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Le Figaro - 14 09 2018

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vendredi 14 septembre 2018 LE FIGARO - N° 23 044 - www.lefigaro.fr - France métropolitaine uniquement
Première édition
lefigaro.fr
« Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur » Beaumarchais
IMPÔT À LA SOURCE
TOUT CE QU’IL FAUT SAVOIR
AVANT LE BIG BANG FISCAL DE 2019
QUATRE PAGES SPÉCIALES (25 À 28) AVEC « LE PARTICULIER »
LE FIGARO LITTÉRAIRE
LES INTELLECTUELS
SONT-ILS DÉPASSÉS ?
NOTRE SUPPLÉMENT
Européennes : Macron
prépare un duel avec Le Pen
ÉLYSÉE
Macron vire
au social sans
le dire PAGE 6
ASIE
La Chine fait
disparaître
la star Bingbing
Un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour « Le Figaro » et France Info place les listes LaREM
et RN au coude-à-coude. La stratégie du chef de l’État s’organise autour de cet affrontement.
PAGE 8
ROYAUME-UNI
Le scénario noir
d’un Brexit
sans accord
Avec 21,5 % des intentions de
vote pour La République en
marche (LaREM) et 21 % pour
le Rassemblement national
(ex-FN, 21 %), les deux partis
sont à touche-touche. Les
autres listes sont distancées.
PAGE 9
RELIGION
La crise s’amplifie
dans l’Église
catholique PAGE 10
À commencer par celle des
Républicains, qui, avec 14 %,
réduit de moitié son score
aux dernières européennes :
le parti de droite avait enregistré 27 % des voix.
De son côté, le PS continue sa
chute vertigineuse. Sa liste
est donnée à 4,5 %. Soit dans
le même étiage que les écologistes (5 %) et les amis de
Benoît Hamon (4,5 %). La
France insoumise plafonne,
elle, à 12,5 %. Une configura-
tion qui satisfait les deux rivaux du second tour de la
présidentielle et qui oblige
Les Républicains de Laurent
Wauquiez à trouver une voie
médiane et crédible pour
troubler ce duel.
Un mois après la catastrophe,
Gênes suffoque en attendant
la reconstruction du viaduc
CORSE
Le fils de l’exleader nationaliste
Alain Orsoni blessé
par balle PAGE 11
ARCHÉOLOGIE
Le plus ancien
dessin au crayon
dévoilé PAGE 13
La France,
vice-championne
d’Europe
des créations
PAGE 22
ART DE VIVRE
Déguster
du champagne
dans l’espace
La tribune
du cercle Droit
et débat public
Le bloc-notes
d’Ivan Rioufol
L’analyse
de Guillaume
Perrault
« C’EST LA FIN DE L’UNION
EUROPÉENNE ET LE DÉBUT
DE L’EUROPE » PAGES 4 ET 5
Guerre
d’Algérie :
l’Élysée
relance
le débat
mémoriel
Rendant visite jeudi à la veuve de Maurice Audin, mathématicien de 25 ans disparu en Algérie en 1957, le
président de la République a
reconnu la responsabilité de
la France dans sa mort tragique. Mais Emmanuel Macron
n’entend pas en rester là et a
chargé Geneviève Darrieussecq d’étudier des mesures
en faveur des harkis, afin
que soient pris en considération tous les protagonistes de
la guerre d’Algérie.
PAGES 2, 19 ET L’ÉDITORIAL
ÉDITORIAL par Étienne de Montety edemontety@lefigaro.fr
n
PAGES 18 ET 19
Réponses
à la question de jeudi :
Faut-il supprimer
les emprisonnements de
moins d’un mois au profit
d’autres types de peines ?
OUI
51 %
NON
49 %
TOTAL DE VOTANTS : 24 573
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sur lefigaro.fr
Approuvez-vous
la création d’ici à l’horizon
2020 d’un « revenu
universel d’activité » ?
J.-C. MOSCHETTI/REA-
E
Le conseil d’Alger
n allant rendre visite à la veuve de
Maurice Audin, Emmanuel Macron
a pris le risque de rouvrir un dossier
tragique de la guerre d’Algérie : à la
terreur instaurée par le FLN, l’armée française répondit par une répression
implacable, allant jusqu’à la torture, dont le
jeune mathématicien de 25 ans fut la victime.
Soixante ans après, la mort d’Audin (et les
mystères qui l’entourent) reste évidemment
une terrible douleur pour sa famille. Mais tout
ce qui a trait à cet épisode de notre histoire est
à vif dans la société française : des figures aussi respectables qu’Albert Camus ou plus récemment Hélie de Saint Marc ont montré la
complexité et le caractère sensible des liens
tissés entre la France et l’Algérie : à tel point
que l’engagement dans un camp n’empêchait
pas les cas de conscience. Dans une guerre qui
fut à bien des égards fratricide, Audin est une
victime. Il y en eut tant d’autres, civils européens ou musulmans, pieds-noirs, harkis,
tués par le FLN, à Alger et en métropole.
Aujourd’hui, beaucoup de communautés
crient elles aussi justice et reconnaissance.
Qu’a voulu faire le président par ce geste ? On
s’interroge. En décembre 2016 à Alger, pris à
partie par un jeune homme sur « le passé colonial », le candidat Macron avait vivement
réagi : « Qu’est-ce que vous venez m’embrouiller ? », ajoutant aussitôt : « Votre génération doit regarder l’avenir. »
Ce conseil d’Alger vaut pour Paris, Lyon et
Marseille : depuis 1962, l’histoire a fait bien
des embardées, et de nombreux descendants
des protagonistes de la guerre d’Algérie sont
aujourd’hui en France.
L’immigration est passée par là. L’identité
malheureuse des jeunes
Maghrébins incline certains d’entre eux à se vivre comme les victimes
de notre longue histoire
commune et à incriminer ce qui est désormais
leur pays. C’est l’une des explications de la
fracture nationale.
Aux historiens donc de démêler avec délicatesse l’écheveau taché de sang de la guerre
d’Algérie.
Quant au chef de l’État, il lui revient en priorité d’enjoindre aux jeunes Français de regarder l’avenir, c’est-à-dire de le construire. ■
Audin
est une
victime.
Il y en
eut tant
d’autres
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LUX : 2,60 € - NL : 3,20 € - PORT.CONT : 3,00 € - MAR : 22 DH - TUN : 4,20 DT - ZONE CFA : 2.300 CFA
ISSN 0182.5852
1
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FIGARO OUI
FIGARO NON
3’:HIKKLA=]UW[U^:?k@t@b@e@a";
è POUR MARINE LE PEN,
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M 00108 - 914 - F: 2,60 E
Ce vendredi, à 11 h 36, les Génois observeront une minute de silence en hommage aux 43 victimes de l’effondrement du
pont Morandi. Les polémiques ne sont pas éteintes. Mais l’urgence est à rebâtir un axe vital pour le port italien. PAGE 17
NE VOIENT PLUS BIEN OÙ
LES RÉFORMES MÈNENT »
A
CHAMPS LIBRES
PAGE 34
MARCO BERTORELLO/AFP
ENTREPRISES
è BAYROU : « LES FRANÇAIS
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vendredi 14 septembre 2018 LE FIGARO
2
L'ÉVÉNEMENT
Guerre d’Algérie : Macron
lance le chantier mémoriel
Le président, qui a reconnu l’implication de la France dans la mort
de Maurice Audin, va bientôt faire un geste en faveur des harkis.
ARTHUR BERDAH £@arthurberdah
LE DOSSIER était dans les cartons depuis
plusieurs mois. Il est désormais sur la table. Jeudi, Emmanuel Macron s’est lancé
dans le périlleux exercice de « réconciliation des mémoires » qu’il avait annoncé
durant sa campagne. En visite chez la
veuve de Maurice Audin, le chef de l’État
lui a remis un document officiel de quatre
pages reconnaissant l’implication de la
France dans la mort de son mari, lors de
la guerre d’Algérie. « Le président de la
République a […] décidé qu’il était temps
que la Nation accomplisse un travail de vérité sur ce sujet. Il reconnaît, au nom de la
République française, que Maurice Audin a
été torturé puis exécuté ou torturé à mort
par des militaires qui l’avaient arrêté à son
domicile », indique le texte.
Âgé de 25 ans, le mathématicien communiste, militant de l’indépendance,
avait disparu sans laisser de trace le 11 juin
1957, après avoir été arrêté en pleine bataille d’Alger (lire ci-dessous). « Si la mort
(de Maurice Audin) est, en dernier ressort,
le fait de quelques-uns, elle a néanmoins
été rendue possible par un système légalement institué : le système “arrestation-détention”, mis en place à la faveur des pouvoirs spéciaux qui avaient été confiés par
voie légale aux forces armées à cette période », poursuit la déclaration écrite du
président. À l’Élysée, on souligne que
« s’il est pris dans son ensemble », le texte
« rend justice à Maurice Audin » mais que,
en même temps, il « rend honneur à
l’écrasante majorité des militaires français
qui n’ont ni souscrit ni pratiqué la torture »
et subissent un « amalgame ignoble ».
Pour le député LaREM Cédric Villani,
ces mots forts et ce geste historique du
président équivalent à « reconnaître la
responsabilité de l’État » dans la mort du
jeune homme. Une version que l’Élysée
nuance, refusant de reprendre cette expression à son compte. « Nous ne sommes
pas dans la repentance ni dans l’autoflagellation », rectifie un conseiller. « Le sujet n’est pas la repentance mais la reconnaissance. Nous voulons réconcilier la
vérité historique avec la vérité officielle »,
abonde un autre. Et pour cause, le souvenir de la campagne présidentielle reste
vif dans l’esprit des proches d’Emmanuel
Macron.
« Pardon » au nom du pays
À l’époque, le candidat avait cru bon de
qualifier la colonisation française en Algérie de « crime contre l’humanité ».
L’ampleur de la polémique suivant sa
sortie avait été telle qu’elle l’avait
contraint à présenter ses « excuses » immédiatement après. C’est dans cette logique qu’il a, cette fois, décidé d’attendre sa
rencontre en petit comité avec la veuve
de Maurice Audin pour lui demander
« pardon » au nom du pays.
Le président a pris ses précautions
avant de s’aventurer de nouveau sur le
terrain à risques de la guerre d’Algérie.
Cela fait plusieurs mois que, avec son
« conseiller mémoire » Sylvain Fort, il
consulte historiens, archivistes, associations, anciens combattants, ministères
concernés… Autant de rencontres qui ont,
selon un proche, permis de « soulever des
interrogations légitimes et apporter des
modifications ». « Il faut toujours manipuler
les sujets mémoriels avec beaucoup de précautions, car ils touchent à l’intime des individus. Surtout avec ce conflit, dont nombre
d’acteurs sont encore vivants », expliquet-on dans l’entourage du président.
Le chef de l’État entend par ailleurs
profiter du « symbole » Maurice Audin
pour « aller plus loin » et élargir ses travaux mémoriels sur la guerre d’Algérie.
Ainsi, il a annoncé « l’ouverture des archives sur le sujet des disparus civils et militaires, français et algériens », et lancé un
appel aux témoignages pour encourager
les acteurs de l’époque à contribuer à la
mémoire nationale.
Selon nos informations, Emmanuel
Macron a chargé la secrétaire d’État
Geneviève Darrieussecq (Armées) de faire des annonces sur la reconnaissance
mémorielle des harkis et leur système
d’indemnisation. Une manière de ménager les deux camps. « Si je suis élu, je
prendrai mes responsabilités mémorielles
pour que chacune des parties ayant vécu la
guerre soit rétablie dans sa dignité »,
confiait-il dans un entretien au Figaro
durant l’entre-deux-tours de la présidentielle. Ou l’art du « en même temps »
appliqué à la mémoire. ■
+
» Lire aussi l’analyse PAGE 19
Il ne faut
jamais craindre
la vérité, […]
il ne faut pas
instrumentaliser
l’histoire, ce qui est
souvent un sport
national français,
pour se battre
la coulpe
à perpétuité
»
BRUNO RETAILLEAU, PRÉSIDENT
DU GROUPE LR AU SÉNAT
Emmanuel Macron et Michèle
Audin, fille de Maurice, quittent
la maison de Josette Audin,
veuve du mathématicien,
jeudi à Bagnolet.
THOMAS SAMSON/AFP
Maurice Audin, victime emblématique d’une tragédie collective
RÉCIT
Jean Sévillia
A
jsevillia@lefigaro.fr
AU MOIS DE FÉVRIER dernier, pressé par
deux députés, l’un communiste, l’autre de
La République en marche, associés à la famille et à l’association Maurice Audin, de
procéder à « la reconnaissance officielle de
l’assassinat de Maurice Audin par l’armée
française », Emmanuel Macron avait répondu qu’il préférait confier aux historiens
la tâche d’« établir un maximum de vérité ».
En rendant visite, le 13 septembre, à la
veuve de Maurice Audin, et en publiant un
texte reconnaissant, « au nom de la République française, que Maurice Audin a été
torturé puis exécuté ou torturé à mort par
des militaires qui l’avaient arrêté à son domicile », tout en mettant en cause « le système arrestation-détention confié [à l’époque] par voies légales aux forces armées » et
en demandant que « toutes les archives de
l’État qui concernent les disparus de la guerre d’Algérie puissent être librement consultées », le président de la République ferat-il vraiment progresser la vérité sur une
page d’histoire douloureuse, mais qui ne
saurait être expliquée hors de son cadre
général ? Or ce contexte, le communiqué
officiel de l’Élysée ne s’attarde pas dessus.
En janvier 1957, face au développement
du terrorisme urbain à Alger, terrorisme
qui correspond à une stratégie conceptualisée et systématiquement appliquée par le
FLN, les attentats étant devenus quotidiens
et faisant des dizaines de morts et de blessés dans la population civile, les pouvoirs
publics confient les pouvoirs de police à
l’armée. Afin de mettre les terroristes hors
d’état de nuire, les parachutistes remontent les filières, arrêtent les poseurs de
bombes et leurs soutiens musulmans ou
européens. Les uns après les autres, les
chefs sont capturés : Larbi Ben M’Hidi en
février 1957, Yacef Saadi (le chef des terroristes de la casbah) en septembre, son adjoint, Ali la Pointe, en octobre.
Le cas de Maurice Audin s’inscrit dans
cette phase de la guerre d’Algérie. Le jeune
mathématicien, assistant à la Faculté des
sciences, est membre du Parti communiste
algérien (PCA), interdit en 1955 par les
autorités françaises. Parti satellite du PCF,
le PCA clandestin entretient des relations
complexes avec sa maison-mère et difficiles avec le FLN qui cherche à intégrer dans
ses rangs les communistes algériens, au
moins les musulmans. La puissance du
PCA est sans doute surévaluée, alors, par
Comment Maurice
Audin est-il mort ?
Aujourd’hui, comment
pourrait-on le savoir
de manière précise ?
les militaires qui ont ramené un fort sentiment anticommuniste de la guerre d’Indochine, puis de l’écrasement de la révolte de
Budapest par les Soviétiques. L’appartement de Maurice Audin, à Alger, sert de
cache et de relais aux militants et amis du
PCA clandestin. Le 11 juin 1957, quelques
jours après l’attentat du Casino de la Corniche, qui a fait 8 morts et 92 blessés et
dont certains responsables militaires pensent qu’il est l’œuvre non du FLN mais de
communistes proches du FLN, Audin est
arrêté, et interrogé au centre d’El Biar,
près d’Alger. Selon la version officielle, il
aurait échappé à ses gardiens lors d’un
transfert pour ne plus jamais réapparaître.
Une invraisemblance que contestera aus-
sitôt sa femme, Josette Audin, et qui sonvre qui fut un bréviaire de la gauche antinera le début d’une campagne lancée par
colonialiste et antimilitariste.
l’historien Pierre Vidal-Naquet, campagne
En décembre 1956, 122 attentats avaient
visant à faire la vérité sur la disparition de
été commis à Alger. Six l’avaient été en
Maurice Audin.
août 1957, aucun en novembre 1957. Les
Comment Maurice Audin est-il mort ?
parachutistes avaient gagné la bataille
Aujourd’hui, comment pourrait-on le sad’Alger. Pour y parvenir, quelles méthodes
voir de manière précise dès lors que quasiavaient-ils utilisées ? À la guerre, la fin jusment tous les témoins sont décédés, et que
tifie-t-elle les moyens ? Dans ses Mémoiles moyens de vérifier leurs éventuels téres, Hélie de Saint Marc évoque cet épisode
moignages font défaut ? Il est impossible de
« qui, dans la suite d’épreuves que ma génésavoir si le malheureux mathématicien a
ration de soldats a eu à affronter, reste sûresuccombé à une crise cardiaque sous la
ment la plus amère. Au paroxysme du terrotorture ou s’il a été plus radicalement exérisme, la France a répondu par le paroxysme
cuté par un homme du commandant Ausde la répression ».
saresses, comme celui-ci, disparu en 2013,
Le rôle de l’historien est de traquer l’anas’en est vanté auprès du journaliste Jeanchronisme. Il importe, par conséquent, de
Charles Deniau, qui a enquêté sur l’affaire
rappeler que les militaires français ont
Audin. Dans des notes manuscrites remené
outre-Méditerranée,
trouvées dans les archives du cocontre les indépendantistes
lonel Godard, un des responsaalgériens, un combat qui
bles de la bataille d’Alger,
leur a été confié par la Réofficier hostile à l’emploi de la
publique, et que c’est le
torture pour des raisons mogouvernement, en l’ocrales comme pour des raisons
currence un gouverned’efficacité, le nom du tueur prément de gauche, qui a
sumé avancé par Pierre Vidal-Naconfié à l’armée, pendant
quet est remplacé par un autre
la bataille d’Alger, une mission de police qu’elle
nom, Godard soulignant que Maurin’avait nullement réce Audin a été victime d’une erreur
clamée. Cette
d’identité : ceux qui l’ont arrêté
l’auraient pris pour Henri Alleg,
le directeur d’Alger républicain, le journal du PCA.
Vivant dans la clandestinité, celui-ci était activement recherché, et
sera arrêté en se rendant au domicile de
Maurice
Audin,
24 heures après
lui. Il racontera
sa version de sa
Maurice Audin.
détention dans
STF/AFP
La Question, li-
guerre, menée pour conserver à la France
ses départements algériens, les militaires
la considéraient juste et ne doutaient pas,
au moins jusqu’en 1960, qu’ils allaient la
gagner. La question de « la torture » et de
toutes les violences de guerre, qui est en soi
distincte de celle de la légitimité de la
guerre d’Algérie, doit donc être abordée
dans cette perspective, et s’élargir à plusieurs interrogations. Est-ce toute l’armée
française qui a eu recours aux interrogatoires forcés, interrogatoires ayant pu déboucher sur des actes criminels ? Dans
quelles circonstances y a-t-elle été conduite ? Le phénomène a-t-il été constant ?
En Algérie, de nos jours, l’histoire officielle de la « guerre d’indépendance » n’a
jamais désavoué les méthodes terroristes
que le FLN a employées, de 1954 à 1962,
pour parvenir à ses buts. Ce qui revient à
admettre le principe selon lequel la fin justifie les moyens. Mais pourquoi, en France,
d’aucuns font-ils alors aux gouvernements de l’époque et à l’armée française un
procès moral rétrospectif sans faire le
même à leurs adversaires ?
Ajoutons que, pendant cet atroce
conflit, des Européens et des musulmans
fidèles à la France ont été torturés par des
membres du FLN et de l’ALN, de même
que des militants FLN-ALN ont été torturés par leurs propres frères parce qu’ils
étaient considérés comme des traîtres, ou
que des militants du Mouvement national
algérien, un parti concurrent, ont été torturés par des membres du FLN, ou encore
que des militants Algérie française, en
1962, ont été torturés par les forces de l’ordre. Si l’on veut établir la lumière sur toutes les violences illégales commises pendant la guerre d’Algérie, il faut regarder ce
qui s’est passé dans tous les camps. ■
Jean Sévillia publiera « Les Vérités
cachées de la guerre d’Algérie »,
chez Fayard le 29 octobre.
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vendredi 14 septembre 2018 LE FIGARO
4
POLITIQUE
Européennes : vers un duel LaREM-Rassemble
Selon notre sondage
Odoxa, les deux
formations
politiques sont
au coude-à-coude
pour le scrutin
de mai prochain.
En %, 2 réponses possibles
Évolution par rapport à mars 2017 (en points)
+2
35
Le pouvoir d'achat
+ 10
32
L'immigration
27
La sécurité et la lutte contre le terrorisme
-4
22
L'environnement
Le chômage
14
La santé
14
L'identité française
+9
- 20
-4
+3
13
MARCELO WESFREID £@ m w e s f r e id
L'éducation
11
-6
ÉLECTIONS Le scrutin qui se profile dans
moins de neuf mois se résumera-t-il à
un duel au sommet entre les macronistes et les partisans de Marine Le Pen ? La
revanche du second tour de la présidentielle ? C’est en tout cas la tendance qui
ressort du sondage Odoxa Dentsu Consulting, pour Le Figaro et France Info.
Avec 21,5 % des intentions de vote, La
République en marche (LaREM) et le
Rassemblement national (ex FN, 21 %)
sont à touche-touche. Les autres listes
sont distancées. À commencer par celle
des Républicains, qui avec 14 % des suffrages est décrochée. C’est presque moitié moins qu’aux dernières européennes, où le parti de droite avait enregistré
27 % des voix. De son côté, le PS continue sa chute vertigineuse. Sa liste est
donnée à 4,5 %. Soit, dans le même
étiage que les écologistes (5 %) et les
amis de Benoît Hamon (4,5 %).
Les partis traditionnels peinent donc
à retrouver de l’oxygène. Ils n’arrivent
pas à tirer profit des difficultés du macronisme, en repli continu depuis plusieurs semaines.
La fiscalité
11
-6
L'Europe et la construction européenne
Plutôt un mauvais choix
35 %
Bon
65 %
Mauvais
5%
Un très bon choix
25 %
Un trèsmoins
mauvais
choix
Plutôt
confiant
Nouveau parti anticapitaliste
Philippe Poutou
Parti communiste Liste conduite par
I. Brossat, soutenue par P. Laurent
La France insoumise
Jean-Luc Mélenchon
Génération.s
Benoît Hamon
Parti socialiste
Olivier Faure
Europe Écologie Les Verts Liste conduite
par Y. Jadot et soutenue par D. Cormand
La République en marche et MoDem
Christophe Castaner et François Bayrou
UDI
Jean-Christophe Lagarde
Les Républicains
Laurent Wauquiez
Debout La France
Nicolas Dupont-Aignan
Rassemblement national**
Marine Le Pen
Les Patriotes
Florian Philippot
Résistons!
Jean Lassalle
Union populaire républicaine
François Asselineau
1
1,5
12,5
4
4,5
5
21,5
3
14
6
21
1,5
1
1
2,5
Une autre liste
*27% des personnes interrogées n’expriment pas d’intention de vote, ** nouveau nom du Front National
Enquête réalisée par Odoxa et Dentsu Consulting pour Le Figaro et France Info, les 12 et 13 septembre 2018. Échantillon de 998 Français représentatif de la population française âgée
de 18 ans et plus, parmi lesquels 907 personnes inscrites sur les listes électorales. L’intention de vote a été établie sur la base de 535 personnes se déclarant certaines d’aller voter.
Plus surprenant : La France insoumise (12,5 %) ne capitalise pas sur l’été catastrophique de l’exécutif, malgré une
forte présence médiatique de Jean-Luc
Mélenchon. À l’inverse, Marine Le Pen,
assez peu présente en cette rentrée po-
Le cas Orban illustre le
casse-tête des Républicains
L
40 %
30 %
Plutôt un bon choix
PAR GUILLAUME TABARD £@GTabard
e vote sur la Hongrie au
Parlement de Strasbourg
pèsera lourdement sur
la campagne européenne
française. Il embarrasse Les
Républicains, pour le plus grand
bonheur d’Emmanuel Macron et au
plus grand soulagement de Marine
Le Pen. À charge pour Laurent
Wauquiez de trouver la parade
au piège diabolique que tendent
devant lui les deux finalistes
de la dernière présidentielle.
Pour ouvrir la voie à des
sanctions contre le pays dirigé par
Viktor Orban, les députés français
siégeant au PPE (regroupant les
grandes formations de la droite
européenne) sont les seuls à avoir
eu des votes opposés. Socialistes,
mélenchonistes, centristes,
écologistes ont voté unanimement
pour ; lepénistes unanimement
contre. Sur les 20 Français du PPE
- dont 16 encartés à LR -, 9 ont voté
pour les sanctions, 3 ont voté
contre, dont l’ancienne ministre
Nadine Morano et le chef de la
délégation Franck Proust, 6 se sont
abstenus, dont les anciens ministres
Michèle Alliot-Marie et Brice
Hortefeux, et 2 n’ont pas pris part
au vote.
Ce vote peut paraître lointain et
complexe - que signifie « enclencher
l’article 7 » ? - mais il met au défi la
droite française sur sa cohésion et
sur sa ligne politique. Et c’est là que
la prise en tenaille par Emmanuel
Macron et Marine Le Pen est
dangereuse pour le parti de
Wauquiez. Les amis du chef de
l’État vont en effet mettre en avant
le refus de la moitié des députés
européens LR de voter contre
Orban comme un signe
de proximité, de collusion avec
« l’illibéralisme » du premier
ministre hongrois, bête noire
de Macron. Un bon prétexte pour
diaboliser la droite wauquiéziste,
et donc chercher à la diviser plus
encore.
Inversement, la présidente
du Rassemblement national
va souligner l’autre moitié, celle
qui a voulu sanctionner Orban pour
dénoncer l’alignement de LR sur la
(non testé)
11
QUESTION : Certains envisagent de désigner Daniel Cohn-Bendit comme tête de liste pour La République
En Marche. D’après vous, serait-ce un très bon choix, plutôt un bon choix, plutôt un mauvais choix
ou un très mauvais choix pour ce parti ?
CONTRE-POINT
A
QUESTION : Si les élections européennes avaient lieu dimanche prochain, pour laquelle
des listes suivantes y aurait-il le plus de chances que vous votiez ?
En % des intentions de vote exprimées*
QUESTION : Parmi les grands domaines suivants, quels sont ceux qui compteront
le plus dans votre vote à l’élection européenne ?
pensée unique « immigrationiste »
qui domine au sein de l’Union
européenne. Et marteler que les
discours droitiers tenus à Paris ne
sont que du vent au regard des votes
effectifs à Strasbourg et à Bruxelles.
Laurent Wauquiez doit concilier
deux impératifs différents sinon
opposés. Préserver d’une part
l’unité de son parti, en évitant
que la sensibilité le plus européenne
rompe avec lui et choisisse de faire
alliance avec La République
en marche. Conserver d’autre part
les électeurs attachés à la défense de
l’identité nationale et à une maîtrise
plus stricte des flux migratoires.
En un mot, le président de LR doit
empêcher le chef de l’État de lui
prendre une partie de ses élus
et personnalités, et la patronne
du RN de lui siphonner une partie
de ses militants et de ses électeurs.
Dans la campagne européenne,
Viktor Orban - tout comme Matteo
Salvini - sera brandi par les uns
comme le symbole d’un
nationalisme égoïste et dangereux
pour les « valeurs » de l’Europe
et par les autres comme le fruit
de la volonté des « peuples » de ne
pas se laisser imposer de diktat par
« Bruxelles ». Alors que LR part en
position d’outsider (14 %, selon
notre sondage Odoxa), la droite
doit s’imposer en trouvant une voie
médiane et crédible. Difficile parce
que subtil. ■
» Retrouvez
Guillaume Tabard
tous les matins à 8 h 10
sur Radio Classique
Laurent
Wauquiez
doit concilier
deux
impératifs
différents
sinon
opposés
»
litique et embourbée dans les difficultés
économiques de son parti, fait mieux
que résister. Elle gagne le match sur la
droite de la droite : Debout la France
(DLF) de Nicolas Dupont-Aignan est
donné à 6 % des voix et les Patriotes de
Florian Philippot à 1,5 %. Le mano a
mano LaREM-RN valide, en tout cas, la
stratégie d’Emmanuel Macron, consistant à polariser le débat autour d’un affrontement entre proeuropéens et
eurosceptiques, entre « progressistes »
et « conservateurs ». En imposant cette
dualité, la majorité prend en étau le
parti de Laurent Wauquiez, dont les
eurodéputés n’ont pas réussi à trouver
une ligne commune, cette semaine, sur
la Hongrie du premier ministre Viktor
Bayrou : « Les Français ne voient plus bien où les ré
PROPOS RECUEILLIS PAR
MARION MOURGUE £@MarionMourgue
LE FIGARO. - Marc Fesneau, candidat
MoDem pour le perchoir, a obtenu
86 voix. Soit le double des voix du groupe
MoDem à l’Assemblée. Comment
analysez-vous ce vote ?
François BAYROU. - C’est un magnifique
score qui traduit une estime personnelle
pour Marc Fesneau et qui valide une démarche politique. Cela montre que
loyauté et indépendance peuvent marcher de pair. Quand le groupe MoDem à
l’Assemblée a décidé à l’unanimité de
présenter la candidature de Marc, tous les
messages reçus traduisaient une attente :
que dans la majorité des voix libres puissent se faire entendre, pour que soit retrouvé l’élan du projet
initial porté par
Emmanuel Macron.
Jean-Louis
Bourlanges
a dénoncé
le manque de
considération
de LaREM ? Le formuleriez-vous
de la même manière ?
Cette exigence de respect, de travail réellement partagé, elle ne peut pas être discutée. Le groupe MoDem a été, est et sera
d’une parfaite loyauté à l’intérieur de la
majorité, mais aujourd’hui, comme
beaucoup de Français qui ont voté Emmanuel Macron en 2017, le MoDem a le
souci et la volonté de retrouver la promesse de l’élection présidentielle. D’une
cas, pas moi ! Mais je ne perds jamais de
vue, pas une seule seconde, que cet homme jeune élu par temps d’orage, et que
nous avons aidé à faire élire, est la seule
chance pour que le modèle politique
français ne dérive pas vers un pays définitivement fracturé.
«
Avez-vous
l’impression que
votre parti pèse
et est entendu
par l’exécutif
et LaREM ?
Nous serons entendus, mais non pas en raison d’accords
d’appareils, mais uniquement parce que
nous disons et dirons des choses fortes et
justes. C’est ainsi que nous lutterons
contre le sentiment de décrochage chez
les Français. Rien n’est plus important
pour moi que de voir le président retrouver avec les Français l’élan du printemps
2017. Cet élan, ce n’était pas une fausse
promesse ! C’était le fond de sa nature,
telle que je la perçois : libre face à l’univers technocratique et aux lobbys, un
homme qui ne veut pas baisser les bras.
Comment définissez-vous
le rôle du MoDem alors ?
Soutien et exigence.
Rien n’est plus important pour moi
que de voir le président retrouver avec
les Français l’élan du printemps 2017
»
FRANÇOIS BAYROU
part l’énergie et l’optimisme pour changer ce qui doit l’être, y compris les pratiques politiques ; d’autre part l’engagement d’inventer un modèle de société qui
soit « en même temps » réaliste et généreux. Les derniers mois, cette promesse
a paru s’éloigner : on a eu le sentiment
que la nécessaire exigence gestionnaire
effaçait le besoin d’un horizon et d’un
sens pour l’action.
Comment l’expliquez-vous ?
Beaucoup de politiques vivent dans l’idée que
l’élection d’Emmanuel Macron a été un
accident et attendent
impatiemment qu’on
en revienne au passé.
Je pense exactement le
contraire. L’élection
d’Emmanuel Macron a
été un moment historique, en ce sens qu’elle
a révélé l’attente profonde, souvent inexprimée, d’un pays qui
ne se retrouvait plus, ni
dans le modèle politique
ni dans le modèle de société qu’on lui proposait.
Un an après l’élection
présidentielle, êtes-vous
déçu par Emmanuel
Macron ?
Quel naïf pouvait croire que les choses seraient faciles ? En tout
François Bayrou.
FRANÇOIS BOUCHON/
LE FIGARO
Pourquoi ne perçoit-on plus cet élan ?
Les Français ne voient plus bien où mènent les réformes qui sont successivement proposées. Or il ne s’agit pas de
traiter des dossiers les uns après les
autres, mais de construire une société et
de retrouver un pays. Il existe une exception heureuse : la politique de l’éducation
nationale. Là, on voit où l’on va, et les
Français adhèrent. J’espère et je crois
qu’il peut en être de même pour la lutte
contre la pauvreté. Mais dans le nombre
de ces réformes, la responsabilité précise
du président de la République est de donner une ligne directrice, de dire ce qui relie les décisions qui sont prises, d’expliquer le fil conducteur.
Mais l’affaire Benalla a mis en lumière
un exercice du pouvoir très solitaire…
Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir
avec des équipes qui n’avaient pas l’expérience de grandes responsabilités exécutives et sans l’organisation rodée à ce
type de responsabilités. Il se trouve qu’il a
voulu en plus, dans les équipes qui l’entourent, une mixité d’âge, une mixité de
classes sociales, une mixité culturelle. Il
arrive que dans ces chaînes de responsabilité, la malchance fasse qu’il y ait un
maillon qui claque. Un jeune homme de
26 ans, nimbé de l’aura de l’Élysée, a cru
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
vendredi 14 septembre 2018
POLITIQUE
ment national ?
Trouver le bon leader
Des divergences, dont se délectent les
proches d’Emmanuel Macron, qui
prédisent l’éclatement du PPE, la formation conservatrice au Parlement
européen. « Les partis nationaux qui
composent le PPE ne sont pas alignés
idéologiquement,
commente
un
conseiller d’Emmanuel Macron. Il y a
un fossé entre la chancelière allemande
Angela Merkel et ViKtor Orban ».
Problème : pour porter cette recomposition politique, les macronistes
n’ont toujours pas trouvé l’oiseau rare.
Des noms circulent, dont celui de Daniel Cohn-Bendit. La désignation du
leader de Mai 68 pourrait être une solution. Elle est perçue comme une bonne
idée par 55 % des sympathisants de LaREM, par les deux tiers des sympathisants écologistes et par près d’un sympathisant PS sur deux. Sa candidature
pourrait mordre sur la gauche, mais
faire perdre des voix à droite. « Cela fait
quelque temps qu’on travaille à cette hypothèse, explique un proche du chef de
l’État. Ce n’est pas un scénario en l’air.
Mais c’est une personnalité qui est torturée par un dilemme entre vouloir faire et
conserver sa liberté. Avec Cohn-Bendit, il
y a une part de risque comme avec Nicolas Hulot. Enfin, incarne-t-il vraiment ce
qu’on est ? » Pour autant, sa candidature a du mal à passer auprès des Français
qui, selon notre sondage, sont 65 % à
penser qu’elle serait un mauvais choix.
Au-delà de l’incarnation, se pose la
question du périmètre. Jusqu’où tendre
la main pour réunir les proeuropéens ?
François Bayrou souhaite que la liste
soit essentiellement composée de LaREM et de MoDem. Mais à l’UDI comme
chez Agir, certains veulent participer à
l’aventure d’une liste élargie.
Il reste encore quelques semaines au
président pour trancher ce point et lester son bilan en matière européenne,
encore fragile : refus par le Parlement
européen des listes transnationales
chères à Emmanuel Macron, avancée
encore embryonnaire sur le budget de
la zone euro et surtout difficulté de la
France à prendre le leadership sur la
crise migratoire. Un thème qui sera au
centre de la campagne des européennes. Selon le sondage Odoxa-Dentsu
Consulting, l’immigration arrive en seconde position dans les sujets qui détermineront le vote des Français. Juste
après la question du pouvoir d’achat. ■
Pour Marine Le Pen, « c’est la fin de l’Union
européenne et le début de l’Europe »
CHARLES SAPIN £@csapin
MARINE LE PEN , jeudi, dans le studio
du Figaro. EUGÉNIE RAGOT/LE FIGARO
À LA VEILLE de sa rentrée politique, qui
se tiendra ce week-end à Fréjus, dans le
Var, Marine Le Pen ne fait pas mystère
de ses ambitions pour les prochaines
européennes : « Nous sommes face à une
recomposition de la vie politique non seulement française mais aussi européenne.
C’est pour cela que ces élections européennes vont être historiques », assure la
présidente du Rassemblement national
sur le plateau du « Talk Le Figaro ».
« Nous allons enfin avoir la possibilité de
voir émerger au sein du Parlement européen une majorité, ou du moins une minorité de blocage, pour empêcher ces politiques destructrices et retrouver notre
capacité à faire du patriotisme économique et à sauver notre agriculture. » Un
optimisme qui tire directement sa sour-
The Breitling Cinema Squad
L’Escadron Breitling Cinéma
Charlize Theron
Brad Pitt
Adam Driver
MARINE LE PEN
qu’il pouvait se moquer des règles et des
usages. Les glissières de sécurité que doit
comporter tout pouvoir n’ont pas fonctionné. Vous comprenez pourquoi je me
suis toujours battu pour des contre-pouvoirs. C’est la raison pour laquelle je défends un Parlement de plein exercice,
fort, mieux équilibré qui exerce sa mission de contrôle vis-à-vis de l’exécutif en
étant respecté. C’est pourquoi je n’ai pas
approuvé les attaques contre le Sénat.
NAVITIMER 8
A IR
TERRE
ME
R
#SQUADONAMISSION
Gérard Collomb a jugé nécessaire
de faire preuve de plus d’« humilité ».
Vous aussi ?
Il a traduit avec ses mots un sentiment
dont vous voyez qu’il est proche du mien.
Richard Ferrand, président
de l’Assemblée, a laissé entendre
qu’il ne démissionnerait pas s’il était mis
en examen. N’est-ce pas perdre de vue
une des promesses du macronisme ?
Il y a deux éléments à prendre en compte:
bien sûr une mise en examen n’est pas
une condamnation, et ce serait manquer
aux principes que de la regarder comme
ments précédents que les changements
fréquents étaient un signe de faiblesse.
Le MoDem compte-t-il présenter
une liste aux européennes ?
Pour moi, l’enjeu impose de rassembler !
Nous devons construire une liste unique
avec LaREM à
condition
que
Tout pouvoir doit trouver des
nous nous metpartenaires, une base qui fait confiance, tions d’accord
précisément sur
et face à lui des corps de contrôle
les grands choix
FRANÇOIS BAYROU
et sur le profil des
candidats. Cela
impose un vrai travail en commun.
telle. Mais nous vivons dans une démocratie d’opinion qui met en péril, dans
une situation comme celle-là, l’exercice
Le MoDem demanderait-il
serein des responsabilités.
la tête de liste ?
Non. Quand on aura fait ce travail, il faudra trouver la meilleure ou le meilleur
Voudriez-vous réintégrer
pour être figure de proue, sans distinction
le gouvernement ?
d’étiquettes.
Nullement.
«
Et devenir premier ministre ?
Pour moi, c’est clair : la logique des institutions, l’acquisition progressive de l’expérience de gouvernement, tout cela
conduit à ce que le premier ministre dure
cinq ans. On a bien vu avec les gouverne-
“
Notre ligne politique
est connue et ce n’est pas
la tête de liste
qui la déterminera,
contrairement à ce qui va
se passer chez
Les Républicains
formes mènent »
Certains reprochent pourtant
à LaREM une volonté hégémonique
sur la vie politique.
Croire que l’on peut être hégémonique
dans un monde aussi complexe et instable que celui dans lequel nous vivons, ce
serait une stupidité et une très grande
naïveté. On a au contraire besoin d’élargir la base sur laquelle on s’appuie, et pas
de la restreindre. On a besoin d’écouter,
pas de faire taire. Tout pouvoir doit trouver des partenaires, une base qui fait
confiance, et face à lui des corps de
contrôle.
ce dans la vague populiste qui traverse
l’Europe. « Avant, nous n’avions pas
d’autre choix que de nous soumettre ou
de demander aux Français s’ils voulaient
sortir de l’Union européenne, car l’immense majorité des pays la soutenaient,
admet la députée du Pas-de-Calais. La
donne est différente aujourd’hui, il y a
désormais toute une série de gouvernements qui s’opposent clairement, fermement, à la politique européenne. »
Au premier chef, le gouvernement
auquel participe Matteo Salvini, ministre de l’Intérieur italien et chef de la Ligue, alliée de longue date de l’ex-Front
national. « Pour arrêter l’immigration
clandestine, pour maîtriser nos frontières, il faut faire comme Matteo Salvini,
loue l’ancienne eurodéputée. Il faut dire
non. Et mener une véritable politique dissuasive de l’immigration en coupant toutes les pompes aspirantes que sont les
aides sociales, les logements d’urgence…
Depuis que Salvini est au pouvoir, le
nombre de clandestins a diminué de manière spectaculaire », va jusqu’à défendre Marine Le Pen, sans ne donner cependant aucun chiffre à l’appui.
»
Cette liste pourrait-elle intégrer
les juppéistes ?
Plus on rassemble, et mieux c’est ! Surtout avec des sensibilités dont on est proche. Cela permet de garder une cohérence d’ensemble. Mais surtout, il nous faut
inventer une démarche qui enfin inclue
les peuples citoyens dans le projet ! J’ai
d’ailleurs beaucoup aimé l’expression
d’Emmanuel Macron « le retour des peuples ». Au long des dernières décennies,
le peuple des citoyens a eu le sentiment
que le pouvoir était tenu en lisière par des
prétendues élites. Les peuples ne sont naturellement ni racistes, ni xénophobes, ni
stupides. Simplement ils demandent à
comprendre où on va.
Ça explique pour vous cette montée
des « populismes » partout en Europe
face aux « progressistes » ?
Le « populisme », je n’aime pas cette expression. Je ne leur concède pas le peuple.
Il y a un clivage qui dit la vérité de ces
choix : c’est le clivage « démocrates »
contre « démagogues ». Et je suis d’accord avec ce qu’a dit Edouard Philippe :
pour la première fois la question de l’Europe, ce sera « to be or not to be ».
Emmanuel Macron installe un duel
avec Viktor Orban et Matteo Salvini.
C’est la bonne stratégie, selon vous ?
Orban, Salvini et ceux qui les suivent, il
faut voir ce qu’ils sont : ils sont une
trahison de nos raisons de vivre, ils sont
la négation de la civilisation européenne.
Pour gagner des voix, ils ont décidé de
franchir les limites fixées depuis la guerre
par tous les responsables européens, eux
qui avaient fait l’expérience mortelle de
la haine envers celui que ne vous ressemble pas.
Vous auriez voté la procédure du
Parlement européen contre la Hongrie ?
Oui, naturellement. Profaner ce que nous
avons en commun mérite lutte et mobilisation.
Macron n’a pas dit où siégeraient
les députés européens de LaREM. Pouvezvous siéger dans un même groupe ?
Je me suis toujours battu pour que le centre européen se rassemble et se structure,
sur des valeurs de démocratie et de justice. Nous avons vocation à nous rassembler pour travailler ensemble.
Emmanuel Macron n’est-il pas plus isolé
qu’il y a un an sur la scène européenne ?
Pour tout le monde en Europe, l’élection
d’Emmanuel Macron a marqué le retour
de la France. Quand on porte un projet,
si ce projet est juste et fort, on n’est
jamais seul. ■
”
Reste une question de taille : qui
conduira la liste Rassemblement
national aux prochaines européennes et
assistera ainsi, selon Marine Le Pen, aux
premières loges à la « fin de l’Union
européenne et au début de la vraie
Europe, libérée de sa structure technocratique » ?
Promettant une réponse « avant
Noël », Marine Le Pen assure que la décision n’est pas encore arrêtée et devra
être prise dans les semaines à venir « en
concertation avec les instances de décision du Rassemblement national ». Ce
qui ne l’empêche pas de dire tout le bien
qu’elle pense d’Hervé Juvin, ce professeur d’économie qui selon nos informations (voir notre édition du 3 septembre) tiendrait la corde : « J’espère que
M. Juvin va nous rejoindre. Car il n’est
pas seulement un professeur d’économie,
il est aussi un écrivain remarquable qui a
une grande connaissance des problématiques européennes. Je pense que ce serait
une plus-value de l’avoir avec nous pour
mener ce combat. »
Qu’importe la tête de liste, veut croire Marine Le Pen, puisque « notre ligne
politique est connue et ce n’est pas la tête
de liste qui la déterminera, contrairement
à ce qui va se passer chez Les Républicains, griffe-t-elle. Si M. Barnier est
choisi, ce sera le candidat de la Commission européenne. C’est celui qui est en
train de persécuter les Britanniques parce
qu’ils ont fait le choix souverain de quitter
l’Union européenne. » Un choix sur lequel la cheffe de file du Rassemblement
national compte afin de « récupérer tous
ceux qui ont compris que l’Europe et la
France sont en train de jouer leur peau
dans les années qui viennent. » ■
ZOOM
Européennes :
Moscovici prendra
sa décision fin septembre
Le commissaire européen Pierre
Moscovici a annoncé jeudi
qu’il prendrait sa décision sur
son éventuelle candidature
aux élections européennes
du printemps prochain « autour
de la fin du mois de septembre »,
assurant qu’il ferait campagne
quoi qu’il arrive. « Je m’exprimerai
dans les prochaines semaines.
Je n’attendrai pas une éternité.
Je ferai connaître mes intentions
autour de la fin de ce mois
de septembre », a-t-il affirmé jeudi
lors d’une conférence de presse
à Paris. Moscovici a toutefois saisi
l’occasion pour tacler sévèrement
l’Allemand Manfred Weber,
chef de file de la droite au
Parlement européen et allié
de Angela Merkel, qui s’est lancé
la semaine dernière dans la course
à la présidence de la prochaine
Commission européenne en 2019.
A
Orban. Certains ont voté pour l’activation de l’article 7 du traité de l’UE,
ouvrant la voie à d’éventuelles sanctions (Tokia Saïfi, Alain Lamassoure,
Jérôme Lavrilleux), d’autres contre
(Nadine Morano). Plusieurs élus ont
opté pour l’abstention (Michèle AlliotMarie, Arnaud Danjean, Rachida Dati,
Geoffroy Didier, Brice Hortefeux).
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
vendredi 14 septembre 2018 LE FIGARO
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POLITIQUE
Macron vire au social sans le dire
Le chef de l’État a présenté son plan pauvreté mais récuse tout « tournant » dans sa politique.
FRANÇOIS-XAVIER BOURMAUD
£@fxbourmaud
ÉLYSÉE Jambe droite, jambe gauche,
Emmanuel Macron poursuit sa marche.
Après un début de quinquennat marqué
par une série de mesures connotées
« de droite », le président de la République lance sa deuxième année avec
des projets plutôt colorés « de gauche ».
L’an I de son mandat avait connu la
suppression de l’ISF, la réforme du
Code du travail et l’instauration de la
flat tax. L’an II démarre sur la mise en
place d’un revenu universel d’activité,
sur l’extension de la couverture maladie universelle ou encore sur la création
d’un service public de l’insertion.
« Ce n’est pas un plan charité car il ne
s’agit pas de permettre de vivre un tout
petit peu mieux dans la pauvreté, il
s’agit de sortir de la pauvreté », a assuré
Emmanuel Macron en présentant ses
mesures dans le cadre de son plan de
lutte contre la pauvreté. Il a toutefois
récusé l’idée d’un « tournant social ».
« Je crois à l’unité de la politique conduite par le gouvernement »,, a-t-il assuré
en ajoutant toutefois un codicille à
l’image des « premiers de cordée » qu’il
avait utilisée au début de son mandat et
qui lui avait valu de nombreuses et récurrentes critiques. « Personne n’est
premier de cordée si le reste de la société
ne suit pas », a ainsi expliqué Emmanuel Macron en appelant « les premiers
de cordée à ne pas oublier les derniers de
cordée ».
Si ce n’est un tournant social, cela
ressemble toutefois à une tentative de
changement de costume, celui de
« président des riches » contre celui de
« président du peuple ». À peine son
discours prononcé, Éric Ciotti dénonçait d’ailleurs l’utilisation par le chef
de l’État de la mesure phare du candi-
« Personne n’est premier de cordée si le reste de la société ne suit pas », a expliqué Emmanuel Macron, jeudi, à Paris, en présentant son plan pauvreté.
dat socialiste lors de l’élection présidentielle : le revenu universel. Selon le
député LR, « Hamon en rêvait, Macron
l’a fait ».
« Quelques miettes
face à l’océan de misère »
À gauche, on se gardait toutefois de se
réjouir de l’initiative. D’abord parce
que la mesure présentée par Emmanuel Macron ne correspond pas tout à
fait à celle défendue par Benoît Hamon. Ensuite parce que le piège est
trop gros. De La France insoumise au
PS en passant par Générations.s, tous
ont en tout cas dénoncé le plan pauvreté du chef de l’État. « Il propose à
peine quelques miettes face à l’océan de
misère qui existe dans notre pays »,
s’est agacé Jean-Luc Mélenchon.
« Quelle sincérité dans l’annonce d’un
plan pauvreté lorsque l’on décide de ge-
ler les aides sociales ? » s’est interrogé
le PS dans un communiqué.
Tous ont identifié l’offensive sociale
d’Emmanuel Macron. D’autant que le
jour même de la présentation du plan
pauvreté, et à la veille de la Fête de l’Humanité, le président de la République a
accédé à une revendication historique,
presque identitaire, du Parti communiste : la reconnaissance de l’implication de
la France dans la mort de Maurice Audin
MICHEL EULER/AFP
lors de la guerre d’Algérie (lire page 2).
Un geste salué à la une de L’Humanité et
du Monde.
Dans l’entourage d’Emmanuel Macron, on évoque une simple « coïncidence ». Peut-être. Mais elle s’inscrit parfaitement dans la stratégie du président de
la République. Au bout du compte, l’an II
de son quinquennat se présente pour la
gauche comme l’an I s’était présenté
pour la droite : complexe à gérer. ■
30 000 places en crèche,
Santé, école, formation, insertion :
une promesse difficile à tenir les principales mesures du plan pauvreté
DÉCRYPTAGE
Marie-Cécile Renault
mcrenault@lefigaro.fr
POUR ENRAYER la pauvreté dès le berceau, Emmanuel Macron a annoncé la
création de 30 000 places en crèche supplémentaires d’ici à 2022. Une mesure
- déjà inscrite dans la convention d’objectifs et de gestion (COG) 2018-2022 de
la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) votée en juillet - dont on ne
peut que se féliciter mais qui fleure bon
l’effet d’annonces sans lendemain. Et ce,
pour au moins trois raisons.
Alors que la France dispose de
436 000 places en crèche pour 2,4 millions d’enfants de moins de 3 ans, le Haut
Conseil à la famille estime le besoin à
230 000 places supplémentaires. L’objectif d’Emmanuel Macron d’en créer
30 000 en quatre ans semble donc timide,
voire insuffisant pour atteindre l’objectif.
Le deuxième bémol a trait à l’expérience. Alors que tous les présidents de
la République, Nicolas Sarkozy et François Hollande compris, ont annoncé au
cours de leur mandat de nombreuses
créations de places en crèche, les promesses ont rarement été tenues. « Il y
aura 100 000 places supplémentaires en
crèche », déclarait ainsi Jean-Marc Ayrault, alors premier ministre de François
Hollande, en 2013. Pour n’en réaliser au
final que… 32 500, soit trois fois moins !
Résultat, alors que l’Allemagne, longtemps en retard, a créé 400 000 places
de crèche entre 2005 et 2018, la France
n’a réalisé que 55 % des 150 000 places
promises sur la même période.
Pour transformer l’essai, Emmanuel
Macron va devoir éviter les écueils ren-
contrés par ses prédécesseurs. François
Hollande s’était par exemple heurté à
l’hostilité des communes qui n’ont pas
les moyens d’ouvrir ces places, d’autant
plus coûteuses que l’arsenal de normes
sanitaires a renchéri le coût du berceau,
aujourd’hui entre 15 000 et 18 000 euros.
Le chef de l’État a donc prévu un mécanisme de financement - une vraie usine
à gaz - adossé au niveau de richesse des
communes, avec un « bonus territoire »
de 1 000 euros par an et par place dans
les quartiers prioritaires, et un « bonus
mixité » allant jusqu’à 2 100 euros par an
et par place pour les structures faisant
plus de mixité sociale.
Rembourser la dette de l’État
Reste que - et c’est la troisième réserve
de cette annonce - le Fonds national
d’action sociale (Fnas), qui cofinance les
crèches à côté des collectivités territoriales, ne verra sa dotation progresser
que de 2 % par an entre 2018 et 2022,
contre 4,3 % par an entre 2013 et 2017.
« Ce pourcentage contraint ne permet pas
le maintien des engagements actuels des
CAF, regrette Jean-Yves Delannoy, administrateur CFE-CGC de la Cnaf. Les
mesures nouvelles seront financées par
une augmentation des tarifs appliqués
aux parents de jeunes enfants bi-actifs. »
Dans un contexte budgétaire tendu, la
branche famille va en effet être mise à
contribution et devoir contribuer au
remboursement de la dette de l’État : en
2021, l’excédent de la Cnaf, estimé à plus
de 5 milliards d’euros, servira à rembourser les ardoises laissées par les générations précédentes. Et pour réaliser
ces économies, les engagements de la
COG 2018-2022 se traduisent mécaniquement par moins de places supplémentaires en… crèche. ■
LE PLAN MACRON de lutte contre la
pauvreté contient une vingtaine de mesures. Voici les principales.
u Revenu universel d’activité
Emmanuel Macron a annoncé la
création d’un revenu universel d’activité, qui fusionnera en 2020 un grand
nombre de prestations sociales telles que
les allocations logement, la prime d’activité et le RSA. Cette loi devra mettre un
terme au « maquis des prestations sociales » actuel jugé opaque et complexe et
faciliter le retour à l’emploi. Les allocataires devront s’inscrire « dans un parcours d’insertion qui empêche de refuser
plus de deux offres raisonnables d’emploi
ou d’activité », a indiqué le président.
Par ailleurs, il a annoncé la mise en place
d’un « service public de l’insertion ». À
noter encore que l’accompagnement des
bénéficiaires du RSA vers l’emploi sera
renforcé.
des places en crèche
u Hausse
C’est un des principaux leviers de ce
plan pour « empêcher qu’un enfant pauvre aujourd’hui devienne un adulte pauvre demain ». 1,24 milliard d’euros sera
consacré à permettre à un nombre
croissant d’enfants pauvres d’être accueillis en crèche ou chez une assistante
maternelle. Des bonus financiers seront
proposés aux collectivités afin que
90 000 places en crèche soient réservées
à des enfants en difficulté. Ces mesures
sont assorties d’un « plan exceptionnel
de formation continue des 600 000 professionnels de la petite enfance » pour
renforcer la « qualité éducative » de l’ac-
A
CHRISTOPHE
CASTANER
Secrétaire d’Etat chargé des Relations avec le Parlement - Délégué Général de La République En Marche
BENJAMIN SPORTOUCH - RTL
YVES THRÉARD - LE FIGARO / CHRISTOPHE JAKUBYSZYN - TF1-LCI
projet local. Un mécanisme d’incitation
sera aussi mis en place pour les « communes les plus fragiles » de moins de
10 000 habitants pour appliquer une tarification sociale de restauration scolaire
avec un plafond du barème le plus bas à
1 euro le repas. Seules 40% des écoles
appliquent une tarification basée sur les
revenus des familles. À Paris, le coût
d’un repas à l’école public varie ainsi de
0,13 euro à 7 euros…
AGNÈS LECLAIR, MANON MALHÈRE
ET MARIE-ESTELLE PECH
Dimanche 16 Septembre 2018 I 12H-13H
u Aide sociale à l’enfance
Plus d’un milliard d’euros sera consacré
à permettre à un nombre croissant
d’enfants pauvres d’être accueillis
en crèche. BURGER/PHANIE
cueil des tout-petits. Enfin, un système
de « tiers payant » a été imaginé verser
immédiatement aux parents les aides
qu’ils recevaient a posteriori pour la
garde d’enfant.
u Complémentaire santé élargie
L’aide au paiement d’une complémentaire santé (ACS) destinée aux personnes ayant de faibles revenus sera
fusionnée à la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C). Ces
personnes à faibles revenus pourront bénéficier de la CMU-C moyennant une
contribution financière inférieure à
1 euro par jour. Le but de cette mesure est
de faciliter l’accès aux soins des personnes vulnérables et de simplifier les procédures. « Au total, 200 000 personnes
supplémentaires pourront bénéficier de la
CMU-C », souligne le gouvernement.
u Petits déjeuners à l’école
Le plan Macron prévoit la mise en
place de petits déjeuners dans les écoles
des territoires déshérités, en associant
les parents et en promouvant l’éducation alimentaire. Près de 15 % des enfants défavorisés ne prennent pas de petit déjeuner, contre 7 % en moyenne. Il
n’y aura pas une aide d’État aux communes mais un fond soutenant tel ou tel
Il s’agit d’éviter que des jeunes pris en
charge par la protection de l’enfance se
retrouvent à la rue à leur majorité. Pour
eux, Emmanuel Macron veut « créer une
obligation », en « contractualisant » avec
les départements des solutions - logement, formation, emploi - et éviter une
sortie « sèche » de ce dispositif d’aide à
18 ans.
jusqu’à 18 ans
u Formation
Le plan prévoit l’instauration d’une
obligation de formation pour tous les jeunes jusqu’à 18 ans contre 16 ans aujourd’hui. Il ne s’agit pas d’une obligation de
scolarisation : les jeunes concernés pourront être à l’école, en formation, en apprentissage, engagés dans le futur service
national universel ou en emploi. Les pouvoirs publics auront l’obligation de proposer un accompagnement à tout jeune
mineur en situation de décrochage durable. Actuellement, « environ 20 000 décrocheurs sont non accompagnés par an »,
chiffre l’exécutif.
u Insertion
Certaines mesures présentées avaient
déjà été annoncées, comme le renforcement de la garantie jeunes. Ce dispositif
d’insertion professionnelle est destiné
aux jeunes décrocheurs âgés de 16 à
25 ans qui n’ont pas de soutien financier.
Concrètement, plus de 100 000 places
seront mobilisées par an avec l’objectif
d’en créer 500 000 au total d’ici à 2022.
Autre mesure : 450 millions seront mobilisés pour accroître l’insertion par
l’activité économique et accompagner
100 000 personnes supplémentaires.
Plusieurs expérimentations seront également favorisées, comme l’initiative
« Territoires zéro chômeur de longue
durée ». ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
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vendredi 14 septembre 2018 LE FIGARO
8
INTERNATIONAL
Poutine en commandant en chef des « jeux de guerre »
Le président russe a effectué une visite surprise sur le front des manœuvres militaires de Tsougol, en Sibérie. Véritable
démonstration de force, il s’agit des exercices les plus importants en Russie depuis 1981, dix ans avant l’effondrement de l’URSS.
PIERRE AVRIL pavril@lefigaro.fr
ENVOYÉ SPÉCIAL À TSOUGOL
RUSSIE Des missiles, des tirs d’artillerie, des hélicoptères de combat, des
chasseurs, des parachutistes, des tanks
filant à toute allure et quarante minutes
d’explosions ininterrompues et de bruit
assourdissant : le spectacle était complet, jeudi, pour la visite surprise de
Vladimir Poutine sur le polygone militaire de Tsougol, dans la région sibérienne du lac Baïkal, théâtre des plus
grandes manœuvres militaires organisées en Russie depuis 1981, dix ans avant
que l’URSS ne s’écroule.
Près de 300 000 hommes, mille
avions,
hélicoptères
et
drones,
36 000 tanks et 80 navires ont convergé
toute la semaine vers les terres sibérien-
nes jusqu’à l’océan Pacifique, soit l’équivalent de 7 000 kilomètres et 4 000 milles
nautiques parcourus. Ni nouveau matériel ni technologie affichés mais la simple
réaffirmation, face aux États-Unis, de la
puissance militaire du pays.
L’an dernier, à la même époque, Moscou avait agacé l’Otan en organisant ses
exercices - Zapad 2017 - aux frontières
de l’Union européenne et en collaboration avec les forces biélorusses. Cette
année, le Kremlin réédite l’opération
sous l’œil satisfait et malicieux de son
locataire, mais dans l’Est cette fois, d’où
le nom de baptême de « Vostok 2018 »
(Orient). Pour mieux enfoncer le clou,
l’armée chinoise, dont le comportement belliqueux de la flotte en mer de
Chine du Sud inquiète ses voisins, s’est
associée aux manœuvres russes sur le
polygone de Tsougol. « Nous continue-
rons à renforcer nos forces armées, en
développant des techniques de dernière
génération », a promis Vladimir Poutine
à ses soldats. « Hourra ! » ont répondu
en chœur ces derniers.
Aux côtés de son fidèle ministre de la
Défense, Sergueï Choïgou, le chef de
l’État russe n’a pas eu besoin, néanmoins, de forcer le trait dans la rhétorique : ses généraux s’en étaient chargés
les jours précédents, et le spectacle
donné à Tsougol se suffisait à lui-même.
« Nous réalisons ces exercices pour que
nos partenaires (sic) voient que nous
sommes capables d’effectuer n’importe
quelle mission, sans limitation et sur
n’importe quel théâtre d’opération. Et
croyez-moi, ils vont clairement le
sentir », avait prévenu la semaine dernière le vice-ministre de la Défense,
Andreï Kartalopov.
Au moment où l’ONU redoute que
les raids russo-syriens sur Idlib provoquent « une catastrophe humanitaire »
dans cette région aux mains des rebelles, le commandant en chef du
district militaire oriental russe,
Alexandre Jouravlev, répétait hier
combien l’influence du conflit syrien a
été positive sur l’état de préparation
des forces russes.
« Expérience syrienne »
« Toute l’expérience amassée en Syrie se
traduit dans ces exercices Vostok. Cela
va des conquêtes de nouvelles positions
jusqu’au travail des forces parachutistes
en passant par le renseignement », a
précisé l’officier. Une déclaration
surprenante alors que l’appui russe aux
troupes d’Assad est officiellement
cantonné aux raids aériens.
En contrepoint, Vladimir Poutine s’est
même permis d’endosser le costume du
modérateur, selon un jeu de rôles désormais bien établi au sein de la diplomatie
russe. « Chers camarades, la Russie est un
État pacifique. Il n’est pas question pour
nous d’avoir des plans agressifs. Notre
politique extérieure est dirigée vers la coopération constructive avec tous les pays
qui partagent les mêmes aspirations », at-il déclaré. La preuve, a-t-il ajouté,
Moscou a invité 87 observateurs internationaux - dont plusieurs représentants
de l’Otan - à assister aux manœuvres
Vostok, alors que dans cette région
aucun traité militaire ne l’y oblige.
