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Le Figaro - 18 08 2018 - 19 08 2018

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samedi 18 - dimanche 19 août 2018 LE FIGARO - N° 23 021 - www.lefigaro.fr - France métropolitaine uniquement
Première édition
lefigaro.fr
« Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur » Beaumarchais
HISTOIRES D’ESPIONS
ANNA CHAPMAN,
LA PSEUDO-VEDETTE
DE LA TÉLÉVISION
RUSSE PAGE 21
L’ÉTÉ
DU
FIGARO
ANNE HIDALGO
LES OPPOSANTS À LA MAIRE
DE PARIS FOURBISSENT
LEURS ARMES PAGE 5
Sécurité : les villes parient
sur la vidéosurveillance
LE VOYAGE
RÉINVENTÉ
AUX MALDIVES,
DANS UN
SOUS-MARIN
AILÉ
PAGE 15
QUAND LA SCIENCE
BOUSCULE L’ART
LE CINÉMA AU
DÉFI DE LA 3D
En dépit de coûts importants, les élus investissent massivement dans ces technologies.
Les communes équipées se comptent aujourd’hui par milliers.
PAGE 19
C’EST AUSSI
UNE ENTREPRISE
Il y a quelques années encore,
elle faisait peur, elle est aujourd’hui encensée. La vidéosurveillance se répand comme
une traînée de poudre en France. Le ministère de l’Intérieur
LES BONNES
AFFAIRES
DU FESTIVAL
DE CANNES
recense plus de 3 000 communes qui ont frappé à sa porte
pour bénéficier d’aides financières. Car ces technologies
coûtent très cher. Mais les administrés, depuis les attentats,
réclament toujours plus de sécurité. En plus de la vidéoprotection, les maires ont désormais le droit d’équiper leurs
polices municipales de caméras-piétons, cet équipement
accroché à l’uniforme et destiné à filmer les contrôles. Un
outil considéré comme indispensable dans les petites communes où, bien souvent, un
agent patrouille seul.
è NICE SATISFAITE D’AVOIR PARIÉ
SUR LA VIDÉO è À MANTES-LAJOLIE, LA CAMÉRA-PIÉTON « NE
SUFFIT PAS » è SURVEILLANTS
DE PRISON ET POMPIERS
VONT BIENTÔT ÊTRE ÉQUIPÉS
PAGES 2, 3 ET L’ÉDITORIAL
PAGE 27
JEUX D’ÉTÉ PAGE 18
Les richesses
du Groenland
aiguisent l’appétit
de la Chine
ITALIE
Colère à Gênes
à l’heure
des funérailles
nationales PAGE 7
ENVIRONNEMENT
Les plateformes
pétrolières
favorisent la
biodiversité marine
MUSIQUE
Nicole Corti défend
la tradition chorale
française. Entretien
PAGE 14
AUTOMOBILE
Les écarts
d’Elon Musk
fragilisent Tesla
ANTOINE LORGNIER/ONLY FRANCE
PAGE 10
Intéressé par les richesses minérales de ce gigantesque territoire autonome et par son accès à l’océan Arctique, Pékin
déploie toute son énergie pour s’y implanter. Cet activisme préoccupe la tutelle danoise et les États-Unis. PAGE 24
Le projet
de « force
spatiale » de
Trump fait
des vagues
en Amérique
La Maison-Blanche a confirmé il y a quelques jours la
naissance prochaine d’une
« force spatiale », sixième
branche des forces armées
censée redonner l’avantage
aux Américains par-delà
l’atmosphère et combler
leur retard face aux Russes
et aux Chinois. Mais ce projet, qui permet de détourner
l’attention des ennuis politico-judiciaires du président
Trump, attise les tensions
entre l’armée et l’exécutif
américain. PAGE 8
PAGE 26
La chronique de
Natacha Polony
La tribune
d’Alexandru
Calinescu PAGE 20
ÉDITORIAL par Yves Thréard ythreard@lefigaro.fr
Le virtuel et le réel
n
n
@
FIGARO OUI
FIGARO NON
Réponses à la question
de vendredi :
Souhaitez-vous que
la France autorise
les tests ADN pour
les particuliers ?
NON
28 %
OUI
72 %
TOTAL DE VOTANTS : 18 395
M 00108 - 818 - F: 2,60 E
3’:HIKKLA=]UW[U^:?a@s@b@s@a";
Votez aujourd’hui
sur lefigaro.fr
Êtes-vous rassuré
par la présence de caméras
de vidéosurveillance
en ville ?
LUCAS BARIOULET/AFP-KONSTANTIN
CHALABOV/SPUTNIK
G
eorge Orwell est à la mode, et
c’est normal. Dans 1984, l’écrivain avait anticipé cette société
hyperconnectée, où ceux qui
tiennent le pouvoir savent tout
sur presque tout, à tout instant. Aujourd’hui,
ce monde-là alimente nombre de fantasmes
sur le respect de la vie privée et nourrit bien
des craintes sur la protection des libertés individuelles. Pourtant, cela n’empêche pas les
uns de continuer à se montrer sur webcam à
la terre entière ou les autres à déballer leurs
sentiments à des inconnus sur les réseaux sociaux. Alors pourquoi redouteraient-ils
d’être filmés un quart de seconde dans la rue
par une caméra de vidéosurveillance ?
Beaucoup, de nos jours, éprouvent une grande
difficulté à distinguer l’univers virtuel, où les
interrogations philosophiques sont de bon
ton, et la réalité quotidienne du terrain. La vie
de tous les jours n’est pas un roman. Les statistiques le prouvent, la délinquance est de plus
en plus violente, gratuite, précoce. Ni inventée
ni surestimée, elle frappe l’ensemble du territoire et reste, pour une majorité de Français, le
premier défi à affronter. D’autant qu’un autre
fléau s’est abattu sur notre pays avec le terro-
risme islamique. Faudrait-il dans ces conditions que nos forces de l’ordre travaillent encore comme au siècle de Vidocq ?
Certes, la vidéosurveillance, dont s’équipent
de plus en plus de villes avec raison, n’éradiquera pas la violence. Sa présence peut être
dissuasive, mais n’est pas assimilable à un
moyen préventif. Elle apparaît, en revanche,
comme une arme efficace, souvent décisive, dans l’élucidation des crimes et
délits. Elle s’est révélée essentielle ces
jours-ci dans l’enquête sur l’assassinat
du jeune Adrien Perez à Grenoble. Tout autant dans l’arrestation
du terroriste du Parlement de Westminster, à
Londres.
L’usage de la vidéosurveillance nécessite le
respect de quelques règles, mises à jour au fil
des progrès techniques. Il convient d’éviter
les manipulations. Mais nul n’imagine à présent qu’on puisse se passer de ce dispositif. La
vérité des images sera toujours plus forte que
le caractère aléatoire des témoignages. ■
La vidéo est
une arme
efficace dans
l’élucidation
des crimes
AND : 2,80 € - BEL : 2,60 € - CH : 4,00 FS - CAN : 5,40 $C - D : 3,20 € - A : 3,50 € - ESP : 2,90 € - Canaries : 3,00 € - GB : 2,50 £ - GR : 3,20 € - DOM : 3,00 € - ITA : 3,00 €
LUX : 2,60 € - NL : 3,20 € - PORT.CONT : 3,00 € - MAR : 22 DH - TUN : 4,20 DT - ZONE CFA : 2.300 CFA
ISSN 0182.5852
A
CHAMPS
LIBRES
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samedi 18 - dimanche 19 août 2018 LE FIGARO
2
L'ÉVÉNEMENT
Toutes les villes
qui utilisent
ce système en sont
très satisfaites
et aujourd’hui
je ne connais aucun
incident lié aux
caméras-piétons
GAËL PERDRIAU, MAIRE (LR)
DE SAINT-ÉTIENNE
»
À L’AFP, EN MAI
Une caméra de surveillance,
en 2012, sur la promenade
des Anglais à Nice, la ville
la plus vidéoprotégée
de France. VALERY HACHE/AFP
A
SARISE,
LE DISPOSITIF
MOBILE DES CRS
À l’occasion d’événements
internationaux ou de grandes
manifestations,
la vidéosurveillance des CRS
vient désormais en appui
de celle des communes. Des
caméras supplémentaires sont
alors provisoirement installées
à des endroits stratégiques
des rues. Elles sont notamment
perchées sur des lampadaires
ou sur les toits pour dominer
la foule. « Ces caméras très
haute définition permettent
une vision à 360 degrés en
temps réel », indique Max
Adanalian, en charge des
systèmes d’information et
de communication à la direction
centrale des compagnies
républicaines de sécurité. Unique
en son genre et dénommé Sarise
(système autonome de
retransmission d’images pour la
sécurisation d’événements), ce
dispositif, validé en 2016, permet
le visionnage d’images dans les
salles de commandement. Utilisé
lors de la dernière feria à Dax,
mais aussi à Lourdes lors
du 15 août, Sarise sera mis en
place à Lille lors de la prochaine
braderie, en septembre. « En cas
d’enquête, nos images sont
réquisitionnées et elles le sont de
plus en plus », relève ce même
responsable de la police.
A. N.
Sécurité : les villes misent sur
Vidéosurveillance, caméras-piétons pour les polices municipales… Malgré les critiques,
ANGÉLIQUE NÉGRONI anegroni@lefigaro.fr
Il Y A QUELQUES ANNÉES encore, elle
faisait peur, elle est aujourd’hui encensée. Devenue omniprésente dans le paysage de la sécurité, la vidéo se répand
comme une traînée de poudre. Dans nos
rues, par le biais des caméras, c’est
aujourd’hui le raz-de-marée, en dépit
de vifs questionnements. Ainsi à Nice, la
ville la plus vidéoprotégée de France,
l’attentat de 2016 n’a pas pu être déjoué.
Et la récente affaire Benalla interroge
sur l’archivage et l’utilisation d’images
de vidéosurveillance (lire page 4).
Mais rien n’y fait. Même les plus petites communes aujourd’hui s’équipent.
Baudinard-sur-Verdon dans le Var détient le record. Il est le village le plus
surveillé, avec 12 caméras pour 156 habitants ! Convaincus de la nécessité de
s’équiper, mais aussi sous la pression de
leurs administrés qui, depuis les atten-
tats, réclament toujours plus de sécurité, les maires investissent des sommes
folles dans ces installations onéreuses.
Hors coût de fonctionnement, une caméra installée coûte, en effet, entre
8 000 et 15 000 euros. Mais ne reculant
pas devant l’effort financier, les villes
vidéosurveillées se comptent aujourd’hui par milliers. Beauvau en recense
plus de 3 000 qui ont frappé à sa porte
pour bénéficier d’aides financières. Ces
dernières totalisent aujourd’hui 56 600
Nice satisfaite d’avoir parié sur la vidéo
VINCENT-XAVIER MORVAN
£@vincentxaviermo
NICE
2 015 CAMÉRAS, toutes en haute définition, en 2018, contre seulement 280 en
basse définition il y a dix ans quand il a
pris les commandes de la mairie de
Nice : c’est peu dire que Christian Estrosi a fait de la vidéoprotection le fer de
lance de sa politique sécuritaire. Et il ne
voit « aucune raison de s’arrêter ». « Le
maillage n’est jamais terminé, même un
endroit avec une caméra peut avoir un
angle mort qu’il faut réussir à résorber »,
note l’élu LR. De nouvelles générations
de bus, équipées de la vidéo, sont ainsi
prévues. Les rames de la dernière ligne
de tramway seront dotées de caméras
en Wi-Fi. Et grâce au texte voté par le
Parlement, Nice va équiper progressivement ses 500 policiers municipaux
de caméras-piétons. Pour justifier cette
course à la vidéosurveillance, Christian
Estrosi explique que les caméras sont
utiles à « une multitude de choses », notamment la sécurité civile, lors de
coups de mer ou de fortes intempéries.
Elles contribueraient aussi à la gestion
de la circulation et du stationnement.
Surtout, « la vidéoprotection permet
d’effectuer cinq cents à six cents interpellations chaque année », se félicite
l’élu, avec « presque 1 500 réquisitions
administratives par an contre aucune en
2008 ». « Les magistrats étaient réfractaires, ce n’était pas dans leurs habitudes. Aujourd’hui, ils en sont les premiers
demandeurs », constate-t-il.
« Même s’il n’est pas universel, si toutes les images ne sont pas exploitables et
si tout n’est pas forcément couvert, en
termes de preuves c’est un magnifique
outil », reconnaît Jean-Michel Prêtre,
procureur de la République de Nice. Il y
voit deux intérêts : « Des éléments de
preuve relativement imparables » et « la
possibilité de pister des fuyards de manière totalement réactive pour orienter
les forces ». Après le rapt en 2016 de
Jacqueline Veyrac, riche hôtelière de la
Côte d’Azur, « les images ont permis
d’obtenir la preuve de la présence de véhicules à certaines heures et de démontrer que les choses étaient préparées de
longue date », relève le magistrat. Dans
une autre affaire qui a fait grand bruit,
l’assassinat en 2014 d’Hélène Pastor,
richissime héritière du Rocher, et de
son chauffeur, les caméras de la ville
ont là encore joué un rôle. « Celle qui est
placée dans le tunnel de la gare Thiers
nous a permis d’obtenir une belle photo-
“
La vidéoprotection
permet d’effectuer
cinq cents à six cents
interpellations
chaque année
”
CHRISTIAN ESTROSI, MAIRE DE NICE
graphie du tueur présumé et de son complice arrivés en train de Marseille, note
Philippe Frizon, chef de la police judiciaire niçoise. Elle ne nous a pas donné
leur identité, mais elle faisait partie des
premiers éléments de l’enquête. » Ses
équipes ont aujourd’hui « complètement intégré l’outil, avec des recherches
systématiques lors des vols à main
armée, des crimes, des agressions à
domicile… ».
Outil décisif après les crimes, la vidéo
semble toutefois peu à même de les empêcher, reconnaissent ces professionnels. « Sur l’aspect préventif, cela reste à
discuter », admet Jean-Michel Prêtre.
Pour le commissaire Frizon, « on peut se
dire qu’avec les caméras les gens vont
faire un peu plus attention, mais cet effet
dissuasif est difficilement quantifiable ».
Selon Patrick Allemand, élu municipal
d’opposition, « moins de 5 % des délinquants » seraient sensibles à l’argument. Le chef de file de la gauche à Nice
ne conteste pas l’utilité des caméras,
mais leur trouve deux limites. « Il y en a
tellement que cela entraîne de grosses
difficultés de maintenance, et surtout il
faudrait une armée de fonctionnaires
pour être connecté 24 heures sur 24 et
exploiter toutes les images », estime-til. Selon lui, « le facteur aléatoire est trop
important » pour faire de la vidéosurveillance un véritable outil de prévention. L’exemple ultime serait les onze
repérages effectués sur la promenade
des Anglais par Mohamed Bouhlel, le
terroriste du 14 juillet, « au volant d’un
19 tonnes qui n’avait rien à y faire ».
« Onze fois, et cela n’a pas interpellé
ceux qui étaient derrière les écrans. Si
tant est qu’il y ait eu quelqu’un ? », s’interroge-t-il. Le maire retourne la question : « S’il n’y avait pas eu de caméras,
aurait-on pu reconstituer le parcours du
barbare ? »
Pour passer de l’élucidation des crimes à leur empêchement, il est nécessaire, selon M. Estrosi, de « franchir une
nouvelle étape » technologique. Il plaide
en faveur de l’autorisation d’utiliser la
reconnaissance faciale et celle des plaques minéralogiques. Il se heurte toutefois à l’opposition de la Cnil, qui a retoqué une autre de ses initiatives,
l’application Reporty, qui aurait permis
à tout un chacun de dénoncer des
agressions. Mais pour l’élu azuréen,
« s’abriter toujours derrière cette institution qui date de 1978, ça va, il faut dépoussiérer tout ça ». ■
caméras. On est loin des 15 000 recensées en 2007, date à laquelle un plan national d’équipement avait été lancé.
En plus de la vidéoprotection, les élus
locaux vont désormais pouvoir aller
plus loin en recourant à la caméra-piéton, cet équipement accroché à l’uniforme et destiné à filmer les contrôles ou
diverses autres opérations. Utilisée depuis 2016 par les policiers et gendarmes
lors de certaines de leurs interventions,
notamment en zone de sécurité priori-
À Mantes-la-Jolie,
HUGO WINTREBERT £@HugoWintre
UN TRAIN s’arrête à la gare de Mantes-laJolie. Quatre agents de la police nationale
scrutent les voyageurs qui sortent de la
rame. L’un d’eux attire leur attention.
« Bonjour monsieur, contrôle d’identité »,
lance Abdel, policier, à un homme visiblement habitué de l’exercice. « Je vous informe que vous êtes filmé », prévient l’agent
consciencieux, en pointant du doigt un
boîtier qu’il porte au niveau du cœur. L’interpellé ne montre aucune réaction. Il
semble même familier avec cette caméra.
La caméra-piéton, expérimentée ici
depuis 2013, vient s’ajouter au gilet tactique déjà bien rempli des policiers de
Un policier active le boîtier
qu’il porte au niveau du cœur, lors
d’un contrôle à Mantes-la-Jolie.
SÉBASTIEN SORIANO/LE FIGARO
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 18 - dimanche 19 août 2018
L'ÉVÉNEMENT
le tout-caméra
les élus investissent dans ces technologies.
taire, elle va pouvoir aussi équiper la
police municipale.
Après une expérimentation de deux
ans jugée concluante dans 391 villes, une
loi votée le 3 août dernier pérennise en
effet le dispositif pour ces fonctionnaires
municipaux. Toutefois, dans l’attente
d’un décret d’application qui doit intervenir dans quelques semaines, ces derniers doivent provisoirement remiser
leur appareil. « Quel manque d’anticipation ! », s’agace le maire LR de SaintÉtienne, Gaël Perdriau, devenu volontairement hors la loi. Celui-ci refuse
tout net de désactiver ses caméras,
aujourd’hui parées de toutes les qualités.
De l’avis de tous, celles-ci jouent un rôle
apaisant auprès de la population. En cas
de contrôles, et avertie qu’elle est filmée, celle-ci renonce davantage aux
outrages. « Ça calme assurément le
jeu », souligne Bruno Gonzalez, directeur adjoint de la police municipale de
Narbonne dans l’Aude, l’une des premières villes à s’être emparée de cet
outil. Sécurisant l’opération, la caméra
est même aujourd’hui considérée comme indispensable dans les petites communes ou, bien souvent, un agent patrouille seul et fait face aux conflits de
voisinage, comme le relatait la députée
Corinne Vignon (LaREM) fin juillet à
l’Assemblée nationale.
Mais cet outil entre aussi dans la guerre des images. À l’heure des vidéos prises par les particuliers avec leurs smartphones et qui tournent en boucle sur les
réseaux sociaux, les acteurs en charge
de la sécurité ont plus que jamais besoin
de se couvrir. Si la situation dégénère, ils
disposeront alors de leurs propres vidéos. « Les policiers sont tellement mis en
cause qu’ils ont le réflexe en intervention
de déclencher la caméra », raconte Olivier Hourcau, du syndicat de police Alliance. Convaincu de l’utilité de cette
caméra mobile, Beauvau compte, de son
côté, davantage la déployer l’an prochain au sein de ses propres unités.
Alors que la police en détient 2 000 et la
gendarmerie 600, l’objectif annoncé est
d’atteindre les 10 000 en 2019.
Mais l’engouement pour ce nouvel
équipement n’empêche pas les critiques. Pour Cédric Michel, président du
Syndicat de défense des policiers municipaux (SDPM), celui-ci est tellement
présenté comme un élément pacificateur qu’il est un frein au développement
des polices municipales armées. « Des
maires donnent des caméras pour ne pas
donner des armes ! », regrette-t-il. Mais
surtout, l’image, érigée en preuve imparable, peut être aussi source de manipulation. Selon la procédure, comme
l’avaient demandé les syndicats de police, le déclenchement de la caméra est
laissé à l’appréciation du fonctionnaire.
Une liberté qui offre la possibilité à ce
dernier de ne filmer que ce qui l’arrange, redoutent certains.
Évaluation des bienfaits
Mais d’une manière générale, nombre
de chercheurs demandent aussi l’évaluation des bienfaits de tous ces outils
liés à l’image. L’emballement de la société pour ces équipements ne doit pas
empêcher une approche scientifique,
selon Sebastian Roché, spécialiste dans
l’analyse comparée des polices au
CNRS*. Or, à ce jour, on ne dispose, selon lui, que d’études à l’étranger, aux
résultats variables. « L’une d’elles menée
en Californie avait montré que la caméra-piéton avait divisé par deux les plaintes et l’usage de la force par la police.
D’autres ont montré qu’elle n’avait pas
eu, dans le meilleur des cas, d’effets négatifs ! », dit-il.
Cette absence d’évaluation vaut aussi
pour la vidéoprotection et, dès 2011, la
Cour des comptes l’avait déploré dans
son rapport. « L’importance des sommes
en jeu justifie que l’efficacité des dispositifs de vidéosurveillance soit évaluée »,
avait-elle souligné en indiquant que des
études menées à l’étranger « ne démontrent pas globalement cette efficacité ».
Directeur de recherche au CNRS et enseignant la sociologie de la délinquance
à l’université d’Aix-Marseille, Laurent
Mucchielli met, quant à lui, les pieds
dans le plat avec son ouvrage, Vous êtes
filmés (aux éditions Armand Colin). Selon sa propre évaluation, ce dernier indique que la vidéosurveillance n’a pas
provoqué de rupture de courbe de la délinquance sur la voie publique. « Et elle
permet de résoudre 1à 3 % des affaires.
C’est peu, si bien que les villes, pour rentabiliser leurs équipements, se mettent à
vidéoverbaliser les automobilistes », ditil. Même si ces taux paraissent faibles, ce
sont tout de même des arrestations et
des affaires chaque jour résolues grâce à
la caméra. Difficile alors de pouvoir
aujourd’hui se passer de cette aide. ■
*Auteur « De la police en démocratie »,
chez Grasset
3
Surveillants de prison et pompiers
vont bientôt être équipés
UTILISÉE par les forces de l’ordre dans
les zones sensibles mais aussi bientôt par
la police municipale, la caméra-piéton
va être testée par d’autres catégories en
charge de la sécurité. Les pompiers et les
surveillants de prison vont, en effet, expérimenter ce boîtier sous certaines
conditions, comme le prévoit la loi du
3 août dernier. Pour les premiers notamment, le texte interdit le déclenchement
de l’enregistrement « dans les cas où il
est susceptible de porter atteinte au secret
médical ». Pour les seconds, le recours à
la caméra mobile, naturellement prohibée au moment des fouilles, ne sera pas
généralisé. Le texte limite son usage aux
missions présentant « un risque particulier d’incident ou d’évasion ».
Précédant le vote de la loi, les débats
qui se sont tenus fin juillet à l’Assemblée
nationale, ont mis en évidence la nécessité d’élargir à ces catégories la caméra, qui,
par sa seule présence, apaiserait les relations avec la population. Or dans le cadre
de leurs activités, pompiers et surveillants
de prison subissent de perpétuelles agressions. Les premiers en ont dénombré
2 280 l’an passé, soit une augmentation de
20 %, comme l’a rappelé la députée (LR)
Valérie Lacroute. Son collègue socialiste,
Joaquim Pueyo (PS) a, quant à lui, évoqué
la situation « alarmante des surveillants
pénitentiaires », victimes de plus de
40 000 agressions chaque année. Pour lui,
la caméra, sera notamment utile pour gérer les détenus particulièrement signalés
ou encore « lorsqu’un mouvement se développe en prison ».
Prochainement définie par décret,
cette expérimentation, prévue sur trois
ans suscite pourtant des critiques du côté
des syndicats. Pour la fédération nationale des sapeurs-pompiers, celle-ci arrive presque trop tard. « La caméra mobile était vraiment nécessaire il y a
quelques années, quand la vidéosurveillance faisait encore défaut dans les
quartiers sensibles où les pompiers tombaient dans des guets-apens », relate
l’un de ses représentants, le colonel Grégory Allione. Or, désormais, la donne a
changé : les caméras installées par les
“
Avec des images
montrant les violences que
nous subissons, on arrivera
peut-être à obtenir
auprès des tribunaux
des peines plus sévères
”
JEAN-FRANÇOIS FORGET, À PROPOS DES PRISONS
villes sécurisent les lieux et leurs interventions sont moins la cible d’attaques
en réunion. « Nous sommes aujourd’hui
davantage confrontés à des agressions au
sein des foyers, lorsqu’on porte secours à
des personnes », décrit le responsable.
« Les addictions, la détresse sociale provoquent ces violences. Mais sera-t-on
autorisé à rentrer dans l’intimité des gens
avec des caméras ? »
Concernant les prisons, le secrétaire général de l’Ufap-Unsa, Jean-François For-
get, regrette un texte trop restrictif : « Il
faut filmer un maximum ! », lance-t-il en
poursuivant : « Avec des images montrant
les violences que nous subissons, on arrivera
peut-être à obtenir auprès des tribunaux
des peines plus sévères contre les auteurs. »
Depuis février dernier, comme le prévoit la loi de 22 mars 2016, la police des
transports de la SNCF teste aussi cet
équipement. Quarante caméras-piétons
sont pour l’heure réparties sur huit sites
opérationnels de la Sûreté ferroviaire.
Parmi eux : Paris-Montparnasse, Calais
ou encore Lyon Part-Dieu. Jusqu’à la fin
de l’année prochaine, l’appareil est testé
pour prévenir les incidents lors des interventions des agents ou pour établir le
constat d’infractions, explique-t-on à la
SNCF. Également autorisée à s’emparer
de ce type de caméra, la RATP va, quant
à elle, lancer l’expérimentation à la fin de
cette année.
Or sans attendre les retours d’expérience, des parlementaires suggèrent déjà
d’étendre les tests à d’autres catégories.
Ainsi le député Michel Vialay (LR) évoque
les agents des douanes qui exercent des
missions sensibles. Mais où placer le curseur, s’est en quelque sorte interrogé
dans l’Hémicycle le communiste Stéphane Peu, en parlant aussi des enseignants,
du personnel hospitalier, des gardiens
d’immeubles HLM, eux aussi agressés.
Évoquant alors une possible « extension à
l’infini » du recours à la caméra, ce dernier a mis en garde contre l’illusion
consistant à croire que les moyens techniques pouvaient tout régler. ■
A. N.
Magistrale !
EMMA
THOMPSON
STANLEY
TUCCI
Télérama
FIONN
WHITEHEAD
la caméra-piéton « ne suffit pas »
sument que l’enregistrement va toujours
profiter au policier. Et s’imaginent que les
forces de l’ordre peuvent supprimer ou
truquer les images si elles ne sont pas en
leur faveur. Résultat, les moindres faits et
gestes des policiers sont aussi enregistrés
par les habitants. « Dès qu’on sort du fourgon, on est filmés », explique Florian.
« Un fantasme de ceux
qui ne font pas de terrain »
De ce jeu de double miroir, il ne ressort
pas grand-chose. « On est souvent déçu
par les images, rapporte le capitaine
Goeffroy Delvaincourt. Il y a toujours un
contre-jour, il fait nuit, un arbre cache
l’action, ou l’enregistrement est enclenché
au mauvais moment. Au final, on aura que
des bribes d’images, qu’on va regarder
soixante fois et chacun aura son interprétation. » Pour le capitaine, la camérapiéton est surtout « un fantasme de ceux
qui ne font pas de terrain ». « Dans un moment de tension, avec l’adrénaline, les
agents se concentrent d’abord sur l’action
et ne pensent pas à filmer. »
Dernier exemple en date : le 10 novembre dernier. Un habitant du ValFourré fait l’objet d’un contrôle d’identité. Rebelle, il est amené dans un fourgon.
Il se serait ensuite, d’après sa version, retrouvé menotté, plaqué au sol et attaché à
un chauffage d’appoint, qui le brûla aux
mains. Selon les forces de l’ordre, l’individu se serait agité et blessé tout seul.
Aucun des agents présents ce jour-là n’a
déclenché sa caméra-piéton. « Dans le
fourgon, ils devaient se mettre à trois pour
tenir l’individu. Ils n’allaient pas commencer à filmer quelqu’un », s’exaspère Geoffroy Delvaincourt. Le capitaine reconnaît
d’ailleurs que le bilan de la caméra-piéton est plutôt léger : en cinq ans d’utilisation à Mantes-la-Jolie, le dispositif n’a jamais servi dans une enquête. ■
My
Lady
Pour elle, seul compte
l’intérêt de l’enfant
Un film de
Richard Eyre
A
Mantes-la-Jolie. Voilà cinq ans que ces
caméras sont activées, au nom du principe de précaution. Ici, un rien suffit pour
que la situation dégénère. Le quartier est
classé zone de sécurité prioritaire et la
crainte d’un contrôle qui tourne mal est
permanente. Pourtant, Abdel, 28 ans, se
montre très sceptique : « Ce n’est pas ça
qui va suffire à calmer les tensions. » « On
filme parce qu’on a des instructions mais je
ne vois pas trop l’utilité », abonde son collègue Florian, du même âge. À la gare, les
personnes interpellées n’affichent pas
d’hostilité. « La caméra peut éventuellement dissuader certains d’avoir un comportement agressif mais ils sont conscients
qu’ils sont déjà dans une zone avec plein de
caméras », explique Florian.
La situation est différente au Val-Fourré,
la cité chaude de la ville. « Dans ce quartier, la caméra ajoute souvent de la crispation », rapporte Abdel. Les habitants pré-
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samedi 18 - dimanche 19 août 2018 LE FIGARO
4
L'ÉVÉNEMENT
La conservation des fichiers
de vidéoprotection en question
La salle de vidéosurveillance
du commissariat
du XXe arrondissement de Paris.
J.-C. MARMARA/LE FIGARO
UN BUSINESS
PROFITABLE
POUR
LES GROUPES
DE BTP
Les images enregistrées par les caméras placées dans l’espace public doivent être
détruites au bout d’un mois. Celles de l’affaire Benalla ne l’ont pas été…
ALICE BROGAT £@AliceBrogat
OÙ VONT les millions d’images enregistrées par les caméras placées sur la
voie publique ? Si l’installation de systèmes de vidéoprotection par les autorités publiques est strictement encadrée, la conservation des fichiers vidéo
est également régie par des règles précises afin d’assurer la protection des
données personnelles. Stockées par les
autorités publiques, ces images ne peuvent être visionnées que par les personnes habilitées par autorisation préfectorale. En l’absence de réquisition
judiciaire, la règle est claire : les fichiers doivent être détruits au bout
d’un mois.
Pourtant, une vidéo tournée le
1er mai place de la Contrescarpe, dans le
Ve arrondissement de la capitale, a été
transmise à Alexandre Benalla par trois
policiers de la Préfecture de police de
Paris le 18 juillet, soit deux mois et demi
après les évènements. La Commission
nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) a déclenché un contrôle
sur pièce afin d’éclaircir cette affaire.
La Cnil avait déjà réalisé des contrôles à
la Préfecture de police en 2016 et 2017.
À Paris, l’extraction des fichiers vidéo est permise par une note, datée du
21 février 2017, du directeur de l’ordre
public et de la circulation (DOPC). Elles
servent à la cellule Synapse, l’unité
chargée d’analyser et de synthétiser
l’action de la DOPC après des évènements comme des manifestations. Mais
rien n’autorise le stockage des vidéos
au-delà d’un mois… Entendu par
l’IGPN, le directeur de l’ordre public et
de la circulation, Alain Gibelin, a reconnu une « difficulté juridique ».
« Le cadre juridique est au contraire
très précis : conformément à la circulaire
de 2009 du ministère de l’Intérieur et
aux recommandations de la Cnil, la du-
rée de conservation des fichiers ne doit
excéder un mois. Ces deux sources font
autorité », rappelle Florence Gaullier,
avocate spécialiste en droit du numérique. À ses yeux, la limite d’un mois est
un bon équilibre entre la sécurité et la
protection de la vie privée. Une question centrale dans l’utilisation de la vidéoprotection.
Au-delà de la cellule Synapse, le directeur de la DOPC a évoqué dans Le
Canard enchaîné « une pratique qui
concerne toutes les directions de la Préfecture de police qui ont accès » au système de vidéosurveillance de la préfecture. Contactée par Le Figaro, la
Préfecture de police a répondu qu’elle
« veillera à prendre en compte les préconisations de l’IGPN », la police des
polices.
L’engouement
des municipalités pour
la vidéosurveillance ne profite
guère aux PME qui se chargent
habituellement de la sécurité
pour les entreprises
et les particuliers. « Les
installateurs spécialisés ne
remportent ces marchés que
dans de petites communes, et
rarement », souligne Luc Jouve,
vice-président du GPMSE
(Groupement professionnel
des métiers de la sécurité)
et président de la division
Installation de ce syndicat.
Pour installer et assurer
la maintenance de ces
équipements, les mairies font
plus volontiers appel aux poids
lourds du BTP, comme Vinci,
Eiffage ou encore Spie. Car
les filiales de ces grands
groupes dédiées à la gestion
des réseaux électriques sont
déjà à l’œuvre sur le terrain.
En plus de l’énergie, elles gèrent
en effet aussi très souvent pour
les villes les réseaux
informatiques et Wi-Fi, les
connexions entre les bâtiments
municipaux, etc. Elles poussent
donc naturellement leurs pions
sur le terrain de la sécurité :
il est plus simple de faire
circuler les données, la voix
et les images sur les mêmes
infrastructures. Quant aux
caméras installées pour
surveiller la rue, massivement
importées, elles font surtout
le bonheur… des fabricants
chinois.
A. B.
donnant le contact de l’autorité en
charge de la conservation des fichiers
doivent d’ailleurs être affichés dans les
lieux concernés. Toute personne peut
alors s’adresser au responsable du dispositif afin d’obtenir un accès aux enregistrements qui la concernent ou d’en
vérifier la destruction. « C’est un gardefou assez utile. Quand on sait que les personnes vont accéder aux données, cela
donne une responsabilité aux acteurs.
Même si ce droit demeure assez méconnu », constate Florence Gaullier. Depuis
janvier, la Cnil a reçu une quinzaine de
plaintes concernant des dispositifs de
vidéoprotection dans les collectivités. ■
Droit d’accès aux images
« Manifester est une liberté publique. Les
images doivent être protégées pour ne
pas être utilisées contre les personnes
lorsqu’elles manifestent », estime pour
sa part l’avocat Alain Bensoussan, qui
juge toutefois le cadre légal suffisant.
Les personnes filmées bénéficient d’un
droit d’accès aux images. Des panneaux
visibles et permanents informant de
l’existence de la vidéoprotection et
Les transports parisiens sous surveillance
En cas
« d’urgence,
ÉRIC DE LA CHESNAIS
£@PlumedesChamps
le conducteur
du bus peut
actionner
une alarme
discrète
qui déclenche
l’enregistrement
des caméras
L’AGRESSION mortelle d’un
voyageur mercredi 8 août au
petit matin dans un bus parisien
de la RATP (Régie autonome
des transports parisiens), sur la
ligne 255 au nord de Paris, porte
de Clignancourt, rappelle l’utilité des caméras de surveillance
dans les transports publics.
Les images enregistrées dans
le véhicule lors de la violente
UN RESPONSABLE
altercation entre un passager
DE LA SÉCURITÉ À LA RATP
déjà assis et un autre qui montait avec son vélo ont permis de
retrouver le suspect et de l’interpeller. « En cas d’urgence, le
conducteur du bus peut actionner une alarme discrète qui déclenche l’enregistrement des caméras, rappelle-t-on à la RATP.
Les images sont conservées
72 heures et sont transmises à la
»
demande de la police qui les utilisera pour mener son enquête.
Passé ce délai, elles seront détruites. » Chaque année, plus de
6 000 vidéos sont réquisitionnées par les services de police
auprès de la RATP.
Dans le cas présent, la scène
du meurtre a pu être visionnée
par la police qui a ainsi identifié
le suspect et l’a interpellé à son
domicile cinq jours après les
faits.
100 équipes prêtes à agir
Les 4 700 bus de la RATP sont
tous équipés de caméras embarquées, tout comme les
autres véhicules de transports
de l’entreprise publique. « Au
total, nous disposons de 50 000
caméras sur l’ensemble de notre
réseau, dont 35 000 dans nos
matériels roulants, c’est-à-dire
dans les bus, rames de métro,
tramways et trains RER, indi-
que un porte-parole du groupe.
Les 15 000 restantes sont fixes et
situées sur les quais, couloirs et
dans l’entrée ou la sortie des gares. » C’est à la station Châtelet,
en plein cœur de Paris, que le
nombre de caméras fixes est le
plus important, avec 458 appareils de visionnage au total.
