ! » devenait une
longue vague sonore. Comme une « ola »
dans un stade de football, mais avec des
centaines de milliers de participants - un
million, selon la police municipale - et sur
plus de 6 km de long, pour symboliser « la
force des gens ». Au terme de son parcours, les pans d’un mur en toile sont
tombés, « une référence aux obstacles surmontés et qui restent à surmonter », indiquent les explications officielles de l’organisation.
Côté images, dont les indépendantistes
sont d’excellents pourvoyeurs, outre le
sang et l’or du drapeau catalan, le paysage
était dominé par le rose. La couleur des Tshirts officiels vendus 15 euros par l’Assemblea nacional catalana (ANC), la grande
association
organisatrice
de
l’événement. « Couleur corail », officiellement, en souvenir des brides qui refermaient les urnes lors du référendum unilatéral du 1er octobre 2017. Le corail des
brides plutôt que le jaune de la solidarité
avec les responsables politiques placés en
détention provisoire, la couleur que revêtent depuis des mois les indépendantistes.
« Nous avons évité le jaune, car pour notre
fête nationale nous voulions mettre l’accent
sur notre ambition de faire effective la Ré-
publique catalane, expliquait Elisenda Paluzie, la présidente de l’ANC, une semaine
avant la tenue de la Diada. La solidarité
avec les prisonniers s’exprimera lors
d’autres mobilisations. »
La Diada 2018 marque le point de départ
d’un calendrier politique intense en Catalogne : les premiers anniversaires du référendum du 1er octobre, de la déclaration
“
Nous pensions
que cette année ce serait
une célébration, mais
en réalité c’est un moment
un peu triste
”
CARME, UNE INDÉPENDANTISTE
d’indépendance du 27 et des arrestations
des dirigeants prépareront le terrain avant
le début des procès des responsables politiques, accusés de sédition et de rébellion,
des délits passibles de 30 ans de prison.
Cette année, la motivation était donc
double pour les participants. « On est là
pour deux choses, explique Carme, la cinquantaine, venue avec ses amis Victoria,
Xavier et Carme. D’abord pour instituer la
République qui a été déclarée l’an dernier.
Mais aussi pour revendiquer la libération
des prisonniers, qui n’ont commis aucun
délit et sont enfermés de manière injuste »,
accuse-t-elle. « Nous pensions que cette
année ce serait une célébration, mais en
réalité c’est un moment un peu triste »,
reconnaît-elle. Quelle opinion ont-ils des
dirigeants politiques du mouvement, qui
après avoir proclamé l’indépendance le
27 octobre se sont avérés incapables de
mettre en place la moindre mesure tangible pour transformer la République proclamée en une réalité concrète ? « Je crois
qu’eux-mêmes ne savent pas quelle stratégie suivre, répond Victoria. Il faut que l’on
fasse preuve de patience. L’an dernier,
j’étais très optimiste. À présent, je ne sais
pas combien de temps il faudra attendre.
Mais nous, en tout cas, nous répondrons
présents ! »
On peine à imaginer que les mêmes
causes - des manifestations massives et
pacifiques - produisent des effets différents à ceux observés depuis le début de la
fièvre indépendantiste il y a six ans - le refus de Madrid d’un référendum d’autodétermination et la relative indifférence de
la communauté internationale. Interrogé
sur sa feuille de route lors d’une rencontre
avec la presse internationale, le président
régional, l’indépendantiste Quim Torra, a
affirmé vouloir « aller de la restitution à la
Constitution ». Il considère, qu’après la
suspension de l’autonomie catalane décidée par Madrid le soir de la déclaration
d’indépendance, « le cycle de la récupération des institutions est achevé. Nous préparons à présent un processus constituant,
que nous réaliserons grâce à l’institution
d’un grand forum civique et social ».
Chez la famille Planella, arrivée en
nombre d’Olot, au nord de la Catalogne, le
quinquagénaire désigné porte-parole insiste sur le facteur international : « Je pense que l’Europe finira par faire pression sur
Madrid. Et pour cela, il est fondamental que
l’Europe voit que l’on continue à investir la
rue. » ■
A
Un an après l’échec de leur tentative de sécession, un million de personnes ont manifesté mardi pour la « fête nationale » catalane.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 12 septembre 2018 LE FIGARO
8
INTERNATIONAL
Naruhito,
prince tardif
et empereur
précoce
RÉGIS ARNAUD £
TOKYO
JAPON « Le prince japonais veut visiter les égouts. » Nous sommes en septembre 1991 et la France reçoit
Naruhito, l’héritier de la dynastie
Yamato, la plus vieille lignée impériale du monde. À l’Élysée on se fait répéter deux fois le désir souverain. Il
n’a pas demandé à visiter le jardin de
Monet, le Musée Rodin ou le Louvre ?
Non : il voudrait arpenter les basfonds de Paris.
Pourquoi ? « Parce qu’il a été ému,
jeune, à la lecture des Misérables, par
la fuite de Jean Valjean portant sur ses
épaules son futur gendre Marius », se
souvient un des organisateurs de la
visite. On dit Naruhito passionné par
les voies depuis que, enfant, il avait
découvert une ancienne route sur le
territoire du palais impérial à Tokyo.
Il a étudié les canalisations lors de ses
études à Oxford. Voies terrestres,
voies d’eau, voies souterraines :
autant de lignes de fuite. « J’ai mené
une vie dans laquelle j’ai eu peu de
chances de sortir librement, et les routes sont pour ainsi dire un pont vers le
monde inconnu », a-t-il confié un jour
à un biographe.
Le 1er mai prochain, premier jour de
la nouvelle année japonaise, Naruhito
deviendra le 126e empereur de l’Archipel. Pour l’occasion le pays passera
de l’ère Heisei à une autre dont le nom
est encore indéterminé. Les Japonais
vont enfin voir cet homme, dont ils
suivent les premiers pas depuis cinquante-neuf ans, exercer l’étrange
fonction d’empereur du Japon : empereur d’un unique pays, dont le pouvoir n’est que symbolique puisqu’il
n’a pas le droit d’exprimer une opinion, et dont le train de vie est d’une
Le prince Naruhito lors d’une cérémonie aux Invalides, hier, à Paris.
frugalité à faire rougir un noble européen. Naruhito assiste aux spectacles
principe. Rarissimes sont ceux qui, au
Une autre inconnue, personnelle
de fin d’année de sa fille à l’école et
Japon, la contestent encore, comme
celle-ci, pèse sur Naruhito : son époutermine son assiette à la fin des repas.
ce philosophe japonais : « On ne peut
se, la princesse Masako. Après de
« Pour l’instant, il se débrouille bien. Il
pas avoir deux figures légitimes, l’emmultiples demandes en mariage, cette
est à l’aise dans tous les milieux. Même
pereur et le premier ministre, à la tête
jeune et brillante diplomate avait fini
quand il a un peu bu, il se tient droit »,
du pays. C’est insensé ! » Mais cette
par céder à ses avances. Mais elle n’a
commente un ancien haut fonctionapprobation de paravent masque mal
pu résister à l’extraordinaire pression
naire de la Maison impériale.
le chaos qui agite la Maison impériale,
publique qui a entouré cette union, en
Que pense-t-il ? Son père, Akihito,
petit monde de 3,4 kilomètres carrés
particulier le souhait – non exaucé –
né en 1933, avait été façonné par la
autosuffisant, « centre vide » de Tode donner un héritier au prince. Maguerre et a conservé au cœur les
kyo comme l’appelait Roland Barthes.
sako vit depuis des années
valeurs libérales de la
La lignée impériale est en danger
recluse, enfermée dans son
Constitution pacifiste de
d’extinction. Seul un héritier mâle,
propre palais, en dépression
1947. « MacArthur a fait
neveu de Naruhito, assure pour
plus ou moins permanente,
exécuter
le
premier
l’instant la descendance. Il y a bien
protégée en paroles par Naministre Tojo le jour de
des filles mais l’extrême droite, en
ruhito à la moindre attaque.
l’anniversaire des 15 ans
particulier Shinzo Abe, veille sur le
Malgré son arrivée tardid’Akihito. Peut-être pour
caractère patrilinéaire de la succesinscrire dans sa mémoire Naruhito va devenir ve, à 59 ans, sur le trône,
sion impériale, interdisant les impéà jamais la blessure du l’héritier de la dynastie c’est un couronnement prératrices. La question agitera à l’avemilitarisme », spécule un Yamato, la plus vieille maturé pour Naruhito. Il
nir les membres de la famille
aurait
dû
devenir
empereur
ancien haut fonctionnailignée impériale
impériale. « Tous les parents veulent
à la mort de son père. Mais
re de la Maison impériale.
du monde
que leur enfant soit empereur »,
ce dernier, sentant ses forNaruhito, lui, est un
plaisante un ancien membre de la
ces le trahir, a dérogé à la
enfant de l’après-guerre.
Maison impériale.
tradition et s’est révolté contre le preComme le premier ministre actuel,
Le voyage en France qui lui permet
mier ministre, qui aurait préféré qu’il
Shinzo Abe. Mais si ce dernier veut
de rencontrer Emmanuel Macron ce
meure en poste, en organisant son abdétruire les valeurs implantées au Jajour représente les dernières grandes
dication. Ainsi Akihito pourra-t-il, de
pon sous l’occupation américaine,
vacances de Naruhito. À son retour, il
toute son énergie, guider son fils dans
Akihito a tout fait pour les préserver
se préparera enfin à exercer ses foncles premiers pas de sa fonction. Il en
et il en a sans doute confié à son fils,
tions. Contrairement à ce forçat de
aura besoin.
dans le secret de leurs conversations,
Jean Valjean dont la cavale l’avait
À l’extérieur, la pérennité de la
l’usufruit. Reste à voir comment Naému, de toutes les routes qu’il emMaison impériale est assurée. Même
ruhito saura préserver le cadre
pruntera, celle de l’évasion lui est
les communistes, dernier quarteron à
constitutionnel démocratique qui, pafermée. ■
exiger son abolition, ont accepté son
radoxalement, restreint sa fonction.
126
e
empereur
PHILIPPE WOJAZER/REUTERS
Emmanuel Macron recevra, mercredi
au château de Versailles, le futur empereur
du Japon, qui succédera à Akihito le 1er mai.
EN BREF
Série d’attentats meurtriers
en Afghanistan
Une série d’attentats a frappé
mardi l’est de l’Afghanistan,
faisant au moins 33 morts près de
la frontière pakistanaise et devant
une école de filles. L’attentat
le plus meurtrier s’est produit
lorsqu’un kamikaze a fait exploser
sa charge dans une foule de
manifestants, à environ 70 km de
Jalalabad. Aucun groupe insurgé
n’a revendiqué ces attaques dans
l’immédiat, dans cette région où
Daech et les talibans sont actifs.
Libye : une centaine de morts
dans deux naufrages
Plus de 100 personnes, dont au
moins une vingtaine d’enfants,
ont péri dans le naufrage de deux
bateaux au large de la Libye début
septembre. Selon les témoignages
recueillis par le personnel de MSF,
les deux pneumatiques avaient
quitté les côtes libyennes
le 1er septembre, avec chacun
à leur bord 160 personnes,
dont des Soudanais, des Maliens,
des Nigérians, des Camerounais,
des Ghanéens, des Libyens,
des Algériens et des Égyptiens.
Brésil : Lula passe la main à l’issue d’une folle semaine
Imprévisible et pleine de rebondissements, la campagne pour l’élection présidentielle a pris des allures d’une « telenovela ».
des positions trop conciliantes. Sa personnalité est aussi critiquée : issu de la
classe moyenne, professeur à la prestigieuse université de Sao Paulo, il serait
trop « intellectuel » et manquerait
d’empathie avec le peuple. Bref, l’opposé de Lula.
Un sondage DataFolha publié lundi lui
donne toutefois des raisons d’espérer. Il
est celui qui progresse le plus et a presque rejoint Ciro Gomes (centre gauche),
Marina Silva (écologiste) et Geraldo
MICHEL LECLERCQ £@mgmleclercq
A
RIO DE JANEIRO
BRÉSIL En quelques jours, la campagne
présidentielle au Brésil a pris une folle
tournure qui laisse les électeurs déboussolés à un peu plus de trois semaines du premier tour. Mardi Luiz Inacio
Lula da Silva, en prison et inéligible,
devait finalement annoncer qu’il renonçait à se présenter à la présidence et
qu’il passait la main à son colistier,
Fernando Haddad.
Cinq jours plus tôt, le candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro avait été
victime d’une attaque au couteau qui
aurait pu lui coûter la vie. Grand favori
du premier tour sans Lula, il rêve désormais d’être élu depuis son lit d’hôpital et sans faire campagne.
Après une longue bataille judiciaire
devant tous les tribunaux du pays et
jusqu’à l’ONU, l’homme qui incarne la
gauche au Brésil depuis des décennies a
rendu les armes. La justice avait fixé au
11 septembre la date limite donnée au
Parti des travailleurs, le parti fondé par
Lula il y a près de quarante ans, pour
changer de candidat après que l’exprésident avait été déclaré inéligible en
raison de sa condamnation en appel
pour corruption. Jusqu’à la dernière
heure mardi, Lula a tenté de repousser
cette échéance. En vain.
Le passage de témoin et de génération
entre l’ex-leader syndical de 72 ans et
l’ancien maire de Sao Paulo de 55 ans
devait être officialisé lors d’un grand
rassemblement devant le siège de la police fédérale à Curitiba, dans le sud du
pays. À quelques dizaines de mètres de
la cellule où Lula purge une peine de
“
Voter Haddad,
c’est voter Lula
”
DANS LES PREMIERS PROGRAMMES
ÉLECTORAUX DU PT À LA TÉLÉVISION
Manifestation de soutien à l’ancien président Lula, en prison et inéligible, hier,
devant le siège de la police fédérale à Curitiba, dans le sud du pays. NELSON ALMEIDA/AFP
douze ans de prison pour corruption
passive et blanchiment d’argent,
condamné dans le cadre de la tentaculaire opération mains propres dite du
« Lava Jato » (lavage express).
Selon le site 247, proche du PT, le
meeting prévu dans l’après-midi devait
également confirmer la jeune dirigeante
d’extrême gauche Manuela d’Avila
comme la colistière de Fernando
Haddad.
Pour nombre de Brésiliens, le meeting de Curitiba tourne une page de
l’histoire récente du pays : selon le mot
d’un journaliste, l’homme qui a été cinq
fois candidat à la présidence – et a gagné deux fois – est aussi inséparable des
élections que « le riz et les haricots », le
plat quasi unique de la population pau-
vre. Il ne pourrait se représenter
qu’en… 2038, à l’âge de 93 ans, à moins
que sa condamnation ne soit annulée.
En raison de la stratégie jusqu’auboutiste de Lula, Fernando Haddad a
peu de temps - le premier tour du
scrutin a lieu le 7 octobre et le second le
28 - pour convaincre les électeurs que
« voter Haddad, c’est voter Lula », un
message martelé dans les premiers
programmes électoraux du PT à la
télévision.
La transformation ne sera pas aisée,
l’ancien ministre de l’Éducation de Lula
étant quasiment inconnu des Brésiliens,
y compris dans la région déshéritée du
Nordeste, fief électoral de l’ex-président. Il est contesté au sein même du
PT, où les plus radicaux lui reprochent
Alckmin (centre droit). Ciro Gomes se
pose désormais en sérieux outsider pour
recueillir les voix orphelines de Lula et
sera à gauche le principal concurrent de
Haddad. Marina Silva, une écologiste
intègre et évangéliste, est en chute libre.
Pour sa troisième tentative, elle n’incarne plus la nouveauté et n’a pas réussi
à dissiper les doutes sur sa stature présidentielle. Quant à Geraldo Alckmin, le
candidat de l’establishment, surnommé
le « picolé de chuchu » (une glace insipide), son encéphalogramme électoral
reste désespérément plat d’un sondage
à l’autre en dépit d’un temps d’antenne
à la télévision sans égal.
Jair Bolsonaro est le leader incontesté
des intentions de vote dans cette première étude publiée depuis l’attaque
dont il a été victime. Il progresse de
deux points, à 24 %, soit le double de
ses poursuivants, mais il n’y a pas eu de
vague pro-Bolsonaro.
Le taux de rejet du député de Rio reste
en effet très fort, en particulier chez les
femmes et les catégories les plus populaires. « La première leçon (du sondage)
est que l’attentat n’a pas eu l’effet prévu
sur la chute de son rejet. Au contraire, il a
même augmenté. Si, dans un premier
temps, une hausse de l’empathie pour la
victime était attendue, nous avons vu que
la surexposition de Bolsonaro et de ses
proches dans les informations n’a pas
permis de renverser cette tendance », a
estimé Michael Mohallem, politologue à
la Fondation Getulio Vargas.
L’ancien militaire récupère maintenant de ses graves blessures à l’abdomen dans un hôpital de Sao Paulo. Et a
confié à ses fils et à son colistier, le
général à la retraite Hamilton Mourao le
soin de faire campagne sur le terrain en
son nom.
« Ils viennent d’élire mon père »,
s’était exclamé immédiatement après
l’attentat son fils Flavio. Ses partisans le
voyaient même élu dès le premier tour.
Les images de l’attaque, commise par
un ancien militant d’extrême gauche
aux motivations encore obscures, ont
certes ému les Brésiliens, choqués par
l’irruption de la violence dans la
campagne.
Mais le candidat d’extrême droite
continue à attiser le feu : une photo le
montre sur son lit d’hôpital mimant,
avec ses doigts, le geste de tirer. Une
manière pour ce partisan du port d’armes de montrer sa détermination. Ciro
Gomes a été le premier à rompre la trêve : « il a été blessé au ventre mais n’a
rien changé dans sa tête », a-t-il lancé.
Dès aujourd’hui, les autres candidats
devaient lui emboîter le pas. Une semaine après l’attentat, la lutte électorale était relancée. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mercredi 12 septembre 2018
SOCIÉTÉ
9
Les directeurs, ces mal-aimés de l’école
Selon un rapport de l’OCDE, ils sont moins valorisés en France que dans les autres pays développés.
SALAIRE ANNUEL MOYEN EN FRANCE
En dollars
VARIATION DES SALAIRES ENTRE ENSEIGNANTS ET CHEFS D'ÉTABLISSEMENT En %
Enseignants
PRIMAIRE
COLLÈGE
Moyenne OCDE
Moyenne OCDE
112,1 %
Chefs d'établissement
68 517
68517
Angleterre
81,8 %
Israël
76 %
Écoles
primaires
Portugal
44,2 %
44294
Chili
40,9 %
Collèges
Lycées
109,7 %
En primaire,
le chef
d'établissement
ne gagne que
6,6 % de plus
qu'un enseignant.
143,6 %
66,5 %
75,5 %
États-Unis
44,8 %
49 883
40 455
37 968
Salah Abdeslam, un détenu
tumultueux et agressif
Italie
83,5 %
47,3 %
44,2 %
Pays-Bas
39,4 %
40,9 %
Suède
36,5 %
40,5 %
Danemark
39 %
38,5 %
Moyenne
OCDE
36,3 %
Pologne
34,8 %
Grèce
29,5 %
Norvège
6,6 %
France
47,9 %
34,4 %
36,7 %
29,5 %
54,7 %
Infographie
Source : OCDE, Regards sur l'éducation 2018
Mission parlementaire
Même dans les collèges français, où les
chefs d’établissement sont bien lotis par
rapport à leurs collègues de maternelle et
primaire, la moitié seulement des décisions sont prises par le chef d’établissement, contre les trois quarts dans les pays
européens. Analyste à la direction de
l’éducation de l’OCDE, Éric Charbonnier
note un manque de coopération caractéristique du management à la française :
seul un chef d’établissement français sur
dix va observer ce qui se passe dans les
classes, la proportion la plus faible.
« Ailleurs, c’est un métier à part entière qui
dépasse de loin les problématiques de bud-
get et de discipline. En France, les chefs
d’établissement connaissent les évaluations de leurs élèves, mais ne savent pas
comment ces derniers se situent par rapport aux collèges avoisinants. Comment
voulez-vous qu’ils modulent les besoins en
soutien scolaire par exemple ? », observe
Éric Charbonnier. Un vrai statut et un
meilleur salaire seraient aussi, selon lui,
un moyen de répondre à la crise d’attractivité de ces responsabilités. Une nécessité, selon lui, si l’État français veut obtenir
un vrai pilotage des politiques éducatives
au niveau des établissements. Accroître la
responsabilité des chefs d’établissement
est un vecteur d’amélioration du système
éducatif d’un pays, comme l’a fait il y a
dix ans le Chili, insiste l’OCDE.
Ces chiffres font écho aux conclusions
d’une mission parlementaire sur les directeurs d’école passée inaperçue cet été.
Confrontées au « malaise général » de ces
derniers, qui « manquent de temps, de
moyens et de légitimité » pour assurer
leurs missions, les députées Cécile Rilhac
(LaREM) et Valérie Bazin-Malgras (LR)
entendent « revaloriser la fonction de directeur d’école » en créant un statut similaire à celui des chefs d’établissement du
second degré. Ce corps serait accessible
ZOOM
aux professeurs des écoles par voie de
concours ou par validation des acquis de
l’expérience.
Ces personnels bénéficieraient d’une
formation initiale « beaucoup plus solide
que l’actuelle ». Leur rémunération serait
également plus élevée. Ils disposeraient
d’une autorité hiérarchique sur les enseignants et seraient également responsables pédagogiques, « pilotes » du projet
d’école, en collaboration avec l’inspection. « Le directeur d’école doit devenir un
manager », insiste Cécile Rilhac. « C’est
une demande de nombre d’entre eux et de
certains syndicats. » ■
Insultes, menaces, agressivité…
Le terroriste Salah Abdeslam,
l’un des détenus les plus
dangereux de France fait vivre
une situation difficile
au personnel pénitentiaire.
Après deux ans d’incarcération
au quartier d’isolement
de Fleury-Mérogis, ce détenu
particulièrement surveillé
entretient des relations difficiles
avec les personnels pénitentiaires
chargés de le surveiller.
Le 7 septembre dernier, le relevé
d’incident de la plus grande
prison d’Europe rapporte que
« le TIS Abdeslam Salah a menacé
le surveillant XXX lors de la
distribution du repas, en ces
termes : “Pourquoi tu me regardes,
espèce de minus. T’es qu’un minus,
viens dans ma cellule et on va
s’expliquer. Moi, je suis musulman
et vous êtes mécréants, des chiens ;
un jour, ça va changer, vous allez
m’embrasser les pieds” ».
Des propos suffisamment graves
pour que l’établissement
ait tout à la fois averti le parquet
antiterroriste et la direction
de l’Administration pénitentiaire.
Le 28 juin, Salah Abdeslam,
seul membre encore en vie
des commandos djihadistes du
13 novembre 2015, a brièvement
comparu devant un juge
antiterroriste, pour la septième
fois depuis sa mise en examen,
il y a deux ans. Une fois de plus,
il a choisi le mutisme. Proche
du Belgo-Marocain Abdelhamid
Abaaoud, coordinateur présumé
des attentats, il est accusé
d’avoir eu un rôle important
P. G.
de logisticien.
L’ÉMISSION
EN
CLAIR
QUI REND L’ACTU
PLUS CLAIRE
YVES CALVI
PRÉSENTÉE PAR
CHAQUE SOIR À 18H30 SUR ¢
L’INFO DU VRAI c’est trois émissions en une avec
L’ACTU, L’ÉVÉNEMENT et LE MAG. Trois parties pour
encore mieux décrypter le monde.
A
ÉDUCATION Faibles salaires et responsabilités limitées. Les directeurs d’école
français sont particulièrement mal considérés en France. Dans son rapport annuel, « Regards sur l’éducation 2018 »,
l’OCDE pointe cette exception. Pour tous
les pays examinés, les salaires des directeurs d’école et des chefs d’établissement
sont beaucoup plus élevés que ceux de
leurs enseignants. Sauf en France.
Un directeur d’école maternelle ou primaire gagne 6,6 % de plus qu’un enseignant français alors que l’écart pour les
pays de l’OCDE est de 38,5 % ! Il s’agit de
la différence la plus faible des pays de
l’OCDE, alors que les chefs d’établissement des collèges et lycées ont un bénéfice
salarial équivalent à celle de la plupart des
pays. Le directeur d’école gagne ainsi
70 % de moins qu’un principal de collège,
soit l’écart le plus élevé de tous les pays de
l’OCDE (la moyenne est de 13 %). Le salaire faible des directeurs s’explique en partie par leurs « responsabilités restreintes »,
a insisté Angel Gurria, secrétaire général
de l’OCDE. Ils n’ont pas d’autorité hiérarchique sur les enseignants alors qu’ils bénéficient d’un vrai statut partout ailleurs.
De fait, en France, seules 10 % des décisions sont prises au niveau des écoles dont
seulement 2 % en autonomie totale.
En France, les chefs d'établissement à peine mieux payés que les enseignants en primaire
Crédit photo : Jeff Lanet/¢.
MARIE-ESTELLE PECH £@MariEstellPech
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mercredi 12 septembre 2018 LE FIGARO
10
SOCIÉTÉ
Le Pape : « C’est vrai, nous sommes
tous pécheurs, nous les évêques »
Sous pression avec les scandales des abus sexuels, François cherche une voie pour sortir de la crise.
« Cela fait du bien de se remémorer
cela, a commenté le Pape, en ces temps
où le Grand Accusateur [l’un des noms
donnés dans la Bible au diable, NDLR]
s’en prend aux évêques. C’est vrai, ils sont
tous, et nous sommes tous pécheurs, nous
les évêques. »
JEAN-MARIE GUÉNOIS £@jmguenois
RELIGION Plus de deux semaines après
la publication par Mgr Carlo Maria Vigano, ancien nonce apostolique aux ÉtatsUnis, d’une lettre ouverte de onze pages
accusant le pape François d’avoir couvert le comportement homosexuel de
l’ancien archevêque de Washington, le
cardinal McCarrick, avec ses séminaristes, lettre dénonçant au passage « les
réseaux homosexuels » au plus haut
niveau de l’Église, visant à « subvertir »
la doctrine catholique sur l’homosexualité, aucun démenti d’aucune sorte n’a été encore apporté sur le fond des
accusations.
Mardi, le conseil des cardinaux, le C9, a
encouragé le Pape à fournir « d’éventuels »
mais « nécessaires éclaircissements ». Le
Pape doit recevoir, à leur demande, ce
jeudi, les responsables de la conférence
épiscopale américaine, qui sont sur la
même ligne : une demande de « clarifications » publiques. Mais le 30 août, François
avait secrètement reçu au Vatican l’actuel
archevêque de Washington, le cardinal
Wuerl, directement accusé d’avoir couvert le scandale…
La longueur de ce silence officiel finit
par laisser entendre que la sortie de
Mgr Vigano « en conscience » – il a pris le
risque de rompre son obligation de réserve et va jusqu’à demander la démission
du Pape - ne serait pas totalement dénuée de fondements. D’autant que les attaques contre sa personne, qui avait
« L’Église vit son 11 Septembre »
Le pape François lors d’une messe au Palexpo de Genève, le 21 juin.
marqué la première semaine de cette affaire, s’épuisent également.
La journée romaine de mardi a ainsi
été marquée par deux déclarations très
significatives, venant l’une du pape
François, reconnaissant implicitement
la gravité du problème dénoncé par Vigano, et l’autre de Mgr Georg Gänswein,
secrétaire particulier du pape émérite
Benoît XVI, également très claire.
TONY GENTILE/REUTERS
En l’absence de déclarations officielles
sur ce dossier, les rares paroles publiques
du Pape - qui a requis le silence et la prière sur cette affaire - ou les allusions de
hauts responsables de la curie sont scrutées à la loupe. Elles donnent des indices
objectifs et utiles pour éclairer la compréhension de ce dossier très délicat dont
l’issue est incertaine. Dans son homélie
de mardi - relatée par l’Osservatore ro-
mano du jour -, le pape François, en référence à ces « mauvais moments » pour
l’Église où on « dévoile les péchés » pour
« scandaliser le peuple », a reconnu :
« C’est vrai, […] nous sommes tous pécheurs, nous les évêques. » Il venait de définir le portrait-robot de l’évêque idéal,
« un homme au milieu de son peuple, un
homme qui se sent choisi par Dieu, un
homme de prière ».
Un enfant sur deux
regarde déjà
la télévision à 18 mois
Des enfants devant
un ordinateur portable
et une tablette tactile.
WAVEBREAKMEDIAMICRO/
STOCK.ADOBE.COM
Après la polémique sur la surexposition des toutpetits aux écrans, une étude offre une première
photographie de leurs usages en France.
AGNÈS LECLAIR £@AgnesLeclair
FAMILLE Les tout-petits sont-ils surexposés aux écrans ? En 2017, le cri d’alerte
d’un médecin de PMI, Anne-Lise Ducanda, a lancé une controverse qui n’est
toujours pas éteinte. Mardi, la présentation de la première étude des usages des
écrans, portant sur 13 334 enfants de
2 ans, permet de faire le point en France.
Cette enquête a été effectuée dans le cadre de l’étude longitudinale Elfe qui suit
une large cohorte d’enfants nés en 2011.
Elle pointe que la préconisation « pas
d’écrans avant 3 ans » est loin d’être suivie. À 2 ans, deux tiers des enfants regardent la télévision quotidiennement. À
18 mois, un enfant sur deux est déjà devenu un jeune spectateur du petit écran.
La durée de visionnage reste cependant
limitée à moins de trente minutes par
jour en semaine pour les bambins de
2 ans. « Seuls 8 % des enfants de cet âge
regardent plus de deux heures par jour un
écran », relève l’auteur de l’étude, Jonathan Bernard, chercheur à l’Inserm.
“
Aujourd'hui, les enfants
sont tous devant
les tablettes, dans
une bulle, dès l’âge
de trois ou quatre mois
SYLVIE DIEU OSIKA, PÉDIATRE
”
Si la console de jeux vidéo ne fait pas
encore partie de leur vie, certains commencent déjà à se familiariser aussi avec
les nouvelles technologies.
À 2 ans, près de 20 % des tout-petits
utilisent par exemple une tablette tous
les jours ou toutes les semaines. Enfin, un
Un « Grand Accusateur qui cherche à dévoiler les péchés, pour qu’ils se voient et
pour scandaliser le peuple », allusion directe à la crise actuelle. Il a recommandé
à nouveau « la prière » pour traverser
« ce mauvais moment ». Autre point
d’appui de l’évêque en période troublée :
« l’humilité » en étant au plus près de
« son peuple » car « l’évêque fidèle » ne
vise pas « une vie aristocratique » ni « la
possibilité d’avancer pour monter encore ». Ainsi l’évêque « ne va pas chercher
refuge chez les puissants, chez les élites ».
Certains verront là une allusion à Vigano.
Pour sa part, Mgr Gänswein, dans une
conférence à l’assemblée italienne le
même jour, a qualifié cette crise des abus
sexuels comme suit : « L’Église vit son
11 Septembre. » Avec ses victimes de
prêtres abuseurs ou d’évêques complaisants qui sont autant « blessées gravement et mortellement ». Sans nier la réalité des problèmes, il a repris les mots de
Benoît XVI - qu’il assiste en permanence - prononcés en 2010 au retour de Fatima (Portugal) : « La plus grande persécution contre l’Église ne vient pas
d’ennemis extérieurs, mais naît du péché
dans l’Église. » ■
enfant de 2 ans sur dix est exposé quotidiennement au smartphone. Si ces chiffres sont moins alarmants que le constat
dressé par les médecins qui évoquent
une explosion des troubles du langage,
de l’interaction et de l’alimentation chez
les plus jeunes, ils doivent cependant
être replacés dans leur contexte. En effet,
ces données datent de 2013, avant l’arrivée massive de ces outils dans les foyers.
Autre enseignement : l’exposition aux
écrans est fortement influencée par
l’origine des parents et leur niveau
d’études. « Dans les familles où la mère a
un bac +2, un enfant sur deux regarde la
télévision tous les jours contre quatre enfants sur cinq dans celles où la mère a arrêté ses études avant le bac », explique
Jonathan Bernard. « Les enfants dont les
parents sont nés à l’étranger sont aussi
plus fortement exposés à la télévision et
aux tablettes ». La taille de la fratrie joue
également un rôle car les enfants de
familles nombreuses seraient plus
consommateurs de smartphone mais
moins de jeux vidéo.
Tous ces chiffres qui manquaient
cruellement au débat permettront de
mieux cibler les prochaines recommandations pour les parents. Des données
plus récentes, également issues de l’enquête Elfe, sont attendues par la Direction générale de la santé (DGS) avant la
fin de l’année. Le gouvernement est interpellé depuis des mois par des professionnels de la petite enfance de terrain
qui dénoncent un problème de santé publique majeur et réclament de nouvelles
campagnes de prévention adaptée à notre société ultraconnectée. « Les recommandations actuelles sont un peu floues et
viennent de plusieurs sources. Il faudrait
réfléchir à un message plus clair. Quand
on conseille aux parents de limiter les
écrans, on ne sait pas exactement de quelle limite de temps il s’agit », a conclu Jonathan Bernard.
« Aujourd’hui, les enfants ne regardent
plus la télé. Ils sont tous devant les tablettes, dans une bulle, dès l’âge de 3 ou
4 mois », a interpellé la pédiatre Sylvie
Dieu Osika, membre du Collectif surexposition écrans, lors de la présentation
de ces résultats. « Certes, j’exerce dans le
93, où il y a des difficultés sociales. Je vois
des familles étrangères qui pensent réellement que leur enfant va apprendre le français sur les écrans. Si personne ne leur dit
que ce n’est pas vrai, on va se retrouver
avec de plus en plus d’enfants en grande
difficulté. Il faut entendre les voix de terrain. » « Il ne s’agit pas d’ignorer les
messages qui viennent du terrain mais il
faut tenir compte de l’ensemble de la population », a tempéré l’auteur de l’étude,
soucieux de ne pas culpabiliser les parents qui autorisent un usage modéré des
écrans. ■
Grégory : Bolle obtient la saisine du Conseil constitutionnel
Celle qui avait accusé son beau-frère, Bernard Laroche, du meurtre du petit garçon, espère faire annuler sa garde à vue de 1984.
A
STÉPHANE DURAND-SOUFFLAND
JUSTICE La défense de Murielle Bolle,
48 ans, a marqué, mardi, un point
important : la Cour de cassation a
transmis sa question prioritaire de
constitutionnalité (QPC) au Conseil
constitutionnel, qui dispose de trois
mois pour l’examiner.
Cette QPC porte sur l’une des pierres
angulaires de la procédure concernant
l’enlèvement et l’assassinat de Grégory
Villemin, 4 ans, en octobre 1984 : la
garde à vue de Murielle Bolle, âgée de
15 ans à l’époque. Pour Me Emmanuel
Piwnica, son avocat devant la Cour de
cassation, le fait que l’adolescente ait
été entendue dans le huis clos d’une
brigade de gendarmerie sans être assistée d’un avocat, sans notification du
droit au silence, contrevient à la Déclaration des droits de l’homme de 1789 et
à l’ordonnance de 1945 sur le traitement judiciaire des affaires mettant en
cause des mineurs, « droit spécial et
protecteur ».
Certes, en 1984, la présence de
l’avocat en garde à vue n’était pas
inscrite comme aujourd’hui dans le
Code de procédure pénale français, ni
soumise au contrôle de la Convention
européenne des droits de l’homme.
Mais cette forme de rétroactivité
« n’est pas un problème car il s’agit de
droits fondamentaux », estime Me JeanPaul Teissonnière, conseil « historique » de Mme Bolle.
Enquête encalminée
Lors de cette fameuse garde à vue, qui
remonte à novembre 1984, celle-ci
avait accusé le mari de sa sœur, Bernard Laroche, d’avoir enlevé, et probablement tué, le fils de son cousin JeanMarie Villemin. Elle était alors
considérée comme un témoin du
drame. Le lendemain, face au juge
Jean-Michel Lambert, elle s’était rétractée. Le magistrat était sur le point
de rendre un non-lieu en faveur de
M. Laroche quand celui-ci avait été tué
par M. Villemin, persuadé qu’il était
l’assassin de son enfant.
Quoi qu’il en soit, la transmission de
la QPC pointe l’une des faiblesses intrinsèques de ce dossier maudit, qui
voit se succéder les maladresses depuis l’origine. Relancée en juin 2017,
l’enquête sur la mort de Grégory semble encalminée. La présidente de la
chambre de l’instruction de la cour
d’appel de Dijon a mis en examen,
outre Mme Bolle, à laquelle l’accusation
prête à présent un rôle actif dans le
crime, le grand-oncle de la petite victime et son épouse, Marcel et Jacqueline Jacob.
En mai dernier, pour des raisons de
procédure, ces mises en examen étaient
annulées par la même chambre. Les
conseils de Jean-Marie et Christine Villemin, parents de Grégory, avaient immédiatement demandé « que la chambre
de l’instruction convoque à nouveau Murielle Bolle et les époux Jacob pour leur notifier leur mise en examen, en bonne et due
forme. Le bien-fondé de ces mises en examen n’a en rien été remis en cause ». Pour
eux, la garde à vue de 1984 n’est pas un
acte indispensable pour permettre à la
justice de suivre son cours, trente-trois
ans après le crime de la Vologne.
Le juge Lambert, lui, s’est suicidé en
juillet 2017. ■
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LE FIGARO
SCIENCES
11
Prédire
les séismes
en écoutant le
bruit des vagues
L’analyse d’ondes souterraines créées par
le vent et les vagues permet d’échographier
en profondeur la croûte terrestre.
200 km
MAGALI REINERT
SAN JACINTO (CALIFORNIE)
OREGON
IDAHO
Faille
San Francisco
Sacramento
ndre
an A
de S
NEVADA
IKLUFT
CALIFORNIE
as
SISMOLOGIE Prédire un tremblement de
terre en écoutant le bruit des vagues
dans le désert, l’idée peut sembler fantaisiste. C’est pourtant l’objectif de la
mission qu’a lancée cet été le sismologue
français Florent Brenguier dans le sud de
la Californie. Le chercheur de l’Institut
des sciences de la Terre, à Grenoble, et
ses homologues des universités américaines de San Diego et de Los Angeles ont
installé quatre cents capteurs sismiques
autour de la faille géologique de San Jacinto au sud-est de Los Angeles pour enregistrer le bruit de fond souterrain créé
par les vagues à 100 kilomètres de là.
Avec cette expérience inédite, les chercheurs espèrent améliorer la prédiction
des tremblements de terre.
«En enregistrant à travers la faille les
ondes créées par les vagues, nous pourrons visualiser l’activité sismique dans les
profondeurs et peut-être trouver des signaux faibles annonciateurs d’un séisme », explique Florent Brenguier.
«La faille de San Jacinto est la plus active de la région. Chaque mois, on enregistre ici plusieurs séismes de faible magnitude et on attend à tout moment un séisme
de magnitude 7,5 », raconte le sismolo-
mercredi 12 septembre 2018
San Jacinto
Vue aérienne de la faille de San Andreas, dans la plaine de Carrizo, en Californie Centrale.
Los Angeles
ARIZONA
OCÉAN
PACI F IQU E
MEX.
Infographie
gue américain Frank Vernon, les pieds
plantés à quelques mètres de la faille.
« Cette zone est la dernière à ne pas avoir
subi de grosse rupture depuis 1800. Les
pressions enregistrées dans les roches
souterraines confirment l’arrivée prochaine d’un mouvement violent de la croûte », poursuit le scientifique. Ici, comme
dans le reste de la Californie, l’activité
sismique est créée par la séparation de
ont appris à écouter le bruit
deux plaques de croûte terde fond qui parasite leurs
restre – la plaque océanique
enregistrements depuis plus
pacifique et la plaque contide 50 ans.
nentale nord-américaine –
C’est en utilisant les trasur plus de 1 000 kilomètres,
vaux d’une autre discipline,
le long de la faille principale
l’acoustique, que le sismode San Andreas.
du séisme attendu
logue Michel Campillo et
Mais la prévision des séisà tout moment
son équipe de l’université
mes reste un exercice difficien Californie
de Grenoble ont réussi au
le. Un chaînon de connaisdébut des années 2000 à resances manque entre la
trouver un signal lisible au milieu du
tectonique des plaques et le déclenchebrouhaha qui résonne dans la croûte.
ment du séisme lui-même. À plus de
L’analyse des ondes souterraines créées
10 km sous terre, sa formation reste enpar le vent, les vagues ou encore l’activicore largement méconnue. Pour connaîté des villes permet aujourd’hui d’échotre cette vie profonde, les sismologues
7,5
Magnitude
graphier la croûte terrestre à plusieurs
kilomètres de profondeur. Pour vérifier
son hypothèse, l’équipe franco-américaine doit installer les quatre cents capteurs de part et d’autre de la faille. Pendant trois jours, deux tonnes de matériel
sont déployées à dos d’homme sous des
chaleurs approchant les 40 °C. La mission est ardue pour les dix chercheurs et
étudiants mobilisés, plus habitués à traiter des données sur leur ordinateur qu’à
crapahuter dans le désert.
« On a dû réduire la distance entre les
deux sites d’enregistrement, ce qui nous
permettra de sonder à cinq kilomètres de
profondeur et non dix comme on espérait », regrette Florent Brenguier. La
faille de San Jacinto n’est en effet pas
qu’une frontière géologique. Sur son
versant sud-ouest, elle marque la limite
de la réserve indienne Cahuilla, dont
l’accès est strictement réglementé. Grâce à la diplomatie de Frank Vernon,
l’équipe a pu installer des capteurs dans
la réserve mais pas aussi loin que prévu.
« Respecter la souveraineté des nations
indiennes ne se discute pas », résume le
sismologue américain.
En un mois, l’enregistrement en
continu des capteurs va produire 1 téraoctet de données. La masse d’informations sera ensuite traitée par des
programmes informatiques, avec une
puissance de calcul nécessaire pour isoler du bruit de fond les ondes qui passent entre les deux capteurs et ainsi recréer le signal qui traverse la faille en
profondeur. Si les premiers résultats
sont concluants, le projet devrait durer
deux ans. Deux ans pendant lesquels les
chercheurs vont relever régulièrement
les enregistrements et suivre l’évolution
du signal pour voir s’il se modifie avant
l’arrivée des séismes qui secouent régulièrement la faille de San Jacinto.
L’existence de signaux faibles permettrait, à terme, de mettre en place un système d’alerte précoce des séismes dans la
région, espère Florent Brenguier. Les
grandes villes de la côte Ouest américaine sont trop proches des zones sismiques
pour pouvoir être informées au-delà de
quelques secondes avant l’arrivée d’un
tremblement de terre. Un risque permanent qui menace la majeure partie des
40 millions d’habitants de la Californie. ■
+
» La Californie promet une énergie
100 % propre en 2045 PAGE 21
Sauver la biodiversité
est un choix politique
La disparition des espèces animales et végétales
ne se produit pas faute d’informations scientifiques.
ENVIRONNEMENT « Quand je montre des
images d’élans et de bisons à mes étudiants, ils pensent immédiatement qu’il
s’agit des États-Unis. Mais c’est ce que l’on
voyait en France entre le VIIe et le Xe siècle », raconte Laurent Godet, biogéographe, chercheur CNRS au laboratoire LETG
(CNRS, Université de Nantes). En matière
de biodiversité on devient vite amnésique. Il suffit de deux ou trois générations
pour oublier complètement qu’une espèce était présente sur notre territoire.
Aujourd’hui, alors que faune et flore
disparaissent à vive allure et que l’on vit
une sixième extinction des espèces, le
chercheur et son collègue Vincent Devictor écologue, chercheur CNRS au laboratoire ISEM (CNRS, ISEM, Université de
Montpellier, IRD, EPHE) ont cherché à
savoir d’où venait cette sorte d’inertie générale face à la destruction de la biodiversité. Et si des années durant, les principales observations ont surtout concerné des
lieux ou des animaux emblématiques (forêts tropicales, gros mammifères, coraux…), l’apport des sciences participatives, avec l’implication des citoyens
depuis le début des années 2000, montre
que cette disparition concerne aussi les
espèces ordinaires, moineaux domestiques ou alouettes des champs…
« S’agit-il d’un manque de connaissances scientifiques, ou d’un défaut de solutions proposées ou encore d’une surabondance de récits pessimistes?» Pour essayer
de comprendre, les chercheurs qui publient leurs travaux dans la revue Trends
in Ecology and Evolution se sont donc penchés sur quelque 13 000 articles publiés
dans les principales revues dédiées aux
sciences de la conservation. Loin de ce
constat, le résultat de leur investigation
montre que « les principales menaces qui
pèsent sur la biodiversité sont détaillées et
connues depuis quarante ans », et elles
sont identiques partout dans le monde :
c’est la fragmentation de l’habitat, la surexploitation des ressources, les espèces
invasives et l’extinction en chaîne. À cela
s’ajoutent plus récemment les changements liés au climat et à l’usage des sols.