Vladimir Poutine était sagement assis
dans les tribunes, à côté d’une cinquantaine de journalistes occidentaux qui se
sont contentés du spectacle que leur
hôte a bien voulu leur offrir. ■
La Chine fait
disparaître
la star Bingbing
CYRILLE PLUYETTE £@CyrillePluyette
CORRESPONDANT À PÉKIN
ASIE Mais où est donc passée Fan Bingbing, la star la mieux payée de Chine ?
Soupçonnée d’être au cœur d’un retentissant scandale de fraude fiscale qui a
éclaboussé l’industrie nationale du
spectacle, l’actrice et productrice de
36 ans n’a plus donné signe de vie depuis deux mois et demi. Aucune explication officielle n’a été donnée, mais ses
fans redoutent qu’elle ne soit détenue
en secret par la police, dans un pays où
ce genre de « disparitions » n’est pas
inhabituel. Cette hypothèse paraît de
plus en plus probable. La semaine dernière le Securities Daily, un journal
d’État, a affirmé que Fan Bingbing avait
été placée « sous contrôle » et qu’elle
« acceptait » la procédure judiciaire.
L’article a été effacé sur Internet peu
après sa publication.
L’actrice, qui avait accédé à la célébrité en Asie à la fin des années 1990
grâce son rôle dans une série à succès,
est par la suite devenue une habituée
des tapis rouges du monde entier. Elle a
joué dans un opus d’X-men en 2014, fut
membre du jury du Festival de Cannes
l’an dernier, et est l’égérie de nombreuses marques de luxe. Mais sa dernière apparition publique remonte au
1er juillet, lors d’une visite d’un hôpital
pour enfants, à Shanghaï. Et son compte Weibo – le Twitter chinois –, qu’elle
alimentait quotidiennement, est resté
muet depuis début juin. Le mystère
s’épaississant, les rumeurs alarmistes se
ARTCURIAL
Nicolas de Largillierre
(1656 - 1746)
Portrait de la duchesse
de Montbazon
STEPHANE MAHE/REUTERS
L’actrice de renommée internationale,
accusée de fraude fiscale, n’a plus été vue
depuis plus de deux mois.
Fan Bingbing, le 11 mai dernier au Festival de Cannes. Ses fans redoutent qu’elle ne soit détenue en secret par la police chinoise.
sont multipliées sur le Web. Un photomontage montrant la star menottée entre des policiers est même devenu viral.
Son sort a basculé en mai, lorsqu’un
ancien présentateur de la télévision publique a diffusé sur Internet des contrats
présentés comme étant ceux de la jeune
femme. D’après ces documents, cette
dernière aurait été payée officiellement
10 millions de yuans (1,3 million
d’euros) pour quatre jours de travail,
mais aurait en réalité touché 50 millions
de yuans supplémentaires, non déclarés. La presse d’État a, dans la foulée,
dénoncé un vaste système de doubles
contrats, baptisés « ying et yang ». L’un
est présenté au fisc, et un autre, au
montant bien plus important, gardé secret. Les autorités fiscales de la province
du Jiangsu, où Fan Bingbing possède des
entreprises, ont lancé une enquête, sans
toutefois la citer nommément. Son studio a nié toute malversation.
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Une note de 0 sur 100
Signe supplémentaire que les choses se
présentent mal pour l’actrice, un rapport sur la responsabilité sociale des célébrités du cinéma et de la télévision,
issu d’organes étatiques et largement
diffusé dans la presse officielle, la sanctionne d’une note de 0 sur 100. Ceux qui
jouent un rôle de « modèles » sont placés en haut de la liste, contrairement à
ceux ayant un impact « négatif » sur la
société. Fan Bingbing arrive en dernière
position. Selon le Securities Daily, les
contrats « ying et yang ne sont que la
partie émergée de l’iceberg ». La vedette
serait aussi suspectée d’avoir « participé
à des activités illégales de prêts bancaires
et à d’autres affaires de corruption ».
Ce scandale touchant une icône éclate alors que le président chinois, Xi
Jinping, qui brandit régulièrement les
vertus du marxisme, a promis de lutter
contre les inégalités sociales criantes du
pays. Dans ce contexte, les cachets
exorbitants distribués aux acteurs passent mal. Et les tours de passe-passe
pour les soustraire à l’impôt, encore
moins. Fan Bingbing a touché 300 millions de yuans (38 millions d’euros) en
2017, selon le magazine Forbes. C’est
plus que les actrices américaines les
mieux rémunérées : Emma Stone, Jennifer Aniston et Jennifer Lawrence.
Le régime communiste n’a pas tardé
à hausser le ton, en s’en prenant au
secteur du divertissement, accusé
d’encourager le « culte de l’argent », de
« pervertir les valeurs sociales » et
d’inciter les jeunes à « suivre aveuglément » leurs idoles. Les autorités ont
fait savoir fin juin qu’elles feraient la
chasse aux salaires excessifs et à la fraude fiscale. Les studios ont l’obligation
d’appliquer une directive datant de l’an
dernier, selon laquelle l’argent versé
aux acteurs ou aux invités d’émissions
de télévision ne peut dépasser 40 % des
coûts de production. Les stars ne peuvent recevoir plus de 70 % de l’enveloppe totale du casting. En août, près
d’une dizaine de producteurs chinois se
sont engagés à ne plus distribuer de cachets « déraisonnables ».
Le Parti communiste chinois (PCC),
qui ne cesse d’accroître son emprise sur
la société, veut imposer le respect des
« valeurs socialistes » et de la « moralité » publique, grâce notamment à une
censure omniprésente. Afin d’éviter
que les jeunes n’échappent à son
contrôle, il cherche aussi à utiliser leurs
idoles, fortement incitées à insuffler
« une énergie positive » et à ne pas dévier de la ligne officielle.
Certains internautes se montrent
sans pitié pour Fan Bingbing. « Elle gagne tant d’argent, pourquoi en vouloir
encore plus en faisant de l’évasion fiscale. Elle n’a aucune conscience morale :
c’est bien fait pour elle ! », s’emporte
l’un d’eux sur Weibo. D’autres, rappelant qu’aucune preuve de culpabilité
n’a pour l’heure été fournie, compatissent. « Ne pas avoir de nouvelle est la
pire des nouvelles. Elle risque d’être emprisonnée sans que personne n’en sache
rien. Sa carrière est complètement fichue », s’inquiète un admirateur. La
belle a été annoncée en mai au casting
d’une grosse production hollywoodienne, le film d’espionnage 355, aux
côtés de Jessica Chastain et Marion Cotillard. Beaucoup d’observateurs se demandent si elle apparaîtra à l’écran. ■
EN BREF
Crise à Berlin autour du
patron des renseignements
Le Parti social-démocrate (SPD),
sans lequel la chancelière ne peut
gouverner, a réclamé la tête de
Hans-Georg Maassen, patron du
renseignement intérieur, accusé
depuis une semaine de relations
troubles avec l’extrême droite,
une affaire qui pourrait menacer
la stabilité du gouvernement.
Brésil : Jair Bolsonaro
à nouveau opéré en urgence
Le candidat d’extrême droite
à la présidentielle Jair Bolsonaro,
poignardé à l’abdomen
il y a une semaine, a été reconduit
jeudi en soins intensifs après
avoir subi dans la nuit une
nouvelle opération d’urgence.
Affaire Skripal : les accusés
jurent être des touristes
Les deux hommes accusés
par Londres d’être des agents
du renseignement militaire russe
et d’avoir empoisonné
l’ex-espion Sergueï Skripal
et sa fille en Angleterre sont sortis
jeudi de leur silence, assurant,
à la télévision publique russe,
être innocents et n’avoir visité
Salisbury qu’en touristes.
L’Espagne vote
pour que Franco sorte
de son mausolée
Les députés espagnols ont approuvé
jeudi, par 172 voix pour, 2 contre
et 164 abstentions, le décret
du gouvernement socialiste
autorisant l’exhumation des restes
du dictateur Francisco Franco
de son mausolée proche de Madrid.
Pedro Sanchez, arrivé au pouvoir
début juin, a fait de l’exhumation
de Franco du Valle de los Caidos,
complexe monumental situé
à 50 kilomètres de Madrid, l’un de
ses principaux chevaux de bataille.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
vendredi 14 septembre 2018
INTERNATIONAL
9
Le scénario noir
d’un Brexit
sans accord
FLORENTIN COLLOMP £@fcollomp
CORRESPONDANT À LONDRES
ROYAUME-UNI Les Britanniques souhaitant se rendre en voiture en Europe le
30 mars prochain, au lendemain du
Brexit, devraient obtenir un permis de
conduire international en plus de leur
document national qui ne serait plus valable, faute d’accord avec les Vingt-Sept
sur la sortie de l’Union européenne. Il
leur faudrait un passeport comprenant
plus de trois mois de validité. Les appels
passés de leurs téléphones mobiles ne
bénéficieront plus de la gratuité des frais
d’itinérance, sauf si les opérateurs anglais décident de les prendre à leur charge. Par ailleurs, les véhicules sortant des
usines britanniques ne seraient plus
homologués pour rouler sur le continent,
et vice versa. Ce serait le cas aussi de
nombreux produits qui ne pourraient
être commercialisés sans autorisation
spécifique.
Theresa May a tenu, jeudi matin, un
Conseil des ministres extraordinaire de
trois heures consacré aux scénarios
d’une sortie de l’UE sans accord. « Ce ne
serait pas la fin du monde », cherchaitelle à rassurer ces derniers jours. Pourtant, la Grande-Bretagne pourrait ne
plus recevoir les alertes de risques de
chute de débris spatiaux repérés par des
satellites européens. Le ministère du
Brexit a publié une nouvelle série de
28 documents détaillant les conséquences pour les consommateurs et les entreprises dans différents domaines, après
une première tranche similaire dévoilée
au mois d’août qui concernait les médicaments, les frais bancaires ou les
produits agricoles.
Le gouvernement britannique est engagé dans une tâche schizophrène sur le
Brexit : se préparer au pire en cas
d’échec des négociations, tout en cherchant en même temps la voie d’un délicat compromis avec Bruxelles. Et c’est
paradoxalement au moment où un accord semble en vue que les prévisions sur
le scénario noir prennent de l’ampleur.
« Six mois avant que le Royaume-Uni
quitte l’Union européenne, nous intensifions nos préparatifs en cas de “no deal”
pour que la Grande-Bretagne puisse
continuer à prospérer quel que soit le
résultat des négociations », justifie
Dominic Raab, ministre du Brexit.
« Éviter le chaos »
Cette dichotomie le conduit à brandir la
menace de ne pas payer la « facture »
britannique de sortie d’un peu plus de
40 milliards d’euros faute d’accord. De
quoi jeter un froid sur sa rencontre hebdomadaire avec le négociateur européen
Michel Barnier, ce vendredi. Ce dernier a
pourtant affiché ces derniers temps des
gestes de bonne volonté, en annonçant
qu’un accord était à portée de main dans
les deux mois si les deux parties faisaient
preuve de « réalisme ». Le président de
la Commission, Jean-Claude Juncker,
envoie également des signaux conciliants. Lors d’un sommet à Salzbourg, en
Autriche, jeudi prochain, les Vingt-Sept
seraient prêts à donner des gages à
Theresa May. Si l’échéance de la mi-octobre semble désormais trop juste, un
TOBY MELVILLE/REUTERS
Permis de conduire non valables, avions
cloués au sol, débris spatiaux imprévus…
Londres se prépare au pire.
Pour Theresa May (ici à londres, jeudi), une sortie de l’UE sans accord « ne serait pas la fin du monde ».
Conseil européen extraordinaire pourrait conclure les négociations mi-novembre. De nombreux points de désaccord subsistent, mais ils pourraient être
noyés dans une déclaration suffisamment vague pour remettre à plus tard les
décisions de fond sur la relation commerciale future.
Le risque du « no deal » semble désormais se situer davantage sur le terrain
politique britannique que dans la relation
entre Londres et Bruxelles. Quelque 60 à
80 députés conservateurs eurosceptiques sont vent debout contre les projets
de leur première ministre (lire ci-dessous). Une vingtaine d’entre eux ont déjà
annoncé qu’ils voteraient contre l’asso-
ciation douanière rapprochée avec l’UE
proposée par May. Vu sa très courte majorité au Parlement, celle-ci aurait donc
le plus grand mal à faire ratifier par ses
troupes un tel accord. D’où le risque réel
de sortie brutale de l’UE le 29 mars, sans
filet ni transition.
Le trafic d’Eurostar et les vols entre
l’île et le continent pourraient se retrouver paralysés. « Ces conséquences d’un
“no deal” sont réelles si on ne fait rien,
confirmait la ministre française des
Affaires européennes, Nathalie Loiseau,
de passage à Londres, jeudi. C’est pourquoi on ne peut pas attendre le 30 mars
pour dire à nos concitoyens et entreprises
qu’on ne pensait pas en arriver là. » Elle
va soumettre à l’Assemblée un projet de
loi sur les préparatifs côté français pour
« éviter le chaos ».
En Grande-Bretagne, le scénario catastrophe donne des sueurs froides. Cet
été, le ministère du Brexit a demandé
aux entreprises de faire des stocks en
prévision d’une rupture d’approvisionnements alimentaires ou en médicaments. Selon un document du Centre
national de coordination de la police
cité par le Sunday Times, les autorités se
prépareraient à faire face à des désordres aux frontières et à une hausse de la
criminalité résultant des pénuries.
L’armée pourrait même être appelée à la
rescousse. ■
Elle doit rester en place
parce que nous avons
besoin de stabilité
”
DAVID DAVIS, L’ANCIEN MINISTRE DU BREXIT
préféreraient attendre la conclusion
éventuelle d’un accord sur le Brexit à
Bruxelles à l’automne, voire le printemps, après la sortie effective de
l’Union européenne le 29 mars 2019.
Ces élus europhobes s’indignent des
propositions de Theresa May, dites de
« Chequers » (nom de la résidence de
campagne des premiers ministres),
prévoyant un accord douanier pour les
marchandises avec l’Union européenne
et un alignement réglementaire. Cela
reviendrait, selon eux, à faire du
Royaume-Uni un État « vassal » de
l’Europe. « Si elle ne jette pas Chequers,
j’ai bien peur que le parti la jette », menaçait l’un des conjurés. « Je ne connais
personne qui souhaite qu’elle reste »,
ajoutait un autre. « Elle est désastreuse », commentait un troisième. Plu-
À Mer, je trie
150000 colis
par jour,
je suis postier.
Thierry est chef d’équipe colis à La Poste. Il travaille sur une plateforme
de tri de colis pour vous assurer une livraison rapide et précise dans la région
Centre-Val de Loire et ses six départements. Avec près de 8 000 recrutements
en CDI en 2017, La Poste ne cesse d’évoluer et de repenser ses métiers.
Rendez-vous sur groupelaposte.com
Chiffres RH tirés du Rapport Social 2017 — Le Groupe La Poste. Plus d’informations sur le site groupelaposte.com
A
“
sieurs députés frondeurs ont été cités
nommément dans la presse (Andrea
Jenkyns, Andrew Bridgen, Anne Marie
Morris ou James Duddridge), déjà
connus pour leur hostilité à leur chef.
Mais il n’a pas fallu vingt-quatre
heures pour que cette cabale retombe
comme un soufflé. Les chefs de file des
conservateurs eurosceptiques se sont
empressés, mercredi, d’afficher leur
loyauté à Theresa May. Leur rejet du
plan de Chequers, assurent-ils, n’implique pas un changement de leader.
Jacob Rees-Mogg, absent de la réunion
séditieuse, a loué les « vertus immenses » de la première ministre, ironisant : « Même Jésus avait des disciples
mécontents. » Pour David Davis, l’ancien ministre du Brexit qui a démissionné en juillet pour protester contre Chequers, « elle doit rester en place parce
que nous avons besoin de stabilité ». Les
rebelles butent sur une absence d’alternative sérieuse en dehors de la carte
Boris Johnson, loin de faire l’unanimité.
Ils sont, surtout, confrontés à un
problème mathématique. Il suffit en
théorie de 48 lettres de députés conservateurs pour déclencher un vote de défiance contre la première ministre. Selon le Telegraph, 35 auraient déjà été
déposées. Les conjurés se disaient prêts
à en envoyer une vingtaine de plus en
bloc pour déclencher la procédure.
Mais, pour renverser la cheffe du gouvernement, il leur faudrait ensuite réunir les voix d’au moins 158 des 315 députés du groupe tory. On est loin du
compte à ce stade. Theresa May ne risque pas de perdre le sommeil. Reste
que le congrès conservateur à Birmingham, la fin des négociations avec
Bruxelles et, surtout, la ratification au
Parlement de Westminster d’un éventuel accord seront autant de nouvelles
zones de danger pour elle dans les mois
à venir. ■
F. C.
La Poste – SA au capital de 3 800 000 000 € – 356 000 000 RCS Paris – Siège social : 9, rue du Colonel Pierre Avia 75015 Paris –
CHAQUE JOUR de plus passé à Downing Street est une petite victoire pour
Theresa May. Contestée par une minorité très agitée au sein de son propre
parti, la première ministre s’accroche
au pouvoir face à des menaces de
putsch quasi permanentes. Les comploteurs ne se cachent même plus. Mardi
soir, une cinquantaine de députés
conservateurs, membres de l’European
Research Group, une association eurosceptique dirigée par Jacob Rees-Mogg,
se sont réunis à Westminster pour débattre ouvertement de son remplacement. Les discussions ont porté essentiellement sur le timing d’une telle
offensive, certains plaidant pour passer
à l’action très vite, avant le congrès
conservateur à la fin du mois. D’autres
–
Theresa May s’accroche
au pouvoir face aux complots
des tories europhobes
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
vendredi 14 septembre 2018 LE FIGARO
10
SOCIÉTÉ
La crise s’amplifie dans l’Église catholique
Le Pape a reçu jeudi les évêques américains pour tenter de trouver des solutions au scandale des abus sexuels.
RELIGION Combien de temps la stratégie
du silence adoptée par le pape François
sur les scandales des abus sexuels dans
l’Église va-t-elle durer ? Par exemple,
pour rendre compte, jeudi, de l’importante réunion entre François et la tête de
l’épiscopat américain, venu spécialement
à Rome à la suite de l’affaire McCarrick, le
service de communication du Saint-Siège s’est contenté de publier… deux photographies de la rencontre.
L’une montre un Pape préoccupé entouré de quatre prélats, dont le président
de la Conférence des évêques américains,
le cardinal Daniel DiNardo, évêque de
Galveston-Houston, et l’important archevêque de Boston, le cardinal Sean
Patrick O’Malley, revêtu pour l’occasion
de sa robe de bure franciscaine. Sur la seconde, on les voit rire, détendus, autour
du bureau du Pape.
Un communiqué a néanmoins été diffusé à la même heure aux États-Unis
- mais pas au Vatican - sous la responsabilité de la Conférence des évêques américains. Il remercie le Pape d’avoir accordé cette audience où il a été question de
« la situation » aux États-Unis et « combien le corps du Christ est lacéré par le mal
des abus sexuels ». Les évêques soulignent
que le Pape les a « très profondément
écoutés avec son cœur » et que ce fut un
« long, fructueux et bon échange ». Il s’est
conclu par une « prière » où ils ont imploré « la miséricorde de Dieu et sa force alors
que nous travaillons à guérir les blessures ». Et pour « continuer activement notre
discernement commun pour identifier les
prochaines étapes les plus efficaces ».
Il est vrai qu’en cette rentrée, l’Église
catholique se trouve aux prises avec une
crise majeure où elle donne l’impression
de ne plus rien contrôler. Au traumatisme américain déclenché le 14 août dernier par le rapport sur la pédophilie cléricale en Pennsylvanie s’est ajouté, dans la
soirée du 12 septembre, le rapport allemand sur le même sujet (lire ci-dessous).
Le tout sur un fond de violente polémique, toujours en cours, après la lettre
ouverte par Mgr Carlo Maria Vigano.
Sommet extraordinaire… en 2019
Le 24 août, cet ancien nonce apostolique
aux États-Unis et ancien haut responsable du Vatican, dont il connaît tous les
rouages, a demandé la démission du Pape
en l’accusant d’avoir couvert le comportement homosexuel de l’ancien archevêque de Washington, le cardinal McCarrick avec des séminaristes. Et surtout, le
travail actif d’un « réseau homosexuel »
au plus haut niveau de l’Église visant à
« subvertir » la doctrine de l’Église sur
l’homosexualité. Affirmations non encore démenties sur le fond à ce jour.
Sur cette affaire, le Pape, au retour
d’Irlande, le 24 août, a décidé de « ne pas
dire un mot ». Mais, mardi 11 septembre,
lors de l’homélie de la messe, il a toutefois
assuré voir dans cette affaire l’œuvre du
« Grand Accusateur », un des noms du
« diable » qui « s’en prend aux évêques »
pour « dévoiler les péchés » et ainsi
« scandaliser le peuple ». Concluant
« C’est vrai, […] nous sommes tous pécheurs, nous les évêques. » Le 11 septembre au soir, le Vatican annonçait que le
Pape convoquait pour le mois de février
2019 un sommet extraordinaire au Vatican de tous les présidents des conférences épiscopales du monde pour affronter
cette crise. C’est dire que François entend
prendre le temps pour affronter ce trem-
blement de terre ecclésial. Il sait qu’il
vient de très loin dans le temps et qu’il
implique à présent, de près ou de loin,
toute la hiérarchie épiscopale. La plupart
des évêques de 70 ans et plus ont été
confrontés un jour ou l’autre à une affaire
de prêtre pédophile.
C’est ainsi que la nouvelle ligne d’attaque contre les révélations de Mgr Vigano
consiste non seulement à accuser maintenant Benoît XVI d’avoir lui aussi couvert McCarrick, mais de chercher des
dossiers quand Joseph Ratzinger était archevêque de Munich. C’est l’un des enjeux du rapport allemand. Quand
d’autres ressortent à présent des dossiers
délicats pour le pape François quand il
était archevêque de Buenos Aires. Le
20 août, dans une « lettre au peuple de
Dieu » le Pape a demandé « la prière et la
pénitence » aux catholiques. ■
J.-M. G.
États-Unis : défiance
chez les fidèles
Legatus, une association américaine de
chefs d’entreprise catholiques, a décidé,
le 6 septembre 2018, de placer « sous
séquestre » sa contribution annuelle
au Saint-Siège. Cette décision est liée
aux accusations de l’ancien nonce
aux États-Unis, Mgr Carlo Maria Vigano,
sur le « lobby homosexuel » dans
l’Église catholique et sur l’affaire
McCarrick, ancien archevêque de
Washington, accusé d’avoir abusé de
séminaristes. Il s’agirait d’une somme
de 820 000 dollars (environ 700 000 €).
Beaucoup de catholiques américains
attendent en effet des « clarifications »
sur ces scandales. Un sondage CNN
révèle une chute de popularité du pape
François aux États-Unis. Seulement la
moitié des Américains (48 %) se disent
favorables au pontife argentin, contre
72 % en décembre 2013. Au sein
des catholiques américains, sa cote
a également baissé, à 63 %, contre 83 %
dix-huit mois plus tôt.
J.-M. G.
Le pape François,
mercredi au Vatican.
TIZIANA FABI/AFP
En Allemagne, le clergé confronté à
l’enquête révélant des milliers d’abus
NICOLAS BAROTTE £@NicolasBarotte
A
CORRESPONDANT À BERLIN
LE SCANDALE de la pédophilie
n’épargne pas l’Église allemande.
Elle s’y attendait, elle a encaissé le
choc. « Nous sommes honteux et accablés », a déclaré l’évêque Stephan
Ackermann qui est chargé, au nom
de la conférence épiscopale (DBK),
des cas d’abus sexuels. « Nous sommes conscients de l’ampleur », a-t-il
ajouté, au lendemain de la révélation d’une étude sur les actes de pédophilie au sein de l’Église allemande, selon laquelle 3 677 enfants ont
été abusés entre 1946 et 2014. La
moitié d’entre eux avait moins de
14 ans au moment des faits.
Cette étude est le résultat de quatre ans de travail d’un groupe de
chercheurs - des psychiatres, des
criminologues - travaillant dans les
universités de Mannheim, Heidelberg et Giessen, mandatés par la
DBK elle-même. Le rapport n’aurait
dû être rendu public que le 25 septembre, lors de la réunion de la
conférence épiscopale prévue à Fulda. C’est à ce moment-là que « les
conséquences à en tirer » seront étudiées. Mais les journaux Die Zeit et
Der Spiegel ont révélé mercredi le
contenu du document avant l’heure. L’Église a déploré une fuite qui
« porte un coup lourd aux victimes ».
Le bilan de l’enquête est d’autant
plus accablant qu’il ne représente
« qu’un ordre de grandeur minimal », selon les auteurs. Dans leur
étude, ils notent que l’Église a tenté
pendant des années de minimiser
ou de cacher les faits. Certains documents ont été détruits et n’ont pu
être retrouvés. Les conditions de
travail imposées par la conférence
épiscopale ont aussi limité les marges de manœuvre des chercheurs.
Ils n’ont pas eu accès directement
aux archives des 27 diocèses d’Alle-
magne et ont dû mettre en place un
protocole d’examen par des tiers.
Il n’en reste pas moins que
38 156 dossiers ont pu être étudiés.
Il en ressort que 1 670 personnes ont
été impliquées dans des actes de pédophilie, soit 4,4 % du clergé. Seulement 566 d’entre elles ont fait
l’objet d’une procédure de sanction
interne. 154 n’ont abouti à aucune
“
Les Églises
protestante et
catholique n’ont pas
encore suffisamment
assumé leur
responsabilité
”
SABINE ANDRESEN, PROFESSEUR
EN SCIENCES DE L’ÉDUCATION
sanction. Dans 103 cas, celle-ci s’est
limitée à un avertissement. 41 personnes ont été renvoyées du clergé
et 88 ont été excommuniées.
La « volonté » de poursuivre les
personnes accusées a été « peu prononcée », écrivent diplomatiquement les auteurs. Avec ce rapport,
l’Église espère permettre « plus de
clarté et de transparence concernant
cette page sombre de l’histoire ».
Mais il reste maintenant à donner
des suites à l’étude. Sa publication
intervient aussi alors qu’une
« commission indépendante sur les
abus sexuels », mandatée par le
gouvernement, mène des auditions
de victimes de prêtres ou de pasteurs. « Les Églises protestante et
catholique n’ont pas encore suffisamment assumé leur responsabilité en ce
qui concerne la prise en charge et la
prévention des abus sexuels envers
les enfants », expliquait en juin sa
présidente Sabine Andresen, professeur en sciences de l’éducation.
« Il faut mettre fin à des décennies de
silence », ajoutait le professeur de
psychologie social Heiner Keupp,
un autre membre de la commission.
« Les mentions d’abus sexuels étaient
et ne sont souvent pas transmises par
les pasteurs et les prêtres en raison du
secret confessionnel. Afin de ne plus
protéger les auteurs et de garantir la
protection des enfants, il est nécessaire d’examiner d’un œil critique le
secret de la confession », estimait-il.
Cette réflexion ne pourra plus être
reportée. ■
Tétanisée, l’Église ne sait
pas comment réagir
DÉCRYPTAGE
Jean-Marie
Guénois
jmguenois@lefigaro.fr
L’évêque Stephan
Ackermann
(ici, au centre, à Mainz,
en Allemagne, en mars)
est chargé, au nom
de la conférence
épiscopale (DBK)
des cas d’abus sexuels.
THORSTEN WAGNER/EPA/
MAXPPP
LES « RÉVÉLATIONS » spectaculaires sur les affaires de pédophilie
dans l’Église catholique n’ont pas
fini de tomber. Le 14 août 2018, le
rapport du grand jury de l’État de
Pennsylvanie, établi sous la responsabilité de Josh Shapiro, procureur
de cet État, assurait que, sur une
durée de soixante-dix années,
301 prêtres des six diocèses catholiques de cet État avaient abusé plus
de 1 000 victimes. À ce jour, cinq
autres États des États-Unis ont décidé de lancer des enquêtes similaires visant à établir le décompte précis des affaires de pédophilie dans
l’Église catholique.
Une enquête de ce genre exige au
moins deux années de travail, comme ce fut le cas en Pennsylvanie.
L’Église catholique mondiale doit
donc se préparer à encaisser - à dates régulières et pendant des années - des rappels statistiques tonitruants de ce type, basés sur des
additions de chiffres chocs de prêtres incriminés et de victimes. Et venant de partout. Ainsi, mercredi
12 septembre 2018, en Allemagne. Le
consortium de chercheurs des universités de Mannheim, Heidelberg
et Giessen (lire ci-contre) - sur une
commande de l’épiscopat allemand - a mis en évidence que, de
1946 à 2014, 3 677 enfants - en majorité des garçons âgés de moins de
14 ans - ont été victimes d’abus
sexuels par 1 670 membres du clergé.
À chaque fois, l’effet médiatique
est garanti : la répulsion contre
l’Église catholique s’installe. La suspicion sur tout prêtre, religieux,
évêque, aussi. Bref, la crise de
confiance, y compris chez les fidè-
les, n’est plus une poussée émotionnelle passagère mais elle se
structure durablement.
À juste titre, les gens n’admettent
pas que des prêtres aient pu commettre de tels actes. Ils sont également scandalisés que la hiérarchie
épiscopale ait pu couvrir de façon
organisée et mécanique par un silence et un mensonge institutionnels de tels crimes contre des jeunes
enfants. Chaque étude statistique et
historique qui sort à présent démontre ce point sans conteste.
L’omerta ecclésiale, par peur du
scandale public, a fonctionné comme une froide et insensible méthode de gestion de ces scandales.
Un cas de trop
Sur un plan international, la seule
étude de référence sur ce phénomène a été réalisée par le John Jay College of Criminal Justice de New York
et publiée en février 2004. Il a mis en
évidence que, entre 1950 et 2002,
4 400 prêtres aux États-Unis ont été
accusés d’abus sur mineurs. Soit 4 %
des 110 000 prêtres en fonction sur
cette période. Un prêtre pédophile
est évidemment un cas de trop.
Toutefois, devant l’effet d’accumulation des additions de prêtres pédophiles, il importe de noter que ces
déviations concernent une minorité
de prêtres. Au Vatican, on parle de
1,4 % en moyenne mondiale mais
sans enquête statistique sérieuse…
L’Église catholique, tétanisée par
ces affaires, se défend en effet très
mal. Elle ne peut pas justifier l’inadmissible mais les répétitives demandes de pardon, main sur le
cœur, de la hiérarchie sont peu
audibles. Les gens veulent à présent
savoir, chiffres en mains, si les mesures internes qu’elle dit avoir prises ont durablement endigué, oui
ou non, cette plaie. Et quelle aide
concrète au delà de « l’écoute » est
apportée aux victimes. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
vendredi 14 septembre 2018
SOCIÉTÉ
Guy Orsoni victime d’une
tentative d’assassinat à Ajaccio
Le fils de l’ancien
leader nationaliste a
été blessé par balle.
Les enquêteurs vont
s’intéresser aux
récents règlements
de comptes.
GRAND BANDITISME Son patronyme a
souvent figuré au premier rang de la
chronique judiciaire corse ces trente dernières années. Jeudi matin, Guy Orsoni,
fils de l’ancien chef nationaliste Alain Orsoni, alias le « Bel Alain », a été visé par
des tirs en plein centre d’Ajaccio. Âgé de
34 ans, celui qui porte le nom de son
oncle, nationaliste enlevé et assassiné en
juin 1983, a été blessé au bras. Ses jours ne
sont pas en danger.
Guy Orsoni circulait en voiture blindée
sur les hauteurs d’Ajaccio quand deux
hommes à moto lui ont tiré dessus au fusil
d’assaut. Il a réussi à échapper à ses
agresseurs en se dirigeant vers le centreville, où il s’est arrêté à hauteur du tribunal de grande instance, à environ un kilomètre du lieu de la fusillade. Contacté par
le bureau de l’Agence France Presse à
Ajaccio, son avocat, Me Camille Romani,
a estimé que son client ne devait « la vie
sauve qu’au fait qu’il circulait dans un véhicule blindé ».
Le parquet d’Ajaccio s’est dessaisi du
dossier au profit de la Jirs (Juridiction interrégionale spécialisée) de Marseille,
compétente en matière de grande criminalité organisée. Les enquêteurs vont
bien sûr s’intéresser au passé agité de
Guy Orsoni et aussi aux récents règlements de comptes. E n juin 2015, il avait
Guy Orsoni devant la cour d’appel de Montpellier, en novembre 2011.
été acquitté pour quatre assassinats visant les membres d’une bande criminelle
locale, mais condamné à huit ans de prison pour association de malfaiteurs. Recherché par les enquêteurs dans le cadre
de ce dossier, il avait été en fuite de juin
2009 au 11 mars 2011, date de son interpellation à Madrid.
Blanchiment d’argent
FRANCK VALENTIN/PHOTOPQR/LE MIDI LIBRE
Alain Orsoni en 2008. Les Orsoni père et
fils avaient toujours nié l’existence d’un
tel scénario.
Dans un autre dossier, Guy Orsoni
avait été interpellé en février 2008 à la
frontière franco-espagnole, venant de
Malaga. Les douaniers avaient découvert
dans sa voiture 87 800 euros en billets de
banque portant des traces de cocaïne. Le
9 novembre 2011, il était condamné à
deux ans de prison par la cour d’appel de
Montpellier pour blanchiment d’argent.
Enfin, en mai 2017, le fils d’Alain Orsoni
était mis en examen pour association de
malfaiteurs dans un troisième dossier, en
raison d’une trace ADN le reliant à un
voyou de Haute-Corse retrouvé en possession d’une arme. ■
J. C.
11
ZOOM
Net recul du nombre des tués
sur les routes en août
L’effet 80 km/h se ferait-il déjà
sentir ? De toute l’histoire de la
sécurité routière, celle-ci vient de
connaître son mois d’août le moins
meurtrier : 251 tués contre 297
l’an passé à la même période.
Pour Emmanuel Barbe, le délégué
interministériel à la sécurité
routière, il y a bien un lien entre
ces bons résultats et la nouvelle
baisse de la vitesse sur le réseau
secondaire. Depuis le 1er juillet,
les automobilistes doivent, en
effet, rouler à 80 km/h au lieu de
90 km/h jusqu’alors. « Dès janvier
dernier, et donc quelques mois
précédant l’entrée en vigueur du
80 km/h, on avait d’ailleurs relevé
des signes encourageants de baisse,
car on communiquait sur la sécurité
routière », explique-t-il. Ainsi,
le simple fait de parler du
comportement des automobilistes
rendrait ces derniers plus
vertueux. Ce mois d’août
encourageant avait d’ailleurs été
précédé d’un mois de juillet déjà
positif avec une baisse de 5,5%
du nombre des tués.
Cette baisse de la mortalité
concerne les automobilistes,
les motocyclistes et les
cyclomotoristes. À l’inverse, le
nombre de tués parmi les piétons
et les cyclistes est en hausse. Avec
24 décès, la mortalité des cyclistes
« atteint d’ailleurs l’un de ses plus
mauvais résultats depuis cinq ans »,
relève-t-on à la sécurité routière.
À l’époque, les policiers estimaient que la
série d’assassinats était liée à une recomposition du grand banditisme insulaire
après la mort du parrain de Corse-duSud Jean-Jé Colonna, et l’élimination de
membres éminents de la Brise de Mer (du
nom d’un café du Vieux Port de Bastia),
puissante en Haute-Corse. La nature criminelle ayant horreur du vide, une bande
dite du « Petit Bar » (du nom d’un café
ajaccien) aurait livré bataille au « clan
Orsoni », et notamment tenté de tuer
“
La seule pratique
traditionnelle de la chasse
ne suffit pas à expliquer
un tel surarmement
LE BUREAU DE LA LUTTE CONTRE
LA CRIMINALITÉ ORGANISÉE
”
d’armes de première et quatrième catégories et plus de 25 000 déclarations d’armes de cinquième et septième catégories,
la Corse compte un peu moins d’une arme
détenue légalement pour dix habitants.
Au premier rang des régions françaises et
à un niveau comparable au Texas ou au
Nevada. Pour les auteurs de l’étude, « la
seule pratique traditionnelle de la chasse ne
suffit pas à expliquer un tel surarmement ». Les raisons sont en effet nombreuses (historiques, sociologiques…).
Mais il est évident que la situation s’est
dégradée avec la présence d’une criminalité organisée active et d’un mouvement
nationaliste aussi divisé que violent et
surarmé. Les trafics d’armes, au profit des
voyous, de la cause indépendantiste ou
des deux en même temps, ont toujours été
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A
«LE NIVEAU EXCEPTIONNEL du nombre
d’armes en circulation en Corse contribue
sans nul doute au climat de violence et explique le nombre d’homicides. » Réalisée
pour la Chancellerie par la direction des
affaires criminelles et des grâces, en l’occurrence par son bureau de la lutte contre
la criminalité organisée, le terrorisme et
le blanchiment, une étude récente permet d’éclairer l’attaque de jeudi matin.
Portant sur « les grandes tendances de la
criminalité organisée (en Corse) et leur
traitement judiciaire », elle se fonde sur le
bilan 2016 et 2017 des juridictions interrégionales spécialisées, au premier rang
desquelles celle de Marseille, saisie de la
tentative d’assassinat contre Guy Orsoni.
Les experts du ministère de la Justice
soulignent une « réelle banalisation » de la
possession d’armes tant chez les voyous
qu’au sein de la population. Avec près de
4 000 autorisations de port et détention
Dans un tel contexte, les parquets
d’Ajaccio et de Bastia, et le parquet général de Bastia, font de la lutte contre les infractions à la législation sur les armes une
de leurs priorités. La stratégie est de frapper dur, en usant de la comparution immédiate et des appels systématiques en
cas de peines significativement inférieures aux réquisitions du parquet. Elle vise
aussi à tirer les conséquences judiciaires
de manquements après des vérifications
préfectorales sur les autorisations de détention ou de port d’armes.
Enfin, un groupe local de traitement
de la délinquance a été créé à Bastia en
mars 2015 pour mieux coordonner les
actions judiciaires et celles des autres
acteurs (notamment les préfets). Par
ailleurs, les préfectures ont aussi renforcé la surveillance sur les armes soumises
à déclaration ou autorisation et la rigueur sur les retraits d’armes détenues
légalement par des personnes violentes
ou menaçantes. Le vote, en 2012, d’une
loi créant un contrôle des armes moderne, simplifié et préventif, a aussi aidé au
processus.
Ces politiques ont permis une augmentation des saisies d’armes : 442 pour
la seule Corse du Sud entre 2013 et 2015
(119 en 2013, 136 en 2014 et 187 en 2015).
Sur l’ensemble de l’île, 1 739 armes (carabines, revolvers mais aussi pistoletsmitrailleurs ou grenades…) ont été saisies entre 2005 et 2012. Des saisies
croissantes et une tendance qui se maintient aujourd’hui. Mais ces succès démontrent aussi la persistance du phénomène, sans parler bien entendu de la
masse d’armes détenues illégalement.
Sur ce dernier chapitre, le porte-parole
du ministère de la Justice, Youssef Badr,
souligne que, en Corse comme ailleurs en
France, « le vote de la loi du 3 juin 2016 a
permis un renforcement de la répression
des trafics d’armes ». Le texte en question, « renforçant la lutte contre le crime
organisé, le terrorisme et leur financement » a notamment permis un alourdissement des peines encourues. Et facilité les enquêtes pénales, notamment en
étendant aux investigations sur des trafics d’armes des techniques spéciales
d’enquête prévues pour la délinquance
et la criminalité organisées. ■
La Poste – SA au capital de 3 800 000 000 € – 356 000 000 RCS Paris – Siège social : 9, rue du Colonel Pierre Avia 75015 Paris –
JEAN CHICHIZOLA
–
En Corse, posséder
une arme est « banal »
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
vendredi 14 septembre 2018 LE FIGARO
12
SOCIÉTÉ
La mémoire à ellipses de Oualid B.
Ce djihadiste présumé, libéré par erreur en avril, comparaissait jeudi pour la violation de son contrôle judiciaire.
PAULE GONZALÉS £@paulegonzales
JUSTICE Insaisissable. Les épaules tombantes, la voix bredouillante sous une
grande barbe, Oualid B, visage rond et
doux, yeux baissés, nie en bloc. Non, il
n’a jamais emprunté une voiture, non, il
n’est pas sorti de la zone autorisée par son
contrôle judiciaire et il ne sait pas pourquoi onze images à la gloire de Daech ont
été retrouvées sur son téléphone et ont
été effacées sans que l’on sache quand. Il
jure, ce soir-là, avoir un peu navigué entre le domicile de sa belle-mère et la
mosquée et être resté à la maison. Cette
fois-ci en famille. Lors de la première
audience, il y était seul.
Jeudi après midi s’est tenue à la cour
d’appel de Paris l’audience correctionnelle du djihadiste présumé Oualid B., libéré par erreur le 3 avril dernier par un
juge d’instruction antiterroriste oublieux. Une audience sensible, vu le
scandale suscité par la révélation de ce
manquement judiciaire et par la difficulté
d’un cas où les éléments matériels sont
rares. Oualid B. passera aux assises le
12 octobre pour son implication dans un
projet d’attentat en 2014, dans la région
de Lyon, et dans une filière d’acheminement de combattants en Syrie. Connu
pour sa proximité avec la filière d’Artigat,
particulièrement surveillé lors de sa détention, il a fait l’objet pendant cette dernière d’une condamnation pour déten-
Oualid B. et son avocat, jeudi, dans les couloirs de la cour d’appel du palais de justice de Paris.
tion de téléphone. En attendant, sous
contrôle judiciaire, soumis à un arrêté du
ministre de l’Intérieur lui interdisant de
se déplacer en dehors de la commune de
Meaux, l’homme serait, dans la soirée du
16 mai dernier, sorti de la zone autorisée.
Passé en comparution immédiate, le
22 mai dernier, il a été relaxé par le tribunal correctionnel faute des preuves suffisantes pour le tribunal.
Tout repose en effet sur le témoignage
du policier de Meaux qui affirme avoir reconnu le terroriste présumé, ce soir-là,
dans cette voiture qui n’était pas la sien-
SÉBASTIEN SORIANO/LE FIGARO
ne. Il témoigne anonymement par peur
des représailles de celui dont il recueille
plusieurs fois par semaine le pointage, et
qu’il palpe régulièrement à cette occasion. Dans son récit, une précision de métronome quand il s’agit du minutage des
trajets et une assurance sans faille dans la
reconnaissance de l’homme au volant.
Mais aussi des lacunes que Me MorandLahouzi, l’avocat de Oualid B., soulèvera
toutes au scalpel : pourquoi, s’il connaissait la dangerosité de l’individu, a-t-il attendu le lendemain pour prévenir le
commissariat, interroge-t-il dans sa plaidoirie. « Parce que je n’aurais pas voulu
gêner la DGSI s’il était suivi », a répondu
un peu plus tôt le policier. « C’est gênant,
a aussi noté le premier conseiller en charge de l’audience, sur les vidéos de surveillance, on ne voit pas votre voiture. »
Dans ses réquisitions, Marie Grosset, insistera sur « la parole d’un policier assermenté qui a eu le temps de reconnaître une
personne qu’elle connaît bien ».
Reste le malaise concernant les images
de Daech retrouvées sur une extension de
mémoire du téléphone de Oualid B. « Ça
ne me dit rien, je ne sais pas de quand elles
datent, peut-être de quand je baignais
dans ce milieu-là, explique Oualid B. Alors
c’est clair qu’on avait des images. Mais j’ai
changé, j’ai réfléchi depuis que j’ai été en
détention », tente-t-il mollement. « Un
revirement auquel il est difficile de croire »,
martèle le parquet général, pour qui l’on
ne peut qu’« être inquiet qu’un tel individu
en liberté dans un dossier aussi sensible
d’assises ait pu aller on ne sait où, voir on
ne sait qui, pour quoi faire ». Six mois
d’emprisonnement ont été requis, avec
révocation d’un sursis dans une affaire de
2015 avec mandat de dépôt à l’audience.
La décision sera rendue le 25 octobre. ■
Ambiance électrique
à l’université d’été
du féminisme
présente
En raison d’invités jugés peu consensuels,
le débat organisé par Marlène Schiappa a été vif.
AGNÈS LECLAIR £@AgnesLeclair
DROITS DES FEMMES Ouverture d’esprit
ou polémique à tout prix ? Marlène
Schiappa a en tout cas réussi à faire parler
de « sa » première université d’été du
féminisme, organisée jeudi et vendredi à
Paris.
Est-il possible de débattre de « Me
too », le mouvement de la libération de
la parole des femmes sur les violences
sexuelles, avec des personnalités qui ont
porté un regard critique sur ce phénomène, comme la journaliste et essayiste
Peggy Sastre, à l’origine de la tribune des
100 femmes pour « la liberté d’importuner » ? La journaliste et polémiste Élisabeth Lévy, le philosophe Raphaël Enthoven ont-ils leur place dans un colloque
sur le féminisme post-affaire Weinstein ? Leur simple présence a en tout cas
choqué nombre de militants, avant
même l’ouverture des débats.
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Nous devons
être unis face
aux attaques des
obscurantistes
qui remettent en cause
les droits des femmes
MARLÈNE SCHIAPPA
”
«Le féminisme n’est ni une secte ni une
marque déposée », a rétorqué la secrétaire d’État à l’Égalité entre les femmes et
les hommes dans Libération, en réponse
aux cris d’orfraie. Une tribune opportunément agrafée au programme distribué
à l’entrée de l’événement…
Sa meilleure attaque, c’est la défense.
Marlène Schiappa a donc ouvert sa
« première université du féminisme » en
répondant aux polémiques. Entre deux
traits d’humour, une citation d’Eleanor
Roosevelt et un programme en trois
points - « réflexion, opinion, action » elle a notamment défendu le coût de ces
deux journées d’échanges au Studio 104
de la Maison de la Radio. Une facture de
300 000 euros, a révélé mercredi Le Canard enchaîné. « Oui, cet événement coûte
cher, a-t-elle assumé. Je ne vois pas pourquoi les événements qui portent sur l’économie ou sur l’innovation technologique se
feraient toujours dans des endroits magni-
fiques et pourquoi les débats sur le féminisme auraient lieu dans des deuxièmes
sous-sols avec douze chaises pliantes. »
Un point de vue que les associations et
structures d’aide aux victimes de violences en mal de crédits ont du mal à digérer. De manière plus consensuelle, la secrétaire d’État a ensuite appelé à l’unité :
« Nous devons être unis face aux attaques
des obscurantistes qui remettent en cause
les droits des femmes. Encore hier, en
2018, un gynécologue a parlé de l’IVG
comme d’un homicide. »
Sur scène, lors des tables rondes, le
spectacle annoncé est aussi au rendezvous. « Il y a des gens qui sont venus en
croyant qu’ils allaient voir Belzébuth incarné », a d’emblée ironisé Peggy Sastre,
lors d’une première table ronde « Me
too, et après ». « L’État de droit a des défaillances par rapport aux victimes de violences sexuelles, mais on ne réglera pas ces
défaillances en revenant à des logiques
moyenâgeuses d’opprobre, où une accusation vaut une condamnation, a-t-elle
ensuite averti. Beaucoup de féministes disent que, maintenant, les hommes ont peur
et en sont très contentes. Je ne vois pas
comment on peut être content de ça. » Des
premiers chuchotements parcourent la
salle. « Metoo ne fait pas peur aux hommes, ça fait peur aux agresseurs », a répliqué un autre participant, le capitaine
de police Édouard Boyer. Applaudissements. « C’est une pensée optimiste. Les
vrais prédateurs s’adaptent », contredit
l’essayiste.
L’ambiance s’électrise lors de l’échange entre Élisabeth Lévy et la philosophe
Martine Storti, invitées de la table ronde
« Peut-on être féministe et conservatrice ? ». Le féminisme « court un danger
mortel qui est celui de l’enfermement sectaire », débute la première. « La condition des femmes n’a rien à voir avec le discours victimaire véhiculé par Me too »,
poursuit-elle. Une participante s’agace :
« Tu vis sur quelle planète ? » Martine
Storti estime au contraire qu’aujourd’hui
« les femmes cessent d’être victimes pour
prendre la parole ». Alors que des « hou »
se font entendre, alors qu’elle a la parole,
Élisabeth Lévy s’emporte : « Les huées,
c’est le signal faible de la barbarie. »
L’après-midi, seul en scène, Raphaël
Enthoven, remercie Marlène Schiappa
d’avoir évité « la confiscation du débat
par une seule vision du monde ». Sans
contradicteur. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
vendredi 14 septembre 2018
SCIENCES
13
Le plus ancien
dessin au
crayon dévoilé
En Afrique du Sud, un petit bout de roche
a été retrouvé avec des décorations,
de fines lignes d’ocre datant de 73 000 ans.
JEAN-LUC NOTHIAS jlnothias@lefigaro.fr
ARCHÉOLOGIE Est-ce le Picasso de
l’époque qui a tracé ces quelques traits
d’ocre sur une pierre façon cubisme ?
Est-ce un gribouillage d’enfant ou la trace d’une première « comptabilité » ?
Bien malin qui pourrait le dire. Ce qui est
sûr, c’est qu’une main humaine a utilisé
un crayon d’ocre taillé en pointe pour
réaliser un dessin abstrait. Et ce il y a
73 000 ans, dans une grotte de la pointe
méridionale de l’Afrique. C’est le plus ancien exemple connu de dessin abstrait
réalisé par Homo sapiens avec un bâton
pointu d’ocre. Il précède de 30 000 ans les
plus anciens dessins abstraits et figuratifs
connus réalisés avec la même technique.
C’est une équipe internationale, dont
des membres du laboratoire Pacea
(CNRS/Université de Bordeaux) et du la-
boratoire Traces (CNRS/Université de
Toulouse - Jean-Jaurès) qui a réussi à démontrer que ce « hashtag », neuf fines lignes entrecroisées, de l’âge de pierre
était bien d’origine humaine (travaux
publiés dans Nature). « La découverte de
ce petit fragment de roche siliceuse, de
quelques centimètres tient presque du miracle », reconnaît Francesco d’Errico, du
laboratoire Pacea, professeur au Center
for Early Sapiens Behavior à l’université
de Bergen (Norvège), coauteur de ces
travaux. « Et il a nécessité des années de
travail et d’analyse depuis sa découverte
en 2011. »
Il a été trouvé dans la grotte de Blombos, à la pointe sud de l’Afrique du Sud, à
300 km à l’est de la ville du Cap, en 1991
par l’anthropologue sud-africain Christopher Henshilwood, aujourd’hui à
l’université de Bergen, et premier signataire de ces travaux. Cette petite grotte, à
Une main humaine a utilisé un crayon d’ocre taillé en pointe pour réaliser un dessin abstrait sur cette pierre.
100 m de la mer et à 35 m au-dessus, de
55 m², est devenue incontournable. Elle
abrite des témoignages d’occupation humaine de 140 000 à 73 000 ans. Entre
140 000 et 100 000 ans, seuls quelques
outils primitifs ont été découverts. La
couche datant de 80 000 ans a livré des
bifaces, des outils en os et également des
poinçons.
Une sorte de berceau
de la cognition humaine
La couche datée à 73 000 ans a, elle, révélé de nombreuses « premières » comme
une nouvelle technique de taille de
pierre, des parures de coquillages percés
ou les plus anciennes approches esthétiques réalisées par l’homme moderne,
bloc d’ocre décoré de motifs à chevrons
et maintenant ces lignes entrecroisées sur
de la roche dessinant le même motif. Une
sorte de berceau de la cognition humaine.
« Avec mes deux collègues du laboratoire, Laure Dayet et Alain Queffelec, nous
avons effectué les analyses microscopiques
et chimiques », explique Francesco d’Errico. « Nous avons commencé par caractériser les lignes d’ocre en montrant que
leur concentration en fer était très différente de tout ce qui l’entourait. Donc que ce
n’était pas une transmission passive venant du sol ».
Déterminer si ces lignes avaient été tracées délibérément par une main humaine
était un défi autrement difficile à relever.
« Nous avons reproduit expérimentalement
les traits avec plusieurs techniques : avec
des morceaux d’ocre pourvus d’une pointe
ou présentant un tranchant ; avec des morceaux de bois, avec des pinceaux porteurs
d’un mélange d’eau et de poudre d’ocre, à
plusieurs dilutions différentes », poursuit
le chercheur. Grâce à de puissantes techniques d’analyse microscopique, permet-
CRAIG FOSTER/AFP
tant de visualiser les frottements et les
usures, ils ont montré que la seule façon
de réaliser les lignes du dessin était de les
tracer à la main avec un crayon d’ocre
pointu, à la pointe large de 1 à 3 millimètres, sur une surface préalablement lissée
par frottement. Ce n’est donc pas un hasard et cela devait avoir une signification
symbolique. « Ce petit morceau de roche
faisait partie d’un objet plus grand, peutêtre une meule pour réduire l’ocre en poudre », ajoute Francesco d’Errico.
Il est maintenant loin le temps où l’on
pensait que l’art préhistorique était né
en Europe il y a quelque 40 000 ans. Les
peintures de la grotte de Lascaux, « la
chapelle Sixtine de l’art pariétal », datent de 18 000 ans et celles de Chauvet
de 36 000 ans avant le présent. Mais, on
sait qu’en Eurasie, l’homme de Néandertal était déjà un artiste peintre il y a
65 000 ans. ■
Cancers héréditaires :
les Français prêts
aux tests génétiques
“
Quand on a découvert
que j’étais moi aussi
porteuse d’une mutation
BRCA2, j’ai décidé de me
faire enlever la poitrine
LÆTITIA MENDES, FONDATRICE
DE L’ASSOCIATION GENETICANCER
”
Connaître son risque individuel serait
la principale motivation de 50 % des
Français pour accepter de réaliser un
test génétique. Plus d’un Français sur
trois le ferait pour bénéficier d’un suivi
personnalisé tout au long de la vie ou
encore pour informer ses proches de
l’existence d’un risque familial.
Le principal frein potentiel à la réalisation d’un test génétique de prédisposition aux cancers est « le risque de voir
les résultats utilisés à d’autres fins » (assurance, vie professionnelle, commercialisation, etc.), pour 54 % des Français, devant l’angoisse liée à la
connaissance d’un risque personnel
(44 %) et la culpabilité liée à la possibilité de transmettre ce risque (25 %).
Passer un test génétique n’est pas
anodin, d’où l’encadrement législatif
rigoureux en France via des consultations d’oncogénétique. Pourtant certains n’hésitent pas à passer des tests à
l’étranger via Internet. À leurs risques
et périls. « On peut trouver tout et n’importe quoi dans ces tests, met en garde le
Dr Catherine Nogues, généticienne, y
compris des gènes dont le risque n’est
pas prouvé. » ■
À Malakoff,
je vous suis
dans les
coups durs
et les coups
de foudre,
je suis postière.
Julie est gestionnaire clientèle bancaire à La Poste. Elle vous accompagne
et propose des solutions adaptées à tous les grands évènements de votre vie.
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Chiffres RH tirés du Rapport Social 2017 — Le Groupe La Poste. Plus d’informations sur le site groupelaposte.com
A
ONCOLOGIE En France, huit personnes
sur dix n’ayant jamais passé de test génétique de prédispositions héréditaires
aux cancers seraient prêtes à en faire
un. Le sondage Viavoice réalisée pour
l’Observatoire cancer de l’Institut Curie
montre que les Français sont prêts.
Mais aussi qu’ils surestiment le poids de
l’hérédité.
Il est vrai que le taux de cancers héréditaires est largement surestimé par
91 % des Français. La moitié considère
même que cela représente entre 26 et
50 % de la globalité des cancers, alors
qu’en réalité ce n’est le cas que pour 5 %
des cancers ! Autant dire que la détection d’un cancer héréditaire dans une
goutte de sang n’est pas pour demain.
« Ça n’est pas étonnant, explique la
Pr Dominique Stoppa-Lyonnet, chef du
service de génétique de l’Institut Curie,
les cancers sont si fréquents dans les familles que nous sommes tous concernés.
Pour le cancer du sein, par exemple, le
risque cumulé à 70 ans pour une femme
est de 9 %, ajoute-t-elle. Or, statistiquement, le risque qu’un de ses apparentés au premier ou second degré (mère,
grand-mère, sœur, etc.) ait un cancer
fortuit est de 36 %. »
Lorsque l’on évoque l’hérédité des
cancers, les Français pensent d’abord
au cancer du sein. Ce qui n’est pas surprenant car c’est le plus fréquent des
cancers féminins (il touche aussi des
hommes). Mais des cancers digestifs,
comme le cancer colorectal sont aussi
concernés.
En 2013, âgée de 38 ans, l’actrice Angelina Jolie décidait de subir une
chirurgie préventive en se faisant enlever les seins (mastectomie prophylactique) car elle se savait porteuse d’une
mutation BRCA2. L’une des mutations,
avec celle de BRCA1, qui augmentent
considérablement le risque de cancer
du sein.
La chirurgie préventive, c’est aussi le
choix qu’a fait Lætitia Mendes, fondatrice de l’association Geneticancer, et
auteur de Mon petit gène, ma seconde
chance (éditions Anne Carrière). « Mon
arrière-grand-mère, ma grand-mère,
ma mère ont toutes eu un cancer du sein,
raconte-t-elle. En 2006, j’avais 26 ans
quand ma mère a découvert qu’elle était
porteuse de BRCA2, j’ai fait le test et
quand on a découvert que j’étais, moi
aussi, porteuse, j’ai décidé de me faire
enlever la poitrine. » Une façon de « reprendre sa vie en main », raconte-t-elle.
« Un sentiment de soulagement que
l’on rencontre souvent dans ce type de situation, confirme la Dr Sylvie Dolbeault, psychiatre et chef du pôle psycho-oncologie et social de l’Institut
Curie. On parle souvent des risques de
façon très rationnelle, ajoute-t-elle,
mais il faut souligner combien les facteurs subjectifs modifient la perception
des femmes. »
La Poste – SA au capital de 3 800 000 000 € – 356 000 000 RCS Paris – Siège social : 9, rue du Colonel Pierre Avia 75015 Paris –
DAMIEN MASCRET £@dmascret
–
Si on le leur proposait, 8 personnes sur 10
accepteraient d’évaluer leur prédisposition
à développer la maladie.
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vendredi 14 septembre 2018 LE FIGARO
14
SPORT
BPCE, premier partenaire de Paris 2024
pour des « Jeux d’exception »
Tony Estanguet, président du comité d’organisation de Paris 2024, et Laurent Mignon, président du directoire
du groupe BPCE, expliquent pourquoi la banque a été choisie comme premier partenaire premium des JO.
PROPOS RECUEILLIS PAR
Laurent Mignon
(BPCE)
et Tony Estanguet
(à droite),
mercredi, à Paris.
BERTILLE BAYART £@BertilleBayart
ET MARTIN COUTURIÉ
£@martincouturie
PARTENARIAT Le comité d’organisation des Jeux olympiques de Paris
2024 démarre la campagne de financement de l’événement. Il vient de
choisir le premier de ses partenaires
dits « premium ». Ce sera le groupe
BPCE. Tony Estanguet, le président
du Cojo et multimédaillé olympique
de canoë, et Laurent Mignon, depuis
peu patron de BPCE, expliquent au
Figaro les raisons de leur alliance.
LE FIGARO. – Qu’est-ce qui
a rapproché le comité
d’organisation des Jeux de 2024
et le groupe BPCE ?
Laurent MIGNON. – Quand la France a gagné l’organisation des Jeux, à
Lima, il y a tout juste un an, avec
François Pérol, nous avions tout de
suite pensé que c’était un événement sur lequel le groupe BPCE pouvait jouer un rôle. Les discussions
entre nous ont été directes, rapides.
Nos valeurs – l’esprit d’équipe, l’esprit d’initiative, le collectif… - sont
en résonance avec l’olympisme. Les
Jeux seront emblématiques de la
France qui performe, qui inclut, qui
se dépasse. Et ce partenariat correspond pour le groupe BPCE à un vrai
projet d’entreprise, sur la durée,
pour lequel nos équipes vont se mobiliser fortement, partout en France.
Tony ESTANGUET. – C’est vrai que
le groupe BPCE nous a contactés dès
la victoire de Lima ! J’ai été frappé
par leur envie. BPCE est un grand
groupe, très impliqué dans le sport,
qui connaît ce monde. J’ai eu l’impression pendant nos discussions
qu’ils avaient ça en eux. Et qu’ils savent que dans le sport, le mot « partenaire » est important. Nous nous
sommes tout de suite retrouvés
autour de la même ambition : surprendre, repousser les limites, mobiliser le pays pour valoriser le
meilleur de la France.
Ce partenariat ne démarre que
le 1er janvier 2019, date à laquelle
sont activés les droits marketing.
J. C. MARMARA/LE FIGARO
6,8
milliards €
de budget total pour
les JO de Paris 2024
3,8
milliards €
de budget pour
l’organisation des Jeux
dont 1,5 milliard du CIO
2,3
milliards €
de recettes privées à
trouver, avec la billetterie
Pourquoi l’annoncer dès
maintenant ? Était-ce important
pour BPCE d’être le premier ?
T.E. - Cela nous permet de prendre
un temps d’avance et d’être prêts
dès le 1er janvier pour déployer une
stratégie d’engagement ambitieuse
sur six années pleines.
L.M. – Oui, c’était important d’être
le premier. Cela montre notre réactivité, et cela prouve, sur la base de
notre propre analyse de l’événement, qu’on y croit. Être le premier
des principaux partenaires désignés, cela crée aussi un supplément
de confiance, d’intimité.
lètes des stades et transformer le patrimoine français - à Versailles, au
pied de la tour Eiffel, … - en un magnifique écrin pour le sport. Nous
voulons aussi mobiliser les Français
pendant six ans autour de grands
enjeux pour notre pays : le développement de la pratique sportive pour
tous, la lutte contre la sédentarité,
l’inclusion sociale par le sport, le
changement de regard sur le handicap. BPCE est un groupe bancaire :
ils sont au contact des Français.
C’est donc le bon partenaire pour
embarquer les Français dans le plus
grand projet que la France ait jamais
organisé.
Pourquoi BPCE plutôt qu’un groupe
plus international ? Et pourquoi
une banque ?
T.E. – J’insiste sur l’ambition qui est
la nôtre : nous voulons faire gagner
la France et faire bouger le pays. Les
Jeux de Paris 2024 seront audacieux
et marqueront durablement les esprits. Nous allons faire sortir les ath-
L.M. – Nous sommes banquiers,
coopératifs, et présents sur l’ensemble du territoire. Nous partageons
avec l’olympisme des valeurs d’humanisme et de performance. Nous
voulons être de cette aventure parce
que nous ne sommes pas un banquier hors de la société. Nos marques
groupe BPCE, Caisse d’épargne,
Banque populaire, Banque Palatine
et Natixis, qui seront toutes impliquées dans ce projet, soutiennent
activement le sport au travers de
partenariats existants avec le Comité
national olympique français, le handball, le basket, la voile, le rugby…
En quoi les Jeux de Paris 2024
vont-ils casser les codes ?