« Les images des caméras fixes
sont visualisées en temps réel sur
les écrans de notre PC sécurité
installé dans notre siège parisien, juste à côté du PC sécurité
de la brigade des réseaux ferrés,
appartenant à la police nationale, explique-t-on quai de la Râpée. Nous sommes un des seuls
opérateurs de transport à avoir
internalisé sa sûreté, avec 1 000
agents appartenant au GPSR
(Groupe de protection et de sécurisation des réseaux, NDLR),
soit 100 équipes capables d’intervenir quotidiennement sur le
réseau en cas de problème. » ■
MARINA DARAS
A
LONDRES
À LONDRES, on entend souvent dire que
chaque personne est prise en photo près
de 300 fois par jour par les nombreuses
caméras de surveillance qui peuplent la
ville. Difficile de savoir si cela est vrai
mais l’Association britannique de l’industrie de la sécurité estime qu’il y a entre 4 et 6 millions de caméras de surveillance à travers le pays. Londres en
posséderait près d’un tiers.
Au Royaume-Uni, la vidéosurveillance
ne date pas d’hier. Les premières caméras
ont été installées au début des années
1990 alors que le pays faisait face aux attentats perpétrés par l’Armée républicaine irlandaise. C’est d’ailleurs après l’ex-
plosion de camions piégés à Londres que
le gouvernement a voulu mettre en place
un « rideau d’acier » composé de caméras capables de lire les plaques d’immatriculation des véhicules.
Depuis, la vidéosurveillance est devenue l’outil essentiel de la lutte contre le
crime. Chaque enquête policière contient
des images de surveillance, qu’elles proviennent de bâtiments publics ou privés,
des autorités locales, de la police ou encore de particuliers qui surveillent leur
propriété. Une infrastructure qui a un
coût. D’après une étude publiée par
l’ONG Big Brother Watch, les autorités
locales ont dépensé 277 millions de livres,
soit près de 310 millions d’euros, pour
l’installation, la maintenance et le
contrôle des caméras de surveillance entre 2012 et 2015. Un chiffre en baisse de
PETER MACDIARMID/GETTY IMAGES/AFP
Pour les Britanniques, être filmé dans la rue est devenu banal
L’une des quelque 200 000 caméras
qui quadrillent Londres.
46,6 % par rapport à la période 20072011 où les dépenses s’étaient élevées à
575 millions d’euros.
En place depuis plus de deux décennies, les caméras de surveillance sont finalement devenues banales dans la vie
des Britanniques, qui les ignorent et qui
ne se rendent pas vraiment compte de
l’ampleur du phénomène. Les partisans
de la surveillance de masse répètent sans
cesse le mantra « Nothing to hide, nothing to fear » (rien à cacher, rien à
craindre). Ils défendent l’utilisation des
caméras dans la lutte contre le crime,
même si cela est souvent contesté.
De l’autre côté, les ONG qui défendent
le droit à la vie privée réclament plus de
transparence sur l’utilisation des images.
« L’expansion rapide de la surveillance de
masse érode la notion de vie privée, car la
ligne entre la sphère privée et la sphère publique est mise à mal lorsque des informations sont enregistrées sans notre consentement », explique Hannah Couchman de
l’ONG Liberty. « La police est en ce moment même en train de faire un essai sur des
caméras de reconnaissance faciale qu’ils
mettent en place dans des points stratégiques, tels que des centres commerciaux,
sans vraiment prévenir les passants. Il devrait y avoir plus d’informations disponibles
pour que les citoyens puissent vraiment
comprendre ce qu’il se passe. » La reconnaissance faciale est l’évolution technologique naturelle de la vidéo surveillance et
en théorie, rien n’empêche la police de
mettre en place cette technologie sur les
millions de caméras déjà existantes. Une
question qui divise mais pas assez pour
former une véritable contestation. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 18 - dimanche 19 août 2018
POLITIQUE
5
Hidalgo s’attend à une rentrée périlleuse
Après une année tourmentée, la maire de Paris, en proie à un front d’opposants, tente de reprendre la main.
Sur le parvis de l’Hôtel de ville, Anne Hidalgo salue le public, à l’occasion de l’ouverture de l’édition 2018 des Gay Games, le 4 août.
noë. Quant au Vélib’, la mairie veut croire que le nouveau gestionnaire, Smovengo, « s’est repris en main cet été » et que le
problème sera clos d’ici à la fin de l’année. « Cet été, le nombre de courses en Vélib’ a augmenté, autour de 17 000 par jour
contre 5 000 cet hiver. » Mais c’est encore
bien loin des 100 000 courses journalières, lorsque le système était géré par
JCDecaux.
Gratuité du métro
L’autre volet Transport concernera la
gratuité du métro. Un projet sorti du chapeau en mars dernier au plus fort de la
succession d’imbroglios qui frappait la
mairie.
Dans ce cadre, les Parisiens sont invités
à adresser leurs contributions jusqu’au
10 septembre. Trois adjoints - Emmanuel
Grégoire (Budget), Christophe Najdovski
(Transports) et Jean-Louis Missika (Développement économique) - sont à la
manœuvre et les propositions retenues
seront dévoilées lors d’un séminaire le
12 octobre prochain. En réalité, la mairie
ne peut pas décider seule de la gratuité
des transports en commun. La région Îlede-France aura son mot à dire. Mais
Anne Hidalgo veut avant tout tenter un
coup politique et marquer le terrain en
amont des prochaines élections municipales. « Elle est à l’initiative et elle montre
qu’elle a des idées. On ne va pas s’arrêter
Gaspard Gantzer : « Il y a un besoin
d’un renouvellement des équipes »
PROPOS RECUEILLIS PAR
TRISTAN QUINAULT-MAUPOIL
£@TristanQM
ET MATHILDE SIRAUD £@Mathilde_Sd
L’ANCIEN CONSEILLER de François Hollande à l’Élysée a lancé son
mouvement, Parisiens, Parisiennes , et revendique 300 adhérents. Il
annoncera au printemps 2019 s’il
est candidat à la mairie de Paris.
LE FIGARO. – Avant l’été,
vous avez dit ressentir
l’insatisfaction des Parisiens.
Remettez-vous en cause
le bilan d’Anne Hidalgo ?
Gaspard GANTZER. – Les Parisiens
reconnaissent que beaucoup de
choses ont été faites depuis vingt
ans, mais qu’en même temps il y a
besoin d’un renouvellement des
équipes et de changement. Ils veulent retrouver leur fierté et leur joie
de vivre dans leur ville, que Paris
soit de nouveau une fête.
Êtes-vous le mieux placé
pour incarner ce renouvellement ?
Vous avez évolué dans le giron
de la gauche qui gère Paris depuis
dix-sept ans…
Je n’ai pas encore pris ma décision.
À titre personnel, je suis de gauche,
c’est d’ailleurs ma principale différence avec La République en marche. Je le revendique totalement.
Cela n’interdit pas de réfléchir avec
tous les progressistes. J’assume
aussi la part que j’ai prise en travaillant cinq ans à l’Hôtel de ville,
dont la moitié pour le secteur culturel. Beaucoup de choses positives
ont été accomplies. Par la suite,
quand je suis devenu conseiller politique de Delanoë, je suis notamment très fier d’avoir participé à la
mise en place d’Autolib’ et je suis
donc bien placé pour regretter que
ce service soit arrêté aujourd’hui.
Faut-il, comme le veut Anne
Hidalgo, limiter la circulation
automobile ?
Il faut bien entendu réduire la pollution atmosphérique à Paris. Cela
passe avant tout par le développement de modes de transport alternatifs. Mais il ne faut pas faire la
guerre aux automobilistes ni à la
voiture.
La maire tente de se relancer
en proposant la gratuité
des transports et la création
d’une police municipale.
Qu’en pensez-vous ?
La gratuité n’est pas la priorité. Il y
en a d’autres : l’amélioration de la
fiabilité des métros et RER, l’ouverture de certaines lignes la nuit, plus
de sécurité. Concernant la police
municipale, j’y suis favorable depuis longtemps. J’avais plutôt compris qu’Anne Hidalgo était contre,
mais réjouissons-nous qu’elle ait
changé d’avis !
Avez-vous le sentiment
que la maire oppose Paris
à sa banlieue ?
Cela n’a aucun sens de réfléchir à
l’aménagement des voies sur berge
ou des boulevards des Maréchaux
sans en discuter avec les communes
voisines. La démarche que nous
lançons avec Parisiens, Parisiennes
doit trouver un écho à Montreuil,
Saint-Ouen, Neuilly ou Saint-Mandé, pour que tous les Grands-Parisiens participent au débat sur la
métropole. Il faut construire Paris
en grand, faire chuter le périphérique, comme à l’époque on a pu
abattre le mur de Berlin.
LaREM appelle à une alternance
à Paris. C’est également votre but ?
Réfléchir en ces termes fait très…
vieux monde. Je trouve cela amusant que les membres du gouvernement actuel, qui justement ont revendiqué d’avoir fait sauter le
clivage gauche-droite, parlent
aujourd’hui d’alternance. Peutêtre veulent-ils faire gagner la droite ? Moi, je veux du changement,
des nouvelles idées, des nouvelles
têtes. Pas des élus qui ont cumulé
des mandats nationaux ou locaux
depuis dix ou vingt ans. Mon petit
doigt me dit qu’en 2020 les Parisiens feront les choses à leur façon,
comme toujours. Ils ne seront pas
sur le strict alignement par rapport
à la politique conduite au niveau
national.
Donc vous ne ferez pas d’alliance
avec LaREM ?
Nous ne ferons aucune alliance,
nous ne nous prêterons à aucun jeu
d’appareil. Ce qui nous intéresse,
c’est de rassembler des hommes et
des femmes de bonne volonté qui
viennent de la gauche, de la droite
ou du centre mais pas de rassembler
des militants politiques professionnels ou des apparatchiks. Si rapprochement il y a, ça sera sur la base de
notre projet.
Benjamin Griveaux semble
déterminé à porter
une candidature…
J’observe simplement qu’il n’y
a pas une journée sans qu’un
membre du gouvernement ou de
la majorité fasse savoir qu’il est
intéressé par les municipales.
J’avais pourtant cru comprendre
que les membres du gouvernement
étaient concentrés sur leurs tâches
au niveau national ! ■
Gaspard Gantzer,
ancien communicant
de François Hollande,
a lancé en juin
Parisiens,
Parisiennes,
un mouvement
qui a vocation
à débattre
de l’avenir
de la capitale.
FRANÇOIS BOUCHON/
LE FIGARO
LUCAS BARIOULET/AFP
de réfléchir pendant six ans », insiste son
cabinet pour justifier ce nouveau chantier
qui ne figurait pas dans son programme
électoral en 2014.
Même raisonnement en ce qui concerne la sécurité. Anne Hidalgo a opéré cet
été un surprenant revirement sur la
question de la police municipale. Lors de
la dernière campagne, elle avait expliqué
son opposition à la constitution d’une telle force de sécurité. Mais l’édile a commandé un audit sur la sécurité dans la capitale, qui sera rendu public en fin
d’année. Elle s’appuiera sur ce document
pour « faire des propositions » début 2019
en vue de la création d’une police municipale qui pourrait être armée. « Je n’ai
pas de tabous », a-t-elle expliqué au
journal Le Monde cet été.
« Elle se prépare pour le sprint de 2020 »,
observe son adjoint Christophe Girard qui
lancera un club politique le 11 septembre
prochain. Il espère être un trait d’union
avec Gaspard Gantzer, un de ses anciens
poulains qui rêve de bouter Anne Hidalgo
(lire ci-dessous) hors de l’Hôtel de ville. Au
sein de La République en marche, plusieurs postulants accélèrent eux aussi,
Benjamin Griveaux en tête (lire page 6).
Tandis qu’à droite, le député Pierre-Yves
Bournazel (Agir-Les Constructifs) va animer 12 groupes de travail pour nourrir son
projet. Autant dire qu’Anne Hidalgo est
attendue au tournant. ■
T. Q.-M.
Excédé, Campion va
présenter un candidat
ÉTIENNE JACOB £@JacobEtienne
ET FRANÇOIS DELETRAZ £@deletraz
L’ÉPOQUE où Marcel Campion et
Anne Hidalgo posaient ensemble
devant les photographes pour
l’ouverture du marché de Noël sur
les Champs-Élysées semble définitivement révolue. L’édile et le forain, proches pendant un temps - ce
dernier faisait partie du comité de
soutien de la candidate socialiste
lors de sa campagne -, se déchirent,
depuis la non-reconduction de
l’évènement sur la célèbre avenue, à
l’été 2017. Le non-renouvellement
de la grande roue de Paris, présente
depuis vingt-cinq ans place de la
Concorde, a porté le coup de grâce à
leur relation, en novembre dernier.
Le roi des forains, qui a vécu ces
décisions comme des « trahisons »,
est maintenant prêt à tout pour faire chuter sa meilleure ennemie.
Outre des déclarations incendiaires
à l’encontre de sa rivale, Marcel
Campion a lancé il y a bientôt huit
mois son propre mouvement politique, baptisé Paris libéré. Aux côtés
de l’ex-journaliste Bernard Segarra
et l’ancien cardiologue Jean-Christian Farcot, il entendait « peser »
sur la politique de la capitale.
« Nous voulons essayer de discuter
avec des gens positivement, établir
des propositions. Nous verrons
les candidats et nous tâcherons
de leur faire porter des propositions qui bénéficieront aux
Parisiens », avait-il exposé
en janvier, dans un café de
Saint-Ouen.
Depuis le début de l’année, Campion et son équipe ont organisé quatre
réunions, réunissant à
chaque fois quelques
centaines de personnes,
des amis du monde de
la fête aux retraités
agacés en passant par
des jeunes intrigués.
« On voulait voir si ça
prenait, et ça a pris », se félicite le
septuagénaire au Figaro. Et face au
succès de ces rassemblements, l’organisateur de la Foire du Trône a
décidé, à partir de la fin du mois de
septembre, de se lancer dans la
course aux municipales 2020. Son
nouveau mouvement sera baptisé
Libérons Paris, révèle-t-il. Pour
autant, le célèbre forain ne sera pas
candidat : « Je ne veux pas me présenter. J’aurai 80 ans en 2020. J’en
aurais eu vingt-cinq de moins, d’accord, mais là, j’ai une famille et des
affaires à gérer. Et je veux que la fête
continue », affirme-t-il, même s’il
envisage de devenir tête de liste
dans le Ier arrondissement nouvellement fusionné.
Adepte du franc-parler
Avec ses associés, Marcel Campion
travaille encore à l’élaboration d’un
programme. Mais il en dévoile déjà
certains aspects. « Déjà, il faut expliquer aux Parisiens qu’il est essentiel
qu’ils votent », explique-t-il, déplorant qu’Anne Hidalgo ne soit élue
que par « 10 % des habitants ». Il
compte notamment se pencher sur
des thèmes comme la propreté ou
les voies sur berges, récemment
piétonnisées. « Ce sujet était simple à
régler : il fallait faire des promenades
le samedi et le dimanche », juge-t-il.
Toujours adepte du franc-parler,
il ne cache pas vouloir s’en prendre
directement à la maire de la capitale. « Paris était une ville enchantée.
Depuis qu’elle est là, c’est une ville en
chantier », lâche-t-il. Regrettant la
gestion de « guignol » de l’édile socialiste, le forain estime qu’elle n’est
qu’une « hors-la-loi ».
Marcel Campion se donne un an
pour travailler sur le sujet. « On a
déjà dix-sept têtes de liste », assuret-il, sans pour autant donner de
nom. Approché notamment par des
« vieux brisquards de la politique », il
avoue les avoir « recalés », préférant
des gens de la société civile. « Médecins, journalistes, retraités… Il y aura
de tout », promet-il. ■
A
PARIS Lundi, Anne Hidalgo retrouvera
son bureau de l’Hôtel de ville. De retour
de vacances en Espagne, la maire de Paris
espère reprendre la main après avoir traversé d’importantes turbulences ces derniers mois.
Y compris cet été, qui a été marqué par
la fin brutale d’Autolib’. Une crise supplémentaire qui s’ajoute aux tuiles qui se
succèdent depuis un an. « Il est vrai que
de janvier à mars, on n’a pas été maître des
horloges », reconnaît un conseiller de
l’édile socialiste. L’agonie du système
Vélib’, l’annulation en février de la fermeture des voies sur berge - réouvertes
depuis -, la liste des ambitieux qui s’allonge dans l’optique des prochaines élections municipales… Autant de sujets qui
donnent des sueurs froides à la maire.
Pour rebondir, Anne Hidalgo compte
s’appuyer sur trois thématiques : l’écologie, les transports et la sécurité.
Le premier est un marqueur fort de son
identité politique. Sa croisade antivoiture
est bien connue des Franciliens, tandis
que l’opposition lui reproche son approche dogmatique. Elle tâchera d’en faire la
pédagogie dans un livre sur l’écologie à
paraître aux Éditions de l’Observatoire.
La publication devrait coïncider avec « la
journée sans voiture », qui se tiendra
cette année le 16 septembre. « Cet ouvrage sera l’occasion d’échanger avec les Parisiens », explique son entourage.
Dans le même temps, elle présentera
des solutions alternatives à Autolib’. Les
voitures électriques en libre-service,
symbole de la mandature Delanoë, ont
été remisées au garage le 31 juillet dernier
à l’issue d’un soudain et violent bras de
fer engagé avec le groupe Bolloré. Aussitôt, l’Hôtel de ville a scellé un accord avec
le constructeur Renault. Celui-ci devrait
déployer dès septembre une offre de voitures électriques en autopartage, accessibles en libre-service et sans station. Un
partenariat sur lequel la maire compte
beaucoup. D’autant plus que les écologistes, membres de sa majorité, ont mis la
pression en dénonçant l’héritage Dela-
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samedi 18 - dimanche 19 août 2018 LE FIGARO
6
POLITIQUE
Les macronistes peaufinent leur stratégie
Dans la capitale,
LaREM lance
sa précampagne
dès la rentrée,
avec une réunion
publique et
une opération
de porte-à-porte.
PARIS Ils n’imaginent pas une autre issue
que la victoire. Forts de très bons résultats à la présidentielle et aux législatives
dans la capitale, les macronistes parisiens
- 52 000 militants revendiqués - espèrent
surfer sur la vague pour ravir le siège à
Anne Hidalgo, en 2020. En coulisses, les
protagonistes s’organisent pour donner
un coup d’accélérateur dès la rentrée.
« On s’est rendu compte que Hidalgo était
déjà entrée en campagne. Elle rase gratis !
On ne va pas la laisser faire, il faudra être
plus incisifs », prévient un parlementaire
La République en marche (LaREM), alors
que l’édile socialiste a lancé un appel pour
mettre en place la gratuité des transports
en commun. La maire de Paris est devenue l’ennemie numéro un des Marcheurs. Sa brouille avec le forain Marcel
Campion est même un prétexte pour lui
mettre des bâtons dans les roues (lire
page 5). « Il y a un vrai rejet, un front antiHidalgo à Paris, assure un député macroniste parisien. J’entends partout “il faut
absolument battre Hidalgo”. »
Dans ce contexte, les responsables de
LaREM à Paris affûtent leurs armes et
peaufinent leur stratégie pour lancer l’offensive. « La rentrée sera l’occasion de
prendre davantage la parole et de s’investir
dans ce nouveau combat. Nous entrons
dans une année de précampagne », annonce Pacôme Rupin, député LaREM de
Paris qui coordonne, avec la référente
d’arrondissement Margaux Pech, le
« comité de pilotage » chargé de préparer les municipales dans la capitale. En
plus de cet organe - composé de six référents, trois parlementaires et trois
conseillers d’arrondissement –, un « comité politique » qui réunit l’ensemble des
élus et un « comité des référents » piloté
par les seize animateurs locaux LaREM
complètent le dispositif validé en juillet
par Christophe Castaner, le délégué gé-
GILLES BASSIGNAC/DIVERGENCE
MATHILDE SIRAUD £@Mathilde_Sd
Benjamin Griveaux (à droite), candidat officieux à la mairie de Paris, en discussion avec Christophe Castaner (à gauche) et Sébastien Lecornu, en janvier, à l’Assemblée nationale.
néral du mouvement. « Une structure digne du Parti communiste chinois », ironise
un élu LaREM de Paris.
Depuis plusieurs semaines, les macronistes planchent sur la structuration
quartier par quartier et sur la « plateforme programmatique » première étape à
la construction du projet, qui doit être finalisée avant la fin de l’année. « Il s’agira
“
Il faudra être au centre
du débat, se montrer
transgressifs sur nos
thèmes de campagne
”
JÉRÔME DUBUS, CONSEILLER DE PARIS,
EX-LES RÉPUBLICAINS RALLIÉ À LAREM
de porter un projet progressiste qui réunira
ceux qui ne se parlent plus, au service de la
qualité de vie de tous, dépassant les politiques électoralistes qui s’arrêtent à la simple frontière du périphérique », fait savoir
le député de Paris Pierre Person.
Quelques idées et chantiers prioritaires
commencent à émerger : la généralisation de l’ouverture des commerces le dimanche dans toute la ville, le développe-
ment d’espaces dédiés aux transports en
« free floating », la réforme de la
construction des logements sociaux… « Il
faudra être au centre du débat, se montrer
transgressifs sur nos thèmes de campagne », plaide Jérôme Dubus, conseiller de
Paris, ex-Les Républicains rallié à LaREM. « Paris se gagnera à l’audace. » Le
mouvement cherche aussi à « former les
militants, les mobiliser et occuper le terrain », en attendant l’élection, selon Pacôme Rupin.
En plus d’une grande opération de
porte-à-porte, calquée sur le modèle des
« grandes marches », qui sera lancée début octobre, les cadres du mouvement
organisent « un grand événement », une
réunion publique, probablement le
27 septembre. « L’idée serait de réunir
tous ceux qui veulent l’alternance », confie
l’entourage de Benjamin Griveaux, candidat officieux à la mairie de Paris. Le
porte-parole du gouvernement continue
de son côté à semer les graines d’une future candidature, avec la bienveillance
du président de la République. « Il est devenu le candidat naturel, évident pour Paris », soutient Aurore Bergé, députée LaREM des Yvelines. « Tout le monde est
assez discipliné derrière Griveaux », constate une élue d’arrondissement.
Selon nos informations, Benjamin Griveaux a commencé, depuis quelques semaines, à organiser des dîners pour lever
des fonds. Le macroniste est à la recherche de 2,5 millions d’euros pour la campagne municipale. Pendant ce temps-là,
d’autres prétendants avancent aussi leurs
pions, à l’image du secrétaire d’État
Mounir Mahjoubi, du vice-président de
l’Assemblée Hugues Renson, ou encore
du sénateur Julien Bargeton, qui ne cachent pas leur envie de porter les couleurs de LaREM en 2020. Ces macronistes
revendiquent leur ancrage parisien, renvoyant Griveaux à son statut d’ancien élu
de Saône-et-Loire. « Benjamin Griveaux
est en mode cours de rattrapage sur Paris,
car il sait que cet argument va être utilisé
contre lui », grince un député parisien.
Pour les départager, hors de question
d’organiser une primaire : c’est Emmanuel Macron lui-même qui tranchera.
« Si on a quatre-cinq candidats, c’est bien,
car cela donnera de la force à celui qui sera
retenu », pense Sylvain Maillard, député
LaREM de Paris. « Que le meilleur gagne », salive l’un de ses collègues. ■
L’ÉTÉ DU FIGARO
12/16
ZOOM
Européennes :
Paul Magnette ne sera pas
le candidat PS
Le socialiste belge Paul Magnette
a annoncé, vendredi, qu’il ne sera
pas le candidat du PS français
aux élections européennes,
refusant la proposition qui
lui avait été faite par la direction
du parti. Dans un entretien
au Monde, le maire PS de
Charleroi motive ce refus par
des « raisons personnelles »,
à l’heure où le projet était loin
de faire l’unanimité parmi
les socialistes français. « Je suis
candidat à ma réélection comme
maire de Charleroi en octobre
prochain et, en 2019, les élections
européennes se dérouleront,
en Belgique, en même temps que
les régionales et les législatives,
pour lesquelles je jouerai un rôle,
sans nécessairement briguer
l’exercice d’un mandat »,
précise-t-il.
[
]
La politique
c’est du spo
rt
Bruno Retailleau, passionné d’équitation
Le sénateur LR est un cavalier émérite qui a participé au spectacle du Puy-du-Fou dès l’âge de 16 ans.
A
MARION MOURGUE
£@MarionMourgue
C’est dans la ferme familiale où il est
né, à Saint-Malô-du-Bois, un village
de 1 600 habitants dans le bocage
vendéen, que Bruno Retailleau réside. Dans le pré voisin, s’ébrouent
brebis, cheval et poney. Et au milieu
coule une rivière… Ici Bruno Retailleau est chez lui. Et s’adonne à
l’une de ses passions qui ne l’a jamais
quitté : les chevaux. « L’équitation
est à la fois un sport et un art »,
confie-t-il, enflammé.
Bruno Retailleau apprend à monter quand il a une dizaine d’années.
Il n’a jamais cessé depuis, se prenant de passion pour le dressage et
pour les chevaux ibériques. « Ils
sont naturellement aptes au dressage. Ils sont très bien dans leur tête. Ils
savent passer d’un moment de forte
excitation au calme », explique-t-il.
À l’âge de 16 ans, c’est par sa passion du cheval qu’il participe au
spectacle du Puy-du-Fou comme
cavalier bénévole. À l’époque, « chaque cavalier passe au moins une fois
par l’hôpital ! », se souvient-il.
« Les chevaux du spectacle n’étaient
pas habitués à être au milieu des feux
d’artifice. Et comme ce sont des êtres
inquiets, leur défense, c’est la fuite !
Le cheval est sans doute le seul animal domestique qui conserve une
part sauvage », décrit-il, intarissable sur le sujet. Bruno Retailleau
n’échappe pas à la règle : après que
son cheval a heurté l’obstacle qu’ils
devaient sauter et s’est écroulé, le
cavalier a la clavicule cassée.
« À cheval, on oublie tout »
Au Puy-du-Fou, Philippe de Villiers le repère et lui confie quelques
années plus tard la mise en scène du
spectacle. « J’ai beaucoup développé
la cavalerie », précise Bruno Retailleau. D’autant plus qu’en Vendée, le cheval est roi. « Cinq vainqueurs du prix d’Amérique sont nés
en Vendée ! », détaille-t-il. « Et
plusieurs chevaux comme Hildago de
l’Isle ont été déclarés meilleurs chevaux du monde. Pour ce dernier,
c’était pour le concours complet ! »,
raconte-t-il avec fierté.
Aussi souvent qu’il le peut, quand
il est chez lui, le président du groupe LR au Sénat aime prendre le
temps d’une balade à cheval. Pendant des années, ce fut avec sa jument, une selle française. Depuis
qu’elle est décédée, il emprunte le
cheval de son fils. « Le contact avec
la nature change quand vous êtes à
cheval », apprécie-t-il particulièrement.
Aussi souvent
qu’il le peut, quand
il est chez lui,
Bruno Retailleau aime
prendre le temps
d’une balade à cheval.
COLLECTION PERSONNELLE
« À cheval, on oublie tout. Seul
compte l’harmonie avec l’animal »,
poursuit le sénateur d’habitude peu
enclin à se livrer. « Cette passion
pour le cheval m’a permis de concilier
deux autres centres d’intérêt », détaille-t-il. « La nature et la culture.
Le cheval est un formidable média-
teur pour la relation entre l’homme et
la nature, cette relation qu’il faut
réinventer dans nos univers technologiques », pointe-t-il.
Ensuite, « la culture. Nous sommes nés d’une civilisation du cheval.
Pour le travail, la guerre, le spectacle, etc. D’ailleurs, le Cadre noir de
Saumur perpétue cette tradition qui a
été reconnue comme patrimoine
culturel immatériel de l’humanité »,
se réjouit-il. Le sénateur dévore les
ouvrages qui concernent l’équitation. Comme les livres du journaliste Jérôme Garcin ou du philosophe
Michel Onfray Brève histoire du
cheval philosophique. Deux cents
pages consacrées aux quadrupèdes.
« Onfray revisite vingt-cinq siècles
de philosophie en prenant le cheval
comme une métaphore », indique le
sénateur.
Si le cheval a inspiré de nombreux artistes comme Géricault, il a
été aussi source d’inspiration pour
les hommes politiques. À l’instar du
Vendéen Clemenceau. « Il était un
grand cavalier. Il a traduit de l’anglais l’œuvre du grand écuyer James
Fillis qui était issu du cirque et qui
était connu pour avoir fait galoper
son cheval en arrière ! », s’enthousiasme Bruno Retailleau.
Le Vendéen aime particulièrement la devise du Cadre noir de Saumur : « Le cheval calme, en avant et
droit. » Bruno Retailleau répète les
derniers mots. « En avant et droit…
C’est une bonne devise en politique ! », rit-il. « Il faut savoir garder
son calme et sa droiture plutôt que de
tomber dans les agitations… » Comme un message pour la suite. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 18 - dimanche 19 août 2018
INTERNATIONAL
7
À la veille des obsèques, les familles
de victimes étaient révoltées alors que
les recherches de disparus se poursuivaient.
RICHARD HEUZÉ rheuze@lefigaro.fr
ROME
ITALIE Le camion du supermarché Basko
a été retiré vendredi après-midi du pont
Morandi. Depuis le 14 août, il était resté en
suspens sur le tablier à vingt mètres audessus du gouffre. Visible sur toutes les
photos de la catastrophe, il était le symbole
d’une ville de Gênes coupée en deux, le
port d’une part, l’aéroport de l’autre.
Ce samedi, proclamé journée de deuil
national, le chef de l’État Sergio Mattarella
présidera des funérailles solennelles en
hommage aux victimes. Le bilan est de
38 morts tandis que grues et bulldozers
creusent encore les décombres, à la re-
cherche de disparus qui seraient au nombre de cinq, selon le procureur de la République. Des cercueils seront alignés dans le
pavillon Jean Nouvel de la Foire de Gênes.
Retirés par leur famille, qui marquent leur
défiance envers l’État, 17 manqueront.
Une artère cruciale
Au-delà du deuil, les urgences se bousculent à Gênes. Enlever les énormes parpaings qui obstruent le ruisseau Polcevera,
avant les prochaines pluies. Reconstruire
un pont en lieu et place de l’actuel, qui sera
démoli, ainsi qu’une trentaine d’immeubles en contrebas, devenus inhabitables.
Quelque 611 résidents du quartier Sampierderena, situé sous le pont, ont été évacués. Il faut les reloger. Et rouvrir au plus
MARCO BERTORELLO/AFP
Gênes : colère
à l’heure
des funérailles
nationales
Une femme pleure, vendredi à Gênes, l’une des 38 victimes tuées dans l’effondrement du pont Morandi.
vite cette artère cruciale, une obligation
pour la sixième agglomération d’Italie par
sa population, avec le premier port du
pays, « une ville fragile dont personne ne
prend soin », accuse le grand architecte
génois Renzo Piano.
En attendant, automobilistes et camions
voulant traverser la Ligurie par autoroute
« devront faire 130 km en plus », calcule La
Repubblica. À moins d’emprunter des routes de traverse, très encombrées.
« Autostrade », le groupe autoroutier
des Benetton dont le gouvernement veut
révoquer la concession, se fait fort de
construire un nouveau viaduc « en cinq
mois », une fois le terrain déblayé. « En un
an, d’ici 2019, c’est possible », renchérit le
gouverneur de Ligurie Giovanni Toto (For-
za Italia), proche de Matteo Salvini. Giuseppe Conte avait été le premier arrivé sur
les lieux du drame, mardi. Salvini, lui, a
continué à festoyer avec 300 militants de la
Ligue à Messine (Sicile). Il n’a pas annulé
une visite en Calabre le 15 août à San Luca,
fief de la N’drangheta, pour la fête de l’Assomption, ne rejoignant Gênes que le soir.
Selon la presse italienne, des experts du
Politecnico de Milan avaient signalé en
novembre 2017 des « déformations nodales
qui n’étaient pas conformes aux attentes et
devaient faire l’objet d’un examen approfondi », dans les câbles soutenant la partie
supérieure du pylône 9, celui qui s’est effondré. En mai, la société Autostrade avait
lancé un appel d’offres urgent de 20 millions d’euros pour remplacer les tirants
soutenant ces câbles. Le chantier devait
commencer fin septembre.
La Ligue et le Mouvement 5 étoiles traversent leur premier grave conflit depuis la
constitution du gouvernement le 1er juin
Luigi Di Maio veut retirer immédiatement
sa concession à Autostrade, au prix d’entorses au Code des travaux publics. Matteo
Salvini, plus proche du monde de l’industrie, temporise : « Si Autostrade met rapidement à disposition des ressources suffisantes pour reconstruire le viaduc et
indemniser les familles des victimes, on verra s’il y a lieu de révoquer sa concession. »
Des contacts seraient en cours avec les
Benetton. « Celui qui veut transiger devra
passer sur mon cadavre », tranche Di
Maio. ■
Merkel reçoit Poutine pour renouer un dialogue difficile
La chancelière allemande est devenue la principale opposante au président russe au sein de l’UE. Mais la politique de sanctions
menée par Washington a conduit à un rapprochement entre Berlin et Moscou sur plusieurs dossiers.
DIPLOMATIE Ils se côtoient depuis treize
ans, se tutoient et parlent chacun la langue de l’autre. Mais ce n’est pas par amitié qu’Angela Merkel reçoit ce samedi
Vladimir Poutine au château de Meseberg, à 60 kilomètres de Berlin. Les relations des deux chefs d’État sont éminemment mauvaises depuis l’annexion
de la Crimée par la Russie en 2014. La
chancelière allemande est même devenue l’opposante numéro un du président
russe au sein de l’Union européenne.
En quatre ans, les deux dirigeants ne
s’étaient vus que par obligation, lors de
sommets internationaux. Mais depuis
trois mois, leurs échanges diplomatiques
s’intensifient : en mai, Angela Merkel a
rencontré le chef du Kremlin à Sotchi,
en Russie. En juillet, elle a accueilli le
chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, à Berlin. En invitant cette fois Vladimir Poutine, la chancelière allemande
promet des « discussions approfondies ».
« Elle poursuit une tentative pragmatique
de normalisation des relations germano-
russes, car la donne internationale a
changé », explique Stefan Meister,
directeur du Centre Robert Bosch sur la
Russie.
Angela Merkel et Vladimir Poutine
sont confrontés au même problème : la
politique étrangère de Washington est
devenue imprévisible, aussi bien pour
ses alliés, comme Berlin, que pour ses rivaux, comme Moscou. En dépit des discours plutôt chaleureux du président
Donald Trump vis-à-vis de Vladimir
Poutine, les Américains viennent d’annoncer une nouvelle vague de sanctions
envers la Russie, en représailles à l’affaire
Skripal, du nom de cet ex-espion russe
empoisonné. La politique américaine représente un danger pour l’économie russe et menace les intérêts allemands.
Message pour les États-Unis
Vladimir Poutine et Angela Merkel, lors du sommet du G20 à Hambourg, en Allemagne,
le 7 juillet 2017. ODD ANDERSEN/AFP
« Nous voulons nous défendre contre les
possibles conséquences extraterritoriales
que pourraient entraîner ces nouvelles
sanctions », souligne Jürgen Hardt, porte-parole en politique étrangère de la
CDU, le parti de la chancelière.
Donald Trump tire à boulets rouges
sur le projet germano-russe de pipeline
Nord Stream 2, qui doit doubler les capacités de livraison de gaz russe en Europe en passant par la mer Baltique et en
évitant l’Ukraine. Accusant l’Allemagne
d’être « totalement contrôlée par la Russie », il envisage même de sanctionner
les exploitants du gazoduc. Pour donner
des gages au président américain et à
certains Européens, notamment la Pologne, la chancelière aimerait convaincre
son homologue russe de maintenir une
partie de sa fourniture de gaz via
l’Ukraine, malgré ses relations conflictuelles avec Kiev. « Il est important pour
ZOOM
L’étrange bonheur des Danois
Le Danemark est en tête des pays les plus heureux malgré l’explosion des dépressions et des addictions.
SLIM ALLAGUI
COPENHAGUE
SOCIÉTÉ Le Danemark caracole dans le
groupe de tête des pays les plus heureux
du monde du World Happiness Report de
l’ONU depuis la création de cette étude
en 2012.