Des travaux produits par la communauté scientifique, les chercheurs tirent
deux conclusions principales. La première est que la très grande majorité des études ne font que confirmer que la détérioration de la biodiversité est bien réelle
partout dans le monde et qu’elle s’accélè-
“
Lorsqu ’il y a arbitrage
en tre l’écon omiqu e, le social
et l’en viron n emen t,
ce dern ier est tou jou rs
le paren t pau vre
”
LAURENT GODET, BIOGÉOGRAPHE,
CHERCHEUR AU CNRS
re. La deuxième est que les scientifiques
ne se contentent pas de relayer les mauvaises nouvelles. Il existe de nombreux
travaux qui évoquent des succès telles que
« le retour spontané des espèces» « c’est le cas du loup qui a seulement disparu pendant 70 ans après 10 000 ans de présence » - ou encore « l’efficacité de certaines mesures de protection », précise
encore Laurent Godet. « C’est parce que
les hérons et les rapaces ont été protégés à
la suite de la loi de 1976 que l’on peut encore
en voir dans nos campagnes », se félicite le
chercheur.
« Lorsqu’il y a arbitrage entre l’économique, le social et l’environnement, ce dernier est toujours le parent pauvre», regrette le spécialiste. « Nous ne devrions jamais
perdre de vue que le vivant n’a pas été créé
par et pour l’homme mais que celui-ci en
est une des composantes et que nous sommes tous interdépendants », ajoute-t-il. ■
A
MARIELLE COURT £@MarielleCourt
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mercredi 12 septembre 2018 LE FIGARO
12
SPORT
Pourquoi le sport français est en ébullition
Les points de crispation avec l’État s’accumulent sur fond de restriction budgétaire et de réforme de gouvernance.
autour de la nouvelle gouvernance du
sport », lancées après l’attribution
des JO parisiens, et d’avoir manqué
de « réaction » lors des récents épisodes de contestation, « défendant
ainsi uniquement ses intérêts ».
MARTIN COUTURIÉ £@martincouturie
OMNISPORTS Le ciel devrait être
limpide, bleu azur. Et le sport français
aux anges. Porté par les suites d’un
incroyable triplé depuis tout juste un
an. L’obtention de l’organisation des
Jeux olympiques à Paris en 2024, de la
Coupe du monde de rugby en 2023 et
le sacre mondial de l’équipe de France
de football, en Russie. Du jamais-vu
dans l’histoire, et des objectifs (pour
les deux premiers rendez-vous) à faire pâlir d’envie bon nombre de nos
voisins. Et pourtant, le sport bleu
blanc rouge est en ébullition. Remonté comme jamais, voire divisé. Les sujets qui fâchent et s’accumulent sur le
bureau de la nouvelle ministre, Roxana Maracineanu ? Gouvernance et financement.
Dernière étincelle dans un dossier
déjà explosif, la publication d’une
lettre de cadrage, envoyée le 26 juillet
à sa prédécesseur Laura Flessel, dans
laquelle Matignon demande au ministère d’« appliquer un schéma
d’emplois de moins 1 600 équivalents
temps plein au cours de la période
2018-2022 ». Après une réunion
d’urgence, lundi, le premier ministre
Edouard Philippe et l’ex-championne de natation ont tenté d’éteindre la
polémique en promettant qu’aucun
cadre technique (des agents publics
qui travaillent pour le compte d’une
fédération, d’une ligue ou d’un comité régional) « ne serait licencié » mais
que leur statut devrait « évoluer ».
La charrue avant les bœufs
Cette dernière « affaire » tombe
particulièrement mal, car elle peut, à
terme, affaiblir fortement le sport
français - et notamment les petites
fédérations qui ne disposent pas des
moyens financiers de celle du football
- dans la longue ligne droite devant le
mener, triomphant, vers les Jeux de
2024. Et elle symbolise bien le désengagement régulier de l’État dans son
financement. Alors qu’une nouvelle
baisse du budget du ministère des
Sports est annoncée pour 2019
(450 M€, soit 30 de moins qu’en
La nouvelle ministre
des Sports, Roxana
Maracineanu, répond
aux questions
des journalistes après
avoir été reçue, lundi
à Matignon, par
le premier ministre,
Édouard Philippe.
NICOLAS TAVERNIER/REA
2018), Philippe Bana, le président de
l’Association des directeurs techniques nationaux, constate froidement : « Ce budget a été tout simplement divisé par deux depuis 1981, en
passant de 0,25 % du budget national
à 0,13 %. » Et d’ajouter : « Il faut moderniser, mais nous voulons éviter que
certains jouent avec ce qu’il reste de la
peau sur les os du sport français comme si c’était de la pâte à modeler. »
S’il s’est réjoui de la nomination de
Roxana Maracineanu, qu’il a louée
pour « sa compétence et sa hauteur de
Jean-Luc Rougé : « Il faut aider les
fédérations à générer des recettes »
PROPOS RECUEILLIS PAR
CÉDRIC CALLIER ccallier@lefigaro.fr
PRÉSIDENT de la Fédération française de judo depuis 2005, celui qui
fut le premier champion du monde
de sa discipline en France, en 1975,
mène le combat pour défendre le
financement du sport.
LE FIGARO. - Êtes-vous soulagé
après l’annonce qu’il n’y aurait
aucune suppression de postes
parmi les cadres techniques ?
Jean-Luc ROUGÉ. - Pas du tout. Je
savais qu’il n’était pas possible de
supprimer le poste d’un fonctionnaire actif. Ce que j’attends de voir,
c’est comment cela va s’organiser.
Au sein de ma fédération, par
exemple, est-ce moi qui vais devoir
payer certains de mes cadres techniques si l’on me supprime des
subventions ? Vais-je devoir me
substituer au gouvernement ? Ces
cadres vont-ils être payés par les
collectivités territoriales ? Cette
annonce de la ministre a pour but
de calmer les gens, mais ceux qui
sont du métier savent qu’elle ne
veut rien dire. Aujourd’hui, ce
n’est pas suffisant.
Se dirige-t-on vers un
désengagement de l’État vis-à-vis
du financement du sport ?
Je ne pense pas que le but recherché soit un désengagement, mais
simplement de faire des économies. Pourquoi n’essaie-t-on pas
de permettre aux fédérations
d’avoir un modèle économique différent de celui en vigueur aujourd’hui ? Il faut les aider à réformer
leur système de manière à être économiquement en mesure de géné-
rer des recettes. Il faudrait éviter de
développer le sport sans licence,
aussi, pour que les Fédérations
continuent de disposer de ces recettes et puissent éventuellement
recruter des cadres techniques fédéraux en remplacement des cadres sportifs de l’État. La démarche
entamée par le gouvernement me
paraît bien cavalière, et donc peu
constructive. Il faut discuter d’un
vrai modèle économique plutôt que
d’un modèle administratif et politique. Sauf que ce n’est pas le cas.
Nous souhaitons aider l’État qui est
dans une situation difficile aussi
bien dans le domaine social
qu’économique. Nous sommes tous
solidaires, mais pas dans un système de défrichement.
Aujourd’hui, l’avenir
des fédérations passe
par le financement privé ?
Oui, et nous sommes capables de le
faire. Sauf que cela ne se fait pas en
trois minutes. Si on nous met sans
cesse la tête sous l’eau, nous ne
pouvons rien mettre en place. Ce
n’est pas avec des décisions à l’emporte-pièce qu’il est possible de
construire un bel avenir. Il faut une
vision à long terme. La Fédération
de judo, c’est 30 millions d’euros de
budget, et, récemment, nous avons
acheté des équipements sportifs qui
peuvent générer des financements.
Mais si on nous coupe les moyens,
nous allons être obligés de revendre ce que nous venons d’acheter.
ne nous entendions pas dans un
vestiaire, mais nous sommes dans
la même équipe et, sur le terrain,
nous nous entendrons pour faire
avancer les choses. Nous ferons
tout pour que le sport gagne. Et pas
uniquement le sport de haut niveau, mais le sport comme système
d’éducation complémentaire.
Êtes-vous optimiste pour l’avenir ?
Je ne suis jamais optimiste, je suis
juste réaliste. Je regarde ce qu’il se
passe et en fonction de cela, je me
positionne. J’espère pouvoir en
toucher un mot à M. Macron ce
mercredi soir à Versailles lors d’un
dîner organisé en l’honneur du futur empereur du Japon où je suis
invité. Et ce n’est pas d’aujourd’hui
que l’État veut réaliser des économies sur le dos du sport. Par le passé, on s’est déjà fait avoir, alors…
30
millions
de moins en 2019
qu’en 2018 prévus pour
le budget du ministère
des Sports
Jean-Luc Rougé :
« Ce n’est pas avec
des décisions à l’emportepièce qu’il est possible
de construire un bel
avenir. Il faut une vision
à long terme. » JACQUES
DEMARTHON/AFP FORUM
On a l’impression d’une fracture
importante entre les fédérations
et le CNOSF…
Vous savez, nous sommes des
sportifs et nous nous exprimons
parfois vivement. Il arrive que nous
Ecoutez, on est bien ensemble
A
Toute l’actualité de La Solitaire URGO Le Figaro
sur francebleu.fr
vue », Philippe Bana devait participer
mardi soir à une réunion avec plusieurs patrons de fédération organisée par Jean-Luc Rougé, à la Maison
du judo et non pas au Comité national
et sportif français. Le lieu choisi
confirme bien qu’il existe de la friture
sur la ligne entre Denis Masséglia, le
président du CNOSF, et des patrons
de « fédé » toujours aussi « inquiets » et remontés contre le désengagement de l’État. Selon nos informations, ils reprochent à Masséglia
d’avoir « privilégié les négociations
Si la création d’une « agence du
sport », regroupant l’État, le mouvement sportif, les collectivités territoriales et les entreprises, a été actée le
10 juillet dernier et présentée comme
une « grande avancée » dans le sujet
de la gouvernance, les moyens financiers dont disposera cette nouvelle
entité (devant travailler sur la haute
performance et le développement du
sport pour tous) ont rapidement
constitué un point de crispation important. Après avoir menacé de lancer une pétition pour mettre la pression sur le gouvernement, le CNOSF
l’a retirée au moment de la nomination de Roxana Maracineanu. Ce qui
n’empêche pas un spécialiste du dossier d’estimer qu’il « a mis la charrue
avant les bœufs » en ne bouclant pas
son financement en même temps que
sa création. En tout cas, après ce
changement de ministre imprévu,
Roxana Maracineanu a annoncé dans
L’Équipe qu’elle souhaitait « boucler
d’ici au 1er janvier un plan qui tienne la
route ». Il faudra donc attendre encore quelques mois avant que ne soit
lancée la rénovation d’un modèle
sportif français vieux de 60 ans sur la
route des JO de 2024 qui, eux, n’attendront pas… ■
Questions sur l’usine
à champions anglaise
FLORENTIN COLLOMP £@fcollomp
CORRESPONDANT À LONDRES
LA GRANDE-BRETAGNE est devenue une fabrique de champions
olympiques. L’apothéose a été atteinte à Rio en 2016, résultat d’une
stratégie déterminée lancée près
de vingt ans plus tôt. Il a fallu l’humiliation des JO d’Atlanta pour
que le pays prenne le taureau par
les cornes et mette sur pied une
politique sportive offensive. En
1996, les athlètes britanniques ne
rapportent des Jeux d’été américains qu’une seule médaille, classant le pays au 37e rang des nations
participantes. Le sursaut ne s’est
pas fait attendre : dès 2000 à Sydney, puis à Pékin en 2008. À Londres en 2012, le pays hôte se hisse
sur la troisième marche du podium
derrière les États-Unis et la Chine,
dépassant la Russie. Et deuxième
quatre ans plus tard à Rio, devant
la Chine, avec 27 médailles d’or.
« Sans compromis »
Nerf de la guerre : l’argent. Un an
après Atlanta, est créée UK Sport,
une structure indépendante pour
planifier les subventions sportives
sur quatre ans et maximiser les
chances de médailles olympiques.
Dans la perspective des Jeux de
Tokyo 2020, 340 millions de livres
(380 millions d’euros) sont ainsi
distribués. Les fonds proviennent
en partie de la loterie nationale, le
reste de subventions publiques.
« Le financement est un privilège et
non un droit », annonce clairement
UK Sport. Une façon de justifier
une approche élitiste « sans compromis », en faveur des sports les
plus performants, où « l’excellence
est renforcée ». C’est le cas du cyclisme, de la natation, du plongeon
ou de la voile. Les moyens sont
réévalués en fonction des performances à la précédente olympiade. Le basket, le handball, le badminton en font les frais. Le sport
amateur aussi, délaissé par cette
politique. L’objectif de Londres
2012 d’envoyer les Anglais dans les
stades et gymnases a fait long feu.
Ce système vertueux mais injuste pourrait être remis en cause. Les
fédérations de disciplines marginalisées réclament leur part du gâteau, qui lui-même est appelé à se
réduire en raison d’austérité budgétaire après les Jeux de Tokyo. UK
Sport a lancé une vaste consultation sur le financement du sport
britannique. L’obsession pour les
médailles pourrait être mise de
côté au profit de disciplines qui
promeuvent la participation populaire chère à Pierre de Coubertin. ■
EN BREF
Solitaire : suspense avant
l’arrivée de la 3e étape
Thierry Chabagny revenu
dans le rang, le suspense
se poursuivait mardi dans
les calmes du golfe
de Gascogne et bien malin qui
peut annoncer le vainqueur
de la 3e étape de Solitaire Urgo
Le Figaro dont l’arrivée est
prévue ce mercredi à SaintGilles-Croix-de-Vie. En fin
de journée, Sébastien Simon,
le leader du général, était
idéalement placé aux avantpostes et détaché devant
ses rivaux les plus proches.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 12 septembre 2018
LE CARNET DU JOUR
Les annonces sont reçues avec justification d’identité
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à l'occasion des 15 ans de la
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avec l'exposition
« 15 ans, 15 artistes »
et les œuvres de
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François-Xavier de Boissoudy,
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Galerie Guillaume
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sa sœur et son beau-frère,
leurs enfants et petits-enfants,
Marie-Jeanne et Jean Canarelli,
sa belle-sœur et son beau-frère,
leurs enfants et petits-enfants,
Paulette et Claude (†) Ferdani,
sa belle-sœur et son beau-frère,
leur fils et leurs petits-enfants,
les familles parentes et alliées
ont la tristesse
de vous annoncer le décès de
Huguette AMBROGGI
née Guillemant,
survenu à Paris,
le 9 septembre 2018,
à l'âge de 82 ans.
On se réunira au crématorium
du cimetière du Père-Lachaise,
71, rue des Rondeaux,
Paris (20e),
le lundi 17 septembre,
à 16 heures.
Ni fleurs ni couronnes,
adresser des dons pour
la recherche sur le cancer.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Marie-Claire Brédy,
son épouse,
Guillaume et Isabelle,
ses enfants,
Diane, Claire et Louis,
ses petits-enfants,
Alexandre et Antoine,
ses arrière-petits-fils,
Jacqueline Alloiteau,
sa sœur,
vous font part avec tristesse
du rappel à Dieu de
Pierre BRÉDY
ancien combattant,
croix de la Valeur militaire,
le lundi 10 septembre 2018,
à l'âge de 88 ans,
à « La Cour » d'Huberville.
La messe sera célébrée
le vendredi 14 septembre,
à 14 heures, en l'église
Saint-Nicolas-du-Chardonnet,
23, rue des Bernardins,
Paris (5e).
Thibault et Guillemette
Dailliez,
Benoît et Sophie Dailliez,
Sophie et Bruno Guérin,
Céline et Yvonnic
de Tonquédec,
Claire et Grégoire Vandeputte,
Anne-Sophie et Nicolas
Lagache,
Louis Allavoine,
Marie et Gautier Ernotte,
Raphaëlle et Jérôme Feroldi,
Pauline et Henry d'Argaignon,
Pierre Antoine Razou
et Juliette, sa fiancée,
Nicolas Razou,
Pierre-Philippe Wibaux
et Norine,
Anne-Daphné et Maël Kerbaul,
Aurélie Wibaux,
Amaury Wibaux,
ses petits-enfants,
ses 19 arrière-petits-enfants,
Bozena Gabrys,
si proche et dévouée,
l'équipe bienveillante
de la résidence Saint-Régis,
à Compiègne
et toute la famille
font part du rappel à Dieu de
Pierre ALLAVOINE
le dimanche 9 septembre 2018,
dans sa 97e année.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le vendredi 14 septembre 2018,
à 14 h 30, en l'église
Saint-Jacques, à Compiègne.
Sophie et Caroline Alloncle
ont la tristesse
de vous faire part
du décès de leur maman,
Anne ALLONCLE
survenu le 7 septembre 2018,
à l'âge de 66 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
ce mercredi 12 septembre,
à 14 h 30, en l'église
Notre-Dame-d'Emeraude,
6, place du Général-de-Gaulle,
à Dinard.
L'inhumation aura lieu
au cimetière de Dinard.
Annecy, Talloires
(Haute-Savoie).
Catherine et Bruno Elie,
Bertrand et Nicole Aubé,
Carol et Jean-François Dutter,
Christine et Yves Barbazanges,
ses enfants,
ses 16 petits-enfants,
ses 27 arrière-petits-enfants,
Monique Partoës,
François et Martina Partoës,
son frère et ses belles-sœurs,
font part du retour à Dieu,
dans l'Espérance
de la Résurrection, de
Mme Pépita AUBÉ
née Partoës,
le 10 septembre 2018,
à Annecy, à l'âge de 95 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le samedi 15 septembre,
à 10 h 30, en l'église
de Talloires.
La famille tient à exprimer
sa reconnaissance
au personnel de la Fondation
du Parmelan, à Annecy,
pour la grande qualité
de ses soins
et de son accompagnement,
et à Michèle Druart,
pour sa fidélité
et son dévouement sans faille.
pepitaaube@gmail.com
Brigitte, Pierre, Patrick (†),
Isabelle,
ses enfants, et leurs conjoints,
ses petits-enfants,
ses arrière-petits-enfants
et toute la famille
ont la tristesse
de faire part du décès de
Françoise CAPPANERA
née Delacour,
Mme Delphine
Guillet de La Brosse,
M. Ghislain
du Cos de La Hitte,
M. et Mme
Emmanuel Gaulion,
ses enfants,
Hugo et Capucine
Guillet de La Brosse,
Quiterie, Cyprien et Théodore
Gaulion,
ses petits-enfants,
ont la tristesse de faire part
du rappel à Dieu de la
vicomtesse
Patrick du COS de LA HITTE
née Marie-Claire de Catheu,
le 8 septembre 2018,
à l'âge de 79 ans, munie
des sacrements de l'Église.
La messe d'A-Dieu
sera célébrée
le samedi 15 septembre,
à 11 heures, en l'église
Notre-Dame-de-Grâcede-Passy,
10, rue de l'Annonciation,
à Paris (16e).
On nous prie d'annoncer
le décès de
L'inhumation aura lieu
à 16 h 30, au cimetière
de Moulins-la-Marche (Orne).
M. Michel CASSASSOLLES
De la part de
Mme Michel Cassassolles,
née Brigitte de La Taille,
son épouse,
M. et Mme Stéphane Maire,
M. et Mme
Ulrich von Fürstenberg,
M. et Mme Amaury Jallot,
M. et Mme
Xavier Cassassolles,
ses enfants,
Stanislas, Ombeline, Gabriel,
Gratianne, Hugues, Alice,
Maximilian, Dimitri, Antonia,
Flore, Hortense, Victor,
Colombe, Gaspard,
Pia et Octave,
ses petits-enfants,
sa sœur, ses frères,
ses belles-sœurs,
ses beaux-frères,
ses nièces et neveux.
La messe sera célébrée
le jeudi 13 septembre, à 14 h 30,
en l'église Saint-Symphorien,
à Versailles.
L'inhumation aura lieu
au cimetière de Toulon.
Anne Castelnau,
son épouse,
Le vicomte et la vicomtesse
Yann de Quengo de Tonquedec,
Mme Ghislaine Dadvisard,
M. et Mme Philippe de Buhren,
le marquis Dadvisard,
Mme Olivier Bazin,
le comte et la comtesse
Dadvisard,
le vicomte et la vicomtesse
Pierre
de Montessus de Ballore,
le baron et la baronne
Philippe
de Lassus Saint-Geniès,
le comte et la comtesse
de Guerdavid,
ses 29 petits-enfants
et leurs conjoints,
ses 47 arrière-petits-enfants
vous font part
du rappel à Dieu de la
marquise DADVISARD
née Colette de Chateaubrun,
dans sa 96e année.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le vendredi 14 septembre 2018,
à 10 h 30, en l'église
Saint-Pierre-de-Chaillot,
Paris (16e).
Une cérémonie religieuse
aura lieu en l'église de Noironte
(Doubs), le samedi
15 septembre, à 11 heures,
suivie de l'inhumation.
Éric, Hervé,
Isabelle, Marie-Laure,
ses enfants,
et leurs conjoints,
Alexandre, Nicolas, Maëlys,
Achille, Anatole, Antoine,
Côme, Clément, Cyprien,
Romain, Juliette, Martin
et Oscar,
ses 13 petits-enfants,
vous font part avec tristesse
du rappel à Dieu de
Jean-Louis CASTELNAU
chevalier
de la Légion d'honneur,
chevalier
de l'ordre national du Mérite,
le samedi 8 septembre 2018,
à l'âge de 86 ans.
La messe d'À-Dieu
sera célébrée
le vendredi 14 septembre,
à 10 h 30, en l'église
Saint-Pierre de Neuilly
(Hauts-de-Seine),
90, avenue du Roule,
suivie de l'inhumation
au cimetière d'Héricy
(Seine-et-Marne).
Brigitte Chantraine,
son épouse,
Xavier et Martha,
Stéphane et Isabelle,
ses enfants,
Diego, Basile et Ellinor,
ses petits-enfants,
Eric Chantraine,
son frère,
ses neveux et nièces
ainsi que toute la famille
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Jean-Paul CHANTRAINE
Nantes.
« Seigneur, à qui irions-nous ?
Tu as les paroles
de la Vie éternelle. »
Jean 6, 68.
Jean-Philippe DECRÉ
âgé de 86 ans,
chevalier
de la Légion d'honneur,
s'est endormi confiant
dans l'Amour de Dieu,
Père de tous les hommes,
à la suite d'une brève maladie.
De la part de
Bernadette Decré,
son épouse,
Bruno et Stéphanie Decré,
Pierre et Frédérique Decré,
Anne-Laure Decré,
Brigitte et Erick Rinner,
Bénédicte et Benoît Perier,
Jean-Baptiste et Violaine
Decré,
ses enfants,
ses nombreux petits-enfants
et arrière-petits-enfants
et toute sa famille.
La messe d'A-Dieu
sera célébrée le vendredi
14 septembre, à 14 heures,
en la basilique Saint-Nicolas
de Nantes.
Plutôt que des fleurs,
des dons en faveur de l'Arche
arche-france.org
ou de Misericordia
misericordia-international.org
Il repose à la chambre
funéraire de la clinique
Saint Augustin de Nantes.
Nous remercions les médecins
et tout le personnel
de la clinique Saint Augustin.
président-fondateur d'Asia,
L'inhumation aura lieu à
16 h 30, au cimetière d'Antony.
16, avenue Lamartine,
78170 La Celle-Saint-Cloud.
ses dix-neuf petits-enfants,
leurs époux et épouses,
ses dix-sept
arrière-petits-enfants,
sœur Jeanne de Chantal, o.s.b.,
Mme Jacques Roux de Bézieux,
ses sœur et belle-sœur,
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Mme Guy d'EPENOUX
née Françoise du Crest,
munie des sacrements
de l'Église, le 9 septembre 2018,
dans sa 83e année.
La messe d'obsèques
sera célébrée en l'église
Saint-Georges, à Lyon (5e),
le vendredi 14 septembre,
à 14 heures,
suivie de l'inhumation
dans le caveau familial
au cimetière de Loyasse,
à Lyon (5e).
Yveline et Jean-Claude Hamy,
Emmanuel et Marie-Christine
Jullien de Pommerol,
Hubert et Catherine
Jullien de Pommerol,
Aude Jullien de Pommerol,
Bertrand et Véronique
Jullien de Pommerol,
Philippe et Nathalie
Jullien de Pommerol,
Alexis et Christine
Jullien de Pommerol,
ses enfants,
Olivier et Ludivine Hamy,
Caroline et Jérôme Blanchard,
Anne-Sophie et Vincent Petit,
Bruno et Aurélie Hamy,
Charles Jullien de Pommerol,
Séverine et Nicolas Serrand,
Pierre et Blanche
Jullien de Pommerol,
Anne-Laure et Mathias
Bernard,
Soline Jullien de Pommerol,
Guillemette et Renaud Lefèvre,
Roch Jullien de Pommerol,
Arthur Jullien de Pommerol,
Alice Jullien de Pommerol,
Isaure Jullien de Pommerol,
Claire et Antoine Dalleinne,
Lucie et Julien Marti,
Marguerite et Phillip Gilliland,
Raphaëlle Colas des Francs,
Alexandre et Charlotte
Jullien de Pommerol,
Quentin Jullien de Pommerol,
Baudouin et Bérénice
Jullien de Pommerol,
Gauthier Jullien de Pommerol,
Louis-Marie
Jullien de Pommerol,
Augustin Jullien de Pommerol,
Sixtine Jullien de Pommerol,
Maximilien
Jullien de Pommerol,
Astrid Jullien de Pommerol,
Agathe Jullien de Pommerol,
Maguelone
Jullien de Pommerol,
Timothée Jullien de Pommerol,
Marie Jullien de Pommerol,
ses petits-enfants,
Jeanne, Chloé, Grégoire
et Théophile,
Romain, Nicolas et Guilhem,
Léonard et Joseph,
Paul, Juliette et Joséphine,
Victoire, Camille, Jeanne
et Maxence,
Lazare et Diane,
Charlotte, Gaspard, Arthur
et Margot,
Oscar et Sophie,
Gabriel et Faustine,
Arthus, Maxence, Alban
et Charles,
Bosco,
ses arrière-petits-enfants,
ont la tristesse de faire part
du rappel à Dieu de
Michel
JULLIEN de POMMEROL
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le vendredi 14 septembre,
à 10 heures,
en la cathédrale Saint-Louis
de Versailles,
suivie de l'inhumation
au cimetière
de Verneuil-sur-Avre (Eure).
Ni fleurs ni couronnes.
Ses enfants, petits-enfants
et arrière-petite-fille
Odile LUCIEN-BRUN
Denis et Myriam Fière,
leurs enfants et petits-enfants,
les familles Marnas, Colrat,
Confavreux, Le Guen
ont la tristesse de faire part
du décès de
M. Michel
JOCHAUD du PLESSIX
le 6 septembre 2018, à Pornic.
Bernard Fontant,
son époux,
Hugues Fontant,
Eric-Michel et Daria Fontant,
Alix et Laurent Hoyez,
ses enfants,
Paul, Aloïs, Anaïs, Amandine,
Déotille, Bérénice, Eugénie,
ses petits-enfants,
font part du rappel à Dieu de
Mme Bernard FONTANT
née Anne Teissier,
le 9 septembre 2018,
à l'âge de 84 ans,
à Poncin (Ain).
La cérémonie religieuse
sera célébrée en l'église
Saint-Martin, à Poncin,
le jeudi 13 septembre,
à 14 heures.
Elle sera suivie de l'inhumation
au cimetière de Poncin.
20, avenue du Château,
01450 Poncin.
M. et Mme
Michael Nimhauser,
son fils et sa belle-fille,
Arthur et Hortense,
ses petits-enfants,
Mme Monique Laufer,
sa compagne,
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
M. Adrien NIMHAUSER
le dimanche 9 septembre 2018,
dans sa 81e année.
Les obsèques auront lieu
le jeudi 13 septembre, à 11 h 30,
au cimetière du Montparnasse,
3, boulevard Edgar-Quinet,
Paris (14e).
Ni fleurs ni couronnes.
5 C, cour de la Métairie,
75020 Paris.
née Lallemand,
le 8 septembre 2018, munie
des sacrements de l'Église.
La famille de
Micheline SRIBER
a la douleur
de faire part de son décès,
le jeudi 6 septembre 2018,
à l'âge de 98 ans.
Les obsèques auront lieu
le samedi 15 septembre,
à 11 heures, dans l'intimité,
au cimetière du Montparnasse,
3, boulevard Edgar-Quinet,
Paris (14e).
7, rue Ruhmkorff,
75017 Paris.
Le Chesnay (Yvelines).
Tracy-sur-Mer,
Arromanches-les-Bains
(Calvados).
Patrick, Thierry, Philippe,
Catherine, Arnaud, Bruno,
Pascale, Laurence, François,
ses enfants,
Isabelle, Carole, Magali,
Valérie, David,
leurs conjoints,
Anaïs, Clément, Louis, Bastien,
Thomas, Tiago, Amélie,
ses petits-enfants, et Olivia,
Martin, Félix,
ses arrière-petits-fils,
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Mme Joany VAYSSETTE
née Janine Bonneau,
survenu à Bayeux,
le 10 septembre 2018,
dans sa 96e année.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le vendredi 14 septembre,
à 10 heures, en l'église
d'Arromanches-les-Bains,
suivie de l'inhumation
au cimetière d'Arromanches.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Famille Vayssette,
19, rue Georges-Clemenceau,
78000 Versailles.
Chantal Orcel,
née Richaud, son épouse,
Bruno et Catherine Orcel,
Albin Richaud
et Hélène Dupuis,
ses frère, beau-frère
et belles-sœurs,
ainsi que toute leur famille
La Fondation de France
ont le regret
de vous annoncer le décès de
exprime toute
sa reconnaissance à
Jean-Pierre ORCEL
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le vendredi 14 septembre 2018,
à 14 h 30, en l'église
Notre-Dame-Saint-Louis,
à Lyon (7e).
Xavier, Olivier et Philippe,
ses fils,
ses petits-enfants
et arrière-petits-enfants
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
M. Richard PIANI
survenu le 7 septembre 2018,
dans sa 93e année.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le vendredi 14 septembre,
à 14 h 30,
en l'église Saint-Jean-Baptiste
de Neuilly-sur-Seine,
suivie de l'inhumation
au cimetière de Ouerre,
à 17 heures.
le 9 septembre 2018,
dans sa 95e année.
ont la douleur de faire part
du rappel à Dieu de
survenu à Garches,
le 5 septembre 2018,
dans sa 73e année.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
en l'église Saint-Gilles,
6, boulevard Carnot,
à Bourg-la-Reine,
le jeudi 13 septembre, à 10 h 30.
M. et Mme Bruno d'Epenoux,
le colonel (e.r.) et Mme
Gilbert d'Epenoux,
M. et Mme
Maxime d'Epenoux,
M. et Mme
Guillaume Chevallet,
ses enfants,
Mme Michel
Jullien de Pommerol,
née Marie-Henriette
de Montety,
son épouse,
endormi
dans la Paix du Seigneur,
le 11 septembre 2018,
à l'âge de 77 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le vendredi 14 septembre 2018,
à 11 heures, en l'église
Saint-Denys de Vaucresson
(Hauts-de-Seine),
suivie de l'inhumation
dans le caveau de famille,
au cimetière de Vaucresson.
survenu le 9 septembre 2018.
Le vicomte
Patrick du Cos de La Hitte,
son époux,
Famille Brédy,
16, boulevard Émile-Augier,
75016 Paris.
cabisa@orange.fr
deuils
Sylvie et Olivier Dailliez,
Marc et Blandine Allavoine,
Pascale et Patrick (†) Razou,
Véronique et Philippe Wibaux,
ses enfants,
13
remerciements
Mme Marinette MONACO
née Matricon,
décédée le 25 octobre 2017,
dans la Seine-et-Marne,
pour son généreux legs
qui selon son souhait
soutiendra la conservation
de l'environnement
et du littoral.
Pierrette Pellen,
son épouse,
remercie tous ceux qui lui
ont exprimé leur sympathie
lors du décès du
capitaine de frégate
Jacques PELLEN
le 19 août 2018.
6, avenue de Gascogne,
13008 Marseille.
messes
Evelyn DEPARDON
Dijon. Belle-Île-en-Mer. Paris.
Mme Edith Spiegel,
son épouse,
Marc et Christine Spiegel,
Julien, Marine, Romain,
Sophie Dufossé,
Julia et Kate, Alix,
Thomas et Isabelle Spiegel,
Matthieu, Clément, Salomé,
ses enfants et petits-enfants,
les familles parentes et alliées,
ses amis
ont la grande tristesse
de vous faire part du décès de
M. Francis SPIEGEL
survenu le 9 septembre 2018.
née Guillon Verne,
nous a quittés subitement
en Bretagne, le 21 juillet 2018.
Une messe à sa mémoire
sera célébrée en l'église
Saint-Séverin, Paris (5e),
le samedi 22 septembre 2018,
à 10 h 30.
messes
et anniversaires
1118 - 2018
À l'occasion de la célébration du
9e centenaire
de la fondation
de l'abbaye de Fontenay
La cérémonie religieuse
sera célébrée
en l'église Saint-Nicolas,
à Saint-Arnoult-en-Yvelines,
le vendredi 14 septembre,
à 14 h 30.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le samedi 15 septembre,
à 10 heures,
en l'église Saint-Genest
de Flavigny-sur-Ozerain
(Côte-d'Or),
suivie de l'inhumation.
une messe grégorienne
présidée par Mgr Minnerath,
archevêque de Dijon,
sera célébrée
le dimanche 16 septembre 2018,
à 10 h 30, en l'abbatiale
de l'abbaye de Fontenay,
à Marmagne (Côte-d'Or).
Cet avis tient lieu de faire-part.
Cet avis tient lieu de faire-part.
www.abbayedefontenay.com
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mercredi 12 septembre 2018 LE FIGARO
14
CHAMPS LIBRES
ENQUÊTE
Les Berlinois ont été près de 15 000 à défiler au cri de « résistance contre les expulsions forcées et la folie des loyers », le 14 avril dernier dans la capitale allemande.
AXEL SCHMIDT/REUTERS
La crise du logement
enflamme Berlin la rouge
Nicolas Barotte
nbarotte@lefigaro.fr
Correspondant à Berlin
ls ont un mois pour négocier avec le propriétaire. Depuis samedi, une poignée de militants
d’extrême gauche occupe un bâtiment à l’angle de Grossbeerenstrasse et Obentrautstrasse,
à la périphérie du quartier de Kreuzberg. Sur la
façade de l’immeuble vide depuis vingt ans, ils
ont accroché des slogans : « Des logements
pour tous », « Construction solidaire », « Capitalisme
danger », etc. Sur le pas de la porte, Manuel, 21 ans,
s’occupe en sortant de vieux meubles. « On a été un
peu surpris. On pensait que la police nous évacuerait
dans l’heure », dit-il. Au nom de la « Berliner Linie »,
une politique antisquat mise en place en 1981, la police
est censée intervenir dans les 24 heures après le début
de l’occupation. Mais le propriétaire, une « société immobilière catholique » d’Aix-la-Chapelle, n’a pas voulu
recourir à la force. Il a offert un délai de discussion.
Manuel et ses camarades espèrent négocier « un bail
pour des locataires à revenus modestes ». À côté de lui,
Sabine, qui habite dans le quartier depuis vingt-cinq
ans, l’encourage : « Ce ne sont plus seulement les pauvres qui ne peuvent plus se loger à Berlin. » Électrice de
Die Linke, elle participera au « contre-sommet » prévu
le 20 septembre à Berlin en écho au « Sommet sur le
logement » organisé à la Chancellerie autour d’Angela
Merkel. La question est politiquement brûlante dans
tout le pays et en particulier dans sa capitale.
Victime de son succès, Berlin change à grande vitesse. « Pauvre mais sexy », avait dit d’elle, en 2003,
l’ex-maire SPD Klaus Wowereit. La capitale attirait
les foules par sa vie facile et bon marché ainsi que
son foisonnement culturel et alternatif intense. Les
salaires y étaient bas, mais suffisants. Puis elle a séduit les couches sociales aisées et les investisseurs
venus de l’ouest de l’Allemagne ou de l’étranger. Si
bien qu’aujourd’hui, seule la deuxième partie de la
phrase de Wowereit est encore vraie. La politique
d’encadrement des loyers mise en place en 2015 n’a
pas empêché les prix de flamber. Les plus modestes
sont forcés de quitter le centre de la ville pour ses
marges. Le gouvernement Merkel a prévu de « durcir la loi ».
I
Victime de ses prix bas
et de sa vie facile,
la capitale allemande
change à grande vitesse
et attire les investisseurs
étrangers ou de l’Ouest.
Pour endiguer la folie des
loyers et la gentrification
galopante, les habitants
historiques organisent
la rébellion.
7 km
BERLINOUEST
Porte de Brandebourg
Kreuzberg
Rigaerstrasse
Neukölln
BERLINEST
Infographie
A
Des loyers en hausse de 20 % en deux ans
En attendant, à Kreuzberg, au cœur de la capitale, les
loyers ont explosé : + 20 % de 2015 à 2017. Sur l’ensemble de la ville, le prix des locations a presque doublé en
une décennie, en raison d’un marché sous tension. Les
autorités estiment qu’il manque 190 000 logements.
Mais l’an dernier, seuls 15 000 nouveaux appartements ont été mis sur le marché. Le parc social est aussi sous pression avec l’afflux de réfugiés. La situation
« est explosive et pousse les gens à se rebeller », dit-on
au sein de la municipalité, gouvernée par la gauche
depuis 2001. En avril, les Berlinois ont été près de
15 000 à défiler au cri de « résistance contre les expulsions forcées et la folie des loyers ». Karl était l’un d’eux.
Son immeuble, à Prenzlauer Berg, est en rénovation.
Pour les propriétaires, c’est l’un des moyens commodes pour contourner la législation. « Je devrai payer
plus cher ou partir », confiait ce quinquagénaire au revenu « moyen ». Il n’aura en réalité « pas le choix ».
Alors la rouge Berlin est entrée en ébullition. La
capitale est aussi celle de l’extrême gauche, des autonomes et des anarchistes, qui ont construit leurs légendes sur les vagues de squats des années 80 et 90.
Ils tiennent encore leur QG dans les immeubles occupés de la Rigaerstrasse. La gentrification galopante
est devenue leur nouvel ennemi en faisant « converger » les luttes : contre le capitalisme, pour l’accueil
des réfugiés, pour le soutien aux plus démunis…
Actions anti-Google
« Depuis cinq ans, la ville a changé », explique Mathias,
assis à la terrasse d’un café communautaire de
Neukölln, l’un des quartiers turcs de Berlin. « Ce n’est
pas seulement une question de loyer, mais aussi d’état
d’esprit dans la ville », poursuit ce trentenaire en dénonçant l’embourgeoisement intellectuel de Berlin,
une rupture avec l’esprit alternatif qui y prévalait. « La
résistance est la seule option face à l’évolution actuelle »,
insiste-t-il en défendant « un droit au logement » pour
les habitants et la « légitimité » des actions violentes s’il
le faut. Il est membre du groupe Besetzen (« occuper »)
qui a relancé les actions d’occupation de logements vides au printemps. Deux immeubles avaient été occupés. Ils viennent d’annoncer « un automne du squat »,
dont Grossbeerenstrasse serait la première salve.
Le mouvement a déjà atteint son objectif : faire réagir les autorités berlinoises. La coalition « rouge-rouge-verte » aux commandes depuis 2016 s’est fracturée. Les sociaux-démocrates ont pris parti pour le
droit de la propriété. « L’occupation illégale n’est pas un
instrument approprié. Nous ne pouvons pas le tolérer »,
a déclaré le maire, Michael Müller, en prenant position
pour des évacuations, y compris par la force. À sa gauche, la sénatrice chargée du logement, Katrin Lompscher (Die Linke), a au contraire exprimé sa sympathie
pour les squatteurs. « Cette action montre que dans des
grandes villes comme Berlin, où les salaires sont bas, il
devient toujours plus difficile de se loger. Dès lors, les
motivations des occupants sont compréhensibles », a-telle expliqué. Les Verts, enfin, se sont complètement
divisés. « C’est une atteinte claire à la légalité », a déclaré le nouveau président des écologistes, Robert Habeck. « Robert est écrivain et pas juriste », lui a répondu
avec ironie l’avocat Hans-Christian Ströbele, ancien
député Vert de Kreuzberg et figure historique du parti.
Jeune juriste au début des années 1980, HansChristian Ströbele avait été l’avocat des squatteurs
de Berlin-Ouest. Le mouvement avait construit la
réputation rebelle de la capitale : jusqu’à 170 bâtiments vides avaient été occupés alors que la ville,
isolée en RDA, manquait de logements. De violentes
manifestations avaient causé la mort d’un militant.
Le drame avait obligé la municipalité à négocier.
Deux tiers des occupations avaient été légalisées.
« Grâce aux squats, un projet d’autoroute qui devait
traverser le quartier a été abandonné et le vieux
Kreuzberg a été préservé. Ce sont ces bâtiments qui
valent le plus cher aujourd’hui », s’amuse à faire remarquer Ströbele.
Depuis cinq ans, la ville a changé.
Ce n’est pas seulement une question
de loyer, mais aussi d’état d’esprit
MATHIAS, HABITANT DE BERLIN
»
Depuis quelques années, les associations se sont
multipliées pour tenter de s’opposer à la main normalement invisible de la gentrification. Bizim Kiez
s’est ainsi mobilisé contre Zalando. La start-up allemande de vente de chaussures en ligne, devenue une
actrice majeure du secteur, avait prévu de s’installer
au Curvy Brache, une friche de 11 000 m2 au cœur de
Kreuzberg occupée par des sans-abri et des groupes
alternatifs, acquise par un investisseur en 2011. Mais
les habitants ont craint de voir leur environnement
se dénaturer et le prix au mètre carré s’envoler. Finalement, Zalando a renoncé à déménager au prétexte que les travaux ne seraient pas finis à temps.
La nouvelle cible des opposants à la gentrification
s’appelle Google. Le géant d’Internet veut installer
un « campus », c’est-à-dire un incubateur de startup, sur le bord du canal de Kreuzberg, à quelques
mètres, ironie du sort, de la librairie anarchiste Kalabalik. Depuis plus d’un an, un groupe s’y retrouve
deux fois par mois pour organiser des actions antiGoogle. Régulièrement, les manifestants viennent
« faire du bruit » devant l’ex-usine où l’entreprise
veut s’installer cet automne. Vendredi, ils ont brièvement occupé l’entrée des locaux avant que la police ne les déloge. Le basculement dans la violence est
toujours à craindre : des vitres ont déjà été brisées
« pour faire réfléchir », dit-on, c’est-à-dire dissuader
les futurs employés. « Google, c’est le symbole qui reflète toutes les facettes de la gentrification financiarisée, explique Larry, un hackeur français au cœur du
groupe Fuck off Google. C’est une lutte existentielle.
Nous devons faire échouer cette volonté de copier le
modèle de San Francisco. » Du côté de Google, on fait
le dos rond. Les opposants n’ont pas saisi les occasions de dialoguer et ne connaissent pas les projets de
l’entreprise, a expliqué la firme.
« Gangsters de l’immobilier »
Le Google Campus générera des centaines d’emplois.
Pour la capitale, qui ne possède pas de tissu industriel
propre, attirer les acteurs de la nouvelle économie est
le seul moyen de se développer. Alors les autorités ne
rechignent pas. « Avec Google, on peut discuter », juge
d’un ton mesuré Florian Schmidt, chargé des politiques de logement dans les quartiers de Kreuzberg et
Friedrichshain. « D’autres investisseurs se comportent
davantage comme des gangsters de l’immobilier »,
poursuit cet élu Vert que les médias allemands ont
surnommé « le Robin des bois des loyers ». Avec sa volonté de régulation, il est devenu la bête noire des investisseurs. L’un de ces conflits s’étale au grand jour à
quelques centaines de mètres de Grossbeerenstrasse.
La rénovation de l’ex-bâtiment de la Poste est bloquée
en raison d’un bras de fer sur la part de logements et
de bureaux qui devront y être créés. « Le Sénat berlinois empêche la construction de logements », accuse
sur une affiche en grosses lettres le CG Gruppe. « Berlin n’a pas besoin de logements chers mais de logements
bon marché. Et la construction de bâtiments n’est pas la
solution », explique de son côté Florian Schmidt,
schéma à l’appui. À Berlin, les surfaces disponibles se
trouvent en périphérie. « Mais tout le monde veut habiter au centre », dit-il en pointant du doigt Kreuzberg
sur la carte. Sa solution a été de placer des rues sous le
statut de zones sensibles. La Mairie peut désormais
exercer un droit de préemption sur les opérations immobilières et imposer ainsi une modération des
loyers. Chaque immeuble se gère au cas par cas. Soit
du goutte-à-goutte pour freiner la gentrification. ■
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LE FIGARO
mercredi 12 septembre 2018
CHAMPS LIBRES
15
POLITIQUE
Qui furent les quatorze présidents
de l’Assemblée nationale ?
vernement dans le deuxième et nomination de Jean-Louis Debré au Conseil
constitutionnel dans le troisième). Le
remplacement de François de Rugy
après sa nomination au ministère de la
Transition écologique s’inscrit dans cette dernière catégorie.
Cette moyenne recouvre bien des écarts,
de Jacques Chaban-Delmas, qui totalisa
quinze ans au perchoir, à Patrick Ollier,
qui ne resta que trois mois.
Le maire de Bordeaux a présidé l’Assemblée durant la totalité de la présidence du général de Gaulle et même un
peu plus puisqu’il fut élu après les législatives de novembre 1958 qui précédèrent l’investiture élyséenne du fondateur de la Ve. Il retrouva son fauteuil au
lendemain des législatives de 1978, grâce au soutien des giscardiens, alors
qu’une majorité de chiraquiens lui préféra le président sortant Edgar Faure,
puis une troisième fois en 1986, avec la
première cohabitation.