T.E. – Nous voulons penser des Jeux
d’exception, avec notre touche
française, et aussi les démocratiser,
en créant par exemple un nouveau
concept jamais vu auparavant
d’« épreuves populaires ». Il faut
que ce soit unique, à la hauteur d’un
événement qui ne vient qu’une fois
par siècle en France et qui attire
4 milliards de téléspectateurs. Nous
allons aussi capitaliser sur l’enthousiasme des jeunes qui sont à fond
derrière les Jeux (92 % approuvent
l’organisation des Jeux en France).
Le groupe BPCE est d’ailleurs un ac-
teur engagé sur les enjeux d’éducation. Nous aurons dès la première
semaine de février, avec la Semaine
olympique et paralympique à l’école, une première occasion de mettre
cette ambition en œuvre.
L.M. – Les Jeux sont un événement
très fédérateur qui peut jouer un
rôle sociétal, au-delà de l’enthousiasme du moment. Ces Jeux auront
un héritage.
Il y aura d’autres partenaires
premium, mais BPCE a-t-il
l’exclusivité pour le secteur
bancaire ?
T.E. – Oui, c’est un partenariat exclusif. De façon générale, nous voulons faire du sur-mesure selon le
terrain d’expression que nos partenaires souhaitent privilégier. J’espère bien constituer une « dream
team » d’entreprises partenaires !
C’est d’autant plus important que
97 % du budget de l’organisation
des Jeux sera financé par de l’argent
privé. L’argent public, lui, est fléché
sur les infrastructures, principalement le Centre aquatique et des logements en Seine-Saint-Denis, qui
répondent à des besoins locaux qui
dépassent les Jeux.
Combien le groupe BPCE
apporte-t-il ?
L.M. – Cela, c’est confidentiel. Mais
cela ne se substitue pas aux engagements que nous avons par ailleurs
dans le monde sportif.
Partagez-vous les inquiétudes
actuelles du monde sportif,
y compris en vue des Jeux,
du fait des restrictions budgétaires
qui sont annoncées ?
T.E. - C’est vrai qu’il y a des inquiétudes, je les partage. Je salue la réactivité avec laquelle la ministre s’est
saisie du sujet pour ouvrir le dialogue
avec le mouvement sportif. Au niveau de Paris 2024, notre responsabilité est de faire en sorte que les Jeux
soient un accélérateur pour le monde
sportif, les fédérations et les athlètes
français. Nous avons aussi besoin
d’un État fort qui apporte son soutien
au sport. Ce n’est pas seulement une
dépense, c’est un investissement. ■
L’ultime chevauchée pour un sacre annoncé
SERGE MESSAGER smessager@lefigaro.fr
À BORD DU BATEAU DE LA DIRECTION DE COURSE
VOILE La messe était pratiquement dite
au moment du départ de la quatrième et
ultime étape, jeudi à 18 h 30 au large de
Saint-Gilles-Croix-de-Vie. Le vainqueur de la Solitaire Urgo Le Figaro 2018
étant déjà plus ou moins désigné. Après
un parcours quasiment sans faille depuis
le 26 août dernier au départ du Havre, en
trois manches bien troussées, dont deux
empochées, Sébastien Simon (BretagneCMB Performance) pouvait légitimement s’élancer cœur vaillant. Devant ses
étraves, 160 milles à couvrir au pas cadencé via l’île de Ré, le plateau de Rochebonne, l’île d’Yeu, pour un retour
dans le berceau des chantiers Bénéteau
au bout de 24 heures, ce vendredi en fin
de journée. Dominateur sous toutes les
allures, intuitif, rapide et sur son nuage,
le Vendéen quittait donc ses terres sans
pression démesurée. La météo annoncée
ne présentant aucun piège particulier.
Le stress était en fait sur les épaules de
ses poursuivants au classement général
provisoire, dont le plus proche, Xavier
Macaire (Groupe SNEF), était pointé à
plus de 35 minutes. Sur les 35 autres participants, quatre s’élançaient en effet
pour ferrailler pour les places d’honneur.
Regroupés en 14 minutes, ils visaient les
strapontins, synonymes de belles performances malgré tout. Même si elles
n’ont malheureusement pas la saveur
d’un titre à jamais gravé sur les tablettes.
Charlie Dalin (Skipper Macif 2015), 3e à
11 minutes de Macaire et à 3 minutes devant Thierry Chabagny (Gedimat), voulait achever cette édition de la plus belle
des manières après des performances
que d’aucuns jugeaient en demi-teinte :
« Un cinquième podium consécutif serait
une issue heureuse après deux deuxièmes
et deux troisièmes places. Pour la victoire, cela va être cette fois-ci encore compliqué. Mais on ne sait jamais. Gagner
l’étape serait pour moi une belle façon de
terminer une belle histoire après huit saisons sur le circuit. Avec mon projet 60
pieds Imoca, je ne vais pas prendre le départ d’une course avant un an. Je souhaite
donc en profiter un maximum. »
« À la queue leu leu »
Vainqueur de la première manche dans
la baie de Saint-Brieuc, Anthony Marchand (Groupe Royer-Secours Populaire)
espérait monter pour la première fois
sur ce fameux podium alors qu’il en est à
sa 8e participation. Quelques minutes
avant le départ du ponton, sa mine était
grave : « Comme il n’y a pas grand-chose
à craindre tout au long du parcours, on
sera un peu à la queue leu leu, le départ et
la bouée de dégagement seront primordiaux. Il ne faudra surtout pas griller la
ligne, car cela veut dire partir en dernier
après avoir fait demi-tour. Sur l’eau,
contrôler sera difficile si Macaire, Charlie
(Dalin) ou Thierry Chabagny partent
dans leur coin. Il me faudra improviser en
regardant où je suis par rapport à eux.
Mais pour l’instant, je n’ai aucune réponse. La seule solution est que je navigue
mieux qu’eux. »
Ce sprint d’une journée n’a pas le format type d’une étape de la Solitaire. Il a
ses détracteurs et ses partisans. Quoi
qu’il arrive, tous auront une dernière
possibilité de briller pour l’ultime sortie
de leur Figaro Bénéteau 2. ■
La Solitaire Urgo - Le Figaro
A
du 20 août au 16 septembre 2018
départs et arrivées d’étapes, classements, interviews…
retrouvez les temps forts de la régate sur franceinfo
ALEXIS COURCOUX POUR LE FIGARO
Le podium de la Solitaire Urgo Le Figaro 2018 doit être connu ce vendredi, avec, sauf surprise, Sébastien Simon sur la 1re marche.
Départ de la quatrième étape
de la Solitaire Urgo Le Figaro 2018, jeudi,
au large de Saint-Gilles-Croix-de-Vie.
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LE FIGARO
vendredi 14 septembre 2018
SPORT
15
L’absence du numéro un mondial a changé
la donne de la demi-finale opposant
l’équipe de France à l’Espagne, marquée
aussi par la première de Benoît Paire.
ROMAIN SCHNEIDER rschneider@lefigaro.fr
DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL À VILLENEUVE-D’ASCQ
TENNIS Si le tennis français masculin est
dans le creux de la vague sur le circuit
ATP, il peut encore rêver d’un doublé en
Coupe Davis, qui vit cette année son ultime édition dans son format traditionnel.
Rafael Nadal ne sera pas de la partie lors
de la demi-finale, à partir de vendredi
(13 h 30, France TV, beIN) à Villeneuved’Ascq. Et c’est tout le scénario de la rencontre qui change. Avec le numéro un
mondial, vainqueur de 24 de ses 25
matchs dans cette épreuve, l’Espagne
avait tout de l’invincible armada. « J’ai
passé tout l’été à penser à Nadal. Quand
Nadal joue, c’est quasiment deux points
(assurés) pour l’Espagne… Là, ça change
tout et il faut s’adapter. C’était du 50
contre 1. Sans Nadal, c’est équilibré », a affirmé le capitaine de Bleus Yannick Noah.
Sans lui, les Bleus ont une réelle chance
de se donner le droit de défendre leur titre en novembre prochain. C’est une habitude. Depuis la nomination de Yannick
Noah comme capitaine de l’équipe de
France de Coupe Davis, les tricolores ont
presque toujours bénéficié de l’absence
du numéro un adverse. Pour la première
de Noah depuis son retour, sur la terre
battue de Baie-Mahault en mars 2016, la
France avait disposé sans forcer d’un Canada, amputé de son leader Milos Raonic.
Tomas Berdych avait été ensuite absent
pour la République tchèque en quart de
finale. Marin Cilic, le meilleur joueur
croate, était en revanche bien là en demi-finales, et les Bleus s’étaient inclinés.
En 2017, au premier tour, le Japonais Kei
Nishikori avait fait l’impasse, Andy Murray, lui, était blessé pour défier les Bleus
en quarts. Pas de Novak Djokovic, non
plus, en demi-finales. Le Serbe avait mis
un terme à sa saison après Wimbledon,
en raison d’une blessure au coude…
Un bizuth dans l’épreuve
Ce week-end, Pablo Carreno Busta (21e)
et Roberto Bautista Agut (26e) semblent à
portée de raquette des tenants du titre.
Les troupes françaises n’apportent toutefois pas des garanties béton. Le leader,
Lucas Pouille, opposé lors du second
simple au numéro 2 espagnol Bautista
Agut, ne respire pas la grande forme depuis plusieurs mois. Quant à Benoît Paire,
qui ouvrira le bal contre Carreno Busta,
c’est un bizuth dans cette épreuve…
Noah a tranché, le préférant à Richard
Gasquet, qui serait légèrement blessé :
« Ce n’était pas un choix facile, a assuré le
capitaine des Bleus. Richard a eu un petit
problème au genou, puis a été grippé cette
semaine. Je ne pouvais pas prendre le risque de le lancer dans l’équipe. Je n’ai pas
hésité trop longtemps pour choisir Benoît
sur ce match (il est à 3-3 dans ses
confrontations avec Carreno Busta). Il a
HUGUEN/AFP
Sans Nadal
et avec Paire, la
France peut rêver
L’équipe de France (à gauche)
et l’équipe d’Espagne, jeudi à Villeneuve-d’Ascq.
fait une belle préparation et une bonne semaine d’entraînement. Il y a l’excitation de
pouvoir travailler avec Benoît. Ça faisait
longtemps qu’il était aux portes de l’équipe
de France. Je voulais voir comment ça allait se passer avec le groupe, sa réaction
lors des entraînements, et ça a été parfait.
Il se sent bien encadré et bien entouré. Il
fait partie de la famille. Je suis confiant. »
Noah, taquin, est revenu sur le caractère
volcanique du fantasque joueur de 29
ans. « On attend aussi de savoir quand il
va casser cinq ou six raquettes (rires). Et
là, vous allez kiffer, vous allez voir ma
gueule, ça va être marrant ! On s’est dit
pas plus de trois raquettes par set. On a
pas mal de raquettes en stock. »
Benoît Paire, un peu gêné par la sortie
de Noah, s’est défendu : « Est-ce que la
Coupe Davis peut me permettre de changer vis-à-vis du public mon image d’enfant terrible ? Cette image, j’essaie déjà
de la changer depuis quelque temps. C’est
vrai qu’il y a eu l’épisode du tournoi de
Washington (en août) où je me suis énervé, mais j’étais assez calme depuis le début de l’année. Je suis ici pour confirmer
que, depuis un an, c’est déjà beaucoup
mieux, que je pense plus au jeu qu’à casser des raquettes. J’ai juste à cœur de
rapporter un point à l’équipe en étant sérieux. » Pour bien lancer le train bleu. Le
Nordiste Lucas Pouille affrontera ensuite
Roberto Bautista Agut dans un stade
Pierre Mauroy où il avait apporté le
point de la victoire l’an dernier contre
la Belgique. Se souvenir des belles
choses. ■
EN BREF
Football : le PSG
contre Saint-Étienne
Après le match Nice (17e)-Rennes
(6e) à 19h (beIN), le Paris SG (1er)
reçoit Saint-Étienne (9e), à 20 h 45
(C+ sport), ce vendredi, pour le
compte de la 5e journée de Ligue 1.
Le PSG a signé un partenariat sur
trois ans avec la marque de sport
Jordan, filiale de Nike.
Cyclisme : Wallays triomphe
Le Belge Jelle Wallays (Lotto NL)
a remporté au terme d’une longue
échappée la 18e étape de la Vuelta.
Simon Yates est resté en rouge.
”
BRIGITTE VALADE, PRÉSIDENTE DE L’ASEFT
phase finale dans un seul pays et dans
la même ville (8es, quarts, demies et finale). Il n’avait pas été adopté par l’assemblée des nations. Quarante-cinq
ans plus tard, la réforme est passée
avec les dollars du groupe Kosmos. Et
les opposants n’ont plus que leurs yeux
pour pleurer : « C’est une page qui se
tourne, a déploré Yannick Noah, codétenteur du record de victoires en tant
que capitaine avec trois sacres (1991,
1996, 2017). Dans ma carrière, j’ai des
souvenirs extraordinaires de Coupe Davis, que je n’ai pas eus sur le circuit. Il y
a des personnes qui ont décidé que ça ne
comptait pas et qu’il valait mieux faire
À Lille, je viens
prendre le café
et vous aide
à le recycler,
je suis postière.
Sandrine est experte nouveaux services à La Poste. Elle propose
des solutions écologiques aux entreprises et collectivités comme le recyclage
de leurs capsules de café, la mise en place du covoiturage ou la formation
des employés à l’éco-conduite, pour les aider à moins polluer. Avec 4,5 millions
d’heures de formation dispensées en 2017, La Poste ne cesse d’évoluer
et de repenser ses métiers. Rendez-vous sur groupelaposte.com
Chiffres RH tirés du Rapport Social 2017 — Le Groupe La Poste. Plus d’informations sur le site groupelaposte.com
A
“
À titre personnel,
je suis pour le
boycott de ce futur
tournoi qui n’est
plus la Coupe Davis
une autre épreuve. Peut-être qu’elle va
satisfaire certains, mais ça ne sera jamais la Coupe Davis. La Coupe Davis
comme on la connaît, c’est terminé… Il y
a un peu de nostalgie. »
Cette réforme radicale met également en péril l’existence de groupes de
supporters. Comme à chaque rendezvous de Coupe Davis, les membres de
l’Aseft, l’association qui regroupe les
fans des équipes de France de tennis,
vont donner de la voix et mouiller le
maillot durant le match contre l’Espagne. Avec le cœur gros. Brigitte Valade, présidente de l’Aseft depuis 2011 et
membre depuis 2002, ne cache pas son
dépit : « Organiser cette épreuve sur
10 jours et sur un seul et même lieu
n’aura plus du tout la même saveur.
L’ambiance ne sera plus la même. Ce qui
nous désole, c’est que l’on continue à
appeler cette épreuve la Coupe Davis
alors que ça n’a plus rien à voir avec ce
qu’on a connu. L’âme de cette compétition est morte. C’est devenu juste une
épreuve comme les autres. »
Une assemblée générale de l’association se tiendra samedi matin pour
en savoir un peu plus sur la position
des adhérents (450). « À titre personnel, je suis pour le boycott de ce futur
tournoi qui n’est plus la Coupe Davis,
poursuit la présidente. Cette réforme
remet en question l’existence de l’association. Heureusement qu’il reste la Fed
Cup (en février contre la Belgique). On
sera présents pour cette compétition en
2019 même si elle risque également de
changer de format. »
Les membres de l’Aseft avaient porté un brassard noir dans les tribunes, à
Gênes, lors du quart de finale gagnant
contre l’Italie, pour affirmer leur opposition au projet de réforme de la
Coupe Davis porté par l’ITF. Ils avaient
aussi dévoilé une banderole : « Coupe
Davis in Danger ». Ils comptent bien
encore exprimer leur colère ce weekend, même si les jeux sont faits… ■
R. S.
La Poste – SA au capital de 3 800 000 000 € – 356 000 000 RCS Paris – Siège social : 9, rue du Colonel Pierre Avia 75015 Paris –
ASEPT
Il Y A DIX MOIS, ici même, dans le
stade Pierre-Mauroy, Lucas Pouille
offrait aux Bleus le point du sacre dans
une ambiance de corrida. Ce weekend, l’ambiance risque encore d’être
chaude contre l’Espagne, avant la
mise à mort de la Coupe Davis telle
qu’on la connaît avec ses matchs à domicile ou ses déplacements chez l’adversaire.
Avec l’adoption de la réforme, miaoût dernier, consistant notamment à
organiser l’épreuve sur une semaine
dans un même lieu, avec 18 équipes
nationales participantes, c’est l’essence même de la formule de cette épreuve centenaire qui est passée par pertes
et profits. Révolutionnaire, mais pas
trop. En 1973, des dirigeants, dont
Philippe Chatrier, président de la FFT
de l’époque, planchaient déjà sur un
projet radical où les 16 meilleures nations auraient disputé en dix jours une
–
Nostalgie pour les derniers
feux de la Coupe Davis
ancienne version
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
vendredi 14 septembre 2018
16
LE CARNET DU JOUR
Les annonces sont reçues
avec justification d’identité
par téléphone
01 56 52 27 27
deuils
Sylvie et Olivier Dailliez,
Marc et Blandine Allavoine,
Pascale et Patrick (†) Razou,
Véronique et Philippe Wibaux,
ses enfants,
par télécopie
01 56 52 20 90
par courriel
carnetdujour@media.figaro.fr
en nos bureaux
14 boulevard Haussmann,
75009 Paris,
sur notre site :
www.carnetdujour.lefigaro.fr
Tarif de la ligne € TTC :
Du lundi au jeudi
25 € jusqu'à 25 lignes
23 € à partir de 26 lignes
Vendredi ou samedi
28 € jusqu'à 25 lignes
26 € à partir de 26 lignes
Réduction à nos abonnés :
nous consulter
Reprise des annonces sur :
www.carnetdujour.lefigaro.fr
www.dansnoscoeurs.fr
Thibault et Guillemette
Dailliez,
Benoît et Sophie Dailliez,
Sophie et Bruno Guérin,
Céline et Yvonnic
de Tonquédec,
Claire et Grégoire Vandeputte,
Anne-Sophie et Nicolas
Lagache,
Louis Allavoine,
Marie et Gautier Ernotte,
Raphaëlle et Jérôme Feroldi,
Pauline et Henry d'Argaignon,
Pierre Antoine Razou
et Juliette, sa fiancée,
Nicolas Razou,
Pierre-Philippe Wibaux
et Norine,
Anne-Daphné et Maël Kerbaul,
Aurélie Wibaux,
Amaury Wibaux,
ses petits-enfants,
Bozena Gabrys,
si proche et dévouée,
l'équipe bienveillante
de la résidence Saint-Régis,
à Compiègne
font part du rappel à Dieu de
Pierre ALLAVOINE
Pierre-Yves TRÉMOIS
de l'Académie des beaux-arts,
dédicacera son livre
Trémois catalogue raisonné
(éditions Monelle Hayot),
textes d'Yvan Brohard,
les samedi 15
et dimanche 16 septembre 2018
de 15 heures à 17 heures,
à l'Institut de France,
23, quai de Conti, Paris (6e),
lors des Journées du patrimoine.
communications
le dimanche 9 septembre 2018,
dans sa 97e année.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
ce vendredi 14 septembre 2018,
à 14 h 30, en l'église
Saint-Jacques, à Compiègne.
Le vicomte
Patrick du Cos de La Hitte,
son époux,
Mme Delphine
Guillet de La Brosse,
M. Ghislain
du Cos de La Hitte,
M. et Mme
Emmanuel Gaulion,
ses enfants,
Carole SEIGNEZ
www.artcineart.art
exposera sa peinture à Dijon,
salle Danse Victoire,
68, rue de la Liberté,
Hugo et Capucine
Guillet de La Brosse,
Quiterie, Cyprien et Théodore
Gaulion,
ses petits-enfants,
le samedi 15 septembre 2018
de 14 heures à 19 heures
et le dimanche 16 septembre
de 9 heures à 19 heures.
ont la tristesse de faire part
du rappel à Dieu de la
conférences
vicomtesse
Patrick du COS de LA HITTE
née Marie-Claire de Catheu,
La Fondation Louis Vuitton
le 8 septembre 2018,
à l'âge de 79 ans, munie
des sacrements de l'Église.
propose une rencontre
le lundi 17 septembre 2018,
à 17 heures, dans
l'auditorium de la Fondation,
avec
La messe d'A-Dieu
sera célébrée
le samedi 15 septembre,
à 11 heures, en l'église
Notre-Dame-de-Grâcede-Passy,
10, rue de l'Annonciation,
à Paris (16e).
Dominique
GONZALEZ-FOERSTER
artiste,
Yann PERREAU
commissaire d'exposition,
écrivain et critique,
auteur du livre Incognito
dans lequel il retrace
« l'histoire secrète »
de l'anonymat.
L'inhumation aura lieu
à 16 h 30, au cimetière
de Moulins-la-Marche (Orne).
Avec son projet
d'opéra fragmenté M.2062,
Dominique Gonzalez-Foerster
incarne depuis 2012 différents
personnages réels ou fictifs,
sous forme d' « apparitions ».
Par ce jeu d'identités multiples,
l'artiste accède aussi
à une forme d'anonymat.
Les deux intervenants
s'intéresseront ainsi à certaines
figures anonymes
emblématiques, pour proposer
une conception de l'identité
multiple et ouverte.
Accès gratuit sur réservation :
www.fondationlouisvuitton.fr
Nantes.
« Seigneur, à qui irions-nous ?
Tu as les paroles
de la Vie éternelle. »
Jean 6, 68.
Jean-Philippe DECRÉ
âgé de 86 ans,
chevalier
de la Légion d'honneur,
s'est endormi confiant
dans l'Amour de Dieu,
Père de tous les hommes,
à la suite d'une brève maladie.
De la part de
Bernadette Decré,
son épouse,
Bruno et Stéphanie Decré,
Pierre et Frédérique Decré,
Anne-Laure Decré,
Brigitte et Erick Rinner,
Bénédicte et Benoît Perier,
Jean-Baptiste et Violaine
Decré,
ses enfants,
ses nombreux petits-enfants
et arrière-petits-enfants
et toute sa famille.
Naissance
Annoncez-la
... et recevez Le Figaro
gracieusement
pendant 3 mois
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La messe d'A-Dieu
sera célébrée
ce vendredi 14 septembre,
à 14 heures, en la basilique
Saint-Nicolas de Nantes.
Tél. 01 56 52 27 27
Fax. 01 56 52 20 90
carnetdujour@media.figaro.fr
www.carnetdujour.lefigaro.fr
Héloïse et Roald, Charles,
Grégoire et Géraldine,
Antoine, Alexandra, Adrien,
Charlotte, Matthieu,
ses petits-enfants,
ont la tristesse de faire part
du rappel à Dieu de
Mme Christiane DELAGE
née Marchand,
le 11 septembre 2018,
dans sa 89e année.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le lundi 17 septembre,
à 11 heures,
en l'église Saint-Pierre,
90, avenue du Roule,
à Neuilly-sur-Seine.
Cet avis tient lieu de faire-part.
42, boulevard d'Argenson,
92200 Neuilly-sur-Seine.
Ses neveux et nièces,
petits-neveux et petites-nièces,
parents et amis
ont la tristesse
de faire part du décès,
le 5 septembre 2018,
à Toulon, du
vice-amiral (2S)
François FLOHIC
né le 2 août 1920,
à Ploubazlanec
(Côtes-d'Armor),
ancien des Forces navales
françaises libres,
ancien aide de camp
du général de Gaulle,
commandeur
de la Légion d'honneur,
grand'croix
de l'ordre national du Mérite,
commandeur
de l'ordre royal de Victoria.
Les obsèques religieuses
ont eu lieu
le mardi 11 septembre 2018,
à la Seyne-sur-Mer.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Plutôt que des fleurs,
des dons en faveur de l'Arche
arche-france.org
ou de Misericordia
misericordia-international.org
Il repose à la chambre
funéraire de la clinique
Saint Augustin de Nantes.
Nous remercions les médecins
et tout le personnel
de la clinique Saint Augustin.
Louisa Ricardo,
Philippe Malaquin
ont la tristesse
de vous annoncer le décès de
Mme Odette LAPP
salariée
du Crédit Foncier de France
de 1943 à 1981,
survenu à l'âge de 98 ans.
Selon sa volonté, elle a été
enterrée dans l'intimité,
à Houilles, le 6 septembre 2018.
M. Gérard Laureau,
son époux,
M. et Mme
Dominique Laureau,
M. et Mme Olivier Laureau,
M. (†) et Mme Patrice Laureau,
M. et Mme Xavier Laureau,
M. et Mme Hervé Laureau,
ses enfants,
ses petits-enfants
et arrière-petits-enfants
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
ses 19 arrière-petits-enfants,
et toute la famille
signatures
M. et Mme Hervé Delage,
M. et Mme Anton Kaeslin,
M. et Mme Denis Leroy,
ses enfants,
Simonne Deluen-Delorme,
son épouse,
Edgar Deluen,
son petit-fils,
Odette Delorme,
sa belle-sœur,
ont la grande tristesse
de vous annoncer le décès de
Le transfert des cendres de
Roger GOLIAS
aura lieu
le lundi 17 septembre 2018,
à 10 h 30,
au cimetière des Gonards,
19, rue de la Porte-de-Buc,
à Versailles.
Alain DELUEN
grand officier
de la Légion d'honneur,
croix de guerre 1939-1945,
médaille de la Résistance
avec rosette,
préfet honoraire,
secrétaire général honoraire
de la présidence
de la république
et du gouvernement
de la Côte d'Ivoire,
survenu le 3 septembre 2018.
L'inhumation a eu lieu
dans la plus stricte intimité,
le 11 septembre, au cimetière
du Montparnasse, à Paris.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Simonne Deluen,
Odette Delorme,
Edgar Deluen,
6, rue Valentin-Haüy,
75015 Paris.
Monique et Dominique
Auburtin,
Antoine et Marie-Laure
Denoix,
Jean-Luc et Catherine Denoix,
ses enfants,
ses petits-enfants,
ses arrière-petits-enfants
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Mme Gilles DENOIX
née Thérèse Foucart,
survenu le 13 septembre 2018,
à l'âge de 90 ans.
La cérémonie religieuse aura
lieu le mardi 18 septembre,
à 10 heures,
en l'église Saint-Dominique,
20, rue de la Tombe-Issoire,
Paris (14e).
Mlle Marie
d'ESPALUNGUE d'ARROS
s'est endormie
dans la Paix du Seigneur,
le mercredi 12 septembre 2018,
dans sa 83e année, munie
des sacrements de l'Église.
De la part de :
Yves et Antoinette (†)
de Framond,
leurs enfants, petits-enfants
et arrière-petits-enfants,
Robert et Catherine
de Volontat,
leurs enfants et petits-enfants,
Arnaud et Marie-Claude
d'Espalungue d'Arros,
leurs enfants et petits-enfants,
Jean et Marie-Joëlle
d'Espalungue d'Arros,
leurs enfants et petits-enfants,
Guilhem et Anne
d'Espalungue d'Arros,
leurs enfants et petits-enfants.
La messe d'obsèques
sera célébrée
en l'église paroissiale
de Villars-les-Dombes (Ain),
le lundi 17 septembre, à 9 h 30.
L'inhumation aura lieu
le mardi 18 septembre,
à 10 heures,
dans le caveau de la famille
d'Espalungue d'Arros,
au cimetière d'Arros-de-Nay
(Pyrénées-Atlantiques),
où elle rejoindra
ses très chers parents.
La famille remercie toutes
les personnes qui l'ont entourée
pendant des mois,
avec beaucoup d'affection
dans sa famille,
et de soins attentionnés
dans les organismes
ou elle a été accueillie.
Alice Holleaux,
née Gueyffier,
Georges Holleaux,
Didier Holleaux,
Louis Holleaux,
ainsi que Mathieu, Thomas,
Pierre, Vincent, Marguerite,
Aleximie, Marianne,
Alexandre, Guillaume
et Manon Holleaux
ont la tristesse
de vous faire part du décès,
survenu à Paris,
le 10 septembre 2018, dans sa
quatre-vingt-sixième année, de
Jean-Marc HOLLEAUX
leur mari, père, grand-père.
La cérémonie religieuse
aura lieu
ce vendredi 14 septembre 2018,
à 10 h 30, en l'église
Saint-Ferdinand-des-Ternes,
Paris (17e),
suivie de l'inhumation
au cimetière du Père-Lachaise.
Cet avis tient lieu de faire-part.
9, rue de Saint-Senoch,
75017 Paris.
Le père Robert JORENS
est entré
dans la Lumière de Dieu,
le jeudi 13 septembre 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le lundi 17 septembre,
à 14 h 30, en l'église
Saint-François-de-Sales,
17, rue Ampère, Paris (17e),
suivie de l'inhumation
dans le caveau
des Douze Apôtres,
au cimetière du Montparnasse.
De la part de
la famille et les amis.
Sa famille
nous prie d'annoncer le décès,
le 11 septembre 2018,
dans sa 92e année, de
Henri JOUAN
24, avenue Albert-Joly,
78300 Poissy.
M. et Mme
Michel de Lamartinie,
M. et Mme Luc de Lamartinie,
M. et Mme
Xavier de Lamartinie,
ses enfants,
Claire et Benoît Dalis,
Bénédicte et Alix,
Eliette, Amaury,
Guillemette et Tanguy,
Astrid,
Laure et Jean de Lagrevol,
Jean,
ses petits-enfants,
Mathilde,
son arrière-petite-fille,
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu,
le 10 septembre 2018, de
M. Bernard de LAMARTINIE
dans sa 92e année.
La cérémonie religieuse
sera célébrée le samedi
15 septembre 2018, à 15 heures,
en la cathédrale Saint-Front
de Périgueux (Dordogne).
L'inhumation aura lieu
le lundi 17 septembre,
à 11 heures, au cimetière de
Montayral (Lot-et-Garonne).
Ni fleurs ni couronnes,
des prières ou des messes.
Jacqueline LAUREAU
née Valette,
le 11 septembre 2018,
à l'âge de 91 ans.
La messe d'enterrement
sera célébrée
ce vendredi 14 septembre,
à 14 h 30, en l'église
Saint-Lubin de Noisy-le-Roi,
suivie de l'inhumation
au cimetière
de Jouars-Pontchartrain.
En union avec
la marquise de Lestrange (†),
le comte et la comtesse
de Lestrange,
le lieutenant-colonel et la
comtesse Thibaut de Féligonde,
le général d'armée et Mme
Bertrand Ract Madoux,
le comte et la comtesse
Antoine de Lestrange,
M. et Mme
Christian Février de Bréjerac,
le comte Hélie de Lestrange,
ses enfants,
ses 19 petits-enfants,
ses 40 arrière-petits-enfants
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Raymond
marquis de LESTRANGE
colonel de cavalerie,
commandeur
de la Légion d'honneur,
commandeur
de l'ordre national du Mérite,
croix de guerre des TOE,
croix de la Valeur militaire,
le 13 septembre 2018, à Saintes,
muni des sacrements
de l'Église.
La cérémonie religieuse
aura lieu le lundi 17 septembre,
à 15 h 30, en l'église de Bois
(Charente-Maritime),
suivie de l'inhumation
dans le caveau de famille,
à Bois.
Patrick Morlet,
son époux,
Caroline et Frédéric Balbi,
Frédéric et Bérengère Morlet,
Lucas Morlet et Maria Borras,
ses enfants,
ses petits-enfants,
Brigitte Selmer,
sa sœur,
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Joëlle MORLET
née Selmer,
survenu le 13 septembre 2018,
à l'âge de 66 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le lundi 17 septembre, à 14 h 30,
en l'église Saint-Jean-de-Malte,
à Aix-en-Provence,
suivie de la crémation au
crématorium d'Aix-les-Milles.
Un don pour la recherche
sur le cancer est préféré
à des fleurs.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Senlis. San Francisco.
Ses enfants,
Anne-Lucie et Laurent,
et leurs conjoints,
Michelle et Bruno,
ses petits-fils,
Jérémy et Arthur,
ont la douleur
de faire part du décès de
M. Alexis PHILONENKO
agrégé des Universités,
survenu le 12 septembre 2018,
à l'âge de 86 ans, à Paris.
Les obsèques auront lieu
au cimetière du Père-Lachaise,
71, rue des Rondeaux,
à Paris (20e),
le lundi 17 septembre,
à 14 heures.
Ni fleurs ni couronnes.
Cet avis tient lieu de faire-part.
M. et Mme Jacques Pujos,
M. et Mme Antonin Pujos,
Mme Françoise
Delaporte Pujos,
M. et Mme Pierre Pujos,
ses enfants,
Amélie et Richard,
Vital et Florence,
Bertrand et Géraldine,
Delphine et Jérôme,
Juliette et Edouard,
Matthias,
Gaspard et Camille,
Matthieu et Magali,
Clément,
ses petits-enfants,
Emma, Louise et Adèle,
Hector, Ninon et Côme,
Eliott et Lucie,
Antoine, Nicolas et Eugénie,
Dimitri et Victor,
Lise,
ses arrière-petits-enfants,
ont la tristesse de faire part
du rappel à Dieu de
Mme Jean-Louis PUJOS
née Gilberte Stollar,
le 8 septembre 2018, à Arès,
à la veille de sa 102e année,
munie des sacrements
de l'Église.
Elle a rejoint
son époux Jean-Louis
et sa fille Marie.
Elle reposera
à Saint-Gervais-les-Bains,
où une messe sera célébrée.
Catherine, sa filleule,
Benjamin, son petit-fils,
ses amis
et sa famille
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Marie-Claude ROUX
née Wahl dit Boyer,
survenu le 10 septembre 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le lundi 17 septembre,
à 10 h 30, en l'église
Notre-Dame-de-Lorette,
18 bis, rue de Châteaudun,
Paris (9e),
suivie de l'inhumation
au cimetière des Batignolles,
Paris (17e).
Cet avis tient lieu de faire-part.
Charles-Henri,
Clément et Elodie,
Emmanuel et Silvia
ses petits-fils
et leurs épouses,
Cassiopée, Athena, Ulysse
et Léonard,
ses arrière-petits-enfants,
ont la tristesse
de vous annoncer le décès de
Jacqueline SARIDAKI
Saint-Germain-en-Laye
(Yvelines).
Francesco, Anna, Paolo,
Antonella,
ses fils et filles,
ainsi que leurs conjoints
et leurs enfants
ont la douleur
de faire part du décès de
Mme Maria TADDONIO
née Montesano,
ex-directrice de la section
italienne du Lycée international
de Saint-Germain-en-Laye,
veuve de
Tommaso Taddonio
survenu le 14 juillet 2018,
à l'âge de 86 ans,
à Prato (Italie).
La cérémonie religieuse
sera célébrée
en l'église Saint-Germain,
4, place du Château,
à Saint-Germain-en-Laye,
le mercredi 19 septembre 2018,
à 15 heures.
Famille Taddonio,
24, boulevard Belle-Rive,
92500 Rueil-Malmaison.
messes
Une messe sera célébrée
le dimanche 16 septembre 2018,
à 11 h 30, par le chanoine
Gilles Annequin, en l'église
Saint-Germain-l'Auxerrois,
à Paris (1er), à l'intention de
Evinia
MONTEIRO de CARVALHO
décédée le 8 septembre 2018.
Arlette Mitterrand
serait heureuse que ses amis
se joignent à elle.
messes
et anniversaires
Demeure en notre amour.
Le docteur
Christian CHASPOUL
disparaissait
le 15 septembre 2007.
Le docteur Ahouanto-Chaspoul,
Jules Chaspoul
vous invitent à vous joindre,
en présence ou en pensée,
à la messe qui sera célébrée
le samedi 15 septembre 2018,
à 12 h 15, en l'église Saint-JeanBaptiste de Neuilly-sur-Seine.
souvenirs
née Dumont,
survenu le 12 septembre 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée au crématorium
du Mont-Valérien,
104, rue du Calvaire,
à Nanterre (Hauts-de-Seine),
le jeudi 20 septembre, à 14 h 30.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Il y a quatre ans,
Jacques SAMSON
et vingt-quatre ans,
Nadine SAMSON
nous quittaient.
Ils sont dans notre cœur.
Nous n'oublierons jamais.
La comtesse Robert
Savary de Beauregard,
née Yvonne de Rolland,
Olivier et Annick
Savary de Beauregard,
Alain et Laurence
Savary de Beauregard,
ses enfants,
et ses petits-enfants
ont la tristesse
de vous faire part du décès du
Il y a seize ans, nous quittait
Jean SEGAL
Il nous manque toujours.
Son frère
et sa belle-sœur Valentine.
comte Robert
SAVARY de BEAUREGARD
dans sa 89e année.
La cérémonie religieuse
aura lieu en l'église
de Moutiers-sur-le-Lay
(Vendée),
le samedi 15 septembre 2018,
à 10 heures.
Le gouverneur des Invalides,
le directeur,
le président du Foyer,
les pensionnaires
et les bénévoles de
l'Institution nationale
des Invalides
font part avec tristesse
du décès du
contrôleur général
des armées (2S)
Jacques VENDEUVRE
pensionnaire de l'Institution
nationale des Invalides,
grand officier
de la Légion d'honneur,
croix de guerre 1939-1945.
Ils lui feront leurs adieux
le lundi 17 septembre 2018,
à 14 h 30, en la cathédrale
Saint-Louis des Invalides,
Paris (7e).
Le 13 septembre 2015,
Alain, Gérard, Léon WENGER
quittait les siens.
Merci à tous ceux
qui l'ont connu, aimé, apprécié
d'avoir une pensée pour lui,
en ce troisième anniversaire
de sa mort.
offices religieux
La Fondation
Shmouel et Bassie Azimov
vous informe que
l'allumage des bougies
de Chabbat avec bénédiction
deux bougies pour
les femmes mariées, une bougie
pour les jeunes filles, se fera
ce vendredi 14 septembre 2018,
avant 19 h 48,
(horaire pour l'Ile-de-France).
Le respect des lumières
de Chabbat conduira
aux lumières de la Rédemption.
Renseignements
Beth Loubavitch : 01 45 26 87 60.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
vendredi 14 septembre 2018
CHAMPS LIBRES
17
FRANZ CHAVAROCHE/PHOTOPQR/NICE MATIN/MAXPPP
REPORTAGE
Le pont Morandi à Gênes,
le 12 septembre.
Le démontage et la destruction
des restes du viaduc effondré
devraient durer un mois.
Un mois après la tragédie du viaduc,
Gênes panse ses plaies
Un nouveau pont avant la fin 2019
La police interdit l’accès au quartier populaire situé
en contrebas du pont. À l’entrée de la « zone rouge »,
une demi-douzaine de riverains montent la garde,
assis sur des chaises de camping : « ils finiront bien
par nous permettre de regagner nos appartements pour
prendre quelques effets », espèrent-ils. Ils ont dressé
une liste du nécessaire : documents d’identité, dossiers, photos de famille, du rechange. Ils savent leurs
maisons vouées à la démolition. Leur permettra-t-on
de tout déménager ? Assurément non. Au lendemain
du sinistre, Amelia a pu faire une rapide incursion
dans son logis, accompagnée par deux pompiers. Le
temps de prendre des médicaments et, dans l’affolement, de s’emparer du premier objet à portée de
main : une cafetière. « Qu’est-ce que j’en fais, maintenant que je n’ai plus de toit ? », se lamente-t-elle.
Comme à chaque calamité – et les inondations
sont fréquentes dans cette ville accrochée à flanc de
colline - un immense élan de solidarité a mobilisé
les Génois. La Mairie a déjà réquisitionné cent habitations et promet de reloger tout le monde avant
Noël. La justice procédera à une reconstitution le
25 septembre. Après quoi les scellés seront levés et
la reconstruction pourra démarrer.
1 km
RIVAROLO
LIGURE
Pont Morandi
SESTRI
PONENTE
A10
France
SAN TEODORO
Centre ville,
Rome
SAMPIERDARENA
Aéroport
Gênes
SS1
Port
Golfe de Gênes
Infographie
Avant, il faut tout démolir. Les plans sont prêts.
Cela prendra un mois. La partie occidentale, la plus
longue, qui ouvre la route vers Vintimille et la France, sera démontée. Celle située à l’est, du côté du
centre-ville, sera dynamitée, ainsi que le quartier
populaire situé en contrebas, devenu dangereux. Le
procureur général a inculpé vingt responsables pour
homicides multiples et désastre : huit dirigeants du
groupe privé Autostrade, auquel le gouvernement
vient de retirer la concession. Et douze architectes,
ingénieurs et hauts fonctionnaires du ministère des
Travaux publics qui devaient veiller à la sécurité du
viaduc. La catastrophe semble résulter d’une carence de maintenance et de graves négligences. Dès
mai 2016, des experts commissionnés par Autostrade, le concessionnaire du viaduc, auraient signalé
une « asymétrie de comportement des étais » soutenant les pylônes porteurs et suggéré l’installation
d’une « surveillance dynamique permanente ». En
octobre 2017, un avertissement analogue avait été
lancé par les ingénieurs du Politecnico de Milan. Le
concessionnaire a tardé à prendre les mesures nécessaires et le ministère a perdu cinq mois pour
autoriser des travaux d’urgence. Ils devaient débuter en octobre. Vingt millions d’euros avaient même
été débloqués. La catastrophe est survenue avant.
Dans son vaste bureau au quatrième étage du siège de la région, Giovanni Toti ne décolère pas. Gouverneur de la Ligurie depuis 2015, ce dirigeant de
Forza Italia (le parti de Silvio Berlusconi) dénonce
un exécutif qui « ne sait que dire non pendant que
Gênes est en train de sombrer ». La priorité du moment, c’est « construire un nouveau pont avant la fin
2019 ». Objectif techniquement réalisable : un
consortium avec le groupe public Fincantieri comme chef de file et réunissant la fine fleur de l’ingénierie italienne comme Cimolai, la société de certification génoise Riina, la Caisse des dépôts CDP
(bras financier du ministère de l’Économie) se mobilise. De même que le grand architecte Renzo Piano, un enfant du pays, prêt à apporter gratuitement
son concours. Il a réalisé une maquette du nouveau
pont : « Je ne pense qu’à cela depuis le 14 août. » Il
veut un ouvrage qui « enflamme l’imaginaire, porte
réconfort à la ville », un « étrange navire d’acier, de
couleur claire, qui enjambe la Polcevera », un pont
qui « commémore la tragédie de manière subtile, pas
rhétorique » : une série de piliers espacés de 50 mètres, profilés comme la carène d’un navire, avec des
projecteurs montés sur 43 piliers, un par victime,
qui irradieront de nuit une lumière tamisée. « Un tel
pont devra être en acier, de construction facile et durer mille ans. Les ponts ne sont pas faits pour s’effondrer », s’est-il écrié en présentant sa maquette fin
août aux autorités locales, enthousiastes.
Autostrade veut participer à la reconstruction,
mais pour Luigi Di Maio, leader du Mouvement
Un tel pont devra être en acier,
de construction facile et durer mille ans.
Les ponts ne sont pas faits pour s’effondrer
»
L’ARCHITECTE RENZO PIANO QUI A PROPOSÉ D’APPORTER SON CONCOURS POUR LE NOUVEAU PONT
5 étoiles et l’un des deux vice-présidents du Conseil,
« il n’est absolument pas question de confier le chantier à un groupe qui n’a pas su empêcher la destruction
du viaduc ». Il l’a affirmé dès le 18 août, aux funérailles solennelles des victimes. Autostrade, qui n’a
pas encore admis sa responsabilité, a provisionné
500 millions d’euros : 150 à 200 millions pour la reconstruction proprement dite, le reste pour l’indemnisation des familles des 43 victimes, la
construction de nouveaux logements et ce qu’il faudra verser en indemnités à la ville, aux commerces
et aux entreprises lésés. « Qu’elle paie intégralement,
mais qu’elle reste à l’écart », tranche Luigi Di Maio.
Amputée de son poumon vital
Un décret-loi, d’application immédiate, a déjà retiré la concession à Autostrade. Problème : cinq mois
se passeront avant la fin effective de la concession.
Autostrade prépare aussi des recours en justice,
d’une durée imprévisible. De plus la procédure
retenue par le gouvernement exclut tout appel
d’offres international, qui prendrait un an. Pas certain que Bruxelles apprécie. S’ouvre donc un flou
juridique et judiciaire qui pourrait retarder le lancement des travaux.
Or le viaduc Morandi était plus qu’une simple
bretelle autoroutière. Avec un trafic annuel de
25,5 millions de véhicules, c’était un poumon vital
pour l’économie de la sixième ville d’Italie, une
agglomération de 600 000 habitants, et du premier
port de Méditerranée, à égalité avec Barcelone, avec
un trafic de 60 millions de tonnes (MT), trois fois
Marseille sans les hydrocarbures. « Le viaduc faisait
vivre Gênes », résume un écrivain local, Maurizio
Maggiani.
À l’ouest du torrent Polcevera se trouvent l’aéroport et l’autoroute A10 drainant tout le trafic international vers la France. Ainsi que le port de conteneurs de Voltri-Pra, entièrement tourné vers l’Asie,
en prise directe avec l’autoroute partant vers Milan
et l’Allemagne. Sur le versant oriental s’étire à flanc
de colline un centre-ville grouillant de vie, un port
de commerce desservant les riches industries de la
plaine du Pô et un terminal passagers comptant
quatre millions de voyageurs par an.
«Nous n’avons pas encore enregistré de répercussions, mais nous restons très vigilants », déclare
Paolo Signorini, président de l’Autorité portuaire.
L’avenir de Gênes va se jouer sur ses communications autoroutières et ferroviaires. Déjà une ligne
alternative de car-ferries Ro-Ro se mettra en place
début octobre entre Marseille et Civitavecchia, à
raison d’une liaison par jour.
Le long des quais, d’immenses pelleteuses s’affairent pour aménager une quatre-voies express qui
sera réservée aux poids lourds. Environ 1 300 transporteurs routiers internationaux l’emprunteront
chaque jour. On l’appelle la « voie du Pape » parce
que Jean-Paul II l’a autrefois empruntée pour visiter
les aciéries Ilva. Son ouverture, le 1er octobre, trois
jours après la rentrée des classes, doit décongestionner la ville et soulager un trafic devenu infernal.
« Espérons que la tragédie fera comprendre la nécessité de moderniser des infrastructures figées depuis
1960. Qu’il en sorte un bien », déclare Paolo Signorini, le patron du port meurtri. ■
A
U
A7
n silence que la nuit profonde
rend encore plus impressionnant
baigne la Via Porro. Découpée
par un projecteur, l’ombre du
pylône numéro 11, en béton
armé, haut de cent mètres, écrase de sa masse colossale le quartier situé en contrebas. Pas une âme qui vive dans
les onze immeubles ocre parfaitement identiques,
chacun de six étages, alignés au cordeau dans cette
rue de banlieue ouvrière. Leurs 600 habitants ont
quitté précipitamment leur domicile dans les minutes qui ont suivi l’effondrement du viaduc Morandi.
C’était il y a exactement un mois, le 14 août, à
11 h 36 du matin, en plein milieu d’un violent orage.
Le tablier central du viaduc construit en 1967 par l’architecte Riccardo Morandi, le « pont de Brooklyn »
local, s’est effondré sur 200 mètres de long. Entraînant dans sa chute, 45 mètres plus bas, une trentaine
de voitures particulières et de camions. À grand-peine, pompiers et secouristes dégageront 43 victimes
du chaos de parpaings titanesques enchevêtrés sur le
lit du torrent Polcevera. Ce vendredi, une minute de
silence sera observée dans la ville, à 11 h 36.
Un mois plus tard, le cours d’eau, à sec l’été mais
redouté pour ses crues furieuses, a été dégagé. Des
norias de grues et d’excavateurs ont pulvérisé et enlevé les blocs colossaux. Vu de l’estuaire, le viaduc
exhibe ses deux moignons déchiquetés. Dans la vallée alluviale, les aciéries Ilva, les chantiers navals
Fincantieri, le producteur de turbines Ansaldo et
une foule d’entreprises plus petites, la période estivale terminée, reprennent l’activité.
ra
Envoyé spécial à Gênes
Malgré les polémiques
sur les responsabilités
de l’effondrement
du pont Morandi, malgré
le désarroi des riverains
qui vivaient à l’ombre
de ses piles géantes, la
cité endeuillée se tourne
vers la reconstruction.
Une urgence, car privé
de cet axe stratégique,
le port industriel
souffre de thrombose.
Polc
eve
Richard Heuzé
rheuze@lefigaro.fr
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vendredi 14 septembre 2018 LE FIGARO
18
CHAMPS LIBRES
DÉBATS
Affaire Baby Loup : la Cour de cassation
ne doit pas se plier au diktat de l’ONU
TRIBUNE
Le comité des droits
de l’homme de l’ONU
vient de considérer
que l’obligation, pour
une salariée de la crèche
Baby Loup, de ne pas
porter le voile islamique
au travail contrevenait
à ses droits et libertés.
La Cour de cassation
pourrait s’incliner
et renverser
sa jurisprudence
afin de se mettre
en conformité avec
la position des Nations
unies. Or ce serait
à la fois grave au plan
des principes
et très dangereux pour
la cohésion nationale,
avertissent
les membres du cercle
Droit et débat public*,
qui comptent parmi eux
des personnalités
de premier plan
des professions
juridiques et judiciaires.
DOMAINE
DE SAINT-CLOUD
L
e comité des droits de
l’homme de l’Organisation des Nations unies a
désavoué la France, le
10 août dernier, dans
l’affaire de la crèche
Baby Loup. Le comité considère
que l’obligation imposée à la
plaignante de retirer son foulard
lors de sa présence à la crèche
constitue « une restriction portant
atteinte à la liberté de religion » de
la salariée et viole dès lors le Pacte
international relatif aux droits
civils et politiques.
Les positions du comité, entité
dont la nature exacte reste à déterminer, mais qui n’est sûrement pas
une juridiction, ne lient pas juridiquement la France. Le vrai danger
réside dans un revirement de
jurisprudence de la Cour de cassation, tel que son premier président, M. Bertrand Louvel, l’a évoqué lors du discours d’installation
des nouveaux magistrats à la Cour
le 3 septembre 2018. « Le comité
[des droits de l’homme de l’ONU],
expose le premier président, a
constaté que notre assemblée plénière avait elle-même méconnu les
droits fondamentaux reconnus par
le Pacte international des droits civils et politiques dans l’affaire
connue sous le nom de Baby Loup. »
Il existe certes une différence
qualitative entre les obligations de
neutralité applicables aux agents
publics et celles qui sont éventuellement applicables au personnel
des entreprises et associations privées. Dans le premier cas, l’exigence de neutralité s’impose de façon générale et absolue. Elle trouve
son fondement dans la loi de séparation de 1905, qui, sur ce point, a
valeur constitutionnelle. Dans le
tions avec ses clients, d’une politique de neutralité politique,
philosophique ou religieuse ».
Pour sa part, la Cour européenne
des droits de l’homme n’a pas jugé
la loi du 15 mars 2004 interdisant
aux élèves des écoles, collèges et
lycées publics le port de « signes ou
tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse » contraire à
la liberté de religion proclamée par
l’article 9 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de
l’homme (Dogru contre France, 4
décembre 2008 ; Tuba Aktas contre
France, 30 juin 2009).
Un retournement de la Cour de
cassation remettrait en cause cette
législation, ainsi que l’article L.
1321-2-1 du Code du travail (issu
de la loi El Khomri), aux termes
duquel « Le règlement intérieur
peut contenir des dispositions inscrivant le principe de neutralité et
restreignant la manifestation des
convictions des salariés, si ces restrictions sont justifiées par l’exercice d’autres libertés et droits fondamentaux ou par les nécessités du
bon fonctionnement de l’entreprise
et si elles sont proportionnées au but
recherché. »
Au-delà du droit, un retournement de la Cour de cassation porterait atteinte au pacte de discrétion religieuse scellé dans notre
pays depuis 1905.
La Cour de cassation va-t-elle
emboîter le pas au comité des
droits de l’homme de l’ONU, qui,
négligeant
superbement
les
problèmes soulevés en France, en
raison de son histoire et de sa
coutume républicaine, par la seule
ostentation religieuse, ne craint
pas d’affirmer que le port du
foulard islamique ne saurait être
regardé comme un acte de
prosélytisme ?
Ce revirement, s’il se produisait,
appellerait une réaction ferme du
législateur. Face à la montée de
l’intégrisme et du communautarisme, il est grand temps que la loi
soutienne les initiatives prises par
les associations, les entreprises et
les organismes publics ou parapublics
Un retournement de la Cour
en faveur de la discrétion
religieuse
de cassation porterait atteinte
sur les lieux de traau pacte de discrétion religieuse
vail. Le législateur
doit faire barrage à
scellé dans notre pays depuis 1905
la remise en question de telles initiatives par des instances supranatioétait légale, car elle était une condinales ou par des jurisprudences
tion de l’ouverture de la crèche à la
complaisantes.
diversité de son environnement.
En attendant, la « note » du coUn nouveau revirement de jurismité de l’ONU dans l’affaire Baby
prudence de la Cour de cassation
Loup, qui fait si peu de cas de notre
aboutirait à une solution totaleidentité constitutionnelle, de notre
ment en retrait par rapport à celle
modèle de vie commune et des
qui a été adoptée au niveau eurosentiments de notre peuple, ne doit
péen, en matière d’ostentation rerecevoir aucune suite.
ligieuse, par les cours de LuxemÀ l’intérieur comme à l’extérieur
bourg et de Strasbourg.
de nos frontières, les apôtres d’un
La Cour de justice de l’Union
modèle multiculturel qui n’est pas
européenne s’est prononcée sur la
le nôtre ne voient-ils pas qu’ils aliquestion au titre d’une directive du
mentent une réaction populiste ? Et
27 novembre 2000 créant « un caqu’ils risquent de maudire un jour
dre général en faveur de l’égalité de
les effets dont ils auront fomenté
traitement en matière d’emploi et de
les causes ? ■
travail » qui proscrit les discriminations sur les lieux de travail (publics ou privés), notamment en
*Cercle Droit et débat public
raison de la religion.
Le cercle Droit et débat public
La directive de 2000 a recours à
est présidé par Noëlle Lenoir
la redoutable notion de « discrimi(ancienne ministre
nation indirecte » qui prohibe touet membre honoraire
te règle générale (sauf exceptions
du Conseil constitutionnel)
strictement et objectivement justiet comprend notamment
fiées), fût-elle neutre, si elle encomme membres Dominique
traîne un désavantage pour un
de la Garanderie
groupe religieux. C’est faire la part
(ancien bâtonnier de Paris),
belle aux pratiques religieuses les
Denis Jeambar (écrivain),
plus exhibitionnistes, qui seront
Jean-Claude Magendie
toujours les plus incommodées par
(ancien premier président
une règle non dérogeable et seront
de la cour d’appel de Paris),
donc les premières à faire valoir un
Bertrand Mathieu (professeur
désavantage indirect.
agrégé des facultés de droit),
Pourtant, dans ses arrêts du
Jean-Yves Naouri (chef
14 mars 2017 Achbita et Bougnaoui,
d’entreprise), Emmanuel
la Cour de justice de l’Union euroPiwnica (avocat aux Conseils),
péenne admet qu’une règle interne
Jean-Éric Schoettl (ancien
prohibant le port visible de signes
secrétaire général du Conseil
religieux peut être justifiée par un
constitutionnel)
objectif légitime « tel que la pouret Philippe Valletoux (consultant),
suite par l’employeur, dans ses relasignataires de la présente tribune.
religieuse. Ainsi, comme le relève
la cour d’appel de Paris, « L’association Baby Loup a, au terme de ses
statuts, pour objectif de développer
une action orientée vers la petite
enfance en milieu défavorisé et
d’œuvrer pour l’insertion sociale et
professionnelle des femmes sans
distinction d’opinion politique et
confessionnelle […]. Au regard tant
de la nécessité de protéger la liberté
de pensée, de conscience et de religion à construire pour chaque
enfant, que de celle de respecter la
pluralité des options religieuses des
femmes au profit desquelles est mise
en œuvre une
insertion sociale
Les positions du comité des droits
et professionnelle aux méde l’homme de l’ONU, entité dont
tiers de la petite
la nature exacte reste à déterminer, mais enfance, dans
un environnequi n’est sûrement pas une juridiction,
ment multiconne lient pas juridiquement la France
fessionnel, ces
missions peuvent être accomplies par une entreLa nature d’une activité privée
prise soucieuse d’imposer à son
peut donc justifier une obligation
personnel un principe de neutralité
de neutralité. C’est ce qui semblait
pour transcender le multiculturadésormais solidement établi par le
lisme des personnes auxquelles elle
dénouement judiciaire de l’affaire
s’adresse ».
Baby Loup. Dans un arrêt rendu le
La cour d’appel de Paris, a souli25 juin 2014, l’assemblée plénière
gné l’assemblée plénière de la
de la Cour de cassation (à la suite
Cour de cassation en 2014, a pu
d’une « révolte » des cours d’appel
déduire des dispositions du règlede Versailles et de Paris) avait
ment intérieur de la crèche, au
renversé la solution précédemment
terme d’une « appréciation concrèprise par la chambre sociale de la
te des conditions de fonctionnement
Cour de cassation dans un arrêt du
d’une association de dimension ré19 mars 2013.
duite en relation directe avec les
La prohibition du foulard
enfants et leurs parents », que la
islamique faite au personnel de
restriction à la liberté de manifescette association a finalement été
ter sa religion édictée par le règlejugée légale eu égard au caractère
ment intérieur était justifiée par la
très ouvert de la crèche aux fanature des tâches accomplies et
milles d’un quartier marqué par
proportionnée au but recherché.
une grande diversité ethnique et
La cour d’appel a donc pu retenir
que le licenciement pour faute
grave de la salariée était justifié
par son refus d’accéder aux demandes licites et réitérées de son
employeur de s’abstenir de porter
son voile.
Pour le juge judiciaire, la cause
semblait donc entendue depuis quatre ans : l’obligation de neutralité
second cas, la neutralité n’est pas
un impératif légal. Elle ne peut être
imposée que dans la mesure justifiée par les intérêts légitimes
(commerciaux, moraux, etc.) de
l’entreprise, ou par la « tendance »
à laquelle elle se rattache (associations liées à une sensibilité politique, philosophique), ou encore
par des circonstances particulières
(clientèle connaissant des tensions
intercommunautaires, par exemple). Elle doit être en outre clairement énoncée dans un règlement
intérieur prévoyant des sanctions
proportionnées.
«
»
24-25
NOVEMBRE 2018
«
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Venez courir pour soutenir l’
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LE FIGARO
vendredi 14 septembre 2018
CHAMPS LIBRES
OPINIONS
Ivan Rioufol
irioufol@lefigaro.fr
blog.lefigaro.fr/rioufol
L’islamisme, cette lèpre que Macron ignore
on, ce n’est pas l’idéologie
islamiste qui fait peur.
Ce qui fait peur, c’est la
léthargie des dirigeants
français devant cette plaie
qui s’infecte. Ce qui fait
peur, c’est leur insouciance face à
l’ennemi. Son dessein est pourtant clair :
il entend islamiser les musulmans
d’Europe, afin de susciter des sécessions
territoriales, puis des guerres de
civilisation au cœur des démocraties
occidentales. Dans son rapport sur
« La fabrique de l’islamisme », publié
dimanche par l’Institut Montaigne,
Hakim El Karoui part du préalable que
« l’idéologie islamiste fait peur ». Ce
faisant, l’essayiste proche du pouvoir
oublie d’analyser les légèretés des
puissants qu’il côtoie. Quand Emmanuel
N
@
100 000 citations
et proverbes sur evene.fr
ENTRE GUILLEMETS
14 septembre 1321 :
mort de Dante
à Ravenne
La Divine
Comédie
Il n’est pas
de plus grande
douleur que
de se souvenir
des temps
heureux dans
la misère
LUISA RICCIARINI/LEEMAGE
»
ANALYSE
Guillaume Perrault
£@GuilPerrault
» Lire aussi PAGE 2
Dassault Médias
14, boulevard Haussmann
75009 Paris
Président-directeur général
Charles Edelstenne
Administrateurs
Olivier Dassault, Thierry
Dassault, Jean-Pierre
Bechter, Olivier Costa
de Beauregard, Benoît
Habert, Bernard Monassier,
Rudi Roussillon
commises par des fanatiques. C’est
en septembre 2014 que l’État islamique
a appelé à tuer « de n’importe quelle
manière » (pierre, couteau, voiture,
étranglement, etc.) les « incroyants »,
et « en particulier les méchants et sales
Français ». Dimanche, un Afghan,
faussement présenté comme drogué
et déséquilibré, a blessé au couteau
sept personnes à Paris. S’habituer
à cette guerre des rues ?
Nombreux, là-haut, sont ceux
qui aimeraient voir les Français toujours
plus résilients, au point de se soumettre
aux coups comme chiens battus. Il est
effarant, par exemple, de constater
l’actuelle apathie devant la provocation
que constituera, les 19 et 20 octobre dans le
sanctuaire du Bataclan (90 morts), à Paris,
le concert du rappeur Médine qui chante
le djihad et « la crucifixion des laïcards
comme à Golgotha ». Le père d’une des
victimes des djihadistes du 13 novembre
2015, Patrick Jardin, s’est battu en vain
pour empêcher la venue du chanteur
islamique, au nom du respect des morts.
Mais cet homme en colère se heurte
encore aux portes closes du pouvoir. Ses
soutiens sont rares. La société civile, qui
sait descendre dans la rue pour défendre
l’écologie, se mobilisera-t-elle pour faire
respecter la décence élémentaire ?
En fait, la propagande islamiste a gagné
bien des esprits, au-delà de la sphère
musulmane. El Karoui compare
cet embrigadement au communisme.
Il a raison. Mais alors, pourquoi ne pas oser
briser les reins de ce fléau ?
contemporaine », il emploie des mots
qui ne surprendront pas les habitués
de ce bloc-notes. À ceci près que ce
totalitarisme n’a rien de contemporain :
il ressemble comme deux gouttes d’eau
à ce que fut l’islam des origines.
L’islamisme actuel est un retour aux
sources littérales du Coran. Il porte en lui
un idéal de civilisation qui a déjà eu, dans
le passé, l’occasion de s’affronter avec
l’Occident. Un conflit est inévitable entre
l’islamisme et la démocratie. Or El
Karoui n’ose envisager ce scénario.