Troisième en 2018 (la France est au
23e rang), le royaume scandinave naget-il dans le bonheur depuis des années
grâce à sa potion magique, le « hygge »,
sa recette du bonheur, un art du « bienêtre ensemble » ?
Pas si sûr. « Cette atmosphère douillette
de partage des instants simples de la vie
avec les autres », selon l’écrivain Meik
Wiking, président de l’Institut de la recherche sur le bonheur à Copenhague,
cache une autre réalité moins flatteuse :
le nombre de Danois touchés par le stress,
les dépressions et la consommation d’alcool, notamment parmi les adolescents,
atteint des records.
Selon une enquête nordique sur la
période 2011-2014, les Danois sont ceux
qui boivent et fument le plus dans le
Nord. « Cette peu glorieuse première place
constitue l’une des causes essentielles
d’une plus courte longévité comparée aux
autres pays nordiques, tant pour les femmes que pour les hommes », affirme Sisse
Fagt de DTU, l’université technique du
Danemark, responsable de cette enquête.
Les adolescents danois, notamment,
remportent depuis des années la palme
des jeunes Européens qui boivent le plus
(6,2 boissons alcoolisées en moyenne par
soirée festive), jusqu’à l’ivresse selon une
enquête internationale Espad en 2015 qui
compare les usages de substances psychoactives des adolescents de 15-16 ans
scolarisés dans 35 pays européens.
Un rapport récent du ministère de la
Santé publique, « Profil de la santé nationale 2017 » confirme ce mal de vivre.
623 000 Danois (13,2 % de la population
adulte) sont « mal dans leur peau »,
contre 10 % en 2010 et 10,7 % en 2013.
Un nombre croissant de citoyens se
sentent seuls, et beaucoup se plaignent
d’être fatigués, déprimés et angoissés,
note ce rapport.
Pour la psychiatre Anne Linhardt, il
est « paradoxal qu’en une période de bonne santé économique, de plus en plus de
nos concitoyens se disent insatisfaits de
leur vie ».
Individualisme et concurrence
Le bonheur danois si recherché à l’étranger contraste aussi avec le nombre des
adeptes d’antidépresseurs, appelés
« lykkepiller », ou « pilules du bonheur ».
« Lorsque 450 000 Danois sont soignés
avec la pilule du bonheur, lorsque 30 000 se
déclarent malades chaque jour, lorsque
300 000 se sentent épuisés, quelque chose
ne tourne pas rond. C’est le signe d’un cri,
d’un appel au secours de l’univers intérieur », constate Poul Joachim Stender,
pasteur et écrivain dans son dernier livre
Aller avec Dieu en 2016.
«Le mal dans l’âme est devenu une maladie du peuple qui coûte chaque année des
milliards de couronnes à la société et a de
grandes conséquences pour les familles
l’Allemagne que l’Ukraine conserve son
rôle dans l’acheminement du gaz », a assuré le porte-parole d’Angela Merkel,
Steffen Seibert.
La politique de sanctions menée par
Washington conduit à un rapprochement germano-russe sur un autre dossier, l’accord sur le nucléaire iranien.
Berlin et Moscou s’opposent tous les
deux aux menaces que Donald Trump
laisse planer sur les entreprises qui
poursuivent leurs activités en Iran.
« Angela Merkel et Vladimir Poutine ont
besoin l’un de l’autre, ils ont des intérêts
communs à défendre, explique Stefan
Meister. C’est aussi un message adressé
aux États-Unis, qui dit : “Nous n’accepterons pas votre chantage.” »
Les discussions sur la Syrie et l’est de
l’Ukraine s’annoncent, en revanche,
plus compliquées, tant les deux leaders
ont des visions divergentes de ce qu’est
un processus de paix. Sauf surprise,
« aucune grande annonce n’est à attendre
de cette rencontre », indique Stefan
Meister. Une conférence de presse à son
issue n’est d’ailleurs pas prévue. Il s’agit
avant tout de recréer un dialogue fortement mis à mal ces dernières années. ■
touchées », écrivait dès 2015 le quotidien
Politiken. « C’est pourquoi nous avons tous
intérêt à en chercher les causes. »
Et de suggérer : « Une des raisons qui
contribuent à ce mal est la société marquée
par l’individualisme et la concurrence où les
individus ressentent beaucoup d’angoisse,
de dépression et de stress. » Dans un monde pressé, la pilule du bonheur devient
donc la première solution aux problèmes,
un médicament trop facilement accordé
par les médecins selon certains réfractaires à cette quête du bonheur à tout prix.
« L’évolution de la santé mentale des
Danois me préoccupe énormément », souligne la ministre de la Santé Ellen Trane
Norby. « Ce n’est pas la conséquence de la
frénésie des réformes engagées par les politiques depuis le début du siècle », penset-elle, mais « cette tentation d’être tout le
temps online influe négativement sur notre
comportement ».
Un avis partagé par Meik Wiking, qui
fustige les réseaux sociaux « responsables
de notre mal de vivre en nous poussant à
nous comparer sans cesse aux autres ». ■
Trump à Paris pour
les 100 ans de la fin
de la Grande Guerre
Donald Trump a annoncé vendredi
qu’il irait à Paris le 11 novembre
pour célébrer les 100 ans de
l’armistice de la Première Guerre
mondiale, après avoir dû annuler
son projet de défilé militaire
à Washington. En février,
le président américain, qui avait
assisté en 2017 au défilé du 14 Juillet
à Paris, avait demandé au
Pentagone d’étudier l’organisation
d’un événement similaire pour
honorer les troupes américaines.
Mais le département de la Défense
a annoncé jeudi le report du projet.
L’explosion des coûts d’organisation
- 90 millions de dollars selon
un responsable américain expliquerait ce choix. « Lorsqu’on
leur a demandé de nous donner
une facture pour l’organisation de ce
grand défilé militaire, ils ont réclamé
un chiffre si ridiculement élevé que
je l’ai annulé, a réagi Trump. J’irai à
la place à un grand défilé prévu sur la
base d’Andrews à une date différente
et j’irai au défilé de Paris, célébrant
la fin de la guerre, le 11 novembre. »
1
BERLIN
A
VIOLETTE BONNEBAS
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 18 - dimanche 19 août 2018 LE FIGARO
8
INTERNATIONAL
Une force de l’espace pour l’Oncle Sam
L’annonce par
la Maison-Blanche
d’une future
« force spatiale »
attise les tensions
entre l’armée
et l’exécutif.
MAURIN PICARD £@MaurinPicard
NEW YORK
ÉTATS-UNIS « Good morning, Space
Forces ! » Ce jeudi 9 août, l’ambassade
de Russie, sur son compte Twitter, est
d’humeur joviale. Habitué aux saillies
moqueuses depuis que « l’enquête russe » du procureur Robert Mueller empoisonne l’atmosphère de la MaisonBlanche au Kremlin, l’avant-poste en
territoire hostile - cette capitale américaine plus russo-sceptique que jamais a trouvé sa nouvelle victime. Quelques
heures plus tôt, le vice-président Mike
Pence avait confirmé la naissance prochaine d’une « force spatiale », sixième
branche des forces armées censée
redonner l’avantage aux guerriers
américains par-delà l’atmosphère, où
Russes et Chinois fourbissent de nouvelles armes fatales. « Le temps est venu
d’écrire le prochain chapitre de l’histoire
de nos forces armées, de se préparer
pour le prochain champ de bataille »,
prédisait Pence. « La Force de l’espace,
jusqu’au bout ! », a tweeté le président
Trump, d’humeur enfantine.
La menace est identifiée, tout comme le retard américain en la matière :
en 2007, la Chine a lancé un missile
tueur de satellites, réussissant là où le
président Ronald Reagan, en 1983, était
parvenu à faire gober à l’URSS l’existence d’un programme « Star Wars »,
ou Initiative de Défense Stratégique
(IDS), très largement fantasmé. Pour
un Mike Pence à la mémoire sélective,
il y aurait là une « démonstration hautement provocatrice de la capacité croissante de la Chine à militariser l’espace ».
La Russie n’est pas en reste, avec les
expérimentations de laser aéroporté et
de missile, là aussi, tueurs de satellites
américains. Ces nations, martèle-t-il,
« cherchent à perturber nos systèmes
basés dans l’espace et contestent comme
jamais la suprématie américaine ».
Il fallait donc agir. Mais un grain de
sable s’est logé dans la mécanique. Le
1er août, le Pentagone avait pourtant
renoncé à transmettre au Congrès le
programme-cadre censé détailler cette
mesure. Il était question de créer un
« Space Command » chargé des combats du futur dans les étoiles, une
« Agence de développement spatial »
responsable de la conception et de l’acquisition des nouveaux satellites et systèmes d’armes, et un corps d’experts
venus des cinq branches traditionnelles
de l’armée (terre, air, marine, les marines et les gardes-côtes). L’ébauche
prévoyait également de ficeler tout cela
dans le budget de la défense en 2020,
en consacrant à cette « Force » 8 milliards de dollars sur les cinq prochaines
années. « Nous sommes dans les phases
ultimes de préparation et de coordination, c’est imminent », a lâché un
porte-parole, Jamie Davis, en guise
d’explication embarrassée.
Car la « Space Force » fait des
vagues, avant même d’être portée sur
les fonts baptismaux. Au sein du
Pentagone, certains regrettent que le
projet ait été mal ficelé, trop hâtivement, sans y consacrer la réflexion
nécessaire. L’an passé, le secrétaire à
la Défense James Mattis avait lui-même exprimé ses doutes au Congrès,
écrivant qu’il ne « voulait pas ajouter
Le vice-président américain Mike Pence annonce la création d’une « force de l’espace » américaine, au Pentagone, le 9 août.
un service séparé qui aurait vraisemblablement une conception plus étroite
des opérations dans l’espace, voire un
esprit de clocher ».
Comme il semblait le redouter, la
branche en théorie la plus concernée a
été tenue à l’écart des préparatifs : l’US
Air Force, qui regroupe 85 % des dépenses spatiales existantes des armées.
La « Force spatiale » taillerait donc
inévitablement dans les forces vives de
l’aviation, à commencer par la base aérienne de Los Angeles, qui héberge les
6 000 hommes et femmes du Space and
Missiles Systems Center, appelé à être
remplacé par ladite agence de développement spatial.
Soucieux d’éviter une polémique
inutile avec l’armée, l’exécutif s’est
donc contenté d’un bel effet d’annonce, de ceux qui soulèvent les foules, réveillent la fierté nationale et alimentent
la posture médiatique du président
Donald Trump, tandis qu’il enchaîne
les rassemblements électoraux. Pourquoi se priver d’un tel gadget, quand
on peut l’agiter comme un hochet coloré à des foules enthousiastes ?
L’Amérique de Trump, pleine de ferveur patriotique, ne devait pas être
embêtée par les dépenses excessives et
les complications bureaucratiques
associées à une « sixième force ».
Faire oublier les ennuis
judiciaires de Trump
Dans les faits, les experts sont partagés.
« L’économie spatiale croît à une vitesse
exponentielle », argue, enthousiaste,
Adam Routh du Center for a New American Security (CNAS), selon lequel les
projets de défense ne coûteront pas les
sommes astronomiques que redoute le
Pentagone. Puisque Elon Musk et sa
firme SpaceX montrent la voie, suggère
Routh, autant s’engouffrer dans la brèche et profiter du train effréné d’innovations civiles. La preuve ? « Les secteurs les plus lucratifs (de l’économie
mondiale), insiste-t-il, l’agriculture, les
mines, le transport, les technologies de
l’information, la banque, dépendent
d’ores et déjà de services bon marché offerts par les systèmes spatiaux. »
Bonne nouvelle pour l’Oncle Sam au
moment d’enfiler sa tenue d’astronaute : les États-Unis contrôlent 44 % du
marché satellitaire. Et SpaceX se taille
désormais la part du lion des lancements spatiaux, avec 65 % du marché.
Pourquoi hésiter, dès lors ? Parce que
toute panoplie du futur sera « aisée à
détruire », contre-attaque Paul Scharre, un autre analyste du CNAS, qui
dénonce « un château construit sur du
sable » et « la vulnérabilité intrinsèque
A
de tout satellite ou système d’armes dans
l’espace ».
« Il est surtout dramatique de politiser
la question de la sécurité nationale »,
soupire Jack Reed, un élu démocrate à
la Chambre des représentants. Déjà
tournée vers la présidentielle de 2020,
l’équipe de campagne de Donald
Trump a sorti un nouvel os à ronger :
les supporteurs du président sont invités à voter pour le logo de la future
« Force », à partir de six propositions.
L’une d’elles évoque curieusement la
conquête de Mars, qui ne figure pas au
menu des priorités militaires. Mais peu
importe finalement, puisqu’il s’agit
d’amuser la galerie et la détourner des
ennuis politico-judiciaires de leur
champion. Il sera toujours temps de
décider qui pourra un jour coudre cet
insigne sur son uniforme. La perfide
Russie ne perd rien pour attendre. ■
La France se prépare aussi à la guerre dans le cosmos
ALAIN BARLUET £@abarluet
La ministre
des Armées,
Florence Parly,
à la sortie du
Conseil des ministres
le 3 août.
G. VAN DER HASSELT/AFP
À un moindre niveau, la France a
elle aussi pris le tournant du spatial militaire. La Revue stratégique rendue publique en octobre a
pris acte d’une évolution majeure
dont les prémices remontent à la
guerre froide : l’espace exoatmosphérique est devenu progressivement un champ de confrontation
entre les puissances, à l’image des
autres « milieux » - terre, air, mer
et aussi cyber. La militarisation de
l’espace, loin d’être un tabou, est
désormais une réalité.
« La France a toute sa place dans
l’espace. Elle doit pouvoir y accéder
librement et souverainement », déclarait la ministre des Armées,
Florence Parly, lors d’une visite
sur le site d’ArianeGroup au Mureaux, en décembre. Une soixantaine de nations sont présentes
dans l’espace avec leurs satellites,
mais seule une poignée d’entre elles, dont les États-Unis, la Russie,
la Chine et la France, sont en mesure d’y exercer une surveillance,
au sens militaire, c’est-à-dire
d’établir une trajectoire des objets
gravitant autour de la Terre et d’y
intégrer du renseignement.
L’étrange ballet de satellites russes qui inquiète les Américains
Yleem Poblete, une haute
responsable du département
d’État américain, a dénoncé
cette semaine l’existence
d’un mystérieux satellite russe,
déployé en octobre, qui affichait
depuis quelques mois « un
comportement très anormal »
en orbite, laissant entendre
qu’il pouvait s’agir d’un nouveau
type d’arme spatiale. Le nom
EVAN VUCCI/AP
de l’engin n’a pas été précisé,
mais tous les éléments pointent
vers le satellite Kosmos-2519
mis en orbite par une fusée
Soyouz pour les forces spatiales
russes. Le rôle de l’engin est
secret, mais on sait seulement
qu’il a largué à deux reprises
des microsatellites, en août et
en octobre 2017, respectivement
Kosmos-2521 et Kosmos-2523.
Par la suite, les trois engins
ont multiplié les manœuvres
inhabituelles, s’éloignant
d’abord les uns des autres,
puis changeant d’orbite pour
faire des passages rapprochés,
et même des rendez-vous.
Officiellement, les petits engins
qui se sont séparés du satellitemère sont des « inspecteurs
de satellites », qui pourraient
être utilisés pour vérifier le bon
état d’un engin en orbite.
Mais en cas de conflit, ce type
de manœuvres pourrait aussi
servir à espionner ou même
attaquer des satellites ennemis.
Des capacités probablement
déjà testées par les militaires
américains, notamment avec
leur petite navette spatiale
automatisée X-37.
C. V.
Devenus usuels dans la vie
courante, mais aussi pour les
opérations militaires, les satellites induisent de ce fait de nouvelles vulnérabilités. Des satellites
espions russes viennent de plus
en plus « butiner » autour de ceux
« opérés » par les Occidentaux.
Les Chinois ne sont pas en reste et
ont fait la preuve, depuis 2007,
qu’ils sont en mesure de détruire
un satellite dans l’espace. Ce dernier recèle donc des enjeux stratégiques majeurs, notamment de
sécurisation, et cette dimension
ne fera que croître à l’horizon
2035. Les enjeux technologiques
et économiques ne sont pas minces non plus : le marché des satellites va tripler d’ici à vingt ans.
« On assiste à un changement
de paradigme. Avant, on ne parlait
que de l’appui du spatial aux opérations. On évoque désormais un
milieu de luttes et de menaces intentionnelles », indiquait, en janvier au Figaro, le général de l’armée de l’air Jean-Pascal Breton,
qui vient de passer un an à la tête
du commandement interarmées
de l’espace (CIE). Cet organisme,
qui relève du chef d’état-major
des armées (CEMA), est chargé
d’élaborer et de mettre en œuvre
la politique spatiale militaire. Sa
création en 2010 a marqué une
étape importante pour l’inscription du domaine spatial dans le
champ de la défense. Il travaille
en liaison étroite avec le Centre
national
d’études
spatiales
(Cnes) et la Direction générale de
l’armement (DGA). La GrandeBretagne vient de créer une entité
comparable, mais sous l’autorité
de la Royal Air Force.
Les moyens sont en croissance.
Au cours de la dernière loi de
programmation militaire (LPM
2014-2019), la défense dépensait
annuellement un peu plus de
300 millions d’euros par an pour
l’espace. Au cours de la prochaine LPM (2019-2025), 5,5 milliards d’euros seront engagés
pour le renouvellement des huit
satellites souverains dont dispose
la France, couvrant toute la
gamme des capacités spatiales :
observation de la terre, écoute
électromagnétique, télécommunications, positionnement et surveillance de l’espace. La rénovation du radar Graves (Grand
réseau adapté à la veille spatiale),
destinée à la surveillance des orbites basses (jusqu’à 2 000 kilomètres), a été lancée, mais la
technologie actuelle devra être
revue pour l’après-2025. La voie
européenne, pour la surveillance
comme pour la capacité de positionnement (avec Galileo, totale-
“
La France a toute
sa place dans l’espace.
Elle doit pouvoir
y accéder librement
et souverainement
”
FLORENCE PARLY, MINISTRE DES ARMÉES
ment opérationnel à partir de
2020), paraît incontournable.
« L’objectif sera d’articuler de
manière la plus pertinente possible
nos capacités nationales avec celles de nos partenaires tout en préservant nos éléments de souveraineté », soulignait le général JeanPascal Breton, lors de son
audition à l’Assemblée nationale,
en décembre.
En dépit de cet accent, la France est encore loin d’une « armée »
de l’espace en tant que telle, disposant à ce titre d’un état-major
opérationnel, d’un corps de combattants dédiés et d’une doctrine
aboutie. « Au sein des armées, il
n’existe pas de filière spatiale
structurée, nous sommes en train
de la mettre en place », indiquait
le général Breton aux députés, fin
2017. Des initiatives lancées par
Florence Parly devraient se
concrétiser dans les prochains
mois. Une réflexion a ainsi été
lancée sur le spatial militaire dont
les conclusions sont annoncées
pour la fin de l’année. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 18 - dimanche 19 août 2018
SOCIÉTÉ
9
Le policier mis en examen après un tir mortel se défend
Son avocat estime qu’il s’agit d’un cas évident de légitime défense. La police des polices a été chargée de l’enquête.
ÉRIC DE LA CHESNAIS £@PlumedesChamps
FAITS DIVERS Trois jours après la mort
d’un automobiliste de 26 ans à Paris, tué
par un tir policier après avoir fui un banal
contrôle routier pour défaut d’éclairage,
l’avocat de Kevin, le jeune gardien de la
paix auteur du coup de feu tragique, réagit. Son client a été mis en examen ce jeudi pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner
par personne dépositaire de l’autorité publique ». Il est placé sous contrôle judiciaire avec interdiction d’exercer sa
fonction. Une mesure à titre conservatoire qui lui permet de continuer à toucher
une partie de son salaire (hors primes de
service) pendant le déroulement de l’enquête. « C’est une situation très dommageable. À 23 ans, mon client, fonctionnaire
de police depuis quatre ans, extrêmement
motivé et apprécié par sa hiérarchie puisqu’il a une très bonne manière de servir, est
effondré », explique au Figaro Me Laurent-Franck Liénard, avocat à la cour
d’appel de Paris, spécialisé dans la défense des membres de forces de l’ordre et des
victimes d’infractions. « C’est une affaire
carrée où ne se pose pas la question de la
légitime défense. S’il n’avait pas agi de la
sorte, ce jeune fonctionnaire, ou la personne qui a accepté de le transporter sur son
scooter, aurait pu être tué par le fuyard.
Actuellement, il y a une recrudescence nette des ouvertures de feu et cela fait peur
aux juges. »
En effet, ce triste fait divers vient après
celui de Nantes, où, il y a plus d’un mois,
un policier a tiré lui aussi sur un fuyard.
Mais dans ces deux cas, la question de
l’usage des armes à feu par la police ou les
gendarmes est plus que jamais d’actualité. L’article L435-1 du Code de la sécurité
intérieure fixe les conditions de l’usage
des armes à feu par les forces de l’ordre.
« Les policiers ou les gendarmes peuvent
tirer en cas d’absolue nécessité et de manière strictement proportionnée », rappelle-t-on de sources policières. Par exemple, « lorsqu’ils ne peuvent immobiliser,
autrement que par l’usage des armes, des
véhicules […] dont les conducteurs n’obtempèrent pas à l’ordre d’arrêt et dont les
occupants sont susceptibles de perpétrer,
dans leur fuite, des atteintes à leur vie ou à
leur intégrité physique ou à celles
d’autrui ».
La famille de la victime en colère
Comme dans pareilles circonstances,
l’IGPN (l’Inspection générale de la police
nationale) ainsi que la police judiciaire
parisienne ont été chargées de l’enquête.
L’automobiliste, prénommé Romain,
était originaire de Draveil, dans l’Essonne. Sa famille accablée est très en colère.
« Romain était un jeune homme qui tra-
vaillait, qui se levait extrêmement tôt pour
aller à Rungis à l’ouverture du marché,
rapporte Me Olivier Lambert, avocat du
jeune défunt, qui le connaissait bien.
C’était un garçon qui a commis un certain
nombre d’erreurs […]. Mais tout son casier
judiciaire n’est lié qu’à des problèmes d’infractions routières. Ce n’est pas du tout un
jeune en rupture ni familiale ni sociale. » De
sources judiciaires, le jeune homme avait
déjà été condamné à Évry en février 2018
pour « conduite malgré une annulation de
permis », « refus d’obtempérer exposant
autrui à un risque de mort ou d’infirmité »
et « menaces sur une personne dépositaire
de l’autorité publique ». Ce sera à la justice
de trancher l’issue de cette affaire. ■
Le combat
judiciaire perdu
des propriétaires
du Signal
Leur immeuble de Soulac-sur-Mer, menacé
par l’érosion, est condamné. Le Conseil d’État
a rejeté leur demande d’indemnisation.
JUSTICE C’est un énorme coup dur pour
les 75 copropriétaires du Signal, cet immeuble menacé d’effondrement par
l’érosion côtière à Soulac-sur-Mer (Gironde) et inoccupé depuis son évacuation, en 2014. Jeudi, le Conseil d’État a
jugé conforme au droit la décision de la
Cour administrative d’appel de Bordeaux qui, en février 2016, les avait déboutés de leur demande d’indemnisation. Motif invoqué alors : la loi prévoit
une indemnisation uniquement en cas
de risques menaçant gravement la vie
humaine. Et l’érosion dunaire n’est pas
considérée comme étant l’un de ces risques…
Jean-José Guichet, le président du
syndicat des copropriétaires du Signal,
est amer. « Je m’y attendais, mais c’est
quand même un nouveau coup de massue
sur la tête », soupire cet octogénaire, qui
a acquis son appartement en 1978 et
plaint surtout « ceux qui ont acheté il y a
quinze ans et remboursent toujours leur
emprunt ». Découragé, Jean-José Guichet n’envisage pas de porter l’affaire
devant la justice européenne, seul recours possible désormais : « Ce serait
long et très coûteux, on commence à être
très las. » D’autant que la plupart des
propriétaires des 78 résidences du Signal engagés dans cette bataille judiciaire sont également âgés.
Selon Pierre Robillot, avocat du syndicat des copropriétaires de l’immeuble,
« après la décision du Conseil d’État, qui a
suivi l’avis du Conseil constitutionnel,
considérant que la condition de menace de
la vie humaine n’était pas établie, le litige
est clos ». En revanche, l’avocat regrette
que la mobilisation de plusieurs parlementaires pour qu’une loi spécifique
permette l’indemnisation des copro-
“
Il faut stopper la
construction dans les
zones à risque et réfléchir
à des stratégies de
relocalisation pour les cent
prochaines années
”
BENOÎT SIMIAN, DÉPUTÉ LAREM DE GIRONDE
priétaires du Signal peine pour l’instant
à porter ses fruits. Selon lui, le fait qu’il
s’agisse d’une importante copropriété,
avec beaucoup de personnes à indemniser expliquerait la lenteur de l’État à
prendre en compte leur demande.
Benoît Simian, député LaREM de la
5e circonscription de Gironde, très im-
Construit en 1967 à 200 mètres du rivage, le Signal n’est plus aujourd’hui qu’à une dizaine de mètres de la plage.
pliqué dans le dossier, estime quant à lui
que « le cas du Signal ne doit pas être réglé par la loi, mais par un protocole à
l’amiable. L’urgence écologique a déjà été
prise en compte, puisque la dune va être
renforcée par des apports de sable afin de
la sécuriser en vue des opérations de désamiantage, prévues fin 2018, début
2019, avant la démolition. Il faut désormais prendre en compte l’urgence sociale
en indemnisant les propriétaires dès cet
automne ». Le député appelle toutefois
ces derniers à noter l’investissement financier de l’État dans le désamiantage
puis la destruction du bâtiment. « Sur les
5 millions d’euros alloués, il devrait au final rester 2,5 millions d’euros pour l’indemnisation des propriétaires», estime
Benoît Simian.
En parallèle, le député a déposé, avec
d’autres parlementaires de Gironde,
une proposition de loi portant sur l’évolution du trait de côte et ses conséquences. Elle prévoit une indemnisation de
60 % à 70 % de la valeur du bien via le
fonds de prévention des risques naturels
majeurs, dit « fonds Barnier ». Cette loi
devrait être votée à l’automne prochain
et ne concernerait donc pas le Signal,
mais d’autres bâtiments touchés par ce
problème.
Au-delà, Benoît Simian appelle à une
évolution majeure dans la manière de
prendre en compte le risque d’érosion
littorale. « Il faut stopper la construction
dans les zones à risque et réfléchir à des
stratégies de relocalisation pour les cent
prochaines années, estime-t-il. Mais
aussi développer les systèmes de protection naturelle du littoral, en installant des
digues ou en renforçant les dunes par
exemple, comme on le fait actuellement
pour permettre le désamiantage du Signal. » Sophie Panonacle, député LaREM de la 8e circonscription de Gironde, a une idée plus audacieuse encore :
« On pourrait réfléchir à des baux à durée
limitée en fonction du risque d’évolution
du trait de côte, à partir du moment où les
propriétaires sont conscients de ce paramètre et signent en toute connaissance de
cause. » ■
Les prix des fournitures scolaires à la hausse
Les familles devront en moyenne débourser 193,74 € pour un enfant entrant au collège. Face à
l’augmentation du coût des cahiers, crayons et autres trousses, les parents réutilisent ce qu’ils peuvent.
ANTOINE PELÉ £@antoine_pele
CONSOMMATION Cette année encore,
la facture de la rentrée scolaire augmente. Avec une inflation relevée à
2,3 % en juillet selon l’Insee, tous les
prix sont à la hausse, y compris ceux
des fournitures. Familles de France,
une association familiale indépendante, a publié jeudi sa 34e enquête sur le
coût de la rentrée scolaire : les parents
devront en moyenne débourser
193,74 € pour un enfant entrant au
collège, contre 191,73 € l’an passé, soit
une augmentation de 1,05 %. L’enquête recense 45 références scolaires
dans 216 enseignes en France, soit
9 072 prix, et se concentre uniquement sur les fournitures (papeterie et
sport inclus).
L’enquête de la Confédération syn-
dicale des familles (CSF), publiée jeudi,
montre elle aussi une hausse des prix
des fournitures scolaires, avec un coût
moyen pour une entrée en 6e de
190,08 € cette année contre 182,42 €
en 2017. En revanche, ses résultats
globaux, qui prennent aussi en compte
le coût des livres annexes, des assurances, ou encore des transports,
montrent que le coût total de la rentrée scolaire, quelle que soit la classe
analysée, baisse de 2,91 %. Pour un
élève de sixième, les parents vont débourser en moyenne 342,22 € contre
353,37 € en 2017 (- 2,60 %).
Face à ces augmentations des cahiers, crayons et autres trousses, les
comportements des parents évoluent.
Pour la CSF, cela se manifeste « principalement par des pratiques d’achat différentes pour les familles. Elles sont plus
attentives à la nature de leurs achats et
sont de moins en moins enclines à faire
des achats superflus ».
Les marques sont moins plébiscitées
par les parents, jugées trop chères et
peu utiles aux enfants. Il convient également, pour limiter la facture, de
« privilégier le recyclage et les produits
écologiques. Ces produits ne sont plus
forcément plus chers par rapport aux
années passées », conseille Jamy Belkiri, responsable du service consommation des Familles de France.
Organisation des transports
« Le pouvoir d’achat des familles baisse
et ça devient très compliqué pour certaines », s’indigne Dorothée Avet, secrétaire générale de la Fédération des
conseils de parents d’élèves (FCPE).
Pour aider les parents, la FCPE leur
propose d’acheter les fournitures en
groupe et ainsi d’obtenir des rabais.
Mais plus largement, « la FCPE milite
pour que l’État prenne en charge toutes
les dépenses scolaires, même les transports ». Car c’est aussi un point noir
dans le budget des familles. Sans
compter que cela représente un coût
« très disparate » entre les régions, indique la CSF.
« Il y a un vrai problème sur l’organisation des transports depuis la loi NOTRe » qui a accéléré la décentralisation, regrette-on à la FCPE. En
Essonne, par exemple, les transports
scolaires sont payants pour tous les
enfants, quel que soit leur âge. Mais
dans le Haut-Rhin, les familles paient
le car scolaire pendant l’école primaire
et le lycée, mais pas pendant le collège… Ainsi, FCPE et CSF demandent la
gratuité des transports pour les enfants, « un service public qui permet
l’accès à l’éducation ». ■
J.-P. MULLER/AFP
ZOOM
Un accident de car fait neuf
blessés dans l’Aisne
Un car de colonie de vacances
a été percuté par un poids lourd
jeudi, faisant neuf blessés dont
deux enfants en état grave. Le
car était stationné sur une bande
d’arrêt d’urgence sur l’autoroute
A4 dans l’Aisne quand il a
été heurté par un camion
transportant des céréales. Trois
des neuf blessés étaient encore
à l’hôpital vendredi mais leur vie
n’était plus en danger. L’enquête
a révélé que le chauffeur du
camion, âgé de 26 ans, utilisait
son téléphone portable quelques
secondes avant l’accident.
EN BREF
Des moyens
supplémentaires pour
l’entretien des ponts
Après l’effondrement du pont
de Gênes, le ministre de
l’Intérieur, Gérard Collomb,
a annoncé sur BFMTV que, dans
le cadre de la loi de mobilité,
« un certain nombre de moyens
supplémentaires » seront alloués
à l’entretien des ponts.
Aucune poursuite pour
la promotion du livre
de Marlène Schiappa
La Cnil a décidé vendredi de ne
pas poursuivre Marlène Schiappa
dans le cadre de la promotion
de son livre par son service
de presse le 22 mai. Saisie par
l’association Anticor estimant
qu’il y avait un problème
déontologique et pénal, la Cnil
a finalement clos le dossier.
Un homme incarcéré après
le meurtre de sa femme,
déguisé en suicide
À Lyon, un homme de 29 ans a
été écroué après qu’il a étranglé
sa femme lors d’un différend
conjugal. Il avait alors fait croire
à une défenestration avant de
revenir sur les faits lundi matin.
A
CAROLINE COUPAT £@carolinecoupat
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 18 - dimanche 19 août 2018 LE FIGARO
10
SCIENCES
Les plateformes
pétrolières
favorisent
la biodiversité
marine
La dispersion des espèces sous-marines,
notamment des coraux d’eau froide,
est amplifiée par les installations offshore,
y compris dans la mer du Nord.
MARC CHERKI £@mcherki
ENVIRONNEMENT Voilà une recherche
qui fera plaisir à l’industrie pétrolière
et gazière ! Finalement, l’homme ne
détruit pas forcément son environnement en créant de grosses installations industrielles sur le fond des
océans ! Les plateformes maritimes
construites pour extraire du pétrole et
du gaz naturel des profondeurs sousmarines, notamment en mer du Nord,
sont favorables à la dispersion des coraux sur de longues distances et, de ce
fait à la biodiversité marine. Tel est le
principal résultat d’une étude publiée
jeudi 16 août dans Scientific Reports,
revue du groupe Nature.
« En première approche, notre résultat
peut sembler contre-intuitif », concède Lea-Ann Henry, de l’école de
géosciences de l’université d’Édimbourg (Grande-Bretagne) et première auteur de l’article, publié en coopération avec des chercheurs de
l’université de Bergen (Norvège), de
Liverpool (Grande-Bretagne) et de
Wilmington (États-Unis). « Le grand
public considère les installations pétrolières et gazières comme très dommageables pour l’environnement. Mais
nous avons démontré dans une précédente étude que leur empreinte carbone est limitée. Notre nouvelle publication établit qu’à côté des aspects
négatifs, il y a de nettes contributions
positives. Car les installations pétro-
lières et gazières sont devenues le support de coraux protégés par des lois
nationales et internationales. De ce
fait, ces coraux implantés sur ces plateformes participent à reproduction et
à la dispersion de populations naturelles, y compris celles qui ont été décimées par d’intenses activités de pêche.
Notre étude suggère donc que les coraux sur les plateformes pétrolières
peuvent aider les populations naturelles à se reproduire. »
Et il s’agit d’un effet à très longue distance. Si la structure est créée au niveau du plancher sous-marin avec
des coraux dessus, les larves issues de
ces coraux auront des impacts « jusqu’à des centaines de kilomètres »,
précise la chercheuse. Et d’ajouter,
« dans la mer du Nord, il y a probable-
La plateforme pétrolière de Draugen, au large de la Norvège.
ment une centaine de structures qui ont
des effets bénéfiques, probablement sur
des centaines de kilomètres carrés »,
complète Lea-Ann Henry.
« Contribution positive »
Ce travail n’a pas pris en compte le
cas spécifique des fermes d’éoliennes
en mer, dont le rôle sur l’environnement est souvent critiqué. « Mais
d’autres études ont considéré leur
contribution positive. Car elles permettent de connecter entre elles des
populations sous-marines. Ces études
Des cœlacanthes menacés par un projet
pétrolier au large de l’Afrique du Sud
Inquiétude sur un projet pétrolier
du groupe italien ENI, sur un bloc
d’exploration de 400 km de long,
au sud-est de l’Afrique du Sud, à côté
de deux zones marines protégées. En
2000, une colonie de 30 cœlacanthes,
poisson très rare qui a peu évolué
en 420 millions d’années, avait été
découverte dans cette région. Avec
le début envisagé des forages, Andrew
Venter, directeur de l’ONG Wildtrust,
s’inquiète de la disparition du
cœlacanthe en cas d’un accident
comme celui de Deepwater Horizon. Et
Mike Bruton, expert de ces « fossiles
vivants », ajoute au Guardian, que tout
ce « qui pourrait interférer avec leurs
capacités d’absorber de l’oxygène,
comme la pollution pétrolière, pourrait
être un risque à leur survie ».
M. C.
JOHN DOWNES/GETTY IMAGES
ont également considéré le rôle des pipelines et des bateaux au long cours.
D’une manière générale, les installations créées par l’homme participent à
la dispersion des populations de coraux sur des centaines de kilomètres
de distance », résume la chercheuse.
La biodiversité sous-marine est donc
largement favorisée par ce type
d’activités humaines.