Jacques Chaban-Delmas est ainsi le recordman de longévité toutes Républiques confondues. Il devance en effet
Édouard Herriot. L’ancien maire radical
de Lyon a passé onze ans au perchoir, en
deux fois : quatre ans à la fin de la
IIIe République (1936-1940) et sept ans
sous la présidence Auriol (1947-1954). Il
devance aussi Fernand Buisson, député
maire républicain-socialiste de La Ciotat, sous la IIIe République, resté plus de
neuf ans à ce poste.
Après Chaban, président à trois reprises,
la deuxième place revient à Laurent
Fabius, élu à deux reprises. En 1988,
après la réélection de François Mitterrand, jusqu’à ce qu’il devienne quatre
ans plus tard premier secrétaire du Parti socialiste. Puis en 1997, après la victoire de la gauche après la dissolution manquée de Jacques Chirac,
jusqu’à ce que Lionel Jospin le rappelle à Bercy.
Quatre présidents ont effectué
Guillaume Tabard
£@GTabard
PARLEMENT Désigné lundi par le
groupe de La République en marche,
majoritaire à l’Assemblée nationale,
donc logiquement élu ce mercredi, Richard Ferrand est la quatorzième personnalité à s’installer au perchoir depuis
le début de la Ve République. Qui furent
ses prédécesseurs ?
OCCUPANTS DU
» EN 60 ANS
❙ 13« PERCHOIR
Du 9 décembre 1958 au 4 septembre
2018, ils furent donc treize à se succéder
à la présidence de l’Assemblée nationale. Treize en près de soixante ans, une
moyenne de quatre ans et demi, cinquante-cinq mois précisément. Soit près
de la durée d’une législature.
Ce bail moyen est plus bref que celui des
présidents de la Ve République, qui furent huit, du général de Gaulle à Emmanuel Macron, à siéger à l’Élysée ou que
celui de leurs homologues du Sénat qui
ne furent que six à occuper le « plateau ». Moins de cinq ans pour un président de l’Assemblée, contre dix ans pour
un président du Sénat. La Chambre
« basse » garantit moins de longévité
que la chambre « haute ». Cela s’explique aisément par la stabilité politique du
Sénat qui n’a connu de véritable alternance politique qu’en 2011, lorsque la
gauche est devenue majoritaire, et pour
trois ans seulement.
L’Assemblée, elle, a connu huit alternances : en 1981, 1986, 1988, 1993, 1997,
2002, 2012 et 2017. D’où ce turnover plus
fréquent, auquel il faut ajouter des changements de président à majorité pourtant constante : en 1969 et 2007, coïncidant avec un changement de président
de la République (élection de Georges
Pompidou conduisant au remplacement
de Jacques Chaban-Delmas, nommé
à Matignon, par Achille Peretti,
puis élection de Nicolas
Sarkozy,
où
Bernard
DE LEUR PREMIÈRE ÉLECTION COMME DÉPUTÉ
Accoyer succéda à Patrick
À LEUR ACCESSION AU PERCHOIR
Ollier) ; en 1973 et 1978,
après des élections légisB. Accoyer
P. Séguin
L. Mermaz
14
latives remportées par
C. Bartolone
ans
R. Ferrand
la majorité sortante
15
J.-L. Debré
ans
(Edgar Faure succède à
H. Emmanuelli
31
6
16
ans
Peretti puis est remplaans
ans
cé par Chaban) ; en
J. Chaban1992, 2000 et 2007, en
27
Delmas
E. Faure
R. Forni
Moyenne
ans
raison d’une évolution
12
personnelle de l’occupant
19
ans
ans
de la fonction (élection de
L. Fabius
A. Peretti
Fabius à la tête du PS dans le
10
ans
premier cas, son retour au gouP. Ollier
Élu au perchoir
à trois reprises,
Jacques
Chaban-Delmas
détient le record
de longévité,
toutes Républiques
confondues :
quinze ans.
une législature complète : Edgar Faure
(1973-1978), les socialistes Louis Mermaz (1981-1986), le gaulliste Bernard
Accoyer (2007-2012) et le socialiste
Claude Bartolone (2012-2017). Il a manqué quelques semaines à Jean-Louis Debré puisque, élu président en 2002, il fut
nommé par Jacques Chirac au Conseil
constitutionnel en février 2007. Un
autre UMP, Patrick Ollier, fut élu à sa
place, mais la campagne présidentielle
était lancée, le Parlement ne siégeait
plus. Il fut le seul président sans session.
En étant resté seize mois au perchoir,
François de Rugy restera comme l’un
des présidents les plus éphémères, après
Ollier et après Henri Emmanuelli, en
fonction un an (1992-1993)
FEMME, 54 ANS
DE MOYENNE D’ÂGE
❙ AUCUNE
La victoire de Richard Ferrand sur Barbara Pompili lors du vote interne au
groupe La République en marche fait
que l’Assemblée restera présidée par un
homme, comme elle l’a toujours été depuis les origines. Il n’y a certes pas encore eu de femme président de la République ou président du Sénat et une seule,
Édith Cresson, a été premier ministre.
Ailleurs en Europe, la féminisation est
plus avancée. Une femme a déjà présidé
la Chambre des communes anglaise (une
travailliste de 1992 à 2000), deux le Bundestag allemand, en 1972 (SPD) et de
1988 à 1998 (CDU), et trois la Chambre
des députés italienne.
Âgé de 56 ans, Richard Ferrand est élu à
un âge légèrement supérieur à la moyenne des quatorze présidents : 53 ans et
7 mois. Avant lui, François de Rugy avait
été élu parmi les plus jeunes : 43 ans. Le
AVANT D’ÊTRE...
APRÈS AVOIR ÉTÉ...
benjamin des présidents reste Laurent Fabius, qui n’avait pas encore
...PRÉSIDENT DE L’ASSEMBLÉE
42 ans lors de sa première élection
Premier ministre
Premier ministre
au perchoir. Le doyen fut Edgar
Faure, élu à 64 ans.
Président du Conseil
1
Quelle carrière ?
Président du Conseil*
constitutionnel
Ministre
Ministre
3
2
Depuis quand ?
Président de groupe
parlementaire
L. Fabius
J.-L. Debré
P. Ollier*
A. Peretti
R. Ferrand
*sous la IV République
E. Faure*
F. de Rugy
J. ChabanDelmas
L. Mermaz
H. Emmanuelli
*département d’élection au moment
de son accession au perchoir
F. de Rugy
4
5
À quel âge ?
Et en Europe ?
E. Faure
ÂGE LORS DE LEUR ÉLECTION
AU PERCHOIR PAR ORDE DÉCROISSANT
Tremplin ou couronnement d’une carrière ? Des quatorze présidents de l’Assemblée, neuf avaient été préalablement
ministres (Philippe Séguin aux Affaires
sociales, Jean-Louis Debré à l’Intérieur,
Claude Bartolone à la Ville…), deux l’ont
été uniquement après leur passage au
perchoir (Patrick Ollier et François de
Rugy) et trois seulement n’ont jamais
été ministres (Achille Peretti, Raymond
Forni et Bernard Accoyer). Précisons
que deux n’ont été ministres que de
manière éphémère, entre une présidentielle et les législatives qui suivirent
immédiatement : Louis Mermaz et Richard Ferrand.
Trois d’entre eux ont dirigé un gouvernement, dont deux avant de devenir
président de l’Assemblée nationale : Edgar Faure, qui avait été président du
Conseil sous la IVe République, en 1952,
vingt et un ans avant d’accéder au perchoir, et Laurent Fabius, premier ministre du premier septennat de Mitterrand
(1984-1986), président de l’Assemblée
au début de son second septennat (19881992). Pour Jacques Chaban-Delmas,
c’est l’inverse : il entra à Matignon après
avoir siégé dix ans au perchoir. Chaban
et Fabius sont revenus à cette fonction
également après avoir dirigé le gouvernement.
Richard Ferrand a été élu par ses pairs
alors qu’il présidait le groupe majoritaire, celui de La République en marche. Ce
fut également le cas de Jean-Louis Debré
en 2002, qui présidait le groupe RPR, et
de Bernard Accoyer après lui, qui présidait le groupe UMP.
Trois présidents de l’Assemblée sont devenus ensuite chefs de parti : Séguin, élu
président du RPR en 1999, Fabius et Emmanuelli, devenus premiers secrétaires
du Parti socialiste.
Enfin, deux d’entre eux furent nommés
présidents du Conseil constitutionnel :
Jean-Louis Debré, passé directement
de l’Hôtel de Lassay à la Rue
Montpensier, et Laurent Fabius,
aujourd’hui à la tête des Sages.
Un troisième, Achille Peretti, siégea au Conseil
constitutionnel sans le
présider.
C. Bartolone On remarque ainsi que
Fabius a eu le parcours
P. Séguin
le plus complet : ministre avant et après avoir
R. Forni
présidé l’Assemblée,
premier ministre, préB. Accoyer
sident de groupe, chef
de parti et désormais
président du Conseil
constitutionnel. ■
D’où viennent-ils ?
Chef de parti
Richard Ferrand
ANCIENS CHEFS
DE GOUVERNEMENT
❙ TROIS
1er
RÉPARTITION HOMMES / FEMMES
DANS LES PARLEMENTS NATIONAUX EUROPÉENS*
64
P. Ollier
62
2e
B. Accoyer
R. Ferrand
8e
J. Chaban-Delmas
44
F. de Rugy
43
L. Fabius
41
14e
14
Conseiller général PS du Finistère en 1998
Conseiller régional PS de Bretagne en 2010
Député PS de la 6 circonscription du Finistère en 2012
Secrétaire général du mouvement En marche ! en octobre 2016
Ministre de la Cohésion des territoires de mai à juin 2017
Président du groupe LaREM à l’Assemblée nationale le 27 juin 2017
Président de l’Assemblée nationale le 12 septembre 2018
53,6 ans
13e
14
20 ans de carrière politique jusqu’au perchoir
56
Moyenne
12e
18
Richard Ferrand,
61
3e
11
8
*entre 1959 et 2018
6 Les 14 présidents de l’Assemblée nationale depuis 1958
UDR-RPR-UMP
PS
LaREM
Jacques
Chaban-Delmas
1958
1962
1967 1968
Achille
Peretti
Edgar
Faure
Jacques
ChabanDelmas
1969
1973
1978
Louis
Mermaz
Jacques
Chaban- Laurent
Delmas Fabius
1981
1986
1988
Richard
Ferrand
Henri
Emmanuelli
Philippe
Séguin
92 1993
Raymond
Forni
Laurent
Fabius
1997
2000
Patrick
Ollier
Jean-Louis
Debré
Bernard
Accoyer
Claude
Bartolone
François
de Rugy
2002
2007
2012
17 2018
15 ans Jacques Chaban-Delmas 3 mois
3 x Jacques Chaban-Delmas* 2 x Laurent Fabius 39 ans UDR-RPR-UMP 20 ans PS 1 an et demi LaREM
RECORD DE LONGÉVITÉ (EN 3 FOIS)
NOMBRE DE MANDATS
Patrick Ollier
LE MANDAT LE PLUS COURT
*6 si l’on compte sa reconduction au poste de président de l’Assemblée lors des II, III et IV législatures
ANNÉES DE PRÉSIDENCE PAR PARTI
A
NOM DU TITULAIRE ET SA COULEUR POLITIQUE SOUS LA VE RÉPUBLIQUE
Source : Assemblée nationale
Infographie
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mercredi 12 septembre 2018 LE FIGARO
16
CHAMPS LIBRES
DÉBATS
L’arabe n’a pas à être enseigné à l’école
publique dès le primaire !
arissime : le ministre
de l’Éducation nationale,
Jean-Michel Blanquer
semblait mal à l’aise,
le 10 septembre, entraîné
par Jean-Jacques Bourdin
sur un chemin sinueux. Allait
il favoriser l’enseignement de la langue
arabe dès le primaire ? La réponse fut
d’abord floue puis pressé par son
intervieweur Jean-Michel Blanquer
déclara vouloir mettre en œuvre
« une stratégie qualitative » vis-à-vis
de l’enseignement de l’arabe à l’école
publique pour « redonner du prestige
à cette langue de civilisation ».
Sujet épineux. Les enseignements
de langue et de culture d’origine (Elco)
sont nés sous la présidence de Valéry
Giscard d’Estaing, en application
d’une directive du Conseil
des communautés européennes
adoptée en 1977 et portant
sur la scolarisation des enfants
des travailleurs étrangers. Proposés
sur la base du volontariat
aux familles, cet enseignement
des langues maternelles des parents
fut créé pour que les enfants issus
de l’immigration italienne, portugaise,
espagnole, yougoslave, maghrébine
et turque restent en lien étroit avec
la culture d’origine de leurs pères
et mères. À l’époque, on pensait en effet
ces familles destinées à « rentrer
au pays » à plus ou moins longue
échéance.
Mais comment comprendre
le maintien de ces enseignements
quand il devint
évident
que ces travailleurs
étrangers et leurs
enfants resteraient
Jean-Michel Blanquer a annoncé son intention
en France ?
de favoriser l’apprentissage de l’arabe à l’école
À partir des années
publique. Ce serait une lourde faute envers
1980, les Elco
la cohésion nationale, lui répond le professeur
changèrent de sens
d’histoire-géographie*.
et devinrent un
R
BARBARA LEFEBVRE
de l’arabe coranique ; l’école
de la République ayant fermé
des classes d’arabe dans le secondaire,
les familles furent contraintes
de se replier sur l’enseignement
de l’arabe à la mosquée ; donc si on
veut lutter contre l’islamisme (toutes
les mosquées seraient-elles
islamistes ?), il faut enseigner l’arabe
à l’école publique et non à la mosquée.
CQFD. Jean-Michel Blanquer a repris
cette équation à son compte.
Or, outre qu’on pourrait discuter
des sources d’endoctrinement islamiste
d’une fraction de la jeunesse hors
des mosquées,
la réalité est moins
Nés sous Giscard, les enseignements
binaire.
Si l’Éducation
de langue et de culture d’origine
nationale
changèrent de sens dans les années 1980 a dû fermer
progressivement
et devinrent un outil explicite
de non-intégration à la culture française beaucoup
de classes d’arabe,
suspendre
plusieurs années de suite le Capes
Résultat : dès la rentrée 2016, tous
d’arabe, c’est que le nombre d’élèves
les parents d’une école (y compris ceux
inscrits allait en diminuant,
jamais sollicités pour une inscription
inéluctablement. Pourquoi ? Parce que
en Elco) se sont vu proposer de choisir
les familles préfèrent que leurs enfants
l’arabe comme première langue
apprennent l’arabe coranique avec
étrangère, alors que, en général,
l’imam plutôt que l’arabe littéraire avec
l’anglais est massivement choisi
un enseignant de la République. L’arabe
par les parents.
n’a pas été exclu de l’école publique,
Par ailleurs, cette année 2016, dans
il disparaît parce que les familles
un rapport intitulé « Un islam français
n’y trouvent pas leur compte en termes
est possible » et lors de la campagne
d’instruction religieuse.
médiatique qui suivit, l’essayiste Hakim
Pour la poignée d’élèves qui
El Karoui plaida lui aussi en ce sens.
voulaient continuer l’arabe littéraire,
Exploitant l’émotion post-attentats
c’est regrettable, mais l’Éducation
de 2015, il construisit une équation
nationale a-t-elle vocation
habile mais fausse pour démontrer
à rémunérer un enseignant pour moins
la nécessité de « ramener l’arabe
de cinq élèves par lycée ? L’institution
au sein de l’école de la République » (sic).
scolaire n’a fait que gérer la demande
Les termes de l’équation ?
de ses usagers. Et la voilà pourtant
L’islamisme se diffuserait dans
accusée de « discriminer » !
la jeunesse – la plus réceptive
Outre les arguments antià l’islam politique selon toutes
discrimination et anti-islamisme,
les enquêtes - via de nombreuses
certains promoteurs
mosquées à travers l’enseignement
outil explicite de non-intégration
à la culture française.
Or, sous le quinquennat de François
Hollande, au lieu de les supprimer
compte tenu des dérives
communautaristes des Elco arabe
et turc, Najat Vallaud-Belkacem
les rebaptisa enseignements
internationaux de langues étrangères
(Eile) et décida de les généraliser - et en
premier lieu l’arabe - dès le primaire.
Changer les mots sans toucher à l’esprit
est un des tours de passe-passe dont use
et abuse l’Éducation nationale avec
les acronymes.
«
de la généralisation de l’enseignement
de l’arabe avancent un argument probusiness. « L’arabe est un atout dans la
mondialisation vu le poids pris par les
pays du Golfe et le Maghreb dans nos
échanges économiques », plaide ainsi
l’essayiste Hakim El Karoui. Et l’anglais
ou, s’agissant du Maghreb, le français ?
En outre l’arabe littéraire classique estil pertinent si on commerce un jour
avec des Marocains, le lendemain avec
des Jordaniens ?
Tous ces arguments visant à
promouvoir l’enseignement de l’arabe
à l’école publique sont fallacieux
et dangereux. D’une part ils accusent
la République, à travers son école,
de ne pas faire assez pour promouvoir
la culture arabo-musulmane, ce qui
contribue, par un effet pervers,
à alimenter le mythe d’un « État raciste
et islamophobe » cher aux indigénistes.
D’autre part on assigne les enfants
dès l’école publique à leurs identités
particulières (réelle ou supposée) plutôt
que bâtir une identité nationale
commune. Est-ce le projet français ?
C’est au contraire celui d’une
République des communautés à l’anglosaxonne, d’une nation multiculturaliste.
Que ceux qui parlent sans cesse
d’« inclusion » le veuillent ou non,
la France reste un pays de tradition
assimilationniste. Partout en Europe,
le réveil des peuples souverains est
le signe d’un besoin d’enracinement
autant que de cette tradition
assimilationniste, lointain héritage
de Rome. Rappelons-nous cet adage
de grande portée : « A Rome, fais
comme les Romains. »
* Essayiste et auteur de « Génération
“J’ai le droit” » (Albin Michel, 2018,
240 p., 18 €). Barbara Levebvre a
également contribué à l’ouvrage collectif
« Les Territoires perdus de la République »
(2002, réédité et mis à jour en 2015), qui fit
événement, et à « Une France soumise Les voix du refus » (Albin Michel, 2017).
La prolétarisation des professeurs devrait
être un sujet légitime d’inquiétude
e devrait être le plus beau
métier du monde.
Il connaît une crise
d’attractivité
sans précédent.
Qu’avons-nous fait
de la profession d’enseignant ?
Autant dire, qu’avons-nous fait
de l’école ? Quelque 150 milliards
d’euros sont consacrés chaque année
à l’éducation en France. Un budget
qui semble augmenter à mesure
que ses performances reculent.
Nos élèves sont, par exemple, les plus
mauvais d’Europe en mathématiques.
Même l’illettrisme bat des records,
nous plaçant à l’avant-dernier rang
des pays de l’OCDE.
Les professeurs étaient hier
les hussards noirs de la République,
selon l’expression bien connue
de Charles Péguy. Après une
massification obtenue au prix
d’une formidable dégradation des
exigences, ils sont devenus
les animateurs socioculturels
sous-payés d’une machine
à briser l’ascenseur social.
Notre école brûle, mais les élites,
elles, regardent ailleurs : vers tous
les établissements privilégiés, publics
ou privés, havre d’excellence dans
un océan de médiocrité. Dans
les établissements défavorisés,
seulement 19 % des professeurs ont
le Capes ou l’agrégation, contre 90 %
dans les zones plus favorisées.
Nous sommes incapables de mettre
les meilleurs enseignants devant
les élèves qui en ont le plus besoin.
Ce statu quo hypocrite où nous
acceptons d’autant
mieux le naufrage
de l’école que nous
parvenons
à en sauver
À l’Éducation nationale, égalitarisme et modestie
notre propre
des rémunérations d’une part et refus de critères
progéniture n’est
de performance objectifs d’autre part sont liés,
plus tenable.
déplore l’universitaire*.
Les règles du jeu
CLAIREFOND
C
A
OLIVIER BABEAU
sont en train de changer à grande
vitesse. La diffusion des nouvelles
technologies fait basculer notre
civilisation dans l’ère
de l’information. Le monde qui naît
risque fort de n’offrir d’opportunités
qu’à ceux qui auront assimilé
l’essentiel des sciences
et des humanités, entraîné leur
cerveau à marier les approches pour
comprendre et maîtriser un monde
d’une complexité inouïe. L’école
ne doit plus former des dilettantes,
mais des athlètes professionnels
de la connaissance.
La société industrielle était
dominée par les ingénieurs qui
en concevaient les produits.
La société postindustrielle, centrée
sur la ressource de l’humain, doit
être dominée par les enseignants.
Notre cerveau est notre actif numéro
un dans la guerre économique.
Tirons-en les conséquences
et valorisons comme il se doit
ceux qui le développent. Ils doivent
redevenir l’élite et la fierté
de la nation.
La révolution de l’école doit
commencer par celle des salaires.
Il faut stopper la suicidaire
prolétarisation du corps enseignant.
Un professeur des écoles débutant
et un professeur certifié perçoivent,
en tout début de carrière, 2 067 euros
bruts par mois (plus des primes ou
des indemnités modestes). C’est une
rémunération inférieure à la moyenne
des pays de l’OCDE. Objecter que le
salaire n’entre pas en ligne de compte
dans la motivation est aussi stupide
que de dire qu’elle en est le seul
déterminant. Le salaire n’est pas tout,
mais il conditionne le type de profils
que l’on attire.
On ne peut pas compter sur le fait
que tous les enseignants seront des
moines-soldats prêts à vivre d’amour
de leur métier et d’eau fraîche. On ne
peut pas davantage se contenter
doivent être des coachs
de la civilisation numérique, on peut
imaginer qu’ils quittent la logique
de matières pour devenir des mentors
de leurs élèves. Ils superviseraient
leurs progressions sur une base
ultrapersonnalisée, en mettant
à profit tous les outils numériques
d’apprentissage. Les sciences
de l’éducation doivent se tourner
vers les neurosciences autant, voire
plus, que vers la psychologie.
« Si vous trouvez que l’éducation
coûte cher, essayez l’ignorance »,
a dit Abraham
Lincoln.
Un enseignant titulaire du Capes
L’ignorance
perçoit, en tout début de carrière,
est devenue
au-dessus de nos
un traitement de 2 067 euros bruts
moyens. Aux
par mois (plus des primes ou des
juges qui lui
demandaient
indemnités modestes). C’est une
quelle peine il
rémunération inférieure à la moyenne
proposerait pour
des pays de l’OCDE
lui-même en
remplacement
de la sentence de mort, Socrate
basse sur l’éducation. D’énormes
répondit qu’il souhaitait « qu’on
investissements sont consacrés au
le nourrisse au Prytanée (bâtiment
développement d’outils innovants
de la cité grecque où se trouvait le feu
fondés sur la compréhension de plus
sacré qui ne s’éteignait jamais,
en plus fine de notre fonctionnement
symbole de la permanence de l’État,
neuronal. Pour beaucoup, l’école
où siégeaient et mangeaient
traditionnelle est clairement une
les magistrats et où les citoyens
institution obsolète qui doit être
distingués recevaient les honneurs
remplacée. À elle de prouver
publics, NDLR) ». Autrement dit
qu’ils ont tort en devenant le moteur
Socrate souhaitait qu’on l’honore
principal de la mutation vers
pour service exceptionnel rendu
une société de la connaissance.
à la société. Nourrissons nos
Dès le primaire, l’accent doit être
enseignants au Prytanée au lieu
mis sur le développement
de leur tendre la ciguë.
de la capacité de l’élève à apprendre
par lui-même. Il en aura besoin tout
* Ancien élève de l’École normale
au long de sa vie. Dans le secondaire,
supérieure de Cachan et agrégé
il faut que les heures de cours,
d’économie, Olivier Babeau
beaucoup moins nombreuses
est professeur en sciences de gestion
et concentrées, soient un moment
à l’université de Bordeaux. Il préside
de confrontation et de recoupement
d’autre part l’Institut Sapiens
des connaissances, plus que celui du
et a récemment publié « Éloge
savoir « descendant » du professeur
de l’hypocrisie »
aux élèves. Puisque les enseignants
(Le Cerf, 2018, 320 p., 20 €).
d’objecter que les professeurs
ont beaucoup de vacances, si exact
que soit ce constat. Pour faire venir
les meilleurs dans l’enseignement,
il faudrait a minima doubler leur
rémunération, quitte à en soumettre
une partie conséquente à des critères
de performance objectifs.
Bien sûr, cette revalorisation
devrait s’accompagner d’autres
changements d’ampleur. C’est tout
l’appareil scolaire qui doit faire sa
révolution. Les géants du numérique,
Google en tête, rêvent de faire main
«
»
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LE FIGARO
mercredi 12 septembre 2018
CHAMPS LIBRES
OPINIONS
Vive les lobbys !
a démission de Nicolas Hulot
aurait pu n’être qu’un échec
personnel, l’abdication
d’un ministre tourmenté,
la conséquence d’une erreur
de casting. Mais lui-même
en a fait une défaite dans une bataille
qui ne se serait pas jouée à la loyale
puisque sous l’influence des « lobbys ».
Au moment d’expliquer son départ,
l’ex-ministre de la Transition écologique
a ainsi mis en garde contre « la présence
des lobbys dans les cercles du pouvoir ».
Hulot n’est pas le premier ministre
à mettre ses problèmes au crédit des
lobbys. Ceux-ci ont bon dos et mauvaise
presse ! Hulot, comme Delphine Batho
par exemple, préfère attribuer son revers
de fortune à leurs manœuvres plutôt
qu’à la perte d’un arbitrage politique.
L
@
100 000 citations
et proverbes sur evene.fr
D’autres, comme Ségolène Royal en son
temps ou Anne Hidalgo dans sa chasse aux
automobiles et au diesel, adorent mettre
en scène leur combat contre les lobbys.
Le mot « lobby » (« groupe de pression »
ou « représentation d’intérêts » en
français) est en effet fortement connoté.
Il éveille le soupçon. On lui associe secret,
manipulation, connivence. L’opinion est
régulièrement prise à témoin des
manigances du lobby bancaire, du lobby
nucléaire, du lobby agroalimentaire,
du lobby pharmaceutique… et bien sûr,
du lobby de la chasse.
Le problème avec la diabolisation des
lobbys, c’est qu’elle vise essentiellement
le secteur privé. On tend dans le débat
public à dénoncer et donc à disqualifier la
représentation des intérêts particuliers et
privés, tandis que l’on survalorise le rôle
ENTRE GUILLEMETS
12 septembre 1940 : découverte fortuite de la grotte de Lascaux RUE DES ARCHIVES/RDA
René Char
L’homme de l’espace
révélera un milliard de fois
moins de choses cachées
que l’homme granité,
reclus et recouché
de Lascaux»
de ceux, associations et autres ONG, qui
prétendent représenter l’intérêt général.
Or, cette distinction n’est valable ni
en droit ni en fait. En droit, les lobbys sont,
depuis 2013 en France, définis comme des
entreprises, fédérations ou associations
qui cherchent, ponctuellement ou à titre
principal, à « influer sur la décision
publique, notamment sur le contenu
d’une loi ou d’un acte réglementaire »,
et pour cela « entrent en communication »
avec les responsables publics, membres
du gouvernement et leurs cabinets,
parlementaires, etc. Le droit ne fait pas
de différence entre ceux qui défendent
des intérêts particuliers ou privés, et ceux
qui affirment agir au nom de l’intérêt
général. Ces derniers défendent en effet
une conception de l’intérêt général, la
leur. Cela n’en fait pas les dépositaires du
bien commun. Ce privilège-là est celui du
politique, à qui nous confions par l’élection
le soin de tendre vers cet horizon.
Le droit a raison : il n’y a pas des bons et
des méchants lobbys. Et les faits montrent
que le secteur privé n’a pas le monopole
de l’influence, du professionnalisme,
ni même des jeux de billard à trois bandes
qui sont le quotidien du lobbying. Le poids
politique des associations de défense des
droits de l’homme ou de l’environnement
est réel. La frontière entre le militantisme
et l’action politique est parfois ténue. Et on
sourit d’entendre Nicolas Hulot, ancien
président d’une ONG qui portait son nom,
s’alarmer de la présence du loup du lobby
dans la bergerie du politique quand sa
nomination comme ministre d’État était
en elle-même l’accomplissement ultime
du lobbying, ainsi porté au pouvoir !
Reste l’argument financier bien sûr.
Le secteur privé a les moyens de déployer
des campagnes massives. Mais les règles
de financement de la vie politique
ont considérablement atténué le risque
de voir un lobby « tenir » le politique
par un lien de subordination financier
plutôt que par la seule force de conviction
de sa dialectique. Les règles
de transparence écrites en 2016 ont
également assaini le paysage. Et il faut se
méfier des visions binaires. Les meilleures
causes dissimulent parfois aussi des enjeux
financiers quand, derrière la mise en cause
d’un produit industriel ou d’une pollution,
se profile par exemple la perspective
d’une « class action » aux États-Unis
possiblement lucrative pour des avocats.
Le secteur privé n’a pas non plus
le monopole des coups bas. La révélation
récente de la façon dont on a travesti une
enquête retentissante sur la dangerosité
des OGM incite à la circonspection.
Le lobbying n’est pas une affaire
d’enfants de chœur. C’est une activité
qui suppose d’une part un encadrement
rigoureux, d’autre part une vigilance
du politique. Le renforcement des moyens
d’analyse et d’évaluation du Parlement
est de ce point de vue souhaitable.
Mais la mise en cause des lobbys par
Nicolas Hulot et d’autres, avant et après lui,
ne doit pas disqualifier le secteur privé de
toute intervention dans le débat public. Les
entreprises ont leur place dans la
construction de la loi qui façonne une
société dont elles sont des acteurs. Enfin,
évitons l’amalgame actuel entre le poids
des lobbys et les profils plus nombreux
de ministres passés par l’entreprise.
Ce phénomène-là n’est pas le signe
d’une capture de l’espace politique par les
intérêts privés, mais au contraire le gage
d’une ouverture salutaire au-delà d’un
microcosme longtemps refermé sur les
mêmes profils issus de la fonction publique.
Vous retrouverez désormais chaque
mercredi la chronique économique
de Bertille Bayart, rédactrice en chef
au Figaro économie.
ANALYSE
Laure Mandeville
lmandeville@lefigaro.fr
Trump face aux « adultes » et la
dangereuse division des États-Unis
ela fait deux ans que
la fracture du pays ne cesse
de grandir. Fracture
entre deux Amériques
qui ne se parlent plus,
ne se comprennent plus,
et semblent à nouveau prêtes
à s’écharper, à l’approche des élections
de mi-mandat. L’affrontement
entre « le pays de Trump » et celui
des élites et de la gauche américaine
n’en finit pas d’occuper les ondes
et les réseaux sociaux, tel un ping-pong
rageur et bruyant, occultant tout le reste.
Mais cette empoignade pourrait-elle
dégénérer et sortir du cadre
démocratique, voire finir dans la rue ?
« C’est la guerre », affirme l’ancien
conseiller stratégique de Trump
Steve Bannon dans son nouveau film
Trump@war.
Sidérés par la défaite de Clinton
en 2016, effarés par la tempête que
le président fait souffler sur le monde,
le camp démocrate et une grande partie
de l’establishment intellectuel et politique
des États-Unis n’ont jamais avalé
l’élection d’un Donald Trump
dont ils détestent tout : le style tapageur,
la grossièreté et l’ignorance des dossiers,
l’ego surdimensionné, les mensonges
et semi-vérités, les écarts contre
le politiquement correct, le penchant
pour Poutine, le nationalisme assumé
et le racisme supposé. Pour eux,
malgré sa victoire dans les urnes
et ses résultats économiques, Trump –
vu successivement comme un « clown »,
un « Hitler » puis un « fou » inapte
à l’exercice du pouvoir - n’a jamais été
légitime. Ils ont donc caressé, depuis
le premier jour, l’idée de l’écarter.
D’abord par le biais du collège électoral,
C
Dassault Médias
14, boulevard Haussmann
75009 Paris
Président-directeur général
Charles Edelstenne
Administrateurs
Olivier Dassault, Thierry
Dassault, Jean-Pierre
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Directeurs adjoints de la rédaction
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Gaëtan de Capèle (Économie),
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Laurence de Charette (directeur
de la rédaction du Figaro.fr),
Directeur général,
Anne-Sophie von Claer
directeur de la publication (Style, Art de vivre, So Figaro),
Marc Feuillée
Anne Huet-Wuillème (Édition,
Photo, Révision),
qui, dans la foulée de l’élection,
allait, espéraient-ils, se retourner contre
lui - ce qui évidemment n’advint pas.
Puis les espoirs de destitution ont resurgi
avec l’interminable enquête du procureur
spécial Mueller sur les accusations
de collusion avec la Russie, même si
elles n’ont pour l’instant pas débouché.
Question de temps, affirment maints
adversaires du président, persuadés
qu’entre les révélations sur les liens
financiers anciens de son empire
immobilier avec la Russie, les pots-devin utilisés pour faire taire les femmes qui
l’accusent de liaisons extraconjugales, et,
tout récemment, sa sortie contre
ses propres services de renseignement
à Helsinki, s’accumulent les éléments
accablants qui précipiteront sa chute.
Il n’est finalement pas étonnant,
dans ce climat, de voir soudainement
une source anonyme, qui se présente
comme un haut responsable républicain
de l’Administration, déclarer dans
une tribune du New York Times,
le président « inapte à gouverner »
en raison de son caractère « amoral ».
Si le pays tient la route, c’est parce que
« des adultes » gouvernent à sa place,
contre ses instincts et sa volonté, écrit
le mystérieux personnage. Une voix
qui fait écho au nouveau livre du célèbre
journaliste Bob Woodward, qui raconte
avec moult détails « le monde de fous
de la Maison-Blanche » et les difficultés
de l’entourage du président pour
canaliser son caractère impulsif.
Mais l’éditorialiste anonyme va jusqu’à
affirmer avoir pensé activer, de concert
avec d’autres membres de l’équipe,
le XXVe amendement de la Constitution,
qui donne possibilité à la majorité
des membres du gouvernement d’écarter
Arnaud de La Grange
(International),
Étienne de Montety
(Figaro Littéraire),
Bertrand de Saint-Vincent
(Culture, Figaroscope, Télévision),
Yves Thréard (Enquêtes,
Opérations spéciales, Sports,
Sciences),
Vincent Trémolet de Villers
(Politique, Société, Débats Opinions)
Directeur artistique
Pierre Bayle
Rédacteur en chef
Frédéric Picard
(Édition Web)
Directeur délégué
du pôle news
Bertrand Gié
Éditeurs
Robert Mergui
Anne Pican
le président, en cas « d’incapacité » –
avant de renoncer. « C’est un coup d’État,
c’est grave », confirme Steve Bannon.
L’ancien porte-parole de George
W. Bush, Ari Fleischer, qui n’est pas
un adepte de Trump, s’indigne, lui aussi,
de la posture du supposé « héros »
anonyme qui se place « au-dessus
de la volonté populaire », voyant là,
à juste titre, un terrain glissant pour
la démocratie. C’est aussi le diagnostic
de Trump, dont la paranoïa
sur l’existence d’un « État profond » prêt
à le poignarder dans le dos, va se trouver
renforcée. Mais dans le camp démocrate,
les éloges ont été nombreux pour le
mystérieux éditorialiste. La pasionaria de
la gauche démocrate Elizabeth Warren,
professeur à Harvard, se dit carrément
favorable à l’activation du XXVe
amendement. Foin de la démocratie ?
Ce vent de révolte bien peu légitimiste
annonce un clash menaçant au sommet
de l’État, si les démocrates gagnent la
Chambre des représentants en novembre.
Nombre d’entre eux ont en effet préparé
moult pièges et enquêtes visant à mener
à la destitution du président, s’ils
s’emparent des commandes des grands
comités. Les couteaux sont affûtés. Bien
sûr, resterait alors le barrage du Sénat,
s’il reste républicain, et si la direction
du parti ne décide pas de rompre
avec Trump. Mais cette mise en ordre
de bataille augure mal de la suite.
On n’imagine pas l’indomptable
président se laisser écarter sans
combattre. Menacé, il en appellerait
à « son peuple ». Un diplomate
occidental confie craindre « les germes
d’une confrontation qui pourrait
se jouer dans la rue », si des millions de
personnes se ruaient alors à Washington.
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VOX
…ÉCONOMIE
Dix ans après le début
de la crise financière,
pourquoi rien n’a changé.
L’analyse de l’économiste
David Cayla
…SPORT
Serena Williams
sanctionnée à l’US Open :
« Cela n’a rien à voir
avec du sexisme ! »
Entretien avec
le journaliste sportif
Philippe Ducarroz
Les rencontres
du
FIGARO
RENCONTRE AVEC
FRANÇOIS-XAVIER
BELLAMY
le jeudi 18 octobre
2018, 20 heures
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Réservations :
01 70 37 31 70 ou
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93290 Tremblay-en-France
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2
Bertille Bayart
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A
CHRONIQUE
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mercredi 12 septembre 2018 LE FIGARO
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Jean-Marie Guénois
£@jmguenois
e prélat, désormais à la retraite, vit
aujourd’hui dans le XIVe arrondissement de Paris. Créé cardinal par
Benoît XVI, il a participé au conclave qui
a abouti à l’élection du pape François.
Pour Le Figaro, il a accepté de commenter l’actualité de cette rentrée.
Mais comment l’Église, conscience morale,
en est-elle arrivée là ?
C’est une question très complexe. Je dirais que,
dans le domaine de la sexualité, nous étions préparés à discerner les comportements sortant de la loi
morale, mais nous n’étions pas vraiment préparés
à affronter la spécificité de la perversion. Trop
souvent, nous avons traité ces cas en termes de fidélité à la loi morale - et donc par des exhortations
à corriger les comportements sur le plan moral sans suffisamment tenir compte de la racine psychologiquement abîmée ou de la faille de la
construction personnelle qui était la source de ces
comportements.
« Les chrétiens
jouent un rôle
de fond, fédérateur,
dans la société
française et on
les rencontre
sur tous les fronts
de la solidarité »
Cardinal Vingt-Trois : « L’Église
peut retrouver sa crédibilité »
Pour l’ancien archevêque de Paris, l’Église doit se servir de la lumière crue
des affaires pour opérer une profonde « conversion ».
En France, certains exigent la démission
du cardinal Barbarin, archevêque de Lyon…
Pour l’instant, sauf à renoncer à être dans une société
démocratique et organisée, il y a une instruction qui
est en cours et un procès qui doit avoir lieu. Quand il
aura lieu, le cardinal Barbarin est un homme assez
responsable et conscient de sa charge pour agir en
fonction des résultats. Mais je ne vois pas que l’on résolve des problèmes d’une telle complexité en faisant
des réseaux sociaux un tribunal anonyme pour « dégommer » quelqu’un.
STÉPHANE BERN
À LA BONNE HEURE 11H-12H30
L’insistance de l’Église pour l’accueil des migrants
est mal comprise : pourquoi ce combat ?
Des populations aspirent légitimement à sortir de la
misère et de la violence. Nous devons les y aider. Sinon, nous nous présentons comme une population
« élue », destinée à la prospérité au détriment des
autres… Je retourne la question à mes concitoyens :
de quoi avez-vous peur ? En appuyant toujours sur le
levier du danger possible, on affaiblit la conscience
des forces dont on dispose. On se persuade qu’on
n’aura pas les moyens de faire face à ce danger hypothétique ou fantasmé. Et les discours politiques fleurissent autour du thème de la protection : « Je vous
protégerai »…
le domaine
« deDansla sexualité,
nous étions
préparés
à discerner les
comportements
sortant de la loi
morale, mais
nous n’étions pas
vraiment préparés
à affronter
la spécificité
de la perversion
»
© William BEAUCARDET/RTL
A
ON A TELLEMENT
DE CHOSES À SE DIRE
Aux Bernardins, Emmanuel Macron a tendu une main
politique aux chrétiens. Avez-vous apprécié ce geste ?
La conviction sociale des chrétiens n’est pas liée à
une majorité politique. Elle est structurelle de la vie
de l’Église et de sa place dans la société. Tant mieux si
des gouvernants espèrent que la dynamique des
chrétiens puisse bénéficier à la vie sociale du pays ! Je
ne mets pas en doute la sincérité des propos tenus
par le président aux Bernardins, mais je ne pense pas
que les chrétiens aient besoin qu’on leur dise qu’il
faut qu’ils soient chrétiens. Sans brandir aucune
bannière, les chrétiens jouent un rôle de fond, fédérateur, dans la société française et on les rencontre
sur tous les fronts de la solidarité.
La montée des nationalismes sera au cœur des
prochaines européennes : cela vous inquiète-t-il ?
L’Église catholique est en situation de donner un signe fort pour deux raisons : elle est impliquée dans la
vie nationale de chaque pays, mais elle expérimente
depuis toujours une dimension internationale. On ne
peut pas soupçonner que les chrétiens de France,
d’Allemagne ou d’Italie soient moins français, allemands, ou italiens que leurs compatriotes, mais, en
même temps, ils génèrent et ils vivent une fraternité
universelle. La grande ressource de l’Église dans ce
contexte est de faire apparaître que la communauté
supranationale n’est possible qu’avec une identité
nationale forte. Et qu’il ne peut pas y avoir d’identité
nationale forte contre les autres nations - ce serait
l’isolement - mais qu’il ne peut pas y avoir de communauté internationale forte sans identité nationale
réelle.
La notion d’identité culturelle nationale
est pourtant explosive…
Parce qu’on laisse faire ! Je ne suis pas centenaire mais
je suis allé à l’école primaire après la Seconde Guerre
mondiale et j’ai eu des instituteurs qui façonnaient
une appartenance nationale. Ils faisaient leur travail.
Quand Jean-Michel Blanquer demande que l’on apprenne La Marseillaise à l’école, il fait son travail ! Ce
qui est surprenant est qu’il faille remonter jusqu’au
ministre pour décider une chose aussi élémentaire. Je
pense aussi à la nécessité d’un solide enseignement
de l’histoire de France. Si ce travail n’est pas fait, effectivement, il ne restera plus que des idéologies nationalistes et des appels à la haine de l’autre. ■
VINCENT BOISOT/LE FIGARO
LE FIGARO. - L’image de l’Église est ternie par les
scandales actuels. Retrouvera-t-elle sa crédibilité ?
Mgr VINGT-TROIS. - C’est une tache qui souille
l’Église comme elle gangrène la société. Nous devons le reconnaître en toute honnêteté. Mais l’Église peut retrouver sa crédibilité. La focalisation sur
ce genre de problème est en effet un signal à double
sens : il met en évidence des manquements, des erreurs, des fautes réelles dont on attend que nous les
corrigions, mais cette exigence montre aussi que
l’on espère quelque chose de l’Église. Nous devons
donc profiter de la lumière qui est projetée sur notre situation actuelle pour vivre une profonde
conversion ecclésiale, comme le Pape nous y invite
par son message au peuple de Dieu.
RENCONTRE
L
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mercredi 12 septembre 2018 LE FIGARO - N° 23 042 - Cahier N° 2 - Ne peut être vendu séparément - www.lefigaro.fr
> FOCUS
TRANSPORTS :
LES GRANDS
PROJETS
ATTENDRONT
lefigaro.fr/economie
IMMOBILIER
INTERNET
LA FONDATION CARTIER
S’INSTALLERA AU LOUVRE
DES ANTIQUAIRES PAGE 23
DES NANOSATELLITES
POUR TOUT CONNECTER
PAGE 25
Avec le ralentissement de
la croissance, le gouvernement
table sur un déficit de 2,8 %
du PIB en 2019, au lieu de 2,3 %
jusqu’à présent. PAGE 20
Gérald Darmanin, ministre
de l’Action et des Comptes publics,
et Bruno Le Maire, ministre
de l’Économie et des Finances,
à l’Assemblée nationale.
Ryanair durcit le ton après 150 annulations de vols
Les pilotes ne décolèrent pas chez
Ryanair. La direction encore
moins. Plus du tiers des vols de la
compagnie irlandaise depuis et
vers l’Allemagne (soit 150) seront
annulés ce mercredi en raison
d’une grève lancée par les syndicats allemands de pilotes (Cockpit) et de personnel commercial
(Verdi). Ce n’est que le prélude à
un débrayage européen prévu le
28 septembre et annoncé comme
le plus important de l’histoire de
la compagnie. Il sera officielle-
le PLUS du
FIGARO ÉCO
FISCALITÉ
Les propositions
d’une députée pour
simplifier les impôts
des expatriés PAGE 22
LA SÉANCE
DU MARDI 11 SEPTEMBRE 2018
CAC 40
5283,79
+0,27%
DOW JONES (18h)
25997,83 +0,54%
ONCE D’OR
1189,85 (1196,60)
PÉTROLE (lond)
78,720 (77,520)
EUROSTOXX 50
3310,44 +0,04%
FOOTSIE
7273,54 -0,08%
NASDAQ (18h)
7510,75 +0,85%
NIKKEI
22664,69 +1,30%
ment évoqué jeudi à Bruxelles par
les syndicats italiens, portugais,
espagnols, néerlandais et belges.
En attendant, empêtré dans les
conflits sociaux depuis des mois,
Ryanair menace de représailles
sur l’emploi en Allemagne.