Une idéologie politique se combat par
des ripostes politiques. Ceux qui croient
voir dans l’islamisme une religion à qui la
laïcité pourrait être imposée se trompent
de diagnostic. Il n’est pas demandé à l’État
d’organiser l’islam, mais de briser
les reins d’un projet de contre-société
totalisante et théocratique. Quand
El Karoui invite les musulmans
à promouvoir un discours religieux
alternatif, il a raison de s’appuyer sur tous
ceux qui ne se reconnaissent pas dans le
sécessionnisme des radicaux. Cependant,
sa réticence à aller à l’affrontement laisse
voir son doute sur ce combat légitime.
Seule la force peut être comprise d’un
adversaire qui ne respecte que ce langage.
Il faut fermer les mosquées salafistes, en
expulser les imams, dénoncer les
organisations et les personnalités au jeu
trouble, promouvoir les musulmans
républicains, etc. La République ne doit
plus craindre de se faire respecter,
quitter à botter des fesses. Elle n’en
sortira que grandie.
Botter des fesses
En France, 28 % des musulmans se
réclameraient de la charia (la loi
islamique), dont 50 % des moins de 25
ans. Les quelques lanceurs d’alerte qui,
depuis vingt ans et plus, décrivent la
dangerosité de l’islamisme et son
expansion rapide en France ont
aujourd’hui l’amère satisfaction d’être
enfin rejoints dans leur constat par le
rapport de l’Institut Montaigne. Mais que
de temps perdu ! Quand El Karoui
désigne ce nouveau communisme
comme « une véritable idéologie politique
Le scandale Benalla
Entendre Alexandre Benalla traiter,
mardi, les sénateurs de « petites gens »
et de « petit marquis » Philippe Bas,
qui dirige la commission d’enquête
sénatoriale sur les agissements
de l’ex-garde du corps de Macron, donne
une idée de la déliquescence du pouvoir
macronien. Le soutien du gouvernement
à cette petite frappe est le vrai scandale.
La France n’est pas la mieux placée
pour faire la leçon au Hongrois Viktor
Orban, morigéné mercredi par
l’Union européenne.
VOX
Guerre d’Algérie :
la mémoire hémiplégique
oilà Emmanuel Macron
embarqué dans une
fâcheuse affaire. Le
président croyait saisir
l’occasion de l’affaire Audin
pour adopter une position
de principe équilibrée sur
la guerre d’Algérie. Et le chef de l’État
se retrouve tiré par certains du côté
de la mise en accusation de la France
et du repentir, à l’occasion d’une lecture
partielle et partiale du passé. Pouvait-il
en être autrement, dès lors que l’hôte
de l’Élysée choisit de traiter le sujet de la
mémoire de la guerre d’Algérie à travers
un cas individuel, certes célèbre,
mais qui n’éclaire qu’un petit fragment
d’un conflit long et complexe ?
Toutes les victimes de la guerre
d’Algérie devraient avoir droit
aux mêmes égards. Or l’amère vérité
oblige à constater que tel n’est pas le cas.
Le président a cru judicieux de se
prononcer sur l’affaire Audin, mais les
Français d’Algérie victimes des attentats
du FLN et ceux tués ou disparus à partir de
mars 1962 à la faveur de l’inaction
délibérée des autorités françaises n’ont
pas été l’objet des mêmes attentions.
L’Elysée a néanmoins indiqué hier
préparer des initiatives en ce sens.
Rappelons en effet certains faits
élémentaires, qui tendent à être oubliés.
Le contexte politique, d’abord. Le
1er novembre 1954, une vague d’attentats
du FLN marque le début de la guerre
V
+
Macron parle du populisme comme
d’une « lèpre qui monte », le président
laisse en paix ceux qui empoisonnent
la nation au nom du Coran. Quand
son lieutenant, Christophe Castaner,
soutient : « Qui doute que
le réchauffement climatique pèse sur
la dynamique du djihad ? », il avance
une baliverne pour excuser les soldats
d’Allah. Ces derniers ont toutes les
raisons de se croire déjà vainqueurs.
Le mal à soigner est un poison
français : celui de pensée paresseuse,
qui se vautre dans la culpabilisation pour
avoir la paix. Cette attitude est commune
aux « élites » européennes incapables
de se confronter au réel pour lui préférer
les fausses pistes. Rien n’est plus convenu
que de dénoncer, avec Macron, les
« discours de haine » que tiendraient
les « nationalistes ». Les médias se sont
précipités pour s’effrayer de « chasses
à l’homme » qui auraient eu lieu l’autre
semaine à Chemnitz (Allemagne) au
cours de protestations contre un meurtre
commis par des réfugiés. Mais lundi,
le patron du renseignement allemand,
Hans-Georg Maassen, a qualifié ce
scandale de probable « désinformation
délibérée visant à détourner l’attention du
meurtre de Chemnitz ». Faut-il en effet
le rappeler ? La haine est chez ceux
qui tuent, non chez ceux qui dénoncent
les tueurs. Cette inversion des jugements
brouille la compréhension
des événements. Il est impossible de se
défendre si l’ennemi n’est pas désigné.
Présentant son rapport, lundi,
El Karoui n’a pu s’empêcher de renouer
avec cette culture de l’excuse, qui
est au cœur de la victimisation dont se
prévalent sans vergogne les islamistes.
En acceptant, en effet, de faire un lien
entre leur succès dans les cités et la
« relégation sociale » dont les musulmans
seraient victimes de la part d’une
« République discriminante », El Karoui
conforte une dialectique islamiste
destinée à rendre la critique inopérante.
Cette grille de lecture rudimentaire invite
à suspecter de racisme ou de xénophobie
ceux qui, ces temps-ci, refusent
de s’habituer aux attaques au couteau
SOCIÉTÉ DU FIGARO SAS Directeur des rédactions
14, boulevard Haussmann Alexis Brézet
75009 Paris
Directeurs adjoints de la rédaction
Président
Gaëtan de Capèle (Économie),
Charles Edelstenne
Laurence de Charette (directeur
de la rédaction du Figaro.fr),
Directeur général,
Anne-Sophie von Claer
directeur de la publication (Style, Art de vivre, So Figaro),
Marc Feuillée
Anne Huet-Wuillème (Édition,
Photo, Révision),
d’Algérie. Dès le 12 novembre, Pierre
Mendès France, alors président du
Conseil, déclare à l’Assemblée : « Il n’y
aura aucun ménagement contre la sédition,
aucun compromis avec elle, chacun ici et
là-bas doit le savoir. » Mendès France
ajoute : «Les départements français
d’Algérie constituent une partie de
la République française. Ils sont français
depuis longtemps et d’une manière
irrévocable. » François Mitterrand,
ministre de l’Intérieur à l’époque, lance
aux députés : « L’Algérie, c’est la France.
Et qui d’entre vous, Mesdames, Messieurs,
hésiterait à employer tous les moyens pour
préserver la France?» Seize mois plus tard,
le 12 mars 1956, à la demande du président
du Conseil d’alors, le socialiste Guy
Mollet, l’Assemblée, à une écrasante
majorité (455 voix pour, dont les députés
socialistes et communistes, 76 contre),
autorise le gouvernement à confier
à l’armée les prérogatives de la police
en Algérie.
Au contexte politique de la première
moitié de la guerre d’Algérie, souvent
perdu de vue, s’ajoutent les victimes
oubliées de la fin du conflit. Le cessez-lefeu, proclamé le 19 mars 1962, ne ramène
pas la paix. L’armée française reçoit
l’ordre de désarmer et d’abandonner
ses supplétifs musulmans. Les officiers
qui font gagner la métropole à « leurs »
harkis sont sanctionnés. Seul Pompidou
s’efforce de contourner les instructions
du Général. Selon les estimations les plus
Arnaud de La Grange
(International),
Étienne de Montety
(Figaro Littéraire),
Bertrand de Saint-Vincent
(Culture, Figaroscope, Télévision),
Yves Thréard (Enquêtes,
Opérations spéciales, Sports,
Sciences),
Vincent Trémolet de Villers
(Politique, Société, Débats Opinions)
Directeur artistique
Pierre Bayle
Rédacteur en chef
Frédéric Picard
(Édition Web)
Directeur délégué
du pôle news
Bertrand Gié
Éditeurs
Robert Mergui
Anne Pican
…
prudentes, entre 60 000 et 80 000 harkis
ont été massacrés tandis que 45 000
auraient réussi à gagner l’Hexagone.
Aux lynchages de harkis par des éléments
du FLN ou des ralliés de la dernière heure
s’ajoutent les massacres de civils
musulmans loyalistes (chefs de village,
gardes champêtres, anciens
combattants), jamais évoqués.
Les épisodes les plus embarrassants du
cauchemar vécu par le million de Français
d’Algérie qui eurent le choix entre
« la valise ou le cercueil » demeurent
occultés. Le 26 mars 1962, à Alger, des
soldats français ouvrent le feu sur une
manifestation de civils français rue d’Isly
(46 à 62 morts et 200 blessés). À Oran,
à partir du 5 juillet, 400 à 800 Français
d’Algérie sont massacrés par la foule sous
les yeux de soldats français qui reçoivent
l’ordre de rester immobiles. Si les
estimations sont difficiles, il semble que,
en un an, plus de 3 000 Français aient été
enlevés en Algérie (dont certains appelés)
sans que l’armée française ne s’efforce de
les retrouver. Seuls la moitié d’entre eux
auraient recouvré la liberté, parfois après
avoir été torturés. Le 26 juillet 1962,
Gaston Defferre, maire de Marseille,
déclare au sujet des rapatriés qui affluent :
« Qu’ils quittent Marseille en vitesse.
Qu’ils essaient de se réadapter ailleurs. »
Oui, vraiment, puisque Emmanuel
Macron a choisi de saluer la mémoire
d’une victime, il lui appartient
maintenant de n’en oublier aucune.
FIGAROMEDIAS
9, rue Pillet-Will, 75430 Paris Cedex 09
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Aurore Domont
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EUROPE
- « Les sanctions contre
la Hongrie ne peuvent
conduire qu’à la
fragmentation de l’Europe »,
la tribune du député LR
Julien Aubert
- « Le vote sur la Hongrie
n’a rien à voir avec
l’immigration ! » ,
la tribune du député
européen LR Arnaud
Danjean
Les rencontres
du
FIGARO
RENCONTRE AVEC
FRANÇOIS-XAVIER
BELLAMY
le jeudi 18 octobre
2018, 20 heures
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1er cahier 20 pages
Cahier 2 Économie
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Cahier 3 Le Figaro
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Cahier 4 Le Figaro
Littéraire 8 pages
Sur certaines éditions
Magazine 160 pages
Cahier TV 76 pages
Madame 132 pages
A
LE BLOC-NOTES
19
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
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vendredi 14 septembre 2018 LE FIGARO - N° 23 044 - Cahier N° 2 - Ne peut être vendu séparément - www.lefigaro.fr
> FOCUS
TURQUIE :
LA BANQUE
CENTRALE
DÉFIE ERDOGAN
lefigaro.fr/economie
ENTREPRISE
LACTALIS
APRÈS LA CRISE,
EMMANUEL BESNIER
REPREND L’INITIATIVE
PAGE 29
Impôt
à la source :
tout ce
qu’il faut
savoir
À compter de janvier 2019,
l’impôt sera directement
prélevé chaque mois sur
les feuilles de paie. Revue
de détail de ce big-bang
fiscal, en collaboration
avec « Le Particulier ».
PAGES 25 À 28
Dassault Systèmes entre au CAC 40
BOURSE Consécration pour Dassault Systèmes (filiale du groupe
Dassault, propriétaire du groupe
Figaro). Le premier éditeur français de logiciels fera son entrée
au sein de l’indice CAC 40 à partir du 24 septembre, a annoncé
jeudi Euronext, qui gère la Bourse de Paris. Dassault Systèmes
remplacera le chimiste belge
Solvay.
Cette arrivée au sein de l’indice
phare concrétise une décennie
de croissance de l’activité. Mais
le PLUS du
FIGARO ÉCO
PROCTER
& GAMBLE
Le groupe mise
sur l’innovation
pour rebondir PAGE 24
LA SÉANCE
DU JEUDI 13 SEPTEMBRE 2018
CAC 40
5328,12
-0,08%
DOW JONES (18h)
26139,54 +0,54%
ONCE D’OR
1209,80 (1195,60)
PÉTROLE (lond)
78,350 (79,690)
EUROSTOXX 50
3335,02 +0,25%
FOOTSIE
7281,57 -0,43%
NASDAQ (18h)
7571,88
+1,12%
NIKKEI
22821,32 +0,96%
aussi une décennie de très forte
progression de l’action, qui a gagné 566 % durant cette période.
Sur les seuls douze derniers
mois, le titre s’est envolé de
51 %, pour afficher une capitalisation boursière de 34 milliards
d’euros.
Le groupe dirigé par Bernard
Charlès édite des logiciels de
conception en 3D pour l’industrie aéronautique (il est à la fois
fournisseur de Boeing et d’Airbus) mais aussi pour l’industrie
automobile et de nombreux
autres secteurs comme l’architecture, l’ingénierie, la santé et
même les biens de consommation et la distribution.
Le groupe est notamment connu
pour ses logiciels de conception
assistée par ordinateur Catia et
Soliworks. En cours des dernières années, il a étendu son
champ d’activités aux services
pour les sociétés désirant optimiser leurs produits et opérer
une transformation digitale de
leurs activités. Au premier semestre 2018, Dassault Systèmes a
affiché une croissance de 9 % de
son chiffre d’affaires, à 1,64 milliard d’euros. Conséquence, il a
augmenté ses prévisions pour
l’ensemble de l’année 2018 et attend désormais une hausse de
son activité comprise entre 9 %
et 10 %, à 3,4 milliards d’euros.
La croissance du résultat par action devrait être encore supérieure (entre 10 % et 12 %).
La banque centrale turque n’a pas faibli et fait montre d’indépendance.
Malgré les critiques récurrentes du
président Erdogan, hostile à tout resserrement monétaire qui nuirait à
l’activité économique, l’institut a agi
fermement jeudi, en décidant une
hausse conséquente de 650 points
de base de son principal taux directeur pour le porter à 24 %. Cette décision était très attendue par les marchés, la banque centrale l’avait
annoncée la semaine dernière. Surtout, elle devenait incontournable
pour endiguer la dégringolade de la livre, qui a perdu près de 40 % depuis le
début de l’année face au dollar. La
chute s’est accentuée en août sur
fond de crise diplomatique avec les
États-Unis. Jeudi matin, en réitérant
son opposition - « Mes réserves au
sujet des taux d’intérêt demeurent,
elles n’ont pas changé » -, Erdogan a
provoqué une nouvelle chute de la
devise.
La tendance s’est inversée juste
après l’annonce de la banque. La livre
a alors rebondi de 6 %. L’enjeu pour la
banque centrale est aussi de stopper
la spirale inflationniste, conséquence
à la fois de la livre dépréciée, d’une
facture plus élevée de pétrole et de la
hausse des importations, liée à une
surchauffe de l’économie depuis deux
ans. La hausse des prix a atteint 18 %
en glissement annuel en août, après
15,4 % en juillet, très au-delà de la cible de 5 %.
Pour rasséréner les marchés, et au
passage réaffirmer son indépendance,
la banque centrale a précisé dans son
communiqué qu’elle continuerait
d’« utiliser tous les leviers disponibles
pour assurer la stabilité des prix ».
Cela suffira-t-il à créer un choc de
confiance ? Les experts restent prudents. « Cette décision rassure partiellement les marchés à court terme
sur le pilier monétaire de la politique
économique, commente Sylvain Bellefontaine, de BNP Paribas. Mais cela
pourrait n’être qu’un coup d’épée dans
l’eau si elle n’est pas suivie d’annonces
fortes concernant le second pilier : la
politique budgétaire. » Ankara doit
présenter d’ici à fin septembre son
programme à moyen et long terme.
ANNE CHEYVIALLE
ENGUÉRAND RENAULT
L'HISTOIRE
PUBLICITÉ
Chez Air France, 99 pilotes gagnent
plus de 300 000 euros par an
a polémique sur les salaires est l’un
des exercices les plus pratiqués
au sein d’Air France. Ce sujet
hautement sensible a coûté sa
place à Jean-Marc Janaillac, l’ancien
PDG, qui a démissionné le 4 mai dernier après
un référendum perdu sur
un plan d’augmentation
salariale pour la période
2018-2021. L’arrivée
du nouveau patron,
le Canadien Ben Smith,
a déclenché une nouvelle
tempête, lorsque son
salaire - qui pourra à terme
atteindre un maximum
de 4,25 millions d’euros,
soit une multiplication
par trois par rapport
à son prédécesseur a été connu.
C’est maintenant au tour
des pilotes de se trouver
en première ligne : selon
des documents que
s’est procurés le journal
Libération, les 99 pilotes
les mieux payés de la
L
compagnie toucheraient (brut) plus de
300 000 euros annuels. Ces chiffres risquent de
faire grincer des dents au sein de la compagnie,
alors que les négociations vont reprendre.
Du côté des personnels au sol ou du personnel
navigant commercial, mais également
des autres pilotes. Car
la rémunération moyenne
des plus de 2 800 pilotes
que compte la compagnie est
bien inférieure à ce niveau.
Air France se refuse à
confirmer ce montant, mais
précise que les pilotes les
mieux rémunérés sont très
expérimentés, assurent
des fonctions d’encadrement
et de formation, et volent sur
les plus gros appareils. Ce qui
justifie un salaire important.
Surtout, ils sont rémunérés
dans des proportions
similaires à leurs collègues de
British Airways, Lufthansa ou
KLM. Ben Smith, qui prendra
ses fonctions fin septembre,
va vite être dans le bain. ■
E. E.
LABEL EXCELLENCE 2018
BÉNÉFICIEZ
D’UNE EXPERTISE
RECONNUE
EN BOURSE
J’aime ma banque.
Source Profideo, septembre 2017
Fortuneo est une marque commerciale d’Arkéa Direct Bank. Arkéa Direct Bank,
Société Anonyme à Directoire et Conseil de Surveillance au capital de 89 198 952
euros. RCS Nanterre 384 288 890. Siège social : Tour Ariane - 5, place de la Pyramide
92088 Paris La Défense. Courtier en assurance n° Orias 07 008 441.– Adresse postale :
FORTUNEO - TSA 41707 - 35917 RENNES CEDEX 9.
A
STOCK.ADOBE.COM, BOUCHON/LE FIGARO, GARO/PHANIE
LA FRANCE SUR LE
PODIUM EUROPÉEN
DES CRÉATIONS PAGE 22
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vendredi 14 septembre 2018 LE FIGARO
22
L'ÉVÉNEMENT
La France, vice-championne
d’Europe des créations d’entreprises
Le développement d’un écosystème plus favorable permet à Paris de talonner Londres.
CORINNE CAILLAUD £@corinnecaillaud
ENTREPRISE Muriel Pénicaud le
soulignait encore ce mercredi : « La
création d’entreprises va plus vite
que notre création d’emploi. Elle est
plus dynamique et plus robuste que
l’emploi salarié », se félicitait ainsi la
ministre du Travail. Un avis confirmé par les chiffres publiés ce jeudi
par l’Insee : une hausse de 4,8 % en
août (après un recul de 3,4 % en
juillet), un rebond qui concerne
tant les microentreprises (+7%) que
les sociétés classiques (+3,1%). Le
nombre cumulé d’entreprises
créées au cours des 12 derniers mois
poursuit ainsi son accélération,
avec une progression de 16,8 % en
août contre 16,2 % en juillet.
Cette bonne tendance fait de la
France, une fois n’est pas coutume,
l’un des très bons élèves en Europe,
puisque l’Hexagone se classe sur la
deuxième marche du podium, selon
Eurostat, des pays les plus dynamiques en la matière. Avec 346 804
créations en 2016, elle marquait de
près le Royaume-Uni (371 365 immatriculations) mais devançait de
loin l’Italie (296 906 créations).
Peut-être les soubresauts politiques
dans ces pays (Brexit et coalition
des extrêmes) vont donner dans les
années qui viennent un avantage
concurrentiel positif à la France…
Ce sont essentiellement les microentrepreneurs (ex-autoentrepreneurs, +25,2 % par rapport à
juillet 2017) qui viennent gonfler les
statistiques de la création d’entreprises tricolores. « C’est une spécificité qui s’est révélée dès 2009, au
moment du lancement de ce régime
qui a donné à nos concitoyens la possibilité de créer une activité cumulativement ou exclusivement, de façon
simple. Nombreux sont ceux qui
l’adoptent pour tester leur modèle.
Seuls les Britanniques et les Espagnols, avec le self employment et
l’autonomo, ont des statuts similaires », indique François Hurel, le
président de l’Union des autoentrepreneurs.
Petit bémol : seuls 75,8 % des microentrepreneurs généraient un
chiffre d’affaires en 2016, selon les
données des Urssaf. Et parmi eux,
les deux tiers déclaraient un chiffre
d’affaires moyen inférieur à
9 000 euros par an, bien inférieur
aux plafonds de revenus - qui ont
été doublés au 1er janvier dernier, à
70 000 et 170 000 euros respective-
Les créations d'entreprises à la hausse
CRÉATIONS MENSUELLES,
TOUS SECTEURS CONFONDUS*
59 318
58 673
59 431
Ensemble des créations
Entreprises classiques
56 695
Août
60 000
59 431
55 000
Mai Juin Juil. Août
50 000
45 000
40 000
MICROENTREPRENEURS
MICROENTREPRENEUR
MICR
MIC
MI
ROENTREPRENEUR
RO
OENTREPRENEUR
ENTREPRENEUR
ENTREPRENEURS
35 000
Création du statut
d’autoentrepreneur
30 000
32 388
59
431
créations
en août, en données
corrigées
des variations
saisonnières, soit 4,8 %
de plus qu’en juillet
La ministre du Travail,
Muriel Pénicaud,
le 6 juin, rue de Grenelle,
à Paris.
JEAN-CHRISTOPHE
MARMARA/LE FIGARO
ment pour les prestations de service
et les activités commerciales - pour
pouvoir bénéficier du statut.
Autre culture, autres pratiques
aussi : alors que les microentrepreneurs créent en France des entreprises sans salarié, les Allemands se
lancent souvent à deux ou trois. « Ils
ont un comportement plus entrepreneurial que chez nous et lorsqu’ils se
lancent, ils regroupent des partenaires et des capitaux. Leur rapport au
risque est également plus développé,
comme en Grande-Bretagne, tandis
qu’en France nous bénéficions d’une
protection sociale favorable qui n’y
incite pas », relève André Letowski,
expert en entrepreneuriat.
Écosystème favorable
Pour Frédérique Jeske, directrice générale du Réseau entreprendre,
« cette dynamique tient aussi à l’évolution des mentalités. Preuve en est, la
moitié des jeunes diplômés veulent
créer leur boîte. Il est aujourd’hui plus
facile de le faire grâce au numérique,
mais surtout grâce à l’écosystème
français, extrêmement favorable ».
De nombreux dispositifs publics ont
en effet été développés pour inciter à
la création d’entreprises, et les initiatives pour aider au démarrage
sont plus importantes. « Les incubateurs et accélérateurs sont dix fois plus
nombreux en France qu’il y a dix ans,
et les grands groupes ont développé
des programmes de soutien aux startup », relève Frédérique Jeske, pour
qui « la vraie question, maintenant,
c’est la croissance de ces entreprises ». Un point que partage François
Hurel. « Même si nos microentreprises ne se développent pas suffisamment, elles sont fondamentales, nuance-t-il. Plus la pouponnière sera
importante, plus on aura de chance
d’augmenter notre tissu de PME. »
De réels progrès ont été réalisés
enfin dans l’enseignement supérieur pour inciter les jeunes à entrer
dans un comportement d’entrepreneur, qu’il s’agisse de se lancer euxmêmes ou de devenir intra-entrepreneur dans un grand groupe.
Mais « il faut aller encore plus loin,
pointe André Letowski. En Scandinavie, les étudiants sont moins nombreux qu’en France à rêver de monter
leur entreprise, pourtant ils en créent
davantage car ils connaissent mieux
les réalités pratiques ». Et peut-être
que le taux de survie des entreprises
à trois ans, de l’ordre de 70 % et en
amélioration depuis dix ans, continuera-t-il de progresser… ■
La création
d’entreprises
va plus vite
que notre
création
d’emplois.
Elle est plus
dynamique et
plus robuste
que l’emploi
salarié
»
MURIEL PÉNICAUD,
LE 12 SEPTEMBRE 2018
25 000
DES
PATRONNES
DE 43 ANS
EN
MOYENNE
Pour sa première étude
quantitative annuelle,
l’Observatoire
BNP Paribas
de l’entrepreneuriat
au féminin apporte
un éclairage sur cette
discrète population.
Les femmes
entrepreneurs
d’aujourd’hui sont, neuf
fois sur dix, diplômées
de l’enseignement
supérieur ; dans 60 %
des cas, ex-salariées,
et ont, en moyenne,
43 ans, après s’être
lancées dans la création
d’entreprise huit ans
plus tôt.
Elles sont, pour 28 %
d’entre elles, installées
en Ile-de-France,
et pour 21 % dans
le Sud-Est. Un peu plus
d’une sur trois a opté
pour le statut de
microentrepreneur :
dans le secteur des
activités de services
(34 %), la santé et l’action
sociale (15 %) et le
commerce, réparation
d’automobile (11 %).
Lorsqu’elles se sont
lancées, leur motivation
première était liée
à l’envie de se sentir
plus autonome pour
46 % d’entre elles, quand
il s’agissait pour 28 %
de donner plus de sens
à leur vie, ou encore,
pour 22 %, d’obtenir une
vie personnelle et privée
plus équilibrée. Si 20 %
y ont également
vu l’opportunité
de mieux utiliser leurs
compétences, le fait
de gagner plus d’argent
n’est cité qu’en dernière
position, par 11 %. Co. C.
20 000
15 000
2008 2009 2010 2011
Source : Insee
2012
2013
2014 2015
*Données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables
2016
2017 2018
Infographie
Immatriculation, transmission,
rebond… ce que la loi Pacte va changer
A
u
Création
À partir du 1er janvier 2021, un
guichet unique électronique
remplacera les 1 400 centres de
formalités des entreprises (CFE)
pour toute création, modification
et cessation d’activité, quelles
que soient la nature de l’entreprise, son implantation et sa forme juridique. Un dossier sera
considéré juridiquement conforme lorsqu’il aura été contrôlé et
validé par toutes les structures
destinataires (Urssaf, services
fiscaux, caisses sociales…). Bien
que le dépôt du dossier soit dématérialisé, les organismes assurant actuellement les missions de
CFE continueront à exercer leur
rôle d’assistance auprès des personnes qui auront besoin d’accompagnement.
L’obligation pour les artisans, de
réaliser un stage de 30 heures de
préparation à l’installation (SPI)
sera supprimée. Toutefois les
chambres des métiers ainsi que les
CCI auront le devoir de proposer
des stages d’initiation à la gestion
pour tout professionnel qui s’immatricule pour la première fois.
uDéfaillance et rebond
En cas de redressement judiciaire, le dirigeant pourra désormais
conserver sa rémunération sauf
décision contraire du juge saisi sur
demande de l’administrateur ou du
ministère public. Afin de favoriser
le rebond des entrepreneurs dont
les structures n’ont pas de salarié et
détiennent moins de 5 000 euros
d’actifs, le recours à la procédure
de rétablissement professionnel
- qui permet l’effacement des dettes - sera proposé à toutes entreprises éligibles.
Par ailleurs, la liquidation judiciaire simplifiée - qui permet de clore
une procédure dans un délai maximum de 6 à 9 mois - deviendra la
norme pour les petites entreprises.
u
Transmission
Afin de faciliter les transmissions
aux salariés, le fonds commun de
placement d’entreprise (FCPE) est
amélioré. La durée de détention des
titres dans le plan épargne entreprise diminue de 5 à 3 ans. De même
pour les structures de plus de 50 salariés le nombre de salariés requis
est abaissé de 15 à 10. Pour celles qui
comportent moins de 50 personnes
le pourcentage de salariés requis
passe de 30 % à 20 %. Enfin le
montant que le salarié peut affecter
au FCPE de reprise est revu à la
hausse. Il sera désormais d’une fois
la rémunération annuelle contre un
quart aujourd’hui. ■
Co. C.
Bénéfice estimé de la suppression
du forfait social proposée
par la loi Pacte
Par secteur, en millions d'euros
Commerce, réparation d'automobiles
84,1
ANNE DE GUIGNÉ a£@adeguigné
THOMAS SAMSON/AFP
Le projet de loi Pacte, actuellement examiné en commission
spéciale à l’Assemblée, prévoit
plusieurs mesures pour simplifier
la création, la transmission ou le
rebond des entreprises.
Des mesures pas si
onéreuses pour l’État
L’ambition
du Pacte ?
Améliorer
le processus
de création
d’entreprises en
l’accélérant (grâce
à la numérisation),
le simplifiant
(avec moins
de complexités),
et en faisant baisser
ses coûts, dès
demain et
progressivement
»
OLIVIA GRÉGOIRE, DÉPUTÉE
LAREM DE PARIS (12E
CIRCONSCRIPTION)
car cette mesure devrait inciter les
entreprises à augmenter d’une part
les heures travaillées mais aussi les
salaires », note François Perret, coprésident d’Anaxagore.
La suppression du forfait social
sur l’intéressement et la participation pour les entreprises de moins
de 50 salariés et sur l’intéressement
pour celles entre 50 et 250 salariés
coûterait de son côté 262 millions
d’euros net : le coût brut serait de
440 millions et le gain de 178 millions, via essentiellement une augmentation du pouvoir d’achat
des ménages.
La loi Pacte est un texte largement
autofinancé. C’est la conviction du
jeune think-tank dédié à la vie des
PME, Anaxagore - du nom d’un
philosophe contemporain de Socrate -, qui s’est lancé dans une
évaluation des grandes mesures.
Une évaluation que Le Figaro s’est
procurée. À 1,3 milliard d’euros, son
estimation du coût de l’assouplissement des seuils sociaux
et fiscaux et de la réforme du forfait social est
toute proche des prévisions communiquées au
Des recettes
printemps par Bercy.
fiscales
En revanche, ses résultats
apparaissent
Bercy estime de son
particulièrement opticôté que les principales
mistes en termes de bémesures - seuils, forfait
Coût net pour l’État
néfices pour les finances
social et droit des
des mesures
publiques.
Selon
faillites - entraînede simplification
Anaxagore, la simplifiraient une hausse supet de suppression
cation des seuils, qui se
plémentaire du produit
des seuils sociaux
traduira par une quasiintérieur brut (PIB) de 1
disparition de celui fixé à 20 salariés,
point à long terme, dont 0,3 point
rapportera en effet 381 millions
pour 2025. L’élasticité des prélèved’euros dès 2019 aux comptes puments obligatoires au PIB en France
blics, via une hausse de la productourne autour de 1. La loi rapportetion et de la consommation. Le tout
rait donc un peu plus de 313 millions
pour un coût brut de 818 millions. Le
de recettes en plus à l’État en 2025.
coût net de la mesure se limiterait
L’impact sur les dépenses publiques
donc à 436 millions d’euros. « Selon
(si la croissance est plus forte, elles
nos estimations près de la moitié du
ont tendance à se réduire notamcoût pour les finances publiques de la
ment dans le champ social) est, lui,
réforme des seuils sera autofinancée
plus complexe à déterminer. ■
436
millions
d’euros
Activités financières, assurances
63,8
Activités scientifiques
46,4
Industries extractives, énergie, eau
34,4
Construction
31,3
Transports et entreposage
29,5
Fabrication de denrées alimentaires
20,3
Information et communication
19,4
Fabrication d'équipement
14,2
Activités immobilières
11
Matériel de transport
6,5
Hébergement et restauration
5,5
Administration publique
3,3
Cokéfaction et raffinage
0,6
Autres
Source : Anaxagore Institut
69,9
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LE FIGARO
vendredi 14 septembre 2018
ÉCONOMIE
23
La montée des risques n’effraie pas la BCE
La banque centrale européenne a confirmé l’arrêt
progressif de son arsenal de soutien à l’économie.
POLITIQUE
MONÉTAIRE Mario
Draghi effectuait sa rentrée, jeudi,
avec sa première conférence de
presse de la saison, à l’issue de la
réunion du conseil des gouverneurs
de la Banque centrale européenne
(BCE). « Ne pas faire de vagues »,
c’était l’objectif de cet exercice,
souligne Samy Chaar, chef économiste de la banque Lombard Odier
et Cie.
Le patron de la politique monétaire européenne a essentiellement
confirmé deux messages déjà diffusés par la BCE. Les différents taux
d’intérêt (qui s’étagent de - 0,4 % à
0,25 %) resteront inchangés au
moins jusqu’à l’été prochain, a-t-il
précisé. « Les taux devraient ensuite
remonter sur les trois ou quatre derniers mois de l’année, ce qui fera sans
doute de 2019 l’année de sortie des
taux négatifs », traduit Samy Chaar.
De la même façon, 2018 devrait
sonner le glas des achats d’actifs
nets, réalisés depuis 2015 dans le
cadre de l’assouplissement quantitatif (« QE » en anglais) pour injecter de l’argent dans l’économie
européenne. Ces achats seront divisés de moitié, à raison de 15 milliards d’euros par mois à partir du
mois d’octobre jusqu’à la fin de
l’année. Ils seront ensuite stoppés si
les perspectives d’inflation le per-
mettent, précise la BCE. Mario Draghi a par ailleurs confirmé ses prévisions de 1,7 % d’inflation annuelle
d’ici à 2020 et répété sa confiance
d’atteindre à moyen terme l’objectif de près de 2 % d’inflation. La BCE
a en revanche légèrement revu à la
baisse les prévisions de croissance
de la zone euro, à 2 % en 2018 et
1,8 % l’an prochain, en raison d’une
« contribution plus faible de la demande extérieure ».
“
Nous attendons
des actes [de l’Italie],
en particulier le projet
de loi de finances
”
MARIO DRAGHI, PRÉSIDENT DE LA BCE
Au final, c’est pourtant un message « moins colombe », c’est-à-dire
moins accommodant en termes de
politique monétaire, « que ne l’attendaient certains », résume Gero
Jung, chef économiste de Mirabaud
Asset Management. Même si les
« incertitudes » ont « récemment
gagné en importance », la BCE reste
confiante.
Les risques vont du protectionnisme aux turbulences des marchés
émergents, avec notamment la crise des devises en Argentine et en
Turquie, en passant par le Brexit.
Mais ils ne devraient pas faire dé-
Natixis se dote de
nouveaux moyens
pour des acquisitions
Sa maison mère, BPCE,
va lui racheter une partie de ses
activités pour 2,7 milliards d’euros.
ses activités coûteuses en fonds propres, la banque renforcera son assise
financière.
Ces nouveaux moyens lui perBANQUE Laurent Mignon continue
mettront de réaliser plus facilement
à imprimer méthodiquement sa
des acquisitions dans la gestion
marque chez BPCE (Banque popud’actifs, un secteur en pleine
laire, Caisse d’épargne), dont il a pris
concentration, et, dans une moindre
la présidence du directoire le 1er juin
mesure, dans les paiements en Eudernier. Après avoir décidé de la
rope. « L’opération rendra le bilan de
dissolution du Crédit foncier fin juin,
Natixis plus manœuvrable et lui peril s’attelle à une nouvelle réorganimettra de réagir plus vite dans un ensation de grande ampleur. À l’avevironnement de marché qui requiert
nir, les activités de financement
toujours plus d’agilité », explique
spécialisé (affacturage, cautions,
François Riahi, le nouveau directeur
crédit-bail, crédit à la consomgénéral de Natixis. En conséquence,
mation) ne seront plus logées dans
ce dernier relève sensiblement ses
Natixis, sa filiale cotée, mais au sein
ambitions en matière d’acquiside l’organe central du géant mutuations : Natixis pourrait ainsi investir
liste, BPCE SA.
jusqu’à 2,5 milliards
Cette opération, au
d’euros d’ici à 2020,
terme de laquelle BPCE
contre 1 milliard initiaSA déboursera 2,7 millement prévu. « La puisliards d’euros pour rasance de feu de Natixis
cheter les activités de
est importante. Elle lui
Natixis, devait être fipermettra de poursuivre
nalisée à la fin du presa stratégie d’acquisimier trimestre 2019.
tions de sociétés de gesLes Banques populaires
et les Caisses d’épargne Montant de l’enveloppe tion spécialisées ou de
niche, très rentables,
seront mises à contride Natixis
pour financer des
estime Jérôme Legras,
bution. « Elles participeront à une augmenta- acquisitions d’ici à 2020 directeur de la recherche chez Axiom AI. En
tion de capital pour
parallèle, le transfert à
assurer à BPCE SA le
BPCE des activités fortement conbon niveau de solvabilité après l’opésommatrices de fonds propres devrait
ration », précise Laurent Mignon. En
lui permettre de conserver la Coface,
contrepartie, les banques régionales
dont la cession avait pour but de
percevront un résultat net supplédégager une meilleure flexibilité
mentaire d’environ 80 millions
financière. »
d’euros par an d’ici à 2020.
Natixis envisage de gâter ses acDistribution exceptionnelle
tionnaires. Si aucune acquisition importante n’est réalisée d’ici la clôtuL’opération permettra au groupe
re de la transaction, ils toucheront
BPCE d’acquérir de nouvelles activi« une distribution exceptionnelle poutés génératrices de revenus, dans un
vant atteindre 1,5 milliard d’euros »,
contexte de taux bas difficile pour les
indique François Riahi. Cette persbanques de détail. Surtout, elle renpective - le rendement de l’action
forcera les marges de manœuvre de
atteindrait 15 % - ainsi que la pertiNatixis, désormais recentrée sur
nence de la transformation du grouquatre métiers : gestion d’actifs, aspe ont fait bondir le titre Natixis jeusurance, banque d’investissement et
di à la Bourse de Paris (+ 3,08 %). ■
paiements. De fait, en se délestant de
DANIÈLE GUINOT £@danieleguinot
2,5
milliards
d’euros
railler une reprise de la zone euro
désormais engagée dans sa sixième
année. À l’inverse, s’est réjoui
Mario Draghi, une série de facteurs
nourrissent la croissance en Europe. C’est le cas de la politique budgétaire « moins neutre dans plusieurs pays », de la consommation
soutenue par les créations d’emploi, de la hausse des salaires et du
climat des affaires toujours solide.
Pour son pays, le banquier italien
attend désormais « des actes » de la
part du gouvernement populiste,
issu de la coalition entre l’extrême
droite (Ligue) et le parti antisystème Mouvement 5 étoiles. « Nous
avons pris note » de la promesse du
premier ministre italien et de deux
de ses ministres de « respecter les
règles » budgétaires européennes, a
déclaré Mario Draghi. « Mais les
mots ont beaucoup varié au cours des
derniers mois et ils ont créé des dégâts. Les taux d’intérêt ont augmenté en Italie pour les ménages et pour
les entreprises », a-t-il souligné.
« Maintenant, nous attendons des
actes, en particulier le projet de loi de
finances », a-t-il expliqué. Le patron de la BCE constate que les tensions sur les marchés obligataires
autour de la dette italienne n’ont
« pas débordé sur d’autres pays de la
zone euro ». Il a toutefois rappelé,
sans nommer l’Italie, où elle est
égale à 132 % du PIB, que la dette
publique demeurait trop élevée
dans plusieurs pays. Dix ans après
l’effondrement de la banque Lehman Brothers, qui avait déclenché
une crise financière liée à l’énormité de la dette privée accumulée, il a
aussi souligné le « désendettement
significatif » des ménages et des entreprises dans la zone euro. ■
Mario Draghi, président
de la Banque centrale
européenne, jeudi,
à Francfort.
KAI PFAFFENBACH/REUTERS
R É S U LTAT S D U
1er S E M E S T R E 2 0 1 8
Excellente
performance
des ventes
et des résultats
au 1er semestre
2018
La marge opérationnelle
courante atteint
34,5 % des ventes,
un niveau record
Le résultat net progresse
de + 17 %
2 713
2 299
ment qualitatif de son réseau de distribution. L’activité a
été très solide dans les magasins du groupe, en hausse
de 11
%.
La performance du premier semestre s’appuie sur
une croissance solide de tous les métiers. Les divisions Vêtements et Accessoires, Soie et Textiles ont
été portées par une demande soutenue et par le succès des collections, comme la Maroquinerie Sellerie,
dont les capacités de production sont en croissance
avec l’inauguration d’un nouveau site de production, la
Maroquinerie de L’Allan en avril, et les projets de SaintVincent-de-Paul sur la côte Atlantique et de Montereau,
en Seine et Marne.
Le groupe Hermès poursuit ses recrutements et a
renforcé ses effectifs de près de 280 personnes au
premier semestre. À fin juin 2018 le groupe employait
13 764 personnes, dont 8 476 emplois en France.
La capacité d’autofinancement atteint 849 M€, en
hausse de 7 %. Elle a permis de financer l’ensemble
des investissements opérationnels et la distribution
des dividendes. La trésorerie nette atteint 2,7 Md€
au 30 juin 2018 contre 2,9 Md€ au 31 décembre 2017.
1 037
2 853
931
2 440
827
748
1 907
Le chiffre d’affaires progresse dans toutes les
régions du monde. Hermès a poursuivi le développe-
PERSPECTIVES
621
À moyen terme, malgré le renforcement des incertitudes économiques, géopolitiques et monétaires dans
2014 2015 2016 2017 2018
CHIFFRE D’AFFAIRES
(EN M€)
2014 2015 2016 2017 2018
RÉSULTAT OPÉRATIONNEL
COURANT (EN M€)
le monde, le groupe confirme un objectif de progression du chiffre d’affaires à taux constants ambitieux.
En 2018, Hermès célèbre le thème « À vous de jouer ! ».
Un fil rouge qui, bien plus qu’une récréation, nous rap-
Le chif fre d’af faires consolidé du groupe au
pelle l’importance du divertissement comme moteur
1 semestre 2018 s’élève à 2,8
de créativité, d’innovation et d’agilité.
er
Md€ (+ 11 % à taux
de change constants). Le résultat opérationnel courant,
Hermès poursuit sa stratégie de développement à long
en croissance de 6 %, atteint 985 M€, soit 34,5
%
terme fondée sur l’engagement responsable, la créati-
des ventes, plus haut niveau historique. Après prise
vité, la maitrise des savoir-faire et une communication
en compte d’une plus-value de cession d’immeuble de
originale.
53 M€, le résultat net, en progression de 17 %, atteint
708 M€.
Le rapport semestriel d’activité, le communiqué de presse et la présentation des résultats semestriels 2018
sont disponibles sur le site Internet du groupe : http://finance.hermes.com
A
ARMELLE BOHINEUST £@armelella
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
vendredi 14 septembre 2018 LE FIGARO
24
ENTREPRISES
En Europe, les croisières ont le vent en poupe
Près de 7 millions de passagers continentaux ont embarqué en 2017. Les Français à la traîne.
CHARLES GAUTIER £@CHGAUTIER
TOURISME Voguer la nuit et visiter le jour. La formule aussi vieille
que le tourisme se révèle toujours
aussi efficace : les croisières se développent sans cesse sur toutes les
mers du globe. Les Européens,
quant à eux, sont de plus en plus
nombreux à prendre le large. En
2017, quelque 6,9 millions de touristes du Vieux Continent ont cédé
à ses sirènes. Partant en moyenne
huit jours pour découvrir, dans
l’ordre, les sites de Méditerranée
occidentale, d’Europe du Nord.
Puis cingler vers les Caraïbes, les
Bahamas, les Bermudes, où ils retrouvent une bonne partie des
12,8 millions d’Américains, recordmen mondiaux de ce type de
vacances. « Entre 2014 et 2017, le
nombre d’Européens a progressé de
8,9 % grâce à la diversification de
la taille des bateaux, de la personnalisation des offres et des croisières à thème notamment. L’Europe
est aussi la deuxième destination la
plus populaire au monde après les
Caraïbes », souligne Erminio Eschena, président France de la
Cruise Lines International association (CLIA), syndicat professionnel du secteur, mais aussi directeur
des
affaires
institutionnelles et des relations
industrielles du groupe italo-suisse MSC Croisières.
En Europe, les touristes allemands sont les croisiéristes les
plus assidus (2,18 millions de passagers), et c’est aussi outre-Rhin
que la progression a été la plus
élevée lors des trois dernières saisons (+ 20,7%). Les Français n’ar-
LES CROISIÈRES
EN CHIFFRES
EN 2017
159
bateaux de croisière
ont navigué
en Méditerranée en 2017
1,27
million de passagers
ont fait escale
à Barcelone l’an dernier.
Record d’Europe
6,5
millions de passagers
ont embarqué au départ
d’un port européen
l’an dernier
Vue d’artiste du nouveau bateau de croisière l’Aida Nova, premier exemplaire d’une génération de paquebots fonctionnant au gaz naturel liquéfié.
déjà une amélioration. » Dans ce
contexte, le niveau record de 2015
(612 000 passagers) pourrait être
atteint dès 2019.
rivent qu’au cinquième rang
européen avec un niveau 2017
(504 000 passagers) très inférieur
(- 17,7 %) en raison notamment de
la disparition de Croisières de
France l’année dernière. « Il
s’agissait d’un spécialiste des produits d’entrée de gamme, précise
Erminio Eschena. Cette clientèle
n’a pas été captée par un autre
groupe. Par ailleurs, 2017 est une
année charnière, avec une offre réduite. En revanche, selon les premiers éléments, 2018 marquera
Le paquebot au GNL arrive
Les 40 compagnies européennes
(137 navires) se targuent de déverser directement ou indirectement 47,8 milliards d’euros dans
l’économie continentale et notamment l’industrie lourde. Le
carnet de commandes est chargé :
66 navires de croisière seront li-
vrés d’ici à 2021. Parmi eux, des
paquebots fonctionnant au gaz
naturel liquéfié (GNL), considéré
comme l’énergie fossile la plus
propre. Le premier exemplaire l’Aida Nova - sera livré le 15 novembre à la compagnie Aida, du
groupe Costa Croisières, dans un
port allemand. Le Costa Smeralda
appareillera un an plus tard.
« C’est un surcoût de plusieurs dizaines de millions d’euros, mais
cela ne sera pas supporté par le
client. L’offre sera inédite, souligne
AIDA CRUISES
Georges Azouze, PDG de Costa
Croisières France. « La technologie est là, ajoute Erminio Eschena.
Désormais, il faut que l’écosystème
portuaire corresponde à notre effort de lutte contre la pollution,
avec le lavage des fumées ou les
peintures à friction limitée pour réduire la consommation. Nous nous
efforçons de diminuer l’impact sur
l’environnement. » Un argument
commercial aussi efficace que le
sourire de Shakira, figure de
proue de Costa Croisières ? ■
P&G relance l’innovation pour mieux rebondir
Aiguillonné par l’actionnaire activiste Nelson Peltz, le groupe américain mise sur les nouveautés .
KEREN LENTSCHNER £@Klentschner
CONSOMMATION On n’est jamais
mieux servi que par soi-même.
Lorsque Sara Giovanni a accouché
de ses jumelles il y a quatre ans,
elle n’a pas trouvé de couches qui
lui convenaient. La jeune maman,
chercheuse chez Procter&Gamble
(P&G), rêvait de couches écologiques pour ses filles. Mais celles
qui existaient n’étaient pas assez
absorbantes. Elle a alors imaginé
ses propres couches. En février, la
gamme de couches et lingettes
pour bébé Pampers Pure (Harmonie en France) a été lancée aux
États-Unis. Elles doivent arriver
en octobre en France et au Royaume-Uni.
en compte les exigences des
consommateurs au niveau local. Il a
même accéléré son rythme d’innovation. » Les préoccupations des
consommateurs français, très exigeants en matière d’innovation,
ont été étudiées à la loupe : l’Hexagone, où Pampers interagit régulièrement avec 2 000 parents, a été
considéré comme un marché test
pendant la phase de conception du
produit.
Ces couches sont positionnées
sur le segment premium (15 euros
le grand paquet), soit de 20 à 30%
de plus que les couches classiques.
Elles sont composées d’un coton
de qualité supérieure, d’une cellulose issue d’une filière responsable
ainsi que de composants dérivés de
la canne à sucre. Elles ne contiennent ni paraben ni parfum ni blanchiment au chlore. La certification
Oeko-Tex garantit l’absence de
26 allergènes recensés par l’Union
européenne. Elles sont recyclables.
« Cette attente de naturalité est
aujourd’hui centrale, particulièrement en France, et notamment chez
les jeunes parents, détaille Benjamin Binot, vice-président des filiales française et Benelux de P&G.
Procter & Gamble prend davantage
Le coche de la naturalité
C’est un segment encore naissant,
occupé par de petites marques et
des labels bio, même si Lotus, nouvel entrant sur le marché des couches, s’efforce aussi de s’y faire
une place. « C’est notre rôle, en tant
que leader du marché, de devancer
Retour à la croissance pour la filiale française
Après avoir été pénalisé
depuis 2016 par le déclin
des rayons droguerie, parfumerie
et hygiène en grande distribution,
P&G va mieux. « Je me réjouis qu’il
y ait un retour à la croissance pour
P&G en France depuis le début
de l’année », déclare Benjamin
Binot, directeur général de la filiale
française du géant américain. La
croissance reste modeste, dans
la lignée de celle du marché (+1,3 %
en valeur au premier semestre).
Mais le groupe a regagné des
parts de marché (+0,3 point à 11 %)
après en avoir perdu l’an passé
(-0,5 point). Ce rebond s’explique
par l’accélération du rythme des
innovations. Après en avoir lancé
30 l’an passé, 41 sont prévues en
2018 et plus de 50 l’an prochain.
Ces lancements ont dynamisé
les ventes du rayon : P&G
contribue à près de 30 %
de la croissance des catégories
sur lesquels il est présent.
Parmi les succès des derniers
mois, figurent celui du dentifrice
Benjamin Binot,
vice-président
des filiales France
et Benelux
de Procter&Gamble.
LE_SQUARE/F_BENAUSSE
Oral-B sur le segment premium
et celui des culottes Always
sur le marché en croissance
de l’incontinence. La situation
reste délicate sur le rasage,
la mode de la barbe ayant entraîné
une chute du marché. Les ventes
de Gillette en pâtissent. « Les
hommes se rasent toujours, moins
fréquemment mais différemment,
souligne Benjamin Binot. Ce
qui représente notamment
des opportunités de croissance
sur le segment du styling. »
K. L.
P&G EN CHIFFRES
EXERCICE CLOS
AU 30 JUIN 2018
66,8
milliards de dollars
de chiffre d’affaires
une tendance, ajoute Benjamin Binot. Nous visons la première place
sur ce segment de la naturalité. »
Pampers Pure a été conçu par
dix personnes en dix-huit mois,
soit deux fois plus vite et avec une
équipe deux fois plus réduite
qu’auparavant. C’est un exemple
de la « lean innovation » que P&G
s’efforce de mettre en place pour
être plus agile et réactif face aux
besoins. P&G (Ariel, Gillette,
Oral-B…), numéro un mondial de
la grande consommation, a été
contraint de passer à la vitesse
supérieure. Le groupe américain,
qui a longtemps fait référence en
matière d’innovation, traverse un
passage à vide depuis plusieurs an-
nées. Il a dû élaguer son portefeuille, désormais concentré sur
65 marques (contre 170 auparavant) et dix catégories. Il a mis en
place deux plans massifs d’économies en cinq ans (23 milliards de
dollars au total). L’actionnaire activiste Nelson Peltz, qui a fait son
entrée en mars au conseil d’administration au terme d’une bataille
homérique, a souvent fustigé l’absence d’innovation majeure chez
P&G depuis l’invention des capsules de lessive en 2012.
Le financier lui a reproché
d’avoir loupé le coche de la naturalité. Peltz, qui siège dorénavant
au sein du comité innovation du
conseil, n’a cessé de prôner le développement ou le rachat de marques locales ou de taille moyenne,
face à la méfiance des consommateurs, notamment des jeunes, à
l’égard des grandes marques. P&G
n’a pas tardé à réagir. En six mois,
il a racheté coup sur coup une
marque de déodorants, Native,
vendue sur Internet, et un label
néo-zélandais de soins pour la
peau, Snowberry. En outre, P&G a
décliné sa marque de désodorisants Febreze en version naturelle.
Une nouvelle mouture de Tampax
(Cotton Comfort), dotée d’un applicateur d’origine végétale, sera
lancée le 1er octobre. Objectif en
France : recruter 500 000 consommatrices. ■
CESSION - FUSION - ACQUISITION - PARTENARIAT
01.49.04.01.85 - annonces@osp.fr
13,7
COTATIONS HEBDOMADAIRES
Nom du Fonds
Date de valorisation :
Valeur a la
Valeur
Valeur
création précédente liquidative
12/09/2018
AFER ACTIONS EURO
AFER-SFER
AFER PATRIMOINE
A. DIVERSIFIE DURABLE
AFER ACTIONS MONDE
A
Aviva Investors France
24-26, rue de la Pépinière 75008 Paris
Tél. : 01 76 62 90 00 / 01 76 62 91 01
Vocation
ACTIONS ZONE EURO
DIVERSIFIÉ
DIVERSIFIÉ
DIVERSIFIE
ACTIONSINTERNATIONALES
76,00
15,00
500,00
500,00
500,00
135,15
61,86
605,68
742,36
951,97
135,58
62,13
605,28
743,54
951,10
PROCHAINE PARUTION : 21/09/2018
(1) Dédoublé 2 fois. (2) divisée par 2. (3) divisée par 8. (4) divisée par 30. (5) divisée par 100. (6) divisée par 10. (7) divisée par 5. (8) divisée par 6.
*Ou dernier cours connu.
milliards de dollars
de résultat opérationnel
Recherche d’investisseurs ou de candidats repreneurs en plan de cession
Maison de prêt-à-porter française
activité de création et vente de vêtements et accessoires féminins
En redressement judiciaire
83 salariés
Chiffre d’affaires au 31/03/2017 (12 mois) : 21,5 M€
Résultat d’exploitation au 31/03/2017 (12 mois) : -5,5 M€
Pour accéder au dossier de présentation, les candidats intéressés
sont invités à contacter par écrit :
Maître Rousselet – Administrateur judiciaire
38, avenue Hoche – 75008 Paris – joanna.rousselet@fajr.eu
La date limite de remise des offres est fixée au 24 septembre 2018 à midi
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
vendredi 14 septembre 2018
PRÉLÈVEMENT À LA SOURCE
AVEC
25
Préparez-vous au big bang fiscal
Le prélèvement à la source de l’impôt s’appliquera à compter de janvier prochain. Revue de détail
de tout ce qu’il faut savoir, en collaboration avec la rédaction du magazine « Le Particulier ».
sitif se montre même plus favorable qu’avec la mensualisation, où
le paiement intervient en milieu
de mois. En outre, le prélèvement
à la source sera réparti sur douze
mois, alors que la mensualisation
comprend dix échéances, ce qui
implique des mensualités plus importantes. Il devrait, au final, en
résulter un léger avantage en trésorerie. À l’inverse, ceux qui
continuaient à payer les tiers provisionnels en février et mai, et le
solde en septembre, devront
changer leurs habitudes.
ARNAUD SAUGERAS
ET FRÉDÉRIC DURAND-BAZIN
RÉVOLUTION Le prélèvement à la
source n’est pas qu’une simple réforme du paiement de l’impôt sur
le revenu. C’est un véritable big
bang fiscal qui va changer en profondeur notre rapport à l’impôt.
Vous le réglerez désormais en
temps réel, compte tenu de vos
revenus de l’année, et non plus en
fonction de ceux de l’année précédente. Ainsi, à partir du 1er janvier 2019, vous serez imposé chaque mois, au fur et à mesure de
l’encaissement de vos revenus.
Mais ce changement de paradigme
implique, en réalité, des mesures
d’adaptation très complexes. Par
exemple, pour éviter qu’en 2019,
vous n’ayez à régler deux impôts
(ceux sur les revenus perçus en
2018 et en 2019), Bercy a imaginé
un dispositif de transition, souvent qualifié à tort d’« année
blanche » (lire ci-dessous) destiné
à effacer l’impôt sur une grande
partie des revenus de 2018, accompagné de son lot de mesures
techniques pour éviter que les
contribuables optimisent cette situation.
Un prélèvement
sur douze mois
En pratique, les revenus versés
par l’intermédiaire d’un « tiers
collecteur » (salaires, pensions de
retraite, allocations de chômage,
indemnités maladie…) feront
l’objet d’une retenue à la source,
qui sera reversée au fisc par celuici. Conséquence immédiate : votre salaire sera amputé tous les
mois d’un douzième du montant
de votre impôt. Un impact limité
en termes de trésorerie si vous
étiez déjà mensualisé, comme
60 % des contribuables. Ce dispo-
Votre feuille de paie indiquera
votre revenu net avant prélèvement, le taux (personnalisé ou
non) de votre retenue, son montant et le revenu net à verser après
prélèvement. Vous pouvez voir
apparaître le montant indicatif de
la retenue à la source sur votre
bulletin de paie dès la fin septembre ou octobre si votre entreprise
le souhaite. La retenue sera appliquée sur votre salaire, après déduction des cotisations sociales et
de la CSG déductible, sans tenir
compte de vos frais profession-
nels, déjà pris en compte dans le
taux de prélèvement calculé par le
fisc et transmis à l’employeur.
Il faudra toujours
déclarer ses revenus
S’agissant des revenus des professions indépendantes, les revenus
fonciers ou les pensions alimentaires, ils seront soumis à un
acompte dit « contemporain »,
prélevé mensuellement ou trimestriellement par le fisc, directement sur le compte bancaire du
contribuable (lire page 26). Enfin,
L’année blanche n’est pas synonyme de zéro impôt
FRÉDÉRIQUE SCHMIDIGER
Alors que toute la presse parle
d’année blanche pour 2018, un
terme qui, mal compris, pourrait laisser penser qu’il n’y
aura pas d’impôt sur le revenu
à régler pour cette année,
Bercy préfère parler d’année
de transition. Une nuance qui a
son importance : une partie
seulement de l’impôt sur les
revenus de 2018 sera effacée. Si
vous percevez cette année des
revenus exceptionnels, touchez des intérêts ou dividendes
ou réalisez des plus-values (sur
un logement ou des actions),
vous paierez l’impôt correspondant à ces revenus en 2019.
Que se passera-t-il en pratique ? Au printemps 2019,
vous déposerez comme d’habitude votre déclaration de revenus 2018. L’impôt sera calculé par le fisc comme
aujourd’hui. Mais pour éviter
que vous n’ayez à payer en
2019 à la fois l’impôt sur vos
revenus de 2018 et l’impôt
prélevé à la source sur les revenus de 2019, l’impôt sur vos
revenus courants de 2018 sera
effacé. L’avis d’imposition que
vous recevrez à la fin de l’été
2019 laissera apparaître une
nouvelle ligne intitulée : crédit
d’impôt dit « de modernisation
du
recouvrement »
(CIMR). Ce crédit neutralisera
l’impôt sur vos salaires, retraites, allocations-chômage, bénéfices professionnels et revenus fonciers habituels.
Revenus exceptionnels
et placements taxés
La déclaration de revenus sera
aménagée pour distinguer les
revenus courants des revenus
exceptionnels. Si vous avez fait
des heures supplémentaires, si
vous êtes passé à temps plein
ou avez eu une augmentation
de salaire, vous n’aurez pas
d’impôt sur ces revenus considérés comme courants. Pas
plus d’ailleurs que sur des indemnités compensatrices de
congés payés ou des indemnités de fin de mission. En revanche, vous ne couperez pas
à la taxation d’une indemnité
de départ à la retraite, de la
part imposable des indemnités
de licenciement et de rupture
conventionnelle, de primes de
mobilité, de la participation et
de l’intéressement dont vous
avez demandé le versement,
d’une indemnité de clientèle
ou plus généralement de toutes
les sommes qui n’ont pas de
lien avec votre contrat de travail ou qui ne sont pas susceptibles d’être versées chaque
année.
Attention, si vous êtes indépendant ou dirigez une société,
un dispositif anti-abus a même
été mis en place. Le caractère
exceptionnel est apprécié en
fonction des revenus des trois
dernières années (2015, 2016 et
2017). Si vous déclarez, en
2018, des bénéfices supérieurs
à ces trois dernières années, le
CIMR sera plafonné à l’impôt
correspondant au montant du
bénéfice le plus élevé de la période 2015-2017. Vous paierez
l’impôt sur la part du bénéfice
de 2018 qui dépasse cette limite. Puis, vous obtiendrez un
complément de CIMR en 2020
si votre bénéfice de 2019 dépasse ceux des quatre dernières années (2015-2018).
Un taux d’imposition
plus favorable
Même taxés, vos revenus exceptionnels bénéficieront cependant d’une imposition plus
douce. Le mode de calcul du
crédit d’impôt CIMR conduit,
en effet, à soumettre vos revenus exceptionnels à un taux
plus faible que celui qu’ils
auraient subi une année normale. Un salarié (célibataire)
avec un salaire net imposable
de 50 000 € qui perçoit une
prime
exceptionnelle
de
10 000 €, n’aura que 1 749 €
d’impôt à payer une fois déduit
le CIMR. Sa prime sera taxée au
taux de 17,5 % contre 30 % en
temps normal. ■
les revenus de placements financiers ainsi que les plus-values
mobilières ou immobilières ne
sont pas concernés par ce nouveau mode de recouvrement de
l’impôt.
Le prélèvement à la source modifie le recouvrement de l’impôt,
mais pas son mode de calcul.
L’impôt restera établi à partir des
revenus encaissés au niveau du
foyer fiscal, après application des
charges déductibles, du quotient
familial, du barème de l’impôt et
des réductions et crédits d’impôt.
En réalité, le prélèvement constitue un simple acompte d’impôt, et
il faudra toujours remplir une déclaration annuelle de revenus,
pour permettre au fisc de calculer
l’impôt définitif et de régulariser
les sommes versées. La déclaration servira aussi à actualiser votre
taux de prélèvement (lire page 27).
En théorie, vous devriez pouvoir vérifier que le taux qui vous
est appliqué correspond effectivement à votre situation. Pour ceux
qui n’ont que des salaires, le calcul
est simple à refaire. Multipliez votre impôt (avant crédits et réductions d’impôt) par vos salaires
nets (frais professionnels déduits)
et divisez le tout par vos salaires
avant déduction de ces frais.
Mais cela se complique sérieusement si vous avez des revenus
fonciers et/ou de placements, ainsi que des charges ou déficits déductibles de votre revenu global.