Mais l’impact des installations étudiées est cantonné au fonctionnement « optimal », sans dégâts ni marées noires accidentelles. Pourtant,
l’explosion de la plate-forme
Deepwater Horizon dans le golfe du
Mexique en avril 2010 a par exemple
menacé des centaines d’espèces, en
particulier sous-marines, en relâchant 5 millions de barils de pétrole
et de gaz à 1 500 mètres de profondeur pendant 87 jours. Des coraux
ont été détruits par le pétrole et les
produits dispersants. Et des centaines d’espèces ont été considérées à
risque en raison de cette marée noire
géante, comme l’établit une édition
spéciale du magazine américain
Bioscience (septembre 2014). Toutefois, les résidus du pétrole ont aussi
eu un effet bénéfique sur la croissance du phytoplancton ! ■
ZOOM
Vaccins défectueux :
40 responsables politiques
accusés en Chine
Plus de quarante responsables
politiques chinois ont trempé
dans un scandale de vaccins
contre la rage, fabriqués
illégalement par l’entreprise
Changchun Changsheng Biotech,
dans la province du Jilin
(nord-est du pays). Une douzaine
de politiciens ont été limogés
jeudi lors d’une réunion
du Parti communiste chinois,
dirigée pour l’occasion par Xi
Jinping, le président de la Chine.
Outre une fabrication qui
ne respectait pas les normes
de sécurité, les contrôles
sur le fabricant ont été inefficaces.
De ce fait, le vice-gouverneur
de la province et cinq officiels
ont été remerciés. Et l’ancien
directeur adjoint en charge de
l’alimentation et des médicaments
est sous le coup d’une enquête.
Enfin, les recettes de l’entreprise
ont été saisies.
[
Ces sites
qui valent
de l’or
5/5
L’ÉTÉ DU FIGARO
Le Bassin parisien, une ancienne mer tropicale
]
Les pierres de Notre-Dame de Paris, issues des couches du lutétien, ont 40 millions d’années.
veau marin des 600 derniers millions
d’années (environ 150 m au-dessus du
niveau actuel). Mais le clou d’or est
très loin de cette région puisqu’il se
trouve au mont du Risou, dans les
Hautes-Alpes. Il fait partie du parc régional des Baronnies provençales et est
visitable.
A
JEAN-LUC NOTHIAS jlnothias@lefigaro.fr
GÉOLOGIE Nous voici arrivés il y a
132,9 millions d’années. Le hauterivien commence. Il succède au valanginien (-139,8 à -132,9 Ma) et précède
le barrémien (-129,4 à -125 Ma). Il a
été nommé en référence à la ville
d’Hauterive, près de Neufchatel, en
Suisse. Son début coïncide avec la
première occurrence du genre d’ammonite Acanthodiscus. Il possède une
roche calcaire caractéristique, dite
pierre jaune de Neufchatel. Les carrières d’Hauterive, aujourd’hui fermées, ont été exploitées depuis le
temps des Romains. Le clou d’or, site
international de référence pour cette
limite de couche géologique, n’est pas
encore officiellement attribué mais un
site situé à la Serre de l’âne à La Charce (Drôme), dans le sud-est de la
France, est en cours de validation. Le
site présente une très belle alternance
de calcaires argileux et de lits de marnes, très typique.
Passons à 100,5 millions d’années.
Le Bassin parisien est sous une vaste
mer tropicale d’environ 500 km de
largeur. À l’ouest, elle bute sur le Massif armoricain et forme un delta où les
eaux douces continentales se mêlent
aux eaux marines. C’est là que se trou-
La fin du crétacé
Une carrière sous le bois de Vincennes. L’extraction de pierres a permis la construction
de Paris, du Moyen Âge jusqu’en 1860. BRUNO LEVESQUE/IP3 PRESS/MAXPPP
ve aujourd’hui la région du Mans. Qui a
donné son nom, cénomanien, à cet
étage d’une durée de 6,6 millions
d’années (-100,5 à -93,9 mA). D’énormes quantités de fossiles ont été trouvées dans les sables et les grès sarthois.
Des ammonites, des huîtres, des gastéropodes, des crustacés, des oursins,
des étoiles de mer, des poissons (raie,
poisson-scie), des reptiles, des tortues,
des dinosaures… De plus, la région est
riche en fossiles pris dans l’ambre : à
cette époque, il y avait une paléoforêt
de résineux, qui sécrétaient de la sève
se transformant en ambre… Au cénomanien a été enregistré le plus haut ni-
Les géologues ont fixé le passage du
campanien au maastrichtien il y a
72,1 millions. Le nom de maastrichtien
vient bien sûr de la ville de Maastricht,
aux Pays-Bas, et de sa craie tuffeau, de
couleur blanche ou crème parfois jaunâtre, contenant quelques paillettes de
mica blanc. Le clou d’or de l’étage, le
dernier du crétacé, est dans la carrière
de Tercis-les-Bains, dans les Landes,
au sud-ouest de Dax. Il est situé à la
base du mur de Bédat, qui correspond
à un banc silicifié particulièrement dur
et bien visible au nord de la carrière, le
long de l’Adour. Les fossiles de près de
900 espèces ont été trouvés dans la
carrière. Le maastrichtien se présente
comme une couche de 150 m d’épaisseur, et sa fin marque la fin du crétacé,
il y a 66 millions d’années, date à laquelle les dinosaures ont brutalement
disparu. Le clou d’or du passage à
l’étage suivant (le danien) se trouve en
Tunisie.
Toujours en Aquitaine, mais 50 millions d’années plus tard. Entre la Brède et Saucats, sur 5 km le long du Saucats, un affluent de la Garonne, on
trouve les terrains caractéristiques de
l’étage
aquitanien
(-23,03
à
-20,44 millions d’années) et ses célèbres faluns, des dépôts sédimentaires
marins, formés de débris de coquilles,
parfois entières ou partiellement brisées. La réserve naturelle géologique
de Saucats-La Brède a pris pour emblème la coquille d’un mollusque gastéropode de grande taille, Melongena
lainei, caractéristique des dépôts aquitaniens. Le clou d’or de l’étage aquitanien se situe pourtant loin de cette région, près du village de Carrosio, au
nord de Gênes en Italie.
Petit retour en arrière. En remontant
vers le nord, passons à un étage mondialement reconnu et apprécié, celui
au cours duquel se sont formées les
pierres qui ont servi à bâtir Notre-Dame de Paris, le lutétien (-47,8 à
-41,2 millions d’années). Baptisé de ce
nom en 1873, il aura fallu attendre 2011
pour qu’il ait son clou d’or, dans la
province d’Alicante, en Espagne. ■
RETROUVEZ LUNDI
NOTRE NOUVELLE SÉRIE :
Les fléaux biologiques
©Alexis Courcoux
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URGO aux côtés des skippers
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samedi 18 - dimanche 19 août 2018 LE FIGARO
12
SPORT
Ligue 1 : Bordeaux pique (déjà) sa crise
L’entraîneur des Girondins Gustavo Poyet a été mis à pied à la suite d’une violente sortie médiatique contre les dirigeants du club.
VINCENT DUCHESNE £@VinceSport24
FOOTBALL Gustavo Poyet et les Girondins de Bordeaux, c’est (sans doute) fini.
Sept mois à peine après sa nomination au
poste d’entraîneur pour sauver un navire
bordelais à la dérive sous le commandement de Jocelyn Gourvennec, le bouillant
technicien uruguayen a été mis à pied à
titre conservatoire pendant une semaine.
La conséquence, somme toute logique,
d’un coup de colère inattendu de Poyet
jeudi soir, quelques minutes après une
victoire contre les Ukrainiens de Mariu-
pol (2-1) en Ligue Europa. Furieux
d’avoir vu partir l’attaquant Gaëtan Laborde à Montpellier, sans avoir été prévenu au préalable selon ses dires, le coach
bordelais s’en était pris publiquement à
ses dirigeants, en parlant de « honte »,
tout en menaçant de démissionner.
« Les bornes ont été dépassées, a réagi ce
vendredi Stéphane Martin, le président
des Girondins de Bordeaux, après s’être
entretenu quelques minutes dans la matinée avec Gustavo Poyet. Il y a eu un manque
de respect de l’institution, des dirigeants. »
« C’est un écart par rapport à ce qu’on peut
attendre d’un cadre supérieur d’une entre-
prise, a-t-il ajouté. Que ce soit M6 ou GACP
(un fonds d’investissement américain en
passe de racheter le club pour un montant
estimé entre 70 et 100 millions d’euros,
NDLR), on ne peut pas tolérer qu’un cadre
supérieur tienne de tels propos sur l’institution. Il y a consensus là-dessus. »
Entre la direction bordelaise et Poyet,
les relations se sont dégradées au fil de
l’été, après cinq mois sans nuage, marqués par un joli redressement sur le plan
sportif. La faute à un certain immobilisme
du club en matière de recrutement. « Depuis deux mois, vous avez pu voir qu’il y a
plus de tensions qu’auparavant, a reconnu
Stéphane Martin. Le début du mercato a
marqué des tensions qui n’ont fait que
s’envenimer avec le point d’orgue d’hier
(jeudi). » Les deux parties ont prévu de se
revoir vendredi prochain pour « un entretien préalable en vue d’un éventuel
licenciement ». En attendant, c’est Éric
Bedouet, préparateur physique des Girondins depuis vingt ans, qui assurera
l’intérim dimanche contre Toulouse et
face à La Gantoise jeudi prochain en Ligue
Europa. Le nom de… Jocelyn Gourvennec, très apprécié en interne, est lui évoqué pour reprendre du service sur les
bords de la Garonne. ■
Le Calcio profite
de Ronaldo avec
bienveillance
FOOTBALL Le Calcio reprend ce samedi
avec les matchs Chievo Vérone-Juventus
Turin (18 h, beIN) et Lazio Rome-Naples
(20 h, beIN). Programmés dimanche, les
matchs de la Sampdoria et du Genoa, les
deux clubs génois, ont été reportés.
star : Cristiano Ronaldo
u La
Vainqueur des sept derniers Scudetto,
la Juventus a réalisé le transfert de l’été.
Arrivé pour 100 millions d’euros après
neuf saisons passées à empiler les buts et
les trophées au Real Madrid, Cristiano
Ronaldo va découvrir la Serie A. Âgé de
33 ans, Ronaldo a encore de très belles
années devant lui, comme le confirment
les spectaculaires résultats de ses tests
médicaux. Le quintuple Ballon d’or s’ap-
Hier LYON (5)
Sam. PARIS-SG (2)
17 h C +
20 h MONTPELLIER (13)
AMIENS (17)
beIN
CAEN (19)
- NICE (14)
DIJON (8)
- NANTES (15)
MONACO (4)
- LILLE (3)
RENNES (16)
- ANGERS (11)
Dim.
15 hST-ÉTIENNE (9)
STRASBOURG (6)
beIN
17
h
TOULOUSE (20)
BORDEAUX (18)
beIN
NÎMES (7) 21 h C + MARSEILLE (1)
REIMS (10)
GUINGAMP (12)
En versant 100 millions d’euros au Real
Madrid pour recruter Cristiano Ronaldo,
la Juventus a réalisé le transfert
de l’été. R. FINIZIO/NURPHOTO/AFP
coach à suivre :
u Le
Luciano Spaletti
Pour l’entraîneur de l’Inter Milan, qualifié en Ligue des champions pour la première fois depuis la saison 2011-2012 :
« L’arrivée de Ronaldo à la Juve ? Cela
donnera plus de force à tout le championnat. Je ne sais pas si l’Inter sera leader de
la Serie A mais nous serons certainement
parmi les plus forts, en allant le plus loin
possible dans toutes les compétitions. »
La Serie A redevient un championnat
européen qui compte, grâce à la venue
intéressée du quintuple Ballon d’or.
JEAN CÔME TROHEL jctrohel@lefigaro.fr
LIGUE 1 - 2E JOURNÉE
: 1,13 milliard d’euros
u Mercato
de dépenses
Les clubs italiens ont dépensé plus
de 1 milliard d’euros cet été pour se renforcer avec Javier Pastore et Steven
N’Zonzi à la Roma, Gonzalo Higuain au
Milan AC, « Mister » Ancelotti à Naples
et Radja Nainggolan à l’Inter. Si la Juve a
pu attirer un « top player » tel que Cristiano Ronaldo, c’est en grande partie
grâce à une règle fiscale mise en place au
premier semestre 2018, laquelle fixe à
100 000 euros le plafond de l’imposition
sur les droits d’image. Une bonne affaire
pour Ronaldo qui payait 12 M€ par an en
Espagne sur les 40 M€ de revenus versés
par ses sponsors personnels…
prête à dynamiter le Calcio, avec l’objectif d’offrir un nouveau Scudetto à son
club et de briller en Ligue des champions.
u Le club en vogue : Milan AC
Racheté en 2016 par des investisseurs
chinois, le Milan AC avait investi massivement à l’été 2017, en préambule d’une
saison qui a failli virer au cauchemar.
Depuis, le club a été racheté par le fonds
d’investissement américain Elliott et va
disputer la Ligue Europa. Il semble reparti sur des bases plus solides. Le Brésilien Leonardo et la légende du club Paolo
Maldini ont intégré l’encadrement, tandis que l’effectif s’est renforcé dans toutes les lignes, avec l’expérimenté gardien
de but Pepe Reina, l’espoir Caldara en
défense centrale, l’immense Tiémoué
Bakayoko au milieu de terrain et bien sûr
« Pipita » Higuain devant.
nouveauté : le boxing day
u La
s’invite en Italie
Alors que certains parlent de supprimer
le boxing day en Angleterre, les dirigeants italiens ont décidé de supprimer
la traditionnelle trêve de Noël en prévoyant deux journées de championnat
pendant les fêtes. ■
[
]
Afrique du Sud : l’ambiguïté des quotas raciaux
L’ÉTÉ DU FIGARO
5/5
Port-Elizabeth
Voyages
en Ovalie
Visant à équilibrer le ratio de joueurs blancs et non blancs sur le terrain,
ces quotas posent question, tant moralement que sportivement.
A
THIBAUT MARTINEZ-DELCAYROU
£@Twibaut
L’attente est immense. Ce 24 juin
1995, l’Afrique du Sud s’apprête à
disputer chez elle la finale de la Coupe du monde de rugby pour la première fois de son histoire, face aux
All Blacks. Quelques instants avant le
coup d’envoi, dans la chaleur pesante de l’Ellis Park de Johannesburg,
les 63 000 spectateurs découvrent
les compositions officielles. Dans le
XV de départ des Springboks, du
grand classique : la star Joel Stransky
à l’ouverture, le capitaine François
Pienaar en troisième-ligne et Chester Williams sur l’aile gauche.
Au-delà d’être celui qui a planté
quatre essais en quart de finale face
aux Samoa, Chester Williams est
surtout le seul joueur métis et non
blanc de l’effectif sud-africain de
cette Coupe du monde. À un peu
plus d’un an de la fin officielle du régime de l’apartheid, il devient pour
les médias l’alter ego de Nelson
Mandela sur le terrain. Ils voient en
lui la représentation de la communauté noire et métisse dans ce sport
presque exclusivement pratiqué par
les Blancs.
Rôle que lui-même réfute. En
2002, sept ans après être devenu
Chester Williams, ailier
gauche des Springboks,
et André Joubert,
lors des quarts de finale
de la Coupe du monde
de rugby contre
les Samoa, le 10 juin 1995
à Johannesburg.
CHARLES PLATIAU/X00217
champion du monde, Chester
Williams sort une autobiographie
dans laquelle il révèle cette terrible
phrase, sortie de la bouche de son
coéquipier James Small au début
des années 1990 : « Putain de nègre,
pourquoi tu veux jouer notre jeu ? Tu
sais très bien que tu ne peux pas. »
En 2015, dans un entretien au Monde, il revient sur sa mauvaise intégration au sein de la sélection des
Boks. « Avant la compétition de
1995, je me sentais isolé des autres. Je
mangeais souvent seul lors des tournées à l’étranger. »
Près d’un quart de siècle plus tard,
ce fantasme d’une nation arc-enciel retrouvée n’a pas évolué. Et c’est
le rugby, toujours assimilé comme le
sport miroir et unificateur de la société sud-africaine, qui paye l’addition. Le 16 août 2013, la fédération
sud-africaine de rugby (SARU) annonce qu’elle prévoit de remettre en
place de quotas raciaux, déjà effectifs entre 1998 et 2004. Toute formation engagée dans le championnat
national devra désormais aligner
sept joueurs non blancs sur chaque
feuille de match, dont cinq en tant
que titulaires.
Réforme qui s’applique en février 2015 à la sélection nationale. À
tout juste sept mois du début de la
Coupe du monde, Jurie Roux, président de la SARU, indique à son sélectionneur Heyneke Meyer qu’il devra
aussi inscrire sept non Blancs sur
chaque feuille de match. Mesure
qu’il respecte à la lettre. Mais après
cette Coupe du monde marquée par
une défaite humiliante face au Japon,
l’inévitable et redondante question
de la légitimité sportive refait surface. Comment est-il possible, là où la
performance est primordiale, de
choisir des joueurs en fonction de
leur couleur de peau ?
Interventionnisme
En 2007, Nick Mallet, ex-sélectionneur des Boks, pensait que l’exil des
joueurs sud-africains blancs vers
l’Europe était dû aux quotas imposés
dans leurs clubs. Un joueur noir, à
niveau égal ou même moins bon,
avait plus de chances de jouer.
Jacques George, ancien joueur des
Lions, explique au Figaro que les
temps ont changé. « Aujourd’hui,
beaucoup de Noirs jouent au rugby
grâce aux académies dans les bidonvilles, qui n’existaient pas il y a quinze
ans. Et quand on regarde l’équipe nationale, les Noirs méritent tous leur
place. » À l’image de Siya Kolisi, premier capitaine noir de l’histoire des
Springboks.
De quoi conforter le gouvernement dans son interventionnisme.
En novembre 2015, il donne même
un coup d’accélérateur. En injectant
de l’argent dans la franchise des
Kings, au bord de la banqueroute, la
fédération sud-africaine décide d’en
faire un symbole en créant artificiellement une équipe majoritairement
noire, qui représenterait les 72 % de
joueurs colorés licenciés dans cette
province de Port Elizabeth. Avec,
pour faciliter le tout, Cheeky Watson,
membre du Congrès national africain
- parti de Mandela toujours au pouvoir - à la tête du club.Depuis, le gouvernement n’a pas relâché la pression. Au contraire : il a imposé à la
SARU de partir à la Coupe du monde
2019 au Japon avec une sélection
composée à 50 % de joueurs non
blancs. Les choix du sélectionneur,
Rassie Erasmus, ne seront donc pas
uniquement sportifs. Pas certain que
ce soit la définition de l’égalité prônée
par Nelson Mandela… ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 18 - dimanche 19 août 2018
SPORT
Gerard Piqué,
star du foot
et des affaires
ZOOM
Rugby : les All Blacks
favoris du Four Nations
Le Rugby Championship, nom
officiel de la compétition phare
des nations de l’hémisphère
Sud, débute samedi (12 h sur
Canal +) par un alléchant choc
entre Wallabies et All Blacks.
Et, une fois n’est pas coutume,
les doubles champions du
monde néo-zélandais sont
archifavoris à leur propre
succession. Leur mainmise est
totale : depuis l’intégration de
l’Argentine en 2012, les Kiwis
ont remporté cinq des six
éditions. L’Afrique du Sud, qui
voudra confirmer ses nouvelles
ambitions offensives, reçoit
l’Argentine (17 h sur Canal +),
en reconquête avec son nouvel
entraîneur, Mario Ledesma.
À 31 ans, le défenseur du Barça est aussi
un redoutable businessman au cœur
de la réforme de la Coupe Davis.
TENNIS L’image fait sourire. En apprenant l’annonce du vote de la réforme de la Coupe Davis, jeudi, dans
une salle de réception du Ritz-Carlton d’Orlando (Floride), Gerard Piqué a littéralement hurlé de joie,
bondissant dans les airs avant de
tomber dans les bras de ses collaborateurs. « C’est l’un des jours les plus
importants de ma vie », a-t-il confié
quelques instants après cette annonce historique. L’euphorie est
compréhensible. Créateur et président du groupe d’investissement
Kosmos, qui a mené le nouveau projet, le footballeur du FC Barcelone
est à l’origine du contrat de 2,5 milliards de dollars pour les vingt-cinq
prochaines années avec la Fédération internationale de tennis.
Un véritable coup de maître pour
ce Catalan pur souche, fervent défenseur de la cause indépendantiste, détesté par une partie des Espagnols attachés à la sélection
nationale, et dont l’avenir postfootball semble tout tracé. Probablement pas sur un banc de touche en
survêtement mais plutôt dans un
costume d’homme d’affaires. Le
Barcelonais de 31 ans, compagnon
de la chanteuse Shakira, jongle en
effet avec les projets à coups de millions d’euros depuis quelques an-
nées. Son confortable salaire (environ 8 M€ par saison) lui a permis
d’investir dans des start-up bien
loin du monde du football : les lunettes (Kypers), l’alimentation biologique (Natrus) ou encore les boissons isotoniques (426miles).
En 2012, il avait fondé Kerad Games, une société qui conçoit et développe des jeux en ligne, comptant
une cinquantaine d’employés. Le
jeu Golden Manager, qui permet aux
participants de se mettre dans la
peau d’un patron de club de football, a remporté un très beau succès
commercial. Son implication dans
ce secteur à forte croissance a permis au néoretraité international
(102 sélections) de prendre part au
dîner du Mobile World Congress de
Barcelone en février dernier aux
côtés de Felipe VI, le roi d’Espagne.
Car Gerard Piqué n’est pas qu’un
investisseur lambda, comme bon
nombre des stars du ballon rond. Ce
grand admirateur d’Alex Ferguson,
l’ancien manager de Manchester
United, sait aussi s’entourer de décideurs qui comptent. La présence à
ses côtés de Shakira, redoutable business women, et les nombreuses
connexions de la star colombienne
ont forcément servi les desseins
d’entrepreneur de ce fils de bonne
famille. Pour monter son projet révolutionnaire de la Coupe Davis,
Gerard Piqué s’est par exemple as-
Bio
EXPRESS
1987
Naissance à Barcelone
2008
Premier contrat
professionnel
au FC Barcelone
avec lequel il
est toujours lié
2010
Champion du monde
de football avec
la sélection espagnole
2012
Création de Kerad
Games, start-up
de jeux vidéo en ligne
2018
À la tête de Kosmos
Group, société
d’investissement
qui mène le projet
de réforme
de la Coupe Davis
EN BREF
Foot : Pogba capitaine
Gerard Piqué (ci-dessus, le 4 juillet dans la loge royale de Wimbledon)
a investi dans plusieurs start-up. PARSONS ANDREW/I-IMAGES/ABACA
socié à Hiroshi Mikitani, président
et directeur général de Rakuten,
géant du commerce en ligne. Le
couple, proche du milliardaire japonais, aurait même été à l’origine
du contrat de sponsoring du Barça
avec le groupe nippon en 2017
(55 millions d’euros par an jusqu’en
2021). Le défenseur central a aussi
tissé des relations avec Mark Zuckerberg, le patron de Facebook.
S’il est connu dans le vestiaire
pour ses blagues potaches et parfois
même un peu lourdes, Gerard Piqué
(qui compte 16,7 millions de followers sur Instagram) est issu d’un
milieu très favorisé. Son père est un
homme d’affaires accompli et sa
mère est une neurochirurgienne réputée en Espagne, travaillant à
l’Institut Guttmann de Barcelone.
C’est elle qui avait suivi l’évolution
neurologique de son bambin, victime d’une chute de quatre mètres à
17 mois alors qu’il tentait d’attraper
un ballon. Cet accident l’avait plongé plusieurs jours dans le coma. Une
mésaventure sans conséquences sur
l’activité cérébrale du champion du
monde 2010, qui disposerait d’un QI
de 140. Un esprit éclairé qu’il entretient en suivant par exemple des
cours de gestion d’entreprises des
loisirs, des médias et du sport à Harvard. Ou en participant récemment
à une visioconférence de la prestigieuse université américaine sur le
développement du FC Barcelone à
l’international et l’attachement aux
racines catalanes. ■
ST TROPEZ
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est devenu le 9e golfeur
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à rendre une carte inférieure
à 60, lors du Wyndham
Championship. Le 88e joueur
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samedi 18 - dimanche 19 août 2018 LE FIGARO
14
CULTURE
Dernier adieu à Robuchon
voy, Thierry Marx, Christophe Bacquié,
Jacques Maximin, André Dutournier, Éric
Bouchenoire et Éric Briffard, ces deux
derniers ayant été les seconds du maître.
Paul Bocuse, décédé en janvier, était représenté par sa fille. Quant aux chefs des
Ateliers Robuchon, ils avaient mis leurs
vestes noires. Une délégation du Japon,
où il avait ouvert trois restaurants étoilés,
avait aussi fait le déplacement, ainsi que
son fils franco-japonais Louis RobuchonAbe. Assis au premier rang, l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin a déclaré : « Nombreux sont ici les amis, les
disciples, prêts à s’impliquer pour donner
vie à son rêve », évoquant la future école
internationale de cuisine dans le Poitou
voulue par le chef. Guy Savoy a rappelé
l’influence du défunt : « Tu rejoins la
grande famille des cuisiniers. » Quant à
l’allocution d’Éric Bouchenoire, elle a déclenché un tonnerre d’applaudissements.
Qui ont continué sur le parvis de l’église à
la sortie de la messe.
F. V. (AVEC AFP)
PATRICK BERNARD / BESTIMAGE
HOMMAGE Sa photo avait été déployée
en grand format sur la façade de la cathédrale Saint-Pierre de Poitiers, et à l’intérieur. Joël Robuchon y apparaît souriant,
l’œil serein et vêtu de noir comme à son
habitude. Dans l’entrée, une toque faite
de roses blanches. Son enterrement a eu
lieu la semaine dernière dans l’intimité
selon le vœu de sa famille, mais celle-ci
souhaitait un dernier hommage public
pour le chef auréolé de 32 étoiles, décédé
d’un cancer le 6 août à l’âge de 73 ans.
Pour l’occasion, plus de 2 000 personnes se sont rassemblées dans sa ville natale. Des haut-parleurs disposés à l’extérieur permettaient de suivre la
cérémonie. Mais c’est surtout la présence
de nombreux grands chefs, ainsi que la
centaine de titulaires du titre de meilleur
ouvrier de France, dont faisait partie Joël
Robuchon, qui a marqué cette après-midi. Parmi les toques les plus célèbres, en
veste blanche de cuisinier, on remarquait
Alain Ducasse, Michel Guérard, Guy Sa-
Nicole Corti : « Il faut redonner ses lettres
de noblesse au grand chœur »
ENTRETIEN En concert au Festival Berlioz
et à celui de La Chaise-Dieu, la directrice
musicale de l’ensemble Spirito incarne
la choralité à la française, mélange
de couleurs et d’excellence.
L
PROPOS RECUEILLIS PAR
THIERRY HILLÉRITEAU
£@thilleriteau
a directrice musicale de
l’ensemble lyonnais Spirito est l’une des
figures emblématiques du Festival de La
Chaise-Dieu, qui s’ouvre ce soir dans la
Haute-Loire et où elle interprétera le
24 août la sublime Messe à double chœur
de Frank Martin. Mais c’est aussi une fidèle du Festival Berlioz de La Côte-SaintAndré (Isère), où Spirito se produira le
21 août dans le Requiem, sous la baguette
de François-Xavier Roth et en présence
de la ministre Françoise Nyssen, pour
lancer les commémorations des 150 ans
de la mort du compositeur en 1869.
LE FIGARO. - De la Grande Messe
des morts de Berlioz à la Messe à double
chœur de Frank Martin, c’est un peu
le grand écart, non ?
Nicole CORTI. - En termes d’esthétique,
oui. Mais chacune de ces œuvres répond,
à sa manière, à la ligne artistique que nous
nous sommes fixée en fusionnant deux
chœurs préexistant, le Chœur Britten et
les Chœurs et Solistes de Lyon, pour créer
Spirito : redonner ses lettres de noblesse
au grand chœur, qu’il soit de chambre ou
symphonique.
De quelle manière ?
Ces dernières années, on a beaucoup restreint les effectifs. Pour des raisons économiques, bien sûr, mais pas uniquement. On opposait souvent le nombre à la
qualité. Des œuvres a cappella comme la
Nicole Corti dirige l’ensemble Spirito
en août 2017. GUILHEM VICARD
Je n’ai jamais cru à ce complexe. La France a sa propre culture et sa propre tradition chorale, qui n’est pas celle de l’Angleterre ou des pays germaniques. Chez
nous, la choralité s’oriente davantage
vers la capacité à servir la modalité des
couleurs. Dans les chansons de Debussy,
c’est même le principal travail. Là où
d’autres pays recherchent une stabilité
homophonique, dont le risque est de
tomber dans une uniformité que l’on a,
me semble-t-il, évitée.
Messe de Frank Martin, à laquelle nous
associons des motets de Bruckner, nous
rappellent combien le grand chœur de
chambre a constitué, jusqu’au début du
XXe siècle, un socle décisif du répertoire
européen. Quant à la messe de Berlioz,
avec ses effectifs colossaux, elle nous permet d’associer aux chanteurs professionnels de Spirito de jeunes chanteurs en voie
d’insertion professionnelle et des amateurs. Une démarche que Berlioz n’aurait
pas reniée et que je trouve essentielle.
Justement, les compositeurs français
actuels s’intéressent-ils au grand chœur ?
Oui. Nous avons d’ailleurs pour les trois
années à venir de nombreux projets, dont
un très important pour la saison 20192020 pour trois chœurs, trois chefs et
trois accordéons.
Vous avez présidé presque quinze ans
durant à la Maîtrise de Notre-Dame
de Paris. Le souhait du gouvernement
de développer le chant choral à l’école
doit parler à votre âme de pédagogue…
Je crois profondément que la musique
doit être intégrée à l’éducation des jeunes
enfants. C’est avant l’âge de 7 ans que se
fait le développement de l’oreille, de manière très privilégiée avant le passage à la
lecture et l’écriture. C’est une chose extrêmement exigeante et qui réclame
beaucoup de qualités. De nombreux jeunes musiciens peuvent faire ça avec enthousiasme. Mais il ne faut pas confondre
animation et éducation, et penser très
largement la formation des personnes qui
sont envoyées dans le cadre scolaire. Travailler la musique avec des petits requiert
un savoir-faire, une idée précise des objectifs que l’on veut atteindre, pour le développement artistique, culturel, humain
et social de l’enfant. ■
Festival de La Chaise-Dieu (43),
du 18 au 28 août. www.chaise-dieu.com
Festival Berlioz, à La Côte-Saint-André (38),
du 18 août au 2 septembre.
www.festivalberlioz.com
En quoi est-ce fondamental ?
Faciliter les liens entre choristes professionnels et amateurs permet de soutenir
le développement du chant choral en
France. Mais c’est aussi très formateur
pour les professionnels et les jeunes
chefs, car les amateurs connaissent leurs
objectifs. Chercher avec eux les meilleures solutions pour y parvenir permet de
penser la choralité différemment.
Amateurs et professionnels
se sont longtemps regardés en chiens
de faïence. La situation change-t-elle ?
Pour avoir beaucoup circulé en Europe, je
crois que nous vivons une époque très intéressante en France. Les chœurs amateurs sont en progression constante, leur
motivation n’a jamais été aussi forte et ils
sont désormais prêts à bien rémunérer
leurs chefs. Cela coïncide avec l’arrivée
d’une jeune génération de chefs eux aussi
très motivés et capables de s’intégrer à
tout type de groupe. Tout avance.
Est-ce la fin du complexe hérité de
la Révolution, selon lequel nous aurions
perdu notre tradition chorale ?
À Paris, Classique au vert dans une zone d’ombre
UN JOUR, UN FESTIVAL Avec un budget réduit de moitié, l’avenir de cette manifestation est menacé.
n voyage dans l’histoire et les
États d’Amérique. C’est ainsi
que le pianiste David Lively a
bâti son excellent album I Got
Rhythm, paru sous le label du
producteur parisien Philippe Maillard (La
Musica), et dont il défend cet après-midi
les couleurs au Parc floral dans le cadre du
festival Classique au vert, à Paris.
Qu’on ne s’y trompe pas : si le titre suggère le Songbook de Gershwin, ce dernier
est loin d’être l’unique nourriture de ce
festin de musiques américaines. Un panorama pianistique saisissant, articulé
autour du jazz, du ragtime, du blues.
« Comme la rivière Ohio a forgé une partie
de l’histoire des États-Unis, je voulais
A
U
montrer à quel point les styles de compositeurs aussi différents qu’Aaron Copland,
Charles Ives ou Elliott Carter sont tous tributaires du jazz », explique cet Américain
à Paris, installé dans la capitale depuis ses
16 ans. Un itinéraire balisé par des noms
bien connus des mélomanes, donc. Mais
également par la virtuosité débridée d’un
William Albright ou l’humour d’un
William Bolcom, « ignorés comme une
bonne partie du répertoire classique américain », confesse-t-il. Attiré par Ravel et
Debussy depuis ses premiers cours de
piano à Saint-Louis, avec un ancien élève
de Cortot, il n’a rien oublié de ses racines.
C’est tout à l’honneur du festival Classique au vert de programmer Lively, car,
par sa curiosité et son exigence, il fait la
synthèse parfaite entre le savant et le
populaire. Ambition que la manifestation
créée il y a vingt et un ans a érigée en
paradigme.
60 000 spectateurs par an
Dépassant le stade de l’animation pour
proposer, sur plusieurs week-ends, le
seul festival d’envergure dédié au classique du mois d’août à Paris. Faisant la place aux artistes emblématiques de la scène
capitale, comme aux orchestres d’Île-deFrance. Mais aussi aux amateurs qui depuis quatre ans investissent la scène du
Delta en journée. Fort de 60 000 spectateurs par an, le festival, qui joue un rôle
de médiateur essentiel, s’interroge pourtant sur sa survie.
Après avoir réduit son budget de
200 000 à 100 000 euros et sa durée de sept
à quatre week-ends, « la Ville de Paris
nous dit réfléchir à son avenir comme à celui
des autres festivals portés par la Mairie,
comme le Paris Jazz Festival », explique en
effet sa directrice, Marianne Gaussiat. Un
climat anxiogène, dans une situation déjà
compliquée. « 100 000 euros pour un festival de cette envergure, c’est peu, fait-elle
observer avec raison. Aujourd’hui, nous
avons le sentiment de plafonner et de ne
pouvoir aller plus loin, alors que le potentiel
de développement, à l’heure où les orchestres parisiens et les artistes classiques
cherchent tous de nouveaux publics comme
celui que leur offre Classique au vert, est
réel. »
Aucune piste n’est évoquée pour 2019.
Mais pour Marianne Gaussiat, « un assouplissement de la structure juridique du festival, qui répond aujourd’hui au statut de
marché public, pour aller vers une délégation de service public, permettrait d’y associer d’autres partenaires, publics comme
privé ». Et de poursuivre une aventure
artistique qui, en deux décennies, a imprimé sa marque dans le paysage musical
parisien. ■
T. H.
Classique au vert, au Parc floral (Paris XIIe),
jusqu’au 2 septembre.
www.classiqueauvert.paris.fr
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LE FIGARO
[
L’ÉTÉ DU FIGARO
Dans l’atoll
de Baa, l’île hôtel
du Four Seasons
Landaa
Giraavaru
propose une
immersion
exclusive à bord
du DeepFlight
Super Falcon 3S.
samedi 18 - dimanche 19 août 2018
Le voyage réin
venté
En France com
me
15
]
à l’étranger,
qui réveillent
notre curiosité des concepts émergent
, incitent à app
le monde ave
c plus d’attenti
réhender
on… Et d’émo
Loin du touris
tion.
me
au mot « décou consumériste, ils redonne
nt tout son sen
verte ». Nous
s
les avons testés
pour vous.
Aux Maldives,
dans
le sous-marin
ailé
5/5
VALÉRIE SASPORTAS
vsasportas@lefigaro.fr
ENVOYÉE SPÉCIALE À LANDAA GIRAAVARU
Y ALLER
Avec Etihad Airways, le vol
Paris-Malé via Abu Dhabi
est à partir de 700 € l’AR.
Tél. : 01 57 32 43 43
et etihad.com. Ajouter
le transfert, 580 € AR
en hydravion avec Trans
Maldivian Airways
(transmaldivian.com),
jusqu’à l’atoll de Baa
où un bateau du Four
Seasons vous attend
au terme de presque
17 heures de voyage.
Tortues et raies manta
« À la suite du phénomène climatique
El Niño de 2015-2016, 90 % des coraux sont morts de stress avec la température de l’eau qui est montée jusqu’à 32 °C et restée à ce niveau durant
deux mois », explique Angela. Deux
ans plus tard, le récif reprend des
couleurs, frémissant de vie : le Four
Seasons porte un programme d’implantation de colonies coralliennes
sur ses deux îles hôtels des Maldives, Kuda Huraa et Landaa Giraavaru, invitant les clients à
financer un cadre de corail
dont ils peuvent suivre la
croissance sur le site
marinesavers.com. Un
sentiment de plénitude
emplit l’espace. Des
nuées de tout petits
poissons nous enserrent et, d’un coup, se
scindent comme si
nous étions l’un de ces
bébés requins-citron
familiers du rivage.