La direction a d’ores et déjà proposé aux passagers de reporter
sans frais leurs réservations de
mercredi à jeudi, vendredi, samedi ou dimanche et fait valoir que le
maintien de 250 vols allemands
sur 400 mercredi démontrait
malgré tout qu’il « n’y a pas de
soutien majoritaire à ces grèves ».
« Si ces menaces de grève continuent, elles mèneront à une réduction des opérations en Allemagne et à
des suppressions d’emplois pour les
pilotes comme pour le personnel navigant », lâche le directeur marketing de Ryanair, Kenny Jacobs.
En août, la compagnie a déjà fait
face à un vaste mouvement européen, avec 400 annulations. Depuis, elle a bien trouvé des accords en Irlande et en Italie, mais
ils sont jugés insuffisants par les
syndicats allemands. Reconnu
comme interlocuteur par Ryanair,
Verdi refuse les conditions proposées par la compagnie irlandaise
(aucune augmentation avant 2019
et 41 euros par mois à partir de
2020). Cockpit n’est pas mieux
disposé. Ryanair a fustigé, ce
mardi, ce syndicat de « pilotes gagnant jusqu’à 190 000 euros par an
et qui travaillent cinq jours par semaine, suivis de quatre jours de
A.-S. C. (AVEC AFP)
récupération ».
Les Français ont
retrouvé leur niveau
de vie d’avant-crise
L'HISTOIRE
Un job dating pour recruter
1 000 gardes d’enfants
C’
est un job dating qui tombe
à point nommé pour tous les
parents qui en cette période
de rentrée n’ont pas encore
trouvé la perle rare
pour garder leur enfant. Ce mercredi,
Kangourou Kids, qui compte actuellement
7 500 salariés pour répondre aux besoins
de 8 000 familles, organise une journée
de recrutement sur l’ensemble du territoire.
Le spécialiste de la garde d’enfant ouvre
1 000 postes répartis dans ses 107 agences
hexagonales, toutes agréées par l’État.
Kangourou Kids n’en
est pas à son coup
d’essai, puisque
deux précédentes
sessions
ont déjà eu lieu,
en janvier et juin
dernier. La méthode
rencontre un vif
succès, car « le job
dating est l’outil idéal
pour jauger
rapidement une
personne et donner
à chacun sa
J.-Y. G.
chance », indique l’entreprise.
Pour participer à ce dispositif bien rodé,
le candidat muni d’un curriculum vitae
doit se présenter entre 14 heures
et 18 heures dans l’antenne Kangourou Kids
la plus proche de son domicile (liste
disponible sur le site www.kangouroukids.fr).
Après s’être informé sur le fonctionnement
de l’agence et avoir échangé avec
des professionnels de la petite enfance,
il pourra poursuivre par un entretien
d’embauche. En fonction des aptitudes
et de l’expérience de la personne, celle-ci
pourra se voir
proposer un CDI
à temps partiel,
allant de 4 à 20 heures
par semaine. Ces
1 000 postes sont
aussi bien ouverts
aux professionnels de
la garde d’enfant qu’aux
étudiants et seniors
désireux de bénéficier
d’un salaire d’appoint
en encadrant des jeunes
de plus de 3 ans. ■
CORINNE CAILLAUD
Le niveau de vie médian a
progressé de 0,9 % en euros
constants en 2016 en France
métropolitaine, soit sa plus
forte hausse depuis 2008 ;
cela lui permet de « retrouver
son niveau d’avant-crise »,
selon les données publiées
mardi par l’Insee. Il a ainsi
atteint 20 520 euros, soit
1 710 euros par mois. Pour
une famille composée d’un
couple avec deux enfants de
moins de 14 ans, ce montant
correspond à un revenu disponible de 43 090 euros par
an (3 591 euros par mois).
Le niveau de vie médian a diminué chaque année de 2009
à 2013, avant de rebondir légèrement en 2014 (+ 0,2 %) et
2015 (+ 0,4 %). La hausse plus
franche de 2016 reste cependant nettement en deçà des
années d’avant-crise (+ 1,4 %
en moyenne entre 1994 et
2008).
Alors qu’en 2015 la hausse
avait surtout profité aux catégories les plus aisées, les
niveaux de vie ont plus progressé en 2016 chez les plus
modestes, « grâce à la mise en
place au 1er janvier de la prime
d’activité en remplacement du
revenu de solidarité active
(RSA) activité et de la prime
pour l’emploi ».
En haut de l’échelle de distribution, les niveaux de vie ont
été stables, sauf pour les 5 %
les plus riches, pour qui il a
diminué, « en raison de la
baisse notable des revenus du
patrimoine, en particulier ceux
générés par les assurances-vie
du fait de la baisse des taux
obligataires », précise l’Insee.
En 2016, 8,8 millions de personnes vivaient sous le seuil
de pauvreté monétaire (fixé à
60 % du revenu médian, soit
1 026 euros par mois), soit
14 % de la population française (après 14,2 % en 2015).
Cette année-là, cette situation concernait 38,3 % des
chômeurs et 34,8 % des personnes vivant dans une famille monoparentale.
A
KANGOUROU KIDS, SÉBASTIEN SORIANO/LE FIGARO, DANIÈLE SCHNEIDER/PHOTONONSTOP
Déficit : le gouvernement
revoit ses ambitions à la baisse
Les futures lignes TGV et les projets
pharaoniques comme le Canal Seine-Nord ou la liaison ferroviaire
Lyon-Turin peuvent attendre. Priorité à l’entretien des réseaux - routes,
voies fluviales, voies ferrées. Telle
est la teneur du message d’Élisabeth
Borne, ministre des Transports,
mardi, lors de la présentation de son
plan d’investissement 2018-2022 à
une poignée d’experts. Consulté sur
le sujet au début de l’année, le
Conseil d’orientation des infrastructures (COI) avait évoqué trois scénarios. Le gouvernement a tranché. Il
compte dépenser 13,4 milliards
d’euros d’ici à 2022. Un peu moins
que le scénario moyen présenté par
le COI. « Cela représente une augmentation de 40 % par rapport au
dernier quinquennat », objecte-t-on
au ministère des Transports.
Élisabeth Borne a défini quelques
chantiers prioritaires pour lesquels
elle déliera les cordons de la bourse.
Par exemple, la rénovation des routes sera accélérée, avec un budget
annuel de 850 millions d’euros à partir de 2020, alors qu’il était plafonné à
670 millions ces dernières années.
Un milliard d’euros sera aussi investi
dans les dix prochaines années pour
améliorer la desserte routière des
villes moyennes trop enclavées.
Ainsi la route du centre Bretagne
passera enfin en 2 × 2 voies. Le
gouvernement débloquera aussi
2,6 milliards d’euros dans les dix
prochaines années pour développer
les transports du quotidien. En région, par exemple, des travaux seront lancés à Lyon (allongement des
quais, nouvelle voie…) pour qu’il y ait
plus de trafic sur la ligne SaintÉtienne-Lyon.
Quant aux grands projets… Le gouvernement ne renonce pas officiellement aux cinq lignes TGV dans les
tuyaux (Bordeaux-Toulouse, ParisLe Havre…). Astucieusement, il indique qu’il commencera d’abord à désaturer ces gares, ce qui sera utile
pour les transports de proximité.
Une façon de passer en douceur le
mistigri au gouvernement suivant.
Une pratique qui fleure bon l’ancien
monde.
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mercredi 12 septembre 2018 LE FIGARO
L'ÉVÉNEMENT
20
Le gouvernement dégrade aussi
sa prévision de déficit pour 2019
Présentation du projet
de budget pour 2019
Les prévisions de déficit public
à l'horizon 2019 sans cesse modifiées
LES DIFFÉRENTES PRÉVISIONS
décembre 2017
avril 2018
juillet 2018
La loi de programmation
des finances publiques
(LPFP) pour 2018 à 2022
Programme
de stabilité
Débat d'orientation Prévisions du
des finances
gouvernement
publiques (DOFP)
2,9
septembre 2018
2,9
2,7
budgétaire. Mais nous tiendrons
le cap de la restauration
de nos finances publiques.
Il n’y aura pas de rétablissement
de notre compétitivité et
de croissance durable sans des
finances publiques bien tenues
2018 et 2019. Pour atteindre l’objectif de cette année, l’activité devra toutefois fortement accélérer
au dernier trimestre et atteindre…
0,8 %. Une gageure qui laisse sceptique, après le premier semestre
atone et le modeste rebond à 0,4 %,
prévu par la Banque de France pour
le troisième trimestre.
Les économistes du Trésor ont
dû aussi revoir leur prévision d’inflation. Après 1,6 % en 2018, ils ciblent désormais 1,3 % en 2019 et
actent le décalage au moins d’un
an de leur prévision de hausse des
taux d’intérêt. Initialement, un
taux à dix ans à 1,85 % était attendu fin 2018. La trajectoire de la
dette a été, de son côté, fortement
modifiée par l’intégration des
comptes de SNCF Réseau dans la
sphère publique (nos éditions du
7 septembre). Fin 2019, elle devrait
frôler les 100 % du PIB, à 98,6 %,
puis lentement refluer jusqu’à
92,7 % en 2022. ■
A. G.
»
LES NOUVELLES
DONNÉES
DE L’ÉQUATION
À RÉSOUDRE
POUR LE PROJET
DE BUDGET 2019
2,6
2,6 2,6
2,4
2,3 2,3
« Il n’y a pas de politique
qui vaille sans
responsabilité budgétaire.
C’est pour cela qu’il faut
réduire nos déficits.
La France s’y est engagée
mais c’est surtout
un devoir à l’égard
des générations futures.
La première exigence,
c’est de respecter
cet engagement
envers les Français.
Nous effectuerons donc
60 milliards d’économies,
en responsabilisant
les ministres sur leurs
objectifs de réduction
de dépenses. »
Emmanuel Macron,
avril 2017
BRUNO LE MAIRE, LE 5 SEPTEMBRE DANS « LE FIGARO »
2,8
2,8
SÉRIEUX ET
RESPONSABILITÉ
SÉBASTIEN SORIANO/LE FIGARO
24
septembre
qui tient notamment compte du reLes objectifs ont été dégradés
classement de la dette de SNCF Répour revenir, peu ou prou, au niseau dans les comptes publics.
veau des estimations initiales vo« Avec la SNCF, on est 0,2 point en
tées en décembre 2017 dans la loi
dessous de ce qui était prévu », insisde programmation des finances
te donc l’entourage des ministres.
publiques (LPFP 2018-2022). « En
matière de finances publiques, nous
Baisse de l’inflation
avons exactement la même trajectoire, voire un peu mieux, que ce
Le déficit 2018 devrait, de son côté,
que nous présentions à l’automne
tourner autour de 2,6 %. Il se creudernier », se défend-on à Bercy
sera facialement en 2019 car les
pour mieux faire oublier les prévicomptes publics intégreront la
sions très optimistes de l’été, dont
transformation du crédit d’impôt
l’abandon nourrit les critiques de
pour la compétitivité des entrepril’opposition mais aussi les doutes
ses (CICE) en baisse de charges, une
de Bruxelles.
opération à 20 milliards d’euros
La comparaison avec la LPFP
pour les finances de l’État.
2018-2022, publiée au JO en janEn termes de croissance, le gouvier, est en effet plutôt flatteuse
vernement s’aligne sur le consenpour les ministres de Bercy. Elle visus des économistes : il compte sur
sait alors un déficit de 2,9 % du PIB
une progression du PIB de 1,7 % en
pour 2019,
supérieur
donc à la
Tout ce qui affaiblit la croissance
nouvelle
complique évidemment l’équation
estimation
POLITIQUE ÉCONOMIQUE C’est le
drame des chefs d’entreprises cotées : devoir en permanence communiquer des estimations au
marché, quitte à se contredire et
mécontenter tout le monde.
Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, les ministres de l’Économie et
des Comptes publics, vivent cette
expérience douloureuse à l’occasion de l’élaboration de leur
deuxième budget, qui sera présenté le 24 septembre.
En juillet, lors du débat d’orientation des finances publiques
(DOFP), le duo tablait sur un déficit de 2,3 % du PIB en 2019 et un
taux de dépenses publiques (hors
crédit d’impôt) de 53,4 %. Deux
mois plus tard, les chiffres ont été
sérieusement révisés afin de tenir
compte du ralentissement constaté de la croissance. Bercy cible désormais un déficit de 2,8 % pour
l’année prochaine et un taux de
dépenses de 54,6 %.
EN MARCHE !
Le ralentissement de l’activité et les moindres recettes fiscales ont obligé l’exécutif
à revoir sérieusement son cadrage macroéconomique pour l’année prochaine.
2,3
INFLATION
année 2017
année 2018
1,3 %
année 2019
DÉFICIT PUBLIC FRANÇAIS, en % du PIB
Sources : Insee, LFI 2018, Programme de stabilité, DOFP 2018 et Bercy
en 2019
CONTRE
Infographie
Les dépenses publiques vont encore augmenter de 25 milliards
A
GUILLAUME GUICHARD
£@guillaume_gui
L’axiome a été rappelé par le chef de
l’État lors de son discours devant les
parlementaires réunis en Congrès à
Versailles le 9 juillet : « Il ne saurait y
avoir de baisse de la fiscalité ou de
développement de l’investissement
sans un ralentissement de la hausse
continue de nos dépenses. » Les
contribuables peuvent-ils faire
confiance à l’exécutif en matière
d’économies, et donc de pérennité
de leurs baisses d’impôts ?
Les ministères des Finances et des
Comptes publics ont tenu à rassurer,
mardi, en présentant la trajectoire
de dépenses publiques du gouvernement 2018 et 2019. Comme à son
habitude, Bercy a manié les indicateurs mettant en valeur ses résultats
et ses prévisions. Surtout en matière
d’économies. Les grands argentiers
de l’État ont décidé de mettre en
avant un indicateur en particulier,
l’évolution des dépenses publiques
« en volume ». Et pour cause, cet indicateur sera proche de zéro cette
année, s’est réjoui Bercy. « En volume », cela signifie qu’une fois ôté
l’effet de l’inflation, les dépenses de
l’État, de la Sécurité sociale et des
collectivités locales devraient être
maintenues à leur niveau de 2017.
En 2019, les dépenses publiques devraient repartir à la hausse, de 0,6 %
- toujours hors effet de l’inflation.
Toutefois, ces chiffres masquent
la réalité sonnante et trébuchante
des dépenses publiques. Ces dernières devraient en effet gonfler
d’environ 20 milliards d’euros cette
année, sur un total de dépenses de
près de 1 270 milliards d’euros, et de
près de 25 milliards l’année prochaine, a reconnu Bercy.
Cela ne veut pas dire que l’exécutif laisse filer les dépenses en restant
les bras croisés. En ce qui concerne
l’État, il ressort que 16 des 30 missions verront ses crédits réels bais-
ser l’année prochaine. En effet,
alors que Bercy a annoncé mardi
qu’il tablait sur une inflation de
1,3 % en 2019 (hors tabac), toutes
les missions de l’État qui ont obtenu
des hausses de moyens inférieures
verront leur « pouvoir d’action »
L’exécutif a lui-même contribué
au ralentissement économique
DÉCRYPTAGE
Anne de Guigné
adeguigne@lefigaro.fr
Après une envolée fin 2017
pour finir à un taux de 2,3 %, la
croissance a brutalement ralenti en 2018. Au premier
- comme au second - trimestre, le PIB de la France n’a en
effet progressé que de 0,2 %,
douchant les espoirs de redressement rapide des comptes publics. À Bercy, les raisons
de ce décrochage ont été finement analysées et s’expliqueraient, affirme-t-on, par deux
séries de facteurs… exogènes.
« D’abord, il y a les raisons
internationales : la hausse du
prix du pétrole, supérieure de
7 points à nos prévisions, et la
baisse de la demande internationale adressée à la France,
avancent les entourages des
ministres Bruno Le Maire et
Gérald Darmanin. Ensuite les
facteurs domestiques : le calendrier des vacances de Noël, les
mouvements sociaux… » Bref,
une série d’événements malheureux qui aurait temporairement contrarié le plan de
redressement du pays. Et dont
l’exécutif ne serait, en filigrane, pas responsable.
Arbitrage difficile
La vérité, comme toujours, est
plus complexe. Ne lui en déplaise, le gouvernement a en
partie organisé, malgré lui, la
dérive des comptes publics
en 2018 et 2019. Ses choix sur
l’année en cours ont en effet
précipité le ralentissement de
l’activité, en pesant sur la
consommation, le principal
moteur de la croissance.
Pour tenir ses engagements
budgétaires, l’exécutif a ainsi
choisi de décaler à l’automne
la majorité des mesures favorables aux ménages : deuxième vague de la suppression
des cotisations salariales,
combinée à la réduction d’un
premier tiers de la taxe d’habitation pour 80 % des
foyers. En revanche, les dispositions favorisant l’investissement (suppression de
l’ISF, création du prélèvement forfaitaire unique sur
l’épargne) sont entrées en vigueur en janvier. Un arbitrage difficile à comprendre
pour les ménages alors que la
croissance repartait et qu’ils
subissaient en même temps la
hausse, sans contrepartie
pour les retraités, de la CSG,
et le relèvement de la fiscalité
écologique.
Craignant de nouvelles
hausses d’impôts, les particuliers ont donc mis la pédale
douce sur leurs achats au premier semestre, ce qui a fait
plonger la consommation et
donc la croissance. Un trou
d’air passager, à en croire le
gouvernement qui compte sur
les mesures fortes de l’automne pour provoquer le retour de
la confiance et, in fine, la relance de la consommation. ■
baisser. De la même façon que les
retraités dont les pensions seront
gelées l’année prochaine verront
leur pouvoir d’achat grignoté de
1,3 % par la hausse des prix.
Certes, parmi les 16 missions perdantes, certaines subissent les
« choix forts et courageux » qu’annonçait Emmanuel Macron dans
son discours de Versailles. Le ministère du Travail verra ses crédits coupés de 13,6 %, avec la réduction
drastique du nombre d’emplois
aidés pour la deuxième année
consécutive. Le versement contemporain des APL permettra aussi de
sabrer les moyens de la mission cohésion des territoires de plus de 6 %.
CROISSANCE
1,7 %
en 2019
CONTRE
1,7 % en 2018
DÉPENSES
54 %
en 2019
CONTRE
54,6 % en 2018
“
Il ne saurait y avoir
une meilleure maîtrise
des finances publiques
sans des choix forts
et courageux
EMMANUEL MACRON
1,6 % en 2018
”
Aux côtés de ces coupes spectaculaires, et malgré ses dénégations,
le gouvernement a également manié le trompe-l’œil. La mission
culture, avec une progression de
seulement 0,74 % de ses moyens,
verra son budget réel diminuer de
0,56 %. Les missions outre-mer et
« médias, livres et industries culturelles », avec des budgets 2019 inchangés par rapport à 2018, perdront des moyens d’action. Quant à
l’enseignement scolaire, la hausse
de 1,44 % des crédits paraît bien faible pour son statut de priorité gouvernementale, quand elle est rapportée à une inflation de 1,3 %. ■
PRÉLÈVEMENTS
OBLIGATOIRES
44,2 %
en 2019
CONTRE
45 % en 2018
DETTE
98,6%
en 2019
CONTRE
98,7 % en 2018
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LE FIGARO
mercredi 12 septembre 2018
ÉCONOMIE
21
Les créations d’emplois en très net repli
Nouveau ralentissement de l'emploi salarié
ÉVOLUTION DEPUIS 2011 DES VARIATIONS TRIMESTRIELLES DE L’EMPLOI SALARIÉ
En milliers
100 102
77,8
SOCIAL Les perspectives sur le
front de l’emploi s’assombrissent.
Entre avril et juin 2018, la France a
créé 12 500 emplois de plus qu’elle
en a détruit dans les secteurs public
et privé, contre 47 500 au premier
trimestre, selon les chiffres de
l’Insee publiés mardi. Engagé en début d’année après des résultats records en 2017 (+ 349 600), ce ralentissement résulte en grande partie
du tassement de la croissance française, qui a progressé de seulement
0,2 % au premier puis au deuxième
trimestre. « Si ce tassement se poursuit aux troisième et quatrième trimestres, ce serait alors une source
d’inquiétude », estime, mais sans
trop y croire, Philippe Martin, le
président délégué du Conseil d’analyse économique (CAE).
Concrètement, l’emploi dans le
secteur privé a ralenti, avec
24 300 créations nettes de postes
observées, contre 48 800 au premier trimestre. Si le secteur de services a bien résisté (+ 23 400 emplois), l’Insee enregistre une légère
baisse. De son côté, l’industrie a détruit 2 200 postes, contre 400 au
premier trimestre, alors que le secteur a enregistré 3 300 créations
d’emplois en 2017. La construction
est, en revanche, restée dynamique
avec une hausse de 0,4 % (+ 5 000).
Autre fait marquant de ce
deuxième trimestre - et c’est une
Tendance positive
La ministre du Travail se veut toutefois confiante quant à la situation.
« Oui, il y a des signaux de ralentissement, mais la situation du marché
du travail reste bien orientée. Comparé à cinq ou dix ans, on est quand
même dans une dynamique de création d’emplois », se défend la locataire de l’hôtel du Châtelet, pour qui
le chômage « reste orienté à la baisse
même s’il y a encore beaucoup à faire ». Au deuxième trimestre, le taux
de chômage a légèrement baissé, de
0,1 point, pour atteindre 9,1 % de la
population active, ce qui est bien
plus élevé que la moyenne de la
zone euro, estimée à 8,3 %.
Dès son arrivée au pouvoir, le
gouvernement Philippe a pourtant lancé de vastes réformes,
comme celle par ordonnances du
104,3
77,6
67,7
61,2
53
47,8
44,8
37,9
37,6
43,3
47,5
26,7
23,4
15
12,5
11,4
9,6 10
2,9
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3
T2 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2
-5,9
-12,5
-14,2
-16,3
-24,7
-26,1
Source : Insee
MANON MALHÈRE £@ManonMalhere
première inquiétante depuis l’été
2014 -, l’intérim connaît un léger
ralentissement (- 0,4 %). Néanmoins, sur un an, le secteur a créé
49 500 postes, soit une hausse qui
atteint 6,5 %.
Parallèlement au trou d’air de la
croissance qui a pesé sur l’emploi
dans le privé, le deuxième trimestre
enregistre également le plus fort recul des effectifs depuis fin 2011 dans
le secteur public, avec une baisse de
11 800 postes, en raison, principalement, de la suppression de contrats
aidés décidée par le gouvernement.
« C’est un choix assumé », explique
Muriel Pénicaud.
BENOÎT TESSIER/REUTERS
La France a créé 12 500 postes
au deuxième trimestre, soit
quatre fois moins que le précédent.
-29,8
-37
2011
2012
Code du travail en vigueur depuis
l’automne 2017 et, plus récemment, de l’apprentissage et de la
formation dans la loi Avenir professionnel, qui a été promulguée il
y a une semaine. « Toutes les réformes structurelles mettent inévi-
2013
2014
2015
tablement du temps à se mettre en
place », insiste Muriel Pénicaud.
L’exécutif entend poursuivre le
rythme en s’attaquant maintenant
à la précarité et à la qualité de
l’emploi avec la réforme des règles
encadrant l’assurance-chômage à
2016
2017
2018
venir, qui s’annonce sensible. Le
ministère n’a d’ailleurs pas manqué de rappeler les chiffres : en
2017, les CDD et l’intérim ont représenté 93 % des embauches, en
très grande partie des contrats… de
moins d’un mois. ■
Oui, il y a
des signaux
de ralentissement, mais
la situation
du marché
du travail
reste bien
orientée.
Comparé
à cinq ou
dix ans, on
est dans une
dynamique
de création
d’emplois
»
MURIEL PÉNICAUD
Réservé aux professionnels uniquement.1 Risque de perte supérieur aux dépôts.
La protection contre le solde débiteur n’est pas disponible pour les clients professionnels.
La Californie promet
une électricité sans
rejet de CO2 en 2045
Le gouverneur démocrate de l’État
prend le contre-pied de Trump.
ÉTATS-UNIS La Californie entre
en dissidence énergétique. Jerry
Brown, son gouverneur démocrate, qui accueille cette semaine
une conférence sur le climat à San
Francisco, a promulgué une loi,
lundi soir, qui engage son État à
produire de l’électricité « 100 %
verte » en 2045.
La décision est d’importance
lorsque l’on sait que la Californie
serait la cinquième puissance
économique mondiale si elle était
indépendante. Alors que Donald
Trump a quitté l’accord de Paris,
signé par les États-Unis de Barack Obama en 2015, lors de la
conférence COP21, le gouverneur
de Californie a repris le flambeau
de la lutte contre le changement
climatique.
Pour Jerry Brown, il ne s’agit
pas d’une lubie. Depuis son premier mandat de gouverneur du
Jerry Brown, gouverneur
de Californie, lundi, à Sacramento.
RICH PEDRONCELLI/AP
« Golden State » dans les années
1970, il a été un fer de lance des
énergies renouvelables. Il a décidé
de réduire coûte que coûte les
émissions de gaz à effet de serre
des États-Unis, quitte à poursuivre en justice l’Administration fédérale qui détricote les réglementations environnementales des
précédentes Administrations.
Déjà 44 %
d’énergies vertes
Dans le détail, la loi adoptée par
les élus californiens prévoit que
toute l’électricité passant par le
réseau de l’État ait un bilan carbone neutre d’ici à 2045. En
outre, 50 % de la production
électrique de l’État devra venir
de sources d’énergie renouvelables (solaire, éolien, géothermie, etc.) d’ici à 2025, et 60 %
d’ici à 2030. Le reste de la production électrique pourrait aussi
être fourni par d’autres sources,
à condition qu’elles ne rejettent
pas de gaz à effet de serre dans
l’atmosphère (centrales au gaz
dotées de systèmes de récupération du CO2, nucléaire).
L’objectif de 2025 ne paraît pas
hors de portée puisque actuellement, les renouvelables fournissent 44 % du courant, dont 15 %
pour les grands barrages électriques. Les centrales à gaz produisent 34 % de l’électricité et celles
au charbon et au fioul 13 %. Quant
à la dernière centrale nucléaire en
service, Diablo Canyon, elle livre
9 % de l’électricité de l’État.
Rapporteur de la loi au Parlement californien, le sénateur Kevin de Leon assure qu’« il y a déjà
dix fois plus d’emplois dans
l’énergie solaire en Californie que
dans l’exploitation des mines de
charbon pour l’ensemble des
États-Unis ». ■
A
ANTOINE GARBAY
£@AntoineGarbay
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 12 septembre 2018 LE FIGARO
22
ÉCONOMIE
L’impôt des expatriés pourrait être simplifié
L’élue LaREM Anne Genetet veut supprimer l’imposition minimale de 20 % des revenus français des non-résidents.
GUILLAUME GUICHARD
£@guillaume_gui
Il est temps
« d’arrêter
de considérer
les
non-résidents
comme
des exilés
fiscaux
en puissance
et de leur
faire payer
les bassesses
d’une infime
fraction
»
ANNE GENETET
FISCALITÉ La fiscalité française
s’appliquant aux expatriés est un
autre monde. La députée des Français de l’étranger, Anne Genetet
(LaREM), dépeint, dans un rapport
qu’elle a remis au premier ministre, mardi, un système complexe
et bien différent de celui qui est appliqué aux résidents français. « Le
traitement fiscal qui leur est réservé,
est considéré par beaucoup comme
injuste et inégalitaire, rapporte la
députée de la circonscription Russie, Asie, Pacifique. Il est temps
d’arrêter de considérer les non-résidents comme des exilés fiscaux en
puissance et de leur faire payer les
bassesses d’une infime fraction. »
Pour commencer, les revenus
gagnés en France par les expatriés
sont taxés à 20 % minimum au titre de l’impôt sur le revenu, alors
que les résidents hexagonaux sont
soumis au barème progressif, doté
de tranches d’imposition débutant
à 0 %. De plus, le mécanisme de
décote, retardant l’entrée dans
l’impôt, ne s’applique pas aux revenus français des expatriés. En
outre, aucune charge n’est déductible quand les résidents français
peuvent déduire de leur base imposable les dépenses de travaux.
Seule solution pour les petits revenus, souvent fonciers, pour
échapper au taux minimal : prouver que les revenus mondiaux du
La députée des Français de l’étranger, Anne Genetet (LaREM), lors de la présentation de son rapport au premier
ministre, mardi, sur le traitement fiscal des non-résidents. THOMAS PADILLA/MAXPPP
foyer fiscal donneraient droit à un
taux d’imposition inférieur à 20 %.
Le comble, souligne Anne Genetet,
c’est que « pour les contribuables
ne bénéficiant d’aucun revenu à
l’étranger, démontrer une absence
de revenus à l’étranger est parfois
particulièrement délicat, voire impossible ». Nombre de retraités
exilés, qui louent leur ancienne
habitation dans l’Hexagone, se
trouvent par exemple pris dans ce
piège administratif.
Les expatriés sont par ailleurs
redevables de la contribution sociale généralisée et des autres prélèvements sociaux, dont la CRDS
qui finance la Sécurité sociale. Ce
dernier
particularisme
est
d’ailleurs grandement fragilisé par
les récentes décisions de la Cour
européenne de justice car, sauf exception, les expatriés ne bénéficient pas de la couverture de la
Sécu. Ce sujet est qualifié de
« bombe à retardement » budgé-
taire par l’auteur du rapport, qui
estime le coût du contentieux à
300 millions d’euros minimum,
quand la France se fera à nouveau
condamner sur le sujet.
« Remettre de la cohérence
dans le système »
La députée appelle donc à « remettre de la cohérence dans le système ». Elle propose pour cela un
« deal » à l’exécutif : appliquer le
barème progressif de l’impôt sur
Juncker célèbre sa relance de l’investissement
Calibrée à 315 milliards d’euros, elle devrait atteindre les 500, un réel succès à son actif.
JEAN-PIERRE ROBIN jprobin@lefigaro.fr
EUROPE Les migrants et la montée
des nationalismes, la Turquie menaçante et le lamentable Brexit, la
réforme de la zone euro en jachère…
Jean-Claude Juncker, qui prononce
ce mercredi son quatrième et
avant-dernier discours sur « l’état
de l’Union » (sa présidence de la
Commission européenne se termine le 31 octobre 2019), ne manquera
pas de sujets « hard » et amers. Mais
dans cet océan de contrariétés et de
tragédies qu’est devenue l’actualité
de l’Europe émergera un îlot de satisfaction.
Le plan Juncker de relance de
l’investissement, lancé à l’aube de
son mandat de cinq ans, en novembre 2014, aura rempli son contrat.
Et même au-delà, puisque l’enveloppe initiale de 315 milliards
d’euros qui devaient être mobilisés
a atteint 335 milliards à la mi-2018
et qu’elle sera élargie à 500 milliards d’euros d’ici à 2020.
À l’automne 2014, le constat était
peu contestable, et Jean-Claude
Juncker en avait fait l’épine dorsale
de son projet économique : six ans
après la grande crise de 2008-2009,
l’Europe n’était toujours pas sortie
du marasme exacerbé par la crise
des dettes souveraines partie de
Grèce à la fin de 2009. Cette atonie
se traduisait plus particulièrement
par un manque d’investissements
productifs, au sens large du terme :
ils étaient alors inférieurs de 14 % à
leur niveau de 2007, selon les calculs de la Commission européenne,
un manque de 414 milliards.
“
Grâce au plan
Juncker, la France
a pu générer quelque
50,2 milliards d’euros
d’investissements
”
D’où l’idée de mobiliser sur trois
ans 315 milliards d’euros, dont la
Banque européenne d’investissement (BEI) serait le bras séculier
public et sur lequel se grefferaient
des capitaux privés. Au total, l’effet
de levier ferait que les 21 milliards
d’euros des capitaux publics (BEI et
budget européen) se démultiplieraient en 315 milliards. Plus encore
que ce montage financier, l’originalité du projet tenait dans ses principes conducteurs : « Pas de quotas
géographiques, ni sectoriels, les projets sont évalués sur leur propre mérite et approuvés par des experts de
marchés indépendants. Avec le souci
que les dossiers seraient plus risqués
que ce que fait la BEI habituellement
et qu’ils concernent des opérations
qui n’auraient pu se faire autrement
et à des conditions financières optimales », résume Estelle Göger, chef
d’équipe pour le plan d’investissement à la Commission.
À l’arrivée, les 335 milliards
d’euros effectivement distribués,
dont les deux tiers dans le secteur
privé, se répartissent dans une
fourmilière de projets défiant
l’imagination par leur diversité. Selon la Commission, 31 % des sommes allouées sont allées à quelque
700 000 PME (parfois artisanales),
les 69 % restants se portant sur des
infrastructures publiques (logements sociaux, accès au haut débit,
transports, énergies renouvelables)
ou de grandes entreprises privées.
Avec l’Italie, la France aura été le
plus gros réceptacle (50,2 milliards
d’euros d’investissements générés
correspondant à 10,5 milliards de la
BEI). Précisons que le projet CDG
Express, le train rapide reliant Roissy à Paris en principe pour les JO de
2024 et qui pouvait être éligible, n’a
pas reçu de financement de cette
source, pour le moment en tout cas.
Par ailleurs, on notera que le
Royaume-Uni, qui avait été le pays
les plus allant pour recevoir la manne du plan Juncker, s’est poliment
mis sur le côté de la route après le
référendum du 23 juin 2016 rompant ses liens avec l’UE. ■
Le président
de la Commission
européenne,
Jean-Claude Juncker,
à Strasbourg.
CHRISTIAN HARTMANN/
REUTERS
9
A
milliards de dollars
de fonds surtout
venus de Russie
ont été blanchis par
la banque danoise
Danske Bank, via
sa filiale estonienne,
entre 2007 et 2015. Des
poursuites judiciaires
sont engagées. Il s’agit
d’un des derniers
scandales
de blanchiment
en Europe
JEAN COMTE £@JeanComte
BRUXELLES
La nouvelle, tombée mardi en fin
de matinée, a rapidement fait la
une de la presse financière : Koos
Timmermans, directeur financier
de la banque néerlandaise ING, démissionnait à cause d’une affaire de
blanchiment d’argent. Il s’agit du
dernier épisode en date d’une série
de scandales qui se sont succédé
depuis le début de l’année, touchant successivement la banque
lettone ABLV, la maltaise Pilatus, et
enfin les activités de Danske Bank
en Estonie - sans compter Deutsche Bank, mise en difficulté en août
par un rapport interne.
À Bruxelles, cette avalanche de
cas n’a pas manqué d’interroger.
« Ces expériences ont exposé des défauts (dans le cadre européen) »,
soulignait récemment un rapport
des superviseurs européens obtenu
par Le Figaro. Le document met en
avant plusieurs problèmes. Premièrement, il existe trop d’écarts
entre les États membres, qui bénéficient chacun d’une large marge
de manœuvre dans leur mise en
application des directives antiblanchiment.
Intervention américaine
Deuxièmement, l’échange d’informations entre les 28 administrations nationales, ainsi qu’avec les
superviseurs européens, reste déficient. Enfin, le partage des tâches
entre autorités nationales et européennes est brinquebalant. Un
exemple parlant : la Banque centra-
le européenne (BCE) doit retirer la
licence bancaire des établissements
qu’elle supervise s’ils enfreignent
les règles de blanchiment d’argent,
mais elle ne peut pas enquêter ellemême sur les possibles entorses à
ces règles. Ainsi, elle n’avait fermé
ABLV qu’après avoir reçu des informations du régulateur… américain.
Le président de la Commission
européenne, Jean-Claude Juncker,
doit annoncer ce mercredi de nouvelles mesures. Le rapport des superviseurs auquel la Commission a
largement contribué, suggère toutefois plusieurs pistes de court
terme - notamment des échanges
d’informations, des programmes
de formation et une harmonisation
accrue des processus.
Il est aussi possible de renforcer
les effectifs et les moyens de
EN BREF
AGROALIMENTAIRE :
LES MARGES
EN BAISSE DE 7 %
£ Selon le nouveau président
des industries alimentaires
(Ania), Richard Girardot, les
entreprises françaises du secteur
ont perdu 7 % de marge
ces dernières années. En cause:
la guerre de prix, mais aussi les
variations de matières premières
et des hausses des coûts
de production. Soit une perte
de chiffre d’affaires estimée à
7 milliards d’euros en quatre ans.
Déroulant mardi les grands axes
de sa feuille de route, le dirigeant
a insisté sur la lutte contre
le « marketing de la panique »
dont fait l’objet le secteur.
HAPPYCHIC : LES
SYNDICATS INQUIETS
£ Les organisations syndicales
ont protesté après la
présentation à Roubaix (Nord)
du plan social par la direction
du groupe de prêt-à-porter
masculin des Mulliez, Happychic
(3 191 salariés en France),
qui prévoit 466 suppressions
d’emplois, principalement dans
chez Jules et Brice
et 88 fermetures de magasins.
La direction, qui a annoncé
ce PSE en juillet, rétorque que les
négociations ne font que débuter
et se termineront mi-janvier.
Bruxelles s’attaque au blanchiment après plusieurs scandales
DANSKE BANK
POURSUIVIE
le revenu, tout en supprimant les
prélèvements sociaux. « L’un ne
peut être envisagé sans l’autre pour
des raisons à la fois politiques et de
recettes fiscales », explique la médecin et ancienne journaliste médicale. La suppression des prélèvements
sociaux
(sauf
le
prélèvement de solidarité de 2 %)
sur les revenus français des
expatriés coûterait 285 millions
d’euros.
Ce coût serait compensé par la
suppression du taux d’imposition
de 20 % d’impôt sur le revenu et la
mise en place du barème, ainsi que
la déductibilité de certaines charges. En effet, si le taux moyen appliqué aux revenus français des
expatriés est calculé sur la base des
revenus mondiaux de ces derniers, alors l’État pourrait sûrement financer l’exonération de
CSG. Reste qu’il est très compliqué
pour le fisc d’être au courant des
revenus mondiaux. « Les bénéfices des solutions proposées sont
considérables, à commencer par
l’impact très réduit sur le budget de
l’État », appuie la députée, qui ne
savait pas encore mardi si ses propositions seraient retenues par le
gouvernement.
Et Anne Genetet d’insister :
« Les expatriés ne sont pas des nantis : leur revenu moyen est inférieur
à celui des Français de France
(peut-être parce que certains revenus échappent aux statistiques,
NDLR), et leur impôt moyen est
supérieur ! » ■
l’Autorité bancaire européenne,
qui dispose actuellement de moins
de deux personnes à temps plein
sur ce dossier. La piste d’une extension radicale des pouvoirs de la
BCE semble en revanche écartée cela augmenterait les divergences
entre pays dans la zone euro et hors
de la zone euro.
Reste enfin l’idée de créer une
nouvelle agence européenne dédiée uniquement à la lutte antiblanchiment. Le concept serait
bien vu à la Commission européenne et a été soutenu par Bruno
Le Maire. Mais il a le défaut de nécessiter un changement important
dans l’architecture européenne une initiative compliquée à lancer
alors que le Parlement et la
Commission arrivent en fin de
mandature. ■
TOYS’R’US : LES
SYNDICATS CRAIGNENT
200 LICENCIEMENTS
Entre 200 et 250 licenciements
(sur 1 167 salariés) sont prévus
chez Toys’R’Us France quelles
que soient les offres déposées
pour la reprise de la filiale
du géant américain
de la distribution de jouets,
selon les syndicats qui
dénoncent un projet de plan
social « indécent ».
Trois candidats ont déposé une
offre « globale » au tribunal
de commerce d’Évry. Elles
seront examinées le 3 octobre.
+@
» Monoprix devra fermer
une cinquantaine de
magasins avant 21 heures à Paris
» Le Crédit agricole recrute
au cinéma
www.lefigaro.fr/economie
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mercredi 12 septembre 2018
ENTREPRISES
23
Le slovène Gorenje,
futur champion
européen en Chine
Son nouveau propriétaire, le chinois
Hisense, mise sur la bonne image
de produits « made in Europe ».
ELSA BEMBARON £@elsabembaron
Les travaux du Louvre des antiquaires devraient commencer au second semestre de 2019.
XAVIER TESTELIN/GAMMA-RAPHO VIA GETTY IMAGES
Le Louvre des antiquaires va
accueillir la Fondation Cartier
Le centre d’art contemporain compte s’installer au cœur de Paris
à l’horizon 2023/2024. Mais il gardera ses locaux boulevard Raspail.
JEAN-YVES GUÉRIN £@jyguerin
IMMOBILIER La Fondation Cartier
se prépare un beau cadeau pour ses
40 ans en 2024. Installé boulevard
Raspail à Paris, ce centre d’art
contemporain reconnu pour ses expositions pointues se dotera d’une
nouvelle adresse. D’ici à 20232024, l’institution investira le Louvre des antiquaires, à deux pas du
Musée du Louvre. « L’avenir, c’est
d’inventer encore ! Notamment un
nouveau lieu situé au cœur de Paris,
dans l’ancien Louvre des antiquaires,
glissait récemment à la revue
Beaux-Arts Alain-Dominique Perrin, président de la Fondation Cartier. Jean Nouvel a conçu un projet
dément […]. Ce sera énorme : 14 000
m2 dont 6 000 d’exposition, mais
aussi la présentation de la collection
en permanence, des ateliers d’artistes, un cinéma, une salle de spectacle… » Contactée, la Fondation Cartier ne souhaite pas en dire plus.
En tout cas, ce projet a le soutien
de la Mairie de Paris : « Cela va ajouter un musée sur un axe qui comprend
déjà le Louvre, les Arts déco, l’Orangerie et bientôt la Fondation Pinault,
affirme Jean-Louis Missika, adjoint
à la maire de Paris, en charge de
l’urbanisme. Nous nous rapprochons
du Museum Mile à Washington. Cela
permettra aux touristes de moins
courir pour visiter des musées. »
Selon nos informations, quand
elle aura élu domicile au Louvre des
antiquaires, la Fondation Cartier ne
fermera pas boulevard Raspail. Les
grandes expositions auraient lieu au
Louvre des antiquaires ; les manifestations plus confidentielles se
dérouleraient boulevard Raspail où
la fondation compte aussi conserver
des bureaux.
Discussions interminables
Cette installation au cœur de Paris
est une décision longuement mûrie.
Les premiers contacts entre le propriétaire du Louvre des antiquaires,
SFL, et le groupe Richemont, qui
possède Cartier, remontent à 2014.
Le groupe de luxe était à la recherche d’une adresse plus centrale
dans la capitale. Quant à la foncière,
elle cherchait un nouveau locataire,
car le Louvre des antiquaires ne faisait plus recette : en 2015, il n’y restait que dix antiquaires alors qu’ils
étaient 250 dans les années 1990.
Mais ce n’est qu’en 2018 que les
parties sont arrivées à un accord. Au
printemps, SFL et Cartier ont signé
un bail en état futur d’achèvement
(Befa). Durant l’été, SFL a déposé
une demande de permis de
construire auprès de la mairie de
Paris pour transformer l’immeuble.
Aux termes du Befa, la marque de
luxe deviendra locataire à deux
conditions : l’obtention d’un permis
de construire purgé de tout recours
et l’éviction des deux derniers antiquaires présents dans l’immeuble.
Une opération nécessitant que SFL
leur verse une indemnité d’éviction.
Les tractations ont été aussi longues, car il fallait trancher plusieurs
points. Ainsi, qui paiera ce chantier
dont le coût est estimé à une
soixantaine de millions d’euros ?
SFL en prendra à son compte 60 %
et Cartier 40 %. Il a aussi fallu obtenir l’autorisation des Architectes
des bâtiments de France (ABF) pour
ce projet où la façade sera modifiée
au pied de l’immeuble.
Si l’ouverture n’est pas envisagée
avant 2023, c’est qu’il reste beaucoup d’étapes à franchir. Les travaux devraient commencer au second semestre de 2019. D’ici là, SFL
devra obtenir le permis de
construire, en espérant qu’il ne sera
pas attaqué par des riverains.
Après, il faudra compter quatre ans
de travaux maximum. Deux ans et
demi à la charge de SFL ; puis un an
et demi géré par Cartier. Un chantier long, notamment parce qu’il y a
des bureaux dans les étages du bâtiment. Du coup, les travaux les plus
bruyants se dérouleront de nuit ou
le week-end. ■
LA NOUVELLE
FONDATION CARTIER
2024
Cette année-là,
la Fondation Cartier
fêtera ses 40 ans.
À cette échéance,
elle se sera installée
au Louvre
des antiquaires
14000 m2
Surface
de la nouvelle
Fondation Cartier
4 ans
Durée maximum
des travaux pour
façonner la nouvelle
adresse de la Fondation
Cartier dessinée
par l’architecte
star Jean Nouvel
ÉLECTROMÉNAGER Le groupe
Hisense est surtout connu en France pour ses téléviseurs. Le fabricant chinois se targue d’être le numéro trois mondial du secteur,
derrière les coréens Samsung et
LG. Il affiche de nouvelles ambitions dans l’électroménager après
le rachat du slovène Gorenje pour
293 millions d’euros. L’entreprise
était en partie cotée avec deux actionnaires de référence, un fonds
d’investissement de l’État slovène
et Panasonic.