Nous nous sommes prêtés à
l’exercice, sans jamais retrouver
le taux du fisc. Heureusement, le
prélèvement à la source ne modifie pas le montant de l’impôt dû
sur vos revenus mais uniquement
son mode de paiement. Vous
pourrez donc toujours vérifier si
vous avez payé le bon montant sur
l’avis d’imposition envoyé pendant l’été 2020. ■
LES DATES CLÉS DU PRÉLÈVEMENT À LA SOURCE
15 SEPTEMBRE 2018
JANVIER 2019
■ Votre impôt est retenu
directement sur votre
salaire, vos retraites…
■ Les acomptes d’impôt
sur vos revenus fonciers
et BIC sont prélevés
sur votre compte bancaire.
■ Vous percevez un
acompte de 60 %
sur certains dispositifs
ouvrant droit à crédit
ou réduction d’impôt,
calculé d’après les dépenses
de 2017.
au lieu de la flat tax
de 12,8 %.
AVRIL-JUIN 2019
ÉTÉ 2019
■ Déclaration
des revenus de 2018.
■ Option possible
pour le barème progressif
pour les revenus
de placements de 2018
■ Réception de l’avis
d’imposition avec
le solde d’impôt
éventuellement dû
sur les revenus de 2018.
■ Le crédit d’impôt
de modernisation du
recouvrement annule l’impôt
sur les revenus de 2018,
à l’exception des revenus
exceptionnels et des
revenus de placements.
■ Actualisation
du taux du prélèvement
à la source appliqué
à partir de septembre 2019.
FIN AOÛT-SEPTEMBRE
2019
■ Paiement du solde
de l’impôt sur les revenus
de 2018 (étalé jusqu’en
décembre) ou restitution
du trop-payé avec
remboursement des crédits
et réductions d’impôt
sur les dépenses de 2018.
1
■ Date limite d’option pour
le taux individualisé ou non
personnalisé. Une option plus
tardive est possible, mais
elle pourrait ne pas être prise
en compte en janvier 2019.
A
ÉTÉ 2018
■ Réception de votre avis
d’imposition sur vos
revenus de 2017.
■ Le taux du prélèvement
à la source appliqué
de janvier 2019 à août 2019
est indiqué sur cet avis.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
vendredi 14 septembre 2018 LE FIGARO
26
PRÉLÈVEMENT À LA SOURCE
Il est encore temps de choisir le bon taux de
Le taux par défaut appliqué par le fisc n’est pas toujours adapté à votre situation, notamment si vous avez dans
RENAUD BERNARD
FISCALITÉ À partir du 1er janvier
prochain, l’impôt sur le revenu sera
prélevé chaque mois sur votre salaire ou votre pension en fonction
d’un taux qui vous a été communiqué par l’administration fiscale sur
votre avis d’imposition, reçu entre
la fin août et début septembre. Ce
taux est également consultable dans
votre espace personnel sur impots.gouv.fr. Pour l’année 2019, le
taux qui vous a ainsi été communi-
MARION CAPÈLE
DIRECTRICE ADJOINTE DU PÔLE
SOLUTIONS PATRIMONIALES
DE NATIXIS WEALTH MANAGEMENT
Les
placements
sont en dehors
du champ
du prélèvement
à la source
»
Que va changer le prélèvement
à la source pour les revenus
de placements ?
Rien en théorie. Ces revenus ne
sont pas dans le champ du prélèvement à la source. Mais ils seront concernés par une autre réforme, dont on parle aujourd’hui
beaucoup moins : la flat tax. Cet
impôt forfaitaire de 12,8 % s’applique automatiquement aux dividendes et intérêts de 2018, lors
de leur versement, avec une option possible pour le barème progressif de l’impôt si les contribuables le souhaitent. C’est tout
l’environnement fiscal qui va être
bouleversé en 2019. Il va falloir
intégrer la réforme du prélèvement à la source, la flat tax mais
aussi les mesures applicables à
titre exceptionnel aux revenus de
2018, en cette année de transition. Ce télescopage complexifie
les choix fiscaux. Il est difficile
d’anticiper leurs effets conjugués.
qué, calculé d’après les revenus
perçus en 2017 déclarés en 2018,
s’appliquera de janvier à août, puis
il sera revu pour la période s’écoulant de septembre à décembre, en
fonction des revenus de 2018 déclarés en 2019. N’oubliez pas qu’avec la
mise en place du dispositif du prélèvement à la source, vous êtes toujours tenu de déclarer vos revenus,
le prélèvement à la source n’étant
qu’une modalité de paiement de
l’impôt sur le revenu.
Ce taux conjugalisé tient compte
de votre situation familiale (céliba-
Comment
seront taxés
vos différents
revenus ?
Certains revenus seront soumis
à une retenue, d’autres au paiement
d’acomptes, d’autres enfin ne sont
pas concernés par le prélèvement
à la source. Revue de détail
pour y voir clair.
taire, couple marié ou pacsé, enfants à charge…) et de l’ensemble de
vos revenus et charges. Il est identique pour chacun des conjoints ou
partenaires de pacs. C’est celui que
l’administration transmettra à
votre employeur.
Vous pouvez choisir
un taux individualisé
Mais ce taux conjugalisé n’est peutêtre pas le mieux adapté à votre situation. Un couple marié ou pacsé
présentant des disparités de revenus importantes peut préférer opter
1
pour un taux individualisé en fonction des revenus de chaque membre
du couple.
Le taux individualisé ne modifie
en rien le montant total de l’impôt à
payer mais il change la répartition
de son paiement entre les époux ou
partenaires. Ce choix étant personnel, chacun des conjoints peut
l’exercer sur son propre espace
personnel sur Internet.
Attention, dès que l’un des
conjoints ou partenaire de pacs opte
pour un taux individualisé, l’autre
se verra automatiquement appli-
quer le taux individualisé qui lui est
propre.
Et si vous ne souhaitez pas, dans
un souci de confidentialité, divulguer votre taux à votre employeur,
vous pouvez demander à l’administration fiscale qu’elle transmette un
taux neutre, calculé selon une grille
forfaitaire prédéterminée (BofipBOI-BAREME-000037-20180515),
correspondant à celui d’un célibataire sans enfant, et ne tenant
compte que des salaires, à l’exclusion de tout autre revenu (revenus
fonciers, de placement…). Ce choix
SALAIRES ET REVENUS
DE REMPLACEMENT
IMPÔT PRÉLEVÉ À LA SOURCE
PAR L’EMPLOYEUR,
LA CAISSE DE RETRAITE…
Salaires
Traitements
Retraites
Impôt
Indemnités
journalières
de maladie
Employeur
Indemnités
de chômage
Fiche de
paie ou
retraite
Indemnités
de fin de contrat
à durée déterminée
Contribuable
Indemnités de
congés payés
Caisse
de retraite
Source : Le Particulier
Vous avez des revenus
de placements
Vous donnez des biens
en location
Quels sont ces effets ?
Si vous choisissez de soumettre
vos revenus de placements à la
flat tax, ils n’auront aucune incidence sur le taux du prélèvement
à la source. Mais si vous les soumettez au barème progressif, ils
entreront dans le calcul du taux
de prélèvement. Il faudra en tenir
compte au moment de choisir la
meilleure option pour les revenus
de 2018.
À quel moment
les contribuables formulerontils cette option fiscale ?
Ils n’ont pas à décider cette année. L’option entre la flat tax et le
barème progressif sera prise au
moment de la déclaration des revenus de 2018, au printemps
2019. À un moment où ils auront
connaissance de tous leurs revenus de capitaux mobiliers. Et c’est
heureux puisque l’option pour le
barème est globale. Elle porte sur
les dividendes reçus en mai, les
intérêts crédités en fin d’année et
les plus-values mobilières.
A
Pouvez-vous donner quelques
principes simples pour se fixer
les idées ?
La flat tax de 12,8 % (30 % en intégrant les prélèvements sociaux) sera en général plus favorable aux contribuables, surtout
s’ils ont des revenus importants
soumis au barème progressif. La
question ne se posera que s’ils
peuvent bénéficier d’abattement
seulement en cas d’option pour le
barème.
Ce sera le cas par exemple des
plus-values sur des titres détenus depuis plus de 8 ans qui profitent d’un abattement de 65 %. Il
sera préférable de faire des simulations avec les différentes
options et de comparer le montant de l’impôt mais aussi l’incidence en termes de trésorerie.
PROPOS RECUEILLIS PAR
FRÉDÉRIQUE SCHMIDIGER
FRÉDÉRIQUE SCHMIDIGER
Si vous avez perçu des dividendes
ou des intérêts, ou réalisé des plusvalues sur des titres en 2017, ils ont
subi, comme vos revenus professionnels, le barème progressif de
l’impôt sur le revenu. Sans autre
option possible, puisque, sous le
quinquennat Hollande, la possibilité d’opter pour un prélèvement
forfaitaire a été supprimée. Vos revenus de placements ont donc
contribué à augmenter le montant
de l’impôt qui a été retenu par l’administration fiscale pour calculer le
taux du prélèvement à la source qui
vous sera appliqué à partir du
1er janvier 2019.
Pourtant, les revenus de placements n’entrent pas dans le champ
du prélèvement à la source. En
théorie. Car en réalité la formule de
calcul appliquée par le fisc tient
compte de tous les revenus soumis
au barème progressif. Une partie de
l’impôt correspondant aux revenus
qui échappent au prélèvement à la
source est neutralisée, mais une
partie seulement. Si vous avez touché en 2017 des revenus de placements qui représentent une proportion importante de vos
ressources, ils contribueront malgré tout à augmenter le taux de votre prélèvement à la source appliqué de janvier à août 2019.
Prenons l’exemple d’un couple
marié. L’un des conjoints a perçu en
2017 un salaire net imposable de
150 000 € (137 695 € après la déduction forfaitaire de 10 % pour frais
professionnels, plafonnée dans son
cas à 12 305 €). Le couple a aussi
perçu 35 000 € de dividendes (soit
21 000 € imposables après l’abattement de 40 % applicable à ces revenus). Tous ces revenus ont été soumis au barème progressif, avec, à la
clé, un impôt de 37 676 €. Le taux de
leur prélèvement à la source s’élève
à 21,8 %. Il est calculé, en vertu de la
formule utilisée par le fisc (BOI-IR-PAS-20-20-10), de la manière
suivante : [37 676 € × 137 695 €
/(137 695 € + 21 000 €)] / 150 000 €.
Imaginons que le couple ait les
mêmes revenus en 2018. Avec une
différence de taille. Pour ses dividendes de 2018, il peut opter pour le
prélèvement forfaitaire unique de
12,8 % (PFU). Dans ce cas, le montant de l’impôt sur ses salaires, seuls
revenus soumis au barème progressif, n’est plus que de 29 895 €. Le
taux de son prélèvement à la source
appliqué à partir de septembre 2019
(actualisé à partir de la déclaration
de ses revenus de 2018) n’est plus
que de 19,9 %.
Avec le calcul suivant : [29 895€ ×
137 695€ / 137 695€] / 150 000 €.
Avance au fisc
Si le conjoint salarié touche en 2019
un salaire mensuel net imposable de
11 500 €, il aura une retenue à la
source de 2 507 € /(11 500 € ×
21,8 %) jusqu’en août 2019 alors
qu’il n’aurait dû payer que 2 289 €
(11 500 € × 19,9 %). Sur huit mois, il
aura ainsi fait une avance de trésorerie de 1 748 €.
Plus le montant de vos revenus
de placements seront élevés par
rapport à vos revenus soumis au
prélèvement à la source, plus cette
avance sera importante. Reste à savoir si vous pourrez moduler votre
taux à la baisse dès janvier 2019
pour l’éviter.
À s’en tenir à la loi, la modulation
du taux à la baisse n’est prévue
qu’en cas de variation des revenus
ou de changement de situation. Or,
dans cette configuration, il n’y a pas
de baisse réelle des revenus. Et en
janvier 2019, vous n’aurez pas encore opté pour le PFU. ■
NATHALIE CHEYSSON-KAPLAN
Si vous donnez en location un ou
plusieurs logements, le prélèvement à la source sur vos revenus
fonciers (en cas de location nue)
ou vos bénéfices industriels et
commerciaux (location meublée)
prendra la forme d’acomptes,
prélevés directement par l’administration fiscale sur votre compte
bancaire.
ces acomptes
uQuand
seront-ils payés ?
Le 15 de chaque mois ou, si vous
préférez, chaque trimestre les 15
des mois de février, mai, août et
novembre.
sont-ils calculés ?
uComment
Le montant des acomptes sera
calculé sur la base de vos revenus
locatifs nets de 2017, c’est-à-dire
après prise en compte des charges
et travaux déductibles - y compris
les amortissements ou déductions
spécifiques pratiqués dans le cadre
des régimes Périssol, Robien ou
Borloo - et des éventuels reports
déficitaires. Si vous relevez du micro-foncier ou du micro-BIC,
l’acompte sera calculé sur la base
de vos loyers diminués de l’abattement forfaitaire de 30 % (50 %
ou 71 % pour le micro-BIC). Dans
les deux cas, le montant des
acomptes intégrera les 17,2 % de
prélèvements sociaux que vous
payiez jusqu’à présent à part. À
noter qu’ils figurent sur votre avis
d’imposition, reçu fin août-début
septembre.
se passe-t-il si vous
uQue
avez commencé à percevoir
des revenus locatifs pour
la première fois en 2018 ?
Le fisc n’aura connaissance de leur
montant qu’après avoir reçu votre
déclaration de revenus de 2018, au
printemps 2019. Si vous voulez
éviter une régularisation trop importante en septembre 2019, vous
pouvez demander à verser des
acomptes spontanés.
si vous avez déclaré
uQuid
un déficit en 2017 ?
Vous n’aurez pas d’acomptes à
payer sur vos loyers au moins jusqu’en août 2019. Votre déficit va
aussi contribuer à réduire le taux
de prélèvement applicable à vos
autres revenus.
Attention, concernant vos revenus fonciers, si vous avez un reliquat de déficit reportable sur vos
revenus fonciers des dix années
suivantes, vous devrez l’imputer
sur vos loyers de 2018 à hauteur de
leur montant imposable, même si
ces derniers échappent de fait à
l’impôt en raison de l’année de
transition. Vous ne pouvez pas décider de reporter cette imputation
en 2019. Mais si cette imputation
vous permet d’effacer vos loyers
imposables, cela vous permettra
également de ne pas payer
d’acompte entre septembre 2019
et août 2020.
se passe-t-il si vous arrêtez
uQue
de percevoir des loyers ?
En cas de vente du logement ou de
changement d’affectation, vous
pourrez demander à ne plus verser
d’acomptes. Cette demande sera
prise en compte à compter du versement suivant le mois de votre
demande. En cas de baisse de vos
revenus fonciers (par exemple, si
vous faites des travaux déductibles
ou en cas de vacance provisoire
entre deux locataires), vous pourrez également demander une diminution du montant de vos
acomptes. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
vendredi 14 septembre 2018
PRÉLÈVEMENT À LA SOURCE
27
e prélèvement
s le couple des revenus très disparates ou si vous souhaitez rester discrets sur votre patrimoine.
intéressera les contribuables qui
souhaitent jeter un voile pudique
sur la composition de leur patrimoine et l’ensemble de leurs revenus.
Attention, si le taux neutre est inférieur au taux individualisé, vous
allez verser moins que le montant
de l’impôt réellement dû. Il vous
faudra alors calculer le complément
de versement à effectuer et faire le
règlement en allant sur votre espace personnel. À défaut, vous subirez
une pénalité pour insuffisance de
paiement. À l’inverse, si vous avez
des enfants, demander le taux neu-
2
tre peut vous conduire à une retenue sur salaire bien plus élevée que
le prélèvement normalement dû, la
grille appliquée par le fisc ne tenant
pas compte du quotient familial. Et
ce n’est qu’en septembre de l’année
suivante que le fisc vous remboursera le trop-versé.
Décidez-vous vite
Exemple : Maryse et Jean ont trois
enfants et gagnent respectivement
40 000 € et 25 000 € par an. Le taux
par défaut applicable à chacun de
leur salaire sera fixé à 4,2 %. S’ils
optent pour le taux individualisé,
Maryse supportera l’intégralité de la
charge de l’impôt sur le revenu avec
un taux de 6,7 %, Jean n’étant pas
imposable. Avec le taux neutre, le
salaire de Maryse sera amputé d’une
retenue de 12 % et celui de Jean
d’une retenue de 7,5 %. Ils paieront
trop en 2019 et devront attendre
septembre 2020 pour être remboursés. Un manque de souplesse qui fait
perdre beaucoup d’intérêt à ce taux.
Décidez-vous vite. Vous avez jusqu’au 15 septembre pour changer
votre taux. Pour ce faire, rien de plus
AUTRES REVENUS D’ACTIVITÉ,
LOYERS, PENSIONS…
IMPÔT PRÉLEV É SUR
V OTRE COMPTE PA R
L’A D MIN ISTRA TION
FISCA LE
Revenus fonciers
Bénéfices industriels
et commerciaux
3
simple, il vous suffit d’aller sur votre
espace personnel du site impots.gouv.fr (rubrique Gérer mon
prélèvement à la source) et de
cocher le taux que vous souhaitez
voir appliquer sur vos revenus dès
janvier 2019.
Vous pouvez aussi appeler votre
centre des finances publiques ou
vous rendre dans ses locaux. Vous
trouverez ses coordonnées sur votre
avis d’imposition. Une fois le nouveau taux choisi, le fisc le transmettra à l’organisme collecteur (employeur, caisse de retraite…) dès la
REVENUS DE
PLACEMENTS
Intérêts de livrets et
Comptes d’épargne
PRÉLÈV EMEN T
FORFA ITA IRE
OU BA RÈME
PROGRESSIF*
* Sur option, pour certains revenus
(acomptes mensuels
ou trimestriels)
Bénéfices non
commerciaux
Pensions
alimentaires
Assurancevie
Impôt
Impôt
Placements
de revenus
Compte
en banque
Comptes
d'épargne
Bourse
Vous bénéficiez de crédits
et réductions d’impôt
Les crédits et réductions d’impôt
acquis en 2018 sont maintenus
avec la mise en place du prélèvement à la source, mais ils ne sont
pas pris en compte dans le calcul
du taux. Résultat, les contribuables qui ne payaient jusqu’à présent pas d’impôt grâce à ces
avantages n’éviteront pas le prélèvement à la source en janvier
2019. Les avantages fiscaux auxquels vous avez droit pour les dépenses payées en 2018 et déclarées
en 2019 vous seront en principe
versés à l’été 2019. Vous ferez
donc une avance de trésorerie de
huit mois au bénéfice de l’État.
Une avance de 60 %
dès le 15 janvier
Pour épargner à 8 millions de
contribuables bénéficiant des
avantages fiscaux un effort de
trésorerie, le gouvernement a décidé de leur verser un acompte de
60 % dès le 15 janvier 2019. Mais,
cette mesure ne s’applique pas à
tous.
Initialement, l’acompte était
réservé aux dépenses pour l’emploi d’un salarié à domicile, la
garde d’un enfant de moins de
6 ans et les frais de séjour en établissement des personnes dépendantes. Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes
publics, a élargi la mesure au profit des dons aux associations, de
l’investissement locatif (Pinel,
Duflot, Scellier, Censi-Bouvard…)
et des cotisations syndicales.
En restent pour le moment exclus les autres dispositifs de réduction et crédit d’impôt, notamment l’investissement dans des
PME, des fonds communs de placement dans l’innovation (FCPI),
les dépenses d’économie d’énergie ou encore les souscriptions au
capital de Sofica. Pour ceux-là, le
remboursement n’interviendra
qu’à l’été 2019, en une seule fois.
L’acompte de 60 %, qui sera
versé le 15 janvier 2019, est calculé sur les dépenses payées en 2017
et déclarées en 2018. Les 40 %
restants seront remboursés à l’été
2019, le solde étant ajusté selon
vos dépenses de 2018 déclarées en
2019.
Les contribuables qui pourront
prétendre, pour la première fois,
à ces avantages fiscaux pour leurs
dépenses de 2018 ne bénéficieront
donc pas de cet acompte début
2019 mais devront attendre janvier 2020. Ce sera le cas par
exemple si vous employez une
femme de ménage depuis cette
année seulement. Le fisc ne sera
en effet informé de cette embauche que lors du dépôt de votre déclaration des revenus de 2018, au
printemps 2019.
À l’inverse, si vous vous séparez de votre employé de maison
en 2018, vous toucherez l’acompte de 60 % au 15 janvier 2019
comme si vous continuiez de
l’employer. Au moment de la régularisation, à l’été 2019, vous
devrez rembourser le trop-perçu.
Ces annonces gouvernementales devront être intégrées à la
prochaine loi de finances pour
2019. D’ici là, leurs modalités
d’application peuvent évoluer.
D’ailleurs, la Fédération des particuliers employeurs milite pour
la mensualisation du crédit d’impôt pour tous les employeurs à
domicile.
Avec cette mesure, le bénéfice
des avantages serait immédiat
sans année de décalage. Cette idée
est aussi soutenue par la députée
LaREM Cendra Motin, membre de
la commission des finances en
charge du suivi de la réforme. ■
R. B.
Revenus
d’obligations
Dividendes
d’actions
Plus-values
mobilières
Contribuable
Plus-values immobilières
Elles sont taxées au taux de 19 % retenu
par le notaire sur le prix de vente (1)
(1) Hors prélèvements sociaux de 17,2 %.
(2) Selon l’ancienneté du contrat et la date de versement des primes
Vous exercez une
profession indépendante
Si vous êtes indépendant (artisan,
profession libérale…), vos bénéfices
professionnels, qu’ils soient imposables dans la catégorie des bénéfices
industriels et commerciaux (BIC) ou
des bénéfices non commerciaux
(BNC), seront soumis à un système
d’acompte à compter de 2019.
les acomptes
u Quand
seront-ils prélevés ?
Ils seront prélevés directement par
l’administration fiscale sur votre
compte bancaire personnel le 15 de
chaque mois ou sur option tous les
trimestres (le 15 des mois de février,
mai, août et novembre).
u
Tous sont soumis
au prélèvement
forfaitaire unique
(PFU) de 12,8%
ou au barème
progressif (1)
Revenus d’assurance-vie
Ils bénéficient de plusieurs prélèvements
forfaitaires possibles suivant l’ancienneté
du contrat (taxe de 35 %, 15 %, 7,5 %
ou PFU de 12,8 %) ou sont soumis
au barème progressif (1) (2).
Plus-value
immobilière
Contribuable
fin du mois de septembre. Attention,
la date du 15 septembre n’est pas une
date couperet. Elle laisse juste le
temps au fisc de pouvoir mettre en
place le dispositif du prélèvement à
la source et de transmettre le taux à
appliquer dès 2019 au tiers collecteur. Il vous sera toujours possible de
le modifier même après le 15 septembre, sans attendre janvier 2019.
Mais, il n’est pas certain que votre
nouveau taux soit pris en compte dès
janvier, le changement pouvant
prendre jusqu’à trois mois après
votre demande. ■
Qui calculera le montant
de vos acomptes ?
Il sera calculé par le fisc sur la base de
votre bénéfice courant de 2017, hors
revenus exceptionnels (plus-value à
court et long terme, indemnités ou
charges exceptionnelles). Si vous
êtes imposé selon un régime micro
(micro-BNC ou micro-BIC), le bénéfice qui est pris en compte est celui
qui a été calculé après application de
l’abattement forfaitaire de 71 %,
50 % ou 34 % auquel vous avez
droit, selon la nature de votre activité. Si votre activité était déficitaire en
2017, vous n’avez pas d’acomptes à
payer entre janvier et août 2019.
se passe-t-il si vous avez
u Que
démarré votre activité en 2018 ?
Vous ne commencerez à payer des
acomptes qu’à partir de septembre 2019, au vu de votre déclaration
de revenus de 2018, déposée au printemps 2019. Vous pouvez si vous le
souhaitez demander à verser des
acomptes spontanés pour ne pas
avoir à payer l’impôt correspondant
en une seule fois, en septembre 2019.
Il suffit d’en faire la demande à partir
de votre espace personnel sur impots.gouv.fr.
faire si vous anticipez
u Que
une baisse de revenus ?
À la différence des salaires et autres
revenus soumis à la retenue à la
source, l’assiette de vos acomptes est
figée, puisqu’elle correspond aux revenus des années précédentes. Elle
ne s’adaptera donc pas automatiquement à vos variations de revenus.
Si ces derniers baissent, vous pourrez toutefois demander à diminuer le
montant de vos acomptes, sous réserve que cette baisse soit d’au moins
200 € et de 10 %. Ce qui suppose que
vous soyez en mesure d’estimer votre perte de revenus de manière assez précise. Si vous vous apercevez
finalement que vos revenus seront
plus élevés que prévu, vous devrez
demander une modulation à la hausse si vous ne voulez pas subir les pénalités prévues en cas de réduction
excessive de vos acomptes.
En cas de difficultés de trésorerie,
vous pourrez également demander à
reporter le paiement d’une mensualité ou d’une échéance sur la suivante. Cette possibilité sera limitée à
trois mensualités par an et à une seule en cas d’acompte trimestriel, sans
possibilité de reporter une partie des
versements sur l’année suivante.
si vous cessez
u Quid
définitivement votre activité ?
Vous pourrez demander à ne plus
verser l’acompte correspondant aux
bénéfices de cette activité. Votre demande prendra effet à compter du
versement mensuel ou trimestriel
suivant. Mais elle n’aura pas d’incidence sur le taux de prélèvement applicable à vos autres revenus, ni sur
les autres acomptes éventuellement
dus. Si vous ne voulez pas avoir à
faire une avance trop importante,
vous aurez également intérêt à demander une modulation à la baisse
du taux de votre prélèvement. ■
N. C.-K.
Infographie
SEPTEMBRE 2018 - N°
1148
MON CONSEILLE R PRIVÉ
LE PARTICULIER .FR
EXCLUSIF
LE PALMARÈS
DES 40
MEILLEURES
SCPI
ET SI JE DEVENAIS
SYNDIC
BÉNÉVOLE ?
10 CONSEILS
POUR AIDER
UN PROCHE À
VIEILLIR CHEZ LUI
BUDGET :
FAUT-IL SE
FAIRE SOIGNER
À L’ÉTRANGER ?
PRÉLÈVEMENT
À LA SOURCE
COMMENT
LIMITER
LA CASSE
DOM : 6,20 €
MAR : 50 DH
LE
PARTICULIER
Leader de la presse
patrimoniale et propriété
du groupe Figaro,
le mensuel Le Particulier
consacre dans son numéro
de septembre, actuellement
en kiosque, un dossier
complet sur le prélèvement
à la source. Tous les « angles
morts » de cette réforme
sont abordés : le choix
d’un taux neutre, les
régularisations a posteriori
opérées par le fisc, le sort
des revenus exceptionnels,
des revenus de placement
ou des déficits fonciers,
le rachat de trimestres de
retraite… De nombreuses
simulations et études de cas
permettent au lecteur
d’estimer au plus près
l’impact que ce changement
de collecte fiscale aura
en 2019 sur le suivi de ses
avoirs et de son budget.
4,90 euros. Disponible
en kiosque ou sur
leparticulier.fr, rubrique
boutique
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
vendredi 14 septembre 2018 LE FIGARO
PRÉLÈVEMENT À LA SOURCE
L’entrée
en vigueur
du prélèvement
à la source
suscite
de nombreuses
interrogations.
Voici
nos réponses
pour vous aider
à prendre
les bonnes
décisions.
Anticipez
tous les problèmes
qui peuvent se poser
STRATÉGIE L’arrivée imminente du prélèvement à la
source suscite de multiples interrogations, voire de grandes
inquiétudes. Même si l’administration, à travers les instructions
publiées au Bulletin officiel, apporte d’utiles précisions sur
l’application du dispositif, certaines situations particulières
méritent d’être détaillées pour
éviter de tomber dans l’une des
nombreuses chausse-trappes qui
jalonnent le prélèvement à la
source. Le maître mot étant, en
la matière : anticipation !
JE PERÇOIS
DES REVENUS
DE DIFFÉRENTES
NATURES, COMMENT
EST CALCULÉ
LE PRÉLÈVEMENT ?
Le taux du prélèvement est calculé de manière uniforme au niveau du foyer fiscal. Si vous avez
plusieurs employeurs, le fisc leur
communiquera le même taux de
prélèvement, lequel s’appliquera
au salaire versé par chacun. Il en
va de même si vous touchez des
pensions de retraite de différentes caisses, ou encore si vous
percevez des revenus soumis à
retenue à la source et d’autres
soumis à l’acompte (des revenus
fonciers, par exemple).
MARIAGE, PACS,
NAISSANCE,
DIVORCE, FAUT-IL
LES SIGNALER
AU FISC ?
Oui. Un changement de situation
familiale ayant des incidences
sur votre quotient familial, et
donc sur le montant de votre impôt, vous avez intérêt à en informer le fisc au plus tôt, pour que
ce soit pris en compte dans votre
taux de prélèvement à la source.
Et à partir de 2019, vous serez
tenu de déclarer au fisc tout événement entraînant un changement de votre situation fiscale,
dans les 60 jours de leur survenance (mariage, pacs, naissance,
adoption, divorce, rupture du
pacs, décès). La déclaration s’effectue à partir de votre espace
personnel sur le site impots.gouv.fr. Le fisc communiquera le nouveau taux de prélèvement à votre employeur et il
cale signée avec la France prévoit que vous êtes imposable en
France. Vous serez alors soumis
au régime de l’acompte.
JE SUIS
NON IMPOSABLE,
VAIS-JE SUBIR
UN PRÉLÈVEMENT
À LA SOURCE ?
Les foyers fiscaux non imposables
ne subiront pas le prélèvement à
la source. Si, compte tenu de vos
revenus de 2017, vous n’êtes
pas imposable en 2018 avant
imputation des réductions et
crédits
d’impôts,
vous
n’aurez pas de prélèvement à
la source à payer en 2019. Si
vous êtes salarié, le fisc
communiquera un taux nul
à votre employeur. De
même, si l’impôt n’a pas été
mis en recouvrement au titre des deux dernières années du fait de l’imputation
de réductions ou de crédits
d’impôts, votre taux de prélèvement sera également nul,
à condition que votre revenu
fiscal de référence n’excède
pas 25 000 € par part de quotient familial.
MA FILLE
A UN JOB ÉTUDIANT.
SERA-T-ELLE
SOUMISE
AU PRÉLÈVEMENT
À LA SOURCE ?
s’appliquera au plus
tard le 3e mois suivant la
déclaration. Comme auparavant,
les couples qui se marient ou qui
se pacsent pourront demander à
rester imposés séparément l’année du mariage ou du pacs.
J’EMPLOIE UN
SALARIÉ À DOMICILE,
VAIS-JE DEVOIR
CALCULER MOIMÊME LA RETENUE
SUR SON SALAIRE ?
Non. Pour les particuliers employeurs, la retenue à la source
ne s’appliquera qu’à partir du
1er janvier 2020. Le temps pour
l’administration de finaliser son
outil de gestion « tout-en-un »,
qui vous permettra d’en déléguer entièrement la gestion au
Cesu ou à Pajemploi (si vous faites garder un enfant). L’organisme se chargera de calculer et de
prélever sur le compte de l’employeur le salaire net qu’il reversera au salarié, amputé du montant de la retenue à la source
qu’il reversera au fisc, ainsi que
des cotisations sociales, qu’il reversera à l’Urssaf.
Pour votre employé, ce report
d’un an ne signifie pas qu’il sera
exonéré d’impôt sur ses revenus
de 2019. Les salariés imposables
(moins d’un quart sont concernés) seront redevables, dès septembre 2019, d’un acompte
d’impôt, calculé sur la base de
leurs revenus de 2018 déclarés
au printemps 2019. L’impôt dé-
finitif de 2019 sera calculé et régularisé en septembre 2020, à
partir de la déclaration des revenus de 2019. Par ailleurs, en
tant qu’employeur, si vous avez
bénéficié en 2018 du crédit
d’impôt « service à la personne » pour vos dépenses de 2017,
vous recevrez dès janvier 2019
un acompte de 60 % de l’avantage, à valoir sur vos dépenses
de 2018. En revanche, si vous
avez embauché du personnel
pour la première fois en 2018,
vous devrez attendre septembre
2019 pour bénéficier de cette
ristourne d’impôt.
MES REVENUS
VONT BAISSER
L’AN PROCHAIN.
PUIS-JE DEMANDER
LA MODULATION
DES PRÉLÈVEMENTS ?
Vous pouvez demander à moduler à la hausse comme à la baisse
le montant de vos prélèvements
pour tenir compte de l’évolution
de vos revenus. Un nouveau taux
sera alors calculé par le fisc sur la
base de l’estimation de vos revenus de l’année en cours, effectuée
sous votre propre responsabilité. Le nouveau taux de prélèvement modifiera de manière automatique la retenue à la source
applicable à vos salaires, pensions
et revenus de remplacement et/
ou conduira à l’établissement
d’un nouvel échéancier pour les
Rien ne s’oppose à
revenus
faisant l’objet
d’un acompte.
Attention, une modulation à la baisse ne
sera accordée que si le
montant annuel des prélèvements que vous estimez correspondre à vos revenus est inférieur
de plus de 10 % et de 200 € au
montant cumulé de vos prélèvements actuels. En pratique, vous
saisissez l’estimation de vos revenus de l’année en cours à partir
de votre espace personnel sur
impots.gouv.fr.
Attention : le fisc vous appliquera une pénalité d’au moins 10 %
en cas de modulation excessive à
la baisse. Elle s’appliquera en
septembre de l’année suivante,
à l’occasion du calcul du solde
de l’impôt dû, lorsque l’administration fiscale disposera de
l’ensemble des informations nécessaires pour procéder à la
régularisation.
JE TRAVAILLE
À L’ÉTRANGER,
COMMENT
VA S’EFFECTUER
LE PRÉLÈVEMENT ?
Si vous travaillez à l’étranger
pour le compte d’un employeur
établi en France, vous restez
soumis au prélèvement à la
source tant que vous restez résident fiscal en France. En revanche, si vous déménagez avec
toute votre famille et que vous
perdez ce statut, vos revenus seront soumis à une retenue à la
source spécifique. Si vous travaillez dans un pays limitrophe
pour le compte d’un employeur
étranger, vos salaires ne supporteront pas de prélèvement à la
source, sauf si la convention fis-
Dans la mesure où l’exonération
d’impôt sur le salaire des étudiants est accordée uniquement
sur option dans la déclaration de
revenus, l’intégralité de son salaire sera, en principe, soumise
au prélèvement à la source. Son
employeur devra donc appliquer
la grille de taux neutre, si votre
fille est rattachée à votre foyer
fiscal. Ce taux est nul si son salaire net mensuel reste inférieur à
1 368 €. S’il s’agit d’un job de
moins de deux mois, l’employeur
appliquera un abattement de
615 € au montant de son salaire
net pour calculer le prélèvement
à la source. Le fisc opérera une
régularisation, mais pas avant le
mois de septembre de l’année
N+1.
JE RATTACHE
MON FILS, QUI EST
EN STAGE RÉMUNÉRÉ,
À MON FOYER FISCAL.
QUE VA-T-IL
SE PASSER ?
Même si vous le déclarez à charge, votre fils ne subira pas le taux
de prélèvement à la source de votre foyer fiscal. Comme l’administration ne peut pas savoir si
vous allez continuer à le rattacher
à votre foyer en 2019, elle ne
transmettra pas votre taux à son
employeur. Tant que le montant
cumulé de sa rémunération
n’aura pas atteint la limite annuelle d’exonération des indemnités de stage (17 982 € en 2018), il
ne sera pas concerné par le prélèvement à la source. Dès le mois où
le montant cumulé de ses salaires
dépassera cette limite, le surplus
sera soumis à une retenue. Son
employeur devra appliquer la
grille de taux neutre (voir le Bofip, BOI-BAREME-000037). ■
A. S. , N. C.-K. ET F. D.-B.
l’audace.
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28
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LE FIGARO
vendredi 14 septembre 2018
Le plan
de Lactalis
pour tourner
la page
« Avec cette opération
et la réouverture attendue
de Craon, nous disposerons
de quatre usines pour
approvisionner les quatre
principaux marchés
sur ce segment », affirme
Emmanuel Besnier,
président du groupe Lactalis.
Le groupe reprend l’initiative et
rachète une activité de lait infantile.
AGROALIMENTAIRE C’était il y a
neuf mois. Une contamination à la
salmonelle - l’un des plus grands
scandales sanitaires des dix dernières années - contraignait Lactalis à mettre à l’arrêt son site de
poudre de lait de Craon (Mayenne). L’usine - la seule du groupe
pour le lait infantile - n’a toujours
pas redémarré. Mais « l’affaire »
n’a pas coupé les ambitions du
géant. Après cinq mois de discussions, le groupe (18,4 milliards
d’euros de chiffre d’affaires en
2017) a officialisé jeudi le rachat
pour 740 millions d’euros de la
nutrition infantile du groupe sudafricain Aspen Pharmacare. L’activité, qui réalise 240 millions
d’euros de chiffre d’affaires, comprend deux marques de lait pour
bébés, Alula et Infacare, et trois
usines, en Afrique du Sud, en
Nouvelle-Zélande et au Mexique.
« Avec ce qui est arrivé fin 2017,
Lactalis a été fragilisé sur la nutrition infantile, explique au Figaro
Emmanuel Besnier, président du
groupe et petit-fils du fondateur,
André Besnier. Avec cette opération
et la réouverture attendue de Craon,
nous disposerons de quatre usines
pour approvisionner les quatre principaux marchés sur ce segment :
l’Europe, l’Afrique, l’Asie et l’Amérique du Sud. » Avec les actifs d’Aspen, Lactalis doublera de taille
dans la nutrition infantile par rapport à sa position avant le scandale.
À contrecœur
Le temps d’identifier la source de
la contamination et de lancer les
travaux à Craon, Lactalis a laissé
le champ libre à ses concurrents,
Nestlé et Danone en tête, sur un
marché rentable et en croissance.
Emmanuel Besnier sait que la reconquête sera longue. « Nous ne
reviendrons pas à 100 % de ce que
nous faisions, reconnaît-il. La tour
de séchage contaminée a été
condamnée et fermée. Nous avons
investi 10 millions d’euros sur la
tour numéro 2, non impactée par
l’accident ; et fait toutes les analyses possibles. Craon est sûrement
l’usine la plus surveillée de France
et nous attendons les autorisations
légales pour commercialiser les
productions. »
Au plus fort de la crise, fin 2017,
le groupe et son dirigeant ont été
critiqués pour leur manque d’empathie pour les victimes. Le patron le plus secret de France,
malgré quelques apparitions publiques souvent à contrecœur ces
derniers mois, sait que l’apaisement demande du temps. Même si
Lactalis reste peu identifiable par
les consommateurs, qui connaissent surtout ses marques Lactel,
Président, Lanquetot, Société,
Bridel ou Galbani.
« Nous sommes responsables de
nos produits, même s’il s’agit d’un
accident industriel qui montre qu’il
n’y a pas de risque zéro, estime le
dirigeant. Au-delà, il y a eu une série de rumeurs et de fantasmes
autour de Lactalis, totalement injustifiés. Ces attaques ont beaucoup
déstabilisé le groupe et surtout les
équipes. » Une enquête judiciaire
est toujours en cours, sur la contamination de 36 nourrissons.
Diversifié et internationalisé,
Lactalis a les reins solides pour
surmonter cette crise. Mais son
statut de leader l’expose à la critique : il traîne toujours sa réputation de mauvais payeur. Ces der-
nières semaines, il est ainsi sous
le feu des projecteurs pour les
âpres discussions avec les producteurs de lait. L’objet : la fixation d’indices de prix et de coût
de production dans le cadre de la
loi alimentation. Et les discussions sont grippées. « Le lait est la
seule matière agricole où on n’accepte pas la réalité du marché,
souligne Emmanuel Besnier. La
moitié des volumes collectés en
France vont à l’export sur des
marchés dont les prix sont au tapis. Arrêtons de parler des prix
sans parler des volumes ! Nous travaillons depuis un an sur des indicateurs différenciés entre le marché français et les marchés
industriels à l’étranger moins valorisés. Et nous collectons depuis
toujours tout le lait pour accompagner le monde agricole. Si c’est
pour être systématiquement pris
pour cible, on peut aussi arrêter de
collecter les excédents. »
Tous laits confondus (AOC, bio)
et avec les primes, le groupe affirme payer aux producteurs
350 euros la tonne, dans le haut
de la fourchette du marché. Le
prix de la réconciliation ? ■
La mue d’un patron passé de l’ombre à la lumière
DÉCRYPTAGE
Olivia Détroyat
odetroyat@lefigaro.fr
Il était invisible, réticent à toute
apparition en public et réputé dur
en affaires. Les salariés de Lactalis,
eux, décrivaient un homme avenant, voire chaleureux. De fait
Emmanuel Besnier, président du
groupe depuis 2000, petit-fils du
fondateur André Besnier, a soi-
gneusement évité les médias pendant dix-huit ans, même lors de la
conquête épique du géant italien
Parmalat en 2011. Face aux critiques des producteurs laitiers accusant Lactalis d’être un mauvais
payeur, toujours le même silence.
Cette constance n’avait d’égale
que celle de la croissance d’un
groupe devenu leader mondial du
fromage. Mais l’affaire du lait infantile contaminé a ébranlé l’empire Lactalis. Cette crise a
contraint Emmanuel Besnier à
sortir de sa réserve légendaire.
D’abord pour s’expliquer (discrètement) à Bercy avec Bruno Le
Maire en janvier, puis pour répondre en juin - publiquement cette
fois - aux parlementaires enquêtant sur les défaillances du système de veille sanitaire français.
Mais c’est en répondant aux
médias qu’Emmanuel Besnier est
vraiment passé de l’ombre à lumière. À cinq reprises, pour faire
son mea culpa, il s’est exprimé
publiquement, lui qui n’avait ja-
LES DÉCIDEURS
â JUSTIN MCANEAR
Tesla
C’est au tour de Justin McAnear, responsable des
finances internationales, de faire ses valises. Une
épine supplémentaire dans le pied d’Elon Musk,
qui table pourtant sur un doublement de la production par rapport au précédent trimestre.
â THIERRY DEREZ
Scor
Le PDG de Covéa, premier actionnaire du réassureur avec 8,2 % du capital et à ce titre administrateur de Scor depuis cinq ans, pourrait quitter
le conseil d’administration suite à la proposition
de rachat par son groupe. Le règlement intérieur
de Scor prévoit que tout administrateur démissionne, dès lors qu’il est en situation de conflit
d’intérêts, dans un délai d’un mois. Mais selon
Covéa, le conflit n’existe pas puisque l’offre de
rachat a été retirée.
â CÉCILE TRUNET-FAVRE
Oui.sncf
À 39 ans, elle prend la direction de la
communication et des affaires publiques du site marchand de la SNCF.
Un poste qu’elle occupait depuis 2016 à
Dauphine.
mais accordé la moindre interview. C’était nécessaire pour corriger l’image désastreuse de
l’entreprise. Emmanuel Besnier
aurait-il pris goût à l’exercice ?
« On n’en est pas là », sourit l’intéressé. Mais Lactalis semble bien
avoir fendu l’armure. En janvier,
le groupe a publié les comptes de
plusieurs de ses sociétés sur les
deux dernières années. Mais pas
encore ses comptes consolidés, les
derniers datant de 2011. Encore
un effort… ■
CHRONOLOGIE
D’UNE CRISE
MAJEURE
2 DÉCEMBRE 2017
Premier retrait de lots
suspects de boîtes
de lait pour bébé
fabriqués par Lactalis
à Craon (Mayenne).
8 DÉCEMBRE 2017
L’usine de Craon
est mise à l’arrêt.
DÉCEMBRE 2017
Deux autres
retraits massifs.
JANVIER 2018
Les distributeurs
reconnaissent des
ratés dans les retraits
de boîtes rappelées.
12 JANVIER 2018
Emmanuel Besnier
convoqué à Bercy.
Nouveau retrait
de produits.
1ER FÉVRIER 2018
Lactalis chiffre
à plusieurs centaines
de millions d’euros
l’impact de l’affaire.
Fermeture définitive
de la tour contaminée.
27 MAI 2018
Reprise de la
production à Craon
mais le lait n’est pas
mis en vente.
PAR Carole Bellemare avec Amaury Bucco
Philippe Tcheng, lobbyiste en chef
des laboratoires pharmaceutiques
Ce 14 septembre, au Carrousel du Louvre, ce sera
son baptême du feu en tant
que « patron » de l’industrie pharmaceutique. Philippe Tcheng, à qui il reviendra d’ouvrir la
troisième édition de Pharmacité, l’université
des entreprises du médicament, a été élu mardi président du Leem, principale organisation
professionnelle regroupant les acteurs du secteur dans l’Hexagone. Alors qu’un long suspense a marqué cette élection, où il se mesurait
pour la première fois à une femme, la très militante Emmanuelle Quilès, patronne de la filiale
française du laboratoire Janssen (Johnson &
Johnson), le médecin de formation, grand lobbyiste du géant français Sanofi, l’a emporté
avec 65 % des suffrages sur l’ingénieure en
biotechnologie, ancienne startuppeuse, passée par Pierre Fabre ou Pfizer. Profil plus atypique donc, auquel les dirigeants de la profession ont préféré son aîné de dix ans, homme du
sérail et qui a déjà démontré son leadership.
Philippe Tcheng cochait toutes les cases.
Âgé de 60 ans, il est administrateur depuis
dix ans du Leem et était jusqu’à présent membre du bureau, trésorier et président de la
commission des affaires scientifiques. Né à
Paris, ce fils d’ingénieurs, dont le père officiait
dans le bâtiment et dont la mère fut l’une des
pionnières dans l’optique, est cardiologue de
formation et est également diplômé de l’ESCP
Europe. Un beau pedigree, qui lui a permis
depuis trente ans d’enchaîner les responsabilités chez Sanofi, en France et à l’international. Comme directeur de franchise et de business unit, il a piloté le lancement de
nombreux produits. Homme de terrain, et
d’influence aussi, aux multiples réseaux, qu’il
a également su mettre au service de fonctions
clés : l’accès au marché, la communication,
les affaires publiques…
Ce père de quatre enfants est aujourd’hui au
sein du groupe du CAC 40 directeur des relations gouvernementales France et, depuis janvier, aussi PDG de la filiale Sanofi-Aventis.
Enfin, ce familier de Matignon assure depuis
dix ans le cosecrétariat du Conseil stratégique
des industries de santé (CSIS) auprès du premier ministre. Ses maîtres mots : « Dialoguer
pour changer, innover pour progresser. » Élu
pour deux ans, en succédant à Patrick Errard,
PDG France du japonais Astellas, il tient avant
toute chose à rappeler le sens de sa mission :
« La raison d’être du Leem est de créer un environnement favorable au développement pérenne
de nos entreprises pour que les meilleurs traitements soient disponibles pour les patients et les
professionnels de santé, dans les délais les plus
courts. »
C. B.
EN BREF
RYANAIR : UNE GRÈVE
LE 28 SEPTEMBRE
£ Les personnels de cabine
de la compagnie aérienne
à bas coûts Ryanair sont appelés
à la grève le 28 septembre
dans cinq pays européens,
selon un mot d’ordre lancé jeudi
par un collectif syndical.
Les pays concernés sont la
Belgique, les Pays-Bas, l’Italie,
l’Espagne et le Portugal.
PRÉCISION
£ « La société Merck KGaA
souhaite apporter
des précisions à l’article publié
dans Le Figaro du 13 juillet 2018
ainsi que sur sa version en ligne :
“Ken Frazier : la France a besoin
d’encourager le succès”,
concernant les droits
de propriété intellectuelle
et droits au nom qu’elle détient
dans le monde. Le groupe
pharmaceutique d’origine
américaine “Merck
Sharp & Dohme” ne peut utiliser
en dehors des USA
et du Canada (des Philippines
et Cuba), que la dénomination
Merck Sharp & Dohme, ou en
abrégé MSD, ou bien encore
Merck & Co., Inc., Kenilworth,
N.J., USA, et cela de façon
à éviter, autant que possible,
aux consommateurs la confusion
entre les deux groupes de
sociétés, tous les deux actifs au
niveau mondial dans le domaine
pharmaceutique. Merck KGaA,
société pharmaceutique
chimique allemande, est la seule,
avec les autres sociétés
du groupe Merck, autorisée
à utiliser dans le monde
(hormis les USA et le Canada)
la dénomination Merck seule. »
www.lefigaro.fr/decideurs
â CHRISTIAN SCHERER
Airbus
Déjà pressenti début 2018 pour remplacer le super-vendeur John Leahy, il
se retrouve finalement propulsé directeur commercial du groupe après le brusque départ d’Eric Schulz, parti pour des « raisons personnelles ». De culture franco-allemande, ce fin
connaisseur du marché est un « Airbus boy »
depuis 1984. Il dirigeait la filiale ATR.
â EPHRAÏM MARQUER
Tikehau Capital
Le fonds d’investissement, qui a accueilli dans
ses rangs François Fillon, se dote d’un nouveau
directeur de la conformité venu de BNP Paribas
Asset Management, où il occupait aussi ce poste.
â DIETER WEINAND
Sanofi
Tandis que Sanofi débauche l’actuel
patron de la branche pharmaceutique
de l’allemand Bayer pour piloter une
nouvelle entité commerciale dédiée aux marchés mûrs « soins primaires », Stefan Oelrich,
l’actuel responsable maison de la division diabète et cardiovasculaire, le remplacera chez
Bayer.
A
OLIVIA DÉTROYAT £Oliviader
FRANÇOIS BOUCHON /LE FIGARO
ENTREPRISES 29
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vendredi 14 septembre 2018 LE FIGARO
TECH
Toujours plus grand, toujours plus cher
PRIX DES IPHONE À LEUR SORTIE, EN EUROS
1659
5,8”
à 6,5”
4,7”
à 5,5”
Fourchette de prix en fonction des caractéristiques du modèle
1159
1079
1019
3,5”
899
849
699
739
699
599
599
629
599
1029
899
À travers des groupes de pression, les
géants du Web tentent de contrer les
projets de loi nuisibles à leur modèle.
859
809
769
749
709
699
679
629
1080
1079
Données : aux
États-Unis, les Gafa
veulent faire leur loi
399
ELISA BRAUN £@ElisaBraun
2007
iPhone
2008
2009
2010
2011
2012
2013
3G
3GS
4
4s
5
5s
Source : Apple
2014
6 et
6 Plus
Infographie
2015
6s et
6s Plus
2016
2017
7 et
7 Plus
8 et
8 Plus
2018
XR
2018
XS et
XS Max
Apple fait flamber les prix
des nouveaux iPhone
L’iPhone XS Max, le plus cher, culmine à 1 659 euros.
ELSA BEMBARON £@elsabembaron
SMARTPHONE Mercredi soir, Apple a dévoilé ses trois nouveaux
modèles d’iPhone, les iPhone XS,
XS Max et XR. Parmi les nombreux
points abordés par la firme, un a
particulièrement retenu l’attention
du grand public : le prix desdits téléphones. Si le moins cher des trois
ne vaut « que » 859 euros, le plus
cher de la gamme culmine à
1 659 euros. Ce dernier est bien plus
cher que les modèles équivalents
de ses concurrents. Le Samsung
Galaxy Note 9 est vendu 1 200 euros
et le Huawei P20 Pro, 799 euros.
Depuis le lancement du premier
iPhone, en 2007, la marque a pratiquement triplé ses prix de vente.
L’envolée est d’autant plus impressionnante que les premiers iPhone
étaient largement subventionnés
par les opérateurs, alors qu’aujourd’hui les consommateurs les payent
cash. Certes, dans l’intervalle, la
taille de l’écran a quasiment doublé
et les performances ont décuplé.
Par exemple, la capacité de mémoire est passée de 8 Go à 64 Go pour
les modèles d’entrée de gamme et
jusqu’à 512 Go pour le plus cher. De
même, les premiers iPhone ne permettaient pas de prendre des vidéos. C’est peu dire que la qualité
des capteurs photos a décollé, sans
compter le fait qu’il y en a désormais au moins deux (un à l’arrière,
l’autre à l’avant pour les selfies) par
appareil. Les exemples peuvent être
multipliés pour à peu près tous les
composants des iPhone. Y compris
pour les batteries, dont la capacité a
augmenté pour supporter tous ces
nouveaux usages. Le smartphone
remplace d’ailleurs de nombreux
appareils : caméra, GPS, baladeur,
enregistreur, PC, téléviseur…
Un coût de fabrication
de 288 dollars
Pour autant, le coût de fabrication
des iPhone est loin d’avoir flambé
autant que les prix de vente. Selon
le cabinet IHS, qui chaque année
décortique les iPhone pour déterminer ce fameux coût de production, Apple débourse 288 dollars en
ressources (matériaux, composants, semi-conducteurs…) par
iPhone 8. Tandis que l’iPhone 5 revenait à 207 dollars à Apple.
Dans la mesure où ses clients
acceptent de payer plus cher pour
le plaisir d’avoir un iPhone, Apple
aurait tort de s’en priver. Le prix de
vente moyen des iPhone est passé
de 606 dollars à 724 dollars en un
an. Ce prix moyen tient au fait que
la marque baisse le tarif des anciens
modèles quand les nouveaux sont
mis en vente.
La hausse de cette moyenne
démontre que les consommateurs
en quête d’une certaine reconnaissance sociale sont prêts à casser
leur tirelire pour faire partie des
happy few pouvant dégainer un
iPhone. Cela fait plusieurs années
qu’Apple a résolument choisi d’ancrer sa marque dans la catégorie
« luxe ». L’américain est définitivement un «Hermès de l’électronique», plutôt qu’un H & M. Ou une
Ferrari plutôt qu’une Dacia. Autant
de marques dont la simple apposition du logo sur un produit fait
flamber les prix.
Paradoxalement, l’Apple Watch
Series 4, bardée de nouvelles fonctionnalités, fait presque figure
d’objet bon marché. Certes, il faut
d’abord passer à la caisse et acheter
un iPhone, puisqu’elle ne fonctionne qu’avec les smartphones de la
maison. Elle coûte seulement
429 euros et 529 euros pour la version avec eSIM. ■
«
L’américain
est
définitivement
un « Hermès de
l’électronique »,
plutôt
qu’un H&M.
Ou une Ferrari
plutôt qu’une
Dacia
»
INTERNET Pour éviter de se voir
imposer une régulation trop sévère, rien de mieux que de prendre
les devants. Les géants du Web
usent du même stratagème pour
continuer à gérer les données personnelles de 325 millions d’Américains. Alphabet (maison mère de
Google), Facebook, Amazon, Netflix ainsi que plusieurs agrégateurs
de données publicitaires, se sont
réunis à travers leur fédération
commerciale, l’Internet Association, pour s’ériger en défenseurs
de la vie privée - alors que les
autorités européennes et même
Donald Trump les accusent régulièrement de la bafouer. Dans un
communiqué, ils réclament une
« approche nationale de la réglementation qui protège la vie privée
de tous les Américains ». La loi
aurait un double objectif : elle annulerait la loi californienne plus
stricte, passée en juin dernier, et
donnerait aux sociétés une plus
grande marge de manœuvre pour
négocier la manière dont les données personnelles seraient traitées. « Les entreprises des technologies ne font pas de lobbying pour
une loi fédérale sur la protection de
la vie privée parce qu’elles souhaitent des normes plus strictes, explique sans ambages le New York
Times. Elles le font parce qu’elles
craignent des normes plus strictes,
à la fois au niveau des États et au
niveau fédéral. »
elles les partagent. Pendant les semaines précédant le vote, plusieurs grandes entreprises, comme Google, Amazon, Facebook,
Microsoft et l’opérateur télécoms
AT&T, s’étaient rassemblées pour
tenter de la bloquer, dépensant
des centaines de milliers de dollars
en lobbying, selon le site américain spécialisé The Verge. Sans
succès.
Désormais, ils craignent une généralisation de la loi en matière de
vie privée, s’inspirant directement
du Règlement général sur la protection des données (RGPD) appliqué en Europe depuis le mois de
mai. Plusieurs sénateurs américains s’y sont intéressés après le
scandale des fuites de données qui
avait valu à Mark Zuckerberg une
convocation devant le Congrès en
avril dernier. Certains souhaitent
l’équivalent d’un standard européen en matière de protection des
données, et l’opinion publique
elle-même n’y est pas réfractaire.
Les géants du Web ne peuvent aller contre la volonté de leurs utilisateurs. Autant s’en montrer des
défenseurs zélés afin d’éviter
d’être montré du doigt. ■
S’inspirer du règlement
européen
En juin, la Californie a en effet
adopté sa propre loi en matière de
vie privée, le California Consumer
Privacy Act. Cette législation a
beaucoup inquiété les géants du
Web, car elle s’attaque directement à leur modèle fondé sur la
publicité en ligne. Elle donne aux
internautes le droit de savoir quelles informations les sociétés collectent à leur sujet, pourquoi les
sociétés les conservent et avec qui
LUCY NICHOLSON/REUTERS
30
Les Gafa et Netflix réclament
une « approche nationale de
la réglementation qui protège la vie
privée de tous les Américains ».
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LA SÉANCE DU JEUDI 13 SEPTEMBRE
LE CAC
JOUR
%VAR.
ACCOR .............................................. 42,36
♣
AIR LIQUIDE ..................................
105,85
AIRBUS ..............................................105,64
ARCELORMITTAL SA ..................................
24,735
ATOS .............................................. 99,08
AXA .............................................. 22,04
BNP PARIBAS ACT.A ..................................
51,29
BOUYGUES ..............................................
36,08
CAPGEMINI ..............................................
107,45
CARREFOUR ..............................................
16,175
CREDIT AGRICOLE ..................................
12,29
DANONE ..............................................65,29
ENGIE .............................................. 12,4
ESSILOR INTL. ..................................120,9
HERMES INTL ..................................542,8
KERING ..............................................446,6
L'OREAL ..............................................
203,4
LEGRAND ..............................................62,48
LVMH .............................................. 290,2
♣
MICHELIN ..............................................
102,6
-0,7
+0,09
-0,99
-1,73
-1,76
+0,52
+1,36
+0,08
-0,74
-0,71
+1,64
+0,71
-0,4
-0,58
-2,16
-1,91
-0,05
-0,35
-0,19
+3,64
+HAUTJOUR
42,69
106,75
108
25,415
101,2
22,145
51,58
36,6
108,95
16,43
12,346
65,67
12,535
122,05
554,8
455,5
205,2
63,1
293
103
+BAS JOUR %CAP.ECH 31/12
42,36
105,55
104,12
24,56
99,08
21,91
50,68
35,87
107,4
16,15
12,09
64,67
12,37
120,8
542,8
445,6
202,7
62,46
289,8
100,45
0,25
0,167
0,183
0,159
0,296
0,227
0,367
0,205
0,263
0,382
0,269
0,232
0,219
0,225
0,062
0,149
0,077
0,155
0,094
0,584
-1,49
+0,76
+27,28
-8,78
-18,35
-10,9
-17,61
-16,69
+8,66
-10,34
-10,94
-6,66
-13,5
+5,18
+21,64
+22,26
+9,98
-2,66
+18,26
-14,18
JOUR
%VAR.
ORANGE ..............................................13,605 -0,62
PERNOD RICARD ..................................
134,2
-0,45
PEUGEOT ..............................................
23,75 +0,55
♣ 50,26 -2,67
PUBLICIS GROUPE SA .............................
RENAULT ..............................................
71,68 +1,67
SAFRAN ..............................................117,85 +0,04
SAINT GOBAIN ..................................
36,05 +0,11
SANOFI ..............................................75,68 +1,43
SCHNEIDER ELECTRIC .............................
67,7
-1,02
SOCIETE GENERALE ♣
..................................
35,515 +1
SODEXO ..............................................89,94 +0,63
SOLVAY ..............................................
110,4
-0,05
STMICROELECTRONICS .............................
15,59 +2,2
TECHNIPFMC ..................................25,4
-3,2
TOTAL .............................................. 53,53 -0,65
UNIBAIL-RODAMCO-WE .............................
174,28 +0,72
VALEO .............................................. 35,7
+0,06
VEOLIA ENVIRON. ..................................
17,825 +0,11
VINCI♣.............................................. 80,5
-0,32
VIVENDI ..............................................21,89 -0,64
+HAUTJOUR +BAS JOUR
13,715
135,25
24,08
51,64
72,44
119,25
36,34
75,83
68,88
35,835
90,44
111,3
15,755
25,93
54,07
174,96
36,47
17,985
81,2
22,13
13,595
134,1
23,63
48,96
70,59
117,75
35,83
74,7
67,58
35,105
89,04
110,3
15,31
25,4
53,46
171,26
35,51
17,73
80,32
21,84
%CAP.ECH
0,221
0,096
0,254
0,716
0,387
0,145
0,277
0,202
0,361
0,534
0,162
0,1
0,432
0
0,197
0,235
1,327
0,361
0,156
0,179
A
NATUREX SERA PROCHAINEMENT RETIRÉ DE LA COTE
Fin de partie pour Naturex, le spécialiste
français des arômes d’origine végétale.
Le groupe suisse Givaudan, qui déclare
détenir 98,06 % du capital au terme de
son offre publique d’achat lancée fin juin,
a annoncé son intention de retirer la société de la cote. Une procédure de retrait
obligatoire sera mise en place à partir de
mardi prochain, elle permettra aux ac-
tionnaires de céder leurs titres aux mêmes conditions de l’OPA, soit 135 euros
par action. À l’issue de cette opération,
les actions Naturex seront définitivement radiées de la Bourse de Paris.
Cette opération met fin à la brillante
carrière boursière de Naturex, dont le
cours de Bourse a été multiplié par dixneuf au cours des vingt dernières années.
31/12
-6,01
+1,71
+40,08
-11,28
-14,58
+37,18
-21,6
+5,33
-4,46
-17,5
-19,73
-4,75
-14,36
-1,74
+16,26
-42,67
-16,22
-5,46
-2,36
LES DEVISES
MONNAIE
AUSTRALIE ................................................................................
DOLLAR AUSTRALIEN
CANADA ................................................................................
DOLLAR CANADIEN
GDE BRETAGNE ................................................................................
LIVRE STERLING
HONG KONG ................................................................................
DOLLAR DE HONG KONG
JAPON ................................................................................
YEN
SUISSE ................................................................................
FRANC SUISSE
ETATS-UNIS ................................................................................
DOLLAR
TUNISIE ................................................................................
DINAR TUNISIEN
MAROC ................................................................................
DIHRAM
TURQUIE ................................................................................
NOUVELLE LIVRE TURQUE
EGYPTE ................................................................................
LIVRE EGYPTIENNE
CHINE ................................................................................
YUAN
INDE ................................................................................
ROUPIE
ALGERIE ................................................................................