« Top side ! Top side !
Falcon is good. I repeat :
Falcon is good. ». Boab est en
liaison avec le bateau de sécurité qui nous suit comme son
ombre. À présent que le temps
s’étire sans jamais être long, on
SÉJOURNER
Le Four Seasons Resort
Landaa Giraavaru est
un somptueux complexe
hôtelier au luxe raffiné,
conçu comme un village
maldivien aux toits de
chaume dans une jungle
apprivoisée. Bungalows
sur pilotis dans le lagon.
Villas aux tons de sable et
de coquillage avec piscine
privée (en plus du bassin
de 50 m à débordement)
et accès direct à l’océan.
Deux restaurants
gourmets. Un centre
ayurvédique et de yoga
remarquable. À partir
de 1 646 € la nuit pour
deux, petits déjeuners
inclus. Tél. : +960 6600 888
et fourseasons.com
DEEPFLIGHT
ADVENTURES
Dès l’âge de 7 ans
et jusqu’à 120 kg. Pour
deux : 1 680 € l’excursion
d’une heure. Rens. :
oceantravelasia.com
voudrait bien être surpris par quelques « gros poissons » : requins, dauphins, tortues, raies manta. C’est ici
leur territoire. Et c’est la bonne saison pour les rencontrer : entre juin et
octobre, les mantas affluent pour se
nourrir de l’abondant zooplancton.
D’ailleurs, dès notre arrivée, un
« manta call » nous a été remis. Ce
petit téléphone peut sonner n’importe quand entre 9 heures et 17 heures
pour nous signaler leur présence.
Aussitôt qu’il retentit l’on doit accourir au centre de découverte marine de l’île qui abrite à la fois un
centre de réhabilitation des tortues
mutilées, et le Manta Trust, formidable ONG britannique adossée au
Four Seasons, entre autres opérateurs touristiques triés sur le volet.
Des biologistes marins vous accompagnent alors vers la baie de Hanifaru surveillée par des « rangers ». Ce joyau de la
réserve est l’oasis des
mantas,
classée
zone de protection marine par
le gouvernement maldivien depuis
2009. Dans
nos villas
avec piscine
aux murs de
pierre
de
corail érigées
dans une jungle domestiquée, un beau livre sensibilise à ces
inoffensives créatures, immenses et mystérieuses, Manta : Secret Life of
Devil Rays, de Guy Stevens et Thomas P. Peschak. Nous ne les verrons
pas. Ni avec le DeepFlight. Ni quand
le téléphone sonnera. Mais leur quête est une aventure (presque) aussi
grisante que la découverte. Sensibilisé, le touriste privilégié veut sauver
l’océan, sa biodiversité. Il en devient
mécène, comme d’autres le sont de
musées. ■
RETROUVEZ LUNDI
NOTRE NOUVELLE SÉRIE :
La mode passe à table
A
ques qui lui
Îles Maldives
permettent de
pivoter
sur
trois axes, sa
gouverne de profondeur (ses ailerons)
faisant lever ou baisser son
nez. Comme un avion encore, il est
toujours en mouvement (en imaginerait-on un s’arrêter en plein vol ?).
Notre Falcon prend son temps,
5 nœuds (environ 10 km/h) en vitesse de croisière, évoluant avec la discrétion d’un chat, le souffle des moteurs en guise de ronron. Huit mètres
de profondeur. Dix mètres. Treize.
Dix-huit. Le pilote fait tanguer le
submersible sur le fond sableux du
lagon pour susciter le grand frisson.
Il effleure les coraux dont le blanchissement fait l’effet d’une claque.
Pratique
y a un casque avec micro pour communiquer, un support pour le téléphone et une petite bouteille d’eau
en verre. L’émotion pulse dans les
tympans au moment de larguer les
amarres.
Hier, l’immersion a été reportée
pour cause de gros temps. L’orage a
éclaté à l’aube. Un phénomène normal en ce mois d’août de mousson
du Sud-Ouest. Le lagon était trop
agité pour que la visibilité soit bonne. Aujourd’hui, « ce sont les
meilleures conditions », assure-t-on.
Les trois dômes transparents ont été
rabattus. On y voit comme à travers
un masque : étrange impression
qu’on pourrait toucher l’eau. « Are
you O.K. ? Valérie ? Angela ? », s’enquiert Boab. « Yes, I am. » On plonge. Souffle coupé. Le sous-marin
s’immerge dans un bruyant glouglou. Lentement, on observe la plateforme disparaître au-dessus de
nos têtes. Soudain : le grand bleu. Un
bain d’azur sans fin.
L’engin qui ressemble tant à un
avion ne vole pas. Mais son fonctionnement s’inspire de l’aviation, propulsé par ses deux moteurs électri-
Propulsé comme un avion,
le sous-marin DeepFlight
Super Falcon (ci-dessus)
est un modèle exclusif
du Four Seasons Resort
Landaa Giraavaru (en haut
et en bas à droite), qui permet
d’observer les raies manta
(en bas à gauche). PRESSE
+
Avec sa silhouette fuselée comme un
requin et ses dômes de verre pour les
passagers, il semble tout droit sorti
des aventures de Tintin , dans Le
Trésor de Rakham le Rouge. Le petit
sous-marin qui nous attend pour
une excursion inouïe dans l’atoll de
Baa, réserve de biosphère de
l’Unesco située au nord des Maldives
dans l’océan Indien (au sud-ouest de
l’Inde et du Sri Lanka), ressemble
étonnamment à « l’appareil à explorer le fond des mers » du Professeur
Tournesol. La comparaison fait sourire notre hôte. Jovial entrepreneur
maldivien de 46 ans, Hussain Zahid
est à l’origine du DeepFlight Super
Falcon 3S dans le luxueux complexe
hôtelier du Four Seasons sur l’île de
Landaa Giraavaru. Une exclusivité
mondiale. Aucun autre professionnel du tourisme ne possède pareil
engin. « Je voulais quelque chose
d’unique ! D’exceptionnel ! De jamais
vu ! », s’enthousiasme le truculent
fondateur de la société Ocean
Group, spécialisée dans les techniques innovantes de plongée et de
sports nautiques. Pour le DeepFlight
(littéralement « vol profond »), du
nom de l’entreprise américaine qui
l’a réalisé, Hussain Zahid a déboursé
la coquette somme de 2 millions de
dollars. Mais à ce prix, il a exigé trois
places en alignement au lieu des
deux du modèle d’origine, comme
celui acheté par feu le milliardaire
Thomas Perkins, père fondateur de
la Silicon Valley. C’est que la clientèle de l’hôtel doit pouvoir partager
l’expérience, facturée 1 500 dollars
(hors taxes) l’heure.
Le submersible est posé au centre
d’une petite plateforme à quelques
brasses (mais on vient par bateau) de
la plage au sable blanc craie moelleux
comme une éponge. Il ne ressemble à
aucun autre. James Bond l’apprécierait : on dirait un avion, élancé comme un jet, avec deux ailes dotées
d’aileron, deux hélices, un empannage arrière, deux dérives. Des courbes élégantes. Il arbore les couleurs
rouge et blanc pareilles à celles de la
compagnie
Trans
Maldivian
Airways. À son contact, le cœur bat
la chamade. « Si j’avais su que c’était
si excitant, j’aurais commencé
avant ! », s’exclame le chaleureux pilote maldivien, Hussain Sujau, dit
Boab. On se glisse à l’intérieur
comme dans un avion de
chasse. Nos têtes dans les
demi-bulles nous font
ressembler à des cosmonautes coiffés de
scaphandre d’antan.
L’esprit s’emballe.
Nous sommes des
dilettantes
de
l’exploration de
l’un des plus riches écosystèmes
coralliens
au
monde.
Angela
Gitaprakasa, responsable du centre
de plongée du Four
Seasons, a pris place à
l’arrière comme si
c’était aussi pour elle la
première fois. L’habitacle
est confortable. On y attache sa
ceinture comme dans un avion. Il
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samedi 18 - dimanche 19 août 2018
LE CARNET DU JOUR
16
01 56 52 27 27
fiançailles
M. Thibaut BARIÉTY
M. Didier Bénouville,
son époux,
M. et Mme
Stéphane Bénouville,
M. et Mme
Rodolphe Bénouville,
ses enfants,
et Mme, née
Isabelle de Lagarde,
Grégoire, Emma, Camille,
Emilie, Anna et Léo,
ses petits-enfants,
M. Jean ROBICHON
et Mme, née Bénédicte Guillon,
ont la douleur
de vous faire part du décès de
ont l'immense joie de vous
annoncer les accordailles
de leurs enfants
Aude et Ambroise
bénies à Piriac-sur-Mer,
ce samedi 18 août 2018, par
l'archiprêtre Serge Sollogoub.
mariages
Hélène RIGNAULT
Nicole RIGNAULT
ont la joie de vous faire part
du mariage de leur fille
et petite-fille
avec
Constance
Sylvain GOT
ce samedi 18 août 2018,
à Menton.
naissances
Le général et la vicomtesse
Bernard d e LESQUEN
du PLESSIS CASSO
le prince et la princesse
Achille MURAT
Mme Lilla GALE
le prince et la princesse
Lucien MURAT
ont la grande joie
d'annoncer la naissance de
Achille
Paris, le 4 août 2018.
M. Hugues TAQUET
et Mme, née
Michèle BÉNOUVILLE
née Caplen,
survenu le 16 août 2018,
à l'âge de 77 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le mardi 21 août, à 14 h 30,
en l'église Saint-Thérèse
de Boulogne-Billancourt,
suivie de l'inhumation
au cimetière du Montparnasse,
Paris (14e).
Paris.
Jorge Chaminé,
son mari,
Arianna Chaminé-Gohaud,
sa fille,
et Clément Gohaud,
son beau-fils,
Inès, sa petite-fille,
Claude Perdriel,
son frère,
et Bénédicte Sourieau-Perdriel,
sa belle-sœur,
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Marie-Françoise BUCQUET
pianiste et pédagogue,
professeur honoraire
du Conservatoire national
supérieur de musique
et de danse de Paris,
officier
de l'ordre des Arts et Lettres,
survenu le 15 août 2018.
La cérémonie religieuse
aura lieu le mercredi 29 août,
à 11 heures, en l'église
Saint-Roch, à Paris (1er).
Marie-Françoise aimait
les fleurs.
Solène Desgrées du Loû,
laissent à Hermine, Priscille
et Charles, la joie d'annoncer
la naissance de leur petite sœur
Victoire
Paris, le 16 août 2018.
noces de platine
Gilles et Christiane,
Vincent, Jennifer et Nathan,
Marion, Thomas et Dali
souhaitent affectueusement
un joyeux anniversaire à
« Paclaude et Madile »,
Claude et Odile DELIRY
pour leurs 70 ans de mariage.
Laurence et Nicolas Vivant,
Isabelle Colonna de Giovellina,
Thomas et Justine de Saulieu,
Charles Dufresne
et Sophie de Saulieu,
Jean Davezac
et Coralie Froidure,
Chloé Davezac,
Max Davezac
et Lauriane Guédet-Guépratte,
Emma et Théodore de Saulieu,
Louise et Alma Dufresne,
ses enfants, petits-enfants
et arrière-petits-enfants,
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de la
comtesse Jean
COLONNA de GIOVELLINA
née Sophie Moreau-Néret,
deuils
Annie Beau,
son épouse,
Nicolas, Frédérick et Caroline,
ses enfants,
ses petits-enfants
font part du rappel à Dieu de
Alain BEAU
le 16 août 2018,
à La Menastière
(Eure-et-Loir).
La cérémonie religieuse
aura lieu le mardi 21 août,
à 15 heures, en l'église
de la Chapelle-Guillaume
(Eure-et-Loir).
Une messe sera célébrée
ultérieurement à Paris.
le 3 août 2018.
M. et Mme Jacques Bacot,
M. et Mme Dominique Bacot,
M. et Mme Arnould Bacot,
Mme Gilles Ramin
en union avec son époux,
M. et Mme Frank Bacot,
ses enfants,
Milarépa et Agathe,
Philibert et Emilie,
Claire,
Philippine et Pierre-Henry,
Louis-Auguste, Paul-Edouard,
Antonin et Anne,
Esther et Théo,
Philéas et Clémence,
Pauline et Guillaume,
Marc-Antoine, Laetitia,
ses petits-enfants,
Edgar, Sidonie, Vladimir,
Hector, Albane, Aléthéa,
Ulysse, Mahaut, Stanislas,
Georges,
ses arrière-petits-enfants,
la vicomtesse Gérard
Raviot de Saint Anthost,
la vicomtesse Jean
Raviot de Saint Anthost,
ses belles-sœurs,
ont la tristesse de faire part
du rappel à Dieu de
Mme François BACOT
née Bernadette
Raviot de Saint Anthost,
le 17 août 2018,
à l'âge de 96 ans, ayant reçu
les sacrements de l'Église.
La cérémonie religieuse
sera célébrée le mardi 21 août,
à 15 heures, en l'église
de Saint-Sauveur (Côte-d'Or).
Une messe sera célébrée
ultérieurement à Paris.
Brigitte Cruset,
son épouse,
ses enfants et petits-enfants
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Jean-Louis CRUSET
ingénieur de
l'École centrale de Paris 63,
survenu le 13 août 2018,
à Neuilly-sur-Seine,
à l'âge de 77 ans.
La cérémonie religieuse
aura lieu le mardi 21 août,
à 15 heures, en l'église,
Saint-Pierre-Saint-Paul,
place Hérold, à Courbevoie.
Famille Cruset,
15, quai du
Président-Paul-Doumer,
92400 Courbevoie.
Victot-Pontfol, Caen
(Calvados).
Ses parents,
ses enfants et leur maman,
ses sœurs,
sa compagne
ainsi que toute sa famille
et ses amis
ont l'immense douleur
de vous faire part du décès de
Jérôme DUPONT
survenu le 15 août 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée le mardi 21 août,
à 10 heures, en l'église de
Beuvron-en-Auge (Calvados),
suivie de l'inhumation
au cimetière de Pontfol.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Paris (14e).
Le docteur Christian Maurel
et son épouse Rose-Laure,
M. Alain Arvieu,
M. Antoine Maurel,
Mlle Claire Maurel-Jego
ont la tristesse
de faire part du décès du
docteur Christiane FABRE
survenu le 6 août 2018.
Les obsèques auront lieu
au cimetière parisien
d'Ivry-sur-Seine
(Val-de-Marne),
le jeudi 23 août, à 11 heures.
chrmaurel@numericable.fr
Bélâbre (Indre). Paris.
Mme Monique Gomez-Fabre,
son épouse,
Caroline et Odile,
ses filles,
ses petits-enfants,
ainsi que toute la famille
et ses amis
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
M. Daniel FABRE
conseiller d'État honoraire,
survenu à l'âge de 75 ans.
Un dernier hommage
pourra lui être rendu
le mercredi 22 août 2018,
à 17 heures, en la chambre
funéraire, rue de l'Europe,
au Blanc (Indre).
« Enracinés dans la charité. »
Ephésiens 3,17.
Mgr François GARNIER
archevêque de Cambrai,
ancien évêque de Luçon,
ancien vicaire général
de Dijon,
a été accueilli
dans la Paix de Dieu,
le 15 août 2018,
à l'âge de 74 ans, dans la
49e année de son sacerdoce
et la 27e année
de son épiscopat.
La célébration des funérailles
aura lieu en la cathédrale
Notre-Dame-de-Grâce
de Cambrai,
le vendredi 24 août, à 11 heures,
suivie de la déposition dans
la crypte des archevêques.
Mgr Garnier repose
en la chapelle Saint-Michel
de la cathédrale,
ouverte chaque jour
de 9 heures à 19 heures.
Une veillée de prière aura lieu
en la cathédrale,
le jeudi 23 août, à 20 heures.
De la part de :
Mgr Vincent Dollmann,
archevêque de Cambrai,
les abbés Xavier Bris
et Emmanuel Canart,
vicaires généraux,
les prêtres, les diacres
et les communautés
chrétiennes du diocèse
de Cambrai,
sa famille, ses amis
et ses anciens diocésains
de Luçon et Dijon.
Selon la volonté du défunt,
ni fleurs ni plaques.
Cet avis tient lieu de faire-part.
La comtesse Henri de Fraguier,
son épouse,
le comte et la comtesse
Nicolas de Fraguier,
Mme Nathalie
de Fraguier Bonnafous,
ses enfants,
le comte Henri de Fraguier,
le vicomte Armand de Fraguier,
M. Augustin Bonnafous,
M. Paul Bonnafous,
ses petits-fils,
font part du rappel à Dieu du
comte Henri de FRAGUIER
croix de guerre 1939-1945,
ancien de la 2e DB,
ancien maire de Mériel
(Val-d'Oise),
ancien président
de Mondial Assistance,
ancien vice-président de
l'Automobile Club de France,
Mme Colette Mustel,
sa sœur,
son conjoint et ses enfants,
Mme Marianne Thébaud,
sa grande amie,
M. et Mme Pierre Grenon,
Mme Yvonne Lavagne,
ses enfants,
Magali,
Alexandre et son épouse,
Sophie et son époux,
Estelle,
Jean Baptiste et son épouse,
ses petits-enfants
et leurs conjoints,
Théophile, Milan, Thomas,
Gianni, Martin, Gabriel
et Noé,
ses arrière-petits-enfants,
ont la tristesse de vous
annoncer le décès, dans sa
quatre-vingt-dixième année, de
Michel GRENON
scientifique émérite
et homme de lettres,
Lhommaizé (Vienne).
Paris (16e).
La vicomtesse Luc
de La Barre de Nanteuil,
son épouse,
Charles et Julia
de La Barre de Nanteuil,
Jean de La Barre de Nanteuil (†),
Julien et Sophie Durand,
François et Anastasia
de La Barre de Nanteuil,
ses enfants,
Ingrid Roynier,
son épouse,
Véronique,
sa fille,
Ingo,
son gendre,
ses petits-enfants,
leurs mères et leurs conjoints,
ses arrière-petits-enfants
Pia de La Barre de Nanteuil,
Héloïse et Hélie Durand,
Juliette, Laure et Marc
de La Barre de Nanteuil,
ses petits-enfants,
ont la profonde tristesse
de faire part de la mort du
vicomte Luc
de LA BARRE de NANTEUIL
ambassadeur de France,
rappelé à Dieu, muni
des sacrements de l'Église,
à Verrières (Vienne),
le 14 août 2018,
dans sa 93e année.
La cérémonie religieuse
aura lieu le lundi 20 août,
à 11 h 30, en l'église
de Lhommaizé.
Une messe sera célébrée
ultérieurement à Paris.
Les Abymes (Guadeloupe).
Le comte Antoine
du Mesnil du Buisson,
son époux,
ses enfants,
ses petits-enfants
et sa famille
ont la douleur
de faire part du décès de la
comtesse Antoine
du MESNIL du BUISSON
née Régine de Tayrac,
survenu le 13 août 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée en l'église
de Villebadin (Orne),
le mercredi 22 août, à 11 h 30.
Bernard Pech,
son époux,
Louis-Marie et Aïna-Marie,
Jean-Baptiste et Alix,
Bruno,
Juliette,
Blandine,
ses enfants,
Quitterie, Colombine,
Hippolyte et Théodore,
ses petits-enfants,
Hugues et Nicole Mircher,
ses parents,
Marie-Odile,
Clotilde,
Régis et Hélène,
Dominique et Laurence,
ses sœurs, frères
et belles-sœurs,
leurs enfants et petits-enfants
le 13 août 2018,
à l'âge de 95 ans.
qui aura veillé sur eux
tout au long de leur vie.
La cérémonie religieuse
sera célébrée le mardi 21 août,
à 15 h 30,
en l'église de Mériel,
suivie de l'inhumation
dans le caveau de famille,
au nouveau cimetière
de Mériel.
La bénédiction aura lieu
en l'église Saint-Pierre
de Neuilly-sur-Seine,
le mardi 21 août 2018,
à 10 h 30, suivie
de l'inhumation au nouveau
cimetière de Neuilly.
vous font part avec tristesse
et dans l'espérance
du retour au Père de
Que vos pensées
l'accompagnent
dans ce dernier voyage.
le 15 août 2018.
Une messe sera dite à son
intention au mois de septembre,
à Neuilly-sur-Seine.
M. Philippe de Greling,
son époux,
Jacques et Pauline de Greling,
Bertrand de Greling,
Jérôme et Christelle de Greling,
ses fils et belles-filles,
Pauline, Amaury, Philippine
et Albéric de Greling,
ses petits-enfants,
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu,
le jour de l'Assomption, de
Mme Philippe de GRELING
née Chantal
du Pouget de Nadaillac,
dans sa 85e année,
dans la foi et l'espérance
de la Vie éternelle, munie
des sacrements de l'Église.
La messe d'A-Dieu aura lieu
le mercredi 22 août 2018,
à 15 heures, en l'église
paroissiale de l'Assomption
de Saint-Etienne-du-Grès
(Bouches-du-Rhône).
Saint-Avertin (Indre-et-Loire).
Dans la peine de la séparation
et dans l'espérance
de la Résurrection,
Odile Gué,
née Rozé, son épouse,
Christophe et Béatrice Gué,
Antoine et Anne-Christine Gué,
Xavier Gué,
prêtre du diocèse de Tours,
Béatrice et Arthur Sawicki,
ses enfants,
ses vingt-deux petits-enfants
font part du décès du
colonel (e.r.) Stéphane GUÉ
le jour de la fête
de l'Assomption.
La messe d'obsèques
sera célébrée en l'église
de Saint-Avertin, le lundi
20 août 2018, à 15 heures.
Deauville.
M. Alain Huvé,
son époux,
Thomas Huvé,
Antoine et Charlotte Huvé,
ses enfants,
Arthur, Augustin,
ses petits-fils,
Anne-Claire PECH
La messe sera célébrée
le mardi 21 août, à 15 heures,
à Banyuls-sur-Mer
(Pyrénées-Orientales),
en l'église Saint-Jean-Baptiste.
M. Bernard Pech,
2, rue Richelieu,
66650 Banyuls-sur-Mer.
M. et Mme Hugues Mircher,
2, allée des Gardes-Royales,
78000 Versailles.
Mme Alain HUVÉ
née Christiane Reyns,
survenu le 15 août 2018,
à l'âge de 65 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée le lundi 20 août,
à 15 heures, en l'église
de Saint-Pierre-Azif
(Calvados).
Cet avis tient lieu de faire-part.
Jacques Maignon,
son fils,
les familles Maignon, Radix,
Bourcier, Machery,
Chamousset,
parents et amis
ont la grande douleur
de vous faire part
du décès de leur chère
Marie Elisabeth MAIGNON
née Radix,
à l'âge de 96 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le mardi 21 août 2018, à 10 h 30,
en l'église
Notre-Dame-de-l'Assomption,
Paris (16e),
suivie de l'inhumation,
au cimetière de Passy.
Cet avis tient lieu de faire-part.
M. Alain ROYNIER
survenu le 11 août 2018,
à l'âge de 90 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
en l'église nouvelle
Saint-Honoré-d'Eylau,
à Paris (16e),
le lundi 20 août 2018,
à 15 heures.
Didier et Béatrice Segard,
Bernard et Delphine Duquesne,
son frère, sa sœur
et leurs conjoints,
ses 13 neveux et nièces
et leurs conjoints,
ses 34 petits-neveux
et petites-nièces,
Mme Raymond de Gaillon,
sa tante,
ont la tristesse
de faire part du décès de
Thierry SEGARD
le 15 août 2018,
dans sa 70e année, muni
des sacrements de l'Église.
La messe de funérailles
sera célébrée
en l'église Saint-Pierre
de Neuilly-sur-Seine,
le mardi 21 août, à 14 heures,
suivie de l'inhumation
au cimetière de Saint-Prix
(Val-d'Oise).
Chatou. Equemauville.
Charlotte Roëls Thomassin,
son épouse,
Séverine Roëls Thomassin,
Virginie Roëls Thomassin
et Maurizio Dittura,
Stéphanie Roëls Thomassin
et Franck Viscuso,
Stanislas et Madeline
Roëls Thomassin,
ses enfants,
Théophile, Tatiana, Eva,
Rubens, Léonore et Maxime,
ses petits-enfants,
Sylvie Chaufour,
sa sœur,
et ses enfants,
ainsi que l'ensemble
de la famille
et des amis proches
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Guy ROËLS THOMASSIN
chef d'entreprise des sociétés
Arpin, Roëlss-A, Abaker,
survenu le 15 août 2018,
à l'âge de 71 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le mardi 21 août, à 10 h 30,
en l'église Saint-Léonard
de Honfleur
Cet avis tient lieu de faire-part.
18, rue Labelonye,
78400 Chatou.
ont la douleur
de vous faire part
du rappel à Dieu de
M. Olivier de VERGNES
à Nexon, le 7 août 2018.
Les obsèques ont été célébrées
dans la plus stricte intimité.
13, rue Victor-Hugo,
87800 Nexon.
remerciements
Bordeaux.
Mme Claudia Droin,
son épouse,
M. Carlo Maiotti
et son épouse Sandrine,
Elisa et Andréa,
très touchés des marques
de sympathie et d'amitié
qui leur ont été témoignées
lors du décès de
M. Olivier DROIN
dont les obsèques
ont été célébrées
le jeudi 16 août 2018,
à Bordeaux,
vous prient de trouver ici,
l'expression de leurs sincères
remerciements.
Aude Paecht,
ses enfants, petits-enfants
et toute la famille,
très touchés des marques
de sympathie qui leur ont été
témoignées lors du décès du
docteur Arthur PAECHT
vous prient de trouver ici,
leurs sincères remerciements.
Bernard Serres,
son frère,
Christine Morel,
sa cousine,
Agnès Thomas,
Pascal Serres,
Marie-Hélène Le Floch,
Véronique Bernard,
Chantal Lorenzi-Serres,
Ofelia Serres,
ses nièces et neveu,
Rémy Brazet,
son filleul,
Marie-José Castes
ont la douleur
de vous faire part du décès de
Jean-Dominique SERRES
le 9 août 2018, à Biarritz,
dans sa 88e année.
Il sera inhumé dans l'intimité
familiale, le lundi 20 août 2018,
au cimetière de Ranquine,
à Biarritz.
La Madrague, Alger.
Jean-Manuel et Stéphane
Richier,
Arthur, Thomas et Nicolas,
Philippe Rousseau
et Dominique, née Richier,
Raphaëlle et Camille,
Guillaume Vualflart
et Alexandra, née Richier,
Matt et Manon,
ses enfants et petits-enfants,
Philippe Leon et
Marie-Christine, née Richier,
son beau-frère et sa sœur,
Philippine Leon Di Fede,
Soledad et Santiago,
sa nièce et ses petits-neveux,
les familles Richier, Gregori,
Limiñana
de France et d'Espagne,
15, rue de la Corderie,
22000 Saint-Brieuc.
très touchés par les marques
d'affection et de sympathie
qui leur ont été prodiguées
et par les témoignages d'amitié
et les hommages rendus à
M. et Mme Patrick Lambertie,
Mme Isabelle d'Unienville,
ses enfants,
ses petits-enfants
et arrière-petits-enfants
parti le 6 août 2018,
pour l'au-delà des mers, muni
des sacrements de l'Église,
Jean-Manuel RICHIER
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de la
baronne d'UNIENVILLE
née Françoise Pré,
le 17 août 2018,
dans sa 96e année.
La cérémonie religieuse
aura lieu dans l'intimité
familiale.
et toute la famille
ont la douleur
de vous faire part du décès de
ont la tristesse
de faire part du décès de
Mme Olivier de Vergnes,
née Marylène Ruchaud,
les familles de Vergnes,
Ruchaud, de la Vacquerie
et Benoit-Cattin
Vernay,
49220 Chenillé-Champteussé.
La Chalonnière,
Chalonnes-sous-le-Lude,
49490 Noyant-Villages.
remercient ceux qui,
par leur présence, messages,
envois de fleurs, les ont
entourés de leur sollicitude
et ont partagé leur douleur,
les prient de trouver ici,
l'expression de leur gratitude.
Une messe à l'intention
de Jean-Manuel
sera célébrée ultérieurement.
Dominique Rousseau-Richier,
67, rue du Maréchal-Foch,
95620 Parmain.
Philippe
et Marie-Christine Leon,
le Mezza Flores,
65, boulevard du Mont-Boron,
06300 Nice.
souvenirs
Le comte et la comtesse
Grégoire de Vaumas,
le comte et la comtesse
Rémi de Vaumas,
M. et Mme Paul Gautier,
ses enfants,
Arthur, Victor, Iris, Ysée,
Philippine, Apolline, Hugues,
Albéric, Cyriaque,
Camille, Alexandre,
ses petits-enfants,
ont la grande tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu du
comte Hérick de VAUMAS
le 14 août 2018,
dans sa 78e année.
La cérémonie religieuse
sera célébrée le lundi 27 août,
à 10 heures, en l'église
Sainte-Elisabeth-de-Hongrie,
25, rue des Chantiers,
à Versailles (Yvelines).
L'inhumation aura lieu
au cimetière d'Engenville
(Loiret), où il reposera
aux côtés de son épouse,
la comtesse
Hérick de Vaumas,
née Daphné de la Taille,
(† 2015).
Le baron François
DUHAU de BÉRENX
qui nous a quittés le 13 mai 2018
aurait eu ce samedi 18 août,
86 ans.
Souvenons-nous de lui, en ce
jour avec amour et affection.
Il y a cinq ans, le 18 août 2013,
Jean KAHN
défenseur acharné
des droits de l'homme,
nous quittait.
Que tous ceux qui l'ont aimé
et admiré aient une pensée
pour lui.
Sa famille.
Le 18 août 1999,
Gérald LAHAUSSOIS
nous quittait, à l'âge de 20 ans.
Que tous ceux qui l'ont connu
et aimé se souviennent.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 18 - dimanche 19 août 2018
LE FIGARO
TÉLÉVISION
17
Roma Wilson,
le pasteur centenaire
à l’harmonica
car ses activités religieuses et musicales
ne lui rapportent rien.
« Je travaillais surtout
dans une ferme, à la
culture du coton. J’ai aussi été employé
dans une scierie. » Ensuite il déménage
à Detroit, comme beaucoup d’AfroAméricains en quête d’un avenir
meilleur. Il travaille dans une usine
automobile pendant la journée, joue du
gospel dans la rue le soir et prêche à
l’église le dimanche.
En 1948, un producteur local, Joe
Von Battle (qui fut le premier à enregistrer Aretha Franklin alors qu’elle
avait 14 ans) le remarque et l’invite
dans son magasin de disques. Il le fait
jouer et l’enregistre sans le prévenir.
Un disque sort en 1950, avec seulement
deux morceaux sur les six enregistrés.
Sans succès. Ce n’est qu’en 1990 que
Roma Wilson est enfin reconnu. En
1994, il est même décoré à la MaisonBlanche par Hillary Clinton. En 2010,
l’homme à l’harmonica jouait et prêchait toujours. Jusqu’à une mauvaise
chute l’année suivante. Mais pour les
auditeurs de France Musique, il chante
et souffle à nouveau exceptionnellement dans son instrument. Un pur
bonheur. ■
DIMANCHE
19.00
○○○○
Florian Royer est allé rencontrer dans le Michigan
ce prêcheur, musicien et chanteur de gospel
de 107 ans. Un document rare et saisissant.
BLAISE DE CHABALIER £@dechab
«
oi, je ne fais pas de
blues, j’aime bien le
son du blues mais je
n’apprécie pas ses
paroles : “Bébé, faut
pas que je te quitte, je serais dingue si je te
laissais”…Toutes ces âneries ça ne me
plaît pas », dit avec verve Roma Wilson,
107 ans, né le 22 décembre 1910 à Hickory Flat, dans le Mississippi. Pasteur et
musicien de gospel, joueur d’harmonica
hors pair, il a passé sa vie au service de
Dieu, explique-t-il au journaliste Florian
M
+ @SUR LE WEB
Royer venu l’interviewer dans sa maison
de retraite, près de Detroit. Le résultat
est un témoignage exceptionnel de deux
heures diffusé en deux parties, la première dimanche soir sur France Musique, la seconde le 26 août.
Décoré par Hillary Clinton
Au fil de l’entretien, entrecoupé de
nombreuses et savoureuses illustrations musicales, la voix étonnamment
alerte et joyeuse du vieil homme offre
un formidable voyage à travers l’Amérique du XXe siècle. Un périple raconté
par l’un des derniers représentants des
musiciens prêcheurs itinérants afro-
Roma Wilson lors de son interview dans sa maison de retraite, près de Detroit.
américains. Ces hommes durs au mal
qui, tout en priant Dieu, assuraient leur
subsistance en travaillant dans les
champs ou à l’usine. Roma Wilson,
personnage à la fois simple et extraordinaire, père de six garçons - l’un
d’eux, David, intervient dans l’émission - et de cinq filles, évoque ses souvenirs avec précision. « Je me souviens,
je devais avoir 8 ou 9 ans, c’est vers cet
âge-là que les enfants commençaient à
travailler. Nous allions dans les champs,
il fallait creuser un sillon, pour cela nous
F. ROYER
avions une vieille mule qui s’appelait
Pete. Elle était très douce ». Puis il raconte ses débuts de musicien : « J’avais
15 ans quand j’ai acheté mon premier
harmonica. J’étais avec mon frère aîné,
et un vieil homme éclopé m’a montré
comment jouer et faire le vibrato. Je me
suis ensuite beaucoup entraîné seul. »
Puis Roma Wilson se sent appelé par
Dieu. À 18 ans, le voilà prêcheur et
musicien itinérant. En 1935, marié et
père de famille, il s’installe dans
l’Arkansas pour y trouver un emploi
» Affaire Morandini : l’enquête pour « harcèlement sexuel » et « travail dissimulé » relancée » « Touche pas à mon poste ! » : une bande-annonce sans Jean-Luc Lemoine www.lefigaro.fr
ÉPHÉMÉRIDE Ste-Hélène
Soleil : Lever 06h48 - Coucher 21h00 - Premier quartier de Lune
19.05 50’ Inside. Magazine 20.00 Le
20h 20.55 Nos chers voisins. Série.
Avec Isabelle Vitari.
18.40 N’oubliez pas les paroles !
Jeu 20.00 20 heures 20.45 Parents
mode d’emploi 20.50 Vestiaires
19.00 19/20 20.00 Tout le sport.
Magazine 20.30 Zorro. Série. Zorro
se bat avec son père.
21.00
20.55
20.55
Jeu
Jeu
Série. Policière
18.35 Appels d’urgence. Magazine.
Société.
SAMEDI
20.55 Chroniques criminelles
Magazine. Société. Présentation :
Magali Lunel. 1h45. Au sommaire :
«Affaire Jean-Luc Cayez : un assassin
si serviable…» - «Un mari au-dessus
de tout soupçon».
24
20
24
24
26
24
23
27
27
26
19
25
22.40 Chroniques criminelles. Mag.
Présentation : Magali Lunel.
27
27
24
27
27
26
25
27
30
27
The Wall : face au mur
Fort Boyard
Mongeville
Prés. : C. Dechavanne. 2h40. Invités, notamment : Thierry Lhermitte,
Elsa Zylberstein. Fondation pour la
recherche médicale. Trois binômes
jouent en faveur de La Fondation pour
la recherche médicale.
Prés. : Olivier Minne. 2h20. Inédit. Invités, notamment : Slimane, Francky
Vincent, Claudio Capéo, Ève Angeli,
Camille Lellouche. Les personnalités
présentes ce soir joueront au profit
de l’association Juste humain.
Fra. Saison 4. Avec Francis Perrin,
Gaëlle Bona, Pierre Aussedat, JeanPhilippe Lachaud. Amicalement
meurtre. Daniel Vergne, un riche
entrepreneur, est retrouvé mort
dans sa chambre d’hôtel.
20.50 Échappées belles
23.40 Les experts Série. Policière.
23.15 On n’est pas couché Talk-
22.30 Mongeville Série. Policière.
Mort en direct - Un anniversaire
inoubliable - La voix des morts.
show 1.20 Alcaline, le concert.
Concert 2.45 L’amour à 200 mètres.
À l’heure de notre mort 0.05 Soir/3.
Invitée : Stéphanie Fugain.