« L’acquisition de Gorenje est
une étape importante pour le développement de notre groupe, explique au Figaro Lin Lan, président
d’Hisense International. Cela va
nous permettre d’avoir une gamme
complète dans l’électroménager
pour la cuisine. » Le groupe mise
sur son nouvel ancrage européen
pour séduire une clientèle chinoise en quête de produits haut de
gamme et si possible, européens.
« Nous prévoyons d’exporter de
l’Europe vers la Chine, ajoute Lin
Lan. Nous voulons capitaliser sur
des appareils dessinés en Europe et
fabriqués en Europe pour séduire
une classe moyenne chinoise toujours plus nombreuse. Elle se chiffre
en centaines de millions de personnes. L’ancrage européen de la marque est un levier de croissance supplémentaire en Chine. »
que Mora Moravia, ou, au Benelux,
Pelgrim et Atag. Hisense veut étendre son influence à l’international.
Actuellement, il réalise un peu
moins du cinquième de ses 19 milliards de dollars de chiffre d’affaires hors de l’empire du Milieu. Il
souhaite faire grandir cette part
dans les années à venir. Après avoir
été un des sponsors officiels de la
Coupe du monde de football, il a
maintenant plusieurs cordes à son
arc pour toucher au but. Désormais
présent dans deux domaines clés d’un côté les téléviseurs et, de
l’autre, l’équipement de la maison
-, Hisense compte bien pousser ses
pions dans le domaine de la maison
connectée. « Nous sommes une des
seules entreprises au monde à avoir
une gamme de produits aussi large », estime Lin Lan.
Hisense développe sa propre
plateforme de services pour la
maison connectée, intégrant la sécurisation des données, l’apport
de nouveaux services, tout en
ayant noué « des partenariats forts
avec Google et Amazon ». Néanmoins, le chemin à parcourir pour
s’imposer dans ce domaine ne sera
pas un long fleuve tranquille. Le
groupe chinois a en face de lui
deux mastodontes de l’électronique grand public et de l’électroménager, eux aussi bien décidés à
s’imposer dans le « smart
home » : LG et Samsung. ■
Sponsors de la Coupe
du monde de football
Il n’est pas question de négliger
l’Europe pour autant. Avec le rachat de l’entreprise slovène, Hisense, qui était déjà présent dans
les climatiseurs, complète sa gamme. Le groupe chinois cherche à
s’imposer dans l’équipement de la
maison, au sens large. Or un des
atouts de Gorenje est d’offrir une
porte d’entrée à Hisense dans des
pays et des réseaux de distribution
dont il était quasiment absent jusqu’à présent. Ainsi, le groupe
d’électroménager est bien implanté en Russie, en Scandinavie et,
dans une moindre mesure, en Europe de l’Ouest. Gorenje avait luimême absorbé le suédois Asko il y a
quelques années. Il détient d’autres
marques locales, comme le tchè-
Gorenje offre une porte d’entrée
à Hisense dans des pays dont il était
quasiment absent jusqu’à présent. AFP
Bénéteau avance malgré la politique commerciale de Trump
CHARLES GAUTIER £@CHGAUTIER
88
modèles
sur 200 références
ont été renouvelés
en trois ans
par les différentes
marques du groupe
PLAISANCE De représailles commerciales en hausses des droits
d’importation, la guerre commerciale lancée par Donald Trump a
conforté les choix d’Hervé Gastinel, président du directoire du
groupe Bénéteau, de produire au
plus près de ses marchés. L’impact de 4 à 5 millions d’euros annoncé en juillet après l’adoption
de droits de douane au Canada et
en Union européenne a pénalisé
ses profits.
Certes, ces sanctions n’ont pas
été l’unique raison de l’avertissement sur les résultats de juillet : la
mévente des grands yachts et
l’arrêt de la construction des navires professionnels pèseront
également peser sur les comptes.
Bénéteau a revu à la baisse, entre
7 % et 8 %, la croissance initialement espérée de 10 % à 12 % du
résultat opérationnel pour 20172018. « Avec une croissance de
8 %, nous allons faire tout de même
deux fois mieux que le marché,
Hervé Gastinel, le président du directoire du groupe Bénéteau, sur le stand de la
société au Salon nautique international de Paris. OLLIVIER/PHOTOPQR/OUEST FRANCE
souligne Hervé Gastinel, et nous
avons pris des parts de marché à
nos concurrents. »
Après ce coup de semonce estival, le patron de Bénéteau mène
tambour battant son plan « Perform to Transform », annoncé en
2017. Confiant dans la normalisa-
tion des relations commerciales,
le numéro un mondial de la voile
renforce ses positions américaines. Plusieurs millions de dollars
seront investis sur le site de Cadillac (Michigan), où la filiale
RECboat produit de petits bateaux
à moteur (Glastron, Four Wins,
Scarab, Wellcraft). Globalement,
Bénéteau poursuivra ses investissements au rythme de 70 et
80 millions d’euros par an.
L’effort aux États-Unis est significatif : Bénéteau veut élargir
son offre vers des bateaux de
taille inférieure. « Parmi les trente-deux nouveautés annoncées
pour cette année vingt-sept sont
inférieures à 50 pieds », précise
Hervé Gastinel. Cette accélération de la cadence sera facilitée
par l’achat du chantier slovène
Seascape (4,2 millions de chiffres
d’affaires). « Seascape nous permettra de renforcer notre gamme
de petits voiliers, connus avec pour
les First. »
Nouvelles embauches
L’offensive de Bénéteau est tous
azimuts. Cet été, le groupe a aussi
mis la main sur le chantier polonais Delphia Yachts (670 personnes, 30 millions de chiffres d’affaires) qui produit une vaste
gamme de monocoques. En trois
ans, Bénéteau a renouvelé 45 %
du plan produits : 13 bateaux sont
dévoilés lors du Cannes Yachting
Festival, qui se tient jusqu’au
16 septembre. Hervé Gastinel y a
annoncé ce mardi l’apparition
d’Excess, nouvelle marque de
multicoques. Produits à Bordeaux et en Vendée, ces catamarans sportifs compléteront l’offre
des luxueux Lagoon. Les deux
marques couvriront environ
80 % du marché du catamaran en
croissance de 10 %, grâce aux
croisiéristes.
Après avoir procédé à 500 embauches en CDI en 2018, le groupe
va continuer sur sa lancée avec
plusieurs centaines de recrutements. Pour animer le marché national, Bénéteau a mis en place
une offre inédite tout compris
LeasyBoat venue de l’automobile
et organise des boat clubs à michemin entre la location et la vente. De quoi donner un coup de
pouce pour le nouvel exercice
qu’Hervé Gastinel aborde avec
confiance : les carnets de commandes sont bien orientés, et les
nouvelles barrières douanières
devraient s’estomper. ■
A
Après un avertissement sur résultats, le groupe s’est remis en ordre de bataille et lance une onzième marque.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 12 septembre 2018 LE FIGARO
24 ENTREPRISES
La SNCF étend ses TGV Ouigo et ses tarifs à bas prix
En décembre, ces trains desserviront la gare de Lyon. En 2018, ils auront transporté 13 millions de voyageurs.
DANIÈLE GUINOT £@danieleguinot
Depuis cinq ans, 65 %
des clients de Ouigo
ont voyagé à des tarifs
inférieurs à 25 euros.
LEVESQUE/IP3 PRESS/MAXPPP
TRANSPORT Cinq ans après son
lancement, la SNCF passe à la vitesse supérieure avec Ouigo, son TGV
low-cost, et accélère son déploiement. En décembre, ce train rose et
bleu à petits prix partira de la gare
de Lyon à Paris pour desservir les
gares de Marseille et de la Côte
d’Azur (jusqu’à Nice), laquelle
n’était pas desservie par Ouigo jusqu’à présent. Il s’agit de la troisième
gare de la capitale desservie par ce
train longtemps cantonné aux gares
périphériques (Massy-Palaiseau,
Marne-la-Vallée-Chessy, RoissyCDG en région parisienne) : depuis
quelques mois, Ouigo part de la
gare Montparnasse et de la gare de
l’Est (juillet). Des TGV low-cost débarqueront aussi en gare de LilleFlandres, avec trois liaisons par
jour jusqu’à Marseille. En 2020, ils
s’arrêteront à Toulouse.
L’arrivée des TGV low-cost en
plein cœur de Paris oblige la SNCF à
légèrement relever ses tarifs. « Les
prix d’appel sont plus élevés depuis
les gares parisiennes que depuis celles situées en périphérie, car les coûts
sont plus importants », justifie Stéphane Rapebach, le directeur général de Ouigo. Mais cela reste une offre à bas prix. » Il souligne que
depuis cinq ans, 65 % des clients
ont voyagé avec des tarifs inférieurs
à 25 euros (tarif fixe de 5 à 8 euros,
selon les lignes, pour les enfants).
« Un TGV populaire »
Pour faire voyager les Français à
prix réduits, la SNCF a appliqué la
méthode des compagnies aériennes à bas coûts et divisé par deux le
coût du siège, par rapport à celui
d’un TGV classique : ces trains rou-
lent deux fois plus que les autres et
ne proposent pas de service de
restauration. Le modèle économique fonctionne aussi avec un taux
de nouveaux clients important
(40 %).
Le succès est au rendez-vous. Le
nombre de voyageurs a été multiplié par neuf depuis 2013, passant
de 1,5 million à 12,7 millions cette
année, selon les prévisions de la
SNCF (7,7 millions en 2017). La
compagnie publique ambitionne à
présent de transporter 26 millions
de passagers dans les TGV Ouigo en
2020. Ce qui représentera un quart
du nombre de voyageurs de l’ensemble des trains à grande vitesse
(13 % aujourd’hui). Pour atteindre
cet objectif, Ouigo augmentera notamment les capacités de ses rames,
en doublant le nombre de rames
duplex.
« Ce que je veux faire de Ouigo,
c’est un TGV populaire, un TGV qui
permette aux Français de choisir le
train plutôt que la voiture pour voyager », explique Stéphane Rapebach. Selon lui, 6 clients sur 10
n’auraient pas pris le train sans
Ouigo. Un tiers d’entre eux sont des
familles. ■
Le Printemps affûte son e-commerce
Le grand magasin opte pour trois sites distincts, afin de mieux valoriser son luxe, sa mode et son sportswear.
ANNE-SOPHIE CATHALA
£@Ascathala
DES VENTES
EN FORTE HAUSSE
PRÉVISIONS, EXERCICE
2018-2019, CLOS FIN MARS
1
milliard d’euros
de chiffre d’affaires
au Printemps Haussmann
500
millions d’euros
de chiffre d’affaires pour
les 19 autres magasins
de la chaîne du Printemps
200
millions d’euros
de chiffre d’affaires
additionnels, répartis
entre Citadium
et l’e-commerce
LUXE Face aux rivales Galeries
Lafayette, depuis longtemps
converties à l’e-commerce et qui
ont fait un pas de géant en s’armant de La Redoute, le Printemps
(bientôt 1,7 milliard d’euros de
chiffre d’affaires) n’a pas fini de se
réinventer. Dans ses magasins et
sur Internet. Tout en embellissant
Haussmann et ses autres adresses
(100 millions d’euros investis
pour quarante-deux mois de travaux), le groupe veut accélérer
dans l’e-commerce.
Paolo de Cesare, PDG du Printemps, annonce « un chantier majeur » avec le lancement, d’ici la
fin de 2019 et le début de 2020,
d’un portail Internet Printemps.com. C’est une première.
Le grand magasin ne possède
qu’un site d’image à son enseigne,
sans achats possibles. C’est une
décision stratégique dans le
contexte actuel. Les ventes d’habillement en France ont encore
reculé de 3,4 % en boutiques sur
les sept premiers mois de l’année
mais progressé de 6,5 % en ligne
selon l’Institut français de la
mode.
« Notre groupe réalise déjà 7 %
de ventes en ligne, précise Paolo de
Cesare, via nos sites d’e-commerce
Place des tendances.com et Citadium.com. Mais, vu le rythme de
croissance de l’e-commerce, nous
comptons réaliser à terme 15 % à
Avec sa montée en puissance dans l’e-commerce, le groupe Printemps (ci-dessus, le vaisseau amiral
du boulevard Haussmann) table, à terme, sur un objectif de 15 % à 20 % de ventes en ligne. PRINTEMPS
Touristes et millennials laissent
espérer une année record
Après un passage à vide
en 2016, à la suite des attentats
en France, le Printemps renoue
avec une dynamique de
croissance. En 2017, le chiffre
d’affaires chutait de 5 %. Pour
son exercice 2018-2019, qui
s’achèvera fin mars, le groupe
de grands magasins vise
1,7 milliard d’euros de chiffre
LES DÉCIDEURS
â GUILLAUME LEBLANC
Medef
À 34 ans, l’ex-collaborateur de Bruno Le Maire
et de Franck Riester quitte les rênes du Syndicat
national de l’édition phonographique pour la
direction des affaires publiques du Medef. Le
Snep est une fédération adhérente du mouvement patronal.
â CHARLOTTE PASTERNAK
PMU
Précédemment directrice de la communication
externe et des relations presse de Danone, cette
Sciences Po et ESCP prend en main la direction
de la communication du PMU. Le poste était
vacant depuis huit mois.
A
â THIERRY BART
Eataly-Marais
Le Groupe Galeries Lafayette, qui a pris
la franchise exclusive pour la France
du concept de restauration Eataly,
confie la direction générale des opérations du
futur flagship parisien à ce transfuge d’Elior,
ex-DG Europe du Nord d’Areas Ville et Loisirs.
École hôtelière, IFG Lyon et Neoma, celui qui
débuta chez Accor œuvre depuis trente ans
dans l’hôtellerie et la restauration.
d’affaires, soit 6 % à 8 % de
croissance. Les ventes ont
augmenté de 3 % en 2017-2018,
portées par un luxe attractif,
un retour massif des touristes
(+ 8 % pour les achats de luxe
en duty free en France en 2017),
mais aussi par les millennials,
clients stars des huit magasins
et du site Citadium.
A.-S. C.
20 % de nos ventes en ligne. » Un
objectif proche des 17 % de ventes
de mode en ligne atteint en France par les distributeurs.
Marques exigeantes
Le site Internet Printemps.com
réunira toutes les marques de
créateurs et de luxe, tandis que les
labels de mode plus en vogue,
plus accessibles, resteront vendus
sur Place des Tendances.com. Ce
site multimarques, propriété du
Printemps depuis son rachat en
2013, représentera sous peu
100 millions d’euros de ventes,
PAR Carole Bellemare avec Amaury Bucco
Jérôme Lambert, la consécration
à la tête du no 2 du luxe Richemont
Cartier, Van Cleef & Arpels,
Montblanc, Piaget, IWC,
Jaeger Lecoultre, Dunhill ou
Chloé : c’est une prestigieuse collection de griffes que
va désormais piloter Jérôme Lambert avec la
nouvelle casquette de directeur général qui lui
est confiée chez Richemont. Intronisé, lundi à
Genève, lors de l’assemblée générale du
numéro deux mondial du luxe, ce fils d’éleveurs de moutons a su séduire, tant par sa fidélité et sa simplicité que par ses performances, le
PDG et actionnaire Johan Rupert. Celui-ci a
donc décidé de lui laisser la barre, pour se
consacrer désormais comme président aux
grands projets stratégiques. L’homme d’affaires sud-africain, dont le père, Anton, avait
créé le groupe de luxe en 1988 pour diversifier
une fortune faite dans le tabac, remanie assez
régulièrement l’organisation du géant du luxe,
au gré des événements ou de la conjoncture.
Après le départ à la retraite il y a dix-huit mois
de l’homme lige Richard Lepeu, il avait supprimé le poste de directeur général au profit d’une
direction collégiale, où Jérôme Lambert avait
été nommé directeur opérationnel. Une marche de plus vers le sommet. Une organisation
tenant plus d’une fédération de marques, qui
faisait néanmoins douter les analystes, estimant qu’un groupe de 11 milliards de chiffre
d’affaires devait se doter d’un directeur général à part entière, qui plus est dans un secteur
en pleine accélération et en pleine transformation. Par son intime connaissance du luxe et de
l’entreprise, Jérôme Lambert s’imposait comme l’homme de la situation.
École de commerce et débuts aux PTT, le
Franc-Comtois de 49 ans, entré chez Richemont en 1996, a rapidement fait ses preuves à
la tête de Jaeger Lecoultre, puis de la marque
allemande Lange & Söhne qu’il sut remettre à
l’heure. Surtout, ce dirigeant vif et discret,
épris d’équitation et de marathon, s’est illustré
en redonnant des couleurs à la marque de stylos Montblanc, qu’il sut notamment convertir
au numérique. Il prend les commandes d’un
groupe en bonne santé, mais aussi « à un
moment où les habitudes des consommateurs
sont en train de changer de manière significative », comme l’a relevé le président de Richemont. Alors que la marque Lancel a été vendue
dernièrement, l’un des défis du nouveau
patron sera de déployer le commerce en ligne,
un segment en plein essor dans le luxe. Avec
déjà un socle solide, le site de e-commerce
Yoox Net-A-Porter dont Richemont a racheté
la totalité de capital en juin. Autre acquisition
récente, watchfinder.co.uk, une plateforme
dédiée à la vente en ligne de montres
d’occasion.
C. B.
avec une croissance annuelle
moyenne de 20 % depuis cinq
ans : 600 000 commandes y ont
été passées en 2017 depuis douze
pays.
Chère aux millennials, moteurs
de croissance, l’offre sportswear
et streetwear du Printemps restera quant à elle vendue dans quelque huit magasins Citadium et sur
le site d’e-commerce Citadium.com, lancé avec succès dès
2012. En ajoutant ses huit magasins (le dernier a ouvert en mai à
Lyon), Citadium pèse 100 millions
d’euros de chiffre d’affaires et affiche une croissance annuelle
moyenne de 11,6 % depuis 2010.
Si le Printemps s’offre une fusée
numérique à trois étages, c’est
pour mieux séduire chaque cible
de clientèle, mais aussi satisfaire
l’exigence des griffes de luxe. Ces
dernières sont soucieuses de ne
pas se mêler à des marques moins
prestigieuses en ligne et soignent
leur dimension exclusive sur leurs
propres portails d’e-commerce.
Un souci qui est pour beaucoup
dans les difficultés des grands
magasins à faire monter en puissance une offre ligne en accord
avec celle de leurs foisonnants
magasins. Les recrutements battent leur plein pour hisser les effectifs des équipes digitales du
Printemps de 65 à 100 personnes.
Plus de 20 millions ont été investis
en infrastructures et en technologies, et plus de 6 autres millions le
seront dans les entrepôts du
groupe à Pantin. ■
www.lefigaro.fr/decideurs
â THIERRY SONALIER
Jardiland
Après le rachat par le groupe coopératif In
Vivo, le président du directoire, arrivé en
2013 pour redresser Jardiland, s’en va. Ce
spécialiste des situations complexes et du « retail »
laisse la place à Guillaume Darrasse. Avec le soutien
du fonds L-GAM, le groupe avait décroché en 2016 le
prix Ulysse du meilleur retournement d’entreprise.
â FRÉDÉRIC NOYÈRE
InVivo Wine
La filiale d’InVivo recrute le spécialiste des vins
orientaux de LVMH comme DG. Depuis vingt ans,
Frédéric Noyère a développé les ventes de Moët
Hennessy en Asie, aux États-Unis et en Russie, et redressé la filiale chinoise du distributeur Moët Hennessy Diageo.
â BENOÎT MIRIBEL
Centre français des fonds
et dotations
Le conseil a réélu à sa présidence le directeur général
de la Fondation Mérieux. À ses côtés, le nouveau bureau est composé de Blandine Mulliez (Fondation
Entreprendre), Miren Bengoa, (Fondation Chanel),
Delphine Lalu (Fondation AG2R La Mondiale) et
François Dupré (Fondation ARC).
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mercredi 12 septembre 2018
TECH
25
Des nanosatellites
pour tout connecter
Une filiale du Cnes développe une solution dédiée
à la logistique, la pêche ou encore l’agriculture.
ELSA BEMBARON £@elsabembaron
«
Le Sénégal
et la
Mauritanie
sont
notamment
intéressés
par notre
solution
pour suivre
les petits
bateaux
de pêche
»
ALEXANDRE TISSERANT,
DIRECTEUR
DU PROJET KINÉIS
TÉLÉCOMS Kinéis, une filiale du
Cnes, se lance à la conquête des
nouveaux territoires représentant
90 % de la surface du globe. Cette
immensité constituée d’océans,
de déserts, mais aussi de campagnes est perçue comme une formidable opportunité de business
pour la société. À l’heure où l’Internet des objets (IoT) se développe, elle apporte une solution pour
connecter ce qui échappe aux réseaux télécoms terrestres.
L’objectif de Kinéis est de développer une constellation d’une
vingtaine de nanosatellites. La
première particularité de ces engins spatiaux est leur taille. Quand
la plupart des satellites actuels
sont au moins aussi volumineux
qu’une voiture, ceux de Kinéis
s’apparenteraient plutôt à des
boîtes à chaussures. La filiale du
Cnes n’est pas la seule à se posi-
tionner sur ce créneau. Planet,
une entreprise américaine dédiée
à la prise de vue satellitaire, a développé de tout petits satellites. Le
premier avantage du nanosatellite
est son coût de fabrication et d’exploitation. Il est aussi bien adapté
à l’envoi de petits paquets de données. Enfin, la France dispose d’un
véritable savoir-faire dans le domaine. Thales Alenia Space a remporté l’appel d’offres et s’est vu
confier le développement de cette
constellation.
Lever 100 millions d’euros
L’heure est désormais à la levée de
fonds pour démarrer la phase industrielle du projet. Kinéis a besoin d’une centaine de millions
d’euros. « Nous avons déjà identifié des investisseurs potentiels »,
rassure Alexandre Tisserant, directeur du projet Kinéis.
Avec un maillage relativement
dense du ciel, Kinéis peut prétendre à un suivi plus fin que celui
Le centre de contrôle du français Kinéis, nouvel opérateur satellitaire dédié aux objets connectés.
L’heure est désormais à la levée de fonds pour démarrer la phase industrielle du projet. KINEIS / CNES
apporté par d’autres opérateurs.
Un des premiers marchés visés est
celui des petits bateaux de pêche.
CLS, une autre filiale du Cnes,
adresse déjà les plus grands bâtiments. Cette fois, il s’agit d’équiper non pas les chalutiers bretons,
mais plutôt les pirogues du Surinam. « Il y a une demande croissante de pays pour suivre ces toutes
petites embarcations. Le Sénégal et
la Mauritanie sont notamment intéressés », explique Alexandre Tisserant. L’enjeu est de poser sur des
petits bateaux des capteurs valant
moins de dix euros avec une durée
de vie de plusieurs années et de les
géolocaliser en temps réel, le tout
à des coûts très bas. L’objectif visé
est double : d’une part, sauver des
vies et d’autre part, lutter contre
la surpêche, grâce à un suivi plus
fin de ces embarcations.
Les acteurs de la logistique sont
une autre cible. Un des casse-tête
pour n’importe quel armateur est
le suivi des conteneurs. En 2016,
environ 130 millions de ces grosses boîtes ont été transportées par
cargo et 10 000 sont tombées à la
mer selon le World Shipping
Council. Ces objets flottants non
identifiés (Ofni) coûtent cher aux
affréteurs et représentent un véritable risque pour les navires de
tous types.
Outre la localisation, les capteurs transmettront d’autres informations, pouvant avoir trait au
respect de la chaîne du froid pour
des données périssables, à des
chocs reçus ou à l’ouverture du
conteneur hors des zones prévues.
Cela répond aussi aux besoins des
transporteurs routiers, l’intégralité des routes d’Europe n’étant pas
encore connectée à un réseau terrestre.
Enfin l’agriculture est un autre
client potentiel. La traçabilité des
produits implique une couverture
intégrale de la planète et pas seulement dans les zones couvertes
par les opérateurs traditionnels. ■
Cosmo Tech : 21 millions de dollars pour l’intelligence augmentée
Mêler expertises métiers et intelligence artificielle pour aider les gestionnaires d’infrastructures complexes.
ENGUÉRAND RENAULT £@erenault
75
employés
Ce chiffre devrait être
doublé en 18 mois
LOGICIEL Aider à la décision dans
des environnements extrêmement
complexes. Telle est la mission de
Cosmo Tech, une start-up française
créée et dirigée par Michel Morvan,
un ex-professeur à l’Institut rhônealpin des systèmes complexes, et
Hugues de Bantel, spécialiste du
business. La société lève 21 millions
de dollars auprès d’Inven Capital,
de Cemag Invest et de C. Entrepreneurs. Les actionnaires historiques,
qui avaient apporté 3,8 millions au
premier tour : Aster, Sofimac Innovation, Crédit agricole Création,
Total Energy Ventures et BNP Paribas Développement ont suivi la levée de fonds.
Aide à la décision
Cosmo Tech édite des logiciels
d’aide à la décision pour des grands
industriels de l’énergie, de la distribution ou du transport et de l’aménagement urbain. Ses clients sont
RTE, Nexans, EDF, Veolia, Total, la
SNCF ou Sanofi Pasteur.
Durant son passé académique Michel Morvan a créé une technologie
d’aide à la décision de systèmes
complexes de grandes infrastructures basée sur « l’encapsulage »
d’expertises métiers dans de nombreux domaines : ingénierie, logistique, ressources humaines et faire
interagir ces différents savoirs. Ces
modules d’expertises sont enrichis
d’algorithmes d’intelligence artificielle. C’est cette combinaison unique qui permet de simuler des scénarios complexes et de prendre des
décisions qui impacteront la vie des
sociétés sur le long terme. Cosmo
Tech a développé avec RTE un outil
d’aide à la prise de décision d’investissement sur la maintenance et le
renouvellement du réseau de distribution électrique. Il faut offrir des
modèles capables de dire quels sont
les équipements qu’il vaut mieux
maintenir, ceux qu’il faut changer
ou encore quels sont les besoins humains à long terme de l’entreprise.
Les outils de big data et d’intelligence artificielle sont capables de modéliser l’avenir à partir de données
du passé. « C’est un peu comme
conduire une voiture de nuit en regardant dans le rétroviseur. Cosmo
Tech ajoute à cela l’apport de nombreuses expertises métiers qui permettent de comprendre l’avenir. Cela
revient ajouter des phares à notre
voiture » explique Michel Morvan.
Les logiciels d’aide à la décision
de CosmoTech ont été adaptés pour
la distribution électrique, le transport de gaz, le transport ferroviaire
ou celui de l’eau. La levée de fonds
permettra de recruter une force de
vente et d’implémentation des logiciels chez les clients. ■
LA SÉANCE DU MARDI 11 SEPTEMBRE
JOUR
%VAR.
-0,57
0
+1,87
-1,98
+1,57
-0,59
+0,04
+0,11
+0,94
-1,08
-0,26
-0,69
-0,2
-0,17
-0,04
-1,85
+1
+0,55
-0,3
-0,66
+HAUTJOUR
+BAS JOUR %CAP.ECH 31/12
42,37
41,79
105,85
104,85
106,82
104,2
25
24,1
101,25
99,52
21,985
21,59
51,05
50,24
36,11
35,72
107
105,9
16,35
15,91
12,26
12,076
65,54
64,65
12,53
12,325
120,9
119,9
539,2
530,6
453,3
440,2
202,6
199,9
62,52
61,84
287,1
281,15
100,6
98,48
0,435
0,194
0,139
0,105
0,218
0,242
0,27
0,207
0,234
0,606
0,211
0,331
0,162
0,235
0,01
0,034
0,021
0,036
0,021
0,102
-2,33
+0,52
+28,63
-9,55
-16,77
-11,66
-18,67
-16,83
+8,2
-11,45
-11,93
-7,32
-13,01
+4,74
+19,62
+20,51
+9,27
-2,88
+15,71
-16,92
JOUR
%VAR.
ORANGE ..............................................13,69 +0,07
PERNOD RICARD ..................................
134,3
0
PEUGEOT ..............................................
23
-0,95
♣ 51,78 -0,23
PUBLICIS GROUPE SA .............................
RENAULT ..............................................
70,18 -2,46
SAFRAN ..............................................117,5
+1,56
SAINT GOBAIN ..................................
35,795 +0,56
SANOFI ..............................................73,27 -0,3
SCHNEIDER ELECTRIC .............................
67,26 +2,53
SOCIETE GENERALE ♣
..................................
35,56 -0,18
SODEXO ..............................................87,62 +0,14
SOLVAY ..............................................
110,3
-0,72
STMICROELECTRONICS .............................
15,865 -2,07
TECHNIPFMC ..................................25,29 +2,02
TOTAL .............................................. 52,98 +2,12
UNIBAIL-RODAMCO-WE .............................
171,2
-0,23
VALEO .............................................. 35,29 -4,88
VEOLIA ENVIRON. ..................................
17,925 +1,13
VINCI♣.............................................. 80,96 +0,07
VIVENDI ..............................................21,87 +0,14
+HAUTJOUR +BAS JOUR
14
135,2
23,48
52,2
72,38
117,8
35,805
73,59
67,38
35,815
88,16
111,1
16,315
25,29
52,98
171,48
37,14
17,96
81,26
21,95
13,555
134,05
22,88
51,52
69,75
115,05
35
72,95
66,06
35,16
87
109,5
15,745
24,58
51,98
169,16
35,06
17,725
80,46
21,7
%CAP.ECH
0,035
0,037
0,051
0,033
0,05
0,032
0,078
0,026
0,085
0,378
0,031
0,025
0,064
0
0,231
0,033
2,899
0,124
0,128
0,029
31/12
-5,42
+1,78
+35,65
-8,6
-16,36
+36,77
-22,15
+1,98
-5,08
-17,4
-21,8
-4,83
-12,85
-2,17
+15,06
-43,33
-15,75
-4,92
-2,45
LES DEVISES
4€
numéro un mondial de la sidérurgie avait
déposé à la fin du mois de mars, avec Nippon Steel, une offre commune de rachat
du groupe Essar Steel dans le cadre d’une
procédure de liquidation. Déjà implanté en
Inde, pays d’où est originaire son président, Lakshmi Mittal, ArcelorMittal pourrait considérablement augmenter ses
parts de marché dans la région s’il réussit
,90
1 EURO=
1,631
1,5231
0,8907
9,085
128,82
1,1276
1,1574
3,236
11,103
7,4953
20,815
7,9499
84,0965
137,1828
AUD
CAD
GBP
HKD
JPY
CHF
USD
TND
MAD
TRY
EGP
CNY
INR
DZD
L’OR
JOUR
VEILLE
31/12
COTATION QUOTIDIENNE ASSURÉE PAR TESSI-CPOR
www.cpordevises.com
LINGOT DE 1KG ENV .....................................................
33000
33470
-5,04
NAPOLEON ..................................................... 193
191
-6,72
PIECE 10 DOL USA .....................................................
551
551
-6,29
PIECE 10 FLORINS .....................................................
205
205
-3,67
PIECE 20 DOLLARS .....................................................
1130
1130
-3,25
PIECE 20F TUNISIE .....................................................
200
200
-1,96
PIECE 5 DOL US (H) .....................................................
287
287
-5,9
PIECE 50 PESOS MEX .....................................................
1258
1241
-3,97
PIECE FR 10 FR (H) .....................................................
109
102,9
-0,73
PIECE SUISSE 20F .....................................................
190
193,7
-6,27
PIECE LATINE 20F .....................................................
193
193
-4,88
SOUVERAIN ..................................................... 245
245,5
-6,02
KRUGERRAND .....................................................1097,5
1097,5
-1,9
SICAV ET FCP
VALEURS LIQUIDATIVES EN EUROS (OU EN DEVISES), HORS FRAIS
VALEUR
DATE DE
LIQUID. VALORISAT.
Cybèle Asset Management
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SICAV
UNI HOCHE C ................................................
277,10 07/09/18
ARCELORMITTAL RELÈVE SON OFFRE SUR L’INDIEN ESSAR STEEL
L’action ArcelorMittal a perdu près de 2 %
mardi à la Bourse d’Amsterdam. À
24,52 euros, le titre affiche une baisse de
10 % depuis le 1er janvier. Les investisseurs ont fraîchement accueilli la nouvelle
d’un relèvement de son offre sur le sidérurgiste indien Essar Steel, à 420 milliards
de roupies, ce qui représente une mise de
fonds de quelque 5 milliards d’euros. Le
MONNAIE
AUSTRALIE ................................................................................
DOLLAR AUSTRALIEN
CANADA ................................................................................
DOLLAR CANADIEN
GDE BRETAGNE ................................................................................
LIVRE STERLING
HONG KONG ................................................................................
DOLLAR DE HONG KONG
JAPON ................................................................................
YEN
SUISSE ................................................................................
FRANC SUISSE
ETATS-UNIS ................................................................................
DOLLAR
TUNISIE ................................................................................
DINAR TUNISIEN
MAROC ................................................................................
DIHRAM
TURQUIE ................................................................................
NOUVELLE LIVRE TURQUE
EGYPTE ................................................................................
LIVRE EGYPTIENNE
CHINE ................................................................................
YUAN
INDE ................................................................................
ROUPIE
ALGERIE ................................................................................
DINAR ALGERIEN
BETELGEUSE ................................................
47,47 06/09/18
BELLATRIX C ................................................
327,74 06/09/18
SIRIUS ................................................54,43 07/09/18
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rlaskine@lefigaro.fr
ce rachat. Essar Steel, avec une capacité
de production de presque 10 millions de
tonnes par an, a réalisé en 2016 un chiffre
d’affaires de 2,7 milliards d’euros. ArcelorMittal et Nippon Steet, toujours sur les
rangs pour reprendre l’affaire, sont en
concurrence avec la banque russe VTB et
le groupe minier indien Vedanta Resources. Un autre intervenant indien, le grou-
tisseurs d’ArcelorMittal. Le géant mondial
de l’acier n’a pourtant pas démérité. Porté
par des conditions de marché favorables
et des efforts de productivité, il avait publié début août des résultats supérieurs
aux attentes. Le bénéfice net du deuxième trimestre a atteint 1,9 milliard de dollars (+ 41 %) et le chiffre d’affaires trimestriel a progressé de 16 %. ■
pe JSW, serait également sur les rangs.
Pour avoir une chance de l’emporter, les
deux partenaires sont aujourd’hui
contraints de relever leur offre.
Un manque complet de visibilité sur ce
dossier et sur l’évolution du prix de l’acier
depuis la mise en place de barrières douanières sur le secteur par Donald Trump a
largement contribué à éloigner les inves-
E N V E N T E A CT U E L L E M E N T E N K I O S Q U E
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21,85
BNP PARIBAS ACT.A ..................................
50,63
BOUYGUES ..............................................
36,02
CAPGEMINI ..............................................
107
CARREFOUR ..............................................
15,975
CREDIT AGRICOLE ..................................
12,154
DANONE ..............................................64,83
ENGIE .............................................. 12,47
ESSILOR INTL. ..................................120,4
HERMES INTL ..................................533,8
KERING ..............................................440,2
L'OREAL ..............................................202,1
LEGRAND ..............................................62,34
LVMH .............................................. 283,95
♣
MICHELIN ..............................................
99,32
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mercredi 12 septembre 2018 LE FIGARO
26
MÉDIAS et PUBLICITÉ
Le CSA veut changer les règles du jeu
EN BREF
FICTION : MEDIAWAN
PREMIER PRODUCTEUR
Le régulateur de l’audiovisuel veut élargir son périmètre d’action à la sphère numérique.
£ Le groupe Mediawan est
devenu la première société
de production audiovisuelle
de fiction télé en France
sur la saison 2017-2018,
selon Écran total. Conséquence
de ses nombreuses acquisitions
depuis deux ans, la société
du trio Pierre-Antoine Capton,
Xavier Niel et Matthieu Pigasse,
a détrôné Lagardère Studios.
CAROLINE SALLÉ £@carolinesalle
«
Une
asymétrie
de régulation
se creuse
entre les
acteurs
traditionnels
de l’audiovisuel
et les
nouveaux
acteurs,
qui demeurent
affranchis
d’obligations
OLIVIER SCHRAMECK,
PRÉSIDENT DU CSA
»
AUDIOVISUEL En novembre dernier, Emmanuel Macron avait
évoqué le sujet. « Nous devrons repenser le cadre de notre régulation,
en particulier les contenus audiovisuels en prenant en compte l’évolution du numérique afin d’étendre les
pouvoirs de régulation du Conseil
supérieur de l’audiovisuel. » Un an
plus tard, et alors que le ministère
de la Culture planche sur une
grande réforme du secteur, le CSA
tente aussi d’apporter sa pierre à
l’édifice. Mardi, l’institution a
rendu public un rapport autour de
20 propositions pour « refonder la
régulation audiovisuelle ».
« Une asymétrie de régulation
se creuse entre, d’une part, les acteurs traditionnels de l’audiovisuel,
quels que soient leurs efforts
d’adaptation à l’environnement
d’Internet, et, d’autre part, les
nouveaux acteurs, qui demeurent
affranchis d’obligations pourtant
incontestablement justifiées », résume Olivier Schrameck, le président du CSA. Il est aujourd’hui
impératif de « donner à notre régulation des perspectives élargies
et renouvelées ».
Les propositions du régulateur
s’appuient sur trois grands piliers.
Primo, l’extension du périmètre
de la régulation aux plateformes
de partage de vidéos, réseaux sociaux, plateformes de diffusion en
direct, ainsi qu’aux plateformes de
streaming audio et aux podcasts,
« puisque ces acteurs participent
désormais de la sphère audiovisuelle », indique le rapport. Secundo,
l’assouplissement et la simplifica-
« GLAMOUR » USA
POURRAIT ARRÊTER
LA PARUTION PAPIER
£ Le magazine féminin de Condé
Nast pourrait stopper sa parution
papier en 2019 aux États-Unis
et se concentrer sur le digital.
En cause, une chute des revenus
publicitaires. Au Royaume-Uni,
Glamour ne paraît déjà plus
que deux fois par an.
Olivier Schrameck, président du CSA, en février dernier à Paris.
tion du cadre réglementaire
auquel sont soumis les acteurs de
la télévision. « Les médias traditionnels ne doivent pas rester dans
un enclos où rien ne bougerait », a
insisté Jean-François Mary, l’un
des membres du CSA. Suppression
de la règle des jours interdits, possibilité pour les diffuseurs de détenir davantage de droits sur les
œuvres, simplification des quotas
de chansons francophones sur les
radios, changements des critères
concernant la diffusion des films,
refonte du dispositif anticoncentration, débat sur une modification des règles encadrant la publicité… Cela fait des années que les
chaînes de TV réclament un des-
serrement de l’étau réglementaire, instauré en 1986 avant l’arrivée
d’Internet.
Flou sur le pouvoir
de nomination
L’audiovisuel public n’est pas
oublié. Le CSA préconise par
exemple de garantir au secteur
« un financement sûr et prévisible
par l’État actionnaire ». En revanche, le régulateur se garde bien de
donner son avis s’agissant du
mode de nomination des patrons
de l’audiovisuel public. Ce pouvoir, qui lui incombe aujourd’hui,
devrait échoir aux conseils d’administration de France Télévisions
ou de Radio France.
Quand on fait
bien la pub
des annonceurs,
ce sont eux qui
font la vôtre.
A
FranceTV Publicité
élue régie de l’année 2018
par les annonceurs.
LA FRANCE, TROISIÈME
EXPORTATEUR DE
PROGRAMMES TÉLÉ
SOPHIE LIEDOT/JBV NEWS
Tertio, enfin, le CSA prône un
changement de méthode pour accompagner toutes ces évolutions.
Il s’agit de « faire émerger un cadre
plus souple » et « favoriser les collaborations entre autorités de régulation » telles que l’Arcep, la Cnil
ou l’Hadopi. «On en reste aux incantations et aux idées générales,
regrette un acteur du secteur. Le
CSA passe en revue les enjeux actuels et énumère des grands principes sur lesquels tout le monde est
d’accord. Mais il reste évasif sur la
question du comment s’y prend-on.
C’est du pur CSA. » Pour Olivier
Schrameck, il s’agit surtout de l’un
de ses derniers grands dossiers.
Son mandat expirera début 2019. ■
£ La France est le troisième
exportateur mondial
de programmes télévisés grâce
aux séries et aux documentaires,
mais reste à la traîne pour
les jeux et divertissements,
selon des études présentées
au marché audiovisuel
de Biarritz. Entre septembre
2017 et fin juillet 2018,
les programmes français
ont été les plus exportés
après les programmes
américains et britanniques
(en nombre de lancements,
hors téléfilms et coproductions),
selon Eurodata TV Worldwide
(Médiamétrie).
Verizon se pose en
alternative aux Gafa
Le géant américain des télécoms
s’est doté d’une offre complète et
ouverte dans la publicité numérique.
ALEXANDRE DEBOUTÉ £@axel_deb
revendique une base de 37 millions
de visiteurs uniques par mois. Côté
data, il dispose des données
d’identifiants de 29 millions d’utilisateurs Microsoft et de 14 millions chez Yahoo!.
PUBLICITÉ Verizon met les bouchées doubles dans la publicité en
ligne. Après les rachats successifs
de AOL en 2015 et Yahoo! l’an derCertification par des tiers
nier, le premier opérateur télécoms mobile américain (150 mil« À la différence de celles de nos
lions d’abonnés outre-Atlantique)
principaux concurrents, notre plavient d’achever la construction de
teforme est ouverte et transparente,
son offre publicitaire, réunie sous
souligne Erik-Marie Bion. Nos
la marque Oath (serment en anclients peuvent se connecter libreglais). Avec une ambition : constiment à nos outils et faire mesurer
tuer une alternative complète
tous les items de leurs campagnes
(dans la vidéo, le mobile, le search
par des certificateurs tiers, c’est
ou la publicité native), puissante et
une grande différence sur le marcrédible face au duoché!» La certification
pole de Google et
par un tiers est, en efFacebook qui truste
fet, encore loin d’être
les trois quarts du
adoptée par Google et
marché.
surtout Facebook, qui
« Ce duopole est
évolue dans un écosymondial. Nous avons
tème fermé. Elle fait
bâti une offre mondiale
depuis longtemps l’obavec de fortes présenjet d’une demande forAudience
mondiale
ces locales, explique
te du marché.
revendiquée
Erik-Marie Bion, viL’intégration de ces
par Oath/Verizon
ce-président d’Oath
outils et offres publiciFrance, qui a fusionné
taires a par ailleurs été
durant l’année écoulée les activifaite dans la perspective de l’aptés publicitaires de Yahoo! et
plication du règlement sur la prod’Oath (ex-AOL Advertising).
tection des données personnelles
Nous avons atteint une masse criti(RGPD), effective depuis la fin
que aussi bien en termes d’audience
mai, avec des règles plus strictes
que de technologie.»
de recueillement du consentement
En termes d’audience et de data,
de l’utilisateur pour l’exploitation
Verizon peut s’appuyer, via Oath,
de ses données. En la matière, Vesur une base d’un milliard d’utilirizon et Oath veulent être perçus
sateurs par mois. Un accord signé
comme parmi les plus vertueux.
avec Microsoft lui permet notamParallèlement à sa montée en
ment d’agréger les utilisateurs de
puissance dans la publicité, VeriMSN (le service de messagerie de
zon entend bien aussi profiter dans
Microsoft) et de ceux de la console
l’avenir des accords signés récemde jeux Xbox, mais aussi les visiment avec la NFL (football amériteurs de Yahoo! et de tous les sites
cain) et la NBA (basket) sur les
médias ou sociaux détenus par
droits de leurs compétitions pour
Oath (TechCrunch, Huffingtonproposer des contenus à ses clients
Post, Tumblr). En France, Oath
sur mobile et ainsi les fidéliser. ■
1
milliard
d’utilisateurs
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 12 septembre 2018 LE FIGARO - N° 23 042 - Cahier N° 3 - Ne peut être vendu séparément - www.lefigaro.fr
QUOI DE NEUF
STYLE
Helmut Lang
Tournage du film de Sam Mendes pour Louis Vuitton
MODE, BEAUTÉ, ACCESSOIRES...
LES INCONTOURNABLES
DE LA SEMAINE PAGE 31
QUAND LES RÉALISATEURS
SE METTENT AU (SPOT) PARFUM
PAGES 32 ET 33
DENIS MANIN/31 JUIN FILMS
On achève bien les bêtes à concours
Vincent Lacoste
et William Lebghil,
héros de Première année,
de Thomas Lilti.
Le réalisateur Thomas Lilti revient avec un formidable film sur l’enfer de la première année de médecine. PAGE 28
ANNIVERSAIRE Le Festival historique
de séries fête ses 20 ans dans une atmosphère
de veillée d’armes face aux plateformes SVOD.
CONSTANCE JAMET £@constancejamet
ue de chemin parcouru !
Le Festival de la fiction
de La Rochelle, qui célèbre la création audiovisuelle française, fête, de
mercredi à dimanche,
ses 20 ans. Deux décennies qui ont vu
la production hexagonale mettre un
sacré coup d’accélérateur pour se
moderniser et rattraper ses consœurs
anglophones, scandinaves et américaines. Les avant-premières des saisons inédites du Bureau des légendes
et Dix pour cent en témoignent. Plus
de quarante productions et leurs têtes
d’affiche font le déplacement.