DINAR ALGERIEN
1 EURO=
1,6167
1,5112
0,89
9,1204
129,68
1,1265
1,162
3,236
11,103
7,2068
20,815
7,9542
83,7
137,1828
AUD
CAD
GBP
HKD
JPY
CHF
USD
TND
MAD
TRY
EGP
CNY
INR
DZD
L’OR
JOUR
VEILLE
31/12
COTATION QUOTIDIENNE ASSURÉE PAR TESSI-CPOR
www.cpordevises.com
LINGOT DE 1KG ENV .....................................................
33480
33490
-3,65
NAPOLEON ..................................................... 199,4
199,4
-3,62
PIECE 10 DOL USA .....................................................
551
551
-6,29
PIECE 10 FLORINS .....................................................
205
205
-3,67
PIECE 20 DOLLARS .....................................................
1130
1130
-3,25
PIECE 20F TUNISIE .....................................................
200
200
-1,96
PIECE 5 DOL US (H) .....................................................
287
287
-5,9
PIECE 50 PESOS MEX .....................................................
1241
1241
-5,27
PIECE FR 10 FR (H) .....................................................
109,9
100
+0,09
PIECE SUISSE 20F .....................................................
195,8
193,7
-3,4
PIECE LATINE 20F .....................................................
195
193
-3,89
SOUVERAIN ..................................................... 252,6
252,8
-3,11
KRUGERRAND .....................................................1097,5
1097,5
-1,9
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UNI HOCHE C ................................................
278,61
11/09/18
Cybèle Asset Management
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75008 Paris
Tel. : 01 56 43 62 50
BETELGEUSE ................................................
47,69
11/09/18
BELLATRIX C ................................................
328,98
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SIRIUS ................................................54,68
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Basée à Avignon, la société, créée en
1992, s’est rapidement développée dans
le domaine des ingrédients naturels pour
les secteurs de l’agroalimentaire, de la
santé et des cosmétiques. Son ascension
avait été ralentie par le décès prématuré
de son président et fondateur, Jacques
Dikansky, en 2012, à la suite d’une longue
maladie. Fin mars, le groupe Givaudan
avait annoncé être parvenu à un accord
pour acquérir 40,5 % du capital de la société auprès de plusieurs investisseurs
institutionnels. Le rachat de la totalité du
capital de Naturex traduit la volonté du
groupe suisse, déjà numéro un mondial
des parfums et arômes, de se renforcer
dans les ingrédients naturels qui constituent un de ses grands axes prioritaires
de développement. En France, le groupe
suisse avait déjà racheté Soliance, un fabricant d’ingrédients de cosmétiques à
base de plantes, en 2014. Plus récemment, il a également repris l’entreprise
provençale Expression parfumées, spécialisée dans les compositions naturelles,
qui lui a permis de revenir à Grasse, le
berceau de la parfumerie. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
vendredi 14 septembre 2018
MÉDIAS et PUBLICITÉ
31
La Chine, le nouvel eldorado
pour l’afficheur JCDecaux
EN BREF
« OUEST-FRANCE »
PRÉPARERAIT
UNE RÉORGANISATION
£ Le quotidien régional
préparerait, selon des sources
syndicales, un plan de
réorganisation de ses équipes
et implantations qui aboutirait
à la suppression de 73 postes
et à la création de 17 autres,
notamment dans le Maineet-Loire et la Sarthe.
Le contenu des éditions
de ces départements serait
fourni par les journalistes d’autre
titres du groupe (Maine libre
et Courrier de l’Ouest).
La direction de Ouest France
souhaiterait aussi réduire
ses effectifs dans le Finistère
et en Normandie.
Le pays est devenu un véritable
laboratoire pour la publicité digitale.
AFFICHAGE JCDecaux vient de signer un nouveau contrat en Chine
avec la concession pour 10 ans de la
communication extérieure sur deux
lignes du métro de Tianjin, une métropole comptant 15,6 millions
d’habitants. Pour le groupe français, la Chine est devenue le premier pays en termes de revenus
avec près de 630 millions d’euros,
soit 18 % du chiffre d’affaires total.
« Mais la Chine est une affaire de patience », souligne Emmanuel Bastide, patron de la région Asie pour
JCDecaux. Présent à Hongkong depuis 1999 avec le rachat d’Avenir,
JCDecaux a mis pied en Chine
continentale en 2005 avec les rachats de deux sociétés locales MNI
et MPI qui détenaient les contrats
d’affichage de l’aéroport de Shanghaï. « En Chine, nous nous sommes
concentrés sur les transports ; métros, bus et aéroports, car le marché
des infrastructures est encore en forte croissance dans le pays », souligne Emmanuel Bastide. Aujourd’hui JCDecaux gère les espaces
publicitaires de l’aéroport de Hongkong et quelques lignes du métro
de la ville. Sur le continent, le groupe français gère également le nouveau terminal de l’aéroport de Canton et 7 des 13 lignes du métro. La
même stratégie a été adoptée avec
une présence dans les aéroports et
les métros de Pékin et de Shanghaï.
Au total, le groupe est présent dans
les quinze plus grandes villes
chinoises et il reste encore une
trentaine de villes importantes
équipées de métro, à conquérir. Ces
gigantesques carrefours de trafics
(les aéroports de Shanghaï et Pékin
draine 130 et 150 millions de passagers par an, quand Roissy en compte moitié moins) attirent les plus
grands annonceurs internationaux.
« THE GUARDIAN »
LANCE SON PODCAST
QUOTIDIEN
Le poids du m-commerce
Si le marché chinois est très concurrentiel, il est surtout très innovant.
Si l’affiche traditionnelle est encore
dominante, la part des écrans numériques dépasse les 10 % contre 6
à 7 % dans le reste du monde. « Les
concessionnaires de métro ou d’aéroport sont très demandeurs d’innovations en tout genre pour se démarquer
des autres villes », explique Emmanuel Bastide. Ainsi, dans le nouveau
terminal de l’aéroport de Canton
inauguré en mai dernier, JCDecaux
a tout misé sur l’innovation avec des
couloirs entiers tapissés d’écrans ou
un gigantesque panneau, sur lequel
il peut offrir une expérience de réalité augmentée aux voyageurs. Car
les utilisateurs chinois sont extrêmement friands de nouvelles technologies surtout dans le mobile. En
Chine, les deux géants Alibaba et
Tencent cherchent à capter l’atten-
Les ventes
numériques
soutiennent la presse
L’abonnement digital ou les kiosques
en ligne deviennent des piliers de
la diffusion payante de certains titres.
Happinez et Flow. Ce dernier vient
de réagir avec une nouvelle formule.
PRESSE La décroissance se pourLes titres qui sont dans le vert
suit pour les ventes de la presse
ont souvent un point commun :
papier. L’Alliance pour les chiffres
leurs ventes numériques sont
de la presse et des médias (ACPM)
puissantes. Les champions de la
vient de publier les résultats des
presse quotidienne nationale carventes des journaux et magazines
burent à l’abonnement digital. Au
entre juillet 2017 et juin 2018, et
Figaro, le Premium (89 000 internombreux sont les indicateurs
nautes en juin) est désormais deux
dans le rouge. La famille des newsfois plus puissant que la vente au
magazines est particulièrement
numéro et se rapproche des abonaffectée si on la compare à la pénements papier. Au Monde, le nuriode juillet 2016-juin 2017. L’Obs
mérique est le premier canal de
est en recul de 20 % (273 000
vente (136 800 abonnés en juin) et
exemplaires en moyenne), dont
tire la croissance globale du jour-30 % rien que pour
nal (+1,7%).
ses ventes au numéro.
La presse magazine a
L’Express a perdu
plus de difficulté à ven13 % (257 000 ventes),
dre des abonnements
Valeurs actuelles 14 %
numériques. Mais elle
(101 000), Marianne
peut compter sur la
d’augmentation
11 % (130 000). Le
« diffusion numérique
des
ventes
numériques
Point résiste le mieux
par tiers », dont font
pour les quotidiens
avec un recul de 7,5 %
partie les kiosques des
en un an
pour
des
ventes
opérateurs télécoms.
moyennes de 301 000
Chez Elle (+4,6%), cela
exemplaires par semaine. « C’est
représente plus d’un quart des
le contrecoup de leurs bons résultats
ventes, en progression de 133 % en
en 2017, lors de la séquence présiun an. Pour Côté Sud (+3,6%),
dentielle », explique Jean-Paul
c’est 20 % de la diffusion payée, en
Dietsch, directeur de l’ACPM.
hausse de 83 %.
« Attention, prévient Jean-Paul
Mais des magazines sans rapDietsch, seule une poignée de maport avec la politique ont aussi
gazines bénéficie vraiment des
souffert, perdant jusqu’à un quart
kiosques numériques. » Et même si
de leur diffusion payée en un an :
ce canal est puissant, il ne prémuVital Food (-25 %), Glamour
nit pas toujours d’une diffusion en
(-22 %), Parents (-20 %), GQ
berne. Chez Biba, un tiers des ven(-19 %), Grazia (-17 %), Vanity
tes passent par ces plateformes,
Fair (-16 %)... Leurs ventes au
mais le magazine affiche une chute
numéro et par abonnement sont
de 10 % de sa diffusion globale.
touchées dans des proportions
« Le numérique est un amortisseur
équivalentes. C’est aussi la fin de
à l’érosion du marché, poursuit le
l’état de grâce pour les féminins
directeur de l’ACPM. Mais il n’est
« feel good », avec des baisses de
pas toujours suffisant. » ■
respectivement 17 et 14 % pour
CHLOÉ WOITIER £@W_Chloe
tion de tous les passagers qui, grâce
à leur mobile, peuvent voir une publicité, recevoir une offre commerciale via un code QR et commander
immédiatement le produit. L’affichage n’est plus seulement un média d’image il est de plus en plus un
média de transactions. D’ailleurs,
Alibaba et Tencent se substituent
quelques fois aux annonceurs traditionnels. Ils conçoivent des affiches
qui regroupent plusieurs marques
sur un portail de m-commerce
(commerce mobile). Un laboratoire
des nouveaux usages qui vont se généraliser sur le reste de la planète. ■
Un panneau d'affichage
digital à l’aéroport
de Hongkong. JCDECAUX
£ Le quotidien britannique
lancera en fin d’année un
podcast quotidien d’information
générale qui sera confié
à la rédactrice en chef politique
Anushka Asthana. Le New York
Times a lancé en 2017 son propre
podcast quotidien, The Daily.
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de G.H. Mumm.
Déguster du champagne en apesanteur ? Une performance rendue possible grâce aux recherches et réalisations
du studio du designer Octave de Gaulle, de la maison Mumm et de la société Novespace, qui imaginent ensemble
ce que sera la convivialité dans les futurs vaisseaux spatiaux. PAGE 34
Anne Azéma, statue de la liberté
CLASSIQUE La directrice de la Boston Camerata défend ce week-end à Paris
les premières musiques américaines.
E
La soprano Anne Azéma fêtera
ce week-end son dixième anniversaire
à la tête de la Boston Camerata.
le week-end que la Philharmonie consacre
à Boston) pour rappeler aux Français l’importance de ce patrimoine musical ?
Le programme du concert de demain,
Liberty Tree, en est la meilleure illustration. « Il s’agit, à travers les chants des
pionniers américains, de rappeler que leurs
AISHTI ; JULIO PELAEZ/PHOTOPQR/LE RÉPUBLICAIN LORRAIN ; THE BOSTON CAMERATA
15 SEPTEMBRE
14 OCTOBRE
2018
JAKUCHU
PETIT PALAIS
LE ROYAUME COLORÉ
DES ÊTRES VIVANTS
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Métro : Champs-Élysées Clemenceau
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AGENCE DE
LA MAISON IMPÉRIALE
DU JAPON
A
lle le concède dans un éclat de
rire : « Ici, la musique ancienne est
une cause en partie acquise. Mais
la compétition de l’autre côté de
l’Atlantique est rude. Nos concurrents s’appellent Hollywood et Nashville.
Alors mieux vaut sortir du ronron habituel ! » À 60 ans, Anne Azéma n’a rien perdu de son charisme ni de ses convictions.
Ovni dans le paysage classique, la soprano
fêtera ce week-end, à la Philharmonie de
Paris, son dixième anniversaire à la tête de
la Boston Camerata. Un ensemble vocal et
instrumental fondé dès 1954 pour faire vivre la collection du Musée des beaux-arts
de la capitale du Massachusetts, mais qui,
depuis, vole de ses propres ailes. S’étant
fait une spécialité des musiques anciennes
européennes, mais aussi et surtout… américaines !
Quelle meilleure occasion, donc, que les
Journées du patrimoine (qui, par un heureux hasard du calendrier, coïncident avec
interrogations restent d’une brûlante actualité. Avant 1750, ces chants parlent déjà
de tyrannie, de communauté, d’intégration. » Une actualité qui étonne toujours.
Même aux États-Unis. « Ces hymnes
oubliés résonnent immédiatement dans la
tête des spectateurs, jeunes ou moins jeunes.
Ils y voient une manière d’éclairer le contexte actuel. » Et de réaffirmer la place primordiale des arts et de la musique dans la
construction d’une société. Un combat de
tous les instants, dans une Amérique « où
les crédits pour les arts à l’école ont beaucoup diminué en vingt-cinq ans, et où il faut
chaque jour prendre son bâton de pèlerin
pour convaincre le public et les mécènes de
demain… ». Combat qui passe par la multiplication de concerts participatifs avec des
enfants ou des amateurs. Comme ce dimanche à la Philharmonie, où la Boston
Camerata exhumera les premiers hymnes
sacrés d’outre-Atlantique, avec les choristes de la Cathédrale américaine. ■
Week-end Boston à la Philharmonie de Paris :
les 15 et 16 septembre.
www.philharmoniedeparis.fr
Itō Jakuchū, Vieux pin et phénix blanc, Sannomaru Shōzōkan, Agence de la Maison impériale | Graphisme : Romain Hisquin
THIERRY HILLÉRITEAU £@thilleriteau
EXPOSITION
ÉVÉNEMENT
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
vendredi 14 septembre 2018 LE FIGARO
34
L'ÉVÉNEMENT
Les pionniers
de l’art de vivre spatial
DESIGN ET VIN
EN ORBITE
EXPÉRIENCE Stellar
est le premier champagne pensé pour une dégustation
en apesanteur. « Le Figaro » l’a testé à l’occasion d’un vol zéro gravité.
Un avant-goût de la convivialité dans l’espace. Récit.
HERGÉ
Le dessinateur publie dans Tintin,
de 1950 à 1953, Objectif Lune
et On a marché sur la Lune,
deux albums qui ont demandé
un énorme travail de recherche.
Pour l’occasion, le Capitaine
Haddock y siffle son whisky,
qui vole dans la cabine avec
un réalisme étonnant.
RAYMOND LOEWY
Le designer français, devenu
américain, dessine à partir
de la fin des années 1960
l’intérieur de la station spatiale
américaine Skylab pour la Nasa.
C’
STÉPHANE REYNAUD
sreynaud@lefigaro.fr
est
amusant
comme l’habit peut inciter à faire le
moine : une combinaison de spationaute avec écusson tricolore sur
l’épaule, un embarquement dans un
avion qui recrée les conditions de
l’apesanteur. Et hop ! on est à deux
doigts de se dire qu’on a l’étoffe d’un
héros. Défilent dans le cerveau les
meilleures pages de Tom Wolfe sur
fond de musique de films étoilés. Et
puis, d’un coup, on se rappelle l’objet
de la mission du jour : siffler du champagne en gravité zéro. Et penser ce que
sera la convivialité dans l’espace. L’esprit de sérieux qui pointait cède illico la
place à des sentiments plus légers et à
l’excitation de la découverte.
Mercredi dernier, donc, Le Figaro a
été choisi pour embarquer dans l’Airbus A 310 Zero-G de la société Novespace pour réaliser, au large de Brest, une
série de paraboles entre 6 500 et
8 000 mètres d’altitude. En clair,
l’avion monte à 40 degrés avant de redescendre presque aussi sec et recréer
ainsi les conditions de l’apesanteur.
Seize fois de suite. Aux commandes,
pour réussir ces délicates manœuvres,
non pas un mais quatre pilotes surexpérimentés. La cabine de l’avion - l’ancien Konrad Adenauer d’Angela Merkel
qui fut racheté aux Allemands - est vide
afin de pouvoir recevoir tout le matériel
de recherche des équipes qui le louent.
Quelques sièges sont installés au fond
pour les phases de décollage et d’atterrissage. Sinon, l’intérieur de la carlingue ressemble à un large boyau recouvert d’un revêtement en mousse
blanche et équipé de sangles.
A
Alien bachique
Aujourd’hui, l’expérience consiste à y
boire du champagne. Nous allons y venir. Avant cela, il s’agit de s’habituer à
l’apesanteur. Attention, l’avion va
monter, la trentaine de participants
s’allonge au sol. « Five, four, three, two,
zero, pull up », entend-on dans le hautparleur. L’Airbus se cabre, la grimpette
commence et vous colle au sol avec
l’impression d’y être pressé par une
membrane invisible. Pour éviter tout
mal des transports, il est conseillé de ne
pas bouger la tête. « Injection », annoncent les instructeurs vingt secondes
plus tard. Et là, miracle, la pression
laisse place à un formidable sentiment
de légèreté, d’un coup on sent son sang
circuler dans le corps. Et ce dernier
quitte le plancher, décolle comme une
plume, s’envole. Certains tentent d’improbables et inutiles mouvements de
natation, d’autres, comme moi-même,
sont déjà littéralement collés au plafond. Vingt-deux secondes de béatitude, au bout desquelles il s’agit de préparer sa propre descente, qui s’avère
plus rapide et moins contrôlée que prévu. Difficile de retrouver sa place. La
femme blonde allongée à mes côtés
avant mon décollage a fait place à une
femme brune. On perd ses repères. Les
paraboles vont ainsi s’enchaîner. À la
quatrième, un autre novice finit son vol
en me tombant dessus. On gagne en assurance, on tente les saltos avant, les
saltos arrière. Je n’ai jamais été aussi
doué en gymnastique.
Il s’agit maintenant de passer à l’expérience majeure. Le designer Octave
de Gaulle (arrière-petit-neveu du Général) et son associé Matthew Sindall
ouvrent une grosse malle noire. Elle
pourrait contenir une arme secrète. Au
lieu de cela, trois bouteilles de champagne Mumm Stellar y sont calées. Les
équipes de Mumm et de Novespace distribuent de drôles d’objets en verre en
forme de tee de golf. « Ce sont les verres », annonce Octave de Gaulle. À la
parabole suivante, il fait sauter le bouchon en un « plop » très terrestre. En
activant une gâchette située à la base du
flacon, reliée à un mécanisme positionné dans le goulot, il libère un peu de vin
qui s’échappe du goulot et prend la forme d’un large trait de mousse blanche,
mobile et mouvant, qui flotte à un mètre cinquante du sol, se déformant en
de curieuses courbes. Ce nuage s’agite
comme une créature vivante - un alien
bachique -, avant de se scinder en plusieurs parties qui, très vite, adoptent
chacune une forme sphérique.
Ce sont maintenant plusieurs globes
de tailles variables qui volent dans la
cabine. Reste à les piéger avec son ver-
re. L’exercice ne manque pas de charme et garantit l’euphorie des participants. Les petits ballons de mousse se
collent au verre à la première touche.
Faut-il encore les porter en bouche,
dans leur état d’émulsion. Et ce n’est
qu’au contact du palais que la chose se
transforme en liquide, en une explosion
de pinot noir et d’arômes de pomme
verte. Tout cela a duré une vingtaine de
secondes et la parabole se termine. Les
nombreuses bulles encore en apesanteur vont, sous l’effet du retour de la
gravité, tomber sur les noceurs en une
inattendue pluie de champagne.
« L’époque du camping »
Avec le Stellar, Mumm pose les premiers jalons de la convivialité spatiale,
un concept d’avenir. À ce jour, si
beaucoup s’entendent sur le fait que le
futur de l’homme est dans l’espace,
encore faut-il définir ce à quoi ressemblera la vie des prochaines générations
là-haut. Jusqu’à présent, les petits pas
de l’homme vers le cosmos furent de
grandes avancées vers l’inconfort.
« Nous envoyons des hommes dans l’espace depuis soixante-dix ans. À l’aube
d’une nouvelle ère spatiale, il s’agit
d’imaginer la vie après la survie », explique Octave de Gaulle. Certains,
avant lui, y ont déjà réfléchi, comme le
designer Raymond Loewy, qui travailla sur l’aménagement de la station
américaine Skylab. Il fut le premier à
faire comprendre l’importance d’une
table autour de laquelle on peut se réunir, ou celle de l’hygiène, en pensant à
une douche. « Quelque chose de très
simple à réaliser sur Terre, comme se
réunir entre amis, faire sauter le bouchon d’une bouteille et trinquer, devient
un défi de taille dans l’espace, reprend
de Gaulle. On sait y travailler, on sait y
dormir, s’alimenter, mais on ne sait pas
s’y relaxer. Nous en sommes encore à
l’époque du camping dans l’espace, un
univers de poignées en aluminium et de
bandes Velcro, où transpire l’ADN militaire. »
À l’heure où de grandes sociétés privées, à l’instar de Space X, Amazon ou
Virgin, se lancent dans la conquête
spatiale avec des moyens et des marges
de manœuvre souvent supérieures aux
agences publiques, les modes de vie
MUMM / NOVESPACE
dans les stations et vaisseaux spatiaux
doivent évoluer. Avec la révolution du
spatial privé, l’espace s’adresse désormais à des passagers civils et non professionnels, comme ceux qui feront Paris-New York en fusée en une heure.
L’art de vivre en apesanteur doit être
inventé, avec l’aide indispensable des
chercheurs. « L’activité principale de la
société Novespace est scientifique puisque tous les domaines de la science sont
intéressés par la réalisation d’expériences en gravité zéro. Cependant, nous
avons de plus en plus de demandes de
privés. Récemment, nous avons transformé l’avion pour une soirée avec DJ
organisée pour quarante personnes »,
explique Jean-François Clervoy, spationaute et grand ordonnateur de
Novespace.
L’espace se présente comme la prochaine étape de la mobilité. Dans ce
contexte, ceux qui dessinent ces nouveaux lieux doivent apporter des réponses pertinentes. Octave de Gaulle
n’en est pas à son coup d’essai. Il avait
déjà dessiné une première bouteille de
vin présentée lors d’une exposition au
Musée des arts décoratifs et du design
de Bordeaux : un anneau en verre dont
seule la couleur verte rappelait l’univers des caves. À l’origine de sa réflexion, il y a - entre autres - Hergé et
deux albums de Tintin, Objectif Lune et
On a marché sur la Lune, publiés sous
forme de feuilleton entre 1950 et 1953
dans le journal Tintin. « Hergé s’était
inspiré des travaux de deux pionniers
allemands de la recherche spatiale,
Wernher von Braun et Hermann Oberth.
On peut dire aujourd’hui que les bulles de
whisky du capitaine Haddock volant
dans la cabine étaient fascinantes par
leur réalisme.»
Trois années d’études et une belle série de vols zéro gravité ont permis de
mettre au point la bouteille de champagne Stellar de Mumm. Certains parlent
d’un formidable coup marketing. Sans
doute. Mais il semble que la maison de
champagne soit bien déterminée à investir dans des projets innovants. Il y a
un siècle, Mumm fut le champagne de
l’explorateur polaire Jean-Baptiste
Charcot. Avec l’espace, la marque s’est
trouvé un terrain de jeu pour les cent
ans à venir. ■
MARC NEWSON
L’Australien dessine, en 2007,
un vaisseau spatial pour Astrium,
filiale d’EADS.
PATRICK BAUDRY
En 1985, le spationaute obtient
de la Nasa l’autorisation
d’emporter deux demi-bouteilles
de Château Lynch-Bages 1975
à bord de la navette spatiale
Discovery. Un joli clin d’œil à l’art
de vivre à la française. Mais les
flacons ne seront pas débouchés.
OCTAVE DE GAULLE
ET MATTHEW
SINDALL
Au terme de trois ans d’études,
le duo présente la bouteille
Stellar de Mumm pour
une dégustation spatiale.
CASTERMAN, PAUL REVERE/SHUTTERSTOC/SIPA, CREATIVE COMMONS, DANIEL SIMON/GAMMA, COLLECTION PERSONNELLE
La mise au point de la bouteille de Stellar, utilisable en apesanteur, a demandé trois ans de développement au designer Octave de Gaulle (au centre).
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LE FIGARO
DESIGN
vendredi 14 septembre 2018
35
Un salon plus que jamais
tourné vers le monde
MANIFESTATION Maison & Objet, qui vient de fermer ses portes,
affirme sa stature internationale et sa mixité culturelle.
1
1 et 2. Deux mises en scène
des tendances présentées
sur les nouveaux espaces What’s New?
3. Méridienne et coussins de la maison
Popineau. Une illustration du thème
de l’année choisi par Maison & Objet :
« Virtuous. Pour un art de vivre
plus responsable ».
ANNE-EMMANUELLE THION, MAISON POPINEAU
2
A
CATHERINE SAINT-JEAN
csaintjean@lefigaro.fr
près une mue entamée
dès la session de janvier, le salon Maison & Objet, qui a fermé ses portes
mardi, s’est montré sous un nouveau
jour. Finis les incontournables Now !
design à vivre et Scènes d’intérieur,
secteurs phares des années précédentes. Désormais, les huit halls se répartissent en Cook & Share, Smart
Gifts, Kids & Family, Home accessoires,
Unique et Eclectic (pièces uniques et
ethniques), Today (contemporain),
Forever (intemporel chic) pour ne citer
que les principales thématiques d’une
réorganisation censée faciliter la vie des
visiteurs.
« Nous avons conduit des études stratégiques pendant deux ans pour mener à
bien ce travail nécessaire, rappelle Philippe Brocart, président de la Safi, société organisatrice de la manifestation.
M&O est le seul salon au monde à proposer autant de secteurs d’activité, il fallait
les classer de manière plus efficace,
d’autant qu’à cause de l’investissement
que cela représente, le nombre de jours
de visite des acheteurs a tendance à se
réduire. Il y a désormais un pôle “objets”
qui s’adresse plus particulièrement aux
retailers et un pôle “maison” organisé
par styles (Today, Unique et Eclectic, Forever), doté de zones Signature qui répondent aux attentes des prescripteurs
tels que les architectes ou les décorateurs. » À l’entrée des halls, des espaces
What’s New? mis en scène par trois
pros de la déco - Elizabeth Leriche,
François Bernard et François Delclaux permettent de se faire immédiatement
une idée des tendances qui ont le vent
en poupe.
Ce nouveau parti pris s’est aussi imposé pour une meilleure compréhension par la clientèle étrangère. Cette
saison, c’est frappant, elle a été omniprésente : la moitié des visiteurs en provenance de 130 pays et près de 65 % des
exposants issus de 72 pays. Avec une
large représentation de l’Europe. En
tête de liste, l’Italie, qui arrive juste
après la France, mais aussi la Belgique,
les Pays-Bas, l’Espagne, le Portugal…
Le Japon a totalisé à lui seul près d’une
centaine d’exposants, et l’on a pu
constater une belle présence des Coréens, notamment sur Unique & Eclectic. Cela fait de M&O une vitrine privilégiée de la créativité internationale.
Pour preuve, Cook & Share, où les assiettes et plats en grès et faïence qui
sentent bon le terroir et les savoir-faire
d’où qu’ils viennent ont pullulé, ou encore Craft et ses métiers d’art tournés
vers le futur.
Des meubles qui ont du sens
Partout, on le constate, éditeurs et fabricants privilégient des objets et meubles qui ont du sens, puisent dans leurs
racines pour se dessiner un avenir empreint de modernité. Un art de vivre
dans lequel la nature, la gestion des
énergies, l’idée de transmission sont
pris de plus en plus souvent en compte.
Cela n’a pas échappé à Vincent Grégoire, du bureau de tendances NellyRodi,
concepteur et scénographe de l’espace
d’inspirations chargé d’illustrer le thème de l’année : « Virtuous ».
« Pour la première fois, nous avons accueilli un artisan chinois dans la partie
Craft, se réjouit Philippe Brocart. Dans
les années à venir, nous aurons de plus en
plus affaire à des artisans de qualité venus de Chine. Comme Zenf - présent sur
le salon en janvier dernier et qui reviendra l’année prochaine - qui a fait appel à
3
Nendo, nous assistons à l’éclosion de jeunes maisons d’édition qui ne cherchent
pas à copier ce qui se fait en Occident
mais vont chercher des designers pour
concevoir leurs propres collections. » La
Chine n’est pas la seule à se lancer. Plusieurs pays qui jusque-là produisaient
de gros volumes pour la sous-traitance
s’enorgueillissent maintenant de vraies
maisons d’édition. C’est le cas, par
exemple, de la Turquie depuis quelques
années, des pays de l’Est qui se font remarquer par l’excellence de leur savoir-faire dans le verre, avec des marques comme Lasvit, ou encore de
l’Inde. Jaipur Rugs, par exemple, collabore avec des designers pour dessiner
des tapis de luxe vendus dans les
10 000 dollars. Et, pour les fabriquer,
l’entreprise, dirigée par un trentenaire
énergique, fournit des métiers à tisser à
40 000 personnes. « Cela fait vivre des
villages entiers et la qualité est exceptionnelle. »
Mieux, cette nouvelle dynamique
apporte un sang neuf à l’ensemble de la
création internationale. Ne serait-ce
que par le brassage culturel qui en résulte. Cette saison, le Suédois Mateus a
demandé au designer français Sam Baron de plancher sur sa collection de
céramiques fabriquées au Portugal. Par
le passé, l’éditeur français Petite Friture avait fait appel à Farg et Blanche,
des Suédois repérés sur Rising Talents,
une sélection pointue, effectuée par
Maison & Objet, de jeunes talents d’un
pays différent chaque session. Cette
fois-ci, le Liban (voir ci-dessous) dont
les designers ont parallèlement marqué les esprits à travers les expositions
organisées à l’ambassade du Liban et à
la galerie Bensimon, dans le cadre de la
Paris Design Week dont les parcours
au cœur de la capitale complètent le
salon et en font un vrai pôle d’attraction… qui s’exporte : à Pékin, le centre
commercial WF Central, récemment
inauguré par le groupe d’investissement Hong Kong Land, accueille actuellement un pop-up store M & O Design présentant une trentaine de
marques de design européen, asiatique
et australien. ■
Bougeoir en laiton, tables
en marbre et résine Carla Baz.
La Troll Chair d’Anastasia Nysten
se décline en couleurs et matières.
son diplôme de designer produits avec
les honneurs à l’Académie libanaise des
beaux-arts. En parallèle, elle travaille
comme designer pour PsLab. Passionnée
par la recherche et l’expérimentation,
elle définit son travail comme « de petites
histoires en des temps différents. Des collaborations désintéressées et continues
avec le monde comme si je n’étais plus dépositaire de mes projets ».
Leurs créations sont aussi exposées à
la Gallery S. Bensimon, 111, rue de
Turenne (Paris IVe), avec la complicité
de la Joy Mardini Design Gallery. ■
Rising Talents, le Liban en première ligne
ouvent formés à l’étranger, ces
jeunes designers confient avoir
tous éprouvé à un moment ou à
un autre le besoin de revenir
dans leur pays natal pour y insuffler leur énergie créative et faire travailler les artisans locaux dont le savoir-faire reste unique. Leur exigence
pour défendre les couleurs de ce design
et de cet artisanat emporte les suffrages
au-delà de leurs frontières. Pour eux,
l’un ne va pas sans l’autre, et le partage
revient souvent au cœur de leurs préoccupations.
Les femmes ne sont pas en reste, elles
pourraient même être force d’entraînement. À l’image de Carla Baz qui explique : « Je suis retombée amoureuse de
mon pays à mon retour. C’est viscéral
chez nous, il faut toujours que l’on parte. »
Pour mieux revenir ? Baz en est l’exemple parfait. Après des études d’architecture intérieure à l’Esag Penninghen à
Paris et un master en design produit
pour l’industrie du luxe à l’Ecal, cette
Franco-Libanaise s’établit à Londres et
collabore sur des projets pour Burberry,
Vivienne Westwood et Zaha Hadid. Pas-
S
sionnée par les nouvelles technologies,
elle retourne à Beyrouth pour développer sa propre ligne. « Je n’ai pas d’atelier,
je m’invite chez les différents artisans que
je fais travailler. C’est un travail à deux. »
Ce que constatent aussi les designers
Karl Chucri et Rami Boushdid, fondateurs du Studio Caramel en 2016. Meubles ou objets, ils déclinent essentiellement leurs produits en éditions limitées
ou en sur-mesure. Leurs pièces raffinées
et solides s’inspirent des lignes et de l’esprit des années 50 mais privilégient des
combinaisons inhabituelles et innovantes de matériaux. Basé lui aussi à Beyrouth depuis 2009, le charismatique
Marc Dibeh a étudié l’architecture
à Paris avant de
rentrer au Liban où il obtient son master en design
produit à l’Académie libanaise
des beaux-arts. Il se
forme chez Marc Baroud, avec qui il collabore encore sur certains projets, avant de
créer son studio. Il aime
raconter une histoire pour chaque objet,
partager avec d’autres créateurs, tout en
préservant un style qu’il veut intemporel
et simple. Très apprécié à l’international, il expose à Milan, Miami, Bâle, Dubaï, Lausanne, Paris, Londres, Beyrouth
et enseigne dans son ancienne école.
Influences liées à l’enfance
Carlo Massoud, de son côté, questionne
et explore les matériaux, les cultures, les
personnes. L’inconnu l’inspire, les collaborations avec d’autres créatifs en tout
genre aussi. Diplômé de l’Ecal, il commence sa carrière à New York avant de
se lancer à son tour en 2013. Il a depuis
participé à de nombreuses foires internationales tels l’Armory Show, Southern
Guild, Design Days Dubai.
Une vision internationale que partage Anastasia Nysten, née au
Canada, de mère libanaise et de père
finnois, qui a
grandi entre la
Finlande,
la
France et le Liban. Elle entre
chez Karen Chekerdjian pendant
ses études à Beyrouth
CATHERINE DEYDIER, PRESSE
et, diplôme de design industriel en poche, s’installe à Londres où elle collabore
avec Michael Anastassiades pendant
trois ans. Depuis 2015, elle vit et travaille
à Dubaï, mais sa Troll Chair a été créée
sous des influences liées à l’enfance.
La talentueuse benjamine, Paola Sakr,
fonde son studio juste après avoir obtenu
A
CATHERINE DEYDIER
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
vendredi 14 septembre 2018 LE FIGARO
36
CULTURE
Jackpot pour le loto du patrimoine
EXCLUSIF Alors que le tirage spécial a lieu ce soir, le jeu de grattage s’annonce comme un des grands succès de
La Française des jeux. Au point de songer à en faire un rendez-vous annuel.
P
7,3 %
CLAIRE BOMMELAER
cbommelaer@lefigaro.fr
Taxes
12,6 %
Organisation
our un coup d’essai, c’est
un coup de maître. Vendu depuis le
3 septembre, le jeu de grattage Mission
Patrimoine s’arrache comme des petits
pains. Plus de 2,5 millions de tickets à
gratter se sont écoulés en neuf jours - soit
20 % du stock de billets édités par La
Française des jeux. L’entrepôt francilien
où sont stockés les 12 millions de billets
tourne à plein régime devant les commandes de réassort des 30 800 points de
vente. « C’est un démarrage historique, et
Mission Patrimoine pourrait faire partie
des grands jeux à succès de la FDJ, annonce aujourd’hui sa PDG, Stéphane Pallez.
La sauvegarde du patrimoine a mobilisé
dans toutes les régions. » Vendus dans les
bars- tabacs et les maisons de la presse,
les tickets ont d’abord séduit les habitués,
pour qui toute nouveauté est bonne à tester. Mais les patrons de bar-tabac affir-
55 %
SUPER LOTO
Joueurs,
RÉPARTITION DES GAINS dotation
au fonds
Source : FDJ
25,1 %
de contreFondation
partie
du Patrimoine
6,9 %
10,2 %
Taxes
Fondation du
Patrimoine
10,9 %
JEU
DE GRATTAGE
Organisation
RÉPARTITION DES GAINS
Source : FDJ
“
C’est un démarrage
historique (…)
La sauvegarde du
patrimoine a mobilisé
dans toutes les régions
STÉPHANE PALLEZ,
PDG DE LA FRANÇAISE DES JEUX
”
La PDG de La Française des jeux, Stéphane Pallez, et Stéphane Bern, lors de la présentation du jeu le 31 mai dernier.
ment avoir vu débarquer de nouveaux
clients, venus jouer au profit des monuments en péril, notamment ceux près de
chez eux.
Visiblement, le prix élevé du ticket
(15 euros pièce) n’a pas été un frein. « La
mécanique des jeux veut qu’à prix élevés
les gains le soient aussi », rappelle Stéphane Pallez. Or, Mission Patrimoine est
assorti de gains exceptionnels (72 % des
mises), avec un ticket sur trois gagnant.
Dans un bar du Finistère, une jeune
étudiante a gagné un des six jackpots
(1,5 million d’euros) de Mission Patrimoine. Elle s’est vu remettre un immense
chèque par la FDJ et par Stéphane Bern,
grand ordonnateur de l’opération et dont
l’effigie figure sur tous les billets.
À ces tickets de grattage s’ajoute, ce
soir, un tirage spécial du Loto lui aussi en
faveur du patrimoine (25 % des mises), et
lui aussi assorti d’un gros jackpot (13 millions d’euros). Vingt-quatre heures avant
le tirage, la FDJ ne connaissait pas encore
le nombre de personnes ayant acheté une
grille de Loto : les joueurs attendent sou-
vent le jour même pour tenter leur chance, y compris en ligne. Mais Stéphane
Pallez sait d’expérience qu’un tirage spécial attire souvent plus du double de
joueurs qu’un tirage classique (2 millions
de personnes, en moyenne).
Entre les jeux de grattage et le Loto,
« nous sommes bien partis pour réaliser
l’objectif annoncé de 15 millions d’euros,
voire de 20 millions », estime la présidente.
Ce week-end, moment des Journées
du patrimoine, des tickets seront vendus
au château de Chambord, au MontSaint-Michel, sur les remparts de Carcas-
PETER
STEIN
STEI
PIERRE
JACQUES
ARDITI
ISABELLE
GELINAS
LINAS
LUDOVIC MARIN/AFP
sonne, au ministère de la Culture, à Bercy
et même à l’Élysée. Tout le comité exécutif de la FDJ s’apprête à partir sur le terrain pour assurer le tambour autour du
jeu Mission Patrimoine. Le succès est
aussi une histoire de communication et
de mobilisation.
Quels que soient les résultats cette année, le tirage spécial pour le patrimoine
sera reconduit en 2019 et en 2020. « Audelà, je plaide pour que nous instaurions un
rendez annuel au profit du patrimoine, annonce Stéphane Pallez. C’est une cause
transpartisane et rassembleuse. Elle est
aussi populaire et aussi ancrée dans les territoires que la pratique du jeu. » Demain
matin, Stéphane Pallez sera à Bougival
(78), à la maison de Pauline Viardot (un
des sites qui bénéficiera des mannes du
loto), aux côtés du président de la République, de Stéphane Bern et de représentants de la Fondation du patrimoine. Il y a
quelques mois, l’attelage de la politique,
du patrimoine et du jeu aurait semblé décalé. Mais plusieurs pays regarderaient
déjà l’expérience française avec intérêt,
afin de la dupliquer. Le hasard fait parfois
bien les choses ! ■
Des recettes et des crédits
toujours insuffisants
MISS E EN SC
MI
SCÈN
ÈN E
WEBER
WEBE
taurer, et au moins 400 millions par an
Au verso de chaque billet de grattage
pour tout entretenir. Or, le budget anMission Patrimoine (vendu 15 euros
nuel de l’État consacré aux monupièce, depuis le 3 septembre) figure
ments historiques n’a cessé de décroîune petite phrase : « Pour chaque ticket
tre au fil des ans. Après une année
acheté en République française,
faste, en 2010, il est tombé graduelle1,5243 euro est reversé à la Fondation du
ment de 381 millions à 318 millions, en
patrimoine. » 1,52 euro seulement pour
2017. Les collectivités, qui possèdent la
le patrimoine ? Et qu’advient-il des
majorité du patrimoine protégé, ont
13,48 autres ? se demandent les
vu les dotations d’État fondre comme
joueurs, surtout lorsqu’ils ont perdu.
neige au soleil. Elles ont tendance égaDepuis le premier jour de leur mise à
lement à réduire la voilure. Bien que le
disposition, dans 30 800 points de venministère de la Culture ait annoncé
te, les réseaux sociaux sont pleins de
qu’il sanctuariserait les crédits pencommentaires suspicieux sur l’opéradant cinq ans, et qu’il aiderait les très
tion, dans lesquels les mots de « poudre
petites communes à entretenir leurs
aux yeux », voire d’« anarque » sont en
biens (fonds de
majesté.
15 M€ en 2017), le
« Mission Patricompte n’y est pas.
moine n’est pas un
Les églises rurales
jeu solidaire : Comse dégradent, les
me le Banco ou Milanciennes casernes
lionnaire, il sert à
peinent à se recontenter sa chance et,
vertir, et la plupart
éventuellement, à
La somme que les organisateurs
des propriétaires
gagner », rappellet-on à la FDJ. 72 % espèrent récolter pour les monuments privés n’arrivent
en péril sélectionnés
pas à joindre les
des mises vont redeux bouts.
tourner dans la po« Le loto et les
che des gagnants. Si
jeux de grattage sont une très bonne
on ajoute les 10 % versés au patrimoine,
chose, car ils attirent l’attention sur le
il reste 18 % des sommes misées : elles
patrimoine, remarque Jean de Lamfinancent la FDJ, les détaillants et les
bertye, président de La Demeure hiscaisses sociales (CRDS, TVA et CSG).
torique
(association
regroupant
Compte tenu de l’allure de la parti3 000 propriétaires privés), mais on ne
cipation, les jeux pourraient rapporter
peut pas se reposer dessus. Il faut moprès de vingt millions d’euros pour le
biliser d’autres sources de financement,
patrimoine en 2018. C’est beaucoup
des subventions des collectivités publimieux que rien, d’autant que ces jeux
ques, du mécénat d’entreprise ou du
de hasard sont une nouvelle façon de
mécénat populaire. »
financer les restaurations de patriLa Fondation du patrimoine, qui va
moine, plus collective et plus ludique.
récolter et répartir les sommes du loto,
Cependant ces 20 millions, obtenus
est bien consciente que cela ne suffira
grâce aux joueurs mais aussi grâce à
pas. Rien que pour couvrir intégraleun effort de l’État, sont une goutte
ment les besoins de restaurations des
d’eau face aux besoins.
250 monuments éligibles au loto, il fauIl y a en France près de 44 000 modrait 53 millions d’euros ! La fondation
numents protégés et une quantité infia donc ouvert un site d’appel aux dons,
nie de petits monuments qui ne le sont
Mission Bern, qui a récolté 5,6 millions
pas. Parmi les protégés, entre 7 et 10 %
supplémentaires. Les petits ruisseaux
seraient en péril. On estime qu’il faufont les grandes rivières. ■
drait 1 milliard d’euros pour tout resC. B.
20
millions d’euros
DDEE
CATHERINE
FERRAN
BERNARD
GABAY
MALARTRE
MALENFANT
MALENFAN
MOBIHAN
TREMBLAIS
FÉLICIEN
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LE FIGARO
vendredi 14 septembre 2018
CULTURE
37
Simon Abkarian, un poète épique en plein Soleil
CHRONIQUE « Le Dernier Jour du jeûne » et « L’Envol des cigognes » confirment l’originalité de l’écriture de cet artiste unique.
LE THÉÂTRE
Armelle Héliot
aheliot@lefigaro.fr
blog.lefigaro.fr/theatre
riane Mnouchkine lui a
confié son théâtre parisien.
Le bel espace du Soleil à la
Cartoucherie. Il a été, huit
ans durant, un membre discipliné de la troupe. De Sihanouk aux
Atrides en passant par L’Indiade. Est-ce
là que Simon Abkarian a fait ses classes
de poète ? En se plongeant dans le
monde d’Hélène Cixous et de Mnouchkine, d’Euripide, d’Eschyle ? Pas seule-
A
ment. Il a toujours beaucoup lu, Simon
Abkarian. Il est l’héritier d’un peuple à
la culture extraordinaire. L’Arménie est
un pays d’aèdes. Ses ancêtres ont dû
quitter leur terre, se réfugier au Liban
où Simon Abkarian a grandi. La langue
est dans ses veines. Il a une passion pour
le français. Il écrit d’une manière exceptionnelle. Tout en images, en couleurs, en saveurs. Tout en cadences fascinantes, tout en périodes élégiaques. Il
a du style, de l’audace. Comme il le dit,
il écrit « pour les gens ». Il dirige à merveille des comédiens pleins de fougue,
d’énergie radieuse, de goût du partage.
On revoit avec un bonheur décuplé Le
Dernier Jour du jeûne, chronique savoureuse mais non exempte de faits tragi-
ques, qu’il avait montée il y a quelque
temps.
On découvre, subjugué, le deuxième
volet de cette épopée, L’Envol des cigognes. Les mêmes personnages et beaucoup d’autres, soudain plongés dans la
guerre. On est quelque part autour du
bassin méditerranéen. Pour le moment,
ce sera notre seule réserve, le spectacle
est long. Deux heures trente pour le premier volet, près de quatre heures pour
L’Envol. C’est la générosité de l’auteur
que traduit cet excès : il veut que chaque
personnage ait la parole, que chaque comédien ait un parcours bien visible. Il est
romanesque, Simon Abkarian. Il a de
grands modèles : les Grecs pour l’adresse au public, le dessin des protagonistes,
la relation au ciel, Shakespeare pour la
juxtaposition de scènes cruelles et de
moments de détente, de rire.
Des comédiens
tous talentueux
Les comédiens réunis autour de l’auteur
en pater familias formidable sont tous talentueux et engagés de toute leur sensibilité ardente dans l’aventure. Autre force
de l’univers d’Abkarian : les femmes y
sont nombreuses et grandes. Ariane Ascaride, la mère, Chloé Réjon et Océane
Mozas, ses filles, Catherine Schaub, sa
soeur. Jusqu’au jeune Elias joué par Pauline Caupenne ou Délia Espinat-Dief,
Marie Fabre, Maral Abkarian (sa sœur),
idéales et qui nous bouleversent. Les
hommes sont de belle étoffe, même les
criminels et les interprètes sont magnifiques, de David Ayala à Igor Skreblin,
d’Assaâd Bouab à Eliot Maurel, de Laurent Clauwaert à Victor Fradet ou Eric
Leconte. Serge Avédikian est Fado, arlequin chenu, clown shakespearien, merveilleux.
Décor fait d’éléments mobiles, lumière, musique omniprésente, tout est beau
et offert dans la générosité et le sens de
l’humain. Du partage. ■
Théâtre du Soleil, Cartoucherie
(Paris XIIe), jusqu’au 14 octobre.
En alternance et en intégrale
le samedi et le dimanche.
Tél. : 01 43 74 24 08.
Textes publiés par Actes Sud-Papiers.
La Scala fait son cirque
ARIANE BAVELIER £@arianebavelier
n nouveau théâtre qui
s’ouvre, c’est toujours un
événement. Surtout lorsque c’est Richard Peduzzi
qui a dessiné la salle, inventé une couleur spéciale pour l’habiller du sol au plafond, dessiné le mobilier et façonné ce nouvel objet d’une
élégance totale. Surtout lorsqu’il se situe sur les grands boulevards à Paris.
Surtout, enfin, lorsque la programmation convoque le nec plus ultra des
noms en vue, Yasmina Reza ou Thomas
Jolly côté théâtre, Alain Platel ou Michèle Anne de Mey pour la danse, Bertrand Chamayou ou l’ensemble Le Balcon pour la musique. Et leur permet chose extrêmement rare - de jouer la
carte de la durée avec une présence de
plusieurs semaines à l’affiche. Last but
Gestuelle très coulée
Yoann Bourgeois donne les trois coups
avec une création qui reprend le nom
éponyme. Scala se situe dans l’exact
prolongement de cette salle, naguère
théâtre à l’italienne, effacé par le premier multiplexe, de cinéma porno en
l’occurrence. Souvenir de ces temps
anciens, l’accès à la salle se pratique
par un long boyau. Au bout, Bourgeois
livre la création la plus sombre de son
répertoire. La scénographie est peinte
au gris bleu de la salle. Un décor domestique : escalier, lit, un fauteuil,
trois chaises, une table, une armoire…
Bourgeois commence à créer des fonctionnements entre les objets qui
échappent à toute causalité physique.
Le cadre se décroche du mur lorsqu’on
saisit le balai, mais pas lorsqu’on claque la porte qui le jouxte. Les chaises,
la table et le lit se désarticulent et s’effondrent, sans lien avec le fait qu’on
s’y tient prostré. Une porte ne s’ouvre
que lorsqu’on se trouve d’un côté. Une
marche fait des croche-pieds. Dans ce
décor qui semble piégé, les êtres sont
clonés les uns les autres, même chemise à carreaux pour les hommes et jupe
jaune pour les filles. Ils se démultiplient, se prolongent, sosies qui dessinent l’infinité des situations possibles
puisque chacun joue la même scène
d’une façon différente. La gestuelle
très coulée permet de dérouler les scènes ou de les rembobiner à l’envi, dans
un sens comme dans l’autre, ce qui
ajoute à la dépersonnalisation.
Dans un clair-obscur feutré et angoissant, Bourgeois emprunte au surréalisme, à Kafka, à Escher, à Heideg-
Pour son nouveau spectacle,
Yoann Bourgeois emprunte
au surréalisme, à Kafka,
à Escher, à Heidegger.
ger. Ce circassien et danseur, as du
trampoline, nous avait habitués à explorer les éthers. Il plonge dans les dessous. La scène se perce des signes d’un
dédale souterrain. Les images font mouche. Un garçon tombe de la scène dos
sur le trampoline et rebondit pour disparaître dans un trou. Son sosie répète
le même mouvement mais sort par la
porte. Une fille coule de sa chaise et dis-
paraît, happée par les dessous. En face
d’elle, une autre s’effondre mais reste
couchée sur scène. Que se passe-t-il
dans ce sous-sol où on voit par transparence une fille nager au ralenti et d’où
sort une forêt de mains? Scala a ses tunnels, mais Bourgeois fascine encore. ■
Scala, 13, bd de Strasbourg (Paris Xe).
Jusqu’au 24 octobre.
Tél. : 01 40 03 44 30.
NO
UV
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not least, l’aventure est menée par un
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vendredi 14 septembre 2018 LE FIGARO
38 CULTURE
Alphonse Mucha,
volutes Belle Époque
ARTS Le Musée
du Luxembourg
évoque toutes les
facettes de ce père
de l’Art nouveau.
S
ÉRIC BIÉTRY-RIVIERRE
ebietryrivierre@lefigaro.fr
es affiches, à commencer
par celles qu’il créait pour Sarah
Bernhardt, ont fait sa gloire. Sa Gismonda, La Dame aux camélias, Lorenzaccio,
l’hallucinée Médée ou son Hamlet ont
aujourd’hui encore valeur d’icônes. Les
courbes sensuelles de ces héroïnes languides, extatiques ou terrorisées, leur
chevelure ondulante, leur robe richement parée et toutes les volutes opiacées qui les nimbent ont largement inspiré, par exemple, les graphistes du San
Francisco hippie. Mais l’Alphonse Mucha (1860-1939) auquel le Musée du
Luxembourg rend hommage par une
rétrospective plutôt équilibrée, fruit de
nombreux prêts de la Fondation Mucha
à Prague, ne saurait être considéré que
pour ces travaux.
Il fut un artiste polyvalent. Il travailla
beaucoup pour les arts appliqués. Ses
figures chantournées ont tôt fait merveille, à Vienne, pour des décors de
théâtre. Le succès parisien venu, Mucha crée volontiers pour la joaillerie
(bijoux et boutique de Georges
Fouquet, rue Royale, en face de chez
Maxim’s). Plus généralement, il a
contribué à la naissance du packaging.
Ses réclames pour une marque de papier à cigarettes, ses flacons, étiquettes
de champagne, boîtes de biscuits ou de
savons peuvent légitimement le faire
De gauche à droite : boîte pour les gaufrettes vanille Lefèvre-Utile (1900) ;
chaîne ornementale et pendentifs dessinés par Mucha et réalisés par le joaillier
Georges Fouquet (1900) ; étude pour l’affiche du 6e Festival de Sokol (1911).
considérer comme un ancêtre du pop
art et du design.
Mucha fut ami de Rodin et sculpta un
peu. L’un et l’autre étaient à peu près
aussi célèbres en leur temps. Quelquesunes de leurs pièces se trouvent ici judicieusement rapprochées. Mucha a
“
Il fut un artiste
polyvalent. Il travailla
beaucoup pour les arts
appliqués
”
échangé également avec l’auteur suédois August Strindberg dans un même
intérêt pour l’occultisme. Son credo
théosophique et une adhésion à une
franc-maçonnerie zélatrice du progrès
ont produit, par exemple, des visions au
pastel bleu quasi abstraites.
Puis à partir de 1912, l’artiste, slave
jusqu’au bout des ongles, n’a plus entendu participer qu’à la gloire de sa patrie naissante, la République tchécoslo-
vaque. En 1900, cela ne l’avait
toutefois pas empêché d’accepter de
décorer le pavillon de la Bosnie-Herzégovine à l’Exposition universelle.
Cette aire se trouvait alors annexée par
l’Empire austro-hongrois, oppresseur
des Slaves.
Revenu à Prague après avoir trouvé
un mécène aux États-Unis (l’influent
millionnaire Charles Crane), Mucha
exécute une délirante « Épopée slave ».
Ces vingt toiles gigantesques totalisent
près de 1 000 m2 de peinture ! À Paris on
ne les voit malheureusement qu’à travers un documentaire et une poignée
d’esquisses. Cela est toutefois suffisant
pour comprendre que l’artiste ne recule
devant aucune grandiloquence.
La dernière salle présente quelques
prémices de l’imagerie de propagande
moderne. Mucha peut aller jusqu’au
kitsch quand, peintre d’histoire enflammé, il produit une allégorie de la France
embrassant la Bohême à la fin de la Première Guerre mondiale. Un homme
coiffé d’un bonnet phrygien câline et
délivre une Bohême nue crucifiée. Ouf !
Enfin, une partie des vitraux de la cathédrale de Prague, un projet pour une
église de Jérusalem jugé trop peu
conforme aux canons du catholicisme
romain, ou encore une Vierge au lys à la
fois trop cosmique et trop sensuelle indiquent que Mucha n’a jamais vraiment
changé de manière. On ne change pas
un style qui gagne, devait penser cet
homme que l’on découvre au début du
parcours déjà sûr de lui dans un portrait
photographique agrandi. Ce Moravien
chouchou du Tout-Paris arbore bouc et
moustache à l’impériale sur chemise
brodée de moujikophile excentrique.
Suit la préhistoire de celui qui s’imposa presque du jour au lendemain
comme un des principaux pères de l’Art
nouveau. Elle étonne. On apprend dans
ce premier chapitre consacré aux va-
ches maigres que Mucha a partagé son
atelier avec un certain Paul Gauguin.
Plusieurs photographies le prouvent.
Lui a trouvé son esthétique et n’en démordra plus, exploitant une recette au
risque de la répétition et de la mièvrerie. Priorité à la ligne, comme chez Botticelli, esprit ornemental mêlant
allègrement motifs celtiques, mosaïques byzantines et arabesques orientales. Une très bonne technique de dessin
– il est à la fois précis, enlevé et élégant – mais une approche de l’huile
décevante. Son colocataire a su, lui, se
renouveler radicalement. ■
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au Musée du Luxembourg,
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Bruno Derville, Directeur général Vinci Immobilier résidentiel
« Il faut faciliter l’acte de construire »
A l’occasion du lancement d’un dispositif visant à indemniser les acquéreurs en cas de retard de livraison d’un bien ou de levée
tardive des réserves, Bruno Derville fait le point sur l’évolution du marché du neuf.
Par Olivier Marin @OlivierMarin1
mobilier (FPI) fait état d’un léger recul de l’activité
dans le neuf. Dressez-vous le même constat ?
C’est vrai que le neuf et cher et en constante
augmentation. La FPI note d’ailleurs une hausse
annuelle des prix de l’ordre de 3 % en moyenne.
Deux raisons essentielles : La hausse du coût du
foncier et celle du coût des travaux. La priorité
est de mettre davantage de terrains constructibles sur le marché afin de rééquilibrer l’offre et
la demande. Cela permettra de stabiliser le
marché.
BRUNO DERVILLE : Sur le terrain, les ventes ont
effectivement légèrement ralenti au 1 er semestre
2018 au niveau national. Le recul est de l’ordre
de 4 % par rapport à la même période, l’an dernier. Cependant, la dynamique reste bonne car
les ventes sont en progression au 2 ème trimestre
2018. Ce qui est particulièrement intéressant,
résulte dans le fait que les
Qu’attendez-vous de la future loi logeventes aux particuliers accément (ELAN) notamment sur ce qui
Indemniser en cas de permet de faciliter l’acte de construire ?
dants qui souhaitent acheter
retard de livraison
leur résidence principale dans
L’intention est bonne car elle a pour
objectif de créer un véritable choc de
le neuf sont en hausse. La
baisse provient essentiellement de la chute des l’offre pour permettre de répondre aux besoins et
ventes en bloc en raison de la réorganisation du de rééquilibrer les prix. Tout ce qui facilite l’acte de
secteur HLM. D’autre part, chez les investis- de construire est excellent. De ce point de vue, il ne
seurs, il y a eu des inquiétudes liées au projet de faudrait pas que les élections municipales qui sont
la retenue à la source. Maintenant qu’il est défi- en ligne de mire de certains élus ne décalent pas
nitivement validé, ces incertitudes sont levées. trop des projets immobiliers, comme malheureusement, nous le constatons sur le terrain.
«
»
A près de 4000 €/m 2 en moyenne en régions et
5000 €/m 2 en Ile-de-France, le logement neuf coûte
cher. Comment produire du logement plus abordable ?
Comment rassurer les particuliers qui achètent dans le
neuf de ne pas être lésés en termes de délais de livraison ?
Nous lançons ce 12 septembre, un dispositif national sur toutes les opérations commercialisées. Il
s’agit d’une nouvelle offre Vinci 4 you. C’est un
engagement fort. Nous avons constaté que pour
72 % des clients, la préoccupation majeure concerne le respect des délais de livraison et dans un bien
livré, sans réserve. En cas de retard ou de réserve
nous nous engageons à indemniser nos clients et
ce, véritable révolution, si le chantier connaît des
intempéries ou des faillites d’entreprises, ce qui
aujourd’hui constitue un cas légal de report.
Quels sont vos programmes résidentiels emblématiques ?
J’en citerai trois. Le premier, « Higher Roch » à
Montpellier, programme qui s’élève sur 16 niveaux, situé au pied de la gare TGV en plein
centre-ville, propose des logements, des commerces et des bureaux. Le second, baptisé « Hors
du temps » dans le 15ème arrondissement de Paris,
est un cœur d’îlot abritant une résidence intergénérationnelle avec des logements en accession. Et
le 3ème, « Oasis Parc » à Lyon, opération de 700
logements dont les travaux sont en cours va montrer que le digital peut resserrer les liens entre les
anciens et les nouveaux habitants d’un quartier.
En vidéo sur Figaro Immo sur Lefigaro.fr
AVIS À NOS LECTEURS - MENTIONS LÉGALES
Toutes les annonces qui ne comprennent pas la mention
« Part. » pour les particuliers ou « Agents Co. » pour les agents
commerciaux sont des annonces émanant d’agents immobiliers
ou de promoteurs. Sans mention explicite d’honoraires dans les
annonces, les prix présentés s’entendent nets pour l’acquéreur.
Toutes les annonces des rubriques « appartements » sont réputées
être des lots de copropriétés, sauf mention contraire. Ces biens
faisant partie d’une copropriété, le vendeur doit vous informer du
nombre de lots de la copropriété, des charges annuelles du bien
proposé à la vente et de l’existence ou non d’un recours à
l’encontre de la copropriété à la date de la parution de l’annonce.
Les honoraires de l’agence immobilière et les commissions de
chaque bien sont consultables sur le site de l’annonceur.
Légende des sigles utilisés dans nos annonces : ◆ membre
F.N.A.I.M (Fédération nationale de l’immobilier) membre
S.N.P.I (Syndicat national des professionnels immobiliers)
■ Notaires ● Ventes aux enchères M.A.P : mise à prix.
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LE FIGARO
vendredi 14 septembre 2018
TÉLÉVISION
apalou@lefigaro.fr
Coin-coincoin
«Le Dix Heures-Midi»
Sud Radio | 10 heures | Jeudi
A
sseyons-nous. Cette
rentrée, quelle fatigue !
Voilà Hanouna, voilà
Nagui, voilà Reichmann, voilà
Davant, voilà qui d’autre ? Ah oui,
revoilà Drucker qui déclare,
drolatique, dans Paris Match :
« J’ai été jeune pendant si
longtemps que je ne me suis pas vu
vieillir. Pourtant, quand j’avais
à peine 48 ans, en plein succès
de « Champs-Élysées », on m’a
asséné que l’avenir de la télévision
ne passerait pas par moi, ou alors
qu’il fallait que je me relooke
vraiment et que je forme vite
un jeune pour prendre ma place. »
Ce dinosaure ne s’est pas senti
vieillir et il n’a pas tort : « Je ne
suis pas démodé. C’est le jeunisme
qui est ringard. Les familles
françaises m’ont adopté. Leur
amour est stimulant. » Nous non
plus, on ne l’a pas senti vieillir
le « Kerdru », comme aurait dit
Fabrice Luchini. Les rides de vos
parents ne se voient plus guère
lorsqu’on passe chez eux tous
les dimanches prendre le thé ;
elles s’effacent, elles se vissent,
s’incrustent dans le temps comme
par magie. Passons, passons.
Sur Sud Radio, une interview
instructive de Jacques Cardoze,
un ancien danseur classique,
par la délicieuse Valérie Expert.
Il a réalisé, pour « Complément
d’enquête » ( France 2, 23 heures),
un documentaire sur le président
des États-Unis : « Et si Donald
Trump avait raison ? »
Les Américains seraient plutôt
contents de leur Donald
protectionniste. La Bourse est
euphorique : « On nous avait prédit
un cataclysme, que l’économie irait
très mal, etc. […] C’est exactement
le contraire, ce n’est peut-être pas
dû à lui mais il répond à une
demande. 90% de son électorat se
dit convaincu qu’il va revoter pour
lui. Ça veut dire quoi ? Qu’il n’est
pas perçu de la même façon dans
l’Amérique profonde qu’à New
York, Washington, Los Angeles… »
Le monde est ainsi fait…
LE BUZZ TV
Invité : Julien Courbet
interviewé par Nicolas Vollaire
et Damien Canivez aujourd’hui sur :
Samuel Étienne :
« Le Louvre
pour le plaisir »
À l’occasion des Journées du patrimoine,
« Questions pour un champion »
s’est exceptionnellement délocalisé
dans le musée parisien. L’animateur
du célèbre jeu nous confie ses impressions.