22.20 Vivre loin du monde 23.05
C dans l’air 0.15 Superstructures SOS
Magazine. Découverte. Prés. :
Raphaël de Casabianca. 1h30. Les
plaisirs du bassin d’Arcachon. Au
sommaire, notamment : «Le bassin
d’Arcachon au fil des marées».
28
25
19.50 Vues d’en haut 20.15 Une maison, un artiste 20.45 Vu. Magazine.
28
26
28
31
29
32
24
27
31
30
29
20
29
DIMANCHE
25
40
25
26
18.50 Arte reportage 19.45 Arte
journal 20.05 À la découverte de la
Nouvelle-Zélande
19.45 Le 19.45 20.25 Scènes de
ménages. Série. Avec Gérard Hernandez, Élisabeth Blateau.
20.55
20.50
21.00
Film. Comédie
Série documentaire. Civilisation
Série. Policière
28
28
29
29
29
27
30
20.55 The Big Bang Theory
Série. Comédie. EU. Avec Johnny
Galecki, Jim Parsons. 3 épisodes.
Les compétences techniques des
garçons sont mises à rude épreuves
à cause d’une crevaison.
28
21
30
29
28
30
28
30
40
28
32
22.10 The Big Bang Theory. Série
23.10 American Dad. Série.
29
30
33
32
34
28
30
30
31
20
33
19.40 Vintage Mecanic. Série documentaire. La Honda 750 Four.
Braquage à l’ancienne
EU. 2017. Réal. : Zach Braff. 1h36.
Inédit. Avec Morgan Freeman, Alan
Arkin, Michael Caine. Joe Harding,
un octogénaire encore vert mais
endetté, décide de monter un braquage de banque avec ses amis.
22.30 Jour de foot 23.30
A Cure for Life. Film. Thriller 1.50
Surprises. Divertissement.
Aux origines
des civilisations
GB. 2018. Réal. : Tim Lambert. 1h50.
La naissance des villes. Inédit. C’est
au Moyen-Orient que la civilisation
a pris son essor. - Les premières
guerres. Inédit.
22.40 Destination Pluton Doc.
Inédit 23.30 Aube cosmique : la naissance des premières étoiles. Doc.
NCIS :
Nouvelle-Orléans
EU. Saison 4. Avec Shalita Grant,
CCH Pounder. 2 épisodes. Inédits.
Une assistante du Congrès disparaît après avoir été secourue par un
mystérieux individu.
30
T (en °c)
20.50 Chercheurs d’opale
Série doc. Découverte. 2017. Réal. :
Katherine Barrett. 0h50. Dynamitage. Inédit. En Australie, Dan et Jack
rencontrent un acheteur qui leur fait
une offre intéressante.
21.40 Chercheurs d’opale. Série doc.
22.30 60 jours en prison. Téléréalité.
22.45 NCIS : Nouvelle-Orléans
Série. 3 épisodes 1.10 Supernatural.
Série. L’échappée belle.
<-10 à 0
19.35 Norbert commis d’office.
Magazine. Prés. : Norbert Tarayre.
19.20 La petite histoire de France.
Série. Avec Alban Ivanov.
18.50 Salut les Terriens ! Talk-show.
Présentation : Thierry Ardisson.
21.00 Comte de Bouderbala
21.00 Les 30 ans du Top 50
Spectacle. One-man show. 1h45.
Inédit. Entre slam et stand-up, le
Comte de Bouderbala se moque de
tout, de tout le monde, et même de
lui-même.
Spectacle. Prés. : Karine Le Marchand,
Stéphane Rotenberg, Cristina Cordula,
Faustine Bollaert, Jérôme Anthony,
Louise Ekland, Alex Goude. 2h20.
Volume 1.
21.00 Artus :
«Saignant à point»
22.45 Anne Roumanoff : «Aimons-nous
les uns les autres. Et plus encore…»
23.20 Top 50. Spectacle. Les tubes
qui font danser ! Volume 2 1.25 Top 50
Spectacle. One-man show. 1h40.
Artus prend le pari de faire rire avec
des sujets brûlants comme la mort,
le handicap ou la pédophilie.
22.40 Arnaud Tsamere : «Confidences sur pas mal de trucs…
Téléréalité. 1h40. Dans le rétro.
Inédit. À Metairie, Robert et Katie
achètent, pour 2 700 dollars, un petit
cottage de 56 m2. - Pour le meilleur
et pour le pire. Inédit.
22.40 Rénovation impossible. Téléréalité. On touche du bois.
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21/34
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26/32
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17/26
17/28
16/29
17/31
16/22
22/33
12/23
15/21
21/32
23/34
MARDI
17/24
16/24
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AMSTERDAM
BELGRADE
BRUXELLES
DUBLIN
MADRID
ROME
LUNDI
21.00 Rénovation impossible
18.00 Nos chers voisins. Série. Avec
Gil Alma, Issa Doumbia.
25/29
22/27
16/25
16/21
15/22
22/34
ALGER
BARCELONE
BERNE
COPENHAGUE
LONDRES
RABAT
0 à 10
18/29
18/30
19/33
24/32
24/32
lachainemeteo.com
par téléphone :
LIVE 24/24 SUR
et sur
2,99 €/appel
A
19.20 Invisible (C) 19.50 Selon Thomas (C) 20.20 La boîte à questions
(C) 20.30 Groland le Zapoï (C)
29
26
27
19.10 Les grandes histoires. Mag.
Mère-ado : j’apprends à être maman.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 18 - dimanche 19 août 2018 LE FIGARO
18
JEUX D'ÉTÉ
SU DO KU
TAKUZU
En partant des chifres déjà placés, remplissez les grilles de manière à ce que chaque ligne, chaque colonne, et chaque carré
de 3 x 3 contienne une seule et unique fois tous les chifres de 1 à 9.
Remplir la grille avec les chifres 0 et 1. Chaque ligne et chaque colonne
doit contenir autant de 0 que de 1. Les lignes ou colonnes identiques sont
interdites. Il ne doit pas y avoir plus de deux 0 ou 1 placés l’un à côté
ou en dessous de l’autre.
FAcile
grille 569
0
grille
1
1
1
1
1
0
0
0
1
1
0
1
0
0
0
0
1
MOTS FLÉCHÉS N° 2052
C’EST
UNE CATASTROPHE
RIFLE
grille
8 7 2
6
9 3
5 3 6
1
2
8
3
9 5
1
9
7
6
2
1 5
9
3
4
3
8 1 5
1 4
9
5 2 4
6
0
0
FAcile
ARGILE DES
POTIERS
CREVÉ
NAUSÉEUX
IMAGE
MENTALE
ARRIVÉS
À TERME
PETIT
CHEVAL
TRÈS
COLORÉ
IL EST
À L’EMBOUCHURE
MIEUX QUE
LA NOTICE
2
D’OCÉANIE
CHOYER
ADJECTIF
NUMÉRAL
PRÉFIXE
DE NOUVEAUTÉ
APPELÉ
PRONOM
PERSONNEL
PAN DE
JUPE
ONOMATOPÉE
ENFANTINE
CACHOT
COMPAGNIE
PLACÉ À
L’ÉTUDE
DÉPLOYER
HÉROS DE
VIRGILE
NOTIFIÉ
FLÂNA
DIFFICILE
À
RÉSOUDRE
RÉCITÉ
EN AVANTPREMIÈRE
BLOUSÉ
A
N
E
A
N
T
I
T
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A
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T
S
S
A
U
T
A
T
A T
R E
A N
U
R E
P E
0 0 1 0 1 1 0 0 1 1
0 1 0 1 0 1 0 0 1 1
Takuzu
0 1 0 1 0 1 1 0 1 0
grille
ANIMAL
PARESSEUX
NON
OUVRABLE
568
Sudoku
grille
9
3
5
4
2
8
1
7
6
6
5
1
7
9
3
8
2
4
2625
6
2
7
5
1
3
9
8
4
5
4
3
1
7
2
8
6
9
1
9
6
8
5
4
7
2
3
8
7
2
6
3
9
4
5
1
3
8
1
2
4
6
5
9
7
7
5
9
3
8
1
6
4
2
2
6
4
7
9
5
3
1
8
3
2
7
4
6
8
1
5
9
7
8
2
6
3
4
5
9
1
4
1
6
5
8
9
3
7
2
5
3
9
2
7
1
4
8
6
2626
2
7
8
1
4
6
9
3
5
1
9
4
3
2
5
7
6
8
8
6
5
9
1
7
2
4
3
MOTS COUPÉS
Mots coupés
Ailier - cAsier cAsser - cAsTel lisier - lisser lisTel - PAsser PAsTel - rosier rosser - sérAil sérier.
Par Arthur Gary
Assemblez ces groupes de lettres deux par deux pour former au moins trente mots de six lettres. Un groupe peut être utilisé plusieurs fois pour des mots diférents. Seuls les noms communs au singulier,
les verbes à l’ininitif et les adjectifs sont admis.
A
Mots
léchés
1 1 0 0 1 0 1 1 0 0
9
4
3
8
5
2
6
1
7
ENCHANTÉS
ET BIEN
AISES !
QUI ONT DE
LA CLASSE
T
C H I
R E M
S P
C E R
E
U
R E D
E T E
M A N
O
T
N T E
I R
E
P
N O
0 1 0 1 0 1 1 0 0 1
grille
PAS NÉE
D’HIER
MET BAS
L
V
P O L I
C A R
S O I E
T
H E U R
C E
C A S S
R
O
E T C
E H O
G L A P
E L U
U R E S
4
1
8
9
6
7
2
3
5
OBJET DE
FARCEUR
DES
ÉQUERRES
BÉRYLLIUM
DU
CHIMISTE
IMBRIQUÉ
SOLUTIONS DES JEUX
DU NUMÉRO PRÉCÉDENT
1 0 1 0 1 0 0 1 1 0
INDIQUE LA
FAÇON DE
FAIRE
MÈRE DES
CONTES
DE FÉES
4
1 0 1 0 1 0 1 1 0 0
VICE
PRÉCISION
SUR LE CALENDRIER
7
1 0 1 0 1 0 0 1 0 1
FAIT UNE
CERTAINE
COUR
PEUR
ÉMETTEUR
LUXEMBOURGEOIS
OCÉAN
9
2
1 0 1 1 0 0 1 0 0 1
BRANCHE
EN CUISINE
EAU DE
LIBOURNE
ART
D’HERGÉ
1
5 4
0 1 0 1 0 1 0 1 1 0
QUI FAIT
PLAISIR
À VOIR
NOMME
PIÈCE POUR
GARNIR UNE LE HARNAIS
CHAISE
ÉPAULÉE
2
3
BONNE
FEMME
METTRE
EN ÉVEIL
COIN DE
CHEMINÉE
5
5 1 3
NOUER LES
LIENS DU
MARIAGE
RONCHONNER
BILLET DE
VOYAGE
SIGLE
LAITIER
8 4
9
7
EAU DU
POÈTE
PRIORITAIRE
NE DONNE
PAS SA
VOIX
1
5
APPOSE SA
GRIFFE
VEINÉ
CONCURRENT DE
YOUTUBE
8 6 7
9
8
ARTISAN
DU BOIS
ENLACEMENT
MORTEL
eXPerT
6
Par Diane Monfort
CROCHET
AU MUR
2628
9
1
1
0
2627
A G E
A N T
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1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
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19
20
21
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27
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LE FIGARO
L’ÉTÉ DU FIGARO
Le cinéma au défi de la 3D
[
samedi 18 - dimanche 19 août 2018
Quand la scie
bouscule l’artnce
19
]
Découverte, no
uvelle techniqu
Soudain? une
e, technologie
invention cha
de pointe, bre
nge la donne.
emparent. De
Les artistes s’e vet...
s possibles s’o
n
uvrent à eux,
de renouveler
qui leur perme
sources d’insp
ttent
iration ou hab
En culture aus
itudes de travai
si, les révolutio
l.
ns sont bonnes
à expérimente
r.
Testée par Abel Gance dès 1927, cette technologie ressort
périodiquement pour relancer la fréquentation.
Malgré les progrès accomplis, elle vit ses dernières heures.
5/5
Quand le mosasaurus jaillit de
l’océan prêt à gober le malheureux accroché au filin d’un hélicoptère, on est bien seule à sursauter. Ce jour d’été, notre cinéma
parisien n’a vendu qu’un billet à
11,40 euros pour la version 3D de
Jurassic World : Fallen Kingdom.
Certes, le matin n’a jamais été
l’heure d’affluence pour aller voir
des T. rex contrariés aux crocs baveux mais tout de même. Les
Français boudent ouvertement les
séances en 3D.
Selon le Centre national du cinéma (CNC), le nombre d’entrées
a chuté de 17,5 à 12 millions entre
2016 et 2017. Pour les exploitants,
cela représente une baisse de 145 à
104 millions d’euros de chiffre
d’affaires. Même les studios donnent l’impression de ne plus y
croire. En un an, le nombre de
films sortis en 3D est tombé de 46
à 37. Et quand il s’agit de projections de presse, comme Ant-Man
et la guêpe sorti fin juillet, « c’est
toujours en 2D, témoigne l’historien du septième art Laurent Aknin. La fin de la 3D n’a pas encore
été annoncée officiellement, mais
l’échec est patent », souligne cet
auteur de nombreux livres dont
Ésotérisme et cinéma (Ed. Rosicrucienne).
Oboler. Un an plus tard,
les Américains se bousculent pour voir Hondo, l’homme
du désert de John Farrow. Dans la
salle, ils ont l’impression d’être
John Wayne et de recevoir comme
lui, des flèches décochées par les
Apaches. Après le western, les
studios testent avec bonheur le
film d’épouvante. Grâce à la main
du monstre qui s’avance dans la
salle, L’Étrange Créature du lac
noir de Jack Arnold (1954) devient
culte. Dans ces années d’aprèsguerre, un seul cinéaste important
relève le défi de la 3D : Alfred Hitchcock avec Le crime était presque
parfait. Dans certaines scènes,
comme celle de la paire de ciseaux
plantée dans le dos, ou bien la
main tendue vers le téléphone, il
intègre totalement le relief. Dans
les années 1960, le relief disparaît.
Hollywood a multiplié les 3D bâclées et le public ne s’y intéresse
plus. Le phénomène repart vaguement à la fin des années 1970 à
l’ère des multiplexes avec des
films d’épouvante comme Vendredi 13 ou Les Dents de la mer 3.
Le grand retour du relief date de
2000. La technologie a fait des
progrès spectaculaires et plusieurs
cinéastes de renom, dont Steven
Spielberg, Martin Scorsese, Wim
Wenders, James Cameron, George
Miller, Lilly et Lana Wachowski,
Hitchcock s’y frotte
Les films en relief ont une vieille
histoire en dents de scie. « Hollywood a misé sur la 3D à chaque
crise de fréquentation des cinémas », constate Laurent Aknin. Au
début des années 1950, les Américains quittent leurs centres-villes
où se trouvaient leurs cinémas
pour s’installer dans des pavillons
de banlieue. Ils achètent en masse
des téléviseurs. Les salles vont vivre une traversée du désert qui va
durer dix ans. Mais Hollywood allume les contre-feux. Les studios
achètent à un Français le brevet
du Cinémascope et tournent quelques films en version panoramique dont Comment épouser un millionnaire (1953) de Jean Negulesco
avec Marilyn Monroe. D’autres
ressortent des tiroirs, comme la
3D testée mais non conservée par
Abel Gance en 1927 pour Napoléon.
La première mondiale d’un film
100 % réalisé en relief a lieu au Paramount d’Oakland en Californie,
le 26 novembre 1952. Un photographe du magazine Life immortalise les spectateurs avec leurs lunettes bleu et rouge qui regardent
des ouvriers se faire dévorer par
des lions dans Bwana Devil d’Arch
LE PRINCIPE
■ Voir un film en 3D consiste
à porter des lunettes pour
que le cerveau humain
puisse voir les
personnages,
les objets et les décors
en volume. L’idée est
que le spectateur
se sente immergé
dans le film. En optique,
le relief dépend
principalement
de la vision binoculaire :
notre œil gauche
perçoit une image
légèrement différente
de notre œil droit, duquel
il est séparé
de 6,5 cm en moyenne.
Les informations
sont transmises sous forme
de message nerveux au
cerveau, qui reconstruit l’image
en volume dans le lobe occipital.
Pour ne pas voir double mais bien en
relief, il est nécessaire que l’œil droit
et l’œil gauche reçoivent
chacun uniquement l’image qui leur
est destinée. D’où les lunettes.
L. L.
Le grand retour du relief date de l’année 2000 :
la technologie a fait des progrès spectaculaires
et plusieurs cinéastes de renom s’y intéressent.
En bas, la version 3D de Jurassic World : Fallen
Kingdom. G-STOCKSTUDIO/SHUTTERSTOCK ; GILES
KEYTE/UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FRANCE
DIX FILMS À VOIR EN 3D
1954 : Le crime était presque parfait
d’Alfred Hitchcock
1954 : L’Étrange Créature du lac noir
de Jack Arnold
2009 : Monstres contre aliens
de Conrad Vernon et Rob Letterman
2009 : Avatar de James Cameron
2010 : Dragons de Dean DeBlois et Chris Sanders
2011 : Hugo Cabret de Martin Scorsese
2012 : Titanic de James Cameron
2013 : Gravity d’Alfonso Cuaron
2013 : Jurassic Park de Steven Spielberg
2015 : Every Thing Will Be Fine de Wim Wenders
s’y intéressent. Leur 3D soignée
devient un atout artistique. « Dans
Gravity d’Alfonso Cuaron, on flotte
dans l’espace avec George Clooney
et Sandra Bullock. Il n’y a plus de
gauche ni de droite, plus de bas,
plus de haut, plus de ligne de fuite,
la 3D prend tout son sens », souligne Laurent Aknin.
Lunettes inconfortables
Dans Hugo Cabret, où Scorsese
rend hommage à ses pairs, de
Georges Méliès aux frères Lumière, la 3D dans un Paris des années
1930 lui sert à dresser un pont entre deux époques du cinéma séparées d’un siècle. À ces chefsd’œuvre s’ajoutent les films
d’animations de Dreamworks
(Dragons, Monstres contre aliens)
et toute une série de films brillamment convertis des années après
leur première sortie en salle de la
2D à la 3D (Titanic, Star Wars épisode 1 : la menace fantôme, Jurassic
Park…). « Pour les studios, c’était
aussi une façon de lutter contre le
piratage, ajoute Pascal Pinteau,
auteur d’Effets spéciaux. Deux siècles d’histoire, un ouvrage de référence (Ed. Bragelonne). Si vous filmez avec une petite caméra un film
en 3D, vous n’aurez que des images
floues qui ne représentent aucun intérêt. » La plus grande révolution
reste Avatar (2009) de James Cameron. « Outre une scénographie où le réalisateur intègre
la 3D plan par plan et
oblige le spectateur à
regarder là où il veut par des jeux
de mouvements et de lumière, il a
poussé le raffinement à inventer des
caméras qui pivotent et se focalisent comme des yeux humains »,
souligne Pascal Pinteau.
Avatar a beau être le plus grand
succès de tous les temps, « Hollywood a tué la poule aux œufs d’or
en multipliant les films mal convertis en 3D », estime Alexandre
Poncet, coréalisateur du documentaire sur les effets spéciaux Le
Complexe de Frankenstein (Carlotta). « Quand les studios ne laissent
pas assez de temps aux prestataires
pour peaufiner les effets de relief,
cela se voit à l’écran. Dans un
champ, les algorithmes ne vont pas
détourer chaque brin d’herbe. À
l’écran, le spectateur va avoir l’impression de regarder un livre popup. Des conversions ratées où l’on
voit même les personnages détourés, il y en a eu beaucoup, du Choc
des Titans de Louis Leterrier à Piranha 3D d’Alexandre Aja. »
Pour le spectateur, difficile de
savoir s’il vaut mieux voir la version en 2D ou en 3D. Le plus simple est de vérifier sur Internet si le
cinéaste est un fan ou non du relief. Rian Johnson, auteur du Star
Wars épisode VIII. Les derniers
Jedi, ne l’aime pas et cela se ressent à l’écran. « Ces réalisateurs livrent une version en relief car c’est
convenu ainsi contractuellement
mais ils préfèrent la 2D », souligne
Alexandre Poncet. Si le spectateur
repart déçu, cela peut également
être dû à la qualité de la
projection. Quand, par
économie, l’exploitant
ne change pas assez souvent les ampoules de ses
projecteurs
ou
limite
leur puissance en électricité, l’image à l’écran sort
assombrie.
Les lunettes sont un autre
souci. Inconfortables, elles
mettent une barrière entre
le spectateur et le film. En
cet été 2018, la 3D n’a plus
la cote sauf auprès d’une
petite frange de jeunes
spectateurs masculins. « Ce
qui va sceller le destin de la
3D, c’est la sortie d’Avatar 2
en
2020 »,
pronostique
Alexandre Poncet. James Cameron réfléchit à un système
qui permette au spectateur de
se passer de lunettes. S’il réussit,
ce serait une nouvelle révolution
dans l’histoire du septième art. ■
RETROUVEZ LUNDI
NOTRE NOUVELLE SÉRIE :
Esprit es-tu là ?
A
LENA LUTAUD
£@LenaLutaud
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 18 - dimanche 19 août 2018 LE FIGARO
20
CHAMPS LIBRES
OPINIONS
CHRONIQUE
Natacha Polony
Leçon japonaise sur la France
ien de plus étrange et désolant
qu’un pays qui se trompe sur
sa propre identité. Un pays
qui croit célébrer ses
potentialités en se fondant
avec empressement dans les
codes et les mœurs d’un marché globalisé
et renvoie au pessimisme et à la nostalgie
quiconque rappellerait que cette vieille
nation porte un héritage qui mérite d’être
pérennisé. Le résultat est édifiant. Ce pays
brade peu à peu ses fleurons industriels
au nom de l’ouverture à l’international.
Après Alstom dépecé, Air France est
abandonné à un patron non européen
poussé par les actionnaires américains
du groupe et applaudi par une branche
néerlandaise acquise au modèle anglosaxon de libre-échange et de dumping
fiscal. Et derrière ces scandales qui
devraient soulever des protestations
R
@
100 000 citations
et proverbes sur evene.fr
unanimes, d’autres, plus discrets,
plus anonymes, mais quotidiens. Tout
ce qui fait le tissu économique et social,
mais surtout culturel du pays,
qu’on asphyxie consciencieusement.
Toujours ce choix obstiné des élites
énarchiques de Bercy et d’ailleurs
d’un modèle néolibéral uniforme.
Il est pourtant des peuples et des nations
qui nous tendent inlassablement le miroir
qui visiblement nous fait défaut. Il est
des hommes et des femmes qui viennent
des antipodes pour célébrer ce que la
France peut offrir au monde. Ce vendredi
17 août était rendu à Poitiers un hommage
à Joël Robuchon (lire page 14), chef
français qui avait porté jusqu’au Japon la
grandeur de la gastronomie française. Non
pas l’application à la cuisine d’un luxe tape
à l’œil et d’une technicité artificielle,
mais la capacité à traduire avec rigueur
ENTRE GUILLEMETS
18 août 2008 : dix soldats français tués en Afghanistan dans une embuscade à Uzbin.
Pierre Schoendoerffer
THIBAULD MALTERRE/AFP
Ky avait foi
en certaines valeurs
simples. C’est pour cela
qu’il était soldat»
la spécificité du lieu, de sa géographie
et de son génie propre. Démarche la plus
moderne qui soit, car la plus ouverte,
la plus souple, la plus universellement
reproductible. Et cette même semaine,
des Japonais faisaient le voyage jusqu’à
Chinon pour écouter dans le cadre
de l’Institut français du goût les
enseignements d’un maître, Jacques
Puisais, qui leur apprenait comment l’être
humain peut comprendre le monde et le
maîtriser en se réappropriant par l’usage
des sens ce qui lui est le plus intime,
ses sensations et sa capacité à les nommer.
Qu’une nation plurimillénaire comme
le Japon vienne chercher en France la
réassurance de sa propre pérennité devrait
nous ouvrir les yeux. Il n’est sans doute
pas de civilisation plus ouverte à la
modernité, plus friande de technologie,
plus prompte à innover. Mais il n’en est
pas non plus de plus ancrée dans un passé
traduit par des rites et des traditions
immuables. Le Japon cultive le respect
de ce qui l’a fait et qui lui donne l’élan pour
plonger dans le mouvement du monde
parce qu’il sait ne pas risquer de s’y
perdre. Et ce que cette vieille nation aime
de la France, c’est ce qui lui a fait traverser
les siècles et l’a rendue non pas supérieure,
mais unique. Par amour de ce qui ne se
passe que là, et pas ailleurs, par respect
pour ceux qui le perpétuent et le
transmettent.
Les Japonais qui visitent et observent
la France sont affligés de la voir brader
ce pour quoi ils se sont tournés vers elle.
Ils admirent non seulement le patrimoine,
les monuments et la beauté de la France,
qui sont mémoire du passé, mais surtout
la façon spécifiquement française d’être
au monde, et liée à une vision universaliste
et laïque du monde, dans laquelle la
rentabilité immédiate ne s’impose pas à
l’homme, dans laquelle l’économique ne
dicte pas sa loi au politique, dans laquelle,
enfin, chaque ville ou village raconte
par son architecture, son environnement
et sa sociabilité les siècles d’histoire qui ont
construit la société présente et lui ont
donné la force d’innover, que ce soit
par son industrie ou par la qualité
de ses ingénieurs. De même que nos amis
japonais sont étonnés – puisque leur sens
de la litote leur interdit d’être effarés –
de constater la destruction systématique
et obstinée de notre école, qui avait formé
ces ingénieurs et ces mathématiciens,
mais aussi des générations d’artisans
et d’ouvriers rigoureux et avisés, ils sont
désolés de voir la France mépriser
ces valeurs qui l’ont construite et qui se
traduisent aussi bien dans son art de vivre,
son agriculture, sa gastronomie,
que dans sa conception des rapports
économiques et sociaux.
La nostalgie n’est un défaut que si elle
consiste à se replier sur soi-même dans
le regret de temps supposés meilleurs.
Elle est une qualité lorsqu’elle contribue
à extraire du passé ce qui permet
de maintenir l’espoir d’une constance
du bonheur. Régis Debray, pour cela
même, considère que les révolutionnaires
sont avant tout des nostalgiques.
Et le poète Frédérick Tristan l’exprime
subtilement en considérant que
« la tradition n’est pas le retour à un passé
désuet mais la permanence des origines
dans la durée ». Ce que les Japonais
tournés vers l’avenir viennent puiser
dans la culture française est cette façon de
se reconstruire sans cesse dans la mémoire
des origines préservées comme autant
de racines, non pas qui sédentarisent
l’arbre sur un périmètre figé mais qui
permettent à son branchage de monter
un peu plus vers le ciel.
L’homme malade de l’Europe, ce n’est pas
la Pologne ou la Hongrie, mais la Roumanie
ulle part dans l’Union
européenne, ni en Pologne,
ni en Hongrie, les attaques
contre la justice ne sont
aussi violentes, les atteintes
aux libertés aussi
nombreuses et graves et les politiques
au pouvoir aussi corrompus qu’en
Roumanie. Ce qui se passe à Bucarest
est bien plus grave que ce qui focalise
l’attention des médias européens
à Varsovie ou à Budapest.
Le soir du 10 août 2018, les Roumains
ont cru vivre un cauchemar. Ils étaient
110 000 manifestants à Bucarest ce jourlà. Or, ce qu’on voyait sur les écrans
de télévision ressemblait étrangement
aux exactions commises par les mineurs
voilà vingt-huit ans, en juin 1990, lorsque
les « gueules noires » - à l’instigation
du président d’alors, Iliescu, et de ses
acolytes - sont venus à Bucarest molester
et disperser les manifestants alors
rassemblés place de l’Université
et saccager les sièges des partis
d’opposition, qui n’existaient que depuis
quelques mois. Sauf que cette fois-ci
le rôle des mineurs a été joué par les
gendarmes. Leur zèle et leur brutalité
n’ont rien à envier à la sauvagerie
des « gueules noires » de 1990.
On a compté plus de 400 blessés !
La manifestation du 10 août dernier
qui se déroulait dans le calme
place de la Victoire, devant le siège
du gouvernement, n’était pas une
manifestation
ordinaire, comme
celles qui se sont
produites, par
centaines, depuis
Intellectuel roumain et ancien dissident,
janvier 2017,
francophone et francophile, l’universitaire*
pour protester
alerte l’opinion de notre pays sur la gravité
contre la corruption
des dirigeants
de la situation en Roumanie.
N
A
ALEXANDRU CALINESCU
Dassault Médias
14, boulevard Haussmann
75009 Paris
Président-directeur général
Charles Edelstenne
Administrateurs
Olivier Dassault, Thierry
Dassault, Jean-Pierre
Bechter, Olivier Costa
de Beauregard, Benoît
Habert, Bernard Monassier,
Rudi Roussillon
SOCIÉTÉ DU FIGARO SAS Directeur des rédactions
14, boulevard Haussmann Alexis Brézet
75009 Paris
Directeurs adjoints de la rédaction
Président
Gaëtan de Capèle (Économie),
Charles Edelstenne
Laurence de Charette (directeur
de la rédaction du Figaro.fr),
Directeur général,
Anne-Sophie von Claer
directeur de la publication (Style, Art de vivre, So Figaro),
Marc Feuillée
Anne Huet-Wuillème (Édition,
Photo, Révision),
destinée à créer une forte émotion
(on a prétendu qu’une femme gendarme
a été battue à mort – c’était faux),
la propagation de fausses rumeurs
annonçant que le siège du gouvernement
allait être attaqué, etc.
Avant les événements du 10 août,
les manifestations ont rassemblé
jusqu’à 600 000 personnes place
de la Victoire, et jamais on n’a parlé
de casseurs. Comment ne pas penser
alors que la répression a été préméditée
et préparée ? Les moments affreux
qu’ont vécus les Roumains ce soir-là
étaient destinés à servir d’exemple
et d’avertissement.
Le parti au pouvoir répète à satiété qu’il
a gagné les législatives de 2016 et que,
par conséquent,
il peut tout
Ce qui se passe à Bucarest
se permettre ;
est bien plus grave que ce qui focalise
ce qu’il omet
de dire, c’est
l’attention des médias européens
qu’à ce scrutin
à Varsovie ou à Budapest
l’abstention fut
massive et que,
en fait, il a eu les voix de 18 % du corps
démocrate, mais qui n’a de socialélectoral. En outre, la démocratie
démocrate que le nom) avait une
suppose le respect des droits
revanche à prendre : la diaspora a joué
de l’opposition et des libertés,
un rôle décisif lors de la présidentielle
menacés en Roumanie.
de 2014, qui a consacré la victoire de
Depuis un an et demi, le Parti
Klaus Iohannis au détriment du candidat
« social-démocrate » (le PSD) n’a qu’un
« social-démocrate ». L’esprit de
but : sauver son leader, Liviu Dragnea,
vengeance y est, sûrement, pour quelque
président du Parlement et condamné
chose. Mais ce qui a surtout choqué dans
à deux ans de prison avec sursis
la répression, ce fut la recrudescence
pour fraude électorale. Dragnea a aussi
des pratiques de l’ancienne Securitate
été condamné, en première instance,
et de la « Milice populaire » du régime
à trois ans et demi de prison ferme
communiste de Ceausescu : insultes,
pour corruption. Depuis janvier 2017,
menaces, arrestations abusives,
le parti s’acharne donc à mutiler les lois
matraquage. Et, pour couronner le tout,
de la justice et à éliminer tous ceux
la diversion classique : des groupes de
qui sont susceptibles de s’opposer
casseurs qui firent leur apparition à point
à son assaut contre l’État de droit.
nommé (ce qui fournit un alibi pour le
L’éviction de Laura Kovesi, qui a dirigé
matraquage général), une mise en scène
gouvernementaux. Ce rassemblement
avait une haute valeur symbolique :
c’était, annoncé depuis plusieurs mois,
le meeting de la diaspora. L’exode
des Roumains est devenu endémique.
Combien sont-ils à l’étranger ?
4 millions ? 5 millions ? Impossible
d’avoir les chiffres précis. Il y a de très
importantes communautés roumaines
en France, en Italie, en Espagne,
en Allemagne. Ils avaient fait le voyage
nombreux pour se rassembler, le 10 août,
place de la Victoire. Nombreux étaient
aussi les Bucarestois venus les soutenir.
Comment expliquer la décision
des autorités d’ordonner ce jour-là
une répression d’une violence extrême ?
Le parti au pouvoir (le Parti social-
«
Arnaud de La Grange
(International),
Étienne de Montety
(Figaro Littéraire),
Bertrand de Saint-Vincent
(Culture, Figaroscope, Télévision),
Yves Thréard (Enquêtes,
Opérations spéciales, Sports,
Sciences),
Vincent Trémolet de Villers
(Politique, Société, Débats Opinions)
»
Directeur artistique
Pierre Bayle
Rédacteur en chef
Frédéric Picard
(Édition Web)
Directeur délégué
du pôle news
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Éditeurs
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FIGAROMEDIAS
9, rue Pillet-Will, 75430 Paris Cedex 09
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Fax : 01 56 52 23 07
Président-directeur général
Aurore Domont
Direction, administration, rédaction
14, boulevard Haussmann
75438 Paris Cedex 09
Tél. : 01 57 08 50 00
direction.redaction@lefigaro.fr
d’une main de fer la Direction nationale
anticorruption, a été saluée comme
une grande victoire par les partisans
du pouvoir. Le président Iohannis,
qui ne mâche pas ses mots lorsqu’il s’agit
de fustiger la corruption, est attaqué
avec violence.
Avec Dragnea, c’est le fantôme
de Ceausescu qui revient. D’une ambition
maladive, il veut faire main basse
sur le pays, entouré d’une nouvelle
nomenklatura obéissante, qui veut
garder à tout prix ses privilèges. En un an
et demi, Dragnea a obtenu trois fois que
la Roumanie change de premier ministre.
Le dernier en date, Viorica Dancila,
est sa marionnette. Ses gaffes énormes,
ses difficultés à articuler un discours
cohérent sont le sujet d’innombrables
blagues dans le pays. « La Roumanie, quel
pays triste mais plein d’humour », a dit un
poète du siècle dernier. Le gouvernement
est perçu comme une réunion fortuite
d’amateurs et d’ignorants. Comment,
dans ces conditions, la Roumanie
pourra-t-elle assurer, à partir
de janvier 2019, la présidence du Conseil
de l’Union européenne ?
N’oublions pas pourtant que cette
fois-ci encore, comme auparavant,
les protestataires ont clamé leur
attachement aux valeurs de la justice et
de la démocratie, ont porté le drapeau de
l’Union, ont réaffirmé leur détermination
à barrer la route à l’autoritarisme,
leur volonté de chasser les fantômes
du passé. Le combat sera rude.
Confrontés à un pouvoir abusif
et corrompu, les Roumains attendent
des gestes de solidarité de l’Union
européenne et des gouvernements
des Vingt-Sept.
* Professeur émérite de littérature
française à l’université d’Iasi,
quatrième plus grande ville du pays.
Impression L’Imprimerie, 79, rue de Roissy
93290 Tremblay-en-France
Midi Print, 30600 Gallargues-le-Montueux
Ecoprint Casablanca Maroc. ISSN 0182-5852
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1er cahier 22 pages
Cahier 2 Économie
6 pages
Supplément 3
Magazine
96 pages
Cahier TV
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Supplément 4 Madame
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
[
Histoires d’esp
ions
Trahis
11/11
plaidé l’avocat
de Chapman.
Anna
Chapman
naît Anna Vassilievna
Kouchtchenko, le 23 février
1982, à Kharkov, selon sa page Wikipédia russe (la page anglaise affirMIKHAIL OGNEV/SPUTNIK
me qu’elle est née à Volgograd). Son
juge lors du procès, avant
père, Vassili Kouchtchenko, est un
de la condamner pour activité illégagénéral du KGB, qui fut en poste en
le pour le compte d’une puissance
Papouasie-Nouvelle-Guinée et au
étrangère. « Oui monsieur », réZimbabwe. La mère est professeur de
pond-elle, avant de reconnaître sa
mathématiques. Alors que ses paculpabilité comme tous les autres
rents et sa sœur déménagent dans la
accusés.
capitale, Anna passe son enfance à
Mais qui était-elle vraiment ? Une
Volgograd avec sa grand-mère avant
espionne soigneusement préparée à
de rejoindre Moscou, pour y faire des
l’activité clandestine, comme les
études d’économie.
procureurs l’ont décrite ? Ou plutôt
À l’été 2001, elle rencontre Alex
une sorte d’aventurière sans vraie
Chapman, technicien d’un studio de
importance qui aurait tenté sa chantournage, lors d’un été à Londres. Le
ce, parce que « Papa » lui servait de
jeune homme l’épouse en 2002 et la
guide et qu’elle n’avait pas percé
ramène en Angleterre où les jeunes
ailleurs ? « Vous avez été envoyés aux
mariés mettent sur pied une étrange
compagnie qui opère des transferts d’argent des immigrés zimbabwéens vers leur terre natale.