Pour la première fois, le jury, présidé par la comédienne belge Marie
Gillain, premier rôle de Souviens-toi
et Speakerine, récompensera une fiction francophone étrangère parmi des
projets québécois mais aussi ivoirien
et togolais. Pour autant, l’heure n’est
pas forcément aux réjouissances débridées. Patron de TV5Monde et directeur du comité de sélection, Yves
Bigot tire la sonnette d’alarme : le PAF
perd la bataille de la jeunesse. Les
moins de 40 ans désertent leur téléviseur au profit de Netflix et Amazon.
Les thématiques des grandes chaînes,
contraintes de plaire au plus grand
nombre, ne leur correspondent plus.
Et de déplorer un manque de diversité, alors que nos voisins européens
Q
HELMUT LANG ; LOUIS VUITTON MALLETIER
réinventent la comédie et la romance.
Selon les calculs d’Yves Bigot,
83 % des soixante œuvres soumises à
son comité traitent « de meurtres, de
disparitions d’enfants, de familles dysfonctionnelles et de maladies… ».
La prime au polar
France 3 présente ainsi deux héroïnes
frappées par le cancer dans Ma mère,
le crabe et moi, avec Émilie Dequenne,
et la minisérie Sous la peau avec Anne
Marivin. France 2 lâche trois nouveautés attendues avec impatience :
une adaptation du roman de JeanChristophe Grangé Les Rivières pourpres avec Olivier Marchal, À l’intérieur avec Béatrice Dalle et Hippolyte
Girardot et Philhamornia avec Tomer
Sisley. Trois thrillers, certes, mais qui
entendent se servir du suspense pour
explorer des territoires inédits, dont
ceux de l’hôpital psychiatrique et de
la musique classique.
Avec Jeux d’influence, Arte enrôle
Alix Poisson pour dépeindre l’univers
des lobbys. TF1, qui presse le pas du
renouvellement, compte sur son téléfilm consacré à l’affaire Jacqueline
Sauvage, où Muriel Robin est méconnaissable, et sur Balthazar, son médecin légiste déjanté. Canal + dévoile
Hippocrate, la transposition en série
de la chronique hospitalière de Thomas Lilti. De quoi laisser espérer la
poursuite de la dynamique enclenchée. Ou, à tout le moins, ne pas baisser la garde. ■
Haletant du début à la fin.
LE PARISIEN
Une course contre la montre Coup
de cœur.
dans Casablanca. PREMIÈRE
LE FIGARO
Implacable.
LE JDD
Percutant.
L’EXPRESS
Un très beau film.
Émouvant. Impressionnant.
LE MONDE
Un coup de maître.
L’OBS
Virtuose
et haletant.
POSITIF
LE FIGAROSCOPE
UN FILM DE
UN FILM DE
MERYEM BENM’BAREK
MERYEM BENM’BAREK
ACTUELLEMENT
ACTUELLEMENT
A
À La Rochelle, la fiction
française sur le qui-vive
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 12 septembre 2018 LE FIGARO
28
L'ÉVÉNEMENT
Concours de médecine :
autopsie d’un crime
CINÉMA Avec
« Première année », Thomas Lilti livre une version pleine
d’énergie du concours commun de médecine. Trente ans après l’avoir passé,
le Dr Damien Mascret a replongé avec émotion dans cette épreuve infernale.
A
sa dernière carte, de l’autre la naïveté et le
sourire du primant. Il est cependant un
point où les deux candidats s’accordent :
le secret de la réussite est de faire toutes
les annales des années précédentes.
DR DAMIEN MASCRET
£@dmascret
vouons-le tout de suite,
lorsque l’on a soi-même passé sa « première année de médecine » une trentaine
d’années plus tôt, on ne voit pas très bien
comment raconter cet enfer en 90 minutes. Cette année de vie entre parenthèses.
Cette retraite volontaire du monde. Surtout en limitant le récit à l’histoire de
deux étudiants. Benjamin, le primant qui
découvre la première année, et Antoine,
qui la triple. Improbable amitié. Et puis,
sous nos yeux sceptiques, la magie du cinéma s’opère ! En tout cas celle du réalisateur, Thomas Lilti, qui réussit l’impossible : raconter l’enfer de la première
année de médecine. Mieux (ou pire ?),
nous la faire revivre.
Au risque de sembler sentimental
- mais qui ne l’est pas la cinquantaine
passée - il faut bien admettre que ce film
remue avec une précision quasi chirurgicale les souvenirs, douloureux, que l’on
croyait digérés dans les méandres de nos
circonvolutions cérébrales. D’où la surprise ! Et le choc émotionnel. On raconte
que des vétérans américains avaient
pleuré en découvrant le film M.A.S.H de
Robert Altman sur la guerre de Corée en
1970. On admettra donc sans pudeur
avoir eu les yeux humides lorsque l’immense salle du concours se remplit de
milliers d’étudiants, de milliers de rêves.
Qu’importe que les salles aient été plus
petites, la ville différente ! Le cœur s’emballe, le ventre se noue, les mains sont
Bourrage de crâne
moites. On tremble. On a soudain 18 ans,
emporté par la puissante musique de
LoW. On le sait, la plupart (85 % !) des
rêves se briseront quelques semaines
plus tard, le jour des résultats du
concours. Des milliers d’étudiants, souvent brillants, seront renvoyés vers une
autre vie pour quelques dixièmes de
point. « Il y a 0,2 point d’écart entre le
200e et le 500e, tu te rends compte »,
glisse une étudiante fataliste.
Heureusement le Dr Lilti, qui est passé
par là vingt ans plus tôt (dans la même faculté des Saints-Pères à Paris), ne se délecte pas plus qu’il ne faut de ces moments d’épreuves. Il sait que le jour J, tels
des milliers de poilus « enterrés » dans
les tranchées pendant des mois, c’est
avec soulagement que l’on monte au
combat. La peur au ventre mais soulagé
d’en finir, même si l’on doit tomber. Sans
autre cicatrice que celle d’avoir essayé.
Car en réalité le compte à rebours vers la
bataille finale commence bien avant la
rentrée. « Tu l’as fait, le stage de prérentrée ?», demande une étudiante de tutorat (des deuxième année qui aident bénévolement les primants) à Benjamin, tout
frais sorti du lycée, « parce qu’on est miseptembre, là… En vrai on commence en
août… », ajoute un autre un peu inquiet.
Ce qui intéresse Lilti est là : la dynamique
qui se met en place tout au long de cette
année cruelle, entre ceux qui ont les codes et les autres.
Les affres de la préparation du concours
sont superbement jouées par un sombre
Vincent Lacoste (Antoine) au bord de la
rupture et l’indécis fils de médecin,
William Lebghil (Benjamin) lumineux,
pas vraiment sûr d’avoir la vocation.
D’un côté, la gravité du triplant qui joue
« La réponse aux QCM (question à choix
multiples), c’est un réflexe reptilien,
remarque Benjamin, tu as 2 minutes pour
répondre, tu n’as pas le temps de réfléchir. » Et de conclure : « C’est un
concours débile, faut apprendre, faut pas
chercher à comprendre. » Comment le
sait-il ? « Mon frère est normalien, son
meilleur pote aussi. » Imparable.
De fait, la réalité d’une première année
où le bourrage de crâne fait office d’enseignement, est mise en scène avec un
entrain et une énergie communicative.
Quelques scènes quasi documentaires se
nouent habilement avec les choix romanesques du réalisateur pour donner un
style rythmé et naturaliste.
Certains regretteront que Lilti n’ait pas
abordé la question des « prépas privées »,
ces formations qui aident les étudiants
qui en ont les moyens pendant l’année du
concours. « Un choix délibéré, expliquera-t-il, je ne voulais pas leur faire de publicité, car elles creusent les inégalités, j’ai
préféré mettre en avant le tutorat. » Le timing de Lilti est en tout cas parfait. Dans
quelques jours, Emmanuel Macron pourrait annoncer une refonte du concours
infernal de première année. Il était
temps ! ■
+
» Lire aussi PAGE 37
Vincent Lacoste et William
Lebghil au milieu d’autres
étudiants de médecine
dans Première année.
DENIS MANIN / 31 JUIN FILMS
Une année en enfer
A
ÉTIENNE SORIN esorin@lefigaro.fr
Première année tombe-t-il à pic ou arrive-t-il trop tard ? Le gouvernement envisage de réformer le numerus clausus,
locution latine et limite qui définit chaque
année le nombre d’étudiants en médecine
acceptés en deuxième année. Ce quota,
instauré en 1972, élimine 85 % des candidats à l’issue d’une sélection brutale et
inadaptée. Minute papillon, rien n’est fait.
Surtout, si Première année est très bien
documenté, il n’est pas platement documentaire. Le sabotage n’aura pas lieu.
Lilti sait de quoi il parle. Fils de médecin et ancien médecin lui-même, il a filmé les premiers pas d’un interne à l’hôpital dans Hippocrate avant de faire de
François Cluzet un toubib en bottes proche de la retraite dans Médecin de campagne. Première année est en quelque sorte
le dernier volet d’une trilogie dans le désordre. Il confirme le talent de Lilti, assez
rare dans le cinéma français, pour montrer les hommes au travail. Contrairement à Hippocrate et Médecin de campagne, Première année n’est pas un film sur
l’exercice de la médecine. Mais il met en
scène des jeunes gens qui n’existent que
par et pour les études. Antoine (Vincent
Lacoste, l’interne de Hippocrate) et Benjamin (William Lebghil) se rencontrent
sur les bancs de la fac.
Antoine, redoublant, prend sous son
aile Benjamin, tout juste bachelier et peu
motivé. Par un glissement subtil, les rôles
s’échangent. Benjamin, fils de médecin,
maîtrise les codes, prend facilement le pli
et force à peine son talent pour rester
dans la course. Antoine, lui, plus laborieux et fragile face à la pression du
concours, se met à lâcher. Malgré eux,
leur complicité se mue en rivalité. Justesse de l’observation, finesse du trait. Lilti,
aidé par deux acteurs sensationnels,
montre que l’inégalité des chances ne se
confond pas avec la lutte des classes.
Première année est un beau film sur
l’amitié à l’épreuve de la compétition, à
un âge où il n’est pas encore trop tard
pour se faire des amis pour un an ou pour
la vie. Un âge fait de promenades diurnes
et nocturnes dans les rues de Paris, même
si la flânerie reste ici un temps d’apprentissage. La purée du restaurant universitaire ou les poubelles dans la cour de
l’immeuble, tout peut servir de support
pour réviser les cours d’anatomie dans ce
monde sans joie, ni fête ni fille. Tout pour
le concours.
Coups psychologiques
Première année a l’efficacité et le suspense
d’un film de sport. « C’est mon Rocky ! »
dit Thomas Lilti. Pas de ring ni de gants de
boxe, mais des salles d’examen et des annales à la main. Les coups sont psychologiques ; ils n’en font pas moins mal.
Le cinéaste conjure la violence du
combat qu’il a mené lui-même lors de
ses études. Il n’en a pas fini avec la mé-
decine, puisqu’il vient de tourner la version sérielle de Hippocrate pour Canal+,
dont l’intrigue semble différente du film.
Comme nombre de réalisateurs, il n’a
pas su résister aux sirènes de la télévision et au format feuilletonnant. Pourtant, il démontre avec Première année la
force du long-métrage de cinéma. En
1 h 32, il en dit plus et mieux que bien des
séries chronophages, médicales ou non,
trop longues alors que la vie est trop
courte. Première année laisse ainsi le
temps de s’adonner à d’autres plaisirs.
Goûter à la bonne chère, boire du vin,
faire l’amour, lire un livre. Voire, pour
les plus studieux, préparer un
concours. ■
« Première année »
Drame de Thomas Lilti
Avec Vincent Lacoste, William Lebghil
Durée 1 h 32
■ L’avis du Figaro : ○○○¡
La réplique
« PREMIÈRE
ANNÉE »
de Thomas Lilty
La réponse
aux QCM,
c’est un
réflexe reptilien,
tu as 2 minutes
pour répondre,
tu n’as pas
le temps de
réfléchir. C’est un
concours débile,
faut apprendre,
faut pas chercher
à comprendre
»
BENJAMIN (WILLIAM LEBGHIL)
L’AVIS DES
ÉTUDIANTS
C’est une première année qui ne
ressemble à aucune autre, une
première année où une forme
de bizutage institutionnel
s’instaure et pendant laquelle
le but est d’apprendre par cœur
des centaines de polycopiés au
point que certains mettent des
Post-it jusque sous leur douche
pour ne rater aucune minute
nécessaire à la mémorisation.
C’est à ce genre de détails que
Margaux, 21 ans, aujourd’hui
en 3e année d’études de
médecine à l’université
Pierre-et-Marie-Curie, à Paris
a apprécié Première année
de Thomas Lilti. « Je me suis
totalement reconnue, explique
la jeune femme, ça fait deux
ans que j’ai passé ce concours
et c’est en voyant le film que je
me suis rendu compte à quel
point cette année m’avait
marquée. » Margaux avoue
avoir versé une larme devant
la scène de l’examen dans le
hangar de Villepinte. Villepinte,
un mot qui incarnera à jamais
cette année pour les étudiants
parisiens comme d’autres
termes ad hoc, la
« novembrose », cette période
émotionnellement intense
avant les examens couperet
du premier semestre,
le « numerus clausus »
ou le « QCM », arme de
sélection massive qui fait dire
à l’étudiante prête à faire son
stage à l’hôpital : « On ne peut
pas penser en termes
de QCM devant un patient ! »
Suzanne, 19 ans, a appris
à maîtriser ce vocabulaire
l’année passée en découvrant
l’université parisienne de
Paris-Descartes. Cette année
« doublante », elle a scruté
le film d’un œil expert : « Le
réalisateur met l’accent sur
l’importance des méthodes
de travail. La méthode, c’est
primordial. Les héros avec leurs
poly, c’est vraiment mon
quotidien ! » Et si elle avait vu
le film en terminale avant de
prendre sa décision, aurait-il pu
la faire changer de trajectoire ?
« Non, je savais que cela allait
être comme ça. ». Avant
d’ajouter : « Ce qui est bien dans
ce film, c’est qu’il évoque le fond
du problème : on apprend
énormément, mais on n’a
aucun contact avec l’humain.
On peut être très doué pour
les études, mais que se
passera-t-il lorsqu’on sera
devant le patient ? Il faut
y réfléchir avant. »
PROPOS RECUEILLIS PAR
FRANÇOISE DARGENT
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mercredi 12 septembre 2018
CULTURE
29
Écrits et chuchotements
CHRONIQUE « Dovlatov », d’Alexeï Guerman, raconte six jours dans la vie de l’écrivain russe éponyme.
Un hommage vibrant qui invite à redécouvrir l’œuvre de ce poète maudit de l’ère soviétique.
LE CINÉMA
Éric Neuhoff
eneuhoff@lefigaro.fr
es poètes sont au chômage.
Chez l’éditeur, il y a le portrait
de Lénine. On n’est pas là pour
rigoler. Sergueï Dovlatov
aimerait bien qu’on publie ses
textes. Ça n’est pas demain la veille.
L’Union des écrivains le boude. Les manuscrits refusés sont envoyés au recyclage. Chaque fois qu’il écrit quelque
chose, on lui demande de corriger, de
reprendre un passage. Il en a assez. Tel
est le sort des poètes sous l’ère Brejnev.
Le film se passe durant six jours de 1971.
Qu’on y songe un peu : Dovlatov a été
obligé d’être gardien de camp. Il n’y a
peut-être pas de sot métier, mais quand
même. On rêvait de littérature avec un
grand « L » et il fallait garder des prisonniers dans des baraquements de fortune,
par des températures polaires. Quel talent peut résister à pareil traitement ? À
Leningrad, Dovlatov traîne ses désillusions et son ennui. La bureaucratie dicte
sa loi. On lui accorde de signer des articles dans un journal d’usine. La mission
est de célébrer les vertus des chantiers
navals, de couvrir le tournage d’un film
commémorant la révolution avec des
sosies de Tolstoï. Le résultat ne convainc
guère les autorités. Trop ironique.
L
Le héros n’a pas que ces problèmes. Son
couple bat de l’aile. Sa femme demande
le divorce. Sa fille veut une poupée. Il se
cogne contre les murs. Ça n’est déjà pas
simple de vivre dans un appartement
communautaire, si en plus votre épouse
vous demande la lune ! Dovlatov soigne
ses déconvenues dans des soirées où la
vodka adoucit les contours et où le jazz
ouvre des horizons. La liberté se réfugie
à minuit dans ces salons où la fumée
forme des nuages au plafond. Les livres
interdits circulent sous le manteau.
Joseph Brodsky est de la partie. On parle de Lolita. Pouchkine est un sésame.
Le nom de Hemingway résonne au milieu des conversations. Les arrestations
sont monnaie courante. Les disques et
les jeans s’achètent au marché noir.
Dovlatov, avec son pardessus noir, son
petit cartable, effectue un reportage sur
un ouvrier du métro, découvre des
squelettes d’enfant dans les souter-
rains. Impossible, dans ces conditions,
de rendre le texte promis. Il n’entre pas
dans le moule. Qui le pourrait ? Ça serait renoncer à lui-même. L’artiste bâtit des remparts contre le découragement, l’hiver, l’amertume. Il s’agite
dans des ténèbres grises, mène une
guerre au ras du sol. C’est usant. À
6 heures du matin, dans des rues plus
désertes que la toundra, il a l’impression d’affronter le cosmos, de se battre
contre des moulins. L’hostilité des officiels, le mépris des académies lui cou-
pent les jarrets. Il lui faut aussi sauver
son âme. Voici les froids. Les flocons
montent à l’assaut du ciel. La neige
fond. Les espoirs aussi. L’exil constitue
peut-être la seule solution.
Dovlatov, comme Brodsky, partira
pour les États-Unis. Il est mort à 49 ans.
Aujourd’hui, il est considéré comme un
des plus grands auteurs russes. Le film
lui rend un hommage vibrant, sensible,
romanesque, inspiré. Pourtant, il n’y a
rien de plus difficile à montrer sur un
écran qu’un homme de lettres. Guer-
CINÉMA Dans « Mademoiselle de Joncquières », Emmanuel Mouret
raconte une vengeance amoureuse au XVIIIe siècle, d’après
une histoire de Diderot. Avec Cécile de France et Édouard Baer.
uteur et interprète,
Emmanuel Mouret
s’est souvent mis en
scène en amoureux
candide et hésitant
dans des comédies sentimentaloburlesques un rien coquines. On
ne s’étonne pas que le XVIIIe siècle le tente. Il adopte son plumage et son ramage avec un plaisir
évident dans sa première comédie en costumes qui a tout du
pastiche, Mademoiselle de Joncquières. Châteaux et parcs, soie,
velours et dentelles, langage
châtié de la galanterie. On est
dans l’aristocratie de province.
Le marquis des Arcis (Édouard
Baer), libertin un peu las des
conquêtes faciles, courtise assidûment Mme de La Pommeraye
(Cécile de France), jeune veuve
qui lui tient la dragée haute. Elle
finit par céder et ils vivent quelques années heureuses, jusqu’à
ce que l’ennui se glisse insidieusement dans leur liaison.
A
Habiles escarmouches
Le marquis s’éloigne plus souvent et plus loin, les retrouvailles sont moins passionnées.
Plaidant le faux pour savoir le
vrai, Mme de La Pommeraye déclare ne plus aimer. Des Arcis
saute sur l’occasion de reprendre sa liberté : désormais ils seront les meilleurs amis du monde, confidents éclairés de leurs
aventures. Mme de La Pommeraye fait bonne figure, mais elle
est mortellement blessée et va
s’employer à machiner une
vengeance à la Merteuil. L’intrigue, machiavélique, vise à
humilier définitivement des
Arcis dans son honneur mondain. Elle y parviendrait presque, si la vérité des cœurs ne
venait déjouer imprévisiblement les calculs de la raison.
L’affaire est contée par
Diderot dans une des histoires à
tiroirs de Jacques le Fataliste.
Robert Bresson, avec Jean
Cocteau pour scénariste, l’a
transposée en 1945 dans Les
Dames du bois de Boulogne. Il faisait commencer le film à la scène
de rupture entre les deux
amants. Emmanuel Mouret, désireux, dit-il, de développer le
personnage de Mme de La
Pommeraye, choisit de s’attarder sur les préliminaires et la résistance de la veuve.
Ce n’est peut-être pas le
meilleur parti pris, car cette longue exposition donne lieu à une
suite de scènes assez répétitives :
quand la jolie veuve ne se promène pas dans le parc avec son
amoureux transi, on la voit
constamment arranger des bouquets, et, même avec de bons
dialogues, les situations ne sont
pas follement dynamiques. Heureusement qu’il y a Cécile de
France, fine mouche habile aux
escarmouches. Son charme est
rayonnant, ses inflexions subtiles et posées disent aussi bien
l’élan et l’émoi que la fierté blessée. Et on admire sa maîtrise
dans la manipulation froide des
deux femmes qui vont servir à sa
vengeance, Mlle de Joncquières et
sa mère.
À leur entrée en scène, le film
trouve son tempo. La vivacité
sèche de l’intrigue s’accorde à
l’élégance concise et précise de
la langue du XVIIIe siècle, qui
est en elle-même un élément de
d’Emmanuel Mouret
Avec Cécile de France, Édouard
Baer, Alice Isaaz, Laure Calamy
Durée 1 h 49
■
L’avis du Figaro : ○○○¡
Danila Kozlovsky
Durée 2 h 06
■
L’avis du Figaro : ○○○¡
CINÉMA Avec « Searching. Portée disparue »,
Aneesh Chaganty bouscule les codes du
thriller en relatant une enquête via les écrans.
mise en scène. Sa politesse acérée se prête aux doubles jeux,
aux sous-entendus ironiques,
comme dans l’excellente scène
du souper, où M me de La
Pommeraye s’amuse à tenir des
Arcis sur des charbons ardents.
Édouard Baer, un peu décalé de
l’époque, touche par son mélange de désinvolture et de sincérité. Sincérité qui l’emporte à
la fin sur les artifices, dans un
dénouement très réussi. ■
« Mademoiselle
de Joncquières »
Comédie dramatique
« Dovlatov »
Drame d’Alexeï Guerman Jr
Avec Artur Beschastny, Milan Maric,
Recherche pixels
désespérément
Comment ils se sont disputés
MARIE-NOËLLE TRANCHANT
mntranchant@lefigaro.fr
PARADIS FILMS
man donne envie d’acheter ses œuvres
complètes. Elles sont disponibles chez
Anatolia. Honte à nous qui ignorions
jusqu’à leur existence. Pour une fois
que le cinéma sert à quelque chose. ■
CONSTANCE JAMET
£@constancejamet
u le nombre d’heures
passées sur nos ordinateurs, tablettes ou encore smartphones, ces
machines font pratiquement partie de la famille. Avec
Searching. Portée disparue, elles deviennent même le narrateur de l’intrigue. Sur le thème vu et revu d’un
enfant qui se volatilise, le réalisateur
de spots publicitaires Aneesh
Chaganty a imaginé son premier
film, un thriller inventif et réjouissant où toute l’enquête se déroule à
travers les écrans connectés de son
héros. L’ex-employé de Google fait
souffler le même vent de fraîcheur
sur le genre que le Projet Blair Witch,
avec son faux style documentaire
caméra à l’épaule, sur l’horreur.
Papa poule éprouvé par la mort de
sa femme, David Kim (John Cho,
Star Trek) bombarde son ado de textos et de messages instantanés. Lorsque Margo (Michelle La) ne rentre
pas de son groupe de révisions et
tente de le joindre à plusieurs reprises, David comprend que quelque
chose de grave s’est produit. Pour
épauler la détective en charge de
l’affaire (Debra Messing, Will & Grace), il fouille l’ordinateur de sa fille et
reconstitue sa trace numérique. Passant au peigne fin tous les réseaux
sociaux, d’Instagram à Facebook en
passant par Tumblr et YouTube,
David découvre une autre Margo.
Solitaire, moquée par ses camarades.
Si Searching fonctionne si bien,
c’est que le film multiplie les interfaces au gré des rebondissements. Pas
de lassitude pour les yeux du
V
Madame
de La Pommeraye
(Cécile de France),
jeune veuve retirée
du monde, cède
à la cour du marquis
des Arcis (Édouard
Baer), libertin notoire.
PASCAL CHANTIER/
PYRAMIDE DISTRIBUTION
spectateur qui lisent énormément
d’informations. Vidéos, textes,
conversations téléphoniques en visioconférence, itinéraires de GPS,
clips de JT. Les acteurs échangent par
webcam dans un coin de l’écran.
Chaque pixel a son importance et
peut dissimuler un indice crucial. Pas
très à l’aise avec ses outils, David est
le parfait fil d’Ariane de ce récit presque interactif.
Moteur de recherches
Au-delà de la prouesse technique de
conception visuelle (15 jours de
tournage pour deux ans de montage), Searching n’oublie pas les émotions. S’inspirant du film d’animation Là-haut, Aneesh Chaganty fait
défiler l’enfance de Margo à l’aide
des fichiers présents sur l’ordinateur familial. Et évoque en une seule
capture d’écran le désir de contact
du personnage qui manie la souris.
Difficile après cela de ne plus avoir la
larme à l’œil quand apparaît l’emblématique fond d’écran de Windows : cette colline verdoyante se
détachant d’un ciel limpide.
Jamais anxiogène, à l’opposé d’un
Black Mirror, Searching, qui a été
acheté par Sony quelques heures
après sa première au Festival de
Sundance, rappelle que la Toile peut
aussi resserrer les liens humains.
Tout dépend de l’intention derrière
l’écran. ■
« Searching.
Portée disparue »
Thriller d’Aneesh Chaganty
Avec John Do, Debra Messing,
Michelle La
Durée 1 h 42
■ L’avis du Figaro : ○○¡¡
A
La liberté au marché noir
Sergueï Dovlatov (Milan Maric) rêve de littérature avec un grand « L » dans un monde de désillusions et d’ennui où la bureaucratie dicte sa loi.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 12 septembre 2018 LE FIGARO
30 CULTURE
Wim Wenders
donne des ailes
au pape François
Les autres
films
■ « LE QUATUOR
À CORNES »,
L
JEAN-MARIE GUÉNOIS
jmguenois@lefigaro.fr
e contexte tumultueux traversé par l’Église catholique ces dernières semaines - où le pape François se
trouve accusé de complaisance par un
haut prélat italien, Mgr Carlo Maria Vigano, quant aux comportements homosexuels avec des séminaristes de l’ancien
archevêque de Washington le cardinal
McCarrick - pourrait brouiller l’image
du documentaire de Wim Wenders qui
sort cette semaine en France, intitulé
Le Pape François. Un homme de parole.
Le paradoxe pourrait être d’autant plus
sévère que ce film est une commande,
en bonne et due forme, du Vatican, qui
est coproducteur en visant à la promotion de l’image du pape François.
C’est un autre Mgr Vigano, Edoardo
Dario Vigano, alors préfet du secrétariat
pour la Communication, qui en a eu
l’idée. Mgr Edoardo Dario Vigano a dû
donner sa démission fin mars 2018,
convaincu d’avoir manipulé par une
photo truquée une lettre de Benoît XVI
pour lui faire dire le contraire de ce qu’il
pensait sur un point théologique défendu par le pape François…
Alors directeur de la communication
du Vatican, Mgr Edoardo Dario Vigano
avait cherché à faire un coup médiatique pour le cinquième anniversaire du
pontificat de François, le 13 mars 2018.
Un régal cinématographique
C’est ce même zèle qui l’a poussé à solliciter Wim Wenders pour réaliser, non
un film « sur » le pape François mais
« avec » le pape François, expliquait
Vigano en 2017. Une commande acceptée par le réalisateur à condition
d’avoir « les mains libres » sur le film.
Ce qu’il a obtenu, a-t-il affirmé au Festival de Cannes 2018 : « Ce film est mon
film. » Wim Wenders a cependant annulé au dernier moment la tournée parisienne de présentation du documentaire, la semaine dernière à Paris, car
« occupé sur d’autres projets », selon
NBCUniversal.
Sorti en mai aux États-Unis, en juin
en Allemagne, pays natal de Wenders
où il a figuré dans les dix meilleures entrées, il serait toutefois injuste que cette
œuvre pâtisse, en France, du contexte
négatif de l’actualité même s’il est utile
de connaître la genèse pour comprendre le genre hagiographique du film.
Le Pape François. Un homme de parole
est en effet un régal cinématographi-
Wim Wenders a accepté de réaliser un film « avec » le pape François à condition
d’avoir « les mains libres ».
que. Wim Wenders captive l’œil par
l’esthétisme des images. Et l’attention,
par quatre interviews exclusives du
Pape qui ponctuent le récit. François y
est filmé face caméra, sans maquillage,
donnant l’impression de s’adresser directement à vous avec des mots simples. On le suit également, comme si
l’on était à ses côtés, dans des épisodes
clés de ses principaux voyages avec
leurs bouleversants moments d’humanité. De ce point de vue, la communication de l’image du Pape est parfaite.
Réserve, en revanche, sur le fond.
Wim Wenders dresse le portrait du
pape François sur trois axes qu’il a retenus de saint François d’Assise : l’avocat
de « Mère, la Terre », le défenseur des
plus pauvres et le frère universel non limité au catholicisme. Trois thèmes efficacement documentés mais qui éludent
le ressort principal du personnage : la
dimension religieuse de François, un
homme de prières qui puise aussi dans
la contemplation quotidienne son énergie et le sens profond de son action.
C’est donc un magnifique pape humaniste et social qui en ressort mais dont
l’essence spirituelle est gommée. ■
« Le Pape François.
Un homme de parole »
Documentaire de Wim Wenders
Durée 1 h 36
■ L’avis du Figaro : ○○¡¡
Un flic cent mille volts
COMÉDIE Jim Cummings joue et réalise « Thunder Road », premier film virtuose, grand prix à Deauville.
ÉRIC NEUHOFF eneuhoff@lefigaro.fr
rosse fatigue. À l’enterrement
de sa mère, Jimmy pète les
plombs. Dans l’église, il pleure, il rit, menace de partir.
Malaise dans l’assistance
qu’on ne voit pas à l’écran. La séquence
dure, s’enlise dans un mélange d’embarras et d’hilarité. Le lecteur de CD ne marche pas. Pas moyen de diffuser la chanson
préférée de maman, Thunder Road de
Bruce Springsteen. Alors, dans son uniforme de policier, le fils dévasté par le
chagrin se lance dans une chorégraphie
surréaliste devant le cercueil.
Le ton est donné. Thunder Road est un
film unique, pétaradant, mélancolique,
survolté. Jim Cummings l’a écrit, interprété, réalisé. Beau travail. Ce flic texan
est en plein marasme. Son divorce ne
coule pas de source. Sa fille rêve de devenir ballerine. Sa femme le méprise. Il
l’aime encore. Au tribunal, il n’ose pas
dire du mal d’elle, ce qui ne l’empêche
pas de se mettre le juge à dos. Son souhait
est de conserver la garde alternée. Ça
G
n’est pas gagné. Il s’y prend comme un
manche. Ce type-là est maladroit comme
tout. Il veut faire le bien ; il déclenche des
catastrophes. Son moral est en berne.
Émotion, burlesque et gravité
Il se bagarre avec ses collègues, néglige de
prendre la semaine de repos que lui a imposée son supérieur, saute sur les suspects, malmène les automobilistes au
moindre excès de vitesse. Son équipier ne
le supporte plus. Son avocate lui coûte les
yeux de la tête (en plus, elle perd). Quand
ses amis l’invitent à dîner, il crée l’embarras à table. Il y a des jours où on le
cherche partout. Il est en panne sur une
route perdue et il a oublié ses clés à l’intérieur de la voiture. Ni une ni deux, il casse
la vitre côté conducteur. C’est une attachante grenade dégoupillée.
Son ex lui raccroche au nez. Sa gamine a
honte. Jimmy est au bout du rouleau. Cela
lui donne une énergie folle. C’est une
énergie qui se déploie à tort et à travers.
Elle n’exclut pas une tendresse immense.
Jimmy rend visite à sa sœur sans la prévenir. Elle essaie de lui emprunter de l’argent. Il n’a plus un dollar. La vie lui échappe de tous les côtés. Un père se démène
sous les yeux de sa progéniture sidérée et
compatissante. Pourquoi les enfants sontils désormais plus mûrs que leurs parents ?
L’émotion explose ici à chaque plan. Le
burlesque et la gravité se tapent sur
l’épaule. Il y a des coups de téléphone
qu’on aurait préféré ne pas recevoir. La
vérité n’est pas toujours bonne à dire.
Cummings éclate de talent, d’invention,
de sensibilité. Il porte son film à bout de
bras. On lui accorde les félicitations du
jury. Celui de Deauville lui a attribué son
grand prix. Il n’a pas eu tort. ■
« Thunder Road »
Drame de Jim Cummings
Avec Jim Cummings, Kendal Farr,
Nican Robinson
Jim Cummings, éclatant de talent, porte son film à bout de bras.
PANAME DISTRIBUTION
Durée 1 h 31
■ L’avis du Figaro : ○○○¡
« Okko et les fantômes » charme le jeune public
CINÉMA Ce premier film d’animation de Kitaro Kosaka relate les péripéties d’une attachante orpheline.
NATHALIE SIMON nsimon@lefigaro.fr
eki Oriko, alias Okko, 12 ans,
vient de perdre ses parents dans
un accident de voiture. Elle doit
quitter la ville pour partir à la
campagne et apprendre à travailler dans l’auberge traditionnelle de sa
grand-mère. Dans ce nouveau monde,
l’orpheline fait la connaissance d’Uribo,
un jeune garçon de son âge, un fantôme
facétieux.
Directeur de l’animation sur Le vent se
lève, de Hayao Miyazaki, Kitaro Kosaka,
56 ans, a transposé à l’écran le roman
pour enfants de Hiroko Reijo. Un bestseller au Japon. L’écrivain a déjà salué le
A
S
travail du réalisateur qui a su traiter le
deuil sans tomber dans la mièvrerie.
Traumatisée, mais nature et naturelle,
Okko « parle » à ses parents dans ses rêves et se dispute avec Uribo comme si elle
se trouvait dans une cour d’école. L’instinct de vie l’emporte sur la tristesse.
Présenté au Festival international du
film d’animation d’Annecy, ce long-métrage est reparti bredouille sans doute en
raison de sa forme classique. Kitaro
Kosaka a conservé le style kawaii (« mignon » en français) du livre. Ses personnages aux airs de manga empruntés à
ceux du fameux Studio Ghibli cachent des
personnalités pourtant plus complexes
qu’il n’y paraît.
Le cinéaste observe une fillette solitaire
qui doit composer avec le quotidien des
adultes. Les « fantômes » font office de
tuteurs bienveillants. Okko doit grandir
et devenir autonome. Comme souvent
dans les films d’initiation destinés aux
enfants, elle devra franchir un parcours
d’obstacles.
Solidarité et courage
Oscillant entre réalité et fantastique, ce
film oppose dans le même temps deux visions de l’avenir. L’auberge de l’aïeule à
celle plus moderne et luxueuse dont rêve
une camarade de classe d’Okko. Malgré
la gravité du sujet, l’humour est présent.
Les « aventures » de l’héroïne et de ses
amis les fantômes sont propices à des
péripéties diverses.
Trop parfois. Si Kitaro Kosaka réussit à
rendre ses protagonistes attachants en
véhiculant des valeurs de solidarité et de
courage, il tend à se répéter, au risque
aussi de s’égarer dans plusieurs directions
scénaristiques. Il lui reste du chemin à
parcourir pour retrouver la magie et la
délicatesse du Tombeau des lucioles d’Isao
Takahata, un proche de son maître, Miyazaki, et le cofondateur du Studio Ghibli. ■
« Okko et les fantômes »
Film d’animation de Kitaro Kosaka
Avec les voix de Seiran Kobayashi,
Satsumi Matsuda
Durée 1 h 35
■ L’avis du Figaro : ○○¡¡
CINEMA PUBLIC FILM
signe un film de commande
sur le Souverain Pontife. Forcément
hagiographique mais bien à propos.
Les aventures d’Aglaé, Rosine,
Clarisse et Marguerite, les
quatre vaches héroïnes hautes
en couleur des livres de Yves
Cotten transposées à l’écran,
Le Quatuor à cornes, Dorothy
la vagabonde et Aglaé la
pipelette (Éd. Belluga-Coop
Breizh). Trois films courts
restituent la joie de vivre
du quatuor. On fond à partir
N. S.
de 4 ans.
■ L’avis du Figaro : ○○○¡
■ LE TEMPS DES FORÊTS,
documentaire de
François-Xavier Drouet, 1 h 43
KMBO
DOCUMENTAIRE Le réalisateur allemand
Du Morvan aux Vosges
en passant par le Limousin,
le réalisateur amoureux
des arbres a sillonné les forêts
françaises. Objectif ?
Comprendre le fonctionnement
de la sylviculture industrielle,
ses enjeux économiques
et écologiques et alerter
sur les dangers de la « mal
déforestation ». « La nature,
elle, sait ce dont elle a besoin. »
N. S.
À l’homme de l’écouter.
■ L’avis du Figaro : ○○¡¡
■ « J’AI PERDU ALBERT »,
comédie de Didier van
Cauwelaert, 1 h 40
STUDIO CANAL
2018 CTV, CÉLESTES, SOLARES, NEUE ROAD MOVIES, DECIA, PTS ART’S FACTORY
courts-métrages d’animation
de Benjamin Botella
et Arnaud Demuynck, 42 min.
Einstein ne manque pas de
malice, on le sait. Jusqu’ici,
son esprit avait élu domicile
dans celui de Chloé, devenue
grâce à lui une médium célèbre,
consultée jusque dans les hauts
États-majors. Soudain, il la
quitte pour aller loger chez Zac,
garçon de café passionné
d’apiculture. Sans Albert, Chloé
est perdue, avec Albert, Zac
est largué. Ils vont former un
remuant ménage à trois. Didier
van Cauwelaert porte à l’écran
son roman éponyme, lui-même
inspiré par un authentique
contact d’outre-tombe avec le
génial physicien. Dommage que
le film sacrifie un peu trop au
comique de vaudeville, il y perd
la dimension fantastique
(et scientifique) qui fait
sa véritable originalité.
MARIE-NOËLLE TRANCHANT
■ L’avis
du Figaro : ○○¡¡
■ « LINE ON FIRE », drame
de Joseph Kosinski. 1 h 50. VOD.
Un casting de feu : Josh Brolin,
Miles Teller, Jennifer Connelly,
Jeff Bridges et même Andie
McDowell dans un rôle de
potiche. Tout ce beau monde
raconte l’histoire vraie et
tragique des pompiers qui
combattent les incendies
en Arizona. Un sujet d’une
actualité brûlante. Joseph
Kosinski (Tron, Oblivion) met
en scène ces héros américains
avec conviction mais le
scénario est trop convenu pour
qu’on s’enflamme. Un film à voir
en e-cinéma, c’est-à-dire sur
toutes les plateformes VOD,
à partir du 13 septembre.
ÉTIENNE SORIN
■ L’avis
du Figaro : ○¡¡¡
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mercredi 12 septembre 2018
STYLE
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1
QUOI
DE
NEUF
CETTE
SEMAINE
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PRESSE ; JASON LLOYD-EVANS ; DEVIN DOYLE
PAGE RÉALISÉE PAR MADELEINE VOISIN
AVEC ÉMILIE FAURE, VALÉRIE GUÉDON
ET ÉMILIE VEYRETOUT
12
Tous les mercredis, la rédaction sélectionne pour vous le meilleur des sorties de la semaine : tendances mode,
nouveautés cosmétiques, objets de désir, expositions et lieux originaux.
COLLABS
LES DEUX FONT LA PAIRE
Plus confortables que branchées, les
Ugg (2) ont fait le bonheur des surfeurs et des Américaines en jogging
dans les années 2000. Revue et corrigée par Y/Project, l’incontournable
botte en peau de mouton a gravi les
échelons du style. Dévoilée sur les défilés homme et femme automne-hiver
2018 du label parisien, la capsule (en
particulier ces cuissardes surdimen-
sionnées à talon aiguille) a déchaîné les
passions des millennials du monde entier. « Depuis la création de la marque,
nous avons challengé l’acceptable et
provoqué les gens en mettant l’accent
sur l’inattendu », explique Glenn Martens, son directeur artistique. Pari
tenu ! (1 300 €. Dès le 28 septembre
chez L’Éclaireur Paris et sur
www.mytheresa.com). Tout aussi improbable, l’association de l’empereur
du cool Virgil Abloh pour Off-White et
le temple du meuble en kit suédois
Ikea (10). En attendant la collection
prévue fin 2019, quatre tapis en édition
limitée seront commercialisés lors
d’un pop-up, le 29 septembre, à la Cité
de la mode et du design, à Paris. Attention, premiers arrivés, premiers servis
(de 11 h à 20 h. 34, quai d’Austerlitz,
Paris XIIIe).
ADRESSE
COMME À LA MAISON
Si, par chance, vous passez par Londres
lors de la Fashion Week anglaise, faites
un tour du côté du Sloan Apartment,
l’écrin bientôt inauguré de la maison
Tod’s (11). Cette boutique du 35 Sloane
Street, où il fait bon vivre, est conçue
comme un salon mondain entièrement
pensé et décoré par l’architecte et designer India Mahdavi : conversez installé
dans les canapés, sirotez un café dans
un mug coloré, et, surtout, laissez-vous
tenter par ces géniales mules en velours
à boucle double T (470 €). Rassurezvous, lesdits souliers sont aussi disponibles en France et sur le site !
[www.tods.com]
BEAUTÉ
MIRACLE MORNING
À défaut d’attaquer la rentrée en se levant à 4 heures du matin (de nombreux
médecins alertent sur cette méthode à
la mode), donnez un coup de fouet à votre rituel de beauté matinale. Cinq minutes chrono et deux étapes. D’abord
un shot de caféine, à déguster en gommage sous la douche, grâce à la jeune
marque française Terre de Mars (12) :
dans un format unidoses, ses mélanges
de café arabica (exfoliant), de curcuma
(purifiant) et d’huile d’argan (hydratante) requinquent instantanément la
peau (7,50 € le sachet pour le corps et
le visage sur www.terredemars.com).
Ensuite un anti-oxydant, équivalent
du jus d’orange pour l’organisme, avec
les sérums de The Ordinary (4), le label
qui fait un carton aux États-Unis. Pas
d’ingrédients révolutionnaires (vitamine C, zinc, acide glycolique…) mais
des formules hyperconcentrées (à tel
point que certaines n’ont pas pu être
distribuées en France) à un prix franchement abordable (à partir de 9 € les
30 ml aux Galeries Lafayettes
Haussmann).
PARFUM
SORORITÉ
Dans le droit fil de sa mode, la première
fragrance de Raf Simons pour Calvin
Klein (8) pose un regard frais sur l’empowerment féminin. Son air vivifiant
d’eucalyptus, la douceur de la fleur
d’oranger et le bois de cèdre disent que
les femmes sont multiples mais aussi
plus fortes ensemble : « Le collectif est
aussi vital que l’individuel », souligne le
créateur belge. Sur le capuchon, un œil
grand ouvert de la photographe américaine Anne Collier, connue pour dénoncer les clichés sur le deuxième sexe
dans l’art, la publicité et les médias.
[Women, 76 € les 50 ml]
TENDANCE
UN TEMPS QUE LES MOINS
DE VINGT ANS…
En 1997, Miuccia Prada (3) invente le
sportswear de luxe. Sentant que la jeunesse de l’époque veut se démarquer du
dressing casual, bourgeois et molletonné de ses aînés, elle lance Prada Linea
Rossa, une ligne plus technique qui
donne la part belle au Nylon maison, le
Pocono, dont le tombé se rapproche de
la légèreté de la soie combinée à une
formidable résistance. Vingt ans plus
tard, l’Italienne réveille ses parkas
(2 700 €) et ses bobs (250 €) reconnaissables à leur fameuse bande rouge (le
24 septembre dans la boutique du 6, rue
du Faubourg-Saint-Honoré, Paris
VIIIe). Toujours dans les nineties, la
marque norvégienne Helly Hansen habille les rappeurs du moment, le Wu
Tang Clan aux States et les NTM en
France. Bonne nouvelle, la doudoune
culte revient sur le devant de la scène à
l’occasion d’une collaboration avec
Sandro Homme (1). Le même style minimaliste et urbain, le même design
fonctionnel au fil de cette capsule
comptant également une version cuir
de la veste matelassée, un sweat-shirt,
un coupe-vent de marin et un sac de
voyage (495 € la doudoune. Le 13 septembre sur www.sandro-paris.com).
PHÉNOMÈNE
L’OR BLEU
Rien de nouveau sous le soleil, le denim
continue d’inonder les rues et d’inspirer les créateurs de tous horizons. Cet
hiver, préférez le jean en « total look »,
qu’il soit ultrasophistiqué (et ultraluxe)
pour le tailleur issu de la seconde capsule Luxury Denim de Giorgio Armani
(7) (1 750 € la saharienne et 740 € le
pantalon. Tél. : 01 56 62 12 16) ; esprit
western chez The Kooples (5) (258 € la
combinaison. www.thekooples.com)
ou tendre et épuré pour l’ensemble
crème Helmut Lang (voir page 27. 375 €
la veste trucker et 250 € le jean environ. En précommande sur www.
helmutlang.com).