PROPOS RECUEILLIS PAR ÉMILIE GEFFRAY
£@emiliegeffray
our la première fois, le Louvre
accueille un jeu télévisé (hier et
aujourd’hui). Une première également pour « Questions pour un
champion », qui, en trente ans
d’existence, n’avait jamais été enregistré
ailleurs qu’en studio. L’animateur du jeu,
Samuel Étienne, nous en dit plus.
P
LE FIGARO. – Quel effet
ça fait de passer
après Beyoncé et Jay-Z ?
Samuel ÉTIENNE. – Que les choses soient
claires, ils nous ont piqué l’idée (rires).
On y a pensé au printemps dernier, le
tournage a eu lieu en juin et le clip est
tombé quelque temps plus tard. Sur le
moment, on s’est dit que notre initiative
allait avoir moins d’échos. Je m’étais dit
ça un peu naïvement, comme si on boxait
dans la même catégorie. Les premiers
jours, je n’ai pas voulu voir le clip, j’étais
un peu fâché : pourtant j’adore Beyoncé.
Comment cette idée
s’est-elle concrétisée ?
On aime bien organiser
des spéciales pour surprendre nos fidèles télés-
pectateurs. En trente ans, « Questions
pour un champion » n’était jamais sorti,
alors on s’est dit allons plus loin, soyons
un peu fous et trouvons un beau lieu. On a
fait la demande au Louvre sans trop y
croire et on a été très surpris de leur réponse, car assez rapidement ils nous ont
dit oui. C’est la première fois que le musée
accueille un jeu télé. L’organisation a pris
un peu de temps. Il a fallu faire les demandes d’autorisation, réfléchir au cadre
qu’on voulait donner à cette spéciale…
Généralement, on tourne six émissions
par jour. Pour les deux manches de quatre à la suite au Louvre, ça nous a pris une
journée.
Pourquoi le Louvre ?
On a choisi le Louvre car ça nous faisait
plaisir et on savait que ça allait réjouir nos
téléspectateurs et nos candidats. On voulait leur faire ce cadeau.
Le musée a-t-il imposé ses conditions ?
Non, ils ont été très ouverts. On leur a
proposé d’aller vers les œuvres phares,
les plus célèbres, celles qui parlaient à
tout le monde, celles qui sont connues
dans le monde entier.
C’est comme ça qu’on
s’est retrouvés à jouer
devant La Joconde et Les
Noces de Cana.
18.10
« Les plus touchés par cette émission au Louvre, c’étaient les candidats. Ils étaient
comme des enfants», raconte Samuel Étienne (ici devant la Vénus de Milo).
Ce n’était pas trop impressionnant ?
C’était tellement troublant ! Ça a l’air
bête comme ça, mais de me retrouver à
un mètre de La Joconde et de poser des
questions sur son histoire, ça fait
quelque chose ! Mais les plus touchés,
c’étaient les candidats. Ils étaient comme
des enfants.
Pourquoi n’y avoir tourné
qu’une seule manche et pas l’émission
dans son intégralité ?
C’était un souhait de notre part. Faire un
« Questions pour un champion » entier
au Louvre, ça nécessitait une mécanique
lourde et précise, il faut de l’affichage de
scores, des écrans, des buzzers, des lu-
mières, de la musique et un public. On ne
voulait pas de ça. C’est le Louvre quoi ! On
a décidé de prendre la manche la plus
simple techniquement et technologiquement. Ce n’était pas le Louvre à « Questions pour un champion » mais l’inverse.
On n’avait pas envie d’envahir le Louvre
par respect pour le lieu. On voulait se
fondre dans le décor.
Depuis que vous avez repris « Questions
pour un champion », en février 2016,
les audiences sont à la hausse…
Après quinze ans de baisse, on a réussi à
inverser cette courbe. Je pense que ce
n’est que le début. Le jeu va reconquérir
des téléspectateurs. ■
« Révolte dans la mode » ne sort pas des clichés
Trop approximatif, le documentaire d’Ariel Wizman et Laurent Lunetta dénonce une industrie polluante.
HÉLÈNE GUILLAUME hguillaume@lefigaro.fr
eu de documentaires s’attaquent à « la mode », cette machine à fantasmes superficielle
et élitiste, avec sérieux. « Révolte dans la mode » n’y fait
malheureusement pas exception. Certaines questions soulevées sont pourtant
essentielles : la surproduction de vêtements, la dénonciation des sweat-shops
(ou « ateliers de misère », ces sous-traitants des pays pauvres), les conséquences
environnementales liées à la filière - désignée deuxième industrie la plus polluante au monde alors qu’aucun classement n’existe en réalité sur le sujet.
P
Le film de 52 minutes ouvre sur les images chocs de l’immeuble Rana Plaza (Bangladesh) qui s’est effondré en 2013 en tuant
plus d’un millier d’ouvriers du textile.
Dans le viseur, les H&M et Zara qui ont popularisé l’habillement low-cost renouvelé
toutes les trois semaines en rayon. Autres
coupables, les multinationales qui, à la fin
des années 1990, ont acheté la « haute couture » selon la voix off, qui confond couture (label concernant une poignée de grandes maisons) et le prêt-à-porter.
Obsolescence programmée
On appelle à une prise de conscience salutaire de cette industrie, « la première à inventer le concept d’obsolescence programmée en décrétant qu’au bout de trois ou six
MOTS CROISÉS
Par Vincent Labbé
1
PROBLÈME N° 4831
HORIZONTALEMENT
1. Pour protéger ses cahiers, il
utilise une couverture sommaire.
- 2. Style avec un penchant pour
le caprice. - 3. Méduses. - 4. Une
partie de la lettre. Morceau de
fromton. - 5. Filet en héraldique.
Pas cher du tout. - 6. Indien des
Rocheuses. Exprime les premières
volontés. - 7. Jadis carcéral chez
nous, mais toujours en conditionnelle en face. Morue travestie
avec de belles lèvres. - 8. Cette
montagne marque la frontière
linguistique entre le provençal et
le vivaro-alpin. Relations plaisantes.
- 9. Herbes en provenance de
Colombie. - 10. Couleur dominante.
Bout de chandelles. - 11. Méprise
du peuple. - 12. Attrapés par
l’oreille.
FTV
Anthony Palou
VERTICALEMENT
1. Problème d’articulation. - 2.
Créateur américain du premier
sous-marin opérationnel, qu’il
baptisa Nautilus (prénom et nom).
- 3. Trompe-l’œil sur un bel apollon.
Partie du monde. - 4. Attaque le blé
ou le ratelier. Superbe imitateur.
- 5. Point d’attache. Apparu…
dans le milieu du cinéma. Pacte
atlantiste. - 6. Vainqueur du tour.
Celui du Pin est le plus vieux de
France. Au nom de l’église. - 7.
Exégète du Coran. Émetteur
clandestin. Place du canton. - 8.
Doivent revenir à leur propriétaire.
SOLUTION DU PROBLÈME N° 4829
HORIZONTALEMENT 1. Biotopes. - 2. Antichoc. - 3. Star. Île. - 4.
segèL. Il. - 5. Ore. Iode. - 6. Mc. Vomer. - 7. Pékiné. - 8. Isis. Rat. - 9.
Ester. Hé. - 10. Ris. Ésus. - 11. Rockeurs. - 12. Enhardie.
VERTICALEMENT 1. Bassompierre. - 2. Intercession. - 3. Otage.
Kitsch. - 4. Tire. Vise. Ka. - 5. Oc. Lion. Réer. - 6. Phi. Omer. Sud. - 7.
Éolide. Ahuri. - 8. Scélératesse.
1
2
3
4
5
6
7
8
mois un vêtement ne doit plus être porté »,
comme l’explique justement Franck Delpal, « économiste de la mode » (sic).
Mais que viennent faire, dans la foulée,
le suicide d’Alexander McQueen et le
crash de John Galliano, deux génies aux
failles psychologiques indéniables ? Peuton parler de burn-out pour des directeurs
artistiques multimillionnaires à la tête de
studios peuplés d’assistants ? La « vraie »
créativité s’est-elle arrêtée avec Azzedine
Alaïa, comme le prétend la papesse des
tendances Li Edelkoort, qui s’est découvert une conscience militante en 2013 ? La mode
« cannibalise »-t-elle les
nouveaux médias ? Sans
○○¡¡
elle, Instagram parlerait
BRIDGE
PROBLÈME N° 2915 :
Encore et toujours
trop vite
2
O
Entame : 3 de (qui « sent »
le singleton).
8
9
10
11
12
E
AV83
V2
R 10 8
AD75
4
7
Contrat : Sud joue 6 Piques.
S
3
6
22.30
Par Philippe Cronier www.lebridgeur.com
D 10 6 5
AR76
ADV92
N
5
probablement de philosophie… Ariel Wizman (coauteur avec Laurent Lunetta)
braque les projecteurs sur les initiatives
responsables de jeunes designers. Loin de
nous l’idée de minimiser leur talent et les
enjeux de l’impression 3D ou des savoir-faire traditionnels ici évoqués.
Mais ils ne révolutionnent pas le genre
en photographiant leurs modèles devant une boucherie. Ils ne sont pas les
premiers à poser la question du vêtement religieux. Ils n’ont pas inventé
l’upcycling, ce recyclage de vêtements
de seconde main… Oui,
la mode a eu un passé
avant les millennials. Il
est urgent de s’y intéresser pour avancer. ■
RÉPONSES AU TEST D’ENCHÈRES N° 2913
Votre main en Sud
1 - 8
2-D42
3-9
4-4
5-6
RV72
RV62
DV87
RV76
AR75
D43
AD5
R4
AD9
AD8
AD987
AR7
A R 10 8 7 2
AR765
A R 10 7 6
Le début de la séquence :
Sud Ouest Nord
Est
1
passe
1
passe
?
Quelle est votre enchère en Sud avec
chacune des cinq mains ci-contre ?
Main 1 : 2. Bien qu’élégante avec sa belle ossature 5-4-3-1, cette main de seulement 12H
ne mérite pas mieux qu’un simple soutien.
Main 2 : 3SA. Montre quatre dans un jeu régulier de 18-19H. Le partenaire pourra passer
s’il est lui aussi régulier et il ne devra explorer le chelem qu’avec de solides arguments (jeu très
distribué ou très fort en points).
Main 3 : 3. Malgré la présence de 13H seulement, la belle couleur sixième annexe rend le saut à
3 obligatoire.
Main 4 : 3. Splinter. La courte à dans un jeu souvent 5-4-3-1 de 17H (jusqu’à 20H avec
un 4-4-4-1 et à partir de 15H avec un 6-4-3-1).
Main 5 : 3. Superforcing. Indique une main très forte (20H au moins), trop forte pour un Splinter,
avec le fit à et une courte dans la couleur non nommée.
A
BIEN VU
4
1
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vendredi 14 septembre 2018 LE FIGARO
42 TÉLÉVISION
MÉTÉO
PAR
ÉPHÉMÉRIDE St-Materne
Soleil : Lever 07h26 - Coucher 20h05 - Premier croissant de Lune
19.20 Demain nous appartient. Feuilleton 20.00 Le 20h 20.35 Le 20h le
mag. 20.50 Nos chers voisins. Série.
18.40 N’oubliez pas les paroles ! Jeu.
Prés. : Nagui 20.00 20 heures 20.40
Un si grand soleil. Feuilleton
19.00 19/20 20.00 Vu. Magazine
20.20 Plus belle la vie. Feuilleton
20.45 Tout le sport. Magazine.
19.55 Suburgatory. Série. Ryan : le
retour - Chacun son territoire.
MATIN
11
21.00 On a échangé
nos mamans
21.00
21.00
21.00
Divertissement
Série. Policière
Documentaire. Musical
20
11
Divertissement. 1h50. Jenny vs Olivia.
Inédit. À 32 ans, Jenny est une femme
au foyer à la tête d’une tribu de 4 filles
qu’elle mène à la baguette.
10
13
8
10
14
15
14
12
11
12
15
15
12
22.50 On a échangé nos mamans.
Divertissement.
14
11
15
16
20
Ninja Warrior Le parcours des héros
Prés. : Denis Brogniart, Christophe
Beaugrand, Iris Mittenaere. 2h15.
Inédit. Les concurrents de ce jeu
viennent se défier sur un parcours
d’obstacles gigantesques.
Les petits meurtres
d’Agatha Christie
Fra. Saison 2. Avec Blandine Bellavoir.
La mystérieuse affaire de Styles. Le
commissaire Laurence enquête sur le
meurtre de la riche propriétaire d’un
hôtel de luxe.
15
Jacques Brel,
fou de vivre
18
16
20.00 C à vous, la suite 20.20 Les
égéries des grands hommes
17
18
16
20
20.50 La maison France 5
Magazine. Société. Prés. : Stéphane
Thebaut. 1h30. Le Cotentin. Inédit.
Au sommaire, notamment : «Les
animaux : de retour dans la déco» ;
«L’artisan potier Sylvain Fezzoli».
22.20 Silence, ça pousse ! Magazine
23.15 C dans l’air 0.25 C à vous
23.15 Vendredi, tout est permis
avec Arthur Divertissement Invité
22.45 Les petits meurtres
d’Agatha Christie Série 2.05 Ça
23.00 La vie secrète des chansons Magazine 0.00 Soir/3 0.35
notamment : Tristan Lopin.
commence aujourd’hui. Magazine.
Libre court. Magazine.
22
20
Fra. 2016. Réalisation : Philippe
Kohly. 2h00. Philippe Kohly raconte
Brel et cherche à débusquer les
vraies réponses à d’incessantes
questions sur l’artiste.
17
17
21
19
21
10
21
APRÈS-MIDI
18
30
18
18
18.30 L’info du vrai (C) 19.55 L’info
du vrai, le mag (C). Magazine 20.55
La boîte à questions (C)
19.45 Arte journal 20.05 28 minutes
20.52 50 nuances de Grecs. Série. Le
mythe du plein emploi.
18.35 La meilleure boulangerie de
France. Jeu 19.45 Le 19.45 20.25
Scènes de ménages. Série.
21.00
20.55
21.00
Film. Comédie
Film TV. Action
Série. Policière
20
19
18
19.55 The Big Bang Theory. Série.
Avec Jim Parsons. 2 épisodes.
21
19
16
19
21
21
21
21
21
20.55 Julie Lescaut
22
21
Série. Policière. Fra. 2006. Saison 15.
Avec Véronique Genest. Le droit de
tuer. Julie Lescaut enquête sur le
double meurtre d’une fille et de sa
mère, Mélanie et Patricia Derhuns.
22
22
22
25
30
22
23
22.50 Julie Lescaut. L’affaire du procureur - Dangereuses rencontres.
24
26
29
25
30
22
26
28
26
50
29
19.10 Voitures à la casse. Travail
d’équipe - En plein apprentissage.
Le sens de la fête
Réal. : Olivier Nakache, Éric
Toledano. 1h57. Inédit. Avec JeanPierre Bacri, Eye Haidara. Un traiteur
spécialisé dans l’organisation de
mariages inoubliables voit l’une de
ses soirées lui échapper.
Toute la vérité :
avatar meurtrier
20.50 39-45 : batailles
sous les mers
Bull
All. 2018. Réal. : M. Tiefenbacher.
1h30. Inédit. Avec E. Neumeister.
Après un accident de la route, le
corps sans vie d’une fille de 16 ans est
retrouvé dans le coffre d’une voiture.
22.55 Cinéma par... Olivier Na-
22.30 Révolte dans la mode Doc.
kache & Éric Toledano D o c u m e n 0.00 Knock. Film. Comédie.
23.20 Tracks 0.05 Sziget Festival
1.10 ARTE Concert Festival. Concert.
26
T (en °c)
EU. Saison 2. Avec Michael Weatherly,
Freddy Rodriguez, Jaime Lee Kirchner.
2 épisodes. Inédits. Une enseignante
est accusée de tricherie après avoir
modifié les notes de l’examen d’un de
ses élèves. Bull la défend.
<-10 à 0
Série documentaire. Historique.
1h50. Opération «Crusader». Inédit - Stratégie militaire de pointe.
Inédit.
22.50 Bull Série. Policière. EU. 2017.
Saison 1. Madame parfaite 23.35
NCIS. Série. 3 épisodes.
19.20 Rénovation impossible. Un cas
d’école - Déterrer le passé.
20.55 La petite histoire de France.
Série. Avec David Salles.
19.05 TPMP : première partie
20.10 Touche pas à mon poste !
21.00 Mentalist
21.00 Enquête d’action
Série. Policière. EU. 2011. Saison 4.
Avec Simon Baker. 2 épisodes. Jane
est convaincu de l’innocence d’une
viticultrice, accusée du meurtre de
son professeur de danse.
Mag. Société. Prés. : M.-A. Casalta.
2h00. Urgences de Nice : le Samu
en première ligne. Inédit. À Nice,
«Enquête d’action» a accompagné
les équipes du Samu sur le terrain.
21.00 Animaux à adopter :
nouvelle famille…
22.40 Mentalist. Série. 2 épisodes
0.20 Londres, police judiciaire. Série.
23.00 Enquête d’action. Magazine.
Prés. : Marie-Ange Casalta.
SU DO KU
GRILLE 2663 DIFFICILE
2
CLAIRVOYANT
RÉORIENTÉES
SOLUTION DU N° 2661
A
18/28
16/31
PÉKINOIS
FAMILIER
PORTE UN
COUP
AVEC
VIOLENCE
GRAND
DANGER
ABJURER
par téléphone :
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18/32
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LIVE 24/24 SUR
et sur
2,99 €/appel
QUI A
FONDU
APPELA
SA BICHE
ELLE CUIT
DANS UN
MOULE
NOUVEAU
MAGICIENNES
PASSES
LE PAS
ÉQUIPÉE
APPRENDRE
À VIVRE MIEUX
ET PLUS
LONGTEMPS
CALME
C’EST
CHAUSSER
UN CHEVAL
ENRÔLER
DE FORCE
CLÉ À
MÉMOIRE
14/27
15/29
20/28
FORCE 2
ENSEMBLE
DE
CARTES
IDENTITÉ
GUS
13/26
lachainemeteo.com
Tous les programmes
dans TV Magazine
et sur l’appli TV Mag
23.00 Animaux à adopter : nouvelle
famille pour une nouvelle vie. Doc.
14/26
11/25
S’ÉVERTUER À (S’)
HOMMES
QUI
DÉFILENT
PARÉ
COURANT
ARTISTIQUE
BOUTEILLE
ABSENCE
DE NOUVELLES
DEDANS
CHROME
AU LABO
IL AVANCE
PAR
RAMES
PARADIS
REFUS
RUSSE
FERA LE
CHEMIN
AVANT
NOUS
PRÉPARER
L’ÉPREUVE
PIOCHE
CONFIRME
UN OUI
CERVIDÉ
PARTICIPE
POUR
RIRE
PRÉCISE
UNE
POSSESSION
juillet - août - septembre
SOLUTION DU NUMÉRO PRÉCÉDENT
RÉPÉTÉ, IL
MARQUE
B
U
G
A
C
O
P
A
L’IRONIE D O C K E R
C H O U C H O U S
ADVERBE
FRUIT DE
L’ÉTÉ
SYMBOLE
DU
TANTALE
ET TOC !
PAS POUR
TOUTES
LES
BOURSES
ENLÈVEMENT
6
2
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3
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20/30
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LUNDI
12/27
22.40 Les Simpson. Série. Animation. 9 épisodes.
7 4
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8 5 9
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9 1 2
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7/22
MOTS FLÉCHÉS N°2075
Chaque jour un peu plus difficile
3
9
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1
7
2
4
6
5
… pour une nouvelle vie
Documentaire. Animalier. Fra. 2018.
Réal. : Jean-Marc Giovanangeli et
Julien Mansio. 2h00. Inédit.
ATHÈNES
BERLIN
BUDAPEST
LISBONNE
PRAGUE
TUNIS
11/24
11/24
10/21
10/19
11/19
19/29
11/19
10/14
23/31
21/31
DIMANCHE
10/19
Série. Animation. 4 épisodes.
L’amour pédagogique. Bart surprend le proviseur Skinner et
Madame Krappabelle en train de
s’embrasser et trahit leur secret.
10 à 20 20 à 30 30 à >40
AMSTERDAM
BELGRADE
BRUXELLES
DUBLIN
MADRID
ROME
SAMEDI
21.00 Les Simpson
19.20 Quotidien, première partie
19.40 Quotidien. Talk-show.
25/29
22/27
15/22
13/18
8/19
22/30
ALGER
BARCELONE
BERNE
COPENHAGUE
LONDRES
RABAT
22.40 39-45 : batailles sous les
mers. Série documentaire.
0 à 10
DÉSORDONNÉE
DEUX
LETTRES
POUR UN
FACTEUR
M
A B
A
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D
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LE FIGARO
vendredi 14 septembre 2018
43
Stéphanie Gicquel,
d’aventure en aventure
HEC
SUCCÈS Cette exploratrice, ancienne avocate en « fusac »,
est détentrice du record du monde de la plus longue expédition
en Antarctique à skis. Dans un livre qui vient de paraître, elle loue
les bienfaits de l’aventure. En conditions extrêmes et au quotidien.
omme chaque année, Stéphanie
Gicquel a couru les 177 kilomètres du
Grand Raid du golfe du Morbihan.
Et, comme chaque année, elle a fait
mieux que l’année précédente. En
juin 2017, elle avait mis 26 heures.
26 heures de course à pied. Et cette
année, elle est arrivée première,
sous une forte chaleur, « avec un temps de 23 heures
46’55’ », se plaçant ainsi en tête des candidates. La
performance semble pourtant normale pour cette
exploratrice recordwoman de la plus longue expédition en Antarctique à skis. Et, entre deux récits dantesques en Patagonie, cette petite brune aux bras
C
musclés donne sa recette magique : « Il faut surtout
de l’entraînement et de la volonté. Avant de partir pour
l’Antarctique, en 2014, je tirais des pneus sur la plage
et courais dans les entrepôts frigorifiques d’Orly à
- 23 °C pour être au niveau. C’est comme ça que j’ai relié l’idée à l’action ! »
On pense en l’écoutant au film Forrest Gump, cette
course d’un Candide du XXe siècle à travers les ÉtatsUnis. D’ailleurs, Stéphanie Gicquel envisage de courir
trois semaines non-stop pour un prochain projet. On
pense aussi à ces joggeurs du dimanche qui s’enorgueillissent, iPhone à la main, d’avoir parcouru une
dizaine de kilomètres. Elle est bien plus humble que
ces marathoniens de la machine à café. « On me dit
souvent que c’est de la folie, que je prends trop de risques. Mais parfois, il faut s’écouter, oser et accepter les
dangers. C’est comme les rafales de vent à 300 km/h, les
chutes brutales de température à - 50 °C ou les vagues
de glace. Le risque, c’est ce qui fait la richesse des aventures. » Sa philosophie, entre trousse de survie et reflets existentialistes. Une injonction à l’aventure et la
liberté par l’effort et la persévérance qu’elle développe dans son livre On naît tous aventuriers (Ramsay).
Un message optimiste, structuré au fil de ses explorations, façonné, érodé par les milliers de kilomètres
qu’elle a parcourus contre vents et marées, démons
intérieurs et pesanteurs du corps. « L’objectif de mon
livre est de montrer les cycles de vie. Au début, il y a l’envie, le rêve. Ensuite, il faut transformer l’idée en action.
On parle des aventuriers qui explorent le monde mais
l’aventure, c’est surtout pouvoir sortir de sa zone de
confort. Si le bonheur est en soi, il s’agit alors de ne pas
être traître de soi-même, de ne pas oublier qu’on naît
tous aventuriers, qu’on peut le rester ou le redevenir. Il
n’est jamais trop tard et jamais trop tôt.»
Les aventures de Stéphanie Gicquel commencent à
Toulouse, où, jeune, elle tourne un peu en rond. Pour
cette excellente élève, la solution passe par les études. « En quoi le déterminisme serait plus fort que la
détermination ? », demande-t-elle dans son livre.
Toujours première de classe, elle gravit les étages de
l’ascenseur social et devient avocate en « fusac » (fu-
Bio
EXPRESS
YVES CALVI
RTL MATIN 7H-9H30
©Julien FAURE/SIPA PRESS/RTL
RÉVEIL ACTUALITÉ MATINÉE MONDE POLITIQUE MÉTÉO
CULTURE INFORMATION EXPERT FRANCE JOURNALISME
NOUVELLES MÉTÉO RÉVÉLATIONSENQUÊTES CHRONIQUE
ANALYSE PRESSE MÉDIA CAFÉ ÉCONOMIE CONVIVIALITÉ
INVITÉS ÉDITORIALISTES DÉBAT OUVERTURE OPINION
VIE QUOTIDIEN PLAISIR HUMOUR SOURIRES EXCLUSIVITÉ
DIVERSITÉ ÉCOUTE BON HUMEUR RÉACTIVITÉ TALENTS
INDÉPENDANCE ACTUALITÉ MATINÉE MONDE POLITIQUE
INTERVIEW CULTURE
INFORMATION EXPERT
JOURNALISME NOUVELLES RÉVÉLATIONS ENQUÊTES
CHRONIQUE ANALYSE PRESSE MÉDIA CAFÉ ÉCONOMIE
CONVIVIALITÉ INVITÉS DÉBAT ÉDITORIALISTES IDÉES
OUVERTURE OPINION VIE QUOTIDIEN PLAISIR HUMOUR
SOURIRES EXCLUSIVITÉ DIVERSITÉ BONNE HUMEUR
RÉACTIVITÉ TALENTS INDÉPENDANCE RÉVEIL ACTUALITÉ
MATINÉE MONDEONPOLITIQUE
INTERVIEW INFORMATION
A TELLEMENT
EXPERT MÉTÉODEJOURNALISME
REPORTER
CHOSES À SE NOUVELES
DIRE
RÉVÉLATIONS ENQUÊTES CHRONIQUE ANALYSE PRESSE
MÉDIA CAFÉ ÉCONOMIE CONVIVIALITÉ INVITÉS DÉBAT
ÉDITORIALISTES IDÉES OUVERTURE OPINION QUOTIDIEN
PLAISIR HUMOUR RÉACTIVITÉ TALNTS INFORMATION
1982
Naissance à Carcassonne
(Aude).
2002
Intègre HEC.
2008
Prête serment
au barreau de Paris.
2015
Le 27 janvier 2015,
à 3 h 35, elle termine
son expédition
à travers l’Antarctique.
2018
Publie On naît tous
aventuriers (Ramsay).
Et termine première
(catégorie féminine) du
Grand Raid du golfe du
Morbihan en 24 heures.
sions-acquisitions). « Acharnée de travail, hyperactive qui ne plie jamais », selon une amie, elle laisse
même sans voix son coach sportif. Très vite, l’appel
du large se fait plus fort que les intempéries feutrées
du CAC 40. Après trois ans de préparation, elle part à
l’assaut de l’Antarctique avec deux autres explorateurs dont son mari, rencontré sur les bancs de HEC.
Pendant 74 jours, ils traversent l’Antarctique, faisant
jusqu’à 50 kilomètres par jour. Elle hisse un traîneau
plus lourd qu’elle, est terrassée par une rage de dents
pendant un mois, souffre de cette indescriptible et
lancinante faim que seul les exilés connaissent. À
l’arrivée, elle ne pèse plus que 39 kilos. Son mari,
avocat, confie : « Ce qui est dur, c’est de voir la souffrance de l’autre. » Elle raconte : « Dans un décor
grandiose qui rappelle chacun à sa propre finitude,
pour mieux s’en extraire, […] j’avais fait corps avec
l’Antarctique, et de cette longue étreinte, empreinte
d’humilité, j’en étais sortie changée. »
Contre les idées reçues
Pourquoi s’imposer tout ça ? Les gelures aux doigts,
la douleur, les carences… Stéphanie Gicquel parle de
la beauté du chemin et de l’importance de l’exercice
de la volonté. C’est Confucius : « Tous les hommes
pensent que le bonheur se trouve au sommet de la montagne alors qu’il réside dans la façon de la gravir. » Selon Gicquel, « ceux qui ne se lancent pas jalousent le
résultat des autres et oublient leur chemin. Ceux qui
sont en mouvement n’envient pas les idées des autres et
ouvrent les chemins ». Elle s’emporte contre certaines
idées reçues. « On présente toujours l’explorateur
comme un grand mec baraqué. Ça donne l’impression
qu’il n’y a qu’eux qui peuvent le faire. Ça rassure aussi,
car celui qui ne l’est pas peut s’abriter derrière cette
excuse pour ne rien tenter. Quand on cherche une
équipe pour une exploration, on repousse parfois les
femmes car certains hommes ont peur que l’on fasse
mieux qu’eux. » Son époux raconte même que Stéphanie Gicquel gardait parfois la tête de la cordée
deux ou trois fois plus longtemps pour rabattre le caquet d’explorateurs machistes ! « Je suis féministe par
l’exemple », tranche-t-elle. Comme les premiers de
cordée chers à Emmanuel Macron, Stéphanie Gicquel semble de plus en plus charmée par l’aventure
entrepreneuriale. Elle y songe. « C’est une question
de cycle. Je pourrais même faire de la politique ! Tout
peut arriver. » Comme à chaque aventure. ■
UN DERNIER MOT
Par Étienne de Montety
edemontety@lefigaro.fr
Pauvreté [pô-vre-té] n. f.
État de nécessité qui nécessite donc des mesures
de l’État.
E
mmanuel Macron a dévoilé les principaux volets de son plan pauvreté.
Le mot vient du latin pauper, nécessiteux. Il désigne évidemment un état peu
enviable mais peut être aussi utilisé dans d’autres acceptions qui expriment
la compassion, ou le dédain. Ainsi d’un homme pauvre on dira que c’est un pauvre
homme. Et d’un arrogant, même nanti, que c’est un pauvre type.
Une expression populaire parle de « pauvre comme Job ». L’évolution du monde
et de la langue prouve qu’aujourd’hui on est plutôt pauvre sans job.
Tous les gouvernements ne manquent jamais de se pencher sur cette terrible
situation. En son temps, Louis Napoléon Bonaparte avait même rêvé de réaliser
l’extinction du paupérisme. Certains analystes estiment que depuis un an la politique
de Macron était plus riche en annonces qu’en résultats. D’où ce plan qui veut montrer
que le social n’est pas, dans ce gouvernement, ce qu’on appelle le parent pauvre. ■
FIGARO-CI ... FIGARO-LÀ
Le parti présidentiel tunisien en chute libre
Huit députés de Nidaa Tounes, parti du président Béji Caïd Essebsi et du premier
ministre Youssef Chahed, ont annoncé leur démission du bloc parlementaire. Cette
démission a lieu alors que le parti se déchire depuis des mois entre les partisans
de Hafedh Caïd Essebsi, dirigeant exécutif de Nidaa Tounes et fils du président de
la République, et le premier ministre. Des proches de Hafedh Caïd Essebsi accusent
Youssef Chahed d’être à l’origine de ces démissions et affirment qu’une décision
concernant son exclusion du parti sera prise dans les prochains jours. Sur les
86 sièges obtenus aux législatives de 2014, Nidaa Tounes ne pourra plus compter
que sur 48 députés alors que les futures élections sont annoncées pour 2019.
L’appel d’Ethic à moins de dépenses publiques
Un peu plus d’un an après l’élection d’Emmanuel Macron, le mouvement
patronal Ethic appelle à une baisse véritable de la dépense publique pour relancer
la croissance dans un ouvrage qu’il s’apprête à publier. Ce livret est réalisé
par un groupe de chefs d’entreprise et d’experts, comme les économistes
Jean-Marc Daniel et Alain Fabre, sous la houlette de Sophie de Menthon,
la présidente d’Ethic. Selon eux, cette réduction de la dépense publique
conditionne la réussite économique du quinquennat, car tout en dépend :
croissance, emploi, désendettement, échanges extérieurs. Il faudrait, expliquentils, redéfinir les missions régaliennes de l’État et les moyens qu’elles nécessitent.
A
Jean-Baptiste Semerdjian
jbsemerdjian@lefigaro.fr
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Photographie retouchée
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GENS DANS LES ANNÉES 30.
BEAU ET DÉCHIRANT. PAGE 4
DI CROLLALANZA/ALBIN MICHEL
l ittérai re
lefigaro.fr/livres
DANIEL PICOULY
LE ROMANCIER FAIT
PARLER LA MONTAGNE PELÉE
PAGE 7
Jean-Paul Sartre (à gauche), Michel Foucault
(au centre) et André Glucksmann (à droite),
lors d’une manifestation à Paris, en 1969.
Le grand déclin
des intellectuels
GERARD-AIME/RAPHO
DOSSIER Deux ouvrages signés François Dosse
et Pierre Rosanvallon analysent un demi-siècle
d’engagement et de débats qui ont vu le statut
de l’intellectuel mis à mal. PAGES 2 ET 3
LA CHRONIQUE
d’Étienne
de Montety
Plus que jamais, en cet été, l’ambition mène
le monde. Elle a le visage de figures ayant
blanchi sous le harnais de précédentes révolutions, ou de nouveaux venus dans l’histoire : Guizot, Blanqui, Arago, l’inusable
Marmont, ou encore Lafayette septuagénaire rêvant toujours à un destin.
Et Thiers, journaliste, qui est ami de Talleyrand : le directeur du National et l’ex-évêque d’Autun, deux intelligences, l’une
d’Ancien Régime, l’autre de l’ère moderne,
comme un passage de témoins entre deux
mondes.
On connaît, certes, le dénouement de l’été
1830, mais son déroulement est ici rapporté
par un chroniqueur virevoltant. Il voit tout,
sait tout, comprend tout. Son souci du détail
stupéfie : les pièces du château de Saint-
Cloud, où se joue une partie du drame, les
tenues des femmes, les pendules qui égrènent sur les cheminées leurs heures décisives, il écrit, il décrit avec minutie. Cette
beauté des pierres, des étoffes et des meubles ravit Pascal et le console peut-être de la
médiocrité des hommes proches du pouvoir, lui qui note ce mot cinglant : « Ces journées paraissaient bien longues et moins enthousiasmantes que ce qu’on était en droit
d’attendre de journées historiques. »
Nonobstant, elles forment un formidable
feuilleton, il était donc normal que les écrivains y fussent associés, au premier plan
pour certains, au balcon pour d’autres. Ils se
nomment Stendhal, Chateaubriand, Vigny,
Hugo et de ce qui se passe alors à Paris, ils
feront leur miel - des chefs-d’œuvre.
Dans ce livre précis et élégant, nourri aux
meilleures sources, l’érudition de l’historien
le cède courtoisement au brio d’un écrivain
qui adopte un ton de mémorialiste avec un
naturel troublant.
Élégance, érudition, ces
qualités ne sont-elles pas
une bonne nouvelle dans
cette rentrée littéraire ? ■
L’ÉTÉ DES QUATRE ROIS
De Camille Pascal,
Plon, 666 p., 22,90 €.
CLOÉ
KORMAN
A
Le propos de l’auteur, pour historique qu’il
soit, est romanesque en diable par ce qu’il
enseigne du cœur des hommes : dans ces
moments d’incertitude, on trouve bien peu
d’héroïsme, d’abnégation. C’est plutôt la jalousie ou la prudence qui prévalent.
© H. Triay
L’
été des quatre rois, c’est celui
de 1830 ; sale temps pour
Charles X, diront certains.
Son règne prend l’eau, miné
par son impopularité, et des
ordonnances qui hérissent le pays. Mais qui
pour remplacer un souverain devenu indésirable ? La République n’a pas laissé de
grand souvenir. L’option duc d’Orléans,
conciliant idée monarchique et modernité,
fait son chemin, elle aboutira et celui qui
aura été quelques jours lieutenant général
du royaume deviendra le deuxième roi de
l’été. Les autres hypothèses, Louis XIX et
Henri V, n’aboutiront pas.
Des premiers grincements de dents des libéraux jusqu’au départ de Charles X, au terme
d’une longue fuite à travers la Normandie,
Camille Pascal fait le récit d’un pays basculant dans une autre ère, ne serait-ce que par
l’entrée en scène de ces nouveaux acteurs
que sont la banque et la presse. Il restitue
avec bonheur des scènes qui éclairent l’histoire mieux qu’un jugement d’experts : ainsi
ce cadavre installé sur le trône des Tuileries
par les émeutiers, détail sinistre pour mieux
signifier à la monarchie qu’elle est morte.
À l’inverse, un jeune officier s’en va au péril
de sa vie récupérer aux Tuileries des billets
compromettants pour une jeune princesse,
les jetant dans la Seine plutôt que de les
abandonner à des mains indélicates.
RENTRÉE LITTÉRAIRE
L’été meurtrier
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
vendredi 14 septembre 2018 LE FIGARO
2
L'ÉVÉNEMENT
littéraire
Intellectuels : du magistère à l’efface
DOSSIER Après avoir occupé une place centrale en France jusqu’à la chute du Mur, les intellectuels
aux penseurs « sans œuvre », aux experts et aux militants sur fond d’intolérance croissante. Un déclin
JACQUES DE SAINT VICTOR
C
E POURRAIT être l’histoire d’un désenchantement, ou plutôt d’une
marginalisation, voire
d’un désastre. Certes,
rien n’est plus facile que de disserter sur l’effondrement des intellectuels en France à la fin du XXe siècle. La longue liste de leurs erreurs,
de leurs aveuglements, de leurs
dénis, bref de leurs responsabilités
dans ce cruel « court XXe siècle »,
est une évidence qui saute aux
yeux de tous. Mais que dire de plus
depuis les nombreuses monographies qui leur ont été consacrées,
en particulier Le Siècle des intellectuels de Michel Winock ?
L’historien François Dosse relève le défi avec cette saga des intellectuels dans ce demi-siècle qui
va de la chute du nazisme à la chute
du Mur, bref dans cette séquence
encore plus courte marquée par la
chute des deux grands totalitarismes du XXe siècle qui furent,
pour nombre d’intellectuels égarés, le symbole de « lendemains qui
chantent ». L’essai de Dosse se lit
aisément et balaie avec honnêteté
l’essentiel du champ intellectuel
français, de l’épuration de 1945
jusqu’à l’essor de l’écologie et de la
société civile (droits de l’homme),
en passant par le sartrisme, le
communisme, le féminisme, la renaissance idéologique des droites
ou l’émergence du libéralisme économique, qui, en rencontrant le libertarisme de la « pensée 68 », est
devenu le dogme dominant des élites qui se qualifient elles-mêmes de
« réformistes ». Même si l’auteur se
montre parfois injuste, accusant à
tort d’« anachronisme » la critique
acerbe de l’historien Tony Judt à
propos de l’aveuglement de l’intelligentsia marxiste (il n’y a aucun
anachronisme à rappeler les errements ou les complaisances à
l’égard des dictatures qui étaient
déjà dénoncés en leur temps), il offre un panorama instructif de ce
que l’auteur appelle « la disparition
de l’intellectuel prophétique ». La fin
des grands récits laisse en effet ce
dernier totalement orphelin.
A
« Haine de soi »
Dosse fait avec intérêt « l’histoire de
cet effacement » qui va de pair avec
celui des « sciences humaines »,
très en vogue à la grande époque du
structuralisme des années 19601970 (anthropologie, ethnologie,
sociologie, etc.). L’universalisme
tourné vers la glorification de soi,
version Jules Ferry, s’est alors
transformé en universalisme tourné vers la glorification de l’Autre.
C’est l’époque où Barthes proclame : « Je refuse profondément ma ci-
vilisation jusqu’à la nausée ». Cette
« haine de soi » persiste, voire
prospère aujourd’hui chez certains
militants, et elle se métamorphose
parfois en un combat agressif, à
travers une exploitation de la logique des droits et du discours de la
« diversité ». Cette forme de « militantisme d’assaut » intimide en
abusant de la citation en justice.
On est très loin du débat intellectuel ; ces excès du multiculturalisme réveillent du reste, en retour, une crispation de la société
que certains dénoncent sous le terme commode de « populisme » et
qui ramène en réalité au fondement de la question démocratique.
Comme le rappelait Tocqueville,
« il est facile de voir qu’il n’y a pas
de société qui puisse prospérer sans
croyances semblables ».
Mais ce qui frappe surtout
aujourd’hui dans le débat français,
au moment où tant de graves questions qu’on croyait réglées depuis
un demi-siècle se reposent avec
une acuité renouvelée, comme la
liberté d’expression (l’affaire Salman Rushdie dont parle abondamment Dosse n’étant que le début,
hélas, d’une longue saga meurtrière), c’est le relatif effacement de
l’intellectuel dans le débat public.
Alors même qu’une partie des observateurs commence enfin à saisir
que tout ne se résoudra ni par la
bonne (ou la « mauvaise »)
conscience des « militants », ni par
des taux de croissance et des discours économiques, l’intellectuel
au sens classique du terme, tel qu’il
existe au moins depuis l’affaire
Dreyfus - celui qui, à la différence
du journaliste ou du pamphlétaire,
trouve sa légitimité dans une
« œuvre » mais qui décide de s’impliquer dans le débat public -,
semble avoir à nouveau de beaux
jours devant lui.
Mais c’est alors que surgit une
question qui aurait mérité une réflexion finale dans l’essai de Dosse.
Le livre l’esquisse sans l’approfon-
dir. Où sont ces grands intellectuels en France ? Où sont ceux qui
ne se contentent pas de pétitions
de vertu mais prennent à bras-lecorps les problèmes et osent les affronter en profondeur ? C’est un
des traits les plus frappants de la
scène parisienne actuelle, cette
impression de vide après le tropplein de ces années 1945-1989 et
que cache à peine la multitude des
mesquines polémiques ou des sentences d’experts. L’intellectuel se
serait-il réfugié dans ses chères
études ? Pour certains, ce triste
constat ne serait pas fondé. L’intellectuel classique serait dépassé à
leurs yeux. La médiatisation, qui
frappe aussi le monde des idées,
aurait profondément transformé la
nature même du « métier ». « Voudrait-on que les intellos soient à jamais des prolos lettrés, sur le modèle
des profs barbus de nos chères hypokhâgnes ? Plus personne ne les lirait ni ne les entendrait », écrit
Christian Makarian en faisant dans
LA SAGA DES
INTELLECTUELS
FRANÇAIS
1944-1989
De François Dosse
Gallimard, 2 tomes :
624 p. et 704 p.,
29 € chacun.
L’Express une ode aux « intellos
people ». Au fond, ceux-ci seraient
les derniers à garder « vivante la
fonction de réflexion dans les débats
essentiels ».
« Pensée-minute »
Cette nouvelle intelligentsia n’est
du reste que l’héritière des « nouveaux philosophes », produit typiquement hexagonal apparu dans
les années 1970. Mais, en leur
temps, ces petits-maîtres qui recyclaient les idées des autres faisaient, comme le rappelle Dosse
dans un bon chapitre, l’objet d’attaques en règle de la part des
grands penseurs ; Deleuze se moquait de cette « pensée-minute » et
Castoriadis dénonçait le plagiat
sans vergogne, nouvelle étape « à
l’irresponsabilité, à l’imposture et
aux opérations publicitaires ».
Quant à Raymond Aron, il stigmatisait l’absence, justement, d’un
travail proprement intellectuel
chez ces « Fouquier-Tinville de café
Pierre Nora : « Il faut résister à l’esprit partisan
qui gagne un peu partout »
PROPOS RECUEILLIS PAR
PAUL-FRANCOIS PAOLI
Le point de vue de l’historien Pierre
Nora, fondateur du Débat et éditeur
chez Gallimard.
Un climat
d’intolérance
partisane
et d’aveuglement
militant
PIERRE NORA
»
LE FIGARO. - Peut-on dire
qu’il existe une crise de la figure
de l’intellectuel spécifique
à la France ?
Pierre NORA. - Il y a en effet une
crise de l’intellectuel propre à la
France, pour une bonne raison que
l’on peut résumer d’une formule
lapidaire : il n’y a d’intellectuels
que français. L’affirmation peut
paraître provocatrice ou nationaliste. Il y a bien évidemment partout des esprits indépendants, qui
sont amenés à s’opposer à l’oppression des pouvoirs publics et qui
le paient souvent du prix fort. Mais
le modèle français qui s’est constitué au XVIIIe siècle, et dont Jacques
Julliard rappelait dans Le Figaro
(3 septembre) la genèse si brillamment décrite par Tocqueville, n’a
pas d’équivalent. Il s’enracine dans
une configuration historique précise : avec le déclin de la monarchie
de droit divin s’est opérée une scission du pouvoir temporel et du
pouvoir spirituel, que l’Église ne
pouvait assumer par sa proximité
avec la monarchie. La mise en place d’un pouvoir démocratique, assumant le temporel, a laissé le
champ libre à la constitution et la
recomposition permanente d’un
peuple de clercs, d’hommes de lettres principalement soucieux de la
chose publique, de ce qu’elle est ou
devrait être.
Deux exemples contradictoires
éclairent le phénomène français :
l’Amérique, où l’incorporation du
religieux au principe même de la
démocratie a dispensé de voir se
former la tradition d’un pouvoir
intellectuel autonome. L’intelligence américaine s’est dispersée
dans le corps social, le socialisme
n’a pas pris et l’idée révolutionnaire est restée marginale, tandis que
de grandes personnalités comme
Galbraith ou Kissinger ont pu, sans
problème, servir le gouvernement.
L’historien américain Richard
Hofstadter a eu cette excellente
formule qui résume le phénomène :
« Cela a été notre destin en tant que
nation de n’avoir pas d’idéologie
mais d’en être une. » Au contraire,
en Russie au XIXe siècle, face à
l’oppression tsariste, quiconque
détenait un brin de culture était
soupçonné de faire partie de « l’intelligentsia ». L’intellectuel en
France est l’Autre du pouvoir et représente aussi un pouvoir. Ce pouvoir s’est affirmé historiquement et
successivement au nom de la raison, de la liberté, de la science, de
la justice, du sens de l’histoire, de
l’intérêt du peuple et, après la lutte
contre le totalitarisme, au nom des
droits de l’homme.
Ainsi s’est-il sédimenté en France
et seulement en France une tradition spécifique qui noue dans un
ensemble variable plusieurs composantes, une composante littéraire et humaniste, une composante
scientifique qui donnent à l’école le
rôle capital qu’elle joue dans
l’identité française, une composante politique enfin, qui fait le
fond de l’air de l’activité intellectuelle. Alors, si crise de l’intellectuel il y a, elle est concomitante de
la crise de l’identité même de la
France.
« Cette entrée dans le XXIe siècle
exige une mutation de la figure
de l’intellectuel », écrit
François Dosse dans son essai.
Comment opérer cette mutation ?
Le sens est très clair : résister. Résister à l’esprit partisan qui gagne
un peu partout, et particulièrement
dans les lieux où il devrait être exclu : l’université, le journalisme, les
médias. C’est le moment ou jamais
de ne pas nous laisser faire le coup
de l’engagement politique et moral
comme une nécessité civique, et de
se consacrer, pour un intellectuel, à
l’engagement… intellectuel. C’est
sous ce signe que nous avons créé
Le Débat en 1980. Cet engagement
consiste, dans un monde de plus en
plus complexe, à essayer de le pen-
ser et de comprendre les mouvements de fond qui l’animent, et
cela dans tous les domaines. Bien
sûr, il y a plusieurs formes d’intellectuels. Dans l’éditorial du premier numéro du Débat – Que peuvent les intellectuels ? - j’en appelais
au « rassemblement des intelligences ». Formule sur laquelle Rosanvallon ironise, mais qui me paraît
plus actuelle que jamais. Car, pour
reprendre une autre formule de ce
manifeste, « nous ne sommes pas
une communauté d’opinion, mais
une communauté d’exigence ».
Dans son livre, Pierre Rosanvallon
affirme que la gauche n’est plus
hégémonique en France.
La figure de l’intellectuel de gauche
est-elle obsolète ?
L’intellectuel a été à gauche de fondation. Le mot, on le sait, est apparu dans le feu de l’affaire Dreyfus.
On en attribue la paternité à Barrès,
par le titre de la chronique qu’il a
consacrée, dans Le Journal du
1er février 1898, à la pétition de soutien au « J’accuse…! » de Zola, paru
quelques jours plus tôt dans le journal de Clemenceau, L’Aurore : « le
manifeste des intellectuels », disait
Barrès. Le milieu natal du mot est
polémique et protestataire. C’est
contre le parti de la droite nationaliste que se rassemblent ces « intellectuels », mot péjoratif que les
intéressés retournent pour se l’ap-
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
vendredi 14 septembre 2018
3
LE CONTEXTE
La parution de la somme de François Dosse sur l’histoire
des intellectuels français de 1945 à 1989 offre l’occasion
de faire le point sur la situation du monde des idées aujourd’hui.
Les intellectuels « de gauche » ont-ils vraiment perdu la partie,
comme le pense Pierre Rosanvallon, qui s’en prend à certains
de ses anciens collègues, comme Marcel Gauchet ;
ou sont-ils simplement dépassés par des militants
« sans œuvre », des journalistes et des polémistes ?
L'ÉVÉNEMENT
littéraire
Pierre Rosanvallon : Gauchet,
Finkielkraut, Debray en accusation
D
vallon fut l’actif secrétaire général,
ce dont il se repent aujourd’hui
avec la tranquillité de ceux qui, à
vie, occupent le « camp du bien »
(voir l’interview de Pierre Nora cidessous). Dans un essai passé assez
inaperçu en 2010 sur la Destitution
des intellectuels, le philosophe
Yves Charles Zarka s’inquiétait
bien plus du sacre récent des « intellectuels sans œuvre ». Jusqu’à
présent, ce qui constituait l’intellectuel était un original travail de
réflexion qui donnait ensuite une
légitimité pour s’engager dans le
débat public. Aujourd’hui, un nom
connu, des coups de gueule, des
pétitions à l’emporte-pièce, quelques essais rapides semblent
constituer, à quelques rares exceptions près, une clé d’entrée
dans une République des lettres
très déboussolée, qui n’aura bientôt plus de « républicain » que le
nom. Serait-ce cela, le terminus de
cette grande « saga des intellectuels français » ? ■
FRANÇOIS BOUCHON/LE FIGARO
littéraire », toujours prompts à la
dénonciation et à l’invective,
n’ayant ni souci de vérité, ni effort
d’approfondissement mais le goût
prédateur du « mafioso » (Raymond Aron). Avec la saturation de
la sphère médiatico-intellectuelle
par la parole militante ou « vitupérante », ces « Fouquier-Tinville »
ont de beaux jours devant eux.
L’effacement d’un certain sens
critique paraît réellement nouveau
en France, plus que le retour, dénoncé avec un effroi mêlé de gourmandise par certains, d’une pensée « réactionnaire » qui n’avait au
fond été éclipsée que depuis un
demi-siècle et qui revient logiquement dans le débat. Le terrain a été
laissé en jachère par cette pensée
molle triomphante dans les années
1990, rêvant d’une normalisation à
l’anglo-saxonne, une « République du centre » voulant troquer
l’égalité pour l’équité, défendue
notamment par la Fondation
Saint-Simon, dont Pierre Rosan-
proprier et s’en réclamer. Il s’est
donc créé de Zola à Sartre un « intellectuel de gauche » dont le gauchisme a pris le relai caricatural au
moment où, phénomène capital,
les intellectuels se ralliaient, vers
1970, à la démocratie. L’intellectuel
de gauche est alors plutôt devenu
d’extrême gauche, pour garder
quelque chose de l’espérance révolutionnaire ; mais une extrême
gauche intellectuelle purement
protestataire et vide de sens. Il y a
encore des intellectuels à gauche,
mais il n’y a plus de figure pour incarner l’intellectuel de gauche.
« En quoi était-ce,
de la part de Marcel
Gauchet, favoriser
la montée du populisme
que de regarder
les choses en face
au lieu de se contenter
de protester ? »,
affirme Pierre Nora.
NOTRE HISTOIRE
INTELLECTUELLE
ET POLITIQUE
1968-2018
De Pierre Rosanvallon,
Seuil, 430 p., 22,50 €.
Dans son essai, Rosanvallon
accuse Marcel Gauchet d’avoir
facilité la montée en puissance
du populisme en critiquant
la culture des droits de l’homme.
Qu’en pensez-vous ?
L’accusation m’a paru tout de suite
absurde et même une forme de
trahison de l’héritage de François
Furet, dont Pierre Rosanvallon
s’était tant réclamé. En quoi étaitce, de la part de Marcel Gauchet,
favoriser la montée du populisme
que de regarder les choses en face
au lieu de se contenter de protester ? Le populisme d’ailleurs à
l’époque n’existait pas, on criait au
« fascisme ». Où était le crime de
mettre en garde contre les périls et
les impasses de la formule magique
des droits de l’homme comme la
clé enfin trouvée du problème
politique ?
Le fond de l’affaire est qu’après la
fin du mouvement antitotalitaire,
une scission s’est progressivement opérée. D’un côté ceux, majoritaires, qui avaient adopté les
droits de l’homme comme idéologie de substitution, de l’autre, très
minoritaire, ceux qui, venus de la
gauche et de l’extrême gauche, se
sont mis à analyser avec réalisme
et lucidité les contradictions internes au triomphe apparent de la
démocratie. Au premier rang de
cette critique de gauche, Marcel
Gauchet, en esprit indépendant et
anticipateur. Qui a été le premier,
par exemple, à voir dans la poussée électorale continue de l’extrême droite et dans le ralliement au
lepénisme d’une bonne partie du
« peuple de gauche », le resurgis-
sement inattendu de la « lutte de
classes » qu’on croyait une vieille
lune ?
« “Le Débat”, parce qu’en France
il n’y en a pas », affirmiez-vous
en 1980 lors de la création
de votre revue. Votre diagnostic
est-il toujours aussi sévère ?
La situation historique a changé.
Cette formule expéditive et publicitaire voulait exprimer l’esprit de
la rue : une forme de « démocratie
intellectuelle » dont on s’est beaucoup moqué à l’époque. La fin de
l’idée révolutionnaire et la réconciliation avec la démocratie supposaient d’en finir avec l’habitude
« d’en finir avec » ses adversaires ;
elles exigeaient de reconnaître qu’il
fallait bien vivre et donc discuter
avec ceux qui ne pensaient pas
comme vous, plutôt que de les supprimer. La passion politique d’accord, mais avec la passion de la
réalité, avec le parti pris des choses. Rosanvallon me reproche,
dans le même éditorial inaugural
du Débat, de ne donner aucun
exemple concret des débats qu’il
aurait fallu aborder en priorité.
C’est ne pas vouloir comprendre
qu’il ne s’agissait pas de faire l’inventaire des sujets à traiter, mais de
substituer à un climat d’intolérance
partisane, et à l’aveuglement militant, une forme démocratique du
dialogue. Une culture du débat.
Il faut reconnaître que les choses
ont assez vite changé, puisque
dix ans plus tard je pouvais affirmer
d’une formule non moins expéditive : « L’esprit du Débat est devenu
l’esprit de l’époque. » ■
ULF ANDERSEN/AURIMAGES
re, l’individualisme des droits de
l’homme. La thèse a beau être
étayée à grand renfort d’érudition,
elle ne convainc pas une seconde.
À qui fera-t-on croire que Debray,
Finkielkraut et Gauchet sont des
disciples sournois de Louis de
Bonald ? Nul besoin d’être « gauchéiste » pour admettre qu’une
certaine critique des droits de
l’Homme est parfaitement compatible avec un individualisme
rationnel.
L’anti-Aron
Ce que critique Gauchet dans la religion humanitaire, ce n’est pas l’idée
d’individu mais l’absolutisation de
ses droits et l’impossibilité de fonder
un quelconque bien commun sur
cette sacralisation. Les immigrationnistes, du Medef à Besancenot
en passant par Benoît Hamon, arguent du droit des migrants d’aller
où bon leur semble puisque « la terre
appartient à tout le monde ». C’était
aussi l’argument de ceux qui, à
l’instar de Tocqueville et de Victor
Hugo, justifiaient la colonisation de
ce qui ne s’appelait pas encore l’Algérie. Que devient, dans cette optique, le droit des citoyens d’un pays,
les Italiens ou les Français par
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A
ont fait place dans les débats
irréversible ?
MARIO DONDERO/LEEMAGE
Pierre Rosanvallon défend ici
son bilan politique et intellectuel.
exemple, d’en décider autrement ?
Le lecteur curieux de ce genre de dilemme n’en trouvera pas la moindre
trace dans le livre de Rosanvallon.
Celui-ci fustige le populisme et ses
perversions « régressives » sans jamais analyser les arguments et les
faits dénoncés par ceux qu’il combat. D’une certaine manière, Rosanvallon est l’anti-Aron. Les adversaires ont tort, ni plus ni moins,
d’être ce qu’ils sont : conservateurs,
souverainistes, populistes, etc. Ils ne
peuvent qu’être néfastes dès lors
qu’ils ne sont pas du bon parti, arrimés au sens de l’histoire tel que Rosanvallon le définit. Il n’est par
exemple jamais question dans son
livre de ce qui angoisse les peuples
occidentaux, notamment la dynamique de l’islam radical. Immigration, islamisme, insécurité, circulez
bonnes gens, il n’y a rien à voir…
Mais il y a plus déplaisant encore : ce livre qui consacre Michel
Foucault ignore tout un pan de la
pensée française. On cherche en
vain la moindre allusion à l’œuvre
de René Girard, par exemple, et le
nom de Claude Lévi-Strauss n’est
mentionné qu’une fois. Quand on a
fini le livre de Rosanvallon, on ne
s’en étonne plus et l’on comprend
pourquoi. Ni Lévi-Strauss, qui
avait alerté Mitterrand en 1989 sur
les dangers d’une immigration qui
outrepasserait un certain seuil de
tolérance, ni René Girard, qui ne
croyait nullement en un avenir
harmonieux des sociétés libérales,
n’étaient ce que l’on appelle des
progressistes. Le progressisme
n’est pas le progrès, c’est le culte
d’un avenir qui fait de la subjectivité de l’individu lambda l’alpha et
l’oméga du devenir historique et
remplace l’intérêt général par un
« vivre ensemble » d’autant plus
flou que nous n’avons plus rien à
partager. On referme ce livre en
ayant l’impression étrange qu’il illustre, à sa manière, le déclin de la
pensée de gauche. Ce que nous dit
Rosanvallon, c’est qu’il a raison sur
presque tout, mais que le monde
qui vient en a décidé autrement. ■
P.-F. P.
Agrément cvv du 25/10/2001 - Commissaire-priseur : François Tajan
ment
Des intellectuels
parisiens au café
Bonaparte dont
Philippe Sollers
(5e gauche) et Roland
Barthes (3e droite),
en 1978.
ANS Notre histoire intellectuelle et politique,
le bilan de cinquante
ans
d’engagement
pour les idées qui sont
les siennes, Pierre Rosanvallon, qui
enseigne au Collège de France et fut
un des fondateurs de la Fondation
Saint-Simon dans les années 80, reconnaît sa défaite idéologique mais
défend son bilan politique et intellectuel. Selon le penseur de la
deuxième gauche, qui fut longtemps engagé à la CFDT, cette défaite est indéniable. La gauche n’est
pas seulement en ruine politiquement, notamment à travers la déconfiture du PS, elle est devenue insignifiante sur le plan de la pensée.
Pour celui qui a fait éditer en 2002
le brûlot de Daniel Lindenberg, Le
Rappel à l’ordre. Enquête sur les
nouveaux réactionnaires (Seuil), essai truffé d’approximations où les
intellectuels français les plus en vue,
de Marcel Gauchet à Régis Debray
en passant par Finkielkraut, étaient
brocardés, c’est bien à une nouvelle
trahison des clercs que nous assistons depuis le reflux du marxisme.
Les intellectuels ont quitté le navire
du camp progressiste auquel ils
étaient assignés depuis l’affaire
Dreyfus. Ils rechignent à encenser la
modernité sous toutes ses formes,
du mariage pour tous à la mondialisation heureuse chère à Alain Minc,
et diffusent une morosité aux relents conservateurs, voire pire. Non
seulement ils ne font pas de Mai 68
un Graal de l’émancipation humaine, mais ils y voient le symbole
d’un affaissement de civilisation.
Principal accusé de cette débâcle : le philosophe Marcel Gauchet,
qui fut lui-même proche de Rosanvallon à l’époque de leur compagnonnage avec l’historien François
Furet. Gauchet, qui fut marqué par
les idéaux libertaires, est ni plus ni
moins accusé d’avoir rejoint le
camp des nostalgiques de l’Ordre.
Lui, mais aussi Debray et Finkielkraut diffuseraient « une pensée de
droite dans un langage de gauche ».
Les voilà accusés de pourfendre, au
nom d’une République incantatoi-
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
vendredi 14 septembre 2018 LE FIGARO
4
EN TOUTES
FRANÇOIS BOUCHON/LE FIGARO
confidences
CRITIQUE
de nombreux témoignages et autant de
regards, portés par Michel Houellebecq,
Pierre Michon, John Updike, Olivier Assayas… Cette exploration de l’œuvre et
de la vie du romancier est complétée
par des textes inédits de l’auteur de
L’Adversaire (correspondance, entretiens, articles…). Sa sortie en librairie, le
4 octobre, sera accompagnée d’une soirée littéraire à la Maison de la poésie de
Paris, le lendemain.
Célébration d’Emmanuel Carrère
Quatre ans après Le Royaume, son dernier livre paru, les Éditions P.O.L vont publier un
ouvrage collectif consacré à Emmanuel Carrère
et son œuvre. Le volume, fort de 560 pages, dirigé par Dominique Rabaté et Laurent Demanze, a
pour titre Faire effraction dans le réel. On y trouvera
littéraire
Un Ulysse insaisissable
LA GRANDE IDÉE
D’Anton Beraber,
Gallimard,
573 p., 22 €.
Charles Péguy de A à Z
Antoine Compagnon, Alain Finkielkraut, Michel
Winock, Claire Daudin, Jacques Julliard… Tels sont
les principaux collaborateurs du volumineux
Dictionnaire Charles Péguy que publiera Albin
Michel, le 4 octobre, sous la direction de Salomon
Malka. L’occasion de porter un nouveau regard
sur l’œuvre et la vie du poète et polémiste, avec
des entrées allant d’« amitié » à « style », en passant par « espérance », « mystique », « Russie »
ou encore « socialisme » et « sottise ».