La connexion paternelle semble
déterminante. Alex Chapman
affirmera plus tard que leurs
opérations auraient permis le
transfert de millions de livres
sterling. Depuis, le MI5 a lancé
une enquête sur un circuit de
blanchiment d’argent. À Londres, Anna travaille aussi un an
à la Barclays dans le département des PME. Il semble surtout qu’elle se soit lancée à l’assaut des milieux économiques
de Londres, pour y construire
un réseau, notamment parmi
Anna Chapman, accusée d’espionnage, à la une des journaux américains, en juin 2010. En septembre 2011,
les riches oligarques russes. En
elle s’affiche dans un stand d’armes de précision au 10e Forum international de l’investissement,
2006, le couple Chapman se
à Sotchi, en Russie (à droite). EMMANUEL DUNAND/AFP, KONSTANTIN CHALABOV/SPUTNIK
sépare. L’ex-mari confiera
États-Unis avec une mission de long
plus tard que la jeune fille s’était
terme. L’éducation que vous avez retransformée en carriériste pédançue, vos comptes bancaires, vos voitute, intéressée par l’argent, et fort
res, maisons, tout cela doit servir un
désagréable…Vengeance d’un exbut : effectuer votre mission de troumari frustré d’avoir été abandonné
ver… des contacts avec les cercles qui
ou tableau réaliste ? Anna rentre
prennent des décisions politiques aux
en Russie, où elle crée une agence
États-Unis », explique un message
immobilière, un site de recherche
envoyé par Moscou à Chapman et à
d’appartements, Domdot.ru, ainsi
Semenko, et intercepté par le FBI.
qu’un site « d’informations comproMais force est de constater que le
mettantes »
(web-comprodossier Chapman, huit ans plus tard,
mat.com), supposément créé pour
reste brumeux et sans vraie consisépingler les fonctionnaires véreux.
tance. Parce que l’espionnage russe
Qui lui fournit les informations pour
n’était plus adapté aux circonstances
ce dernier projet ? Selon le quotidien
du nouveau monde ? « Aucune des
Vedomosti, « des anges gardiens »
personnes de ce réseau n’a jamais
auraient investi « des millions de dolproduit la moindre information qui
lars » pour lancer la compagnie
n’ait été disponible sur Internet », a
d’Anna, juste avant la crise financiè-
Anna
Chapman,
en septembre
2011, se rend
à l’Université de
Saint-Pétersbourg pour
y donner une conférence.
L’espionne
de la
téléréalité
Huit ans après avoir été
expulsée des États-Unis
pour espionnage, Anna
Chapman est devenue
une pseudo-vedette
de la télévision russe.
]
on, ambition,
jalousie, idé
manipulation…
Les grandes aff ologie, argent, sexe,
parfois changé
aires d’espion
na
le
aussi des histoi destin du monde mais elles ge ont
res humaines.
son
Et l’actualité mo t toujours
cette vie de l’o
mbre est plus
dense que jam ntre que
retrace quelque
ais.
s-unes de ces
étonnantes pa Le Figaro
certaines célèb
ges d’Histoire,
res et d’autres
moins connue
s.
LAURE MANDEVILLE
£@lauremandeville
Des talons d’escarpins d’au moins
15 cm de haut avancent sur le sol miroitant d’un plateau de studio télé.
Puis, dans un brouillard étudié, sur
fond de musique assourdissante,
Anna Chapman apparaît, chevelure
rousse impeccablement lissée et
bouche pulpeuse. Moulée dans
un tailleur jaune éclatant, elle
débite des propos embrouillés
sur « les failles qui apparaissent
à la surface de la Terre ». Huit
ans après avoir été expulsée
des États-Unis pour espionnage pour le compte de la
Russie, cette drôle d’espionne venue du froid qui avait
enflammé les imaginations
occidentales est devenue
une pseudo-vedette de la
télévision russe. La présentation de la nouvelle saison
de son émission, « Les secrets de Chapman », sur la
chaîne Ren TV, dévoile une
ville futuriste d’immeubles
qui reflètent ses yeux verts de
chat à l’infini… « La troisième
guerre mondiale approche, sommes-nous à la veille d’un conflit
nucléaire », s’interroge en off une
voix d’homme. S’ensuit une mélasse d’interviews d’un expert en ésotérisme, d’un docteur en biologie et
de politologues… On n’y comprend
rien, mais une chose est sûre : la jeune femme a su profiter de la médiatisation d’un des plus bruyants scandales d’espionnage de l’après-guerre
froide pour opérer une confortable
reconversion dans le monde des
« people » russes.
C’est au mois de juin 2010 qu’on
entend pour la première fois parler
d’Anna Chapman, en plein réchauffement des relations russo-américaines. Le président Dmitri Medvedev, qui fait à l’époque un « mandat
parenthèse » à la tête du pays, vient
d’effectuer une visite à Washington,
où le président Obama espère un
« redémarrage » des relations avec
Moscou. Mais soudain un scandale
éclate, avec un faux air de guerre
froide. Le FBI annonce la mise au jour
d’un réseau d’espions dormants,
opérant pour certains depuis le milieu des années 1990 en Amérique. Le
profil desdits agents rappelle étrangement la série Les Américains que
s’arrachent les amateurs de feuilletons haletants. La plupart sont des
couples, mariés et avec enfants, qui
ont mené des vies en apparence rangées dans les banlieues bourgeoises
de Virginie ou du New Jersey, tout en
tentant de pénétrer les milieux économiques et politiques de l’Oncle
Sam. Richard et Cynthia Murphy,
bien connus de leurs voisins avec
lesquels ils partageaient des barbecues, dans le New Jersey, s’appellent
en réalité Vladimir et Lydia Guriev et
ont émigré de Russie, sous une fausse
identité.
Derrière leur vie « normale » de
femme analyste financière et de père
au foyer, se cache un monde de secrets et de dangers. Les « Murphys »
sont depuis des années sous la surveillance des services américains qui
suivent leurs relations épisodiques
avec « le Centre », à savoir Moscou.
Leurs méthodes semblent désuètes,
comme leur habitude de passer des
messages en utilisant de l’encre invisible. Ils ont aussi beaucoup de problèmes techniques avec leur matériel
et sont accusés par le Centre de s’intégrer un peu trop bien. Parmi les
« poissons » tombés dans les filets
du FBI, il y a aussi Mikhaïl Semenko,
Russe de 28 ans, le premier à être arrêté par les fédéraux après avoir déposé 5 000 dollars en liquide dans un
papier journal pour un supposé agent
traitant qui s’avérera être un espion
américain. Et puis il y a Anna, jolie
divorcée rousse de 28 ans, qui dirige
en apparence un site Internet d’immobilier pour Russes expatriés.
Quand le scandale éclate, elle est suivie depuis janvier par le FBI. « Est-ce
que vous réalisez que vos actions
étaient criminelles ? », lui demande le
21
re. S’agissait-il là encore, d’un coup
de pouce du père ? Les « services »
étaient-ils déjà dans la boucle ?
Début 2010, Anna Chapman déménage à New York pour y développer un site de recherche d’appartements. Elle installe ses locaux près de
Wall Street, où le FBI la met sous surveillance, après ses rendez-vous
avec un diplomate de la représentation de l’ONU, avec lequel elle
échange des messages codés à
partir de son ordinateur portable, depuis la terrasse d’un
café. Quand un certain Roman, supposé donner des
instructions, la contacte, elle
accepte. Mais derrière Roman, se cache une opération
montée par le FBI. Prise de
doute, Chapman appelle
son père en urgence. Ce
dernier lui conseille de
se rendre à la police, qui
l’arrête.
Fin juillet 2010, un
échange d’espions a lieu à
Vienne entre les neuf « clandestins » et quatre Russes
convaincus
d’espionnage
pour le compte de l’Amérique,
dont le colonel des services de
renseignement militaire Sergueï
Skripal, qui sera victime d’un
empoisonnement au poison Novitchok à Londres huit ans plus
tard… À Moscou, les neuf « illégaux » sont accueillis en héros par
Vladimir Poutine. Nos espions « ont
sacrifié leur vie pour servir la patrie,
mais un animal les a trahis », déclare-t-il, une allusion au colonel du
renseignement extérieur Alexandre
Poteev, qui a vendu la mèche aux
Américains, avant de s’enfuir de
Russie.
“
Les agents
clandestins russes
sont souvent chargés
de faire du business au
profit de leurs chefs et
de blanchir leur argent
dans l’immobilier
”
SERGUEÏ KANEV, JOURNALISTE
SPÉCIALISÉ DANS L’ÉTUDE DE LA PÈGRE
Anna amorce un étonnant virage.
Si elle refuse de tourner dans un film
porno américain, elle pose dans des
tenues dénudées, revolver à la main,
à la une de magazines féminins et
érotiques russes. Elle s’engage aussi
au côté du mouvement politique nationaliste La Jeune Garde, qui lui attribue la responsabilité « de l’éducation patriotique » ! « Conseillère » du
PDG d’une banque russe, elle se lance surtout dans une carrière de vedette télévisée… Dans un formidable
pied de nez à l’Occident, Anna va
même jusqu’à demander Edward
Snowden en mariage, sur Twitter.
En réalité, Anna Chapman apparaît comme la quintessence d’une
époque où tout s’est brouillé : la politique et le spectacle. Le service de la
patrie et l’appât du gain. Les espions
et les vedettes de téléréalité. La vérité
et le mensonge. Une époque au cynisme un peu obscène, qui, en pratiquant le relativisme, décérèbre et
démoralise, ce qui est peut-être le
but recherché. L’institution des services spéciaux est « un bazar d’ivrognes », avait expliqué en 2010
Sergueï Kanev, reporter spécialisé
dans l’étude de la pègre, notant que
« les agents clandestins russes sont
souvent chargés de faire du business
au profit de leurs chefs et de blanchir
leur argent dans l’immobilier »
« Nous devenons des mutants », lance Anna Chapman lors de son émission du 25 juillet dernier. Certes,
l’espionne vedette parle « de la mutation des gènes humains ». Mais on
ne peut s’empêcher d’y voir une métaphore de son propre parcours… ■
RETROUVEZ LUNDI
NOTRE NOUVELLE SÉRIE :
L’œuvre unique
A
L’ÉTÉ DU FIGARO
samedi 18 - dimanche 19 août 2018
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
GR ÂCE E T CAR ACTÈR E
Collection Liens
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samedi 18 - dimanche 19 août 2018 LE FIGARO - N° 23 021 - Cahier N° 2 - Ne peut être vendu séparément - www.lefigaro.fr
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lefigaro.fr/economie
L’ÉTÉ DU FIGARO
LA CAPITALE DE L’AUTOMOBILE
AMÉRICAINE
RENAÎT DE SES CENDRES PAGE 25
LES BONS COMPTES
DU FESTIVAL
DE CANNES PAGE 27
Tesla : la pression monte
à Wall Street sur Elon Musk
Les autorités boursières américaines ont ouvert deux enquêtes sur l’entreprise
et sur la communication financière de son dirigeant.
L’action Tesla a encore fortement
chuté, vendredi à Wall Street,
victime des signaux négatifs envoyés par le constructeur de voitures électriques et de la communication financière brouillonne de
son dirigeant, Elon Musk. Le PDG
et son entreprise sont désormais
sous le coup de deux enquêtes des
autorités boursières américaines :
l’une sur son tweet controversé
envisageant un retrait de Tesla de
la Bourse ; l’autre sur la fiabilité
des prévisions de production du
constructeur. Ces événements
perturbent la bonne marche d’une
société qui peine à industrialiser
sa production.
« L’année écoulée a été l’année la
plus difficile et la plus douloureuse
de ma carrière », a confié Elon
Musk, sous pression depuis plusieurs mois, au New York Times.
PAGE 26
Les Chinois
convoitent
le sous-sol
du Groenland
PLAINPICTURE/MINT IMAGES, VINCENT KESSLER/REUTERS, REUTERS
L’île de l’Arctique,
quatre fois plus
grande que la France
et peuplée de
56 000 habitants
seulement, regorge
d’uranium et autres
métaux rares.
Pékin, à la manœuvre,
espère les exploiter.
Un enjeu stratégique
surveillé de près
par le Danemark et
les États-Unis. PAGE 24
le PLUS du
FIGARO ÉCO
TECH
L’ergonomie des
sites fait la fortune
d’InVision
PAGE 28
LA SÉANCE
DU VENDREDI 17 AOÛT 2018
CAC 40
5344,93 -0,08%
DOW JONES (18h)
25664,54 +0,41%
ONCE D’OR
1180,40 (1182,00)
PÉTROLE (lond)
70,152 (70,750)
EUROSTOXX 50
3371,30 -0,19%
FOOTSIE
7558,59 +0,03%
NASDAQ (18h)
7364,25 -0,14%
NIKKEI
22270,38 +0,35%
L'HISTOIRE
Au Venezuela, l’arrivée de nouveaux
billets paralyse le commerce
e Venezuela s’enlise chaque jour
un peu plus dans un marasme
sans fin. À la situation
économique calamiteuse
- 1 000 000 % d’inflation prévue
d’ici à la fin de l’année - s’ajoutent
des soucis techniques liés à l’arrivée lundi
de nouveaux billets : le bolivar comptera
cinq zéros de moins. Pour faciliter
cette émission monétaire, Caracas a
choisi de suspendre les transactions
électroniques dès ce dimanche 20 août
à 18 heures, sans indication de durée.
Le gouvernement se veut très rassurant :
Il estime que
95 % des outils
informatiques
sont adaptés
au changement.
Prudent, il invite
les Vénézuéliens
à prendre toutes
les dispositions
nécessaires pour
faire face
à ce changement.
La suppression de
ces cinq zéros fait
L
partie d’un « plan de relance économique »
qui prévoit aussi un assouplissement
du contrôle des changes et un nouveau
système pour le prix de l’essence,
avec un « carnet de la patrie » qui mettra
un terme à l’essence quasi gratuite.
Dans ce pays où le prix du kilo de viande
équivaut quant à lui au salaire minimum
(5,9 millions de bolivars, soit moins d’un
dollar américain), les supermarchés font
payer les clients en plusieurs fois et limitent
les transactions à 20 millions de bolivars.
Prudent, le président, Nicolas Maduro
(photo) a déclaré chômée la journée de lundi.
La plupart
des commerces
fermeront leurs
rideaux pendant
l’arrêt des
transactions
électroniques.
En attendant
ces bolivars
nouveaux
qui ne se
compteront plus
par millions. ■
CHARLES GAUTIER
Google fait actuellement face à une
véritable fronde interne. Plus de
1 400 salariés sur les 62 000 que
compte le géant du Web s’inquiètent
de la politique menée par leur employeur en Chine, selon le New York
Times. Dans une lettre, ils réclament
plus de transparence pour comprendre « les conséquences éthiques et
morales de leur travail ». « Les salariés de Google ont besoin de savoir
ce que nous préparons », affirme
cette lettre.
La raison de leur inquiétude se trouve de l’autre côté de la Grande Muraille. Google serait prêt à céder aux
demandes de Pékin en matière de
contrôle des contenus accessibles.
Or, au début de la décennie, l’américain avait préféré renoncer à développer son moteur de recherche en
Chine plutôt que de passer entre les
fourches Caudines de la censure locale. Le gouvernement chinois a
banni de son territoire tout outil pouvant servir à porter des messages
de contestation, à commencer par
Google, Facebook et Twitter. Même
les jeux vidéo sont passés au crible
avant de pouvoir être commercialisés (lire nos éditions du 17 août).
Si Paris vaut bien une messe, Google
semble désormais estimer que la
Chine et ses 772 millions d’Internautes valent bien quelques sacrifices.
Depuis plusieurs mois, des équipes
de l’entreprise américaine plancheraient dans le plus grand secret sur
une version sino-compatible de son
moteur de recherche Drangonfly.
Mais rien ne dit que cette version
chinoise suffise. Pékin pourrait
continuer à bloquer l’accès à son
marché. Par ailleurs, les consommateurs chinois ont déjà pris quelques
habitudes sur le Net. Le moteur de
recherche local Baidu détient 78 % du
marché national, selon Nanjing Marketing Group. Il devance ses concurrents 360 Search, Sogou et Shenma
sur mobile. Autrement dit, la concurrence en Chine est déjà bien établie,
et les consommateurs chinois peuvent aussi faire preuve de chauvinisme ou de patriotisme économique
dans le choix de produits et services.
Alors, Google vendrait donc son âme
au diable avec, pour toute récompense, qu’un miroir aux alouettes ?
ELSA BEMBARON
Après Gênes,
des appels à relancer
l’écotaxe en France
L’exécutif prépare le terrain à
la mise en place de nouvelles
ressources financières pour
financer l’entretien des infrastructures de transport, l’effondrement du pont autoroutier de Gênes, en Italie, ayant
relancé le débat.
« Ce qui s’est passé à Gênes est
terrible et a frappé dans le monde les esprits, donc ce sera dans
la loi de mobilité qu’il faudra
examiner comment procurer un
certain nombre de ressources
supplémentaires », a précisé
vendredi Gérard Collomb, le
ministre de l’Intérieur, sur
BFMTV. Un rapport rendu public en juillet sur l’état du réseau public routier français a
estimé qu’un tiers des 12 000
ponts de ce réseau nécessitait
des réparations et que 7 % présentaient à terme un risque
d’effondrement.
Le projet de loi d’orientation
« des mobilités » sera présenté
en septembre et comportera une programmation
des infrastructures, rappelle-
t-on dans l’entourage de la
ministre des Transports, Élisabeth Borne. Et de préciser que
« dans ce cadre-là nous
débattrons de quels moyens nous
devons consacrer à nos infrastructures ».
La ministre a évoqué en mai
dernier la création d’une vignette temporelle (d’une semaine, un mois ou un an, par
exemple) pour mettre à
contribution les transporteurs.
Cette solution est sur la table
mais rien n’est tranché.
L’ancien secrétaire d’État aux
Transports et actuel président
de l’Assemblée des départements de France, Dominique
Bussereau (LR), a pour sa part
appelé à relancer l’écotaxe, en
la confiant aux régions. « Si
aujourd’hui, cette écotaxe
n’avait pas été supprimée d’un
coup de crayon par Mme Royal
(en octobre 2014), nous aurions
à disposition, chaque année, environ 4 milliards d’euros », a-til insisté jeudi sur BFMTV.
G. G.
A
DETROIT
GOOGLE,
LA CHINE
ET LA CENSURE
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 18 - dimanche 19 août 2018 LE FIGARO
24
L'ÉVÉNEMENT
«
2,2
La question des investissements
chinois préoccupe beaucoup
les États-Unis qui craignent
à terme le risque de présence
militaire chinoise au Groenland
C L A U S H J O R T F R E D E RIK S E N,
M I N I S T R E D A N O I S D E L A D É F E N S E, M A I 2 0 1 8
56 000
habitants
millions
de km2
»
superficie du Groenland,
soit 4 fois la France
Ils pourraient tous tenir
dans le stade Groupama
de l’Olympique lyonnais
25 %
C’est la part des gisements
mondiaux de terres rares
(famille de 17 métaux
stratégiques) que pourrait
receler le Groenland
Pékin convoite les trésors du Groenland
Le Danemark s’inquiète des vues de la Chine sur les gisements d’uranium et de métaux cruciaux
du gigantesque territoire autonome de l’Arctique. Les États-Unis aussi surveillent cette île stratégique.
OCÉAN ARCTIQUE
SLIM ALLAGUI
C O P E N H A G U E
Alaska
CANADA
Pôle
Nord
La conquête du statut de superpuissance mondiale de la Chine
passe par l’Arctique. Le gouvernement danois est particulièrement
préoccupé par les visées de Pékin,
intéressé par les richesses minérales de la gigantesque île et son accès
à l’océan Arctique. Xi Jinping aspire à en faire une tête de pont pour
développer sa « nouvelle route de
la soie polaire » dans le cadre de
son ambitieuse initiative « Belt and
Road » (la ceinture et la route). Un
intérêt économique et géopolitique
croissant, manifesté dans un livre
blanc publié en janvier. La Chine y
affirme sa volonté de jouer un rôle
clé dans cette région où elle espère
RUSSIE
GROENLAND
DANEMARK
Thulé
Les Américains y ont installé
une base radar en 1951.
C’est un des maillons
de leur bouclier antimissiles.
LÉGENDE :
Projet d’agrandissement
développer des infrastructures minières et de transport. Le gouvernement inuit, qui a obtenu en 2009
un statut d’autonomie élargie lui
assurant le contrôle sur ses ressources naturelles, n’est pas insensible à l’attrait de l’empire du
Milieu. Ainsi, en fin d’année dernière, son premier ministre, Kim
Kielsen, a mené une délégation en
Chine pour sonder les possibilités
de coopération dans la recherche
arctique, l’exploitation de minerais, les infrastructures, l’éducation et le tourisme.
Mise en garde
du premier ministre
Les responsables groenlandais ont
notamment évoqué avec le mastodonte d’État China Communications Construction Company Ltd.
(CCCC) leur projet d’extension de
trois aéroports de l’île, Nuuk, Ilulissat et Qaqortoq, d’un coût de
3,6 milliards de couronnes
(483 millions d’euros). Pour la première fois, une entreprise chinoise
(CCCC en l’occurrence) a été préqualifiée en mai avec cinq sociétés
occidentales, dans un appel d’offres public pour ce projet aéroportuaire, stratégique pour la marche
vers l’indépendance du Groenland. De quoi susciter de vives pré-
occupations à Copenhague et
Washington. Le premier ministre
danois, Lars Loekke Rasmussen, a
mis en garde les autorités groenlandaises contre les velléités de la
Chine dans ce secteur stratégique
des infrastructures, qui touche à la
politique de sécurité relevant des
compétences de Copenhague.
« Nous ne pouvons, dit-il, construire des murs contre le monde, mais
nous ne devons pas être naïfs. Nous
sommes obligés aussi de réfléchir
aux risques potentiels des investissements étrangers. » Et le premier
ministre d’ajouter : « Le Danemark
est prêt à engager un dialogue plus
étroit avec le Groenland pour assurer un meilleur développement des
infrastructures. » Pour Damien
Degeorges, consultant international à Reykjavik en Islande, « le
Groenland est un territoire clé pour
la défense des États-Unis. Les Danois n’ont d’autre choix que de privilégier leur allié américain plutôt
que de satisfaire des intérêts chinois
pouvant avoir une trop grande influence politique dans leur territoire
d’outre-mer. » ■
Base militaire
Mer
du Groenland
Baie de Baffin
Site convoité par la Chine
Autre site
Danemark
Entreprises chinoises
Port principal
Port secondaire
Gisement d’uranium
Ilulissat
LE GROENLAND
représente
4 fois la France
Autres métaux
4 800 habitants. L’entreprise chinoise
CCCC* pourrait y agrandir l’aéroport.
Aasiaat
Gisement d’autres
métaux
Terres rares
Sisimiut
Nuuk
Kangerlussuaq
FRANCE
Aéroport international
La capitale : 18 000 habitants.
L’entreprise chinoise CCCC*
pourrait y agrandir l’aéroport.
Tasiilaq
Maniitsoq
Uranium
Qeqertarsuatsiaat
Pour freiner l’appétit de Pékin, le chef du gouvernement danois
a bloqué, fin 2016, en toute discrétion, l’acquisition d’une base
maritime désaffectée à Groennedal par l’entreprise chinoise
General Nice. À l’écoute des préoccupations des services de
renseignements de la Défense (FE) au sujet de l’emprise
croissante chinoise, il a trouvé une parade en rouvrant cette
base abandonnée depuis 2014 pour lui trouver une nouvelle
activité de logistique.
Narsaq
La fermeture de l’usine de transformation
de crevettes de l’entreprise publique Royal
Greenland a détruit 100 emplois pour une
population de 1 500 personnes.
A
Mine de
pierres
précieuses
Terres rares,
or, nickel, zinc
Kanguilinnguit
* China communications construction company
Kvanefjeldet
Mine de fer
C’est la seule mine du Groenland en exploitation.
La compagnie canadienne True North Gems
y extrait des rubis et des saphirs.
Kujalleq
Gisements d’or, de nickel,
de zinc et de terres rares.
Qaqortoq
3 000 habitants. L’entreprise
chinoise CCCC pourrait
y agrandir l’aéroport.
OCÉAN ATLANTIQUE
La société chinoise Shenghe Resources détient
depuis 2017 12,5% des parts du projet de mine
d’uranium et de terres rares
(cette famille de 17 métaux, cruciaux pour
les nouvelles technologies) à Kvanefjeldet.
Le projet est mené par l’australien Greenland
Minerals and Energy (GME) qui a dépensé plus de
65 millions de dollars en exploration.
Les autorités groenlandaises n’ont pas encore
donné leur feu vert à ce qui pourrait être
la 2e mine de terres rares du monde.
Et si Shenghe montait à 60% du projet,
cela conforterait la mainmise mondiale de la
Chine sur ces métaux stratégiques.
200 KM
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 18 - dimanche 19 août 2018
ÉCONOMIE
25
Detroit, une ville
sinistrée qui renaît
de ses ruines
Après une interminable descente aux enfers, la cité
de l’auto et d’Aretha Franklin est de retour. Elle
fourmille de projets, ses habitants ne la fuient plus.
JEAN-BERNARD LITZLER £@JBLitzler
DETROIT
AMÉRIQUE En
cette
période
d’hommages à Aretha Franklin, les
regards se tournent vers sa ville,
Detroit. Un mot les réunit : respect.
Ce tube de la reine de la soul est aussi désormais le sentiment qu’inspire
à ses habitants et aux investisseurs
le berceau de l’automobile américaine qui ne suscitait que pitié depuis des années. La preuve : l’immense gare de la ville, symbole de
sa décrépitude et à l’abandon depuis trente ans, vient d’être rachetée cet été par Ford. Le constructeur
automobile compte transformer ses
18 étages et ses 48 000 m2 en un
centre dédié à la voiture autonome
et aux mobilités électriques. L’endroit, qui pourrait accueillir jusqu’à
5 000 salariés, a été ouvert au public
pour l’occasion le temps d’un
week-end après cette annonce,
suscitant d’interminables files d’attente de curieux.
Après avoir touché le fond avec la
faillite retentissante de la municipalité en 2013 (18 milliards de dollars de dettes), la métropole du Michigan se relève désormais. « La fin
du déclin de la ville semble coïncider
avec le retour des ménages blancs
vers le centre-ville », note Henri
Briche, doctorant français installé à
Detroit dont il compare la décadence à celle de Saint-Étienne. Il rappelle que les soucis de Detroit ont
débuté dès les années 1950, bien
avant le marasme automobile. La
cité qui comptait alors 1,8 million
d’habitants n’a cessé d’en perdre,
surtout des blancs, pour chuter
aujourd’hui à 680 000 personnes, à
82 % noires et 8 % hispaniques.
Mais, signe d’un retour en grâce du
cœur de Detroit auprès d’une population blanche à fort pouvoir
d’achat, cette catégorie pèse désormais respectivement 30 % et 22 %
des habitants des quartiers de
Downtown et Midtown.
Au fil des ans, la ville avait vu sa
criminalité s’envoler tandis que
80 000 bâtiments étaient laissés à
l’abandon avant que l’arrivée du
nouveau maire, Mike Duggan, en
2013, n’apporte un bol d’air frais.
Exsangue, la municipalité s’est employée à faire le maximum avec un
minimum de moyens. Elle a notamment effectué des réfections de
route, réinstallé l’éclairage public
dans divers quartiers et lancé un titanesque chantier de démolition de
40 000 bâtiments dont 14 000 ont
déjà été menées à bien. Et s’est dotée d’un véritable service d’urba-
Laissée à l’abandon depuis trois décennies, la gare centrale de Detroit (Michigan) a été rachetée en juin par Ford,
qui projette de la réhabiliter en centre dédié à la voiture autonome et aux mobilités électriques. C. OSORIO/AP
nisme rapidement passé de 6 à
36 personnes (architectes, paysagistes, historiens) pour redessiner
les contours de la ville.
30 % à 40 % de la ville
resteront inutilisables
« Tout le but de cette politique est
d’attirer de nouveaux habitants sans
perdre les actuels », souligne Mike
Duggan. Dans une cité 3,5 fois plus
grande que Paris, la tâche est immense mais les objectifs restent modestes. À l’horizon 2040, Detroit
prévoit de gagner seulement 60 000
habitants et a choisi de concentrer
ses efforts sur dix quartiers prioritaires, les plus denses. À la municipalité, la planification et les infrastructures et aux investisseurs privés, la
construction et la rénovation.
« L’approche de la Ville est réaliste, estime Xavier Mosquet, directeur
associé au Boston Consulting Group,
à Detroit. Elle cherche à stabiliser la
situation, à recréer de l’emploi local
et à renflouer ses caisses pour per-
mettre de faire vivre cette ville. »
Pour cet expert reconnu du marché
américain des véhicules, les indicateurs économiques sont à nouveau
au vert, notamment tirés par l’automobile, qui reste la principale activité. Pas de quoi pour autant retrouver pleinement la grandeur d’antan,
dans cette métropole dont les infrastructures (métro aérien, immenses avenues) sont aujourd’hui
surdimensionnées. « Près de 30 % à
40% de la surface de la ville resteront
inutilisables, estime-t-il, et il faudra
sans doute sacrifier la limite extérieure de la ville, celle qui s’étend entre 5 et 8 miles du centre. » Autrement dit, concentrer les efforts sur
le centre-ville.
Les investisseurs privés, eux,
sont à l’œuvre depuis quelques années pour faire des affaires, profitant des prix très bas et misant sur le
renouveau. L’homme d’affaires
Dan Gilbert, créateur de la société
de prêt hypothécaire Quicken
Loans, possède ainsi 70 % du
Downtown (une centaine d’immeubles) et y a investi plus de
2 milliards de dollars. Il prévoit
d’injecter encore la même somme.
De son côté, la famille Ilitch qui a
fait fortune dans la pizza a jeté son
dévolu sur le quartier de Midtown
où elle possède immeubles, clubs et
infrastructures sportives (hockey,
base-ball).
À côté de ces milliardaires,
d’autres misent plus petit sur le
marché des maisons individuelles
dont les prix restent faibles pour
l’instant au vu des loyers et du potentiel de plus-value. C’est notamment le cas de Detroit immo, créée
par deux Français, Antoine Demoussaud et Rudy Noulé, qui a déjà
acheté et rénové 300 maisons revendues à des investisseurs français, à des tarifs moyens de
50 000 dollars et mises en location
par un agent immobilier francophone. « C’est le bon moment pour faire
le pari du redressement de Detroit »,
estime Antoine Demoussaud. ■
Quand la révolution digitale tricolore passe par Aix-Marseille
Dotée d’un écosystème numérique particulièrement dynamique, la Cité phocéenne attire les acteurs du secteur.
emplois
dans le
numérique
CORINNE CAILLAUD
£@corinnecaillaud
NUMÉRIQUE Évidemment, lorsque Didier Parakian, adjoint au
maire de Marseille à l’économie,
déclare « qu’Aix-Marseille est en
train de devenir une Silicon Valley
made in Provence », on est tenté de
se dire que décidément dans le Sud,
on exagère toujours. « Si ce n’est
pas une réalité, c’est en tout cas une
ambition », relève Stéphane Soto,
directeur général de l’association
Medinsoft et fondateur en 2015
d’Aix-Marseille French Tech
(AMFT), qu’il a piloté jusqu’en
mars dernier. Ce n’est d’ailleurs
pas un hasard si en juillet Mounir
Mahjoubi, le secrétaire d’État au
Numérique, a délocalisé pendant
trois jours son cabinet à thecamp,
campus aixois dédié à l’exploration
du futur, pour y rencontrer les acteurs locaux du numérique. Et le
ministre n’a eu que l’embarras du
choix, puisque 8 000 entreprises
sont spécialisées dans ce secteur.
Elles génèrent 49 000 emplois et un
chiffre d’affaires de plus de 10 milliards d’euros.
Si l’agglomération d’Aix-Marseille n’est pas encore « The Valley » de la côte Sud française, elle
dispose en tout cas d’un certain
nombre d’atouts, à commencer par
sa position géographique. « Porte
d’entrée de la Méditerranée, c’est un
lieu d’échanges historiques qui se
poursuivent
aujourd’hui
sous
d’autres formes. Des start-up indiennes et africaines incubées chez
nous ont fait ce choix sachant qu’el-
les auraient un accès facile à l’Europe. Et si elles restent dans la région,
c’est que le foncier y est plus abordable qu’à Paris et la qualité de vie
meilleure », souligne Antoine Meunier, patron de la communication
de thecamp.
14 câbles sous-marins
Côté infrastructure, Marseille,
point d’accès de 13 et bientôt 14 câbles sous-marins de télécommunication qui alimentent le monde entier, est un des trois grands nœuds
européens de l’Internet avec Londres et Berlin. De quoi susciter l’attractivité des data centers (plateforme de gestions de données),
dont 8 sont implantés dans le secteur, devenu le deuxième site localisation en France, derrière la région parisienne.
Visionnaire, l’université d’AixMarseille a par ailleurs investi depuis plusieurs années dans les domaines de la biotechnologie, de
l’intelligence artificielle et de la
théorie du langage. « Ce sont des
sujets qui sont au cœur de la quatrième révolution industrielle. Nos enjeux résident désormais dans l’internationalisation et la formation car
aujourd’hui trop d’entreprises peinent à recruter dans le numérique »,
indique Stéphane Soto.
Une réalité bien connue de Marc
Schillaci, PDG d’Oxatis, entreprise
marseillaise cotée, spécialisée dans
la création de sites marchands pour
les PME. Créée en 2001, cette pépite
a développé une plateforme logicielle d’e-commerce qui permet à
ses 7 000 clients PME d’augmenter
leur chiffre d’affaires via Internet.
LE CHARME DU PAYS BASQUE
Circuit de Bayonne à Bilbao
DU 12 AU 17 OCTOBRE 2018
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Une histoire partagée entre la France et l’Espagne.
Au cœur des Pyrénées,
le Pays basque, du Sudouest de la France au
Nord de l’Espagne,
s’étend au cœur de paysages verdoyants, entre
mer et montagne. Considéré comme l’une des régions d’Europe les plus
anciennes et les plus riches sur le plan culturel et gastronomique nous
vous proposons de partir à la découverte du vieux Bayonne, de St-jean
de Luz, des villages de l’arrière-pays et du littoral, du château d’Abbadie, de la Villa Arnaga, splendide demeure de l’écrivain Edmond Rostand,
du rocher de la Vierge et du phare de Biarritz, de Bilbao, devenue la
Mecque du design et de l’architecture et dont le Musée Guggenheim
est l’exemple le plus connu, de Saint-Sébastien et de son élégante baie,
encadrée par le Mont Igueldo et l’île de Santa Clara.
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En 2008, elle employait 8 salariés,
contre près de 200 aujourd’hui. Et
elle prévoit 70 nouvelles embauches sur l’année. C’est parce qu’il
avait « envie de rendre ce que l’ecommerce nous a apporté » que
Marc Schillaci a choisi de développer avec l’école de management
Kedge Business School le nouveau
master « Digital Marketing & Sales » (marketing numérique et
ventes).
La plateforme d’Oxatis sera utilisée dans le cadre de cette formation
numérique de haut niveau que les
étudiants dotés d’un bac + 4 intégreront dès la rentrée prochaine.
Avec l’école du numérique EMD
qui ouvrira également pour cette
rentrée universitaire, Marseille
aura aussi ses centres de formation
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samedi 18 - dimanche 19 août 2018 LE FIGARO
26
ENTREPRISES
Les écarts
d’Elon Musk
fragilisent Tesla
La communication financière peu orthodoxe
du dirigeant conduit les autorités boursières
américaines à ouvrir des enquêtes.
EMMANUEL EGLOFF £@eegloff
TESLA EN CHIFFRES
AUTOMOBILE Écrire un tweet,
c’est facile et rapide. Le justifier
prend parfois beaucoup plus de
temps. C’est ce qui arrive à Elon
Musk, l’emblématique PDG de
Tesla. Le 7 août, il tweete qu’il envisage de sortir le constructeur de
voitures électriques de la Bourse, à
un prix de 420 dollars par action.