A
MODE ENGAGÉE
POUR DE FAUX
À croire qu’il faut être anglaise pour
éveiller les (bonnes) consciences. Stella
McCartney (6), militante de la cause
animale de la première heure, rhabille
la Stan Smith d’Adidas d’un cuir vegan
perforé de ses étoiles signature. Un modèle unisexe, vendu uniquement sur
l’e-shop de la créatrice britannique
(250 € en précommande sur www.
stellamccartney.com, livraison le
20 septembre). Chez Givenchy (9), sa
compatriote Clare Waight Keller pousse
le curseur avec un cabas réversible disponible, lui aussi, uniquement en ligne. D’un côté, il a le toucher, la couleur et la douceur de la fourrure… tout
en étant synthétique. De l’autre, le velouté d’un agneau plongé matelassé…
qui est, en réalité, de la toile (1 350 € sur
www.givenchy.com).
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mercredi 12 septembre 2018 LE FIGARO
32 STYLE
« Les jeunes générations ne connaissent
pas l’histoire de nos maisons »
INTERVIEW Fait unique dans les mémoires du malletier, Louis Vuitton lance sa première publicité consacrée
à un produit, en l’occurrence sa collection de parfums. Au-delà de l’exercice de style, ce film en dit long
sur les enjeux du luxe face à la jeunesse et aux nouveaux médias. Rencontre avec le président Michael Burke.
’
C
PROPOS RECUEILLIS PAR
HÉLÈNE GUILLAUME
hguillaume@lefigaro.fr
est une publicité, une publicité de parfum pour
être précis, qui met en scène une
belle fille connue (l’actrice Emma
Stone) devant la caméra d’un
beau réalisateur connu (Sam
Mendes) sur fond de belles images. Jusqu’ici rien de nouveau
dans le PAF ou, devrait-on dire,
sur les réseaux sociaux. Si ce n’est
que la marque en question n’est
autre que Louis Vuitton. Or jusqu’ici le numéro un du luxe mondial n’avait jamais investi dans
une publicité au sens classique du
terme, c’est-à-dire vantant les
mérites d’un produit en particulier. S’il s’agit d’un parfum, Attrape-Rêves (et plus largement d’une
collection de fragrances), et donc
d’un exercice publicitaire déjà
éprouvé, les ressorts de cette histoire sont relativement différents
des concurrents. Et les enjeux
pour le malletier sont aussi multiples qu’importants. Entretien
avec Michael Burke, présidentdirecteur général de la maison.
LE FIGARO. - Demain, vous
diffusez la toute première
publicité télévisée de l’histoire
de Louis Vuitton…
Michael BURKE. - Vous vous demandez : « Pourquoi le faire
maintenant ? » Nous nous sommes
posé la question en interne. Fondamentalement, nous n’en avons
pas besoin pour le business, ni
pour la notoriété. Mais un tel film
dédié au parfum, qui a vocation à
irradier toute la marque mieux
que n’importe quel autre produit,
est une opportunité à ne pas rater.
Nous avons beau être la première
griffe de luxe au monde, nous
avons besoin de raconter notre
histoire. La vie d’un Louis Vuitton
mérite d’être connue, ce simple
paysan du Jura qui monte à Paris
et devient le malletier que l’on
sait. C’est une valeur très positive
de l’homme, se surpasser, partir à
la conquête… Un parcours universel qui parle à Bernard Arnault,
qui parle à Emma Stone, cette
toute jeune Américaine venue
d’Arizona. Seulement, cette histoire, l’histoire de nos maisons, de
moins en moins de personnes la
connaissent, même les jeunes générations. C’est dramatique. La
vitesse de croissance du luxe
mondial a dépassé la capacité des
gens à comprendre les histoires.
C’est un fait de société, il existe
moins de transmission générationnelle : la culture passe par les
réseaux sociaux, à l’intérieur de
clans, et non plus de parents à enfants. Aujourd’hui, et en particulier aux États-Unis, si l’on ne raconte pas qui nous sommes tous
les cinq ans, notre patrimoine disparaît dans les limbes de nos mémoires. Or, une marque sans passé s’appauvrit. Par exemple, notre
monogramme : si nous accomplissons bien notre travail, il est
une métaphore d’une histoire
française, complexe et historique ;
si nous le faisons mal, il se résume
à un graphisme. Et vous perdez
toute la magie.
Pour votre premier spot,
vous reprenez les codes éprouvés
du genre.
LOUIS VUITTON MALLETIER
Michael Burke,
présidentdirecteur général
de Louis Vuitton.
LOUIS VUITTON MALLETIER
A
Ce film publicitaire ne raconte
pourtant pas l’histoire
à proprement parler de LV.
Non, mais nous donnons de l’épique. C’est très humain. Sam
Mendes raconte la vie d’une femme, une femme sujet et non pas
objet. Il n’y a d’ailleurs pas
d’homme dans ce scénario.
Emma Stone devant
la caméra du réalisateur
Sam Mendes
sur le tournage du film
pour Louis Vuitton.
On peut difficilement transmettre
une odeur, mais on peut la traduire en émotion. Si ce type de publicité n’est pas nouveau, il est toujours pertinent ! Le pouvoir de
l’image n’a jamais été aussi fort.
Regardez votre téléphone portable : il n’y a pas si longtemps, il
était un outil auditif. Aujourd’hui,
il est à 99 % visuel ! Notre histoire
doit se transmettre par le visuel et
Sam est le meilleur dans l’exercice. La durée d’un spot a changé, le
format le plus diffusé d’un film est
aujourd’hui de 15 secondes contre
60 secondes avant l’émergence
des réseaux sociaux. Qui dit classique ne dit pas moins actuel.
Cette publicité sera lancée
demain sur les réseaux sociaux
mais aussi sur les chaînes
de télévision traditionnelles.
La TV reste-t-elle influente ?
Ce n’est certes plus le médium
central. Mais, selon vous, pourquoi le sport est-il aussi puissant à
la télévision ? Parce qu’on regarde
le sport en groupe et que ce que
l’on voit en groupe est plus fort. Je
ne crois pas que la TV soit dépassée, elle a juste été mal utilisée.
Une publicité diffusée aussi
largement pour un parfum
de niche, n’est-ce pas inédit ?
Effectivement, nous dédions une
publicité et donc de forts investissements à un produit disponible
dans moins de trois cents points
de vente et uniquement dans nos
magasins. C’est inhabituel mais je
pense que les parfums de niche
sont l’avenir de la parfumerie et je
ne suis pas le seul à le dire. Cette
industrie se porte très bien si l’on
est exclusif et niche. Les croissances sont phénoménales quand
l’industrie de masse s’essouffle.
Or, cela correspond à notre politique de distribution et n’a rien
d’une contrainte. Certains vont
dire : « OK, vous donnez de la visibilité à vos parfums avec ce film,
mais malheureusement vous ne
serez jamais distribué dans telle
ou telle enseigne. » Je ne suis pas
d’accord. D’ailleurs, même ce
type d’enseignes comme Sephora
développe l’exclusivité… Le grand
public réclame de l’exclusivité.
Même les masses n’aiment plus la
masse.
Pourquoi seul le parfum a-t-il
droit aux films publicitaires
dans le luxe ?
Sans doute parce qu’il est le
meilleur support pour donner de
l’humain, de l’immatériel. Un sac,
une montre, c’est fonctionnel.
Une fragrance fait appel au sens le
plus émotionnel. Or, une marque,
c’est un ensemble de sens qui va
au-delà d’un logo. Le problème
des parfums est qu’ils sont historiquement positionnés comme
une activité trivialement com-
merciale. Les marques ont longtemps pensé : « Nous faisons de la
haute couture qui ne gagne rien
donc nous sommes obligés de
produire des parfums. » Pourquoi
dénigrer un savoir-faire, une catégorie créative et populaire, dans
le bon sens du terme ? Une femme, un homme n’est pas « habillé » tant qu’il n’est pas parfumé. Y compris depuis peu dans la
culture asiatique. Nous avons
constaté cette appétence avec
surprise au Japon, qui compte tout
de même le troisième magasin de
parfums du monde ! Si les plus de
nisme comme ont tendance à le
faire les marques étrangères. Les
maisons françaises cultivent une
approche dynastique et gèrent
pour la prochaine génération. Notre raisonnement n’est jamais opportuniste et c’est ce qui fait la suprématie des acteurs hexagonaux
dans le luxe.
Quelle nouvelle page de l’histoire
Vuitton écrivez-vous à travers
ce film ?
Synthétiser en dix secondes ce
qu’est Louis Vuitton, ce que nous
sommes, pour le transmettre au
monde entier,
un exercice
Le pouvoir de l’image n’a jamais est
compliqué.
été aussi fort. Regardez votre
D’ailleurs, il y a
eu des faux détéléphone portable : il n’y a pas
parts, des prosi longtemps, il était un outil auditif. jets ont été tentés par le passé
Aujourd’hui, il est à 99 % visuel !
et n’ont pas
MICHAEL BURKE
abouti. Cette
50 ans restent hermétiques, les
fois, nous pensons avoir réussi. La
jeunes Japonais se parfument. Cet
publicité est une figure imposée si
art de vivre, fondamentalement
nous voulons être une marque
français, est devenu un phénomèglobale pérenne.
ne mondial. Nous exportons notre
manière de vivre et nous pouvons
Une façon de faire du malletier
en être fiers.
d’hier une maison globale.
Il ne vous manque que la couture…
Vous espérez donc qu’un public
Mais nous avons mieux, le surplus large pousse les portes
mesure, depuis plus d’un siècle,
de vos magasins. N’est-ce pas
et plus que toute autre maison !
contradictoire avec cette idée
D’ailleurs, c’est la croissance la
d’un luxe confidentiel ?
plus spectaculaire chez LV, que ce
En surface, cela peut paraître
soit les malles, les objets nomacontradictoire, mais rappelezdes, la joaillerie, l’horlogerie, les
vous cette phrase de Groucho
sacs… Tous ces métiers sont en
Marx : « I don’t care to belong to
train de doubler, tripler. La haute
any club that will have me as a
couture est quelque chose de très
member » (« Je ne veux pas apparparisien, français, mais ce n’est
tenir à un club qui va m’accepter
pas notre histoire. De même,
en tant que membre »). Tout le
chaque magasin est unique. Il y a
monde souhaite faire partie d’un
cinq ans, il y avait un concept,
club et quand on en fait partie, être
une vitrine, une manière de landans un autre club (rires). Je pense
cer un produit. Aujourd’hui, il y a
que cette diversité de public foncautant de manières que d’objets
tionne si l’on observe une discipliet de clients. Vous pouvez comne de l’esthétique, de distribution,
mander vos sneakers avec vos
de qualité du service : ça enrichit.
couleurs, vos matières, vos initiaComme pour les collaborations,
les. C’est inscrit dans nos gènes :
nous refusons ce type de projets
nos malles, qui affichaient le bla999 fois sur 1000, mais quand nous
son personnel de leur propriétaidisons oui, nous devons être jusre, étaient déjà uniques à la fin du
tes, ne pas verser dans l’opportuXIXe siècle. ■
«
»
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LE FIGARO
mercredi 12 septembre 2018
STYLE 33
Un parfum
de cinéma
Chrono
DES SPOTS CULTES
1979
Chanel N°5 par Ridley Scott.
Le réalisateur d’Alien signe un spot
érotisant pour Chanel, premier d’une
longue collaboration diffusée à la télé
américaine. Une référence du genre.
DÉCRYPTAGE Vendre une fragrance
ne publicité pour un parfum ! » Il n’y a sans doute pas pire insulte pour un réalisateur. Terrence Malick,
entre autres, y a droit depuis que ses
films ressemblent à des clips alignant
stars et clichés. Soit depuis The Tree of
Life, palme d’or à Cannes en 2011.
Le film publicitaire pour parfum a
mauvaise réputation. Joli, éthéré, sans
aspérité, il laisse rarement place à
l’audace. Pourtant, les marques s’échinent à proposer à des cinéastes de renom
de mettre en images leurs fragrances.
Dernière en date, Louis Vuitton a fait appel à Sam Mendes. Le réalisateur britannique d’American Beauty et des deux
derniers James Bond, salués pour leur
élégance vintage, est aussi un metteur en
scène de théâtre. Il a dirigé Emma Stone
à Broadway dans Cabaret. Il la retrouve
pour vendre Attrape-Rêves en une minute. Un procédé identique pour la réalisation du film publicitaire de Joy, le
nouveau parfum de Dior, mettant en
scène Jennifer Lawrence dans une piscine de Los Angeles sur l’air de She’s a
Rainbow des Rolling Stones. Derrière la
caméra, Francis Lawrence, qui a dirigé
l’actrice dans Hunger Games (2013) et
Red Sparrow (2018). Pas toujours aisé de
déceler la vision originale d’un cinéaste
sous la couche de glamour fun. Chanel,
pour sa part, a pris le parti de laisser les
réalisateurs imprimer leur style. « On
continue à solliciter de grands noms du cinéma, explique Thomas du Pré de Saint
Maur, directeur des ressources créatives
de Chanel. Certains refusent, comme
Quentin Tarantino, mais d’autres y
voient, outre l’aspect lucratif, une occasion de tourner et de travailler avec une
égérie pour une maison qui a une réputation. Se confronter au No 5, c’est relever un
beau défi et ajouter son nom à une liste
prestigieuse. Un cinéaste vient avec son
univers pour le mêler au No 5. C’est sa vision du produit qui est intéressante. »
Montage cut et virtuose
Pour le parfum lancé par Coco Chanel,
Luc Besson revisite, en 1998, le Petit
Chaperon rouge avec malice. En 2004,
le film de Baz Luhrmann avec Nicole
Kidman, superproduction luxuriante,
est une extension de Moulin Rouge. En
2009, Jean-Pierre Jeunet signe Train de
nuit, le voyage d’Audrey Tautou à bord
de l’Orient-Express sur la musique de
I’m a Fool to Want You de Billie Holiday.
Une déclinaison romantique du
Fabuleux Destin d’Amélie Poulain.
Autre exemple frappant, la campagne Bleu de Chanel avec Gaspard Ulliel.
Du pur Martin Scorsese. Montage très
cut et virtuose sur She Said Yeah des
Rolling Stones. « Martin Scorsese l’a
conçue comme un court-métrage, se
souvient Ulliel. Il avait un scénario, un
story-board, et il avait insisté pour avoir
son équipe de techniciens habituelle. »
Après Scorsese, l’acteur est gâté : il
1988
Obsession de Calvin Klein par David
Lynch. L’Américain deux fois oscarisé
et en pleine préparation de Twin
Peaks, transpose son univers dans
4 courts-métrages publicitaires.
1997
Le Mâle de Jean Paul Gaultier par
Jean-Baptiste Mondino. Le film,
inspiré de Casablanca, entre dans
les foyers français. Le parfum bat
tous les records au box-office.
2007
Midnight Poison de Dior par Wong
Kar-wai. In the mood for Dior, selon
le Hongkongais, avec Eva Green.
2008
KENZO
U
«
ÉTIENNE SORIN
esorin@lefigaro.fr
CHANEL
en moins d’une minute à la télévision ?
Un genre publicitaire auquel se sont frottés
Martin Scorsese, Sam Mendes ou encore
Jean-Pierre Jeunet.
Spot publicitaire Chanel N° 5 réalisé par Ridley Scott, en 1982, en haut.
Margaret Qualley filmée par Spike Jonze pour le parfum Kenzo World, en 2016, en bas.
tourne deux autres pubs Bleu avec
James Gray (La nuit nous appartient,
Two Lovers) et Steve McQueen (Shame,
Twelve Years a Slave). « Gray m’a montré des films, il avait plein de références
visuelles et une grande liberté. Steve
McQueen avait envie d’expérimenter les
prises de vues sous-marines. Nous avons
tourné dans un bassin à Londres avec une
équipe de plongeurs drivés par talkiewalkie. Lui qui aime tout contrôler, il
était déstabilisé. »
Si la pub parfum rime avec chic et
glamour, elle n’a pas toujours fait preuve d’un esprit de sérieux calamiteux.
Dans les années 1990, ce ne sont pas des
cinéastes oscarisés mais un publicitaire,
Jean-Paul Goude, qui donne à Chanel
une couleur iconoclaste grâce à l’humour. « Si on fait abstraction de son caractère mercantile, la publicité – surtout
filmée - représente pour moi le moyen
idéal de donner vie à mes fantaisies à la
fois musicales et chorégraphiques, explique Goude. Le fait qu’on puisse qualifier
mes films publicitaires de “brefs métrages” voir de “haïkus” est une fierté pour
moi. » Les femmes en colère contre un
homme égoïste et invisible (les volets
restent fermés), les flacons transformés
en boules et quilles de bowling, c’est lui.
Tout comme Vanessa Paradis, miniaturisée en oiseau sous les yeux d’un gros
chat blanc. « On ne la ferait sans doute
pas aujourd’hui, analyse Thomas du Pré
de Saint Maur. On n’enfermerait plus une
jeune fille de 18 ans dans une cage. Dans
un monde connecté et globalisé, on anticipe trop les jugements du public. La
clientèle élargie appartient à des cultures
différentes et le second degré est délicat.
Les réseaux sociaux imposent une dictature de l’instant. Les like font la loi. »
Tout n’est pas perdu. Goude rempile
pour Chanel à la fin de l’année. On saura
si son génie s’est éventé ou non. ■
Miss Dior Chérie de Dior par Sofia
Coppola. Deux ans après MarieAntoinette, la réalisatrice tourne sa
toute première publicité. Sa version
de la Parisienne sur une chanson
de B. B. est un succès sur YouTube.
2010
Bleu de Chanel par Martin Scorsese.
« I’m not going to be the person,
I’m expected to be anymore », lance
Gaspard Ulliel dans ce spot à l’intrigue
sibylline devenu culte.
2011
La Nuit de l’Homme d’Yves Saint
Laurent par Darren Aronofsky.
Un an après Black Swan, le cinéaste
et sa vedette Vincent Cassel
se retrouvent sur ce tournage.
2012
Gucci Première par Nicolas Winding
Refn. La révélation de Drive, un an
plus tôt, explore le registre du bling
avec Blake Lively au générique.
2016
Kenzo World de Kenzo par Spike
Jonze. Un long format à la
chorégraphie déjantée interprétée
par la jeune Margaret Qualley.
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neufs sont déterminées sur la base d’une nouvelle règlementation (WLTP), et les valeurs obtenues ont été converties en NEDC pour permettre la comparabilité.
Mazda CX-5 2018 Dynamique : consommations mixtes (L/100 km) 6,4 – É missionsde CO2 (g/km) 146. Valeurs de consommation de carburant et d’émissions
de CO2 en application du règlement 2017/1153. En cours d’homologation. À partir du 1er septembre 2018, les valeurs de consommation de carburant et d’émissions de CO2 de certains véhicules neufs sont déterminées sur la base d’une nouvelle règlementation (WLTP), et les valeurs obtenues ont été converties en NEDC
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LE FIGARO
mercredi 12 septembre 2018
TÉLÉVISION
35
La crème de la crème sur M6
BIEN VU
Anthony Palou
apalou@lefigaro.fr
Les candidats du « Meilleur Pâtissier », dont la septième saison démarre ce soir, sont-ils vraiment
de simples amateurs ? Le producteur de ce concours culinaire révèle les coulisses du casting.
Pilules
ou Pléiade ?
SARAH LECOEUVRE £@SarahLecoeuvre
Q
RMC et RMC Story | 9 heures | Mardi
S
ur France Info, ce fait d’été
assez cocasse : nous sommes
en Creuse. Un homme
de 65 ans a été condamné
à 18 mois de prison ferme lundi
10 septembre par le tribunal
correctionnel de Guéret. « Dans
la nuit du samedi 8 à dimanche 9,
il s’est introduit dans une librairie
du centre-ville en découpant
la fenêtre au chalumeau.
Ce sexagénaire avait l’intention
de voler la collection de la “Pléiade»,
soit 113 livres avec une reliure en cuir
dorée à l’or pour un montant estimé
à 7 000 euros. » L’homme,
coutumier du fait
- 22 condamnations au compteur
pour vol de bouquins - interpellé
en flagrant délit a déclaré que
« les livres n’étaient pas destinés
à la revente mais à sa compagne,
prof de français », fraîchement
rencontrée. Voilà ce qu’on appelle
un vrai roman.
L’invité du « grand oral » des
« Grandes Gueules », le professeur
de médecine Philippe Even,
coauteur avec Bernard Debré
de Dépressions, antidépresseurs,
psychotropes et drogues (Éd. du
Cherche Midi). Déjà, un constat :
80 % des gens sous antidépresseurs
n’en n’auraient pas réellement
besoin. Even : « Je sais que la vie est
aussi la souffrance - là, il cite
Nietzsche - que chacun de nous doit
se battre, il y a de vraies et terribles
dépressions, peut-être 500 000 en
France […] mais il y a aussi tous
les gens qui ressentent ce sentiment
de mal-être, de mélancolie. […]
Et cette industrie pharmaceutique
qui pèse plus lourd que Boeing
ou Airbus. » Alors prenons notre
« Pléiade » ou « Folio ». Pourquoi
pas un petit Baudelaire, Les Paradis
artificiels : « Le vin exalte
la volonté ; le haschich l’annihile.
Le vin est un support physique,
le haschich est une arme pour
le suicide. Le vin rend bon est
sociable ; le haschisch est isolant. »
Dépressifs de tous pays, unissezvous ! À la vôtre !
Le chef étoilé Cyril Lignac, la blogueuse culinaire et auteur de livres de cuisine Mercotte et l’animatrice Julia Vignali.
cette ultime étape que les quatorze candidats de la saison sont arrêtés. « À ce
moment-là, ils sont encore apprentis,
mais après les six semaines de tournage,
ils sont presque professionnels. Leur progression est assez hallucinante », commente encore le producteur. Des progrès rendus possibles grâce aux
« Master-Class », cette deuxième partie
d’émission où les candidats reçoivent les
conseils et astuces de grands pâtissiers.
Mais ce divertissement est loin de
refléter le quotidien des apprentis pâtissiers. « À l’école, on commence par
apprendre les bases. Car avant d’être
par Cyril Lignac et Mercotte », justifie
Géry Leymergie.
Même si l’émission s’arrange un peu
avec la réalité, elle a au moins le mérite de
promouvoir le métier de pâtissier. Bruno
de Monte a d’ailleurs observé un boom
des candidatures dans la section pâtisserie depuis que l’émission existe. « J’ai
connu l’essor de la cuisine avec “MasterChef” et “Top Chef”. Aujourd’hui, c’est la
pâtisserie qui a les faveurs des candidats.
Dans certaines classes, il y a plus de pâtissiers que de cuisiniers », se réjouit cet
adepte du verbe désuet « pâtisser » remis
au goût du jour grâce à l’émission. ■
L’autre grand amour de Balzac
Moins connue que Mme Hanska, Laure de Berny inspira le jeune écrivain.
BLAISE DE CHABALIER £@dechab
lle a été la première à croire en
lui, avant ses premiers succès.
Personne n’y croyait à Balzac »,
dit Emmanuelle de Boysson
dans l’épisode de la série documentaire Les Égéries des grands hommes*
consacré, ce soir sur France 5, à Laure de
Berny. Le film de Vincent de Brus, qui
s’appuie sur l’ouvrage d’Emmanuelle de
Boysson, Balzac amoureux (éditions Rabelais, 2016), a le mérite,
en 25 minutes, de mettre
en avant l’autre grand
amour de l’auteur de La
○○○¡
Comédie humaine. Bien
E
«
Laure de Berny (peinte ci-dessus
par Henri-Nicolas van Gorp), a occupé
une place déterminante dans la riche vie
amoureuse du génie.
MOTS CROISÉS
Par Vincent Labbé
1
PROBLÈME N° 4829
HORIZONTALEMENT
1. Ils font partie intégrante des
écosystèmes. - 2. Protège en cas
de coup dur. - 3. Nous éblouit en
tournant. Lewis en Écosse ou
Melville en Australie. - 4. N’ont
pas leur cargaison, en un sens.
Pronom. - 5. Galette norvégienne.
Se sent au large. - 6. Fils d’Écosse.
Os des fosses. - 7. A des rayures
mates et brillantes. - 8. Grande
magicienne, bonne mère et
épouse modèle. Ultra conservateur.
- 9. S’engager dans la chicane. Peut
provoquer des retournements.
- 10. Joies anciennes. Divinité de
la mort violente. - 11. Électrisent
les foules avec leur guitare. - 12.
N’a plus peur d’oser.
créatif, il faut connaître son solfège »,
rappelle Bruno de Monte. Dans le
concours télé, le solfège est soufflé par
la production. Et les candidats
connaissent l’épreuve à l’avance.
« Dans les grandes lignes, précise Géry
Leymergie. On leur indique qu’il y aura
une spéciale chocolat ou pâte feuilletée
et on leur demande de réviser tout un
ensemble de techniques qu’ils vont potentiellement devoir utiliser. C’est normal, le but est de voir de beaux gâteaux
à l’écran. » Les candidats disposent
également de plus de temps pour cuisiner. « Ils sont sans cesse interrompus
VERTICALEMENT
1. Maréchal accusé de comploter
contre Richelieu, il fut embastillé
douze ans sur l’ordre de Louis XIII.
- 2. Demande en faveur de
quelqu’un. - 3. Garantie de marché.
Jeff Koons est son pape autoproclamé. - 4. Libère le chien. A l’arme
à l’œil. Méson lourd. - 5. Accord
caduc. Modèle de force et de
courage. Hurler en tout sens. - 6.
Grecque qui s’est fait doubler
dans l’opérette. Sanctifié en Artois.
Point le plus bas. - 7. Pergame fut
la cité la plus puissante de cette
région côtière située au nord de
l’Ionie. Frappé d’interdiction. - 8.
Comportement infâme.
1
2
3
4
5
6
7
8
SOLUTION DU PROBLÈME N° 4828
HORIZONTALEMENT 1. Libeccio. - 2. Éboueurs. - 3. Tilt. Let. - 4. HS.
Émane. - 5. Arétin. - 6. Rompt. St. - 7. Grue. PMA. - 8. IGN. Guet. - 9.
Qadjar. - 10. Uns. Usai. - 11. Édens. AR. - 12. Sinistre.
VERTICALEMENT 1. Léthargiques. - 2. Ibis. Organdi. - 3. Bol. Amundsen.
- 4. Euterpe. Ni. - 5. Ce. Met. Gauss. - 6. Culât. Purs. - 7. Irénisme. Aar.
- 8. Ostentatoire.
9
10
11
12
2
3
4
5
6
7
8
sûr il y eut la célèbre Mme Hanska, mais
Laure de Berny occupe, souligne ce docufiction, une place déterminante dans la
riche vie amoureuse du génie.
Femme mûre
Leur passion totale : physique, psychologique, intellectuelle, commence en 1822.
Balzac n’a que 23 ans. Quant à Laure de
Berny, 45 ans, son âge est avancé pour
l’époque. Mariée, mère de neuf enfants,
elle est même grand-mère ! Le film, dans
lequel plusieurs spécialistes témoignent, et
dont la partie fiction est
jouée, sans dialogue, par
des acteurs convaincants, montre la modernité de cette liaison qui
20.20
BRIDGE
durera quatorze ans, jusqu’à la mort de
l’aimée. Le talent d’écriture de Laure de
Berny apparaît dans ses lettres lues en voix
off. Cette femme mûre, enthousiaste,
aimante et cultivée, sut donner confiance à
Balzac. Capable de l’écouter, de l’encourager, de lire ses manuscrits avec un œil avisé. En 1829, il publie Physiologie du mariage, qui le fait connaître. En 1831, La Peau de
chagrin est son premier gros succès.
Quand il s’endette après s’être lancé dans
l’imprimerie, son égérie l’aide financièrement. « Elle a été un dieu pour moi […] elle a
fait l’écrivain », confia Balzac. ■
* Épisodes suivants :
demain, « Camille Claudel et Rodin » ;
vendredi, « Jeanne Duval et Baudelaire ».
Par Philippe Cronier www.lebridgeur.com
TEST D’ENCHÈRES N° 2913
Votre main en Sud
1 - 8
2-D42
3-9
4-4
5-6
RV72
RV62
DV87
RV76
AR75
D43
AD5
R4
AD9
AD8
AD987
AR7
A R 10 8 7 2
AR765
A R 10 7 6
Le début de la séquence :
Sud Ouest Nord
Est
1
passe
1
passe
?
Quelle est votre enchère en Sud avec
chacune des cinq mains ci-contre ?
SOLUTION DU PROBLÈME N° 2912 : Possible… mais impossible !
Contrat : Sud joue 4 Cœurs.
La séquence (Tous vuln.) : Sud ouvre de 1, Nord soutient à 2 et Sud conclut à 4.
Entame : 5 de pour l’As d’Est qui rejoue le 8 de pour le Roi d’Ouest qui insiste du 10 de (le 9 en Est).
Par mesure de prudence, défaussez le 7 de de toute façon perdant sur le troisième tour de .
Vous serez ainsi en mesure de lutter contre le partage 5-0 des atouts.
Admettons qu’Ouest rejoue à la quatrième levée, pour votre As. Vous purgez les atouts
(ils étaient benoîtement 3-2) et votre seul problème est maintenant de ne pas perdre de .
Vous encaissez un honneur de votre main (mettons le Roi) et le seul cas intéressant est celui
où le 9 apparaît dans une main quelconque, vous donnant
763
ainsi l’opportunité de capturer le Valet à gauche ou à droite.
R 10 9
A842
Est aurait-il pu fournir le 9 avec V9xx pour essayer de vous
654
égarer ? Possible… mais impossible ! En réalité, après cette
AV98
séquence, Ouest aurait entamé de son singleton à , sans autre R 10 5 2
N
76
543
choix. Donc, si quelqu’un peut avoir quatre , ce ne peut être V 7 6 5 O E 9
S
que l’entameur et vous devez rejouer la Dame de .
D98
R V 10 3 2
Remarque : pour éviter qu’Est se livre à cette tentative de
D4
ADV82
détournement, jouez le premier tour de du mort. Il serait
R
D
10
3
maintenant dommageable de fournir le 9 avec V9xx si Ouest
A7
possède le 10 sec…
A
interviewée par Nicolas Vollaire et
Damien Canivez aujourd’hui sur :
Puis les quarante meilleurs sont évalués
lors d’un test « grandeur nature », dans
les conditions réelles de l’émission, devant l’animatrice Julia Vignali, la juge
Mercotte et Benoît Couvrand, l’associé
de l’autre juré, Cyril Lignac. C’est après
BRIDGEMAN IMAGES/RDA
LE BUZZ TV
Invitée : Julia Vignali
Révision des techniques
21.00
MARIE ETCHEGOYEN/M6
ue les téléspectateurs se
préparent à saliver. La
nouvelle
saison
du
« Meilleur Pâtissier » est
lancée ce mercredi soir sur
M6. Et, comme chaque année, la production promet un niveau
impressionnant. Reconnaissons-le : les
gâteaux des candidats en mettent toujours plein la vue. On en oublierait
presque que ce concours est amateur.
C’est pourtant bien « le critère numéro
un », nous assure le producteur Géry
Leymergie. « Ce sont plutôt des amateurs très éclairés », corrige Bruno de
Monte, directeur de la
réputée école Ferrandi à
Paris et fidèle du programme. « Dans mon
établissement, les jeunes
ne démarrent pas tous à
ce niveau. L’art de la pâtisserie est l’un
des plus précis dans le monde de la cuisine, mes pâtissiers sont mes ingénieurs. »
Alors comment la production du
« Meilleur Pâtissier » dégote-t-elle ces
ingénieurs ? Pour trier les 5 000 candidatures reçues chaque année, elle impose d’abord un examen d’entrée digne
d’un concours de grande école. Après un
premier écrémage, sur photo et dossier,
qui réduit la pile de candidatures à
600 pâtissiers, un casting face caméra
est réalisé. « On leur demande de préparer deux gâteaux, explique Géry Leymergie. Un classique, le saint-honoré
cette année, et une création personnelle. »
« Les Grandes
Gueules »
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mercredi 12 septembre 2018 LE FIGARO
36 TÉLÉVISION
MÉTÉO
PAR
ÉPHÉMÉRIDE St-Apollinaire
Soleil : Lever 07h23 - Coucher 20h09 - Premier croissant de Lune
19.20 Demain nous appartient. Feuilleton 20.00 Le 20h 20.35 Le 20h le
mag 20.50 Nos chers voisins. Série.
19.20 N’oubliez pas les paroles ! Jeu
20.00 20 heures 20.40 Un si grand
soleil. Feuilleton.
19.00 19/20 20.00 Vu. Magazine
20.20 Plus belle la vie. Feuilleton
20.45 Tout le sport. Magazine.
19.00 La villa : la bataille des couples.
Téléréalité 19.55 Suburgatory. Série.
21.00 Joséphine, ange gardien
21.00
21.00
21.00
Série. Policière
Série. Policière
Magazine. Reportage
MATIN
14
20
Série. Comédie. Fra. 2011. Saison 13.
Avec Mimie Mathy. Un monde de
douceur. Joséphine doit aider Gilles
à avouer à sa famille qu’il ne veut
pas reprendre l’entreprise familiale.
15
15
15
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19
17
15
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22.55 Joséphine, ange gardien. Série
0.55 Confessions intimes. Mag.
18
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10
17
Esprits criminels
Alex Hugo
Des racines et des ailes
EU. Saison 13. Avec Joe Mantegna, Matthew Gray Gubler, Paget
Brewster. 2 épisodes. L’équipe se
rend à New York pour enquêter sur
une série de meurtres ayant lieu la
nuit dans Central Park.
Fra. Saison 3. Avec Samuel Le Bihan, Lionnel Astier, Caroline Baehr.
Celle qui pardonne. Inédit. Alex Hugo
assiste au kidnapping de la jeune
Audrey, 16 ans, alors qu’elle est en
train d’escalader une paroi.
Présentation : Carole Gaessler.
2h00. Passion patrimoine : sur les
chemins du Var. Inédit. Ce numéro
propose un survol de la ville de
Toulon avant de mettre le cap sur
l’arrière-pays varois.
20.50 La grande librairie
22.40 Esprits criminels Série. La
22.45 Alex Hugo Série. Pour le
vie éternelle 23.30 Blacklist. Série.
Avec James Spader. 3 épisodes.
meilleur et pour le pire - La traque
1.50 Chrétiens orientaux
23.05 Soir/3 23.30 Avenue de
l’Europe, le mag Magazine 0.30
Des racines et des ailes. Magazine.
22.25 C dans l’air 23.30 C à vous.
Magazine 0.30 C à vous, la suite
16
19
20.00 C à vous, la suite 20.20 Les
égéries des grands hommes
19
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16
18
24
18
Magazine. Littéraire. Présentation :
François Busnel. 1h30. Inédit. Invités : Salman Rushdie, Tobie Nathan,
Boris Cyrulnik, Yasmina Khadra,
Valérie Manteau.
20
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5
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APRÈS-MIDI
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19.55 L’info du vrai, le mag (C). Magazine 20.55 Catherine et Liliane (C).
Divertissement.
18.55 Colombie sauvage 19.45 Arte
journal 20.05 28 minutes. Magazine
20.50 50 nuances de Grecs. Série.
19.45 Le 19.45 20.25 Scènes de ménages. Série. Avec Frédéric Bouraly,
Marion Game, Gérard Hernandez.
21.00
20.55
21.00
Film. Comédie
Série documentaire. Historique
Divertissement
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19.55 The Big Bang Theory. Série.
Avec Jim Parsons. 2 épisodes.
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20.55 Sniper : Special Ops
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Film TV. Action. EU. 2016. Réal. : Fred
Olen Ray. 1h24. Avec Steven Seagal.
Lors d’une mission en Afghanistan,
un sniper est séparé de son groupe
après une fusillade.
31
32
31
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20
32
33
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22.40 The Marine 4 : Moving Target.
Film TV 0.25 Ultime menace. Film TV.
32
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31
27
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29
19.10 Voitures à la casse. L’union fait
la force - La rétrospective.
Les ex
Fra. 2016. Réal. : Maurice Barthélemy.
1h25. Inédit. Avec Jean-Paul Rouve,
Claudia Tagbo, Patrick Chesnais. Si
Paris est la ville des amoureux, elle
est aussi celle des ex... qui se télescopent dans un joyeux chaos.
22.25 Sales gosses Film. Comédie
23.55 Babylon Berlin. Série 1.30 Le
jeune Karl Marx. Film. Biographie.
1918-1939 :
les rêves brisés…
Le meilleur pâtissier
… de l’entre-deux-guerres
Fra. 2018. 1h45. Révolution. Inédit. Le futur Hô Chi Minh rejoint à
Moscou les rangs du Komintern Crash. Inédit.
Prés. : J. Vignali. 2h25. C’est la rentrée ! Inédit. La 7e fournée du «Meilleur pâtissier» accueille 12 nouveaux candidats et promet bien du
régal. Au menu, trois épreuves sur le
thème de «la rentrée».
22.40 1918-1939 : les rêves brisés
de l’entre-deux-guerres Série
23.25 Le meilleur pâtissier : à
vos fourneaux ! Divertissement
doc. 23.35 La peur. Film.
0.35 Incroyables gâteaux. Série doc.
31
T (en °c)
20.50 Retour à l’instinct
primaire
<-10 à 0
Téléréalité. 1h00. Croatie : Sara et
Robin. Inédit. Un homme et une
femme doivent survivre pendant 21
jours dans un milieu naturel hostile.
21.50 Retour à l’instinct primaire.
Téléréalité.
20.10 Rénovation impossible. Téléréalité. La cerise sur le gâteau.
19.20 Quotidien, première partie
19.40 Quotidien. Talk-show.
20.55 La petite histoire de France.
Série. Avec Ophélia Kolb.
19.05 TPMP : première partie 20.10
Touche pas à mon poste !
21.00 Burger Quiz
21.00 Enquêtes criminelles
21.00 Greg Guillotin, le stagiaire
Jeu. Présentation : Alain Chabat.
1h45. Inédit. Des candidats joyeusement assistés par des personnalités
tentent de remporter un maximum
de «Miam».
Mag. Société. Prés. : N. Renoux. 2h10.
Inédit. Au sommaire : «Affaire Sophie Lionnet : les dernières heures
de la jeune fille au pair» - «Affaire
Zawadski : les amants maudits».
Divertissement. 2h50. Inédit. Une
série de caméras cachées dans
laquelle Greg Guillotin endosse le
rôle de pire stagiaire de l’histoire.
22.45 Burger Quiz. Jeu 23.40 Comte
de Bouderbala. Spectacle.
23.10 Enquêtes criminelles. Magazine. Présentation : Nathalie Renoux.
23.50 Langue de bois s’abstenir.
Mag. Présentation : Philippe Labro.
SU DO KU
GRILLE 2661 MOYEN
AVION
ARMÉ
HOMME
DU PORT
ÉTAT DE
KIEV
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ARME À
L’OUEST
TOURMENTÉS
CROCHETS
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par téléphone :
21/29
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22.05 Storage Wars : enchères surprises. Téléréalité.
ATHÈNES
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BUDAPEST
LISBONNE
PRAGUE
TUNIS
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Téléréalité. 1h05. L’inspecteur Mary.
Jarrod utilise une nouvelle technique
pour mieux rafler les box. - Un coup
fumant - Le cow-boy cantonnais.
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VENDREDI
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21.00 Storage Wars :
enchères surprises
10 à 20 20 à 30 30 à >40
AMSTERDAM
BELGRADE
BRUXELLES
DUBLIN
MADRID
ROME
JEUDI
MOTS FLÉCHÉS N°2073
Chaque jour un peu plus difficile
29/32
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19/29
15/16
13/14
25/32
ALGER
BARCELONE
BERNE
COPENHAGUE
LONDRES
RABAT
0 à 10
PAGAIES
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TROU
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LE FIGARO
mercredi 12 septembre 2018
37
Vincent Lacoste,
tout jeu tout flamme
Armelle Héliot
aheliot@lefigaro.fr
blog.lefigaro.fr/theatre
l a la simplicité souriante de la jeunesse, le
sérieux d’un professionnel heureux, l’élégance d’un esprit libre. Vingt-cinq ans, dix
ans de carrière, plus de vingt films ! Une formule brève qui ne circonscrit pas le phénomène Vincent Lacoste. Sa vérité est ailleurs.
Des artistes qui ont commencé tôt, un
peu par hasard et qui ont été pris dans un
tourbillon de travail, il y en a. Lui, c’est autre chose.
Il possède l’intuition et le flegme, il n’abuse pas de
son charme pourtant certain, il ne cherche pas à
plaire à toute force. Il est dans la présence, la curiosité, l’intérêt pour les autres et pour le monde. Il
n’est pas grisé et prend le succès avec de la distance
et la lucidité tranquille d’un garçon intelligent et réservé. Il a grandi, certes. On n’a pas oublié, en 2009,
le gamin braque des Beaux Gosses, le film épatant de
Riad Sattouf, devenu son meilleur ami, son grand
frère, son papa bis. « Il est essentiel dans ma vie. Non
seulement parce qu’il m’a fait débuter, ouvert une
porte à laquelle je ne pensais pas du tout. Mais aussi
parce qu’il a veillé à ce que je ne m’égare pas. »
Il se trouvait moche, l’élève du collège Stéphane-Mallarmé, à Guy-Moquet. Il était si loin d’imaginer qu’on voudrait bien de lui dans un film, Vincent Lacoste, qu’il ne s’était même pas présenté au
casting. « L’un de mes amis a été rappelé par la production, et à ce moment-là seulement j’ai pensé que
je pouvais oser y aller ! » Premier tournage, doutes,
I
complicité avec le réalisateur qui, avec un vrai
sens de la responsabilité, lui dira plus tard en
substance : « Passe ton bac d’abord. » Sous-entendu : ensuite seulement, je te prendrai dans mon
prochain film. Et ce fut, en 2014, Jacky au royaume
des filles.
« J’ai dû basculer
du côté des adultes »
Entre-temps, Vincent Lacoste avait
poursuivi sur sa lancée, mais sans
oublier de passer son bac, assez facilement d’ailleurs. « Je me suis posé la
question d’une formation de comédien. Je me suis demandé s’il fallait
que je tente le conservatoire. Mais j’ai
compris que l’on pouvait apprendre
beaucoup sur les tournages auprès de
ceux que j’ai eu la chance de côtoyer. » Il cite Benoît Poelvoorde,
Gérard Depardieu.
Certains réalisateurs ont été très
importants. Noémie Lvovsky, Julie
Delpy, Christophe Honoré, bien sûr.
« Si une amitié profonde me lie à Riad
Sattouf, avec Christophe Honoré, j’ai
aussi trouvé un maître. Je l’admire.
J’aime le metteur en scène exceptionnel et sa manière d’être attentif à toute l’équipe, son souci de nous protéger. On est dans un cocon lorsque l’on
est sur un plateau avec lui. Et je suis
impressionné par le cinéaste, son œil,
sa sûreté de trait lorsqu’il faut placer
la caméra, trouver un cadre. » Avec
lui, il a tourné Plaire, aimer et courir
EUGÉNIE RAGOT/LE FIGARO
SUCCÈS Dans « Première année », qui sort aujourd’hui,
il est un étudiant en médecine éprouvé. À 25 ans, et dix ans
de carrière, le jeune comédien passe au régime supérieur.
vite, sorti au printemps dernier et l’on devine
qu’une collaboration va se poursuivre. « Je pense
que l’on peut s’améliorer, mûrir, en regardant les
autres, en travaillant les personnages. Mais il est
certain que mon adolescence s’est arrêtée d’un seul
coup, l’été où j’ai tourné Les Beaux Gosses… Je
n’avais que 14 ans, et j’ai dû basculer du côté des
adultes. » Il ne s’en plaint pas et prend avec un
bonheur qu’il savoure les marques de reconnaissance de la profession, les prix - Lumière, Patrick Dewaere, César -, le
succès public.
Bio
EXPRESS
1993
Naissance à Paris.
2009
Joue dans le film
Les Beaux Gosses.
2011
Obtient son baccalauréat.
Est dans Astérix
et Obélix : au service
de Sa Majesté
de Laurent Tirard.
2014
Joue dans Hippocrate
de Thomas Lilti.
2018
Joue dans Plaire, aimer
et courir vite de
Christophe Honoré
et Première Année,
aujourd’hui
sur les écrans.