ANTON BERABER Un premier roman bluffant de puissance sur un rescapé de la guerre contre les Turcs en 1922.
PAR PATRICK GRAINVILLE
de l’Académie française
L
A GRANDE IDÉE », la
formule apparaît assez tard dans ce roman océanique. Il
s’agit de l’obsession
grecque de reconquérir l’Asie contre
les Turcs. Anton Beraber nous plonge dans le chaos d’une guerre que les
Grecs sont en train de perdre en
1922. Smyrne en flammes. Débâcle
des troupes, tueries, sauve-qui-peut
sur les bateaux. L’Iliade, mais sans
héros vainqueur, sans bouclier fabuleux, plutôt « cette grande convulsion
paniquée ». Un Ulysse se dessine par
son sang-froid : Saul Kaloyannis. Et
on n’a pas fini d’entendre parler de
«
lui, au cours de 600 pages denses
comme la nuit. Dont il serait l’étoile
unique mais sans message.
Ulysse, car dans le chaos sanglant,
il embarque ses compagnons soldats
sur un vaisseau destiné au retour vers
la Grèce et Pénélope. Mais cela ne se
passera pas comme dans L’Odyssée.
Le roman est l’inverse du récit homérique, sa négation, sa dispersion
dans le cristal éclaté d’une légende
impossible à capter. Quelle serait la
véritable histoire du prophète, de
l’errant Kaloyannis ? Guerrier onirique et paradoxal qui égare ses hommes d’île en île sans magiciennes ni
sirènes.
Un étudiant grec, cinquante ans
après, cherche à définir sa trajectoire, à établir la vérité d’un sillage de
comète glaciale dans les ténèbres. Il
ne faut craindre ni les mots ni une
certaine emphase avec ce premier
roman bluffant d’Anton Beraber qui
prise l’ample phrasé, les périodes
“
Tous les témoins
interrogés croient
à l’apparition
d’un “homme
d’exception”
”
majuscules, le haut style, la redondance, « le haut sang » de son héros
énigmatique. Une certaine tonalité
perdue, malrucienne, plane sur cette
peinture de la destinée humaine
vouée à l’absurde. Et pourtant tous
les témoins interrogés par le narrateur croient dur comme fer à l’apparition d’un « homme d’exception »,
d’un solitaire aristocratique qui exerce, par le silence, son emprise sur
tous ceux qu’il croise. Il fascine au
fond du désert qui semble le happer,
au gré d’une traversée de l’Atlantique
où Beraber sonne du gong des orages,
des vastitudes, des houles énormes et
nocturnes propres à terrasser le premier intimiste hexagonal venu.
Les grandes orgues abyssales,
c’est sa petite musique à lui. Son
Ulysse noir reste insaisissable, douteux, lancinant, égrené en témoignages contradictoires. Tantôt traître sur la barge majestueuse d’un
amiral turc, tantôt double de Henry
de Monfreid sur une île, ou héros
d’une résistance ouvrière dans l’enfer nordique d’un atelier allégorique. À New York, il dilate son âme
de nomade des immensités. Le
charme du capitaine intermittent est
fait d’un alliage d’indifférence métallique et de « dégoût pour les sagesses molles ». Ce Grec est un joker
de nos désirs secrets, du patrimoine
de nos chimères. Il possède l’aura
des héros de Conrad sans la transe,
des grands égarés volontaires qui
refusent de se fixer et de se faner. Il
fuit, libre. Il enchante telle l’illusion.
C’est un astre, un trou noir, sans retour, aux cycles indécidables. Beraber a des biceps et de puissants
méandres. De grands airs d’ouragan
calme, osons l’oxymore ! ■
Des enfants
tristes
LAURENCE COSSÉ Les années 30,
des jeunes gens de la bourgeoisie,
une amitié dangereuse…
Un petit joyau romanesque.
ASTRID DE LARMINAT
adelarminat@lefigaro.fr
E
N SEPTEMBRE 1935, à
Versailles, la célèbre
classe préparatoire des
Jésuites accueille ses
nouveaux élèves. Ils
font connaissance avec les dortoirs non chauffés, la douche hebdomadaire au jet d’eau dans la
cour, découvrent leur emploi du
temps et la pédagogie jésuite seulement 24 heures de liberté, du
samedi soir au dîner du dimanche.
Chacun rentre alors chez soi, mais
interdiction de travailler ce jourlà, détente obligatoire, ne pas se
polariser sur les résultats, insiste
le préfet des études.
À tout cela, ces enfants de la
bonne bourgeoisie étaient préparés. Si le narrateur est inquiet en
cette rentrée, c’est pour sa mère,
veuve de guerre, dont il est l’unique fils, né après la mort de son
père. Pour la première fois, elle se
réveillera et se couchera seule
dans leur petit appartement de la
rue Sédillot, à Paris, VIIe. Robin
est inquiet aussi de se sentir si ten-
dre à l’aube de sa vie d’adulte, si
peu concerné par les soubresauts
politiques qui agitent l’Europe,
excitent les jeunes Français de
droite et de gauche. Inquiet surtout, lui qui se sent transparent,
sans intérêt, d’être capable un
jour d’attirer le regard d’une jeune
fille. Il ne désire qu’une chose,
qu’un doux visage enfin tourné
vers lui transfigure sa personne et
sa vie.
Conrad invite Robin
à Saint-Moritz.
Mais un drame couve...
LA COLLECTION
Admiré et craint par tous
En attendant, c’est une amitié qui
le torture. Il s’est rapproché d’un
de ses camarades de classe,
Conrad, admiré et craint par tous
les élèves. Conrad se distingue par
son assurance, sa désinvolture, un
mélange de jovialité et de retenue.
Il est sociable, gai, donne l’air
d’être attentif, reste en fait inaccessible. « Pourquoi a-t-il fallu que
je me lie à lui […], le seul qui fût
énigmatique, le seul absolument
amoral, en dépit de sa mansuétude ? » Conrad lit Le Gai Savoir,
« d’un certain Nietzsche ». Ses parents, séparés, vivent en Suisse et
en Italie. Le samedi soir, Robin
NUIT SUR LA NEIGE
De Laurence Cossé,
Gallimard,
140 p., 13,50 €.
l’accueille chez sa mère, lui présente sa tribu de cousins. Conrad
l’accompagne à la piscine de Pontoise, toute neuve, au Racing, où
ils s’adonnent à leur goût commun
pour l’athlétisme. Arrivent les vacances de Noël. Conrad invite Robin à Saint-Moritz. Un ami de son
père y tient un hôtel. Ce sont les
débuts du ski de loisir.
Le premier acte s’achève sur ce
séjour à la montagne. Laurence
Cossé installe tranquillement les
décors, l’époque, un milieu social.
Elle esquisse les personnages secondaires avec une netteté magnifique. Il y a la mère du narrateur,
figure sacrificielle, sublime de discrétion. Et les cousines de Robin,
amoureuses de Conrad, l’une,
toute spontanéité et fraîcheur,
l’autre, songeuse, hantée de
grands désirs dangereux. Dans
une langue classique, aisée, juste,
sans s’étendre, sans appuyer,
l’auteur crée des caractères, une
atmosphère, la tension monte.
Une ou deux prolepses discrètes
confirment qu’un drame couve,
qui meurtrira à vie le narrateur.
Mais quoi ? Quand ? Nuit sur la neige tient en 140 pages, un flacon de
romanesque
pur.
L’intrigue
s’achèvera la veille de Pâques, à
Val-d’Isère, qui n’est encore
qu’un village de paysans difficilement accessible. Huis clos dans
une pension de famille. Conrad,
Robin, un couple, une jeune fille
gracile. Lenteur et fulgurance : le
coup de théâtre final est ramassé
en quelques pages étincelantes et
glacées comme le cœur des enfants tristes.
Laurence Cossé dessine des
courbes de destins brisés. Des jeunes gens qui avaient de grandes
espérances. Certains sont trop
purs, sensibles. D’autres, trop endurcis, semblent perdus pour
l’amour, blessent pour éviter
d’être blessés. Mais qui sait le fond
des êtres ? Et qui est vraiment
Conrad ? Dénouement à l’ultime
page, des années après le drame,
sur le lac Léman, la nuit, une barque, des fugitifs. ■
Les règles du jeu
STÉPHANE HOFFMANN Une brillante comédie sur la vanité des ambitions sociales.
CHRISTIAN AUTHIER
A
D
Stéphane Hoffmann doit
ressembler aux personnages
de ses romans, manières
d’anarchistes tranquilles
et aimables. F. STUCIN/ALBIN MICHEL
ÉBUT des années 1970,
Amblard
BlamontChauvry, vingt-cinq
ans, énarque et polytechnicien,
achève
son service militaire au 76e régiment
d’infanterie – une « planque » obtenue grâce à sa marraine, la comtesse
de Florensac, qui reçoit dans son salon parisien tout ce qui compte de
politiciens et d’académiciens. Avec
sa bande d’amis de Versailles,
« bourgeois français mous de la fin du
vingtième siècle », Amblard retarde
le moment de prendre « femme, abbaye, emploi, gouvernement ». Il est
encore temps de s’amuser, notamment avec Coquelicot, jeune fille
mutine et futée : « Nous sommes dans
une société où nous n’avons plus rien
à faire, Amblard. Nous n’y avons plus
notre place. Nous avons été utiles,
puis nous avons été jolis : c’est fini. »
Dans une auberge de la forêt de
Rambouillet, ils connaissent un
bonheur aussi léger et gourmand
qu’un vin primeur. Puis, il faut se
marier, avec une ambitieuse
Isabelle. Entrer dans la carrière,
devenir conseiller d’ambassade à
Washington. Là-bas, il perfectionne son anglais auprès de maîtresses
sans perdre de vue l’objectif fixé
avec Coquelicot : former « un couple d’amants heureux ».
Crépuscule de l’Occident
S’il y a entre les lignes du nouveau
roman de Stéphane Hoffmann la
chronique d’une époque (des années Pompidou aux années Chirac),
les motifs des Belles Ambitieuses
sont de tous les temps, à l’image de
l’un ses décors : « Versailles n’est
tourné vers le passé que pour mieux
s’occuper d’en prolonger les vertus
dans le présent : ici, “moderne” fait
référence aux quatre cents dernières
années, et l’esprit d’enfance qui court
dans ses rues est riche de bien des
promesses. » L’écrivain épingle la
vanité des honneurs, des récompenses, des fonctions. Comment
croire à la politique et aux devises
gravées sur les bâtiments officiels
quand « Tout ce qui a été accompli de
grand en France l’a été sans, voire
contre les Français. Qu’eussent donné la prise d’Orléans, le siège de La
Rochelle, la bataille de Wagram ou
l’appel du 18 juin 1940 analysés par
Gallup ? Aurait-on construit Versailles, ou même la tour Eiffel, si on
avait demandé son avis au peuple ? »
« De temps en temps, nous donnons des fêtes – Expositions universelles, Jeux olympiques, Coupes du
monde – qui font penser à ces soirées
données par des gens fauchés pour
tenter de faire croire qu’ils ne le sont
pas », songe Amblard qui observe le
crépuscule de l’Occident et de la
vieille Europe en souriant. L’auteur
de Château Bougon (prix Nimier
1991) et des Autos tamponneuses
signe une comédie tendre, acide,
émouvante. On imagine que Stéphane Hoffmann doit ressembler
aux personnages de ses romans,
manières d’anarchistes tranquilles
et aimables. Pourquoi s’adapter aux
règles d’un monde que l’on méprise ? Plutôt rester fidèle aux jardins
de l’enfance, cultiver à l’écart des
enthousiasmes grégaires une manière de vivre et d’aimer. ■
LES BELLES
AMBITIEUSES
De Stéphane
Hoffmann,
Albin Michel,
300 p., 19,50 €.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
ÇÀ
LÀ
traduit par Pierre Demarty. On y
retrouvera les thèmes chers à
l’auteur, à savoir l’amitié, le souvenir, l’identité…
L’étrange Desmond Hogan
L’atout cœur
de Catherine Poulain
Le 10 octobre, Grasset publiera le
troisième roman de l’enfant terrible des lettres irlandaises, Une
rue étrange, de Desmond Hogan,
Avant de se rendre en Alaska
pour y partager la vie des marins
pêcheurs, l’auteur du Grand Marin
a été ouvrière agricole saisonniè-
re dans le sud de la France, au
terme d’une longue errance. C’est
cette expérience qu’elle relate
dans son second roman, à travers le personnage de Rosalinde.
Le Cœur blanc sera publié aux
Éditions de l’Olivier, le 4 octobre.
Correspondance
Sollers-Rolin
Gallimard poursuit l’édition de la
correspondance entre Philippe
Sollers et Dominique Rolin.
Après un premier volume, c’est
cette fois-ci les lettres de la
romancière à son amant qui
nous sont présentées. Elles
couvrent la période allant de
1958, année de leur rencontre,
à 1980, alors qu’elle publie L’Infini chez soi. En librairie le
25 octobre.
La part des ténèbres
Il fallait bien deux éditrices de
choc pour mener à bien cette tâche. Marie-Caroline Aubert, de la
« Série noire », et Natalie Beunat,
d’Univers Poche, nous proposent
de tout nous dire sur le polar : les
cadors du genre, les oubliés, les
adaptations au cinéma et à la
télé… Le Polar pour les nuls, chez
First, le 20 septembre.
CRITIQUE
littéraire
Par Éric Neuhoff eneuhoff@lefigaro.fr
L’Amérique
en cage
parentaux. Elle ne sait pas ce
ela fait beaucoup.
qu’est devenu son fils, Jackson,
Romy Hall a été
élevé par sa grand-mère juscondamnée deux fois
qu’à ce qu’elle se tue dans un
à la perpétuité. Bienaccident de voiture. Romy n’est
venue à la prison
pas la seule voix qu’on entend.
pour femmes de Stanville (CaliDes chapitres sont consacrés à
fornie). La détenue se retourne
un flic pourri et violent, au prosur son passé. « Ma mère m’a
fesseur qui vient enseigner la
donné le prénom d’une actrice allittérature aux volontaires et
lemande qui avait déclaré à un
qui en pince pour
braqueur de banque,
Romy.
dans une émission de
Des extraits du jourtélé, qu’il lui plaisait
nal
d’Unabomber
énormément. » On
ponctuent l’intrivoit de qui il s’agit.
gue. Kushner met
Dans sa cellule, la
les mains dans le
narratrice évoque
cambouis. Elle sait
son
adolescence
montrer une émeumouvementée à San
te, saisit la détresse
Francisco.
Cette
qui saisit ces exclues
mère célibataire gaà l’aube, récapitule
gnait sa vie dans un
leurs trucs pour
strip-club, celui du
communiquer
en
titre. Pas l’établissement le plus reluiLa claustro- douce, indique comment coller un comsant de la côte
phobie
primé sur son palais
Ouest. Un de ses
exacerbe
avec du beurre de
clients avait son
cacahuètes. Ces innom tatoué sur son
les passions.
formations peuvent
corps à vingt-trois
Les filles
être utiles. On lit Daendroits différents.
s’affublent
nielle Steel. Les garUn autre la harcediens projettent Miss
lait. Elle lui a défonde surnoms.
Daisy et son chaufcé le crâne. AmVoici Betty
feur.
biance.
La France.
Kushner écrit dans
Dans Les Lanceune prose aussi élecFlammes,
Rachel
Il y a Conan,
trique que la clôture
Kushner décrivait
transexuelle,
qui entoure le bâtile milieu de l’art
qui fabrique
ment. Le mal rôde. Il
contemporain dans
est partout. Pas beles années 1970. Elle
des
soin de majuscule : il
plonge ici dans
godemichés
est quotidien, minal’univers carcéral.
en bois
ble, poisseux.
La claustrophobie
Il y a soudain chez
exacerbe les pasà l’atelier de
l’auteur quelque chosions. Les filles s’afmenuiserie
se de Don DeLillo.
fublent de surnoms.
Son roman n’est pas
Voici
Betty
La
aimable. Il vous colle aux doigts,
France. Il y a Conan, transdans
des
odeurs
de latrines, de
sexuelle, qui fabrique des gotranspiration, de vomi séché.
demichés en bois à l’atelier de
Ses phrases battent comme la
menuiserie. Il est conseillé de
pulsation du sang dans les temne pas se frotter à Teardrop,
pes, un lendemain de cuite.
qui est un colosse. Laura Lipp a
tué son bébé et dit : « On m’a
découpé le cœur à la tronçonneuse. » Des accouchements se
produisent. « Un des toubibs
LE MARS CLUB
tenait le nouveau-né loin de lui
De Rachel Kushner,
comme si c’était un sac-poubeltraduit de l’anglais (États-Unis)
le sur le point de fuir. »
par Sylvie Schneiter,
Romy a été déchue de ses droits
Stock, 472 p., 23 €.
C
BRUNO CORTY
bcorty@lefigaro.fr
O
N A DÉCOUVERT Dan
Chaon (né à Sidney,
Nebraska, en 1964) en
2002 avec Parmi les
disparus, un recueil
de nouvelles d’une puissance et
d’une perfection telles qu’il aurait
pu remporter le National Book
Award si un certain Jonathan Franzen n’avait eu l’idée de publier cette année-là Les Corrections. Un
auteur était né qui n’allait plus, au
fil de ses autres livres (deux romans
et deux recueils de nouvelles), nous
décevoir.
Avec son troisième roman, Une
douce lueur de malveillance, Chaon
franchit encore un cap. Pas dans la
noirceur, cela semble difficile d’aller plus loin sauf à verser dans le
gore. Plutôt dans le style, la
construction de son histoire. Obsédé par les thèmes de l’identité, des
mensonges familiaux, de la folie qui
peut conduire aux pires extrémités,
il les regroupe dans une histoire digne de l’univers de David Lynch.
Perturbante pour le lecteur à plus
d’un titre.
«
Chaon, obsédé par les thèmes
de l’identité, des mensonges
familiaux, de la folie,
les regroupe dans une histoire
digne de David Lynch.
Pas de chance
ALBIN MICHEL
sessionnel dont il ne sait rien ? Sans
doute parce que sa vie vacille, que
ses fils prennent le large et que de
son passé remontent d’étranges
sensations, images, souvenirs.
« Cela arrive certainement à tout le
monde, à un certain âge : vous levez
les yeux un instant et vous ne savez
plus très bien quelle est la vraie vie. »
Le récit de Dan Chaon est comme
un miroir qu’on vient de fracasser.
On se voit dedans mais en morceaux. La chronologie fait la culbute. Les absences dans la pensée et la
conversation de Dustin sont traduites par des blancs dans le texte. On
devine petit à petit que le point de
vue du narrateur est à prendre avec
des pincettes. Ce que confirme le
récit de l’un de ses fils. Une secte
sataniste est-elle à l’œuvre en 2014
comme elle le fut dans les années
1980 au moment où les parents et
les oncles et tantes de Dustin furent
tués ? Dan Chaon invente le thriller
littéraire. Dans ce genre, la résolution de l’énigme importe peu. Le livre refermé, difficile de passer tout
de suite à autre chose. Cette histoire
vous obsède. Certains feront peutêtre des cauchemars en la lisant.
D’autres auront besoin de la reprendre, de peur d’avoir laissé passer des choses, tant sa richesse est
grande. Enfant adopté, somnambule, affabulateur, Dan Chaon envoya
ses premiers écrits à Ray Bradbury,
qui l’encouragea. Là où il repose,
l’auteur de Fahrenheit 451 doit être
sacrément fier. ■
UNE DOUCE LUEUR
DE MALVEILLANCE
De Dan Chaon,
traduit de l’anglais
(États-Unis)
par Hélène Fournier,
Albin Michel,
528 p., 24,50 €.
Sur la pointe des pieds
ASTRID ELIARD
U
ne scène est devenue
célèbre dans Swing
Time, le film de George
Stevens, celle où Fred
Astaire, qui a prétendu
jusque-là avoir besoin d’un professeur de danse pour les beaux yeux de
Ginger Rogers, l’entraîne dans un
pas de deux. Évidemment, c’est lui
qui mène la danse, lui, le pseudoélève. C’est lui qui la fait virevolter
tandis qu’elle règle son pas sur le
sien, avant enfin de s’émanciper.
Katharine Hepburn, citée dans
Swing Time, le nouveau roman de
Zadie Smith, disait de Fred et Ginger
qu’il la rendait élégante et qu’elle le
rendait sexy. « Était-ce une règle générale ? Est-ce que toutes les amitiés
– toutes les relations – impliquaient
»
Le monde
de Zadie Smith
est semé
de fractures.
ZADIE SMITH Un roman d’apprentissage sur deux jeunes
danseuses métisses dans le Londres des années 1980.
SWING TIME
De Zadie Smith,
traduit de l’anglais
par Emmanuelle
et Philippe Aronson,
Gallimard,
480 p., 23,50 €
5
« Le Polar pour les nuls »
AFFAIRES ÉTRANGÈRES
DAN CHAON
Un psy dont la vie
déraille se lance
dans une enquête
policière avec
un flic étrange.
Au cœur de ce roman, Dustin Tillman, un psychologue quadragénaire, père de deux grands adolescents, dont la femme vient de
mourir d’un cancer. Sa vie est également ébranlée lorsqu’il apprend
que son demi-frère Rusty, condamné à perpétuité pour avoir assassiné
leurs parents, vient d’être remis en
liberté, disculpé par les tests ADN.
Pas de chance pour Dustin : c’est
son témoignage qui lui a fait passer
trente ans de sa vie à l’ombre !
Comme si ces deux événements
ne suffisaient pas, un policier en
congé de longue maladie vient
consulter Dustin pour lui faire part
de ses doutes sur la disparition de
plusieurs étudiants retrouvés noyés
dans la banlieue de Cleveland. Selon
cet homme, un tueur en série serait
à la manœuvre. Pour quelle raison
notre psy accepte-t-il d’entrer dans
le jeu de cet homme étrange et ob-
vendredi 14 septembre 2018
D. NABOKOV/
GALLIMARD
cet échange mystérieux et discret de
qualités, cet échange de pouvoir ? » se
demande la narratrice. Si oui, les
histoires d’amitié seraient toutes
aussi joliment réglées et fluides et légères qu’un duo de Fred et Ginger.
Des chances inégales
C’était sans doute ce dont l’héroïne
de Zadie Smith rêvait quand elle a
rencontré Tracey à l’école de danse,
dans un quartier populaire du nord
de Londres. « Nous avions exactement la même couleur de peau – à
croire que nous avions été fabriquées
dans le même tissu marron clair », raconte-t-elle, comme si cela pouvait
présager d’une trajectoire commune. L’une est une danseuse née, la
seconde a les pieds plats… mais un
vrai talent pour la chanson. Dans un
monde aussi parfait que celui des co-
médies musicales que la narratrice
aime tant, elles se seraient complétées et leurs duos auraient glissé sur
la musique.
Mais le monde de Zadie Smith – le
nôtre, retranscrit avec une authenticité et une justesse, notamment sonore, sidérantes - est semé de fractures, et celle qui sépare Tracey et la
narratrice tuera leur symbiose. Les
deux amies ont beau avoir la même
couleur de peau, et être nées dans la
même cité, leurs chances sont inégales. La narratrice grandit avec
l’exemple d’une mère en colère, qui
se bat pour qu’elle et sa fille deviennent des « femmes noires qui existent ». Tracey se nourrit de télévision sous le regard aimant mais
négligent d’une mère qui s’est déclarée vaincue parce que noire et pauvre. Aucun échange de pouvoir entre
les deux jeunes filles, donc, mais une
lutte pour le pouvoir ou du moins la
reconnaissance, qui ne génère que
frustration, chacune se sentant écrasée par l’autre. La narratrice envie la
carrière de Tracey, figure de troisième plan dans les productions du
West End Theatre. Tracey voit en
son amie l’incarnation de l’élite noire éduquée, puissante et traître –
quand bien même cette dernière
embrasse une vie de servitude en devenant le larbin d’une pop star.
Sans aucun discours, mais à la
seule force de son intrigue, foisonnante, et de ses innombrables personnages, Zadie Smith nous montre
à quel point il est difficile de devenir soi-même face aux miroirs déformants que vous tend votre entourage. La narratrice – elle n’a pas
de nom et nous semble de ce fait
terriblement fragile, dépendante de
l’image que les autres se font
d’elle -, se fraie difficilement un
chemin, faisant l’expérience d’être
noire parmi les Blancs, blanche
parmi les Noirs, pauvre chez les riches mais riche au milieu des pauvres. Rejetée par la seule identité
qui aurait pu, pense-t-elle, les
transcender toutes : la danse. ■
A
&
LE FIGARO
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
vendredi 14 septembre 2018 LE FIGARO
6
Daniel Pennac parrain du Salon Fnac Livres
parle
ON EN
Il fallait la toute-puissance de la
Fnac pour rassembler, dès sa
troisième édition, tout ce qui
compte d’écrivains renommés
de la rentrée littéraire. Le festival Salon Fnac Livres ouvre ses
portes aujourd’hui jusqu’au dimanche 16 septembre à la halle
LE SALON FNAC LIVRES OUVRE
SES PORTES AUJOURD’HUI,
AVEC DANIEL PENNAC EN PARRAIN
ET LA REMISE DU PRIX DU ROMAN
FNAC À ADELINE DIEUDONNÉ.
DOCUMENT
des Blancs-Manteaux, à Paris.
Plus d’une centaine d’auteurs
ont donné leur accord, et pas
des moindres : Alain Mabanckou,
Amélie Nothomb, Maylis de Kerangal, Boualem Sansal, Serge
Joncour, Yasmina Khadra, Éric
Fottorino, Daniel Picouly… Cette
édition est parrainée par Daniel
Pennac. La manifestation qui se
veut ouverte à tous les genres
(roman, BD, essais, jeunesse)
accueillera également des romanciers peu habitués de la rentrée tels que Marc Levy et
Guillaume Musso. Pour son coup
d’envoi, le prix du roman Fnac
sera remis aujourd’hui à Adeline
Dieudonné pour La Vraie Vie
(L’Iconoclaste). L’auteur belge
était à la lutte avec trois autres
femmes, toutes auteurs d’un
premier roman.
littéraire
Surprenants voyages dans la langue de Molière
BONHEURS
ET SURPRISES
DE LA LANGUE
De l’Académie
française,
Philippe Rey,
287 p., 20 €.
MOHAMMED AÏSSAOUI
COLLECTIF Un ouvrage fin et ludique réunissant des chroniques du site de l’Académie française.
ALICE DEVELEY
adeveley@lefigaro.fr
C
ORNEILLE ou Racine ?
Sartre ou Camus ? Les
Beatles ou les Rolling
Stones ? « Il fut un temps,
pas si lointain, où le monde se partageait entre partisans de tel
ou tel maître à penser, de telle ou telle
idole », raconte l’Académie française
dans Bonheurs et surprises de la langue. Aujourd’hui, la binarité est toujours d’actualité. Seuls les totems ont
changé. Écriture inclusive, passé
simple, participe passé… La langue
est devenue le sujet dont tout le
monde parle. Hélas, souvent avec
polémique et ergoterie. Heureuse
nouvelle donc que la publication de
ce nouvel ouvrage des académiciens.
Loin des débats et querelles de chapelles, les sages redécouvrent avec
tendresse les meilleures manifestations du génie français.
Le recueil, tiré des chroniques de
la rubrique « Bonheurs et surprises »
du site de l’Académie française, offre
une incursion ludique dans les mots
et expressions qui composent la langue. Un exercice de géographe et
d’historien qui nous rappelle que le
parler de nos ancêtres gaulois a
connu moult évolutions et invasions.
D’ailleurs, il ne resterait que 150 termes du parler de Vercingétorix dans
notre vocabulaire. Qui se souvient
ainsi que le mot « abricot » nous vint
de la langue arabe al-barquq ? Ou
que le terme « pantalon » dériva de
Pantaleone, personnage de la commedia dell’arte ?
Cabinet de curiosités
Meilleure que les aventures de Rocambole, plus palpitante encore que
les périples d’Indiana Jones, l’odyssée de la langue permet une plongée
extraordinaire dans l’histoire depuis
les Gréco-Romains jusqu’à nos jours.
Les académiciens nous apprennent
ainsi, non sans humour, que Sylvester Stallone n’a rien inventé avec son
« œil du tigre » dans Rocky. Les Latins ayant déjà développé en leur
temps le concept de « furox », de
fera « bête » et oculus « œil ». Non
contents d’avoir inspiré le cinéma,
les Latins et les Grecs ont en effet largement contribué à la langue du quotidien. Qui se souvient par exemple
que le mot « carrefour » désigna une
certaine Hécate, déesse de la mythologie, ou que le mot « télévision » se
fit sur le grec têle « loin, à distance »
et sur le latin videre « voir » ?
La langue française se fit et se défit
au terme de nombreuses évolutions
et hésitations. Les sages donnent
l’exemple du mot « forgeron ».
Longtemps flou dans son écriture, le
terme accoucha de moult patronymes : Favre, Fèvre, Fauré et même Le
Goff en breton. On retrouve également cette pluralité autour du nom
« eau ». Il se déclina sous 51 formes,
dont on note encore la présence dans
les toponymes : Chaudes-Aigues
(chaudes eaux) et Aix-en-Provence
(eau en Provence).
Bonheurs et surprises de la langue
abrite un formidable cabinet de curiosités. Un ouvrage nécessaire pour
apprécier la virtuosité et la diversité
du français. ■
buste qui l’honore avenue des Ternes et à ses mots d’esprit soumis à la
sagacité des animateurs des « Grosses Têtes » sur RTL.
Il mérite de l’être grâce à ses livres. Si les courtes nouvelles publiées dans Le Jeu de massacre sont
drolatiques, elles sont aussi doucesamères, voire tragiques. On rit
beaucoup, chez Tristan Bernard,
mais il arrive aussi que l’on meure.
En 1905, son recueil Amants et voleurs participait déjà d’une littérature policière française naissante. En
1912, Mathilde et ses mitaines mettait
en scène « une espèce de paysanne du
Morvan, au teint basané, aux durs
yeux noirs, pas très fins au premier
abord » qui secondait dans une enquête son mari inspecteur à la Sûreté
générale. Dans Le Jeu de massacre,
un homme assassine son frère et son
neveu pour une affaire d’héritage, la
baronne de H… se fait voler ses bijoux dans un compartiment de chemin de fer, un soldat revenu des
tranchées veut assassiner un riche
fermier, un vieux rentier est tué
dans une ville de province. Un personnage de Mathilde et ses mitaines le
demandait déjà : « Qu’est-ce que fait
la police ? » ■
Le parti d’en rire
TRISTAN BERNARD
Soixante-dix ans après sa mort,
un recueil de nouvelles permet
de redécouvrir l’univers
farfelu et attachant de
cet amuseur à la barbe fleurie.
LE JEU DE
MASSACRE
De Tristan Bernard,
L’Arbre vengeur,
224 p., 14 €.
SÉBASTIEN LAPAQUE
slapaque@lefigaro.fr
L
ES 42 NOUVELLES rassemblées par Tristan Bernard dans Le Jeu de mas—
sacre en 1922 restituent
un monde aussi lointain
qu’une Atlantide engloutie. Elles sont
peuplées de garçons de courses, de valets de chambre, de commis aux écritures, de directeurs de théâtre, de
poètes indélicats, d’industriels bedonnants, d’hommes portant un binocle
et une barbiche, de femmes épaisses et
larges, « avec un teint de beurre ».
Évoluant dans un univers pétri de
certitudes caduques et de préjugés
héréditaires dont s’est moqué Léon
Daudet, dans ses Souvenirs des milieux littéraires, politiques, artistiques
et médicaux, ces personnages pathétiques peints à gros traits ont pour
noms Gédéon, Tonnelet, Duplantier,
Pascalès, Merlurel, Darmontière.
Pris en étau entre les horreurs de la
guerre et les « graves événements
économiques » de la paix retrouvée,
ils rêvent d’une fortune qui ne vient
pas souvent. À leurs enfants, les pères de famille recommandent d’oc-
UNE FEMME
INVISIBLE
De Nathalie Piégay,
Éditions du Rocher,
350 p., 19,90 €.
Tristan Bernard et son épouse au Grand Prix de Deauville en 1935. AKG-IMAGES
cuper une profession honnête.
« Quand le jeune Crézoriel manifesta
des dispositions pour le dessin, la découverte de cette vocation n’enchanta
pas autrement son père, qui tenait un
petit bureau de messageries, à Popincourt, dans les environs du boulevard
Richard-Lenoir. » Tristan Bernard a
l’art des mises à feu, le goût des gens
ordinaires et de la comédie sociale.
Ses qualités de miniaturiste évoquent
celles que l’on retrouvera chez Marcel Aymé.
Né à Besançon le 7 septembre
1866, mort à Paris le 7 décembre
1947, journaliste, romancier et dra-
A
On connaît Tristan Bernard grâce au
théâtre qui porte son nom dans le
VIIIe arrondissement de Paris, au
BIOGRAPHIE Un récit romancé du destin peu commun de la mère cachée de l’écrivain.
L
RUE DES ARCHIVES/PVDE
Il arrive aussi
que l’on meure
La femme à qui Aragon devait la vie
ASTRID DE LARMINAT
adelarminat@lefigaro.fr
Le jeune Louis Aragon,
en 1920.
maturge, auteur de grilles de mots
croisés et inventeur du jeu des petits
chevaux, Tristan Bernard est l’auteur
d’une œuvre variée entrée dans le
domaine public cette année. Ce qui a
inspiré aux Éditions L’Arbre vengeur
une réédition dans la collection « Exhumérante », dont la vocation est de
mettre en valeur « un art de vivre
inoxydable : l’humour ».
orsqu’elle eut à décider de
son sujet de thèse, Nathalie Piégay, normalienne,
choisit de travailler sur
Aragon, héraut du peuple
de gauche. Une façon pour elle de
rester fidèle à ses origines populaires. En fait, l’écrivain la fit pénétrer
dans un monde qui lui était étranger, celui de la bourgeoisie dont il
était issu. Parmi les proches
d’Aragon, une figure pourtant lui
semblait familière, attirait sa sympathie, bien qu’elle fût très effacée :
Marguerite Toucas. Au terme d’une
longue enquête, Nathalie Piégay a
écrit ce livre, mi-biographie, miroman, où elle retrace le destin de
cette « femme invisible », tout en
s’interrogeant sur sa propre existence de femme de lettres et de
mère de famille.
Jusqu’à l’âge de vingt ans, Louis
Aragon pensa qu’il était le fils de
Blanche, née Moulin, et de Jean Aragon, morts accidentellement après sa
naissance le 3 octobre 1897. Une filiation dûment consignée sur son acte
de baptême. Il était entendu qu’il
avait été recueilli par une famille
amie, qui comptait déjà un frère et
trois sœurs dont l’aînée, Marguerite,
l’élevait comme un fils. C’est en 1917,
sur un quai de gare, alors qu’il partait
pour le front, que sa grande sœur lui
apprit qu’elle était sa mère… et que
son père était celui qu’il prenait pour
son parrain, Louis Andrieux, 77 ans,
député, très marié. C’est lui d’ailleurs
qui avait inventé ce beau nom d’Aragon et la fiction qui allait avec. Le
jeune homme s’était-il rappelé alors
les disputes entre Marguerite et Andrieux quand il avait fallu lui faire
faire des papiers pour qu’il s’inscrive
au bac ? En effet, jusqu’à ses dix-sept
ans, Aragon n’eut aucune existence
civile. En 1914, on lui avait fait fabriquer un acte de naissance rétroactif.
Il retrouvera ce document mentionnant qu’il était « né de parents non
dénommés » dans les papiers de sa
mère, morte seule en 1942 à Cahors,
où elle s’était réfugiée.
Maîtresse discrète
Dans les biographies d’Aragon, il est
question d’Andrieux, ancien préfet
de police, qui réglementa la prostitution et les maisons de jeu, soutint
deux thèses en Sorbonne à l’âge de
87 ans. Mais de sa mère, on ne parle
qu’au détour d’une parenthèse ou
d’une note en bas de page. Au
mieux, les biographes s’apitoient sur
cette pauvre fille séduite par un ami
de son père. En réalité, Marguerite
était forte, déterminée. Lorsqu’elle
fut enceinte, elle s’opposa à sa propre mère et à son amant de 32 ans
son aîné qui voulaient qu’elle fasse
passer l’enfant. Plus tard, elle refusa
de se marier parce qu’elle aimait
Andrieux, dont elle resta jusqu’au
bout la maîtresse discrète. Aragon
ne fut pas l’enfant d’une passade.
Toute bourgeoise qu’elle était,
Marguerite dut gagner sa vie. Andrieux l’aida financièrement, mais
lorsqu’il mourut, elle se retrouva
sans le sou. C’est alors, à cinquanteneuf ans, qu’elle se mit à écrire des
romans à l’eau de rose, où les jeunes
filles malheureuses finissent par
épouser l’homme aimé. Lorsqu’il le
sut, Aragon, Prix Renaudot en 1936
pour Les Beaux Quartiers, entra
dans une fureur noire. Lui, l’ami du
peuple, reprocha à sa mère d’écrire
de la littérature populaire. Nathalie
Piégay, elle, en lisant les romans de
Marguerite, se sentait plus proche
des gens de sa famille qu’en étudiant
Le Paysan de Paris. Son livre rend
enfin justice à cette femme discrète
sans qui la voix d’Aragon n’aurait
jamais retenti. ■
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LE FIGARO
FRANÇOIS BOUCHON/LE FIGARO
Le seul danger qui
mérite d’être couru
est de vivre ses passions
à fond la caisse, et de les
vivre avec insouciance »
GABRIEL MATZNEFF, DANS LA REVUE
BIMESTRIELLE « RASKAR KAPAC »,
QUI LUI CONSACRE SA DERNIÈRE LIVRAISON
vendredi 14 septembre 2018
7
LE CHIFFRE DE LA SEMAINE
Retrouvez sur Internet
la chronique
« Langue française »
@
668
SUR
WWW.LEFIGARO.FR/
LANGUE-FRANCAISE
C’est le nombre
de pages du Monde selon Garp de John Irving qui
reparaît au Seuil en édition vintage cartonnée (26 €),
quarante ans après son succès international
et la consécration du National Book Award.
EN VUE
littéraire
Dans la gueule du volcan
DANIEL PICOULY Le récit de l’éruption de la montagne Pelée
qui tua en 1902, à la Martinique, 30 000 personnes en 90 secondes.
MOHAMMED AÏSSAOUI
maissaoui@lefigaro.fr
Q
UATRE-VINGT-DIX
secondes, qui donne le
titre au roman de Daniel Picouly, c’est le
temps qu’a mis la
montagne Pelée – un
volcan, en vérité - pour tuer
30 000 personnes à Saint-Pierre de
la Martinique, le jeudi 8 mai 1902. La
plus grande ville de l’île fut complètement détruite, il n’y eut qu’une
poignée de survivants. L’auteur du
Champ de personne et de L’Enfant
léopard, prix Renaudot, s’est emparé de cet épisode tragique pour le
narrer à sa manière, c’est-à-dire
celle des fabuleux conteurs.
Chez cet écrivain, les lieux sont
comme des êtres. Ils ressentent, ils
pensent, ils s’émeuvent, et, même,
ils parlent et, parfois, ils se vexent.
Cela donne « Saint-Pierre est surtout
une fille du port, les jambes ouvertes à
tous les embruns ». Ou « Le port de
Saint-Pierre a le cul plat ». Un peu
plus loin, Saint-Pierre serait devenue « la plus grande, la plus belle, la
plus riche de toutes les cités des
Caraïbes si seulement elle n’avait pas
le cul plat ». Fort-de-France est une
rivale. Quant au Jardin botanique,
c’est un « croque-mort luxuriant
[qui] cache pourtant un cœur de cousette ». Ainsi ne sommes-nous pas
étonnés de voir la montagne Pelée
prendre la parole. Picouly se met
dans la peau du volcan - dans la
gueule, même -, et, attention, il
embrase tout le monde !
Dimension réaliste
Elle est orgueilleuse, cette montagne, pas franchement sympathique
– évidemment —, mais avec un
sacré caractère. Dès le chapitre 2,
« Moi, la Pelée », le ton est donné :
« Je suis la montagne Pelée, le plus
grand volcan de Martinique et, sans
prétention, le plus dangereux des Antilles. Je suis plantée dans le nord de
l’île et je culmine à 1 351 mètres précisément. C’est ce que disent les ouvrages touristiques sans imagination qui
me prostituent pour trois sous aux
randonneurs “en quête d’émotions
fortes”. J’adore lire ce que les hommes écrivent sur moi. »
Ensuite, Picouly, dont on entendrait presque la voix, met en scène
son récit. Un tourbillon. Il brosse le
portrait d’une époque et d’une île. Il
puise dans le réel, comme ce prisonnier nommé Cyparis qui a échappé à
la mort grâce à l’épaisseur des murs
de sa geôle ; ou Marius Hurard, un
« bébé Schœlcher », né en 1848, l’année de l’abolition de l’esclavage ; ou,
encore, ce Louis Mouttet, par qui le
malheur est arrivé : gouverneur de la
Martinique, il jugeait catastrophiste
l’exhortation à fuir la ville que menaçait l’éruption – le second tour des
élections législatives qui devait se
tenir le 11 mai 1902 était plus vital à
ses yeux. La montagne Pelée grondait, et il regardait ailleurs.
Avec cette dimension réaliste,
Quatre-vingt-dix secondes est aussi
le récit de l’inconséquence des hommes. La catastrophe naturelle est
surtout politique. Depuis ce 8 mai
1902, le « petit Paris des Antilles »,
capitale économique et culturelle
que jalousait le grand Fort-de-France, est devenu une petite ville de
5 000 habitants.
Daniel Picouly crée deux personnages magnifiques qui sont tout aussi importants pour la richesse du roman que la montagne - sans vouloir
la vexer. Othello et Louise, le pauvre
créole et la jolie bourgeoise blanche,
c’est Roméo et Juliette, c’est Rose et
Jack, les amoureux du Titanic. Ces
deux-là prennent le lecteur par la
main et ne le lâchent plus. ■
QUATRE-VINGTDIX SECONDES
De Daniel Picouly,
Albin Michel,
274 p., 19,50 €.
L’éruption
de la montagne Pelée,
en 1902, sur l’île
de la Martinique.
ROYAL ASTRONOMICAL
SOCIETY/SPL/COSMOS
La noblesse des vaincus
HISTOIRE Hannibal, Cléopâtre, Jeanne d’Arc, Nixon… Les destins fracassés de treize personnages illustres.
JEAN-MARC BASTIÈRE
D
ANS l’éclat du triomphe, les vainqueurs se
ressemblent
tandis
que chaque vaincu
possède sa singularité
et, parfois, dans la trouble aura du
désastre, une humanité retrouvée.
Mais il n’est pas dû à tout le
monde d’appartenir à ce club très
fermé des perdants illustres. Il
faut posséder quelque chose de
magnifique ou du moins de remarquable. La défaite – qui peut
être doublée d’un défaut – ne fait
POCHE
La plupart, on le voit, ne sont
pas des anonymes : rois, empereurs, généraux ou chefs d’État.
Mais leur destin est riche d’enseignement. Souvent ils s’aveuglent,
restent sourds aux avertissements, méprisent leur adversaire.
Ou ne savent pas saisir le moment
propice – le fameux kairos des
Grecs –, celui qui passe et, si on
ne l’attrape par les cheveux, ne
revient jamais.
Les erreurs ou carences de jugement n’expliquent pas toujours tout. Leurs propres alliés
peuvent leur manquer ou les cir-
BD
Les deux sœurs et l’enfant
Wallace Stegner (1909-1993)
est une sorte de monument
de la littérature américaine dont
l’œuvre court sur un demisiècle et fut couronnée - chose
rare - à la fois par le Pulitzer
(1972) et le National Book
Award (1977). Il fut aussi un
professeur d’écriture vénéré
qui eut pour élèves Carver,
McGuane, Stone et d’autres
encore. Depuis quelques
années, les éditions Gallmeister
sont parties à la chasse aux
inédits. L’an dernier, dans
la collection « Totem », on a pu
lire l’ultime roman de Stegner,
En lieu sûr, magnifique réflexion
sur le temps qui passe, l’amour,
l’amitié, l’ambition. Et voici,
quelques mois plus tard,
Une journée
d’automne,
qui n’est autre
que le premier
roman de Stegner
paru en 1937
sous le titre
Remembering
Laughter. Dans la
postface, la veuve
de l’écrivain, Mary,
que souligner ce qu’il y a d’exceptionnel chez ces personnages.
Avec un vrai bonheur d’écriture et la jubilation de raconter,
Jean-Christophe Buisson et Emmanuel Hecht dépeignent au stylet le destin tragique ou contrarié
de deux femmes et onze hommes.
Emprisonnés ou assassinés le plus
souvent. Voici ces malheureux
élus : Hannibal, Cléopâtre, Vercingétorix, Jeanne d’Arc, le roi
aztèque
Montezuma,
Guise,
Condé, Charrette, Lee, Tchang
Kaï-chek, Trotski, Che Guevara,
Nixon.
nous raconte que ce court
roman fut écrit par Stegner
pour le prix lancé par l’éditeur
Little, Brown and Company.
Il l’emporta et gagna les
2 500 dollars qui permirent
au couple d’élever leur fils
qui venait de naître. L’histoire
lui fut en partie offerte par
Mary, qui se souvenait de
deux vieilles tantes ayant élevé
seules un garçon dans l’Iowa.
Elle ne savait pas laquelle était
la mère. Cela suffit à son mari
pour imaginer la dramatique
histoire de Margaret et
Elspeth Stuart, toutes deux
amoureuses du même homme.
BRUNO CORTY
UNE JOURNÉE
D’AUTOMNE
De Wallace Stegner,
« Totem »,
Gallmeister,
150 p., 7,60 €.
simplement,
mal
Victoire posthume
Mais rien n’est joué. Car la victoire peut devenir posthume. C’est à
qui perd gagne. D’où l’importance de réussir sa sortie, de mourir
avec bravoure ou panache. Avant
d’être auréolé héraut malheureux
d’une cause, nationale par exemple, - tel Vercingétorix -, des dizaines de générations peuvent
passer.
Le républicain Jules Michelet a
aussi ressuscité Jeanne d’Arc des
cendres de son bûcher. Pourtant,
l’image reflétée peut être trompeuse, éloignée du vrai personnage, comme celle, christique et
romantico-révolutionnaire – en
poster d’adolescent – de Che
Guevara.
Le président Nixon, malgré un
bilan enviable, est réduit à une
caricature grimaçante à cause de
l’affaire du Watergate. Cléopâtre,
quant à elle, n’arrive pas à se départir d’une légende noire écrite à
l’encre indélébile. L’histoire, ne
l’oublions pas, est forgée par les
vainqueurs. ■
CURIOSITÉ
Darnand, la bravoure corrompue
Il fallait de l’audace pour écrire et
publier une BD en trois tomes sur
Joseph Darnand, chef de la milice,
l’incarnation du mal dans la
mémoire française. Les Éditions
Rue de Sèvres ont fait confiance
à Patrice Perna et à son compère
le dessinateur Fabien Bedouel.
Ensemble, ils avaient déjà réalisé
une série historique où les
frontières du bien et du mal
s’enchevêtrent : Kersten,
médecin de Himmler. Avec
Darnand, c’était plus délicat
et ils s’en tirent très bien, sans
complaisance ni manichéisme. Le
premier volume de la série, paru
en janvier dernier, mettait en
scène le tout jeune sous-officier,
d’origine paysanne, pendant la
guerre de 14 dont il sortira
en héros, célébré
comme un soldat
d’élite, décoré par
Pétain lui-même.
Le deuxième tome
qui vient de paraître
retrouve Darnand
en 1943, quand la
Milice est en crise.
Pour se déplacer sans
se perdre dans ce
constances,
tourner.
monde trouble de l’Occupation,
les auteurs ont inventé un
personnage, Ange, tireur d’élite,
à qui Darnand avait sauvé la vie
en 1918. Les deux hommes
s’étaient retrouvés dans le corps
franc créé par Darnand début
1940. Puis Ange avait rejoint la
Résistance. Ses chefs l’envoient
trouver son ancien camarade qui
a créé la Milice pour tenter de le
rallier à leur cause. Darnand à son
tour veut enrôler son ami. Ne se
battent-ils pas tous les deux
pour la France, sa grandeur,
sa liberté ? Une histoire qui fait
réfléchir à ce que disait Ivan
Illitch : « La corruption du meilleur
engendre le pire. »
ASTRID DE LARMINAT
DARNAND,
LE BOURREAU
FRANÇAIS,
TOME 2/3
de Patrice Perna et
Fabien Bedouel, Rue
de Sèvres, 58p., 15 €.
Quand Paris s’appelait Paname
C’est le Paris d’hier, ce Paris
disparu, celui d’Henri Calet
et de Léon-Paul Fargue que
l’on retrouve dans cet ouvrage
richement illustré par les photos
d’Édouard Boubat, d’Eugène
Atget, de Doisneau, de Brassaï
et autres passionnés de
Paname. Claude Dubois nous
offre une balade nostalgique
et érudite, articulée en huit
chapitres, qui s’arrête net
dans les années 1970, avec la
disparition du marché des Halles
et l’arrivée du RER. Portraits,
scènes, atmosphères
et façades se succèdent,
essentiellement en noir et blanc,
formant un curieux carrousel,
étourdissant. Ouvriers vidant
leurs gobettes de vin, bougnats
ventripotents,
couples de
danseurs,
rue de Lappe,
blousons noirs,
jeunes
blanchisseuses
affriolantes.
Le tout rehaussé
d’extraits
littéraires
empruntés à Zola, Carco l’oublié,
Mac Orlan, Eugène Dabit.
On est à Belleville, au marché
de la rue Mouffetard, boulevard
du Crime, au bouillon Chartier,
au cœur d’une imprimerie,
au cabaret du Rat mort à Pigalle,
au stade Buffalo de Montrouge,
à la Foire du Trône…
« Entre le sens de la famille
et le goût des plaisirs, l’atelier
et les boulevards, la chopine
et la chicore, la boxe et la petite
reine, la réplique qui fuse et
l’argot qui image, le peuple de
Paris affirmait sa singularité »,
annonce l’auteur, dès la
première page. La preuve,
en images.
THIERRY CLERMONT
VISAGES, FAÇONS
ET COUTUMES DU
PARIS POPULAIRE
De Claude Dubois,
Parigramme,
208 p., 25 €.
A
LES GRANDS
VAINCUS
DE L’HISTOIRE
De Jean-Christophe
Buisson
et Emmanuel Hecht,
Perrin, 410 p., 21 €.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
vendredi 14 septembre 2018 LE FIGARO
8
L’HISTOIRE
semaine
de la
EN MARGE
littéraire
THIERRY CLERMONT
tclermont@lefigaro.fr
C
E FUT un véritable
soulagement pour
moi. J’ai été comme
délivré. » Confortablement installé
à la table d’une brasserie parisienne, l’Espagnol Javier Cercas commente la sortie de son neuvième
roman, Le Monarque des ombres,
au titre inspiré d’un vers de
l’Odyssée, un de ses livres de chevet. Il poursuit, enthousiaste, dans
un français irréprochable : « Ce livre, je le porte depuis toujours, et
toujours j’avais repoussé son processus d’écriture. J’avais peur de
découvrir des choses particulièrement sombres. » Un roman qui fit
grand bruit en 2017 de l’autre côté
des Pyrénées, où le lecteur découvrait que le grand-oncle de Javier
Cercas, l’oncle de sa mère, Manuel
Mena, avait été un combattant
phalangiste durant la guerre d’Espagne, tué sur le front, arme à la
main, à l’âge de dix-neuf ans. Sur
plus de 300 pages, le romancier,
un des plus doués de la Péninsule,
aux côtés de ses aînés Antonio
Muñoz Molina, Arturo Pérez-Reverte et Javier Marías, l’auteur des
Soldats de Salamine a mené l’enquête sur le terrain, tissant un récit très personnel, sans jamais
prendre parti ou juger.
«
IL Y A DIX ANS, LA BANQUE LEHMAN
BROTHERS FAISAIT FAILLITE. DANS
UN ROMAN ÉPOUSTOUFLANT, UN
ÉCRIVAIN ITALIEN RACONTE LA SAGA
DES FRÈRES LEHMAN DEPUIS 1844.
Grandeur et chute des Lehman Brothers
Il y a dix ans, en septembre 2008,
Lehman Brothers faisait faillite,
entraînant la crise que l’on sait.
Pour marquer cet anniversaire,
France Culture a rediffusé en
feuilleton, du 27 août au 7 septembre, la saga des frères Lehman, une pièce de théâtre de l’un
des plus grands dramaturges
italiens, Stefano Massini. Cette
version pour la scène avait été
tirée par l’auteur lui-même du
roman vertigineux qu’il avait
écrit dans un premier temps et
dont la traduction en français
vient de paraître aux Éditions
Globe. L’histoire des frères Lehman de 1844 à 2008 est racontée par Stefano Massini en
860 pages écrites comme une
mélopée poétique et dramaturgique, elliptique et pourtant ultraromanesque,
éblouissante
d’intelligence et d’humour, extrê-
mement incarnée. Où l’on voit
que l’ascension de la banque Lehman fut une histoire d’hommes,
dotés d’une capacité de réflexion
et d’adaptation intraitable, qui
ont toujours su tirer avantage
des aléas de l’histoire, jusqu’au
jour où… ASTRID DE LARMINAT
« Ce livre, je le porte depuis
toujours, et toujours j’avais
repoussé son processus d’écriture.
J’avais peur de découvrir
des choses particulièrement
sombres », confie Javier Cercas.
SÉBASTIEN SORIANO/LE FIGARO
« Le “mauvais camp” »
Adulé par la mère de l’écrivain, qui
paradoxalement le présentait à son
fils aussi comme un contre-exemple, le sous-lieutenant Manuel
Mena avait été oublié volontairement par le reste de sa famille. « Il
avait choisi le “mauvais camp”,
comme on dit. Mais un camp choisi
par la moitié des Espagnols, tout du
moins en 1936. Je rappelle que j’ai
grandi au sein d’une famille franquiste. Par ailleurs, l’Histoire aussi
peut se tromper, et je voulais la
montrer, l’exposer, dans toute sa
complexité, je voulais savoir et
comprendre. Alors j’ai écrit ce roman sur l’héritage de la guerre civile. Généralement, quand on évoque
des choses du passé, perdues dans
les brumes du passé, on est tenté de
les déformer, de les maquiller. On a
toujours peur de la vérité et on s’accommode toujours d’un mensonge,
et aujourd’hui plus qu’hier. Je dirais
même que le mensonge est devenu la
norme. On nous ment même au nom
de la vérité. Autre chose : Günter
Grass avait le devoir de nous raconter son engagement dans la Waffen
SS à dix-sept ans, qu’il n’a révélé
qu’au soir de sa vie. Je ne lui pardonnerai jamais de ne pas l’avoir
fait. Il n’a pas su affronter son passé. »
A
« Né dans le rock and roll ! »
Javier Cercas est né en 1962 en Estrémadure, région déshéritée,
dans le village d’Ibahernando, la
même où avait vécu Manuel
Mena, et où son grand-père paternel dirigeait la Phalange locale.
Alors qu’il a quatre ans, la famille,
son vétérinaire de père en tête,
s’installe à Gérone, en Catalogne.
Le futur écrivain, déjà passionné par le tennis, grandit au milieu
des livres et des disques de sa
sœur aînée, qui lui fait découvrir
les Doors, Led Zeppelin, le Bob
Dylan des grandes années et
Creedence Clearwater Revival. Il
s’enthousiasme : « Je suis né dans
le rock and roll ! D’ailleurs, tous
mes livres sont structurés de la
même façon, avec refrains et couplets, variations, ornements, répétitions, solos… » Entre deux coups
de fourchette, entre deux citations (Tolstoï, Kafka, Montaigne…), il marque une pause.
« Je lisais énormément, et aujourd’hui encore. Mon premier choc littéraire a été la lecture de Michel
Strogoff. Quel roman magnifique ! »
Il a connu d’autres enthousiasmes,
provoqués par Gustave Flaubert,
Antonio Machado, Melville, Oscar
Wilde, Kafka et Italo Calvino,
Faulkner, André Gide et ses Fauxmonnayeurs, et les écrivains du
Javier Cercas : bas les masques !
PORTRAIT
Le romancier
publie une
enquête sur
son grand-oncle,
jeune phalangiste
mort dans les
rangs franquistes
en 1938. Le livre
qu’il rêvait
d’écrire depuis
ses débuts.
LE MONARQUE
DES OMBRES
De Javier Cercas,
traduit de l’espagnol
par Aleksandar
Grujicic et Karine
Louesdon, Actes Sud,
320 p., 22,50 €.
« boom » : García Márquez, Julio
Cortázar, Cabrera Infante et surtout Mario Vargas Llosa, dont il
découvre La Ville et les chiens à
l’adolescence (« Un des romans les
plus parfaits qui soient », préciset-il), et qui le prendra en amitié.
En 1987 paraît Le Mobile, son
premier ouvrage, l’année où il
part s’installer provisoirement aux
États-Unis.
« J’avais
alors,
confie-t-il en souriant, l’intention
secrète de devenir un écrivain
nord-américain
postmoderne…
Alors que je me considère aujourd’hui plutôt post-postmoderne. J’ai
dépassé le cynisme et le sarcasme
qui ont envahi la littérature justement postmoderne. » Suivent À petites foulées (El inquilino, dans
l’original) et Le Ventre de la baleine, en 1997, timidement accueillis
par le public et la critique.
Généralement,
quand on évoque
des choses du passé,
perdues dans
les brumes du passé,
on est tenté
de les déformer
JAVIER CERCAS
»
« Le roman
doit être engagé»
Rencontre
avec Vargas Llosa
Puis vint le miracle des Soldats de
Salamine, en 2001, dans lequel
Javier Cercas brosse magistralement le portrait de Rafael Sánchez
Mazas, écrivain fasciste, fondateur de la Phalange et futur ministre du premier gouvernement de
Franco, après avoir miraculeusement échappé au peloton d’exécution des Républicains.
Le livre est remarqué, mais c’est
la longue et élogieuse critique
qu’en a faite Mario Vargas Llosa en
septembre de la même année dans
El País (sous le titre « Le Rêve des
héros ») qui va propulser Les Soldats de Salamine au sommet des
ventes. Au total, y compris le format poche, plus d’un million
d’exemplaires écoulés, et des traductions dans une vingtaine de
pays. D’autres voix auront rejoint
celle de Vargas Llosa, et non des
moindres : Susan Sontag, George
Steiner, J.M. Coetzee, Doris Lessing… Les deux hommes se rencontrent quelques jours plus tard,
précisément le 11 septembre.
« C’était très étrange, se souvientil. Le restaurant où nous nous sommes retrouvés, à Madrid, était totalement vide. Quelle curieuse
atmosphère. Depuis, nous nous
1930. Pour le moment. Et on ne peut
s’empêcher de rapprocher la crise
de 2008 et la Grande Crise de 1929,
avec les conséquences que l’on sait.
Et puis on a oublié le côté fascinant
du fascisme, son anticapitalisme.
On l’a simplifié depuis, réduit à une
caricature. Ce qui est dangereux. »
Hélas, les quatre volumes réunissant les articles de celui qui se
dit non pas écrivain espagnol mais
« écrivain en espagnol » n’ont pas
été traduits en français.
voyons plus ou moins régulièrement. » Une autre amitié naîtra
deux ans plus tard : celle de l’écrivain et réalisateur David Trueba,
qui portera à l’écran Les Soldats de
Salamine et qui apparaît dans Le
Monarque des ombres.
Entre-temps, Javier Cercas a
entamé sa collaboration avec El
País, où il signe régulièrement des
chroniques et des tribunes, ne
mâchant pas ses mots, et combattant avec acharnement toute forme de national-populisme ou de
nationalisme, et tous ceux qu’il
appelle les « canailles des bonnes
causes ». Récemment, les indépendantistes catalans se sont attiré ses foudres à plusieurs reprises,
lui qui avait par le passé qualifié
les discours du président de la Generalitat, Jordi Pujol, de « flatulences patriotiques ».
Il revient longuement sur la dégradation de la situation politique
en Europe et sur le Brexit, qu’il
condamne. « Aujourd’hui, le national-populisme qui monte de façon
inquiétante dans toute l’Europe
n’est que le masque light du fascisme et du communisme des années
Anatomie d’un instant : c’est le titre
qu’il donne en 2009 à son roman
centré sur l’échec du coup d’État
du 23 février 1981, mené par des
officiers nostalgiques du franquisme, au sein du palais des Cortes,
qui accueille les députés. Nouveau
succès. Confirmé cinq ans plus
tard avec L’Imposteur, dans lequel
il s’est penché sur le destin d’Enric
Marco, icône antifranquiste, symbole de l’anarcho-syndicalisme,
vice-président de la puissante association des parents d’élèves de
Catalogne, président de l’Amicale
de Mauthausen, qui pendant des
décennies s’est fait le porte-parole
des survivants espagnols de la
Shoah mais qui avait inventé de
toutes pièces son passage dans les
camps de la mort.
Javier Cercas nous avoue qu’il
est plus sain de parler de son livre
à Paris qu’en Espagne. Moins de
tensions de ce côté-ci ; moins
d’hystérie, aussi. « Jeune, ajoutet-il, je doutais de la littérature engagée. Aujourd’hui, je pense que la
littérature peut être utile, si elle est
assez courageuse pour aller au
fond des choses. Mais c’est le roman qui doit être engagé, corps et
âme, et non pas le romancier. Et
depuis la crise de 2008, c’est la politique qui s’est imposée à nous. »
Il vient d’entamer un nouveau
roman, loin des guerres du passé,
« maintenant que je suis soulagé,
précise-t-il, mais je dois me réinventer ». Et nous nous quittons sur
cette bonne parole : « N’oublions
jamais que la littérature est un jeu
sérieux. » ■
Bio
EXPRESS
1962
Naissance
à Ibahernando
(Estrémadure),
au sein d’une famille
franquiste.
1987
Publie son premier
livre, Le Mobile,
et s’installe
pour deux ans
aux États-Unis.
1999
Entame sa longue
collaboration
au quotidien
madrilène El País.
2001
Les Soldats
de Salamine.
Le roman est salué
par Mario Vargas
Llosa, J. M. Coetzee,
Doris Lessing
et George Steiner.
Il est adapté
au cinéma deux ans
plus tard par David
Trueba, qui deviendra
son complice.
2006
La verdad
de Agamenón (essai).
Non traduit
en français.
2009
Anatomie
d’un instant. Prix
national du roman.
2016
Le Point aveugle
(essai).
2017
Neuvième roman :
Le Monarque
des ombres.
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