Et de préciser : « financement assuré ». Depuis cette date, la société a
dû publier deux communiqués
pour donner des précisions sur
cette possible opération. Le conseil
d’administration de Tesla a fait de
même. Et Elon Musk s’est plié à un
long entretien avec le New York
Times, ce dont il n’est pas coutumier.
Cet activisme est compréhensible compte tenu des réactions suscitées par le tweet du patron de
Tesla. Médias, Bourse et investisseurs ont multiplié les questions ou
les accusations. Plus ennuyeux
pour Elon Musk, c’est désormais la
SEC (Securities and Exchange
Commission), le gendarme boursier américain, qui s’en mêle. Une
enquête formelle aurait été ouverte à la suite de ce tweet. Le Wall
Street Journal précise que des requêtes auraient été envoyées aux
membres du conseil d’administration de Tesla pour savoir dans
quelle mesure ils étaient au courant du projet d’Elon Musk.
Il n’est pas certain que les propos du patron de Tesla au New
York Times servent ses défenseurs.
Il affirme, certes, ne pas « regretter » son annonce du 7 août, la justifiant par un souci de transparence. Mais il reconnaît avoir agi
seul et que personne n’a vérifié
son tweet. Il confirme, également,
son peu de considération pour les
investisseurs qui vendent le titre
Tesla à découvert, méthode qui
permet de gagner de l’argent lorsque le titre baisse. Elon Musk explique au quotidien qu’ils sont responsables « d’une grande partie »
de son stress.
Or, le tweet du 7 août leur a fait
beaucoup de mal, en poussant le
titre à la hausse, ce qui oblige les
vendeurs à découvert à investir
plus de cash pour maintenir leur
position. Certains observateurs se
5 3
milliards de dollars
de capitalisation
boursière
103 000
voitures ont été vendues
en 2017
11,8
milliards de dollars
de chiffre d’affaires
en 2017, en hausse
de 55 %
demandent si faire perdre de l’argent à ces vendeurs à découvert
n’était pas le seul objectif du dirigeant, alors que le projet de retrait
de la cote n’était pas encore assez
défini pour pouvoir en parler officiellement. C’est bien ce que devra
déterminer l’enquête de la SEC.
Rythme effréné
Le gendarme boursier américain a
d’ailleurs fort à faire avec Tesla. Le
Wall Street Journal, à nouveau, a
ainsi révélé qu’une autre enquête
de la SEC a été lancée sur le fabricant de voiture électrique. Elle
porterait sur les prévisions de production de la Model 3, le véhicule
plus grand public que ses autres
modèles. Elon Musk avait, dans un
premier temps, dit vouloir produire 200 000 Model 3 pour la fin
de l’année 2017. Il ne parviendra à
en construire que 2 700. Le groupe
a rencontré de réels problèmes, le
poussant à installer une nouvelle
ligne de montage sous une tente
géante en juin 2018. Néanmoins, la
SEC se demande si le groupe ne savait pas, dès le départ, que le premier objectif était intenable. Les
Dans une interview au New York Times, Elon Musk a confié qu’avec
des semaines de travail de 110 à 120 heures il ne pouvait dormir
qu’en utilisant des somnifères. CARLA GOTTGENS/BLOOMBERG
enquêteurs américains auraient
demandé des informations à un
sous-traitant de Tesla, forcément
au courant des volumes de production prévus puisqu’il faut passer commande en amont de la
production.
Comme si cela ne suffisait pas,
un cabinet d’avocats a révélé le
dépôt d’une plainte de la part d’un
ancien salarié de Tesla. Karl Hansen, c’est son nom, accuse la société d’avoir espionné des salariés
en piratant leurs téléphones portables et leurs ordinateurs. Le
groupe n’aurait pas, non plus, révélé un vol de matières premières
d’un montant de 37 millions
d’euros subi au cours du premier
semestre.
Le stress d’Elon Musk ne risque
pas de s’alléger de sitôt. Et c’est un
réel problème. Car le rythme de
travail de l’entrepreneur est effréné. « Il y a eu des moments où je ne
suis pas sorti de l’usine pendant
trois ou quatre jours », dit-il dans
le New York Times. Avec des semaines de travail de 110 à
120 heures, il avoue ne parvenir à
dormir qu’en utilisant des somnifères. La pression est telle qu’il
n’est finalement pas étonnant qu’il
« craque » régulièrement.
En début d’année, il avait rabroué des analystes pour leurs
questions jugées « ennuyeuses ». Sa
communication sur Twitter montre
également ses limites. Le New York
Times explique ainsi que certains
administrateurs recherchent un
numéro deux apte à seconder efficacement l’emblématique entrepreneur. Pour autant, Elon Musk
n’a aucune intention de séparer les
fonctions de président et de directeur général, qu’il cumule.
Cette communication, souvent
trop volontariste et parfois hasardeuse, se révèle, in fine, assez peu
compatible avec la vie boursière,
où tout est très encadré et réglementé. La réflexion autour d’une
éventuelle sortie de la cote a donc
du sens.
Après le tweet incendiaire, la réflexion a désormais repris une démarche plus classique. Elon Musk a
donné des précisions sur l’opération envisagée. L’objectif est bien
de réfléchir à une opération de retrait de la cote à un prix de
420 dollars par action, environ
20 % au-dessus du cours avant le
7 août. Soit une valorisation globale
de 72 milliards de dollars. Pour
autant, il compte garder un maximum d’actionnaires actuels. Dont
Elon Musk lui-même, actionnaire à
hauteur de 20 % et qui ne compte
pas vendre. Les capitaux à mobiliser pour mener à bien l’opération
seraient de 20 à 25 milliards de dollars. Des discussions sont en cours
avec un fonds saoudien pour financer tout ou partie de l’opération.
Pour mener à bien cette réflexion,
le conseil d’administration de Tesla
a nommé trois administrateurs indépendants afin d’examiner le processus. De même, des conseils notamment la banque Goldman
Sachs - ont été engagés. Et le
conseil d’administration a, lui-même, engagé son propre cabinet
d’avocats. ■
Trump suggère de supprimer l’obligation des résultats trimestriels
PIERRE-YVES DUGUA £@PDugua
CORRESPONDANT À WASHINGTON
Cela
« donnerait
davantage
de flexibilité et
économiserait
de l’argent
DONALD TRUMP
»
Tout faire pour simplifier la vie des
entreprises : c’est une des promesses de Donald Trump. Le président des États-Unis, après avoir
lancé un effort d’allègement des réglementations fédérales, puis réduit
le taux d’impôt sur les bénéfices des
sociétés, s’aventure maintenant
dans le domaine de la gouvernance
d’entreprises cotées en Bourse.
Il demande à la Securities & Exchange Commission (SEC), le gendarme de Wall Street, d’étudier le
bien-fondé de supprimer l’obligation pour les sociétés cotées de publier leurs résultats chaque trimestre. Par le biais d’un tweet, il
prend en même temps position
d’emblée dans ce vieux débat en
déclarant : « Cela donnerait davantage de flexibilité et économise-
rait de l’argent. » Son intention est
de n’exiger la publication de résultats que tous les semestres.
L’obligation de publier des résultats trimestriellement remonte
à 1934, date de la création de la
SEC. Changer la fréquence de cette
communication obligée avec les
actionnaires bouleverserait bien
des habitudes. L’idée est débattue
depuis des lustres mais aucun
consensus ne s’est encore dégagé.
Dictature du court terme
La SEC n’est pas tenue d’obéir aux
vœux du président. Au terme de
l’étude menée par ses services, la
décision dépendra d’un vote de ses
cinq commissaires dont deux
sont démocrates, peu enclins à
suivre les recommandations de la
Maison-Blanche.
La Bourse américaine ainsi que
de nombreux patrons estiment que
les résultats trimestriels exercent
une influence trop importante
dans la gestion des entreprises. Ils
obligeraient les dirigeants à privilégier les rendements à court
terme, et non pas la profitabilité à
moyen et long terme. À leurs yeux,
si depuis vingt ans le nombre d’introductions en Bourse a chuté de
50 %, c’est en grande partie en
raison de l’effet dissuasif des obligations de transparence imposées
par la SEC et le législateur. Le
légendaire investisseur Warren
Buffett tout comme Jamie Dimon,
le patron de JPMorgan Chase, ont
souvent dénoncé la dictature des
résultats trimestriels.
En revanche, les analystes financiers, beaucoup d’investisseurs
institutionnels et gestionnaires de
fonds arguent que le marché est
moins obnubilé qu’il y paraît par
ces rendez-vous trimestriels.
« Qui veut retourner à la Bourse
américaine des années 1920 ? Quel-
qu’un a-t-il un doute sur le fait que
nous disposons d’une prime à la
valorisation sur les marchés américains en raison de notre plus grande
transparence ? », résume un trader, opposé à la réforme proposée
par Donald Trump. Le succès en
Bourse d’Amazon ou Netflix démontre effectivement que les actionnaires aujourd’hui sont sophistiqués et peuvent accepter des
pertes ou de faibles rendements à
court terme, si on sait les convaincre que leurs intérêts à long terme
sont bien servis.
En outre, la réforme augmenterait l’avantage des institutionnels sur les petits porteurs. Les
fonds disposeraient en effet d’un
accès plus facile aux dirigeants
d’entreprises entre les périodes de
publication de résultats, tandis que
les actionnaires individuels seraient tenus dans le noir pendant
180 jours. ■
LA SÉANCE DU VENDREDI 17 AOÛT
LE CAC
JOUR
ACCOR .............................................. 43,14
♣
AIR LIQUIDE ..................................
105,85
AIRBUS ..............................................107,72
ARCELORMITTAL SA ..................................
25 005
ATOS .............................................. 98,76
AXA ..............................................
21,525
BNP PARIBAS ACT.A ..................................
50,99
BOUYGUES ..............................................
36,49
CAPGEMINI ..............................................
111,05
CARREFOUR ..............................................
14,955
CREDIT AGRICOLE ..................................
11,796
DANONE ..............................................67,69
ENGIE .............................................. 13,075
ESSILOR INTL. ..................................122,85
HERMES INTL ..................................544,6
KERING ..............................................453,1
L'OREAL ..............................................
203,4
LEGRAND ..............................................62,54
LVMH .............................................. 296,9
♣
MICHELIN ..............................................
108
%VAR.
+0,33
-0,28
+0,15
-0,71
+0,63
-0,3
-0,8
-0,22
-0,31
-1,38
-0,35
+0,03
-0,49
-0,08
-0,4
+0,02
-0,59
+0,26
-0,3
-0,92
+HAUTJOUR
43,17
106,65
108,68
25,27
98,86
21,655
51,55
36,81
111,5
15,235
11,868
68,02
13,185
123,85
549,2
457
206,1
62,76
299,3
109
+BAS JOUR %CAP.ECH 31/12
42,74
105,3
106,92
24,515
97,88
21,43
50,39
36,36
110,5
14,945
11,662
67,27
12,98
122,1
541,8
450,4
202,3
62,24
294,2
106,5
0,182
0,181
0,083
0,145
0,276
0,201
0,38
0,101
0,207
0,439
0,215
0,163
0,153
0,188
0,026
0,117
0,077
0,113
0,076
0,266
+0,33
+0,76
+29,78
-7,78
-18,62
-12,98
-18,09
-15,75
+12,3
-17,1
-14,52
-3,23
-8,79
+6,87
+22,04
+24,04
+9,98
-2,57
+20,99
-9,66
JOUR
%VAR.
ORANGE ..............................................14,145 -0,49
PERNOD RICARD ..................................
138,95 -0,18
PEUGEOT ..............................................
24,41 +0,25
♣ 56,06 +0,04
PUBLICIS GROUPE SA .............................
RENAULT ..............................................
72,2
+1,42
SAFRAN ..............................................
106,8
-0,05
SAINT GOBAIN ..................................
35,5
-0,55
SANOFI ..............................................73,3
+0,88
SCHNEIDER ELECTRIC .............................
67,86 +0,95
SOCIETE GENERALE ♣
..................................
35,235 -0,66
SODEXO ..............................................92,82 +0,09
SOLVAY ..............................................
113
-1,01
STMICROELECTRONICS .............................
16,95 -2,16
TECHNIPFMC ..................................24,3
-1,34
TOTAL .............................................. 52,4
+0,08
UNIBAIL-RODAMCO-WE .............................
186,45 +0,19
VALEO .............................................. 39,27 +0,1
VEOLIA ENVIRON. ..................................
18,08 -0,41
VINCI♣.............................................. 81,92 +0,86
VIVENDI ..............................................21,4
+0,42
+HAUTJOUR +BAS JOUR
14,275
139,5
24,43
56,14
72,35
107,5
35,885
73,55
67,96
35,52
93,16
114,05
17,19
24,69
52,59
186,8
39,3
18,195
82,46
21,42
14,065
138,35
24,04
55,48
70,82
106,3
35,19
72,7
67,2
34,815
91,76
112,25
16,755
24,3
52,01
185,15
38,63
17,895
81,14
21,26
%CAP.ECH
0,151
0,09
0,25
0,226
0,403
0,104
0,258
0,166
0,276
0,471
0,164
0,16
0,263
0
0,155
0,172
0,969
0,289
0,199
0,338
31/12
-2,28
+5,31
+43,97
-1,04
-13,96
+24,32
-22,79
+2,02
-4,23
-18,15
-17,16
-2,5
-6,89
-5,1
+13,8
-36,94
-15,02
-3,79
-4,55
LES DEVISES
MONNAIE
AUSTRALIE ................................................................................
DOLLAR AUSTRALIEN
CANADA ................................................................................
DOLLAR CANADIEN
GDE BRETAGNE ................................................................................
LIVRE STERLING
HONG KONG ................................................................................
DOLLAR DE HONG KONG
JAPON ................................................................................
YEN
SUISSE ................................................................................
FRANC SUISSE
ETATS-UNIS ................................................................................
DOLLAR
TUNISIE ................................................................................
DINAR TUNISIEN
MAROC ................................................................................
DIHRAM
TURQUIE ................................................................................
NOUVELLE LIVRE TURQUE
EGYPTE ................................................................................
LIVRE EGYPTIENNE
CHINE ................................................................................
YUAN
INDE ................................................................................
ROUPIE
ALGERIE ................................................................................
DINAR ALGERIEN
1 EURO=
1,567
1,4976
0,8958
8,9412
125,75
1,1338
1,1391
3,15
11,103
7,0282
20,4228
7,842
79,9195
135,6938
AUD
CAD
GBP
HKD
JPY
CHF
USD
TND
MAD
TRY
EGP
CNY
INR
DZD
L’OR
JOUR
VEILLE
31/12
COTATION QUOTIDIENNE ASSURÉE PAR TESSI-CPOR
www.cpordevises.com
LINGOT DE 1KG ENV .....................................................
33410
34010
-3,86
NAPOLEON ..................................................... 196,9
199,2
-4,83
PIECE 10 DOL USA .....................................................
556
556
-5,44
PIECE 10 FLORINS .....................................................
203
203
-4,61
PIECE 20 DOLLARS .....................................................
1100
1129,75
-5,82
PIECE 20F TUNISIE .....................................................
196
196
-3,92
PIECE 5 DOL US (H) .....................................................
295
290
-3,28
PIECE 50 PESOS MEX .....................................................
1246
1280
-4,89
PIECE FR 10 FR (H) .....................................................
112
112
+2
PIECE SUISSE 20F .....................................................
195,1
195,1
-3,75
PIECE LATINE 20F .....................................................
196,5
195
-3,15
SOUVERAIN ..................................................... 254,8
254,7
-2,26
KRUGERRAND .....................................................1097
1103
-1,94
SICAV ET FCP
VALEURS LIQUIDATIVES EN EUROS (OU EN DEVISES), HORS FRAIS
VALEUR
DATE DE
LIQUID. VALORISAT.
42 rue d’Anjou,
75008 Paris
Tél. : 01 55 27 94 94
www.palatine.fr
SICAV
UNI HOCHE C ................................................
281,99 14/08/18
Cybèle Asset Management
37 av. des Champs-Elysées
75008 Paris
Tel. : 01 56 43 62 50
BETELGEUSE ................................................
49,73 07/08/18
BELLATRIX C ................................................
337,53 07/08/18
SIRIUS ................................................55,81 13/08/18
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WWW.WANSQUARE.COM
A
NOUVELLE SEMAINE MAUSSADE À LA BOURSE DE PARIS
La Bourse de Paris fait toujours grise
mine : vendredi, le CAC 40 a encore terminé dans le rouge, cédant 0,08 % pour
finir la séance à 5 344,93 points. La place parisienne est à l’unisson du reste de
l’Europe, où les marchés restent frileux,
à l’image de Londres, qui a grignoté
0,03 %, ou de Francfort, qui a lâché
0,22 %. La Bourse de New York se te-
nait également sur ses gardes en
séance, le Dow Jones s’affichait en baisse de 0,05 % et le Nasdaq de 0,61 %.
Sur l’ensemble de la semaine, les valeurs françaises ont perdu 1,17 %, ce qui
porte le recul de l’indice parisien à plus
de 3 % au cours des quinze derniers
jours. La persistance des tensions
commerciales et la vigueur du dollar pè-
sent sur le moral des investisseurs.
Pour les analystes, la tendance à la prudence constatée en fin de semaine provient en particulier de la rechute de la livre turque, qui repartait nettement à la
baisse face au dollar vendredi, après
avoir regagné du terrain pendant trois
jours. Jeudi soir, les États-Unis ont menacé la Turquie de nouvelles sanctions
si le pasteur américain emprisonné dans
le pays, à l’origine de la crise diplomatique, n’était pas libéré.
Le secteur minier, très sensible à la
conjoncture, a été délaissé, à l’instar
d’ArcelorMittal, qui a lâché plus de 6 %
sur la semaine, et d’Eramet, en baisse de
plus de 13 % sur les cinq dernières
séances. Les valeurs parapétrolières ont
également beaucoup souffert : CGG a
reculé de 8,2 % sur la semaine, Technip
de près de 8 % et Vallourec de 5,3 %. Les
banques étaient aussi à la peine avec
Natixis (- 3,7 % en cinq jours) ou Crédit
agricole (- 3 %). Les valeurs technologiques comme Altran (+ 6,6% en cinq
jours) ou Atos (+ 1,3%) ont en revanche
bien tiré leur épingle du jeu. ■
H. R.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
L’ÉTÉ DU FIGARO
[
C’est aussi
une entrepris
e
27
]
Ces grands évé
nements attire
nt stars et VIP
rêver partout
, font
dans le mond
e et
dizaines de mi
llions d’euros. brassent des
Derrière leur
leur renommé
succès et
e se cache tou
jours une org
digne d’une sta
anisation
rt-up ou d’une
multinationale
.
FRAIS DE RÉCEPTION
ET DE DÉPLACEMENT
2,1 millions
d’euros
Budget 2018 des invitations
(membres du jury,
réalisateurs et acteurs de la
sélection officielle), dîners…
Festival de Cannes,
la rançon du glamour
De plus en plus concurrencée, la grand-messe
du cinéma doit relever de nouveaux défis.
4,5 millions
d’euros
Trente permanents, un millier
de personnes pendant
le festival (hôtesses,
agents de sécurité…)
HÉBERGEMENT
4 400
chambres d’hôtel
sont mises à disposition
des organisateurs, entre
80 et 200 euros la nuit
LES DÉCISIONNAIRES
Thierry Frémaux (à gauche) et Pierre Lescure, respectivement
délégué général et président de l’Association française du Festival
international du film.
rampes de lancement dans la
course aux Oscars. Cannes est
aussi fragilisé par la montée en
puissance de Netflix. Après avoir
présenté deux films en compétition en 2017, la plateforme américaine de vidéo par abonnement a
été interdite de tapis rouge cette
année, car elle refuse de sortir ses
productions en salle.
Tarifs préférentiels
« Le festival est à un virage économique et stratégique, à cause de la
convergence des supports de diffusion, analyse David Lisnard, le
maire de Cannes. Sa force, c’est sa
sélection indépendante ouverte sur
l’international, son glamour, sa diversité artistique, combinés au plus
grand marché du film au monde. Il
faut veiller à renforcer ces fondamentaux. Aujourd’hui, on peut
s’interroger sur la capacité du festival à sélectionner les meilleurs
films avec une variété de productions, de genres et qui parlent aussi
au grand public. »
La mairie de Cannes est le premier financeur du festival. En
2018, elle a apporté 6,2 millions de
subventions d’exploitation, dont
4,3 millions d’apport en nature.
La ville met à disposition des espaces du Palais, fournit des prestations techniques. David Lisnard
siège au conseil d’administration
de 27 membres. Toute la profession a son représentant : acteurs,
producteurs, réalisateurs… Ils
sont les garants de la santé d’une
institution créée en 1946 (après
une édition avortée en 1939 à
cause de la guerre). Très encadrée,
l’association est reconnue d’utilité
publique. C’est une petite entreprise d’une trentaine de perma-
RETROUVEZ MARDI
NOTRE NOUVELLE SÉRIE :
Les grandes escroqueries
DES PARTENAIRES
PUBLICS…
9,1 millions
d’euros
apportés par Cannes (ici
son maire David Lisnard), la
région Paca, le département
des Alpes-Maritimes, le CNC
… ET PRIVÉS
12,9 millions
d’euros
Chopard (ici Cate Blanchett),
L’Oréal, HP, Kering, Renault,
Mastercard, Dessange,
Orange, Nestlé, Canal +...
LE MARCHÉ DU FILM
12 400
participants
Les professionnels louent
des stands à partir
de 4 650 euros, pour 9 m2
minimum (hors équipement
et services)
A
CHARGES
DE PERSONNEL
Moins de stars américaines, une sélection décevante. La 71e édition du
Festival de Cannes, qui s’est tenue
du 8 au 19 mai, a surtout été la première de l’ère post-Weinstein. La
présidente du jury, Cate Blanchett,
a emmené 82 femmes pour une
montée des marches inédite,
« dédiée aux femmes du cinéma » en
quête d’égalité. Et l’actrice Asia Argento a révélé que c’est à Cannes,
en 1997, que le producteur américain l’a violée. Cette édition 2018
s’est finalement fait voler la palme
du glamour par le mariage du
prince Harry avec Meghan Markle.
En mai, Hollywood Reporter
pointait « cinq signes d’un festival
en déclin ». Moins d’affiches sur les
murs, moins de soirées, moins de
stars… Pour le magazine, Cannes a
manqué de tonus. Le festival a
beau rester la plus importante manifestation cinématographique au
monde, il vit une période inédite
de bouleversements. Thierry
Frémaux, délégué général de l’Association française du festival
international du film, chargée
d’organiser l’événement, n’a pas
pu éluder l’affaire Weinstein. « Le
Festival de Cannes ne sera sans
doute plus jamais le même », soulignait-il en avril lorsqu’il a dévoilé
la sélection officielle.
Avec Pierre Lescure, président
de l’association, il est au cœur de
l’événement. Charge au tandem
de maintenir Cannes au sommet
alors que l’événement est de plus
en plus concurrencé par les festivals de Toronto, Venise et Berlin,
considérés comme de meilleures
nents, qui tourne au ralenti entre
juin et septembre, avant de monter en puissance. Pendant le festival, elle fait travailler un millier de
personnes (hôtesses d’accueil,
agents de sécurité…).
«L’association n’a aucun problème budgétaire », confie un bon
connaisseur. Un cocktail bien
dosé assure sa bonne santé financière : d’abord, un budget de
22 millions d’euros en 2018 (sans
compter les échanges de prestations en nature : Renault est le
chauffeur officiel du festival, la
palme d’or est sponsorisée par
Chopard…) ; des dépenses ultranégociées ; enfin, des recettes
provenant du marché du film, qui
se déroule pendant le festival.
«Car si Cannes est Cannes, c’est
aussi grâce à la présence des professionnels du monde entier attirés
par la perspective de faire un peu de
business », écrit Thierry Frémaux,
dans son livre Sélection officielle
(Grasset). Ce marché reste le rendez-vous le plus important au
monde de l’industrie du film. Il
attire plus de 12 400 professionnels, dont 4 000 producteurs. « Le
marché du film est une structure
commerciale rentable, filiale de
l’association. Il génère 800 millions
de dollars de chiffre d’affaires pour
ses participants », souligne Jérôme
Paillard, son directeur délégué.
Le festival bénéficie de plus de
9 millions de subventions publiques (Centre national du cinéma,
Ville de Cannes, région Paca et
département des Alpes-Maritimes). Des partenaires privés (Air
France, Canal +, Chopard, Dessange, Kering, L’Oréal, Nestlé,
Orange…) apportent près de
12,9 millions. Pendant le festival,
les organisateurs et leurs invités
- ne serait-ce que les membres
du jury, les réalisateurs et les acteurs de la Sélection officielle mènent la vie de palace à prix modéré. Chambres d’hôtel, dîners de
gala, fêtes… Les tarifs sont négociés au plus bas. « Les hôteliers de
la ville mettent à disposition 10 %
de leur capacité, à un tarif
hyperpréférentiel, confie Michel
Chevillon, président du Syndicat
des hôteliers de Cannes et du bassin cannois. Cela représente
4 400 chambres par jour, louées
entre 80 et 200 euros. C’est notre
participation à l’effort de guerre. » ■
SOURCES DE REVENUS
MATHILDE VISSEYRIAS
£@Mvisseyrias
CENTRES DE COÛTS
VINCENT KESSLER/REUTERS, LOIC VENANCE/AFP, ANNE-CHRISTINE POUJOULAT/AFP, ROBERT PALOMBA/ ONLYFRANCE.FR/ROBERT PALOMBA/ ONLYFRANCE.FR, SÉBASTIEN SORIANO/LE FIGARO, VENTURELLI/WIREIMAGE, ALEXANDRA FLORENTIN - 2017, PIERROT LE FOU / GEORGES PIERRE, MARIA LAURA ANTONELLI/PHOTOSHOT/MAXPPP
4/4
samedi 18 - dimanche 19 août 2018
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 18 - dimanche 19 août 2018 LE FIGARO
28
MÉDIAS et TECH
InVision, la discrète société derrière
les succès de Netflix, Uber et Google
EN BREF
CORONA MISE
À NOUVEAU
SUR LE CANNABIS
£ Le géant américain
Constellation Brands, qui
distribue notamment la bière
Corona, a poussé de 9,9 % à
38 % sa participation au capital
du spécialiste canadien
du cannabis médical Canopy
Growth. Exerçant une partie
des options de montée
au capital négociées en
octobre 2017, il continue de
placer ses pions en vue d’un
potentiel assouplissement de la
législation américaine autour
de cette drogue douce (usage
thérapeutique, alimentaire…).
Après les 10 % acquis à
l’automne, l’investissement
supplémentaire du géant
américain dépasse les
4 milliards de dollars.
Valorisée 1 milliard de dollars, l’entreprise s’est imposée dans le domaine de l’« UX Design ».
ELISA BRAUN £@ElisaBraun
INTERNET Il faut à peine plus de
deux clics pour lancer sa série
préférée sur Netflix. Pas beaucoup
plus pour commander un Uber ou
se faire livrer ses courses depuis
l’application d’Amazon. Une telle
simplicité ne tient pas du miracle,
mais du fait que tous ces acteurs
ont misé sur ce que l’on appelle
l’UX design (ou design d’expérience). Cette discipline inspirée
de l’ergonomie rassemble toutes
les techniques pour créer des services numériques facilement accessibles et efficaces. Propulsé par
l’essor du mobile, qui demande de
tout adapter à de petits écrans,
l’UX design a désormais ses professionnels attitrés, ses méthodes
de travail et son marché florissant
d’entreprises spécialisées.
La société américaine InVision
en est l’un des leaders. En sept ans
d’existence, elle a levé près de
235 millions de dollars et sa valorisation a dépassé le milliard. Sa
plateforme d’outils de design en
ligne est utilisée par 4 millions de
personnes et 60 000 entreprises,
parmi lesquelles on retrouve les
plus grands noms du numérique
(Uber, Netflix, Google, Amazon,
IBM, Airbnb…). Au total, 80 % des
500 plus grosses entreprises américaines, ainsi que plusieurs
grands noms du CAC 40 (Carrefour, Société générale ou BNP Paribas). « Toutes les entreprises sont
désormais obligées d’élaborer des
produits digitaux, comme des applications mobiles ou des sites Web ,
explique Ryan Burke, vice-président d’InVision. Si elles veulent
maintenir leur avantage compétitif,
elles doivent offrir une expérience
innovante et agréable à leurs
clients, ou bien elles risquent d’être
hors course », explique-t-il, avant
TWITTER PERD CONTRE
UFC-QUE CHOISIR
InVision est un outil
qui permet de concevoir
et d’évaluer le design
d’un site de manière
collaborative. INVISION
d’évoquer le cas Uber. L’entreprise de VTC n’a en effet pas inventé
le taxi, mais une nouvelle expérience pour ses utilisateurs. Dans
l’économie numérique, une bonne interface fidélise les consommateurs, ou les fait fuir immédiatement. « Aujourd’hui, les jeunes
choisissent leurs banques ou leurs
assurances pour des questions de
design », assure Ryan Burke. Il en
va de même pour les consoles de
jeu vidéo : la XBox One de Microsoft a ainsi été délaissée par les
joueurs, qui lui ont préféré l’interface plus lisible de la PS4 de Sony.
Facturation par abonnement
Le succès d’InVision s’appuie sur
des méthodes de travail collaboratives. Le cofondateur, Clark
Valberg, en a eu l’idée alors que
lui-même devait gérer les nombreux échanges entre agences,
clients et équipes de production
répartis sur plusieurs continents.
La solution d’InVision prend la
forme d’une plateforme qui centralise tout le processus de design
mais aussi les commentaires de
toutes les parties prenantes.
« Pour améliorer le site Paris.fr,
InVision permet d’impliquer aussi
bien les chefs de projet que les
élus », explique l’ancien responsable du pôle projet Paris numérique et UX designer, Olivier
Doutrellot.
Fidèle à son environnement numérique, InVision a adopté un
modèle de facturation très en vogue : l’abonnement. L’accès à ses
services devient payant au-delà
de deux projets, pour 10 à
200 dollars mensuels, en fonction
des usages recherchés. Son organisation est elle aussi résolument
moderne. Ses 700 salariés travaillent tous à distance, dans
vingt-cinq pays différents et entre
encore plus de fuseaux horaires.
La société se développe à un
rythme très rapide aux États-Unis
et en Europe. Cette capacité à incarner la nouvelle génération de
l’industrie de la création numérique, agile et collaborative, distingue InVision de concurrents établis comme l’éditeur de logiciels
Adobe, qui a tardé à prendre le virage du design interactif.
De nombreux acteurs de la
communication se sont en revanche engouffrés dans la brèche. La
compétence en UX Design apparaît comme un nouveau levier
pour attirer des clients. De grands
cabinets de conseil se sont aussi
positionnés sur ces sujets pour répondre aux demandes de leurs
clients. Ces dernières années, Deloitte a ainsi fait l’acquisition de
plusieurs agences spécialisées en
design d’interaction. Accenture
Interactive a pour sa part mis la
main en 2014 sur l’agence de
design et d’innovation Fjord, qui a
quintuplé de taille depuis. ■
A
» Air France-KLM :
pourquoi le futur patron
pourrait gagner jusqu’à
4,25 millions d’euros
» L’Allemagne, premier
producteur européen de glaces
devant l’Italie
www.lefigaro.fr/economie
+@
]
l’être localement par des entreprises. Les gestionnaires d’aéroports
par exemple, avec pour première
application, le traçage des bagages
pour leur propriétaire !
Livraison par drone
Adieu valises perdues et colis
égarés. Demain, tous les objets
seront traçables.
Demain, vous ne regarderez plus les
camions et les colis livrés à votre domicile du même œil. Truffés de capteurs, connectés en 5G, leur itinéraire aura été suivi de l’usine à la porte
de votre domicile. Idéal pour savoir
si un colis fragile a été secoué pendant le transport ou pour retrouver
sa valise à la sortie de l’avion. Adieu
les paquets perdus… et en cas de retard, au moins vous saurez pourquoi.
Certes, il y a le cauchemar du vacancier à la recherche de ses bagages
à Roissy. Mais ce n’est rien à côté de
celui des logisticiens confrontés à la
disparition de conteneurs parce
qu’ils n’ont pas été correctement référencés, quand ce ne sont pas des
trains de marchandises entiers qui
sont « égarés » par le transporteur.
£ Selon l’enquête mensuelle
de l’université du Michigan,
le moral des ménages a baissé
en août. Selon cet indice
de confiance, il est tombé
à 95,3 points, contre 97,9 en
juillet. Les économistes tablaient
sur la stabilité, à 97,8 points.
[
Livraisons,
transports…
La 5G va tout
bouleverser
Avec la 5G, tout cela appartiendra au
passé. Cette technologie consomme
dix fois moins d’énergie que la 4G, et
donc permet à des capteurs de fonctionner plusieurs années sans avoir
besoin d’être rechargés. Idéal quand
ledit capteur est logé dans un chariot
ou un conteneur. Très peu chers, ces
capteurs pourraient équiper tous les
biens de grande consommation et
même se loger dans des étiquettes
apposées sur des fruits et légumes.
Ces caractéristiques sont similaires à celles de réseaux bas débit actuellement développés, comme celui
du français Sigfox ou du consortium
LoRa. Les spécificités techniques de
ces réseaux pourraient d’ailleurs
être intégrées à la 5G.
Si la localisation des biens en
temps réel lors du transport est
d’abord une source d’économie,
c’est aussi un élément de sécurité
BAISSE DU MORAL DES
MÉNAGES AMÉRICAINS
Comment
va changerla 5G
notre quoti
dien
L’ÉTÉ DU FIGARO
ELSA BEMBARON £@elsabembaron
£ Twitter a été condamné
en première instance par le
tribunal de grande instance de
Paris à supprimer 256 clauses
de ses conditions générales et
à verser au titre du « préjudice
moral porté à l’intérêt collectif »
30 000 euros à l’association
UFC-Que choisir. Cette
dernière demandait le retrait
de clauses qu’elle juge
abusives.
5/5
Très peu chers,
des capteurs pourraient
équiper tous les biens de
grande consommation
et même se loger,
par exemple, dans
des étiquettes apposées
sur des fruits et légumes.
PHOTOMONTAGE LE FIGARO/
EKKASIT919 STOCK.ADOBE.COM
supplémentaire, notamment pour
les produits agroalimentaires. Les
informations les plus variées peuvent être collectées et transmises par
des capteurs, à commencer par le
respect de la chaîne du froid. Des
tests sont déjà mis en place, par
exemple dans le port de Livourne, en
Italie, avec Ericsson. Ainsi, lorsqu’un conteneur est déchargé d’un
bateau, la grue le « reconnaît » et
prévient le destinataire qu’il est arrivé à bon port. Les véhicules de
transport au sol reçoivent directe-
ment les coordonnées du lieu de
destination du conteneur. À terme,
une grande partie de la maintenance
pourrait ainsi être automatisée. De
même, la 5G devrait bouleverser le
transport routier. Elle devrait permettre le développement de trains
de camions automatisés, connectés
entre eux en 5G.
Ces exemples illustrent l’une des
spécificités de la 5G : alors que les
générations précédentes de téléphonie mobile ont été déployées par des
opérateurs télécoms, la 5G pourrait
En effet, le suivi d’un objet tout au
long de son transport est loin de
n’intéresser que les logisticiens. Le
développement du e-commerce implique un meilleur traçage des colis.
Tout un chacun apprécie de savoir
où en est sa commande, et éventuellement, de savoir à quelle heure un
paquet a été présenté à son domicile.
Dans son étude sur les applications de la 5G, le Berec (groupement
des régulateurs télécoms européens)
évoque aussi le développement des
livraisons par drone facilité par la
5G. La nature même de ce réseau,
qui devrait notamment garantir une
permanence du signal avec un temps
de latence de l’ordre d’une milliseconde, facilitera ce type de prestation. Le Berec estime toutefois que la
mise en place d’une couverture suffisamment fine prendra plusieurs
années. En effet, la livraison par
drone implique une modélisation de
la ville en 3D et donc la transmission
de volumes de données bien plus
importants que ceux requis actuellement pour la géolocalisation. Une
autre inconnue demeure : celle du
modèle économique et technologique. La livraison par drone devra-telle reposer sur un réseau 5G public
ou un réseau privé opéré par des
spécialistes du transport ou des sociétés d’e-commerce comme Amazon ? La question reste en suspens.
En outre, une fois que les obstacles
technologiques seront levés, il restera encore des obstacles législatifs à la
livraison par drone. ■
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