Deux films importants
En ce début de saison 2018-2019,
deux films importants sortent. Première année de Thomas Lilti, avec
qui il avait déjà joué dans Hippocrate
le rôle d’un jeune interne, ce mercredi en salle. En duo avec le très
émouvant et fin William Lebghil, il
est un étudiant qui triple sa première année. Intelligent, travailleur,
mais au contraire de son camarade,
fils d’un ponte, il ne possède pas les
codes. Le film est une plongée hallucinante dans le monde de la compétition universitaire. Est-ce donc
ainsi que l’on traite la jeunesse de
France ? C’est assez effrayant (voir
pages Culture). « Ma petite sœur est
à Dauphine, elle fait du droit et de
l’économie. C’est moins violent. Mais
à peine moins… »
L’autre film vient d’être présenté à
Venise. Il est magnifique. Amanda de
Mikhaël Hers, réalisateur de Primrose Hill, de Montparnasse et de Ce Sentiment de l’été entre autres,
sortira en novembre. Le personnage, qu’il incarne
avec une rigueur et une sobriété qui sont celles d’un
très grand interprète, est confronté à une autre réalité du pays. « J’ai beaucoup aimé ce film car j’ai le
sentiment d’être en prise avec le réel, la société,
aujourd’hui. » On ne vous dévoilera pas l’intrigue,
très forte. Mais disons que le personnage, comme le
jeune Lacoste il y a dix ans, doit entrer dans une vie
d’adulte, une vie de responsabilité. « J’aime aussi ce
film dans sa manière de parler de Paris, d’en célébrer
la beauté, la vie quotidienne. Celle que l’on partage
tous. Et j’aime aussi les défis qui se présentent pour le
personnage, la responsabilité énorme qu’il doit assumer, qu’il choisit d’assumer. »
Depuis, Vincent Lacoste a tourné L’Enfant-Roi,
premier film d’Antoine de Bary, histoire d’un ancien enfant-star qui veut se relancer. Lorsqu’il
n’est pas sur les plateaux ou en devoir de promotion - ce qu’il fait avec patience et discipline -, Vincent Lacoste voyage. En Europe, à Londres, mais
aussi au loin. Ailleurs, mais sans fuir. Ailleurs pour
contempler des paysages, découvrir des cultures,
élargir son territoire. S’imprégner des humeurs du
monde. Le Pérou et l’Amérique du Sud en général,
Cuba, le Japon. Bientôt, il prendra la direction
d’Alger pour un tournage qui l’intéresse beaucoup.
Il sera Fernand Iveton dans un film de Hélier Cisterne, auteur du très beau Vandal. Iveton, ouvrier
pied-noir au destin tragique dans l’Algérie de la
guerre. Une époque lointaine pour ce tout jeune
homme. Une manière de plus de grandir. ■
+
» Lire aussi PAGE 28
UN DERNIER MOT
Par Étienne de Montety
edemontety@lefigaro.fr
Groupe [grou-p’] n. m.
Bande sonore.
es députés LaREM se cherchent un nouveau président de groupe.
Le mot vient de l’italien gruppo, et désigne en peinture la réunion de plusieurs
figures. La définition vaut pour un groupe parlementaire où se retrouvent
des tempéraments forts autant que différents.
De fait, l’ensemble des députés LaREM n’a plus rien d’un groupuscule. S’il fut au départ
l’association des groupies du candidat Emmanuel Macron, le groupe constitué
après les élections législatives est puissant.
Son nombre est aujourd’hui un atout et une difficulté. À l’Assemblée, le président
du groupe majoritaire doit favoriser les débats et, sans être qualifié de groupe
électrogène, il doit insuffler de l’énergie aux débats.
L’ensemble des députés macroniens doit donc former un groupe de discussions,
que son président canalisera, en faisant preuve d’un minimum de psychologie.
Sans quoi, ce groupe pourrait vite se transformer en groupe sanguin, c’est-à-dire
un aréopage difficile à manœuvrer. Pour dire autrement, le verbe peut monter vite
et haut, surtout quand il est du premier groupe. ■
L
EMBARQUEZ POUR UNE CROISIÈRE
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Du 12 au 16 décembre 2018
Un décor romantique à souhait, une croisière au rythme tranquille de
Strasbourg à Saint-Goarshausen, où il n’est pas de lieu, rocher, île
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STRASBOURG
Licence IM067100025 - Photos non contractuelles. ©Leonid Andronov - ©LaMiaFotografia
w w w. c r o i s i e u r o p e . c o m
Le Pape offre des glaces à des migrants à peine arrivés
François a décidé d’offrir des glaces à des migrants
nouvellement arrivés sur le sol italien, mercredi dernier.
Son aumônier, le cardinal Konrad Krajewski, chargé de
la distribution, explique que « les glaces sont un signe de la
caresse du Pape » pour les migrants. Avec « le souhait
qu’ils trouvent, en Italie comme ailleurs, un cœur chrétien
généreux et qu’ils puissent enfin se sentir chez eux ».
Après avoir débarqué d’un navire italien de la garde côtière,
certains de ces migrants ont provisoirement été hébergés
dans des centres catholiques, à Rocca di Papa, près de Castel
Gandolfo. Par ailleurs, environ 20 000 autres glaces ont été distribuées
le même jour dans différents centres d’accueil de la capitale.
Katherine Pancol,
Philippe Claudel
et Dany Laferrière
dans la même boucle
Du 14 au 16 septembre, la rentrée
littéraire investit la ville de
Besançon, dans le cadre du salon
Livres dans la boucle.
La manifestation sera présidée
par Philippe Claudel, juré du prix
Goncourt. À ses côtés, deux grands
invités : Dany Laferrière, de
l’Académie française, la romancière
Katherine Pancol et 150 auteurs
parmi les plus attendus et remarqués
de cette rentrée 2018.
ALESSANDRA TARANTINO/AP
STRASBOURG • SAINT-GOARSHAUSEN • RÜDESHEIM • KIEDRICH • GAMBSHEIM
FIGARO-CI ... FIGARO-LÀ
LR : Agnès Evren
candidate d’aucun clan
Depuis qu’elle s’est mise en retrait
du mouvement Libres !, lancé par
Valérie Pécresse, Agnès Evren fait
ardemment campagne pour la
présidence de la fédération LR de
Paris, tenue jusqu’ici par Philippe
Goujon. La vice-présidente de
la région Île-de-France entend
n’être la candidate d’aucun clan
ni d’aucune chapelle. Le
19 septembre, elle organise, avec
Rachida Dati, une réunion sur
l’avenir des chrétiens d’Orient,
au café Solferino, dans le
VIIe arrondissement de la capitale.
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mercredi 12 septembre 2018 LE FIGARO - N° 23 042 - Cahier N° 4 - Ne peut être vendu séparément- www.lefigaro.fr
FRANCK RIBOUD
« FIER DE PRÉSIDER UN
TOURNOI DE RÉFÉRENCE »
PAGE 4
DAVID LEADBETTER
D. LEADBETTER ACADEMY
F.FROGER/D5/EVIAN CHAMPIONSHIP
Sport
LE GOUROU BRITANNIQUE
INSTALLE SON ACADÉMIE À EVIAN
PAGE 3
THE EVIAN CHAMPIONSHIP
Pluie d’étoiles sur le lac Léman
RICK SCUTERI/AP
Anna
Nordqvist,
vainqueur
de l’édition
2017.
ÉVÉNEMENT Jusqu’au dimanche 16 septembre, les meilleures golfeuses du monde disputent
le cinquième tournoi Majeur de la saison sur le parcours de l’Evian Resort Golf Club.
D
evenu tournoi Majeur à l’aube
de son vingtième anniversaire,
l’Evian Championship avait dû
se résoudre en 2013 à abandonner
l’étincelante lumière haut-savoyarde
de juillet pour se disputer sous le ciel
chargé de la fin septembre, selon la
volonté de la puissante Ladies Professional Golf Association (LPGA).
Franck Riboud et Jacques Bungert, les
dirigeants aux manettes du tournoi,
avaient alors accepté les contraintes du
circuit du calendrier féminin. Une place dans le cercle fermé des rendez-vous
du Grand Chelem ne valait pas moins.
L’Evian Championship devenait le seul
tournoi d’Europe continentale à figurer
tout en haut de l’échelle sportive. Parmi l’élite. Un statut envié sur l’échiquier mondial du golf. L’Evian Championship et son parcours, repensé sous
la houlette de Yannick Le Hec, s’installaient comme des références et cela
valait bien une contrepartie.
Le titre de cinquième Majeur du circuit
imposait donc de réinventer aux premiers frimas de l’automne ce qui avait
largement contribué au succès de
l’Evian Masters pendant près de deux
décennies : la chaleur de l’été et ses
douces soirées passées à profiter de la
douceur du bon air des Alpes…
Les joueuses avaient pris leurs habitudes dans les hôtels de l’Evian Resort,
s’en allant le jeudi soir taper le ballon
contre les footballeurs champions du
monde 1998, dégustant avec appétit les
filets de féra sur les planches du chaletrestaurant du Golf à l’ombre des parasols ou admirant le feu d’artifice dans le
ciel étoilé de la terrasse de l’hôtel
Royal…
«
La LGPA
a déplacé
le tournoi, dès 2019,
au mois de juillet.
L’été, les meilleures
joueuses seront
ainsi incitées
à passer trois
semaines
en Europe
pour y enchaîner
les rendez-vous
de haut niveau :
Evian
Championship,
Scottish Open
puis British Open
»
Sur les bords du Léman, on raconte
pourtant qu’avec ses montagnes qui
tombent à pic et ses eaux noires et profondes, le lac déclenche parfois des
tempêtes sans prévenir. Les golfeuses
aux allures de princesse, qui avaient
jusqu’alors pris date sous le chaud soleil
de ses coteaux, allaient l’apprendre à
leurs dépens.
Par deux fois, en 2013 puis l’an passé,
l’Evian Championship a été réduit à
54 trous pour cause de mauvais temps.
« Malchance », affirmaient les optimistes. « Inéluctable », répondaient les
vilains esprits. Malgré le travail fantastique réalisé par les équipes de jardiniers de l’Evian Resort Golf Club, dirigés de main de maître par Adrien
Petrocelli, le constat s’est imposé à la
LPGA : changement de date obligatoire
avec, si possible, un retour en arrière
dans la saison… Mike Whan, de concert
avec Franck Riboud et Jacques Bungert,
a décidé de replacer l’Evian Championship dès 2019 au mois de juillet.
Une décision lourde de conséquences
pour l’association américaine qui
encourage ainsi les meilleures joueuses
à passer trois semaines en Europe
durant l’été, si elles veulent enchaîner
les rendez-vous de haut niveau : Evian
Championship, Scottish Open puis British Open. « L’Europe swing », ainsi
nommé par Franck Riboud, militant
d’un circuit féminin mondial unique,
peut prendre corps. Et en augmentant
son prize money chaque année, l’Evian
Championship assoit encore un peu
plus sa position dominante face au Bristish Open avec une dotation record qui
culminera l’an prochain à 4,1 millions
LAURENT LOUËT
d’euros. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
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LE FIGARO
mercredi 12 septembre 2018
THE EVIAN CHAMPIONSHIP 3
Dernier rendez-vous en septembre
pour l’Evian Championship
TOURNOI MAJEUR Sous la menace d’une météo capricieuse, l’unique compétition
féminine du Grand Chelem sera déplacée en juillet, au cœur de l’été, dès l’année 2019.
C
LIONEL VELLA
onscient des
tracas inhérents à une météo souvent capricieuse
en Haute-Savoie au mois de septembre, le LPGA Tour a décidé de replacer
le seul tournoi du Grand Chelem
d’Europe continentale (hommes et
femmes confondus) au cœur de l’été.
Dans les derniers jours de juillet. Il
faut avouer que la deuxième épreuve
la plus richement dotée du Circuit
américain (derrière l’US Open) n’a pas
été épargnée. Par deux fois, en 2013
puis l’an passé, le jeu a été réduit à 54
trous pour cause de mauvais temps.
« Avec Franck Riboud, le président de
l’Evian Championship, nous étions à
100 % favorable à ce retour en juillet,
souligne Jacques Bungert, le vice-président du futur ex-cinquième Majeur
de la saison. Même si pour nous, les
enjeux du changement de date ne
concernent pas que les intempéries. En
été, on peut avoir de violents orages. En
revanche, en cas d’intempéries, on a la
possibilité de pouvoir récupérer un tour
puisque les journées sont plus longues
en juillet qu’en septembre et la nature
est à son top… Ce repositionnement va
EN BREF
Rolex Annika
Major Award 2018 :
Jutanugarn leader
Ce prix récompense depuis 2014
la joueuse la plus performante
dans les tournois du Grand Chelem.
Tout reste à faire pour son
attribution en 2018. Au classement,
Ariya Jutanugarn (88 pts) devance
Sung Hyun Park (64), Georgia Hall
(60), Pernilla Lindberg (60)
et So Yeon Ryu (42).
PRATIQUE
également permettre aux joueuses de
rester au moins trois semaines en Europe avec l’enchaînement Evian ChampionshipScottish
Open-British
Open. »
Un triptyque qui pourrait venir en
aide au Ladies European Tour (LET).
Le Circuit européen féminin traverse
en effet une période très difficile et
l’Evian Championship est conscient
de son poids.
Une montée en gamme
s’impose
« Avant, le calendrier était cohérent,
souffle Franck Riboud. On démarrait
en Sicile, on remontait par l’Italie, un
petit crochet au Maroc. C’était un vrai
circuit. Aujourd’hui, il n’y a plus
d’argent… Il faut juste apprendre à
reconstruire et monter en gamme.
L’exemple des tournois du Letas
(deuxième division européenne,
NDLR) est là pour le prouver. »
Et ce passionné, fin connaisseur du
golf mondial, d’observer : « Si on
acceptait de faire des tournois à 100 000
ou 200 000 euros, le Circuit serait plus
cohérent… Il faut juste accepter de
démarrer petit. Il y a deux moyens pour
permettre aux joueuses de gagner leur
vie : des prize money plus forts et des
frais moins importants. Quand il faut,
pour 70 % des cas, aller en Chine, en
Thaïlande, en Australie ou en NouvelleZélande avec des dotations à 300 000
euros… Lorsqu’une fille finit 10e, elle ne
gagne pas assez pour rentrer dans ses
frais, ce n’est pas possible. Voilà pourquoi je milite pour un seul Circuit mondial plus puissant, avec des “tours
régionaux” dont les objectifs sont forts.
Comme lorsque les deux premières
joueuses du Cabra Ladies Open sont
qualifiées à l’Evian Championship ou
alors que les trois suivantes sont qualifiées pour le Symetra Tour. On peut
même imaginer les cinq suivantes qualifiées directement au tour final des cartes
américaines. Il faut juste accepter de
reconstruire. »
En attendant cette mutation tant désirée, l’Evian Championship 2018 a fière
allure avec la présence de neuf des dix
premières joueuses mondiales. Et si
certaines stars du LPGA Tour sont
absentes (Michelle Wie, Stacey Lewis,
Suzann Pettersen, Karine Icher), le
spectacle sera une fois encore au rendez-vous sur un parcours « de plus en
plus mature et de plus en plus exigeant », a souligné le directeur de la
LPGA, Mike Whan. Mieux, cette dernière en septembre conserve plus que
jamais son ADN, celui de l’innovation
permanente. Outre l’inauguration de
l’Académie David Leadbetter (lire
page 3), l’Evian Resort propose à ses
hôtes golfeurs la possibilité de jouer les
180 plus prestigieux parcours du monde entier via son simulateur GolfZon,
situé dans un salon de l’hôtel Royal. Ils
pourront aussi se voir dispenser via
cet outil magique une leçon individuelle par l’un des pros du team Leadbetter. De tout temps…
Découvreur de talents
« Pendant l’Evian Championship, on
installera aussi un GolfZon dans le village. Le public pourra donc s’essayer
et participer au plus grand tournoi
d’e-golf au monde », précise Jacques
Bungert. Découvreur de talents,
l’Evian Championship lance aussi
l’Innovation Playground. Avec le
concours de la Société générale et
d’IBM, plusieurs start-up qui ont
une connexion avec le sport seront
valorisées.
« Pendant cinq jours (de mercredi à
dimanche), on leur donne une vitrine
formidable sur le monde et les médias,
conclut Jacques Bungert. Notre ambition est de faire découvrir des talents…
C’est la culture du tournoi… Ce qui nous
intéresse ici, c’est d’avoir un suivi longitudinal et pouvoir dire : “À un moment
dans leur vie, on a apporté une pierre à
l’édifice, on a créé un déclencheur.”
C’est ce qui nous fait avancer ! Et c’est
ce que nous avons toujours fait auprès
des joueuses ! » ■
l Y ALLER
Evian Resort Golf Club,
route du Golf,
74500 Évian-les-Bains.
Par le train et bateau : TGV Lyria
Paris-Lausanne-Genève (4 h 23)
au départ de la gare de Lyon,
puis liaison Lausanne-Évian
par bateau ou Genève-Évian
en train (1 h 28) ou bateau
(Evian One, 35 min).
Depuis Paris par l’avion : Vols
régulier Air France Paris-Genève.
l BILLETTERIE
Pass Live : 25 € par jour ;
40 € pour 2 jours ;
70 € pour 4 jours.
Pass terrasse : 145 € par jour.
En vente sur place et sur
Internet : evianchampionship.com
Gratuit pour les - 18 ans.
l À LA TÉLÉVISION
Jeudi 13 : 11 h en direct sur Golf+ ;
1 8 h 50 sur Canal+Sport.
Vendredi 14 : 11 h en direct
sur Golf+ ; 16 h 10 en direct
sur Canal+Sport.
Samedi 15 : 12 h en direct
sur Golf+ ; 16 h 10 en direct
puis 0 h (rediff.) sur Canal+Sport
Dimanche 16 : 10 h 30 en direct
sur Golf+ ; 23 h (rediff.)
sur Canal+Sport.
DOSSIER COORDONNÉ
PAR LAURENT LOUËT
F.FROGER/EVIAN CHAMPIONSHIP
En surplomb du lac Léman, le parcours
de l’Evian Resort Golf Club offre
un cadre idyllique à ce tournoi Majeur
du Circuit féminin.
L’Académie David Leadbetter installe sa science du golf à Evian
Son nom est connu dans le monde
entier. Le Britannique David Leadbetter (66 ans) a inauguré ce mercredi
12 septembre son académie à l’Evian
Resort. Après deux ans de gestation. Il
faut dire que ce fou de technique, qui
fut l’un des premiers entraîneurs à
utiliser la vidéo, est un peu comme
chez lui en Haute-Savoie. Comme le
confirme Jacques Bungert, le viceprésident de l’Evian Championship.
« David est une star, ça fait longtemps
qu’il évolue dans notre écosystème. Il
connaissait très bien Sandrine Mendiburu (ancienne joueuse française du LET
et compagne de Franck Riboud, le pré-
sident de l’Evian Championship,
NDLR). Franck a rencontré David comme ça. Une forte amitié s’est construite
entre ces trois personnes. Chaque année
ou presque, il était invité sur le tournoi.
C’est un peu ça l’esprit Evian… Il est
venu, il a vu ce que l’on faisait, il a trouvé
que l’Académie était géniale… Notre
vocation était d’asseoir le socle professionnel et la référence golfique du Resort
via son parcours, son tournoi Majeur, les
différents tournois attenants mais aussi
grâce aux passionnés de golf et aux
clients potentiels du Resort. On voulait
que ce soit un lieu de pédagogie reconnu
mondialement. Et un jour Franck a dit à
David Leadbetter a inauguré, mercredi,
son académie à l’Evian Resort Golf Club.
P. MILLEREAU/KMSP/DPPI MEDIA
David : “Mais pourquoi tu ne viendrais
pas t’installer ici ?” Cela correspondait
au moment où il commençait à développer son académie, installant des antennes hors de ses bases aux États-Unis.
Naturellement, Evian est devenu en
Europe continentale un endroit où on
avait envie de le faire. David, sous ses
allures un peu froides, est un garçon de
cœur et très attaché aux individus. C’est
un grand affectif. Il sait qu’il est ici chez
lui. Il se trouve dans un environnement
hyper amical. En plus, il adore l’endroit !
Le Resort a d’ailleurs baptisé une suite
du Royal à son nom. »
D’après nos informations, David Lead-
better se déplacera au minimum deux
à trois fois par an à Evian. Un gage de
confiance pour le complexe, déjà
reconnu comme l’un des centres
d’entraînement les plus fameux du
monde. Rappelons qu’il a permis à
Nick Faldo de remporter l’Open britannique en 1987 après avoir totalement changé le swing du joueur
anglais. Il a aussi travaillé avec des
monstres sacrés tels Ernie Els et Greg
Norman, ou encore plus récemment
avec Lydia Ko et Michelle Wie chez les
dames. Il possède une trentaine d’académies dans le monde et son savoirL. V.
faire fait toujours référence. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 12 septembre 2018 LE FIGARO
4 THE EVIAN CHAMPIONSHIP
Franck Riboud :
« Fier d’être
une référence du
golf mondial… »
Franck Riboud (à gauche),
le président du tournoi,
et Jacques Bungert,
le vice-président (à droite),
lors de la remise du trophée
à Anna Nordqvist en 2017.
À une époque, l’Evian Masters était
en juin. Certes, il n’était pas encore
Majeur… Mais c’est très difficile
d’imposer quelque chose quand on
arrive. On se met là où on veut bien
de vous. Il ne faut pas oublier que ce
sont les Américains qui nous ont
déplacé de la période estivale à miseptembre. On les avait pourtant mis
en garde contre tout, notamment la
météo. Mais pour des raisons de
calendrier, de télévision, nous avons
accepté… Mike Whan (patron du
LPGA Tour, NDLR) est un mec génial.
C’est lui qui a milité pour changer la
date de l’Evian Championship. Ce
n’était pas facile car il a dû bouleverser son calendrier, mais il a pris ses
responsabilités.
INTERVIEW Le président
du dernier tournoi Majeur de la saison
attend sereinement le changement
de date – de septembre à juillet –
qui aura lieu en 2019.
mblématique président du tournoi, Franck Riboud ne
pratique pas la langue de bois. Il fait
le point sur l’avenir de l’Evian
Championship.
TOUT LE MONDE AIME LES PINGOUINS
E
PROPOS
RECUEILLIS PAR
LIONEL VELLA
Vous évoquez un champ élargi.
À combien de joueuses ?
C’est le LPGA Tour qui décide mais
je pense qu’on pourrait y ajouter
une dizaine de joueuses. C’est tellement dur d’entrer dans ce tournoi
(120 joueuses) que dix spots supplémentaires, ce n’est pas rien.
LE FIGARO. – L’Evian
Championship 2018 a-t-il
un parfum particulier ?
Franck RIBOUD. - Sans doute. Mais
je pense surtout à 2019. Cette édition aura pour le coup un goût différent. On changera de date, on
jouera au mois de juillet, avec une
autre atmosphère… On essaiera
d’apporter de nouvelles choses, en
innovant. Une fois de plus.
Que redoutez-vous cette année,
pour la dernière ?
Rien. En 2017, on n’a pas supprimé
un tour à cause du parcours mais à
cause de la durée de jeu et de la
sur-vigilance des Américains, dès
qu’ils voient un éclair dans le ciel.
Le parcours est vraiment prêt et on
ne cesse de le faire progresser.
Nous sommes en montagne, avec
un environnement climatique
changeant… On parle beaucoup de
la pluie en septembre mais en
juillet, il peut faire 35 degrés à
Evian. En revanche, la soirée sur la
terrasse, c’est plus sympathique
(sourire).
Mais vous allez aussi perdre le droit
de décerner l’Annika Sorenstam
Rolex Award, qui bouclait
traditionnellement la saison
à Evian…
Ce n’est pas grave ! C’est notre
contribution. Jacques Bungert va
nous inventer autre chose !
C’est en effet la dernière fois
que l’on joue l’Evian Championship
à la mi-septembre…
Oui, en septembre, il fait jour de
7 h 30 à 19 h 10. En juillet, il fait
jour de 6 heures à 22 h 30. En une
journée de juillet, on fait deux
journées de septembre. On va
donc pouvoir élargir un peu le
champ de joueuses, donner des
opportunités à certaines qui ne
pouvaient pas y entrer jusque-là…
Les jardiniers sur le parcours, au
lieu de tondre de nuit avec les
phares, ils vont travailler de jour.
Et en juillet, il fait beaucoup plus
chaud à Evian…
Est-ce là la meilleure chose
qui pouvait arriver
à l’Evian Championship ?
Quand on est un événement mondial, c’est très difficile de trouver
un créneau dans le calendrier. On
aura en face de nous, la même
semaine, le British Senior… On a
vérifié auprès de tous nos sponsors,
dont Rolex, et ils nous ont dit que
ce n’était pas un sujet. Ce ne sont
pas les mêmes cibles, pas les
mêmes retransmissions TV… et par
contre c’est super car les joueuses
vont pouvoir rester trois semaines
en Europe avec Evian, le Scottish et
le British…
Quelle sera l’innovation
qui viendra pimenter l’édition 2018
de l’Evian Championship ?
2018, c’est la Ryder Cup en France.
Thomas Björn va venir à l’Evian
Championship. Il aurait peut-être
d’autres choses à faire que venir
chez nous à trois semaines de cet
événement mondial. Et bien, il
vient quand même. Vendredi,
samedi et dimanche. Pour nous,
c’est un signal de reconnaissance.
Connaissez-vous beaucoup de
tournois en Europe qui peuvent
réunir sur leur charte le Royal &
Ancient, Arnold Palmer, Annika
Sörenstam et Rolex ? on est très fier
de ça. On a eu Jordan Spieth et Justin Thomas qui sont venus jouer la
Juniors Cup ici… On a su construire
une très belle arborescence en peu
de temps.
Était-il possible de faire passer
le British avant vous
et de laisser l’Evian Championship
comme dernier Majeur
de la saison ?
Non. Nous avons imposé la première
semaine du triptyque car nous
avons des hôtels. Et le mois d’août
est un mois prioritaire pour la clientèle. Pour nous, la dernière semaine
de juillet, c’était le seul spot acceptable. Il va falloir maintenant que les
équipes se mobilisent pour reconstruire du business en septembre.
Précisons aussi que septembre prolongeait la saison pour nous.
Si c’était à refaire, vous replaceriez
l’Evian Championship tout de suite
fin juillet ?
Justement, les Américains…
Qu’est-ce qu’ils envient
à l’Evian Championship ?
L’Evian Championship est une
référence pour eux. Mike Whan a
compris que le golf féminin a sans
doute l’opportunité de créer un
jour un vrai Tour mondial. Unique
en son genre. J’y crois beaucoup.
Pour eux, avoir un tournoi en
Europe continentale qui soit de la
dimension de ce qui se fait de
mieux est très important. Tous les
autres tournois, à part l’ANA Inspiration, sont itinérants. Pas nous.
C’est pour ça que les joueuses
considèrent ce major comme un
moment unique de leur saison.
Et qu’est-ce que les Américains
ne pourraient pas transposer
d’Evian chez eux ?
Tout ce qui concerne le parcours.
Nous sommes en Europe et il y a des
règles. Nous militons pour la protection de l’environnement. Du coup,
on ne peut pas obtenir la qualité définitive que l’on trouve sur certains
parcours américains.
Vous étiez au Masters
durant cinq jours en avril.
Qu’avez-vous appris là-bas ?
Avec Jacques (Bungert), on est allé
jusqu’à regarder comment il faisait
les nœuds avec les cordes sur les
piquets. On a comparé. Quand on a
mis les sièges à Evian autour du
green du 18, comme à Augusta, on a
juste fait un petit trou dedans car,
quand il pleut, l’eau s’y écoule… Làbas, il n’y a pas de petit trou… ■
Elles veulent toutes remporter le 5e tournoi Majeur de la saison
PLATEAU Treize des quinze meilleures joueuses du monde sont à Evian, rendez-vous de l’excellence golfique.
Q
uand on est le deuxième plus
gros tournoi de la saison sur
le LPGA Tour (3 850 000 dollars) derrière l’US Open (5 000 000
de dollars), on est forcément incontournable.
Des quinze premières joueuses
mondiales (au 3 septembre), treize
d’entre elles sont au départ de
l’Evian Championship, sixième édition en mode Majeur. La dernière
programmée au mois de septembre
(lire page 3). Manquent toutefois à
l’appel IK Kim et Hye Jin Choi, respectivement dixième et quatorzième au Rolex Rankings. Les autres
grandes absentes sont Michelle Wie
(blessée à la main droite) ainsi que
Stacy Lewis, Suzann Pettersen et
Karine Icher, toutes trois enceintes.
Numéro 1 mondiale depuis le 20 août,
Sung Hyun Park (24 ans) est l’une des
grandes favorites à la victoire finale
cette semaine à Evian. Trois fois victorieuse sur le circuit en 2018, dont le
KPMG Women’s PGA Championship
le 1er juillet dernier, la Sud-Coréenne, lauréate de l’US Open 2017, avait
pris la deuxième place à l’Evian
Championship 2016, derrière sa
compatriote In Gee Chun.
du Meijer LPGA Classic, rêve d’épingler l’Evian Championship à son palmarès. Celle qui a déjà remporté
l’US Open (en 2011) et le ANA Inspiration (2017) avait fini deuxième
(2016) et quatrième (2013).
Insatiable Jutanugarn
Attention aussi à Inbee Park, sept
Grand Chelem entre 2008 et 2015,
dernière golfeuse à s’être imposée à
l’Evian Masters (2012) avant qu’il ne
devienne Majeur, l’Australienne
Minjee Lee, la Chinoise Shanshan
Feng, l’Américaine Lexi Thompson,
la Canadienne Brooke Henderson et
bien sûr la tenante du titre, la Suédoise Anna Nordqvist. Cette dernière
pourrait être la première depuis
l’Anglaise Laura Davies (1995-1996) à
conserver sa couronne sur les rives
L. V.
du lac Léman. ■
Première de la Money List US
(2 237 315 dollars de gains), la
Thaïlandaise Ariya Jutanugarn, n° 2
mondiale, vise, elle aussi, la victoire,
même si son meilleur résultat à Evian
reste une neuvième place (en 2016).
Insatiable cette année, la petite sœur
de Moriya a déjà gagné trois fois (dont
l’US Open) et accroché dix top 10 !
À suivre également l’ancienne n° 1
mondiale, So Yeon Ryu. À 28 ans, la
Sud-Coréenne, vainqueur le 17 juin
Tenante du titre
La Sud-Coréenne Sung Hyun Park (à gauche) et la Thaïlandaise Ariya Jutanugarn
occupent les deux premières places du classement mondial. D. CUMMINGS, BUTCH DILL/AP
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mercredi 12 septembre 2018
THE EVIAN CHAMPIONSHIP 5
Quatre Françaises visent
les cimes de Haute-Savoie
BLEUES Le golf français croit
en Céline Boutier, Céline Herbin,
Astrid Vayson de Pradenne
et Camille Chevalier pour débloquer
son compteur à Evian.
E
LIONEL VELLA
lles étaient six
en 2017 : Karine
Icher, Joanna Klatten, Isabelle Boineau, Agathe Laisné, Perrine Delacour
et Marion Ricordeau. Elles ne sont plus
que quatre à défendre les couleurs
françaises cette semaine à Evian : Céline Boutier, Céline Herbin, Astrid Vayson de Pradenne et Camille Chevalier.
À bientôt 25 ans, Céline Boutier fait
déjà figure de « patronne » au sein du
contingent tricolore. Née à Montrouge
(92), passée professionnelle en septembre 2016 après des études en psychologie et en économie à l’université
de Duke (Caroline du Nord), elle affiche déjà neuf tournois du Grand Chelem au compteur. Paradoxalement, ses
résultats dans les Majeurs ont été bien
meilleurs quand elle était encore amateur. Ainsi, pour sa première au British
Open 2013, elle parvenait à franchir le
cut et à finir 56e. L’année suivante,
après un cut manqué à l’US Open, elle
signait un excellent top 30 à l’Evian
Championship (29e), claquant au passage un superbe 68 (- 3) le dimanche.
Depuis, la championne d’Europe individuelle 2012 n’a plus fait d’étincelles
dans les grands rendez-vous. Six
échecs consécutifs entre 2015 et 2018,
avec en exergue une seconde sortie
cauchemardesque à Evian il y a trois
ans : 78 (+ 7) le jeudi, 80 (+ 9) le vendredi. Rookie cette saison sur le LPGA
Tour, l’actuelle 127e joueuse mondiale
réalise un quasi-sans-faute, assurant
sa carte pour 2019 grâce notamment à
trois top 15 pour douze cuts franchis en
vingt et un départs. 70e de la Race, 81e
de la money list (avec 154 610 dollars),
son objectif est de signer maintenant
un « gros coup » avant de boucler
l’année. Un top 10 par exemple. Pourquoi pas à Evian ?
Herbin doit encore
assurer son jeu
Elle aussi est pensionnaire du LPGA
Tour, Céline Herbin (35 ans), victorieuse du Lacoste Ladies Open de
France 2015, fut la seule à jouer le
week-end lors du British Open dispu-
À presque 25 ans, Camille Chevalier prend le départ de son premier Evian Championship.
té début août au Royal Lytham &
St Annes (61e). En six Majeurs, la protégée de Vicente Ballesteros, le frère
du grand Seve, n’a jamais fait mieux
qu’une 46e place (KPMG 2016). À
Evian, pour son unique essai sur les
rives du lac Léman, toujours en 2016,
elle est parvenue à franchir le cut, se
contentant d’une 69e place malgré
deux derniers tours difficiles (77 et
75). 96e de la Race et 93e de la money
list (113 823 dollars de gains), elle a
déjà assuré son droit de jeu pour 2019.
Lauréate du Jabra Ladies Open début
juin (un double bagdes LET-Letas),
Astrid Vayson de Pradenne est sortie
de l’anonymat.
« Ce succès a changé ma vie », a-t-elle
même précisé. À 32 ans, cette jeune
femme attachante, qui continue en
parallèle du golf à pratiquer son métier
de kinésithérapeute, a pris part à son
premier Majeur il y a tout juste un
mois. Au British, même si elle n’a pas
réussi à franchir le cut, la Sudiste a
surtout emmagasiné un maximum
d’info avant d’aborder sans la moindre
pression son premier Evian Cham-
P. MILLEREAU/DPPI MEDIA/DPPI
pionship sur l’Evian Resort Golf Club.
Un parcours qui lui a porté chance il y
a peu.
Grand espoir du golf français, Camille
Chevalier prend également le départ
de son premier Evian Championship.
La Marseillaise, 25 ans le 19 décembre
prochain, doit sa présence en HauteSavoie à son succès en Inde (LET) en
octobre 2017. Membre du Circuit européen, elle cherche surtout à décrocher
une carte pour évoluer le plus tôt possible sur le LPGA Tour, via le Symetra
Tour, la deuxième division US. ■
QUESTIONS À…
Mark Lichtenhein, PRÉSIDENT DU LADIES EUROPEAN TOUR
« Personnaliser le LET
»
aux besoins du marché
Comment expliquezvous la crise
que traverse le golf
féminin européen ?
Pour commencer, il
faut rappeler que
moins de 1 % du sponsoring du sport va
dans le sport féminin… Dans le
golf, nous avons perdu des tournois après la crise financière en
Europe. Et nous n’avons pas
encore retrouvé la confiance
dans certains pays pour installer
un calendrier européen. La
période entre avril et octobre
doit être renforcée, notamment
sur l’Europe du Nord. L’Open
d’Allemagne a été abandonné il
y a plusieurs années. Le marché,
là-bas, pour le golf en général,
n’est pas facile. Et pour les filles,
c’est encore plus difficile. Pour
les pays nordiques, on essaie de
trouver des solutions car la moitié des nouvelles proettes vient
des quatre pays scandinaves
(Danemak, Suède, Norvège,
Finlande). Dans un passé récent,
on avait au Danemark ou en
Suède des tournois importants.
Nous sommes en contact avec
les Fédérations de ces pays. Avec
celles des pays de l’Est aussi…
On avance. On a effectué le bon
virage en France et en Espagne.
On a renouvelé nos accords pour
l’Open de France lors
des quatre prochaines
années. L’Écosse qui
accueillera la Solheim
Cup 2019 nous apporte
tout son soutien, comme le Royal&Ancient.
Cela va aider le golf
féminin à se remettre
sur pied.
2019 pourrait-elle être
l’année du renouveau ?
On espère bloquer 23 dates pour
l’an prochain. Et si on peut ajouter deux à trois tournois par an,
c’est encore mieux. Pour les
dotations, on essaie de les fixer
entre 250 000 et 500 000 euros.
Mais il faut que cela soit durable.
Pas question d’un « one shot ». Il
faut pérenniser les tournois,
personnaliser notre produit aux
besoins du marché, qui n’est pas
le même partout en Europe…
PROPOS RECUEILLIS PAR L. V.
Nous améliorons votre expérience d’écoute au quotidien
Jabra dévelope des solutions audios intelligentes pour le grand public et les professionnels
• Ses produits grands publics sont conçus pour offrir la meilleure expérience pour la
musique, les appels ou le sport et reconnus pour leurs fonctionnalités innovantes.
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plus mobiles, plus collaboratives mais aussi plus sécurisées.
Venez découvrir nos produits sur le village public de The Evian Championship 2018
1
TRISTAN JONES/LADIES EUROPEAN TOUR
L’Evian Championship
a clairement apporté
son soutien au Ladies
European Tour (LET).
Cela doit certainement
décupler vos forces, non ?
C’est évident. Le soutien de
M. Franck Riboud (président de
l’Evian Championship) est primordial. Il nous a accueillis sur
ses terres au début du mois de
juin pour le Jabra Ladies Open,
qui compte désormais un double badge LET-Letas. Ce genre
de décision est très
importante pour nous.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 12 septembre 2018 LE FIGARO
6 THE EVIAN CHAMPIONSHIP
2
1
4
3
5
6
Une rentrée tendance
sur les greens
7
SHOPPING L’Evian Championship ouvre le bal d’un mois de septembre
riche en festivités golfiques… L’occasion de découvrir les dernières nouveautés.
C
ALYETTE
DEBRAY-MAUDUY
omme chaque
année, la mode
golfique prend tout son sens sur les fairways et dans les allées de l’Evian Resort
Golf Club, où les nouveautés du monde
entier s’arborent. Tour d’horizon.
aLA MONTRE OFFICIELLE (1)
Dimanche soir, lors de la traditionnelle
remise des prix de l’Evian Championship, sur le green du 18e trou,
Rolex, partenaire Majeur du tournoi,
offrira un de ses modèles à l’heureuse
vainqueure. Une Oyster Perpetual
Datejust 31, un classique réputé pour
son élégance et son intemporalité, qui a
su traverser les époques sans prendre
une ride. Celle-ci, en or gris, a une
lunette cannelée 18 carats, un cadran
argent serti de 10 brillants Index et une
glace saphir avec Cyclope antireflets
sur la date. Elle comptera parmi les
nombreux modèles exposés dans la
boutique Rolex installée au départ du
trou N° 1 de l’Evian Resort Golf Club.
www.rolex.com
aUNE CHAUSSURE
ULTRAPRATIQUE (2)
Grâce au système BOA, inutile de réajuster ses lacets à mi-parcours. Un tour de
molette suffit !
Ecco, réputé pour
la qualité de ses cuirs
et le design de ses chaussures de golf, vient d’ajouter cette technologie à l’un de ses modèles. En
cuir de yak et en Gore-Tex, la Golf Hybrid
3 BOA marie respirabilité et imperméabilité et assure un excellent amorti avec sa
semelle intérieure moelleuse.
À partir de 200 € pour les femmes.
9
10
11
Le succès du G400 de Ping ne se dément
pas. Joué par l’Espagnole Azahara
Munoz, il promet un maximum de distance et de tolérance grâce un centre de
gravité très bas augmentant la vitesse
du club à l’impact. Ses autres secrets ?
Une face en titane forgé très fine qui
accroît de 4 km/h la vitesse de la balle
en vol et un poids en tungstène placé à
l’arrière de la semelle pour pardonner
les coups décentrés.
469 €, www.ping.com
aUNE TOUCHE MODE
ET TECHNIQUE (4)
La marque sud-coréenne McKayson,
dont Lydia Ko est l’ambassadrice, entre
cette saison dans le cercle très fermé des
partenaires de l’Evian Championship.
Réputée pour ses matières ultratechniques et ses couleurs sobres, elle en profite pour faire une entrée remarquée dans
les rayons du pro-shop de l’Evian Resort
Golf Club. Un premier pas en Europe !
www.mckayson.com
aMUSIQUE ET APPELS
SANS FIL (5)
Les Jabra Elite Active 65t sont des écouteurs 100 % sans fil, conçus pour une
expérience musicale et vocale de qualité. Adapté au sport, ce modèle se caractérise par une meilleure adhérence
grâce à un revêtement spécial, un
compteur de pas intégré pour les fonctions de suivi et une certification IP56
qui le protège contre la transpiration,
l’eau et la poussière.
199 €, www.jabra.com
aUN ACCESSOIRE MODE (6)
aUNE COLLABORATION
Les chaussures de golf à languettes
reviennent en force sur les greens. D’où
l’idée de la créatrice de maroquinerie
Aurélie Chadaine d’en faire un accessoire, en cuir, uni ou bicolore, réversible,
pour personnaliser ses chaussures et les
coordonner à sa tenue. Incontournable !
À partir de 35 €,
www.chaussuresdegolf.com
8
aUN CAPUCHON TENDANCE (7)
Et si vous remplaciez votre capuchon de
putter ? Tout rose, celui logoté Evian
Championship est promis à un bel avenir
sur les greens et s’annonce déjà comme
un must pour la saison prochaine.
35 €, au pro-shop
de l’Evian Resort Golf Club.
aUNE BALLE TOUT-TERRAIN (8)
Longueur et toucher, c’est le cocktail de
la « Tour Soft » de Titleist. Son noyau est
le plus gros jamais conçu par le fabricant
américain. Sachant que le noyau est à
la balle ce que le moteur est à l’avion,
la Tour Soft garantit une distance
exceptionnelle. À cela, il faut ajouter
une enveloppe ultrafine qui offre un
toucher ultradoux et de bonnes performances sur les greens. Idéal pour le jeu
des femmes !
42 € la douzaine, existe en blanc et jaune,
www.titleist.com
aUN CHARIOT
POUR GOLFTROTTERS (9)
Avec le JuCad Carbon Travel, il n’a
jamais été aussi simple de voyager avec
son chariot électrique. Une fois déplié,
ce poids plume ne pèse que 5,8 kg et ne
mesure pas plus de 65 cm sur 35 cm pour
se ranger aisément dans une housse de
voyage avec ses clubs. Techniquement,
c’est un petit bijou avec sa fonction
d’éloignement automatique et sa minibatterie qui se positionne directement
dans le sac…
3 300 €, www.golfplus.fr
aUN ŒIL EXPERT (10)
Celui d’Izipizi, le spécialiste de la
lunette fashion. À l’occasion de
l’Evian Championship, il lance un
modèle spécial golf, ultraléger pour
swinguer sans gêne, équipé de verres
polarisés qui permettent d’augmenter les contrastes du parcours… Et estampillé Evian.
50 €, www.izipizi.com
DE CHAMPIONS (11)
Skechers équipe les plus grandes championnes dont la Canadienne Brooke Henderson, 3e de l’ordre du mérite sur le Circuit américain et 8e au Rolex Ranking, le
classement mondial. Pour cette édition
de l’Evian Championship, la griffe vient
de créer un modèle exclusif.
109 €, au pro-shop d’Evian.
QUESTIONS À…
Jean-Baptiste Pain, DIRECTEUR GÉNÉRAL EUROPE DU SUD DE JABRA
« Nos valeurs : passion, excellence,
performance
»
Le Jabra Ladies Open
est partenaire de l’Evian
Championship au titre
de tournoi qualificatif
avec un double badge LETLetas, quel regard portez-vous
sur le 5e Majeur de la saison ?
L’Evian Championship concentre
l’élite du golf féminin. Chaque
année, toutes les meilleures
joueuses du monde sont là. Ce
tournoi innove en permanence pour leur
offrir ce qu’il y a de
meilleur. En plus de
l’excellence, l’Evian
Championship a inscrit
dans son ADN la notion
de jeunes talents. Le
tournoi soigne l’idée
d’être le rendez-vous
des championnes de
demain. Dans le cadre du Jabra
Ladies Open, nous nous inspirons
totalement de cet esprit. Nous
tentons depuis trois ans d’absorber l’ADN de ce très grand tournoi, grâce auquel nous avons eu
l’opportunité de naître et évoluer.
Le Jabra Ladies Open pourrait-il
exister sur un autre parcours
que l’Evian Resort Golf Club ?
Non, c’est impossible. En trois
ans, arriver à un double badge
Ladies European Tour (LET) et
LET Access (Letas) aurait été
impossible si le Jabra Ladies Open
n’avait pas lieu à Evian. Ici, c’est
l’endroit important du golf fémi-
nin en Europe. Ce tournoi rayonne partout. Nous sommes très
proches des équipes d’Evian qui
nous ont donné l’opportunité
d’exister.
Pourquoi la marque Jabra
se sent-elle aujourd’hui membre
de la famille golf ?
Notre tournoi a évolué depuis
trois ans. À chaque édition, une
Française a gagné. Le Jabra Ladies
Open a grossi, prenant
de l’ampleur d’année en
année. Outre le sponsoring du tournoi, Jabra
accompagne Anne-Lise
Caudal qui évolue sur le
LET depuis douze ans,
connaît beaucoup de
monde et nous a ouvert
des portes. Si j’avais eu
un plan pour arriver à ce
que Jabra est aujourd’hui dans le
golf féminin, je n’y serais peutêtre pas arrivé.
Quelle est la vision d’avenir
de Jabra pour le golf féminin ?
Le Jabra Ladies Open est installé
jusqu’en 2022. Il nous reste quatre
éditions. On grandit et il se passe
des choses nouvelles chaque
année. On est dans une démarche
d’évolution avec des valeurs (passion, excellence, performance)
qui animent l’univers du golf et
notre groupe. Tout est corrélé et
s’imbrique. Le LET doit continuer
à se relever.
PROPOS RECUEILLIS PAR L. L.
JABRA ; THOMAS HENSINGER/ROLEX ; MC KAYSON ; MATTHIEU JOFFRES ; PING ; JUCAD ; THE EVIANCHAMPIONSHIP ; ECCO ; TITLEIST
aUN DRIVER DE CHAMPIONNES (3)
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